Matière et Révolution
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69144La loi sur la « présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre » : un permis de tuer
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https://www.matierevolution.org/spip.php?article96802026-08-09T22:03:00Ztext/htmlfrAlex, WaraaFranceGuerre WarImpérialisme
<p>La loi sur la « présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre » : un permis de tuer <br class='autobr' />
C'est seulement du point de vue de la révolution socialiste mondiale que l'on peut comprendre des événements tels que la marche à la guerre. Et c'est seulement par de la propagande pour cette révolution mondiale en France, que les révolutionnaires peuvent agir ici. <br class='autobr' />
Le fait qu'en France aucun parti n'ait ces objectifs est illustré par la pauvreté des objectifs proposés aux exploités. Les (…)</p>
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<div class='rss_texte'><h2 class="spip">La loi sur la « présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre » : un permis de tuer</h2>
<p>C'est seulement du point de vue de la révolution socialiste mondiale que l'on peut comprendre des événements tels que la marche à la guerre. Et c'est seulement par de la propagande pour cette révolution mondiale en France, que les révolutionnaires peuvent agir ici.</p>
<p>Le fait qu'en France aucun parti n'ait ces objectifs est illustré par la pauvreté des objectifs proposés aux exploités. Les slogans du communisme révolutionnaires sont depuis Blanqui, Marx et Engels, Jaurès et Lénine : Armement du prolétariat et désarmement de la bourgeoisie ! Dictature du prolétariat ! Dissolution des armées permanentes ! A bas les guerres impérialistes et vive la guerre civile ! Transformation de la guerre impérialiste en révolution sociale !</p>
<p>La police et l'armée sont les deux principaux organes de répression aux mains de la bourgeoisie, contre le prolétariat. Cette analyse en termes de lutte des classes, il est important de la défendre haut et fort, alors que les faux marxistes (LO, NPA-R, RP) donnent aux exploités des analyses sur la question de l'Etat en termes de "lutte des races", de "lutte contre l'extrême droite", de "lutte du progrès contre la régression" de "lutte électorale" plutôt que de lutte des classes.</p>
<p>Par exemple, LO dans sa brochure <a href="https://www.lutte-ouvriere.org/medias/document/fichiers/2026/06/brochure-ete-2026.pdf" class="spip_out" rel="external">Nathalie Arthaud - Présidentielle 2027</a>, ne fait aucune référence aux classes sociales dans la question de la police :</p>
<blockquote class="spip">
<p> « Même si Darmanin ou Retailleau ont commencé à mettre en œuvre cette politique xénophobe au ministère de l'Intérieur, une victoire du RN renforcerait les racistes, notamment au sein de la police et de l'appareil d'État, ainsi que les identitaires et les apprentis fascistes. »</p>
</blockquote>
<p>Ce sont les vainqueurs des élections qui détermineraient des changements de politique dans la police, pas la bourgeoisie, LO voit tout par les élections ; et l'extrême-droite serait "pire" que les autres ! Que la gauche contre révolutionnaire fasse assassiner des dirigeants ouvrier blancs, comme cela arriva en France en juin 1848 et lors de la semaine sanglante en 1871, en 1919 en Allemagne et en Hongrie, en 1936 en Espagne, ce n'est plus d'actualité si l'on en croit LO. Madame "main propre" N. Arthaud justifie dès maintenant un "vote républicain" contre Le Pen au second tour des élections présidentielles ... sans y appeler. Son analyse est celle du PC, de la CGT : formidable c'est bon pour les carrières de ses militants.</p>
<p><strong>La loi du 7 juillet 2026 dénoncée par Amnesty International</strong></p>
<p>L'organisation de défense des Droits de l'Homme dénonce clairement cette loi :</p>
<blockquote class="spip">
<p> « Le 7 juillet 2026, l'Assemblée nationale a adopté la loi sur la « présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre ». C'est un vote de la honte : 313 députés ont voté pour cette loi venue initialement de l'extrême droite, portée par Les Républicains (LR) et soutenue par le gouvernement. Cette loi revient à offrir un « permis de tuer » à la police. Avant son adoption définitive, elle doit désormais passer devant le Sénat. Nous continuerons de nous opposer fermement à cette loi, voici pourquoi. »</p>
</blockquote>
<p>Cet engagement est tout à fait juste. Amnesty explique ensuite la signification de cette loi :</p>
<blockquote class="spip">
<p> « 1. Tout tir de policier est considéré légal</p>
<p>Aujourd'hui, un tir de policier ou gendarme doit être démontré comme étant strictement nécessaire et proportionné. Demain, il sera automatiquement présumé légal.</p>
<p>Cette nouvelle loi s'appuie sur une législation plus ancienne, de 2017, connue sous le nom de l'article L.435-1 du Code de la sécurité intérieure. Derrière ce nom abstrait, se cache en réalité un changement majeur : la loi vient élargir les conditions dans lesquelles les forces de l'ordre peuvent utiliser leurs armes. Concrètement, un policier ou un gendarme peut ouvrir le feu sur une personne qu'il pense « susceptible » de représenter un danger. Or, depuis son adoption, les tirs mortels de policiers sur des véhicules ont été cinq fois plus nombreux qu'avant. »</p>
</blockquote>
<p>Amnesty passe pudiquement que ce "changement majeur" eut lieu sous Hollande/Cazeneuve, Amnesty explique à juste titre :</p>
<blockquote class="spip">
<p> « C'est dans ce contexte déjà alarmant que la nouvelle loi s'inscrit. Plutôt que de corriger les failles de la loi de 2017, la nouvelle loi votée à l'Assemblée nationale les aggrave. Jusqu'ici, en cas de tir, une enquête doit vérifier si les conditions exigées par l'article L.435-1 sont bien réunies. Avec la nouvelle loi, cette vérification ne sera même plus nécessaire : à chaque fois qu'un policier utilisera son arme, le tir sera automatiquement considéré comme légal. (...)</p>
<p>Aujourd'hui, si un policier ou gendarme utilise son arme et tue, c'est à l'État de démontrer que le tir mortel était strictement nécessaire et proportionné. Demain, ce sera aux familles, en plein deuil, de prouver le contraire. </p>
<p>C'est une inversion inédite de la charge de la preuve que propose cette nouvelle loi. Quand un agent de l'État tue, c'est à l'État de justifier cet acte. Mais dès lors que le tir est présumé légal, ce sera aux familles des victimes de prouver que le tir responsable de la mort de leur proche était illégal. Comment apporter des preuves en plein deuil ? Comment prouver quelque chose sans avoir été présent, sans accès aux caméras, aux rapports, aux témoignages des agents des forces de l'ordre ? »</p>
</blockquote>
<p>Certes, l'extrême-gauche ne manquera pas de s'exprimer contre les "violences policières". Mais cette dénonciation qui est le signe d'une conscience de classe lorsqu'elle est le produit de la colère spontanée de travailleurs, ou de victimes directe de cette violence. Mais elle est démoralisante lorsque la propagande d'un parti "révolutionnaire" s'y limite. Car elle fait croire qu'une bonne police bourgeoise est possible.</p>
<p>Par exemple, LO n'envisage cette question qu'en fonction de Mélenchon. Mais au lieu de dire clairement que Mélenchon est un politicien bourgeois comme Le Pen, et enverra la police contre la classe ouvrière tout comme elle si besoin est, LO fait de Mélenchon un pur innocent utopique, mais qui n'est pas dénoncé comme un ennemi de classe :</p>
<blockquote class="spip">
<p> « En admettant même que Mélenchon puisse arriver au pouvoir, est-ce que cela<br class='autobr' />
ferait disparaître les racistes dans la police ou les services des préfectures ? Est-ce que cela fera disparaître les petites frappes identitaires ou les néonazis qui attaquent des personnes parce qu'elles sont arabes, noires, ou parce qu'elles fréquentent des mosquées ? Bien sûr que non ! »</p>
</blockquote>
<p>Le fait que Mélenchon puisse jouer le rôle d'un Ebert, social-démocrate ami des futurs nazis, assassin de Rosa Luxemburg, LO le nie. Le seul reproche fait à Mélenchon par LO est que sa méthode "ne marche pas". Mais sur le fond, c'est donc un gars sympa ! Que Mélenchon admire ouvertement Mitterrand, artisan du génocide au Rwanda en 1994, pas question d'en parler !</p>
<p>La dénonciation des violences policières n'est pour les révolutionnaires qu'un chapitre de la dénonciation des violences de la bourgeoisie contre le prolétariat et les exploités. Des démocrates bourgeois comme Amnesty le font très bien.</p>
<p>La seule revendication prolétarienne est le désarmement de la bourgeoisie, de sa police, et l'armement du prolétariat, énoncés dans le programme rédigé en 1880 par Marx pour les socialistes français :</p>
<blockquote class="spip">
<p> « a) PARTIE POLITIQUE.</p>
<p>(...)<br class='autobr' />
4. Abolition des armées permanentes et armement général du peuple.</p>
<p>5. La commune maîtresse de son administration et de sa police »</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/inter_soc/pof/18800700.htm" class="spip_out" rel="external">Programme du Parti ouvrier (1880)</a></p>
</blockquote>
<p>Trotsky dans son programme de transition, ne fit que développer ces principes fondamentaux :</p>
<blockquote class="spip">
<p> « Le devoir de la IV° Internationale est d'en finir, une fois pour toutes, avec cette politique servile. Les démocrates petits bourgeois - y compris les sociaux-démocrates, les staliniens et les anarchistes - poussent des cris d'autant plus forts sur la lutte contre le fascisme qu'ils capitulent plus lâchement devant lui en fait. Aux bandes du fascisme, seuls peuvent s'opposer avec succès des détachements ouvriers armés qui sentent derrière leur dos le soutien de dizaines de millions de travailleurs. La lutte contre le fascisme commence, non pas dans la rédaction d'une feuille libérale, mais dans l'usine, et finit dans la rue. Les jaunes et les gendarmes privés dans les usines sont les cellules fondamentales de l'armée du fascisme. Les PIQUETS DE GRÈVES sont les cellules fondamentales de l'armée du prolétariat. C'est de là qu'il faut partir. A l'occasion de chaque grève et de chaque manifestation de rue, il faut propager l'idée de la nécessité de la création de DÉTACHEMENTS OUVRIERS D'AUTODÉFENSE. Il faut inscrire ce mot d'ordre dans le programme de l'aile révolutionnaire des syndicats. Il faut former pratiquement des détachements d'autodéfense partout où c'est possible, à commencer par les organisations de jeunes, et les entraîner au maniement des armes.</p>
<p>La nouvelle vague du mouvement des masses doit servir, non seulement à accroître le nombre de ces détachements, mais encore à les unifier, par quartiers, par villes, par régions. Il faut donner une expression organisée à la haine légitime des ouvriers pour les jaunes et les bandes de gangsters et de fascistes. Il faut lancer le mot d'ordre de la MILICE OUVRIÈRE, comme seule garantie sérieuse de l'inviolabilité des organisations, des réunions et de la presse ouvrières.</p>
<p>C'est seulement grâce à un travail systématique, constant, inlassable, courageux, dans l'agitation et la propagande, toujours en relation avec l'expérience des masses elles-mêmes, qu'on peut extirper de leur conscience les traditions de docilité et de passivité ; éduquer des détachements de combattants héroïques, capables de donner l'exemple à tous les travailleurs ; infliger une série de défaites tactiques aux bandes de la contre-révolution ; accroître la confiance en eux-mêmes des exploités et des opprimés ; discréditer le fascisme aux yeux de la petite-bourgeoisie et frayer la voie à la conquête du pouvoir par le prolétariat.</p>
<p>Engels définissait l'État comme des "détachements de gens armés". L'ARMEMENT DU PROLÉTARIAT est un élément constituant indispensable de sa lutte émancipatrice. Quand le prolétariat le voudra, il trouvera les voies et les moyens de s'armer. La direction, dans ce domaine aussi, incombe naturellement aux sections de la IV° Internationale. »</p>
<a href="</quote>
<p>L'armée du prolétariat, c'est ce qu'il faut construire !</p>
<p>Or cette extrême-gauche pseudo-révolutionnaire, en dénonçant toutes les armées, fait une propagande insidieuse contre l'armée du prolétariat, dont le prototype fut l' Armée rouge de Trotsky. Cette extrême-gauche pseudo-révolutionnaire, en dénonçant toutes les guerres, passe sous silence que la révolution prolétarienne, c'est une guerre civile étendue à l'échelle mondiale.</p>
<p>{{La guerre impérialiste est dirigée contre le prolétariat }}</p>
<p>De même que la police, l'armée française est un instrument dans les mains de la bourgeoisie, dirigé contre le prolétariat.</p>
<p>Cette analyse en termes de lutte des classes est absent des analyses de l'extrême-gauche électoraliste.</p>
<p>Dans sa brochure électorale [Nathalie Arthaud - Présidentielle 2027->https://www.lutte-ouvriere.org/medias/document/fichiers/2026/06/brochure-ete-2026.pdf">Programme de Transition (1938)</p>
</a>
<p>, LO ne cite pas l'armée française, mais les armées "étrangères", américaines et israéliennes :</p>
<blockquote class="spip">
<p> « Démonstration de force de l'armée américaine en mer de Chine. (...) Dès le lendemain de sa signature, l'armée israélienne poursuivait les bombardements sur le Liban. (...) Il n'y a pas non plus de paix ou de victoire pour les centaines de milliers de Libanais chassés de leurs maisons et de leurs terres détruites ou occupées par l'armée israélienne. »</p>
<p><a href="https://www.lutte-ouvriere.org/medias/document/fichiers/2026/06/brochure-ete-2026.pdf" class="spip_out" rel="external">Brochure présidentielles 2027</a></p>
</blockquote>
<p>D'après la brochure <a href="https://www.lutte-ouvriere.org/medias/document/fichiers/2026/06/brochure-ete-2026.pdf" class="spip_out" rel="external">Nathalie Arthaud - Présidentielle 2027</a>, le principal ennemi est l'armée d'Israël, l'armée française est épargnée par LO.</p>
<p>Le NPA-R est également dans l'Union sacrée, en dénonçant les puissances étrangères malfaisantes :</p>
<blockquote class="spip">
<p> « Cet emballement guerrier n'est pas seulement le résultat de choix politiques de dirigeants comme Poutine, Trump ou Netanyahou. Certes, ces brutes sont prêtes à sacrifier des peuples, y compris les leurs. Mais, comme leurs prédécesseurs (et comme leurs successeurs si nous n'y mettons pas un terme), ils défendent les intérêts sonnants et trébuchants des grands groupes capitalistes de leurs pays. »</p>
<p><a href="https://npa-revolutionnaires.org/le-capitalisme-cest-la-guerre-pour-avoir-la-paix-il-faut-le-renverser/" class="spip_out" rel="external">Le capitalisme c'est la guerre : pour avoir la paix, il faut le renverser</a></p>
</blockquote>
<p>Nous français, nous aurions donc de la chance d'avoir des dirigeants différents ?! Ils ne sont pas des brutes. Ils sont même "faibles", l'Allemagne nazie alliée à la France de Pétain, ce ne serait qu'un mauvais souvenir :</p>
<blockquote class="spip">
<p> « À la tête de pays toujours impérialistes mais devenus secondaires, Macron et Merz (...) »</p>
</blockquote>
<p>Le fait qu'écraser la classe ouvrière est un des buts de guerres impérialistes est masqué par le NPA-R, qui n'invoque que des raisons économiques :</p>
<blockquote class="spip">
<p> « Comme Trump et Poutine, Macron ou son successeur, quel qu'il soit, sera prêt à toutes les exactions pour défendre les intérêts des Dassault, Total ou Orano. Le capitalisme transforme régulièrement la concurrence économique en guerres sans fin (...) »</p>
</blockquote>
<p>Au lieu d'opposer la guerre civile à la guerre impérialiste, le NPA-R et proposent des actions purement morales et économiques :</p>
<blockquote class="spip">
<p> « À la jungle capitaliste qui vire à la guerre de tous contre tous, opposons la solidarité des travailleurs et travailleuses du monde entier ! »</p>
<p><a href="https://npa-revolutionnaires.org/le-capitalisme-cest-la-guerre-pour-avoir-la-paix-il-faut-le-renverser/" class="spip_out" rel="external">NPA-R</a></p>
</blockquote>
<p>La Commune de Paris avait "renversé le capitalisme". Mais en se contentant de réformes économiques, elle négligea la question militaire, et fut écrasée par l'armée versaillaises.</p>
<p>Des organisations comme LO et le NPA-R usurpent leur étiquette de "communiste révolutionnaire". Car si à partir de 1840 le communisme avait gagné Paris, il se divisa immédiatement en communismes pacifique et révolutionnaires. Les pacifiques se contentaient de revendications économiques. Les révolutionnaires, blanquistes ou babouvistes, revendiquaient l'armement du prolétariat. Marx et Engels dans leur Manifeste ne firent que reprendre les expressions des communistes français en évoquant la prise du pouvoir. Mais à la lumière de 1848, Marx forgea en 1850 le terme de dictature du prolétariat.</p>
<p>Les "expropriations sans indemnité", la "levée du secret commercial" font certes partie du programme de transition, mais la bourgeoisie exproprie régulièrement, et un candidat bourgeois comme Asselineau réclame lui-même le retour au "contrôle de capitaux". Un "programme de transition" qui ne ferait pas allusion au "programme final" (incluant la dictature du prolétariat) n'est plus un programme de transition, c'est un programme bourgeois.</p>
<p><strong>Conclusion</strong></p>
<p>Dissolution des armées et polices bourgeoises ! Destruction de l'appareil d'Etat des exploiteurs capitalistes ! Vivent les futures armées rouges et milices ouvrières, instruments de la dictature du prolétariat ! Utilisons la guerre impérialiste pour soulever les peuples contre les classes dirigeantes et casser leur appareil armé !</p>
<p>Voilà les seuls slogans dignes des véritables communistes révolutionnaires, que Blanqui dès 1830 avait apporté au mouvement ouvrier naissant. 200 ans plus tard, revenons aux sources !</p></div>
Interventions au Venezuela, au Yémen, au Groenland en Iran : l'impérialisme US a-t-il pour ennemi la City de Londres ou la révolution prolétarienne ?
https://www.matierevolution.org/spip.php?article9669
https://www.matierevolution.org/spip.php?article96692026-07-09T04:18:42Ztext/htmlfrAlex, WaraaUSA
<p>Trump est en guerre... contre la révolution et le communisme ! <br class='autobr' />
Interventions au Venezuela, au Yémen, au Groenland en Iran : l'impérialisme US a-t-il pour ennemi la City de Londres ou la révolution prolétarienne ? <br class='autobr' />
La guerre contre l'Iran <br class='autobr' />
C'est seulement du point de vue de la révolution socialiste mondiale que l'on peut comprendre des événements tels que la récente guerre des USA et d'Israël contre l'Iran. Et c'est seulement par de la propagande pour cette révolution mondiale en France, (…)</p>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot26" rel="tag">USA</a>
<div class='rss_texte'><p>Trump est en guerre... contre la révolution et le communisme !</p>
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L399xH501/imagessss-2-b2b84.jpg?1789978717' width='399' height='501' alt='' />
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</div><div class='spip_document_17754 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L201xH251/images-147-d3d77.jpg?1789978717' width='201' height='251' alt='' />
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</div><div class='spip_document_17756 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH281/hq720-8-3c7e7.jpg?1789987799' width='500' height='281' alt='' />
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</div><h2 class="spip">Interventions au Venezuela, au Yémen, au Groenland en Iran : l'impérialisme US a-t-il pour ennemi la City de Londres ou la révolution prolétarienne ? </h2>
<p><strong>La guerre contre l'Iran</strong></p>
<p>C'est seulement du point de vue de la révolution socialiste mondiale que l'on peut comprendre des événements tels que la récente guerre des USA et d'Israël contre l'Iran. Et c'est seulement par de la propagande pour cette révolution mondiale en France, que les révolutionnaires peuvent agir ici.</p>
<p>Le fait qu'en France aucun parti n'ait ces objectifs est illustré par la pauvreté des analyses proposées aux exploités. <br class='autobr' />
Des partis comme LO, RO ou le NPA-R, qui ne vivent que pour les élections syndicales et politiques, ne font que reprendre les moins bonnes analyses des "spécialistes" bourgeois.</p>
<p>En premier lieu, il parait que les USA auraient subi une défaite ! Si c'est le cas, le réflexe des révolutionnaires, après les expériences de 1870 en France, 1905 et 1917 en Russie, 1918 en Allemagne et en Autriche-Hongrie, est d'utiliser l'affaiblissement de leur impérialisme pour appuyer les mouvements révolutionnaires qui ne manqueront de se déclencher.</p>
<p>Le parti du candidat Anasse Kazib écrivait triomphalement en mai dernier :</p>
<blockquote class="spip">
<p>Pour la première fois depuis des décennies, l'impérialisme étatsunien est tenu en échec par une nation opprimée. Cette situation nouvelle met en lumière la crise d'hégémonie de l'impérialisme étasunien et ouvre des perspectives historiques pour les exploités et les opprimés du Moyen-Orient et du monde entier.</p>
<p><a href="https://www.revolutionpermanente.fr/Iran-Pourquoi-nous-sommes-pour-la-defaite-des-Etats-Unis" class="spip_out" rel="external">Iran. Pourquoi nous sommes pour la défaite des États-Unis</a></p>
</blockquote>
<p>Le titre de cet article est en lui-même un reniement de toute une tradition, immortalisée par Liebknecht en 1916 : les révolutionnaires français sont avant tout pour la défaite de leur propre impérialisme, l'impérialisme français. Ce genre de titre prouve que RP n'a rien à voir avec le trotskisme. Pour RP, l'ennemi principal n'est plus dans notre propre pays, il est à l'étranger. Cela tombe bien pour la carrière de Kazib, car JL Mélenchon est un patriote "pour la France" et "contre les USA". RP se contente d'être "contre les USA", enlevant tout slogan anti-patriotique qui fâcherait Mélenchon. Ce qui caractérise un parti, c'est ce qu'il dit, tout comme ce qu'il omet de dire.</p>
<p>Au lieu de la révolution socialiste mondiale, de la dictature du prolétariat en France, RP utilise le terme vide de « perspectives historiques pour les exploités ».</p>
<p>En 1978 eut lieu en Iran une révolution bourgeoise avec un rôle décisif joué par la classe ouvrière, un véritable février 1848 ou 1917. En 1979 Khomeiny, rentré en Iran avec la bénédiction de l'impérialisme US, a bord d'un avion d'air France, organisa la <i>contre révolution</i>. RP oublie la révolution de 1978 et glorifie la contre-révolution de 1979, rebaptisée "révolution" :</p>
<blockquote class="spip">
<p>la puissance américaine n'a jamais toléré l'humiliation qui lui a été infligée par la révolution iranienne de 1979, qui lui fit perdre durablement l'une des pièces maîtresses de sa stratégie au Moyen-Orient, l'Iran du Shah. (...) Pour Trump, un changement de régime en Iran permettrait de soumettre le pays à l'ordre géopolitique de Washington.</p>
</blockquote>
<p>En 1979, le "régime des mollah" fut capable d'écraser la révolution prolétarienne qui menaçait. Khomeiny fut un Kornilov qui réussit. Ce régime est fiable de ce point de vue, les USA lui sont redevable. Les bourgeois iraniens ne demandent qu'à faire des affaires avec les USA, les présenter comme des anti-impérialistes est une tromperie de RP.</p>
<p>RP reprend donc la thèse médiatique officielle du "changement de régime" qu'auraient souhaité les USA. Or en décembre dernier, un n-ième soulèvement révolutionnaire se déclencha. Le fait qu'en écrasant sous les bombes le pays, en bombardant cyniquement une école, les USA avaient surtout pour but d'écraser la révolution démocratique et ouvrière en germe, n'est pas évoqué par RP. Par cette guerre les USA ont aidé le régime, lui permettant d'assimiler tous ses ennemis aux alliés objectifs des USA et d'Israël. De ce point de vue l''impérialisme le plus puissant a réussi. Cette explication, la plus simple, est conforme au principe du rasoir d'Ockam : si l'explication la plus simple est aussi la plus probable, explique les faits, n'en inventons pas d'autres. Les USA ont bombardé un pays pour écraser une révolution. Mais pour RP, le concept de révolution prolétarienne en Iran est inexistant.</p>
<p>RP est cependant très optimiste non pour "la révolution", mais pour "les masses" en Iran :</p>
<blockquote class="spip">
<p>les masses iraniennes ont conquis un nouvel espace en protégeant leur pays face aux attaques israélo-étasuniennes et en s'organisant en dehors du contrôle du régime. Contre toute lecture mécanique qui expliquerait que la défaite des États-Unis renforce exclusivement le régime, un espace nouveau s'est ouvert que la bourgeoisie iranienne aura énormément de mal à refermer.</p>
<p><a href="https://www.revolutionpermanente.fr/Iran-a-Versailles-Trump-signe-l-accord-qui-acte-la-defaite-militaire-israelo-americaine" class="spip_out" rel="external">Iran : à Versailles, Trump signe l'accord qui acte la défaite militaire israélo-américaine</a></p>
</blockquote>
<p>Défaite militaire israélo-américaine, rien que cela ! La "lecture mécanique", est-ce un nouveau synonyme pour "réalité flagrante" ? Il est certes difficile de connaître la situation en Iran. Mais si « les masses iraniennes ont conquis un nouvel espace », pourquoi RP ne peux pas citer des noms d'usines, de villes, de provinces, reproduire des textes de tracts ? Où les masses ont-elles fondé leur journal, leur milice ouvrière, paysanne, de quartier ? Ce qu'on constate c'est qu'en France, RP n'a rien fait de concret. Aucune campagne dans les syndicats, aucune proposition de grève politique de solidarité. Un "nouvel espace" ou des "partisans armés" auraient combattu l'armée américaine indépendamment de l'armée officielle ? On cherche en vain des traces de cette armée fantôme. Ce discours est le même que ceux des soutiens de Zelenski à l'extrême-gauche, qui prétendent que l'arme ukrainienne est celle d'une "résistance populaire". Pourquoi inventer de telles fables ? Seule la vérité est révolutionnaire, disait pourtant Lénine à juste titre.</p>
<p><strong>Intervention au Venezuela et affrontements au Yémen, au Groenland : l'impérialisme US a-t-il ouvert les <br class='autobr' />
hostilités contre l'Angleterre et sa City de Londres ? </strong></p>
<p>Outre l'ignorance de la perspective de la révolution prolétarienne dans la "superstructure", c'est l'ignorance des facteurs dans la "structure" économique qui est absente des analyse des des "révolutionnaires".</p>
<p>Des pays comme les USA et la France se sont désindustrialisés, orientés vers la finance. Or la finance ne crée pas de valeur, l'effondrement de 2008 n'est que le début de l'effondrement du château de carte des titres du capital fictif. Le capital productif continue certes à fonctionner en Chine, en Russie. Mais les 1000 milliards annuels d'excédents commerciaux de la Chine, c'est en papier qu'ils sont condamnés à se transformer immédiatement. Le capitalisme ne fonctionne plus. La "réindustrialisation" des USA est utopique. La seule façon de rester la première puissance, ce n'est plus de s'élever comme le firent, appuyés sur leur industrie, la Grande-Bretagne, puis l'Allemagne, les USA, la Chine : c'est de rabaisser les autres, de couper les routes commerciales et financières.</p>
<p>La guerre en Ukraine a permis de couper l'Europe en deux, d'éviter la liaison entre l'industrie allemande et l'énergie russe bon marché. Un pays comme la Norvège, suite aux sanctions contre la Russie, a vu son nombre de chômeurs passer de 60 000 à 600 000. C'est l'Europe qui est la cible des USA.</p>
<p>Outre l'industrie allemande, c'est la finance anglaise qui est un ennemi à rabaisser. Trump se réfère à la doctrine Monroe à juste titre.<br class='autobr' />
En 1924, Trotsky annonçait : l'antagonisme principal est entre les USA et la GB. Ne sommes-nous pas revenu à ce point ?</p>
<p>L'intervention des USA au Venezuela reste encore entourée de mystère.</p>
<p>Le prétexte de la lutte contre la drogue invoqué par Trump n'est pourtant pas à écarter, si on le voit comme un conflit inter-impérialiste. Le plus gros cartel historique de la drogue est le Royaume-Uni, qui initia la conquête de la Chine par les deux guerres de l'Opium. Trump a sans doute ironiquement désigné la Grande-Bretagne derrière ce terme.</p>
<p>Les "paradis fiscaux", réseau financier tentaculaire mondial créé à partir de années 50 autour de la City de Londres, au grand dam de l'Etat des USA, est impliqué dans le commerce de la drogue par le financement de la production et le recyclage des profits.</p>
<p>Le Canada et le Mexique sont deux des pays frontaliers qui inondent le marché US. Ce capital financier lié aux drogues échappe en partie aux USA, mêmes s'ils ont contribué à le créer, tout comme celui de la Chine. Le Commonwealth est le terrain privilégié des financiers de la City, Trump a envoyé sa flotte peut-être autant contre le Guyana qui en fait partie, contre les paradis fiscaux des Caraïbes, que contre le Venezuela et Cuba :</p>
<p>Mettant fin à un empire USA quasi mondial, Trump est en train de tenter de se replier sur un empire de type national, centré sur les USA, avec un premier cercle "américain" d'après la doctrine Monroe. Une des composantes de la doctrine Monroe était la lutte contre les colonialismes français et anglais en Amérique. La revendication du Groenland en opposition avec le colonialisme européen est dans cette ligne.</p>
<p> La finance de la City de Londres est un de ces organisme mondiaux sans frontières, échappant au contrôle strictement national des USA. Le lendemain du rapt de Maduro, Trump a annoncé la sortie des USA de dizaines d'institutions (style OMS etc), qui ne sont que des paravents de multinationales.</p>
<p>En janvier 2025 lors du G7, la France, la GB, le Canada avaient quasiment appelé au renversement du régime de Maduro. Le Venezuela serait passé sous le contrôle des multinationales de la drogue, dont des banques comme HSBC. Par son intervention du 3 janvier 2026, Trump aurait en fait sauvé le régime, comme en Iran, et déclaré la guerre à la finance liée à la GB. Les Caraïbes sont semées de paradis fiscaux contrôlés par Londres, la flotte des USA les menace autant que le Venezuela.</p>
<p>Un affrontements USA-GB se remarque aussi au Yémen, à travers la défaite que l'Arabie Saoudite vient d'infliger aux Emirats Arabes Unis. Les Emirats arabes Unis ont peut-être été une des cibles collatérales de la guerre contre l'Iran.</p>
<p>Le fait que Trump soit "instable", "imprévisible" est alors compréhensible : les rapports inter-impérialistes étant chamboulés, il est impossible de changer du jour au lendemain des discours simplistes : <i>la GB est notre ami éternel, la Russie, notre ennemi</i>, est transformé en son contraire ! Le Groenland est en face du Canada, c'est peut être aussi la raison principale qui motive son annexion par les USA.</p>
<p>Ceux qui ricanent face au "Board of Peace (BoP)" (Conseil de la paix) créé par Trump feraient mieux de comprendre que sa "présidence à vie" ne fait que singer celle du roi d'Angleterre sur le Commonwealth. La majorité des régimes de l'UE sont des monarchies, aucun parti (même pas ceux d'extrême-gauche) n'en demande les abolitions. Le contrôle des routes commerciales menant à l'Inde, dont principalement le Canal de Suez, fut le pivot de l'Empire britannique. Or la liste des premiers signataires du BoP est orientée de façon frappante vers le but du contrôle des détroits : la Bulgarie et la Turquie contrôlent les Dardanelles, le Maroc contrôle une rive de Gibraltar, l'Egypte et l'Arabie Séoudite contrôlent Suez, l'Indonésie contrôle Malacca. Les autres pays séparent les empires rivaux : Union européenne, Russie et Chine :</p>
<p><strong>Conclusion</strong></p>
<p>Il n'est pas toujours facile de comprendre la signification des affrontements impérialistes. Mais les réduire à l'avidité pour le contrôle des matières premières est insuffisant. Cette soif de dominationexistait déjà à l'époque des pharaons. Les rivalités impérialistes de la fin du XIXème siècle exprimaient la soif du capital industriel contraint de se développer en débordant les frontières ationales. Même si cet aspect existe toujours, un facteur majeur est aujourd'hui l'étouffement définitif du capital industriel par les capitaux fictifs. Ne voir que des rivalités "nationales", l'impérialisme USA essayant de garder sa position dominante, laisse croire que le tour de la Chine serait venu. C'est nier l'effondrement du capitalisme. Les "barbares" qui conquirent l'empire romain n'en prirent pas la tête en l'incluant dans un plus grand empire. Le mode de production esclavagiste s'effondrait. Seul le mode de production féodal fit repartir la machine. Le mode de production capitaliste s'effondre sous le poids de la suraccumulation. La société est mûre pour le mode de production socialiste.</p>
<p>La dénonciation des USA et d'Israël est la principale politique étrangère proposée par les trois candidats soi-disant "trotskistes" aux présidentielles. « A bas les guerres impérialistes, vive la guerre civile ! » n'est pas un slogan révolutionnaire qu'ils mettront en avant. Or la révolution prolétarienne est bien une guerre civile. Seule les slogans de la propagande pour la révolution socialiste permettront à la classe ouvrière de comprendre, pour les exploiter à leur profit, les guerres impérialistes.</p></div>
L'aristocratie ouvrière syndicalo-politique française : un ennemi de la classe ouvrière qui défile le 20 juin
https://www.matierevolution.org/spip.php?article9615
https://www.matierevolution.org/spip.php?article96152026-06-03T22:22:00Ztext/htmlfrAlex, WaraaSyndicalism - le syndicalisme
<p>L'aristocratie ouvrière syndicalo-politique française : un ennemi de la classe ouvrière qui défile le 20 juin <br class='autobr' />
Pour les marxistes qui militent pour la construction d'un parti mondial de la révolution socialiste, la révolution prolétarienne est à l'ordre du jour. Et seul le prolétariat est la classe révolutionnaire jusqu'au bout, capable d'instaurer la dictature du prolétariat, sans laquelle prêcher le renversement du capitalisme est une utopie criminelle. <br class='autobr' />
Mais Marx et Engels moururent (…)</p>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique150" rel="directory">16- EDITORIAUX DE "LA VOIX DES TRAVAILLEURS" - </a>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot110" rel="tag">Syndicalism - le syndicalisme</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">L'aristocratie ouvrière syndicalo-politique française : un ennemi de la classe ouvrière qui défile le 20 juin</h2>
<p>Pour les marxistes qui militent pour la construction d'un parti mondial de la révolution socialiste, la révolution prolétarienne est à l'ordre du jour. Et seul le prolétariat est la classe révolutionnaire jusqu'au bout, capable d'instaurer la dictature du prolétariat, sans laquelle prêcher le renversement du capitalisme est une utopie criminelle.</p>
<p>Mais Marx et Engels moururent avant que le capitalisme n'atteigne vers 1895 son dernier stade, celui de l'impérialisme.</p>
<p>C'est Rosa Luxemburg qui la première, dès 1893, lorsqu'elle fonda son Parti social-démocrate du Royaume de Pologne (elle devait ensuite se séparer d'eux), dénonça l'engeance politique que l'impérialisme engendra : les sociaux-patriotes, ou sociaux-impérialistes, tels J-L Mélenchon, F. Roussel, Glucksman, S. Binet aujourd'hui.</p>
<p>En France, Griffuhelles jusqu'en 1914, puis Monatte et Rosmer à partir de 1914, dénoncèrent les dirigeants syndicaux qui comme Léon Jouhaux en 1914, Sophie Binet aujourd'hui, sont des auxiliaires de l'Etat et de l'impérialisme français.</p>
<p>C'est Lénine qui expliqua comment les surprofits coloniaux allaient dans la poche d'une partie de la classe ouvrière des pays impérialistes, la transformant en aristocratie ouvrière corrompue. Le passage individuel de dirigeants politiques et syndicaux du côté des exploiteurs prend certes la forme de "trahison individuelle", mais il existe une base économique qui est une machine à fabriquer ces "sociaux-traitres" en série, sans attendre leur apparition spontanée.</p>
<blockquote class="spip">
<p> « On comprend qu'il soit possible de prélever sur cette jolie somme au moins un demi milliard à distribuer en aumône aux dirigeants ouvriers, à l'aristocratie ouvrière, comme dessous de table de toute espèce. En effet, tout est dans la corruption. On s'y prend de mille façons en élevant le niveau de culture des grands centres, en créant des établissements éducatifs, des milliers de sinécures à l'intention des dirigeants des coopératives, des trade unions, des leaders parlementaires. Cela se fait dans tous les pays de civilisation capitaliste. Et ces milliards de super bénéfice constituent la base économique de l'opportunisme dans le mouvement ouvrier. En Amérique, en Grande Bretagne, en France, nous assistons à une résistance infiniment plus forte des chefs opportunistes, des couches supérieures de la classe ouvrière, de l'aristocratie ouvrière ; ils opposent une résistance plus grande au mouvement communiste. C'est pourquoi nous devons nous attendre à voir les partis ouvriers européens et américains se guérir de cette maladie plus difficilement que nous. Nous savons que depuis la fondation de la III° Internationale, des progrès énormes ont été réalisés en ce qui concerne la guérison de cette maladie, mais nous n'en sommes pas encore à la guérison définitive : l'épuration des partis ouvriers, des partis révolutionnaires du prolétariat du monde entier de l'influence bourgeoise et des opportunistes qui se trouvent dans leur propre sein, est encore loin d'être achevée. »</p>
</blockquote>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1920/07/vil19200719.htm" class="spip_out" rel="external">Lénine (1920)</a></p>
</blockquote>
<p>Ce concept d'aristocratie ouvrière semble un peu abstrait. Mais certaines lois de la nature qui le sont aussi, sont pourtant familières à tous : « La période de brame commence à la mi-septembre et dure un mois, alors que la durée de fécondité des femelles n'est que de 24 h ! » lit-on dans un manuel de Biologie. De même on pourrait écrire : La campagne électorale dure des mois, mais il il n'y aura que quatre journées de vote (présidentielles et législatives) pour accéder à l'"Assiette au beurre" ! Or la période de brame pré-électorale commence, l'aristocratie ouvrière sort du bois.</p>
<p>Les représentants de l'aristocratie ouvrière organisent un "brame collectif" le 20 juin prochain. Il est rare qu'ils marchent tous ensemble, observons-les :</p>
<div class='spip_document_17623 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH146/capture_d_ecran_2026-06-01_130211-702bd-8aefb.jpg?1789987799' width='500' height='146' alt='' />
</figure>
</div>
<p><strong>La manifestation du 20 juin </strong></p>
<p>Un <a href="https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSfxBYKmUgh6IMvJFQyBxkoGWt6oYgAjzEnCW-hqAHhI09mUUA/viewform?pli=1" class="spip_out" rel="external">texte à signer</a> accompagne cet appel à manifester le 20 juin. <br class='autobr' />
Quel travailleur honnête, quel militant de base du mouvement ouvrier, adhérent d'un syndicat ne souhaiterait pas apporter publiquement son soutien aux camarades victimes de "répression" lors des "luttes" (en général actions syndicalistes anodines). Par exemple en signant ce texte, en le faisant signer autour de lui.</p>
<p>Que ce travailleur de base n'y pense même pas ! Car la signature es réservée à cette « aristocratie ouvrière », dont il ne fait pas partie, puisqu' elle est incarnée par des <i>organisations</i> et des <i>personnalités</i> :</p>
<div class='spip_document_17624 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH126/capture_d_ecran_2026-06-01_130802-551d2-893b4.jpg?1789987799' width='500' height='126' alt='' />
</figure>
</div>
<p>Attention, que le travailleur de base élu par un soviet ou comité de grève ne croie pas qu'il puisse signer : soviets et comités de grève ne sont pas des institutions reconnues par cette aristocratie ouvrière bourgeoise.</p>
<p>Oui, l'aristocratie ouvrière est composée d'organisations et de personnalités reconnues par l'Etat bourgeois. Les ouvriers de base n'en font pas partie ! Trotsky conseillait aux jeunes militants qui se disaient "trotskistes" d'aller parler aux femmes de ménage. Celles-ci ne sont pas invitées à signer, seule « Rachel Kéké (ancienne députée LFI) » est autorisée à signer, elle qui a accepté d'être le larbin de LFI :</p>
<div class='spip_document_17625 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH74/capture_d_ecran_2026-06-01_203711-81f59-334cf.jpg?1789987799' width='500' height='74' alt='' />
</figure>
</div>
<p>Que font ces députés de LFI, anciens ou actuels, le 20 juin ? Ils sont en campagne électorale, veulent avoir leur photo dans les journaux passer à la télé. Votez pour eux, c'est pour cela qu'ils marcheront le 20 juin.</p>
<p>C'est pour la campagne des « gros » partis de gauche (LFI, PC) que les appareils syndicaux organisent cette manifestation, les signataires "en haut du panier" l'illustrent :</p>
<div class='spip_document_17626 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH164/capture_d_ecran_2026-06-01_132117-fde3f-43419.jpg?1789987799' width='500' height='164' alt='' />
</figure>
</div>
<div class='spip_document_17627 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L477xH186/capture_d_ecran_2026-06-01_133443-7edda-88600.png?1789987799' width='477' height='186' alt='' />
</figure>
</div>
<p>Pas un seul "travailleur en lutte" parmi eux, lors de cette marche censée défendre les "travailleurs en lutte". Les politiciens sont en tête de liste. Mathilde Panot, physiquement et politiquement, est bien l'héritière de gauche des "dames patronnesses" de droite d'autrefois.</p>
<p>Mais ces politiciens n'ont absolument rien à donner à quiconque, s'ils marchaient seuls dans la rue ce serait un non-événement. Ils ont besoin d'un support, si possible gratuit. Les "organisations" syndicales le leur procure, en créant un "événement" qui attirera les journalistes. De même, sur un piquet de grève, ils peuvent être invités par un bureaucrate syndical local, qui en revanche aura un poste de conseiller municipal plus tard.</p>
<p>Or ce 20 juin, on peut penser qu'il va y avoir un grand événement, même si à notre avis il ne se passera rien. Car la grande unité digne des fronts populaires staliniens semble être au rendez-vous. De même qu'en 1936, Thorez défilait avec L. Blum, alors qu'il le traitait d'« assassin de la classe ouvrière » la veille, les "pires pourfendeurs" de LFI et du PC viennent au second et troisième rang des signataires :</p>
<div class='spip_document_17628 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH55/capture_d_ecran_2026-06-01_134202-a0cea-354cc.jpg?1789987799' width='500' height='55' alt='' />
</figure>
</div>
<div class='spip_document_17629 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH136/capture_d_ecran_2026-06-01_134222-ea6ff-99d28.jpg?1789987799' width='500' height='136' alt='' />
</figure>
</div>
<p>Lutte Ouvrière, le NPA-R, Révolution permanente ! Eux qui passent leur temps à expliquer d'un air sérieux sur des vidéos que « LFI crée des illusions réformistes », ils placent sans vergogne leur nom à côté de celui de LFI, sans aucune critique, et ils défileront avec ces ennemis de la classe ouvrière que sont les dirigeants de LFI.</p>
<p>Pourquoi ? Parce que JP Mercier (LO et Sud), G. Quirante (NPA-R et Sud) ont une certaine envergure dans les réunions de bureaucrates de Sud, mais aucune dans le prolétariat de France. Or Sud espère avoir des retombées financières si Mélenchon est élu, et Sud mobilise donc son arrière ban. Comme au Moyen Âge, où le service d'Ost s'imposait à tous les vassaux, vavasseurs, jusqu'à une partie des vilains, ces "révolutionnaires" sont obligés d'aller servir de figurant pour soutenir la gauche électorale. Le pire, c'est qu'ils le font avec plaisir. Le progrès par rapport au Moyen Age, c'est que les "vilaines et les vilains", et pas seulement les "vilains", doivent participer. C'est le féminisme de l'aristocratie ouvrière. On remarque Selma Labib, "personnalité", porte-parole du NPA-R, jamais de grévistes organisés en comité de grève.</p>
<p>Bien entendu cette extrême-gauche ne peut exister si elle avoue faire campagne pour la gauche, pour LFI. Il faut donner de l'émotion aux militants qui n'auront aucun poste. "Pour la gauche" est donc transformé en "contre la droite", puis dans l'enthousiasme "contre l'extrême-droite", sous-entendu "contre le fascisme" ! Et cette extrême-gauche présente même ses candidats aux élections pour faire croire qu'elle est "indépendante de LFI". Ces "révolutionnaires" soutiennent aujourd'hui Sophie Binet car elle serait victime d'attaques.</p>
<p>Pour LO, NPA-R et RP, la "critique" des directions syndicales est bonne pour leurs universités d'été, audibles par quelques centaines de personnes. Par contre, leur solidarité avec ces directions syndicales ou LFI s'exprime par des actes concrets, comme cette marche "fraternelle" du 20 juin, aux yeux de millions de travailleurs.</p>
<p>Alors que l'aristocratie ouvrière de 1ère classe de grande envergure a des membres politiciens, des membres syndiqués, avec une division du travail moderne, les nouveaux arrivés sont de petites épiceries comparées à ces grandes surfaces. Coquerrel est un politique, Binet une syndicaliste. Les partis comme LO et le NPA-R, comme des vagabonds, doivent plier sous le fardeau de tous leurs sacs en même temps : Mercier est Sud <i>et</i> LO, Quirante est Sud <i>et</i> NPA-R, Kazibe est Sud <i>et</i> RP. Oui, Sud est la maison qui sert de refuge à ces "révolutionnaires".</p>
<p>La photo suivante, digne d'une peinture allégorique classique, illustre bien la hiérarchie dans la gauche bourgeoise de l'aristocratie ouvrière : sous l'oeil vigilant des bureaucrates de Sud prêts à le défendre contre "les trotskistes", Coquerel au centre, en bourgeois repu et satisfait, arbore fièrement le bleu-blanc-rouge social-patriote. Il a écarté d'un coup de coude au bord de l'estrade Gaël Quirante, qui a chiffonné son drapeau rouge le cachant dans sa poche, et est prêt à tendre respectueusement la bouteille d'eau quand "le patron" aura soif après avoir proféré ses boniments. Les militants petits-bourgeois du NPA-R rebaptiseront ce tableau : le NPA-R a combattu LFI, restant "indépendant politiquement"</p>
<div class='spip_document_17630 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH288/capture_d_ecran_2026-06-01_202245-79a7a-04e7b.jpg?1789987799' width='500' height='288' alt='' />
</figure>
</div>
<p>Tous les signataires du NPA-R devraient signer l'appel du 20 juin en précisant : porte parole du NPA-R <i>et</i> de Sud-Solidaire (car un délégué central est porte-parole de la confédération syndicale). Ils cachent leur double appartenance.</p>
<p>Pourquoi des partis comme LO, NPA-R font-ils 0% aux élections ? Parce que leurs mensonges sont devenus trop gros concernant cette double appartenance, qu'ils cachent en permanence.</p>
<p>Un des signataires de l'appel du 20 juin est un de ces hauts bureaucrates syndicaux, critiqué par le NPA-R :</p>
<div class='spip_document_17631 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L439xH244/violences_sexuelles_faites_aux_enfants_-_miniatures.png.web-b7371.?1789987799' width='439' height='244' alt='' />
</figure>
</div>
<p>Or il est également ... cadre du NPA-R. Il est un produit de la fraction l'Etincelle exclue de LO en 2008, réfugiée au NPA, réfugiée au NPA-R. Sud s'achète des "trotskistes" en leur offrant un poste de permanent.</p>
<p>Les Jean-Pierre Mercier, Gaël Quirante, sont des bureaucrates syndicaux qui pour leur carrière, utilisent une rhétorique "trotskiste". Ils servent la bourgeoisie en diffusant dans les grands media bourgeois l'idée d'un "trotskisme" sans dictature du prolétariat, sans dénonciation du social-patriotisme, sans soviets, sans fraction révolutionnaire dans les syndicats.</p>
<p>Il y eut à une époque le "marxisme légal", un faux marxisme, propagé par des universitaires bourgeois. Il y a aujourd'hui le "trotskisme légal" diffusé par des bureaucrates syndicaux comme JP Mercier, Anasse Kazibe, Gael Quirante. Ces cadres moyens du syndicalisme bourgeois servent ses cadres supérieurs sociaux-démocrates et staliniens, qui veulent empêcher toute réelle tendance révolutionnaire d'exister ... en faisant croire qu'elle existe déjà.</p>
<p><strong>La grève des travailleurs africains du salon de coiffure, 65 boulevard de Strasbourg</strong></p>
<p>Mais en quoi ces tempêtes dans le verre d'eau du syndicalisme français, pourri depuis 1914 par son entrée dans l'Union sacrée, intéressent-elles la classe ouvrière ?</p>
<p>Car ces appareils politiques (LFI, PC, PS), ou syndicaux (CGT, Sud), ou les micro-appareils pauvres qui sont obligés d'être les deux (LO, NPA-R, RP) forment des fractions dans la bourgeois d'Etat. Ils sont des exploiteurs non seulement politiques, mais économiques du vrai prolétariat, qui ne fait pas partie de l'aristocratie ouvrière.</p>
<p>L'exemple emblématique en est donné par une récente grève de travailleurs africains, qu'un communiqué CGT décrit ainsi :</p>
<blockquote class="spip">
<p> « Victoire des Coiffeuses du Boulevard de Strasbourg à Paris après 78 jours de grève</p>
<p>Publié le 21 Mai. 2026</p>
<p>78 jours de grève durant lesquels coiffeuses, coiffeurs et barbiers du 65 boulevard de Strasbourg ont mené une lutte exemplaire, 78 jours où la détermination et la solidarité ont été au rendez-vous chaque jour. Leur mouvement soutenu par la CGT s'est soldé par une victoire éclatante. Les travailleuses et travailleurs ont d'ores et déjà commencé à recevoir leurs premiers titres de séjour, qui les couvriront durant toute l'instruction de l'affaire, où la qualification de traite des êtres humains devrait être retenue par l'autorité judiciaire. L'épilogue de ce mouvement se jouera devant les tribunaux, où la CGT espère des peines exemplaires à l'encontre de ces employeurs qui ont abusé de ces salarié·es en situation de vulnérabilité.</p>
<p>La CGT salue le courage et la détermination sans faille des grévistes tout au long des 78 jours : c'est cette détermination et leur solidarité qui est l'une des clés de cette victoire. Il faut également saluer l'engagement sans faille des organisations de la CGT impliquées dans ce conflit, l'UD CGT de Paris, l'UL CGT de Paris 10 et l'US CGT Commerce de Paris ; ainsi que la solidarité et l'implication de nombreuses organisations de la CGT qui ont contribué à cette victoire.</p>
<p>Cette nouvelle affaire de traite des êtres humains montre les conséquences délétères d'une politique migratoire restrictive et répressive à l'égard des étranger·es. Après les travailleurs des vendanges de Champagne, les salarié·es de la restauration à Albi, nous constatons une augmentation de ce type d'affaire ces dernières années. Cette progression dramatique, confirmée à l'échelle européenne, n'est pas sans lien avec la réduction des droits et la construction d'un infra-droit des étranger·es que subissent depuis quelques années les travailleur·euses étranger·es : effet d'aubaine pour les tenants de la surexploitation.</p>
<p>Il n'y a pas de fatalité dans la multiplication des affaires de traite d'êtres humains qui sont aussi très souvent imbriquées avec des réseaux mafieux. Il y a nécessité de faciliter la délivrance et le renouvellement de titre de séjour pour les travailleurs et travailleuses étranger·es, mettre des moyens dans les préfectures pour y affecter du personnel en nombre suffisant et correctement formé pour rendre un service public de qualité aux usager·es. La saignée dont sont victimes les services de l'inspection du travail doit s'arrêtée : les effectifs doivent être renforcés face à des réseaux mafieux mieux organisés et plus nombreux.</p>
<p>Les parquets doivent veiller à mettre en cohérence leurs politiques pénales et ne pas laisser la traite des êtres humains dans un angle mort.</p>
<p>Ces affaires de traite montrent ce que produisent les politiques d'austérité, de destruction des droits et garanties collectives des travailleur·euses et des politiques répressives à l'égard des étranger·es. Ils sont le laboratoire et les avant-postes d'une attaque d'ensemble contre les droits de toutes les travailleuses et travailleurs. Elles interrogent de manière plus générale sur les politiques publiques mises en œuvre et les dysfonctionnements constatés notamment en matière de renouvellement et d'accès au droit du séjour de celles et ceux qui font pourtant fonctionner quotidiennement l'économie du pays.</p>
<p>La CGT continuera à lutter pour une société plus juste et plus solidaire, cela passe par la régularisation des travailleurs et travailleuses sans papiers. »</p>
<p>Montreuil, le 21 mai 2026</p>
<p><a href="https://www.cgt.fr/comm-de-presse/victoire-des-coiffeuses-du-boulevard-de-strasbourg-paris-apres-78-jours-de-greve" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.cgt.fr/comm-de-presse/victoire-des-coiffeuses-du-boulevard-de-strasbourg-paris-apres-78-jours-de-greve</a></p>
</blockquote>
<p>Or la réalité est tout autre. Pendant des mois, 4 hommes et femmes africain(e)s, dont 9 sans-papiers, se battaient pour obtenir le paiement de plusieurs mois de salaires que leur patron, africain, leur devait. Le communiqué CGT oublie complètement cette revendication ! La "traite" est concept des Nations Unies, qui permettra à la CGT d'être admise dans des conférences 5 étoiles sur le sujet, grâce à la "victoire" du boulevard de Strasbourg.</p>
<p>La Mairie du 10ème arrondissement est en France un des pires exploiteurs des travailleurs africains. Elle coopère avec les patrons des salons de coiffure, des boîtes d'interim du BTP (boulevard Magenta) qui exploitent des travailleurs avec ou sans - papiers. La Mairie de gauche du 10ème arrondissement est dans l'illégalité totale, complice de la "traite" des travailleurs. Mais dans cette équipe, on trouve des militants CGT de l'aristocratie ouvrière. La CGT du 10 ème arrondissement couvre donc cette "traite" des travailleurs depuis des années. <br class='autobr' />
Le fait que 13 salariés d'un salon de coiffure couvert par la mairie, et donc par la CGT, mirent à jour par leur grève, la situation locale, faisait désordre. La CGT a servi de nettoyeur pour innocenter la Mairie.</p>
<p>De même qu'à l'époque du colonialisme, il y avait les expositions coloniales, le salon de coiffure du 65 Bd de Strasbourg a été le lieu d'une "exposition syndicale". La CGT, complice de la Mairie et donc du patron, s'est transformée en amie des travailleurs. La liquidation du fonds de commerce du salon de coiffure fait office de "nettoyage". Les grévistes n'ont même pas fondé un syndicat CGT, en tout cas le communiqué CGT ne l'affirme pas. Des "papiers" sans valeur, périmés dans quelques mois, mais pas d'argent, le patronat aime ce syndicalisme de l'aristocratie ouvrière !</p>
<p>L'extrême-gauche couvre cette mafia politico-syndicale de gauche, transformant les 4 hommes et 9 femmes en "femmes à la quinzaine", miracle de la théorie du genre :</p>
<blockquote class="spip">
<p> « Une quinzaine de coiffeuses d'un salon du boulevard Strasbourg- Saint-Denis à Paris sont en grève depuis le 3 mars. Non seulement leur patron leur fait payer 250 euros pour leur donner leur fiche de paye, mais il leur impose des journées à rallonge, jusqu'à parfois 2 heures du matin, pour une paie ridicule. Le salaire n'était déjà pas versé pendant les congés, mais les coiffeuses n'ont carrément rien touché depuis des mois. Quant à une quelconque protection contre les produits chimiques utilisés, il n'en était bien sûr pas question.</p>
<p>Cette situation dure depuis plus de dix ans pour beaucoup de travailleuses, et le ras-le-bol a fini par se faire entendre, malgré la situation précaire de plusieurs d'entre elles, en situation irrégulière. Le patron, qui profitait bien sûr de la situation et ne payait pas ses cotisations à l'Urssaf, aurait disparu depuis.</p>
<p>C'est loin d'être la première grève des coiffeuses dans les différents salons du quartier. Malgré la peur d'être renvoyées, la charge des enfants qu'elles élèvent souvent seules, ces travailleuses savent se défendre. Elles ont bien raison ! »</p>
<p><a href="https://www.lutte-ouvriere.org/journal/article/coiffeuses-paris-contre-patron-voyou-193228.html" class="spip_out" rel="external">Lo</a></p>
</blockquote>
<p>Rien sur la gauche politique et syndicale dans cette affaire, que N. Arthaud ne combat que lors des élections, jamais sur le terrain de la lutte des classes.</p>
<p>Le NPA-R salue la fin de la grève, sans se poser la question de son arrêt alors que le paiement des arriérés de salaire n'a pas été obtenu. Imaginons une équipe de football qui marque un but ... et en conséquence crie victoire et abandonne le terrain. Même des footballeurs ont compris qu'on ne doit pas abandonner même si on marque un but, ce sont les Sénégalais lors de la CAN. Mais dans le parti Gaël Quirante (NPA-R) comme à LO, on ne critique pas les staliniens quand ils crient victoire à la place des travailleurs. Le NPA-R, par le communiqué suivant, montre qu'il a bien intégré le fameux "il faut savoir arrêter une grève" de Thorez en 1936 :</p>
<blockquote class="spip">
<p> « Neuf travailleuses d'un salon de coiffure et de beauté afro situé boulevard de Strasbourg, dans le 10e arrondissement, ont été finalement régularisées par la préfecture de police après une grève avec occupation qui avait commencé le 3 mars dernier. Elles se battaient d'abord pour obtenir un titre de séjour mais également pour toucher des arriérés de salaires qui leur étaient – et leur sont toujours – dûs. Les autorités ont considéré qu'elles étaient « des victimes potentielles de traite des êtres humains ». Une victoire qui ne peut qu'inciter d'autres travailleurs sans papiers à suivre le même chemin, celui de la lutte. »</p>
<p><a href="https://npa-revolutionnaires.org/paris-des-coiffeuses-obtiennent-leur-regularisation-apres-68-jours-de-greve/" class="spip_out" rel="external">NPA-R</a></p>
</blockquote>
<p>En même temps que cette grève eut lieu le 2 mai une manifestation des Maliens contre les crimes de l'impérialisme français. Quelles étaient les absents à cette manifestation ? Prenez la liste des manifestants du 20 juin, ces "organisations et personnalités", c'est exactement celle-là, celle de l'aristocratie ouvrière et de ses porte-parole qui étaient absentes !</p>
<p>C'est l'Etat bourgeois dans toute sa laideur capitaliste qui écrase, main dans la main avec des patrons africains, les travailleurs africains du 10ème arrondissement ! L'Assiette au beurre de l'aristocratie ouvrière et de ses représentants, ce sont les postes de maire, d'adjoints, de secrétaires d'unions locales. Cette aristocratie ouvrière est une véritable bureaucratie bourgeoise, pas seulement une bureaucratie ouvrière comme le prétendent les pseudo-trotskistes de LO, du NPA-R et de RP.</p>
<p><strong>Conclusion</strong></p>
<p>Les serviteurs sociaux-démocrates et staliniens de la bourgeoisie sont les principaux auxiliaires de la bourgeoise dans "le camp des travailleurs" depuis des décennies, combattons-les dans l'action, la propagande et l'agitation. Mais leurs idées sont discréditées, elles ne peuvent qu'avancer masquer. Les véritables idées de Lénine et Trotsky, celle du bolchévisme, sont encore vivantes, elles mèneront à la victoire les prochaines révolutions prolétariennes. Ce sont ces idées puissantes que les réformistes essaient de discréditer en mettant en avant des groupuscules comme ceux de LO et du NPA-R, sous la forme d'un ou deux cadres supérieurs du syndicalisme.</p>
<p>Le camp des travailleurs est divisé en deux : réformistes et révolutionnaires. Le camp réformiste a pour piliers, base sociale, l'aristocratie ouvrière corrompue par l'impérialisme français. Les cadres syndicaux sont à 99 % membres de cette aristocratie ouvrière.</p>
<p>Des partis comme LO et le NPA-R répètent trop souvent le slogan juste "Prolétaires de tous pays, unissez-vous !" Car ce slogan, depuis 1900, quand il n'est pas accompagné de la dénonciation de l'aristocratie ouvrière française, devient réactionnaire !</p>
<p>Dénonçons l'aristocratie ouvrière signataire de l'appel du 20 juin !</p>
<p>Les "riens" comme disait Macron, les "non organisation personnalités" comme disent Sud, CGT, LO, peuvent certes participer à cette manifestation. Mais des slogans s'imposent. Que tous ces slogans illustrent les propos de Lénine concernant notre aristocratie ouvrière française :</p>
<p>A bas les faux trotskistes, qui servent d'escorte à Mathilde Panot !</p>
<p>Arthaud, Panot, même combat !</p>
<p>Au trois M électoraux : Mercier-Mélenchon-Mathilde (Panot), nous opposerons toujours les trois L révolutionnaires : Lénine-Luxemburg-Liebknecht !</p>
<p>Mercier et Quirante, porte-paroles de Sud, vous êtes contre les Soviets et la dictature du prolétariat ? Comme disait Trotsky : le léninisme, aimez-le ou quittez-le !</p></div>
La lutte contre les crimes de l'impérialisme français au Mali passe par la lutte des classes en France
https://www.matierevolution.org/spip.php?article9586
https://www.matierevolution.org/spip.php?article95862026-05-14T03:09:00Ztext/htmlfrAlex, Waraa
<p>La lutte contre les crimes de l'impérialisme français au Mali passe par la lutte des classes en France <br class='autobr' />
Les attaques du 25 avril au Mali <br class='autobr' />
