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Une des plus importantes révolte d’esclaves noirs, l’insurrection oubliée de Sao Tomé en 1595
mercredi 18 juin 2025, par
Une des plus importantes révolte d’esclaves noirs, l’insurrection oubliée de Sao Tomé en 1595
São Tomé et sa petite île sœur Príncipe auraient été inhabitées lorsque certains explorateurs portugais sont arrivés vers 1470 CE. La première colonie réussie de São Tomé a été établie en 1493 par Álvaro Caminha, qui a reçu la terre sous forme de concession du roi portugais. Príncipe fut colonisé en 1500 selon un arrangement similaire. Attirer des colons s’est avéré difficile en raison de l’éloignement et de la chaleur quasi-équatoriale des îles, et la plupart des premiers habitants étaient des « indésirables » envoyés du Portugal, notamment des condamnés et des Juifs.
Les colons ont trouvé le sol volcanique de la région propice à l’agriculture, notamment à la culture du sucre. Mais la culture du sucre nécessitait beaucoup de main d’œuvre, c’est pourquoi les Portugais commencèrent à importer un grand nombre d’esclaves africains du continent, principalement de la Gold Coast, du delta du Niger et du royaume du Kongo.
En 1515, l’introduction d’un moulin à eau conduisit bientôt à la culture massive du sucre. En 1517, un administrateur local rapportait au roi que « les champs s’agrandissent et les sucreries aussi… Et les cannes [à sucre] sont les plus grosses que j’aie jamais vues de ma vie. »
Dans les premières années, les conditions d’esclavage sur l’île semblaient relativement détendues. Par exemple, en 1515, un décret royal accorda l’affranchissement aux épouses africaines de colons blancs et à leurs enfants métis ; en 1520, une charte royale autorisait les mulâtres propriétaires, mariés et libres à occuper des fonctions publiques. Mais suite à l’introduction du système des grandes plantations, les conditions d’esclavage se sont durcies. De plus en plus d’esclaves ont commencé à s’enfuir vers les montagnes, où ils ont développé de petites communautés connues sous le nom de macambos , dont beaucoup étaient confrontés à la famine. Tout au long du XVIe siècle, nous dit English-WP , il y eut de fréquents affrontements entre les habitants des macambos et les propriétaires des plantations.
Ensuite ceci :
La plus grande révolte d’esclaves eut lieu en juillet 1595, lorsque le gouvernement fut affaibli par des conflits entre l’évêque et le gouverneur. Un esclave indigène nommé Amador a recruté 5 000 esclaves pour attaquer et détruire les plantations, les sucreries et les maisons des colons. La rébellion d’Amador a effectué trois raids sur la ville et détruit 60 des 85 sucreries de l’île, mais a été vaincue par la milice au bout de trois semaines. Deux cents esclaves ont été tués au combat, Amador et les autres chefs rebelles ont été exécutés, tandis que le reste des esclaves a été amnistié et renvoyé dans leurs plantations. Ainsi prit fin l’un des plus grands soulèvements d’esclaves de l’époque. De plus petites rébellions d’esclaves ont suivi aux XVIIe et XVIIIe siècles.
Au début du XVIIe siècle, les plantations sucrières de São Tomé commençaient à faire face à une concurrence massivement accrue de la part des plantations sucrières (également dépendantes de l’esclavage) construites par les Anglais, les Espagnols et d’autres bâtisseurs d’empire occidentaux dans les Caraïbes. Tomé diminué. Au milieu du XVIIe siècle, l’île était devenue avant tout un point de transit pour les navires engagés dans la traite négrière entre l’Afrique continentale et les Amériques.
La révolte d’Amador, du nom de l’esclave qui l’a dirigée, est la tentative de rébellion la plus importante jamais survenue sur l’île de São Tomé. La révolte des esclaves de l’île commença le 9 juillet 1595. Le chef de cette révolte fut dès le début un esclave noir nommé Amador (qui appartenait à Bernardo Vieira).
