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Les enjeux de la guerre de l’impérialisme français au Mali - Matière et Révolution
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Les enjeux de la guerre de l’impérialisme français au Mali

mardi 22 janvier 2013, par Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed

Derrière le masque de l’armée anti-terroriste Résumé : La thèse officielle de la France : son but est la reconquête du nord du Mali contre les islamistes et la réunification de tout le Mali pour libérer le peuple malien des terroristes. Selon nous, il n’en est rien : son but est la reconstruction de l’Etat et des classes dirigeantes maliennes pour que cet Etat continue de défendre les intérêts français et que ceux-ci ne soient pas mis en cause en Afrique... Par conséquent, sa vraie guerre est au sud et contre la révolution sociale !

Les enjeux maliens, algériens, nigériens, africains... et français de la guerre de l’impérialisme français au Mali

Dans l’intervention militaire de la France au Mali comme la réaction de l’Etat algérien suite à l’action d’un groupe terroriste dans le site gazier, tout est loin d’avoir été dit et il est évident que des pays en guerre se gardent de raconter des vérités et de rapporter leurs vrais buts et leurs vrais ennemis. La France de Hollande, les USA d’Obama et l’Algérie de Bouteflika sont loin d’y faire exception comme on va le voir…

Bien sûr, les USA trouvent parfaitement normal que l’Algérie agisse de manière très ferme contre des terroristes prenant en otage les travailleurs occidentaux travaillant sur un site gazier algérien. La France félicite même l’Algérie pour sa fermeté. Logique puisqu’elle-même est, paraît-il, en pleine guerre violente contre le terrorisme des bandes armées qui occupent le nord du Mali, étant immédiatement intervenus dès l’annonce qu’un groupe menaçait le sud du pays…

Tout cela, c’est bien entendu la thèse officielle.

Par contre, il y a des petits manques dans ces déclarations et nous allons nous permettre de les signaler…

Tout d’abord, les troupes françaises s’étonnent, disent-elles, des grandes compétences militaires des bandes armées qui occupent le nord Mali. Tiens donc ! D’où viennent ces grandes compétences ? Pas de l’armée malienne semble-t-il même si les « bandes armées terroristes » en question sont constituées notamment de 1600 soldats de l’armée malienne formées par la France durant de longues années. Mais pas seulement.

En effet, il est un sujet tabou en France : la politique des USA depuis une dizaine d’années qui prétendait sécuriser le Sahel. Et dans cette politique, la formation par les USA d’une armée touarègue dite de "contre-terrorisme" fondée notamment sur des gradés maliens. Il n’en est jamais question dans la presse française ! Pourtant, la presse américaine en faisait état comme le New York Times du 13/01/2013 qui rappelait que quatre des commandants d’armée formés par les USA et préparant le « contre-terrorisme malien » étaient passés à l’ « ennemi islamiste ». Comme Ben Laden en somme… Il y a donc une petite armée américaine dans ces "bandes islamistes" qui occupent le nord du Mali et ils étaient au départ chargés par les USA de fomenter le contre-terrorisme dans le Sahel... Il faut y rajouter des bandes armées venues de Libye et soutenues par la France et les USA pour faire pièce à Kadhafi !

Mais tout cela n’est que de la petite histoire, juste une manière de rappeler qu’il n’existe pas de vérité, même dans un pays soi-disant en pleine démocratie et dans laquelle a cours la liberté de l’information comme... la France et surtout pas si ce pays entre en guerre. La presse a aussi la liberté d’écrire en s’appuyant sur les communiqués de l’AFP, du gouvernement et de l’armée. La presse est de gauche ou de droite, donc pro-intervention dans les deux cas.

Il faut souligner qu’il n’y a pas meilleur soutien de Hollande que le journal de droite Le Figaro qui remercie Hollande d’avoir « décomplexé » les interventions militaires étrangères de la France et déclare que « La détermination dont fait preuve le président Hollande mérite d’être saluée. » Le Figaro ne peut être soupçonné de favoriser le gouvernement Hollande mais il ne peut pas non plus dire autre chose, alors que depuis des mois il appelle de ses vœux une telle intervention, l’annonce, la prépare en donnant la parole à l’Etat-Major des armées qui l’a toujours défendue.

Oui, ce n’est pas un 10 janvier 2013 que cette intervention militaire a été décidée à l’annonce de troupes islamistes attaquant la ville de Konné…

Il n’aurait d’ailleurs pas été possible, dans ce temps record, de mobiliser de tels moyens venus des quatre coins de la planète et de les envoyer en 24 heures sur le Mali, après avoir obtenu le feu vert des USA…

Pas possible non plus que les USA qui disposent sur place de tous les moyens d’observation aient déclaré n’avoir constaté absolument « aucune action des groupes armés occupant le nord du pays »… Il doit y avoir quelqu’un qui ment dans l’affaire ! D’autant qu’Obama avait conclu sa communication avec Hollande sur un demi feu vert à l’intervention conditionnant qu’elle soit liée à une intervention africaine et liée à un gouvernement démocratiquement élu au sud, position officielle depuis de longs mois alors que la France piaffait d’impatience à intervenir…

Pas moyen de croire non plus que la France s’était seulement préparée à être un soutien logistique de troupes africaines et n’avait changé son fusil d’épaule qu’à l’annonce d’une attaque terroriste menaçant la capitale du fait des faiblesses de l’armée malienne, envoyée sur place sans munitions…

Croire sur parole les chefs d’Etat, de la France comme des autres puissances, dans cette affaire serait un peu naïf !

Les forces spéciales des armées françaises sont sur place au Mali, préparant l’intervention militaire française, au moins depuis septembre 2012 où des articles du Figaro l’annoncent ouvertement en disant d’ailleurs qu’ils n’ont pas vocation à intervenir seuls... Sous-entendu, le reste de l’armée devra suivre mais ce n’est pas encore officiel puisque ce qui a été voté par la communauté internationale est une intervention africaine et exclusivement africaine. Les forces spéciales françaises ont notamment constitué une base hors de la capitale parce que la population de Bamako refusait toute intervention militaire étrangère. Cette base, on le sait maintenant, était située à Sévaré. La thèse officielle est que ce site mis en place par le Commandement des Opérations Spéciales avec une piste pour des avions gros-porteurs, le nec plus ulta des généraux français pour accueillir des moyens militaires français…

Les forces spéciales françaises ne s’en sont pas tenus là. Elles ont leurs propres faux groupes terroristes qui interviennent au nord Mali sous le prétexte de sécuriser au moment venu les Français enlevés. Ce sont des Merah que la France a formé sur son sol pour ce type d’opérations et qui appartiennent à la DGSE-DCRI… Là encore, silence des média. Pourtant un gradé, issu des milieux franco-maghrébins, formé pour cela avait été à la une de l’information parce que les jeunes futurs officiers de l’école Saint-Cyr lui avaient fait la peau, croyant avoir parmi eux un élément des banlieues…

Donc la France n’a pas changé d’un seul coup de politique, passant de la non-intervention directe à la guerre totale.

Tout est faux dans ses déclarations : sa non-intervention et la guerre totale qu’elle prétend mener contre les groupes islamistes qui occupent le nord…

En Vingt-quatre heures, la France aurait tourné de politique, disposant quasi immédiatement de douzaines de Mirage, d’avions de transport, d’un C-135 pour le ravitaillement en vol, d’un Atlantique-2 et des informations du satellite Pléiade pour sécuriser de manière aérienne l’opération et on en passe pour les troupes à Niamey, au Tchad, au Burkina été ailleurs déjà prêtes et équipées de pied en cap. Non, l’armée française n’a pas ce type de disponibilité immédiate !!!

Il aura suffi que, le 10 janvier, le président malien Dioncounda Traoré appelle François Hollande, confirmé de plus par la demande du chef d’Etat nigérien, les deux à la botte de la France et de l’appui indéfectible tchadien pour que la France entre en guerre alors que les puissances africaines de la Cédao dont on ne cessait d’entendre parler ne soient nullement consultées, le Burkina Faso continuant, au nom de la Cédéao, ses négociations avec les bandes armées du nord… Plus question de prétendre que c’est elles qui décidaient ce qui allait se faire au Mali, elles ne sont même pas averties de l’attaque française ! Tout ces « détails » ne seront jamais relevés par une certaine presse française….

Officiellement à ce stade, le gouvernement français qui a déjà lancé ses avions, ses troupes, prétend tenir un conseil de défense qui affirme qu’il va discuter la réponse de la France à la « demande malienne ». Notons au passage que le « président par intérim » Dioncounda Traoré n’a nullement les pouvoirs d’appeler à l’intervention française. Il a été nommé à l’extérieur du pays et n’a aucun pouvoir officiel de ce type… On n’est pas à cela près. Se contenter de l’attaque des islamistes menaçant le sud Mali ne permet pas de le comprendre les raisons de l’intervention française. D’un côté on nous dit maintenant que l’armée malienne va maintenant être en état d’attaquer les villes du nord avec juste un appui français, de l’autre on nous dit que cette armée malienne était incapable de contenir seulement l’offensive vers Bamako…

Dans l’affaire algérienne aussi, celle de l’attaque du site gazier, il y a aussi plus d’ombre au tableau que d’éclairages ! C’est le moins que l’on puisse dire…

Curieux par exemple que ce soit l’intervention d’une grande masse de gendarmes venus par hasard dans ce lieu désertique où personne ne les attendait à une distance considérable de leur caserne et de toute caserne, qui ait amené le groupe terroriste à se réfugier dans le complexe gazier, prenant ainsi en otages les occidentaux travaillant sur ce site du trust pétrolier BP. Mais passons. Ce n’est qu’une des multiples bizarreries de l’histoire….

Les gouvernants notamment anglais, japonais et même américains soulignent l’empressement des autorités algériennes d’attaquer sans négocier, sans tenter de libérer le maximum d’otages avant l’attaque. Ils l’attribuent, comme les média français et les commentateurs algériens, à une « tradition » dure du pouvoir algérien, les généraux ne négociant paraît-il jamais avec les terroristes. C’est oublier les années et les années de négociations avec les terroristes notamment à l’époque du président Zéroual puis celles menées par le président Bouteflika et les accords récents de ce dernier avec de nombreux anciens chefs terroristes… Si le choix de ne pas négocier avec les terroristes a été présenté comme la marque du pouvoir algérien, c’est pour mieux éviter de montrer que ce choix est une défaite de la stratégie américaine de négociation avec les groupes armés du Sahel et une victoire de la stratégie militaire française. L’Algérie est revenue dans le giron de l’impérialisme français...

