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Plus de deux cent ans de trahisons syndicales...

dimanche 1er mars 2026, par Karob, Robert Paris

Les directions syndicales : conciliation, négociation, compromission, manipulation, trahison, complicité avec l’ennemi, fausses déclarations de victoire, accord avec patrons et gouvernements capitalistes dans le dos des grévistes et des salariés, refus de toute décision démocratique dans les luttes, rejet de toute auto-organisation des travailleurs, détournement de révolutions, mille et une formes de la collaboration entre classes sociales aux intérêts opposés...

1914

Quelle victoire de la gauche politique et syndicale ! En 1914, dès la déclaration de guerre, la CGT (avec le parti socialiste) a intégré l’union sacrée au nom du patriotisme et de la défense du territoire contre l’agression militaire allemande. Et c’est sur ce mensonge de l’impérialisme français, que l’ancien syndicat révolutionnaire d’action directe et antimilitariste est passé dans le camp de la bourgeoisie, contribuant à envoyer sans difficulté le peuple travailleur aller mourir en masse dans la pire boucherie de la première guerre inter-impérialiste, tuant d’emblée le caractère de classe, prolétarien et anti-collaboration du syndicalisme en France.

L’union sacrée en 1914

La CGT fait siens les buts de guerre de l’impérialisme français

Léon Jouhaux, secrétaire général de la CGT, signe l’union sacrée...

1936

Quelle victoire de la gauche politique et syndicale parvenue au gouvernement en pleine montée des luttes sociales et antifascistes ! Ils ont réussi à bloquer une grève ouvrière spontanée massive qui s’était déclenchée sans eux, qu’ils étaient parvenus à bloquer dans le secteur public où ils étaient le plus forts. Ils ont fait reprendre le travail après des accords à Matignon avec patrons et gouvernement. Les occupations d’usine sont terminées. Le grand capital est sauvé ! L’Etat capitaliste aussi et il va pouvoir reprendre sa marche vers le fascisme et la guerre, momentanément interrompue par l’offensive ouvrière. Il y a vraiment de quoi féliciter le front populaire des partis de gauche et des syndicats… du moins pour la grande bourgeoisie !

1945

Quelle victoire de la gauche politique et syndicale ! Après avoir cautionné les massacres impérialistes de la deuxième guerre mondiale, du côté des impérialismes « alliés », ils ont pu participer au gouvernement pour y imposer la paix impérialiste contre tout risque révolutionnaire, imposer aussi tous les sacrifices pour le peuple travailleur trimant pour gagner une misère, en reconstruisant le grand capital au nom de la reconstruction de la France ! Le syndicalisme ainsi transformé devient le principal ennemi des grèves et la chiourme des travailleurs…

1968

Quelle victoire de la gauche politique et syndicale ! La CGT, qui a tout fait pour freiner la montée des luttes, est contrainte de prendre le train en marche et d’organiser sans la vouloir, sans y appeler même, une grève générale. C’est pour mieux la trahir en signant les accords de Grenelle avec patronat et gouvernement et en imposant la reprise du travail. La gauche politique et syndicale a prétendu ainsi arriver à la victoire par les urnes mais c’est le contraire qui s’est produit… Les syndicats, par la suite, vont continuer à faire croire que c’est par les élections bourgeoises que l’on peut changer la politique gouvernementale, pas par la lutte des classes.

Georges Séguy, secrétaire général de la CGT sifflé par les ouvriers de Renault à Billancourt parce qu’il appelle à la reprise du travail...

1981

Quelle victoire de la gauche politique et syndicale ! C’est réussi. Elle arrive au gouvernement par les élections, pas par la lutte sociale. Et elle y gère les affaires de la bourgeoisie, en détruisant les luttes ouvrières avec une efficacité accrue par le soutien (au pouvoir) des syndicats.

Et ensuite... collaboration, négociation, trahison, syndicalisme de participation...

Quelle victoire de la gauche politique et syndicale ! Depuis, les syndicats ont mené de nombreuses luttes, notamment des grandes grèves, qu’elles soient nationales comme les retraites ou concernent seulement les cheminots ou d’autres catégories professionnelles. Toutes ont été trompées, détournées, usées et finalement… perdues. Pendant ce temps, les syndicats ont mené une lutte permanente et acharnée pour… combattre l’auto-organisation des travailleurs, combattant tout particulièrement la tentative des Gilets jaunes et aussi celle du 10 septembre 2025…

Autrefois... avant 1914... il existait des syndicats révolutionnaires de la CGT qui pratiquaient l’action directe et se proposaient de renverser le capitalisme...

Plus de deux cent ans de trahisons syndicales

Résultat : il n’y a plus de vrais syndicats mais des bureaucraties d’Etat qui détournent de la lutte de classes une partie des forces militantes du prolétariat...

Les syndicats n’ont plus vraiment besoin des cotisations des salariés pour fonctionner : l’argent de l’Etat et des grandes entreprises leur suffit largement…

Quelle victoire de la gauche politique et syndicale ! Les syndicats ne dépendent plus des salariés pour faire vivre leurs appareils bureaucratiques. Ce sont les grands patrons et l’Etat qui les financent. Sauf que, s’ils ne parviennent pas à encadrer les luttes, si le mouvement de la base s’auto-organise en assemblées souveraines, décisionnelles, si elles élisent des comités, si ceux-ci se fédèrent, alors leur rôle est fini et patrons et Etat cesseront de les financer… C’est pour cela qu’ils font de temps en temps semblant de suivre la radicalisation des salariés…

1914-2025 : 210 ans de trahison des directions syndicales en France et notamment de la CGT…

Avertissement

Cet article ne contient que des critiques des directions syndicales, ce qui ne signifie pas un mépris du syndicalisme ni des syndicalistes. A Voix des Travailleurs, nous sommes pour le syndicalisme mais pas n’importe lequel : le syndicalisme révolutionnaire d’action directe et qui s’impose de ne diriger des actions des salariés que si elles sont décidées par les travailleurs eux-mêmes, si ce sont eux qui en ont décidé les buts, les méthodes, les moyens et les perspectives, qui ont tenté de se doter non seulement d’assemblées décisionnelles mais aussi ont élu des comités ou des conseils pour diriger leurs luttes. Nous sommes pour un syndicalisme de lutte de classes, ce qui signifie non seulement le refus du syndicalisme de concertation, de compromissions, de négociations, de participations aux organismes d’Etat, de complicité avec les grands patrons et les gouvernants, mais aussi le refus du nationalisme pro-impérialiste, pro-colonial et le défaitisme révolutionnaire face à la montée guerrière. Les militants syndicalistes qui respectent cela sont nos camarades et nous espérons construire l’avenir prolétarien avec eux. Les dirigeants syndicaux, qui prennent leurs décisions en dehors des travailleurs et s’en servent pour pactiser avec nos ennemis, font partie de nos adversaires. Tout le récit qui suit rapporte comment ils ont maintes fois menti, proposé de fausses perspectives, trompé les travailleurs et sauvé les patrons et leurs gouvernements. Militants syndicalistes honnêtes, tirez des leçons du passé et cessez de confier l’avenir des luttes à ceux qui les ont fait échouer, rompez avec les bureaucrates syndicaux !

Bien sûr, il ne suffit pas de dire que les directions syndicales trahissent pour comprendre comment les travailleurs ont pu être trompés et les luttes battues. Il faut dire aussi que les organisations politiques de la gauche, de la gauche de la gauche, social-démocrates ou staliniennes et même la fausse extrême gauche opportuniste ont contribué à les tromper. Il faut dire aussi que la classe ouvrière a ses propres faiblesses, ses défauts, ses divisions. Et aussi qu’une fraction de celle-ci, dite aristocratie ouvrière, est la base des appareils syndicaux et cautionne leurs tromperies.

1914 : la mère de toutes les guerres et de toutes les… trahisons

La première guerre mondiale, c’est la pire trahison de toute l’histoire du mouvement ouvrier… C’est la base de toutes les autres. La CGT antimilitariste et révolutionnaire est passée de l’autre côté de la barricade et de la tranchée sociale, du côté des exploiteurs et des massacreurs, comme le parti socialiste. Il faut cependant préciser que ni l’un ni l’autre, ni le syndicat, ni le parti, n’avaient jamais défendu la véritable position révolutionnaire prolétarienne face à la guerre : la stratégie du défaitisme révolutionnaire selon laquelle le prolétariat des pays impérialiste doit lutter pour… la défaite de « son » propre pays, de « sa » classe dirigeante, de « son » Etat, de « son » armée.

Les syndicats participent à l’union sacrée des classes possédantes pour imposer la boucherie de la première guerre mondiale… Le secrétaire général de la CGT Léon Jouhaux, affirme qu’il hait la guerre, qu’elle est meurtrière et impérialiste, mais… qu’il participera à l’union sacrée et qu’il soutiendra à fond la mobilisation et l’armée française du moment que la guerre est déclarée. Il affirme qu’il fera tout pour convaincre le peuple travailleur de la faire ! Il fait voter la direction de la CGT dans le même sens. En échange de quoi, le gouvernement suspend la menace d’arrestation contre les militants syndicalistes de la CGT (carnet B) et n’envoie pas les dirigeants modérés au front. Les plus antimilitaristes seront immédiatement envoyés au front pour y mourir de mort « naturelle ».

Dès l’envoi par le ministre de l’Intérieur d’un télégramme aux préfets les engageant à se préparer à l’arrestation des militants désignés dans le « carnet B », le comité confédéral national de la CGT renia ses engagements. Le lendemain 1er août, il affirma que la confédération devait « négliger toutes ses décisions contre la guerre ». Ce n’est pas le moment, expliquaient ses dirigeants, « d’effrayer par des déclarations incendiaires tous ceux qui sont partisans de la paix (...) Il faut remiser les décisions antimilitaristes des congrès confédéraux et signer toutes les déclarations du Parti socialiste ».

En échange de cet immense service rendu, les socialistes Marcel Sembat et Jules Guesde entrèrent dans le gouvernement d’« Union sacrée ». Un troisième, Albert Thomas, fut peu après ministre de l’Armement. Léon Blum devint chef de cabinet dans un ministère. D’autres reçurent des responsabilités dans l’appareil d’État, loin de l’enfer des tranchées de Verdun et des obus.

La bourgeoisie avait besoin de ces dirigeants et de leurs appareils pour enchaîner les masses ouvrières à sa guerre, car elle savait ce que celle-ci signifierait en termes d’aggravation des conditions de travail et de vie pour ceux qui resteraient à l’arrière, et de morts pour ceux qui iraient au front. Il fallait ôter au prolétariat tous les moyens de relever la tête.

Petit historique de cette capitulation syndicale devant la guerre impérialiste

1909

Victor Griffuehles, secrétaire de
la CGT syndicaliste révolutionnaire depuis 1901, est victime d’une machination. Accusé de mauvaise gestion, il démissionne en juillet 1909. Le passage au réformisme se prépare…

1912

Grève « contre la guerre » menée par la CGT en France

1913

Episode aujourd’hui oublié, les casernes françaises ont été touchées, en mai 1913, par une forte agitation. En cause : le refus de la loi de trois ans de service militaire, pièce maîtresse de la militarisation du pays à la veille de la Grande Guerre. L’événement va provoquer une répression furieuse contre les mutins, mais aussi contre les syndicalistes révolutionnaires et les anarchistes, accusés d’avoir fomenté les troubles. C’est également le point de départ d’une crise ouverte à la CGT.

1914

13 janvier. Création de la fédération des gauches à l’initiative de Briand, Barthou, Jean Dupuy, Klotz, Millerand pour rassembler la gauche modéré en vue des prochaines élections. Briand en est élu président.

25-28 janvier. XIe congrès national du PS-SFIO tenu à Amiens (tactique électorale).

27 février. Manifestation contre la guerre à Paris, à l’appel de l’UD de la Seine de la CGT.

13 juin. René Viviani, socialiste indépendant, devient président du Conseil.

14-16 juillet. Congrès extraordinaire du PS-SFIO (chômage, vie chère, grève générale contre la guerre).

Au congrès de Paris (juillet 1914), contre Jean Jaurès et Vaillant, Gustave Hervé repoussa avec Jules Guesde l’idée de la grève générale contre la guerre. « Lorsque j’ai défendu l’insurrection, déclara-t-il, je pensais pouvoir compter sur des insurrectionnels, et je me suis aperçu qu’il n’y en aurait point le jour d’une déclaration de guerre. » (Les Fédérations socialistes III, p. 301).

27 juillet. A l’appel de l’Union des syndicats de la Seine, les ouvriers manifestent contre la guerre.

30 juillet. Manifestations ouvrières dans de nombreuses villes françaises. Heurts avec la police.

31 juillet. Assassinat de Jean Jaurès par Raoul Villain. Le lendemain, l’ordre de mobilisation générale est proclamé : la Première Guerre mondiale commence.

4 août. Obsèques de Jean Jaurès. Dans son discours, Léon Jouhaux annonce le ralliement de la CGT à l’Union sacrée. Le groupe parlementaire socialiste vote à l’unanimité les crédits de guerre et l’état de siège restreignant les libertés.

Alfred Rosmer rapporte :

« Le 4 août 1914, on pouvait lire sur les murs de Paris une belle affiche blanche annonçant l’initiative du gouvernement du « secours national ». Jusque là rien d’extraordinaire. Mais ce qui l’était, c’était la collection de noms composant le Comité chargé d’administrer ce Secours National : tous les hauts dignitaires de la bourgeoisie, archevêque, grand-rabbin, académiciens, industriels, banquiers… puis Léon Jouhaux, secrétaire de la CGT et Bled, secrétaire de l’Union des Syndicats de la Seine. Il y avait encore Lépine, l’ancien préfet de police, matraqueur d’ouvriers et Charles Maurras, un des vrais responsables de l’assassinat de Jaurès.

Le 4 août 1914, Léon Jouhaux, secrétaire général de la CGT ex-anarchosyndicaliste, sur la tombe de Jean Jaurès, prétend exprimer le sentiment de « la classe ouvrière au cœur meurtri » en rejetant la responsabilité de la guerre sur les empereurs et les aristocraties d’Allemagne et d’Autriche-Hongrie. Les ouvriers deviennent des « soldats de la liberté » appelés à défendre la patrie où naquit l’idéal révolutionnaire. Jouhaux, secrétaire autrefois « révolutionnaire » de la CGT déclare à l’enterrement de Jaurès que « ce n’est pas la haine du peuple allemand qui nous poussera sur les champs de bataille, c’est la haine de l’impérialisme allemand ! ».

« La Bataille syndicaliste », organe de la CGT, écrit en août 1914 : « contre le droit du poing, contre le militarisme germanique, il faut sauver la tradition démocratique et révolutionnaire de la France.” “Partez sans regret, camarades ouvriers qu’on appelle aux frontières pour défendre la terre française. »

Le 14 août, l’article de Jouhaux affirme :

« Profitons-en
« …L’Allemagne est présentement bloquée, son commerce maritime s’est en partie arrêté ! Pourquoi notre marine marchande, coopérant avec celle de l’Angleterre, ne reprendraient-elles pas à leur profit une partie du travail allemand qui ne se fait plus ? Ce serait une première victoire, et d’une importance qui ne peut échapper à personne… Il faut profiter de toutes les situations… »

Le 16 août, dans Bataille Syndicaliste, Jouhaux écrit :

« Il convient de louer sans réserves la classe ouvrière de notre pays pour l’admirable force de volonté dont elle fait preuve présentement. Avec une maîtrise incomparable d’elle-même, elle refoule intérieurement les douleurs et les angoisses qui étreignent sa chair meurtrie pour ne laisser apercevoir au monde étonné qu’un inaltérable sang-froid… Assuré du lendemain, ne souffrant pas dans sa dignité d’hommes, le travailleur est capable de supporter stoïquement les plus grands chocs moraux. »
Le dimanche 23 août, Jouhaux crie victoire : il est rejoint dans son patriotisme guerrier par le syndicaliste révolutionnaire italien Alceste de Ambris alors que le peuple italien refuse massivement l’entrée en guerre :
« Un réconfort nous vient à l’heure même où commence à se jouer le plus formidable drame guerrier que l’esprit humain ait jamais pu concevoir. D’après un communiqué qu’on lira plus bas, notre ami De Ambris s’est courageusement affirmé en notre faveur… Notre geste a été compris par nos amis révolutionnaires de tous les pays… Nous avons le droit de souhaiter ardemment la victoire… »

Le 25 août, l’éditorial de Jouhaux de Bataille Syndicaliste :

« Les trois intérêts principaux du moment : national, patronal et ouvrier. »

Le même jour, le même journal écrit :

« Le Matin insinue que le recul de nos troupes en Lorraine serait le fait d’excitations antimilitaristes. Sur quoi s’appuie Le Matin pour faire semblable insinuation ? Aucun fait, aucun document officiel ne vient appuyer son affirmation mensongère… Les organisés n’ont jamais fait preuve de lâcheté. En toutes occasions, ils ont su montrer un courage qui émerveillait leurs adversaires… Courageux hier, les révolutionnaires le restent aujourd’hui. »

26 août. Les socialistes Jules Guesde et Marcel Sembat entrent dans le gouvernement Viviani d’Union sacrée.

9 septembre. Création d’un Comité d’action entre le PS-SFIO et la CGT.

Décembre. Pierre Monatte démissionne du CCN de la CGT pour protester contre l’orientation de la direction confédérale. Il imprime et diffuse sa lettre de démission.

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6831

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7207

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7354

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8176

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3109

1914-1915

La minorité révolutionnaire de la CGT ne se rallie pas à la guerre impérialiste dénonce l’union sacrée…

https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1914/12/monatte_19141200.htm

https://www.marxists.org/francais/cgt/works/1915/08/cgt_19150815c.htm

1917-1919

Les syndicats ne dénoncent pas les offensives meurtrières et les fusillés pour l’exemple.

Ils ne se rallient pas à la révolution russe d’Octobre et à la révolution prolétarienne en Europe, laissant les travailleurs russes isolés face aux impérialismes…

Puis, ils trahissent la montée révolutionnaire en France à l’après-guerre…

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4831

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8387

https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1919/09/monatte_19190917.htm

1920

Les syndicats trahissent la grève des cheminots.

https://www.unioncommunistelibertaire.org/Fevrier-1920-La-grande-greve-du-rail-ebranle-la-CGT

La minorité révolutionnaire des syndicats est un peu hésitante à faire de la politique révolutionnaire…

https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1920/07/lt19200731.htm

1921

Les syndicalistes révolutionnaires sont encore minoritaires à la CGT…

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6049

https://www.marxists.org/francais/rosmer/works/1921/10/lille.htm

1922

La grève du Havre est trahie...

https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve341

Le PC (pas encore PCF mais section française de l’Internationale Communiste SFIC) n’est pas pour autant un parti révolutionnaire de combat de classe et sa politique syndicale n’est pas non plus révolutionnaire…

https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1922/12/lt19221202.htm

1923

CGT et CGTU scissionnent en se disant pour ou contre la Russie des soviets…

https://www-marxists-org.translate.goog/archive/lozovsky/1923/04/cgt-cgtu.htm?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc

https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1923/00/monatte_19230000.htm

1925

Direction du PCF et de la CGTU s’affichent seulement révolutionnaires en façade…

https://www.marxists.org/francais/4int/ogi/1925/10/ogi_19251025.htm

1927-1930

La stalinisation du PCF et de la CGTU et la chasse aux oppositionnels, trotskistes ou autres, commence…

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3263

1934

La classe ouvrière se mobilise pour donner un coup d’arrêt à la montée fasciste en France mais les syndicats la freinent.

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7538

https://www.matierevolution.org/spip.php?breve190

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article

1935

La CGT propose son plan à… la bourgeoisie…

https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1935/04/lt19350405.htm

Les mensonges du plan de la CGT

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article152

1936

Le front populaire, dont les syndicats font partie, cassent la montée vers la grève générale qui a éclaté spontanément, empêchent les fonctionnaires de s’y joindre, font reprendre le travail, arrêter les occupations d’usines et brisent la perspective révolutionnaire, ouvrant la porte à la marche à la guerre et au fascisme. Il faut savoir terminer une grève clament PCF et CGT qui appuient le gouvernement de front populaire contre la menace de la grève générale…

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1351

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article525

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article622

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article795

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1003

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1349

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7814

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7670

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7751

La CGT signe les accords Matignon avec le patronat et le gouvernement pour arrêter la grève ouvrière avec occupation des usines qui menace de se transformer en révolution.

https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i04281854/benoit-frachon-et-lambert-ribot-sur-les-accords-de-matignon-de-1936

Le 14 mai, les ouvriers métallurgistes de l’usine Bloch se mettent en grève. Ils occupent l’usine nuit et jour. Les gens du voisinage leur apportent vivres et encouragements. La direction de l’usine cède dès le lendemain, accordant aux grévistes une augmentation de salaire et des congés payés. Dans les jours qui suivent, d’autres mouvements de grève se produisent dans le pays, et obtiennent, eux aussi, gain de cause. Ces premières victoires captent l’attention de l’ensemble de la classe ouvrière. Blum, qui s’efforce de rassurer les milieux capitalistes quant à la « modération » de ses intentions, est effrayé par l’ampleur que prend le mouvement. Il appelle les travailleurs à la patience, c’est-à-dire à l’inaction. En vain. Le 26 mai, toutes les usines du secteur automobile – dont les 35 000 ouvriers de l’usine Renault – et de l’aviation du département de la Seine se mettent en grève. La direction de la CGT, réunifiée depuis le mois de mars, sous la direction de Léon Jouhaux, n’est pour rien dans le déclenchement du mouvement, qui s’étend rapidement aux autres industries, y compris aux ouvriers du bâtiment qui travaillent sur les chantiers de l’Exposition Internationale. Jouhaux incite les travailleurs à reprendre le travail, mais ne parvient pas à empêcher l’extension du mouvement. Au-delà des travailleurs industriels, le mouvement de grève gagne des couches de la classe ouvrière jusqu’alors inorganisées et inertes, mais souvent très durement exploitées.

Les signes du réveil révolutionnaire de la classe ouvrière se multiplient. Le 24 mai, lors de la manifestation traditionnelle de commémoration de la Commune de Paris, au Père Lachaise, le nombre de manifestants – qui ne dépassait pas, ordinairement, quelques centaines – avoisine les 600 000 ! Des militaires venus d’une caserne de Versailles portaient une banderole où était écrit : « La soldatesque versaillaise de 1871 assassina la Commune. Les soldats de Versailles de 1936 la vengeront ! »

Les travailleurs réclament des garanties de salaire minimum, la semaine de 40 heures (au lieu de 48), la majoration des heures supplémentaires et des congés payés. Nuit et jour, ils occupent les lieux du travail, tiennent des piquets de grève, créent des comités veillant à l’application des décisions collectives et à la protection de l’outil de travail contre des actes de sabotage ou de malveillance. Le 31 mai, Le Temps, porte-parole de la classe capitaliste, constate avec horreur « l’ordre qui règne dans les usines ». Les travailleurs se comportent, dit le journal, « comme si les usines leur appartenaient déjà ». Le 4 juin, à la veille de l’entrée en fonction du nouveau gouvernement, les grèves s’étendent à pratiquement toutes les industries, et commencent à paralyser l’économie nationale.

Une grève générale illimitée comme celle de 1936 porte la lutte des classes à un niveau qui pose directement la question du pouvoir. Comme le disait Trotsky : « C’est clairement l’union des opprimés contre leurs oppresseurs ». Par sa nature même, la grève générale oblige la classe ouvrière à instaurer son contrôle direct des moyens de production et à assumer progressivement les fonctions de l’Etat. Par l’action vigoureuse des travailleurs, une situation révolutionnaire se crée dans laquelle prend corps – sous une forme embryonnaire – le futur Etat socialiste. Cette menace contre l’existence même du capitalisme était en contradiction complète avec la collaboration de classe incarnée par le Front Populaire. La grève générale effrayait non seulement la classe capitaliste et ses représentants à la tête du Parti Radical, mais aussi les architectes « socialistes » et « communistes » du Front Populaire. Thorez avait insisté pour qu’aucune atteinte ne soit pas portée à la propriété capitaliste – et voilà que les ouvriers s’emparaient directement de cette propriété !

Les appels au calme, à la modération et à la reprise du travail, de la part des dirigeants de la CGT, de Blum et de Thorez, restent d’abord sans effet. Thorez insiste sur le fait que la situation « n’est pas révolutionnaire », et met les travailleurs en garde contre le danger de « jouer le jeu du fascisme ». Mais les travailleurs ne tiennent pas compte des consignes de leurs « dirigeants ». Lorsque Blum envoie le dirigeant syndical communiste Henri Reynaud, accompagné de Jules Moch (secrétaire général du gouvernement), pour obtenir des grévistes une livraison de mazout nécessaire aux boulangers de la capitale, ils reviennent les mains vides, les ouvriers n’ayant même pas voulu leur ouvrir la porte.

Le 6 juin, le nombre de grévistes s’élève à plus de 500 000. Le 7 juin, il s’approche du million. Le patronat craint que la poursuite du mouvement de grève n’aboutisse à une révolution et à la fin de la propriété capitaliste. Pris de panique, et pour aider les dirigeants de la CGT à mettre un terme au mouvement, le gouvernement Blum organise des négociations à l’Hôtel Matignon, le 7 juin. Quand ils sont sous la menace de tout perdre, les capitalistes font toujours de concessions, quitte à les reprendre plus tard, lorsque la menace est écartée. C’est dans cet état d’esprit que le patronat, représenté par la CGPF, aborde les négociations de Matignon. Blum tente de limiter les concessions faites en matière salariale, qui sont finalement de l’ordre de 7 à 12% dans le secteur privé. Le patronat concède également la semaine de 40 heures et 2 semaines de congés payés, ainsi que le principe des accords collectifs et de nouveaux droits syndicaux.

Dans son discours à la Chambre des Députés, Blum se dit « fier » des accords de Matignon, mais souligne ce que tout le monde sait déjà : « La crise n’est pas terminée ». Il faut rapidement promulguer les lois concernant les réformes promises. « Nous sommes, vous le savez, Messieurs, dans des circonstances où chaque heure compte. » En effet, les accords de Matignon ne mettent pas fin au mouvement de grève, et ne permettent pas de rétablir l’autorité des dirigeants socialistes, communistes et syndicaux. Bien au contraire, les grèves redoublent d’intensité. La CGT a vu le nombre de ses adhérents s’accroître dans des proportions inédites : elle passe d’un million à 5 300 000. Les métallurgistes de la région parisienne refusent les accords et votent la poursuite de la grève. Le nombre de grévistes augmente non seulement dans l’industrie et le commerce, mais aussi en milieu rural, où des milliers d’ouvriers agricoles occupent les grandes fermes. A Paris et dans de nombreuses villes de province, des cafés, des hôtels et des restaurants sont occupés par les salariés. Ici et là commencent à émerger des organisations comparables aux soviets de la révolution russe. Par exemple, le 8 juin, dans l’usine Hotchkiss, à Levallois, dans la banlieue nord-ouest de Paris, une assemblée regroupant les délégués de 33 usines des environs vote une résolution demandant l’élection d’un « comité central de grève » Le 11 juin, toutes les principales industries de Paris et du département de la Seine sont en grève, et une nouvelle assemblée de 587 délégués représentant 243 usines de la région parisienne se tient dans la capitale. Le nombre total de grévistes, même selon les chiffres du gouvernement, s’approche de 1 200 000. Blum met des troupes et des gardes mobiles en alerte, prêts à marcher sur Paris pour réprimer la grève, et ne cesse de répéter que son gouvernement fera respecter « l’ordre ».

Les travailleurs se heurtent sans cesse aux directions de leurs propres organisations, qui veulent toutes défendre la propriété privée et faire en sorte que cesse le mouvement de grève. Le 11 juin, Thorez s’adresse aux métallurgistes. Il les met en garde contre le risque, selon lui, d’effrayer la petite bourgeoisie et de briser le Front Populaire, en « aggravant le désordre ». « Il faut savoir consentir aux transactions, il faut savoir terminer une grève », dit-il, car « l’heure de la révolution n’est pas venue. » De nouveaux secteurs de la classe ouvrière, comme par exemple les employées des grands magasins de Paris, se lancent dans la lutte au lendemain de l’intervention de Thorez qui, pourtant, cherchait à y mettre un terme. Cependant, au cours des deux semaines suivantes, du fait du comportement traître des dirigeants des organisations syndicales et politiques des travailleurs, le mouvement de grève finit par s’épuiser.

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1003

« C’est la grève, c’est le rassemblement au grand jour des opprimés contre les oppresseurs, c’est le début classique de la révolution » a écrit Trotsky.

Des milliers d’ouvriers « anonymes » sortent du rang, élus par leurs camarades, ils se font organisateurs, orateurs, parlent haut et fort au patron.

En quelques jours, tout a changé : les opprimés prennent conscience de leur force, de la puissance de l’unité.

Mais la grève est aussi pleine d’illusions : illusions dans les dirigeants ouvriers, illusions dans le fait que la puissance du mouvement, l’occupation des usines, suffisent... La victoire est au bout, contre les patrons et leur gouvernement.

La C.G.T. s’efforce de reprendre le contrôle du mouvement. Elle appelle à la grève générale là où elle est déjà déclenchée : dans les mines du Nord et du Pas-de-Calais ; dans le bâtiment. Les dirigeants de la C.G.T. courent après le mouvement pour tenter de le « coiffer », de le canaliser.

C’est en ces termes que le comité régional du Nord et du Pas-de-Calais des mineurs appelle à la grève : « Pour maintenir l’ordre et le calme, et faciliter la tâche du gouvernement... »

Le gouvernement ? Quel gouvernement ?

Légalement, le gouvernement Sarraut doit continuer son « action » jusqu’à ce que la Chambre ait accordé l’investiture au gouvernement que doit former Léon Blum.

Le 4 juin, Sarraut remet sa démission au président de la République, Lebrun, qui immédiatement supplie Léon Blum de constituer son gouvernement pour se mettre au travail. Blum proteste : il faut respecter les usages et la Constitution, et convoquer la Chambre pour obtenir l’investiture...

Mais Lebrun insiste : l’heure n’est pas à ce légalisme. Le 4 juin à 18 h 15, le ministère Blum est constitué. Salengro, ministre de l’Intérieur, et Lebas, ministre du Travail, entrent immédiatement en fonctions.

« A ce moment, dans la bourgeoisie et en particulier dans le monde patronal, on me considérait, on m’attendait comme un sauveur. Les circonstances étaient si angoissantes, on était si près de quelque chose qui ressemblait à la guerre civile, qu’on n’espérait plus que dans une sorte d’intervention providentielle, je veux dire l’arrivée au pouvoir de l’homme auquel on attribuait sur la classe ouvrière un pouvoir suffisant de persuasion pour qu’il lui fît entendre raison et qu’il la décidât à ne pas user, à ne pas abuser de sa force. » (Léon Blum au procès de Riom.)

Dès la présentation du gouvernement, Lebrun entraîne Léon Blum à l’écart et lui demande d’intervenir immédiatement à la radio : « Dites-leur que le Parlement va se réunir, que dès qu’il sera réuni vous allez lui demander le vote rapide et sans délai de lois sociales... Ils vous croiront et alors peut-être le mouvement s’arrêtera-t-il ? » (Léon Blum au procès de Riom.)

Le 5 juin, Blum s’adresse par trois fois aux grévistes : le gouvernement n’a toujours pas « eu le temps » d’obtenir l’investiture de la Chambre. C’est l’illégalité au service des intérêts de... la légalité du profit.

Les 6 et 7 juin, la grève gagne la plupart des villes de province, les « cols blancs » se joignent aux travailleurs manuels.

La panique du grand patronat est directement proportionnelle avec l’ampleur du mouvement ; oui, Trotsky a raison : la révolution française a commencé.

Sur ce point, Lebrun, Blum, Thorez, Daladier, Jouhaux, sont d’accord.

Il faut donc enrayer le processus, faire rentrer la grève, faire accepter à la classe ouvrière qu’elle reprenne la vie quotidienne, respecte la propriété, la légalité, l’ordre bourgeois. En un mot, céder quelque chose pour éviter le pire.

Les accords Matignon

La Confédération générale de la production française (ancêtre du C.N.P.F.) n’y va pas par quatre chemins. Vendredi 5 au matin, Alexandre Lambert-Ribot, délégué général du Comité des Forges, collègue de Blum au Conseil d’Etat, le fait prévenir qu’il souhaite lui parler. Lambert-Ribot déclare au chef du gouvernement que la C.G.P.F. désire que « sans perdre une minute » soit organisée une rencontre entre représentants des syndicats et ceux du patronat.

Tout va aller très vite. Le 7 juin, à 15 heures, Léon Blum, Jouhaux, Frachon, Belin, Serrat, Cordier, Milain pour la C.G.T. Duchemin, Richemond, Dalbonge, Lambert-Ribot pour la C.G.P.F. s’assoient à la table des négociations...

La première discussion dure jusqu’à 20 heures. Puis reprend à 23 heures. A 0h40, l’ « accord Matignon » est signé et communiqué à la presse.

« Ils ont cédé sur tous les points », dira Frachon.

Non. Mais pour maintenir la propriété privée des moyens de production, pour maintenir l’ETAT, pour éviter l’explosion, l’affrontement direct à un niveau supérieur entre les masses ouvrières et le grand capital, le patronat « lâche » en cette journée plus qu’en trente ans.

Les résultats sont loin d’être négligeables :

établissement immédiat de contrats collectifs de travail ;

reconnaissance du droit de se syndiquer - majoration des salaires de 7 à 15 %

Les revendications arrachées n’ont rien de commun avec les formules creuses du programme de Front populaire.

Le patronat concède des revendications considérables pour conserver l’essentiel : la propriété privée des moyens de production. Les tendances fondamentales du mouvement des masses vont vers l’appropriation des moyens de production. Spontanées mais confuses, elles trouvent çà et là une expression plus claire. Les métallos sont à l’avant-garde du mouvement. C’est eux qui dégagent le plus clairement la tendance du mouvement. Un délégué de Rateau déclare : « Les camarades sauront bien organiser le travail sans les patrons. »

Les ouvriers de l’aéronautique proposent à Cot, ministre de l’Air, de nationaliser les usines d’armement et d’en prendre le contrôle direct.

Les grévistes se tournent vers « leurs » ministres du Front populaire en disant : « Nous sommes prêts ! Donnez les consignes, les directives, nous agirons. »

Usines occupées, grands magasins, banques, compagnies d’assurances, le temple du profit, la Bourse elle-même, est menacée par la grève...

Signe de la profondeur de la crise : la police est atteinte dans son « moral ». L’Etat bourgeois dont elle est une composante va-t-il tenir ? Comme toujours en ces cas-là, elle perd sa superbe, son assurance, sa certitude d’être la force, donc le droit. Elle se sent « plus près du peuple ».

Les accords Matignon sont salués par la presse des organisations et partis ouvriers comme une formidable victoire.

L’Humanité titre : « La victoire est acquise. » Le Populaire écrit : « Victoire ! Victoire ! Les patrons ont capitulé !... Les patrons ? Quels patrons ? Tous ! [...] Victorieux, les ouvriers peuvent reprendre le travail... »

Le 8, Jouhaux déclare à la radio, après avoir analysé la portée des « accords » : « Dans chaque entreprise la grève doit cesser si le patron déclare adhérer à l’accord du 7 juin [...]. La C.G.T. s’est formellement engagée à favoriser ce processus d’apaisement. »

Les travailleurs en grève comprennent que ce que le patronat lâche témoigne de sa peur de perdre beaucoup plus, sinon tout. Mais les accords Matignon sont l’accord de la trahison, le nœud coulant que l’on veut passer autour de la gorge de la classe ouvrière pour faire cesser la grève. Les travailleurs en ont l’intuition : ils refusent de cesser la grève, de reprendre le travail, la vie quotidienne de l’exploitation.

Non seulement la grève ne cesse pas, mais de nouvelles corporations vont entre le 7 et le 12 juin entrer dans l’action, encouragées par les accords signés à Matignon. Dans le Nord, le Midi, en Afrique du Nord, des centaines de milliers de prolétaires faites passent à l’action, « relevant » ceux qui rentrent dans la région parisienne.

Dans la banlieue, les métallos renâclent. Confusément, la classe ouvrière sent qu’elle peut aller plus loin. Le mardi 9 juin, 700 délégués des usines en grève se réunissent salle Mathurin-Moreau. Les dirigeants de la C.G.T. demandent aux travailleurs de se prononcer sur la fin de la grève : les délégués interviennent et exigent que toutes leurs revendications - dépassant l’accord de Matignon - soient honorées !

Les métallos ne reprendront pas le travail : la C.G.T. s’incline.

Le 10 juin, après avoir enregistré le refus de, patrons, la C.G.T. fait son compte rendu devant une nouvelle assemblée de délégués : la colère gronde et les travailleurs commencent à envisager une manifestation de rue...

Ils décident de continuer la grève : la CGT s’incline à nouveau...

Le 11, après de nouvelles négociations, où le patronat recule, nouvelle assemblée présidée par Frachon. Malgré les concessions enregistrées, les délégués exigent au nom de leurs camarades que toutes les traites soient payées. Les métallos ne cèdent pas, malgré les appels de Frachon et d’Henaff. Certains délégués reprennent les propositions d’organiser une manifestation pour « descendre sur Paris ».

Le 12, le patronat cède sur tous les points.

Ainsi, malgré les illusions, les incertitudes de la classe ouvrière, Trotsky a-t-il raison d’écrire : « La révolution française a commencé. »

Thorez : « Il faut savoir terminer une grève »

Depuis sa fondation en 1921, le parti communiste français a connu jusqu’en 1934 bien des vicissitudes, Au moment de la scission, il était largement majoritaire et comptait plus de 100 000 membres. En revanche, la C.G.T.U., née de la scission que l’appareil réformiste avait imposée afin le courant révolutionnaire ne devienne majoritaire, était restée minoritaire. La politique tour à tour opportuniste, puis sectaire et aventuriste, que l’I.C. stalinisée devait imposer jusqu’en 1934 au P.C.F. l’avait réduit à quelque dix à vingt mille adhérents en 1933, la C.G.T.U. n’étant plus qu’un squelette. 1934 va voir se modifier cette tendance. Si la grande masse des travailleurs regarde du côté de la S.F.I.O., si celle-ci voit croître ses effectifs, si par milliers les ouvriers d’avant-garde y entrent et cherchent à se constituer en courant révolutionnaire, aux yeux des masses l’U.R.S.S. reste le pays de la révolution d’Octobre, l’I.C. et le P.C.F. ses représentants.

Au fur et à mesure où de 1934 à 1936 s’affirme la marche à la crise révolutionnaire, les masses et les militants se tournent de plus en plus nombreux vers le parti qui leur semble être celui de la révolution. De 1934 à 1936, le P.C.F. reconstitue son cadre militant. Il reste minoritaire par rapport au P.S., mais ce sont déjà plusieurs dizaines de milliers de militants qui le rejoignent. Ils vont être les cadres organisateurs des couches profondes et décisives du prolétariat en mouvement en juin 1936.

