Matière et Révolution
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69144La grève chez Petrobras au Brésil est réprimée par les syndicats dirigés par le prétendu « Parti des Travailleurs »
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https://www.matierevolution.org/spip.php?article83212023-04-19T22:05:00Ztext/htmlfrRobert ParisGrève StrikeSyndicalism - le syndicalismeBrésil Brazil
<p>La grève chez Petrobras au Brésil est réprimée par les syndicats dirigés par le prétendu « Parti des Travailleurs » <br class='autobr' />
Le 9 février, une grève spontanée des travailleurs de la raffinerie Petrobras Alberto Pasqualini (Refap) dans l'État du Rio Grande do Sul, dans le sud du Brésil, a été stoppée en raison de la collusion des syndicats avec les patrons et les tribunaux, empêchant sa propagation à d'autres unités à travers le Brésil. <br class='autobr' />
Plus de 4.500 travailleurs se sont spontanément mis en grève (…)</p>
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<div class='rss_texte'><h2 class="spip">La grève chez Petrobras au Brésil est réprimée par les syndicats dirigés par le prétendu « Parti des Travailleurs »</h2>
<p>Le 9 février, une grève spontanée des travailleurs de la raffinerie Petrobras Alberto Pasqualini (Refap) dans l'État du Rio Grande do Sul, dans le sud du Brésil, a été stoppée en raison de la collusion des syndicats avec les patrons et les tribunaux, empêchant sa propagation à d'autres unités à travers le Brésil.</p>
<p>Plus de 4.500 travailleurs se sont spontanément mis en grève le 30 janvier, dénonçant la dégradation des salaires et des avantages sociaux dans l'unité de raffinage du géant énergétique public. Des vidéos diffusées sur les médias sociaux ont montré des travailleurs arrivés pour l'équipe de nuit quittant immédiatement leurs bus pour rejoindre le débrayage. Le mouvement s'est étendu à l'ensemble de la main-d'œuvre, malgré les efforts d'intimidation des patrons, qui auraient engagé des gardes à cette fin.</p>
<p>Lorsque la grève a éclaté, Refap faisait l'objet de travaux d'entretien effectués par plusieurs entrepreneurs. La plupart des grévistes étaient des travailleurs de maintenance qui venaient d'autres unités du pays. La grève a touché des travailleurs des entreprises Estrutural, Estel, Engevale, Manserv et Darcy Pacheco. Les emplois externalisés dans ces entreprises ne paient pas les frais de transport et de logement ou ne les indemnisent que partiellement.</p>
<p>Parmi les revendications de la grève figurait un salaire égal à celui des autres installations de Petrobras dans le pays. Selon la fédération syndicale CUT, contrôlée par le Parti des travailleurs (PT), les salaires mensuels des travailleurs de maintenance externalisés à Refap peuvent être jusqu'à 1.500 réals (267 euros) inférieurs à ceux des autres raffineries.</p>
<p>Les travailleurs ont également demandé des primes correspondant à un travail de maintenance de 350 heures, des prestations alimentaires mensuelles de 1.300 réals (231 euros), 1.500 réals (267 euros) pour les frais d'hébergement et de transport pendant le travail de maintenance, et une augmentation de salaire de 100 pour cent pour les heures supplémentaires effectuées le week-end. Ils ont exigé que leurs droits en matière de travail soient mis par écrit par les entreprises avant la signature des contrats.</p>
<p>Alors que le soulèvement des travailleurs a éclaté spontanément, le syndicat local des métallurgistes STIMMMEC a rapidement formé une « commission de grève » pour parler en son nom. Se déclarant en faveur des travailleurs, la commission du syndicat a examiné leurs revendications. Le STIMMMEC n'était qu'une des nombreuses organisations syndicales qui se sont précipitées à la raffinerie pour réprimer la mobilisation spontanée, y compris le Sindipetro-RS. La STIMMMEC et le Sindipetro-RS sont tous deux affiliés à la CUT.</p>
<p>Les véritables intentions des syndicats ont été révélées par la suite lorsqu'ils ont proposé d'entamer des pourparlers de « médiation » avec le tribunal régional du travail (TRT4) et les entrepreneurs responsables de la maintenance de Refap. Les efforts qui visaient à réprimer la mobilisation spontanée ont été présentés comme une tentative d'« officialiser la grève ». Le 3 février, le président du STIMMMEC, Paulo Chitolina, a déclaré : « On n'a pas eu de préavis de grève 48 heures à l'avance, nous avons donc informé les entreprises le lundi, mais elles ont déposé une plainte pour abus de la part des grévistes, et on a eu une médiation hier ».</p>
<p>Cette manœuvre, si fréquemment employée par les syndicats pour freiner et briser l'élan des luttes ouvrières, a été immédiatement rejetée par les travailleurs. Ils ont refusé de retourner au travail pour attendre la décision du tribunal et ont voté la poursuite de la grève. Une vidéo enregistrée au cours de l'assemblée dirigée par les syndicats montre Chitolina être vivement critiqué après avoir déclaré que les demandes non satisfaites des travailleurs « seront également résolues par le tribunal ».</p>
<p>Pendant les huit jours suivants, le STIMMMEC a tenu des réunions presque quotidiennes avec le tribunal et les entrepreneurs de TRT4 afin de mettre fin au mouvement. Le tribunal a déclaré la grève « abusive » et a imposé des amendes individuelles de 200 réals (36 euros) pour chaque jour où les travailleurs défient sa décision de reprise du travail.</p>
<p>Malgré cette action punitive, le nombre de participants aux assemblées aux portes de la raffinerie a augmenté chaque jour. Désespérée de mettre fin à ce mouvement, la CUT a envoyé son président d'État, Amarildo Cenci, pour calmer les travailleurs de Refap le 8 février. Tout en donnant des gages rhétoriques de soutien aux travailleurs en grève, il a indiqué la nécessité de « discussions sur les normes salariales » avec tous les contractants de Petrobras.</p>
<p>L'appel de la CUT en faveur de « normes salariales » dans l'ensemble de l'entreprise promeut le mensonge selon lequel les travailleurs des autres raffineries s'en sortent bien. En réalité, l'écrasante majorité des travailleurs du pétrole de Petrobras sont confrontés à un régime de salaires et d'avantages sociaux inférieurs à la norme et à des conditions de travail dangereuses, et tentent de survivre dans un contexte d'inflation croissante.</p>
<p>Le STIMMMEC a réussi à mettre fin à la grève le 9 février, seulement après avoir menacé de laisser les travailleurs à la merci du tribunal et de ses amendes punitives. Quand les participants ont sorti des entretiens avec des représentants de l'entreprise et des fonctionnaires du tribunal, Chitolina s'est rendue à l'assemblée des travailleurs aux portes de Refap et a déclaré : « Si nous continuons, nous n'avons plus d'accord avec les entreprises et le tribunal. Si nous reprenons le travail, nous avons un accord ».</p>
<p>La bureaucratie syndicale a montré sa totale indifférence à l'égard de la situation des travailleurs en célébrant cyniquement la défaite de leur mouvement comme une « victoire ». L'accord comprenait quelques concessions, comme une augmentation des prestations alimentaires, une compensation pour le transport et le logement et une rémunération supplémentaire pour le week-end. Cependant, ces concessions étaient bien en deçà des demandes des travailleurs et ne compensent même pas des années d'érosion des salaires.</p>
<p>La répression du soulèvement des travailleurs du pétrole était une question cruciale pour le Parti des travailleurs et sa bureaucratie syndicale associée. Dans des conditions sociales explosives dans tout le Brésil, le mouvement à Refap menaçait de déclencher une grève majeure dans un secteur économique clé, et cela, dès les premiers mois du nouveau gouvernement du président du PT, Luiz Inácio Lula da Silva.</p>
<p>Dévoilant l'anxiété de la bureaucratie face à cette possibilité, le président de Sindipetro-RS a déclaré un jour après l'arrêt du mouvement : « C'est inacceptable que le gouvernement oblige les gens à travailler alors que nous, les travailleurs du pétrole, continuons à vivre comme si rien ne se passait ». Censé représenter les travailleurs à temps plein, le Sindipetro-RS a tout fait pour empêcher leur mobilisation au cours des 11 jours précédents. Au cours de la même période, la Fédération unie des travailleurs du pétrole (FUP), liée à la CUT, a occulté les informations relatives à la grève, tandis que ses responsables rencontraient des membres du gouvernement fédéral.</p>
<p>L'importance des enjeux a été soulignée dans l'avertissement du juge du tribunal du travail le jour où les travailleurs ont rejeté la première proposition des entreprises concernant « les pertes qui peuvent survenir pour la communauté en cas de pénurie de carburant si les activités de maintenance de Refap ne reprennent pas ».</p>
<p>Il y a exactement trois ans, la plus grande grève nationale des travailleurs du pétrole depuis 1995 a eu lieu au Brésil, impliquant 191 unités de Petrobras à son apogée, des raffineries aux centres de distribution et aux plateformes en haute-mer. Les travailleurs s'étaient opposé aux suppressions d'emplois et à la poussée de privatisation de l'entreprise, y compris de Refap, sous le gouvernement de l'ancien président fasciste Jair Bolsonaro. Les autorités avaient réagi à la grève par des amendes considérables et une répression de masse.</p>
<p>La récente grève à Refap montre que la lutte des travailleurs continuera à recevoir le même traitement brutal sous le gouvernement du PT, malgré les promesses faites par les syndicats à chaque accord de trahison qu'ils ont conclu selon lesquelles l'élection de Lula résoudrait tous les problèmes sociaux et politiques majeurs rencontrés sous Bolsonaro. En fait, la bureaucratie se montre encore plus désireuse de réprimer les grèves.</p>
<p>La classe dirigeante brésilienne, qui a le PT et les syndicats à sa solde, craint que le développement d'un mouvement de grève des travailleurs de l'industrie pétrolière et d'autres secteurs ne compromette les accords qu'elle a conclus dans un contexte mondial de plus en plus explosif. Dans le cadre de la campagne actuelle des États-Unis et des puissances européennes contre la Chine pour des plateformes de travail et des ressources alternatives en Amérique latine, une lutte majeure de la classe ouvrière devient une question de « sécurité nationale ».</p>
<p>Malgré ces efforts pour réprimer les grèves, l'éruption de la lutte des classes au Brésil ne peut être contenue. Les infirmières se préparent à une grève nationale le 10 mars pour exiger l'application du salaire minimum légal pour le secteur. Dans les dernières semaines, des manifestations d'enseignants ont pris place dans le Rio Grande do Sul et des grèves de 24 heures des travailleurs du métro ont éclaté dans le Minas Gerais et à São Paulo.</p>
<p>Ces luttes s'inscrivent dans le cadre d'un mouvement international montant de la classe ouvrière contre les attaques des classes dirigeantes contre les salaires et les conditions de travail, alors qu'elles tentent de faire porter aux travailleurs de tous les pays l'intégralité du fardeau du sauvetage des grandes banques et entreprises et des coûts de la guerre impérialiste. Pour que ce puissant mouvement se développe, les travailleurs doivent comprendre que leurs intérêts résident dans une lutte internationale commune pour renverser le système capitaliste.</p>
<p><a href="https://www.wsws.org/fr/articles/2023/03/01/zpjd-m01.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.wsws.org/fr/articles/2023/03/01/zpjd-m01.html</a></p></div>
Lula et l'immunité collective
https://www.matierevolution.org/spip.php?article8046
https://www.matierevolution.org/spip.php?article80462022-09-28T22:05:00Ztext/htmlfrRobert ParisBrésil BrazilCoronavirus Covid-19
<p>À la veille des élections au Brésil, le Parti des travailleurs dissimule son appui à la politique d'« immunité collective » de Bolsonaro face à la pandémie <br class='autobr' />
Lire aussi : <br class='autobr' />
Bolsonaro accusé de meurtre de masse pour la politique d'immunité collective au COVID-19 du Brésil <br class='autobr' />
https://www.wsws.org/fr/articles/2021/10/23/pers-o23.html <br class='autobr' />
À un peu plus d'une semaine de l'élection présidentielle du 2 octobre au Brésil, le Parti des travailleurs (PT) et son candidat, Luiz Inácio Lula da Silva, (…)</p>
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<div class='rss_texte'><h2 class="spip">À la veille des élections au Brésil, le Parti des travailleurs dissimule son appui à la politique d'« immunité collective » de Bolsonaro face à la pandémie</h2>
<p>Lire aussi :</p>
<p>Bolsonaro accusé de meurtre de masse pour la politique d'immunité collective au COVID-19 du Brésil</p>
<p><a href="https://www.wsws.org/fr/articles/2021/10/23/pers-o23.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.wsws.org/fr/articles/2021/10/23/pers-o23.html</a></p>
<p>À un peu plus d'une semaine de l'élection présidentielle du 2 octobre au Brésil, le Parti des travailleurs (PT) et son candidat, Luiz Inácio Lula da Silva, tentent de cacher l'état de pourrissement de la démocratie bourgeoise brésilienne. Cela comprend les menaces du président fasciste Jair Bolsonaro de répéter le scénario du 6 janvier au Capitole américain et de réaliser un coup d'État électoral s'il n'est pas désigné vainqueur. Comme c'est le cas dans toutes les élections bourgeoises, la dissimulation totale de la situation politique, économique et sociale réelle, ainsi que de ses causes, produit de nombreuses fausses promesses des candidats.</p>
<p>Le thème central de la campagne électorale du PT et de Lula est qu'ils vont « reconstruire et transformer » le Brésil s'ils sont élus sur la base d'un programme nationaliste et pro-patronal. Ils espèrent ainsi rétablir leur rôle de parti préféré de la bourgeoisie nationale et, en même temps, leur apporter un soutien international.</p>
<p>Un élément clé de ses promesses aux travailleurs, qui ne cessent de diminuer, est que le parti adoptera une approche opposée et scientifiquement guidée sur la santé publique, en renforçant le système national de santé unifié (SUS), et en particulier la réponse aux pandémies. Le parti feint de se trouver horrifié par la politique meurtrière d'« immunité collective » de Bolsonaro, qui a entraîné près de 700.000 décès officiels dus au COVID-19 dans le pays. Qualifier de « génocidaire » la réponse de Bolsonaro à la pandémie de COVID-19 est devenu un élément incontournable des publicités télévisées et des rassemblements pendant la campagne électorale.</p>
<p>Cependant, toute prétention selon laquelle le PT a représenté au cours des trois dernières années ou représentera à l'avenir une alternative à la politique barbare de Bolsonaro en matière de pandémie est démentie par ses propres déclarations sur la question.</p>
<p>Dans sa propagande électorale sur la politique de pandémie du gouvernement Bolsonaro, le PT déclare : « Bolsonaro s'est moqué de la pandémie qui a tué 670.000 Brésiliens. 400.000 vies auraient pu être sauvées ». D'emblée, le PT considère que 270.000 décès sont acceptables et étaient inévitables. Il ne fait pas la moindre référence à la possibilité scientifiquement prouvée d'éliminer le COVID-19. Si le Brésil avait suivi une politique de Zéro COVID comme celle mise en œuvre en Chine, moins de 800 décès auraient été enregistrés tout au long de la pandémie.</p>
<p>Sur les 121 paragraphes de la plateforme de campagne de la liste électorale dirigée par le PT, un seul traite de la pandémie de COVID-19 : « Il est urgent… de s'occuper des personnes atteintes de COVID longue durée. On doit reprendre le programme national de vaccination reconnu ». Cette déclaration minimise totalement le danger que représente toujours la pandémie au Brésil. Elle écarte la possibilité que la situation s'aggrave avec de nouveaux variants, et avance la conception non scientifique que seule la vaccination peut contenir la pandémie. Cela exprime l'alignement de classe du PT et des autres partis de sa coalition – y compris Socialisme et Liberté (PSOL) de la pseudo-gauche – sur la politique de l'élite dirigeante mondiale, menée par l'administration Biden aux États-Unis, pour qualifier le COVID-19 d' « endémique », sans aucun fondement scientifique, mais uniquement pour répondre aux besoins des entreprises.<br class='autobr' />
Les syndicats et les gouverneurs du PT mettent en avant une opposition frauduleuse à Bolsonaro</p>
<p>La principale préoccupation du PT pendant la pandémie de COVID-19 était de renforcer ses liens avec les secteurs de la classe dirigeante brésilienne qui craignent que l'offensive cruelle et non déguisée de Bolsonaro contre la santé et le niveau de vie des travailleurs ne menace le pays d'une explosion sociale, remettant en question la continuité même du capitalisme.</p>
<p>L'idée que la lutte contre la pandémie dans les États du Nord-Est contrôlés par le PT serait guidée par la science, y compris avec la fermeture des écoles et des entreprises en général, a été réfutée moins d'un an plus tard. Le coordinateur du comité scientifique de la région, partisan de longue date du PT et neuroscientifique renommé, Miguel Nicolelis, a été contraint de quitter son poste juste avant l'explosion de la deuxième vague au Brésil, début mars 2021.</p>
<p>Contrairement à la propagande de la presse selon laquelle les gens étaient « fatigués » des mesures d'isolement social et s'y opposaient, celles-ci étaient cruciales pour les gains électoraux du parti lors des élections locales de novembre 2020. Mais comme Nicolelis l'a expliqué dans une interview avec le WSWS en octobre 2021 : « Dans la première vague… nous avons réussi à aplatir la courbe avec l'isolement social et certains confinements régionaux, surtout dans le Nord-Est.... Mais après l'échéance électorale [de novembre 2020], et c'est ce qui apparemment les intéressait [les gouverneurs du Nord-Est], ils ont arrêté parce que, lors de la deuxième vague, ils n'ont rien fait. »</p>
<p>Au plus fort de la vague originale d'Omicron, Nicolelis a de nouveau mis à nu la politique du parti dans une autre interview avec le WSWS. Il a déclaré : « Les gouverneurs du PT eux-mêmes, que je connais très bien pour avoir travaillé avec eux, ont cessé de faire ce qui devait être fait il y a longtemps. Alors, qui est progressiste dans cette histoire ? J'ai vu des personnes prétendument progressistes se comporter comme Bolsonaro. Ils avaient juste le vernis et le cachet des progressistes ».</p>
<p>Un élément clé de l'opposition frauduleuse du PT à Bolsonaro était l'affirmation que les vaccins seuls pouvaient arrêter le virus. Au début de mars 2021, lorsque la deuxième vague a explosé au Brésil après de nombreux avertissements lancés par les experts depuis le début de l'année, les gouverneurs du PT dans le nord-est ont annoncé un prétendu « pacte national » contre la pandémie, qui se réduisait à l'accélération de l'achat de vaccins et à des mesures inefficaces comme la limitation de la vente d'alcool.</p>
<p>Le PT a pris la tête de la politique d'« immunité collective » lorsqu'en août 2021, alors que le nombre de décès était en légère baisse par rapport aux niveaux horribles de plus de 1.000 par jour enregistrés pendant des mois, les gouverneurs des États ont imposé la plus grande réouverture d'écoles au Brésil depuis le début de la pandémie sous le prétexte que les niveaux massifs précédents d'infection pouvaient empêcher de nouvelles émergences du virus. Dans l'État de Bahia, le gouverneur du PT, Rui Costa, a réduit les salaires des enseignants en grève contre la réouverture des écoles et a menacé de les licencier.</p>
<p>Dès octobre 2021, après avoir annulé la distanciation sociale dans les salles de classe, trois des quatre gouverneurs d'État du PT avaient rendu la présence des étudiants obligatoire dans les écoles qui restaient dangereuses. La présence des étudiants dans les écoles était une condition préalable à la réouverture générale de l'économie. En octobre, les États dirigés par le PT avaient également supprimé pratiquement toutes les restrictions imposées aux entreprises.</p>
