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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;
Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.fr/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>La nouvelle situation internationale n&#233;cessite une nouvelle internationale r&#233;volutionnaire des travailleurs</title>
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		<dc:date>2026-04-08T22:52:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alex, Waraa</dc:creator>


		<dc:subject>IV&#176; Internationale</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les IV&#232;mes internationales sont mortes. Face &#224; la guerre, il faut b&#226;tir la &#034;V&#232;me Internationale, parti mondial de la r&#233;volution socialiste&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans deux articles consacr&#233;s &#224; la pr&#233;paration de la fondation de la IVe Internationale, qui aura lieu en 1938, Trotsky &#233;crivait : &lt;br class='autobr' /&gt;
Les bolch&#233;viks-l&#233;ninistes se consid&#232;rent comme une fraction de l'internationale qui se b&#226;tit &#171; &#201;tiquettes &#187; et &#171; Num&#233;ros &#187; (7 ao&#251;t 1935) Dans un &#233;crit du 14 juillet 1935, Trotsky avait d&#233;termin&#233; le nom de la IVe (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique150" rel="directory"&gt;16- EDITORIAUX DE &#034;LA VOIX DES TRAVAILLEURS&#034; - &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot105" rel="tag"&gt;IV&#176; Internationale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les IV&#232;mes internationales sont mortes. Face &#224; la guerre, il faut b&#226;tir la &#034;V&#232;me Internationale, parti mondial de la r&#233;volution socialiste&#034; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans deux articles consacr&#233;s &#224; la pr&#233;paration de la fondation de la IVe Internationale, qui aura lieu en 1938, Trotsky &#233;crivait :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Les bolch&#233;viks-l&#233;ninistes se consid&#232;rent comme une fraction de l'internationale qui se b&#226;tit&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://wikirouge.net/texts/fr/%C2%AB_%C3%89tiquettes_%C2%BB_et_%C2%AB_Num%C3%A9ros_%C2%BB&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; &#201;tiquettes &#187; et &#171; Num&#233;ros &#187; (7 ao&#251;t 1935)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Dans un &#233;crit du 14 juillet 1935, Trotsky avait d&#233;termin&#233; le nom de la IVe Internationale :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Il me semble que le seul nom qui convienne pour notre Internationale soit parti mondial de la r&#233;volution socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://wikirouge.net/texts/fr/Parti_mondial_de_la_r%C3%A9volution_socialiste&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Parti mondial de la r&#233;volution socialiste (14 juillet 1935)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ces deux textes, ignor&#233;s de tous les partis qui pr&#233;tendent &#034;reconstruire la IV&#176; Internationale&#034; et qui se qualifient de &#034;trotskistes&#034;, avec la b&#233;n&#233;diction des media bourgeois, sont d'actualit&#233; pour poser la question de la n&#233;cessit&#233; d'une nouvelle internationale communiste, marxiste, la V&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marceau Pivert, le mod&#232;le de l'extr&#234;me-gauche fran&#231;aise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des deux textes cit&#233;s de Trotksy cit&#233; plus est une lettre r&#233;pondant &#224; celle de Marceau Pivert, membre de l'aile gauche de la SFIO de L&#233;on Blum, dont le parti venait d'exclure les partisans de Trotsky :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La lettre de Marceau Pivert sur les exclusions des chefs de la jeunesse r&#233;volutionnaire de la Seine, malgr&#233; son but louable, renferme un certain nombre d'id&#233;es inexactes qui, dans leur d&#233;veloppement, peuvent conduire &#224; de s&#233;rieuses erreurs. Pr&#233;venir les jeunes camarades contre ces erreurs est le vrai devoir d'un marxiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pivert lui-m&#234;me accuse nos amis de commettre une grande &#171; erreur psychologique &#187; en prenant le nom de bolcheviks-l&#233;ninistes. Puisque le &#171; bolchevisme initial &#187;, selon Pivert, niait la structure d&#233;mocratique du parti, l'&#233;galit&#233; (?) pour toutes les tendances, etc. par leur nom m&#234;me, les bolcheviks-l&#233;ninistes donnent &#224; la bureaucratie. du parti une arme contre eux-m&#234;mes. En d'autres termes, l' &#171; erreur psychologique &#187; consiste en une adaptation insuffisante &#224; la psychologie de la bureaucratie du parti.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les partisans de Trotsky en France &#233;taient entr&#233;s &#224; la SFIO, le parti socialiste de l'&#233;poque, adoptant le titre de Fraction bolch&#233;vique-l&#233;niniste. C'est ce dernier qualificatif que Pivert d&#233;nigre, le pr&#233;sentant comme &#034;faisant mal aux oreilles&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bolch&#233;viks-leninistes, c'est ce que nous sommes en 2026 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce reproche pivertiste, les groupes fran&#231;ais d'extr&#234;me-gauche l'ont int&#233;gr&#233; &#224; leur langage, &#224; leur identit&#233; : aucun d'eux ne se r&#233;clame du &#034;bolchevisme-l&#233;ninisme&#034;. Ils reprennent le terme de &#034;trotskiste&#034;, raccourci certes commode, mais bien moins pr&#233;cis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky continue sa lettre :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ce jugement de Pivert repr&#233;sente une &#171; erreur politique &#187; tr&#232;s s&#233;rieuse, et m&#234;me une s&#233;rie d'erreurs. Il n'est pas vrai que le &#171; bolchevisme initial &#187; niait la structure d&#233;mocratique du parti. J'avance l'affirmation absolument contraire : il n'y a pas eu et il n'y a pas de parti plus d&#233;mocratique que celui de L&#233;nine. Ce parti s'&#233;tait form&#233; par en bas. Il d&#233;pendait seulement des ouvriers avan&#173;c&#233;s. Il ne connaissait pas la dictature cach&#233;e, masqu&#233;e, mais d'au&#173;tant plus n&#233;faste, des &#171; amis &#187; bourgeois du prol&#233;tariat, des parle&#173;mentaires carri&#233;ristes, des maires affairistes, des journalistes de salon, de toute cette confr&#233;rie parasitaire qui permet &#224; la base du parti de parler &#171; librement &#187;, d&#233;mocratiquement &#187;, mais se maintient elle-m&#234;me avec t&#233;nacit&#233; &#224; l'appareil et, en fin de compte, fait ce qu'elle veut. Ce genre de &#171; d&#233;mocratie &#187; dans le parti n'est rien d'autre qu'une copie de l'&#201;tat d&#233;mocratique-bourgeois, qui lui aussi permet au peuple de parler &#171; librement &#187;, puis laisse le pouvoir r&#233;el &#224; une poign&#233;e de capitalistes. Pivert commet une tr&#232;s grande erreur politique en id&#233;alisant et en embellissant la &#171; d&#233;mocratie &#187; hypo&#173;crite et mensong&#232;re de la S.F.I.O. qui, en fait, freine et paralyse l'&#233;ducation r&#233;volutionnaire des ouvriers en &#233;touffant leur voix par le ch&#339;ur des conseillers municipaux, des parlementaires et autres qui sont impr&#233;gn&#233;s jusqu'&#224; la moelle d'int&#233;r&#234;ts petits-bourgeois &#233;go&#239;stes et de pr&#233;jug&#233;s r&#233;actionnaires. La t&#226;che du r&#233;volutionnaire, m&#234;me si la marche du d&#233;veloppement le contraint &#224; travailler dans la m&#234;me orga&#173;nisation que les r&#233;formistes, ces exploiteurs politiques du prol&#233;tariat, consiste non pas &#224; prendre l'attitude du prot&#233;g&#233; et &#224; faire sienne celle de l'amiti&#233; mensong&#232;re pour ces agents de la bourgeoisie, mais &#224; &lt;strong&gt;s'opposer en face des masses le plus clairement, le plus &#226;prement, le plus implacablement possible aux opportunistes, aux patriotes, aux &#171; socialistes &#187; absolument bourgeois.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#171; S'opposer en face des masses le plus clairement, le plus &#226;prement, le plus implacablement possible aux opportunistes, aux patriotes, aux &#171; socialistes &#187; absolument bourgeois &#187; est ce que ne font jamais des partis comme LO, les NPAs et RP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rappel historique de Trotsky &#171; Ce parti s'&#233;tait form&#233; par en bas. Il d&#233;pendait seulement des ouvriers avan&#173;c&#233;s. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
est pour nous fondamental. C'est en s'appuyant sur des noyaux ouvriers, qu'une direction r&#233;volutionnaire deviendra un embryon, une fraction d'un futur parti ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or la tactique de ces groupes d'extr&#234;me-gauche, c'est d'obtenir des &#233;tiquettes bureaucratiques syndicales pour leurs militants, les pr&#233;senter aux &#233;lections locales et nationales, ce qui leur permettra de revendiquer &#224; nouveau des &#233;tiquettes bureaucratiques syndicales et ainsi de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces groupuscules qui se veulent tous les moins sectaires du monde sont incapables de se r&#233;unir comme diff&#233;rentes fractions d'un m&#234;me parti, car ils sont en concurrence aupr&#232;s des bureaucraties syndicales. &#171; les r&#233;formistes, ces exploiteurs politiques du prol&#233;tariat &#187;, qui ne sont jamais d&#233;sign&#233;s sous ces noms.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Prendre l'attitude du prot&#233;g&#233; et &#224; faire sienne celle de l'amiti&#233; mensong&#232;re pour ces agents de la bourgeoisie &#187; est donc exactement ce que font LO le NPA-R et RP vis-&#224;-vis de LFI, la CGT ou Sud Solidaires. Car &#171; agents de la bourgeoisie &#187; est pour les bolch&#233;viks-l&#233;ninistes d'aujourd'hui le seul qualificatif juste &#224; appliquer &#224; LFI, la CGT ou Sud Solidaires, et c'est ce que ne font jamais ces groupuscules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le manque de confiance en la classe ouvri&#232;re, c'est ce qui caract&#233;rise ces groupuscules. Pourtant, Trotsky rappelait que pour les marxistes, c'est la classe ouvri&#232;re, non pas les &#034;personnalit&#233;s&#034; en qui r&#233;side le facteur d&#233;cisif :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;ceux qui choisiront et qui trancheront, ce seront, en fin de compte, non les Blum et les Zyromski, mais les masses, les millions d'exploit&#233;s. C'est. sur eux qu'il faut s'aligner, c'est pour eux qu'il faut b&#226;tir un parti. Le malheur de Pivert, c'est que jusqu'&#224; maintenant il n'a pas rompu le cordon ombilical qui le relie au petit monde des Blum et des Zyromski&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Certes ces groupes d&#233;noncent des personnalit&#233;s comme JL M&#233;lenchon mais pas comme des ennemis de classe, des agents de la bourgeoisie, seulement comme des &#034;institutionnels&#034;, donc mod&#233;r&#233;s, et pour mettre en avant des &#034;personnalit&#233;s&#034;, JP Mercier, N. Arthaud, se coulant dans le moule de la politique bourgeoise, qui s&#233;lectionne des &#034;moulins &#224; parole&#034; qui &#034;parlent bien&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous sommes des bolch&#233;viks-l&#233;ninistes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est temps de reprendre ce nom. C'est celui que Trotsky choisit pour ses partisans en France. Les partis LO et NPA-R r&#233;p&#232;tent d'un ton solennel : nous sommes pour la construction d'un parti communiste r&#233;volutionnaire. Mais ce terme abstrait a toujours &#233;t&#233; revendiqu&#233; par les &#171; pr&#233;tendus communistes &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;A chaque occasion nouvelle, [Pivert] regarde ses &#171; amis &#187; et leur t&#226;te le pouls avec inqui&#233;tude. Et c'est cette politique fausse, illusoire, non r&#233;aliste, qu'il r&#233;clame des bolcheviks-l&#233;ninistes ! Ils doivent, para&#238;t-il, renoncer &#224; leur propre nom. Pourquoi ? Est-ce que ce nom effraie les ouvriers ? Au contraire. Si les pr&#233;tendus &#171; communistes &#187;, malgr&#233; toutes les trahisons et tous les crimes qu'ils ont commis, retiennent sous leur drapeau une partie importante du prol&#233;tariat, c'est uniquement parce qu'ils se pr&#233;sentent aux masses comme les porteurs des traditions de la r&#233;volution d'Octobre. Les ouvriers ne craignent ni le bolchevisme ni le l&#233;ninisme. Ils demandent seulement (et ils font bien) : &#171; Sont-ils de v&#233;ritables bolcheviks, ou de faux ? &#187; Le devoir des r&#233;volutionnaires prol&#233;tariens cons&#233;quents est, non pas de renoncer au nom de bolcheviks, mais de montrer dans les faits aux masses leur bolchevisme, c'est-&#224;-dire l'esprit r&#233;volutionnaire cons&#233;quent et le d&#233;vouement absolu, &#224; la cause des opprim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; Le terme de bolch&#233;visme-l&#233;ninisme fait clairement r&#233;f&#233;rence &#224; Octobre 1917, &#224; la dictature du prol&#233;tariat, comme Trotsky l'expliquait :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Mais pourquoi donc, insiste Pivert, se coller sur le nombril une &#233;tiquette (?) au lieu de &#171; suivre les enseignements qu'elle comporte &#187; ? Mais Pivert lui-m&#234;me ne porte-t-il pas l' &#171; &#233;tiquette &#187; de socialiste ? Dans le domaine de la politique tout comme les autres domaines de l'activit&#233; humaine, il est impossible de proc&#233;der sans &#171; &#233;tiquettes &#187;, c'est-&#224;-dire sans d&#233;nominations et qualificatifs aussi pr&#233;cis que possible. Le nom de &#171; socialiste &#187; est non seulement insuffisant mais absolument trompeur, car s'intitulent &#171; socialistes &#187; en France tous ceux qui en ont envie. Par leur nom, les bolcheviks-l&#233;ninistes disent &#224; tous et &#224; chacun que leur th&#233;orie, c'est le &#171; marxisme &#187;, que c'est non pas le &#171; marxisme &#187; d&#233;natur&#233; et prostitu&#233; des r&#233;formistes (&#224; la Paul Faure, Jean Longuet, S&#233;verac, etc.) mais le v&#233;ritable marxisme restaur&#233; par L&#233;nine et appliqu&#233; par lui aux questions fondamentales de l'&#233;poque de l'imp&#233;rialisme ; qu'ils s'appuient sur l'exp&#233;rience de la r&#233;volution d'Octobre, d&#233;velopp&#233;e dans les d&#233;cisions des quatre premiers congr&#232;s de l'Internationale communiste ; qu'ils sont solidaires du travail th&#233;orique et politique accompli par l' &#171; opposition de gauche &#187; de l'Internationale communiste (1923-1932) ; enfin qu'ils se rangent sous le drapeau de la IV&#176; Internationale. En politique, le &#171; nom &#187;, c'est le &#171; drapeau &#187;. Celui qui renonce aujourd'hui &#224; un nom r&#233;volutionnaire pour le bon plaisir de L&#233;on Blum et consorts, celui-l&#224; renoncera aussi facilement demain au drapeau rouge pour le drapeau tricolore&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'exp&#233;rience de la r&#233;volution d'Octobre, d&#233;velopp&#233;e dans les d&#233;cisions des quatre premiers congr&#232;s de l'Internationale communiste ; (...) [le] travail th&#233;orique et politique accompli par l' &#171; opposition de gauche &#187; de l'Internationale communiste (1923-1932) &#187; sont des r&#233;f&#233;rences jamais invoqu&#233;es par ces groupuscules d'extr&#234;me-gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant les 4 premiers congr&#232;s : les c&#233;l&#232;bres &#034;21 conditions&#034; qui y furent &#233;nonc&#233;es en 1920, ces partis n'en remplissent aucune, c'est la raison pour laquelle ils ne se r&#233;clament plus de ces textes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant l'Opposition de gauche : quand en 1929 Trotsky fut expuls&#233; d'URSS par la bureaucratie contre-r&#233;volutionnaire, il rassembla autour de trois points l' &#171; opposition de gauche &#187; internationale, un de de ces points &#233;tant la d&#233;nonciation de la collaboration de Staline avec les directions syndicales britanniques dans le cadre du Comit&#233; anglo-russe. Or la collaboration avec les directions syndicales fran&#231;aises, c'est l'alpha et l'om&#233;ga de la &#034;tactique&#034; de nos groupes d'extr&#234;me-gauche. Leurs porte-parole sont syst&#233;matiquement des des d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux fid&#232;les &#224; la direction qui les a nomm&#233;e : Sud-Solidaires pour JP Mercier (LO), Anasse Kazibe (RP) et Ga&#235;l Quirante (NPA-R).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Affirmer que LO, RP et NPA-R ont trahi les id&#233;aux de la IV&#232;me internationale serait donc d&#233;j&#224; les flatter : c'est de la III&#232;me internationale de 1919-1922, de l'opposition de gauche au stalinisme dans les PC en 1923-1933, que ces groupuscules ne sont en rien les h&#233;ritiers. Ils se rangent parmi cette pl&#233;iade de groupuscules non staliniens qui se disaient socialistes ou communistes, mais irr&#233;cup&#233;rables et contre lesquels Trotsky pol&#233;miqua.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La 5&#232;me internationale est d'actualit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A propos des num&#233;ros, Trotsky r&#233;pondait &#224; Pivert :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Pivert proclame le droit de tout socialiste d'esp&#233;rer en une meilleure Internationale &#171; avec ou sans changement de num&#233;ro &#187;. Cette ironie un peu d&#233;plac&#233;e sur le &#171; num&#233;ro &#187; repr&#233;sente une erreur politique du m&#234;me type que l'ironie sur l'&#171; &#233;tiquette &#187;. Politiquement, la question se pose ainsi : le prol&#233;tariat mondial peut-il arriver &#224; lutter avec succ&#232;s contre la guerre, le fascisme, le capitalisme, sous la direction des r&#233;formistes ou des staliniens - c'est-&#224;-dire de la diplomatie sovi&#233;tique ? Nous r&#233;pondons : il ne le peut pas. La II&#176; et la III&#176; Internationales ont &#233;puis&#233; leur contenu et sont devenues des obstacles sur la voie r&#233;volutionnaire. Les &#171; r&#233;former &#187; est impossible, car toute leur direction est radicalement hostile aux t&#226;ches et aux m&#233;thodes de la r&#233;volution prol&#233;tarienne. Celui qui n'a pas compris jusqu'au bout l'effondrement des deux Internationales, celui-l&#224; ne peut pas lever le drapeau de la Nouvelle Internationale. &#171; Avec ou sans changement de num&#233;ro &#187; ? Cette phrase est d&#233;nu&#233;e de sens. Ce n'est pas par hasard que les trois anciennes Internationales se sont trouv&#233;es num&#233;rot&#233;es. Chaque &#171; num&#233;ro &#187; correspond &#224; une &#233;poque d&#233;termin&#233;e, un programme et des m&#233;thodes d'action.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; Le constat de Trotsky est malheureusement d'actualit&#233; : &#171; Les IV&#176; Internationales (issues de scission de celle fond&#233;e par Trotsky) a &#233;puis&#233; son contenu et sont devenues des obstacles sur la voie r&#233;volutionnaire. Les &#171; r&#233;former &#187; est impossible, car toute leur direction est radicalement hostile aux t&#226;ches et aux m&#233;thodes de la r&#233;volution prol&#233;tarienne. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait qu'il y ait actuellement plusieurs IV&#232;me internationale est analogue au fait qu'il y avait &#224; l'&#233;poque o&#249; Trotsky &#233;crivait, la II&#232;me et la III&#232;me. Ces internationales, dont celle du NPA-A et NPA-R (ces partis s'excommunient en France mais se congratulent mutuellement au niveau international, comme Marion Aubry tombe dans les bras de Van der Leyen au parlement europ&#233;en !) sont &#171; deux cadavres dont faire la somme serait vain, leur n&#233;gation &#233;tant la voie &#224; suivre &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La Nouvelle Internationale doit &#234;tre non pas la somme des deux cadavres, comme le r&#234;ve le vieux social-patriote Zyromski, surpris dans sa reconnaissance inattendue de la &#171; d&#233;fense de l'U. R. S. S. &#187;, mais la &#171; n&#233;gation &#187; vivante de ces cadavres et, en m&#234;me temps, la &#171; continuation &#187; du travail historique accompli par les Internationales pr&#233;c&#233;dentes. En d'autres termes, il s'agit de la IV&#176; Internationale. Le &#171; num&#233;ro &#187; signifie ici une perspective et un programme d&#233;termin&#233;s, c'est-&#224;-dire un &#171; drapeau &#187;. Que les philistins ironisent l&#224;-dessus. Il ne faut pas les imiter.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Trotsky fonda la IV&#232;me internationale, dans la continuit&#233; de la III&#232;me qui elle-m&#234;me fut fond&#233;e en opposition aux socio-patriotes. Pour LO, les NPAs, RP, le terme m&#234;me de &#034;social-patriote&#034; n'existe pas ! En ce sens, ces partis ne sont m&#234;me plus dignes l'aile gauche de la II&#232;me internationale, o&#249; Rosa Luxemburg inaugura la lutte des marxistes contre ces socio-patriote, en fondant son journal polonais &#034;La cause ouvri&#232;re&#034; d&#232;s 1893.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky fonda la IV&#232;me Internationale contre les politiques de Front populaires mises en place par l'Internationale de Staline en 1935 lors de son VII&#232;me (et dernier) congr&#232;s. Or le NPA-A en 2024 a rejoint le nouveau Front Populaire. Le NPA-R l'a d&#233;nonc&#233;, mais a voulu gard&#233; sa place dans la m&#234;me IV&#232;me internationale que le NPA-A. Le NFP des NPA-s en 2024 est comparable aux FP de 1935 pour les PC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Etre une direction r&#233;volutionnaire c'est d&#233;cider&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argument typique de LO ou du NPA-R, c'est le &#034;manque de conscience des travailleurs&#034;. Cet argument est typiquement stalinien, d&#233;j&#224; bien connu de Trotsky :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;L'aversion pour les &#171; &#233;tiquettes &#187; et les &#171; num&#233;ros &#187; en politique est aussi dangereuse que l'aversion pour les d&#233;finitions pr&#233;cises dans le domaine scientifique. Dans un cas comme dans l'autre, nous avons l&#224; le sympt&#244;me infaillible d'un manque de clart&#233; dans les id&#233;es elles-m&#234;mes. Invoquer les &#171; masses &#187; ne sert, dans de tels cas, qu'&#224; couvrir ses propres h&#233;sitations. L'ouvrier qui croit encore &#224; Vandervelde ou &#224; Staline sera sans doute adversaire de la IV&#176; Internationale. L'ouvrier qui a compris que la II&#176; et la III&#176; Internationales sont mortes &#224; la cause de la r&#233;volution se rangera imm&#233;diatement sous notre drapeau. C'est pr&#233;cis&#233;ment pourquoi il est criminel de cacher ce drapeau sous la table.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;M&#233;pris hautin et brutal envers le pr&#233;tendu manque de conscience des travailleurs ; au contraire modestie obs&#233;quieuse envers le r&#233;formisme lorsqu'il s'agit de prendre ses responsabilit&#233;s, ce sont deux de p&#244;les entre lesquels les centristes oscillent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'extr&#234;me-gauche dans l'Union sacr&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La III&#232;me internationale connut son congr&#232;s fondateur en 1919, mais c'est la trahison de la II&#232;me internationale, entr&#233;e dans l'Union sacr&#233;e qui avait rendu n&#233;cessaire d'annoncer la n&#233;cessit&#233; de sa fondation d&#232;s 1914.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La IV&#232;me internationale fut fond&#233;e en 1938, mais c'est d&#232;s 1933, face &#224; la capitulation des partis staliniens apr&#232;s la prise du pouvoir par Hitler, que sa n&#233;cessit&#233; avait &#233;t&#233; proclam&#233;e par Trotsky. Par la d&#233;claration Staline-Laval, le PC fran&#231;ais entra ouvertement dans l'Union sacr&#233;e en 1935, l'&#233;quivalent pour les PC de l'ao&#251;t 1914 pour les PS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier mensonge de l'extr&#234;me-gauche fran&#231;aise est de blanchir les directions r&#233;formistes en faisant croire qu'elle ne sont plus dans l'Union sacr&#233;e. Comme si apr&#232;s chaque guerre, on repartait &#224; z&#233;ro, en attendant la prochaine. Or la question n'est pas celle pos&#233;e r&#233;guli&#232;rement par ces partis, de savoir si ces directions entreront &#224; nouveau dans l'Union sacr&#233;e lors de la prochaine guerre. La CGT et le PS (comme son avatar LFI) y sont depuis 1914, et ne l'ont jamais quitt&#233;e. Le PC y est depuis 1935.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;p&#233;tant &#224; l'envi que &#171; l'on se dirige vers l'Union sacr&#233;e &#187;, ces organisations cachent le fait qu'on y est d&#233;j&#224;, se posent en aile &#034;vigilante&#034; d'extr&#234;me-gauche de Sud-Solidaires et de la CGT, les cautionnant par leur &#171; soutien critique &#187;. Le soutien sans participation est la pire des formes, car la plus hypocrite, de soutien au gouvernement bourgeois. Ce fut la politique de la CGT en 1936 face au gouvernement de Front populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les directions de la CGT et de Sud sont dans l'Union sacr&#233;e, et leurs politiques sont de plus en plus ouvertement r&#233;actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des formes que prend la guerre, c'est le racket fiscal exerc&#233; contre les travailleurs &#224; travers les imp&#244;ts indirects qui sont une des composantes de l'inflation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le Parti ouvrier fran&#231;ais, dont le programme fut &#233;crit sous le contr&#244;le de Marx vers 1880, comprenait dans sa partie &#233;conomique : abolition des imp&#244;ts indirects, les organisations d'extr&#234;me-gauche d&#233;noncent ce genre de mesure comme &#034;une diversion&#034;, imitant les directions syndicales qui veulent cantonner la classe ouvri&#232;re &#224; des augmentations de salaires symboliques augment&#233;es lors des NAO. Les augmentations de salaires sont des revendications purement &#233;conomiques, la question des taxes est une revendication politique. Non seulement la suppression des taxes sur les carburants serait une augmentation quasiment sans pr&#233;c&#233;dent du niveau de vie de la majorit&#233; des travailleurs, mais la classe ouvri&#232;re en s'emparant de ce mot d'ordre entrainerait derri&#232;re les classe moyennes pr&#233;sur&#233;es par ces taxes. Etouffer politiquement et &#233;conomiquement le prol&#233;tariat, c'est ce que signifie ce ralliement de l'extr&#234;me-gauche opportuniste &#224; la seule question des salaires, sous couvert d'orthodoxie marxiste. C'est pour payer leur part au racket fiscal que les travailleurs devraient demander des augmentations de salaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Covid, sanctions contre la Russie, guerre contre l'Iran, droits de douanes, dette publique, tous ces moyens extra-&#233;conomiques pour tirer des profits sont typiques d'une p&#233;riode de guerre :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La guerre a fait subir au capitalisme une &#233;volution. Le pressurage syst&#233;matique de la plus-value qui fut jadis pour l'entrepreneur la seule source de revenu, semble &#224; pr&#233;sent une occupation trop fade aux messieurs les bourgeois qui ont pris l'habitude de doubler, de d&#233;cupler leurs dividendes dans l'espace de quelques jours, au moyen de sp&#233;culations savantes bas&#233;es sur le brigandage international.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le bourgeois a rejet&#233; quelques pr&#233;jug&#233;s qui le g&#234;naient et acquis par contre un certain coup de main&lt;br class='autobr' /&gt;
qui lui manquait jusqu'ici. La guerre l'a accoutum&#233;, comme aux actes les plus ordinaires, &#224; r&#233;duire par le blocus des pays entiers &#224; la famine, &#224; bombarder et incendier des villes et villages pacifiques, &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
infecter les sources et les rivi&#232;res en y jetant des cultures du chol&#233;ra, &#224; transporter de la dynamite dans des valises diplomatiques, &#224; &#233;mettre des billets de banque faux imitant ceux de l'ennemi, &#224; employer la corruption, l'espionnage et la contrebande dans des proportions jusque-l&#224; inou&#239;es. Les moyens d'action appliqu&#233;s &#224; la guerre rest&#232;rent en vigueur dans le monde commercial apr&#232;s la conclusion de la paix. Les op&#233;rations commerciales de quelque importance s'effectuent sous l'&#233;gide de l'&#201;tat. Ce dernier est devenu semblable &#224; une association de malfaiteurs arm&#233;s jusqu'aux dents. Le terrain de la production mondiale se r&#233;tr&#233;cit chaque jour davantage et la mainmise sur la production devient d'autant plus fr&#233;n&#233;tique et revient d'autant plus ch&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Emp&#234;cher : voil&#224; le dernier mot de la politique du capitalisme, la devise qui remplace le&lt;br class='autobr' /&gt;
protectionnisme et le libre-&#233;changisme !&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;non&#231;ant le mot d'ordre d'&#171; Abolition des taxes (accise et TVA) sur les carburants ! &#187; comme &#034;diversion du RN&#034;, alors que c'&#233;tait le programme de Marx, un parti comme LO s'engage dans une voie r&#233;actionnaire, demandant aux travailleurs de &#034;gagner la bataille de la taxation&#034;, comme le PC leur demandait de gagner la &#034;bataille de la production d'apr&#232;s-guerre. Ces soi-disant h&#233;ritiers de Trotsky s'opposent &#224; la lutte du prol&#233;tariat pour sa survie &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le coup de semonce qui annon&#231;a ce capitalisme de guerre fut la crise financi&#232;re de 2008. Aucune des grandes organisations d'extr&#234;me-gauche n'y vit l'effondrement du capitalisme. Or les pr&#233;misses de la r&#233;volution sont essentiellement &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion : l'entr&#233;e en guerre est d'actualit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partis pseudo-trotskistes deviennent politiquement de plus en plus ouvertement des satellites de LFI et de l'Etat bourgeois. La r&#233;cente manifestation de soutien au maire LFI de Saint-Denis marque un pas de plus dans cette ligne. Le maire d'une grande ville ne serait plus un agent de la bourgeoisie, car il est &#034;&#224; un autre niveau&#034; ; il n'est plus l'ennemi des travailleurs, mais &#034;quelqu'un qui ne changera pas grand-chose&#034; ; l'antiracisme en d&#233;fense des pauvres remplace la lutte des classes, c'est avec de telles balivernes que LO justifie son soutien &#224; LFI :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ce beau monde s'est ainsi retrouv&#233; non seulement contre Bally Bagayoko, mais surtout contre la population pauvre d'une ville ouvri&#232;re. M&#234;me si l'&#233;lection d'un maire insoumis ne changera pas grand-chose &#224; ce que vivent les habitants des cit&#233;s, tant ses probl&#232;mes se situent &#224; un tout autre niveau, cette campagne immonde est bien significative de la volont&#233; de la bourgeoisie et de son personnel politique de faire taire tout ce qui peut ressembler &#224; une contestation de sa politique.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pour le NPA-R qui est dans la m&#234;me ligne, le drapeau fran&#231;ais de la mairie de Saint-Denis, remplace le drapeau rouge :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17434 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH241/capture_d_ecran_2026-04-08_182106-a187d-0d82e.jpg?1777797889' width='500' height='241' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://npa-revolutionnaires.org/contre-le-racisme-venu-den-haut-lunion-des-travailleurs-fait-la-force/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Contre le racisme venu d'en haut&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or la marche &#224; la guerre s'acc&#233;l&#232;re. N'est-il pas temps de planter le drapeau d'un V&#232;me internationale, en renouvelant le constat de Trotsky :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
Les bolch&#233;viks-l&#233;ninistes se consid&#232;rent comme une fraction de l'internationale qui se b&#226;tit&lt;br class='autobr' /&gt;
Il me semble que le seul nom qui convienne pour notre Internationale soit parti mondial de la r&#233;volution socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les groupes &#171; trotskistes &#187; en France en 1943-1947</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article8865</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.org/spip.php?article8865</guid>
		<dc:date>2026-02-12T23:20:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>IV&#176; Internationale</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>
		<dc:subject>Parti r&#233;volutionnaire - Revolutionnary party</dc:subject>
		<dc:subject>Trotskisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les groupes &#171; trotskistes &#187; en France en 1943-1947 &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qu'en dit Wikipedia &lt;br class='autobr' /&gt;
https://fr.wikipedia.org/wiki/Trotskistes_fran%C3%A7ais_durant_la_Seconde_Guerre_mondiale &lt;br class='autobr' /&gt;
Le POI &lt;br class='autobr' /&gt;
https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_ouvrier_internationaliste &lt;br class='autobr' /&gt;
Le PCI &lt;br class='autobr' /&gt;
https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_communiste_internationaliste &lt;br class='autobr' /&gt;
Le groupe UCI de Barta &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article576 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7541 &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qu'en dit le pseudo-trotskiste Mandel (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique113" rel="directory"&gt;12 - QUOI DE NEUF DANS LES ORGANISATIONS REVOLUTIONNAIRES - WHAT'S NEW UPON REVOLUTIONNARY ORGANISATIONS&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot105" rel="tag"&gt;IV&#176; Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot173" rel="tag"&gt;Parti r&#233;volutionnaire - Revolutionnary party&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot283" rel="tag"&gt;Trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les groupes &#171; trotskistes &#187; en France en 1943-1947&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'en dit Wikipedia&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Trotskistes_fran%C3%A7ais_durant_la_Seconde_Guerre_mondiale&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Trotskistes_fran%C3%A7ais_durant_la_Seconde_Guerre_mondiale&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le POI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_ouvrier_internationaliste&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_ouvrier_internationaliste&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PCI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_communiste_internationaliste&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_communiste_internationaliste&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe UCI de Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article576&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article576&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7541&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7541&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'en dit le pseudo-trotskiste Mandel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/mandel/works/1976/00/em19760000.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/mandel/works/1976/00/em19760000.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'en dit Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5814&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5814&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des t&#233;moignages&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.canal-u.tv/chaines/chs-umr-8058/jean-rene-chauvin-recit-d-une-vie-engagee-dans-le-xxe-siecle/1945-1948-au&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.canal-u.tv/chaines/chs-umr-8058/jean-rene-chauvin-recit-d-une-vie-engagee-dans-le-xxe-siecle/1945-1948-au&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://chsprod.hypotheses.org/jean-rene-chauvin-parcours-dun-militant/de-1954-a-1965&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://chsprod.hypotheses.org/jean-rene-chauvin-parcours-dun-militant/de-1954-a-1965&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les groupements de la IV&#232;me Internationale en 1943&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/07/barta_rapp43.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/07/barta_rapp43.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La V&#233;rit&#233;, 1943&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cermtri.com/index.php/annee-1943&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cermtri.com/index.php/annee-1943&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La V&#233;rit&#233;, 1944&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cermtri.com/index.php/annee-1944&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cermtri.com/index.php/annee-1944&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POI-CCI, janvier 1944&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/01/barta_sfqi2.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/01/barta_sfqi2.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POI, f&#233;vrier 1944&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/02/cahiers_19440215.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/02/cahiers_19440215.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La V&#233;rit&#233;, 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cermtri.com/index.php/annee-1945&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cermtri.com/index.php/annee-1945&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PCI, juillet 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/07/barta_19450702.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/07/barta_19450702.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/07/barta_160745.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/07/barta_160745.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PCI, novembre 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/11/ldc54_111445.htm#gouvernement&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/11/ldc54_111445.htm#gouvernement&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PCI, d&#233;cembre 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/12/ldc55_120145.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/12/ldc55_120145.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La V&#233;rit&#233;, 1946&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cermtri.com/index.php/annee-1946-0&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cermtri.com/index.php/annee-1946-0&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cermtri.com/index.php/annee-1946-suite&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cermtri.com/index.php/annee-1946-suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PCI, janvier 1946&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/01/barta_280146.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/01/barta_280146.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/01/barta_230146.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/01/barta_230146.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PCI, f&#233;vrier 1946&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/02/note_022846.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/02/note_022846.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/02/note_022546.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/02/note_022546.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PCI, juillet 1946&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/07/ldc64_070146.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/07/ldc64_070146.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PCI, octobre 1946&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/10/ldc73_103146.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/10/ldc73_103146.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PCI, novembre 1946&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais//barta/1946/11/ldc74_110846.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais//barta/1946/11/ldc74_110846.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Natalia Trotsky en 1947&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/postwar/1947/06/nt_19470627.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/postwar/1947/06/nt_19470627.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/postwar/1947/06/nt_19470600.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/postwar/1947/06/nt_19470600.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La V&#233;rit&#233;, 1947&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cermtri.com/la-verite/annee-1947&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cermtri.com/la-verite/annee-1947&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Pourquoi la Quatri&#232;me internationale de Trotsky &#233;tait en &#233;chec en 1939</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article8723</link>
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		<dc:date>2026-01-19T23:03:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Trotsky</dc:subject>
		<dc:subject>IV&#176; Internationale</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Discussion avec Trotsky sur IVe Internationale &lt;br class='autobr' /&gt;
avril 1939 &lt;br class='autobr' /&gt; James. - 1. Je serais heureux d'entendre ce que pense le camarade Trotsky de la fantastique mont&#233;e de la combativit&#233; des ouvriers fran&#231;ais et, parall&#232;lement, de l'incontestable d&#233;clin de notre propre mouvement en France durant la m&#234;me p&#233;riode. A la conf&#233;rence de fondation, on a consacr&#233; six s&#233;ances &#224; la question fran&#231;aise [1] et, au dernier moment, il y a eu encore une discussion sur la r&#233;solution qu'on allait pr&#233;senter. Cela (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique188" rel="directory"&gt;11- Organisation internationale des travailleurs r&#233;volutionnaires&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot29" rel="tag"&gt;Trotsky&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot105" rel="tag"&gt;IV&#176; Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot283" rel="tag"&gt;Trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Discussion avec Trotsky sur IVe Internationale &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;avril 1939&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; James. - 1. Je serais heureux d'entendre ce que pense le camarade Trotsky de la fantastique mont&#233;e de la combativit&#233; des ouvriers fran&#231;ais et, parall&#232;lement, de l'incontestable d&#233;clin de notre propre mouvement en France durant la m&#234;me p&#233;riode. A la conf&#233;rence de fondation, on a consacr&#233; six s&#233;ances &#224; la question fran&#231;aise [1] et, au dernier moment, il y a eu encore une discussion sur la r&#233;solution qu'on allait pr&#233;senter. Cela donne une id&#233;e des difficult&#233;s. Cannon et Shachtman pensaient qu'il s'agissait exclusivement d'un probl&#232;me de direction et d'organisation. Blasco pensait que les camarades fran&#231;ais &#233;taient capables d'analyser la situation politique, mais incapables d'intervenir activement dans la lutte des masses. Mon opinion personnelle est qu'un tel &#233;tat de choses r&#233;sulte de la composition sociale du groupe, de sa concentration &#224; Paris et de l'int&#233;r&#234;t pr&#233;dominant qu'il porte aux questions purement politiques au d&#233;triment des probl&#232;mes des usines, encore que j'aie pu remarquer au milieu de 1937 un grand changement de ce point de vue. Je crois cependant qu'il s'agit d'une question qui demande une r&#233;flexion et une analyse s&#233;rieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 2. La question de l'Espagne. Je crois qu'il n'est pas trop tard pour commencer, &#224; partir de toutes les sources disponibles, une enqu&#234;te sur l'activit&#233; organisationnelle de nos camarades en Espagne &#224; partir de 1936. D'apr&#232;s tout ce que j'ai entendu dire, 500 camarades bien organis&#233;s &#224; l'int&#233;rieur du P.O.U.M. auraient &#233;t&#233; capables d'essayer de prendre le pouvoir en mai 1937 [2] . Je crois que nous avons beaucoup &#224; apprendre des m&#233;thodes de travail appliqu&#233;es par nos camarades, &#224; l'int&#233;rieur comme &#224; l'ext&#233;rieur du P.O.U.M [3] . Et comme, de m&#234;me qu'en France et peut&#8209;&#234;tre en Hollande, et en Grande&#8209;Bretagne o&#249; il y a entre nous et la social&#173;-d&#233;mocratie des partis centristes dans lesquels il est vraisemblable que nous ayons &#224; travailler comme nos camarades ont d&#251; le faire dans le P.O.U.M., pour toutes ces raisons, je crois qu'il est tr&#232;s important de travailler &#224; partir de l'exp&#233;rience r&#233;elle de nos camarades en Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. La section britannique. Vous &#234;tes tous au courant de l'histoire de cette section : la scission de 1936 [4] et la formation de deux groupes, l'un enracin&#233; dans le Labour Party [5] et l'autre &#224; l'ext&#233;rieur [6] . Quand le camarade Cannon est arriv&#233;, &#224; l'&#233;t&#233; 1938, la Revolutionary Socialist League a r&#233;sult&#233; d'une fusion entre l'ancienne Marxist League, qui avait fait scission avec Groves [7] et le Marxist Group [8] , et &#233;tait en contact avec une vingtaine de camarades admirables d'Edinburgh [9] . Le pacte d'unit&#233; et de paix stipulait que chaque groupe devait continuer son activit&#233; propre et qu'au bout de six mois, on tirerait un bilan. Aux derni&#232;res nouvelles, les frictions ont continu&#233; et c'est maintenant le groupe &#224; l'int&#233;rieur du Labour Party qui domine [10] .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe aussi un autre groupe &#8209; celui de Lee [11] - &#224; l'int&#233;rieur du Labour Party, qui a refus&#233; de rien avoir &#224; faire avec la fusion, disant qu'elle &#233;tait vou&#233;e &#224; l'&#233;chec. Le groupe Lee est tr&#232;s actif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai dit au camarade Cannon qu'en fin de compte j'&#233;tais arriv&#233; &#224; la conclusion a) que je n'avais aucune objection &#224; ce que m&#234;me la majorit&#233; des camarades du groupe fusionn&#233; soient dans le Labour Party, b) mais que le groupe ind&#233;pendant, avec son journal, devait continuer. En derni&#232;re analyse, la fraction dans le Labour Party ne gagnerait pas beaucoup d'adh&#233;rents dans les circonstances actuelles et notre ind&#233;pendance de groupe, avec un journal &#233;tait absolument n&#233;cessaire. Wicks, Sara, Sumner [12] et autres, de l'ancienne Marxist League, qui ont travaill&#233; pendant quatre ans dans le Labour Party et s'y trouvaient encore, &#233;taient tout &#224; fait d'accord avec nous sur la n&#233;cessit&#233; d'une organisation ind&#233;pendante. Les camarades du Labour Party voulaient un organe comme New International. Nous avons dit non ; nous voulions un journal comme l'ancien Militant [13] mi&#8209;th&#233;orique et mi-d'organisation. Il n'y a pas eu lieu de discuter plus avant la question britannique dans la mesure o&#249; on a eu le temps de l'&#233;tudier de loin. Il est clair que ni des conseils ni une politique ne peuvent faire des miracles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position de l'Independent Labour Party est pourtant importante pour nous [14]. Organisationnellement, il est faible, mais il a quatre d&#233;put&#233;s, un journal qui se vend entre 25000 et 30000 exemplaires par semaine, ses congr&#232;s et ses d&#233;clarations sont l'objet de publicit&#233; dans la presse bourgeoise ; il a suffisamment de soutien financier pour pr&#233;senter quinze candidats au &#233;lections dont la majorit&#233; ont perdu le d&#233;p&#244;t de 750 livres par candidat. En g&#233;n&#233;ral, il dit plut&#244;t le m&#234;me genre de choses que nous et recueille tout le soutien moral et financier qui nous revient, par exemple aux Etats&#8209;Unis o&#249; il n'y a rien, entre la social-d&#233;mocratie et nous, du type de ce parti. En outre, l'I.L.P. a pass&#233; son temps &#224; s'ouvrir puis se fermer, mais nous avons &#233;t&#233; incapables d'exploiter les scissions r&#233;p&#233;t&#233;es et le m&#233;contentement g&#233;n&#233;ral de sa gauche. Si nous pouvions scissionner l'I.L.P. et, ainsi que Maxton a, de sa propre initiative, menac&#233; de le faire, entra&#238;ner les Ecossais et laisser le champ libre en Angleterre, nous ne pourrions certes pas cr&#233;er tout de suite un grand parti dirigeant, mais nous ferions un progr&#232;s extraordinaire [15].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois que la r&#233;solution de 1936 sur les partis centristes, qui affirmait que l'l.L.P. allait bient&#244;t tomber dans le stalinisme, &#233;tait une erreur [16] qui a d&#233;sorient&#233; la section anglaise. Maintenant, il semblerait que nos progr&#232;s futurs en Grande&#8209;Bretagne dans la direction de l'l.L.P. vont d&#233;pendre largement des succ&#232;s de notre section fran&#231;aise (et de sa capacit&#233;) &#224; attirer &#224; elle les meilleurs &#233;l&#233;ments du P.S.O.P. [17]. Je propose cependant que notre section britannique ne n&#233;glige nullement l'I.L.P. et que, par des brochures, dans sa presse par des articles, elle concentre son offensive sur ses points faibles et ses divergences internes et s'emploie de son mieux &#224; aggraver les scissions qui se dessinent constamment en son sein afin de faciliter sa destruction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a enfin la question des camarades qui vont dans les usines, comme on l'a d&#233;j&#224; fait dans une ou deux r&#233;gions d'Am&#233;rique du Nord, o&#249; les intellectuels, d&#233;termin&#233;s &#224; entrer en contact avec les masses, sont entr&#233;s dans l'industrie de l'alimentation et dans d'autres, partout o&#249; cela a &#233;t&#233; possible et, en certains endroits, avec un grand succ&#232;s. Il me semble qu'en France et, tr&#232;s certainement en Grande&#8209;Bretagne, cela constitue un moyen &#224; tenter pour renforcer ce contact avec les masses qui est l'un des plus gros points faibles de notre parti dans les grandes villes comme Londres, Paris, et dans une certaine mesure, New York, tandis que le parti belge, bas&#233; en province sur une r&#233;gion industrielle [18] est extr&#234;mement bien organis&#233; et, en d&#233;pit de certaines faiblesses politiques au cours de la derni&#232;re p&#233;riode [19], d&#233;montre que, dans toute mont&#233;e comme celle qui s'est produite en France [20], il jouerait vraisemblablement un r&#244;le plus important et r&#233;aliserait au moins des progr&#232;s infiniment plus substantiels que ne l'a fait notre section fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Trotsky &#8209; Oui, la question est de savoir pourquoi nous ne progressons pas en fonction de la valeur de nos id&#233;es, qui ne sont pas aussi d&#233;nu&#233;es de sens que le croient certains de nos amis. Nous ne progressons pas politiquement. Ce fait est l'expression du recul g&#233;n&#233;ral du mouvement ouvrier dans les quinze derni&#232;res ann&#233;es. Quand le mouvement r&#233;volutionnaire d&#233;cline de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, quand une d&#233;faite suit une autre d&#233;faite, quand le fascisme s'&#233;tend sur le monde entier, quand le marxisme officiel s'incarne dans la plus formidable machine &#224; duper les travailleurs, il va de soi que les r&#233;volutionnaires ne peuvent travailler que contre le courant historique g&#233;n&#233;ral. Et cela, quand bien m&#234;me leurs id&#233;es sont aussi intelligentes et exactes qu'on peut le souhaiter. C'est que les masses ne font pas leur &#233;ducation &#224; travers des pronostics ou des conceptions th&#233;oriques, mais &#224; travers l'exp&#233;rience g&#233;n&#233;rale de leur vie. C'est l&#224; l'explication globale : l'ensemble de la situation est contre nous. Il faut que se produise un tournant dans la prise de conscience de classes, dans les r&#233;actions et les sentiments des masses, un tournant qui nous donnera la possibilit&#233; de remporter un grand succ&#232;s politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens des discussions en 1927 &#224; Moscou apr&#232;s l'&#233;crasement des ouvriers chinois par Tchiang Ka&#239;&#8209;chek [21]. Nous l'avions pr&#233;dit dix jours auparavant et Staline nous avait r&#233;pondu par des affirmations de ce genre : &#171; Borodine est vigilant &#187;, &#171; Tchiang Ka&#239;&#8209;chek ne peut mat&#233;riellement nous trahir &#187;, etc Huit ou dix jours plus tard, c'&#233;tait la trag&#233;die et nos camarades exprim&#232;rent leur confiance : notre analyse &#233;tait si manifestement correcte que tout le monde s'en apercevait et que nous &#233;tions s&#251;rs d'entra&#238;ner le parti. Je r&#233;pondis que l'&#233;tranglement de la r&#233;volution chinoise &#233;tait mille fois plus important pour les masses que toutes nos pr&#233;dictions. Nos pr&#233;dictions pouvaient convaincre une poign&#233;e d'intellectuels qui s'int&#233;ressaient &#224; ces probl&#232;mes, mais pas les masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La victoire militaire de Tchiang devait in&#233;vitablement provoquer un reflux, une d&#233;moralisation, et ne pouvait en rien favoriser la progression d'une fraction r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1917, nous avons connu une longue suite de d&#233;faites. Nous sommes comme des gens qui tenteraient d'escalader une montagne et qui recevraient toujours et toujours des avalanches de pierre et de neige. Il s'est cr&#233;&#233; dans les masses en Asie et en Europe un sentiment nouveau de d&#233;sespoir. Elles ont entendu quelque chose comme ce que nous disions il y a dix ou quinze ans du parti communiste, et elles sont pessimistes. C'est l&#224; l'&#233;tat d'esprit g&#233;n&#233;ral des masses. C'est la raison la plus g&#233;n&#233;rale. Il ne nous est pas possible de nous situer en dehors du courant historique g&#233;n&#233;ral, hors de la disposition g&#233;n&#233;rale des forces. Le courant est contre nous, c'est clair. Je me souviens de la p&#233;riode entre 1908 et 1913, en Russie. A cette &#233;poque aussi nous &#233;tions en pleine r&#233;action. En 1905 pourtant, nous avions les ouvriers avec nous, mais en 1908, et m&#234;me en 1907, d&#233;j&#224;, commen&#231;a la grande r&#233;action, le grand reflux. Tout le monde inventait des mots d'ordre et des m&#233;thodes nouvelles pour conqu&#233;rir les masses, mais personne n'y arrivait. Tout ce qu'on pouvait faire &#224; cette &#233;poque, c'&#233;tait de former des cadres, mais ils fondaient ensuite litt&#233;ralement. Il se produisit de nombreuses scissions, &#224; droite, &#224; gauche, vers le syndicalisme, ailleurs... L&#233;nine restait &#224; Paris avec un petit groupe, une secte. Il gardait pourtant confiance, car il savait qu'il y aurait bient&#244;t des possibilit&#233;s de redressement... C'est ce qui se produisit en 1913, o&#249; il y eut une vague dont la guerre brisa le d&#233;veloppement. Pendant la guerre, il r&#233;gna d'abord parmi les ouvriers un silence de mort. Les gens qui se r&#233;unirent &#224; Zimmerwald [22] &#233;taient en majorit&#233; des &#233;l&#233;ments tr&#232;s confus. Au plus profond des masses, dans les tranch&#233;es et ailleurs, il existait bien un &#233;tat d'esprit nouveau, mais tellement souterrain, tellement terroris&#233; encore, que nous nous ne pouvions ni l'atteindre ni lui donner une expression. C'est pour cela que le mouvement se sentait si mis&#233;rable, et m&#234;me la majorit&#233; des gens qui s'&#233;taient rencontr&#233;s &#224; Zimmerwald allaient virer &#224; droite pendant le mois suivant. Je ne cherche pas &#224; d&#233;gager leurs responsabilit&#233;s personnelles mais, l&#224; aussi, il faut une explication globale : c'est que le mouvement zimmerwaldien avait &#224; nager contre le courant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre situation &#224; nous est incomparablement plus difficile que celle d'aucune autre organisation, &#224; aucune autre &#233;poque. Nous avons &#224; subir le poids terrible de la trahison de l'Internationale Communiste qui s'&#233;tait dress&#233;e justement contre la trahison de la II&#176; internationale. La d&#233;g&#233;n&#233;rescence de la III&#176; Internationale s'est accomplie si rapidement et de fa&#231;on tellement inattendue que c'est la m&#234;me g&#233;n&#233;ration &#224; qui nous avons autrefois annonc&#233; sa formation qui est encore l&#224; pour nous entendre aujourd'hui d&#233;noncer sa trahison. Et ces hommes se souviennent qu'ils ont d&#233;j&#224; une fois entendu tout cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut tenir compte aussi de l'importance de la d&#233;faite de l'Opposition de gauche en Russie. Car la IV&#176; Internationale, par sa naissance, est li&#233;e &#224; l'Opposition de gauche russe, et les masses, d'ailleurs, nous appellent les &#171; trotskvstes &#187;. On nous dit : &#171; Trotsky veut prendre le pouvoir. Mais pourquoi donc l'a-t-il perdu ? &#187; C'est &#233;videmment une question de fond. Nous devons commencer par y r&#233;pondre en expliquant la dialectique de l'histoire, de la lutte de classes : toute r&#233;volution engendre une r&#233;action. Max Eastman a &#233;crit que Trotsky accordait &#224; la doctrine trop d'importance et que, s'il avait eu plus de bon sens, il n'aurait pas perdu le pouvoir. Effectivement, il n'est rien au monde qui soit plus convaincant que le succ&#232;s et rien de plus repoussant, surtout pour les larges masses, qu'une d&#233;faite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il faut donc ajouter la d&#233;g&#233;n&#233;rescence de l'Internationale communiste, d'un c&#244;t&#233;, et, de l'autre, la terrible d&#233;faite de l'Opposition de gauche en Russie, suivie de son extermination. Ces faits&#8209;l&#224; sont mille fois plus convaincants pour la classe ouvri&#232;re que notre pauvre petit journal, m&#234;me quand il atteint le tirage fantastique des cinq mille exemplaires de notre Socialist Appeal [23] . Nous sommes sur un fr&#234;le esquif au milieu d'un courant terrible. Sur cinq ou six bateaux, l'un coule, et on dit tout de suite que c'est la faute du pilote. Mais la v&#233;ritable raison n'est pas l&#224;. La v&#233;rit&#233;, c'est que le courant &#233;tait trop fort. Voil&#224; l'explication la plus g&#233;n&#233;rale, celle que nous ne devons jamais oublier, si nous ne voulons pas sombrer dans le pessimisme ou le d&#233;couragement, nous qui sommes l'avant&#8209;garde de l'avant&#8209;garde. Car cette ambiance marque tous les groupes qui se rassemblent autour de notre drapeau. Il y a des &#233;l&#233;ments courageux qui n'aiment pas aller dans le sens du courant : c'est leur caract&#232;re. Il y a des gens intelligents qui ont mauvais caract&#232;re, n'ont jamais &#233;t&#233; disciplin&#233;s et ont toujours cherch&#233; une tendance plus radicale ou plus ind&#233;pendante : ils ont trouv&#233; la n&#244;tre. Mais les uns et les autres sont toujours plus ou moins des outsiders, &#224; l'&#233;cart du courant g&#233;n&#233;ral du mouvement ouvrier. Leur grande valeur a &#233;videmment son c&#244;t&#233; n&#233;gatif, car celui qui nage contre le courant ne peut pas &#234;tre li&#233; aux masses. Aussi la composition sociale d'un mouvement r&#233;volutionnaire qui commence &#224; se construire n'est&#173; elle pas &#224; pr&#233;dominance ouvri&#232;re. Ce sont les intellectuels qui sont les premiers m&#233;contents des organisations existantes. Par&#173; tout, il y a aussi beaucoup d'&#233;trangers qui, dans leur propre pays, ne se seraient sans doute pas m&#234;l&#233;s aussi facilement au mouve&#173;ment ouvrier. Un Tch&#232;que sera plus facilement membre de la IV&#176; Internationale au Mexique ou aux Etats&#8209;Unis qu'en Tch&#233;coslovaquie m&#234;me. Et de m&#234;me pour un Fran&#231;ais aux Etats&#8209;Unis. Car l'athmosph&#232;re nationale exerce une profonde influence sur les individus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les juifs, par exemple, sont souvent &#224; moiti&#233; &#233;trangers, pas tout &#224; fait assimil&#233;s : ils