Selon Lefranc, les effectifs du P.S. et du P.C.F. évoluent de la façon suivante : « En avril 1936, les effectifs de la S.F.I.O. dépassent ceux de la S.F.I.C. (114 000 contre 106 000). En mai 1936, la S.F.I.O. est distancé : elle compte 127 000 adhérents contre 131 000 au parti communiste. »

Dans les mois suivants, la S.F.I.O. atteindra 200 000 adhérents environ. Au comité central du 22 février 1937, la direction du P.C.F. affirme son parti est passé de 80 000 adhérents au congrès de Villeurbanne en janvier 1936 à 220 000.

Une grande masse de travailleurs adhèrent à la section française de la III° Internationale, voyant dans le P.C.F. le parti héritier de la révolution d’Octobre, de Lénine, du combat pour le socialisme. Les masses le chargent de leurs espoirs, de leurs espérances.

La nature du P.C.F. n’est pas identique à celle de la S.F.I.O. L’un et l’autre sont des partis ouvriers. bourgeois contre-révolutionnaires. Mais la S.F.I.O. est directement liée à sa bourgeoisie, au système impérialiste. Le P.C.F. dépend entièrement de la bureaucratie du Kremlin : il est un rouage de son appareil international, et c’est par sa médiation qu’il est lié à l’impérialisme au maintien du capitalisme, de l’ordre bourgeois international. Les masses, malgré sa politique, sentent que ce parti n’est pas identique à la vieille S.F.I.O.

Le P.C.F. ne participe pas au gouvernement de Léon Blum, il se borne a le soutenir. Ce qui contribue à le faire apparaître comme un parti « différent » de la S.F.I.O. passée depuis 1914 du côté de l’ordre bourgeois avec toute la social-démocractie internationale.

Mais, en réalité, c’est le P.C.F. qui va en 1936 s’opposer le plus férocement, le plus directement, et déjà le plus efficacement, au mouvement des masses, à leurs aspirations révolutionnaires.

Thorez prononce en 1936 toute une série de discours au cours desquels il « tend la main aux catholiques et aux Croix-de-Feu ». Le 6 août, il concrétise au cours d’un discours au gymnase Huyghens ce que cela signifie, il appelle à la « consti¬tution du Front des Français » de Thorez à Paul Reynaud.

« Malheureusement, nos partenaires du Front populaire n’acceptèrent pas nos propositions du Front des Français, et il fallut les retirer », écrit Jacques Duclos.

C’est encore Thorez qui mène l’offensive, au premier rang, contre le processus révolutionnaire en cours ; c’est que la poussée des masses place les militants du P.C.F. dans les entreprises dans une situation contradictoire : suivre le bureau politique qui freine les grèves et les occupations, ou les masses qui combattent et cherchent une direction, et se tournent naturellement vers les militants du P.C.F., considérés comme des militants d’un parti révolutionnaire. A. Ferrat, ancien dirigeant des J.C., membre du C.C., proteste contre la politique suivie depuis le pacte d’unité d’action de 1934 et propose au C.C. que le P.C.F. prenne la tête des mouvements pour dépasser le Front populaire.

Ferrat ne fait qu’exprimer de manière assez confuse la position de nombreux militants du rang qui espèrent que le processus révolutionnaire engagé par des millions d’ouvriers ira jusqu’à son terme : la prise du pouvoir.

A. Ferrat est immédiatement exclu du P.C.F. Thorez, Duclos, Frachon, Gitton, ne badinent pas avec la défense de l’ « ordre social », c’est-à-dire l’ordre du profit.

En réponse au célèbre article de Marceau Pivert « Tout est possible », Marcel Gitton écrit dans L’Humanité du 26 mai : « Tout n’est pas possible [...]. Il n’est nullement question de chambardement ni d’anarchie [...]. Non ! Non ! Marceau Pivert, il n’est pas question pour le gouvernement de demain d’ "opérations chirurgicales". »

Les positions sont claires, la puissance du mouvement, le débordement de la C.G.T. conduisent Maurice Thorez, lors du rassemblement des militants du P.C.F. au gymnase Jean-Jaurès à Paris, à préciser la politique contre-révolutionnaire dictée par Moscou : « Notre but reste le pouvoir des soviets, mais ce n’est pas pour ce soir, ni pour demain matin [...]. Alors, il faut savoir terminer une grève dès que satisfaction a été obtenue. Il faut même savoir consentir un compromis si toutes les revendications n’ont pas encore été acceptées, mais que l’on a obtenu la victoire sur les plus essentielles des revendications. »

Reprenant « en main » les militants qui se laissent aller aux « tendances gauchistes », Thorez prend l’exemple des métallos parisiens. Il jette toute la force du P.C.F., auréolé de la gloire du parti de la révolution victorieuse en U.R.S.S. dans la lutte contre la révolution montante.

Dès le lendemain de ce célèbre discours, un mot d’ordre, revient dans tous les discours, toutes les interventions des dirigeants du P.C.F. : « Il faut savoir terminer une grève... »

L’offensive contre les masses est menée par les dirigeants du P.C.F., en liaison avec le gouverne. ment de Front populaire, qui le 12 juin au soir fait saisir à l’imprimerie le journal des trotskystes Lutte ouvrière qui titre : « Dans les usines et dans les rues, le pouvoir aux ouvriers. »

Le 12 juin, le groupe parlementaire radical fait savoir par Daladier qu’il est « très inquiet » devant les événements. Le gouvernement enregistre, et engage des poursuites contre les dirigeants trotskystes. Salengro affirme que le cas échéant, l’ordre sera maintenu par la force.

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7814

"En prônant la "paix sociale", l’unité française", les Blum, les Thorez, les Jouhaux, chacun à sa façon et tous ensemble, ont désarmé la classe ouvrière. Ils l’ont livrée, pieds et poings liés, à un adversaire impatient de prendre sa revanche. (...) le plus néfaste a été de faire accroitre aux travailleurs que le gouvernement de Front Populaire à direction socialiste et active participation radicale était, en quelque sorte, leur gouvernement. Comme l’a souligné Trotsky, les ouvriers furent incapables de reconnaître l’ennemi, car on l’avait déguisé en ami. leurs chefs entourèrent le pouvoir bourgeois d’un écran qui dissimula sa véritable nature, le rendit méconnaissable, donc invulnérable. (...) Ce gouvernement providentiel sera, en réalité, un gouvernement débile. Écartelé entre des masses encore relativement turbulentes (malgré tous les appels à la "concorde" lancés à leur seule adresse) et un patronat décidé à sabrer les conquêtes sociales, il ne disposera d’aucun appui vraiment stable, et il en sera réduit à pratiquer un perpétuel jeu de bascule : maintenir le contact avec les masses, tout en freinant leur élan ; rechercher le soutien des groupes capitalistes les moins réactionnaires, mais en subissant leurs conditions (...) La retraite opérée sous le drapeau du front Populaire s’achèvera en une écrasante défaite. Mais, la dialectique des luttes sociales étant complexe, cette évolution ne sera ni rectiligne ni unilatérale. Pendant toute une période, la classe ouvrière continuera, dans une certaine mesure, à aller de l’avant. Elle se démystifiera. Elle consolidera son organisation, ses points d’appui, ses systèmes de solidarité. elle poursuivra son recrutement, atteignant le chiffre record de cinq millions de syndiqués. Elle réagira avec vigueur contre les coups que lui porteront, tantôt la réaction, tantôt les fascistes. Elle n’hésitera pas à recourir, en maintes occasions, le plus souvent malgré ses mauvais bergers, à l’arme de la "grève sur le tas". (...)

L’ordre lancé par Maurice Thorez, le 11 juin, d’en terminer avec les grèves n’avait été que très incomplètement suivi. Pendant la seconde quinzaine de juin et tout le mois de juillet, les "grèves sur le tas" continuèrent à faire boule de neige. Après l’accalmie du mois d’août, pendant lequel l’application des congés payés provoqua, pour la première fois, la fermeture de nombreuses entreprises, les "occupations" reprirent de plus belle. (...) le ministre de l’Intérieur, le socialiste Salengro, avait juré d’y mettre un terme "par tous les moyens appropriés". (...) Le 7 octobre, Blum passa des gémissements aux actes : deux cent cinquante gardiens de la paix forcèrent la porte de la Chocolaterie des Gourmets, rue Violet, à paris, et, après une dure bagarre, en expulsèrent les "occupants". (...) Au début de juin 1937, la crise financière s’est aggravée (...) ,Blum annonce soudain qu’il démissionne et passe la main au radical Camille Chautemps. (...) Le 2" décembre 1937, à Colombes, la gigantesque usine Goodrich fut occupée par son très nombreux personnel. (...) Le 30, à l’aube, le camarade Max Dormoy, toujours ministre de l’Intérieur, fit encercler l’entreprise par six cents gardes mobiles, avec mission de déloger les grévistes. (...) En fin de journée, quelque trente mille ouvriers, accourus, entouraient le "fort" Goodrich. (...) les sbires de Dormoy durent battre en retraite. Mais les staliniens de l’Union des Syndicats de la région parisienne, Eugène Hénaff en tête, exigèrent, le 9 janvier, le respect d’une sentence arbitrale de compromis, qui équivalait à une capitulation."

Daniel Guérin dans "Le Front Populaire, révolution manquée"

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1530

Jusqu’en 1940, la politique capitularde des syndicats…

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1360

1938

Trahison syndicale de la grève Goodrich

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1326

La situation est prérévolutionnaire ou précontre-révolutionnaire en France, mais les syndicats n’essaient nullement à la faire basculer vers la lutte prolétarienne. Les dirigeants syndicaux ont aussi peur d’une nouvelle montée vers la grève générale que les bourgeois.

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7076

1939

La CGTU stalinienne, aux côtés du PCF, soutient le pacte germano-soviétique. Les militants qui sortaient de la politique d’alliance avec la bourgeoisie nationale au nom de l’anti-fascisme, sont démoralisés et déboussolés. La bourgeoisie en profite pour réprimer les militants ouvriers.

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3681

https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/09/lt04091939.htm

1939

PCF et CGT reconnaissent les intérêts impérialistes de la France aux colonies…

https://www.marxists.org/francais/barta/1939/04/barta_vl1.htm

1940

La marche à la guerre et au fascisme ne radicalise pas la CGT vers la gauche. En France, il n’y avait pas de place pour une existence indépendante des syndicats staliniens. Ils s’unirent aux soi-disant anarcho-syndicalistes sous la direction de Jouhaux et, comme résultat de cette unification, il y eut un déplacement général du mouvement syndical, non vers la gauche, mais vers la droite. La direction de la CGT est l’agence la plus directe et la plus ouverte du capitalisme impérialiste français.

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6775

Une partie du mouvement syndical passe directement au pétainisme.

https://www.le-blog-de-roger-colombier.com/article-la-reunification-de-la-cgt-dans-la-resis-115390183.html

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7751

1941

Avec la guerre et le pétainisme, la CGT, réprimée, passe dans la clandestinité.

Depuis la rupture du pacte garmano-soviétique et la guerre d’Hitler contre l’URSS, les pactes se font entre stalinisme et impérialisme occidental et les staliniens peuvent à nouveau marier nationalisme français et soutien de la bureaucratie du Kremlin (mensongèrement appelé « communisme » ou « soviets »). Les militants ouvriers staliniens, momentanément alliés des nazis, deviennent à nouveau les plus fervents défenseurs de la démocratie occidentale et de la nation française, des combattants contre le fascisme, et blabla et blabla…

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2993

1943

Une partie du mouvement syndical passe à la « résistance », mouvement sous l’égide du général De Gaulle et des impérialismes anglo-américain mais aussi du PCF stalinien. La résistance n’est absolument pas un mouvement à caractère de classe prolétarien mais une alliance de classe affichée et assumée au nom du nationalisme et de la lutte anti-fasciste.

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6675

1944

La classe ouvrière, elle, fait confiance au PC, au PS et à la CGT et compte sur eux pour arracher à De Gaulle des réformes substantielles en faveur de la démocratie et des travailleurs !
Cette "confiance" générale cache en réalité un conflit inévitable. En l’absence d’une amélioration économique et diplomatique considérable et immédiate – ce qui est chose exclue – que se passera-t-il ? Les travailleurs patienteront sous la pression des organisations social-patriotes, mais ne pourront pas cesser d’exiger des améliorations constantes, ce qui les poussera de plus en plus loin dans la voie de la lutte anti-capitaliste et pour leur propre pouvoir.
En France depuis le pacte Staline-Laval (1935) les chefs staliniens ont glissé progressivement vers la démagogie nationaliste. Ayant repris le mot-d’ordre de "la France aux Français" à l’Action Française, ils en sont arrivés à reprendre "la Marseillaise" aux trusts (Duclos) !
Les chefs staliniens expliquent aux militants de la base que tout cela n’est que de la "tactique", que l’internationalisme doctrinal est difficile à faire rentrer dans la tête des masses et qu’en gagnant les masses à eux avec des mots-d’ordre qui "prennent", ils nous conduiront eux, les chefs, vers le communisme.

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6937

1945

Avec le débarquement allié (c’est-à-dire la victoire des impérialismes anglais et américain sur l’impérialisme allemand), le gaullisme allié à la résistance intérieure c’est-à-dire surtout au stalinisme (politique et syndical), arrive au pouvoir. Les alliés renoncent à gouverner directement la France comme un pays vaincu (comme Italie et Allemagne) et la considèrent comme un allié… Il s’agit d’éviter tous risques révolutionnaires prolétariens en France. Les staliniens (politiques et syndicaux) sont particulièrement en charge de ce volet contre-révolutionnaire.
La « libération » n’est pas celle des prolétaires !

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article93

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7101

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7616

Désormais, les grèves ouvrières, c’est seulement contre l’occupant allemand !

https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i04280767/benoit-frachon-sur-l-entree-de-ministres-cegetistes-au-gouvernement-de-1945

Le stalinisme est en vainqueur en France et il impose, par l’action du PCF et de la CGT réunifiée, aux ouvriers de « retrousser les manches pour reconstruire la France » (c’est la France des capitalistes !). Produire devient un devoir de classe, déclare la CGT comme le PCF.

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7101

La CGT entre au gouvernement capitaliste !

https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i04280767/benoit-frachon-sur-l-entree-de-ministres-cegetistes-au-gouvernement-de-1945

La CGT, police politique anti-ouvrière dans l’entreprise en 1944-1946…

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6938

Benoit Frachon, secrétaire général de la CGT, est partout sur le front des grèves pour lutter CONTRE la lutte de classe !

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7800

Frachon n’est que la copie syndicale de Maurice Thorez qui déclare à Waziers, aux mineurs de charbon, le 21 juillet 1945 :
« C’est en 1934, que nous avons proposé, lancé et fait triompher l’idée du Front populaire pour la liberté. (…) Nous avons proposé le Front français, l’union de tous les Français. (…) Les deux cent familles, les trusts (…) se mirent à saboter l’économie nationale, à provoquer les grèves comme le rappelait tout à l’heure Martel. C’est vrai que nous seuls, les communistes, avons eu assez d’autorité pour pouvoir, en juin 1936, mettre en terme aux grèves, que nous seuls pouvions avoir assez d’autorité pour dire, il y a cinq mois : il faut en finir avec jeux de guerre civile (…) La vérité sur 1939 : vous vous souvenez encore de ces journaux, chers camarades : la trahison de Staline, la trahison russe, la trahison des communistes ? (…) En vérité, c’est un traquenard que l’on tendait à l’Union soviétique. On prétendait engager la guerre, une guerre où la Pologne devait s’effondrer rapidement, comme ce fut le cas, et ainsi les armées hitlériennes pourraient déferler rapidement à travers toute l’Union soviétique. L’Armée rouge avait été mise dans l’impossibilité de préparer sa mobilisation, l’Armée rouge était dans l’impossibilité de faire face à l’agression. (…) De Londres, le général De Gaulle lançait son appel, organisait les « Forces françaises libres ». Nous menions la bataille de la Résistance à l’intérieur de notre pays (…) Aujourd’hui, chers camarades, de graves périls nous menacent dans le domaine de la production. On ne le sait pas assez. (…) Le problème décisif de l’heure, c’est le problème de la production. Vous le savez déjà, chers camarades, c’est ce qui m’a amené à Waziers, c’est pourquoi le Bureau politique m’a envoyé vous parler, à vous, les mineurs. J’aborde ici une partie importante de mon rapport, la question du charbon. (…) Je voudrais établir un fait pour montrer l’effort des mineurs. En janvier, la production brute s’était élevée à 2.700.000 tonnes contre, en 1936, une production mensuelle de 3.400.000 tonnes, c’est-à-dire 80% de la production. (…) Il est vrai qu’il s’est produit un fléchissement à partir d’avril, fléchissement dans la production et fléchissement dans le rendement. Il y a diverses causes à cela : ravitaillement défectueux, manque de vêtements, et en raison d’un mécontentement plus ou moins justifié contre l’insuffisance de l’épuration. Il y a aussi des grèves, très peu justifiées. (…) Tout cela entraîne, dans un métier comme le métier de mineur, une certaine désorganisation. (…) Il faut donner aux ouvriers mineurs de fond un certain salaire (…) Le prix à la tâche. On a accordé la possibilité d’une majoration qui peut aller jusqu’à 60% (…) L’essentiel est d’obtenir du charbon et, pour obtenir du charbon, il faut payer les sommes fixées. (…) Il faut ici, chers camarades, saluer le sacrifice de vos camarades de la métallurgie qui viennent de renoncer à leurs vacances payées pour vous fabriquer des marteaux-piqueurs. Ce sont les mêmes camarades qui, l’hiver dernier, aux Forges et Ateliers de Meudon, manquant de courant électrique dans le jour, avaient demandé et obtenu de leur direction, de travailler la nuit par un froid rigoureux sans supplément de salaire pour pouvoir produire pour vous. (…) A propos de la coupe à terre, pourquoi ne pas généraliser les 3X8 : deux postes au charbon, le troisième au remblai ? (…) Nous savons que les avis des ouvriers peuvent bien souvent influencer d’une façon très favorable les décisions des ingénieurs. Je pense qu’en définitive la décision reste à l’ingénieur et qu’une décision doit être appliquée sur l’ordre de l’ingénieur et qu’une décision doit être appliquée sur l’ordre de l’ingénieur, autrement il n’y a pas d’autorité possible, d’exploitation possible. (…) Il y a d’autres raisons de la crise du charbon sur lesquelles je voudrais m’expliquer aussi ouvertement et aussi franchement. Ce sont celles qui tiennent à l’effort insuffisant des mineurs eux-mêmes, à votre effort à vous. (…) Il y a des causes de mécontentement, mais ce n’est pas une raison pour ralentir l’effort. Il faut au contraire le développer et briser tous les obstacles. Vous croyez que les camarades de la Loire sont contents quand on leur envoie comme directeur l’ancien directeur épuré des Mines de Dourges ? Ils ne sont pas contents non plus et vous croyez qu’ils ont dit pour cela : nous faisons la grève ? Non. Martel a eu raison tout à l’heure de stigmatiser de telles attitudes. Ils n’ont pas cédé au courant public de démagogie et de vaine popularité. Comme disait le camarade Staline, nous ne craignons pas les difficultés, nous sommes faits pour surmonter les difficultés et nous les surmonterons. (…) Il y a pas mal d’exemples de mineurs qui prétendent ne pas forcer à la production, ne pas pousser à la production et pas seulement parce qu’ils ont crainte de voir baisser les prix à la tâche. (…) Ils ne veulent pas paraître pour des macas. (…) Les macas, chers camarades, c’étaient ceux qui forçaient à la production pour le profit du patron au détriment de leurs frères, les ouvriers mineurs. (…) Il y a des camarades qui disent : « Mais si je travaille davantage, je donne davantage aux actionnaires puisqu’il reste des actionnaires. » C’est une erreur, chers camarades. (…) Si vous produisez beaucoup, c’est seulement dans l’intérêt du pays, et c’est dans votre propre intérêt. Et puis, je veux revenir sur la question des absences. On parle, on donne beaucoup de raisons, de prétextes, à ce propos. Je dois vous dire, chers camarades, que je ne suis pas tout à fait convaincu des raisons qu’on donne pour justifier les absences. (…) On s’absente trop facilement, pour un oui, pour un non et un mineur qui a le goût de son métier sait très bien que tant d’absences entraînent une désorganisation complète du travail. Les camarades présents sont les premiers à en souffrir. L’absence est justifiée ou n’est pas justifiée. Au lieu de produire, on désorganise la production, on fait tort à ses camarades et pour quelle raison ? Parfois pour un oui, pour un non, pour une égratignure. Je dis que c’est un scandale. Je ne peux pas comprendre, par exemple, que des délégués à la Caisse de secours puissent donner des billets de malade sans journée de malade. (…) Chers camarades, celui qui a le billet de malade sans journée de malade, il a aussi son ravitaillement ; il a aussi les litres de vin, il a aussi la viande ; il mange la part de ses camarades. Ce n’est pas possible, on ne peut pas continuer comme cela. Il faut avoir plus de conscience. Je vais vous dire, mes chers camarades, que, dans le bassin de la Loire, la même question s’est posée pendant l’hiver, quand il y a eu tant de grippes, quand il y a eu tant de difficultés alimentaires. Le syndicat a réuni les délégués des Caisses de secours et leur a dit : « Epluchez les billets de malade et discutez avec les médecins » et on leur a dit : « Ces médecins, pour la plupart, ne sont pas vos amis. Ces médecins, ils donnent facilement les billets. (…) Ils poussent à la désorganisation. » Il va y avoir des élections à la Caisse de secours. Le syndicat doit demander que ces questions soient posées largement, et dire aux délégués des Caisses de secours que vous allez élire : « Il faut être intransigeant ; c’en est fini avec de telles méthodes, parce que c’est de l’anarchie, un encouragement à la paresse. » Voici un autre cas. On m’a signalé l’autre jour que dans un puits, le puits de l’Escarpelle, une quinzaine de jeunes gens, des galibots, ont demandé de partir à six heures pour aller au bal. Je dis que c’est inadmissible. (…) Ici, chers camarades, je le dis en toute responsabilité, au nom du Comité central, au nom des décisions du Congrès du Parti, je le dis franchement : il est impossible d’approuver la moindre grève, surtout lorsqu’elle éclate comme la semaine dernière, aux mines de Béthune, en dehors du syndicat et contre le syndicat. On a pris des sanctions. Sur quatre porions, on en a réintégré deux, en les rétrogradant d’ailleurs. (…) Je le dis tout net : si nous n’appliquons pas les décisions de notre propre syndicat (…) nous allons à l’anarchie, nous faciliterons les provocations contre les mineurs, contre la classe ouvrière et contre la République. Eh bien ! quelques camarades s’insurgent, ils déclenchent la grève au n°2 et dans toute la concession, si bien que nous avons perdu 30.000 tonnes de charbon au moins en une période où le pays a besoin de la moindre gaillette, à l’heure où nous fermons des usines, à l’heure où, dans la région parisienne, on arrête des entreprises faute de charbon et ces ouvriers dont on arrête les usines apprennent que dans un des trous essentiels du bassin minier du Pas-de-Calais, on fait grève parce que le nez du porion ne revient pas au délégué. C’est un scandale, c’est une honte, c’est une faute très grave contre le syndicat et l’intérêt des mineurs. Des sanctions ont été prises, peut-être pas dans les formes où elles devaient l’être contre le délégué mineur et son suppléant qui avaient couru les autres puits pour déclencher la grève. Je dis que le mal, ce n’est pas la sanction, le mal c’est que des communistes et des militants du syndicat des mineurs se soient exposés à de telles sanctions. Et, sous prétexte que l’on a sanctionné les délégué mineur, on recommence la grève jusqu’à jeudi soir et on a eu de la peine hier à faire reprendre le travail, bien que le ministre de la Production ait rapporté la sanction prise par le commissaire régional. Ce n’est pas ainsi qu’on travaille pour le pays. (…) Chers camarades, alors on veut à chaque fois faire la grève pour épurer ou pour soutenir. On pourrait au fond en définir le seul but : faire grève, pourvu qu’on ait un prétexte. (…) L’autre jour, on m’a parlé d’une grève possible des mécaniciens d’extraction. J’ai beaucoup de sympathie pour la mécanique d’extraction. C’est vraiment un travail qui comporte une lourde responsabilité et on trouve chez les mécaniciens d’extraction une grande conscience professionnelle. Je pense qu’il faut leur assurer les meilleures conditions de salaire et de travail. Mais, là encore, pas par la grève. (…) Je voudrais que ce que nous pensons au Comité central puisse passer dans la tête,dans le cœur de chacun de vous d’abord puis chez tous les mineurs, que produire, produire et encore produire, faire du charbon, c’est aujourd’hui la forme la plus élevée de votre devoir de classe, de votre devoir de Français. (…) La grande tâche des organisations communistes du Pas-de-Calais, c’est d’aller dans toutes les concessions de Béthune, il faut aller à Béthune, il faut réunir toutes les sections communistes, discuter avec chaque camarade et amener les délégués mineurs à reconnaître qu’ils ont commis une grande erreur, qu’ils doivent comprendre cette erreur et qu’ils ne doivent plus recommencer cette erreur. (…) Nous exigerons de chaque camarade le respect des décisions du 10e Congrès du Parti et le 10e Congrès du Parti a dit : « Il faut produire. »

1946

Le stalinisme (PCF et CGT), qui participe au pouvoir, mène la lutte contre les grèves.

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3750

Par la grève des postiers, les manifestations de Cherbourg, Nantes, Dijon, etc., les travailleurs entrent en rébellion ouverte contre l’ancienne direction du mouvement ouvrier, alliée au gouvernement et au patronat, et essaient de se donner dans l’épreuve de l’action une direction nouvelle. La CGT, liée au PCF qui participe au gouvernement, est hostile à la grève des postiers.

https://www.matierevolution.org/spip.php?article4616

1947

Les syndicats cassent la remontée des grèves. La CGT est le principal syndicat jaune de la période. Elle casse en particulier la grande grève de Renault qui a éclaté en se battant contre le patron et contre la CGT.

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7595

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7540

Le mécontentement ouvrier est tel que l’appareil syndical peut être contesté là même où il était hégémonique.

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7532

La gauche et les syndicats nous ont servi pendant de longues années le mythe de l’après-deuxième guerre mondiale, entouré des noms faussement prestigieux de « Libération », « Résistance », « CNR » notamment, et selon lequel le grand mérite de ceux-ci serait d’avoir fondé le secteur d’économie publique d’Etat sous la houlette des staliniens Maurice Thorez et Marcel Paul.

https://www.matierevolution.org/spip.php?article8245

1948

Un syndicalisme toujours enlisé entre réformisme et stalinisme…

https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1948/01/monatte_19480100.htm

La grève des mineurs est trahie…

https://www.marxists.org/francais/barta/1948/12/vdt52_120148.htm

https://wikirouge.net/Gr%C3%A8ve_des_mineurs_de_1948

Les autres luttes ouvrières aussi…

https://www.matierevolution.org/spip.php?article8701

1949

Au nom de la recherche de l’unité syndicale, la CGT fait poireauter les luttes ouvrières…

https://www.marxists.org/francais/barta/1949/09/sdr41_091549.htm

La CGT ne propose que des grèves de 24 heures…

https://www.marxists.org/francais/barta/1949/11/sdr45_112249.htm

Le seul objectif de la CGT est de soutenir la bureaucratie russe… Depuis la fin de 1947 jusqu’au 4 juin 1952, l’appareil stalinien a utilisé l’énorme potentiel révolutionnaire accumulé dans les profondeurs du mouvement ouvrier français pour faire pression sur la bourgeoisie française qu’il s’efforçait de détacher de l’alliance atlantique. Les mouvements qu’il déclenchait devaient répondre à deux conditions : avoir une puissance suffisante pour ébranler la bourgeoisie, être limités et soigneusement contrôlés pour ne pas mettre en cause le régime capitaliste lui-même, pour ne pas risquer que la classe ouvrière prenne conscience de sa force et déborde l’appareil. Les grèves de novembre-décembre 1947 mettront en action, mais par vagues successives à objectifs limités et souvent particularisés, les forces les plus importantes du prolétariat. La grève des mineurs d’octobre-novembre 1948 sera strictement limitée à cette corporation ; mais de véritables batailles rangées mettront aux prises, dans les régions minières, les forces de répression, se comptant par dizaines de milliers, et les mineurs. D’autres grèves de moindre envergure eurent lieu, en 1950 et 1951. Enfin, le 28 mai 1952, à l’occasion de la prise de commandement du S.H.A.P.E. par le général Ridgway, ancien commandant des troupes américaines en Corée, le P.C.F., sous l’égide du « Mouvement de la paix » , mobilisa 50000 militants ouvriers pour une manifestation « dure » . La manifestation présentait un caractère aventuriste certain. Elle était préparée sur la ligne de la guerre froide, qui fait passer à l’intérieur de la classe ouvrière une délimitation selon la division du monde en « blocs » . Elle s’inscrivait dans une politique qui n’ouvrait aucune autre perspective à la classe ouvrière que de contraindre la bourgeoisie française à collaborer avec le Kremlin, plutôt qu’avec Washington. Malgré tout, contre des dizaines de milliers de policiers et de C.R.S., pendant des heures, les manifestants tiendront la rue, au prix de sanglants affrontements. Et le gouvernement ayant arrêté pour quelques jours Jacques Duclos (sous le prétexte d’un complot, le « complot du pigeon voyageur » ), la C.G.T. déclencha le 4 juin une grève générale de protestation à laquelle participèrent presque exclusivement les militants du P.C.F., et qui souligna l’isolement où la politique de l’appareil les avait conduits.
L’énergie révolutionnaire dilapidée au cours de ces quelques années est incalculable.

Au cours des derniers mois de 1952 et des premiers mois de 1953, la bourgeoisie française se crut assez forte pour esquisser une offensive contre la classe ouvrière. Elle procéda à l’arrestation de militants de la C.G.T. et du P.C.F. : Le Léap fut incarcéré, Frachon poursuivi, d’autres encore.

https://www.marxists.org/francais/just/ddt1/ddt1_7_1.htm

1952

La CGT française ne fait pas campagne pour soutenir les travailleurs violemment réprimés de la colonie de Guadeloupe…

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1137

https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1209

1953

Staline meurt mais pas… le stalinisme toujours hégémonique dans la CGT !

https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve642

L’année 1953, c’est la tentative du gouvernement de remettre en question les retraites, tentative déjouée et cassée par une grève des fonctionnaires et aussi d’une partie du secteur privé. Mais la CGT n’est nullement en tête du radicalisme…

https://www.matierevolution.org/spip.php?article7649

Fin juillet 1953, ce furent les décrets Laniel qui portaient atteinte aux régimes de maladie et de retraite des fonctionnaires et des travailleurs des services publics. Près de cinq millions de travailleurs répliquèrent par une grève générale spontanée, en passant par-dessus les appareils syndicaux.

L’initiative partit de postiers F.O. de Bordeaux. Ils transformèrent un « mouvement de protestation » décidé par les syndicats en une grève totale. Ils utilisèrent le central téléphonique pour appeler les postiers de la France entière à la grève. Ce fut une traînée de poudre. Non seulement les postiers débrayèrent, mais le gaz, l’électricité, la S.N.C.F., la R.A.T.P., les mineurs, etc... En huit jours, c’était la grève générale de tous les services publics et de la fonction publique. A une assemblée de délégués F.O. de la R.A.T.P. un délégué du dépôt de Montrouge disait : « Les bus rentraient, impossible de s’y opposer, les gars nous auraient roulé dessus. »

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6540

C’est à l’initia¬tive des postiers de Bordeaux qu’a démarré la grève générale. Le 5 août, la Fédération postale F.O. lançait le mot d’ordre de grève géné¬rale illimitée de la corporation. La fédération C.G.T., elle, appuyait le mouvement, mais sans lancer le mot d’ordre de grève générale, bien que ses militants le lui aient demandé. A la R.A.T.P., un premier débrayage était imposé par les travailleurs le vendredi 7 août. Alors que de TOUS les dépôts, terminus, ateliers, etc.... depuis le matin 8 heures, l’ordre de grève était réclamé à TOUS les syndicats - le premier qui donnera l’ordre de grève sera suivi par TOUT le personnel - il faudra attendre 11 h 20 pour que, ensemble, ils donnent l’ordre de grève. L’enthousiasme était incroyable, bientôt suivi d’amertume et de colère : l’ordre de grève était limité jusqu’au soir minuit. La grève s’étendait comme une traînée de poudre : électriciens, gaziers, cheminots, travailleurs de la R.A.T.P., etc..., débrayaient spontanément au cours de la journée du mardi 11 août ; alors les organisations syndicales, sur proposition de la C.G.T., donnèrent un ordre de grève de 24 heures pour le lendemain mercredi, qu’ils renouvelleront le jeudi, et ainsi de suite.

Au cours de la phase ascendante du mouvement, l’appareil de la C.G.T. fut, à tous les niveaux, le poids lourd de la grève. Il lui aurait suffi de prendre la tête, de proposer un programme général de la grève, d’appeler partout à la formation de Comités de grève, jusqu’au comité central de la grève générale, de donner l’ordre de grève générale, d’appeler la grève à prendre possession de la rue, de l’unifier en coulant dans une puissante manifestation de masse toutes les corporations en lutte pour en faire la classe en marche. « Gauchisme ? » Qui ne se rend pas compte de ce que signifient cinq millions de travailleurs se mettant en grève spontanément, par leurs propres moyens, n’a jamais participé à une grève ou est imperméable à la compréhension de la lutte des classes. Les revendications mises en avant par les travailleurs eux-mêmes ? Il suffisait, dans la période ascendante du mouvement, de prononcer à une tribune : « A bas Laniel ! », pour être applaudi frénétiquement. En portant atteinte aux régimes de maladie et de retraite, le gouvernement fournissait - par une faute de calcul tactique - le mot d’ordre unificateur, commun, qui permettait, après des années de mouvements partiellisés, le combat « tous ensemble » . Les travailleurs l’utilisaient - à défaut d’autres, que se refusaient à lancer les directions ouvrières. Voilà ce que prouvaient la grève et la façon dont elle s’était réalisée. Non seulement la classe ouvrière était prête à reprendre toute revendication au niveau le plus élevé, mais le mouvement en avait besoin pour garder son unité et croître en puissance.

https://www.marxists.org/francais/just/ddt1/ddt1_7_4.htm

1956

PCF et CGT cautionnent la gauche au pouvoir et celle-ci lance la guerre d’Algérie…

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1551

1957

PCF et CGT refusent de faire le lien entre lutte ouvrières en France et lutte anticoloniale du peuple algérien…

https://www.marxists.org/francais/barta/1957/01/ldc5_010857.htm

La grève des banques de 1957 : la CGT qui ne veut pas de l’extension des grèves est débordée par les employés…

https://www.marxists.org/francais/eemans/works/1957/11/eemans_57.htm

1958

PCF et CGT ne prennent pas clairement parti pour le peuple algérien et se laissent faire lors du coup d’état des généraux d’Algérie puis de celui de De Gaulle…

https://www.marxists.org/francais/fln/works/1958/04/pcf.htm

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article

De 1958 à 1963

, aucune lutte syndicale sérieuse contre le gaullisme, le stalinisme le présentant comme un « pouvoir fort » que les travailleurs qui s’engageraient contre lui paieraient dans le sang…

https://www.marxists.org/francais/just/synd_1985/sj_syndicat%201985.htm

1963

Trahison de la grève des mineurs

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6541

1966

Naissance de l’unité d’inaction CGT-CFDT… qui n’a rien à voir avec l’unité de classe des travailleurs…

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7156

1968

Dès 1967, s’affirme une reprise massive de la combativité ouvrière en France. D’emblée, le parti stalinien et son appendice syndical la CGT sont en première ligne pour s’opposer résolu¬ment, contrecarrer et saboter ce développement spontané des luttes ouvrières. Ils font tout pour canaliser les débrayages et les grèves "sauvages" dans le cadre des occupations d’usine pour les isoler et empêcher leur extension, provoquant également des affrontements stériles avec les forces de police venues les déloger. Conjointe¬ment, PCF et CGT organisent des journées ville-morte, multiplient des occupations de bâtiments publics pour défouler la combativité ouvrière accumulée depuis des années. Cepen¬dant, d’emblée ces grèves rencontrent une soli¬darité active de la population et tendent à s’étendre à plusieurs usines d’une même ville. Quant à la répression policière à laquelle elles se heurtent, elle contribue à exacerber la colère des ouvriers.

Mai 68

En mai 1968, le PCF, fer-de-lance de la contre-révolution depuis des décennies, allait se retrou¬ver rapidement face à près de dix millions de grévistes (2). Avec son auxiliaire cégétiste, c’est lui qui réagit le plus rapidement, passés la surprise et l’affolement général de toute la bour¬geoisie. Nous ne reviendrons pas sur le dérou¬lement des faits largement repris dans notre presse . Le parti stalinien intervient sans cesse contre la plus grande grève de l’histoire de la classe ouvrière mondiale pour tenter de l’en¬rayer à plusieurs niveaux.

Comme le reste de la bourgeoisie, le PCF et la CGT sont d’abord pris de court par la grève sauvage de l’usine Sud-Aviation près de Nantes le matin du 14 mai, suivie le 15 par les chantiers navals de Bordeaux et par le débrayage spontané de l’usine Renault-Cléon près de Rouen qui envoie une délégation pour étendre la grève dans les autres usines de la Régie. Le 16, c’est l’usine de Renault-Flins près du Mans qui se met à son tour en grève et une délégation ouvrière de Cléon et de Flins pousse à son tour ceux de Billancourt à propager la lutte, atelier par atelier. Cette grève au cœur de la plus importante concentration ouvrière du pays et phare pour l’ensemble de la classe ouvrière, encourage des millions d’ouvriers à se lancer à leur tour dans la lutte. Deux heures plus tard, en accord avec le PCF, pour reprendre le contrôle d’un mouvement ouvrier qui lui échappe totalement, qui s’est déclenché contre sa volonté et qu’elle est incapable d’endiguer, la CGT, prenant le train en marche, lance elle-même un "appel à la lutte", bientôt imitée par les autres syndicats et décide de participer à l’occu¬pation de Billancourt. Pour les syndicats et le PCF, il s’agit, au nom "de la protection de l’outil de travail" d’instaurer dans les grèves ouvrières un esprit-forteresse. Ce "cordon sanitaire" cor¬poratiste, en apparence contre les "provoca¬teurs gauchistes" qui auraient "infiltré" les étu¬diants, visait en réalité à permettre aux syndi¬cats de reprendre le contrôle de la situation. Ceux-ci mirent en œuvre tout un travail de division, isolant entre eux les différents secteurs de la classe ouvrière, chacun dans son coin, pour empêcher celle-ci de se constituer en une force unie qui représenterait un danger bien plus important pour la bourgeoisie et serait bien plus difficile à vaincre par cette dernière. Les ouvriers qui tentaient de briser l’isolement syndical se voyaient dénoncés comme étant des provoca¬teurs extérieurs à l’entreprise.

Dans L’Humanité du 3 mai 68 l’éditorial de Georges Marchais intitulé "De faux révolution¬naires à démasquer", accuse le Mouvement du 22 Mars "dirigé par l’anarchiste allemand Cohn-Bendit" d’aller à l’encontre des intérêts de la masse des étudiants et de favoriser les provoca¬tions fascistes. Il dénonce "leur malfaisante besogne (des "gauchistes") qui tente de semer le trouble, le doute, le scepticisme parmi les tra¬vailleurs et, notamment les jeunes". Le 23 mai, la CGT approuve la décision d’interdiction de séjour du pouvoir gaulliste prise à l’encontre de Cohn-Bendit. Suite au célèbre "non à la chien¬lit !", prononcé par De Gaulle, et après les violences des 24 et 25 mai au Quartier latin, alors que le ministre de l’Intérieur incrimine "la pègre qui sort des bas-fonds de Paris dans la rue", L’Humanité renvoie le même écho en dénonçant les agissements de "la lie de la société".

