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Des hypothèses sur la signification des mégalithes pour leurs bâtisseurs
samedi 4 avril 2026, par
A l’ère des guerriers du Néolithique (début d’apparition de l’Etat au service des classes possédantes), les hommes sont devenus dominants et les menhirs ont symbolisé la sexualité masculine
Chine
Corse
Soddo
France
Pérou
Des hypothèses sur la signification des mégalithes pour leurs bâtisseurs
Certains croient avoir tout expliqué en disant que ce sont des monuments religieux mais, en fait, c’est bien plus complexe.
Les mégalithes sont le signe d’une transition révolutionnaire de passage du stade chasseur-cueilleur au stade agriculteur-éleveur.
Tout d’abord, le fait de construire des pierres dressées n’est pas propre à une seule société, à une seule culture, à une seule civilisation, à une seule région du monde, à un seul mode de production, à une seule étape d’évolution de la société humaine mais à plusieurs. Il y a eu des mégalithes avant et après la naissance des classes sociales, avant et après l’apparition des villages et des villes, avant et après l’apparition des armées et de l’Etat, avant et après la propriété privée, avant et après le patriarcat.
Il n’y a pas une seule sorte de mégalithes mais plusieurs : menhirs, dolmens, pierres levées, cromlechs, allées couvertes, sépultures à couloir, tumulus, hypogées, chambres funéraires, stèles, enceintes, statues, tertres, cairns, enceintes mégalithiques, etc., en alignement, en cercle, en carré, etc.
Il n’y a pas une seule manière d’utiliser les mégalithes, un seul usage, une seule signification, une seule idéologie, à la base d’une seule société, mais de plusieurs… Le but funéraire n’est pas le seul. L’évocation de grands anciens n’est pas non plus systématique. Les mégalithes ont pu être bâtis dans un état d’esprit puis utilisés dans un autre. Par exemple, des monuments face à la mer pour protéger des invasions, des colères marines et des monstres marins, puis des manières de glorifier les classes dirigeantes pour calmer les classes opprimées et maintenir l’ordre social.
Suivant les régions du monde, les mégalithes sont datés du dixième millénaire avant notre ère jusqu’au deuxième, ce qui est une large période… Les diverses constructions de mégalithes, indépendantes les unes des autres, ont toutes culminé dans les débuts de l’ère agropastorale mais ont pu être nés à celle des chasseurs-cueilleurs.
Car le mégalithe n’est qu’une technique architecturale monumentale, pas un symbôle d’une seule société donnée.
Certains mégalithes n’ont aucune inscription, d’autres sont gravés. Certaines gravures représentent des armes de guerriers, des figures et corps humains, des dessins abstraits, d’autres pas.
Certains mégalithes ont des ossements autour, d’autres pas. La plupart des mégalithes sont liés à des classes riches ou des classes dirigeantes mais pas tous.
Le mégalithisme a commencé à la transition entre chasseurs-cueilleurs et agriculteurs-éleveurs.
https://www.hominides.com/dossiers/introduction-aux-phenomenes-megalithiques/
À l’origine, il s’agissait de sépultures collectives, mais la plupart des chercheurs s’accordent à dire que ces mégalithes ont eu de multiples fonctions : sociales, culturelles (funéraire et religieux), astronomiques, artistiques.
https://www.geo.fr/histoire/quelles-sont-les-caracteristiques-des-megalithes-210772
La fonction funéraire ne dit pas tout : les morts étaient chargés de quelle tâche parmi les vivants ?
La plupart des chercheurs concernés s’accorde aujourd’hui à leur reconnaître un rôle multiple, soit, par ordre d’importance, social, culturel (religieux et funéraire, les archéologues ne pouvant plus toujours mettre en évidence ce dernier rôle en raison de l’absence totale d’ossements disparus dans les régions de roches anciennes, aux sols trop acides), astronomique, astrologique, artistique, agricole, etc. Si toutes ces constructions ne possédaient pas toutes ces fonctions, elles révèlent une société organisée « sous la direction d’élites dirigeantes, princes ou prêtres, sachant organiser et inciter de gré ou de force des populations importantes, peut-être renforcées à l’occasion des cérémonies et des travaux religieux par des éléments exogènes ». Ces constructions créent ou maintiennent la cohésion du groupe, en indiquant aux nouveaux arrivés et aux gens de passage une capacité technique et humaine importante.
https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9galithe
Bien des gens confondent les peuples bâtisseurs des mégalithes aussi avec le peuple des mégalithes, lequel est apparu bien avant. Apparition des mégalithes : 10.000-2000 av J.-C. et la plupart vers 5000 !!! En fait, les Celtes c’est une population bien plus récente… Première apparition de la civilisation des Celtes (Est de l’Europe) : 500 av J.-C.