Le premier groupe de rebelles, composé d’environ 200 personnes, a attaqué l’église de Santa Trindade, une paroisse située à l’extérieur de la ville, où ils ont tué quelques blancs qui se trouvaient dans l’église en attendant la messe. Dans les jours qui ont suivi ce premier événement, la révolte Le mouvement s’est propagé et de nombreuses sucreries et fermes dans les régions de Dalengue, Uba Ubundo et Praia Preta ont été incendiées par les émeutiers.
Le 11 juillet 1595, les rebelles attaquèrent la ville, où eut lieu, dans le vieux marché, une bataille indécise avec les Portugais. Le lendemain, ils ont incendié des sucreries et d’autres fermes dans les régions d’Água, Sabão et Dalhmanhe. Le nombre de rebelles n’a cessé d’augmenter. Les sources font état d’environ 2.000 personnes dans leurs rangs.
Le 14 juillet, une grande bataille eut lieu près de la ville, qui se termina par le retrait des rebelles, qui furent vaincus et subirent de lourdes pertes. Selon des sources, sur 800 rebelles attaquants, plus de 300 ont été tués. Malgré cette lourde défaite, les rebelles ne se sont pas rendus vaincus. Ils divisent leurs forces et tentent d’attaquer la ville de plusieurs côtés. Mais cette tentative échoua également, ce qui entraîna une intervention des Portugais.
Les rebelles ont cependant continué à maintenir la ville assiégée. Le 23 juillet, les Portugais tentent une évasion pour lever le siège. Cette action a provoqué une vive réaction de la part des rebelles, qui ont tenté dans les jours qui ont suivi la conquête définitive de la ville. La bataille qui décida du sort de la rébellion commença à l’aube du 28 juillet 1595, lorsque 5 000 rebelles prirent la ville d’assaut.
L’attaque a duré environ quatre heures. Les assaillants, qui étaient en nombre supérieur aux défenseurs, furent cependant repoussés par l’artillerie et les tranchées que les Portugais avaient construites entre-temps. Selon des documents, les rebelles ont perdu entre 200 et 500 hommes lors des affrontements. Mais la chose la plus importante qu’ils ont perdue, c’est la conviction de pouvoir poursuivre la révolte avec succès. Dès le lendemain, les premières défections se produisent dans les rangs des rebelles. En peu de temps, environ 4 000 rebelles ont demandé pardon, ne laissant derrière eux que le chef de la révolte, Amador, avec quelques irréductibles. Il se réfugie dans la forêt, mais est capturé à la mi-août puis tué. La révolte a dévasté l’économie de l’île. Il semble qu’au total, environ 60 sucreries aient été détruit
Sur São Tomé-et-Principe, tous les 4 janvier sont chômés depuis 2005. Ce jour-là, le pays honore la mémoire d’Amador Vieira, qui prit la tête d’une révolte d’esclaves en 1595 et se donna le titre de « Roi Amador » avant d’être sauvagement exécuté par les colons. Si celui-ci apparaît sur les billets de 5 000 dobras et si une statue en sa mémoire a été inaugurée par le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan, en 2004, ce ne sont là que des vues d’artiste : le vrai visage du rebelle n’est aujourd’hui connu de personne… Et son histoire, celle d’une des premières révoltes contre l’esclavage sur le continent, ne l’est guère plus.
Quand São Tome-et-Principe acquiert son indépendance vis-à-vis du Portugal, le 12 juillet 1975, c’est à presque 500 ans d’occupation que le pays met fin. Comme le signale l’historien Gerhard Seibert dans un texte très complet sur la révolte de 1595, c’est dès 1976 que le roi Amador apparaît sur les billets de banque en dobras qui remplacent ceux en escudos santoméens. Dans un manuel scolaire produit à la même époque par Cuba (Organização dos Pioneiros de São Tome e Príncipe), Amador est présenté comme l’un des pionniers des luttes de libération. Il y est dit qu’il « libéra une grande partie du territoire national et, le 13 juillet 1595, fut proclamé roi ».