adh&#232;rent volontiers &#224; toute tendance nouvelle, critique, r&#233;volutionnaire ou &#224; moiti&#233; r&#233;volutionnaire, que ce soit en politique, en art ou en litt&#233;rature. Une tendance r&#233;volutionnaire nouvelle, qui va contre le courant g&#233;n&#233;ral dominant de l'histoire &#224; un moment donn&#233;, se cristallise d'abord autour d'hommes qui sont plus ou moins coup&#233;s de la vie nationale, dans quelque pays que ce soit : et c'est pr&#233;cis&#233;ment pour eux qu'il est le plus difficile de p&#233;n&#233;trer dans les masses. Bien entendu, nous devons critiquer la composition sociale de notre organisation et la modifier, mais nous devons aussi comprendre qu'elle n'est pas tomb&#233;e du ciel, qu'elle est d&#233;termin&#233;e, au contraire, aussi bien par la situation objective que par le caract&#232;re de notre mission historique en cette p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne veut pas dire que nous puissions nous satisfaire d'une telle situation. Pour la France, par exemple, il existe, en outre, une vieille tradition du mouvement ouvrier qui n'est pas sans rapport avec la composition sociale du pays, surtout dans le pass&#233; : d'un c&#244;t&#233; une mentalit&#233; petite&#8209;bourgeoise &#8209; l'individualisme - et de l'autre, un &#233;lan, une extraordinaire capacit&#233; d'improvisation. Si on les compare &#224; l'&#233;poque classique de la II&#176; Internationale, on s'aper&#231;oit que le parti socialiste fran&#231;ais et la social-d&#233;mocratie allemande, avaient au parlement le m&#234;me nombre d'&#233;lus. Mais il n'est m&#234;me pas possible de comparer les organisations. Les Fran&#231;ais &#233;taient tout juste capables de collecter 25 000 francs, et encore au prix des pires difficult&#233;s, tandis que pour les Allemands, trouver un demi&#8209;million ne posait pas de probl&#232;mes. Les Allemands avaient dans leurs syndicats plusieurs millions d'ouvriers, les Fran&#231;ais, eux, quelques millions qui ne payaient pas leurs cotisations. Engels terminait en ces termes une lettre dans laquelle il avait caract&#233;ris&#233; l'organisation fran&#231;aise : &#171; Et comme d'habitude, les cotisations ne rentrent pas ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre organisation fran&#231;aise souffre de la m&#234;me maladie, le mal fran&#231;ais traditionnel, cette incapacit&#233; d'organisation et, bien entendu, en m&#234;me temps, de l'absence des conditions qui permettraient l'improvisation. En outre, dans la mesure o&#249; la France a connu une mont&#233;e ouvri&#232;re, elle s'est produite en liaison avec le Front populaire. Dans ce contexte, la d&#233;faite du Front populaire a constitu&#233; la preuve que nous avions raison comme, auparavant, l'extermination des ouvriers chinois. Mais une d&#233;faite est une d&#233;faite, et elle se retourne directement contre les tendances r&#233;volutionnaires, au moins jusqu'&#224; ce que se produise une nouvelle mont&#233;e &#224; un niveau sup&#233;rieur. Il nous faut nous pr&#233;parer surtout et attendre un &#233;l&#233;ment nouveau, un facteur nouveau dans la configuration g&#233;n&#233;rale des forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a en France des camarades comme Naville et d'autres qui sont venus &#224; nous, il y a quinze, seize ans, alors qu'ils &#233;taient encore de tout jeunes gens ; ce sont maintenant des hommes m&#251;rs, et, pendant toute leur vie consciente, ils n'ont re&#231;u que des coups, subi que des d&#233;faites, de terribles d&#233;faites, et ils en ont l'habitude. Ils appr&#233;cient hautement la justesse de leurs conceptions, ils sont capables de bonnes analyses, mais ils n'ont jamais &#233;t&#233; capables de p&#233;n&#233;trer dans les masses, d'y travailler, ils n'ont jamais pu apprendre &#224; le faire. Or il est terriblement n&#233;cessaire de regarder ce qui se passe dans les masses. Mais nous avons en France des camarades qui sont ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je connais beaucoup moins bien la situation britannique, mais je crois qu'il y a l&#224; aussi des gens comme &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi avons&#8209;nous perdu des hommes ? Apr&#232;s ces terribles d&#233;faites mondiales, la mont&#233;e ouvri&#232;re en France s'est r&#233;alis&#233;e &#224; un niveau tr&#232;s bas, tr&#232;s primitif politiquement, sous la direction du Front populaire. Toute la p&#233;riode du Front populaire a &#233;t&#233; une sorte de caricature de notre r&#233;volution de f&#233;vrier. C'est une honte pour la France, qui traversait voici cent cinquante ans, la plus grande r&#233;volution bourgeoise du monde, que ce mouvement ouvrier ait eu &#224; passer par une caricature de la r&#233;volution russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;James. &#8209; Vous ne rejetterez donc pas toute la responsabilit&#233; sur le parti communiste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky. &#8209; Il constitue un facteur important dans l'&#233;laboration de la mentalit&#233; des masses, et on peut dire, en effet, que la d&#233;g&#233;nerescence du parti communiste a &#233;t&#233; un facteur tr&#232;s actif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1914, les bolcheviks dominaient compl&#232;tement le mouvement ouvrier. Les statistiques les plus s&#233;rieuses d&#233;montrent qu'&#224; la veille de la guerre les bolcheviks ne repr&#233;sentaient pas moins des trois quarts de l'avant&#8209;garde ouvri&#232;re. Pourtant, avec le d&#233;but de la r&#233;volution de f&#233;vrier, les &#233;l&#233;ments les plus arri&#233;r&#233;s, les paysans, les soldats, et m&#234;me d'anciens ouvriers bolcheviques ont &#233;t&#233; attir&#233;s dans ce courant Front populaire. Le parti bolch&#233;vique fut r&#233;duit &#224; l'isolement et tr&#232;s affaibli. Le courant g&#233;n&#233;ral &#233;tait &#224; un bas niveau politique, mais il &#233;tait puissant et il aboutit finalement &#224; la r&#233;volution d'Octobre. Il s'agit d'une question de rythme. En France, venant apr&#232;s toutes ces d&#233;faites, le front populaire a attir&#233; des &#233;l&#233;ments qui avaient des sympathies pour nous sur le plan des id&#233;es, mais qui &#233;taient engag&#233;s dans le mouvement des masses, et nous avons &#233;t&#233; encore plus isol&#233;s qu'auparavant, du moins pendant quelque temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut tenir compte de tous ces &#233;l&#233;ments. Je peux m&#234;me affirmer que nombre de nos dirigeants &#8209; attention, pas tous !, surtout dans les sections les plus anciennes, se verront rejet&#233;s hors du mouvement de masse r&#233;volutionnaire lors du nouveau tournant et que de nouveaux dirigeants, une direction fra&#238;che, na&#238;tront dans le courant r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, la r&#233;g&#233;n&#233;ration de notre groupe a commenc&#233; [24] avec l'entr&#233;e dans le parti socialiste. Cette politique ne fut pas clairement comprise par tous ; elle nous permit pourtant de gagner de nouveaux militants. Malheureusement, ces recrues &#233;taient habitu&#233;es &#224; un milieu large et, apr&#232;s la scission, elles se sont un peu d&#233;courag&#233;es. Au fond, elles n'&#233;taient pas suffisamment tremp&#233;es, elles n'ont pas su s'accrocher et elles ont &#233;t&#233; reprises par le courant du Front populaire. C'est regrettable, mais explicable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Espagne, ces m&#234;mes raisons ont jou&#233; un r&#244;le identique, en plus ce d&#233;plorable facteur qu'a constitu&#233; le comportement du groupe de Nin. C'est lui qui repr&#233;sentait en Espagne l'Opposition de gauche russe, et, au cours de la premi&#232;re ann&#233;e nous n'avons pas tent&#233; de mobiliser et d'organiser nos forces de fa&#231;on ind&#233;pendante. Nous esp&#233;rions pouvoir gagner Nin a une conception correcte, etc. En public, l'Opposition de gauche le soutenait. Dans une correspondance priv&#233;e, nous avons essay&#233; de le convaincre, de le pousser, mais nous n'avons pas r&#233;ussi. Nous avons perdu du temps. Fallait&#8209;il le faire ? C'est difficile &#224; dire. Si nous avions eu en Espagne un camarade exp&#233;riment&#233;, nous aurions connu une situation bien plus favorable, mais nous n'en avions pas un seul. Nous avons plac&#233; nos espoirs en Nin, et sa politique a consist&#233; en une s&#233;rie de man&#339;uvres personnelles, destin&#233;es &#224; esquiver ses propres responsabilit&#233;s. Il jouait avec la r&#233;volution. Il &#233;tait sinc&#232;re, mais sa mentalit&#233; &#233;tait celle d'un menchevik. C'&#233;tait l&#224; un handicap effroyable, et qu'il &#233;tait difficile de ne surmonter qu'au moyen de formules correctes mais falsifi&#233;es d&#232;s le d&#233;part par ceux&#8209;l&#224; m&#234;me qui nous repr&#233;sentaient dans la premi&#232;re p&#233;riode, les Nin. N'oubliez pas que nous avons perdu la premi&#232;re r&#233;volution, celle de 1905... Avant 1905, nous avions une tradition de grand courage et d'esprit de sacrifice, des forces. Apr&#232;s, nous &#233;tions r&#233;duits &#224; l'&#233;tat de mis&#233;rable minorit&#233;, de trente &#224; quarante hommes peut&#8209;&#234;tre. Puis il y eut la guerre...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;James. &#8209; Combien le parti bolchevique comptait&#8209;il de militants ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky. &#8209; En 1910, dans tout le pays, quelques dizaines. Il y en avait pas mal en Sib&#233;rie. Mais en fait ils n'&#233;taient pas organis&#233;s. Les gens que L&#233;nine pouvait atteindre par lettre ou par un agent n'&#233;taient pas plus de trente ou quarante. Notre tradition, les id&#233;es que nous avions r&#233;pandues parmi l'avant-garde ouvri&#232;re constituaient un extraordinaire capital qui devait &#234;tre utilis&#233;, plus tard, au cours de la r&#233;volution, mais pratiquement, &#224; cette date, nous &#233;tions compl&#232;tement isol&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Histoire a ses lois propres, tr&#232;s puissantes, plus puissantes que notre propre conception th&#233;orique de l'histoire ! Aujourd'huit en Europe, c'est la catastrophe, le d&#233;clin, l'exter&#173;mination de tous les pays. Cela p&#232;se lourdement sur les ouvriers. Ils voient d'un c&#244;t&#233; toutes ces combinaisons diplomatiques, ces mouvements d'arm&#233;es, et de l'autre un groupe minuscule avec un petit journal qui donne les explications. Or le probl&#232;me, pour eux, c'est qu'ils vont &#234;tre mobilis&#233;s demain, que leurs enfants peuvent &#234;tre tu&#233;s. Il y a une terrible disproportion entre la t&#226;che et les moyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la guerre &#233;clate maintenant, et il semble qu'elle doive &#233;clater -, dans le premier mois, nous perdrons les deux tiers des militants que nous avons en France aujourd'hui. Ils seront dispers&#233;s d'abord : jeunes, ils seront mobilis&#233;s ; mais subjective&#173;ment, ils resteront fid&#232;les au mouvement. Quant &#224; ceux qui ne seront ni arr&#234;t&#233;s, ni mobilis&#233;s et qui resteront fid&#232;les , &#8209; peut&#173;-&#234;tre trois ou quatre, je ne peux dire combien au juste &#8209;, ils seront compl&#232;tement isol&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est seulement apr&#232;s plusieurs mois que critique et d&#233;go&#251;t commenceront &#224; se manifester &#224; une grande &#233;chelle et un peu partout : nos camarades isol&#233;s, un bless&#233; dans un h&#244;pital, un soldat dans une tranch&#233;e, ou une femme dans un village, sentiront que l'atmosph&#232;re a chang&#233;, et prononceront une parole hardie. Et celui&#8209;l&#224; m&#234;me qui &#233;tait un camarade tout &#224; fait inconnu dans une section parisienne deviendra le leader d'un r&#233;giment, d'une division et se sentira un dirigeant r&#233;volution&#173;naire. C'est caract&#233;ristique de notre p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne veux pas dire par l&#224; qu'il faille nous r&#233;signer &#224; l'impuissance de notre organisation fran&#231;aise. Je crois sinc&#232;re&#173;ment que, si les camarades am&#233;ricains nous aident, nous pouvons gagner le P.S.O.P. et faire un grand bond en avant. La situation est en train de m&#251;rir et elle insiste pour que nous sachions exploiter cette occasion. Si nos camarades se laissent convaincre qu'il faut virer, la situation changera. Nos camarades am&#233;ricains doivent absolument retourner en Europe, et ne pas se contenter de donner des conseils. Avec le secr&#233;tariat international, il faut d&#233;cider que notre section doit entrer dans le P.S.O.P. Il compte plusieurs milliers de membres [25]. Pour une r&#233;volution, la diff&#233;&#173;rence n'est pas &#233;norme mais pour le travail de pr&#233;paration de l'avant&#8209;garde, elle est consid&#233;rable. Avec des &#233;l&#233;ments neufs, nous pouvons faire un &#233;norme pas en avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, aux Etats&#8209;Unis, nous avons un autre type de travail, et je crois que nous pouvons &#234;tre tr&#232;s optimistes sans nous faire d'illusions, et sans exag&#233;rer. Aux Etats&#8209;Unis, nous avons un cr&#233;dit&#8209;temps sup&#233;rieur. La situation n'est pas imm&#233;diatement aussi pressante, aussi aigu&#235;. C'est important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, je suis d'accord avec le camarade Stanley [26] qui &#233;crit que nous pouvons maintenant remporter des succ&#232;s tr&#232;s importants dans les pays coloniaux et semi&#8209;coloniaux. Nous avons un mouvement tr&#232;s important en Indochine [27]. Je suis absolument d'accord avec le camarade James qu'il nous est possible d'avoir un tr&#232;s important mouvement n&#232;gre, parce que ces gens n'ont pas travers&#233; de la m&#234;me mani&#232;re l'histoire des deux derni&#232;res d&#233;cennies. En tant que masse, ils n'ont rien su de la r&#233;volution russe, ni de la Ill&#176; Internationale. Ils peuvent commencer l'histoire comme si elle en &#233;tait &#224; ses d&#233;buts. Il nous faut absolument du sang frais. C'est pourquoi nous avons plus de succ&#232;s dans la jeunesse. Dans la mesure o&#249; nous avons pu l'aborder, nous avons eu de bons r&#233;sultats. Les jeunes sont tr&#232;s attentifs &#224; un programme r&#233;volutionnaire, clair et honn&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Grande&#8209;Bretagne et l'I.L.P. ? C'est aussi une t&#226;che particuli&#232;re. Je l'ai suivie d'un peu plus pr&#232;s quand j'&#233;tais en Norv&#232;ge. Il me semble que nos camarades qui sont entr&#233;s dans l'I.L.P. ont fait avec lui la m&#234;me exp&#233;rience que nos camarades am&#233;ricains avec le S.P. Mais tous nos camarades ne sont pas entr&#233;s dans l'I.L.P. et, autant que j'aie pu le voir, ils ont men&#233; une politique opportuniste et c'est pourquoi leur exp&#233;rience dans l'I.L.P. n'a pas &#233;t&#233; si bonne. L'I.L.P. est rest&#233; presque comme il &#233;tait avant, alors que le P.S. am&#233;ricain s'est vid&#233;. Je ne sais comment il faut l'aborder maintenant. C'est une organisation de Glasgow [28]. C'est un appareil local, avec de l'influence sur la machine municipale, dont j'ai dire qu'elle &#233;tait tr&#232;s corrompue. C'est un travail &#224; part de Maxton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;voltes de la base sont un ph&#233;nom&#232;ne familier dans l'I.L.P. Au cours de la pr&#233;paration d'un congr&#232;s, Fenner Brockway [29] devient le patron de la partie qui se rebelle et obtient la majorit&#233;. Maxton annonce alors qu'il va d&#233;missionner. Fenner Brockway s'&#233;crie : &#171; Non, nous abandonnerons notre victoire ? Nous pouvons abandonner nos principes, pas notre Maxton ! &#187; [30]. Je crois que le plus important, c'est de les compromettre &#8209; de les rouler dans la boue &#8209;, les Maxton et les Brockway. Il faut les identifier avec des ennemis de classe. Il faut compromettre l'I.L.P. par des attaques f&#233;roces, impitoyables, contre Maxton. Il est le bouc &#233;missaire de tous les p&#234;ch&#233;s du mouvement britannique, en particulier de l'I.L.P. C'est par de telles attaques, concentr&#233;es contre Maxton, des attaques syst&#233;matiques dans notre presse, que nous pourrons h&#226;ter la scission dans l'I.L.P. En m&#234;me temps, il nous faut souligner que, si Maxton est le laquais de Chamberlain [31] , Fenner Brockway, lui, est le laquais de Maxton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;James. &#8209; Et que pensez&#8209;vous d'un journal ind&#233;pendant, pour fustiger Maxton, etc. ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky - C'est une question pratique. Si notre section en France entre dans le P.S.O.P., je crois que le S.I. devrait publier la Quatri&#232;me Internationale pour tous les pays de langue fran&#231;aise, deux fois par mois. C'est juste une question de possibilit&#233; juridique. Je crois que, m&#234;me si nous travaillons &#224; l'int&#233;rieur du Labour Party, il nous faut avoir un journal ind&#233;pendant, non pas en opposition &#224; nos camarades qui sont dedans, mais plut&#244;t pour &#233;chapper au contr&#244;le de l'I.L.P.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] La conf&#233;rence de septembre 1938 ne dura qu'une journ&#233;e, mais elle avait &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233;e de r&#233;unions de commissions. James avait assist&#233; &#224; la commission fran&#231;aise qui avait trait&#233; la question de l'attitude &#224; l'&#233;gard du P.S.O.P., du P.C.I. de Molinier. L'unanimit&#233; s'&#233;tait faite sur la triste situation pr&#233;sente de la section fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] En mai 1937, les ouvriers de Barcelone s'&#233;taient lanc&#233;s dans une insurrection qui avait spontan&#233;ment &#233;clat&#233; apr&#232;s une tentative manqu&#233;e des forces de police de reprendre le central t&#233;l&#233;phonique au contr&#244;le des miliciens de la C.N.T.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Le gros des forces trotskystes se trouvait &#224; l'ext&#233;rieur du P.O.U. M. et ne d&#233;passait pas deux douzaines ; les trotskystes &#233;taient exclus du P.O.U.M. dont les fondateurs ex&#8209;trotskystes s'&#233;taient engag&#233;s &#224; ne pas construire de fraction. C'est au moins ce que les documents nous apprennent. Mais James laisse supposer qu'il y avait &#224; l'int&#233;rieur du P.O.U.M. un &#171; travail de fraction &#187; engag&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] La scission de la section britannique avait &#233;t&#233; consacr&#233;e par les deux conf&#233;rences des 10 et 11 octobre 1936 et le fait que tous les membres n'avaient pas &#233;t&#233; d'accord pour appliquer la r&#233;solution vot&#233;e sur la section britannique &#224; la conf&#233;rence internationale de &#171; Gen&#232;ve &#187; en juillet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Il s'agissait du Militant Group anim&#233; par D. D. Harber et Ken Alexander. Il &#233;tait form&#233; de militants entr&#233;s dans le Labour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Il s'agissait du groupe dit &#171; independent &#187;, puisqu'il avait &#233;t&#233; tr&#232;s vite exclu de l'I.L.P., regroup&#233; autour de James et du Journal Fight. Rappelons que l'Independent Labour Party (I.L.P.) &#233;tait une vieille formation centriste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Reg Groves (n&#233; en 1908), membre du P.C., fondateur du &#171; Balham Group &#187;, exclu en ao&#251;t 1932, avait &#233;t&#233; le principal fondateur de la Communist League, puis s'&#233;tait oppos&#233; &#224; l'entrisme dans l'I.L. P. Apr&#232;s la scission de 1933, il &#233;tait entr&#233; dans le Labour Party et &#233;tait devenu l'un des dirigeants de la Socialist League &#224; Londres. Il s'&#233;tait s&#233;par&#233; de son ancien groupe, la Marxist League.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Il s'agit en r&#233;alit&#233; du Militant Group.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Il s'agissait du Revolutionary Socialist Party dirig&#233; par Frank Maitland et qui provenait d'une formation &#171; DeL&#233;oniste &#187; du Socialist Labor Party.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la nouvelle organisation &#233;tait un ancien des jeunesses communistes qui avait rejoint les trotskystes dans le Labour en 1936, Eric Starkey Jackson.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] Ralph Lee, militant sud&#8209;africain d'origine, se plaignait de n'avoir pas &#233;t&#233; soutenu contre les calomnies staliniennes par la direction du Militant Group. Bien que le S.I. lui ait donn&#233; raison, il avait pris pr&#233;texte de cette affaire pour cr&#233;er sa propre organisation, la Workers International League, avec une poign&#233;e de militants, six ou sept au d&#233;part dont plusieurs devaient jouer ult&#233;rieurement un r&#244;le important dans le mouvement trotskvste britannique (Gerrv Healv. Jock Haston, Betty Hamilton).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] Venu de l'anarchisme, Henry Sara (1888&#8209;1953) avait &#233;t&#233; du Balham Group, puis de la Marxist League. Harry Wicks (n&#233; en 1905) cheminot r&#233;voqu&#233; en 1926, responsable J.C., avait connu le m&#234;me itin&#233;raire et beaucoup milit&#233; dans le comit&#233; contre les proc&#232;s de Moscou dont le secr&#233;taire &#233;tait Hilary Sumner dit Charles Sumner (1911&#8209;1976), petit&#8209;fils d'un ami de Lincoln et fils du secr&#233;taire de John Reed, recrut&#233; dans le Labour Party en 1934.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Il s'agit ici non de The Militant, organe du groupe dans le Labour Party, mais de l'ancien organe de la C.L.A. jusqu'en 1934.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] Les trotskystes avaient milit&#233; dans l'Independent Labour Party de 1933 a 1936 mais en avaient &#233;t&#233; &#233;cart&#233;s. James avait souhait&#233; y rester et y continuer un travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] James reste apparemment fid&#232;le &#224; la strat&#233;gie qui avait &#233;t&#233; la sienne en 1936, o&#249; il avait esp&#233;r&#233; un instant faire passer la coupure entre le fief &#233;cossais de Maxton &#8209; irr&#233;cup&#233;rable &#8209; et Fenner Brockway qui incarnait &#224; ses yeux la confusion d'une majorit&#233; de militants anglais honn&#234;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] Cette r&#233;solution intitul&#233;e &#171; Le Bureau international pour l'unit&#233; socialiste r&#233;volutionnaire (bureau de Londres) et la IV' Internationale &#187; est reproduite dans &#338;uvres, 10, pp. 209&#8209;212. Elle affirmait la n&#233;cessit&#233; de &#171; d&#233;noncer syst&#233;matiquement et sans compromissions les h&#233;sitations, les &#233;quivoques et les actes hypocrites du bureau de Londres en tant qu'obstacle le plus proche et le plus imm&#233;diat sur la voie de la poursuite de la construction de la IV&#176; Internationale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] Le P.O.I. &#233;tait toujours profond&#233;ment divis&#233; sur la fa&#231;on dont il devait se comporter &#224; l'&#233;gard du P.S.O.P. dont l'existence m&#234;me lui &#244;tait pratiquement toute perspective de d&#233;veloppement. Le P.S.O.P. &#233;tait dirig&#233; par Marceau Pivert et form&#233; essentiellement des anciens &#233;l&#233;ments de la gauche de la S.F.I.O. exclus en juin 38 &#224; son congr&#232;s de Royan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[18] Le bastion de la section belge avait de tout temps &#233;t&#233; la F&#233;d&#233;ration de Charleroi et ses mineurs de charbon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[19] Trotsky faisait &#224; la section belge deux reproches de taille : celui d'avoir soutenu la candidature du premier ministre bourgeois van Zeeland contre le &#171; rexiste &#187; Degrelle, s'alignant ainsi que la position &#171; antifasciste &#187; de capitulation du P.C. et du P.O.B., et celui d'avoir organis&#233; en pays wallon des syndicats scissionnistes apr&#232;s des exclusions de la centrale r&#233;formiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[20] Allusion &#224; la mont&#233;e qui avait culmin&#233; avec les gr&#232;ves de juin 1936.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[21] Le mar&#233;chal Tchiang Ka&#239;&#8209;chek (1887&#8209;1975), ancien chef de l'&#233;cole militaire du gouvernement de Canton, puis chef militaire et principal dirigeant de ce gouvernement et du parti nationaliste chinois le Guomindang, avait consenti pendant plusieurs ann&#233;es &#224; utiliser les communistes. En avril 1927, s'alliant a la p&#232;gre et aux banques, il les avait massacr&#233;s &#224; Shanghai et mis hors&#8209;la&#8209;loi dans tout le pays. La politique de soumission du P.C.C. &#224; Tchiang, con&#231;ue et d&#233;fendue par Staline et Boukharine, avait &#233;t&#233; critiqu&#233;e par Trotsky et l'Opposition de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[22] La Conf&#233;rence de Zimmerwald, en septembre 1915, marque le premier regroupement internationaliste cons&#233;quent dans le cours de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[23] Socialist Appeal &#233;tait l'organe du Socialist Workers Party, la section am&#233;ricaine de la IV&#176; Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[24] La fraction trotskyste &#233;tait entr&#233;e en 1934 dans la S.F.I.O., en ao&#251;t-septembre, constituant le &#171; G.B.L. &#187; (Groupe bolchevik&#8209;l&#233;niniste de la S.F.I.O.). Ses premi&#232;res recrues avaient &#233;t&#233; les dirigeants des Jeunesses de l'Entente de la Seine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[25] L'&#233;valuation de Trotsky est d'une grande prudence. Jean&#8209;Paul Joubert dans R&#233;volutionnaires de la S.F.I.O. estime &#224; 10 000 l'effectif initial du P.S.O.P., mais pense que ce chiffre baissa tr&#232;s vite en particulier au lendemain de la crise internationale de Munich qui le divisa profond&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[26] Sherman Stanley &#233;tait le pseudonyme de Stanley Plastrik (1915&#8209;1981), un jeune militant du S.W.P. gagn&#233; dans les jeunesses socialistes, Y.P.S.L. Il se passionnait pour les Indes et avait pris des contacts notamment avec le parti socialiste du congr&#232;s et avait commenc&#233; &#224; &#233;changer une correspondance avec Trotsky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[27] Trotsky disposait d'une information assez succincte sur l'activit&#233; du groupe trotskyste indochinois que dirigeait Ta Tu Thau et qui &#233;ditait La Lutte &#224; Sa&#239;gon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[28] Le bastion de l'I.L.P. se trouvait &#224; Glasgow dont son principal dirigeant James Maxton (1885&#8209;1946) &#233;tait d&#233;put&#233; depuis 1922.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[29] James avait pens&#233; pouvoir gagner Brockway en 1935, une date &#224; laquelle Trotsky avait perdu toute illusion, &#224; supposer qu'il en ait eu, &#224; ce sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[30] Trotsky fait allusion ici au congr&#232;s de Keighton de l'l.L.P. les 11 et 12 avril 1936 ; le chantage de Maxton &#224; la d&#233;mission avait conduit Brockway et ses partisans &#224; remettre en cause un vote du congr&#232;s et faire se d&#233;juger ce dernier. Cf. &#338;uvres 9 pp. 203&#8209;210.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[31] James Maxton avait d&#233;clar&#233; &#224; la Chambre des Communes qu'il aprouvait enti&#232;rement ce que Chamberlain avait fait pour la paix pendant la p&#233;riode de crise internationale qui s'&#233;tait termin&#233;e par les accords de Munich (Cf. &#338;uvres 19, pp. 144&#8209;148.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Que disait Barta en 1943 ?</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Barta</dc:subject>
		<dc:subject>IV&#176; Internationale</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>
		<dc:subject>Parti r&#233;volutionnaire - Revolutionnary party</dc:subject>
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&lt;p&gt;Que disait le r&#233;volutionnaire trotskiste Barta en 1943 ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Rapport sur l'organisation &lt;br class='autobr' /&gt;
La composition petite-bourgeoise des groupements de la IV&#232;me Internationale en France a &#233;t&#233; prouv&#233;e par l'attitude qu'ils ont prise apr&#232;s Juin 1940 devant l'occupation imp&#233;rialiste du pays. La grande majorit&#233; de ces &#233;l&#233;ments group&#233;s dans les &#171; Comit&#233;s fran&#231;ais de la IV&#232;me Internationale &#187; (actuellement POI) ont alors abandonn&#233; la position internationaliste en faveur d'un &#171; front commun avec tous les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique45" rel="directory"&gt;0- Le point de vue du r&#233;volutionnaire Barta sur la guerre et l'apr&#232;s-guerre&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot91" rel="tag"&gt;Barta&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot105" rel="tag"&gt;IV&#176; Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot173" rel="tag"&gt;Parti r&#233;volutionnaire - Revolutionnary party&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot283" rel="tag"&gt;Trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Que disait le r&#233;volutionnaire trotskiste Barta en 1943 ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Rapport sur l'organisation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La composition petite-bourgeoise des groupements de la IV&#232;me Internationale en France a &#233;t&#233; prouv&#233;e par l'attitude qu'ils ont prise apr&#232;s Juin 1940 devant l'occupation imp&#233;rialiste du pays. La grande majorit&#233; de ces &#233;l&#233;ments group&#233;s dans les &#171; Comit&#233;s fran&#231;ais de la IV&#232;me Internationale &#187; (actuellement POI) ont alors abandonn&#233; la position internationaliste en faveur d'un &#171; front commun avec tous les &#233;l&#233;ments pensant fran&#231;ais &#187; . D'autre part certains membres en vue sont pass&#233;s &#224; des positions nettement fascistes. Ainsi se justifie d&#233;finitivement la rupture avec tous ces &#233;l&#233;ments, rupture que nous avons accomplie en octobre 1939 pour nous d&#233;limiter d'un milieu petit bourgeois, dont les pratiques organisationnelles &#233;taient social-d&#233;mocratiques et non communistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation d&#233;sastreuse du mouvement de la IV&#232;me en France s'explique de la mani&#232;re suivante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les id&#233;es de l'Opposition russe, qui furent la base de la naissance du courant de la IV&#232;me Internationale, n'ont pas pu p&#233;n&#233;trer dans un milieu ouvrier en France. Le prol&#233;tariat se trouvait dans ce pays sous l'emprise de deux partis prol&#233;tariens opportunistes, dont l'un, le PC, se parait du prestige de la r&#233;volution d'Octobre. Le fait que ces id&#233;es ont &#233;t&#233; adopt&#233;es surtout par des intellectuels manquant de v&#233;ritables traditions communistes, qui pendant des ann&#233;es (de 1928 &#224; 1933) n'ont pas eu la possibilit&#233; de militer sur le terrain des luttes ouvri&#232;res, a conf&#233;r&#233; &#224; l'Opposition communiste en France un caract&#232;re petit-bourgeois qui a rendu al&#233;atoire tout d&#233;veloppement ult&#233;rieur du mouvement de la IV&#232;me Internationale en France au moment o&#249; la situation objective (les luttes prol&#233;tariennes de 1934 &#224; 1939) fournissait une base solide &#224; la propagation des id&#233;es de la IV&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous sommes engag&#233;s depuis le d&#233;but de la guerre, dans la cr&#233;ation d'une organisation de type r&#233;volutionnaire bolchevik. Le bolchevisme implique, avec une politique juste (qui pour nous est celle d&#233;finie dans &#171; La IV&#232;me et la guerre &#187; et &#171; le Programme de transition &#187; qui continuent la ligne des 4 premiers Congr&#232;s de l'I.C.), un contact r&#233;el et &#233;tendu avec la classe ouvri&#232;re, la participation quotidienne &#224; ses luttes ; il s'inspire des int&#233;r&#234;ts quotidiens et permanents de la classe ouvri&#232;re. Pour se dire parti bolchevik il faut avoir un certain poids organisationnel qui permette la conduite de la lutte de classes dans tout le pays, il faut des traditions de luttes ouvri&#232;res. Il faut avoir un bilan de lutte POLITIQUE favorable. Dans ce sens la question du parti ne peut et ne pouvait &#234;tre r&#233;solue par nos propres forces de A &#224; Z et en 1943 la question du parti reste ouverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais notre travail a &#233;t&#233; con&#231;u comme un travail en direction d'un parti bolchevik. Pour cela notre ind&#233;pendance nous &#233;tait et nous est vitale. Car on ne peut pas commencer la formation de militants communistes (qui le deviennent r&#233;ellement par la pratique de la lutte de classes) dans un milieu petit-bourgeois opportuniste. Nous voulions et nous voulons au moyen de militants instruits et d'une politique cons&#233;quente, affirmer devant les autres organisations prol&#233;tariennes une conception r&#233;volutionnaire. Notre r&#233;ussite dans cette t&#226;che, si nous discernons dans la classe ouvri&#232;re les forces capables de former avec nous le parti, peut d&#233;clencher ou pr&#233;cipiter un regroupement sur la base communiste de tous les militants vraiment r&#233;volutionnaires de la classe ouvri&#232;re fran&#231;aise. Dans ce sens la s&#233;lection que nous op&#233;rons actuellement en tant qu'organisation oppos&#233;e aux autres, fera place demain &#224; une nouvelle s&#233;lection des &#233;l&#233;ments r&#233;ellement r&#233;volutionnaires &#224; l'int&#233;rieur d'une seule et m&#234;me organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans quel milieu trouvons-nous ce type de militant r&#233;volutionnaire ? Depuis le d&#233;but de la guerre nous avons orient&#233; nos efforts surtout en direction des militants du PC. Le PC avait des militants ouvriers communistes. Notre faiblesse num&#233;rique extr&#234;me ne nous a permis de tirer que peu de fruits de cette orientation d'un point de vue num&#233;rique. Mais proportionnellement &#224; nos forces les r&#233;sultats n'ont pas &#233;t&#233; n&#233;gligeables. C'est cette orientation qui a permis notre existence en tant que groupe autonome. Mais les efforts de la bourgeoisie en emprisonnant ou en enfermant dans des camps des milliers de militants communistes de la base, et la d&#233;portation en Allemagne de 2.000.000 d'ouvriers dont une partie d'ouvriers communistes, rend le travail dans cette direction tr&#232;s difficile. Cependant pour l'avenir (r&#233;cup&#233;ration des prisonniers et des d&#233;port&#233;s, lib&#233;ration des emprisonn&#233;s), en ce qui concerne le recrutement, le travail dans cette direction reste le travail essentiel ; dans la situation actuelle il doit &#234;tre dirig&#233; notamment vers les tr&#232;s jeunes (16-18 ans) avec ou sans traditions politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le camp des groupes se r&#233;clamant de la IV&#232;me la situation a quelque peu chang&#233; par une certaine activit&#233; d'usine. Cela est d&#251; au fait qu'il existe en France un courant d'id&#233;es de la IV&#232;me Internationale dans certains milieux politiques et ouvriers. L'exp&#233;rience de la guerre et les tournants staliniens ont contraint certains &#233;l&#233;ments ouvriers &#224; se grouper dans le POI malgr&#233; l'incapacit&#233; de celui-ci de les organiser et de les conduire efficacement. Le POI a b&#233;n&#233;fici&#233; de ce courant d'id&#233;es, malgr&#233; sa politique opportuniste, en tant qu'organisation num&#233;riquement la plus forte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre t&#226;che est de d&#233;montrer &#224; ces &#233;l&#233;ments ouvriers l'opportunisme des dirigeants du POI et leur pr&#233;senter une organisation et surtout des m&#233;thodes organisationnelles qui inspirent confiance. Pour aboutir &#224; cette organisation et &#224; ces m&#233;thodes organisationnelles justes il faut que, dans le travail r&#233;volutionnaire et politique, chaque membre de notre groupe perde ce qu'il a d'individuel et agisse en tant que membre d'une organisation. C'est seulement ainsi que nous acquerrons la coh&#233;sion interne n&#233;cessaire au travail de regroupement r&#233;volutionnaire, travail pouvant prendre de multiples formes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est cette organisation et quelles sont les m&#233;thodes que nous voulons faire pr&#233;valoir ? Nous voulons faire pr&#233;valoir l'organisation et les m&#233;thodes de travail bolcheviks. Du point de vue organisationnel le bolchevisme implique un centralisme rigoureux qui prend tout son sens dans le contr&#244;le politique SOUVERAIN du parti : structure organisationnelle que l'on a appel&#233;e le &#171; centralisme d&#233;mocratique &#187; . La structure centraliste du parti d&#233;coule des t&#226;ches qui incombent &#224; celui-ci &#224; l'&#233;poque imp&#233;rialiste : &#171; toute institution a sa structure naturellement et in&#233;vitablement d&#233;termin&#233;e par le contenu de son action &#187; (L&#233;nine, Que Faire ?). Le contenu de l'action r&#233;volutionnaire du parti est double : en tant que contenant le but socialiste, le parti repr&#233;sente une forme sup&#233;rieure d'association humaine, le concours effectif de tous dans l'&#233;laboration de la politique et de l'id&#233;ologie du parti. En tant qu'instrument de lutte contre la soci&#233;t&#233; capitaliste actuelle, le parti est adapt&#233; en vue de cette lutte, qui n'est pas possible sans l'organisation centraliste. Car nous vivons &#224; l'&#233;poque imp&#233;rialiste o&#249; une petite minorit&#233; de gros capitalistes concentrent entre leurs mains les moyens &#233;conomiques, techniques, politiques, culturels, etc... de peuples entiers, auxquels on ne peut opposer qu'une lutte prol&#233;tarienne rigoureusement centralis&#233;e. Une lutte prol&#233;tarienne rigoureusement centralis&#233;e implique un parti r&#233;volutionnaire rigoureusement centralis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le contr&#244;le d&#233;mocratique et la structure centralis&#233;e du parti d&#233;coulent de son contenu socialiste et r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conception bolcheviste a &#233;t&#233; consacr&#233;e par la victoire de la r&#233;volution d'Octobre 1917. Mais la d&#233;g&#233;n&#233;rescence de la r&#233;volution d'Octobre, a remis en question la conception m&#234;me du parti. Impuissants &#224; s'expliquer le stalinisme comme le produit de la marche r&#233;elle de la lutte de classes (qui a abouti &#224; une situation dans laquelle le prol&#233;tariat ayant pris le pouvoir et remplac&#233; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e par l'&#233;conomie planifi&#233;e est &#233;cart&#233; du pouvoir politique par une bureaucratie qui, tout en se maintenant sur la base des rapports &#233;tablis par la r&#233;volution, repr&#233;sente au point de vue politique, social, moral, etc... la n&#233;gation m&#234;me du bolchevisme), de nombreux &#171; critiques &#187; en viennent &#224; accuser le bolchevisme lui-m&#234;me comme non d&#233;mocratique, etc... et donc comme responsable du stalinisme. Mais aucun de ces critiques n'a r&#233;ussi &#224; inventer quelque chose de nouveau qui puisse emp&#234;cher le parti, qui est un moyen, de se briser dans l'accomplissement de sa t&#226;che, soit &#224; cause de son contenu mat&#233;riel et id&#233;ologique insuffisant (comme divers partis naissants de la III&#232;me Internationale), soit apr&#232;s l'&#233;puisement de ce contenu dans l'accomplissement de la t&#226;che r&#233;volutionnaire : tel fut le sort du parti bolchevik en Russie. Ces &#171; critiques &#187; ont d'ailleurs fini &#224; l'&#233;cart de la lutte r&#233;volutionnaire et sont revenus &#224; des conceptions bourgeoises. LES MEFAITS DU STALINISME NE PEUVENT PAS ETRE IMPUTES AU BOLCHEVISME, DONT IL N'EST PAS LA CONTINUATION, MAIS LA NEGATION.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mocratie n'est pas une panac&#233;e, c'est une forme dont le contenu peut varier. L'exp&#233;rience de la d&#233;mocratie bourgeoise nous montre d'abord qu'elle cache une dictature : celle du capital sur les exploit&#233;s. Le mod&#232;le de la d&#233;mocratie formelle reste cependant la social-d&#233;mocratie dans laquelle la d&#233;mocratie compl&#232;te (libert&#233; compl&#232;te de discussion) cachait en r&#233;alit&#233; la dictature politique d'un nombre restreint de politiciens sur les ouvriers social-d&#233;mocrates. Cela s'explique par le double contenu petit-bourgeois (la majorit&#233;) et prol&#233;tarien (la minorit&#233;) des partis social-d&#233;mocratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dictature de ces politiciens professionnels ne pouvait pas &#234;tre menac&#233;e par la libert&#233; de parole, etc..., tant que le parti &#233;tait divis&#233; par des int&#233;r&#234;ts de classes diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, la d&#233;mocratie r&#233;elle, vivante, s'&#233;tablit spontan&#233;ment entre des gens visant au m&#234;me but, porteurs d'une m&#234;me flamme. Elle se manifeste dans toutes les r&#233;volutions populaires. C'est dans ce sens que L&#233;nine affirme pour le parti : &#171; AVEC CES QUALITES (secret rigoureux, choix minutieux des membres, pr&#233;paration de r&#233;volutionnaires professionnels), nous aurons QUELQUE CHOSE DE PLUS QUE LA &#171; DEMOCRATIE &#187; : UNE CONFIANCE FRATERNELLE ENTRE REVOLUTIONNAIRES &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la d&#233;mocratie a donc deux aspects : d'une part, dans tout groupement renfermant des contradictions de classe, la d&#233;mocratie permet la libre expression des opinions de la minorit&#233;. La majorit&#233; peut la supprimer au nom des int&#233;r&#234;ts de classe qu'elle repr&#233;sente. Ainsi, quand la critique de la minorit&#233; r&#233;volutionnaire devint g&#234;nante pour la bureaucratie SFIO, elle chassa du parti cette minorit&#233;. Le sens r&#233;actionnaire de cette mesure r&#233;sulte non pas abstraitement de la suppression de la d&#233;mocratie pour les r&#233;volutionnaires, mais du fait qu'elle servait &#224; la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts de la petite bourgeoisie r&#233;formiste. Le parti bolchevik qui fut un des partis les plus d&#233;mocratiques qu'ait connu l'histoire, supprime lui aussi certains droits d&#233;mocratiques (droit de fraction, etc...) en l'ann&#233;e de p&#233;ril 1920. Cependant, dans ce cas, la suppression des droits &#171; d&#233;mocratiques &#187; fut une mesure r&#233;volutionnaire : il fallait, dans les conditions sp&#233;ciales d'alors, emp&#234;cher la pression des classes petites-bourgeoises de se manifester &#224; l'int&#233;rieur du parti bolchevik. D'autre part, dans un groupement ne renfermant pas de contradictions de classe et ayant un contenu r&#233;volutionnaire, la d&#233;mocratie n'est pas une simple libert&#233; de critiquer, de s'exprimer, c'est quelque chose d'infiniment plus, c'est une &#171; confiance fraternelle compl&#232;te entre r&#233;volutionnaires &#187; qui par les efforts conscients de chacun d&#233;termine la direction g&#233;n&#233;rale, c'est un m&#234;me effort opini&#226;tre pour rendre efficace le travail du parti, obtenir le meilleur rendement de la part de chaque membre, mettre chacun &#224; sa place (l'homme qu'il faut &#224; la place qu'il faut), redresser les fautes politiques, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'ill&#233;galit&#233;, le contr&#244;le d&#233;mocratique qui tend dans cette derni&#232;re direction, est beaucoup plus difficile que dans la l&#233;galit&#233;, mais il peut &#234;tre aussi efficace. Il s'agit avant tout de trouver les moyens les plus propres &#224; assurer un &#233;change s&#233;rieux de haut en bas et de bas en haut entre les membres de l'organisation. Le cloisonnement de l'ill&#233;galit&#233; trouble donc la d&#233;mocratie de l'organisation, c'est-&#224;-dire l'&#233;change politique et organisationnel facile et rapide entre tous les rouages du parti. Avec des avantages pour l'organisation (s&#233;lection plus rigoureuse des membres), l'ill&#233;galit&#233; comporte de graves d&#233;savantages pour le progr&#232;s politique de l'organisation. Dans ces conditions, c'est la pr&#233;paration s&#233;rieuse de chaque membre, la qualit&#233; r&#233;elle de la direction, qui peuvent rem&#233;dier partiellement &#224; cette situation. Si bien que dans un groupement r&#233;volutionnaire ayant un contenu de classe prol&#233;tarien, d&#233;mocratie implique centralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La condition la plus importante de l'instauration de la v&#233;ritable d&#233;mocratie, c'est la conscience socialiste &#233;lev&#233;e des responsables. Chaque responsable doit &#234;tre convaincu organiquement que sans la d&#233;mocratie, c'est-&#224;-dire sans la participation active de tous, non seulement au travail pratique mais &#233;galement &#224; l'&#233;laboration de la politique de l'organisation, il ne peut pas y avoir de parti r&#233;volutionnaire, donc de victoire du prol&#233;tariat sur la bourgeoisie. Seule la mobilisation totale de toutes les possibilit&#233;s politiques et pratiques que renferme chaque militant permet &#224; une petite organisation de se d&#233;velopper, &#224; une grande organisation de conqu&#233;rir des sympathisants, &#224; une organisation ayant des sympathisants d'influencer les masses, et &#224; une organisation avec sympathisants appuy&#233;e sur les masses de battre la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti n'est pas la simple somme de ses membres. Il est une qualit&#233; nouvelle et ce n'est que par les liens de parti que chaque membre s'&#233;l&#232;ve bien au-dessus de ses forces individuelles, devient un militant. Le militant est le produit &#224; la fois de sa propre activit&#233; individuelle et de celle encore plus importante, collective du parti. La subordination de toutes ses ressources morales, intellectuelles et mat&#233;rielles &#224; cette vie collective du parti est donc le devoir supr&#234;me du militant, en premier lieu vis-&#224;-vis de lui-m&#234;me. Le parti d'autre part, contrairement &#224; la mani&#232;re stalinienne, ne consid&#232;re pas ses membres comme des unit&#233;s sans importance, mais au contraire se retrouve dans chaque membre dans ce qu'il a de plus &#233;lev&#233; et de plus pr&#233;cieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan moral, la premi&#232;re exigence du bolchevisme est la rupture compl&#232;te de tous les liens avec la morale bourgeoise. On ne peut pas retenir les objections de ceux qui accusent le bolchevisme d'avoir produit l'amoralisme stalinien. La morale bourgeoise dans ses exigences les plus cach&#233;es est un des freins les plus puissants de la r&#233;volution prol&#233;tarienne. La morale du militant qui a rompu compl&#232;tement, radicalement, avec la morale bourgeoise, est r&#233;volutionnaire l&#224; o&#249; le parti est appuy&#233; sur le prol&#233;tariat, li&#233; au mouvement des masses, l&#224; o&#249; le contr&#244;le organisationnel et politique du parti sur les membres a comme condition le contr&#244;le du prol&#233;tariat sur le parti par la confiance que celui-ci lui accorde. Et cette morale r&#233;volutionnaire conf&#232;re au militant un comportement, une honn&#234;tet&#233; sans pareils dans la soci&#233;t&#233; bourgeoise. Cette morale n'est pas une base abstraite (des r&#232;gles sur ce qui est bien en g&#233;n&#233;ral, sur ce qui est mal en g&#233;n&#233;ral, ce qui est honn&#234;te, ce qui est malhonn&#234;te), elle a une base scientifique d&#233;duite, &#224; l'aide de la m&#233;thode marxiste, de la lutte de classes. Les crit&#232;res varient quand il s'agit d'ennemis directs, d'alli&#233;s temporaires ou du mouvement ouvrier. Le parti est d'autant plus sain que chacun de ses militants est plus instruit et pratiquement li&#233; aux masses. Seule l'organisation centraliste bolchevik permet l'&#233;ducation dirig&#233;e des membres qui rem&#233;die le plus aux in&#233;galit&#233;s culturelles et th&#233;oriques en rehaussant au maximum les capacit&#233;s culturelles et th&#233;oriques de chacun. Seule une organisation centraliste bolchevik permet le maximum d'efficacit&#233; dans le travail des membres vis-&#224;-vis des masses (transfert des membres sur le terrain le plus ad&#233;quat &#224; leurs capacit&#233;s de travail pratique, m&#233;lange d'ouvriers et d'intellectuels pour obtenir le maximum dans le travail).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne le professionnalisme des militants, celui-ci n'implique pas l'abandon de tout lien avec la production ou les diff&#233;rentes sph&#232;res d'activit&#233; sociale. A part une petite minorit&#233; s&#233;lectionn&#233;e, s&#251;re, qui sous le contr&#244;le du parti accomplit des t&#226;ches permanentes (politiques ou techniques), le parti doit &#234;tre li&#233; &#224; l'ensemble de la vie sociale. Le professionnalisme implique que chaque militant est &#224; l'enti&#232;re disposition du parti qui l'utilise comme il l'entend au mieux des int&#233;r&#234;ts de la classe, dans ou hors la production. Nous luttons pour la victoire de formes sociales plus &#233;lev&#233;es, socialistes, et le parti doit disposer du concours le plus large possible d'intellectuels, d'ing&#233;nieurs, d'administrateurs, etc... Dans ce sens il est li&#233; et t&#226;che de se lier en s'y cr&#233;ant des sympathisants, avec tous ces milieux. Mais le professionnel est membre du parti avant d'&#234;tre ing&#233;nieur, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, nous voulons d&#233;gager un type de r&#233;volutionnaire oppos&#233; au monde bourgeois et pour y r&#233;ussir, une discipline parfaite dans l'organisation est absolument n&#233;cessaire. Il faut tendre de plus en plus &#224; organiser le travail d'une fa&#231;on responsable et &#233;tablir des liens de travail politiques et organisationnels entre les militants. Tout notre effort d&#232;s le d&#233;but a &#233;t&#233; dans cette direction, le plus grand danger pour une organisation &#233;tant l'habitude de travailler en suivant les liens personnels (&#171; amiti&#233; &#187;, fa&#231;on de vivre, etc...) qui donne naissance &#224; des petits groupes ou cliques et non pas &#224; un ensemble de rapports r&#233;sultant du travail organisationnel pratique et th&#233;orique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour proc&#233;der &#224; la mise en place de tous les rouages, il est n&#233;cessaire de savoir quels sont les membres qui se sentent capables d'&#234;tre &#171; militants professionnels &#187;, soumis &#224; la discipline absolue de l'organisation et d&#233;terminant par leur vote le cours de notre travail. Ceux qui ne s'en sentent pas encore capables, c'est-&#224;-dire qui ne trouvent pas encore une base suffisante dans le pass&#233; et le pr&#233;sent de l'organisation, continueront &#224; militer comme jusqu'&#224; pr&#233;sent, mais ne pourront pas d&#233;terminer les voies politiques de notre organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne connaissons maintenant que les c&#244;t&#233;s difficiles et p&#233;nibles de cette vie, mais notre d&#233;veloppement et la lutte des masses transformeront cette situation de professionnel en privil&#232;ge en faisant appara&#238;tre tout ce qu'une telle vie contient de fort et de profond&#233;ment humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui caract&#233;rise le r&#233;volutionnaire, c'est qu'il n'attend de son activit&#233; qu'une seule r&#233;compense, c'est la reconnaissance t&#244;t ou tard que celle-ci a &#233;t&#233; conforme aux int&#233;r&#234;ts v&#233;ritables de l'humanit&#233;. C'est pourquoi il peut r&#233;sister &#224; toutes les &#233;preuves : s'il est relativement facile de donner sa vie d'un seul coup, il faut savoir aussi la donner peu &#224; peu dans la lutte opini&#226;tre que n&#233;cessite le renversement de la bourgeoisie. Ce type d'individu n'est pas rare. Le parti d&#233;gage ce sentiment de sacrifice total, de dignit&#233; et, si l'on veut de f&#233;licit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Extraits de &#171; Que faire ? &#187; de L&#233;nine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'exp&#233;rience r&#233;volutionnaire et l'habilet&#233; organisatrice sont choses qui s'acqui&#232;rent. Il suffit qu'on veuille d&#233;velopper en soi les qualit&#233;s n&#233;cessaires. Il suffit qu'on ait conscience de ses fautes, conscience qui en mati&#232;re r&#233;volutionnaire, &#233;quivaut &#224; une demi-r&#233;paration. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; ...Sans une &#171; dizaine &#187; de chefs de talent (les talents ne surgissent pas par centaines) &#233;prouv&#233;s et professionnellement pr&#233;par&#233;s et instruits par une longue pratique, bien d'accord entre eux, aucune classe de la soci&#233;t&#233; contemporaine ne peut mener la lutte &#187; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le seul principe s&#233;rieux d'organisation pour les militants de notre mouvement doit &#234;tre : secret rigoureux, choix minutieux des membres, pr&#233;paration de r&#233;volutionnaires professionnels. Avec ces qualit&#233;s, nous aurons quelque chose de plus que la &#171; d&#233;mocratie &#187; : une confiance fraternelle compl&#232;te entre r&#233;volutionnaires &#187; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On a vu se v&#233;rifier une fois de plus la bonne remarque de Parvus, qu'il est difficile de saisir un opportuniste avec une simple formule : il signera ais&#233;ment n'importe quelle formule et s'en d&#233;gagera non moins ais&#233;ment, car l'opportunisme consiste pr&#233;cis&#233;ment dans l'absence de tout principe d&#233;termin&#233; et ferme &#187; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/07/barta_rapp43.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/07/barta_rapp43.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A LA NOUVELLE VICTOIRE POLITIQUE DE L'IMPERIALISME ANGLO-SAXON :&lt;br class='autobr' /&gt;
LA DISSOLUTION DE LA TROISIEME INTERNATIONALE,&lt;br class='autobr' /&gt;
LE PROLETARIAT REPONDRA PAR LA LUTTE REVOLUTIONNAIRE&lt;br class='autobr' /&gt;
