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Les missiles iraniens et la peur européenne pour jusitifier la guerre...
mercredi 1er avril 2026, par
MISSILES IRANIENS, PEUR EUROPÉENNE ET ÉCONOMIE DE GUERRE FRANÇAISE
Ce qu’on vous dit, ce qui s’est passé, pourquoi on vous fait peur — et ce que l’impérialisme français en fait
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## I. LES FAITS, SANS LE FILTRE
### Diego Garcia : deux missiles, zéro dégât, un mensonge médiatique
Dans la nuit du 20 au 21 mars 2026, l’Iran a tiré deux missiles balistiques en direction de la base militaire américano-britannique de Diego Garcia, dans l’océan Indien. C’est confirmé par le Wall Street Journal, CNN, et le ministre britannique Steve Reed sur la BBC : "Notre évaluation, c’est que les Iraniens ont bel et bien visé Diego Garcia." Un missile est tombé avant d’atteindre sa cible. L’autre a été intercepté.
Résultat concret : deux missiles tirés, zéro dégât, deux échecs.
Ce fait réel a immédiatement été transformé en spectacle de la peur. BFM, LCI, CNN tournent en boucle sur "4 000 kilomètres" — la distance entre Téhéran et Diego Garcia. Pas depuis le point de lancement réel. Les missiles ont été tirés depuis la zone de Chah Bahar, à l’extrême sud-est de l’Iran. Portée réelle : environ 3 200 km — sans atteindre la cible. Le chiffre-vedette est une distance calculée depuis la capitale pour maximiser l’effet psychologique.
La technique de l’allongement de portée explique tout le reste. Guillaume Lasconjarias, historien militaire à la Sorbonne : "Ils ont sans doute enlevé le dispositif explosif, et donc le missile va forcément plus loin." L’ancien officier Guillaume Ancel : "Pour allonger leur portée, ils ont réduit la charge emportée. Ce qui fait que, de toute façon, le missile aurait fait très peu de dégâts." Un missile à portée étendue sans charge utile n’est pas une arme. C’est un signal politique.
Même le secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte a refusé de confirmer la version maximale : "Nous ne pouvons pas le confirmer pour l’instant, nous cherchons à le vérifier." Quatre jours après les tirs, ce que les journaux télévisés présentent comme une certitude terrifiante reste, techniquement, une question ouverte.
En résumé : l’affirmation que les missiles ont parcouru 4 000 km est fausse — ils ont parcouru 3 200 km depuis leur point de lancement réel, sans atteindre leur cible. L’affirmation que l’Iran dispose d’une capacité nouvelle et opérationnelle est exagérée — il s’agit d’un missile allégé, sur-contraint, qui a échoué. L’affirmation que Paris est désormais à portée de l’Iran est techniquement partielle — certaines capitales du sud de l’Europe, avec un missile quasi sans charge utile. Et l’affirmation que l’OTAN confirme des missiles intercontinentaux iraniens est fausse — Rutte a dit explicitement ne pas pouvoir confirmer.
### Les deux propagandes sur le même événement
La publication Maritime Executive l’énonce sans détour : l’incident est exploité à des fins de propagande par les deux camps. L’agence iranienne Mehr News a promu l’attaque comme avertissement dissuasif contre toute implication européenne. Israël a utilisé la même menace comme stratégie de recrutement : aidez à détruire cette capacité iranienne, sinon vous deviendrez victimes.
L’Iran dit à l’Europe : restez dehors ou vous paierez. Israël et Washington disent à l’Europe : entrez ou vous paierez. Deux discours en sens strictement inverse, construits sur le même événement. Les médias mainstream servent les deux propagandes simultanément.
Une dimension aggravante : les Iraniens n’ont probablement pas la capacité de générer leur propre renseignement de ciblage dans cette zone. Ce renseignement provient très vraisemblablement des Russes et des Chinois — CNN a rapporté que la Russie fournit à l’Iran des renseignements sur les positions et mouvements des troupes américaines. La guerre Iran-USA-Israël est un nœud de la confrontation interimpérialiste mondiale.