Et Waldeck Rochet retrouve les accents chau¬vins de Thorez lors d’un meeting parisien le 1er juin : "Nous avons dit et nous disons : (...) le drapeau des luttes de la classe ouvrière, dans le monde moderne, (...) c’est tout à la fois le drapeau rouge du socialisme et le drapeau tricolore de la grande Révolution française, le drapeau de la nation. (...) Le seul parti révolu¬tionnaire (...), c’est le parti communiste français servant efficacement les intérêts des travailleurs, du peuple et du pays. A l’inverse, les pseudo¬ révolutionnaires (...) visent à diviser la classe ouvrière, à défigurer le mouvement révolution¬naire et la démocratie. Ils font le jeu du pouvoir gaulliste. Nous ne permettrons pas que la gesticulation et l’aventurisme compromettent le succès de la lutte pour la démocratie et pour le socialisme."
Après une entrevue secrète entre Krasucki, alors numéro 2 de la CGT et membre du comité central du PCF, et Chirac, secrétaire d’Etat à l’emploi, les syndicats appellent à l’ouverture de négociations avec le patronat que le gouver¬nement Pompidou s’empresse d’accepter. Les négociations commencent le 25 mai. Dès le premier jour, le leader de la CGT, Séguy et le gouvernement s’entendent en coulisses sur le montant de l’augmentation du salaire minimum garanti qu’ils vont faire semblant de négocier. Mais d’entrée, le patronat, qui ignore cet accord secret, accepte sans tergiverser le montant maximum lancé par les syndicats. Le 27 au matin, après la signature des accords de Gre¬nelle, Séguy confie à un journaliste son soulage¬ment : "La reprise ne saurait tarder". Dans la foulée, il se rend à l’usine de Billancourt pour présenter les accords et appeler à la reprise du travail. Il est copieusement sifflé par les ouvriers pour qui les 10% d’augmentation de salaires promis apparaissent comme une vaste masca-rade. Séguy est contraint de désavouer les ac¬cords qu’il venait de parapher. Partout, les ouvriers refusent la reprise dans ces conditions et le mouvement de grèves s’élargit encore. La bourgeoisie devra lâcher d’autres concessions pour pouvoir amorcer une reprise du travail, alors que la CGT pousse aux côtés du gouverne¬ment à négocier les accords secteur par secteur, branche par branche. Après l’annonce de la dissolution de l’Assemblée nationale le 30 mai, le PCF et la CGT multiplient leurs appels à la reprise pour que les élections, présentées comme "un pas de plus vers la victoire des ouvriers", puissent se tenir. Le PCF et la CGT ont systé¬matiquement recours au mensonge et à l’intimi¬dation pour casser la dynamique de la lutte ouvrière. Ainsi, à la RATP, ils font courir la fausse information d’une reprise dans certains dépôts. Et L’Humanité titre à l’avance dans sa "une" début juin : "Forts de leur victoire, des millions de travailleurs reprennent le travail". Malgré tous les efforts des staliniens pour faire reprendre le travail rapidement, conjointement avec les violentes évacuations policières des usines, ils ne parviendront à leurs fins qu’après la mi-juin dans la plupart des cas.

https://www.matierevolution.org/spip.php?article8322

Débordés chez les étudiants, face à la montée spontanée des grèves qu’ils n’ont pas initiées ni controlées, PCF et CGT choisissent d’en prendre la tête, quitte à empêcher les travailleurs d’occuper l’usine en… fermant les portes pour mieux maitriser la situation et pouvoir faire reprendre le travail quand ils auront fait semblant d’avoir gagné. La grève est générale mais jamais la CGT n’appellera formellement à la grève générale !

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7053

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2641

https://www.matierevolution.org/spip.php?article3162

https://www.matierevolution.org/spip.php?article7975

1972

La CGT approuve la signature du Programme commun de gouvernement par les partis de gauche (communiste, socialiste et mouvement des radicaux de gauche). Depuis plusieurs années, la CGT défendait l’idée de ce programme à l’élaboration duquel elle était prête à participer, ce que le refus des autres organisations syndicales ne permit pas. Elle devait soutenir ensuite ce programme politique, aliénant ainsi une part de son autonomie.

Malgré le cuisant recul de la gauche aux élec¬tions du 30 juin 1968 et le refus opposé par la FGDS à l’appel du PCF pour une candidature commune de la gauche aux présidentielles de juin 69, le parti stalinien va enfourcher de plus belle son nouveau cheval de bataille : la conquête du pouvoir par l’union de la gauche à travers un programme "de démocratie avancée" qui "ouvre la voie au socialisme à la française". Ce cheval de bataille est exclusivement dirigé contre la reprise des combats de la classe ouvrière à l’échelle mondiale, dont mai 68 a été la première et la plus éclatante manifestation. Il est encou¬ragé par les plus de 20% recueillis par Duclos aux présidentielles de 69, alors que l’échec de la candidature Defferre, qui se traduit par le pire score électoral jamais enregistré par la social-démocratie en France, pousse aussi le parti de Mitterrand à adopter une "nouvelle stratégie" pour ravaler sa façade.
En décembre 1969, c’est la reprise des discus¬sions entre le PCF et la FGDS. Au 19e congrès du PCF en février 70, est officialisé "l’engage¬ment du parti dans la voie du programme commun". Dans lemême temps, Georges Mar¬chais est promu "secrétaire général adjoint" et prend les rênes du parti à la faveur de la maladie de Waldeck Rochet. Il sera officiellement intro¬nisé au congrès suivant, en 1972. L’accord de désistements réciproques aux municipales de juin 1971 entre sociaux-démocrates et staliniens permet au PCF de gagner plusieurs municipali¬tés importantes. Le 9 octobre de la même année, le "programme" du PCF est publié sous le titre "Changer de cap, programme pour un gouver¬nement démocratique d’union populaire" avec en vedette une liste de nationalisations, définies comme "l’instrument déterminant du pro¬gramme de changement démocratique".

Le parti stalinien va désormais, à partir de 1970, et pendant toute une décennie, avec l’aide de son appendice syndical cégétiste, mobiliser massivement les prolétaires avec la mystifica¬tion de l’application du "programme commun" et systématiquement piéger, dévoyer toutes les luttes ouvrières derrière la perspective d’un gouvernement de gauche, sur le terrain électoral. Ce programme commun de gouvernement est signé le 27 juin 1972 par les deux grands partis bourgeois de gauche auquel le Mouvement des radicaux de gauche ne tarde pas à se rallier. Lors du comité central du 29, Marchais s’en félicite et souligne dans son rapport : "L’essentiel, c’est que le programme commun (...) fournit un point d’appui très positif à un développement consi¬dérable de l’action unie des travailleurs, (...) permettant de créer les conditions les plus favorables pour mettre les masses en mouve¬ment sur nos idées, nos solutions, nos objectifs". Ainsi, grâce au projet en grande partie dû à son initiative, et à sa capacité à mystifier de cette manière la classe ouvrière, le parti stalinien aura puissamment contribué à rassurer la classe dominante et à éloigner à nouveau le spectre de la révolution prolétarienne qui, en ressurgissant brusquement en mai 1968, venait de tant ef¬frayer l’ensemble de la bourgeoisie.

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2020

1973

La grève des LIP est une grève contre des licenciements et une fermeture d’usine programmée. Mais, contrairement à de nombreuses grèves de ce type, c’est une action auto-organisée par les salariés, refusant les limites habituellement imposées par les centrales syndicales : localisme, légalisme, défensive, divisions, etc.
Débutée au début des années 1970, la lutte a duré jusqu’au milieu de l’année 1976 et mobilisé des dizaines de milliers de personnes à travers la France et l’Europe entière, notamment lors de la grande marche Lip du 29 septembre 1973 qui réunit dans une ville morte plus de 100 000 manifestants. D’autres éléments ont également participé à l’ampleur de ce combat ouvrier, comme le mode de grève qui comprend pour la première fois de l’histoire, dans une entreprise, une « auto-organisation » et un dépassement de la loi bourgeoise, les salariés prenant possession du capital, des machines et des produits fabriqués et les ouvriers grévistes travaillant à leur propre compte et produisant des montres dans leurs usine, avant de les écouler lors de « ventes sauvages » ; mais aussi à cause de l’aspect politique de l’affaire qui prend un tournant national quand le gouvernement de l’époque n’a d’autre choix que la mise à mort de l’entreprise afin d’éviter une « flambée ouvrière et syndicale » au niveau national. Il s’agissait d’éviter que se tire une leçon déterminante : comment lutter contre des licenciements sans s’isoler dans une usine ou sur un site, en mettant toute la classe ouvrière dans le coup.

https://www.matierevolution.org/spip.php?article4702

1974

La CGT est débordée par la grève des banques et celle des PTT…

Grève des PTT

La grève des PTT de l’automne 1974 est sans doute l’une des plus importantes dans l’histoire sociale de ce secteur professionnel. Démarrée dans les centres de tri, elle s’étend à l’ensemble des services postaux mais aussi des télécoms (alors rassemblés dans un même service public, les PTT). Parti le 17 octobre du centre de tri de gare de Lyon, c’est dans ce type d’établissement que la grève, qui va s’étendre jusqu’au 2 décembre, sera suivie avec le plus d’intensité. Le 23 octobre, la première manifestation organisée dans les rues de Paris rassemble près de 10 000 grévistes. Le 15 novembre, un mois après le lancement des hostilités, 91% des personnels des centres de tri sont encore en grève.

La montée du mécontentement, que traduisent les chiffres des journées de grève, se conjugue à l’automne 1974 avec une situation politique particulière. Valéry Giscard d’Estaing est élu au mois de mai 1974 Président de la République avec un faible différentiel de voix sur François Mitterrand, le candidat de l’union de la gauche. Le programme commun de la gauche a l’appui des syndicats CGT et CFDT. Or les premières rumeurs concernant les projets "giscardiens" sur les PTT renvoient des bruits de création d’un office des postes et télécommunications. C’est interprété par les agents des PTT comme une privatisation et un démantèlement du service public. Depuis plusieurs années ces thèmes agitent la profession, qui craint de perdre un statut, protecteur du chômage et garantissant une certaine carrière. Ces inquiétudes, se lient aux traditionnelles revendications salariales, que le gouvernement résout, à minima, en concluant au niveau de la fonction publique des accords minoritaires avec FO, la FEN et la CFTC, en laissant de côté CGT et CFDT. Elles se mélangent aussi avec des conditions de travail et des processus de management archaïques, face à une population jeune et qui aspire à la reconnaissance professionnelle.

Le 17 octobre 1974, lors d’une semaine d’action syndicale CGT-CFDT, un incident mineur à la suite d’une Assemblée générale du personnel employé au tri postal du PLM (Gare de Lyon) provoque la cessation du travail "pour une durée illimitée", au bureau du PLM, puis en cascade dans tous les Bureaux-gares parisiens, qui sont centres de tri et centres de transit pour l’essentiel des échanges postaux entre Paris et le reste de la France… Chaque bureau-gare parisien (PLM, gare d’Austerlitz, gare de Paris-Montparnasse, gare Saint-Lazare, gare du Nord, gare de Paris-Est) est en effet "tête de ligne" des divers services ambulants ferroviaires, qui drainent et trient le courrier de leur zone de "route". À ces bureaux-gares se rattache Paris-Brune, un centre plus récent, traitant essentiellement du courrier d’entreprise et celui de banlieue parisienne Dès le 22 octobre, la grève y est générale. Elle paralyse le pays progressivement, tant l’économie moderne est tributaire des échanges. Tous les secteurs de la Poste, guichets, distribution, Chèques postaux suivent le mouvement. Il emporte les services des télécommunications, les premiers menacés par une privatisation éventuelle et le démantèlement des PTT.

https://www.matierevolution.org/spip.php?article4616

Grève des banques

https://www.marxists.org/francais/4int/doc_uc/1974/greve_CL.pdf

1977-1979

Au printemps 1977, il ne s’oppose plus à l’élection au suffrage universel du Parlement européen qu’il avait vivement combattue au nom de la défense de la "souveraineté nationale". Et sur¬tout, en mai de la même année, il renonce à sa traditionnelle opposition "pacifiste" (en fait au bénéfice de l’URSS) à l’armement nucléaire. Mais au fur et à mesure qu’il transige avec le PS et qu’il s’éloigne de la tutelle du bloc russe, il manifeste de plus en plus clairement ses craintes de se faire phagocyter par le PS. Il redoute de subir une usure rapide de crédit en cas de participation au gouvernement, alors qu’il ne dispose plus d’une marge de manœuvre et de moyens suffisants pour mener sa propre poli¬tique capitaliste d’Etat. Bref, il craint de devenir le dindon de la farce et, une fois au pouvoir, de perdre son emprise sur la classe ouvrière. C’est pourquoi en prenant l’initiative de la rupture du programme commun en septembre 1977, le PCF réaffirme la spécificité de son programme stalinien et, sous prétexte de ses désaccords avec le PS, il se prépare à mieux disposer de ses forces dans l’opposition, contre le développe¬ment de la lutte de classe.

Après avoir entraîné les ouvriers pendant des années et dévoyé leurs luttes derrière la pers¬pective mystificatrice de la gauche au gouverne¬ment, le PCF prend l’initiative de la rupture du Programme commun en septembre 1977. A court terme, l’objectif fondamental de cette rupture est pour lui ne pas se faire avaler par le PS et de préserver la spécificité de son pro¬gramme stalinien. Mais cette mise dans l’oppo¬sition délibérée lui permetet aussi de disposer de l’intégralité de sa force d’encadrement idéolo¬gique contre le développement de la lutte de classe et de satisfaire ainsi aux intérêts généraux de la bourgeoisie. C’est donc, en dernière instance, la raison essentielle de ce changement de stratégie.

En effet, face au nouveau développement de la lutte de classe qui s’amorce à partir de 1978, se traduisant notamment en France par la lutte des sidérurgistes en 1979, et surtout face au discrédit croissant et aux tentatives de déborde¬ments de l’appareil d’encadrement syndical dans ces luttes, la bourgeoisie se dispose à mettre en place une nouvelle orientation dans les princi¬paux Etats capitalistes occidentaux : le retour de fractions significatives de gauche dans l’oppo¬sition pour mieux contrer et contrôler le déve¬loppement de cette vague internationale de luttes ouvrières. Le retour des travaillistes dans l’opposition en Grande-Bretagne en 1979, pre¬mière manifestation de cette réorientation, est suivi par le retour dans l’opposition du parti démocrate aux Etats-Unis en 1980 et par celui de la social-démocratie allemande en 1982. Dans ce cadre, l’arrivée de la gauche au pouvoir en France en 1981 (entraînant dans son sillage la participation du PCF au gouvernement) a bien un caractère "accidentel".

Tout au long de la période qui suit la rupture du Programme Commun, le PC se raidit et redouble ses attaques contre le gouvernement et le "plan Barre" accusé de "brader et de casser l’économie nationale" tout en déchaînant tout autant ses harangues contre le PS, désormais qualifié de "fidèle allié du capitalisme et de l’impérialisme". Le parti stalinien préconise désormais "l’union à la base" et radicalise son discours. La défense inconditionnelle des natio¬nalisations rejoint chez lui le nationalisme le plus exacerbé.

En août 1978, il lance une grande campagne contre l’élargissement du marché commun et, sous prétexte de défendre une politique d’indé¬pendance nationale, contre une Europe à la fois "pro-atlantiste" et "pan-germanique", il ne tarde guère, face à l’accentuation des plans de licencie¬ments, à mettre le paquet pour tenter d’entraîner les ouvriers sur le terrain hyper-nationaliste. Au nom du "travailler français", il organise des actions-commandos contre le minerai "allemand" et exige le refus d’embauche de main-d’oeuvre "étrangère" (notamment lors de la grève des marins, en novembre 78). Faisant de la suren¬chère sur les mesures anti-immigrés adoptées par le ministre Stoleru, il réclame carrément au gouvernement Giscard "l’arrêt de la politique d’immigration" et pousse aux expulsions d’im¬migrés dans les communes qu’il dirige en récla¬mant la fixation d’un "quota d’immigrés". Le chauvinisme du parti stalinien passe par des campagnes racistes et xénophobes qui n’ont rien à envier à ce que mettra bientôt en avant à son tour le Front National. Ainsi, plusieurs maires staliniens de la région parisienne prennent des initiatives contre l’augmentation du nombre d’immigrés dans leur commune.
Le 24 décembre 1980, les élus PC de Vitry saccagent à coups de bulldozer un foyer de travailleurs immigrés maliens et, en février 1981, le si "démocrate" et "débonnaire" secrétaire général actuel, Robert Hue organise une mani¬festation dans sa commune de Montigny-lès-Cormeilles pour faire expulser une famille ma¬rocaine sur laquelle il a fait courir la fausse rumeur qu’elle se livrait à du trafic de drogue.

Cette virulente propagande xénophobe allait dans les années suivantes, pousser nombre de ses militants et de ses électeurs, "déçus par la gauche", dans les bras du Front National.

Face à la montée des luttes, le PC radicalise son discours idéologique. Pour tenter de mieux du¬per la classe ouvrière, le parti stalinien parle même de "Révolution". C’est d’ailleurs le nom qu’il donne à son nouvel hebdomadaire, produit de la fusion entre La Nouvelle Critique et France Nouvelle, tandis que les Jeunesses Communis¬tes publient un manifeste lui aussi intitulé "Vive la Révolution !". Ne cherchant plus à paralyser les luttes en rabattant les ouvriers uniquement sur le terrain électoral, il les encourage en s’ap¬pliquant à les saboter pour les faire dérailler. Devant un public d’intellectuels début 1980 Marchais explique que "le parti n’a pas changé mais qu’il a dû s’adapter au développement des luttes".

Il pousse les ouvriers dans des grèves dures, longues, et surtout bien isolées, axées sur la défense corporatiste de l’entreprise, comme l’entreprise d’industrie navale Terrin dans la région marseillaise ou la manufacture d’armes Manufrance à Saint-Etienne, dont le maire PC avait poussé les ouvriers à accepter certains licenciements pour "sauver l’entreprise" (avant d’avaliser sa fermeture définitive). Tout cela au nom du "fabriquons français", entraînant les ouvriers à s’identifier avec leur entreprise (le PC et la CGT ne parlent alors que de la lutte "des Terrin", "des Renault" ou "des Manu") et à se mobiliser en permanence "contre la casse de l’économie nationale" derrière le mot d’ordre "vivre et travailler au pays". C’est l’époque du début des vastes plans de restructuration dans les secteurs majeurs de l’économie française regroupant les plus importantes concentra¬tions ouvrières : la sidérurgie, la construction navale, les mines, le textile. Les annonces de licenciements pleuvent, la combativité ouvrière se réveille et, avec elle, la méfiance envers les syndicats qui sabotent les tentatives d’exten¬sion des luttes. Le PCF pare au plus pressé et vole en priorité au secours du syndicalisme en général et de la CGT en particulier.

Conjointement avec son auxiliaire syndical, le parti stalinien lance tous azimuts sa propa¬gande "vivre et travailler au pays". Contre la tendance grandissante vers l’extension des lut¬tes, il multiplie les opérations "villes mortes" pour enfermer les ouvriers derrière la défense de l’usine, de l’entreprise, de la corporation, de la région, de la nation. A Longwy, à Denain, à Dunkerque, le PC est en première ligne, avec la CGT, au printemps 1979 pour saboter l’exten¬sion de la lutte et les tentatives de prise en charge des ouvriers eux-mêmes dans les AG. Il s’af¬fronte alors directement aux ouvriers qui tentent de déborder l’appareil d’encadrement syndical. Le 23 mars 1979, lors de la manifestation organisée à Paris sous la pression des ouvriers, le service d’ordre de la CGT et tous les gros bras staliniens prêtent main-forte aux forces de po¬lice officielles de l’Etat qui chargent violemment et pourchassent jusque dans les trains les sidé¬rurgistes, dénonçant et faisant arrêter les ouvriers les plus combatifs en les faisant passer pour des "casseurs" et des "autonomes irresponsables". Le PCF aura rendu un fier service à l’Etat bourgeois en lui permettant ainsi de pratiquer les coupes claires les plus importantes dans les secteurs les plus concentrés du prolétariat en France.

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7226

1981

PCF et CGT militent à fond pour… Mitterrand !

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7150

Malgré un soutien confirmé du PCF et de la CGT qui participent au pouvoir, Mitterrand mène une politique anti-ouvrière…

Sous les deux présidences de Mitterrand, de 1981 à 1995, les attaques n’ont pas manqué contre la classe ouvrière. Dès 1982, le gouvernement Mauroy a organisé le blocage des salaires et interdit d’indexer ceux-ci sur le coût de la vie. Pendant ce temps-là, l’impôt sur les bénéfices des sociétés, qui était de 50% sous Giscard, passait à 45% en 1986, avant que le gouvernement Jospin-Fabius ne décide de le ramener à 33% en 2000.

La politique menée par les socialistes sous Mitterrand déçut à tel point l’électorat populaire que la majorité élue en 1981 fut battue aux élections législatives de 1986, comme celle issue des urnes après la réélection de Mitterrand en 1988 fut laminée aux élections législatives de 1993. À chaque fois la gauche prépara le terrain pour un retour de la droite, qui elle-même, par son cynisme et sa morgue envers le monde du travail, permit au PS de se refaire une virginité. C’est ce que les commentateurs appellent « l’alternance », mais une alternance dans laquelle ce sont toujours les possédants qui sont les gagnants, et les classes populaires les perdantes.
La gauche a fait ce que la droite n’avait pas osé : lever le tabou de la privatisation des services publics, en vendant de larges parts de France Telecom et d’Air France, cette dernière sous l’égide du ministre communiste Gayssot. Le gouvernement a d’ailleurs franchi une première étape, en faisant voter par l’assemblée, en février 1999, l’ouverture du marché de l’électricité. Le gouvernement Jospin a mis La Poste et la SNCF sur la même voie de « l’ouverture du marché » et de la rentabilisation par secteurs.

Le bradage passé de France Telecom et à venir d’EDF n’était pas simplement destiné à donner à des bourgeois français de nouvelles opportunités de profits, il doit aider à faire de ces groupes des géants capitalistes mondiaux. EDF, qui réalise déjà presque le quart de son chiffre d’affaires à l’étranger veut faire passer cette part à 50 % d’ici 2004/2005. Pour cela l’entreprise souhaite justement l’ouverture du marché européen pour conquérir de nouvelles positions à l’extérieur et l’ouverture de son capital pour mobiliser des fonds sur les marchés financiers et négocier des fusions-acquisitions. Sous la tutelle de la gauche, EDF et GDF n’ont pas attendu leur privatisation pour se lancer dans la spéculation sur le marché international de l’énergie. Elles ont monté leur propre filiale de trading (le métier d’Enron, la société américaine dont la faillite fait actuellement scandale), EDF-trading (en collaboration avec Vivendi) et Gaselys (avec la Société Générale). Mais pour grossir à l’étranger et devenir des numéros un mondiaux, ces entreprises doivent bien présenter la facture à quelqu’un. Ce sera leurs salariés, dont les conditions de travail se dégradent, et les usagers, qui ont vu le gouvernement augmenter plusieurs fois les tarifs du gaz et de l’électricité. L’avenir est programmé : comme France Telecom, EDF et GDF tenteront de plus en plus de se libérer des contraintes du service public, au profit de la rentabilité immédiate ...aux dépens des salariés comme des usagers. Tout en faisant passer au privé les secteurs les plus rentables du secteur public, il a soumis le reste à une diète de 5 ans. Dès 1997, il a proclamé le « gel de l’emploi public ». Le plan Juppé de 1995 a été prolongé. Les hôpitaux ont continué d’être rationnés en effectifs et en moyens. Dans la première moitié des années 1990, les dépenses du secteur hospitalier avaient augmenté de 7 % par an, ce qui était déjà insuffisant pour suivre le développement de l’activité. Mais entre 1995 et 2000, cette augmentation a été de 7 % au total ! Un lit sur 15 a été supprimé de 1994 à 1999. En 2002, alors que le passage aux 35 heures aurait nécessité la création d’au moins 80 000 postes, le gouvernement n’en promet que 40 000, et les hospitaliers exaspérés multiplient les grèves. Gel de l’embauche, surcharge de travail, pénurie de moyens : le même traitement a été réservé aux transports, à la poste ou encore à l’éducation nationale. Le gouvernement "de gauche" a continué d’étendre la précarité : sur 3,4 millions de salariés des trois fonctions publiques, il y a aujourd’hui 960 000 non titulaires et plus de 300 000 « contrats aidés » (CES, emplois-jeunes, contrats de ville…). De quoi donner envie de voir Jospin goûter à son tour à la précarité de l’emploi.

La gauche au gouvernement a bien sûr mis en place de nouvelles lois, comme les 35 heures, pris des mesures budgétaires, comme les emplois-jeunes, et avalisé des règles nouvelles, comme le PARE imposant aux chômeurs de nouvelles contraintes pour leur faire accepter n’importe quel travail à n’importe quel prix. Mais si ces mesures ont eu des conséquences certaines sur les conditions de vie de bon nombre de salariés, leurs effets réels sur l’emploi sont, eux, tout à fait incertains. Pour les 35 heures il n’a ainsi jamais été vraiment possible d’en évaluer les effets sur l’emploi. Le gouvernement a prétendu que l’application de la loi avait permis la création de plusieurs centaines de milliers de postes. Mais personne n’a jamais pu savoir quelle était dans ces chiffres la part des embauches en compensation de la réduction du temps de travail, et celle de « l’effet d’aubaine », permettant aux patrons de rafler les cadeaux en matière de charges sociales, pour des embauches qu’ils auraient de toutes façons été amenés à réaliser. Ce qui est par contre parfaitement palpable (surtout pour ceux qui les touchent), ce sont les milliards sous forme de baisses de charges sociales récupérées par le patronat au titre de la prétendue réduction du temps de travail. Et c’est aussi que cette loi concoctée et votée par la gauche, a ouvert la porte à une généralisation de la flexibilité et dans bien des cas détérioré les conditions de travail des salariés, en même temps que donné lieu à des réductions de salaires ou de primes. Autre certitude, l’application des 35 heures a provoqué de très nombreux mouvements de grève et protestations – jusqu’à aujourd’hui – révélateurs de l’appréciation des salariés concernés sur les prétendus bienfaits de la loi. Quant aux emplois-jeunes, la gauche qui en avait promis 700 000 n’en a réalisés sur la législature qu’un peu moins de la moitié, créés par les seuls secteurs public et associatif. Ces emplois ont certes été considérés comme un dépannage bienvenu par une partie des jeunes concernés, en fin de scolarité ou déjà au chômage, ou encore salariés depuis peu et saisissant l’occasion de changer de patron. Mais ces emplois, sous forme de contrats de cinq ans, financés à 80 % par l’Etat, ont inauguré une nouvelle forme de précarité et de salaire au rabais. Embauchés dans l’enseignement, dans la police, dans les transports en commun, dans les municipalités, etc., les jeunes en question se sont souvent retrouvés à boucher des trous dans des administrations qui ont ainsi pourvu les postes manquants en les payant en dessous du tarif.

Augmentation de la précarité et de l’insécurité au travail

Rien n’a été fait par ailleurs par le gouvernement de gauche contre la précarité en général. Sauf à considérer que la disposition de la dernière loi dite « de modernisation sociale », passant de 6 % à 10 % la prime de précarité des CDD pour l’aligner sur celle des intérimaires, puisse constituer une réelle pression sur les patrons. La progression de la précarité a au contraire accompagné la création des nouveaux emplois, avec pour corollaire l’insécurité au travail. Entre 1999 et 2000 le nombre d’accidents du travail a ainsi progressé de 4,6 % selon les chiffres du ministère de l’emploi qui précise que le secteur de l’intérim est particulièrement touché et que la précarité et la flexibilité des horaires en sont les principales causes. Quant aux licenciements collectifs pour motif dit économique, ils se sont mis à grimper à nouveau brutalement avec la rafale des plans sociaux au printemps dernier. En un an, de novembre 2000 à novembre 2001, leur nombre a progressé de 39,8 % pendant que le chômage lui progressait de 12,7 %. Pour faire croire qu’il se préoccupait des licenciements économiques, le gouvernement a proposé un dispositif, toujours dans le cadre de cette loi de « modernisation sociale », suscitant une longue discussion parlementaire. Le texte n’est finalement qu’une collection de dispositions légales déjà existantes et de vagues recommandations. Et de plus la définition du licenciement économique – fruit de concessions de Jospin au PCF mais qui ne pouvait tout au plus que permettre de retarder de quelques jours la mise en application des licenciements – a été retoquée par le Conseil Constitutionnel.

Conclusion : le point essentiel est que la gauche a fait passer dans le mouvement ouvrier (traduisez avec l’appui de toutes les bureaucraties syndicales) l’idée de la réforme... idée reprise ensuite par Sarkozy et ses successeurs de gauche, de droite et du centre pour casser tous les droits sociaux.

https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve383

1984

Le gouvernement de gauche de Mitterrand soutenu par le PCF et la CGT trahit les ouvriers de la sidérurgie lorraine… La CGT fait mine de mener des actions spectaculaires pour occuper les grévistes de la sidérurgie mais ne fait aucun pas pour que l’ensemble des travailleurs du pays se sentent concernés et agissent avec les sidérurgistes. Le faux radicalisme des syndicats avait pour but de continuer à garder le contrôle de la lutte pour faire en sorte qu’elle ne leur échappe pas. Les syndicats se sont dit que la classe ouvrière voulait en jouer et qu’il fallait faire semblant sous peine d’être débarqués et que les travailleurs se passent de leurs chefs syndicaux. Mais ce n’était qu’une tactique conjoncturelle. On a bien vu ensuite que ces centrales ne s’étaient pas réellement radicalisées et elles ont repris leur train-train de mouvements tournants, de luttes locales, de luttes partielles, de luttes émiettées.

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1543

La trahison par PCF et CGT de la grève Talbot, les staliniens soutenant le gouvernement de gauche, entrainera la division durable entre travailleurs français et immigrés, ces derniers s’estimant lâchés…

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6442

En 1984, dans l’entreprise Talbot, un atelier de 3000 salariés (sur les 14 000 que comptent l’usine) se met en grève contre des licenciements, c’est la CFDT qui mène la lutte. Ce conflit intervient après une série de revers partiels dans ce secteur automobile. Sur le plan local et national, la CGT va se conduire à nouveau en briseur de grève, quant à la direction de la CFDT elle ne fera rien pour briser l’isolement de cette grève.

C’est une défaite locale, dans l’isolement, mais qui marque la fin de la combativité dans ce secteur, le seul où elle s’était maintenue. La défaite dans l’automobile est aussi importante que celle de la sidérurgie en 1979.

Le gouvernement annonce d’ailleurs des dizaines de milliers de licenciements dans la sidérurgie, la direction de Renault programme 20 000 licenciements avant la fin de 86. Il y a peu de réactions. En 1983, le nombre de chômeurs atteint les deux millions. Si dans la fonction publique les grèves se multiplient entre 1983-84, contre l’austérité, elles ne peuvent inverser la tendance. Le rapport de force est en faveur du gouvernement et du patronat qui ont les mains libres.

En 1984, il y a encore des élections, cette fois pour les Européennes, sur fond de forte abstention. Le Front National fait presque jeu égal avec le PCF qui recueille 11 % des votes, il a obtenu deux millions de voix. Cette percée des fascistes va se confirmer dans les années suivantes. Par son audience et son idéologie, le FN va tirer tout l’échiquier à droite.

Le PS va se lancer dans la surenchère, ainsi lors d’un débat à l’assemblée, G. Dufois se targue d’avoir organisé 12 000 expulsions d’immigrés clandestins. En matière de sécurité comme de politique de l’immigration, la gauche veut prouver qu’elle peut faire aussi bien que la droite.

Fabius, pour désigner la politique qu’il mène, parle de "sale boulot". Mais cette politique, orthodoxie budgétaire et gestionnaire, n’est pas neutre au niveau social. Les milieux gouvernementaux en viennent à pourchasser l’esprit de protestation et de lutte avec lequel la gauche s’identifiait plus ou moins avant 1981.

Ainsi, dans le programme de 1981 les socialistes promettent d’accorder le droit de vote aux immigrés. Une fois au pouvoir, ils régularisent 300 000 sans-papiers, mais le ministre de l’Intérieur, G. Deferre, maintient les contrôles d’identité (au faciès) et les expulsions. En 1983, Maire de Marseille, il mène campagne et sur ses affiches on peut lire : "La droite, 20 ans d’immigration sauvage. Avec la gauche, enfin un contrôle vigilant dont on mesure les effets."

La montée du FN est spectaculaire, il passe de 0,1 % aux législatives à 10 % en 1984. En 1986, aux élections législatives du scrutin proportionnel, le Front confirme son score et entre à l’assemblée avec une trentaine de députés. Mais cette moyenne cache des résultats qui localement sont inquiétants. Ainsi à Marseille, le FN obtient 24 %, et 22 % dans le département des Bouches-du-Rhône. Quelle est la part de démagogie de la politique Deferre dans cette ascension ?

La gauche porte une lourde responsabilité dans ce retour du fascisme. Sa politique a démoralisé les salariés, des régions entières ont été désindustrialisées. Elle a non seulement géré le système dans le sens des intérêts de la bourgeoisie, mais a aussi joué la carte raciste, "diviser pour mieux régner".

Le ministre PC des Transports Fiterman lâche les flics de l’Etat contre les grévistes de la gare St. Lazare en juin 1984, en les traitant de "provocateurs manipulés par l’extrême-droite".

De plus, le PC vote sans hésiter l’augmenta¬tion des crédits militaires et approuve l’inter¬vention française au Liban et au Tchad. Ce qui n’empêche nullement que, depuis sa rupture du Programme Commun, on assiste au réalignement complet du PCF sur la politique impérialiste de l’URSS. Ainsi, le PCF avait apporté dès le début son soutien à l’intervention russe en Afghanistan, d’abord avec prudence fin décembre 1979, puis tout à fait résolument à partir de la rencontre entre Marchais et Brejnev à Moscou le 11 janvier 1980. Comme au début de la "guerre froide" dans les années cinquante, il se lance dans une vaste campagne "pacifiste" contre le projet d’installation des fusées Pershing par l’OTAN en Europe occidentale, d’abord en réactivant le vieux "Mouvement pour la Paix", puis une fois au gouvernement, il est à l’initiative de "l’Appel des Cent" qui lui permet de s’abriter derrière des "personnalités" sans remettre en cause pour autant sa participation active et directe au budget de la "défense nationale" (en hausse de 17,6% en 1982) et de voter en 1983 la loi de programmation militaire pour les cinq ans à venir. Cependant, toutes les manifesta¬tions animées ou soutenues par le PCF dési-gnent et condamnent unilatéralement le seul "impérialisme américain" comme "fauteur de guerre" et toutes apportent leur soutien à la pseudo-"politique de paix" de l’URSS, y com¬pris le déploiement des SS-20, "facteur d’équi¬libre dans la coexistence pacifique."

Le PCF décide pourtant de quitter le gouver¬nement en juillet 1984. La cause fondamentale de ce départ est que la bourgeoisie a besoin d’une fraction de gauche dans l’opposition pour enca¬drer les réactions de la classe ouvrière, en par¬ticulier à la veille de procéder à des licenciements massifs au cœur même du bastion majeur et le plus sensible de la classe ouvrière, les usines Renault et de passer à des "réformes" d’enver¬gure passant par une énorme suppression d’ef¬fectifs dans le secteur public (postes, télécom¬munications, SNCF,...). Cette décision mûre¬ment réfléchie va être suivie par des actions "dures" et spectaculaires de la CGT : occupa¬tion de l’usine désaffectée SKF à Vitry en 1985, entraînement d’une minorité d’ouvriers dans des actions-commandos à répétition chez Renault pendant tout l’été, notamment en baladant les ouvriers dans les "beaux quartiers" (blocage des Champs-Elysées lors de l’été 1987).

1986-1987

La grève des cheminots de l’hiver est lancée malgré l’opposition de la CGT et dirigée par des assemblées souveraines, des comités de grève et des coordinations…

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La remise en cause des syndicats par la base va culminer avec les grèves à la SNCF de l’hiver 86, obligeant la bourgeoisie à recourir à des coordi¬nations animées par des syndicalistes de base et des gauchistes pour récupérer le contrôle de la lutte. Le PC, relégué au second plan, est con¬traint de rester prudemment dans l’ombre de la CGT. Celle-ci, pendant les trois premiers jours d’une grève qui, avec une rapidité foudroyante, avait entraîné derrière elle 98% des agents de conduite et en plusieurs endroits d’autres caté¬gories et autres secteurs de la SNCF, s’oppose ouvertement au mouvement. Dans certains dé¬pôts de la région parisienne, elle appelle à la reprise du travail, dans d’autres (Paris-Austerlirz ou Miramas sur le réseau Sud-Est), elle va jusqu’à organiser des "piquets de travail". Une fois la lutte enfermée sur un terrain corporatiste, elle va faire un retour en force en assurant une fausse extension pour élargir la défaite au sein de la classe ouvrière. Cependant, au cours de toute cette période, le PCF fait l’expérience de l’am¬pleur de son discrédit. Il paie au prix fort ses trois ans de politique antiouvrière au gouvernement. Cette désaffection se traduit immédiatement sur le plan électoral.

Les législatives de mars 1986 sont catastro¬phiques pour le PC qui passe sous la barre des 10%. On commence à assister au transfert de ses voix vers le FN, notamment dans ses fiefs traditionnels de la "ceinture rouge". Mais la dégringolade n’est pas terminée. Voulant éviter une humiliation personnelle, Marchais fait dé¬signer un candidat minable, sans personnalité, Lajoinie comme candidat aux présidentielles de 1988. La défaite est cuisante, avec 6,7% des votants, c’est le pire résultat jamais enregistré par le PC, qui aura perdu en 20 ans les 3/4 de son électorat. Aux législatives suivantes, il remonte à 11,1%, mais étant donné le fort taux d’abstention dans l’électorat de gauche, cela ne représente plus que 7,2% des inscrits. Même s’il se maintient mieux aux élections municipa¬les de 1989, il n’en perd pas moins près de 300 communes (ne gérant plus que 2,6% des com¬munes en métropole) et ne conserve notam¬ment plus qu’une commune de plus de 100 000 habitants (Le Havre). Ayant du mal à apparaî¬tre comme force d’opposition crédible, le parti de Marchais est pour la première fois de son histoire de parti bourgeois confronté à une crise ouverte.

Les syndicats ont réussi à arrêter la grève

Au bout de trois semaines, la grève n’avait pas encore faibli. Le lundi 5 janvier, après le pont du Premier de l’An, de nombreux cheminots qui avaient été en congé pour quelques jours, rejoignaient de nouveau les grévistes, et partout les assemblées générales étaient plus nombreuses. Malgré l’attitude de la FGAAC, poussant ostensiblement à la reprise après les fêtes bien qu’elle n’osât pas prononcer le mot, le nombre des agents de conduite qui avaient abandonné était infime. De nouvelles négociations jeudi 8 janvier n’amenèrent que des miettes qui furent jugées telles par les grévistes, et le soir la grève tenait toujours aussi bon.

