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Ne pas nous laisser piéger entre faux amis et vrais ennemis… - Matière et Révolution
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Ne pas nous laisser piéger entre faux amis et vrais ennemis…

samedi 30 septembre 2017, par Robert Paris

Edito

Ne pas nous laisser piéger entre faux amis et vrais ennemis…

Nous avons un trop plein de sauveurs. Hollande prétendait nous sauver de Sarkozy, Fillon prétendait nous sauver d’Hollande et Le Pen de Fillon. Finalement, on subit Macron et c’est Mélenchon qui prétend nous en sauver et Martinez, lui aussi, se voit comme le sauveur du monde du travail ! Les uns sauvent les salaires, les autres sauvent les emplois, les troisièmes sauvent l’industrie, les quatrièmes sauvent l’économie, sans parler de ceux qui sauvent la nation, l’endettement ou l’Europe.

En fait, nous sommes sans cesse pris en tenailles entre deux sortes d’adversaires qui s’affichent comme nos défenseurs et qui prétendent que sans eux nous serions entre les mains des autres, présentés comme la catastrophe, eux devant être considérés comme le moindre mal.

La réalité, c’est que personne ne croit vraiment ni aux uns ni aux autres. Pas plus que, dans la classe ouvrière, personne ne croit vraiment aux dirigeants syndicaux, non seulement ceux qui cautionnent directement des reculs d’ampleur comme les dirigeants de FO, de la CFDT ou de la CGC, mais y compris ceux comme les dirigeants CGT et SUD qui y ont été de leur négociation avec Macron, même s’ils reconnaissaient que cela ne servait à rien et que ce n’était qu’une comédie destinée à faire croire que le gouvernement avait négocié !

Personne n’a cru que les syndicats étaient partis pour faire reculer Macron, le MEDEF et les classes possédantes. Les grandes mobilisations des retraites sont trop proches pour qu’on ait oublié le monde qu’il y avait alors en grève et dans la rue, ni oublié que cela n’avait servi à rien qu’à permettre aux dirigeants de l’intersyndicale d’affirmer que tout était dû à un seul homme : Sarkozy et à appeler à voter Hollande ! A l’époque, les dirigeants syndicaux affirmaient qu’il n’était pas question de généraliser la grève, de faire autre chose que des journées séparées, isolées, à part dans les raffineries. En même temps, les grèves qui avaient lieu à l’époque restaient isolées, grèves d’hôpitaux, de postes, d’entreprises de l’automobile qui licenciaient, d’enseignants, etc. Il en va de même aujourd’hui : les journées d’action ne servent pas à unir la classe ouvrière. On vient encore de le voir avec une journée d’action spécifique pour les retraités que Macron vole encore plus que ses prédécesseurs, sous prétexte de donner plus aux salariés du privé.

Si les patrons et le gouvernement font tout pour diviser la classe ouvrière, ses prétendus défenseurs ne font absolument rien pour l’unir !

Tout ce cirque a un but : détourner les travailleurs de la véritable lutte de classe qui ne consiste nullement en des promenades de rue inoffensives, en des grèves isolées et d’avance perdues comme celle menée par les routiers sous égide syndicale, toutes actions qui sont caractérisées par leur caractère commun d’inaction offensive à l’égard des classes possédantes et de désarmement politique, social et moral de la classe ouvrière.