<p>Le port obligatoire du masque dans les écoles a été abandonné dans tous les États brésiliens en avril de cette année, après la vague Omicron BA.1. La présence d'enfants non protégés dans des écoles précaires a créé l'environnement parfait pour la propagation d'une série de maladies infectieuses, telle que la bronchiolite aiguë, qui a rempli les unités de soins intensifs pédiatriques de plusieurs États et entraîné des dizaines de décès de nourrissons et d'enfants. Entre janvier et mai de cette année, près de 300 enfants de moins de quatre ans sont morts, infectés par la maladie dite « bénigne » Omicron BA.1, soit deux fois plus que durant la même période l'année précédente. En mai, au début de la vague provoquée par Omicron BA.4/5, plus de la moitié des cas de COVID dans l'État de Ceará, gouverné par le PT, sont survenus chez des enfants de moins de neuf ans.</p>
<p>Lorsque des manifestations de masse dirigées par des jeunes ont éclaté contre la politique d'immunité collective à partir du 29 mai 2021, le PT, le PSOL et tous les autres partis de la pseudogauche, horrifiés par la possibilité de se faire déborder, ont redoublé d'efforts pour canaliser l'opposition derrière une « super » pétition pour la destitution de Bolsonaro. Cette pétition a été soutenue par des représentants de la droite et de l'extrême droite brésiliennes, dont beaucoup étaient d'anciens alliés de Bolsonaro qui tentaient de prendre leurs distances avec le président fasciste.</p></div>
Les grandes usines brésiliennes ferment massivement
https://www.matierevolution.org/spip.php?article7290
https://www.matierevolution.org/spip.php?article72902021-05-04T22:05:00Ztext/htmlfrRobert ParisCrise CrisisBrésil BrazilLicenciementsCapitalismeCoronavirus Covid-19
<p>Des secteurs entiers comme l'Automobile, la Viande, le Poulet s'effondrent au Brésil... <br class='autobr' />
L'économie du Brésil s'effondre... <br class='autobr' />
https://www.challenges.fr/economie/coronavirus-au-bresil-risque-d-effondrement-de-l-economie-ministre_709310 <br class='autobr' />
« Le Brésil est en faillite, je ne peux rien faire », déclare Jair Bolsonaro <br class='autobr' />
https://www.lapresse.ca/affaires/economie/2021-01-05/le-bresil-est-en-faillite-je-ne-peux-rien-faire-declare-jair-bolsonaro.php <br class='autobr' />
Le Brésil pourrait être confronté dans un mois à (…)</p>
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<div class='rss_texte'><p>Des secteurs entiers comme l'Automobile, la Viande, le Poulet s'effondrent au Brésil...</p>
<p>L'économie du Brésil s'effondre...</p>
<p><a href="https://www.challenges.fr/economie/coronavirus-au-bresil-risque-d-effondrement-de-l-economie-ministre_709310" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.challenges.fr/economie/coronavirus-au-bresil-risque-d-effondrement-de-l-economie-ministre_709310</a></p>
<p>« Le Brésil est en faillite, je ne peux rien faire », déclare Jair Bolsonaro</p>
<p><a href="https://www.lapresse.ca/affaires/economie/2021-01-05/le-bresil-est-en-faillite-je-ne-peux-rien-faire-declare-jair-bolsonaro.php" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lapresse.ca/affaires/economie/2021-01-05/le-bresil-est-en-faillite-je-ne-peux-rien-faire-declare-jair-bolsonaro.php</a></p>
<p>Le Brésil pourrait être confronté dans un mois à un « effondrement de (son) économie », avec des pénuries alimentaires, et à une « désintégration » sociale, a averti jeudi le ministre de l'Economie Paulo Guedes</p>
<p><a href="https://www.leparisien.fr/international/coronavirus-le-bresil-craint-l-effondrement-de-son-economie-08-05-2020-8313144.php" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.leparisien.fr/international/coronavirus-le-bresil-craint-l-effondrement-de-son-economie-08-05-2020-8313144.php</a></p>
<p>L'Oréal va fermer l'une de ses usines brésiliennes :</p>
<p><a href="https://fr.fashionnetwork.com/news/L-oreal-va-fermer-l-une-de-ses-usines-bresiliennes,860614.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.fashionnetwork.com/news/L-oreal-va-fermer-l-une-de-ses-usines-bresiliennes,860614.html</a></p>
<p>Au Brésil, Ford ferme ses usines :</p>
<p><a href="https://www.courrierinternational.com/article/bresil-ford-ferme-une-usine-toute-une-ville-seteint-picto-reportage" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.courrierinternational.com/article/bresil-ford-ferme-une-usine-toute-une-ville-seteint-picto-reportage</a></p>
<p>La production de Volkswagen suspendue au Brésil :</p>
<p><a href="https://www.capital.fr/entreprises-marches/covid-19-la-production-de-volkswagen-suspendue-au-bresil-1397652" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.capital.fr/entreprises-marches/covid-19-la-production-de-volkswagen-suspendue-au-bresil-1397652</a></p>
<p>Plus d'un demi-million d'entreprises brésiliennes ont fermé jusqu'en juin en raison de la pandémie :</p>
<p><a href="https://www.efe.com/efe/america/economia/mas-de-medio-millon-empresas-brasilenas-cerraron-hasta-junio-por-la-pandemia/20000011-4298554" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.efe.com/efe/america/economia/mas-de-medio-millon-empresas-brasilenas-cerraron-hasta-junio-por-la-pandemia/20000011-4298554</a></p>
<h2 class="spip">Les constructeurs automobiles interrompent la production dans 18 usines au Brésil</h2>
<p>Brunna Machado - WSWS</p>
<p>Cette semaine, 10 constructeurs automobiles brésiliens – Volkswagen, Volkswagen Trucks and Buses, Mercedes-Benz, General Motors, Nissan, Toyota, Renault, Volvo, Scania et Honda – ont suspendu totalement ou partiellement leur production, renvoyant plus de 50.000 travailleurs chez eux pour des périodes allant de cinq à quinze jours, selon l'usine.<br class='autobr' />
La fermeture était une initiative des entreprises elles-mêmes qui a été présentée, en pleine pandémie incontrôlée dans le pays, comme un effort pour lutter contre le COVID-19. Le Brésil a enregistré jusqu'à présent plus de 320.000 décès dus au COVID-19, avec un record de 3.869 décès mercredi. Le mois de mars a été le plus meurtrier de toute la pandémie.</p>
<p>Premier à annoncer sa fermeture, Volkswagen, qui emploie environ 15.000 travailleurs dans le pays, a déclaré qu'il suspendrait la production dans ses quatre usines pendant 12 jours « afin de préserver la santé de ses employés et de leurs familles ». Les directions de Mercedes-Benz, Scania, Nissan, Renault et Honda ont fait des annonces similaires.</p>
<p>Mais il y a d'autres raisons qui poussent des entreprises valant des milliards comme celles-ci à interrompre leur production, et la première sur leur liste n'est certainement pas la « santé de leurs employés ».<br class='autobr' />
Tout d'abord, il est important de souligner que ces mesures ont été prises exclusivement dans l'industrie automobile, qui subit une profonde restructuration de la production, avec des réductions substantielles de la main-d'œuvre dans tous les pays, et qui fait face actuellement à des pénuries de pièces dans différentes parties du monde.</p>
<p>Un article paru le 18 mars dans Folha de São Paulo rapporte que l'usine Honda de Sumaré, dans l'État de São Paulo, qui emploie un millier de travailleurs, a été le premier constructeur automobile à arrêter sa production par manque de circuits électroniques. La production avait déjà été interrompue pendant une semaine en février et pendant 10 jours en mars, et cette semaine elle a été arrêtée de nouveau.<br class='autobr' />
D'autres entreprises, telles que Toyota, Volkswagen, Renault, Volvo et Mercedes-Benz, avaient déjà arrêté ou réduit leur production. Selon le même rapport, Volkswagen Trucks and Buses (VWCO) a gardé des véhicules inachevés dans le lot en attendant des pièces, et lorsque les pièces sont arrivées, les employés ont dû faire des heures supplémentaires pour terminer le travail. Aujourd'hui, VWCO a décidé de fermer complètement l'usine du 29 mars au 4 avril et de renvoyer ses 3.500 travailleurs à la maison.</p>
<p>Volvo, qui a suivi ses concurrents en adoptant le prétexte de la lutte contre la pandémie, était l'une des seules compagnies à admettre que cette mesure était également due à l'instabilité de la chaîne d'approvisionnement en pièces. Son usine de Curitiba, dans l'État du Paraná, n'était pas totalement paralysée, mais la production a été réduite au cours des huit derniers jours, avec environ 2.000 travailleurs en moins.</p>
<p>C'est clair que les entreprises ont fait un calcul. Prévoyant la nécessité de nouveaux arrêts en raison de l'instabilité de la chaîne de production ainsi que des réductions imposées par leurs propres plans de restructuration, beaucoup, si ce n'est la totalité, d'entre elles ont profité des conditions épidémiques pour justifier leurs fermetures comme un acte bienveillant dans l'intérêt de leurs travailleurs. C'était, en même temps, un moyen d'empêcher une action de la classe ouvrière en réponse aux infections croissantes dans les usines.</p>
<p>Dans le complexe industriel ABC, à São Paulo, qui compte actuellement cinq usines fermées (Mercedes, Volks, Scania, Toyota et GM, pour un total d'environ 30.000 travailleurs), le syndicat des métallurgistes (SMABC) a présenté l'arrêt de la production comme un résultat de ses négociations avec les entreprises.</p>
<p>Il y a quelques semaines, alors que la pandémie s'aggravait dans le pays et notamment à São Paulo, le syndicat a été critiqué par des travailleurs témoins d'une augmentation des décès parmi leurs collègues.</p>
<p>Sur la page Facebook du CSE (Comité syndical d'entreprise) de Mercedes, qui est une branche du SMABC, un travailleur a commenté la nouvelle du décès d'un collègue :</p>
<p>« C'est très triste de voir … de nombreuses personnes infectées à l'intérieur de l'entreprise et qu'on continue de prétendre que tout vient de l'extérieur. Est-ce une coïncidence si le même département [de l'usine] compte plus de six personnes infectées, venant toutes de l'extérieur ? Combien d'autres devront mourir pour que quelqu'un réagisse ? Beaucoup de gens vont au travail avec la peur de se faire infecter et de contaminer quelqu'un en rentrant chez eux qui pourrait être plus à risque. Mais l'entreprise n'est intéressée qu'à la production, parce qu'à l'intérieur, nous ne sommes qu'un numéro de plus qui est mort et ils vont en mettre un nouveau à notre place. Mais on ne peut pas remplacer un membre de sa famille ».</p>
<p>D'autres travailleurs ont mis en garde contre l'absence de mesures préventives de base. « Le désinfectant pour les mains manque dans de nombreux distributeurs ; celui de ma zone de loisirs, par exemple, n'a vu de l'alcool qu'au moment d'être installé », commente l'un d'eux. « Allez à 11 heures dans la cafétéria et vous verrez l'affluence. Une invitation à la contagion », a déclaré un autre.</p>
<p>« Il est plus que temps pour le syndicat d'organiser une fermeture de l'usine. L'année dernière, quand la situation n'était pas à ce niveau, on avait des [vacances] collectives et une alternance bimensuelle des employés… Maintenant que nous sommes dans un scénario bien pire, nous travaillons tous normalement ! » a déclaré un autre travailleur.<br class='autobr' />
Ces commentaires émanent des travailleurs de l'usine Mercedes de São Bernardo do Campo, qui a déjà enregistré six décès d'employés, dont quatre pour le seul mois de mars. Selon le Diário do Grande ABC, l'usine est la deuxième de la région pour le nombre d'infections. Avec un effectif total de 8.500 personnes, Mercedes-Benz comptait 1.447 travailleurs infectés (17 pour cent).</p>
<p>Le premier sur la liste est Volkswagen, avec 1.560 infections, soit 18,3 pour cent des quelque 8.500 employés. Elle avait enregistré cinq décès jusqu'au 21 mars. Chez Scania, 761 personnes, soit 19 pour cent des quelque 4.000 employés, ont été contaminées, et une personne est décédée. Chez Toyota, 137 personnes ont été infectées, soit 9,1 pour cent des 1.500 employés.</p>
<p>Cherchant à minimiser les conditions d'insécurité dans les usines d'assemblage, dont le taux d'infection est trois fois supérieur à la moyenne nationale, le président de la SMABC, Wagner Santana, a déclaré au Diário do Grande ABC que cette différence était due au fait que les constructeurs automobiles avaient testé 100 pour cent de leurs employés et que, s'il y avait des tests de masse dans le pays, la moyenne nationale serait égale ou supérieure à celle des usines. Un travailleur de GM dans la section des commentaires a furieusement réfuté cet argument. Il a dit : « On a testé cent pour cent des ouvriers ? Je travaille dans une usine d'assemblage et cela ne s'est pas produit ! ».<br class='autobr' />
L'effort du responsable syndical pour protéger l'entreprise est allé encore plus loin. Il a fait écho aux affirmations des dirigeants capitalistes : il a laissé entendre que les travailleurs sont infectés à la maison ou dans la rue, et non sur le lieu de travail.</p>
<p>« Peu importe à quel point [les usines automobiles] présentent le sentiment d'être très sûres, puisqu'elles font vraiment tout ce qui est possible pour rendre l'environnement de travail plus sûr, encore plus si on compare à quelqu'un qui travaille dans un magasin… et doit prendre un bus bondé pour s'y rendre, le travailleur n'est pas en sécurité. D'autant plus qu'il ne vit pas dans l'usine de montage. Il circule. Il rentre chez lui, chez sa famille, il va au supermarché », a fait valoir Santana.</p>
<p>La loyauté des syndicats envers les constructeurs automobiles – explicitement exprimée par Santana – est fondamentale pour garantir que la réponse à la pandémie reste subordonnée aux intérêts des groupes capitalistes transnationaux qui contrôlent ces entreprises. Les conditions de l'arrêt de la production le soulignent : les entreprises considèrent les jours non travaillés comme des jours de « congé » à être ultérieurement repris aux travailleurs.</p>
<p>Certaines de ces entreprises comptent également sur le calendrier des jours fériés municipaux. Pour tenter de contrer la propagation catastrophique de la pandémie, plusieurs villes ont reprogrammé les jours fériés afin de créer une période de 10 jours de congé consécutifs, à partir de cette semaine. D'autres entreprises ont choisi d'accorder des vacances collectives à leurs employés. Dans ce cas, les travailleurs n'auront pas à rattraper des jours de travail, mais ils ont perdu leur droit de choisir leur période de vacances.</p>
<p>De plus, la période établie pour ces fermetures est totalement insuffisante pour contribuer réellement à la lutte contre la pandémie. Dans la plupart des usines, le travail reprendra le 6 avril. Au rythme actuel de la pandémie au Brésil, avec des moyennes quotidiennes de plus de 75.000 nouvelles infections et de plus de 3.000 décès, c'est impossible que la situation soit maîtrisée en moins d'une semaine ; en fait, on s'attend à ce qu'elle soit pire. En d'autres termes, les travailleurs seront à nouveau infectés dans les environnements peu sûrs des usines, et les décès augmenteront à nouveau.<br class='autobr' />
Les travailleurs de l'automobile de toute l'industrie doivent rejeter ce chemin de la mort avec une grève qui empêche leur retour au travail. Ensemble, ils doivent exiger le paiement intégral de leurs salaires pendant que l'isolement est nécessaire. Tous les coûts doivent être payés à même les profits accumulés par les constructeurs automobiles, et non par des licenciements ou des heures supplémentaires.<br class='autobr' />
Cette politique ne peut être mise en œuvre que par la formation de comités de la base, indépendants des syndicats. Ces comités devraient lancer un appel à toutes les sections de la classe ouvrière pour une grève générale afin d'arrêter la pandémie, arrêter toute activité non essentielle et garantir un revenu complet à toutes les familles ouvrières.</p></div>
L'histoire de la conquête du Brésil par les Occidentaux, racontée par Lévi-Strauss
https://www.matierevolution.org/spip.php?article6060
https://www.matierevolution.org/spip.php?article60602019-10-09T22:05:00Ztext/htmlfrRobert ParisBrésil BrazilAmérindiens
<p>L'histoire de la conquête du Brésil par les Occidentaux, racontée par Lévi-Strauss <br class='autobr' />
« J'avais été l'élève de Georges Dumas à l'époque du « traité de psychologie »… J'ai toujours regretté de ne pas l'avoir connu en pleine jeunesse, quand, brun et basané à l'image d'un conquistador et tout frémissant des perspectives scientifiques qu'ouvrait la psychologie du XIXe siècle, il était parti à la conquête spirituelle du Nouveau Monde. Dans cette espèce de coup de foudre qui allait se produire (…)</p>
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</div><h2 class="spip">L'histoire de la conquête du Brésil par les Occidentaux, racontée par Lévi-Strauss </h2>
<p>« J'avais été l'élève de Georges Dumas à l'époque du « traité de psychologie »… J'ai toujours regretté de ne pas l'avoir connu en pleine jeunesse, quand, brun et basané à l'image d'un conquistador et tout frémissant des perspectives scientifiques qu'ouvrait la psychologie du XIXe siècle, il était parti à la conquête spirituelle du Nouveau Monde. Dans cette espèce de coup de foudre qui allait se produire entre lui et la société brésilienne s'est certainement manifesté un phénomène mystérieux, quand deux fragments d'une Europe vieille de quatre cents ans – dont certains éléments essentiels s'étaient conservés, d'une part dans une famille protestante méridionale, de l'autre, dans une bourgeoisie très raffinée et un peu décadente, vivant au ralenti sous les tropiques – se sont rencontrés , reconnus et presque ressoudés.</p>
<p>L'erreur de Georges Dumas est de n'avoir jamais pris conscience du caractère véritablement archéologique de cette conjoncture. Le seul Brésil qu'il avait su séduire (et auquel un bref passage au pouvoir allait donner l'illusion d'être le vrai), c'était celui de ces propriétaires fonciers déplaçant progressivement leurs capitaux vers des investissements industriels à participation étrangère, et qui cherchaient une couverture idéologique dans un parlementarisme de bonne compagnie, ceux-là mêmes que nos étudiants, issus d'immigrants récents ou de hobereaux liés à la terre et ruinés par les fluctuations du commerce mondial, appelaient avec raison le « gran fino », le grand fin, c'est-à-dire le dessus du panier. Chose curieuse : la fondation de l'Université de São Paulo, grande œuvre dans la vie de Georges Dumas, devait permettre à ces classes modestes de commencer leur ascension en obtenant des diplômes qui leur ouvraient des positions administratives, si bien que notre mission universitaire a contribué à former une élite nouvelle, laquelle allait se détacher de nous… même si elle s'attelait à la tâche de déboulonner une féodalité qui nous avait, certes, introduits au Brésil , mais pour lui servir en partie de caution et pour l'autre de passe-temps….</p>
<p>Ma carrière s'est jouée un dimanche de l'automne 1934, à 9 heures du matin, sur un coup de téléphone. C'était Célestin Bouglé, alors directeur de l'Ecole normale supérieure… Il me demanda abruptement : « Avez-vous toujours le désir de faire de l'ethnographie ? – Certes ! – Alors, posez votre candidature comme professeur de sociologie à l'Université de São Paulo. Les faubourgs sont remplis d'Indiens, vous leur consacrerez vos weeks-ends… » A ce moment, l'extravagante promesse de Bouglé relative aux Indiens me posait problème. D'où avait-il tiré la croyance que São Paulo était une ville indigène, au moins par sa banlieue ? Sans doute d'une confusion avec Mexico ou Tegucigalpa. Ce philosophe qui avait jadis écrit un ouvrage sur « le Régime des castes » dans l'inde, sans se demander un seul instant s'il n'eût pas mieux valu, d'abord, y aller voir (« dans le flux des événements, ce sont les institutions qui surnagent », proclamait-il avec hauteur dans sa préface de 1927), ne pensait pas que la condition des indigènes dût avoir un sérieux retentissement sur l'enquête ethnographique…</p>