SOUS LE DRAPEAU DE LA QUATRIEME INTERNATIONALE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; la guerre imp&#233;rialiste mondiale entre dans sa phase d&#233;cisive, une &#034;nouvelle sensationnelle&#034; diffus&#233;e depuis 48 heures par toutes les radios et dans toute la presse du globe y compris les radios et la presse de l'URSS, remplit de stup&#233;faction et d'embarras les prol&#233;tariats de tous les pays : Staline dissout l'Internationale Communiste et recommande &#224; ses membres de subordonner leur action &#224; l'action des Gouvernements &#034;alli&#233;s&#034; dans la lutte contre Hitler !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tandis que la propagande de l'Axe s'empresse de qualifier la nouvelle de &#034;bluff&#034; et de &#034;man&#339;uvre grotesque&#034;, la propagande &#034;alli&#233;e&#034; exalte &#034;l'importance historique&#034; de l'&#233;v&#233;nement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DE QUOI DONC S'AGIT-IL ? PRESSION ET VICTOIRE DE L'IMPERIALISME ANGLO-AMERICAIN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Staline dissout l'Internationale de L&#233;nine c&#233;dant ainsi &#224; la pression de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain et anglais. La nouvelle de la dissolution du Komintern a &#233;t&#233; annonc&#233;e tout de suite apr&#232;s la visite du repr&#233;sentant de Roosevelt, Davies, &#224; Staline, et avant la fin des travaux de la conf&#233;rence politico-militaire des Anglo-Am&#233;ricains &#224; Washington.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre imp&#233;rialiste &#233;tant arriv&#233;e &#224; sa phase d&#233;cisive, et le rapport de forces des bellig&#233;rants s'&#233;tant profond&#233;ment modifi&#233; au cours de la derni&#232;re ann&#233;e en faveur du camp anglo-am&#233;ricain &#224; la suite des d&#233;faites de l'Axe en Russie, en Afrique et dans les airs, l'imp&#233;rialisme anglo-am&#233;ricain est aujourd'hui sur le point de fixer ses plans d&#233;finitifs pour la liquidation de la guerre. Mais avant d'agir sur le terrain militaire en Europe, ayant tir&#233; l'exp&#233;rience am&#232;re de la crise r&#233;volutionnaire qui a suivi la fin de la guerre de 14-18 et qui a menac&#233; jusqu'aux tr&#233;fonds l'&#233;difice capitaliste, il veut s'assurer d'avance la liquidation capitaliste et sans risques pour le r&#233;gime des classes poss&#233;dantes, de cette guerre. L'imp&#233;rialisme subordonne ainsi l'action militaire imm&#233;diate aux consid&#233;rations politiques qui visent &#224; cr&#233;er le climat n&#233;cessaire en Europe, dans lequel aucune crise r&#233;volutionnaire s&#233;rieuse ne serait possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cette raison que l'imp&#233;rialisme anglo-am&#233;ricain neutralise d'abord la III&#232;me Internationale qui, malgr&#233; sa d&#233;g&#233;n&#233;rescence bureaucratique croissante pendant toutes ces derni&#232;res ann&#233;es, repr&#233;sentait encore gr&#226;ce &#224; ses traditions et sa liaison avec l'URSS un cadre dans lequel se canalisait l'activit&#233; r&#233;volutionnaire spontan&#233;e des masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POURQUOI STALINE CEDE-T-IL ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Staline a c&#233;d&#233; &#224; la pression des imp&#233;rialistes &#034;alli&#233;s&#034; parce que, malgr&#233; les derni&#232;res victoires de l'Arm&#233;e Rouge, malgr&#233; la d&#233;faite en perspective de l'Axe, l'URSS est sur le plan mondial plus faible que jamais. Faible d'abord parce que la guerre a consomm&#233; et d&#233;truit une masse &#233;norme de richesses naturelles du pays, de r&#233;alisations techniques, de mat&#233;riel et d'hommes. Faible ensuite parce que la force principale de l'URSS en tant que pays qui voulait &#233;riger une soci&#233;t&#233; socialiste bas&#233;e sur un syst&#232;me d'&#233;conomie planifi&#233;e et sans les entraves du r&#233;gime capitaliste de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, r&#233;side dans le soutien actif du prol&#233;tariat mondial, dans le progr&#232;s de son mouvement r&#233;volutionnaire et dans l'&#233;largissement de la r&#233;volution socialiste commenc&#233;e il y a 25 ans en URSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ni mat&#233;riellement en fait, ni politiquement, l'URSS ne pouvait soutenir longtemps la lutte avec son entourage capitaliste. Mais le mouvement r&#233;volutionnaire sous la direction stalinienne n'a accumul&#233; jusqu'&#224; maintenant que des d&#233;faites, qui ont rendu la situation de l'URSS &#224; la longue, et surtout pendant la guerre actuelle, extr&#234;mement pr&#233;caire et &#224; la merci des pressions et des chantages de l'imp&#233;rialisme mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MAIS S'IL NE S'AGIT QUE D'UNE MAN&#338;UVRE ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La propagande de l'Axe qui par le succ&#232;s politique de l'imp&#233;rialisme anglo-saxon a perdu un atout d'argumentation en faveur de la croisade &#034;anti-communiste&#034;, d&#233;nonce la liquidation du Komintern comme une &#034;man&#339;uvre&#034;, et les bureaucrates qui dirigent les partis communistes, embarrass&#233;s par l'ampleur et la vitesse de la d&#233;cision du Kremlin, ne tarderont pas de donner aux ouvriers la m&#234;me explication facile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est une s&#233;rie de telles man&#339;uvres qui pendant toutes ces derni&#232;res ann&#233;es ont amen&#233; la liquidation pratique du mouvement communiste, et dont l'aboutissement n&#233;cessaire est la liquidation aussi du Komintern. C'est la &#034;man&#339;uvre&#034; du Front Populaire qui a &#233;limin&#233; de la sc&#232;ne politique la physionomie ind&#233;pendante des partis communistes et qui a favoris&#233; ainsi la pr&#233;paration id&#233;ologique de la guerre par la &#034;sainte alliance&#034; des partis bourgeois et &#034;ouvriers&#034;. C'est la &#034;man&#339;uvre&#034; de la subordination du mouvement ouvrier pendant la pr&#233;sente guerre aux mouvements bourgeois nationaux des diff&#233;rents De Gaulle et Giraud dans les camps des pays &#034;alli&#233;s&#034; qui fait &#233;voluer jusqu'&#224; maintenant la guerre selon les d&#233;sirs de l'imp&#233;rialisme mondial et qui pr&#233;pare sa victoire accompagn&#233;e de l'&#233;touffement de toute crise r&#233;volutionnaire et de l'&#233;crasement de ce qui reste encore vivant de la r&#233;volution d'Octobre en URSS. Ce n'est pas la bourgeoisie qui a &#233;t&#233; tromp&#233;e par ces &#034;man&#339;uvres&#034;, c'est le prol&#233;tariat au contraire qui a servi d'instrument docile aux buts r&#233;actionnaires. Il n'y a que des bureaucrates pourris, des coquins ou des imb&#233;ciles qui peuvent faire vanter au prol&#233;tariat les avantages d'une &#034;ing&#233;nieuse&#034; politique de man&#339;uvre et lui d&#233;former ainsi son crit&#232;re de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique prol&#233;tarienne, pour qu'elle soit vraiment r&#233;volutionnaire, c'est-&#224;-dire pour qu'elle fasse avancer la conscience, l'&#233;ducation politique et l'organisation des masses laborieuses, doit &#234;tre telle qu'elle a toujours &#233;t&#233; d&#233;finie par Marx, par L&#233;nine et par Trotsky : franche, audacieuse, avec son propre drapeau, expliquant toujours ce qui est et ce qu'elle veut, au lieu de s'adapter mis&#233;rablement aux dispositions de telle ou telle bourgeoisie &#034;amie&#034; ou &#034;alli&#233;e&#034; de l'URSS. Parce que c'est pr&#233;cis&#233;ment la politique ext&#233;rieure de l'URSS qui conditionne et qui explique toute la politique opportuniste des partis communistes pendant les derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La III&#232;me Internationale &#233;tait devenue aux mains de la bureaucratie stalinienne un simple accessoire de sa politique ext&#233;rieure, qui au lieu d'&#234;tre appuy&#233;e sur l'action r&#233;volutionnaire des masses, les seuls alli&#233;s naturels de l'URSS, a &#233;t&#233; orient&#233;e exclusivement dans la voie des &#034;combines&#034; et des &#034;man&#339;uvres&#034; avec les diff&#233;rents pays imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la bande de bureaucrates qui d'une main aussi l&#233;g&#232;re, sur un geste des ma&#238;tres du Kremlin, dissout maintenant en pleine guerre imp&#233;rialiste l'organisation supr&#234;me du prol&#233;tariat mondial, montre pour une derni&#232;re fois le mis&#233;rable sort que le stalinisme a r&#233;serv&#233; &#224; l'Internationale de L&#233;nine : devenir un simple moyen de marchandage avec les bandits imp&#233;rialistes internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA CONCESSION DE STALINE NE SERA PAS LA DERNIERE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus on prive le prol&#233;tariat de ses armes id&#233;ologiques et organisationnelles pour sa lutte de classe contre la bourgeoisie, plus la position internationale de cette derni&#232;re se renforce et plus elle devient insatiable et agressive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La liquidation du Komintern par Staline ne peut pas &#234;tre la derni&#232;re de ses concessions &#224; l'imp&#233;rialisme arm&#233; des &#034;alli&#233;s&#034;. Sur la voie d'une d&#233;sorganisation et d'une passivit&#233; progressive du prol&#233;tariat mondial, l'existence de l'URSS avec tout ce qui reste encore debout de la R&#233;volution d'octobre dans ce pays, nationalisation de la propri&#233;t&#233;, &#233;conomie planifi&#233;e, commerce ext&#233;rieur &#233;tatis&#233;, ne pourra pas subsister encore pour longtemps. Le rapport des forces changera chaque jour davantage en faveur du capitalisme, aussi bien &#224; l'int&#233;rieur de l'URSS que sur l'&#233;chelle mondiale et provoquera l'effondrement brusque de toutes les conqu&#234;tes socialistes qui subsistent encore en URSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme international, d'accord avec les tendances r&#233;actionnaires renforc&#233;es dans certains milieux de la bureaucratie sovi&#233;tique, exercera pendant cette guerre tout son pouvoir pour arracher d'autres concessions substantielles dans le domaine de l'&#233;conomie planifi&#233;e de l'URSS pour la ramener finalement dans le cycle de l'&#233;conomie anarchique du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SURPRISE ? NON, SUITE LOGIQUE DE TOUTE LA POLITIQUE STALINIENNE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous marxistes, nourris de la pens&#233;e et de l'&#339;uvre pratique de Marx, de L&#233;nine, de Trotsky, un fait est l'aboutissement n&#233;cessaire de son &#233;volution ant&#233;rieure. Que Staline dissolve le Komintern, arme supr&#234;me du prol&#233;tariat combattant, &#224; la veille de la phase d&#233;cisive de la guerre imp&#233;rialiste mondiale, ne nous surprend pas. Il y a en fait 15 ans que nous avons commenc&#233; &#224; prouver aux militants de l'avant-garde r&#233;volutionnaire que la politique stalinienne conduisait pratiquement &#224; la liquidation du mouvement communiste. Et il y a plus de 9 ans qu'ayant tir&#233; de l'exp&#233;rience pratique la certitude qu'aucune r&#233;forme ne serait plus possible &#224; l'int&#233;rieur de la III&#232;me Internationale, nous avons proclam&#233; devant le prol&#233;tariat mondial, dans la mesure de nos forces, la n&#233;cessit&#233; historique de la IV&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne verserons pas de larmes inutiles devant la d&#233;pouille de celle qui fut jadis l'Internationale h&#233;ro&#239;que de L&#233;nine et de Trotsky. Nous ne perdrons pas non plus notre courage devant les difficult&#233;s immenses de notre &#339;uvre et notre foi in&#233;branlable dans la justice prol&#233;tarienne et le triomphe certain de notre cause. Nous savons avec Marx que les succ&#232;s faciles ne sont pas propres &#224; la r&#233;volution prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons au contraire que &#034;les r&#233;volutions prol&#233;tariennes se critiquent elles-m&#234;mes constamment, interrompent &#224; chaque instant leur propre cours, reviennent sur ce qui semble d&#233;j&#224; &#234;tre accompli, pour le recommencer &#224; nouveau, raillent impitoyablement les h&#233;sitations, les faiblesses et les mis&#232;res de leurs premi&#232;res tentatives, paraissent n'abattre leur adversaire que pour lui permettre de puiser de nouvelles forces de la terre et se redresser &#224; nouveau formidable en face d'elles, reculent constamment &#224; nouveau devant l'immensit&#233; infinie de leurs propres buts, jusqu'&#224; ce que soit enfin cr&#233;&#233;e la situation qui rende impossible tout retour en arri&#232;re, et que les circonstances elles-m&#234;mes crient : ...c'est ici qu'il faut sauter !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prol&#233;taires ! Camarades !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laissons les morts enterrer leurs morts. Aussi p&#233;nible que cela puisse &#234;tre pour des milliers d'entre vous de constater que l'Internationale sous le drapeau de laquelle d'innombrables militants de notre cause ont trouv&#233; la mort et ont souffert dans les ge&#244;les de la bourgeoisie les pires martyrs moyen&#226;geux, vous abandonne au moment le plus critique de la lutte contre l'imp&#233;rialisme qui, une fois de plus, a plong&#233; l'humanit&#233; enti&#232;re dans une mer immense de sang, de d&#233;tresse et de souffrance, ne vous d&#233;couragez pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme europ&#233;en sortira de cette guerre mortellement affaibli. Dans une s&#233;rie de pays tels que l'Allemagne, l'Italie, la Roumanie, etc... l'effondrement risque d'&#234;tre total et le chaos &#233;conomique et politique indescriptible. Dans les autres pays la guerre n'a pas fait moins de ravages et le d&#233;sordre g&#233;n&#233;ral qui accompagnera sa fin provoquera des explosions gigantesques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#232;re de guerres civiles et de r&#233;volutions commencera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la d&#233;sorganisation et la confusion dans les rangs des r&#233;volutionnaires peuvent permettre de nouveau une stabilisation &#233;ph&#233;m&#232;re du capitalisme. Dans ce cas la mis&#232;re atroce et l'esclavage politique seraient pour une certaine p&#233;riode notre sort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme europ&#233;en ne peut en fait se survivre apr&#232;s cette guerre qu'en rabaissant le niveau de vie &#224; ses extr&#234;mes limites et en instaurant un ordre politique dictatorial. Crises &#233;conomiques plus longues et plus profondes que toutes celles que nous avons jusqu'&#224; maintenant connues, ch&#244;mage massif et permanent, salaires bas, vie ch&#232;re, esclavage politique, voil&#224; les perspectives d'apr&#232;s&#173;guerre si nous accordons au capitalisme encore un d&#233;lai d'existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Forgeons d&#232;s maintenant dans la lutte nos armes nouvelles : les nouveaux partis r&#233;volutionnaires, la nouvelle Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la pens&#233;e de Marx, de L&#233;nine et de Trotsky soit notre guide et notre drapeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POUR LE TRIOMPHE DE LA REVOLUTION SOCIALISTE MONDIALE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POUR LES ETATS-UNIS SOCIALISTES D'EUROPE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le gouvernement r&#233;volutionnaire des Comit&#233;s ouvriers et paysans !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la d&#233;fense des conqu&#234;tes socialistes de l'URSS contre les nouveaux assauts de l'imp&#233;rialisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la paix, le pain et la libert&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VIVE LA QUATRIEME INTERNATIONALE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/05/ldc13s_052443.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/05/ldc13s_052443.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; APPEL AUX OUVRIERS COMMUNISTES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En pleine guerre imp&#233;rialiste et sous la pression des capitalistes de Londres et de Washington, Staline, qui depuis longtemps avait transform&#233; la III&#232;me Internationale d'instrument de la r&#233;volution mondiale socialiste en objet de marchandages diplomatiques, d&#233;savoue l'Internationale elle-m&#234;me en tant qu'instrument d'&#233;mancipation de l'humanit&#233; de la guerre et de l'oppression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grande est la joie dans le camp de l'imp&#233;rialisme &#034;d&#233;mocratique&#034; qui proclame la faillite de l'internationalisme prol&#233;tarien et exalte la patrie &#034;&#233;ternelle&#034; (capitaliste). Et Staline s'empresse de d&#233;clarer au correspondant de l'agence Reuter &#224; Moscou que la &#034;dissolution de l'Internationale... pr&#233;pare les voies pour l'association des peuples bas&#233;e sur l'&#233;galit&#233;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mensonges impudents que les pr&#233;tention des imp&#233;rialistes &#034;d&#233;mocratiques&#034; et de leur valet Staline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel est l'ouvrier qui ne sache pas que l'Internationale a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e pr&#233;cis&#233;ment non seulement pour l'&#233;mancipation du prol&#233;tariat de la bourgeoisie, mais aussi, en vue de cette &#233;mancipation, pour r&#233;aliser l'&#233;galit&#233; entre toutes les nations ? Quel est le militant communiste qui ne sache pas que le fondement du l&#233;ninisme c'est pr&#233;cis&#233;ment l'incompatibilit&#233; du capitalisme actuel (le capitalisme imp&#233;rialiste des monopoles) avec une &#034;association des peuples bas&#233;s sur l'&#233;galit&#233;&#034; ? La guerre imp&#233;rialiste de 14-18 et la pr&#233;sente guerre imp&#233;rialiste n'ont-elles pas d&#233;montr&#233; pratiquement cette incompatibilit&#233; ? La victoire d'un camp imp&#233;rialiste sur l'autre (victoire alli&#233;e en 1918, victoire de Hitler en 1940) peut-elle &#234;tre autre chose qu'une exploitation renforc&#233;e du prol&#233;tariat et une oppression des nations les plus faibles par la bourgeoisie des pays imp&#233;rialistes les plus forts ? Toute notre lutte jusqu'&#224; maintenant n'a-t-elle pas &#233;t&#233; pr&#233;cis&#233;ment de d&#233;montrer que seul l'internationalisme prol&#233;tarien dont l'instrument est l'Internationale peut permettre &#224; chaque exploit&#233; d'avoir r&#233;ellement une patrie &#224; lui ? Que la patrie o&#249; l'ouvrier est exploit&#233; par le capital et o&#249; il peut crever de faim, c'est la patrie du capitaliste et non la sienne propre ? Que la seule base de l'union fraternelle des peuples ce sont les Etats-Unis socialistes d'Europe et du Monde et non pas des &#034;patries&#034; capitalistes isol&#233;es et ennemies ? En dissolvant la III&#232;me Internationale soi-disant pour d&#233;montrer que le &#034;bolch&#233;visme&#034; ne s'immisce pas dans les affaires des nations, Staline ne passe-t-il pas ainsi dans le camp des calomniateurs de l'internationalisme prol&#233;tarien ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les brigands imp&#233;rialistes chantent trop t&#244;t victoire. Comme aux si&#232;cles pass&#233;s la monarchie, de nos jours l'internationalisme ne meurt jamais, car la lutte de classes ne s'arr&#234;te jamais. A LA III&#232;me INTERNATIONALE MORTE SUCCEDE LA IV&#232;me INTERNATIONALE .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du sein m&#234;me de la III&#232;me Internationale, en s'opposant &#224; la direction officielle dans toutes les questions o&#249; celle-ci s'&#233;loignait des int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re, est n&#233;e depuis 1924 le courant internationaliste qui constitua en 1928 l'Opposition communiste de gauche (&#034;trotskyste&#034;). Quand en 1933 la faillite de la III&#232;me Internationale sous la direction de Staline devint &#233;vidente par la catastrophe allemande, l'opposition de gauche proclama la n&#233;cessit&#233; de la cr&#233;ation de la nouvelle Internationale, la Quatri&#232;me. Car la lutte de classe, base de la soci&#233;t&#233; capitaliste, rend n&#233;cessaire &#224; chaque instant au prol&#233;tariat l'existence d'un Parti prol&#233;tarien sans lequel ses luttes sont vou&#233;es &#224; l'&#233;chec. La IV&#232;me Internationale ne fait que continuer les v&#233;ritables traditions de la III&#232;me Internationale du vivant de L&#233;nine. Sa base politique est constitu&#233;e par les Th&#232;ses et les R&#233;solutions des quatre premiers Congr&#232;s de l'I.C.(1919-20-21-22). Que chaque communiste digne de ce nom &#233;tudie ces th&#232;ses et les compare avec les bases programmatiques de la IV&#232;me Internationale ; il deviendra alors &#233;vident que celle-ci continue celle-l&#224;, que depuis 1933 la IV&#232;me Internationale repr&#233;sente la continuit&#233; r&#233;volutionnaire de la lutte de classes et que le communisme &#224; jamais vivant aux c&#339;urs des exploit&#233;s poss&#232;de contre la bourgeoisie le drapeau sans t&#226;che aucune de l'Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par leur concert de man&#339;uvres, de marchandages et de com&#233;dies diplomatiques sur le dos des peuples, les imp&#233;rialismes anglais, am&#233;ricain, allemand, italien et la bureaucratie conservatrice sovi&#233;tique, essaient d'emp&#234;cher que la voix de la IV&#232;me Internationale arrive aux ouvriers et aux opprim&#233;s de tous les pays. Car la IV&#232;me Internationale est la n&#233;gation m&#234;me de ces pratiques issues de la soci&#233;t&#233; de classe, elle lutte pour le renversement du vieux monde pourri et pour l'av&#232;nement de la nouvelle soci&#233;t&#233; socialiste, sans diplomatie, sans marchandages, et sans les &#034;com&#233;dies&#034; sanglantes de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si au cours m&#234;me de cette guerre le prol&#233;tariat n'intervient pas lui-m&#234;me dans la lutte avec ses buts et son v&#233;ritable drapeau, le drapeau du communisme, alors l'imp&#233;rialisme ira plus loin dans son &#339;uvre contre-r&#233;volutionnaire et contraindra la bureaucratie de mettre fin &#233;galement &#224; l'&#233;conomie planifi&#233;e de l'URSS, d&#233;truisant ainsi l'&#339;uvre fondamentale de la r&#233;volution d'Octobre 17.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le devoir vis-&#224;-vis de la classe ouvri&#232;re est le devoir supr&#234;me de tout militant ouvrier. Quand il devient &#233;vident que la Parti auquel on &#233;tait attach&#233; par toutes ses fibres et auquel on &#233;tait pr&#234;t &#224; sacrifier &#224; chaque instant sa vie renonce aux buts permanents de la classe ouvri&#232;re (sous quelque pr&#233;texte que ce soit), alors on ne peut plus continuer &#224; fermer les yeux, &#224; s'endormir avec des &#034;raisonnements&#034;. Il faut imm&#233;diatement tirer la conclusion pratique fondamentale : la rupture avec l'opportunisme, pour l'orientation imm&#233;diate vers la recherche th&#233;orique et pratique d'un milieu r&#233;volutionnaire nouveau, sous peine de trahir le prol&#233;tariat, sous peine de trahir sa propre vie de communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous disions en novembre 1940 : tout militant honn&#234;te qui ne veut pas rester impuissant devant la guerre et le fascisme (dont les m&#233;thodes se sont &#233;tendues &#224; tous les pays capitalistes), doit adopter les principes th&#233;oriques de la IV&#232;me Internationale, h&#233;riti&#232;re des meilleures traditions r&#233;volutionnaires des trois pr&#233;c&#233;dentes Internationales. Nous disions aussi qu'il y aurait en France un Parti r&#233;volutionnaire seulement quand des centaines et des milliers d'entre vous prendront conscience du r&#244;le politique du stalinisme et deviendront les champions de la nouvelle Internationale. La III&#232;me Internationale est morte depuis longtemps. Le d&#233;saveu formel de Staline sous la pression de l'imp&#233;rialisme est le dernier coup donn&#233; aux masses de tous les pays pour lesquelles la III&#232;me Internationale restait encore le symbole de la solidarit&#233; des ouvriers de tous les pays. Reconstruisons ensemble le v&#233;ritable Parti prol&#233;tarien, qui bannissant de son sein le r&#233;formisme et le stalinisme, sera le guide r&#233;volutionnaire de la classe ouvri&#232;re. R&#233;veillons d'abord sur le terrain de l'usine l'activit&#233; des meilleurs &#233;l&#233;ments de la classe ouvri&#232;re en vue de l'organisation de celle-ci pour les luttes qui approchent, luttes qui secoueront de fond en comble le vieil &#233;difice capitaliste et qui, en r&#233;veillant la classe ouvri&#232;re &#224; une activit&#233; r&#233;volutionnaire nouvelle, balaieront de la sc&#232;ne politique les &#233;l&#233;ments pourris de ce qui reste de la II&#232;me et de la III&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avant pour le nouveau parti r&#233;volutionnaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vivent les Etats-Unis socialistes d'Europe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vive la Quatri&#232;me Internationale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1er Juin 1943&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Groupe Communiste (IV&#232;me Internationale)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/06/ldc13_060143.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/06/ldc13_060143.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE VRAI VISAGE DU &#034;COMITE FRANCAIS DE LIBERATION NATIONALE&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s de longs et p&#233;nibles marchandages, qui ont dur&#233; plus de six mois, les &#233;migr&#233;s gaullistes &#224; Londres et les g&#233;n&#233;raux de la d&#233;faite et du syst&#232;me vichyssois en Afrique du Nord sont arriv&#233;s &#224; un compromis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Giraud et son &#233;quipe parmi laquelle on comptait jusqu'hier encore en service actif les Peyrouton, les Nogu&#232;s, les Boisson, les Pucheu, etc... repr&#233;sentent sur le terrain politique la tendance la plus r&#233;actionnaire de la bourgeoisie fran&#231;aise de la M&#233;tropole et des colonies. La fraction Giraudiste par son pass&#233; et sa mentalit&#233; est enti&#232;rement dans la ligne de la politique de la &#034;r&#233;volution nationale&#034; vichyssoise, avec laquelle par ailleurs elle n'a rompu qu'au moment o&#249; l'&#233;volution de la guerre mettait toutes les chances du c&#244;t&#233; de l'imp&#233;rialisme anglo-saxon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fraction gaulliste repr&#233;sente l'autre c&#244;t&#233; de la m&#233;daille, la tendance &#034;d&#233;mocratique&#034; de la bourgeoisie fran&#231;aise, qui tente de gagner la guerre et la paix capitalistes en faisant &#034;miroiter&#034; aux masses laborieuses de France la r&#233;surrection de feu la III&#232;me R&#233;publique sur une base constitutionnelle et parlementaire. Elle est la fraction politique du capitalisme fran&#231;ais la plus habile, la plus d&#233;magogique et par cons&#233;quent la plus dangereuse. Ayant exploit&#233; &#224; fond les sentiments d'indignation, de col&#232;re et le d&#233;sir ardent de libert&#233; suscit&#233;s par l'occupation brutale du pays qui souffre et qui saigne sous la botte de l'imp&#233;rialisme allemand, le &#034;Gaullisme&#034; veut regrouper les classes laborieuses fran&#231;aises, en d&#233;guisant sa physionomie capitaliste sous le masque trompeur du &#034;lib&#233;rateur national&#034;. Il est devenu ainsi, gr&#226;ce surtout &#224; la complicit&#233; criminelle des dirigeants staliniens, le principal courant politique en France qui cherche &#224; substituer &#224; la lutte de classes l'&#034;union sacr&#233;e&#034; contre l'ennemi ext&#233;rieur : les &#034;Boches&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Gaulle, dans ses pourparlers avec Giraud, se montra plusieurs fois intransigeant, sachant bien les sentiments qui animent les classes laborieuses de France envers les g&#233;n&#233;raux et les politiciens qui jusqu'&#224; hier d&#233;fendaient en Afrique du Nord la politique r&#233;actionnaire de Vichy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La composition d&#233;finitive du &#034;Comit&#233; fran&#231;ais de lib&#233;ration nationale&#034; et les remplacements qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; et suivi sa constitution (renvoi de Peyrouton, Nogu&#232;s, etc...) marquent dans les cadres du compromis une premi&#232;re victoire gaulliste. Pour qu'elle soit cependant compl&#232;te, elle doit &#234;tre couronn&#233;e par la main-mise gaulliste sur l'arm&#233;e en Afrique du Nord qui constitue pour le moment la force essentielle de la fraction Giraudiste, et qui tranchera aussi en d&#233;finitif la question de l'influence politique pr&#233;pond&#233;rante. En tout cas, les n&#233;cessit&#233;s impos&#233;es par la guerre, emp&#234;cheront tr&#232;s probablement une aggravation de la crise et maintiendront l'&#233;quilibre &#233;tabli sur la base du compromis entre les deux g&#233;n&#233;raux. Par ailleurs, la pression de l'imp&#233;rialisme anglo-saxon s'exerce dans la m&#234;me direction actuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les patriotes g&#233;n&#233;raux et politiciens de Londres et de l'Afrique du Nord multiplient leurs appels, leurs promesses et leurs encouragements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patientons, &#034;ils&#034; viendront bient&#244;t. Mais c'est la partie du capitalisme fran&#231;ais li&#233;e &#233;conomiquement avec l'imp&#233;rialisme anglo-saxon qui se pr&#233;pare &#224; venir, et c'est pour restaurer l'ordre bourgeois d'avant-guerre sur une base mat&#233;rielle et politique infiniment plus restreinte pour les prol&#233;taires de France. Derri&#232;re le drapeau national du &#034;Comit&#233;&#034; fran&#231;ais , derri&#232;re son arm&#233;e et les arm&#233;es &#034;alli&#233;es&#034; de l'imp&#233;rialisme anglo-saxon, viendra la capitalisme et seulement le capitalisme, fr&#232;re siamois du r&#233;gime social de Vichy. Les prol&#233;taires de France, comme par ailleurs les prol&#233;taires de tout le continent, ne changeront que de ma&#238;tres par l'arriv&#233;e des &#034;alli&#233;s&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les prol&#233;taires et les couches pauvres de paysans et de petits-bourgeois des villes aspirent &#224; un changement radical de la situation, qui devient de plus en plus intenable sous le r&#233;gime capitaliste. Mais r&#234;ver le retour de la &#034;belle vie&#034; de jadis avec les Daladier, les Blum, les Herriot, et les autres marionnettes &#034;d&#233;mocratiques&#034; du capitalisme fran&#231;ais qui se sont vant&#233;s &#224; Riom d'avoir bris&#233; le mouvement prol&#233;tarien de 34 &#224; 1939 et qui ont pr&#233;par&#233; la guerre, c'est oublier que la situation d'aujourd'hui est le r&#233;sultat de toute la politique du capitalisme fran&#231;ais sous la III&#232;me R&#233;publique. Le retour aux m&#234;me conditions, que nous promet maintenant le &#034;Comit&#233; fran&#231;ais de lib&#233;ration nationale&#034;, signifiera le retour aux m&#234;mes causes organiques qui, &#224; travers une attaque frontale du capitalisme contre les positions &#233;conomiques et politiques du prol&#233;tariat fran&#231;ais ont provoqu&#233; la pr&#233;sente guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La volont&#233; des masses est autre, DOIT &#234;tre autre : faire la R&#233;volution socialiste, qui est la seule solution radicale, la seule issue, la seule chance de salut pour le prol&#233;tariat et les autres couches exploit&#233;es du pays. Face aux pr&#233;paratifs f&#233;briles des g&#233;n&#233;raux et politiciens au service de l'imp&#233;rialisme, qui oppriment l'Afrique du Nord et s'en font un tremplin pour r&#233;tablir la position privil&#233;gi&#233;e du capitalisme fran&#231;ais face au drapeau tricolore des exploiteurs, le prol&#233;tariat activera sa lutte de classe et S'APPRETERA A HISSER SON DRAPEAU ROUGE DE LA REVOLUTION SOCIALISTE. En tendant la main aux ouvriers d'Allemagne, d'Italie et des Balkans, les ouvriers fran&#231;ais lib&#233;reront d'un seul coup le pays de ses ennemis capitalistes int&#233;rieurs et ext&#233;rieurs, en &#233;difiant en commun l'ordre socialiste bas&#233; sur l'union fraternelle des peuples du continent, LES ETATS-UNIS SOCIALISTES D'EUROPE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/06/ldc14_061343.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/06/ldc14_061343.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CONTRE LA GUERRE IMPERIALISTE, VIVE LA GUERRE CIVILE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nouvelles op&#233;rations entam&#233;es par l'imp&#233;rialisme allemand &#224; l'Est et le d&#233;barquement des imp&#233;rialistes alli&#233;s en Sicile, &#233;treignent &#224; nouveau l'Europe dans un &#233;tau de feu et de sang. Que d'&#233;preuves ont d&#251; subir les masses prol&#233;tariennes et les peuples europ&#233;ens depuis 1939, pour que la perspective d'une Europe &#224; nouveau champ de bataille, puisse leur appara&#238;tre comme l'unique solution, comme une perspective de &#034;lib&#233;ration&#034;. Combien grands ont &#233;t&#233; les crimes de l'imp&#233;rialisme allemand, soutenu par les bourgeoisies des pays occup&#233;s, pour que les masses d&#233;sesp&#233;r&#233;es, tromp&#233;es par les agents imp&#233;rialistes alli&#233;s (et par les partis &#034;communistes&#034;), se r&#233;signent &#224; une telle perspective de &#034;lib&#233;ration&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si tout se passait suivant le programme des imp&#233;rialistes alli&#233;s, m&#234;me si toutes leurs entreprises contre l'imp&#233;rialisme allemand r&#233;ussissaient, un sort terrible attend le prol&#233;tariat et les masses populaires d'Europe. Nous ne pouvons nous attendre &#224; un effondrement brusque des arm&#233;es de l'imp&#233;rialisme allemand, tant que les soldats allemands seront entre l'enclume hitl&#233;rienne et le marteau alli&#233;. Sans perspective de r&#233;volution prol&#233;tarienne qui leur donnerait l'appui des masses prol&#233;tariennes d'Europe contre leur propre bourgeoisie allemande, ils seront oblig&#233;s de tenir bon, tant qu'ils auront &#224; leur disposition les ressources accumul&#233;es par l'imp&#233;rialisme allemand pendant la p&#233;riode de succ&#232;s de 1936 &#224; 1942. La &#034;d&#233;livrance&#034; imp&#233;rialiste de l'Europe n&#233;cessitera une lutte longue, acharn&#233;e et provoquerait les m&#234;mes destructions et les m&#234;mes d&#233;serts que la guerre en a provoqu&#233; en URSS. Les villes de France et d'Europe subiront, comme en Italie et en Allemagne, des bombardements toujours plus destructeurs. En serons-nous consol&#233;s si Radio-Londres nous explique que &#034;mourir sous les bombes alli&#233;es, c'est la plus belle de toutes les morts&#034; ? Accompagn&#233;e sur les arri&#232;res par de v&#233;ritables guerres civiles entre les partisans arm&#233;s de l'imp&#233;rialisme allemand, appuy&#233;s sur l'Etat collaborationniste respectif, et les partisans arm&#233;s de la &#034;lib&#233;ration&#034;, la guerre n'&#233;pargnera aux masses civiles aucune des souffrances que la guerre imp&#233;rialiste inflige sur les champs de bataille aux combattants. En un mot, les imp&#233;rialistes qui nous apportent le m&#234;me joug que nous fait subir l'imp&#233;rialisme allemand uni aux capitalistes fran&#231;ais ne peuvent le faire que par notre aide d&#233;cisive, que par le sang que nous aurons vers&#233; pour eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les perspectives mirobolantes des alli&#233;s pour &#034;apr&#232;s la victoire&#034; sont illustr&#233;es on ne peut mieux par l'entente Giraud-Roosevelt en vertu de laquelle Roosevelt s'engage &#224; armer 300.000 soldats de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais &#224; condition que cette arm&#233;e continue &#224; se battre pour la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts imp&#233;rialistes en Extr&#234;me-Orient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comprenant que les alli&#233;s ne repr&#233;sentent pas un moindre mal, le prol&#233;tariat peut renverser la situation et transformer le lent &#233;tranglement des masses par la guerre imp&#233;rialiste, en une lutte pour des objectifs propres, prol&#233;tariens, en une lutte pour la r&#233;volution socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le tumulte des &#233;v&#233;nements militaires qui viennent il est d&#233;cisif pour l'issue du conflit et pour le sort des peuples que le prol&#233;tariat garde une conscience de classe et qu'il intervienne dans la lutte sous son propre drapeau. Il doit opposer aux diff&#233;rents drapeaux des exploiteurs (le drapeau &#224; la croix gamm&#233;e, le drapeau tricolore, etc...) le drapeau des exploit&#233;s du monde entier, LE DRAPEAU ROUGE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les ouvriers se laissent guider dans les mois qui viennent par la pens&#233;e socialiste, ils peuvent trouver des armes et des alli&#233;s chez le soldat rev&#234;tu de l'uniforme allemand, qui, &#224; une certaine &#233;tape des hostilit&#233;s, se trouvera forc&#233;ment en lutte directe contre son propre &#233;tat-major imp&#233;rialiste, contre ses propres officiers. Il ne faut plus que, comme en juin 1940, les ouvriers restent le jouet des &#233;v&#233;nements, et que la cause des exploit&#233;s soit oubli&#233;e. Il ne faut surtout pas que le prol&#233;tariat commette le crime de repousser &#233;ventuellement une alliance r&#233;volutionnaire avec nos fr&#232;res allemands ouvriers et paysans et participe &#224; la chasse aux &#034;Boches&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che historique de la classe ouvri&#232;re en Europe dans la p&#233;riode qui s'ouvre, c'est de mettre &#224; profit les embarras et les d&#233;faites militaires de l'imp&#233;rialisme allemand pour r&#233;aliser l'armement du prol&#233;tariat, couvrir le pays de ses organes de classe, former des Conseils (Soviets) ouvriers et paysans, conqu&#233;rir les libert&#233;s d&#233;mocratiques (droit de r&#233;union, de presse, amnistie politique, droit de gr&#232;ve, etc...), cr&#233;er un gouvernement ouvrier et paysan appuy&#233; sur les Conseils par une politique de classe et d'union avec tous les exploit&#233;s d'Europe. Cette lutte, c'est la lutte pour les Etats-Unis socialistes d'Europe, qui seule peut arr&#234;ter la d&#233;cadence du continent et sa transformation en une sph&#232;re d'influence am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a dans le pass&#233; r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat fran&#231;ais suffisamment de traditions pour nous donner l'espoir que tel sera le comportement de la classe ouvri&#232;re fran&#231;aise dans les commotions militaires et sociales qui approchent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Aux man&#339;uvres de la bourgeoisie pour diviser et d&#233;sunir les ouvriers au moyen d'hypocrites appels &#224; la &#034;d&#233;fense nationale&#034; les ouvriers conscients r&#233;pondront par des efforts toujours nouveaux et r&#233;p&#233;t&#233;s pour cr&#233;er l'unit&#233; des ouvriers de toutes les nations dans la lutte contre la domination de la bourgeoisie de toutes nations&#034;. (L&#233;nine)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOCIALISME DE CLASSE ET &#034;SOCIALISME&#034; GOUVERNEMENTAL&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les aspirations de l'humanit&#233; pour un ordre social harmonieux, bas&#233; sur la fraternit&#233; de tous et assurant &#224; tous une vie digne et la participation &#224; tous les biens &#233;conomiques produits par le g&#233;nie de l'homme, se sont cristallis&#233;es au XIX&#232;me si&#232;cle dans le socialisme. Aux yeux des masses opprim&#233;es, socialisme est devenu le synonyme d'une soci&#233;t&#233; humaine nouvelle appel&#233;e &#224; remplacer l'actuelle soci&#233;t&#233; de classe, la soci&#233;t&#233; capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant que l'humanit&#233; put faire des progr&#232;s sur des bases capitalistes, non d'ailleurs sans infliger de tr&#232;s grandes souffrances aux masses, la bourgeoisie d&#233;fendit ouvertement le capitalisme et condamna le socialisme comme une id&#233;ologie d'esclaves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seulement, avec le capitalisme imp&#233;rialiste (grandes banques, monopoles), le syst&#232;me bourgeois est entr&#233; d&#233;finitivement dans une phase d'impasses et de d&#233;cadence. Dans cette derni&#232;re phase du capitalisme de mis&#232;re et de guerres, le socialisme devint v&#233;ritablement la seule solution non seulement pour am&#233;liorer la vie humaine, mais avant tout pour emp&#234;cher l'humanit&#233; de p&#233;rir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, la d&#233;fense ouverte du syst&#232;me capitaliste devint de plus en plus difficile pour les hommes politiques au service de la bourgeoisie. Et l'on vit peu &#224; peu des partis bourgeois d'extr&#234;me-droite s'intituler &#034;socialistes&#034;, des hommes d'Etat bourgeois mettre en avant des plans &#034;socialistes&#034; pour la reconstruction de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le trait commun de tous ces pr&#233;tendus &#034;socialistes&#034; et qui montre qu'ils sont les d&#233;fenseurs des capitalistes, c'est qu'ils pr&#233;tendent construire leur &#034;socialisme&#034; ou imposer des r&#233;formes &#034;socialistes&#034; sur la base de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production, c'est-&#224;-dire en maintenant le syst&#232;me capitaliste. Nous avons pu exp&#233;rimenter en quoi consiste le &#034;socialisme&#034; des partis fascistes qui ne se privent pas de faire de la d&#233;magogie contre tel ou tel capitaliste, pour d'autant mieux sauver les autres et d&#233;tourner la col&#232;re des masses. Quant aux plans des aristocrates anglais, ministres de Sa majest&#233;, et des ap&#244;tres de la &#034;d&#233;mocratie&#034; genre Roosevelt, ils pr&#233;tendent &#034;am&#233;liorer&#034; les rapports entre les exploiteurs et les exploit&#233;s. En fait, il s'agit d'un ensemble de mesures ou de concessions id&#233;ologiques destin&#233; &#224; masquer la lutte des classes, &#224; voiler les contradictions de la soci&#233;t&#233; qui sans cela deviendraient intol&#233;rables, &#224; &#233;garer l'esprit des ouvriers et &#224; retarder la formation de leur conscience de classe &#8211; c'est-&#224;-dire la juste connaissance des rapports sociaux et de la mission historique du prol&#233;tariat. En fait il s'agit de cr&#233;er une ar&#232;ne o&#249; l'&#233;nergie ouvri&#232;re cesse d'&#234;tre dangereuse pour la domination bourgeoise, o&#249; elle va se perdre dans les proc&#233;dures comme un fleuve dans le d&#233;sert. Tels sont par exemple l'arbitrage obligatoire (qui implique un terrain commun entre patrons et ouvriers), le &#034;socialisme municipal&#034;, les mesures (vacances, assurances, etc...) destin&#233;es &#224; sauvegarder la force de travail des ouvriers, source de richesse pour le capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais malgr&#233; tout ce &#034;socialisme&#034; bourgeois, la lutte des classes gagne en acuit&#233; et en profondeur et la condition ouvri&#232;re, loin de s'am&#233;liorer, empire chaque jour. La bourgeoisie n'arrive pas &#224; adoucir son exploitation brutale de la classe ouvri&#232;re et sa domination politique dictatoriale et sanglante. Et les diff&#233;rents &#034;plans&#034; disparaissent sans laisser de trace, ce qui reste, c'est le matraquage des gr&#233;vistes, la mobilisation des ouvriers. Le &#034;socialisme national&#034; de la bourgeoisie c'est un royaume &#034;qui n'est pas de ce monde&#034; et qui sert seulement &#224; d&#233;tourner les ouvriers de leur mission historique socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul le prol&#233;tariat peut r&#233;aliser le socialisme. La soci&#233;t&#233; capitaliste, bas&#233;e sur la production de marchandises (o&#249; le travailleur lui-m&#234;me est une marchandise) aboutit automatiquement &#224; la monopolisation de tous les moyens de production dont d&#233;pend la vie de la soci&#233;t&#233; : usines, b&#226;timents, le sol et le sous-sol sont entre les mains d'un petit nombre de capitalistes. Seul le prol&#233;tariat, qui ne poss&#232;de rien, est capable, politiquement et &#233;conomiquement, d'exproprier la classe capitaliste, et de s'emparer des leviers de commande de l'&#233;conomie, c'est-&#224;-dire des banques, des industries-cl&#233;, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; une &#233;poque o&#249; les forces productives &#233;touffent dans le cadre &#034;national&#034; cr&#233;&#233; par le capitalisme &#224; ses d&#233;buts, cette expropriation n'est pas possible &#224; l'int&#233;rieur d'un seul pays. En Europe, cette expropriation n'est possible que dans le cadre de plusieurs pays capitalistes avanc&#233;s, France, Allemagne, Italie, les Balkans, etc. pratiquement dans le cadre europ&#233;en ; c'est pr&#233;cis&#233;ment ce qui est formul&#233; dans les &#034;Etats-Unis socialistes d'Europe&#034;. Ainsi compris, le socialisme conduit vers de nouvelles formes, sup&#233;rieures, de soci&#233;t&#233;, o&#249; les besoins l&#233;gitimes et les aspirations progressives des travailleurs de chaque nationalit&#233; seront pour la premi&#232;re fois satisfaits dans l'unit&#233; internationale, apr&#232;s l'abolition des barri&#232;res nationales actuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'anarchie capitaliste, bas&#233;e sur &#034;l'initiative&#034; (c'est-&#224;-dire sur le profit) du capitaliste individuel, succ&#233;dera la production socialiste, bas&#233;e sur le plan, qui assurera la marche de la production des biens, ainsi que celle de leur r&#233;partition, suivant les int&#233;r&#234;ts des v&#233;ritables producteurs, les ouvriers et les paysans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Politiquement, socialisme signifie avant tout l'&#233;veil &#224; la conscience de leur r&#244;le historique des larges masses exploit&#233;es &#8211; notamment des couches les plus d&#233;favoris&#233;es : femmes et jeunes. C'est leur irruption violente sur la sc&#232;ne politique, la prise de leurs destin&#233;es en leurs propres mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela exige le bouleversement jusqu'au fondement (c'est-&#224;-dire jusqu'&#224; la structure &#233;conomique, jusqu'aux rapports de propri&#233;t&#233;) de la vieille soci&#233;t&#233; de classes. Cela exige la destruction compl&#232;te du vieil Etat, qui est le &#034;talon de fer&#034; que la bourgeoisie fait peser sur le prol&#233;tariat. Cela exige, contre les tentatives d&#233;sesp&#233;r&#233;es de la bourgeoisie de r&#233;tablir sa dictature, la construction d'un nouvel appareil d'Etat, outil de la domination de la majorit&#233; contre la minorit&#233; exploitrice hier encore, dictature impitoyable pour les oppresseurs &#8211; plus large d&#233;mocratie possible pour les opprim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces conditions, le prol&#233;tariat les r&#233;alise au moyen de sa dictature, du POUVOIR DES SOVIETS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'instrument de cette dictature, du r&#233;veil des travailleurs, c'est le Parti r&#233;volutionnaire, groupant les &#233;l&#233;ments les plus conscients, les plus d&#233;vou&#233;s, les plus r&#233;solus de la classe ouvri&#232;re. Il la repr&#233;sente en entier, car &#224; travers les flux et les reflux de la lutte sociale, il en exprime les int&#233;r&#234;ts permanents. Il est l'outil, l'arme intelligente par quoi la th&#233;orie marxiste passe dans la vie, rendant capable la transformation du monde. Tel fut le Parti de L&#233;nine, puisant sa discipline dans le d&#233;vouement &#224; la r&#233;volution, dans les rapports &#233;troits avec le prol&#233;tariat et des larges masses exploit&#233;es, dans la claire vision des buts &#224; atteindre. La t&#226;che qui se pose devant les ouvriers d'avant-garde aujourd'hui, sur tous les champs de bataille, c'est de construire un tel Parti. De leur r&#233;ussite ou de leur &#233;chec d&#233;pend leur sort dans les prochaines d&#233;cades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/07/ldc15_071243.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/07/ldc15_071243.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; UN NOUVEAU &#034;FRONT POPULAIRE&#034; CONTRE... LE PEUPLE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partis qui ont d&#233;termin&#233; &#224; Alger la nouvelle physionomie du &#034;comit&#233; de la lib&#233;ration nationale&#034; sont les m&#234;mes qui devaient, par leur alliance en 1935, vaincre le fascisme et la guerre et all&#233;ger la situation du peuple. Le nom en moins c'est bel et bien le &#034;Front Populaire&#034; qui rena&#238;t &#224; Alger, un nouveau front politicien contre... le peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, cette fois il ne s'agit plus, en apparence, d'entente sur un programme d&#233;fini de politique int&#233;rieure mais d'une lutte pour la lib&#233;ration de la &#034;patrie&#034; ; il ne s'agit plus d'un pacte &#233;lectoral pour emp&#234;cher l'entr&#233;e au Parlement de d&#233;put&#233;s hostiles au cartel ; mais de &#034;l'union sacr&#233;e&#034; pour rendre au peuple fran&#231;ais sa SOUVERAINETE afin qu'il d&#233;cide lui-m&#234;me ensuite de son propre sort. Mais, pour &#234;tre plus &#034;d&#233;sint&#233;ress&#233;&#034;, ce programme n'est que plus dangereux pour l'avenir du prol&#233;tariat et, par cons&#233;quent, de la libert&#233; (&#034;souverainet&#233;&#034;) du peuple fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel est en effet le caract&#232;re essentiel de la politique du comit&#233; d'Alger ? Sa lutte pour la &#034;lib&#233;ration du sol de la patrie&#034;, trouve son compl&#233;ment n&#233;cessaire dans la lutte pour l'asservissement du sol de la patrie d'autres peuples : les Libanais qui viennent de tomber sous les balles des soldats de De Gaulle, r&#233;inscrivent de leur sang la marque &#034;esclavagistes&#034; sur le front des politiciens d'Alger. C'est cette politique de rapines que les pr&#233;tendus socialistes et communistes ont fait leur, bafouant ainsi le drapeau prol&#233;tarien qui porte la devise &#034;UN PEUPLE QUI EN OPPRIME UN AUTRE, N'EST PAS UN PEUPLE LIBRE&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, politique ext&#233;rieure et politique int&#233;rieure d'un gouvernement ne sont que l'avers et le revers d'une m&#234;me m&#233;daille. Alors que, dans les relations entre les peuples, l'action du comit&#233; d'Alger s'efforce de maintenir l'exploitation de la bourgeoisie sur des esclaves coloniaux, quels rapports int&#233;rieurs pourraient na&#238;tre en France d'une victoire d'Alger ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La lib&#233;ration du sol de la patrie&#034; par De Gaulle et Cie, signifierait que plus que jamais le sol, le sous-sol et tout ce qui recouvre le sol de la France, resterait la propri&#233;t&#233; des capitalistes ou soumis &#224; leur exploitation indirecte (la petite propri&#233;t&#233; paysanne, commerciale, etc...) Or, le maintien du r&#233;gime capitaliste dans un pays appauvri par la guerre et qui a perdu sa position de grand brigand (&#034;grande puissance&#034;), signifie non seulement le maintien de l'esclavage salari&#233;, mais aussi son aggravation, avec les bas salaires et le ch&#244;mage comme principaux moyens de la bourgeoisie fran&#231;aise pour maintenir son exploitation. Si bien que le soutien du comit&#233; d'Alger par les pr&#233;tendus socialistes et communistes, en reniant le programme socialiste de L'EXPROPRIATION DES EXPROPRIATEURS, doit mener le peuple fran&#231;ais &#224; une nouvelle s&#233;rie de souffrances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#034;lib&#233;rer la patrie&#034; (c'est-&#224;-dire pour que les capitalistes fran&#231;ais puissent retrouver leur position privil&#233;gi&#233;e pour l'exploitation du peuple fran&#231;ais et d'autres peuples), il faut reconstituer une arm&#233;e imp&#233;rialiste, plac&#233;e sous le commandement du corps des officiers. Les &#233;purations d'Alger, qui ont &#233;limin&#233; un certain nombre d'officiers, loin d'&#234;tre un gage pour le peuple fran&#231;ais, ne visent pr&#233;cis&#233;ment qu'&#224; donner une plus grande coh&#233;sion au corps des officiers, des g&#233;n&#233;raux Giraud et De Gaulle. En soutenant la formation d'une telle arm&#233;e, les pr&#233;tendus socialistes et communistes renient ouvertement la strat&#233;gie prol&#233;tarienne : NOS BALLES SONT POUR NOS PROPRES GENERAUX.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour op&#233;rer la concentration de toutes les &#034;forces fran&#231;aises&#034;, le comit&#233; d'Alger est oblig&#233; de sacrifier &#224; l'idole &#034;R&#233;publique&#034; et au dieu &#034;d&#233;mocratie&#034;. C'est ce qui constitue une ombre de justification pour les pr&#233;tendus socialistes et communistes de la nouvelle union sacr&#233;e (tout comme dans l'ancienne d'ailleurs). Mais qu'y-a-t-il derri&#232;re de si beaux mots ? La R&#233;publique d&#233;mocratique n'a jamais &#233;t&#233; qu'une forme de domination des capitalistes. M&#234;me la premi&#232;re R&#233;publique (1792), qui, elle nettoya la France du f&#233;odalisme et donna naissance &#224; la nouvelle soci&#233;t&#233; bourgeoise, interdit sous peine de mort toute association ouvri&#232;re sous quelque forme que ce fut (loi Le Chapelier).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me R&#233;publique (1848), apr&#232;s avoir noy&#233; dans le sang les aspirations du prol&#233;tariat qui voulait des institutions sociales, succomba mis&#233;rablement sous le sabre de bois de Louis Bonaparte (Napol&#233;on III).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me R&#233;publique (septembre 1870) &#233;trangla la Commune de Paris (&#034;l'aube de la r&#233;volution prol&#233;tarienne&#034;) et assassina, apr&#232;s le d&#233;sarmement des ouvriers, 30.000 de nos grand-p&#232;res. La III&#232;me R&#233;publique fut l'&#339;uvre de l'Assembl&#233;e des Ruraux, royaliste, mais qui ne put s'entendre, divis&#233;e qu'elle &#233;tait par des int&#233;r&#234;ts de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re et capitaliste, sur le choix d'un roi. La R&#233;publique parlementaire permettait &#224; la bourgeoisie de r&#233;gler ses conflits par la machine &#233;lectorale. D'autre part, l'essor &#233;conomique et les pillages coloniaux lui permirent de former une aristocratie ouvri&#232;re hautement pay&#233;e, gr&#226;ce &#224; laquelle elle put s'assurer du prol&#233;tariat. En effet, dans les heures graves, celle-ci se rangeait &#224; ses c&#244;t&#233;s, notamment en 1914. La bourgeoisie avait d'ailleurs en r&#233;serve des moyens d'action plus directs, comme l'arm&#233;e, la police, la garde-mobile, qui intervenaient de fa&#231;on presque permanente contre les ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette r&#233;publique d&#233;mocratique est morte avec les conditions qui l'ont fait na&#238;tre. L'&#233;conomie capitaliste de libre concurrence s'est transform&#233;e en &#233;conomie imp&#233;rialiste dans laquelle une &#233;troite poign&#233;e de capitalistes, les 200 familles, dirige toute l'&#233;conomie et domine les groupes bourgeois plus petits. La guerre de 1914 fut une explosion de ce syst&#232;me &#233;conomique, qui faisait de tous les vieux pays capitalistes des pays r&#233;actionnaires, ind&#233;pendamment de leur forme politique. C'est pourquoi le prol&#233;tariat, suivant les d&#233;cisions de la II&#232;me Internationale (socialiste) et plus tard la III&#232;me Internationale (communiste), rejeta la d&#233;fense &#034;nationale&#034;, qui n'est qu'un masque dont se pare la bourgeoisie pour mener &#224; bien ses brigandages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En invoquant de nouveau le pr&#233;texte de la d&#233;mocratie pour appuyer la politique imp&#233;rialiste du comit&#233; d'Alger, les pr&#233;tendus socialistes et communistes trompent le prol&#233;tariat, qui lutte en effet pour les libert&#233;s d&#233;mocratiques (droit de gr&#232;ve, de presse, de r&#233;union, amnistie pour tous les militants ouvriers), mais pour renverser la bourgeoisie et &#233;tablir la DICTATURE DU PROLETARIAT, alors qu'eux visent &#224; r&#233;tablir le parlementarisme bourgeois, organe politique de la dictature des capitalistes. Mais dans les conditions d'une &#233;conomie capitaliste de plus en plus pourrie et d'&#233;v&#233;nements politiques et militaires semblables &#224; ceux qui se sont d&#233;roul&#233;s depuis f&#233;vrier 34, derri&#232;re la pompeuse &#233;tiquette &#034;r&#233;publique d&#233;mocratique&#034;, il n'y aurait m&#234;me pas un syst&#232;me parlementaire &#224; fonctionnement &#034;normal&#034; (&#034;paix sociale&#034; relative), mais une dictature militaire polici&#232;re avec des dehors &#034;d&#233;mocratiques&#034;, un ersatz r&#233;publicain de fabrication bonapartiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous restons fid&#232;les au mot-d'ordre : LES SOVIETS PARTOUT !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela est bien vrai, nous dira un ouvrier qui n'a pas perdu son sens critique et qui reste attach&#233; aux meilleures traditions de la classe ouvri&#232;re. Comme Daladier et P&#233;tain, De Gaulle n'est que l'agent de la bourgeoisie et la bourgeoisie, &#224; travers toutes les p&#233;rip&#233;ties de la guerre, de sa guerre, poursuit des buts de classe visant au renforcement de l'exploitation des travailleurs. Pour cela tous les moyens sont bons : la &#034;d&#233;mocratie&#034; sert d'app&#226;t pour jeter le pays dans la guerre (&#034;contre le fascisme&#034;), la d&#233;fense nationale de Daladier sert de pr&#233;texte &#224; l'&#233;puration et &#224; la domestication des organisations ouvri&#232;res, la d&#233;faite met en avant P&#233;tain le &#034;vainqueur&#034; du militarisme prussien en 1918, pour qu'il impose au pays la grande p&#233;nitence. Et comme r&#233;serve &#034;d&#233;mocratique&#034; (bonapartiste), De Gaulle doit r&#233;ussir par d'autres moyens l&#224; o&#249; la r&#233;action ouverte a &#233;chou&#233;. Au-dessus de tous les politiciens de la bourgeoisie, se tiennent les 200 familles qui exploitent la France. Les travailleurs n'auront quelque chose &#224; d&#233;fendre qu'en renversant la bourgeoisie, qu'en expropriant les 200 familles au profit de la v&#233;ritable nation fran&#231;aise, les ouvriers et les paysans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette lutte pour le renversement du capitalisme est-elle possible quand tout le pays (et chaque prol&#233;tariat doit faire la r&#233;volution dans son propre pays) est occup&#233; par une arm&#233;e imp&#233;rialiste &#233;trang&#232;re, et que par dessus le march&#233; il s'agit de l'arm&#233;e imp&#233;rialiste d'un pays fasciste (la pire oppression contre la classe ouvri&#232;re) ? En ce qui concerne la premi&#232;re objection, nous rappelons que la II&#232;me et la III&#232;me Internationale ont eu comme fondement de leur action la solidarit&#233; essentielle des ouvriers de tous les pays. Et ce, non pas comme simple phrase, mais comme terrain sur lequel elles ont agi effectivement, la II&#232;me Internationale de 1889 &#224; 1914, la III&#232;me de 1919 &#224; 1933. Le crime de la II&#232;me Internationale reconnu ouvertement par tous les ouvriers conscients depuis 1914, a &#233;t&#233; de renier cette solidarit&#233; des travailleurs en faveur de la &#034;d&#233;fense nationale&#034;. Sous d'autres pr&#233;textes, la III&#232;me Internationale &#8211; reni&#233;e ouvertement par Staline &#8211; agit actuellement de la m&#234;me fa&#231;on ignominieuse que la II&#232;me Internationale en 1914 : en &#233;levant un mur de mensonges, de pr&#233;jug&#233;s, de haine contre les &#034;Boches&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, si l'arm&#233;e allemande est une arm&#233;e imp&#233;rialiste, c'est pour les m&#234;mes raisons que l'arm&#233;e anglaise, am&#233;ricaine ou celle de De Gaulle : ouvriers et paysans allemands sous l'uniforme sont soumis au commandement du corps des officiers au service de la bourgeoisie. La t&#226;che des v&#233;ritables militants ouvriers, qui luttent pour un avenir meilleur pour les exploit&#233;s, c'est d'utiliser toutes les circonstances de la guerre pour rendre consciente dans les cerveaux des exploit&#233;s fran&#231;ais et allemands cette solidarit&#233; essentielle de leurs int&#233;r&#234;ts, afin qu'ils se retournent chacun, en s'aidant fraternellement, contre leurs propres exploiteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le fascisme ? Pendant des ann&#233;es le fascisme a &#233;t&#233; l'&#233;pouvantail justifiant les volte-face des pr&#233;tendus communistes. Mais depuis la chute de Mussolini, non seulement les ouvriers avanc&#233;s, mais n'importe quel exploit&#233;, a vu clairement que le fascisme n'a pas le don d'abolir la lutte des classes et de soumettre irr&#233;m&#233;diablement les exploit&#233;s &#224; leurs exploiteurs. Hitler ne maintient plus sa dictature sur le peuple allemand que parce que, devant la politique de Staline associ&#233;e &#224; celle des imp&#233;rialistes, il peut aussi dire au peuple allemand (articles de Goebbels) : m&#234;me si vous n'&#234;tes pas contents de nous, il n'y a pas de troisi&#232;me voie ; ou une victoire ou la mort du peuple allemand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette troisi&#232;me voie existe. C'est la voie de la r&#233;volution prol&#233;tarienne, par l'union entre les exploit&#233;s de France et d'Allemagne contre leur bourgeoisie. C'est la seule voie permettant l'effondrement du fascisme au profit du peuple de France et d'Allemagne et non pas au profit des imp&#233;rialistes alli&#233;s. Plus t&#244;t les ouvriers s'engageront en rangs serr&#233;s dans cette voie, en renouant avec la solidarit&#233; internationale des travailleurs, plus t&#244;t cesseront les souffrances de l'humanit&#233;, plus t&#244;t gu&#233;riront ses plaies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CETTE VOIE, C'EST CELLE DES ETATS-UNIS SOCIALISTES D'EUROPE, LA VOIE DE LA QUATRIEME INTERNATIONALE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/11/ldc20_112143.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/11/ldc20_112143.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AU SEUIL DE L'ANNEE SANGLANTE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fois &#231;a y est. Les grandes arm&#233;es de la lib&#233;ration ont re&#231;u leurs derni&#232;res cartouches ; les p&#233;niches de d&#233;barquement am&#233;ricaines sortent &#224; un rythme vertigineux des usines des USA, les grands g&#233;n&#233;raux de la victoire sont d&#233;j&#224; nomm&#233;s, ils tiennent le devant de la sc&#232;ne. Tout est pr&#234;t. On n'attend plus que le signal qui jettera sur le continent des millions d'hommes arm&#233;s de pied en cap des plus grandes inventions de mort, on n'attend plus que le signal pour que les prol&#233;taires d'Europe, d'Am&#233;rique et les soldats amen&#233;s des quatre coins du globe s'empoignent dans une derni&#232;re &#233;treinte mortelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison humaine vacille quand elle t&#226;che de saisir l'immensit&#233; du crime, l'horreur des convulsions qui se pr&#233;parent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que la &#034;lib&#233;ration&#034; f&#251;t d&#233;j&#224; proche en novembre 1942, &#224; la No&#235;l 1943 la v&#233;n&#233;rable &#233;pouse du pr&#233;sident des Etats-Unis nous promet un No&#235;l 1944 &#034;victorieux&#034;. Victorieux ? Nous disons et nous r&#233;p&#233;tons inlassablement aux travailleurs : sans R&#233;volution prol&#233;tarienne, transformant la guerre imp&#233;rialiste en guerre civile victorieuse sur la bourgeoisie, No&#235;l 1944 sera un No&#235;l encore plus terrible que celui que nous venons de passer. Car alors l'Europe enti&#232;re aura &#233;t&#233; mortellement atteinte par la bataille gigantesque qui mettra aux prises les arm&#233;es allemandes et alli&#233;es. Cette terrible m&#234;l&#233;e, m&#234;me si elle n'est pas suivie imm&#233;diatement par d'autres conflits gigantesques (entre l'URSS et les Alli&#233;s) ou de conflits secondaires entre petites puissances, ne sera cependant pas la fin du conflit mondial. La guerre en Extr&#234;me-Orient continuerait longtemps &#224; maintenir dans une situation insupportable les masses exploit&#233;es du monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi en sommes-nous l&#224; ? Parce qu'&#224; nouveau depuis 1914 et malgr&#233; les le&#231;ons de la premi&#232;re guerre imp&#233;rialiste, la bourgeoisie mondiale, aid&#233;e par les social-patriotes, a r&#233;ussi &#224; s&#233;parer les ouvriers d'un pays des ouvriers du pays d'en face, parce qu'elle a r&#233;ussi &#224; cacher ses crimes derri&#232;re de pr&#233;tendus conflits id&#233;ologiques ou nationaux (d&#233;mocratie contre fascisme, lib&#233;ration des peuples, espace vital, etc...), parce qu'elle a r&#233;ussi &#224; d&#233;truire ou &#224; domestiquer les organisations ouvri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les &#233;v&#233;nements militaires qui se pr&#233;parent ouvriront encore, comme ce fut le cas pour l'Italie, des crises dans lesquelles la faillite des dirigeants capitalistes pourra &#234;tre utilis&#233;e par le prol&#233;tariat pour renverser la bourgeoisie et ouvrir &#224; l'humanit&#233; enti&#232;re la voie d'un redressement socialiste. Cependant cela ne sera possible que par une politique ind&#233;pendante de classe, par une politique de fraternisation et d'entente entre les ouvriers et les paysans sous quelque uniforme qu'ils soient, en rejetant la politique d'union avec sa propre bourgeoisie, en hissant haut et ferme le drapeau rouge de l'insurrection prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cela il faut d&#232;s maintenant se pr&#233;parer &#224; d&#233;fendre l'avenir des exploit&#233;s et des opprim&#233;s par une claire compr&#233;hension de la nature des &#233;v&#233;nements qui viennent. La classe ouvri&#232;re n'a pas &#224; se sacrifier dans l'int&#233;r&#234;t de l'imp&#233;rialisme, m&#234;me s'il se pare de masques trompeurs. Mais elle doit &#234;tre capable de verser jusqu'&#224; la derni&#232;re goutte de son sang pour SA PROPRE CAUSE. Il faut que le r&#233;veil de la conscience prol&#233;tarienne et l'activit&#233; croissante des meilleurs &#233;l&#233;ments ouvriers parviennent &#224; reconstituer les organisations de d&#233;fense des ouvriers : (syndicats, etc...), obligent les partis qui se disent prol&#233;tariens &#224; rompre avec la bourgeoisie, et pr&#233;parent &#8211; &#224; travers l'armement du prol&#233;tariat &#8211; la conqu&#234;te des libert&#233;s ouvri&#232;res indispensables &#224; l'&#233;mancipation prol&#233;tarienne : droit de r&#233;union, de presse, ouverture des prisons et des camps de concentration, droit de gr&#232;ve, etc... A travers ces luttes pour les objectifs imm&#233;diats, la classe ouvri&#232;re doit cr&#233;er les organes de son gouvernement, les Conseils ouvriers et paysans (Soviets) qui seuls assurent le gouvernement du peuple par le peuple lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che historique du prol&#233;tariat en Europe est de b&#226;tir les Etats-Unis socialistes d'Europe et non pas de tracer avec leur sang des fronti&#232;res pour les capitalistes. 