L’intox à la reprise battait son plein. Celle-ci était annoncée chaque jour. Pourtant chaque jour, c’était le même pourcentage de trains qui roulaient, pas plus. A partir du vendredi 9, il y eut la prétendue mobilisation des usagers, c’est-à-dire des patrons et des partis de droite. Mais tout cela n’impressionna guère les grévistes, au plus, cela accrut la colère de quelques-uns.
Ceux qui ont arrêté la grève, ce sont les syndicats : la CFDT et la CGT, puisque les autres soit n’avaient jamais été dans la grève, soit comme la FGAAC l’avait déjà abandonnée.

La manoeuvre pour arrêter une grève générale à la SNCF alors que les grévistes eux-mêmes ne sont nullement prêts à abandonner, n’est pas une nouveauté.

On l’a déjà vue se répéter en 1968, en 1971, en 1976, bref à chaque fois qu’une grève impliquant des dizaines de milliers de cheminots aux quatre coins du territoire est devenue pesante ou gênante pour les organisations syndicales. Cette manoeuvre consiste à pousser à la reprise les secteurs les plus faibles au lieu de les conforter en montrant que la grosse majorité tient ferme. Puis, en se servant de leur exemple, à souffler aux autres que le vent est à la reprise, et ainsi les décourager et les démoraliser.

Cette fois-ci, là encore, c’est la CFDT qui s’est avancée la première. Dès la fin des négociations jeudi 8 au soir, la Fédération faisait savoir que, bien sûr sans se prononcer pour la reprise, elle estimait que les grévistes ne pourraient de toute façon rien obtenir de plus. A part cela, elle les laissait libres de se prononcer pour ou contre la continuation de la grève. Un peu plus tard, c’est Edmond Maire lui-même qui en rajoutait en conseillant ouvertement « l’apaisement ».

Et sur le terrain, les responsables, dès vendredi, encourageaient plus ou moins discrètement les premiers secteurs où la grève était minoritaire à reprendre le travail immédiatement, sans attendre de connaître l’opinion de la majorité des autres secteurs. En fait, dans certains endroits ils encourageaient la minorité qui votait pour la reprise à reprendre le travail. C’est ainsi qu’une grève est émiettée, brisée, et qu’est créé le courant pour la reprise. Il est significatif d’ailleurs que les communiqués de la Fédération ne disaient pas que, le vendredi 9 au soir il y avait toujours 79 dépôts sur 94 qui avaient décidé de poursuivre le mouvement. Ils disaient que quinze dépôts avaient décidé d’arrêter la grève. C’est ainsi qu’on crée un climat.

La CGT, elle, a tenu plus longtemps. D’abord elle avait plus que la CFDT à se faire pardonner son opposition du début de la grève. Et puis, puisque la CFDT lui donnait l’occasion d’apparaître plus ferme, elle ne devait pas la rater. Elle a donc tenu deux jours de plus en se prononçant officiellement pour la continuation. Et puis Edmond Maire ayant abattu ouvertement son jeu, la CGT se déclara tout à la fois « aux côtés de ceux qui ont décidé de continuer la lutte et aux côtés de ceux qui ont décidé de reprendre ». Et voilà. Ce n’est pas encore aujourd’hui que les jésuites de la CFDT pourront donner des leçons à ceux de la CGT.

https://www.matierevolution.org/spip.php?article6743

1988

La grève à la SNECMA démontre que, sans la mainmise sur les luttes de la CGT et autres appareils syndicaux, les travailleurs sont capables d’organiser la lutte et de l’étendre d’eux-mêmes…

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5624

1994

1994 : le génocide rwandais

Quel rapport avec le syndicalisme en France me direz-vous ? Justement, aucun !

La France capitaliste organise un génocide au Rwanda et le mouvement syndical reste sourd et muet…

Les centrales syndicales n’ont jamais estimé de leur rôle de dénoncer les crimes de l’impérialisme français, faisant de leur silence une véritable complicité. L’exemple particulièrement criminel et sanglant d’un président de gauche avec un gouvernement de droite, armant et organisant une contre-révolution fasciste en est une illustration particulièrement scandaleuse. Cela continue bien sûr aujourd’hui avec l’absence de toute dénonciation de l’intervention militaire des grandes puissances en Haïti. Les centrales syndicales dans un pays riche comme la France sont partie intégrante de l’ordre impérialiste.
La même année, le CIP, ou "SMIC jeune" de Balladur, est renvoyé à la poubelle par la mobilisation de la jeunesse : un mois de manifestations massives dans tout le pays. Les syndicats n’interviennent qu’en ponctuant la mobilisation par des "journées" de manifestations massivement suivies. Elles n’ont nullement voulu ce mouvement et n’ont fait que le suivre de loin.... Elles chercheront encore moins à en faire un point d’appui des luttes ouvrières.

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article134

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2513

1995

Le mouvement social de l’automne 1995, que certains ont souvent cru réduit à la seule grève des transports publics, SNCF et RATP notamment, très visible et fortement médiatisé, a également entrainé, dans le refus du plan Juppé, le gros secteur de la fonction publique qu’est La Poste. La grève des postiers n’a pas beaucoup été remarquée ni médiatisée. Cependant, avec un taux moyen supérieur à 3,5 jours par an et par agent, les chiffres de l’année 1995 se révèlent être les plus hauts depuis 1974. Ils témoignent de la forte résonance qu’ont, au sein de la profession postière, la thématique des retraites et celle de la Sécurité sociale. Et combien le « tous ensemble » a emporté l’adhésion, même si la reprise imposée par Bernard Thibaut aux cheminots a également entraîné la reprise des autres secteurs, de la RATP à la Poste. Les assemblées générales interprofessionnelles de la grève 1995, même si elles n’ont pas été rééditées ensuite, pas plus que la grève interprofessionnelle, ont marqué le mouvement ouvrier

1995 : les cheminots entraînent le secteur public et sont arrêtés par la CGT dès que le secteur privé menace d’entrer en lutte

En 1995, on oublie souvent qu’il y a eu séparément une grève se généralisant dans le privé (par exemple Renault, Thomson, SNECMA, Danone, etc..., au printemps 1995) et une grève se généralisant aussi dans le public en octobre. Les syndicats, après avoir approuvé les mesures prévues par Juppé, ont œuvré consciemment et efficacement à diviser et affaiblir. Au début, elles ne prévoyaient même pas une véritable réaction. Par exemple, Jean-Paul Roux, le dirigeant du syndicat indépendant l’UNSA, déclarait : "On ne peut pas faire la grève du siècle tous les mois, beaucoup de fonctionnaires ne peuvent se permettre de perdre 2 jours de salaire à 6 semaines d’intervalle à l’approche de Noël". Grâce aux syndicats, le gouvernement a pu se contenter d’un petit recul alors qu’il faisait face à une remontée des luttes sociales. Certains syndicats comme la CGT et FO se sont portés à la tête de la lutte des salariés du public alors qu’ils avaient signé les projets de réforme de Juppé qui s’est suffisamment plaint de leur retournement. Alors que Nicole Notat et la CFDT se rangeaient aux côtés du gouvernement Juppé contre les cheminots et les postiers), en décembre 1995, Bernard Thibault avait lui-même bradé la grève dont il apparaissait comme le principal leader, en appelant à la reprise, sans consulter aucun gréviste, dès la signature d’un accord avec le ministre des transports de l’époque. Cette grève, de la part des dirigeants de la CGT comme de Marc Blondel qui dirigeait FO, était surtout une façon de s’imposer comme interlocuteurs au gouvernement Juppé-Chirac, à qui ils démontraient, en s’appuyant sur la colère des cheminots, que ce n’était pas en collaborant avec la seule CFDT que l’on pouvait marchander le calme social.

Les cheminots, dont le système de retraite et le statut de l’entreprise, via le projet de contrat de plan, sont remis en cause, occupent une grande place dans le mouvement. La grève de novembre-décembre 1995 montre que la grève des cheminots peut gagner, faire reculer un projet antisocial, faire chuter un ministre, en entraînant les autres secteurs, en organisant des assemblées générales interprofessionnelles et en passant dans les autres secteurs les entraîner à la grève. En sortant du ministère, Bernard Thibaut secrétaire de la CGT des cheminots annonce, sans consultation des cheminots en grève et sans concertation avec les travailleurs de la RATP qui ont suivi la grève SNCF, que la grève est finie. C’est le début d’une politique de trahison ouverte menée par celui qui va vite devenir le dirigeant de la CGT.

Si 1995 a marqué une remontée de la lutte, un recul du gouvernement et une accentuation de la confiance des travailleurs, les travailleurs y sont apparus comme suivants les syndicats nationaux contrairement aux années précédentes et elle a été aussi un tournant vers une plus grande collaboration entre syndicats et gouvernement et avec le patronat qui sera souligné par le choix que fera la CGT de venir un syndicat qui négocie, qui propose, qui est "positif"...

Alors que Nicole Notat et la CFDT se rangeaient aux côtés du gouvernement Juppé contre les cheminots et les postiers), en décembre 1995, Bernard Thibault avait lui-même bradé la grève dont il apparaissait comme le principal leader, en appelant à la reprise, sans consulter aucun gréviste, dès la signature d’un accord avec le ministre des transports de l’époque. Cette grève, de la part des dirigeants de la CGT comme de Marc Blondel qui dirigeait FO, était surtout une façon de s’imposer comme interlocuteurs au gouvernement Juppé-Chirac, à qui ils démontraient, en s’appuyant sur la colère des cheminots, que ce n’était pas en collaborant avec la seule CFDT que l’on pouvait marchander le calme social.

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7491

https://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/2580_1

Le « Nouvel Observateur » de début décembre 2009 écrit :

« Sarkozy, au moins, il a des c… Il défend l’industrie française ! (…) Cet éloge émane d’un très proche de … Bernard Thibaut qui, lui-même déclare « Pour Sarko, tous les sujets passent par des relations personnelles. (…) Souvenez-vous de la grève des cheminots, à l’automne 2007. Le président Sarkozy décide de réformer les régimes spéciaux de retraite de la SNCF, de la RATP et des électriciens-gaziers. Il veut, en 2002, faire passer de 40 à 41 le nombre d’années de cotisations. La grève éclate à la mi-octobre. Prévue pour 24 heures, elle dure. Le secrétaire général de la CGT ne sait pas comment arrêter ses troupes. (…) Thibaut dit à Sarkozy : « Donnez moi quatre jours, je vous promets la reprise du travail. » (…) Le numéro un de la CGT vient d’entrer définitivement dans le clan des réformistes ! (…) Plus récemment, le choix d’Henri Proglio, le président de Veolia, pour remplacer Pierre Gadonneix à la tête d’EDF s’est fait avec l’appui de Bernard Thibaut. (…) Ce pragmatisme est davantage dans les gènes de l’autre centrale, la CFDT. (…) « Le syndicalisme à la « Conti » n’est pas le nôtre », explique le secrétaire général. (…) Depuis quelques temps, on voit souvent Thibaut et Chérèque bras dessus, bras dessous. »

1996

Le 23 août 1996, la police évacuait l’Église Saint Bernard, défonçant à coups de hache la porte d’entrée sous’œil des caméras pour déloger des familles qui y campaient depuis plus de 50 jours. Cette journée marquera le début d’une lutte acharnée pour obtenir la régularisation de tous les sans-papiers.

Loin d’être à l’initiative ou même en soutien, les centrales syndicales ont laissé les sans-papiers « de Saint-Bernard » mener seuls leur lutte jusqu’à l’occupation du gymnase Japy puis de l’église Saint-Bernard.

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article

En 1996-1997, les syndicats mettent la pédale douce sur les grèves…

https://www.lesechos.fr/1999/01/en-1997-les-greves-sont-restees-peu-nombreuses-dans-le-prive-et-ont-diminue-dans-la-fonction-publique-761607

1999

Les grèves remontent en 1999. Depuis novembre 1999, se sont trouvés en grève, entre autres, le personnel hospitalier, celui des grands magasins parisiens, les employés des banques, ceux de la Poste, du transport public, du service de nettoyage du métro, les journalistes, les pompiers, les agents des impôts, les employés des caisses d’assurance tout comme les salariés de Disneyland Paris. Même les chercheurs, les enseignants et les cadres ont débrayé. Les grèves se dirigent à la fois contre la manière dont l’introduction des 35 heures a lieu mais aussi pour appuyer une réelle réduction du temps de travail.

Les routiers eux ont d’autant plus de raisons de protester vu que le gouvernement a cédé aux pressions de leurs patrons. Le 10 janvier, les patrons-routiers avaient organisé un barrage routier et avaient ainsi réussi à faire passer un décret unilatéral par le ministre des transports Gayssot (PCF) leur garantissant une application taillée sur mesure de la loi des 35 heures. Les patrons ont, de ce fait, la possibilité de faire travailler leur personnel pendant 208 heures par mois, ce qui équivaut à plus de 50 heures par semaine. Ce projet de décret renferme également une réglementation tout à fait ridicule en cas de « double équipage » des conducteurs longue distance et qui fait que le temps du chauffeur qui ne conduit pas n’est pas reconnu comme « temps effectif de travail » car étant censé pouvoir « vaquer librement à ses occupations ». Les chauffeurs déplorent aussi que les acquis de la grève de 1995 en ce qui concerne le salaire et le temps de travail soient réduits à néant cinq ans plus tard.

Le journal L’Express écrivait le 3 février : « Dans les services publics - transports, poste, etc. - ’l’ambiance 35 heures’ est synonyme de tensions nouvelles. L’affaire des routiers en est un symbole. En trois semaines, les mêmes camions ont bloqué les mêmes routes pour la même raison : les 35 heures. Seuls ceux qui tenaient le volant ont changé. Les 35 heures sont une réforme populaire qui produit du conflit social. »

La complexité du problème ressort tout particulièrement dans la grève du personnel hospitalier qui cumule toutes les difficultés : il s’agit là aussi bien du secteur public que privé, et l’Etat, en tant d’employeur, a affaire aux secteurs d’activités les plus divers. Le 28 janvier avait lieu à Paris la plus importante manifestation que les personnels hospitaliers aient connu ces dix dernières années et à laquelle ne participaient pas seulement les personnels soignants, mais aussi les médecins, les urgentistes, les psychiatres, les pharmaciens d’hôpitaux, les agents techniques et d’entretien, tous rassemblés sous le slogan « Assez de la rigueur - on veut de la santé ».

Il est à noter par ailleurs que certains syndicats s’efforcent fébrilement de jouer au mieux, lors de la signature des accords sur le temps de travail, leur rôle de partenaire des entreprises et du gouvernement. La CFDT par exemple est prête à débourser près de 5 millions de francs dans le lancement d’une campagne d’information sur les 35 heures, en dépit de l’avis de la secrétaire générale, Nicole Notat, que seule une minorité décroissante émet encore des réserves. La moitié des accords conclus ayant eu lieu dans des entreprises dépourvues de syndicats.

https://www.wsws.org/francais/News/2000/fevrier00/15fev00_35hrsfr.shtml

Avec la grève des cheminots de ce début du mois de mai, la politique de collaboration des directions syndicales et du gouvernement pour imposer aux travailleurs, sous couvert de la loi d’aménagement du temps de travail, cette plus grande flexibilité que souhaite le patronat, a rencontré sa plus sérieuse difficulté.

Démarrée le 27 avril à l’appel d’un seul syndicat, corporatiste, la fédération autonome des agents de conduite, la FGAAC, appel rapidement relayé par des militants de tous bords, la grève a duré plus de dix jours. Elle est certes restée minoritaire et catégorielle, limitée essentiellement aux agents de conduite, peu étendue aux sédentaires. Mais elle a paralysé une partie du trafic et finalement contraint la direction de la SNCF à prendre la mesure du peu de popularité de son projet et du peu d’efficacité des grands appareils syndicaux à le faire passer pour "constructif". Cette grève aura probablement d’abord surpris les grandes fédérations qui s’apprêtaient à signer tranquillement !

Mais la caractéristique de cette grève des cheminots, c’est qu’elle n’est pas restée la grève catégorielle des agents de conduite telle que la FGAAC l’aurait sûrement voulu. Elle n’a certes pas été la lame de fond, l’explosion qui bouscule sans peine tous les barrages syndicaux. Loin s’en faut. Elle est restée dans la plupart des endroits limitée aux seuls agents de conduite, et même parmi eux, elle est restée tout au long du conflit minoritaire. Mais elle a tenu et s’est en partie étendue alors qu’elle était combattue par les plus influentes des fédérations syndicales de cheminots, la fédération CGT et la fédération CFDT (dont le responsable s’est illustré par des propos à la grande presse contre ces "2,5 % de grévistes" qui auraient bloqué l’application d’un bon accord !). Quant au syndicat SUD-Rail qui a fini, avec un temps de retard, par déposer un préavis de grève, par crainte lui aussi de voir sa base partir et lui échapper, il a tout fait pour que son préavis ne soit pas vraiment suivi. Et ce qui a donné, malgré toutes ces oppositions, à la grève un dynamisme et une portée qui dépassaient les intentions et les possibilités de la fédération autonome qui l’avait déclenchée, c’est qu’un peu partout des travailleurs du rang mais surtout des militants et adhérents de tous les syndicats à commencer par des militants et des sections syndicales entières, de la CGT ont saisi l’occasion de l’appel de la FGAAC pour agir et appeler à la grève, contre l’avis de leurs propres fédérations.

La grève, contre les appareils, dont celui de la CGT

La grève a donc démarré et vite pris de l’ampleur. Surtout là où des militants se sont mis en avant pour l’organiser. Assemblées générales dans des dépôts d’agents de conduite de la banlieue parisienne, mais aussi des régions Nord, Picardie, Champagne-Ardenne, Alsace, Lorraine, Normandie, Provence-Côte d’Azur, etc. 19 %, puis 30 %, puis 40 % de grévistes, selon la direction, en réalité plus de 50 % dans quelques dépôts, surtout là où localement, la CGT avait appelé à cesser le travail. Quelques secteurs de sédentaires ont rejoint la lutte comme à Rouen (Matériel, Transport et Commercial), à St-Lazare (Transport et Commercial), à Marseille (tous services), etc. Souvent à l’appel des conducteurs.

Mais partout, se sont vite produites les mêmes scènes et les mêmes discussions entre partisans de la grève et certains responsables cégétistes opposés à celle-ci, servant partout les mêmes phrases et les mêmes arguties, selon lesquelles le déclenchement du mouvement aurait été précipité, à l’appel d’une FGAAC préoccupée surtout de ses intérêts corporatistes, qu’il faudrait aux cheminots le temps de comprendre, de débattre, de se forger leur propre opinion, qu’il faudrait les consulter par un grand référendum pour lequel la direction avait offert son soutien logistique. En attendant, la grève était prématurée, expliquait l’appareil CGT, qui a mis tout son poids, contre une partie de ses propres militants, pour batailler contre elle, faire voter et revoter contre la grève. D’où la colère, des discussions vives, des engueulades... qui n’ont pas entamé la détermination.

Ultime manoeuvre, tandis qu’entrait en vigueur, mardi 4 mai, le préavis déposé par SUD-Rail, pour lequel les dirigeants de ce syndicat se gardaient bien de militer dans les chantiers, la fédération CGT déposait elle aussi un préavis de grève, mais à partir du dimanche 9 mai au soir, soit près d’une semaine plus tard, et seulement pour 36 heures, faisant allègrement fi de la grève en cours ! Une partie des responsables CGT qui jusque-là n’avaient pas osé s’opposer ouvertement à la grève, avaient enfin, vis-à-vis de leurs propres militants, l’argument de poids : forts du préavis déposé par leur fédération, ils appelèrent à partir du mardi 4 mai à suspendre la grève sous prétexte qu’elle aurait été presque exclusivement celle des agents de conduite et donc corporatiste et qu’il fallait en démarrer sérieusement une autre, intercatégorielle... la semaine suivante, une fois que tout serait fini !

C’était étudié pour permettre à la direction d’organiser à nouveau des rencontres et palabres avec les appareils syndicaux et leur donner quelques broutilles à se mettre sous la dent pour justifier les appels à la reprise. C’était destiné à décourager les grévistes, tuer le mouvement et se préparer à aller tranquillement vers cette grande consultation prétendument démocratique qui pourrait avoir lieu à la fin mai. On ne sait pas si, au bout du compte, la CGT signera ou pas, mais il reste surtout qu’elle a mis tout son poids pour faire passer pour globalement positif un catalogue de mesures contre les cheminots, et tout son poids pour empêcher la grève contre ces mesures, grève où pourtant ses propres militants s’étaient engagés. Le référendum, pourtant, a eu lieu : c’est cette grève de dix jours qui a tenu malgré l’opposition au mouvement des plus influentes des directions syndicales.

Le mercredi 5 mai, le mouvement commençait à faiblir. Ou plus exactement il était de bon ton de le dire dans les milieux syndicaux qui lui étaient hostiles. Voire d’en rajouter. Car à Marseille, par exemple, s’il est vrai que des cheminots grévistes avaient "suspendu" leur grève à l’appel de la CGT, il restait malgré tout 60 % des roulants en lutte, et 80 % à Miramas. Dans la soirée, les directions syndicales qui avaient cru jusque-là l’affaire ficelée, grimaçaient devant les petites concessions que Gallois venait de faire aux grévistes. Et le jeudi 6 mai s’amorçait la reprise.

Belles manoeuvres des fédérations CGT et CFDT, la main dans la main comme Thibault et Notat à leurs congrès respectifs, pour tenter de sauver la mise du gouvernement de la gauche plurielle.

Mais la direction de la SNCF, avec à la rescousse celles des centrales syndicales, n’est pas au bout de ses peines pour faire avaler aux cheminots la réorganisation du temps de travail, sans compter la réforme du système des retraites, qu’elle leur concocte. Une éventuelle signature du projet d’accord, que les concessions de dernière minute faites pour enrayer la grève n’ont pas changé sur le fond, pourrait coûter cher à la direction de la CGT cheminote. Et le conflit pourrait bien rebondir, pas seulement chez les conducteurs, mais aussi chez les autres roulants ou chez les sédentaires lorsque tomberont les mesures concrètes prévues dans le projet.

"Si j’étais cheminot, je ne me mettrais pas grève..." c’est le dirigeant du PC qui vous le dit !

https://www.matierevolution.org/spip.php?article2092

Le 46e congrès de la CGT a été l’occasion de faire des gestes en direction du patronat. Ce n’étaient pas les premiers. Le congrès précédent avait entériné la suppression des statuts de la CGT de toute référence à la lutte de classe. Il ne s’agissait plus, il est vrai, que d’une référence toute formelle, mais les symboles servent à annoncer la couleur.

L’arrivée, inespérée, au gouvernement de la « gauche plurielle » en 1997 s’est révélée une occasion pour la CGT de tenter de rattraper le temps perdu. Qu’attendent le patronat et le gouvernement de la CGT dans la période qui vient ? Des engagements dans des directions toutes balisées : l’annualisation et la flexibilité, la mise au rancart des conventions collectives, l’extension du travail précaire dans la fonction publique après sa généralisation dans le secteur privé, les privatisations à tout va, la diminution des retraites et l’institutionnalisation des fonds de pension.

Sur l’annualisation et la flexibilité, la CGT a déjà multiplié les gages, en ayant signé à ce jour plus de 20 % des accords. Au congrès, Maryse Dumas comme Bernard Thibault ont évoqué les « propositions » de la CGT concernant la rédaction de la future loi sur les 35 heures, en se gardant de s’opposer à l’annualisation – Maryse Dumas tenant même à s’incliner devant le fait accompli.

Pour ce qui est de la Fonction publique, Christian Laroze, secrétaire de la fédération CGT du Textile, a annoncé de la tribune du congrès (cité par Le Monde du 6 février) les intentions de la CGT : « les salariés du public vont bientôt découvrir, avec les 35 heures, la flexibilité intense telle qu’on la subit, dans l’industrie, depuis dix ans. (...) Pendant qu’ils géraient les évolutions de carrière et les augmentations salariales, nous subissions, nous, les licenciements massifs et les délocalisations. Aujourd’hui, ils espèrent avoir les 35 heures sans perte de salaire et sans flexibilité. Faut pas rêver ! » Voilà le gouvernement prévenu lorsqu’il décidera d’engager les batailles déjà annoncées par la publication du rapport sur le temps de travail dans la Fonction publique.

En ligne de mire, la question du mode de calcul de la retraite des fonctionnaires et le dégagement des capitaux considérables représentés par ces retraites actuellement gérées par la Caisse des dépôts et consignations. Mais, là-dessus, les déclarations de Viannet sur les fonds de pension valent pratiquement engagement de la part de la CGT.

https://www.convergencesrevolutionnaires.org/46eme-congres-de-la-CGT-offres-de-services?archive=1

2000

Grèves à la poste, aux impôts, dans les hôpitaux (manifestations réussies dans tout le pays le 28 janvier), mobilisation impressionnante des instituteurs, professeurs et parents d’élèves dans le midi (12 000 manifestants à Montpellier, 15 000 à Nîmes), mais aussi en Bretagne, en Auvergne, en Normandie... Grèves à la Sécurité sociale et aux caisses d’allocations familiales. Tout cela pour ne parler que des mouvements dans la fonction publique de ces dernières semaines. Partout, les mêmes problèmes d’effectifs, les mêmes revendications : créations de postes d’enseignants, d’hospitaliers, de postiers, refus du gel des effectifs, embauche des précaires. En réalité, cela fait des mois que les grèves et manifestations se succèdent en ordre dispersé dans le secteur public comme privé sur la question des 35 heures, des licenciements ou du manque d’effectifs.

Les différents mouvements, même isolés, sectoriels, sont populaires. La jonction des parents d’élèves aux enseignants (qui avait déjà été notable lors des mouvements de l’an dernier), simple exemple, témoigne du caractère général du mécontentement, du sentiment de solidarité au sein du monde du travail. En dépit de l’émiettement des mouvements, il est remarquable que les différentes luttes qui se relaient n’aient aucun caractère corporatiste. Chacun se reconnaît dans le chauffeur routier tenant un barrage, dans l’instit qui conteste la carte scolaire, l’infirmière, l’aide-soignante ou le brancardier qui manifestent, l’employée de la Sécu débordée, le pompier en colère, et même l’employé des impôts qui proteste contre la fermeture des petites perceptions ! Rarement les salariés de ce pays ont eu à ce point le sentiment d’être confrontés aux mêmes problèmes, au même scandale social qui veut que les entreprises qui font des bénéfices licencient et que le gouvernement « gèle » les effectifs des services publics tout en parlant de croissance et de retour à la prospérité.

Ce n’est pas la conscience sociale, ni même politique qui manque aujourd’hui aux salariés. La combativité ? Les travailleurs n’hésitent pas à répondre présents aux appels syndicaux, quand appels il y a, parfois au-delà des espérances des appareils nationaux (comme chez les instits, profs des collèges, de l’enseignement professionnel et les parents d’élèves du Gard et de l’Hérault ces derniers jours).

Ce n’est pas non plus l’unité syndicale qui fait défaut. Oh non ! Les directions des confédérations entretiennent aujourd’hui des rapports parfaitement cordiaux. Elles se concertent, elles s’accordent. La question est de savoir sur quoi. Elles ne s’accordent pas sur une stratégie syndicale visant à coordonner les différentes luttes en vue d’un mouvement d’ensemble. Surtout pas. Les mouvements existants, elles les accompagnent, les chevauchent, mais s’accordent tacitement pour ne surtout pas les coordonner. En revanche, elles s’entendent parfaitement sur un programme et un calendrier de négociations avec le Medef sur « l’approfondissement de la négociation collective » et l’avenir de la protection sociale, et avec le gouvernement sur l’application des 35 heures dans la fonction publique, en attendant les négociations sur les retraites. Le plan, la stratégie des confédérations syndicales, ce sont le Medef et Martine Aubry qui pour l’heure les leur dictent. Le Medef par son coup d’éclat en menaçant de quitter les organismes gérés paritairement (Sécu, Unedic...) d’ici la fin de l’année ; Martine Aubry en décidant du calendrier de négociation d’une « loi cadre » sur la réduction du temps de temps travail dans la fonction publique.

Exemple : après le succès de la manifestation du personnel des hôpitaux du 28 janvier (10 000 à Paris, 7000 à Toulouse, 6000 à Marseille, 3000 à Lyon, 7000 à Rennes, etc.), toutes les conditions étaient réunies pour que les fédérations appellent à la poursuite de la mobilisation, à la coordination des grèves touchant bon nombre de grands hôpitaux un peu partout dans le pays, en chiffrant à l’échelle nationale le nombre de créations de postes indispensables pour permettre non seulement un passage réel aux 35 heures mais combler le manque actuel d’effectifs (combien d’embauches d’infirmières, d’aide-soignantes, de brancardiers, de personnels d’entretien... 50 000, 60 000, 100 000 ?). Tout le monde connaît l’état des services d’urgences, de gériatrie, la surcharge de travail dans la plupart des services d’un côté et les plans de restructuration hospitalière de l’autre. Il était simple, trop simple sans doute, de s’appuyer sur les quelque 100 000 manifestants du 28 janvier pour formuler des exigences unitaires et claires face à Aubry, pour que le personnel hospitalier se sente fort, sûr de lui, et d’appeler les semaines suivantes à l’amplification de la mobilisation du personnel hospitalier sur des revendications claires pour tout le monde. Mais non. Martine Aubry annonce l’ouverture des négociations avec toutes les organisations syndicales du secteur hospitalier pour trois semaines, et les principales fédérations du secteur se contentent de repousser au 14 mars, un mois et demi plus tard, une « éventuelle » journée nationale de grève. Que les hôpitaux déjà en grève prennent patience. C’est qu’elles « négocient » à partir des « données » de Martine Aubry, qui n’envisage aucunement de revenir sur l’austérité budgétaire. La mobilisation devra s’adapter au calendrier de négociation de la ministre. Cela fait des semaines que toute une série de grands hôpitaux votent la grève reconductible, mais c’est le gouvernement qui impose son rythme et sa cadence aux syndicats et les met en situation de « débattre » sur les miettes qu’il leur concédera.

https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Des-confederations-syndicales-tres-respectueuses

2001

En 2001, une tentative de généralisation de la lutte contre les licenciements qui n’est pas soutenue par les centrales syndicales…

Les grèves de Lu-Danone et de Marks & Spencer notamment tentent de trouver un prolongement dans d’autres entreprises comme AOM-Air Liberté-Air Littoral, et au travers de manifestations communes mais les centrales syndicales font la sourde oreille... Leur appel aboutit pourtant le 9 juin 2001 à une manifestation de plus de 20 000 personnes à Paris démontrant la volonté et la nécessité de construire des courants unitaires et combatifs à la base.

2002

Face à la menace antisociale du gouvernement, la CGT reste l’arme au pied

Fillon annonce son projet définitif vendredi prochain. Entre temps, il a pris soin de “ consulter ” les représentants des différentes organisations syndicales. Ils ont défilé dans son bureau les uns après les autres. Qu’y ont-ils défendu ? Blondel, de FO, a été content de la réception, puisqu’il s’est félicité de la reprise d’un “dialogue correct, direct et constructif ”. Chérèque, de la CFDT, est d’accord pour une réforme de la loi sur les 35 heures… Et Thibault de la CGT, s’est contenté d’affirmer que “ la CGT se mobilisera si le projet reste en l’état ”. Ils ne sont pas pressés de préparer les travailleurs à utiliser leur force pour faire ravaler ces projets à leurs auteurs. Ils se préparent plus sûrement à négocier les conditions de dépassement des 35 heures branche par branche. Autant dire à négocier les reculs, et non pas à s’y opposer.

FO appelle seule à la grève à la SNCF… et signe un accord bidon avec les patrons du transport routier, sabotant ainsi d’avance le mouvement des chauffeurs. Avec la CGT ou la CFDT qui lancent le mouvement chez les routiers… mais font pression sur les syndicats cheminots pour qu’il n’y ait surtout pas de grève le 26 novembre, avec les transports aériens ou urbains, de La Poste, de la Santé ou de l’Education nationale.

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article

2003

2003 : les syndicats empêchent une mobilisation sur les retraites, sujet pourtant explosif

2003 est un pic des grèves en France contre le projet Fillon de retarder les départs en retraite de tous les salariés (vers les 42 ans et plus d’années de cotisation). mais cela ne mène à rien !
Le succès de la journée d’action du 13 mai (deux millions de manifestants) a, comme on dit poliment, « dépassé les espoirs » des directions syndicales, en particulier du fait de la bonne participation des travailleurs du secteur privé. L’empressement de Chérèque à signer une version à peine améliorée du projet de Fillon semble dicté par la volonté de briser au plus vite l’élan d’un mouvement dont l’énorme potentiel s’est clairement manifesté.

De nombreux secteurs ont reconduit la grève du 13 mai sans réel soutien des dirigeants syndicaux, comme par exemple à la RATP. Le soir du 13 mai, Bernard Thibault a déclaré « comprendre l’émotion » des cheminots qui venaient de décider de reconduire la grève pour le 14 mai. Après quoi ceux-ci ont été abandonnés à leur propre sort, c’est-à-dire sans que leur soient données de perspectives sur une généralisation du mouvement.

Le 25 mai, la CGT clôturait le ban par une manifestation imposante mais conçue comme une fin... Plus exactement, elle avait décidé que c’était fini. Ce qui ne l’empêchait pas de faire crier aux manifestants : "Grève générale" !!!!

Le 13 mai, dans de nombreux centres SNCF les cheminots indiquaient leur intention de s’engager dans la grève en votant la reconduction. Il en était de même dans les bus et métros parisiens, dans les transports en commun de plusieurs villes de province. Certes, les grévistes restaient minoritaires. Bien moins cependant que ne l’étaient au début les enseignants, et surtout ils n’étaient pas seuls. A La Poste, dans plusieurs hôpitaux, à la DDE, chez les éboueurs, les « territoriaux », des grèves commençaient aussi. Mais les directions syndicales ne voulaient pas d’une généralisation. En deux jours, dans les transports, pour tout le monde le secteur clé pour l’extension du mouvement, elles cassaient la grève au prétexte de mieux la préparer. Et de reprendre la routine : nouvelle journée d’action le 19 mai, manifestation nationale à Paris le dimanche 25.

La CGT pesait de tout son poids pour faire reprendre le travail à ceux des cheminots qui avaient continué la grève après la journée d’action du 3 juin.

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497

Le tournant de la CGT…

Le 47e congrès de la CGT, qui s’est tenu à Montpellier du 24 au 28 mars, avait à se prononcer sur quatre textes proposés par la direction sortante. Finalement, trois seulement furent soumis au vote des congressistes. Le quatrième, concernant la centralisation de la perception et la gestion des cotisations des syndiqués, a été écarté de la consultation au dernier moment, les responsables constatant l’opposition de nombre de délégués à cette proposition lesquels estimaient, à juste titre, que cette procédure comportait le risque pour les organisations de base d’être dessaisies du contrôle de leurs activités, et que cela accroisse du même coup l’emprise des instances dirigeantes. Un signe de méfiance que la direction confédérale a dû prendre en compte.

Mais le report du vote sur cette question n’a rien changé au reste, c’est-à-dire à l’essentiel. Certes, on a pu noter que le nombre des votes contre les textes proposés par la direction était sensiblement plus important que lors des congrès précédents : 74,65 % approuvant les rapports de la direction sortante, 12,36 % votant contre et 12,99 % s’abstenant. Ces chiffres traduisent là encore les réticences de syndiqués qui acceptent mal l’évolution toujours plus marquée de leur confédération vers ce syndicalisme que l’on prétend « de concertation et de proposition » dont leurs dirigeants se font les ardents champions. Il est toutefois bien difficile de mesurer, à travers ces chiffres, l’ampleur et surtout la profondeur de ces réticences. Mais on a pu constater qu’elles existent. Et pas seulement au niveau du congrès. Ces pourcentages, tout comme les comptes-rendus des débats, tout comme le congrès, donnent forcément un reflet déformé de ce qui se passe au sein de la CGT, par le fait même que la représentation par délégations a contribué à gommer les oppositions. A cela s’ajoute le fait que, cette fois encore, la sélection des délégués par les différentes instances a abouti à la mise à l’écart de délégués qui n’étaient pas, ou qu’on soupçonnait ne pas être, dans la ligne de la direction en place. On en a eu plusieurs exemples.

De 1995 à 2003, la CGT construit son image de syndicat responsable, « de proposition et de concertation »

https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve184

2004

La CGT signe un accord de prévention des grèves, une première historique !

« Un accord historique et prometteur », a déclaré le ministre des transports De Robien, se réjouissant de la signature, le 28 octobre, par six syndicats, et surtout par la CGT, de l’accord imposant de nouvelles restrictions au droit de grève à la SNCF, accord dit d’ « amélioration du dialogue social et prévention des conflits ». Historique ? Le terme est exagéré : l’histoire syndicale (celle de la CGT comme des autres) est truffée d’autres accords, signés par des syndicats en échange de la reconnaissance de leur rôle d’interlocuteurs privilégiés, du renforcement de leur monopole de représentation des travailleurs ou de quelques sièges dans des commissions.
Mais la signature d’un tel accord anti-grève de la part de la CGT est, tout de même, une première. C’est de la part de Bernard Thibault un geste politique vis-à-vis du gouvernement et du Medef, dont le ministre a toutes les raisons de se féliciter. Car il s’accompagne de l’affirmation que le « dialogue social » serait préférable au conflit, au moment même où à la SNCF comme à la Poste, sur fond de ce prétendu « dialogue » avec les bonzes syndicaux, les suppressions de postes tombent à tour de bras.

https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Un-syndicalisme-de-prevention-des-conflits

Perrier 2004 : un autre exemple des politiques syndicales...

https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve162

2005

En 2005, un nouveau pic de grèves est atteint notamment par les appels intersyndicaux à des journées de mobilisation sur les questions générales du pouvoir d’achat, du service public et des conditions de travail. Ces journées sont l’occasion de fortes manifes¬tations (1 million le 10 mars et le 10 octobre). Mais la stratégie de la multiplication des journées d’action par les directions syndicales s’essouffle à chaque fois. Plus exactement, la stratégie syndicale réussit parfaitement à permettre des lâchers de vapeur et négocier ainsi leur rôle de tampon social avec l’Etat et les patrons.

Les syndicats qui n’ont rien fait pour qu’une liaison entre le mouvement ouvrier et les jeunes de banlieue se réalisé découvrent la "violence des banlieues" et Bernard Thibaut affirme que "rien ne se résoudra dans la violence". A chacun d’interpréter s’il s’agit de la violence de la misère et de l’absence d’avenir ou celle des voitures brûlées ?