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## II. LA FRANCE — DU DISCOURS À L’ACTE DE GUERRE
### Macron le 3 mars : la feuille de vigne et le Charles de Gaulle
Cinq jours après le déclenchement de la guerre, Macron s’adresse aux Français. Le discours est d’une habileté redoutable : condamnation de forme — "frappes conduites en dehors du droit international" — puis validation immédiate du fond : "l’Histoire ne pleure jamais les bourreaux de leur peuple. Et aucun ne sera regretté." C’est illégal, mais c’est bien fait. Dans la même allocution : "Nous avons des intérêts économiques à préserver. Nous sommes à l’initiative pour bâtir une coalition afin de réunir les moyens, y compris militaires, pour reprendre et sécuriser le trafic dans ces voies maritimes." Ordre donné au Charles de Gaulle de faire route vers la Méditerranée. Rafale déployés. Missiles MICA utilisés "plusieurs fois par jour" au Proche-Orient.
Le général Vincent Desportes n’a pas eu de doute : "La France est en guerre depuis ce matin."
### Un mort français — et Macron qui l’exploite
Le Major Arnaud Frion, du 7ème bataillon de chasseurs alpins de Varces, est mort en Irak lors d’une attaque de drone d’une milice pro-iranienne. Premier mort français confirmé dans ce conflit. Macron l’a évoqué en ouverture du conseil de défense du 17 mars — non pour annoncer un retrait, non pour interroger le sens de cet engagement, mais pour légitimer la politique en cours. La mort d’un soldat transformée immédiatement en argument de guerre : c’est la mécanique classique de l’union sacrée. Les travailleurs, eux, doivent se demander : dans quel intérêt est mort Arnaud Frion ? Pour protéger les routes pétrolières des monarchies du Golfe ? Pour les actionnaires de MBDA ?
### La comédie de la résistance à Trump
Au conseil de défense du 17 mars, Macron reconnaît explicitement que Trump fait pression sur la France pour l’aider à sécuriser le détroit d’Ormuz. Il dit "non" en public : la France "ne prendra jamais part à des opérations pour ouvrir ou libérer le détroit d’Ormuz dans le contexte actuel." Mais immédiatement après, il précise qu’une fois "la situation calme", la France est prête à prendre la responsabilité d’un "système d’escorte". Un nouveau conseil de défense a été convoqué le 24 mars — troisième réunion de crise en moins d’un mois.
C’est le sous-impérialisme à l’œuvre : dire non à Washington pour la consommation intérieure française, tout en signalant à Trump que la France sera au rendez-vous quand ce sera politiquement vendable. L’accord AUKUS résume tout : les États-Unis ont poignardé la France dans le dos sur les sous-marins australiens, lui faisant perdre 50 milliards d’euros. Macron a protesté — et a continué d’aligner la France sur les positions américaines. La "mort cérébrale de l’OTAN" qu’il dénonçait en 2019, il continue d’en faire battre le cœur avec le sang des travailleurs français.
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## III. QUI PAIE, QUI PROFITE
Le budget des armées françaises a doublé en dix ans pour atteindre 413 milliards d’euros sur la loi de programmation militaire en cours. Rallonge de 6,7 milliards en 2026. MBDA a doublé sa production de missiles par rapport à 2023. Safran a quadruplé sa production de kits de guidage pour les bombes AASM. KNDS produit une soixantaine de canons Caesar contre 10 à 15 en 2019. Dassault, Naval Group, Thales — les mêmes noms dans chaque communiqué officiel. Ces entreprises sont les véritables gagnantes de la "menace iranienne".