Bien que cela ne fit pas les gros titres, les militants ouvriers ne purent manquer les informations à propos des crimes des bandes armées qui sévissent au Mali, avec la bénédiction de l'impérialisme français : Le Mali a été, samedi 25 avril, le théâtre d'attaques coordonnées d'une ampleur inégalée ces dernières années. Perpétrées par les jihadistes du (…)</p>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique150" rel="directory">16- EDITORIAUX DE "LA VOIX DES TRAVAILLEURS" - </a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">La lutte contre les crimes de l'impérialisme français au Mali passe par la lutte des classes en France</h2>
<p><strong>Les attaques du 25 avril au Mali</strong></p>
<p>Bien que cela ne fit pas les gros titres, les militants ouvriers ne purent manquer les informations à propos des crimes des bandes armées qui sévissent au Mali, avec la bénédiction de l'impérialisme français :</p>
<blockquote class="spip">
<p>Le Mali a été, samedi 25 avril, le théâtre d'attaques coordonnées d'une ampleur inégalée ces dernières années. Perpétrées par les jihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim) et par le mouvement séparatiste touareg du Front de libération de l'Azawad (FLA), elles ont simultanément visé Kidal, Gao, Sévaré, Mopti, Bamako et Kati - un lieu stratégique pour les autorités militaires maliennes dans la banlieue de la capitale.</p>
<p>Le Jnim a revendiqué aussi les attaques contre l'aéroport international Modibo-Keïta de Bamako, contre la résidence du chef de la junte Assimi Goïta, qui a été exfiltré de Kati pour un endroit sûr, ainsi que contre celle du ministre de la Défense Sadio Camara. Ce dernier a été visé par une attaque à l'aide d'un camion-kamikaze.</p>
<p>Lancées dès l'aube, les attaques ont duré plusieurs heures. « La journée d'hier a été vraiment terrifiante, nous avons eu peur, confie ainsi un habitant de la capitale joint par la rédaction en fulfulde-mandenkan de RFI. Nous avons été réveillés par des tirs d'armes lourdes puis, après une heure d'échange de tirs, nous nous sommes rendu compte qu'il s'agissait d'une attaque terroriste. Tout a commencé aux environs de 6 heures du matin, jusqu'à l'après-midi. L'armée a été réactive, car elle a pu repousser rapidement les terroristes », poursuit ce dernier.</p>
<p><a href="https://www.rfi.fr/fr/afrique/20260426-mali-jihadistes-et-ind%C3%A9pendantistes-touaregs-revendiquent-des-attaques-coordonn%C3%A9es-contre-plusieurs-villes-du-pays" class="spip_out" rel="external">RFI le 26 avril</a></p>
</blockquote>
<p>La revue Jeune Afrique annonce la mort du ministre Sadio Camara :</p>
<blockquote class="spip">
<p>Le ministre de la Défense malien, coauteur du putsch de 2020 qui avait porté au pouvoir la junte d'Assimi Goïta, a été tué dans une attaque sur son domicile le 25 avril. Avec lui, Bamako perd l'homme qui avait réussi à s'affirmer comme le principal architecte de la stratégie militaire du pays face aux groupes armés.</p>
<p>Jamais le Front de libération de l'Azawad (FLA) et le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim) n'avaient jusqu'ici affiché officiellement leur alliance. Ils ont finalement choisi de le faire ce 25 avril, en se lançant conjointement dans une offensive d'une ampleur inédite sur plusieurs grandes villes maliennes.</p>
<p><a href="https://www.jeuneafrique.com/1791810/politique/mali-sadio-camara-lhomme-qui-croyait-aux-russes/" class="spip_out" rel="external">Mali : Sadio Camara, l'homme qui croyait aux Russes</a></p>
</blockquote>
<p><strong>Derrière les luttes entre les Hu-Peï-Fu et Djan-So-Lin</strong></p>
<p>Des unités françaises, des agents français furent-ils impliqués dans les affrontements d'avril au Mali ? Quoi qu'il en soit l'impérialisme français est un des acteurs historiques dans la région. et l'impérialisme, c'est le capital financier des multinationales. Chercher des noms et photos d'agents français est utile, mais ne change rien au fait que ce sont les rivalités entre impérialismes rivaux qui déterminent ce luttes locales. C'est ainsi et pas autrement que les révolutionnaires analysent, depuis plus de 100 ans, les guerres dans les pays dominés par l'impérialisme comme le Mali</p>
<blockquote class="spip">
<p>La nécessité de l'organisation d'un front anti-impérialiste est dictée en outre par la croissance permanente et ininterrompue des rivalités impérialistes. Ces rivalités revêtent actuellement une telle acuité qu'une nouvelle guerre mondiale, dont l'Océan Pacifique sera l'arène, est inévitable, si la révolution internationale ne la prévient.</p>
<p>La conférence de Washington était une tentative faite pour parer à ce danger, mais en réalité elle n'a fait qu'approfondir et qu'exaspérer les contradictions de l'impérialisme. La lutte qui a eu lieu dernièrement entre Hu-Peï-Fu et Djan-So-Lin en Chine, est la conséquence directe de l'échec du capitalisme japonais et du capitalisme anglo-américain dans leur tentative d'accorder leurs intérêts à Washington.</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/inter_com/1922/ic4_08.htm" class="spip_out" rel="external">Thèses générales sur la question d'Orient (1922)</a></p>
</blockquote>
<p><strong>L'impérialisme français derrière ces attaques</strong></p>
<p>Or ce n'est un mystère pour personne que depuis plus d'un siècle l'impérialisme français intervient au Mali, du colonialisme au néo-colonialisme. Les media porte-parole de l'impérialisme français reconnaissent cette implication derrière leurs formules alambiquées :</p>
<blockquote class="spip">
<p>Mali : l'embarras de la France face à la crise</p>
<p>Alors que les militaires au pouvoir, alliés à la Russie, tiennent un discours ouvertement antifrançais, Paris observe avec discrétion l'avancée des djihadistes et des indépendantistes touareg. <br class='autobr' />
Il a fallu trois jours et deux nuits pour que la France réagisse officiellement à l'offensive sans précédent des djihadistes au Mali. Un temps anormalement long à l'échelle diplomatique. Quelques heures après les attaques du Groupe de soutien de l'islam et des musulmans (GSIM) et de leurs alliés indépendantistes du Nord contre plusieurs villes maliennes, samedi 25 avril, qui leur ont permis de prendre Kidal et de déstabiliser profondément la junte au pouvoir, les condamnations étaient venues de multiples parts.</p>
<p>De la Russie, soutien des autorités de Bamako, pour lesquelles Moscou a déployé quelque 2 000 paramilitaires, aux Etats-Unis, qui ont tous deux exprimé leur « solidarité » avec le peuple malien, de l'Union africaine aux Nations unies… Les acteurs géopolitiques majeurs ont condamné les attaques des groupes terroristes et se sont inquiétés du péril que ceux-ci faisaient peser sur le pays.</p>
<p>Alors que son silence suscitait de plus en plus d'interrogations, la France s'est finalement exprimée à son tour, lundi 27 avril au soir : dans un communiqué minimaliste, elle a souligné « sa préoccupation et sa solidarité à l'égard » des Maliens.</p>
<p><a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2026/04/28/l-embarras-de-la-france-face-a-la-crise-au-mali_6683888_3210.html" class="spip_out" rel="external">Le Monde 28 avril</a></p>
</blockquote>
<p><strong>Les deux manifestations maliennes pan-africanistes du 2 mai, boycottées par les sociaux-patriotes du 1er mai</strong></p>
<p>Le 2 mai, les Maliens de France, à travers diverses organisations maliennes, avaient appelé à deux manifestations antagonistes : l'une à 14 h à Duroc, l'autre à 15h à République. En résumé : la première était anti-impérialisme français, la seconde pro-impérialisme français.</p>
<p>La place des marxistes révolutionnaires était à Duroc le 2 mai, au côté des Maliens qui dénonçaient les massacres à l'ordre du jour dans leur pays. Toute la corruption des organisations politiques et syndicales de gauche et d'extrême-gauche, du PS à la CGT, Lutte Ouvrière et les NPA, se manifeste par leur absence à ces deux manifestations maliennes du 2 mai. La ligne blanche (le terme est approprié) de l'Union sacrée est infranchissable pour ces organisations, dont LO, Révolution Permanente, les NPAs. Ces organisations, avec la CGT, disent aux Maliens : n'ayez aucun espoir, manifestez entre vous, le mouvement ouvrier français est pro-impérialiste depuis 1914, il l'est encore. Les "noirs" que Malcom-X qualifiait "de salon", comme la chanteuse Aya Nakamura, le maire LFI de Saint-Denis, étaient également absents.</p>
<p>Deux ou trois "blancs" anti-impérialistes représentaient l'aile révolutionnaire du mouvement ouvrier : des Gilets jaunes et un syndicaliste révolutionnaire avec un drapeau CGT, le seul drapeau syndical présent, soulignant la corruption du mouvement syndical français, en premier lieu la CGT et SUD, qui se prétendent les plus radicaux.</p>
<p>A Duroc la manifestation vers l'ambassade du Mali fut interdite, les manifestants coincés sur un trottoir par des cars de policiers les comprimant dans une véritable nasse, alors que le soleil chauffait le bitume. Les pan-africanistes organisateurs eurent le tort d'accepter que ceux qu'ils avaient appelé à manifester soient traité comme du bétail, et remercièrent même les policier de les "protéger". Oui les pan-africanistes sont des petits bourgeois au fond des choses, pro-impérialistes, mais seule l'aile du mouvement ouvrier qui sera présente à leurs côtés pour dénoncer les crimes de l'impérialisme français au Mali sera en mesure de les démasquer au yeux des maliens qui manifestent derrière eux.</p>
<p>A République, aucun cordon policier en vue, les manifestants avaient les faveurs de l'Etat français. Des policiers en civil ont même grogné à voix basse, en remarquant que les organisateurs avaient accroché sur la statue des portraits de leur candidat aux élections alors que cela leur était interdit. Ils semblaient donc avoir des instructions : ne pas intervenir à République, réprimer à Duroc.</p>
<p><strong>La grève du 65 boulevard de Strasbourg</strong></p>
<p>Le fait que l'extrême-gauche opportuniste fut absente de ces manifestations du 2 mai par pure soumission aux directions bourgeoise de syndicats est illustré par leur absence également dans la grève purement économique du salon de coiffure du 10ème arrondissement. Ce salon situé au 65 boulevard de Strasbourg est pavoisé "CGT". Les grévistes (4 hommes et 9 femmes) sont transformés en faire valoir de la CGT, qui a pour but d'obtenir un jugement qui mentionnera la "traite" de travailleurs. Ainsi la CGT aura sa place dans les conférences des instance syndicales liées à l'ONU, organisées dans de grands hôtels internationaux sur ce sujet. C'est le seul but de la CGT. Des dizaines de salons de coiffure pratiquent dans ce quartier cette sur-exploitation des travailleurs, mais le fait que des patrons africains exploitent des travailleurs africains, avec la bénédiction de la gauche qui gère le 10ème arrondissement, va à l'encontre de l'idéologie "anti-raciste" dont se sert la gauche bourgeoise pour éloigner toute lutte de classe.</p>
<p>Les luttes économique politique des travailleurs africains étaient à l'oeuvre, séparée, divisée, étouffée par les organisations françaises pro-impérialiste et les organisations pan-africanistes faussement anti-impérialistes.</p>
<p>C'est sur ces deux terrains que les militants révolutionnaires, présents, peuvent combattre ces courants bourgeois du mouvement ouvrier et de l'internationalisme.</p>
<p><strong>L'extrême-gauche française nie l'impérialisme pour s'y rallier </strong></p>
<p>La première tare manifeste des mouvement politiques et syndicaux prétendant représenter la classe ouvrière en France, en arborant une étiquette électorale de gauche ou d'extrême-gauche, est de ne pas reconnaître la différence entre le Mali et la France, du point de vue de l'impérialisme. Sinon, ces organisations auraient manifesté le 2 mai. <br class='autobr' />
Un parti ayant un programme marxiste doit aujourd'hui se souvenir que Lénine et Trotsky affirmaient :</p>
<blockquote class="spip">
<p>Conformément à son but essentiel - la lutte contre la démocratie bourgeoise, dont il s'agit de démasquer l'hypocrisie - le Parti communiste, interprète conscient du prolétariat en lutte contre le joug de la bourgeoisie, doit considérer comme formant la clef de voûte de la question nationale, non des principes abstraits et formels, mais :<br class='autobr' />
(...) la division tout aussi nette et précise des nations opprimées, dépendantes, protégées - et oppressives et exploiteuses, jouissant de tous les droits, contrairement à l'hypocrisie bourgeoise et démocratique qui dissimule, avec soin, l'asservissement (propre à 1'époque du capital financier de l'impérialisme) par la puissance financière et colonisatrice, de l'immense majorité des populations du globe à une minorité de riches pays capitalistes.</p>
</blockquote>
<p>Ce ne sont pas seulement les Etats qui sont impérialistes ou non, c'est toute la nation regroupée derrière eux.</p>
<p><strong>Non, tous les travailleurs n'ont pas exactement les mêmes intérêts</strong></p>
<p>Rappelons le B A BA de la doctrine léniniste de l'impérialisme :</p>
<blockquote class="spip">
<p>La situation réelle des ouvriers est-elle identique, du point de vue de la question nationale, suivant qu'ils appartiennent à des nations oppressives ou à des nations opprimées ?</p>
<p> Non, elle n'est pas identique.</p>
<p>1) Économiquement, la différence est que des parties de la classe ouvrière des pays oppresseurs profitent des miettes du sur profit que réalisent les bourgeois des nations oppressives en écorchant deux fois plutôt qu'une les ouvriers des nations opprimées. En outre, les données économiques attestent que le pourcentage aies ouvriers passant dans la « maîtrise » est plus important parmi les ouvriers des nations oppressives que parmi ceux des nations opprimées, qu'un pourcentage plus grand des premiers s'élève au niveau de l'aristocratie ouvrière. C'est un fait. Les ouvriers de la nation oppressive sont jusqu'à un certain point les complices de leur bourgeoisie dans la spoliation par celle-ci des ouvriers (et de la masse de la population) de la nation opprimée.</p>
<p>2) Politiquement, la différence est que les ouvriers des nations oppressives occupent une situation privilégiée dans toute une série de domaines de la vie politique, par rapport aux ouvriers de la nation opprimée.</p>
<p>3) Idéologiquement ou spirituellement, la différence est que les ouvriers des nations oppressives sont toujours éduqués par l'école et par la vie dans le mépris ou le dédain pour les ouvriers des nations opprimées. C'est ce qu'a éprouvé, par exemple, tout Grand-Russe qui a grandi ou vécu parmi les Grands-Russes</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1916/10/caricature.pdf" class="spip_out" rel="external">Lénine (1916)</a> Oeuvres, tome 23</p>
</blockquote>
<p>Remplaçons "Grand-Russe" par "français", les termes de Lénine restent valables. Et Lénine concluait : <i>« nous exigeons au premier chef, de la part des ouvriers des nations opprimées, autre chose - il ne s'agit ici que de la question nationale - que ce que nous exigeons des ouvriers appartenant aux nations oppressives. »</i> <br class='autobr' />
Oui, nous avons employé les termes grandiloquents de "doctrine léniniste" qui peuvent paraître bien pompeux. C'est parce que c'est derrière ce genre d'étiquette, "le trotskisme", que la bourgeoisie met en vedette dans ses media des courants qui ne reprennent pas les idées de Lénine sur l'impérialisme, tout en prétendant le faire.</p>
<p><strong>Le prolétariat n'arrêtera les guerres impérialistes qu'en les transformant en guerre civile</strong></p>
<p>Face à "la guerre" qui viendrait, aucun parti ne reprend l'idée que la classe ouvrière ne doit pas attendre que la bourgeoisie impérialiste provoque un 1914, qui déboucherait sur un 1917. C'est dès avant 1914, lors des congrès de la IIème internationale, que son aile gauche mena la propagande à propos de la guerre. Aucun parti d'extrême-gauche ne popularise auprès du prolétariat ces idées que défendirent Jaurès, Rosa Luxemburg, Lénine :</p>
<blockquote class="spip">
<p>La bourgeoisie trompe les masses en dissimulant le brigandage impérialiste sous la vieille idéologie de la « guerre nationale ». Le prolétariat dénonce cette duperie en proclamant le mot d'ordre de la transformation de la guerre impérialiste en guerre civile. C'est précisément ce mot d'ordre qui est indiqué par les résolutions de Stuttgart et de Bâle, qui prévoyaient non pas la guerre en général, mais bien la guerre actuelle, et parlaient non pas de « défendre la patrie », mais de « précipiter la chute de la domination capitaliste », d'utiliser à cette fin la crise suscitée par la guerre, de suivre l'exemple de la Commune. La Commune a été la transformation d'une guerre de peuples en guerre civile. (...) Le refus du service militaire, la grève contre la guerre, etc., ne sont que pures sottises, qu'un rêve misérable et craintif d'une lutte sans armes contre la bourgeoisie armée, qu'un vœu souhaitant la destruction du capitalisme sans une ou plusieurs guerres civiles acharnées. Dans l'armée aussi, un socialiste a pour devoir d'être le propagandiste de la lutte de classe ; l'action visant à transformer la guerre des peuples en guerre civile est la seule action socialiste à l'époque du conflit impérialiste armé des bourgeoisies de toutes les nations. A bas la niaise sentimentalité des vœux pieux sur « la paix à tout prix » ! Levons le drapeau de la guerre civile !</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1914/11/vil19141101b.htm" class="spip_out" rel="external">Lénine (1914)</a>, Oeuvres, Tome 21</p>
</blockquote>
<p><strong>Conclusion</strong></p>
<p>C'est dès aujourd'hui que les luttes économique et politique, menées par le prolétariat Africain de France, ont lieu. Les manifestations maliennes du 2 mai, la grève d'un salon de coiffure étouffée par la CGT sont des occasions, à petite échelle de construire le parti de la révolution socialiste mondiale. Tout parti qui en France manquera de telle occasions à petite échelle, sera absent des occasions que les guerres impérialistes offriront à grande échelle. Tout groupe de militants, qui même petit, y posera des jalons, y acquerra la capacité de diriger les luttes à grande échelle. Ce ne sont pas les parades "anti-racistes" qui abattront les murs entre les contingents du prolétariat des différentes nations, mais un front unique anti-impérialiste, combiné à la lutte contre les patrons français et africains qui règnent sur les prolétaire africains de France.</p></div>
L'extrême-gauche française : sur les traces du menchévisme de Martov et de la gauche révolutionnaire de Marceau Pivert
https://www.matierevolution.org/spip.php?article9571
https://www.matierevolution.org/spip.php?article95712026-04-24T22:33:00Ztext/htmlfrAlex, WaraaParti révolutionnaire - Revolutionnary party
<p>L'extrême-gauche française : sur les traces du menchévisme de Martov et de la gauche révolutionnaire de Marceau Pivert <br class='autobr' />
Le parti menchévique russe a commencé son existence comme courant révolutionnaire se battant contre le tsarisme mais n'a pas voulu admettre que la révolution prolétarienne qui le renverserait devait mener à la prise du pouvoir du prolétariat. Le parti menchévique a séparé la lutte contre la dictature du tsar et la lutte pour le socialisme en étapes distinctes. Il a rejeté (…)</p>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique150" rel="directory">16- EDITORIAUX DE "LA VOIX DES TRAVAILLEURS" - </a>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot173" rel="tag">Parti révolutionnaire - Revolutionnary party</a>
<div class='rss_texte'><div class='spip_document_17481 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH304/capture_d_ecran_2026-04-23_103900-2a74e-0bbed.jpg?1789987799' width='500' height='304' alt='' />
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH505/capture_d_ecran_2026-04-13_122428-9abcb-94d52.jpg?1789987799' width='500' height='505' alt='' />
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH576/capture_d_ecran_2026-04-13_122507-864c8-776d9.jpg?1789987799' width='500' height='576' alt='' />
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</div><h2 class="spip">L'extrême-gauche française : sur les traces du menchévisme de Martov et de la gauche révolutionnaire de Marceau Pivert</h2>
<p>Le parti menchévique russe a commencé son existence comme courant révolutionnaire se battant contre le tsarisme mais n'a pas voulu admettre que la révolution prolétarienne qui le renverserait devait mener à la prise du pouvoir du prolétariat. Le parti menchévique a séparé la lutte contre la dictature du tsar et la lutte pour le socialisme en étapes distinctes. Il a rejeté la politique de révolution permanente. Il a fini dans les bras des forces tsaristes et des impérialismes en armes pour écraser la révolution russe.</p>
<p>Lénine : « Toute sa vie, Marx a lutté contre ce socialisme petit-bourgeois, ressuscité de nos jours en Russie par les partis socialiste-révolutionnaire et menchévik. »</p>
<p>Trotsky dans « Cours nouveau » : « Le trait essentiel de l'opportunisme, y compris de notre menchévisme russe, est la sous-estimation du rôle du prolétariat ou, plus exactement, le manque de confiance dans sa force révolutionnaire… Les menchéviks récusaient comme une utopie, un non-sens, le rôle dirigeant du prolétariat par rapport à la paysannerie, avec toutes les conséquences qui en découlent, c'est-à-dire la conquête du pouvoir par le prolétariat s'appuyant sur la paysannerie. C'était là le défaut de la cuirasse des menchéviks. »</p>
<p>La position menchévique, c'est celle qui consiste à affirmer que l'heure n'est pas à la formation de soviets et à leur prise du pouvoir, mais au soutien de tendances progressistes, politiques et syndicales, de résistances nationales, de luttes pour la démocratie et contre le fascisme, de luttes pour les droits nationaux, pour les droits des minorités même si elles ne mènent pas à la révolution sociale. On mène d'abord ces luttes qui avancent le camp du progrès nous disent-ils et cela fera plus tard avancer le but révolutionnaire qui n'est pas à l'ordre du jour de la situation. Arrêter les guerres impérialistes d'abord, gagner les guerres nationales (palestiniens, ukrainiens, etc.), imposer la démocratie contre fascisme et dictature, imposer les droits des travailleurs d'abord, repousser les reculs sociaux, on fera la révolution plus tard nous disent les nouveaux menchéviques.</p>
<p>A l'opposé de la révolution permanente du bolchevisme, ils séparent et opposent luttes immédiates et perspectives révolutionnaires socialistes et inventent une étape démocratique, de gauche, antifasciste, nationale, de défense des femmes, des minorités, de front populaire, de front de gauche, qui serait intermédiaire entre les attaques et la révolution prolétarienne qu'ils renvoient aux calendes…</p>
<p>A quoi a mené le menchévisme : au soutien par d'anciens révolutionnaires des forces tsaristes, réactionnaires, fascistes et impérialistes contre la révolution des soviets ! C'est le menchévisme qui a permis l'écrasement de la révolution en Europe, notamment en Allemagne, et qui a isolé la révolution des soviets, entrainant le stalinisme.</p>
<p>Après la social-démocratie le stalinisme a été une manière de rétablissement d'une politique menchévique au sein du prolétariat international et que l'extrême gauche en s'alignant sur les partis staliniens, sociaux-démocrates et les appareils syndicaux, fait de même.</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1937/12/lt19371217.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1937/12/lt19371217.htm</a></p>
<p><strong>1903 : le menchévisme entre l'opportunisme et le bolchévisme</strong></p>
<p>C'est au IIème congrès du Parti ouvrier social-démocrate de Russie en 1903, à Bruxelles puis à Londres, que les bolchéviks (en russe "majoritaires", groupés autour de Lénine) et menchéviks ("minoritaires", groupés autour de Martov), donnèrent, sans en avoir l'intention, leur nom à deux tendances qui s'affrontent encore aujourd'hui. Outre Lénine et Martov, Trotsky, Plékhanov et Rosa Luxemburg (à travers ses deux émissaires Hanecki et Warski.) participèrent à ce congrès.</p>
<p>Au contraire, le terme "opportuniste" qui fit fortune avait été créé en France dans les années 1870 par le journaliste Rochefort. Ces deux termes d'opportunisme et de menchévisme se recouvrent, et être marxiste, c'est encore aujourd'hui combattre ces deux courants, dénommer ceux qui les incarnent dans chaque pays et à chaque époque, tant ces tendances sont protéiformes.</p>
<p>Le bolchévisme, c'est avant tout Lénine jusqu'à sa mort en 1924, ses amis comme ses ennemis le reconnaissent. Trotsky et Rosa Luxemburg étaient bien avant 1903 déjà partisans de Lénine concernant la question fondamentale du rôle primordial de la classe ouvrière. Trotsky se rallia à Lénine sur la question du parti en 1917, alors que le bolchévisme, à travers Lénine se rallia à Trotsky concernant la question de la révolution permanente .</p>
<p>Trotsky fut bolchévik à 100% à partir de 1917, incarnant ce courant jusqu'à sa mort en 1940, dénommant "bolchéviks-léninistes" ses disciples français.</p>
<p>Le premier signe de l'opportunisme et du menchévisme de l'extrême-gauche française (LO, NPA-R, RP, et PT) est son refus patent de ce qualificatif de "bolchévik". Or cette scission de 1903 entre bolchéviks et menchéviks reste d'actualité, et qui se réclame du marxisme sans se dire bolchévik, est mécaniquement menchévik. Cet argument par la négative, voyons comment il se manifeste de façon positive, dans l'action de ces partis, diamétralement opposée à leur programme supposé marxiste.</p>
<p><strong>1914 : le menchévisme est entre l'opportunisme et le bolchévisme</strong></p>
<p>Il existait depuis la fondation du Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) en 1890 un courant bourgeois, qui à partir de la mort d'Engels (1895) se déploya ouvertement autour du <i>révisionnisme</i> de Bernstein. La bourgeoisie a depuis cette époque besoin d'avoir des agents arborant le drapeau marxiste. Pourquoi ? Car à partir d'environ 1890, les idées marxistes avaient définitivement vaincu, sur le terrain des idées, des courants comme le Proudhonisme, l'anarchisme. Depuis cette époque, ceux qui combattent la révolution prolétarienne dans le mouvement ouvrier, pour être crédibles, doivent se réclamer au moins en partie du marxisme.</p>
<p>En 1903, les menchéviks tout comme comme les bolchéviks, ainsi que les électrons libres comme Plékhanov, Trotsky et Rosa Luxemburg, furent unanimes au Congrès de 1903, et condamnèrent l'opportunisme. Le menchévisme fut donc à sa naissance officiellement contre l'opportunisme. Alors que le révisionnisme prétend comme son nom l'indique réviser le marxisme, le menchévisme prétend l'incarner.</p>
<p>L'Union sacrée de 1914 ne changea pas grand-chose, Martov resta menchévique et internationaliste :</p>
<blockquote class="spip">
<p>Puisque la faillite de l'Internationale devait aboutir inévitablement à de telles conséquences, les marxistes révolutionnaires avaient le devoir de travailler énergiquement pour souder les éléments prolétariens restés fidèles à la lutte de classes et pour réagir résolument contre le « social-patriotisme », alors même que les masses n'avaient pas encore secoué l'ivresse nationaliste et la panique de la guerre. Dans la mesure où il aurait été possible de réaliser cette soudure sur le plan international, il était encore permis d'espérer que le soulèvement des masses ne détruirait pas le patrimoine idéologique d'un demi-siècle de luttes ouvrières ; il était permis d'espérer qu'une digue serait opposée à l'assaut de l'anarchisme.</p>
<p>Tel était le sens objectif des tentatives de Zimmerwald et de Kienthal, en 1915-1916</p>
<p>Martov, 1923</p>
</blockquote>
<p><strong>1917 : le menchévisme et l'opportunisme fusionnent dans l'action</strong></p>
<p>C'est la révolution russe de Février 1917 qui changea tout. Le menchévisme, qui avait voté pour la dictature du prolétariat lors du congrès de 1903, affirma qu'en 1917, le temps "opportun" n'était pas venu (cette formule est l'essence de l'opportunisme) et s'opposa à la révolution prolétarienne d'octobre 1917. Avec Octobre 1917 en Russie, le menchévisme devint ouvertement l'aile gauche de l'opportunisme.</p>
<p><i>Nous sommes pour la révolution prolétarienne, elle est souhaitable sur le papier, mais impossible aujourd'hui ! En parler aujourd'hui pourrait donc être "mal interprété", il faut effacer ce terme de la propagande et de l'agitation !</i> C'est un résumé du menchévisme.</p>
<p> Le NPA-R incarne parfaitement cette tendance en intitulant un des ses textes de congrès : "La révolution maintenant !", ou intitulant son organe "Révolution" : la révolution prolétarienne n'est pas au programme, on se limite donc, sans le dire, à l'apologie des premières étapes naïves et spontanée des révolutions, où les révolutionnaires jouent souvent un rôle très secondaire. Alors qu'un des premiers concepts marxistes est depuis 1848 la distinction entre révolutions prolétariennes et bourgeoises, cette distinction disparaît.</p>
<p>Le menchévisme est un courant qui existe mondialement, mais il est peu connu car le stalinisme à partir de 1924, donna le nom de communisme et de bolchévisme à des courants (dont lui-même), qui pratiquaient sans le dire une politique menchévique, dénonçaient Trotsky et Rosa Luxemburg comme "menchéviks". Le menchévisme est donc un courant important en France, sans que cela se sache. Appeler marxiste un programme purement bourgeois, c'est un des traits du menchévisme.</p>
<p><strong>Le programme politique national de l'extrême-gauche opportuniste : l'antifascisme, une idée réactionnaire</strong></p>
<blockquote class="spip">
<p>Les concepts même d'antifascisme et d'antifasciste ne sont que fiction et mensonge. le marxisme aborde tous les phénomènes d'un point de vue de classe.</p>
<p>Trotsky, 4 mars 1939, Ouvres, volume 20</p>
</blockquote>
<p>L'extrême-gauche française met en avant pour justifier toutes ses actions communes, sans critique, avec la gauche réformiste, la question du racisme. Ainsi il y aurait eu une situation "urgente" et N. Arthaud est allée apporter son soutien au nouveau maire LFI de Saint-Denis, parce qu'il est "noir". Ainsi en théorie LO dénonce LFI au nom du marxisme, mais dans l'action c'est le soutien sans critique à LFI. La différence entre le programme et les actions, c'était le menchévisme en 1917.</p>
<p>Cette tactique en France a fait ses preuves, car le père du réformisme A. Millerand s'adressa à la bourgeoisie, lui demandant d'accepter les socialistes, la preuve ayant été faite lors de l'Affaire Dreyfus que ceux-ci sont les meilleurs alliés de la bourgeoisie "démocratique" contre l'extrême-droite antisémite qui menace la République.</p>
<p>Ces courants opportunistes prétendent défendre la démocratie bourgeoise contre le fascisme comme l'ont toujours fait les marxistes, mais ils ne font en fait que défendre cette démocratie bourgeoise contre la dictature du prolétariat. Et lorsque cette démocratie bourgeoise se transforme ouvertement en dictature, les menchéviks continuent à défendre la bourgeoisie, ce fut le destin des menchéviks en 1917.</p>
<p>L'antiracisme et l'antifascisme de l'extrême-gauche sont un retour au Millerandisme.</p>
<p><strong>1936 en France : le menchévisme incarné par le Front populaire</strong></p>
<p>Trotsky, assimilait les politiques de Front populaire au menchévisme. :</p>
<blockquote class="spip">
<p>Toute révolution, même dans un pays qui en a traversé une dizaine, commence avec des illusions naïves et une confiance simple : les nouvelles générations doivent apprendre de nouveau. <strong>Le Front populaire, en France, a assumé la même tâche que ce qu'on appelait la « coalition » des cadets, des mencheviks et des socialistes révolutionnaires en Russie en mars 1917 : A contenir la révolution à sa première étape</strong>.</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1938/12/situation_decembre.htm" class="spip_out" rel="external">Trotsky, 8 décembre 1938</a></p>
</blockquote>
<p><i>Des illusions naïves et une confiance simple :</i> c'est exactement ce que sont destinés à faire naître la propagande ininterrompue de l'extrême-gauche de type menchévique : antiracisme, antifascisme, anticapitalisme, anti-impérialisme soutien aux Palestiniens. Ces mots d'ordres essentiellement bourgeois veulent faire croire à la classe ouvrière que la révolution prolétarienne coïncide avec les luttes de la petite-bourgeoise démocratique, dans le but de contenir éternellement toute révolution bourgeoise à son étape bourgeoise, sa <i>première étape</i>.</p>
<p>Trotsky continuant en décrivant une situation française, qui a peu changé :</p>
<blockquote class="spip">
<p> La différence est que la bureaucratie réformiste en France (socialistes, communistes, syndicalistes) est infiniment plus puissante qu'elle n'était en Russie en 1917. En outre, le Kremlin a soutenu le Front populaire français au nom de la révolution d'Octobre, qui avait gagné contre le Front populaire. Enfin, le parti révolutionnaire en France est infiniment plus faible qu'il ne l'était en Russie.</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1938/12/situation_decembre.htm" class="spip_out" rel="external">Trotsky, 8 décembre 1938</a></p>
</blockquote>
<p>Cette gauche réformiste est encore puissante en France. Un parti "purement" menchévique en chair et en os est donc inutile pour la bourgeoisie. Par contre son existence symbolique, comme cinquième roue du carrosse réformiste est indispensable. Pour discréditer le bolchévisme qui fut incarné par Trotsky jusqu'en 1940, mais dont les idées sont bien vivantes et accessible à travers tous ses écrits, une extrême-gauche bolchévique en parole, menchévique dans les faits, et qui choisit de végéter à l'ombre du PC, de LFI, de la CGT et SUD, est utile comme le fut l'ouvrier Albert au gouvernement en février 1848.</p>
<p>C'est pour cette raison qu'accorder une telle attention à ces courants n'est pas perdre son temps à se lamenter sur la dérive de petites organisations. C'est observer pourquoi et comment les dirigeants de l'impérialisme français ont intérêt à rendre visible ces petits groupes inoffensifs.</p>
<p>Beaucoup de militants d'extrême-gauche de LO, du NPA sont sans doute "sincères", ils ont l'impression de "défendre" les idées de Trotsky. Celui-ci reconnaissait que la clique de Staline, voulait "sincèrement" la révolution en Chine, puis en 1933 en Allemagne. Mais portée par des forces bourgeoises (la bureaucratie soviétique qui voulait s'installer dans ses privilèges), c'est au service d'une politique bourgeoise dans la révolution qu'ils agirent.</p>
<p><strong>Le programme économique national de l'extrême-gauche opportuniste : l'apologie du salariat</strong></p>
<p>Le fait que l'extrême-gauche française ne joue que le rôle de la cinquième roue menchévique du carrosse opportuniste est illustré par sa politique actuelle face à la vie chère.</p>
<p>Alors que l'abolition du salariat est une des pierres angulaires de tout programme marxiste, car Marx a démontré dans le Capital que toute lutte pour les salaires est illusoire, l'extrême-gauche française donne comme idéal au prolétariat un "salaire juste et digne" ! Mais surtout, cette extrême-gauche exclut tout autre revendication, à part le lointain "renversement du capitalisme".</p>
<p>Alors qu'une des revendications d'un programme marxiste, au moins depuis 1880 en France (programme du Parti ouvrier français écrit sous la dictée de Marx) : "Abolition des impôts indirects", et que face à l'augmentation du prix des carburants, ce slogan est parfaitement approprié, le NPA-R, LO et RP exaltent "l'augmentation des salaires" (nominaux mais pas réels), appelant les salariés à rejeter celui de "suppression des taxes" comme étant quasiment "d'extrême-droite" car portée par le RN.</p>
<p>Ces partis se font les porte-voix des directions syndicales réformistes. Car le mot d'ordre de suppression des taxes est évident, aurait un impact plus fort qu'une augmentation du salaire nominal, en augmentant le salaire réel, et entrainerait derrière le prolétariat les petits paysans, artisans etc. Bref, la classe ouvrière deviendrait en germe une classe dirigeante. Un tel slogan contre les taxes désigne de plus l'Etat-patron comme un ennemi bourgeois comme les autres, incarnant le capitalisme d'Etat. La lutte contre le capitalisme prendrait directement la forme de lutte économique contre l'Etat bourgeois, et rapidement la nécessité politique de sa destruction apparaitrait comme nécessaire.</p>
<p>Mais la révolution prolétarienne est éternellement "pour le moment pas possible", c'est le discours du menchévisme. En pratique, cet Etat bourgeois est le protecteur, le financeur de l'aristocratie ouvrière des bureaucraties syndicales, des partis, des élus de la gauche réformiste. C'est l'Etat bourgeois qui fournit le beurre de l'Assiette au beurre où se complaisent ces courants. L'extrême-gauche opportuniste peut dénoncer dans ses écrits cette bureaucratie, mais en pratique elle veut garder ses positions même subalternes dans ces bureaucraties syndicales, et garde donc le silence sur cette question.</p>
<p>Ce trait du menchévisme est apparu comme chimiquement pur lors du <a href="https://www.lutte-ouvriere.org/portail/agenda/bas-guerre-imperialiste-193526.html" class="spip_out" rel="external">rassemblement du 17 avril</a> à Paris "Contre la guerre" qui réunit toute cette extrême-gauche menchévique : LO, NPA-R, RP, Parti des travailleurs. Quelle leçon de chose ! Ces groupuscules signent un appel, mais alors qu'ils viennent de présenter au élections municipales des dizaines de candidats se vantant d'être "syndicalistes" (étiquette étrangère au bolchévisme), aucun des syndicats dont les porte-parole de ces partis sont secrétaires, délégués ou autre, n'a signé cet appel ! Ils n'ont même pas essayé de mettre au vote dans leurs organisations syndicales leur appel ! Cette extrême-gauche se vante d'avoir eu 100 000 votes révolutionnaires aux élections municipales, mais se garde bien de permettre à un seul ces électeurs de s'exprimer par des votes de motions révolutionnaires dans les syndicats.</p>
<p> D'ailleurs, ce rassemblement du 17 avril était une caricature d'internationalisme prolétarien, bien illustré par cette <a href="https://npa-revolutionnaires.org/agression-imperialiste-au-moyen-orient-comment-comprendre-cette-guerre-et-sy-opposer/" class="spip_out" rel="external">vidéo pacifiste du NPA-R</a></p>
<p><strong>Le programme international de l'extrême-gauche opportuniste : le social-impérialisme</strong></p>
<p>Comment rentrer dans l'Union sacrée par la petite porte ? Tout d'abord il faut montrer patte blanche, et reconnaître que la France est une démocratie, alors que l'Iran est une dictature. Le NPA-R le fait très bien :</p>
<p>Pour les marxistes, les Etats de France et d'Iran sont autant bourgeois l'un que l'autre. Mais l'Iran est un Etat opprimé par l'impérialisme. Le terme de "réactionnaire" ne fait pas partie de la théorie marxiste de l'Etat. Tout Etat a des traits réactionnaires. Celui du prolétariat, l'Etat ouvrier, l'est un peu moins car il met au programme sa propre disparition.</p>
<p>Mais l'Union sacrée les bonnes places sont déjà prises. L'extrême-gauche opportuniste doit y créer son propre emploi, monter à la bourgeoisie qu'une aile qui se léniniste est utile. Le NPA-R caricature Lénine, en faisant référence à la politique du défaitisme :</p>
<p>Tout comme le rassemblement du 17 avril, on est encore face à un menchévisme chimiquement pur. Car être marxiste, c'est être pour la défaite de son propre impérialisme : l'impérialisme français. Etre pour la défaite des impérialismes rivaux dont celui de l'Allemagne, c'était le discours social-patriote en 1914. Le "défaitisme" du NPA-R, c'est un défaitisme nationaliste.</p>
<p>Ce n'est pas seulement à ce titre que le slogan "pour la défaite des USA et d'Israël" du NPA-R n'a rien de marxiste ou de léniniste. C'est du défaitisme Comme nous l'avons déjà dit plus haut, la source de tout le menchévisme réside dans le fait qu'il repousse la révolution prolétarienne. Or, concernant les USA et Israël, les marxistes ont pour objectif la révolution prolétarienne. La politique de Lénine n'était pas le "défaitisme", c'était le <i>défaitisme révolutionnaire prolétarien</i>. C'était parce que la défaite de l'impérialisme russe créerait les meilleures conditions pour la révolution prolétarienne en Russie que Lénine mit ce type de slogans en avant. Or le NPA-R ne mentionne la révolution prolétarienne ni aux USA ni en Israël, ni d'ailleurs en Palestine.</p>
<p>Le <a href="https://npa-revolutionnaires.org/interview-du-socialist-struggle-movement-israel-palestine/" class="spip_out" rel="external">programme du NPA-R pour la Palestine</a> dénonce d'ailleurs le bolchévisme sous le vieux terme de "maximalisme", et nous averti que la révolution prolétarienne n'est pas au programme</p>
<blockquote class="spip">
<p>
Donner la priorité simultanément à la construction de forces socialistes révolutionnaires, tout en évitant les pièges des « maximalistes » d'extrême gauche et de leurs abstractions excessives d'une part, et du suivisme opportuniste des humeurs d'autre part. Les marxistes apprennent en permanence et il est essentiel que la gestion de ces circonstances extrêmement difficiles passe également par la discussion, le débat et d'éventuelles collaborations politiques utiles dans la lutte entre socialistes non sectaires à travers la région et dans le monde entier.</p>
</blockquote>
<p> Ce type de jargon est dans le style menchévique, Trotsky le rappelait à propos de Martov :</p>
<blockquote class="spip">
<p>Je doute qu'il y ait jamais un politique socialiste qui aura su exploiter le Marxisme avec autant de talent pour justifier sa propre fuite et ses trahisons envers la doctrine. Sous ce rapport, Martov peut être considéré comme un virtuose. D'autres plus instruits que lui, tels que Hilferding, Bayer, Renner et même Kautsky n'étaient que des « sous-maîtres », comparés à Martov sur le plan de la falsification politique du Marxisme, c'est-à-dire en représentant la passivité et l'esprit de capitulation comme les formes suprêmes de l'impitoyable lutte des classes.</p>
</blockquote>
<p><strong>Sur les traces de la Gauche révolutionnaire Marceau Pivert</strong></p>
<p>Le menchévisme français doit s'adapter à la France. Or Marceau Pivert qui anima la Gauche révolutionnaire dans la SFIO de Léon Blum de 1935 à 1938 est le modèle idéal. C'est derrière cette étiquette que le RP se présente aux élections, appelant à <a href="https://www.revolutionpermanente.fr/Reconstruire-une-gauche-revolutionnaire-a-Saint-Denis-Assemblee-ouverte-de-RP-ce-dimanche-a-15h-" class="spip_out" rel="external">Reconstruire une gauche révolutionnaire à Saint Denis !</a>, derrière un <a href="https://www.revolutionpermanente.fr/Revolution-Permanente-aux-elections-municipales-decouvrez-les-sites-internet-de-nos-candidats" class="spip_out" rel="external">programme anti-raciste</a></p>
<p>Le succès de RP a Saint-Denis a fait des émules dans le menchévisme. Le NPA-R, a repris ce terme après les élections municipales :</p>
<p>Entre les bolchviks-léninistes de Trotsky, organisés en fraction de la SFIO en 1934-1935, et la Gauche révolutionnaire de Marceau Pivert, le NPA-R choisit cette dernière !</p>
<p><strong>Conclusion </strong></p>
<p>Menchévisme, centrisme, opportunisme : ces trois termes désignent des courants bourgeois dans le mouvement ouvrier.</p>
<p>La position menchévique, c'est celle qui consiste à affirmer que l'heure n'est pas à la formation de soviets et à leur prise du pouvoir mais au soutien de tendances progressistes, politiques et syndicales, de résistances nationales, de luttes pour la démocratie et contre le fascisme, de luttes pour les droits nationaux, pour les droits des minorités même si elles ne mènent pas à la révolution sociale. On mène d'abord ces luttes qui avancent le camp du progrès nous disent-ils et cela fera plus tard avancer le but révolutionnaire qui n'est pas à l'ordre du jour de la situation. Arrêter les guerres impérialistes d'abord, gagner les guerres nationales (palestiniens, ukrainiens, etc.), imposer la démocratie contre fascisme et dictature, imposer les droits des travailleurs d'abord, repousser les reculs sociaux, on fera la révolution plus tard nous disent les nouveaux menchéviques. </p>
<p>A l'opposé de la révolution permanente du bolchevisme, ils séparent et opposent luttes immédiates et perspectives révolutionnaires socialistes et inventent une étape démocratique, de gauche, antifasciste, nationale, de défense des femmes, des minorités, de front populaire, de front de gauche, qui serait intermédiaire entre les attaques et la révolution prolétarienne qu'ils renvoient aux calendes… </p>
<p>A quoi a mené le menchévisme : au soutien par d'anciens révolutionnaires des forces tsaristes, réactionnaires, fascistes et impérialistes contre la révolution des soviets ! C'est le menchévisme qui a permis l'écrasement de la révolution en Europe, notamment en Allemagne, et qui a isolé la révolution des soviets, entrainant le stalinisme.</p>
<p>Le programme suivant du trotskiste Pierre Naville, qui s'opposait à celui de Marceau Pivert, est d'actualité pour rappeler ce qu'est un programme bolchévik en période de marche la guerre et de vie chère.</p>
<blockquote class="spip">
<p>Le prolétariat ne brisera le cercle infernal du régime qu'en rompant avec la collaboration de classe.<br class='autobr' />
Assez de fraternisation avec les chefs radicaux, et les hommes du capital ! A bas les ministres radicaux ! <br class='autobr' />
On veut de l'argent pour payer les fonctionnaires ? <br class='autobr' />
Qu'on les paie avec les indemnisations données aux marchands de canon Brandt et autres !<br class='autobr' />
Qu'on dégonfle le monstrueux budget de guerre.<br class='autobr' />
Ainsi on pourra payer et rajuster les traitements, et aider efficacement par des indemnités de crise les petits paysans et commerçants.<br class='autobr' />
Pour enrayer la hausse des prix, lutte sur le terrain de classe, constitution de comités de masse par quartiers, qui par un mode autrement efficace que l'honorable commission pratiqueront l'action directe, contre les spéculateurs et les accapareurs, en imposant par des manifestations, comme le fit le prolétariat italien, la diminution des denrées. Les jacobins pendaient les spéculateurs à la lanterne ! Le peuple de Paris repoussera les Jacobins dégénérés du radicalisme, mais mettra à son tour les spéculateurs à la lanterne !<br class='autobr' />
Pour imposer le rajustement des salaires, assez de diplomatie !<br class='autobr' />
De solides comités d'usines, un puissant congrès de délégués. Et en route vers une contre-offensive de masse, pour l'échelle mobile et le contrôle ouvrier. <br class='autobr' />
Mais ces réformes elles-mêmes, arrachées à la manière de juin, seront instables, et ne pourront être conservées que si elles sont développées par la lutte contre le régime. Il faut les véritables nationalisations, par l'expropriation sans indemnités des gros capitalistes. Le moyen d'y aboutir : le gouvernement ouvrier et paysan appuyé par les comités d'ouvriers, de paysans, de soldats.</p>
<p>26 février 1937</p>
</blockquote></div>
La nouvelle situation internationale nécessite une nouvelle internationale révolutionnaire des travailleurs
https://www.matierevolution.org/spip.php?article9541
https://www.matierevolution.org/spip.php?article95412026-04-08T22:52:00Ztext/htmlfrAlex, WaraaIV° Internationale
<p>Les IVèmes internationales sont mortes. Face à la guerre, il faut bâtir la "Vème Internationale, parti mondial de la révolution socialiste" <br class='autobr' />
Dans deux articles consacrés à la préparation de la fondation de la IVe Internationale, qui aura lieu en 1938, Trotsky écrivait : <br class='autobr' />
Les bolchéviks-léninistes se considèrent comme une fraction de l'internationale qui se bâtit « Étiquettes » et « Numéros » (7 août 1935) Dans un écrit du 14 juillet 1935, Trotsky avait déterminé le nom de la IVe (…)</p>
-
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique150" rel="directory">16- EDITORIAUX DE "LA VOIX DES TRAVAILLEURS" - </a>
/
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot105" rel="tag">IV° Internationale</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Les IVèmes internationales sont mortes. Face à la guerre, il faut bâtir la "Vème Internationale, parti mondial de la révolution socialiste" </h2>
<p>Dans deux articles consacrés à la préparation de la fondation de la IVe Internationale, qui aura lieu en 1938, Trotsky écrivait :</p>
<blockquote class="spip">
<p>Les bolchéviks-léninistes se considèrent comme une fraction de l'internationale qui se bâtit<br class='autobr' />
<a href="https://wikirouge.net/texts/fr/%C2%AB_%C3%89tiquettes_%C2%BB_et_%C2%AB_Num%C3%A9ros_%C2%BB" class="spip_out" rel="external">« Étiquettes » et « Numéros » (7 août 1935)</a></p>
</blockquote>
<p>Dans un écrit du 14 juillet 1935, Trotsky avait déterminé le nom de la IVe Internationale :</p>
<blockquote class="spip">
<p>Il me semble que le seul nom qui convienne pour notre Internationale soit parti mondial de la révolution socialiste.</p>
<p><a href="https://wikirouge.net/texts/fr/Parti_mondial_de_la_r%C3%A9volution_socialiste" class="spip_out" rel="external">Parti mondial de la révolution socialiste (14 juillet 1935)</a></p>
</blockquote>
<p>Ces deux textes, ignorés de tous les partis qui prétendent "reconstruire la IV° Internationale" et qui se qualifient de "trotskistes", avec la bénédiction des media bourgeois, sont d'actualité pour poser la question de la nécessité d'une nouvelle internationale communiste, marxiste, la Vème.</p>
<p><strong>Marceau Pivert, le modèle de l'extrême-gauche française</strong></p>
<p>L'un des deux textes cités de Trotksy cité plus est une lettre répondant à celle de Marceau Pivert, membre de l'aile gauche de la SFIO de Léon Blum, dont le parti venait d'exclure les partisans de Trotsky :</p>
<blockquote class="spip">
<p>La lettre de Marceau Pivert sur les exclusions des chefs de la jeunesse révolutionnaire de la Seine, malgré son but louable, renferme un certain nombre d'idées inexactes qui, dans leur développement, peuvent conduire à de sérieuses erreurs. Prévenir les jeunes camarades contre ces erreurs est le vrai devoir d'un marxiste.</p>
<p>Pivert lui-même accuse nos amis de commettre une grande « erreur psychologique » en prenant le nom de bolcheviks-léninistes. Puisque le « bolchevisme initial », selon Pivert, niait la structure démocratique du parti, l'égalité (?) pour toutes les tendances, etc. par leur nom même, les bolcheviks-léninistes donnent à la bureaucratie. du parti une arme contre eux-mêmes. En d'autres termes, l' « erreur psychologique » consiste en une adaptation insuffisante à la psychologie de la bureaucratie du parti.</p>
</blockquote>
<p>Les partisans de Trotsky en France étaient entrés à la SFIO, le parti socialiste de l'époque, adoptant le titre de Fraction bolchévique-léniniste. C'est ce dernier qualificatif que Pivert dénigre, le présentant comme "faisant mal aux oreilles".</p>
<p>Bolchéviks-leninistes, c'est ce que nous sommes en 2026 !</p>
<p>Ce reproche pivertiste, les groupes français d'extrême-gauche l'ont intégré à leur langage, à leur identité : aucun d'eux ne se réclame du "bolchevisme-léninisme". Ils reprennent le terme de "trotskiste", raccourci certes commode, mais bien moins précis.</p>
<p>Trotsky continue sa lettre :</p>
<blockquote class="spip">
<p>Ce jugement de Pivert représente une « erreur politique » très sérieuse, et même une série d'erreurs. Il n'est pas vrai que le « bolchevisme initial » niait la structure démocratique du parti. J'avance l'affirmation absolument contraire : il n'y a pas eu et il n'y a pas de parti plus démocratique que celui de Lénine. Ce parti s'était formé par en bas. Il dépendait seulement des ouvriers avancés. Il ne connaissait pas la dictature cachée, masquée, mais d'autant plus néfaste, des « amis » bourgeois du prolétariat, des parlementaires carriéristes, des maires affairistes, des journalistes de salon, de toute cette confrérie parasitaire qui permet à la base du parti de parler « librement », démocratiquement », mais se maintient elle-même avec ténacité à l'appareil et, en fin de compte, fait ce qu'elle veut. Ce genre de « démocratie » dans le parti n'est rien d'autre qu'une copie de l'État démocratique-bourgeois, qui lui aussi permet au peuple de parler « librement », puis laisse le pouvoir réel à une poignée de capitalistes. Pivert commet une très grande erreur politique en idéalisant et en embellissant la « démocratie » hypocrite et mensongère de la S.F.I.O. qui, en fait, freine et paralyse l'éducation révolutionnaire des ouvriers en étouffant leur voix par le chœur des conseillers municipaux, des parlementaires et autres qui sont imprégnés jusqu'à la moelle d'intérêts petits-bourgeois égoïstes et de préjugés réactionnaires. La tâche du révolutionnaire, même si la marche du développement le contraint à travailler dans la même organisation que les réformistes, ces exploiteurs politiques du prolétariat, consiste non pas à prendre l'attitude du protégé et à faire sienne celle de l'amitié mensongère pour ces agents de la bourgeoisie, mais à <strong>s'opposer en face des masses le plus clairement, le plus âprement, le plus implacablement possible aux opportunistes, aux patriotes, aux « socialistes » absolument bourgeois.</strong></p>
</blockquote>
<p>« S'opposer en face des masses le plus clairement, le plus âprement, le plus implacablement possible aux opportunistes, aux patriotes, aux « socialistes » absolument bourgeois » est ce que ne font jamais des partis comme LO, les NPAs et RP.</p>
<p>Le rappel historique de Trotsky « Ce parti s'était formé par en bas. Il dépendait seulement des ouvriers avancés. »<br class='autobr' />
est pour nous fondamental. C'est en s'appuyant sur des noyaux ouvriers, qu'une direction révolutionnaire deviendra un embryon, une fraction d'un futur parti ouvrier.</p>
<p>Or la tactique de ces groupes d'extrême-gauche, c'est d'obtenir des étiquettes bureaucratiques syndicales pour leurs militants, les présenter aux élections locales et nationales, ce qui leur permettra de revendiquer à nouveau des étiquettes bureaucratiques syndicales et ainsi de suite.</p>
<p>Ces groupuscules qui se veulent tous les moins sectaires du monde sont incapables de se réunir comme différentes fractions d'un même parti, car ils sont en concurrence auprès des bureaucraties syndicales. « les réformistes, ces exploiteurs politiques du prolétariat », qui ne sont jamais désignés sous ces noms.</p>
<p>« Prendre l'attitude du protégé et à faire sienne celle de l'amitié mensongère pour ces agents de la bourgeoisie » est donc exactement ce que font LO le NPA-R et RP vis-à-vis de LFI, la CGT ou Sud Solidaires. Car « agents de la bourgeoisie » est pour les bolchéviks-léninistes d'aujourd'hui le seul qualificatif juste à appliquer à LFI, la CGT ou Sud Solidaires, et c'est ce que ne font jamais ces groupuscules.</p>
<p>Le manque de confiance en la classe ouvrière, c'est ce qui caractérise ces groupuscules. Pourtant, Trotsky rappelait que pour les marxistes, c'est la classe ouvrière, non pas les "personnalités" en qui réside le facteur décisif :</p>
<blockquote class="spip">
<p>ceux qui choisiront et qui trancheront, ce seront, en fin de compte, non les Blum et les Zyromski, mais les masses, les millions d'exploités. C'est. sur eux qu'il faut s'aligner, c'est pour eux qu'il faut bâtir un parti. Le malheur de Pivert, c'est que jusqu'à maintenant il n'a pas rompu le cordon ombilical qui le relie au petit monde des Blum et des Zyromski</p>
</blockquote>
<p>Certes ces groupes dénoncent des personnalités comme JL Mélenchon mais pas comme des ennemis de classe, des agents de la bourgeoisie, seulement comme des "institutionnels", donc modérés, et pour mettre en avant des "personnalités", JP Mercier, N. Arthaud, se coulant dans le moule de la politique bourgeoise, qui sélectionne des "moulins à parole" qui "parlent bien".</p>
<p><strong>Nous sommes des bolchéviks-léninistes</strong></p>
<p>Il est temps de reprendre ce nom. C'est celui que Trotsky choisit pour ses partisans en France. Les partis LO et NPA-R répètent d'un ton solennel : nous sommes pour la construction d'un parti communiste révolutionnaire. Mais ce terme abstrait a toujours été revendiqué par les « prétendus communistes » :</p>
<blockquote class="spip">
<p>A chaque occasion nouvelle, [Pivert] regarde ses « amis » et leur tâte le pouls avec inquiétude. Et c'est cette politique fausse, illusoire, non réaliste, qu'il réclame des bolcheviks-léninistes ! Ils doivent, paraît-il, renoncer à leur propre nom. Pourquoi ? Est-ce que ce nom effraie les ouvriers ? Au contraire. Si les prétendus « communistes », malgré toutes les trahisons et tous les crimes qu'ils ont commis, retiennent sous leur drapeau une partie importante du prolétariat, c'est uniquement parce qu'ils se présentent aux masses comme les porteurs des traditions de la révolution d'Octobre. Les ouvriers ne craignent ni le bolchevisme ni le léninisme. Ils demandent seulement (et ils font bien) : « Sont-ils de véritables bolcheviks, ou de faux ? » Le devoir des révolutionnaires prolétariens conséquents est, non pas de renoncer au nom de bolcheviks, mais de montrer dans les faits aux masses leur bolchevisme, c'est-à-dire l'esprit révolutionnaire conséquent et le dévouement absolu, à la cause des opprimés.</p>
</blockquote>
<p> Le terme de bolchévisme-léninisme fait clairement référence à Octobre 1917, à la dictature du prolétariat, comme Trotsky l'expliquait :</p>
<blockquote class="spip">
<p>Mais pourquoi donc, insiste Pivert, se coller sur le nombril une étiquette (?) au lieu de « suivre les enseignements qu'elle comporte » ? Mais Pivert lui-même ne porte-t-il pas l' « étiquette » de socialiste ? Dans le domaine de la politique tout comme les autres domaines de l'activité humaine, il est impossible de procéder sans « étiquettes », c'est-à-dire sans dénominations et qualificatifs aussi précis que possible. Le nom de « socialiste » est non seulement insuffisant mais absolument trompeur, car s'intitulent « socialistes » en France tous ceux qui en ont envie. Par leur nom, les bolcheviks-léninistes disent à tous et à chacun que leur théorie, c'est le « marxisme », que c'est non pas le « marxisme » dénaturé et prostitué des réformistes (à la Paul Faure, Jean Longuet, Séverac, etc.) mais le véritable marxisme restauré par Lénine et appliqué par lui aux questions fondamentales de l'époque de l'impérialisme ; qu'ils s'appuient sur l'expérience de la révolution d'Octobre, développée dans les décisions des quatre premiers congrès de l'Internationale communiste ; qu'ils sont solidaires du travail théorique et politique accompli par l' « opposition de gauche » de l'Internationale communiste (1923-1932) ; enfin qu'ils se rangent sous le drapeau de la IV° Internationale. En politique, le « nom », c'est le « drapeau ». Celui qui renonce aujourd'hui à un nom révolutionnaire pour le bon plaisir de Léon Blum et consorts, celui-là renoncera aussi facilement demain au drapeau rouge pour le drapeau tricolore</p>
</blockquote>
<p>« L'expérience de la révolution d'Octobre, développée dans les décisions des quatre premiers congrès de l'Internationale communiste ; (...) [le] travail théorique et politique accompli par l' « opposition de gauche » de l'Internationale communiste (1923-1932) » sont des références jamais invoquées par ces groupuscules d'extrême-gauche.</p>
<p>Concernant les 4 premiers congrès : les célèbres "21 conditions" qui y furent énoncées en 1920, ces partis n'en remplissent aucune, c'est la raison pour laquelle ils ne se réclament plus de ces textes.</p>
<p>Concernant l'Opposition de gauche : quand en 1929 Trotsky fut expulsé d'URSS par la bureaucratie contre-révolutionnaire, il rassembla autour de trois points l' « opposition de gauche » internationale, un de de ces points étant la dénonciation de la collaboration de Staline avec les directions syndicales britanniques dans le cadre du Comité anglo-russe. Or la collaboration avec les directions syndicales françaises, c'est l'alpha et l'oméga de la "tactique" de nos groupes d'extrême-gauche. Leurs porte-parole sont systématiquement des des délégués syndicaux fidèles à la direction qui les a nommée : Sud-Solidaires pour JP Mercier (LO), Anasse Kazibe (RP) et Gaël Quirante (NPA-R).</p>
<p>Affirmer que LO, RP et NPA-R ont trahi les idéaux de la IVème internationale serait donc déjà les flatter : c'est de la IIIème internationale de 1919-1922, de l'opposition de gauche au stalinisme dans les PC en 1923-1933, que ces groupuscules ne sont en rien les héritiers. Ils se rangent parmi cette pléiade de groupuscules non staliniens qui se disaient socialistes ou communistes, mais irrécupérables et contre lesquels Trotsky polémiqua.</p>
<p><strong>La 5ème internationale est d'actualité</strong></p>
<p>A propos des numéros, Trotsky répondait à Pivert :</p>
<blockquote class="spip">
