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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;
Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.fr/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>Italie 1943 : quand les Alli&#233;s &#233;crasaient la r&#233;volution sous pr&#233;texte d'&#233;craser le fascisme mussolinien avec lequel ils avaient tent&#233; de pactiser</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article8834</link>
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		<dc:date>2026-04-14T22:40:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Italie</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>
		<dc:subject>Fascisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En 1943, les puissances alli&#233;es ont essay&#233; de signer un armistice avec Mussolini puis l'ont fait avec Badoglio pour &#233;viter les risques r&#233;cvolutionnaires du renversement du fascisme. Ils ont alors bombard&#233; les populations italiennes, y compris la r&#233;sistance anti-fasciste pour combattre tout &#233;lan r&#233;volutionnaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
https://fr.wikipedia.org/wiki/Armistice_de_Cassibile &lt;br class='autobr' /&gt;
https://books.openedition.org/pur/130182?lang=fr (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique42" rel="directory"&gt;02- La deuxi&#232;me guerre mondiale et l'alliance imp&#233;rialisme/stalinisme contre le prol&#233;tariat&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot21" rel="tag"&gt;Italie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot136" rel="tag"&gt;Fascisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 1943, les puissances alli&#233;es ont essay&#233; de signer un armistice avec Mussolini puis l'ont fait avec Badoglio pour &#233;viter les risques r&#233;cvolutionnaires du renversement du fascisme. Ils ont alors bombard&#233; les populations italiennes, y compris la r&#233;sistance anti-fasciste pour combattre tout &#233;lan r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Armistice_de_Cassibile&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Armistice_de_Cassibile&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.openedition.org/pur/130182?lang=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://books.openedition.org/pur/130182?lang=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://museedelaresistanceenligne.org/media3532-Armistice-italien-du-3-septembre-1943&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://museedelaresistanceenligne.org/media3532-Armistice-italien-du-3-septembre-1943&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont finalement les forces de gauche (staliens, sociaux-d&#233;mocrates, r&#233;sistance d&#233;mocratique et syndicats) qui ont le plus &#339;uvr&#233; pour affacer toute volont&#233; r&#233;volutionnaire dans les masses italiennes d&#233;boussol&#233;es et accus&#233;es de fascisme d&#232;s qu'elles protestaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barta &#233;crit en 1943 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime fasciste s'effondre en Italie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LES OUVRIERS ITALIENS NOUS MONTRENT LA VOIE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 21 ans le prol&#233;tariat italien &#233;tait courb&#233; sous le joug de Mussolini et de ses bandes arm&#233;es au service de la bourgeoisie italienne. Pourquoi les ouvriers italiens qui en 1919 &#233;taient &#224; la t&#234;te de la lutte r&#233;volutionnaire en Europe, qui avaient occup&#233; les usines et les avaient mises en marche sous leur propre contr&#244;le et qui ne furent vaincus que par la trahison des r&#233;formistes, ne r&#233;ussirent-ils pas &#224; secouer la dictature fasciste ? C'est que les victoires successives de la r&#233;action en Pologne (1927), en Allemagne (1934), en Espagne (1939) et un r&#233;gime de dictature instaur&#233; dans toute l'Europe, leur avait ferm&#233; toute possibilit&#233; de r&#233;volte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le m&#233;contentement du prol&#233;tariat et des masses populaires en Italie grandissait de plus en plus contre le r&#233;gime pourri de Mussolini et n'attendait que la premi&#232;re occasion favorable pour se manifester. Quand en 1940 Mussolini aux ordres du grand capital, entra&#238;na le peuple italien dans la guerre imp&#233;rialiste les masses montr&#232;rent peu d'empressement &#224; se battre pour les int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie italienne et pour la gloire de Mussolini. Les d&#233;sastres militaires subis par l'Italie imp&#233;rialiste depuis le d&#233;but de la guerre ont amen&#233; au paroxysme les contradictions int&#233;rieures engendr&#233;es par le r&#233;gime et l'exploitation patronale accrue. Des gr&#232;ves ont &#233;clat&#233; en Italie pendant la campagne de Tunisie. Avec le d&#233;barquement des imp&#233;rialistes alli&#233;s en Sicile, le prol&#233;tariat italien ne pouvait qu'intensifier sa lutte, l'&#233;tendre et poser des revendications de plus en plus hardies. Dans ces circonstances, pour ressaisir la situation int&#233;rieure et pouvoir man&#339;uvrer plus librement entre les diff&#233;rents imp&#233;rialismes en guerre (&#233;ventuels changements diplomatiques), la bourgeoisie italienne s'est servi du roi d'Italie pour effectuer une &#034;r&#233;volution de palais&#034; et s'est d&#233;barrass&#233;e de Mussolini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mussolini parti, les masses sont entr&#233;es imm&#233;diatement en action. Le r&#233;gime fasciste s'est compl&#232;tement effondr&#233;. Cette victoire du peuple italien sur ses propres oppresseurs a rempli de joie dans le monde entier les exploit&#233;s et les opprim&#233;s, elle montre la voie &#224; suivre pour conqu&#233;rir les libert&#233;s, pour conqu&#233;rir le droit de vivre en mangeant &#224; sa faim, pour mettre fin &#224; la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A travers les informations tronqu&#233;es, arrang&#233;es, int&#233;ress&#233;es, de la radio &#034;alli&#233;e&#034; et &#034;neutre&#034;, les &#233;v&#233;nements d'Italie parlent un langage suffisamment clair pour qu'on ne puisse pas se m&#233;prendre sur leur sens. Ce sont les masses ouvri&#232;res qui par des gr&#232;ves puissantes, dans les villes industrielles du Nord notamment &#224; Milan, appuy&#233;es par tout le m&#233;contentement populaire, ont pr&#233;cipit&#233;, apr&#232;s la d&#233;mission de Mussolini la chute du fascisme. Ce sont les masses qui ont manifest&#233; devant les prisons, qui ont contraint Badoglio &#224; consacrer officiellement la lib&#233;ration des emprisonn&#233;s politiques, qui ont lib&#233;r&#233; elles-m&#234;mes des d&#233;tenus politiques du r&#233;gime l&#224; o&#249; &#034;l'action&#034; gouvernementale se faisait attendre. C'est l'action des masses qui a pratiquement redonn&#233; la vie aux diff&#233;rents partis politiques, malgr&#233; l'interdiction gouvernementale de tout parti. Si les gr&#232;ves ont cess&#233; actuellement devant les mesures draconiennes prises par le gouvernement, elles ne pourront que recommencer au fur et &#224; mesure que les masses prol&#233;tariennes et les soldats auront fraternis&#233; pour des buts communs. OUVRIERS ET SOLDATS DOIVENT RESOUDRE EN ITALIE, AVEC LA QUESTION DU REGIME, LA QUESTION FONDAMENTALE DE LA PAIX. Des fraternisations entre ouvriers et soldats auraient d&#233;j&#224; eu lieu, la troupe ayant refus&#233; de tirer sur les gr&#233;vistes. Radio-Londres parle de la cr&#233;ation de comit&#233;s d'ouvriers et m&#234;me de soldats. S'il s'agit de comit&#233;s &#233;lus par les ouvriers et les soldats, cela signifie que les masses d'ouvriers et de soldats en lutte, dress&#233;es contre l'appareil officiel &#233;tatique, se m&#233;fiant &#224; juste titre de l'action et des promesses de la bourgeoisie, cr&#233;ent leurs propres organisations de classe en liaison constante avec la masse et d&#233;pendant d'elle. Seuls les COMITES, organes d&#233;mocratiques de la dictature du prol&#233;tariat, peuvent briser l'Etat de la bourgeoisie et r&#233;soudre les questions br&#251;lantes DE LA PAIX, DU PAIN ET DE LA LIBERTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;v&#233;nements d'Italie marquent le d&#233;but de l'effondrement du r&#233;gime totalitaire &#233;tabli par la bourgeoisie en Europe sur le dos du mouvement ouvrier. Au Portugal, o&#249; cependant la politique de la bourgeoisie est inf&#233;od&#233;e &#224; l'Angleterre et non pas &#224; l'Allemagne et o&#249; la classe ouvri&#232;re est soumise &#224; la dictature sanglante de Salazar, la nouvelle de la chute de Mussolini et du fascisme a provoqu&#233; de grandes gr&#232;ves sur le tas, notamment dans les ports. En Espagne, le bourreau Franco a d&#251; inopin&#233;ment &#034;acc&#233;l&#233;rer&#034; la lib&#233;ration de prisonniers politiques qui meurent dans ses prisons fascistes. Ainsi 10.000 emprisonn&#233;s de plus ont retrouv&#233; la libert&#233; en Espagne, gr&#226;ce au mouvement des masses italiennes. Mais la chute du fascisme italien et la renaissance du mouvement ouvrier en Italie auront leurs r&#233;percussions les plus profondes en Allemagne m&#234;me o&#249; le r&#233;gime que Hitler pr&#233;tendait instaurer pour 1000 ans ne f&#234;tera s&#251;rement pas son 11&#232;me anniversaire. Le prol&#233;tariat allemand compte par centaines de milliers ses victimes anti-fascistes. Les masses populaires allemandes, le v&#233;ritable peuple allemand qui travaille de ses mains, souffre cruellement de la guerre imp&#233;rialiste, souffre cruellement de voir ses meilleurs fils arrach&#233;s &#224; leurs foyers et jet&#233;s sur tous les champs de bataille pour des conqu&#234;tes qui n'ont profit&#233; qu'&#224; la bourgeoisie allemande. En France les masses ouvri&#232;res luttent pour les m&#234;mes objectifs que ceux pour lesquels luttent les ouvriers italiens. Il faut reconqu&#233;rir les v&#233;ritables libert&#233;s, libert&#233;s de presse, de gr&#232;ve, de r&#233;union, qu'aucun pays capitaliste ne reconnait plus &#224; la classe ouvri&#232;re. Il faut lib&#233;rer les victimes de la r&#233;pression capitaliste et militariste qui peuplent les prisons et les camps de concentration ; il faut r&#233;cup&#233;rer les ouvriers d&#233;port&#233;s et les prisonniers de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans toute l'Europe ils ont les m&#234;mes aspirations imm&#233;diates de lutte. Les &#233;v&#233;nements d'Italie, sous le coup des &#233;v&#233;nements militaires, sont l'image des &#233;v&#233;nements qui demain d&#233;ferleront sur tout le continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question fondamentale qui unit l'Europe prol&#233;tarienne c'est celle de la paix. Paix imp&#233;rialiste par la victoire d'un des camps imp&#233;rialistes et conservation de l'exploitation et de l'oppression du r&#233;gime capitaliste, ou renversement du r&#233;gime bourgeois par le prol&#233;tariat et instauration d'une paix v&#233;ritable par l'union des peuples dans une F&#233;d&#233;ration socialiste des peuples, la seule qui peut assurer aux nations un libre d&#233;veloppement ; voil&#224; l'enjeu de la lutte. Tout ouvrier conscient voit maintenant que les alli&#233;s n'offrent pas la paix au peuple italien, mais qu'ils veulent seulement contraindre l'Italie &#224; changer de camp dans la guerre. C'est ainsi que la France &#034;lib&#233;r&#233;e&#034; par l'imp&#233;rialisme anglais et am&#233;ricain devra continuer la guerre contre l'imp&#233;rialisme japonais au b&#233;n&#233;fice des capitalistes am&#233;ricains (convention Giraud-Roosevelt).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es de guerre ont cloisonn&#233; les peuples. Sans contact avec les fr&#232;res prol&#233;taires des autres pays, plus d'un ouvrier et paysan oublie que c'est un fr&#232;re et non un ennemi qui est en face de lui, que ces bombardements et cette boucherie sont l'&#339;uvre non d'un peuple &#034;ennemi&#034;, mais d&#251;s &#224; un r&#233;gime capitaliste pourri. Seules les vagues puissantes de la r&#233;volution prol&#233;tarienne peuvent balayer les barri&#232;res de boue et de sang que la bourgeoisie a &#233;lev&#233;es entre les peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun peuple ne peut r&#233;soudre isol&#233;ment la question de la paix. Le sort de chaque peuple d&#233;pend finalement non pas de la place plus ou moins favoris&#233;e qu'il peut occuper par rapport &#224; d'autres peuples, mais du syst&#232;me dans lequel il s'int&#232;gre : syst&#232;me d'oppression imp&#233;rialiste (alli&#233; ou de l'Axe) ou syst&#232;me de f&#233;d&#233;ration socialiste. Le peuple italien a fait ce choix, il ne veut ni de la victoire allemande ni de la victoire alli&#233;e. Il cherche une issue prol&#233;tarienne &#224; la guerre, la seule issue qui apportera vraiment la paix, et non une nouvelle &#034;der des ders&#034;. Ecras&#233; par sa propre bourgeoisie, menac&#233; par les arm&#233;es imp&#233;rialistes anglaises, am&#233;ricaines et allemandes, le prol&#233;tariat italien doit pouvoir s'appuyer, dans cette question fondamentale, sur la solidarit&#233; de tous les peuples europ&#233;ens (de ceux qui travaillent de leurs mains) et leur lutte pour une paix juste (et non pas imp&#233;rialiste comme celle que leur offrent les alli&#233;s) doit trouver l'appui de tous les prol&#233;tariats, en premier lieu du prol&#233;tariat allemand et fran&#231;ais pour qu'ils puissent faire &#233;chec aux plans imp&#233;rialistes allemands et aux plans imp&#233;rialistes des alli&#233;s qui tous obligent l'Italie de rester dans le conflit &#034;jusqu'&#224; la fin&#034;, c'est-&#224;-dire tant qu'il plaira aux capitalistes dont elle d&#233;pendra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les capitalistes qui &#224; la suite de la guerre de 14-18 ont laiss&#233; leur peau en Russie mais ont r&#233;ussi &#224; maintenir leur domination sur le reste du globe, man&#339;uvrent dans la pr&#233;sente guerre pour assurer &#034;d&#233;finitivement&#034; leur domination capitaliste, par la destruction de la solidarit&#233; internationale des ouvriers, et pour mettre &#224; profit l'isolement de l'URSS dans le monde capitaliste pour essayer de liquider l'&#233;conomie planifi&#233;e de l'Union Sovi&#233;tique. Seule l'intervention des masses luttant pour leurs propres objectifs populaires peut d&#233;truire d&#233;finitivement les plans de tous les imp&#233;rialismes et mener &#224; la victoire du socialisme. Si sous la pression du militarisme alli&#233;, Staline a d&#233;savou&#233; publiquement l'Internationale en tant qu'instrument de lib&#233;ration des prol&#233;tariats et des peuples, la lutte r&#233;volutionnaire des masses contre leur propre bourgeoisie reforgera l'Internationale qui conduira les ouvriers, les paysans et les soldats &#224; la victoire, la Quatri&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VIVE LE PROLETARIAT ITALIEN !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VIVENT LES ETATS-UNIS SOCIALISTES D'EUROPE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VIVE LA QUATRIEME INTERNATIONALE !&lt;br class='autobr' /&gt;
DE LA REVOLUTION TRAHIE AU FASCISME&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la premi&#232;re guerre imp&#233;rialiste de 14-18, l'Italie &#233;tait en Europe le pays le plus m&#251;r pour la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Absolument d&#233;s&#233;quilibr&#233;e et ruin&#233;e par la guerre, la bourgeoisie italienne cherchait en vain &#224; se redresser en exploitant au maximum certaines colonies pauvres en mati&#232;re premi&#232;res que l'Angleterre avait bien voulu lui abandonner. Le sol italien ne renferme pas de richesses importantes, ni m&#233;taux, ni charbon, ni p&#233;trole. Il n'est pas assez &#233;tendu et fertile pour assurer le ravitaillement de la population en c&#233;r&#233;ales et de l'industrie en mati&#232;res premi&#232;res n&#233;cessaires, comme par exemple le coton. Seule par cons&#233;quent la possession et l'exploitation de colonies riches pouvait soulager la crise du capitalisme italien. Mais la bourgeoisie italienne, malgr&#233; sa participation &#224; la premi&#232;re guerre imp&#233;rialiste aux c&#244;t&#233;s de l'Entente, n'a obtenu qu'une part infime du butin au moment du repartage du monde. D'o&#249; l'acuit&#233; de la crise qui &#233;clata imm&#233;diatement apr&#232;s la guerre en Italie. La bourgeoisie ne pouvait plus imposer sa loi aux masses laborieuses lasses de la guerre, exasp&#233;r&#233;es par les souffrances et la mis&#232;re qui l'accompagnent. Dans diverses r&#233;gions le prol&#233;tariat se trouvait d&#233;j&#224; en &#233;tat d'insurrection. Des fractions consid&#233;rables de la classe paysanne commen&#231;aient &#224; se soulever contre les propri&#233;taires fonciers et contre l'Etat. Sur le terrain d'une action r&#233;volutionnaire commune, prol&#233;taires, paysans et soldats forgeaient des liens fraternels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise r&#233;volutionnaire en Italie atteignit son point culminant en automne 1920, par le d&#233;clenchement de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et l'occupation des usines par les ouvriers. En m&#234;me temps commen&#231;ait la lutte physique contre les hordes fascistes organis&#233;es par les &#233;l&#233;ments les plus actifs de la bourgeoisie sous l'impulsion et la direction de Mussolini. Cependant, l'absence d'un parti r&#233;volutionnaire d&#233;cida du sort de la classe ouvri&#232;re, consacra sa d&#233;faite et pr&#233;para le triomphe du fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait cependant en Italie, pendant ces ann&#233;es critiques, un parti ouvrier consid&#233;rable par le nombre de ses membres et de ses sympathies dans la masse : le parti socialiste. Mais son action fut toujours influenc&#233;e par la politique tra&#238;tre des &#233;l&#233;ments r&#233;formistes et les h&#233;sitations mortelles des centristes qu'il continuait &#224; abriter dans son sein, malgr&#233; les scissions de 1912 et de 1914. Les r&#233;formistes opposaient &#224; la lutte de classes la collaboration des classes, &#224; la transformation violente du r&#233;gime capitaliste par la force arm&#233;e du prol&#233;tariat et de ses alli&#233;s, la r&#233;forme graduelle du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils &#233;taient en r&#233;alit&#233; les agents de la politique bourgeoise dans le mouvement ouvrier, qui en rejetant les m&#233;thodes r&#233;volutionnaires de lutte et la r&#233;volution, se soumettaient servilement &#224; la domination capitaliste. Leur politique, qui &#233;tait celle de tous les partis socialistes de la II&#232;me Internationale, avait comme base sociale l'aristocratie ouvri&#232;re, c'est-&#224;-dire la couche ouvri&#232;re qui b&#233;n&#233;ficie des meilleures conditions de r&#233;tribution, et qui est par dessus tout p&#233;n&#233;tr&#233;e d'un esprit de corporatisme &#233;troit, de petite bourgeoisie et de pr&#233;jug&#233;s capitalistes. C'est avec l'aide des r&#233;formistes qui ont divis&#233; et affaibli le parti socialiste et les syndicats ouvriers en Italie, que la bourgeoisie italienne consolida ses positions et passa ensuite &#224; l'offensive, r&#233;primant le mouvement ouvrier et instaurant le r&#233;gime fasciste, la pire forme de la r&#233;action capitaliste.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;par le fer et par le feu&#034;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout en s'effor&#231;ant de pr&#233;senter les &#233;v&#233;nements d'Italie comme un mouvement en faveur des alli&#233;s &#034;lib&#233;rateurs&#034;, les imp&#233;rialistes de Londres et de Washington ont d&#233;cid&#233; de d&#233;clencher une action sanglante &#034;par le fer et par le feu&#034; contre le peuple italien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but des alli&#233;s est d'obtenir que l'Etat italien de demain soit soumis &#224; leur influence, c'est-&#224;-dire qu'il soit un Etat collaborationniste comme ceux que Hitler a cr&#233;&#233;s dans l'Europe asservie. L'&#233;loignement de Mussolini &#224; la faveur de la situation int&#233;rieure explosive de l'Italie &#233;tait un premier pas dans cette voie, et maintenant il s'agit de parachever l'&#339;uvre commenc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bombardements terroristes d&#233;cid&#233;s par les alli&#233;s ont pour but de provoquer la panique et un exode de la population des grandes villes industrielles vers les campagnes semblable &#224; celui de juin 1940 en France qui troublerait, d&#233;sagr&#233;gerait, paralyserait l'Etat italien et am&#232;nerait la bourgeoisie &#224; la capitulation. Or, en m&#234;me temps cette action tend &#224; paralyser le mouvement des ouvriers italiens pour la paix et les libert&#233;s d&#233;mocratiques en semant les ruines, en dispersant la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi les Anglo-Saxons jouent envers les masses italiennes le m&#234;me r&#244;le que l'imp&#233;rialisme allemand et la bourgeoisie italienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'apr&#232;s cela Churchill nous pr&#233;sente l'action alli&#233;e comme une lutte pour la libert&#233; et la d&#233;mocratie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/08/ldc16_080443.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/08/ldc16_080443.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LES LECONS D'ITALIE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Provisoirement, la br&#232;che ouverte dans la guerre imp&#233;rialiste par le mouvement r&#233;volutionnaire en Italie a &#233;t&#233; &#034;colmat&#233;e&#034; par les imp&#233;rialistes de Berlin et de Londres et Washington. A nouveau le fracas des bombes et le silence des &#034;informations&#034; officielles couvrent d'un voile &#233;pais la lutte des travailleurs de la p&#233;ninsule pour la paix, le pain et la libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant combattu &#224; mort le r&#233;gime de Mussolini pour sortir de la guerre et de l'oppression politique, les masses italiennes se trouvent cependant plus que jamais politiquement encha&#238;n&#233;es et, impuissantes, livr&#233;es aux ravages d'une guerre impitoyable qui se d&#233;roule sur le sol italien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que s'est-il pass&#233; en Italie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Courb&#233;s sous le r&#233;gime fasciste &#233;tabli par Mussolini pour sauver le capitalisme italien de la r&#233;volution prol&#233;tarienne, les ouvriers italiens, qui n'ont pas oubli&#233; les traditions de lutte de 1919 (occupation et mise en marche des usines), attendaient le moment favorable pour la reconqu&#234;te de leurs droits &#233;l&#233;mentaires. Ce moment arriva le 25 juillet, avec la chute de Mussolini (voir n&#176; 16). La lutte des masses ouvri&#232;res et populaires prit un caract&#232;re d&#233;cisif et liquida le r&#233;gime fasciste. En attaquant les locaux fascistes (permanences, journaux, etc...), en ouvrant les portes des prisons, en ressuscitant l'activit&#233; politique libre, en reconstruisant leurs organisations de classe (syndicats, &#233;lection de conseils ouvriers), les ouvriers italiens prenaient leur sort entre leurs propres mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais rien ne pouvait &#234;tre d&#233;finitivement conquis par les masses laborieuses tant que l'Italie continuait &#224; participer au conflit imp&#233;rialiste. La liquidation du r&#233;gime pourri n'&#233;tait que la premi&#232;re &#233;tape vers la solution du probl&#232;me fondamental de la PAIX, sans laquelle il ne peut y avoir pour aucun peuple de pain et de libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette paix, que d&#233;siraient ardemment les travailleurs et les soldats italiens, ne pouvait leur &#234;tre accord&#233;e ni par l'imp&#233;rialisme allemand, ni par l'imp&#233;rialisme anglais et am&#233;ricain, ni par la bourgeoisie italienne. Les deux groupes imp&#233;rialistes, dans leur lutte, &#233;crasent sans se soucier les peuples plus faibles ; la bourgeoisie italienne ne balan&#231;ait pas un instant entre ses int&#233;r&#234;ts imp&#233;rialistes qui pouvaient &#234;tre sauv&#233;s tout au moins partiellement en se vendant au plus fort et le sort du peuple italien vou&#233; au massacre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour se soustraire &#224; la guerre imp&#233;rialiste les ouvriers et les soldats italiens ne pouvaient donc compter que sur la solidarit&#233; ouvri&#232;re et paysanne des soldats allemands, am&#233;ricains, anglais et des ouvriers du continent europ&#233;en. Pour r&#233;veiller cette solidarit&#233; de classe dans un monde d&#233;chir&#233; depuis quatre ans par un conflit imp&#233;rialiste qui a livr&#233; les exploit&#233;s de chaque pays &#224; leur propre bourgeoisie, il aurait fallu que ceux-ci entendent non pas les clameurs des &#233;l&#233;ments pro-imp&#233;rialistes qui occupaient le devant de la sc&#232;ne en Italie, mais la propre voix du prol&#233;tariat italien d&#233;fendant la cause des opprim&#233;s du monde entier. S'adressant directement par dessus la t&#234;te de leurs dirigeants capitalistes (le roi, Badoglio et les partis pro-alli&#233;s) aux soldats en guerre et aux ouvriers exploit&#233;s dans les usines, en d&#233;non&#231;ant la politique capitaliste de ceux-ci qui par leur diplomatie secr&#232;te s'appr&#234;taient &#224; vendre le peuple italien &#224; de nouveaux ma&#238;tres imp&#233;rialistes, en leur demandant &#224; eux une paix d&#233;mocratique, c'est-&#224;-dire une paix sans annexions ni clauses secr&#232;tes, et en r&#233;pudiant ouvertement l'exploitation d'autres peuples par le peuple italien, le prol&#233;tariat italien aurait pr&#233;par&#233; son propre avenir et celui de tous les peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car m&#234;me si, pour des raisons g&#233;ographiques, la transformation de l'Italie en champ de bataille &#233;tait in&#233;vitable, ce langage prol&#233;tarien aurait tonn&#233; dans les oreilles des soldats et des ouvriers &#233;cras&#233;s sous le poids de la guerre, comme l'annonce de la soci&#233;t&#233; socialiste qui vient ; le concert de haines imp&#233;rialistes aurait &#233;t&#233; assourdi par le cri de solidarit&#233; prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il eut fallu pour cela que quelqu'un exprime les v&#233;ritables d&#233;sirs des masses laborieuses italiennes ; il eut fallu qu'&#224; l'heure o&#249; le fascisme a &#233;t&#233; vaincu se trouv&#226;t &#224; la t&#234;te des masses un parti totalement d&#233;vou&#233; aux masses travailleuses et qui, agissant au nom du prol&#233;tariat, incarn&#226;t cette volont&#233; socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais un tel Parti n'existait pas en Italie. Les masses ont-elles &#224; peine fait irruption dans l'ar&#232;ne politique, que les vieux partis pourris (socialistes, communistes, d&#233;mocrates seulement de nom), pr&#233;tendant agir au nom des masses italiennes, se sont mis &#224; travailler pour un renversement d'alliance, quoique sachant bien le prix que cela co&#251;terait au peuple italien. Tous ces partis sont pour &#034;Badoglio &#224; l'action&#034;, Badoglio, l'homme de confiance du capitalisme italien, l'assassin de l'Abyssinie, travaillant &#224; sauver, apr&#232;s l'&#233;croulement du fascisme, le roi et la bourgeoisie. Pour que la bourgeoisie puisse garder le droit d'exploiter des esclaves en Afrique, pour que le roi puisse continuer &#224; accrocher des d&#233;corations sur la poitrine des &#034;braves&#034; officiers, pour que les officiers italiens puissent toucher des soldes &#233;lev&#233;es et porter de beaux uniformes, le peuple italien devait &#234;tre jet&#233; par Badoglio dans les pires souffrances. Des centaines de milliers de prisonniers en Allemagne, la d&#233;vastation de la p&#233;ninsule, voil&#224; l'&#339;uvre des imp&#233;rialistes et de leurs serviteurs conscients ou inconscients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui se passe dans le Sud de l'Europe depuis le 25 juillet c'est l'image des &#233;v&#233;nements qui demain d&#233;ferleront sur tout le continent. En comprendre la signification et les le&#231;ons, c'est une question de vie ou de mort pour les masses exploit&#233;es du continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il doit &#234;tre maintenant clair pour tous les ouvriers que la lutte des masses, &#224; la premi&#232;re occasion favorable, pour la conqu&#234;te de la paix, du pain et de la libert&#233;, se heurtera non seulement &#224; la r&#233;sistance de l'imp&#233;rialisme allemand, mais &#233;galement &#224; l'imp&#233;rialisme alli&#233; et &#224; la bourgeoisie des diff&#233;rents pays en d&#233;pendant. Leur complicit&#233; a pour but d'emp&#234;cher tout mouvement de masses autonome, ayant ses propres buts ; les imp&#233;rialistes feront tout leur possible pour que leur guerre de brigandage ne se termine pas, comme en Russie en Octobre 17, par la victoire ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour combattre avec succ&#232;s les plans imp&#233;rialistes, la classe ouvri&#232;re doit comprendre &#224; temps les grands dangers auxquels elle s'expose en se laissant passivement man&#339;uvrer par la diplomatie secr&#232;te de la bourgeoisie et en faisant la moindre confiance aux imp&#233;rialistes alli&#233;s, parmi lesquels figurent, les derniers mais non pas les pires, le roi d'Italie et Badoglio complices de Mussolini pendant 21 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combien de le&#231;ons sanglantes doit-on encore recevoir pour comprendre que la lutte que m&#232;nent les puissances imp&#233;rialistes &#233;crase tous les peuples, y compris les peuples qui les soutiennent ? Les prol&#233;taires ont-ils oubli&#233; la longue exp&#233;rience sanglante que la bourgeoisie a inflig&#233; aux ouvriers dans tous les pays (en particulier l'&#339;uvre du &#034;d&#233;mocrate&#034; Daladier de 1939-1940) ? Les morts, les martyrs, les emprisonn&#233;s, victimes du capitalisme fran&#231;ais anglais, am&#233;ricain sont-ils d&#233;j&#224; oubli&#233;s ? Les crimes de l'imp&#233;rialisme allemand peuvent-ils &#234;tre punis par des criminels du m&#234;me genre ? Seule la classe ouvri&#232;re peut lever l'&#233;tendard de la justice sur le monde !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui s'est pass&#233; en Italie prouve une fois de plus que la classe ouvri&#232;re, les masses laborieuses sont vou&#233;es aux d&#233;faites sans l'existence d'un parti r&#233;volutionnaire. Mais la classe ouvri&#232;re fran&#231;aise a elle aussi son propre exemple, ses propres luttes men&#233;es depuis 1934 sous tous les gouvernements &#8211; de droite ou de gauche &#8211; pour la conqu&#234;te du droit &#224; la vie. Si cette lutte n'a pas men&#233; &#224; la victoire, qui faut-il accuser sinon le fait que la lutte opini&#226;tre des masses n'a pas trouv&#233; un guide s&#251;r contre la bourgeoisie ? Quel prol&#233;taire fran&#231;ais ne voit pas clairement que le parti dit communiste s'est servi de la lutte ouvri&#232;re pour appuyer la diplomatie sovi&#233;tique au lieu de servir la classe ouvri&#232;re contre la bourgeoisie fran&#231;aise ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut un parti r&#233;volutionnaire aux masses pour sortir de la guerre, pour renverser le capitalisme qui l'engendre, pour cr&#233;er une soci&#233;t&#233; meilleure. Ce parti est cr&#233;&#233; par les meilleurs &#233;l&#233;ments de la soci&#233;t&#233; qui n'acceptent pas l'ordre bourgeois, qui ont compris les lois historiques et politiques, qui veulent construire une soci&#233;t&#233; socialiste bas&#233;e sur l'&#233;conomie planifi&#233;e dont l'URSS a prouv&#233; l'efficacit&#233;. Mais ce parti ne peut acqu&#233;rir une v&#233;ritable base r&#233;volutionnaire sans l'activit&#233; consciente des meilleurs &#233;l&#233;ments prol&#233;tariens. A ceux-ci de rechercher l'activit&#233; politique, de s'organiser, de montrer au monde que la classe ouvri&#232;re accomplira son destin historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A bas les imp&#233;rialismes allemand et alli&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A bas la diplomatie secr&#232;te !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vive la Quatri&#232;me Internationale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/10/ldc18_101043.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/10/ldc18_101043.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1944, en Italie, malgr&#233; la situation terrible o&#249; se trouvent les masses travailleuses par suite de l'occupation imp&#233;rialiste allemande et anglo-am&#233;ricaine, le mouvement des travailleurs de la p&#233;ninsule continue. A Naples des gr&#232;ves ont &#233;clat&#233; en guise de protestation contre les discours imp&#233;rialistes de Churchill vis-&#224;-vis de l'Italie ; en Italie du Nord (Milan) les travailleurs ont d&#233;clench&#233; des gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales malgr&#233; les troupes de r&#233;pression allemandes. L'&#233;tat d'esprit des ouvriers est tel que Mussolini s'est vu oblig&#233; de sortir un projet de &#034;socialisation de l'industrie&#034; (sic).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/03/ldc26_031644.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/03/ldc26_031644.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Italie 1943 : quand les Alli&#233;s &#233;crasaient la r&#233;volution sous pr&#233;texte d'&#233;craser le fascisme mussolinien avec lequel ils avaient tent&#233; de pactiser&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En Italie, &#224; l'automne 1942, commence le mouvement de d&#233;sob&#233;issance civile contre le r&#233;gime de Mussolini. La population commence r&#233;ellement &#224; s'organiser pour lutter contre le r&#233;gime. Une r&#233;volution peut m&#234;me sortir de l&#224;. On assiste &#224; une radicalisation politique qui se traduit surtout par une mont&#233;e consid&#233;rable des effectifs militants du parti communiste. En effet, en f&#233;vrier 43, c'est &#224; un bombardement massif des civils qu'on assiste dans les grandes villes d'Italie et tout particuli&#232;rement violent sur Milan, Turin et G&#232;nes. Il ne s'agit pas d'objectifs militaires mais au contraire la cible est vraiment les civils qu'il s'agit de terroriser. La suite va bien montrer que le v&#233;ritable souci des alli&#233;s est que la chute du r&#233;gime fasciste n'entra&#238;ne des troubles sociaux. Tout leur effort va &#234;tre de maintenir un Etat stable au cours de la transition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement ne cesse de monter jusqu'au d&#233;but 1943. En mars 1943, en plein r&#233;gime fasciste, la classe ouvri&#232;re entre en lutte. 300 000 ouvriers font gr&#232;ve dans toute l'Italie. Partie de l'usine Fiat de Turin, la gr&#232;ve gagne Milan, G&#234;nes et le sud de l'Italie. En vain, le r&#233;gime tente d'impressionner la classe ouvri&#232;re en faisant patrouiller ses chars dans les rues de Turin et en mobilisant la milice fasciste. C'est un rappel non seulement pour les classes dirigeantes italiennes mais mondiales du r&#244;le mena&#231;ant de la classe ouvri&#232;re. En Italie, on va assister &#224; la premi&#232;re op&#233;ration d'escamotage de la r&#233;volution, op&#233;ration conjointe des classes dirigeantes italiennes pro-fascistes et de celles des alli&#233;s anglo-am&#233;ricano-russes. Le 19 juillet 1943, Rome est bombard&#233;e pour la premi&#232;re fois par l'aviation alli&#233;e et ce sont les quartiers ouvriers qui sont les principales cibles ! Il faut d'abord faire peur aux travailleurs : le bombardement de Rome n'est que le premier d'une longue s&#233;rie. Et puis, il va s'agir &#224; la fois de trouver une solution pour se d&#233;barrasser en douceur de Mussolini de peur que les ouvriers se d&#233;barrassent du fascisme par la r&#233;volution. Le 24 juillet, le Grand Conseil Fasciste vote la destitution de Mussolini, le fait arr&#234;ter. Le roi annonce qu'il le remplace par le mar&#233;chal Badoglio. C'est une simple r&#233;volution de palais. Les hommes au pouvoir restent les m&#234;mes, y compris le grand conseil fasciste. Aucun membre du parti fasciste n'est inqui&#233;t&#233;. Par contre une centaine d'antifascistes est assassin&#233;e pour bien montrer que l'ordre sera maintenu. Les alli&#233;s sont dispos&#233;s &#224; m&#233;nager une transition en douceur et d'accepter cette substitution, mais la population travailleuse d'Italie ne l'entend pas de cette oreille. Le 25 juillet au soir, d&#232;s l'annonce de l'arrestation de Mussolini, la foule d&#233;ferle dans les rues de Rome, les cercles fascistes sont assaillis, les embl&#232;mes fascistes bris&#233;s, les portraits de Mussolini br&#251;l&#233;s, les appartements des fascistes connus saccag&#233;s. A Turin, des milliers d'ouvriers assi&#232;gent les prisons, d&#233;foncent les portes, lib&#232;rent les d&#233;tenus politiques. Partout dans le pays, le 26 juillet prend une allure d'insurrection populaire. La panique se fait jour dans les milieux dirigeants. Une circulaire est envoy&#233;e &#224; toutes les unit&#233;s de l'arm&#233;e pour l'inciter &#224; assumer la d&#233;fense de &#171; l'ordre public &#187;. Elle explique que &#171; tout mouvement doit &#234;tre impitoyablement bris&#233; dans l'oeuf &#187;, qu'il faut proc&#233;der avec ceux &#171; qui troublent l'ordre public comme avec des troupes ennemies &#187;, &#171; en ouvrant le feu sans pr&#233;avis &#187;. &#171; Que l'on ne tire jamais en l'air mais pour toucher au but, comme au combat ! &#187; En somme, pour la bourgeoisie italienne, l'ennemi principal n'est pas les alli&#233;s anglo-fran&#231;ais, qui ont pourtant d&#233;barqu&#233; depuis le 10 juillet en Sicile, ni l'Allemagne qui voit d'un mauvais oeil ces changements, mais la classe ouvri&#232;re italienne. Et inversement, pour les Alli&#233;s, la bourgeoisie fasciste est capable de signer un accord, mais avec le peuple travailleur il n'y aucune entente possible. Il faut bombarder les travailleurs pour s'assurer qu'ils n'auront pas envie de se r&#233;volter ! Dans les jours qui suivent, les affrontements entre la foule et l'arm&#233;e se multiplient. Les 17, 18 et 19 ao&#251;t, dans les grandes usines de Bologne, Milan, Turin, c'est &#224; nouveau la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pour exiger la fin de la guerre, la lib&#233;ration des prisonniers politiques, la reconnaissance de ce qui tient lieu d'organisations ouvri&#232;res non li&#233;es au pouvoir : les &#171; commissions internes &#187; ouvri&#232;res. A Turin, l'arm&#233;e tire et fait un mort parmi les ouvriers de Fiat. Mais cela ne fait que provoquer une nouvelle extension de la gr&#232;ve. Les chasseurs alpins refusent d'ob&#233;ir au g&#233;n&#233;ral Rossi qui leur commande, &#224; nouveau, de tirer sur les ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves et &#233;meutes ouvri&#232;res qui ont lieu alors en Italie font &#233;crire au militant r&#233;volutionnaire Barta, dans un rapport d&#233;but ao&#251;t 1943 : &#171; Les &#233;v&#233;nements qui ont lieu en Italie ne sont pas la r&#233;volution prol&#233;tarienne, mais c'est le d&#233;but de la r&#233;volution. (...) L'Europe n'est qu'un d&#233;p&#244;t de poudre o&#249; il suffit d'une &#233;tincelle r&#233;volutionnaire sur n'importe quel point du continent pour que la r&#233;volution s'&#233;tende aux endroits les plus favorables &#224; cette lutte &#187;. &#171; Nous entrons dans une p&#233;riode au cours de laquelle la bourgeoisie tentera par tous les moyens bombardements, paniques, ch&#244;mage, famine, de disperser &#224; nouveau la classe ouvri&#232;re et de la d&#233;moraliser compl&#232;tement afin de pouvoir liquider la guerre sans danger r&#233;volutionnaire. &#187; C'est en effet le moment o&#249; la population risque de faire la r&#233;volution pour renverser le fascisme que les anglo-am&#233;ricains choisissent non pour attaquer militairement le r&#233;gime mais pour bombarder massivement et m&#233;thodiquement la population civile, inaugurant l&#224; une m&#233;thode qui va &#234;tre g&#233;n&#233;ralis&#233;e ensuite &#224; tous les pays vaincus (France, Allemagne, Japon), comme l'avait si bien devin&#233; Barta &#224; l'&#233;poque dans le num&#233;ro de Lutte de classes d'octobre 1943 intitul&#233; &#171; les ouvriers italiens nous montrent la voie &#187;. Dans de nombreuses villes, avaient eu lieu des insurrections ouvri&#232;res qui ne disposent d'aucune coordination politique ou militaire entre elles. Et surtout, elles n'ont aucun &#233;clairage sur la signification de la guerre du c&#244;t&#233; &#171; alli&#233; &#187;. Paul-Jean Fransceschini &#233;crit dans Le Monde : &#171; Durant tout le mois d'ao&#251;t, pour &#171; assouplir &#187; l'Italie, ses villes, grandes et petites, ont &#233;t&#233; furieusement bombard&#233;es. La population n'en peut plus. &#187; Les troupes alli&#233;es, en d&#233;pit des mensonges des partis de gauche, ne sont nullement un alli&#233; pour le prol&#233;tariat italien. A peine, les travailleurs s'emparent de Naples que les troupes alli&#233;es anglo-am&#233;ricaines l'occupent pour &#233;viter tout vide du pouvoir. La guerre des alli&#233;s laisse les troupes allemandes r&#233;tablir l'ordre social au nord pendant que les troupes alli&#233;es le r&#233;tablissent au sud de l'Italie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les forces de l'&#233;chiquier politique et militaire sont coalis&#233;es pour &#233;viter des troubles dans la classe ouvri&#232;re. Il y a un partage des t&#226;ches : les nazis r&#233;priment au nord, les alli&#233;s bombardent massivement la population et les partis de gauche d&#233;tournent la lutte de ses objectifs. Chacune tient sa partie et joue son r&#244;le pour endiguer la mont&#233;e ouvri&#232;re. Quand Mussolini d&#233;missionne, c'est en plein accord avec les alli&#233;s qu'il est remplac&#233; par Badoglio, fasciste de longue date. Les &#171; d&#233;mocrates italiens &#187; &#224; commencer par le parti communiste italien marchent dans la combine, non seulement de faire croire que les anglo-am&#233;ricains sont des lib&#233;rateurs, mais m&#234;me de tout faire pour &#233;viter l'explosion quitte &#224; faire passer Badoglio pour un d&#233;mocrate. Socialistes et communistes composent avec Badoglio et avec la royaut&#233;, alors que le r&#233;gime s'av&#232;re encore plus r&#233;actionnaire que celui de Mussolini. Jacques Noblecourt &#233;crit dans le Monde du 24 juillet 1983 : &#171; L'ordre social dont le fascisme &#233;tait un habit reste en place. Le cabinet de &#171; techniciens &#187; de Badoglio se compose &#224; peu pr&#232;s que d'anciens dignitaires du r&#233;gime. Les hauts fonctionnaires ne bougent pas. Le souverain proclame d'ailleurs : &#171; Acune d&#233;viation ne doit &#234;tre tol&#233;r&#233;e, aucune r&#233;crimination ne peut &#234;tre permise. &#187; Et, en quanarnte-cinq jours, l' &#171; ordre &#187;, incarn&#233; et maintenu par Badoglio, fait plus de cent morts antifascistes, bien plus proprtionnellement que n'en a fait le fascisme en vingt ans. &#187; Le 8 juin, le Comit&#233; de lib&#233;ration nationale, sous l'&#233;gide de Badoglio et du roi puis de son fils, constitue un gouvernement dont le chef est le conservateur Ivanoe Bonomi et comprend Croce, Gasperi, Saragat et Togliatti. Il accepte de ne pas proclamer la r&#233;publique. De retour en Italie le 27 mars, le dirigeant stalinien Palmiro Togliatti, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du parti communiste italien, aux ordres de Staline, affirmait son soutien total &#224; la monarchie et au cabinet Badoglio, contre les illusions de ses partisans du Nord. Les dirigeants du soi-disant antifascisme li&#233;s au Parti communiste acceptent ce nouveau pouvoir pour &#233;viter tout heurt. En fait, la manoeuvre op&#233;r&#233;e par le roi et le mar&#233;chal Badoglio se solde par un &#233;chec. Elle ne r&#233;ussit pas &#224; stopper l'extension des mouvements populaires. La r&#233;pression qui se solde par 93 morts, 536 bless&#233;s et 35 000 arrestations en un mois et demi, ne fait qu'acc&#233;l&#233;rer la chute du r&#233;gime. Le 8 septembre, Badoglio en annon&#231;ant qu'il demande l'armistice aux anglo-am&#233;ricains reconna&#238;t sa propre fin, les troupes allemandes prenant le contr&#244;le et Badoglio s'enfuyant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les g&#233;n&#233;raux italiens se rendent aux troupes allemandes mais la population n'accepte pas de laisser faire. Dans tout le nord de l'Italie et jusqu'&#224; Rome et Naples, des &#233;l&#233;ments isol&#233;s de l'arm&#233;e et une partie de la population tentent, sans ordre, sans coordination et souvent presque sans arme, s'insurgent contre l'occupation allemande. Dans plusieurs villes, on assiste &#224; de v&#233;ritables tentatives d'insurrection, qui r&#233;sistent souvent plusieurs jours aux contre-attaques allemandes. Au Nord, les allemands ram&#232;nent au pouvoir Mussolini. Mais la population, et notamment la classe ouvri&#232;re, ne se tient pas pour battue. En novembre 1943, dans Turin occup&#233;e par les troupes allemandes, 40 000 ouvriers se mettent en gr&#232;ve, &#224; l'initiative encore une fois des ouvriers de Fiat. En d&#233;cembre le mouvement gagne Milan, o&#249; toutes les usines s'arr&#234;tent durant trois jours, puis G&#234;nes et la Ligurie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars 1944, une nouvelle vague de gr&#232;ves &#233;clate qui s'&#233;tend &#224; toute l'Italie du Nord jusqu'&#224; la Toscane. On compte jusqu'&#224; 1 200 000 gr&#233;vistes. Dans cette Italie du Nord, o&#249; en plus de mouvements mena&#231;ants de la classe ouvri&#232;re on compte 200 000 partisans dans les montagnes, les alli&#233;s anglo-am&#233;ricains qui occupent le sud voient une r&#233;volution mena&#231;ante. Ils ont r&#233;cup&#233;r&#233; le roi et Badoglio et c'est le parti communiste italien, avec &#224; sa t&#234;te Togliatti &#224; peine revenu d'URSS en mars 1944, qui va se charger de faire accepter l'autorit&#233; du roi et un gouvernement dont le fasciste Badoglio est pr&#233;sident et Togliatti vice-pr&#233;sident ! Socialistes et d&#233;mocrates bourgeois reconnaissent ce gouvernement fascisto-stalinien ! C'est seulement &#224; la condition que la r&#233;sistance s'engage &#224; remettre tout le pouvoir au commandement militaire alli&#233; que ceux-ci vont laisser la r&#233;sistance arr&#234;ter et fusiller Mussolini le 25 avril 1945. C'est une insurrection de toute l'Italie du nord qui r&#233;alise &#224; battre le fascisme en Italie, et pas les troupes alli&#233;es. Mais c'est seulement six mois plus tard, fin 1945, une fois bien s&#251;rs que tout risque r&#233;volutionnaire &#233;tait &#233;teint par la politique du PCI que les Alli&#233;s remettent le pouvoir aux autorit&#233;s italiennes, dont bon nombre n'&#233;taient autres que ceux de l'appareil de Mussolini ! Les forces militaires alli&#233;es ne quitteront le pays qu'en 1947. Tant l'alerte du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire avait &#233;t&#233; chaude pour la bourgeoisie !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Les groupes &#171; trotskistes &#187; en France en 1943-1947</title>
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		<dc:date>2026-02-12T23:20:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>IV&#176; Internationale</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>
		<dc:subject>Parti r&#233;volutionnaire - Revolutionnary party</dc:subject>
		<dc:subject>Trotskisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les groupes &#171; trotskistes &#187; en France en 1943-1947 &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qu'en dit Wikipedia &lt;br class='autobr' /&gt;
https://fr.wikipedia.org/wiki/Trotskistes_fran%C3%A7ais_durant_la_Seconde_Guerre_mondiale &lt;br class='autobr' /&gt;
Le POI &lt;br class='autobr' /&gt;
https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_ouvrier_internationaliste &lt;br class='autobr' /&gt;
Le PCI &lt;br class='autobr' /&gt;
https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_communiste_internationaliste &lt;br class='autobr' /&gt;