Les payeurs, eux, sont identifiés. Lecornu préfère les frégates aux pistes cyclables. Il s’en prend aux budgets des collectivités pour financer le réarmement. La réforme des retraites — déjà imposée de force — est évoquée comme levier de financement de la guerre. Les 6,7 milliards supplémentaires pour la défense en 2026 sont pris directement dans les budgets sociaux.
Le mécanisme est d’une clarté implacable : la peur des missiles iraniens sert à transférer massivement de l’argent public des services sociaux vers les industriels de l’armement.
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## IV. L’UNION SACRÉE — DU PARLEMENT AUX SYNDICATS
### Le bloc parlementaire
411 voix en faveur de l’accélération du réarmement à l’Assemblée nationale : droite, extrême droite, et Parti socialiste main dans la main. C’est 1914, version 2026. Les Guesde et Sembat d’aujourd’hui votent le budget de guerre sans états d’âme.
### LFI : une force étrangère au mouvement ouvrier
LFI critique la guerre — mais dans le cadre du droit international et de l’ONU : "illégal sans mandat du Conseil de sécurité", "escalade incontrôlée". C’est le langage de la diplomatie bourgeoise progressiste, pas de l’internationalisme ouvrier. On n’attend rien d’autre de LFI parce que LFI est structurellement étrangère au mouvement ouvrier révolutionnaire. Ses références le disent sans ambiguïté : Jaurès, Blum, Mitterrand. Millerand en 1899 — premier socialiste à entrer dans un gouvernement bourgeois. Blum qui théorisait l’"exercice" du pouvoir dans le cadre bourgeois sans le "conquérir". Mitterrand de 1981 à 1995 — interventions en Afrique, maintien de la force de frappe, gérant de l’impérialisme français habillé en socialisme. Mélenchon est l’héritier revendiqué de cette tradition. LFI ne nommera jamais l’impérialisme français comme adversaire de classe, n’appellera jamais à sa défaite, ne s’adressera jamais aux soldats français comme à des travailleurs.
### La direction CGT : social-pacifisme en parole, social-chauvinisme en pratique
La direction confédérale a publié des déclarations contre la guerre. Elles invoquent le droit international, l’ONU, l’arrêt des combats. Pas un mot sur l’impérialisme français. Pas un mot sur les soldats. Pas un mot sur les travailleurs de MBDA ou de Naval Group qui fabriquent les armes de cette guerre.
Ce langage — ONU, droit international, paix — n’est pas un langage ouvrier. C’est le langage de la diplomatie bourgeoise multilatérale. L’ONU est une institution des vainqueurs de 1945 pour gérer le partage du monde entre grandes puissances impérialistes. Se réfugier derrière elle, c’est accepter ce cadre — simplement en préférant son versant multilatéral à son versant unilatéral.
En temps de guerre impérialiste, l’abstention est un soutien passif. C’est ce que Lénine démontrait contre Kautsky en 1916 : le "social-pacifisme" en temps de guerre est objectivement social-chauviniste. La CGT révolutionnaire d’avant 1914 avait une politique explicite : le soldat est un travailleur en uniforme, la fraternisation entre ouvriers et soldats est le levier principal contre la guerre impérialiste, Le Sou du Soldat portait une propagande antimilitariste directement dans les casernes. La direction confédérale actuelle a abandonné tout cela.
### LO et le NPA-R : le centrisme en paroles, la complicité en pratique
Lutte Ouvrière et le NPA-Révolutionnaires maintiennent un vernis de références — le Programme de Transition, le langage de la trahison des directions. Ce vernis est fonctionnel : il donne des illusions, maintient une identité radicale, immunise contre la rupture nécessaire. Mais sur chaque question concrète de cette guerre, LO n’a pas de position défaitiste vis-à-vis de l’impérialisme français. Elle dénonce la guerre comme phénomène général sans jamais en tirer les conséquences pratiques : pas d’appel à la défaite de la France, pas de travail dans les armées, pas de lutte dans les entreprises d’armement. Avoir les bons principes en paroles et refuser d’en tirer les conséquences — c’est ce que Lénine reprochait à Kautsky : non pas nier la théorie, mais la trahir dans la pratique.