1944 doit sonner le glas du capitalisme en Europe et dans le monde. Les ouvriers fran&#231;ais ne peuvent pas, apr&#232;s plus d'un si&#232;cle de luttes pour leur &#233;mancipation, se livrer &#224; un moment d&#233;cisif de l'histoire mondiale, &#224; leur ennemi mortel, la bourgeoisie fran&#231;aise charg&#233;e de crimes et d'infamies contre les ouvriers. Forts de la tradition h&#233;ro&#239;que de 1848, de la Commune de 1871, des luttes d'avant 1914 pour la conqu&#234;te d'une vie digne et supportable, des luttes de 1920 &#224; 1940 enfin, les ouvriers fran&#231;ais arm&#233;s de l'exp&#233;rience historique de la classe ouvri&#232;re de tous les pays (Russie 1917, Allemagne, Espagne, etc...) prendront dans leurs mains le destin de toute la nation et en renversant le capitalisme, d&#233;livreront pour toujours l'humanit&#233; de la guerre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GUERRE CIVILE EN ALLEMAGNE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On entend souvent des ouvriers, pas toujours de mauvaise foi, dire en parlant des ouvriers allemands : &#034;Pourquoi ne se r&#233;voltent-ils pas ? Ils ont l'ob&#233;issance dans le sang c'est une nation militariste, etc...&#034; Ces insanit&#233;s sont assez habituelles dans la bouche des ouvriers qui, bon gr&#233; mal gr&#233;, veulent justifier la politique d'union sacr&#233;e avec les exploiteurs fran&#231;ais et &#034;alli&#233;s&#034;. Ceux qui parlent ainsi oublient facilement que le m&#234;me &#034;reproche&#034; pourrait &#234;tre adress&#233; par exemple aux ouvriers espagnols et fran&#231;ais qui subissent eux aussi le m&#234;me joug que les ouvriers allemands, le r&#233;gime totalitaire de Franco et de P&#233;tain. La classe ouvri&#232;re allemande a derri&#232;re elle un pass&#233; de luttes aussi riche que les prol&#233;tariats espagnol et fran&#231;ais. De 1918 &#224; 1933, avec une certaine att&#233;nuation de 1924 &#224; 1928, une dure guerre civile mit aux prises la classe ouvri&#232;re allemande et ses exploiteurs, lutte dont l'issue devait d&#233;cider du sort de l'Allemagne et du monde : vers le socialisme par la victoire du prol&#233;tariat allemand, ou vers une deuxi&#232;me guerre imp&#233;rialiste mondiale, par la victoire de la bourgeoisie allemande. La trahison de la social-d&#233;mocratie et la bureaucratisation du parti communiste provoqu&#232;rent la d&#233;faite des ouvriers et rendirent les mains libres aux imp&#233;rialistes allemands.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise r&#233;volutionnaire &#233;clata en Allemagne &#224; la suite de l'&#233;chec d&#233;finitif des plans militaires de l'imp&#233;rialisme allemand (&#233;chec des offensives d'&#233;t&#233; 1918). Le 5 novembre 1918, 20.000 matelots se mutin&#232;rent &#224; Kiel, hissant le drapeau rouge et &#233;tendant leur mouvement aux principales villes avec pour mots-d'ordre : d&#233;mission du Kaiser, amnistie, armistice, paix, droits d&#233;mocratiques. Partout surgirent des Conseils (Soviets) d'ouvriers et de soldats. La r&#233;volution gagna l'Allemagne, le Kaiser fut renvers&#233;, et l'armistice sign&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution mit fin &#224; la guerre, mais le pouvoir, enti&#232;rement entre les mains des Comit&#233;s, fut utilis&#233; par les sociaux-d&#233;mocrates conciliateurs, qui y occupaient une place pr&#233;pond&#233;rante, pour maintenir intact l'ancien ordre bourgeois monarchiste. La guerre civile &#233;clata entre le gouvernement social-d&#233;mocrate d'Ebert et Scheidemann et les fractions avanc&#233;es du prol&#233;tariat (dirig&#233;es par les Ind&#233;pendants d'une part, et les Spartakistes avec Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht d'autre part). Le 6 janvier 1919 le prol&#233;tariat de Berlin tenait entre ses mains la capitale. Mais la direction des Ind&#233;pendants h&#233;sita, atermoya et n'osa pas arr&#234;ter le gouvernement ; les Spartakistes &#233;taient trop faibles et manquaient d'exp&#233;rience bolch&#233;vique. Le mouvement reflua et le gouvernement social-d&#233;mocrate ayant fait appel au &#034;chien sanguinaire&#034; Noske, le bourreau de Kiel, (lui aussi social-d&#233;mocrate), proc&#233;da avec l'aide des g&#233;n&#233;raux monarchistes, au d&#233;sarmement des Spartakistes. Le 15 janvier tomb&#232;rent, l&#226;chement assassin&#233;s, les plus grands martyrs de la classe ouvri&#232;re allemande, Rosa Luxembourg, et Karl Liebknecht et de nombreux autres chefs spartakistes. Etouff&#233; &#224; Berlin, le mouvement se poursuivit sporadiquement en province, provoquant partout des rencontres sanglantes et de graves pertes du c&#244;t&#233; ouvrier, faute d'une direction g&#233;n&#233;rale r&#233;volutionnaire. De novembre 1916 jusqu'en 1923, la guerre civile, les gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales, &#233;touff&#233;es ici, &#233;clatant l&#224;, sans cesse r&#233;prim&#233;es pour rena&#238;tre ailleurs, caus&#232;rent des dizaines de milliers de victimes, mais la victoire resta du c&#244;t&#233; de la bourgeoisie, gr&#226;ce &#224; la trahison de la social-d&#233;mocratie, qui joua, en grand, le m&#234;me r&#244;le de bourreau que le &#034;socialiste&#034; fran&#231;ais Dormoy, le fusilleur de Clichy en 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette lutte contre les ouvriers, la bourgeoisie allemande a &#233;t&#233; puissamment aid&#233;e mat&#233;riellement par la Commission d'armistice alli&#233;e qui lui fit toutes les concessions n&#233;cessaires en ce qui concerne les armes et les forces arm&#233;es destin&#233;es &#224; la r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En automne 1923 une crise r&#233;volutionnaire, d&#233;clench&#233;e par les ouvriers, exceptionnellement favorable pour une insurrection, ne fut pas utilis&#233;e par la direction inexp&#233;riment&#233;e du jeune parti communiste allemand. Et en 1924, d&#233;but d'une certaine stabilisation &#233;conomique au capitalisme allemand, la premi&#232;re vague r&#233;volutionnaire d'apr&#232;s-guerre refluait en Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand en 1925-29 commen&#231;a la grande crise &#233;conomique, particuli&#232;rement terrible en Allemagne, o&#249; elle pr&#233;cipita dans la faillite des dizaines de milliers de petits commer&#231;ants, jetant sur le pav&#233; de nombreux millions de ch&#244;meurs, et provoquant le d&#233;sespoir des petits paysans, le prol&#233;tariat allemand se trouva encore moins que par le pass&#233; en possession d'une direction r&#233;volutionnaire. La bureaucratisation de l'Internationale communiste &#224; partir de 1924 avait transform&#233; le PC allemand en un parti incapable de mener au combat des masses d&#233;cisives du prol&#233;tariat allemand. A droite les chefs social-d&#233;mocrates vendus &#224; la bourgeoisie, &#224; gauche les chefs staliniens ob&#233;issant non pas &#224; la marche de la lutte de classes en Allemagne, mais aux ordres de la bureaucratie sovi&#233;tique, voil&#224; le &#034;secret&#034; de la victoire de Hitler contre les ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique stalinienne devant la mont&#233;e de Hitler bas&#233;e sur l'exasp&#233;ration de la petite-bourgeoisie sacrifi&#233;e par la crise capitaliste, est caract&#233;ris&#233;e :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement par la tactique dite du &#034;social-fascisme&#034; qui opposa les ouvriers communistes aux ouvriers social-d&#233;mocrates, au lieu d'unir la classe ouvri&#232;re sur la base d'un programme minimum de lutte contre le fascisme (front unique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, par l'utilisation d'une certaine d&#233;magogie nationaliste pour faire &#034;concurrence&#034; &#224; Hitler et lui enlever la sympathie des couches petites-bourgeoises (mot d'ordre : &#034;lib&#233;ration nationale du Trait&#233; de Versailles&#034;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or la petite bourgeoisie ne s'&#233;tait pas tourn&#233;e vers Hitler par amour de son nationalisme d&#233;vergond&#233;, mais parce qu'elle cherchait une issue &#224; la crise qui l'&#233;treignait mortellement. Devant l'impuissance des partis prol&#233;tariens &#224; lui offrir cette issue par une action r&#233;ellement efficace, la petite bourgeoisie se tourna vers Hitler, de m&#234;me qu'un homme dont les v&#234;tements ont pris feu se jette dans l'eau qui l'engloutira. En mettant en avant le mot d'ordre &#034;lib&#233;ration nationale&#034; par la destruction du trait&#233; de Versailles, avant d'avoir arrach&#233; aux capitalistes allemands la possession de l'Allemagne, le PCA a pouss&#233; le peuple allemand dans la voie de Hitler. En effet, si tous les maux dont souffrait l'Allemagne provenaient en premier lieu du trait&#233; de Versailles, dont l'abolition &#233;tait mise au premier plan par le P.C. lui-m&#234;me, alors le choix des masses, d&#233;tourn&#233;es de la v&#233;ritable cause de leurs souffrances, le capitalisme allemand, ne pouvait se diriger que vers Hitler, qui sur ce terrain &#233;tait tout &#224; fait cons&#233;quent, et allait jusqu'au bout de ses &#034;raisonnements&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; l'attitude des deux grands partis ouvriers qui conduisaient infailliblement les ouvriers allemands sous la botte de Hitler, les prol&#233;tariats allemand et autrichien men&#232;rent leur lutte avec acharnement contre les bandes fascistes, versant partout leur sang dans des rencontres in&#233;gales parce que mal dirig&#233;es. Apr&#232;s que Hitler e&#251;t pris le pouvoir (1933), des centaines de milliers de militants ouvriers et des ouvriers sans parti tomb&#232;rent sous les balles fascistes, peupl&#232;rent les prisons et remplirent les camps de concentration. En f&#233;vrier 1934 &#224; Vienne, les ouvriers autrichiens lutt&#232;rent &#224; main arm&#233;e contre le bourreau Dollfuss qui fit canonner les quartiers ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte des ouvriers allemands contre leurs bourgeoisie n'a pas cess&#233; apr&#232;s 1933, mais a &#233;t&#233; consid&#233;rablement affaiblie par les succ&#232;s ext&#233;rieurs de Hitler. Les ouvriers qui reviennent d'Allemagne ont pu se rendre compte de la lutte que m&#232;ne aujourd'hui le prol&#233;tariat allemand, lutte qui ne tardera pas &#224; &#233;clater au grand jour &#224; la faveur des d&#233;faites de Hitler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux-l&#224; sont les agents de la bourgeoisie qui osent affirmer que les ouvriers allemands &#034;ne sont pas des hommes comme nous&#034;. Si une communaut&#233; compl&#232;te d'int&#233;r&#234;ts et des aspirations communes n'existaient pas entre les classes ouvri&#232;res fran&#231;aise et allemande, entre le peuple allemand et le peuple fran&#231;ais exploit&#233;s par les capitalistes, alors c'&#233;tait un crime de baser l'activit&#233; de toutes les organisations ouvri&#232;res d'avant 1914 et celle des internationalistes depuis 1914 (au premier chef du parti communiste) sur la pratique d'une solidarit&#233; avec les travailleurs d'outre&#173;Rhin. C'est donner raison &#224; notre bourgeoisie qui a conduit le pays de d&#233;sastre en d&#233;sastre, et qui accuse la classe ouvri&#232;re d'avoir men&#233; le pays &#224; la ruine par son &#034;utopisme criminel&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, les ouvriers allemands, par leurs traditions de lutte, par leur nombre et leur coh&#233;sion, par la place qu'ils tiennent dans la production europ&#233;enne, par leur haute qualification, occupent dans la lutte anticapitaliste une place de premier ordre. Et sans leur participation d&#233;cisive &#224; cette lutte contre la bourgeoisie, les ouvriers d'Europe ne peuvent m&#234;me pas songer &#224; l'&#233;dification des Etats-Unis socialistes d'Europe, qui seuls assurent la libert&#233; et la prosp&#233;rit&#233; des peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les imp&#233;rialistes savent bien reconna&#238;tre leurs vrais ennemis. L'effort de Hitler pour briser la solidarit&#233; des ouvriers de tous les pays en encha&#238;nant les ouvriers allemands au char de sa guerre imp&#233;rialiste a lamentablement &#233;chou&#233;, en m&#234;me temps que ses plans et ses vis&#233;es capitalistes. Aujourd'hui c'est au tour des imp&#233;rialistes &#034;alli&#233;s&#034; de montrer leur hideuse figure ; en voulant faire de l'Europe un march&#233; pour leurs produits, ils d&#233;truisent les usines et les moyens de production ; par leurs bombardements sauvages et inhumains ils veulent ruiner et frapper &#224; mort la population laborieuse d'Allemagne (de m&#234;me que les ouvriers de tous les pays qui s'y trouvent) pour &#233;puiser leurs forces et les rendre incapables de lutter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour commettre impun&#233;ment leurs crimes, les imp&#233;rialistes d&#233;cha&#238;nent leur propagande chauvine afin d'entraver la solidarit&#233; internationale des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En faisant &#233;chec &#224; cette propagande capitaliste criminelle, la Quatri&#232;me Internationale scellera d&#233;finitivement l'union entre les travailleurs d'Europe, en premier lieu entre les travailleurs fran&#231;ais et allemands et, &#224; travers la lutte contre la guerre imp&#233;rialiste, pour le renversement des capitalistes, les m&#232;nera &#224; la paix, &#224; la libert&#233; et &#224; une vie meilleure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/12/ldc22_123143.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/12/ldc22_123143.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>En 1945, la Quatri&#232;me Internationale officielle trahit le trotskysme</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article8782</link>
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		<dc:date>2025-08-13T22:47:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>IV&#176; Internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Trotskisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lettre ouverte aux militants et sympathisants du PCI Barta &lt;br class='autobr' /&gt; Pour combattre la contrebande pivertiste au sein du Mouvement de la Quatri&#232;me Internationale &lt;br class='autobr' /&gt;
2 juillet 1945 &lt;br class='autobr' /&gt;
La V&#233;rit&#233; du 4 juin porte en titre &#034; La Parole aux Trotskystes &#034;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle fait suite &#224; la campagne entreprise pour disculper de l'accusation empoisonn&#233;e d' &#034;hitl&#233;risme&#034; lanc&#233;e par la bourgeoisie et les staliniens, le mouvement de la IV&#232;me Internationale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quelles que soient les m&#233;thodes que vous ayez jug&#233; bonnes pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique188" rel="directory"&gt;11- Organisation internationale des travailleurs r&#233;volutionnaires&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot105" rel="tag"&gt;IV&#176; Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot283" rel="tag"&gt;Trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lettre ouverte aux militants et sympathisants du PCI&lt;br class='autobr' /&gt;
Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pour combattre la contrebande pivertiste au sein du Mouvement de la Quatri&#232;me Internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 juillet 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La V&#233;rit&#233; du 4 juin porte en titre &#034; La Parole aux Trotskystes &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle fait suite &#224; la campagne entreprise pour disculper de l'accusation empoisonn&#233;e d' &#034;hitl&#233;risme&#034; lanc&#233;e par la bourgeoisie et les staliniens, le mouvement de la IV&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles que soient les m&#233;thodes que vous ayez jug&#233; bonnes pour mener cette campagne, elles ne devraient en aucun cas servir de pr&#233;texte pour d&#233;figurer, afin de vous d&#233;fendre, les principes, le langage et l'enseignement r&#233;volutionnaire du trotskysme. Car si votre langage actuel correspond &#224; ce que vous &#234;tes, vous reniez le trotskysme ; ou alors vous essayez de vous faire passer pour ce que vous n'&#234;tes pas, et on en revient au raison&#173;nement stalinien, fatal &#224; l'esprit communiste : &#171; les intentions sont bonnes, mais la &#034; tactique &#034; exige des concessions... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre tendance, menant la lutte sans discontinuer depuis septembre 1939 pour d&#233;fendre le drapeau et le programme de la IV&#232;me Internationale dans le mouvement ouvrier, estime que la fa&#231;on dont vous avez entrepris cette campagne constitue un reniement de l'enseignement r&#233;volutionnaire du trotskysme et une concession &#224; l'id&#233;ologie bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'intention d'ouvrir une discussion, nous soumettons devant tous les militants se r&#233;clamant du trotskysme la critique de la politique de votre organisation. &#201;tant donn&#233; que dans le pass&#233; cette discussion nous fut refus&#233;e, si ce n'est une de pure forme, nous vous rappelons que Trotsky faisait un des plus grands m&#233;rites au Parti bolch&#233;vik d'avoir trait&#233; avec le plus grand s&#233;rieux m&#234;me les organisations qui l'&#233;taient peu. Notre orga&#173;nisation ayant cependant montr&#233; sa continuit&#233; politique et le s&#233;rieux de son action pra&#173;tique, il serait criminel d'utiliser les faux-fuyants d&#233;j&#224; utilis&#233;s dans le pass&#233; (tel que : nous discuterons &#224; condition que vous entriez chez nous), et de continuer &#224; vouloir ignorer notre critique par des explications arbitraires donn&#233;es &#034;entre quatre yeux&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
O&#249; est le reniement du trotskysme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour vous d&#233;fendre contre la calomnie, vous revendiquez pour vous le titre de &#034;premiers r&#233;sistants&#034;. Or vous-m&#234;mes, dans le num&#233;ro 23 (7/4) de La V&#233;rit&#233;, &#233;crivez &#034; la r&#233;sistance elle-m&#234;me est bas&#233;e sur une duperie : la duperie de la collaboration de classes &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; sous le Front Populaire, la politique trotskyste consistait &#224; expliquer aux ouvriers la duperie de cette collaboration de classe, dont le prol&#233;tariat faisait les frais, et pour laquelle une partie de la bourgeoisie imp&#233;rialiste s'&#233;tait d&#233;guis&#233;e en &#034; d&#233;mocrate &#034;. Le Front Populaire pr&#233;tendait mener une politique en faveur des masses et avait comme mot-d'ordre d&#233;magogique la lutte contre les trusts. Pour les r&#233;volutionnaires ce mot-d'ordre &#233;tait un but r&#233;el ; mais la similitude des formules permettait-elle &#224; l'organisation r&#233;volutionnaire de se r&#233;clamer du Front Populaire, dans le but par exemple de ne pas se couper des masses ? C'e&#251;t &#233;t&#233; contribuer &#224; les duper. La politique trotskyste a consist&#233; &#224; se d&#233;limiter du front populaire et &#224; le combattre, malgr&#233; les calomnies staliniennes qui pr&#233;sentaient tous les adversaires du front populaire, surtout ceux de gauche (les trotskystes) comme des fascistes. Nous n'avons pas plus pr&#233;tendu &#224; l'&#233;poque &#234;tre les meilleurs ou les premiers &#034; front populaire &#034;, du fait que nous avons &#233;t&#233; les premiers &#224; pr&#233;coniser le front unique socialiste-communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 1940, les r&#233;volutionnaires devaient mener une politique de r&#233;sistance (c'est&#173;&#224;-dire de d&#233;fense des masses) vis-&#224;-vis de l'occupation imp&#233;rialiste allemande. Mais ils continuaient en m&#234;me temps l'opposition r&#233;volutionnaire vis-&#224;-vis de leur propre bourgeoisie et tenaient compte des int&#233;r&#234;ts du prol&#233;tariat fran&#231;ais aussi bien que des int&#233;r&#234;ts du prol&#233;tariat allemand, en ne renfor&#231;ant pas, comme la r&#233;sistance officielle, la domination de Hitler par le d&#233;cha&#238;nement chauvin. Cela ne nous emp&#234;chait pas de prendre &#034;les pommes de terre&#034; de l'imp&#233;rialisme anglo-saxon et de la bourgeoisie gaulliste, comme l'ont fait les bolch&#233;viks en 1918 dans la lutte contre l'imp&#233;rialisme allemand, en acceptant l'aide technique de la bourgeoisie de l'Entente. Mais il fallait par-dessus tout affirmer &#224; la face du monde entier que notre base politique restait la lutte de classe men&#233;e jusqu'au bout dans toutes les directions et que nous ne consid&#233;rions pas l'imp&#233;rialisme anglo-saxon comme un moindre mal par rapport &#224; l'imp&#233;rialisme fasciste, raisonnement stali&#173;nien qui entra&#238;nait automatiquement l'abandon de la lutte de classe en faveur de la lutte commune contre l'occupant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, internationalistes, &#233;tions les seuls d&#233;fenseurs des int&#233;r&#234;ts des masses tout au long de cette guerre, avant et apr&#232;s l'occupation. Par contre, pour la bourgeoisie la r&#233;sis&#173;tance n'&#233;tait que l'opposition au capitalisme allemand ; elle lui a servi de mise sur le ta&#173;bleau imp&#233;rialiste anglo-am&#233;ricain ; par l'interm&#233;diaire des social-chauvins la bourgeoi&#173;sie a &#233;galement r&#233;alis&#233;, &#224; travers la &#034;r&#233;sistance&#034;, l'union sacr&#233;e et a prolong&#233; sa domi&#173;nation de classe. Comme le d&#233;non&#231;ait LaV&#233;rit&#233; elle-m&#234;me en 1943 et 44, la r&#233;sistance servait de camouflage m&#234;me aux organisations d'extr&#234;me-droite et aux partis fascistes. La r&#233;sistance, d'apr&#232;s le sens qu'a pris ce terme &#224; travers les &#233;v&#233;nements, est une organisation politique de la bourgeoisie imp&#233;rialiste. Le parti r&#233;volutionnaire peut-il s'en r&#233;clamer ? L'absurdit&#233; d'une r&#233;ponse affirmative saute aux yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En luttant pour votre l&#233;galisation, vous cherchez la cons&#233;cration de votre titre de &#034; r&#233;sistants &#034; par l'obtention d'un certificat public de la R&#233;sistance (personnifi&#233;e par les Bayet, Saillant, Frenay, Bidault, etc...). Au moment m&#234;me o&#249; les querelles entre l'Angle&#173;terre et la France montrent aux masses la vraie nature imp&#233;rialiste des alli&#233;s, au moment o&#249; les ouvriers ont d&#233;j&#224; eu le temps de se rendre compte que la r&#233;sistance s'est termin&#233;e par l'arriv&#233;e au pouvoir d'un gouvernement des trusts, au lieu de pouvoir en ce moment rehaus&#173;ser notre propre autorit&#233; morale pour avoir d&#233;nonc&#233; &#224; temps la duperie de la r&#233;sis&#173;tance, vous cherchez &#224; vous camoufler sous son masque r&#233;pugnant ! Une pareille l&#233;galisa&#173;tion ne serait pas une victoire remport&#233;e sur notre propre terrain, celui de l'internationa&#173;lisme et de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la lettre &#224; Bayet (18/9/44) le Comit&#233; central dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Il s'agit de savoir si la IV&#232;me R&#233;publique naissante reprendra l&#224; o&#249; avait sombr&#233; la III&#232;me R&#233;publique glissant vers l'autoritarisme r&#233;actionnaire de P&#233;tain, o&#249; si elle sera effectivement d&#233;mo&#173;cratique &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui pense-t-on tromper par un pareil raisonnement ? C'est la besogne des staliniens et des r&#233;formistes de vouloir faire croire aux masses que nous sommes encore de&#173;vant la perspective : IV&#232;me R&#233;publique d&#233;mocratique ou r&#233;actionnaire. La t&#226;che des r&#233;volu&#173;tionnaires est de montrer aux ouvriers que, les social-chauvins les ayant illusionn&#233;s sur l'&#233;puration &#034;, ils ont laiss&#233; subsister les organes de l'&#201;tat gangren&#233; de la III&#232;me R&#233;publique qui a servi avec succ&#232;s &#224; Daladier aussi bien qu'&#224; P&#233;tain, et que nous nous trouvons sous de Gaulle en pleine dictature bureaucratico-polici&#232;re. Au moment o&#249; l'Humanit&#233; elle-m&#234;me d&#233;nonce le r&#233;gime dictatorial subi par la presse, pouvons-nous faire croire que la l&#233;galisation de La V&#233;rit&#233; serait le crit&#232;re d'une &#034;d&#233;mocratie effective&#034; ? La t&#226;che des r&#233;volutionnaires, enseignait Trotsky, est de nommer les choses par leur nom, et non de se faire les auxiliaires des &#034; d&#233;mocrates &#034; pourris qui s&#232;ment des illusions dans les masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La V&#233;rit&#233;, en s'adressant aux r&#233;formistes et aux stalinistes, use constamment du terme &#034; camarade &#034;. Il suffit pourtant de se r&#233;f&#233;rer &#224; un texte de Trotsky pour d&#233;couvrir ce qu'il y a derri&#232;re cette terminologie. L.T. &#233;crit dans La r&#233;volution allemande et la bureaucratie stalinienne (Et Maintenant) (page 36) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; L&#233;on Blum, le d&#233;fenseur des r&#233;parations, le comp&#232;re socialiste du banquier Oustric, est trait&#233; de &#034; camarade &#034; dans les pages des journaux de Seydewitz. Est-ce de la politesse ? Non, c'est un manque de principes, de caract&#232;re, de fermet&#233;. &#034; Des chicanes &#034;, dira un quelconque savant de cabinet. Non, dans ces chicanes, le fond politique se manifeste avec beaucoup plus de v&#233;rit&#233; et de clart&#233;, que dans la reconnaissance abstraite des soviets, non &#233;tay&#233;e par l'exp&#233;rience r&#233;volutionnaire. Il est inutile d'appeler Blum &#034;fasciste&#034;, en se rendant ridicule. Mais celui qui ne ressent pas du m&#233;pris et de la haine pour cette esp&#232;ce de politiciens, celui-l&#224; n'est pas un r&#233;volutionnaire &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La V&#233;rit&#233; a pris maintenant l'habitude de parler &#224; chaque pas des &#034; d&#233;mocrates sinc&#232;res et honn&#234;tes &#034; et, &#224; l'occasion, des &#034;d&#233;mocrates apeur&#233;s&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; sous la monarchie tsariste, les bolch&#233;viks (ils faisaient partie de la social-d&#233;mocratie), pour se distinguer l&#233;galement des autres d&#233;mocrates, mettaient souvent l'accent sur le fait qu'ils constituaient, en tant que parti du prol&#233;tariat, les seuls d&#233;mocrates cons&#233;quents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1934 Trotsky enseignait que dans les conditions de la d&#233;cadence capitaliste et de l'exacerbation de la lutte de classe la d&#233;mocratie bourgeoise &#233;tait d&#233;finitivement morte en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici ce qu'&#233;crivait Trotsky dans O&#249; va la France (pages 16-17) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; La soci&#233;t&#233; contemporaine se compose de trois classes : la grande bourgeoisie, la prol&#233;tariat et les &#034; classes moyennes &#034; ou petite-bourgeoisie. Les relations entre ces trois classes d&#233;terminent en fin de compte la situation politique dans le pays. Les classes fondamentales de la soci&#233;t&#233; sont la grande bourgeoisie et le prol&#233;tariat. Seules ces deux classes peuvent avoir une politique ind&#233;pendante, claire et cons&#233;quente. La petite bourgeoisie se distingue par sa d&#233;pendance &#233;conomique et son h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; sociale. Sa couche sup&#233;rieure touche imm&#233;diatement la grande bourgeoisie. La couche inf&#233;rieure se fond avec le prol&#233;tariat et tombe m&#234;me &#224; l'&#233;tat de lumpen-prol&#233;tariat. Conform&#233;ment &#224; sa situation &#233;conomique, la petite-bourgeoisie ne peut avoir de politique ind&#233;pendante. Elle oscille toujours entre les capitalistes et les ouvriers. Sa propre couche sup&#233;rieure la pousse &#224; droite ; ses couches inf&#233;rieures, opprim&#233;es et exploit&#233;es, sont capables, dans certaines conditions, de tourner brusquement &#224; gauche. C'est par ces relations contradic&#173;toires des diff&#233;rentes couches des &#034; classes moyennes &#034; qu'a toujours &#233;t&#233; d&#233;termin&#233;e la politique confuse et absolument inconsistante des radicaux, leurs h&#233;sitations entre le car&#173;tel avec les socialistes, pour calmer la base, et le bloc national avec la r&#233;action capitaliste, pour sauver la bourgeoisie. LA D&#201;COMPOSITION D&#201;FINITIVE DU RADICALISME COMMENCE AU MOMENT OU LA GRANDE BOURGEOISIE, ELLE-M&#202;ME DANS L'IMPASSE, NE LUI PERMET PLUS D'OSCILLER. &#034; (Soulign&#233; par nous.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;composition du r&#233;gime capitaliste met fin &#224; la d&#233;mocratie bourgeoise. Les repr&#233;sentants &#034; d&#233;mocratiques &#034; de la bourgeoisie n'ont plus qu'une phras&#233;ologie &#224; offrir. Dans ces conditions m&#234;me un de Gaulle arrive &#224; se pr&#233;tendre d&#233;mocrate. La t&#226;che n'est donc pas de chercher &#224; distinguer, par quelque introspection, les d&#233;mocrates honn&#234;tes et malhonn&#234;tes, mais de poser devant les ouvriers la question : qui donnera le ton ? La bourgeoisie par l'interm&#233;diaire de ses fascistes, r&#233;actionnaires, cur&#233;s, professeurs, d&#233;mocrates, ou le prol&#233;tariat qui en se d&#233;tachant de la bourgeoisie et de ses agents ralliera &#224; lui les autres couches opprim&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que, dans Et Maintenant, Trotsky &#233;tait le plus acharn&#233; d&#233;fenseur du front unique, mais m&#233;prisait ceux qui traitaient Blum de camarade, nous rappelons que dans la r&#233;volution espagnole nous d&#233;fendions les libert&#233;s d&#233;mocratiques des ouvriers contre le fascisme les armes &#224; la main, mais il ne serait venu &#224; l'id&#233;e d'aucun trotskyste d'analyser l'honn&#234;tet&#233; d'Azana ou de Negrin. Ils analysaient leur nature de classe et les qualifiaient d'agents de la bourgeoisie, par&#233;s du masque de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En donnant les &#233;tats de service des camarades du Comit&#233; directeur, La V&#233;rit&#233; dit de Demazi&#232;re : &#034; Il milite ill&#233;galement dans les rangs du PCI jusqu'&#224; la lib&#233;ration &#034;. Et de Baufr&#232;re : &#034; Il sait que la lutte ne s'arr&#234;te pas &#224; la chute de Hitler &#034;. Encore une fois, pouvons-nous, sous pr&#233;texte de nous d&#233;fendre, bafouer notre propre id&#233;ologie ? La V&#233;rit&#233; du 22/6/44 sous le titre &#034; Ils se valent &#034;, &#233;crivait : &#034; refuse de te faire mobiliser dans &#034; l'arm&#233;e de la lib&#233;ration &#034;. En mai 1944, un num&#233;ro sp&#233;cial de La V&#233;rit&#233; disait : &#034; Pas de lib&#233;ration possible sans les prol&#233;taires allemands et contre eux &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais puisqu'il s'agit de d&#233;fendre les principes trotskystes, laissons la parole &#224; Trotsky lui-m&#234;me. Dans son &#233;tude Apr&#232;s la &#034;paix&#034; imp&#233;rialiste de Munich &#8211; une le&#231;on toute fra&#238;che, il &#233;crivait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Dans tous les cas o&#249; les forces contre-r&#233;volutionnaires tentent de revenir de &#034; l'&#201;tat d&#233;mocratique &#034; pourrissant, en arri&#232;re vers le particularisme provincial, vers la monarchie, la dic&#173;tature militaire, le fascisme, le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire, sans prendre sur lui la moindre responsabilit&#233; pour la &#034; d&#233;fense de la d&#233;mocratie &#034; (elle n'est pas d&#233;fendable !), opposera &#224; ces forces contre&#173;r&#233;volutionnaires une r&#233;sistance arm&#233;e, pour en cas de succ&#232;s, diriger son offensive contre la &#034; d&#233;mocratie &#034; imp&#233;rialiste. Cette politique n'est applicable, cependant, que pour ce qui concerne les conflits int&#233;rieurs, c'est-&#224;-dire dans le cas o&#249; l'enjeu de la lutte est v&#233;ritablement la question du r&#233;gime politique : c'est ainsi, par exemple, que s'est pr&#233;sent&#233;e la question en Espagne. La participation des ouvriers espagnols &#224; la lutte contre Franco &#233;tait leur devoir &#233;l&#233;mentaire. Mais c'est pr&#233;cis&#233;ment et uniquement parce que les ouvriers n'ont pas r&#233;ussi &#224; remplacer &#224; temps le pouvoir de la d&#233;mocratie bourgeoise par leur propre pouvoir, que la &#034;d&#233;mocratie&#034; a fait place au fascisme. Cependant, c'est pure tromperie et charlatanisme que de transporter m&#233;caniquement les lois et les r&#232;gles de la lutte des diff&#233;rentes classes d'une seule et m&#234;me nation dans la guerre imp&#233;rialiste, c'est-&#224;-dire la lutte d'une seule et m&#234;me classe de diff&#233;rentes nations. Actuellement, il n'est, semble-t-il, pas besoin de d&#233;montrer que les imp&#233;rialistes luttent l'un contre l'autre non pour des principes politiques, mais pour la domination sur le monde, sous le couvert des principes qui leur semblent bons &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on pr&#233;sente la d&#233;faite d'Hitler comme une premi&#232;re &#233;tape gagn&#233;e dans la lutte (&#034; la lutte ne s'arr&#234;te pas l&#224; &#034;), on utilise un raisonnement purement stalinien : &#034; la lutte contre le fascisme ext&#233;rieur et ses prolongements &#224; l'int&#233;rieur &#034;. La d&#233;faite de Hitler venant &#224; la suite de la victoire d'un camp imp&#233;rialiste sur l'autre, n'a pas &#233;t&#233; une victoire du prol&#233;tariat allemand, fran&#231;ais, ou autre. Encore dans Apr&#232;s Munich Trotsky dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; La question du sort des Tch&#232;ques, des Belges, des Fran&#231;ais, des Allemands, en tant que nations, nous ne la relions pas &#224; des d&#233;placements conjoncturels des fronts militaires lors d'une nou&#173;velle m&#234;l&#233;e des imp&#233;rialistes, mais &#224; l'insurrection du prol&#233;tariat et &#224; sa victoire sur tous les imp&#233;rialistes &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le drapeau de la lutte imp&#233;rialiste la chute de Hitler n'a &#233;t&#233; qu'un d&#233;placement conjoncturel des fronts militaires. De m&#234;me que la d&#233;faite de 1940 de la bourgeoisie fran&#173;&#231;aise n'a pas &#233;t&#233; la victoire du prol&#233;tariat uniquement parce que cette d&#233;faite n'a pas &#233;t&#233; acquise par l'activit&#233; r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat. Le langage communiste e&#251;t &#233;t&#233; de dire je continue la lutte parce que plus que jamais les masses se trouvent &#233;cras&#233;es par l'imp&#233;rialisme. Plus que jamais la lutte entre les brigands imp&#233;rialistes se poursuit sur le dos des masses. Imagine-t-on, en 1918, l'IC disant :&#034; La lutte ne s'arr&#234;te pas &#224; la chute du Kaiser ? &#034; La d&#233;faite de l'imp&#233;rialisme allemand &#233;tait-elle une &#233;tape dans la lutte prol&#233;tarienne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie r&#233;volutionnaire est l'expression et la garantie supr&#234;me de la nature de la direction d'une tendance prol&#233;tarienne. La fausse terminologie d&#233;veloppe le confusionnisme, rabaisse le niveau des cadres r&#233;volutionnaires et ouvre une br&#232;che &#224; l'id&#233;ologie en&#173;nemie [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici ce que dit encore Trotsky (IV&#232;me tome de la R&#233;volution Russe, page 229) : &#034; Les distances indispensables &#224; l'&#233;gard de l'id&#233;ologie bourgeoise &#233;taient maintenues dans le Parti par une vigilante intransigeance dont l'inspirateur &#233;tait L&#233;nine. Il ne cessait de travailler du scalpel, tranchant les liens que l'entourage petit-bourgeois cr&#233;ait entre le Parti et l'opinion publique offi&#173;cielle. En m&#234;me temps, L&#233;nine apprenait au Parti &#224; former sa propre opinion publique, s'appuyant sur la pens&#233;e et les sentiments de la classe qui montait. Ainsi, par s&#233;lection et &#233;ducation, dans une lutte continuelle, le Parti bolch&#233;vik cr&#233;e son milieu non seulement politique mais aussi moral, ind&#233;pen&#173;dant de l'opinion publique bourgeoise et irr&#233;ductiblement oppos&#233; &#224; celle-ci. C'est seulement cela qui permit aux bolch&#233;viks de surmonter les h&#233;sitations dans leurs propres rangs et de manifester la virile r&#233;solution sans laquelle la victoire d'Octobre e&#251;t &#233;t&#233; impossible. &#034;Comment se d&#233;fendre contre la calomnie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec raison, La V&#233;rit&#233; dit que le but de la bourgeoisie est de nous &#233;touffer. Mais en m&#234;me temps (num&#233;ro du 4/6) elle met en demeure de Gaulle de choisir entre le camp fas&#173;ciste qui &#233;touffe les trotskistes, et le camp d&#233;mocratique (Angleterre, etc...) qui ne les &#233;touffe pas. Mesurez la hauteur de ce raisonnement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La calomnie contre-r&#233;volutionnaire, comme l'antis&#233;mitisme et autres manifestations empoisonn&#233;es, &#233;lev&#233;es &#224; une &#233;chelle politique, font partie de la lutte de classe et ne s'&#233;l&#232;vent pas au-dessus d'elle. C'est pour cela que notre premi&#232;re t&#226;che, pour combattre la calomnie, c'est une offensive politique &#233;nergique men&#233;e en direction des masses pour d&#233;masquer politiquement les calomniateurs, afin que celles-ci puissent se convaincre que ceux qui nous calomnient ne sont pas leurs amis mais bien leurs ennemis. Il faut ensuite un travail suivi d'&#233;ducation socialiste dans les rangs ouvriers (&#233;dition de brochures populaires).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aussi une lutte directe contre le gangst&#233;risme staliniste ; nous avions fourni en automne dernier &#224; votre direction une occasion pr&#233;cise d'une action &#224; entreprendre pour le d&#233;masquer publiquement [2]. Votre direction s'y est d&#233;rob&#233;e. Apr&#232;s avoir fui le combat, quel est le s&#233;rieux des d&#233;fis lanc&#233;s par La V&#233;rit&#233; invitant les staliniens &#224; des commissions compos&#233;es &#034; de toutes les tendances du mouvement ouvrier et de la r&#233;sistance &#034; ? Nous sommes pr&#234;ts &#224; fournir &#224; une commission de contr&#244;le de votre parti tous les d&#233;tails de cette affaire et de l'attitude criminelle de votre direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne l'&#233;ducation socialiste, t&#226;che fondamentale de travail commu&#173;niste, vous semblez l'ignorer. Dans les contacts que nos camarades ont pu avoir avec vous, il semble que m&#234;me pour les membres de l'organisation ce travail passe au troisi&#232;me plan (&#034; la r&#233;volution est l&#224;, ce n'est pas le moment de lire Marx &#034;). Comment voulez vous combattre l'obscurantisme et les pr&#233;jug&#233;s, si vous ne remplissez pas votre r&#244;le d'&#233;ducateurs socialistes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan politique, les efforts de l&#233;galisation se sont transform&#233;s en pi&#232;ge pour votre organisation. Voici deux mois que La V&#233;rit&#233; a abandonn&#233; toute propagande r&#233;volu&#173;tionnaire et qu'elle ne se fait plus le d&#233;fenseur des masses devant les mesures r&#233;actionnaires du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous vous &#234;tes r&#233;fugi&#233;s dans des justifications vis-&#224;-vis de la bourgeoisie et les appels aux &#034; d&#233;mocrates &#034;. Ainsi La V&#233;rit&#233; du 4/6 dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Nous ne sommes pas un groupe de conspirateurs... Nos t&#226;ches sont : &#233;clairer en &#233;duquant, guider en expliquant. Notre arme : c'est la propagande r&#233;volutionnaire, et rien d'autre&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mensonge la bourgeoisie ne le croira pas et aux travailleurs nous n'avons pas le droit de mentir. Des centaines de fois L&#233;nine a expliqu&#233; aux militants : la r&#233;volution est une guerre. Une guerre se fait-elle seulement &#224; l'aide de la propagande ? Trotsky a &#233;crit un livre intitul&#233; : D&#233;fense du Terrorisme. Nous avons &#233;t&#233; les premiers et continuons &#224; &#234;tre les seuls d&#233;fenseurs des Milices ouvri&#232;res et de l'armement du prol&#233;tariat. Nous ap&#173;prouvons la devise de Blanqui : qui a du fer a du pain. Comment peut-on avec une pareille doctrine pr&#233;senter les r&#233;volutionnaires comme des pr&#234;cheurs et ap&#244;tres d'une propagande &#034; de la v&#233;rit&#233; et du progr&#232;s social &#034; (V&#233;rit&#233; 4/6). L&#233;nine a enseign&#233; au Parti r&#233;volution&#173;naire la plus grande m&#233;fiance envers tout gouvernement bourgeois, m&#234;me le plus d&#233;mocratique. Une partie de l'appareil de l'organisation doit toujours rester dans l'ill&#233;galit&#233; pour parer &#224; toute mesure arbitraire de la part du gouvernement bourgeois. Vous-m&#234;mes ne pr&#233;tendez pas livrer toute l'organisation &#224; la l&#233;galit&#233;, quelles que soient les mesures de l&#233;galisation dont vous ferez l'objet. N'est-ce pas dans ce cas renforcer la calomnie contre nous que d'affirmer : &#034; Nous ne sommes pas des conspirateurs &#034; ? Au moment o&#249; le rapport de forces nous impose la lutte clandestine pour pouvoir exprimer des id&#233;es r&#233;volutionnaires en faveur des masses, le raisonnement l&#233;niniste ne serait-il pas plut&#244;t de dire aux travailleurs : &#034; la bourgeoisie conspire, couverte de sa propre l&#233;galit&#233;, contre le niveau de vie et la vie m&#234;me des masses ? Nous, r&#233;volutionnaires, appelons les travailleurs conscients &#224; se pr&#233;parer, clandestinement s'il le faut, au renversement de la bourgeoisie. La propa&#173;gande ouverte n'est qu'une partie de notre travail. Demander aux ouvriers de cacher des armes, aux soldats de se r&#233;unir en cellules de caserne, aux ouvriers d'usine d'&#233;diter des organes d'opposition sans adresse et sans nom, tout cela, n'est-ce pas un travail de conspirateurs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est inutile, nous l'esp&#233;rons, d'ajouter que cela n'a rien de commun avec le terrorisme anarchiste, lutte individuelle contre des repr&#233;sentants isol&#233;s de la classe capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juillet 1917, le rapport de forces entre le prol&#233;tariat et la bourgeoisie a ouvert la voie &#224; la calomnie capitaliste et social-chauvine contre les bolch&#233;viks. Le regroupement des masses a fait sauter en l'air la calomnie quelques mois apr&#232;s. Combien r&#233;confortant pour les r&#233;volutionnaires est le raisonnement de ce soldat russe, que rapporte Kroupska&#239;a dans sa brochure de Souvenirs sur L&#233;nine : &#034; Sais-tu que ton L&#233;nine est un espion allemand ? dit un Monsieur instruit au soldat en faction. Non, je ne le sais pas, r&#233;pond celui-ci, je n'ai pas assez d'instruction pour &#231;a, mais ce que je sais, c'est que tout ce que L&#233;nine dit sur la terre est juste &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais faut-il seulement s'en r&#233;f&#233;rer &#224; 1917 ? Les camarades voudront bien r&#233;fl&#233;chir &#224; des exemples plus r&#233;cents, que nous leur soumettons. A la fin du mois de mai, quand le gouvernement rejette les revendications pr&#233;sent&#233;es par la CGT &#224; la suite des mouvements de gr&#232;ve, les social-chauvins n'osent bien entendu pas r&#233;futer les arguments de la bourgeoisie dirig&#233;s contre les ouvriers. Notre organisation r&#233;pand quelques milliers de tracts, sign&#233;s par les trotskystes, par la IV&#232;me Internationale, pour prendre la d&#233;fense des ouvriers, d&#233;masquer les bureaucrates et indiquer nos solutions. De multiples endroits nous parvient l'&#233;cho d'ouvriers du rang, qui constituent la grande masse, approuvant le tract et le faisant circuler, sans s'inqui&#233;ter de la signature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une usine importante de la r&#233;gion parisienne, des camarades ouvriers entreprennent un travail d'opposition syndicale enti&#232;rement sur des bases communistes et r&#233;volutionnaires [3]. La bureaucratie social-chauvine r&#233;pand imm&#233;diatement le bruit qu'il s'agit de la 5&#232;me colonne. Ne c&#233;dant pas &#224; la pression des adversaires, le travail de l'opposi&#173;tion continue conspirativement, pour ne pas donner prise &#224; la r&#233;pression. N'est-ce pas &#224; nous de tenir bon, de d&#233;montrer aux ouvriers les n&#233;cessit&#233;s qui nous sont impos&#233;es par la lutte, ne s'apercevront-ils pas que ceux qui nous accusent les trahissent, mais que nous ne cesserons de les d&#233;fendre ? Le journal de l'opposition est le seul qui dans toutes les occasions prend intelligemment et avec continuit&#233; la d&#233;fense des ouvriers. Aussi le font-ils circuler, sans s'inqui&#233;ter des accusations des bureaucrates. Nos camarades organisent quelques ouvriers plus avanc&#233;s en noyau de l'opposition syndicale ; ils adoptent la conspiration comme une n&#233;cessit&#233; faisant partie de notre travail. L'opposition arrive &#224; imposer politiquement sa l&#233;galit&#233; : le repr&#233;sentant de la direction syndicale prend l'engagement de ne pas faire arr&#234;ter les repr&#233;sentants de l'opposition si ceux-ci se d&#233;masquent. Mais cette invitation manque son effet, car l'opposition ce n'est plus seulement un noyau isol&#233;, c'est un courant politique dans l'usine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes-nous r&#233;clam&#233;s pour ce travail de la r&#233;sistance ? Notre propagande est-elle tendancieuse dans le sens des pr&#233;jug&#233;s existants ? Nullement. En voici un exemple : un camarade qui fait un travail syndical d'usine avec notre concours, &#233;crit dans son projet de journal : la guerre &#233;tant finie rien ne s'oppose plus &#224; nos revendications. Notre camarade lui explique que cette fa&#231;on de s'exprimer peut laisser entendre aux ouvriers que la politique des bureaucrates ayant frein&#233; les ouvriers &#224; cause de la guerre (des capitalistes) pouvait se justifier. Or il ne faut en aucun cas utiliser de pareilles &#233;quivoques, parce que ce qui importe par dessus tout c'est d'&#233;lever la conscience des ouvriers. Notre camarade sympathisant convient de la justesse de ce raisonnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais voici que le raisonnement ci-dessus &#233;cart&#233; d'un journal d'usine, nous le retrouvons dans l'organe central du PCI. La V&#233;rit&#233; du 4/6 dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Aujourd'hui la guerre est finie. Nous attendons du ministre l'autorisation de pa&#173;ra&#238;tre l&#233;galement. Rien ne justifie plus les mesures d'exception qui nous frappent &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre justifiait-elle donc les mesures d'exception ? Pendant la guerre la bourgeoisie prenait le pr&#233;texte de la &#034; d&#233;fense nationale &#034;. Mais aujourd'hui la bourgeoisie dit par la voix des social-chauvins et de tous ses partis : &#034; Nous avons gagn&#233; la premi&#232;re manche par tant de sacrifices, allons-nous maintenant tout compromettre ? Notre union qui &#233;tait n&#233;cessaire contre l'ennemi est n&#233;cessaire maintenant pour refaire la France &#034;. C'est &#224; l'aide de cette argumentation que les Thorez et Cie veulent imposer &#224; la classe ouvri&#232;re la politique du produire, produire, produire... Notre t&#226;che ce n'est pas de passer l'&#233;ponge sur le pass&#233; et l'opposer au pr&#233;sent, car pour sa politique actuelle la bour&#173;geoisie tire justement argument du pass&#233;. Si des mesures contre nous &#233;taient justifi&#233;es pendant la guerre, elles le sont encore aujourd'hui, parce que la guerre et la paix ne sont que la continuation de la politique de la bourgeoisie imp&#233;rialiste, axiome que Trotsky a si souvent rappel&#233; et que vous oubliez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons voulu par ces quelques exemples d&#233;montrer aux camarades que pour combattre nos adversaires il ne faut pas se laisser imposer leur tactique et leur argumentation. C'est par une id&#233;ologie et une argumentation radicalement contraire &#224; celle de nos ennemis que nous pouvons imposer notre point de vue prol&#233;tarien, et non pas en acceptant les pr&#233;misses du raisonnement de la bourgeoisie, pour en tirer d'autres conclusions. Si nous engageons la lutte contre la calomnie sur le terrain de nos adversaires, nous sommes battus d'avance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi vous brandissez actuellement comme principal argument les morts de la r&#233;sistance. Mais le PC se r&#233;clame de ses dizaines de milliers de morts pour la r&#233;sis&#173;tance, connus dans tout le pays. C'est au nom de ces morts qu'il nous accuse et nous pourchasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui fait notre force, c'est notre politique &#233;nergique de d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts des masses, poursuivie sans h&#233;sitation et sans &#233;quivoque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au lieu de cette intransigeance vous l&#226;chez prise dans chaque occasion grave, vous c&#233;dez &#224; la pression ennemie au moment o&#249; il faudrait le plus y r&#233;sister. Le 10 juin 1944 La V&#233;rit&#233; &#233;crivait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Les forteresses volantes et les tanks d'Eisenhower n'apporteront pas la lib&#233;ration des travailleurs de l'Europe. A la place de l'imp&#233;rialisme allemand qui s'&#233;croule, ils viennent imposer la domination du capital financier yankee et anglais &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux mois apr&#232;s, au moment du plus grand d&#233;cha&#238;nement chauvin et du d&#233;ferlement de la &#034; lib&#233;ration &#034;, La V&#233;rit&#233; &#233;crit (le 11 Ao&#251;t) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Hitler s'effondre. Les Am&#233;ricains approchent de Paris. La classe ouvri&#232;re doit mettre &#224; profit la situation... &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La V&#233;rit&#233; est-elle assez na&#239;ve pour croire qu'on pouvait transformer en insurrection prol&#233;tarienne une situation dont tout le cours ant&#233;rieur avait pr&#233;par&#233; les masses &#224; la &#034; lib&#233;ration nationale &#034;, notamment du fait du monopole d'influence des social-chauvins ? En r&#233;alit&#233;, La V&#233;rit&#233; a ploy&#233; sous la pression des &#233;v&#233;nements et le PCI a engag&#233; ses militants &#224; participer &#224; &#034; l'&#233;puration &#034;, duperie monstrueuse qui a permis &#224; l'&#201;tat bourgeois de traverser indemne les &#233;v&#233;nements (rappelons-nous &#034; l'insurrection &#034; de la police).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la m&#234;me fa&#231;on, La V&#233;rit&#233; a d&#233;nonc&#233; sous l'occupation la r&#233;sistance d'union sacr&#233;e, mais l&#226;che prise maintenant devant l'opinion publique petite-bourgeoise et en arrive &#224; se r&#233;clamer de la r&#233;sistance !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous, le levier pour le renversement de la situation, n'est pas dans des discussions avec &#034; l'opinion publique &#034;. Il est dans une politique r&#233;volutionnaire, hardie : &#224; l'&#173;heure o&#249; les masses voient qu'elles sont trahies de toutes parts, &#224; l'heure o&#249; l'offensive gouvernementale se poursuit contre elles et que les chefs &#034; ouvriers &#034; se perdent en discours, les trotskistes doivent montrer aux masses que, ne s'effrayant ni de la calomnie ni des menaces, ils restent seuls &#224; prendre la d&#233;fense de leurs int&#233;r&#234;ts. Les ouvriers sont fatigu&#233;s d'ann&#233;es de souffrances et de privations. Ils arrivent &#224; ex&#233;crer les chefs tra&#238;tres qui d&#233;tiennent actuellement dans les usines le r&#244;le de premiers garde-chiourme. Dans ces conditions, deux ouvriers r&#233;volutionnaires, par un travail clandestin et intelligent, tiennent en &#233;chec toute une direction syndicale, parce que les ouvriers ont pu se rendre compte qu'il y avait quelqu'un pour prendre leur d&#233;fense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de mener son offensive, La V&#233;rit&#233; se perd en discussions et en disputes avec &#034; l'opinion publique &#233;clair&#233;e &#034;, avec les &#034;d&#233;mocrates sinc&#232;res&#034;. Et les ouvriers assis&#173;tent &#224; ces pleurnicheries, au lieu de rencontrer dans La V&#233;rit&#233; un organe de combat et une r&#233;ponse &#224; leurs propres pr&#233;occupations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une interview de 1937, Trotsky a dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Je suis s&#251;r que dix ouvriers qui comprennent tr&#232;s bien la situation... gagneront une centaine d'ouvriers, et les cent ouvriers un millier de soldats. Ils seront victorieux &#224; la fin de la guerre ; &#231;a me semble tr&#232;s simple, mais je pense que c'est une bonne id&#233;e &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; se r&#233;sument tous les probl&#232;mes de notre travail. Comment faire bien comprendre la situation &#224; une centaine d'ouvriers, les gagner corps et &#226;me &#224; la politique r&#233;volutionnaire, en faire des cadres de la classe ouvri&#232;re et du trotskisme ; c'est par eux que nous pourrons appara&#238;tre aux masses comme leurs seuls d&#233;fenseurs, dans ce monde o&#249; elles n'ont que des ennemis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont l&#224; les probl&#232;mes de la construction du parti et de sa prol&#233;tarisation, de l'attitude envers les questions th&#233;oriques, du lien entre la th&#233;orie et la pratique. Ces probl&#232;mes il faut les poser devant l'ensemble du mouvement et &#224; l'aide d'une discussion approfondie, &#224; la lumi&#232;re de l'exp&#233;rience, poser un premier jalon dans la voie du redressement th&#233;orique et pratique du mouvement trotskiste en France. Hors de l&#224; un sort pire que celui du POUM attend notre mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La discussion du bilan de nos deux organisations ne serait pas &#224; l'heure actuelle une concession de votre part, mais le devoir le plus &#233;l&#233;mentaire de notre travail r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;juillet 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;UNION COMMUNISTE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(IV&#232;me Internationale)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Nous demandons aux militants de lire ou de relire les ouvrages de Trotsky que nous avons cit&#233;s O&#249; va la France, Et Maintenant et Apr&#232;s la &#034;Paix&#034; imp&#233;rialiste de Munich. [Note de Barta]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Il s'agit de la d&#233;signation d'une commission d'enqu&#234;te sur l'assassinat de Pamp (Mathieu Bucholz) par le PCF en septembre 1944. En juillet 1945 l'UC avait renouvel&#233; sa demande, pr&#233;alablement &#224; toute discussion politique &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] La Voix des Travailleurs, Bulletin inter-usines de l'opposition syndicale Lutte de Classes ne para&#238;tra qu'en octobre 1945. Mais l'UC avait d&#233;j&#224; engag&#233; un travail dans cette direction et certaines de ses publications d'entreprise portaient d&#233;j&#224; ce nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/postwar/1947/06/nt_19470627.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/postwar/1947/06/nt_19470627.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/urss/natalia.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/urss/natalia.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4250&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4250&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6247&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6247&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quand Staline dissolvait la troisi&#232;me internationale</title>
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		<dc:date>2025-07-27T22:33:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>IV&#176; Internationale</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>

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&lt;p&gt;Quand Staline dissolvait la troisi&#232;me internationale, fond&#233;e par L&#233;nine et Trotsky &lt;br class='autobr' /&gt;
A LA NOUVELLE VICTOIRE POLITIQUE DE L'IMPERIALISME ANGLO-SAXON : LA DISSOLUTION DE LA TROISIEME INTERNATIONALE, LE PROLETARIAT REPONDRA PAR LA LUTTE REVOLUTIONNAIRE SOUS LE DRAPEAU DE LA QUATRIEME INTERNATIONALE ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Au moment o&#249; la guerre imp&#233;rialiste mondiale entre dans sa phase d&#233;cisive, une &#034;nouvelle sensationnelle&#034; diffus&#233;e depuis 48 heures par toutes les radios et dans toute la presse du globe y compris (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique188" rel="directory"&gt;11- Organisation internationale des travailleurs r&#233;volutionnaires&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot105" rel="tag"&gt;IV&#176; Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quand Staline dissolvait la troisi&#232;me internationale, fond&#233;e par L&#233;nine et Trotsky&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A LA NOUVELLE VICTOIRE POLITIQUE DE L'IMPERIALISME ANGLO-SAXON :&lt;br class='autobr' /&gt;
LA DISSOLUTION DE LA TROISIEME INTERNATIONALE,&lt;br class='autobr' /&gt;
LE PROLETARIAT REPONDRA PAR LA LUTTE REVOLUTIONNAIRE&lt;br class='autobr' /&gt;