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4780
Les mégalithes de l’île de Pâques
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1750
Ce que nous savons des mégalithes
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4435
La disparition de la civilisation mégalithique, une chute due à la révolution et à l’absence de l’Etat
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1618
La société des mégalithes ou les sociétés des mégalithes n’existent pas car le mégalithe n’est pas un système social ni un outil d’un mode de production.
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1661
Le néolithique était en train de faire sa révolution
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4312
Les Celtes ne savaient pas bâtir des monuments mégalithiques et se sont contentés de les adorer… Les peuples des mégalithes étaient païens alors que les Celtes avaient des dieux. Les peuples des mégalithes n’avaient pas une société très hiérarchisée et codifiée, contrairement aux Celtes.
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5505
Encore bien des questions :
Pourquoi les mégalithes sont aussi visibles de loin ?
Le monumentalisme mégalithique est un affichage symbolique par lequel une communauté exprime son emprise sur un territoire donné. L’ampleur de certaines constructions mégalithiques révèle une volonté d’affirmer la puissance du groupe quant la surface et le volume des cairns (Gavrinis, Newgrange) vont au-delà des seules nécessités architecturales21. En matière de mégalithisme funéraire, le choix d’implanter les constructions sur des hauteurs n’est pourtant pas systématique : les allées couvertes enterrées sont invisibles dans le paysage, les allées couvertes armoricaines sont parfois édifiées dans des fonds de vallée21. Selon l’archéologue Jacques Blot, il est probable que les pierres dressées du Pays Basque correspondent à d’antiques bornages, car elles se trouvent sur de grandes voies de circulation (transhumance des bergers, voies du sel, etc.), d’autres fois, la pierre peut aussi commémorer un événement ou un personnage important.
Pourquoi y en a-t-il autant en bord de mer ?
https://archeologie.culture.gouv.fr/megalithes/fr/le-niveau-de-la-mer-et-les-rivages
Voici une hypothèse :
Que nous disent les mégalithes ?
Lire encore
https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9galithe
https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9galithisme
Pour conclure
Il est plus que probable qu’à l’origine le menhir est un symbole phallique et que le dolmen est un symbole de femme (la chambre du dolmen étant l’utérus), les deux étant des représentations de la lignée, les uns montrant une société patriarcale et les autres une société matriarcale ou, au moins, en lignée féminine. Cependant, les soiciétés matriarcales et patriarcales s’étant succédé et ayant coexisté tout en se combattant, il existe des cas intermédiaires, ni tout à fait matriarcaux, ni tout à fait patriarcaux. Il existe des menhirs à représentations féminines par exemple…
Les menhirs sont souvent des représentations d’hommes chefs guerriers et les dolmens des évocations de grands-mères à l’origine de la tribu matriarcale.
La meilleure preuve, c’est que, dans certaines régions, les menhirs représentent clairement des phallus. Les dolmens, eux, étaient appelés « rochers des fées » et chargés d’assurer la procréation.
https://www.luminessens.org/post/2018/10/18/les-pierres-de-f%C3%A9condit%C3%A9
https://www.alamyimages.fr/photos-images/phallus-sculpture.html?sortBy=relevant
Contrairement à certaines idées véhiculées depuis notre enfance par les aventures d’Astérix et Obélix, les menhirs ne datent pas de l’époque celtique. Ils sont bien antérieurs aux Celtes et même antérieurs aux Indo-Européens. L’âge du bronze et l’arrivée des Indo-Européens sont justement ceux qui marqueront la fin de la période mégalithique à laquelle appartiennent menhirs et dolmens. Le mégalithisme fut une des expressions culturelles du néolithique. Cette période s’étend en gros entre 5000 et 2000 avant notre ère. Cette culture pré-indo-européenne des mégalithes s’implanta sur presque toute la façade atlantique de l’ouest européen, de la Scandinavie au sud de la péninsule ibérique. Mais ce n’est pas seulement l’Europe qui fut le cadre géographique du mégalithisme, car cette culture était aussi implantée en Afrique du nord parmi les populations proto-berbères. Ceci nous démontre encore une fois l’unité ethnico-culturelle entre Berbères des origines et Pré-Indo-Européens de la préhistoire. Le lien suivant présente une carte géographique montrant l’étendue de la culture mégalithique
Le menhir avait une fonction magico-religieuse multiple dans la société du néolithique. Il semble avoir joué entre autres un rôle de gardien de sépulture. Dressé non loin d’un dépôt mortuaire, le menhir était censé protéger contre les animaux, les voleurs, et principalement contre la mort elle-même. L’incorruptibilité de la pierre permettait que l’esprit du mort ne se disperse pas et puisse subsister indéfiniment près de son clan d’origine. On fixait ainsi l’esprit des ancêtres de manière provisoire ou définitive, leur facilitant une "résidence" près du monde des vivants. Il semblerait d’ailleurs que les menhirs aient pu marquer la zone géographique qui délimitait le monde des vivants et celui de l’au-delà. Le menhir aurait donc servi à ce niveau de stèle-borne représentant une limite territoriale bien précise. Ce premier aspect du menhir est celui d’une bipolarité du symbole mort-vie.