En fait, les dirigeants syndicaux craignent autant la colère ouvrière que les patrons et leur gouvernement. Il est remarquable que les centrales syndicales fassent tout pour ne pas réunir d’assemblées générales, lors des journées d’action et même dans les entreprises et secteurs en grève. Ils avaient pourtant fait passer dans la tradition que ces assemblées fassent taire les salariés, en donnant uniquement la parole à des discours sans fin des dirigeants, tout cela pour ne rien dire du tout. Ils avaient également fait passer dans les habitudes que les travailleurs en grève ne constituaient pas de comité de grève élu ou encore qu’avant le lancement d’une grève, ils ne consultaient pas les salariés concernés sur les revendications à mettre en avant ni sur les modes d’action à retenir, sur la manière de populariser la grève. Ils avaient surtout bien implanté l’idée qu’on ne pouvait pas étendre une grève à d’autres secteurs ou entreprises, celles de la région, celles du secteur d’activité, celles du privé avec celles du public, celles des salariés avec celles des chômeurs, celle des salariés des trusts automobile et ceux des entreprises sous-traitantes, celle des migrants et celles des travailleurs du pays, celle des hommes et celle des femmes, celle des jeunes et celle des vieux. C’est ce qu’ils viennent encore de démontrer en faisant manifester les retraités contre la même loi que les autres manifestants mais séparément ! C’est aussi ce qu’ils avaient démontré en faisant mener une lutte dans le seul site d’Aulnay contre des suppressions massives d’emplois qui avaient lieu sur tout le trust ! C’est encore ce qu’ils ont démontré en faisant intervenir les seuls routiers contre une loi qui concerne tous les salariés !

Bien entendu, pour ces dirigeants syndicaux, il n’est pas question d’assemblées interprofessionnelles, pas question d’assemblées ayant un réel pouvoir de décision démocratique, pas question d’assemblées se dotant d’organes exécutifs, de comités de grève, pas question d’élections de délégués dans de telles assemblées de lutte, etc. Les bergers du prolétariat ne nous traitent comme des moutons que parce qu’ils craignent ce que nous pourrions décider sous le coup de la colère. C’est ainsi qu’ils craignent plus que tout que des salariés d’entreprise en grève envahissent d’autres entreprises, s’invitent les uns les autres dans des assemblées, y déterminent un courant de lutte, radicalisent progressivement le mouvement et provoquent une dynamique que ces appareils bureaucratiques ne seraient pas certains de pouvoir contrôler… Ils ne veulent surtout pas que la classe ouvrière en lutte leur ôte le monopole de décision que le patronat et le gouvernement leur attribuent. Ils ne veulent pas que ces derniers leur retirent les subsides considérables qui financent des appareils énormes et qui dépassent de loin les rentrées d’argent des cotisations. N’oublions pas que ces directions syndicales ne sont pas élues ni par les militants syndicaux, ni par les syndiqués, et encore moins par les travailleurs eux-mêmes. Les délégués, élus en dehors d’une lutte, ne sont pas ceux qu’éliraient peut-être des travailleurs entrés en lutte. En tout cas, les dirigeants syndicaux ne veulent pas prendre le risque de laisser les travailleurs s’organiser, discuter, décider, ni même simplement prendre la parole, rédiger des tracts ou des banderoles…

Et, y compris en dehors des luttes, les appareils syndicaux sont très loin de diffuser la moindre idée lutte de classe, la moindre idée d’intérêts politiques, sociaux, moraux prolétariens, la moindre idée d’une indépendance de classe des travailleurs. Ils diffusent au contraire toutes les illusions sur la nation, le nationalisme économique comme politique, sur l’Etat, sur la démocratie bourgeoise, sur les intérêts communs au sein de l’économie capitaliste, sur le capitalisme durable, écologique, bio et autres, sur la pérennité d’une société fondée sur la propriété privée des moyens de production, sur l’Etat, son armée, sa police, son administration, ses finances, tout cela soi-disant au service du peuple, et y compris sur les élections bourgeoises…