<p>Quoi qu'il en soit, j'étais trop ignorant moi-même pour ne pas accueillir des illusions si favorables à mon dessein, d'autant que Georges Dumas avait sur la question des notions également imprécises : il avait connu le Brésil méridional à une époque où l'extermination des populations indigènes n'était pas encore parvenue à son terme, et surtout, la société de dictateurs, de féodaux et de mécènes dans laquelle il se plaisait ne lui avait guère fourni de lumières sur ce sujet.</p>
<p>Je fus donc bien étonné quand, au cours d'un déjeuner où m'avait amené Victor Marguerite, j'entendis de la bouche de l'ambassadeur du Brésil à Paris le son de cloche officiel : « Des Indiens ? Hélas, mon cher Monsieur, mais voici des lustres qu'ils ont tous disparu. Oh, c'est là une page bien triste, bien honteuse, dans l'histoire de mon pays. Mais les colons portugais du XVIe siècle étaient des hommes avides et brutaux. Comment leur reprocher d'avoir participé à la rudesse générale des mœurs ? Ils se saisissaient des Indiens, les attachaient à la bouche des canons et les déchiquetaient vivants à coups de boulets. C'est ainsi qu'on les a eus, jusqu'au dernier. Vous allez, comme sociologue, découvrir au Brésil des choses passionnantes, mais les Indiens n'y songez plus, vous n'en trouverez plus un seul… »</p>
<p>Quand j'évoque aujourd'hui ces propos, ils me paraissent incroyables, même dans la bouche d'un « gran fino » de 1934 et me souvenant à quel point l'élite brésilienne d'alors (heureusement, elle a changé depuis) avait horreur de toute allusion aux indigènes et plus généralement aux conditions primitives de l'intérieur, sinon pour admettre – et même suggérer – qu'une arrière-grand-mère indienne était à l'origine d'une physionomie imperceptiblement exotique, et non pas de ces quelques gouttes, ou litres, de sang noir qu'il devenait déjà de bon ton d'essayer de faire oublier. Pourtant, chez Luis de Souza-Dantas, l'ascendance indienne n'était pas douteuse et il eût pu aisément s'en glorifier. Mais, Brésilien d'exportation qui avait depuis l'adolescence adopté la France, il avait perdu jusqu'à la connaissance de l'état réel de son pays, à quoi s'était substitué dans sa mémoire une sorte de poncif officiel et distingué.</p>
<p>Dans la mesure où certains souvenirs lui étaient restés, il préférait aussi, j'imagine, ternir les Brésiliens du XVIe siècle pour détourner l'attention du passe-temps favori qui avait été celui des hommes de la génération de ses parents et même encore du temps de sa jeunesse : à savoir, recueillir dans les hôpitaux les vêtements infectés des victimes de la variole, pour aller les accrocher avec d'autres présents le long des sentiers encore fréquentés par les tribus. Grâce à quoi fut obtenu ce brillant résultat : l'Etat de São Paulo, aussi grand que la France, que les cartes de 1918 indiquaient encore aux deux tiers « territoire inconnu habité seulement par les indiens », ne comptait, quand j'arrivai en 1935, plus un seul indigène, sinon un groupe de quelques familles localisées sur la côte qui venaient vendre le dimanche, sur les plages de Santos, de prétendues curiosités. Heureusement, à défaut des faubourgs de São Paulo, à trois mille kilomètres dans l'intérieur, les Indiens étaient encore là…</p>
<p>Pour mesurer le caractère absolu, total, intransigeant des dilemmes dans lesquels l'humanité du XVIe siècle se sentait enfermée, il faut se rappeler quelques incidents. Dans l'Hispaniola (aujourd'hui Haïti et Saint-Domingue) où les indigènes, au nombre de cent mille environ en 1492, n'étaient plus que deux cents un siècle après, mourant d'horreur et de dégoût pour la civilisation européenne plus encore que sous la variole et les coups, les colonisateurs envoyaient commission sur commission afin de déterminer la nature des indigènes… On n'était même pas sûr que ce fussent des hommes, et non point des créatures diaboliques ou des animaux… Et comme conclusion unanime : « Il vaut mieux pour les Indiens devenir des hommes esclaves que de rester des animaux libres… » (…)</p>
<p>Dans ce Rio qui m'est maintenant donné en pâture, je devais deviner l'histoire… à la faveur d'une excursion archéologique… Dans une sablière, des paysans avaient récemment mis à jour des fragments de poterie. Je palpe cette céramique épaisse, d'une facture incontestablement tupi par son engobe blanc bordé de rouge et le fin lacis de traits noirs, labyrinthe destiné, dit-on, à égarer les mauvais esprits en quête des ossements humains jadis préservés dans ces urnes…</p>
<p>Rio de Janeiro n'est pas construite comme une ville ordinaire. Etablie d'abord sur la zone plate et marécageuse qui borde la baie, elle s'est introduite entre les mornes abrupts qui l'enserrent de toutes parts, à la façon des doigts dans un gant trop étroit. Des tentacules urbains, longs parfois de vingt ou trente kilomètres, glissent au bas de formations granitiques dont la pente est si raide que nulle végétation ne peut s'y accrocher… Cette ville si prodigue en collines les traite avec un mépris qu'explique en partie le manque d'eau au sommet… En 1935, à Rio, la place occupée par chacun dans la hiérarchie sociale se mesurait à l'altimètre : d'autant plus basse que le domicile était haut. Les miséreux vivaient perchés sur les mornes, dans les favellas où une population de noirs, vêtus de loques bien lessivées, inventaient sur la guitare ces mélodies alertes qui, au temps du carnaval, descendraient des hauteurs et envahiraient la ville avec eux.</p>
<p>Dès qu'on s'engage sur une de ces pistes urbaines qui enfoncent leurs méandres entre les collines, l'aspect devient très vite faubourien. Botafogo, au bout de l'avenue Rio-Branco, c'est encore la ville de luxe, mais, après Flamengo, on se croirait à Neuilly…</p>
<p>Le rivage entre Rio et Santos propose encore des tropiques de rêve… Des petits ports, distants l'un de l'autre d'une centaine de kilomètres, abritent les pêcheurs dans des demeures du XVIIIe siècle, maintenant en ruine et que jadis construisirent en pierres noblement taillées des armateurs, capitaines et vice-gouverneurs. Angra-dos-Reis, Ubatuba, Parati, São Sebastão, Villa-Bella, autant de points où l'or, les diamants, les topazes et les chrysolithes extraits dans les Minas Gerais, les « mines générales » du royaume, aboutissaient après des semaines de voyage à travers la montagne, transportés à dos de mulet… Bougainville a raconté les précautions entourant l'exploitation et le transport. A peine extrait, l'or devait être remis à des Maisons des Fondations situées dans chaque district : Rio-das-Mortes, Sabara, Serro-Frio. On y percevait les droits de la couronne, et ce qui revenait aux exploitants leur était remis en barres marquées de leur poids, leur titre, leur numéro et des armes du roi…</p>
<p>Pour les diamants, le système était plus strict encore. Les entrepreneurs, raconte Bougainville, « sont obligés de donner un compte exact des diamants trouvés et de les remettre entre les mains de l'intendant préposé par le roi à cet effet. Cet intendant les dépose aussitôt dans une cassette cerclée de fer et fermée avec trois serrures… Le vice-roi n'a pas le pouvoir de visiter ce qu'elle renferme. Il consigne seulement le tout à un troisième coffre-fort qu'il envoie à Lisbonne, après avoir apposé son cachet sur la serrure. L'ouverture se fait en présence du roi, qui choisit les diamants qu'il veut, et en paye le prix aux entrepreneurs sur le pied d'un tarif réglé par leur traité. »</p>
<p>De cette intense activité qui, pour la seule année 1762, avait porté sur le transport, le contrôle, la frappe et l'expédition d cent dix-neuf arrobes d'or, c'est-à-dire plus d'une tonne et demie, rien ne subsiste au long de cette côte rendue à l'Eden, sinon quelques façades majestueuses et solitaires au fond de leur crique, murailles battues par les flots au pied desquelles abordaient les galions…</p>
<p>Après s'être repu d'or, le monde eut faim de sucre, mais le sucre consommait lui-même des esclaves. L'épuisement des mines – précédé d'ailleurs par la dévastation des forêts donnant le combustible aux creusets – l'abolition de l'esclavage, enfin une demande mondiale croissante orientent São Paulo et son port Santos vers le café. De jaune, puis blanc, l'or est devenu noir…</p>
<p>On a d'abord défriché pour cultiver ; mais au bout de quelques années, le sol épuisé et lavé par les pluies s'est dérobé aux caféiers. Et les plantations se sont transportées plus loin, là où la terre était encore vierge et fertile… Une agriculture de rapine s'est saisie d'une richesse gisante et puis s'en est allée ailleurs, après avoir arraché quelques profits… En cent ans, la flambée agricole a traversé l'Etat de São Paulo. Allumée au milieu du XIXe siècle par les mineiros délaissant leurs filons taris, elle s'est déplacée d'est en ouest et j'allais bientôt la rattraper de l'autre côté du fleuve Parana s'ouvrant un passage à travers une foule confuse de troncs abattus et de familles déracinées…</p>
<p>En 1935, les Paulistes se vantaient qu'on construisit dans leur ville, en moyenne, une maison par heure. Il s'agissait alors de villas ; on m'assure que le rythme est resté le même, mais pour les immeubles. La ville se développe à une telle vitesse qu'il est impossible de s'en procurer un plan : chaque semaine demanderait une nouvelle édition…</p>
<p>On dépeignait alors São Paulo comme une ville laide. Sans doute, les immeubles du centre étaient pompeux et démodés ; la prétentieuse indigence de leur ornementation se trouvait encore aggravée par la pauvreté du gros œuvre… Et pourtant, São Paulo n'a jamais paru laide : c'était une ville sauvage… Construite à l'origine sur une terrasse en forme d'éperon pointant vers le nord, au confluent de deux petites rivières, les rios Anhangabahu et Tamanduatehy qui se jettent un peu plus bas dans le Rio Tiete, affluent du Parana, ce fut une simple « réduction d'Indiens » : centre missionnaire autour duquel les jésuites portugais s'efforcèrent, dès le XVIe siècle, de grouper les sauvages et de les initier aux vertus de la civilisation. ...</p>
<p>A l'abri de cette faune pierreuse, l'élite pauliste, pareille à ses orchidées favorites, formait une flore nonchalante et plus exotique qu'elle ne croyait. Les botanistes enseignent que les espèces tropicales comprennent des variétés plus nombreuses que celles des zones tempérées bien que chacune soit, en revanche, constituée par un nombre par un nombre parfois très petit d'individus. Le « gran fino » local avait poussé à l'extrême cette spécialisation.</p>
<p>Une société restreinte s'était réparti les rôles. Toutes les occupations, tous les goûts, les curiosités justiciables de la civilisation contemporaine s'y rencontraient, mais chacune figurée par un seul représentant. Nos amis n'étaient pas des personnes, mais plutôt des fonctions dont l'importance intrinsèque, moins que leur disponibilité, semblait avoir déterminé la liste. Il y avait ainsi le catholique, le libéral, le légitimiste, le communiste ; ou, sur un autre plan, le gastronome, le bibliophile, l'amateur de chiens (ou de chevaux) de race, de peinture ancienne, de peinture moderne ; et aussi l'érudit local, le poète surréaliste, le musicologue, le peintre… Il faut bien reconnaître que certains rôles étaient tenus avec un brio extraordinaire, dû à la combinaison de la fortune héritée, du charme inné et de la roublardise acquise, qui rendaient si délicieuse et si décevante en même temps la fréquentation des salons…</p>
<p>Dans ce Brésil qui avait connu quelques éclatantes réussites individuelles, mais rares : Euclides da Cunha, Oswaldo Cruz, Chagas, Villa-Lobos, la culture était restée, jusqu'à une époque récente, un jouet pour les riches. Et c'est parce que cette oligarchie avait besoin d'une opinion publique d'inspiration civile et laïque, pour faire pièce à l'influence traditionnelle de l'Eglise et de l'armée ainsi qu'au pouvoir personnel, qu'en créant l'Université de São Paulo, elle entreprit d'ouvrir la culture à une plus large clientèle…</p>
<p>Au cours des XIXe et XXe siècles, l'anneau mouvant de la frange pionnière s'était lentement déplacé d'est en ouest et du sud vers le nord. En1836, seule la Norte, c'est-à-dire la région entre Rio et São Paulo était solidement occupée, et le mouvement gagnait la zone centrale de l'Etat. Vingt ans plus tard, la colonisation mordait au nord-est sur la Mogiana et la Paulista ; en 1886, elle entamait l'Araquara, l'Alta Sorocabana et la Noroeste. Dans ces dernières zones, en 1935 encore, la courbe de croissance de la population épousait celle de la production du café tandis que, dans les vieilles terres du Nord, l'effondrement de l'une anticipait d'un demi-siècle le déclin de l'autre : la chute démographique commence à s'y faire sentir à partir de 1920, alors que, dès 1854, les terres épuisées tombent à l'abandon… C'est seulement dans les grandes villes de la côte – Rio et São Paulo – que l'expansion urbaine semblait avoir une base assez solide pour paraître irréversible : São Paulo comptait 240 000 habitants en 1900, 580 000 en 1920, passait le million en 1928 et double ce cap aujourd'hui. Mais, à l'intérieur, les espèces urbaines naissaient et disparaissaient, en même temps qu'elle se peuplait, la province se dépeuplait…</p>
<p>Dès qu'on quittait la côte, il ne fallait pas perdre de vue que, depuis un siècle, le Brésil s'était transformé plus qu'il ne s'était développé.</p>
<p>A l'époque impériale, l'occupation humaine était faible, mais relativement bien répartie. Si les villes littorales ou voisines restaient petites, celles de l'intérieur avaient une vitalité plus grande qu'aujourd'hui. Par un paradoxe historique qu'on a trop souvent tendance à oublier, l'insuffisance générale des moyens de communication favorisait les plus mauvais ; quand on n'avait d'autre ressource que d'aller à cheval, on éprouvait moins de répugnance à prolonger de tels voyages pendant des mois plutôt que des jours ou des semaines, et à s'enfoncer là où le mulet seul pouvait se risquer. L'intérieur du Brésil vivait solidairement d'une vie lente sans doute, mais continue… Si l'on excepte les régions les plus reculées, l'abandon dans lequel était tombé le Brésil central au début du XXe siècle ne reflétait nullement une situation primitive : il était le prix payé pour l'intensification du peuplement et des échanges dans les régions côtières, en raison des conditions de vie modernes qui s'y instauraient ; tandis que l'intérieur, parce que le progrès y était trop difficile, régressait au lieu de suivre le mouvement au rythme ralenti qui lui appartient…</p>
<p>L'Etat de São Paulo évoque aussi d'autres événements : la lutte qui, dès le XVIe siècle, opposa les jésuites et les planteurs, chacun défendant une autre forme de peuplement. Avec les réductions, les premiers voulaient arracher les Indiens à la vie sauvage et les grouper sous leur direction dans un genre de vie communal… Les planteurs, fazendeiros, jalousaient le pouvoir temporel des missions qui freinait leurs exactions et les privait aussi de main d'œuvre servile. Ils lançaient des expéditions punitives à la suite desquelles prêtres et Indiens se débandaient. Ainsi s'explique ce trait singulier de la démographie brésilienne que la vie de village, héritière des aldeias, se soit maintenue dans les régions les plus pauvres, tandis qu'ailleurs, là où une terre riche était âprement convoitée, la population n'avait d'autre choix que de se grouper autour de la maison du maître, dans les cahutes de paille ou de torchis toutes semblables, où le propriétaire pouvait garder l'œil sur les colons…</p>
<p>Puis un jour, sur quelques milliers d'hectares reçus en concession, un « colonel » - titre libéralement distribué aux gros propriétaires et aux agents politiques – cherche à se bâtir une influence ; il recrute, il embauche, il rabat une population flottante…</p>
<p>En 1935, deux types de villes conservaient un aspect traditionnel tout en restant vivantes. C'étaient les pousos, villages de carrefour, et les bocas de sertão, « bouches de la brousse », à l'aboutissement des pistes. Déjà le camion commençait à se substituer aux anciens moyens de transport : caravanes de mules ou chars à bœufs, empruntant les mêmes pistes, contraint par leur état précaire à rouler en première ou en seconde sur des centaines de kilomètres, réduit au même rythme de marche que les bêtes de somme et astreint aux mêmes étapes où se cotoyaient les chauffeurs en salopettes huileuses et les tropeiros harnachés de cuir…</p>
<p>A l'époque de la découverte, toute la zone sud du Brésil servait d'habitat à des groupements parents par la langue et par la culture et que l'on confondait naguère sous le nom de Gé. Ils avaient été vraisemblablement refoulés par des envahisseurs récents de langue tupi qui occupaient déjà toute la bande côtière et contre lesquels ils luttaient. Protégés par leur repli dans des zones d'accès difficile, les Gé du sud du Brésil ont survécu pendant quelques siècles aux Tupi, vite liquidés par les colonisateurs. Dans les forêts des Etats méridionaux : Parana et Santa Catarina, des petites bandes sauvages se sont maintenues jusqu'au XXe siècle ; il en subsistait peut-être quelques-unes en 1935, si férocement persécutées au cours des cent dernières années qu'elles se rendaient invisibles ; mais la plupart avaient été réduites et fixées par le gouvernement brésilien, aux environs de 1914, dans plusieurs centres. Au début, on s'efforça de les intégrer à la vie moderne… Vingt ans plus tard, ces tentatives étaient abandonnées. En laissant les Indiens à leurs ressources, le Service de Protection témoignait de l'indifférence dont il était devenu l'objet de la part des pouvoirs publics…</p>
<p>Un des exemples de société indienne est celle des Mbaya-Guaicuru dont, avec les Toba et les Pilaga du Paraguay, les Caduveo du Brésil sont aujourd'hui les derniers représentants… Nobles hommes et nobles dames se divertissaient aux tournois ; ils étaient déchargés des travaux subalternes par une population plus anciennement installée, différente par la langue et la culture, les Guana. Les Tereno, qui sont leurs derniers représentants, vivent dans une réserve gouvernementale, non loin de la petite ville de Miranda où je suis allé les visiter. Ces Guana cultivaient la terre et payaient un tribut de produits agricoles aux seigneurs mbaya en échange de leur protection, entendez pour se préserver du pillage et des déprédations exercées par les bandes de cavaliers armés…</p>
<p>Les Mbaya étaient organisés en castes : au sommet de l'échelle sociale, les nobles divisés en deux ordres, grands nobles héréditaires et anoblis individuels, généralement pour sanctionner la coïncidence de leur naissance avec celle d'un enfant de haut rang. Les grands nobles se distinguaient au surplus entre branches aînées et branches cadettes. Ensuite venaient les guerriers, parmi lesquels les meilleurs étaient admis, après initiation, dans une confrérie qui donnait droit au port de noms spéciaux et à l'emploi d'une langue artificielle formée par l'adjonction d'un suffixe à chaque mot, comme dans certains argots. Les esclaves chamacoco ou d'autre extraction et les serfs guana constituaient la plèbe, bien que ces dernier aient adopté, pour leurs besoins propres, une division en trois castes imitée de leurs maîtres…</p>
<p>Quand Rondon annonça qu'il allait ouvrir à la civilisation la région du nord-ouest, des souvenirs se ranimèrent… Vers 1900, le plateau septentrional était resté une région mythique, où l'on affirmait même que se trouvait une chaîne de montagnes, la Sera do Norte, que la plupart des cartes continuent de mentionner.</p>
<p>Cette ignorance, combinée avec les récits de la pénétration, récente encore, du Far West américain et de la ruée vers l'or, inspira de folles espérances à la population du Mato Grosso et même à celle de la côte. A la suite des hommes de Rondon posant leur fil télégraphique, un flot d'émigrants allait envahir des territoires aux ressources insoupçonnées, y bâtir quelque Chicago brésilienne. Il fallut déchanter : à l'image du nord-est où sont les terres maudites du Brésil dépeintes par Euclides da Cunha dans « Os Sertões », la Sera do Norte allait se révéler savane semi désertique et l'une des zones les plus ingrates du continent…</p>