Un autre aspect du menhir est celui qui en fait un symbole phallique. Telle une verge masculine, le menhir se dresse verticalement exprimant la puissance fécondante des forces masculines. Il est dans ce cadre un garant de la fertilité des champs et de la fécondité humaine. Il semblerait à ce propos possible que le menhir ait pu être en relation étroite avec des centres énergétiques terrestres, des forces telluriques qui se concentrent en des points précis de la surface terrestre. Le menhir aurait donc été la marque d’un de ces points de sortie de cette énergie tellurique. Des études sur le magnétisme terrestre sembleraient confirmer cet aspect tellurique et chtonien.
La verticalité du menhir est en soi un symbole puissant lié à la force masculine de l’être, celle qui éveille l’humain vers les hautes sphères de la spiritualité. C’est la conception philosophique de Heidegger, celle de l’être et du devenir qui nous permet de comprendre toute cette dimension spirituelle liée à la verticalité. Une image pour l’illustrer serait celle de l’être humain les pieds bien ancrés dans la terre, et la tête dans les étoiles.
https://www.facebook.com/230064080465741/photos/a.305924119546403/315676448571170/?type=3
« Lorsqu’on dépose un défunt dans cette chambre, au fond du dolmen, c’est pour lui redonner vie, la vie de l’au-delà. […] Et si la caverne du dolmen est utérine, le menhir est phallique, se dressant vers le ciel non pas pour capter les énergies cosmiques » Jean Markale
https://www.philomag.com/articles/pourquoi-des-menhirs
Les statues-menhirs du Rouergue et Haut Languedoc
Ces stèles et statues-menhirs anthropomorphes d’un culte des ancêtres représenteraient des « fondateurs mythiques » masculins et les ascendantes les plus proches. Ces fondateurs seraient alors les « authentiques pères des lignages, ceux dont on se prétendait le descendant, les références basiques d’une filiation et le ciment du système de parenté », tandis que les ascendantes seraient « celles auprès desquelles on avait parfois vécu et dont on conservait ou entretenait la mémoire » et dont l’influence se limiterait à l’espace domestique (Guilaine, 2011, p. 228-229). Il ajoute que « rien ne dit que ces ancêtres bienfaiteurs n’étaient pas aussi des femmes ».
Toutefois, certaines données archéo-ethnographiques semblent indiquer que les ancêtres masculins sont plutôt des héros fondateurs mythiques, éloignés dans le temps, tandis que les ancêtres féminins étaient davantage dans le réel et le temps proche : « C’étai[en]t lors les ascendantes des générations précédentes dont le souvenir physique était conservé » (Guilaine, 2011, p. 230).
Il se réfère ainsi à un masculin originel, fondateur de la civilisation et de la culture qui érigent ces représentations. Il donne l’hypothèse d’un mode de transmission patrilinéaire, « ciment d’un système de parenté », tandis que les stèles et les statues-menhirs féminines demeureraient la représentation des femmes qui auraient suivi et qui feraient la transition entre ces pères « authentiques » et les générations suivantes. Elles permettraient d’entretenir la mémoire, sans en être à l’origine. Là encore, des présupposés patriarcaux semblent s’accoler à cette théorisation du culte des ancêtres.
https://hal.science/hal-04648783v1/file/CPF%2029%20-%20Session%20F10%20Banabera%20BAT.pdf
Mégalithisme en Corse