Bernard Thibault affirme sans rire qu’on ne voit pas la révolte des jeunes de banlieues arborer de banderoles syndicales. Mais quel effort les syndicats ont-ils fait pour dénoncer la situation des jeunes de banlieues sans emploi et sans avenir ? Aucun ! Mais quel modèle de combativité donne le syndicalisme à ces jeunes qui ont le sentiment de n’avoir rien à perdre ? Ne parlons même pas du modèle de syndicalisme à la François Chérèque (alors que se prépare une grève reconductible à la SNCF, à l’appel de la CGT, FO, SUD-rail et FGAAC, la CFDT-cheminots vient de publier un brillant communiqué intitulé Grève à la SNCF : la CFDT se prononce contre). Mais Bernard Thibault lui-même ? Qui marchande en direct avec Sarkozy (du temps où il était au ministère des finances), par-dessus la tête des ouvriers de Perrier en lutte, la reddition de la CGT et son renoncement à s’opposer au plan de restructuration de l’entreprise et à des centaines de licenciements ? Quel modèle de détermination donne-t-il quand il tente de négocier avec Villepin un adoucissement du plan de privatisation de la SNCM, et que la CGT appelle les marins à la reprise, après 23 jours de grève, dès que le Premier ministre tape du poing sur la table en brandissant la menace de liquidation ? Et quelle preuve d’efficacité quand, en permettant au gouvernement de boucler sans dommage la grève de la SNCM, il lui permet de passer tranquillement à l’opération suivante, la privatisation d’EDF ?

Mais les confédérations syndicales, y compris celle qui apparaît la plus combattive, la CGT, laissent isolée chacune des luttes qui éclatent. Elles meublent le calendrier syndical d’actions par catégories ou secteurs savamment échelonnées dans le temps. Et elles se gardent bien de donner une suite quand une journée d’action nationale, comme celle du 4 octobre, peut apparaître comme un succès qui pourrait donner confiance aux travailleurs en leur force et ouvrir la perspective d’une mobilisation d’ensemble du monde du travail.

Mais l’objectif des confédérations n’est que de montrer, au travers de telles journées, leurs « représentativités » respectives pour s’asseoir aux tables des négociations... auxquelles le gouvernement de Villepin, comme son prédécesseur Raffarin, les invite sans trop de réticence.

Trahison de la grève SNCM

Le choix de la CGT de la SNCM, la direction nationale ayant pesé de tout son poids, de cesser la grève a été assez soudain pour surprendre de nombreux grévistes, qui étaient décidés à tenir malgré le chantage au dépôt de bilan et aux licenciements, fait par le gouvernement sous le couvert de lois présentées comme inexorables. C’est la CGT qui a organisé le vote de reprise du travail. Deux piles de bulletins furent posés sur l’estrade où se tenaient les dirigeants syndicaux. Ils avaient été préparés de façon très particulière puisque l’un des bulletins portait « Oui à la reprise de l’activité. Pour éviter le dépôt de bilan » et l’autre « Non à la reprise de l’activité = dépôt de bilan » !. Ainsi celui qui votait « non » à la reprise du travail avait le sentiment qu’il votait pour le dépôt de bilan.

Jean-Paul Israël, dirigeant CGT de la SNCM : "Face aux ministres, on pouvait se battre mais face à la justice, nous aurions pris des risques. Pour continuer à exister, il fallait lever le pied mais cela ne veut pas dire que le combat en restera là."

https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve163

2006

Nouveau tournant à… droite de la CGT…

https://www.wsws.org/francais/News/2006/avril06/290406_FrCgt.shtml

2007

Cheminots : trahison syndicale de la lutte des cheminots sur les « régimes spéciaux »

Les syndicats ont réussi à isoler et trahir la grève des cheminots pour la défense des régimes spéciaux de retraite. Après dix jours, sans aucune perspective sur laquelle se baser pour battre le gouvernement du président Nicolas Sarkozy, les assemblées générales qui se sont tenues dans toute la France ont voté pour la reprise du travail. De larges poches de résistance, quelque 10 pour cent, soit près de 14 000 cheminots, étaient encore en grève.

Les 18 et 19 octobre démarre une grève pour défendre la retraite des cheminots. Loin de chercher à l’appuyer, moins encore à l’étendre, elle est brisée par les syndicats dont la CGT.

A la Gare de Lyon, bastion de la CGT, deux des trois assemblées générales ont voté pour la poursuite de la grève, « au grand dam des délégués CGT », rapporte Libération.

Les travailleurs venus faire pression sur la réunion entre les syndicats de la RATP, la direction et le gouvernement, mercredi dernier, étaient furieux. Libération rapporte, « Des sifflets. Puis des huées. Dans le hall du siège de la RATP, hier en fin de matinée, le responsable de la CGT redescendu de la négociation tripartite, a du mal à terminer son compte-rendu. "Trahison !", "Vendu !", lance une grande partie de l’assemblée, pourtant composée en majorité de cégétistes. L’ambiance est électrique. De petits groupes se forment, s’engueulent. Assis à l’écart, Jean-Pierre a "envie de vomir". »

On peut lire dans la presse : "Bernard Thibault, Didier Le Reste (cheminots), Frédéric Imbrecht (énergie) et Gérard Leboeuf (RATP) s’expliquent ouvertement. Il faut entendre Didier Le Reste expliquer qu’il n’avait jamais été question de contester le passage aux 40 ans ! Il faut entendre Frédéric Imbrecht expliquer qu’en tant qu’organisation majoritaire (et responsable) il fallait engranger des résultats pour être crédible… Il a l’air malin, à l’heure où les négociations sont suspendues faute de résultat dans le domaine de l’énergie ! Il faut entendre Bernard Thibault assurer que le mouvement a déstabilisé les projets gouvernementaux !"

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497

En 2007-2008, le capitalisme s’effondre et est incapable de se redresser autrement que de manière complètement artificielle, en se faisant entièrement financer sur fonds des Etats et des banques centrales. Mais les syndicats ne veulent pas savoir que le capitalisme est mort… Pas étonnant : ce serait reconnaitre que le réformisme syndical est mort lui aussi !

Bien des travailleurs, bien des gens de milieu populaire aussi, se demandent pourquoi toutes les luttes sociales conduites par les syndicats sont vaincues depuis la crise de 2007-2008 et répondent que c’est parce que les gouvernants sont les mauvais, que les réformes ne sont pas les bonnes, ou que les riches sont trop gourmands. Ils se demandent aussi pourquoi le pouvoir n’a pas reculé toutes ces années devant des luttes syndicales et s’est senti contraint de reculer devant les gilets jaunes ! Et ils ignorent que la réponse aux deux questions est exactement la même !

La réponse est pourtant simple : la crise actuelle du capitalisme de 2007-2008 n’est pas conjoncturelle mais révolutionnaire, ce qui signifie qu’elle ne peut se résoudre que par la mort, soit celle du grand capital, soit celle de la démocratie capitaliste, la fin de l’époque du réformisme. Si le réformisme n’a pas plus cours dans cette situation, ce n’est pas du fait de particularités négatives des gouvernants, que ce soit Macron, Hollande ou Sarkozy. Ce n’est même pas du fait de particularités des organisations réformistes elles-mêmes, qu’elles soient syndicales, politiques ou associatives. C’est bel et bien le réformisme en général qui est devenu incapable d’agir de manière positive sur la société capitaliste, sur ses classes dirigeantes et possédantes.

Quand nous disons « le réformisme », nous ne voulons pas parler seulement des appareils réformistes, des partis, des associations et des syndicats réformistes et du rôle complètement négatif que jouent ces organisations par rapport aux capacités de s’organiser, de se mobiliser et de se battre des exploités. Il ne sert à rien de se plaindre de leur réformisme : ils ne peuvent pas changer, quelle que soit la pression, la révolte et même la révolution des exploités et des opprimés, rien ne leur permettra de changer de nature. Même s’ils étaient persuadés eux aussi qu’on ne peut rien réformer, ils resteraient réformistes. Si notre avenir dépendait du fait que les appareils en question soient réformistes ou pas, nous n’aurions aucun avenir, nous serions d’avance foutus !

Les organisations qui prétendent réformer… les réformistes sont des menteurs, y compris et surtout celles qui se disent révolutionnaires ! Elles affirment que des réformistes combatifs seraient meilleurs, qu’ils pourraient être plus démocratiques ou plus offensifs…

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5778

Ce que l’effondrement de 2007-2008 signifie fondamentalement : les forces productives humaines ont dépassé le cadre étroit des rapports de production fondés sur la propriété privée des moyens de production
Certes, les défenseurs du système d’exploitation capitaliste ne cessent de vouloir faire croire que 2007 n’a été qu’un accident, qu’une maladie provisoire, soignable, qu’un cycle de recul qui sera suivi d’un cycle de remontée, qu’un phénomène conjoncturel, que le produit d’un petit dysfonctionnement qui sera rapidement réglé si les décideurs se… décident à réguler tout ça !
Tout est fait pour nous amener à minimiser ce qui s’est produit en 2007 et aussi pour nous faire croire que maintenant nous sommes dans d’autres types de problèmes. Mais cela est faux : le monde capitaliste a bloqué son horloge sur la date de 2007 et ne peut plus avancer. Et encore, s’il ne s’est pas complètement effondré en 2008 et depuis, c’est uniquement du fait de l’intervention financière massive des Etats et des banques centrales et pas d’une quelconque reprise économique des investissements privés capitalistes qui aurait relancé la machine. Et tous les investissements privés qui continuent de fonctionner ne le font qu’à condition que l’Etat s’engage et à leur fournir des profits sur la base de fonds publics et pas sur la base de la confiance retrouvée dans les marchés.

Le capitalisme meurt d’avoir... trop bien réussi à accumuler du capital…

La situation actuelle du capitalisme, celle des années 2000, est caractérisée par une suraccumulation du capital. Suraccumulation signifie qu’il y a eu relativement trop d’accumulation. L’accumulation signifie que le capital s’investit et produit plus de capital. Le capitalisme peut distribue plus de capital à des prêteurs mais ce n’est pas dans cette sphère que le capital s’accroit réellement. C’est seulement dans la sphère de transformation des marchandises que l’on peut intégrer la plus-value extraite du travail humain dans la valeur et produire du profit qui sera ensuite distribué dans toutes les sphères de l’économie. En somme, si le capital se retire de la production de manière massive, il se retire aussi de la sphère qui produit un accroissement de capital, de la sphère où est produite l’accumulation. C’est donc bel et bien d’un trop plein de capital qu’il s’agit.

Car c’est au plus haut niveau de la productivité du travail que le grand capital bloque. C’est aussi au plus haut niveau des échanges mondiaux. C’est encore au plus haut niveau des capacités technologiques nouvelles. C’est enfin au plus haut niveau de la croissance : la croissance du PIB qui a mis 140 ans met actuellement six ans… Non, c’est ce succès que le capitalisme est incapable d’assumer, c’est-à-dire de considérer comme suffisamment rentable à court terme pour lui car il est beaucoup plus rentable à court terme de spéculer que d’investir. Il y a beaucoup trop de capital, il a beaucoup trop accumulé, pour qu’il y ait assez d’accroissement des investissements productifs rentables pour l’absorber. Du coup, ce capital en trop devient du capital nocif qui crée un pôle attracteur massif pour tous les capitaux en dehors de la sphère productive. Le capitalisme a atteint ses limites.

Il ne sert à rien de nous dire que le capital financier ait toujours existé, qu’il n’est même pas différent en terme de propriétaire du capital productif, tout cela est certes exact mais cela ne change rien à un fait très important : le capital financier a pris dans les années 1990 une importance qu’il n’avait jamais connu au cours de toute l’histoire du capitalisme, devenant bien plus attractif que l’investissement productif… Cette tendance, loin d’être combattue, a été favorisée par les gouvernants mondiaux car cela permettait momentanément de dépasser les limites des capacités d’investissements en créant des nouveaux investissements improductifs. Les dividendes s’en sont encore accrus, le capital aussi et au début des années 2000 on avait déjà dépassé le niveau de suraccumulation que l’on a ensuite tenté de forcer par des moyens d’accumulation financière exagérée (comme la titrisation des dettes) comme les subprimes ou les LBO… La « crise » de 2007 n’est est pas une car elle n’est pas le début des difficultés mais la fin des possibilités du système. Depuis, on vit uniquement de subterfuges. Sans les masses de milliards de capitaux fournis par les Etats et banques centrales, on ne parlerait déjà plus du capitalisme !

Cela montre aussi que la méthode actuellement choisie par les Etats, introduire dans les marchés financiers des masses de capitaux publics, ne peut pas du tout résoudre la crise, même si elle permet de pallier le retrait des capitaux privés dans les investissements. Cela ne peut ni être une solution ni être durable. Cela signifie que les capitalistes n’utilisent actuellement que des moyens palliatifs et non des soins de la crise, qu’ils n’espèrent donc nullement juguler. Cela signifie qu’ils comptent seulement faire un peu durer la situation, au bord du gouffre, pour faire en sorte que la catastrophe ne se transforme pas en offensive générale des exploités contre les exploiteurs.

En gagnant du temps, les capitalistes et leurs Etats, préparent les réponses politiques possibles pour sauver les classes dirigeantes : développement des fascismes, des dictatures et des guerres allant vers la guerre mondiale. La situation n’est pas celle de sacrifices limités pour les classes populaires en attendant une reprise, mais celle de socialisme ou barbarie. Ce qui se pose aux travailleurs, c’est la question de la révolution sociale et pas seulement de luttes défensives sur le seul terrain économique. Ce qui est nécessaire, c’est l’organisation des masses sur le terrain politique. Ce n’est pas seulement la lutte syndicale. Ce sont les comités de travailleurs.

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478

2008

La CGT combat… contre les sans-papiers de Viry-Chatillon…

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1148

La CGT ne se bat pas contre la fin des 35 heures décrétée par Sarkozy…

https://www.wsws.org/francais/News/2008/jui08/35hr-j29.shtml

Encore une tromperie syndicale !

Quand le 7 mai, le ministre du Travail Xavier Bertrand a confirmé son projet de faire passer de 40 à 41 années la durée de cotisation ouvrant droit à une retraite complète, les syndicats n’ont pas appelé les autres travailleurs touchés par cette mesure, dont les cheminots, les travailleurs du transport aérien, de l’énergie, de Telecom et de la poste, à rejoindre l’action du 15 mai, mais ont plutôt appelé à une journée d’action séparée le 22 mai. Durant la manifestation du 15 mai, plus de 300 000 personnes ont défilé et un million de travailleurs ont fait grève ; cela a été suivi par la manifestation pour les droits à la retraite le 22 mai où 700 000 personnes ont défilé dans tout le pays.

Le jour suivant, les syndicats signaient un accord sur le « dialogue social » et les conditions d’emploi dans le service public. En signant un accord que les grèves des travailleurs du secteur public avaient pour but d’empêcher, les syndicats ont, dans les faits, torpillé la mobilisation des travailleurs du secteur public. Le 24 mai, une manifestation contre les suppressions d’emplois dans l’éducation n’a réuni que 7000 personnes à Paris.

Au moment des grèves croissantes des marins-pêcheurs les 26 et 27 mai sur la question du prix des carburants, les syndicats ont décidé de ne pas appeler à d’autres grèves contre les suppressions de postes dans l’éducation, au motif qu’il était nécessaire de laisser lycéens et enseignants travailler pour les examens de fin d’année. Une déclaration commune des syndicats de l’éducation des différentes confédérations syndicales déclarait qu’elles « renvoyaient la question d’une suite à leur mouvement après les vacances d’été ». Le 10 juin, la mobilisation des fonctionnaires et des cheminots contre les suppressions de postes, la réforme des retraites et la réforme du fret à la SNCF a eu lieu alors que se déroulaient des grèves de travailleurs dans les ports commerciaux stratégiques contre la privatisation, ainsi que des grèves de pêcheurs, de transporteurs routiers et d’ambulanciers et fermiers contre la hausse des prix du gazole. Mais les syndicats n’ont aucunement cherché à organiser une grève plus large du secteur des transports contre la privatisation et la hausse du prix des carburants.

Le 11 juin, les syndicats ont signé un accord sur « seize points de convergence » avec le ministre de l’Education nationale Xavier Darcos, torpillant la relance du mouvement des lycéens après les grandes vacances ce qu’ils avaient faussement suggéré être en train d’envisager le 27 mai. Les 12 et 13 juin, le parlement votait des lois de réforme et de déréglementation du marché du travail, la précédente ayant été signée par les syndicats en janvier. Ces actes montrent de plus en plus clairement aux travailleurs que les syndicats ne s’opposent pas sérieusement au gouvernement, lequel n’a aucune intention de céder devant des grèves isolées.

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497

2009

L’année 2009 a été marquée par le caractère particulier des luttes. On a constaté que certaines luttes locales ont été massives et radicales, qu’il s’agisse de combats contre des licenciements ou des fermetures, comme dans le cas des sous-traitants de l’Automobile (Molex, Caterpillar ou Continental notamment), contre la dégradation des services publics (SNCF, La Poste, Pôle emploi ou les hôpitaux) ou encore pour les salaires (EDF, RER, secteur privé, ...). Enfin, il y a eu les journées d’action syndicales. C’est donc une année où les travailleurs ont participé à un nombre important de luttes et pourtant le sussèce n’est pas au rendez-vous. une fois de plus les salaires, les emplois et les conditions de travail ont gravement reculé en 2009. Certes, la crise y est pour quelque chose, mais elle n’a pas empêché les profits des boursicoteurs du CAC40 et les revenus des grands patrons des trusts et des banques de grimper en flèche ! C’est donc les travailleurs qui sont les seuls à payer et on n’a pas eu en 2009 le rapport de forces permettant de faire reculer nos adversaires du patronat et du gouvernement. Pourquoi des luttes radicales et massives n’ont pas permis de gagner sinon parce qu’actuellement nous avons à faire à une attaque générale qui ne peut se combattre que tous ensemble et non secteur par secteur ?

Les centrales syndicales détournent les travailleurs de s’organiser eux-mêmes en comités en vue de faire le bilan et de mettre au point la riposte nécessaire.
Ce devrait être aux travailleurs de décider des suites à donner à la lutte. Au lieu de cela, les confédérations syndicales occupent le terrain avec des propositions qui divisent, qui affaiblissent et qui empêchent les travailleurs de se faire eux-mêmes d’autres propositions.
Par exemple, il y a du mécontentement en cette rentrée. Les confédérations décident alors de le détourner par des luttes divisées. En 2010, les journées d’action de 2009 continuent mais, quel progrès !, elles sont sectorisées… La fonction publique est appelée à la grève le 21 janvier, les infirmières et personnels de santé le 26 janvier, France Télévision le 28 janvier, l’Education le 30 janvier. Les ports et docks avaient été appelés le 4 janvier. La Guadeloupe le 9 janvier. L’aviation civile les 13 et 14 janvier. Météo France le 12 janvier. Et, dans le privé, c’est plutôt entreprise par entreprise, etc, etc…

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1547

Alors que la Guadeloupe est déjà en grève générale depuis 9 jours, les syndicats organisent une journée d’action le 29 janvier mais ne font aucun lien avec la situation qui monte Outremer. Plus tard, Bernard Thibaut expliquera que cela n’a rien à voir et qu’il n’est pas question d’appeler à la grève générale en France ....

Nouvel Observateur de mars 2009 : Le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault ne croit pas à une contagion de la situation antillaise en métropole car elle "n’est pas comparable", selon lui. Les conflits sociaux qui touchent l’outremer ne sont pas transposables en métropole, car la situation n’est pas comparable, estime le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault dans un entretien au Parisien publié mardi 10 mars. "Le conflit n’est pas transposable", affirme Bernard Thibault. "La situation n’est pas comparable. Les Antilles sont gangrenées par un taux de chômage de 20%, les prix y sont deux ou trois fois plus élevés et les salaires de 15% inférieurs à ceux de la métropole", explique-t-il. Concernant la journée d’action du 19 mars, Bernard Thibault, faisant référence au succès du 29 janvier, "attend au moins autant de personnes que la dernière fois" dans la rue. »

« Le Monde » écrivait en janvier 2009 : « A l’Elysée comme au Parti socialiste, dans les syndicats comme dans les milieux patronaux, tout le monde redoute une explosion du chaudron social. »

Et en mars 2009 ? Qui a refusé de donner une suite à la journée nationale d’action du 19 mars 2009 ? Tous les appareils syndicaux unis en l’occurrence !

De janvier à juin 2009, se déroule le mouvement des enseignants-chercheurs dans lequel les syndicats sont restés en marge sans être capables ni de le diriger, ni de l’arrêter, ni de s’en désolidariser ouvertement....

Le journal économique les Echos du 10 avril 2009 titre : "L’exécutif cherche à associer les syndicats à la gestion de la crise". "François Fillon revient sur le paritarisme mais aussi « la consolidation de la place de la représentation du personnel dans l’entreprise ». Il reprend également le sujet de la « gouvernance des entreprises », avec une « meilleure association des représentants des salariés en amont des opérations de restructuration et à la stratégie économique ».

Le premier mai 2009, de nombreux travailleurs étaient dans la rue mais on ne pouvait remarquer que la suite des journées de grève était une journée fériée ! Pour faire reculer l’Etat et les patrons, ce n’était pas exactement à la mesure ... Thibaut affirmait qu’il n’est pas possible de demander aux travailleurs de faire grève générale vu qu’ils ont de grosses difficultés financières… !

La suite n’allait pas être plus brillante ! Le 13 juin 2009, l’éteignoir syndical des promenades étalées dans le temps avait fini de produire ses effets. Alain Minc, proche conseiller de Nicolas Sarkozy déclare dans "Le Parisien Dimanche" : "Je constate que ce printemps 2009, leur (des syndicats) sens de l’intérêt général a été impressionnant pour canaliser le mécontentement. L’automne a été d’un calme absolu. Je dis : chapeau bas, les syndicats !"

Avec l’été 2009, se multiplient les mouvements localisés comme Continental et New Fabris où les salariés d’une entreprise luttent seuls face à un patron qui licencie. Le cas est fréquent chez les sous-traitants de l’Automobile. Les salariés en colère bloquent leur patron ou leurs cadres dirigeants.

Les syndicats ont refusé de tenter de centraliser les luttes contre les licenciements du privé sans parler de les lier à celles contre les suppressions d’emplois du public. Du coup, les entreprises du type Continental, Caterpillar et autres se retrouvent dos au mur, les salariés étant contraints d’accepter d’être jetés à la rue contre une petite somme (toute petite) et les syndicats locaux criant victoire…

Pour compléter, les bureaucraties syndicales, depuis la rentrée, ont multiplié des initiatives dispersées pour « éviter que les expressions de radicalité fassent tâche d’huile » : à partir du 1er octobre, un mouvement limité aux travailleurs immigrés sans papiers (les syndicats ne s’adressent pas à leurs collègues de travail qui ont la nationalité française ou des titres de séjour) ; une journée d’action limitée aux « entreprises qui licencient », le 17 septembre, au Palais Brongniart (qui n’héberge plus la Bourse de Paris depuis… 1980) ; à la Poste, le 22 septembre et le 24 novembre ; aux hôpitaux le 30 septembre, le 20 octobre et le 15 décembre ; à la SNCF, le 20 octobre ; à l’Éducation nationale, le 24 novembre ; à la fonction publique territoriale, le 18 novembre ; au Pôle Emploi, le 20 octobre, etc.

Au lieu de défendre le service public de La Poste par une lutte ou une grève, il a été mis en place une comédie en octobre 2009, c’est la "votation citoyenne".

Le 2 novembre 2009, la collaboration de classe battait son plein et l’entente entre les dirigeants syndicaux et Sarkozy. Ce dernier installait un « comité organisateur des états généraux pour une politique industrielle » présidé par un patron de Sanofi-Aventis, comprenant Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, des représentants du patronat français, des parlementaires UMP, PS… La défense de « l’industrie française » désigne comme ennemi commun l’étranger (inclus les travailleurs des autres pays), elle débouche fatalement sur des concessions des producteurs aux exploiteurs (pour assurer l’avenir des entreprises nationales).

Du côté des sans-papiers, on assiste de la part de la CGT à la récupération de la lutte des sans-papiers, au travers de grèves des sans-papiers et de constitution de dossiers, pour obtenir en accord avec Sarkozy à une reconnaissance de la CGT comme seul interlocuteur chargé par les préfectures de filtrer les dossiers suivant des critères inférieurs à ceux en vigueur dans les préfectures jusque là. Il en découle une occupation de la Bourse du Travail de Paris par des sans-papiers rejetés par la CGT, elle-même achevée par une intervention musclée du service d’ordre le CGT.

La CGT a en effet mené une politique dans cette grève qui démolit le rapport de force qui avait été construit à partir de la lutte des Saint-Bernard. Il collabore avec le pouvoir et nous ramène au "cas par cas" rejeté définitivement par le mouvement des sans-papiers !
2010.

La CGT de Renault qui ne signait traditionnellement que rarement les accords avec le patron, qui avait refusé de signer le Contrat Social de Crise, plan d’austérité prévoyant notamment du chômage partiel et couvrant d’autres licenciements chez les sous-traitants et précaires, n’avait pas été signé par la CGT en 2009. Ce syndicat le signe en 2010 ! Et, pour faire bonne mesure, il ne vote pas contre les fermetures de sites de Renault : CTR (Rueil), Robinson, Boulogne. La plupart des autres syndicats ont voté contre : un comble !

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729

2010

Attaque sur les retraites, sur les services publics, colère des salariés, des retraités, des chômeurs, des jeunes, des femmes, des cheminots : tout semble concourir à faire de 2010 un mouvement massif de lutte de classes allant vers la grève générale. Tout sauf les dirigeants syndicaux… Ils mènent toutes les grèves de manière à ce qu’elles soient dispersées…

https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve342

"Les Echos", un journal patronal écrit : les syndicats ont peur de la grève reconductible…

https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve331

Qu’il suffise de rappeler les déclarations de 2010, lors du mouvement des retraites, qui a mené dans le mur, celles du dirigeant CGT Bernard Thibaut qui affirmait qu’un appel à la grève générale n’était pas possible, n’était pas souhaitable ou encore qu’il serait absurde et que les autres dirigeants syndicaux disaient des choses pires encore…

Le 5 octobre 2010, le secrétaire général de la CGT Bernard Thibaut déclare à l’AFP : « Personne ne peut prétendre faire participer sous la même forme plusieurs dizaines de millions de personnes, de la signature d’une pétition à la participation à une multitude d’initiatives locales, voire aux manifestations lors des journées interprofessionnelles. Qui dit mouvement social dit de multiples formes pour y participer ».

Bernard Thibaut le 7 octobre 2010 sur RTL : ’« Cela ( la grève générale) n’a jamais été pratiqué dans l’histoire sociale de notre pays (...) C’est un slogan pour moi tout à fait abstrait, abscons. Cela ne correspond pas aux pratiques par lesquelles on parvient à élever le niveau du rapport de forces. »

CFDT : « La CFDT et l’intersyndicale n’ont jamais prôné de grève reconductible. (…) Le risque d’embrasement est réel sans que les organisations syndicales ne maîtrisent le système. (…) L’absence de dialogue risque de former un jour des positions jusqu’auboutistes. »
Pas étonnant, la CFDT, qui s’était distinguée bien des fois par son amitié pour le MEDEF et le gouvernement y compris sur les retraites, est une jusqu’auboutiste du soutien du capitalisme. Elle s’est d’ailleurs empressée d’aller se jeter dans de nouvelles négociations avec ses petits copains du MEDEF. Mais elle a dit une vérité : l’unité syndicale n’a fait qu’empêcher les travailleurs de mener eux-mêmes la lutte de manière plus radicale... Tout cela avec une grande aide : celle de la CGT !
CGT :
Bernard Thibault l’a dit : "la CGT va continuer à conjuguer mobilisation, proposition, contestation lorsqu’il le faut, et négociation."
Mais négocier quoi ? Avec qui ? Dans quel but ? Il ne le dit pas !

Bernard Thibault (CGT) estime qu’"il n’est pas surprenant que le débat s’amplifie dans les entreprises en raison de la surdité du gouvernement, et appelle à des assemblées des personnels sur les formes d’action. Pour l’heure toutefois, il serait "irresponsable" de lancer un mot d’ordre de grève reconductible, les entreprises où les salariés y sont prêts restant très, très minoritaires", juge-t-il.
Bernard Thibaut lui-même participait à un club de la bourgeoisie, secret aussi et du même type intitulé « Le Siècle »… Bien entendu, même en pleine lutte des retraites, Thibaut s’est bien gardé de rompre la solidarité et le secret de cet organisme patronal !
La dernière intervention forte de Bernard Thibaut, alors secrétaire général de la CGT, n’était-t-elle pas celle du mouvement des retraites quand il affirmait que la grève générale ne devait surtout pas être la perspective de cette lutte car la tradition du mouvement ouvrier français excluait, selon lui, ce type d’action !!! Pendant ce temps, sous prétexte de maintenir à tout prix « l’unité intersyndicale », il fallait laisser seuls les grévistes des raffineries pétrolières, en allant jusqu’à prétendre qu’à elles seules elles allaient gagner la bataille des retraites… Au même moment, alors que les travailleurs étaient prétendument mobilisés, les syndicats laissaient se battre seuls les ouvriers des sous-traitants de l’Automobile licenciés et des hospitaliers en grève.
Thibaut ne rompait ainsi en rien avec ses propres prises de position qui, contrairement à ce que croient bien des militants, n’ont jamais rien eu de radical, en tout cas pas aux côtés de travailleurs. On rappellera son intervention pour faire céder les syndicalistes locaux face au patronat de choc de Périer… Il avait ainsi cassé la grève des fonctionnaires de 1995, ayant réalisé des négociations séparées pour les cheminots avec le ministère du travail et était sorti de ces négociations en rendant publique un appel de fin de grève, sans consulter les assemblées interprofessionnelles, en lâchant les autres catégories de fonctionnaires qui avaient rejoint les cheminots, en particulier les travailleurs de la RATP, lesquels n’ont plus jamais fait grève avec les cheminots ! La division des travailleurs, la CGT en avait d’ailleurs donné la démonstration cette année-là, celle du fameux « tous ensemble » des syndicats en laissant isolés les mouvements des travailleurs du privé, de Renault à Thomson ou à l’Aérospatiale, quelques mois auparavant…

Malgré des mobilisations parfois réussies, les attaques patronales et gouvernementales de ces dernières années ont toutes été des succès. Les entreprises qui licencient, comme New Fabris ou Continental, ont connu des grèves (grèves massives avec occupation et parfois des cadres et dirigeants séquestrés et menaces de faire exploser l’entreprise éventuellement), mais, au final, les salariés sont licenciés, et les sous qu’ils ont gagné durement ne sont rien face au coût de la vie et rien face aux profits des capitalistes. Certains syndicats parlent de victoire et certains des salariés qui ont mené ces luttes ressentent honnêtement une victoire mais elle est bien amère... Pour le reste, le résultat de la stratégie de journées d’action suivies de négociations avec l’Etat et les patrons est un recul sur toute la ligne. Les services publics sont progressivement attaqués et privatisés. Le chômage et la misère augmentent. Les retraites, la santé, la sécu sont mis en cause. Et la crise est loin d’être finie.

Un exemple : la lutte des salariés de Continental contre les licenciements.
Les dirigeants syndicaux les appellent à reprendre le travail :
"Il faut que la reprise se fasse, mais pas dans n’importe quelles conditions", avait déclaré devant les salariés Xavier Mathieu, délégué CGT, en pointe dans le mouvement depuis l’annonce de la fermeture d’ici 2010 du site qui emploie 1.120 personnes, la plus importante en France depuis le début de la crise.
"On va reprendre le travail, mais la lutte continue, elle sera même plus facile, parce qu’on n’aura plus le souci de ne pas être payé", avait-il ajouté.
"C’est clair qu’il faut reprendre, vos familles ont besoin de cet argent", avait déclaré aux salariés présents Antonio Da Costa, secrétaire CFTC du CE.

Le mouvement des retraites de 2010

En 2010, les journées d’action de 2009 étalées continuent mais, quel progrès !, elles sont sectorisées… Les ports et docks sont appelés à la grève le 4 janvier, la Guadeloupe le 9 janvier, l’aviation civile les 13 et 14 janvier, la fonction publique le 21 janvier, les infirmières et personnels de santé le 26 janvier, France Télévision le 28 janvier, l’Education le 30 janvier. Lorsque, par hasard, les hospitaliers étaient appelés en même temps que les enseignants, les confédérations leur ont donné des rendez-vous différents pour manifester !

Les syndicats nous appellent à une journée nationale et de manifestations le 23 mars 2010. Cela serait bien entendu indispensable et important vu l’ampleur des attaques qui menacent nos retraites. Le gouvernement vide les caisses, amplifie les suppressions d’emplois en supprimant des emplois dans le public et en organisant les suppressions d’emplois des prestataires de l’Automobile par exemple. Il prévoit, soi-disant pour renflouer les caisses, d’imposer des retraites sous-payées, des cotisations salariales en hausse et une retraite à 60, 61 ans ou plus… Mais, le texte même des appels syndicaux en dit long sur leur absence de combativité sur le fond. Au lieu d’écrire tout simplement : pas touche aux régimes de retraites, ils écrivent : « pas de réforme sans un débat national ». Mais on sait que ces fameuses « réformes » sont des destructions ! Pas besoin d’en débattre ! Ou encore, ils écrivent « Reconnaissance de la pénibilité d’abord ». Pas d’accord ! Ne commençons pas par édicter des exceptions mais la règle : 60 ans pour tous sans aucune réduction de pension ! Et qu’on ne nous refasse pas le coup des retraites de 2003….
Avec la soi-disant grève générale des raffineries de fin février 2010, on assiste à une de raffinerie...dans la tactique pour renouveler le jeu patron/Etat/syndicat qui commençait à s’user.
Pour en dire plus, il faut rentrer dans bien des détails scabreux...
Les travailleurs de cette raffinerie sont véritablement pris en otage, leur site menacé leur dit-on de fermeture puis on leur dit non puis oui, puis pas tout de suite puis pas avant cinq ans, puis toutes les raffineries sont menacées, puis le gouvernement affirme qu’aucune ne l’est, puis le dirigeant de Total, nullement indépendant du pouvoir, déclare qu’il verra, qu’il tentera de sauver des emplois, de proposer des alternatives, puis, puis, ...
Visiblement déjà tout ce petit monde joue un jeu. Lequel ? Ils veulent provoquer une lutte ou quoi ?
Puis la lutte démarre. Ou du moins ce qui est présenté comme tel.
Contre qui lutte-on devrait-on demander dans chaque lutte. Et ici plus que jamais !
Total, c’est la même chose que le gouvernement et ils ne disent jamais la même chose tout en faisant semblant de se concerter. Vous avez dit bizarre...
Les syndicats jouent un autre jeu, tout aussi compliqué. ils appellent une raffinerie, tout Total, toutes les raffineries, plus aucune, de nouveau Total, de nouveau plus aucune, finalement la seule paraît-il menacée. Oulala ! ça donne mal à la tête aux concernés, aux grévistes, aux non-grévistes qui ne savent pas si on les appelle encore ou non...
Quelle impression cherche-t-on à donner ? Que les syndicats ont mené une lutte alors qu’il y avait arrangement dès le départ, cela y ressemble bien.
Généraliser les luttes n’entre pas dans la stratégie de ces centrales. Quand elles font semblant, c’est assez désordonné et peu convaincant.

Pour finir, la CGT annonce que la grève générale des raffineries est finie avant d’avoir commencé, sans consulter ni les sections syndicales, ni les travailleurs, sans que les travailleurs de la raffinerie en question n’aient obtenu de réelles garanties, sans rien... Chapeau bas, la CGT : pour les raffineries dans les manipulations, c’est fort...

La CGT a estimé, mardi 23 février, que les conditions d’une suspension de la grève dans le groupe Total, qui dure depuis mercredi dernier, étaient réunies. "La CGT considère que des avancées significatives obtenues par la mobilisation des salariés crée les conditions d’une suspension", a déclaré à la presse Charles Foulard, coordinateur de la CGT pour le groupe Total. De même, FO appelle à la suspension du mouvement, a indiqué son négociateur, Claude Maghue. La direction et les syndicats, après neuf heures de négociations, sont arrivés à un "relevé de conclusions" qui "sera soumis à la signature des organisations syndicales".

Et le 11 mars, on peut lire dans Le Figaro :

"La CGT du groupe Total a indiqué jeudi qu’elle ne reprendrait pas d’éventuelle grève en soutien aux salariés de la raffinerie de Dunkerque (Nord) avant le jugement d’un recours du comité central d’entreprise (CCE) contre sa fermeture. Le dépôt de ce recours est "en cours" et la CGT espère une décision de justice "dans une quinzaine de jours", a déclaré à l’AFP Charles Foulard, coordinateur CGT pour le groupe.

"Nous poursuivons la suspension du mouvement de grève nationale jusqu’au jugement en référé, qui sera un point d’appui", a-t-il indiqué, après une grève très suivie d’une semaine fin février qui avait menacé les approvisionnements des stations-services.

La CGT de la branche pétrole a déjà appelé à la grève les salariés des 13 raffineries françaises (dont 6 possédées par Total) le 15 avril, date d’une table ronde nationale sur l’avenir du raffinage en France. Selon Sud, majoritaire à la raffinerie de Dunkerque, cet appel n’était "pas l’urgence" alors que les salariés de l’établissement sont en grève depuis deux mois, mais le syndicat a dit vouloir être "constructif" avec la CGT, majoritaire dans le groupe pétrolier. "

En somme, trahison des salariés sur toute la ligne...

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729

https://www.matierevolution.org/spip.php?article1605

En ce qui concerne les formes d’organisation, il est clair que les centrales - toutes de manière unanime - sont contre des formes d’organisation et de décision à la base, des comités, des conseils, des collectifs, des coordinations, quelle que soit la manière dont on les appelle : comités de grève, comités de lutte, comités d’action, comités de quartier, comités inter-entreprises, comités interprofessionnels...

L’organisation de classe, en comités qui interfèrent de plus en plus dans la société jusqu’à la prise du pouvoir, menace l’ordre existant et révèle aux travailleurs eux-mêmes leur capacité à diriger la société et le sens dans lequel ils souhaitent la diriger.

Toute forme d’organisation de classe, même embryonnaire, remet en question l’ordre social dont les appareils syndicaux sont un des piliers.

Les centrales syndicales visent à convaincre les travailleurs qu’elles feront tout très bien à leur place, comme avocats, comme assurance, comme sécurité, comme négociateurs, comme décideurs des des rythmes et moyens de lutte... Elles trouvent les revendications, les décident et les discutent avec patronat et Etat, tout cela sans consulter les travailleurs et même pas leurs militants ! Par exemple, la CGT a signé le "Contrat social de crise" qui prévoit comment Renault sacrifie les salariés sans que leurs militants en aient été informés ! Ils avaient bien fait des consultations mais toutes disaient que la signature était minoritaire...

A l’opposé, le but numéro un des comités, c’est que les travailleurs décident, discutent de tout devant tout le monde, en se soumettant au maximum au choix des travailleurs. Pas par goût des réunions sans fin mais parce que c’est ainsi que les travailleurs renforcent leur capacité de lute et de changement social.

Et ils combattent férocement toute tentative de les mettre en place, prétendant qu’il suffit d’assemblées générales dans lesquelles les propositions viennent seulement des syndicats, c’est-à-dire de leur direction.