Une des points qui le montrent aussi, c’est que le gouvernement algérien lui-même a confirmé officiellement son autorisation de survol du territoire algérien pour l’aviation française attaquant notamment les islamistes à Gao. C’est même avec cette information et sous ce prétexte que les groupes armés islamistes ont attaqué le site gazier, permettant à Bouteflika de rendre officiel son engagement aux côtés de la France sans être accusé de rompre sa position nationaliste ferme qu’il affichait peu avant, lors de ses entretiens au sommet avec les USA et la France.

Pourtant, tout prouve, y compris les images du commandement de défense français, que l’intervention aérienne française n’est pas passée en survolant l’Algérie mais que les quatre Rafales sont partis de Saint-Dizier pour atteindre Gao au Mali puis N’Djaména au Tchad en passant à l’ouest par le Maroc ! L’attaque du site par les forces armées algériennes est un acte d’allégeance à la France et rien d’autre.

Mais la France n’avait pas militairement besoin de l’aide algérienne et l’Algérie a pu maintenir sa thèse officielle jusqu’au bout : celle de a non-ingérence dans les affaires extérieures et dans les guerres extérieures. Tout prouve en effet que les autorités algériennes ont maintenu leur refus de passage de blindés français et d’avions français et que la France n’avait nul besoin réel de passer par l’Algérie. Qui cherche-t-on à tromper dans ces opérations où chaque puissance doit mentir à son opinion autant qu’aux autres puissances ?

Tout prouve que, dans l’attitude des autorités algériennes, il y a un message vis-à-vis des puissances anglo-américaines-japonaises qui exploitent le pétrole et le gaz algérien, message selon lequel leurs ressortissants ne sont plus protégés en Algérie, message qui ne s’adresse par contre pas à la France… Il y aurait là un retournement d’alliance marqué par le dernier passage des autorités françaises en Algérie qu’on s’y tromperait….

Cessons de relever les contradictions des discours officiels pour examiner quels peuvent bien être les buts de la France dans cette guerre qu’on nous annonce d’avance dure et longue.

Tout d’abord, il faut souligner que, si l’impérialisme français semble agir en lieu et place de la fameuse communauté internationale, celle-ci n’a nullement été consultée véritablement auparavant, et surtout pas la communauté des états africains…. Cela a par contre été relevé par la presse, sans être pour autant expliqué : la France intervient militairement en solo !

Mais le plus important est ailleurs. Ce sont les motivations de l’impérialisme français et celles des autres puissances dans toute cette affaire qui nécessitent un peu d’éclairage et qui ont été maltraitées par les « informations » données par les gouvernants.

Il convient de dire quel intérêt peut bien avoir la France de cette intervention sans aide extérieure alors qu’auparavant sa thèse officielle était : pas d’intervention française et uniquement une intervention africaine…

Comment se fait-il que, vis-à-vis des autres pays, la France puisse se permettre un tel retournement et quel intérêt y a-t-il pour la France à cette attaque militaire ?

Tout d’abord, il y avait là une occasion à saisir, une fenêtre de tir comme disent les militaires… Et les chefs militaires français sont certainement à l’origine de la décision de Hollande. Ce sont eux qui l’ont provoquée et c’est la raison des félicitations non hypocrites du journal de droite Le Figaro, proche de l’Etat-Major militaire français et de la direction des services spéciaux de l’armée.

En effet, la France a profité du fait que la communauté internationale semblait impuissante, les troupes africaines étant incapables de donner une date pour leur intervention, dont le principe avait pourtant été voté par tout le monde, ONU comme Cédéao, c’est-à-dire les puissances africaines. Mais les troupes africaines attendaient, disaient-elle encore récemment, les moyens financiers de leur attaque et les garanties de succès face à des islamistes que l’on disait super armés et ayant facilement battu l’armée malienne. Les USA ou les puissances européennes affirmaient ne pas être en disposition d’intervention mais seulement d’appui technique ou logistique.

Mais quels buts pour cette intervention. Tout le monde veut croire que l’objectif est de sauver un peuple d’un terrorisme qui le menace alors qu’il n’en est rien. Le vrai but de l’impérialisme français consistait à retourner la situation sociale et politique explosive de Bamako et du sud du Mali. L’une des bases essentielles de la révolte au sud était l’incapacité de l’Etat malien et des classes dirigeantes de défendre les populations du nord contre les bandes armées. En prétendant intervenir pour reconquérir tout le nord du Mali, la France reçoit inévitablement le soutien des populations du sud et elle compte bien s’en servir pour en finir avec la déstabilisation politique au sud… Par contre, elle sait qu’il serait difficile de battre les bandes armées du nord mais aussi que personne ne lui reprochera quand elle dira que cela dépasse ses seules forces et qu’elle a sauvé au moins le sud d’une invasion assurée… Pour le moment, la France se contente de se glorifier d’avoir « repris » Diabali alors qu’elle n’a pas eu à reprendre cette ville que les terroristes ont quitté après le bombardement… Pour le reste, la France se garde bien d d’attaquer le nord.

Pour le moment, la France annonce la guerre à outrance contre le nord mais se garde bien de s’y engager. Elle fait d’autant plus de publicité à la « reprise » de Diaballi ou de Konné que, dans ces villes, elle n’avait pas eu à combattre et seulement à annoncer aux troupes maliennes qu’elles pouvaient à bon compte s’y refaire une popularité. Quand cet objectif sera réglé, on ramènera ces troupes « victorieuses » dans quelques villes du nord se faire un bain de foule à Bamako pour remettre un régime militaire malien à la solde de la France et le tour sera joué. On n’aura pas du tout libéré l’ensemble du Mali des troupes islamistes mais ce n’est pas le but…

Le feu vert d’Alger provient de ces calculs car l’Algérie ne veut surtout pas que ces bandes armées refassent le chemin inverse vers l’Algérie….

Donc la France annonce d’autant plus fort son intention de porter la guerre au nord qu’elle ne l’y porte pas… L’Algérie est d’autant moins gênée par la politique française qu’elle ne la gêne pas dans on alliance de fait aux groupes terroristes.

L’armée française a donc pu entrer sans difficulté avec la population malienne et même avec un relatif soutien momentané et d’autant plus que cette population a été affolée à l’idée que les bandes armées islamistes menaçaient la capitale malienne ce qu’elles étaient en fait très loin de faire….

C’est la France, et son pantin malien Dioncounda, qui monté ce mensonge et pour le moment cela lui a réussi. Reste à voir si elle va parvenir à désamorcer la bombe sociale et politique de Bamako…

Quant à permettre véritablement à l’armée malienne ou aux armées africaines de battre définitivement les bandes armées islamistes qui occupent le nord, tel n’est pas réellement le but des impérialismes, pas plus de la France que des autres….

Ainsi ni la France ni les USA, ni l’Angleterre, ni l’Europe, ni les Etats africains n’ont souhaité armer les troupes maliennes que chacun reconnait comme étant sous-armées et sous-équipées. Quand on pense que les USA viennent de fournir sans paiement et sans condition deux cent chars au Liban pour faire face à la Syrie d’Assad soutenue par la Chine et la Russie !!! Donc l’affichage guerrier anti-terroriste de la France n’est pas à prendre au pied de la lettre. Il est indispensable à ce pays pour remettre la main sur le pouvoir malien, casser la révolte à Bamako et rendre à la France cette mainmise de la Françafrique qui était menacée. Si le Mali cessait de faire partie du pré carré français, le Niger lui-même était menacé. Mais qui menaçait la France ? Pas les islamistes mais les autres impérialismes ! Américain, chinois, anglais, etc… Comme à Alger d’ailleurs !

Et l’offensive française a lieu aussi à Alger. Ce sont les intérêts français qui sortent vainqueurs pour le moment du bras de fer à Alger même si on a bavardé des liens avec les USA. Hollande sort en tête des relations avec l’Algérie et la répression au site gazier en est une démonstration : les autres puissances n’ont même pas assez de relations avec le pouvoir algérien pour être tenues informées du sort de leurs ressortissants sur place. Et encore, ils ont pu apprendre l’attaque algérienne uniquement parce que le trust anglais BP avait des employés sur place qui les en tenait informés. Le pouvoir algérien n’a discuté qu’avec l’impérialisme français et la presse américaine parle de refroidissement avec les autorités algériennes depuis la dernière visite d’Etat américaine en Algérie.

Il y a de nombreux signes qui ne trompent pas et montrent que l’impérialisme français agit en solo au Mali et pas réellement l’appui des autres impérialismes. Par contre, comme le but de la France est de désamorcer une situation potentiellement révolutionnaire à Bamako, la France bénéficie inévitablement du soutien des impérialismes ou, au moins, de leur passivité. C’est à Bamako que la France veut rétablir l’ordre social et politique et remettre sa mainmise. Si elle le peut… Il n’est nullement certain qu’elle y parvienne car, quand les classes dirigeantes n’ont plus de crédit, il est difficile de le rétablir !

La nécessité de "rétablir l’ordre à Bamako" est un objectif dont la France ne se cache pas. L’ambassadeur de France Christian Rouyer ne cesse de le dire de manière plus que ferme : "Le front des agitateurs et autres ennemis est averti : l’armée française n’est pas venue pour amuser la galerie et aucune autre manifestation ne devra être tolérée à Bamako avant la libération du nord" a-t-il déclaré le 14 janvier à Bamako. C’est dire qu’il se donne du temps pendant lequel il n’y aura plus de droit démocratique à Bamako sous le prétexte que le nord ne sera pas libéré, temps de la dictature que la France compte mettre à profit pour se débarrasser des empêcheurs maliens de tourner en rond au service de l’impérialisme.... Suivez mon regard !!!

En tout cas, c’est ce rôle contre-révolutionnaire de la France au Mali que les impérialismes occidentaux soutiennent, et ne peuvent que soutenir, même si cela nuit à leurs calculs précédents, dans l’intervention militaire française. La France de Hollande le savait en leur imposant son intervention militaire même si elle allait contre toutes les décisions précédentes de la communauté internationale et les intérêts directs de certaines d’entre elles. Seule la Russie a ouvertement affirmé être contre l’intervention française. Le plus remarquable, c’est que l’Algérie n’ait pas protesté, ce qui montre à quel point Hollande était parvenu à un accord avec Alger.

