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Mener la lutte de classes à la campagne

jeudi 8 janvier 2026, par Karob

Mener la lutte de classes à la campagne

NEGOCIER AVEC L’ÉTAT–AGROBUSINESS OU MENER LA LUTTE DE CLASSES À LA CAMPAGNE

Action directe paysanne – Alliance ouvriers-paysans

Le paysan pauvre est exploité comme l’ouvrier : non par la machine, mais par le crédit, l’impôt, la norme, l’intermédiaire.

Le petit producteur n’est pas “inefficace” : il est pris à la gorge par le marché capitaliste, rendu dépendant, puis éliminé.

Sans alliance avec le prolétariat, la paysannerie exploitée sert de variable d’ajustement : d’abord pressée, ensuite remplacée.

Ce n’est pas la loi qui libère : c’est la lutte de classes.

Le nœud politique : l’État–agrobusiness

L’État n’est pas un arbitre : il fait respecter l’ordre économique et protège les dominants.

L’agrobusiness et l’agro-alimentaire ne “nourrissent” pas : ils captent. Ils imposent normes, prix, délais, dépendances, puis concentrent.

La concertation, les dispositifs, la “gestion de crise” : tout cela neutralise la riposte et transforme la lutte en procédure.

Pendant qu’on discute, le capital tranche : concentration, sélection, destruction.

Négocier dans ce cadre, c’est discuter des conditions de sa propre disparition.

Pourquoi l’action directe est une nécessité ?

Parce que :

• le capital frappe économiquement (prix, dettes, intrants, dépendances),
• l’État garantit le cadre et la répression,
• la loi vient après le rapport de force.

Donc la question est matérielle : ou on frappe économiquement, ou on est éliminés économiquement.

Action directe paysanne : frapper là où ils tiennent la gorge

• Refus collectifs coordonnés : pas d’héroïsme isolé, des refus en bloc.
• Blocage des flux : plateformes, abattoirs, centrales, routes logistiques, points de collecte.
• Refus de livrer tant que les conditions sont dictées par l’agrobusiness (prix, délais, normes punitives).
• Caisses de solidarité : tenir, protéger les plus fragiles, durer.

Là où ils nous prennent par la trésorerie, on répond par la maîtrise des flux.


Passer à l’offensive : contrôle ouvrier et paysan sur toute la filière

L’ennemi n’est pas seulement “au champ”. Il est dans toute la chaîne : achats, intrants, collecte, transport, transformation, distribution, export, banques.

C’est là que se fait l’étranglement : le producteur est pressuré, le consommateur paye cher, et la marge part en rente.

Exigence immédiate : “Montrez-nous vos livres.”

Ouverture des comptes, des contrats, des marges et des subventions dans l’agro-alimentaire, la distribution, le transport, la banque.

Contrôle direct par producteurs, ouvriers des secteurs clés et consommateurs :

• contrôle des prix d’achat et des marges,
• contrôle des volumes, des stocks et des flux,
• fin du pouvoir des intermédiaires qui dictent les conditions au nom du “marché”.

Ce n’est pas une “régulation”. C’est une prise de pouvoir sur la filière.

Ville–campagne : des cordons pour unir production, logistique et quartiers populaires

L’alliance n’est pas un discours : c’est une jonction matérielle.

Campagnes + usines + dépôts + routes + quartiers populaires.

Mettre en place des cordons ville-campagne, c’est coordonner directement :

• producteurs agricoles,
• travailleurs du transport, des entrepôts, des abattoirs, de la transformation, de la distribution,
• habitants des quartiers populaires et consommateurs.
Pour décider ensemble :
• quoi bloquer,
• quoi laisser passer,
• à quelles conditions,
• et comment assurer l’approvisionnement populaire contre les circuits de rente.

Si on contrôle les nœuds, l’État–agrobusiness perd son arme principale : la logistique.

Contrôle ouvrier sur les banques : couper le garrot de la dette

Le crédit n’est pas neutre : c’est une chaîne.

La dette sert à transformer le petit paysan, le fermier, l’éleveur en exécutant, puis à le faire tomber.

Donc :

• ouverture des livres des banques et des organismes de crédit,
• contrôle ouvrier du crédit,
• moratoire immédiat sur les dettes qui étranglent,
• annulation des dettes écrasantes des petits paysans, fermiers, éleveurs,
• crédit orienté vers les besoins sociaux, sans chantage à la “rentabilité”.

Sans briser le pouvoir bancaire, on bloque une semaine puis on se fait reprendre le mois suivant.


Conclusion politique

Ou bien négocier avec l’État–agrobusiness la vitesse de la disparition.

Ou bien mener la lutte de classes à la campagne jusqu’au bout : action directe, contrôle de la filière, jonction ville-campagne, coupure du garrot bancaire.

Ces organes de lutte et de contrôle doivent se lier, se coordonner et devenir la base d’un pouvoir ouvrier et paysan, contre l’État bourgeois.

Action directe. Alliance ouvriers-paysans. Rapport de force.

Pas une posture : la nécessité matérielle du moment.

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