<p>Pivert proclame le droit de tout socialiste d'espérer en une meilleure Internationale « avec ou sans changement de numéro ». Cette ironie un peu déplacée sur le « numéro » représente une erreur politique du même type que l'ironie sur l'« étiquette ». Politiquement, la question se pose ainsi : le prolétariat mondial peut-il arriver à lutter avec succès contre la guerre, le fascisme, le capitalisme, sous la direction des réformistes ou des staliniens - c'est-à-dire de la diplomatie soviétique ? Nous répondons : il ne le peut pas. La II° et la III° Internationales ont épuisé leur contenu et sont devenues des obstacles sur la voie révolutionnaire. Les « réformer » est impossible, car toute leur direction est radicalement hostile aux tâches et aux méthodes de la révolution prolétarienne. Celui qui n'a pas compris jusqu'au bout l'effondrement des deux Internationales, celui-là ne peut pas lever le drapeau de la Nouvelle Internationale. « Avec ou sans changement de numéro » ? Cette phrase est dénuée de sens. Ce n'est pas par hasard que les trois anciennes Internationales se sont trouvées numérotées. Chaque « numéro » correspond à une époque déterminée, un programme et des méthodes d'action.</p>
</blockquote>
<p> Le constat de Trotsky est malheureusement d'actualité : « Les IV° Internationales (issues de scission de celle fondée par Trotsky) a épuisé son contenu et sont devenues des obstacles sur la voie révolutionnaire. Les « réformer » est impossible, car toute leur direction est radicalement hostile aux tâches et aux méthodes de la révolution prolétarienne. »</p>
<p>Le fait qu'il y ait actuellement plusieurs IVème internationale est analogue au fait qu'il y avait à l'époque où Trotsky écrivait, la IIème et la IIIème. Ces internationales, dont celle du NPA-A et NPA-R (ces partis s'excommunient en France mais se congratulent mutuellement au niveau international, comme Marion Aubry tombe dans les bras de Van der Leyen au parlement européen !) sont « deux cadavres dont faire la somme serait vain, leur négation étant la voie à suivre » :</p>
<blockquote class="spip">
<p>La Nouvelle Internationale doit être non pas la somme des deux cadavres, comme le rêve le vieux social-patriote Zyromski, surpris dans sa reconnaissance inattendue de la « défense de l'U. R. S. S. », mais la « négation » vivante de ces cadavres et, en même temps, la « continuation » du travail historique accompli par les Internationales précédentes. En d'autres termes, il s'agit de la IV° Internationale. Le « numéro » signifie ici une perspective et un programme déterminés, c'est-à-dire un « drapeau ». Que les philistins ironisent là-dessus. Il ne faut pas les imiter.</p>
</blockquote>
<p>Trotsky fonda la IVème internationale, dans la continuité de la IIIème qui elle-même fut fondée en opposition aux socio-patriotes. Pour LO, les NPAs, RP, le terme même de "social-patriote" n'existe pas ! En ce sens, ces partis ne sont même plus dignes l'aile gauche de la IIème internationale, où Rosa Luxemburg inaugura la lutte des marxistes contre ces socio-patriote, en fondant son journal polonais "La cause ouvrière" dès 1893.</p>
<p>Trotsky fonda la IVème Internationale contre les politiques de Front populaires mises en place par l'Internationale de Staline en 1935 lors de son VIIème (et dernier) congrès. Or le NPA-A en 2024 a rejoint le nouveau Front Populaire. Le NPA-R l'a dénoncé, mais a voulu gardé sa place dans la même IVème internationale que le NPA-A. Le NFP des NPA-s en 2024 est comparable aux FP de 1935 pour les PC.</p>
<p><strong>Etre une direction révolutionnaire c'est décider</strong></p>
<p>L'argument typique de LO ou du NPA-R, c'est le "manque de conscience des travailleurs". Cet argument est typiquement stalinien, déjà bien connu de Trotsky :</p>
<blockquote class="spip">
<p>L'aversion pour les « étiquettes » et les « numéros » en politique est aussi dangereuse que l'aversion pour les définitions précises dans le domaine scientifique. Dans un cas comme dans l'autre, nous avons là le symptôme infaillible d'un manque de clarté dans les idées elles-mêmes. Invoquer les « masses » ne sert, dans de tels cas, qu'à couvrir ses propres hésitations. L'ouvrier qui croit encore à Vandervelde ou à Staline sera sans doute adversaire de la IV° Internationale. L'ouvrier qui a compris que la II° et la III° Internationales sont mortes à la cause de la révolution se rangera immédiatement sous notre drapeau. C'est précisément pourquoi il est criminel de cacher ce drapeau sous la table.</p>
</blockquote>
<p>Mépris hautin et brutal envers le prétendu manque de conscience des travailleurs ; au contraire modestie obséquieuse envers le réformisme lorsqu'il s'agit de prendre ses responsabilités, ce sont deux de pôles entre lesquels les centristes oscillent.</p>
<p><strong>L'extrême-gauche dans l'Union sacrée</strong></p>
<p>La IIIème internationale connut son congrès fondateur en 1919, mais c'est la trahison de la IIème internationale, entrée dans l'Union sacrée qui avait rendu nécessaire d'annoncer la nécessité de sa fondation dès 1914.</p>
<p>La IVème internationale fut fondée en 1938, mais c'est dès 1933, face à la capitulation des partis staliniens après la prise du pouvoir par Hitler, que sa nécessité avait été proclamée par Trotsky. Par la déclaration Staline-Laval, le PC français entra ouvertement dans l'Union sacrée en 1935, l'équivalent pour les PC de l'août 1914 pour les PS.</p>
<p>Le premier mensonge de l'extrême-gauche française est de blanchir les directions réformistes en faisant croire qu'elle ne sont plus dans l'Union sacrée. Comme si après chaque guerre, on repartait à zéro, en attendant la prochaine. Or la question n'est pas celle posée régulièrement par ces partis, de savoir si ces directions entreront à nouveau dans l'Union sacrée lors de la prochaine guerre. La CGT et le PS (comme son avatar LFI) y sont depuis 1914, et ne l'ont jamais quittée. Le PC y est depuis 1935.</p>
<p>En répétant à l'envi que « l'on se dirige vers l'Union sacrée », ces organisations cachent le fait qu'on y est déjà, se posent en aile "vigilante" d'extrême-gauche de Sud-Solidaires et de la CGT, les cautionnant par leur « soutien critique ». Le soutien sans participation est la pire des formes, car la plus hypocrite, de soutien au gouvernement bourgeois. Ce fut la politique de la CGT en 1936 face au gouvernement de Front populaire.</p>
<p>Les directions de la CGT et de Sud sont dans l'Union sacrée, et leurs politiques sont de plus en plus ouvertement réactionnaires.</p>
<p>Une des formes que prend la guerre, c'est le racket fiscal exercé contre les travailleurs à travers les impôts indirects qui sont une des composantes de l'inflation.</p>
<p>Alors que le Parti ouvrier français, dont le programme fut écrit sous le contrôle de Marx vers 1880, comprenait dans sa partie économique : abolition des impôts indirects, les organisations d'extrême-gauche dénoncent ce genre de mesure comme "une diversion", imitant les directions syndicales qui veulent cantonner la classe ouvrière à des augmentations de salaires symboliques augmentées lors des NAO. Les augmentations de salaires sont des revendications purement économiques, la question des taxes est une revendication politique. Non seulement la suppression des taxes sur les carburants serait une augmentation quasiment sans précédent du niveau de vie de la majorité des travailleurs, mais la classe ouvrière en s'emparant de ce mot d'ordre entrainerait derrière les classe moyennes présurées par ces taxes. Etouffer politiquement et économiquement le prolétariat, c'est ce que signifie ce ralliement de l'extrême-gauche opportuniste à la seule question des salaires, sous couvert d'orthodoxie marxiste. C'est pour payer leur part au racket fiscal que les travailleurs devraient demander des augmentations de salaire !</p>
<p>Covid, sanctions contre la Russie, guerre contre l'Iran, droits de douanes, dette publique, tous ces moyens extra-économiques pour tirer des profits sont typiques d'une période de guerre :</p>
<blockquote class="spip">
<p>La guerre a fait subir au capitalisme une évolution. Le pressurage systématique de la plus-value qui fut jadis pour l'entrepreneur la seule source de revenu, semble à présent une occupation trop fade aux messieurs les bourgeois qui ont pris l'habitude de doubler, de décupler leurs dividendes dans l'espace de quelques jours, au moyen de spéculations savantes basées sur le brigandage international.<br class='autobr' />
Le bourgeois a rejeté quelques préjugés qui le gênaient et acquis par contre un certain coup de main<br class='autobr' />
qui lui manquait jusqu'ici. La guerre l'a accoutumé, comme aux actes les plus ordinaires, à réduire par le blocus des pays entiers à la famine, à bombarder et incendier des villes et villages pacifiques, à<br class='autobr' />
infecter les sources et les rivières en y jetant des cultures du choléra, à transporter de la dynamite dans des valises diplomatiques, à émettre des billets de banque faux imitant ceux de l'ennemi, à employer la corruption, l'espionnage et la contrebande dans des proportions jusque-là inouïes. Les moyens d'action appliqués à la guerre restèrent en vigueur dans le monde commercial après la conclusion de la paix. Les opérations commerciales de quelque importance s'effectuent sous l'égide de l'État. Ce dernier est devenu semblable à une association de malfaiteurs armés jusqu'aux dents. Le terrain de la production mondiale se rétrécit chaque jour davantage et la mainmise sur la production devient d'autant plus frénétique et revient d'autant plus chère.<br class='autobr' />
Empêcher : voilà le dernier mot de la politique du capitalisme, la devise qui remplace le<br class='autobr' />
protectionnisme et le libre-échangisme !</p>
</blockquote>
<p>En dénonçant le mot d'ordre d'« Abolition des taxes (accise et TVA) sur les carburants ! » comme "diversion du RN", alors que c'était le programme de Marx, un parti comme LO s'engage dans une voie réactionnaire, demandant aux travailleurs de "gagner la bataille de la taxation", comme le PC leur demandait de gagner la "bataille de la production d'après-guerre. Ces soi-disant héritiers de Trotsky s'opposent à la lutte du prolétariat pour sa survie économique.</p>
<p>Le coup de semonce qui annonça ce capitalisme de guerre fut la crise financière de 2008. Aucune des grandes organisations d'extrême-gauche n'y vit l'effondrement du capitalisme. Or les prémisses de la révolution sont essentiellement économiques.</p>
<p><strong>Conclusion : l'entrée en guerre est d'actualité</strong></p>
<p>Les partis pseudo-trotskistes deviennent politiquement de plus en plus ouvertement des satellites de LFI et de l'Etat bourgeois. La récente manifestation de soutien au maire LFI de Saint-Denis marque un pas de plus dans cette ligne. Le maire d'une grande ville ne serait plus un agent de la bourgeoisie, car il est "à un autre niveau" ; il n'est plus l'ennemi des travailleurs, mais "quelqu'un qui ne changera pas grand-chose" ; l'antiracisme en défense des pauvres remplace la lutte des classes, c'est avec de telles balivernes que LO justifie son soutien à LFI :</p>
<blockquote class="spip">
<p>Ce beau monde s'est ainsi retrouvé non seulement contre Bally Bagayoko, mais surtout contre la population pauvre d'une ville ouvrière. Même si l'élection d'un maire insoumis ne changera pas grand-chose à ce que vivent les habitants des cités, tant ses problèmes se situent à un tout autre niveau, cette campagne immonde est bien significative de la volonté de la bourgeoisie et de son personnel politique de faire taire tout ce qui peut ressembler à une contestation de sa politique.</p>
</blockquote>
<p>Pour le NPA-R qui est dans la même ligne, le drapeau français de la mairie de Saint-Denis, remplace le drapeau rouge :</p>
<div class='spip_document_17434 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH241/capture_d_ecran_2026-04-08_182106-a187d-0d82e.jpg?1789987799' width='500' height='241' alt='' />
</figure>
</div>
<p><a href="https://npa-revolutionnaires.org/contre-le-racisme-venu-den-haut-lunion-des-travailleurs-fait-la-force/" class="spip_out" rel="external">Contre le racisme venu d'en haut</a></p>
<p>Or la marche à la guerre s'accélère. N'est-il pas temps de planter le drapeau d'un Vème internationale, en renouvelant le constat de Trotsky :</p>
<blockquote class="spip">
<p>
Les bolchéviks-léninistes se considèrent comme une fraction de l'internationale qui se bâtit<br class='autobr' />
Il me semble que le seul nom qui convienne pour notre Internationale soit parti mondial de la révolution socialiste.</p>
</blockquote></div>
Le racket fiscal de l'Etat français ou de l'UE : une arme de guerre contre la classe ouvrière
https://www.matierevolution.org/spip.php?article9511
https://www.matierevolution.org/spip.php?article95112026-03-19T23:48:00Ztext/htmlfrAlex, Waraa
<p>Le racket fiscal de l'Etat français ou de l'UE : une arme de guerre contre la classe ouvrière La guerre est un racket (général Butler, 1935) <br class='autobr' />
« La guerre est un racket » (en anglais War is a Racket), dénonçait à juste titre en 1935 le général américain Smedley D. Butler, donnant ce titre à son livre, à faire lire dans tous les cercles marxistes des lycées et Universités, sur le thème de l'antimilitarisme. Mais de tels cercles n'existent pas, ou font exception. Alors qu'en cette période (…)</p>
-
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique150" rel="directory">16- EDITORIAUX DE "LA VOIX DES TRAVAILLEURS" - </a>
<div class='rss_texte'><div class='spip_document_17390 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://www.matierevolution.org/IMG/png/1000019267-2.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000019267-2-5b4a3.jpg?1789987800' width='500' height='750' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_17391 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://www.matierevolution.org/IMG/png/1000019268-2.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000019268-2-e319a.jpg?1789987800' width='500' height='750' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_17367 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/1000017978-2.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH784/1000017978-2-8f01e.jpg?1789987800' width='500' height='784' alt='' /></a>
</figure>
</div><h2 class="spip">Le racket fiscal de l'Etat français ou de l'UE : une arme de guerre contre la classe ouvrière</h2><div class='spip_document_17363 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH500/butler-e5b54-8609a.jpg?1789987800' width='500' height='500' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_17364 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L300xH300/war_racket_1903-8362f-4257c.jpg?1789987800' width='300' height='300' alt='' />
</figure>
</div>
<p><strong>La guerre est un racket (général Butler, 1935)</strong></p>
<p>« La guerre est un racket » (en anglais <i>War is a Racket</i>), dénonçait à juste titre en 1935 le général américain Smedley D. Butler, donnant ce titre à son livre, à faire lire dans tous les cercles marxistes des lycées et Universités, sur le thème de l'antimilitarisme. Mais de tels cercles n'existent pas, ou font exception. Alors qu'en cette période électorale la gauche de la gauche (LFI) et l'extrême-gauche électoraliste (LO, NPAs, RP) profitent d'une large exposition médiatique, alors que des groupuscules comme le NPA-R se disent ouvriers, mais présentent avant tout des candidats tête de liste des étudiants, aucun de ces partis ne mène de propagande révolutionnaire sérieuse sur ce terrain. <i>La réaction fait son travail !</i>, avait expliqué Blanqui dès 1848, dénonçant juste titre les révolutionnaires de salon qui ne faisaient pas le leur.</p>
<p>Dans un des chapitres de son livre (intitulés : La guerre est un racket - Qui bénéficie des profits ? - Qui paie l'addition ? - Comment briser ce racket ! - Au diable la guerre !), on y lit :</p>
<blockquote class="spip">
<p>J'ai aidé à rendre le Mexique, en particulier Tampico, sûr pour les intérêts pétroliers américains en 1914. J'ai aidé à faire d'Haïti et de Cuba des endroits convenables pour que les gars de la National City Bank y fasse du profit. J'ai aidé au viol[a] d'une demi douzaine de républiques d'Amérique Centrale au bénéfice de Wall Street. L'historique du racket est long. J'ai aidé à purifier le Nicaragua pour la banque internationale Brown Brothers (en) en 1909-1912. J'ai amené la lumière en République dominicaine pour les intérêts sucriers américains en 1916. En Chine je me suis assuré que la Standard Oil puisse faire des affaires sans encombres.</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/La_guerre_est_un_racket" class="spip_out" rel="external">Wikipedia</a></p>
</blockquote>
<p>Le fait que la guerre soit motivée par des profits est certes repris largement par des media bourgeois, et l'extrême-gauche et les directions syndicales ne font que s'aligner sur ces media, dénonçant la guerre d'une façon si vague qu'aucun mot d'ordre transitoire ne puisse être repris par les travailleurs les plus conscients et combattifs. La dénonciation du péché de la "cupidité" des impérialistes (surtout celle des étrangers américains, chinois et russes) n'est que le pacifisme des socio-patriotes. Le fait que ce terme ait disparu du vocabulaire de cette extrême-gauche est l'indice de son ralliement à l'union sacrée. Le ministre de l'intérieur Nunez a eu de fait bien raison de regrouper sous la même étiquette "extrême-gauche" les réformistes déclarés de LFI et NPA-R, les réformistes honteux de LO, NPA-R et RP.</p>
<p>Le racket lié à la guerre, dénoncé par le général Butler, touche de plein fouet en ce mois de mars plein les travailleurs de France, sous la forme du prix des carburants à la pompe.</p>
<p><strong>Le litre de pétrole, à 100 ou 200 dollars le baril, est moins cher qu'on ne le croit</strong></p>
<p>"Les prix flambent !", "Le baril de pétrole à 100 dollars !" : cherchant à profiter de la guerre en Asie occidentale (terme plus exact que les dénominations coloniales Proche-, ou Moyen-orient), les media bourgeois prétendent relayer les émotions "objectives" des "marchés". <br class='autobr' />
or les chiffres sont têtus. Même si le baril de pétrole passait de 100 à 200 dollars, cela ne devrait pas avoir de conséquence aussi catastrophique pour les travailleurs.</p>
<p>Car un baril, c'est 160 litres, et 1 euros, c'est environ 1,15 dollars. Donc à 100 dollars le baril, un litre de de pétrole vaut 100/160= 63 centimes de dollars. Ajoutons 15% pour le raffinage, mais enlevons 15% pour la conversion en euros, on revient au point de départ : 63 centimes d'euros, c'est le prix coutant du litre d'essence. Pour un baril de 160 litres de pétrole à 160 dollars, on serait à 1 dollar le litre de pétrole, 1 euro le litre d'essence ; à 200 dollars le baril, un litre d'essence vaudrait à peine plus d' 1 euro 20.</p>
<p>Ces chiffres sont bien connus, les Gilets jaunes ont déclenché leur mouvement sur cette question. C'est le prix usuel de l'essence à la pompe, qui depuis des décennies, est un racket de l'Etat français, pas le blocage du détroit d'Ormuz ! D'ailleurs les hydrocarbures qui passent par ce détroit vont à 80% vers l'Asie, pas chez nous.</p>
<p>La "guerre" est donc une aubaine pour notre Etat bourgeois, c'est une ponction brutale sur les salaires grâce aux taxes sur les carburants. Le "blocage du détroit d'Ormuz" n'était d'ailleurs pas nécessaire, notre Etat par l'intermédiaire des ses alliés (USA, GB, Ukraine) en a instauré un bien avant : en faisant sauter les tuyaux de Nord-Stream, l'UE et les USA ont décidé de bloquer "notre" détroit d'Ormuz, la Baltique. Les "sanctions contre la Russie" sont une augmentation des impôts pour les travailleurs. Ce sont les salariés que que B. Lemaire voulait mettre "à genoux", pas la Russie.</p>
<p>Pour un litre de carburant à pas plus de 50 centimes pour les travailleurs d'Europe ! C'est un prix qui correspond à ceux du marché, il est d'ailleurs pratiqué aux USA et dans bien d'autres pays. Aucun syndicat, aucun parti de la gauche de la gauche (LFI, LO, NPAs) ne met en avant un tel mot d'ordre.</p>
<p>L'Etat français est bien entré en guerre contre nous. Les organisations syndicales ne mènent aucune offensive contre ce volet fiscal de la guerre impérialiste déclenchée par Israël et les USA, relayée par notre ministère des finances. Ceux qui prétendent défendre les travailleurs n'ont pas levé le petit-doigt, alors qu'en France, l'offensive anti-travailleurs principale du mois de mars, c'est bien le racket organisé à travers les carburants, et bientôt le gaz, l'électricité, encore et surtout au moyen de taxes anti-ouvrières.</p>
<p>Les mini-augmentations de salaires, auxquelles se cantonnent les organisations syndicales à travers les N.A.O (appuyées par l'extrême-gauche qui renomment "lutte" cette institution patronale), sont un leurre face à ce type d'offensive brutale. Les syndicats, rejoignant le marxisme sur ce point, étaient arrivés à cette conclusion avant 1914 : c'est l'abolition du salariat qui est l'objectif des révolutionnaires. Un mot d'ordre transitoire est certes l'augmentation des salaires, mais au même titre l'abolition des impôts indirects, dont font partie les taxes sur les carburants. Ce point ne faisait partie d'aucun des programmes aux élections Municipales.</p>
<p>Seule la perspective de la prise du pouvoir politique, l'abolition du salariat sont une perspective réaliste face à ce type d'attaque. L'atout de la classe ouvrière (à quelque chose malheur est bon) est que ce racket fiscal touche les classes moyennes appauvries : "abolition des impôts indirects" est un slogan qui permettrait à la classe ouvrière de "prendre la tête de la nation", comme Marx et Engels l'appelait à faire dans leur Manifeste en 1847 :</p>
<blockquote class="spip">
<p>Les ouvriers n'ont pas de patrie. On ne peut leur ravir ce qu'ils n'ont pas. Comme le prolétariat de chaque pays doit en premier lieu conquérir le pouvoir politique, s'ériger en classe dirigeante de la nation, devenir lui-même la nation, il est encore par là national, quoique nullement au sens bourgeois du mot.</p>
</blockquote>
<p> <strong>Les milliards du plan "Safe" : le racket de l'UE</strong></p>
<p>Le fait que le prix à la pompe n'est pas un "prix de marché" fut illustré par le fait que début mars, des voitures allemandes se précipitaient en Pologne, même d'aussi loin que Berlin, pour faire le plein dans un pays où l'essence restait bien moins chère.</p>
<p>Dans ce pays la Pologne, depuis des semaines, deux sujets qui impliquent la France font la une des media, alors qu'ils restent dans l'ombre chez nous : le partage de la bombe nucléaire française avec d'autres pays, et le plan "Safe". Ce phénomène démontre comment tous les partis politiques font tout pour mettre des oeillères nationales à la classe ouvrière. Tout parti qui comme LFI a des députés au Parlement européen sait qu'un des thèmes majeurs de discussion est celui du plan "Safe" : 150 milliards d'euros de prêts quasi-gratuits aux marchands de canons pour produire des armes !</p>
<p>En Pologne ce sujet est mis en avant, il divise le pays en droite et centre gauche. Le président de droite veut mettre son veto sur ces prêts, privilégiant l'alliance USA-Pologne ; le premier ministre de centre gauche rétorque, paraphrasant son homologue Macron : c'est un pognon de dingue ! D'où qu'il vienne prenons-le, c'est dans des usines polonaises faisant travailler des ouvriers polonais que ces prêts financeront. Rien n'empêchera de profiter ensuite de l'argent américain :</p>
<blockquote class="spip">
<p>Le fonds européen met à disposition quelque 150 milliards d'euros afin de financer des projets dans le domaine de la défense. La Pologne, chargée de bâtir une partie du « bouclier oriental » de l'UE et de l'Otan, en est le principal bénéficiaire. Le gouvernement pro-européen de la Pologne s'est engagé vendredi à mettre en œuvre le programme Safe (Security Action for Europe) de l'Union européenne pour financer l'effort de défense à ses frontières orientales malgré le veto du président nationaliste. Le programme Safe a été décidé par les Européens pour faire face à la menace russe et au risque de désengagement américain en Europe. Ce fonds met à disposition quelque 150 milliards d'euros sous forme de prêts préférentiels afin de financer des projets en commun dans le domaine de la défense, l'achat d'armes ou de munitions et le développement d'infrastructures critiques. La Pologne, frontalière de la Russie et du Bélarus et à ce titre chargée de bâtir une partie du « bouclier oriental » de l'UE et de l'Otan, en est le principal récipiendaire avec un montant de 43,73 milliards d'euros, devant la Roumanie avec 16,68 milliards d'euros.</p>
<p>Le premier ministre polonais Donald Tusk revendique la paternité du programme Safe, affirmant avoir convaincu ses partenaires européens de mettre la main à la poche. Safe est un « turbo » pour l'industrie de défense nationale, selon lui, pas moins de 12.000 entreprises polonaises devant directement ou indirectement en bénéficier. Pour le président nationaliste Karol Nawrocki et ses alliés conservateurs du parti PiS (Droit et justice), principale formation d'opposition, Safe est au contraire un cheval de Troie permettant à Bruxelles et à l'Allemagne d'orienter les choix stratégiques de Varsovie. La droite craint par ailleurs de s'aliéner Washington avec des achats d'armement prioritairement européens, aux dépens des fournisseurs américains. (...) Le gouvernement a tiré à boulets rouges sur le président après son veto, faisant assaut d'accusations infamantes pour cet historien obsédé par les dettes de sang des voisins de la Pologne à son égard, qu'il s'agisse de l'Allemagne, de l'Ukraine ou de la Russie. Le camp de Donald Tusk a ainsi dénoncé « un acte de trahison nationale » et le Premier ministre lui-même a ironisé sur une décision que seuls « les journaux russes ont compris ».</p>
</blockquote>
<p><a href="https://www.lefigaro.fr/international/pologne-le-gouvernement-determine-a-contourner-le-veto-presidentiel-au-programme-de-financement-europeen-safe-20260313" class="spip_out" rel="external">Le Figaro - International - 16 mars 2026</a></p>
<p>Traduction : La gauche polonaise propose de financer une "aristocratie ouvrière" patriote, au service des guerres impérialistes.<br class='autobr' />
Ces arguments de la gauche polonaises fonctionnent, car pour la Pologne, l'UE, c'est incontestablement la poule aux oeufs d'or : investissements massifs dans les infrastructures, transports, communications etc. Le développement que connut la France des années 50-60, la Pologne l'a connu récemment.</p>
<p>Bien sûr, ce "développement", c'est au profit des multinationales allemandes et françaises.</p>
<p>Mais en Pologne comme en France, les hôpitaux sont en ruine. Cette question pourrait faire l' union entre les travailleurs de France et de Pologne : les 140 milliards de l'UE, c'est dans les hôpitaux, les écoles qu'il faut les investir, pas dans l'armement. En France, ces 150 milliards du plan Safe, aucun parti n'en a fait un sujet de campagne électorale, alors qu'ils font partie de ce cadeaux au patronat que les syndicats dénoncent en parole !</p>
<p>Aux élections Municipales les citoyens de l'UE pouvaient être candidats, les partis d'extrême-gauche comme LO, les NPA-s, LFI ont choisi de mettre sur leur liste, de fait "des Français d'abord". Car ces institutions européennes, elles les financent à travers les députés, des organisations syndicales comme l'OIT etc. La notable bourgeoise Marina Mesure, soi-disant militante CGT du BTP, de fait une des égéries LFI de JL Mélenchon tout comme Clémence Gaité, incarne la fusion des sommets des appareils réformistes avec les institutions bourgeoises nationales ou européennes, se vautrant dans l'argent que la bourgeoisie donne à la "République sociale". Ce financement du social-patriotisme fut définitivement instauré par l'Union sacrée en 1914 et la création de l'OIT en 1919 (Traité de Versailles !).</p>
<p> Si des groupuscules comme LO ou le NPA-R, qui se veulent l'aile révolutionnaire des appareils (le "camp des travailleurs" de LO) commençaient à dénoncer cet argent de la corruption qui arrose LFI, la CGT, SUD-Solidaires etc, des porte-parole comme Gaël Quirante, JP Mercier, perdraient leur chasuble de "délégué central SUD", qui leur ouvre les portes des pires media bourgeois ! Ce ne serait rien ? Oui, c'est ce que des travailleurs révolutionnaires diraient simplement, mais c'est la fin du monde pour des bureaucrates réformistes, un signe démontrant que les militants de ces organisations construisent des petites boutiques réformistes, fixant pour objectif à leur parti la conquête de centaines de postes de cadres moyens des appareils, payant de mots leurs militants, qui face aux scores proches de 0 % au élections municipales se voient dire : les travailleurs manquent de conscience, nos 0% sont la preuve que vous êtes les nouveaux bolchéviks !</p>
<p><strong>Conclusion</strong></p>
<p>Comment cette actualité aurait-elle dû s'insérer dans une campagne électorale réellement révolutionnaire ?</p>
<p>Outre les questions économiques, un racket politique énorme a été couvert par l'extrême-gauche : le fait que des lois électorales ont abouti à la généralisation des candidatures de "listes", interdisant de fait les candidatures individuelles. Résultat, dans 2/3 des communes, des maires ont été élus au premier tour avec 100% des voix car une seule liste existait ! Ils ne font pas mieux en Corée du Nord, où un maximum de 99% est imposé. Pas étonnant que c'est l'abstention qui soit "le premier parti de France".</p>
<p>Les principes de Lénine et Trotsky à propos de la participation des partisans de la révolution prolétarienne aux élections, n'ont été suivi par aucun des partis qui prétendent les suivre (LO, NPA-R), il suffit de les lire :</p>
<blockquote class="spip">
<p>le devoir historique immédiat de la classe ouvrière est-il d'arracher ces appareils aux classes dirigeantes, de les briser, de les détruire et de leur substituer les nouveaux organes du pouvoir prolétarien. L'état-major révolutionnaire de la classe ouvrière est d'ailleurs profondément intéressé à avoir dans les institutions parlementaires de la bourgeoisie des éclaireurs qui faciliteront son œuvre de destruction. (...)</p>
<p> Les Parlements bourgeois, constituant un des principaux appareils de la machine gouvernementale de la bourgeoisie, ne peuvent pas plus être conquis par le prolétariat que l'Etat bourgeois, en général. La tâche du prolétariat consiste à faire sauter la machine gouvernementale de la bourgeoisie, à la détruire, y compris les institutions parlementaires, que ce soit celles des Républiques ou celles des monarchies constitutionnelles.</p>
<p> Il en est de même des institutions municipales ou communales de la bourgeoisie, qu'il est théoriquement faux d'opposer aux organes gouvernementaux. A la vérité, elles font aussi partie du mécanisme gouvernemental de la bourgeoisie : elles doivent être détruites par le prolétariat révolutionnaire et remplacées par les Soviets de députés ouvriers. (...)</p>
<p>Les communistes, s'ils obtiennent la majorité dans les municipalités, doivent : (...) remplacer, dans certaines circonstances, les municipalités par des Soviets de députés ouvriers. Toute l'action des communistes dans les municipalités doit donc s'intégrer dans l'œuvre générale de désagrégation du système capitaliste</p>
</blockquote></div>
Quatrième partie du programme révolutionnaire : nos engagements pour le futur gouvernement révolutionnaire des soviets du peuple travailleur
https://www.matierevolution.org/spip.php?article9482
https://www.matierevolution.org/spip.php?article94822026-03-12T23:10:00Ztext/htmlfrAbacar, Alex, Bianco, charlie, DD, Ephraïm, F. Kletz, Faber Sperber, Karim, Karob, Max, Mélissa, Ramata, Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed, Waraa
<p>Quatrième partie du programme révolutionnaire : nos engagements pour le futur gouvernement révolutionnaire des soviets du peuple travailleur <br class='autobr' />
Aussi étonnant que cela puisse paraitre au premier abord, ce texte proclame nos engagements dans le nouveau type de pouvoir que constituera l'Etat des conseils du peuple travailleur des villes et des campagnes. Ce n'est pas du futurisme mais un engagement pour notre action politique et sociale dès maintenant. Et on remarquera que la plupart des (…)</p>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique187" rel="directory">10 - Textes programmatiques de La Voix des Travailleurs</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Quatrième partie du programme révolutionnaire : nos engagements pour le futur gouvernement révolutionnaire des soviets du peuple travailleur</h2>
<p>Aussi étonnant que cela puisse paraitre au premier abord, ce texte proclame nos engagements dans le nouveau type de pouvoir que constituera l'Etat des conseils du peuple travailleur des villes et des campagnes. Ce n'est pas du futurisme mais un engagement pour notre action politique et sociale dès maintenant. Et on remarquera que la plupart des organisations, même quand elles se disent révolutionnaires, se gardent bien de prendre des engagements sur ce qu'elles feraient en cas de révolution, sur le type de pouvoir qu'elles soutiendraient et sur la politique qu'elles y mèneraient. Elles se cachent derrière un prétendu réalisme pour ne s'engager à rien, pour ne pas rompre avec les bureaucraties syndicales, avec l'appareil politique, institutionnel, administratif, policier, militaire, carcéral et bien sûr financier et économique de l'Etat capitaliste, pour ne pas s'engager à le démolir pierre après pierre… Elles ne s'engagent pas plus à démolir l'appareil militaire que l'appareil policier, pas plus l'appareil financier que celui des trusts, pas plus l'appareil administratif que judiciaire, etc. Elles ne s'engagent même pas à ne gouverner que par des soviets de travailleurs !</p>
<p>Même les organisations qui proclament « une seule solution, la révolution », « une seule voie, celle du socialisme », « un seul but, le parti révolutionnaire » sont faussement révolutionnaires si elles n'annoncent pas dès maintenant qu'elles rompent avec toutes les forces contre-révolutionnaires, qu'elles soient réformistes politiques ou syndicales et qu'elles ne les laisseront pas diriger lors de la prochaine vague révolutionnaire. Ces organisations veulent des chèques en blanc, qu'on leur fasse confiance sans engagement, sans programme d'avenir, sans rupture complète et publique avec le monde d'hier. Une telle rupture nécessite d'exposer dès maintenant quels seront leurs objectifs et comment elles souhaitent procéder pour y parvenir. Sinon, nous n'avons aucune raison de leur faire confiance…</p>
<p>Pour notre part, nous prenons ici et aujourd'hui des engagements pour la révolution de demain qui devra, pour réussir, mettre en place des soviets et leur donner la totalité du pouvoir et des richesses, les travailleurs, tous ceux qui ne vivent que de leur travail sans exploiter personne, étant les seuls à avoir le droit de gouverner, de diriger, de décider dans le nouvel Etat et à profiter des richesses produites par la collectivité.</p>
<p>Nous nous engageons donc, en premier, à lutter pour que la totalité des décisions gouvernementales, dès les débuts du nouveau pouvoir, soient exclusivement l'émanation de conseils de travailleurs élus et révocables issus d'assemblées décisionnelles et souveraines (en somme des soviets) totalement indépendants de l'ancien pouvoir capitaliste et de ses défenseurs et profiteurs, qu'ils œuvreront exclusivement pour le bien-être de ceux qui vivent de leur travail, que celui-ci leur permette d'en vivre correctement en ayant les moyens (eux et leurs familles) de se loger, de se nourrir, de se soigner, de bénéficier de la sécurité, d'avoir droit aux loisirs, de profiter d'une bonne éducation, de participer démocratiquement à toutes les décisions. Et surtout que jamais leur travail ne bénéficie à des profiteurs et des exploiteurs, que le bénéfice de leurs efforts n'enrichisse pas des spéculateurs, des financiers, des exploiteurs.</p>
<p>Nous nous engageons à ne jamais tenir compte, dans les décisions du nouveau pouvoir, des intérêts du grand capital que ce soit celui du pays ou d'un autre pays, et toujours prendre les décisions dans le sens des intérêts du peuple travailleur qui va des salariés, des chômeurs, des retraités aux jeunes, aux femmes, aux petits paysans, aux petits pêcheurs, aux petits artisans, aux petits commerçants, aux petits camionneurs, aux taxis individuels, aux petits auto-entrepreneurs, aux petits professions libérales, aux nationalités et religions opprimées, à tous les opprimés du monde. Nous nous engageons à toujours agir pour les unir et défendre leurs intérêts contre ceux du grand capital. Nous nous engageons à ce que le nouveau pouvoir ne défende pas les intérêts d'un peuple ou d'une nation mais de tous et cherche par tous les moyens à les unir pour détruire définitivement et mondialement le capitalisme et l'impérialisme. Un Etat victorieux dans un pays ou dans une région ne devra avoir de cesse que d'en finir avec les autres Etats capitalistes et impérialistes et à faire tous les sacrifices qui seront nécessaires pour y parvenir. Nous nous engageons à ne jamais défendre un intérêt national contre l'intérêt international des exploités et opprimés.</p>
<p>Nous nous engageons à abolir toutes les lois, les règles, les mesures capitalistes dressées contre les travailleurs : code du travail, justice sociale, durée du travail, chômage, retraites, licenciements, conditions de travail, risques professionnels, horaires, pressions de l'encadrement, hiérarchie, salaires, accidents du travail, santé au travail, fautes professionnelles, etc… Nous nous engageons que les nouvelles règles ne servent qu'à renforcer collectivement le monde du travail sans accepter aucune des « lois » du grand capital. Personne n'aura plus le droit d'empêcher quiconque d'avoir les moyens de vivre et de faire vivre une famille.</p>
<p>Nous nous engageons que la guerre soit combattue à la racine par le nouveau pouvoir, en désarmant complètement la classe capitaliste, en retirant toute autorité sur les soldats à la hiérarchie militaire, en permettant aux petits soldats d'élire leurs propres conseils qui prendront les décisions aux côtés des soviets du peuple travailleur, en plaçant l'industrie d'armement, les stocks d'armes, les armes spéciales (nucléaires, chimiques, bactériologiques, etc) sous le contrôle des soviets de travailleurs et de soldats, en rendant criminelle toute liaison entre appareil militaire et intérêts capitalistes. Et, dès maintenant, cela suppose de militer pour tisser des liens entre la lutte des travailleurs et les petits soldats (et aussi les petits policiers qui refusent de participer à la répression des luttes et aux violences policières). Cela suppose de militer au sein des travailleurs en faveur des droits des petits soldats et petits policiers de s'auto-organiser, de refuser des ordres violents contre la population, etc.</p>
<p>Cela suppose de s'engager à défendre individuellement tous les petits soldats et petits policiers qui refuseront d'obéir à des ordres de violences contre la population. Cela suppose de dénoncer publiquement les organisations politiques et syndicales qui s'y refuseront. Tout comme les autres points soulevés précédemment supposent de dénoncer les organisations qui refusent d'unir toutes les nationalités, en défendant le nationalisme, qui refusent de se solidariser avec les révoltes et révolutions partout dans le monde, qui refusent de combattre leur propre impérialisme, qui défendent les intérêts d'une aristocratie ouvrière fondée sur les travailleurs les plus favorisés, etc. Dans tous les domaines, des engagements d'avenir ont une signification sur les engagements immédiats.</p>
<p>Nous nous engageons que cet Etat des soviets soit fondé sur la démolition des forces armées du grand capital et sur l'armement du peuple travailleur ! Les travailleurs devront, avant même l'avènement du nouvel Etat, être organisés partout où cela sera possible, en milices, en gardes révolutionnaires, en bataillons, en armée, etc. Nous nous engageons dès aujourd'hui à défendre auprès des travailleurs l'importance de s'armer et de s'organiser en milices ouvrières. Nous nous engageons aussi à dénoncer et démasquer toutes les organisations politiques et syndicales qui se refusent à détruire l'armement du grand capital et à favoriser l'armement du prolétariat.</p>
<p>Nous nous engageons à prendre toutes les mesures, à chaque étape de la révolution permanente, de la formation de soviets révolutionnaires à la fondation du pouvoir aux travailleurs, de la victoire de la bourgeoisie d'un pays au renversement mondial du capitalisme, au socialisme et au communisme, d'œuvrer toujours non seulement pour défendre les victoires acquises mais pour porter la lutte au-delà, pour ne pas se contenter de défendre le statu quo avec les forces ennemies encore en place, mais à chercher toujours à pousser plus loin la révolution. Nous engageons à dénoncer les partis et syndicats, qui, en période révolutionnaire, feraient semblant de vouloir la révolution, pour la diriger, la freiner, la dévoyer, la limiter, la bureaucratiser, la conserver dans des limites sociales et politiques, dans des frontières nationales, compatibles avec les forces qui subsisteraient du capitalisme.</p>
<p>Nous nous engageons à combattre toutes les formes de bureaucratisme syndical, politique, étatique, économique et autres. Cela suppose de le faire dès aujourd'hui. Les organisations qui prétendent qu'elles le feront demain sans le faire aujourd'hui ne méritent pas notre confiance. Fondamentalement, combattre le bureaucratisme, c'est toujours porter au maximum les capacités autonomes des travailleurs, toujours prendre les décisions collectivement, toujours doter la classe exploitée d'organismes fondés directement par elle pour prendre les décisions. Et la doter également des moyens de démettre ces organismes, si cela est nécessaire. Là encore, il ne faut pas dire qu'on le fera demain si on ne le fait pas aujourd'hui !</p>
<p>Bien sûr, la révolution ne peut pas toujours aller de l'avant, parfois il faut même reculer momentanément. Nous nous engageons à dire à chaque étape la vérité aux travailleurs, à ne pas camoufler des reculs, à ne pas les présenter comme des victoires, à ne pas enlever aux travailleurs les moyens d'analyser les forces en présence, les stratégies, les tactiques nécessaires. En somme, nous nous engageons à ne jamais traiter le prolétariat comme des moutons devant suivre des bergers (même si ceux-ci se disent révolutionnaires) !</p>
<p>Nous nous engageons à construire un Etat des soviets qui ne remplace pas les soviets, qui ne supprime pas l'auto-organisation des travailleurs et qui soit un Etat visant à… sa propre suppression. Car le but de la révolution n'est pas la prise du pouvoir mais le socialisme et le communisme. Et dès lors, la révolution vise finalement à la suppression de l'exploitation de l'homme par l'homme, la suppression des classes sociales et de l'Etat… Cela se voit dès aujourd'hui, dans le comportement des organisations politiques et syndicales, quand elles ne s'orientent pas du tout dans cette direction. Toute organisation prête à diriger une lutte par les appareils bureaucratiques et sans auto-organisation des travailleurs, n'est pas de notre côté et doit être dénoncée publiquement.</p>
<p>Les engagements d'un tel gouvernement prolétarien révolutionnaires sont multiples et j'en cite en vrac quelques unes sous forme de ce qui sera inadmissible pour ce pouvoir : interdiction de remettre les enfants mineurs entre les mains des prêtres de toutes religions, interdiction de toutes les formes du patriarcat, interdiction de payer les dettes des capitalistes, interdiction de laisser des armes à quiconque n'obéit pas au pouvoir des travailleurs, interdiction de diffuser le racisme, la xénophobie, le nationalisme, la division des êtres humains sous toutes ses formes, interdiction de tout pouvoir d'anciens capitalistes, interdiction de licencier, d'expulser, d'emprisonner pour dettes personnelles, interdiction de soumettre de force des enfants, interdiction d'emprisonner des enfants, interdiction d'exploiter des enfants, interdiction de fanatiser des enfants, etc.</p>
<h2 class="spip">Nous engageons que toutes les richesses appartiennent au peuple travailleur !</h2>
<p>Tout est à nous ! Rien n'est à eux ! Tout ce qu'ils ont, ils nous l'ont volé ! Capital, entreprises, biens, et même leurs armes, même leur pouvoir !</p>
<p>Ceux qui travaillent nous habiller doivent pouvoir s'habiller, ceux qui se chargent de nos enfants doivent avoir les moyens de se charger de leurs enfants, ceux qui produisent notre nourriture doivent pouvoir se nourrir, ceux qui nous transportent doivent avoir les moyens de se transporter, ceux qui nous soignent dans les hôpitaux et les EPHAD doivent pouvoir protéger leur santé, ceux qui s'occupent de nos enfants dans les crèches, écoles et chez les nounous doivent pouvoir s'occuper de leurs enfants, ceux qui fabriquent des automobiles doivent en voir une, ceux qui fabriquent des logements doivent en avoir un, ceux qui font des routes ne doivent pas être à la rue, ceux qui travaillent dans les banques doivent avoir des sous en banque, ceux qui travaillent doivent vivre de leur travail et pas seulement enrichir ceux qui ne travaillent pas… Ceux qui produisent toutes les richesses ne doivent pas être les seuls à ne pas en bénéficier. En fait, ceux qui produisent n'ont pas d'autre solution pour ne pas devenir des esclaves que de prendre collectivement la totalité du pouvoir et des richesses et de n'en avoir aucune.</p>
<p>Ceux qui produisent des biens doivent posséder collectivement ces richesses, ils doivent posséder collectivement le pouvoir, ils doivent s'organiser pour cela en classe dirigeante, ils doivent refuser tout pouvoir et toute mainmise sur les richesses aux exploiteurs.</p>
<p>« Les aides sociales, coûtent un pognon de dingues », qu'il disent les gouvernants pourris !!!</p>
<p>Pour nous qui ne vivons que de notre travail, et de plus en plus durement, le grand capital nous coûte un pognon de dingues !!!</p>
<p>Tout est à nous ! Tout ce qu'ils ont dans leurs coffre-forts, ils nous l'ont volé !</p>
<p>La seule manière de combattre à la fois l'effondrement de la confiance des prolétaires en leur propre force liée à la perte des emplois, la perte de boussole liée au désaveu de la démocratie capitaliste et à la montée de l'extrême droite et aux dévastations de la misère, de la peur, de la guerre, de la haine qui montent dans le monde capitaliste est d'affirmer la perspective socialiste liée à l'auto-organisation du peuple travailleur. La principale force du peuple travailleur, c'est d'être la seule classe sociale porteuse d'une nouvelle société débarrassée de toutes les tares du système d'exploitation aujourd'hui historiquement dépassé avant même d'avoir été renversé de manière révolutionnaire.</p>
<p>Voilà l'orientation qui peut diriger demain un nouveau mouvement des gilets jaunes afin d'en finir avec l'Etat des milliardaires, la loi des milliardaires, la justice des milliardaires et l'économie des milliardaires et instaurer l'ordre et la démocratie de tous ceux qui ne vivent que de leur travail, tout un programme !!!</p>
<p>L'avenir de l'humanité passe inéluctablement par la mise en place mondiale de soviets de travailleurs et par leur prise de la totalité du pouvoir et des richesses...</p>
<p>TOUT EST A NOUS ! NOUS VOULONS TOUT !</p>
<p>NOUS NE LAISSERONS RIEN AUX MILLIARDAIRES ET A LEURS COPAINS DU POUVOIR !</p>
<p>Blanqui disait déjà : « qui fait la soupe doit la manger » !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4305" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4305</a></p>
<p>Marx a dit la raison de la soumission des salariés</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-inedit/kmcapI-6-2G.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-inedit/kmcapI-6-2G.htm</a></p>
<p>Nous ne sommes rien, soyons tout !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5180" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5180</a></p>
<p>Rien en effet dans ce système social parvenu à une impasse historique, incapable de faire autre chose que déchirer le consensus social de la démocratie bourgeoise, de faire reculer tous les acquis sociaux, d'abandonner tous les progrès du niveau de vie de la population, tous les droits sociaux et démocratiques.</p>
<p>Rien effectivement pour le prolétariat : rien comme part du profit, rien comme part de la propriété capitaliste, rien comme part du pouvoir dans l'entreprise et hors de l'entreprise, rien comme droit politique, rien comme droit d'expression, au travail comme hors du travail, aucune représentations parlementaire, gouvernementale, institutionnelle, administrative, dans les conseils d'administration, chez les boursicoteurs, chez les spéculateurs, chez les banquiers, dans les trusts. Dans tout ce qui compte en règne capitaliste, le prolétariat ne représente rien qu'un poids lourd, une gêne, une menace, un coût, un risque social et politique. C'est parce que le prolétariat est redevenu « une classe dangereuse » à leurs yeux qu'ils veulent la frapper, démontrer qu'ils sont capables de la battre, qu'ils veulent en découdre, qu'ils provoquent, mènent des attaques multiples, lancent des déclarations accusatrices et menaçantes.</p>
<p>Rien non plus au sein de l'entreprise : pas le droit d'y prendre la parole, de s'y réunir, d'y rédiger et distribuer des tracts, rien pour y élire des délégués, les réunir, les coordonner entre les secteurs et les entreprises (les appareils syndicaux reconnus par patronat et gouvernement en ont le monopole), rien pour discuter de leurs points de vue, pour échanger des avis sur la situation et la manière d'y faire face.</p>
<p>Les prolétaires ne sont rien ! Rien dans le gouvernement, rien dans les trusts, rien dans les banques, rien dans la part de richesse, rien dans le capital, rien dans les décisions, rien dans le pouvoir !</p>
<p>Dans tous les mouvements, la principale tromperie a toujours été de mise chez les prétendus représentants politiques et syndicaux du peuple : cacher le vrai but des exploités, des opprimés, de tous les pauvres. Et cet objectif, sans cesse occulté, aujourd'hui comme hier est celui-ci : nous voulons gouverner par nous-mêmes, gérer les biens que nous produisons par nous-mêmes et ne laisser aucun pouvoir aux bandits qui nous dirigent et nous ont dirigé ou encore qui prétendent à nous diriger à l'avenir et qui ne veulent nullement renverser l'ancien système tout pourri et décrépi.</p>
<p>Eh oui, ce sont des balivernes parce que, devant l'animal féroce, sauvage et affamé, il ne sert à rien de se modérer : c'est ou lui ou nous. Le capitalisme parvenu à son terme est pire qu'un animal sauvage. On ne le convaincra pas de renoncer à sa proie, c'est ou lui ou nous.</p>
<p>Et surtout, tous ces faux amis affirment que le peuple ne peut pas gouverner par lui-même, décider par lui-même ni même s'organiser par lui-même pour mener à une nouvelle société où le peuple possèdera lui-même toutes les richesses qu'il a produites ! Ces faux amis, qui ne se sont jamais soumis aux suffrages réels et directs du peuple travailleur, qui sont par contre soumis au pouvoir des milliardaires, même s'ils le critiquent pour le réformer prétendent-ils, affirment que nous n'avons pas besoin d'assemblées souveraines, pas besoin de comités, de conseils, d'élus directs du peuple travailleur car leurs partis et syndicats seraient largement suffisants pour nous représenter ! Tous disent que leurs programmes répondent à nos aspirations mais aucun n'introduit nos objectifs dans leurs programmes.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4835" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4835</a></p>
<p>Et, tout d'abord, nous devons avoir notre propre politique, notre propre grève, notre propre lutte sociale, organisée et dirigée par nous-mêmes !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1034" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1034</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6105" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6105</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5192" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5192</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1733" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1733</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article413" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article413</a></p>
<p>Et nos propres élus, nos propres délégués, pas ceux des élections bourgeoises et des appareils syndicaux !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5827" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5827</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5351" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5351</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2210" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2210</a></p>
<p>Partager les richesses ? Avec les exploiteurs ? Tromperie !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7365" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7365</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1390" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1390</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article137" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article137</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4267" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4267</a></p>
<p>Notre revendication la plus modeste : nous voulons TOUT !!!</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5222" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5222</a></p>
<p>Pas seulement changer la répartition mais le mode de production…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4267" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4267</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8434" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8434</a></p>
<p>Et aussi prendre la totalité du pouvoir !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3988" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3988</a></p>
<p>Pour se protéger contre toutes les attaques politiques, sociales, fascistes et guerrières, le monde du travail doit gouverner lui-même !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6004" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6004</a></p>
<p>Détruire le pouvoir du capital ou détruire la classe ouvrière, il n'y a pas d'autre choix</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3988" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3988</a></p>
<p>N'ayons pas peur de le dire : ce qu'il nous faut c'est la totalité du pouvoir : la direction de toute la société par les soviets et la dictature du prolétariat !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6870" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6870</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8073" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8073</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8277" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8277</a></p>
<p>TRAVAILLEURS ! C'EST A NOUS DE GOUVERNER MAINTENANT !</p>
<p>La seule réponse à la crise mondiale économique, sociale, sanitaire, politique et militaire du système capitaliste est celle-ci : le gouvernement des travailleurs !</p>
<p>Face à l'effondrement généralisé qui frappe violemment toute la société dans tous les pays, dans tous les domaines, à tous les niveaux, on nous bassine partout avec des réponses sur ce que nous devrions souhaiter que fassent les gouvernants, que ce soient en termes économiques ou sociaux ou en termes sanitaires. Chacun y va de ses propositions au pouvoir en place, c'est-à-dire au règne des capitalistes et de leurs servants politiciens. Nous avons déjà de multiples réponses à l'œuvre dans le monde puisque les gouvernants des différents pays se sont gardés de donner exactement les mêmes réponses, que ce soit face à la pandémie ou face à la chute économique et sociale. Cependant, toutes ces réponses restent dans le même cadre : celui du maintien à tout prix du système en place, du capitalisme et de ses conséquences qui aujourd'hui sont la chute inexorable du mode de production comme du mode de vie qui lui était attaché, la chute violente de la santé publique en faisant clairement partie.</p>
<p>En plus des politiques des gouvernants, parmi les propositions qui leur sont faites, on peut citer celles des partis de gauche, des écologistes, des syndicalistes, des autres démocrates, de nombreux associatifs, etc., en somme de tous les réformistes, qui divergent sur presque tout sauf sur le fait qu'il n'est nullement question actuellement de se débarrasser du vieux système d'exploitation et qu'il faut, au contraire, défendre l'économie, tout en prétendant défendre ainsi les intérêts de la population !</p>
<p>Nos mesures économiques et sociales ont un sens très simple : fini l'intérêt des seuls possesseurs de capitaux et vive la défense des intérêts du monde du travail !</p>
<p>Le type de mesures qui en découlent n'a rien de sorcier : interdit de licencier, interdit de jeter à la rue, interdit de couper l'électricité, le gaz, le téléphone, interdit de fermer le compte en banque, interdit de contraindre un petit indépendant à la faillite, interdit de saisir les biens des démunis, interdit de refuser la nourriture, la santé, l'éducation aux plus démunis, etc.</p>
<p>Comment nous financerons de telles mesures ? Ce n'est pas un mystère ! Finis les cadeaux sur fonds publics aux capitalistes, aux financiers, aux banquiers, aux boursicoteurs, aux spéculateurs, aux assureurs, à tous les possesseurs de capitaux, aux propriétaires actuels des usines, des bureaux et des capitaux. L'argent de tous ces gens-là a été volé au peuple travailleur et retourne au peuple travailleur ! Voilà de grands moyens pour des grandes mesures publiques comme la mise en place d'un vrai service public de santé, avec multiplication des moyens et d'abord des effectifs en personnels de santé. Voilà les moyens financiers d'une lutte massive contre la pandémie ! Cela signifie des embauches massives pour des ouvertures massives de lits d'hôpitaux et des augmentations conséquentes des salaires ! Assez par contre de l'argent de l'hôpital public pour nourrir les trusts pharmaceutiques, de matière médical ou la santé privée…</p>
<p>Quant aux consignes de sécurité au travail, elles doivent être mises en place par des comités de travailleurs et pas par des directions aux mains des capitalistes ! Et les mesures nationales elles-mêmes doivent être décidées par des délégués élus de ces comités à un échelon plus élevé et les décisions mises en œuvre sous le contrôle des comités locaux.</p>
<p>Non aux mesures antisociales et antidémocratiques sous prétexte de covid ! Les armées permanentes et polices répressives de la bourgeoisie sont dissoutes et font place au peuple en armes ! Non à l'armement des militaires et paramilitaires, oui à l'armement des travailleurs !</p>
<p>Les médias aux mains des capitalistes, c'est fini : le peuple travailleur a toute liberté d'expression !</p>
<p>Oui aux mesures de « barrière sociale » mais cette fois entre le Capital et le Travail !</p>
<p>Non aux masques qui cachent la politique du capital derrière un soi-disant intérêt national ! Oui aux masques qui protègent du virus, et financés sur fonds publics !</p>
<p>Oui au confinement de tous les profiteurs privés dans une île déserte : ils sont nuisibles même en quarantaine ! Pas de liberté pour les ennemis de la liberté !</p>
<p>Oui à l'action politique de ceux qui ne vivent que de leur travail ! Non à la magouille démagogique des politiciens capitalistes, de gauche, de droite et d'extrême droite !</p>
<p>Non à l'hypocrisie qui se cache derrière la pandémie pour imposer des mesures liberticides ! Oui à la liberté des exploités et opprimés défendue par eux-mêmes !</p>
<p>Tous ceux qui le veulent et le peuvent du point de vue de leur santé et de leurs charges familiales doivent trouver du travail ! Tous ceux qui travaillent doivent avoir les moyens corrects de vivre et faire vivre leur famille mais qui ne travaille pas n'a pas à recevoir des revenus de son oisiveté dorée de paresseux milliardaire !</p>
<p>Non aux prétendus sauveurs ! Travailleurs, sauvons nous nous-mêmes !</p>
<p>Oui à l'auto-organisation du monde du travail, seule habilitée à décider par elle-même ce qui devra être fait !</p>
<p>A bas le pouvoir capitaliste mais vive le pouvoir aux travailleurs !</p>
<p>La santé, la sécurité, le bien-être, la paix, la vie de la population travailleuse ne sont plus du tout compatibles avec le capitalisme finissant et il faut donc en finir rapidement avec lui ! Vive le socialisme par le pouvoir aux travailleurs ! Vive le gouvernement du peuple travailleur par lui-même à l'échelle mondiale !!!</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6004" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6004</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5314" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5314</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2962" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2962</a></p>
<h2 class="spip">En avant vers le gouvernement ouvrier révolutionnaire !</h2>
<p>Et servons-nous de cette perspective pour démasquer dès à présent tous nos faux amis !</p></div>
3e partie de Travailleurs révolutionnaires, quel est votre programme ?