Il faut avoir conscience qu’Hollande connaît bien les classes dirigeantes et les généraux algériens, qu’il ne les a pas découvert en devenant président. Il a fait ses classes d’homme d’état en se retrouvant, aux pires moments, à Alger à participer à la politique de la France en Algérie, en plein dans les années de plomb de la dictature algérienne cautionnée par le France de Mitterrand. Il était à l’époque à l’ambassade de France, lors de la « guerre contre les civils » et la France que défendait Hollande aidait les généraux algériens en leur fournissant des tueurs serbes pour massacrer à Bentalha et en accuser le FIS… La terreur d’état des généraux algériens et leur jeu avec les islamistes, Hollande la connaît et il a appris à s’appuyer dessus pour mener la politique de l’impérialisme français et il veut, beaucoup plus que Sarkozy, défendre les intérêts particuliers de la France face notamment aux USA. C’est de cale qu’il est félicité par Le Figaro, journal qui a toujours pris parti pour les intérêts particuliers de la bourgeoisie française, y compris contre l’impérialisme américain…

Ce n’est pas seulement tous les partis politiques bourgeois qui félicitent Hollande. Toute la grande bourgeoisie française est de son côté. Il a certes été présenté comme un social-démocrate, un mou, qui négocie, qui recule, qui change d’avis. Il s’avère, aussi bien dans les négociations avec les patrons et les syndicats, comme un chien de guerre de la bourgeoisie, bien plus efficace pour cela que les politiciens de droite, qu’un Sarkozy notamment, bien plus dangereux pour les travailleurs et les peuples. Il faut noter qu’il a débuté quatre guerres en Afrique sans que personne ne le lui reproche sans que l’on accuse la françafrique. C’est de cette guerre extérieure décomplexée que Le Figaro le félicitait aussi…

Ce sont les intérêts généraux de la bourgeoisie que défend efficacement Hollande, aussi bien en imposant la flexi-compétitivité contre les contrats de travail qu’en imposant ses guerres en Afrique noire pour la défense des intérêts de l’industrie du nucléaire, du gaz et du pétrole au Mali, au Niger et en Centrafrique, qu’en faisant réussir la bourgeoisie française du pétrole en Algérie. C’est là que sont les buts de l’impérialisme dans l’opération en cours. La nouvelle posture de la France lui a permis de reconquérir la primauté au Niger avec un nouveau contrat pour l’uranium, avec des troupes françaises en échange pour garantir le pouvoir du dictateur et sa sympathie pour la France et son trust Areva. Au prix aussi de 35 milliards d’euros de "compensations" pour un retard de profits... Voilà le type de buts de l’impérialisme qu’il entend couvrir de sa "guerre anti-terroriste"...

Il importe que les travailleurs, de France comme du Mali, le comprennent pour ne pas être dupes des politiques qui vont être menées ensuite…

Dans la guerre du Mali, tout le monde joue au poker menteur. Le plus menteur et qui croit tenir les cartes essentielles, l’impérialisme français, n’est sans doute pas le moins dupe de la situation comme il l’avait prétendu et probablement cru. Hollande a suivi ses généraux et ses services spéciaux qui étaient les mêmes que ceux de Sarkozy et qui l’ont poussé à intervenir dans l’intérêt particulier de l’impérialisme français et, pour une question particulière, dans celui général de l’impérialisme pro-occidental, et même de toute la bourgeoisie dans un cas spécifique. Mais il est peut-être davantage le dindon de la farce qu’il n’y paraît de prime abord.

L’impérialisme français a donc pensé avoir dupé tout le monde car tout était fait pour qu’aucune puissance ne soit en état d’intervenir militairement et il a pensé avoir trompé tout le monde. Il semblait impossible qu’une intervention française ait lieu car il aurait fallu le feu vert d’Alger et les négociations de l’Algérie avec les USA se sont conclues sur un désaccord complet et une véritable fâcherie. A contrario des négociations avec la France.

C’est donc d’Alger qu’est venu de manière inattendu le feu vert qui a permis l’intervention française. Inattendu parce que les forces armées islamistes sont liées à l’Etat algérien. Elles proviennent en grande partie du GIA et du GSPC algériens. On a pu voir le lien en particulier quand les pick-up des forces islamistes ont pu sans aucune difficulté faire de l’essence en Algérie…

Autre point inattendu : quand les forces armées de la France ont attaqué, une grande partie des forces islamistes s’étaient déjà retirées, prévenues donc. Et par qui ? Par l’Algérie !

Encore un point inattendu : alors que la Russie a dénoncé l’intervention française, la plaçant dans le même axe que l’intervention en Libye et en Syrie, la Chine s’est tue et a même modestement approuvé, ce qui est passablement illogique. Une bonne raison de penser que c’est elle qui a tiré les ficelles de toute cette affaire.

Il faut savoir d’abord que la Chine intervient en sous-main dans toute la région, économiquement, politiquement et en liaison avec les dirigeants des Etats. A plusieurs reprises, la France a dû pousser à la démission les responsables de l’Etat du Niger parce qu’il devenait trop pro-chinois à leurs yeux. Les contrats d’uranium de la Chine avec le Niger se développent. Au détriment de qui ? De la France avec Areva bien entendu.

Mais la Chine intervient encore plus en Algérie. Si la France a cru que les autorités algériennes délivraient un message en leur faveur en montrant aux compagnies anglaises, américaines, japonaises et canadiennes, et aux Etats respectifs que leurs ressortissants travaillant dans les centres pétroliers et gaziers n’étaient pas en sécurité, ce n’est peut-être pas la France qui était en fait la gagnante mais la Chine…

Les media occidentaux omettent bien de dire, par exemple, que Pékin et Bamako ont signé, en septembre 2011, trois accords commerciaux d’importance, pour la rondelette somme de 739 milliards de yuans. Les deux pays étaient représentés, par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, M. Soumeylou Boubèye Maïga, et par l’assistant au ministre du Commerce de Chine, M. Yu Jianhua, qui s’était rendu, dans la capitale malienne, pour inaugurer le troisième pont à y avoir été construit.

Le premier accord (quelque 70 milliards de yuans) représente, en quelque sorte, un cadeau que Pékin a voulu faire au pays africain. Le second accord porte sur un prêt de cinq milliards de yuans, que Bamako utilisera, pour financer des projets prioritaires, qui seront identifiés, par le gouvernement du Mali, pour améliorer les conditions de vie de la population locale. Le troisième accord prévoit, quant à lui, un financement de 619 milliards de yuans, qui permettront à la Chine de participer, avec d’autres partenaires techniques et financiers du Mali, à la construction de l’important bassin hydroélectrique de Taoussa, près de Gao, dans la zone fréquentée par les milices djihadistes et touarègues. L’achèvement du barrage de Taoussa pourrait apporter un nouveau souffle au développement de l’irrigation indispensable à la culture du riz, mais aussi contribuer à la régénération de l’écosystème. Le barrage assurerait, par ailleurs, le développement de tout un réseau d’activités, dans la région de Gao et de ses alentours.

Mais Pékin ne s’arrête pas en si bon chemin. L’empreinte chinoise se trouve, également, dans quantité d’autres projets, au Mali, dans des secteurs clefs, comme l’éducation, l’industrie, la santé, la sécurité, les communications et les infrastructures. Il est évident, au vu des accords « gagnant-gagnant », qui permettent à Pékin et Bamako de tisser des liens de plus en plus étroits, que l’intervention française, au Mali, tombe à pic. Derrière les beaux discours humanitaires de F. Hollande se cache, en réalité, bien autre chose, comme, par exemple, la volonté de l’Occident d’arracher l’Afrique sub-saharienne à l’influence de la République populaire de Chine. Un objectif, parmi d’autres, me direz-vous… mais certainement pas le moindre.

Quelle crise sociale et politique au Mali

55 Messages de forum

  • derrière les buts politiques affichés, toujours rechercher les intérêts des classes dirigeantes...

    et ne jamais croire que les Etats font des guerres pour défendre les peuples, la démocratie, la paix, le bien-être, la sécurité et autre blablas...

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  • Guerre au Mali : sécuriser notre approvisionnement en uranium : cliquer ici

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  • Et là, nos médias perroquets jurent que le Président Hollande veut seulement aider le Mali (quel altruisme, soudain !

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  • Cette intervention a été décidée au moment même où la bourgeoisie française vient d’obtenir, grâce à François Hollande, tout ce qu’elle voulait en matière de licenciements, de flexibilité de l’emploi et des baisses des rémunérations des salariés. Pour les sociaux-démocrates au pouvoir, l’ennemi à combattre n’est pas la bourgeoisie qui fait payer aux peuples ici et en Afrique les terribles conséquences de son système de production, mais « le terrorisme ». Il faut donc, vaille que vaille, battre les tambours de la guerre et mobiliser toute la nation derrière son chef, François Hollande. Peu importe le coût de cette énième guerre des sociaux-démocrates. Les politiques d’austérité, de contraintes budgétaires et des réductions des dépenses publiques sont réservées aux classes populaires. Quand on mène une guerre au service des grands groupes français, on ne compte évidemment pas. Tout le discours sur la lutte contre les déficits publics répété bêtement et inlassablement par les représentants de la classe dominante s’évapore comme par enchantement ! On trouve facilement et rapidement les fonds nécessaires pour financer cette opération qui, selon le chef de l’État, « durera le temps nécessaire ».

    La guerre est ainsi déclarée, non pas contre le despotisme des marchés financiers, contre le chômage, contre la misère, contre les injustices sociales mais contre « le terrorisme » au... Mali ! C’est vraiment la préoccupation première des ouvriers, des chômeurs, des précaires, des travailleurs pauvres, des sans abris, bref de tous les laissés-pour-compte broyés par la machine capitaliste.

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  • De quoi parle-t-on dans cet article à propos du contre-terrorisme ?

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    • Le contre-terrorisme est une politique qui a été systématiquement employée par les colonialismes contre les indépendantistes. Il s’agissait de fabriquer, en s’appuyer sur des esclaves coloniaux retournées en leur faveur ou achetés, des groupes terroristes contre les nationalistes. ce fut le cas au Vietnam avec la France et les USA, en Algérie avec le colonialisme français. L’Algérie l’a également pratiqué avec le GIA contre le FIS et le pratique encore au Sahel. Les USA et la France le font également au Sahel et certains groupes touarègues proposent leurs services en ce sens à la France contre les islamistes. Souvent ces groupes jouent double et triple jeu et se retournent contre les pays qui les ont manipulé...