Centrales syndicales et classe ouvrière ne défendent même pas les mêmes intérêts. Il suffit pour le montrer de voir que les centrales s’estiment victorieuses du dernier conflit et que les travailleurs ont été battus. L’intérêt des centrales est d’obtenir la reconnaissance des patrons et de l’Etat ce qui les oblige régulièrement à s’appuyer sur la force de la classe ouvrière afin de contraindre leurs interlocuteurs à ne pas trop baisser les prix payés aux syndicats pour leurs services. Une petite démonstrations ans danger de temps en temps suffit....

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1765

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1764

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article391

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1723

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1753

2011-2013

La CGT et la grève de PSA Aulnay

Le site de PSA (Aulnay) est menacé de fermeture. Les traavailleurs vont être licenciés massivement. Ils seraient une force potentielle énorme pour soulever tout le secteur automobile lui aussi menacé et toute la classe ouvrière qui l’est également, si la lutte d’Aulnay allait dans ce sens… Ce ne sera pas la politique des syndicats à Aulnay ni ailleurs.

Le dirigeant de la CGT Aulnay : « nous allons être le cauchemar du patron », « nous allons transformer Aulnay en forteresse ouvrière ». Aulnay en forteresse, voilà qui signifiait que les travailleurs d’Aulnay défendaient seulement leur site alors qu’il y avait encore plus de licenciements dans l’ensemble des autres sites qu’à Aulnay seule et qu’ils se gardaient d’appeler à la lutte de l’ensemble du trust, unité absolument indispensable dans une attaque d’ensemble, unité que la confédération syndicale ne voulait surtout pas organiser. Le discours du chef syndical CGT d’Aulnay ne risquait pas préparer une lutte d’ensemble puisqu’il ne mobilisait que derrière une banderole « non à la fermeture d’Aulnay » et jamais derrière un « non aux licenciements à Peugeot » ! Et, d’autre part, l’objectif donné aux salariés était de répartir les productions entre les sites, ce qui sous-entendait qu’il fallait lutter pour produire à Aulnay.

Les dirigeants syndicaux ont fait attendre des mois après l’annonce de la fermeture par le patron ensuite pour que les travailleurs d’Aulnay qui avaient déjà vu leur moral cassé par des mois et des années pendant lesquelles la CGT s’était chargée par avance d’annoncer le projet de fermeture du patron. Quand on vous serine pendant des mois à longueur de déclaration du chef CGT que « le site d’Aulnay va fermer », sans autre développement de perspective de lutte, sans montrer en quoi cela concernait le reste de la classe ouvrière ou le reste des ouvriers de PSA, on ne peut pas dire que vous ayez le moral en entendant les chefs syndicaux.

Les syndicalistes réformistes veulent absolument faire croire que la crise est factice et n’est qu’un prétexte à des sacrifices pour les travailleurs. Ils veulent affirmer que la crise ne pourrait provenir que d’une baisse des ventes. Ils ne veulent pas admettre que le capitalisme ait pu atteindre ses limites, car alors leur rôle aurait aussi atteint le sien.
Cela signifie que leurs seuls critères sont les ventes et les profits. Mais le critère de la crise actuelle est la fin de l’accumulation privée du capital. Les riches ont beaucoup d’argent, mais ne veulent plus l’investir dans la production et le commerce. Ils spéculent. Et plus ils spéculent, plus la spéculation devient plus intéressante à court terme que l’investissement. C’est donc devant une spirale destructrice que se retrouve le système. Son seul moyen de tenir momentanément a été l’investissement massif des Etats qui a mené à leur faillite actuelle... A PSA et Renault, l’Etat a donné et n’arrête pas de donner des milliards et cela ne peut suffire à pallier les investissements des trusts.
Cela signifie que tous les capitalistes, que PSA, que Renault, que le Bâtiment spéculent. Cela signifie aussi qu’ils estiment la spéculation sur les fonds souverains par exemple bien plus profitable que de produire des voitures… Avec des risques : ils viennent de perdre beaucoup d’argent en jouant sur les dettes souveraines de la Grèce, de l’Espagne, de l’Italie. Et ils vont en avoir perdu encore bien plus sur les dettes souveraines… de la France ! D’où les suppressions d’emplois et les licenciements en prévision…
Les suppressions d’emploi à PSA ne sont pas plus causées par le manque des véhicules vendus que les licenciements à la Société Générale ou à la BNP le seraient par le manque de comptes de particuliers ouverts, ni les licenciements du Bâtiment par le manque d’acheteurs d’appartements.
Tous ces licenciements ont exactement la même cause : les capitalistes se retirent massivement de leurs investissements, ils misent plutôt sur des spéculations financières, les capitalistes n’investissent plus, les banques ne prêtent plus, les capitalistes misent sur la chute des monnaies, des Etats, des bourses, des économies car cela rapporte plus. Et les entreprises automobile font de même...
Soulignons le mode de raisonnement développé dans les média par les dirigeants syndicalistes dont nombre de militants révolutionnaires : le patron gagne de l’argent donc il ne devrait pas supprimer des emplois ; les profits sont là et les travailleurs n’en bénéficient pas ; Le groupe choisit de faire travailler en Chine ou au Brésil alors que c’est un trust français aidé par l’Etat français ; PSA a annoncé s’être tiré de la crise avec des profits records et le trust ne devrait pas faire payer les travailleurs, etc, etc... Ce n’est pas juste. Ce n’est pas moral. Ce n’est pas l’intérêt de l’entreprise. Ce n’est pas social. ce ne devrait pas être accepté par l’Etat français qui a payé pour empêcher les suppressions d’emplois. etc, etc...
Bien entendu, nous comprenons très bien ce que veut dire ce discours : la crise est un prétexte, une entreprise qui profite ne devrait pas licencier, ni même supprimer des emplois, on se mobilise avec le droit moral pour nous...
Cela semble légitime, non, tout cela ? Et pourtant, ce n’est qu’un moyen d’aller direct dans le mur, même si les salariés de PSA se mobilisent...
Et d’abord parce que cela repose sur une analyse fausse de la situation.
Bien entendu, nous ne prétendons en rien légitimer la politique de suppressions d’emplois de PSA, mais seulement comprendre la logique patronale pour mieux la combattre.
Le raisonnement précédent sous-entend qu’il s’agit simplement de délocalisations en vue d’augmenter les profits et que la racine de cette politique n’a rien à voir avec la crise que connait le système mondial. C’est faux.
Cette manière de raisonner laisse entendre que les suppressions d’emplois ne sont pas liées aux désordres financiers, boursiers, monétaires et économiques du système mondial. Et c’est faux.
C’est une manière de dire que le patron de PSA mène une politique particulière qui est particulièrement hostile aux travailleurs et qu’il suffirait que les travailleurs de PSA se mobilisent contre ce plan pour le faire reculer. Et c’est faux.
C’est faux parce que l’offensive contre les travailleurs n’est nullement cantonnée à PSA. La première des choses à faire pour élever le niveau de conscience et le rapport des forces serait de montrer aux travailleurs de PSA qui veulent se mobiliser que la lutte doit être générale et qu’il est vital de se mobiliser à des niveaux plus important qu’un site comme Citroën Aulnay et même qu’un groupe comme PSA. Il va falloir entraîner toute l’Automobile et même toute la classe ouvrière.

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2225

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2709

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2144

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2388

https://www.matierevolution.org/spip.php?breve402

https://www.matierevolution.org/spip.php?article2468

https://www.matierevolution.org/spip.php?article2629

https://www.matierevolution.org/spip.php?article3364

2012

La grève de l’hôpital Saint Antoine est battue par... les syndicats...

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2199

La grève PSA Aulnay, menée de manière réformiste par la CGT, a accouché d’une souris…

En échange des dix milliards que le gouvernement donne en cadeau et sans condition à la banque financière PSA en faillite, il a obtenu du patron de PSA d’organiser un simulacre de négociations où ne seraient pas remis en cause le plan de licenciements massif mais seulement renégocié leur accompagnement. Les syndicats d’Aulnay crient victoire et déclarent que c’est leur lutte qui a obtenu la victoire et quelle est cette victoire ? Mercier, dirigeant CGT l’exprime ainsi : un calendrier de négociations !

Des milliers de salariés vont perdre leur emploi et ce n’est nullement remis en question même quand l’Etat débourse dix milliards d’euros et la victoire c’est qu’il n’y ait ni grève ni occupation des sites visés et qu’on obtienne un calendrier de blabla mensongers autour du tapis vert et celui qui dit cela se prétend communiste révolutionnaire de Lutte Ouvrière. Il faut se pincer pour y croire !!!

"On a bloqué la direction qui voulait nous imposer ses conditions sans négocier sur les mobilités", s’est félicité Jean-Pierre Mercier (CGT).

« C’est un succès de l’unité des salariés d’Aulnay » dit Marcier à la télévision. Ce qu’il appelle unité des salariés, c’est l’unité des syndicats avec le syndicat patronal et jaune le SIA et l’unité pour ne pas entrer en grève, pour ne pas occuper, pour ne pas déranger les prétendues négociations, pour ne pas mener la lutte des classes !

Le journal L’Humanité du 25 octobre écrit :

« C’est un premier succès pour les syndicats de PSA Peugeot-Citroën. Ceux-ci sont parvenus à imposer ce jeudi que la direction du groupe automobile ouvre des négociations sur les conditions de l’ensemble du plan social annoncé à Aulnay et Rennes,, dans le cadre de son plan de restructuration qui prévoit plus de 8.000 suppressions d’emploi et la fermeture du site de Seine-Saint-Denis. Ces négociations débuteront le 7 novembre. Jean-Pierre Mercier, représentant CGT de PSA Aulnay, raconte à la sortie du comité central d’entreprise qui se tenait ce matin : "La direction de Peugeot voulait ce matin faire passer en force une partie de son plan en imposant les mutations internes. Elle cherchait ainsi à vider l’usine (d’Aulnay) le plus vite possible. C’est un premier succès." Selon les syndicats, les conditions de départ des salariés sur Poissy ou d’autres sites du groupe devront désormais faire l’objet de négociations préalables. Un calendrier de discussions sera mis en place sur l’ensemble des mesures d’accompagnement - formations, indemnisations - destinées à ceux qui refusent d’être transférés et à tous les autres salariés concernés par la réduction de la capacité de Rennes ou par la fermeture du site d’Aulnay. »

"Cela fait 17 mois que l’on demande l’ouverture de ces négociations. La direction voulait nous diviser elle n’a pas réussi", explique Jean-Pierre Mercier.

Puis de nuancer : "On a obtenu un calendrier de négociations pour nos revendications. Mais on ne peut pas faire confiance à la direction de PSA. Nous attendons qu’Arnaud Montebourg appose signature en bas du document".

Parce qu’on peut faire confiance à Montebourg et à l’Etat bourgeois ?

A la sortie de l’entrevue entre Montebourg et les syndicats, le ministre a assuré que le « gouvernement et le président de la République partageaient l’inquiétude des salariés » de PSA et promis que la réunion à venir serait l’occasion de « réduire reformater, rediscuter le plan social ». S’il a reconnu implicitement que les suppressions de postes étaient un mal nécessaire pour permettre à Peugeot, en difficulté, de se remettre sur de bons rails, il a néanmoins assuré que le plan social devait être « strictement proportionné aux nécessités de la relance de Peugeot. »

L’Etat a demandé « le reformatage du plan » qui prévoit 8.000 suppressions de postes, a répété le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg à l’issue d’une réunion tripartite à Bercy. Mais il n’a obtenu aucun engagement du groupe automobile.

« C’est la négociation avec les partenaires sociaux qui va nous permettre de voir l’effectivité de ces efforts », a dit le ministre. Et c’est tout ! Alors que l’Etat a quand même déboursé sans discuter dix milliards d’euros !!!! C’est cher payé de négocier autour du tapis vert ! Voilà tout ce qu’obtient un gouvernement de gauche pour dix milliards….

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2484

Un bureaucrate collaboration de classe succède à un autre à la tête de la CGT et de manière tout à fait bureaucratique…

Bernard Thibault a annoncé ce mardi à l’AFP que la commission exécutive de la CGT a choisi, sur sa proposition, Thierry Lepaon, pour lui succéder comme secrétaire général.

Mais il faut voir qui est Lepaon pour comprendre tout le sel de cette succession sans heurt apparent…

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2479

Lepaon, futur secrétaire général de la CGT, a préparé la privatisation de la SNCF !

Le 27 juin 2012 : Le futur secrétaire général de la CGT fait un rapport d’Etat au CESE en faveur de la privatisation des TER
Le « Rapport Lepaon » au CESE du 27/06/2012 en faveur de l’ouverture à la concurrence du secteur ferroviaire sera signé des organisations patronales et étatiques (sous gouvernement de droite de Sarkozy) comme des pires organisations syndicales.

En voici des extraits :

« Ce texte présente une grande unité de ton révélatrice d’un consensus assez fort sur le sens que devrait avoir une expérimentation (de privatisation de la SNCF), si l’Etat le décide, et sur les principes que doivent inspirer sa conduite pour concourir à son succès. J’ai employé à dessein le mot consensus et je souhaite maintenant dissiper toute erreur d’appréciation sur ce terme. Il n’aura échappé à personne dans cette assemblée que la locution « ouverture à la concurrence » appliquée à un noyau dur du service public peut agir immédiatement comme un chiffon rouge. Dans le monde ferroviaire, agiter un chiffon rouge est justement le moyen le plus ancien, mais toujours en vigueur, pour signifier l’arrêt d’urgence notamment lorsqu’il s’agit d’une manœuvre. « Je dois dire que j’ai personnellement considéré comme un challenge de faire la preuve qu’il était possible, et même utile, de dépasser le stade de la réaction allergique afin de clarifier les idées en affrontant la réalité. Affronter la réalité, c’est toujours confronter les points de vue, polir ses arguments en les frottant, souvent vigoureusement, à ceux des autres. (…)
Le thème de l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire régional de voyageurs s’inscrit dans le cadre d’une orientation prise au niveau européen. Dès lors, la responsabilité d’une telle initiative appartient à l’Etat et à lui seul. Il doit être clair que la question de l’ouverture à la concurrence ne peut pas se résoudre par la voie d’une discussion, d’une négociation, d’une concertation entre la direction et les syndicats de l’entreprise publique auquel ce service est dédié par la loi.
La SNCF appartient à la nation et ce sera donc aux élus de la nation, à l’issue d’un débat public associant les citoyens et les usagers, de prendre leurs responsabilités et de l’assumer, le cas échéant, devant leurs électeurs. (…)
Pour aller à l’essentiel, je voudrais maintenant présenter la méthode et le calendrier législatif et social que nous préconisons. J’insiste bien sur le fait que nous proposons d’abord une méthode car nous avons voulu mettre l’accent sur le « comment faire » et pas seulement sur le « quoi faire ».
Cette méthode se décline en six recommandations qui tracent un chemin, c’est-à-dire un cap, une succession d’étapes et une méthode permettant de conduire à terme une telle expérimentation (en vue de la privatisation de la SNCF), si elle était décidée, et d’en tirer les enseignements. C’est ensuite à son heure que viendra le moment de la décision.
Je l’ai dit, le thème de l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire régional de voyageurs a donné lieu à de nombreuses initiales ayant produit des études et des rapports. Pour autant, notre contribution ne constitue pas une synthèse au sens de la compilation condensée et plus ou moins hiérarchisée des préconisations des rapports précités, et ce, malgré leur qualité.
Nous avons extrait de ce corpus ce qui nous a semblé le plus élaboré et le plus cohérent pour inventer l’avenir. Pour cela, il nous faut d’abord bien comprendre les spécificités du cadre social des cheminots, spécificités du cadre social des cheminots, spécificités qui découlent du statut même de l’entreprise SNCF, qui s’est vue confier des missions de service public.
Ensuite, nous avons imaginé des évolutions possibles au plan social dans la perspective d’une ouverture à concurrence qui semble se dessiner.
Cette idée prenant progressivement corps, elle s’est traduite en quelques scénarios descriptifs assez précis pour que l’on comprenne le sens de l’histoire qui pourrait s’écrire et suffisamment ouvert pour laisser toute sa place et sa créativité au dialogue social.
J’en suis, mes Chers Collègues, pleinement convaincu : rien ne pourra aboutir sans le dialogue social et il s’agit là d’une première recommandation.
Tout le monde connaît la combativité des cheminots, mais peu de gens ont une idée du rôle des relations collectives au sein de l’entreprise pour que ce grand système industriel de service puisse fonctionner. Lorsqu’on a compris que c’est le statut de l’entreprise qui a défini le statut des cheminots et non l’inverse, on comprend alors beaucoup d’autres choses.
C’est en fonction de certaines obligations de résultat, notamment en matière de sécurité, qu’ont été définies l’organisation du travail, le régime du travail, y compris le régime de retraite. (…)
Comme le dit le projet d’avis, si l’on veut que l’expérimentation d’une ouverture à la concurrence soit réussie, il convient de faire en sorte que l’opérateur historique et ses salariés s’y reconnaissent.
Une autre recommandation – la deuxième – qui s’est imposée porte sur la nécessité d’une évaluation préalable des résultats des expérimentations régionales avant de mettre en place un cadre social harmonisé, c’est-à-dire un socle commun en matière de durée et d’organisation du travail. (…)
Je voudrais aussi évoquer une autre question essentielle, celle du devenir des personnels en cas de changement d’opérateur. Ce projet d’avis se distingue des rapports d’experts, puisqu’il préconise le reclassement interne à la SNCF avant d’envisager un éventuel transfert de personnels. (…) »
On aura compris que tout l’effort de Lepaon consiste à faire passer sans levée de drapeau rouge de la part des cheminots… la privatisation de la SNCF !!!!
Il rajoute :
« Le Transport Express Régional de voyageurs (TER) a connu grâce à la régionalisation un essor remarquable. Mais son coût tend à s’accroître et son développement paraît sous contrainte, alors que l’Union européenne a engagé une libéralisation progressive des transports ferroviaires. Dans ce contexte, le Premier ministre a demandé l’avis du CESE sur l’ouverture à la concurrence des transports régionaux de voyageurs, en particulier quant au périmètre géographique, à la propriété du matériel roulant, aux relations contractuelles entre région et exploitant, ainsi qu’à sa dimension sociale. Pour le CESE, la décision d’ouvrir, même à titre expérimental, les TER à la concurrence est politique et relève du gouvernement. Dans cet esprit, l’avis esquisse un chemin de réforme qui permette, via une expérimentation maîtrisée, d’avancer prudemment sur ce dossier sensible, en associant l’ensemble des parties prenantes. L’enjeu est en effet de maintenir, voire d’amplifier le succès de la régionalisation des TER, afin de favoriser la compétitivité et l’accessibilité des territoires, la mobilité des personnes, la préservation de l’environnement et le développement de la filière ferroviaire. »

Tromperie syndicale Arcelor-Mittal

Les syndicats d’ArcelorMittal crient à la trahison du gouvernement après le retrait de la proposition de nationalisation alors qu’ils étaient fiers, la veille, d’avoir bu le café avec le ministre qui avait été gentil avec eux !!! Quelques mois ou années avant, ils avaient été fiers de leurs négociations avec Mittal et des promesses de ce dernier ! C’est un manque complet de conscience de qui sont les amis et les ennemis...
Les syndicats se disent trahis par les patrons et les gouvernements. C’est normal : ils ont considéré qu’ils étaient du même bord, à défendre l’entreprise, à défendre la région, à défendre le pays, etc. Mais ils ne sont pas de notre bord : à défendre les prolétaires fût-ce aux dépens des patrons. Les patrons, eux, ne craignent pas de défendre leurs profits, fût-ce en nous assassinant !

La stratégie syndicale reste : les cheminots luttent seuls, les salariés de Petroplus luttent seuls, les PSA Aulnay ne sont même pas en lutte avec ceux de Rennes sans parler des autres sites, les salariés d’Arcelor luttent seuls, les salariés de chaque banque comme la banque de France récemment luttent seuls, etc… Tout au plus une petite journée syndicale d’inaction par ci par là. Cette stratégie n’est pas contestée par les dirigeants syndicaux locaux des entreprises qui licencient qui prétendent que leur lutte locale est censée suffire pour faire reculer le patron au moment où l’offensive patronale de licenciements est générale et non locale, globale et non conjoncturelle.

Car leur discours consiste surtout à négocier et pas à lutter. La lutte n’est rien d’autre pour elles que la dernière roue du carrosse des négociations ! Et, de négociation en négociation, elles n’ont fait que reculer, reculer, reculer, abandonner les emplois, abandonner les conditions de travail et les salaires…

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2558

Mr Thierry Lepaon,membre du Conseil Economique, Social et Environnemental, le CESE, a émis un rapport sur la manière de privatiser la SNCF sans faire de vagues intitulé rapport sur « l’ouverture à la concurrence des services ferroviaires régionaux de voyageurs », séance du 27 juin 2012 où il déclare notamment : « Il n’aura échappé à personne dans cette assemblée que la locution « ouverture à la concurrence » appliquée à un noyau dur du service public peut agir immédiatement comme un chiffon rouge. Dans le monde ferroviaire, agiter un chiffon rouge est justement le moyen le plus ancien, mais toujours en vigueur, pour signifier l’arrêt d’urgence notamment lorsqu’il s’agit d’une manœuvre. (…) Nous avons imaginé des évolutions possibles au plan social dans la perspective d’une ouverture à concurrence qui semble se dessiner. »
Donc Lepaon veut éviter qu’on agite le chiffon rouge contre la privatisation de la SNCF et inscrit dans celle-ci et souhaite la dessiner…

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2564

2013

Alors que l’attaque des retraites par le gouvernement Hollande se profile, la CGT propose de piéger à nouveau la riposte ouvrière qui vient dans la fausse unité intersyndicale avec les syndicats qui viennent de signer, au nom de la compétitivité des capitalistes français, l’accord de destruction du contrat de travail

Loin d’entrer en guerre contre les classes dirigeantes, à mesure que celles-ci démontrent leur volonté de détruire les classes travailleuses, les dirigeants syndicaux manifestent… leur désir de s’en tenir à des protestations platoniques qui ne frappent pas la bourgeoisie au cœur.

Dans le monde entier, le Capital est en train de détruire le Travail et ces adeptes hypocrites du capitalisme que sont la gauche et les syndicats prétendent qu’il faut nous défendre pays par pays, quand ce n’est pas entreprise par entreprise, corporation par corporation et même site par site. Ils s’étonnent que les PSA Aulnay aient beau faire grève dans une seule entreprise et ne parviennent pas plus à faire reculer leur patron que n’y sont parvenus ceux de General Motors, de Goodyear, de Petroplus ou d’ArcelorMitall Florange, eux aussi condamnés à lutter dans une seule entreprise alors que tous les trusts licencient massivement. Parce que, malgré des grèves et des manifestations, les centrales syndicales se contentent d’accompagner les attaques en maugréant mais en participant aux fausses négociations qui couvrent les attaques.

Et surtout, les centrales se gardent bien de relier entre eux toutes les attaques subies par les salariés et tous les combats menés. Pourtant, on assiste bel et bien à une offensive d’ensemble contre le monde du travail. On ne peut pas séparer l’ensemble des « réformes » antisociales des gouvernements, sur les retraites sur le code du travail, sur l’emploi, sur les retraites, sur les allocations familiales, sur la privatisation de la SNCF, sur la fin de la recherche publique, de la santé publique, sur l’allocation chômage et on en passe. Les licenciements des trusts privés ont été une attaque concertée dont PSA n’a été que le signe avant-coureur. Les centrales syndicales refusent catégoriquement de préparer une riposte coordonnée.
Un geste significatif de cette volonté de s’allonger devant les attaques sur les retraites a été le discours du dirigeant de la CGT Lepaon qui, au lendemain des manifestations séparées et clairsemées du premier mai, a déclaré que, malgré sa signature de l’accord ANI de « flexi-sécurité de l’emploi », il voulait l’unité avec la CFDT et estimait les désaccords limités et sans gravité ! Bien la peine d’avoir manifesté contre l’accord ANI et déclaré que c’était l’un des pires reculs depuis des décennies sur le contrat de travail pour ensuite minimiser la participation de syndicats à cette pantalonnade syndicale…

Cela en dit long en tout cas sur la manière dont la CGT compte promener les salariés pour soi-disant défendre les retraites, dans la même lancée de prétendue « unité » qui a déjà mené à l’échec face à Sarkozy-Fillon.

Rappelons que ces centrales syndicales qui se disaient « unies pour défendre les retraites » étaient surtout unies contre l’idée d’appeler à la grève générale, Bernard Thibaut, dirigeant de l’époque de la CGT, affirmant que ce n’était nullement une méthode dans la tradition du mouvement ouvrier en France !!! Elles étaient unies pour que le jour d’action ne soit pas un jour de grève comme le premier mai ou comme un week-end ! Elles étaient unies pour laisser seuls en grève les travailleurs du secteur des raffineries pétrolières, allant jusqu’à faire croire qu’on allait « faire reculer Sarkozy » par ce seul blocage pétrolier. Ensuite, elles ont-elles-mêmes démobilisé les manifestants en affirmant qu’on ne gagnerait pas tant que Sarkozy gouvernerait et qu’il n’y avait qu’à voter à gauche. On voit à quel point elles ont menti puisque la gauche reprend exactement de la même manière le travail de destruction de Sarkozy. La gauche de la gauche qui s’en indigne a cautionné l’opération et se revendique encore d’avoir aidé Hollande- ce Sarkozy-bis à venir au pouvoir.

https://www.matierevolution.org/spip.php?article3419

Retraites : à nouveau une intersyndicale qui va diriger le mouvement… vers le mur ?!!!

https://www.matierevolution.org/spip.php?article3477

Le résultat pourri des négociations entre la gauche gouvernementale et les syndicats…

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1769

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2604

Syndicalisme de classe, oui, mais de quelle classe ? La bourgeoisie ou le prolétariat ?

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2616

Les réactions des dirigeants syndicalistes qui ont cru au discours du patron et s’estiment trompés alors qu’ils ont été les relais de la tromperie auprès des travailleurs…

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2742

Les syndicats à PSA : des méthodes qui n’ont rien à voir avec des méthodes de classe !

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2709

Les politiques syndicales en 2013

https://www.matierevolution.org/spip.php?article3361

2014

Dans la nouvelle grève des cheminots, la CGT a dit soutenir la grève jusqu’au bout. Mais il y a beaucoup à redire sur ce point. Premièrement, c’est la direction de la CGT qui a initié la réforme qui mène à la privatisation puisque le rapport du Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE) sur la privatisation voté à l’unanimité des représentants de l’Etat, des patrons et des salariés, a été écrit par Lepaon, représentant CGT, qui allait devenir plus tard secrétaire général de la CGT. Ensuite, la loi contre laquelle les cheminots ont eu à se battre a été signée par les représentants CGT, Lepaon pour la centrale et Garel pour la CGT cheminots, avant que la grève ne commence. Ensuite, il a été convenu entre le gouvernement et la CGT que l’intérêt commun était de mettre en place un dispositif par lequel la CGT prendrait l’initiative d’une protestation des cheminots, suite à laquelle le Front de Gauche représenté par Chassaigne, proposerait des amendements que Hollande-Valls allaient accepter. Les cheminots ont été tellement en colère contre le projet de loi que le mouvement qui avait été envisagé a dû être transformé d’action limitée en grève durable. Garel et Lepaon se sont alors partagés les rôles, le premier faisant mine de soutenir la grève et le second d’appeler par les médias à la reprise du travail, mais ils sont restés de bout en bout la main dans la main et Garel y a perdu son crédit dans la CGT Cheminots, ce qui s’est vu par la suite… De tout cela, le syndicat SUD a fait mine de ne rien voir, tout attaché à sa prétendue unité de lutte, à laquelle il continue aujourd’hui à s’accrocher. A aucun moment, le syndicat SUD n’avait voulu s’apercevoir de l’existence du rapport Lepaon, de la signature de la loi Hollande-Valls avant la grève, ni du caractère double des déclarations de la CGT au cours de la grève. Les groupes d’extrême gauche qui ont un rôle important au sein de SUD, à savoir NPA et Alternative Libertaire, ont camouflé tout cela tant qu’ils ont pu. Mais surtout, ils se sont gardés, de même que Lutte ouvrière au sein de la CGT, de défendre une autre perspective au sein de la grève, combattant même l’idée des comités de grève, l’extension de la lutte par exemple à la RATP. Ils se sont gardés de critiquer la participation aux négociations bidon. Ils se sont gardés de démasquer le double jeu des centrales syndicales. Ils se sont gardés de proposer la perspective d’une lutte d’ensemble des services publics qui subissent une attaque conjointe, par exemple une liaison avec la santé qui connaît plusieurs grèves au même moment et tente de les faire converger contre les appareils syndicaux. Le bilan du groupe Alternative Libertaire est particulièrement instructif, sachant le rôle que joue ce groupe au sein de Sud Cheminots. On peut y lire qu’il faut combattre les militants d’extrême gauche qui militent pour des comités de grève. Oui, l’extrême gauche cautionne à fond les politiques de trahison des appareils syndicaux, permettant à ces politiques de passer discrètement sans que la majorité des travailleurs ne voient la tromperie. Inutile de dire que ces groupes d’extrême gauche, tout comme la gauche et les syndicats, se sont gardés de souligner la trahison du rapport Lepaon au CESE et de la signature du projet de loi SNCF d’Hollande-Valls avant la grève, se refusant à prévenir les cheminots que ceux qui allaient diriger leur grève en étaient les ennemis cachés.

La dernière grève n’est pas un succès même si certains se satisfont de minimes amendement à la loi. Celle-ci reste une loi en vue de la privatisation du transport ferroviaire et elle n’a en rien fondamentalement changée. D’autres affirment que, nous cheminots, aurions fait grève pour l’honneur, pour faire une démonstration. Mis à part le fait que de telles démonstrations coûtent cher et ne rapportent pas grand-chose à part la satisfaction de quelques dirigeants syndicaux, il convient de se demander ce que ces derniers cherchaient exactement au travers de la grève. En effet, Lepaon comme Garrel avaient signé le projet de loi (non amendé) avant de se mettre à la tête de la grève. Cela pose question : la direction CGT ne voulait-elle pas simplement se blanchir d’avoir entériné un grave recul social. En faisant grève, en prenant parti pour et contre les cheminots, ces dirigeants ne nous ont-ils pas trompé. Si les dirigeants syndicaux qui ont condamné la grève sont bel et bien dans le camp de la privatisation, ceux qui ont pris la tête de la grève ne valent pas beaucoup plus cher. On se souvient que le principal organisme d’Etat en la matière, le Conseil Economique Social et Environnemental (CESE) avait adopté un rapport en vue de la privatisation. Ce rapport, adopté par les patrons, l’Etat et presque tous (solidaires n’avait pas signé) les syndicats dans le cadre du CESE, était signé Lepaon, actuel secrétaire général de la CGT…

Le bilan, ce n’est pas l’inutilité de faire grève mais l’inutilité de choisir comme direction des grèves des dirigeants qui en fait sont contre et se débrouillent pour nous faire reprendre le travail sans avoir rien obtenu et sans s’être donné les moyens d’obtenir quelque chose. On aura par exemple remarqué que, durant la grève, la CGT était contre de bloquer les RER de Paris-centre. Ce qui aurait donné davantage de force à la grève. Contre aussi l’extension de la grève à la RATP. Contre encore son extension à l’EDF pourtant elle-même menacée selon les propos de Lepaon lui-même. Contre toute liaison avec les hôpitaux en grève ou tout autre domaine du secteur public. Quand on fait grève, on le paie nous-mêmes de notre poche. Quand on échoue, on le paie nous-mêmes de reculs sociaux importants, et ce n’est pas les bureaucrates des appareils syndicaux qui en font les frais. Eh bien, il faut aussi qu’on décide des orientations de la grève par nous-mêmes !!! On n’a pas besoin de dirigeants qui nous disent, maintenant, que ce n’est pas grave si on a perdu puisque c’était pour l’honneur, pour la beauté du geste ou pour le principe… Si on veut gagner dans nos luttes, dirigeons-les par nous-mêmes. C’est de comités de grève qu’on manque dans les mouvements à la SNCF comme, plus largement, dans toute la classe ouvrière en ce moment.

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3430

Déclarations de Lepaon, secrétaire général de la CGT :

A la radio France Inter ce matin : « Le fait que la grève se prolonge n’est pas bon ni pour les usagers ni pour les agents de la SNCF ».

Ce jour, il a également déclaré : « Le gouvernement semble tenir compte du rapport de forces qui s’est instauré avec les cheminots. » Mais il s’est bien gardé de montrer en quoi Valls-Hollande reculaient !

Il a par contre reconnu, face aux journalistes de France Inter, qu’avant la grève, la CGT faisait partie des syndicats qui avaient signé leur accord avec le projet gouvernemental…
Cela vient se rajouter à ses déclarations précédentes comme « d’accord avec la loi mais pas avec son contenu » ou encore souhaitant que le travail reprenne… dimanche dernier et parlant de « sortie de crise ce week-end » !

Lepaon a exposé clairement comment il s’apprête à lâcher le mouvement si des petits mots sont changés dans le texte de loi… sans rien changer du fond :

"Grâce à notre action, des amendements ont été déposés et il semblerait à l’heure qu’il est que le gouvernement tienne compte de ce rapport de forces qui s’est instauré", a déclaré M. Lepaon sur France Inter.

"Maintenant, il faut que les amendements soient écrits de manière précise, qu’ils soient débattus à l’Assemblée nationale et qu’ils soient votés", a-t-il poursuivi.
La CGT veut notamment que le "besoin d’un service public ferroviaire" soit inscrit dans la loi. Sur ce point, M. Lepaon observe des avancées entre "le premier projet de loi et celui qui est débattu".

Sur la question du "statut des personnels", "c’est une décision qui est inscrite aujourd’hui dans le projet de loi" mais "il faut que la loi soit extrêmement précise" pour éviter des interprétations lors de la "mise en oeuvre", a-t-il estimé.

2015

La trahison syndicale de la lutte des personnels des hôpitaux

Dans le dernier mouvement des personnels de l’hôpital public de mai-juin dernier, la principale revendication des personnels en grève et en manifestation a été : pas touche aux RTT, retrait du projet Hirsch en totalité, sans amendement ni discussion, pas de négociation. « Ni amendable, ni négociable » a été un slogan de tous les hôpitaux.

Pas question de suppression de nos RTT ! Pas question d’imposer la fin des 35 heures à l’hôpital ! Pas question de modifier les horaires ! Pas question d’une baisse de la masse salariale pour combler les trous financiers dont nous ne sommes nullement les responsables ! Pas question d’accepter de faire des efforts supplémentaires ni en temps de travail, ni en personnels en moins ni d’aucune manière ! Pas question de sauver aucun point de la prétendue « réforme » de Hirsch ! Aucun plan d’économie pour l’hôpital public aux dépens des malades et des personnels !

Les syndicats qui disent nous représenter ont tous répété avec nous : pas amendable et pas négociable tout en passant leur temps à… essayer d’amender et de négocier !!! S’ils ont fini, en juillet, admettre tous avoir échoué et s’être retirés de la table des négociations, SUD et CFDT étant les derniers à le faire, ils n’ont rien admis sur le fond et sont prêts à recommencer à négocier sur une prétendue « bonne réforme » ! Ils refusent d’admettre que, l’Etat français étant en faillite, toute réforme voudra dire des attaques sur les salaires, sur les emplois, sur les conditions de travail, sur les horaires, sur les repos, sur les primes, sur l’organisation du travail, sur tout ! Et pourtant, les dirigeants réformistes des syndicats sont toujours partisans de négocier des réformes !

Dès le départ, on avait compris qu’Hirsch voulait nous attaquer sur toute la ligne : horaires, RTT, primes, équipe, organisation du travail 35 heures et on en passe… Mais l’intersyndicale n’a jamais voulu le comprendre. Elle ne peut qu’espérer à nouveau…négocier après la journée d’action… Ils font la même chose partout : à Radio France, à France Télévisions, à l’AFP, à la SNCF : des journées d’action suivies de négociations bidon ! C’est comme cela que l’intersyndicale avait lanterné le mouvement des retraites de 2010, jusqu’à le faire échouer ! Et ils font partout comme si chaque entreprise publique était un cas à part alors que, dans chacune, les PDG prétendent que les comptes sont dans le rouge pour faire passer des attaques en règle.

Tout au long de la lutte des personnels de l’hôpital public comme de Radio France ou de la SNCF, l’intersyndicale a pris toutes les décisions en ne tenant nullement compte des avis des personnels mobilisés et c’est toujours à reculons qu’elle a été contrainte de se retirer des négociations alors que les personnels exigeaient sans cesse qu’on n’y participe pas.

Certains syndicats ont même mené des négociations secrètes avec Hirsch en cachant leurs lieux de réunions pour ne pas être dérangés, en refusant de transmettre des comptes-rendus de celles-ci et les autres syndicats ont toujours refusé de dénoncer ces discussions en catimini.

Le mercredi 17 juin, on nous annonçait encore qu’ « un dialogue approfondi entre la direction et les syndicats avait repris pendant sept heures (jusqu’à une heure du matin). Un nouveau calendrier a été proposé, sur un ton plus apaisé et constructif et sur de nouvelles bases. » « C’est une avancée », déclarait Rose May Rousseau, secrétaire générale de la CGT. « Nous avons progressé sur la feuille de route qu’on pourra modifier, les revendications du personnel ont été prises en compte. On espère trouver une issue à ce conflit », précisait-elle.

Le 17 juin, la CFDT, après avoir adopté un texte de Hirsch intitulé « Relevé de conclusions », texte également soutenu également par SUD Santé, déclarait : « Cette réunion du 17 juin a réuni, l’intersyndicale (CGT/ SUD-Santé / CFDT / FO et UNSA) et Martin Hirsh et a duré 7 heures. Elle a donné lieu à la rédaction d’un document de sortie de crise intitulé « relevé de conclusions », qui devrait servir de méthode aux échanges de terrains, entre les équipes soignantes et leurs responsables (cadres et médecins)... Le conseil du syndicat CFDT AP-HP a validé ce « Relevé de conclusions » qui marque sa volonté d’entrer dans une phase de dialogue social authentique à l’AP-HP. »

Le syndicat SUD écrit dans un tract, intitulé "Pour en finir avec le fantasme de la trahison", qu’il serait inadmissible de parler de « trahison » de l’intersyndicale ou des syndicats mais toute son attitude démontre le contraire. Le 24 juin, dans son communiqué, Sud Santé affirmait que, dans le « relevé de conclusions » de Hirsch soutenu par CFDT et SUD, Hirsch aurait « reconnu l’ampleur du mouvement social dans l’institution, et l’intersyndicale comme interlocuteur ». SUD considérait seulement qu’elle doit « ouvrir encore plus le texte » qu’elle a convenu avec Hirsch, le fameux « relevé de conclusions »…

« SUD Santé souhaite ouvrir plus encore le texte, définir le calendrier de la première phase, coucher sur papier les critères de choix des services en difficulté, définir plus précisément l’étude d’impact... Si les avancées sont réelles, beaucoup reste à préciser... »

« Contraint de revoir sa copie sous la pression de la rue, Hirsch propose un relevé de conclusions où il reconnaît l’ampleur du mouvement social dans l’institution, et l’intersyndicale comme interlocuteur. Il est surtout poussé à reconsidérer son calendrier et dans le meilleur des cas ouvrir des négociations au plus tôt en octobre prochain. » écrivait SUD.