Le groupe UCI de Barta &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article576 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7541 &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qu'en dit le pseudo-trotskiste Mandel (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique113" rel="directory"&gt;12 - QUOI DE NEUF DANS LES ORGANISATIONS REVOLUTIONNAIRES - WHAT'S NEW UPON REVOLUTIONNARY ORGANISATIONS&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot105" rel="tag"&gt;IV&#176; Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot173" rel="tag"&gt;Parti r&#233;volutionnaire - Revolutionnary party&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot283" rel="tag"&gt;Trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les groupes &#171; trotskistes &#187; en France en 1943-1947&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'en dit Wikipedia&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Trotskistes_fran%C3%A7ais_durant_la_Seconde_Guerre_mondiale&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Trotskistes_fran%C3%A7ais_durant_la_Seconde_Guerre_mondiale&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le POI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_ouvrier_internationaliste&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_ouvrier_internationaliste&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PCI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_communiste_internationaliste&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_communiste_internationaliste&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe UCI de Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article576&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article576&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7541&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7541&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'en dit le pseudo-trotskiste Mandel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/mandel/works/1976/00/em19760000.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/mandel/works/1976/00/em19760000.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'en dit Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5814&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5814&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des t&#233;moignages&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.canal-u.tv/chaines/chs-umr-8058/jean-rene-chauvin-recit-d-une-vie-engagee-dans-le-xxe-siecle/1945-1948-au&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.canal-u.tv/chaines/chs-umr-8058/jean-rene-chauvin-recit-d-une-vie-engagee-dans-le-xxe-siecle/1945-1948-au&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://chsprod.hypotheses.org/jean-rene-chauvin-parcours-dun-militant/de-1954-a-1965&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://chsprod.hypotheses.org/jean-rene-chauvin-parcours-dun-militant/de-1954-a-1965&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les groupements de la IV&#232;me Internationale en 1943&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/07/barta_rapp43.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/07/barta_rapp43.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La V&#233;rit&#233;, 1943&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cermtri.com/index.php/annee-1943&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cermtri.com/index.php/annee-1943&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La V&#233;rit&#233;, 1944&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cermtri.com/index.php/annee-1944&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cermtri.com/index.php/annee-1944&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POI-CCI, janvier 1944&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/01/barta_sfqi2.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/01/barta_sfqi2.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POI, f&#233;vrier 1944&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/02/cahiers_19440215.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/02/cahiers_19440215.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La V&#233;rit&#233;, 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cermtri.com/index.php/annee-1945&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cermtri.com/index.php/annee-1945&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PCI, juillet 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/07/barta_19450702.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/07/barta_19450702.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/07/barta_160745.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/07/barta_160745.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PCI, novembre 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/11/ldc54_111445.htm#gouvernement&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/11/ldc54_111445.htm#gouvernement&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PCI, d&#233;cembre 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/12/ldc55_120145.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/12/ldc55_120145.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La V&#233;rit&#233;, 1946&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cermtri.com/index.php/annee-1946-0&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cermtri.com/index.php/annee-1946-0&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cermtri.com/index.php/annee-1946-suite&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cermtri.com/index.php/annee-1946-suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PCI, janvier 1946&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/01/barta_280146.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/01/barta_280146.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/01/barta_230146.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/01/barta_230146.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PCI, f&#233;vrier 1946&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/02/note_022846.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/02/note_022846.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/02/note_022546.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/02/note_022546.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PCI, juillet 1946&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/07/ldc64_070146.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/07/ldc64_070146.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PCI, octobre 1946&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/10/ldc73_103146.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/10/ldc73_103146.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PCI, novembre 1946&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais//barta/1946/11/ldc74_110846.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais//barta/1946/11/ldc74_110846.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Natalia Trotsky en 1947&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/postwar/1947/06/nt_19470627.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/postwar/1947/06/nt_19470627.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/postwar/1947/06/nt_19470600.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/postwar/1947/06/nt_19470600.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La V&#233;rit&#233;, 1947&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cermtri.com/la-verite/annee-1947&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cermtri.com/la-verite/annee-1947&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Propos du r&#233;volutionnaire Barta</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article8777</link>
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		<dc:date>2026-01-20T23:37:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Barta</dc:subject>
		<dc:subject>1940</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Propos du r&#233;volutionnaire Barta &lt;br class='autobr' /&gt; Lire sur Barta : &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?page=recherche&amp;recherche=barta &lt;br class='autobr' /&gt;
Barta en 1935 : &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.marxists.org/francais/barta/1935/12/barta_roumanie.htm &lt;br class='autobr' /&gt;
Barta en 1936 : &lt;br class='autobr' /&gt;
LETTRE DE BARTA A TROTSKY &lt;br class='autobr' /&gt;
Bucarest, le 22 Mai 1936 Cher camarade L.D., Notre activit&#233;, malgr&#233; les forces extr&#234;mement faibles dont nous disposons &#224; la formation du groupe B.L. en Roumanie, nous a permis d'arriver &#224; deux r&#233;sultats essentiels : &lt;br class='autobr' /&gt;
Sur cette (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique83" rel="directory"&gt;6- L'organisation du prol&#233;tariat&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot91" rel="tag"&gt;Barta&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot104" rel="tag"&gt;1940&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Propos du r&#233;volutionnaire Barta&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lire sur Barta :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?page=recherche&amp;recherche=barta&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?page=recherche&amp;recherche=barta&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Barta en 1935 :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1935/12/barta_roumanie.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1935/12/barta_roumanie.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Barta en 1936 :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;LETTRE DE BARTA A TROTSKY&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bucarest, le 22 Mai 1936&lt;br class='autobr' /&gt;
Cher camarade L.D.,&lt;br class='autobr' /&gt;
Notre activit&#233;, malgr&#233; les forces extr&#234;mement faibles dont nous disposons &#224; la formation du groupe B.L. en Roumanie, nous a permis d'arriver &#224; deux r&#233;sultats essentiels :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur cette activit&#233; vous avez &#233;t&#233; certainement inform&#233; par le S.I. [1] : travail d'&#233;ducation politique des militants, publication de brochures et ces temps derniers discussions publiques, collage de papillons, etc&#8230; Nous avons certainement commis des fautes, mais elles &#233;taient in&#233;vitables et nous croyons avoir maintenant la clart&#233; n&#233;cessaire pour mener &#224; bien notre lutte. La meilleure preuve de notre maturit&#233; (toute relative, cela va sans dire) c'est qu'on nous craint, qu'on &#233;vite les discussions publiques avec nous (unitaires, stalinistes ou socialistes font le front unique inavou&#233; sur cette question).&lt;br class='autobr' /&gt;
Voici maintenant en quelques mots notre situation par rapport aux autres organisations :&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le P.C. il y a pas mal d'&#233;l&#233;ments r&#233;volutionnaires honn&#234;tes mais &#224; cause des zigzags et de l'inculture totale ils ne sont pas capables de penser. L'ill&#233;galit&#233; est aussi un frein puissant qui emp&#234;che le contact avec eux. A l'heure actuelle notre activit&#233; dans ce parti reste nulle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le P.S. est constitu&#233; d'&#233;l&#233;ments r&#233;actionnaires qui ont plut&#244;t un r&#244;le de policiers que de militants r&#233;formistes. L'influence de ce parti parmi les ouvriers est tr&#232;s r&#233;duite. La seule activit&#233; possible dans le P.S. serait l'activit&#233; ill&#233;gale. Cette activit&#233; nous ne pouvons pas la mener pour le moment, pour plusieurs raisons (nous ne pouvons pas les indiquer ici).&lt;br class='autobr' /&gt;
Le parti unitaire [2] agonise. Inexistant sur tous les terrains, il subsiste encore seulement par l'ambition de deux ou trois intellectuels qui veulent &#234;tre des &#034;chefs&#034; et avoir &#034;leur&#034; parti. Tout ce que l'on pouvait faire dans le parti unitaire (&#224; Bucarest), nous l'avons fait dans les autres localit&#233;s, nous examinerons les possibilit&#233;s. La seule chose qu'on peut encore utiliser c'est leur tribune, d'o&#249; nous les critiquons et faisons des appels pour la 4&#232;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les syndicats nous avons deux &#233;l&#233;ments et nous essaierons de mener une action, qui demande beaucoup d'exp&#233;rience et de prudence.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pourquoi notre effort principal doit &#234;tre dirig&#233; vers les couches fra&#238;ches &#8211; apolitiques &#8211; et commencer le travail d'&#233;ducation par l'ABC &#8211; travail tr&#232;s long et qui demande beaucoup de patience &#8211;.&lt;br class='autobr' /&gt;
En r&#233;sum&#233; : notre t&#226;che principale consiste dans l'&#233;ducation d'&#233;l&#233;ments presque vierges politiquement (cela n'exclut &#233;videmment une activit&#233; pratique assez longue et d&#233;vou&#233;e de leur part, pratique men&#233;e par leurs propres moyens, sans plan et sans coordination). Pour cela nous devons enrichir constamment notre capital politique et imprimer des brochures. Nous en avons d&#233;j&#224; imprim&#233;es. Mais, sauf une (&#034;Front populaire ou front unique prol&#233;taire ?&#034;), toutes &#233;taient sur un plan g&#233;n&#233;ral, valable pour tous les pays. Nous voudrions beaucoup imprimer une brochure sur la Roumanie (une analyse g&#233;n&#233;rale de la situation et des t&#226;ches de l'avant-garde), mais le manque complet de traditions th&#233;oriques ne nous permet pas de le faire par nos propres forces (il s'agit d'&#233;crire une analyse simple pour &#234;tre comprise par les travailleurs &#8211; ce qui demande maturit&#233; compl&#232;te de la pens&#233;e &#8211; et juste).&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme vous voyez, cette lettre n'est pas seulement pour vous informer (si pauvrement d'ailleurs). Elle a plut&#244;t un but &#034;&#233;go&#239;ste&#034;. Nous voudrions &#233;tablir avec vous une liaison (nous l'avons essay&#233; dans le pass&#233;, mais malheureusement votre sant&#233; ne le permettait pas) pour discuter notre travail futur et surtout pour que vous contribuiez directement &#224; ce travail par &#233;crit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si votre temps vous permet de le faire nous vous prions d'envoyer votre r&#233;ponse &#224; Adolphe qui nous l'enverra. Nous attendons vos questions sur la situation d'ici, renseignements qui vous permettront de conna&#238;tre exactement la situation et en tirer les d&#233;ductions n&#233;cessaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Recevez, cher camarade, nos salutations r&#233;volutionnaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
pour le C.C. Barta.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
[1] Secr&#233;tariat International de la IV&#232;me Internationale &lt;br class='autobr' /&gt;
[2] P.S.U. (Partidul socialist unitar) produit de la fusion en ao&#251;t 1933 du P.S.I. (Partidul socialist independent) Parti Socialiste Independant de Roumanie issu d'une scission (septembre 1931) du Parti Socialiste roumain, et du groupe, lui aussi issu de la social-d&#233;mocratie, de Constantin Popovici.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Barta en 1944 :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;PAR OU COMMENCER ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel est l'ouvrier de France qui ne se souvient avec fiert&#233; de la pouss&#233;e r&#233;volutionnaire de juin 1936 ? Quel est celui qui ne se rappelle pas avoir pris part aux meetings, aux manifestations, aux d&#233;fil&#233;s, aux gr&#232;ves ? En ce temps-l&#224; la classe ouvri&#232;re, inqui&#233;t&#233;e par les attaques fascistes et par la menace croissante de la guerre, mettait en &#339;uvre toute son &#233;nergie. Les meilleurs militants, syndicalistes, socialistes, communistes, se prodiguaient constamment, apr&#232;s le travail et le dimanche, dans les r&#233;unions et les meetings de gr&#233;vistes. La vague r&#233;volutionnaire avait soulev&#233; les couches les plus profondes du peuple opprim&#233;, les ouvriers entra&#238;nant les employ&#233;s, la ville entra&#238;nant la campagne. Les partis et les syndicats virent affluer dans leurs rangs de nouveaux membres et de nouveaux sympathisants. Effray&#233; par les occupations d'usine, sentant le revolver sur la tempe, le patronat dut c&#233;der ; une nouvelle vie sembla devoir commencer : ce furent la semaine de 40 heures, les cong&#233;s pay&#233;s, les contrats collectifs, le rel&#232;vement des salaires. A l'usine, l'ouvrier releva la t&#234;te ; au dehors, jouissant de plus de loisirs, il commen&#231;a &#224; vivre plus dignement. L'organisation de classe avait d&#233;termin&#233; la victoire, &#224; son tour, la victoire, par la diminution des heures de travail, permettait &#224; l'ouvrier de consacrer du temps &#224; la lutte organis&#233;e. A toute une vie de d&#233;boires et d'incertitudes l'ouvrier trouvait une issue dans l'action de classe qui, &#224; son tour, d&#233;terminait une am&#233;lioration de ses conditions de vie. L'existence des syndicats, des partis, d'universit&#233;s populaires, de meetings, d'une presse ouvri&#232;re, de brochures, de livres, augmentait la conscience de la classe ouvri&#232;re, ainsi que sa confiance en soi et sa force offensive.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, apr&#232;s les d&#233;faites subies, la situation &#233;conomique des travailleurs est devenue terrible : la journ&#233;e de dix heures, les salaires de famine, le manque complet de vivres, la d&#233;portation en Allemagne, le chantage au d&#233;part pour ceux qui restent, le travail forc&#233;, l'aggravation des conditions de travail (travail aux pi&#232;ces, etc...). La vie politique est presque nulle : et en absence d'une activit&#233; politique propre, les ouvriers manquent de perspectives claires et en sont r&#233;duits &#224; esp&#233;rer une am&#233;lioration de leur situation d'un d&#233;barquement et d'une victoire alli&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le patronat est arriv&#233; &#224; ses fins : il a devant lui un prol&#233;tariat d&#233;sorganis&#233;, d&#233;sorient&#233; et passif ; depuis longtemps les choses n'allaient plus si bien pour lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la classe ouvri&#232;re ne peut tol&#233;rer qu'une telle situation se prolonge ind&#233;finiment : sa passivit&#233; dans des &#233;v&#233;nements qui mettent en jeu le sort du monde, entra&#238;nerait son asservissement pour toute une g&#233;n&#233;ration. Les ouvriers savent que la bourgeoisie n'a jamais rien c&#233;d&#233; sans une action d&#233;cid&#233;e de leur part ; et la puissance de cette action d&#233;pend de leur organisation. La p&#233;riode de la meilleure situation &#233;conomique du prol&#233;tariat fut celle de sa plus grande activit&#233; politique organis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, la situation est difficile : la longueur de la journ&#233;e de travail, la n&#233;cessit&#233; de se ravitailler &#224; la campagne, la police, les mouchards, sont autant d'obstacles sur la voie de l'organisation. Mais c'est justement pour cela qu'il faut renverser la vapeur. L'am&#233;lioration de notre situation ne peut pas venir d'&#233;v&#233;nements militaires qui sous la conduite de la bourgeoisie ont pour but l'&#233;crasement des peuples. Tout au contraire, l'attente passive de la classe ouvri&#232;re est un facteur important qui permet aux imp&#233;rialistes de continuer la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une am&#233;lioration de la situation ne peut provenir que d'un changement dans le rapport de forces entre la classe ouvri&#232;re et la bourgeoisie, c'est-&#224;-dire d'une action de classe d&#233;cid&#233;e, qui suppose auparavant une organisation et une volont&#233; offensive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux ouvriers avanc&#233;s incombe aujourd'hui le devoir de donner l'exemple en faisant le premier pas dans cette voie. Le d&#233;brouillage au jour le jour n'a jamais rien r&#233;solu de grand ; la situation actuelle met en jeu l'avenir m&#234;me du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour permettre &#224; la classe ouvri&#232;re de se regrouper, prendre conscience de sa force et de ses t&#226;ches, il faut commencer le travail sur le terrain de l'usine. Les ouvriers les plus s&#251;rs doivent se r&#233;unir r&#233;guli&#232;rement chez l'un d'entre eux pour envisager en commun les probl&#232;mes de l'usine, pour lire et commenter la litt&#233;rature et les journaux ouvriers clandestins et, dans la mesure du possible, s&#233;lectionner parmi les jeunes les meilleurs &#233;l&#233;ments capables de s'instruire et de trouver dans l'&#233;tude du mouvement ouvrier la volont&#233; et la m&#233;thode qui m&#232;neront &#224; la victoire dans les combats &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers feront ainsi leur propre &#233;ducation d&#233;mocratique, exerceront leur esprit critique et choisiront les meilleurs d'entre eux pour coordonner leur action et multiplier les liaisons sur une &#233;chelle de plus en plus large.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe ouvri&#232;re a pour elle le nombre, la place indispensable qu'elle occupe dans la production et l'incapacit&#233; de la bourgeoisie de faire vivre plus longtemps la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conqu&#234;te du pouvoir politique ne peut pas et ne doit pas se faire par d'autres au nom du prol&#233;tariat ; elle ne peut pas &#234;tre la cons&#233;quence d'un coup de main. &#034;La dictature du prol&#233;tariat qui aura pour t&#226;che la socialisation des moyens de production, ne peut &#234;tre le fait d'une masse men&#233;e par quelques-uns, elle doit &#234;tre et elle sera l'&#339;uvre des prol&#233;taires eux-m&#234;mes, devenus, d&#233;j&#224; en soi et par une longue pratique, une organisation politique.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/02/ldc25_022344.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/02/ldc25_022344.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Barta en 1940 :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;LA LUTTE CONTRE LA DEUXI7ME GUERRE IMPERIALISTE MONDIALE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1940/11/barta_lutte2g.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1940/11/barta_lutte2g.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE LIVRE JAUNE SUR LES ORIGINES DE LA GUERRE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1940/01/ouvrierns_19400115.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1940/01/ouvrierns_19400115.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Barta en 1945 :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;PEUT-ON ALLER DE L'AVANT SI L'ON A PEUR D'ALLER VERS LE SOCIALISME&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/03/ldc45_032045.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/03/ldc45_032045.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Barta en 1946 ;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;LEURS ALLIES ET LES NOTRES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/09/ldc67_091846.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/09/ldc67_091846.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Barta en 1947 :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;LA GREVE DES USINES RENAULT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/05/greve_renault.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/05/greve_renault.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;QUI L'EMPORTERA ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/05/ldc90_051647.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/05/ldc90_051647.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Barta en 1948 :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;RAPPORT SUR LA SITUATION INTERNATIONALE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/10/barta_rapport.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/10/barta_rapport.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Barta en 1949 :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;DEMASQUER LES DIRIGEANTS REFORMISTES PAR UNE POLITIQUE DE FRONT UNIQUE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1949/01/note_010849.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1949/01/note_010849.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

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<item xml:lang="fr">
		<title>La guerre civile en Gr&#232;ce en 1944</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article8836</link>
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		<dc:date>2025-12-25T23:50:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La guerre civile en Gr&#232;ce en 1944 &lt;br class='autobr' /&gt;
VIVENT LES TRAVAILLEURS GRECS DEFENSEURS DE LA CAUSE PROLETARIENNE ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s les fusillades de Belgique, le sang coule &#224; flots &#224; Ath&#232;nes. Qui donc verse ainsi le sang des travailleurs grecs ? Serait-ce les troupes allemandes en retraite, ou la &#034;toute-puissante&#034; 5&#232;me colonne ? Non ! Voil&#224; deux mois que la Gr&#232;ce a &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;e, et pour autant qu'il a &#233;t&#233; fait allusion &#224; la 5&#232;me colonne dans les &#233;v&#233;nements de Gr&#232;ce, c'est seulement pour accuser les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique42" rel="directory"&gt;02- La deuxi&#232;me guerre mondiale et l'alliance imp&#233;rialisme/stalinisme contre le prol&#233;tariat&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot24" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La guerre civile en Gr&#232;ce en 1944&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;VIVENT LES TRAVAILLEURS GRECS DEFENSEURS DE LA CAUSE PROLETARIENNE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les fusillades de Belgique, le sang coule &#224; flots &#224; Ath&#232;nes. Qui donc verse ainsi le sang des travailleurs grecs ? Serait-ce les troupes allemandes en retraite, ou la &#034;toute-puissante&#034; 5&#232;me colonne ? Non ! Voil&#224; deux mois que la Gr&#232;ce a &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;e, et pour autant qu'il a &#233;t&#233; fait allusion &#224; la 5&#232;me colonne dans les &#233;v&#233;nements de Gr&#232;ce, c'est seulement pour accuser les travailleurs grecs d'agir pr&#233;cis&#233;ment sous son commandement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les troupes du g&#233;n&#233;ral anglais Scobie et les troupes s&#233;lectionn&#233;es du gouvernement &#034;d&#233;mocratique&#034; Papandr&#233;ou qui mitraillent, bombardent, ex&#233;cutent les travailleurs hell&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant ces faits d'une brutalit&#233; sans fard, les chefs ouvriers (les bureaucrates qui font carri&#232;re au nom des ouvriers) nous disent &#224; peu pr&#232;s ceci : &#034;Nos amis&#034; (Huma du 7/12) les Anglais et le gouvernement &#233;migr&#233; de Papandr&#233;ou les mitraillent et ne veulent pas s'appuyer sur le peuple ; cependant l'action de l'ELAS et de l'EAM n'a pas d'autre but que de former un gouvernement &#034;d&#233;mocratique&#034; (c'est-&#224;-dire en union avec le m&#234;me Papandr&#233;ou et pro-alli&#233;) !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attitude odieuse de ces pr&#233;tendus &#034;chefs&#034; sera accueillie avec m&#233;pris par les travailleurs qui ont appris quelque chose de l'exp&#233;rience d'avant-guerre et notamment de la d&#233;faite de l'Espagne rouge, vendue par les &#034;d&#233;mocrates&#034; du camp r&#233;publicain et assassin&#233;e avec la complicit&#233; de Paris et de Londres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que les &#233;v&#233;nements d'Espagne d&#233;cidaient de notre propre sort en France, les &#233;v&#233;nements de Belgique et de Gr&#232;ce nous donnent l'avertissement : &#034;c'est de toi qu'il s'agit dans cette histoire&#034;. Car tandis que Churchill, ce pionnier de l'anti-communisme d&#232;s 1919, d&#233;clare cyniquement aux Communes : &#034;Je persisterai&#034; (dans l'&#233;crasement des travailleurs grecs), les chefs social-patriotes staliniens et &#034;socialistes&#034; nous disent : ce qui se passe en Belgique et en Gr&#232;ce doit &#234;tre &#233;vit&#233; en France. Notre union nous sauvera. En France plus que jamais union !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la crise politique profonde qui ronge les pays d'Europe &#233;puis&#233;s par cinq ann&#233;es de guerre et qui a men&#233; aux &#233;v&#233;nements de Gr&#232;ce et de Belgique, a pr&#233;cis&#233;ment sa base dans cette &#034;union&#034; pr&#234;ch&#233;e par les chefs social-patriotes : union avec les Daladier de la &#034;d&#233;mocratie&#034;, union avec le camp imp&#233;rialiste alli&#233;. C'est cette union des chefs ouvriers avec De Gaulle et l'int&#233;gration de la France dans le camp imp&#233;rialiste alli&#233; qui nous pr&#233;pare pr&#233;cis&#233;ment en France des &#233;v&#233;nements semblables &#224; ceux de Gr&#232;ce et de Belgique.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi, ayant &#224; peine succ&#233;d&#233; &#224; l'Etat-major allemand et aux gouvernements &#034;collaborateurs&#034; belge et grec, les alli&#233;s et les gouvernements &#034;d&#233;mocratiques&#034; se sont-ils mis &#224; tirer sur le peuple ? L'Humanit&#233; du 28/11 affecte une grande surprise : &#034;c'est l&#224; une chose vraiment incroyable...&#034; Ces &#034;grands camarades&#034; et &#034;guides g&#233;niaux&#034; sont-ils donc plus na&#239;fs qu'un journaliste de province ? Bien entendu ils ne sont pas aussi b&#234;tes. S'ils affectent la surprise, c'est uniquement pour faire oublier que ce sont eux qui ont pr&#234;ch&#233; aux peuples la cause alli&#233;e et celle des gouvernements &#034;d&#233;mocratiques&#034; r&#233;fugi&#233;s &#224; Londres ou au Caire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous, qui ne sommes pas de &#034;grands camarades&#034;, nous avons clairement averti les travailleurs dans &#034;Les Le&#231;ons d'Italie&#034;, le 10 octobre 1943 : &#034;Ce qui se passe dans le Sud de l'Europe depuis le 25 juillet, c'est l'image des &#233;v&#233;nements qui demain d&#233;ferleront sur tout le continent... Il doit &#234;tre maintenant clair pour tous les ouvriers que la lutte des masses, &#224; la premi&#232;re occasion favorable, pour la conqu&#234;te de la paix, du pain et de la libert&#233;, se heurtera non seulement &#224; la r&#233;sistance de l'imp&#233;rialisme allemand, mais &#233;galement &#224; l'imp&#233;rialisme alli&#233; et &#224; la bourgeoisie des diff&#233;rents pays en d&#233;pendant&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre la d&#233;mocratie r&#233;elle, c'est-&#224;-dire les travailleurs en armes (L&#233;nine disait : une classe exploit&#233;e sans armes m&#233;rite d'&#234;tre trait&#233;e en esclave) et la domination de la bourgeoisie, de quelque &#233;tiquette qu'elle se couvre, il n'y a pas de cohabitation possible. Churchill est certainement un &#034;d&#233;mocrate&#034;, bien plus il est un des chefs de la &#034;d&#233;mocratie en lutte contre le fascisme&#034;. Cependant sur la v&#233;ritable d&#233;mocratie, c'est-&#224;-dire les travailleurs arm&#233;s pour la d&#233;fense de leurs droits, il s'exprime ainsi : &#034;la derni&#232;re chose au monde qui ait le droit de repr&#233;senter la d&#233;mocratie, c'est une foule d&#233;sordonn&#233;e, ce sont des bandes arm&#233;es d'engins meurtriers, qui pr&#233;tendent faire la loi...&#034; Papandr&#233;ou lui est non seulement un &#034;d&#233;mocrate&#034;, mais aussi un &#034;socialiste&#034;. Cependant, devant les &#034;foules arm&#233;es&#034;, &#034;d&#233;mocrates&#034; et &#034;socialistes&#034; agissent de la m&#234;me fa&#231;on que les SS. La &#034;d&#233;mocratie&#034; de Churchill et le &#034;socialisme&#034; de Papandr&#233;ou ne sont que des phrases creuses qui ne peuvent pas nourrir le ventre affam&#233; des exploit&#233;s ; c'est pourquoi la possession des armes devient une question de vie et de mort pour ces derniers. C'est pourquoi aussi devant les travailleurs &#034;ne voulant plus &#234;tre trait&#233;s en esclaves&#034;, c'est-&#224;-dire en armes, TOUT &#034;DEMOCRATE&#034; SE SENT UN MUSSOLINI OU UN HITLER. Les gouvernements soi-disant d&#233;mocratiques au service de la bourgeoisie ne reculent devant rien pour briser l'&#233;lan des ouvriers, pour leur enlever les armes seule garantie de leurs droits, pour les soumettre &#224; la discipline aveugle de l'exploitation capitaliste et &#224; la discipline meurtri&#232;re de la guerre imp&#233;rialiste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce sont ces v&#233;rit&#233;s fondamentales que les chefs staliniens s'&#233;vertuent &#224; cacher, car elles d&#233;masquent leur politique de trahison &#224; l'&#233;gard des exploit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, qu'ont fait les alli&#233;s &#034;d&#233;mocratiques&#034; des staliniens, en Belgique et en Gr&#232;ce ? En Belgique, Pierlot dont les staliniens se sont fait les garants devant les masses en participant &#224; son premier Minist&#232;re, a men&#233; l'attaque appuy&#233; sur la &#034;d&#233;mocratie&#034; et au nom de la &#034;d&#233;mocratie&#034;. Les sommets d&#233;mocratiques de ce qu'on appelle la R&#233;sistance ont soutenu Pierlot et son action anti-d&#233;mocratique. La R&#233;sistance a ainsi prouv&#233; sa nature contradictoire : en bas, les masses luttant contre l'exploitation, en haut les partisans de l'imp&#233;rialisme alli&#233; faisant d&#233;vier la lutte anti-imp&#233;rialiste des masses en une lutte imp&#233;rialiste pro-alli&#233;e. Le regroupement politique de la &#034;d&#233;mocratie&#034; officielle contre les masses travailleuses s'est fait avec le m&#234;me ensemble que celui de la &#034;d&#233;mocratie&#034; du Front Populaire, de Daladier &#224; Blum, se tournant contre la classe ouvri&#232;re (1939-1940) sous pr&#233;texte de lutter contre le PC. En Gr&#232;ce m&#234;me regroupement des forces : tandis que toute la politique des staliniens consiste &#224; vouloir contraindre Papandr&#233;ou &#224; maintenir &#034;l'unit&#233; d&#233;mocratique&#034;, TOUTE LA &#034;DEMOCRATIE&#034; OFFICIELLE EST DU COTE DE LA REPRESSION, du c&#244;t&#233; gouvernemental, qui utilise les bandes fascistes arm&#233;es sous l'occupation allemande, et le g&#233;n&#233;ral Zervas, g&#233;n&#233;ral de la R&#233;sistance, commande ses troupes contre les ELAS.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Les staliniens ont pr&#234;ch&#233; aux ouvriers la renonciation &#224; leurs revendications qui provoquent &#8211; r&#233;p&#232;tent-ils apr&#232;s les capitalistes &#8211; le fascisme, pour sauver au moins la d&#233;mocratie. Les travailleurs ont attendu patiemment les &#034;lib&#233;rateurs&#034; pour lesquels ils ont vers&#233; leur sang, ils ont renonc&#233; &#224; lutter pour leur propre cause, pour se contenter de la d&#233;mocratie, c'est-&#224;-dire d'un minimum de bien-&#234;tre et de libert&#233;. Quelle a &#233;t&#233; l'&#339;uvre des &#034;lib&#233;rateurs&#034; alli&#233;s et des &#034;d&#233;mocrates&#034; au pouvoir ? Comme le disait le chef stalinien Marty lui-m&#234;me, dans les territoires &#034;lib&#233;r&#233;s&#034; &#034;nulle part, rien n'a &#233;t&#233; chang&#233; dans aucun domaine&#034;. Les instruments de r&#233;pression cr&#233;&#233;s par les gouvernements soutenus par les Allemands, sont utilis&#233;s tels quels par les gouvernements &#034;d&#233;mocratiques&#034; ; si en Gr&#232;ce il s'agissait d'une n&#233;cessit&#233; pressante, en France c'est par mesure de pr&#233;voyance que De Gaulle &#034;transforme les G.M.R. (troupes de r&#233;pression de Vichy) en G.R.S. &#8211; groupes r&#233;publicains de s&#233;curit&#233; (sic).&lt;br class='autobr' /&gt;
N'avions-nous pas raison d'&#233;crire (au moment du d&#233;barquement) : &#034;...les masses ont subi dans cette guerre tous les plans des imp&#233;rialistes. Toutes les cliques politiques &#224; leur service nous ont berc&#233;s tour &#224; tour de promesses. Mais les travailleurs savent ce que deviennent ces promesses chaque fois qu'ils aident un clan bourgeois contre l'autre : DE LA MITRAILLE POUR LES OPPRIMES QUI RECLAMENT LEUR DROIT A LA VIE&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A propos de l'attitude des staliniens en Belgique, Le Populaire du 6/12 &#233;crit : &#034;Les communistes posent comme condition de leur appui au cabinet Pierlot qu'il n'y aura pas de bloc de puissances occidentales en Europe&#034;. Nous avons ici l'explication pourquoi les staliniens, contrairement &#224; ce qu'ils ont fait en Belgique et en Gr&#232;ce, continuent &#224; participer en France &#224; un gouvernement qui ne se distingue en rien de celui d'un Pierlot ou d'un Papandr&#233;ou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Supposons cependant que De Gaulle ne complote pas contre les masses populaires : qu'il ne se fasse pas le paravent derri&#232;re lequel se pr&#233;parent les forces de r&#233;pression capitalistes, fascistes et autres ; supposons que par l'arm&#233;e et la police, il veuille seulement maintenir &#034;l'ordre&#034;. Cependant comme les 200 familles (gr&#226;ce &#224; la politique &#034;d&#233;mocrate&#034; des staliniens) n'ont pas &#233;t&#233; expropri&#233;es, la source du fascisme reste vivante ; tous les jours nous avons la preuve, entre autres par les attentats qui se multiplient, que les bandes anti-ouvri&#232;res sont &#224; l'&#339;uvre. Et le gouvernement, m&#234;me s'il n'est pas complice de cette activit&#233;, ne peut en tout cas pas la r&#233;primer car elle est dirig&#233;e par les capitalistes, ma&#238;tres de l'administration et de tous les leviers de commande &#233;conomiques. La classe ouvri&#232;re exasp&#233;r&#233;e peut d'un jour &#224; l'autre riposter &#224; ces attaques et descendre dans la rue &#8211; comme cela a &#233;t&#233; fait par l'unanimit&#233; du prol&#233;tariat le 12 f&#233;vrier 1934, &#224; la suite du 6 f&#233;vrier. Mais dans un conflit ouvert, o&#249; les masses entreraient en lutte directement par leurs propres moyens, celles-ci seraient aux yeux du g&#233;n&#233;ral De Gaulle, d&#233;fenseur de &#034;l'ordre&#034;, une &#034;foule d&#233;sordonn&#233;e&#034; (voir Churchill) contre laquelle devraient se liguer tous les repr&#233;sentants de la bourgeoisie (en premier lieu le gouvernement et l'Etat-major alli&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme britannique, appuy&#233; sur les gouvernements collaborateurs Pierlot et Papandr&#233;ou, m&#232;ne l'attaque en Belgique et en Gr&#232;ce dans le but de s'assurer, en matant toute opposition politique dans ces pays, des positions strat&#233;giques sur le Continent (&#034;bloc occidental&#034; contre l'URSS). La &#034;neutralit&#233;&#034; am&#233;ricaine n'est que la volont&#233; de Roosevelt d'intervenir comme arbitre dans le conflit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne ne s'est &#233;lev&#233; effectivement contre l'action de l'imp&#233;rialisme anglais en Gr&#232;ce. Cette action il la m&#232;ne avec l'appui des chefs travaillistes, mis&#233;rables social-patriotes qui protestent platoniquement, mais assurent Churchill de leur appui inconditionn&#233; jusqu'&#224; la victoire, c'est-&#224;-dire jusqu'au triomphe de l'imp&#233;rialisme.Cependant il n'y a aucune diff&#233;rence entre l'imp&#233;rialisme anglais et l'imp&#233;rialisme allemand ; car il n'y a pas d'imp&#233;rialisme &#034;d&#233;mocratique&#034; et d'imp&#233;rialisme fasciste, il n'y a que l'imp&#233;rialisme, c'est-&#224;-dire la n&#233;cessit&#233; pour les quelques vieux pays capitalistes &#224; se disputer p&#233;riodiquement leurs brigandages sur le dos des peuples. La d&#233;mocratie, en Angleterre, signifie pour les travailleurs anglais le droit de d&#233;cider toutes les quelques ann&#233;es quels repr&#233;sentants bourgeois les repr&#233;senteront et opprimeront au Parlement (Marx). Mais les soldats britanniques, malgr&#233; l'&#233;tiquette d&#233;mocratique, on le voit en Gr&#232;ce, accomplissent la t&#226;che command&#233;e par l'Etat-major de la m&#234;me fa&#231;on que les soldats allemands. Est-ce qu'ils ont eu la possibilit&#233; de protester contre la t&#226;che que leur a command&#233;e Scobie ? Non. Ils sont encha&#238;n&#233;s aussi solidement que les soldats allemands au corps des officiers et &#224; l'Etat-major imp&#233;rialiste, par la discipline militaire, c'est-&#224;-dire les Cours martiales, et l'abrutissement des casernes. Ici comme partout il faut briser les cha&#238;nes id&#233;ologiques et mat&#233;rielles qui font du soldat l'esclave du corps des officiers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et nous arrivons ainsi &#224; la diff&#233;rence essentielle qui nous s&#233;pare nous, les internationalistes, des social-patriotes. Le 19 septembre Duclos d&#233;non&#231;ait les Trotskystes comme les agents de l'imp&#233;rialisme allemand, parce qu'ils mettaient &#034;les Anglais et les Am&#233;ricains sur le m&#234;me plan que les Boches&#034; et qu'ils bl&#226;maient &#034;les patriotes s'appliquant &#224; descendre les Allemands&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous &#233;tions contre l'assassinat des soldats allemands encha&#238;n&#233;s &#224; leur Etat-major. Nous &#233;tions pour une action qui devait unir les travailleurs fran&#231;ais aux travailleurs-soldats allemands, pour briser pr&#233;cis&#233;ment les cha&#238;nes mat&#233;rielles et morales qui attachaient ces derniers &#224; leur Etat-major. Les staliniens &#233;taient pour la lutte sans distinction contre l'occupant, c'est-&#224;-dire pour encha&#238;ner tous ceux qui portaient l'uniforme allemand &#224; la m&#234;me n&#233;cessit&#233; de combattre en bloc le peuple fran&#231;ais Les staliniens pr&#233;coniseraient-ils aujourd'hui en Gr&#232;ce qu'on descende tout Anglais qui combat le peuple grec ? Quant &#224; nous, nous avons expos&#233; plus haut notre conception : elle est de lutter pour l'union et la fraternisation de tous les travailleurs, quel que soit leur uniforme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui il est prouv&#233; par les faits que les Trotskystes avaient raison d'identifier les Etats-majors de tous les pays ; l'Etat-major anglais ne diff&#232;re en rien de l'Etat-major allemand dans son attitude vis-&#224;-vis des masses travailleuses. Les Trotskystes avaient raison et les chefs staliniens sont de vulgaires calomniateurs. &#034;Les trotskystes&#034;, disaient-ils, &#034;sont des agents de la Gestapo parce qu'ils sont contre les alli&#233;s&#034;. Voil&#224; qu'aujourd'hui, le chef des alli&#233;s, Churchill, fort de l'investiture &#034;d&#233;mocratique&#034; des staliniens, proclame : &#034;Les &#233;l&#233;ments de l'ELAS (dirig&#233;s par les staliniens) qui nous combattent en Gr&#232;ce sont dirig&#233;s par des Allemands&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les staliniens sont des calomniateurs sans vergogne, mais les Trotskystes ont cent fois raison quand ils accusaient et accusent les staliniens d'&#234;tre, malgr&#233; tous les coups de pied qu'ils en re&#231;oivent, les agents vulgaires et m&#233;prisables de l'imp&#233;rialisme &#034;d&#233;mocratique&#034; alli&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Le conflit entre la &#034;d&#233;mocratie&#034; imp&#233;rialiste et les masses travailleuses en Belgique et surtout en Gr&#232;ce, quelles qu'en soient les p&#233;rip&#233;ties imm&#233;diates, a d&#233;j&#224; une signification r&#233;volutionnaire d&#233;cisive dans la marche de la guerre civile qui, comme la guerre, est engendr&#233;e constamment par l'imp&#233;rialisme : ce conflit d&#233;chire le voile id&#233;ologique (&#034;d&#233;mocratie contre fascisme&#034;) dont se couvrent les brigands capitalistes pour entra&#238;ner les masses sur les champs de bataille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'influence de ce conflit ne se limite pas au camp &#034;d&#233;mocratique&#034; : les travailleurs allemands verront aussi que les peuples d'Europe ne sont pas &#034;anti-boches&#034;, mais anti-imp&#233;rialistes. &#034;L'anti-bochisme n'est qu'une marchandise imp&#233;rialiste alli&#233;e&#034; : les peuples d'Europe qui ont combattu ou qui combattent l'occupation imp&#233;rialiste allemande, quelles que soient les formules impos&#233;es par leurs dirigeants, ne veulent en r&#233;alit&#233; que se d&#233;barrasser de toute exploitation, de toute oppression. &#034;L'Allemagne seule&#034;, argument supr&#234;me des dirigeants allemands pour la poursuite de la guerre, appara&#238;tra d&#232;s lors aux travailleurs allemands comme une cons&#233;quence des relations imp&#233;rialistes entre les peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si les peuples montrent qu'ils veulent lutter contre le monde imp&#233;rialiste lui-m&#234;me, c'est-&#224;-dire gagner la libert&#233;, le pain et la paix contre tous les exploiteurs, d&#232;s lors leur union devient, d'une possibilit&#233;, un fait d&#233;j&#224; existant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; l'activit&#233; r&#233;volutionnaire consciente, &#224; la IV&#232;me Internationale, d'utiliser ce fait pour mener &#224; la victoire socialiste. Quelle que soit notre faiblesse, les &#233;v&#233;nements travaillent pour nous. Dans la lutte d&#233;cisive contre l'exploitation barbare et la guerre imp&#233;rialiste, nous nous renforcerons (et nous nous renfor&#231;ons d&#233;j&#224;), si nous savons exprimer dans notre politique, non pas l'h&#233;sitation devant la politique des Partis officiels, mais l'intransigeance et le radicalisme des masses les plus profondes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les masses sont cent fois plus &#224; gauche que leurs dirigeants, disait L&#233;nine. Et les travailleurs de Gr&#232;ce le prouvent effectivement, car ils n'ont pas un instant h&#233;sit&#233; &#224; combattre les alli&#233;s &#034;d&#233;mocratiques&#034;, quand ceux-ci ont montr&#233; leur v&#233;ritable visage.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;voiler aux masses, envers et contre tous, le v&#233;ritable visage de l'imp&#233;rialisme et de ses serviteurs social-patriotes, &#234;tre avec elles jusqu'au bout dans la lutte, voil&#224; la t&#226;che des v&#233;ritables r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A eux appartient l'avenir, dussent-ils le &#034;payer&#034; des plus grands sacrifices.&lt;br class='autobr' /&gt;
En avant avec la IV&#232;me Internationale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/12/ldc40_121244.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/12/ldc40_121244.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;CAPITULATION SANS CONDITIONS&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette formule qui a tant enthousiasm&#233; les dupes de la politique imp&#233;rialiste alli&#233;e, c'est aux travailleurs et paysans grecs d'en faire les premiers l'exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour m&#234;me o&#249; les journaux annon&#231;aient une offensive allemande vers la Belgique, ils annon&#231;aient &#233;galement une offensive des troupes anglaises contre... la Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les essais de compromis de la part des ELAS par l'acceptation de leur d&#233;sarmement, le g&#233;n&#233;ral Scobie oppose le &#034;prestige britannique&#034;, c'est-&#224;-dire la volont&#233; esclavagiste de l'Empire, et exige la &#034;capitulation sans conditions&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Si aucun compromis n'intervient, les ELAS poursuivront le combat, m&#234;me sans espoir...&#034; a d&#233;clar&#233; le stalinien Prophyrog&#233;nis (Le Populaire 21/12). Avec la politique des dirigeants staliniens, union avec les Daladier de la d&#233;mocratie bourgeoise, il n'y a non seulement aucun espoir de victoire, mais m&#234;me pas de compromis &#034;d&#233;mocratique&#034; possible pour les travailleurs grecs. Car &#224; notre &#233;poque de capitalisme pourrissant, la &#034;d&#233;mocratie&#034; bourgeoise n'est que l'&#233;touffement de la lutte des masses par des combinaisons politiciennes, jusqu'au moment o&#249; le fascisme est suffisamment fort pour &#233;tablir la dictature ouverte de la bourgeoisie. Nous l'avons vu notamment en Espagne (1931-1939) et en France (34-1939). L'union avec les Daladier de la d&#233;mocratie bourgeoise trahit, au nom de l'ordre bourgeois, la lutte des masses pour leurs objectifs r&#233;els (le pain, la libert&#233;, la paix) et les voue ainsi &#224; l'inertie et &#224; la d&#233;faite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; peine les travailleurs grecs ont-ils re&#231;u une le&#231;on de plus au sujet des d&#233;mocrates, que les chefs staliniens, hier encore membres et soutiens du gouvernement Papaandr&#233;ou, ont offert leur soutien &#224; un autre &#034;grand d&#233;mocrate&#034;, cette fois-ci non plus un socialiste, mais un pope, le m&#233;tropolite Damaskinos. Et voici ce que d&#233;clare le pope d&#233;mocrate : &#034;Cette r&#233;bellion n'est pas une r&#233;volution fond&#233;e sur une id&#233;e, mais c'est un coup de force d'une minorit&#233; d'extr&#234;me-gauche pour s'emparer du pouvoir&#034; (Le Monde, 22/12).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voie de la victoire des travailleurs grecs est dans l'union autour des ouvriers d'usine, de toutes les petites gens et des paysans, trahis par tous les politiciens bourgeois. Ils ne doivent pas laisser leur direction actuelle &#034;converser&#034; avec Scobie, pendant que celui-ci m&#232;ne une lutte sans merci au peuple grec, mais s'adresser directement au prol&#233;tariat anglais, &#224; tous les exploit&#233;s d'Europe et du monde : au nom de la r&#233;volution prol&#233;tarienne ils obtiendront l'appui efficace de tous les peuples qui souffrent de la guerre et ploient sous la dictature bourgeoise, &#034;d&#233;mocratique&#034; ou fasciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers r&#233;aliseront autour d'eux l'union de tous les exploit&#233;s seulement s'ils se montrent capables de d&#233;truire l'exploitation capitaliste d&#233;fendue non seulement par les fascistes, mais aussi par les &#034;d&#233;mocrates&#034;. Dans cette voie, seule la IV&#232;me Internationale lutte pour la &#034;capitulation sans conditions&#034; du vieux monde pourri qu'aucune &#034;d&#233;mocratie&#034; ne peut plus rajeunir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/12/ldc41_122444.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/12/ldc41_122444.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les mercenaires de la police grecque ouvrirent le feu sur la manifestation tenue le dimanche 3 d&#233;cembre &#224; Ath&#232;nes pour protester contre la d&#233;cision du gouvernement de d&#233;sarmer co&#251;te que co&#251;te les partisans, la foule &#233;tait sans armes. Mais, le soir m&#234;me, un vent r&#233;volutionnaire soufflait dans les quartiers et les faubourgs prol&#233;tariens d'Ath&#232;nes et du Pir&#233;e ; les armes, quand elles existaient, sortaient de leurs cachettes ; d'autres &#233;taient&lt;br class='autobr' /&gt;
fabriqu&#233;es avec des moyens de fortune. On a vu ainsi le lendemain, quand la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale se d&#233;clencha comme un ouragan &#224; travers tout ce pays, les dockers du Pir&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