C’est en 1471 que les navigateurs portugais mettent pour la première fois le pied sur l’île de 964 km2 apparemment inhabitée. Une dizaine d’années plus tard, celle-ci acquiert pour eux une importance stratégique avec la construction du fort São Jorge da Mina, connu aujourd’hui sous le nom d’Elmina (Côte de l’or, actuel Ghana), qui devient l’un des centres majeurs de la traite des esclaves. Les Portugais, qui atteignent le fleuve Congo en 1483 et développent leur empire, entendent faire de São Tomé-et-Principe à la fois une colonie de peuplement, un port permettant à leurs navires de faire relâche et une zone de production sucrière.
Plusieurs tentatives de colonisation, dans les années 1480, échouent en raison du climat tropical, des maladies et du manque de nourriture. La première colonie solide est établie par Álvaro da Caminha entre 1493 et 1499, dans le nord-ouest de l’île. À partir de 1522, l’île est propriété de la couronne portugaise et est dirigée par un gouverneur. Les premiers habitants en provenance d’Europe sont essentiellement des criminels déportés et des enfants juifs enlevés à leurs parents réfugiés au Portugal après avoir fui l’Espagne en 1492.
Bien entendu, dès le début de cette colonisation, les colons importent des esclaves africains pour effectuer les tâches les plus pénibles. Ils se fournissent au royaume du Bénin, à celui du Kongo et en Angola. « Sous Caminha, écrit Seibert, chaque colon recevait un homme et une femme esclave pour travailler avec lui, et chaque groupe de cinq enfants juifs recevait aussi un couple d’esclave pour prendre soin d’eux ». Alors qu’à Elmina et Arguim (au large des côtes de Mauritanie), les Portugais interdisent les unions mixtes, ils les autorisent à São Tomé-et-Principe, comme au Cap Vert. C’est une stratégie économique : les maladies tropicales déciment les Blancs et il faut assurer le maintien de la colonie.
Dès le début du XVIe siècle, les femmes africaines des premiers colons sont affranchies (décret royal de 1515) ainsi que les esclaves arrivés avec eux (1517). Ainsi naît une population d’Africains libres, les « Forros ». Mieux, les métis, alors appelés « mulâtres », peuvent obtenir des emplois de fonctionnaires, voter et siéger au conseil municipal pour peu qu’ils soient propriétaires et mariés. En 1534, le pape Paul III crée un diocèse à São Tomé, le second en Afrique après celui de Ribeira Grande, au Cap Vert. Entre le gouverneur, les propriétaires de plantations et l’évêque, les luttes de pouvoir sont fréquentes et entraînent une considérable instabilité politique sur l’île.
videmment, la traite des esclaves constitue, en ce début de XVIe siècle, la principale activité économique de l’île. Capturés ou achetés sur le continent, les Africains sont employés sur l’île mais aussi exportés vers le Portugal ou vers Elmina. Autour de l’année 1525, ils commencent à être envoyés vers l’Amérique latine, dans les Caraïbes et au Brésil. Sur São Tomé, les captifs sont d’abord utilisés pour la production de nourriture (maïs, manioc, bananes, pommes de terre, etc.) mais très vite, ils vont aussi être employés à la production de sucre. Selon Robert Garfield (A History of São Tome Island 1470-1655. The Key to Guinea, Mellen Research University Press, 1992), cité par Seibert, le nombre total d’esclaves durant le boom du sucre atteindrait entre 9 000 et 12 000 âmes.
En 1517, l’île compte deux fabriques sucrières. En 1595, il y en a désormais 85. Les plantations qui alimentent ces fabriques sont concentrées dans les plaines du nord de l’île, entre Ponta Figo et Santana. Ailleurs règne la forêt tropicale, dense et difficilement accessible.
La plupart des plantations, où peuvent travailler jusqu’à 400 esclaves, appartiennent à des nobles portugais, à des colons ou à l’Église catholique. Barricadés derrière des palissades, certains propriétaires disposent de leur propre milice d’esclaves et exercent sur leur petit monde une cruelle autorité. Comme partout où a existé l’esclavage, nombreux sont les esclaves qui rêvent de fuir – et certains tentent le tout pour le tout en rejoignant les zones forestières de l’île. Les caches de ces « marrons » sont alors connues sous le nom de « mocambos » et dès 1533, ils sont pourchassés par les autorités locales, qui mènent contre eux une « guerra do mato » (guerre de brousse).
