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Contre l’anti-impérialisme de pacotille de Lutte Ouvrière
mardi 21 octobre 2025, par
CONTRE L’ANTI-IMPÉRIALISME DE PACOTILLE DE LUTTE OUVRIÈRE
Quand le président malgache Andry Rajoelina a fui le pays à bord d’un avion militaire français, tout le monde a pu voir, en pleine lumière, ce que nous dénonçons depuis des années :
La France impérialiste n’a jamais cessé d’agir comme puissance tutélaire dans l’océan Indien,
prête à sauver ses hommes et ses intérêts dès que la rue menace de tout renverser.
Mais face à cette ingérence flagrante, Lutte Ouvrière s’est murée dans le silence.
Pas une ligne pour dénoncer l’acte.
Pas une action.
Pas une seule déclaration de ses candidats aux législatives de La Réunion — pourtant directement concernés.
Pas une parole de son porte-parole local, pourtant si prompt d’habitude à dénoncer les “injustices sociales”.
Aucune réaction face à un avion militaire français ayant servi à sauver un président corrompu, soutenu par Paris et les intérêts des grandes firmes françaises.
Silence total.
🟥 UN ANTI-IMPÉRIALISME DE PLATEAUX TÉLÉ
Ce silence n’est pas une coïncidence : il dit tout du caractère factice et confortable de l’anti-impérialisme de LO.
Un anti-impérialisme de plateau télé, de salle de meeting, jamais de terrain, jamais de confrontation.
LO parle de “crise politique à Madagascar”, mais se garde bien de dire un mot sur le rôle de la France,
sur la base militaire de La Réunion, ou sur les intérêts capitalistes que cette exfiltration visait à protéger.
Elle publie un article tiède intitulé
👉 « Madagascar : les militaires prennent le pouvoir » (Lutte Ouvrière, 15 octobre 2025), où elle décrit la situation comme un simple épisode de crise politique, sans jamais nommer le principal acteur : l’État français, ni les groupes Bolloré, Colas, Total, Vinci, SFR, Canal+, qui pillent Madagascar et sa population avec la complicité de ses dirigeants.
🟥 LE SILENCE DES PORTE-PAROLE RÉVÈLE UNE POSTURE
Qu’ont dit les représentants locaux de Lutte Ouvrière à La Réunion ? Rien.
Ni Paul Techer, ni Nelly Actif, ni Serge Latchoumanin, ni Jean-Yves Payet, ni aucun des candidats LO aux législatives de 2024 n’a pris position publiquement sur cette affaire.
Pas un communiqué.
Pas une conférence de presse.
Pas même une manifestation symbolique devant les installations militaires réunionnaises.
Ce mutisme est une trahison de l’internationalisme ouvrier qu’ils prétendent incarner.
Car ici, sur le sol réunionnais, la question impérialiste n’est pas un thème abstrait :
elle se voit, s’entend, décolle des pistes d’aviation.
L’exfiltration de Rajoelina, organisée sous protection militaire française,
s’est faite à quelques centaines de kilomètres à peine.
Et LO a fermé les yeux.
🟥 NOUS, NOUS NOMMONS LES CHOSES
Nous ne partageons pas cet internationalisme de façade.
Nous refusons de transformer la lutte anti-impérialiste en formule décorative.
Nous disons clairement :
• Rajoelina est un président français à la tête d’un État néocolonial.
• Sa fuite organisée par l’armée française est un acte impérialiste conscient.
• Les entreprises françaises pillent Madagascar avec l’aide de ce pouvoir.
• La libération du peuple malgache passera par la rupture totale avec l’impérialisme français et ses relais politiques.
C’est pourquoi nous menons, ici, des campagnes concrètes contre les monopoles français,
contre leurs marques, leurs chantiers, leurs banques, et pour la fédération des comités de travailleurs — du peuple d’ici et de là-bas, unis contre la domination coloniale.
🟥 UN SILENCE POLITIQUE, PAS UN OUBLI
Le silence de LO n’est pas une erreur : c’est une ligne politique.
Celle d’une organisation qui refuse la confrontation directe avec l’impérialisme français,
qui se réfugie dans le commentaire objectiviste
plutôt que d’organiser la riposte.
Mais il n’y a pas d’anti-impérialisme sans lutte contre la France impérialiste sur son propre sol.
Rester muet quand un avion français sauve un président corrompu,
c’est se ranger du côté de la République bourgeoise qu’on prétend combattre.
🟥 NOUS NE SERONS PAS DE CE SILENCE
Nous refusons cette hypocrisie.
Nous refusons ce gauchisme de papier qui détourne le regard pendant que les bases militaires françaises assurent le maintien de l’ordre colonial.
Notre internationalisme est vivant, actif, solidaire :
celui des travailleurs fédérés, des comités populaires,
des mouvements qui s’organisent de part et d’autre de l’océan
pour combattre ensemble l’impérialisme français
et conquérir la souveraineté des peuples travailleurs.
Ce n’est pas un anti-impérialisme de pacotille.
C’est un anti-impérialisme de combat, enraciné dans la réalité,
et déterminé à faire vivre la lutte commune des peuples contre leurs exploiteurs.