SOUS LE DRAPEAU DE LA QUATRIEME INTERNATIONALE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; la guerre imp&#233;rialiste mondiale entre dans sa phase d&#233;cisive, une &#034;nouvelle sensationnelle&#034; diffus&#233;e depuis 48 heures par toutes les radios et dans toute la presse du globe y compris les radios et la presse de l'URSS, remplit de stup&#233;faction et d'embarras les prol&#233;tariats de tous les pays : Staline dissout l'Internationale Communiste et recommande &#224; ses membres de subordonner leur action &#224; l'action des Gouvernements &#034;alli&#233;s&#034; dans la lutte contre Hitler !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tandis que la propagande de l'Axe s'empresse de qualifier la nouvelle de &#034;bluff&#034; et de &#034;man&#339;uvre grotesque&#034;, la propagande &#034;alli&#233;e&#034; exalte &#034;l'importance historique&#034; de l'&#233;v&#233;nement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DE QUOI DONC S'AGIT-IL ? PRESSION ET VICTOIRE DE L'IMPERIALISME ANGLO-AMERICAIN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Staline dissout l'Internationale de L&#233;nine c&#233;dant ainsi &#224; la pression de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain et anglais. La nouvelle de la dissolution du Komintern a &#233;t&#233; annonc&#233;e tout de suite apr&#232;s la visite du repr&#233;sentant de Roosevelt, Davies, &#224; Staline, et avant la fin des travaux de la conf&#233;rence politico-militaire des Anglo-Am&#233;ricains &#224; Washington.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre imp&#233;rialiste &#233;tant arriv&#233;e &#224; sa phase d&#233;cisive, et le rapport de forces des bellig&#233;rants s'&#233;tant profond&#233;ment modifi&#233; au cours de la derni&#232;re ann&#233;e en faveur du camp anglo-am&#233;ricain &#224; la suite des d&#233;faites de l'Axe en Russie, en Afrique et dans les airs, l'imp&#233;rialisme anglo-am&#233;ricain est aujourd'hui sur le point de fixer ses plans d&#233;finitifs pour la liquidation de la guerre. Mais avant d'agir sur le terrain militaire en Europe, ayant tir&#233; l'exp&#233;rience am&#232;re de la crise r&#233;volutionnaire qui a suivi la fin de la guerre de 14-18 et qui a menac&#233; jusqu'aux tr&#233;fonds l'&#233;difice capitaliste, il veut s'assurer d'avance la liquidation capitaliste et sans risques pour le r&#233;gime des classes poss&#233;dantes, de cette guerre. L'imp&#233;rialisme subordonne ainsi l'action militaire imm&#233;diate aux consid&#233;rations politiques qui visent &#224; cr&#233;er le climat n&#233;cessaire en Europe, dans lequel aucune crise r&#233;volutionnaire s&#233;rieuse ne serait possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cette raison que l'imp&#233;rialisme anglo-am&#233;ricain neutralise d'abord la III&#232;me Internationale qui, malgr&#233; sa d&#233;g&#233;n&#233;rescence bureaucratique croissante pendant toutes ces derni&#232;res ann&#233;es, repr&#233;sentait encore gr&#226;ce &#224; ses traditions et sa liaison avec l'URSS un cadre dans lequel se canalisait l'activit&#233; r&#233;volutionnaire spontan&#233;e des masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POURQUOI STALINE CEDE-T-IL ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Staline a c&#233;d&#233; &#224; la pression des imp&#233;rialistes &#034;alli&#233;s&#034; parce que, malgr&#233; les derni&#232;res victoires de l'Arm&#233;e Rouge, malgr&#233; la d&#233;faite en perspective de l'Axe, l'URSS est sur le plan mondial plus faible que jamais. Faible d'abord parce que la guerre a consomm&#233; et d&#233;truit une masse &#233;norme de richesses naturelles du pays, de r&#233;alisations techniques, de mat&#233;riel et d'hommes. Faible ensuite parce que la force principale de l'URSS en tant que pays qui voulait &#233;riger une soci&#233;t&#233; socialiste bas&#233;e sur un syst&#232;me d'&#233;conomie planifi&#233;e et sans les entraves du r&#233;gime capitaliste de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, r&#233;side dans le soutien actif du prol&#233;tariat mondial, dans le progr&#232;s de son mouvement r&#233;volutionnaire et dans l'&#233;largissement de la r&#233;volution socialiste commenc&#233;e il y a 25 ans en URSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ni mat&#233;riellement en fait, ni politiquement, l'URSS ne pouvait soutenir longtemps la lutte avec son entourage capitaliste. Mais le mouvement r&#233;volutionnaire sous la direction stalinienne n'a accumul&#233; jusqu'&#224; maintenant que des d&#233;faites, qui ont rendu la situation de l'URSS &#224; la longue, et surtout pendant la guerre actuelle, extr&#234;mement pr&#233;caire et &#224; la merci des pressions et des chantages de l'imp&#233;rialisme mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MAIS S'IL NE S'AGIT QUE D'UNE MAN&#338;UVRE ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La propagande de l'Axe qui par le succ&#232;s politique de l'imp&#233;rialisme anglo-saxon a perdu un atout d'argumentation en faveur de la croisade &#034;anti-communiste&#034;, d&#233;nonce la liquidation du Komintern comme une &#034;man&#339;uvre&#034;, et les bureaucrates qui dirigent les partis communistes, embarrass&#233;s par l'ampleur et la vitesse de la d&#233;cision du Kremlin, ne tarderont pas de donner aux ouvriers la m&#234;me explication facile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est une s&#233;rie de telles man&#339;uvres qui pendant toutes ces derni&#232;res ann&#233;es ont amen&#233; la liquidation pratique du mouvement communiste, et dont l'aboutissement n&#233;cessaire est la liquidation aussi du Komintern. C'est la &#034;man&#339;uvre&#034; du Front Populaire qui a &#233;limin&#233; de la sc&#232;ne politique la physionomie ind&#233;pendante des partis communistes et qui a favoris&#233; ainsi la pr&#233;paration id&#233;ologique de la guerre par la &#034;sainte alliance&#034; des partis bourgeois et &#034;ouvriers&#034;. C'est la &#034;man&#339;uvre&#034; de la subordination du mouvement ouvrier pendant la pr&#233;sente guerre aux mouvements bourgeois nationaux des diff&#233;rents De Gaulle et Giraud dans les camps des pays &#034;alli&#233;s&#034; qui fait &#233;voluer jusqu'&#224; maintenant la guerre selon les d&#233;sirs de l'imp&#233;rialisme mondial et qui pr&#233;pare sa victoire accompagn&#233;e de l'&#233;touffement de toute crise r&#233;volutionnaire et de l'&#233;crasement de ce qui reste encore vivant de la r&#233;volution d'Octobre en URSS. Ce n'est pas la bourgeoisie qui a &#233;t&#233; tromp&#233;e par ces &#034;man&#339;uvres&#034;, c'est le prol&#233;tariat au contraire qui a servi d'instrument docile aux buts r&#233;actionnaires. Il n'y a que des bureaucrates pourris, des coquins ou des imb&#233;ciles qui peuvent faire vanter au prol&#233;tariat les avantages d'une &#034;ing&#233;nieuse&#034; politique de man&#339;uvre et lui d&#233;former ainsi son crit&#232;re de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique prol&#233;tarienne, pour qu'elle soit vraiment r&#233;volutionnaire, c'est-&#224;-dire pour qu'elle fasse avancer la conscience, l'&#233;ducation politique et l'organisation des masses laborieuses, doit &#234;tre telle qu'elle a toujours &#233;t&#233; d&#233;finie par Marx, par L&#233;nine et par Trotsky : franche, audacieuse, avec son propre drapeau, expliquant toujours ce qui est et ce qu'elle veut, au lieu de s'adapter mis&#233;rablement aux dispositions de telle ou telle bourgeoisie &#034;amie&#034; ou &#034;alli&#233;e&#034; de l'URSS. Parce que c'est pr&#233;cis&#233;ment la politique ext&#233;rieure de l'URSS qui conditionne et qui explique toute la politique opportuniste des partis communistes pendant les derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La III&#232;me Internationale &#233;tait devenue aux mains de la bureaucratie stalinienne un simple accessoire de sa politique ext&#233;rieure, qui au lieu d'&#234;tre appuy&#233;e sur l'action r&#233;volutionnaire des masses, les seuls alli&#233;s naturels de l'URSS, a &#233;t&#233; orient&#233;e exclusivement dans la voie des &#034;combines&#034; et des &#034;man&#339;uvres&#034; avec les diff&#233;rents pays imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la bande de bureaucrates qui d'une main aussi l&#233;g&#232;re, sur un geste des ma&#238;tres du Kremlin, dissout maintenant en pleine guerre imp&#233;rialiste l'organisation supr&#234;me du prol&#233;tariat mondial, montre pour une derni&#232;re fois le mis&#233;rable sort que le stalinisme a r&#233;serv&#233; &#224; l'Internationale de L&#233;nine : devenir un simple moyen de marchandage avec les bandits imp&#233;rialistes internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA CONCESSION DE STALINE NE SERA PAS LA DERNIERE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus on prive le prol&#233;tariat de ses armes id&#233;ologiques et organisationnelles pour sa lutte de classe contre la bourgeoisie, plus la position internationale de cette derni&#232;re se renforce et plus elle devient insatiable et agressive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La liquidation du Komintern par Staline ne peut pas &#234;tre la derni&#232;re de ses concessions &#224; l'imp&#233;rialisme arm&#233; des &#034;alli&#233;s&#034;. Sur la voie d'une d&#233;sorganisation et d'une passivit&#233; progressive du prol&#233;tariat mondial, l'existence de l'URSS avec tout ce qui reste encore debout de la R&#233;volution d'octobre dans ce pays, nationalisation de la propri&#233;t&#233;, &#233;conomie planifi&#233;e, commerce ext&#233;rieur &#233;tatis&#233;, ne pourra pas subsister encore pour longtemps. Le rapport des forces changera chaque jour davantage en faveur du capitalisme, aussi bien &#224; l'int&#233;rieur de l'URSS que sur l'&#233;chelle mondiale et provoquera l'effondrement brusque de toutes les conqu&#234;tes socialistes qui subsistent encore en URSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme international, d'accord avec les tendances r&#233;actionnaires renforc&#233;es dans certains milieux de la bureaucratie sovi&#233;tique, exercera pendant cette guerre tout son pouvoir pour arracher d'autres concessions substantielles dans le domaine de l'&#233;conomie planifi&#233;e de l'URSS pour la ramener finalement dans le cycle de l'&#233;conomie anarchique du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SURPRISE ? NON, SUITE LOGIQUE DE TOUTE LA POLITIQUE STALINIENNE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous marxistes, nourris de la pens&#233;e et de l'&#339;uvre pratique de Marx, de L&#233;nine, de Trotsky, un fait est l'aboutissement n&#233;cessaire de son &#233;volution ant&#233;rieure. Que Staline dissolve le Komintern, arme supr&#234;me du prol&#233;tariat combattant, &#224; la veille de la phase d&#233;cisive de la guerre imp&#233;rialiste mondiale, ne nous surprend pas. Il y a en fait 15 ans que nous avons commenc&#233; &#224; prouver aux militants de l'avant-garde r&#233;volutionnaire que la politique stalinienne conduisait pratiquement &#224; la liquidation du mouvement communiste. Et il y a plus de 9 ans qu'ayant tir&#233; de l'exp&#233;rience pratique la certitude qu'aucune r&#233;forme ne serait plus possible &#224; l'int&#233;rieur de la III&#232;me Internationale, nous avons proclam&#233; devant le prol&#233;tariat mondial, dans la mesure de nos forces, la n&#233;cessit&#233; historique de la IV&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne verserons pas de larmes inutiles devant la d&#233;pouille de celle qui fut jadis l'Internationale h&#233;ro&#239;que de L&#233;nine et de Trotsky. Nous ne perdrons pas non plus notre courage devant les difficult&#233;s immenses de notre &#339;uvre et notre foi in&#233;branlable dans la justice prol&#233;tarienne et le triomphe certain de notre cause. Nous savons avec Marx que les succ&#232;s faciles ne sont pas propres &#224; la r&#233;volution prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons au contraire que &#034;les r&#233;volutions prol&#233;tariennes se critiquent elles-m&#234;mes constamment, interrompent &#224; chaque instant leur propre cours, reviennent sur ce qui semble d&#233;j&#224; &#234;tre accompli, pour le recommencer &#224; nouveau, raillent impitoyablement les h&#233;sitations, les faiblesses et les mis&#232;res de leurs premi&#232;res tentatives, paraissent n'abattre leur adversaire que pour lui permettre de puiser de nouvelles forces de la terre et se redresser &#224; nouveau formidable en face d'elles, reculent constamment &#224; nouveau devant l'immensit&#233; infinie de leurs propres buts, jusqu'&#224; ce que soit enfin cr&#233;&#233;e la situation qui rende impossible tout retour en arri&#232;re, et que les circonstances elles-m&#234;mes crient : ...c'est ici qu'il faut sauter !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prol&#233;taires ! Camarades !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laissons les morts enterrer leurs morts. Aussi p&#233;nible que cela puisse &#234;tre pour des milliers d'entre vous de constater que l'Internationale sous le drapeau de laquelle d'innombrables militants de notre cause ont trouv&#233; la mort et ont souffert dans les ge&#244;les de la bourgeoisie les pires martyrs moyen&#226;geux, vous abandonne au moment le plus critique de la lutte contre l'imp&#233;rialisme qui, une fois de plus, a plong&#233; l'humanit&#233; enti&#232;re dans une mer immense de sang, de d&#233;tresse et de souffrance, ne vous d&#233;couragez pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme europ&#233;en sortira de cette guerre mortellement affaibli. Dans une s&#233;rie de pays tels que l'Allemagne, l'Italie, la Roumanie, etc... l'effondrement risque d'&#234;tre total et le chaos &#233;conomique et politique indescriptible. Dans les autres pays la guerre n'a pas fait moins de ravages et le d&#233;sordre g&#233;n&#233;ral qui accompagnera sa fin provoquera des explosions gigantesques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#232;re de guerres civiles et de r&#233;volutions commencera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la d&#233;sorganisation et la confusion dans les rangs des r&#233;volutionnaires peuvent permettre de nouveau une stabilisation &#233;ph&#233;m&#232;re du capitalisme. Dans ce cas la mis&#232;re atroce et l'esclavage politique seraient pour une certaine p&#233;riode notre sort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme europ&#233;en ne peut en fait se survivre apr&#232;s cette guerre qu'en rabaissant le niveau de vie &#224; ses extr&#234;mes limites et en instaurant un ordre politique dictatorial. Crises &#233;conomiques plus longues et plus profondes que toutes celles que nous avons jusqu'&#224; maintenant connues, ch&#244;mage massif et permanent, salaires bas, vie ch&#232;re, esclavage politique, voil&#224; les perspectives d'apr&#232;s&#173;guerre si nous accordons au capitalisme encore un d&#233;lai d'existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Forgeons d&#232;s maintenant dans la lutte nos armes nouvelles : les nouveaux partis r&#233;volutionnaires, la nouvelle Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la pens&#233;e de Marx, de L&#233;nine et de Trotsky soit notre guide et notre drapeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POUR LE TRIOMPHE DE LA REVOLUTION SOCIALISTE MONDIALE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POUR LES ETATS-UNIS SOCIALISTES D'EUROPE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le gouvernement r&#233;volutionnaire des Comit&#233;s ouvriers et paysans !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la d&#233;fense des conqu&#234;tes socialistes de l'URSS contre les nouveaux assauts de l'imp&#233;rialisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la paix, le pain et la libert&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VIVE LA QUATRIEME INTERNATIONALE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/05/ldc13s_052443.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/05/ldc13s_052443.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;APPEL AUX OUVRIERS COMMUNISTES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En pleine guerre imp&#233;rialiste et sous la pression des capitalistes de Londres et de Washington, Staline, qui depuis longtemps avait transform&#233; la III&#232;me Internationale d'instrument de la r&#233;volution mondiale socialiste en objet de marchandages diplomatiques, d&#233;savoue l'Internationale elle-m&#234;me en tant qu'instrument d'&#233;mancipation de l'humanit&#233; de la guerre et de l'oppression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grande est la joie dans le camp de l'imp&#233;rialisme &#034;d&#233;mocratique&#034; qui proclame la faillite de l'internationalisme prol&#233;tarien et exalte la patrie &#034;&#233;ternelle&#034; (capitaliste). Et Staline s'empresse de d&#233;clarer au correspondant de l'agence Reuter &#224; Moscou que la &#034;dissolution de l'Internationale... pr&#233;pare les voies pour l'association des peuples bas&#233;e sur l'&#233;galit&#233;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mensonges impudents que les pr&#233;tention des imp&#233;rialistes &#034;d&#233;mocratiques&#034; et de leur valet Staline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel est l'ouvrier qui ne sache pas que l'Internationale a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e pr&#233;cis&#233;ment non seulement pour l'&#233;mancipation du prol&#233;tariat de la bourgeoisie, mais aussi, en vue de cette &#233;mancipation, pour r&#233;aliser l'&#233;galit&#233; entre toutes les nations ? Quel est le militant communiste qui ne sache pas que le fondement du l&#233;ninisme c'est pr&#233;cis&#233;ment l'incompatibilit&#233; du capitalisme actuel (le capitalisme imp&#233;rialiste des monopoles) avec une &#034;association des peuples bas&#233;s sur l'&#233;galit&#233;&#034; ? La guerre imp&#233;rialiste de 14-18 et la pr&#233;sente guerre imp&#233;rialiste n'ont-elles pas d&#233;montr&#233; pratiquement cette incompatibilit&#233; ? La victoire d'un camp imp&#233;rialiste sur l'autre (victoire alli&#233;e en 1918, victoire de Hitler en 1940) peut-elle &#234;tre autre chose qu'une exploitation renforc&#233;e du prol&#233;tariat et une oppression des nations les plus faibles par la bourgeoisie des pays imp&#233;rialistes les plus forts ? Toute notre lutte jusqu'&#224; maintenant n'a-t-elle pas &#233;t&#233; pr&#233;cis&#233;ment de d&#233;montrer que seul l'internationalisme prol&#233;tarien dont l'instrument est l'Internationale peut permettre &#224; chaque exploit&#233; d'avoir r&#233;ellement une patrie &#224; lui ? Que la patrie o&#249; l'ouvrier est exploit&#233; par le capital et o&#249; il peut crever de faim, c'est la patrie du capitaliste et non la sienne propre ? Que la seule base de l'union fraternelle des peuples ce sont les Etats-Unis socialistes d'Europe et du Monde et non pas des &#034;patries&#034; capitalistes isol&#233;es et ennemies ? En dissolvant la III&#232;me Internationale soi-disant pour d&#233;montrer que le &#034;bolch&#233;visme&#034; ne s'immisce pas dans les affaires des nations, Staline ne passe-t-il pas ainsi dans le camp des calomniateurs de l'internationalisme prol&#233;tarien ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les brigands imp&#233;rialistes chantent trop t&#244;t victoire. Comme aux si&#232;cles pass&#233;s la monarchie, de nos jours l'internationalisme ne meurt jamais, car la lutte de classes ne s'arr&#234;te jamais. A LA III&#232;me INTERNATIONALE MORTE SUCCEDE LA IV&#232;me INTERNATIONALE .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du sein m&#234;me de la III&#232;me Internationale, en s'opposant &#224; la direction officielle dans toutes les questions o&#249; celle-ci s'&#233;loignait des int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re, est n&#233;e depuis 1924 le courant internationaliste qui constitua en 1928 l'Opposition communiste de gauche (&#034;trotskyste&#034;). Quand en 1933 la faillite de la III&#232;me Internationale sous la direction de Staline devint &#233;vidente par la catastrophe allemande, l'opposition de gauche proclama la n&#233;cessit&#233; de la cr&#233;ation de la nouvelle Internationale, la Quatri&#232;me. Car la lutte de classe, base de la soci&#233;t&#233; capitaliste, rend n&#233;cessaire &#224; chaque instant au prol&#233;tariat l'existence d'un Parti prol&#233;tarien sans lequel ses luttes sont vou&#233;es &#224; l'&#233;chec. La IV&#232;me Internationale ne fait que continuer les v&#233;ritables traditions de la III&#232;me Internationale du vivant de L&#233;nine. Sa base politique est constitu&#233;e par les Th&#232;ses et les R&#233;solutions des quatre premiers Congr&#232;s de l'I.C.(1919-20-21-22). Que chaque communiste digne de ce nom &#233;tudie ces th&#232;ses et les compare avec les bases programmatiques de la IV&#232;me Internationale ; il deviendra alors &#233;vident que celle-ci continue celle-l&#224;, que depuis 1933 la IV&#232;me Internationale repr&#233;sente la continuit&#233; r&#233;volutionnaire de la lutte de classes et que le communisme &#224; jamais vivant aux c&#339;urs des exploit&#233;s poss&#232;de contre la bourgeoisie le drapeau sans t&#226;che aucune de l'Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par leur concert de man&#339;uvres, de marchandages et de com&#233;dies diplomatiques sur le dos des peuples, les imp&#233;rialismes anglais, am&#233;ricain, allemand, italien et la bureaucratie conservatrice sovi&#233;tique, essaient d'emp&#234;cher que la voix de la IV&#232;me Internationale arrive aux ouvriers et aux opprim&#233;s de tous les pays. Car la IV&#232;me Internationale est la n&#233;gation m&#234;me de ces pratiques issues de la soci&#233;t&#233; de classe, elle lutte pour le renversement du vieux monde pourri et pour l'av&#232;nement de la nouvelle soci&#233;t&#233; socialiste, sans diplomatie, sans marchandages, et sans les &#034;com&#233;dies&#034; sanglantes de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si au cours m&#234;me de cette guerre le prol&#233;tariat n'intervient pas lui-m&#234;me dans la lutte avec ses buts et son v&#233;ritable drapeau, le drapeau du communisme, alors l'imp&#233;rialisme ira plus loin dans son &#339;uvre contre-r&#233;volutionnaire et contraindra la bureaucratie de mettre fin &#233;galement &#224; l'&#233;conomie planifi&#233;e de l'URSS, d&#233;truisant ainsi l'&#339;uvre fondamentale de la r&#233;volution d'Octobre 17.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le devoir vis-&#224;-vis de la classe ouvri&#232;re est le devoir supr&#234;me de tout militant ouvrier. Quand il devient &#233;vident que la Parti auquel on &#233;tait attach&#233; par toutes ses fibres et auquel on &#233;tait pr&#234;t &#224; sacrifier &#224; chaque instant sa vie renonce aux buts permanents de la classe ouvri&#232;re (sous quelque pr&#233;texte que ce soit), alors on ne peut plus continuer &#224; fermer les yeux, &#224; s'endormir avec des &#034;raisonnements&#034;. Il faut imm&#233;diatement tirer la conclusion pratique fondamentale : la rupture avec l'opportunisme, pour l'orientation imm&#233;diate vers la recherche th&#233;orique et pratique d'un milieu r&#233;volutionnaire nouveau, sous peine de trahir le prol&#233;tariat, sous peine de trahir sa propre vie de communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous disions en novembre 1940 : tout militant honn&#234;te qui ne veut pas rester impuissant devant la guerre et le fascisme (dont les m&#233;thodes se sont &#233;tendues &#224; tous les pays capitalistes), doit adopter les principes th&#233;oriques de la IV&#232;me Internationale, h&#233;riti&#232;re des meilleures traditions r&#233;volutionnaires des trois pr&#233;c&#233;dentes Internationales. Nous disions aussi qu'il y aurait en France un Parti r&#233;volutionnaire seulement quand des centaines et des milliers d'entre vous prendront conscience du r&#244;le politique du stalinisme et deviendront les champions de la nouvelle Internationale. La III&#232;me Internationale est morte depuis longtemps. Le d&#233;saveu formel de Staline sous la pression de l'imp&#233;rialisme est le dernier coup donn&#233; aux masses de tous les pays pour lesquelles la III&#232;me Internationale restait encore le symbole de la solidarit&#233; des ouvriers de tous les pays. Reconstruisons ensemble le v&#233;ritable Parti prol&#233;tarien, qui bannissant de son sein le r&#233;formisme et le stalinisme, sera le guide r&#233;volutionnaire de la classe ouvri&#232;re. R&#233;veillons d'abord sur le terrain de l'usine l'activit&#233; des meilleurs &#233;l&#233;ments de la classe ouvri&#232;re en vue de l'organisation de celle-ci pour les luttes qui approchent, luttes qui secoueront de fond en comble le vieil &#233;difice capitaliste et qui, en r&#233;veillant la classe ouvri&#232;re &#224; une activit&#233; r&#233;volutionnaire nouvelle, balaieront de la sc&#232;ne politique les &#233;l&#233;ments pourris de ce qui reste de la II&#232;me et de la III&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avant pour le nouveau parti r&#233;volutionnaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vivent les Etats-Unis socialistes d'Europe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vive la Quatri&#232;me Internationale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1er Juin 1943&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Groupe Communiste (IV&#232;me Internationale)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/06/ldc13_060143.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/06/ldc13_060143.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2018/05/22/75an-m22.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2018/05/22/75an-m22.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/hic/works/1943/06/Staline_dissout.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/hic/works/1943/06/Staline_dissout.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Staline s'attaquait &#224; la perspective internationale et prol&#233;tarienne de L&#233;nine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4567&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4567&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Internationale Communiste apr&#232;s L&#233;nine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/ical/ical1.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/ical/ical1.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que repr&#233;sentait la 3&#232;me internationale pour le prol&#233;tariat mondial&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5929&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5929&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article696&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article696&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3961&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3961&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article261&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article261&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Barta, Pierre Bois et les gr&#232;ves &#224; Renault</title>
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		<dc:date>2025-05-20T22:41:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


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&lt;p&gt;Barta, Pierre Bois et les gr&#232;ves &#224; Renault &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous publions ci-dessous le r&#233;cit d'un participant &#224; l'Assembl&#233;e du 23-4, chez Renault (secteur Collas), o&#249; fut d&#233;cid&#233;e la gr&#232;ve pour les 10 francs : &lt;br class='autobr' /&gt;
A 12 h.30, lorsque j'arrive, le trottoir (large d'au moins 8 m&#232;tres) est encombr&#233; d'ouvriers qui sont l&#224;, par dizaines et discutent ; tandis que, par paquets, les ouvriers sortant de la cantine continuent d'affluer. Toutes les conversations roulent sur le m&#234;me sujet : ce qui va se passer tout &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique95" rel="directory"&gt;10- SYNDICALISME ET AUTO-ORGANISATION DES TRAVAILLEURS - SYNDICALISM AND SELF-ORGANISATION OF WORKERS &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve Strike&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot105" rel="tag"&gt;IV&#176; Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot110" rel="tag"&gt;Syndicalism - le syndicalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot225" rel="tag"&gt;Renault&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot283" rel="tag"&gt;Trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Barta, Pierre Bois et les gr&#232;ves &#224; Renault&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous le r&#233;cit d'un participant &#224; l'Assembl&#233;e du 23-4, chez Renault (secteur Collas), o&#249; fut d&#233;cid&#233;e la gr&#232;ve pour les 10 francs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 12 h.30, lorsque j'arrive, le trottoir (large d'au moins 8 m&#232;tres) est encombr&#233; d'ouvriers qui sont l&#224;, par dizaines et discutent ; tandis que, par paquets, les ouvriers sortant de la cantine continuent d'affluer. Toutes les conversations roulent sur le m&#234;me sujet : ce qui va se passer tout &#224; l'heure. Et le mot de gr&#232;ve circule. Un tract diffus&#233; dans la matin&#233;e, de la main &#224; la main, nous a fait savoir que le Comit&#233; de gr&#232;ve, &#233;lu &#224; l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale pr&#233;c&#233;dente par 350 ouvriers contre 8, a tenu &#224; nous r&#233;unir afin de nous mettre au courant des d&#233;marches qu'il a effectu&#233;es aupr&#232;s de la direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une heure donn&#233;e doit &#234;tre respect&#233;e, et, &#224; 12 h.30 pr&#233;cises, un camarade, qui est d&#233;j&#224; sur la fen&#234;tre, commence &#224; parler. Au premier rang de cet auditoire, bien plus nombreux que la fois pr&#233;c&#233;dente, o&#249; se retrouvent presque tous les ouvriers des deux d&#233;partements faisant la &#034;normale&#034;, soit quelque 700 ouvriers, des coups d'oeil significatifs s'&#233;changent ; les visages sont plut&#244;t gais, quoique les esprits soient tendus. Le camarade explique bri&#232;vement, en termes clairs, l'&#233;chec de la d&#233;l&#233;gation, auquel d'ailleurs on s'attendait. Et, devant l'auditoire ouvrier attentif, il d&#233;montre que l'arme gr&#233;viste reste le seul moyen permettant d'obtenir satisfaction. Au milieu des cris d'approbation qui fusent de toutes parts, il explique que la gr&#232;ve &#224; venir sera une lutte des plus s&#233;rieuses qu'il faudra mener avec r&#233;solution jusqu'au bout. &#034;Il ne sera plus question de jouer de l'accord&#233;on ou de rester les bras crois&#233;s &#224; attendre que &#231;a tombe, mais il faudra s'organiser pour faire conna&#238;tre le mouvement dans toutes les usines, faire des piquets de gr&#232;ve et d&#233;fendre les issues de l'usine au besoin.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;pondant d'avance aux objections que pouvaient faire certains sur la perte d'argent que cela occasionnerait, et l'intervention toujours possible de la police, il indique que le paiement des journ&#233;es de gr&#232;ve sera exig&#233; ; quant aux &#034;lacrymog&#232;nes&#034; de la police, pendant plus de six ans nous avons re&#231;u des bombes sur la gueule et on n'a rien dit. On s'est continuellement serr&#233; la ceinture avec les sacrifices que la bourgeoisie nous a impos&#233;s pour d&#233;fendre ses coffres-forts. Et aujourd'hui, nous n'aurions pas la force et le courage d'en faire au moins une infime partie pour nous ?&#034; Appuyant ces paroles de cris bruyants, les ouvriers marquaient leur approbation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passant au vote, le camarade demande aux ouvriers de se prononcer sur la gr&#232;ve en tant que moyen &#224; envisager dans les d&#233;lais les plus courts. Tandis que quelques voix seulement votent &#034;contre&#034;, les ouvriers votent &#034;pour&#034;. C'est alors que le d&#233;l&#233;gu&#233; c&#233;g&#233;tiste, litt&#233;ralement pouss&#233; par ses &#034;copains&#034; qui lui ont fray&#233; un chemin, s'avance pour exposer son point de vue, ainsi que le camarade venait de le demander, invitant les opposants &#224; &#233;mettre leur point de vue. Malgr&#233; le calme relatif, les ouvriers &#233;tant curieux de conna&#238;tre ses objections, il ne put &#233;viter de s'attirer la r&#233;plique d'un ouvrier : &#034;Tu vois, ici au moins, il y a de la d&#233;mocratie&#034;. Grimp&#233; sur la fen&#234;tre, parlant &#224; voix basse et ne sachant pas trop quoi dire, le d&#233;l&#233;gu&#233; entreprit d'expliquer aux ouvriers la &#034;situation r&#233;elle en ce qui concerne les salaires&#034; ; pour son malheur, il se mit &#224; parler d'une d&#233;l&#233;gation qui &#233;tait all&#233;e voir Lefaucheux (avec la demande d'&#233;tablir une &#233;galit&#233; de salaires entre les ouvriers d'ici et ceux de chez Citro&#235;n, avec effet r&#233;troactif), que d'ailleurs, ajouta-t-il, elle ne trouva pas. Manifestement, les ouvriers vomissent les d&#233;l&#233;gations et, &#224; peine le d&#233;l&#233;gu&#233; achevait-il ses derni&#232;res paroles que sa voix &#233;tait couverte d'exclamations plus ou moins significatives. &#034;Les d&#233;l&#233;gations, on en a assez&#034;. &#034;Jusqu'o&#249; comptez-vous nous mener en bateau ?&#034;. &#034;On n'en veut plus de tes d&#233;l&#233;gations, maintenant, ce qu'il faut, ce sont des actes&#034;. J'ajoute moi-m&#234;me : &#034;Egalit&#233; avec Citro&#235;n, mais l&#224;-bas ils cr&#232;vent de faim aussi&#034;. Abr&#233;geant son expos&#233;, le d&#233;-l&#233;gu&#233; lan&#231;a un &#034;appel au calme&#034; et une mise en garde &#034;contre les d&#233;magogues&#034; fut non moins hu&#233;e que les &#034;d&#233;l&#233;gations&#034;. Apr&#232;s quoi, il dut descendre pour c&#233;der la place &#224; un ouvrier d'une trentaine d'ann&#233;es qui, grimp&#233; sur la fen&#234;tre, expliqua, en quelques mots, ce qu'il pensait et des d&#233;l&#233;gu&#233;s et des d&#233;l&#233;gations : &#034;Camarades, depuis des mois, on nous fait attendre des augmentations qui doivent toujours arriver demain. On nous a d&#233;j&#224; fait l'histoire en f&#233;vrier et on nous a dit que l'absence de Lefaucheux, &#224; l'&#233;poque, avait emp&#234;ch&#233; les revendications d'aboutir. Cela a recommenc&#233; hier et, une fois encore, il n'&#233;tait pas l&#224;. Et les d&#233;l&#233;gu&#233;s sont repartis, comme avant. Cela ne peut plus durer. Jusqu'&#224; quand allons-nous nous laisser mener ? Maintenant, ce n'est plus des parlottes qu'il faut, ce sont des actes&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compl&#233;tant dans le m&#234;me sens ce que l'ouvrier venait de dire, le premier camarade parla du Minimum vital qui fut mis &#224; l'ordre du jour de la C.G.T., en novembre et qui devait &#234;tre appliqu&#233; avec effet r&#233;troactif &#233;galement. &#034;Mais la C.G.T., dit-il, capitula sur le minimum vital et l'on ne parla plus ni du minimum vital ni de son effet r&#233;troactif. Comment pouvons-nous croire &#224; pr&#233;sent des personnes qui ont capitul&#233; de la sorte ? Qu'est-ce qui nous prouve qu'ils ne capituleront pas de la sorte demain, avec leurs d&#233;l&#233;gations ?&#034; Cet incident clos de la bonne mani&#232;re, le camarade demande alors, pour clore la r&#233;union, que les ouvriers manifestent par un second vote leur confiance au Comit&#233; de Gr&#232;ve afin de l'habiliter &#224; d&#233;clencher la gr&#232;ve au moment opportun. Si la grande majorit&#233; qui accorda sa confiance au Comit&#233; de gr&#232;ve fut la m&#234;me que pr&#233;c&#233;demment, il n'en fut pas de m&#234;me des &#034;contre&#034; qui voyaient leur nombre ramen&#233; &#224; 8. Lorsque la majorit&#233; vota, un ouvrier qui se trouvait pr&#232;s du d&#233;l&#233;gu&#233; lui cria &#224; l'oreille : &#034;Tu les vois, tous ceux qui sont pour l'action, rince-toi l'oeil !&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POUR QUI TRAVAILLENT LES OUVRIERS ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour justifier ses refus successifs d'augmenter les salaires, M. Lefaucheux, directeur de la R&#233;gie Renault, a pr&#233;text&#233; le bilan d&#233;ficitaire de la R&#233;gie Renault : &#034;Nous ne pouvons pas vous payer, parce qu'il n'y a plus d'argent...&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La production aurait-elle diminu&#233; pour expliquer ce d&#233;ficit ? En 1945, 12.000 v&#233;hicules ont &#233;t&#233; fabriqu&#233;s ; en 1946, 30.000, et en 1947, le programme s'accentue de semaine en semaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, mais le personnel a augment&#233;, nous r&#233;torque-t-on. Fort bien... Mais alors, n'est-ce pas une preuve que les affaires (celles des patrons) marchent &#224; merveille ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment de la &#034;bataille des 25%&#034;, la section syndicale Renault d&#233;clarait que, pour une Juva 4, 10.000 fr. de salaires &#233;taient d&#233;bours&#233;s, alors que cette voiture &#233;tait catalogu&#233;e &#224; 107.000 fr. Admettons qu'avec l'inflation ces chiffres soient p&#233;rim&#233;s. Il n'y a cependant aucun doute que leur &#233;cart ne se soit agrandi depuis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Juva 4 sont revendues &#224; l'&#233;tranger avec 20.000 francs de perte. Seulement, l'effort des ouvriers qui les ont r&#233;alis&#233;es a &#233;t&#233; pay&#233; en francs Schuman, alors que c'est en devises que les acqu&#233;reurs &#233;trangers les ont r&#233;gl&#233;es. Quelle est la destination de ces devises ? En premier lieu, le compte en banque des actionnaires, le financement de l'arm&#233;e, tout ce qui concerne &#034;les int&#233;r&#234;ts bien compris&#034; de nos capitalistes, et, en second lieu, l'achat de l'outillage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, la direction, qui est &#233;trangement silencieuse sur la premi&#232;re destination des fonds de la R&#233;gie, l'est beaucoup moins sur la seconde. Elle est m&#234;me tr&#232;s loquace : les usines du Mans, de Saint-Etienne, d'Orl&#233;ans, d'Annecy, de Vernon, de Saint-Michel, etc..., ont &#233;t&#233; reconstruites et tournent &#224; pleins bras ; 1.500 machines neuves ont &#233;t&#233; achet&#233;es, et surtout, surtout, la 4 CV !... Tout est mis en oeuvre pour sa r&#233;ussite. La substance des ouvriers n'est pas m&#233;nag&#233;e. Pensez donc, il est m&#234;me question que les ouvriers pourront en acheter ! Encore faudrait-il qu'ils puissent acheter le pain quotidien et payer le loyer !...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, il faut produire sans revendiquer. Et quand la 4 CV sortira, les b&#233;n&#233;fices subiront le m&#234;me sort : actionnaires, achat de machines avec un nombre plus grand d'ouvriers pour les faire marcher. Ceci, si les affaires &#034;tournent rond&#034;. Mais si les voitures ne se vendent plus, il ne nous restera plus qu'&#224; aller chercher du travail ailleurs... Voil&#224; la perspective pour demain si nous continuons &#224; nous soumettre aux &#034;arguments&#034; du patronat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la R&#233;gie Renault, des ouvriers font des semaines de 60 heures. Transform&#233;s en v&#233;ritables robots, ils travaillent sur deux ou trois machines &#224; la fois. Mais chez Caudron, Hispano et ailleurs, on d&#233;bauche. Les ouvriers vont enfin r&#233;colter les fruits du mot d'ordre &#034;produire&#034;. Pour 500 d'entre eux qui sueront sang et eau en usine &#224; des salaires de famine, 1.000 autres cr&#232;veront de faim aux portes des bureaux d'embauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/04/ldc89_042647.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/04/ldc89_042647.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tract&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TRAVAILLEURS DE LA METALLURGIE DE LA REGION PARISIENNE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Ouvriers des Usines Renault en Gr&#232;ve s'adressent &#224; vous,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DEPUIS LE MARDI 29 AVRIL NOTRE GREVE A PRIS UN CARACTERE GENERAL&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224;, depuis plusieurs semaines, des gr&#232;ves partielles r&#233;clamant un rajustement des salaires avaient &#233;clat&#233; dans l'usine. Car avec un salaire de 42 francs pour un O.S. face &#224; la mont&#233;e incessante du co&#251;t de la vie, aucun d'entre nous ne peut joindre les deux bouts. C'est pourquoi le vendredi 25 avril, les d&#233;partements 6 et 18 se mettant en gr&#232;ve, un comit&#233; de gr&#232;ve, &#233;lu en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale &#224; la presque unanimit&#233;, a &#233;t&#233; mandat&#233; de mener la lutte pour 10 frs. d'augmentation de l'heure sur le taux de base&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paiement des heures de gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Comit&#233; de gr&#232;ve, pour mener cette lutte qui int&#233;resse tous les travailleurs, a fait imm&#233;diatement appel &#224; toutes les usines Renault. Et malgr&#233; l'opposition de la Direction syndicale officielle, les travailleurs, organis&#233;s ou non, et quelle que soit leur appartenance aux diff&#233;rentes organisations syndicales ou politiques, ont &#233;t&#233; UNANIMES pour adopter nos revendications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mandat&#233;s pour exposer nos revendications &#224; la direction patronale, celle-ci, en la personne de M. Lefaucheux, a refus&#233; de nous recevoir et a trait&#233; la d&#233;l&#233;gation ouvri&#232;re avec le plus grand m&#233;pris. M. Lefaucheux bafoue le droit le plus &#233;l&#233;mentaire des ouvriers d'&#233;lire librement leurs repr&#233;sentants. Il veut nous imposer ceux qui dans le pass&#233; l'ont aid&#233; dans son action anti-ouvri&#232;re et avec lesquels il esp&#232;re, mais en vain, s'arranger, pour nous berner une fois de plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;QUE REPR&#201;SENTENT LES 10 FRANCS ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant notre action d&#233;cid&#233;e, le patronat et la direction syndicale opposent &#224; notre revendication des 10 francs une augmentation de la prime &#224; la production. Mais le syst&#232;me des primes au rendement, tout ouvrier le sait, c'est la surexploitation de la force de travail de l'ouvrier et ne pr&#233;sente aucune garantie du point de vue salaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent, la politique patronale a toujours &#233;t&#233; de nous faire courir apr&#232;s les prix &#224; l'aide de petites satisfactions partielles pour calmer notre m&#233;contentement. Notre revendication actuelle, qui est celle du minimum vital, c'est-&#224;-dire, pour nous limiter au chiffre de la C.G.T., de 7.000 francs par mois, 10 francs d'augmentation sur le taux de base pour 40 heures de travail, doit mettre fin une fois pour toutes &#224; cet &#233;tat de choses. Car l'augmentation que nous r&#233;clamons doit &#234;tre garantie par son adaptation constante aux indices des prix en fonction de ce qu'il nous fait acheter pour vivre sans mettre en danger notre sant&#233;, Nous voulons L'ECHELLE MOBILE DES SALAIRES.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette revendication, la C.G.T. elle-m&#234;me l'avait mise en avant au mois de d&#233;cembre (salaire minimum vital calcul&#233; selon l'indice des prix). Mais la direction de la C.G.T. l'a abandonn&#233;e, cependant que, malgr&#233; les heures suppl&#233;mentaires et la cadence toujours plus vive, malgr&#233; les promesses sur l'augmentation du pouvoir d'achat au fur et &#224; mesure de l'augmentation de la production, et celles sur la baisse des prix, plus nous travaillons, moins nous gagnons et moins nous pouvons manger. (Dans notre usine la production a augment&#233; de 150% tandis que le salaire r&#233;el a continuellement baiss&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute la classe ouvri&#232;re se trouve dans la m&#234;me situation. C'est pourquoi notre direction patronale n'a pu que recourir &#224; un subterfuge, en pr&#233;textant qu'elle &#233;tait en d&#233;ficit et que c'est la politique gouvernementale qui s'oppose &#224; l'augmentation des salaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cela nous r&#233;pondons que ni le pr&#233;tendu d&#233;ficit, ni la politique gouvernementale n'ont emp&#234;ch&#233; M. Lefaucheux de trouver l'argent pour payer une augmentation de 30% sur les produits sid&#233;rurgiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si le patronat trouve le moyen d'obtenir l'autorisation du gouvernement pour verser une augmentation de 30% aux potentats milliardaires de la sid&#233;rurgie, comme il trouve en g&#233;n&#233;ral toujours l'autorisation du gouvernement pour toutes ses man&#339;uvres contre les ouvriers et les consommateurs devant notre pression unanime sur le patronat nous verrons le gouvernement s'incliner devant la classe ouvri&#232;re unanime dans ses revendications, comme il a d&#251; le faire en juin 1936.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NOUS VAINCRONS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On nous pr&#233;sente souvent la puissance des trusts comme un &#233;pouvantail qui doit toujours nous &#233;craser. Mais la classe ouvri&#232;re, unie dans la d&#233;fense de ses revendications, n'est-elle pas plus puissante qu'un trust ? Nous avons le monopole de la force travail, sans laquelle ces messieurs ne peuvent plus r&#233;colter des b&#233;n&#233;fices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La revendication que nous formulons est une revendication g&#233;n&#233;rale qui int&#233;resse tous les ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades, nous faisons appel &#224; vous parce que vous &#234;tes dans la m&#234;me situation que nous et que personne ne peut se r&#233;signer &#224; la situation actuelle. Par cons&#233;quent, puisque la lutte est in&#233;vitable et n&#233;cessaire, il faut que nous nous mettions tous ensemble en mouvement, car seule l'union de tous les travailleurs assurera la victoire pour tous. Les sacrifices terribles que nous avons support&#233;s pendant des ann&#233;es, la lutte que nous avons men&#233;e depuis 1934 contre le patronat sont un gage que les travailleurs ne se r&#233;signeront pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; la Section syndicale de l'usine Alsthom nous a envoy&#233; un message de solidarit&#233; morale et pratique des ouvriers de leur usine avec nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades, nous sommes tous d'accord pour lutter pour ne pas supporter les frais d'un capitalisme qui nous &#233;crase dans la mis&#232;re, tandis que d'un autre c&#244;t&#233; une poign&#233;e de milliardaires qui ont r&#233;alis&#233; des &#233;normes profits continuent comme auparavant &#224; s'enrichir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; maintenant notre action a &#233;t&#233; emp&#234;ch&#233;e par ceux qui, tout en se disant nos dirigeants, non seulement ne nous d&#233;fendent pas, mais encore s'opposent &#224; notre lutte, soit parce qu'ils ont &#233;t&#233; les complices des patrons, soit parce que n'ayant pas confiance en eux-m&#234;mes, ils ont adopt&#233; l'attitude n&#233;faste de l'attentisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est &#224; nous qu'il appartient de d&#233;fendre nous-m&#234;mes nos revendications. Nous avons d&#251; vaincre 1es m&#234;mes difficult&#233;s que vous connaissez. Mais notre exemple vous prouve que ces difficult&#233;s peuvent &#234;tre surmont&#233;es : les ouvriers de notre usine ont &#233;lu dans la lutte, directement de leur sein, des d&#233;l&#233;gu&#233;s avec mandat de faire aboutir leurs revendications. La classe ouvri&#232;re est riche d'hommes qui se r&#233;v&#232;leront dans l'action et qui, m&#234;me s'ils manquent d'exp&#233;rience au d&#233;but, peuvent vite, avec l'appui de tous, se corriger dans l'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224;, camarades, ce que nous avons &#224; vous dire, voil&#224; quelle est la v&#233;rit&#233;, et vous saurez faire justice de toute la campagne de calomnies qui est l'arme de la division.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre usine a commenc&#233; le mouvement. Nous appelons tous nos camarades de la m&#233;tallurgie, tous les ouvriers de la R&#233;gion parisienne, &#224; se joindre &#224; nous. Faisons pour nous-m&#234;mes, ne f&#251;t-ce qu'une partie des sacrifices que nous obligent &#224; faire tous les jours les patrons pour leur profit et nous vaincrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VIVENT LES 10 FRANCS !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VIVE LE MINIMUM VITAL GARANTI PAR L'ECHELLE MOBILE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VIVE LA SOLIDARITE DE LA CLASSE OUVRIERE UNIE DANS SES REVENDICATIONS !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Comit&#233; de gr&#232;ve g&#233;n&#233;ral des Usines Renault&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30 avril 1947.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers de l'Entreprise de Presse R&#233;aumur, de tout c&#339;ur avec les gr&#233;vistes des m&#233;taux (R&#233;gie Renault), leur adressent leur salut fraternel et sont heureux de leur signaler que les TYPOGRAPHES, ROTATIVISTES, IMPRIMEURS, ROGNEURS et MANOEUVRES ont spontan&#233;ment abandonn&#233; leur salaire pour l'ex&#233;cution de ce travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/04/spec_043047.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/04/spec_043047.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IL Y A UN AN ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un an, le 25 avril, les ouvriers du secteur Collas, chez Renault, en se mettant en gr&#232;ve pour un &#034;v&#233;ritable minimum vital&#034;, d&#233;clench&#232;rent un mouvement revendicatif qui s'&#233;tendit ensuite, par &#233;tapes, &#224; toute la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mouvement rompait avec deux ann&#233;es et demie de soumission compl&#232;te des travailleurs au bon plaisir des patrons, soutenus par toutes les tendances syndicales officielles (C.G.T. frachoniste et jouhaussiste, C.F.T.C., etc...). Et il ouvrait une nouvelle p&#233;riode de renaissance du mouvement ouvrier qui, malgr&#233; les revers actuels dus &#224; la puissance encore debout des vieux bureaucrates syndicaux, n'est pas close.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas inutile que les lecteurs de La Voix, dont une grande partie est pr&#233;cis&#233;ment de ceux qui ont particip&#233; &#224; cette gr&#232;ve, trouvent ici un historique des &#233;v&#233;nements de l'ann&#233;e derni&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve fut pr&#233;par&#233;e de longs mois &#224; l'avance, par le travail d'un petit nombre de militants ouvriers group&#233;s autour du journal La Lutte de classes (organe de l'Union communiste-trotskyste). La fraction Renault de ce groupe (cr&#233;&#233; pour renverser les capitalistes et instaurer la d&#233;mocratie &#233;conomique et politique ouvri&#232;re), appela les travailleurs &#224; plusieurs reprises, par des tracts, &#224; changer compl&#232;tement d'orientation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi le 7 janvier, dans un tract, elle concluait : &#034;Ce qu'il faut faire, c'est dire &#224; la bourgeoisie et &#224; nos soi-disant repr&#233;sentants : Nous n'avons plus confiance en vous, ni en vos discours, ni en vos manoeuvres. Nous n'avons confiance qu'en une seule chose : notre action.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 13 f&#233;vrier, elle commen&#231;a &#224; publier La Voix des Travailleurs de chez Renault (dont notre journal n'est que la continuation), qui proclamait : &#034;Nous en tant qu'ouvriers, nous avons d&#233;cid&#233; de discuter, au moyen de ce bulletin, quelle est l'attitude qu'on doit avoir ; nous voulons opposer la conception de la majorit&#233; des ouvriers prise sur le vif, &#224; ceux qui pr&#233;tendent avoir le secret du &#034;bon point de vue&#034; et qui n'h&#233;sitent pas, pour faire triompher ce point de vue, m&#234;me quand il est en contradiction avec l'opinion de la majorit&#233; des ouvriers, &#224; employer des proc&#233;d&#233;s r&#233;pugnants.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ses tracts et par La Voix des Travailleurs de chez Renault, le groupe r&#233;ussit &#224; donner aux ouvriers confiance en eux-m&#234;mes et &#224; les amener &#224; prendre en leurs propres mains la d&#233;fense de leurs int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est ainsi que, le 23 avril 1947, eut lieu l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des ouvriers du secteur Collas qui d&#233;cida la gr&#232;ve d&#233;clench&#233;e le vendredi 25 avril. Elle avait pour but imm&#233;diat une augmentation de 10 francs sur le taux de base et le paiement des heures de gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous reproduisons ci-dessous le compte rendu publi&#233; &#224; l'&#233;poque dans La Lutte de Classes n&#186; 89 (26 avril 1947). &#034;Le camarade&#034; qui prit le premier la parole et dont le compte rendu devait encore taire le nom, c'est le camarade Pierre Bois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous continuerons &#224; rappeler dans les prochains num&#233;ros les principales &#233;tapes de la gr&#232;ve.&lt;br class='autobr' /&gt;
A 12 h30, lorsque j'arrive, le trottoir (large d'au moins 8 m&#232;tres) est encombr&#233; d'ouvriers qui sont l&#224;, par dizaines et discutent ; tandis que, par paquets, les ouvriers sortant de la cantine continuent d'affluer. Toutes les conversations roulent sur le m&#234;me sujet : ce qui va se passer tout &#224; l'heure. Et le mot de gr&#232;ve circule. Un tract diffus&#233; dans la matin&#233;e, de la main &#224; la main, nous a fait savoir que le Comit&#233; de gr&#232;ve, &#233;lu &#224; l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale pr&#233;c&#233;dente par 350 ouvriers contre 8, a tenu &#224; nous r&#233;unir afin de nous mettre au courant des d&#233;marches qu'il a effectu&#233;es aupr&#232;s de la direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une heure donn&#233;e doit &#234;tre respect&#233;e, et &#224; 12h 30 pr&#233;cises, un camarade, qui est d&#233;j&#224; sur la fen&#234;tre, commence &#224; parler. Au premier rang de cet auditoire, bien plus nombreux que la fois pr&#233;c&#233;dente, o&#249; se retrouvent presque tous les ouvriers des deux d&#233;partements faisant la &#034;normale&#034;, soit quelque 700 ouvriers, des coups d'&#339;il significatifs s'&#233;changent ; les visages sont plut&#244;t gais, quoique les esprits soient tendus. Le camarade explique bri&#232;vement, en termes clairs, l'&#233;chec de la d&#233;l&#233;gation, auquel d'ailleurs on s'attendait. Et, devant l'auditoire ouvrier attentif, il d&#233;montre que l'arme gr&#233;viste reste le seul moyen permettant d'obtenir satisfaction. Au milieu des cris d'approbation qui fusent de toutes parts, il explique que la gr&#232;ve &#224; venir sera une lutte des plus s&#233;rieuses qu'il faudra mener avec r&#233;solution jusqu'au bout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Il ne sera plus question de jouer de l'accord&#233;on, ou de rester les bras crois&#233;s &#224; attendre que &#231;a tombe, mais il faudra s'organiser pour faire conna&#238;tre le mouvement dans toutes les usines, faire des piquets de gr&#232;ve et d&#233;fendre les issues de l'usine au besoin.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;pondant d'avance aux objections que pouvaient faire certains sur la perte d'argent que cela occasionnerait, et l'intervention toujours possible de la police, il indique que le paiement des journ&#233;es de gr&#232;ve sera exig&#233; ; quant aux &#034;lacrymog&#232;nes&#034; de la police, &#034;pendant plus de six ans nous avons re&#231;u des bombes sur la gueule et on n'a rien dit. On s'est continuellement serr&#233; la ceinture avec les sacrifices que la bourgeoisie nous a impos&#233;s pour d&#233;fendre ses coffres-forts. Et aujourd'hui, nous n'aurions pas la force et le courage d'en faire au moins une infime partie pour nous ?&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appuyant ces paroles de cris bruyants, les ouvriers marquaient leur approbation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passant au vote, le camarade demande aux ouvriers de se prononcer sur la gr&#232;ve en tant que moyen &#224; envisager dans les d&#233;lais les plus courts. Tandis que quelques voix seulement votent &#034;contre&#034;, les ouvriers votent &#034;pour&#034;. C'est alors que le d&#233;l&#233;gu&#233; c&#233;g&#233;tiste, litt&#233;ralement pouss&#233; par ses &#034;copains&#034; qui lui ont fray&#233; un chemin, s'avance pour exposer son point de vue, ainsi que le camarade venait de le demander, invitant les opposants &#224; &#233;mettre leur point de vue. Malgr&#233; le calme relatif, les ouvriers &#233;tant curieux de conna&#238;tre ses objections, il ne put &#233;viter de s'attirer la r&#233;plique d'un ouvrier :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Tu vois, ici au moins, il y a de la d&#233;mocratie&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grimp&#233; sur la fen&#234;tre, parlant &#224; voix basse et ne sachant pas trop quoi dire, le d&#233;l&#233;gu&#233; entreprit d'expliquer aux ouvriers la &#034;situation r&#233;elle en ce qui concerne les salaires&#034;. Pour son malheur, il se mit &#224; parler d'une d&#233;l&#233;gation qui &#233;tait all&#233;e voir Lefaucheux (avec la demande d'&#233;tablir une &#233;galit&#233; de salaires entre les ouvriers d'ici et ceux de chez Citro&#235;n, avec effet r&#233;troactif) que d'ailleurs ajouta-t-il, elle ne trouva pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manifestement, les ouvriers vomissaient les d&#233;l&#233;gations et, &#224; peine le d&#233;l&#233;gu&#233; achevait-il ses derni&#232;res paroles que sa voix &#233;tait couverte d'exclamations plus ou moins significatives.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Les d&#233;l&#233;gations, on en a assez&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Jusqu'o&#249; comptez-vous nous mener en bateau ?&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;On n'en veut plus de tes d&#233;l&#233;gations, maintenant ce qu'il faut, ce sont des actes.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ajoute moi-m&#234;me :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Egalit&#233; avec Citro&#235;n, mais l&#224;-bas ils cr&#232;vent de faim aussi.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abr&#233;geant son expos&#233;, le d&#233;l&#233;gu&#233; lan&#231;a un &#034;appel au calme&#034; et une mise en garde &#034;contre les d&#233;magogues&#034; fut non moins hu&#233;e que les &#034;d&#233;l&#233;gations&#034;. Apr&#232;s quoi, il dut descendre pour c&#233;der la place &#224; un ouvrier d'une trentaine d'ann&#233;es qui, grimp&#233; sur la fen&#234;tre, expliqua, en quelques mots, ce qu'il pensait et des d&#233;l&#233;gu&#233;s et des d&#233;l&#233;gations :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Camarades, depuis des mois, on nous fait attendre des augmentations qui doivent toujours arriver demain. On nous a d&#233;j&#224; fait l'histoire en f&#233;vrier et on nous a dit que l'absence de Lefaucheux, &#224; l'&#233;poque, avait emp&#234;ch&#233; les revendications d'aboutir. Cela a recommenc&#233; hier et, une fois de plus encore, il n'&#233;tait pas l&#224;. Et les d&#233;l&#233;gu&#233;s sont repartis, comme avant. Cela ne peut plus durer. Jusqu'&#224; quand allons-nous nous laisser mener ? Maintenant, ce n'est plus des parlottes qu'il faut, ce sont des actes.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compl&#233;tant dans le m&#234;me sens ce que l'ouvrier venait de dire, le premier camarade parla du minimum vital qui fut mis &#224; l'ordre du jour de la C.G.T. en novembre et qui devait &#234;tre appliqu&#233; avec effet r&#233;troactif &#233;galement.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Mais la C.G.T., dit-il, capitula sur le minimum vital et l'on ne parla plus ni du minimum vital ni de son effet r&#233;troactif. Comment pouvons-nous croire &#224; pr&#233;sent des personnes qui ont capitul&#233; de la sorte ? Qu'est-ce qui nous prouve qu'ils ne capituleront pas de la sorte demain, avec leurs d&#233;l&#233;gations ?&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet incident clos de la bonne mani&#232;re, le camarade demande alors, pour clore la r&#233;union, que les ouvriers manifestent par un second vote leur confiance au Comit&#233; de gr&#232;ve afin de l'habiliter &#224; d&#233;clencher la gr&#232;ve au moment opportun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la grande majorit&#233; qui accorda sa confiance au Comit&#233; de gr&#232;ve fut la m&#234;me que pr&#233;c&#233;demment, il n'en fut pas de m&#234;me des &#034;contre&#034; qui voyaient leur nombre ramen&#233; &#224; 8. Lorsque la majorit&#233; vota, un ouvrier qui se trouvait pr&#232;s du d&#233;l&#233;gu&#233; lui cria &#224; l'oreille : &#034;Tu les vois, tous ceux qui sont pour l'action, rince-toi l'&#339;il !