manifester &#171; arm&#233;s de simples couteaux et de b&#226;tons, de bois et de fer &#187;. La lutte s'annon&#231;ait longue, &#226;pre, incertaine, mais le peuple l'acceptait comme n&#233;cessaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Entre le 3 d&#233;cembre 1944 et le 5 janvier 1945, date &#224; laquelle la r&#233;sistance cessa dans la r&#233;gion d'Ath&#232;nes, les masses ont d&#233;ploy&#233; une activit&#233; r&#233;volutionnaire qui restera parmi les plus beaux exemples du mouvement prol&#233;tarien. Elles ont fait face, pendant plus d'un mois, aux forces combin&#233;es de l'imp&#233;rialisme britannique et de la r&#233;action grecque, en plein hiver, sans nourriture, sans chauffage, sans lumi&#232;re, sans m&#233;dicaments et m&#234;me sans v&#234;tements et sans souliers (rapport du m&#233;decin de l'arm&#233;e des &#201;tats-Unis, Max Milberg).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les usines et les maisons des quartiers populaires d'Ath&#232;nes et du Pir&#233;e &#233;taient devenues autant de forteresses de r&#233;sistance qui ne prenait fin que lorsque les bombes des canons,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;des tanks et des avions anglais les d&#233;molissaient enti&#232;rement. Les pierres des maisons d'Ath&#232;nes et du Pir&#233;e ont servi &#224; &#233;riger les barricades qui ont tenu en &#233;chec pendant plusieurs semaines le mouvement des forces blind&#233;es britanniques. Les combattants avaient l'appui &#171; de la plupart des quartiers ouvriers d'Ath&#232;nes &#187; est oblig&#233; d'avouer le journal conservateur anglais Daily Express du 11-12-44. &#171; Les femmes traversent les rues avec les armes cach&#233;es sous leurs jupes et des grenades cach&#233;es dans leurs paniers. Les enfants apportent la nourriture &#224; leurs parents qui combattent des toits des maisons. &#187; (Ibidem.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale eut un succ&#232;s complet tant dans la r&#233;gion d'Ath&#232;nes que dans le reste du pays. Les ouvriers et les paysans, pendant un mois, ont consenti &#224; tous les sacrifices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant la r&#233;sistance cessa en Attique, il y avait seize mille tu&#233;s et prisonniers du c&#244;t&#233; du peuple et six mille habitations ouvri&#232;res compl&#233;tement ras&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les renseignements sont encore rares sur ce que fut l'activit&#233; politique et sociale des masses pendant cette p&#233;riode. Nous savons seulement que la Milice Populaire avait d&#233;sarm&#233; et remplac&#233; partout les restes des forces r&#233;actionnaires et polici&#232;res ou autres ; que des tribunaux populaires avaient remplac&#233; les juges bourgeois ; qu'&#224; Salonique, les ouvriers contr&#244;laient le ravitaillement et le logement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/pablo/works/1945/01/pablo_19450100.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/pablo/works/1945/01/pablo_19450100.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Churchill donnait comme consigne au commandement britannique des forces arm&#233;es occupant la Gr&#232;ce : &#171; N'h&#233;sitez pas &#224; ouvrir le feu sur tout homme arm&#233; qui, &#224; Ath&#232;nes, s'attaque &#224; l'autorit&#233; britannique ou &#224; l'autorit&#233; grecque avec laquelle nous travaillons. N'h&#233;sitez pas &#224; agir comme si vous vous trouviez dans une ville conquise o&#249; se d&#233;veloppe une r&#233;bellion locale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant pr&#232;s de trois ans, l'&#201;pire (sauf la c&#244;te) et la majeure partie de la Mac&#233;doine-Occidentale, ainsi que des zones de la Thessalie et de la Mac&#233;doine centrale, furent le territoire de la R&#233;publique (communiste) de Konitza, tandis que le reste de la Gr&#232;ce forma un Royaume (avec toutefois des poches de r&#233;sistance communiste dans les quartiers modestes des grandes villes). Dans les zones frontali&#232;res de la R&#233;publique de Konitza, un v&#233;ritable front se mit en place, avec bombardements (y compris a&#233;riens du c&#244;t&#233; royaliste), offensives et contre-offensives, tandis qu'attentats et r&#233;pression ensanglantaient les villes. Seules les &#238;les furent &#233;pargn&#233;es. Des dizaines de villages chang&#232;rent de mains plusieurs fois et furent finalement abandonn&#233;s par leurs habitants, somm&#233;s de choisir un camp et accus&#233;s de trahison par l'autre. Le rapport de force fut tout d'abord favorable &#224; l'ELAS, du fait de la connaissance du terrain et de l'exp&#233;rience de ses 50 000 hommes. D'autre part, les troupes royalistes &#233;taient mal form&#233;es et tr&#232;s peu motiv&#233;es &#224; combattre la r&#233;sistance communiste. Les tentatives pour reprendre le contr&#244;le des r&#233;gions du Nord se sold&#232;rent par des &#233;checs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sang des ouvriers grecs tromp&#233;s est vers&#233; &#224; flot pour les int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie grecque et ceux de la bureaucratie russe. Pour le moment, le prol&#233;tariat grec n'a pas r&#233;ussi &#224; rompre avec sa bourgeoisie, &#224; se mettre sur son terrain de classe en opposition &#224; la bourgeoisie nationale et aux imp&#233;rialismes &#233;trangers. Et c'est cette situation tragique du prol&#233;tariat, se faisant massacrer pour les int&#233;r&#234;ts de son ennemi de classe, que les trotskistes fran&#231;ais repr&#233;sentent comme la R&#233;volution prol&#233;tarienne. Il montre l'exemple &#224; tous les opprim&#233;s, etc. Naturellement quand on repr&#233;sente la trag&#233;die du prol&#233;tariat grec comme la r&#233;volution, on doit aussi la consid&#233;rer comme &#034;la premi&#232;re entr&#233;e&#034; et passer sous silence &#034;la transformation de la guerre imp&#233;rialiste en guerre civile&#034; commenc&#233;e par le prol&#233;tariat italien en juillet 1943. Il n'y a rien de commun entre la position de classe du prol&#233;tariat italien luttant contre la guerre imp&#233;rialiste - contre les deux occupants imp&#233;rialistes, allemands et anglais, contre l'Etat capitaliste aussi bien sous sa forme fasciste que d&#233;mocratique &#8211; et la position du prol&#233;tariat grec se faisant massacrer sur le terrain de classe du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1483&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1483&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire encore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/shachtma/1944/12/greece.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/shachtma/1944/12/greece.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/cmo/n70/cmo_070.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/cmo/n70/cmo_070.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/etol/writers/archer/Revolution%20and%20Counter%20Revolution%20in%20Greece.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/history/etol/writers/archer/Revolution%20and%20Counter%20Revolution%20in%20Greece.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/subject/greek-civil-war/revolutionary-history/stinas/memoirs.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/subject/greek-civil-war/revolutionary-history/stinas/memoirs.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_civile_grecque&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_civile_grecque&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/subject/greek-civil-war/index.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/subject/greek-civil-war/index.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/ceb/756&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/ceb/756&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/etol/revhist/backiss/vol3/no3/kke.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/history/etol/revhist/backiss/vol3/no3/kke.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>En savoir plus sur le r&#233;volutionnaire Barta</title>
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		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Barta</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>

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&lt;p&gt;En savoir plus sur le r&#233;volutionnaire Barta &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Maitron &#233;crit sur Barta &lt;br class='autobr' /&gt;
David Korner adh&#233;ra au Parti communiste roumain en 1932 et participa &#224; la cr&#233;ation d'un groupe trotskyste en avril 1933, le mouvement ouvrier &#233;tant r&#233;duit &#224; vivre dans la clandestinit&#233; en Roumanie. &#201;tudiant, il fit de courts s&#233;jours &#224; Paris, en 1933 et en 1934, o&#249; il v&#233;cut les journ&#233;es de f&#233;vrier. Il y &#233;tablit le contact avec le secr&#233;tariat international de la Ligue communiste internationaliste et, par son (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot91" rel="tag"&gt;Barta&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;En savoir plus sur le r&#233;volutionnaire Barta&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le Maitron &#233;crit sur Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;David Korner adh&#233;ra au Parti communiste roumain en 1932 et participa &#224; la cr&#233;ation d'un groupe trotskyste en avril 1933, le mouvement ouvrier &#233;tant r&#233;duit &#224; vivre dans la clandestinit&#233; en Roumanie. &#201;tudiant, il fit de courts s&#233;jours &#224; Paris, en 1933 et en 1934, o&#249; il v&#233;cut les journ&#233;es de f&#233;vrier. Il y &#233;tablit le contact avec le secr&#233;tariat international de la Ligue communiste internationaliste et, par son interm&#233;diaire, avec Trotsky. Il adressa directement deux lettres &#224; Trotsky, en janvier et mars 1936 pour l'informer des activit&#233;s de son groupe et obtenir des conseils et, si possible, des articles consacr&#233;s &#224; la Roumanie. Korner vint en France, en octobre 1936, dans l'intention premi&#232;re de se rendre en Espagne, mais ses camarades fran&#231;ais l'en dissuad&#232;rent et il se joignit d&#232;s lors au Parti ouvrier internationaliste. Dans le d&#233;bat int&#233;rieur du POI, fin 1938, il se pronon&#231;a en faveur de l'adh&#233;sion collective au Parti socialiste ouvrier et paysan de Marceau Pivert et adh&#233;ra &#224; ce parti en f&#233;vrier 1939 avec une minorit&#233; regroup&#233;e autour de Jean Rous et d'Yvan Craipeau. David Korner fit partie du comit&#233; de r&#233;daction de la revue, La Voie de L&#233;nine, qu'&#233;dita ce groupe d'avril &#224; juin 1939 et y &#233;crivit quelques articles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les premiers jours de septembre 1939, Korner quitta ce groupe, &#224; la suite d'un incident mineur, et mena par la suite une action politique distincte. Il eut, sans doute, d'autres motifs d'insatisfaction touchant le mode d'organisation des trotskistes fran&#231;ais. David Korner publia, d'octobre 1939 &#224; janvier 1940, une feuille polycopi&#233;e, l'Ouvrier, &#171; organe marxiste-l&#233;niniste &#187;. Il travailla, depuis f&#233;vrier 1940, comme ajusteur &#224; l'usine Hispano-Suiza. Apr&#232;s l'effondrement militaire fran&#231;ais et l'occupation de la France par l'arm&#233;e allemande, il &#233;crivit la brochure, La lutte contre la deuxi&#232;me guerre imp&#233;rialiste mondiale (novembre 1940) dans laquelle il analysa les perspectives du conflit et d&#233;fendit les principes internationalistes contre les &#171; d&#233;viations nationalistes &#187; de certains trotskistes. Cette brochure consacra, &#224; ses yeux, la rupture politique avec des groupes &#171; petits-bourgeois, qui n'ont pas su r&#233;sister id&#233;ologiquement &#224; l'&#233;preuve des &#233;v&#233;nements &#187;. Elle eut en tout, &#224; l'&#233;poque, quatre jeunes lecteurs. C'est &#224; partir de ce noyau que David Korner s'effor&#231;a, dans les ann&#233;es &#224; venir, de construire une organisation dont il exposa les t&#226;ches et les m&#233;thodes dans son &#171; Rapport sur l'organisation &#187; de juillet 1943.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir d'octobre 1942, David Korner publia r&#233;guli&#232;rement La Lutte de classes &#171; organe du Groupe communiste &#187; (IVe Internationale) puis de &#171; l'Union communiste &#187; (IVe Internationale) tout en continuant le travail d'&#233;ducation et de recrutement dans les conditions de la clandestinit&#233; sous l'Occupation. En tout, trente num&#233;ros de cette feuille sortirent polycopi&#233;s, jusqu'en ao&#251;t 1944. On y trouve la d&#233;nonciation des vis&#233;es des imp&#233;rialistes alli&#233;s, du r&#244;le du g&#233;n&#233;ral de Gaulle, et la d&#233;fense de l'internationalisme prol&#233;tarien. Dans deux Cahiers du militant (d&#233;cembre 1942 et f&#233;vrier 1944), David Korner critiqua &#224; nouveau la &#171; politique nationaliste &#187; du POI. Mais les divergences les plus importantes apparurent, pour lui, &#224; la Lib&#233;ration, notamment l'orientation de l'organisation trotskyste unifi&#233;e, le Parti communiste internationaliste (PCI), vis-&#224;-vis du PCF et de la CGT. L'un des principaux &#233;l&#233;ments du petit groupe, Mathieu Bucholz, fut assassin&#233; en septembre 1944 et David Korner en attribua la responsabilit&#233; aux FTP communistes. Malgr&#233; cette perte tragique, la dizaine de militants et militantes r&#233;unis autour de lui entam&#232;rent un intense travail de propagande qui visa &#224; imposer le droit de parole contre le monopole des &#171; staliniens &#187; et &#224; combattre leur politique de &#171; produire d'abord, revendiquer ensuite &#187;. En 1945 et 1946, malgr&#233; les violences staliniennes, les militants de l'UC diffus&#232;rent des tracts et vendirent aux portes des usines La Lutte de classes, journal trotskyste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette action culmina dans la gr&#232;ve Renault d'avril-mai 1947, d&#233;clench&#233;e en opposition avec l'appareil syndical. Le 30 avril, le comit&#233; de gr&#232;ve lan&#231;a un appel en faveur de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#224; tous les ouvriers de la m&#233;tallurgie dans un tract, r&#233;dig&#233; par David Korner, imprim&#233; gratuitement par les ouvriers du Livre et diffus&#233; &#224; cent mille exemplaires. Le PCF, oblig&#233; de passer dans l'opposition, coiffa le mouvement pour mieux emp&#234;cher la g&#233;n&#233;ralisation de la vague gr&#233;viste. &#171; &#192; l'&#233;chelle d'une exp&#233;rience de laboratoire, &#233;crivit ult&#233;rieurement David Korner, l'Union communiste a apport&#233; la preuve de la possibilit&#233; d'infliger des coups au totalitarisme stalinien et &#224; la collaboration de classe. &#187; L'animateur de la gr&#232;ve Renault, dans l'usine, fut Pierre Bois, un militant de l'UC form&#233; sous l'Occupation. David Korner, connu alors sous le nom d'Albert, inspira l'activit&#233; du groupe (qui compta une demi-douzaine de militants en usine et autant &#224; l'ext&#233;rieur, mobilis&#233;s en permanence) pour la d&#233;fense des revendications, pour l'&#233;lection d&#233;mocratique des d&#233;l&#233;gu&#233;s, pour la reconnaissance l&#233;gale du Syndicat d&#233;mocratique Renault (SDR), pour l'unit&#233; d'action dans un cartel de toutes les organisations syndicales. La cr&#233;ation du SDR apr&#232;s la gr&#232;ve se posa aux yeux de David Korner en ces termes : &#171; abandonner les ouvriers qui nous avaient suivi aux appareils syndicaux, ou cr&#233;er le syndicat pour les aider &#224; poursuivre la lutte &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;David Korner &#233;crivit de nombreux articles, sign&#233;s A. Mathieu et, le plus souvent, non sign&#233;s, dans La Lutte de classes (jusqu'en 1947), puis dans la Voix des Travailleurs-Renault et la Voix des travailleurs, &#171; organe de lutte de classes &#187; (1947-1949). Ces articles trait&#232;rent, en particulier, de sujets tels que le bonapartisme et les r&#233;f&#233;rendums pl&#233;biscitaires gaullistes (o&#249; contrairement aux autres trotskistes, il pr&#233;conisa le boycott), les nationalisations, la situation du mouvement ouvrier, la lutte anti colonialiste, le danger de la troisi&#232;me guerre mondiale. La publication de La Lutte de classes reprit pour quelques num&#233;ros en 1949 et d&#233;but 1950 (jusqu'au n&#176; 9 du 30 mars). L'UC cessa &#224; ce moment son activit&#233;. David Korner expliqua la disparition de l'organisation - trois ans apr&#232;s la gr&#232;ve Renault - par son &#171; premier succ&#232;s d&#233;cisif &#187;. &#171; Le d&#233;s&#233;quilibre &#233;tait trop grand entre nos t&#226;ches... et l'inexp&#233;rience de nos jeunes militants &#187;, conclut David Korner en ao&#251;t 1972 dans une &#171; mise au point &#187; envoy&#233;e &#224; Ren&#233; Lefeuvre en r&#233;ponse au livre de J. Roussel, Les enfants du proph&#232;te. Il en tira cette philosophie : &#171; ... nos forces, de la gr&#232;ve &#224; la disparition de l'organisation, ne se sont ni augment&#233;es, ni renouvel&#233;es : l'arbre prol&#233;tarien rejetait en fin de compte la greffe r&#233;volutionnaire. Ce qui, &#224; terme, &#233;tait une condamnation... &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
David Korner mourut le 6 septembre 1976.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait le mari de Louise Korner dite Ir&#232;ne (1920-2017) qui partagea son militantisme. Le couple eut un fils, Mathieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article15797&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article15797&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article138214&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article138214&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le t&#233;moignage de Louise-Ir&#232;ne Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1997/05/louise.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1997/05/louise.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ir&#232;ne, la compagne de Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4496&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4496&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail politique de Barta et de son groupe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/index.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/index.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui &#233;tait Barta ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article576&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article576&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/clt/1991-1995/CLT49-Jan-1993.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/clt/1991-1995/CLT49-Jan-1993.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Documents de Barta sur la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article62&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article62&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tracts &#171; Lutte des classes &#187;, Union communiste (1942-1946) &#8211; groupe trotskiste Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5776&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5776&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barta (David K&#246;rner) et l'auto-organisation des travailleurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6005&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6005&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des lettres entre Barta et Natalia Sedova-Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6700&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6700&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point de vue du r&#233;volutionnaire Barta sur la guerre et l'apr&#232;s-guerre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique45&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique45&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://archive.wikiwix.com/cache/index2.php?url=https%3A%2F%2Fwww.marxists.org%2Ffrancais%2Fbarta%2F1940%2F11%2Fbarta_lutte2g.htm#federation=archive.wikiwix.com&amp;tab=url&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://archive.wikiwix.com/cache/index2.php?url=https%3A%2F%2Fwww.marxists.org%2Ffrancais%2Fbarta%2F1940%2F11%2Fbarta_lutte2g.htm#federation=archive.wikiwix.com&amp;tab=url&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opportunisme des groupes trotskistes fran&#231;ais pendant la guerre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5814&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5814&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appel aux ouvriers communistes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3597&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3597&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT, police politique anti-ouvri&#232;re dans l'entreprise en 1944-1946&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6938&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6938&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui a assassin&#233; Mathieu Bucholz, militant du groupe de Barta ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1438&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1438&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle lutte contre le fascisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2993&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2993&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme fran&#231;ais en Indochine &#224; la &#034;Lib&#233;ration&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article465&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article465&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve de Renault en 1947 anim&#233;e par Pierre Bois (militant du groupe de Barta)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/05/ldc90_051647.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/05/ldc90_051647.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/04/spec_043047.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/04/spec_043047.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/05/greve_renault.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/05/greve_renault.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/05/vdt06_052047.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/05/vdt06_052047.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/04/VDT43_042148.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/04/VDT43_042148.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/04/ldc89_042647.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/04/ldc89_042647.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vraie et fausse histoire de la gr&#232;ve Renault de 1947&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3452&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3452&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire du Syndicat D&#233;mocratique de Renault (SDR) anim&#233; par Pierre Bois (militant du groupe de Barta)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7532&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7532&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Bois, notre camarade&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2203&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2203&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6606&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6606&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe Lutte ouvri&#232;re de Barcia-Arlette-Arthaud n'est pas le successeur politique du groupe de Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2582&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2582&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3452&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3452&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1215&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1215&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Que disait Barta en 1943 ?</title>
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		<dc:date>2025-11-13T23:24:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Barta</dc:subject>
		<dc:subject>IV&#176; Internationale</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>
		<dc:subject>Parti r&#233;volutionnaire - Revolutionnary party</dc:subject>
		<dc:subject>Trotskisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Que disait le r&#233;volutionnaire trotskiste Barta en 1943 ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Rapport sur l'organisation &lt;br class='autobr' /&gt;
La composition petite-bourgeoise des groupements de la IV&#232;me Internationale en France a &#233;t&#233; prouv&#233;e par l'attitude qu'ils ont prise apr&#232;s Juin 1940 devant l'occupation imp&#233;rialiste du pays. La grande majorit&#233; de ces &#233;l&#233;ments group&#233;s dans les &#171; Comit&#233;s fran&#231;ais de la IV&#232;me Internationale &#187; (actuellement POI) ont alors abandonn&#233; la position internationaliste en faveur d'un &#171; front commun avec tous les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique45" rel="directory"&gt;0- Le point de vue du r&#233;volutionnaire Barta sur la guerre et l'apr&#232;s-guerre&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot91" rel="tag"&gt;Barta&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot105" rel="tag"&gt;IV&#176; Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot173" rel="tag"&gt;Parti r&#233;volutionnaire - Revolutionnary party&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot283" rel="tag"&gt;Trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Que disait le r&#233;volutionnaire trotskiste Barta en 1943 ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Rapport sur l'organisation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La composition petite-bourgeoise des groupements de la IV&#232;me Internationale en France a &#233;t&#233; prouv&#233;e par l'attitude qu'ils ont prise apr&#232;s Juin 1940 devant l'occupation imp&#233;rialiste du pays. La grande majorit&#233; de ces &#233;l&#233;ments group&#233;s dans les &#171; Comit&#233;s fran&#231;ais de la IV&#232;me Internationale &#187; (actuellement POI) ont alors abandonn&#233; la position internationaliste en faveur d'un &#171; front commun avec tous les &#233;l&#233;ments pensant fran&#231;ais &#187; . D'autre part certains membres en vue sont pass&#233;s &#224; des positions nettement fascistes. Ainsi se justifie d&#233;finitivement la rupture avec tous ces &#233;l&#233;ments, rupture que nous avons accomplie en octobre 1939 pour nous d&#233;limiter d'un milieu petit bourgeois, dont les pratiques organisationnelles &#233;taient social-d&#233;mocratiques et non communistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation d&#233;sastreuse du mouvement de la IV&#232;me en France s'explique de la mani&#232;re suivante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les id&#233;es de l'Opposition russe, qui furent la base de la naissance du courant de la IV&#232;me Internationale, n'ont pas pu p&#233;n&#233;trer dans un milieu ouvrier en France. Le prol&#233;tariat se trouvait dans ce pays sous l'emprise de deux partis prol&#233;tariens opportunistes, dont l'un, le PC, se parait du prestige de la r&#233;volution d'Octobre. Le fait que ces id&#233;es ont &#233;t&#233; adopt&#233;es surtout par des intellectuels manquant de v&#233;ritables traditions communistes, qui pendant des ann&#233;es (de 1928 &#224; 1933) n'ont pas eu la possibilit&#233; de militer sur le terrain des luttes ouvri&#232;res, a conf&#233;r&#233; &#224; l'Opposition communiste en France un caract&#232;re petit-bourgeois qui a rendu al&#233;atoire tout d&#233;veloppement ult&#233;rieur du mouvement de la IV&#232;me Internationale en France au moment o&#249; la situation objective (les luttes prol&#233;tariennes de 1934 &#224; 1939) fournissait une base solide &#224; la propagation des id&#233;es de la IV&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous sommes engag&#233;s depuis le d&#233;but de la guerre, dans la cr&#233;ation d'une organisation de type r&#233;volutionnaire bolchevik. Le bolchevisme implique, avec une politique juste (qui pour nous est celle d&#233;finie dans &#171; La IV&#232;me et la guerre &#187; et &#171; le Programme de transition &#187; qui continuent la ligne des 4 premiers Congr&#232;s de l'I.C.), un contact r&#233;el et &#233;tendu avec la classe ouvri&#232;re, la participation quotidienne &#224; ses luttes ; il s'inspire des int&#233;r&#234;ts quotidiens et permanents de la classe ouvri&#232;re. Pour se dire parti bolchevik il faut avoir un certain poids organisationnel qui permette la conduite de la lutte de classes dans tout le pays, il faut des traditions de luttes ouvri&#232;res. Il faut avoir un bilan de lutte POLITIQUE favorable. Dans ce sens la question du parti ne peut et ne pouvait &#234;tre r&#233;solue par nos propres forces de A &#224; Z et en 1943 la question du parti reste ouverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais notre travail a &#233;t&#233; con&#231;u comme un travail en direction d'un parti bolchevik. Pour cela notre ind&#233;pendance nous &#233;tait et nous est vitale. Car on ne peut pas commencer la formation de militants communistes (qui le deviennent r&#233;ellement par la pratique de la lutte de classes) dans un milieu petit-bourgeois opportuniste. Nous voulions et nous voulons au moyen de militants instruits et d'une politique cons&#233;quente, affirmer devant les autres organisations prol&#233;tariennes une conception r&#233;volutionnaire. Notre r&#233;ussite dans cette t&#226;che, si nous discernons dans la classe ouvri&#232;re les forces capables de former avec nous le parti, peut d&#233;clencher ou pr&#233;cipiter un regroupement sur la base communiste de tous les militants vraiment r&#233;volutionnaires de la classe ouvri&#232;re fran&#231;aise. Dans ce sens la s&#233;lection que nous op&#233;rons actuellement en tant qu'organisation oppos&#233;e aux autres, fera place demain &#224; une nouvelle s&#233;lection des &#233;l&#233;ments r&#233;ellement r&#233;volutionnaires &#224; l'int&#233;rieur d'une seule et m&#234;me organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans quel milieu trouvons-nous ce type de militant r&#233;volutionnaire ? Depuis le d&#233;but de la guerre nous avons orient&#233; nos efforts surtout en direction des militants du PC. Le PC avait des militants ouvriers communistes. Notre faiblesse num&#233;rique extr&#234;me ne nous a permis de tirer que peu de fruits de cette orientation d'un point de vue num&#233;rique. Mais proportionnellement &#224; nos forces les r&#233;sultats n'ont pas &#233;t&#233; n&#233;gligeables. C'est cette orientation qui a permis notre existence en tant que groupe autonome. Mais les efforts de la bourgeoisie en emprisonnant ou en enfermant dans des camps des milliers de militants communistes de la base, et la d&#233;portation en Allemagne de 2.000.000 d'ouvriers dont une partie d'ouvriers communistes, rend le travail dans cette direction tr&#232;s difficile. Cependant pour l'avenir (r&#233;cup&#233;ration des prisonniers et des d&#233;port&#233;s, lib&#233;ration des emprisonn&#233;s), en ce qui concerne le recrutement, le travail dans cette direction reste le travail essentiel ; dans la situation actuelle il doit &#234;tre dirig&#233; notamment vers les tr&#232;s jeunes (16-18 ans) avec ou sans traditions politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le camp des groupes se r&#233;clamant de la IV&#232;me la situation a quelque peu chang&#233; par une certaine activit&#233; d'usine. Cela est d&#251; au fait qu'il existe en France un courant d'id&#233;es de la IV&#232;me Internationale dans certains milieux politiques et ouvriers. L'exp&#233;rience de la guerre et les tournants staliniens ont contraint certains &#233;l&#233;ments ouvriers &#224; se grouper dans le POI malgr&#233; l'incapacit&#233; de celui-ci de les organiser et de les conduire efficacement. Le POI a b&#233;n&#233;fici&#233; de ce courant d'id&#233;es, malgr&#233; sa politique opportuniste, en tant qu'organisation num&#233;riquement la plus forte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre t&#226;che est de d&#233;montrer &#224; ces &#233;l&#233;ments ouvriers l'opportunisme des dirigeants du POI et leur pr&#233;senter une organisation et surtout des m&#233;thodes organisationnelles qui inspirent confiance. Pour aboutir &#224; cette organisation et &#224; ces m&#233;thodes organisationnelles justes il faut que, dans le travail r&#233;volutionnaire et politique, chaque membre de notre groupe perde ce qu'il a d'individuel et agisse en tant que membre d'une organisation. C'est seulement ainsi que nous acquerrons la coh&#233;sion interne n&#233;cessaire au travail de regroupement r&#233;volutionnaire, travail pouvant prendre de multiples formes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est cette organisation et quelles sont les m&#233;thodes que nous voulons faire pr&#233;valoir ? Nous voulons faire pr&#233;valoir l'organisation et les m&#233;thodes de travail bolcheviks. Du point de vue organisationnel le bolchevisme implique un centralisme rigoureux qui prend tout son sens dans le contr&#244;le politique SOUVERAIN du parti : structure organisationnelle que l'on a appel&#233;e le &#171; centralisme d&#233;mocratique &#187; . La structure centraliste du parti d&#233;coule des t&#226;ches qui incombent &#224; celui-ci &#224; l'&#233;poque imp&#233;rialiste : &#171; toute institution a sa structure naturellement et in&#233;vitablement d&#233;termin&#233;e par le contenu de son action &#187; (L&#233;nine, Que Faire ?). Le contenu de l'action r&#233;volutionnaire du parti est double : en tant que contenant le but socialiste, le parti repr&#233;sente une forme sup&#233;rieure d'association humaine, le concours effectif de tous dans l'&#233;laboration de la politique et de l'id&#233;ologie du parti. En tant qu'instrument de lutte contre la soci&#233;t&#233; capitaliste actuelle, le parti est adapt&#233; en vue de cette lutte, qui n'est pas possible sans l'organisation centraliste. Car nous vivons &#224; l'&#233;poque imp&#233;rialiste o&#249; une petite minorit&#233; de gros capitalistes concentrent entre leurs mains les moyens &#233;conomiques, techniques, politiques, culturels, etc... de peuples entiers, auxquels on ne peut opposer qu'une lutte prol&#233;tarienne rigoureusement centralis&#233;e. Une lutte prol&#233;tarienne rigoureusement centralis&#233;e implique un parti r&#233;volutionnaire rigoureusement centralis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le contr&#244;le d&#233;mocratique et la structure centralis&#233;e du parti d&#233;coulent de son contenu socialiste et r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conception bolcheviste a &#233;t&#233; consacr&#233;e par la victoire de la r&#233;volution d'Octobre 1917. Mais la d&#233;g&#233;n&#233;rescence de la r&#233;volution d'Octobre, a remis en question la conception m&#234;me du parti. Impuissants &#224; s'expliquer le stalinisme comme le produit de la marche r&#233;elle de la lutte de classes (qui a abouti &#224; une situation dans laquelle le prol&#233;tariat ayant pris le pouvoir et remplac&#233; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e par l'&#233;conomie planifi&#233;e est &#233;cart&#233; du pouvoir politique par une bureaucratie qui, tout en se maintenant sur la base des rapports &#233;tablis par la r&#233;volution, repr&#233;sente au point de vue politique, social, moral, etc... la n&#233;gation m&#234;me du bolchevisme), de nombreux &#171; critiques &#187; en viennent &#224; accuser le bolchevisme lui-m&#234;me comme non d&#233;mocratique, etc... et donc comme responsable du stalinisme. Mais aucun de ces critiques n'a r&#233;ussi &#224; inventer quelque chose de nouveau qui puisse emp&#234;cher le parti, qui est un moyen, de se briser dans l'accomplissement de sa t&#226;che, soit &#224; cause de son contenu mat&#233;riel et id&#233;ologique insuffisant (comme divers partis naissants de la III&#232;me Internationale), soit apr&#232;s l'&#233;puisement de ce contenu dans l'accomplissement de la t&#226;che r&#233;volutionnaire : tel fut le sort du parti bolchevik en Russie. Ces &#171; critiques &#187; ont d'ailleurs fini &#224; l'&#233;cart de la lutte r&#233;volutionnaire et sont revenus &#224; des conceptions bourgeoises. LES MEFAITS DU STALINISME NE PEUVENT PAS ETRE IMPUTES AU BOLCHEVISME, DONT IL N'EST PAS LA CONTINUATION, MAIS LA NEGATION.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mocratie n'est pas une panac&#233;e, c'est une forme dont le contenu peut varier. L'exp&#233;rience de la d&#233;mocratie bourgeoise nous montre d'abord qu'elle cache une dictature : celle du capital sur les exploit&#233;s. Le mod&#232;le de la d&#233;mocratie formelle reste cependant la social-d&#233;mocratie dans laquelle la d&#233;mocratie compl&#232;te (libert&#233; compl&#232;te de discussion) cachait en r&#233;alit&#233; la dictature politique d'un nombre restreint de politiciens sur les ouvriers social-d&#233;mocrates. Cela s'explique par le double contenu petit-bourgeois (la majorit&#233;) et prol&#233;tarien (la minorit&#233;) des partis social-d&#233;mocratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dictature de ces politiciens professionnels ne pouvait pas &#234;tre menac&#233;e par la libert&#233; de parole, etc..., tant que le parti &#233;tait divis&#233; par des int&#233;r&#234;ts de classes diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, la d&#233;mocratie r&#233;elle, vivante, s'&#233;tablit spontan&#233;ment entre des gens visant au m&#234;me but, porteurs d'une m&#234;me flamme. Elle se manifeste dans toutes les r&#233;volutions populaires. C'est dans ce sens que L&#233;nine affirme pour le parti : &#171; AVEC CES QUALITES (secret rigoureux, choix minutieux des membres, pr&#233;paration de r&#233;volutionnaires professionnels), nous aurons QUELQUE CHOSE DE PLUS QUE LA &#171; DEMOCRATIE &#187; : UNE CONFIANCE FRATERNELLE ENTRE REVOLUTIONNAIRES &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la d&#233;mocratie a donc deux aspects : d'une part, dans tout groupement renfermant des contradictions de classe, la d&#233;mocratie permet la libre expression des opinions de la minorit&#233;. La majorit&#233; peut la supprimer au nom des int&#233;r&#234;ts de classe qu'elle repr&#233;sente. Ainsi, quand la critique de la minorit&#233; r&#233;volutionnaire devint g&#234;nante pour la bureaucratie SFIO, elle chassa du parti cette minorit&#233;. Le sens r&#233;actionnaire de cette mesure r&#233;sulte non pas abstraitement de la suppression de la d&#233;mocratie pour les r&#233;volutionnaires, mais du fait qu'elle servait &#224; la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts de la petite bourgeoisie r&#233;formiste. Le parti bolchevik qui fut un des partis les plus d&#233;mocratiques qu'ait connu l'histoire, supprime lui aussi certains droits d&#233;mocratiques (droit de fraction, etc...) en l'ann&#233;e de p&#233;ril 1920. Cependant, dans ce cas, la suppression des droits &#171; d&#233;mocratiques &#187; fut une mesure r&#233;volutionnaire : il fallait, dans les conditions sp&#233;ciales d'alors, emp&#234;cher la pression des classes petites-bourgeoises de se manifester &#224; l'int&#233;rieur du parti bolchevik. D'autre part, dans un groupement ne renfermant pas de contradictions de classe et ayant un contenu r&#233;volutionnaire, la d&#233;mocratie n'est pas une simple libert&#233; de critiquer, de s'exprimer, c'est quelque chose d'infiniment plus, c'est une &#171; confiance fraternelle compl&#232;te entre r&#233;volutionnaires &#187; qui par les efforts conscients de chacun d&#233;termine la direction g&#233;n&#233;rale, c'est un m&#234;me effort opini&#226;tre pour rendre efficace le travail du parti, obtenir le meilleur rendement de la part de chaque membre, mettre chacun &#224; sa place (l'homme qu'il faut &#224; la place qu'il faut), redresser les fautes politiques, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'ill&#233;galit&#233;, le contr&#244;le d&#233;mocratique qui tend dans cette derni&#232;re direction, est beaucoup plus difficile que dans la l&#233;galit&#233;, mais il peut &#234;tre aussi efficace. Il s'agit avant tout de trouver les moyens les plus propres &#224; assurer un &#233;change s&#233;rieux de haut en bas et de bas en haut entre les membres de l'organisation. Le cloisonnement de l'ill&#233;galit&#233; trouble donc la d&#233;mocratie de l'organisation, c'est-&#224;-dire l'&#233;change politique et organisationnel facile et rapide entre tous les rouages du parti. Avec des avantages pour l'organisation (s&#233;lection plus rigoureuse des membres), l'ill&#233;galit&#233; comporte de graves d&#233;savantages pour le progr&#232;s politique de l'organisation. Dans ces conditions, c'est la pr&#233;paration s&#233;rieuse de chaque membre, la qualit&#233; r&#233;elle de la direction, qui peuvent rem&#233;dier partiellement &#224; cette situation. Si bien que dans un groupement r&#233;volutionnaire ayant un contenu de classe prol&#233;tarien, d&#233;mocratie implique centralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La condition la plus importante de l'instauration de la v&#233;ritable d&#233;mocratie, c'est la conscience socialiste &#233;lev&#233;e des responsables. Chaque responsable doit &#234;tre convaincu organiquement que sans la d&#233;mocratie, c'est-&#224;-dire sans la participation active de tous, non seulement au travail pratique mais &#233;galement &#224; l'&#233;laboration de la politique de l'organisation, il ne peut pas y avoir de parti r&#233;volutionnaire, donc de victoire du prol&#233;tariat sur la bourgeoisie. Seule la mobilisation totale de toutes les possibilit&#233;s politiques et pratiques que renferme chaque militant permet &#224; une petite organisation de se d&#233;velopper, &#224; une grande organisation de conqu&#233;rir des sympathisants, &#224; une organisation ayant des sympathisants d'influencer les masses, et &#224; une organisation avec sympathisants appuy&#233;e sur les masses de battre la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti n'est pas la simple somme de ses membres. Il est une qualit&#233; nouvelle et ce n'est que par les liens de parti que chaque membre s'&#233;l&#232;ve bien au-dessus de ses forces individuelles, devient un militant. Le militant est le produit &#224; la fois de sa propre activit&#233; individuelle et de celle encore plus importante, collective du parti. La subordination de toutes ses ressources morales, intellectuelles et mat&#233;rielles &#224; cette vie collective du parti est donc le devoir supr&#234;me du militant, en premier lieu vis-&#224;-vis de lui-m&#234;me. Le parti d'autre part, contrairement &#224; la mani&#232;re stalinienne, ne consid&#232;re pas ses membres comme des unit&#233;s sans importance, mais au contraire se retrouve dans chaque membre dans ce qu'il a de plus &#233;lev&#233; et de plus pr&#233;cieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan moral, la premi&#232;re exigence du bolchevisme est la rupture compl&#232;te de tous les liens avec la morale bourgeoise. On ne peut pas retenir les objections de ceux qui accusent le bolchevisme d'avoir produit l'amoralisme stalinien. La morale bourgeoise dans ses exigences les plus cach&#233;es est un des freins les plus puissants de la r&#233;volution prol&#233;tarienne. La morale du militant qui a rompu compl&#232;tement, radicalement, avec la morale bourgeoise, est r&#233;volutionnaire l&#224; o&#249; le parti est appuy&#233; sur le prol&#233;tariat, li&#233; au mouvement des masses, l&#224; o&#249; le contr&#244;le organisationnel et politique du parti sur les membres a comme condition le contr&#244;le du prol&#233;tariat sur le parti par la confiance que celui-ci lui accorde. Et cette morale r&#233;volutionnaire conf&#232;re au militant un comportement, une honn&#234;tet&#233; sans pareils dans la soci&#233;t&#233; bourgeoise. Cette morale n'est pas une base abstraite (des r&#232;gles sur ce qui est bien en g&#233;n&#233;ral, sur ce qui est mal en g&#233;n&#233;ral, ce qui est honn&#234;te, ce qui est malhonn&#234;te), elle a une base scientifique d&#233;duite, &#224; l'aide de la m&#233;thode marxiste, de la lutte de classes. Les crit&#232;res varient quand il s'agit d'ennemis directs, d'alli&#233;s temporaires ou du mouvement ouvrier. Le parti est d'autant plus sain que chacun de ses militants est plus instruit et pratiquement li&#233; aux masses. Seule l'organisation centraliste bolchevik permet l'&#233;ducation dirig&#233;e des membres qui rem&#233;die le plus aux in&#233;galit&#233;s culturelles et th&#233;oriques en rehaussant au maximum les capacit&#233;s culturelles et th&#233;oriques de chacun. Seule une organisation centraliste bolchevik permet le maximum d'efficacit&#233; dans le travail des membres vis-&#224;-vis des masses (transfert des membres sur le terrain le plus ad&#233;quat &#224; leurs capacit&#233;s de travail pratique, m&#233;lange d'ouvriers et d'intellectuels pour obtenir le maximum dans le travail).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne le professionnalisme des militants, celui-ci n'implique pas l'abandon de tout lien avec la production ou les diff&#233;rentes sph&#232;res d'activit&#233; sociale. A part une petite minorit&#233; s&#233;lectionn&#233;e, s&#251;re, qui sous le contr&#244;le du parti accomplit des t&#226;ches permanentes (politiques ou techniques), le parti doit &#234;tre li&#233; &#224; l'ensemble de la vie sociale. Le professionnalisme implique que chaque militant est &#224; l'enti&#232;re disposition du parti qui l'utilise comme il l'entend au mieux des int&#233;r&#234;ts de la classe, dans ou hors la production. Nous luttons pour la victoire de formes sociales plus &#233;lev&#233;es, socialistes, et le parti doit disposer du concours le plus large possible d'intellectuels, d'ing&#233;nieurs, d'administrateurs, etc... Dans ce sens il est li&#233; et t&#226;che de se lier en s'y cr&#233;ant des sympathisants, avec tous ces milieux. Mais le professionnel est membre du parti avant d'&#234;tre ing&#233;nieur, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, nous voulons d&#233;gager un type de r&#233;volutionnaire oppos&#233; au monde bourgeois et pour y r&#233;ussir, une discipline parfaite dans l'organisation est absolument n&#233;cessaire. Il faut tendre de plus en plus &#224; organiser le travail d'une fa&#231;on responsable et &#233;tablir des liens de travail politiques et organisationnels entre les militants. Tout notre effort d&#232;s le d&#233;but a &#233;t&#233; dans cette direction, le plus grand danger pour une organisation &#233;tant l'habitude de travailler en suivant les liens personnels (&#171; amiti&#233; &#187;, fa&#231;on de vivre, etc...) qui donne naissance &#224; des petits groupes ou cliques et non pas &#224; un ensemble de rapports r&#233;sultant du travail organisationnel pratique et th&#233;orique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour proc&#233;der &#224; la mise en place de tous les rouages, il est n&#233;cessaire de savoir quels sont les membres qui se sentent capables d'&#234;tre &#171; militants professionnels &#187;, soumis &#224; la discipline absolue de l'organisation et d&#233;terminant par leur vote le cours de notre travail. Ceux qui ne s'en sentent pas encore capables, c'est-&#224;-dire qui ne trouvent pas encore une base suffisante dans le pass&#233; et le pr&#233;sent de l'organisation, continueront &#224; militer comme jusqu'&#224; pr&#233;sent, mais ne pourront pas d&#233;terminer les voies politiques de notre organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne connaissons maintenant que les c&#244;t&#233;s difficiles et p&#233;nibles de cette vie, mais notre d&#233;veloppement et la lutte des masses transformeront cette situation de professionnel en privil&#232;ge en faisant appara&#238;tre tout ce qu'une telle vie contient de fort et de profond&#233;ment humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui caract&#233;rise le r&#233;volutionnaire, c'est qu'il n'attend de son activit&#233; qu'une seule r&#233;compense, c'est la reconnaissance t&#244;t ou tard que celle-ci a &#233;t&#233; conforme aux int&#233;r&#234;ts v&#233;ritables de l'humanit&#233;. C'est pourquoi il peut r&#233;sister &#224; toutes les &#233;preuves : s'il est relativement facile de donner sa vie d'un seul coup, il faut savoir aussi la donner peu &#224; peu dans la lutte opini&#226;tre que n&#233;cessite le renversement de la bourgeoisie. Ce type d'individu n'est pas rare. Le parti d&#233;gage ce sentiment de sacrifice total, de dignit&#233; et, si l'on veut de f&#233;licit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Extraits de &#171; Que faire ? &#187; de L&#233;nine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'exp&#233;rience r&#233;volutionnaire et l'habilet&#233; organisatrice sont choses qui s'acqui&#232;rent. Il suffit qu'on veuille d&#233;velopper en soi les qualit&#233;s n&#233;cessaires. Il suffit qu'on ait conscience de ses fautes, conscience qui en mati&#232;re r&#233;volutionnaire, &#233;quivaut &#224; une demi-r&#233;paration. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; ...Sans une &#171; dizaine &#187; de chefs de talent (les talents ne surgissent pas par centaines) &#233;prouv&#233;s et professionnellement pr&#233;par&#233;s et instruits par une longue pratique, bien d'accord entre eux, aucune classe de la soci&#233;t&#233; contemporaine ne peut mener la lutte &#187; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le seul principe s&#233;rieux d'organisation pour les militants de notre mouvement doit &#234;tre : secret rigoureux, choix minutieux des membres, pr&#233;paration de r&#233;volutionnaires professionnels. Avec ces qualit&#233;s, nous aurons quelque chose de plus que la &#171; d&#233;mocratie &#187; : une confiance fraternelle compl&#232;te entre r&#233;volutionnaires &#187; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On a vu se v&#233;rifier une fois de plus la bonne remarque de Parvus, qu'il est difficile de saisir un opportuniste avec une simple formule : il signera ais&#233;ment n'importe quelle formule et s'en d&#233;gagera non moins ais&#233;ment, car l'opportunisme consiste pr&#233;cis&#233;ment dans l'absence de tout principe d&#233;termin&#233; et ferme &#187; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/07/barta_rapp43.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/07/barta_rapp43.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A LA NOUVELLE VICTOIRE POLITIQUE DE L'IMPERIALISME ANGLO-SAXON :&lt;br class='autobr' /&gt;