### Le cas Bazzali : l’illustration concrète
Rémy Bazzali est élu CGT/LO au CSE d’Airbus Hélicoptères Marignane. Il dénonce la guerre en Iran. Ses déclarations circulent dans les milieux d’extrême gauche. Mais Airbus Hélicoptères Marignane produit des hélicoptères militaires — NH90, Tiger — livrés à des armées engagées dans des conflits. À quelques kilomètres, la base d’Istres accueille les KC-135 américains qui ravitaillent les bombardiers frappant l’Iran. Les travailleurs de Marignane sont des maillons de la chaîne de production de cette guerre.
Bazzali ne fait aucun lien entre ce que produisent ses camarades et le conflit qu’il condamne. Il ne pose pas la question du contrôle ouvrier sur la production. Il n’appelle pas au refus de produire des armes pour cette guerre. Il ne s’adresse pas aux personnels de la base d’Istres voisine. C’est en cela qu’il illustre parfaitement le centrisme pratiquement complice : LO préserve son identité de gauche et refuse de mener la politique qui ferait réellement défaut à la bourgeoisie dans son effort de guerre.
### Le vide sur les soldats : l’abandon de la tradition révolutionnaire
Aucune organisation — LFI, LO, NPA-R, direction CGT — n’a de politique vis-à-vis des soldats français engagés dans ce conflit. Ce vide révèle une acceptation implicite que l’armée est une institution imperméable à la lutte de classe. C’est exactement la thèse que les bolchéviks ont réfutée en 1917, et que la CGT révolutionnaire réfutait avant eux. Le soldat est un travailleur en uniforme. La fraternisation, la propagande antimilitariste dans les casernes, le soutien aux refus d’obéissance — c’est le cœur de la politique révolutionnaire en temps de guerre que la gauche française a entièrement abandonné.
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## V. L’IMPÉRIALISME EN CRISE DE VALORISATION
La guerre n’est pas réductible au pétrole, ni aux seuls appétits de l’industrie d’armement. Elle est la forme que prend la crise structurelle du capitalisme mondial — et il faut la comprendre dialectiquement, sans en faire un schéma mécanique qui expliquerait tout.
En 1929, les États ont laissé fonctionner les mécanismes de la crise — destruction massive de capital dévalué, restauration du taux de profit, puis nouvelle phase d’accumulation. La Seconde Guerre mondiale a achevé ce travail à l’échelle maximale, créant les conditions des Trente Glorieuses. En 2008, ils n’ont pas laissé faire. Quantitative easing, taux zéro, rachat massif de dettes pourries. Le capital fictif n’a pas été détruit. Le taux de profit dans la sphère productive n’a pas été restauré. Résultat : une impasse structurelle depuis quinze ans. Le capital tourne en circuit fermé dans la sphère financière sans pouvoir élargir réellement la production.
L’IA et la robotisation portent cette contradiction à son terme. Elles permettent de produire davantage avec toujours moins de travail humain — donc d’extraire toujours moins de plus-value relative à la masse de capital engagé. Elles ne permettent pas d’élargir la production dans le sens marxiste, elles permettent seulement de produire la même valeur ou moins avec moins de travail vivant. Et la guerre elle-même est désormais robotisée — drones autonomes, essaims sans pilote. Elle ne crée plus la demande de travail vivant que les guerres du 20ème siècle généraient. Les trois mécanismes classiques de sortie de crise — crise destructive spontanée, guerre totale, expansion coloniale — sont tous simultanément bloqués ou dégradés.