On le voit les « sauveurs » syndicaux ne sont pas plus crédibles que les « sauveurs » politiciens, ou que ceux qui diffusent dans les média des idéologies pour sauver l’économie, pour sauver l’industrie, pour sauver le climat, pour sauver les emplois et les salaires, ou pour sauver la planète. Et ils ne sont pas beaucoup plus crédités que ceux-ci. La désillusion de la classe travailleuse vis-à-vis de tous ces appareils bureaucratiques est immense, même si les travailleurs n’ont pas montré ces dernières années d’énormes tendances à l’auto-organisation des luttes. Les travailleurs ont bel et bien constaté que toutes ces idéologies mensongères ne sont plus défendues dans les ateliers et dans les bureaux où on ne voit presque plus de militants circuler et discuter. La classe dirigeante et le gouvernement en profitent pour enfoncer le clou en poussant à la défiance vis-à-vis de toute forme d’organisation, de toute forme d’action politique des travailleurs. La classe ouvrière est en réalité totalement exclue du régime politique capitaliste, absente des assemblées, absente parmi les politiciens, absente des membres des gouvernements, n’étant représentée nulle part, pas même au sein des directions syndicales puisque les grands dirigeants comme Lepaon ou Notat finissent comme d’anciens ministres recasés hauts cadres de la bourgeoisie !

Démobiliser les travailleurs est le but de tout ce cinéma. On voit ainsi des « leaders » de la CGT, qui appellent à faire grève lors d’une journée d’action contre la loi Macron, déclarer aux travailleurs qu’ils ne croient pas la faire reculer mais seulement exprimer leur désaccord et dissuadent ainsi discrètement de trop s’engager dans la lutte. On les voit par contre lutter activement contre des militants radicaux, les discréditant quand ceux-ci essaient de pousser à des assemblées de salariés, à des comité de grève, à l’auto-organisation d’une lutte, etc. Le patronat, lui aussi, combat activement les éléments radicaux de la classe ouvrière. Hollande-Valls avaient appelé les patrons à recenser et dénoncer systématiquement les « éléments radicalisés » et on a bien vu à Air France comme dans les entreprises qui licencient que les « éléments radicalisés » ne signifiait pas seulement des personnes se tournant vers l’islamisme mais vers la lutte de classe ! Macron poursuit bien sûr cette chasse aux travailleurs radicaux qui est parfaitement relayée par les appareils syndicaux. Les extrêmes gauches officielles font tout pour se donner une image respectable et pas radicale du tout afin de ne pas se retrouver désignés du doigt comme radicaux. Efforts ridicules et dérisoires et politiques opportunistes qui ne prêtent qu’à rire ! Les soi-disant radicaux de Mélenchon ne sont plus du tout radicaux lorsqu’ils disposent de responsabilités syndicales et se révèlent des bureaucrates aussi crasseux et antidémocratiques que les autres, seulement « insoumis » aux volontés prolétariennes !!!

Bien sûr, on pourrait penser que tout ce petit monde bourgeois-bureaucratique ne fait que se tirer une balle dans le pied, comme le parti socialiste l’a fait, comme Fillon l’a fait, comme Le Pen même l’a fait, comme la CGT vient encore de le faire, programmant la défaite avant même de programmer la lutte ! Mais ce serait oublier que ces gens-là tiennent avant tout à défendre des intérêts de classe, ceux de la classe possédante, et leur crédit public, ils n’en ont besoin que pour le vendre à cette classe exploiteuse. Les centrales syndicales et les partis, y compris faussement insoumis, faussement socialiste, faussement communiste, faussement d’extrême gauche, faussement gauche de la gauche, ne font qu’utiliser leur crédit au service des possédants. C’est cela qui leur permet d’entretenir des appareils bureaucratiques bien plus importants que leur influence réelle. C’est cela qui leur permet de parler sans cesse dans les média alors que les travailleurs du rang n’y ont jamais la parole !