LA DISSOLUTION DE LA TROISIEME INTERNATIONALE,&lt;br class='autobr' /&gt;
LE PROLETARIAT REPONDRA PAR LA LUTTE REVOLUTIONNAIRE&lt;br class='autobr' /&gt;
SOUS LE DRAPEAU DE LA QUATRIEME INTERNATIONALE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; la guerre imp&#233;rialiste mondiale entre dans sa phase d&#233;cisive, une &#034;nouvelle sensationnelle&#034; diffus&#233;e depuis 48 heures par toutes les radios et dans toute la presse du globe y compris les radios et la presse de l'URSS, remplit de stup&#233;faction et d'embarras les prol&#233;tariats de tous les pays : Staline dissout l'Internationale Communiste et recommande &#224; ses membres de subordonner leur action &#224; l'action des Gouvernements &#034;alli&#233;s&#034; dans la lutte contre Hitler !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tandis que la propagande de l'Axe s'empresse de qualifier la nouvelle de &#034;bluff&#034; et de &#034;man&#339;uvre grotesque&#034;, la propagande &#034;alli&#233;e&#034; exalte &#034;l'importance historique&#034; de l'&#233;v&#233;nement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DE QUOI DONC S'AGIT-IL ? PRESSION ET VICTOIRE DE L'IMPERIALISME ANGLO-AMERICAIN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Staline dissout l'Internationale de L&#233;nine c&#233;dant ainsi &#224; la pression de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain et anglais. La nouvelle de la dissolution du Komintern a &#233;t&#233; annonc&#233;e tout de suite apr&#232;s la visite du repr&#233;sentant de Roosevelt, Davies, &#224; Staline, et avant la fin des travaux de la conf&#233;rence politico-militaire des Anglo-Am&#233;ricains &#224; Washington.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre imp&#233;rialiste &#233;tant arriv&#233;e &#224; sa phase d&#233;cisive, et le rapport de forces des bellig&#233;rants s'&#233;tant profond&#233;ment modifi&#233; au cours de la derni&#232;re ann&#233;e en faveur du camp anglo-am&#233;ricain &#224; la suite des d&#233;faites de l'Axe en Russie, en Afrique et dans les airs, l'imp&#233;rialisme anglo-am&#233;ricain est aujourd'hui sur le point de fixer ses plans d&#233;finitifs pour la liquidation de la guerre. Mais avant d'agir sur le terrain militaire en Europe, ayant tir&#233; l'exp&#233;rience am&#232;re de la crise r&#233;volutionnaire qui a suivi la fin de la guerre de 14-18 et qui a menac&#233; jusqu'aux tr&#233;fonds l'&#233;difice capitaliste, il veut s'assurer d'avance la liquidation capitaliste et sans risques pour le r&#233;gime des classes poss&#233;dantes, de cette guerre. L'imp&#233;rialisme subordonne ainsi l'action militaire imm&#233;diate aux consid&#233;rations politiques qui visent &#224; cr&#233;er le climat n&#233;cessaire en Europe, dans lequel aucune crise r&#233;volutionnaire s&#233;rieuse ne serait possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cette raison que l'imp&#233;rialisme anglo-am&#233;ricain neutralise d'abord la III&#232;me Internationale qui, malgr&#233; sa d&#233;g&#233;n&#233;rescence bureaucratique croissante pendant toutes ces derni&#232;res ann&#233;es, repr&#233;sentait encore gr&#226;ce &#224; ses traditions et sa liaison avec l'URSS un cadre dans lequel se canalisait l'activit&#233; r&#233;volutionnaire spontan&#233;e des masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POURQUOI STALINE CEDE-T-IL ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Staline a c&#233;d&#233; &#224; la pression des imp&#233;rialistes &#034;alli&#233;s&#034; parce que, malgr&#233; les derni&#232;res victoires de l'Arm&#233;e Rouge, malgr&#233; la d&#233;faite en perspective de l'Axe, l'URSS est sur le plan mondial plus faible que jamais. Faible d'abord parce que la guerre a consomm&#233; et d&#233;truit une masse &#233;norme de richesses naturelles du pays, de r&#233;alisations techniques, de mat&#233;riel et d'hommes. Faible ensuite parce que la force principale de l'URSS en tant que pays qui voulait &#233;riger une soci&#233;t&#233; socialiste bas&#233;e sur un syst&#232;me d'&#233;conomie planifi&#233;e et sans les entraves du r&#233;gime capitaliste de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, r&#233;side dans le soutien actif du prol&#233;tariat mondial, dans le progr&#232;s de son mouvement r&#233;volutionnaire et dans l'&#233;largissement de la r&#233;volution socialiste commenc&#233;e il y a 25 ans en URSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ni mat&#233;riellement en fait, ni politiquement, l'URSS ne pouvait soutenir longtemps la lutte avec son entourage capitaliste. Mais le mouvement r&#233;volutionnaire sous la direction stalinienne n'a accumul&#233; jusqu'&#224; maintenant que des d&#233;faites, qui ont rendu la situation de l'URSS &#224; la longue, et surtout pendant la guerre actuelle, extr&#234;mement pr&#233;caire et &#224; la merci des pressions et des chantages de l'imp&#233;rialisme mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MAIS S'IL NE S'AGIT QUE D'UNE MAN&#338;UVRE ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La propagande de l'Axe qui par le succ&#232;s politique de l'imp&#233;rialisme anglo-saxon a perdu un atout d'argumentation en faveur de la croisade &#034;anti-communiste&#034;, d&#233;nonce la liquidation du Komintern comme une &#034;man&#339;uvre&#034;, et les bureaucrates qui dirigent les partis communistes, embarrass&#233;s par l'ampleur et la vitesse de la d&#233;cision du Kremlin, ne tarderont pas de donner aux ouvriers la m&#234;me explication facile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est une s&#233;rie de telles man&#339;uvres qui pendant toutes ces derni&#232;res ann&#233;es ont amen&#233; la liquidation pratique du mouvement communiste, et dont l'aboutissement n&#233;cessaire est la liquidation aussi du Komintern. C'est la &#034;man&#339;uvre&#034; du Front Populaire qui a &#233;limin&#233; de la sc&#232;ne politique la physionomie ind&#233;pendante des partis communistes et qui a favoris&#233; ainsi la pr&#233;paration id&#233;ologique de la guerre par la &#034;sainte alliance&#034; des partis bourgeois et &#034;ouvriers&#034;. C'est la &#034;man&#339;uvre&#034; de la subordination du mouvement ouvrier pendant la pr&#233;sente guerre aux mouvements bourgeois nationaux des diff&#233;rents De Gaulle et Giraud dans les camps des pays &#034;alli&#233;s&#034; qui fait &#233;voluer jusqu'&#224; maintenant la guerre selon les d&#233;sirs de l'imp&#233;rialisme mondial et qui pr&#233;pare sa victoire accompagn&#233;e de l'&#233;touffement de toute crise r&#233;volutionnaire et de l'&#233;crasement de ce qui reste encore vivant de la r&#233;volution d'Octobre en URSS. Ce n'est pas la bourgeoisie qui a &#233;t&#233; tromp&#233;e par ces &#034;man&#339;uvres&#034;, c'est le prol&#233;tariat au contraire qui a servi d'instrument docile aux buts r&#233;actionnaires. Il n'y a que des bureaucrates pourris, des coquins ou des imb&#233;ciles qui peuvent faire vanter au prol&#233;tariat les avantages d'une &#034;ing&#233;nieuse&#034; politique de man&#339;uvre et lui d&#233;former ainsi son crit&#232;re de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique prol&#233;tarienne, pour qu'elle soit vraiment r&#233;volutionnaire, c'est-&#224;-dire pour qu'elle fasse avancer la conscience, l'&#233;ducation politique et l'organisation des masses laborieuses, doit &#234;tre telle qu'elle a toujours &#233;t&#233; d&#233;finie par Marx, par L&#233;nine et par Trotsky : franche, audacieuse, avec son propre drapeau, expliquant toujours ce qui est et ce qu'elle veut, au lieu de s'adapter mis&#233;rablement aux dispositions de telle ou telle bourgeoisie &#034;amie&#034; ou &#034;alli&#233;e&#034; de l'URSS. Parce que c'est pr&#233;cis&#233;ment la politique ext&#233;rieure de l'URSS qui conditionne et qui explique toute la politique opportuniste des partis communistes pendant les derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La III&#232;me Internationale &#233;tait devenue aux mains de la bureaucratie stalinienne un simple accessoire de sa politique ext&#233;rieure, qui au lieu d'&#234;tre appuy&#233;e sur l'action r&#233;volutionnaire des masses, les seuls alli&#233;s naturels de l'URSS, a &#233;t&#233; orient&#233;e exclusivement dans la voie des &#034;combines&#034; et des &#034;man&#339;uvres&#034; avec les diff&#233;rents pays imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la bande de bureaucrates qui d'une main aussi l&#233;g&#232;re, sur un geste des ma&#238;tres du Kremlin, dissout maintenant en pleine guerre imp&#233;rialiste l'organisation supr&#234;me du prol&#233;tariat mondial, montre pour une derni&#232;re fois le mis&#233;rable sort que le stalinisme a r&#233;serv&#233; &#224; l'Internationale de L&#233;nine : devenir un simple moyen de marchandage avec les bandits imp&#233;rialistes internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA CONCESSION DE STALINE NE SERA PAS LA DERNIERE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus on prive le prol&#233;tariat de ses armes id&#233;ologiques et organisationnelles pour sa lutte de classe contre la bourgeoisie, plus la position internationale de cette derni&#232;re se renforce et plus elle devient insatiable et agressive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La liquidation du Komintern par Staline ne peut pas &#234;tre la derni&#232;re de ses concessions &#224; l'imp&#233;rialisme arm&#233; des &#034;alli&#233;s&#034;. Sur la voie d'une d&#233;sorganisation et d'une passivit&#233; progressive du prol&#233;tariat mondial, l'existence de l'URSS avec tout ce qui reste encore debout de la R&#233;volution d'octobre dans ce pays, nationalisation de la propri&#233;t&#233;, &#233;conomie planifi&#233;e, commerce ext&#233;rieur &#233;tatis&#233;, ne pourra pas subsister encore pour longtemps. Le rapport des forces changera chaque jour davantage en faveur du capitalisme, aussi bien &#224; l'int&#233;rieur de l'URSS que sur l'&#233;chelle mondiale et provoquera l'effondrement brusque de toutes les conqu&#234;tes socialistes qui subsistent encore en URSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme international, d'accord avec les tendances r&#233;actionnaires renforc&#233;es dans certains milieux de la bureaucratie sovi&#233;tique, exercera pendant cette guerre tout son pouvoir pour arracher d'autres concessions substantielles dans le domaine de l'&#233;conomie planifi&#233;e de l'URSS pour la ramener finalement dans le cycle de l'&#233;conomie anarchique du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SURPRISE ? NON, SUITE LOGIQUE DE TOUTE LA POLITIQUE STALINIENNE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous marxistes, nourris de la pens&#233;e et de l'&#339;uvre pratique de Marx, de L&#233;nine, de Trotsky, un fait est l'aboutissement n&#233;cessaire de son &#233;volution ant&#233;rieure. Que Staline dissolve le Komintern, arme supr&#234;me du prol&#233;tariat combattant, &#224; la veille de la phase d&#233;cisive de la guerre imp&#233;rialiste mondiale, ne nous surprend pas. Il y a en fait 15 ans que nous avons commenc&#233; &#224; prouver aux militants de l'avant-garde r&#233;volutionnaire que la politique stalinienne conduisait pratiquement &#224; la liquidation du mouvement communiste. Et il y a plus de 9 ans qu'ayant tir&#233; de l'exp&#233;rience pratique la certitude qu'aucune r&#233;forme ne serait plus possible &#224; l'int&#233;rieur de la III&#232;me Internationale, nous avons proclam&#233; devant le prol&#233;tariat mondial, dans la mesure de nos forces, la n&#233;cessit&#233; historique de la IV&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne verserons pas de larmes inutiles devant la d&#233;pouille de celle qui fut jadis l'Internationale h&#233;ro&#239;que de L&#233;nine et de Trotsky. Nous ne perdrons pas non plus notre courage devant les difficult&#233;s immenses de notre &#339;uvre et notre foi in&#233;branlable dans la justice prol&#233;tarienne et le triomphe certain de notre cause. Nous savons avec Marx que les succ&#232;s faciles ne sont pas propres &#224; la r&#233;volution prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons au contraire que &#034;les r&#233;volutions prol&#233;tariennes se critiquent elles-m&#234;mes constamment, interrompent &#224; chaque instant leur propre cours, reviennent sur ce qui semble d&#233;j&#224; &#234;tre accompli, pour le recommencer &#224; nouveau, raillent impitoyablement les h&#233;sitations, les faiblesses et les mis&#232;res de leurs premi&#232;res tentatives, paraissent n'abattre leur adversaire que pour lui permettre de puiser de nouvelles forces de la terre et se redresser &#224; nouveau formidable en face d'elles, reculent constamment &#224; nouveau devant l'immensit&#233; infinie de leurs propres buts, jusqu'&#224; ce que soit enfin cr&#233;&#233;e la situation qui rende impossible tout retour en arri&#232;re, et que les circonstances elles-m&#234;mes crient : ...c'est ici qu'il faut sauter !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prol&#233;taires ! Camarades !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laissons les morts enterrer leurs morts. Aussi p&#233;nible que cela puisse &#234;tre pour des milliers d'entre vous de constater que l'Internationale sous le drapeau de laquelle d'innombrables militants de notre cause ont trouv&#233; la mort et ont souffert dans les ge&#244;les de la bourgeoisie les pires martyrs moyen&#226;geux, vous abandonne au moment le plus critique de la lutte contre l'imp&#233;rialisme qui, une fois de plus, a plong&#233; l'humanit&#233; enti&#232;re dans une mer immense de sang, de d&#233;tresse et de souffrance, ne vous d&#233;couragez pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme europ&#233;en sortira de cette guerre mortellement affaibli. Dans une s&#233;rie de pays tels que l'Allemagne, l'Italie, la Roumanie, etc... l'effondrement risque d'&#234;tre total et le chaos &#233;conomique et politique indescriptible. Dans les autres pays la guerre n'a pas fait moins de ravages et le d&#233;sordre g&#233;n&#233;ral qui accompagnera sa fin provoquera des explosions gigantesques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#232;re de guerres civiles et de r&#233;volutions commencera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la d&#233;sorganisation et la confusion dans les rangs des r&#233;volutionnaires peuvent permettre de nouveau une stabilisation &#233;ph&#233;m&#232;re du capitalisme. Dans ce cas la mis&#232;re atroce et l'esclavage politique seraient pour une certaine p&#233;riode notre sort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme europ&#233;en ne peut en fait se survivre apr&#232;s cette guerre qu'en rabaissant le niveau de vie &#224; ses extr&#234;mes limites et en instaurant un ordre politique dictatorial. Crises &#233;conomiques plus longues et plus profondes que toutes celles que nous avons jusqu'&#224; maintenant connues, ch&#244;mage massif et permanent, salaires bas, vie ch&#232;re, esclavage politique, voil&#224; les perspectives d'apr&#232;s&#173;guerre si nous accordons au capitalisme encore un d&#233;lai d'existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Forgeons d&#232;s maintenant dans la lutte nos armes nouvelles : les nouveaux partis r&#233;volutionnaires, la nouvelle Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la pens&#233;e de Marx, de L&#233;nine et de Trotsky soit notre guide et notre drapeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POUR LE TRIOMPHE DE LA REVOLUTION SOCIALISTE MONDIALE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POUR LES ETATS-UNIS SOCIALISTES D'EUROPE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le gouvernement r&#233;volutionnaire des Comit&#233;s ouvriers et paysans !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la d&#233;fense des conqu&#234;tes socialistes de l'URSS contre les nouveaux assauts de l'imp&#233;rialisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la paix, le pain et la libert&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VIVE LA QUATRIEME INTERNATIONALE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/05/ldc13s_052443.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/05/ldc13s_052443.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; APPEL AUX OUVRIERS COMMUNISTES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En pleine guerre imp&#233;rialiste et sous la pression des capitalistes de Londres et de Washington, Staline, qui depuis longtemps avait transform&#233; la III&#232;me Internationale d'instrument de la r&#233;volution mondiale socialiste en objet de marchandages diplomatiques, d&#233;savoue l'Internationale elle-m&#234;me en tant qu'instrument d'&#233;mancipation de l'humanit&#233; de la guerre et de l'oppression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grande est la joie dans le camp de l'imp&#233;rialisme &#034;d&#233;mocratique&#034; qui proclame la faillite de l'internationalisme prol&#233;tarien et exalte la patrie &#034;&#233;ternelle&#034; (capitaliste). Et Staline s'empresse de d&#233;clarer au correspondant de l'agence Reuter &#224; Moscou que la &#034;dissolution de l'Internationale... pr&#233;pare les voies pour l'association des peuples bas&#233;e sur l'&#233;galit&#233;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mensonges impudents que les pr&#233;tention des imp&#233;rialistes &#034;d&#233;mocratiques&#034; et de leur valet Staline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel est l'ouvrier qui ne sache pas que l'Internationale a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e pr&#233;cis&#233;ment non seulement pour l'&#233;mancipation du prol&#233;tariat de la bourgeoisie, mais aussi, en vue de cette &#233;mancipation, pour r&#233;aliser l'&#233;galit&#233; entre toutes les nations ? Quel est le militant communiste qui ne sache pas que le fondement du l&#233;ninisme c'est pr&#233;cis&#233;ment l'incompatibilit&#233; du capitalisme actuel (le capitalisme imp&#233;rialiste des monopoles) avec une &#034;association des peuples bas&#233;s sur l'&#233;galit&#233;&#034; ? La guerre imp&#233;rialiste de 14-18 et la pr&#233;sente guerre imp&#233;rialiste n'ont-elles pas d&#233;montr&#233; pratiquement cette incompatibilit&#233; ? La victoire d'un camp imp&#233;rialiste sur l'autre (victoire alli&#233;e en 1918, victoire de Hitler en 1940) peut-elle &#234;tre autre chose qu'une exploitation renforc&#233;e du prol&#233;tariat et une oppression des nations les plus faibles par la bourgeoisie des pays imp&#233;rialistes les plus forts ? Toute notre lutte jusqu'&#224; maintenant n'a-t-elle pas &#233;t&#233; pr&#233;cis&#233;ment de d&#233;montrer que seul l'internationalisme prol&#233;tarien dont l'instrument est l'Internationale peut permettre &#224; chaque exploit&#233; d'avoir r&#233;ellement une patrie &#224; lui ? Que la patrie o&#249; l'ouvrier est exploit&#233; par le capital et o&#249; il peut crever de faim, c'est la patrie du capitaliste et non la sienne propre ? Que la seule base de l'union fraternelle des peuples ce sont les Etats-Unis socialistes d'Europe et du Monde et non pas des &#034;patries&#034; capitalistes isol&#233;es et ennemies ? En dissolvant la III&#232;me Internationale soi-disant pour d&#233;montrer que le &#034;bolch&#233;visme&#034; ne s'immisce pas dans les affaires des nations, Staline ne passe-t-il pas ainsi dans le camp des calomniateurs de l'internationalisme prol&#233;tarien ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les brigands imp&#233;rialistes chantent trop t&#244;t victoire. Comme aux si&#232;cles pass&#233;s la monarchie, de nos jours l'internationalisme ne meurt jamais, car la lutte de classes ne s'arr&#234;te jamais. A LA III&#232;me INTERNATIONALE MORTE SUCCEDE LA IV&#232;me INTERNATIONALE .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du sein m&#234;me de la III&#232;me Internationale, en s'opposant &#224; la direction officielle dans toutes les questions o&#249; celle-ci s'&#233;loignait des int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re, est n&#233;e depuis 1924 le courant internationaliste qui constitua en 1928 l'Opposition communiste de gauche (&#034;trotskyste&#034;). Quand en 1933 la faillite de la III&#232;me Internationale sous la direction de Staline devint &#233;vidente par la catastrophe allemande, l'opposition de gauche proclama la n&#233;cessit&#233; de la cr&#233;ation de la nouvelle Internationale, la Quatri&#232;me. Car la lutte de classe, base de la soci&#233;t&#233; capitaliste, rend n&#233;cessaire &#224; chaque instant au prol&#233;tariat l'existence d'un Parti prol&#233;tarien sans lequel ses luttes sont vou&#233;es &#224; l'&#233;chec. La IV&#232;me Internationale ne fait que continuer les v&#233;ritables traditions de la III&#232;me Internationale du vivant de L&#233;nine. Sa base politique est constitu&#233;e par les Th&#232;ses et les R&#233;solutions des quatre premiers Congr&#232;s de l'I.C.(1919-20-21-22). Que chaque communiste digne de ce nom &#233;tudie ces th&#232;ses et les compare avec les bases programmatiques de la IV&#232;me Internationale ; il deviendra alors &#233;vident que celle-ci continue celle-l&#224;, que depuis 1933 la IV&#232;me Internationale repr&#233;sente la continuit&#233; r&#233;volutionnaire de la lutte de classes et que le communisme &#224; jamais vivant aux c&#339;urs des exploit&#233;s poss&#232;de contre la bourgeoisie le drapeau sans t&#226;che aucune de l'Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par leur concert de man&#339;uvres, de marchandages et de com&#233;dies diplomatiques sur le dos des peuples, les imp&#233;rialismes anglais, am&#233;ricain, allemand, italien et la bureaucratie conservatrice sovi&#233;tique, essaient d'emp&#234;cher que la voix de la IV&#232;me Internationale arrive aux ouvriers et aux opprim&#233;s de tous les pays. Car la IV&#232;me Internationale est la n&#233;gation m&#234;me de ces pratiques issues de la soci&#233;t&#233; de classe, elle lutte pour le renversement du vieux monde pourri et pour l'av&#232;nement de la nouvelle soci&#233;t&#233; socialiste, sans diplomatie, sans marchandages, et sans les &#034;com&#233;dies&#034; sanglantes de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si au cours m&#234;me de cette guerre le prol&#233;tariat n'intervient pas lui-m&#234;me dans la lutte avec ses buts et son v&#233;ritable drapeau, le drapeau du communisme, alors l'imp&#233;rialisme ira plus loin dans son &#339;uvre contre-r&#233;volutionnaire et contraindra la bureaucratie de mettre fin &#233;galement &#224; l'&#233;conomie planifi&#233;e de l'URSS, d&#233;truisant ainsi l'&#339;uvre fondamentale de la r&#233;volution d'Octobre 17.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le devoir vis-&#224;-vis de la classe ouvri&#232;re est le devoir supr&#234;me de tout militant ouvrier. Quand il devient &#233;vident que la Parti auquel on &#233;tait attach&#233; par toutes ses fibres et auquel on &#233;tait pr&#234;t &#224; sacrifier &#224; chaque instant sa vie renonce aux buts permanents de la classe ouvri&#232;re (sous quelque pr&#233;texte que ce soit), alors on ne peut plus continuer &#224; fermer les yeux, &#224; s'endormir avec des &#034;raisonnements&#034;. Il faut imm&#233;diatement tirer la conclusion pratique fondamentale : la rupture avec l'opportunisme, pour l'orientation imm&#233;diate vers la recherche th&#233;orique et pratique d'un milieu r&#233;volutionnaire nouveau, sous peine de trahir le prol&#233;tariat, sous peine de trahir sa propre vie de communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous disions en novembre 1940 : tout militant honn&#234;te qui ne veut pas rester impuissant devant la guerre et le fascisme (dont les m&#233;thodes se sont &#233;tendues &#224; tous les pays capitalistes), doit adopter les principes th&#233;oriques de la IV&#232;me Internationale, h&#233;riti&#232;re des meilleures traditions r&#233;volutionnaires des trois pr&#233;c&#233;dentes Internationales. Nous disions aussi qu'il y aurait en France un Parti r&#233;volutionnaire seulement quand des centaines et des milliers d'entre vous prendront conscience du r&#244;le politique du stalinisme et deviendront les champions de la nouvelle Internationale. La III&#232;me Internationale est morte depuis longtemps. Le d&#233;saveu formel de Staline sous la pression de l'imp&#233;rialisme est le dernier coup donn&#233; aux masses de tous les pays pour lesquelles la III&#232;me Internationale restait encore le symbole de la solidarit&#233; des ouvriers de tous les pays. Reconstruisons ensemble le v&#233;ritable Parti prol&#233;tarien, qui bannissant de son sein le r&#233;formisme et le stalinisme, sera le guide r&#233;volutionnaire de la classe ouvri&#232;re. R&#233;veillons d'abord sur le terrain de l'usine l'activit&#233; des meilleurs &#233;l&#233;ments de la classe ouvri&#232;re en vue de l'organisation de celle-ci pour les luttes qui approchent, luttes qui secoueront de fond en comble le vieil &#233;difice capitaliste et qui, en r&#233;veillant la classe ouvri&#232;re &#224; une activit&#233; r&#233;volutionnaire nouvelle, balaieront de la sc&#232;ne politique les &#233;l&#233;ments pourris de ce qui reste de la II&#232;me et de la III&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avant pour le nouveau parti r&#233;volutionnaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vivent les Etats-Unis socialistes d'Europe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vive la Quatri&#232;me Internationale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1er Juin 1943&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Groupe Communiste (IV&#232;me Internationale)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/06/ldc13_060143.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/06/ldc13_060143.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE VRAI VISAGE DU &#034;COMITE FRANCAIS DE LIBERATION NATIONALE&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s de longs et p&#233;nibles marchandages, qui ont dur&#233; plus de six mois, les &#233;migr&#233;s gaullistes &#224; Londres et les g&#233;n&#233;raux de la d&#233;faite et du syst&#232;me vichyssois en Afrique du Nord sont arriv&#233;s &#224; un compromis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Giraud et son &#233;quipe parmi laquelle on comptait jusqu'hier encore en service actif les Peyrouton, les Nogu&#232;s, les Boisson, les Pucheu, etc... repr&#233;sentent sur le terrain politique la tendance la plus r&#233;actionnaire de la bourgeoisie fran&#231;aise de la M&#233;tropole et des colonies. La fraction Giraudiste par son pass&#233; et sa mentalit&#233; est enti&#232;rement dans la ligne de la politique de la &#034;r&#233;volution nationale&#034; vichyssoise, avec laquelle par ailleurs elle n'a rompu qu'au moment o&#249; l'&#233;volution de la guerre mettait toutes les chances du c&#244;t&#233; de l'imp&#233;rialisme anglo-saxon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fraction gaulliste repr&#233;sente l'autre c&#244;t&#233; de la m&#233;daille, la tendance &#034;d&#233;mocratique&#034; de la bourgeoisie fran&#231;aise, qui tente de gagner la guerre et la paix capitalistes en faisant &#034;miroiter&#034; aux masses laborieuses de France la r&#233;surrection de feu la III&#232;me R&#233;publique sur une base constitutionnelle et parlementaire. Elle est la fraction politique du capitalisme fran&#231;ais la plus habile, la plus d&#233;magogique et par cons&#233;quent la plus dangereuse. Ayant exploit&#233; &#224; fond les sentiments d'indignation, de col&#232;re et le d&#233;sir ardent de libert&#233; suscit&#233;s par l'occupation brutale du pays qui souffre et qui saigne sous la botte de l'imp&#233;rialisme allemand, le &#034;Gaullisme&#034; veut regrouper les classes laborieuses fran&#231;aises, en d&#233;guisant sa physionomie capitaliste sous le masque trompeur du &#034;lib&#233;rateur national&#034;. Il est devenu ainsi, gr&#226;ce surtout &#224; la complicit&#233; criminelle des dirigeants staliniens, le principal courant politique en France qui cherche &#224; substituer &#224; la lutte de classes l'&#034;union sacr&#233;e&#034; contre l'ennemi ext&#233;rieur : les &#034;Boches&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Gaulle, dans ses pourparlers avec Giraud, se montra plusieurs fois intransigeant, sachant bien les sentiments qui animent les classes laborieuses de France envers les g&#233;n&#233;raux et les politiciens qui jusqu'&#224; hier d&#233;fendaient en Afrique du Nord la politique r&#233;actionnaire de Vichy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La composition d&#233;finitive du &#034;Comit&#233; fran&#231;ais de lib&#233;ration nationale&#034; et les remplacements qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; et suivi sa constitution (renvoi de Peyrouton, Nogu&#232;s, etc...) marquent dans les cadres du compromis une premi&#232;re victoire gaulliste. Pour qu'elle soit cependant compl&#232;te, elle doit &#234;tre couronn&#233;e par la main-mise gaulliste sur l'arm&#233;e en Afrique du Nord qui constitue pour le moment la force essentielle de la fraction Giraudiste, et qui tranchera aussi en d&#233;finitif la question de l'influence politique pr&#233;pond&#233;rante. En tout cas, les n&#233;cessit&#233;s impos&#233;es par la guerre, emp&#234;cheront tr&#232;s probablement une aggravation de la crise et maintiendront l'&#233;quilibre &#233;tabli sur la base du compromis entre les deux g&#233;n&#233;raux. Par ailleurs, la pression de l'imp&#233;rialisme anglo-saxon s'exerce dans la m&#234;me direction actuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les patriotes g&#233;n&#233;raux et politiciens de Londres et de l'Afrique du Nord multiplient leurs appels, leurs promesses et leurs encouragements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patientons, &#034;ils&#034; viendront bient&#244;t. Mais c'est la partie du capitalisme fran&#231;ais li&#233;e &#233;conomiquement avec l'imp&#233;rialisme anglo-saxon qui se pr&#233;pare &#224; venir, et c'est pour restaurer l'ordre bourgeois d'avant-guerre sur une base mat&#233;rielle et politique infiniment plus restreinte pour les prol&#233;taires de France. Derri&#232;re le drapeau national du &#034;Comit&#233;&#034; fran&#231;ais , derri&#232;re son arm&#233;e et les arm&#233;es &#034;alli&#233;es&#034; de l'imp&#233;rialisme anglo-saxon, viendra la capitalisme et seulement le capitalisme, fr&#232;re siamois du r&#233;gime social de Vichy. Les prol&#233;taires de France, comme par ailleurs les prol&#233;taires de tout le continent, ne changeront que de ma&#238;tres par l'arriv&#233;e des &#034;alli&#233;s&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les prol&#233;taires et les couches pauvres de paysans et de petits-bourgeois des villes aspirent &#224; un changement radical de la situation, qui devient de plus en plus intenable sous le r&#233;gime capitaliste. Mais r&#234;ver le retour de la &#034;belle vie&#034; de jadis avec les Daladier, les Blum, les Herriot, et les autres marionnettes &#034;d&#233;mocratiques&#034; du capitalisme fran&#231;ais qui se sont vant&#233;s &#224; Riom d'avoir bris&#233; le mouvement prol&#233;tarien de 34 &#224; 1939 et qui ont pr&#233;par&#233; la guerre, c'est oublier que la situation d'aujourd'hui est le r&#233;sultat de toute la politique du capitalisme fran&#231;ais sous la III&#232;me R&#233;publique. Le retour aux m&#234;me conditions, que nous promet maintenant le &#034;Comit&#233; fran&#231;ais de lib&#233;ration nationale&#034;, signifiera le retour aux m&#234;mes causes organiques qui, &#224; travers une attaque frontale du capitalisme contre les positions &#233;conomiques et politiques du prol&#233;tariat fran&#231;ais ont provoqu&#233; la pr&#233;sente guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La volont&#233; des masses est autre, DOIT &#234;tre autre : faire la R&#233;volution socialiste, qui est la seule solution radicale, la seule issue, la seule chance de salut pour le prol&#233;tariat et les autres couches exploit&#233;es du pays. Face aux pr&#233;paratifs f&#233;briles des g&#233;n&#233;raux et politiciens au service de l'imp&#233;rialisme, qui oppriment l'Afrique du Nord et s'en font un tremplin pour r&#233;tablir la position privil&#233;gi&#233;e du capitalisme fran&#231;ais face au drapeau tricolore des exploiteurs, le prol&#233;tariat activera sa lutte de classe et S'APPRETERA A HISSER SON DRAPEAU ROUGE DE LA REVOLUTION SOCIALISTE. En tendant la main aux ouvriers d'Allemagne, d'Italie et des Balkans, les ouvriers fran&#231;ais lib&#233;reront d'un seul coup le pays de ses ennemis capitalistes int&#233;rieurs et ext&#233;rieurs, en &#233;difiant en commun l'ordre socialiste bas&#233; sur l'union fraternelle des peuples du continent, LES ETATS-UNIS SOCIALISTES D'EUROPE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/06/ldc14_061343.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/06/ldc14_061343.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CONTRE LA GUERRE IMPERIALISTE, VIVE LA GUERRE CIVILE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nouvelles op&#233;rations entam&#233;es par l'imp&#233;rialisme allemand &#224; l'Est et le d&#233;barquement des imp&#233;rialistes alli&#233;s en Sicile, &#233;treignent &#224; nouveau l'Europe dans un &#233;tau de feu et de sang. Que d'&#233;preuves ont d&#251; subir les masses prol&#233;tariennes et les peuples europ&#233;ens depuis 1939, pour que la perspective d'une Europe &#224; nouveau champ de bataille, puisse leur appara&#238;tre comme l'unique solution, comme une perspective de &#034;lib&#233;ration&#034;. Combien grands ont &#233;t&#233; les crimes de l'imp&#233;rialisme allemand, soutenu par les bourgeoisies des pays occup&#233;s, pour que les masses d&#233;sesp&#233;r&#233;es, tromp&#233;es par les agents imp&#233;rialistes alli&#233;s (et par les partis &#034;communistes&#034;), se r&#233;signent &#224; une telle perspective de &#034;lib&#233;ration&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si tout se passait suivant le programme des imp&#233;rialistes alli&#233;s, m&#234;me si toutes leurs entreprises contre l'imp&#233;rialisme allemand r&#233;ussissaient, un sort terrible attend le prol&#233;tariat et les masses populaires d'Europe. Nous ne pouvons nous attendre &#224; un effondrement brusque des arm&#233;es de l'imp&#233;rialisme allemand, tant que les soldats allemands seront entre l'enclume hitl&#233;rienne et le marteau alli&#233;. Sans perspective de r&#233;volution prol&#233;tarienne qui leur donnerait l'appui des masses prol&#233;tariennes d'Europe contre leur propre bourgeoisie allemande, ils seront oblig&#233;s de tenir bon, tant qu'ils auront &#224; leur disposition les ressources accumul&#233;es par l'imp&#233;rialisme allemand pendant la p&#233;riode de succ&#232;s de 1936 &#224; 1942. La &#034;d&#233;livrance&#034; imp&#233;rialiste de l'Europe n&#233;cessitera une lutte longue, acharn&#233;e et provoquerait les m&#234;mes destructions et les m&#234;mes d&#233;serts que la guerre en a provoqu&#233; en URSS. Les villes de France et d'Europe subiront, comme en Italie et en Allemagne, des bombardements toujours plus destructeurs. En serons-nous consol&#233;s si Radio-Londres nous explique que &#034;mourir sous les bombes alli&#233;es, c'est la plus belle de toutes les morts&#034; ? Accompagn&#233;e sur les arri&#232;res par de v&#233;ritables guerres civiles entre les partisans arm&#233;s de l'imp&#233;rialisme allemand, appuy&#233;s sur l'Etat collaborationniste respectif, et les partisans arm&#233;s de la &#034;lib&#233;ration&#034;, la guerre n'&#233;pargnera aux masses civiles aucune des souffrances que la guerre imp&#233;rialiste inflige sur les champs de bataille aux combattants. En un mot, les imp&#233;rialistes qui nous apportent le m&#234;me joug que nous fait subir l'imp&#233;rialisme allemand uni aux capitalistes fran&#231;ais ne peuvent le faire que par notre aide d&#233;cisive, que par le sang que nous aurons vers&#233; pour eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les perspectives mirobolantes des alli&#233;s pour &#034;apr&#232;s la victoire&#034; sont illustr&#233;es on ne peut mieux par l'entente Giraud-Roosevelt en vertu de laquelle Roosevelt s'engage &#224; armer 300.000 soldats de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais &#224; condition que cette arm&#233;e continue &#224; se battre pour la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts imp&#233;rialistes en Extr&#234;me-Orient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comprenant que les alli&#233;s ne repr&#233;sentent pas un moindre mal, le prol&#233;tariat peut renverser la situation et transformer le lent &#233;tranglement des masses par la guerre imp&#233;rialiste, en une lutte pour des objectifs propres, prol&#233;tariens, en une lutte pour la r&#233;volution socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le tumulte des &#233;v&#233;nements militaires qui viennent il est d&#233;cisif pour l'issue du conflit et pour le sort des peuples que le prol&#233;tariat garde une conscience de classe et qu'il intervienne dans la lutte sous son propre drapeau. Il doit opposer aux diff&#233;rents drapeaux des exploiteurs (le drapeau &#224; la croix gamm&#233;e, le drapeau tricolore, etc...) le drapeau des exploit&#233;s du monde entier, LE DRAPEAU ROUGE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les ouvriers se laissent guider dans les mois qui viennent par la pens&#233;e socialiste, ils peuvent trouver des armes et des alli&#233;s chez le soldat rev&#234;tu de l'uniforme allemand, qui, &#224; une certaine &#233;tape des hostilit&#233;s, se trouvera forc&#233;ment en lutte directe contre son propre &#233;tat-major imp&#233;rialiste, contre ses propres officiers. Il ne faut plus que, comme en juin 1940, les ouvriers restent le jouet des &#233;v&#233;nements, et que la cause des exploit&#233;s soit oubli&#233;e. Il ne faut surtout pas que le prol&#233;tariat commette le crime de repousser &#233;ventuellement une alliance r&#233;volutionnaire avec nos fr&#232;res allemands ouvriers et paysans et participe &#224; la chasse aux &#034;Boches&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che historique de la classe ouvri&#232;re en Europe dans la p&#233;riode qui s'ouvre, c'est de mettre &#224; profit les embarras et les d&#233;faites militaires de l'imp&#233;rialisme allemand pour r&#233;aliser l'armement du prol&#233;tariat, couvrir le pays de ses organes de classe, former des Conseils (Soviets) ouvriers et paysans, conqu&#233;rir les libert&#233;s d&#233;mocratiques (droit de r&#233;union, de presse, amnistie politique, droit de gr&#232;ve, etc...), cr&#233;er un gouvernement ouvrier et paysan appuy&#233; sur les Conseils par une politique de classe et d'union avec tous les exploit&#233;s d'Europe. Cette lutte, c'est la lutte pour les Etats-Unis socialistes d'Europe, qui seule peut arr&#234;ter la d&#233;cadence du continent et sa transformation en une sph&#232;re d'influence am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a dans le pass&#233; r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat fran&#231;ais suffisamment de traditions pour nous donner l'espoir que tel sera le comportement de la classe ouvri&#232;re fran&#231;aise dans les commotions militaires et sociales qui approchent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Aux man&#339;uvres de la bourgeoisie pour diviser et d&#233;sunir les ouvriers au moyen d'hypocrites appels &#224; la &#034;d&#233;fense nationale&#034; les ouvriers conscients r&#233;pondront par des efforts toujours nouveaux et r&#233;p&#233;t&#233;s pour cr&#233;er l'unit&#233; des ouvriers de toutes les nations dans la lutte contre la domination de la bourgeoisie de toutes nations&#034;. (L&#233;nine)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOCIALISME DE CLASSE ET &#034;SOCIALISME&#034; GOUVERNEMENTAL&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les aspirations de l'humanit&#233; pour un ordre social harmonieux, bas&#233; sur la fraternit&#233; de tous et assurant &#224; tous une vie digne et la participation &#224; tous les biens &#233;conomiques produits par le g&#233;nie de l'homme, se sont cristallis&#233;es au XIX&#232;me si&#232;cle dans le socialisme. Aux yeux des masses opprim&#233;es, socialisme est devenu le synonyme d'une soci&#233;t&#233; humaine nouvelle appel&#233;e &#224; remplacer l'actuelle soci&#233;t&#233; de classe, la soci&#233;t&#233; capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant que l'humanit&#233; put faire des progr&#232;s sur des bases capitalistes, non d'ailleurs sans infliger de tr&#232;s grandes souffrances aux masses, la bourgeoisie d&#233;fendit ouvertement le capitalisme et condamna le socialisme comme une id&#233;ologie d'esclaves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seulement, avec le capitalisme imp&#233;rialiste (grandes banques, monopoles), le syst&#232;me bourgeois est entr&#233; d&#233;finitivement dans une phase d'impasses et de d&#233;cadence. Dans cette derni&#232;re phase du capitalisme de mis&#232;re et de guerres, le socialisme devint v&#233;ritablement la seule solution non seulement pour am&#233;liorer la vie humaine, mais avant tout pour emp&#234;cher l'humanit&#233; de p&#233;rir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, la d&#233;fense ouverte du syst&#232;me capitaliste devint de plus en plus difficile pour les hommes politiques au service de la bourgeoisie. Et l'on vit peu &#224; peu des partis bourgeois d'extr&#234;me-droite s'intituler &#034;socialistes&#034;, des hommes d'Etat bourgeois mettre en avant des plans &#034;socialistes&#034; pour la reconstruction de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le trait commun de tous ces pr&#233;tendus &#034;socialistes&#034; et qui montre qu'ils sont les d&#233;fenseurs des capitalistes, c'est qu'ils pr&#233;tendent construire leur &#034;socialisme&#034; ou imposer des r&#233;formes &#034;socialistes&#034; sur la base de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production, c'est-&#224;-dire en maintenant le syst&#232;me capitaliste. Nous avons pu exp&#233;rimenter en quoi consiste le &#034;socialisme&#034; des partis fascistes qui ne se privent pas de faire de la d&#233;magogie contre tel ou tel capitaliste, pour d'autant mieux sauver les autres et d&#233;tourner la col&#232;re des masses. Quant aux plans des aristocrates anglais, ministres de Sa majest&#233;, et des ap&#244;tres de la &#034;d&#233;mocratie&#034; genre Roosevelt, ils pr&#233;tendent &#034;am&#233;liorer&#034; les rapports entre les exploiteurs et les exploit&#233;s. En fait, il s'agit d'un ensemble de mesures ou de concessions id&#233;ologiques destin&#233; &#224; masquer la lutte des classes, &#224; voiler les contradictions de la soci&#233;t&#233; qui sans cela deviendraient intol&#233;rables, &#224; &#233;garer l'esprit des ouvriers et &#224; retarder la formation de leur conscience de classe &#8211; c'est-&#224;-dire la juste connaissance des rapports sociaux et de la mission historique du prol&#233;tariat. En fait il s'agit de cr&#233;er une ar&#232;ne o&#249; l'&#233;nergie ouvri&#232;re cesse d'&#234;tre dangereuse pour la domination bourgeoise, o&#249; elle va se perdre dans les proc&#233;dures comme un fleuve dans le d&#233;sert. Tels sont par exemple l'arbitrage obligatoire (qui implique un terrain commun entre patrons et ouvriers), le &#034;socialisme municipal&#034;, les mesures (vacances, assurances, etc...) destin&#233;es &#224; sauvegarder la force de travail des ouvriers, source de richesse pour le capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais malgr&#233; tout ce &#034;socialisme&#034; bourgeois, la lutte des classes gagne en acuit&#233; et en profondeur et la condition ouvri&#232;re, loin de s'am&#233;liorer, empire chaque jour. La bourgeoisie n'arrive pas &#224; adoucir son exploitation brutale de la classe ouvri&#232;re et sa domination politique dictatoriale et sanglante. Et les diff&#233;rents &#034;plans&#034; disparaissent sans laisser de trace, ce qui reste, c'est le matraquage des gr&#233;vistes, la mobilisation des ouvriers. Le &#034;socialisme national&#034; de la bourgeoisie c'est un royaume &#034;qui n'est pas de ce monde&#034; et qui sert seulement &#224; d&#233;tourner les ouvriers de leur mission historique socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul le prol&#233;tariat peut r&#233;aliser le socialisme. La soci&#233;t&#233; capitaliste, bas&#233;e sur la production de marchandises (o&#249; le travailleur lui-m&#234;me est une marchandise) aboutit automatiquement &#224; la monopolisation de tous les moyens de production dont d&#233;pend la vie de la soci&#233;t&#233; : usines, b&#226;timents, le sol et le sous-sol sont entre les mains d'un petit nombre de capitalistes. Seul le prol&#233;tariat, qui ne poss&#232;de rien, est capable, politiquement et &#233;conomiquement, d'exproprier la classe capitaliste, et de s'emparer des leviers de commande de l'&#233;conomie, c'est-&#224;-dire des banques, des industries-cl&#233;, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; une &#233;poque o&#249; les forces productives &#233;touffent dans le cadre &#034;national&#034; cr&#233;&#233; par le capitalisme &#224; ses d&#233;buts, cette expropriation n'est pas possible &#224; l'int&#233;rieur d'un seul pays. En Europe, cette expropriation n'est possible que dans le cadre de plusieurs pays capitalistes avanc&#233;s, France, Allemagne, Italie, les Balkans, etc. pratiquement dans le cadre europ&#233;en ; c'est pr&#233;cis&#233;ment ce qui est formul&#233; dans les &#034;Etats-Unis socialistes d'Europe&#034;. Ainsi compris, le socialisme conduit vers de nouvelles formes, sup&#233;rieures, de soci&#233;t&#233;, o&#249; les besoins l&#233;gitimes et les aspirations progressives des travailleurs de chaque nationalit&#233; seront pour la premi&#232;re fois satisfaits dans l'unit&#233; internationale, apr&#232;s l'abolition des barri&#232;res nationales actuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'anarchie capitaliste, bas&#233;e sur &#034;l'initiative&#034; (c'est-&#224;-dire sur le profit) du capitaliste individuel, succ&#233;dera la production socialiste, bas&#233;e sur le plan, qui assurera la marche de la production des biens, ainsi que celle de leur r&#233;partition, suivant les int&#233;r&#234;ts des v&#233;ritables producteurs, les ouvriers et les paysans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Politiquement, socialisme signifie avant tout l'&#233;veil &#224; la conscience de leur r&#244;le historique des larges masses exploit&#233;es &#8211; notamment des couches les plus d&#233;favoris&#233;es : femmes et jeunes. C'est leur irruption violente sur la sc&#232;ne politique, la prise de leurs destin&#233;es en leurs propres mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela exige le bouleversement jusqu'au fondement (c'est-&#224;-dire jusqu'&#224; la structure &#233;conomique, jusqu'aux rapports de propri&#233;t&#233;) de la vieille soci&#233;t&#233; de classes. Cela exige la destruction compl&#232;te du vieil Etat, qui est le &#034;talon de fer&#034; que la bourgeoisie fait peser sur le prol&#233;tariat. Cela exige, contre les tentatives d&#233;sesp&#233;r&#233;es de la bourgeoisie de r&#233;tablir sa dictature, la construction d'un nouvel appareil d'Etat, outil de la domination de la majorit&#233; contre la minorit&#233; exploitrice hier encore, dictature impitoyable pour les oppresseurs &#8211; plus large d&#233;mocratie possible pour les opprim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces conditions, le prol&#233;tariat les r&#233;alise au moyen de sa dictature, du POUVOIR DES SOVIETS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'instrument de cette dictature, du r&#233;veil des travailleurs, c'est le Parti r&#233;volutionnaire, groupant les &#233;l&#233;ments les plus conscients, les plus d&#233;vou&#233;s, les plus r&#233;solus de la classe ouvri&#232;re. Il la repr&#233;sente en entier, car &#224; travers les flux et les reflux de la lutte sociale, il en exprime les int&#233;r&#234;ts permanents. Il est l'outil, l'arme intelligente par quoi la th&#233;orie marxiste passe dans la vie, rendant capable la transformation du monde. Tel fut le Parti de L&#233;nine, puisant sa discipline dans le d&#233;vouement &#224; la r&#233;volution, dans les rapports &#233;troits avec le prol&#233;tariat et des larges masses exploit&#233;es, dans la claire vision des buts &#224; atteindre. La t&#226;che qui se pose devant les ouvriers d'avant-garde aujourd'hui, sur tous les champs de bataille, c'est de construire un tel Parti. De leur r&#233;ussite ou de leur &#233;chec d&#233;pend leur sort dans les prochaines d&#233;cades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/07/ldc15_071243.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/07/ldc15_071243.