« Nous sommes prêts à discuter d’une véritable réduction du temps de travail avec des embauches » et « négocier sur la base de nos revendications, pas sur celles de M. Hirsch », a déclaré la dirigeante CGT Santé Rose May Rousseau. Le 18 juin, Sud Santé écrivait : « Nous SUD Santé sommes prêts à discuter avec lui (Hirsch). » En tout cas, les manifestants refusaient de négocier et tous les syndicats ainsi que l’intersyndicale n’avaient à la bouche que le mot de négocier !!!

Et le jeudi 18 juin, les syndicats rejoignaient encore Hirsch pour… reprendre les négociations !!!

Les syndicats et l’intersyndicale négociaient et n’arrêtaient pas de négocier comme le constataient les manifestants rassemblés à la place Victoria qui se sont retrouvés en train d’attendre… très longtemps, trop longtemps, les responsables syndicaux en train de négocier pendant des heures avec Hirsch alors que les manifestants leur criaient leur révolte : « Pas la peine d’y rester des heures pour dire à Hirsch qu’on ne veut pas de sa réforme ! »

L’attente continuant malgré les huées et les responsables syndicaux poursuivant leurs blabla avec Hirsch, le slogan de « Intersyndicale trahison ! » ou « négociations, trahison ! » a été lancé par les manifestants ! Ils n’en sont pas moins restés à bavarder avec Hirsch !!!

Ce n’est pas parce que l’intersyndicale regroupe les syndicats CGT, CFDT, FO, Sud, Unsa, CFE-CGC, qu’elle a le droit de décider à notre place, de négocier à notre place, de céder sur ce qu’on ne veut pas céder, de parler en notre nom sans nous consulter !

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3775

L’année 2015 est marquée aussi par la destitution de Lepaon comme secrétaire général de la CGT et la nomination de Martinez à sa place. Sur Lepaon, nous avons eu l’occasion de commenter. Voici pour Martinez…

Philippe Martinez, secrétaire de la CGT, le mythe de l’homme de la lutte des classes et la réalité de l’ascension d’un bureaucrate…

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6131

2016

C’est une année d’attaques antisociales avec notamment la loi El Khomri que les syndicats vont faire semblant de contester dans la rue…

Hollande et Valls fustigent Martinez, qui réplique, et on nous présente de tous côtés (média, hommes politiques, syndicats) la situation sociale en France comme celle d’un bras de fer entre la direction des syndicats, et en particulier de la CGT, d’un côté et le gouvernement de l’autre. Au point d’oublier presque qu’en réalité il y a les travailleurs et les jeunes, ainsi que les milieux populaires et de l’autre la classe capitaliste et son gouvernement « de gauche » !

Certains parlent même d’affrontement entre deux personnes : Martinez et Valls, comme si on devait seulement choisir entre eux. La réalité est tout autre : c’est un combat de classe qui se déroule et dans celui-ci l’opposition frontale entre les gouvernants et les directions syndicales est loin d’être évident. Les syndicats les moins « radicaux » comme la CFDT font carrément partie du gouvernement et ceux qui passent pour plutôt d’opposition à la politique sociale du gouvernement, comme la CGT et FO, viennent de voir deux de leurs anciens dirigeants nommés par Hollande à des postes de hauts fonctionnaires, respectivement un poste de dirigeant de l’Agence contre illettrisme et d’Inspection des Affaires sociales.

Curieuses ces hautes nominations pour des dirigeants syndicaux qui ne joueraient qu’un rôle d’adversaires du gouvernement de gauche, d’autant que les syndicats ont tous contribué ouvertement et publiquement à faire élire Hollande, même s’ils disent ne pas aimer la politique de Valls. D’autant plus curieux que Martinez est le successeur de Lepaon, nommé par celui-ci et connu comme son second et en accord avec son orientation réformiste et collaborationniste. D’autant plus curieux que cette orientation de Lepaon l’avait amené à signer le rapport d’Etat pour les Conseil Economique Social et Environnementale chargé d’organiser la privatisation de la SNCF.

Martinez, comme l’intersyndicale qui appelle aux journées d’action a suivi les jeunes et les travailleurs en passant d’une demande de modification du texte début mars à un retrait complet du texte. Cela ne l’empêche pas aujourd’hui de déclarer, dans un coup de fil avec Valls, qu’il lui suffirait d’une suspension de décision de la part du gouvernement pour appeler à suspendre le mouvement social ! Et ce « leader syndical » étudie avec Valls « les solutions pour arrêter les blocages et les manifestations » !!! Le voilà celui qui est présenté le leader qui radicalise la lutte sociale en France !!!

Il y a donc une contradiction entre ces faits et l’apparence que l’on voudrait nous donner des événements et des luttes actuelles en France, apparence selon laquelle la direction de la CGT pousserait à radicaliser la lutte, mènerait un combat jusqu’auboutiste.

La réalité est toute autre qu’un affrontement entre deux dirigeants, Valls et Martinez, ou entre deux organisations, CGT et PS par exemple, et la population en prend conscience puisqu’un sondage affirme qu’une majorité admet qu’il y a en réalité une lutte de classe dans lequel le gouvernement est du côté de la classe capitaliste.

Reste à savoir de quel côté, dans quelle classe sociale, sont vraiment les directions syndicales, elles qui se présentent comme mobilisées pour faire reculer le gouvernement et prêtes à « aller jusqu’au bout ».

Quel est le bout que les dirigeants syndicaux ne comptent pas dépasser, telle est effectivement la question. Est-ce que le bout n’est pas justement la limite où ils se dévoilent comme de faux dirigeants de la classe ouvrière et l’autre limite où ils risquent de nuire aux intérêts fondamentaux de la classe capitaliste.

Bien sûr, si on prend les discours de Martinez au mot, on peut croire qu’il appelle l’ensemble de la classe ouvrière à la lutte, qu’il lance successivement les salariés du transport, de l’énergie, des routiers, des pétroliers, de la chimie, du nucléaire, puis lancera d’autres secteurs, qu’il ne reculera pas, qu’il se donnera, et donnera ainsi à la classe ouvrière, les moyens de généraliser progressivement la lutte et de faire ainsi reculer le gouvernement et le patronat.

Mais il en va autrement quand on y regarde de plus près.

Appeler toute la classe ouvrière à lutter ensemble, où et quand la CGT l’aurait-elle réellement fait ? Pas une fois au cours de ces neuf journées d’action déjà programmées ! Il n’y a jamais été question de mettre en liaison les différents secteurs en lutte. Il n’y a jamais été question d’assemblées interprofessionnelles contrairement à la grève de 1995 ou aux luttes des cheminots ou des infirmières avec les coordinations. L’appel à la grève pour l’ensemble de la classe ouvrière de Martinez est une posture médiatique qui ne se retrouve pas du tout dans les appels syndicaux dans les entreprises, dans le secteur privé ou public. Pas d’appel à rejoindre le mouvement de grève reconductible de l’Automobile à La Poste ou à l’hôpital public ! Pas d’appel à voter la grève dans les services publics ni dans le secteur privé. Le prétendu bras de fer n’est là que pour donner une image combative à Martinez ou à l’intersyndicale mais pas à construire réellement un rapport de forces capable de faire reculer nos adversaires.

Dès le 9 mars quand les jeunes appelaient à la grève, que 71% de l’opinion disait soutenir les syndicats et que SNCF et RATP étaient par hasard appelés à faire grève le même jour pour des raisons apparemment différentes. Mais la loi El Khomri qui attaque le code du travail n’est en rien séparée des attaques contre les services publics de transport ou le service public hospitalier ou La Poste ou d’autres attaques contre les retraites, la sécu, les aides sociales et on en passe…

Dès le 9 mars, quand la SNCF était appelée à la grève par la CGT, ce n’était pas contre la loi El Khomri, ce n’était même pas pour s’opposer à la privatisation du rail, considérée comme acquise par ce syndicat puisqu’elle participe à des négociations sur les horaires des travailleurs du rail, privé et public, dont elle conteste le contenu mais pas le principe. Et depuis, les syndicats qui ont appelé les cheminots à faire grève, y compris à la fois contre El Khomri et la réforme du rail ne contestent pas du tout la partie privatisation de cette réforme. Ils n’en parlent même plus. Le voilà le radicalisme prétendu des dirigeants syndicaux !!! Il fut un temps où on aurait cru impensable que les centrales syndicales s’inclinent devant la privatisation des chemins de fer !!! Elles affirment qu’on n’y peut plus rien puisqu’il a été adopté par l’Etat mais disent exactement le contraire pour la loi El Khomri, affirmant qu’on peut faire annuler une loi mal votée ! Une fois de plus un double discours qui cache très mal que ces directions syndicales trahissent la lutte qu’elles prétendent mener de manière radicale.
Martinez peut bien se montrer aux média en train de jeter un pneu à brûler aux côtés des pétroliers grévistes, cela ne signifie pas qu’il propose autre chose que le faux radicalisme des blocages de l’essence. La force des travailleurs n’est pas le mythe de la grève générale et des bras croisés qui bloquent l’économie. La vraie force des travailleurs, c’est d’être capables de s’unir et de s’organiser collectivement, en comité de travailleurs, fédérés en coordination, discutant ensemble dans des assemblées interprofessionnelles. C’est cette force-là que refusait Bernard Thibaut lors du mouvement des retraites de 2010 et c’est cette force-là dont Martinez n’est nullement le leader dans le mouvement actuel.

Il affirme en même temps : "Quand on se bat, on peut gagner, et on ira jusqu’au retrait de la loi Travail !" ou encore
"Les cheminots remettent ça la semaine prochaine. Mais il faut généraliser à la métallurgie, au commerce. Il faut que le gouvernement sache qu’on ne lâchera rien."

Martinez romperait-il avec le syndicalisme de collaboration ? Pas du tout ! « On veut commencer à discuter », réaffirme Philippe Martinez, patron de la CGT.

Le bout que ne dépasse pas Martinez, ce sont les journées d’action successives : « Pour la première fois, nous appelons à trois dates de grève, dans une échéance très resserrée. Ce qui off re la possibilité aux salariés en grève mardi de continuer leur action jusqu’au jeudi. » a dit Martinez.

Or, dans ces journées successives qui ont été la clef de la défaite du mouvement des retraites de 2010, déjà agrémentées à l’époque par des blocages pétroliers, le fait d’arrêter puis de repartir caractérise les lâchers de vapeur des directions syndicales qui ne mènent qu’à épuiser le mouvement et non à le lancer…

Lors de son dernier congrès, la direction de la CGT a refusé de valider un appel à la "grève générale reconductible" que réclamaient certains de ses adhérents.

"Cela ne peut pas être une confédération nationale qui appuie sur un bouton pour mettre en grève des salariés", prévient Jean-Claude Mailly, le patron de Force Ouvrière, dans un entretien publié sur le site de Paris-Match.

Eh oui, des directions syndicales dignes de ce nom auraient commencé par proposer à la classe ouvrière de se réunir dans toutes les entreprises dès le 9 mars pour décider elles-mêmes de leurs modes d’action et d’organisation. Mais les centrales syndicales ne sont nullement de telles directions de la classe ouvrière. Elles participent en fait au fonctionnement de l’Etat bourgeois et en recueillent les fonds publics de rémunération de leur rôle de conservation sociale. Il n’y a donc aucun regret à avoir de constater que les directions syndicales jouent un rôle bourgeois. Elles ne peuvent pas trahir leur classe, qui est la classe capitaliste. C’est aux travailleurs de tirer la leçon et d’entraîner les militants syndicalistes de base dans des organisations indépendantes de nos adversaires, des comités de grève et des coordinations éluées et révocables qui assument la totalité des décisions de nos luttes. C’est seulement ainsi que nous, travailleurs, pouvons agir dans le sens de nos intérêts de classe, intérêts qui sont diamétralement opposés à ceux de la classe capitaliste, opposition radicale qui n’est nullement négociable et moins que jamais depuis l’effondrement historique du capitalisme mondial de 2007-2008 !
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4077

Une nouvelle trahison des luttes des cheminots

La grève organisée par les syndicats a lieu en ordre dispersé. Reconductible pour SUD quand la CGT n’appelle qu’à des journées d’action. Quand les grévistes SUD sont épuisés, la CGT annonce qu’elle démarrera dans des semaines… une grève reconductible !!! D’autre part, les deux syndicats ont exclus de leurs revendications la lutte contre la privatisation de la SNCF, revendiquant même explicitement « le même RH pour tous », ce qui veut dire pour le secteur privatisé et le secteur public, ce qui signifie clairement accepter la privatisation. Ces trahisons ne permettent pas au mouvement de faire reculer la direction et le gouvernement sur aucun point !!! On peut voir, deux ans à l’avance, que les syndicats considérés comme les plus radicaux ne comptent pas lutter contre la privatisation mais feront seulement semblant pour éviter que les cheminots n’agissent de manière autonome… On remarquera que, tout du long, ces syndicats, comme les autres, non grévistes, ont accepté de participer à des négociations dont l’objectif étaient clairement un recul social intitulé « augmenter la productivité du travail des cheminots » !!!
Négocier le décret socle même si la revendication est " décret socle = RH0077 ", ce n’est pas le retrait c’est à dire le retrait de la réforme de juin 2014 qui entérine la séparation en trois EPIC de la SNCF. Bref, aller négocier le décret socle, c’est accepter la privatisation, et c’est accepter de négocier l’augmentation de l’exploitation...

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4195

Maintenant que les personnels de l’hôpital public ont été battus et que le plan Hirsch est passé, maintenant que le gouvernement a fait passer la loi El Khomri, fait passer aussi la loi Macron ou la loi Sapin, la loi sur l’Etat d’urgence aussi, eh bien c’est le bon moment pour mener une lutte séparée, isolée de tout cela, pour les cheminots et, d’un seul coup, le syndicat CGT se retrouve un radicalisme oublié pour appeler à un grand mouvement de grève à la SNCF, avec des journées d’action programmées tous les mercredi et tous les jeudis.

Une grève reconductible, il y a un moment que la CGT s’y refusait.

Quand les cheminots auraient pu rejoindre les enseignants en lutte, les Radio France en lutte, les hospitaliers en lutte, les France Television, les postiers, les Areva et les EDF et on en passe, eh bien là justement il n’était pas question de grève reconductible ni d’une action commune avec d’autres catégories de salariés… Quand la loi El Khomri révoltait toute l’opinion populaire, là non plus pas question !!!

Quand Pépy annonçait la privatisation du Rail, pas question de relier cette question avec la privatisation qui se développe partout dans les services publics en même temps que l’austérité les frappe tous, de l’enseignement à la recherche, de la santé aux transports en passant par la poste… Aucune stratégie syndicale de convergence des luttes : au contraire, une stratégie de dispersion dont le prochain mouvement SNCF est encore l’illustration !!!

Bien sûr, toute la leçon des luttes séparées, divisées, saucissonnées, est qu’elles échouent mais cela n’arrête pas « nos » dirigeants syndicaux. Sont-ils vraiment les nôtres ou ceux du patronat et du gouvernement ?!!!

Comment l’ancien secrétaire général de la CGT, Lepaon, aurait-il reçu récemment un poste de haut fonctionnaire de la part du gouvernement si ce dernier ne tenait pas à le remercier d’avoir été le rapporteur au Conseil Economique, Social et Environnemental pour la CGT, rapport qui préconisait et préparait la privatisation de la SNCF.

Et justement, qu’est-ce qui frappe dans la prochaine grève soi-disant très radicale de la CGT : c’est qu’elle ne dénonce pas cette privatisation et attaque tout autre chose !!!!

La deuxième chose, c’est la méthode : deux jours de grève en milieu de semaine puis deux jours la semaine suivante. Pas la grève reconductible jour par jour. Pas une méthode de lutte qui peut faire craindre à la bourgeoisie qu’elle s’étende à d’autres secteurs. D’ailleurs, la revendication n’a rien qui permette cette extension…

Enfin, ce qui frappe, c’est qu’il ne s’agit pas d’annuler un plan gouvernemental mais de le négocier. Le recul syndical est déjà inscrit dans la démarche. On n’y dit pas qu’on refuse de négocier un recul du service public, encore un ! Non, on annonce à l’avance qu’on va le négocier !!

La CGT, comme les autres syndicats, acceptent d’entrer dans une négociation sur les règles qui devraient concerner, en commun, un secteur public du rail et un secteur privé du rail. Quelle meilleure manière de reconnaître qu’ils admettent que le rail soit privatisé !!!

D’ailleurs la lutte contre la privatisation ne figure plus du tout dans les tracts syndicaux alors qu’auparavant, c’était considéré comme une base indiscutable !

https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve791

2017

Tous les syndicats français ont déclaré vouloir d’un « véritable dialogue social » avec le nouveau président Macron, alors que celui-ci n’a pas caché l’énorme recul social qu’il prétend négocier. Ils continuent tous, y compris la CGT et SUD, à avoir une posture de syndicat réformiste, qui propose, qui discute, qui signe des accords.

Et pourtant, le passé a prouvé qu’aucune négociation n’a apporté une avancée quelconque et au contraire de multiples reculs, qu’il s’agisse des retraites, du code du travail, des agents de l’hôpital public, des cheminots, toutes les prétendues réformes ont été des reculs d’ampleur et la méthode des négociations-journées d’action a été un échec complet et cuisant, le dernier en date étant celui de la loi El Khomri, en réalité une loi Macron2 que Macron estimait n’être pas suffisamment développée. Il est donc en train de concocter Macron3 et la posture de négociation est à l’évidence purement formelle, la méthode consistant à légiférer par ordonnances le démontrant pleinement.

Pourquoi tous les syndicats tiennent-ils à ces négociations, au fait que les pouvoirs publics les consultent, et pourquoi viennent-ils le doigt sur la couture du pantalon dès qu’on les sonne, alors qu’ils savent pertinemment qu’ils n’y gagneront rien, et qu’ils sont même capables parfois de le déclarer eux-mêmes d’avance comme l’a fait Martinez avant d’être reçu par Macron ? Parce que le réformisme est, pour eux, bien plus fondamental que le résultat de la lutte. C’est un a priori qui n’est pas discutable et qui tient à leur nature d’intermédiaire entre les travailleurs et les patrons, ainsi que l’Etat des patrons. Et avec Macron, le gouvernement des patrons est plus clair que jamais : le président des banques, le premier ministre du nucléaire, la ministre des trusts pharmaceutiques, la ministre de l’industrie du livre, le ministre des généraux, et on en passe….

Les choix de Macron sont des choix de classe assumés, le choix de défendre ouvertement la classe capitaliste. Le choix des syndicats est bien plus contradictoire : s’ils prétendent défendre les intérêts des travailleurs, ils affirment aussi défendre « l’intérêt des entreprises » et aussi « l’intérêt de l’économie nationale » et même tous les « intérêts nationaux », qui sont pourtant exclusivement des intérêts du grand capital en réalité. Et surtout, ils défendent un fonctionnement de la société bourgeoise dans lequel les syndicats sont des intermédiaires reconnus, respectés, consultés, soutenus, financés par l’Etat, par les trusts, par les banques, par toute la société bourgeoise et par toutes ses institutions, dont les grands syndicats sont d’ailleurs un des éléments. C’est la démocratie bourgeoise qui fonctionne ainsi et prétend tenir compte des demandes des appareils syndicaux.

Sauf que, depuis la crise historique du capitalisme de 2007-2008, il n’y a plus de place pour le réformisme et très peu de place encore pour la démocratie bourgeoise, grignotée tous les jours par la chute des investissements productifs, par la hausse du chômage, par la montée de la misère et des révoltes sociales, par la dérive dictatoriale des démocraties, sous prétexte d’antiterrorisme ou de crise migratoire ou encore de crise des banlieues ou de la jeunesse pauvre… Du coup, les gouvernants font sans cesse planer la menace de supprimer cet attribut de la démocratie, la consultation des syndicats, et ces derniers y sont d’autant plus attachés…

Pourquoi le rapport de forces se dégrade de plus en plus, au fur et à mesure des négociations-affrontements ? Pourquoi le mouvement des retraites de 2010, très massif, a été suivi d’attaques accentuées ? Pourquoi les syndicats ont-ils tiré comme bilan de leur impuissance à faire reculer le gouvernement Sarkozy que la seule solution consistait à appeler à voter Hollande ? Pourquoi sont-ils restés muets quand Hollande a davantage attaqué les retraites au lieu d’annuler les attaques de Sarkozy ? Pourquoi les cheminots ressortent affaiblis de leurs luttes, pourtant bien suivies, et toujours menées par les appareils syndicaux ? Pourquoi, les syndicats ont d’abord combattu contre la privatisation du rail et ont finalement mené des luttes qui reconnaissaient celle-ci ? Pourquoi les syndicats ont-ils trompé les agents de l’hôpital public, prétendant admettre l’exigence des personnels : on ne négocie pas les plans de Hirsch et ont finalement participé quand même aux négociations, et cautionné ainsi sa prétendue réforme qui casse l’hôpital public et ses personnels, leurs temps de repos, leurs emplois, leurs horaires, leurs charges de travail, leurs salaires et leurs conditions de travail ! Et une mobilisation très importante n’a pas permis de faire reculer Hirsch et le gouvernement !

Non seulement les salariés ne sont pas sentis renforcés lors des mobilisations pour les retraites, contre la privatisation du rail, contre la loi El Khomri et bien d’autres, mais ils ont été affaiblis au point que les directions des entreprises privées comme des services publics ont eu les moyens, à la fin de ces « mobilisations syndicales », de s’attaquer aux salariés combatifs, de licencier ou de sanctionner les plus combatifs, de les isoler ou de les attaquer. On l’a bien vu lors des luttes à Air France, dans les raffineries, dans les hôpitaux, etc… Cela montre que les méthodes des centrales syndicales, loin de renforcer les travailleurs, avaient renforcé leurs adversaires patronaux comme gouvernementaux. Plus remarquable encore le fait que les centrales syndicales aient elles-mêmes fait la chasse aux militants ouvriers les plus radicaux, montrant que leur convergence avec les classes possédantes et les gouvernants qui provient de leur réformisme fait des révolutionnaires et des travailleurs combatifs des ennemis bien plus craints que les patrons et leurs soutiens gouvernementaux.

Oui, les dirigeants syndicaux craignent des débordements de colère des travailleurs. Cela ne veut pas dire qu’ils craignent en soi la violence ou qu’ils craignent que des travailleurs se radicalisent, comme cela a été le cas à Air France ou dans les entreprises qui licencient ou ferment. Non, ils sont même capables de prendre l’initiative de tels débordements pour conserver la direction de la lutte mais ce qu’ils craignent c’est que la colère ouvrière amène les travailleurs à s’auto-organiser, à ne plus se contenter de suivre les appareils réformistes, qu’ils prennent eux-mêmes les décisions concernant leurs luttes, leurs revendications, leurs moyens d’action, leurs liaisons interentreprises, etc.

Les appareils syndicaux ont tout aussi peur des coups de colère brutaux et violents des prolétaires qu’en ont peur les capitalistes et les gouvernants, et ce n’est pas sans conséquence sur les choix que font parfois ces appareils syndicaux, épousant parfois des luttes qu’ils n’auraient pas souhaité, qu’ils ne voulaient pas du tout initier, qu’ils auraient voulu même empêcher, mais dans lesquelles ils craignent surtout que les travailleurs se donnent eux-mêmes une direction autonome et des perspectives propres et de classe, ce qui est exactement le contraire de la manière dont ces directions syndicales mènent les luttes : sans auto-organisation, sans liaison inter-entreprise, sans perspective commune des travailleurs décidée en commun, sans renforcement politique au social de la classe ouvrière.

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4472

2018

Sous prétexte de barrer la route à l’extrême droite, la CGT soutient ouvertement Macron…

https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve969

Trahison syndicale de la grève des cheminots

A mort la SNCF !!! déclare en substance Spinetta, dans son rapport commandé par Macron-Philippe !!! Fini le service public : vers une société anonyme ! Et pas une seule société anonyme mais plusieurs différentes !!! Fini le statut de cheminot (qui n’est pas à proprement parler un statut de fonctionnaire) et les nouveaux seront des contractuels ! Finies les petites lignes de province ! Vente à des opérateurs privés des lignes TER !!! Transfert des personnels SNCF vers les opérateurs privés !!! Fini le statut de cheminot !!! Finies les toutes petites lignes qui n’ont pas assez de passagers ! Il se donne vingt ans pour moderniser le réseau (vingt ans avec des blocages type Montparnasse et aussi vingt ans avec des Brétigny...) !!! Il voudrait aussi supprimer la retraite des cheminots ainsi que le type de contrats et on en passe...

Cette attaque anti-sociale de grande ampleur, une lutte de classe clairement et nettement menée par la classe possédante et son Etat signifie que les exploiteurs ne craignent pas les fausses réactions syndicales. Il suffit de voir que ceux-ci proposent aux cheminots de lutter séparément (le même jour mais à part des autres fonctionnaires !) pour voir à quel point une attaque d’ensemble n’a en face d’elle que des ripostes partielles, localisées ou corporalisées, par journées ou par secteur.

La seule réponse qui ferait reculer les capitalistes et le gouvernement serait de couvrir le Rail (tout : les gares, les technicentres, les conducteurs, l’entretien, le nettoyage, les guichets, toutes les EPIC !) de comités de grève élus et révocables, au sein d’assemblées générales, coordonnés nationalement et proposant à toute la classe ouvrière du pays, public et privé, y compris les chômeurs d’en faire autant. Rien que ça !!!

Bien entendu, les centrales syndicales ont aussi peur de cette perspective que le gouvernement et le patronat. c’est cette peur qui va dicter leur tactique « de lutte » consistant à éviter une vraie lutte !
On aurait pu s’attendre qu’au lendemain du rapport Spinetta, les cheminots soient réunis partout en assemblées générales. Eh bien, non ! Les syndicats ne l’ont pas voulu, la gauche de la gauche ou l’extrême gauche officielle non plus !!!

Les cheminots n’ont pas été réunis « à chaud », au moment où ils étaient massivement indignés par l’annonce d’attaques d’ampleur contenue dans le rapport Spinetta commandité par le gouvernement. A ce moment-là, les syndicats ne demandaient pas aux cheminots de se rassembler, de discuter, mais d’attendre la réunion au sommet de l’intersyndicale, annonçant que l’unité serait le produit d’une telle entente entre dirigeants des appareils bureaucratiques, y compris ceux qui s’étaient déclarés favorables à la nouvelle politique incarnée par Macron !

15 mars 2018 : Réunion de l’intersyndicale qui, à la surprise générale des cheminots, y compris les militants syndicalistes eux-mêmes, annonce que la grève des cheminots se fera… sans grève reconductible !!! Une grève est pourtant obligatoirement reconductible, sinon cela s’appelle seulement des journées d’action !!!

L’intersyndicale CGT-Unsa-Sud-CFDT de la SNCF a annoncé ce jeudi 15 mars une grève sur le rythme de "deux jours sur cinq", à partir du mardi 3 avril et jusqu’au jeudi 28 juin, pour protester contre la réforme du rail en cours.

L’intersyndicale prétend que sa stratégie permettra de gêner plus longtemps la circulation des trains.

Comme si gêner la circulation des trains, c’était cela que craignaient gouvernants et capitalistes !!!

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4926

Le mouvement des Gilets jaunes va démasquer le refus des appareils syndicaux de toute lutte de classes offensive et auto-organisée…

Ce que les luttes syndicales n’avaient pas apporté, ce que les organisations politiques fussent-elles d’extrême gauche n’avaient pas apporté, le mouvement actuel l’amène : les travailleurs discutent comme jamais dans toutes les entreprises, ils discutent en même temps et non profession par profession, corporation par corporation, ils discutent parce que l’élément politique principal est devenu leur propre action et leur propre organisation : quand ils discutent ils décident !!!

La contradiction, c’est que les organisations qui se réclament de la classe ouvrière ne se reconnaissent nullement dans ce mouvement, sous le prétexte que l’explosion secoue tout, fait tout remonter et pas seulement des bonnes idées, des bons courants.

Ces gens-là, soi disant très organisés, n’aiment pas l’explosion, n’aiment pas l’insurrection, n’aiment pas la révolution, y compris quand ils ne cessent d’en parler !!!

La lutte des classes, ces encadreurs des travailleurs, ne sont pas pour quand les opprimés la mènent vraiment !!!

https://www.matierevolution.org/spip.php?breve1128

Le principal slogan des gilets jaunes « Y’en a marre de la misère ! » nous le dit : ce sont ceux qui commencent à ne plus supporter de devoir vivre dans le dénuement…
C’est d’ores et déjà une insurrection des misérables, des opprimés, des exploités !
C’est la révolution sociale qui est « en marche » !!!
Ainsi, les Gilets jaunes sont globalement d’accord sur un point : il faut éradiquer définitivement la misère, l’interdire, la supprimer, et éradiquer aussi toutes ses causes, tous ses bénéficiaires, et imposer le droit de tous à disposer des moyens matériels de vivre correctement. Mais ils réclament cela justement au moment où la société capitaliste, ayant atteint ses limites, a pour projet d’accroître massivement la misère du plus grand nombre et serait bien incapable de faire autrement ! Ce n’est pas seulement tel ou tel gouvernant, tel ou tel parti politique qui aurait besoin de radicaliser les attaques antisociales, c’est toute la classe possédante ! Dès lors, les révoltés ne s’attaquent pas seulement à un chef d’Etat, à son gouvernement, à sa politique mais à toute la classe possédante, à tout le système et en prennent conscience au cours des événements, si ceux-ci durent parce que le pouvoir n’a pas les moyens d’en arrêter le cours.

Et, en refusant de négocier avec un pouvoir, en le menaçant, en affirmant ouvertement vouloir le faire chuter, les Gilets jaunes ont contraint le pouvoir à payer dix milliards alors que les partis de gauche et les syndicats qui ont dirigé le mouvement des retraites (inutilement comme bien d’autres grèves) ont tiré de cette lutte… zéro euro et zéro centime, seulement des avantages pour les appareils syndicaux…

Aucun dirigeant politique ou syndical, de la gauche réformiste n’a jamais porté le gilet jaune. Et quand ils ont fait semblant de ne pas être des ennemis du mouvment, cela a été pire encore. Il n’y avait que du jaune des gilets dans les manifestations et les rassemblements, mais, au fur et à mesure que les organisations faussement amies, en fait les pires ennemis, ont prétendu y participer, on a trouvé du rouge de l’orange du bleu. Et tous les Martinez ou Laguiller ont affirmé qu’ils n’étaient pas en jaune ! Ils ont fait croire cependant à un rapprochement entre gilets jaunes et syndicats pour mieux faire pâlir le drapeau des gilets jaunes !

Le principal slogan des gilets jaunes « Y’en a marre de la misère ! » nous le dit : ce sont ceux qui commencent à ne plus supporter de devoir vivre dans le dénuement…
C’est d’ores et déjà une insurrection des misérables, des opprimés, des exploités !
C’est la révolution sociale qui est « en marche » !!!
Ainsi, les Gilets jaunes sont globalement d’accord sur un point : il faut éradiquer définitivement la misère, l’interdire, la supprimer, et éradiquer aussi toutes ses causes, tous ses bénéficiaires, et imposer le droit de tous à disposer des moyens matériels de vivre correctement. Mais ils réclament cela justement au moment où la société capitaliste, ayant atteint ses limites, a pour projet d’accroître massivement la misère du plus grand nombre et serait bien incapable de faire autrement ! Ce n’est pas seulement tel ou tel gouvernant, tel ou tel parti politique qui aurait besoin de radicaliser les attaques antisociales, c’est toute la classe possédante ! Dès lors, les révoltés ne s’attaquent pas seulement à un chef d’Etat, à son gouvernement, à sa politique mais à toute la classe possédante, à tout le système et en prennent conscience au cours des événements, si ceux-ci durent parce que le pouvoir n’a pas les moyens d’en arrêter le cours.
Et, en refusant de négocier avec un pouvoir, en le menaçant, en affirmant ouvertement vouloir le faire chuter, les Gilets jaunes ont contraint le pouvoir à payer dix milliards alors que les partis de gauche et les syndicats qui ont dirigé le mouvement des retraites (inutilement comme bien d’autres grèves) ont tiré de cette lutte… zéro euro et zéro centime, seulement des avantages pour les appareils syndicaux…
Aucun dirigeant politique ou syndical, de la gauche réformiste n’a jamais porté le gilet jaune. Et quand ils ont fait semblant de ne pas être des ennemis du mouvment, cela a été pire encore. Il n’y avait que du jaune des gilets dans les manifestations et les rassemblements, mais, au fur et à mesure que les organisations faussement amies, en fait les pires ennemis, ont prétendu y participer, on a trouvé du rouge de l’orange du bleu. Et tous les Martinez ou Laguiller ont affirmé qu’ils n’étaient pas en jaune ! Ils ont fait croire cependant à un rapprochement entre gilets jaunes et syndicats pour mieux faire pâlir le drapeau des gilets jaunes !
Le fait le plus remarquable est l’influence que le mouvement Gilets jaunes exerce encore dans les esprits malgré de très grands efforts des gouvernants, des média, des partis et des syndicaux pour en effacer l’influence. Plus de quatre ans après, il marque toujours la situation sociale en France et sert de référence pour ses amis comme pour ses ennemis. Il continue même un peu partout à exister et à se manifester, même si c’est avec beaucoup moins de force qu’à ses débuts. Il reste une menace permanente pour les classes dirigeantes qui doivent calculer avec lui et notamment qui doivent créditer davantage les syndicats pour le contrer. Il a en effet démontré une efficacité considérablement plus grande que tous les mouvements syndicaux, même quand ces derniers étaient plus suivis. En effet, les classes possédantes ont plus peur des mouvements auto-organisés qui ne sont pas controlables ni aisément trompables et ils craignent de n’avoir personne avec qui négocier comme cela a été le cas avec les Gilets jaunes. Le dernier échec total du mouvement syndical et politique des retraites soutenu par tous les syndicats et partis de gauche souligne encore le relatif succès des Gilets jaunes.
Les nombreuses tentatives pour l’écraser par la répression sanglante (la pire violence d’Etata contre des manifestants désarmés depuis des décennies) et par la calomnie massive. L’échec des tentatives de récupération et des tentatives de le discréditer, notamment avec les accusations de fascisme, de complotisme et d’antisémitisme a été d’autant plus remarquable.
Dans ses débuts, quand il était le plus massif, il a touché toutes les régions de France, jusqu’aux coins les plus reculés et s’est implanté partout à la base, parmi les plus démunis, dans le prolétariat et dans les couches misérables de la population, unissant le peuple travailleur.
Il aurait certainement essaimé dans les entreprises sans le tir de barrage des syndicats qui, pour se protéger, ont mené campagne en le traitant d’alliance avec la petite bourgeoisie, avec les déçus du macronisme, d’alliance avec le fascisme et l’antisémitisme, de compltisme et autres balivernes.

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7369

Le secrétaire général de la CGT va militer d’emblée contre le mouvement des Gilets jaunes qu’il prétendra inféodés à l’extrême droite, antisémites, de petits patrons, antisyndical et on en passe…

https://www.parismatch.com/Actu/Politique/Gilets-jaunes-Pour-Martinez-il-est-impossible-d-imaginer-la-CGT-defiler-a-cote-du-Front-national-1588335

Les autres syndicats ne feront pas mieux…

https://www.franceinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/gilets-jaunes-le-nouveau-patron-de-fo-n-appelle-pas-a-manifester-samedi-a-paris-mais-demande-des-augmentations-des-salaires_3048145.html

https://www.lefigaro.fr/flash-eco/2018/11/26/97002-20181126FILWWW00042-gilets-jaunes-la-cfdt-on-va-faire-des-propositions-concretes.php

Ce qui distingue la lutte des gilets jaunes de tous les mouvements réformistes, par exemple le dernier mouvement syndical contre la réforme des retraites, c’est que c’était un mouvement révolutionnaire et pas un mouvement réformiste. C’est ce qui a poussé le gouvernement de Macron pourtant le plus offensif contre les exploités de ces dernières années, à reculer sur bien des points, craignant que l’ensemble de la classe ouvrière soit entraînée par lui vers la révolution sociale…
Les gilets jaunes sont le premier mouvement depuis de longues années qui ait affirmé en France la nécessité d’en finir non seulement avec telle ou telle politique du capital et de son gouvernement mais avec le pouvoir capitaliste lui-même, avec la mainmise capitaliste sur toutes les richesses, avec la mainmise également du capital sur le pouvoir d’Etat, un mouvement qui ait refusé réellement tout dialogue avec le pouvoir capitaliste, toute négociation avec lui, toute tentative d’arrangement, de compromis, d’entente, exactement à l’inverse des réformistes qui ne réclament que cela !

Mais, redisons-le une fois encore, ce qui permet aux appareils réformistes de mener leurs manœuvres grandes et petites, c’est qu’elles peuvent s’adresser à la population travailleuse ou au moins à une majorité de celle-ci et lui dire : « Vous aussi, vous ne voulez pas autre chose qu’une bonne réforme et vous ne souhaitez pas tout révolutionner ». Et pour le moment cela reste vrai. C’est seulement dans le mouvement des gilets jaunes que l’on n’avait pas trouvé une majorité pour céder à ce type de discours…

La révolte a été si profonde et radicale, le fossé si large entre riches et pauvres, entre les capitalistes et les plus démunis, les provocations du pouvoir si insupportables que les gilets jaunes se sont le plus souvent proclamés ouvertement révolutionnaires, résolus à refuser les compromis et les fausses négociations, et à déclarer qu’ils ne voulaient rien réformer mais tout changer radicalement.

Bien sûr, ils sont nombreux ceux qui n’ont pas confiance dans les appareils réformistes, nombreux y compris au sein de ces organisations, même parmi les militants de celles-ci, à dire qu’elles ne sont pas assez radicales, qu’elles font trop de cadeaux à nos ennemis, qu’elles ne proposent pas des stratégies de lutte suffisantes pour améliorer le rapport de forces. Mais ces critiques, y compris celles de la gauche de la gauche ou de l’extrême gauche opportuniste, ne touchent nullement au fond de la question, celle du réformisme.

Et cela n’a rien à voir avec une particularité française. Partout dans le monde, le réformisme n’est plus capable que de soutenir ou d’aider des contre-réformes qui détruisent les services publiques, les aides sociales, la santé, l’éducation, le niveau de vie des travailleurs, des chômeurs, des misérables. Au plan social et politique, ces réformistes ne font que sauver les gouvernants, les capitalistes et de défendre le système capitaliste lui-même. Ainsi, ils ne font que donner crédit aux démagogies des extrêmes droites fascistes qui peuvent se créditer de dénoncer plus radicalement le système !

Les réformistes essaient de se recréditer à partir des attaques antisociales et ils font de même avec la menace que représentent les fascistes, mais, en fait, ils ne servent à rien pour combattre ces deux menaces. Au contraire, ils empêchent toute riposte, empêchent les travailleurs et les démunis de s’organiser pour riposter, et ils permettent à nos ennemis de faire croire à leur force et de faire croire que les exploités, eux, ne disposent ni de forces ni de perspectives…

La base même des thèses réformistes, c’est justement que l’« on ne peut pas changer le système, il faut seulement l’adapter ». Les mêmes affirment ne pas vouloir s’en prendre aux capitalistes mais seulement amoindrir le fossé social. Ils affirment ne pas combattre pour supprimer la possession privée du grand capital mais permettre au plus grand nombre d’accéder au droit de réussir, au droit d’entreprendre, au droit de s’enrichir. La réalité montre qu’ils mentent : partout dans le monde, on ne permet au plus grand nombre que de devenir plus pauvres, plus précaires, plus démunis, plus menacés, plus attaqués, plus étouffés. Y compris quand ces prétendus réformistes gouvernent.