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  • La France, les pays occidentaux se sont trompés sur le Sahel depuis trente ans et récoltent ce qu’ils ont semé.

    Jean-François Bayart

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  • La France a une part de responsabilité directe dans l’effondrement de l’Etat malien. Elle a soutenu dès les années 1980 des programmes d’ajustement structurel d’inspiration néolibérale qui ont détruit l’école et la santé publiques et ont ainsi ouvert une voie royale aux institutions islamiques de substitution.

    Elle a endossé la libéralisation de la filière coton voulue par la Banque mondiale, qui a accéléré l’exode rural et l’émigration, tout en bloquant cette dernière, alors même que les remises des expatriés sont plus élevées que l’aide publique au développement.

    Jean-François Bayart

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  • La classe dirigeante malienne s’est décomposée alors même qu’elle doit imaginer un nouveau modèle d’Etat-nation qui accorde au Nord une véritable autonomie et un large transfert de compétences, et qui parvienne à trouver un nouvel équilibre entre la laïcité de la République et l’islamisation croissante de la société.

    Tout se jouera en définitive sur le terrain social quand bien même aucun des acteurs étrangers de la crise n’en est forcément conscient.

    Jean-François Bayart

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  • Cela n’est pas dit officiellement, mais l’opération "Serval" au Mali engagera "largement plus que 3 000 soldats français au sol", ont indiqué au Monde plusieurs sources militaires, lundi 21 janvier. Alors que les critiques pointent sur l’intervention déclenchée le 11 janvier à la demande du président malien Dioncounda Traoré, face à l’offensive des islamistes vers le sud du pays, la défense française assume une opération de grande ampleur risquée contre les "groupes terroristes" – Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), Ansar Eddine et le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao). Le flou demeure sur sa durée ; les officiels se contentent de répéter qu’elle durera "le temps nécessaire". Lundi, 2 150 Français étaient déployés au Mali, et 1 000 de plus mobilisés à l’arrière.

    Voilà ce que dit la presse...

    L’expression "longue durée" est là pour cacher que la France attendra, n’attaquera pas vraiment les bandes armées du nord et se concentrera sur son objectif : recrédibiliser les forces armées maliennes, l’Etat malien, les classes dirigeantes maliennes pour stabiliser la situation... au sud et pas au nord où sont les bandes armées !!

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  • Le Mali est, après l’Afrique du Sud et le Ghana, le troisième producteur africain d’or. De plus, son sous-sol recèle de l’uranium (qui sert dans le nucléaire). Uranium qui a un rôle clef dans l’impérialisme français puisque la France créée 75% de son énergie avec. Ce n’est pas pour rien si AREVA vient récemment d’investir 1,5 milliard d’euro au Niger (pays frontalier du Mali). Enfin le sol malien est riche en hydrocarbures (pétrole et gaz) qui intéressent évidemment des groupes comme Total.

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  • Comme on le constate de plus en plus, la France impérialiste est dans sa propre affaire au Mali et elle n’a même pas le soutien des USA.

    Personne ne joue à jeu ouvert dans ce genre d’affaire bien entendu mais cela commence à se voir !

    Entre autre discours mensongers, celui selon lequel la France est en train d’avoir des victoires militaires au nord Mali : en réalité, la propagande française monte en épingle la reprise de villes comme Gao ou Diabali où il n’y avait plus aucune force armée islamiste !!! Belle victoire pour se faire mousser et rendre populaire l’armée malienne auprès de la population du sud Mali dont il s’agit de reconquérir les coeurs... Mais cela n’est pas fait puisqu’on veut les faire aimer à nouveau leur hiérarchie militaire complètement corrompue et leurs classes dirigeantes encore pire...

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  • Des images de corps à peine enterrés et des témoignages de véritable chasse à l’homme, où des puits servent désormais à entasser les cadavres de supposés djihadistes, arrivent peu à peu du front, notamment de Sévaré au centre du pays. Autant de nouvelles inquiétantes pour les populations, qui craignent désormais de possibles exactions contre les communautés touaregs, maures et arabes présentes au Nord-Mali.

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  • Armée française en Afrique : émission radio de Survie Paris

    Le lundi 04 février 2013, de 17h30 à 19h00.

    Un lundi sur deux, de 17h30 à 19h, retrouvez l’émission radio de Survie Paris : une émission animée par des militant-e-s de Survie Paris, aux micros et aux manettes ! A écouter sur Fréquence Paris Plurielles (106.3 FM) ou sur internet www.rfpp.net

    Retrouvez toutes les émissions diffusées sur : http://www.afriradio.net/

    Informations

    Site Web : http://www.survie-paris.org/paris-f...

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  • De la même façon qu’au moment de l’intervention militaire contre Kadhafi en Libye, il est insupportable de se retrouvé sommé de soutenir une intervention militaire déployée… par ceux qui sont largement responsables de la gravité de la situation.

    Qui plus est, qui peut vraiment croire qu’il s’agit d’une opération “pour la démocratie au Mali” ? Cela fait des décennies qu’elle est bafouée dans ce pays par des régimes corrompus… largement soutenus par la France. Alors, pourquoi cette subite urgence “démocratique” ?

    De même, qui croira qu’il s’agit de “sécuriser la région” ? En réalité, il s’agit de sécuriser l’approvisionnement des centrales françaises en uranium : ce dernier est extrait dans les mines du nord du Niger, zone désertique seulement séparée du Mali… par une ligne sur les cartes géographiques.

    A ce propos, on soulignera l’extrême perversité des ex-puissances coloniales qui ont jadis tracé des frontières absurdes, faisant fi de l’implantation des populations, et créant des pays aux contours bien curieux : le Niger et le Mali sont tous les deux en forme de sablier, une partie sud-ouest contenant la capitale, totalement excentrée et éloignée d’une immense partie nord-est, principalement désertique.

    C’est ainsi que, pendant 40 ans, Areva (auparavant la Cogéma) a pu s’accaparer en toute tranquillité l’uranium nigérien dans ces mines situées à 500 kilomètres de la capitale et du fragile “pouvoir” politique nigérien.

    Ces dernières années, des groupes armés se sont organisés dans cette région : des Touaregs, dépités d’être méprisés, déplacés, spoliés. Et des groupes plus ou moins islamistes, certains issus des anciens GIA qui ont semé la terreur en Algérie, d’autres contrôlés par Kadhafi, et autonomisés suite à la disparition de ce dernier.

    Des salariés d’Areva, cadres dans les sociétés d’extraction de l’uranium, ont été enlevés en septembre 2010 au Niger, transférés au Mali et retenus depuis. Puis, le 7 janvier 2011, deux jeunes français ont à leur tour été enlevés au Niger.

    L’Observatoire du nucléaire a été une des rares voix à dénoncer (*) l’opération militaire immédiatement lancée par les autorités françaises. Ces dernières avaient en effet, de toute évidence, décidé de châtier coûte que coûte les preneurs d’otages, quitte à ce que cela se termine dramatiquement pour les deux jeunes otages… qui ont effectivement été tués dans l’opération.

    Ces deux jeunes ne travaillaient pas pour l’extraction de l’uranium mais, c’est évident, l’idée était de décourager d’éventuelles prochaines actions contre des salariés d’Areva.

    Depuis, les mouvements Touaregs laïques et progressistes ont été marginalisés, en particulier par la montée en force du groupe salafiste Ansar Dine. Puissant et lourdement armé, ce dernier s’est allié à AQMI (Al Qaeda au Maghreb Islamique), faisant courir un risque de plus en plus évident pour les activités françaises d’extraction de l’uranium au nord du Niger.

    La France a soutenu avec la plus grande constance les gouvernements corrompus qui se sont succédé au Mali, aboutissant à un délitement total de l’État. C’est probablement cet effondrement qui a amené les groupes islamistes à s’enhardir et à avancer vers Bamako.

    De même, la France a maintenu depuis 40 ans le pouvoir du Niger dans un état de faiblesse et de dépendance par rapport à l’ancienne puissance coloniale et son entreprise d’extraction de l’uranium, la Cogéma devenue Areva. Alors que les dirigeants nigériens essaient tant bien que mal de contrôler ce que fait Areva, la France reprend totalement la main avec son intervention militaire.

    Les récents mouvements des groupes islamistes n’ont en effet fait que précipiter l’intervention militaire française qui était en préparation. Il s’agit indéniablement un coup de force néocolonial, même si les formes ont été mises avec un opportun appel à l’aide du Président par intérim du Mali, dont la légitimité est nulle puisqu’il est en place suite à un coup d’État qui a eu lieu 22 mars 2012.

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  • "Le vrai but de l’impérialisme français consistait à retourner la situation sociale et politique explosive de Bamako et du sud du Mali. L’une des bases essentielles de la révolte au sud était l’incapacité de l’Etat malien et des classes dirigeantes de défendre les populations du nord contre les bandes armées. En prétendant intervenir pour reconquérir tout le nord du Mali, la France reçoit inévitablement le soutien des populations du sud et elle compte bien s’en servir pour en finir avec la déstabilisation politique au sud". extrait de l’article ci dessus.

    ci dessous un article du journal bourgeois "le nouvel observateur"

    Guerre au Mali : c’est le moment de reconstruire un État

    Par Pouria Amirshahi
    Député PS de la 9e circo des Français de l’étranger

    LE PLUS. "Il n’y a pas d’Etat au Mali." La phrase est de Salif Keita, alors la France est intervenue pour tenter d’endiguer la progression des djihadistes. Pour Pouria Amirshahi, député (PS) de la 9e circonscription des Français de l’étranger, nous pourrions être à l’aube de la création d’une nouvelle institution, qui pourrait prétendre au gouvernement du Mali.

    Depuis le début de l’intervention française, auxquelles doivent prochainement se joindre des Africains, peu d’attention semble être portée à la situation politique interne au Mali. C’est pourtant à partir d’elle que la démocratie et l’État malien se reconstruiront… ou pas.

    Laissons aux spécialistes les commentaires sur la conduite des opérations militaires. Responsables politiques français, nous devons être des observateurs attentifs des rapports de force politiques maliens. Les armes ne parleront qu’un temps, et les urnes devront avoir le dernier mot. En l’occurrence, l’intervention militaire bouleverse la scène politique malienne. La position du capitaine Sanogo, qui s’opposait à une aide extérieure, est fragilisée.