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; UN NOUVEAU &#034;FRONT POPULAIRE&#034; CONTRE... LE PEUPLE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partis qui ont d&#233;termin&#233; &#224; Alger la nouvelle physionomie du &#034;comit&#233; de la lib&#233;ration nationale&#034; sont les m&#234;mes qui devaient, par leur alliance en 1935, vaincre le fascisme et la guerre et all&#233;ger la situation du peuple. Le nom en moins c'est bel et bien le &#034;Front Populaire&#034; qui rena&#238;t &#224; Alger, un nouveau front politicien contre... le peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, cette fois il ne s'agit plus, en apparence, d'entente sur un programme d&#233;fini de politique int&#233;rieure mais d'une lutte pour la lib&#233;ration de la &#034;patrie&#034; ; il ne s'agit plus d'un pacte &#233;lectoral pour emp&#234;cher l'entr&#233;e au Parlement de d&#233;put&#233;s hostiles au cartel ; mais de &#034;l'union sacr&#233;e&#034; pour rendre au peuple fran&#231;ais sa SOUVERAINETE afin qu'il d&#233;cide lui-m&#234;me ensuite de son propre sort. Mais, pour &#234;tre plus &#034;d&#233;sint&#233;ress&#233;&#034;, ce programme n'est que plus dangereux pour l'avenir du prol&#233;tariat et, par cons&#233;quent, de la libert&#233; (&#034;souverainet&#233;&#034;) du peuple fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel est en effet le caract&#232;re essentiel de la politique du comit&#233; d'Alger ? Sa lutte pour la &#034;lib&#233;ration du sol de la patrie&#034;, trouve son compl&#233;ment n&#233;cessaire dans la lutte pour l'asservissement du sol de la patrie d'autres peuples : les Libanais qui viennent de tomber sous les balles des soldats de De Gaulle, r&#233;inscrivent de leur sang la marque &#034;esclavagistes&#034; sur le front des politiciens d'Alger. C'est cette politique de rapines que les pr&#233;tendus socialistes et communistes ont fait leur, bafouant ainsi le drapeau prol&#233;tarien qui porte la devise &#034;UN PEUPLE QUI EN OPPRIME UN AUTRE, N'EST PAS UN PEUPLE LIBRE&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, politique ext&#233;rieure et politique int&#233;rieure d'un gouvernement ne sont que l'avers et le revers d'une m&#234;me m&#233;daille. Alors que, dans les relations entre les peuples, l'action du comit&#233; d'Alger s'efforce de maintenir l'exploitation de la bourgeoisie sur des esclaves coloniaux, quels rapports int&#233;rieurs pourraient na&#238;tre en France d'une victoire d'Alger ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La lib&#233;ration du sol de la patrie&#034; par De Gaulle et Cie, signifierait que plus que jamais le sol, le sous-sol et tout ce qui recouvre le sol de la France, resterait la propri&#233;t&#233; des capitalistes ou soumis &#224; leur exploitation indirecte (la petite propri&#233;t&#233; paysanne, commerciale, etc...) Or, le maintien du r&#233;gime capitaliste dans un pays appauvri par la guerre et qui a perdu sa position de grand brigand (&#034;grande puissance&#034;), signifie non seulement le maintien de l'esclavage salari&#233;, mais aussi son aggravation, avec les bas salaires et le ch&#244;mage comme principaux moyens de la bourgeoisie fran&#231;aise pour maintenir son exploitation. Si bien que le soutien du comit&#233; d'Alger par les pr&#233;tendus socialistes et communistes, en reniant le programme socialiste de L'EXPROPRIATION DES EXPROPRIATEURS, doit mener le peuple fran&#231;ais &#224; une nouvelle s&#233;rie de souffrances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#034;lib&#233;rer la patrie&#034; (c'est-&#224;-dire pour que les capitalistes fran&#231;ais puissent retrouver leur position privil&#233;gi&#233;e pour l'exploitation du peuple fran&#231;ais et d'autres peuples), il faut reconstituer une arm&#233;e imp&#233;rialiste, plac&#233;e sous le commandement du corps des officiers. Les &#233;purations d'Alger, qui ont &#233;limin&#233; un certain nombre d'officiers, loin d'&#234;tre un gage pour le peuple fran&#231;ais, ne visent pr&#233;cis&#233;ment qu'&#224; donner une plus grande coh&#233;sion au corps des officiers, des g&#233;n&#233;raux Giraud et De Gaulle. En soutenant la formation d'une telle arm&#233;e, les pr&#233;tendus socialistes et communistes renient ouvertement la strat&#233;gie prol&#233;tarienne : NOS BALLES SONT POUR NOS PROPRES GENERAUX.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour op&#233;rer la concentration de toutes les &#034;forces fran&#231;aises&#034;, le comit&#233; d'Alger est oblig&#233; de sacrifier &#224; l'idole &#034;R&#233;publique&#034; et au dieu &#034;d&#233;mocratie&#034;. C'est ce qui constitue une ombre de justification pour les pr&#233;tendus socialistes et communistes de la nouvelle union sacr&#233;e (tout comme dans l'ancienne d'ailleurs). Mais qu'y-a-t-il derri&#232;re de si beaux mots ? La R&#233;publique d&#233;mocratique n'a jamais &#233;t&#233; qu'une forme de domination des capitalistes. M&#234;me la premi&#232;re R&#233;publique (1792), qui, elle nettoya la France du f&#233;odalisme et donna naissance &#224; la nouvelle soci&#233;t&#233; bourgeoise, interdit sous peine de mort toute association ouvri&#232;re sous quelque forme que ce fut (loi Le Chapelier).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me R&#233;publique (1848), apr&#232;s avoir noy&#233; dans le sang les aspirations du prol&#233;tariat qui voulait des institutions sociales, succomba mis&#233;rablement sous le sabre de bois de Louis Bonaparte (Napol&#233;on III).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me R&#233;publique (septembre 1870) &#233;trangla la Commune de Paris (&#034;l'aube de la r&#233;volution prol&#233;tarienne&#034;) et assassina, apr&#232;s le d&#233;sarmement des ouvriers, 30.000 de nos grand-p&#232;res. La III&#232;me R&#233;publique fut l'&#339;uvre de l'Assembl&#233;e des Ruraux, royaliste, mais qui ne put s'entendre, divis&#233;e qu'elle &#233;tait par des int&#233;r&#234;ts de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re et capitaliste, sur le choix d'un roi. La R&#233;publique parlementaire permettait &#224; la bourgeoisie de r&#233;gler ses conflits par la machine &#233;lectorale. D'autre part, l'essor &#233;conomique et les pillages coloniaux lui permirent de former une aristocratie ouvri&#232;re hautement pay&#233;e, gr&#226;ce &#224; laquelle elle put s'assurer du prol&#233;tariat. En effet, dans les heures graves, celle-ci se rangeait &#224; ses c&#244;t&#233;s, notamment en 1914. La bourgeoisie avait d'ailleurs en r&#233;serve des moyens d'action plus directs, comme l'arm&#233;e, la police, la garde-mobile, qui intervenaient de fa&#231;on presque permanente contre les ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette r&#233;publique d&#233;mocratique est morte avec les conditions qui l'ont fait na&#238;tre. L'&#233;conomie capitaliste de libre concurrence s'est transform&#233;e en &#233;conomie imp&#233;rialiste dans laquelle une &#233;troite poign&#233;e de capitalistes, les 200 familles, dirige toute l'&#233;conomie et domine les groupes bourgeois plus petits. La guerre de 1914 fut une explosion de ce syst&#232;me &#233;conomique, qui faisait de tous les vieux pays capitalistes des pays r&#233;actionnaires, ind&#233;pendamment de leur forme politique. C'est pourquoi le prol&#233;tariat, suivant les d&#233;cisions de la II&#232;me Internationale (socialiste) et plus tard la III&#232;me Internationale (communiste), rejeta la d&#233;fense &#034;nationale&#034;, qui n'est qu'un masque dont se pare la bourgeoisie pour mener &#224; bien ses brigandages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En invoquant de nouveau le pr&#233;texte de la d&#233;mocratie pour appuyer la politique imp&#233;rialiste du comit&#233; d'Alger, les pr&#233;tendus socialistes et communistes trompent le prol&#233;tariat, qui lutte en effet pour les libert&#233;s d&#233;mocratiques (droit de gr&#232;ve, de presse, de r&#233;union, amnistie pour tous les militants ouvriers), mais pour renverser la bourgeoisie et &#233;tablir la DICTATURE DU PROLETARIAT, alors qu'eux visent &#224; r&#233;tablir le parlementarisme bourgeois, organe politique de la dictature des capitalistes. Mais dans les conditions d'une &#233;conomie capitaliste de plus en plus pourrie et d'&#233;v&#233;nements politiques et militaires semblables &#224; ceux qui se sont d&#233;roul&#233;s depuis f&#233;vrier 34, derri&#232;re la pompeuse &#233;tiquette &#034;r&#233;publique d&#233;mocratique&#034;, il n'y aurait m&#234;me pas un syst&#232;me parlementaire &#224; fonctionnement &#034;normal&#034; (&#034;paix sociale&#034; relative), mais une dictature militaire polici&#232;re avec des dehors &#034;d&#233;mocratiques&#034;, un ersatz r&#233;publicain de fabrication bonapartiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous restons fid&#232;les au mot-d'ordre : LES SOVIETS PARTOUT !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela est bien vrai, nous dira un ouvrier qui n'a pas perdu son sens critique et qui reste attach&#233; aux meilleures traditions de la classe ouvri&#232;re. Comme Daladier et P&#233;tain, De Gaulle n'est que l'agent de la bourgeoisie et la bourgeoisie, &#224; travers toutes les p&#233;rip&#233;ties de la guerre, de sa guerre, poursuit des buts de classe visant au renforcement de l'exploitation des travailleurs. Pour cela tous les moyens sont bons : la &#034;d&#233;mocratie&#034; sert d'app&#226;t pour jeter le pays dans la guerre (&#034;contre le fascisme&#034;), la d&#233;fense nationale de Daladier sert de pr&#233;texte &#224; l'&#233;puration et &#224; la domestication des organisations ouvri&#232;res, la d&#233;faite met en avant P&#233;tain le &#034;vainqueur&#034; du militarisme prussien en 1918, pour qu'il impose au pays la grande p&#233;nitence. Et comme r&#233;serve &#034;d&#233;mocratique&#034; (bonapartiste), De Gaulle doit r&#233;ussir par d'autres moyens l&#224; o&#249; la r&#233;action ouverte a &#233;chou&#233;. Au-dessus de tous les politiciens de la bourgeoisie, se tiennent les 200 familles qui exploitent la France. Les travailleurs n'auront quelque chose &#224; d&#233;fendre qu'en renversant la bourgeoisie, qu'en expropriant les 200 familles au profit de la v&#233;ritable nation fran&#231;aise, les ouvriers et les paysans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette lutte pour le renversement du capitalisme est-elle possible quand tout le pays (et chaque prol&#233;tariat doit faire la r&#233;volution dans son propre pays) est occup&#233; par une arm&#233;e imp&#233;rialiste &#233;trang&#232;re, et que par dessus le march&#233; il s'agit de l'arm&#233;e imp&#233;rialiste d'un pays fasciste (la pire oppression contre la classe ouvri&#232;re) ? En ce qui concerne la premi&#232;re objection, nous rappelons que la II&#232;me et la III&#232;me Internationale ont eu comme fondement de leur action la solidarit&#233; essentielle des ouvriers de tous les pays. Et ce, non pas comme simple phrase, mais comme terrain sur lequel elles ont agi effectivement, la II&#232;me Internationale de 1889 &#224; 1914, la III&#232;me de 1919 &#224; 1933. Le crime de la II&#232;me Internationale reconnu ouvertement par tous les ouvriers conscients depuis 1914, a &#233;t&#233; de renier cette solidarit&#233; des travailleurs en faveur de la &#034;d&#233;fense nationale&#034;. Sous d'autres pr&#233;textes, la III&#232;me Internationale &#8211; reni&#233;e ouvertement par Staline &#8211; agit actuellement de la m&#234;me fa&#231;on ignominieuse que la II&#232;me Internationale en 1914 : en &#233;levant un mur de mensonges, de pr&#233;jug&#233;s, de haine contre les &#034;Boches&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, si l'arm&#233;e allemande est une arm&#233;e imp&#233;rialiste, c'est pour les m&#234;mes raisons que l'arm&#233;e anglaise, am&#233;ricaine ou celle de De Gaulle : ouvriers et paysans allemands sous l'uniforme sont soumis au commandement du corps des officiers au service de la bourgeoisie. La t&#226;che des v&#233;ritables militants ouvriers, qui luttent pour un avenir meilleur pour les exploit&#233;s, c'est d'utiliser toutes les circonstances de la guerre pour rendre consciente dans les cerveaux des exploit&#233;s fran&#231;ais et allemands cette solidarit&#233; essentielle de leurs int&#233;r&#234;ts, afin qu'ils se retournent chacun, en s'aidant fraternellement, contre leurs propres exploiteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le fascisme ? Pendant des ann&#233;es le fascisme a &#233;t&#233; l'&#233;pouvantail justifiant les volte-face des pr&#233;tendus communistes. Mais depuis la chute de Mussolini, non seulement les ouvriers avanc&#233;s, mais n'importe quel exploit&#233;, a vu clairement que le fascisme n'a pas le don d'abolir la lutte des classes et de soumettre irr&#233;m&#233;diablement les exploit&#233;s &#224; leurs exploiteurs. Hitler ne maintient plus sa dictature sur le peuple allemand que parce que, devant la politique de Staline associ&#233;e &#224; celle des imp&#233;rialistes, il peut aussi dire au peuple allemand (articles de Goebbels) : m&#234;me si vous n'&#234;tes pas contents de nous, il n'y a pas de troisi&#232;me voie ; ou une victoire ou la mort du peuple allemand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette troisi&#232;me voie existe. C'est la voie de la r&#233;volution prol&#233;tarienne, par l'union entre les exploit&#233;s de France et d'Allemagne contre leur bourgeoisie. C'est la seule voie permettant l'effondrement du fascisme au profit du peuple de France et d'Allemagne et non pas au profit des imp&#233;rialistes alli&#233;s. Plus t&#244;t les ouvriers s'engageront en rangs serr&#233;s dans cette voie, en renouant avec la solidarit&#233; internationale des travailleurs, plus t&#244;t cesseront les souffrances de l'humanit&#233;, plus t&#244;t gu&#233;riront ses plaies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CETTE VOIE, C'EST CELLE DES ETATS-UNIS SOCIALISTES D'EUROPE, LA VOIE DE LA QUATRIEME INTERNATIONALE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/11/ldc20_112143.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/11/ldc20_112143.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AU SEUIL DE L'ANNEE SANGLANTE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fois &#231;a y est. Les grandes arm&#233;es de la lib&#233;ration ont re&#231;u leurs derni&#232;res cartouches ; les p&#233;niches de d&#233;barquement am&#233;ricaines sortent &#224; un rythme vertigineux des usines des USA, les grands g&#233;n&#233;raux de la victoire sont d&#233;j&#224; nomm&#233;s, ils tiennent le devant de la sc&#232;ne. Tout est pr&#234;t. On n'attend plus que le signal qui jettera sur le continent des millions d'hommes arm&#233;s de pied en cap des plus grandes inventions de mort, on n'attend plus que le signal pour que les prol&#233;taires d'Europe, d'Am&#233;rique et les soldats amen&#233;s des quatre coins du globe s'empoignent dans une derni&#232;re &#233;treinte mortelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison humaine vacille quand elle t&#226;che de saisir l'immensit&#233; du crime, l'horreur des convulsions qui se pr&#233;parent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que la &#034;lib&#233;ration&#034; f&#251;t d&#233;j&#224; proche en novembre 1942, &#224; la No&#235;l 1943 la v&#233;n&#233;rable &#233;pouse du pr&#233;sident des Etats-Unis nous promet un No&#235;l 1944 &#034;victorieux&#034;. Victorieux ? Nous disons et nous r&#233;p&#233;tons inlassablement aux travailleurs : sans R&#233;volution prol&#233;tarienne, transformant la guerre imp&#233;rialiste en guerre civile victorieuse sur la bourgeoisie, No&#235;l 1944 sera un No&#235;l encore plus terrible que celui que nous venons de passer. Car alors l'Europe enti&#232;re aura &#233;t&#233; mortellement atteinte par la bataille gigantesque qui mettra aux prises les arm&#233;es allemandes et alli&#233;es. Cette terrible m&#234;l&#233;e, m&#234;me si elle n'est pas suivie imm&#233;diatement par d'autres conflits gigantesques (entre l'URSS et les Alli&#233;s) ou de conflits secondaires entre petites puissances, ne sera cependant pas la fin du conflit mondial. La guerre en Extr&#234;me-Orient continuerait longtemps &#224; maintenir dans une situation insupportable les masses exploit&#233;es du monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi en sommes-nous l&#224; ? Parce qu'&#224; nouveau depuis 1914 et malgr&#233; les le&#231;ons de la premi&#232;re guerre imp&#233;rialiste, la bourgeoisie mondiale, aid&#233;e par les social-patriotes, a r&#233;ussi &#224; s&#233;parer les ouvriers d'un pays des ouvriers du pays d'en face, parce qu'elle a r&#233;ussi &#224; cacher ses crimes derri&#232;re de pr&#233;tendus conflits id&#233;ologiques ou nationaux (d&#233;mocratie contre fascisme, lib&#233;ration des peuples, espace vital, etc...), parce qu'elle a r&#233;ussi &#224; d&#233;truire ou &#224; domestiquer les organisations ouvri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les &#233;v&#233;nements militaires qui se pr&#233;parent ouvriront encore, comme ce fut le cas pour l'Italie, des crises dans lesquelles la faillite des dirigeants capitalistes pourra &#234;tre utilis&#233;e par le prol&#233;tariat pour renverser la bourgeoisie et ouvrir &#224; l'humanit&#233; enti&#232;re la voie d'un redressement socialiste. Cependant cela ne sera possible que par une politique ind&#233;pendante de classe, par une politique de fraternisation et d'entente entre les ouvriers et les paysans sous quelque uniforme qu'ils soient, en rejetant la politique d'union avec sa propre bourgeoisie, en hissant haut et ferme le drapeau rouge de l'insurrection prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cela il faut d&#232;s maintenant se pr&#233;parer &#224; d&#233;fendre l'avenir des exploit&#233;s et des opprim&#233;s par une claire compr&#233;hension de la nature des &#233;v&#233;nements qui viennent. La classe ouvri&#232;re n'a pas &#224; se sacrifier dans l'int&#233;r&#234;t de l'imp&#233;rialisme, m&#234;me s'il se pare de masques trompeurs. Mais elle doit &#234;tre capable de verser jusqu'&#224; la derni&#232;re goutte de son sang pour SA PROPRE CAUSE. Il faut que le r&#233;veil de la conscience prol&#233;tarienne et l'activit&#233; croissante des meilleurs &#233;l&#233;ments ouvriers parviennent &#224; reconstituer les organisations de d&#233;fense des ouvriers : (syndicats, etc...), obligent les partis qui se disent prol&#233;tariens &#224; rompre avec la bourgeoisie, et pr&#233;parent &#8211; &#224; travers l'armement du prol&#233;tariat &#8211; la conqu&#234;te des libert&#233;s ouvri&#232;res indispensables &#224; l'&#233;mancipation prol&#233;tarienne : droit de r&#233;union, de presse, ouverture des prisons et des camps de concentration, droit de gr&#232;ve, etc... A travers ces luttes pour les objectifs imm&#233;diats, la classe ouvri&#232;re doit cr&#233;er les organes de son gouvernement, les Conseils ouvriers et paysans (Soviets) qui seuls assurent le gouvernement du peuple par le peuple lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che historique du prol&#233;tariat en Europe est de b&#226;tir les Etats-Unis socialistes d'Europe et non pas de tracer avec leur sang des fronti&#232;res pour les capitalistes. 1944 doit sonner le glas du capitalisme en Europe et dans le monde. Les ouvriers fran&#231;ais ne peuvent pas, apr&#232;s plus d'un si&#232;cle de luttes pour leur &#233;mancipation, se livrer &#224; un moment d&#233;cisif de l'histoire mondiale, &#224; leur ennemi mortel, la bourgeoisie fran&#231;aise charg&#233;e de crimes et d'infamies contre les ouvriers. Forts de la tradition h&#233;ro&#239;que de 1848, de la Commune de 1871, des luttes d'avant 1914 pour la conqu&#234;te d'une vie digne et supportable, des luttes de 1920 &#224; 1940 enfin, les ouvriers fran&#231;ais arm&#233;s de l'exp&#233;rience historique de la classe ouvri&#232;re de tous les pays (Russie 1917, Allemagne, Espagne, etc...) prendront dans leurs mains le destin de toute la nation et en renversant le capitalisme, d&#233;livreront pour toujours l'humanit&#233; de la guerre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GUERRE CIVILE EN ALLEMAGNE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On entend souvent des ouvriers, pas toujours de mauvaise foi, dire en parlant des ouvriers allemands : &#034;Pourquoi ne se r&#233;voltent-ils pas ? Ils ont l'ob&#233;issance dans le sang c'est une nation militariste, etc...&#034; Ces insanit&#233;s sont assez habituelles dans la bouche des ouvriers qui, bon gr&#233; mal gr&#233;, veulent justifier la politique d'union sacr&#233;e avec les exploiteurs fran&#231;ais et &#034;alli&#233;s&#034;. Ceux qui parlent ainsi oublient facilement que le m&#234;me &#034;reproche&#034; pourrait &#234;tre adress&#233; par exemple aux ouvriers espagnols et fran&#231;ais qui subissent eux aussi le m&#234;me joug que les ouvriers allemands, le r&#233;gime totalitaire de Franco et de P&#233;tain. La classe ouvri&#232;re allemande a derri&#232;re elle un pass&#233; de luttes aussi riche que les prol&#233;tariats espagnol et fran&#231;ais. De 1918 &#224; 1933, avec une certaine att&#233;nuation de 1924 &#224; 1928, une dure guerre civile mit aux prises la classe ouvri&#232;re allemande et ses exploiteurs, lutte dont l'issue devait d&#233;cider du sort de l'Allemagne et du monde : vers le socialisme par la victoire du prol&#233;tariat allemand, ou vers une deuxi&#232;me guerre imp&#233;rialiste mondiale, par la victoire de la bourgeoisie allemande. La trahison de la social-d&#233;mocratie et la bureaucratisation du parti communiste provoqu&#232;rent la d&#233;faite des ouvriers et rendirent les mains libres aux imp&#233;rialistes allemands.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise r&#233;volutionnaire &#233;clata en Allemagne &#224; la suite de l'&#233;chec d&#233;finitif des plans militaires de l'imp&#233;rialisme allemand (&#233;chec des offensives d'&#233;t&#233; 1918). Le 5 novembre 1918, 20.000 matelots se mutin&#232;rent &#224; Kiel, hissant le drapeau rouge et &#233;tendant leur mouvement aux principales villes avec pour mots-d'ordre : d&#233;mission du Kaiser, amnistie, armistice, paix, droits d&#233;mocratiques. Partout surgirent des Conseils (Soviets) d'ouvriers et de soldats. La r&#233;volution gagna l'Allemagne, le Kaiser fut renvers&#233;, et l'armistice sign&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution mit fin &#224; la guerre, mais le pouvoir, enti&#232;rement entre les mains des Comit&#233;s, fut utilis&#233; par les sociaux-d&#233;mocrates conciliateurs, qui y occupaient une place pr&#233;pond&#233;rante, pour maintenir intact l'ancien ordre bourgeois monarchiste. La guerre civile &#233;clata entre le gouvernement social-d&#233;mocrate d'Ebert et Scheidemann et les fractions avanc&#233;es du prol&#233;tariat (dirig&#233;es par les Ind&#233;pendants d'une part, et les Spartakistes avec Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht d'autre part). Le 6 janvier 1919 le prol&#233;tariat de Berlin tenait entre ses mains la capitale. Mais la direction des Ind&#233;pendants h&#233;sita, atermoya et n'osa pas arr&#234;ter le gouvernement ; les Spartakistes &#233;taient trop faibles et manquaient d'exp&#233;rience bolch&#233;vique. Le mouvement reflua et le gouvernement social-d&#233;mocrate ayant fait appel au &#034;chien sanguinaire&#034; Noske, le bourreau de Kiel, (lui aussi social-d&#233;mocrate), proc&#233;da avec l'aide des g&#233;n&#233;raux monarchistes, au d&#233;sarmement des Spartakistes. Le 15 janvier tomb&#232;rent, l&#226;chement assassin&#233;s, les plus grands martyrs de la classe ouvri&#232;re allemande, Rosa Luxembourg, et Karl Liebknecht et de nombreux autres chefs spartakistes. Etouff&#233; &#224; Berlin, le mouvement se poursuivit sporadiquement en province, provoquant partout des rencontres sanglantes et de graves pertes du c&#244;t&#233; ouvrier, faute d'une direction g&#233;n&#233;rale r&#233;volutionnaire. De novembre 1916 jusqu'en 1923, la guerre civile, les gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales, &#233;touff&#233;es ici, &#233;clatant l&#224;, sans cesse r&#233;prim&#233;es pour rena&#238;tre ailleurs, caus&#232;rent des dizaines de milliers de victimes, mais la victoire resta du c&#244;t&#233; de la bourgeoisie, gr&#226;ce &#224; la trahison de la social-d&#233;mocratie, qui joua, en grand, le m&#234;me r&#244;le de bourreau que le &#034;socialiste&#034; fran&#231;ais Dormoy, le fusilleur de Clichy en 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette lutte contre les ouvriers, la bourgeoisie allemande a &#233;t&#233; puissamment aid&#233;e mat&#233;riellement par la Commission d'armistice alli&#233;e qui lui fit toutes les concessions n&#233;cessaires en ce qui concerne les armes et les forces arm&#233;es destin&#233;es &#224; la r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En automne 1923 une crise r&#233;volutionnaire, d&#233;clench&#233;e par les ouvriers, exceptionnellement favorable pour une insurrection, ne fut pas utilis&#233;e par la direction inexp&#233;riment&#233;e du jeune parti communiste allemand. Et en 1924, d&#233;but d'une certaine stabilisation &#233;conomique au capitalisme allemand, la premi&#232;re vague r&#233;volutionnaire d'apr&#232;s-guerre refluait en Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand en 1925-29 commen&#231;a la grande crise &#233;conomique, particuli&#232;rement terrible en Allemagne, o&#249; elle pr&#233;cipita dans la faillite des dizaines de milliers de petits commer&#231;ants, jetant sur le pav&#233; de nombreux millions de ch&#244;meurs, et provoquant le d&#233;sespoir des petits paysans, le prol&#233;tariat allemand se trouva encore moins que par le pass&#233; en possession d'une direction r&#233;volutionnaire. La bureaucratisation de l'Internationale communiste &#224; partir de 1924 avait transform&#233; le PC allemand en un parti incapable de mener au combat des masses d&#233;cisives du prol&#233;tariat allemand. A droite les chefs social-d&#233;mocrates vendus &#224; la bourgeoisie, &#224; gauche les chefs staliniens ob&#233;issant non pas &#224; la marche de la lutte de classes en Allemagne, mais aux ordres de la bureaucratie sovi&#233;tique, voil&#224; le &#034;secret&#034; de la victoire de Hitler contre les ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique stalinienne devant la mont&#233;e de Hitler bas&#233;e sur l'exasp&#233;ration de la petite-bourgeoisie sacrifi&#233;e par la crise capitaliste, est caract&#233;ris&#233;e :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement par la tactique dite du &#034;social-fascisme&#034; qui opposa les ouvriers communistes aux ouvriers social-d&#233;mocrates, au lieu d'unir la classe ouvri&#232;re sur la base d'un programme minimum de lutte contre le fascisme (front unique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, par l'utilisation d'une certaine d&#233;magogie nationaliste pour faire &#034;concurrence&#034; &#224; Hitler et lui enlever la sympathie des couches petites-bourgeoises (mot d'ordre : &#034;lib&#233;ration nationale du Trait&#233; de Versailles&#034;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or la petite bourgeoisie ne s'&#233;tait pas tourn&#233;e vers Hitler par amour de son nationalisme d&#233;vergond&#233;, mais parce qu'elle cherchait une issue &#224; la crise qui l'&#233;treignait mortellement. Devant l'impuissance des partis prol&#233;tariens &#224; lui offrir cette issue par une action r&#233;ellement efficace, la petite bourgeoisie se tourna vers Hitler, de m&#234;me qu'un homme dont les v&#234;tements ont pris feu se jette dans l'eau qui l'engloutira. En mettant en avant le mot d'ordre &#034;lib&#233;ration nationale&#034; par la destruction du trait&#233; de Versailles, avant d'avoir arrach&#233; aux capitalistes allemands la possession de l'Allemagne, le PCA a pouss&#233; le peuple allemand dans la voie de Hitler. En effet, si tous les maux dont souffrait l'Allemagne provenaient en premier lieu du trait&#233; de Versailles, dont l'abolition &#233;tait mise au premier plan par le P.C. lui-m&#234;me, alors le choix des masses, d&#233;tourn&#233;es de la v&#233;ritable cause de leurs souffrances, le capitalisme allemand, ne pouvait se diriger que vers Hitler, qui sur ce terrain &#233;tait tout &#224; fait cons&#233;quent, et allait jusqu'au bout de ses &#034;raisonnements&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; l'attitude des deux grands partis ouvriers qui conduisaient infailliblement les ouvriers allemands sous la botte de Hitler, les prol&#233;tariats allemand et autrichien men&#232;rent leur lutte avec acharnement contre les bandes fascistes, versant partout leur sang dans des rencontres in&#233;gales parce que mal dirig&#233;es. Apr&#232;s que Hitler e&#251;t pris le pouvoir (1933), des centaines de milliers de militants ouvriers et des ouvriers sans parti tomb&#232;rent sous les balles fascistes, peupl&#232;rent les prisons et remplirent les camps de concentration. En f&#233;vrier 1934 &#224; Vienne, les ouvriers autrichiens lutt&#232;rent &#224; main arm&#233;e contre le bourreau Dollfuss qui fit canonner les quartiers ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte des ouvriers allemands contre leurs bourgeoisie n'a pas cess&#233; apr&#232;s 1933, mais a &#233;t&#233; consid&#233;rablement affaiblie par les succ&#232;s ext&#233;rieurs de Hitler. Les ouvriers qui reviennent d'Allemagne ont pu se rendre compte de la lutte que m&#232;ne aujourd'hui le prol&#233;tariat allemand, lutte qui ne tardera pas &#224; &#233;clater au grand jour &#224; la faveur des d&#233;faites de Hitler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux-l&#224; sont les agents de la bourgeoisie qui osent affirmer que les ouvriers allemands &#034;ne sont pas des hommes comme nous&#034;. Si une communaut&#233; compl&#232;te d'int&#233;r&#234;ts et des aspirations communes n'existaient pas entre les classes ouvri&#232;res fran&#231;aise et allemande, entre le peuple allemand et le peuple fran&#231;ais exploit&#233;s par les capitalistes, alors c'&#233;tait un crime de baser l'activit&#233; de toutes les organisations ouvri&#232;res d'avant 1914 et celle des internationalistes depuis 1914 (au premier chef du parti communiste) sur la pratique d'une solidarit&#233; avec les travailleurs d'outre&#173;Rhin. C'est donner raison &#224; notre bourgeoisie qui a conduit le pays de d&#233;sastre en d&#233;sastre, et qui accuse la classe ouvri&#232;re d'avoir men&#233; le pays &#224; la ruine par son &#034;utopisme criminel&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, les ouvriers allemands, par leurs traditions de lutte, par leur nombre et leur coh&#233;sion, par la place qu'ils tiennent dans la production europ&#233;enne, par leur haute qualification, occupent dans la lutte anticapitaliste une place de premier ordre. Et sans leur participation d&#233;cisive &#224; cette lutte contre la bourgeoisie, les ouvriers d'Europe ne peuvent m&#234;me pas songer &#224; l'&#233;dification des Etats-Unis socialistes d'Europe, qui seuls assurent la libert&#233; et la prosp&#233;rit&#233; des peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les imp&#233;rialistes savent bien reconna&#238;tre leurs vrais ennemis. L'effort de Hitler pour briser la solidarit&#233; des ouvriers de tous les pays en encha&#238;nant les ouvriers allemands au char de sa guerre imp&#233;rialiste a lamentablement &#233;chou&#233;, en m&#234;me temps que ses plans et ses vis&#233;es capitalistes. Aujourd'hui c'est au tour des imp&#233;rialistes &#034;alli&#233;s&#034; de montrer leur hideuse figure ; en voulant faire de l'Europe un march&#233; pour leurs produits, ils d&#233;truisent les usines et les moyens de production ; par leurs bombardements sauvages et inhumains ils veulent ruiner et frapper &#224; mort la population laborieuse d'Allemagne (de m&#234;me que les ouvriers de tous les pays qui s'y trouvent) pour &#233;puiser leurs forces et les rendre incapables de lutter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour commettre impun&#233;ment leurs crimes, les imp&#233;rialistes d&#233;cha&#238;nent leur propagande chauvine afin d'entraver la solidarit&#233; internationale des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En faisant &#233;chec &#224; cette propagande capitaliste criminelle, la Quatri&#232;me Internationale scellera d&#233;finitivement l'union entre les travailleurs d'Europe, en premier lieu entre les travailleurs fran&#231;ais et allemands et, &#224; travers la lutte contre la guerre imp&#233;rialiste, pour le renversement des capitalistes, les m&#232;nera &#224; la paix, &#224; la libert&#233; et &#224; une vie meilleure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/12/ldc22_123143.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/12/ldc22_123143.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>T&#233;moignage sur Treblinka et la r&#233;volte du Ghetto de Varsovie</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article9307</link>
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		<dc:date>2025-11-11T23:35:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>
		<dc:subject>Fascisme</dc:subject>
		<dc:subject>Pologne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le camp de la mort de Treblinka, tombe en masse des juifs polonais &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.youtube.com/watch?v=FGQ_X94X5BE &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.youtube.com/watch?v=nMRF1b9jBAI &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.youtube.com/watch?v=Y4m05bi5kHM &lt;br class='autobr' /&gt;
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https://www.youtube.com/watch?v=x_ovMAlPtTQ&amp;list=PLKc_fXpnmo0LrnmJMPmkYzILRGYHSaepD &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.youtube.com/watch?v=4ZDVrou94DM&amp;list=PLKc_fXpnmo0LrnmJMPmkYzILRGYHSaepD&amp;index=2&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique67" rel="directory"&gt;03- L'extermination des Juifs d'Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot136" rel="tag"&gt;Fascisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot141" rel="tag"&gt;Pologne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le camp de la mort de Treblinka, tombe en masse des juifs polonais&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16769 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/pdf/treblinka.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 11.1 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1776308911' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=FGQ_X94X5BE&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=FGQ_X94X5BE&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=nMRF1b9jBAI&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=nMRF1b9jBAI&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=Y4m05bi5kHM&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=Y4m05bi5kHM&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=fPpdCdZ7bdQ&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=fPpdCdZ7bdQ&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=x_ovMAlPtTQ&amp;list=PLKc_fXpnmo0LrnmJMPmkYzILRGYHSaepD&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=x_ovMAlPtTQ&amp;list=PLKc_fXpnmo0LrnmJMPmkYzILRGYHSaepD&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=4ZDVrou94DM&amp;list=PLKc_fXpnmo0LrnmJMPmkYzILRGYHSaepD&amp;index=2&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=4ZDVrou94DM&amp;list=PLKc_fXpnmo0LrnmJMPmkYzILRGYHSaepD&amp;index=2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=TWUAaLlXIKQ&amp;list=PLKc_fXpnmo0LrnmJMPmkYzILRGYHSaepD&amp;index=3&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=TWUAaLlXIKQ&amp;list=PLKc_fXpnmo0LrnmJMPmkYzILRGYHSaepD&amp;index=3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=7XBVTYaTj8Q&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=7XBVTYaTj8Q&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte du ghetto de Varsovie (en films)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16770 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/pdf/ghetto.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 10 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1776308911' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=4UeEIW-e2xM&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=4UeEIW-e2xM&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=6YLjjWNdY7c&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=6YLjjWNdY7c&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=xBv8w6xBnVM&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=xBv8w6xBnVM&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=wPDg9A2MF9k&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=wPDg9A2MF9k&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=ptZaF0zD8LY&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=ptZaF0zD8LY&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Martin Gray&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=_byL8EWxMPw&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=_byL8EWxMPw&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=8flSukN0-9k&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=8flSukN0-9k&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>O&#249; va la France en 1944, par Barta</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article8833</link>
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		<dc:date>2025-10-25T22:32:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Barta</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;O&#249; va la France en 1944, par Barta &lt;br class='autobr' /&gt;
DE LA &#034;REVOLUTION NATIONALE&#034; A L'&#034;INSURRECTION NATIONALE&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Sous l'enseigne de l'&#034;insurrection nationale&#034;, nous avons assist&#233; depuis le 15 ao&#251;t (jour o&#249; la police est pass&#233;e des ordres de Laval et de la Gestapo aux ordres de De Gaulle, des G-Men et de l'Intelligence Service) &#224; la m&#234;me escroquerie politique que nous avions subie en juillet 1940 sous le couvert de la &#034;r&#233;volution nationale&#034; de P&#233;tain. &lt;br class='autobr' /&gt;
Voyons donc le v&#233;ritable sens de ces deux op&#233;rations. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique45" rel="directory"&gt;0- Le point de vue du r&#233;volutionnaire Barta sur la guerre et l'apr&#232;s-guerre&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot91" rel="tag"&gt;Barta&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;O&#249; va la France en 1944, par Barta&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;DE LA &#034;REVOLUTION NATIONALE&#034; A L'&#034;INSURRECTION NATIONALE&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous l'enseigne de l'&#034;insurrection nationale&#034;, nous avons assist&#233; depuis le 15 ao&#251;t (jour o&#249; la police est pass&#233;e des ordres de Laval et de la Gestapo aux ordres de De Gaulle, des G-Men et de l'Intelligence Service) &#224; la m&#234;me escroquerie politique que nous avions subie en juillet 1940 sous le couvert de la &#034;r&#233;volution nationale&#034; de P&#233;tain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons donc le v&#233;ritable sens de ces deux op&#233;rations. Une r&#233;volution (ou insurrection) signifie avant tout un d&#233;placement du pouvoir des mains de la classe exploiteuse aux mains de la classe exploit&#233;e. Or en juin-juillet 1940 l'escroquerie politique consista en ceci qu'on appela &#034;r&#233;volution&#034; une op&#233;ration qui loin d'&#234;tre dirig&#233;e contre l'Etat bourgeois, aboutit au contraire &#224; la domination directe de toute la vie du pays par les organes de l'Etat, c'est-&#224;-dire la police, la bureaucratie et le corps des officiers (devenu ma&#238;tre direct du pays). De septembre 1939 &#224; juin 1940 les masses avaient d&#233;couvert enti&#232;rement que l'Etat n'est pas le d&#233;fenseur de la nation, mais un ensemble d'organismes destin&#233;s uniquement &#224; sauver, par la force et le mensonge, la domination de la bourgeoisie. Le d&#233;go&#251;t et la haine des masses pour ce r&#233;gime mettaient la bourgeoisie en danger. Mais la pr&#233;sence sur le sol fran&#231;ais d'une arm&#233;e capitaliste qui voulait avant tout l'ordre n&#233;cessaire &#224; la continuation de ses propres pillages permit aux militaires, &#224; la haute bureaucratie, &#224; la police, etc, agents des 200 familles, de se maintenir au pouvoir, et ils essay&#232;rent de camoufler leur propre responsabilit&#233; devant les masses par l'annonce de la &#034;r&#233;volution nationale&#034;, d'un &#034;ordre nouveau&#034; et de la &#034;punition des coupables&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais derri&#232;re la d&#233;magogie sociale, &#233;conomique et politique de &#034;l'ordre nouveau&#034; (&#034;communaut&#233; nationale&#034;, lutte contre les trusts &#034;juifs&#034; &#8211; pour mieux sauver les trusts en g&#233;n&#233;ral &#8211;, un r&#233;gime &#034;fort et rajeuni&#034;, etc...) se poursuivit le travail commenc&#233; et m&#234;me accompli quant &#224; l'essentiel par Daladier et Reynaud : la transformation de la III&#232;me R&#233;publique en un r&#233;gime bonapartiste, c'est-&#224;-dire la domination directe de la vie de la nation par l'Etat, la police, le corps des officiers et la haute bureaucratie. Ce n'est pas depuis l'occupation et P&#233;tain que la France a &#233;t&#233; livr&#233;e aux tribunaux militaires et &#224; une censure dictatoriale et s'est couverte de camps de concentration ; que des dizaines de milliers de travailleurs ont &#233;t&#233; emprisonn&#233;s et tortur&#233;s, que la peine de mort a &#233;t&#233; d&#233;cr&#233;t&#233;e contre la propagande communiste ; que la chasse aux &#034;M&#233;t&#232;ques&#034; a pr&#233;lud&#233; la chasse aux Juifs : c'est depuis le d&#233;but de la guerre &#034;r&#233;publicaine&#034;, de la &#034;d&#233;mocratie contre le fascisme&#034; ! Ce r&#233;gime est n&#233; de la guerre et du militarisme. Les d&#233;placements des fronts et les changements diplomatiques et politiques n'ont pas un instant touch&#233; &#224; sa fonction fondamentale : opprimer les masses par l'Etat pour la guerre, &#233;craser la grande majorit&#233; des travailleurs au b&#233;n&#233;fice d'une petite minorit&#233; de parasites imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et maintenant, &#034;l'insurrection nationale&#034; a-t-elle touch&#233; &#224; l'Etat tel qu'il a &#233;volu&#233; (jusqu'&#224; devenir monstrueux) pendant cinq ann&#233;es de guerre ? Il y a-t-il eu un d&#233;placement du pouvoir des mains de la classe exploiteuse aux mains de la classe exploit&#233;e ? Le combat sur les barricades contre les &#034;Boches&#034; par les pseudo-milices a bien suscit&#233; au d&#233;but quelque illusion dans ce sens. Mais depuis, les travailleurs ont &#233;t&#233; ou d&#233;sarm&#233;s ou incorpor&#233;s dans l'arm&#233;e permanente, c'est-&#224;-dire qu'ils sont retomb&#233;s sous le joug du corps des officiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi l'effort des ouvriers pour s'arracher au b&#226;illon de l'Etat bourgeois n'a abouti une fois de plus qu'&#224; tirer les marrons du feu pour leur ennemi, la bourgeoisie. La police, qui pendant cinq ans avait martyris&#233; la classe ouvri&#232;re, redore son blason &#224; l'avant-garde de &#034;l'insurrection nationale&#034;. L'arm&#233;e permanente imp&#233;rialiste de la bourgeoisie fran&#231;aise qui s'&#233;tait bris&#233;e dans les &#233;v&#233;nements se reconstitue par un nouvel afflux de chair &#224; canon : les travailleurs dup&#233;s. Les &#034;comp&#233;tences&#034;, c'est-&#224;-dire la haute bureaucratie qui a organis&#233; savamment la famine pour les masses et le march&#233; noir pour la bourgeoisie, restent en place sous pr&#233;texte d'organiser le ravitaillement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment cela fut-il possible ? Cette tromperie nouvelle fut possible parce qu'&#224; la rescousse de la bourgeoisie vol&#232;rent les social-patriotes, notamment les &#034;Communistes&#034;. Ces plats valets de l'imp&#233;rialisme ont suscit&#233; le mirage des alli&#233;s et du r&#233;gime gaulliste ; ils ont pouss&#233; les travailleurs &#224; renoncer &#224; leur propre lutte, pour r&#233;aliser le front national (l'union avec la bourgeoisie) ; ils ont pouss&#233; &#224; la haine entre les exploit&#233;s de France et d'Allemagne, faisant ainsi non seulement le jeu de la bourgeoisie fran&#231;aise, mais aussi celui de Hitler. Mais deux semaines sont &#224; peine pass&#233;es depuis l'installation du &#034;nouveau&#034; r&#233;gime, que l'Humanit&#233; se plaint d&#233;j&#224; que dans tous les domaines tout se passe comme sous Vichy...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Humanit&#233; demande &#034;l'&#233;puration&#034; de l'Etat. Mais n'avait-elle pas d&#233;j&#224; exig&#233; et entrepris ce travail d'&#233;puration sous le Front Populaire ? Y-a-t-il eu un r&#233;sultat ? Aucun ! Et il n'y a rien d'&#233;tonnant &#224; cela : depuis la Commune de Paris il avait &#233;t&#233; d&#233;montr&#233; que les travailleurs ne peuvent pas se saisir de l'Etat bourgeois et le faire fonctionner pour leurs propres fins. Et Marx en tira cet enseignement fondamental pour les ouvriers : pour abolir l'oppression de la grande majorit&#233; des travailleurs par une minorit&#233; de bourgeois, il faut DETRUIRE les organes de l'Etat bourgeois, police, bureaucratie, arm&#233;e, et les remplacer par les travailleurs en armes (milices ouvri&#232;res) et la participation de tout le peuple aux fonctions administratives, en un mot instaurer la DICTATURE DU PROLETARIAT. Mais les plats valets de l'Humanit&#233; ont depuis longtemps abandonn&#233; le marxisme et avec lui la classe ouvri&#232;re. Ils ne peuvent que prier leurs ma&#238;tres bourgeois d'&#234;tre &#034;compr&#233;hensifs&#034;. Mais cette pri&#232;re les social-d&#233;mocrates allemands l'avaient adress&#233;e jadis &#224; leur bourgeoisie pour les sauver de Hitler, sans que celle-ci en tienne le moindre compte. A la premi&#232;re occasion favorable pour la bourgeoisie, les staliniens verront en quoi consiste la &#034;reconnaissance&#034; des exploiteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'op&#233;ration de &#034;l'insurrection nationale&#034; de De Gaulle est en tous points semblable &#224; la &#034;r&#233;volution nationale&#034; de P&#233;tain. Elle n'a abouti qu'&#224; un changement de cliques au pouvoir et au remplacement de l'occupant allemand par l'occupant anglo-am&#233;ricain. La remise du contr&#244;le de Paris aux autorit&#233;s fran&#231;aises est en tous points semblable au contr&#244;le de Vichy sur l'ancienne zone libre : &#034;les forces am&#233;ricaines resteront dans la ville et aux environs et seront &#224; m&#234;me de venir en aide (lisez intervenir) au g&#233;n&#233;ral Koenig s'il en &#233;tait besoin&#034; (Le Populaire, 30/8). Les 200 familles (en attendant que l'Etat fran&#231;ais se fortifie suffisamment) tirent autant de s&#233;curit&#233; des arm&#233;es imp&#233;rialistes anglo-am&#233;ricaines qu'auparavant de la pr&#233;sence des arm&#233;es imp&#233;rialistes allemandes. Le m&#234;me probl&#232;me surgit devant les travailleurs : pour lutter avec succ&#232;s contre leur propre bourgeoisie il faut se lier aux soldats anglo-am&#233;ricains, il faut fraterniser avec eux contre la guerre, contre l'imp&#233;rialisme. Et ce travail, comme nous en avions averti les travailleurs, est beaucoup plus difficile dans une arm&#233;e imp&#233;rialiste triomphante, qu'il ne l'&#233;tait dans l'arm&#233;e imp&#233;rialiste allemande, &#224; la coh&#233;sion morale fortement entam&#233;e, depuis novembre 1942, par les d&#233;faites militaires. Mais ce qu'on n'a pas voulu accomplir hier, il faudra l'accomplir aujourd'hui ou demain. Car pour en finir avec la guerre et l'exploitation, il n'y a pas d'autre issue pour les travailleurs que l'union internationale des travailleurs en toutes circonstances et en tout lieu. C'est pour avoir m&#233;connu cette v&#233;rit&#233; hier, qu'aujourd'hui tout est &#224; recommencer. Mais les travailleurs trouveront finalement la v&#233;ritable voie pour ne pas &#234;tre &#233;cras&#233;s une fois de plus sous le talon de fer des capitalistes, c'est-&#224;-dire l'Etat bourgeois !&lt;br class='autobr' /&gt;