<p>En 1931, le poste télégraphique de Paressi, situé dans une région relativement fréquentée à trois cents kilomètres au nord de Cuiba et à quatre-vingts kilomètres de Diamantino seulement avait été attaqué et détruit par des Indiens inconnus, sortis de la vallée du Rio do Sangue qu'on croyait inhabitée. Ces sauvages avaient été baptisés beiços de pau, museau de bois, en raison des disques qu'ils portaient enchâssés dans la lèvre inférieure et les lobes des oreilles. Depuis lors, leurs sorties s'étaient répétées à intervalles irréguliers, de sorte qu'il avait fallu déplacer la piste d'environ quatre-vingts kilomètres vers le sud. Quant aux Nambikwara, nomades qui fréquentaient par intermittence les postes depuis 1909, leurs relations avec les blancs avaient été marquées par des fortunes diverses. Assez bonnes au début, elles empirèrent progressivement jusqu'en 1925, date à laquelle sept travailleurs furent conviés par les indigènes à visiter leurs villages où ils disparurent. A partir de ce moment, Nambikwara et les gens de la ligne s'évitèrent. En 1933, une mission protestante vint s'installer non loin du poste de Juruena ; il semble que les rapports s'aigrirent vite, les indigènes ayant été mécontents des présents – insuffisants dit-on – par lesquels les missionnaires reconnurent leur aide pour la construction de la maison et la plantation du jardin. Quelques mois plus tard, un Indien fiévreux se présenta à la mission et reçut publiquement deux comprimés d'aspirine qu'il absorba après quoi il s'en alla prendre un bain de rivière, eut une congestion et mourut. Comme les Nambikwara sont des empoisonneurs experts, ils conclurent que leur compagnon avait été assassiné : une attaque de représailles eut lieu, au cours de laquelle les six membres de la mission furent massacrés….</p>
<p>Comment l'incident responsable du massacre avait-il pu se produire ? Je m'en rendis compte moi-même à l'occasion d'une maladresse qui faillit me coûter cher. Les Nambikwara ont des connaissances toxicologiques. Ils fabriquent du curare pour leurs flèches à partir d'une infusion de la pellicule rouge revêtant la racine de certains strychos, qu'ils font évaporer au feu jusqu'à ce que le mélange ait acquis une consistance pâteuse et ils emploient d'autres poisons végétaux que chacun transporte avec soi sous forme de poudres enfermées dans des tubes de plume ou de bambou, entourés de fils de coton ou d'écorce.</p>
<p>Ces poisons servent aux vengeances commerciales ou amoureuses…</p>
<p>Outre ces poisons de caractère scientifique, que les indigènes préparent ouvertement sans aucune de ces précautions et complications magiques qui accompagnent, plus au nord, la fabrication du curare, les Nambikwara en ont d'autres dont la nature est mystérieuse. Dans des tubes identiques à ceux contenant les poisons vrais, ils recueillent des particules de résine exsudée par une arbre du genre bombax, au tronc renflé dans sa partie moyenne ; ils croient qu'en projetant une particule sur un adversaire, ils provoqueront une condition physique semblable à celle de l'arbre : la victime enflera et mourra…</p>
<p>Ces explications étaient nécessaires pour comprendre ce qui suit. J'avais emporté dans mes bagages quelques-uns de ces grands ballons multicolores en papier de soie qu'on emplit d'air chaud en suspendant à leur base une petite torche, et qu'on lance par centaines, au Brésil, à l'occasion de la fête de la Saint-Jean ; l'idée malencontreuse me vint un soir d'en offrir le spectacle aux indigènes… Mais la gaieté du début avait fait place à d'autres sentiments, les hommes regardaient avec attention et hostilité, et les femmes, tête enfouie entre les bras et blotties l'une contre l'autre, étaient terrifiées…</p>
<p>Pourtant, cet incident et d'autres que je conterai par la suite, n'ont rien enlevé à l'amitié que seule pouvait inspirer une intimité prolongée avec les Nambikwara. Aussi ai-je été bouleversé en lisant récemment, dans une publication d'un collègue étranger, la relation de sa rencontre avec la même bande indigène dont, dix ans avant qu'il ne la visitât, j'avais partagé l'existence à Utiarity...</p>
<p>Notre auteur s'exprime comme suit :</p>
<p>« De tous les Indiens que j'ai vus au Mato Grosso, cette bande rassemblait les plus misérables… Les Nambikwara sont hargeux et impolis jusqu'à la grossiereté. Quand je rendais visite à Julio à son campement, il arrivait souvent que je le trouve couché près du feu ; mais en me voyant approcher il me tournait le dos en déclarant qu'il ne désirait pas me parler. Les missionnaires m'ont raconté qu'un Nambikwara demandera plusieurs fois qu'on lui donne un objet, mais qu'en cas de refus, il essayera de s'en emparer… Il n'est pas nécessaire de rester longtemps chez les Nambikwara pour prendre conscience de leurs sentiments profonds de haine, de méfiance et de désespoir qui suscitent chez l'observateur un état de dépression dont la sympathie n'est pas complètement exclue. » (extrait de K. Oberg, « Indian Tribes of Northern Mato Grosso, Brazil »)</p>
<p>Pour moi, qui les ai connus à une époque où les maladies introduites par l'homme blanc les avaient déjà décimés, mais où – depuis les tentative toujours humaines de Rondon – nul n'avait entrepris de les soumettre, je voudrais oublier cette description navrante et ne rien conserver dans la mémoire, que ce tableau repris de mes carnets de notes où je griffonnai une nuit à la lueur de ma lampe de poche :</p>
<p>« (…) On devine chez tous une immense gentillesse, une profonde insouciance, une naïve et charmante satisfaction animale, et, rassemblant ces sentiments divers, quelque chose comme l'expression la plus émouvante et la plus véridique de la tendresse humaine. » (…)</p>
<p>Si peu connus que fussent les Indiens du Pimenta-Bueno, je ne pouvais attendre d'eux le choc ressenti par les grands auteurs : Léry, Staden, Thevet, qui, il y a quatre cents ans, mirent le pied sur le territoire brésilien. Ce qu'ils virent alors, nos yeux ne l'apercevront jamais plus. Les civilisations qu'ils furent les premiers à considérer s'étaient développées selon d'autres lignes que les nôtres, elles n'en avaient pas moins atteint toute la plénitude et toute la perfection compatibles avec leur nature, tandis que les sociétés que nous pouvons étudier aujourd'hui – dans des conditions qu'il serait illusoire de comparer à celles prévalant il y a quatre siècles – ne sont plus que des corps débiles et des formes mutilées. Malgré d'énormes distances et toutes sortes d'intermédiaires (d'une bizarrerie souvent déconcertante quand on parvient à en reconnaître la chaîne), elles ont été foudroyées par ce monstrueux et incompréhensible cataclysme que fut, pour une si large et si innocente fraction de l'humanité, le développement de la civilisation occidentale ; celle-ci aurait bien tort d'oublier qu'il lui fait un second visage, pas moins véridique et indélébile que l'autre… Si l'Occident a produit des ethnographes, c'est qu'un bien puissant remords devait le tourmenter, l'obligeant à confronter son image à celle de sociétés différentes dans l'espoir qu'elles réfléchiront les mêmes tares ou l'aideront à expliquer comment les siennes se sont développées dans son sein…</p>
<p>L'étude de ces sauvages apporte autre chose que la révélation d'un état de nature utopique, ou la découverte de la société parfaite au cœur des forêts, elle nous aide à bâtir un modèle théorique de la société humaine, qui ne correspond à aucune réalité observable, mais à l'aide duquel nous parviendrons à démêler ce qu'il y a d'originaire et d'artificiel dans la nature actuelle de l'homme et à bien connaître un état qui n'existe plus, qui peut-être n'a point existé, qui probablement n'existera jamais, et dont il est pourtant nécessaire d'avoir des notions justes pour bien juger de notre état présent…</p>
<p>Puisque être homme signifie, pour chacun de nous, appartenir à une classe, à une société, à un pays, à un continent et à une civilisation ; et que pour nous, Européens et terriens, l'aventure au cœur du Nouveau Monde signifie d'abord qu'il ne fut pas le nôtre, et que nous portons le crime de sa destruction ; et ensuite, qu'il n'y en aura pas d'autres : ramenés à nous-mêmes par cette confrontation, sachons au moins l'exprimer dans ses termes premiers – en premier lieu, et nous rapportant à un temps où notre monde a perdu la chance qui lui était offerte de choisir entre ses missions. »</p>
<p>Extraits de « Tristes tropiques » (1955) de Claude Lévi-Strauss</p>
<h2 class="spip">Lire aussi :</h2>
<p><a href="https://books.google.fr/books?id=2VSUCwAAQBAJ&pg=PT349&dq=gallica+l%C3%A9vi-strauss&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjOsZvp0tHcAhWHyIUKHbG8BU8Q6AEIOTAD#v=onepage&q=gallica%20l%C3%A9vi-strauss&f=false" class="spip_out" rel="external">Une histoire du Brésil</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Br%C3%A9sil_et_la_Colonisation/01" class="spip_out" rel="external">« Le Brésil et la colonisation », par Elisée Reclus</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Br%C3%A9sil_et_la_Colonisation/02" class="spip_out" rel="external">« Le Brésil et la colonisation », deuxième partie, par Elisée Reclus</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Voyages_dans_l%E2%80%99int%C3%A9rieur_du_Br%C3%A9sil" class="spip_out" rel="external">« Voyages dans l'intérieur du Brésil », par M. de Saint-Hilaire</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Histoire_d%E2%80%99un_voyage_faict_en_la_terre_du_Br%C3%A9sil/Texte_entier" class="spip_out" rel="external">« Histoire d'un voyage fait en terre du Brésil » par Jean de Léry</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99Empire_du_Br%C3%A9sil_et_la_soci%C3%A9t%C3%A9_br%C3%A9silienne_en_1850" class="spip_out" rel="external">« L'empire du Brésil et la société brésilienne en 1850 », par Emile Adet</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Br%C3%A9sil_en_1844/1" class="spip_out" rel="external">« Le Brésil en 1844 »</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Br%C3%A9sil_en_1844/2" class="spip_out" rel="external">« Le Brésil en 1844 », deuxième partie</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Br%C3%A9sil_en_1858_sous_l%E2%80%99empereur_dom_Pedro_II" class="spip_out" rel="external">« Le Brésil sous l'empereur Dom Pedro II</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Br%C3%A9sil_et_la_Soci%C3%A9t%C3%A9_br%C3%A9silienne/01" class="spip_out" rel="external">« Le Brésil et la Société brésilienne », première partie</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Br%C3%A9sil_et_la_Soci%C3%A9t%C3%A9_br%C3%A9silienne/02" class="spip_out" rel="external">« Le Brésil et la Société brésilienne », deuxième partie</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Br%C3%A9sil_et_la_Soci%C3%A9t%C3%A9_br%C3%A9silienne/03" class="spip_out" rel="external">« Le Brésil et la Société brésilienne », troisième partie</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Un_souvenir_du_Br%C3%A9sil" class="spip_out" rel="external">« Un souvenir du Brésil »</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Voyages_d%E2%80%99exploration_d%E2%80%99un_docteur_allemand_dans_le_Br%C3%A9sil_central" class="spip_out" rel="external">« Les voyages d'exploration d'un docteur allemand dans le Brésil central »</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_du_Br%C3%A9sil" class="spip_out" rel="external">Petite histoire du Brésil</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Bella-Union_%E2%80%93_Destruction_r%C3%A9cente_des_Indiens_Guaranis" class="spip_out" rel="external">« Bella-Union – Destruction récente des Indiens Guaranis »</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Indiens_de_la_Pampas" class="spip_out" rel="external">« Les Indiens de la Pampa »</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99Amazonie" class="spip_out" rel="external">L'Amazonie</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Yanomami" class="spip_out" rel="external">Les Yanomami</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Peuples_indig%C3%A8nes_du_Br%C3%A9sil" class="spip_out" rel="external">Les peuples indigènes du Brésil</a></p>
<p><a href="https://www.survivalinternational.fr/peuples/bresil" class="spip_out" rel="external">Les Indiens menacés de mort dans le Brésil actuel</a></p>
<p><a href="https://www.survivalinternational.fr/actu/9195" class="spip_out" rel="external">Un rapport sur le génocide des Indiens du Brésil sort de l'ombre</a></p>
<p><a href="https://www.google.fr/search?hl=fr&q=indiens+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&btnG=Recherche&meta=" class="spip_out" rel="external">Lire encore</a></p></div>
L'analyse de la situation au Brésil par Bill Van Auken (WSWS)
https://www.matierevolution.org/spip.php?article6173
https://www.matierevolution.org/spip.php?article61732018-10-24T22:16:00Ztext/htmlfrRobert ParisFascismeBrésil Brazil
<p>Qui est responsable de la montée du fasciste Bolsonaro au Brésil ? <br class='autobr' />
Par Bill Van Auken Alors que le second tour des élections au Brésil n'est qu'à plus d'une semaine, le candidat fasciste à la présidentielle Jair Bolsonaro, qui n'a pas réussi à obtenir une majorité absolue au premier tour, a maintenu une large avance sur le candidat du Parti des travailleurs (Partido dos Trabalhadores – PT), Fernando Haddad, avec respectivement 49 % et 36 % des voix. <br class='autobr' />
L'avènement d'un gouvernement (…)</p>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique113" rel="directory">12 - QUOI DE NEUF DANS LES ORGANISATIONS REVOLUTIONNAIRES - WHAT'S NEW UPON REVOLUTIONNARY ORGANISATIONS</a>
/
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot136" rel="tag">Fascisme</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot147" rel="tag">Brésil Brazil</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Qui est responsable de la montée du fasciste Bolsonaro au Brésil ?</h2>
<p>Par Bill Van Auken</p>
<p>Alors que le second tour des élections au Brésil n'est qu'à plus d'une semaine, le candidat fasciste à la présidentielle Jair Bolsonaro, qui n'a pas réussi à obtenir une majorité absolue au premier tour, a maintenu une large avance sur le candidat du Parti des travailleurs (Partido dos Trabalhadores – PT), Fernando Haddad, avec respectivement 49 % et 36 % des voix.</p>
<p>L'avènement d'un gouvernement dirigé par Bolsonaro représente une menace réelle pour la classe ouvrière brésilienne et latino-américaine. L'ancien capitaine de l'armée a juré de mettre fin à toutes les formes d '« activisme » au Brésil afin d'imposer les demandes du capital international et brésilien pour de nouvelles attaques radicales contre le niveau de vie et les droits fondamentaux de la classe ouvrière. Dans un pays qui a été gouverné par une dictature militaire pendant deux décennies, des années 1960 aux années 1980, cette menace n'est pas vaine.</p>
<p>La montée de Bolsonaro a mis à nu la pourriture finale de l'ordre politique établi au Brésil à la suite de la dictature, principalement exprimée dans les trahisons, la corruption généralisée et les attaques incessantes du PT sur la classe ouvrière pendant 13 ans au gouvernement, servant d'instrument privilégié de gouvernement de la classe dirigeante capitaliste brésilienne. La politique menée par le PT sous les présidences de Luiz Inacio Lula da Silva et de son successeur trié sur le volet, Dilma Rousseff, a valu au parti la haine et le mépris des masses d'ouvriers qu'il était censé représenter, ouvrant la voie à un fasciste comme Bolsonaro – qui était un allié du PT au Congrès – de se positionner comme une opposition populiste de droite.</p>
<p>L'élection était à tous points de vue un référendum sur le PT et son rôle consistant à faire porter tout le fardeau de la pire crise économique de l'histoire du pays sur le dos de la classe ouvrière. Les résultats ont été un rejet accablant du parti. Bolsonaro a remporté de très loin la ceinture industrielle ABC où le PT a été fondé en 1980, ainsi que dans pratiquement tous les autres centres de la classe ouvrière. Les travailleurs sont également restés à l'écart des élections en masse, un tiers de l'électorat – à peu près le même nombre que ceux qui ont voté pour Bolsonaro – a choisi de ne voter pour personne.</p>
<p>Dans ces conditions, toute la coterie d'organisations de pseudo-gauche qui gravitent autour du PT s'est unie sous le prétexte de combattre la menace du fascisme en tentant une nouvelle fois de canaliser les travailleurs derrière ce parti capitaliste profondément discrédité en appelant à voter pour Haddad.</p>
<p>Tous répètent la même rengaine : alors qu'ils appellent à voter pour Haddad, ils ne lui proposent aucun soutien politique, pas plus que son parti.</p>
<p>Ainsi, le PSTU, la plus grande organisation moreniste au Brésil, déclare que « sans donner aucune confiance ni aucun soutien politique au PT, nous devons voter pour Haddad ».</p>
<p>Le MRT, affilié brésilien au principal groupe argentin moreniste, le PTS, a déclaré qu'il « votera de manière critique pour Haddad, sans donner aucun soutien politique au PT ».</p>
<p>Tout cela est un non-sens évident. Voter pour un candidat et un parti et inciter les autres à faire de même, c'est bien leur apporter un soutien politique.</p>
<p>De plus, si l'élection de Haddad est le seul moyen de contrer le danger du fascisme au Brésil, la défense de son gouvernement – s'il devait être élu – contre les partis de droite et parmi les militaires cherchant à le renverser deviendra également nécessaire.</p>
<p>C'est bien entendu le chemin emprunté par les prédécesseurs de ces mêmes organisations pseudo-socialistes et ex-trotskystes dans les années 1960 et 1970 en relation avec les gouvernements Goulart au Brésil, Peron en Argentine et Allende (qui a invité Pinochet à rejoindre son cabinet) au Chili. Tous ont réprimé les luttes des travailleurs et ouvert la voie aux dictatures militaires sanglantes qui ont tué, torturé et emprisonné des centaines de milliers de personnes dans ces pays. Ces soi-disant groupes de gauche sont incapables de tirer les leçons de cette histoire tragique.</p>
<p>Parmi les alibis les plus absurdes utilisés pour soutenir Haddad et le PT, il y a celui de Jorge Altamira, dirigeant du PO (Partido Obrero – Parti des travailleurs) en Argentine, qui reconnaît que le PT est depuis 2002 « l'instrument privilégié de la bourgeoisie » et décrit le parti comme une « camarilla en décomposition », mais appelle néanmoins à un vote pour son candidat au motif qu'il servira de « pont aux masses qui cherchent, malgré le PT, une route de lutte contre le fascisme ».</p>
<p>De quelles masses parle Altamira ? Les ouvriers ont déserté le PT ; lui, il ne construit aucun pont vers eux, mais ne fait que propager davantage de désorientation politique. Le soutien au PT n'est pas un chemin de lutte, mais plutôt un chemin de subordination à un parti capitaliste.</p>
<p>Pour justifier sa position, dit-il, le PO demande un vote pour Haddad basé non pas sur la politique du PT, mais plutôt sur ceux « décrits par le « mouvement féministe" », comme en témoignent les manifestations #elenao (#pas lui) organisées à la veille de l'élection.</p>
<p>Ces manifestations ont attiré des centaines de milliers de personnes, malgré, non pas à cause de leur direction féministe petite-bourgeoise, qui cherchait à unir toutes les femmes, y compris les candidates des partis bourgeois de droite, contre Bolsonaro. C'est l'orientation réelle de son parti et de tous ceux qui sont similaires. Ils s'opposent au développement d'un mouvement de gauche de la classe ouvrière contre le capitalisme et cherchent à renforcer les mouvements de droite de la classe moyenne fondés sur l'une ou l'autre forme de politique d'identité.</p>
<p>Cette orientation, dans le cas du PO, va de pair avec son alliance avec les partis nationalistes de droite en Russie.</p>
<p>L'opportunisme flagrant de la position d'Altamira a apparemment provoqué des dissensions au sein du PO. L'historien et partisan de longue date du PO, Daniel Guido, a publié sur Facebook le compte-rendu d'un échange avec le chef du parti où Guido a déclaré que c'est le PT qui « est responsable de cette montée de la droite [et] qui paralyse les masses ». Il note que si on suivait la position des féministes, on aurait dû exiger un vote pour Hillary Clinton contre Donald Trump – et il faut ajouter, on s'alignera derrière la péroniste Cristina Fernández de Kirchner.</p>