« C’est durant le boom du sucre que le marronnage se développe le plus, au milieu du XVIe siècle, alors que le nombre d’esclaves dans les plantations a significativement augmenté, écrit Gerhard Seibert. En 1574, des esclaves marrons du mocambo ont attaqué la ville de São Tomé mais ont été repoussés par les colons. Des plantations plus isolées ont dû être abandonnées en raison de leurs fréquentes attaques. En dépit de leurs interventions militaires, les colons n’ont pas réussi à réoccuper les parties sud et ouest de São Tomé, demeurées peu sûres en raison de la proximité des communautés marrons. « Seibert précise par ailleurs que les communautés marrons de São Tomé-et-Principe ont d’abord été appelées « Angolas » et « Angolis », au XVIIIe siècle avant de gagner le nom d’ « Angolars » au XIXe siècle.
En 1595, l’industrie du sucre est en déclin dans l’île, concurrencée notamment par le Brésil qui propose un produit de meilleure qualité. En outre, les tensions politiques sont à leur comble entre l’évêque catholique Francisco de Villanova et le gouverneur Fernando de Menezes. La querelle, autour d’une question d’héritage et de propriété, s’aggrave au point que l’évêque excommunie le gouverneur en août 1594… mais doit ensuite fuir vers Lisbonne, craignant pour sa vie !
Tout commence le 9 juillet 1595 quand, pour une raison non documentée, des esclaves créoles pénètrent dans la petite église paroissiale de Trindade et y tuent les Blancs qui assistent à la messe. Ces esclaves sont conduits par Amador, qui appartient à Bernardo Vieira, Lázaro, qui appartient à Bernardo Coehlo, et Domingos Preto, qui appartient à Afonso Rodrigues. Après ces premiers meurtres, Amador boit le vin de palme contenu dans le calice sacré et ordonne l’exécution du prêtre Matias Luís. Conduit à l’extérieur par un rebelle volontaire nommé Álvaro, l’homme de Dieu est relâché… « Bien que mineur, cet incident qui tend à diminuer l’autorité d’Amador démontre une certaine discordance et un malaise au sein du mouvement. Les méthodes sanguinaires du roi ne semblent pas, par la suite, avoir l’assentiment de tous. Cette discordance va s’amplifier avec le temps et les désaveux sur les méthodes provoquent dans premier temps des gestes de désobéissance qui, plus tard, s’achèvent par des abandons allant jusqu’à la trahison », précise Izequiel Batista de Sousa.
Après ce premier acte, les esclaves gagnent la plantation de Pedro Álvares Freire et le mettent à mort. Ils épargnent sa femme et sa belle-mère mais brûle sa maison et sa fabrique sucrière avec son corps à l’intérieur. En deux jours, la révolte prend de l’ampleur. Le 11 juillet, en divers points de l’île, les esclaves brûlent des plantations et détruisent 15 fabriques. Le gouverneur envoie des hommes armés mais, informés par un espion, les révoltés attaquent directement la ville, tuant trois Blancs et s’emparant de vêtements avant de battre en retraite. Le lendemain, leur colère n’a pas décru et ils poursuivent leurs exactions en détruisant quelque 30 fabriques. Désormais, Amador est à la tête d’une petite armée de 2 000 hommes. Le 14 juillet, il se proclame Roi de São Tomé et organise son armée en quatre unités de combat. En face, les colons et mulâtres autrefois désunis font désormais cause commune contre l’esclave rebelle et les siens. Amador entend prendre la ville par ses quatre entrées principales. Lazaro attaque par la rue Santo António, Cristóvão par Mato do Bois, Andre Gomes Garcia par Conceição et Domingos Preto par São João. Environ 800 esclaves participent au combat mais, moins bien armés, ils sont repoussés. Trois cents d’entre eux sont tués alors qu’ils ne font, du côté des colons, que trois ou quatre victimes.