APRES LA &#034;LIBERATION&#034; ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Pour le prol&#233;tariat la &#034;lib&#233;ration&#034; signifie le retour &#224; un niveau de vie sup&#233;rieur et aux libert&#233;s politiques. Pour la bourgeoisie, la &#034;lib&#233;ration de la France&#034; signifie le retour &#224; une position privil&#233;gi&#233;e dans l'exploitation des masses travailleuses fran&#231;aises et la RECONQUETE DE SES BASES POLITIQUES NECESSAIRES A LA POURSUITE DE BRIGANDAGES INTERNATIONAUX&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A QUI APPARTIENT LE POUVOIR ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons montr&#233; comment l'op&#233;ration appel&#233;e &#034;insurrection nationale&#034; n'&#233;tait qu'une escroquerie politique qui, comme la &#034;r&#233;volution nationale&#034; de P&#233;tain, devait faire croire aux travailleurs que ce n'est pas l'Etat bourgeois dans son ensemble et en tant qu'instrument de domination de la classe capitaliste qui est l'ennemi num&#233;ro un des masses travailleuses !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P&#233;tain s'en prit &#224; la forme parlementaire de l'Etat, ex&#233;cr&#233;e par les masses de plus en plus et ha&#239;e &#224; partir de septembre 1939, et la rendit responsable de tous les d&#233;sastres qui se sont abattus sur la France, y compris l'effondrement g&#233;n&#233;ral de juin 1940. Il appela astucieusement DEMOCRATIE la dictature parlementaire des cliques politiques bourgeoises, pour pouvoir ainsi pr&#233;senter son pouvoir personnel comme un ordre &#034;nouveau&#034;. La R&#233;sistance s'en prit &#224; la dictature de P&#233;tain, pour mieux sauver les instruments de la dictature de la bourgeoisie sur le prol&#233;tariat : la police, l'arm&#233;e permanente, la bureaucratie, etc... Et si le chef du gouvernement, De Gaulle, se camoufle actuellement derri&#232;re des phrases &#034;r&#233;publicaines&#034; (comme le fit en son temps un certain Louis Bonaparte pour arriver &#224; l'Empire) c'est uniquement pour tromper les masses jusqu'au moment o&#249; la situation aura &#034;&#233;volu&#233;&#034;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici quatre semaines &#224; peine que le r&#233;gime &#034;r&#233;publicain&#034; a remplac&#233; celui de &#034;l'Etat c'est moi&#034;, les fum&#233;es se dissipent et les choses commencent &#224; montrer leur v&#233;ritable aspect. De Gaulle affirme s'appuyer sur les lois de la R&#233;publique : mais ces lois de la &#034;R&#233;publique&#034;, ce sont les lois sc&#233;l&#233;rates vot&#233;es depuis 1938 et surtout en 1939-1940 par le Parlement, lois f&#233;roces anti-communistes et anti-prol&#233;tariennes qui donnent un pouvoir DICTATORIAL au gouvernement bourgeois. En vain l'Humanit&#233; (qui fournit au gouvernement de la chair &#224; canon patriotique) se lamente-t-elle sur le manque de d&#233;mocratie v&#233;ritable. Comme nous n'avons cess&#233; de l'expliquer, &#224; notre &#233;poque de guerres imp&#233;rialistes et de guerre civile, quand le capitalisme pourrit toute la soci&#233;t&#233;, ce n'est pas la forme de l'Etat qui d&#233;cide de la d&#233;mocratie, mais &#224; qui appartient le pouvoir : &#224; la bourgeoisie, par des organes &#233;loign&#233;s des masses, au-dessus et contre elles (police, etc...), ou aux travailleurs, par des organes non distincts de la masse, qui sont leur &#233;manation directe : les Conseils ouvriers et paysans, organisations du pouvoir des masses en lutte. Gr&#226;ce aux staliniens, le pouvoir n'a pas un instant cess&#233; d'&#234;tre enti&#232;rement entre les mains de la bourgeoisie, car les masses ne disposent d'aucun organe du pouvoir qui soit leur &#233;manation et leur instrument exclusif contre les entreprises de la bourgeoisie (milices ouvri&#232;res, comit&#233;s d'usine et de quartier, etc...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Gaulle r&#233;ussira-t-il mieux que P&#233;tain ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, l'appareil bureaucratico-militaire, en pr&#233;sence d'une crise profonde politique et &#233;conomique et des bouleversements militaires, ne suffit pas &#224; la bourgeoisie pour mater compl&#232;tement la classe ouvri&#232;re. L'&#233;chec de P&#233;tain n'est pas d&#251; au retrait des troupes allemandes &#8211; il aurait trouv&#233; l'appui am&#233;ricain s'il avait pu se maintenir, ce fait est actuellement notoire &#8211; mais P&#233;tain est rest&#233; &#034;suspendu en l'air&#034; parce qu'il n'avait aucun appui du c&#244;t&#233; des masses. L'appareil bureaucratico-policier n'e&#251;t rien de plus press&#233; &#224; faire que de passer du c&#244;t&#233; de De Gaulle pour se refaire une &#034;popularit&#233;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mater compl&#232;tement le prol&#233;tariat, cela seules les troupes fascistes auraient pu le faire. Le fascisme fait plus que r&#233;duire le mouvement ouvrier &#224; l'ill&#233;galit&#233;. Il dissout toute activit&#233; des organisations ouvri&#232;res quelles qu'elles soient, de telle fa&#231;on que le mouvement ne peut plus s'organiser, m&#234;me ill&#233;galement, hormis de petits groupes isol&#233;s de la classe. Car le fascisme est lui-m&#234;me un mouvement de masses, de la petite-bourgeoisie en particulier, qui, exasp&#233;r&#233;e par la crise, est habilement jet&#233;e contre les organisations ouvri&#232;res par les capitalistes cach&#233;s derri&#232;re un sauveur &#034;socialiste&#034; et &#034;national&#034; genre Mussolini ou Hitler. Mais la bourgeoisie n'a pas encore r&#233;ussi &#224; d&#233;velopper en France un mouvement fasciste d'importance d&#233;cisive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Gaulle est en pr&#233;sence de la m&#234;me t&#226;che que P&#233;tain : instaurer &#034;l'ordre&#034; dans une situation command&#233;e par la guerre et l'&#233;puisement &#233;conomique, physique et moral de la nation. Ce qui signifie rejeter toutes les difficult&#233;s de cette situation sur les masses travailleuses et pauvres : sans attendre, la bourgeoisie s'oppose d&#233;j&#224; &#224; la reprise du travail dans des conditions qu'elle n'aurait pas elle-m&#234;me d&#233;termin&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; P&#233;tain, De Gaulle a incontestablement les masses populaires derri&#232;re lui. Mais de quoi est faite cette confiance ? Les petits-bourgeois lui font confiance en tant que repr&#233;sentant de leurs aspirations patriotico-chauvines, capable en m&#234;me temps de s'opposer aux exigences de la classe ouvri&#232;re et de mater le communisme. La classe ouvri&#232;re, elle, fait confiance au PC, au PS et &#224; la CGT et compte sur eux pour arracher &#224; De Gaulle des r&#233;formes substantielles en faveur de la d&#233;mocratie et des travailleurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#034;confiance&#034; g&#233;n&#233;rale cache en r&#233;alit&#233; un conflit in&#233;vitable. En l'absence d'une am&#233;lioration &#233;conomique et diplomatique consid&#233;rable et imm&#233;diate &#8211; ce qui est chose exclue &#8211; que se passera-t-il ? Les travailleurs patienteront sous la pression des organisations social-patriotes, mais ne pourront pas cesser d'exiger des am&#233;liorations constantes, ce qui les poussera de plus en plus loin dans la voie de la lutte anti-capitaliste et pour leur propre pouvoir. De leur c&#244;t&#233;, les petits-bourgeois, que les capitalistes trompent en attribuant leur mis&#232;re aux revendications ouvri&#232;res, s'exasp&#233;reront. Ne sachant plus &#224; quel saint se vouer, ils seront de plus en plus travaill&#233;s par les cadres fascistes, constituant non plus comme avant la guerre des groupes isol&#233;s, mais d&#232;s aujourd'hui, &#224; l'&#233;chelle nationale, la base d'un parti fasciste puissant &#224; qui ne manque plus que la sympathie des masses. Ainsi la situation ne peut se d&#233;velopper que vers des solutions extr&#234;mes : ou la dictature du prol&#233;tariat et l'expropriation de la bourgeoisie (solution progressive de la crise), ou l'&#233;crasement du prol&#233;tariat par le fascisme, rejet de toute la soci&#233;t&#233; vers la barbarie pour le maintien du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Gaulle ne repr&#233;sente qu'un r&#233;gime de transition de plus ou moins longue dur&#233;e, un essai de dictature bonapartiste voulant maintenir l'&#233;quilibre entre les classes. Mais, de m&#234;me qu'en Allemagne, en Espagne, etc..., seul le heurt d&#233;cisif entre le prol&#233;tariat et les organisations fascistes et bureaucratico-militaires de la bourgeoisie d&#233;cidera de l'issue de la situation.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE BONAPARTISME DE GAUCHE, FOURRIER DU FASCISME.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoique la fonction fondamentale du gouvernement de De Gaulle reste celle du gouvernement P&#233;tain (dictature de la bourgeoisie) cependant, du point de vue dynamique (l'&#233;volution du rapport de forces entre les classes), il repr&#233;sente une nouvelle phase de la lutte de classes en France. La d&#233;composition de l'appareil &#233;tatique, en tant qu'instrument centralis&#233; et ob&#233;issant normalement au seul gouvernement l&#233;gal (d&#233;composition due &#224; la pression contradictoire des imp&#233;rialistes alli&#233;s et allemand sur l'Etat fran&#231;ais ainsi qu'&#224; la r&#233;sistance des masses contre celui-ci), rend n&#233;cessaire au gouvernement l'appui des organisations ouvri&#232;res social-patriotes. En pr&#233;sence des souffrances inou&#239;es inflig&#233;es aux travailleurs par cinq ann&#233;es de guerre et des innombrables preuves de banditisme de la part des classes dirigeantes vis-&#224;-vis des travailleurs fran&#231;ais seule la rentr&#233;e en sc&#232;ne des bureaucrates ouvriers social-patriotes peut maintenir pour un certain temps les masses dans &#034;l'ordre&#034; bourgeois et obtenir leur appui pour la continuation de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, d'autre part, se maintenir &#224; l'aide des organisations ouvri&#232;res conciliatrices, cela implique une certaine l&#233;galit&#233; de l'action ouvri&#232;re. C'est par l&#224; que le bonapartisme (dictature bureaucratico-polici&#232;re) de gauche de De Gaulle se diff&#233;rencie du bonapartisme de droite de P&#233;tain : non par ce qu'il repr&#233;sente de donn&#233; &#224; la classe ouvri&#232;re, mais par ce que la classe ouvri&#232;re peut conqu&#233;rir, si elle se soustrait &#224; l'influence social-patriote et adopte une politique r&#233;volutionnaire intransigeante vis-&#224;-vis de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans une politique r&#233;volutionnaire, sans une action jusqu'au bout de la classe ouvri&#232;re contre la bourgeoisie prenant comme point de d&#233;part la l&#233;galit&#233; de fait, le r&#233;gime actuel ne serait que le fourrier du fascisme. Agissant tout comme celui de P&#233;tain en faveur de la bourgeoisie (chose d&#233;j&#224; &#233;vidente six semaines &#224; peine apr&#232;s son installation), le gouvernement bonapartiste &#034;de gauche&#034; fait endosser, aux yeux des larges couches exploit&#233;es, la responsabilit&#233; de sa politique aux organisations ouvri&#232;res dont il a l'alliance ; ce n'est plus l'Etat bourgeois qui appara&#238;t comme le responsable de la nouvelle faillite, mais le socialisme, le communisme, la classe ouvri&#232;re... C'est ainsi que P&#233;tain put, en 1940, rendre responsable la classe ouvri&#232;re de la politique bourgeoise du Front Populaire, non seulement aux yeux des ennemis de toujours du prol&#233;tariat, mais aussi aux yeux des couches pauvres de la population (paysans, petits rentiers, petits commer&#231;ants, etc...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En absence d'une politique r&#233;volutionnaire qui dresse les ouvriers contre l'Etat bourgeois (surtout quand il se camoufle &#034;&#224; gauche&#034;) le bonapartisme appuy&#233; sur les sommets bureaucratiques de la classe ouvri&#232;re ne repr&#233;sente qu'une oscillation dans le rapport des forces entre les camps bourgeois et prol&#233;tarien et pr&#233;pare encore plus s&#251;rement que le bonapartisme de droite (P&#233;tain) la r&#233;volte des masses petites-bourgeoises contre le &#034;communisme&#034;, &#034;l'anarchie&#034;. En effet, la lutte des classes entre les ouvriers et la bourgeoisie appelle une solution d&#233;cisive pour savoir qui est ma&#238;tre dans la maison, de l'ouvrier ou du patron. Leurs int&#233;r&#234;ts ne peuvent pas &#234;tre concili&#233;s, on ne le voit que trop depuis 1934. Si c'est l'ouvrier, il faut que les travailleurs instaurent leur dictature pour en finir avec le sabotage et le banditisme patronal ; mais si les travailleurs ne vont pas jusqu'au bout de la lutte, s'ils cherchent des solutions &#034;moyennes&#034; (qui en fait signifient la paralysie de l'&#233;conomie), alors ce sont les patrons qui lancent les bandes fascistes &#224; l'attaque en mobilisant la petite-bourgeoisie contre &#034;l'anarchie&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Allemagne, avant la victoire d&#233;finitive de Hitler (1933) il y eut de semblables oscillations du pouvoir &#233;tatique de droite &#224; &#034;gauche&#034; et de &#034;gauche&#034; &#224; droite, de m&#234;me qu'en France, depuis f&#233;vrier 1934, nous avons connu des oscillations allant du r&#233;actionnaire Doumergue vers le &#034;socialiste&#034; Blum (1936) et de Blum vers Daladier (1938-1939) et vers P&#233;tain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les masses ont successivement exp&#233;riment&#233; le r&#233;gime bureaucratico-militaire sous toutes ses formes, sous la pression des souffrances inou&#239;es que leur inflige le capitalisme (crises, ch&#244;mage, guerres), elles sont pr&#234;tes &#224; adopter une solution extr&#234;me : dictature du prol&#233;tariat ou &#034;r&#233;volution&#034; fasciste. C'est &#224; ce choix in&#233;vitable que nous conduit le gouvernement actuel. Voil&#224; pourquoi, si les organisations social-patriotes maintiennent la classe ouvri&#232;re dans le sillage de De Gaulle au lieu de la mobiliser pour la dictature du prol&#233;tariat, elles pr&#233;parent pour demain la victoire du fascisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
LES SOURCES &#034;IDEOLOGIQUES&#034; DU FASCISME&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'existence d'un grave danger fasciste, malgr&#233; la d&#233;faite militaire de l'imp&#233;rialisme allemand en France, nous ne l'inventons pas. Quotidiennement l'Humanit&#233; d&#233;nonce l'action anti-ouvri&#232;re et anti-d&#233;mocratique (cette derni&#232;re provenant directement de l'activit&#233; du gouvernement et de l'administration) qui se renforce &#224; une allure de plus en plus rapide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir essay&#233; d'attribuer cette action r&#233;actionnaire de grande envergure aux &#034;&#238;lots hitl&#233;riens&#034; encore subsistant &#224; l'arri&#232;re, l'Humanit&#233; est oblig&#233;e d'avouer : &#034;mais l'&#233;crasement militaire de l'Allemagne NE SERVIRAIT DE RIEN &#224; la longue si, PARTOUT (donc en France) le fascisme ne subissait pas un &#233;crasement moral et politique complet&#034; (22/10/44). Ainsi l'Humanit&#233; est finalement contrainte d'avouer l'&#233;tendue du danger. La classe ouvri&#232;re n'est pas simplement devant une t&#226;che militaire (lutte physique) contre des &#034;&#238;lots hitl&#233;riens&#034;. La classe ouvri&#232;re se trouve devant une t&#226;che politique et morale d&#233;cisive, pour emp&#234;cher les &#233;l&#233;ments du peuple d&#233;sesp&#233;r&#233;s ou &#233;gar&#233;s (ch&#244;meurs, petits-bourgeois ruin&#233;s des villes, paysans) de se laisser attirer dans le camp fasciste et de transformer celui-ci en une force de masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment les chefs staliniens &#034;&#233;crasent&#034; politiquement le fascisme, nous l'avons vu dans le pr&#233;c&#233;dent num&#233;ro : ils soutiennent De Gaulle, c'est-&#224;-dire la bourgeoisie. En faisant endosser aux organisations ouvri&#232;res les responsabilit&#233;s de la politique gouvernementale dans une situation catastrophique pour les masses, ils portent de l'eau au moulin fasciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les chefs staliniens ont la pr&#233;tention d'&#233;craser aussi moralement le fascisme, c'est-&#224;-dire son id&#233;ologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que l'id&#233;ologie fasciste ? La caract&#233;ristique fondamentale du fascisme, c'est l'exasp&#233;ration du nationalisme. Pourquoi le nationalisme est-il devenu le moyen fondamental de la r&#233;action et du fascisme pour la bourgeoisie, contre les masses exploit&#233;es ? C'est parce qu'&#224; notre &#233;poque le capitalisme, en cr&#233;ant une &#233;conomie mondiale, a d&#233;truit toute possibilit&#233; de vie &#233;conomique ind&#233;pendante (nationale) ; dans ces conditions le nationalisme n'est plus une doctrine d'&#233;mancipation des peuples, mais une doctrine d'asservissement. Pour les vieilles nations capitalistes (Angleterre, France, Allemagne, Etats-Unis, etc&#8230;), le nationalisme n'est pas l'affirmation du droit de ces peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes, mais de la volont&#233; d'opprimer des peuples plus faibles (Empire pour la France, &#034;espace vital&#034; pour l'Allemagne, etc.). Dans ces conditions, l'exasp&#233;ration du sentiment nationaliste pousse infailliblement les classes sociales opprim&#233;es de ces pays capitalistes (petits-bourgeois et ouvriers) dans les bras de la bourgeoisie, pour une politique imp&#233;rialiste de domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette fa&#231;on, le nationalisme d&#233;tourne les classes exploit&#233;es de leur propre lutte contre la bourgeoisie (lutte de classes) en leur faisant croire que leurs souffrances inou&#239;es ne sont pas dues au r&#233;gime capitaliste, que la t&#226;che principale n'est pas de renverser leurs propres exploiteurs bourgeois ; il les d&#233;tourne vers la lutte ext&#233;rieure pour les &#034;conqu&#234;tes civilisatrices&#034;, pour la main-mise sur les positions &#233;conomiques et strat&#233;giques n&#233;cessaires &#224; la &#034;mission&#034; sp&#233;ciale de la nation : images derri&#232;re lesquelles se cachent les capitalistes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contre-poison de &#034;l'id&#233;ologie&#034; nationaliste ne peut &#234;tre que l'internationalisme. Il exprime non pas &#034;un vague r&#234;ve de solidarit&#233;&#034; entre les hommes, mais les int&#233;r&#234;ts d&#233;cisifs de toute la population du globe terrestre (en dehors des cliques capitalistes qui dirigent les peuples), il repr&#233;sente l'alliance r&#233;elle entre tous les opprim&#233;s et exploit&#233;s contre leurs capitalistes. La victoire de l'id&#233;ologie nationaliste ou de l'id&#233;ologie internationaliste au sein de la classe ouvri&#232;re n'est pas une affaire de &#034;sentiments&#034;, mais d&#233;cide de la guerre ou de la paix dans le monde, de la barbare oppression fasciste et militariste ou de la libert&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que font les chefs staliniens pour vaincre l'id&#233;ologie du fascisme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont pr&#233;tendu &#233;craser le fascisme avec ses propres armes id&#233;ologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi qu'en Allemagne le PCA voulut concurrencer Hitler, pour le supplanter aupr&#232;s des masses, sur le terrain nationaliste, et lan&#231;a lui aussi des mots-d'ordre de &#034;lib&#233;ration nationale&#034; (avant 1933) et de &#034;la lutte contre l'&#233;tranger&#034; (contre le trait&#233; de Versailles).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France depuis le pacte Staline-Laval (1935) les chefs staliniens ont gliss&#233; progressivement vers la d&#233;magogie nationaliste. Ayant repris le mot-d'ordre de &#034;la France aux Fran&#231;ais&#034; &#224; l'Action Fran&#231;aise, ils en sont arriv&#233;s &#224; reprendre &#034;la Marseillaise&#034; aux trusts (Duclos) !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chefs staliniens expliquent aux militants de la base que tout cela n'est que de la &#034;tactique&#034;, que l'internationalisme doctrinal est difficile &#224; faire rentrer dans la t&#234;te des masses et qu'en gagnant les masses &#224; eux avec des mots-d'ordre qui &#034;prennent&#034;, ils nous conduiront eux, les chefs, vers le communisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le communisme ou le fascisme ne d&#233;pendent pas de la volont&#233; des chefs. Ils d&#233;pendent du choix final que les masses feront entre le Parti ouvrier ou le Parti de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment est d&#233;termin&#233; ce choix ? Par la d&#233;magogie des Partis en pr&#233;sence ? Non. Mais par la capacit&#233; du Parti ouvrier &#224; attaquer la base m&#234;me de l'exploitation capitaliste, par sa capacit&#233; de renverser la bourgeoisie, chose qui n'est possible qu'&#224; l'aide d'une id&#233;ologie internationaliste de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le terrain de la d&#233;magogie et du nationalisme, c'est le Parti bourgeois qui doit avoir le dessus. La solution prol&#233;tarienne (internationaliste) n'&#233;tant pas offerte aux masses pour en finir avec un r&#233;gime qui les &#233;touffe, celles-ci ne se consoleront pas avec des raisonnements sur la tactique, mais se tourneront infailliblement vers les Partis qui sur le terrain du nationalisme et de la d&#233;magogie vont jusqu'au bout, c'est-&#224;-dire qui ont la possibilit&#233; r&#233;elle &#8211; parce qu'agents de la bourgeoisie &#8211; d'offrir, par des aventures militaires &#224; l'ext&#233;rieur, une issue pratique au nationalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le terrain nationaliste et de la d&#233;magogie chauvine, le Parti ouvrier ne peut devenir un Parti dirigeant du pays. Il ne peut &#234;tre qu'un Parti donnant des conseils au gouvernement, t&#226;chant de se montrer plus nationaliste que les autres, mais qui ne sera jamais ma&#238;tre dans la maison. Sur le terrain du nationalisme, c'est toujours les Partis bourgeois qui vaincront ; en abandonnant l'id&#233;ologie internationaliste, les Partis ouvriers pr&#233;parent la victoire du fascisme. Voil&#224; pourquoi en Allemagne, quand la question fut pos&#233;e sur le terrain nationaliste aussi bien par Thaelmann (communiste) que par Hitler, les masses choisirent Hitler, car sur ce terrain c'&#233;tait Hitler seulement qui pouvait aller jusqu'au bout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voyons aujourd'hui &#224; quelles catastrophes l'abandon de l'internationalisme par le PCA a conduit le peuple allemand. Nous sommes en France, aujourd'hui, en pr&#233;sence d'un danger aussi grand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le terrain de la pr&#233;paration des esprits, les moyens &#034;id&#233;ologiques&#034; des staliniens rendent un service d&#233;cisif aux fascistes. La ligne politique peut &#234;tre redress&#233;e rapidement et les d&#233;faites surmont&#233;es par la simple volont&#233; de tenir compte des le&#231;ons des faits. Mais il en est tout autrement dans le domaine moral de la pr&#233;paration id&#233;ologique. Le poison nationaliste r&#233;pandu dans les masses ne peut pas &#234;tre &#233;limin&#233; du jour au lendemain. Il y faut de longues ann&#233;es. Car ce poison est engendr&#233; constamment par la propagande bourgeoise et ce n'est qu'apr&#232;s un travail d'ann&#233;es que le Parti communiste peut habituer l'avant-garde ouvri&#232;re &#224; une pens&#233;e conforme &#224; ses propres int&#233;r&#234;ts, c'est-&#224;-dire la pens&#233;e internationaliste. Dans le domaine de la pr&#233;paration id&#233;ologique les chefs staliniens font donc depuis 1935 tout ce qu'ils peuvent pour pr&#233;parer la victoire du fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais heureusement, la base du Parti, comme en t&#233;moigne le m&#233;contentement croissant parmi les militants du PC, reste fid&#232;le au communisme et chaque fois que se manifeste sur eux l'influence directe du &#034;trotskysme&#034; (communisme v&#233;ritable) ils se montrent tels qu'ils sont, c'est-&#224;-dire internationalistes.&lt;br class='autobr' /&gt; C'est cette fid&#233;lit&#233; au communisme, qui subsiste dans l'avant-garde de la classe ouvri&#232;re malgr&#233; le poison id&#233;ologique stalinien, qui est le gage d'avenir le plus pr&#233;cieux.&lt;br class='autobr' /&gt;
LA LUTTE OUVERTE CONTRE LE FASCISME&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'en ayant exactement compris la v&#233;ritable nature du fascisme que l'avant-garde ouvri&#232;re saura lutter contre cette pire r&#233;action de la soci&#233;t&#233; bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fascisme surgit constamment de la pourriture et de la d&#233;cadence de la soci&#233;t&#233; capitaliste. Il repr&#233;sente un syst&#232;me de dictature auquel la classe capitaliste a recours pour sauvegarder sa domination menac&#233;e, en instaurant le r&#233;gime politique qui correspond le mieux &#224; sa dictature &#233;conomique incontr&#244;l&#233;e sur la nation. Comment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me de production bas&#233; sur le profit et l'appropriation priv&#233;e capitaliste ayant abouti &#224; la concentration de toutes les richesses entre les mains d'une poign&#233;e de monopoleurs capitalistes, a d&#233;finitivement vou&#233; &#224; la ruine et &#224; la pauvret&#233; les classes interm&#233;diaires, la petite-bourgeoisie. Celle-ci est pass&#233;e, &#224; notre &#233;poque imp&#233;rialiste, de la tranquillit&#233; sociale caract&#233;ristique au petit-bourgeois qui en faisait un appui de la d&#233;mocratie, &#224; la r&#233;volte permanente contre l'ordre existant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte de la petite-bourgeoisie contre l'ordre existant n'est pas par sa nature dirig&#233;e contre la classe ouvri&#232;re ; elle est de tendance anti-capitaliste. Mais le petit bourgeois ruin&#233; (rentier, petit commer&#231;ant, petit paysan, etc...) n'a pas la m&#234;me position de classe vis-&#224;-vis du capitaliste que l'ouvrier ; celui-ci, tout naturellement, s'oppose sur le lieu de travail &#224; son exploiteur, &#224; son patron, &#224; son capitaliste ; ce qui fait que l'ensemble des ouvriers s'oppose &#224; l'ensemble des capitalistes. Contrairement &#224; la classe ouvri&#232;re, la petite-bourgeoisie n'a pas une id&#233;e concr&#232;te de ce que c'est que le capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en tenant compte de cette situation que la bourgeoisie, pour sauver l'ensemble de sa domination, organise par l'interm&#233;diaire des politiciens fascistes, une &#034;lutte anti-capitaliste&#034; dirig&#233;e d&#233;magogiquement contre des capitalistes isol&#233;s : &#034;banquiers juifs&#034;, &#034;patrons anti-sociaux&#034;, etc... Le fascisme les prend comme boucs &#233;missaires de la crise &#233;conomique, des louches combinaisons financi&#232;res, etc... Sur le plan politique il s'en prend &#224; la &#034;d&#233;mocratie&#034;, au syst&#232;me parlementaire, &#224; l'impuissance de ce r&#233;gime devant la mis&#232;re des masses (impuissance qui est due au fait que ce r&#233;gime ne camoufle que la dictature de la bourgeoisie). Mais l&#224; o&#249; se d&#233;voile la nature du fascisme, c'est qu'il identifie la dictature bourgeoise parlementaire &#224; l'existence des partis ouvriers, des organisations autonomes, politiques ou professionnelles de la classe ouvri&#232;re, maudit le &#034;communisme&#034; et &#034;l'anarchie&#034; et sous pr&#233;texte de lutter contre le r&#233;gime pourri, lance ses troupes &#224; l'assaut des organisations de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fascisme, instrument politique de la grande bourgeoisie, et qui peut prendre n'importe quelle &#233;tiquette et n'importe quel masque, utilise donc la r&#233;volte des couches exploit&#233;es de la petite-bourgeoisie en les attirant par sa d&#233;magogie anti-capitaliste et son apparence de force et d'intransigeance. Mais comme solution aux maux dont souffre la petite-bourgeoisie et l'ensemble des masses exploit&#233;es, il ne peut offrir que les aventures guerri&#232;res : c'est pourquoi le petit-bourgeois devenu fasciste ressemble &#224; l'homme dont les v&#234;tements ont pris feu et qui se jette dans l'eau qui l'engloutira. Cependant cela permet aux capitalistes de prolonger leur domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le prol&#233;tariat peut lui aussi utiliser la r&#233;volte des masses exploit&#233;es petites-bourgeoises et les emp&#234;cher de se tourner vers le fascisme ; et il emp&#234;che par l&#224;-m&#234;me non seulement son propre &#233;crasement mais aussi celui de toute la nation sous la botte de la dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe ouvri&#232;re le peut parce qu'elle est la seule force politique et sociale dans la nation qui est r&#233;ellement capable d'abolir le capitalisme avec ses maux, sa corruption, sa mis&#232;re. Mais il faut aussi que les autres couches opprim&#233;es de la nation puissent s'en rendre compte. Pour cela l'action de la classe ouvri&#232;re doit &#234;tre dirig&#233;e contre l'existence m&#234;me du r&#233;gime capitaliste, contre les fondements de l'ordre existant, c'est-&#224;-dire l'exploitation capitaliste par la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production. Seule l'expropriation du Capital fera na&#238;tre une soci&#233;t&#233; dans laquelle le petit paysan, le petit rentier, le petit commer&#231;ant, etc... seront lib&#233;r&#233;s par l'ouvrier, par le Gouvernement ouvrier et paysan, des maux engendr&#233;s par le capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une classe ouvri&#232;re prisonni&#232;re de la politique bourgeoise (Front Populaire, R&#233;sistance, etc...) qui pr&#233;tend lutter contre le fascisme dans le cadre du r&#233;gime capitaliste ne peut pas attirer &#224; elle les couches exploit&#233;es de la petite-bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiciens bourgeois et social-tra&#238;tres pr&#233;tendent que pour lutter contre le fascisme, il faut abandonner le programme r&#233;volutionnaire et faire front avec la bourgeoisie et la petite-bourgeoisie pour la d&#233;fense de la &#034;d&#233;mocratie&#034;. Mais ce qui int&#233;resse les couches exploit&#233;es de la petite-bourgeoisie ce n'est pas tant la &#034;d&#233;mocratie&#034;, qu'une issue &#224; leurs conditions de vie intol&#233;rables. Quant aux ouvriers, la d&#233;mocratie c'est le droit d'association, de presse, de gr&#232;ve, etc... pour mieux se d&#233;fendre contre les capitalistes. Or le syst&#232;me bourgeois &#034;d&#233;mocratique&#034; et ses politiciens maintiennent pour les petits-bourgeois aussi bien que pour les ouvriers l'exploitation et la mis&#232;re, tandis qu'ils s'efforcent le plus possible de limiter les v&#233;ritables droits d&#233;mocratiques. Si bien qu'&#224; la longue les couches exploit&#233;es de la petite-bourgeoisie cherchent une issue hors du r&#233;gime &#034;d&#233;mocratique&#034; (capitaliste) ; mais cette issue elles ne peuvent pas la trouver du c&#244;t&#233; du prol&#233;tariat si celui-ci, &#224; cause de la politique de ses dirigeants, est cramponn&#233; aux &#034;d&#233;mocrates&#034; c'est-&#224;-dire aux repr&#233;sentants de &#034;g&#244;che&#034; du capitalisme ; elles la chercheront alors du c&#244;t&#233; fasciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tout ceci il r&#233;sulte que le principe fondamental de la lutte contre le fascisme est le suivant : pas d'union avec la bourgeoisie de &#034;gauche&#034; sur un programme &#034;d&#233;mocratique&#034; capitaliste, mais union de tous les d&#233;mocrates v&#233;ritables autour de la lutte prol&#233;tarienne contre la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La petite-bourgeoisie craint-elle cette action, comme le disent les bureaucrates ouvriers ? Rappelons seulement qu'entre le 12 f&#233;vrier 1934 et juin 1936, la classe ouvri&#232;re, ayant fait montre d'une grande d&#233;cision d'action qui laissait esp&#233;rer &#224; l'ensemble de la population laborieuse la lutte d&#233;cisive pour un r&#233;gime nouveau, la petite-bourgeoisie fit bloc (surtout dans la lutte) autour de l'action ouvri&#232;re. Ce n'est qu'&#224; partir du &#034;il faut savoir finir une gr&#232;ve&#034; de Thorez, pendant les gr&#232;ves de juin 1936, que l'espoir des masses fut d&#233;&#231;u. Les bureaucrates ouvriers ayant trahi le Front Unique prol&#233;tarien en faveur d'un front avec Daladier (Front Populaire), ce &#034;front&#034; sombra dans le marasme parlementaire et la d&#233;sillusion des masses ouvrit la voie &#224; la r&#233;action &#224; partir de 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;ritable lutte contre le fascisme est seulement la lutte anti-capitaliste. C'est donc, comme nous le disions au d&#233;but, par leur position de classe que les ouvriers se trouvent &#234;tre les vrais champions de la lutte anti-fasciste. Mais pour que la classe ouvri&#232;re constitue pour les couches exploit&#233;es petites-bourgeoises un p&#244;le d'attraction dans cette lutte, elle doit r&#233;aliser son unit&#233; de combat, pour devenir assez forte pour renverser la bourgeoisie. D'autre part elle doit pouvoir d&#233;fendre un programme capable de satisfaire les revendications de la petite-bourgeoisie, sur le terrain de la lutte r&#233;volutionnaire. Comment r&#233;aliser cette unit&#233;, quel est ce programme qui peut d&#233;terminer la petite-bourgeoisie &#224; appuyer une classe ouvri&#232;re r&#233;volutionnaire ? C'est ce que nous nous proposons d'&#233;tudier dans le prochain num&#233;ro.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'UNITE DE COMBAT DE LA CLASSE OUVRIERE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte contre le fascisme a donc comme premi&#232;re condition l'unit&#233; de combat de la classe ouvri&#232;re. Mais la classe ouvri&#232;re ne poss&#232;de pas d'organisation politique unique. Elle est dirig&#233;e par des partis et des fractions ayant des principes et des m&#233;thodes d'action diff&#233;rents et pr&#233;tendant chacun d&#233;tenir seul le secret de la d&#233;livrance. Les principales tendances dans le camp ouvrier sont le r&#233;formisme et la tendance r&#233;volutionnaire, entre lesquelles se situent des nuances interm&#233;diaires. Dans les moments de &#034;calme&#034;, ces derni&#232;res s'efforcent de r&#233;aliser une &#034;synth&#232;se&#034; des deux tendances, mais dans les moments de crise, elles se situent le plus souvent dans le camp r&#233;formiste. La tendance r&#233;formiste et la tendance r&#233;volutionnaire se combattent avec acharnement, s'accusant r&#233;ciproquement des fautes commises et des &#233;checs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute une cat&#233;gorie d'ouvriers ayant le sain d&#233;sir de l'unit&#233; se laisse tromper par le mirage suscit&#233; sur l'unit&#233; organique des partis ouvriers, qui permettrait &#224; la classe ouvri&#232;re de n'&#233;couter qu'un seul guide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant r&#233;formisme et r&#233;volution n'expriment pas deux m&#233;thodes diff&#233;rentes pour arriver au m&#234;me but, mais l'opposition irr&#233;conciliable entre les int&#233;r&#234;ts de classe des millions d'exploit&#233;s et d'opprim&#233;s, et les int&#233;r&#234;ts d'une minorit&#233; ouvri&#232;re relativement bien pay&#233;e et de mentalit&#233; profond&#233;ment embourgeois&#233;e. D&#233;tenant un grand nombre de postes de responsables dans les organisations ouvri&#232;res ou dans l'administration bourgeoise (syndicats, partis politiques, mairies, si&#232;ges de d&#233;put&#233;s, etc&#8230;) cette couche domine habituellement l'action ouvri&#232;re, l'emp&#234;chant, la brisant quand elle menace de bouleverser le syst&#232;me qui leur permet de s'&#233;lever au-dessus de leur classe : c'est ainsi qu'en juin 1936 l'aristocratie ouvri&#232;re, repr&#233;sent&#233;e par la bureaucratie syndicale et politique, parvint &#224; arr&#234;ter la pouss&#233;e des millions d'ouvriers les plus exploit&#233;s. Le r&#233;formisme, en s'effor&#231;ant de sauvegarder les int&#233;r&#234;ts de l'aristocratie ouvri&#232;re &#233;lev&#233;e au-dessus de la masse, d&#233;fend donc l'ordre bourgeois (qui &#224; son tour engendre le fascisme). L'unit&#233; envisag&#233;e par le PS et le PC ne serait qu'une assurance suppl&#233;mentaire de la bureaucratie contre la r&#233;volution des masses. La r&#233;volution seule permet &#224; ces derni&#232;res de renverser le capitalisme et couper ainsi la racine m&#234;me du fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque la division en partis de la classe ouvri&#232;re provient de la diff&#233;rence d'int&#233;r&#234;ts existant en son sein et que ce n'est pas cette division en partis qui cr&#233;e la diff&#233;rence d'int&#233;r&#234;ts, seule une forme d'organisation englobant directement toute la masse en lutte (et non pas seulement les militants des diff&#233;rents partis) peut unifier l'action de la classe ouvri&#232;re. Cette forme d'organisation, ce sont les Comit&#233;s. Dans les usines et dans les quartiers, les travailleurs, dans des Assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales ou de masse, &#233;lisent des d&#233;l&#233;gu&#233;s, r&#233;vocables &#224; chaque instant, charg&#233;s d'ex&#233;cuter les mesures vot&#233;es par les assembl&#233;es. Ces comit&#233;s ex&#233;cutifs locaux envoient des d&#233;l&#233;gu&#233;s &#224; la r&#233;gion, qui &#224; leur tour d&#233;l&#232;guent des responsables nationaux. Ainsi se trouve cr&#233;&#233; un organisme groupant dans son sein les millions d'exploit&#233;s en lutte sans nuire &#224; l'unit&#233; d'action ; car ce sont les travailleurs eux-m&#234;mes qui d&#233;terminent d&#233;mocratiquement (&#224; la majorit&#233;) la politique &#224; suivre dans chaque question donn&#233;e. Chaque parti politique peut ainsi faire la preuve de ce que valent pratiquement ses m&#233;thodes d'action. Il ne s'agit plus d'&#233;tiquette (&#034;r&#233;formiste&#034; ou &#034;r&#233;volutionnaire&#034;), mais de l'attitude devant des faits que les masses touchent du doigt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas &#224; tort qu'on a appel&#233; les Comit&#233;s (ou Conseils) ouvriers des &#034;Parlements ouvriers&#034;. Chaque parti garde son enti&#232;re libert&#233; d'agitation et de propagande parmi les masses, mais dans l'action pratique il doit faire approuver sa politique par les masses group&#233;es dans les Comit&#233;s. Mais les Comit&#233;s ne sont pas un organisme seulement l&#233;gif&#233;rant, ils sont &#224; la fois d&#233;lib&#233;ratifs, l&#233;gislatifs et ex&#233;cutifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Comit&#233;s n'ont pas de vertu en soi. C'est selon la politique qui triomphera en leur sein que se d&#233;cidera le sort de la classe ouvri&#232;re. En voici deux exemples : en Russie en 1917, avec le triomphe dans les masses sovi&#233;tiques de la politique bolch&#233;vique (r&#233;volutionnaire) sur la politique mench&#233;vique (r&#233;formiste), les Soviets (nom russe des &#034;Comit&#233;s&#034;) prirent en main tout le pouvoir et les capitalistes furent renvers&#233;s. En Allemagne en 1918, ce fut la politique r&#233;formiste qui triompha dans les Conseils, gr&#226;ce &#224; la faiblesse politique de la fraction r&#233;volutionnaire ; les r&#233;formistes s'unirent en un Front populaire avec la bourgeoisie, transmirent tout le pouvoir des Conseils &#224; la bourgeoisie et men&#232;rent finalement &#224; leur liquidation. Le sort de l'Allemagne fut d&#233;cid&#233; dans le sens fasciste gr&#226;ce &#224; la trahison r&#233;formiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous exposerons donc la prochaine fois le programme politique que la IV&#232;me Internationale propose aux travailleurs r&#233;volutionnaires, pour qu'ils puissent soulever les masses ouvri&#232;res et populaires contre la bourgeoisie, les unifier r&#233;ellement dans des Comit&#233;s d'action et concentrer tout le pouvoir, par la dictature du prol&#233;tariat, entre les mains de la classe ouvri&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE PROGRAMME TRANSITOIRE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus important c'est de comprendre les rapports objectifs qui existent entre la lutte r&#233;volutionnaire des travailleurs et les int&#233;r&#234;ts des autres couches exploit&#233;es et opprim&#233;es de la population. Quand le prol&#233;tariat soutient les autres couches exploit&#233;es contre leurs exploiteurs, ce n'est pas l&#224; de sa part une &#034;ruse&#034; destin&#233;e &#224; se faire des alli&#233;s temporaires pour mettre la main sur le pouvoir et le concentrer d&#233;finitivement entre ses mains vis-&#224;-vis d'elles ; la dictature du prol&#233;tariat ne peut pas repr&#233;senter un nouveau pouvoir oppresseur. Le soutien par le prol&#233;tariat des autres exploit&#233;s (quelle que soit la forme de cette exploitation), d&#233;coule tout naturellement de la nature des int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re elle-m&#234;me. Celle-ci ne peut pas lutter contre sa propre exploitation sans affranchir en m&#234;me temps &#224; tout jamais l'humanit&#233; enti&#232;re de toute exploitation et de toute oppression. La classe ouvri&#232;re ne lutte pas pour s'emparer pour elle seulement des moyens de production et donc exploiter par ce moyen la soci&#233;t&#233;. En luttant pour l'expropriation de la bourgeoisie, elle n'arrache les moyens de production &#224; celle-ci que pour effectuer leur retour &#224; la soci&#233;t&#233; enti&#232;re. La dictature du prol&#233;tariat n'est qu'une forme politique de lutte contre la bourgeoisie d&#233;poss&#233;d&#233;e, c'est un organe de la majorit&#233; des travailleurs contre la minorit&#233; d'exploiteurs, c'est un organe qui se dissout de lui-m&#234;me au fur et &#224; mesure que la soci&#233;t&#233; devient harmonieuse par la disparition des classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Luttant pour leurs revendications, les travailleurs s'affirment donc tout naturellement les champions de tous les exploit&#233;s et opprim&#233;s. C'est eux qui repr&#233;sentent la nation en face d'une minorit&#233; de rapaces exploiteurs, si par nation l'on entend les travailleurs des villes et des campagnes sans le sommet exploiteur. Mais le prol&#233;tariat &#224; notre &#233;poque imp&#233;rialiste ne peut pas faire pr&#233;valoir effectivement les int&#233;r&#234;ts de la v&#233;ritable nation travailleuse dans le cadre des fronti&#232;res capitalistes. Ce n'est que par le renversement de la bourgeoisie dans tous les pays, par les Etats-Unis Socialistes du Monde, que pourront &#234;tre &#233;mancip&#233;s les exploit&#233;s de chaque pays, donc de France. Voil&#224; le point fondamental du programme politique de la classe ouvri&#232;re. Dans la pratique bien entendu, ce point du programme ne sera que l'aboutissement final de toute une s&#233;rie d'objectifs &#233;conomiques et politiques TRANSITOIRES.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici les principaux de ces objectifs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mobiliser en premier lieu la classe ouvri&#232;re, il faut lutter pour du travail et une existence digne pour tous, c'est-&#224;-dire l'&#233;chelle mobile des salaires, l'&#233;chelle mobile des heures de travail (pas de travail excessif d'un c&#244;t&#233; et le ch&#244;mage de l'autre, mais r&#233;partition du travail existant entre tous les travailleurs), un salaire minimum r&#233;ellement vital. L'exp&#233;rience propre des travailleurs leur montrera que le capitalisme ne peut en aucun cas les laisser vivre et ils comprendront la n&#233;cessit&#233; de s'organiser non seulement dans les Syndicats mais aussi dans les Comit&#233;s d'usine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux-ci exigeront : l'abolition du secret commercial (qui constitue le droit divin du patron) et le contr&#244;le ouvrier sur l'industrie dans le but de comprendre d'o&#249; viennent les maux qui accablent les travailleurs et que les capitalistes attribuent &#224; la pluie et au beau temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expropriation de certains groupes de capitalistes, comme le M&#233;tro, les chemins de fer, les mines, la production d'&#233;nergie, la grosse industrie, l'industrie de guerre. Cet objectif s'impose tellement &#224; l'heure actuelle que le gouvernement capitaliste d&#233;pense beaucoup d'encre et proc&#232;de &#224; beaucoup de mise en sc&#232;ne (&#034;nationalisations&#034;, etc...) pour sauver les trusts et les monopoleurs : c'est au prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire de montrer que seul il est capable de r&#233;aliser cette expropriation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La confiscation de tous les b&#233;n&#233;fices de guerre, l'expropriation des banques et l'&#233;tatisation du syst&#232;me de cr&#233;dit. Les op&#233;rations financi&#232;res du gouvernement tombent lourdement sur toutes les couches pauvres (avant tout sur les petits rentiers) ; la confiscation des b&#233;n&#233;fices de guerre r&#233;soudrait les difficult&#233;s financi&#232;res sans accabler la population laborieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La petite bourgeoisie, c'est-&#224;-dire les petites gens des villes et les paysans, est aussi imm&#233;diatement int&#233;ress&#233;e &#224; ces mesures. Enfin les paysans ne seraient plus les &#233;ternelles victimes des banques et des sp&#233;culateurs de la Bourse. L'alliance entre la ville et la campagne deviendra possible par la suppression des interm&#233;diaires capitalistes qui grugent les paysans et affament les villes. L'&#233;change direct entre les travailleurs producteurs de produits industriels et les paysans rendra la prosp&#233;rit&#233; aux uns comme aux autres, par le soutien des paysans pauvres (cr&#233;dit &#224; bon march&#233;), l'abolition des hypoth&#232;ques qui ont remis aux banques la propri&#233;t&#233; des paysans, le soutien d'un programme de revendications pour les prol&#233;taires agricoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mobiliser les femmes et la jeunesse travailleuses, il faut exiger : A travail &#233;gal, salaire &#233;gal ! Droits politiques int&#233;graux pour les femmes, les jeunes et les soldats !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soutien des travailleurs immigr&#233;s et coloniaux, en premier lieu par la revendication du Statut l&#233;gal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Droits d&#233;mocratiques &#233;l&#233;mentaires pour tous, comme le droit de gr&#232;ve, d'association, d'expression. Libert&#233; de la presse par la suppression de l'autorisation pr&#233;alable, de la censure, du monopole des trusts et la r&#233;partition proportionnelle du papier par chaque groupe de citoyens constitu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces revendications permettront la mobilisation de toutes les couches exploit&#233;es et opprim&#233;es autour du prol&#233;tariat ; mais elle se heurtera &#224; la r&#233;sistance du pouvoir de la bourgeoisie, c'est-&#224;-dire de son Etat. Pour lutter contre cet Etat, les r&#233;volutionnaires appelleront les masses en lutte &#224; cr&#233;er leurs propres organes du pouvoir, les Conseils ; par les Milices ouvri&#232;res et l'armement du prol&#233;tariat, ils lutteront pour le Gouvernement ouvrier et paysan, expression directe et exclusive de ces Conseils. L'ancien appareil &#233;tatique de la bourgeoisie ne peut pas &#234;tre utilis&#233; par les travailleurs. La destruction de la police, de la bureaucratie, etc..., organes de la bourgeoisie qui &#233;crase les masses, enl&#232;vera &#224; celle-ci ses moyens de domination politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce programme est-il possible ? demandera le sceptique. N'est-il pas trop radical ? Ne pourrait-on se contenter de solutions plus &#034;raisonnables&#034; ? Par ces questions, le sceptique (imbu d'esprit petit-bourgeois) montre qu'il n'a rien compris &#224; notre &#233;poque qui est celle des monopoles capitalistes, de l'imp&#233;rialisme &#233;conomique. Il faut &#233;videmment une grande &#233;nergie r&#233;volutionnaire aux masses pour que la r&#233;alisation d'un tel programme soit possible. Et les sceptiques voient seulement que les 9/10&#232;me du temps les masses ne d&#233;ploient pas d'&#233;nergie r&#233;volutionnaire. Mais c'est seulement parce que la r&#233;volution est l'aboutissement historique d'une foule de processus cach&#233;s en temps &#034;normal&#034;, &#034;pacifique&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre imp&#233;rialiste a men&#233; la soci&#233;t&#233; &#224; un point o&#249; il n'est plus possible de vivre comme par le pass&#233;. Les masses sont de plus en plus contraintes par la situation objective de trouver en elles l'&#233;nergie n&#233;cessaire pour se mettre en mouvement. Si les r&#233;volutionnaires ont &#034;tort&#034; les 9/10&#232;me du temps, c'est seulement pour avoir raison au moment de la r&#233;volution. Celle-ci d&#233;veloppe son rythme imp&#233;tueux en un temps relativement court. Mais cette p&#233;riode suffit pour &#233;manciper &#224; tout jamais l'humanit&#233; enti&#232;re. Voil&#224; pourquoi travailler minutieusement et attendre patiemment son heure sont les qualit&#233;s les plus pr&#233;cieuses d'un r&#233;volutionnaire. Voil&#224; pourquoi aussi, quand la r&#233;volution prol&#233;tarienne en France les appellera &#224; l'action directe, les partisans de la IV&#232;me Internationale seront arm&#233;s de pied en cap id&#233;ologiquement et mat&#233;riellement pour vaincre l'ennemi capitaliste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La r&#233;sistance nationale en France</title>
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		<dc:date>2025-10-04T22:09:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Barta</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>

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&lt;p&gt;L'ARMEE PERMANENTE ET L'ARMEE POPULAIRE &lt;br class='autobr' /&gt;