    Quelques jours avant la demande expresse de soutien à la France formulée par le président Traoré, l’officier putschiste avait fait positionner des chars autour du palais présidentiel. Il s’agissait officiellement de le protéger des manifestations qui se sont déroulées à Bamako. Il n’empêche que cette décision équivoque, suivie de l’offensive des groupes armés qui occupent le Nord, a fait naître une rumeur persistante à Bamako : une alliance de circonstance entre les groupes armés du Nord et les éléments putschistes de l’armée.

    S’en suit une plus grande fragilité du chef des putschistes dans l’opinion. C’est une excellente nouvelle pour les forces civiles et démocratiques qui auront la lourde tâche de reconstruire l’Etat malien et de formuler un nouveau contrat social entre toutes les composantes de la population. Certes 10% des habitants du Nord seulement sont Touaregs. Et la population du Nord ne représente que 10% de l’ensemble du Mali. Mais une concorde nationale authentiquement malienne est le préalable à un bel avenir pour le pays

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  • L’intervention française n’est pas bien vue des impérialismes américain et anglais. Il y a bel et bien concurrence inter-impérialiste dans cette affaire...

    Dans un message ouvertement destiné à la France, Washington estime que « les problèmes du Mali doivent trouver une solution qui ne soit pas purement sécuritaire ».

    « Mali : le rappel à l’ordre américain » titrent Les Echos du 29 janvier 2013...

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    • Oui mais ce n’est pas l’essentiel . Areva est en train de licencier et ce n’est pas pour construire des mines à tour de bras en Afrique. Même si certains sites d’exploitation d’uranium sont très importants pour la France (30% de ma production de l’or radioactif au Niger), pourquoi la France aurait gentiment attendu la dislocation de l’appareil d’Etat malien pour intervenir et favoriser l’arrivée des terroristes en tout genre au Sahel ?

      Il y a quelque chose qui cloche dans le raisonnement qui donne trop d’importance aux justifications de conflit inter impérialistes, dans cette zone.
      Les rivalités inter-impérialistes sont un fait, mais dans des périodes de crise révolutionnaires du capitalisme, les alliances/concurrences changent très vite pour faire face à la menace de vacance du pouvoir et de révo.sociale.

      Ils se partagent la tache de reconstruire les appareils d’Etat—> Haiti, Afghanistan, Irak, Lybie, Syrie, Mali, Congo etc..et n’hésitent pas à s’entraider contre les peuples.

      Le reste est non pas du détail, mais un point non vital pour les classes dirigeantes.
      Au Japon, par exemple, la classe dirigeante a sauvé l’essentiel—>elle même.
      Tout n’est que ruine, économiquement, politiquement, socialement, sanitairement mais l’appareil d’Etat a survécu !
      Qu’à t-elle fait ? laisser volontairement une centrale nucléaire explosée sur des millions de gens.

      Ca ne peut pas arriver ailleurs ? cela serait purement accidentel ? Areva fait des profits avec le nucléaire, oui c’est vrai mais comme PSA, Renault, il en fait plus en spéculant et en investissant dans les banques, les dettes, les emprunts toxiques etc...
      Areva, et tous les trusts capitalistes sont ce corium qui n’est pas controlable . Ils consumment la société en dislocant toute la sphère productive. Les Etats ne croient pas défendre une patrie ou une zone politico/ économique , ils se défendent contre leur propre chute.

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      • Rio Tinto licencie 276 mineurs en Namibie :

        Commodesk - Rössing Uranium, compagnie détenue à 69% par Rio Tinto, prévoit de licencier 276 de ses 1.592 salariés, a-t-elle indiqué le 1er mars. Cette entreprise exploite la mine de Rössing, dans l’ouest de la Namibie.

        Les trois quarts des emplois concernés par la restructuration sont des postes opérationnels et de maintenance. La direction va consulter les partenaires sociaux, afin d’éviter le déclenchement de grèves. L’activité du site avait été interrompue quelques jours en 2011 du fait d’un mouvement social.

        Rössing Uranium justifie sa décision par la chute de 36% de ses prix de vente d’uranium depuis la catastrophe nucléaire de Fukushima, en mars 2011. La diminution de la teneur en minerai sur le site de Rössing augmente également les coûts de production. Enfin, ceux-ci sont encore rehaussés par la hausse des prix de l’énergie.

        L’entreprise a ainsi perdu 465 millions de dollars namibiens (39 millions d’euros) en 2011 et 474 millions (40 millions d’euros) en 2012.

        La mine de Rössing, exploitée depuis 1976, a produit 2.700 tonnes d’uranium l’année dernière.

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    • ’L’intervention française n’est pas bien vue des impérialismes américain et anglais’ , peux tu citer quelques sources de cette supposition ?

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      • Les enjeux de la guerre de l’impérialisme français au Mali 31 janvier 2013 17:51, par Robert Paris

        Par exemple, Le Figaro du 23/01 écrit Ainsi les Français ont-ils été très « surpris », selon une source indépendante qui s’est confiée au Figaro, de la manière dont Washington aurait traité leurs demandes de soutien aérien. S’ils ont donné un accord de principe, les États-Unis restent peu coulants sur les modalités exactes de cette aide. Washington a notamment demandé que la France paie pour les avions alloués par l’Amérique, une exigence qui en dit long sur les préoccupations budgétaires du moment. « Une demande sans précédent » en matière de coopération occidentale, nous confie la même source indépendante.

        Paris conteste l’existence d’un blocage politique, parlant au contraire d’une négociation technique et d’un débat américano-américain bureaucratique. Outre la question des compensations financières, les Américains ont invoqué des arguments légaux pour expliquer leur réserve, se disant gênés par le fait d’avoir à ravitailler des avions qui seraient destinés à frapper des cibles, car cela les mettrait, expliquent-ils, en situation de « cobelligérance ». La France cherche de son côté à s’assurer que le soutien aérien américain sera au rendez-vous si ses troupes se retrouvent en difficulté. Le débat est toujours en cours. Mais selon une source indépendante, l’ambassadeur de France a accentué la pression ce week-end, appelant plusieurs contacts à la Maison-Blanche, dont la conseillère du président, Valerie Jarrett, et le sénateur John Kerry, pour rappeler l’importance du soutien américain...

        Quand la situation s’est gâtée à l’automne, le gouvernement de François Hollande a en revanche été en première ligne pour accélérer la mise en place d’un dispositif de forces africaines susceptibles de se déployer en tampon entre le nord et le sud, avec pour objectif ultime de rétablir l’intégrité territoriale du Mali. Mais les États-Unis ont alors ralenti le processus, traînant des pieds et jugeant que le projet était mal ficelé et trop précipité. Ils ont préconisé des élections préalables à Bamako, aujourd’hui tenu par un gouvernement issu d’un putsch. Les désaccords ont été suffisamment forts pour que l’ambassadrice américaine à l’ONU, Susan Rice, qualifie le projet de résolution française de projet de « m… », avant qu’un vote n’ait finalement lieu fin décembre pour confirmer le droit à l’utilisation de la force et le déploiement futur de troupes africaines.


        Les commentateurs rappellent que les USA préparaient leur propre guerre et avaient leurs propres armées touarègues prêtes au Mali mais elles ont basculé dans le camp pro-islamiste.

        Le Commandement Militaire Américain pour l’Afrique (AFRICOM) créé officiellement en 2007 vers la fin du second mandat du président GW Bush est l’un des produits manufacturés par cette cellule de réflexion.

        Quelques années avant la création d’AFRICOM, les Etats-Unis avaient commencé à affirmer leur présence dans la région : Partenariats économiques de tout genre, manœuvres militaires avec ses différents pays, présence militaire et activités intenses des services de renseignement, etc. Tout donnait l’impression que les Etats-Unis préparaient (ou se préparaient à) une guerre au Mali et dans la région. Il s’est avéré plus tard que, seulement, ils le préparaient.

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        • On peut également lire Challenges du 26/01 : Le Mali suscite des tensions entre France et Etats-Unis

          http://www.challenges.fr/monde/2013...

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          • Les enjeux de la guerre de l’impérialisme français au Mali 31 janvier 2013 19:27, par Robert Paris

            Ou encore cet article : Mali : Tombouctou sous contrôle français, les Etats-Unis rappellent à l’ordre la France

            sur http://www.atlantico.fr/pepites/mal...

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            • Le Figaro du 28/01 écrit : « À Paris comme à Washington, on tient manifestement à faire valoir que la séquence de frictions bilatérales autour du soutien américain à l’intervention au Mali est désormais close. Qualifiées de « techniques » par les diplomates, les discussions de ces derniers jours ont tout de même pris un tour nettement plus crispé lorsque les Américains ont voulu facturer au prix fort l’envoi de leurs gros avions de transports C-17, une exigence fermement rejetée par Paris. Au début de la semaine dernière encore, les réticences de Washington à fournir un appui aérien ont conduit l’ambassadeur de France, François Delattre, à décrocher son téléphone pour battre le rappel à la Maison-Blanche. »


              Même les USA paraissent, en comparaison, plus réservés, dans le rôle de gendarme. Et s’il y a une distribution des tâches dans ce rôle, on peut dire que la France fait preuve dans le sien d’un zèle particulier.

              Le chef d’Africom, le général Carter Ham, préfère des négociations avant toute action armée contre les islamistes.

              Le principal commandant militaire américain en Afrique a déclaré qu’al-Qaïda et d’autres groupes extrémistes sont en train de consolider leur position dans le nord du Mali. Le général Carter Ham met, toutefois, en garde contre ce qu’il appelle une « intervention militaire prématurée » dans cette région.

              Le chef d’Africom s’est exprimé ainsi lundi lors d’un forum à Washington, disant qu’à son avis toute action entreprise aujourd’hui serait infructueuse et contribuerait, en fin de compte, à envenimer la situation. Il est plutôt partisan de négociations avant une intervention militaire.

              L’officier supérieur américain se dit en faveur d’une solution africaine à la crise malienne, rappelant les récents succès des forces de l’Union africaine et des soldats somaliens qui ont repris des secteurs de la Somalie contrôlés par les militants d’al-Shabab. Une telle approche, dit-il, a relégué al-Shabab, en général, en « mode de survie ».

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              • Phillip Carter, un ancien officier américain, proche de l’administration Obama, aujourd’hui expert au Center for a New American Security.

                Extraits de son article, sur le site de Foreign Policy :

                Selon des officiels cités par le quotidien américain, les Français sont allés au Mali « avant de comprendre exactement ce à quoi il s’attaquait « .