https://www.matierevolution.org/spip.php?article9411
https://www.matierevolution.org/spip.php?article94112026-03-07T23:28:00Ztext/htmlfrAbacar, Alex, Bianco, charlie, DD, Ephraïm, F. Kletz, Faber Sperber, Karim, Karob, Max, Mélissa, Ramata, Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed, WaraaParti révolutionnaire - Revolutionnary party
<p>« Travailleurs révolutionnaires, quel est votre programme ? » <br class='autobr' /> (Troisième partie du programme de La Voix des Travailleurs) <br class='autobr' />
Ne croyez jamais sur parole, demandez le programme et vérifiez qu'il est traduit en actes politiques et syndicaux ! <br class='autobr' />
Sommaire de la troisième partie <br class='autobr' />
1- L'humanité se relèvera, le capitalisme jamais ! <br class='autobr' /> 2- Quelles sont les bases communes des communistes révolutionnaires ? <br class='autobr' />
3- Mais il ne s'agit pas de faire de la particularité des communistes révolutionnaires un (…)</p>
-
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique187" rel="directory">10 - Textes programmatiques de La Voix des Travailleurs</a>
/
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot173" rel="tag">Parti révolutionnaire - Revolutionnary party</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">« Travailleurs révolutionnaires, quel est votre programme ? »
<p> (Troisième partie du programme de La Voix des Travailleurs)</p>
</h2>
<p>Ne croyez jamais sur parole, demandez le programme et vérifiez qu'il est traduit en actes politiques et syndicaux !</p>
<h2 class="spip">Sommaire de la troisième partie</h2>
<p>1- L'humanité se relèvera, le capitalisme jamais !</p>
<p> 2- Quelles sont les bases communes des communistes révolutionnaires ?</p>
<p>3- Mais il ne s'agit pas de faire de la particularité des communistes révolutionnaires un moyen de nous placer au-dessus ni à l'écart au sein du prolétariat.</p>
<p> 4- La question de la révolution permanente</p>
<p> 5- La question du fascisme</p>
<p>6- La question de la guerre</p>
<p> 7- La question du programme révolutionnaire</p>
<p> 8- La question de l'Etat</p>
<p>9- La question de la religion</p>
<p>10- La question des paysans</p>
<p>11- La question des femmes</p>
<p>12- La question de la science</p>
<p>13- La question de la théorie et de la philosophie</p>
<p>14- La question syndicale</p>
<p>15- La question des soviets</p>
<p>16- La question de l'internationale</p>
<p>17- La question nationale</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article9128">Lire ici la première partie de « Travailleurs révolutionnaires, quel est votre programme ? »</a></p>
<h2 class="spip">Sommaire de la première partie</h2>
<p>1- LES BASES PHILOSOPHIQUES ET THEORIQUES DU PROGRAMME COMMUNISTE ET DE LA REVOLUTION SOCIALISTE</p>
<p>2- LA POLITIQUE ET LE PROGRAMME DES COMMUNISTES REVOLUTIONNAIRES</p>
<p>3- L'ACTUALITÉ INTERNATIONALE DE LA RÉVOLUTION ! POURQUOI LA RÉVOLUTION SOCIALISTE NE PEUT ÊTRE QUE MONDIALE ?</p>
<p>4- UN PROGRAMME D'ACTION LIANT REVENDICATIONS IMMEDIATES ET LA PERSPECTIVE DE REVOLUTION SOCIALISTE MONDIALE A LA PRISE DU POUVOIR PAR LE PROLETARIAT ALLIÉ AU PEUPLE TRAVAILLEUR !</p>
<p>5- UN PROGRAMME D'ACTION CONTRE LA VIE CHERE, LA MISERE ET LA GUERRE !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article9204">Lire ici la deuxième partie de « Travailleurs révolutionnaires, quel est votre programme ? »</a></p>
<h2 class="spip">Sommaire de la deuxième partie</h2>
<p>1- A L'EPOQUE IMPERIALISTE, UN PROGRAMME REVOLUTIONNAIRE DOIT NECESSAIREMENT ETRE INTERNATIONAL ET NON NATIONAL</p>
<p>2- LA LUTTE ANTI IMPERIALISTE ET ANTI COLONIALE CONTRE L'IMPERIALISME ET LE COLONIALISME : LA QUESTION DU DROIT A L'AUTO-DETERMINATION ET LA QUESTION NATIONALE</p>
<p>3- LA LUTTE CONTRE L'IMPÉRIALISME ET LA GUERRE SUPPOSE LA LUTTE CONTRE LE RÉFORMISME BOURGEOIS ISSU DE RÉFORMISME OUVRIER ET QUI GANGRÈNE ENCORE LE PROLÉTARIAT !</p>
<p>4- LE PARTI COMMUNISTE RÉVOLUTIONNAIRE OU LE PARTI MONDIAL DE LA RÉVOLUTION SOCIALISTE</p>
<p>TROISIEME PARTIE DU PROGRAMME</p>
<h2 class="spip">L'humanité se relèvera, le capitalisme jamais !</h2><h2 class="spip">Les travailleurs révolutionnaires, les femmes, les jeunes, les petits paysans pêcheurs artisans commerçants et auto-entrepreneurs, l'humanité, le communisme, tous se relèveront ensemble, mais le capitalisme, lui, ne se relèvera jamais ! Il a atteint des limites indépassables, non seulement du point de vue des exploités et des opprimés mais aussi du point de vue de son propre système. </h2>
<p>Yémen, Gaza, Soudan, Mali, Ukraine, Zaïre, Rwanda, Afghanistan, Pakistan, Sahel, Burkina Faso, Syrie, Liban, Cisjordanie, rien que des massacres voulus, approuvés, organisés, armés par les grandes puissances impérialistes ! Et il n'y pas que les guerres et les guerres civiles ! Il y a les dictatures, les fascismes qui s'étendent partout ! De même que les révoltes et révolutions s'étendent partout, en Asie, en Afrique, en Amérique du sud, en Europe…</p>
<p>La plupart des pays du monde ont connu des révoltes et révolutions depuis 2010, suite à l'effondrement économique capitaliste de 2007-2008. La pandémie covid-19, encore une horreur mondiale due au capitalisme, a partiellement étouffé la révolte à partir de 2019. Et les politiques dictatoriales soi-disant anti-covid ont fait le reste.</p>
<p>Pendant que les horreurs dues aux Etats capitalistes s'aggravent sans cesse, les révoltes et révolutions témoignent des capacités de courage, de dévouement, de solidarité, de spontanéité, d'auto-organisation des jeunes, des femmes, des travailleurs des villes et des campagnes, et montrent d'où viendra l'avenir de l'humanité : du peuple travailleur révolutionnaire.</p>
<p>Ce caractère mondial des révolutions et des contre-révolutions démontre que c'est bien les fondements du monde qui sont ébranlés et non tel ou tel régime (Moubarak ou Ben Ali), telle ou telle région (monde arabe ou Afrique), tel ou tel gouvernement, telle ou telle situation particulière (des femmes, des jeunes, des plus démunis, etc.), telle ou telle usure du pouvoir, telle ou telle situation politique ou économique particulière qui sont en cause. Cela touche aussi bien les pays riches que les pays pauvres, les pays occidentaux que orientaux, du nord et du sud, de l'est et de l'ouest, les dictatures que les prétendues démocraties.</p>
<p>Une telle situation mondiale a une cause qui est fondamentalement économique (la saturation en capitaux par rapport aux capacités limitées des investissements productifs) et c'est le résultat inévitable de la chute historique, elle aussi mondiale, du système de domination capitaliste (de son mode de production) qui a atteint ses limites et ne peut plus se relancer. En effet, ce qui a causé la chute mondiale des marchés capitalistes en 2007 et qui continue de saper l'économie capitaliste n'est ni une récession, ni l'inflation, ni la démondialisation de Trump, ni les effondrements des monnaies, ni les bulles boursières, ni les problèmes de l'énergie, ni la faillite des Etats et des banques centrales, tout cela n'étant que des conséquences.</p>
<p>On ne peut pas prédire de quoi l'avenir sera fait (à quel moment, à quel rythme, pour quelle raison occasionnelle, cette chute se produira, avec quel point de départ, avec quelle conséquence), mais on peut être certains d'une chose : le système à l'agonie nous menace tous de mort, de barbarie, de violences de masse, quel que soit notre pays, notre région, nos situations, nos origines, etc.</p>
<p>Ce qui est certain aussi, c'est que la cause principale n'est pas ce que l'on nous en dit : crise climatique, crise migratoire, crise écologique, crise démographique, crise pandémique, crise des dépenses de l'Etat, crise énergétique, crise générationnelle, crise interethnique, interreligieuse, inter-civilisationnelle, crise est-ouest, crise djihadiste et terroriste, crise des bitcoins, crise de l'IA, crise guerrière, crise de la mondialisation ou de la financiarisation, crise de la robotisation, etc. La cause n'est même pas la misère des plus démunis et le grand écart entre riches et pauvres, ni la révolte des peuples. La cause est économique et pourtant, ce n'est même pas une crise classique du capitalisme.</p>
<p>Le capitalisme pourrait parfaitement se remettre de n'importe laquelle des crises que nous venons de citer et même de toutes mais pas du problème crucial et fondamental qui le mine depuis le début des années 2000 : la saturation complète de l'accumulation des capitaux. La quantité mondiale du capital a augmenté de manière folle toutes les dernières décennies et on pourrait se dire que c'est un grand succès pour le grand capital. Seulement c'est un succès qui dépasse ses capacités… Où placer tous ces capitaux ? Dans la sphère des investissements productifs s'investit une part sans cesse plus faible du capital total qui peut s'investir. Du coup, il devient vital que les Etats et les banques centrales comme les particuliers détenteurs de capitaux inventent des investissements non productifs nouveaux et en quantité. En s'aidant des spéculations, des dettes publiques et privées, des bitcoins, de l'intelligence artificielle et autres, on peut sans cesse créer des faux investissements et qui rapportent vraiment de l'argent. Mais toutes ces méthodes artificielles pour offrir des profits aux capitaux ont un défaut majeur : elles accroissent follement la masse des capitaux qui ne se tournent pas vers l'investissement productif et la part de ces capitaux dans le capital total grandit sans cesse, contribuant à serrer le nœud qui étouffe le système capitaliste. Car la spéculation permet à un capitaliste de s'enrichir mais pas au système tout entier de s'enrichir. La richesse du capitalisme est toujours fondamentalement provenue de l'exploitation du travail humain (la plus-value accroissant le capital par son réinvestissement productif), même si les capitalistes ont toujours entretenu l'illusion que ce seraient eux, le Capital et non le Travail, qui créeraient de la richesse. Or ce système n'a jamais été capable de vivre sans accroitre sans cesse le capital. Seules de brèves chutes des profits (les crises capitalistes) étaient tolérables et la destruction de capital qu'elles engendraient était compensée par le fait que ces crises épuraient le capitalisme de ses canards boiteux, lui permettant de repartir de plus belle. Dans la situation actuelle, une telle crise n'est plus tolérable pour le capitalisme car il la juge « systémique », ce qui signifie qu'une simple crise de régulation menacerait de mort le système tout en entier !</p>
<p>Nous ne pouvons pas empêcher le capitalisme de s'effondrer n'en déplaise à tous les fans des « solutions » réformistes. Nous ne pouvons que nous saisir de la situation et tenter de transformer chaque faiblesse du système en armes des prolétaires révolutionnaires.</p>
<p>En somme, nous n'avons ni à rire ni à pleurer sur la fin du capitalisme. C'est lui-même qui est la cause de cette autodestruction et qui annonce sa mort en sonnant le glas par maints symptômes plus atroces les uns que les autres. Aucune raison de regretter le vieux système d'exploitation et d'oppression, mais pas de raison de se réjouir non plus car rien n'est réglé et seule l'intervention directe du prolétariat révolutionnaire peut nous permettre de tourner la page de l'Histoire de l'humanité.</p>
<p>Et plus les classes possédantes se convainquent que leur avenir est bouché, plus ils manipulent le racisme, le machisme, le fascisme, toutes les haines, toutes les peurs, toutes les divisions, tous les fantasmes, toutes les inepties, tous les appétits sales, horribles, toutes les brutes galonnées sanguinaires, tous les meurtriers, tous les terroristes du monde entier. La barbarie ne meurt pas en même temps que le capitalisme, elle s'accroit jusqu'au triomphe de la révolution sociale !</p>
<p>Les révoltes et révolutions ont agi dans le sens diamétralement opposé à cette montée de la barbarie dans les actes et dans les esprits. Là où les peuples sont le plus durement divisés en ethnies, en clans, en couleurs de peaux, en origines diverses, en religions, en régions, entre nationaux et migrants, entre hommes et femmes, entre riches et pauvres, ces mouvements de masse ont justement mis en avant tous les opprimés et tous les exploités, tous unis, reniant souvent le poids oppressif de tout un vieux passé (les femmes en tête en Iran comme en Tunisie, en Algérie, en Egypte ou au Soudan, les ethnies et clans balayés au Liban, par exemple).</p>
<p>Mais les Etats, ces pouvoirs du grand capital, sont plus présents que jamais, disent les sceptiques en ce qui concerne la mort du capitalisme. Oui, mais le système ne peut se contenter des aides étatiques pour survivre. Son fonctionnement économique est bien plus important. Plus il fait appel au soutien des Etats et des banques centrales plus sa chute s'aggrave car la part des capitaux non issus du secteur productif grandit d'autant plus et la plus-value n'est plus à la base du profit. Un capitaliste individuel se moque d'où vient l'argent pourvu qu'il remplisse sans cesse davantage les coffres mais le système tout entier ne peut pas s'en moquer ! Et le capitalisme accumule des capitaux sans accroitre la richesse réelle. Le gouffre grandit qui sépare la richesse fictive de la richesse réelle. Au point que ce gouffre fait peur aux classes dirigeantes elles-mêmes et les pousse dans les voies folles de la marche à la guerre mondiale, au fascisme mondial, à la dictature et aux massacres de masse menaçant toute l'humanité… Tout cela vaut mieux aux yeux des classes possédantes que les risques mortels de la révolution sociale renversant définitivement le pouvoir économique et politique de la classe capitaliste !</p>
<h2 class="spip">Pour le peuple travailleur, la révolution socialiste demandera de grands efforts mais elle nous coutera moins cher que les souffrances que les classes dirigeantes nous préparent !</h2>
<p>La crise du capitalisme et les perspectives pour les révolutionnaires</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1135" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1135</a></p>
<p>Le système capitaliste a-t-il déjà chuté de lui-même ou ne pourra-t-il chuter que par la révolution ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5988" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5988</a></p>
<p>La situation actuelle du capitalisme, est-ce une crise classique ou quoi d'autre ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1794" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1794</a></p>
<p>Le point de vue de l'économiste François Chesnais sur la fin du capitalisme</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/chesnais/limites_infranchissables.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/chesnais/limites_infranchissables.pdf</a></p>
<p>Crise grave, crise systémique ou bout du monde pour le capitalisme ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2431" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2431</a></p>
<p>Capitalisme : de la construction à la destruction</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5939" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5939</a></p>
<p>L'humanité est frappée mortellement mais c'est le grand capital qui est en soins palliatifs</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6106" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6106</a></p>
<p>Comment nous allons vivre l'effondrement du capitalisme</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6960" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6960</a></p>
<p>Les théories de l'effondrement capitaliste, adeptes et détracteurs</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7441" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7441</a></p>
<p>Le capitalisme à l'agonie</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4518" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4518</a></p>
<p>Le capitalisme meurt d'avoir... trop bien réussi à accumuler du capital</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478</a></p>
<p>Agir contre ses propres principes en s'autodétruisant, personne n'imagine le capitalisme faire cela et pourtant…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7556" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7556</a></p>
<p>Crise ou mort du capitalisme ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1976" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1976</a></p>
<p>Quand les gouvernants en sont réduits à la seule violence directe, c'est que la dynamique capitaliste est morte</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6174" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6174</a></p>
<p>Quel avenir pour le capitalisme ? ou quand la bourgeoisie mondiale serre les fesses…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4084" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4084</a></p>
<p>Pourquoi la dynamique du capitalisme se heurte à ses propres limites : son succès lui-même étouffe dans les limites de la propriété privée des moyens de production</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3250" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3250</a></p>
<p>Les crises « classiques » ne sont plus possibles pour le système (trop dangereuses) et pourtant elles permettaient de le réguler</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3771" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3771</a></p>
<p>Le système de cavalerie financière à la Madoff, une survie illusoire d'un capitalisme mondial en bout de course</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4561" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4561</a></p>
<p>Capitalisme : chronique d'une mort annoncée</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4686" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4686</a></p>
<p>Le capitalisme est-il mort ou vivant ? - Sur quels critères se fonder ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1975" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1975</a></p>
<p>Le capitalisme déliquescent et sous perfusion, plus antisocial et sanglant que jamais, est encore plus incompatible avec la liberté des femmes…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7743" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7743</a></p>
<p>Et si l'humanité changeait... de mode de production</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8434" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8434</a></p>
<p>Le grand capital a encore peur... du communisme !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7912" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7912</a></p>
<p>Quel avenir : la barbarie de masse…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7694" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7694</a></p>
<p>… ou l'humanité maitresse d'elle-même ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8073" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8073</a></p>
<h2 class="spip">Quelles sont les bases communes des communistes révolutionnaires ?</h2>
<p>1°) Ce qui caractérise les communistes révolutionnaires, c'est qu'ils ne défendent pas « leur » pays, « leur » entreprise, ni « leur » ville, ni « leur » département, ni « leur » région, ni « leur » département, ni « leur » Etat, car ils savent que rien ne sera vraiment à eux tant que les capitalistes auront capital et pouvoir et que rien ne sera à eux de manière individuelle mais collectivement. Ils n'appellent aucun patron, aucun Etat à les sauver, ils ne comptent sur aucune institution de la bourgeoisie, ils ne sèment aucune illusion sur aucun système politique bourgeois, pas plus la démocratie que la dictature ou le fascisme, car ils savent que la guerre et le fascisme sont d'abord des politiques bourgeoises qu'aucune entente avec les forces bourgeoises ne peut résoudre.</p>
<p>Aujourd'hui, alors que le système capitaliste est à l'agonie, suite à l'effondrement de 2007-2008 et pour des raisons qui n'ont rien d'accidentel et qui touchent aux fondements même du système (l'accumulation du capital est définitivement en panne), alors que le prolétariat ne dispose nulle part de partis révolutionnaires, qu'aucun courant révolutionnaire n'est en état de relever le parti du prolétariat, il est d'autant plus urgent que les révolutionnaires unissent leurs forces au sein des luttes sociales et politiques sur les bases communes indiquées plus haut et qui ne se résument nullement à une fausse unité, à un programme purement revendicatif même radical, à un simple activisme commun et qui nécessite de poursuivre en même temps le débat politique sur les divergences, sans jamais succomber aux tendances sectaires ni aux tendances opportunistes, et sans réaliser des ententes sans principes.</p>
<p>Cela nécessite de cesser de considérer que le capitalisme va une fois encore s'en sortir, qu'il va renaître de sa crise, qu'il va repartir. Il faut prendre en compte la nouvelle situation : désormais le capitalisme est du passé, même si, dans la transition actuelle où toutes les forces du capital sont bandées pour faire durer la situation d'agonie, où tous les soins palliatifs sont mobilisés pour détourner les risques révolutionnaires, le prolétariat ne manifeste pas une volonté ferme de prendre la tête de ses propres luttes sociales ou politiques et encore moins de prendre la tête de l'humanité en supprimant la propriété privée par une infime minorité des moyens de production et des capitaux.</p>
<p>C'est cependant cette perspective qui doit être défendue par les militants communistes révolutionnaires et ils ne doivent pas le faire dans des cénacles, à l'écart de la lutte des classes quotidienne, mais au contraire au sein des combats de classe, grands et petits, qui seuls peuvent permettre à la classe ouvrière de mesurer ses amis et ses ennemis, et distinguer les vraies perspectives des fausses.</p>
<p>2°) Les communistes révolutionnaires participent à la politique, à la lutte sociale, au combat d'idées, mais ce qui les distingue d'abord c'est qu'ils n'ont pas d'intérêts individuels et « pas d'intérêts d'organisation à défendre » comme le rappelait Marx dans « Le Manifeste communiste ». Ils ne luttent pas seulement pour construire un parti ou un syndicat, pour réussir telle ou telle lutte, ni seulement pour défendre des aspirations des travailleurs. Ils luttent avec et pour l'humanité, une humanité libérée de ses entraves, de ses chaînes, de ses bourreaux et aussi de ses trompeurs.</p>
<p>3°) Se revendiquer du communisme, du socialisme révolutionnaire, du léninisme, du trotskisme, de la révolution russe, etc., ne doit pas être comme un amour platonique, un joli ornement d'une réalité qui n'aurait rien à voir. Les organisations et les militants qui s'en réclament doivent aussi démontrer que cela change complètement leur politique dès maintenant et que cela les engage de manière précise sur l'avenir. Ceux qui, au nom du réalisme, du retard de la révolution, du recul du communisme et autres prétextes malhonnêtes, affirment qu'ils appliqueront ces idées quand la situation changera ne sont que des vendeurs de rêves qui distribuent une marchandise trompeuse. On a bien connu la social-démocratie qui était révolutionnaire pour l'avenir mais pas pour le présent et qui, quand l'heure de la révolution a sonné, s'est retrouvé dans le camp de la contre-révolution aux côtés des gouvernants, de l'état-major, des fascistes et des impérialismes… Il faut faire ses preuves en termes de politique dans la classe ouvrière, dans ses luttes, dans son travail politique parmi les travailleurs, de syndicalisme révolutionnaire, de propagande révolutionnaire dans les élections bourgeoises, d'efforts réels d'auto-organisation du prolétariat, de lutte réelle contre l'impérialisme, de combat pour la démoralisation de l'armée, d'efforts pour que les travailleurs se sentent directement concernés par les révoltes et révolutions partout dans le monde. Il ne suffit pas de rajouter au bout d'un programme qu'un jour peut-être on fera la révolution sociale et qu'on lui est favorable. Il faut que ses analyses, sa stratégie, sa tactique, sa politique, son intervention, tout soit centré sur la révolution de demain. Sinon, ce n'est qu'un drapeau pour… se draper dedans !</p>
<p>4°) Il faut que ces organisations et ces militants qui se veulent révolutionnaires fondent leur politique sur une théorie révolutionnaire bien définie menant à un programme politique indiquant clairement les perspectives, les moyens et les buts, la stratégie de sorte que celle-ci soit dans la lignée de celles de Marx, Engels, Lénine, Rosa Luxemburg et Trotsky. Tout refus d'étudier sérieusement la théorie, la philosophie, la science et l'histoire revient à retomber dans l'activisme qui éloigne de toute politique révolutionnaire. On n'est pas obligés de choisir d'être révolutionnaire mais, quand on le fait, il faut s'en donner les moyens.</p>
<p>5°) Ils doivent ne pas se contenter de la critique du capitalisme, du gouvernement, des classes possédantes, des dérives guerrières, fascistes, dictatoriales, anti-démocratiques, anti-écologiques, anti-sociales, anti-femmes, etc. Il faut défendre un programme clair de transformation révolutionnaire, que ce soit dans la presse, dans l'action politique, dans les entreprises, dans les syndicats, dans la jeunesse, parmi les femmes, dans les milieux populaires. Ce programme doit relier les objectifs, aspirations et revendications immédiates aux buts plus avancés, donc être ce que l'on appelle « un programme de transition ». Cela signifie qu'il ne se contente pas de considérations futuristes sur le socialisme et le communisme mais aussi qu'il ne se contente pas des revendications politiques démocratiques et des revendications syndicales, économiques et sociales. Au contraire, il doit montrer que les communistes révolutionnaires entendent transformer chaque aspiration sociale, économique, politique, démocratique en arme révolutionnaire et explique par écrit pourquoi et comment cela est indispensable. Ceux qui répètent à longueur d'articles qu'on est dans une période de réaction et que la révolution n'est donc pas à l'ordre du jour ou que les prolétaires sont très loin d'une telle conscience ne risquent pas de développer de telles conceptions. Ils se contentent de dire qu'ils se revendiquent du « programme de transition » de Trotsky parce ce que cela donne une certaine image dans les milieux politisés. Le drapeau trotskyste peut servir de camouflage et de publicité mensongère comme la revendication d'un héritage de Marx et Lénine a pu servir à des partis en réalité contre-révolutionnaires.</p>
<p>6°) Il faut examiner leur politique sur un point crucial, qui est comme pierre de touche de ceux qui se disent révolutionnaires. Le critère numéro un d'un révolutionnaire, c'est qu'il ne se contente pas des organes et institutions qui ont existé dans la période calme et fait appel, propose, organise, suscite, provoque la formation de comités, de conseils, d'assemblées souveraines, de toutes les formes d'organisation directe des masses, organisations de masse indépendantes, auto-organisées, sans lien de sujétion avec l'Etat, le pouvoir, les partis politiciens, les bureaucraties syndicales, les associations réformistes, etc. Les masses choisissent directement parmi elles des délégués qui forment des comités et se fédèrent. Ces comités sont directement dépendants de la base qui décide de tout, des buts et des moyens, des méthodes et des objectifs des luttes, des revendications et des perspectives d'action, des buts de la société future et de la forme du pouvoir, qui agit en même temps pour imposer ses vues. Après une phase inévitable de double pouvoir, ils fonderont le futur pouvoir après le renversement de l'ancien. Cela suppose qu'il soit clairement affirmé dès maintenant que notre but n'est pas le remplacement à la tête du pouvoir des gouvernants capitalistes par des gouvernants « ouvriers » liés aux organisations prétendument du « mouvement ouvrier » comme les appareils syndicaux et partis réformistes. Et surtout que tout l'appareil d'état capitaliste sera démoli par le prolétariat en armes, que les travailleurs organisés en soviets prendront les armes, organiseront les petits soldats et détruiront la vieille machine d'oppression, fondant la république des soviets. De vrais révolutionnaires doivent dès maintenant non seulement défendre l'idée des soviets dans les syndicats comme perspective d'avenir mais aussi agir concrètement pour l'auto-organisation des luttes ce qui nécessite d'abord de démasquer toutes les manœuvres des appareils syndicaux, d'opposer à chaque fois des assemblées décisionnelles qui élisent des délégués et constituent des conseils et comité de travailleurs, se fédérant, allant d'entreprises en entreprises, dirigeant les luttes, se mêlant de tout, contrôlant tout, dirigeant tout, se liant aux petits soldats et petits policiers, etc…</p>
<p>7°) Dans chaque lutte, même petite, même défensive, même partielle, même localisée, dans chaque période qu'elle soit favorable ou défavorable, que nos ennemis soient déstabilisés ou pas, que le prolétariat soit offensif ou pas, ce qui distingue leur politique est qu'elle mène toujours et partout au pouvoir des soviets et que c'est cela qui les distingue des autres partis et syndicats… Cela change tout : leur manière de voir les buts, les moyens, les méthodes, les modes d'organisation des travailleurs dans toutes les circonstances, même les plus banales. Leur conception de la solidarité ouvrière, leur manière de voir une grève, une manifestation, une action de contestation, une propagande de dénonciation est particulière aux révolutionnaires communistes. En même temps, ils ne veulent qu'une chose : participer à la vie et aux luttes des travailleurs sans se placer dans une position supérieure, sans se croire plus malins que les autres, sans oublier que c'est l'ensemble de leur classe qui est révolutionnaire par rapport à la société et pas telle ou telle fraction soi-disant plus radicale ou plus avancée ou plus organisée de celle-ci. Lénine rappelait que ce ne sont pas les révolutionnaires communistes qui décident du sort des révolutions communistes mais l'ensemble des travailleurs.</p>
<p>8°) Ce qui distingue les révolutionnaires communistes, c'est qu'ils tentent de transformer chaque faiblesse, chaque contradiction, chaque crise, chaque difficulté, chaque division, chaque recul de nos ennemis en arme de combat politique des travailleurs contre le système global de domination capitaliste, contre l'impérialisme, y compris quand ce qui nuit au capitalisme n'œuvre pas directement en faveur des salariés, des peuples, du socialisme. Ce n'est pas seulement en mettant en avant les aspirations sociales et socialistes des salariés que le prolétariat peut gagner son combat mais aussi en isolant nos ennemis de leurs soutiens mondiaux et de leurs soutiens parmi les petits artisans, paysans, commerçants, auto-entrepreneurs, jeunes, chômeurs, retraités, parmi les peuples opprimés, parmi les femmes opprimées, parmi les peuples menacés, violentés, saignés… La lutte révolutionnaire des salariés ne doit pas être isolée de toutes les autres luttes sociales et politiques ni le prolétariat des autres classes et couches sociales qui subissent le système. La pureté de classe, ce n'est pas l'isolement sectaire.</p>
<p>9°) L'activité politique révolutionnaire n'a rien à voir avec l'activisme politique et syndical. Et d'abord parce qu'elle se fonde sur une vraie étude théorique de la société, sur une philosophie dialectique scientifique. Celui qui méprise la théorie ou s'en détourne par incompétence désarme le prolétariat. On ne peut pas transformer le monde sans le repenser. Sans idéologie et philosophie révolutionnaire pas de théorie, pas d'analyse sérieuse de l'état de la société et des classes, pas de stratégie, pas d'armement théorique du prolétariat. Tout cela sous prétexte de réalisme, de niveau de conscience et de préoccupations des travailleurs. Ceux qui affirment que, de Marx à Trotsky, les révolutionnaires communistes dédiaient une grande part de leur temps à la théorie et qu'aujourd'hui ce ne serait pas la première des nécessités, que nous ne sommes pas des théoriciens et qu'ainsi nous sommes plus prêts de la base des travailleurs, rompent avec le marxisme révolutionnaire et donc avec la révolution prolétarienne !</p>
<p>10°) Rompre avec le réformisme, tous ceux qui se disent révolutionnaires l'affirment, mais le font-ils réellement dans leur analyse et de leur action politique ? Porter des revendications immédiates qui ne prétendent pas remettre en cause les fondements de la société capitaliste n'a rien de scandaleux pour des révolutionnaires, bien entendu. Mais encore faut-il que l'on veuille porter le plus loin possible la lutte, ses objectifs, ses revendications, ses méthodes, ses modes d'action et surtout son mode d'organisation et on en est souvent très loin de la part de militants qui se disent révolutionnaires et couvrent les manœuvres des appareils réformistes contre l'auto-organisation des travailleurs. Ces militants-là trouvent parfaitement naturel que les luttes soient dirigées par les bureaucraties puisqu'elles leur laissent une petite place en leur sein… Du coup, leur politique se modifie en fonction de leurs liens avec ces bureaucraties… Et le réformisme n'est pas que syndical, il est aussi politique, social, écologique, démocratique, etc… On ne peut pas faire qu'attendre le « grand jour » nous disent-ils, il faut agir au quotidien et sous se prétexte ils se mettent (et mettent les travailleurs) sous la coup d'organisations liées au grand capital et à son Etat, y compris des syndicats qui autrefois se disaient eux-mêmes révolutionnaires mais ont mis beaucoup d'eau dans leur piquette ! On ne peut pas combattre le réformisme sans proposer au quotidien une politique révolutionnaire, que ce soit dans les luttes, dans les syndicats, dans les manifestations, dans les rassemblements et cette politique commence par l'organisation des travailleurs par eux-mêmes à la base sans se mettre derrière personne, ni parti, ni syndicat. Ces derniers peuvent, de manière ouverte et non cachée, soumettre leurs propositions aux assemblées souveraines et aux comités, conseils ou soviets qui se constituent dans la lutte. Tel devrait être la manière de procéder que doivent défendre des communistes révolutionnaires dans toutes les luttes. Ils ne sont pas obligés d'y parvenir mais ils ne doivent jamais accepter de diriger des luttes en bureaucrates syndicaux. Dès qu'un problème se pose aux travailleurs, loin de courir le mettre aux mains des bureaucrates, ils doivent réunir les travailleurs, leur soumettre la question, leur faire des propositions, leur faire voter la décision, si possible leur faire élire un petit nombre de travailleurs pour se concerter et faire des propositions à l'assemblée, rédiger ensemble des tracts et se donner les moyens de les tirer, etc. La plupart des organisations qui se disent révolutionnaires ne font rien de tout cela et cela montre qu'il s'agit une fois encore d'une étiquette mensongère.</p>
<p>11°) Nombre de militants révolutionnaires se donnent comme objectif ce qu'ils appellent « construire le parti révolutionnaire ». Nous aussi, nous estimons qu'il faut un parti révolutionnaire à la classe ouvrière pour gagner. Mais un parti, c'est un peu comme des généraux. Les troupes, ce n'est pas le parti, c'est le prolétariat. On ne peut pas construire le parti sans liaison avec la masse des travailleurs, en particulier en période révolutionnaire. Quelle est la liaison ? Ce sont les soviets, ces organisations de masse, dans lesquelles les travailleurs s'organisent eux-mêmes, se dirigent eux-mêmes et auxquels les partis et syndicats soumettent leurs propositions, les communistes révolutionnaires comme les autres. Et la première des particularités des vrais militants communistes révolutionnaires, c'est qu'ils n'ont cessé de militer pour l'existence de ces soviets, pour qu'ils soient indépendants des appareils liés au système, liés à l'Etat, liés à la société capitaliste, liés aux patrons, qui négociaient avec eux, qui se réunissaient avec eux, pour qu'ils prennent par eux-mêmes toutes les décisions, pour qu'ils aillent plus loin, qu'ils contrôlent la société, qu'ils se dotent de pouvoirs d'Etat, qu'ils cassent l'ancien pouvoir, qu'ils mettent en place le pouvoir des soviets. Considérer la construction du parti révolutionnaire comme séparée d'un tel travail n'est ni marxiste, ni léniniste, ni trotskyste et n'est pas du tout révolutionnaire.</p>
<p>12°) S'interroger sur la vraie valeur pour le communisme révolutionnaire des organisations, des groupes, des partis, des syndicats que nous connaissons, c'est se poser les questions suivantes :</p>
<p>Cette organisation appelle-t-elle à refuser les crédits militaires, la défense nationale, à dénoncer l'industrie d'armements, à faire savoir toutes les entreprises contre-révolutionnaires et meurtrières contre les peuples qui sont menées avec ce armes, appelle-t-elle les soldats du rang à désobéir à leur hiérarchie, dénonce-t-elle publiquement et le plus fort possible tous les crimes commis, en particulier ceux de « notre » propre impérialisme, démolit-elle publiquement les prétextes des interventions armées de cet impérialisme dans le monde, fait-elle connaitre les profits réalisés ainsi sur le sang des peuples, en particulier ceux des pays anciennement colonisés ?</p>
<p>Est-ce que cette organisation dénonce les liens entre les partis et syndicats, y compris de gauche, avec l'Etat et les classes possédantes, notamment les liens d'argent, publics ou camouflés ? Est-ce qu'elle souligne toutes les compromissions, tous les arrangements en sous-main, toutes les négociations dans le dos des travailleurs et des peuples ? Est-ce qu'elle cherche à impliquer les travailleurs dans ces dénonciations ? Est-ce qu'elle fait en sorte que les travailleurs du rang puissent rendre publique leur désapprobation des politiques des organisations corrompues, compromises, coupables de collusion avec nos ennemis ?</p>
<p>Est-ce que cette organisation s'engage, si les travailleurs lui font confiance, s'ils la choisissent pour diriger leurs luttes et pour diriger la société, à faire en sorte que les soviets et eux seuls prennent les décisions sur les orientations, que la classe capitaliste et elle seule soit privée de droits et de biens, que le patriarcat soit aboli, que les femmes jouent un rôle dirigeant dans la société sans que les hommes ne subissent une oppression symétrique de celle du patriarcat, que les petits artisans, commerçants, paysans, pêcheurs, auto-entrepreneurs ne soient pas victimes des crises, de la misère, que les locataires en difficulté ne soient pas expulsés, que les salariés des entreprises en difficulté ne soient pas licenciés, que les habitants ne soient pas sans logis, que les femmes et les enfants soient défendus contre les violences ? Est-ce qu'elle s'engage à ne jamais participer à un pouvoir qui n'irait pas dans ce sens, à ne jamais gérer la société capitaliste, à ne jamais accepter de responsabilités si ce ne sont pas les conseils ouvriers qui les lui ont données ? Est-ce qu'elle s'engage à œuvrer pour la suppression de la propriété privée des grandes entreprises et du grand capital ? Est-ce qu'elle s'engage à lutter pour la destruction du pouvoir d'Etat capitaliste, et en particulier son armée, sa police, son administration, ses services spéciaux, sa gendarmerie, ses espions, ses forces pénitentiaires, ses institutions parlementaires, ses chefs religieux, etc. Est-ce qu'elle s'engage à dénoncer publiquement et à combattre réellement toute tentative impérialiste de frapper une révolte ou une révolution dans tous les pays du monde ? Est-ce qu'elle s'engage à mobiliser les travailleurs des pays impérialistes en faveur des révoltes et révolutions quand ces pays aident les dictatures à écraser les luttes et les contestations ? Est-ce qu'elle s'engage non seulement à désarmer la bourgeoisie capitaliste (armée et police) mais à armer les travailleurs, à tisser des liens avec les petits soldats et petits policiers pour détruire l'Etat capitaliste ? Est-ce qu'elle s'engage à placer en premier l'intérêt mondial du prolétariat et de la révolution et pas ce que les nationalistes appellent l'intérêt national ? Est-ce qu'elle s'engage à démasquer toutes les organisations qui, ouvertement ou de manière cachée, pratiquent l'union nationale en faveur de la politique du grand capital ?</p>
<p>Voilà où se place la boussole des communistes révolutionnaires !</p>
<p>Mais il ne s'agit pas de faire de la particularité des communistes révolutionnaires un moyen de nous placer au-dessus ni à l'écart au sein du prolétariat.</p>
<p>Lénine dans "Le matérialisme militant" :<br class='autobr' />
« Une des erreurs les plus grandes et les plus dangereuses que commettent les communistes (comme, d'ailleurs, les révolutionnaires en général qui ont mené à bien le début d'une grande révolution), c'est de se figurer que la révolution peut être accomplie par les mains des seuls révolutionnaires. Or, pour assurer le succès de toute action révolutionnaire sérieuse, il faut comprendre et savoir appliquer pratiquement l'idée que les révolutionnaires ne peuvent jouer un rôle que comme avant garde de la classe réellement avancée et viable. L'avant garde ne remplit sa mission que lorsqu'elle sait ne pas se détacher de la masse qu'elle dirige, lorsqu'elle sait véritablement faire progresser toute la masse. Sans l'alliance avec les non communistes dans les domaines d'activité les plus divers, il ne saurait être question d'aucun succès en matière de construction de la société communiste. »</p>
<p>Karl Marx exposait ainsi dans « Le Manifeste du Parti communiste » de 1848 :<br class='autobr' />
« Les communistes n'ont point d'intérêts qui les séparent de l'ensemble du prolétariat… Les communistes ne se distinguent des autres partis ouvriers que sur deux points : dans les différentes luttes nationales des prolétaires, ils mettent en avant et font valoir les intérêts indépendants de la nationalité et communs à tout le prolétariat et, dans les différentes phases que traverse la lutte entre prolétaires et bourgeois, ils représentent toujours les intérêts du mouvement dans son ensemble. Pratiquement, les communistes sont donc la fraction la plus résolue des partis ouvriers de tous les pays, la fraction qui stimule la marche en avant des ouvriers ; théoriquement, ils ont sur le reste du prolétariat l'avantage d'une intelligence claire des conditions, de la marche et des fins générales du mouvement prolétarient. Le but immédiat des communistes est le même que celui de tous les partis ouvriers : constitution des prolétaires en classe, renversement de la domination bourgeoise, conquête du pouvoir politique par le prolétariat… La première étape de la révolution ouvrière est la constitution du prolétariat en classe dominante, la conquête de la démocratie. Le prolétariat se servira de la suprématie politique pour arracher petit à petit tout le capital à la bourgeoisie, pour centraliser tous les instruments de production entre les mains de l'Etat ouvrier, c'est-à-dire du prolétariat organisé en classe dominante, et pour augmenter au plus vite la quantité des forces productives. Cela ne pourra se faire, au début, que par une violation despotique du droit de propriété et du régime bourgeois de production, c'est-à-dire par des mesures qui, économiquement, paraissent insuffisantes et insoutenables, mais qui, au cours du mouvement, se dépassent elles-mêmes et sont indispensables pour bouleverser le mode de production tout entier… Les communistes combattent pour les intérêts et les buts immédiats de la classe ouvrière ; mais dans le mouvement présent, ils défendent et représentent en même temps l'avenir du mouvement…. A aucun moment, le parti communiste ne néglige d'éveiller chez les ouvriers une conscience claire et nette de l'antagonisme violent entre la bourgeoisie et le prolétariat, afin que, l'heure venue, les ouvriers sachent convertir les conditions politiques et sociales créées par le régime bourgeois, en autant d'armes contre la bourgeoisie… En somme, les communistes appuient dans tous les pays tout mouvement révolutionnaire contre l'ordre social et politique existant. Dans tous les mouvements, ils font de la question de la propriété, à quelque degré d'évolution qu'elle ait pu arriver, la question fondamentale du mouvement… Les communistes ne s'abaissent pas à dissimuler leurs opinions et leurs projets. Ils proclament ouvertement que leurs buts ne peuvent être atteints que par le renversement violent de tout l'ordre social passé. Puissent les classes dirigeantes trembler à l'idée d'une révolution communiste ! Les prolétaires n'ont rien à perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à gagner. Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! »</p>
<h2 class="spip">LA QUESTION DE LA REVOLUTION PERMANENTE</h2>
<p>La notion de révolution permanente s'oppose à celle de révolution par étapes. Cette dernière laisse entendre qu'il va d'abord falloir obtenir la démocratie ou d'abord l'indépendance, d'abord la naissance d'un Etat ou d'abord telle ou telle revendication de tel ou tel groupe social. Pour l'étapisme, on posera plus tard les autres problèmes. La révolution permanente suppose au contraire que toutes les questions sont liées, qu'elles le seront concrètement au sein d'une même révolution ayant une perspective socialiste et dirigée par le prolétariat révolutionnaire.<br class='autobr' />
Historiquement, la « révolution permanente » est connue comme la thèse de Trotsky qui s'opposait à celle de Staline de « révolution dans un seul pays » renonçant à la révolution mondiale, à la thèse stalinienne d' « intégration du koulak et du nepman au socialisme » et de « progrès à pas de tortue vers le socialisme », qui allaient être suivies par des thèses comme « la coexistence avec le capitalisme », « la voie pacifique vers le socialisme », entre autres expressions qui cachaient non seulement la renonciation aux perspectives d'octobre 1917 mais la haine virulente de la révolution qui animait la bureaucratie stalinienne. Celle-ci a usurpé le pouvoir du prolétariat, en profitant d'un recul de la révolution européenne et a craint tout réveil de la révolution en Europe qui risquait de remettre en cause le statu quo avec la bourgeoisie impérialiste, statu quo qui lui permettait de survivre. C'est bien la « révolution permanente » initiée en 1917 qui a échoué.</p>
<p>Et, effectivement, la révolution de 1917 en Russie était permanente, au sens où elle marquait le début d'une révolution ouvrière en Europe et qu'elle ne pouvait triompher que si celle-ci l'emportait. Car son caractère n'était pas celui d'une révolution nationale visant à supprimer les restes russes du féodalisme. La révolution qui a renversé le tsarisme ne pouvait s'en tenir à la mise en place d'une démocratie bourgeoise. La locomotive de la révolution était, malgré sa faiblesse numérique, le prolétariat industriel. Lorsque celui-ci prenait des mesures démocratiques révolutionnaires, son caractère de classe marquait ces mesures.</p>
<p>Lénine, lui-même, n'avait pas envisagé les choses ainsi. Jusqu'en mars 1917, il s'opposait à la thèse de Trotsky de la révolution permanente.</p>
<p>Avant 1917, Lénine était victime d'une conception bien peu dialectique du cours de l'histoire, conception que nous pouvons appeler « progressisme » ou « révolution par étapes ». Le tournant de la pensée politique, stratégique, de Lénine a pris un caractère public dans ce que l'on a appelé les « thèses d'avril ». Lénine, tout juste rentré en Russie suite au renversement du tsar, défendait les anciennes thèses de Trotsky au sein de son propre parti. Non sans difficulté. Les thèses opposées affirmaient que la Russie n'était pas mûre pour le socialisme, que l'on devait appuyer l'aile révolutionnaire de la bourgeoisie et de la petite-bourgeoisie qui voulait porter la démocratie bourgeoise à son terme en Russie. Il s'agissait d' « une étape démocratique » à distinguer de l' « étape socialiste et prolétarienne » qui, selon ses adeptes, n'était pas à l'ordre du jour vu le faible développement de l'économie et du prolétariat.</p>
<p>La révolution russe, elle-même, a tranché le débat en donnant le pouvoir au prolétariat et en marquant le début de la révolution prolétarienne en Europe, menaçant même l'impérialisme mondial.</p>
<p>La révolution permanente est notre philosophie permanente</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8008" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8008</a></p>
<p>Léon Trotsky, dans « La révolution permanente » :</p>
<p>« La théorie de la révolution permanente (...) démontrait qu'à notre époque l'accomplissement des tâches démocratiques, que se proposent les pays bourgeois arriérés, les mène directement à la dictature du prolétariat, et que celle-ci met les tâches socialistes à l'ordre du jour. (...) »</p>
<p>« C'est ce que Lénine appelait la transformation de la révolution démocratique en révolution socialiste. Ce n'est pas le pouvoir bourgeois qui se transforme par hypertrophie en pouvoir ouvrier et paysans et, ensuite, prolétarien : non, le pouvoir d'une classe ne se « transforme » pas en pouvoir d'une autre classe, mais on l'arrache l'arme à la main. »</p>
<p>« A propos du saut par-dessus les étapes historiques</p>
<p>« Savoir distinguer entre la révolution bourgeoise et la révolution prolétarienne, c'est l'abc politique. Mais, après avoir appris l'alphabet, on apprend les syllabes qui sont formées de lettres. L'histoire a réuni les lettres les plus importantes de l'alphabet bourgeois et les premières lettres de l'alphabet socialiste. (...) Il est absurde de dire qu'on ne peut jamais sauter par-dessus les étapes. Le cours vivant des événements historiques saute toujours par-dessus les étapes qui sont le résultat d'une division théorique de l'évolution prise dans sa totalité, c'est-à-dire dans son ampleur maximale et, aux moments critiques, il exige le même souci dans la politique révolutionnaire. On peut dire que la capacité de reconnaître et d'utiliser ces moments distingue avant tout le révolutionnaire de l'évolutionniste vulgaire. »</p>
<p>Lénine, Lettre d'adieu aux ouvriers suisses, juste avant de quitter la Suisse pour la Russie (avril 1917) :</p>
<p>« C'est au prolétariat russe qu'est échu le grand honneur d'inaugurer la série des révolutions engendrées avec une nécessité objective par la guerre impérialiste. Mais l'idée de considérer le prolétariat russe comme un prolétariat révolutionnaire élu par rapport aux ouvriers des autres pays nous est absolument étrangère. Nous savons parfaitement que le prolétariat de Russie est moins organisé, préparé, conscient que les ouvriers d'autres pays. Ce ne sont pas des qualités particulières, mais uniquement les conditions historiques particulières qui ont fait du prolétariat russe, pour un certain temps, peut-être très court, le chef de file du prolétariat révolutionnaire du monde entier.<br class='autobr' />
La Russie est un pays paysan, l'un des pays les plus arriérés d'Europe. Le socialisme ne peut y vaincre tout de suite et spontanément. Mais le caractère paysan du pays peut, sur la base de l'expérience de 1905 et étant donné l'énorme superficie des terres restées aux mains de l'aristocratie foncière, donner une formidable ampleur à la révolution démocratique bourgeoise en Russie et faire de notre révolution le prologue de la révolution socialiste mondiale, une étape vers celle-ci. »</p>
<p>Marx et la tactique dans la révolution permanente</p>
<p>Tandis que les petits bourgeois démocratiques veulent terminer la révolution au plus vite (...), il est de notre intérêt et de notre devoir de rendre la révolution permanente, jusqu'à ce que toutes les classes plus ou moins possédantes aient été écartées du pouvoir, que le prolétariat ait conquis le pouvoir et que non seulement dans un pays, mais dans tous les pays régnants du monde l'association des prolétaires ait fait assez de progrès pour faire cesser dans ces pays la concurrence des prolétaires et concentrer dans leurs mains au moins les forces productives décisives. Il ne peut s'agir pour nous de transformer la propriété privée, mais Seulement de 1'anéantir ; ni de masquer les antagonismes de classes, mais d'abolir les classes ; ni d'améliorer la société existante, mais d'en fonder une nouvelle. (...) « Leurs efforts doivent tendre à ce que l'effervescence révolutionnaire directe ne soit pas une nouvelle fois réprimée aussitôt après la victoire. Il faut, au contraire, qu'ils la maintiennent le plus longtemps possible. Bien loin de s'opposer aux prétendus excès, aux exemples de vengeance populaire contre des individus haïs ou des édifices publics auxquels ne se rattachent que des souvenirs odieux, il faut non seulement tolérer ces exemples, mais encore en assumer soi-même la direction. Pendant et après la lutte, les ouvriers doivent en toute occasion formuler leurs propres revendications à côté de celles des démocrates bourgeois. Ils doivent exiger des garanties pour les ouvriers, dès que les bourgeois démocratiques se disposent à prendre le gouvernement en main. Il faut au besoin qu'ils obtiennent ces garanties de haute lutte et s'arrangent en somme pour obliger les nouveaux gouvernants à toutes les concessions et promesses possibles ; c'est le plus sûr moyen de les compromettre. Il faut qu'ils s'efforcent, par tous les moyens et autant que faire se peut, de contenir la jubilation suscitée par le nouvel état de choses et l'état d'ivresse, conséquence de toute victoire remportée dans une bataille de rue, en jugeant avec calme et sang-froid la situation et en affectant à l'égard du nouveau gouvernement une méfiance non déguisée. Il faut qu'à côté des nouveaux gouvernements officiels ils établissent aussitôt leurs propres gouvernements ouvriers révolutionnaires, soit sous forme d'autonomies administratives locales ou de conseils municipaux, soit sous forme de clubs ou comités ouvriers, de façon que les gouvernements démocratiques bourgeois non seulement s'aliènent aussitôt l'appui des ouvriers, mais se voient, dès le début, surveillés et menacés par des autorités qui ont derrière elles toute la masse des ouvriers. En un mot, dès les premiers instants de la victoire, on ne doit plus tant se défier des partis réactionnaires vaincus que des anciens alliés des ouvriers, que du parti qui cherche à exploiter la victoire pour lui seul. (...) » « Les ouvriers doivent se placer non sous la tutelle de l'autorité de l'Etat mais sous celle des conseils révolutionnaires de communautés que les ouvriers auront pu faire adopter. Les armes et les munitions ne devront être rendues sous aucun prétexte. (...) » « Ils doivent pousser à l'extrême les propositions des démocrates qui, en tout cas, ne se montreront pas révolutionnaires, mais simplement réformistes, et transformer ces propositions en attaques directes contre la propriété privée. Si, par exemple, les petits bourgeois proposent de racheter les chemins de fer et les usines, les ouvriers doivent exiger que ces chemins de fer et ces usines soient simplement et sans indemnité confisqués par l'Etat en tant que propriété de réactionnaires. Si les démocrates proposent l'impôt proportionnel, les ouvriers réclament l'impôt progressif. Si les démocrates proposent eux-mêmes un impôt progressif modéré, les ouvriers exigent un impôt dont les échelons montent assez vite pour que le gros capital s'en trouve compromis. Si les démocrates réclament la régularisation de la dette publique, les ouvriers réclament la faillite de l'Etat. Les revendications des ouvriers devront donc se régler partout sur les concessions et les mesures des démocrates. » « Ils (les ouvriers) contribueront eux-mêmes à leur victoire définitive bien plus par le fait qu'ils prendront conscience de leurs intérêts de classe, se poseront dès que possible en parti indépendant et ne se laisseront pas un instant détourner—par les phrases hypocrites des petits bourgeois démocratiques—de l'organisation autonome du parti du prolétariat. Leur cri de guerre doit être : La révolution en permanence ! »<br class='autobr' />
Karl Marx et Friedrich Engels dans « Adresse du Comité Central à la Ligue des communistes » (1850)</p>
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<p>La révolution permanente de Lénine</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1458" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1458</a></p>
<p>Qu'est-ce que la révolution permanente</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article600" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article600</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2976" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2976</a></p>
<h2 class="spip">LA QUESTION DU FASCISME</h2>
<p>LES FAUSSES INTERPRETATIONS DU FASCISME ET LA VRAIE</p>
<p>0°) Il y a une tendance erronée à considérer un phénomène social et politique comme le fascisme comme on considère à tort un phénomène physique, c'est-à-dire comme un objet inerte, sans dynamique, sans dialectique des contraires, sans changement brutal, en somme comme une chose inerte qui peut seulement casser mais pas réellement se transformer ou transformer le monde. Le fascisme n'est pas une chose mais un phénomène émergent et dynamique qui ne peut pas être combattu simplement en disant qu'on est contre mais en développant une autre dynamique réelle. Le fascisme ne peut pas exister (la formation d'une masse de gens révoltés, paupérisés et militarisés sous la domination des fascistes écrasant le prolétariat) sans la dynamique capable d'être extraordinairement agitée et porteuse de changements radicaux potentiels de la lutte des classes, tout comme le nuage ne peut pas exister (des tonnes d'eau ne tiendraient pas en l'air) sans la dynamique capable d'être extraordinairement agitée et porteuse de changements radicaux potentiels de l'agitation moléculaire et que l'atome (et même la particule matérielle) ne peut pas exister (une somme de particules positives qui se repoussent restant collées) ne peut pas exister sans la dynamique capable d'être extraordinairement agitée et porteuse de changements radicaux potentiels du vide quantique. La vision figée sans dynamique et sans dialectique ne permet pas de combattre le fascisme.</p>
<p>1°) Et ce n'est pas non plus un simple discours. Le fascisme n'est pas un courant d'opinion (la mise en place d'un pouvoir fasciste n'est pas une décision de l'opinion publique et on ne combat pas le fascisme simplement en combattant des idées, des préjugés, des mensonges) : c'est un type de pouvoir d'Etat qui est le produit d'une situation extrême, complètement déstabilisée pour la classe exploiteuse. Il ne doit surtout pas être séparé de la lutte des classes. Le fascisme est le produit d'un combat entre les classes arrivées à un stade ultime où la seule alternative est révolution sociale ou contre-révolution fasciste.</p>
<p>2°) Ce type particulier d'Etat (qui n'est pas une simple dictature) provient du fait qu'en plus des forces de répression classiques (notamment armée et police ou même milices d'Etat), il associe provisoirement un mouvement organisé de masses appelées les « troupes fascistes » et prises dans les classes moyennes et les milieux populaires.</p>
<p>3°) Cette situation particulière concerne les trois classes sociales essentielles de toute société : classe exploiteuse, classe moyenne et classe exploitée. Ce qui caractérise cet état critique de l'ordre social et politique est le fait qu'il y a un risque que la classe exploitée s'unisse à la classe moyenne (ou à une fraction notable de celle-ci) pour mettre en place un pouvoir révolutionnaire. C'est ce risque social menaçant qui justifie aux yeux de la classe exploiteuse de mettre en avant (de façon momentanée) une fraction violente de la classe moyenne et aussi des milieux populaires ou paupérisés, ceux que l'on appellera « les fascistes », de les organiser et de les jeter dans l'action violente.</p>
<p>4°) L'un des risques d'erreur politique et sociale consiste à prendre ces « troupes fascistes » pour une vraie force sociale, pour une véritable arme de guerre alors que ce n'est qu'une bande sans foi ni loi mais aussi sans but réel ni perspective politique ou sociale propre. Ces troupes ne défendent que les intérêts des gros exploiteurs mais n'en ont pas conscience. La classe dominante ne fait que les utiliser mais elle s'en méfie et les dissoudra dès que le véritable danger révolutionnaire, celui des exploités et de leur capacité en prenant la tête de tous les opprimés de renverser le pouvoir d'Etat des exploiteurs, sera éradiqué. La vraie réponse au fascisme consiste à unir de manière révolutionnaire les exploités aux opprimés de la classe moyenne et d'autres couches populaires, afin de constituer une force capable de renverser la classe dominante. Cela n'est possible que si la classe exploitée s'auto-organise et développe ses propres perspectives en démontrant qu'elle veut renverser la classe exploiteuse et s'adresse aux autres opprimés, notamment ceux des classes moyennes.</p>
<p>5°) Si on veut comprendre le fascisme, le premier point est de ne pas se fixer sur le seul exemple du nazisme en Allemagne ou du fascisme en Italie. Non seulement il y a bien d'autres exemples mais on risque de croire que les caractéristiques spécifiques de ces fascismes particuliers seraient générales. Par exemple, nulle nécessité pour un pouvoir fasciste d'être antisémite. Ni de pratiquer un génocide des Juifs. Même le racisme n'est pas une caractéristique indispensable. Le fascisme n'est pas un mouvement européen, ni spécifiquement lié à la phase impérialiste du grand capital (Karl Marx l'a reconnu en France avec le mouvement bonapartiste de Louis Bonaparte qui allait devenir Napoléon III), ni même à l'époque du capitalisme (on l'a vu dans des sociétés bourgeoises pré-capitalistes et dans des sociétés esclavagistes comme l'empire romain).</p>
<p>6°) Il y a une autre erreur classique d'interprétation du fascisme que les « démocrates anti-fascistes », ou prétendus tels, aiment particulièrement développer comme tromperie et qui consiste à attribuer le caractère fasciste aux seuls mouvements politiques et sociaux d'extrême droite, ce qui blanchirait le centre et la gauche de tout risque d'être des éléments favorables, à un moment donné, à la montée fasciste. En fait, quand il y a une montée fasciste, cela se produit avec la complicité à de multiples niveaux de tous les partis, syndicats et associations liés à l'Etat des exploiteurs et à leur ordre social et politique, notamment toute la gauche et tous les réformistes et opportunistes (jusqu'à la fausse extrême gauche). Les dirigeants fascistes peuvent parfaitement provenir de la gauche (comme Mussolini ou Laval), ou être soutenus par elle (comme celle de Pétain soutenu de la plupart des dirigeants politiques et syndicaux du front populaire en France). Ceux qui lient pieds et poings de la classe exploitée sont surtout des éléments de la gauche.</p>
<p>7°) Il ne faut pas attribuer la décision du fascisme à tel ou tel dirigeant populiste, démagogue, soi-disant génial ou fou. Il ne faut pas attribuer le choix du fascisme à la seule décision d'un appareil politique (de l'Etat ou d'un parti). C'est le choix d'une classe sociale exploiteuse (à notre époque, du capitalisme et de la fraction du grand capital). C'est dans une situation d'un pays que le fascisme se développe mais il le fait sur une décision qui n'est pas propre au pays mais à la classe capitaliste dans son ensemble.</p>
<p>8°) Quelles que soient les circonstances diverses de son avènement, le fascisme est toujours une attaque brutale, violente, sanglante, terroriste et totalement destructrice contre tout ce qui représente une fraction organisée, consciente (même très partiellement, même de manière réformiste et démocrate) des exploités. La classe capitaliste doit absolument annihiler tout sentiment de classe et transformer les exploités capables de faire la révolution en esclaves obéissants, apeurés et rampants.</p>
<p>9°) Sur le plan idéologique, le fascisme n'a pas nécessairement de rapport avec l'antisémitisme ou même le racisme mais il en a toujours avec le nationalisme exacerbé et violent, la haine des autres peuples, l'attirance pour la guerre contre les autres peuples, la haine contre l'internationalisme. Et, là non plus, il ne s'agit pas d'idéologie en dehors des classes : ce que le fascisme hait, c'est le caractère international du prolétariat révolutionnaire et de la perspective de société qu'il porte.</p>
<p>10°) Le fascisme a un soutien populaire de masse mais ce mouvement populaire n'a pas le caractère d'une révolution, non seulement parce que dans ses buts il est contre-révolutionnaire, est chargé de sauver de la révolution sociale la classe dirigeante et possédante mais surtout parce que ce mouvement n'a pas de force autonome socialement et politiquement. Ces masses de gens fascisés ne sont pas une vraie force. Ils ne savent même pas le rôle qu'ils jouent et, dès qu'ils ont annihilé le prolétariat, ils sont renvoyés au néant de leur inexistence, désarmés et désorganisés, pour laisser place à la dictature classique d'Etat. Ces masses fascisées n'ont aucune perspective sociale et politique propre. Tout ce qu'elles peuvent, c'est clamer leur amour du nationalisme à une époque où le respect des nations n'a plus aucun sens.</p>
<p>11°) Le moralisme n'a aucune force face au fascisme. Si on le considère seulement comme un mal moral, on ne peut pas combattre le fascisme. Le moralisme antifasciste est une espèce de pacifisme qui désarme les prolétaires et ne sert que les fascistes. Le moralisme dénonce mais il ne combat pas, il refuse le combat au nom de… la morale !</p>
<p>12°) Il n'y a pas un programme particulier pour combattre le fascisme, ni un pour combattre la guerre, ni un pour le combat économique, il y a un seul programme qui vise à la révolution socialiste prolétarienne internationale. Le pire est de croire que devant la menace fasciste, il faut abandonner la révolution sociale et se contenter de… lutter contre le fascisme, pour mieux s'unir, pour mieux l'entraver, pour mieux l'isoler, pour assurer l'avenir. C'est abandonner la barque parce qu'il y a une inondation…</p>
<p>CELUI QUI RECULE DEVANT LA TACHE DE CONSTRUIRE DES CONSEILS DU PEUPLE TRAVAILLEUR ET DE LEUR DONNER LA TOTALITE DU POUVOIR EST INAPTE A COMBATTRE LE FASCISME ;</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?page=recherche&recherche=fascisme" class="spip_out" rel="external">La suite</a></p>
<h2 class="spip">LA QUESTION DE LA GUERRE</h2>
<p>Face à la guerre mondiale inter-impérialiste, quelles sont nos armes, nous prolétaires ?<br class='autobr' />
Imaginons un peu. Demain, il y a la nouvelle grande boucherie guerrière entre les grandes puissances et qu'est-ce qu'on peut dans ces conditions effroyables espérer, tenter, sur quoi fonder nos luttes, quelles sont nos forces, nos faiblesses, notre politique ? Comment nous battre sur nos propres bases de prolétaires avant, pendant et après le déclenchement guerrier ? Comment ne pas tomber dans les pièges ? Comment ne pas nous trouver liés par la logique guerrière et ne pas nous solidariser avec nos propres exploiteurs ? Pourquoi peut-on penser que le prolétariat, absolument désarmé actuellement (sans organisation autonome, sans indépendance de classe, sans idéologie et programme de classe, sans armes, sans alliances avec des couches opprimées et exploitées) a cependant une force potentielle déterminante qui peut lui permettre de devenir le pôle autour duquel une alternative au système capitaliste se bâtira ?</p>
<p>Tout d'abord, sachant que la guerre mondiale entre les grandes puissances impérialistes ne se déclenchera qu'à partir du moment où l'effondrement de l'économie capitaliste s'avèrera ingérable, il certain qu'à ce moment-là, quand les banques seront fermées, quand les épargnes seront ponctionnées, quand les salaires et retraites ne seront plus versées, quand les Etats seront déclarés en faillite en même temps que les trusts, les banques et les bourses, alors, oui, il serait clair pour tous les prolétaires qu'il faut un nouveau système social, un nouveau mode de production.</p>
<p>Et alors, sera déterminant le fait que le prolétariat est la seule classe qui n'est pas objectivement dépendante historiquement du vieux système d'exploitation, même si elle a longtemps été subjectivement dépendante parce les organisations les plus importantes en son sein sont réformistes, c'est-à-dire tout à fait dépendantes du système, de ses institutions, de son Etat et de sa classe possédante. Cela signifie que la conscience des prolétaires de devoir offrir une alternative a toutes les chances de remonter en même temps que la colère face à la guerre et ses horreurs, la misère, la dictature, dès lors qu'il sera patent que le capitalisme n'offre plus aucun avenir à l'humanité. C'est pour cela que, dès ce moment, les grandes puissances se lanceront dans la guerre générale et globale, afin de s'en servir pour museler la colère, pour détourner la prise de conscience révolutionnaire prolétarienne en plongeant le monde dans le bain de sang et s'appuieront sur l'état de guerre pour museler les classes laborieuses et les masses populaires.</p>