Parce que le maquis est compos&#233; en grande partie d'ouvriers et de paysans qui n'ont pas voulu partir en Allemagne, et parce qu'il est en lutte contre Vichy et l'arm&#233;e allemande, on voudrait nous le pr&#233;senter comme une arm&#233;e v&#233;ritablement d&#233;mocratique, comme une &#034;arm&#233;e du peuple&#034;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais pour savoir si une arm&#233;e est v&#233;ritablement une arm&#233;e du peuple, il ne suffit pas qu'elle soit compos&#233;e d'ouvriers et de paysans. En effet, toutes les arm&#233;es modernes, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique117" rel="directory"&gt;14 - TRAVAILLEURS SANS FRONTIERES - WORKERS HAVE NO FRONTIERS AND A WORLD TO CONQUER&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot91" rel="tag"&gt;Barta&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'ARMEE PERMANENTE ET L'ARMEE POPULAIRE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que le maquis est compos&#233; en grande partie d'ouvriers et de paysans qui n'ont pas voulu partir en Allemagne, et parce qu'il est en lutte contre Vichy et l'arm&#233;e allemande, on voudrait nous le pr&#233;senter comme une arm&#233;e v&#233;ritablement d&#233;mocratique, comme une &#034;arm&#233;e du peuple&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour savoir si une arm&#233;e est v&#233;ritablement une arm&#233;e du peuple, il ne suffit pas qu'elle soit compos&#233;e d'ouvriers et de paysans. En effet, toutes les arm&#233;es modernes, quelles qu'elles soient, sont des arm&#233;es populaires si on les envisage &#224; ce point de vue. Car le perfectionnement des armements a depuis longtemps oblig&#233; la bourgeoisie &#224; mobiliser tout &#034;son&#034; peuple pour mener les guerres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut examiner &#224; quoi a abouti le maquis, quelle est sa base de classe. Or, s'il est possible qu'au d&#233;but les travailleurs du maquis, guid&#233;s par leur m&#233;fiance instinctive, aient tent&#233; de s'organiser sur une base de classe et aient manifest&#233; leur hostilit&#233; &#224; l'&#233;gard du vieux corps des officiers cagoulards, depuis, sous le commandement des De Gaulle, Giraud, Catroux et Koenig &#8211; qui vient d'&#234;tre nomm&#233; commandant des Forces Fran&#231;aises de l'Int&#233;rieur &#8211; c'est le vieux corps des officiers de Daladier qui s'est impos&#233; au maquis : c'est l'ancienne arm&#233;e imp&#233;rialiste fran&#231;aise qui s'est reconstitu&#233;e. Ce qu'on voudrait nous pr&#233;senter comme une arm&#233;e du peuple, n'est qu'une nouvelle ARMEE PERMANENTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arm&#233;e permanente enl&#232;ve tous les ans des centaines de milliers de jeunes gens &#224; leurs familles et &#224; leur production, pour les enfermer pendant des ann&#233;es dans des casernes sous pr&#233;texte de formation militaire. Mais la formation militaire d'un soldat n'exige pas des ann&#233;es puisqu'en temps de guerre la bourgeoisie envoie au front des jeunes de 18 ans apr&#232;s quatre ou six mois d'instruction. Le service militaire consiste principalement &#224; soumettre les hommes &#224; qui l'on enseigne le maniement des armes &#224; la pression exclusive de la discipline militaire repr&#233;sent&#233;e par le corps des officiers et sous-officiers de carri&#232;re li&#233;s &#224; la bourgeoisie, et qui n'ont aucune fonction productive dans la soci&#233;t&#233; : comme les pr&#234;tres, ils sont sp&#233;cialis&#233;s dans le &#034;dressage&#034; de &#034;la troupe&#034;, leurs m&#233;thodes &#8211; les brimades d&#233;gradantes et l'abrutissement syst&#233;matique &#8211; ont pour but de fa&#231;onner une nouvelle mentalit&#233; &#224; leurs hommes, de s&#233;parer les fils d'ouvriers et de paysans de leur classe et d'en faire des instruments dociles pour la r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce sont les masses laborieuses qui, sous forme d'imp&#244;ts &#233;crasants, supportent la charge de cette arm&#233;e d'hommes que l'on a retir&#233;s de la production, et payent la construction et l'entretien des casernes et la solde des g&#233;n&#233;raux et officiers de carri&#232;re grassement appoint&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi qu'en cas de guerre la bourgeoisie peut rapidement, par la mobilisation g&#233;n&#233;rale, mettre en ligne des millions d'hommes sachant manier les armes, et sur lesquels les officiers n'ont aucun mal &#224; reprendre leur emprise une fois qu'ils ont &#233;t&#233; happ&#233;s par l'engrenage de l'arm&#233;e permanente aid&#233;e de la gendarmerie et de la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le voit donc, une telle arm&#233;e, fond&#233;e sur l'exploitation du peuple et sur son utilisation comme chair &#224; canon n'a rien de populaire. Elle est au contraire l'instrument principal de la bourgeoisie contre le peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe ouvri&#232;re ne peut pas s'&#233;manciper sans briser l'arm&#233;e permanente. Le principal moyen d'y arriver, c'est qu'elle organise tout d'abord ses propres milices ouvri&#232;res. En soutenant la lutte des travailleurs-soldats contre la conscription, le service militaire prolong&#233;, les Cours martiales et le r&#233;gime des casernes, et en s'armant elle-m&#234;me, la classe ouvri&#232;re facilite aux soldats leur &#233;mancipation de l'arm&#233;e permanente et les lie &#224; la cause des exploit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La milice ouvri&#232;re est l'organisation des travailleurs en armes pour la d&#233;fense sur place de l'usine, du chantier, de la mine ou du village contre la bourgeoisie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le peuple en armes n'a besoin ni de casernes, ni d'officiers de m&#233;tier ; il ne retire pas de la production toute une partie de la population : l'entra&#238;nement militaire se fait en dehors des heures de travail et les chefs sont &#233;lus par les combattants parmi les plus d&#233;vou&#233;s et les plus qualifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La victoire ouvri&#232;re et la chute de la bourgeoisie supprimeront pour la classe ouvri&#232;re la n&#233;cessit&#233; d'&#234;tre en armes ; c'est donc seulement en s'organisant en milice ouvri&#232;re que les masses parviendront &#224; briser les arm&#233;es permanentes, que la bourgeoisie entretient constamment pour la d&#233;fense de ses int&#233;r&#234;ts imp&#233;rialistes, contre les masses et sur leur dos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que l'arm&#233;e permanente est un chancre qui ronge toute la soci&#233;t&#233;, et l'instrument de l'asservissement du peuple par la bourgeoisie, la MILICE OUVRIERE, organisation des travailleurs en armes, est l'instrument de leur &#233;mancipation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/07/ldc32_070844.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/07/ldc32_070844.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi sur la r&#233;sistance en France&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6675&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6675&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir ici le j&#233;suitisme du pr&#233;tendu courant officiel trotskyste qui s'est ralli&#233; &#224; la d&#233;fense nationale de la r&#233;sistance derri&#232;re le PCF et De Gaulle et aux c&#244;t&#233;s de l'imp&#233;rialisme anglo-am&#233;ricain :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le mouvement des partisans &lt;br class='autobr' /&gt;
Devant le caract&#232;re, en partie spontan&#233;, du mouvement des partisans, expression de la r&#233;volte ouverte et in&#233;vitable des larges couches travailleuses contre l'imp&#233;rialisme allemand et contre l'ordre et l'&#201;tat de la bourgeoisie indig&#232;ne qui personnifient &#224; leurs yeux les responsables de leur mis&#232;re et de leurs souffrances actuelles, les B.L. sont oblig&#233;s de prendre en consid&#233;ration cette volont&#233; de lutte des masses et de t&#226;cher, malgr&#233; les multiples dangers cons&#233;cutifs aux formes nationalistes que rev&#234;t cette lutte, de l'orienter vers des buts de classe. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire ici la pr&#233;tendue &#171; IV&#232;me internatioanle &#187; en 1944 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/1944/01/4int_19440100.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/1944/01/4int_19440100.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/mandel/works/1976/00/em19760000.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/mandel/works/1976/00/em19760000.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.contretemps.eu/wp-content/uploads/14-044-00025-155-165.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.contretemps.eu/wp-content/uploads/14-044-00025-155-165.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://lanticapitaliste.org/videos/une-resistance-ouvriere-et-internationaliste-face-la-barbarie-nazie-entretien-avec-robert&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://lanticapitaliste.org/videos/une-resistance-ouvriere-et-internationaliste-face-la-barbarie-nazie-entretien-avec-robert&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Barta sur &#171; la r&#233;sistance &#187; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; Barta en 1944 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; AUTO-DEFENSE OUVRIERE CONTRE LES BANDES FASCISTES !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que la milice de Darnand et les bandes de Bucard, D&#233;at et Doriot sont officiellement mobilis&#233;es en vue de maintenir &#034;l'ordre&#034;, c'est-&#224;-dire le r&#233;gime de terreur polici&#232;re et &#233;conomique qui &#233;crase la classe ouvri&#232;re, dans le maquis, sous pr&#233;texte de &#034;lib&#233;rer la France&#034;, se pr&#233;parent sous les ordres des De Gaulle, Giraud et autres g&#233;n&#233;raux et officiers cagoulards, des troupes s&#233;lectionn&#233;es pour r&#233;primer par la force toute tentative ouvri&#232;re de r&#233;aliser concr&#232;tement les belles promesses &#034;d&#233;mocratiques&#034; de Radio-Londres. Radio-Londres, inqui&#233;t&#233;e de la pr&#233;sence de certains &#233;l&#233;ments extr&#233;mistes, appelle inlassablement gendarmes, gardes-mobiles et policiers &#224; rejoindre le maquis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous des &#233;tiquettes diff&#233;rentes, la bourgeoisie pr&#233;pare donc d&#232;s maintenant ses bandes arm&#233;es destin&#233;es &#224; r&#233;primer dans le sang toute demande ouvri&#232;re. Voil&#224; le danger dont tout ouvrier conscient doit se rendre compte aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est temps, si l'on veut &#233;viter le pire, de perdre toute illusion sur la bourgeoisie gaulliste et alli&#233;e. La bourgeoisie n'a jamais donn&#233; d'armes aux ouvriers : elle s'en est toujours servi contre eux. Mais aux bandes arm&#233;es de la bourgeoisie, nous pouvons opposer nos MILICES OUVRIERES. C'est aux ouvriers conscients, organis&#233;s ou non, qui ont compris le danger, qui ont compris que sans armes la classe ouvri&#232;re non seulement ne sortira jamais de l'impasse actuelle, mais aura encore &#224; subir des coups plus terribles, de prendre dans chaque usine, dans chaque quartier l'initiative et de constituer des embryons de milice ouvri&#232;re, en se r&#233;unissant en petits groupes clandestins qui &#233;liront par en bas leurs responsables et se procureront des armes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comment se procurer des armes ? Ces petits groupes compos&#233;s des &#233;l&#233;ments les plus aptes &#224; la lutte physique peuvent s'entra&#238;ner progressivement &#224; attaquer &#224; plusieurs les policiers, gardes-mobiles, gendarmes ou fascistes isol&#233;s en vue de s'emparer de leurs armes et de se constituer ainsi un armement &#233;l&#233;mentaire. De plus, les d&#233;serteurs de l'arm&#233;e allemande, dont le nombre ne cesse d'augmenter, peuvent nous &#234;tre de grande utilit&#233; non seulement en nous c&#233;dant leurs propres armes, mais encore en nous indiquant des d&#233;p&#244;ts dont il serait facile de s'emparer, si nous savons leur inspirer confiance en les accueillant comme des fr&#232;res de classe et en leur montrant que nous sommes des exploit&#233;s comme eux, dont les int&#233;r&#234;ts communs sont contre la bourgeoisie allemande et contre la bourgeoisie alli&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, il ne faut pas oublier que ces armes dont la bourgeoisie se sert contre nous, c'est nous qui les fabriquons : il ne tient donc qu'&#224; nous, &#224; notre entente avec les camarades des arsenaux et des cartoucheries, &#224; la coh&#233;sion politique de la classe ouvri&#232;re, pour que ces munitions, au lieu de se retourner contre nous-m&#234;mes, deviennent les instruments de notre affranchissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais n'est-ce vouloir s'armer trop t&#244;t, n'est-ce pas aller &#224; la guerre civile ? La guerre civile ne d&#233;pend pas de notre volont&#233; : elle existe d&#233;j&#224; ; la bourgeoisie la m&#232;ne ouvertement depuis longtemps et se pr&#233;pare &#224; nous &#233;craser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seule la milice ouvri&#232;re, seule la volont&#233; in&#233;branlable des ouvriers de se d&#233;fendre jusqu'au bout, peuvent briser l'attaque de la bourgeoisie ou m&#234;me l'emp&#234;cher. Seule la milice ouvri&#232;re pourra assurer le succ&#232;s de nos gr&#232;ves futures en les prot&#233;geant contre la troupe et les briseurs de gr&#232;ve. C'est seulement par les armes que le prol&#233;tariat regagnera ses conqu&#234;tes &#233;conomiques et ses libert&#233;s de juin 1936. La place de tout ouvrier conscient est dans la milice du peuple : c'est l&#224; seulement qu'il peut lutter vraiment pour lui-m&#234;me et pour sa classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la milice aussi et surtout se trouve la place de tous les jeunes ouvriers. Pour eux se pose la question de savoir s'ils se laisseront mobiliser par la bourgeoisie pour lui servir de chair &#224; canon, ou s'ils se mobiliseront eux-m&#234;mes au service de leur propre classe dans sa lutte pour le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que tout opprim&#233; fasse sienne la devise de Blanqui, qui r&#233;sume ainsi l'exp&#233;rience de toute sa vie militante au service de la classe ouvri&#232;re : &#034;QUI A DU FER, A DU PAIN&#034; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais//barta/1944/06/ldc31_062244.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais//barta/1944/06/ldc31_062244.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barta en 1944 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;QUI L'EMPORTERA ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de lutte de classes, union de tous les patriotes pour la lib&#233;ration du territoire&#034;, pr&#234;chent depuis juin 1941 les chefs ouvriers social-patriotes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais que repr&#233;sentent les patriotes qui sont &#224; la t&#234;te de la R&#233;sistance, ceux qui d&#233;cident de tout et qui commandent &#224; tous ? Les g&#233;n&#233;raux et les politiciens d'Alger (radicaux, &#034;socialistes&#034;, r&#233;actionnaires, fascistes) sont les serviteurs de la bourgeoisie, les serviteurs des 200 familles. La participation des &#034;communistes&#034; au gouvernement de la bourgeoisie form&#233; par De Gaulle, n'en change pas le caract&#232;re, de m&#234;me que la participation des &#034;communistes&#034; au &#034;front populaire&#034; n'a pas emp&#234;ch&#233; les gouvernements successifs, issus de la Chambre &#034;populaire&#034; &#233;lue en 1936, de lutter pour reprendre au prol&#233;tariat les conqu&#234;tes de juin 1936 et accomplir tous les desseins de la bourgeoisie. Non seulement le Daladier de 1939 &#233;tait tout ce qu'il y avait de plus &#034;front populaire&#034;, mais il ne faut pas oublier que P&#233;tain lui-m&#234;me a &#233;t&#233; &#233;lu chef de l'Etat fran&#231;ais par une majorit&#233; parlementaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui comme demain, les int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie, repr&#233;sent&#233;s par n'importe quel gouvernement si &#034;d&#233;mocratique&#034; soit-il, sont inconciliables avec les int&#233;r&#234;ts du prol&#233;tariat. Par l'interm&#233;diaire de toutes ses fractions politiques &#8211; collaborationnistes ou r&#233;sistantes, de droite ou de gauche &#8211; la bourgeoisie assure son maintien en tant que classe imp&#233;rialiste qui exploite les ressources &#233;conomiques et militaires de la France pour participer au brigandage colonial. Or, dans les conditions d'une &#233;conomie mondiale d&#233;cadente accompagn&#233;e d'une extr&#234;me aggravation de la concurrence entre capitalistes des diverses nations, la domination de la bourgeoisie fran&#231;aise n'est possible que par l'emploi permanent de la force pour imposer &#224; la classe ouvri&#232;re des salaires de famine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En lan&#231;ant le pays dans la guerre aux c&#244;t&#233;s des imp&#233;rialistes alli&#233;s, en l'int&#233;grant ensuite dans la guerre de l'imp&#233;rialisme allemand, en saignant le peuple &#224; blanc pour s'assurer sa part de b&#233;n&#233;fices de guerre, la bourgeoisie fran&#231;aise s'est d&#233;masqu&#233;e devant les masses comme leur ennemi num&#233;ro un ; De Gaulle, en tant que champion de la nation &#034;d&#233;mocratique&#034;, etc... doit lui permettre de maintenir sa domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs au contraire n'envisageaient et n'envisagent la lib&#233;ration, que comme un retour &#224; un niveau de vie sup&#233;rieur et &#224; leurs libert&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet antagonisme complet entre les int&#233;r&#234;ts vitaux de la bourgeoisie et les int&#233;r&#234;ts vitaux du prol&#233;tariat devrait ouvrir les yeux de tous les travailleurs qui se donnent la peine de r&#233;fl&#233;chir sur leur avenir. Si la &#034;lib&#233;ration nationale&#034; devait satisfaire ne serait-ce qu'un quart des revendications des travailleurs, y aurait-il un seul bourgeois pour appuyer le gouvernement De Gaulle ? Or, &#034;Aujourd'hui nous avons la preuve qu'ils (le Comit&#233; des Forges) poursuivent activement leurs men&#233;es souterraines et qu'ils r&#233;ussissent parfois &#224; glisser leurs hommes &#224; des postes o&#249; ne devraient si&#233;ger que des patriotes sinc&#232;res et &#233;prouv&#233;s&#034;. (La Vie Ouvri&#232;re du 8 janvier 1944). La Vie Ouvri&#232;re s'&#233;tant fait l'organe de la &#034;r&#233;sistance&#034; ne peut pas avouer aux travailleurs la domination des 200 familles sur la r&#233;sistance. Elle pr&#233;sente ce fait plut&#244;t comme une exception. Mais les &#034;repr&#233;sentants&#034; ouvriers participant au Front Populaire, notamment le parti &#034;communiste&#034;, agissaient de m&#234;me quand ils couvraient la domination de la bourgeoisie dans cette coalition politique. Ceux qui d&#233;non&#231;aient alors cette domination des politiciens bourgeois sur le Front Populaire &#233;taient trait&#233;s de &#034;Trotskystes tra&#238;tres&#034;. Une fois de plus, les Trotskystes avertissent les travailleurs : la r&#233;sistance est un organe politique de la bourgeoisie dirig&#233; autant que l'Etat fran&#231;ais de P&#233;tain contre les travailleurs. Une premi&#232;re preuve de cette identit&#233; fondamentale vient de se produire. Le 1er R&#233;giment de France form&#233; par des canailles anti-prol&#233;tariennes s&#233;lectionn&#233;es par P&#233;tain vient de se rallier (Radio-Londres) &#224; la r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Les chefs staliniens promettent de reprendre la lutte contre la bourgeoisie et pour le socialisme apr&#232;s la &#034;lib&#233;ration&#034;. Mais les travailleurs savent ce que vaut cette promesse. Les tristes h&#233;ros du PS et de la II&#232;me Internationale promirent eux aussi pendant la guerre de 14-18 que leur collaboration avec la bourgeoisie devait assurer l'int&#233;grit&#233; du territoire et la lib&#233;ration de l'Alsace-Lorraine et qu'apr&#232;s cela ils reprendraient leur lutte pour la victoire des travailleurs. Ils aid&#232;rent ainsi dans tous les pays la bourgeoisie &#224; mener &#224; bonne fin son entreprise de brigandage et, la paix venue, ils continu&#232;rent encore &#224; servir la bourgeoisie, devenant m&#234;me les policiers et les bourreaux de la classe ouvri&#232;re. Rappelons qu'en 1937, ce fut le &#034;socialiste&#034; Dormoy, ministre de l'Int&#233;rieur du gouvernement Front Populaire. qui fit tirer sur les ouvriers d&#233;sarm&#233;s de Clichy...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; quel sera le r&#244;le des chefs staliniens, si les travailleurs communistes ne les obligent pas &#224; rompre l'Union sacr&#233;e au profit de la bourgeoisie, &#224; quitter leurs minist&#232;res et &#224; reprendre une activit&#233; ouvri&#232;re autonome ind&#233;pendante de la bourgeoisie et contre elle. Les masses qui les ont &#233;lus, qui leur font confiance et qui les suivent, leur ont donn&#233; un mandat prol&#233;tarien : il faut les contraindre &#224; le remplir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une lutte mortelle, implacable, a commenc&#233; le 6 f&#233;vrier 1934 entre la bourgeoisie, qui veut plonger le pays dans la nuit d'oppression du pass&#233; afin de maintenir sa domination, et le prol&#233;tariat qui veut s'&#233;manciper du joug de la bourgeoisie afin de pr&#233;server le pays de la barbarie capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de savoir qui de la bourgeoisie ou du prol&#233;tariat l'emportera, se r&#233;sume &#224; celle-ci : QUI L'EMPORTERA DU CHAUVINISME OU DE L'INTERNATIONALISME ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La parole est aux travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais//barta/1944/06/ldc31_062244.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais//barta/1944/06/ldc31_062244.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barta en 1944 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A L'ACTION !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Partis de la &#034;r&#233;sistance&#034; ont inaugur&#233; leur arriv&#233;e au pouvoir par une s&#233;rie de promesses &#224; la classe ouvri&#232;re : les 40 heures, augmentation de 40% sur les salaires, stabilisation des prix. A les entendre, on pouvait &#234;tre persuad&#233; que les ouvriers n'avaient qu'&#224; s'en remettre aux nouveaux gouvernants pour l'inauguration d'une politique &#233;conomique et sociale nouvelle : un nouveau juin 1936, r&#233;alis&#233; non par la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale contre le patronat, mais issu du patriotisme national des partis group&#233;s dans la &#034;r&#233;sistance&#034; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que les d&#233;clarations officielles t&#233;moignaient aussi du d&#233;sir de ne l&#233;ser en rien le patronat : on parlait des 40 heures, mais aussi de larges d&#233;rogations, de l'augmentation des salaires, mais sans toucher au profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Accorder soi-disant des satisfactions &#224; la classe ouvri&#232;re sans les prendre sur le compte du patronat &#8211; c'&#233;tait la politique impraticable de la conciliation de la ch&#232;vre et du chou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il s'av&#232;re aujourd'hui, en absence d'une pression des masses ouvri&#232;res, et l'ordre de la reprise du travail ayant &#233;t&#233; donn&#233;, que toutes ces promesses n'&#233;taient que des projets pour tromper l'attente des ouvriers, que les d&#233;cisions minist&#233;rielles ne sont pas encore connues, que rien n'est s&#251;r. La direction de la CGT, &#224; plat ventre devant la bourgeoisie, demande timidement une majoration &#034;substantielle&#034; des salaires, sans en pr&#233;ciser le taux. Encore une fois, ce sont les patrons qui imposent leur volont&#233;. Ainsi se trouve &#224; nouveau d&#233;montr&#233; ce que les militants honn&#234;tes ont r&#233;p&#233;t&#233; tant de fois aux ouvriers : les travailleurs n'obtiennent des patrons et de leur gouvernement que ce qu'ils peuvent leur imposer par une attitude r&#233;solue et au besoin par la lutte. Si nous voulons arracher aux patrons nos l&#233;gitimes revendications, la gr&#232;ve avec occupation doit &#234;tre men&#233;e jusqu'&#224; leur satisfaction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ces cinq ann&#233;es de guerre, tous les capitalistes, avant ou sous l'occupation, ont fait des profits gigantesques. Le nouveau r&#233;gime leur en promet d'autres, gr&#226;ce &#224; l'organisation de l'industrie de guerre, l'&#233;quipement de la nouvelle arm&#233;e, etc... Pour les patrons les profits, pour la classe ouvri&#232;re la fatigue, la mis&#232;re, les longues journ&#233;es de travail, les salaires de famine. Il est temps que la classe ouvri&#232;re impose au patronat des revendications qui mettent un frein &#224; cette exploitation &#233;hont&#233;e :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1)	RELEVEMENT IMMEDIAT DES SALAIRES, avec une augmentation minima de 50% pour les cat&#233;gories d'ouvriers et d'employ&#233;s les plus mal pay&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
2)	&lt;br class='autobr' /&gt;
2) ECHELLE MOBILE DES SALAIRES, les contrats collectifs devant assurer l'augmentation automatique des salaires en liaison avec la mont&#233;e des prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) LES 40 HEURES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) ECHELLE MOBILE DES HEURES DE TRAVAIL. Pendant que le patronat entend faire travailler une partie des ouvriers pendant 60 heures, d'autres continueront &#224; v&#233;g&#233;ter dans le ch&#244;mage. La longueur de la semaine de travail doit &#234;tre d&#233;termin&#233;e par la r&#233;partition du travail existant entre toutes les mains ouvri&#232;res disponibles, le salaire de chaque ouvrier restant le m&#234;me qu'avec l'ancienne semaine de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5) A l'&#233;poque actuelle de crise du capitalisme, aucune mesure ne pourra &#234;tre impos&#233;e d'une fa&#231;on durable au patronat sans le CONTROLE OUVRIER sur la production et la comptabilit&#233; des entreprises, exerc&#233; par des comit&#233;s d'usine &#233;lus et r&#233;vocables par les ouvriers. Tout en menant la lutte dans les syndicats, les ouvriers doivent &#233;lire de pareils comit&#233;s et lutter pour leur droit au contr&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6) En d&#233;pit des phrases et des promesses, c'est chose connue que le patronat organise et a d&#233;j&#224; organis&#233; des bandes arm&#233;es du type fasciste en vue de la r&#233;pression contre les ouvriers, au sein m&#234;me des groupements de la &#034;r&#233;sistance&#034;. Pour d&#233;fendre son droit &#224; la vie, la classe ouvri&#232;re doit organiser non pas des milices patriotiques, mais des DETACHEMENTS OUVRIERS D'AUTO-DEFENSE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/09/ldc35_090244.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/09/ldc35_090244.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barta en 1945 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; est le reniement du trotskysme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour vous d&#233;fendre contre la calomnie, vous revendiquez pour vous le titre de &#034;premiers r&#233;sistants&#034;. Or vous-m&#234;mes, dans le num&#233;ro 23 (7/4) de La V&#233;rit&#233;, &#233;crivez &#034; la r&#233;sistance elle-m&#234;me est bas&#233;e sur une duperie : la duperie de la collaboration de classes &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; sous le Front Populaire, la politique trotskyste consistait &#224; expliquer aux ouvriers la duperie de cette collaboration de classe, dont le prol&#233;tariat faisait les frais, et pour laquelle une partie de la bourgeoisie imp&#233;rialiste s'&#233;tait d&#233;guis&#233;e en &#034; d&#233;mocrate &#034;. Le Front Populaire pr&#233;tendait mener une politique en faveur des masses et avait comme mot-d'ordre d&#233;magogique la lutte contre les trusts. Pour les r&#233;volutionnaires ce mot-d'ordre &#233;tait un but r&#233;el ; mais la similitude des formules permettait-elle &#224; l'organisation r&#233;volutionnaire de se r&#233;clamer du Front Populaire, dans le but par exemple de ne pas se couper des masses ? C'e&#251;t &#233;t&#233; contribuer &#224; les duper. La politique trotskyste a consist&#233; &#224; se d&#233;limiter du front populaire et &#224; le combattre, malgr&#233; les calomnies staliniennes qui pr&#233;sentaient tous les adversaires du front populaire, surtout ceux de gauche (les trotskystes) comme des fascistes. Nous n'avons pas plus pr&#233;tendu &#224; l'&#233;poque &#234;tre les meilleurs ou les premiers &#034; front populaire &#034;, du fait que nous avons &#233;t&#233; les premiers &#224; pr&#233;coniser le front unique socialiste-communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 1940, les r&#233;volutionnaires devaient mener une politique de r&#233;sistance (c'est&#172;&#224;-dire de d&#233;fense des masses) vis-&#224;-vis de l'occupation imp&#233;rialiste allemande. Mais ils continuaient en m&#234;me temps l'opposition r&#233;volutionnaire vis-&#224;-vis de leur propre bourgeoisie et tenaient compte des int&#233;r&#234;ts du prol&#233;tariat fran&#231;ais aussi bien que des int&#233;r&#234;ts du prol&#233;tariat allemand, en ne renfor&#231;ant pas, comme la r&#233;sistance officielle, la domination de Hitler par le d&#233;cha&#238;nement chauvin. Cela ne nous emp&#234;chait pas de prendre &#034;les pommes de terre&#034; de l'imp&#233;rialisme anglo-saxon et de la bourgeoisie gaulliste, comme l'ont fait les bolch&#233;viks en 1918 dans la lutte contre l'imp&#233;rialisme allemand, en acceptant l'aide technique de la bourgeoisie de l'Entente. Mais il fallait par-dessus tout affirmer &#224; la face du monde entier que notre base politique restait la lutte de classe men&#233;e jusqu'au bout dans toutes les directions et que nous ne consid&#233;rions pas l'imp&#233;rialisme anglo-saxon comme un moindre mal par rapport &#224; l'imp&#233;rialisme fasciste, raisonnement stali&#172;nien qui entra&#238;nait automatiquement l'abandon de la lutte de classe en faveur de la lutte commune contre l'occupant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, internationalistes, &#233;tions les seuls d&#233;fenseurs des int&#233;r&#234;ts des masses tout au long de cette guerre, avant et apr&#232;s l'occupation. Par contre, pour la bourgeoisie la r&#233;sis&#172;tance n'&#233;tait que l'opposition au capitalisme allemand ; elle lui a servi de mise sur le ta&#172;bleau imp&#233;rialiste anglo-am&#233;ricain ; par l'interm&#233;diaire des social-chauvins la bourgeoi&#172;sie a &#233;galement r&#233;alis&#233;, &#224; travers la &#034;r&#233;sistance&#034;, l'union sacr&#233;e et a prolong&#233; sa domi&#172;nation de classe. Comme le d&#233;non&#231;ait LaV&#233;rit&#233; elle-m&#234;me en 1943 et 44, la r&#233;sistance servait de camouflage m&#234;me aux organisations d'extr&#234;me-droite et aux partis fascistes. La r&#233;sistance, d'apr&#232;s le sens qu'a pris ce terme &#224; travers les &#233;v&#233;nements, est une organisation politique de la bourgeoisie imp&#233;rialiste. Le parti r&#233;volutionnaire peut-il s'en r&#233;clamer ? L'absurdit&#233; d'une r&#233;ponse affirmative saute aux yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En luttant pour votre l&#233;galisation, vous cherchez la cons&#233;cration de votre titre de &#034; r&#233;sistants &#034; par l'obtention d'un certificat public de la R&#233;sistance (personnifi&#233;e par les Bayet, Saillant, Frenay, Bidault, etc...). Au moment m&#234;me o&#249; les querelles entre l'Angle&#172;terre et la France montrent aux masses la vraie nature imp&#233;rialiste des alli&#233;s, au moment o&#249; les ouvriers ont d&#233;j&#224; eu le temps de se rendre compte que la r&#233;sistance s'est termin&#233;e par l'arriv&#233;e au pouvoir d'un gouvernement des trusts, au lieu de pouvoir en ce moment rehaus&#172;ser notre propre autorit&#233; morale pour avoir d&#233;nonc&#233; &#224; temps la duperie de la r&#233;sis&#172;tance, vous cherchez &#224; vous camoufler sous son masque r&#233;pugnant ! Une pareille l&#233;galisa&#172;tion ne serait pas une victoire remport&#233;e sur notre propre terrain, celui de l'internationa&#172;lisme et de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la lettre &#224; Bayet (18/9/44) le Comit&#233; central dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Il s'agit de savoir si la IV&#232;me R&#233;publique naissante reprendra l&#224; o&#249; avait sombr&#233; la III&#232;me R&#233;publique glissant vers l'autoritarisme r&#233;actionnaire de P&#233;tain, o&#249; si elle sera effectivement d&#233;mo&#172;cratique &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui pense-t-on tromper par un pareil raisonnement ? C'est la besogne des staliniens et des r&#233;formistes de vouloir faire croire aux masses que nous sommes encore de&#172;vant la perspective : IV&#232;me R&#233;publique d&#233;mocratique ou r&#233;actionnaire. La t&#226;che des r&#233;volu&#172;tionnaires est de montrer aux ouvriers que, les social-chauvins les ayant illusionn&#233;s sur l'&#233;puration &#034;, ils ont laiss&#233; subsister les organes de l'&#201;tat gangren&#233; de la III&#232;me R&#233;publique qui a servi avec succ&#232;s &#224; Daladier aussi bien qu'&#224; P&#233;tain, et que nous nous trouvons sous de Gaulle en pleine dictature bureaucratico-polici&#232;re. Au moment o&#249; l'Humanit&#233; elle-m&#234;me d&#233;nonce le r&#233;gime dictatorial subi par la presse, pouvons-nous faire croire que la l&#233;galisation de La V&#233;rit&#233; serait le crit&#232;re d'une &#034;d&#233;mocratie effective&#034; ? La t&#226;che des r&#233;volutionnaires, enseignait Trotsky, est de nommer les choses par leur nom, et non de se faire les auxiliaires des &#034; d&#233;mocrates &#034; pourris qui s&#232;ment des illusions dans les masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La V&#233;rit&#233;, en s'adressant aux r&#233;formistes et aux stalinistes, use constamment du terme &#034; camarade &#034;. Il suffit pourtant de se r&#233;f&#233;rer &#224; un texte de Trotsky pour d&#233;couvrir ce qu'il y a derri&#232;re cette terminologie. L.T. &#233;crit dans La r&#233;volution allemande et la bureaucratie stalinienne (Et Maintenant) (page 36) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; L&#233;on Blum, le d&#233;fenseur des r&#233;parations, le comp&#232;re socialiste du banquier Oustric, est trait&#233; de &#034; camarade &#034; dans les pages des journaux de Seydewitz. Est-ce de la politesse ? Non, c'est un manque de principes, de caract&#232;re, de fermet&#233;. &#034; Des chicanes &#034;, dira un quelconque savant de cabinet. Non, dans ces chicanes, le fond politique se manifeste avec beaucoup plus de v&#233;rit&#233; et de clart&#233;, que dans la reconnaissance abstraite des soviets, non &#233;tay&#233;e par l'exp&#233;rience r&#233;volutionnaire. Il est inutile d'appeler Blum &#034;fasciste&#034;, en se rendant ridicule. Mais celui qui ne ressent pas du m&#233;pris et de la haine pour cette esp&#232;ce de politiciens, celui-l&#224; n'est pas un r&#233;volutionnaire &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La V&#233;rit&#233; a pris maintenant l'habitude de parler &#224; chaque pas des &#034; d&#233;mocrates sinc&#232;res et honn&#234;tes &#034; et, &#224; l'occasion, des &#034;d&#233;mocrates apeur&#233;s&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; sous la monarchie tsariste, les bolch&#233;viks (ils faisaient partie de la social-d&#233;mocratie), pour se distinguer l&#233;galement des autres d&#233;mocrates, mettaient souvent l'accent sur le fait qu'ils constituaient, en tant que parti du prol&#233;tariat, les seuls d&#233;mocrates cons&#233;quents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1934 Trotsky enseignait que dans les conditions de la d&#233;cadence capitaliste et de l'exacerbation de la lutte de classe la d&#233;mocratie bourgeoise &#233;tait d&#233;finitivement morte en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici ce qu'&#233;crivait Trotsky dans O&#249; va la France (pages 16-17) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; La soci&#233;t&#233; contemporaine se compose de trois classes : la grande bourgeoisie, la prol&#233;tariat et les &#034; classes moyennes &#034; ou petite-bourgeoisie. Les relations entre ces trois classes d&#233;terminent en fin de compte la situation politique dans le pays. Les classes fondamentales de la soci&#233;t&#233; sont la grande bourgeoisie et le prol&#233;tariat. Seules ces deux classes peuvent avoir une politique ind&#233;pendante, claire et cons&#233;quente. La petite bourgeoisie se distingue par sa d&#233;pendance &#233;conomique et son h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; sociale. Sa couche sup&#233;rieure touche imm&#233;diatement la grande bourgeoisie. La couche inf&#233;rieure se fond avec le prol&#233;tariat et tombe m&#234;me &#224; l'&#233;tat de lumpen-prol&#233;tariat. Conform&#233;ment &#224; sa situation &#233;conomique, la petite-bourgeoisie ne peut avoir de politique ind&#233;pendante. Elle oscille toujours entre les capitalistes et les ouvriers. Sa propre couche sup&#233;rieure la pousse &#224; droite ; ses couches inf&#233;rieures, opprim&#233;es et exploit&#233;es, sont capables, dans certaines conditions, de tourner brusquement &#224; gauche. C'est par ces relations contradic&#172;toires des diff&#233;rentes couches des &#034; classes moyennes &#034; qu'a toujours &#233;t&#233; d&#233;termin&#233;e la politique confuse et absolument inconsistante des radicaux, leurs h&#233;sitations entre le car&#172;tel avec les socialistes, pour calmer la base, et le bloc national avec la r&#233;action capitaliste, pour sauver la bourgeoisie. LA D&#201;COMPOSITION D&#201;FINITIVE DU RADICALISME COMMENCE AU MOMENT OU LA GRANDE BOURGEOISIE, ELLE-M&#202;ME DANS L'IMPASSE, NE LUI PERMET PLUS D'OSCILLER. &#034; (Soulign&#233; par nous.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;composition du r&#233;gime capitaliste met fin &#224; la d&#233;mocratie bourgeoise. Les repr&#233;sentants &#034; d&#233;mocratiques &#034; de la bourgeoisie n'ont plus qu'une phras&#233;ologie &#224; offrir. Dans ces conditions m&#234;me un de Gaulle arrive &#224; se pr&#233;tendre d&#233;mocrate. La t&#226;che n'est donc pas de chercher &#224; distinguer, par quelque introspection, les d&#233;mocrates honn&#234;tes et malhonn&#234;tes, mais de poser devant les ouvriers la question : qui donnera le ton ? La bourgeoisie par l'interm&#233;diaire de ses fascistes, r&#233;actionnaires, cur&#233;s, professeurs, d&#233;mocrates, ou le prol&#233;tariat qui en se d&#233;tachant de la bourgeoisie et de ses agents ralliera &#224; lui les autres couches opprim&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que, dans Et Maintenant, Trotsky &#233;tait le plus acharn&#233; d&#233;fenseur du front unique, mais m&#233;prisait ceux qui traitaient Blum de camarade, nous rappelons que dans la r&#233;volution espagnole nous d&#233;fendions les libert&#233;s d&#233;mocratiques des ouvriers contre le fascisme les armes &#224; la main, mais il ne serait venu &#224; l'id&#233;e d'aucun trotskyste d'analyser l'honn&#234;tet&#233; d'Azana ou de Negrin. Ils analysaient leur nature de classe et les qualifiaient d'agents de la bourgeoisie, par&#233;s du masque de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En donnant les &#233;tats de service des camarades du Comit&#233; directeur, La V&#233;rit&#233; dit de Demazi&#232;re : &#034; Il milite ill&#233;galement dans les rangs du PCI jusqu'&#224; la lib&#233;ration &#034;. Et de Baufr&#232;re : &#034; Il sait que la lutte ne s'arr&#234;te pas &#224; la chute de Hitler &#034;. Encore une fois, pouvons-nous, sous pr&#233;texte de nous d&#233;fendre, bafouer notre propre id&#233;ologie ? La V&#233;rit&#233; du 22/6/44 sous le titre &#034; Ils se valent &#034;, &#233;crivait : &#034; refuse de te faire mobiliser dans &#034; l'arm&#233;e de la lib&#233;ration &#034;. En mai 1944, un num&#233;ro sp&#233;cial de La V&#233;rit&#233; disait : &#034; Pas de lib&#233;ration possible sans les prol&#233;taires allemands et contre eux &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais puisqu'il s'agit de d&#233;fendre les principes trotskystes, laissons la parole &#224; Trotsky lui-m&#234;me. Dans son &#233;tude Apr&#232;s la &#034;paix&#034; imp&#233;rialiste de Munich &#8211; une le&#231;on toute fra&#238;che, il &#233;crivait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Dans tous les cas o&#249; les forces contre-r&#233;volutionnaires tentent de revenir de &#034; l'&#201;tat d&#233;mocratique &#034; pourrissant, en arri&#232;re vers le particularisme provincial, vers la monarchie, la dic&#172;tature militaire, le fascisme, le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire, sans prendre sur lui la moindre responsabilit&#233; pour la &#034; d&#233;fense de la d&#233;mocratie &#034; (elle n'est pas d&#233;fendable !), opposera &#224; ces forces contre&#172;r&#233;volutionnaires une r&#233;sistance arm&#233;e, pour en cas de succ&#232;s, diriger son offensive contre la &#034; d&#233;mocratie &#034; imp&#233;rialiste. Cette politique n'est applicable, cependant, que pour ce qui concerne les conflits int&#233;rieurs, c'est-&#224;-dire dans le cas o&#249; l'enjeu de la lutte est v&#233;ritablement la question du r&#233;gime politique : c'est ainsi, par exemple, que s'est pr&#233;sent&#233;e la question en Espagne. La participation des ouvriers espagnols &#224; la lutte contre Franco &#233;tait leur devoir &#233;l&#233;mentaire. Mais c'est pr&#233;cis&#233;ment et uniquement parce que les ouvriers n'ont pas r&#233;ussi &#224; remplacer &#224; temps le pouvoir de la d&#233;mocratie bourgeoise par leur propre pouvoir, que la &#034;d&#233;mocratie&#034; a fait place au fascisme. Cependant, c'est pure tromperie et charlatanisme que de transporter m&#233;caniquement les lois et les r&#232;gles de la lutte des diff&#233;rentes classes d'une seule et m&#234;me nation dans la guerre imp&#233;rialiste, c'est-&#224;-dire la lutte d'une seule et m&#234;me classe de diff&#233;rentes nations. Actuellement, il n'est, semble-t-il, pas besoin de d&#233;montrer que les imp&#233;rialistes luttent l'un contre l'autre non pour des principes politiques, mais pour la domination sur le monde, sous le couvert des principes qui leur semblent bons &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on pr&#233;sente la d&#233;faite d'Hitler comme une premi&#232;re &#233;tape gagn&#233;e dans la lutte (&#034; la lutte ne s'arr&#234;te pas l&#224; &#034;), on utilise un raisonnement purement stalinien : &#034; la lutte contre le fascisme ext&#233;rieur et ses prolongements &#224; l'int&#233;rieur &#034;. La d&#233;faite de Hitler venant &#224; la suite de la victoire d'un camp imp&#233;rialiste sur l'autre, n'a pas &#233;t&#233; une victoire du prol&#233;tariat allemand, fran&#231;ais, ou autre. Encore dans Apr&#232;s Munich Trotsky dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; La question du sort des Tch&#232;ques, des Belges, des Fran&#231;ais, des Allemands, en tant que nations, nous ne la relions pas &#224; des d&#233;placements conjoncturels des fronts militaires lors d'une nou&#172;velle m&#234;l&#233;e des imp&#233;rialistes, mais &#224; l'insurrection du prol&#233;tariat et &#224; sa victoire sur tous les imp&#233;rialistes &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le drapeau de la lutte imp&#233;rialiste la chute de Hitler n'a &#233;t&#233; qu'un d&#233;placement conjoncturel des fronts militaires. De m&#234;me que la d&#233;faite de 1940 de la bourgeoisie fran&#172;&#231;aise n'a pas &#233;t&#233; la victoire du prol&#233;tariat uniquement parce que cette d&#233;faite n'a pas &#233;t&#233; acquise par l'activit&#233; r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat. Le langage communiste e&#251;t &#233;t&#233; de dire je continue la lutte parce que plus que jamais les masses se trouvent &#233;cras&#233;es par l'imp&#233;rialisme. Plus que jamais la lutte entre les brigands imp&#233;rialistes se poursuit sur le dos des masses. Imagine-t-on, en 1918, l'IC disant :&#034; La lutte ne s'arr&#234;te pas &#224; la chute du Kaiser ? &#034; La d&#233;faite de l'imp&#233;rialisme allemand &#233;tait-elle une &#233;tape dans la lutte prol&#233;tarienne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie r&#233;volutionnaire est l'expression et la garantie supr&#234;me de la nature de la direction d'une tendance prol&#233;tarienne. La fausse terminologie d&#233;veloppe le confusionnisme, rabaisse le niveau des cadres r&#233;volutionnaires et ouvre une br&#232;che &#224; l'id&#233;ologie en&#172;nemie [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici ce que dit encore Trotsky (IV&#232;me tome de la R&#233;volution Russe, page 229) : &#034; Les distances indispensables &#224; l'&#233;gard de l'id&#233;ologie bourgeoise &#233;taient maintenues dans le Parti par une vigilante intransigeance dont l'inspirateur &#233;tait L&#233;nine. Il ne cessait de travailler du scalpel, tranchant les liens que l'entourage petit-bourgeois cr&#233;ait entre le Parti et l'opinion publique offi&#172;cielle. En m&#234;me temps, L&#233;nine apprenait au Parti &#224; former sa propre opinion publique, s'appuyant sur la pens&#233;e et les sentiments de la classe qui montait. Ainsi, par s&#233;lection et &#233;ducation, dans une lutte continuelle, le Parti bolch&#233;vik cr&#233;e son milieu non seulement politique mais aussi moral, ind&#233;pen&#172;dant de l'opinion publique bourgeoise et irr&#233;ductiblement oppos&#233; &#224; celle-ci. C'est seulement cela qui permit aux bolch&#233;viks de surmonter les h&#233;sitations dans leurs propres rangs et de manifester la virile r&#233;solution sans laquelle la victoire d'Octobre e&#251;t &#233;t&#233; impossible. &#034;Comment se d&#233;fendre contre la calomnie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec raison, La V&#233;rit&#233; dit que le but de la bourgeoisie est de nous &#233;touffer. Mais en m&#234;me temps (num&#233;ro du 4/6) elle met en demeure de Gaulle de choisir entre le camp fas&#172;ciste qui &#233;touffe les trotskistes, et le camp d&#233;mocratique (Angleterre, etc...) qui ne les &#233;touffe pas. Mesurez la hauteur de ce raisonnement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La calomnie contre-r&#233;volutionnaire, comme l'antis&#233;mitisme et autres manifestations empoisonn&#233;es, &#233;lev&#233;es &#224; une &#233;chelle politique, font partie de la lutte de classe et ne s'&#233;l&#232;vent pas au-dessus d'elle. C'est pour cela que notre premi&#232;re t&#226;che, pour combattre la calomnie, c'est une offensive politique &#233;nergique men&#233;e en direction des masses pour d&#233;masquer politiquement les calomniateurs, afin que celles-ci puissent se convaincre que ceux qui nous calomnient ne sont pas leurs amis mais bien leurs ennemis. Il faut ensuite un travail suivi d'&#233;ducation socialiste dans les rangs ouvriers (&#233;dition de brochures populaires).