                Dans un discours prononcé le 24 janvier à la Howard University, le général Carter F. Ham, commandant en chef d’Africom, commandement américain pour l’Afrique basé à Stuttgart, affirmait que l’élimination totale des groupes islamistes n’est pas un objectif réaliste. L’opération peut au mieux viser à « l’endiguement et la désorganisation » d’Al-Qaeda pour l’empêcher de contrôler un territoire.

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  • Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), la Gambienne Fatou Bensouda, a mis en garde le Mali en raison d’allégations concernant des exactions qui auraient été commises par son armée dans le cadre du conflit qui déchire ce pays et demandé une enquête des autorités maliennes sur le sujet. « Mon Bureau est informé de ce que les forces armées maliennes auraient commis des exactions dans le centre du Mali ces derniers jours », a déclaré Fatou Bensouda dans un communiqué. « J’invite les autorités maliennes à mettre immediatement fin aux actes allégués et, en vertu du principe de la complémentarité, à diligenter des enquêtes et poursuites à l’encontre des personnes responsables », a ajouté la même source.

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  • Le Mali, c’était aussi la lutte des travailleurs : voir ici

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  • Le gros problème de la France est de remettre en place un Etat au sud et à Bamako. Dès que cela sera fait, elle abandonnera le nord Mali et les armées islamistes pourront y réapparaitre et ce d’autant que le pouvoir du sud ne s’entendra jamais avec les Touaregs pas plus qu’avec les travailleurs, les jeunes, les femmes et les exploités au sud...

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  • En réalité, les objectifs annoncés par le gouvernement français n’ont cessé d’évoluer depuis le début de l’intervention. Il s’agissait à l’origine d’arrêter la colonne de combattants islamistes qui fonçaient sur Bamako, selon les appréciations du renseignement français. Puis il a fallu préciser que la France avait pour but de "préserver l’existence de l’Etat malien", et "préparer le déploiement d’une force d’intervention africaine". Bref, les objectifs ont toujours eu des contours flous et ont alimenté toutes les hypothèses sur la stratégie militaire française.

    Les islamistes, qui dans les premières heures de l’offensive française auraient surpris le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, par leur capacité de résistance et leurs équipements, n’ont pas fait la preuve de leur combativité pour l’instant. Le cœur des combattants est estimé à environ 3.000 hommes. Selon le ministère de la Défense, 100 à 200 d’entre eux auraient péri dans les premiers bombardements. Aujourd’hui, le problème n’est pas tant de faire fuir les combattants des villes que de sécuriser cette immense zone et épuiser les djihadistes afin d’anéantir toute velléité de nouvelle attaque.

    Selon les nombreux experts interrogés, la majorité des hommes se sont repliés dans le massif des Ifoghas dans la région de Kidal. Des montagnes dont le périmètre fait près d’un tiers de la France, s’étend sur le Mali, le Niger et l’Algérie et qui sont très difficiles d’accès. Stratégie possible : s’attaquer aux axes d’approvisionnement en carburant, en nourriture et en armes, qui traversent le désert - un terrain relativement visible par les avions, pour qu’ils procèdent à des frappes aériennes. Par ailleurs, au sol, dans les régions reconquises, le défi reste énorme. Et ce sera la tâche des forces africaines, auxquelles la France a dit vouloir passer la main.

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  • La France a-t-elle, derrière son intervention au Mali, des intérêts économiques à protéger dans la région ? C’est ce qu’affirme Stéphane Lhomme, directeur de l’Observatoire du nucléaire, selon qui l’entrée en guerre de Paris vise directement à ’sécuriser l’approvisionnement des centrales françaises en uranium : ce dernier est extrait dans les mines du nord du Niger, zone désertique seulement séparée du Mali... par une ligne sur les cartes géographiques’.

    C’est aussi ce qui est avancé dans certains titres de presse, comme le quotidien algérien El Watan, qui explique que ’la proximité du Mali par rapport au Niger (4e producteur mondial d’uranium), son appartenance à la région du Sahel considérée par les experts comme ’espace charnière pour le transport du pétrole et du gaz’, et plus globalement au continent africain, théâtre de luttes d’influence entre les puissances économiques mondiales, sont autant de facteurs pouvant expliquer l’intervention française au Mali’. Sur le site Atlantico enfin, le journaliste Florent Detroy, spécialiste des matières premières, est du même avis, estimant que ’l’arrêt des mines du Niger serait catastrophique pour le groupe [Areva] et pour les Français’, et que ’le risque d’un ’choc uranium’ du fait d’une internationalisation du conflit actuel au Mali n’est pas impossible’.

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  • Le témoignage de Gérard Willing, qui dirigeait une société de renseignement privé, est pris aux sérieux par les enquêteurs et les parties civiles qui vont demander de nouvelles auditions, selon des sources proches de l’enquête.

    La Direction de la Surveillance du Territoire (DST), "savait tout dès 1994-1995" sur un financement de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur grâce à des retro-commissions liées aux contrats d’armement avec l’Arabie Saoudite (Sawari II) et le Pakistan (Agosta), a témoigné Gérard Willing dans un entretien à l’AFP après une audition lundi chez le juge antiterroriste Marc Trévidic.

    La DST a selon lui surveillé le siège de campagne du Premier ministre, filmant les allers et venues et "les valises" d’argent liquide. Les services "n’ignoraient rien" a affirmé cet homme qui dit avoir travaillé ponctuellement pour la DST.

    C’est dans ce cadre, selon lui, que la DST lui aurait demandé d’identifier des personnes filmées devant le QG de M. Balladur qui réfute tout financement occulte de sa campagne. Mais, selon M. Willing, "tous les documents ont été détruits en 2011".

    M. Willing a réaffirmé par ailleurs avoir fait, dès le 13 mai 2002, cinq jours après l’attentat, un compte-rendu oral à l’intention de la DST, faisant le lien entre l’attentat et une piste financière. Il aurait également rédigé une note écrite à l’intention du général Philippe Rondot, alors patron du renseignement français.

    Les services "savaient"

    Dans cette note consultée par l’AFP, M. Willing écartait, sur la base des témoignages de correspondants au ministère britannique des Affaires étrangères et du chef d’Etat-major de la marine indienne, la piste d’Al-Qaïda, privilégiée par le juge Jean-Louis Bruguière.

    Il émettait "l’hypothèse" d’un attentat commis en représaille après l’arrêt, en 1996, des commissions et leur "captation par les amis orientaux du camp chiraquien" après l’élimination des premiers intermédiaires, Ali Ben Moussalem, Abdul Rhaman El-Assir, et Ziad Takieddine. Leur mise à l’écart a financièrement "lésé beaucoup de monde", notamment au Pakistan, selon M. Willing.

    La thèse d’un détournement des commissions est aussi défendue par M. Takieddine, mis en examen dans le volet financier du dossier.

    Mais "la DST a pas tenu compte" de sa note, explique M. Willing.

    Cette piste d’un attentat de représaille est privilégiée par le juge Trévidic, qui a repris l’enquête en 2007, après la découverte fortuite, en 2008, dans les locaux de la Direction des Chantiers Navals (DCN), du rapport Nautilus écrit quelques semaines après l’attentat, et qui faisait état de la piste financière.

    Le juge a récemment demandé la déclassification de la note de M. Willing, jamais versée au dossier.

    "Les services français savaient et ont tout caché, il devront s’expliquer devant la justice", a réagi Gilles Sanson, qui a survécu à l’attentat et pour lequel "on est au coeur d’une affaire d’Etat".

    Son avocate, Me Marie Dosé, estime que ce témoignage "confirme que les services étaient au courant de la piste financières depuis 2002".

    Avocats des familles, Me Olivier Morice a condamné "l’entrave au plus haut niveau de l’Etat" dans cette affaire.

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  • En janvier dernier, alors que la région du Sahel était soumise à des troubles de plus en plus violents, le géant pétrolier français Total avait annoncé avoir signé deux permis d’exploration avec les autorités mauritaniennes dans le très prometteur bassin de Taoudéni.

    Le groupe a ainsi acquis, en tant qu’opérateur, une participation de 90% dans les blocs C 9 en mer très profonde et Ta 29 à terre. La compagnie nationale mauritanienne SMH détiendra les 10% restants.

    Le bloc C 9, situé à environ 140 kilomètres à l’ouest des côtes mauritaniennes, s’étend sur plus de 10.000 km (!…), par des profondeurs d’eau comprises entre 2.500 et 3.000 mètres. Le bloc Ta 29 est situé dans le désert du Sahara à 1.000 kilomètres à l’est de Nouakchott, au nord du bloc Ta 7 sur lequel Total mène déjà des activités d’exploration.

    En février 2011, la presse algérienne indiquait que le groupe français Total et le groupe énergétique national algérien Sonatrach avaient dans leurs besaces plusieurs projets au Sahel. L’essentiel semblant être pour les deux groupes de « rafler » le plus de projets possibles, au Mali et au Niger.

    Les récentes découvertes de richesses minières, dans le bassin de Taoudéni, large de 1,5 million de kilomètres carrés, partagé entre le Mali, l’Algérie, la Mauritanie et le Niger, provoquent en effet désormais un vif intérêt pour cette région.

    Jean François Arrighi de Casanova, directeur Afrique du Nord de Total a ainsi fait état d’immenses découvertes gazières dans le secteur, freinant la progression du puits vers la zone pétrolière, en Mauritanie et le conduisant même à parler « d’un nouvel Eldorado ».

    A travers sa filiale internationale Sipex, Sonatrach a par ailleurs obtenu l’approbation du ministère des Mines nigérien pour procéder à des forages expérimentaux.

    Au Mali, la filiale de Sonatrach présente depuis 2007, a acquis une prolongation de deux ans, émanant du ministère malien des Mines, pour la première phase d’exploration qui prendra fin en 2013.

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  • François Hollande affirmait le 12 janvier que « la France ne défend aucun intérêt particulier » dans son intervention militaire et qu’elle « n’a d’autre but que la lutte contre le terrorisme ». Est-ce bien la réalité ?

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  • La France au Mali pour : l’ OR, le Quartz, les Carbonates, le bois silicifié, les minéraux et le Pétrole

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  • Peut-être l’intervention éclair de la France est-elle motivée par un accord entre le gouvernement malien et la France pour exploiter ses ressources minières ? Le sous-sol malien fait partie des plus riches du continent noir. Il contient des ressources minières variées comme l’or, le quartz, les carbonates, le bois silicifié, les minéraux liés aux pegmatites et aux métamorphismes, ainsi que du pétrole. (voir plus bas)
    N’assisterait-on pas à une politique néo-coloniale ?