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GREVE GENERALE CHEZ RENAULT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Comit&#233; de gr&#232;ve, &#233;lu le 23 avril 1947 par l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des ouvriers des d&#233;partements 6 et 18, se mit aussit&#244;t &#224; la besogne. Il lui fallait prendre toutes les dispositions n&#233;cessaires au d&#233;clenchement de la gr&#232;ve, ainsi que fixer la date au moment le plus favorable pour les ouvriers. Le jour choisi fut le vendredi 25 avril, aussit&#244;t apr&#232;s la paye. Ce matin-l&#224;, &#224; 6h 30, le comit&#233; donna l'ordre de gr&#232;ve, impatiemment attendu par tous les ouvriers. Aussit&#244;t les piquets de gr&#232;ve, pr&#233;vus &#224; l'avance, entr&#232;rent en action et les deux d&#233;partements furent occup&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement &#233;tait donc parti. Mais le plus difficile restait &#224; faire. Personne n'avait la na&#239;vet&#233; de croire qu'une augmentation de 10 francs sur le salaire de base et le paiement des heures de gr&#232;ve pouvaient &#234;tre obtenus par douze cents gr&#233;vistes ! Pour renverser la vapeur, pour mettre un frein &#224; la rapacit&#233; capitaliste, il fallait, comme en juin 1936, une action gr&#233;viste de la majorit&#233; de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette voie, un grand obstacle se dressait devant le comit&#233; de gr&#232;ve. La majorit&#233; des travailleurs (comme l'ont prouv&#233; ensuite la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des cheminots, la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de chez Citro&#235;n, de Sochaux, du m&#233;tro, et enfin les gr&#232;ves de novembre-d&#233;cembre) &#233;tait, en effet, tout &#224; fait dispos&#233;e &#224; recourir &#224; l'action gr&#233;viste g&#233;n&#233;ralis&#233;e : mais l'appareil c&#233;g&#233;tiste, Frachon et Jouhaux en t&#234;te, allait s&#251;rement s'opposer avec acharnement &#224; un mouvement qui, surgi en dehors de leur contr&#244;le, d&#233;rangeait leurs combinaisons avec le gouvernement capitaliste. Or, si chez Renault, &#224; Collas et partiellement dans d'autres d&#233;partements, le 88 par exemple, l'influence des bureaucrates avait &#233;t&#233; mise en &#233;chec par le travail de la fraction &#034;lutte de classes&#034;, partout ailleurs il n'en &#233;tait pas de m&#234;me. C'est la lutte qui devait donc d&#233;couvrir jusqu'&#224; quel point les travailleurs seraient capables de s'&#233;manciper des bureaucrates par leurs propres forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le comit&#233; de gr&#232;ve, compos&#233; par les onze ouvriers suivants : Bois, Schwartzman, Faynsilberg, Quatrain, Delanoy, Lopez, Alvarez, Mertin, L&#233;v&#234;que, Vayer et Gadion, d&#233;cida par cons&#233;quent d'entra&#238;ner d'abord dans la gr&#232;ve tous les ouvriers de chez Renault. Par un tract, il appela les ouvriers &#224; un meeting g&#233;n&#233;ral pour le lundi 28 avril.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tenu place Nationale, ce meeting fut un succ&#232;s complet pour le comit&#233; de gr&#232;ve. Une voiture-micro, amen&#233;e par les Jeunesses socialistes (qui devaient peu apr&#232;s rompre avec le parti de Blum), permit &#224; ses dirigeants d'exposer les motifs et les buts de la gr&#232;ve aux ouvriers mass&#233;s sur la place. Des repr&#233;sentants de certaines organisations syndicales, C.N.T., &#034;Front Ouvrier&#034;, C.F.T.C., prirent aussi la parole pour exprimer la sympathie de leurs organisations pour la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants c&#233;g&#233;tistes n'os&#232;rent m&#234;me pas se montrer. Ils avaient convoqu&#233; &#034;leur&#034; meeting dans la soir&#233;e et, apr&#232;s avoir parl&#233; sous les hu&#233;es d'une grande partie de l'assistance, se d&#233;fil&#232;rent quand les dirigeants du comit&#233; de gr&#232;ve demand&#232;rent la parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il ne suffisait pas de discours pour que le mouvement s'&#233;tendit effectivement dans tous les d&#233;partements. Les discours peuvent tout au plus donner &#224; la masse une conscience plus claire des buts qu'elle veut atteindre. Ce sont les ouvriers de chez Collas qui, apr&#232;s le meeting, r&#233;ussirent &#224; &#233;largir le mouvement ; ils all&#232;rent directement dans les ateliers et les firent d&#233;brayer. Et, au soir, dix &#224; douze mille ouvriers avaient arr&#234;t&#233; le travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, la g&#233;n&#233;ralisation de la gr&#232;ve n'&#233;tait plus qu'une question d'heures. C'est pourquoi les dirigeants c&#233;g&#233;tistes tent&#232;rent une derni&#232;re &#034;man&#339;uvre&#034;, avant de recourir &#224; &#034;d'autres moyens&#034;. Le mardi 29 avril, ils appellent les ouvriers de chez Renault &#224; se mettre en gr&#232;ve... POUR UNE HEURE, pour appuyer leurs &#034;revendications&#034; aupr&#232;s de la direction. Ils esp&#233;raient qu'apr&#232;s une telle &#034;action&#034;, les ouvriers reprendraient sagement le joug de la direction syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 30.000 ouvriers et employ&#233;s de l'usine suivirent l'appel de la C.G.T., mais refus&#232;rent de reprendre le travail ensuite. Si la gr&#232;ve &#233;tait n&#233;cessaire, si la C.G.T. elle-m&#234;me y avait &#233;t&#233; contrainte, c'est le comit&#233; de gr&#232;ve qui avait raison : non pas une pitrerie symbolique, mais gr&#232;ve jusqu'&#224; compl&#232;te satisfaction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant ce r&#233;sultat tout &#224; fait inattendu par eux, les dirigeants c&#233;g&#233;tistes d&#233;cid&#232;rent de recourir &#224; &#034;d'autres moyens&#034;. Deux jours plus tard, Thorez devait parader &#224; l'occasion du 1er mai et une gr&#232;ve d'une telle envergure d&#233;clench&#233;e contre sa volont&#233;, mettait en danger non seulement son prestige, mais aussi sa place au gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mercredi 30 avril, ils firent irruption dans l'usine et les troupes de choc staliniennes eurent vite fait de chasser les faibles piquets de gr&#232;ve que certains ouvriers avaient constitu&#233;s dans les d&#233;partements. Mais ils n'os&#232;rent pas s'attaquer &#224; Collas, car il y avait l&#224; 1.200 ouvriers d&#233;cid&#233;s, enthousiastes, qui se savaient bien dirig&#233;s et &#233;taient par cons&#233;quent pr&#234;ts &#224; se d&#233;fendre contre toute attaque. Dans l'apr&#232;s-midi, &#224; un meeting dans l'&#238;le, H&#233;naff exhorte ainsi ses gardes du corps contre les ouvriers qui veulent prendre la parole : &#034;MAIS TIREZ DONC !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, vis-&#224;-vis de l'ext&#233;rieur, pour cacher le v&#233;ritable r&#244;le qu'elle joue, la C.G.T. adopte officiellement la gr&#232;ve et ses revendications. Pour mieux les enterrer, comme on le verra par la suite. Mais &#034;par d'autres moyens&#034;, c'est-&#224;-dire par la violence, les staliniens enregistrent leur premier succ&#232;s. En installant aux portes des d&#233;partements leurs hommes de main baptis&#233;s &#034;piquets de gr&#232;ve&#034;, ils isolent la masse des ouvriers de chez Renault du comit&#233; de gr&#232;ve. Dans ces conditions, l'essai d'&#233;largir le comit&#233; de gr&#232;ve par des repr&#233;sentants d'autres d&#233;partements ne donne aucun r&#233;sultat positif, car les ouvriers qui en viennent repr&#233;sentent leur propre bonne volont&#233;, mais n'ont pas d'appui s&#233;rieux parmi leurs camarades d'atelier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me sort attendait les ouvriers de Collas, qui essay&#232;rent de d&#233;baucher les ouvriers de chez Citro&#235;n, et les militants ouvriers (Jeunesses socialistes, parti communiste internationaliste, etc...), qui s'employ&#232;rent &#224; diffuser, dans le cort&#232;ge du 1er mai le tract du comit&#233; de gr&#232;ve adress&#233; &#224; toute la m&#233;tallurgie. A noter que ce tract fut imprim&#233; &#224; 100.000 exemplaires gratuitement par les typographes de la rue R&#233;aumur (S.N.E.P.). Des secours en argent commen&#231;aient par ailleurs &#224; arriver au d&#233;partement 6. Quelques gr&#232;ves, comme celle des camions Bernard, &#233;clataient &#231;a et l&#224;. Mais les grandes &#034;bo&#238;tes&#034;, sous la pression stalinienne et malgr&#233; une grande effervescence, ne boug&#232;rent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, le lendemain, vendredi 2 mai, chez Renault, les ouvriers tiennent bon. En d&#233;pit des pressions et de la man&#339;uvre c&#233;g&#233;tiste consistant &#224; &#034;reprendre&#034; les revendications du comit&#233; de gr&#232;ve. Les bonzes syndicaux voulaient faire reprendre le travail avec 3 francs de &#034;prime au rendement&#034; et promettaient d'obtenir les 10 francs, toujours sur la base d'un rendement accru, par des n&#233;gociations ult&#233;rieures avec M. Lefaucheux. Par 11.354 voix contre 8.015 et 1.009 annul&#233;es, les travailleurs de la r&#233;gie refus&#232;rent de capituler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi se termine la premi&#232;re semaine de gr&#232;ve, qui r&#233;v&#232;le pleinement la force et la faiblesse du mouvement. Sa force, c'est la volont&#233; de tous les ouvriers de reprendre leurs traditions de lutte, d'en finir avec la collaboration de classe. Sa faiblesse, c'est le manque d'une organisation v&#233;ritablement ouvri&#232;re. De ce fait, les ouvriers sont sans d&#233;fense devant l'action r&#233;pressive de l'appareil bureaucratique c&#233;g&#233;tiste, aussi bien dans la majeure partie des usines Renault que dans les autres usines. Tandis que le comit&#233; de gr&#232;ve voit ainsi diminuer consid&#233;rablement ses chances de d&#233;clencher un mouvement g&#233;n&#233;ral comme en juin 1936, les dirigeants c&#233;g&#233;tistes peuvent maintenant, apr&#232;s avoir circonscrit la gr&#232;ve &#224; l'int&#233;rieur de Renault, tenter d'y mettre fin par un nouveau vote. Ils y r&#233;ussiront une semaine apr&#232;s, le 9 mai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de cette deuxi&#232;me semaine de gr&#232;ve fera l'objet du prochain article.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fait digne de remarque, la grande presse capitaliste qui, avant la g&#233;n&#233;ralisation du mouvement, avait accord&#233; ses &#034;faveurs&#034; au comit&#233; de gr&#232;ve, se ravise aussit&#244;t. Ces messieurs avaient essay&#233; de jouer au plus fin, escomptant que d'un c&#244;t&#233; ils allaient discr&#233;diter la C.G.T., dont la collaboration &#233;tait pay&#233;e par des postes minist&#233;riels &#224; Thorez et Cie, et que de l'autre c&#244;t&#233; le comit&#233; de gr&#232;ve serait impuissant &#224; mener une v&#233;ritable lutte. Mais le comit&#233; de gr&#232;ve avait port&#233; un coup d&#233;cisif &#224; la politique de soumission des ouvriers au patronat. Son mouvement allait avoir les r&#233;percussions les plus profondes sur toute la vie politique, &#233;conomique et sociale de la France. Ces messieurs les journalistes capitalistes se h&#226;t&#232;rent donc de suivre le conseil que Duclos leur avait donn&#233; &#224; la Chambre : &#034;il fallait jeter des pellet&#233;es de sable sur l'incendie au lieu de l'attiser !&#034; Et, &#224; partir du moment o&#249; la gr&#232;ve devient g&#233;n&#233;rale chez Renault, C.G.T., gouvernement et capitalistes marchent, par une savante division du travail, la main dans la main contre les ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mai 1947, gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale chez Renault&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LES MINISTRES P.C.F. CONTRAINTS DE DEMISSIONNER&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme nous l'avons fait remarquer dans notre pr&#233;c&#233;dent article, du fait que la C.G.T., par des man&#339;uvres et par la violence, avait r&#233;ussi &#224; isoler le secteur Collas et l'usine Renault du reste de la m&#233;tallurgie, le vote du vendredi 2 mai, en faveur de la continuation de la gr&#232;ve (11.354 contre 8.015) n'am&#232;nera aucun changement notable pendant la deuxi&#232;me semaine. La section syndicale Renault, la C.G.T. et le P.C.F. n'auront qu'&#224; continuer le double jeu commenc&#233; dans la premi&#232;re semaine pour arriver &#224; leurs fins : &#233;trangler un mouvement qui est non seulement un d&#233;saveu cinglant du soutien total qu'ils avaient apport&#233; au blocage des salaires au profit des capitalistes, mais aussi une r&#233;volte ouverte contre leur emprise bureaucratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ce beau monde qui, au d&#233;clenchement de la gr&#232;ve, avait cri&#233; &#224; la &#034;provocation&#034;, devient, en paroles, le d&#233;fenseur de la gr&#232;ve Renault et de ses revendications. Mais, dans la pratique, il en est tout autrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'usine m&#234;me, la section syndicale travaille en-dessous pour amener les ouvriers par un nouveau vote, &#224; accepter, de guerre lasse, les propositions de M. Lefaucheux, repouss&#233;es le 2 mai. Ces propositions sont les suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#186; prime horaire de production de 3 frs. ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#186; paiement des bons coul&#233;s au salaire de base ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#186; paiement des heures perdues ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&#186; r&#233;vision des temps insuffisants ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5&#186; commission de r&#233;vision des chronos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La section syndicale promet que l'union des m&#233;taux fera aboutir les 10 francs par des n&#233;gociations ult&#233;rieures... Il n'est m&#234;me pas question du paiement des heures de gr&#232;ve, deuxi&#232;me revendication des gr&#233;vistes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sa part, pour effrayer les ouvriers des autres usines tent&#233;s de se mettre en gr&#232;ve en m&#234;me temps que ceux de chez Renault, la direction de la C.G.T. se rallie aux &#034;arguments&#034; de M. Ramadier, premier ministre, et pr&#233;tend avec lui qu'&#034;une revalorisation g&#233;n&#233;rale des salaires provoquerait une hausse des prix&#034;. Or, les 10 francs r&#233;clam&#233;s par les travailleurs de chez Renault ne peuvent &#234;tre obtenus que pr&#233;cis&#233;ment dans le cadre d'une &#034;augmentation g&#233;n&#233;rale&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le comit&#233; de gr&#232;ve ne laisse pas ce mensonge sans riposte et r&#233;plique dans un tract (6 mai) : &#034;Ce sont les d&#233;penses ruineuses de l'Etat qui provoquent l'inflation (hausse des prix). M. Ramadier, qui fait fonctionner la planche &#224; billets pour couvrir en partie ces d&#233;penses, veut en m&#234;me temps en rendre responsable la classe ouvri&#232;re. La classe ouvri&#232;re, voil&#224; l'ennemi pour ceux qui parlent au nom des capitalistes. La classe ouvri&#232;re doit non seulement supporter tous les sacrifices qu'on lui impose au nom de promesses non tenues ; mais d&#232;s qu'elle r&#233;clame les choses les plus indispensables pour vivre, on l'accuse, par-dessus le march&#233;, de tous les maux qui sont la cons&#233;quence du fait que l'&#233;conomie est dirig&#233;e par une poign&#233;e de capitalistes parasites. NOUS VOULONS LA HAUSSE DES SALAIRES PAR RAPPORT AUX PROFITS CAPITALISTES&#034;, concluait justement le tract du comit&#233; de gr&#232;ve, mais il est diffus&#233; seulement chez Renault...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la Chambre, le 3 mai, apr&#232;s certains discours de d&#233;put&#233;s staliniens de second plan sur la &#034;solidarit&#233; avec les justes (mais sans dire lesquelles !) revendications des ouvriers&#034;, Duclos, au nom du groupe, d&#233;clare &#224; Ramadier : &#034;Nous sommes pour la stabilit&#233; du franc... Nous vous aiderons quelle que soit la conclusion politique de ce d&#233;bat&#034;. Il avait du reste d&#233;j&#224; d&#233;clar&#233; aux journalistes am&#233;ricains : &#034;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale est une idiotie !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, les efforts r&#233;unis du gouvernement, de la Chambre, du P.C.F.. et de la C.G.T. ont provisoirement raison de la combativit&#233; ouvri&#232;re. Le vendredi 9 mai, une majorit&#233; de 12.075 ouvriers et employ&#233;s, contre 6.886, se prononce pour la reprise du travail chez Renault.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Collas n'a pas encore dit son dernier mot. Il le montrera le lundi 12 mai, quand les ouvriers de ce secteur resteront seuls en gr&#232;ve en r&#233;clamant le paiement des heures de gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, le vote du 2 mai eut des cons&#233;quences importantes sur le plan gouvernemental. Les ministres P.C.F., qui jusqu'alors avaient cru les ouvriers r&#233;sign&#233;s &#224; leur politique de trahison, r&#233;alis&#232;rent brusquement qu'il n'en &#233;tait rien... Ils avaient dit aux ouvriers qu'on ne revendiquait pas dans un pays ruin&#233; par la guerre et n'avaient pas tol&#233;r&#233; que ceux-ci se mettent en gr&#232;ve, alors que tous les gouvernements auxquels ils avaient particip&#233; &#8211; de De Gaulle &#224; Ramadier &#8211; tol&#233;raient et organisaient le pillage de l'effort ouvrier par une poign&#233;e de parasites capitalistes. Et, en fait, quand la production e&#251;t atteint son niveau de 1938, les salaires &#233;taient tomb&#233;s plus bas que sous l'occupation !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'explosion de chez Renault, en d&#233;montrant que la C.G.T. ne r&#233;ussirait pas &#224; endiguer ind&#233;finiment la r&#233;volte de la classe ouvri&#232;re contre leur politique de trahison, pose au P.C.F. le dilemme suivant : continuer &#224; partager officiellement la responsabilit&#233; du blocage des salaires en conservant les postes minist&#233;riels et entrer partout en lutte ouverte avec les ouvriers, ou bien r&#233;signer leurs postes minist&#233;riels en attendant que l'orage se passe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ministres P.C.F. se d&#233;cident pour une &#034;opposition loyale&#034;. Comme l'avait pr&#233;vu le journal La Lutte de classes, le 14 f&#233;vrier 1946, la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qui s'annon&#231;ait, les oblige &#034;&#224; se mettre temporairement du c&#244;t&#233; de la classe ouvri&#232;re pour ne pas se couper des masses et pour endiguer leur mouvement&#034;. C'est ce &#224; quoi le P.C.F. et la C.G.T. vont s'employer avec z&#232;le les mois suivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous parlerons de la troisi&#232;me semaine de gr&#232;ve et des enseignements g&#233;n&#233;raux du conflit dans le prochain et dernier article.&lt;br class='autobr' /&gt;
12 MAI 1947 : LE SECTEUR COLLAS &lt;br class='autobr' /&gt;
PROLONGE LA GREVE GENERALE CHEZ RENAULT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lundi 12 mai, les ouvriers des d&#233;partements 6 et 18 montr&#232;rent qu'ils n'avaient pas dit leur dernier mot. A une tr&#232;s forte majorit&#233;, ils d&#233;cident, m&#234;me seuls, de continuer la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, il ne peut plus &#234;tre question d'obtenir &#034;les 10 francs&#034; ; mais ils r&#233;clament le paiement des heures de gr&#232;ve, leur deuxi&#232;me revendication, que la C.G.T. avait compl&#232;tement pass&#233; sous silence. &#034;Sans paiement des heures de gr&#232;ve, explique le tract du comit&#233; de gr&#232;ve, le 13 mai, le droit l&#233;galement reconnu &#224; la gr&#232;ve ne sera que le droit de se laisser mourir de faim&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En pr&#233;sence d'une volont&#233; de lutte aussi ferme, M. Lefaucheux se d&#233;cide &#224; recevoir les dirigeants du comit&#233; de gr&#232;ve et de faire appel &#224; leur &#034;civisme&#034;. (Plus tard, il niera le fait, car il avait pris la pr&#233;caution de les faire accompagner par les d&#233;l&#233;gu&#233;s c&#233;g&#233;tistes encore en fonction, bien qu'ils ne repr&#233;sentent plus personne). Il n'avait jusqu'alors essay&#233; que des contacts &#034;clandestins&#034;, dans le but de les corrompre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entrevue reste infructueuse et finit sur ce court dialogue :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. LEFAUCHEUX. &#8211; Ce serait &#034;couler&#034; la R&#233;gie que de payer les heures de gr&#232;ve !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P. BOIS. &#8211; Vous pr&#233;f&#233;rez &#034;couler&#034; les ouvriers qui n'arrivent pas &#224; se nourrir ! Vous avez cependant pu payer les 30 % d'augmentation au trust de la sid&#233;rurgie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. LEFAUCHEUX. &#8211; C'&#233;tait une hausse autoris&#233;e par le gouvernement. Ils ont pr&#233;sent&#233; la note, il fallait bien payer !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P. BOIS. &#8211; Maintenant, ce sont les ouvriers qui pr&#233;sentent la note et il faudra &#233;galement payer ! Vous trouverez bien l'autorisation du gouvernement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effectivement, il ne restait rien d'autre &#224; faire &#224; M. Lefaucheux que &#034;d'obtenir&#034; le consentement de M. le ministre du Travail, le &#034;socialiste&#034; Daniel Mayer. Celui-ci, qui pendant la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale avait refus&#233; de reconna&#238;tre le comit&#233; de gr&#232;ve, expression de la volont&#233; de la majorit&#233; des ouvriers de l'usine, se lamente maintenant publiquement sur l'&#034;incons&#233;quence&#034; d&#233;mocratique que commet le comit&#233; de gr&#232;ve en continuant la lutte apr&#232;s le vote du 9 mai ! Il avait compt&#233; sur la section c&#233;g&#233;tiste pour &#233;touffer compl&#232;tement le mouvement, mais les dirigeants c&#233;g&#233;tistes, impuissants, font eux-m&#234;mes appel au gouvernement et sa police contre les &#034;250 (sic !) &#233;nerv&#233;s&#034; du secteur Collas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car la majorit&#233; des ouvriers de chez Renault n'avait vot&#233; qu'&#224; contre-c&#339;ur la reprise du travail. Ils se rendent compte que cette d&#233;cision, due &#224; la trahison des dirigeants c&#233;g&#233;tistes et du P.C.F. r&#233;duit &#224; n&#233;ant leur lutte de deux semaines et ils sont ind&#233;cis. Partout, dans tous les d&#233;partements, dans tous les ateliers, tant&#244;t une minorit&#233;, tant&#244;t une majorit&#233;, continue &#224; ne pas travailler. D'autant plus que la continuation de la gr&#232;ve au secteur Collas paralyse, par manque de pi&#232;ces, le travail de toute l'usine. Et, n'&#233;tant pas en gr&#232;ve officiellement, ces travailleurs ne perdront pas leur salaire. Toute leur sympathie va donc au secteur Collas, dont la r&#233;ussite serait une victoire pour tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeudi 15, au soir, MM. Mayer et Lefaucheux capitulent devant les &#034;&#233;nerv&#233;s&#034;. Tous les travailleurs de la R&#233;gie recevront 1.600 francs &#034;d'indemnit&#233; de reprise du travail&#034;. Mais personne n'est dupe de la formule de M. le ministre. Bien que la somme ne repr&#233;sente que le paiement d'une semaine de gr&#232;ve, l'essentiel est acquis : la reconnaissance officielle que le paiement des heures de gr&#232;ve est un droit pour les ouvriers. Et toutes les gr&#232;ves ult&#233;rieures surgies de la base poseront invariablement cette revendication. Le Monde (16 mai), organe officieux des 200 familles, reconna&#238;t la d&#233;faite de la direction et de la C.G.T. &#034;Les accords intervenus (mettant fin &#224; la gr&#232;ve) se payent de concessions assez lourdes&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur cette base, le vendredi 16 mai, apr&#232;s trois semaines de gr&#232;ve jour pour jour, les travailleurs du secteur Collas d&#233;cident &#224; leur tour de reprendre le travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi prend fin la gr&#232;ve des 30.000 ouvriers des usines Renault. Mais, tel Samson &#233;branlant les colonnes du temple, elle avait d&#233;j&#224; compl&#232;tement boulevers&#233; la situation politique et sociale de la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A QUOI ONT SERVI LES GREVES ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En se posant la question : A quoi ont servi toutes ces gr&#232;ves de l'ann&#233;e derni&#232;re ? la plupart des ouvriers ne manquent pas de se dire : &#224; rien, sinon de nous avoir enfonc&#233; un peu plus ; notre pouvoir d'achat est maintenant bien plus faible qu'en avril 1947. C'est en somme, exactement ce que la propagande capitaliste de la &#034;grande presse&#034; n'a cess&#233; de leur r&#233;p&#233;ter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, si simple que cela paraisse, rien n'est plus &#233;loign&#233; de la v&#233;rit&#233;. Que les ouvriers aient fait ou pas gr&#232;ve, leur pouvoir d'achat a constamment baiss&#233; d&#232;s avant-guerre ; et si avec la guerre cette baisse a pris des proportions catastrophiques, l'apr&#232;s-guerre, en d&#233;pit du rel&#232;vement de la production a vu se poursuivre le m&#234;me processus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a &#224; cela deux causes principales. D'un c&#244;t&#233;, les d&#233;penses croissantes de l'Etat capitaliste qui, pour rejeter le fardeau des armements sur les travailleurs, l'imp&#244;t n'y suffisant plus, a eu recours &#224; l'imp&#244;t, ensuite &#224; l'inflation, c'est-&#224;-dire l'&#233;mission illimit&#233;e. De l'autre c&#244;t&#233;, la concurrence capitaliste internationale, de plus en plus &#226;pre, qui a d&#233;termin&#233; les monopoleurs fran&#231;ais, pour lutter contre leurs rivaux internationaux &#224; abaisser au maximum le prix de revient. Ils l'ont fait &#224; la mani&#232;re capitaliste, enti&#232;rement sur le dos des ouvriers : diminution relative des salaires par la hausse des prix int&#233;rieurs tout en exigeant un rendement sans cesse accru. Rien de plus &#233;loquent, &#224; ce point de vue, que le chiffre donn&#233; par la R&#233;gie Renault concernant l'accroissement du rendement depuis 1945 : 15 ouvriers par mois pour fabriquer une voiture, actuellement 6 seulement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant, pendant et apr&#232;s le mouvement gr&#233;viste de mai-d&#233;cembre 1947, l'Etat et le patronat ont men&#233; une seule et m&#234;me politique, &#224; savoir r&#233;duire les travailleurs &#224; l'&#233;tat de parias ; le mouvement n'a &#233;t&#233; que la cons&#233;quence de cette politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse correcte &#224; la question &#034;A quoi ont servi les gr&#232;ves ?&#034; n'est pas, comme le fait la presse r&#233;actionnaire, de rendre celles-ci responsables de la situation actuelle, mais de reconna&#238;tre qu'elles n'ont r&#233;ussi ni &#224; arr&#234;ter, ni m&#234;me &#224; freiner l'exploitation dont les travailleurs sont victimes. Bien que tous les mouvements aient r&#233;ussi &#224; arracher des concessions au moins partielles et m&#234;me, comme dans le cas de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des cheminots au mois de juin, de tr&#232;s importantes concessions, les capitalistes ont toujours repris d'une main ce qu'ils ont &#233;t&#233; oblig&#233;s de l&#226;cher de l'autre. Par la hausse des prix et par des lois fiscales sc&#233;l&#233;rates (lois Schumann), le patronat a regagn&#233;, et au-del&#224;, tout ce que les ouvriers lui ont arrach&#233; par la lutte gr&#233;viste. Et il ne peut en &#234;tre autrement tant que tous les leviers de commande &#233;conomiques et politiques restent entre ses mains. Cela s'est produit m&#234;me apr&#232;s juin 1936, quand la classe ouvri&#232;re, en menant un combat uni a gagn&#233; sur toute la ligne, mais que les organisations syndicales n'ont rien fait pour obtenir la garantie de ces revendications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour &#233;viter cela que le comit&#233; de gr&#232;ve Renault (tract du 30 avril) demandait L'ECHELLE MOBILE, c'est-&#224;-dire l'adaptation automatique des salaires &#224; l'indice des prix, ce qui, en cas de victoire, ouvrait la voie au CONTROLE OUVRIER sur les affaires des capitalistes. Mais le comit&#233; de gr&#232;ve n'eut pas les forces n&#233;cessaires pour aller jusqu'au bout. La lutte s'est donc men&#233;e sur le seul terrain de l'augmentation des salaires, revendication qui (bien qu'&#233;l&#233;mentaire dans toute gr&#232;ve) est absolument insuffisante dans les conditions actuelles du capitalisme, pour assurer une victoire tant soit peu durable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais m&#234;me n'ayant pu atteindre leur but &#8211; faute d'une organisation v&#233;ritablement ouvri&#232;re &#8211; les luttes gr&#233;vistes de mai-d&#233;cembre 1947 ont-elles &#233;t&#233; inutiles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait aussi faux de le croire. Ce que la bourgeoisie poursuit en appauvrissant les travailleurs, c'est non seulement essayer de &#034;tenir&#034; des march&#233;s internationaux, mais aussi de rendre les ouvriers moralement incapables de r&#233;agir &#224; aucune de ses entreprises, pour finalement les soumettre &#224; la dictature militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, dans les luttes gr&#233;vistes de mai-d&#233;cembre 1947 (et malgr&#233; l'&#233;chec de cette derni&#232;re provoqu&#233; par la direction de la C.G.T.), les travailleurs ont sauvegard&#233; et renforc&#233; leur capacit&#233; de combat. Ils ont &#233;vit&#233; la d&#233;ch&#233;ance morale : Face au patronat les ouvriers se sont dress&#233;s comme une classe d&#233;cid&#233;e &#224; se d&#233;fendre contre la rapacit&#233; capitaliste !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre r&#233;sultat d&#233;cisif de ces gr&#232;ves a &#233;t&#233; de mettre fin &#224; l'emprise totalitaire des bonzes staliniens de la C.G.T. sur le mouvement ouvrier. Bien que, faute de cadres v&#233;ritablement prol&#233;tariens, une nouvelle centrale syndicale d&#233;mocratique n'ait pas &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e, il existe maintenant beaucoup plus de possibilit&#233;s de s'organiser librement &#224; la base qu'avant mai 1947.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, m&#234;me battues, les gr&#232;ves d'une certaine envergure ne peuvent en aucun cas faire empirer la situation de la classe ouvri&#232;re. Ecoles &#233;l&#233;mentaires de r&#233;sistance au patronat, de solidarit&#233; et de d&#233;mocratie ouvri&#232;res, elles sont presque toujours, quels que soient les r&#233;sultats imm&#233;diats, le seul moyen de progr&#232;s ult&#233;rieurs. Car de m&#234;me que l'enfant n'apprend &#224; marcher qu'en tombant, la classe ouvri&#232;re, classe exploit&#233;e et opprim&#233;e, ne peut qu'apr&#232;s d'innombrables &#233;checs remporter le succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. MATHIEU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NI DU NEUF, NI DU RAISONNABLE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;clamant un gouvernement d'union d&#233;mocratique, la r&#233;solution finale du comit&#233; central du P.C.F., qui vient de se tenir les 15 et 16 avril, &#224; Gennevilliers, confirme qu'en politique non plus l'on ne saurait rester assis entre deux chaises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel est bien le cas du parti stalinien en France. Ce fut uniquement la peur d'&#234;tre d&#233;bord&#233;s par les trotskystes qui obligea les ministres staliniens &#224; donner leur d&#233;mission, quand la gr&#232;ve Renault d'avril 1947 r&#233;v&#233;la que les ouvriers en avaient assez de la mis&#233;rable politique du produire d'abord, revendiquer ensuite, gr&#226;ce &#224; laquelle Thorez &#233;tait arriv&#233; &#224; la charge de &#034;ministre d'Etat&#034;. Phras&#233;ologie &#034;r&#233;volutionnaire&#034; sans r&#233;volution, verbiage revendicatif sans aucune v&#233;ritable lutte pour les salaires, tant&#244;t en brisant les luttes commenc&#233;es par d'autres, tant&#244;t en lan&#231;ant dans des combats d&#233;cisifs seulement la minorit&#233; des travailleurs (gr&#232;ve de novembre-d&#233;cembre), tout cela n'avait qu'un but de la part des dirigeants du P.C.F. : reprendre leurs troupes en main, lasser la classe ouvri&#232;re qui avait os&#233; troubler leur qui&#233;tude minist&#233;rielle !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'&#233;tant partis que pour emp&#234;cher les travailleurs de trouver une voie nouvelle, la lutte v&#233;ritable, c&#244;te &#224; c&#244;te, avec les ouvriers du rang, leur fait l'effet de strapontins ; apr&#232;s avoir r&#233;ussi en grande partie leur travail de d&#233;moralisation, les chefs staliniens ne pouvaient donc que briguer &#224; nouveau quelques mis&#233;rables fauteuils minist&#233;riels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car gouvernement d'union d&#233;mocratique, c'est cela et rien de plus. Ennemi de l'action ind&#233;pendante des travailleurs, craignant comme la peste la r&#233;volution socialiste, ins&#233;parable d'une v&#233;ritable d&#233;mocratie ouvri&#232;re, que reste-t-il &#224; Thorez pour &#233;tayer ses pr&#233;tentions gouvernementales, sinon l'arithm&#233;tique parlementaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or celle-ci le pousse, encore et &#224; nouveau, dans les bras des Blum, des Bidault et autres &#034;d&#233;mocrates&#034; ; c'est pourquoi, encore et &#224; nouveau, il tend la main ; mais, comme l'a fait remarquer un journaliste, tel un dieu hindou, il en tend d'innombrables ! Dans tous les sens, m&#234;me oppos&#233;s, ajouterons-nous : au catholique-ouvrier et au catholique-pr&#234;tre, au d&#233;mocrate-ouvrier et au d&#233;mocrate-politicien, au r&#233;sistant-ouvrier et au r&#233;sistant-patron ; en un mot, aux exploit&#233;s en m&#234;me temps qu'aux exploiteurs. Mais, si l'on tend la main au patronat sous pr&#233;texte de d&#233;mocratie, de r&#233;sistance et d'anti-am&#233;ricanisme, c'en est fait de la lutte pour un v&#233;ritable minimum vital, pour l'adaptation des salaires au co&#251;t de la vie en r&#233;duisant les profits des capitalistes et pour le contr&#244;le sur les livres de comptes des requins de la finance et l'industrie ; car on ne peut pas, en m&#234;me temps, s'unir et s'attaquer &#224; quelqu'un !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, De Gaulle se livre au m&#234;me jeu. Seulement, dans son jargon, la politique de la main tendue prend nom de j'en appelle &#224; tous. Il a, lui aussi, besoin, le pauvre homme, des Schuman, des Herriot, des Daladier, des Blum et autres parlementaires du m&#234;me calibre, pour &#034;sauver la France&#034;, c'est-&#224;-dire revenir au gouvernement. Le fait qu'il r&#233;clame de nouvelles &#233;lections ne change rien &#224; l'affaire : s'unir au Parlement ou s'unir pour des &#233;lections parlementaires n'est qu'une seule et m&#234;me op&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, gr&#226;ce &#224; Thorez et gr&#226;ce &#224; De Gaulle, le ramassis de politiciens qui a dirig&#233; les destin&#233;es de la Troisi&#232;me R&#233;publique et qui a surv&#233;cu &#224; toutes ses catastrophes reste l'arbitre de la situation politique et le ma&#238;tre du destin de la France, sous le nom de Troisi&#232;me Force. Vieille et grim&#233;e, elle ne doit, en r&#233;alit&#233;, son existence qu'&#224; un &#233;quilibre instable entre les forces de De Gaulle et celles de Thorez et leurs ambitions gouvernementales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces gens, r&#233;unis, pr&#233;tendaient cependant, il y a quelque trois ans, faire ensemble du neuf et du raisonnable. Mais il n'y a rien de raisonnable dans le fait que le peuple fran&#231;ais, d&#233;barrass&#233; du r&#232;gne sanglant de P&#233;tain et de Hitler, ait &#233;t&#233; oblig&#233; d'en revenir au vieux syst&#232;me pourri de la Troisi&#232;me R&#233;publique (qui avait pr&#233;cis&#233;ment engendr&#233; le p&#233;tainisme) et de se mettre sous la coupe des banquiers de New-York.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il &#233;tonnant que rien de neuf non plus n'ait &#233;t&#233; fait ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA VOIX DES TRAVAILLEURS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA CLASSE OUVRIERE SE DEFEND,&lt;br class='autobr' /&gt;
MAIS SES ORGANISATIONS BUREAUCRATISEES NE LA DEFENDENT PAS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le patronat ne conna&#238;t pas de tr&#234;ve dans la lutte de classe qu'il impose constamment &#224; la classe ouvri&#232;re. Quand celle-ci arrache une victoire, il essaie de reprendre de la main gauche ce qu'il a &#233;t&#233; oblig&#233; de l&#226;cher de la droite. Quand elle subit un &#233;chec, il en profite aussit&#244;t pour pousser plus loin ses &#034;avantages&#034;. C'est ce qui se produit depuis le mois de d&#233;cembre : partout les capitalistes s'attaquent &#224; la dignit&#233; et aux libert&#233;s des ouvriers, &#224; leurs conditions de travail pour les rendre plus p&#233;nibles, &#224; leurs salaires pour les ramener plus bas (dans maints endroits les ouvriers ont &#233;t&#233; ramen&#233;s, par divers proc&#233;d&#233;s, aux salaires d'avant novembre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si dans un endroit et dans l'autre les ouvriers r&#233;pondent par des gr&#232;ves partielles &#224; l'augmentation de la cadence, aux licenciements massifs ou au renvoi de responsables syndicaux, c'est l&#224; la preuve que, s'ils ont &#233;t&#233; trahis dans leurs luttes par les dirigeants bureaucratis&#233;s, ils n'acceptent pas encore de se soumettre au patronat.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;La classe ouvri&#232;re se d&#233;fend&#034;, s'&#233;crie triomphalement Frachon dans L'Humanit&#233; du 17 avril.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui la classe ouvri&#232;re se d&#233;fend ! Mais la classe ouvri&#232;re se d&#233;fend aujourd'hui non pas en attaquant le patronat comme elle l'avait fait, en mai dernier, en posant ses propres revendications pour un niveau de vie plus digne. La trahison, par les Frachon et Cie, de la lutte gr&#233;viste commenc&#233;e au mois de mai de l'ann&#233;e derni&#232;re, a r&#233;duit la classe ouvri&#232;re &#224; se d&#233;fendre p&#233;niblement pour parer les coups que veut encore lui porter le patronat. Elle se d&#233;fend, mais la confiance dans sa force, son union, ses mots d'ordre et ses dirigeants lui manque, pour pouvoir aller courageusement de l'avant. Est-ce cela la victoire des Frachon ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand la classe ouvri&#232;re a r&#233;ellement voulu se d&#233;fendre, ses dirigeants bureaucratiques l'en ont emp&#234;ch&#233;e. Si, aujourd'hui que la situation de la classe ouvri&#232;re a empir&#233;, les Frachon crient victoire, c'est parce qu'ils sont rest&#233;s les m&#234;mes qu'il y a un an, &#233;trangers aux int&#233;r&#234;ts des travailleurs, sabotant leurs luttes et criant victoire quand, apr&#232;s avoir r&#233;ussi &#224; les briser, ils peuvent plus facilement s'emparer des leviers de commande. Les ouvriers sont pour eux ce que sont, sur le champ de bataille, les soldats pour les g&#233;n&#233;raux, un pr&#233;texte pour crier victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, la classe ouvri&#232;re se d&#233;fend, mais les organisations bureaucratis&#233;es ne la d&#233;fendent pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai dernier, pour s'unir et attaquer le patronat, les ouvriers avaient rejet&#233; les dirigeants tra&#238;tres ; Quand ils seront &#224; nouveau capables de le faire, ils pourront vraiment d&#233;fendre leurs libert&#233;s et leurs conditions d'existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la R.N.U.R. OU VEULENT EN VENIR LES DIRIGEANTS CEGETISTES ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les raisons de faire gr&#232;ve, chez Renault comme partout, ne manquent pas. En premier lieu, le probl&#232;me du salaire lui-m&#234;me : la direction a si bien jongl&#233; avec les textes gouvernementaux, que pour la premi&#232;re fois depuis la mise en R&#233;gie, les ouvriers se trouvent pay&#233;s &#224; un taux de base inf&#233;rieur au minimum l&#233;gal de leur cat&#233;gorie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, s'il n'est nul besoin de &#034;fomenter&#034; des gr&#232;ves pour que les ouvriers y recourent, comme en ce moment, pour riposter aux attaques de la direction visant l'augmentation des cadences et la diminution des salaires, la fa&#231;on dont elles sont conduites am&#232;ne la question : o&#249; veulent en venir les dirigeants c&#233;g&#233;tistes avec leurs gr&#232;ves, tant&#244;t pour un motif, tant&#244;t pour un autre, sans aucune liaison, ni aucune coordination ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, pour savoir que tel d&#233;partement de chez Renault est en gr&#232;ve, il faut lire les quotidiens, et, sp&#233;cialement L'Humanit&#233; qui n'enregistre tous les jours que &#034;victoires&#034;. Car dans l'usine, ni tracts ni r&#233;unions, m&#234;me les ouvriers en gr&#232;ve ignorent les revendications qui sont pr&#233;sent&#233;es &#224; la direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la 4cv, ainsi qu'aux presses de la t&#244;lerie, les ouvriers ont obtenu satisfaction. Leur salaire &#233;tait tellement anormal et inf&#233;rieur au reste de l'usine (62 et m&#234;me 59 frs. pour un OS &#224; la t&#244;lerie), que la direction a d&#251; c&#233;der, bien que m&#234;me maintenant les ouvriers soient pay&#233;s &#224; un tarif inf&#233;rieur aux autres secteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au D&#233;p.95, par contre, les ouvriers ont fait gr&#232;ve pour revendiquer que la perte de salaire r&#233;sultant de la suppression de 4 heures suppl&#233;mentaires soit compens&#233;e par une augmentation du salaire horaire. Accorder cette revendication, c'&#233;tait pour la direction admettre le principe d'une limitation de la journ&#233;e de travail pour un m&#234;me salaire. Elle a refus&#233;. Et les d&#233;l&#233;gu&#233;s se sont inclin&#233;s, en d&#233;clarant que la direction voulait pousser &#224; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pour pouvoir se d&#233;barrasser des d&#233;l&#233;gu&#233;s, et qu'il fallait cesser la gr&#232;ve pour ne pas faire son jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans leur presse, les dirigeants c&#233;g&#233;tistes affirment que les ouvriers luttent, en m&#234;me temps que pour des revendications particuli&#232;res, pour l'augmentation g&#233;n&#233;rale des salaires, qu'ils chiffrent &#224; 36% (&#233;quivalant &#224; l'augmentation de d&#233;cembre non accord&#233;e par la direction).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi, dans aucun des mouvements qui ont lieu, ne posent-ils la revendication des 36 %, qu'ils &#034;d&#233;fendent&#034; dans leurs journaux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ne posent-ils pas la revendication du paiement des heures de gr&#232;ve et r&#233;pondent-ils aux ouvriers qui la r&#233;clament qu'on peut aussi bien s'arranger avec les collectes faites dans l'usine ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ne posent-ils aucune revendication qui attaque le syst&#232;me de r&#233;mun&#233;ration au rendement, cause de tous les conflits actuels ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi le Comit&#233; d'entreprise ne prend-il ses responsabilit&#233;s pour publier les chiffres que les ouvriers auraient int&#233;r&#234;t &#224; conna&#238;tre, tels que le d&#233;tail des frais g&#233;n&#233;raux, les sommes investies dans l'achat de nouvelles machines, alors que les revendications des ouvriers ne sont pas satisfaites, les appointements de la haute ma&#238;trise (Grillot, Lefaucheux, etc...), la part vers&#233;e aux concessionnaires pour la vente des voitures, et, enfin, la part des obligataires dont le seul travail est d'encaisser les b&#233;n&#233;fices ?...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que les responsables c&#233;g&#233;tistes ne recherchent pas la satisfaction des revendications ouvri&#232;res, mais uniquement un bilan de &#034;victoires&#034;. Et il est d'autant plus facile d'obtenir la victoire, qu'on n'a rien demand&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'attitude qu'ils prennent, aujourd'hui, d'entretenir une agitation dans l'unique but de prouver leur &#034;emprise sur les masses&#034; et obtenir leur retour au gouvernement, n'est pas faite pour redonner aux travailleurs la confiance en eux-m&#234;mes, diminu&#233;e par l'attitude anti-ouvri&#232;re des dirigeants c&#233;g&#233;tistes dans les gr&#232;ves de l'ann&#233;e derni&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, comme le dit le dernier tract du S.D.R., aux attaques patronales, les ouvriers doivent r&#233;pondre en &#233;laborant eux-m&#234;mes leurs revendications, en d&#233;finissant eux-m&#234;mes les moyens de les faire aboutir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ne laisseront pas la responsabilit&#233; de leurs luttes &#224; des chefs sans scrupules qui veulent sp&#233;culer sur leur action pour se hisser &#224; nouveau dans le repaire de brigands qu'est le gouvernement, au lieu de faire aboutir les revendications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P. BOIS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/04/VDT43_042148.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/04/VDT43_042148.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves de 1947 en France furent une s&#233;rie de gr&#232;ves insurrectionnelles, initi&#233;es fin avril &#224; la r&#233;gie Renault&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.etudier.com/dissertations/Gr%C3%A8ve-1947/473278.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.etudier.com/dissertations/Gr%C3%A8ve-1947/473278.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://enseignants.lumni.fr/fiche-media/00000000016/la-greve-des-usines-renault.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://enseignants.lumni.fr/fiche-media/00000000016/la-greve-des-usines-renault.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barta explique la gr&#232;ve&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/05/greve_renault.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/05/greve_renault.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve &#171; pour les dix francs &#187; des ouvriers de Renault en 1947 contre le patron, le gouvernement, le PCF et la CGT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7540&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7540&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://paris-luttes.info/en-avril-1947-demarrait-a-l-usine-8529&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://paris-luttes.info/en-avril-1947-demarrait-a-l-usine-8529&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.zones-subversives.com/2022/06/pierre-bois-et-les-greves-a-renault.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.zones-subversives.com/2022/06/pierre-bois-et-les-greves-a-renault.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Bois&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2203&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2203&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article17060&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article17060&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.paperblog.fr/136492/8220la-greve-renault-d8217avril-mai-19478243-de-pierre-bois-2/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.paperblog.fr/136492/8220la-greve-renault-d8217avril-mai-19478243-de-pierre-bois-2/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://archivo-obrero.com/pierre-bois-une-vie-de-militant-ouvrier-communiste-revolutionnaire/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://archivo-obrero.com/pierre-bois-une-vie-de-militant-ouvrier-communiste-revolutionnaire/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Gr&#232;ves de 1947 en France&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://wikirouge.net/Gr%C3%A8ves_de_1947_en_France&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://wikirouge.net/Gr%C3%A8ves_de_1947_en_France&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment Barcia-Hardy a construit le mythe fondateur de Lutte Ouvri&#232;re en pr&#233;sentant comme son oeuvre la gr&#232;ve Renault de 1947&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3452&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3452&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire du Syndicat D&#233;mocratique de Renault (SDR) anim&#233; par Pierre Bois (militant du groupe de Barta)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7532&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7532&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques articles de Pierre Bois, membre de l'UCI de Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6606&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6606&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;moires militantes &#224; Renault&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2256&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2256&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pourquoi le mouvement trotskyste a &#233;chou&#233;...</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article8533</link>
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		<dc:date>2025-01-14T23:10:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Trotsky</dc:subject>
		<dc:subject>IV&#176; Internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Trotskisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#034;L'&#233;mancipation des ouvriers ne peut &#234;tre l'oeuvre que des ouvriers eux-m&#234;mes. Il n'y a donc pas de plus grand crime que de tromper les masses, de faire passer des d&#233;faites pour des victoires, des amis pour des ennemis, d'acheter des chefs, de fabriquer des l&#233;gendes, de monter des proc&#232;s d'imposture, &#8212; de faire en un mot ce que font les staliniens. Ces moyens ne peuvent servir qu'&#224; une fin : prolonger la domination d'une coterie d&#233;j&#224; condamn&#233;e par l'histoire. Ils ne peuvent pas servir &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique83" rel="directory"&gt;6- L'organisation du prol&#233;tariat&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot29" rel="tag"&gt;Trotsky&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot105" rel="tag"&gt;IV&#176; Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot283" rel="tag"&gt;Trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#034;L'&#233;mancipation des ouvriers ne peut &#234;tre l'oeuvre que des ouvriers eux-m&#234;mes. Il n'y a donc pas de plus grand crime que de tromper les masses, de faire passer des d&#233;faites pour des victoires, des amis pour des ennemis, d'acheter des chefs, de fabriquer des l&#233;gendes, de monter des proc&#232;s d'imposture, &#8212; de faire en un mot ce que font les staliniens. Ces moyens ne peuvent servir qu'&#224; une fin : prolonger la domination d'une coterie d&#233;j&#224; condamn&#233;e par l'histoire. Ils ne peuvent pas servir &#224; l'&#233;mancipation des masses. Voil&#224; pourquoi la IVe Internationale soutient contre le stalinisme une lutte &#224; mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va sans dire que les masses ne sont pas sans p&#233;ch&#233;. Nous ne sommes pas enclins &#224; les id&#233;aliser. Nous les avons vues en des circonstances vari&#233;es, &#224; diverses &#233;tapes, au milieu des plus grands bouleversements. Nous avons observ&#233; leurs faiblesses et leurs qualit&#233;s. Leurs qualit&#233;s : la d&#233;cision, l'abn&#233;gation, l'h&#233;ro&#239;sme trouvaient toujours leur plus haute expression dans les p&#233;riodes d'essor de la r&#233;volution. A ces moments, les bolcheviks furent &#224; la t&#234;te des masses. Un autre chapitre de l'histoire s'ouvrit ensuite, quand se r&#233;v&#233;l&#232;rent les faiblesses des opprim&#233;s : h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233;, insuffisance de culture, manque d'horizon. Fatigu&#233;es, d&#233;&#231;ues, les masses s'affaiss&#232;rent, perdirent la foi en elles-m&#234;mes et c&#233;d&#232;rent la place &#224; une nouvelle aristocratie. Dans cette p&#233;riode les bolcheviks (les &#034;trotskistes&#034;) se trouv&#232;rent isol&#233;s des masses. Nous avons pratiquement parcouru deux cycles semblables : 1897-1905, ann&#233;es de flux ; 1907-1913, ann&#233;es de reflux ; 1917-1923, ann&#233;es marqu&#233;es par un essor sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire ; puis une nouvelle p&#233;riode de r&#233;action qui n'est pas encore finie. Gr&#226;ce &#224; ces &#233;v&#233;nements, les &#034;trotskistes&#034; ont appris &#224; conna&#238;tre le rythme de l'histoire, en d'autres termes la dialectique de la lutte des classes. Ils ont appris et, me semble-t-il, r&#233;ussi &#224; subordonner &#224; ce rythme objectif leurs desseins subjectifs et leurs programmes. Ils ont appris &#224; ne point d&#233;sesp&#233;rer parce que les lois de l'histoire ne d&#233;pendent pas de nos go&#251;ts individuels ou de nos crit&#233;riums moraux. Ils ont appris &#224; subordonner leurs go&#251;ts individuels &#224; ces lois. Ils ont appris &#224; ne point craindre les ennemis les plus puissants, si la puissance de ces ennemis est en contradiction avec les exigences du d&#233;veloppement historique. Ils savent remonter le courant avec la conviction profonde que l'afflux historique d'une puissance nouvelle les portera jusqu'&#224; l'autre rive. Pas tous ; beaucoup se noieront en chemin. Mais participer au mouvement les yeux ouverts, avec une volont&#233; tendue, telle est bien la satisfaction morale par excellence qui puisse &#234;tre donn&#233;e &#224; un &#234;tre pensant !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky dans &#034;Leur morale et la n&#244;tre&#034;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pourquoi le mouvement trotskyste international a eu du mal &#224; se constituer et est rest&#233; faible en nombre et en comp&#233;tences politiques et sociales ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avertissement : nous nous revendiquons du trotskysme et c'est &#224; ce titre que nous d&#233;nions tout droit &#224; se revendiquer du trotskysme &#224; des organisations ne faisant aucune propagande ni ne menant aucune action en faveur des soviets, des conseils de travailleurs et de la perspective du pouvoir des conseils ouvriers r&#233;volutionnaires, ne faisant aucun effort pour vaincre les ennemis du prol&#233;tariat, notamment les r&#233;formistes mais aussi les courants pseudo-radicaux militaires ou islamistes notamment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176;) Le mouvement trotskyste a &#233;t&#233; d&#233;cim&#233;, l&#224; o&#249; il n&#233;, en Russie, carr&#233;ment &#233;radiqu&#233;, massacr&#233; et aussi discr&#233;dit&#233; d&#233;finitivement. Il n'a pas pu rena&#238;tre car l'essentiel de la politique du stalinisme visait &#224; emp&#234;cher une renaissance du mouvement r&#233;volutionnaire en Russie puis dans le reste du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176;) Le mouvement trotskyste a &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233;, d&#233;cri&#233;, combattu et ses dirigeants assassin&#233;s partout dans le monde par les agents de Staline, sp&#233;cialement apoint&#233;s pour cela. Des intellectuels ont &#233;t&#233; embauch&#233;s partout dans le monde pour cr&#233;diter la th&#232;se &#171; hitl&#233;ro-trotskyste &#187; et les dirigeants syndicaux aussi ont &#233;t&#233; manipul&#233;s par les officines de Staline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176;) Ceux qui ont rejoint le mouvement trotskyste, &#224; part un ou deux dirigeants dans chaque pays, ne venaient pas d'une ancienne forrmation communiste et rejoignaient plus par r&#233;pulsion du stalinisme que par v&#233;ritable militantisme et formation communiste r&#233;volutionnaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&#176;) Une grande partie des trotskystes, hors de Russie, ont &#233;t&#233; coup&#233;s du prol&#233;tariat, notamment pas la chasse aux trotskystes dans les syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5&#176;) Le mouvement trotskyste est n&#233; dans une phase de d&#233;faites successives du prol&#233;tariat qui ont marqu&#233; les nouveaux militants. Et c'&#233;taient des d&#233;faites d&#233;terminantes comme celle, sans combat, du prol&#233;tariat allemand devant le fascisme. Non seulement mais l'aspect repoussant et d&#233;moralisant du stalinisme pour tous ceux qui le combattaient. M&#234;me si cela donnait raison &#224; Trotsky, cela ne le renfor&#231;ait pas. Le basculement des troskystes espagnols dans le sens nationaliste catalan et d&#233;mocratique petit-bourgeois a sign&#233; la d&#233;faite de la r&#233;volution espagnole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6&#176;) La mainmise stalinienne sur l'URSS a permis la mainmise sur le mouvement ouvrier communiste mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7&#176;) La campagne mondiale sur les proc&#232;s de Moscou, relay&#233;e par la presse bourgeoise, a contribu&#233; &#224; discr&#233;diter les trotskystes dans l'opinion ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8&#176;) Le mouvement trotskyste, malgr&#233; l'influence de Trotsky, a, du coup, &#233;t&#233; victime de tendances petites bourgeoises qui n'&#233;taient pas compens&#233;es par une implantation ouvri&#232;re. Il a m&#234;me rejet&#233; longtemps sa constitution en IVe Internationale, repouss&#233; longtemps son programme de transition, souvent refus&#233; de faire du travail en direction de la classe ouvri&#232;re, eu des illusions sur les fronts populaires, parfois m&#234;me refus&#233; de d&#233;noncer fermement les crimes du stalinisme, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9&#176;) Dans ces conditions, l'assassinat de Trotsky, seul dirigeant r&#233;volutionnaire porteur des le&#231;ons du pass&#233;, a &#233;t&#233; d&#233;terminante pour tuer politiquement le mouvement trotskyste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10&#176;) Les meilleurs militants trotskystes ont &#233;t&#233; d&#233;moralis&#233;s par la guerre et l'apr&#232;s-guerre et particuli&#232;rement par l'absence d'une vague r&#233;volutionnaire apr&#232;s la guerre, vague &#233;radiqu&#233;e par avance par le bombardement syst&#233;matique des quartiers ouvriers des pays vaincus par les forces alli&#233;es anglo-am&#233;ricaines. Les bombes atomiques ont achev&#233; de terroriser les peuples, d&#233;j&#224; tortur&#233;s par la barbarie de la guerre dans les deux camps. La guerre mondiale a servi de bain de sng pr&#233;ventif comme pare-feu face aux risques r&#233;volutionnaires d'apr&#232;s-guerre. L'influence du stalinisme et du nationalisme ont permis que les r&#233;volutions coloniales ne prennent pas un tour prol&#233;tarien r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11&#176;) L'alliance Staline/Hiltler suivie de l'alliance Staline/USA/Angleterre ont transform&#233; l'URSS bureaucratique en agence de l'imp&#233;rialisme mondial et fait basculer le diagnostic de Trotsky (Etat ouvrier &#224; d&#233;formations bureuacratiques) dans le sens des int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie. Ceux qui sont rest&#233;s &#224; l'analyse &#171; Etat ouvrier &#187; de la Russie n'en sont pas ressortis plus arm&#233;s, au contraire. Ils ont continu&#233; &#224; pr&#244;ner la &#171; d&#233;fense de l'URSS &#187;, soi-disant par fid&#233;lit&#233; &#224; Trotsky, alors m&#234;me que, Natalia Trotsky et Muniz le soulignaient, la situation mondiale avait chang&#233; et que la Russie elle-m&#234;me n'&#233;tait plus qu'un facteur contre-r&#233;volutionnaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12&#176;) Finalement, des groupes trotskystes allaient prendre des positions rompant avec le marxisme r&#233;volutionnaire, pr&#234;tant au stalinisme la capacit&#233; de cr&#233;er des Etats &#171; ouvriers &#187; sans r&#233;volution, sans soviets, sans autre intervention que celle de l'arm&#233;e de Staline avec l'accord des imp&#233;rialismes occidentaux ou de l'arm&#233;e de Mao, ou de celle de Castro ou d'autres encore. Ils allaient soutenir des fausses r&#233;volutions, de faux socialismes, des guerilla et autres mouvements situ&#233;s en dehors de l'action r&#233;volurionnaire du prol&#233;tariat, et soutenir aussi les gauches bourgeoises, les syndicats bureaucratis&#233;s et r&#233;formistes, les faux &#233;cologistes, les faux f&#233;ministes, les propagandistes du climat et bien d'autres mouvements qui n'ont rien de r&#233;volutionnaires et rien de socialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;faite de Trotsky en Russie ne voulait pas dire que ce dernier avait eu tort ou &#233;tait devenu contre-r&#233;volutionnaire, contrairement &#224; ce que les staliniens ont pr&#233;tendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6921&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6921&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui &#233;taient les trotskystes en URSS ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3135&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3135&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6830&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6830&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6864&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6864&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6875&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6875&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6526&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6526&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6476&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6476&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6286&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6286&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6035&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6035&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5426&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5426&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4481&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4481&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4464&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4464&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3259&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3259&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6952&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6952&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Destin d'une r&#233;volution isol&#233;e et trahie - la contre-r&#233;volution stalinienne assassine les opposants communistes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2198&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2198&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'assassinat m&#233;thodique des dirigeants trotskystes dans le monde&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1035&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1035&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve890&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve890&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6148&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6148&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1438&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1438&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5985&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5985&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5956&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5956&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5613&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5613&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6239&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6239&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5968&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5968&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5191&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5191&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6149&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6149&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6620&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6620&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4850&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4850&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6358&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6358&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le contre-r&#233;volutionnaire du stalinisme, le grand organisateur des d&#233;faites prol&#233;tariennes des ann&#233;es trente&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6240&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6240&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le stalinisme a m&#233;thodiquement achet&#233; des intellectuels et les a dress&#233;s contre le trotskysme&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6583&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6583&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3608&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3608&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En 1923-24, des gens ont &#233;t&#233; expuls&#233;s de diff&#233;rents partis pour la seule raison qu'ils n'&#233;taient pas d'accord pour condamner imm&#233;diatement Trotsky. Par la suite, ces &#233;l&#233;ments ont &#233;t&#233; contraints de regrouper leurs forces, sans avoir ni traditions r&#233;volutionnaires ni fondement th&#233;orique sous leurs pieds. Certains d'entre eux ne se sentaient m&#234;me pas faire partie d'une organisation r&#233;volutionnaire et en ont vite profit&#233; pour l'abandonner. Cette derni&#232;re cat&#233;gorie comprend Madeleine et Maurice Paz, et dans une certaine mesure le vieux Loriot et Souvarine qui, n'ayant pas eu le temps de devenir marxiste, est devenu libre penseur, comme je l'ai d&#233;j&#224; &#233;crit plus haut. En Allemagne, Urbahns a compromis pendant plusieurs ann&#233;es l'Opposition entre la social-d&#233;mocratie et le sapronovisme. Enfin, en Belgique, Van Overstraten - et ce fut une grande surprise pour moi - s'est r&#233;v&#233;l&#233; impressionniste et dilettante. Sans compr&#233;hension marxiste, il recommence &#224; z&#233;ro sur chaque question, comme sur une page blanche, comme un autodidacte politique, malgr&#233; sa formation intellectuelle. J'ai rencontr&#233; Overstraten &#224; plusieurs congr&#232;s et lors de deux ou trois visites qu'il m'a rendu au commissariat militaire. Si je me souviens bien, il ne parlait jamais aux congr&#232;s et dans les conversations personnelles, il &#233;coutait plus qu'il ne parlait. Il est tout &#224; fait clair qu'il ne se sentait pas &#224; l'aise dans le Comintern de L&#233;nine : mais maintenant il l'admet ouvertement. Il a perdu la discipline th&#233;orique et organisationnelle, et je crains qu'il ne puisse plus la r&#233;cup&#233;rer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les oppositionnels d'Europe occidentale n'ont jamais v&#233;cu une vie id&#233;ologique et politique coh&#233;rente, n'ont pas abord&#233; les grandes questions, ne se sont pas impliqu&#233;s dans la vie interne des autres partis. C'est ainsi que tous ces compagnons de route accidentels (Urbahns, Overstraten, Souvarine, Paz ) apparaissaient aux autres ainsi qu'&#224; nos camarades, et ils se voyaient tels. Mais au fond, ils nous ont caus&#233; beaucoup de tort, en bloquant aux id&#233;es de l'opposition la voie de l'entr&#233;e dans le parti, qu'ils ont d&#233;clar&#233; mort et liquid&#233;. Cette approche &#233;tait beaucoup plus facile et donnait la possibilit&#233; de vivre tranquillement dans son coin, avec une heure par semaine de discussions oppositionnelles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Notre travail &#224; l'&#233;tranger ces deux derni&#232;res ann&#233;es a &#233;t&#233; de mettre un terme &#224; ces fictions, &#224; la multiplication des malentendus fondamentaux et de d&#233;velopper les fondements de l'Opposition de gauche internationale. Pendant ces deux ann&#233;es, j'ai pass&#233; plus de temps &#224; d&#233;fricher qu'&#224; construire. Mais c'&#233;tait un travail pr&#233;alable absolument n&#233;cessaire, si l'on tient compte du fait que le sol est tr&#232;s encombr&#233;, non seulement par les ordures de l'appareil officiel, mais aussi par la confusion et le chaos des regroupements d'opposition al&#233;atoires et accidentels. Une organisation oppositionnelle fonctionnelle n'a &#233;t&#233; pratiquement pr&#233;sente, dans aucun pays, au cours des deux derni&#232;res ann&#233;es. La meilleure organisation &#233;tait probablement le groupe am&#233;ricain, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'il s'est r&#233;ellement constitu&#233; r&#233;cemment, recevant une forte et nouvelle impulsion du VIe Congr&#232;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1930/11/nin_21111930.