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aussi une lutte directe contre le gangst&#233;risme staliniste ; nous avions fourni en automne dernier &#224; votre direction une occasion pr&#233;cise d'une action &#224; entreprendre pour le d&#233;masquer publiquement [2]. Votre direction s'y est d&#233;rob&#233;e. Apr&#232;s avoir fui le combat, quel est le s&#233;rieux des d&#233;fis lanc&#233;s par La V&#233;rit&#233; invitant les staliniens &#224; des commissions compos&#233;es &#034; de toutes les tendances du mouvement ouvrier et de la r&#233;sistance &#034; ? Nous sommes pr&#234;ts &#224; fournir &#224; une commission de contr&#244;le de votre parti tous les d&#233;tails de cette affaire et de l'attitude criminelle de votre direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne l'&#233;ducation socialiste, t&#226;che fondamentale de travail commu&#172;niste, vous semblez l'ignorer. Dans les contacts que nos camarades ont pu avoir avec vous, il semble que m&#234;me pour les membres de l'organisation ce travail passe au troisi&#232;me plan (&#034; la r&#233;volution est l&#224;, ce n'est pas le moment de lire Marx &#034;). Comment voulez vous combattre l'obscurantisme et les pr&#233;jug&#233;s, si vous ne remplissez pas votre r&#244;le d'&#233;ducateurs socialistes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan politique, les efforts de l&#233;galisation se sont transform&#233;s en pi&#232;ge pour votre organisation. Voici deux mois que La V&#233;rit&#233; a abandonn&#233; toute propagande r&#233;volu&#172;tionnaire et qu'elle ne se fait plus le d&#233;fenseur des masses devant les mesures r&#233;actionnaires du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous vous &#234;tes r&#233;fugi&#233;s dans des justifications vis-&#224;-vis de la bourgeoisie et les appels aux &#034; d&#233;mocrates &#034;. Ainsi La V&#233;rit&#233; du 4/6 dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Nous ne sommes pas un groupe de conspirateurs... Nos t&#226;ches sont : &#233;clairer en &#233;duquant, guider en expliquant. Notre arme : c'est la propagande r&#233;volutionnaire, et rien d'autre&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mensonge la bourgeoisie ne le croira pas et aux travailleurs nous n'avons pas le droit de mentir. Des centaines de fois L&#233;nine a expliqu&#233; aux militants : la r&#233;volution est une guerre. Une guerre se fait-elle seulement &#224; l'aide de la propagande ? Trotsky a &#233;crit un livre intitul&#233; : D&#233;fense du Terrorisme. Nous avons &#233;t&#233; les premiers et continuons &#224; &#234;tre les seuls d&#233;fenseurs des Milices ouvri&#232;res et de l'armement du prol&#233;tariat. Nous ap&#172;prouvons la devise de Blanqui : qui a du fer a du pain. Comment peut-on avec une pareille doctrine pr&#233;senter les r&#233;volutionnaires comme des pr&#234;cheurs et ap&#244;tres d'une propagande &#034; de la v&#233;rit&#233; et du progr&#232;s social &#034; (V&#233;rit&#233; 4/6). L&#233;nine a enseign&#233; au Parti r&#233;volution&#172;naire la plus grande m&#233;fiance envers tout gouvernement bourgeois, m&#234;me le plus d&#233;mocratique. Une partie de l'appareil de l'organisation doit toujours rester dans l'ill&#233;galit&#233; pour parer &#224; toute mesure arbitraire de la part du gouvernement bourgeois. Vous-m&#234;mes ne pr&#233;tendez pas livrer toute l'organisation &#224; la l&#233;galit&#233;, quelles que soient les mesures de l&#233;galisation dont vous ferez l'objet. N'est-ce pas dans ce cas renforcer la calomnie contre nous que d'affirmer : &#034; Nous ne sommes pas des conspirateurs &#034; ? Au moment o&#249; le rapport de forces nous impose la lutte clandestine pour pouvoir exprimer des id&#233;es r&#233;volutionnaires en faveur des masses, le raisonnement l&#233;niniste ne serait-il pas plut&#244;t de dire aux travailleurs : &#034; la bourgeoisie conspire, couverte de sa propre l&#233;galit&#233;, contre le niveau de vie et la vie m&#234;me des masses ? Nous, r&#233;volutionnaires, appelons les travailleurs conscients &#224; se pr&#233;parer, clandestinement s'il le faut, au renversement de la bourgeoisie. La propa&#172;gande ouverte n'est qu'une partie de notre travail. Demander aux ouvriers de cacher des armes, aux soldats de se r&#233;unir en cellules de caserne, aux ouvriers d'usine d'&#233;diter des organes d'opposition sans adresse et sans nom, tout cela, n'est-ce pas un travail de conspirateurs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est inutile, nous l'esp&#233;rons, d'ajouter que cela n'a rien de commun avec le terrorisme anarchiste, lutte individuelle contre des repr&#233;sentants isol&#233;s de la classe capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juillet 1917, le rapport de forces entre le prol&#233;tariat et la bourgeoisie a ouvert la voie &#224; la calomnie capitaliste et social-chauvine contre les bolch&#233;viks. Le regroupement des masses a fait sauter en l'air la calomnie quelques mois apr&#232;s. Combien r&#233;confortant pour les r&#233;volutionnaires est le raisonnement de ce soldat russe, que rapporte Kroupska&#239;a dans sa brochure de Souvenirs sur L&#233;nine : &#034; Sais-tu que ton L&#233;nine est un espion allemand ? dit un Monsieur instruit au soldat en faction. Non, je ne le sais pas, r&#233;pond celui-ci, je n'ai pas assez d'instruction pour &#231;a, mais ce que je sais, c'est que tout ce que L&#233;nine dit sur la terre est juste &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais faut-il seulement s'en r&#233;f&#233;rer &#224; 1917 ? Les camarades voudront bien r&#233;fl&#233;chir &#224; des exemples plus r&#233;cents, que nous leur soumettons. A la fin du mois de mai, quand le gouvernement rejette les revendications pr&#233;sent&#233;es par la CGT &#224; la suite des mouvements de gr&#232;ve, les social-chauvins n'osent bien entendu pas r&#233;futer les arguments de la bourgeoisie dirig&#233;s contre les ouvriers. Notre organisation r&#233;pand quelques milliers de tracts, sign&#233;s par les trotskystes, par la IV&#232;me Internationale, pour prendre la d&#233;fense des ouvriers, d&#233;masquer les bureaucrates et indiquer nos solutions. De multiples endroits nous parvient l'&#233;cho d'ouvriers du rang, qui constituent la grande masse, approuvant le tract et le faisant circuler, sans s'inqui&#233;ter de la signature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une usine importante de la r&#233;gion parisienne, des camarades ouvriers entreprennent un travail d'opposition syndicale enti&#232;rement sur des bases communistes et r&#233;volutionnaires [3]. La bureaucratie social-chauvine r&#233;pand imm&#233;diatement le bruit qu'il s'agit de la 5&#232;me colonne. Ne c&#233;dant pas &#224; la pression des adversaires, le travail de l'opposi&#172;tion continue conspirativement, pour ne pas donner prise &#224; la r&#233;pression. N'est-ce pas &#224; nous de tenir bon, de d&#233;montrer aux ouvriers les n&#233;cessit&#233;s qui nous sont impos&#233;es par la lutte, ne s'apercevront-ils pas que ceux qui nous accusent les trahissent, mais que nous ne cesserons de les d&#233;fendre ? Le journal de l'opposition est le seul qui dans toutes les occasions prend intelligemment et avec continuit&#233; la d&#233;fense des ouvriers. Aussi le font-ils circuler, sans s'inqui&#233;ter des accusations des bureaucrates. Nos camarades organisent quelques ouvriers plus avanc&#233;s en noyau de l'opposition syndicale ; ils adoptent la conspiration comme une n&#233;cessit&#233; faisant partie de notre travail. L'opposition arrive &#224; imposer politiquement sa l&#233;galit&#233; : le repr&#233;sentant de la direction syndicale prend l'engagement de ne pas faire arr&#234;ter les repr&#233;sentants de l'opposition si ceux-ci se d&#233;masquent. Mais cette invitation manque son effet, car l'opposition ce n'est plus seulement un noyau isol&#233;, c'est un courant politique dans l'usine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes-nous r&#233;clam&#233;s pour ce travail de la r&#233;sistance ? Notre propagande est-elle tendancieuse dans le sens des pr&#233;jug&#233;s existants ? Nullement. En voici un exemple : un camarade qui fait un travail syndical d'usine avec notre concours, &#233;crit dans son projet de journal : la guerre &#233;tant finie rien ne s'oppose plus &#224; nos revendications. Notre camarade lui explique que cette fa&#231;on de s'exprimer peut laisser entendre aux ouvriers que la politique des bureaucrates ayant frein&#233; les ouvriers &#224; cause de la guerre (des capitalistes) pouvait se justifier. Or il ne faut en aucun cas utiliser de pareilles &#233;quivoques, parce que ce qui importe par dessus tout c'est d'&#233;lever la conscience des ouvriers. Notre camarade sympathisant convient de la justesse de ce raisonnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais voici que le raisonnement ci-dessus &#233;cart&#233; d'un journal d'usine, nous le retrouvons dans l'organe central du PCI. La V&#233;rit&#233; du 4/6 dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Aujourd'hui la guerre est finie. Nous attendons du ministre l'autorisation de pa&#172;ra&#238;tre l&#233;galement. Rien ne justifie plus les mesures d'exception qui nous frappent &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre justifiait-elle donc les mesures d'exception ? Pendant la guerre la bourgeoisie prenait le pr&#233;texte de la &#034; d&#233;fense nationale &#034;. Mais aujourd'hui la bourgeoisie dit par la voix des social-chauvins et de tous ses partis : &#034; Nous avons gagn&#233; la premi&#232;re manche par tant de sacrifices, allons-nous maintenant tout compromettre ? Notre union qui &#233;tait n&#233;cessaire contre l'ennemi est n&#233;cessaire maintenant pour refaire la France &#034;. C'est &#224; l'aide de cette argumentation que les Thorez et Cie veulent imposer &#224; la classe ouvri&#232;re la politique du produire, produire, produire... Notre t&#226;che ce n'est pas de passer l'&#233;ponge sur le pass&#233; et l'opposer au pr&#233;sent, car pour sa politique actuelle la bour&#172;geoisie tire justement argument du pass&#233;. Si des mesures contre nous &#233;taient justifi&#233;es pendant la guerre, elles le sont encore aujourd'hui, parce que la guerre et la paix ne sont que la continuation de la politique de la bourgeoisie imp&#233;rialiste, axiome que Trotsky a si souvent rappel&#233; et que vous oubliez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons voulu par ces quelques exemples d&#233;montrer aux camarades que pour combattre nos adversaires il ne faut pas se laisser imposer leur tactique et leur argumentation. C'est par une id&#233;ologie et une argumentation radicalement contraire &#224; celle de nos ennemis que nous pouvons imposer notre point de vue prol&#233;tarien, et non pas en acceptant les pr&#233;misses du raisonnement de la bourgeoisie, pour en tirer d'autres conclusions. Si nous engageons la lutte contre la calomnie sur le terrain de nos adversaires, nous sommes battus d'avance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi vous brandissez actuellement comme principal argument les morts de la r&#233;sistance. Mais le PC se r&#233;clame de ses dizaines de milliers de morts pour la r&#233;sis&#172;tance, connus dans tout le pays. C'est au nom de ces morts qu'il nous accuse et nous pourchasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui fait notre force, c'est notre politique &#233;nergique de d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts des masses, poursuivie sans h&#233;sitation et sans &#233;quivoque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au lieu de cette intransigeance vous l&#226;chez prise dans chaque occasion grave, vous c&#233;dez &#224; la pression ennemie au moment o&#249; il faudrait le plus y r&#233;sister. Le 10 juin 1944 La V&#233;rit&#233; &#233;crivait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Les forteresses volantes et les tanks d'Eisenhower n'apporteront pas la lib&#233;ration des travailleurs de l'Europe. A la place de l'imp&#233;rialisme allemand qui s'&#233;croule, ils viennent imposer la domination du capital financier yankee et anglais &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux mois apr&#232;s, au moment du plus grand d&#233;cha&#238;nement chauvin et du d&#233;ferlement de la &#034; lib&#233;ration &#034;, La V&#233;rit&#233; &#233;crit (le 11 Ao&#251;t) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Hitler s'effondre. Les Am&#233;ricains approchent de Paris. La classe ouvri&#232;re doit mettre &#224; profit la situation... &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La V&#233;rit&#233; est-elle assez na&#239;ve pour croire qu'on pouvait transformer en insurrection prol&#233;tarienne une situation dont tout le cours ant&#233;rieur avait pr&#233;par&#233; les masses &#224; la &#034; lib&#233;ration nationale &#034;, notamment du fait du monopole d'influence des social-chauvins ? En r&#233;alit&#233;, La V&#233;rit&#233; a ploy&#233; sous la pression des &#233;v&#233;nements et le PCI a engag&#233; ses militants &#224; participer &#224; &#034; l'&#233;puration &#034;, duperie monstrueuse qui a permis &#224; l'&#201;tat bourgeois de traverser indemne les &#233;v&#233;nements (rappelons-nous &#034; l'insurrection &#034; de la police).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la m&#234;me fa&#231;on, La V&#233;rit&#233; a d&#233;nonc&#233; sous l'occupation la r&#233;sistance d'union sacr&#233;e, mais l&#226;che prise maintenant devant l'opinion publique petite-bourgeoise et en arrive &#224; se r&#233;clamer de la r&#233;sistance !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous, le levier pour le renversement de la situation, n'est pas dans des discussions avec &#034; l'opinion publique &#034;. Il est dans une politique r&#233;volutionnaire, hardie : &#224; l'&#172;heure o&#249; les masses voient qu'elles sont trahies de toutes parts, &#224; l'heure o&#249; l'offensive gouvernementale se poursuit contre elles et que les chefs &#034; ouvriers &#034; se perdent en discours, les trotskistes doivent montrer aux masses que, ne s'effrayant ni de la calomnie ni des menaces, ils restent seuls &#224; prendre la d&#233;fense de leurs int&#233;r&#234;ts. Les ouvriers sont fatigu&#233;s d'ann&#233;es de souffrances et de privations. Ils arrivent &#224; ex&#233;crer les chefs tra&#238;tres qui d&#233;tiennent actuellement dans les usines le r&#244;le de premiers garde-chiourme. Dans ces conditions, deux ouvriers r&#233;volutionnaires, par un travail clandestin et intelligent, tiennent en &#233;chec toute une direction syndicale, parce que les ouvriers ont pu se rendre compte qu'il y avait quelqu'un pour prendre leur d&#233;fense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de mener son offensive, La V&#233;rit&#233; se perd en discussions et en disputes avec &#034; l'opinion publique &#233;clair&#233;e &#034;, avec les &#034;d&#233;mocrates sinc&#232;res&#034;. Et les ouvriers assis&#172;tent &#224; ces pleurnicheries, au lieu de rencontrer dans La V&#233;rit&#233; un organe de combat et une r&#233;ponse &#224; leurs propres pr&#233;occupations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une interview de 1937, Trotsky a dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Je suis s&#251;r que dix ouvriers qui comprennent tr&#232;s bien la situation... gagneront une centaine d'ouvriers, et les cent ouvriers un millier de soldats. Ils seront victorieux &#224; la fin de la guerre ; &#231;a me semble tr&#232;s simple, mais je pense que c'est une bonne id&#233;e &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; se r&#233;sument tous les probl&#232;mes de notre travail. Comment faire bien comprendre la situation &#224; une centaine d'ouvriers, les gagner corps et &#226;me &#224; la politique r&#233;volutionnaire, en faire des cadres de la classe ouvri&#232;re et du trotskisme ; c'est par eux que nous pourrons appara&#238;tre aux masses comme leurs seuls d&#233;fenseurs, dans ce monde o&#249; elles n'ont que des ennemis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont l&#224; les probl&#232;mes de la construction du parti et de sa prol&#233;tarisation, de l'attitude envers les questions th&#233;oriques, du lien entre la th&#233;orie et la pratique. Ces probl&#232;mes il faut les poser devant l'ensemble du mouvement et &#224; l'aide d'une discussion approfondie, &#224; la lumi&#232;re de l'exp&#233;rience, poser un premier jalon dans la voie du redressement th&#233;orique et pratique du mouvement trotskiste en France. Hors de l&#224; un sort pire que celui du POUM attend notre mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La discussion du bilan de nos deux organisations ne serait pas &#224; l'heure actuelle une concession de votre part, mais le devoir le plus &#233;l&#233;mentaire de notre travail r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;juillet 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;UNION COMMUNISTE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(IV&#232;me Internationale)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/07/barta_19450702.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/07/barta_19450702.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On reprend les m&#234;mes et on recommence :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Sous-officiers et Officiers, quelle qu'ait &#233;t&#233; votre attitude depuis l'armistice, rejoignez la r&#233;sistance&#034;. (Radio-Londres).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand tous les militaires, les pr&#233;fets, les juges, les policiers auront rejoint la r&#233;sistance, il ne restera plus comme coupables &#224; punir que... &#034;les meneurs&#034; ouvriers !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 1940, les r&#233;volutionnaires devaient mener une politique de r&#233;sistance (c'est&#172;&#224;-dire de d&#233;fense des masses) vis-&#224;-vis de l'occupation imp&#233;rialiste allemande. Mais ils continuaient en m&#234;me temps l'opposition r&#233;volutionnaire vis-&#224;-vis de leur propre bourgeoisie et tenaient compte des int&#233;r&#234;ts du prol&#233;tariat fran&#231;ais aussi bien que des int&#233;r&#234;ts du prol&#233;tariat allemand, en ne renfor&#231;ant pas, comme la r&#233;sistance officielle, la domination d'Hitler par le d&#233;cha&#238;nement chauvin. Cela ne nous emp&#234;chait pas de prendre &#034;les pommes de terre&#034; de l'imp&#233;rialisme anglo-saxon et de la bourgeoisie gaulliste, comme l'ont fait les bolch&#233;viks en 1918 dans la lutte contre l'imp&#233;rialisme allemand, en acceptant l'aide technique de la bourgeoisie de l'Entente. Mais il fallait par-dessus tout affirmer &#224; la face du monde entier que notre base politique restait la lutte de classe men&#233;e jusqu'au bout dans toutes les directions et que nous ne consid&#233;rions pas l'imp&#233;rialisme anglo-saxon comme un moindre mal par rapport &#224; l'imp&#233;rialisme fasciste, raisonnement stali&#172;nien qui entra&#238;nait automatiquement l'abandon de la lutte de classe en faveur de la lutte commune contre l'occupant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous, internationalistes, &#233;tions les seuls d&#233;fenseurs des int&#233;r&#234;ts des masses tout au long de cette guerre, avant et apr&#232;s l'occupation. Par contre, pour la bourgeoisie la r&#233;sis&#172;tance n'&#233;tait que l'opposition au capitalisme allemand ; elle lui a servi de mise sur le ta&#172;bleau imp&#233;rialiste anglo-am&#233;ricain ; par l'interm&#233;diaire des social-chauvins la bourgeoi&#172;sie a &#233;galement r&#233;alis&#233;, &#224; travers la &#034;r&#233;sistance&#034;, l'union sacr&#233;e et a prolong&#233; sa domi&#172;nation de classe. Comme le d&#233;non&#231;ait LaV&#233;rit&#233; elle-m&#234;me en 1943 et 44, la r&#233;sistance servait de camouflage m&#234;me aux organisations d'extr&#234;me-droite et aux partis fascistes. La r&#233;sistance, d'apr&#232;s le sens qu'a pris ce terme &#224; travers les &#233;v&#233;nements, est une organisation politique de la bourgeoisie imp&#233;rialiste. Le parti r&#233;volutionnaire peut-il s'en r&#233;clamer ? L'absurdit&#233; d'une r&#233;ponse affirmative saute aux yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/07/barta_19450702.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/07/barta_19450702.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; - -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Front Populaire pr&#233;tendait mener une politique en faveur des masses et avait comme mot-d'ordre d&#233;magogique la lutte contre les trusts. Pour les r&#233;volutionnaires ce mot-d'ordre &#233;tait un but r&#233;el ; mais la similitude des formules permettait-elle &#224; l'organisation r&#233;volutionnaire de se r&#233;clamer du Front Populaire, dans le but par exemple de ne pas se couper des masses ? C'e&#251;t &#233;t&#233; contribuer &#224; les duper. La politique trotskyste a consist&#233; &#224; se d&#233;limiter du front populaire et &#224; le combattre, malgr&#233; les calomnies staliniennes qui pr&#233;sentaient tous les adversaires du front populaire, surtout ceux de gauche (les trotskystes) comme des fascistes. Nous n'avons pas plus pr&#233;tendu &#224; l'&#233;poque &#234;tre les meilleurs ou les premiers &#034; front populaire &#034;, du fait que nous avons &#233;t&#233; les premiers &#224; pr&#233;coniser le front unique socialiste-communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barta en 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/07/barta_19450702.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/07/barta_19450702.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; - - -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PAR OU COMMENCER ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel est l'ouvrier de France qui ne se souvient avec fiert&#233; de la pouss&#233;e r&#233;volutionnaire de juin 1936 ? Quel est celui qui ne se rappelle pas avoir pris part aux meetings, aux manifestations, aux d&#233;fil&#233;s, aux gr&#232;ves ? En ce temps-l&#224; la classe ouvri&#232;re, inqui&#233;t&#233;e par les attaques fascistes et par la menace croissante de la guerre, mettait en &#339;uvre toute son &#233;nergie. Les meilleurs militants, syndicalistes, socialistes, communistes, se prodiguaient constamment, apr&#232;s le travail et le dimanche, dans les r&#233;unions et les meetings de gr&#233;vistes. La vague r&#233;volutionnaire avait soulev&#233; les couches les plus profondes du peuple opprim&#233;, les ouvriers entra&#238;nant les employ&#233;s, la ville entra&#238;nant la campagne. Les partis et les syndicats virent affluer dans leurs rangs de nouveaux membres et de nouveaux sympathisants. Effray&#233; par les occupations d'usine, sentant le revolver sur la tempe, le patronat dut c&#233;der ; une nouvelle vie sembla devoir commencer : ce furent la semaine de 40 heures, les cong&#233;s pay&#233;s, les contrats collectifs, le rel&#232;vement des salaires. A l'usine, l'ouvrier releva la t&#234;te ; au dehors, jouissant de plus de loisirs, il commen&#231;a &#224; vivre plus dignement. L'organisation de classe avait d&#233;termin&#233; la victoire, &#224; son tour, la victoire, par la diminution des heures de travail, permettait &#224; l'ouvrier de consacrer du temps &#224; la lutte organis&#233;e. A toute une vie de d&#233;boires et d'incertitudes l'ouvrier trouvait une issue dans l'action de classe qui, &#224; son tour, d&#233;terminait une am&#233;lioration de ses conditions de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux ouvriers avanc&#233;s incombe aujourd'hui le devoir de donner l'exemple en faisant le premier pas dans cette voie. Le d&#233;brouillage au jour le jour n'a jamais rien r&#233;solu de grand ; la situation actuelle met en jeu l'avenir m&#234;me du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour permettre &#224; la classe ouvri&#232;re de se regrouper, prendre conscience de sa force et de ses t&#226;ches, il faut commencer le travail sur le terrain de l'usine. Les ouvriers les plus s&#251;rs doivent se r&#233;unir r&#233;guli&#232;rement chez l'un d'entre eux pour envisager en commun les probl&#232;mes de l'usine, pour lire et commenter la litt&#233;rature et les journaux ouvriers clandestins et, dans la mesure du possible, s&#233;lectionner parmi les jeunes les meilleurs &#233;l&#233;ments capables de s'instruire et de trouver dans l'&#233;tude du mouvement ouvrier la volont&#233; et la m&#233;thode qui m&#232;neront &#224; la victoire dans les combats &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers feront ainsi leur propre &#233;ducation d&#233;mocratique, exerceront leur esprit critique et choisiront les meilleurs d'entre eux pour coordonner leur action et multiplier les liaisons sur une &#233;chelle de plus en plus large.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe ouvri&#232;re a pour elle le nombre, la place indispensable qu'elle occupe dans la production et l'incapacit&#233; de la bourgeoisie de faire vivre plus longtemps la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conqu&#234;te du pouvoir politique ne peut pas et ne doit pas se faire par d'autres au nom du prol&#233;tariat ; elle ne peut pas &#234;tre la cons&#233;quence d'un coup de main. &#034;La dictature du prol&#233;tariat qui aura pour t&#226;che la socialisation des moyens de production, ne peut &#234;tre le fait d'une masse men&#233;e par quelques-uns, elle doit &#234;tre et elle sera l'&#339;uvre des prol&#233;taires eux-m&#234;mes, devenus, d&#233;j&#224; en soi et par une longue pratique, une organisation politique.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/02/ldc25_022344.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/02/ldc25_022344.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Quand Staline dissolvait la troisi&#232;me internationale</title>
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		<dc:date>2025-07-27T22:33:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>IV&#176; Internationale</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>

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&lt;p&gt;Quand Staline dissolvait la troisi&#232;me internationale, fond&#233;e par L&#233;nine et Trotsky &lt;br class='autobr' /&gt;
A LA NOUVELLE VICTOIRE POLITIQUE DE L'IMPERIALISME ANGLO-SAXON : LA DISSOLUTION DE LA TROISIEME INTERNATIONALE, LE PROLETARIAT REPONDRA PAR LA LUTTE REVOLUTIONNAIRE SOUS LE DRAPEAU DE LA QUATRIEME INTERNATIONALE ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Au moment o&#249; la guerre imp&#233;rialiste mondiale entre dans sa phase d&#233;cisive, une &#034;nouvelle sensationnelle&#034; diffus&#233;e depuis 48 heures par toutes les radios et dans toute la presse du globe y compris (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique188" rel="directory"&gt;11- Organisation internationale des travailleurs r&#233;volutionnaires&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot105" rel="tag"&gt;IV&#176; Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quand Staline dissolvait la troisi&#232;me internationale, fond&#233;e par L&#233;nine et Trotsky&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A LA NOUVELLE VICTOIRE POLITIQUE DE L'IMPERIALISME ANGLO-SAXON :&lt;br class='autobr' /&gt;
LA DISSOLUTION DE LA TROISIEME INTERNATIONALE,&lt;br class='autobr' /&gt;
LE PROLETARIAT REPONDRA PAR LA LUTTE REVOLUTIONNAIRE&lt;br class='autobr' /&gt;
SOUS LE DRAPEAU DE LA QUATRIEME INTERNATIONALE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; la guerre imp&#233;rialiste mondiale entre dans sa phase d&#233;cisive, une &#034;nouvelle sensationnelle&#034; diffus&#233;e depuis 48 heures par toutes les radios et dans toute la presse du globe y compris les radios et la presse de l'URSS, remplit de stup&#233;faction et d'embarras les prol&#233;tariats de tous les pays : Staline dissout l'Internationale Communiste et recommande &#224; ses membres de subordonner leur action &#224; l'action des Gouvernements &#034;alli&#233;s&#034; dans la lutte contre Hitler !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tandis que la propagande de l'Axe s'empresse de qualifier la nouvelle de &#034;bluff&#034; et de &#034;man&#339;uvre grotesque&#034;, la propagande &#034;alli&#233;e&#034; exalte &#034;l'importance historique&#034; de l'&#233;v&#233;nement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DE QUOI DONC S'AGIT-IL ? PRESSION ET VICTOIRE DE L'IMPERIALISME ANGLO-AMERICAIN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Staline dissout l'Internationale de L&#233;nine c&#233;dant ainsi &#224; la pression de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain et anglais. La nouvelle de la dissolution du Komintern a &#233;t&#233; annonc&#233;e tout de suite apr&#232;s la visite du repr&#233;sentant de Roosevelt, Davies, &#224; Staline, et avant la fin des travaux de la conf&#233;rence politico-militaire des Anglo-Am&#233;ricains &#224; Washington.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre imp&#233;rialiste &#233;tant arriv&#233;e &#224; sa phase d&#233;cisive, et le rapport de forces des bellig&#233;rants s'&#233;tant profond&#233;ment modifi&#233; au cours de la derni&#232;re ann&#233;e en faveur du camp anglo-am&#233;ricain &#224; la suite des d&#233;faites de l'Axe en Russie, en Afrique et dans les airs, l'imp&#233;rialisme anglo-am&#233;ricain est aujourd'hui sur le point de fixer ses plans d&#233;finitifs pour la liquidation de la guerre. Mais avant d'agir sur le terrain militaire en Europe, ayant tir&#233; l'exp&#233;rience am&#232;re de la crise r&#233;volutionnaire qui a suivi la fin de la guerre de 14-18 et qui a menac&#233; jusqu'aux tr&#233;fonds l'&#233;difice capitaliste, il veut s'assurer d'avance la liquidation capitaliste et sans risques pour le r&#233;gime des classes poss&#233;dantes, de cette guerre. L'imp&#233;rialisme subordonne ainsi l'action militaire imm&#233;diate aux consid&#233;rations politiques qui visent &#224; cr&#233;er le climat n&#233;cessaire en Europe, dans lequel aucune crise r&#233;volutionnaire s&#233;rieuse ne serait possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cette raison que l'imp&#233;rialisme anglo-am&#233;ricain neutralise d'abord la III&#232;me Internationale qui, malgr&#233; sa d&#233;g&#233;n&#233;rescence bureaucratique croissante pendant toutes ces derni&#232;res ann&#233;es, repr&#233;sentait encore gr&#226;ce &#224; ses traditions et sa liaison avec l'URSS un cadre dans lequel se canalisait l'activit&#233; r&#233;volutionnaire spontan&#233;e des masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POURQUOI STALINE CEDE-T-IL ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Staline a c&#233;d&#233; &#224; la pression des imp&#233;rialistes &#034;alli&#233;s&#034; parce que, malgr&#233; les derni&#232;res victoires de l'Arm&#233;e Rouge, malgr&#233; la d&#233;faite en perspective de l'Axe, l'URSS est sur le plan mondial plus faible que jamais. Faible d'abord parce que la guerre a consomm&#233; et d&#233;truit une masse &#233;norme de richesses naturelles du pays, de r&#233;alisations techniques, de mat&#233;riel et d'hommes. Faible ensuite parce que la force principale de l'URSS en tant que pays qui voulait &#233;riger une soci&#233;t&#233; socialiste bas&#233;e sur un syst&#232;me d'&#233;conomie planifi&#233;e et sans les entraves du r&#233;gime capitaliste de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, r&#233;side dans le soutien actif du prol&#233;tariat mondial, dans le progr&#232;s de son mouvement r&#233;volutionnaire et dans l'&#233;largissement de la r&#233;volution socialiste commenc&#233;e il y a 25 ans en URSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ni mat&#233;riellement en fait, ni politiquement, l'URSS ne pouvait soutenir longtemps la lutte avec son entourage capitaliste. Mais le mouvement r&#233;volutionnaire sous la direction stalinienne n'a accumul&#233; jusqu'&#224; maintenant que des d&#233;faites, qui ont rendu la situation de l'URSS &#224; la longue, et surtout pendant la guerre actuelle, extr&#234;mement pr&#233;caire et &#224; la merci des pressions et des chantages de l'imp&#233;rialisme mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MAIS S'IL NE S'AGIT QUE D'UNE MAN&#338;UVRE ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La propagande de l'Axe qui par le succ&#232;s politique de l'imp&#233;rialisme anglo-saxon a perdu un atout d'argumentation en faveur de la croisade &#034;anti-communiste&#034;, d&#233;nonce la liquidation du Komintern comme une &#034;man&#339;uvre&#034;, et les bureaucrates qui dirigent les partis communistes, embarrass&#233;s par l'ampleur et la vitesse de la d&#233;cision du Kremlin, ne tarderont pas de donner aux ouvriers la m&#234;me explication facile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est une s&#233;rie de telles man&#339;uvres qui pendant toutes ces derni&#232;res ann&#233;es ont amen&#233; la liquidation pratique du mouvement communiste, et dont l'aboutissement n&#233;cessaire est la liquidation aussi du Komintern. C'est la &#034;man&#339;uvre&#034; du Front Populaire qui a &#233;limin&#233; de la sc&#232;ne politique la physionomie ind&#233;pendante des partis communistes et qui a favoris&#233; ainsi la pr&#233;paration id&#233;ologique de la guerre par la &#034;sainte alliance&#034; des partis bourgeois et &#034;ouvriers&#034;. C'est la &#034;man&#339;uvre&#034; de la subordination du mouvement ouvrier pendant la pr&#233;sente guerre aux mouvements bourgeois nationaux des diff&#233;rents De Gaulle et Giraud dans les camps des pays &#034;alli&#233;s&#034; qui fait &#233;voluer jusqu'&#224; maintenant la guerre selon les d&#233;sirs de l'imp&#233;rialisme mondial et qui pr&#233;pare sa victoire accompagn&#233;e de l'&#233;touffement de toute crise r&#233;volutionnaire et de l'&#233;crasement de ce qui reste encore vivant de la r&#233;volution d'Octobre en URSS. Ce n'est pas la bourgeoisie qui a &#233;t&#233; tromp&#233;e par ces &#034;man&#339;uvres&#034;, c'est le prol&#233;tariat au contraire qui a servi d'instrument docile aux buts r&#233;actionnaires. Il n'y a que des bureaucrates pourris, des coquins ou des imb&#233;ciles qui peuvent faire vanter au prol&#233;tariat les avantages d'une &#034;ing&#233;nieuse&#034; politique de man&#339;uvre et lui d&#233;former ainsi son crit&#232;re de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique prol&#233;tarienne, pour qu'elle soit vraiment r&#233;volutionnaire, c'est-&#224;-dire pour qu'elle fasse avancer la conscience, l'&#233;ducation politique et l'organisation des masses laborieuses, doit &#234;tre telle qu'elle a toujours &#233;t&#233; d&#233;finie par Marx, par L&#233;nine et par Trotsky : franche, audacieuse, avec son propre drapeau, expliquant toujours ce qui est et ce qu'elle veut, au lieu de s'adapter mis&#233;rablement aux dispositions de telle ou telle bourgeoisie &#034;amie&#034; ou &#034;alli&#233;e&#034; de l'URSS. Parce que c'est pr&#233;cis&#233;ment la politique ext&#233;rieure de l'URSS qui conditionne et qui explique toute la politique opportuniste des partis communistes pendant les derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La III&#232;me Internationale &#233;tait devenue aux mains de la bureaucratie stalinienne un simple accessoire de sa politique ext&#233;rieure, qui au lieu d'&#234;tre appuy&#233;e sur l'action r&#233;volutionnaire des masses, les seuls alli&#233;s naturels de l'URSS, a &#233;t&#233; orient&#233;e exclusivement dans la voie des &#034;combines&#034; et des &#034;man&#339;uvres&#034; avec les diff&#233;rents pays imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la bande de bureaucrates qui d'une main aussi l&#233;g&#232;re, sur un geste des ma&#238;tres du Kremlin, dissout maintenant en pleine guerre imp&#233;rialiste l'organisation supr&#234;me du prol&#233;tariat mondial, montre pour une derni&#232;re fois le mis&#233;rable sort que le stalinisme a r&#233;serv&#233; &#224; l'Internationale de L&#233;nine : devenir un simple moyen de marchandage avec les bandits imp&#233;rialistes internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA CONCESSION DE STALINE NE SERA PAS LA DERNIERE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus on prive le prol&#233;tariat de ses armes id&#233;ologiques et organisationnelles pour sa lutte de classe contre la bourgeoisie, plus la position internationale de cette derni&#232;re se renforce et plus elle devient insatiable et agressive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La liquidation du Komintern par Staline ne peut pas &#234;tre la derni&#232;re de ses concessions &#224; l'imp&#233;rialisme arm&#233; des &#034;alli&#233;s&#034;. Sur la voie d'une d&#233;sorganisation et d'une passivit&#233; progressive du prol&#233;tariat mondial, l'existence de l'URSS avec tout ce qui reste encore debout de la R&#233;volution d'octobre dans ce pays, nationalisation de la propri&#233;t&#233;, &#233;conomie planifi&#233;e, commerce ext&#233;rieur &#233;tatis&#233;, ne pourra pas subsister encore pour longtemps. Le rapport des forces changera chaque jour davantage en faveur du capitalisme, aussi bien &#224; l'int&#233;rieur de l'URSS que sur l'&#233;chelle mondiale et provoquera l'effondrement brusque de toutes les conqu&#234;tes socialistes qui subsistent encore en URSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme international, d'accord avec les tendances r&#233;actionnaires renforc&#233;es dans certains milieux de la bureaucratie sovi&#233;tique, exercera pendant cette guerre tout son pouvoir pour arracher d'autres concessions substantielles dans le domaine de l'&#233;conomie planifi&#233;e de l'URSS pour la ramener finalement dans le cycle de l'&#233;conomie anarchique du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SURPRISE ? NON, SUITE LOGIQUE DE TOUTE LA POLITIQUE STALINIENNE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous marxistes, nourris de la pens&#233;e et de l'&#339;uvre pratique de Marx, de L&#233;nine, de Trotsky, un fait est l'aboutissement n&#233;cessaire de son &#233;volution ant&#233;rieure. Que Staline dissolve le Komintern, arme supr&#234;me du prol&#233;tariat combattant, &#224; la veille de la phase d&#233;cisive de la guerre imp&#233;rialiste mondiale, ne nous surprend pas. Il y a en fait 15 ans que nous avons commenc&#233; &#224; prouver aux militants de l'avant-garde r&#233;volutionnaire que la politique stalinienne conduisait pratiquement &#224; la liquidation du mouvement communiste. Et il y a plus de 9 ans qu'ayant tir&#233; de l'exp&#233;rience pratique la certitude qu'aucune r&#233;forme ne serait plus possible &#224; l'int&#233;rieur de la III&#232;me Internationale, nous avons proclam&#233; devant le prol&#233;tariat mondial, dans la mesure de nos forces, la n&#233;cessit&#233; historique de la IV&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne verserons pas de larmes inutiles devant la d&#233;pouille de celle qui fut jadis l'Internationale h&#233;ro&#239;que de L&#233;nine et de Trotsky. Nous ne perdrons pas non plus notre courage devant les difficult&#233;s immenses de notre &#339;uvre et notre foi in&#233;branlable dans la justice prol&#233;tarienne et le triomphe certain de notre cause. Nous savons avec Marx que les succ&#232;s faciles ne sont pas propres &#224; la r&#233;volution prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons au contraire que &#034;les r&#233;volutions prol&#233;tariennes se critiquent elles-m&#234;mes constamment, interrompent &#224; chaque instant leur propre cours, reviennent sur ce qui semble d&#233;j&#224; &#234;tre accompli, pour le recommencer &#224; nouveau, raillent impitoyablement les h&#233;sitations, les faiblesses et les mis&#232;res de leurs premi&#232;res tentatives, paraissent n'abattre leur adversaire que pour lui permettre de puiser de nouvelles forces de la terre et se redresser &#224; nouveau formidable en face d'elles, reculent constamment &#224; nouveau devant l'immensit&#233; infinie de leurs propres buts, jusqu'&#224; ce que soit enfin cr&#233;&#233;e la situation qui rende impossible tout retour en arri&#232;re, et que les circonstances elles-m&#234;mes crient : ...c'est ici qu'il faut sauter !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prol&#233;taires ! Camarades !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laissons les morts enterrer leurs morts. Aussi p&#233;nible que cela puisse &#234;tre pour des milliers d'entre vous de constater que l'Internationale sous le drapeau de laquelle d'innombrables militants de notre cause ont trouv&#233; la mort et ont souffert dans les ge&#244;les de la bourgeoisie les pires martyrs moyen&#226;geux, vous abandonne au moment le plus critique de la lutte contre l'imp&#233;rialisme qui, une fois de plus, a plong&#233; l'humanit&#233; enti&#232;re dans une mer immense de sang, de d&#233;tresse et de souffrance, ne vous d&#233;couragez pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme europ&#233;en sortira de cette guerre mortellement affaibli. Dans une s&#233;rie de pays tels que l'Allemagne, l'Italie, la Roumanie, etc... l'effondrement risque d'&#234;tre total et le chaos &#233;conomique et politique indescriptible. Dans les autres pays la guerre n'a pas fait moins de ravages et le d&#233;sordre g&#233;n&#233;ral qui accompagnera sa fin provoquera des explosions gigantesques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#232;re de guerres civiles et de r&#233;volutions commencera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la d&#233;sorganisation et la confusion dans les rangs des r&#233;volutionnaires peuvent permettre de nouveau une stabilisation &#233;ph&#233;m&#232;re du capitalisme. Dans ce cas la mis&#232;re atroce et l'esclavage politique seraient pour une certaine p&#233;riode notre sort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme europ&#233;en ne peut en fait se survivre apr&#232;s cette guerre qu'en rabaissant le niveau de vie &#224; ses extr&#234;mes limites et en instaurant un ordre politique dictatorial. Crises &#233;conomiques plus longues et plus profondes que toutes celles que nous avons jusqu'&#224; maintenant connues, ch&#244;mage massif et permanent, salaires bas, vie ch&#232;re, esclavage politique, voil&#224; les perspectives d'apr&#232;s&#173;guerre si nous accordons au capitalisme encore un d&#233;lai d'existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Forgeons d&#232;s maintenant dans la lutte nos armes nouvelles : les nouveaux partis r&#233;volutionnaires, la nouvelle Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la pens&#233;e de Marx, de L&#233;nine et de Trotsky soit notre guide et notre drapeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POUR LE TRIOMPHE DE LA REVOLUTION SOCIALISTE MONDIALE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POUR LES ETATS-UNIS SOCIALISTES D'EUROPE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le gouvernement r&#233;volutionnaire des Comit&#233;s ouvriers et paysans !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la d&#233;fense des conqu&#234;tes socialistes de l'URSS contre les nouveaux assauts de l'imp&#233;rialisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la paix, le pain et la libert&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VIVE LA QUATRIEME INTERNATIONALE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/05/ldc13s_052443.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/05/ldc13s_052443.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;APPEL AUX OUVRIERS COMMUNISTES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En pleine guerre imp&#233;rialiste et sous la pression des capitalistes de Londres et de Washington, Staline, qui depuis longtemps avait transform&#233; la III&#232;me Internationale d'instrument de la r&#233;volution mondiale socialiste en objet de marchandages diplomatiques, d&#233;savoue l'Internationale elle-m&#234;me en tant qu'instrument d'&#233;mancipation de l'humanit&#233; de la guerre et de l'oppression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grande est la joie dans le camp de l'imp&#233;rialisme &#034;d&#233;mocratique&#034; qui proclame la faillite de l'internationalisme prol&#233;tarien et exalte la patrie &#034;&#233;ternelle&#034; (capitaliste). Et Staline s'empresse de d&#233;clarer au correspondant de l'agence Reuter &#224; Moscou que la &#034;dissolution de l'Internationale... pr&#233;pare les voies pour l'association des peuples bas&#233;e sur l'&#233;galit&#233;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mensonges impudents que les pr&#233;tention des imp&#233;rialistes &#034;d&#233;mocratiques&#034; et de leur valet Staline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel est l'ouvrier qui ne sache pas que l'Internationale a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e pr&#233;cis&#233;ment non seulement pour l'&#233;mancipation du prol&#233;tariat de la bourgeoisie, mais aussi, en vue de cette &#233;mancipation, pour r&#233;aliser l'&#233;galit&#233; entre toutes les nations ? Quel est le militant communiste qui ne sache pas que le fondement du l&#233;ninisme c'est pr&#233;cis&#233;ment l'incompatibilit&#233; du capitalisme actuel (le capitalisme imp&#233;rialiste des monopoles) avec une &#034;association des peuples bas&#233;s sur l'&#233;galit&#233;&#034; ? La guerre imp&#233;rialiste de 14-18 et la pr&#233;sente guerre imp&#233;rialiste n'ont-elles pas d&#233;montr&#233; pratiquement cette incompatibilit&#233; ? La victoire d'un camp imp&#233;rialiste sur l'autre (victoire alli&#233;e en 1918, victoire de Hitler en 1940) peut-elle &#234;tre autre chose qu'une exploitation renforc&#233;e du prol&#233;tariat et une oppression des nations les plus faibles par la bourgeoisie des pays imp&#233;rialistes les plus forts ? Toute notre lutte jusqu'&#224; maintenant n'a-t-elle pas &#233;t&#233; pr&#233;cis&#233;ment de d&#233;montrer que seul l'internationalisme prol&#233;tarien dont l'instrument est l'Internationale peut permettre &#224; chaque exploit&#233; d'avoir r&#233;ellement une patrie &#224; lui ? Que la patrie o&#249; l'ouvrier est exploit&#233; par le capital et o&#249; il peut crever de faim, c'est la patrie du capitaliste et non la sienne propre ? Que la seule base de l'union fraternelle des peuples ce sont les Etats-Unis socialistes d'Europe et du Monde et non pas des &#034;patries&#034; capitalistes isol&#233;es et ennemies ? En dissolvant la III&#232;me Internationale soi-disant pour d&#233;montrer que le &#034;bolch&#233;visme&#034; ne s'immisce pas dans les affaires des nations, Staline ne passe-t-il pas ainsi dans le camp des calomniateurs de l'internationalisme prol&#233;tarien ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les brigands imp&#233;rialistes chantent trop t&#244;t victoire. Comme aux si&#232;cles pass&#233;s la monarchie, de nos jours l'internationalisme ne meurt jamais, car la lutte de classes ne s'arr&#234;te jamais. A LA III&#232;me INTERNATIONALE MORTE SUCCEDE LA IV&#232;me INTERNATIONALE .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du sein m&#234;me de la III&#232;me Internationale, en s'opposant &#224; la direction officielle dans toutes les questions o&#249; celle-ci s'&#233;loignait des int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re, est n&#233;e depuis 1924 le courant internationaliste qui constitua en 1928 l'Opposition communiste de gauche (&#034;trotskyste&#034;). Quand en 1933 la faillite de la III&#232;me Internationale sous la direction de Staline devint &#233;vidente par la catastrophe allemande, l'opposition de gauche proclama la n&#233;cessit&#233; de la cr&#233;ation de la nouvelle Internationale, la Quatri&#232;me. Car la lutte de classe, base de la soci&#233;t&#233; capitaliste, rend n&#233;cessaire &#224; chaque instant au prol&#233;tariat l'existence d'un Parti prol&#233;tarien sans lequel ses luttes sont vou&#233;es &#224; l'&#233;chec. La IV&#232;me Internationale ne fait que continuer les v&#233;ritables traditions de la III&#232;me Internationale du vivant de L&#233;nine. Sa base politique est constitu&#233;e par les Th&#232;ses et les R&#233;solutions des quatre premiers Congr&#232;s de l'I.C.(1919-20-21-22). Que chaque communiste digne de ce nom &#233;tudie ces th&#232;ses et les compare avec les bases programmatiques de la IV&#232;me Internationale ; il deviendra alors &#233;vident que celle-ci continue celle-l&#224;, que depuis 1933 la IV&#232;me Internationale repr&#233;sente la continuit&#233; r&#233;volutionnaire de la lutte de classes et que le communisme &#224; jamais vivant aux c&#339;urs des exploit&#233;s poss&#232;de contre la bourgeoisie le drapeau sans t&#226;che aucune de l'Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par leur concert de man&#339;uvres, de marchandages et de com&#233;dies diplomatiques sur le dos des peuples, les imp&#233;rialismes anglais, am&#233;ricain, allemand, italien et la bureaucratie conservatrice sovi&#233;tique, essaient d'emp&#234;cher que la voix de la IV&#232;me Internationale arrive aux ouvriers et aux opprim&#233;s de tous les pays. Car la IV&#232;me Internationale est la n&#233;gation m&#234;me de ces pratiques issues de la soci&#233;t&#233; de classe, elle lutte pour le renversement du vieux monde pourri et pour l'av&#232;nement de la nouvelle soci&#233;t&#233; socialiste, sans diplomatie, sans marchandages, et sans les &#034;com&#233;dies&#034; sanglantes de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si au cours m&#234;me de cette guerre le prol&#233;tariat n'intervient pas lui-m&#234;me dans la lutte avec ses buts et son v&#233;ritable drapeau, le drapeau du communisme, alors l'imp&#233;rialisme ira plus loin dans son &#339;uvre contre-r&#233;volutionnaire et contraindra la bureaucratie de mettre fin &#233;galement &#224; l'&#233;conomie planifi&#233;e de l'URSS, d&#233;truisant ainsi l'&#339;uvre fondamentale de la r&#233;volution d'Octobre 17.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le devoir vis-&#224;-vis de la classe ouvri&#232;re est le devoir supr&#234;me de tout militant ouvrier. Quand il devient &#233;vident que la Parti auquel on &#233;tait attach&#233; par toutes ses fibres et auquel on &#233;tait pr&#234;t &#224; sacrifier &#224; chaque instant sa vie renonce aux buts permanents de la classe ouvri&#232;re (sous quelque pr&#233;texte que ce soit), alors on ne peut plus continuer &#224; fermer les yeux, &#224; s'endormir avec des &#034;raisonnements&#034;. Il faut imm&#233;diatement tirer la conclusion pratique fondamentale : la rupture avec l'opportunisme, pour l'orientation imm&#233;diate vers la recherche th&#233;orique et pratique d'un milieu r&#233;volutionnaire nouveau, sous peine de trahir le prol&#233;tariat, sous peine de trahir sa propre vie de communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous disions en novembre 1940 : tout militant honn&#234;te qui ne veut pas rester impuissant devant la guerre et le fascisme (dont les m&#233;thodes se sont &#233;tendues &#224; tous les pays capitalistes), doit adopter les principes th&#233;oriques de la IV&#232;me Internationale, h&#233;riti&#232;re des meilleures traditions r&#233;volutionnaires des trois pr&#233;c&#233;dentes Internationales. Nous disions aussi qu'il y aurait en France un Parti r&#233;volutionnaire seulement quand des centaines et des milliers d'entre vous prendront conscience du r&#244;le politique du stalinisme et deviendront les champions de la nouvelle Internationale. La III&#232;me Internationale est morte depuis longtemps. Le d&#233;saveu formel de Staline sous la pression de l'imp&#233;rialisme est le dernier coup donn&#233; aux masses de tous les pays pour lesquelles la III&#232;me Internationale restait encore le symbole de la solidarit&#233; des ouvriers de tous les pays. Reconstruisons ensemble le v&#233;ritable Parti prol&#233;tarien, qui bannissant de son sein le r&#233;formisme et le stalinisme, sera le guide r&#233;volutionnaire de la classe ouvri&#232;re. R&#233;veillons d'abord sur le terrain de l'usine l'activit&#233; des meilleurs &#233;l&#233;ments de la classe ouvri&#232;re en vue de l'organisation de celle-ci pour les luttes qui approchent, luttes qui secoueront de fond en comble le vieil &#233;difice capitaliste et qui, en r&#233;veillant la classe ouvri&#232;re &#224; une activit&#233; r&#233;volutionnaire nouvelle, balaieront de la sc&#232;ne politique les &#233;l&#233;ments pourris de ce qui reste de la II&#232;me et de la III&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avant pour le nouveau parti r&#233;volutionnaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vivent les Etats-Unis socialistes d'Europe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vive la Quatri&#232;me Internationale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1er Juin 1943&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Groupe Communiste (IV&#232;me Internationale)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/06/ldc13_060143.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/06/ldc13_060143.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2018/05/22/75an-m22.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2018/05/22/75an-m22.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/hic/works/1943/06/Staline_dissout.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/hic/works/1943/06/Staline_dissout.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Staline s'attaquait &#224; la perspective internationale et prol&#233;tarienne de L&#233;nine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4567&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4567&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Internationale Communiste apr&#232;s L&#233;nine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/ical/ical1.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/ical/ical1.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que repr&#233;sentait la 3&#232;me internationale pour le prol&#233;tariat mondial&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5929&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5929&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article696&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article696&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3961&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3961&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article261&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article261&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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