Le terme même de réformistes est mensonger car ces prétendues « gauches » ou « centres gauches » ou « gauches de la gauche », une fois au gouvernement, s’attaquent autant aux exploités que les prétendues droites et même s’unissent parfois à elles ou aux extrêmes droites.

En période de crise révolutionnaire du monde capitaliste, toutes les colorations politiques de la grande bourgeoisie convergent vers l’attaque violente contre les exploités, vers la répression violente des actions de ces derniers, vers l’écrasement violent des opprimés.

Et les réformistes, ou prétendus tels, ne réforment rien du tout. Parce que le pouvoir capitaliste, depuis sa crise révolutionnaire, n’est plus, depuis 2007-2008, capable d’autre chose que de casser les droits, les revenus, la vie de tous les exploités. Malgré la profondeur ce cette crise économique, le capitalisme n’a rien pu réformer du tout et il en est incapable parce que ce qui est cause de son effondrement c’est justement le droit des propriétaires privés à miser sur ce qui est le plus profitable, y compris quand c’est de miser sur l’effondrement…

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5778

2019

La grève des Urgences des hôpitaux a démarré sans les syndicats par une organisation des personnels par eux-mêmes à l’hôpital Saint-Antoine, l’Inter-Urgences, qui a réussi à généraliser la grève à tous le pays !!! Syndicalistes et gauches jusqu’à l’extrême gauche essaient d’effacer cette indépendance par rapport aux appareils syndicaux en faisant comme si ces grèves auto-organisées sont là pour préparer la "journée" de grève syndicale du 5 décembre, pas du tout auto-organisée, ce qui n’est absolument pas le cas...
Le mouvement national des urgences en lutte et de nombreux hôpitaux est promené par les syndicats et affaibli par eux puis arrêté.

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5524

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5360

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5479

https://www.matierevolution.org/spip.php?article6335

Le 5 décembre 2019, les directions syndicales font seulement semblant de prendre la tête d’une grève générale reconductible et interprofessionnelle… Mais c’est faux, bien entendu !

Certains croient que la CGT appelle toutes les catégories à la grève générale reconductible…

Mais la réalité est tout autre. Voici ce qu’elle écrit :

« Le 14 novembre pour la défense de l’Hôpital public et des Finances Publiques
Le 17 novembre contre l’ouverture des magasins le dimanche sans caissière et en soirée jusqu’à minuit (non rémunéré comme des heures de nuit de 21h à 24h)
Le 20 Novembre Mobilisation des Accompagnants d’Elèves en Situation d’Handicap (AESH, AVS)
Le 23 novembre contre les violences faites aux femmes
Le 5 décembre pour nos salaires et nos emplois, contre le projet de réforme des retraites Delevoye/Macron
Le 7 décembre contre la réforme de l’assurance chômage
Et après nous déciderons ensemble des suites à donner à nos luttes : grèves, manifestations, rassemblements…. »

En fait, les appareils syndicaux veulent seulement diriger le mouvement pour le limiter, pour le contrôler, pour éviter que la classe ouvrière ne s’auto-organise et pour ensuite la trahir en la vendant au pouvoir et au grand capital…

On peut même dire que, dès maintenant, en négociant par petits bouts, par secteur, avec Macron, ils vendent et trahissent déjà la grève générale du 5 décembre qui, d’ailleurs, si elle se généralise petit à petit, secteur par secteur, n’est nullement appelée comme une grève générale interprofessionnelle reconductible de tous les travailleurs et chômeurs, du moins par les appareils syndicaux de toutes sortes. En effet, secteur par secteur, ce n’est que les travailleurs que les syndicats organisent pour préparer la journée du 5 décembre et les suivantes, non, c’est les négociations avec le pouvoir qu’elles mettent en place ! Et on le voit dans tous les secteurs, dans toutes les catégories, pour tous les syndicats. Tous sont reçus. Tous négocient dans le dos des travailleurs. Tous trahissent dès maintenant !

Comment comprendre autrement que ces appareils bureaucratiques, qui se sont toujours dits hostiles à une grève générale illimitée de tous les travailleurs, se prétendent aujourd’hui à son initiative ? En fait, tous les signaux sociaux en France se mettent de plus en plus au rouge et les appareils syndicaux ne veulent pas que chez les cheminots, chez les hospitaliers, chez les pompiers, chez les enseignants, chez les ouvriers de l’Automobile, dans l’Energie, à la RATP, chez les employés de banque, les travailleurs se lancent dans une « grève sauvage » comme viennent de la faire les urgentistes, et deux fois de suite les cheminots ! Rien n’inquiète autant, à la fois les dirigeants syndicaux et les dirigeants gouvernementaux, que le fait que les travailleurs s’auto-organisent, décident eux-mêmes du moment de leur action, de ses buts, des moyens engagés, de leur mode d’action et d’organisation !

Le 5 décembre, le mot d’ordre qui est souvent rappelé est celui de la « grève générale illimitée » mais ce qu’en disent les appareils bureaucratiques des syndicats n’a rien de rassurant sur sa signification pour eux étant donné que le caractère « illimité » ne signifient pas qu’ils appellent à faire grève après le 5 et même pas le 6 décembre et que le caractère « général » de l’appel à la grève générale ne signifie pas non plus qu’ils appellent vraiment tous les secteurs de la classe ouvrière à agir ensemble !!!

En fait, une véritable action de masse des travailleurs ne peut avoir lieu que si, à la base, les travailleurs s’organisent par eux-mêmes en comités, en collectifs, en conseils, en assemblées, et se coordonnent localement, régionalement et nationalement comme sont en train de le faire les gilets jaunes, comme l’ont fait aussi les urgences des hôpitaux publics dans les collectifs de l’InterUrgences et même dans tout l’hôpital public dans les collectifs de l’InterHôpitaux et comme l’ont fait les cheminots du technicentre de Châtillon.

Certes, les médias ont parlé de « convergence » entre syndicats et gilets jaunes auto-organisés, mais ce n’est pas au point que les syndicats reconnaissent le droit aux salariés de décider eux-mêmes, pas plus le 5 décembre que pour d’autres actions, des revendications, des modes d’action, des négociations, des objectifs, de la stratégie. Ce que les gilets jaunes, les urgences ou les cheminots du technicentre de Châtillon, c’est-à-dire l’auto-organisation de la lutte, ont imposé n’est toujours pas admis dans les entreprises. Et c’est pourtant ce qui permettrait non seulement d’assurer le contrôle par les travailleurs de leur propre lutte, d’être sûr de ne reprendre le travail notamment que quand on l’a décidé et aux conditions que l’on a voulues, mais aussi de pouvoir se faire craindre des classes possédantes et des gouvernants. Il est évident aujourd’hui que ceux-ci ne craignent nullement les appareils syndicaux car ils les tiennent aux bourses !!! C’est en effet l’Etat et les grands trusts qui financent les syndicats…

Les gilets jaunes veulent converger avec les salariés, pas être récupérés par les syndicats !!!! Des participants syndicalistes mais pas de banderoles ni d’encadrement syndical...

https://www.matierevolution.org/spip.php?article6313

https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1031

https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1036

Mouvement des retraites… Les syndicats sont unis pour battre en retraite ensemble après avoir lanterné ensemble…

La réponse syndicale à de nouvelles attaques d’ampleur sur les retraites aurait dû être un mouvement général des salariés, une véritable explosion de révolte, relançant le mouvement des gilets jaunes. Ne comptez pas sur les appareils réformistes pour cela !

Vendredi de la semaine dernière, les syndicats appelaient à une journée de grève de la RATP. Elle était très suivie, mais à quoi sert une seule journée de grève d’une seule corporation même si elle est très suivie ? Sinon à faire en sorte que la colère ouvrière ne mène à rien !!! Les agents du métro étaient suivis par bien d’autres professions du public et du privé. Comment ne pas unir tous les salariés contre la réforme des retraites ? Les syndicats ont la réponse : la RATP c’est juste un jour le 13 septembre. Puis c’est EDF le 19 septembre. Seulement un jour. Puis c’est FO tout seule le 21 septembre. Puis c’est la SNCF le 24 septembre. Une seule journée d’inaction et d « inefficacité,. etc. etc... Devant une telle stratégie de la division, le patronat et le gouvernement ne tremblent pas !!!

En même temps que les Urgences se battent, seules, que l’hôpital public se défend seul, la psychiatrie seule, les EPHAD seules, les salariés d’EDF contre le démantèlement seuls, les aéroports seuls contre la privatisation, les attaquent, elles, sont générales, mettent en cause les retraites de tous, les emplois de tous, les services publics de tous !

Pourtant, ce n’est pas demain que les appareils syndicaux lanceront la lutte des classes !!! Il faudra le faire nous-mêmes comme les Gilets jaunes !!! Les appareils syndicaux ne se contentent pas d’appeler à des journées d’inaction alors que celles-ci ont démontré que les classes dirigeantes ne les craignent pas. Ils ne se contentent pas de diviser les luttes et même de les saucissonner. Ils font plus : ils combattent de manière active et militante contre… l’auto-organisation des travailleurs ! Les assemblées interprofessionnelles (qu’ils avaient acceptées contraints et forcés en 1995) ou toute autre forme de coordination inter-entreprises et inter-secteurs (comme celle des Urgences), ils sont virulemment contre. Les comités de grève, les conseils de travailleurs ou toute forme de décision ne passant pas par les syndicats, ils affirment qu’elles seront manipulées par les patrons et le gouvernement, ou par l’extrême droite ou par l’extrême gauche. En tout cas, ils restent persuadés, ces appareils bureaucratiques, d’être la seule existence possible d’une organisation des travailleurs. Mais il y a belle lurette qu’ils ne le sont plus. Leurs dirigeants passent leur vie dans des réunions d’organismes d’Etat, avec les patrons et les gouvernants et ne parlent jamais aux travailleurs du rang. Cela ne les empêche pas de décider, à la place des travailleurs, ce qui est négociable et ce qui ne l’est pas. C’est cela, entre autres, que le mouvement des gilets jaunes a contesté en s’organisant par lui-même en comités de ronds-points, en assemblée de discussions et de décisions. Que les travailleurs en lutte ou en révolte décident d’élire eux-mêmes des délégués ou des représentants dans le feu de l’action, contrôlables et révocables, ils sont ouvertement contre. Que les travailleurs eux-mêmes puissent décider ce qui est négociable et ce qui ne l’est pas, comme avaient tenté de l’imposer les personnels de l’hôpital public en lutte, ils se dressent contre et on les a vus négocier avec Hirsch alors que les personnels manifestaient que « ce n’est pas négociable » !!

Alors que les attaques contre les salariés dépassent largement le secteur public, l’unité public/privé n’est pas réalisée par les appareils syndicaux. Les travailleurs de toute l’Automobile se menacés en cette rentrée : Renault, Nissan, PSA ou Ford et bien d’autres s’apprêtent à attaquer mais aucun plan d’ensemble n’est proposé pour lutter alors que des travailleurs américains de l’Automobile ont commencé la lutte, y compris en s’organisant de manière indépendante des appareils syndicaux bureaucratiques et corrompus des USA. Les enseignants américains en font de même.

La nouvelle attaque contre les retraites n’a pas amené ces appareils réformistes à proposer une lutte générale ni une forme nouvelle d’organisation des travailleurs par eux-mêmes. Si le gouvernement y va prudemment sur la question des retraites, c’est parce qu’il craint non pas les réactions des directions syndicales mais celles des travailleurs eux-mêmes : les gilets jaunes n’ont pas désarmé et il suffit de peu de chose pour que toutes les colères fusionnent en une large révolte, avec aussi la perspective de hausse des carburants, avec la crise financière et bancaire également menaçante pour tous les travailleurs et les milieux populaires. C’est bel et bien une révolte du type des gilets jaunes que les gouvernants craignent sur la question des retraites, de l’hôpital public, de l’Automobile, d’EDF, des Aéroports et on en passe…

https://matierevolution.fr/spip.php?article5522

https://www.wsws.org/fr/articles/2021/01/14/cgtp-j14.html

https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1036

On en est à la cinquième journée d’action de l’intersyndicale des retraites mais on ne les compte plus tant le gouvernement s’en moque ! On ne compte plus les promenades dans les rues non plus tant les classes possédantes s’en moquent. Et ça se voit !! Et à chaque fois que le gouvernement sonne ses « partenaires sociaux », ils répondent présent, ils accourent comme des toutous !!! Une fois de plus, les stratèges syndicaux ont endormi la lutte des classes qui menaçait de donner une suite massive à l’explosion sociale des gilets jaunes. Des promenades avec musique et merguez ! Pas de prises de parole de révolte, pas d’organisation de la lutte par les participants, pas de relations dynamiques avec les entreprises, pas d’assemblées générales interprofessionnelles, aucun débordement mettant en cause l’organisation de la société civile bourgeoise ! En somme, quelques journées syndicales ont prétendu effacer des mois et des mois de soulèvement des gilets jaunes en France !
La CGT fait une fois de plus semblant que la lutte des raffineries peut suffire à faire reculer le gouvernement et c’est TOTALEMENT faux !
Dans la lutte des retraites, les raffineries ne peuvent remplacer le secteur privé dont l’industrie !
Même les ports n’ont pas suivi parce que la stratégie des syndicats les maintenait à l’écart !!!
Les syndicats n’ont rien fait pour entraîner dans le mouvement les chômeurs, les femmes, les jeunes, les paysans, etc, etc…
Ils ont tout fait pour éviter de menacer le pouvoir d’un soulèvement social !!!
C’est donc un mouvement exactement inverse de celui des gilets jaunes…
Le gouvernement, conduit par ces appareils syndicaux à penser que les travailleurs ne vont pas déborder, se cramponne sur ses positions et se contente d’annoncer que la SNCF et la RATP roulent de mieux en mieux ! Alors que les syndicats nous annonçaient avoir adopté non une grève des transports mais une grève générale interprofessionnelle illimitée et reconductible par les AG, ils n’ont jamais même fait réellement semblant de la lancer !!! Seuls ceux qui voulaient croire aux syndicats pouvaient se l’imaginer : on savait bien avant que ça commence qu’il n’en serait rien.
Oui, la lutte des retraites pouvait donner un nouveau souffle au mouvement des gilets jaunes. Non, les appareils syndicaux, eux, ne pouvaient au contraire que l’étouffer et c’est ce qu’ils font.
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5678

Covid-19 et les syndicats…

Les patrons veulent coûte que coûte maintenir leur production et les syndicats ne veulent pas les en empêcher !!!

https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1061

Ce que les syndicats ne mettront pas en avant pas plus que les autres institutions de la bourgeoisie…

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8455

Ce que les syndicats ne diront jamais sur covid, pas plus que les partis politiques…

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6896

En 2019, les syndicats orchestrent une fausse convergence avec les Gilets jaunes après en avoir dit pis que pendre…

Depuis le début du mouvement, les gilets jaunes n’ont jamais été hostiles aux syndicalistes qui, en tant qu’individus, participent sans problème à la lutte des gilets jaunes. Ce dont ils ne veulent pas ce sont les méthodes des directions syndicales et leur fausse démocratie. Ce qui caractérise les gilets jaunes, ils n’ont cessé de l’affirmer : « On ne veut pas imiter le mode d’organisation de la société, de l’Etat, des partis et des syndicats ». On veut mettre en place une démocratie d’un genre nouveau, le pouvoir réel des participants sur leur propre lutte, la recherche collective de perspectives sans être enfermés par des logiques d’organisation et surtout pas par la logique des classes dominantes ! C’est la fameuse démocratie des ronds-points et des assemblées !

Bien sûr, la liaison avec les entreprises est une nécessité et un élément important dans les perspectives du mouvement mais ce n’est pas des syndicats qu’il dépend. Mais il y a aussi la nécessité de la liaison avec les banlieues, de la liaison avec les chômeurs, avec les précaires, avec tous ceux qui sont opprimés et exploités.

Certains parlent de « la convergence des gilets jaunes avec la CGT », qu’il s’agisse de Mélenchon, des Insoumis, d’une certaine extrême gauche type NPA ou LO, ou de certains dirigeants de la CGT. En fait, la CGT, dans sa direction nationale, ne converge qu’avec ses propres méthodes et appelle à nouveau à d’inutiles journées d’action, cette fois le 5 février, la dernière fois le 14 décembre. Méthode éculée, les journées d’inaction ont mené dans le mur tous les mouvements depuis des années, de la lutte pour les retraites à celle des cheminots.

Pour qu’il y ait une vraie convergence, il faudrait que les leçons de ces échecs cuisants, malgré des participations massives des travailleurs, soient tirées. Le succès des gilets jaunes n’a pas davantage servi de leçon aux directions syndicales. Ce n’est pas une question d’idée mais de type d’organisation. Les syndicats sont intégrés en fait à l’appareil d’Etat et leur fonctionnement est largement déterminé par celui-ci, à commencer par le financement. Une lutte s’en prenant directement au pouvoir d’Etat n’est pas dans leurs capacités. L’action directe n’est plus leur conception. La lutte intercatégorielle a depuis longtemps été abandonnée par ces appareils. L’auto-organisation leur apparait sans cesse comme une remise en cause de leur rôle. Ils ne s’estiment pas comme une force de proposition aux luttes des salariés mais comme une direction de la lutte, incontestable, non élue, non révocable. Il n’y a aucune convergence possible sur de telles bases !!! Sinon, ce serait un reniement des bases mêmes du mouvement des gilets jaunes, celles qui ont fait trembler les classes possédantes depuis plus de deux mois…

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5246

Les gauches politiques et syndicales prétendent renforcer le mouvement des Gilets jaunes mais ne font que l’affaiblir, lui enlever sa signification profonde…

Si le mouvement a pris, à ses débuts, un cours inattendu, massif et explosif, de type révolutionnaire, qui a fait peur aux classes possédantes et obligé le gouvernement à de premiers reculs, ce n’est nullement grâce à de quelconques stratégies de leaders autoproclamés mais parce que la révolte prenait largement dans la population la plus démunie de ce pays et que ces derniers n’avaient pas du tout pu, ces dernières années, exprimer cette révolte qui débordait ainsi. Le caractère révolutionnaire de cette lutte tient également au fait que les Gilets Jaunes ont refusé le cadre faussement démocratique de la république des milliardaires en ne déclarant pas leurs manifestations, actions et en n’ayant pas peur de la police des grandes fortunes, un des derniers remparts aujourd’hui de la dictature ouverte des capitalistes et des trusts et multinationales. Cette lutte a mis en avant à la fois des revendications économiques devant mettre fin aux inégalités sociales, à la misère et des revendications politiques sur la démocratie et le pouvoir du peuple qui pourraient être résumées à ces deux mots d’ordre : « Nous, n’avons rien, Nous voulons tout ! », « Nous ne décidons de rien, nous voulons décider de tout ! Tout le pouvoir au peuple travailleur ! ». Dans ces fondements, on le voit, ce mouvement d’une des parties les plus précaires du peuple travailleur ne cherchait nullement à débattre avec l’État des grandes fortunes, ou à attendre quelque chose de lui, contrairement aux organisations syndicales qui pratiquent la collaboration avec l’ennemi, et il représentait, dès lors, un réel danger pour les grandes fortunes s’il avait entrainé les salariés des grandes entreprises et le reste des milieux populaires dans son sillage. Mais tel n’a pas été le cas.

C’est justement lorsqu’ils ont laissé croire à la « convergence syndicats-gilets jaunes » que le crédit des Gilets jaunes est tombé et les craintes des classes possédantes aussi ! En effet, personne ne craint les syndicats. Du moment qu’ils peuvent encadrer les luttes sociales, celles-ci en restent à une fausse contestation sans risque, à des journées d’action, à des fausses propositions, à une caution des gouvernants. Et nous le constatons aujourd’hui. Alors que le gouvernement se met en ordre de marche pour imposer une série d’attaque sans précédent, les directions syndicales continuent de se réunir, de se concerter avec les fossoyeurs de nos droits et éparpillent les luttes, les grèves, les journées d’action évitant tout lien réel entre les salariés et le reste de la population dans des assemblées de lutte dans les entreprises, dans les quartiers, les villes, les villages au travers desquelles le peuple pourrait contrôler et diriger lui-même ses luttes.

L’unité du peuple travailleur n’est pas l’unité des organisations de la gauche politique ou syndicale.

La fameuse convergence des appareils syndicaux avec les Gilets Jaunes n’est une convergence de convenance. Ils ne reconnaissent toujours pas ce qui a fait la force du mouvement de lutte à savoir son auto-organisation, son refus des autorités, son refus de demander des autorisations de manifester ou de s’assembler. Jamais ils n’ont été influencés par ses aspirations politiques et sociales mêlées, par le fait de lier revendications sociales, démocratiques et politiques. De la convergence, il n’est donc resté que le fait que les syndicats prétendaient d’un côté continuer à calomnier la lutte et de l’autre faire semblant qu’ils y étaient associés, du moins lors de leurs sempiternelles « journées d’action syndicales » !!!

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5508

« Nous, agents grévistes du matériel au Technicentre de Châtillon, sur le réseau TGV Atlantique, avons cessé le travail massivement depuis lundi 21 octobre au soir, sans se concerter ou être encadrés par les syndicats. »

L’écho énorme d’une grève locale à durée illimitée, décidée par les travailleurs eux-mêmes sans les syndicats, vient de montrer que l’action directe a un tout autre poids que les journées syndicales mobilisant un nombre énorme de travailleurs sans faire aucun effet ou les grèves programmées par les centrales à dates préparées à l’avance, comme celle contre la privatisation du rail.

Deux fois de suite, les cheminots SNCF viennent de nous montrer l’exemple de la « grève sauvage ». La première fois, conducteurs et contrôleurs SNCF exerçant leur « droit de retrait » par une « grève surprise », illégale dit la direction, car sans déposer légalement de demande de grève avec préavis par les syndicats après négociation, à la suite d’un accident après la collision mercredi soir entre un TER reliant Charleville-Mézières à Reims et un convoi routier exceptionnel coincé sur un passage à niveau (accident qui a fait 11 blessés, dont le conducteur - seul agent SNCF à bord du train) et où les cheminots estiment que la présence d’un seul cheminot par train a été une cause de risque et donc que le risque est maintenu du fait des conditions de fonctionnement qui restent imposées par la direction. La deuxième fois, ce sont les agents du Technicentre SNCF de Châtillon qui viennent de faire une grève reconductible sans direction syndicale, sans préavis, sans négociation, en prenant les décisions seuls. La direction a voulu passer en force dans ce technicentre en imposant une modification des conditions de travail avec notamment des suppressions de congés alors que les conditions de travail sont très dures (cadences soutenues, pression des délais, les TGV contrôlés devant repartir très vite et le temps de contrôler est plus que court) et les salaires très bas. A l’origine de ce mouvement spontané, la volonté de la direction de Châtillon de mettre fin à un accord local, vieux de plusieurs années, qui offrait aux cheminots douze jours de repos supplémentaires.

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5568

Alors qu’une vague mondiale de révolte et révolutions parcourt le monde, la France incluse, les syndicats de France ne se sentent nullement concernés. Ils ne font de projets sur rien de tout cela. Ce n’est pas leurs oignons. Ils ne sont solidaires de rien. Ils ne se voient de responsabilité dans rien, ils n’ont en rien à leur donner des perspectives, alors que « leur » impérialisme français, lui, se considère comme responsable de la répression de ces luttes…

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7640

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5569

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8166

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8381

2020

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article

2021

Au lieu d’y voir une atteinte inacceptable à la liberté et à la santé, les syndicats n’ont pas bougé le petit doigt lorsque ces attaques ont commencé à se profiler et ont attendu qu’elles soient pleinement développées et que des réactions spontanées et auto-organisées menacent pour avoir une petit début de réaction.

Ces mêmes syndicats ont refusé de participer aux manifestations contre la politique sanitaire, affirmant, comme Macron, que les manifestants étaient manipulés par l’extrême droite !! Comme pour dénigrer les manifestations des gilets jaunes, il leur suffisait de trouver un militant d’extrême droite qui se joignait à une manifestation nullement organisée par des fascistes pour l’affirmer.

Maintenant, des syndicats (pas les confédérations qui elles, de fait, soutiennent Macron) appellent à la grève mais ils se gardent d’appeler d’abord à des assemblées du personnel qui déciderait ainsi lui-même des modes d’action, des buts, des revendications, des modes d’organisation et de la liaison avec d’autres secteurs !

En fait, le pouvoir de Macron serait aujourd’hui extrêmement faible si les appareils bureaucratiques des syndicats ne le soutenaient pas de toutes leurs forces. Cette situation empêche le développement des grèves ou le limite. Car bien des grèves ont lieu contre l’obligation vaccinale, actuellement dans les hôpitaux. Et, si la vaccination obligatoire se généralisait, cette attitude des syndicats empêcherait aussi que les grèves se développent dans les EPHAD, les bibliothèques, les transports, les écoles, l’université, les postes, ou tout autre secteur.

Si Macron est obligé de s’engager à ne pas imposer le pass sanitaire dans les maternelles, écoles, collèges, lycées et jusqu’à l’université, c’est pour éviter la jonction des grèves de tous les secteurs vers une grève générale contre la dictature du pouvoir ! Mais les syndicats se gardent de dire aux personnels non soignants que, si on laisse les soignants se battre seuls, le pass s’élargira et la dictature avec, même s’il est scientifiquement prouvé que cela ne bloque nullement la pandémie.

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6345

La CGT pendant la pandémie covid…

https://www.wsws.org/fr/articles/2021/01/14/cgtp-j14.html

Face à la pandémie et aux politiques gouvernementales soi-disant sanitaires, on ne peut pas du tout compter sur les syndicats !

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6341

Plus que jamais, patronat et syndicats, CGT en tête, font, conjointement ou séparément, la police dans la classe ouvrière...

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6305

La grève générale des Antilles n’est pas soutenue par les syndicats de la métropole coloniale...

https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_de_2021-2022_dans_les_Antilles_fran%C3%A7aises

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6581

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6582

2022

Les syndicats refusent d’exprimer leur solidarité active avec le peuple iranien soulevé !

Alors que les appareils bureaucratiques appellent à la « grève » le 29, il n’est nullement question pour eux d’exprimer notre solidarité avec l’insurrection en Iran menée par les femmes en appelant à leur emboiter le pas, ici, en France contre la République des milliardaires et l’impérialisme français ! Grève ouvrière générale de solidarité avec Mahsa ! « Bas les voiles », en Iran comme en France, pour reprendre le slogan de la militante féministe iranienne Chahdortt Djavann. A bas les violences policières contres toutes les femmes qui prennent la tête des révoltes, de l’Iran, au Soudan, à l’Inde comme aux USA (contre les noirs) ou en France (mutilation ciblée de Gilets Jaunes). Le « refus d’obtempérer » est pour toutes les polices du monde la justification de leurs crimes.

Sur le plan économique, Grève générale expropriatrice du grand capital, qui, seule, peut nous assurer de quoi vivre, d’avoir une retraite, de sauver les services publics et de combattre la montée vers guerre. Aucun de ces objectifs élémentaires n’est proposé par la gauche ou l’extrême gauche. Aucune manifestation contre les guerres de l’impérialisme français qui pourraient être coordonnées avec celles menée en Russie contre l’impérialisme russe.Ce sont ces perspectives qui uniraient les luttes partielles engagées dans en France comme dans le monde entier. Et jamais une telle perspective ne sera défendue par les réformistes (de gauche ou faussement d’extrême gauche).

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6946

La grève qui dure dans les raffineries et dépôts de pétrole, son efficacité à bloquer les stations d’essence, et les hésitations du pouvoir et des patrons de TotalEnergies et de Esso-ExxonMobil à son égard, laissent croire que les syndicats sont en train de bouger, de se faire craindre, de se mobiliser, de se lancer contre nos ennemis. Pourtant, rien de plus faux. Les syndicats des raffineries de pétrole, qui ne visent pas du tout à changer le rapport de forces au sein de l’ensemble de la classe ouvrière, ont commencé à reculer sur leurs propres revendications en admettant que les patrons refusent de négocier sur les embauches et les investissements. Ils n’ont pas généralisé la grève à toutes les raffineries et tous les dépôts de pétrole. Ils se sont bien gardés de la généraliser à l’ensemble du secteur de l’Energie, à commencer par les centrales nucléaires. Ils ont refusé d’organiser dans toutes les entreprises des assemblées générales décisionnelles pour que les travailleurs décident si l’affrontement sur le pouvoir d’achat de la classe ouvrière doit se généraliser. Dans les raffineries et les dépôts en grève, les appareils syndicaux se sont juste un peu laissé pousser par la base, les syndicats au départ ne voulant que trois jours d’action et les salariés souhaitant la grève reconductible. Il était difficile pour les syndicats de refuser car il est évident que les entreprises du secteur font des bénéfices fabuleux alors que les salaires s’effritent face à l’inflation.

Seulement trois des six raffineries françaises sont bloquées sans que les syndicats expliquent pourquoi… Par exemple, aucun mouvement de grève n’a été relayé à la raffinerie de Lavéra de Pétroineos, située à Martigues dans les Bouches-du-Rhône. À la raffinerie Petroineos de Lavera (13), pour la CGT, le temps n’est pas non plus à la grève, la centrale syndicale expliquant que les salariés ont déjà obtenu des augmentations salariales jugées satisfaisantes. « Les résultats sont tellement bons en ce moment que c’était bien normal », assure Sébastien Varagnol de la CGT du site. Les raffineurs ont ainsi raflé une augmentation de salaire plancher de 200€ ainsi qu’une hausse de 20% de la prime de déplacement. « Partir en grève (à Lavera) pour les salaires des camarades de Total ne paraît pas envisageable aujourd’hui malheureusement », affirme le dirigeant cégétiste.

Enfin la coordination CGT Total, qui regroupe des syndicats CGT parmi les 200 filiales de Total en France (comme la SAFT, spécialisée dans la conception de batteries à usage industriel, Hutchinson connue pour ses pneus ou encore Argedis, qui gère les stations-services) et qui s’était mise en lutte de manière inédite en juin dernier, ne semble pas repartie pour un tour. « Les salariés ne sont pas au rendez-vous », regrette Éric Sellini. « Il faut faire un travail de fourmi dans les syndicats, dans les fédérations et à la confédération pour faire en sorte que ça prenne. » Une date de grève dans les entreprises du caoutchouc (Hutchinson, Michelin…) était d’ailleurs envisagée pour le 18 octobre. Elle a finalement été remplacée par un appel de la FNIC à la mobilisation aux côtés des raffineurs, sur les piquets de grèves, le 11 octobre. À la confédération, on réfléchirait à une nouvelle date de grève interprofessionnelle dans la semaine du 18 octobre.

Les revendications salariales des syndicats du pétrole sont modestes comme ils le soulignent eux-mêmes. « Le périmètre pétrole a une masse salariale de 1,5 milliard d’euros, affirme Eric Sellini, coordinateur CGT chez TotalEnergies, cité par le journal patronal Les Echos. A 10 %, ce serait un effort d’à peine 150 millions d’euros pour la direction, à comparer aux plus de 18 milliards de profits au premier semestre. La direction a été beaucoup plus réactive pour récompenser les actionnaires. »

Au plan national, les centrales syndicales (celles qui appellent à des journées de grèves, car les autres ne le font même pas) poursuivent leur stratégie catastrophique de type négociation/journée d’action. La journée d’action du 22 septembre n’a servi à rien et la journée d’action du 29 septembre non plus. Cette dernière a été sans lendemain… La première ne posait que le problème de la santé et la deuxième que celui des salaires. Aucune ne globalisait sur l’attaque antisociale d’ensemble que subit le monde du travail…

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6980

Martinez, secrétaire général de la CGT est pour la "vaccination" de masse capitaliste des labos ! Ce qui fait que, même s’il se prétend contre le pass, il refuse de participer aux manifestations contre le pass et cautionne ainsi le régime policier d’apartheid sanitaire et social du pass-vaccinal !

Alors que l’Espagne classe COVID-19 grippe saisonnière, Martinez appuie la vaccination de masse et l’obligation vaccinale pour les travailleurs ! On rappellera à Martinez que les "Vaccins" contre Covid ne fonctionnent pas comme des vaccins traditionnels malgré l’appellation plus que trompeuse ! Les vaccins doivent protéger de la propagation et de la maladie et, pour le deux, ce n’est pas le cas ! Le virus continue de circuler malgré tout ! En soutenant l’obligation vaccinale et la vaccination de masse, Martinez soutient, de fait le pass vaccinale comme il soutenait, en réalité le pass sanitaire ! Voilà pourquoi il soutient la suspension ou le licenciement de dizaines de milliers de travailleurs !

Mais rien d’étonnant à ce que Martinez qui a fait élire Macron pour faire soi-disant barrage à Le Pen, soutienne la mise en place d’un régime policier sur le peuple et les travailleurs sous prétexte de lutte sanitaire ! Le syndicalisme bureaucratique de collaboration de classe est déjà un régime policier, au sein du monde du travail, issus du stalinisme, qui faut-il le rappeler a décimé les révolutionnaires et saboté les révolutions sociales dans le monde entier ! La direction CGT a gardé de son passé contre-révolutionnaire une politique de garde chiourme pour que le prolétariat n’emprunte surtout pas le chemin de la lutte de classe, aille sur un terrain politique et renverse le capitalisme pour asseoir la souveraineté du peuple travailleur en abolissant le régime de la propriété privé des moyens de productions !

On comprend mieux pourquoi la CGT ne défend pas les personnels suspendus pour avoir refusé l’injonction à l’injection d’un produit expérimental qui n’est en rien un vaccin ! Les collabos du capital se cachent derrière le scientisme pour soutenir le capitalisme et les labos ! On comprend encore mieux aussi pourquoi Martinez et la CGT laisse faire la répression aux Antilles et ne veulent surtout pas emboiter le pas à l’insurrection populaire qui, pour l’instant, a été la seule à faire reculer le gouvernement des classes dirigeantes ! Martinez comme le reste des directions syndicales deviennent de plus en plus ouvertement contre insurrectionnel contre l’auto-organisation du peuple et des travailleurs, opposée à toutes luttes sur un terrain politique.... Les directions syndicales, habituées à la collaboration de classe et une pseudo opposition anticapitaliste, roulent pour la contre-révolution ! Toute leur politique est de lutter contre la révolution ! Et lutter contre la révolution qui monte c’est défendre le capitalisme !

https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1177

2023

Les syndicats sont absolument incapables de mener une lutte victorieuse sur les retraites ou sur n’importe quoi…

Oui, c’est le mouvement des gilets jaunes qu’il faut relancer dans les entreprises, en unissant secteur public et privé, face à la prétendue réforme des retraites et pas des défilés inoffensifs des syndicats !
Ces syndicats ont négocié avec le pouvoir qui nous vole et nous tue comme si c’était pour nous rendre service. Mais ces bureaucraties syndicales sont payées par ce même Etat au service des milliardaires !
Les syndicats se prétendent pour le maintien des régimes de retraites par répartition ? Mais alors que font alors les directions syndicales au conseil d’administration de deux fonds de pensions publics ?
Et que font les syndicats dans le Conseil d’Orientation des Retraites, le COR à l’origine de bien des attaques contre le régime de retraites ?
Ces syndicats se sont faits les soutiens du pouvoir actuel et ce n’est certainement pas sur eux qu’il faut compter pour gagner une lutte pour la défense des retraites !

https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1208

2024

La France de Macron se déclare en préparation de guerre. Les syndicats s’en plaignent. Ils peuvent même faire une promenade dans les rues en faveur de la paix, contre l’excès de dépenses d’armement, la « budget de guerre ». Mais jamais, au grand jamais, ils ne sont contre l’armée française, ses guerres impérialistes, ses guerres coloniales même. Jamais ils ne sont complètement contre l’industrie de guerre, le budget de guerre dans son principe même, le nationalisme, la prétention de l’impérialisme français à être la patrie des travailleurs. Au contraire, comme en 1914, ils sont à fond pour !

2025

Les appels pour le 10 septembre incitaient au combat contre la société capitaliste, ceux du 18 étaient l’oeuvre de ses défenseurs, les réformistes qui veulent aider à son fonctionnement. La convergence entre ces courants est impossible, elle est à combattre.

Si des Gilets jaunes partisans du 10 septembre ont voulu croire que se voir rejoindre par les syndicats le 18 ne pouvait qu’amplifier le mouvement, au pire n’avoir aucun effet, la démonstration est faite que les appels des directions syndicales ont été nocifs. Les particpants du mouvement du 10, qu’ils soient ou pas anciens Gilets jaunes, n’ont pu que constater que les cortèges syndicaux étaient tout sauf faits pour inciter à la lutte, pour donner de l’élan, pour faire avancer la motivation et la conscience des enjeux, des moyens et des buts. Rien de plus plat que des cortèges organisés par l’intersyndicale. Il y a de quoi s’endormir sur place !

Syndicats et partis de gauche, quand ils ont fait mine de participer au mouvement du 10 septembre, c’est seulement pour le démobiliser, le diviser, le désarçonner, le tromper, le freiner, changer ses buts et ses perspectives.

Quelles étaient les perspectives du mouvement du 10 septembre des Gilets Jaunes, contre le pouvoir des milliardaires, ses dettes, ses sacrifices antisociaux, sa dictature, son organisation sociale et politique, ses forces de répression, ses guerres, sa fausse démocratie...

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8328

10 septembre ! Quel objectif numéro un pour le mouvement des Gilets jaunes ?

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8338

Le 10 septembre 2025 se prépare… et terrorise déjà les gouvernants, les possédants, les médias et… les syndicats !

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8367

La trahison syndicale du mouvement du 10 septembre s’annonce avant le mouvement…

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8358

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8366

Les faux « militants de la base » qui noyautent le mouvement débuté le 10 septembre…

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8427

Après le 10 septembre et le contre-feu du 18, quelle perspective pour le mouvement ?

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8391

Quelles leçons tirer du 10 septembre ?

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8390

Le mouvement de la base est « suspendu » mais il continue de planer au-dessus des classes possédantes dont le pouvoir est désormais suspendu lui aussi devant une situation prérévolutionnaire…

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8449

L’Etat français annonce son entrée en guerre et le sacrifice des enfants… Les syndicats osent à peine murmurer…

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8542

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8529

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8473

Voici ce que ne diront jamais les appareils syndicaux contre la guerre :

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8249

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7636

Ce que les syndicats ne peuvent pas dire aux jeunes :

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8195

Ce que les syndicats ne peuvent pas dire aux femmes :

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6903

Les petits paysans sont étranglés et se battent… Mais sans le moindre geste de la classe ouvrière, muselée par les syndicats…

Ce que les syndicats ne peuvent pas dire aux paysans :

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8535

Ce que les syndicats ne peuvent pas dire aux Gilets jaunes ni faire avec eux :

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7369

Lire aussi :

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2570

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7645

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4236

https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve110

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1591

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7440

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1639

https://www.convergencesrevolutionnaires.org/L-exemple-de-Renault-Flins-25-ans-d-histoire-syndicale-ou-l-evolution-parallele?archive=1

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7465

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