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1930/11/nin_21111930.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uvre destructrice des proc&#232;s de Moscou&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4693&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4693&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3160&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3160&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3150&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3150&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le stalinisme s'est mobilis&#233;, par exemple en France, contre les militants ouvriers trotskistes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6838&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6838&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les staliniens fran&#231;ais &#233;taient mobilis&#233;s contre le trotskisme, proclam&#233; ennemi num&#233;ro un et agent du fascisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3263&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3263&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui, la question est de savoir pourquoi nous ne progressons pas en fonction de la valeur de nos id&#233;es, qui ne sont pas aussi d&#233;nu&#233;es de sens que le croient certains de nos amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne progressons pas politiquement. Ce fait est l'expression du recul g&#233;n&#233;ral du mou\'ement ouvrier dans les quinze derni&#232;res ann&#233;es. Quand le mouv&#232;mcnt r&#233;volutionnaire d&#233;cline de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, quand une d&#233;faite suit une autre d&#233;faite, quand le fascisme s'&#233;tend sur le monde entier. Quand le marxisme officiel s'incarne dans la plus formidable machine &#224; duper les travailleurs, il va de soi que les r&#233;volutionnaires ne peuvent travailler que contre le courant historique g&#233;n&#233;ral. Et cela, quand bien m&#234;me leurs id&#233;es sont aussi intelligentes et exactes qu'on peut le souhaiter. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/volumes/Tome%2021.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/volumes/Tome%2021.pdf&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment Trotsky critiquait le courant trotskyste de France sur la question syndicale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article469&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article469&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les militants de l'Opposition de gauche sont ex&#233;cut&#233;s sans proc&#232;s, et nombre d'entre eux ont sans doute p&#233;ri dans le cours de la pr&#233;paration des proc&#232;s &#224; spectacle, de ces amalgames dont on con&#231;oit sans peine combien Staline e&#251;t aim&#233; y faire figurer, dans le r&#244;le d'accus&#233; avouant ses crimes et battant sa coulpe, l'un des &#171; irr&#233;ductibles &#187; qui n'avaient cess&#233; de le braver depuis des ann&#233;es. Trotsky lui m&#234;me redoutait, non sans raison, &#224; l'annonce de chaque proc&#232;s, d'y voir figurer l'un d'entre eux, bris&#233; par les m&#233;thodes perfectionn&#233;es dont il ne sous estimait pas l'efficacit&#233;. Parmi tous les hommes qui n'avaient pas capitul&#233;, Staline pourtant ne r&#233;ussit finalement qu'&#224; briser le seul Mouralov, celui l&#224; m&#234;me qu'il avait curieusement &#233;pargn&#233; en le laissant exercer librement sa profession d'agronome dans la r&#233;gion de Novosibirsk. Ce coup tr&#232;s dur pour Trotsky demeura unique. Parmi les accus&#233;s des trois grands proc&#232;s de Moscou ont figur&#233; certes nombre d'anciens dirigeants ou militants de l'Opposition, mais, &#224; l'exception de Mouralov, tous ces hommes avaient d&#233;j&#224; &#171; capitul&#233; &#187; des ann&#233;es auparavant et s'&#233;taient reni&#233;s publiquement, Zinoviev et Kamenev, Piatakov et Krestinsky d&#232;s 1928, Smirnov, Mratchkovsky, Boguslavsky, Ter Vaganian apr&#232;s Radek en 1929, Rakovsky en 1934 enfin. Mais aucun des bolcheviks l&#233;ninistes maintenus en isolateur depuis des ann&#233;es, rest&#233;s fid&#232;les &#224; l'organisation et &#224; son programme, n'a finalement collabor&#233;, m&#234;me sous la torture, aux proc&#232;s pr&#233;fabriqu&#233;s et la majorit&#233; d'entre eux ont pay&#233; ce refus de leur vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons sur ce qu'&#233;taient ces hommes en 1936 qu'un seul t&#233;moignage, celui de Victor Serge. Il &#233;crit &#224; Trotsky, le 27 mai 1936, peu apr&#232;s sa lib&#233;ration et son arriv&#233;e en Belgique :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Nous sommes en ce moment fort peu nombreux : quelques centaines, dans les cinq cents. Mais ces cinq cents ne fl&#233;chiront plus. Ce sont des hommes tremp&#233;s, qui ont appris &#224; penser et &#224; sentir par eux m&#234;mes et qui acceptent avec tranquillit&#233; la perspective d'une pers&#233;cution sans fin. Dans les isolateurs, nos camarades sont quelques dizaines au total, sur des centaines de zinovi&#233;vistes, droitiers et autres staliniens v&#233;reux. Parmi nous, il n'y a pas grande unit&#233; de vues. Boris Mikh(ailovitch Eltsine) disait : &#034;C'est le G.P.U. qui fait notre unit&#233;&#034;. Deux grandes tendances se divisent &#224; peu pr&#232;s par moiti&#233; : ceux qui estiment qu'il faut tout r&#233;viser, que l'on a commis des fautes depuis le d&#233;but de la r&#233;volution d'Octobre et ceux qui consid&#232;rent le bolchevisme &#224; ses d&#233;buts comme inattaquable. Les premiers sont enclins &#224; consid&#233;rer que dans les questions d'organisation vous aviez raison, avec Rosa Luxemburg, dans certains cas, contre L&#233;nine autrefois. En ce sens, il y a un trotskisme dont les attaches remontent loin (personnellement, je suis aussi de cet avis, pensant toutefois que les principes d'organisation de L&#233;nine ont fait leurs preuves dans une p&#233;riode et un pays donn&#233;, particuli&#232;rement arri&#233;r&#233;). Nous nous divisons aussi par moiti&#233; sur les probl&#232;mes de la d&#233;mocratie sovi&#233;tique et de la dictature (les premiers, partisans de la d&#233;mocratie ouvri&#232;re la plus large dans la dictature : mon impression est que cette tendance est en r&#233;alit&#233; de beaucoup la plus forte). Dans les isolateurs, un groupe dit du &#034;capitalisme d'&#201;tat&#034; (Goskappisty) s'est d&#233;tach&#233; : ils professent que le capitalisme d'&#201;tat vers lequel s'acheminent &#233;galement Mussolini, Hitler et Staline, est aujourd'hui le pire ennemi du prol&#233;tariat. Ils sont peu nombreux, mais il y a parmi eux quelques camarades des plus capables [ ... ] Il devient de plus en plus difficile, sinon impossible de tenir [ ... ] En g&#233;n&#233;ral, il n'y a plus d'autorit&#233;s : les vieux se sont discr&#233;dit&#233;s, les jeunes entendent penser par eux-m&#234;mes. Par &#034;vieux&#034;, j'entends ici la g&#233;n&#233;ration d'opposants de 23 28 dont il ne reste que quelques cadres admirables, des jeunes d'ailleurs comme les Iakovine et les Dingelstedt. Dans les isolateurs et ailleurs, on trouve surtout maintenant les opposants trotskystes de 1930 1933. Une seule autorit&#233; subsiste : la v&#244;tre. Vous avez l&#224; bas une situation morale incomparable, des d&#233;vouements absolus. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/broue/works/1980/00/broue_19800000l.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/broue/works/1980/00/broue_19800000l.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si Staline s'appr&#234;tait &#224; revenir sur le chemin de la r&#233;volution, il n'aurait pas extermin&#233; et d&#233;moralis&#233; les r&#233;volutionnaires. En derni&#232;re analyse, Mussolini a raison lorsqu'il &#233;crit dans le &#171; Giornale d'italia &#187; que &#171; personne jusqu'ici n'a port&#233; de coups plus rudes &#224; l'id&#233;al du communisme (de la r&#233;volution prol&#233;tarienne) ni extermin&#233; de communistes avec autant d'acharnement que Staline. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;on Trotsky &#8211; 9 mars 1938&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3088&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3088&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'assassinat de Trotsky ach&#232;ve le travail de destruction du trotskysme&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6008&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6008&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5975&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5975&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5671&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5671&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la deuxi&#232;me guerre mondiale, plusieurs groupes trotskystes ont vir&#233; de bord et quelques rares ont partiellement tenu le cap&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/07/barta_19450702.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/07/barta_19450702.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les faiblesses du trotskysme en France ont jou&#233; un r&#244;le important&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1930/11/301125a.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1930/11/301125a.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky rappelle &#224; propos des trotskystes am&#233;ricains : &#171; j'&#233;crivais &#224; Cannon :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Le Parti a seulement une minorit&#233; de v&#233;ritables ouvriers d'usine... Les &#233;l&#233;ments non prol&#233;tariens repr&#233;sentent un levain tr&#232;s n&#233;cessaire et je crois que nous pouvons &#234;tre fiers de la qualit&#233; de ces &#233;l&#233;ments. Mais... notre Parti peut &#234;tre inond&#233; par des &#233;l&#233;ments non prol&#233;tariens et peut m&#234;me perdre son caract&#232;re r&#233;volutionnaire. Evidemment notre t&#226;che n'est pas d'emp&#234;cher l'afflux des intellectuels par des m&#233;thodes artificielles... mais d'orienter toute l'organisation vers les usines, les gr&#232;ves, les syndicats...&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Prenons un exemple concret : nous ne pouvons pas consacrer suffisamment ou autant de forces &#224; toutes les usines. Notre organisation locale peut choisir comme champ d'activit&#233; durant la p&#233;riode prochaine une, deux ou trois usines dans son rayon et concentrer toutes ses forces sur ces usines. Si nous avons, dans l'une d'elles, deux ou trois ouvriers, nous pouvons cr&#233;er une commission sp&#233;ciale de soutien de cinq membres non ouvriers dans le but d'&#233;largir notre influence dans cette usine.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;La m&#234;me chose doit &#234;tre faite dans les syndicats. Nous ne pouvons pas introduire des membres non ouvriers dans les syndicats ouvriers. Mais nous pouvons constituer, avec des chances de succ&#232;s, des commissions de soutien pour l'action orale et litt&#233;raire en connection avec nos camarades au sein du syndicat. Les conditions invariables de cette action doivent &#234;tre : ne pas commander les ouvriers, mais seulement les aider, leur donner des suggestions, les armer de faits, d'id&#233;es, de journaux d'usines, de tracts sp&#233;ciaux, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Une telle collaboration aurait une &#233;norme importance &#233;ducative, d'une part pour les camarades ouvriers, d'autre part pour les membres non ouvriers qui ont besoin d'une solide r&#233;&#233;ducation.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Vous avez par exemple, un nombre important d'&#233;l&#233;ments juifs non travailleurs dans vos rangs. Ils peuvent &#234;tre un levain de valeur, si le Parti r&#233;ussit &#224; les extraire peu &#224; peu d'un milieu clos, et &#224; les lier aux ouvriers d'usines au moyen d'une activit&#233; quotidienne. Je crois qu'une telle orientation assurerait aussi une atmosph&#232;re plus saine &#224; l'int&#233;rieur du Parti...&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Nous pouvons poser sans tarder une r&#232;gle g&#233;n&#233;rale : un membre du Parti qui n'a pas gagn&#233; au Parti un nouvel ouvrier au cours de trois ou six mois n'est pas un bon membre du Parti.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Si nous assurions s&#233;rieusement une telle orientation g&#233;n&#233;rale et si nous en v&#233;rifiions chaque semaine les r&#233;sultats pratiques, nous &#233;viterions un grand danger, celui de voir les intellectuels et les ouvriers en faux col supplanter la minorit&#233; ouvri&#232;re, la condamner au silence et transformer le Parti en un club de discussion tr&#232;s intelligent, mais absolument inhabitable pour les ouvriers.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Les m&#234;mes r&#232;gles devraient &#234;tre appliqu&#233;es sous une forme correspondante en ce qui concerne le travail et le recrutement de l'organisation de jeunesse, sans quoi nous courons le danger d'&#233;duquer de bons &#233;l&#233;ments jeunes en dilettantes r&#233;volutionnaires et non en combattants r&#233;volutionnaires.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette lettre prouve clairement, je l'esp&#232;re, que je n'ai pas invent&#233; le danger d'une d&#233;viation petite-bourgeois&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/defmarx/dma7.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/defmarx/dma7.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La premi&#232;re chose qu'il faut comprendre dans la situation mondiale, et si on ne la comprend pas tout s'embrouille et l'action devient st&#233;rile, c'est que l'Etat et le gouvernement russes actuels, loin d'avoir pour base la r&#233;volution bolchevique de 1917, ou le moindre de ses restes, repr&#233;sentent face &#224; elle la plus f&#233;roce et achev&#233;e des contre-r&#233;volutions. L'actuel gouvernement russe a contribu&#233; &#224; lui seul &#224; la d&#233;faite de la r&#233;volution mondiale et &#224; l'&#233;tat de prostration des masses bien plus que tous les gouvernements capitalistes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sans Moscou et le stalinisme mondial, ou bien la guerre imp&#233;rialiste n'aurait pas &#233;clat&#233;, emp&#234;ch&#233;e par la r&#233;volution europ&#233;enne, ou bien la guerre se serait vite et victorieusement transform&#233;e en guerre civile. C'est cette derni&#232;re direction que prenait l'action spontan&#233;e des masses sous l'occupation nazie, action que le stalinisme et le capitalisme mondial ont, sous un &#233;tendard unitaire, r&#233;orient&#233;e vers la guerre imp&#233;rialiste via les mouvements nationaux. Nous en sommes ainsi arriv&#233;s &#224; l'actuelle compl&#232;te domination r&#233;actionnaire du monde par les Trois Grands victorieux, ce qui entra&#238;ne une menace continuelle de nouvelle guerre imp&#233;rialiste et qui donne aux masses une am&#232;re sensation de frustration, gage de domination stalinienne et r&#233;formiste. La crise du mouvement ouvrier mondial se r&#233;sume donc dans la capacit&#233; organique du stalinisme (la social-d&#233;mocratie est un second couteau de peu d'importance) &#224; clouer l'activit&#233; des masses, pendant et apr&#232;s la guerre, dans le cercueil mis en place par les vieux imp&#233;rialismes et la contre-r&#233;volution russe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la guerre le parti am&#233;ricain a eu une attitude opportuniste comparable &#224; celle du centrisme et non &#224; celle qui doit &#234;tre la n&#244;tre. Lui-m&#234;me l'a d&#233;finie comme non-soutien, transformation de la guerre imp&#233;rialiste en vraie guerre contre le fascisme, opposition politique, etc... et de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale s'est abstenu d'agitation et de travail sp&#233;cifique contre la guerre, tant &#224; l'arri&#232;re qu'au front. Et la politique de ce parti est apparue face au monde, pendant des ann&#233;es, comme la politique officielle de la IV&#176; Internationale ! D'autre part, ce qui faisait office de centre international l'a tacitement accept&#233; comme bonne. Evidemment, la politique du parti am&#233;ricain a entra&#238;n&#233; vers l'opportunisme tous les groupes de la IV&#176; Internationale dans le monde. [...]&lt;br class='autobr' /&gt;
Les camarades qui pendant l'occupation, dans de terribles conditions, ont continu&#233; la lutte g&#233;n&#233;rale pour la r&#233;volution sur la base de nos id&#233;es, se sont montr&#233;s redevables de l'estime et de l'admiration de toute l'Internationale. Notre respect et notre amiti&#233; va &#224; tous ceux qui sont tomb&#233;s et ceux qui continuent. C'est cela m&#234;me qui nous oblige &#224; signaler les erreurs qui entravent aujourd'hui la croissance de l'organisation et la marche r&#233;volutionnaire. Pour r&#233;soudre positivement sa crise, pour aider l'Internationale &#224; r&#233;soudre la sienne, le parti fran&#231;ais doit analyser sa conduite et celle de l'Internationale pendant la guerre imp&#233;rialiste, et condamner les opportunismes et les vacillements. L'erreur la plus grave en ce domaine vient de la nouvelle direction &#233;lue &#224; la Pr&#233;-conf&#233;rence d'avril 1946. Depuis plus d'un an elle n'a toujours pas mis en discussion la politique des principaux partis pendant la guerre imp&#233;rialiste (...). Son erreur risque d'&#234;tre davantage mortelle pour notre mouvement quand cette nouvelle direction rechigne &#224; mettre &#224; l'ordre du jour du Congr&#232;s mondial en pr&#233;paration l'attitude des principaux partis face &#224; la guerre imp&#233;rialiste et aux mouvements nationaux. Une erreur peut &#234;tre grave ou tr&#232;s grave, mais un parti qui sait les corriger poursuivra son chemin vers la r&#233;volution. Une erreur non rectifi&#233;e produit la phtisie th&#233;orique, l'ankylose organique, la destruction t&#244;t ou tard. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas, comme le consid&#232;rent malheureusement quelques tendances, consubstantiel &#224; notre mouvement. Le crit&#232;re qui a toujours pr&#233;valu dans notre attitude vis-&#224;-vis de la question est celui-ci : la d&#233;fense de l'U.R.S.S. dans une guerre contre des ennemis ext&#233;rieurs aide t-elle ou entrave t-elle la r&#233;volution mondiale ? [...] La &#171; d&#233;fense inconditionnelle de l'U.R.S.S. &#187; s'est r&#233;v&#233;l&#233;e incompatible avec la d&#233;fense de la R&#233;volution mondiale. La d&#233;fense de la Russie doit &#234;tre abandonn&#233;e de toute urgence parce qu'elle lie tous nos mouvements, p&#232;se sur notre progr&#232;s th&#233;orique, et nous donne aux yeux des masses une physionomie stalinisante. Il est impossible de d&#233;fendre la R&#233;volution mondiale et la Russie en m&#234;me temps. C'est l'un ou l'autre. Nous nous pronon&#231;ons pour la R&#233;volution mondiale, contre la d&#233;fense de la Russie, et vous invitons &#224; vous prononcer dans le m&#234;me sens [...] pour &#234;tre fid&#232;les &#224; la tradition r&#233;volutionnaire de la IV&#176; Internationale, nous devons abandonner la th&#233;orie trotskyste de la d&#233;fense de l'U.R.S.S. ; nous produirons ainsi dans l'Internationale la r&#233;volution id&#233;ologique indispensable pour la r&#233;ussite de la R&#233;volution mondiale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/postwar/1947/06/nt_19470600.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/postwar/1947/06/nt_19470600.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat russe a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; par le stalinisme dans tout le mouvement ourier comme premier pays socialiste alors que L&#233;nine et Trotsky affirmaient le contraire&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7423&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7423&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement trotskyste en France, le plus&#8230; &#224; droite de tout le trotskysme mondial&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5230&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5230&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3738&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3738&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi la Quatri&#232;me Internationale fond&#233;e par L&#233;on Trotsky a &#233;chou&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4250&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4250&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand l'extr&#234;me gauche opportuniste a soutenu les ennemis du prol&#233;tariat sous pr&#233;texte de lutte contre le fascisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7014&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7014&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre principale divergence avec l'extr&#234;me gauche fran&#231;aise : ils ne sont pas clairs vis-&#224;-vis de la nature de l'Etat capitaliste !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5462&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5462&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Encore et &#224; nouveau sur la vie du militant trotskiste italien Pietro Tresso</title>
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		<dc:date>2024-10-06T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Italie</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>IV&#176; Internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Trotskisme</dc:subject>
		<dc:subject>Pietro Tresso</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lire la premi&#232;re partie &lt;br class='autobr' /&gt;
Encore et &#224; nouveau sur la vie du militant trotskiste italien Pietro Tresso &lt;br class='autobr' /&gt;
N&#233; dans une bourgade agricole pr&#232;s de Vicenza, Pietro Tresso &#233;tait l'a&#238;n&#233; d'une famille de quatre enfants. Son p&#232;re, Luigi, issu d'une famille paysanne, devint ouvrier dans la plus importante industrie de la r&#233;gion, l'entreprise textile Lanificio Rossi. Les conditions de vie tr&#232;s modestes de ses parents, ne permirent &#224; Pietro que de fr&#233;quenter les trois premi&#232;res ann&#233;es de l'&#233;cole (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique81" rel="directory"&gt;4- Ce qu'est le socialisme et ce qu'il n'est pas&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot21" rel="tag"&gt;Italie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot105" rel="tag"&gt;IV&#176; Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot283" rel="tag"&gt;Trotskisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot295" rel="tag"&gt;Pietro Tresso&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3969&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire la premi&#232;re partie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Encore et &#224; nouveau sur la vie du militant trotskiste italien Pietro Tresso&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;N&#233; dans une bourgade agricole pr&#232;s de Vicenza, Pietro Tresso &#233;tait l'a&#238;n&#233; d'une famille de quatre enfants. Son p&#232;re, Luigi, issu d'une famille paysanne, devint ouvrier dans la plus importante industrie de la r&#233;gion, l'entreprise textile Lanificio Rossi. Les conditions de vie tr&#232;s modestes de ses parents, ne permirent &#224; Pietro que de fr&#233;quenter les trois premi&#232;res ann&#233;es de l'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire. Il fut, ensuite, apprenti tailleur. Sa formation intellectuelle, nourrie de nombreuses lectures d&#232;s son adolescence, fut celle d'un autodidacte. En 1909, &#224; l'&#226;ge de seize ans, il s'inscrivit &#224; la F&#233;d&#233;ration des Jeunesses socialistes et, l'ann&#233;e suivante, il participa &#224; la fondation du Cercle des jeunes socialistes de Magr&#233;. Son premier combat politique fut anticolonialiste : en 1911, il contribua &#224; organiser une manifestation contre l'intervention militaire italienne en Libye.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s quelques ann&#233;es de travail syndical parmi les paysans de sa r&#233;gion, une des plus catholiques du pays, Pietro Tresso fut envoy&#233; &#224; Milan, en mai 1914, afin de suivre un stage de formation syndicale dans l'&#233;cole l'&#171; Umanitaria &#187;. Un mois plus tard, il partit pour les Pouilles et s'installa &#224; Gravina, un important centre rural d'environ 20 000 habitants, pour y d&#233;velopper le syndicat des travailleurs agricoles (braccianti). C'est l&#224; qu'il fit sa premi&#232;re exp&#233;rience de dirigeant syndical. Peu apr&#232;s son arriv&#233;e, il fut &#233;lu secr&#233;taire de la Ligue des paysans de Gravina et commen&#231;a &#224; collaborer &#224; La Conquista, le journal des socialistes des Pouilles, publi&#233; &#224; Bari. En janvier 1915, il fut appel&#233; &#224; faire son service militaire. Pendant la Premi&#232;re Guerre mondiale, il se rallia &#224; la majorit&#233; du Parti socialiste italien (PSI), qui &#233;tait oppos&#233;e &#224; la guerre. Il distribua l'appel de Zimmerwald au sein de l'arm&#233;e. Cette activit&#233; antimilitariste lui valut un proc&#232;s, mais les charges retenues contre lui furent insuffisantes et il fut envoy&#233; dans une &#171; compagnie disciplinaire &#187;. Revenu &#224; Vicenza &#224; la fin de la guerre, avec le grade d'officier et pensionn&#233; &#224; 80%, il reprit son activit&#233; politique au sein du PSI. Il commen&#231;a &#224; &#233;crire pour son journal local, Il Visentin. Dans le PSI, il adh&#233;ra au courant dit &#171; maximaliste &#187; de Serrati, favorable &#224; la r&#233;volution d'Octobre et dispos&#233; &#224; adh&#233;rer &#224; la IIIe Internationale, mais oppos&#233; &#224; une rupture avec le courant r&#233;formiste dirig&#233; par Turati.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1920, Pietro Tresso fut &#233;lu au conseil municipal de Magr&#233; et au conseil provincial de Vicenza, lors d'une &#233;lection qui marqua une forte avanc&#233;e du PSI S'&#233;loignant de Serrati, il participa &#224; la cr&#233;ation de la fraction communiste de Vicenza, qui l'envoya comme d&#233;l&#233;gu&#233; au congr&#232;s national du PSI Le congr&#232;s de Livourne, en janvier 1921, marqua la fracture du socialisme italien. Bien que minoritaire, le courant communiste, dirig&#233; par Amadeo Bordiga, quitta le PSI et constitua le Parti communiste d'Italie. Rentr&#233; &#224; Vicenza, Tresso fut nomm&#233; directeur du nouveau journal du parti, La Lotta communista. La fraction communiste devenant majoritaire dans la CGL de Vicenza, il fut envoy&#233; &#224; Milan o&#249; il commen&#231;a &#224; collaborer &#224; la r&#233;daction du journal syndical Il Sindicato rosso, l'organe italien de l'Internationale syndicale rouge (ISR).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1922, Mussolini prit le pouvoir. Dans une situation de guerre civile latente, les affrontements se multipliaient entre les militants ouvriers et les &#171; chemises noires &#187;. Tomb&#233; dans une embuscade, Pietro Tresso fut durement battu par une bande fasciste dans une rue de Milan. Pendant cette ann&#233;e cruciale, il se rendit &#224; plusieurs reprises &#224; Berlin pour coordonner le travail de l'ISR. Il participa, &#224; Moscou, au IVe congr&#232;s du Komintern et au IIe congr&#232;s de l'ISR, au cours duquel il intervint pour d&#233;fendre la th&#232;se du r&#244;le dirigeant du Parti communiste &#224; l'&#233;gard des syndicats. Avant de rentrer en Italie, &#224; la fin de 1923, il fit une nouvelle &#233;tape de quelques semaines &#224; Berlin, o&#249; il connut Debora Seidenfeld, &#171; Barbara &#187;, qui devint la compagne de sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Italie, Pietro Tresso fut incorpor&#233; &#224; la direction du travail syndical du PCI. C'est &#224; partir de cette p&#233;riode qu'il noua une relation &#233;troite d'amiti&#233; et de collaboration avec Antonio Gramsci, qui &#233;tait devenu le principal dirigeant du parti. Tresso contribua &#224; la &#171; bolch&#233;visation &#187; du PCI, qui se traduisit essentiellement par la marginalisation de Bordiga au sein du groupe dirigeant, en d&#233;pit de son influence encore majoritaire dans le parti. Frapp&#233; par la dure r&#233;pression du r&#233;gime fasciste, le mouvement ouvrier connut des difficult&#233;s croissantes. Tresso fut arr&#234;t&#233; &#224; deux reprises &#224; Milan, en mai 1924 et en juillet 1925, lors de la dispersion de r&#233;unions syndicales. Peu apr&#232;s, le droit de gr&#232;ve fut supprim&#233; et les syndicats non-fascistes mis hors la loi. Pendant cette p&#233;riode, alors que Bordiga s'&#233;tait ouvertement oppos&#233; au nouveau cours de l'URSS et que Gramsci avait &#233;crit au Comit&#233; central du PCUS pour manifester son inqui&#233;tude &#224; l'&#233;gard des m&#233;thodes adopt&#233;es dans la lutte contre l'Opposition de gauche, Tresso semblait totalement absorb&#233; par les probl&#232;mes italiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier 1926, lors du congr&#232;s de Lyon du PCI qui marqua la d&#233;faite de Bordiga et consacra la domination politique de Gramsci, Pietro Tresso fut &#233;lu au Comit&#233; central. Favorable &#224; une r&#233;organisation globale du travail politique &#224; partir de cellules de base clandestines, il s'installa &#224; Rome, avec la t&#226;che de diriger le bureau pour le travail ill&#233;gal. C'est alors qu'il prit le pseudonyme de &#171; Blasco &#187; sous lequel il fut connu par la suite. Apr&#232;s la vague d'arrestations qui, en r&#233;ponse &#224; l'attentat contre Mussolini, avait durement affaibli la direction du PCI, Tresso fut coopt&#233; au Bureau politique du parti et en devint le principal organisateur. Le s&#233;jour dans la capitale &#233;tant devenu de plus en plus dangereux, Blasco s'installa &#224; Sturla, dans la banlieue de G&#234;nes, d'o&#249; il pouvait maintenir une liaison r&#233;guli&#232;re avec Alfonso Leonetti, qui avait install&#233; &#224; Recco la r&#233;daction clandestine de l'Unita, le quotidien du PCI. En f&#233;vrier 1927, dans la plus stricte ill&#233;galit&#233;, il organisa &#224; Milan une conf&#233;rence nationale de la CGIL, qui venait d'&#234;tre dissoute par Mussolini. A la fin de l'ann&#233;e, il dut quitter l'Italie pour &#233;chapper &#224; l'OVRA, la police fasciste. Il rejoignit alors le centre du parti dans l'&#233;migration &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Moscou, en 1928, o&#249; il participa au VIe congr&#232;s de l'Internationale communiste, Pietro Tresso ne manifesta aucune perplexit&#233; au sujet du tournant de la &#171; troisi&#232;me p&#233;riode &#187;, qui pr&#233;voyait une nouvelle vague r&#233;volutionnaire en Europe et qualifiait la social-d&#233;mocratie d'&#171; ennemi principal &#187;. Cela se traduisait, pour le PCI, par l'envoi massif de cadres en Italie afin de reconstituer l'organisation clandestine en vue d'une reprise imminente des luttes sur une vaste &#233;chelle. Tresso consid&#233;rait comme aventuriste et suicidaire une telle politique. Cependant, il ne remit pas en cause la strat&#233;gie g&#233;n&#233;rale du Komintern.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pietro Tresso v&#233;cut bient&#244;t &#224; Paris l'une des crises les plus profondes de l'histoire du PCI. Les divergences sur l'appr&#233;ciation de la situation en Italie &#233;clat&#232;rent &#224; propos de l'&#171; affaire Tasca &#187; qui venait d'&#234;tre expuls&#233; &#224; cause de son appui &#224; N. Boukharine. Togliatti, lui aussi li&#233; &#224; la &#171; droite &#187; boukharinienne jusqu'au VIe congr&#232;s du Komintern, s'&#233;tait ralli&#233; &#224; la derni&#232;re minute &#224; la majorit&#233; stalinienne du PCUS. Pendant la r&#233;union du Bureau politique du PCI qui devait sanctionner l'expulsion de Tasca, Tresso, appuy&#233; par Alfonso Leonetti et Paolo Ravazzoli, intervint pour critiquer l'orientation g&#233;n&#233;rale du parti et soulever des r&#233;serves &#224; l'&#233;gard de l'attitude de Togliatti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces divergences s'approfondirent fin 1929, lorsque Togliatti et L. Longo propos&#232;rent l'envoi en Italie d'un certain nombre de dirigeants du parti afin de reconstituer un centre &#224; l'int&#233;rieur du pays. Tresso, Leonetti et Ravazzoli, d&#233;sormais appel&#233;s les &#171; trois &#187;, reconnaissaient la n&#233;cessit&#233; de renforcer le travail clandestin en Italie, mais s'oppos&#232;rent aux m&#233;thodes et aux rythmes propos&#233;s par Togliatti. Le d&#233;bat sur le &#171; tournant &#187; italien fut tranch&#233;, en mars 1930, par le Comit&#233; central qui, suivant les indications de Moscou, approuva la ligne propos&#233;e par Togliatti et Longo, exclut Ignazio Silone et Ravazzoli du CC, r&#233;trograda Leonetti et exclut Tresso du BP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;cart&#233;s de la direction du PCI, les &#171; trois &#187; prirent contact avec l'opposition trotskyste en France. Ils avaient &#233;t&#233; frapp&#233;s par les articles de Trotsky parus dans la V&#233;rit&#233;, qui semblaient apporter une explication plus globale aux critiques qu'ils adressaient au &#171; tournant &#187; du PCI. La prise de contact fut favoris&#233;e par Alfred Rosmer, qu'ils avaient connu &#224; Moscou, o&#249; il s'&#233;tait li&#233; d'amiti&#233; avec Gramsci. Dans l'impossibilit&#233; d'exprimer leur point de vue dans la presse de leur parti, ils d&#233;velopp&#232;rent leurs analyses dans les pages de La V&#233;rit&#233;. En m&#234;me temps, ils entam&#232;rent une riche correspondance avec Trotsky. La collaboration avec les trotskystes entra&#238;na aussit&#244;t l'expulsion des &#171; trois &#187; du PCI. Entour&#233;s par un petit noyau de militants, ils cr&#233;&#232;rent la Nouvelle opposition italienne (NOI), qui partageait l'orientation g&#233;n&#233;rale de Trotsky. Rest&#233; sans ressources, apr&#232;s avoir perdu son poste de &#171; r&#233;volutionnaire professionnel &#187; dans l'appareil du PCI, Tresso reprit son ancien m&#233;tier de tailleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre avril 1931 et mai 1933, Blasco contribua &#224; la publication de l'organe de la NOI, le Bollettino dell'opposizione comunista italiana. En m&#234;me temps, il participa &#224; l'activit&#233; du mouvement trotskyste en France. En janvier 1931, il fut &#233;lu au Comit&#233; ex&#233;cutif de la Ligue communiste et son activit&#233; dans le mouvement ouvrier fran&#231;ais l'&#233;loigna de plus en plus de la NOI. En novembre 1932, Pietro Tresso se rendit avec d'autres militants trotskystes &#224; Copenhague, o&#249; il put rencontrer Trotsky qui avait &#233;t&#233; invit&#233; dans la capitale danoise pour tenir une conf&#233;rence &#224; l'occasion du quinzi&#232;me anniversaire de la r&#233;volution russe. L'ann&#233;e suivante, apr&#232;s la prise du pouvoir par les nazis en Allemagne, l'Opposition de gauche internationale tint une conf&#233;rence &#224; Paris, en f&#233;vrier 1933, qui &#233;lut Tresso au Comit&#233; ex&#233;cutif international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s proche de Pierre Naville au sein de la Ligue communiste, Pietro Tresso s'opposa au tournant &#171; entriste &#187; dans la SFIO que Trotsky sugg&#233;ra &#224; partir de septembre 1934. S'&#233;loignant de la Ligue communiste, Tresso et Naville constitu&#232;rent un petit Groupe communiste internationaliste (GCI), qui finit par rejoindre &#233;galement le Parti socialiste. Pendant cette p&#233;riode &#171; entriste &#187;, Blasco milita dans les cercles exil&#233;s du PSI. Il collabora &#224; la revue italienne Quaderni di critica proletaria. Il fut &#233;lu au conseil g&#233;n&#233;ral du PSI en tant que repr&#233;sentant du courant &#171; bolchevik-l&#233;niniste &#187;. En 1936, apr&#232;s sa &#171; sortie &#187; du PSI, Tresso reprit son activit&#233; de dirigeant du mouvement pour la IVe Internationale dans les rangs du Parti ouvrier internationaliste (POI), la nouvelle organisation des trotskystes fran&#231;ais. En 1937, Pietro Tresso &#233;voqua dans les pages de la Lutte ouvri&#232;re, l'hebdomadaire du POI la figure d'Antonio Gramsci, qui venait de mourir au bout de onze ans de d&#233;portation et de prison. Son portrait du dirigeant communiste et de l'intellectuel marxiste italien n'avait rien d'hagiographique. Il n'h&#233;sitait pas &#224; affirmer que Gramsci s'&#233;tait aussi tromp&#233; sur des questions importantes (tout d'abord sur la &#171; bolch&#233;visation &#187; du parti et dans les m&#233;thodes adopt&#233;es pour &#233;carter Bordiga de la direction, une critique qui, sous la plume de Blasco, apparaissait aussi comme une autocritique). &#171; Nous ne savons pas quelle a &#233;t&#233; l'&#233;volution de Gramsci au cours des onze ann&#233;es de prison, &#233;crivait-il, mais nous pouvons affirmer ceci : toute l'activit&#233; de Gramsci, toute sa conception du d&#233;veloppement du Parti et du mouvement ouvrier s'oppose de fa&#231;on absolue au stalinisme, &#224; ses crapuleries politiques, &#224; ses falsifications &#233;hont&#233;es... &#187; (la Lutte ouvri&#232;re, 14 mai 1937). Il ne se trompait pas : depuis les ann&#233;es soixante, une large litt&#233;rature historique a mis en lumi&#232;re l'opposition de Gramsci au stalinisme et &#224; la direction du PCI pendant ses ann&#233;es de prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En septembre 1938, Blasco participa, sous le pseudonyme de Julien, au congr&#232;s de fondation de la IVe Internationale, qui se tint clandestinement &#224; P&#233;rigny (voir Alfred Rosmer). Le congr&#232;s confirma l'appartenance de Tresso au Comit&#233; ex&#233;cutif du mouvement. Blasco s'opposa en 1939, au sein du POI, &#224; l'entr&#233;e dans le Parti socialiste ouvrier et paysan (PSOP) de Marceau Pivert, pr&#233;conis&#233;e par Trotsky. Apr&#232;s la d&#233;faite fran&#231;aise en juin 1940, Blasco et Barbara demeur&#232;rent &#224; Paris, sous l'occupation nazie. En 1941, ils purent &#233;chapper de justesse &#224; une perquisition de la Gestapo, qui venait de d&#233;couvrir leur domicile secret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traqu&#233;, Pietro Tresso se rendit avec Louis Rigaudias en juillet &#224; Marseille, o&#249; Barbara le rejoignit en fin d'ann&#233;e. Parvenant, gr&#226;ce &#224; l'aide du Comit&#233; am&#233;ricain de secours (CAS) &#8212; dont Tresso devint le consultant pour l'&#233;migration italienne &#8212; &#224; s'embarquer le 5 janvier 1942 &#224; destination de Cuba, Rigaudias avait vainement tent&#233; de convaincre Tresso de se rendre aux &#201;tats-Unis. Celui-ci, &#226;g&#233; de pr&#232;s de cinquante ans, r&#233;pugnait &#224; envisager une nouvelle &#233;migration dans un pays dont il ignorait la langue. Il finit, cependant, par s'y r&#233;soudre un peu plus tard et le CAS lui procura les papiers n&#233;cessaires au d&#233;part. Il ne manquait plus que le passeport et les visas de Barbara lorsque le 2 juin 1942 Tresso et sa compagne furent arr&#234;t&#233;s par la police fran&#231;aise avec les principaux militants trotskystes de Lyon et de Marseille, dont Albert Demazi&#232;re et Jean Reboul. La police avait intercept&#233; la correspondance entre le Secr&#233;tariat international de la IVe Internationale si&#233;geant &#224; New York et les trotskystes fran&#231;ais. Tresso fut maltrait&#233; sous les yeux de sa compagne. Traduit le 30 septembre, avec ses camarades, devant la section sp&#233;ciale du Tribunal de la XVe division militaire de Marseille, sous le curieux chef d'inculpation &#171; d'activit&#233;s communistes relevant directement ou indirectement de la IIIe Internationale &#187;, assist&#233; par Gaston Defferre, Tresso fut condamn&#233; &#224; dix ans de travaux forc&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Transf&#233;r&#233; d&#233;but octobre &#224; la prison militaire de Lod&#232;ve (H&#233;rault) avec Reboul et Demazi&#232;re, Pietro Tresso y retrouva un autre trotskyste, Maurice S&#233;gal, dit Salini qui se trouvait dans un &#233;tat d'&#233;puisement physique et moral inqui&#233;tant, par suite de la s&#233;v&#232;re quarantaine qu'il subissait de la part du collectif communiste. Tresso &#233;crivit en novembre 1942 &#224; sa belle-s&#339;ur Gabriella Maier, r&#233;sidant en Suisse : &#171; Le point noir pour nous ici, ce sont nos rapports avec les staliniens. Pour ces messieurs, nous sommes naturellement une bande de vip&#232;res lubriques et tout le tralala que vous connaissez... leur haine contre nous est sans bornes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;tat de tension subsista &#224; la prison du Puy-en-Velay (Haute-Loire) o&#249; furent achemin&#233;s les d&#233;tenus politiques, le 18 d&#233;cembre 1942 et o&#249; arriva, en m&#234;me temps, en provenance de la prison de Nontron (Dordogne), le trotskyste lyonnais Abram Sadek qui partagea d&#233;sormais la cellule de Pietro Tresso. Dans ses derni&#232;res lettres des 11 et 18 septembre 1943 &#224; sa compagne, celui-ci fit encore &#233;tat des calomnies prof&#233;r&#233;es &#224; l'encontre des trotskystes, reprenant les th&#232;mes des proc&#232;s de Moscou, assorties de menaces de liquidation. Ces propos tenus par le principal organisateur de l'&#233;vasion collective des 79 prisonniers politiques de la prison du Puy, dans la nuit du 1er au 2 octobre 1943, &#233;taient inqui&#233;tants quant au sort futur r&#233;serv&#233; aux trotskystes. La majorit&#233; des &#233;vad&#233;s furent conduits au maquis &#171; Wodli &#187; cr&#233;&#233; par le PCF, localis&#233; au lieu-dit Raffy de la commune de Queyri&#232;re (Haute-Loire), proche d'Yssingeaux. Les trotskystes y furent plac&#233;s sous une &#233;troite surveillance. Des personnes qui ne pouvaient ignorer les faits refus&#232;rent de r&#233;pondre, ou formul&#232;rent des hypoth&#232;ses contradictoires, inexactes au sujet de la disparition de Pietro Tresso. Il ressort des recherches r&#233;centes que Tresso, Jean Reboul, Abram Sadek et Maurice Segal furent ex&#233;cut&#233;s fin octobre 1943, peut-&#234;tre le 26 ou le 27 &#224; Queyri&#232;re (Haute-Loire), sur ordre des responsables du maquis, appliquant les consignes &#171; venues d'en haut &#187;. Pierre Brou&#233; et Raymond Vacheron &#233;voqu&#232;rent la responsabilit&#233; de Giovanni Sosso commandant du maquis FTP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : Maitron&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pietro Tresso et la naissance du trotskisme italien&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 27 octobre 1943, le camarade Pietro Tresso, dit &#034;Blasco&#034;, fondateur et leader du Parti communiste d'Italie et ami de Gramsci, est assassin&#233;, expuls&#233; pour &#034;trotskysme&#034; par le parti en 1930 par la volont&#233; de Togliatti, fondateur de la Quatri&#232;me Internationale, assassin&#233; en France par les staliniens pendant la R&#233;sistance. Ce texte retrace le tournant qui s'est produit en 1930 au sein du PCd'I, en relation avec les changements profonds qui ont affect&#233; la politique de l'Internationale communiste &#224; la fin des ann&#233;es 1920, et qui ont conduit &#224; l'expulsion de Tresso, Leonetti et Ravazzoli. des rangs du parti et la naissance du trotskisme italien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au printemps-&#233;t&#233; 1930, la crise la plus profonde &#224; laquelle le jeune Parti Communiste d'Italie (n&#233; en 1921) a &#233;t&#233; confront&#233; au cours de ses premi&#232;res ann&#233;es de vie troubl&#233;e prend fin, et l'un des moments les plus difficiles de toute la vie de ce qui va devenu ensuite, au cours des ann&#233;es trente, et plus encore depuis la Seconde Guerre mondiale, un parti qui n'avait plus de points communs avec celui fond&#233; par Bordiga et Gramsci &#224; Livourne en 1921.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1930 est l'ann&#233;e de ce qui sera plus tard d&#233;fini, par les historiens et les militants, &#171; le tournant du PCd'I &#187;. Un chapitre central de l'histoire de ce parti, mais qui restera longtemps obscur et incompris, obstin&#233;ment &#233;cart&#233; et coupablement d&#233;form&#233;. Qu'il suffise de dire que jusqu'au milieu des ann&#233;es soixante-dix il n'y avait pas d'ouvrages historiographiques qui en parlaient, et jusqu'au milieu de la d&#233;cennie pr&#233;c&#233;dente les termes de la question n'&#233;taient pas encore clairs dans leur essence pour l'&#233;crasante majorit&#233; des militants du PCI. et d'autres partis ouvriers (sauf, pr&#233;cis&#233;ment, &#224; ceux qui en ont fait l'exp&#233;rience).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soi-disant tournant, et la crise profonde qui s'ensuit, repr&#233;sente pour le PCdI &#224; la fois un point d'arriv&#233;e et un point de d&#233;part. Dans ce Comit&#233; central brumeux et dramatique de mars 1930 &#224; Li&#232;ge, s'ach&#232;ve la vie de la section italienne de la Troisi&#232;me Internationale bolchevique, de l'Internationale de L&#233;nine et Trotsky ; et la vie d'un parti a commenc&#233; dont la ligne &#233;tait, de ce moment &#224; la fin, co&#239;ncidant avec la ligne de Staline, dont les choix et les volont&#233;s seront li&#233;s aux destins personnels des dirigeants eux-m&#234;mes, ainsi que, d'ailleurs, de la base. Un parti qui, avec les enseignements de L&#233;nine et l'&#233;cole de la R&#233;volution russe, avait jet&#233; par-dessus bord sa propre exp&#233;rience particuli&#232;re de lutte et de t&#233;moignage, ses propres caract&#233;ristiques et pr&#233;rogatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il n'y a pas que le parti italien qui a chang&#233; de peau et de piste. A la m&#234;me &#233;poque, ce sont tous les partis communistes, toute l'Internationale qui ont radicalement chang&#233; son essence et ses perspectives. Quel a donc &#233;t&#233; le &#171; tournant &#187; ? En quoi s'est-il mat&#233;rialis&#233; ? Quelles &#233;taient ses hypoth&#232;ses et motivations ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1928 eut lieu le sixi&#232;me congr&#232;s de la IIIe Internationale. Quatre ans apr&#232;s le cinqui&#232;me, dans un contexte et un climat bien diff&#233;rents du pr&#233;c&#233;dent, le sixi&#232;me congr&#232;s est celui qui, selon les mots de Trotsky, inaugure &#171; la troisi&#232;me p&#233;riode des erreurs de l'Internationale communiste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la mort de L&#233;nine, avec l'aggravation des conditions d'isolement de la Russie sovi&#233;tique et le &#171; gel &#187; d&#233;finitif de la r&#233;volution en Europe occidentale et dans le reste du monde - et avec la reprise contextuelle de ce capitalisme qui jusqu'&#224; quelques ann&#233;es auparavant &#233;tait consid&#233;r&#233;e sur le point de succomber &#224; l'avanc&#233;e rouge - l'Internationale Communiste (IC) a commenc&#233; &#224; reculer et &#224; s'installer sur des positions de plus en plus d&#233;fensives non seulement par rapport aux relations de pouvoir modifi&#233;es, mais aussi par rapport &#224; la nouvelle configuration g&#233;n&#233;rale du syst&#232;me social et politique. L'ordre du mouvement ouvrier qui en a r&#233;sult&#233; a &#233;t&#233; red&#233;fini. La tactique et la strat&#233;gie de l'Internationale commencent &#224; osciller dangereusement d&#232;s les premiers &#233;pisodes importants de ces difficult&#233;s (Allemagne 1923), mais, contrairement &#224; la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente, elles en viennent &#224; s'&#233;carter de plus en plus des principes sur lesquels l'IC a &#233;t&#233; fond&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrainte dans les redoutes de plus en plus asphyxi&#233;es de la Russie sovi&#233;tique, la r&#233;volution prol&#233;tarienne subit une involution dont les aspects objectifs et les r&#233;percussions sont de plus en plus souvent et de plus en plus sans &#233;quivoque la contrepartie d'approches et de choix subjectifs erron&#233;s. Si le c&#244;t&#233; subjectif est toujours dialectiquement sensible &#224; l'objectif, et d&#233;termin&#233; par lui, dans le cas de l'IC &#224; partir du milieu des ann&#233;es 1920 l'impact n&#233;gatif assum&#233; dans ce contexte par l'action consciente des dirigeants (Staline, Zinoviev, Kamenev, Boukharine ) acquiert un poids sp&#233;cifique de plus en plus important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de 1927, le Parti communiste russe, aux mains de Staline et de Boukharine, fit un pas en avant substantiel dans la direction de cette involution : apr&#232;s des ann&#233;es de lutte interne acharn&#233;e, pour la premi&#232;re fois ceux qui, jusqu'&#224; peu de temps auparavant, avaient &#233;t&#233; les principaux dirigeants : Zinoviev, Trotsky, etc. C'est un point de non-retour. C'est le passage &#224; la d&#233;g&#233;n&#233;rescence, qui &#224; partir de ce moment (certainement pas le premier signe du changement de situation) verra le CI et ses partis sombrer un &#224; un dans les cercles infernaux qui conduiront d'erreurs en horreurs, de trahisons en crimes. .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sixi&#232;me congr&#232;s est celui qui inaugure la &#171; p&#233;riode &#187; &#224; partir de laquelle la d&#233;g&#233;n&#233;rescence ne s'arr&#234;tera ni n'aura de limites. Les fluctuations de l'IC avaient conduit en 1926-1927 &#224; des capitulations opportunistes et &#224; des collaborations de classe (comit&#233; anglo-russe, Chine), avec des effets d&#233;sastreux sur le mouvement communiste. En 1928, il est d&#233;cid&#233; de virer &#171; &#224; gauche &#187;, de changer d'orientation &#224; 180 degr&#233;s : cela met fin non seulement &#224; la collaboration avec la bourgeoisie (jusqu'&#224; un certain point), mais aussi avec les partis socialistes et sociaux-d&#233;mocrates ; le front unique des organisations de classe est d&#233;finitivement abandonn&#233; ; l'&#233;quivalence &#171; de facto &#187; entre social-d&#233;mocratie et fascisme (&#171; socialfascisme &#187;) est th&#233;oris&#233;e. Tous ces choix reposent sur une base pr&#233;cise d'analyse et de perspective politique : aggravation de la situation de l'&#233;conomie capitaliste mondiale, radicalisation des masses, imminence de la r&#233;volution et prise du pouvoir par la classe ouvri&#232;re en Europe (dont une guerre tout aussi imminente, avec l'agression imp&#233;rialiste contre l'URSS l'aurait rendu non seulement n&#233;cessaire, mais non reportable). M&#234;me ces analyses - autant que l'orientation politique qui s'ensuivit - &#233;taient en totale contradiction avec les analyses de 1926-27, qui voyaient l'&#233;conomie capitaliste dans une phase de stabilisation et de consolidation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le VIe Congr&#232;s (juillet-septembre 1928) et le 10e pl&#233;num du Comit&#233; ex&#233;cutif du CI (juillet 1929) sanctionneront cette nouvelle analyse et cette nouvelle ligne politique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Non seulement ils le sanctionneront, mais ils l'&#233;toufferont. En ce sens que dans l'Internationale de Staline, contrairement &#224; l'Internationale de L&#233;nine, les dissensions, les divergences d'opinion et la possibilit&#233; de critique ne sont plus autoris&#233;es. La seule dissidence autoris&#233;e est la dissidence personnelle envers soi-m&#234;me : l'exercice des autocritiques humiliantes des militants individuels devient une pratique formelle fr&#233;quente. Les partis doivent s'adapter &#224; la ligne de l'Internationale, et l'Internationale doit se conformer &#224; la ligne de Staline. Et que cette ligne est appliqu&#233;e sans r&#233;serve et inconditionnellement, ind&#233;pendamment de toute autre analyse et croyance, ou m&#234;me contre elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est pr&#233;cis&#233;ment le cas du parti italien. Togliatti et la plupart du groupe dirigeant qui dirige le parti (apr&#232;s la vague d'arrestations qui fin 1926 priva le PCd'I de Terracini, Gramsci et de nombreux autres dirigeants) &#233;taient d'abord sceptiques quant &#224; l'analyse et aux nouveaux slogans. qui &#233;mergea au VIe congr&#232;s de 1928. Il appara&#238;t m&#234;me que, dans les limites qu'ils avaient dans un domaine d&#233;j&#224; largement compromis en termes de d&#233;mocratie et de libert&#233; int&#233;rieure comme celui de ce congr&#232;s, les dirigeants italiens (et Togliatti in primis !) tent&#232;rent introduire des &#233;l&#233;ments de probl&#233;matisation et de distinction par rapport &#224; la nouvelle ligne, se r&#233;f&#233;rant principalement &#224; l'&#233;laboration et &#224; la politique pass&#233;e, qui avaient &#233;t&#233; dans les ann&#233;es pr&#233;c&#233;dant imm&#233;diatement celle qui avait caract&#233;ris&#233; l'Internationale dirig&#233;e par le bloc Staline-Boukharine (1926-1928) . En effet, dans l'ombre de Boukharine, Togliatti g&#233;rait la ligne suite au congr&#232;s de Lyon et les relations entre le parti italien et Moscou, &#224; l'&#233;poque o&#249; il se trouvait &#224; le diriger et &#224; le repr&#233;senter personnellement au CI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais avec le tournant de 1928, on l'a vu, la situation change, et sous le marteau de Staline d'abord tous les dirigeants du parti russe, puis les dirigeants du CI et les dirigeants nationaux (ceux, &#233;videmment, qui n'avaient pas encore expulsion encourue, comme Trotsky). Togliatti, une marionnette en &#233;tain, se plie &#233;galement. Pr&#233;cis&#233;ment entre l'&#233;t&#233; 1928 et celui de 1929 (la p&#233;riode entre le sixi&#232;me congr&#232;s et le dixi&#232;me pl&#233;num), sans trop de tribulations, il se d&#233;barrasse des perplexit&#233;s et des divergences qu'il avait timidement manifest&#233;es, et accepte pleinement le nouveau cap.