Il y en a assez des prétendus « sauveurs », « organisateurs », « représentants », « dirigeants » des salariés et des peuples, qu’il s’agisse de dirigeants social-démocrates, staliniens, syndicaux, associatifs, réformistes de tous poils, qui ont été dans l’Histoire les pires agents de leur démoralisation, de leur désorganisation, de leur déboussolement, de leur destruction, et finalement de leur défaite. Ils ont justifié les guerres, les guerres mondiales, caché les massacres, cautionné les divisions, défendu les nationalismes, vendu les luttes sociales et politiques, sali l’idéal du socialisme, du communisme, du syndicalisme, de la lutte de la classe ouvrière et vendu pour un plat de lentilles l’avenir du prolétariat et de l’humanité. C’est au point qu’un courant véritablement socialiste, communiste, prolétarien et révolutionnaire ne pourra renaître que dans une prochaine montée révolutionnaire contre un système capitaliste à l’agonie. Il est plus que temps, devant l’impasse du système économique mondial incapable de relancer l’investissement du capital dans la production malgré des aides financières publiques massives (notamment les nouveaux milliards de cadeaux au patronat par les Macron, Merkel, Trump et autres !).

Travailleurs, il y en a plus qu’assez des sauveurs ! Sauvons nous nous-mêmes ! Allez les « fainéants », un peu d’énergie, montrons-leur que dans la lutte des classes pour faire plonger ceux qui nous font plonger, pour licencier ceux qui nous licencient, pour faire chuter ceux qui nous font chuter, nous ne serons pas fainéants, que pour mordre la main de ceux qui nous frappent nous ne serons pas des « sans-dents », que pour parler contre ceux qui nous font taire nous ne serons pas silencieux !!! Faisons donc taire ceux qui nous font taire ! La parole aux travailleurs ! L’entreprise aux travailleurs ! Les quartiers aux travailleurs ! Le pouvoir aux travailleurs !

6 Messages de forum

  • La CGT et FO ont appelé les routiers à ce mobiliser mais n’ont ni l’intention de bloquer les dépôts de carburant hautement stratégiques pour le gouvernement, ni d’appeler les travailleurs des raffineries et des autres branches à s’unir avec les routiers. Les syndicats sont conscients qu’il existe une profonde opposition à la loi travail et au gouvernement Macron. Sept Français sur dix sont opposés à ces ordonnances.

    Les syndicats ont dû appelé à des journées de grève pour ne pas se faire déborder par un mouvement plus large des travailleurs. C’est pourquoi ils ont lancé des grèves isolées par roulement, qui servent à épuiser et à démoraliser l’opposition ouvrière et à faire dérailler des grèves qu’ils savent pourraient prendre de l’ampleur et finir par renverser le gouvernement.

    Les attaques contre les primes des routiers font partie de l’attaque plus large contre les salaires et les acquis menée par les gouvernements à travers l’Union européenne. Après la destruction par l’UE et une suite de gouvernements à Athènes des acquis des travailleurs grecs, l’aristocratie vise à présent la classe ouvrière française. Tous les acquis de générations de luttes ouvrières au 20e siècle

    Les milliards d’euros qui seront dégagés de l’exploitation plus féroce de la classe ouvrière serviront à financer les guerres impérialistes que Macron veut intensifier dans les anciennes colonies françaises, tout comme les 4,5 milliards d’euros de cadeaux faits à la bourgeoisie par l’Etat avec la réforme de l’ISF.

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  • Les syndicats appellent tous les fonctionnaires à la grève mardi ? Pas du tout ! Ils n’appellent pas vraiment les transports à faire grève !!! Toujours la division !!!

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  • Assez de diviser la classe ouvrière en catégories !!!

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  • A la SNCF, la CGT (1er syndicat) n’a pas appelé à des débrayages !!!

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  • Critique du droit politique hégélien de Karl Marx :

    « Quant au bureaucrate pris individuellement, le but de l’État devient son but privé : c’est la curée aux postes plus élevés, c’est le carriérisme. Tout d’abord, il considère la vie réelle comme une matière inerte car pour lui l’esprit de cette vie réside dans une réalité séparée et autonomisée : la bureaucratie. L’État n’existe pour lui que sous la forme d’une multitude d’esprits bureaucratiques figés, reliés uniquement par la subordination et l’obéissance passive. »

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