<p>La guerre n'est rien d'autre que l'une des armes de la contre-révolution et la révolution est seulement le produit de l'effondrement du capitalisme. C'est l'incapacité du grand capital à aller de l'avant, en investissant ses profits dans la production, qui contraint les prolétaires à redevenir un potentiel révolutionnaire. Le grand capital a beau avoir son plus grand succès en termes de masse totale des capitaux, elle a atteint son plus grand échec en termes de masse des investissements productifs par rapport au total des capitaux. Or l'investissement productif est la source de la plus-value et donc la vraie origine de tout profit, malgré la masse des profits fictifs car purement spéculatifs en hausse spectaculaire.</p>
<p>Dès que la marche à la guerre générale sera annoncée, on nous dira : « quoique vous pensiez de la justesse de l'entrée en guerre, vous n'avez plus le choix, il faut défendre le camp de « notre » pays, de « notre » Etat, il faut viser à la victoire de « notre » armée. » Et cela viendra de la part non seulement des va-t-en guerre mais des prétendus pacifistes, les réformistes, la gauche, les syndicats et une certaine extrême gauche opportuniste. Ils diront : « Nous avons tout fait pour éviter la guerre et maintenant nous devons tout faire pour que « notre » peuple, « notre » pays (assimilés à tort à notre ville, notre maison, notre foyer, notre famille) ne subisse pas des conséquences trop graves de cette guerre. » Et c'est faux ! En cas de guerre entre les impérialismes, les peuples travailleurs de chacun de ces pays ont un seul intérêt : QUE LEUR PROPRE PAYS IMPERIALISTE SOIT VAINCU ! Cela s'appelle le défaitisme révolutionnaire. Parce que c'est de cette défaite que peut naître la victoire du prolétariat. Parce que souhaiter cette défaite, c'est la seule manière pour le prolétariat de relever le défit de la guerre à la classe dirigeante. Parce que tout autre politique est une trahison des intérêts du peuple travailleur. Cette « trahison nationale » est la seule vraie dénonciation du nationalisme guerrier impérialiste et toute autre position n'est que mensonges pacifistes, pacifiques seulement à l'égard des possédants. Seule la défaite militaire de l'impérialisme provoquée et organisée par les exploités peut arrêter la guerre en mettant en avant le pouvoir des travailleurs. Les diverses formes du patriotisme mêlé de pacifisme ne sont que mensonges sanglants. Ne pas désarmer et détruire l'armée de la bourgeoisie impérialiste, c'est la laisser tourner ses armes contre le peuple travailleur. N'oublions pas que dans tous les épisodes historiques connus, l'armée impérialiste a fait suivre la guerre entre impérialismes, d'une guerre civile sanglante dans laquelle l'armée a fait tirer sur le peuple !</p>
<p>Jamais aucun impérialisme n'a mené de guerre pour sauver un peuple de la guerre, de la dictature, du fascisme, du massacre ou même du génocide. Les prétendues démocraties, leurs « démocrates », leurs gauches, leurs syndicats, leurs médias qui prétendent le contraire sont des fieffés menteurs qui veulent à nouveau nous tromper demain. Aucun impérialisme ne mène une guerre pour soutenir le peuple de son pays, pas plus qu'il n'exploite la planète dans ce but. L'impérialisme, même soi-disant tempéré de démocratie électorale et de constitution légale, n'est rien d'autre que le pouvoir du grand capital, c'est-à-dire d'une infime minorité qui exploite l'immense majorité, y compris celle du pays impérialiste. Ce n'est pas pour enrichir le peuple des pays riches que les pays pauvres sont mis en coupe réglée par l'impérialisme. Certes, cela a permis longtemps de retarder les révolutions dans les pays riches mais cela n'est plus vrai. L'effondrement du capitalisme sonne le glas aussi de cette tromperie-là. Plus que jamais, l'impérialisme signifie le bain de sang des travailleurs, quelle que soit leur nationalité, leur origine, leur race, leur religion, leur couleur de peau. <br class='autobr' />
PROLETAIRES DE TOUS LES PAYS UNISSEZ VOUS POUR ABATTRE L'IMPERIALISME MONDIAL !<br class='autobr' />
La défaite, la chute de l'impérialisme, et même le début de la révolte prolétarienne contre l'impérialisme c'est le début de la révolution sociale, le début de la fin de l'impérialisme, le début de la république des soviets ! Ce qui s'oppose à l'impérialisme, c'est le prolétariat organisé en soviets, c'est-à-dire en conseils de délégués élus et révocables par les assemblées générales prolétariennes révolutionnaires qui décident de tout et dirigent tout. Sans le pouvoir de soviets, on ne peut pas en finir avec l'impérialisme ! <br class='autobr' />
CEUX QUI DENONCENT L'IMPERIALISME SANS APPELER AU POUVOIR DES SOVIETS SONT DES COMPLICES CAMOUFLES DE NOS ENNEMIS !<br class='autobr' />
Le premier pas dans le sens de la défaite de l'impérialisme consiste à casser le moral de l'armée. A casser aussi la crédibilité du patriotisme. A dévoiler et casser les buts prétendus de l'impérialisme. A dénoncer et démasquer les amis cachés de l'impérialisme et surtout ceux qui ont du crédit parmi les travailleurs. A dénoncer les crimes de l'impérialisme et à montrer qu'ils n'ont pas été commis pour défendre la population contre les crimes d'autres impérialismes mais pour des buts bien plus intéressés et qui « intéressent » une part infime de la population, les plus riches et les oppresseurs et exploiteurs du monde, gens qui n'appartiennent pas au même monde que nous. Tant que le moral de l'armée est haut, que le soldat suit aveuglément sa hiérarchie, aucune révolution ne peut triompher. Tant que le petit soldat ne sent pas qu'il a des buts différents voire opposés à ceux de ses chefs, la révolution prolétarienne se heurte à un mur infranchissable. Mais, avec la guerre, le soldat voit tous les jours les mensonges, les exactions, les crimes des chefs militaires et la démoralisation peut être très rapide. Le soldat est chair à canons comme le prolétaire est chair à travail, exploité, trompé, exposé et sacrifié en premier. Encore faut-il que le petit soldat soit attiré par un prolétariat combatif qui exprime une solidarité avec lui et qui affirme que tout soldat qui prend parti pour la révolution sera protégé par elle. Car un soldat révolté en temps de guerre est très vite éliminé physiquement par la répression militaire. Dès lors que l'armée se fissure, le pouvoir des classes possédantes tient à un fil, qu'il est possible de briser pour peu que les travailleurs s'auto-organisent en soviets dans ce but et combattent les forces réformistes en leur sein, forces qui ne veulent surtout pas de la déstabilisation de l'Etat. Il est alors possible que les soviets de travailleurs se lient aux comités de soldats. C'est le signal que la révolution est mure pour préparer un nouveau pouvoir face à l'ancien, pour commencer à contester, puis renverser le pouvoir des possédants. <br class='autobr' />
LA GUERRE N'EST PAS LA FIN DE LA LUTTE DE CLASSE MAIS SON EXACERBATION.<br class='autobr' />
La défaite militaire est la meilleure arme des prolétaires qui veulent agir dans le sens des intérêts historiques de leur classe, c'est-à-dire vers le pouvoir des conseils de travailleurs en armes. Inversement, la réussite du lancement de la guerre démolit momentanément le moral des travailleurs, leur sens de classe, leur confiance dans leurs propres forces. La guerre apparaît toujours comme une victoire du nationalisme exacerbé, renforce la haine des autres peuples, donne la parole aux pires bellicistes, étouffe la voix des internationalistes et de tous ceux qui se revendiquent du prolétariat. Bien sûr, la guerre ne favorise nullement le moral et la conscience des travailleurs, ni leur organisation, ni leurs luttes, ni leurs liens entre prolétaires. L'accablement, le désespoir, le fatalisme, la méfiance, la peur, le soupçon, le nationalisme, le racisme, le fascisme, les sentiments les plus bas ne peuvent que sortir favorisés dans un premier temps par l'entrée en guerre. La propagande y rajoute la dénonciation des exactions réelles ou imaginaires de l'impérialisme ennemi et le camouflage des crimes de son propre impérialisme. Bien entendu, tout cela n'est pas fait pour favoriser la montée de la révolution, bien au contraire, celle de la contre-révolution. Redisons-le, la guerre n'est pas seulement le produit des rivalités inter-impérialistes mais de la lutte des classes, qui, en période de crise aigue du système dominant, nécessite des moyens violents, sanglants, pour éradiquer les risques révolutionnaires. Et la méfiance a des fondements bien réels : la guerre permet d'autoriser la répression systématique et l'élimination individuelle et collective des « ennemis » par le pouvoir, les ennemis de classe étant considérés comme des ennemis de guerre.</p>
<p>QUAND ILS FONT LA GUERRE, IL FAUT NOUS DIRE QUE C'EST A NOUS, PEUPLE TRAVAILLEUR, QU'ILS FONT LA GUERRE.<br class='autobr' />
La perte de moral du prolétariat dans cette première phase provient non seulement de la peur des horreurs qui démarrent ou qui peuvent suivre mais aussi de l'effondrement des illusions qui l'avaient précédé sur la possibilité de bien vivre au sein du système, malgré ses défauts. Bien des prolétaires ont longtemps cru que l'ordre social n'était pas parfait mais qu'on pouvait s'y faire sa place. Ces illusions ont été bien organisées et planifiées par l'ordre établi et par toutes les organisations installées au sein du système, y compris la gauche, les syndicats et la fausse extrême gauche. Ces derniers n'ont cessé de faire croire que l'on pouvait défendre ses intérêts de classe au sein des institutions et qu'on devait compter pour s'exprimer et lutter sur les élections bourgeoises et sur les bureaucraties syndicales liées aux classes possédantes à l'Etat capitaliste. Toutes ces tromperies ont lié pieds et poings les travailleurs à leurs pires ennemis et les ont menés à croire que l'armée de leur impérialisme était « leur » armée, chargée de les protéger, eux et leur famille ! Ce sont eux qui ont fait croire qu'on pouvait faire confiance aux classes dirigeantes si le sort du pays était en jeu ! Comme si les exploiteurs voulaient sauver un seul peuple ! Ce sont eux qui refusent aux exploités et aux opprimés de s'unir au sein des conseils du peuple travailleur, seule organisation de masse capable d'offrir une alternative à la société d'exploitation. Aujourd'hui, à la veille du conflit général, ils ne lèvent pas le petit doigt pour permettre aux exploités et aux opprimés de s'unir dans la lutte pour préparer un autre avenir que cette immense boucherie. Et pourtant certains d'entre eux se disent opposés à la guerre et pour certains opposés aux exploiteurs ou opposés au système capitaliste. Mais ils sont liés entre eux, ils se tiennent les coudes, même s'ils se critiquent mutuellement. Les illusions sur le système que toutes ces organisations ont cultivé vont nous coûter extrêmement cher car elles nous ont empêché de nous préparer, elles vous nous contraindre de le faire sous le feu, dans les pires conditions, mais nous devrons cependant le faire, nous le pouvons et nous pouvons gagner. Les classes possédantes le savent. Elles l'ont appris des guerres impérialistes précédentes dans lesquelles des révoltes et des révolutions ont éclaté. De la dernière vague des révoltes et révolutions débutée en 2010-2011 qui a suivi l'effondrement économique et social de 2007-2008, elles ont tiré la leçon que la révolution sociale mondiale menace de revenir sur le devant de la scéne de l'Histoire et elles comptent bien pratiquer un bain de sang de masse pour éviter que la prochaine vague révolutionnaire internationale ne tire les leçons de la précédente et ne mène au pouvoir des soviets.</p>
<p>ILS SONT EN GUERRE PARCE QU'ILS CRAIGNENT NOTRE REVOLUTION.<br class='autobr' />
La guerre se charge de détruire les potentialités révolutionnaires mais elle va nécessairement détruire en même temps les illusions réformistes qui enchainaient et baillonnaient le prolétariat révolutionnaire. Elle va détruire, torturer, terroriser et démolir la vie de millions d'êtres humains mais aussi les libérer de leurs réserves, de leurs réticences, de leurs timidités à agir révolutionnairement à l'égard des exploiteurs et oppresseurs, de leurs craintes de semer la violence face à une société qui, elle, n'a pourtant jamais craint de semer la violence, leurs retenues devant la nécessité de terroriser ceux qui nous terrorisent.<br class='autobr' />
Bien sûr, les travailleurs et les peuples n'ont pas voulu de la lutte au couteau pas plus qu'ils n'ont voulu de la guerre civile et de la révolution. Ce sont les exploiteurs et les oppresseurs qui les y contraignent. Et ils nous contraignent de prendre les armes pour tuer le peuple d'en face qui est comme nous contraint de prendre les armes pour massacrer ses frères du pays voisin. Alors, il est légitime d'employer les armes pour renverser les bouchers qui nous donnent de tels ordres. Il n'y aucune morale à accepter, à céder, à se soumettre aux hiérarchies militaires et aux pouvoirs civils qui nous donnent ces ordres. Notre devoir, la défense de nos familles, notre dignité d'hommes et de femmes nous imposent l'inverse : le droit à refuser, de nous révolter, de renverser le pouvoir assassin.<br class='autobr' />
Toute cette tromperie qui se finit dans la barbarie sanglante provient d'un mensonge : faire croire que cet Etat est celui du peuple travailleur, l'émanation de sa propre volonté. Eh bien, la seule réponse valable est de mettre en place réellement l'Etat qui est le produit des décisions du peuple travailleur, l'Etat des conseils révolutionnaires de travailleurs, élus et révocables par eux. Et cela nécessite de désarmer, de dissoudre, de désorganiser, de démoraliser l'armée permanente de la bourgeoisie capitaliste dans tous les pays à commencer par celle des plus grandes puissances, des impérialismes qui dominent et terrorisent le monde. C'est la guerre qui peut nous permettre d'y parvenir mais cela nécessite que les travailleurs agissent en révolutionnaires et se donnent comme objectif de détruire le mensonge de cet Etat capitaliste qu'on leur a présenté comme leur propre Etat.</p>
<p>LE PREMIER PAS DES TRAVAILLEURS REVOLUTIONNAIRES EST DE CESSER D'ETRE LES DUPES DE L'ETAT DES CAPITALISTES QUI SE DIT ETAT DU PEUPLE TOUT ENTIER ET DE PROCLAMER QUE SA DEFAITE EST LE DEBUT DE NOTRE VICTOIRE !<br class='autobr' />
Quelles sont nos armes ? La première et principale arme du prolétariat révolutionnaire est de ne pas se lier au pouvoir capitaliste, de ne pas se lier à la défense de son système d'exploitation, de ne pas croire aux organisations qui l'y enchainent. La seconde est de ne pas être enchaînés aux institutions même celles dites démocratiques, ne pas être enchaînés à la propriété privée des capitaux et des moyens de production, ne pas être à sa hiérarchie, à sa légalité, à ses forces de répression, à son ordre social, à sa morale, à son idéologie, à sa philosophie, à son prétendu pacifisme, à sa prétendue morale. La troisième arme des prolétaires est l'auto-organisation en comités du peuple travailleur s'emparant, avec l'aide des comités de soldats qui refusent l'obéissance à leur hiérarchie et au pouvoir capitaliste, de tout le pouvoir de décision, de tous les pouvoirs réels et notamment du capital tout entier et de la totalité des armes. Tous les organisations qui se disent du côté des travailleurs mais refusent tout cela ne sont que des traitres aux intérêts prolétariens !<br class='autobr' />
Ceux qui, craintifs, se disent que leurs camarades de travail sont encore loin d'avoir conscience de tout cela et pensent que ces remarques sont hors de propos, ont tort : si la guerre mondiale approche, c'est que l'effondrement économique et social est déjà inéluctablement réalisé. Alors, cela signifie que la perspective révolutionnaire socialiste n'est pas pour après-demain. Il est donc plus que temps de se préparer, camarades, de préparer nos idées, nos programmes, nos conseils de travailleurs et notre parti révolutionnaire afin de préparer un avenir socialiste à la société humaine mondiale !</p>
<h2 class="spip">LA QUESTION DU PROGRAMME REVOLUTIONNAIRE</h2>
<p>Demandez le programme des communistes révolutionnaires…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8532" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8532</a></p>
<p> Le programme de Lutte ouvrière (le petit article qui en tient lieu) ne parle de l'Etat ouvrier que pour faire référence à sa dégénérescence et pas pour parler de l'avenir, du pouvoir des soviets !</p>
<p>Il ne parle que de détruire des rapports sociaux, pas de détruire l'Etat bourgeois !</p>
<p>Il ne dit rien de ce qu'il faut faire de l'armée capitaliste, de la police capitaliste, des prisons capitalistes, de l'administration capitaliste, etc…</p>
<p>Sur l'état actuel du système capitaliste, il ne va pas au-delà des termes de « nouvelle crise grave »…</p>
<p>La tâche qu'elle se donne est très passive : « Transmettre fidèlement les idées marxistes aux nouvelles génération. »</p>
<p>La référence au grand communiste révolutionnaire Barta est effacée : « Le courant politique incarné aujourd'hui par Lutte ouvrière est né, pendant la Deuxième Guerre mondiale. » C'est tout.</p>
<p>Pourtant il cite le rapport de 1943 de Barta sans nommer son auteur !</p>
<p><a href="https://www.lutte-ouvriere.org/mensuel/article/2017-12-09-construire-un-parti-communiste-revolutionnaire_100246.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lutte-ouvriere.org/mensuel/article/2017-12-09-construire-un-parti-communiste-revolutionnaire_100246.html</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/00/kmfe18470000a.htm" class="spip_out" rel="external">1847</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1875/05/18750500.htm" class="spip_out" rel="external">1875</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/kautsky/works/1892/00/kautsky_18920000.htm" class="spip_out" rel="external">1892</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1899/10/vil00101899.pdf" class="spip_out" rel="external">1899</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/10/vil19171008.htm" class="spip_out" rel="external">1917</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/luxembur/spartakus/rl19181231.htm" class="spip_out" rel="external">1918</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/inter_com/1922/06/programme.htm" class="spip_out" rel="external">1922</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/ical/ical212.html" class="spip_out" rel="external">1928</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/4int/prewar/1934/prog34.htm" class="spip_out" rel="external">1934</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/trans/tran.htm" class="spip_out" rel="external">1938</a></p>
<h2 class="spip">LA QUESTION DE L'ETAT</h2>
<p>La plus "démocratique" des républiques n'est rien d'autre que la dictature du grand capital défendue jusqu'à la mort par ses forces armées<br class='autobr' />
L'Etat est la principale tromperie politique qui induit en erreur les masses laborieuses dans le monde entier. Il est présenté partout comme le principal outil de progrès social et de développement de la société alors qu'il est le principal outil des classes dirigeantes en vue de la conservation d'un ordre social fondé sur l'exploitation et l'oppression. Les peuples et les classes ouvrières dénoncent souvent les hommes politiques, les chefs militaires éventuellement, parfois même les chefs religieux mais ils ne cessent jamais de croire que l'Etat "devrait" être au service du peuple. C'est là l'illusion suprême et la plus grave des tromperies.<br class='autobr' />
"Certes, il est beaucoup plus facile de s'exclamer, d'injurier, de pousser les hauts cris, que d'essayer de raconter, d'expliquer, de rappeler la façon dont Marx et Engels ont analysé en 1871, 1872, 1875 l'expérience de la Commune de Paris et ce qu'ils ont dit de la nature de l'Etat qui est nécessaire au prolétariat."<br class='autobr' />
Lénine dans les thèses d'avril 1917<br class='autobr' />
« Etant donné que l'Etat est la forme par laquelle les individus d'une classe dominante font valoir leurs intérêts communs, la forme dans laquelle l'ensemble de la société civile d'une époque se résume, il s'ensuit que toues les institutions communes sont médiatisées par l'Etat, reçoivent une forme politique. D'où l'illusion que la loi repose sur la volonté libre, détachée de sa base réelle. »<br class='autobr' />
Karl Marx dans « Feuerbach »<br class='autobr' />
"On se rend compte immédiatement que, dans un pays comme la France, où le pouvoir exécutif dispose d'une armée de fonctionnaires de plus d'un demi-million de personnes et tient, par conséquent, constamment sous sa dépendance la plus absolue une quantité énorme d'intérêts et d'existences, où l'Etat enserre, contrôle, réglemente, surveille et tient en tutelle la société civile, depuis ses manifestations d'existence les plus vastes jusqu'à ses mouvements les plus infimes, de ses modes d'existence les plus généraux jusqu'à la vie privée des individus, où ce corps parasite, grâce à la centralisation la plus extraordinaire, acquiert une omniprésence, une omniscience, une capacité de mouvement et un ressort accru, qui n'a d'analogue que l'état de dépendance absolue, la difformité incohérente du corps social, on comprend donc que, dans un tel pays, l'Assemblée nationale, en perdant le droit de disposer des postes ministériels, perdait également toute influence réelle, si elle ne simplifiait pas en même temps l'administration de l'Etat, ne réduisait pas le plus possible l'armée de fonctionnaires et ne permettait pas, enfin, à la société civile et à l'opinion publique de créer leurs propres organes, indépendants du pouvoir gouvernemental. Mais l'intérêt matériel de la bourgeoisie française est précisément lié de façon très intime au maintien de cette machine gouvernementale vaste et compliquée. C'est là qu'elle case sa population superflue et complète sous forme d'appointements ce qu'elle ne peut encaisser sous forme de profits, d'intérêts, de rentes et d'honoraires. D'autre part, son intérêt politique l'obligeait à aggraver de jour en jour la répression, et, par conséquent, à augmenter les moyens et le personnel du pouvoir gouvernemental, tandis qu'en même temps il lui fallait mener une guerre ininterrompue contre l'opinion publique, mutiler et paralyser jalousement les organes moteurs indépendants de la société, là où elle ne réussissait pas à les amputer complètement. C'est ainsi que la bourgeoisie française était obligée, par sa situation de classe, d'une part, d'anéantir les conditions d'existence de tout pouvoir parlementaire et, par conséquent aussi, du sien même, et, d'autre part, de donner une force irrésistible au pouvoir exécutif qui lui était hostile."<br class='autobr' />
Karl Marx dans "Le 18 brumaire de Louis Bonaparte"<br class='autobr' />
𝐂𝐎𝐌𝐌𝐄𝐍𝐓 𝐋𝐄 𝐏𝐄𝐔𝐏𝐋𝐄 𝐓𝐑𝐀𝐕𝐀𝐈𝐋𝐋𝐄𝐔𝐑 𝐏𝐄𝐔𝐓-𝐈𝐋 𝐀𝐒𝐒𝐔𝐑𝐄𝐑 𝐒𝐀 𝐏𝐑𝐎𝐏𝐑𝐄 𝐒𝐄𝐂𝐔𝐑𝐈𝐓𝐄 𝐄𝐓 𝐈𝐍𝐓𝐄𝐆𝐑𝐈𝐓𝐄 𝐏𝐇𝐘𝐒𝐈𝐐𝐔𝐄 𝐄𝐓 𝐌𝐎𝐑𝐀𝐋𝐄 𝐄𝐍 𝐒𝐄 𝐃𝐄𝐁𝐀𝐑𝐑𝐀𝐒𝐒𝐀𝐍𝐓 𝐃𝐄𝐒 𝐅𝐎𝐑𝐂𝐄𝐒 𝐃𝐄 𝐋'𝐎𝐑𝐃𝐑𝐄 𝐂𝐀𝐏𝐈𝐓𝐀𝐋𝐈𝐒𝐓𝐄 <br class='autobr' />
On nous présente tous les jours l'existence de la police, de la gendarmerie ou de l'armée comme une chose allant de soi, comme une chose qui ne se discute même pas. Leur vocation serait de protéger le peuple ! On nous l'apprend depuis que nous sommes enfants, comme on nous apprend l'existence du divin et le respect et la soumission que nous devrions aux deux ! La police (et l'État) au travers des différentes formes qu'elle a pu prendre dans les sociétés humaines, comme la religion, a toujours eu la vocation d'aider à maintenir de toutes les manières les sociétés de classes au profit exclusif d'une seule classe, une petite minorité qui, ellémême a changé au fil des temps, allant du patricien au seigneur avant de laisser la place aux bourgeois capitalistes !<br class='autobr' />
Les classes dirigeantes, pour asseoir leur pouvoir, se sont toujours appuyées sur des bandes d'hommes en armes pour lesquelles elles avaient besoin de légitimer le port exclusif des armes et de la violence qu'elles nomment justice divine ou républicaine tout en excluant le peuple de cet exercice politique !<br class='autobr' />
En effet, depuis notre enfance, on nous explique que les forces de l'ordre nous protègeraient des délinquants et de la racaille ! Que nous ne pouvons pas vivre sans elles ! Que c'est un mal nécessaire ! Que nous sommes bien contents quand des CRS sauvent des vies sur les plages l'été…. La liste est longue ! <br class='autobr' />
Pourtant où sont-elles quand on est licencié, expulsé ? Où sont-elles quand on meurt aux urgences, victime de la destruction de l'hôpital public ? Où sont-elles quand on ne fait qu'un repas par jour, quand on ne peut rien offrir à ses enfants que misère, pauvreté, chômage, SNU, guerres... Où sont-elles quand les gouvernants foulent aux pieds le droit des peuples ? Où sont-elles quand le peuple se révolte contre cette situation intolérable ? Elles sont là, matraque à la main, nous gazant, nous tirant dessus à l'arme de guerre (LBD), nous jetant des grenades qui nous mutilent et nous tuent, pour protéger soi-disant la république du Peuple mais certainement pas pour protéger le peuple de la république capitaliste, de ses gouvernements et de son État qui jettent de plus en plus d'entre nous dans la misère ! Les forces de l'ordre capitalistes ne sont et ne seront jamais du côté du peuple mais du côté de l'État et des gouvernements qui eux-mêmes sont au service des classes dirigeantes : c'est-à-dire les grandes fortunes. Voilà où sont les forces de l'ordre capitaliste ! <br class='autobr' />
Oui mais, nous diront certains, malgré cela la police nous protège quand même de la racaille et des gangs tant bien que mal ! Faux et archifaux, la police ne pourra jamais lutter efficacement non plus contre la délinquance ou même contre les gangs qui leur servent de faire valoir à leur propre existence ! Oui, contrairement à tout ce qui est dit, la police ne peut pas nous protéger de la délinquance et de la racaille, ni la faire disparaître, car l'existence même de la petite délinquance et de l'économie parallèle est intimement liée aux sociétés de classes ! Petite délinquance, gang, mafia et Cie ne sont rien d'autres que les produits du capitalisme qui n'offre pas à certaines populations la possibilité de travailler ou de vivre de leur travail, poussant ainsi à l'émergence d'une économie parallèle, souterraine, mafieuse, qui, au final, est tout aussi capitaliste que tout le reste de l'économie dont elle irrigue de son argent dit sale comme s'il y avait de l'argent propre non issu de l'exploitation du travail sous le capitalisme ! La police ne peut d'autant plus rien contre l'économie illégale car celle-ci est vitale au bon fonctionnement du capitalisme tout entier et dont les plus grands trafiquants sont à la tête des grandes entreprises capitalistes mondiales et des États protégés par cette même police qui leur obéit et qui jamais ne s'en prend à eux ! <br class='autobr' />
La Françafrique dont la France bourgeoise et l'Élysée ne sont-elles pas à la tête d'une des plus grandes entreprises mafieuses basées sur le trafic d'armes, de drogues et l'esclavage salarial des peuples par le biais de dictatures soutenues par l'armée française qui n'hésitent pas à massacrer les peuples voire à soutenir et aider à l'organisation de génocides comme au Rwanda en 1994 ? Si !<br class='autobr' />
N'est-ce pas les mêmes raisons qui prévalent à Mayotte ? Si !<br class='autobr' />
N'est-ce pas les mêmes raisons qui prévalent en Ukraine ? Si !<br class='autobr' />
Ce sont celles du brigandage et du vol faites sur le corps et le sang des prolétaires et des peuples ! Et que fait la police contre les brigands à la tête de l'État et des gouvernements ? Rien ! Elle les protège sous couvert de défendre la république et la démocratie ! Jamais un groupe de mercenaires n'a défendu la démocratie ! Le pendant de cette politique mafieuse extérieure est le maintien de l'ordre bourgeois par la police et la gendarmerie en France par tous les moyens nécessaires pour maintenir l'exploitation légale en France !<br class='autobr' />
Bien des prolétaires et une majorité du peuple travailleur ont oublié ce qu'était la police et l'armée même républicaines ! Ils ont oublié comment ces derniers ont assassiné des grévistes ou massacré des soulèvements comme la Commune de Paris ! La raison de cet oubli mémoriel est simple ! L'exploitation du reste du monde a permis aux classes dirigeantes en France de maintenir une certaine paix sociale pendant de nombreuses années grâce aux CDI et à l'emploi à vie jusqu'à la retraite, l'accession aux études des enfants de la petite bourgeoisie mais aussi ouvrière (au moins jusqu'au BAC), l'accession à la propriété ! Mais cette période même de calme relatif dans un pays comme la France n'empêchait nullement la police de quadriller les quartiers les plus populaires et les plus pauvres pour maintenir la paix civile bourgeoise pour tous ceux qui étaient exclus du « miracle économique des 30 glorieuses » ! Seule la fraction la plus pauvre (notamment issue de l'immigration) a continué de subir pendant de nombreuses décennies les violences policières et les meurtres commis par la police ! Afin de maintenir cette séparation entre le prolétariat autochtone et celui issu des colonies ou des anciennes colonies, le racisme républicain à gauche comme à droite a permis de faire de la fraction du prolétariat la plus précaire et issue de l'immigration une nouvelle « classe dangereuse » qu'il fallait rendre sulfureuse pour mieux défendre auprès de la classe ouvrière autochtone les violences à son encontre afin d'obtenir leur soutien à la police capitaliste ! Mais ce qui fût vrai pendant tout un temps est de plus en plus remis en cause ces dernières années ! De nouvelles fractions du prolétariat et du peuple travailleur se trouvent de plus en plus confrontées à la réalité policière de la république capitaliste et de ses violences !<br class='autobr' />
En effet, avec l'effondrement économique de 2008, l'ensemble des économies capitalistes ne peuvent plus maintenir la paix sociale comme avant ! Et un pays impérialiste comme la France ne fait pas exception, provoquant un recul sans précédent des conditions de vie et de travail ! Cette situation a poussé et pousse encore inéluctablement à une lutte de classe toujours plus exacerbée entre la bourgeoisie et le peuple travailleur ! Et les Gilets Jaunes comme les émeutes de ces derniers jours sont l'expression de cette lutte de classe qui s'exacerbe ! Et face à ces menaces, l'État montre son vrai visage, celui d'une bande de mercenaires assermentés défendant avant les intérêts des classes dirigeantes capitalistes ! Et les Gilets Jaunes ont montré pour la première fois depuis très longtemps que lorsqu'on se montrait dangereux politiquement pour les classes dirigeantes, elles utilisaient les mêmes politiques de répression que celles utilisées contre les populations des quartiers les plus populaires ! Les « fascistes, antisémites, homophobes » Gilets Jaunes remplaçant alors la « racaille, les délinquants » des quartiers populaires à forte concentration de population d'origine arabe ou africaine qu'est la jeunesse ouvrière, ces nouveaux gavroches des temps modernes jetés à la vindicte populaire ! <br class='autobr' />
Quant à l'État, il réapparait pour un très grand nombre de travailleurs pour ce qu'il n'a jamais cessé d'être, c'est-à-dire une bande d'assassins couverts de la légalité capitaliste qui n'a strictement rien à voir avec le mythe de la police républicaine défendue par la gauche bourgeoise du PCF au PS en passant par la LFI qui n'ont rien à voir avec le réformisme ouvrier d'un Jaurès. Jaurès qui sur cette question est bien plus à gauche que tous ces partis qui, aujourd'hui, défendent non seulement la police capitaliste mais sa république comme horizon indépassable, là où même un Jaurès défendait l'horizon du socialisme cad l'abolition de la propriété privée des moyens de production et du salariat ! Il n'en est plus rien pour ces partis du socialisme comme de l'abolition de la police et de l'armée que le socialisme défendait encore jusqu'en 1914 comme le faisait alors le POF de Jules Guesde et Lafargue ou encore le syndicalisme révolutionnaire de la CGT avant de tous rejoindre l'Union Sacrée avec leur bourgeoisie et de ne plus en sortir depuis ! Programme politique que d'ailleurs l'ensemble de nos extrêmes gauches LO, NPA(s), UCL, Révolution Permanente, CNT et syndicats ont complètement jeté aux orties dénonçant seulement les violences policières et demandant soit une police de proximité pour certains comme LO ou une démocratisation impossible de la police pour d'autres ! <br class='autobr' />
Mais alors par quoi remplacer la police, la gendarmerie et l'armée ? Qui doit assurer la sécurité et la sureté du peuple travailleur ? Dans les sociétés de classes dominées par une petite minorité dirigeante, l'exercice de la violence et le maintien de la société de classe se fait par le biais d'un organisme autonome et indépendant du peuple qui a l'usage exclusif de la violence. Violence qu'il exerce contre ce même peuple quand celui-ci n'accepte plus son sort dans la société de classe comme sous le capitalisme ! Dans sa lutte contre la société de classe, le peuple travailleur ne peut prendre en ses mains l'appareil d'État et la police et les faire fonctionner pour ses besoins comme le prétendent les réformistes bourgeois qui sont à la direction actuelle du mouvement ouvrier (de collaboration de classe) ! Le peuple travailleur doit détruire L'État Bourgeois et sa police et construire un appareil d'État et une police qui n'ont rien à voir cad un État et une police qui ne lui sont pas extérieure, pas au-dessus de lui, mais qui émane de lui-même et de son organisation ! Le peuple travailleur devient l'État, il est l'ÉTAT et il assure lui-même, en mandatant des personnes qui sont responsables et révocables devant lui, sa propre sécurité c.-à-d. un qu'il exerce lui-même les fonctions de police par le biais d'un corps social qui ne lui est pas extérieur mais bien au contraire qui émane directement de lui et de son auto-organisation. Le peuple travailleur se constitue ainsi en ÉTAT MAIS UN ETAT QUI N'A RIEN DE COMPARABLE À CELUI DES CLASSES DIRIGEANTES CAR C'EST UN ETAT QUI REPOSE SUR L'ARMEMENT GÉNÉRAL DU PEUPLE !<br class='autobr' />
Le peuple ne peut en réalité défendre son intégrité physique et morale qu'en assurant lui-même sa propre défense ! Et cela s'appelle l'armement général du peuple, l'armement du prolétariat avec la constitution de milices qui seront responsables devant des comités du peuple ! L'armement du peuple va de pair avec la lutte contre la présidence et les parlements bourgeois ! A la police bourgeoise et à son État, nous y opposons L'État ouvrier issu de la fédération des comités du peuple travailleur et l'armement du peuple ! A la privatisation de la violence, nous opposons un exercice public de la violence par le peuple lui-même ! Pour cela le peuple doit s'organiser ! D'ailleurs le chant de l'armée du Rhin avant de devenir un chant récupéré par les nationalistes, les réactionnaires et la bourgeoisie était un chant révolutionnaire mettant en avant l'armement du peuple : « Citoyens aux armes, formez vos bataillons » ! Mais cet armement du peuple ne peut -être indépendant de la lutte contre l'appareil d'État et le capitalisme et de la lutte pour le socialisme, une société basée sur la propriété collective des moyens de production et l'auto gouvernement du peuple, jetant par la même les bases du communisme !<br class='autobr' />
Face à la police et aux gangs ! <br class='autobr' />
Peuple travailleur, organise toi, forme tes milices et prend les armes ! <br class='autobr' />
<a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6275" class="spip_out" rel="external">Lire ensuite</a><br class='autobr' />
<a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5462" class="spip_out" rel="external">Lire enfin</a></p>
<p>Qu'est ce que l'État ?<br class='autobr' />
<a href="http://matierevolution.fr/spip.php?article1362" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">http://matierevolution.fr/spip.php?article1362</a></p>
<p>L'Etat ou le monopole des armes imposé par la classe possédante</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7362" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7362</a></p>
<p>Le prolétariat peut-il se passer des forces de l'ordre capitaliste ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7317" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7317</a></p>
<p>La compréhension de l'Etat</p>
<p><a href="http://matierevolution.fr/spip.php?article477" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">http://matierevolution.fr/spip.php?article477</a></p>
<p>L'Etat et la révolution de Lénine</p>
<p><a href="http://matierevolution.fr/spip.php?article140" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">http://matierevolution.fr/spip.php?article140</a></p>
<p>"L'Etat, une bande d'hommes en armes"<br class='autobr' />
Friedrich Engels</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5338" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5338</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5302" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5302</a></p>
<h2 class="spip">LA QUESTION DE LA RELIGION</h2>
<p>Nos thèses sur Révolutionnaires et Religions</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8526" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8526</a></p>
<p>Références</p>
<p><a href="https://www-marxists-org.translate.goog/subject/religion/index.html?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc#trotskyism" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www-marxists-org.translate.goog/subject/religion/index.html?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc#trotskyism</a></p>
<p>Toutes les religions sont au service des classes dirigeantes</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5076" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5076</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7591" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7591</a></p>
<p>Les religions se battent d'abord contre la révolution sociale</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6077" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6077</a></p>
<p>La religion, ce n'est jamais seulement… religieux...</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8084" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8084</a></p>
<p>Le combat à mener contre les religions et, en particulier, celle qui domine dans un pays…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7764" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7764</a></p>
<p>LES COMMUNISTES, LA LAICITÉ ET LA LUTTE CONTE LA RELIGION, LES « EGLISES » ET LES CLERGÉS<br class='autobr' /> Qu'est-ce que la religion et le rôle de la religion dans les sociétés de classe<br class='autobr' /> Croyances et religion<br class='autobr' /> Les nouvelles guerres de religion (islamo-gauchisme et anti-islamo gauchisme ou islamophobie)<br class='autobr' />
Le confusionnisme pseudo d'extrême gauche antiraciste tombe dans l'islamophilie…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1114" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1114</a></p>
<p>Anti-islamophobie : un bourbier réactionnaire où s'enlisent des "trotskistes" du NPA</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3737" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3737</a></p>
<p>Ni islamophobie, ni islamophilie :</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2876" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2876</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6052" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6052</a></p>
<h2 class="spip">LA QUESTION DES PAYSANS</h2>
<p>La mort programmée des petits paysans<br class='autobr' />
Vont-ils finir d'exterminer les petits paysans des campagnes ?<br class='autobr' />
<a href="https://www.francebleu.fr/infos/societe/le-mouvement-citoyen-terre-de-liens-alerte-40-000-fermes-de-petite-taille-ont-disparu-en-trois-ans-4328795" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.francebleu.fr/infos/societe/le-mouvement-citoyen-terre-de-liens-alerte-40-000-fermes-de-petite-taille-ont-disparu-en-trois-ans-4328795</a><br class='autobr' />
<a href="https://rmc.bfmtv.com/actualites/economie/travail/la-disparition-des-petites-fermes-francaises-s-accelere-plus-de-40-000-en-trois-ans_AV-202511180748.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://rmc.bfmtv.com/actualites/economie/travail/la-disparition-des-petites-fermes-francaises-s-accelere-plus-de-40-000-en-trois-ans_AV-202511180748.html</a><br class='autobr' />
<a href="https://www.lemonde.fr/planete/video/2025/02/27/ne-pas-publier-les-agriculteurs-vont-ils-disparaitre_6567365_3244.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lemonde.fr/planete/video/2025/02/27/ne-pas-publier-les-agriculteurs-vont-ils-disparaitre_6567365_3244.html</a><br class='autobr' />
<a href="https://www.youtube.com/watch?v=Pzd-SoSXxq4" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=Pzd-SoSXxq4</a><br class='autobr' />
<a href="https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/en-2050-y-aura-t-il-encore-des-agriculteurs-en-france-7900545449" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/en-2050-y-aura-t-il-encore-des-agriculteurs-en-france-7900545449</a><br class='autobr' />
<a href="https://basta.media/De-moins-en-moins-de-fermes-de-plus-en-plus-grandes-et-le-Mercosur-n-arrange-rien" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://basta.media/De-moins-en-moins-de-fermes-de-plus-en-plus-grandes-et-le-Mercosur-n-arrange-rien</a><br class='autobr' />
Les grandes exploitations progressent (+ 3,4 %) entre 2010 et 2020, constituant désormais 1 exploitation sur 5.<br class='autobr' />
<a href="https://www.inrae.fr/dossiers/quels-agriculteurs-quelles-agricultures-demain/renouveler-generations" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.inrae.fr/dossiers/quels-agriculteurs-quelles-agricultures-demain/renouveler-generations</a><br class='autobr' />
<a href="https://www.reussir.fr/des-fermes-toujours-plus-grandes-des-elevages-en-baisse-recours-accru-des-salaries-quelle-est-la" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.reussir.fr/des-fermes-toujours-plus-grandes-des-elevages-en-baisse-recours-accru-des-salaries-quelle-est-la</a><br class='autobr' />
<a href="https://www.courrierinternational.com/grand-format/infographie-en-europe-les-grosses-exploitations-agricoles-se-taillent-la-part-du-lion" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.courrierinternational.com/grand-format/infographie-en-europe-les-grosses-exploitations-agricoles-se-taillent-la-part-du-lion</a><br class='autobr' />
En 1997, déjà, on se demandait si les petits paysans allaient disparaitre…<br class='autobr' />
<a href="https://www.youtube.com/watch?v=VpDIvo9HCus" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=VpDIvo9HCus</a><br class='autobr' />
L'expropriation de la population campagnarde, première étape du capitalisme en Angleterre<br class='autobr' />
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article7620" class="spip_url auto" rel="nofollow">https://www.matierevolution.org/spip.php?article7620</a><br class='autobr' />
La répression des révolutions paysannes<br class='autobr' />
<a href="https://www.lalsace.fr/societe/2025/10/11/comment-l-armee-du-duc-antoine-a-etouffe-la-guerre-des-paysans-dans-un-bain-de-sang" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lalsace.fr/societe/2025/10/11/comment-l-armee-du-duc-antoine-a-etouffe-la-guerre-des-paysans-dans-un-bain-de-sang</a><br class='autobr' />
<a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1850/00/fe1850.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/marx/works/1850/00/fe1850.htm</a><br class='autobr' />
Les paysans sont victimes de l'industrie agroalimentaire, des grandes surfaces, des banques et de l'industrie chimique !<br class='autobr' />
<a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3754" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3754</a><br class='autobr' />
Quelles perspectives pour les petits paysans ? S'allier aux prolétaires et au peuple travailleur des villes contre le grand capital des villes et des campagnes !<br class='autobr' />
<a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8024" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8024</a><br class='autobr' />
Le prolétariat et les paysans, selon Marx<br class='autobr' />
<a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1851/12/brum9.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/marx/works/1851/12/brum9.htm</a><br class='autobr' />
Le prolétariat et les paysans, selon Lénine<br class='autobr' />
<a href="https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1918/01/3-co-so/vil19180101.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1918/01/3-co-so/vil19180101.htm</a><br class='autobr' />
<a href="https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/11/vil19171118.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/11/vil19171118.htm</a><br class='autobr' />
<a href="https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/11/vil19171105b.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/11/vil19171105b.htm</a><br class='autobr' />
<a href="https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/11/coexsodp/vil19171103.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/11/coexsodp/vil19171103.htm</a><br class='autobr' />
<a href="https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1920/01/vil19200104.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1920/01/vil19200104.htm</a><br class='autobr' />
Le Prolétariat et les paysans, selon Trotsky<br class='autobr' />
<a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr03.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr03.htm</a><br class='autobr' />
<a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1922/04/lt19220422.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1922/04/lt19220422.htm</a><br class='autobr' />
<a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr03.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr03.htm</a><br class='autobr' />
<a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr39.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr39.htm</a><br class='autobr' />
Le prolétariat et les paysans selon Zinoviev<br class='autobr' />
<a href="https://www.marxists.org/francais/zinoviev/works/1925/03/paysans%201925.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/zinoviev/works/1925/03/paysans%201925.pdf</a><br class='autobr' />
Le prolétariat et les paysans, aujourd'hui<br class='autobr' />
<a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7628" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7628</a><br class='autobr' />
<a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8024" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8024</a><br class='autobr' />
<a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3754" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3754</a><br class='autobr' />
La question agricole et les communautés agricole : la collectivisation de la terre !<br class='autobr' />
L'alliance des ouvriers et des paysans<br class='autobr' />
L'ouvrier agricole est, au village, le frère d'armes et l'équivalent de l'ouvrier de l'industrie. Ils constituent deux parties d'une seule et même classe. Leurs intérêts sont inséparables. Le programme des revendications transitoires des ouvriers industriels est aussi, avec tels ou tels changements, le programme du prolétariat agricole.<br class='autobr' />
Les paysans (fermiers) représentent une autre classe : c'est la petite bourgeoisie du village. La petite bourgeoisie se compose de couches diverses, depuis les semi-prolétaires jusqu'aux exploiteurs. C'est pourquoi la tâche politique du prolétariat industriel consiste à faire pénétrer la lutte des classes au village : c'est seulement ainsi qu'il pourra séparer ses alliés de ses ennemis.<br class='autobr' />
Les particularités du développement national de chaque pays trouvent leur expression la plus aiguë dans la situation des paysans et partiellement de la petite bourgeoisie citadine (artisans et commerçants), car ces classes, pour nombreux que soient ceux qui y appartiennent, représentent au fond des survivances de formes pré-capitalistes de production. Les sections de la IV° Internationale doivent, sous la forme la plus concrète possible, élaborer des programmes de revendications transitoires pour les paysans (fermiers) et la petite bourgeoisie citadine, correspondant aux conditions de chaque pays. Les ouvriers avancés doivent apprendre à donner des réponses claires et concrètes aux questions de leurs futurs alliés.<br class='autobr' />
Tant que le paysan reste un petit producteur "indépendant", il a besoin de crédit à bon marché, de prix accessibles pour les machines agricoles et les engrais, de conditions favorables de transport et d'une organisation honnête d'écoulement des produits agricoles. Cependant, les banques, les trusts, les négociants pillent le paysan de tous côtés. Seuls, les paysans eux-mêmes peuvent réprimer ce pillage, avec l'aide des ouvriers. Il est nécessaire qu'entrent en scène des COMITÉS DE PETITS FERMIERS qui, en commun avec les comités ouvriers et les comités d'employés de banque, doivent prendre en main le contrôle des opérations de transport, de crédit et de commerce qui intéressent l'agriculture.</p>
<p>Le programme de NATIONALISATION DE LA TERRE et de COLLECTIVISATION DE L'AGRICULTURE doit être élaboré de façon à exclure radicalement l'idée de l'expropriation des petits paysans ou de leur collectivisation forcée. Le paysan restera le propriétaire de son lot de terre tant qu'il le trouvera lui-même nécessaire et possible. Pour réhabiliter aux yeux des paysans le programme socialiste, il faut dénoncer impitoyablement les méthodes staliniennes de collectivisation, dictées par les intérêts de la bureaucratie et non par les intérêts des paysans et des ouvriers.</p>
<p>L'expropriation des expropriateurs ne signifie pas non plus la confiscation forcée de la propriété des PETITS ARTISANS et des PETITS BOUTIQUIERS. Au contraire, le contrôle ouvrier sur les banques et les trusts, à plus forte raison la nationalisation de ces entreprises, peut créer pour la petite bourgeoisie citadine des conditions de crédit, d'achat et de vente incomparablement plus favorables que sous la domination illimitée des monopoles. La dépendance envers le capital privé fera place à la dépendance envers l'État, qui sera d'autant plus attentif pour ses petits collaborateurs et agents que les travailleurs eux-mêmes tiendront plus fermement l'État dans leurs mains.</p>
<p>La participation pratique des paysans exploités au contrôle des divers domaines de l'économie permettra aux paysans eux-mêmes de décider sur la question de savoir s'il convient ou non de passer au travail collectif de la terre, dans quels délais et à quelle échelle. Les ouvriers de l'industrie s'engagent à apporter dans cette voie toute leur collaboration aux paysans : par l'intermédiaire des syndicats, des comités d'usine et, surtout, du gouvernement ouvrier et paysan.</p>
<p>L'alliance que le prolétariat propose, non pas aux "classes moyennes" en général, mais aux couches exploitées de la ville et du village, contre tous les exploiteurs, y compris les exploiteurs "moyens", ne peut être fondée sur la contrainte, mais seulement sur un accord volontaire, qui doit être consolidé dans un "pacte" spécial. Ce "pacte", c'est précisément le programme des revendications transitoires, librement accepté par les deux parties.</p>
<h2 class="spip">LA QUESTION DES FEMMES</h2>
<p>Aux femmes qui en ont marre…</p>
<p>… marre d'être traitées comme des soumises sexuelles</p>
<p>… marre d'une société où elles doivent toujours se placer en dessous</p>
<p>… marre d'une société où la femme est désignée du doigt comme un objet</p>
<p>… marre de risquer la violence des hommes, y compris celle de leur conjoint</p>
<p>… marre d'être menacées par des guerres et des guerres civiles, par des fascismes et des dictatures, par les exactions des armées</p>
<p>… marre qu'on leur annonce que leurs enfants devront être sacrifiés dans les prochaines guerres et qu'elles devront en être… satisfaites ou du moins soumises encore une fois<br class='autobr' />
… marre que leurs enfants subissent des maladies liées au capitalisme et à son stade d'effondrement (mort à l'accouchement, mort de maladies respiratoires, de cancers dus à l'industrie agroalimentaire, aux pesticides et aux engrais, dus à l'industrie chimique, nucléaire, métallurgique, etc…)</p>
<p>… marre de ce monde politique et social où les femmes sont encore plus esclaves que les exploités car doublement opprimées et exploitées</p>
<p>Et aux hommes qui en ont marre de jouer un tel rôle ou d'être considérés comme tels et qui ne veulent pas soutenir le capitalisme patriarcal !</p>
<p>Deux jours avant une manifestation des femmes le 22 novembre, quatre féminicides ont eu lieu en France dans la seule journée de jeudi 20 novembre, dans quatre endroits très différents, des femmes de tous âges et toutes origines. Toutes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint.</p>
<p>Quatre en un jour dans un seul pays, la France, cela témoigne que la vague de violences anti-femmes enfle dans ce pays pourtant démocratique et riche comme dans le monde entier. Et bien plus que ne le disent les statistiques, des femmes sont fréquemment menacées de mort, violentées, violées, subissent des sévices, et des jeunes femmes sont victimes de crimes. Bien des violences ont lieu dans le cadre de la famille et ne sont même pas dues à des milieux extérieurs, même si la propagande que l'on entend souvent attribue mensongèrement ces violences à l'immigration !</p>
<p>Selon les chiffres de l'ONU, une femme ou une fille est tuée toutes les 10 minutes par son partenaire intime ou un autre membre de sa famille.</p>
<p>En effet, 85 000 femmes et filles ont été tuées intentionnellement dans le monde en 2023, et 60 % de ces crimes, soit 51 000, ont été commis par un partenaire intime ou un autre membre de la famille. Chaque jour, 140 femmes ou filles meurent sous les coups ou agissements de leur partenaire ou d'un parent proche.</p>
<p>Il y a bien sûr d'autres types de violences, notamment celles à proximité des lieux de guerre, où les femmes sont considérées comme du butin de guerre et les violences contre elles des manières de punir la population du camp adverse.</p>
<p>Il y a aussi les enlévements réalisés par des armées en guerre, que ce soient des armées officielles comme au Soudan ou des armées terroristes comme au Nigéria.</p>
<p>Ce n'est pas un effet du hasard si au même moment on nous dit qu'il faut s'y faire : on doit accepter de mourir… à la guerre.</p>
<p>Car c'est aussi une guerre qui est actuellement entreprise contre les femmes.</p>
<p>Il ne faut pas oublier que les femmes sont bien plus antimilitaristes et antirépression que les hommes, que ce soit parmi les jeunes ou les moins jeunes. Il faut donc les terroriser pour les faire taire et leur faire admettre de se taire en craignant les violences que la société peut leur faire subir.</p>
<p>Il s'agit aussi, au travers de la montée des violences des hommes contre les femmes, de faire monter un climat guerrier où de jeunes hommes soient fiers de participer à une boucherie comme l'a, si joliment et avec des mots bien choisis, exprimé le chef d'état-major Mandon devant les députés puis devant les maires (pas les mères !)…</p>
<p>Plus la montée vers la guerre généralisée devient officielle, plus on sait que la société va basculer dans la pire violence, plus la recherche de boucs émissaires devient cruciale pour les classes dirigeantes qui ne veulent pas être accusées de cette boucherie. Bien entendu, on accuse le camp d'en face : Russie et Chine bien sûr mais aussi Iran, Corée du Nord. Mais il faut y rajouter l'immigration, les sans papiers, les chômeurs, les révoltés du type Gilets jaunes, les prétendus complotistes, les « bloquons tout ». Et à tous ces boucs émissaires, on ne manque pas de rajouter les femmes. Elles sont accusées de ne pas comprendre les bienfaits du nationalisme guerrier, les nécessités de la course au profit fût-ce aux dépens de la famille, les besoins de l'homme guerrier et de son fameux repos…</p>
<p>Il est remarquable qu'au même moment que la société est officielllement en train de lutter contre les violences et discrimiantions contre les femmes celles-ci se multiplient sans que la société dominante ne fasse rien pour les empêcher.</p>
<p>A toutes ces femmes (et ces hommes) qui en ont marre, nous disons : ROMPEZ AVEC LES CAPITALISTES, LEUR SYSTEME, LEURS ETATS, LEUR SOCIETE, LEURS INSTITUTIONS ET JOIGNEZ-VOUS AU PROLETARIAT REVOLUTIONNAIRE POUR RENVERSER LE COUPLE INFERNAL PATRIARCAT-CAPITALISME</p>
<h2 class="spip">La révolution permanente et la fin de l'oppression des femmes</h2>
<p>La « révolution permanente » est une orientation politique développée par Marx, Engels, Lénine et Trotsky. Cela n'a rien de commun avec l'organisation de France qui a repris ce nom sans même soutenir une partie de la politique qu'elle exprime.</p>
<p>Quelle est donc cette « stratégie de la révolution permanente » ? La révolution permanente s'oppose au réformisme, et même à la révolution graduelle, par étapes, aux objectifs prétendument réalistes, tenant compte des préjugés réels ou supposés des prolétaires, craignant le radicalisme, opposant d'un côté le programme immédiat réformiste et, de l'autre, le programme à long terme communiste. Elle vise à transformer en armes révolutionnaires à retourner avec le maximum de force et de détermination contre le système tout ce que l'ancienne société réactionnaire fait subir d'exactions, de souffrances, d'oppression aux peuples. Pour cela, le prolétariat révolutionnaire doit se faire le porte-parole de tous ceux qui les subissent, le plus radical de leurs défenseurs, le seul qui souhaite, sans la moindre réticence, en finir définitivement et sans retour avec ces maux et leurs causes profondes attachées au système lui-même.</p>
<p>Et, utilisée ainsi, l'oppression des femmes est un potentiel de bombe explosive incroyable que le prolétariat peut envoyer à la figure du monde capitaliste et de la domination impérialiste sur le monde.</p>
<p>Avec la « révolution permanente », il s'agit de diriger la révolution sociale du prolétariat de manière qu'elle ne se contente pas d'une seule de ses étapes, d'un seul de ses objectifs, d'une seule de ses revendications, mais les combinent toutes, les enchainent indissociablement, afin qu'elles se renforcent les unes les autres, qu'elles détruisent de fond en comble l'ancien ordre social et politique, qu'elles servent à construire le nouvel ordre, à bâtir le socialisme et le communisme.</p>
<p>En ce qui concerne l'oppression des femmes, il ne s'agit pas de faire l'éloge des féministes bourgeois et petit-bourgeois, ni de mettre les mouvements sociaux des travailleurs à la remorque de tels dirigeants, bien entendu. D'une manière plus générale, il n'est pas question que le prolétariat se mette à la remorque d'aspirations bourgeoises, petites bourgeoises au changement d'un ordre devenu insupportable pour tous, mais, au contraire, que le prolétariat prenne la tête de toutes les luttes et en fassent des armes pour renverser en totalité l'ancien ordre économique et social.</p>
<p>L'objectif de la révolution permanente ne se contente pas de réduire les inégalités, ni même de prôner l'égalité (égalité entre capitalistes et exploités, ça veut dire quoi ?) ni seulement de raccourcir l'immense gouffre entre riches et pauvres, d'obtenir un peu plus de démocratie, un peu plus de considération de la part des gouvernants, un peu plus de paix, un peu moins de guerre, un peu plus de richesses distribuées à l'ensemble de la population et un peu moins aux plus riches, supprimer les dictatures les plus ouvertes et barbares, et autres objectifs illusoires et soi-disant progressistes. D'autant plus illusoires que nous avons atteint la phase d'effondrement du capitalisme où la réforme est plus illusoire que jamais, même les contre-réformes ne sont plus suffisantes et la grande bourgeoisie capitaliste a besoin d'une contre-révolution ultra-radicale et violente !</p>
<p>Non, la révolution sociale doit être permanente, c'est-à-dire qu'elle ne doit s'arrêter devant aucun obstacle, ne pas se contenter d'aucune demi-mesure, mais toujours aller plus loin, passant de la démolition de l'ancien ordre médiéval et féodal qui subsiste un peu partout, notamment au travers des religions, des Etats, des royautés et même des républiques bourgeoises, supprimer les dictatures militaires de fond en comble en désarmant complètement les anciennes classes dirigeantes et bien sûr la bourgeoisie capitaliste, en supprimant la totalité de ses forces armées, en libérant les nationalités opprimées, les ethnies opprimées, les religions opprimées, les femmes opprimées, les jeunes opprimés, les couches moyennes paupérisées, etc.</p>
<p>Nous avons montré sur ce site Matière et Révolution que les femmes avaient autrefois été maitresses d'elles-mêmes et non seulement n'étaient pas dominées mais avaient eu un rôle dirigeant dans la société. C'est ce que l'on a appelé le matriarcat et qui n'est pas le symétrique du patriarcat en ce qu'il ne suppose nullement l'oppression des hommes. Il s'agit de la phase de l'humanité appelée communisme primitif et qui a existé partout dans le monde jusqu'au Néolithique et parfois jusqu'à l'Age de Bronze, donc avant le grand développement de l'agriculture, de la sédentarité et l'apparition des classes sociales et de l'Etat, mais aussi l'exploitation de l'homme par l'homme. C'est-à-dire jusqu'à la mise en place du patriarcat sur presque toute la planète.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8499" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8499</a></p>
<p>Mais il ne s'agit pas seulement pour nous, en défendant la thèse d'un matriarcat ancien, de réhabiliter le passé des femmes des premières sociétés. Certes, cette position idéologique doit être conquise mais c'est dans un but actuel et pas seulement scientifique (préhistorique et historique). Défendre l'idée d'un matriarcat qui a dominé le monde de l'époque du communisme primitif au néolithique ou à l'Age de Bronze n'est pas qu'une correction d'une erreur scientifique, c'est aussi un drapeau vers l'avenir. Ce matriarcat a signifié que les femmes ont longtemps eu un pouvoir un peu plus grand que les hommes, même si ce n'était pas un pouvoir de type étatique, fondé sur des lois, sur des moyens répressifs, sur l'oppression ou l'exploitation des hommes (des mâles en somme) comme le patriarcat, lui, est fondé sur l'exploitation et l'oppression des femmes avec l'aide de l'Etat et pour le plus grand profit de la classe exploiteuse. Sous le matriarcat, l'exploitation de l'homme par l'homme n'existait pas encore ou était à peine embryonnaire du fait de la faible capacité de travail de chaque être humain. La division du travail entre les êtres humains n'était pas réalisée.</p>
<p>Et le patriarcat a ensuite dominé jusqu'à aujourd'hui presque partout, sauf là où la révolution sociale a triomphé, comme dans la Commune de Paris de 1871 et dans la révolution russe de 1917 ou encore dans la révolution espagnole de 1936. L'Histoire a démontré depuis belle lurette le lien entre révolution sociale et libération des femmes.</p>
<p>Comment la révolution permanente entend œuvrer à la libération des femmes et comment il compte faire de cet objectif un moyen de renforcer considérablement la force de la révolution, voilà la question qu'il faut maintenant développer. L'oppression des femmes est un reste antique des anciens système d'oppression pré-capitalistes que le capitalisme a repris et exploité à fond à son propre profit. Même quand la société capitaliste a été à son apogée, il n'a jamais renoncé à cette horreur. Maintenant que le système capitalisme est à l'agonie, il ressent encore plus le besoin d'aggraver l'oppresion des femmes pour s'en servir afin de conserver son pouvoir sur le monde.</p>
<p>La meilleure définition de la révolution permanente consiste à dire qu'il s'agit de transformer toutes les formes d'oppression et d'exploitation de la vieille société toute pourrie en armes de combat de prolétariat pour renverser définitivement capitalisme et impérialisme ainsi que toutes les formes d'oppresion plus antiques comme l'oppression religieuse ou l'oppression patriacale des femmes.</p>
<p>Le capitalisme a choisi le patriarcat comme moyen de domination pour assurer la stabilité de sa société d'exploitation du travail des prolétaires. Eh bien, pour se libérer, il faut que ces derniers, qui sont la principale force révolutionnaire de l'ancienne société, n'aient aucune crainte ni aucune réticence à transformer en armes de combat les aspirations des femmes à la libération, qu'il en prenne même la tête, qu'il mette cette lutte en tête de son drapeau de combat, qu'il n'attende même pas l'heure de la révolution pour proclamer dans les entreprises et les quartiers cet objectif, pour le porter dans les syndicats comme dans les comités du peuple travailleur, pour dénoncer tous les partis et syndicats qui y sont réticents ou qui font seulement semblant de soutenir les droits des femmes et prétendent que le capitalisme et ses Etats oeuvrent à l'égalité hommes-femmes.</p>
<p>Nous avons déjà montré dans des articles du site Matière et Révolution que le capitalisme aggrave sans cesse la situation des femmes dans le monde :</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2545" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2545</a></p>
<p>Nous y avons montré que la libération des femmes n'est jamais venue et ne viendra jamais des institutions de la bourgeoisie :</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2931" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2931</a></p>
<p>Nous avons montré que le capitalisme déliquescent et sous perfusion, plus antisocial et sanglant que jamais, est encore plus incompatible avec la liberté des femmes :</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7743" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7743</a></p>
<p>Nous avons montré que capitalisme et patriarcat se renforcent mutuellement et que, pour en finir avec le capitalisme, il faut aussi en finir avec le patriarcat :</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4397" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4397</a></p>
<p>Nous avons montré que le patriarcat est un instrument de guerre du grand capital contre les femmes et contre les peuples :</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5352" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5352</a></p>
<p>Nous avons montré que femmes opprimées et travailleurs exploités, peuvent lutter ensemble pour le renversement du capitalisme :</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6903" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6903</a></p>
<p>Il nous reste à montrer comment transformer l'horreur sociale de l'oppression des femmes en véritable bombe que le prolétariat révolutionnaire et les femmes révoltées peuvent jeter directement dans la gueule du système d'exploitation et d'oppression qui a longtemps dominé le monde.</p>
<p>Nous le redisons, la politique de la révolution permanente consiste à retourner les armes du système capitaliste contre lui. L'oppression des femmes doit, dans la stratégie révolutionnaire du prolétariat, être un canon dirigé directement et violemment contre le système tout entier.</p>
<p>Et c'est d'abord l'objectif de la révolution socialiste et prolétarienne qui doit être clairement établi et affiché, à savoir revenir au… matriarcat ! On nous dira : « mais, ce serait opprimer les hommes (au sens masculin) ! » Pas du tout, l'ancien matriarcat n'était pas un système d'oppression et d'exploitation. Il ne servait pas à soutenir une société d'oppression et d'exploitation, puisque celle-ci n'existait pas encore. Le communisme primitif ne connaissait ni la propriété privée, ni l'exploitation de l'homme. Et comme le socialisme veut remettre en question ces deux bases de l'arriération des sociétés humaines actuelle, il est logique de se poser la question de revenir aux relations entre hommes et femmes que l'on connaissait alors. Cela ne peut faire peur qu'aux timorés et ne faire rire que les idiots. Ceux-là vous diront : « Les hommes prolétaires n'en sont pas capables, il n'y a pas plus misogynes ! » C'est là que l'on voit à quel point réformistes et opportunistes méprisent les capacités du prolétariat, dès qu'il se décide à rompre de manière révolutionnaire avec le vieux fatras du monde.</p>
<p>C'est en affirmant cet objectif radical, le plus radical qui existe en la matière, que les prolétaires peuvent prendre la tête du combat des femmes pour leur libération. Et ils ne feront pas que tuer le patriarcat. Ils affirmeront aussi qu'il faut tuer définitivement d'autres ennemis mortels des femmes : tuer l'armée permanente de la bourgeoisie, cause de guerres dont les femmes et les enfants sont les premières victimes, tuer la fausse domination machiste et misogyne qui rend les femmes victimes de violences sexistes permanentes et mortelles, tuer l'exploitation sexuelle et pédophile en libérant complètement les femmes et en leur donnant un véritable pouvoir.</p>