Une dizaine de jours plus tard, le 23 juillet, informée par un espion, la milice des colons se rend dans la région d’Água Grande pour essayer d’y débusquer des rebelles. Prévenus par les cris de l’un des leurs, les esclaves sont réveillés en sursaut et affrontent les colons. Leur caporal, le Comte Silvestre, ancien esclave créole de la plantation de Rui Dias, est tué et ils doivent prendre la fuite. Apprenant la nouvelle, Amador fou de rage entend bien venger les siens en lançant une armée de 5 000 hommes contre la ville. Il met son projet à exécution le 28 juillet : après avoir fait halte derrière l’église de Santo António, Amador attaque par la rue Madre Deus tandis que ses lieutenants, Cristóvão, Adão et Domingos Preto entrent par Praia Pequena, Campos do Bois, São João… où ils tombent sur des colons bien préparés, protégés par des tranchées et des pièces d’artillerie.
Les combats durent environ quatre heures, dans toute la ville. Deux cents esclaves tombent, Lazaro est blessé, Adão est capturé et pendu. L’armée des colons ne perd qu’un homme, qui plus est un jeune esclave, et emmenée par le capitaine Cristóvão de Aguiar, elle se lance à la poursuite des rebelles dans les terres.
« Le 29 juillet, les esclaves qui s’étaient enfuis commencèrent à revenir en ville et à solliciter la clémence des autorités, laissant Amador seul et isolé, écrit Seibert. Sans pouvoir et sans soldats, Amador chercha refuge dans l’intérieur de l’île. Il fut cependant trahi par l’un des siens et capturé. Le 14 août 1595, Amador fut pendu, écartelé et ses restes publiquement exposés en quatre endroits différents. » Ses lieutenants furent eux aussi pendus, certains après avoir eu les mains tranchées. Seule consolation, les rebelles avaient réussi à détruire plus de 60 fabriques sucrières et il n’en restait plus qu’une vingtaine en état de fonctionner dans l’île… L’industrie du sucre ne retrouvera une petite forme que bien des années plus tard et sera remplacée par la culture du café, en 1787, et du cacao, en 1820. Le Portugal n’abolira l’esclavage qu’en 1875.
Si Amador est célébré le 4 janvier, alors que sa mort daterait plutôt du 14 août, c’est parce qu’un livre de l’historien Raimundo José da Cunha Matos (1776-1839) paru en 1842 la situe au début de 1796. Le même Cunha Matos reprend à son compte l’histoire – ou la légende, selon les points de vue – d’une communauté d’Africains libres établi sur l’île vers 1540 après le naufrage d’un navire négrier : les Angolars. Gerhard Seibert souligne que certains historiens portugais, en particulier le géographe Francisco Tenreiro (1921-1963), ont fait d’Amador le chef des Angolars, de manière à mettre en doute l’existence d’esclaves marrons fuyant leurs atroces conditions d’exploitation. « Niant l’existence de l’esclavage sur São Tomé, Tenreiro a réinventé l’histoire de l’île en transformant la révolte des esclaves de 1595 en une attaque menée par Amador, décrit comme le chef des Angolars, eux-mêmes présentés, pour les mêmes raisons, comme les descendants d’un bateau négrier. Le mythe d’un Amador roi des Angolars a dissimulé la véritable dimension de l’histoire d’Amador, chef d’une des plus grandes révoltes d’esclaves. »
Pour Izequiel Batista de Sousa, ce mythe ne tient pas non plus : « Je pense pour ma part qu’Amador n’était pas un Angolar, c’était à mon avis un esclave créole né dans la plantation, très intelligent, éduqué et qui savait peut-être lire. Son armée était organisée à la manière portugaise. » Reste que la version d’un Amador chef des Angolars, que l’on doit à un historien en phase avec l’idéologie coloniale du régime d’António de Oliveira Salazar, au Portugal, a, de nos jours encore, la vie dure – même à São Tomé-et-Principe.
Lire encore :
https://books.openedition.org/editionsmsh/58946?lang=fr&mobile=1
https://www.geo.fr/histoire/sao-tome-ou-la-terrible-experience-coloniale-du-roi-joao-ii-212583
https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_d%27esclaves
https://www.bibliomonde.fr/lalmanach/4-janvier-sao-tome-principe-amador-rei
http://une-autre-histoire.org/les-angolares-de-sao-tome/
Une autre révolte oubliée des esclaves noirs :
https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_d%27esclaves_de_Saint-Leu