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas sur la base d'une conviction et d'une adh&#233;sion rationnelle que Togliatti accepte le changement, mais sur la base d'une adaptation passive &#224; la ligne gagnante, &#224; laquelle il sacrifiera autonomie de jugement, pratique et alliances internes. Togliatti &#171; reste &#187; avec Boukharine quand Boukharine gagne (en alliance avec Staline), et &#171; reste &#187; avec Staline quand Boukharine perd (contre Staline). Trotsky dira : &#171; Ercoli s'est empress&#233; de montrer que la v&#233;rit&#233; lui est ch&#232;re, mais que Molotov lui est encore plus cher &#187; [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'opportunisme fondamental de Togliatti, qui inspire tout son parcours politique et qui en donne la meilleure preuve &#224; ce stade, devra composer avec la r&#233;sistance au sein du parti italien. Et avec qui, dans le parti italien, s'opposera compl&#232;tement &#224; la &#034;troisi&#232;me p&#233;riode d'erreurs&#034;, bien qu'au d&#233;but de mani&#232;re inconsciente, partielle et d&#233;form&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si les pr&#233;c&#233;dents tournants et zigzags du CI et de ses partis avaient &#233;t&#233; le reflet d'erreurs, et que la lutte contre elles &#233;tait encore permise dans une certaine mesure, &#224; partir du pl&#233;num X tout cela vient avoir un poids et une qualit&#233; qualitativement diff&#233;rents physionomie, &#034;produit d'une crise internationale de toutes les sections de l'IC, due &#224; l'&#233;mergence de l'imposition de la politique stalinienne au Komintern, un fait qui a trouv&#233; un instrument valable dans l'&#233;touffement d'abord, et dans la tentative d'an&#233;antissement ensuite, de tout semblant de d&#233;mocratie interne &#034;[2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le VIe Congr&#232;s de l'Internationale Communiste (IC) en 1928 et, de mani&#232;re plus organique et d&#233;finie, avec le Xe pl&#233;num du Comit&#233; ex&#233;cutif de l'IC en 1929, le mouvement communiste mondial consacre un &#171; tournant &#187; vers un nouveau ligne politique. La nouvelle politique &#233;tait centr&#233;e sur l'&#233;valuation de l'approche d'une situation r&#233;volutionnaire en Occident &#224; la suite d'une crise sans pr&#233;c&#233;dent du capitalisme. Cette crise (nous sommes dans la p&#233;riode de l'effondrement de Wall Street en 1929) a &#233;t&#233; interpr&#233;t&#233;e par les dirigeants de l'Internationale, d&#233;sormais enti&#232;rement aux mains de la fraction stalinienne, comme la crise d&#233;cisive du r&#233;gime capitaliste, qui a cr&#233;&#233; les conditions objectives de une phase &#034;r&#233;volutionnaire aigu&#235;&#034; (au sens de l'IC) dans laquelle les partis communistes devraient se pr&#233;parer &#224; conqu&#233;rir les positions qui leur permettraient de mener la classe ouvri&#232;re &#224; la victoire sur la bourgeoisie et &#224; prendre le pouvoir. Cette analyse a &#233;t&#233; formul&#233;e, sans diff&#233;renciation, pour tous les pays capitalistes avanc&#233;s. Aucune particularit&#233; des diff&#233;rentes situations nationales n'a &#233;t&#233; prise en consid&#233;ration (crise de la R&#233;publique de Weimar en Allemagne, fascisme en Italie, extr&#234;me faiblesse des communistes en Grande-Bretagne, etc.), et toutes les conditions de d&#233;part ont &#233;t&#233; ramen&#233;es &#224; une &#171; synth&#232;se &#187; du moins forc&#233;, ce qui excluait d'embl&#233;e m&#234;me la possibilit&#233; d'un d&#233;veloppement diff&#233;renci&#233; des pr&#233;tendues situations r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de cette analyse, sur le terrain pratique, le &#034;tournant&#034; s'est mat&#233;rialis&#233; par l'imposition aux diff&#233;rents partis de l'Internationale de mesures d'organisation destin&#233;es (en th&#233;orie) &#224; renforcer et intensifier l'activit&#233; et le travail des partis eux-m&#234;mes, pr&#233;cis&#233;ment en vue de la maturation des situations r&#233;volutionnaires et pr&#233;-insurrectionnelles, jug&#233;es &#171; imm&#233;diates &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le Parti communiste d'Italie, le &#034;tournant&#034; de la &#034;troisi&#232;me p&#233;riode&#034; signifiait non seulement l'abandon de l'approche politique prise par le congr&#232;s de Lyon, mais l'adoption d'une ligne qui r&#233;voquait m&#234;me les aspects analytiques et pratiques de l'action achev&#233;, sous la direction de Togliatti lui-m&#234;me, jusqu'&#224; quelques mois plus t&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tournant de la section italienne de l'Internationale, en effet, s'est r&#233;alis&#233; dans un laps de temps tr&#232;s court, entre 1929 et 1930, et s'est substantiellement mat&#233;rialis&#233; par la d&#233;cision de retransf&#233;rer en Italie l'appareil et la majeure partie des organes directeurs de le parti, contraint &#224; l'exil &#224; Paris par les lois d'exception du fascisme et la r&#233;pression du r&#233;gime (r&#233;pression qui a d&#233;j&#224; vu, en 1929, des milliers et des milliers de communistes pourrir dans les prisons fascistes, et parmi eux des dirigeants de haut niveau comme Gramsci, Terracini, Scoccimarro). Le transfert du centre dirigeant vers l'Italie &#233;tait consid&#233;r&#233; comme une mesure n&#233;cessaire et incontournable, li&#233;e &#224; la nouvelle perspective politique &#224; laquelle se pr&#233;parait l'Internationale stalinis&#233;e, perspective - rappelons-le - selon laquelle une crise du capitalisme imminente plus grande que celle de la p&#233;riode 1917-1920. , qui aurait conduit les partis communistes &#224; un affrontement frontal et sans m&#233;diation avec la bourgeoisie, mettant ainsi la question du pouvoir &#224; l'ordre du jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pr&#233;cis&#233;ment cette implication organisationnelle, mais qui a rapidement pris une &#233;paisseur politique, qui, au sein de l'organe supr&#234;me de direction politique du parti italien, le Bureau politique, a fait appara&#238;tre une rupture verticale insurmontable entre la direction stalinienne de Togliatti d'une part ( avec Grieco, Longo, Secchia et Camilla Ravera), et Tresso, Leonetti et Ravazzoli d'autre part. Les &#171; trois &#187;, comme on les appellera plus tard, diff&#233;raient du reste de l'UP parce qu'ils ne consid&#233;raient pas comme fond&#233;e la vision de la rupture r&#233;volutionnaire naissante, m&#234;me s'ils tenaient les masses sur la voie de la radicalisation. De l&#224; leur opposition claire &#224; la mani&#232;re de r&#233;introduire les instances dirigeantes et l'appareil du parti en Italie (&#171; projet Gallo &#187;), modalit&#233;s qu'ils jugeaient aventuristes (cela aurait expos&#233; le parti &#224; une d&#233;capitation rapide et in&#233;vitable d'une partie de fascisme, ce qui arrivait alors r&#233;guli&#232;rement, quelques semaines apr&#232;s son retour) et erron&#233;e du point de vue m&#233;thodologique, car elle impliquait la contribution exclusive du centre du parti au travail de base, selon une hypoth&#232;se &#171; de substitution &#187; qui minait et emp&#234;chait la renforcement de la base d&#233;j&#224; implant&#233;e en Italie par une intervention volontaire de gestion sur place par les organes de gestion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, ce qui ressort rapidement de cette approche diff&#233;rente, c'est la nature politique du tournant, que sa traduction organisationnelle n'a que partiellement r&#233;v&#233;l&#233;e. L'arri&#232;re-plan du tournant &#233;tait en fait une orientation politique qui, en &#171; armant &#187; les partis (formellement, l'Internationale) en vue de la bataille finale pour la prise du pouvoir (&#224; partir d'une analyse &#171; catastrophique &#187; de la situation compl&#232;tement correspondant &#224; la r&#233;alit&#233;, comme on le faisait d&#233;j&#224; remarquer dans bien des milieux), l'a d&#233;sarm&#233; non seulement de la strat&#233;gie l&#233;niniste de conqu&#234;te de la majorit&#233; du prol&#233;tariat, mais de tout l'arsenal tactique que l'Internationale avait &#233;labor&#233; dans ses quatre premiers congr&#232;s et qu'elle a &#233;t&#233; le directeur du d&#233;veloppement &#224; la fois des partis communistes et de leurs relations avec la classe et le prol&#233;tariat dans son ensemble, &#224; travers les diff&#233;rentes phases qui ont vu &#224; la fois l'avanc&#233;e et le recul de la vague r&#233;volutionnaire qui a suivi la R&#233;volution russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue, Tresso, Leonetti et Ravazzoli, partant d'une diversification qui au d&#233;part (1929) concernait exclusivement l'analyse de la situation italienne et la diff&#233;rence de jugement sur l'&#233;volution de la ligne PCd'I avant et apr&#232;s le VI congr&#232;s du Komintern, ils sont venus &#233;largir la critique, en fait, &#224; toute la strat&#233;gie que le tournant a mis en place, et &#224; tracer &#224; travers cette critique la v&#233;ritable substance du contraste entre la politique de Staline et celle de ceux qui &#224; ce moment-l&#224; repr&#233;sentait l'alternative la plus &#233;nergique &#224; la d&#233;g&#233;n&#233;rescence de l'Internationale, c'est-&#224;-dire l'opposition trotskyste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a &#233;t&#233; observ&#233; par beaucoup de gens que les raisons et les arguments de l'opposition des trois au tournant n'&#233;taient en aucun cas clairs et coh&#233;rents. Si cela s'av&#232;re vrai, c'est dans la mesure o&#249; l'opposition des trois &#233;tait conditionn&#233;e avant tout par le contexte national dans lequel s'est d&#233;roul&#233; le tournant (Italie fasciste et PC des exil&#233;s et d&#233;pourvus d'un centre de gestion vraiment homog&#232;ne), ce qui ne refl&#233;tait que partiellement la v&#233;ritable port&#233;e internationale de la confrontation qui s'&#233;tait ouverte depuis longtemps dans le parti russe et qui impliquait d&#233;sormais toutes les parties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les limites de l'action des trois consistaient dans le fait qu'au d&#233;part ils ne s'opposaient pas &#224; l'IC et &#224; Staline, mais seulement &#224; la majorit&#233; italienne (majorit&#233; de l'UP et du CC) et notamment Togliatti, &#224; qui ils d&#233;non&#231;aient des accusations d'opportunisme pour s'&#233;tant rapidement converti au virage &#224; gauche alors que pendant toute une phase il avait &#233;t&#233; partisan d'une ligne &#171; mod&#233;r&#233;e &#187;, la m&#234;me ligne qui &#233;tait d&#233;sormais condamn&#233;e par l'Internationale. Les trois se sont donc pos&#233;s en opposants &#224; l'opportunisme de Togliatti au nom et sur la base d'un &#171; virage &#224; gauche &#187; incompris de l'Internationale, qu'ils ont interpr&#233;t&#233; comme un retour aux positions bolcheviques du d&#233;but des ann&#233;es 1920, au moins jusqu'au 5e congr&#232;s de l'IC. &#171; Tresso approuva avec enthousiasme le nouveau cours de l'Internationale et la lutte qu'elle mena contre les courants de &#171; droite &#187; pr&#233;sents dans les diff&#233;rents partis communistes ; cependant, il jugea n&#233;cessaire de pr&#233;c&#233;der la nouvelle orientation par un profond processus d'autocritique qui mettrait en lumi&#232;re les erreurs commises par toute la direction du PCI influenc&#233;e par Tasca &#224; partir de 1927 &#034;[3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus d'autocritique de Togliatti et de la direction italienne n'existait pas et n'aurait pas pu exister, &#233;videmment. De m&#234;me, d'autre part, les caract&#233;ristiques que prenait le tournant montraient peu &#224; peu qu'il ne s'agissait certainement pas d'une r&#233;g&#233;n&#233;ration &#171; l&#233;niniste &#187; de l'Internationale. Au contraire. Mais lorsque l'opposition des trois s'installe, &#171; dans le tableau d&#233;formant de cette situation (c'est-&#224;-dire la situation d'&#233;touffement de l'Internationale par les m&#233;thodes bureaucratico-terroristes de Staline et de ses fid&#232;les, ndlr.) [..] les opposants aux le tournant ne sont m&#234;me pas touch&#233;s par le doute que la ligne des dirigeants de l'Internationale peut et doit &#234;tre remise en cause afin d'assurer coh&#233;rence et profondeur dans la lutte contre ce qu'ils consid&#232;rent comme une grave involution politique du PCd'I &#187; [4 ].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui a fait m&#251;rir les positions des trois et &#233;largir leur angle de vue, ce sont les travaux et les &#233;crits de Trotsky contre le tournant stalinien de 1929. D'o&#249; leur d&#233;cision concomitante, une fois &#233;tablie l'impossibilit&#233; de &#171; redresser &#187; le parti, de prendre contact avec l'Opposition de gauche internationale et avec Trotsky lui-m&#234;me, expuls&#233; du parti et retir&#233; de l'Union sovi&#233;tique. D&#232;s la premi&#232;re approche, toute une s&#233;rie de points de tangence et une grande communaut&#233; de pr&#233;suppos&#233;s &#233;mergeront chez les opposants italiens, comme en t&#233;moignent la premi&#232;re lettre des trois &#224; Trotsky et sa r&#233;ponse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expulsion des trois du parti, intervenue avant m&#234;me qu'ils n'aient pu mettre en &#339;uvre une quelconque tentative de lutte contre la majorit&#233; de Togliatti, marque l'acte de naissance officiel du mouvement trotskyste italien, au moins dans le sens de la pr&#233;sence d'un groupe organis&#233; de camarades, en fait tr&#232;s peu, qui se r&#233;f&#233;reront d&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es 30 &#224; la figure du grand r&#233;volutionnaire russe et rejoindront la bataille internationale qu'il menait alors pour r&#233;g&#233;n&#233;rer l'IC et la sauver de la d&#233;g&#233;n&#233;rescence stalinienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] L. Trotsky, &#201;crits 1929-1936, Milan, 1968, p. 341&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Giancarlo De Regis, La &#171; svolta &#187; del Komintern e il comunismo italiano, Rome, 1978, p. 83&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Eros Francescangeli, L'enclume et le marteau, p. 45. Voir aussi : Paolo Casciola, Giorgio Sermasi, Vita di Blasco&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Michele Salerno, L'opposizione nel PCd'I alla svolta del 1930&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;https://www.pclavoratori.it/files/index.php?obj=NEWS&amp;oid=6756&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.pclavoratori.it/files/index.php?obj=NEWS&amp;oid=6756&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3969&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire aussi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.aptresso.org/www.aptresso.org/pietro-tresso.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire en italien&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pour la construction de la Quatri&#232;me internationale</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article8765</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.org/spip.php?article8765</guid>
		<dc:date>2024-04-03T22:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Trotsky</dc:subject>
		<dc:subject>IV&#176; Internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Trotskisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour la IV&#176; Internationale &lt;br class='autobr' /&gt;
Juin 1935 &lt;br class='autobr' /&gt;
Lettre ouverte de L&#233;on Trtosky aux organisations et groupes r&#233;volutionnaires prol&#233;tariens &lt;br class='autobr' /&gt;
L'arriv&#233;e au pouvoir de Hitler, sans la moindre r&#233;sistance de la part des deux &#171; puissants &#187; partis ouvriers, dont l'un s'appuyait en outre sur l'U.R.S.S., a d&#233;finitivement r&#233;v&#233;l&#233; au grand jour la pourriture interne de la II&#176; et de la III&#176; Internationales. En ao&#251;t 1933, quatre organisations (la Ligue internationale des communistes internationalistes (bolcheviks (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique188" rel="directory"&gt;11- Organisation internationale des travailleurs r&#233;volutionnaires&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pour la IV&#176; Internationale
&lt;p&gt;Juin 1935&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lettre ouverte de L&#233;on Trtosky aux organisations et groupes r&#233;volutionnaires prol&#233;tariens&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arriv&#233;e au pouvoir de Hitler, sans la moindre r&#233;sistance de la part des deux &#171; puissants &#187; partis ouvriers, dont l'un s'appuyait en outre sur l'U.R.S.S., a d&#233;finitivement r&#233;v&#233;l&#233; au grand jour la pourriture interne de la II&#176; et de la III&#176; Internationales. En ao&#251;t 1933, quatre organisations (la Ligue internationale des communistes internationalistes (bolcheviks &#8209;l&#233;ninistes), le parti socialiste r&#233;volutionnaire de Hollande, R.S.P., le parti socialiste ind&#233;pendant de Hollande, O.S.P., et le parti socialiste ouvrier d'Allemagne, S.A.P.) ont, pour la premi&#232;re fois, formul&#233; dans un document programmatique la nouvelle t&#226;che historique : cr&#233;er la IV&#176; Internationale [1]. Les &#233;v&#233;nements qui se sont produits depuis ont confirm&#233; de mani&#232;re irr&#233;futable qu'il n'existe pas d'autre voie.&lt;br class='autobr' /&gt;
[La II&#176; Internationale a conduit le prol&#233;tariat de catastrophe en catastrophe]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;crasement du prol&#233;tariat autrichien a montr&#233; qu'il ne suffit pas, pour vaincre, d'appeler au dernier moment &#224; l'insurrection [2], lorsque le parti est accul&#233; &#224; une impasse, les masses d&#233;sorient&#233;es et accabl&#233;es par l'opportunisme. Il faut pr&#233;parer syst&#233;matiquement la victoire par une politique r&#233;volutionnaire dans tous les domaines du mouvement ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la m&#234;me le&#231;on qui d&#233;coule indiscutablement de l'&#233;crasement du prol&#233;tariat espagnol. Il est impossible, dans quelques conditions que ce soit, et &#224; plus forte raison dans le cours d'une r&#233;volution, de tourner le dos aux travailleurs pour former un bloc avec la bourgeoisie. Il est impossible d'attendre et d'exiger des masses tromp&#233;es et d&#233;&#231;ues qu'elles prennent les armes &#224; l'appel tardif d'un parti en qui elles ont perdu confiance [3]. La r&#233;volution prol&#233;tarienne ne peut pas s'improviser sur l'ordre d'une direction qui a fait faillite. Il faut pr&#233;parer la r&#233;volution par une lutte de classe incessante et implacable, qui conquiert pour la direction la confiance ind&#233;fectible du parti, qui soude l'avant-garde &#224; l'ensemble de la classe, qui place le prol&#233;tariat &#224; la t&#234;te de l'ensemble des exploit&#233;s de la ville et de la campagne. Apr&#232;s l'&#233;croulement ignominieux de la principale section du r&#233;formisme &#8209; la social&#8209;d&#233;mocratie allemande pourrie jusqu'&#224; la moelle &#8209;, c'est l'aile &#171; gauche &#187; de la II&#176; Internationale qui s'est &#233;croul&#233;e en Autriche et en Espagne. Pourtant ces terribles le&#231;ons passent sans laisser de traces : les cadres dirigeants du r&#233;formisme dans les partis et les syndicats ont d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; jusqu'&#224; la moelle. Leurs int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels et leurs conceptions patriotiques les lient &#224; la bourgeoisie, et ils sont absolument incapables de s'engager dans la voie de la lutte des classes.&lt;br class='autobr' /&gt;
[La social&#8209;d&#233;mocratie encha&#238;n&#233;e au char de la bourgeoisie]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partis de la II&#176; internationale s'accommodent fort bien de ce que leur pr&#233;sident belge, au premier signe du capital financier, se soit joint aux affairistes catholiques et lib&#233;raux [4] pour sauver les banques sur le dos des masses laborieuses. Vandervelde a &#233;t&#233; imm&#233;diatement suivi par le pr&#233;tentieux critique de Marx, l'inventeur d'un &#171; plan &#187;, De Man [5], et le centriste &#171; de gauche &#187; Spaak n'a pas tard&#233; &#224; trahir l'opposition socialiste pour une livr&#233;e de ministre [6].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; le&#231;ons et avertissements, le parti socialiste, en France. continue vainement de se cramponner aux basques de la bourgeoisie &#171; r&#233;publicaine &#187; et place plus d'espoir en l'amiti&#233; des radicaux qu'en la force r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat. Dans tous les autres pays, dans toutes les parties du monde, en Hollande, en Scandinavie, en Suisse, la social&#8209;d&#233;mocratie, en d&#233;pit de la putr&#233;faction du capitalisme, continue &#224; &#234;tre l'agence de la bourgeoisie au sein de la classe ouvri&#232;re et r&#233;v&#232;le sa totale incapacit&#233; &#224; mobiliser les masses pour sa propre d&#233;fense contre le fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les succ&#232;s &#233;lectoraux du Labour Party le ramenaient au pouvoir [7], le r&#233;sultat ne serait pas une transformation socialiste pacifique de la Grande&#8209;Bretagne, mais la consolidation de la r&#233;action imp&#233;rialiste, c'est&#8209;&#224;&#8209;dire une &#233;poque de guerre civile, face &#224; laquelle la direction du Labour Party ne manquerait pas de r&#233;v&#233;ler sa compl&#232;te carence. Les cr&#233;tins parlementaires et trade&#8209;unionistes devront encore se convaincre que la menace fasciste n'est pas moins r&#233;elle en Angleterre que sur le continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement imp&#233;tueux de la crise aux Etats&#8209;Unis, l'encha&#238;nement ininterrompu de grandes luttes gr&#233;vistes, et l'organisation de la classe ouvri&#232;re &#224; travers les possibilit&#233;s ouvertes par la d&#233;magogie du &#171; plan &#187; de Roosevelt [8] rencontrent sur leur chemin, au sein du mouvement ouvrier, des forces profond&#233;ment conservatrices et bourgeoises [9]. Quant au parti stalinien, il est ligot&#233; par les d&#233;clarations solennelles de Litvinov, lequel, en &#233;change de la reconnaissance de l'U.R.S.S. par l'imp&#233;rialisme yankee, a publiquement reni&#233; les communistes am&#233;ricains [10]. Ce parti, corrompu par une d&#233;cennie de politicailleries sans principes et d'exp&#233;riences liquidatrices avec des partis (Farmer&#8209;Labor Party) qui n'ont rien de commun avec des partis prol&#233;tariens ni par leur composition, ni par leur programme [11] &#8209; ce parti stalinien, sur les ordres de Moscou, se borne au r&#244;le de mouvement d'intellectuels de gauche agissant aux Etats&#8209;Unis en qualit&#233; de valet de la diplomatie stalinienne. Mais la profonde crise de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain &#233;veille de larges couches de travailleurs de ce pays de leur sommeil semi&#8209;provincial, chasse peu &#224; peu leurs illusions bourgeoises et petites&#8209;bourgeoises, pousse le prol&#233;tariat vers des actions de classe de grande envergure (gr&#232;ves &#224; Toledo, Minneapolis, San Francisco [12]), et cr&#233;e pour le parti marxiste-r&#233;volutionnaire la possibilit&#233; de conqu&#233;rir une large et profonde influence sur le d&#233;veloppement et l'organisation de la classe ouvri&#232;re am&#233;ricaine. Le r&#244;le historique qui incombe &#224; la IV&#176; Internationale et &#224; sa section am&#233;ricaine, non seulement dans les deux Am&#233;riques, mais sur l'ar&#232;ne mondiale, est d'une particuli&#232;re importance, [de m&#234;me que l'&#233;crasement de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain sera d'une &#233;norme signification pour le prol&#233;tariat mondial].&lt;br class='autobr' /&gt;
[L'effroyable naufrage de l'I.C. dans le monde]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, la III&#176; Internationale ne fait que gaspiller les derniers restes de l'influence et de l'autorit&#233; qu'elle avait acquises au cours des cinq premi&#232;res ann&#233;es de son existence. En Autriche et en Espagne, l'Internationale communiste, malgr&#233; des circonstances extr&#234;mement favorables, n'a pas r&#233;ussi &#224; cr&#233;er une organisation tant soit peu influente, mais encore a syst&#233;matiquement discr&#233;dit&#233; aux yeux des travailleurs l'id&#233;e m&#234;me du parti r&#233;volutionnaire. Le pl&#233;biscite sarrois constitue une preuve que le prol&#233;tariat allemand a perdu tout reste de confiance, non seulement dans la social&#8209;d&#233;mocratie, mais aussi dans le parti communiste &#8209; ce parti qui a capitul&#233; de fa&#231;on aussi honteuse devant Hitler [13]. En Grande&#8209;Bretagne, en Belgique, en Hollande, en Scandinavie, dans les deux Am&#233;riques et en Orient, les sections de l'Internationale communiste, accabl&#233;es par le poids de douze ann&#233;es d'une politique fatale, sont incapables de sortir de leur insignifiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la catastrophe allemande, l'Internationale communiste a certes substitu&#233; la politique capitularde du front unique &#224; tout prix &#224; la politique aventuriste de la &#171; troisi&#232;me p&#233;riode &#187;. N&#233;anmoins, l'exp&#233;rience de la France, o&#249; ce dernier tournant a rev&#234;tu sa plus grande ampleur, d&#233;montre que l'Internationale communiste, &#224; travers toutes ses contradictions et ses zigzags, parvient &#224; conserver son r&#244;le de frein de la r&#233;volution prol&#233;tarienne. En refusant la cr&#233;ation d'une milice ouvri&#232;re contre le danger fasciste imm&#233;diat, en rempla&#231;ant la lutte pour le pouvoir par un programme de revendications partielles, l'Internationale communiste s&#232;me les pires illusions du r&#233;formisme et du pacifisme, et soutient en r&#233;alit&#233; la droite des partis socialistes contre leur gauche, d&#233;moralise l'avant&#8209;garde prol&#233;tarienne et fraie la voie au coup d'Etat fasciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le parti qui a fond&#233; l'Internationale communiste, le parti communiste de l'U.R.S.S., a &#233;t&#233; compl&#232;tement r&#233;duit en miettes au cours des derni&#232;res ann&#233;es par la bureaucratie incontr&#244;l&#233;e qui a transform&#233; la dictature du prol&#233;tariat en l'absolutisme conservateur de Staline. Par les pers&#233;cutions, les falsifications, les amalgames et une sanglante r&#233;pression, la clique dirigeante s'efforce d'&#233;touffer dans l'&#339;uf toute manifestation de pens&#233;e marxiste. Nulle part au monde le l&#233;ninisme v&#233;ritable n'est pers&#233;cut&#233; aussi bestialement qu'en U.R.S.S.&lt;br class='autobr' /&gt;
[Staline a sign&#233; le certificat de d&#233;c&#232;s de l'I. C.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tout dernier soubresaut opportuniste de l'Internationale communiste est &#233;troitement li&#233; au tournant sovi&#233;tique en politique &#233;trang&#232;re vers la Soci&#233;t&#233; des Nations et l'alliance militaire avec l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. La bureaucratie dirigeante de l'U.R.S.S. est arriv&#233;e d&#233;finitivement &#224; la conclusion que l'Internationale communiste est incapable de lui apporter la moindre assistance contre le danger de guerre et qu'en m&#234;me temps elle est g&#234;nante pour le travail de la diplomatie sovi&#233;tique. La d&#233;pendance humiliante et v&#233;ritablement servile de l'Internationale communiste vis&#224;&#8209;vis des sommets sovi&#233;tiques se manifeste de fa&#231;on particuli&#232;rement nette &#224; travers la r&#233;cente d&#233;claration de Staline approuvant la d&#233;fense nationale de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais [14].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est par l'interm&#233;diaire d'un ministre imp&#233;rialiste [15] que le chef de l'Internationale communiste a donn&#233; au parti communiste fran&#231;ais l'ordre de conclure aujourd'hui avec la bourgeoisie fran&#231;aise une tr&#234;ve patriotique. Ainsi, la Ill&#176; Internationale, dont le congr&#232;s n'a pas &#233;t&#233; r&#233;uni pendant presque sept ans, est&#8209;elle maintenant officiellement pass&#233;e de la position internationaliste &#224; celle du social&#8209;patriotisme le plus plat et le plus servile. Que le 7&#176; congr&#232;s, toujours report&#233;, se tienne ou non, la Ill&#176; Internationale ne ressuscitera pas. Le communiqu&#233; Staline&#8209;Laval constitue son acte de d&#233;c&#232;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
[Un nouveau massacre et une nouvelle trahison sont imminents]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, les forces destructrices du capitalisme imp&#233;rialiste poursuivent leur infernale besogne. La d&#233;sagr&#233;gation de l'&#233;conomie mondiale, le ch&#244;mage de dizaines de millions d'hommes, la ruine de la paysannerie mettent imp&#233;rieusement la r&#233;volution socialiste &#224; l'ordre du jour. Les travailleurs, exasp&#233;r&#233;s et furieux, cherchent une issue. La prostration, l'&#233;croulement et la putr&#233;faction de la II&#176; et de la III&#176; Internationales laissent le prol&#233;tariat sans direction r&#233;volutionnaire, et poussent les masses petites&#8209;bourgeoises sur la voie du d&#233;sespoir. Les chefs faillis cherchent &#224; rejeter la responsabilit&#233; de la victoire du fascisme sur la pr&#233;tendue &#171; passivit&#233; &#187; du prol&#233;tariat : ainsi la calomnie vient&#8209;elle s'ajouter &#224; la trahison politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se d&#233;battant dans l'&#233;tau de contradictions insurmontables, le capitalisme pr&#233;pare une nouvelle saign&#233;e des peuples. Ministres et dictateurs sp&#233;culent ouvertement sur la question de savoir si la guerre &#233;clatera dans un an ou dans trois ans. Tous les gouvernements sont en train de pr&#233;parer &#224; qui mieux mieux les moyens les plus destructeurs et ainsi, de tous les c&#244;t&#233;s, rapprochent l'explosion qui pourrait &#234;tre infiniment plus terrible que la guerre de 1914&#8209;1918.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants des pr&#233;tendus partis ouvriers et des syndicats chantent &#224; pleine voix les louanges des beaut&#233;s de la paix, bavardent sur le d&#233;sarmement, s'efforcent de persuader leurs gouvernements de se r&#233;concilier entre eux, entretiennent les espoirs des masses dans la Soci&#233;t&#233; des Nations et, en m&#234;me temps, jurent fid&#233;lit&#233; &#224; la cause de la &#171; d&#233;fense nationale &#187;, c'est&#8209;&#224;&#8209;dire &#224; la d&#233;fense de la domination bourgeoise, avec ses guerres in&#233;vitables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diplomatie sovi&#233;tique, sous le couvert du &#171; front unique &#187; et m&#234;me de l'&#171; unit&#233; organique &#187;, pr&#233;pare, dans le dos des ouvriers conscients, l'union nationale entre les sections des deux Internationales et la bourgeoisie des pays militairement alli&#233;s &#224; l'Etat ouvrier. Ainsi l'explosion de la nouvelle guerre doit&#8209;elle conduire &#224; une nouvelle trahison qui &#233;clipsera celle du 4 ao&#251;t 1914.&lt;br class='autobr' /&gt;
[Nous sommes plus forts aujourd'hui que les &#171; gauches &#187; de 1915]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La trahison par la bureaucratie sovi&#233;tique de la cause de la r&#233;volution internationale a rejet&#233; le prol&#233;tariat mondial loin en arri&#232;re. Les difficult&#233;s auxquelles doit faire face l'avant&#8209;garde r&#233;volutionnaire sont incroyables. Sa situation est pourtant infiniment meilleure actuellement qu'elle ne l'&#233;tait &#224; la veille de la derni&#232;re guerre. Le capitalisme semblait alors tout puissant et presque invincible. La d&#233;ch&#233;ance patriotique de l'Internationale fut une surprise totale, y compris pour L&#233;nine. Partout, les &#233;l&#233;ments r&#233;volutionnaires ont &#233;t&#233; pris &#224; l'improviste. La premi&#232;re conf&#233;rence internationale &#8209; tr&#232;s faible num&#233;riquement et ind&#233;cise dans sa majorit&#233; &#8209; a eu lieu plus d'un an apr&#232;s le d&#233;but de la guerre. La formation des cadres r&#233;volutionnaires ne s'est effectu&#233;e que lentement. La majorit&#233; des zimmerwaldiens rejetait m&#234;me la possibilit&#233; de la r&#233;volution prol&#233;tarienne. Seule la victoire d'Octobre en Russie, au cours du quaranti&#232;me mois de la guerre, changea la situation en donnant un &#233;lan vigoureux &#224; la formation de la Ill&#176; Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la faiblesse interne et la pourriture du capitalisme sont tellement &#233;vidents qu'ils servent de th&#232;me principal &#224; la d&#233;magogie fasciste. Dans la formidable crise aux Etats&#8209;Unis, dans le non moins formidable ch&#244;mage, dans l'aventurisme &#233;conomique de Roosevelt, dans l'essor des gr&#232;ves, dans la fermentation au sein de toutes les organisations ouvri&#232;res, apparaissent pour la premi&#232;re fois les conditions d'un puissant d&#233;veloppement du mouvement r&#233;volutionnaire en Am&#233;rique du Nord. L'exemple de la premi&#232;re r&#233;volution prol&#233;tarienne victorieuse vit dans la m&#233;moire des masses. L'exp&#233;rience des grands &#233;v&#233;nements des vingt derni&#232;res ann&#233;es s'est grav&#233;e dans la conscience des meilleurs militants. Des organisations, ou, au moins, des groupes r&#233;volutionnaires authentiques, existent dans tous les pays. Ils sont solidement li&#233;s les uns aux autres sur le plan des id&#233;es, et partiellement sur celui de l'organisation. D'ores et d&#233;j&#224;, ils constituent une force incomparablement plus influente, plus homog&#232;ne et mieux tremp&#233;e que la &#171; gauche de Zimmerwald &#187; qui, &#224; l'automne de 1915, prit l'initiative de pr&#233;parer la Ille Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'int&#233;rieur des partis et syndicats r&#233;formistes, des groupes d'opposition apparaissent et se renforcent. Certains ont pris la forme d'organisations ind&#233;pendantes. Dans les sections de l'Internationale communiste, du fait du r&#233;gime de bagne qui y r&#232;gne, l'opposition a un caract&#232;re plus sourd et plus clandestin, mais elle se d&#233;veloppe l&#224; aussi. M&#234;me en U.R.S.S., la n&#233;cessit&#233; d'&#233;purations et d'actes de r&#233;pression toujours renouvel&#233;s t&#233;moignent que la bureaucratie est incapable d'extirper l'esprit de la critique marxiste qu'elle d&#233;teste tant.&lt;br class='autobr' /&gt;
[L'unit&#233; &#224; tout prix est une monstrueuse duperie]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les inclinations et les tendances d'opposition ont actuellement essentiellement un caract&#232;re centriste, c'est&#8209;&#224;&#8209;dire interm&#233;diaire entre le social&#8209;patriotisme et la r&#233;volution. Dans les conditions d'effondrement et de d&#233;composition des organisations de masse traditionnelles, le centrisme constitue dans bien des cas un stade transitoire in&#233;vitable, m&#234;me pour les groupes ouvriers progressistes. Les marxistes doivent savoir se rapprocher de toutes les tendances de ce type, pour acc&#233;l&#233;rer par leur exemple et leur propagande leur passage sur la voie r&#233;volutionnaire. La condition du succ&#232;s est une critique impitoyable de la direction centriste, la d&#233;nonciation des tentatives de recr&#233;er l'Internationale 2 &#189;, et l'explication inlassable du fait que les t&#226;ches r&#233;volutionnaires de notre &#233;poque condamnent d'avance &#224; une faillite ignominieuse les unifications hybrides et informes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mot d'ordre de l'&#171; unit&#233; &#187; de toutes les organisations ouvri&#232;res, ind&#233;pendamment de leur programme et de leur tactique, est actuellement propag&#233; avec z&#232;le par tous les centristes et habilement exploit&#233; par les r&#233;formistes perspicaces qui craignent &#224; juste titre d'&#234;tre jet&#233;s par&#8209;dessus bord. Les centristes substituent souvent l'id&#233;e de la fusion des deux vieilles Internationales &#224; celle de la nouvelle Internationale. En r&#233;alit&#233;, l'unit&#233; avec les r&#233;formistes et les social&#8209;patriotes de l'esp&#232;ce social&#8209;d&#233;mocrate ou stalinienne signifie, en derni&#232;re analyse, l'unit&#233; avec la bourgeoisie nationale et, par cons&#233;quent, la scission in&#233;vitable du prol&#233;tariat, tant sur le plan national qu'international, particuli&#232;rement dans l'&#233;ventualit&#233; d'une guerre. L'unit&#233; v&#233;ritable de l'internationale et de ses sections nationales ne peut &#234;tre assur&#233;e que sur des bases r&#233;volutionnaires marxistes, lesquelles, &#224; leur tour, ne sauraient &#234;tre cr&#233;&#233;es que par une rupture avec les social&#8209;patriotes. Faire le silence sur les conditions de principe et sur les garanties de l'unit&#233; prol&#233;tarienne, c'est succomber aux illusions, largement r&#233;pandues, c'est duper les travailleurs et pr&#233;parer de nouvelles catastrophes.&lt;br class='autobr' /&gt;
[La nouvelle &#233;poque exige une nouvelle Internationale]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position humiliante et d&#233;sesp&#233;r&#233;e des vieilles Internationales est suffisamment caract&#233;ris&#233;e par le fait que le pr&#233;sident de l'une est devenu l'humble ministre de Sa Majest&#233; [16], tandis que le v&#233;ritable ma&#238;tre de l'autre se sert de l'organisation prol&#233;tarienne mondiale comme menue monnaie dans ses transactions diplomatiques [17]. Quelles que soient les man&#339;uvres d'unification que pourront entreprendre ces deux bureaucraties &#233;galement d&#233;prav&#233;es, ce ne sont pas elles qui cr&#233;eront l'unit&#233; du prol&#233;tariat et ce ne sont pas elles qui indiqueront l'issue. Les efforts des centristes pour concilier l'inconciliable et pour sauver, en recollant les morceaux, ce qui est vou&#233; &#224; la destruction sont condamn&#233;s d'avance. La nouvelle &#233;poque exige une nouvelle Internationale. La premi&#232;re condition du succ&#232;s dans cette voie, c'est la consolidation, sur le plan national et international, des authentiques r&#233;volutionnaires prol&#233;tariens, des disciples de Marx et de L&#233;nine, sur un programme commun et sous un drapeau commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait fatal de prescrire pour tous les pays un itin&#233;raire unique. En fonction des conditions nationales, du degr&#233; de d&#233;composition des vieilles organisations ouvri&#232;res et, finalement, de l'&#233;tat de leurs propres forces &#224; un moment donn&#233;, les marxistes (les socialistes r&#233;volutionnaires, les internationalistes, les bolcheviks-l&#233;ninistes) peuvent appara&#238;tre tant&#244;t en tant qu'organisation ind&#233;pendante, tant&#244;t en tant que fraction &#224; l'int&#233;rieur d'un des vieux partis ou syndicats. Bien entendu, partout, ce travail de fraction ne constitue jamais qu'une &#233;tape vers la cr&#233;ation de nouveaux partis de la IV&#176; Internationale, partis qui peuvent na&#238;tre, soit du regroupement d'&#233;l&#233;ments r&#233;volutionnaires des vieilles organisations, soit de l'action de formations ind&#233;pendantes. Mais, sur quelque ar&#232;ne que ce soit, et quelles que soient leurs m&#233;thodes de fonctionnement, ils sont tenus de se pr&#233;senter au nom de principes fermes et de mots d'ordre r&#233;volutionnaires clairs. Ils ne jouent pas &#224; cache&#8209;cache avec la classe ouvri&#232;re ; ils ne dissimulent pas leurs objectifs ; ils ne substituent pas la diplomatie et les combinaisons &#224; la lutte principielle. Toujours, et dans toutes les conditions, les marxistes expriment ouvertement ce qui est.&lt;br class='autobr' /&gt;
[Seule la r&#233;volution peut emp&#234;cher la guerre]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le danger de guerre, qui est une question de vie ou de mort pour les masses populaires, constitue l'&#233;preuve supr&#234;me pour tous les groupes et tendances au sein de la classe ouvri&#232;re. La &#171; lutte pour la paix &#187;, la &#171; lutte contre la guerre &#187;, &#171; guerre &#224; la guerre &#187; et autres mots d'ordre ne sont que des phrases creuses et mensong&#232;res, s'ils ne s'accompagnent pas de la propagande et de l'application de m&#233;thodes r&#233;volutionnaires de lutte. L'unique moyen de mettre un terme &#224; la guerre, c'est de renverser la bourgeoisie. L'unique moyen de renverser la bourgeoisie, c'est l'insurrection arm&#233;e. Contre le mensonge r&#233;actionnaire de la &#171; d&#233;fense nationale &#187;, il faut lancer le mot d'ordre de la destruction r&#233;volutionnaire de l'Etat national. A la maison de fous de l'Europe capitaliste, il faut opposer le programme des Etats&#8209;Unis socialistes d'Europe comme &#233;tape vers les Etats&#8209;Unis du monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les marxistes rejettent cat&#233;goriquement les mots d'ordre pacifistes de &#171; d&#233;sarmement &#187;, d'&#171; arbitrage &#187; et d'&#171; amiti&#233; entre les peuples &#187; (c'est&#8209;&#224;&#8209;dire entre les gouvernements capitalistes), etc., comme un opium pour les masses populaires. Les combinaisons entre les organisations ouvri&#232;res et les pacifistes petits-bourgeois (les comit&#233;s Amsterdam&#8209;Pleyel [18] et autres entreprises semblables) rendent les plus grands services &#224; l'imp&#233;rialisme en d&#233;tournant l'attention de la classe ouvri&#232;re de la r&#233;alit&#233;, avec l'&#226;pret&#233; de ses combats, pour la tourner au contraire vers des parades impuissantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte contre la guerre et l'imp&#233;rialisme ne peut &#234;tre l'affaire de quelconques &#171; comit&#233;s &#187; sp&#233;ciaux [19]. La lutte contre la guerre, c'est la pr&#233;paration &#224; la r&#233;volution, c'est&#8209;&#224;&#8209;dire l'affaire des partis de la classe ouvri&#232;re et de l'Internationale. Les marxistes proposent cette t&#226;che grandiose &#224; l'avant&#8209;garde prol&#233;tarienne, sans aucun d&#233;tour. Au mot d'ordre d&#233;bilitant du &#171; d&#233;sarmement &#187;, ils opposent celui de la conqu&#234;te de l'arm&#233;e et de l'armement des ouvriers. C'est pr&#233;cis&#233;ment par l&#224; que passe l'une des plus importantes des lignes de clivage entre le marxisme et le centrisme. Celui qui n'ose pas &#233;noncer &#224; voix haute les t&#226;ches r&#233;volutionnaires, celui&#8209;l&#224; n'aura jamais le courage de les r&#233;soudre.&lt;br class='autobr' /&gt;
[La IV&#176; Internationale se dresse sur les &#233;paules de ses devanci&#232;res]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'ann&#233;e et demie qui s'est &#233;coul&#233;e depuis la publication du premier programme de la IV&#176; Internationale [20], la lutte pour ses principes et ses id&#233;es n'a pas cess&#233; un seul jour ; les sections et groupes r&#233;volutionnaires nationaux ont augment&#233; en nombre ; quelques&#8209;uns ont &#233;largi leurs effectifs et leur influence ; d'autres sont parvenus &#224; une homog&#233;n&#233;it&#233; et une coh&#233;sion plus grandes ; des organisations du m&#234;me pays se sont unifi&#233;es (Hollande, Etats-Unis) ; plusieurs documents programmatiques et tactiques ont &#233;t&#233; &#233;labor&#233;s. Tout ce travail s'effectuera sans doute mieux encore quand il sera reli&#233; et unifi&#233; &#224; l'&#233;chelle mondiale sous le drapeau de la IV&#176; Internationale. Le danger de la guerre qui vient ne permet pas de reporter ces t&#226;ches d'un seul jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut b&#226;tir les nouveaux partis et la nouvelle Internationale sur une base nouvelle : telle est la cl&#233; qui permet de r&#233;soudre l'ensemble des autres t&#226;ches. Le rythme et les d&#233;lais de cette nouvelle construction r&#233;volutionnaire d&#233;pendent de toute &#233;vidence du cours g&#233;n&#233;ral de la lutte des classes, des victoires et d&#233;faites &#224; venir du prol&#233;tariat. Les marxistes, cependant, ne sont pas fatalistes. Ils ne se d&#233;chargent pas sur le &#171; processus historique &#187; des t&#226;ches que le processus historique leur a pr&#233;cis&#233;ment impos&#233;es. L'initiative d'une minorit&#233; consciente, un programme scientifique, l'agitation courageuse et inlassable au nom d'objectifs clairement formul&#233;s, l'impitoyable critique de toute ambigu&#239;t&#233; &#8209; ce sont l&#224; quelques-uns des facteurs les plus importants pour la victoire du prol&#233;tariat. Sans un parti r&#233;volutionnaire soud&#233; et aguerri une r&#233;volution socialiste est inconcevable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conditions sont difficiles, les obstacles sont grands, les t&#226;ches sont colossales, mais il n'y a aucune raison d'&#234;tre pessismiste ni de perdre courage. Malgr&#233; toutes les d&#233;faites du prol&#233;tariat, la situation de l'ennemi de classe reste sans espoir. Le capitalisme est condamn&#233;. C'est seulement dans la r&#233;volution socialiste que r&#233;side le salut de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La succession m&#234;me des Internationales a sa propre logique interne qui co&#239;ncide avec la mont&#233;e historique du prol&#233;tariat. La I&#176; Internationale a mis en avant le programme scientifique de la r&#233;volution prol&#233;tarienne, mais elle a &#233;t&#233; victime de son manque de base de masse. La Il&#176; Internationale a sorti des t&#233;n&#232;bres, &#233;duqu&#233; et mobilis&#233; des millions d'ouvriers, mais, &#224; l'heure d&#233;cisive, elle a &#233;t&#233; trahie par la bureaucratie parlementaire et syndicale, corrompue par le capitalisme prosp&#232;re. La III&#176; Internationale a donn&#233; pour la premi&#232;re fois l'exemple d'une r&#233;volution prol&#233;tarienne victorieuse, mais elle a &#233;t&#233; broy&#233;e entre les meules de la bureaucratie de l'Etat sovi&#233;tique isol&#233; et de la bureaucratie r&#233;formiste d'Occident. Aujourd'hui, dans les conditions de l'effondrement d&#233;finitif du capitalisme, la IV&#176; Internationale, dress&#233;e sur les &#233;paules de ses devanci&#232;res, enrichie par l'exp&#233;rience de leurs victoires et de leurs d&#233;faites, mobilisera les travailleurs de l'Occident et de l'Orient pour l'assaut d&#233;finitif contre les bastions du capitalisme mondial.&lt;br class='autobr' /&gt;
Prol&#233;taires de tous les pays, unissez&#8209;vous !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sign&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revolutionair Socialistische Arbeiders Partij(R.S.A.P.) : P. J. Schmidt, H. Sneevliet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Workers Party of the United States (W.P.U.S.) : A.J. Muste, James P. Cannon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Secr&#233;tariat international de la Ligue communiste internationale (bolcheviks&#8209;l&#233;ninistes) : Crux, Dubois, Martin [21].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Groupe bolchevik&#8209;l&#233;niniste de la S.F.I.O.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Workers Party of Canada(W.P.C.) : J. MacDonald, M. Spector [22].]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous joignons en annexe la &#171; d&#233;claration des quatre &#187; sur les principes fondamentaux de la IV&#176; Internationale [23]. Pas une ligne de cette d&#233;claration n'a vieilli. La pr&#233;sente lettre n'est qu'une reformulation de la &#171; d&#233;claration des quatre &#187; &#224; la lumi&#232;re des dix&#8209;huit mois &#233;coul&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous appelons tous les partis, les organisations, les fractions, dans les vieux partis comme dans les syndicats, toutes les associations et groupes ouvriers r&#233;volutionnaires qui sont d'accord avec nous sur les principes fondamentaux et sur la gr &#171; aride t&#226;che que nous avons &#233;nonc&#233;e &#8209; la pr&#233;paration et la construction de la IV&#176; Internationale &#8209; &#224; nous adresser leurs signatures pour cette &#171; Lettre ouverte &#187;, leurs propositions et critiques. Des camarades isol&#233;s qui, jusqu'&#224; pr&#233;sent, n'ont pas &#233;t&#233; li&#233;s &#224; notre travail, pour&#173;ront, s'ils d&#233;sirent s&#233;rieusement rejoindre nos rangs communs, entrer en contact avec nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisations qui ont pris cette initiative et sont les signataires de la &#171; Lettre ouverte &#187; ont d&#233;cid&#233; de cr&#233;er un Comit&#233; provisoire de contact entre partis et groupes qui sont sur la position de la IV&#176; Internationale. Le comit&#233; provisoire a re&#231;u mission de publier un bulletin d'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'avenir, le comit&#233; devra assurer l'&#233;laboration r&#233;guli&#232;re et collective des documents programmatiques et tactiques fondamentaux de la IV&#176; Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la pr&#233;paration d'une conf&#233;rence internationale sera tranch&#233;e en fonction des r&#233;ponses re&#231;ues et du cours g&#233;n&#233;ral du travail pr&#233;paratoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Allusion &#224; la &#171; d&#233;claration des quatre &#187; pour la IV&#176; Internationale, cf. &#338;uvres 2, juillet&#8209;octobre 1933, pp. 130&#8209;135.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] C'&#233;tait &#224; la suite d'une s&#233;rie de mesures antid&#233;mocratiques accompagn&#233;es de provocations directes que les milices ouvri&#232;res du Schutzbund avaient finalement d&#233;cid&#233; de r&#233;pondre les armes &#224; la main aux entreprises du gouvernement du chancelier Dollfuss en f&#233;vrier 1934.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Le parti socialiste ouvrier espagnol avait, depuis plusieurs mois, annonc&#233; son intention de r&#233;sister les armes &#224; la main au cas o&#249; les repr&#233;sentants de la droite, la C.E.D.A., entreraient dans le gouvernement espagnol. Il avait pris quelques mesures en ce sens, constitution de ses propres milices et stockage d'armes. Le 2 octobre 1934, sa direction, par l'interm&#233;diaire de ses repr&#233;sentants &#224; l'Alliance ouvri&#232;re de Madrid, avait fait conna&#238;tre sa d&#233;cision de passer &#224; l'insurrection si la droite entrait au gouvernement. Ce fut chose faite le 4 octobre, et le parti socialiste se contenta de lancer le mot d'ordre de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, la r&#233;pression &#233;touffant dans l'&#339;uf &#8209; sauf aux Asturies &#8209; toute vell&#233;it&#233; insurrectionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Le dirigeant du P.O.B. et de son aile droite, pr&#233;sident de l'Internationale ouvri&#232;re socialiste, Emile Vandervelde, &#233;tait devenu ministre sans portefeuille dans le gouvernement d'&#171; union nationale &#187; que pr&#233;sidait le leader catholique Paul Van Zeeland.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Le leader socialiste Hendrik De Man accepta d'entrer avec le portefeuille des travaux publics dans le gouvernement Van Zeeland qui avait pourtant express&#233;ment rejet&#233; son &#171; plan &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Ancien leader de l'opposition de gauche dans le P.O.B. et directeur de l'hebdomadaire Action socialiste, Paul&#8209;Henri Spaak, qui avait rencontr&#233; Trotsky et correspondu avec lui, avait &#233;galement accept&#233; la d&#233;cision de son parti de se rallier &#224; l'union nationale et en avait &#233;t&#233; r&#233;compens&#233; par le poste de ministre du travail dans le gouvernement Van Zeeland.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Les succ&#232;s remport&#233;s par les candidats du Labour Party aux &#233;lections municipales en novembre de l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente faisaient pronostiquer un succ&#232;s aux &#233;lections l&#233;gislatives pr&#233;vues pour novembre 1935 : le Labour Party y gagna en effet pr&#232;s de trois millions de voix, triplant le nombre de ses &#233;lus, mais ne remporta pas la majorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Le mouvement de syndicalisation de masse qui caract&#233;rise l'histoire sociale des Etats&#8209;Unis dans cette p&#233;riode prit effectivement appui sur la section 7 a) du National Industrial Recovery Act, laquelle reconnaissait formellement aux ouvriers le droit de s'organiser, de n&#233;gocier des contrats collectifs, de d&#233;signer leurs propres repr&#233;sentants hors de toute ing&#233;rence ou pression patronale, sonnant ainsi le glas des &#171; syndicats maison &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Le mouvement d'organisation syndicale des travailleurs am&#233;ricains se heurtait alors directement au sabotage de la bureaucratie syndicale de la centrale American Federation of Labor (A.F.L.) qui se cramponnait au principe du &#171; syndicalisme de m&#233;tier &#187; r&#233;servant la syndicalisation aux seuls ouvriers qualifi&#233;s. C'est ainsi que William Green, pr&#233;sident de l'A.F.L., avait fait tout son possible d'abord pour emp&#234;cher la constitution d'un syndicat des travailleurs de l'automobile, puis, quand il e&#251;t &#233;chou&#233;, pour le maintenir sous le contr&#244;le direct de l'ex&#233;cutif de l'A.F.L. Au moment o&#249; &#233;tait r&#233;dig&#233;e la &#171; Lettre ouverte &#187;, le fait nouveau &#233;tait qu'une fraction de la bureaucratie syndicale &#8209; group&#233;e autour du dirigeant syndical des mineurs (U.M.W.), John L. Lewis &#8209;, comprenant qu'il fallait prendre la t&#234;te du mouvement de syndicalisation de masse sous peine d'&#234;tre balay&#233;e prenait les initiatives qui allaient aboutir &#224; la fondation du C.I.O.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Allusion &#224; la d&#233;claration de Litvinov, le 16 novembre 1933, connue sous le titre de &#171; pledge on propaganda &#187;, dans laquelle le gouvernement sovi&#233;tique s'engageait, non seulement &#224; ne pas s'ing&#233;rer dans &#171; les affaires int&#233;rieures des Etats&#8209;Unis &#187;, mais &#224; ne pas tol&#233;rer sur son propre territoire l'activit&#233; d'organisations ou groupes ayant pour objectif &#171; un changement de l'ordre social ou politique aux Etats&#8209;Unis &#187; (New York Times, 18 novembre 1933).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] En 1924, le Workers Party des Etats&#8209;Unis (nom l&#233;gal du P.C.) avait fond&#233; un &#171; parti ouvrier et paysan &#187;, Farmer&#8209;Labor Party, qui avait un programme populiste, avec quelques personnalit&#233;s qui souhaitaient l'engager dans la campagne pr&#233;sidentielle du s&#233;nateur La Follette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] La gr&#232;ve de Toledo , &#224; l'usine Auto&#8209;Lite, avait &#233;t&#233; lanc&#233;e le 13 avril 1934 par un local A.F.L. r&#233;cemment fond&#233; ; les gr&#233;vistes firent appel au soutien de la Ligue des ch&#244;meurs anim&#233;e par les militants locaux de l'A.W.P. de Muste. Le conflit, marqu&#233; par l'organisation de piquets de gr&#232;ve massifs et des manifestations monstres, s'acheva le 4 juin par une capitulation de la compagnie. A Minneapolis, trois gr&#232;ves successives, magnifiquement organis&#233;es par le Local 574 de l'A.F.L. et surtout le noyau de militants de la C.L.A. qui y d&#233;tenaient des responsabilit&#233;s, les fr&#232;res DUNNE, Vincent R. (1899&#8209;1970), Miles (1896&#8209;1958), Grant (1894&#8209;1941), Carl SKOGLUND (1884&#8209;196 1) et Farrell DOBBS (n&#233; en 1907), aboutirent &#233;galement &#224; une &#233;clatante victoire sur le patronat local et les autorit&#233;s qui le soutenaient, concr&#233;tis&#233;e par l'accord sign&#233; le 22 ao&#251;t. Enfin, &#224; San Francisco, la gr&#232;ve des 25 000 dockers qu'animait Harry Bridges, li&#233; au parti communiste, l'avait emport&#233; au bout de onze semaines, moins par ses r&#233;sultats imm&#233;diats que par la puissance du mouvement d'organisation qu'elle avait suscit&#233;e. Dans son ouvrage sur l'histoire du C.I.O., Labor Giant Step, Art PREIS (1911-&#173;1964), l'un des organisateurs de Toledo, a consacr&#233; un chapitre &#224; ces &#171; trois gr&#232;ves qui pavaient la voie &#187;. Farrell Dobbs a consacr&#233; &#224; la gr&#232;ve de Minneapolis le premier de ses ouvrages de souvenirs, Teamster Rebellion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Rappelons qu'en janvier 1935 472 000 Sarrois avaient vot&#233; pour le rattachement au Reich, auquel 48 000 seulement s'&#233;taient oppos&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] Nouvelle allusion &#224; la d&#233;claration commune de Staline et Laval du 15 mai pr&#233;c&#233;dent, o&#249; Staline avait approuv&#233; la politique de &#171; d&#233;fense nationale &#187; du gouvernement fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] La d&#233;claration de Staline sur la &#171; d&#233;fense nationale &#187; avait &#233;t&#233; lue par Laval. Le P.C. avait aussit&#244;t pris ce tournant, qui signifiait pour lui l'abandon de sa traditionnelle politique d'opposition &#224; la &#171; d&#233;fense nationale &#187;, et proclama que Staline avait raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] Allusion &#224; Vandervelde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] Nouvelle allusion &#224; Staline, qui avait autoris&#233; Litvinov &#224; faire la d&#233;claration mentionn&#233;e ci-dessus, et confi&#233; &#224; Laval le soin de lire la d&#233;claration mentionn&#233;e sur sa reconnaissance de la &#171; d&#233;fense nationale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[18] Les comit&#233;s &#171; Amsterdam&#8209;Pleyel &#187; avaient &#233;t&#233; form&#233;s apr&#232;s les congr&#232;s mondiaux &#171; pour la paix &#187; (Amsterdam, 1932) et &#171; contre le fascisme &#187; (Pleyel, 1933), tous deux organis&#233;s par l'I.C. avec le concours de personnalit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[19] Allusion au comit&#233; ad hoc constitu&#233; par la conf&#233;rence de II.A.G. en f&#233;vrier 1935.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[20] Allusion &#224; la &#171; d&#233;claration des quatre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[21] Rappelons que Crux &#233;tait le pseudonyme de Trotsky, Dubois celui de Ruth Fischer, et Martin celui d'Alfonso Leonetti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[22] Jack MAcDONALD (1888&#8209;1941), &#233;cossais &#233;migr&#233; au Canada en 1912, m&#233;tallurgiste, &#233;tait dirigeant de l'I.L.P. d'Ontario quand il fut gagn&#233; au communisme par Spector en 1921. Il fut secr&#233;taire du Workers Party (organisation &#171; l&#233;gale &#187; du P.C. clandestin), puis du P.C. du Canada, jusqu'en 1929 date &#224; laquelle il fut &#233;cart&#233; de la direction comme &#171; droitier &#187;. Exclu en 1930, il rejoignit l'Opposition de gauche et fut l'un des fondateurs du Workers Party of Canada. Maurice SPECTOR (1898&#8209;1968) &#233;tait n&#233; en Russie, et avait &#233;migr&#233;, encore enfant, au Canada. Il y gagna MacDonald au communisme et fut, &#224; 24 ans, pr&#233;sident du parti. En 1928, il &#233;tait membre de l'ex&#233;cutif de l'I.C. quand il fut gagn&#233;, en m&#234;me temps que Cannon, aux id&#233;es de l'Opposition de gauche russe. Exclu du P.C. du Canada en novembre 1928, il milita ensuite au sein de la C.L.A., puis du Workers Party of Canada. La signature du G.B.L. et celle du W.P.C. ne figurent pas dans le texte publi&#233; dans le Biulleten russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[23] Allusion &#224; la &#171; d&#233;claration des quatre &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

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