<p>Et nous avons montré dans notre site Matière et Révolution que l'ancien matriarcat était un pouvoir des femmes un peu supérieur à celui des hommes. Mais, nous dirons les sceptiques et les modérés en tout, « il suffit de revendiquer l'égalité entre hommes et femmes. » On voit que ces gens-là craignent surtout de trop en faire, d'être trop radicaux, d'avoir trop de mal à convaincre, mais ne craignent pas d'affaiblir le camp prolétarien dans la guerre à mort qui se prépare contre le capitalisme et l'impérialisme. Aucun canon super puissant ne sera en trop dans cette lutte féroce qui se prépare ! « On va se couper des masses qui n'en sont pas là » est le leitmotiv de ces gens-là, y compris ceux qui se disent révolutionnaires, dès que l'on propose d'aller à la racine du mal pour le couper radicalement. Ils répètent que « cela va faire trop mal, ce sera trop difficile », comme des passagers pour l'espace qui ne veulent pas que la poussée de la fusée soit trop forte pour ne pas incommoder les passagers et qui ne craignent pas, par contre, que la fusée retombe…</p>
<p>Ce sont les mêmes pseudo radicaux, qu'ils se disent ou pas d'extrême gauche, qui ne veulent pas mettre en avant la dictature des conseils de travailleurs, en somme les soviets ! Cela ferait fuir les salariés modérés (ou plutôt l'aristocratie ouvrière des appareils syndicaux) ! Ils ne veulent pas davantage mettre en avant la destruction de l'appareil répressif armée/police/prisons/gendarmerie/forces spéciales ! Et pas davantage l'armement du prolétariat… Mais pas non plus la liaison entre prolétaires et tous les opprimés, tous les exploités, toutes les victimes du système (petits bourgeois, pauvres, femmes, jeunes, chômeurs, sans logis, pêcheurs, paysans, sans papiers, etc.) Là encore il s'agit de ne pas effaroucher les appareils syndicaux qui hébergent ces soi-disant radicaux !</p>
<p>Alors, vous pensez, clamer sur tous les toits qu'on va revenir au matriarcat, c'est beaucoup trop, même si ces gens-là écrivent de temps en temps qu'ils veulent, un jour, en finir avec le capitalisme et donc construire le socialisme et le communisme. Mais c'est loin… un jour…</p>
<p>Mais le matriarcat, même si ce n'est pas l'oppression directe de l'homme par la femme, ni son exploitation, c'est quand même la primauté des femmes, leur pouvoir en premier. C'est inégal, disent certains. Eux, ils veulent « l'égalité ».</p>
<p>Mais, alors, pour nos radicaux en herbe, le pouvoir des travailleurs, c'est plus de pouvoir pour les travailleurs que pour… les autres ! C'est inégal, non ? En fait, ils veulent juste un peu plus de démocratie, en somme, ces fameux « radicaux ».</p>
<p>Comme le disait Karl Marx, être vraiment radical, c'est attaquer le mal à la racine ! C'est pour cela qu'il se disait non seulement pour la révolution mais pour la révolution permanente, celle qui ne cesse de creuser, de s'approfondir, d'aller au fond des choses, de s'attaquer au plus profond du mal, de l'ancienne société et la déraciner complètement.</p>
<p>Voilà ce que nous allons faire avec le patriarcat. Et cela signifie aussi déraciner l'armée capitaliste. Déraciner également les religions qui culpabilisent les femmes (dans tous les jardins d'Eden), qui enferment les femmes (et les hommes) dans un piège idéologique anti-féminin. Déraciner l'éducation bourgeoise, scolaire et extra-scolaire. Déraciner la misogynie et le machisme des médias, des sciences, de la philosophie, de l'art, etc.</p>
<p>Certains radicaux se satisfont de voir les femmes à la tête des révoltes, que ce soit celle débutée en 2010-2011 au Maghreb, dans le monde arabe puis dans le monde entier, y compris le début du mouvement des Gilets jaunes. Mais ils n'en tirent pas les conclusions vraiment radicales qui s'imposent. Les femmes seront à la tête de la lutte car elles subissent une double oppression, en tant qu'explotées et en tant que femmes. Alors, elles devront aussi avoir la primauté dans la société qui se construira.</p>
<p>Mais, non, dirons nos critiques, elles auront l'égalité. Eh bien, mes critiques, vous comprendrez que pour détordre un bâton, il faille le tordre dans l'autre sens. C'est ce qui se produit avec la dictature du prolétariat et il faut même retirer des droits démocratiques aux anciens exploiteurs, aux anciens chefs politiques ou militaires. On ne passe pas du tordu au droit de façon directe. Il faut, dirait Hegel, passer par la négation de la négation pour atteindre l'affirmation ! Le patriarcat a nié le matriarcat. Il faut que le matriarcat nie le patriarcat ! Et c'est la négation de la négation qui va libérer à la fois les femmes et les hommes.</p>
<p>Oui, les hommes ont besoin de se libérer de leur fausse supériorité, de leurs faux besoins : de mépriser, de dominer, de frapper, de soumettre, de décider seuls, de se croire supérieurs, de satisfaire leurs besoins sexuels et psychologiques aux dépens de l'autre sexe, d'être attirés par des relations interdites et forcées, toutes sortes de faux besoins que le système capitaliste et patriarcal, utilisant tous les médias et technologies modernes, a implanté dans leurs têtes.</p>
<p>Le radicalisme de ces faux radicaux s'en tient à quelques modifications de vocabulaire, permettant aux femmes d'accéder (verbalement) à des professions que la linguistique n'attribue qu'aux hommes (masculins).</p>
<p>Cette linguisitique soi-disant féministe ne change pas la réalité de la vie des femmes.</p>
<p>Et surtout pas dans une phase de la société où la classe dominante s'emploie à généraliser la guerre, le fascisme, la dictature, écraser les révoltes, opprimer, appauvrir, teroriser plus que jamais, toutes choses dont les femmes sont les premières victimes.</p>
<p>Non, il ne suffit pas du féminisme bourgeois et petit-bourgeois qui est trop timoré pour critiquer même sérieusement le système dominant et reconnaitre que celui-ci est à l'agonie. Qu'il en faudra un autre et qu'on ne le mettra pas en place juste avec… des mots !</p>
<p>Fondamentalement, il va falloir détruire l'Etat capitaliste (y comrpis celui des prétendues démocraties) et l'impérialisme et les femmes, pour cela, ont absolument besoin de s'unir aux prolétaires révolutionnaires et l'inverse est vrai également.</p>
<p>Les fameuses démocraties n'ont pas levé le petit doigt quand on a écrasé les révoltes dans le monde, frappant en premier les femmes. Oh que non ! Elles l'ont levé pour soutenir les dictatures. Y compris dans le monde arabe. Y compris en Arabie saoudite. Y compris en Afghanistan. Y compris en Iran. Y compris en Algérie. Dans la révolte des Gilets jaunes comme dans celle aux USA, les forces de répression de la « démocratie » ont frappé en premier… les femmes !</p>
<p>Alors, vous qui combattez le capitalisme, vous ne voulez toujours pas placer les femmes en premier dans la société future ?</p>
<h2 class="spip">LA QUESTION DE LA SCIENCE</h2>
<p>Le marxisme a-t-il raison de se prétendre scientifique ?</p>
<p>S'il est une revendication clairement affirmée de Marx concernant l'ensemble de sa pensée, et de celle de Engels, c'est bien l'attribution à ce travail du qualificatif de « science ». Car cela n'est pas une médaille en chocolat que souhaite s'attribuer ainsi Marx mais c'est un choix de méthode de travail, un choix de buts, de conceptions, d'étude, de recherche.<br class='autobr' />
Marx récuse l'idée que le domaine politique, juridique, social, économique ou philosophique devrait être exclu du domaine des sciences. Il combat l'idée que dans ces domaines, chacun développe les perspectives qui lui chantent et qu'il n'y aurait aucune loi, aucune nécessité objective mais seulement des propositions qui n'auraient qu'à recueillir ou pas les suffrages des hommes, individuellement ou collectivement. Chacun pourrait proposer la politique économique qui lui chante, chacun pourrait proposer les changements sociaux qui lui plaisent, chacun pourrait imaginer les changements de société que lui permettent son imagination. Pas de loi en politique ? Pas de loi en économie ? Pas de loi de l'évolution sociale des sociétés humaines ? Pas de loi au sens où on parle de loi de la physique, de la chimie ou de la biologie ?<br class='autobr' />
Bien entendu, parler de démarche scientifique dans l'œuvre de Marx nécessite de ne pas réserver cette catégorie à l'étude de la matière et de ne pas la récuser concernant la société humaine. La signification de la démarche scientifique postule l'étude des conditions objectives de la réalité, conditions qui sont liées à chaque époque historique et pas créées pour l'éternité, conditions qui sont aussi celles des changements radicaux pour sauter d'un état à un autre, et ceci aussi qu'il s'agisse de la matière, inerte ou vivante, que de la société humaine.<br class='autobr' />
Cependant, il importe de rejeter toute conception selon laquelle la science serait séparée de la pensée humaine, serait infaillible, indiscutable, imbattable, séparable de la philosophie. Parler de « conception scientifique » ne signifie pas en faire un domaine réservé à des spécialistes, seuls aptes à trancher.<br class='autobr' />
Les sciences, même celles dites « dures, ont besoin d'être discutées, remises en question, car elles continuent d'évoluer, de se transformer, d'entrer en contradiction. Elles ne mènent pas à un déterminisme strict dans lequel le hasard n'aurait pas droit de cité, dans lequel il n'y aurait pas un spectre des possibles, dans lequel il n'y aurait pas plusieurs solutions et des sauts qualitatifs entre ces solutions. L'existence de la liberté humaine n'exclue pas les lois pas plus que l'agitation des éléments de la matière n'exclue l'ordre ni que la production permanente de diversité dans le vivant n'exclue pas l'ordre génétique.<br class='autobr' />
L'idée d'un « marxisme scientifique » ou d'un « socialisme scientifique » a été critiquée de divers bords et les critiques ont été amplifiées depuis le stalinisme du fait de la caricature qu'a représenté ce prétendu « marxisme dialectique » stalinien ou maoïste.<br class='autobr' />
Certains auteurs y voient une manière d'imposer des conclusions absurdes à la science à la Lyssenko de la même manière qu'il s'agit d'imposer par la dictature une évolution absurde et antidémocratique à la société. D'autres affirment que le marxisme a ainsi un désir de se transformer en dogme indiscutable paré du titre glorieux et respectable de la science. D'autres enfin considèrent comme inacceptable d'appeler science tout domaine concernant la société humaine, du fait de la liberté humaine, du fait de l'imprédictibilité de l'action humaine, du fait du choix humain, du fait de la conscience de l'homme sur lui-même, tout cela empêchant selon eux toute objectivité de l'étude, l'acteur se confondant avec l'observateur.<br class='autobr' />
La discussion de cette question nécessite bien entendu de se mettre d'accord sur ce que signifie une science, ce qu'on lui attribue comme critère, comme méthode, comme moyen de vérification, comme outils de recherche, comme qualités, comme mode de transformation, comme potentialités, comme domaine d'efficacité, etc…<br class='autobr' />
Or cette question même est déjà très controversée, et bien au-delà de la question du statut du marxisme elle-même.<br class='autobr' />
Les uns affirment qu'il n'y a de science qu'au travers de lois mathématiques. Les autres prétendent qu'il n'y a de science que prédictive. Les suivants, les poppériens, prétendent que toute science doit être falsifiable.<br class='autobr' />
Cependant, les définitions restrictives précédentes sont loin de n'exclure que le marxisme. Elles rejettent hors du domaine de la science le darwinisme, l'évo-développement, l'étude des animaux, la psychanalyse et même la médecine, sans parler de la psychiatrie, de l'économie, de la sociologie ou de l'anthropologie.<br class='autobr' />
Bien des données de la physique elle-même, pourtant science « dure » par excellence, ne sont pas intégrées par de telles définitions comme la climatologie, la géologie, l'astrophysique ou la cosmologie, ces sciences étant historiques et l'homme ne pouvant reproduire deux fois le même climat ni deux fois la formation d'une étoile, d'une galaxie, d'un trou noir ou la formation de l'univers.<br class='autobr' />
Ce n'est pas parce qu'un critère unique de la science fait défaut qu'on ne saurait pas dire ce qu'est la démarche scientifique. Cette démarche n'est pas un résultat définitif, fondé de manière éternelle, mais est au contraire, le produit sans cesse remis en question d'un développement historique et contradictoire, avec des avancées et des reculs. La science n'est pas un domaine à part, isolé dans une bulle de verre, mais, au contraire liée sans cesse aux développements économiques, sociaux, techniques de la société humaine dont elle est le produit, y compris quand il s'agit des sciences physiques, chimiques ou biologiques. Toutes ces sciences sont historiques, aucune n'est poppérisable. Aucune n'est prédictive. Aucune n'est fondée sur l'action directe, linéaire et formelle « de cause à effet ». Toutes sont du domaine des rétroactions en cascade qui produisent des lois émergentes intégrant le désordre au sein des lois statistiques, un ordre supérieur étant le produit des agitations à l'ordre inférieur. La non-linéarité, la sensibilité aux conditions initiales, l'émergence de structure entraînent la formation de lois ne sont pas prédictives mais produisent un petit nombre d'évolutions possibles.<br class='autobr' />
L'existence d'une « nécessité objective » ne signifie nullement que les lois soient du type « A entraîne B », de la causalité directe, linéaire, unidirectionnelle et strictement prédictive. Ces « causalités » linéaires et formelles ont été considérées à tort comme le paradigme de la science.<br class='autobr' />
La science exprime l'intégration au sein d'un couple dialectique de l'aspiration vers la nouveauté et des interdits de la nécessité. Ainsi, les hommes auraient volontiers affirmé autrefois que l'homme n'était pas fait pour voler, que l'homme ne pouvait pas lui-même produire du vivant, que les astres étaient le domaine des dieux, inatteignables aux véhicules produits par l'homme, que l'homme ne peut pas intervenir artificiellement dans la production d'enfants, etc…<br class='autobr' />
Bien des affirmations actuelles de la science auraient été traitées de pure fiction par les générations précédentes de scientifiques, et de sorcellerie par les vieilles sociétés.<br class='autobr' />
L'utopie a bel et bien un caractère actif au sein des sciences. Il ne s'agit nullement de « se contenter d'observer ce que l'on voit ». L'expérimentation elle-même doit être pensée et elle ne consiste pas seulement à regarder la réalité. Quant à la théorie, elle est loin de se fonder seulement sur l'observation mais a un besoin absolu de la théorie. Cette dernière, elle-même nécessite des conceptions philosophiques ayant évolué de manière rétroactive avec les sciences.<br class='autobr' />
Une science qui se serait développée indépendamment des aspirations, des utopies humaines, n'a jamais existé et n'existera jamais.<br class='autobr' />
Par contre, une prétendue science qui se contenterait de ces aspirations sans chercher de fondement logique, de cadre théorique, de lien avec les autres théories et connaissances ne serait qu'un dogme indiscutable.<br class='autobr' />
L'un des buts fondamentaux de Marx a été de tirer le socialisme de son impasse utopiste. L'utopisme socialiste est issu notamment de la déception provoquée dans la petite bourgeoisie et dans les milieux populaires par les résultats sociaux et politiques de la révolution française. Une révolution pour la liberté, pour le bien-être du peuple, pour l'égalité a donné naissance à la dictature de classe de la bourgeoisie, à une plus grande mainmise des richesses et du pouvoir par une minorité, à de plus grandes inégalités, à une division de classe encore plus marquée. Faut-il répondre à ce constat par des projets utopiques de société, ces projets prétendant permettre la construction de nouvelles sociétés ou étudier la nouvelle société capitaliste issue de la révolution bourgeoise, en tirer les lois économiques et les lois d'évolution pour en déduire les évolutions historiques possibles ? C'est deux démarches opposées : socialisme utopique et socialisme scientifique, expliquent Marx et Engels…<br class='autobr' />
« Sur le terrain de l'économie politique la libre et scientifique recherche rencontre bien plus d'ennemis que dans ses autres champs d'exploration… Tout jugement inspiré par une critique vraiment scientifique est pour moi le bienvenu. Vis à vis des préjugés de ce qu'on appelle l'opinion publique à laquelle je n'ai jamais fait de concessions, j'ai pour devise, après comme avant, la parole du grand Florentin : « Suis ton chemin et laisse dire les gens ! »<br class='autobr' />
Karl Marx, Le Capital, Livre I<br class='autobr' />
Marx expose le plan de son travail dans « Le Capital » :<br class='autobr' />
« L'exposé, je veux dire la manière, est tout à fait scientifique, donc ne contrevient pas aux règlements de police au sens habituel. » <br class='autobr' />
Il écrit à Lassalle sur son oeuvre :<br class='autobr' />
« Elle représente pour la première fois d'une façon scientifique une importante manière de voir les rapports sociaux. »<br class='autobr' />
Dans Die Zukunft du 11 août 1869, Engels écrit à propos du « Capital » : « Cet ouvrage contient le résultat des études de toute une vie. C'est l'économie politique de la classe laborieuse réduite à son expression scientifique. »<br class='autobr' />
Marx lui-même considérait « Le Capital » comme une véritable arme de guerre : « C'est certainement le plus terrible missile qui ait encore jamais été lancé à la face des bourgeois (y compris les propriétaires fonciers). » (Marx à J.-B. Becker, 17 avril 1867.)<br class='autobr' />
« La critique de l'économie politique, pierre angulaire du socialisme scientifique, a été pendant presque toute sa vie une des préoccupations dominantes de Karl Marx et le thème essentiel de ses recherches… En étudiant l'économie classique, il est arrivé à un certain nombre de conclusions qui mettent en lumière les contradictions fondamentales du régime bourgeois et les impasses auxquelles aboutit l'œuvre de ses théoriciens. La classe ouvrière peut disposer maintenant d'une base scientifique pour fonder son action révolutionnaire. »<br class='autobr' />
Emile Botigelli, Introduction à la « Critique de l'Economie politique » de Karl Marx<br class='autobr' />
« L'instinct de classe des prolétaires est fait du pressentiment de la société communautaire et collectiviste, rationnellement organisée par les producteurs associés pour l'épanouissement matériel et intellectuel de l'humanité, tout autant que de la réaction d'hostilité aux conditions de vie et de travail créées par la production capitaliste. Les utopistes furent les premiers porte-parole des masses laborieuses, en quelque sorte les théoriciens de leurs aspirations, à un moment ou les conditions historiques ne fournissaient pas encore au prolétariat les moyens matériels et politiques de son émancipation. Cependant, à l'aube de la société capitaliste, ils connaissaient déjà les méfaits de la production capitaliste, et ce n'est pas par hasard qu'un Owen, par exemple, fut aussi bien un chantre de la société future qu'un réformateur hardi, de sa propre fabrique, où il introduisit le travail associé et diminua de manière draconienne les heures de travail. Marx et Engels ne renient ni l'instinct profond des masses ni la vision du futur des utopistes. Ils les dépouillent de leurs éléments idéalistes et fantastiques, en leur donnant une assise critique et scientifique, sans tomber en conséquence dans l'objectivisme agnostique de ceux pour qui la science ne s'applique qu'aux objets inertes et aux faits « constatables » du passé et du présent… Marx-Engels ne purent établir leur théorie moderne du communisme, fondée sur le matérialisme économique et historique, qu'en s'appuyant sur des développements sociaux du capitalisme. La théorie « allemande » dut pour cela s'appuyer sur les données politiques de la France et économiques de l'Angleterre, où la bourgeoisie était enfin parvenue au pouvoir en 1830. Si l'économie anglaise montre aux autres nations du continent quelle sera « l'image de leur proche avenir » (préface allemande du Capital), c'est le parti chartiste qui fournit le modèle de l'organisation du prolétariat moderne (cf. le dernier chapitre de Misère de la philosophie), où Marx expose l'évolution du parti chartiste, solidement relié à la classe ouvrière par l'intermédiaire des syndicats et des luttes revendicatives. C'est pourquoi, le Manifeste a pu affirmer que « les conceptions théoriques des communistes ne reposent nullement sur des idées ou des principes découverts ou inventés par tel ou tel réformateur du monde. Elles ne sont que l'expression théorique des conditions réelles de la lutte des classes. » Le socialisme scientifique ou programme communiste du prolétariat moderne n'a donc pu être élaboré qu'au contact avec la classe ouvrière allemande, française et surtout anglaise, et n'a pu surgir qu'en liaison avec la création d'une organisation internationale que Marx-Engels s'efforcèrent de fonder avec les Démocrates fraternels, c'est-à-dire les chartistes de gauche qui étaient partisans de la violence révolutionnaire. …. Pour déchiffrer l'histoire afin d'en appliquer les enseignements aux batailles non plus critiques, mais violentes et armées entre les classes, il faut avant tout dégager une connaissance précise des rapports sociaux qui, d'une forme de production à l'autre, s'établissent dans la base économique et assurent le passage révolutionnaire du capitalisme au socialisme … En fait « Le Capital » est la démonstration du caractère éminemment transitoire de la forme de production capitaliste, c'est sa nécrologie, non l'étude de la vie et du fonctionnement du capital. »<br class='autobr' />
R. Dangeville dans son introduction à « Le parti de classe » de Marx-Engels<br class='autobr' />
« L'homme de science était loin d'être en lui la moitié de l'homme. La science était pour Marx une force révolutionnaire, historiquement déterminante. Marx était par-dessus tout un révolutionnaire. Coopérer d'une manière ou de l'autre au bouleversement de la société capitaliste et des institutions politiques crées par elle, contribuer à la libération du prolétariat moderne, auquel il a, le premier, donné la conscience de sa situation propre et de ses besoins, la conscience des conditions de son émancipation... telle était sa vraie vocation. »<br class='autobr' />
Hommage funèbre de Friedrich Engels à son camarade et ami Karl Marx, dans "Der Sozialdemokrat" du 22 mars 1883<br class='autobr' />
« Karl Marx, histoire de sa vie » par Franz Mehring :<br class='autobr' />
« La science était pour Marx une force qui actionnait l'histoire, une force révolutionnaire. Si pure que fut la joie qu'il pouvait avoir à une découverte dans une science théorique quelconque dont il peut être impossible d'envisager l'application pratique, sa joie était tout autre lorsqu'il s'agissait d'une découverte d'une portée révolutionnaire immédiate pour l'industrie ou, en général, pour le développement historique. (…) Car Marx était avant tout un révolutionnaire. Contribuer, d'une façon ou d'une autre, au renversement de la société capitaliste et des institutions d'Etat qu'elle a créées, collaborer à l'affranchissement du prolétariat moderne, auquel il avait donné le premier la conscience de sa propre situation et de ses besoins, la conscience des conditions de son émancipation, telle était sa véritable vocation. »<br class='autobr' />
Marx discute ainsi de sa méthode scientifique en citant un de ses critiques dans « Le Capital », Livre premier :<br class='autobr' />
« Le Messager européen, revue russe, publiée à Saint-Pétersbourg, dans un article entièrement consacré à la méthode du Capital, déclare que mon procédé d'investigation est rigoureusement réaliste, mais que ma méthode d'exposition est malheureusement dans la manière dialectique. « A première vue, dit-il, si l'on juge d'après la forme extérieure de l'exposition, Marx est un idéaliste renforcé, et cela dans le sens allemand, c'est-à-dire dans le mauvais sens du mot. En fait, il est infiniment plus réaliste qu'aucun de ceux qui l'ont précédé dans le champ de l'économie critique... On ne peut en aucune façon l'appeler idéaliste. »<br class='autobr' />
L'auteur continue ainsi :<br class='autobr' />
« Une seule chose préoccupe Marx : trouver la loi des phénomènes qu'il étudie ; non seulement la loi qui les régit sous leur forme arrêtée et dans leur liaison observable pendant une période de temps donnée. Non, ce qui lui importe, par-dessus tout, c'est la loi de leur changement, de leur développement, c'est-à-dire la loi de leur passage d'une forme à l'autre, d'un ordre de liaison dans un autre. Une fois qu'il a découvert cette loi, il examine en détail les effets par lesquels elle se manifeste dans la vie sociale... Ainsi donc, Marx ne s'inquiète que d'une chose ; démontrer par une recherche rigoureusement scientifique, la nécessité d'ordres déterminés de rapports sociaux, et, autant que possible, vérifier les faits qui lui ont servi de point de départ et de point d'appui. Pour cela il suffit qu'il démontre, en même temps que la nécessité de l'organisation actuelle, la nécessité d'une autre organisation dans laquelle la première doit inévitablement passer, que l'humanité y croie ou non, qu'elle en ait ou non conscience. Il envisage le mouvement social comme un enchaînement naturel de phénomènes historiques, enchaînement soumis à des lois qui, non seulement sont indépendantes de la volonté, de la conscience et des desseins de l'homme, mais qui, au contraire, déterminent sa volonté, sa conscience et ses desseins... Si l'élément conscient joue un rôle aussi secondaire dans l'histoire de la civilisation, il va de soi que la critique, dont l'objet est la civilisation même, ne peut avoir pour base aucune forme de la conscience ni aucun fait de la conscience. Ce n'est pas l'idée, mais seulement le phénomène extérieur qui peut lui servir de point de départ. La critique se borne à comparer, à confronter un fait, non avec l'idée, mais avec un autre fait ; seulement elle exige que les deux faits aient été observés aussi exactement que possible, et que dans la réalité ils constituent vis-à-vis l'un de l'autre deux phases de développement différentes ; par-dessus tout elle exige que la série des phénomènes, l'ordre dans lequel ils apparaissent comme phases d'évolution successives, soient étudiés avec non moins de rigueur. Mais, dira-t-on, les lois générales de la vie économique sont unes, toujours les mêmes, qu'elles s'appliquent au présent ou au passé. C'est précisément ce que Marx conteste ; pour lui ces lois abstraites n'existent pas... Dès que la vie s'est retirée d'une période de développement donnée, dès qu'elle passe d'une phase dans une autre, elle commence aussi à être régie par d'autres lois. En un mot, la vie économique présente dans son développement historique les mêmes phénomènes que l'on rencontre en d'autres branches de la biologie... Les vieux économistes se trompaient sur la nature des lois économiques, lorsqu'ils les comparaient aux lois de la physique et de la chimie. Une analyse plus approfondie des phénomènes a montré que les organismes sociaux se distinguent autant les uns des autres que les organismes animaux et végétaux. Bien plus, un seul et même phénomène obéit à des lois absolument différentes, lorsque la structure totale de ces organismes diffère, lorsque leurs organes particuliers viennent à varier, lorsque les conditions dans lesquelles ils fonctionnent viennent à changer, etc. Marx nie, par exemple, que la loi de la population soit la même en tout temps et en tout lieu. Il affirme, au contraire, que chaque époque économique a sa loi de population propre... Avec différents développements de la force productive, les rapports sociaux changent de même que leurs lois régulatrices... En se plaçant à ce point de vue pour examiner l'ordre économique capitaliste, Marx ne fait que formuler d'une façon rigoureusement scientifique la tâche imposée à toute étude exacte de la vie économique. La valeur scientifique particulière d'une telle étude, c'est de mettre en lumière les lois qui régissent la naissance, la vie, la croissance et la mort d'un organisme social donné, et son remplacement par un autre supérieur ; c'est cette valeur-là que possède l'ouvrage de Marx. »<br class='autobr' />
En définissant ce qu'il appelle ma méthode d'investigation avec tant de justesse, et en ce qui concerne l'application que j'en ai faite, tant de bienveillance, qu'est-ce donc que l'auteur a défini, si ce n'est la méthode dialectique ? Certes, le procédé d'exposition doit se distinguer formellement du procédé d'investigation. A l'investigation de faire la matière sienne dans tous ses détails, d'en analyser les diverses formes de développement, et de découvrir leur lien intime. Une fois cette tâche accomplie, mais seulement alors, le mouvement réel peut être exposé dans son ensemble. Si l'on y réussit, de sorte que la vie de la matière se réfléchisse dans sa reproduction idéale, ce mirage peut faire croire à une construction a priori.<br class='autobr' />
Ma méthode dialectique, non seulement diffère par la base de la méthode hégélienne, mais elle en est même l'exact opposé. Pour Hegel le mouvement de la pensée, qu'il personnifie sous le nom de l'idée, est le démiurge de la réalité, laquelle n'est que la forme phénoménale de l'idée. Pour moi, au contraire, le mouvement de la pensée n'est que la réflexion du mouvement réel, transporté et transposé dans le cerveau de l'homme.<br class='autobr' />
J'ai critiqué le côté mystique de la dialectique hégélienne il y a près de trente ans, à une époque où elle était encore à la mode... Mais bien que, grâce à son quiproquo, Hegel défigure la dialectique par le mysticisme, ce n'en est pas moins lui qui en a le premier exposé le mouvement d'ensemble. Chez lui elle marche sur la tête ; il suffit de la remettre sur les pieds pour lui trouver la physionomie tout à fait raisonnable. Sous son aspect mystique, la dialectique devint une mode en Allemagne, parce qu'elle semblait glorifier les choses existantes. Sous son aspect rationnel, elle est un scandale et une abomination pour les classes dirigeantes, et leurs idéologues doctrinaires, parce que dans la conception positive des choses existantes, elle inclut du même coup l'intelligence de leur négation fatale, de leur destruction nécessaire ; parce que saisissant le mouvement même, dont toute forme faite n'est qu'une configuration transitoire, rien ne saurait lui imposer ; qu'elle est essentiellement critique et révolutionnaire.<br class='autobr' />
Le mouvement contradictoire de la société capitaliste se fait sentir au bourgeois pratique de la façon la plus frappante, par les vicissitudes de l'industrie moderne à travers son cycle périodique, dont le point culminant est la crise générale. Déjà nous apercevons le retour de ses prodromes ; elle approche de nouveau ; par l'universalité de son champ d'action et l'intensité de ses effets, elle va faire entrer la dialectique dans la tête même aux tripoteurs qui ont poussé comme champignons dans le nouveau Saint-Empire prusso-allemand. »<br class='autobr' />
L'analyse scientifique démontre que la production capitaliste est d'une nature spéciale, qu'elle est déterminée historiquement et que, de même que tout autre système de production, elle a comme condition un stade déterminé du développement et de la morphologie des forces productives, condition qui est le résultat historique et le produit d'un processus antérieur, base déterminée du processus nouveau. Cette analyse établit encore que les rapports de production adéquats à ce système déterminé historiquement - rapports que les hommes observent dans leur vie sociale - ont un caractère spécifique, historique et transitoire, et que les rapports de la répartition sont essentiellement identiques à ceux de la production, dont elles représentent la seconde face, si bien qu'elles ont tous les deux le même caractère historique et transitoire.<br class='autobr' />
Dans l'observation des conditions de la répartition, on part de ce prétendu fait que le produit annuel se subdivise en salaire, profit et rente, fait inexact lorsqu'il est présenté sous cette forme. Le produit se divise en capital et en revenus. L'un de ceux-ci, le salaire, ne prend la forme de revenu des ouvriers, qu'après avoir été opposé à ces mêmes ouvriers sous forme de capital. L'opposition comme capital des moyens de production et des produits du travail en général aux producteurs immédiats implique d'avance que les conditions matérielles du travail se présentent à l'égard des ouvriers avec un caractère social déterminé, et que dans la production même il existe un rapport donné entre eux et les propriétaires des moyens de travail. De son côté la conversion de ceux-ci en capital implique que les producteurs immédiats sont expropriés du sol et du sous-sol, et que la propriété foncière prend une forme déterminée.</p>
<p>Si l'une des parties du produit ne se convertissait pas en capital, l'autre ne se transformerait pas en salaire, profit et rente. D'autre part, la production capitaliste, par ce fait qu'elle suppose que les conditions de la production ont tel caractère social déterminé, les reproduit continuellement avec la même caractéristique. Elle engendre non seulement les produits matériels, mais reproduit continuellement les conditions de production dans lesquelles ceux-ci sont obtenus ; elle reproduit en même temps les conditions de répartition qui y correspondent.<br class='autobr' />
D'une manière générale on peut dire que le capital, avec la propriété foncière qui en est le corollaire, implique par lui-même une répartition : l'expropriation des travailleurs des moyens de travail, la concentration de ceux-ci aux mains d'une minorité d'individus et l'appropriation exclusive du sol et du sous-sol au profit de quelques autres, en un mot les rapports que nous avons exposés dans le livre I, chap. XXV, en parlant de l'accumulation primitive. Mais cette répartition est absolument différente de celle dont on entend parler quand on dit que les rapports de la répartition ont un caractère historique comme les rapports de la production et qui fixe les droits des individus à la part du produit destinée à leur consommation individuelle. Ces conditions de la production sont la base de fonctions sociales spéciales, qui dans la production même sont assignées à des agents déterminés de celle-ci, distincts des producteurs immédiats. Elles communiquent aux conditions et aux représentants de la production une qualité sociale spécifique et déterminent entièrement le caractère et le mouvement de la production.</p>
<p>Karl Marx dans « Le Capital », Livre III, Les rapports de distribution et les rapports de production</p>
<p>« J'ai étudié naguère avec beaucoup de soin le premier fascicule paru à Berlin : la Contribution à la critique de l'économie politique, et j'avoue qu'aucun livre, si volumineux fût-il, ne m'a jamais apporté autant d'enseignements, autant de notions neuves et positives que cet opuscule. Aussi en ai je attendu la suite avec beaucoup d'impatience. Vous exprimez pour la première fois sous une forme claire, irréfutable, scientifique, ce qui désormais constituera la tendance consciente de l'évolution historique : subordonner à la conscience humaine le processus social de production qui, jusqu'à présent, n'était qu'une force aveugle de la nature. Votre oeuvre immortelle, Monsieur, c'est d'avoir fourni un fondement rationnel à cette tendance, d'avoir fait comprendre que notre production est anarchique. Notre époque vous doit, pour cette découverte, une reconnaissance éternelle. »</p>
<h2 class="spip">LA QUESTION DE LA THEORIE ET DE LA PHILOSOPHIE</h2>
<p>Lénine dans « La portée du matérialisme militant » :<br class='autobr' />
"Nous devons comprendre qu'à défaut d'un solide fondement philosophique, il n'est point de science de la valeur, point de matérialisme qui pussent soutenir la lutte contre les pressions des idées bourgeoises et la restauration de la conception bourgeoise du monde. Pour soutenir cette lutte et la mener à terme avec un entier succès, le spécialiste des sciences de la nature doit être un matérialiste moderne, un partisan conscient du matérialisme tel que l'a présenté Marx, c'est-à-dire que son matérialisme doit être dialectique. (...) Nous pouvons et devons élaborer cette dialectique dans tous ses aspects, publier des extraits des principales œuvres de Hegel, les interpréter dans un esprit matérialiste. (...) Les spécialistes modernes des sciences de la nature trouveront (s'ils cherchent et si nous apprenons à les aider) dans la dialectique de Hegel interprétée de manière matérialiste un bon nombre de réponses aux questions philosophiques que pose la révolution dans la science. Faute de cela, les grands savants seront aussi souvent que par le passé impuissants dans leurs conclusions et généralisations philosophiques. Car les sciences de la nature progressent si vite, traversent une période de bouleversements révolutionnaires dans tous les domaines si profonde, qu'elles ne pourront se passer en aucun cas de conclusions philosophiques."</p>
<p>Rosa Luxemburg, « Réforme sociale ou Révolution » :</p>
<p>« Le signe distinctif de l'opportunisme, c'est d'abord l'hostilité à la " théorie ". C'est tout naturel, puisque notre " théorie " - c'est-à-dire les principes du socialisme scientifique - pose des limites très fermes à l'action pratique à la fois quant aux objectifs visés, aux moyens de lutte, et enfin au mode de lutte lui-même. Aussi ceux qui ne recherchent que les succès pratiques ont-ils tout naturellement tendance à réclamer la liberté de manœuvre, c'est-à-dire à séparer la pratique de la " théorie ", à s'en rendre indépendants. »</p>
<p>Pour nombre de militants révolutionnaires, la théorie est d'une importance très secondaire et certains considèrent même qu'elle ne sert que d'ornement et mène à des absurdités qu'il faudrait éviter, nous disent-ils, en restant proches des gens, proches des réalités. En somme, dans le domaine de l'activité des révolutionnaires, on en est encore bien souvent à opposer action et théorie. Cette situation est bien particulière puisque dans nombre d'activités, cette attitude a été dépassée, au moins partiellement. Personne n'imagine un bon avocat ou un bon chirurgien qui n'ait pas étudié à fond la théorie. Par contre, certains bons militants de la classe ouvrière, qu'ils soient ouvriers ou pas, considèrent que la théorie est à respecter en gardant ses distances. De temps en temps, la théorie mérite un petit stage pour avoir quelques connaissances mais l'activité n'est pas directement liée à la théorie… Et le militant ne se considère pas comme en train de construire lui aussi … la théorie. Elle n'est pas vivante. C'est celle de Marx, Lénine ou Trotsky. Certains y ajoutent tel ou tel penseur plus récent mais peu considèrent qu'il faut toujours la faire évoluer en connexion avec la réalité.<br class='autobr' />
Il s'y rajoute aussi un facteur social. Dans la société capitaliste, la séparation des tâches, des rôles sociaux, des pouvoirs, des classes amène à penser que tout ce qui est lié à la classe ouvrière ne serait pas du domaine de l'étude théorique mais pratique. Les milieux syndicalistes jouent un grand rôle dans cette déformation de la pensée politique et ils ont une grande influence dans la mesure où la plupart des militants révolutionnaires ont une importante activité syndicale qui leur prend une grande partie de leur temps et de leurs préoccupations, pour ne pas dire la plus grande partie de leur temps et de leurs préoccupations. La théorie passe pour être « en chambre », « en labo », réalisée par des « savants cosinus » qui planent au-dessus de la réalité et dont les véritables militants auraient intérêt à se défier. Ce genre de situation existe mais ce n'est pas une raison pour se détourner de la théorie. Il y a certes bien des faux docteurs mais cela ne suffit pas à penser que le médecin ne doit apprendre la théorie de son domaine… Il y a aussi de pragmatistes, des activistes qui envoient les luttes dans le mur, et même les révolutions, parce qu'ils ont refusé de prendre le soin d'étudier la théorie, l'histoire mais aussi la philosophie…<br class='autobr' />
La base de toute intervention militante révolutionnaire devrait être :<br class='autobr' /> pour transformer le monde, il faut le comprendre car cette transformation, pour réussir devra être consciente et cette conscience ne devra pas seulement être une révolte, un sens de classe, mais aussi un sens des nécessités objectives, un sens de la dynamique de l'Histoire, un sens des intérêts aussi des classes adverses. <br class='autobr' /> la volonté individuelle et collective n'est pas seule en cause : il y a des lois du réel qui ne sont pas visibles à l'œil nu et qui nécessitent, pour être appréhendées, d'un matériel théorique perfectionné aussi développé que dans d'autres types d'activité.<br class='autobr' />
Le stalinisme et le réformisme ont certes leur responsabilité dans le fait que les travailleurs et les militants se détournent des théories. Ces dernières ont trop servi à tromper, à justifier l'injustifiable. Mais, pas plus que les dérives de certains courants néo-darwiniens ne doivent détourner de Darwin et donc empêcher de développer un darwinisme moderne, les dérives de prétendus adeptes de Marx ne doivent détourner du marxisme, c'est-à-dire détourner de bâtir un édifice conceptuel pour répondre au monde tel que nous le comprenons à notre époque.<br class='autobr' />
Il ne peut suffire de référer à Marx et encore moins de le révérer. Il n'y a que trop de militants qui le lisent mais ne veulent pas faire le même travail que lui. Et je ne cite là Marx qu'à titre d'exemple parmi d'autres. Il existe de nombreux groupes d'extrême-gauche qui se revendiquent pleinement des Marx, Engels, Lénine, Trotsky ou Rosa Luxemburg mais se détournent de la philosophie de Hegel alors que tous ces auteurs et militants pensaient qu'on devait absolument, de manière vitale, étudier Hegel et se pénétrer de sa dialectique.<br class='autobr' />
Bien sûr, rien n'oblige à faire exactement comme les « maîtres » et nous sommes les premiers à penser que quiconque pense par lui-même s'autorise à se détacher de toute appréciation des anciens qui ne lui semblerait plus fondée. Mais encore faut-il le justifier. Encore faut-il le dire même, ce que ces militants et ces courants ne font nullement. Bien des dirigeants de groupes ont affirmé : « nous ne sommes pas des théoriciens et il nous suffit d'étudier et d'appliquer la théorie marxiste ». Mais peut-on étudier la théorie marxiste comme des textes anciens sans se poser la question d'écrire nous-mêmes théoriquement ce que le monde nous paraît être aujourd'hui. Le simple fait d'étudier Marx comme s'il écrivait pour aujourd'hui me semble un parfait non-sens. C'est une manière d'en faire une icône et donc de le rendre inoffensif, de le transformer en pensée morte.<br class='autobr' />
Non, nous ne disposons pas de la théorie de Marx (ou d'autres) comme d'un point de vue sur le monde actuel et il ne peut nous suffire de produire des textes d'actualité, de dénonciation, de prises de position, d'intervention politique et sociale. Inversement, il ne peut nous suffire de prises de positions théoriques, la théorie ne pouvant être séparée de la pratique, de l'expérience des masses, de l'intervention parmi elles, de la confrontation avec la réalité actuelle des classes en lutte, des actes et intérêts des classes dirigeantes en particulier. Or l'essentiel des groupes font l'un ou l'autre mais pas les deux…<br class='autobr' />
Marx n'a pas analysé une fois pour toutes les crises du capitalisme. Il a aussi étudié chaque crise, une par une, montré ses spécificités, approfondi dans chacune ses points de vue, contredit ses idées précédentes, etc… La théorie ainsi conçue est dynamique. Elle ne peut consister en une attitude de révérence envers le marxisme, sensé expliquer le monde, sans changement, jusqu'à nos jours !<br class='autobr' />
Ceux qui ont peur du changement en théorie sont aussi dangereux que ceux qui ont peur du changement en pratique. Il n'y a pas de voie assurée pour les militants révolutionnaires. Ceux qui veulent absolument des chemins tranquilles risquent fort de se détourner du bon…<br class='autobr' />
Quant à la conscience de classe, elle ne peut s'extraire des luttes de classe actuelles que si on parvient en même temps à transmettre la compréhension des enjeux, les buts des classes dirigeantes et la situation de leur système. Sans quoi, les travailleurs se battront mais avec un bandeau sur les yeux...<br class='autobr' />
Contre la conception religieuse de l'idéologie des révolutionnaires, de leur activité militante et de leur conception de l'organisation<br class='autobr' />
Et tout d'abord qu'appelle-t-on conception religieuse ? C'est une vision noir et blanc fondée sur un moralisme qui distingue, dans ce qui se passe dans le monde, le bien du mal, le progrès et la réaction, et les oppose diamétralement, qui considère que l'idéologie a un rôle premier, qui houspille la pingrerie des riches, qui dénonce les injustices et promeut la justice, qui pleure sur les pauvres, qui se penche sur les opprimés, qui commisère sans cesse, qui oppose sans cesse une norme morale au monde réel sans jamais vouloir chercher la base matérielle et politique des faits dénoncés. La religion peut très bien dénoncer la cupidité des classes dirigeantes et livrer leur amoralisme à la vindicte publique. Elle ne veut pas en décrypter les buts sociaux et politiques. Elle peut dénoncer l'exploitation mais jamais elle ne montre où sont les forces et les faiblesses des opprimés.<br class='autobr' />
L'idéologie religieuse assimile l'émancipation au recrutement des émancipateurs et évangélistes et non à l'action autonome des opprimés qu'il s'agirait d'étudier afin de permettre aux opprimés de connaître leur propre histoire, les leçons de ses échecs et victoires, la stratégie de leurs adversaires.<br class='autobr' />
Un autre point est à souligner : la distance grandissante entre discours sur le futur et pratique dans l'immédiat. Par exemple, le discours religieux des révolutionnaires consistera à dire qu'au jour du jugement dernier, les prolétaires se dirigeront eux-mêmes par des soviets mais ce n'est nullement d'actualité puisque, pour le moment, le plus important est d'être nombreux à la promenade organisée par des bureaucraties syndicales dont on se garde de dire à quel point elles sont liées à nos pires adversaires…<br class='autobr' />
Remplacer l'arme de la critique par celle de la dénonciation morale, ériger la théorie en dogme, former les nouveaux à l'obéissance aveugle, considérer la discussion critique comme une opposition stérile, refuser l'étude systématique de la philosophie, prétendre que l'activisme est la base de activité du révolutionnaire, oublier l'existence du travail théorique, prétendre que le travail essentiel est le recrutement de nouveaux missionnaires, présenter le communisme comme une société future qu'il s'agit d'annoncer comme le messie, parler du parti comme d'un but fantasmagorique, refuser de dénoncer les illusions des masses sous prétexte que ce n'est pas possible vu le niveau actuel de conscience de celles-ci, tenir un double discours intérieur et extérieur et présenter l'activité des révolutionnaires comme un élitisme qui nous place au dessus des masses, voilà quelques unes des caractéristiques de la conception religieuse de l'activité révolutionnaire.<br class='autobr' />
L'inverse de la conception religieuse des révolutionnaires :<br class='autobr' /> l'étude théorique et philosophique est à la base de l'activité militante des révolutionnaires. En 1908, au plus bas de l'activité des militants ouvriers révolutionnaires suite à la défaite de la révolution de 1905, Lénine estimait que la tâche numéro un était de réarmer en étudiant la philosophie de la matière liée aux crises de la physique, en écrivant « Matérialisme et empiriocriticisme », un ouvrage que les adeptes de la conception religieuse de l'activité révolutionnaire détestent comme ils détestent « La dialectique de la nature » d'Engels et comme ils prétendent aimer « Le capital » de Marx qu'ils présentent comme un ouvrage d'économie alors que son auteur affirmait que c'était de la dialectique de Hegel à toutes les pages…<br class='autobr' /> jamais de double langage<br class='autobr' /> ne jamais présenter des victoires quand ce sont des défaites<br class='autobr' /> ne jamais cultiver ce qui nuit à l'auto-organisation des masses, à leurs possibilités de prendre en compte leur propre rôle dans les événements<br class='autobr' /> ne jamais présenter des ennemis comme des alliés, à commencer par les directions syndicales<br class='autobr' /> ne jamais effacer le caractère de classe de l'Etat ni « oublier » d'insister sur le fait que nous ne pourrons pas le laisser en place et que nous, prolétaires révolutionnaires, devront le détruire de fond en comble. Nous ne lui reprochons par exemple jamais de manière morale de ne pas œuvrer pour l'intérêt général….</p>
<p>On ne peut pas révolutionner le monde sans repenser l'ensemble de la réalité</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7537" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7537</a></p>
<p>Que vient faire la philosophie dialectique dans la politique des révolutionnaires ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article3617" class="spip_url auto" rel="nofollow">https://www.matierevolution.org/spip.php?article3617</a></p>
<h2 class="spip">LA QUESTION SYNDICALE</h2>
<p>Le syndicalisme est par nature réformiste et l'était déjà du temps de Marx.</p>
<p>Marx n'avait pas d'illusions dans la signification du syndicalisme en termes de lutte des classes qui était cependant très loin de ce qu'elle est devenue avec l'époque impérialiste. Il affirmait le 17 août 1869 au conseil général de l'Association internationale de travailleur, l'AIT :<br class='autobr' />
« Aussi longtemps que la société est divisée en classes opposées – d'un côté les capitalistes qui monopolisent l'ensemble des moyens de production ; de l'autre, les ouvriers qui travaillent et sont privés de toute propriété sur leurs moyens de production, et ne disposent que de leur force de travail – et que subsiste cette organisation sociale, la loi du salaire restera toute-puissante et resserrera chaque jour davantage les chaînes qui rendent le travailleur esclave du produit de ses propres mains, produit que monopolise le capitaliste. Depuis près de soixante ans, les syndicats anglais ont lutté contre cette loi capitaliste. Or, quel en a été le résultat ? Ont-ils réussi à libérer la classe ouvrière anglaise de l'esclavage dans lequel la tient le capital, qui n'est pourtant que le produit du travail des ouvriers ? Ont-ils permis, ne serait-ce qu'à une petite fraction de la classe ouvrière, de s'élever au-dessus de sa condition d'esclave salarié, en devenant propriétaire des moyens de production, matières premières, instruments et machines nécessaires à son industrie, et en conséquence aussi du produit de son propre travail ? Il est de notoriété publique que, non seulement ils n'ont jamais atteint ce but, mais qu'ils ne l'ont jamais poursuivi. Nous ne voulons absolument pas prétendre par là que les syndicats ne sont d'aucune utilité, parce qu'ils ne l'ont pas fait. Au contraire, les syndicats – aussi bien en Angleterre que dans tout autre pays industriel – sont indispensables à la classe ouvrière pour lutter contre le capital…. Le grand mérite des syndicats, dans leur lutte pour le maintien de ce taux de salaire et la diminution des heures de travail, est qu'ils s'efforcent d'augmenter ce standard de vie… Cependant la lutte des syndicats n'enfreint pas la loi du salaire ; au contraire, elle ne fait que l'appliquer. Sans l'arme syndicale de résistance, l'ouvrier ne recevrait même pas ce qui lui est dû conformément au statut du salariat… Ainsi donc, les syndicats n'attaquent pas le système salarial lui-même. Or, la dégradation économique de la classe ouvrière n'est pas due au niveau, bas ou élevé, des salaires, mais au fait qu'au lieu de percevoir le produit intégral de son travail, la classe ouvrière doit se satisfaire d'une fraction de ce produit, celle que l'on appelle salaire. »</p>
<p>En 1866, Marx fit adopter par le Conseil Central de l'Internationale une résolution qui critiquait les syndicats ainsi :<br class='autobr' />
« Les syndicats s'occupent trop exclusivement des luttes immédiates. Ils n'ont pas assez compris leur pouvoir d ‘action contre le système capitaliste lui-même... A part leur œuvre immédiate de réaction contre les manœuvres tracassières du capital, ils doivent maintenant agir sciemment comme foyers organisateurs de la classe ouvrière dans le grand but de son émancipation radicale. Ils doivent aider tout mouvement social et politique tendant dans cette direction. »</p>
<p>Karl Marx, dans un rapport sur les syndicats pour le Conseil Général de la Première Internationale :<br class='autobr' />
« Ils (les syndicats) ne doivent pas oublier qu'ils luttent contre les effets et non contre les causes de ces effets, qu'ils ne peuvent que retenir le mouvement descendant, mais non en changer la direction, qu'ils n'appliquent que des palliatifs, mais sans guérir le mal. Ils ne doivent donc pas se laisser absorber exclusivement par les escarmouches inévitables que font naître sans cesse les empiétements ininterrompus du capital ou les variations du marché. (…) Au lieu du mot d'ordre conservateur : « Un salaire équitable pour une journée de travail équitable », ils doivent inscrire sur leur drapeau le mot d'ordre révolutionnaire : « Abolition du salariat »... Les syndicats, utiles comme centres de résistance aux exagérations du capital, sont impuissants dans la mesure où ils se contentent de ne faire qu'une guerre de partisans à l'ordre capitaliste. Sans renoncer à cette action quotidienne ils doivent travailler à la transformation de la société capitaliste, faire de leur force organisée un levier de l'émancipation définitive de la classe ouvrière, c'est-à-dire de l'abolition du salariat... En plus de leurs buts initiaux, ils doivent maintenant apprendre à agir délibérément en tant que centres organisationnels de la classe ouvrière pour réaliser le but plus large de l'émanciper complètement. Ils doivent aider chacun des mouvements sociaux et politiques qui va dans ce sens. Se considérant eux-mêmes comme les champions et les représentants de toute la classe ouvrière, et agissant comme tels, ils ne peuvent échouer à enrôler les hommes qui n'en sont pas membres. Ils doivent s'occuper avec grand soin des intérêts des moins bien payés, comme les travailleurs agricoles, rendus impuissants par des circonstances exceptionnelles. Ils doivent convaincre le monde dans son ensemble que leurs efforts, loin d'être mesquins et égoïstes, visent à émanciper les millions d'opprimés. »</p>
<p>D'organe de résistance ouvrière, les syndicats sont devenu des institutions du capital et des soutiens du pouvoir jusqu'à faire élire Macron ! Leurs financements par l'État et leur intégration aux institutions en font des agents de la bourgeoisie au sein du peuple ! Ils servent de leur légitimité reconnue par le pouvoir pour exercer une tutelle sur nos luttes ! Et ce n'est certainement pas sur la gauche parlementaire et gouvernementale, à la tête également de ces directions syndicales, que nous pourrons compter également ! Qu'ont-ils fait au pouvoir ? Poser la question c'est déjà y répondre ! Nous ne pouvons faire confiance à un<br class='autobr' />
"État-major des luttes" qui n'est pas sous le contrôle d'assemblées auto-organisées où il serait responsable et révocable et qui maintient le pouvoir capitaliste en luttant contre toute politique révolutionnaire et la prise du pouvoir par le peuple travailleur ! Nous ne voulons pas de cette tutelle !</p>
<p>Retrouver le syndicalisme d'Action Directe ! Rompre avec la parlementarisation du syndicalisme ! <br class='autobr' />
L'intersyndicale soutenue par tous les syndicats, sections syndicales et leurs alliés de gauche et d'extrême gauche, n'a cessé d'interpeller le président, le gouvernement, les parlementaires ! Pourtant pour les syndicalistes de la CGT avant 1914, le syndicalisme c'était l'action directe : « l'Action Directe (…) signifie que la Classe Ouvrière (…) n'attend rien des hommes, des puissances ou des forces extérieures à elle, mais qu'elle crée ses propres conditions de lutte et puise en soi ses moyens d'action. » (Pouget, l'action directe,1910). Par l'action directe, l'ouvrier crée lui-même sa lutte. C'est lui qui la conduit, décidé à ne pas s'en rapporter à d'autres qu'à Iui-même du soin de le Iibérer. L'action ouvrière pour nous n'est donc qu'une manifestation continue de nos efforts (qui) se transformera en (…) grève générale, et qui sera la révolution sociale. (Victor Griffuelhes, l'action syndicaliste,1908). L'action directe était le moyen du prolétariat pour s'émanciper du capitalisme et aller au communisme abolissant propriété privée de moyens de production et salariat ! Telle n'est plus l'ambition des appareils syndicaux qui sont la négation du syndicalisme de la CGT avant 1914 qui était un communisme au sens politique du terme !</p>
<p>Le syndicalisme réformiste contre la lutte de classe et la révolution</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3786" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3786</a></p>
<p>Oui, nous sommes syndicalistes révolutionnaires !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7645" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7645</a></p>
<p>Conscience syndicaliste réformiste et conscience politique prolétarienne de classe</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4236" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4236</a></p>
<p>Déboulonner les dirigeants réformistes dans les appareils syndicaux comme dans les partis politiques…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7257" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7257</a></p>
<p>L'extrême gauche de France d'origine trotskiste agit en aile gauche des bureaucraties syndicales inféodées à la bourgeoisie et à l'Etat</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2233" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2233</a></p>
<p>Tous ceux qui sont liés aux appareils syndicaux nuisent aux mouvements de la base. Ils divisent les participants, veulent limiter le blocage, rejettent le boycott, la contestation du système, des possédants, des institutions et du pouvoir, l'auto-organisation du mouvement !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8380" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8380</a></p>
<h2 class="spip">LA QUESTION DES SOVIETS</h2>
<p>L'objectif numéro un des travailleurs révolutionnaires : les soviets et leur prise du pouvoir.</p>
<p>Pas d'autre perspective pour le monde que le pouvoir révolutionnaire des travailleurs organisés en soviets (qui nécessite la destruction du pouvoir d'Etat capitaliste)<br class='autobr' />
N'en déplaise aux valets du capitalisme, aux réactionnaires, aux réformistes, aux pessimistes, aux sceptiques, aux anti-communistes, aux anti-bolchevistes, aux anti-trotskistes, aux faux trotskistes, aux opportunistes, aux gauchistes et aux anarchistes, la seule issue pour le peuple travailleur du monde est de s'organiser en soviets en vue de la prise du pouvoir d'Etat et la destruction de tous les pouvoirs d'Etat du monde, à commencer par ceux des puissances impérialistes.<br class='autobr' />
Certains diront que la révolution n'est pas encore d'actualité et que cette question n'est pas d'une brulante urgence. Pour eux, inutile de proférer des sentences ultra-radicales, bien trop avancées par rapport à la situation et incomprises des travailleurs et ils se trompent (et nous trompent) lourdement et gravement. Au contraire, ce qui doit sans cesse guider notre activité politique, syndicale et sociale quotidienne comme notre action, c'est de guider la classe ouvrière vers sa principale tâche : prendre le pouvoir d'Etat. Comment concevoir que cela soit d'actualité alors que les luttes ouvrières ne sont pas du tout insurrectionnelles et que les appareils syndicaux n'ont même pas de mal à les controler ? Eh bien, même les simples grèves, manifestations ou rassemblements, mais même tout problème dans l'entreprise doit être l'occasion de réunions même informelles de salariés, même la rédaction d'un tract des salariés peut être l'occasion de dscussions et décisions collectives. Or, comme l'expliquait Pierre Bois, militant trotskiste du groupe Barta, ouvrier de Renault Billancourt et organisateur du comité de grève de 1947 qui a alors battu la bureaucratie stalinienne française au plus haut niveau de sa puissance, « tout travailleur révolutionnaire doit considérer chaque réunion de travailleurs comme un soviet et le soviet n'est rien d'autre que l'embryon de l'Etat ouvrier ». C'est exactement ce que l'on ne comprend plus du tout et que l'on ne défend plus dans les fausses extrêmes gauches opportunistes (y compris celle faussement héritière de Pierre Bois, liées aux appareils syndicaux (qui leur laissent une petite place et un petit rôle) et aux élections bourgeoises (qui permettent à l'Etat bourgeois de les financer et à eux de faire croire à l'expression démocratique sous le capitalisme !) En conclusin, il n'est nul besoin de situations insurrectionnelles pour militer en permanence pour l'auto-organisation des travailleurs, cela doit au contraire être la boussole du quotidien du militant ouvrier, celle qui distingue en premier le révolutionnaire du réformiste et de l'opportuniste, le militant ouvrier du bureaucrate ou caution des bureaucrates : pas de tract sans discussion entre travailleurs, pas de grève sans décision des travailleurs organisés à la base, pas de manifestation ou autre action sans décision collective le plus organisée possible des travailleurs sur les buts, les méthodes, les slogans, les revendications, aucun soutien à la bureaucratie, aucune caution aux négociateurs. Ceux qui passent leur temps en réunion avec nos ennemis ne sont pas nos amis. Ceux qui se passent du point de vue et de la décision collective des travailleurs sont nos faux amis. Les stratégies de conquête des appareils syndicaux par les petits groupes soi-disant révolutionnaires sont des camouflages de l'opportunisme (défini par Engels comme la trahison des buts révolutionnaires du fait de la tentative de réussir plus vite que ne le permet le progrès de la classe exploitée).<br class='autobr' />
On remarquera que les pseudo-révolutionnaires opportunistes parlent beaucoup de la dénonciation générale du capitalisme, de la révolution à faire (en restant vagues sur les conséquences dans l'activité militante, du communisme pour des jours lointains, de la nécessité de renverser le capitalisme à date ultérieure, du parti révolutionnaire à construire dès maintenant et, sur tout cela, ils n'ont pas de contradiction directe avec les appareils syndicaux et étatiques. Ils se gardent de raisonner comme nous le faisons plus haut : centrer leur boussole sur le Nord (le rôle des conseils de travailleurs comme dirigeants futurs de l'Etat ouvrier).<br class='autobr' />
Ce qui caractérise aussi les hommes politiques bourgeois, de droite comme de gauche ou de gauche de la gauche, ou les dirigeants syndicaux ou associatifs, c'est leur attachement à l'appareil de l'Etat : pas plus étatiste que Mélenchon ! Et aucun d'entre eux n'envisage nullement l'objectif de renversement de l'Etat bourgeois, sans parler de son remplacement par l'Etat des soviets ouvriers (ils préfèrent faire semblant que défendre cela, ce serait du stalinisme et qu'eux y sont hostiles parce que ce sont des démocrates !).<br class='autobr' />
Et curieusement, il se trouve que sur un point, des plus réactionnaires aux plus « gauches », ils se trouve qu'ils convergent avec les faux révolutionnaires… C'est sur la question, fondamentale entre toutes, de l'Etat ouvrier. Les extrêmes gauches en sont eux aussi les adversaires, en fait plus encore qu'en théorie. Pour eux, l'Etat a forcément le caractère d'une puissance en dehors de la classe ouvrière et, s'ils tentent d'y prendre le pouvoir, amenée à se retourner contre elle, comme cela a été le cas avec le stalinisme. La bureaucratisation leur semble découler naturellement de la constitution des soviets en base de l'Etat. C'est le cas qu'il s'agisse d'hommes politiques bourgeois, d'anarchistes, de gauches communistes, de conseillistes, de luxemburgistes, de bordiguistes, de partisans de Pannekoek ou Korsch, etc… En tout cas, tous appellent les travailleurs à se détourner de tout objetif d'Etat ouvrier. D'autres comme les faux trotskistes se disent favorables mais affirment qu'il n'est pas temps de parler ni d'Etat des soviets ni de soviets, qu'il faut parler d'un parti révolutionnaire qui milite pour renverser le capitalisme, sans parler de construire des soviets, sans parler de casser l'Etat capitaliste, sans parler de donner le pouvoir aux conseils ouvriers, en laissant entendre qu'un parti qui dirige les syndicats arrivant à saisir les rênes de l'Etat, cela pourrait parfaitement aller. L'organisation française Lutte Ouvrière, faussement trotskyste, navigue, par exemple, dans ce type d'eaux vaseuses.<br class='autobr' />
Bien sûr, être favorable à l'Etat des soviets ne garantit pas contre tous les problèmes et notamment contre les risques de bureaucratisation. Il n'y a aucune formule magique qui prémunisse contre les problèmes réels, notamment l'isolement de la révolution prolétarienne dans un pays des plus retardataires du monde capitaliste.<br class='autobr' />
Bien entendu, le pouvoir d'Etat aux mains des travailleurs, cela signifie qu'on est encore dans la barbarie, que les classes sociales exploiteuses existent toujours et qu'il faut encore mener une guerre de classe contre elles et que l'Etat ouvrier est l'instrument de ce combat. Mais pour dépasser les stades barbares, il ne faut pas refuser les seules armes dont le prolétariat puisse disposer, le pouvoir d'Etat. Il n'empêche que, nous marxistes révolutionnaires, avons toujours été d'accord sur un point avec les anarchistes : l'existence de l'Etat, même l'Etat ouvrier, c'est encore la barbarie et l'objectif final est la disparition totale de l'Etat. C'est pour le stalinisme que l'Etat ouvrier n'est pas, comme pour Lénine, un Etat en voie de disparition, que l'Etat « socialiste » est le nec plus ultra, que le communisme se conjongue avec le renforcement du pouvoir de l'Etat et non avec son affaiblissement avec l'objectif non dissimulé de sa disparition, comme l'a expliqué plus que clairement Lénine dans « L'Etat et la révolution ». Et l'Etat ouvrier est une « dictature du prolétariat » et non une dictature contre le prolétariat. Il n'est dictature que contre l'infime minorité de capitalistes et de leurs soutiens en armes.<br class='autobr' />
Les anarchistes, les gauches communistes de toutes les sortes et autres puristes socialistes ne nous expliquent pas comment combattre victorieusement les forces armées de l'impérialisme et du capitalisme sans nous doter de l'arme de l'Etat, comment faire triompher les soviets sans l'Etat des soviets.</p>
<p>Trotsky (1906) : « Le conseil organisait les masses, dirigeait les grèves politiques et les manifestations, armait les ouvriers... Si le prolétariat, tout comme la presse réactionnaire, appelait le conseil « le gouvernement ouvrier », dans les faits, le conseil représentait réellement un embryon de gouvernement révolutionnaire. Le conseil réalisait le pouvoir dans la mesure où il se trouvait déjà dans ses mains ; il luttait directement pour le pouvoir dans la mesure ou il se concentrait encore dans les mains de l'Etat militaro-policier. Avant le conseil, il y avait déjà au sein du prolétariat industriel des organisations révolutionnaires, la plupart des organisations social-démocrates. Mais c'était des organisations évoluant au sein du prolétariat ; leur lutte avait pour but immédiat de conquérir une influence sur les masses. Le conseil, lui, est l'organisation du prolétariat son but — c'est la lutte pour le pouvoir révolutionnaire.<br class='autobr' />
Mais, simultanément, le conseil était et demeurait l'expression organisée de la volonté de classe du prolétariat. Dans la lutte pour le pouvoir, il appliquait les méthodes que tout naturellement impliquait le fait que le prolétariat est une classe : son rôle dans la production, son nombre, son homogénéité sociale. Plus : il liait la lutte pour le pouvoir à la direction immédiate de toute l'activité sociale autonome des masses ouvrières ; souvent même il se chargea de régler des conflits entre des représentants individuels du capital et le travail.<br class='autobr' />
Si le conseil a conduit à la victoire diverses grèves, s'il a réglé avec succès divers conflits entre ouvriers et patrons, ce n'est absolument pas qu'il existât tout exprès dans ce but au contraire, là où existait un syndicat puissant, celui-ci se montra bien plus à même que le conseil de diriger la lutte syndicale ; l'intervention du conseil n'avait du poids qu'en raison de l'autorité universelle dont il jouissait. Et cette autorité était due au fait qu'il accomplissait ses tâches fondamentales, les tâches de la révolution, qui allaient bien au-delà des limites de chaque métier et de chaque ville et assignaient au prolétariat comme classe une place dans les premiers rangs des combattants.<br class='autobr' />