<p>Néanmoins, cherchant à trouver un moyen de soutenir la ligne du PO, Guido déclara qu'il « devrait la vérifier par rapport aux écrits de Trotsky ». Le bon professeur peut mettre son nez dans autant de livres qu'il le souhaite, il ne trouvera nulle part une justification de Trotsky pour dire aux masses de voter pour un candidat capitaliste de droite comme moyen de vaincre le fascisme.</p>
<p>Avec toutes ces organisations, la fuite en avant pour soutenir Haddad est un cas, comme l'a dit Marx, de justification de l'ordure d'aujourd'hui par l'ordure d'hier.</p>
<p>En 1980, Altamira, alors en exil, rejoignait les partisans de l'OCI français de Pierre Lambert, de la tendance argentine dirigée par Nahuel Moreno, et du Secrétariat unifié pabliste d'Ernest Mandel, pour jouer un rôle politique crucial dans la fondation du PT. Toutes ces tendances sont entrées dans le PT et l'ont présenté comme une nouvelle voie parlementaire unique vers le socialisme au Brésil. Ils ont célébré Lula, un dirigeant syndical de droite qui a rapidement tissé les liens les plus étroits avec les grandes entreprises et l'impérialisme. Tous portent une responsabilité décisive quant à l'absence d'alternative de gauche à la politique capitaliste du PT et à l'ascension du populisme de droite et de la figure répugnante de Bolsonaro qui en résulte.</p>
<p>Le révisionnisme pabliste, sous ses diverses formes a rompu avec le mouvement trotskyste organisé au sein du Comité international de la IVᵉ Internationale, rupture fondée sur le rejet de la lutte pour la construction de partis révolutionnaires dans la classe ouvrière et la lutte pour développer la conscience socialiste de la classe ouvrière. Avant le PT, ils avaient trouvé dans le castrisme et les théories rétrogrades de la guerre de guérilla le substitut du rôle révolutionnaire de la classe ouvrière. La promotion de cette orientation a conduit à des défaites catastrophiques dans toute l'Amérique latine.</p>
<p>Plus récemment, ces mêmes tendances ont salué Hugo Chavez et un gouvernement vénézuélien avec des piliers dans l'armée et le capital financier, présentés comme le « socialisme bolivarien », en tant que nouvelle alternative révolutionnaire, une « Marée rose » ou un « virage à gauche » qui balayerait l'Amérique latine.</p>
<p>La crise capitaliste mondiale qui s'est développée en 2008 et qui a, par la suite, dévasté les soi-disant économies de marchés émergents a complètement détruit ce soi-disant mouvement. La classe ouvrière a fait face à des attaques dévastatrices au Venezuela, au Brésil, en Argentine et dans des pays supposés être des gouvernements de « gauche », détenant le pouvoir, ce qui a conduit au renforcement des forces de droite.</p>
<p>Cette tendance ne sera pas renversée mais seulement renforcée par le retour d'un gouvernement PT au Brésil. Haddad mène déjà la campagne la plus à droite de l'histoire du parti, appelant l'armée, les grandes entreprises et l'Église catholique à le soutenir.</p>
<p>La classe ouvrière a été totalement privée de ses droits ; aucun des candidats n'exprime dans la moindre mesure les intérêts des travailleurs brésiliens.</p>
<p>De grandes luttes nous attendent. La bourgeoisie brésilienne ne pourra pas imposer le fascisme ou la dictature militaire au moyen de l'urne.</p>
<p>La question décisive pour répondre au danger du fascisme est la lutte pour développer la conscience politique des travailleurs, assimiler les leçons amères de l'expérience acquise avec le PT et construire sur cette base un nouveau parti indépendant, révolutionnaire et internationaliste de la classe ouvrière. Cela signifie la construction d'une section brésilienne du Comité international de la Quatrième Internationale.</p></div>
L'élimination des Indiens de la forêt amazonienne
https://www.matierevolution.org/spip.php?article5272
https://www.matierevolution.org/spip.php?article52722016-09-17T23:41:00Ztext/htmlfrRobert ParisBrésil BrazilAmérindiens
<p>L'élimination des Indiens de la forêt amazonienne <br class='autobr' />
Aujourd'hui, la structure tribale des Indiens du Brésil ne se rencontre plus que dans des endroits retirés de la forêt amazonienne. La quasi-totalité de la population indigène s'est intégrée dans un état de style européen, fusionnant avec les immigrants et adoptant le mode de vie européen. Une nouvelle politique gouvernementale protège les "non-assimilés" subsistants depuis une cinquantaine d'années. <br class='autobr' />
Il subsiste quelques milliers (…)</p>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique30" rel="directory">4ème chapitre : Révolutions prolétariennes jusqu'à la deuxième guerre mondiale</a>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot147" rel="tag">Brésil Brazil</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot292" rel="tag">Amérindiens</a>
<div class='rss_texte'><div class='spip_document_7931 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L250xH169/-2667-519c9.jpg?1790167942' width='250' height='169' alt='' />
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</div><div class='spip_document_7932 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L450xH300/-2682-41df5.jpg?1790167942' width='450' height='300' alt='' />
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</div><div class='spip_document_7933 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://www.matierevolution.org/IMG/gif/-104.gif' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/gif"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH383/-104-8c4d0.jpg?1790167942' width='500' height='383' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_7934 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/-2683.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH250/-2683-a5ad7.jpg?1790167943' width='500' height='250' alt='' /></a>
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</div><h2 class="spip">L'élimination des Indiens de la forêt amazonienne</h2>
<p>Aujourd'hui, la structure tribale des Indiens du Brésil ne se rencontre plus que dans des endroits retirés de la forêt amazonienne. La quasi-totalité de la population indigène s'est intégrée dans un état de style européen, fusionnant avec les immigrants et adoptant le mode de vie européen. Une nouvelle politique gouvernementale protège les "non-assimilés" subsistants depuis une cinquantaine d'années.</p>
<p>Il subsiste quelques milliers d'Indiens dans la forêt amazonienne. Les autres ont été éliminés de mille et une manières. Les groupes isolés résidant dans l'Etat de l'Acre sont probablement des survivants de l'époque du boom du caoutchouc, durant laquelle de nombreux Indiens furent réduits en esclavage.</p>
<p>L'arrivée des européens allait apporter des changements dramatiques : pillage des ressources naturelles, esclavage et extermination des peuples autochtones de ce coin du monde. Il s'agit d'une des plus grandes catastrophes démographiques de l'histoire récente ; elle s'est poursuivie aux 19ème et 20ème siècles avec l'exploitation du caoutchouc :</p>
<p>"Tout le long des voies navigables, partout où pouvait arriver un canot ou une embarcation, les villages étaient attaqués, incendiés et la population chassée ou exterminée. Des groupes d'Indiens chassés de leurs terres parcouraient la jungle en toutes directions. Partout où ils allaient, ils rencontraient des collectionneurs de caoutchouc et d'autres substances du genre, ne reculant devant rien pour les exterminer" <br class='autobr' />
(Darcy Ribeiro, Los indios y la civilizacion, 1979).</p>
<p>L'Amazonie est objet d'envie et de convoitise pour bien des acteurs : industrie du bois et du papier, compagnies pétrolières et minières, entreprises pharmaceutiques, alimentaires, hydroélectriques et maritimes, sans oublier les constructeurs des grands axes routiers qui traversent la jungle et les territoires des peuples autochtones qui y habitent. Les mafias de la drogue sont les maîtres de la région et ont sous leurs ordres une armée de bandits armés et de mercenaires prêts à tout. La réponse immédiate des États est la militarisation de l'Amazonie. Les plus touchés dans ces processus sont les peuples indigènes et les communautés habitant la région depuis des temps immémoriaux.</p>
<p>Valdelice Veron et Nathanaël Vilharva-Cáceres, les deux représentants Guarani-Kaiowa, ont lancé un cri d'alarme pour dénoncer les atteintes à leurs droits et le saccage du poumon vert de la planète : « Les Guarani-Kaiowa, c'est un peuple autochtone du Brésil. Ils sont 45.000 à vivre dans l'Etat du Mato Grosso do Sul au sud-ouest du pays, région limitrophe avec le Paraguay et la Bolivie. C'est le plus gros peuple autochtone du pays qui compte 890.000 indiens de 305 ethnies différentes. « Guarani-Kaiowa » signifie « peuple de la forêt ».</p>
<p>« La menace est extrêmement grave, puisque l'on parle de disparition de leur peuple. Les Guarani-Kaiowa sont expulsés de leurs terres au profit de grands propriétaires terriens ou de multinationales. Ils sont parfois entassés dans des réserves où ils vivent dans des conditions indignes. Mais ils vivent aussi sous des bâches au bord de l'autoroute. La seule perspective de travail qu'ils ont est de travailler pour ces grands propriétaires dans des conditions qui sont proches de l'esclavage. Et pour ceux qui décident de résister et de rester sur leurs terres, comme c'est le cas pour Valdelice Veron et Nathanaël Vilharva-Cáceres, ils font face à des agressions ou des assassinats de la part des hommes de main des grands propriétaires. Depuis 2003, il y a 299 chefs indiens qui ont été assassinés. Ils font face aussi à de la détention arbitraire et à la destruction de leurs villages. Quand ils se font attaqués, leurs villages sont incendiés, leurs cultures et leurs biens sont détruits. Il y a des enfants qui souffrent de malnutrition : entre 2003 et 2008, 80 enfants indigènes sont morts dans cet Etat. Et cette population a un des taux de suicide les plus élevés du monde. »</p>
<p>« Les terres desquelles sont expulsés les Guarani-Kaiowa sont des terres traditionnelles. Dans la constitution de 1988, il est dit que les terres traditionnelles indiennes sont la propriété des populations autochtones. Reconnaitre une terre traditionnelle est un processus qui se fait en quatre étapes. Un groupe d'experts fait d'abord un rapport qui détermine si la terre où se trouvent les populations est, ou non, traditionnelle. Puis le Tribunal Supérieur Fédéral vérifie la constitutionnalité de ce rapport. Ensuite, le Fond National de l'Indien publie un décret de démarcation des terres, et enfin le gouvernement doit valider cette démarcation. Dans le cas des Guarani-Kaiowa, depuis des années tout ce processus est fait, sauf que le gouvernement bloque la validation. Il viole ainsi la constitution brésilienne pour permettre l'expropriation des populations autochtones pour l'agro-business. Il faut savoir qu'une grande majorité des députés brésiliens ont des intérêts dans l'agro-business. »</p>
<p>Certains autres Indiens, comme les Awá isolés, sont des chasseurs-cueilleurs nomades qui se déplacent constamment, qui peuvent construire un abri en quelques heures et l'abandonner quelques jours après.</p>
<p>Beaucoup ont été éliminés déjà par les maladies dues au simple contact avec nous. <br class='autobr' />
Il n'est pas rare que 50% de la population d'une tribu succombe à des maladies allogènes telles que la rougeole ou la grippe dans l'année qui suit leur premier contact.<br class='autobr' />
Ainsi, la moitié des Matis a disparu après leur premier contact. Jeunes et anciens, dont nombre de chamanes, périrent des maladies introduites.</p>
<p>Les Yanomami, une tribu relativement isolée forte de 19 000 membres qui occupe 9,4 millions d'hectares au nord de l'Amazonie, une superficie légèrement plus grande que celle de la Hongrie.</p>
<p>La tribu amazonienne la plus nombreuse est celle des Tikuna, forte de 40 000 membres. La plus petite ne compte qu'un seul individu, un homme qui vit en Amazonie occidentale sur une toute petite parcelle de forêt cernée par des fermes d'élevage et de plantations de soja, et qui refuse toute tentative de contact.</p>
<p>La population de nombreux groupes amazoniens n'atteint pas un millier d'individus. Les Akuntsu, par exemple, ne sont que 5 et les Awá seulement 450.</p>
<p>Dans la forêt amazonienne, de nombreuses tribus amérindiennes ont conservé la liberté sexuelle des femmes et le matriarcat.</p>
<p><a href="http://www.atlantico.fr/decryptage/mois-apres-decouverte-cette-tribu-amazonienne-est-deja-malade-grippe-1032637.html" class="spip_out" rel="external">Et paf ! Un mois après sa découverte cette tribu amazonienne est déjà malade de la grippe</a></p></div>
Palmares, une révolution des esclaves noirs du Brésil menant pendant plus d'un siècle à la première république noire indépendante
https://www.matierevolution.org/spip.php?article5049
https://www.matierevolution.org/spip.php?article50492016-04-08T23:12:00Ztext/htmlfrRobert ParisRévolutionEsclaves SlavesBrésil Brazil
<p>Zumbi dos Palmares, leader révolutionnaire Palmares, une révolution des esclaves noirs du Brésil menant pendant plus d'un siècle à la première république noire indépendante <br class='autobr' />
C'est vers la seconde moitié du XVIe siècle, avec l'expansion de la production, hautement profitable, de la canne à sucre dans les grandes plantations seigneuriales du Nord-Est brésilien, que le trafic négrier a commencé l'importation d'esclaves d'Afrique : ils seront plusieurs millions à subir ce sort, au cours des (…)</p>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique29" rel="directory">3ème chapitre : Révolutions bourgeoises et populaires</a>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot147" rel="tag">Brésil Brazil</a>
<div class='rss_texte'><p>Zumbi dos Palmares, leader révolutionnaire</p>
<div class='spip_document_7383 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L300xH160/-2258-95f96.jpg?1790167943' width='300' height='160' alt='' />
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</div><h2 class="spip">Palmares, une révolution des esclaves noirs du Brésil menant pendant plus d'un siècle à la première république noire indépendante</h2>
<p>C'est vers la seconde moitié du XVIe siècle, avec l'expansion de la production, hautement profitable, de la canne à sucre dans les grandes plantations seigneuriales du Nord-Est brésilien, que le trafic négrier a commencé l'importation d'esclaves d'Afrique : ils seront plusieurs millions à subir ce sort, au cours des trois siècles suivants. Soumis à des conditions de vie et de travail souvent inhumaines, dont le symbole reste la flagellation par un fouet spécial, le bacalhau, beaucoup d'esclaves ont tenté, et parfois réussi le marronnage, la fuite. Profitant des conflits entre les puissances coloniales, la Hollande, qui tentait dans les années 1632-1644 de s'approprier cette région, et le Portugal, des esclaves fugitifs se sont établis, surtout à partir de 1630, dans la zone des Palmares, entourée de forêts vierges et située au sud de la province du Pernambouc (aujourd'hui Etat de l'Alagôas). Plusieurs villages, fédérés entre eux et rassemblant plusieurs milliers de personnes, se sont constitués, vivant d'une agriculture de subsistance et du pillage ou de l'imposition des colons portugais des environs. Lors d'expéditions de ce type, les Noirs marrons libéraient des esclaves — surtout des femmes ! — et les emmenaient, contraints ou par libre choix, vers leurs réduits.</p>
<p>Le mot quilombo, d'origine africaine — en Angola, un campement militaire — désignait au Brésil ce type de communauté ou confédération de villages d'anciens esclaves. Celui des Palmares est loin d'avoir été le seul : il est l'exemple le plus important, et le plus frappant, d'une série de révoltes d'esclaves et de mouvements de marronnage, qui se sont succédé au cours des trois siècles qu'a duré l'esclavage au Brésil (aboli seulement en 1888 !)</p>
<p>Palmares est un Mocambo, c'est-à-dire un peuplement d'esclaves noirs fugitifs fondé au plus tard vers 1606 dans le Nord Est de la colonie portugaise du Brésil. Il est plus récemment qualifié de Quilombo, un terme à la signification similaire en portugais brésilien contemporain. Mocambo, qui est probablement dérivé du mot ambundu mu-kambo qui signifie ‘cachette'. Quilombo est probablement dérivé du mot ki-lombo qui signifie, dans la même langue, camp d'initiation masculin et par extension, camp militaire. Cette prééminence du vocabulaire de ces langues parlées dans l'actuel Angola est probablement indicatrice de la forte présence d'esclaves originaires de cette région. Beaucoup d'habitants de Palmares pourraient bien avoir été des descendants d'esclaves d'origine imbangala dans l'actuel Angola. Palmarès était elle-même surnommée par ses habitants Angola Janga qui provenait peut-être du kimbundu ‘Angola Iadianga' qui signifie le ‘premier Angola'. Le nom ‘Palmares' est un nom portugais simplement donné en référence au grand nombre de palmiers situés dans la localité. Palmares était apparemment dirigé par un monarque élu ce qui a conduit certains observateurs à qualifier cet état de république. Il régnait sur une population essentiellement masculine de culture et de religion luso-africaine. La présence d'une église sur le territoire de l'état était par exemple contrebalancée par l'usage rituel des peaux de panthère.</p>
<p>En 1605, dans la région de Pernambuco au Brésil, une quarantaine d'esclaves se révoltèrent contre leur maître. Ils tuèrent tous les employés blancs et brulèrent les maisons ainsi que la plantation. Ils se réfugièrent dans une zone de montagnes hostiles, appelée Palmares en référence aux nombreux palmiers qui peuplaient cet endroit. Le groupe y fonda un royaume, composé de 11 places fortifiées, qui perdura pendant presque cent ans, auquel se joignirent des esclaves en fuite, arrivés des plantations environnantes, mais aussi des Indiens, des Mulâtres et de nombreux Blancs, déserteurs ou paysans sans terre, portant la population du royaume à environ 20 000 âmes, qui se mélangèrent et créèrent ainsi leurs propres culture et religion, développant même les premières formes d'un nouvel art martial, la capoeira. Ce peuple leva une armée et résista à sept assauts des forces portugaises et une attaque de l'armée hollandaise, qui avait colonisé une partie de cette région auparavant. Dans la jungle, ils inventèrent des techniques de guerre qui impressionnèrent les européens et préfiguraient les techniques de « guérilla » actuelles. Ils refusèrent même une offre de paix du roi du Portugal. Leur plus grand leader fut Zumbi Dos Palmares, qui est encore célébré aujourd'hui au Brésil.</p>
<p>Zumbi dos Palmares représente LE symbole de résistance du peuple noir au brésil et de la culture Afro-brésilienne. Zumbi n'a jamais été esclave (ni capoeiriste !), il est né libre à Palmares en 1655.</p>
<p>Il était chef d'armée du plus grand quilombo, “Le Quilombo dos Palmares“. Les Quilombos de Palmares a été fondé par un groupe de marrons échappés des domaines du Nordeste et qui avaient établi un village indépendant, qui devint par la suite plus qu'un village, mais un ensemble de villes fortifiées, organisée politiquement et socialement. Cet endroit difficile d'accès fût nommé Palmares, et était situé dans la Serra da Barriga de l'actuel Etat d'Alagoas, qui, à cette époque était une capitainerie de l'Etat de Pernambouc. Le quilombo accueillait noirs en fuite, indiens et blancs marginaux. Les quilombolas commerçaient avec les villages blancs des alentours, achetant outils, poudre, armes… Au milieu du XVIIe siècle, le quilombo de Palmares comptait plusieurs villages parmi lesquels :</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Macaco – Dans la Serra da Barriga, 8000 habitants</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Amaro – au Nord-Ouest de Serinhaém, 5000 habitants</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Sucupira – à 80 km. de Macaco</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Zumbi – au Nord-Ouest de Porto Calvo</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Osenga – a 20 Km. de Macaco.</p>