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  • Le sous-sol malien fait partie des plus riches du continent noir. Selon la direction nationale de la géologie et des mines (DNGM), notre sous-sol regorge d’une importante variété de pierres précieuses et de matières fossiles.

    Selon le projet d’assistance technique au secteur minier du Mali, la dernière carte des gîtes et indices minéraux du Mali est celle préparée par Traoré, Méloux et Bassot dans le cadre du Plan minéral en 1978. Aussi le sous-sol malien fait-il partie des plus riches du continent noir. Un jeu de dépliants publié récemment par la DNGM confirme que notre sous-sol regorge d’une importante variété de pierres précieuses et de matières fossiles.
    Dans la carte géologique de notre pays, il apparaît que les cercles de Nioro et Bafoulabé (1re région) sont riches en grenats et en minéraux de métamorphisme de contact. Dans le cercle de Bougouni et le bassin de la Falémé, il y a les minéraux liés aux pegmatites. On retrouve les fossiles dans le Tilemsi à Bourem (région de Gao), les grenats et corindons dans le Gourma (Nord du Mali). L’Adrar des Iforas et ses environs sont riches en bois silicifiés et en minéraux liés aux pegmatites et aux métamorphismes. Dans la zone de Hombori-Douentza, il y a le quartz, les carbonates.
    Parmi ces pierres et fossiles, les grenats ont fait l’objet d’un projet d’exploitation industrielle par la DNGM ; les fossiles du Tilemsi ont été exploités par l’Usine de phosphate de Bourem qui n’est plus fonctionnelle depuis plus d’une décennie. « L’exploitation des autres matières est encore au stade artisanal. Certains ne sont même pas exploités », témoigne Waly Diawara, directeur adjoint de la géologie et des mines.
    Quatre autres régions minières sont répertoriées dans la carte établie par la DNGM. Dans la région de Kayes, il y a le Guidimaka au nord, les environs de Nioro au nord-est, Kéniéba au sud et Bafoulabé au sud-est. « Les investigations dans le Guidimaka ont permis de mettre en évidence des indices d’or qui sont actuellement en cours d’études par différentes sociétés minières étrangères », souligne le document.
    En plus de l’or, qui est exploité, des indices de pétrole sont localisés dans le bassin de Nara (région de Koulikoro). Ils se prolongent jusqu’à Gao, la bauxite dans la région de Kayes, les phosphates identifiés dans la vallée du Tillant. Selon le département des Mines, de l’Energie et de l’Eau « le seul qui a été suffisamment étudié, le gisement de Tamaguilelt, dispose de réserves d’environ 20 millions de tonnes. Il est exploité de façon semi-industrielle depuis 1986 et a produit en moyenne 15 000 tonnes par an. Ses activités ont été interrompues pendant la rébellion et actuellement sont arrêtées depuis 1996 ».
    En ce qui concerne le calcaire, on trouve des gisements à Goundam (Bad el Héré) et à Bafoulabé (Gangontéry Diamou). Ils sont exploités pour la production de carreaux et de ciment. « Les réserves sont évaluées à plus de 122 millions de tonnes reparties dans plusieurs zones. Les potentialités existent, mais les difficultés sont liées au développement des infrastructures et aux besoins du Mali dans le secteur du bâtiment et des travaux publics ».
    Le marbre (plus de 11 millions de tonnes), le granit et la dolérite sont exploités par deux entreprises européennes et quelques artisans maliens. « Il y a d’autres minéraux importants tels que le kaolin, l’argile réfractaire, le gypse, le sel gemme, le manganèse, le lithium, le fer, les schistes bitumeux, le lignite, le nickel, l’étain, le zinc, le plomb et l’uranium ».
    Les perspectives actuelles pour le développement d’une industrie minière basée sur l’exploitation de l’or sont très prometteuses comme le témoignent les accords conclus pour l’exploitation des mines d’or de Syama-II, Loulo et Sadiola. Le secteur des mines est l’un des moteurs de la stratégie actuelle de développement du Mali.
    Conformément aux orientations du programme gouvernemental, la politique minière s’articulera autour des principaux axes suivants : la poursuite et l’intensification des travaux de prospection et d’évaluation des indices (notamment l’or) et leur mise en exploitation, la mobilisation des moyens matériels et financiers et leur utilisation à travers des structures adaptées, l’élaboration d’un cadre législatif, réglementaire et institutionnel adéquat définissant, entre autres, le rôle de l’Etat, ses formes d’intervention, la place du secteur privé et ses relations avec l’Etat, le développement d’infrastructures de base adéquates (énergie et voies de transport).

    Journal Les Echos

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  • « En aucun cas la France n’interviendra d’elle-même au Mali… ». Qui ? François Hollande président de la France et Laurent Fabius ministre des affaires étrangères de la France. Quand ? le 13/11/2012 soit exactement deux mois. Où ? lors de sa grande conférence de presse organisée tous les 6 mois pour parler de son action à la tête de notre pays.

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  • Emmanuel Grégoire directeur de recherche spécialiste du Niger déclare, sûr du bon droit de la France :

    « Au vu des tensions dans la région, les forces françaises seront envoyées au Niger protéger les mines d’Areva. 30% de l’approvisionnement français en uranium proviennent de ce pays. (…). Elle aurait même dû intervenir depuis longtemps au Niger (…)Quand la nouvelle mine d’Imouraren sera en activité, le Niger couvrira 50% de l’approvisionnement. Je ne pense pas que la France se retirerait définitivement de la région, notamment du Niger. Si la France perdait les gisements du Niger ce serait très embêtant pour elle. »

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  • Les enjeux de la guerre de l’impérialisme français au Mali 1er février 2013 19:56, par Robert Paris

    On s’en moque certes, mais Hollande a violé sa propre parole, l’engagement de l’ONU et n’a eu que l’approbation – rétroactive – de ses alliés européens. Aucune concertation ne l’a précédée, en violation du traité de Lisbonne (art. 32, 347). Tout cela est quand même significatif de cachoteries y compris à l’égard des autres impérialismes.

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  • Voici le point de vue de
    Glenn GREENWALD
    diffusé par le monde en question :

    http://mondeenquestion.wordpress.co...

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  • Dans un contexte de forte concurrence, les alliances et tensions sont discrètes ou apparentes, comme
    pour le pétrole du bassin de Taoudeni, à cheval entre l’Algérie, la Mauritanie et le Mali. Le pétrolier
    français Total, en lien avec Qatar Petroleum, n’est pas en reste : « Présent dans l’exploration-production en Mauritanie
    depuis 2005, Total explore, aux côtés de ses partenaires Sipex [filiale de l’algérienne Sonatrach] et Qatar Petroleum
    International, le bassin de Taoudéni dans les blocs Ta 7 et Ta 8 situés dans le désert mauritanien ». Selon un blog
    d’actualité financière, la présence de Total ne s’arrête pas là : « En février 2011, la presse algérienne indiquait
    que le groupe français Total et le groupe énergétique national algérien Sonatrach avaient dans leurs besaces plusieurs
    projets au Sahel. »

    En février 2011, la presse algérienne indiquait que le groupe français Total et le groupe énergétique national algérien Sonatrach avaient dans leurs besaces plusieurs projets au Sahel. L’essentiel semblant être pour les deux groupes de « rafler » le plus de projets possibles, au Mali et au Niger.

    Les récentes découvertes de richesses minières, dans le bassin de Taoudéni, large de 1,5 million de kilomètres carrés, partagé entre le Mali, l’Algérie, la Mauritanie et le Niger, provoquent en effet désormais un vif intérêt pour cette région.

    Jean François Arrighi de Casanova, directeur Afrique du Nord de Total a ainsi fait état d’immenses découvertes gazières dans le secteur, freinant la progression du puits vers la zone pétrolière, en Mauritanie et le conduisant même à parler « d’un nouvel Eldorado ».

    A travers sa filiale internationale Sipex, Sonatrach a par ailleurs obtenu l’approbation du ministère des Mines nigérien pour procéder à des forages expérimentaux.

    Au Mali, la filiale de Sonatrach présente depuis 2007, a acquis une prolongation de deux ans, émanant du ministère malien des Mines, pour la première phase d’exploration qui prendra fin en 2013.

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  • Areva tente déjà depuis de nombreuses années d’obtenir les droits d’exploitation d’une mine d’uranium de quelques 5 000 tonnes de minerai qui se trouvent à Faléa, une commune de 21 villages et 17 000 habitants, située dans une région isolée à 350 kilomètres de Bamako, très proche des frontières du Sénégal et de Guinée.

    De là à justifier – certes en partie – l’intervention française, baptisée « Opération Serval » pour éviter que djihadistes, rebelles touaregs et autres mouvements ne remettent en cause d’éventuels accords ou pourparlers, il n’est pas irraisonné d’y penser.

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  • Lutte Ouvrière appelle à manifester :

    Samedi 9 février 2013, à 15 heures

    Devant le siège d’Areva, 33, rue Lafayette, 75009 Paris

    (métro Le Peletier ou Notre-Dame-de-Lorette) contre l’intervention francaise au mali.

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  • A la retraite, mais pas avare de confidences susceptibles de faire trembler les chancelleries, confortablement drapées dans l’hypocrisie de rigueur, Vicky J. Huddleston, ex-ambassadrice américaine au Mali de 2002 à 2005, s’est affranchie de la langue de bois officielle pour divulguer, vendredi, sur I-Télé, quelques secrets d’Etat qui mettent à mal la véracité des fables que l’on nous brode afin d’éclairer notre compréhension de la marche du monde…

    Outre sa révélation retentissante de la rançon substantielle (17 millions de dollars !) payée par la France pour obtenir la libération des otages détenus par AQmi au Mali - otages, enlevés en septembre 2010 à Arlit (Niger) et probablement actuellement détenus au nord du Mali -, qui anéantit la douce utopie du triomphe de la diplomatie française sur les négociations plus prosaïquement financières, le portrait sans étoffe qu’elle a brossé du djihadiste Mokhtar Belmokhtar brise également le mythe du leader sanguinaire du groupuscule « les signataires par le sang », à la tête de la prise d’otages du complexe gazier d’In Amenas, en Algérie.