L'instrument principal du conseil a été la grève politique de masse. La vertu d'une grève de ce type est de désorganiser le pouvoir d'Etat. Et plus l' « anarchie » qui en résulte est grande, plus la grève approche son but. Mais cela n'est exact que si ce n'est pas par des moyens anarchistes qu'on arrive à cette anarchie. La classe qui jour après jour met en oeuvre l'appareil de production et simultanément celui du pouvoir, la classe qui, en cessant le travail en bloc, paralyse non seulement l'industrie mais aussi toute la machine étatique, doit être suffisamment organisée pour ne pas être la première victime de l'anarchie qu'elle a créée. Plus la grève suspend l'organisation d'Etat existante sur une large échelle, plus l'organisation de la grève doit assumer les fonctions de l'Etat.<br class='autobr' />
Le conseil des députés ouvriers a réalisé la liberté de la presse. Il a organisé des patrouilles de rue pour garantir la sécurité des citoyens. Il s'est plus ou moins rendu maître de la poste, du télégraphe et des chemins de fer. Il a tenté d'instaurer la journée de travail de huit heures obligatoire. En paralysant par le mouvement gréviste l'Etat absolutiste, il introduit son propre ordre démocratique dans la vie des classes laborieuses des villes. »</p>
<p>Trotsky (1909) : « Qu'était ce donc que le soviet ?<br class='autobr' />
Le conseil des députés ouvriers fut formé pour répondre à un besoin pratique, suscité par les conjonctures d'alors : il fallait avoir une organisation jouissant d'une autorité indiscutable, libre de toute tradition, qui grouperait du premier coup les multitudes disséminées et dépourvues de liaison ; cette organisation devait être un confluent pour tous les courants révolutionnaires à l'intérieur du prolétariat ; elle devait être capable d'initiative et se contrôler elle même d'une manière automatique ; l'essentiel enfin, c'était de pouvoir la faire surgir dans les vingt quatre heures. Le parti social démocrate qui unissait étroitement, dans ses retraites clandestines, plusieurs centaines, et, par la circulation des idées, plusieurs milliers d'ouvriers à Pétersbourg, était en mesure de donner aux masses un mot d'ordre qui éclairerait leur expérience naturelle à la lumière fulgurante de la pensée politique ; mais ce parti n'aurait pas été capable d'unifier par un lien vivant, dans une seule organisation, les milliers et les milliers d'hommes dont se composait la masse : en effet, il avait toujours accompli l'essentiel de son travail dans des laboratoires secrets, dans les antres de la conspiration que les masses ignoraient. Le parti des socialistes révolutionnaires souffrait des mêmes maladies de la vie souterraine, aggravées encore par son impuissance et son instabilité. Les difficultés qui existaient entre les deux fractions également fortes de la social démocratie d'une part, et leur lutte avec les socialistes révolutionnaires de l'autre, rendaient absolument indispensable la création d'une organisation impartiale. Pour avoir de l'autorité sur les masses, le lendemain même de sa formation, elle devait être instituée sur la base d'une très large représentation. Quel principe devait on adopter ? La réponse venait toute seule. Comme le seul lien qui existât entre les masses prolétaires, dépourvues d'organisation, était le processus de la production, il ne restait qu'à attribuer le droit de représentations aux entreprises et aux usines . On avait comme exemple et comme précédent la commission du sénateur Chidlovsky. Une des deux organisations social démocrates de Pétersbourg prit l'initiative de créer une administration autonome révolutionnaire ouvrière, le 10 octobre, au moment où la plus grande des grèves s'annonçait. Le 13 au soir, dans les bâtiments de l'Institut technologique, eut lieu la première séance du futur soviet. Il n'y avait pas plus de trente à quarante délégués. On décida d'appeler immédiatement le prolétariat de la capitale à la grève politique générale et à l'élection des délégués. " La classe ouvrière, disait l'appel rédigé à la première séance, a dû recourir à l'ultime mesure dont dispose le mouvement ouvrier mondial et qui fait sa puissance : à la grève générale... Dans quelques jours, des événements décisifs doivent s'accomplir en Russie. Ils détermineront pour de nombreuses années le sort de la classe ouvrière ; nous devons donc aller au devant des faits avec toutes nos forces disponibles, unifiées sous l'égide de notre commun soviet... "<br class='autobr' />
Cette décision d'une importance incalculable fut adoptée à l'unanimité ; il n'y eut même pas de débat sur le principe de la grève générale, sur les méthodes qui convenaient, sur les fins et les possibilités que l'on pouvait envisager ; et ce sont pourtant ces questions qui soulevèrent, peu de temps après, une lutte idéologique passionnée dans les rangs de notre parti allemand. Ce serait un non sens que d'expliquer ce fait par les différences psychologiques entre nationalités ; bien au contraire, c'est plutôt à nous autres, Russes, que l'on pourrait reprocher une prédilection maladive pour les finasseries de tactique et l'abus des subtilités dans le détail. La raison véritable de la conduite que l'on adopta alors, on la trouve dans le caractère révolutionnaire de l'époque. Le soviet, depuis l'heure où il fut institué jusqu'à celle de sa perte, resta sous la puissante pression de l'élément révolutionnaire qui, sans s'embarrasser de vaines considérations, devança le travail de l'intelligence politique.<br class='autobr' />
Chacune des démarches de la représentation ouvrière était prédéterminée, la " tactique " à suivre s'imposait d'une manière évidente. On n'avait pas à examiner les méthodes de lutte, on avait à peine le temps de les formuler... »</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/1905/1905_8.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/1905/1905_8.htm</a></p>
<p>Lénine (juin 1917) : « Les Soviets sont une institution qui n'existe dans aucun Etat parlementaire bourgeois du type ordinaire, et qui ne peut exister à côté d'un gouvernement bourgeois. C'est cet Etat de type nouveau, plus démocratique, que nous avons appelé dans les résolutions de notre Parti république démocratique du prolétariat et de la paysannerie, et où le pouvoir n'appartient qu'aux Soviets des députés ouvriers et soldats. »</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/06/1-co-so/vil19170601.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/06/1-co-so/vil19170601.htm</a></p>
<p>Lénine (octobre 1917) : « Que signifie cette révolution ouvrière et paysanne ? Avant tout, le sens de cette révolution, c'est que nous aurons un gouvernement des Soviets, notre pouvoir à nous, sans la moindre participation de la bourgeoisie. Les masses opprimées créeront elles-mêmes le pouvoir. Le vieil appareil d'Etat sera radicalement détruit et il sera créé un nouvel appareil de direction dans la personne des organisations des Soviets. »</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1583" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1583</a></p>
<p>Lénine (1919) : « Les masses ouvrières de tous les pays ont saisi d'instinct l'importance des Soviets comme arme de lutte du prolétariat et ferme de l'Etat prolétarien. Mais les « chefs » corrompus par l'opportunisme ont continué, et continuent de vouer un culte à la démocratie bourgeoise en l'appelant « démocratie » en général. »</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1919/04/vil19190415.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1919/04/vil19190415.htm</a></p>
<p>Internationale communiste (1920) : « les communistes peuvent et doivent propager systématiquement et opiniâtrement l'idée des Soviets, la vulgariser dans les masse, démontrer aux plus profondes couches de la population que les Soviets constituent la seule forme gouvernementale correspondant aux besoins de la période de transition au communisme intégral. »</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/inter_com/1920/ic2_19200700e2.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/inter_com/1920/ic2_19200700e2.htm</a></p>
<p>Trotsky (1924) : « dans la majorité des cas, les soviets se créeront sur l'appel des communistes et seront par suite des organes directs de l'insurrection prolé¬tarienne. Il n'est pas impossible, évidemment, que la désorga¬nisation de' l'appareil étatique bourgeois devienne très forte avant que le prolétariat puisse s'emparer du pouvoir, ce qui permettrait de créer des soviets comme organes déclarés de la prépara¬tion de l'insurrection. Mais il y a bien peu de chance pour que cela soit la règle générale. Dans le cas le plus fréquent, on ne parviendra à créer les soviets qu'aux derniers jours, comme organes directs de la masse prête à s'insurger. Enfin, il est très possible également que les soviets surgissent après le moment critique de l'insurrection et même après sa victoire comme organes du nouveau pouvoir. Il faut avoir constamment devant les yeux toutes ces éventualités pour ne pas tomber dans le fétichisme d'organisation et ne pas transformer les soviets, de forme souple, vitale de lutte, en "principe " d'organisation, introduit de l'extérieur dans le mouvement et entravant son développement régulier. »</p>
<p><a href="http://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1924/09/19240915h.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">http://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1924/09/19240915h.htm</a></p>
<p>Trotsky (1938) : « Dans certaines périodes, les soviets peuvent être remplacés par les comités d'usine, de l'échelle locale à l'échelle nationale. On ne peut le dire à l'avance, mais notre orientation stratégique pour la prochaine période, c'est l'orientation vers les soviets. L'ensemble du programme de transition doit combler les trous entre les conditions d'aujourd'hui et les soviets de demain. »</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1938/03/lt19380323.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1938/03/lt19380323.htm</a></p>
<p>Comment les travailleurs peuvent s'organiser par eux-mêmes et décider de l'avenir de toute la société</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7443" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7443</a></p>
<p>« La classe exploitée et opprimée (le prolétariat) ne peut plus se libérer de la classe qui l'exploite et l'opprime (la bourgeoisie), sans libérer en même temps et à tout jamais la société entière de l'exploitation, de l'oppression et des luttes de classes ; cette idée maîtresse appartient uniquement et exclusivement à Marx », écrit Engels.</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/engels/works/1883/06/fe18830628.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/engels/works/1883/06/fe18830628.htm</a></p>
<p>La mission historique du prolétariat : prendre le pouvoir d'Etat pas pour le conserver mais pour aller au socialisme en allant vers la suppression des classes sociales et des Etats</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/loriot/works/1928/04/loriot_19280401.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/loriot/works/1928/04/loriot_19280401.htm</a></p>
<p>Prendre le pouvoir en instaurant la dictature du prolétariat</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/00/dictature/dictature_du_proletariat.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/marx/works/00/dictature/dictature_du_proletariat.pdf</a></p>
<p>Une seule armée digne d'être construite : l'armée rouge internationale des travailleurs</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7602" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7602</a></p>
<p>Le monde du travail doit gouverner lui-même !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6004" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6004</a></p>
<p>Le pouvoir aux travailleurs et le socialisme sont des nécessités vitales pour l'humanité</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8073" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8073</a></p>
<p>L'Etat que veut mettre en place l'organisation Lutte ouvrière n'est pas le pouvoir des soviets de travailleurs</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7513" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7513</a></p>
<p>Pourquoi rejeter dos à dos Etat ouvrier et Etat bourgeois revient à… soutenir ce dernier</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7492" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7492</a></p>
<p>Notre principale divergence avec l'extrême gauche française : ils ne sont pas clairs vis-à-vis de la nature de l'Etat capitaliste !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5462" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5462</a></p>
<p>La question du pouvoir est certainement la question la plus importante de toute révolution.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5189" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5189</a></p>
<p>Refuser l'Etat ouvrier désarme même la plus dynamique des révolutions prolétariennes</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2430" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2430</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4795" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4795</a></p>
<p>La révolution est une épreuve de force ouverte entre les forces sociales en lutte pour le pouvoir. L'Etat n'est pas une fin en soi. C'est seulement une machine entre les mains des forces sociales dominantes.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1434" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1434</a></p>
<p>L'Etat et la révolution, de Lénine</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article140" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article140</a></p>
<p>Le pouvoir aux travailleurs après Octobre</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6453" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6453</a></p>
<p>La seule démocratie possible, en période de crise aïgue de la domination capitaliste, est d'arracher à la bourgeoisie ses instruments de domination</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6420" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6420</a></p>
<p>Face à l'effondrement actuel du capitalisme, la politique de classe du prolétariat le mène à prendre la tête du peuple travailleur afin de prendre le pouvoir d'Etat</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5907" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5907</a></p>
<p>Cela ne signifie pas que le socialisme soit un étatisme</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article373" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article373</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article148" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article148</a></p>
<h2 class="spip">LA QUESTION DE L'INTERNATIONALE</h2>
<p>L'internationalisme n'est pas juste une jolie proclamation des militants communistes révolutionnaires. C'est une politique qui se constate sans cesse dans les écrits comme dans les actes des groupes. Il ne s'agit pas seulement d'être une organisation nationale qui est solidaire de la lutte des autres. Il ne s'agit pas d'être très internationalistes en déclaration mais totalement inactifs quand il s'agit de soutenir une lutte. Or, l'essentiel des groupes qui se disent révolutionnaires se gardent bien de s'impliquer quand il s'agit de luttes où leur impérialisme est actif. Ainsi, les groupes français qui manifestaient volontiers contre l'impérialisme américain ne le faisaient pas contre l'impérialisme français !</p>
<p>On ne voit qu'un nombre minime de révolutionnaires qui considèrent de la responsabilité du prolétariat de prendre en charge la solidarité internationale et qui se chargent d'en rendre conscients les travailleurs autour d'eux, notamment dans les syndicats…</p>
<h2 class="spip">II° Congrès de l'I.C. (l'internationale de Lénine et de Trotsky)
<p>Juillet 1920<br class='autobr' />
Conditions d'admission des Partis dans l'Internationale Communiste</p>
</h2>
<p>Le premier Congrès constituant de l'Internationale Communiste n'a pas élaboré les conditions précises de l'admission des Partis dans la III° Internationale. Au moment où eut lieu son premier Congrès, il n'y avait dans la plupart des pays que des tendances et des groupes communistes.</p>
<p>Le deuxième Congrès de l'Internationale Communiste se réunit dans de tout autres conditions. Dans la plupart des pays il y a désormais, au lieu des tendances et des groupes, des Partis et des organisations communistes.</p>
<p>De plus en plus souvent, des Partis et des groupes qui, récemment encore, appartenaient à la II° Internationale et qui voudraient maintenant adhérer à l'Internationale Communiste s'adressent à elle, sans pour cela être devenus véritablement communistes. La II° Internationale est irrémédiablement défaite. Les Partis intermédiaires et les groupes du « centre » voyant leur situation désespérée, s'efforcent de s'appuyer sur l'Internationale Communiste, tous les jours plus forte, en espérant conserver cependant une « autonomie » qui leur permettrait de poursuivre leur ancienne politique opportuniste ou « centriste ». L'Internationale Communiste est, d'une certaine façon, à la mode.<br class='autobr' />
Le désir de certains groupes dirigeants du « centre » d'adhérer à la III° Internationale nous confirme indirectement que l'Internationale Communiste a conquis les sympathies de la grande majorité des travailleurs conscients du monde entier et constitue une puissance qui croît de jour en jour.<br class='autobr' />
L'Internationale Communiste est menacée de l'envahissement de groupes indécis et hésitants qui n'ont pas encore pu rompre avec l'idéologie de la II° Internationale.</p>
<p>En outre, certains Partis importants (italien, suédois), dont la majorité se place au point de vue communiste, conservent encore en leur sein de nombreux éléments réformistes et social-pacifistes qui n'attendent que l'occasion pour relever la tête, saboter activement la révolution prolétarienne, en venant ainsi en aide à la bourgeoisie et à la II° Internationale.</p>
<p>Aucun communiste ne doit oublier les leçons de la République des soviets hongroise. L'union des communistes hongrois avec les réformistes a coûté cher au prolétariat hongrois.<br class='autobr' />
C'est pourquoi le 2° Congrès international croit devoir fixer de façon tout à fait précise les conditions d'admission des nouveaux Partis et indiquer par la même occasion aux Partis déjà affiliés les obligations qui leur incombent.</p>
<p>Le 2° Congrès de l'Internationale Communiste décide que les conditions d'admission dans l'Internationale sont les suivantes :</p>
<p>1. La propagande et l'agitation quotidiennes doivent avoir un caractère effectivement communiste et se conformer au programme et aux décisions de la III° Internationale. Tous les organes de la presse du Parti doivent être rédigés par des communistes sûrs, ayant prouvé leur dévouement à la cause du prolétariat. Il ne convient pas de parler de dictature prolétarienne comme d'une formule apprise et courante ; la propagande doit être faite de manière à ce que la nécessité en ressorte pour tout travailleur, pour toute ouvrière, pour tout soldat, pour tout paysan, des faits mêmes de la vie quotidienne, systématiquement notés par notre presse. La presse périodique ou autre et tous les services d'éditions doivent être entièrement soumis au Comité Central du Parti, que ce dernier soit légal ou illégal. Il est inadmissible que les organes de publicité mésusent de l'autonomie pour mener une politique non conforme à celle du Parti. Dans les colonnes de la presse, dans les réunions publiques, dans les syndicats, dans les coopératives, partout où les partisans de la III° Internationale auront accès, ils auront à flétrir systématiquement et impitoyablement non seulement la bourgeoisie, mais aussi ses complices, réformistes de toutes nuances.</p>
<p>2. Toute organisation désireuse d'adhérer à l'Internationale Communiste doit régulièrement et systématiquement écarter des postes impliquant tant soit peu de responsabilité dans le mouvement ouvrier (organisations de Parti, rédactions, syndicats, fractions parlementaires, coopératives, municipalités) les réformistes et les « centristes » et les remplacer par des communistes éprouvés, - sans craindre d'avoir à remplacer, surtout au début, des militants expérimentés, par des travailleurs sortis du rang.</p>
<p>3. Dans presque tous les pays de l'Europe et de l'Amérique la lutte de classes entre dans la période de guerre civile. Les communistes ne peuvent, dans ces conditions, se fier à la légalité bourgeoise. Il est de leur devoir de créer partout, parallèlement à l'organisation légale, un organisme clandestin, capable de remplir au moment décisif, son devoir envers la révolution. Dans tous les pays où, par suite de l'état de siège ou de lois d'exception, les communistes n'ont pas la possibilité de développer légalement toute leur action, la concomitance de l'action légale et de l'action illégale est indubitablement nécessaire.</p>
<p>4. Le devoir de propager les idées communistes implique la nécessité absolue de mener une propagande et une agitation systématique et persévérante parmi les troupes. Là, où la propagande ouverte est difficile par suite de lois d'exception, elle doit être menée illégalement ; s'y refuser serait une trahison à l'égard du devoir révolutionnaire et par conséquent incompatible avec l'affiliation à la III° internationale.</p>
<p>5. Une agitation rationnelle et systématique dans les campagnes est nécessaire. La classe ouvrière ne peut vaincre si elle n'est pas soutenue tout au moins par une partie des travailleurs des campagnes (journaliers agricoles et paysans les plus pauvres) et si elle n'a pas neutralisé par sa politique tout au moins une partie de la campagne arriérée. L'action communiste dans les campagnes acquiert en ce moment une importance capitale. Elle doit être principalement le fait des ouvriers communistes en contact avec la campagne. Se refuser à l'accomplir ou la confier à des demi-réformistes douteux c'est renoncer à la révolution prolétarienne.</p>
<p>6. Tout Parti désireux d'appartenir à la III° Internationale, a pour devoir de dénoncer autant que le social-patriotisme avoué le social-pacifisme hypocrite et faux ; il s'agit de démontrer systématiquement aux travailleurs que, sans le renversement révolutionnaire du capitalisme, nul tribunal arbitral international, nul débat sur la réduction des armements, nulle réorganisation « démocratique » de la Ligue des Nations ne peuvent préserver l'humanité des guerres impérialistes.</p>
<p>7. Les Partis désireux d'appartenir à l'Internationale Communiste ont pour devoir de reconnaître la nécessité d'une rupture complète et définitive avec le réformisme et la politique du centre et de préconiser cette rupture parmi les membres des organisations. L'action communiste conséquente n'est possible qu'à ce prix.<br class='autobr' />
L'Internationale Communiste exige impérativement et sans discussion cette rupture qui doit être consommée dans le plus bref délai. L'Internationale Communiste ne peut admettre que des réformistes avérés, tels que Turati, Kautsky, Hilferding, Longuet, Mac Donald, Modigliani et autres, aient le droit de se considérer comme des membres de la III° Internationale, et qu'ils y soient représentés. Un pareil état de choses ferait ressembler par trop la III° Internationale à la II°.</p>
<p>8. Dans la question des colonies et des nationalités opprimées, les Partis des pays dont la bourgeoisie possède des colonies ou opprime des nations, doivent avoir une ligne de conduite particulièrement claire et nette. Tout Parti appartenant à la III° Internationale a pour devoir de dévoiler impitoyablement les prouesses de « ses » impérialistes aux colonies, de soutenir, non en paroles mais en fait, tout mouvement d'émancipation dans les colonies, d'exiger l'expulsion des colonies des impérialistes de la métropole, de nourrir au cœur des travailleurs du pays des sentiments véritablement fraternels vis-à-vis de la population laborieuse des colonies et des nationalités opprimés et d'entretenir parmi les troupes de la métropole une agitation continue contre toute oppression des peuples coloniaux.</p>
<p>9. Tout Parti désireux d'appartenir à l'Internationale Communiste doit poursuivre une propagande persévérante et systématique au sein des syndicats, coopératives et autres organisations des masses ouvrières. Des noyaux communistes doivent être formés, dont le travail opiniâtre et constant conquerra les syndicats au communisme. Leur devoir sera de révéler à tout instant la trahison des social-patriotes et les hésitations du « centre ». Ces noyaux communistes doivent être complètement subordonnés à l'ensemble du Parti.</p>
<p>10. Tout Parti appartenant à l'Internationale Communiste a pour devoir de combattre avec énergie et ténacité l'« Internationale » des syndicats jaunes fondée à Amsterdam. Il doit répandre avec ténacité au sein des syndicats ouvriers l'idée de la nécessité de la rupture avec l'Internationale Jaune d'Amsterdam. Il doit par contre concourir de tout son pouvoir à l'union internationale des syndicats rouges adhérant à l'Internationale Communiste.</p>
<p>11. Les Partis désireux d'appartenir à l'Internationale Communiste ont pour devoir de réviser la composition de leurs fractions parlementaires, d'en écarter les éléments douteux, de les soumettre, non en paroles mais en fait, au Comité Central du Parti, d'exiger de tout député communiste la subordination de toute son activité aux intérêts véritables de la propagande révolutionnaire et de l'agitation.</p>
<p>12. Les Partis appartenant à l'Internationale Communiste doivent être édifiés sur le principe de la centralisation démocratique. A l'époque actuelle de guerre civile acharnée, le Parti Communiste ne pourra remplir son rôle que s'il est organisé de la façon la plus centralisée, si une discipline de fer confinant à la discipline militaire y est admise et si son organisme central est muni de larges pouvoirs, exerce une autorité incontestée, bénéficie de la confiance unanime des militants.</p>
<p>13. Les Partis Communistes des pays où les communistes militent légalement doivent procéder à des épurations périodiques de leurs organisations, afin d'en écarter les éléments intéressés et petit-bourgeois.</p>
<p>14. Les Partis désireux d'appartenir à l'Internationale Communiste doivent soutenir sans réserves toutes les républiques soviétiques dans leurs luttes avec la contre-révolution. Ils doivent préconiser inlassablement le refus des travailleurs de transporter les munitions et les équipements destinés aux ennemis des républiques soviétiques, et poursuivre, soit légalement soit illégalement, la propagande parmi les troupes envoyées contre les républiques soviétiques.</p>
<p>15. Les Partis qui conservent jusqu'à ce jour les anciens programmes social-démocrates ont pour devoir de les réviser sans retard et d'élaborer un nouveau programme communiste adapté aux conditions spéciales de leur pays et conçu dans l'esprit de l'Internationale Communiste. Il est de règle que les programmes des Partis affiliés à l'Internationale Communiste soient confirmés par le Congrès International ou par le Comité Exécutif. Au cas où ce dernier refuserait sa sanction à un Parti, celui-ci aurait le droit d'en appeler au Congrès de l'Internationale Communiste.</p>
<p>16. Toute les décisions des Congrès de l'Internationale Communiste, de même que celles du Comité Exécutif, sont obligatoires pour tous les Partis affiliés à l'Internationale Communiste. Agissant en période de guerre civile acharnée, l'Internationale Communiste et son Comité Exécutif doivent tenir compte des conditions de lutte si variées dans les différents pays et n'adopter de résolutions générales et obligatoires que dans les questions où elles sont possibles.</p>
<p>17. Conformément à tout ce qui précède, tous les Partis adhérant à l'Internationale Communiste doivent modifier leur appellation. Tout Parti désireux d'adhérer à l'Internationale Communiste doit s'intituler Parti Communiste de... (section de la III° Internationale Communiste). Cette question d'appellation n'est pas une simple formalité ; elle a aussi une importance politique considérable. L'Internationale Communiste a déclaré une guerre sans merci au vieux monde bourgeois tout entier et à tous les vieux Partis social-démocrates jaunes. Il importe que la différence entre les Partis Communistes et les vieux Partis « social-démocrates » ou « socialistes » officiels qui ont vendu le drapeau de la classe ouvrière soit plus nette aux yeux de tout travailleur.</p>
<p>18. Tous les organes dirigeants de la presse des Partis de tous les pays sont obligés d'imprimer tous les documents officiels importants du Comité Exécutif de l'Internationale Communiste.</p>
<p>19. Tous les Partis appartenant à l'Internationale Communiste ou sollicitant leur adhésion sont obligés de convoquer (aussi vite que possible), dans un délai de 4 mois après le 2° Congrès de l'Internationale Communiste, au plus tard, un Congrès extraordinaire afin de se prononcer sur ces conditions. Les Comités Centraux doivent veiller à ce que les décisions du 2° Congrès de l'Internationale Communiste soient connues de toutes les organisations locales.</p>
<p>20. Les Partis qui voudraient maintenant adhérer à la III° Internationale, mais qui n'ont pas encore modifié radicalement leur ancienne tactique, doivent préalablement veiller à ce que les 2/3 des membres de leur Comité Central et des Institutions centrales les plus importantes soient composés de camarades, qui déjà avant le 2° Congrès s'étaient ouvertement prononcés pour l'adhésion du Parti à la III° Internationale. Des exceptions peuvent être faites avec l'approbation du Comité Exécutif de l'Internationale Communiste. Le Comité Exécutif se réserve le droit de faire des exceptions pour les représentants de la tendance centriste mentionnés dans le paragraphe 7.</p>
<p>21. Les adhérents au Parti qui rejettent les conditions et les thèses établies par l'Internationale Communiste doivent être exclus du Parti. Il en est de même des délégués au Congrès extraordinaire.</p>
<p>Principaux textes de l'Internationale communiste de Lénine et de Trotsky</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article261" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article261</a></p>
<p>Juin 1921 : thèses de l'Internationale Communiste</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1234" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1234</a></p>
<p>Quand l'internationale communiste a été stalinisée</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8184" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8184</a></p>
<p>Qu'est-ce que la Quatrième Internationale ? Celle de Léon Trotsky !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6247" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6247</a></p>
<p>TEXTE DE BARTA EN 1943</p>
<p>DE LA PREMIERE INTERNATIONALE A LA QUATRIEME</p>
<p>Que la lutte du prolétariat contre la bourgeoisie prenne nécessairement une forme nationale, son contenu n'en reste pas moins essentiellement international. Il est évident que pour pouvoir lutter, la classe ouvrière doit s'organiser en tant que classe et que le théâtre immédiat de sa lutte est l'intérieur du pays. Mais "le cadre de l'Etat national", remarquait Marx déjà au milieu du XIXème siècle, plusieurs décades d'années avant la phase impérialiste actuelle du capitalisme, "entre lui-même à son tour économiquement dans le cadre du marché mondial, politiquement dans le cadre du système des Etats". Par conséquent l'internationalisme de la classe ouvrière n'est pas l'expression de la "fraternité" sentimentale des prolétaires de tous les pays soumis à la même exploitation capitaliste, mais l'expression de l'unité organique de leur lutte contre un régime social international par sa nature.<br class='autobr' />
Le capitalisme s'est développé historiquement en formant un système international qui a fondu progressivement les différents pays du monde en un bloc organique, la lutte du prolétariat mondial est devenue elle aussi nécessairement internationale. En 1847, à Londres, fut fondée la Ligue des Communistes, première association internationale prolétarienne avec la participation active de Marx et d'Engels, qui rédigèrent aussi son programme historique "Le Manifeste Communiste". En 1852 la Ligue des Communistes sombra dans la vague de la réaction, dont la défaite des ouvriers parisiens en juin 1848 marqua le début. "Quand la classe ouvrière européenne eut repris suffisamment de forces" écrit Engels, "pour un nouvel assaut contre la puissance des classes, se constitua l'Association Internationale des travailleurs", la Première Internationale. C'était de nouveau à Londres, en 1864. Marx, qui rédigea l'Adresse inaugurale de l'Internationale et ses statuts, définissait ainsi son rôle principal : "créer un centre de communication et de coopération entre les associations ouvrières des différents pays aspirant au même but, à savoir : le concours mutuel, le progrès et le complet affranchissement de la classe ouvrière", et cela par "la conquête du pouvoir politique qui est devenue le premier devoir de la classe ouvrière".</p>
<p>L'idée fondamentale qui inspirait toute l'activité de Marx dans la première Internationale était que les ouvriers doivent créer partout des organisations syndicales et politiques, sur la base "des circonstances réelles", qui à son époque variaient encore considérablement d'un pays à l'autre, afin de préparer les masses prolétariennes à la conquête du pouvoir politique.</p>
<p>La première Internationale ne vécut elle-même que neuf années, du 28 septembre 1864 jusqu'en 1874. Elle se brisa elle aussi sous les coups de la réaction, soulevée après la sanglante défaite de la Commune de Paris en 1871 et minée intérieurement par l'action liquidatrice des anarchistes bakouniniens et par l'incompréhension théorique des blanquistes.</p>
<p>Elle fut cependant au cours de son existence éphémère le puissant levier de l'organisation syndicale et dans une certaine mesure aussi politique, de larges couches prolétariennes en Europe et en Amérique, et surtout un étonnant "prophète de l'avenir", comme l'a justement caractérisée 45 ans plus tard le Manifeste Inaugural de la IIIème Internationale.</p>
<p>A partir de 1880 le mouvement ouvrier mondial eut à nouveau un essor prodigieux. En Europe l'organisation syndicale et politique du prolétariat allemand, français, anglais, italien, suisse, etc... remporte d'éclatants succès. En 1889, à l'occasion de l'exposition universelle de Paris, un Congrès convoqué par les "Guesdistes" fonda la IIème Internationale ouvrière.</p>
<p>Pendant vingt ans, à peu près jusqu'à la veille de la première guerre mondiale de 1914, la IIème Internationale fut la grande "organisatrice des millions" d'ouvriers dans tous les pays capitalistes du monde. Cependant, malgré ses progrès, la IIème Internationale resta entre 1904-1914 une Fédération mal consolidée aux tendances et à l'organisation discordantes. Son aile réformiste et opportuniste, issue du développement organique de ce capitalisme industriel qui dure à peu près jusqu'à la fin du XIXème siècle, croyait à l'éternité de cette période de prospérité et niait la nécessité de l'action révolutionnaire des masses. Son aile prolétarienne au contraire, représentée surtout par le parti bolchévique de Lénine, par Trotsky, par Liebknecht et Rosa Luxembourg, basait sa politique sur l'analyse exacte de la nouvelle phase impérialiste du capitalisme et l'approche inévitable de la guerre. Cette perspective se montra bientôt parfaitement juste. En août 1914 éclate la première guerre mondiale impérialiste et quelques semaines après les chefs ouvriers et socialistes de la plupart des pays belligérants décommandent aux masses la lutte de classe et se jettent sans réserve dans le social patriotisme.</p>
<p>Pour une seconde fois l'organisation internationale du prolétariat se disloquait.</p>
<p>Mais tandis que la première Internationale de Marx tombait victime de la réaction après une lutte héroïque couronnée par l'immortelle Commune de Paris, la IIème Internationale de Scheidemann, d'Ebert, de Noske de Renaudel, d'Albert Thomas, etc... périssait dans la honte du social-chauvinisme après avoir trahi les intérêts de la classe ouvrière. Seule une petite minorité, et à sa tête Lénine, Trotsky, Liebknecht et R. Luxembourg, restèrent fidèles à la doctrine de Marx et se dressèrent contre la guerre dans tous les pays, "démocratiques" ou "autoritaires", "agresseurs" ou "victimes de l'agression", en se basant sur la tactique du défaitisme révolutionnaire valable pour l'ensemble des pays impérialistes. Cette minorité révolutionnaire déclarait déjà en 1915 qu'il était nécessaire de former une nouvelle Internationale, puisque la IIème Internationale, par son attitude social-patriotique avait cessé d'exister.</p>
<p>Mais la IIIème Internationale ne devint une réalité qu'en mars 1919, après le triomphe de la Révolution Russe en 1917. C'est à Moscou qu'a eu lieu le 1er Congrès de la nouvelle "Internationale de l'action", comme l'ont qualifiée ses fondateurs dans leur premier "Manifeste aux prolétaires de tous les pays".</p>
<p>La IIIème Internationale considérait sa politique comme la continuation naturelle de la doctrine révolutionnaire marxiste telle qu'elle avait été définie pour la première fois, 72 ans auparavant, dans le "Manifeste Communiste", et de toutes les traditions vraiment révolutionnaires du prolétariat mondial. Sa tâche principale était d'autre part le renversement immédiat du capitalisme dans le monde, renversement dont la première étape fut la victorieuse Révolution Russe.</p>
<p>Dans la pensée de Lénine et de Trotsky, les principaux organisateurs de la nouvelle Internationale, on ne pouvait mener cette action révolutionnaire des masses sans avoir un programme international qui corresponde au caractère de l'époque impérialiste, c'est-à-dire l'époque où le capital financier dirige l'économie et la politique mondiales. A ce programme international correspond d'autre part nécessairement une organisation internationale des différents partis politiques du prolétariat, une sorte d'Etat-major international des masses en lutte sur l'ensemble du terrain mondial.<br class='autobr' />
A l'époque impérialiste, infiniment plus qu'à l'époque du capitalisme industriel du XIXème siècle, aucun parti prolétarien ne peut établir son programme en se basant seulement ou principalement sur les conditions et les tendances de l'évolution de son pays. Au contraire "le sens dans lequel se dirige le prolétariat au point de vue national doit se déduire et ne peut se déduire que de la direction prise dans le domaine international et non pas vice-versa" (Trotsky). C'est en cela d'ailleurs que consiste la différence fondamentale qui sépare l'internationalisme communiste de toutes les autres tendances du mouvement ouvrier.</p>
<p>Et cependant, devant l'isolement de la révolution russe, consécutive aux défaites successives du prolétariat mondial entre 1917 et 1923, devant la fatigue des ouvriers russes et la stabilisation éphémère du capitalisme, la direction stalinienne de la IIIème Internationale substitua après la mort de Lénine, vers la fin de 1924, à son programme jusqu'alors entièrement basé sur la révolution internationale, une théorie "consolatrice", celle du "socialisme dans un seul pays". Mais en fait il s'agissait d'une orientation politique nouvelle, dont il faut chercher les racines dans une conception social-patriotique du rôle de l'URSS dans la révolution mondiale. En 1924, quand Staline lança pour la première fois cette formule, devenue depuis la base de toute sa politique intérieure et extérieure, les conditions objectives ne permettaient pas encore à la grande masse de militants révolutionnaires du monde d'apprécier toutes les conséquences inévitables d'une telle orientation. Et l'opposition soulevée par Trotsky au sein de la IIIème Internationale contre le "socialisme dans un seul pays" n'a paru alors qu'une injustifiable tentative de scission et de discorde, trop "théorique" pour avoir un résultat pratique appréciable. Mais Trotsky, qui était capable de manier le marxisme non pas comme une doctrine empirique de "manœuvres" et de "combines" politiques, mais comme une science, avait vu parfaitement juste.</p>
<p>La théorie du "socialisme dans un seul pays" était la négation de toute action et de toute organisation internationales du prolétariat. Elle ne pouvait nécessairement aboutir qu'à la liquidation du mouvement international. Qu'on compare après 25 ans ce qu'écrivait Trotsky en 1928 sur la signification réelle de la théorie stalinienne du "socialisme dans un seul pays" avec la dissolution récente de la IIIème Internationale survenue le 16 mai 1943 en pleine guerre impérialiste, à la veille de sa phase décisive, au moment où des millions d'ouvriers, de paysans, d'exploités et d'opprimés sur toute la planète gardent encore un suprême espoir : la délivrance de la barbarie impérialiste par la révolution mondiale.</p>
<p>"Le marxisme a toujours enseigné aux ouvriers, que même la lutte pour les salaires et la limitation de la journée de travail ne peut avoir de succès que si elle est menée en tant que lutte internationale. Et voilà qu'à présent, tout d'un coup, il se trouve que l'idéal de la société socialiste peut être réalisé par les seules forces d'une nation. C'est un coup mortel porté à l'Internationale. La conviction inébranlable que le but fondamental de classe ne peut pas être atteint, encore bien moins que les objectifs partiels, par des moyens nationaux ou dans le cadre d'une nation, constitue la moelle de l'internationalisme révolutionnaire. Si l'on peut arriver au but final à l'intérieur des frontières nationales par les efforts du prolétariat d'une nation, alors l'épine dorsale de l'internationalisme est brisée. ...Le Parti Communiste de n'importe quel pays capitaliste, après s'être pénétré de l'idée qu'il y a au sein de son Etat toutes les prémices "nécessaires et suffisantes" pour construire par ses propres forces "la société socialiste intégrale", ne se distinguera au fond en rien de la social-démocratie révolutionnaire, qui elle non plus n'avait pas commencé par Noske mais qui a définitivement trébuché sur cette question le 4 août 1914".</p>
<p>Paroles prophétiques ! Méditez-les, camarades qui combattez pour le triomphe du socialisme. Méditez-les vous particulièrement, camarades de la IIIème Internationale dissoute, comme vous devez méditer par ailleurs toute la lutte idéologique qui a abouti à l'exclusion de l'aile révolutionnaire de la IIIème dirigée par Trotsky et à la formation depuis 1934 du mouvement pour la IVème Internationale. Faites à la lumière des événements actuels, à la lumière de la pratique vivante, l'autocritique nécessaire, l'examen minutieux de vos armes idéologiques, des idées qui ont servi jusqu'à maintenant de base à votre action. Faites le bilan de cette dernière. Passez en revue toute la politique de vos dirigeants dans les dernières années et pendant cette guerre impérialiste. Et vous arriverez alors sûrement à comprendre pourquoi le prolétariat mondial encore une fois trahi, est obligé par l'histoire de forger de nouvelles armes : les nouveaux partis, la nouvelle Internationale.</p>
<p>La tâche est immense ; mais d'une nécessité impérieuse. Reculer devant cette tâche, se décourager, abandonner la lutte, cela équivaut à accepter passivement votre sort d'esclaves dans le régime capitaliste. Les pires conditions économiques et politiques vous attendraient dans la période d'après-guerre.</p>
<p>Comme les damnés de l'enfer, aucun espoir ne vous est permis dans ce régime de misère croissante, d'esclavage politique et de guerres perpétuelles.</p>
<p>Plus que jamais dans le passé, une seule voie de salut reste ouverte aux prolétaires et à toute l'humanité agonisante : le triomphe du socialisme par la révolution prolétarienne mondiale.<br class='autobr' />
De nouveaux partis, une nouvelle Internationale, sont pour cela absolument nécessaires. Le comprendre et agir fermement dans cette direction, c'est accomplir le devoir suprême que nous impose le moment historique actuel.</p>
<p>A LA NOUVELLE VICTOIRE POLITIQUE DE L'IMPERIALISME ANGLO-SAXON :</p>
<p>LA DISSOLUTION DE LA TROISIEME INTERNATIONALE,</p>
<p>LE PROLETARIAT REPONDRA PAR LA LUTTE REVOLUTIONNAIRE</p>
<p>SOUS LE DRAPEAU DE LA QUATRIEME INTERNATIONALE !</p>
<p>Au moment où la guerre impérialiste mondiale entre dans sa phase décisive, une "nouvelle sensationnelle" diffusée depuis 48 heures par toutes les radios et dans toute la presse du globe y compris les radios et la presse de l'URSS, remplit de stupéfaction et d'embarras les prolétariats de tous les pays : Staline dissout l'Internationale Communiste et recommande à ses membres de subordonner leur action à l'action des Gouvernements "alliés" dans la lutte contre Hitler !<br class='autobr' />
Et tandis que la propagande de l'Axe s'empresse de qualifier la nouvelle de "bluff" et de "manœuvre grotesque", la propagande "alliée" exalte "l'importance historique" de l'événement.</p>
<p>DE QUOI DONC S'AGIT-IL ? PRESSION ET VICTOIRE DE L'IMPERIALISME ANGLO-AMERICAIN.<br class='autobr' />
Staline dissout l'Internationale de Lénine cédant ainsi à la pression de l'impérialisme américain et anglais. La nouvelle de la dissolution du Komintern a été annoncée tout de suite après la visite du représentant de Roosevelt, Davies, à Staline, et avant la fin des travaux de la conférence politico-militaire des Anglo-Américains à Washington.</p>
<p>La guerre impérialiste étant arrivée à sa phase décisive, et le rapport de forces des belligérants s'étant profondément modifié au cours de la dernière année en faveur du camp anglo-américain à la suite des défaites de l'Axe en Russie, en Afrique et dans les airs, l'impérialisme anglo-américain est aujourd'hui sur le point de fixer ses plans définitifs pour la liquidation de la guerre. Mais avant d'agir sur le terrain militaire en Europe, ayant tiré l'expérience amère de la crise révolutionnaire qui a suivi la fin de la guerre de 14-18 et qui a menacé jusqu'aux tréfonds l'édifice capitaliste, il veut s'assurer d'avance la liquidation capitaliste et sans risques pour le régime des classes possédantes, de cette guerre. L'impérialisme subordonne ainsi l'action militaire immédiate aux considérations politiques qui visent à créer le climat nécessaire en Europe, dans lequel aucune crise révolutionnaire sérieuse ne serait possible.</p>
<p>C'est pour cette raison que l'impérialisme anglo-américain neutralise d'abord la IIIème Internationale qui, malgré sa dégénérescence bureaucratique croissante pendant toutes ces dernières années, représentait encore grâce à ses traditions et sa liaison avec l'URSS un cadre dans lequel se canalisait l'activité révolutionnaire spontanée des masses.</p>
<p>POURQUOI STALINE CEDE-T-IL ?</p>
<p>Staline a cédé à la pression des impérialistes "alliés" parce que, malgré les dernières victoires de l'Armée Rouge, malgré la défaite en perspective de l'Axe, l'URSS est sur le plan mondial plus faible que jamais. Faible d'abord parce que la guerre a consommé et détruit une masse énorme de richesses naturelles du pays, de réalisations techniques, de matériel et d'hommes. Faible ensuite parce que la force principale de l'URSS en tant que pays qui voulait ériger une société socialiste basée sur un système d'économie planifiée et sans les entraves du régime capitaliste de la propriété privée, réside dans le soutien actif du prolétariat mondial, dans le progrès de son mouvement révolutionnaire et dans l'élargissement de la révolution socialiste commencée il y a 25 ans en URSS.<br class='autobr' />
Ni matériellement en fait, ni politiquement, l'URSS ne pouvait soutenir longtemps la lutte avec son entourage capitaliste. Mais le mouvement révolutionnaire sous la direction stalinienne n'a accumulé jusqu'à maintenant que des défaites, qui ont rendu la situation de l'URSS à la longue, et surtout pendant la guerre actuelle, extrêmement précaire et à la merci des pressions et des chantages de l'impérialisme mondial.</p>
<p>MAIS S'IL NE S'AGIT QUE D'UNE MANŒUVRE ?</p>
<p>La propagande de l'Axe qui par le succès politique de l'impérialisme anglo-saxon a perdu un atout d'argumentation en faveur de la croisade "anti-communiste", dénonce la liquidation du Komintern comme une "manœuvre", et les bureaucrates qui dirigent les partis communistes, embarrassés par l'ampleur et la vitesse de la décision du Kremlin, ne tarderont pas de donner aux ouvriers la même explication facile.</p>
<p>Mais c'est une série de telles manœuvres qui pendant toutes ces dernières années ont amené la liquidation pratique du mouvement communiste, et dont l'aboutissement nécessaire est la liquidation aussi du Komintern. C'est la "manœuvre" du Front Populaire qui a éliminé de la scène politique la physionomie indépendante des partis communistes et qui a favorisé ainsi la préparation idéologique de la guerre par la "sainte alliance" des partis bourgeois et "ouvriers". C'est la "manœuvre" de la subordination du mouvement ouvrier pendant la présente guerre aux mouvements bourgeois nationaux des différents De Gaulle et Giraud dans les camps des pays "alliés" qui fait évoluer jusqu'à maintenant la guerre selon les désirs de l'impérialisme mondial et qui prépare sa victoire accompagnée de l'étouffement de toute crise révolutionnaire et de l'écrasement de ce qui reste encore vivant de la révolution d'Octobre en URSS. Ce n'est pas la bourgeoisie qui a été trompée par ces "manœuvres", c'est le prolétariat au contraire qui a servi d'instrument docile aux buts réactionnaires. Il n'y a que des bureaucrates pourris, des coquins ou des imbéciles qui peuvent faire vanter au prolétariat les avantages d'une "ingénieuse" politique de manœuvre et lui déformer ainsi son critère de classe.</p>
<p>La politique prolétarienne, pour qu'elle soit vraiment révolutionnaire, c'est-à-dire pour qu'elle fasse avancer la conscience, l'éducation politique et l'organisation des masses laborieuses, doit être telle qu'elle a toujours été définie par Marx, par Lénine et par Trotsky : franche, audacieuse, avec son propre drapeau, expliquant toujours ce qui est et ce qu'elle veut, au lieu de s'adapter misérablement aux dispositions de telle ou telle bourgeoisie "amie" ou "alliée" de l'URSS. Parce que c'est précisément la politique extérieure de l'URSS qui conditionne et qui explique toute la politique opportuniste des partis communistes pendant les dernières années.<br class='autobr' />
La IIIème Internationale était devenue aux mains de la bureaucratie stalinienne un simple accessoire de sa politique extérieure, qui au lieu d'être appuyée sur l'action révolutionnaire des masses, les seuls alliés naturels de l'URSS, a été orientée exclusivement dans la voie des "combines" et des "manœuvres" avec les différents pays impérialistes.</p>
<p>Et la bande de bureaucrates qui d'une main aussi légère, sur un geste des maîtres du Kremlin, dissout maintenant en pleine guerre impérialiste l'organisation suprême du prolétariat mondial, montre pour une dernière fois le misérable sort que le stalinisme a réservé à l'Internationale de Lénine : devenir un simple moyen de marchandage avec les bandits impérialistes internationaux.</p>
<p>LA CONCESSION DE STALINE NE SERA PAS LA DERNIERE.<br class='autobr' />
Plus on prive le prolétariat de ses armes idéologiques et organisationnelles pour sa lutte de classe contre la bourgeoisie, plus la position internationale de cette dernière se renforce et plus elle devient insatiable et agressive.</p>
<p>La liquidation du Komintern par Staline ne peut pas être la dernière de ses concessions à l'impérialisme armé des "alliés". Sur la voie d'une désorganisation et d'une passivité progressive du prolétariat mondial, l'existence de l'URSS avec tout ce qui reste encore debout de la Révolution d'octobre dans ce pays, nationalisation de la propriété, économie planifiée, commerce extérieur étatisé, ne pourra pas subsister encore pour longtemps. Le rapport des forces changera chaque jour davantage en faveur du capitalisme, aussi bien à l'intérieur de l'URSS que sur l'échelle mondiale et provoquera l'effondrement brusque de toutes les conquêtes socialistes qui subsistent encore en URSS.<br class='autobr' />
L'impérialisme international, d'accord avec les tendances réactionnaires renforcées dans certains milieux de la bureaucratie soviétique, exercera pendant cette guerre tout son pouvoir pour arracher d'autres concessions substantielles dans le domaine de l'économie planifiée de l'URSS pour la ramener finalement dans le cycle de l'économie anarchique du capitalisme.</p>
<p>SURPRISE ? NON, SUITE LOGIQUE DE TOUTE LA POLITIQUE STALINIENNE.</p>
<p>Pour nous marxistes, nourris de la pensée et de l'œuvre pratique de Marx, de Lénine, de Trotsky, un fait est l'aboutissement nécessaire de son évolution antérieure. Que Staline dissolve le Komintern, arme suprême du prolétariat combattant, à la veille de la phase décisive de la guerre impérialiste mondiale, ne nous surprend pas. Il y a en fait 15 ans que nous avons commencé à prouver aux militants de l'avant-garde révolutionnaire que la politique stalinienne conduisait pratiquement à la liquidation du mouvement communiste. Et il y a plus de 9 ans qu'ayant tiré de l'expérience pratique la certitude qu'aucune réforme ne serait plus possible à l'intérieur de la IIIème Internationale, nous avons proclamé devant le prolétariat mondial, dans la mesure de nos forces, la nécessité historique de la IVème Internationale.</p>
<p>Nous ne verserons pas de larmes inutiles devant la dépouille de celle qui fut jadis l'Internationale héroïque de Lénine et de Trotsky. Nous ne perdrons pas non plus notre courage devant les difficultés immenses de notre œuvre et notre foi inébranlable dans la justice prolétarienne et le triomphe certain de notre cause. Nous savons avec Marx que les succès faciles ne sont pas propres à la révolution prolétarienne.</p>
<p>Nous savons au contraire que "les révolutions prolétariennes se critiquent elles-mêmes constamment, interrompent à chaque instant leur propre cours, reviennent sur ce qui semble déjà être accompli, pour le recommencer à nouveau, raillent impitoyablement les hésitations, les faiblesses et les misères de leurs premières tentatives, paraissent n'abattre leur adversaire que pour lui permettre de puiser de nouvelles forces de la terre et se redresser à nouveau formidable en face d'elles, reculent constamment à nouveau devant l'immensité infinie de leurs propres buts, jusqu'à ce que soit enfin créée la situation qui rende impossible tout retour en arrière, et que les circonstances elles-mêmes crient : ...c'est ici qu'il faut sauter !"</p>
<p>Prolétaires ! Camarades !</p>
<p>Laissons les morts enterrer leurs morts. Aussi pénible que cela puisse être pour des milliers d'entre vous de constater que l'Internationale sous le drapeau de laquelle d'innombrables militants de notre cause ont trouvé la mort et ont souffert dans les geôles de la bourgeoisie les pires martyrs moyenâgeux, vous abandonne au moment le plus critique de la lutte contre l'impérialisme qui, une fois de plus, a plongé l'humanité entière dans une mer immense de sang, de détresse et de souffrance, ne vous découragez pas !</p>
<p>Le capitalisme européen sortira de cette guerre mortellement affaibli. Dans une série de pays tels que l'Allemagne, l'Italie, la Roumanie, etc... l'effondrement risque d'être total et le chaos économique et politique indescriptible. Dans les autres pays la guerre n'a pas fait moins de ravages et le désordre général qui accompagnera sa fin provoquera des explosions gigantesques.</p>
<p>Une ère de guerres civiles et de révolutions commencera.</p>
<p>Mais la désorganisation et la confusion dans les rangs des révolutionnaires peuvent permettre de nouveau une stabilisation éphémère du capitalisme. Dans ce cas la misère atroce et l'esclavage politique seraient pour une certaine période notre sort.</p>
<p>Le capitalisme européen ne peut en fait se survivre après cette guerre qu'en rabaissant le niveau de vie à ses extrêmes limites et en instaurant un ordre politique dictatorial. Crises économiques plus longues et plus profondes que toutes celles que nous avons jusqu'à maintenant connues, chômage massif et permanent, salaires bas, vie chère, esclavage politique, voilà les perspectives d'après-guerre si nous accordons au capitalisme encore un délai d'existence.</p>
<p>Forgeons dès maintenant dans la lutte nos armes nouvelles : les nouveaux partis révolutionnaires, la nouvelle Internationale.</p>
<p>Que la pensée de Marx, de Lénine et de Trotsky soit notre guide et notre drapeau.</p>
<p>POUR LE TRIOMPHE DE LA REVOLUTION SOCIALISTE MONDIALE !</p>
<p>POUR LES ETATS-UNIS SOCIALISTES D'EUROPE !</p>
<p>Pour le gouvernement révolutionnaire des Comités ouvriers et paysans !<br class='autobr' />
Pour la défense des conquêtes socialistes de l'URSS contre les nouveaux assauts de l'impérialisme !<br class='autobr' />
Pour la paix, le pain et la liberté !</p>
<p>VIVE LA QUATRIEME INTERNATIONALE !</p>
<p>Barta</p>
<h2 class="spip">La question nationale</h2>
<p>Aux quatre coins du monde, des peuples se voient refuser toute reconnaissance d'identité nationale, qu'il s'agisse des Kurdes, des Palestiniens, des Cachemiris, des Tamouls, des Touarègues, des Tziganes, des Ouighours, des peuples des anciennes colonies comme les Antillais, les Kanaks, les Réunionnais, etc.</p>
<p>Bien sûr, l'existence d'un Etat ne prouve pas que le peuple ne soit pas opprimé et ne soit pas exploité. Loin de là ! Mais l'inverse est une raison de plus de subir tous les mauvais traitements imaginables et d'être traités en citoyens de seconde zone, sans cesse désignés du doigt et frappés.</p>
<p>Nombre de révolutionnaires pensent soit qu'il faut juste soutenir les nationalismes des peuples opprimés et d'autres juste qu'il faut s'en démarquer. Pourtant, la politique de révolution permanente de Léon Trotsky et la politique de droit des peuples à disposer d'eux-mêmes de Lénine ne consistaient en cela ni l'une ni l'autre ! Ces deux dernières consistaient toujours à faire de la « question nationale » une arme de combat du prolétariat révolutionnaire international contre l'impérialisme. <br class='autobr' />
<a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr40.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr40.htm</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7230" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7230</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6259" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6259</a></p>
<p>La question nationale a tellement été une arme aux mains du prolétariat révolutionnaire de Russie que l'armée rouge a été une armée fondée sur trois forces : ouvriers, paysans, nationalités opprimées. Et ces trois forces ont été déterminantes dans la victoire prolétarienne face aux armées blanches et impérialistes !</p>
<p>Barta :</p>
<p>La question nationale surgit du développement inégal de l'histoire (voir 4ème tome de la Révolution Russe de Léon Trotsky).</p>
<p>Développement d'une partie de l'humanité vers l'État national comme forme supérieure de production par rapport à l'ancienne forme de production morcelée, d'autre part la transformation des États avancés en États impérialistes qui ont trouvé une issue temporaire à leurs contradictions en soumettant à leur exploitation les pays arriérés, en les empêchant par là-même de se constituer en État national, en les maintenant dans un état économique et social arriéré.</p>
<p>Le premier but stratégique des droits des peuples c'est d'enlever à l'impérialisme une source de puissance, tant que ces États auront les colonies la révolution sera impossible dans les pays impérialistes. Cela signifie-t-il que ce mot d'ordre devient superflu sinon nuisible (Rosa Luxembourg) ? Une fois la révolution sociale accomplie il est donc inutile puisqu'il n'est réalisable que précisément quand il devient contre-révolutionnaire. La question ainsi posée l'est d'une façon mécanique et non dialectique. Les socialistes dans leur programme vis-à-vis de la paysannerie moyenne et pauvre spécifient que le passage à la société socialiste, dont le début c'est l'insurrection armée du prolétariat contre la bourgeoisie, ne peut se faire que par l'affirmation pratique de la supériorité de l'économie socialiste sur la production isolée. Intégration donc de larges couches paysannes dans le socialisme par la voie pacifique suivant leur propre gré. Il en est de même a propos de la question nationale. Entre le prolétariat de la nation dominante et les couches populaires de la nation opprimée il y a le fossé historique de l'oppression, la responsabilité en retombe, aux yeux de la nation opprimée, aussi sur le prolétariat de la nation dominante. Il n'est donc pas possible d'attirer les couches populaires de la nation opprimée dans une collaboration pacifique socialiste avec la nation anciennement oppresseuse si cette collaboration n'a pour base l'égalité complète des droits. Cette égalité des droits est détruite si le droit de libre disposition à n'importe quel moment de la nation opprimée n'est pas reconnu.</p>
<p>Dans ce cas il arrive comme le disait Lénine en Avril 1917, confirmé par la révolution russe : si les Ukrainiens voient que nous avons une République des Soviets ils ne se sépareront pas, mais si nous avons une république de Milioukov ils se sépareront. République des soviets, ceci est incompatible avec quelque contrainte que ce soit imposée à la nation anciennement opprimée sous prétexte de socialisme. Le droit des nationalités nous ne le mettons pas au dessus de la révolution socialiste. Si on enlève la moindre parcelle de la liberté, ce n'est plus la liberté. Quand il s'agit de construction socialiste c'est un droit inviolable fondamental. Mais quand il s'agit de situation stratégique de guerre déterminée (la Pologne est maintenant opprimée mais le capitalisme anglais et américain pourrait s'en servir pour lutter contre la révolution allemande, le prolétariat allemand sera obligé de détruire par les armes la contre-révolution là-bas). Si l'Etat anciennement opprimé se trouve dans un entourage capitaliste il aura de lui-même intérêt à faire partie d'une Union soviétique. Cela n'implique pas que les partis communistes des nations opprimées mènent eux une politique séparatiste. Mais ce droit est reconnu par le parti de la nation oppresseuse. En Europe cette question concerne les nationalités opprimées, Pologne, Tchécoslovaquie, Albanie, etc. Si l'Allemagne reste impérialiste et qu'elle est battue elles se sépareront, mais si l'Europe est socialiste elles ne se sépareront pas. Ne pas recourir à la contrainte cela fait partie de la qualité de l'État socialiste.<br class='autobr' />
L'essentiel du mot d'ordre : le prolétariat de la nation dominante affirmant ce droit inaugure une politique tout à fait nouvelle par rapport à celle de la bourgeoisie, il se présente sous un autre visage à l'égard des peuples opprimés. Non pas en les traitant en enfants mineurs, le socialisme doit surgir des cœurs et de l'effort intellectuel et économique de toute l'humanité.</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/barta/1943/12/note_123043.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/barta/1943/12/note_123043.htm</a></p>
<p>L'exemple de Mayotte, colonie française</p>
<p>Syndicats, gauche et extrême gauche : entre soutien ouvert et implicite au colonialisme français ! Mayotte aux Comoriens ! Troupes coloniales françaises, hors de Mayotte !<br class='autobr' />
Aucun des partis ou syndicats se réclamant du mouvement ouvrier ou de la révolution socialiste qui nous appellent à manifester le 6 juin pour soutenir le groupe LIOT ne réclame : « Mayotte aux comoriens ! Droit de libre circulation entre les « quatre iles soeurs » (expression du temps des colonies) des Comores ». LFI, le PC depuis 1935, le PS et la CGT depuis 1914, forment une gauche (bourgeoise) qui a de longues traditions coloniales ! Le NPA et LO sont de nouveaux venus. N. Arthaud pour LO déclare ainsi à propos de Mayotte : « À Mayotte comme ici, à bas la guerre faite aux migrants ! En montrant du doigt les étrangers, Le Pen et Darmanin cherchent à dresser des pauvres contre d'autres pauvres, comme ils tentent d'opposer des travailleurs à d'autres travailleurs. (...) à la lutte contre les migrants, opposons la lutte des travailleurs contre leurs seuls ennemis de classe, et pour leurs véritables intérêts. » Mais les comoriens ne sont pas des « étrangers », des « migrants », ils sont chez eux à Mayotte ! On ne peut pas passer sous silence la dimension coloniale de la question, sous prétexte de défendre les intérêts des travailleurs et des « migrants ». Pas d'anticolonialisme, pas de parti révolutionnaire ! Pour nous les problèmes centraux des pays coloniaux et semi-coloniaux sont : la liquidation de l'héritage féodal et l'indépendance nationale. Il est impossible de rejeter purement et simplement le programme démocratique. (Trotsky, 1938).</p>
<p>Du droit des nations à disposer d'elles-mêmes<br class='autobr' />
de Lénine</p>
<p>I. L'impérialisme, le socialisme et la libération des nations opprimées</p>
<p>L'impérialisme est le stade suprême de développement du capitalisme. Dans les pays avancés, le capital a débordé le cadre des Etats nationaux et substitué le monopole à la concurrence, en créant toutes les prémisses objectives pour la réalisation du socialisme. Voilà pourquoi, en Europe occidentale et aux Etats-Unis, s'inscrit à l'ordre du jour la lutte révolutionnaire du prolétariat pour le renversement des gouvernements capitalistes, pour l'expropriation de la bourgeoisie. L'impérialisme pousse les masses à cette lutte, en exacerbant dans de vastes proportions les contradictions de classes, en aggravant la situation de ces masses aussi bien sous le rapport économique - trusts, vie chère - que sous le rapport politique : développement du militarisme, multiplication des guerres, renforcement de la réaction, affermissement et extension du joug national et du pillage des colonies. Le socialisme victorieux doit nécessairement instaurer une démocratie intégrale et, par conséquent, non seulement instaurer une égalité totale en droits des nations, mais aussi mettre en application le droit des nations opprimées à disposer d'elles-mêmes, c'est-à-dire le droit à la libre séparation politique. Les partis socialistes qui ne prouveraient pas par toute leur activité maintenant, pendant la révolution et après sa victoire, qu'ils affranchiront les nations asservies et établiront leurs rapports avec elles sur la base d'une alliance libre - et l'alliance libre est une formule mensongère si elle n'implique pas la liberté de séparation - ces partis trahiraient le socialisme.</p>
<p>Certes, la démocratie est aussi une forme d'Etat, qui devra disparaître quand celui-ci disparaîtra lui-même, mais cela n'arrivera que lors du passage du socialisme définitivement victorieux et affermi au communisme intégral.</p>
<p>II. La révolution socialiste et la lutte pour la démocratie</p>
<p>La révolution socialiste, ce n'est pas un acte unique, une bataille unique sur un seul front, c'est toute une époque de conflits de classes aigus, une longue succession de batailles sur tous les fronts, c'est-à-dire sur toutes les questions d'économie et de politique, batailles qui ne peuvent finir que par l'expropriation de la bourgeoisie. Ce serait une erreur capitale de croire que la lutte pour la démocratie est susceptible de détourner le prolétariat de la révolution socialiste ou d'éclipser celle-ci, de l'estomper, etc. Au contraire, de même qu'il est impossible de concevoir un socialisme victorieux qui ne réaliserait pas la démocratie intégrale, de même le prolétariat ne peut se préparer à la victoire sur la bourgeoisie s'il ne mène pas une lutte générale, systématique et révolutionnaire pour la démocratie.</p>
<p>Une erreur non moins grave serait de supprimer un des paragraphes du programme démocratique, par exemple celui concernant le droit des nations à disposer d'elles-mêmes, sous prétexte que ce droit serait "irréalisable" ou "illusoire" à l'époque de l'impérialisme. <br class='autobr' />
L'affirmation selon laquelle le droit des nations à disposer d'elles-mêmes est irréalisable dans le cadre du capitalisme peut être prise soit dans un sens absolu, économique, soit dans un sens relatif, politique.</p>