<p>A cette époque, la population totale de Palmares, aurait atteint 20 000 habitants, soit 15 % de la population brésilienne. Dans le Quilombo, la préservation d'une identité africaine constituait avec les coutumes, le ciment communautaire qui incitait au marronnage d'innombrables esclaves des sucreries et plantations environnantes.</p>
<p>Zumbi, est né libre mais fût capturé dans son enfance par des soldats portugais puis confié au Père Antonio Melo, de la paroisse de de Porto Calvo. Il étudia le portugais et le latin, fut enfant de chœur et fût baptisé Francisco. En 1670, il s'enfuit de la paroisse, pour retourner au Quilombo. Courageux, doué d'une bonne capacité d'organisation et de commandement, il devint un grand chef et un mythe pour les noirs ; non un mythe caché mais une révélation. “Zumbi” signifie force de l'esprit.</p>
<p>Pour les Portugais Zombi signifiait le diable. Durant plusieurs dizaines d'années, le gouvernement portugais considérait Zumbi non pas comme une personne, mais comme un titre donné au chef de Quilombo. En effet chaque expédition envoyé détruire Palmares revenait “victorieuse” d'après leur chef, alors quelque quelque temps après on entendait de nouveau parler de “Zumbi “.En 1678, le roi du Quilombo dos Palmarès, Ganga-Zumba signe un traité de paix avec les portugais. Zumbi et ses hommes ne l'acceptent pas. C'est alors que Zumbi devient le grand général en chef du Quilombo de Palmares, en 1679. Lui, ses hommes et tous les quilombolas qui se joignirent à eux étaient très redoutés par les portugais.Zumbi était considéré comme le plus vaillant des guerriers nègres. Il se montra alors, encore plus déterminé à poursuivre la résistance pour défendre son “peuple” et ses terres. Il refusa toute soumission aux portugais. En 1694, désespérés les portugais envoyèrent en plus de leur armée, des troupes de mercenaires (noirs, mulâtres, blanc, indiens…) conduits par le bandeirante Domingos Jorge Velho contre le quilombo. Un de ses fidèles lieutenant Antonuo Soares, le trahit et conduisit les portugais à la cachette de Zumbi qui fut capturé. Macaco, la ville de Zumbi fut détruite par Bernardo Vieira. Les noirs furent soit tués, soit emmenés en esclavages et Zumbi fut emprisonné. Le 20 novembre 1695, Zumbi fut tué par André Furtado, alors qu'il tentait de s'enfuir.<br class='autobr' />
Durant des dizaines d'années, voire des siècles, on racontait que Zumbi s'était suicidé en se jetant du haut d'une falaise, ou des remparts de Macaco. Cette version avait été alimentée par les portugais pour casser le mythe du grand chef de guerre, du personnage courageux et fidèle à son peuple. De cette manière Zumbi fuyait le combat et était montré comme un lâche. Cette même histoire racontée par le peuple noir prit une autre interprétation ; Zumbi préférait mourir que d'être esclave. Aujourd'hui la version de l'assassinat par André Furtado est la plus probable. Cette date du 20 novembre reste importante encore aujourd'hui pour la culture afro-brésilienne, et Zumbi dos Palmares est un grand symbole de résistance. Au Brésil des rues, des établissements, etc, portent son nom. Dans les rondes de Capoeira, nombreux sont les chants louant le chef de guerre, ses exploits et le symbole qu'il représente.</p>
<p>Pendant plus de trente ans, cette région fut gouvernée avec succès par les anciens esclaves et connut une certaine prospérité et sa capitale, Macoco, était fortifiée. Elle fut attaquée de nombreuses fois sans succès. En 1694, après deux ans de combats menés par des mercenaires espagnols, portugais et français recrutés à Sao Paulo, elle fut écrasée. Les révolutionnaires refusèrent de se rendre et se battirent avec acharnement, se jetant du haut de la falaise quand la défaite fut avérée…</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Palmares" class="spip_out" rel="external">Le territoire libéré de Palmares</a></p>
<p><a href="http://madjoumbev2.free.fr/bresil.html" class="spip_out" rel="external">Les Mocambos exercent eux-mêmes leur propre pouvoir</a></p>
<p><a href="https://www.cairn.info/revue-tumultes-2006-2-page-53.htm" class="spip_out" rel="external">Benjamin Péret et la commune des noirs marrons de Palmares dans le Brésil colonial</a></p>
<p><a href="http://nofi.fr/nofipedia/palmares-un-etat-noir-dans-le-bresil-du-17eme-siecle" class="spip_out" rel="external">Un Etat noir au XVIIe siècle</a></p>
<p><a href="https://books.google.fr/books?id=n2XFfGKummAC&pg=PA40&lpg=PA40&dq=Palmares,+une+r%C3%A9volution+des+esclaves+noirs+du+Br%C3%A9sil&source=bl&ots=R7g3v6VNTi&sig=gey-JGUBd-wMpKpxG9ShHRIrvL8&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiLpNyf44bLAhVGNhoKHaUhDJIQ6AEIUDAJ#v=onepage&q=Palmares%2C%20une%20r%C3%A9volution%20des%20esclaves%20noirs%20du%20Br%C3%A9sil&f=false" class="spip_out" rel="external">Révolution nègre</a></p>
<p> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Zumbi_dos_Palmares" class="spip_out" rel="external">Zumbi dos Palmares, premier dirigeant noir</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1174" class="spip_out" rel="external">D'autres révoltes et révolutions des esclaves</a></p></div>
Lutte de classes au Brésil
https://www.matierevolution.org/spip.php?article4972
https://www.matierevolution.org/spip.php?article49722016-02-12T00:13:00Ztext/htmlfrRobert ParisGrève StrikeOuvriers WorkersprolétairesManifestationBrésil BrazilLutte de classes - Class struggle
<p>Nouvelles émeutes au Brésil sur le prix des transports : <br class='autobr' />
lire ici <br class='autobr' />
Marche contre le racisme : <br class='autobr' />
lire ici <br class='autobr' />
Grèves : <br class='autobr' />
lire ici <br class='autobr' />
Grève à Petrobras <br class='autobr' />
lire ici <br class='autobr' />
L'entrée de la classe travailleuse dans la vague de protestations au Brésil : <br class='autobr' />
lire ici <br class='autobr' />
"Tuez-nous et enterrez-nous ici" : un appel désespéré d'Indiens menacés d'expulsion <br class='autobr' />
lire ici <br class='autobr' />
Syndicalisme et grèves ouvrières au Brésil depuis 2011 <br class='autobr' />
lire ici <br class='autobr' />
Actualités : <br class='autobr' />
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Où va le Brésil ? <br class='autobr' />
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Nouvelles luttes de (…)</p>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique99" rel="directory">08- LUTTE DES CLASSES - CLASS STRUGGLE </a>
/
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot46" rel="tag">Grève Strike</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot49" rel="tag">Ouvriers Workers</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot58" rel="tag">prolétaires</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot95" rel="tag">Manifestation</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot147" rel="tag">Brésil Brazil</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot278" rel="tag">Lutte de classes - Class struggle</a>
<div class='rss_texte'><p>Nouvelles émeutes au Brésil sur le prix des transports :</p>
<p><a href="http://berthoalain.com/2016/01/09/prix-des-transports-emeute-a-rio-et-sao-paulo-8-janvier-2016/" class="spip_out" rel="external">lire ici</a></p>
<p>Marche contre le racisme :</p>
<p><a href="http://berthoalain.com/2015/11/19/marche-contre-le-racisme-affrontements-a-brasilia-18-novembre-2015/" class="spip_out" rel="external">lire ici</a></p>
<p>Grèves :</p>
<p><a href="http://www.labourstart.org/cgi-bin/newsquery2.pl?searchtext=Br%C3%A9sil&number=1000&language=fr&Go=OK" class="spip_out" rel="external">lire ici</a></p>
<p>Grève à Petrobras</p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1063" class="spip_out" rel="external">lire ici</a></p>
<p>L'entrée de la classe travailleuse dans la vague de protestations au Brésil :</p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article3622" class="spip_out" rel="external">lire ici</a></p>
<p>"Tuez-nous et enterrez-nous ici" : un appel désespéré d'Indiens menacés d'expulsion</p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article3004" class="spip_out" rel="external">lire ici</a></p>
<p>Syndicalisme et grèves ouvrières au Brésil depuis 2011</p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article3879" class="spip_out" rel="external">lire ici</a></p>
<p>Actualités :</p>
<p><a href="https://www.google.fr/search?q=br%C3%A9sil+gr%C3%A8ve&ie=utf-8&oe=utf-8&gws_rd=cr&ei=GOeRVouhD4b4Pe2zmbgO#q=br%C3%A9sil+gr%C3%A8ve&tbm=nws" class="spip_out" rel="external">lire ici</a></p>
<p>Où va le Brésil ?</p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve690&var_mode=calcul" class="spip_out" rel="external">lire ici</a></p>
<p>Nouvelles luttes de classes ?</p>
<p><a href="http://www.medelu.org/Au-Bresil-les-classes-dominantes" class="spip_out" rel="external">lire ici</a></p>
<p>Une étape dans les luttes de classes</p>
<p><a href="http://www.gaucherevolutionnaire.fr/?p=1153" class="spip_out" rel="external">lire ici</a></p></div>
Où va le Brésil du « Parti des Travailleurs » ?
https://www.matierevolution.org/spip.php?article4570
https://www.matierevolution.org/spip.php?article45702015-01-04T08:07:26Ztext/htmlfrRobert ParisBrésil Brazil
<p>Où va le Brésil du « Parti des Travailleurs » ? <br class='autobr' />
La présidente Dilma Rousseff du "Parti des Travailleurs" a été investie le 1er janvier 2015 pour un second mandat à la tête du Brésil dans un climat d'ajustement budgétaire avec une croissance en berne, et sous pression d'un scandale de corruption au sein de Petrobras, la compagnie phare du pays. Pour composer son gouvernement, il lui est dfficile de trouver des trouver des personnalités qui ne soient pas impliquées dans des scandales de (…)</p>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique99" rel="directory">08- LUTTE DES CLASSES - CLASS STRUGGLE </a>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot147" rel="tag">Brésil Brazil</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Où va le Brésil du « Parti des Travailleurs » ?</h2>
<p>La présidente Dilma Rousseff du "Parti des Travailleurs" a été investie le 1er janvier 2015 pour un second mandat à la tête du Brésil dans un climat d'ajustement budgétaire avec une croissance en berne, et sous pression d'un scandale de corruption au sein de Petrobras, la compagnie phare du pays. Pour composer son gouvernement, il lui est dfficile de trouver des trouver des personnalités qui ne soient pas impliquées dans des scandales de corruption, notamment celui de Petrobras qui atteint tous les dirigeants des principaux partis qui soutiennent sa politique, le Parti des travailleurs évidemment.</p>
<p>Le scandale de Petrobras a éclaté peu avant la réélection de Dilma Rousseff. L'opération policière "Lavage rapide" a montré que le réseau de corruption a blanchi près de 4 milliards de dollars en dix ans. Petrobras fait face à des plaintes d'investisseurs internationaux et les agences de notation pourraient abaisser sa note, de quoi porter un sérieux coup à ses plans d'investissements.</p>
<p>Le scandale est énorme, ce sont vraiment des sommes faramineuses qui ont été redistribuées aux partis politiques et qui ont permis parfois des enrichissements personnels. Donc la justice va devoir faire un travail énorme, les choses ont commencé et ça réorganise la vie politique brésilienne. Maintenant, il n'est pas sûr que les propos anticorruptions de Dilma Rousseff arrivent à convaincre l'opinion publique…</p>
<p>Lors de son premier mandat, où la priorité avait été donnée au social, la croissance du PIB s'est détériorée en passant de 7,5% en 2010 à une prévision proche de zéro. L'inflation a, elle, dépassé le plafond de tolérance en novembre, à 6,56%.</p>
<p>Et d'ores et déjà, Dilma Rousseff a donné le ton en nommant sa nouvelle équipe économique dirigée par Joaquim Levy, un orthodoxe apprécié des marchés, qui a annoncé des mesures comme la réduction de l'assurance chômage et la suspension des subventions gouvernementales pour éviter la hausse des tarifs de l'électricité.</p>
<p>La nomination, le 27 novembre, d'un nouveau ministre des Finances, le très orthodoxe Joaquim Levy, a été un coup dur pour le PT, qui a perdu le portefeuille et craint l'impact des coupes budgétaires annoncées sur les plus défavorisés. Pour les milieux d'affaires, en revanche, ce virage libéral devrait « restaurer la confiance », entamée selon eux sous le premier mandat de Dilma Rousseff, qui a ouvert le robinet des dépenses en faisant fuir une partie des investisseurs. « La Présidente a fait l'erreur fondamentale de vouloir baisser les taux d'intérêt à marche forcée, juge un banquier étranger établi à São Paulo. Avec la hausse de l'inflation, il a fallu les remonter à toute vitesse. »</p>
<p>Dilma Rousseff a cédé aux revendications de son principal allié, le Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB) du vice-président Michel Temer, qui a obtenu six portefeuilles ministériels, soit un de plus que dans le gouvernement sortant. Le parti des travailleurs (PT) de Dilma et de Lula est paradoxalement le grand perdant. Au pouvoir depuis 12 ans, le PT, qui avait déjà perdu le ministère des Finances au profit du technicien Joaquim Levy fin novembre, se voit dessaisir du portefeuille de l'Education, confié au chef de file d'un nouveau parti, le Parti républicain de l'ordre social (PROS), qui garantira ainsi son soutien au gouvernement au Congrès. Même chose en ce qui concerne le Parti social démocratique (PSD) de l'ancien maire de São Paulo Gilberto Kassab, qui se voit confier le ministère de la Ville. Les évangélistes du Parti républicain brésilien (PRB) héritent quant à eux du portefeuille des Sports à la veille des JO de Rio…</p>
<p>Changement également à la tête de la diplomatie, avec la nomination au poste de ministre des Affaires étrangères de Mauro Vieira, qui était jusqu'alors ambassadeur du Brésil aux Etats-Unis. Ce qui pourrait présager d'un réchauffement des relations entre Brasilia et Washington, mises à mal par des affaires d'espionnage. D'ailleurs, le vice-président américain Joe Biden a rencontré Dilma Rousseff peu après sa prestation de serment.</p>
<p>Dilma Rousseff a choisi Katia Abreu, grande propriétaire en Amazonie, pour diriger l'Agriculture au grand dam des écologistes et de Sans Terre. C'est la "reine de la déforestation" qui est nommée ministre de l'Agriculture ! Katia Abreu est surtout connue pour ses propositions en faveur non seulement de l'agrobusiness, mais aussi de la déforestation, en faveur aussi de la suppression de la limitation des droits des zones protégées en faveur des Indiens.</p>
<p> Après avoir choisi un ministre de l'Économie "orthodoxe" et, à ce titre, très apprécié des marchés, la présidente de gauche Dilma Rousseff, réélue de justesse en octobre, a récidivé : elle a nommé mardi soir à l'Agriculture, Katia Abreu, une représentante du puissant secteur agroalimentaire, au grand dam des écologistes et des Sans Terre. En 2010, Katia Abreu avait remporté le titre ironique de "Tronçonneuse d'or" décerné par Greenpeace et les paysans sans-terre. Les indigènes l'ont baptisée "reine de la déforestation" en Amazonie. Ils l'accusent de privilégier l'expansion de l'agrobusiness au détriment de l'agriculture familiale et de l'environnement.</p>
<p>Katia Abreu, 52 ans, est une grande propriétaire terrienne de l'État amazonien du Tocantins. Sénatrice depuis 2006, elle appartient au parti centriste PMDB, de la coalition gouvernementale, mais a commencé dans la politique à droite. Elle devient la première femme à prendre la tête du ministère de l'Agriculture au Brésil, pour le second mandat de Mme Rousseff qui commence le 1er janvier.</p>
<p>Soutenue par les grands producteurs agricoles, elle a été critiquée par ses sympathisants pour faire partie d'un gouvernement du Parti des travailleurs (PT, gauche, au pouvoir depuis douze ans) qu'elle critiquait vertement. Mais elle s'attire aussi les foudres des mouvements de Sans Terre qui réclament une réforme agraire et voient dans sa nomination une "trahison" de la part de la présidente Rousseff. Ils ont déjà promis une résistance féroce à sa gestion.</p>
<p>Le caractère volontaire de Mme Abreu lui a valu la comparaison avec Margaret Thatcher, l'ancienne Premier ministre britannique surnommée la "dame de fer". Elle justifie son soutien au gouvernement de Mme Rousseff en assurant qu'"elle n'accepte ni les exigences de la droite ni celles de la gauche". "Je suis libre et je vis dans une démocratie", a-t-elle posté sur son compte Twitter.</p>
<p>Présidente de la Confédération nationale de l'agriculture (CNA) - poste qu'elle abandonne pour devenir ministre -, elle défend bec et ongles l'agrobusiness qui représente 23,3 % du PIB du Brésil, 7e économie mondiale. Elle rejette l'expropriation de terres non productives à des fins de réforme agraire et soutient les cultures transgéniques. Elle veut que le Brésil détrône les États-Unis comme premier producteur mondial d'aliments. "Nous figurons parmi les dix principales économies de la planète et cela exige, entre autres, des investissements en infrastructures. Nous devons dépasser les vieux modèles qui alimentent l'action prédatrice de groupes idéologiques de gauche et de droite", déclarait-elle récemment à la CNA.</p>
<p>Pour les Indiens qui réclament la délimitation de leurs terres, sa nomination va "à l'encontre des revendications des mouvements sociaux brésiliens". Car Katia Abreu a d'ores et déjà prévenu que si le taux moyen de création de réserves indiennes se maintient, en 2031 il n'y aura plus de surface pour la production agricole.</p>
<p>Mme Abreu a commencé sa trajectoire de leader agricole à la mort de son mari dans un accident d'avion. Elle avait 25 ans et était enceinte de son troisième enfant. Elle a dû prendre les rênes de son énorme propriété terrienne. "Au début, je ne distinguais pas une vache d'un taureau", a-t-elle confié à l'hebdomadaire conservateur Veja. Mais elle ne cache pas ses ambitions : "Disputer la présidence n'est pas un plan, c'est un fait. (...) C'est mon destin", a-t-elle assuré dans un entretien au journal The Guardian, cette année.</p>
<p>"Abreu représente l'importance de l'agrobusiness pour relancer l'économie en berne. Rousseff sera plus pragmatique pour son second gouvernement et renforcera sa relation avec le secteur. Le défi sera de gérer les répercussions négatives de sa nomination avec le PT", explique à l'AFP Rafael Cortes, analyste politique du consultant Tendencias.</p>
<p>En tant que ministre, Mme Abreu devra affronter ses vieux adversaires. "Elle représente le Latifundium (grand propriétaire terrien, NDLR) arriéré qui a la terre comme instrument de pouvoir et de spéculation immobilière, sans aucune préoccupation avec l'environnement", déplore Igor Santos, un dirigeant du Mouvement des travailleurs ruraux sans terre (MST). Selon l'Institut national de statistiques, 43 % des terres agricoles du pays appartiennent à 1 % des propriétaires.</p>
<p>Le gouvernement prévoit des mesures d'austérité, un ajustement fiscal très douloureux et que va subir de plein fouet, les personnes qui n'imaginaient pas que le Brésil allait si mal, c'est-à-dire essentiellement les couches populaires et les couches moyennes basses. On s'apprête à avoir des vagues de licenciement importantes, le secteur industriel a un taux de croissance extrêmement faible, il y a un déficit très grave de la balance commerciale pour les produits industriels, donc il faut faire des réformes de structure et puis essayer de lutter contre tout un ensemble d'effets nocifs. Ça va se traduire par environ 20 milliards d'euros d'économies sur le budget.</p>
<p>Les riches sont devenus toujours plus riches, donc les plus pauvres sont devenus un peu moins pauvres, il y avait des dizaines de millions de Brésiliens qui dans les années Lula et Dilma Rousseff sont sortis de la pauvreté sauf que tous ces programmes tenaient leur efficacité essentiellement dans la croissance économique du pays, or cette croissance n'est plus là, elle n'a pas été au rendez-vous en 2014 et 2015 ne sera pas une bonne année non plus, ainsi que 2016, si on en croit les prévisions.</p>