    L’homme précédé par ses surnoms « Le borgne », ou encore « Mister Malbororo », est décrit comme une petite frappe, vulgaire trafiquant de cigarettes, qui n’aurait jamais représenté une menace imminente pour les Etats-Unis : "C’était un petit voyou qui ne représentait pas une menace pour les Etats-Unis, pour les Français ou le gouvernement malien", assure-t-elle.

    Retirée de la vaste scène géopolitique, Vicky J. Huddleston n’a pas fait de vœu de silence pour autant, et elle l’a prouvé en enfonçant le clou : entre 2004 et 2011, les Européens ont versé 89 millions de dollars pour libérer des otages enlevés par des islamistes, a-t-elle affirmé.

    Et de poursuivre sur sa lancée : "Les rançons, comme toutes les rançons, ont été payées indirectement. Elles ont terminé entre les mains du gouvernement malien et ensuite elles sont retournées, du moins une partie, aux salafistes", renchérissant : "tout le monde était au courant, les Algériens particulièrement savaient ce qui se passait quand les otages étaient libérés, quand les gouvernements nient avoir payé des rançons, tout le monde sait que l’argent passe de main en main et par différents intermédiaires, et que cela termine dans la trésorerie d’Aqmi, leur permettant d’acheter des armes et de recruter".

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  • La Russie critique l’intervention française. "La France combat aujourd’hui au Mali ceux qu’elle a armés hier en Libye", titre le journal algérien, citant le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov. Celui-ci sera à Alger ce 12 février pour une visite de travail. "Le dossier malien sera au cœur des discussions", annonce Moscou. Le journal cite longuement le communiqué russe qui affirme que "les peuples de la région doivent décider de leur avenir sans intervention étrangère. Cela vaut également pour la Syrie."

    Le monde des blocs est là mais ce sont des nouveaux blocs : en Syrie comme au Mali. Des affrontements inter-impérialistes entre anciens et nouveaux impérialismes...

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  • La France se retrouve en première ligne en Afrique, avec tout ce que cela comporte d’ambiguïtés pour l’ancienne puissance coloniale. Après Nicolas Sarkozy, François Hollande s’était pourtant engagé à couper le cordon de la Françafrique. Ses intérêts économiques au Mali sont loin d’être stratégiques, à la différence du Niger voisin avec ses mines d’uranium voire de la Côte d’Ivoire, où l’armée française était intervenue en 2002 protégeant ainsi indirectement la production de cacao.

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  • L’objectif d’imposer silence aux opposants de Bamako commence à être réalisé…

    Interpellé violemment le lundi après – midi devant son ONG : – Dr Oumar Mariko toujours retenu à la Sécurité d’Etat – SADI accuse Dioncounda et exige sa libération immédiate.

    Dans un communiqué rendu public hier mardi 12 février, signé par le Secrétaire politique chargé de la Communication, Mohamed Ag Akeratane, le Bureau politique du Parti Solidarité Africaine pour la Démocratie et l’Indépendance (SADI) a confirmé l’arrestation, le lundi précédent, de son secrétaire général par » des hommes armés en civils avant de l’amener vers une direction encore inconnue « . Certaines sources indiquent que l’ex-leader estudiantin est entre les mains de la Sécurité d’Etat. Pour le moment, plusieurs motifs sont avancés par rapport à son interpellation. Le parti SADI accuse les autorités de la transition et rend le Pr Dioncounda Traoré » responsable de tout ce qui arrivera au Dr Oumar Mariko » avant de demander sa » libération immédiate « .
    La nouvelle de l’interpellation du secrétaire général de SADI, le lundi dernier, a vite fait le tour de la ville à cause de la personnalité trop bouillante de Oumar Mariko et de sa proximité avec les militaires de Kati. C’est pourquoi, diverses sources, contactées après son arrestation, s’évertuaient à donner des informations à compte-goutte et souvent contradictoires. L’hypothèse la plus répandue est qu’il a été entendu « pendant plusieurs heures » avant d’être relâché. C’estcelle que nous avons privilégié dans notre parution d’hier mardi. Mais le communiqué de son parti, tombé dans l’après-midi du même jour, confirme que Dr Mariko reste toujours enfermé dans les locaux de la Sécurité d’Etat.

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  • Les buts français dans la guerre ? Antiterrorisme ? Mission humanitaire ? Á moins que derrière ces beaux mots se cachent, comme d’habitude, d’autres choses bien peu avouables… Les media occidentaux omettent bien de dire, par exemple, que Pékin et Bamako ont signé en septembre 2011 trois accords commerciaux d’importance pour la rondelette somme de 739 milliards de yuans. Les deux pays étaient représentés par le ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale, M. Soumeylou Boubèye Maïga, et par l’assistant au ministre du commerce de Chine, M. Yu Jianhua, qui s’était rendu dans la capitale malienne pour inaugurer le troisième pont à y avoir été construit.

    Le premier accord (quelque 70 milliards de yuans) représente en quelque sorte un cadeau que Pékin a voulu faire au pays africain. Le second accord porte sur un prêt de cinq milliards de yuans, que Bamako utilisera pour financer des projets prioritaires qui seront identifiés par le gouvernement du Mali pour améliorer les conditions de vie de la population locale. Le troisième accord prévoit quant à lui un financement de 619 milliards de yuans qui permettront à la Chine de participer, avec d’autres partenaires techniques et financiers du Mali, à la construction de l’important bassin hydroélectrique de Taoussa, près de Gao, dans la zone fréquentée par les milices djihadistes et touarègues. L’achèvement du barrage de Taoussa pourrait apporter un nouveau souffle au développement de l’irrigation indispensable à la culture du riz, mais aussi contribuer à la régénération de l’écosystème. Le barrage assurerait par ailleurs le développement de tout un réseau d’activités dans la région de Gao et de ses alentours.

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  • Quatre ans et demi après l’invasion du Mali en janvier 2013 par une force d’invasion française soutenue par les États-Unis, la guerre part en vrille vers un conflit régional plus vaste, entraînant la fermeture des frontières par les gouvernements voisins et stimulant les escalades des gouvernements occidentaux.

    Les zones frontalières du Mali connaissent « une expansion significative des activités extrémistes et terroristes violentes, y compris des attaques transfrontalières coordonnées contre les postes de sécurité et le pillage des colonies frontalières », a déclaré jeudi le haut fonctionnaire des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest.

    En outre, des groupes d’opposition ont organisé des manifestations pendant le week-end à Bamako, la capitale du Mali, en rassemblant des milliers de manifestants avec pour but de bloquer des changements juridiques en projet qui donneraient les pouvoirs d’urgence au gouvernement du président Ibrahim Boubacar Keita.

    Lundi dernier, huit soldats maliens en déplacement entre Gao et Menaka ont été embusqués et tués. Mercredi, les forces armées du Burkina Faso se sont heurtées à des militants fortement armés le long de la frontière Burkina-Mali. Vendredi, la Mauritanie a déclaré que sa frontière nord-est est une zone fermée et militarisée, annonçant que « toute personne qui circule ou transite dans cette partie du territoire national sera considérée comme une cible militaire. »

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  • Le 23 Octobre dernier, l’armée française agissant dans le cadre de l’opération Barkhane a bombardé un camp djihadiste près d’Abeïbara, au nord du Mali. Il y a eu de nombreux morts dont 11 soldats maliens qui étaient prisonniers des djihadistes depuis de nombreux mois dans ce camp.

    Est-ce une bavure ou une opération délibérée ? Ce qui est sûr c’est que dans un premier temps c’était motus et bouche cousue tant du côté des autorités françaises que maliennes. Ce n’est que dix jours après que les faits ont fuité dans les médias que le ministère de la Défense du Mali a sorti un communiqué pour annoncer qu’une « enquête » allait être menée pour établir les faits. De son côté, l’ambassadrice de France au Mali a « confirmé que cette action de Barkhane visait à détruire un camp d’entraînement et que les reconnaissances menées lors de la phase de préparation n’ont pas permis de déceler la présence de militaires maliens ». Quant au porte-parole de l’armée française au Mali, il s’est contenté de dire de manière presque méprisante que « Barkhane refuse de commenter la propagande djihadiste. Nous confirmons avoir détruit un camp djihadiste ».

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    Ce n’est pas la première fois que l’armée française commet des « bavures » au Mali. On peut citer le cas d’un enfant de dix ans (sans arme) tué par balle le 30 novembre 2016 et enterré en toute discrétion par un commando de Barkhane. Là aussi c’est la presse qui a ébruité l’affaire suite à la protestation de la famille endeuillée. Le ministère français de la Défense a couvert ce crime en déclarant que cet enfant était un « combattant mineur agissant pour le compte d’un groupe armé terroriste ». Combien d’autres bavures sont restées inconnues du public ?

    L’armée s’est blanchie elle-même

    Barkhane, inefficace contre le terrorisme ?

    Barkhane = un « permis de tuer au Sahel »

    Macron poursuit de plus belle la guerre française au Mali !!

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  • « Nous avons gagné cette guerre », déclarait en septembre 2013 à Bamako un François Hollande triomphant au terme d’une intervention militaire française menée au pas de course pour déloger les mouvements djihadistes au Mali. Quatre ans plus tard, dans une région sahélienne à la dérive, les mots de l’ancien président de la République résonnent de façon tragique. Le Mali a sombré dans un état de délitement inquiétant. Au nord, les groupes politico-militaires se disputent toujours le contrôle des territoires et des trafics. Au centre, l’Etat a reculé dans les zones rurales où prospèrent milices communautaires, bandes criminelles et insurgés se revendiquant du djihad. Pis, débordant du territoire malien, les violences touchent désormais les pays voisins, Burkina Faso et Niger en particulier.

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  • Le Mali et ses voisins sont aujourd’hui le théâtre de multiples interventions sécuritaires qui se superposent : opération française « Barkhane » et G5 Sahel, mais aussi force de stabilisation de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), mission de formation de l’Union européenne au Mali (EUTM), mission civile de l’Union européenne (EUCAP) et opérations des forces spéciales américaines.

    Non seulement cet empilement n’a pas amélioré la situation sur le terrain, mais il suscite le malaise des opinions publiques malienne et nigérienne de plus en plus rétives à ces présences militaires étrangères. Celles-ci ont échoué jusqu’ici à contenir les groupes qui se revendiquent du djihad. Ces derniers se sont adaptés aux interventions internationales : chassés des villes, ils ont appris à se recomposer dans les zones rurales. Ils cherchent à s’y enraciner en y assurant un certain ordre, à la place d’un Etat absent et souvent perçu comme illégitime.

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