La désindustrialisation militaire américaine en est le symptôme le plus clair : les États-Unis produisent actuellement 40 000 obus d’artillerie par mois — les forces ukrainiennes consomment cette quantité en quelques semaines. L’Amérique a cessé de produire du TNT sur son territoire en 1986. La première puissance militaire mondiale ne produit plus l’explosif de base de ses munitions depuis quarante ans. Ce n’est pas un impérialisme qui s’effondre — c’est un impérialisme qui paie le prix de son choix historique de déplacer son centre de gravité vers la prédation financière. L’impérialisme acculé, qui n’agit pas parce qu’il est fort, mais parce qu’il sent que la fenêtre se ferme.
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## CONCLUSION : DES COMITÉS DU PEUPLE TRAVAILLEUR CONTRE LA GUERRE IMPÉRIALISTE
La peur des missiles iraniens est le lubrifiant idéologique d’une opération politique précise : transférer des dizaines de milliards des retraites et des hôpitaux vers MBDA et Dassault, engager la France dans une guerre impérialiste au nom de la "sécurité", neutraliser toute résistance de classe derrière l’union sacrée.
Un soldat français est mort en Irak — le Major Arnaud Frion — et Macron a immédiatement transformé sa mort en argument de guerre. Voilà ce que vaut la "défense de la France" : la mort des enfants des travailleurs pour les intérêts des actionnaires des monarchies pétrolières et des industries d’armement.
Toutes les formations qui prétendent s’opposer à la guerre — LFI dans le cadre républicain, LO et ses alliés avec leur vernis révolutionnaire, la direction CGT avec son social-pacifisme — refusent de mener la politique qui ferait réellement défaut à la bourgeoisie dans son effort de guerre. Leur fonction réelle est d’encadrer et neutraliser la conscience révolutionnaire du prolétariat.
La réponse révolutionnaire n’est pas une déclaration de principe. C’est une politique construite ici, maintenant, à partir de là où chacun se trouve. La politique vient en premier — elle est le parti en germe. Un individu qui défend la bonne ligne dans un atelier, une caserne, un bureau est déjà un nœud du futur parti, pas parce qu’il en porte la carte, mais parce qu’il en incarne la politique.
Des comités du peuple travailleur dans les entreprises, les quartiers, les services publics : refuser l’économie de guerre, auditer les budgets militaires, contrôler les prix que la guerre fait flamber, rejeter l’austérité présentée comme prix de la "sécurité nationale". Des comités de soldats dans les garnisons et sur les théâtres d’opération : refuser d’être la chair à canon de la coalition impérialiste, construire la liaison entre les uniformes et les blouses. Les soldats français ne sont pas nos ennemis — ils sont des travailleurs en uniforme. C’est la tradition de la CGT révolutionnaire d’avant 1914 que les formations actuelles ont abandonnée. La lutte dans les entreprises d’armement : les travailleurs de MBDA à Bourges, d’Airbus Hélicoptères à Marignane, de Naval Group, de Dassault, de Thales sont les maillons de la chaîne de production de cette guerre. Le contrôle ouvrier sur la production — qu’est-ce qu’on produit, pour qui, et doit-on le produire — est une question politique de premier ordre que personne ne pose. La fédération de ces comités comme embryon d’un contre-pouvoir ouvrier — non pour gérer l’État existant, mais pour en construire un autre.
La défaite de l’impérialisme français dans cette guerre n’est pas une catastrophe pour les travailleurs. Elle est la condition de leur émancipation — à condition qu’elle s’accompagne d’une politique qui transforme la défaite militaire de la bourgeoisie en défaite politique du système.
La classe ouvrière n’a pas de patrie à défendre dans ce conflit. Elle a un système à renverser.
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*Sources : Élysée (discours Macron 3 mars 2026, conseil de défense 17 mars 2026), info.gouv.fr (Lecornu défense décembre 2025), Wall Street Journal, CNN, BBC, Al Jazeera, The Maritime Executive, South China Morning Post, Iran International, Franceinfo, Révolution Permanente, Le Club des Juristes, Public Sénat, Maire-Info, Foreign Policy Research Institute, Defense Watch, Stars and Stripes, American Enterprise Institute.*