<p>Or le Brésil s'enfonce dans la crise… Pour la première fois en dix ans, le Brésil devrait enregistrer un déficit commercial. Le déficit de la balance des paiements courante atteint 4% du PIB, alors que le déficit budgétaire, en nette détérioration, frôle les 6% du PIB. La dette va être surveillée de très près, ainsi que l'évolution du crédit. Depuis son arrivée au pouvoir, en 2011, le taux de croissance moyen est tombé à 1,6% par an, contre 4% sous son prédécesseur et mentor, Lula (2003-2010). Et pour cette nouvelle année 2015, le FMI ne prévoit que 0,3% de croissance pour le Brésil.</p>
<p>Le PT au pouvoir est plus que jamais au service des trusts. Alors que plusieurs anciens dirigeants de Petrobras ont confessé avoir détourné plusieurs millions de dollars, Petrobras figure selon Dilma Rousseff en position de victime. « Nous avons de bonnes raisons de préserver et de défendre Petrobras de prédateurs internes et de ses ennemis de l'extérieur ».</p>
<p>Le gouvernement au service des trusts va donc s'attaquer aux travailleurs. Mais les derniers mouvements sociaux au Brésil ont montré que la révolution sociale n'était pas bien loin…</p>
<p>Des dizaines de milliers de manifestants ont défilé samedi 6 décembre dans le centre de Sao Paulo contre la corruption au Brésil et la politique du gouvernement de la présidente Dilma Rousseff, lors d'un rassemblement soutenu par l'opposition. Il s'agissait de la cinquième manifestation de ce genre depuis la réélection le 26 octobre de Mme Rousseff au second tour de l'élection présidentielle.</p></div>
Chronologie de la révolte des Indiens d'Amérique
https://www.matierevolution.org/spip.php?article4124
https://www.matierevolution.org/spip.php?article41242014-12-17T02:22:00Ztext/htmlfrRobert ParisUSACanadaMexiqueRévolteChili ChileBrésil BrazilEquateurAmérindiens
<p>Histoire du combat des Indiens d'Amérique <br class='autobr' />
Les Indiens d'Amérique (nord, sud et centre) ont subi un véritable génocide mais ils ne se sont pas laissés faire... Ils ont été tués, violés, brûlés, torturés, exploités, massacrés par "les plus grandes civilisations" occidentales : espagnols, portugais, hollandais, anglais, français, américains pour permettre le lancement du monde capitaliste qui est né dans un grand bain de sang... Les Occidentaux n'ont pas seulement détruit hommes, femmes et (…)</p>
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<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Histoire du combat des Indiens d'Amérique</h2>
<p>Les Indiens d'Amérique (nord, sud et centre) ont subi un véritable génocide mais ils ne se sont pas laissés faire... Ils ont été tués, violés, brûlés, torturés, exploités, massacrés par "les plus grandes civilisations" occidentales : espagnols, portugais, hollandais, anglais, français, américains pour permettre le lancement du monde capitaliste qui est né dans un grand bain de sang... Les Occidentaux n'ont pas seulement détruit hommes, femmes et enfants mais des centaines de civilisations différentes, une destruction de richesses humaines inestimables !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5318" class="spip_out" rel="external">La conquête de l'Amérique : l' « Ancien monde » occidental savait parfaitement qu'il accomplissait un grand crime de masse</a></p>
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH388/genocide-indien-b1d3e.jpg?1790167943' width='500' height='388' alt='' />
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<p>Tous ces peuples divers qui représentaient de multiples civilisations ont été rayés de la carte.</p>
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<p>Torturés par les colons espagnols...</p>
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<p>Livrés aux chiens...</p>
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L450xH337/massacre_de_wounded_knee_200_lakotas_le_29_decmbre_1890-94011.jpg?1790167943' width='450' height='337' alt='' />
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<p>A Wounded Knee, 200 indiens Lakotas ont été assassinés le 29 décembre 1890</p>
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L448xH389/bataille_little_bighorn_m_Crazy_Horse-7dd21.jpg?1790167943' width='448' height='389' alt='' />
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<p>Le 25 juin 1876, le 7e de Cavalerie du général George Armstrong Custer lance ses troupes sur le village des Sioux, des Cheyennes et des Arapahos coalisés sur les bords de la rivière Little Big Horn. Les Amérindiens repoussent le premier assaut mené par le commandant Marcus Reno, puis décident de contre-attaquer. Le détachement de Custer, en infériorité numérique, est écrasé par les guerriers de Crazy Horse.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5336" class="spip_out" rel="external">La disparition des civilisations précolombiennes, avant la "conquête" coloniale, est-elle un mystère ?</a></p>
<h2 class="spip">Chronologie de la révolte des Indiens d'Amérique</h2>
<p>12 octobre 1492 : « découverte de l'Amérique » par Christophe Colomb. Arrivée de Christophe Colomb, parti de Palos le 3 août en compagnie des frères Martin et Vincent Pinzón à bord des navires La Pinta, de La Niña et de La Santa María. Le 12 octobre, ils atteignent l'île de Guanahani (Bahamas), baptisée San Salvador. Ils croient et croiront longtemps être arrivés aux Indes en faisant le tour de la Terre. Aux Bahamas, Colomb rencontre les Indiens Arawaks. Ils vivent dans des communautés villageoises et pratiquent la culture du maïs, de l'igname et du manioc. Ils savent filer et tisser mais ne connaissent pas le cheval et n'utilisent pas d'animaux pour le labour. Ils ignorent l'acier, mais portent de petits bijoux en or aux oreilles.</p>
<p>Les Arawaks sont les premiers Amérindiens à avoir eu un contact avec les Espagnols du XVe siècle, c'est-à-dire Christophe Colomb et son équipage. Le bateau de Colomb arrivait alors aux Bahamas, l'étrange gros navire attirait la curiosité des Amérindiens, qui, émerveillés, s'en allèrent à la nage à la rencontre des visiteurs. Quand Colomb et ses marins débarquèrent, armés de leurs épées, parlant leur étrange langage, les Arawaks leur apportèrent rapidement de la nourriture, de l'eau, des cadeaux. Plus tard Colomb écrira ceci : <i>« Ils nous apportèrent des perroquets, des ballots de coton, des javelots et bien d'autres choses, qu'ils échangèrent contre des perles de verre et des grelots. Ils échangèrent de bon cœur tout ce qu'ils possédaient. Ils étaient bien bâtis, avec des corps harmonieux et des visages gracieux [...] Ils ne portent pas d'armes - et ne les connaissent d'ailleurs pas, car lorsque je leur ai montré une épée, ils la prirent par la lame et se coupèrent, par ignorance. Ils ne connaissent pas le fer. Leurs javelots sont faits de roseaux. Ils feraient de bons serviteurs. Avec cinquante hommes, on pourrait les asservir tous et leur faire faire tout ce que l'on veut. »<br class='autobr' />
</i></p>
<p> 28 octobre 1492 : l'expédition de Colomb atteint Cuba dans les grandes Antilles.</p>
<p>6 décembre 1492 : Colomb et les frères Pinzón découvrent Haïti qu'ils appellent Espanola. Ils laissent une garnison de 39 hommes au fort de Navidad construit le 25 décembre avec les débris de la Santa Maria échouée, avec pour mission de découvrir et d'entreposer l'or.</p>
<p>25 septembre 1493 : début du deuxième voyage de Christophe Colomb (fin en 1496). Il repart de Cadix avec 17 navires et entre 1 200 et 1 600 hommes, et découvre les Petites Antilles (12 novembre) dont la Dominique et la Guadeloupe et Porto Rico. Puis il regagne Hispaniola début décembre où il trouve le fort de Navidad détruit suite à une révolte des indigènes face aux exactions des colons. Colomb décide de fonder une nouvelle ville, Isabela, sur un plan en damier (7 décembre).</p>
<p>Janvier-mars 1494 : Christophe Colomb explore Haïti et fonde à Hispaniola, La Isabela, première colonie espagnole du Nouveau Monde. Il confie la colonie et la prospection de l'or à Alonzo de Hojeda puis part pour Juana (Cuba).</p>
<p>24 avril-23 août 1494 : Colomb explore la Jamaïque (découverte le 4 mai) et la côte sud-ouest de Cuba qu'il décrit comme une péninsule du continent asiatique.</p>
<p>29 septembre 1494 : de retour à La Isabela Colomb apprend qu'un soulèvement conduit par le cacique Caonabo vient d'être écrasé par Pedro de Margarit. Cinq cent indigènes récalcitrants sont déportés comme esclaves vers l'Espagne.</p>
<p>Mars 1495 : A Haïti, les Espagnols organisent une grande chasse à l'esclave et rassemblent 1500 Arawaks (hommes, femmes et enfants), qu'ils parquent dans des enclos sous la surveillance d'hommes et de chiens. Cinq cent d'entre eux sont embarqués vers l'Espagne. Deux cent meurent pendant la traversée, et les survivants sont mis en vente dès leur arrivée. Colomb vend chaque indien pour 5000 maravedis.</p>
<p>5 août 1498 : Colomb parvient dans le delta de l'Orénoque et comprend vite qu'il s'agit d'un continent. Il croit que ce sont les Indes. C'est l'Amérique…</p>
<p>30 août 1498 : Colomb arrive à Hispaniola qu'il trouve au bord de la guerre civile, déchirée entre les partisans de Bartolomeo Colomb (les « étrangers ») et ceux du juge Roldan (Espagnols de « limpia sangre ») et par les Indiens révoltés contre la tyrannie de Bartolomé.</p>
<p>30 mars 1501, Amérique : Rodrigo de Bastidas et Juan de la Cosa découvrent l'embouchure de la Magdalena. Ils explorent la côte colombienne depuis le golfe de Maracaibo jusqu'au golfe d'Urabá.</p>
<p>13 mai 1501 : le gouvernement portugais envoie une flotte dirigée par Gonçalo Coelho accompagné de l'italien Amerigo Vespucci pour effectuer la reconnaissance des côtes du Brésil. Ils rapportent en Europe (1502) le bois de brasil (bois de brésillet) qui produit une teinture rouge qui sera très prisée et qui donnera son nom au nouveau territoire. Amerigo Vespucci prend conscience que le continent n'est pas l'Asie.</p>
<p>17 août 1501 : Gonçalo Coelho et Amerigo Vespucci débarquent au Rio Grande do Norte, puis longent la côte vers le Sud.</p>
<p>16 septembre 1501 : instruction des souverains espagnols au gouverneur des Indes occidentales Nicolás de Ovando. Ils autorisent l'introduction d'esclaves noirs en Amérique</p>
<p>Avril 1502 : Nicolás de Ovando s'active tant à la « colonisation » de Haïti qu'en 1507 elle ne comptera plus que 60 000 indigènes, les autres étant morts de maladie, dans les travaux forcés ou au cours de la répression des révoltes.</p>
<p>9 mai 1502 : début du quatrième voyage de Christophe Colomb. Parti de Cadix le 9 mai, il double la Martinique (15 juin), longe la côte de l'Amérique centrale, du Honduras au golfe de Darién. Il pense que le Honduras est l'Indochine. Il parvient difficilement à regagner Cuba (1503), puis s'échoue à la Jamaïque (1504). Secouru par le gouverneur d'Hispaniola Ovando, Colomb rentre en Espagne le 7 novembre 1504.</p>
<p>Mars-avril 1503 : dans sa lettre Mundus Novus, le navigateur Amerigo Vespucci émet l'hypothèse que les terres découvertes par Christophe Colomb ne sont pas les Indes mais un nouveau continent.</p>
<p>9 juin 1509 : le fils de Christophe Colomb, Diego Colomb, nommé gouverneur des Indes occidentales quitte Sanlúcar pour relever le vice-roi Nicolás de Ovando (fin en 1515). Il commence la conquête de Cuba (1510).</p>
<p>Années 1500 : L'encomienda est un système appliqué par les Espagnols dans tout l'empire colonial espagnol lors de la conquête du Nouveau Monde à des fins économiques et d'évangélisation. C'était le regroupement sur un territoire de centaines d'indigènes que l'on obligeait à travailler sans rétribution dans des mines et des champs : il s'agissait d'un « pseudo-servage », d'une « forme rajeunie de régime seigneurial ». Ils étaient « confiés » (« encomendados »), c'est-à-dire placés sous les ordres d'un « Encomendero », colon espagnol ainsi récompensé de ses services envers la monarchie espagnole ; dans la pratique, celui-ci disposait librement des terres des indigènes, bien qu'elles appartinssent toujours à la Couronne.</p>
<p>22 janvier et 14 février 1510 : la Couronne de Castille commande à la Casa de Contratación de Séville l'envoie de 50, puis de 200 esclaves Noirs africains vers Hispaniola, en Amérique.<br class='autobr' />
Début novembre 1510 : Martín Fernández de Enciso fonde Santa María la Antigua del Darién, la première colonie espagnole sur le continent américain (Tierra Firme).</p>
<p>Février 1511 : révolte des Taïnos à Porto Rico, après que le cacique Urayoán ait ordonné à ses hommes de noyer le soldat espagnol Diego Salcedo pour déterminer si les Espagnols étaient immortels (novembre 1510). Juan Ponce de León réprime férocement l'insurrection et fait venir des esclaves Noirs d'Afrique pour travailler dans les mines.</p>
<p>1513 : Arrivée des premiers esclaves Noirs à Cuba, conquise en novembre 1511, devenue colonie espagnole le 15 août 1512. Conquête achevée le 28 juin 1514.<br class='autobr' />
20 janvier 1516, Amérique : Diaz de Solís, parti de Jopa le 13 décembre 1515, débarque au Río de la Plata (Mar Dulce) où il est tué par des Indiens anthropophages Charrúa ou Guaraní.</p>
<p>1er mai 1518, Amérique : l'espagnol Juan de Grijalva, neveu de Diego Velázquez de Cuéllar, gouverneur de Cuba, explore la péninsule du Yucatan. Il suit les côtes nord et ouest du golfe du Mexique jusqu'au Río Pánuco et découvre l'existence de l'empire aztèque.</p>
<p>5 mars 1519 : Hernán Cortés débarque au Yucatán (Mexique). Début de la conquête de l'Empire aztèque (fin en 1521). <br class='autobr' />
31 août 1519 - 23 septembre 1519 : Cortés est victorieux du royaume de Tlaxcala dont il se fait un allié contre les Aztèques.</p>
<p>8 novembre 1519 : Cortés gagne Tenochtitlán, la capitale aztèque où l'empereur Moctezuma II (1466-1520) reconnaît la suzeraineté de Charles Quint. Le massacre de Cholula est une attaque réalisée en 1519 par les forces militaires du conquistador espagnol Hernán Cortés lors de sa marche vers la ville de Mexico-Tenochtitlan. Il en résulta la mort de 5 000 à 6 000 Cholultèques, des civils désarmés pour la plupart, en moins de six heures. Après cette action militaire, les Cholultèques, qui avaient été jusqu'alors de fidèles tributaires des Mexicas, se soumirent et s'allièrent aux conquistadors espagnols.</p>
<p>2 juin 1520, Tenochtitlán : Pedro de Alvarado ordonne le massacre de la noblesse aztèque réunie devant le Templo Mayor pour la fête de Toxcatl. Les Aztèques entrent immédiatement en rébellion et assiègent les Espagnols.</p>
<p>24 juin 1520 : Cortés rentre à Tenochtitlán.</p>
<p>26 - 30 juin 1520 : insurrection aztèque à Tenochtitlán. Moctezuma II est touché mortellement par un jet de pierre.</p>
<p>30 juin-1er juillet 1520 : Noche Triste, Hernán Cortés s'enfuit de Tenochtitlán.</p>
<p>7 juillet1520 : victoire de Cortés sur les Aztèques à la bataille d'Otumba.</p>
<p>7 septembre 1520 : Cuitláhuac succède à Moctezuma II comme tlatoani de l'empire aztèque. Il meurt le 25 novembre de la petite vérole alors qu'il essayait de rallier les Tlaxcalans sous couvert d'une fédération. Cuauhtémoc, instigateur de la révolte contre les Espagnols, lui succède (29 janvier 1521).</p>
<p>21 - 28 novembre 1520 : le navigateur portugais Fernand de Magellan reconnaît et force le détroit séparant la Patagonie de la Terre de Feu qui portera son nom. Le 21 octobre, il double le cap des onze mille vierges, puis traverse prudemment le détroit jusqu'au cap Désiré (28 novembre). Il atteint une mer calme à laquelle il donne le nom de Pacifique.</p>
<p>6 mars 1521 : Magellan découvre le premier les Mariannes (Islas de Ladrones).</p>
<p>16-18 mars 1521 : Magellan débarque sur l'île d'Homonhon aux Philippines.</p>
<p>7 avril 1521 : Magellan arrive à Cebu. Il convertit au catholicisme le roi de Cebu et de nombreux habitants (14 avril).</p>
<p>27 avril 1521 : Magellan est tué avec six autres hommes de la flotte alors qu'il tente de mater le roi de Mactan qui refusait de reconnaître le roi chrétien de Cebu. L'expédition, commandée par João Lopes Carvalho, met la voile pour essayer de rejoindre les Moluques.</p>
<p>Avril 1521, Mexique : le chef tlaxcalan Xicohténcatl entreprend de déserter après la mort de Maxixcatl, emporté par l'épidémie de variole (décembre 1520). Cortés le fait exécuter.</p>
<p>26 mai 1521 : début du siège de Tenochtitlan par Hernán Cortés.</p>
<p>13 août 1521 : Hernán Cortés parvient à reprendre Tenochtitlan (Mexico), la capitale aztèque, après trois mois de siège, qui ont laissé la ville en ruines. Le Mexique devient la Nouvelle Espagne.</p>
<p>31 janvier 1522 : Pedro de Alvarado quitte Coyoacán pour mater l'insurrection des Mixtèques soulevés contre les Espagnols (1520-1523). Il entre à Oaxaca le 20 février, et le 4 mars il conquiert la capitale mixtèque Tututepec. Les Mixtèques sont d'excellents orfèvres. Alvarado, en faisant main basse sur leurs bijoux, les fait fondre pour les transformer en lingots.</p>
<p>15 octobre 1522, Valladolid : Hernán Cortés est nommé par Charles Quint gouverneur général de la Nouvelle-Espagne. Il administre le Mexique de manière autoritaire.</p>
<p>1522 : Révolte des noirs à Haïti.</p>
<p>6 décembre 1523 : Pedro de Alvarado part en expédition au Salvador et au Guatemala où il fonde Santiago de los Caballeros le 25 juillet 1524. Parti à la recherche d'or, il commet de nombreux massacres d'indigènes.</p>
<p>1523 : Révolte des noirs à Saint-Domingue.</p>
<p>12 octobre 1524 : Cortès monte une expédition punitive au Honduras. Le dernier empereur Aztèque Cuauhtémoc, soupçonné de vouloir soulever les Indiens, est pendu par Cortés au cours de l'expédition (28 février 1525). Cortés atteint Nito (San Gil de Buena Vista), puis s'embarque pour Trujillo, qu'il quitte par la mer le 25 avril 1526 pour rejoindre Mexico, en proie aux intrigues et aux conspirations.</p>
<p>2 février 1525 : l'expédition de Francisco Pizarro, en route vers le Pérou, débarque en Tierra Firme à Candelaria, en Colombie actuelle. Pizarro rebrousse chemin après l'attaque d'une tribu indigène à Punta Quemada.</p>
<p>Juillet-18 octobre 1526 : échec de Lucas Vázquez de Ayllón dans sa tentative de colonisation de la Floride.<br class='autobr' />
1527, Pérou : mort de l'inca Huayna Capac. Guerre civile entre Huascar et son demi-frère Atahualpa.</p>
<p>Octobre 1528 : premier autodafé du Nouveau Monde à Mexico (exécution par le feu de prétendu hérétiques par l'Inquisition catholique).</p>
<p>20 mai 1530 : Diego de Ordás reçoit de la Couronne d'Espagne les lettres patentes qui l'autorisent à conquérir et peupler les provinces entre le río Marañón (Orénoque) jusqu'au Cabo de la Vela (Guajira). Il explore la côte guyanaise et l'Orénoque (1530-1531). Il meurt d'insolation sur les berges du Rio Negro.</p>
<p>15 juillet 1530 : Hernán Cortés, de retour au Mexique comme marquis de la Vallée d'Oaxaca, s'installe à Cuernavaca. Il exploite la région par des plantations (mûrier, chanvre, lin, canne à sucre), l'élevage (mérinos et bovins), et l'exploitation de mines d'or (Tehuantepec) et d'argent (Zacatecas).</p>
<p>22 janvier 1532, Brésil : Martin Afonso fonde le premier village de colonisation : la Vila de São Vicente (État de São Paulo)1. Le système du donataire est généralisé.</p>
<p>Avril 1532, Pérou : Atahualpa vainqueur de son demi-frère Huascar à la bataille de Quipaipan, près de Cuzco, devient Inca.</p>
<p>16 mai 1532 : Francisco Pizarro quitte Tumbes. Il découvre le port de Paita et assure ses arrières. Il reçoit un messager d'Huascar qui réclame du secours auprès de lui.</p>
<p>24 septembre 1532 : Pizarro part vers le sud avec 168 hommes.</p>
<p>15 novembre 1532 : à Cajamarca, Pizarro rencontre l'armée d'Atahualpa, qui compte prendre le pouvoir à Cuzco, et entreprend des pourparlers avec son chef.<br class='autobr' />