<p>Dans le premier cas, cette affirmation est foncièrement erronée au point de vue théorique. Premièrement, sont irréalisables dans ce sens, en régime capitaliste, par exemple la monnaie de travail ou la suppression des crises, etc. Mais il est absolument faux que le droit des nations à disposer d'elles-mêmes soit également irréalisable. Deuxièmement, l'exemple de la séparation de la Norvège d'avec la Suède, en 1905, suffit à lui seul pour réfuter ce "caractère irréalisable" compris dans ce sens. Troisièmement, il serait ridicule de nier qu'un petit changement du rapport des forces politiques et stratégiques, par exemple entre l'Allemagne et l'Angleterre, rendrait parfaitement "réalisable" aujourd'hui ou demain la formation de nouveaux Etats : polonais, indien, etc. Quatrièmement, le capital financier, dans sa tendance à l'expansion, achètera et soudoiera "librement" le gouvernement démocratique et républicain le plus libre et les fonctionnaires élus de n'importe quel pays, fût-il "indépendant". La domination du capital financier, comme celle du capital en général, ne saurait être éliminée par quelque transformation que ce soit dans le domaine de la démocratie politique ; or, l'autodétermination se rapporte entièrement et exclusivement à ce domaine. Mais cette domination du capital financier n'abolit nullement l'importance de la démocratie politique en tant que forme plus libre, plus large et plus claire de l'oppression de classe et de la lutte des classes. C'est pourquoi tous les raisonnements présentant comme "irréalisable", du point de vue économique, l'une des revendications de la démocratie politique en régime capitaliste procèdent d'une définition théoriquement fausse des rapports généraux et fondamentaux du capitalisme et de la démocratie politique en général.</p>
<p>Dans le second cas, cette affirmation est incomplète et inexacte. Car ce n'est pas seulement le droit des nations à disposer d'elles-mêmes, mais toutes les revendications fondamentales de la démocratie politique qui, à l'époque de l'impérialisme, ne sont "réalisables" qu'incomplètement, sous un aspect tronqué et à titre tout à fait exceptionnel (par exemple, la séparation de la Norvège d'avec la Suède, en 1905). La revendication de l'affranchissement immédiat des colonies, formulée par tous les social-démocrates révolutionnaires, est elle aussi "irréalisable" en régime capitaliste sans toute une série de révolutions. Cependant, cela n'entraîne nullement la renonciation de la social-démocratie à la lutte immédiate et la plus résolue pour toutes ces revendications - cette renonciation ferait tout simplement le jeu de la bourgeoisie et de la réaction - tout au contraire, il en découle la nécessité de formuler toutes ces revendications et de les faire aboutir non pas en réformistes, mais en révolutionnaires ; non pas en restant dans le cadre de la légalité bourgeoise, mais en le brisant ; non pas en se contentant d'interventions parlementaires et de protestations verbales, mais en entraînant les masses à l'action, en élargissant et en attisant la lutte autour de chaque revendication démocratique, fondamentale jusqu'à l'assaut direct du prolétariat contre la bourgeoisie, c'est-à-dire jusqu'à la révolution socialiste qui exproprie la bourgeoisie. La révolution socialiste peut éclater non seulement à la suite d'une grande grève ou d'une manifestation de rue, ou d'une émeute de la faim, ou d'une mutinerie des troupes, ou d'une révolte coloniale, mais aussi à la suite d'une quelconque crise politique du genre de l'affaire Dreyfus ou de l'incident de Saverne [1] ou à la faveur d'un référendum à propos de la séparation d'une nation opprimée, etc.</p>
<p>Le renforcement de l'oppression nationale à l'époque de l'impérialisme commande à la social-démocratie, non pas de renoncer à la lutte "utopique", comme le prétend la bourgeoisie, pour la liberté de séparation des nations, mais, au contraire, d'utiliser au mieux les conflits qui surgissent également sur ce terrain, comme prétexte à une action de masse et à des manifestations révolutionnaires contre la bourgeoisie.</p>
<p>II. La signification du droit des nations à disposer d'elles-mêmes et son rapport avec la fédération</p>
<p>Le droit des nations à disposer d'elles-mêmes signifie exclusivement leur droit à l'indépendance politique, à la libre séparation politique d'avec la nation qui les opprime. Concrètement, cette revendication de la démocratie politique signifie l'entière liberté de propagande en faveur de la séparation et la solution de ce problème par la voie d'un référendum au sein de la nation qui se sépare. Ainsi, cette revendication n'a pas du tout le même sens que celle de la séparation, du morcellement, de la formation de petits Etats. Elle n'est que l'expression conséquente de la lutte contre toute oppression nationale. Plus le régime démocratique d'un Etat est proche de l'entière liberté de séparation, plus seront rares et faibles, en pratique, les tendances à la séparation, car les avantages des grands Etats, au point de vue aussi bien du progrès économique que des intérêts de la masse, sont indubitables, et ils augmentent sans cesse avec le développement du capitalisme. Reconnaître le droit d'autodétermination n'équivaut pas à reconnaître le principe de la fédération. On peut être un adversaire résolu de ce principe et être partisan du centralisme démocratique, mais préférer la fédération à l'inégalité nationale, comme la seule voie menant au centralisme démocratique intégral. C'est précisément de ce point de vue que Marx, tout en étant centraliste, préférait même la fédération de l'Irlande avec l'Angleterre à l'assujettissement forcé de l'Irlande par les Anglais.</p>
<p>Le socialisme a pour but, non seulement de mettre fin au morcellement de l'humanité en petits Etats et à tout particularisme des nations, non seulement de rapprocher les nations, mais aussi de réaliser leur fusion. Et, précisément pour atteindre ce but, nous devons, d'une part, expliquer aux masses le caractère réactionnaire de l'idée de Renner et de O. Bauer sur ce qu'ils appellent l'"autonomie nationale culturelle [2]" et, d'autre part, revendiquer la libération des nations opprimées, non pas en alignant des phrases vagues et générales, des déclamations vides de sens, non pas en "ajournant" la question jusqu'à l'avènement du socialisme, mais en proposant un programme politique clairement et exactement formulé, qui tienne tout particulièrement compte de l'hypocrisie et de la lâcheté des socialistes des nations oppressives. De même que l'humanité ne peut aboutir à l'abolition des classes qu'en passant par la période de transition de la dictature de la classe opprimée, de même elle ne peut aboutir à la fusion inévitable des nations qu'en passant par la période de transition de la libération complète de toutes les nations opprimées, c'est-à-dire de la liberté pour elles de se séparer.</p>
<p>III. Comment le prolétariat révolutionnaire doit poser le problème du droit des nations à disposer d'elles-mêmes</p>
<p>Ce n'est pas seulement la revendication du droit des nations à disposer d'elles-mêmes, mais tous les points de notre programme-minimum démocratique qui ont été autrefois, dès le XVII° et le XVIII° siècle, formulés par la petite bourgeoisie. Et la petite bourgeoisie continue à les formuler tous d'une façon utopique, sans voir la lutte des classes et son aggravation à l'époque de la démocratie, et en croyant au capitalisme "pacifique".</p>
<p>Telle est précisément l'utopie d'une union pacifique de nations égales en droit à l'époque de l'impérialisme, utopie qui trompe le peuple et que prônent les partisans de Kautsky. A l'opposé de cette utopie petite bourgeoise et opportuniste, le programme de la social-démocratie doit mettre au premier plan, comme un fait fondamental, essentiel et inévitable à l'époque de l'impérialisme, la division des nations en nations oppressives et nations opprimées. Le prolétariat des nations oppressives ne peut se contenter de phrases générales, stéréotypées, rabâchées par tous les bourgeois pacifistes, contre les annexions et pour l'égalité en droits des nations en général. Il ne peut passer sous silence le problème, particulièrement "désagréable" pour la bourgeoisie impérialiste, des frontières des Etats fondés sur l'oppression nationale. Il ne peut pas ne pas lutter contre le maintien par la force des nations opprimées dans les frontières de ces Etats ; autrement dit, il doit lutter pour le droit d'autodétermination. Il doit revendiquer la liberté de séparation politique pour les colonies et les nations opprimées par "sa" nation. Sinon, l'internationalisme du prolétariat demeure vide de sens et verbal ; ni la confiance, ni la solidarité de classe entre les ouvriers de la nation opprimée et de celle qui opprime ne sont possibles ; et l'hypocrisie des défenseurs réformistes et kautskistes de l'autodétermination, qui ne disent rien des nations opprimées par "leur propre" nation et maintenues de force au sein de "leur propre" Etat, n'est pas démasquée.</p>
<p>D'autre part, les socialistes des nations opprimées doivent s'attacher à promouvoir et à réaliser l'unité complète et absolue, y compris sur le plan de l'organisation, des ouvriers de la nation opprimée avec ceux de la nation oppressive. Sans cela, il est impossible de sauvegarder une politique indépendante du prolétariat et sa solidarité de classe avec le prolétariat des autres pays, devant les manœuvres de toutes sortes, les trahisons et les tripotages de la bourgeoisie. Car la bourgeoisie des nations opprimées convertit constamment les mots d'ordre de libération nationale en une mystification des ouvriers : en politique intérieure, elle exploite ces mots d'ordre pour conclure des accords réactionnaires avec la bourgeoisie des nations dominantes (voir l'exemple des Polonais en Autriche et en Russie, qui concluent des marchés avec la réaction pour opprimer les Juifs et les Ukrainiens) ; en politique extérieure, elle cherche à pactiser avec une des puissances impérialistes rivales pour réaliser ses buts de rapine (politique des petits Etats dans les Balkans, etc.).</p>
<p>Le fait que la lutte contre une puissance impérialiste pour la liberté nationale peut, dans certaines conditions, être exploitée par une autre "grande" puissance dans ses propres buts également impérialistes, ne peut pas plus obliger la social-démocratie à renoncer au droit des nations à disposer d'elles-mêmes, que les nombreux exemples d'utilisation par la bourgeoisie des mots d'ordre républicains dans un but de duperie politique et de pillage financier, par exemple dans les pays latins, ne peuvent obliger les social-démocrates à renier leur républicanisme [3].</p>
<p>V. Le marxisme et le proudhonisme dans la question nationale</p>
<p>A l'opposé des démocrates petits-bourgeois, Marx voyait dans toutes les revendications démocratiques sans exception non pas un absolu, mais l'expression historique de la lutte des masses populaires, dirigées par la bourgeoisie, contre le régime féodal. Il n'est pas une seule de ces revendications qui, dans certaines circonstances, ne puisse servir et n'ait servi à la bourgeoisie à tromper les ouvriers. Il est radicalement faux, du point de vue théorique, de monter en épingle, à cet égard, l'une des revendications de la démocratie politique, à savoir le droit des nations à disposer d'elles-mêmes, et de l'opposer à toutes les autres. Dans la pratique, le prolétariat ne peut conserver son indépendance qu'en subordonnant sa lutte pour toutes les revendications démocratiques, sans en excepter la république, à sa lutte révolutionnaire pour le renversement de la bourgeoisie.</p>
<p>D'autre part, à l'opposé des proudhoniens, qui "niaient" la question nationale "au nom de la révolution sociale", Marx mettait au premier plan, en considérant par-dessus tout les intérêts de la lutte de classe du prolétariat des pays avancés, le principe fondamental de l'internationalisme et du socialisme : un peuple qui en opprime d'autres ne saurait être libre. C'est du point de vue des intérêts du mouvement révolutionnaire des ouvriers allemands que Marx réclamait en 1848 que la démocratie victorieuse d'Allemagne proclamât et accordât la liberté aux peuples opprimés par les Allemands. C'est du point de vue de la lutte révolutionnaire des ouvriers anglais que Marx réclamait, en 1869, la séparation de l'Irlande d'avec l'Angleterre. Et il ajoutait : "Dût-on, après la séparation, aboutir à la fédération". Ce n'est qu'en formulant cette revendication que Marx éduquait véritablement les ouvriers anglais dans un esprit internationaliste. C'est ainsi seulement qu'il pouvait opposer une solution révolutionnaire de ce problème historique aux opportunistes et au réformisme bourgeois, qui, jusqu'à présent, après un demi-siècle, n'a toujours pas réalisé la "réforme" irlandaise. C'est ainsi seulement qu'il pouvait, à l'encontre des apologistes du capital qui criaient à l'utopisme et à l'impossibilité de réaliser pour les petites nations le droit à la séparation, et proclamaient le caractère progressiste de la concentration non seulement économique, mais aussi politique, défendre le caractère progressiste de cette concentration opérée d'une manière non impérialiste, et défendre le rapprochement des nations basé non pas sur la violence, mais sur la libre union des prolétaires de tous les pays. C'est ainsi seulement qu'il pouvait opposer à la reconnaissance verbale, et souvent hypocrite, de l'égalité des nations et de leur droit à disposer d'elles-mêmes l'action révolutionnaire des masses également en ce qui concerne la solution des problèmes nationaux. La guerre impérialiste de 1914-1916 et les écuries d'Augias de l'hypocrisie opportuniste et kautskiste qu'elle a révélé ont nettement confirmé la justesse de cette politique de Marx, qui doit servir de modèle à tous les pays avancés, puisque chacun d'eux opprime actuellement des nations étrangères [4].</p>
<p>VI. Trois types de pays par rapport au droit des nations à disposer d'elles-mêmes</p>
<p>Il faut, sous ce rapport, distinguer trois principaux types de pays.<br class='autobr' />
Premièrement, les pays capitalistes avancés de l'Europe occidentale et les Etats-Unis. Les mouvements nationaux progressistes bourgeois y ont depuis longtemps pris fin. Chacune de ces "grandes" nations opprime d'autres nations dans les colonies et à l'intérieur de ses frontières. Les tâches du prolétariat des nations dominantes y sont précisément celles du prolétariat de l'Angleterre, au XIX° siècle, à l'égard de l'Irlande [5].</p>
<p>Deuxièmement, l'Est de l'Europe : l'Autriche, les Balkans et surtout la Russie. C'est au XX° siècle que s'y sont particulièrement développés les mouvements nationaux démocratiques bourgeois et que la lutte nationale y a pris un caractère particulièrement aigu. Dans ces pays, les tâches du prolétariat, tant pour achever la transformation démocratique bourgeoise que pour aider la révolution socialiste dans les autres pays, ne peuvent pas être menées à bien s'il n'y défend pas le droit des nations à disposer d'elles-mêmes. Particulièrement difficile et particulièrement importante y est la tâche consistant à fusionner la lutte de classe des ouvriers des nations oppressives et des ouvriers des nations opprimées.</p>
<p>Troisièmement, les pays semi-coloniaux comme la Chine, la Perse, la Turquie, et toutes les colonies totalisent environ 1000 millions d'habitants. Là, les mouvements démocratiques bourgeois ou bien commencent à peine, ou bien sont loin d'être à leur terme. Les socialistes ne doivent pas seulement revendiquer la libération immédiate, sans condition et sans rachat, des colonies (et cette revendication, dans son expression politique, n'est pas autre chose que la reconnaissance du droit des nations à disposer d'elles-mêmes ; les socialistes doivent soutenir de la façon la plus résolue les éléments les plus révolutionnaires des mouvements démocratiques bourgeois de libération nationale de ces pays et aider à leur insurrection (ou, le cas échéant, à leur guerre révolutionnaire) contre les puissances impérialistes qui les oppriment.</p>
<p>VII. Le social-chauvinisme et le droit des nations à disposer d'elles-mêmes</p>
<p>L'époque impérialiste et la guerre de 1914-1916 ont mis particulièrement en relief la nécessité de lutter contre le chauvinisme et le nationalisme dans les pays avancés. En ce qui concerne le droit des nations à disposer d'elles-mêmes, il existe deux nuances principales parmi les social-chauvins, c'est-à-dire les opportunistes et les kautskistes, qui maquillent et idéalisent la guerre impérialiste, réactionnaire, en lui appliquant la notion de "défense de la patrie".</p>
<p>D'une part, nous voyons les serviteurs déclarés de la bourgeoisie, qui défendent les annexions sous prétexte que l'impérialisme et la concentration politique sont progressistes, et qui nient le droit d'autodétermination en le déclarant utopique, illusoire, petit-bourgeois, etc. Ce groupe comprend : Cunow, Parvus et les ultra-opportunistes en Allemagne, une partie des fabiens et des chefs des trade-unions en Angleterre, les opportunistes en Russie : Semkovski, Liebmann, Iourkévitch, etc.</p>
<p>D'autre part, nous voyons les kautskistes, auxquels se rattachent également Vandervelde, Renaudel et beaucoup de pacifistes d'Angleterre et de France, etc. Ils sont pour l'unité avec les premiers et, en fait, ils les rejoignent pleinement en défendant d'une façon purement verbale et hypocrite le droit d'autodétermination : ils estiment "exagérée" ("zu viel verlangt" : Kautsky dans la Neue Zeit du 21 mai 1915) la revendication du droit de séparation politique ; ils n'affirment pas la nécessité d'une tactique révolutionnaire des socialistes des nations oppressives, mais estompent au contraire leurs obligations révolutionnaires, justifient leur opportunisme, les aident à mystifier le peuple, éludent comme par hasard la question des frontières des Etats qui maintiennent de force dans leur sein des nations lésées dans leurs droits, etc.</p>
<p>Les uns comme les autres sont des opportunistes qui prostituent le marxisme parce qu'ils ont perdu toute faculté de comprendre la portée théorique et l'importance pratique capitale de la tactique de Marx, explicitée par lui-même à propos de l'Irlande.</p>
<p>En ce qui concerne plus particulièrement les annexions, ce problème a acquis une actualité toute spéciale du fait de la guerre. Mais qu'est-ce qu'une annexion ? Il est aisé de se convaincre que l'opposition aux annexions se ramène à la reconnaissance du droit des nations à disposer d'elles-mêmes, ou bien elle repose sur une phraséologie pacifiste qui défend le statu quo et est hostile à toute violence, même révolutionnaire. Une telle position est foncièrement fausse et inconciliable avec le marxisme.</p>
<p>VIII. Les tâches concrètes du prolétariat dans le proche avenir</p>
<p>La révolution socialiste peut débuter dans le plus proche avenir. Dès lors, le prolétariat se trouvera placé devant les tâches immédiates que voici : conquête du pouvoir, expropriation des banques et réalisation d'autres mesures dictatoriales. La bourgeoisie - et surtout les intellectuels du type des fabiens et des kautskistes - s'efforcera à ce moment de morceler et de freiner la révolution en lui imposant des buts limités, démocratiques. Si toutes les revendications purement démocratiques sont susceptibles, dans le cas où l'assaut des prolétaires a déjà commencé contre les fondements du pouvoir de la bourgeoisie, de constituer en un sens un obstacle pour la révolution, la nécessité de proclamer et de réaliser la liberté de tous les peuples opprimés (c'est-à-dire leur droit à l'autodétermination) sera tout aussi essentielle pour la révolution socialiste qu'elle l'a été pour la victoire de la révolution démocratique bourgeoise, par exemple dans l'Allemagne de 1848 ou dans la Russie de 1905.</p>
<p>Il est possible, toutefois, qu'il s'écoule cinq ans, dix ans, voire davantage, avant le début de la révolution socialiste. A l'ordre du jour s'inscrira l'éducation révolutionnaire des masses dans un esprit qui rendrait impossibles l'appartenance des socialistes chauvins et opportunistes au parti ouvrier, ainsi que la répétition de leur victoire de 1914-1916. Les socialistes devront expliquer aux masses que les socialistes anglais qui ne revendiquent pas la liberté de séparation pour les colonies et l'Irlande, - que les socialistes allemands qui ne revendiquent pas la liberté de séparation pour les, colonies, les alsaciens, les danois et les polonais, et qui n'étendent pas la propagande révolutionnaire et l'action de masse révolutionnaire jusque dans le domaine de la lutte contre le joug national, qui n'utilisent pas les incidents comme celui de Saverne pour développer une très large propagande illégale parmi le prolétariat de la nation oppressive, pour organiser des manifestations de rue et des actions révolutionnaires de masse, - que les socialistes russes qui ne revendiquent pas la liberté de séparation pour la Finlande, la Pologne, l'Ukraine, etc., etc., - que ces socialistes agissent en chauvins, en laquais des monarchies impérialistes et de la bourgeoisie impérialiste qui se sont couvertes de sang et de boue.</p>
<p>IX. L'attitude de la social-démocratie russe et polonaise et de la II° Internationale envers le droit des nations à disposer d'elles-mêmes</p>
<p>Les divergences de vue qui existent entre les social-démocrates révolutionnaires de Russie et les social-démocrates polonais en ce qui concerne l'autodétermination se sont manifestées dès 1903, au congrès qui a adopté le programme du Parti Ouvrier Social-Démocrate de Russie, et qui, malgré la protestation de la délégation des social-démocrates polonais, y a inclus le §9, qui reconnaît le droit des nations à disposer d'elles-mêmes. Depuis cette date, les social-démocrates polonais n'ont jamais repris, au nom de leur parti, leur proposition d'éliminer ce §9 du programme de notre parti ou de lui substituer une autre formule quelconque.</p>
<p>En Russie, où 57 pour cent au moins de la population, plus de 100 millions d'habitants, appartiennent aux nations opprimées, - où ces nations peuplent principalement les régions périphériques, - où une partie de ces nations est plus cultivée que les Grands-Russes, où le régime politique est particulièrement barbare et médiéval, - où la révolution démocratique bourgeoise n'est pas encore achevée, - en Russie donc, la reconnaissance du droit de libre séparation d'avec la Russie des nations opprimées par le tsarisme est absolument obligatoire pour les social-démocrates, au nom de leurs objectifs démocratiques et socialistes. Notre parti, reconstitué en janvier 1912, a adopté en 1913 une résolution [6] qui confirme le droit d'autodétermination et l'explique précisément dans le sens concret indiqué plus haut. Le déchaînement du chauvinisme grand-russe en 1914-1916, tant au sein de la bourgeoisie que parmi les socialistes opportunistes (Roubanovitch, Plekhanov, Naché Diélo, etc.) nous donne une raison supplémentaire d'insister sur cette revendication et de considérer que ceux qui la rejettent soutiennent pratiquement le chauvinisme grand-russe et le tsarisme. Notre parti déclare qu'il décline de la façon la plus résolue toute responsabilité pour cette levée de boucliers contre le droit d'autodétermination.</p>
<p>Telle qu'elle a été récemment formulée, la position de la social-démocratie polonaise dans la question nationale (déclaration de la social-démocratie polonaise à la conférence de Zimmerwald) renferme les idées suivantes :</p>
<p>Cette déclaration stigmatise les gouvernements allemands et autres qui considèrent les "régions polonaises" comme un gage dans le futur jeu des compensations, "en privant le peuple polonais de la possibilité de décider lui-même de son sort". "La social-démocratie polonaise proteste résolument et solennellement contre le découpage et le démembrement de tout un pays"... Elle flétrit les socialistes qui s'en rapportent aux Hohenzollern... pour "la libération des peuples opprimés". Elle exprime sa conviction que seule la participation à la lutte imminente du prolétariat révolutionnaire international, à la lutte pour le socialisme, "brisera les chaînes de l'oppression nationale, anéantira toutes les formes de domination étrangère, et garantira au peuple polonais la possibilité d'un libre et ample développement en qualité de membre égal de l'union des peuples". La déclaration indique que la guerre est "doublement fratricides pour les polonais". (Bulletin de la Commission socialiste internationale N°2, 27. IX. 1915, p. 15 ; traduction russe dans le recueil L'Internationale et la guerre, p. 97.)</p>
<p>Ces thèses ne se différencient en rien, pour l'essentiel, de la reconnaissance du droit des nations à disposer d'elles-mêmes, mais leurs formules politiques sont encore plus imprécises et plus vagues que la plupart des programmes et résolutions de la II° Internationale. Toute tentative d'exprimer ces idées dans des formules politiques nettement définies et de préciser dans quelle mesure elles sont applicables au régime capitaliste ou seulement au régime socialiste ne pourra que faire ressortir l'erreur que commettent les social-démocrates polonais en niant le droit des nations à disposer d'elles-mêmes.</p>
<p>La décision du Congrès socialiste international de Londres de 1896, qui reconnaissait le droit des nations à disposer d'elles-mêmes, doit être complétée sur la base des thèses exposées ci-dessus, par des indications soulignant :</p>
<p>1.l'urgence particulière de cette revendication à l'époque de l'impérialisme ;</p>
<p>2.la nature politique conditionnelle et le contenu de classe de toutes les revendications de la démocratie politique, y compris celle-ci ;</p>
<p>3.la nécessité de distinguer entre les tâches concrètes des social-démocrates des nations oppressives et celles des social-démocrates des nations opprimées ;</p>
<p>4.la reconnaissance inconséquente, purement verbale et, par cela même, hypocrite quant à sa signification politique, du droit d'autodétermination par les opportunistes et les kautskistes ;</p>
<p>5.le fait que la position des social-démocrates, particulièrement ceux des nations dominatrices (grands-russes, anglo-américains, allemands, français, italiens, japonais, etc.), qui ne défendent pas la liberté de séparation pour les colonies et les nations opprimées par "leurs" nations, est pratiquement identique à celle des chauvins ;</p>
<p>6.la nécessité de subordonner la lutte pour cette revendication, comme pour toutes les revendications fondamentales de la démocratie politique, à la lutte révolutionnaire de masse directement orientée vers le renversement des gouvernements bourgeois et la réalisation du socialisme.</p>
<p>Reprendre le point de vue de certaines petites nations et surtout des social-démocrates polonais, que leur lutte avec la bourgeoisie polonaise dont les mots d'ordre nationalistes trompent le peuple a conduit jusqu'au rejet erroné du droit d'autodétermination, serait, pour l'Internationale, commettre une faute théorique, substituer le proudhonisme au marxisme et, en pratique, soutenir involontairement le chauvinisme et l'opportunisme hautement dangereux des nations impérialistes.</p>
<p>Boukharine et Préobrajensky :</p>
<p>L'oppression nationale est une des formes de l'oppression de l'homme par l'homme.</p>
<p>La haine nationale sciemment exploitée et dirigée par la bourgeoisie est un moyen éprouvé pour berner le prolétariat et obscurcir sa conscience de classe.<br class='autobr' />
Examinons comment un prolétaire conscient doit aborder le problème national pour le résoudre dans l'intérêt de la victoire la plus rapide du communisme.</p>
<p>Une nation est un groupe d'hommes unis par une langue commune et habitant un territoire déterminé.</p>
<p>Telles sont les principales caractéristiques de la nation.</p>
<p>Les Juifs, par exemple, avaient jadis un territoire à eux et une langue commune ; à présent ils n'ont pas de territoire et ne savent pas tous l'hébreu. Les Tsiganes ont une langue à eux, mais ne possèdent pas de territoire particulier. Les Toungouses en Sibérie ont leur territoire mais ont oublié leur langue.</p>
<p>Les exemples suivants illustreront très bien ce que c'est que l'oppression nationale. Le gouvernement tsariste persécutait les Juifs, leur défendant d'habiter certaines régions de la Russie, leur refusant toute fonction dans l'administration ; il limitait l'accès de leurs enfants dans les écoles, organisait contre eux des pogromes, etc... Ce même gouvernement interdisait aux Ukrainiens l'enseignement secondaire et la publication de journaux dans leur langue maternelle.</p>
<p>Le gouvernement allemand fermait les écoles polonaises ; celui d'Autriche imposait aux Tchèques la langue allemande par la violence. La bourgeoisie anglaise opprimait et opprime encore les naturels d'Afrique et d'Asie ; elle subjugue les peuples incultes, les exploite et les fait fusiller à chaque tentative d'indépendance.</p>
<p>En résumé, lorsque dans un État quelconque une nationalité à tous les droits et qu'une autre n'en possède qu'une partie, lorsqu'une nation faible est annexée par une autre plus forte, qu'une langue et des mœurs étrangères lui sont imposées et qu'il ne lui est pas permis de vivre à sa guise, il y a oppression et inégalité nationales.</p>
<p>L'unité du Prolétariat</p>
<p>Nous devons tout d'abord examiner et résoudre la question principale : un ouvrier ou un paysan russe peut-il considérer comme ses ennemis un Allemand, un Français, un Anglais, un Juif, un Chinois ou un Tartare, indépendamment de leur classe ? Peut-il se défier d'un représentant d'une autre nation pour la seule raison qu'il parle une autre langue, qu'il a la peau jaune ou noire ou qu'il a d'autres mœurs et d'autres habitudes. Certes, il ne le peut ni ne le doit. L'ouvrier de France, d'Allemagne ou l'ouvrier nègre sont des prolétaires, tout comme l'ouvrier russe. Quelle que soit leur langue, ils sont tous exploités par le capitalisme rapace. Ils sont tous camarades de misère, d'oppression et d'injustice.<br class='autobr' />
L'ouvrier russe peut-il aimer davantage un capitaliste russe uniquement parce que celui-ci l'insulte dans sa langue maternelle, qu'il lui donne des coups de poing à la manière russe ou qu'il fouette les grévistes avec un knout authentiquement russe ?</p>
<p>Il ne le peut certes pas plus que l'ouvrier allemand ne peut préférer son capitaliste pour la seule raison qu'il le maltraite en langue allemande, à la manière allemande. Les ouvriers de tous les pays sont frères de classe et ennemis des capitalistes de tous les pays.</p>
<p>On peut en dire autant des paysans pauvres de tous les pays. Le paysan russe, pauvre ou moyen, se sent plus près du prolétaire hongrois ou du pauvre paysan de Sicile ou de Belgique que du paysan aisé russe et, à plus forte raison, du gros propriétaire foncier, exploiteur de son propre pays.</p>
<p>Il ne suffit pas que les ouvriers du monde entier se reconnaissent frères de classe. Il ne leur suffit pas de pester chacun dans sa langue et de lutter chacun dans son pays. Frères dans l'oppression et dans l'esclavage, ils doivent être frères aussi dans une union internationale pour la lutte contre le capital.<br class='autobr' />
C'est par cette union internationale seulement qu'ils peuvent vaincre le capital mondial. C'est pourquoi il y a plus de soixante-dix ans, les fondateurs du Communisme, Marx et Engels, ont proclamé dans leur glorieux Manifeste Communiste la grande devise : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! »<br class='autobr' />
Il faut que la classe ouvrière triomphe de tous les préjugés nationaux, de toutes les inimitiés nationales, non seulement dans l'intérêt de l'offensive universelle contre le capital, mais encore pour l'organisation mondiale de la production. De même que la Russie des Soviets ne peut vivre sans le bassin minier du Don, sans le pétrole de Bakou, sans le coton du Turkestan, l'Europe entière ne peut pas non plus se passer du bois, du chanvre, du lin, du platine provenant de la Russie ou du blé qui lui vient de l'Amérique. L'Italie ne pourrait se passer du charbon anglais, l'Angleterre, du coton de l'Égypte, etc., etc. La bourgeoisie n'est pas capable d'organiser la production mondiale et c'est pour cela qu'elle doit périr.</p>
<p>Une telle production ne peut être organisée que par le prolétariat, et pour cela il doit avoir comme devise : L'univers et toutes ses richesses appartiennent au monde des travailleurs.<br class='autobr' />
Mais cette devise signifie la renonciation de chaque prolétariat à ses richesses nationales.<br class='autobr' />
Partout où les préjugés nationaux, où la rapacité nationale barre le chemin à l'internationalisation de l'industrie et de l'agriculture, il faut les combattre et s'en débarrasser.</p>
<p>Causes des haines nationales</p>
<p>Déclarer la guerre à l'oppression nationale, aux préjugés nationaux, proclamer l'union internationale pour la lutte contre le capital et l'union économique universelle du prolétariat victorieux, tout cela ne peut suffire aux travailleurs. Ils doivent aussi rechercher les moyens efficaces pour faire disparaître le plus rapidement possible dans les masses ouvrières tout égoïsme et tout chauvinisme, toute mesquinerie et toute méfiance nationale, ainsi que tout orgueil patriotique.</p>
<p>Les querelles, les hostilités nationales ont une origine très ancienne. Il fut un temps où les différentes tribus luttaient l'une contre l'autre, non seulement pour s'approprier des terres et des forêts, mais encore pour faire des prisonniers qu'ils dévoraient. Les vestiges de cette défiance bestiale, de la haine entre peuples et entre races subsistent encore aujourd'hui chez les ouvriers et chez les paysans du monde entier. Ils disparaissent peu à peu au fur et à mesure du développement de l'échange mondial, des relations économiques, de l'émigration, de la fusion des diverses nationalités habitant le même territoire et surtout grâce au développement de la lutte de classe organisée par les ouvriers de tous les pays. Néanmoins, ils se raniment parfois d'une vigueur nouvelle lorsque viennent s'ajouter à la haine nationale les antagonismes de classes.</p>
<p>La bourgeoisie de chaque pays opprime son prolétariat. Mais elle fait tous ses efforts pour prouver au prolétariat que ce n'est pas elle et que ce sont les peuples qui l'entourent qui sont ses ennemis.<br class='autobr' />
La bourgeoisie d'Allemagne excite le prolétariat de ce pays contre les Français et contre les Anglais ; la bourgeoisie anglaise crie à son tour : « Sus aux Allemands ! »</p>
<p>Ces derniers temps, les bourgeoisies de tous les pays ont excité les ouvriers contre les Juifs.<br class='autobr' />
Tout cela dans le but de faire dégénérer la lutte de classe du prolétariat en une lutte nationale.<br class='autobr' />
La bourgeoisie ne se contente pas d'exciter à la haine nationale afin de détourner les ouvriers de leur lutte pour le socialisme. Elle essaye de les intéresser matériellement à l'oppression des autres peuples.</p>
<p>Lorsque, au cours de la dernière guerre mondiale, les bourgeois allemands chantaient en cœur :<br class='autobr' />
« L'Allemagne au-dessus de tout ! », les économistes bourgeois allemands expliquaient aux ouvriers allemands ce qu'ils gagneraient par la victoire, c'est-à-dire par l'exploitation et l'oppression du prolétariat des pays vaincus. Avant la guerre, la bourgeoisie corrompait effectivement les chefs de la classe ouvrière avec les bénéfices qu'elle retirait du pillage des colonies et de l'oppression des peuples faibles et arriérés. Les ouvriers des pays cultivés d'Europe se sont laissés entrainer par la provocation des capitalistes et se sont laissés convaincre par leurs social-patriotes qu'ils avaient, eux aussi, une patrie, puisqu'ils participaient au pillage des colonies et à l'exploitation des pays de faible développement économique. L'ouvrier qui, en régime capitaliste, se montre patriote, vend pour un denier sa vraie patrie, le socialisme, et se fait le complice de l'oppression des peuples faibles et arriérés.</p>
<p>L'égalité des nations et le droit des peuples de disposer d'eux-mêmes.</p>
<p>La confédération</p>
<p>Le Parti communiste, en déclarant la guerre à toute oppression de l'homme par l'homme, se dresse de la façon la plus résolue contre l'oppression nationale inévitable en régime bourgeois. Il lutte encore plus impitoyablement contre la moindre participation de la classe ouvrière à cette oppression.<br class='autobr' />
Mais il ne suffit pas que les prolétaires des grands et puissants États se refusent à toute tentative d'oppression d'autres peuples. Il faut aussi que le prolétariat des peuples opprimés ne nourrisse pas de méfiance à l'égard de ses camarades appartenant aux pays oppresseurs. Lorsque la Bohême fut écrasée par la bourgeoisie austro-allemande, l'ouvrier tchèque considérait tous les Allemands comme ses ennemis.</p>
<p>Bien que les Polonais n'aient été opprimés que par le tsarisme, la population polonaise a gardé sa méfiance envers tous les Russes, et pas seulement envers le tsar, les capitalistes et les propriétaires fonciers. Pour extirper toute méfiance des ouvriers des pays opprimés à l'égard du prolétariat du pays oppresseur, il est nécessaire non seulement de proclamer, mais de réaliser l'égalité nationale.<br class='autobr' />
Cette égalité doit être complète entre les langues, les écoles, les religions, etc. Bien plus, le prolétariat doit être prêt à donner le droit de libre disposition nationale, c'est-à-dire laisser à la majorité des travailleurs de n'importe quelle nation la possibilité de continuer à faire partie intégrante de l'État auquel elle appartenait, ou de s'en séparer complètement, ou de constituer avec lui un État confédéré (Confédération).</p>
<p>— Permettez, va dire le lecteur, un communiste peut-il être partisan de la séparation des nations ?<br class='autobr' />
Comment concilier cela avec l'idéal communiste de l'État prolétarien universel ? Il semble qu'il y ait là contradiction.</p>
<p>— Il n'y a point de contradiction, répondrons-nous. Pour atteindre le plus rapidement l'unité complète de tout le monde du travail, il faut parfois consentir à une séparation temporaire entre deux nations.<br class='autobr' />
Examinons tous les cas qui peuvent se produire.</p>
<p>Admettons que la Bavière, qui fait partie de l'Allemagne confédérée, proclame la République des Soviets, tandis qu'à Berlin continue à régner la dictature bourgeoise de Noske et de Scheidemann. Les communistes bavarois doivent-ils en ce cas chercher à obtenir l'indépendance de la Bavière ?</p>
<p>Non seulement les communistes bavarois, mais aussi les communistes du reste de l'Allemagne doivent saluer la séparation de la Bavière socialiste de l'Empire, parce qu'elle sera en même temps la libération du prolétariat bavarois du joug de la bourgeoisie allemande au pouvoir. Prenons le cas contraire. Toute l'Allemagne, à l'exception de la Bavière, proclame la République des Soviets. La bourgeoisie de la Bavière se prononce pour la séparation de l'Allemagne ; son prolétariat est pour l'union.</p>
<p>Quelle devra être la conduite des communistes allemands ? Ils auront à soutenir les ouvriers bavarois et à réprimer, les armes à la main, les tentatives de séparation de la bourgeoisie bavaroise.</p>
<p>Admettons maintenant que la République des Soviets soit proclamée simultanément en Angleterre et en Irlande, c'est-à-dire dans le pays oppresseur et dans le pays opprimé. Admettons encore que les ouvriers irlandais n'aient pas confiance dans les ouvriers anglais, car l'Angleterre les opprime depuis plusieurs siècles. Les voilà qui demandent leur séparation complète de l'Angleterre. Cette séparation est nuisible économiquement. Quelle sera la ligne de conduite des communistes anglais ? lls ne devront aucunement s'opposer, par la force, aux aspirations des Irlandais comme le faisait la bourgeoisie anglaise. Et voici pourquoi :</p>
<p>Premièrement, pour prouver une fois pour toutes, aux ouvriers irlandais que ce n'est pas la classe ouvrière, mais la bourgeoisie anglaise qui opprimait l'Irlande et pour conserver ainsi la confiance des Irlandais.</p>
<p>Deuxièmement, pour que les ouvriers irlandais se rendent compte que l'existence indépendante de leur petit État n'offre point d'avantages ; pour qu'ils voient clairement que la production en Irlande ne peut être bien organisée que par une étroite union politique et économique avec l'Angleterre prolétarienne et les autres États prolétariens.</p>
<p>Admettons encore qu'une nation en régime bourgeois veuille se séparer d'une nation en régime prolétarien et que la majorité de la classe ouvrière du pays désireux de se séparer soit pour cette séparation parce qu'elle garde encore sa méfiance non seulement envers la bourgeoisie, tuais envers le prolétariat du pays qui l'opprimait jadis, et qu'aussi elle veuille se séparer. Dans ce cas, également, il serait préférable de ne pas s'opposer à cette séparation. Il faut laisser le prolétariat de ce pays seul à seul avec sa bourgeoisie, afin que cette dernière ne puisse plus lui répéter tous les jours que ce n'est pas elle, mais tel ou tel pays qui l'opprime. Le prolétariat aura vite fait de s'apercevoir que la bourgeoisie réclamait l'indépendance du pays afin de pouvoir librement écorcher son prolétariat. Il se rendra compte également que le prolétariat de l'État socialiste voisin l'appelle à l'union non pour l'exploiter ou pour l'opprimer, mais pour faire l'effort commun de libération.</p>
<p>Ainsi les communistes, tout en étant contre la division du prolétariat en pays différents, surtout lorsque ces pays sont liés économiquement, peuvent admettre toutefois une séparation temporaire. De même, la mère laisse son enfant toucher au feu, afin qu'il en perde le désir pour toujours.<br class='autobr' />
Qui exprime la volonté nationale ?</p>
<p>Le Parti Communiste reconnaît à toute nation le droit de libre disposition jusqu'à la séparation complète. Mais il considère que la volonté du peuple ne petit être exprimée que par la majorité laborieuse de la nation et non par la bourgeoisie.</p>
<p>Par conséquent, il serait plus juste de dire que nous reconnaissons le droit de disposer d'elle-même non pas à une nation en général, mais seulement à sa majorité laborieuse. En ce qui concerne la bourgeoisie, après l'avoir privée de tous droits civiques dans la période de guerre civile, nous la privons également du droit de suffrage dans les questions nationales.</p>
<p>Nous allons examiner maintenant comment étendre le droit de libre disposition et le droit à l'indépendance même aux pays de culture tout à fait inférieure. Comment devons-nous agir envers les peuples qui n'ont pas encore de prolétariat ni de bourgeoisie ou qui n'en possèdent qu'un embryon rudimentaire ?</p>
<p>Prenons, par exemple, nos Toungouses, nos Kalmouks, etc., ou d'autres peuples coloniaux.</p>
<p>Que devons-nous faire si ces nations réclament leur séparation complète de peuples plus cultivés et même de nations qui ont déjà réalisé le socialisme ? Dire oui, n'est-ce pas renforcer la barbarie aux dépens de la civilisation ? Nous croyons que le socialisme, une fois réalisé dans les pays les plus avancés du monde, les peuples les plus primitifs eux-mêmes entreront volontairement dans l'union Universelle des peuples. La bourgeoisie impérialiste qui pillait les colonies et les annexait par la violence, avait des raisons de craindre la séparation des colonies. Le prolétariat, qui n'a pas l'intention de voler les peuples coloniaux et qui pourra recevoir d'eux les matières nécessaires par voie d'échanges, laisseront les peuples des colonies organiser leur vie nationale à leur guise.<br class='autobr' />
Le Parti communiste pose le principe de la libre disposition des peuples pour en finir une fois pour toutes avec les formes d'inégalité et d'oppression. Le prolétariat espère ainsi porter le dernier coup au nationalisme et amener tous les peuples de plein gré à l'union fédérative. Et si finalement l'union fédérative n'était point suffisante pour l'organisation de la production mondiale et si la grande majorité, une fois l'expérience faite, en reconnaissait l'insuffisance, on instaurerait la République socialiste mondiale.</p>
<p>[Si nous examinons de plus près comment la bourgeoisie posait et résolvait (ou plutôt embrouillait) la question nationale, nous allons voir qu'elle la réglait au début de son règne autrement qu'à l'époque de son déclin.</p>
<p>Lorsque la bourgeoisie était une classe opprimée et que le pouvoir se trouvait aux mains de la noblesse avec un roi à la tête, lorsque les tsars et les rois donnaient des peuples tout entiers en dot à leurs filles, à cette époque la bourgeoisie ne proclamait pas seulement en paroles la liberté des nations, elle essayait aussi de la réaliser, au moins dans son propre pays. C'est ainsi qu'à l'époque de l'assujettissement de l'Italie à la monarchie autrichienne la bourgeoisie italienne se mit à la tête du mouvement d'émancipation de son pays, et réalisa la libération de l'Italie du joug étranger et son unification. À l'époque où l'Allemagne était divisée en de nombreuses petites principautés et qu'elle gémissait sous la botte de Napoléon, la bourgeoisie allemande luttait pour l'unification de l'Allemagne et pour son émancipation. Lorsque la France, après avoir détruit la monarchie absolue de Louis XVI, fut attaquée par les États monarchistes du reste de l'Europe, ce fut la bourgeoisie radicale française qui dirigea la défense de son pays et qui créa la Marseillaise. En résumé, dans tous les pays opprimés,<br class='autobr' />
ce fut la bourgeoisie qui se mit à la tête de la lutte pour la libération. Elle créa une riche littérature nationale qui eut ses écrivains, ses peintres, ses poètes et ses philosophes de génie. C'est ainsi qu'agit la bourgeoisie lorsqu'elle était elle-même opprimée.</p>
<p>Pourquoi la bourgeoisie des pays opprimés luttait-elle pour la libération de son pays ? À lire ses poètes et ses écrivains, on peut croire qu'elle menait ces luttes au nom du droit des peuples de disposer librement d'eux-mêmes et parce qu'elle s'opposait à toute oppression, fut-elle exercée contre la nation la plus petite. Mais en réalité elle voulait secouer le joug étranger afin de créer son propre État bourgeois et de pouvoir elle-même, sans concurrents, dévaliser son propre prolétariat et encaisser elle-même toute la plus-value créée par le travail des ouvriers et des paysans de ce pays.<br class='autobr' />
L'histoire de tous les pays capitalistes est là qui le prouve. Chaque fois que la bourgeoisie est opprimée en même temps que le reste du peuple, elle revendique hautement la liberté des peuples en général, et déclare inadmissible toute oppression nationale. Mais dès que la classe capitaliste arrive au pouvoir et qu'elle a chassé le conquérant étranger, que ce soit la noblesse ou la bourgeoisie étrangère, elle tend à son tour à soumettre les peuples plus faibles dont l'oppression lui est profitable. La bourgeoisie révolutionnaire française, personnifiée par Danton, Robespierre et les autres grands chefs de la première Révolution, appelait tous les peuples du monde à la libération de toutes les tyrannies. La Marseillaise de Rouget de L'Isle que chantaient les soldats de la Révolution est chère et sympathique à tous les peuples opprimés. Mais cette même bourgeoisie française, commandée par Napoléon et aux accents de cette même Marseillaise, opprima les peuples d'Espagne, d'Italie, d'Allemagne, d'Autriche et les pilla durant toute l'époque napoléonienne. La bourgeoisie allemande opprimée exaltait dans Guillaume Tell, de Schiller, la lutte des peuples contre la tyrannie étrangère ; mais cette même bourgeoisie, avec Bismarck et de Moltke, déroba à la France les provinces d'Alsace et de Lorraine, annexa le SchIesvig danois, opprima les Polonais en Posnanie, etc. Après sa libération du joug autrichien la bourgeoisie italienne fusilla les Bédouins vaincus en Tripolitaine, les Albanais et les Dalmates sur le littoral de l'Adriatique et les Turcs en Anatolie.]</p>
<p>Pourquoi cela ? Pour quel motifs la bourgeoisie, après avoir partout et toujours proclamé le principe de la liberté nationale, ne l'a-t-elle réalisé nulle part et jamais ?</p>
<p>Parce que chaque État bourgeois, après sa libération du joug national étranger, tend inévitablement à son expansion.</p>
<p>La bourgeoisie de n'importe quel pays capitaliste ne se contente jamais de l'exploitation de son propre prolétariat. Elle a besoin de matières premières et cherche à acquérir des colonies où, après avoir soumis les indigènes, elle puisse se procurer facilement les matières premières nécessaires à ses usines. Elle a besoin de débouchés pour ses marchandises et elle les cherche dans les pays arriérés sans s'occuper des intérêts véritables de la population. Elle a besoin de pays où exporter le surplus de ses capitaux, pour y établir des entreprises et exploiter aussi le prolétariat indigène, et ainsi elle opprime ces pays en s'y établissant comme chez elle. Si la bourgeoisie puissante d'un autre pays ayant les mêmes visées s'oppose à ses entreprises mondiales, une guerre s'ensuit fatalement, comme la guerre mondiale qui vient d'ensanglanter toute l'Europe. En somme, les colonies et les pays arriérés sont restés opprimés, seul l'oppresseur a changé. De plus, dans la catégorie des pays opprimés sont entrés les pays vaincus récemment : l'Allemagne, l'Autriche, la Bulgarie, etc. qui, avant la guerre, étaient des pays libres. Ainsi le développement du régime bourgeois, loin de diminuer le nombre des pays opprimés, l'accroît, et la domination bourgeoise conduit à l'oppression nationale universelle.<br class='autobr' />
L'univers entier est courbé sous le knout du groupe d'États capitalistes victorieux.</p>
<p>L'antisémitisme et le prolétariat</p>
<p>L'antisémitisme, c'est-à-dire la haine de la race sémitique à laquelle appartiennent les Juifs (de même que les Arabes) est une des formes les plus dangereuses de la persécution nationale. Le tsarisme autocrate persécutait les Juifs afin de se sauver de la révolution ouvrière et paysanne. Il affirmait à la classe ouvrière qu'elle était pauvre parce qu'elle était pillée par les Juifs et il tâchait de diriger l'indignation des ouvriers et des paysans opprimés non pas contre la bourgeoisie, ni contre les propriétaires ruraux, mais contre le peuple juif en entier. Or, ce peuple, tout comme les autres, se divise en classes différentes et seule la bourgeoisie juive, d'accord avec celle d'autres peuples, pille le monde ouvrier. Mais les ouvriers et les artisans juifs vivaient, dans les régions où leur séjour était autorisé, souvent encore plus misérablement que les ouvriers du reste de la Russie.</p>
<p>La bourgeoisie russe excitait la population contre les Juifs non seulement pour détourner d'elle la colère des travailleurs exploités, mais encore pour se débarrasser de la concurrence juive dans le commerce et dans l'industrie.</p>
<p>On assiste actuellement, dans presque tous les pays, à une recrudescence des persécutions contre les Juifs. La bourgeoisie lutte ainsi contre ses concurrents dans l'œuvre de détroussement du prolétariat et se défend en même temps contre la révolution imminente à la manière de Nicolas II.<br class='autobr' />
Récemment encore l'antisémitisme était très peu développé en Allemagne, en Angleterre et aux États-Unis.</p>
<p>Actuellement les ministres anglais font des discours antisémites. C'est le premier signe précurseur de l'effondrement du régime bourgeois en Occident. Il pense se sauver en sacrifiant à la Révolution ouvrière les Rothschild et les Mendelsohn. En Russie, l'antisémitisme avait diminué d'intensité au cours de la Révolution de février, mais il reprit avec d'autant plus d'intensité que les tentatives bourgeoises devenaient plus désespérées au cours de la lutte de la bourgeoisie contre le prolétariat.<br class='autobr' />
Tout cela prouve que l'antisémitisme n'est qu'une forme de lutte contre le socialisme, et gare à l'ouvrier ou au paysan qui se laissera ainsi rouler par son ennemi de classe !</p>
<p>Nikolaï Boukharine et Evgueni Préobrajensky, dans « L'ABC du communisme »</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/preobrajensky/works/1919/10/ABC.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/preobrajensky/works/1919/10/ABC.pdf</a></p></div>
Comprendre et combattre le fascisme : "Que Faire ?" ou "Comment faire ?"
https://www.matierevolution.org/spip.php?article9492
https://www.matierevolution.org/spip.php?article94922026-02-27T23:18:00Ztext/htmlfrAlex, WaraaFascisme
<p>Comprendre et combattre le fascisme : "Que Faire ?" ou "Comment faire ?" <br class='autobr' />
Le social-impérialisme de Blum contre le socialisme prolétarien de Lénine <br class='autobr' />
"Que faire ?" fut écrit par Lénine dans sa lutte contre la tendance bourgeoise des partis socialistes autour de 1900. "Comment faire" est le document écrit par J-L Mélenchon, en référence et contre "Que faire ?". Mélenchon n'y fait que mettre à jour Le socialisme réformiste français, écrit en 1903 par le père du réformisme français, Alexandre (…)</p>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique150" rel="directory">16- EDITORIAUX DE "LA VOIX DES TRAVAILLEURS" - </a>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot136" rel="tag">Fascisme</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Comprendre et combattre le fascisme : "Que Faire ?" ou "Comment faire ?"</h2>
<p><strong>Le social-impérialisme de Blum contre le socialisme prolétarien de Lénine</strong></p>
<p>"Que faire ?" fut écrit par Lénine dans sa lutte contre la tendance bourgeoise des partis socialistes autour de 1900. "<a href="https://melenchon.fr/2026/02/10/comment-faire/" class="spip_out" rel="external">Comment faire</a>" est le document écrit par J-L Mélenchon, en référence et contre "Que faire ?". Mélenchon n'y fait que mettre à jour <a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55245q.image" class="spip_out" rel="external">Le socialisme réformiste français</a>, écrit en 1903 par le père du réformisme français, Alexandre Millerand, alors ex-ministre et futur président de la République, bref le modèle de Mélenchon, tout comme Léon Blum et Mitterrand.</p>
<p>Lénine, à la suite de Marx, défendait la perspective de la dictature du prolétariat. Mélenchon la récuse, il est honnête. L'assassinat gratuit de Quentin D. à Lyon, tout comme l'organisation « Jeune Garde » et le mouvement "antifa" n'ont rien à voir avec le prolétariat, encore moins avec sa dictature.</p>
<p>Or, c'est le contraire que prétendent l'aile gauche des organisations syndicales, l'extrême-gauche opportuniste (LO, les NPAs, RP), qui appellent la classe ouvrière à "défendre Mélenchon contre l'extrême-droite", à faire de la "lutte antifasciste" l'urgence du moment ... en se contentant de voter pour eux, sans évoquer à l'armement du prolétariat.</p>
<p>L'offensive politique "réactionnaire" qui peut le plus faire baisser le niveau de conscience du prolétariat, c'est cette union sacrée réformiste autour de LFI et de son annexe la JG, au nom de la lutte antifasciste.</p>
<p><strong>Mélenchon, l'héritier de Blum</strong></p>
<p>A destination des militants de son mouvement, J-L Mélenchon fait régulièrement de remarquables <i>Referat</i> (mot allemand qui veut dire "exposé" avant un débat, pratique popularisée par la social-démocratie allemande), notamment devant l'assemblée du POI, une des composantes de l'extrême-gauche opportuniste qui cautionne LFI en lui offrant une aile (faussement) "trotskiste".</p>
<p>Les <i>Referat</i> de Mélenchon sont remarquables non par leur contenu, mais du fait que rendus publics, ils sont des indices donnés à la bourgeoisie française : voilà ce que je compte vraiment faire, vous pouvez donc me faire confiance.</p>
<p>La mort de Quentin D. où l'organisation la Jeune garde (JG) est impliquée, a mérité que le <a href="https://www.youtube.com/watch?v=VYi3oSnUrn0" class="spip_out" rel="external">Referat du 19 février 2026</a> lui soit consacré. JL Mélenchon a le mérite d'être clair : sa référence est Léon Blum, qui en 1920 au Congrès de Tours, à la dictature du prolétariat, point essentiel du programme marxiste, opposa la possibilité de conquête du pouvoir par des "moyens légaux". Légal veut dire bien sûr en accord avec ce que permet la bourgeoisie.</p>
<p>L'analyse de ce <i>Referat</i> démontre que tous les partis à gauche de Mélenchon appartiennent <i>de faccto</i> au "mouvement" de JL Mélenchon.</p>
<p>Car celui est clair également au point de vue organisationnel : LFI n'est pas un parti, c'est un <i>mouvement</i> à but purement électoral, qui rassemble sous forme "fédérale" des individus ou partis qui gardent donc leur complète autonomie.</p>
<p>La Jeune Garde fait partie de LFI ? Oui, mais elle garde son entière autonomie, donc JL Mélenchon affirme à juste titre que formellement, la JG fonctionne de façon entièrement indépendante.... du point de vue de la légalité bourgeoise. JL Mélenchon n'a fait que reproduire en avec la GJ les rapports qu'entretiennent le PS et les Jeunes Socialistes. Les actions que la JG organise n'impliqueraient pas la responsabilité politique de la FI, thèse que reprend en creux l'extrême-gauche opportuniste.</p>
<p> JL Mélenchon lui-même est entré dans la FI à travers son parti, le "Parti de gauche", scission en 2008 du PS. JL Mélenchon n'a absolument rien à faire des idées, il veut seulement être Calife à la place du Calife, donc à quoi bon former un grand parti avec une ligne politique ? Mélenchon serait alors réduit à son minuscule Parti de gauche.</p>
<p>Le POI est donc par exemple <i>de jure</i> dans LFI, mais heureux de continuer à être appelé "parti trotskiste", par Mélenchon. Le POI est dans LFI pour les élections, et s'est vu récompenser d'un poste de député. Vous avez une organisation de gauche et ne savez pas quoi en faire ? Adhérez à LFI, vous aurez un poste en échange de services électoraux. Le NPA-A et RP ne rêvent que de cela.</p>
<p>LO et le NPA-R sont de leur côté <i>de facto</i> dans le mouvement LFI, car ces partis ne font que participer aux élections politiques (et syndicales en cachette), à gauche du PS et de Mélenchon, mais en reniant <i>de facto</i> la dictature du prolétariat. Or le seul point précis du programme de Mélenchon est celui-là : pas de dictature du prolétariat.</p>
<p>LFI et ses satellites volontaires (NPA-A, POI) ou réticents, (NPA-R, LO) forment ce qu'on appelle la gauche de la social-démocratie bourgeoise. Leur différence avec le PS est qu'ils se prétendent collectivistes ... sur le papier. Le collectivisme par les élections, c'est leur programme !</p>
<p>A propos des élections, LFI proclame : nous ne faisons que ça car nous ne <i>voulons</i> rien faire d'autre ! L'extrême-gauche opportuniste (LO, NPA-R, RP) proclame : nous ne faisons que ça car nous ne <i>pouvons</i> rien faire d'autre. Aucune différence, si ce n'est que cette extrême-gauche est électoraliste "a l'insu de son plein gré".</p>
<p> <strong>La bourgeoisie n'a pas besoin d'un parti pour instaurer le fascisme, elle contrôle l'Etat</strong></p>
<p>Le "fascistes" comme les "antifas" participent à la fascisation de l'Etat.</p>
<p><strong>Les trois flèches de LFI et de la JG : le logo de la SFIO coloniale anticommuniste qui gouverna avec le Maréchal Pétain du 16 juin au 10 juillet 1940</strong></p>
<p>La SFIO défendit depuis 1914 avant tout les intérêts de la bourgeoisie française. Le dernier gouvernement de la IIIème République (du 16 juin au 10 juillet 1940) a pour chef de cabinet (premier ministre) le Maréchal Pétain, et deux ministres de la SFIO, le parti aux trois flèches, logo repris par la JG :</p>
<p>André Rivière est ministre des colonies (attention, un colonialisme sûrement "anti-fasciste" !), ex-ministre du Front populaire. Le 23 juin 1940 (5 jour après le fameux discours de de Gaulle), Albert Février, alors ministre socialiste du Travail et de la Santé publique, obtient une promotion, héritant du portefeuille des Transmissions en plus de ses attributions précédentes. La lutte anti-fasciste paye !</p>
<p>Un autre ministre classé "divers gauche" dans ce gouvernement Pétain est François Darlan qui en 1941 sera à l'initiative de la création du Commissariat général aux questions juives, dont la direction est confiée à Xavier Viallat :</p>
<p>Ces "antifascistes" gouvernent avec Darlan !</p>
<p>On trouve même un des pères fondateurs de la future Europe :</p>
<p>Qu'est-ce que la démocratie bourgeoise d'hier et d'aujourd'hui ? Ce gouvernement Pétain en est le concentré !</p>
<p>Il ne faut pas croire que ce soit un "accident". Début 1939, Pétain avait été nommé ambassadeur en Espagne avec les compliments de Léon Blum qui affirma à son propos " le maréchal Pétain est le plus noble, le plus humain de nos chefs militaires". Un autre ami commun de JL Mélenchon et de Pétain, c'est bien sûr François Mitterrand. Le concept de "gauche rupture" porté par LFI est inspiré du célèbre <a href="https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i09082533/francois-mitterrand-celui-qui-n-accepte-pas-la-ruptureil-ne-peut-pas-etre-adherent-du-parti-socialiste" class="spip_out" rel="external">discours de 1971</a> : "Celui qui n'accepte pas la rupture...avec la société capitaliste, il ne peut pas être adhérent du Parti Socialiste"</p>
<p>"Le pays repousse la révolution dans le désordre et la confusion", disait <a href="https://fresques.ina.fr/mitterrand/fiche-media/Mitter00088/congres-d-epinay.html" class="spip_out" rel="external">Pierre Mauroy</a>, inspirant Mélenchon au même titre que Blum.</p>
<p>C'est cette social-démocratie de l'union sacrée, de la Françafrique, dont LFI et ses sbires de la GJ sont les héritiers, et ils ne s'en cachent pas.</p>
<p>Voilà les exploits de nos sociaux-démocrates "anti-fascistes". Ils apportèrent leur soutien à Pétain dans le fauteuil du président du conseil, lui mettant le pied à l'étrier pour recevoir les pleins pouvoirs le 10 juillet. Avec le soutien des deux ministres SFIO A. Février et A. Rivière. Le fameux discours du 17 juin où Pétain annonce faire "don de sa personne à la France", et l'armée française à cesser le combat, fut prononcé par Pétain en tant que chef de ce gouvernement, avec la participation de la SFIO. Ordonner, aux côtés du Maréchal Pétain, aux militaires français d'arrêter les combats contre l'armée de Hitler, voilà leur dernier exploit gouvernemental !</p>
<p>Le PCF fut absent de ce gouvernement, car partisan de l'alliance de Staline avec Hitler (au nom de l'anti-fascisme), le PCF était emprisonné.</p>
<p>Les trois flèches, c'est le logo de la gauche bourgeoise colonialiste, anti-communiste, qui gouverna avec Pétain.</p>
<p>En mettant en avant Léon Blum dans son bréviaire "Comment faire ?", JL Mélenchon offre ses services à la bourgeoise française.</p>
<p>Pour ceux qui ne l'auraient pas compris du point de vue politique, le point de vue de économique est encore plus clair : JL Mélenchon, dans son <a href="https://www.youtube.com/watch?v=JMZD9kEpo-c" class="spip_out" rel="external">Referat : la nouvelle donne internationale</a>, annonce que les 5 banques françaises internationales n'ont qu'à vendre leurs bons du trésor américains, entrainant la ruine de USA !</p>
<p>Pas de Jeune garde en économie, domaine où la bourgeoisie n'aime pas qu'on plaisante. C'est le capital financier "français" incarné par ses grandes banques qui sera le fer de lance de la lutte contre les ennemis de la FI : le peuple et la nation des USA.</p>
<p>Car oui, pour JL Mélenchon, c'est la nation et le peuple américains dans leur ensemble qui sont "suprématistes". Et pour Mélenchon, le suprématisme, c'est le fascisme et réciproquement. Derrière la lutte contre le fascisme, c'est un patriotisme bourgeois français anti-américain que Mélenchon propose donc à la bourgeoisie française.</p>
<p>Quel bazar ! C'est celui de la social-démocratie française. Mais dans ce bazar, la ploutocratie française sait faire le tri, et si elle décide de faire passer l'Etat français à une politique fasciste, Mélenchon est prêt à lui rendre service.</p>
<p>Comment, nous faisons procès d'intention à Mélenchon, futur complice de l'extrême-droite ? Non pas du tout, car le fascisme, malgré les apparences, n'a pas grand chose à voir avec les partis d'extrême-droite des parlements. Certes en Italie en 1921, en Allemagne en 1933, Hitler et Mussolini apparaissaient comme les chefs de deux partis. Mais sans la décision des bourgeoisies d'Italie et d'Allemagne de passer au fascisme et au nazisme, le fascisme et le le nazisme n'auraient pas pris le pouvoir. Après sa prise du pouvoir en 1933, Hitler s'est débarrassé de l'aile plébéienne, anticapitaliste de son parti, les SAs, lors de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Nuit_des_longs_couteaux" class="spip_out" rel="external">Nuit de longs couteaux</a> dès 1934.</p>
<p>Ce n'est pas la montée électorale d'un parti d'extrême-droite qui mène au fascisme, c'est d'abord le passage de la démocratie bourgeoise au bonapartisme, puis du bonapartisme au fascisme :</p>
<blockquote class="spip">
<p> « Un Parlement sans majorité, avec des ailes inconciliables, représente un argument évident et irréfutable en faveur de la dictature (...) Le bloc de la droite avec le centre impliquerait " la légalisation " de l'arrivée des nationaux-socialistes au pouvoir, c'est-à-dire fournirait la couverture la plus commode à un coup d'Etat fasciste. Le type de rapport de forces qui s'instaurerait au début entre Hitler, Schleicher et les dirigeants du centre, est un problème plus important pour eux-mêmes que pour le peuple allemand. Toutes les combinaisons politiques imaginables avec Hitler signifient l'absorption de la bureaucratie, de la justice, de la police et de l'armée dans le fascisme. »</p>
<p>Trotsky <a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1932/10/321015.htm" class="spip_out" rel="external">Octobre 1932</a></p>
</blockquote>
<p>Une "couverture commode", voilà ce qu'était le parti de Hitler. N'eût-il pas existé, la bourgeoisie allemande l'eût inventée. Les amis allemands de Léon Blum, Ebert et Noske, créèrent les Corps francs en 1918. Mélenchon présente sa LFI à la bourgeoisie française : l'héritage de la SFIO de Blum. La SFIO n'a pas démissionné du gouvernement Pétain, c'est l'invasion de l'armée allemande qui a fait choisir aux deux ministres SFIO de voter les pleins pouvoirs au Maréchal. La gauche est prête à participer à un Etat fasciste. La Bataille d'Alger en 1957 fournit justement l'exemple d'un fascisme d'Etat, la guerre contre-insurrectionnelle, mis en place par la gauche elle-même, une génération avant le génocide franco-rwandais de 1994.</p>
<p><strong>L'extrême-gauche, une autre "couverture commode" pour couvrir la marche de l'Etat français au fascisme</strong></p>
<p>L' « anti-fascisme » n'a rien à voir avec le seul programme marxiste du prolétariat luttant pour vaincre le fascisme : le front unique ouvrier, visant à démasquer les dirigeants réformistes, afin que la conscience de classe du prolétariat s'élève jusqu'à la compréhension de sa tâche historique : la dictature du prolétariat. La lutte n'a pas lieu entre les fascistes et les antifascistes, mais entre la bourgeoise et le prolétariat.</p>
<p>Au nom de la lutte contre le fascisme, les dirigeants de la gauche appellent aujourd'hui à "voter utile", en leur faveur, pour faire barrage à l'extrême-droite. Oubliées les augmentations de salaires, c'est "la liberté" qu'il faudrait défendre.</p>
<p>Démasquer JL Mélenchon et sa JG, l'extrême-gauche opportuniste fait tout le contraire alors que l'occassion s'est présentée. Notre discussion de la politique de JL Mélenchon est celle d'un de nos ennemis de classe, pas d'un membre de notre cercle de camarades, qui aurait tort, mais serait dans "notre camp".</p>
<p>Or des partis comme LO, NPA-R, RP, présentent Mélenchon comme un de leurs camarades. Prenons l'exemple du NPA-R. Son porte-parole Gaël Quirante est syndicaliste postier, il serait le mieux placé pour rappeler aujourd'hui comment le syndicaliste postier Albert Rivière, qui devint ministre du Maréchal Pétain.</p>
<p>Mais pour le NPA-R, les socio-démocrates Blum-Mélenchon ne sont plus des "socio-traitres", mais des "camarades de lutte, sincères", que leurs conseillers de l'extrême-gauche veulent détromper :</p>
<p>Pourtant, le NPA-R n'est, tout comme LO, pas pour la dictature du prolétariat, mais reprend le slogan du candidat Mitterrand de 1981, changer la vie :</p>
<p>Le programme économique du NPA-R est donc à droite de celui de Mélenchon, qui lui n'hésite pas à se dire clairement collectiviste dans ses <i>Referat</i>. Au niveau politique, le programme du NPA-R, comme celui de LO, est le même que celui de la FI : les élections bourgeoises. Certes officiellement le NPA-R comme LO ne croient pas aux élections, mais en pratique ces partis ne font que cela ! Ils sont contre les élections, <i>pour la révolution</i>, comme Bourvil était contre l'alcool, <i><a href="https://www.facebook.com/Ina.fr/videos/bourvil-interpr%C3%A8te-son-sketch-leau-ferrugineuse-1959/536115983887400/" class="spip_out" rel="external">pour l'eau ferrugineuse</a></i>.</p>
<p><strong>Conclusion</strong></p>
<p>La politique de l'extrême-gauche opportuniste est la même que celle du PC stalinien de 1932 dont la politique "antifasciste" ouvra la voie à Hitler : le renoncement à la politique de Front unique ouvrier. Car construire un parti révolutionnaire et attendre que les ouvriers deviennent conscients et y adhèrent, c'est un crime politique :</p>
<blockquote class="spip">
<p> « La situation en Allemagne est comme faite exprès pour permettre au Parti communiste de gagner la majorité des ouvriers en un court laps de temps. Mais le Parti communiste devrait seulement comprendre qu'actuellement il ne représente encore que la minorité du prolétariat, et s'engager fermement sur la voie de la tactique du front unique. Au lieu de cela, le Parti communiste a fait sienne, une tactique que l'on peut résumer ainsi : ne pas donner aux ouvriers allemands la possibilité ni de mener des luttes économiques, ni d'opposer une résistance au fascisme, ni de saisir l'arme de la grève générale, ni de créer des Soviets, tant que le prolétariat ne reconnaîtra pas à priori le rôle dirigeant du Parti communiste. Les tâches politiques sont ainsi transformées en ultimatum. »</p>
<p>Trotsky, 1932.</p>
</blockquote></div>