Lorsque Pizarro arrive au Pérou en 1532, il est perçu comme un dieu. Il enlève l'empereur Atahualpa et encourage la révolte des peuples soumis aux Incas. L'empire se morcelle et l'empereur est finalement exécuté par les Espagnols en 1533. Les conquistadors contrôlent le territoire inca au milieu du XVIe siècle, même si des résistances ont encore lieu. La formation de l'Empire colonial espagnol s'accompagne de pillages, de maladies nouvelles qui font des ravages, de la famine, de l'asservissement des Amérindiens dans les encomiendas et de l'évangélisation de la population.</p>
<p>La démographie historique estime qu'une majorité d'Amérindiens sont morts à la suite des maladies infectieuses introduites par les Espagnols, contre lesquelles les Amérindiens n'étaient pas immunisés. Au contact des Européens, les Amérindiens ont eu une très grande baisse démographique causée par les maladies importées de l'Europe et les épidémies dues au choc microbien, car ces maladies comme la coqueluche, la rougeole ou la variole, n'étaient pas connues des tribus. Le processus a commencé dès les années 1500 et les épidémies de variole (1525, 1558, 1589), de typhus (1546), de grippe (1558), de diphtérie (1614), de rougeole (1618) ou encore de peste bubonique (1617-1619, en Nouvelle-Angleterre) ont décimé des millions d'indigènes. Par exemple, les Timicuas, en Floride, qui en 1650 étaient 13 000 répartis sur 40 villages, ne furent après une épidémie de petite vérole que 35 en 1728, regroupés dans un seul hameau.</p>
<p>Le nombre de morts indigènes de maladies, d'exploitation ou d'assassinat par les forces coloniales est estimé à 90 millions, dont 10 millions pour l'Amérique du Nord.</p>
<p>16 novembre 1532 : Pizarro réussit à s'emparer de la personne de l'Inca qui accepte toutes les conditions imposées pour sa libération (dont 88 m3 d'or de rançon, réunie en juillet 1533). La rançon est partagée entre les vainqueurs après envoi du quinto en Espagne, mais Pizarro préfère exécuter l'Inca pour le meurtre de son frère Huascar. Il sera garrotté devant les soldats (29 août 1533).</p>
<p>26 juillet 1533 : Atahualpa, le dernier empereur inca capturé par traîtrise par Pizarro, est condamné à mort et étranglé. La résistance inca est désorganisée. Pizarro partage les Indiens entre ses hommes selon le système de l'encomienda. Chacun reçoit 40 000 indigènes. Ce système ruinera le système économique de l'empire inca. L'introduction de l'économie monétaire et de nouvelles formes de tribut (travaux forcés dans les mines), achèveront de désintégrer l'équilibre du système. Les Espagnols utilisent l'ancien système de pouvoir et d'échanges à leur avantage, mais sans que fonctionne le principe de réciprocité dans l'échange, qui en était le fondement.</p>
<p>Octobre 1533 : révolte de Rumiñahui qui veut prendre le pouvoir depuis Quito avec l'armée d'Atahualpa (12 000 hommes). Belalcázar le bat en plaine avec 200 fantassins et 80 cavaliers pendant l'irruption du Cotopaxi, qui terrifie les Indiens. Rumiñahui parvient à s'enfuir dans la montagne. Capturé, il meurt des suites de ses tortures le 25 juin 1535.</p>
<p>15 novembre 1533 : les Espagnols occupent Cuzco où ils placent Manco Capac II, frère d'Atahualpa, sur le trône des Inca (fin en 1537). La ville est mise à sac.</p>
<p>20 avril 1534 : Jacques Cartier, qui s'est mis en tête de trouver la route du Nord pour atteindre les Indes sans passer par la longue et périlleuse route du Sud, part de Saint-Malo avec deux petits bâtiments, et le soutien du roi François Ier, à la recherche du passage. À défaut, il découvrira le Canada et le Labrador. Il reconnaît partiellement les côtes de Terre-Neuve (10 mai), de l'île du Prince-Édouard et du Nouveau-Brunswick, puis explore le Saint-Laurent (1534 et 1535-1536).</p>
<p>24 juillet 1534 : Jacques Cartier arrive à Gaspé, y plante une croix et prend possession du territoire au nom du roi de France. Donnacona, le chef du village amérindien de Stadaconé (Québec) proteste contre ce geste.</p>
<p>3 mai 1535 : l'expédition de Hernán Cortés en Basse-Californie atteint La Paz6. Cortès découvre la mer qui portera son nom et revendique la Californie pour l'Espagne. Les difficultés que rencontre la colonisation (maladies, attaques des Indiens) provoquent le rappel de l'expédition par le vice-roi Antonio de Mendoza en 1540.</p>
<p>3 juillet 1535 : départ de Cuzco de l'expédition de Diego de Almagro au Chili, avec 570 Espagnols et 15 000 Indiens sous les ordres de Paulus, frère de Manco Cápac II (fin en 1537). Il perd 150 Espagnols et 10 000 Indiens dans la traversée des Andes avant d'atteindre la plaine de Copiapo, puis le Pacifique à Coquimbo. Passé le rio Rappel, il se heurte aux Araucans qui s'opposent à toute installation permanente des colons.</p>
<p>22 janvier 1536 ou 3 février 1536 : le conquistador espagnol Pedro de Mendoza fonde la ville de Nuestra Senora del Buenos Aires (Argentine). Il se heurte plus au nord aux Indiens Guaranís qui entendent conquérir les hauteurs de la Bolivie et du Paraguay actuels. Ce sont de rudes guerriers, maîtres du lasso, et les pertes qu'ils infligent aux Espagnols sont considérables. Dans leur avancée, les Guaranis ont repoussé, venant de l'est, les tribus arawaks, et après avoir conquis un des lambeaux de l'ex-Empire Inca, se heurtent aux Espagnols. Pour mieux leur résister, les tribus indiennes s'unissent sous l'égide des Chiriguanos, les plus actifs des Guaranis. Pedro de Mendoza laisse le commandement à Juan de Ayolas et se rembarque pour l'Espagne. Il meurt sur le chemin du retour (24 juin 1537).</p>
<p> Mars 1536 : arrivée de Diego de Almagro dans la vallée du Rio Copiapo au Chili. Début de la conquête des terres constituant le Chili actuel, contre les indiens Araucans, par les espagnols, conduits par Almagro puis Pedro de Valdivia (1541).</p>
<p> 5 avril 1536 : départ de l'expédition de Gonzalo Jiménez de Quesada en Colombie pour le compte d'Alonso Fernandez de Lugo. Il part de Santa Marta avec 700 Espagnols et 3000 auxiliaires indigènes et remonte difficilement le fleuve Magdalena dans le but d'atteindre le légendaire Eldorado. Il perd de nombreux hommes et pille au passage des tombes indigènes. Il parvient dans l'empire des Chibcha où il est bien accueilli. Il trouve Zipaquirá, la capitale de Bogota, le Zipa des Chibcha, déserte. Les temples de la ville sont revêtus d'or et d'émeraudes. Les Espagnols torturent les habitants pour connaître la provenance de l'or. Ceux-ci les envoient plus au sud, mais ils ne trouvent rien. Sur le chemin du retour à Zipaquirá, Quesada rencontre les expéditions de Sebastián de Belalcázar, venu de Quito et de Nikolaus Federmann, venu de Coro, au Venezuela et travaillant pour les Welser (1538).</p>
<p>18 avril 1536, Pérou : l'Inca Manco Cápac II, retenu par les Espagnols à Cuzco, est libéré sous le prétexte d'aller célébrer l'anniversaire de la mort son père Huayna Capac. Réfugié dans la montagne andine, il organise la guerre contre les espagnols à travers tout le pays. Lima et Cuzco sont assiégées, mais l'armée indienne, par manque de préparation, doit se replier.</p>
<p>8 avril 1537 : Diego de Almagro, de retour du Chili, entre dans Cuzco après avoir bousculé les troupes de Manco Cápac II. Il fait incarcérer au Sacsayhuamán, forteresse de Cuzco, Hernando et Gonzalo Pizarro et se proclame gouverneur, puis marche sur Lima en emmenant Hernando en otage.</p>
<p>2 juin 1537 : publication de la lettre Veritas ipsa du pape Paul III qui déclare que les Amérindiens sont des êtres humains.</p>
<p>9 juin 1537 : bulle Sublimis Deus de Paul III qui déclare que les Indiens sont capable de recevoir la foi chrétienne.</p>
<p>15 août 1537 : Juan de Ayolas fonde le poste d'Asuncion au Paraguay. Il tombe sous les coups d'une boleadoras (lasso à boules) maniée par un indigène.</p>
<p>Septembre 1538 : Début de la conquête des terres constituant la Bolivie actuelle par les conquistadors espagnols.</p>
<p>Avril 1539 : nommé lieutenant général de la Nouvelle Tolède (Chili), Pedro de Valdivia entreprend la conquête difficile du Chili (1540).</p>
<p>30 mai 1539 : l'espagnol Hernando de Soto débarque à la baie de Tampa en Floride. Il atteint la baie de Mobile (octobre 1540), les Bouches du Mississippi (mai 1541), puis remonte vers l'Arkansas et les franges de l'Oklahoma. Ses soldats sont décimés par les fièvres et les attaques des Indiens. De Soto rebrousse chemin, puis meurt en 1542 sur les bords du Mississippi. Les rescapés, regroupés autour du penon de leur chef, décident de marcher vers le Mexique. Ils traversent l'Oklahoma pour se heurter aux contreforts des Rocheuses. Ils regagnent alors le Mississippi et descendent le fleuve après avoir construit sept grands canots. Attaqués par les Indiens, ils parviennent jusqu'au golfe du Mexique où ils sont pris dans la tempête. Les rescapés, rejetés sur la côte, marchent épuisés jusqu'au poste de Río Pánuco, à hauteur de Tampico.</p>
<p>1539 : Guerre civile pour le partage du butin entre les conquistadores au Pérou. Tous les chefs (Diego de Almagro, Francisco Pizarro et ses frères, les fils d'Almagro) trouvent successivement la mort entre 1539 et 1541 en s'entretuant.</p>
<p>22 avril 1540 : l'expédition de l'Espagnol Francisco Vásquez de Coronado quitte Culiacán. Elle remonte le Río Grande, explore l'Arizona et le Nouveau-Mexique (fin en 1542).</p>
<p>7 juillet 1540 : Francisco Vásquez de Coronado atteint Háwikuh, en territoire zuñi. Il envoie des détachements pour prospecter la région. Certains atteignent le Kansas. L'un d'eux, commandé par López de Cárdenas, découvre le Grand Canyon du Colorado. Coronado repart en avril 1542. À son retour au Mexique, il doit mater la rébellion des Indiens du Zacatecas, avec l'aide de Pedro de Alvarado, qui meurt tué par les Indiens le 4 juillet 1541.</p>
<p>4 juillet 1541, rébellion des Indiens du Zacatecas au Mexique : Pedro de Alvarado, qui meurt écrasé sous son cheval au cours de la répression.</p>
<p>1541 : Gonzalo Pizarro part pour une expédition dans l'intérieur du continent, à la recherche de la cannelle. Ils franchissent les Andes et atteignent le río Napo, après avoir perdu 140 des 220 Espagnols et 3 000 des 4 000 Indiens de l'expédition. N'ayant découvert que des faux canneliers, Pizarro fait brûler et dévorer par ses chiens ses guides indiens.</p>
<p>24 juin 1542 : Francisco de Orellana affronte dans la région de l'Amazone un peuple dirigé par des femmes guerrières, qu'il nomme Amazones.</p>
<p>21 avril 1545 : ouverture, au pied du Cerro Rico (la Montagne riche), des mines d'argent de Potosí au Pérou (actuellement en Bolivie), par Juan de Villarroel. Pendant près de 30 ans, aux mines de Potosí, les Indiens imposent leurs propres modes d'extraction, que les occupants n'arrivent pas à contrôler. Ce n'est qu'en 1574, lors de l'introduction d'une technique d'amalgame, que les Espagnols peuvent briser le contrôle que les Indiens exercent sur la production d'argent.</p>
<p>1545 : Assassinat de Manco Capac II par un conquistador qui lui tendit un piège par trahison. Début du règne de son fils Sayri Tupac, souverain inca de Vilcabamba (fin en 1560).</p>
<p>1545 : Épidémie de variole au Mexique tuant 800 000 Indiens.</p>
<p>8 novembre 1546 : révolte maya au Yucatán. Fin 1546, les Espagnols soumettent définitivement les Mayas.</p>
<p>1548 : Révolte des noirs à Saint-Domingue.</p>
<p>Avril 1549 : Pedro de Valdivia est de retour au Chili. Pendant son absence, La Serena a été incendiée par les Promaucas venus du sud (janvier) et Coquimbo s'est révoltée. Valdivia châtie les coupables et remet de l'ordre dans la colonie.</p>
<p>22 février 1550 : Le conquistador espagnol Pedro de Valdivia atteint le Bio Bio, dans le territoire des Araucans. Ceux-ci se regroupent pour former une armée de 4000 hommes placés sous le commandement du toqui Ayavilu, sous l'influence du sage Colocolo. Valdivia réussit à les vaincre dans la plaine d'Andalion grâce à sa cavalerie et ses armes à feu. Ayavilu est tué et les prisonniers araucans sont libérés avec les mains et le nez coupés. Valdivia entre en Araucanie où il fonde plusieurs cités protégées par trois fortins, Arauco, Tucapel et Puren</p>
<p>15 août 1550 -fin septembre 1550 : première session de la controverse de Valladolid qui porte sur le statut des Indiens d'Amérique (appartiennent-ils à l'humanité ? Quel traitement leur accorder ?) et qui oppose Bartolomé de Las Casas et le théologien Sepúlveda devant l'empereur Charles Quint. La controverse tourne à l'avantage de Las Casas (ses arguments sont dans l'intérêt du monarque qui souhaite dessaisir les conquérants de la capacité de traiter les Indiens à leur guise, pour pouvoir les soumettre directement, au nom de l'Église).</p>
<p>Novembre 1550 : Des Indiens chichimèques commencent à attaquer les caravanes muletières chargées de ravitailler les mines d'argent de Zacatecas ouvertes par les Espagnols au Mexique en 1546. Début de la grande guerre chichimèque, qui ravage le nord de la Nouvelle-Espagne jusqu'en 1600.</p>
<p>25 décembre 1553, Chili : Les Araucans désignent comme chef Caupolicán et attaquent le fortin de Tucapel. Pedro de Valdivia, croyant à une simple escarmouche, marche sur le fort assiégé avec une trentaine de cavaliers et quelques supplétifs indiens. Il trouve le fort incendié et sa garnison massacrée. Assaillis par les Araucans, les Espagnols sont décimés à l'exception de leur chef et du père Poza, qui mourront des suites d'horribles tortures. Les Araucans, conseillés par Lautaro, ancien yanacona (serviteur) de Valdivia ont su s'emparer de chevaux pour les utiliser contre les Espagnols.<br class='autobr' />
Février 1554, guerre d'Arauco : offensive des Araucans au Chili, dirigée par Caupolicán, conseiller par Colocolo et le jeune Lautaro. Six cent combattants d'élites, soutenus par des milliers d'auxiliaires, marchent vers le Nord. La cité de Valdivia résiste, mais Concepción doit capituler après la bataille de Marihueñu (26 février). Francisco de Villagra défend le cours du Bio Bio et Lautaro est tué en tentant de franchir le fleuve (1er avril 1557). Caupolican se borne alors à défendre sa frontière, lançant quelques raids sporadiques au nord du Bio Bio.<br class='autobr' />
1er avril 1557, guerre d'Arauco, Chili : mort au combat du chef mapuche Lautaro.</p>
<p>7 novembre 1557 : bataille de Lagunillas ou du Biobío. Garcia de Mendoza décide de prendre les Araucans à revers, débarque à Concepción et bât les Araucans sur les bords du lac de Lagunilla. Le chef araucans Galvarino a les mains coupées avant d'être libéré.</p>
<p>30 novembre 1557 : Garcia de Mendoza est de nouveau victorieux de Caupolicán dans la plaine de Melirupu (Millarapue), libérant de la pression des Indiens Valdivia et la côte. Pour contrôler l'Araucanie, il fait construire la place forte de Cañete et la confie à Alonso de Reinoso.</p>
<p>Janvier 1558 - février 1558, guerre d'Arauco : Caupolicán, chef des Araucans, est pris et exécuté alors qu'il tentait de prendre Cañete. La résistance des autochtones au pouvoir espagnol au Chili se poursuit. Nangoniel sera tué à seize ans en essayant d'enlever un fortin, Quintunguenu tiendra tête au capitaine Sotomayo, et Janequeo, une femme, tiendra en échec les troupes espagnoles.</p>
<p>26 novembre 1569 : Francisco de Toledo, nommé vice-roi du Pérou, arrive à Lima (fin en 1581). Il entreprend l'intégration et l'exploitation de la population indigène, notamment par une politique de réduction des anciens villages qui brise l'ancienne organisation en ayllus. Un ayllu (mot d'origine quechua et aymara) est une communauté composée de plusieurs familles dont les membres considèrent qu'ils ont une origine commune (réelle ou fictive) qui travaille de façon collective dans un territoire de propriété commune. Cette forme d'organisation sociale était l'une des plus présentes dans la région andine à l'époque précolombienne.</p>
<p>9 janvier 1570 : création du Tribunal de l'Inquisition à Lima, au Pérou.<br class='autobr' />
20 mars 1570 : au Brésil, un décret garantit la liberté des Indiens, mais la loi et la volonté de l'appliquer ne seront pas suffisantes pour empêcher les violences qu'ils continueront à subir. La loi permet aux colons de réduire les Indiens en esclavage seulement en cas de guerre juste ou à la demande de l'Indien ou s'il s'enfuit d'une « aldeia » et reste absent plus d'un an.</p>
<p>Mai 1571, révolte des Indiens au Pérou : l'inca Titu Kusi Yupanqui (1560-1571) meurt peut-être empoisonné entre mars et juin. Début du règne de Túpac Amaru, dernier souverain inca, il sera exécuté en 1572.</p>
<p>24 juin 1572 : les Espagnols entrent dans Vilcabamba, dernier bastion Inca, déserté par sa population.</p>
<p>22 septembre 1572 : Francisco de Tolède fait exécuter Túpac Amaru, le dernier inca quechua, mettant fin à la résistance inca au Pérou.</p>
<p>28 février 1574 : premier autodafé de l'Inquisition au Mexique.<br class='autobr' />
1576, Mexique : épidémie de variole tuant plus de deux millions d'Indiens dans les diocèses de Mexico, Michoacán, Puebla et Oaxaca.</p>
<p>17 août 1585 : Richard Grenville et ses sept navires affrétés par Walter Raleigh accostent à Roanoke pour organiser la colonisation de la Virginie pour l'Angleterre. Les Indiens qu'ils y rencontrent se montrent hospitaliers, mais suite au vol d'une tasse en argent par l'un d'entre eux, Grenville pille et incendie leur village.<br class='autobr' />
22 juillet 1587 : un groupe de colons anglais tente de s'installer dans la colonie de Roanoke désertée, en Caroline du Nord.</p>
<p>1er janvier 1590, Brésil : Christophe de Barros repousse dans la varzea du Potiipeba (Sergipe) une sortie du cacique Mbaepeva et pénètre dans l'enceinte défendue par ce dernier. Les Indiens sont totalement défaits, 1600 meurent et 4000 sont faits prisonniers.</p>
<p>15 mars 1603 - 20 septembre 1603, Honfleur : voyage de Samuel de Champlain au Canada. Il prend possession de Terre-Neuve et de l'Acadie. Début de la colonisation française en Amérique du Nord, Terre-Neuve, Nouvelle-Écosse et Nouvelle-France.</p>
<p>10 avril 1606 : le roi Jacques Ier d'Angleterre accorde une charte qui donne la concession de la côte américaine comprise entre les 34° et 45° degrés de latitude à deux compagnies (Londres et Plymouth).</p>
<p>30 juillet 1609 : Samuel de Champlain et ses hommes affrontent les Iroquois à l'emplacement du futur Fort Carillon, aujourd'hui Crown Point, New York. Champlain braque son arquebuse et fait feu sur l'un des Iroquois. Deux sont tués du coup. Les Iroquois sont terrifiés.</p>
<p>10 juin 1610 : la flotte de sir De La Warr arrive en Virginie avec du ravitaillement et de nouveaux colons et réoccupe Jamestown, qui compte alors 300 habitants.</p>
<p>9 août 1610, première guerre anglo-powhatans : les colons de Jamestown attaquent le village indien de Paspahegh. Lors de la famine à Jamestown au cours de l'hiver, certains colons se sont réfugiés auprès du chef indien Powhatan pour se nourrir. Lorsque l'été revient, le gouverneur de la colonie, Thomas Gates, demande à Powhatan de restituer les fugitifs. Devant son refus, un groupe de soldats attaque un village, tuent une quinzaine d'Indiens, brûlent les habitations et saccagent les cultures de maïs. Ils se saisissent de la reine de la tribu et de ses enfants, puis les massacrent.</p>
<p>5 avril 1614 : Pocahontas, une princesse indienne nord-américaine épouse un colon anglais de Virginie, John Rolfe.</p>
<p>10-16 octobre 1615 : Samuel de Champlain et ses alliés Hurons assiègent vainement un fort iroquois ; blessé, Champlain doit hiverner en Huronie.</p>
<p>1616 : Une épidémie de variole décime la population indienne en Nouvelle-Angleterre.<br class='autobr' />
1617 : Les colons de Virginie expédient le premier chargement important de tabac à destination de l'Angleterre. Introduction en Virginie de l'indenture, contrat de servitude temporaire, par lequel un homme s'engage à travailler pour une durée limitée sur les terres d'un colon en échange de son voyage et de l'obtention d'une terre en pleine propriété au terme du contrat. Le contrat se généralise au point de concerner un tiers de la population de Nouvelle-Angleterre. Ces serviteurs sous contrats, hommes et femmes, voyagent dans des conditions effroyables et sont vendus à leur arrivée comme des esclaves.</p>
<p>Février 1618 : Samuel de Champlain propose à Louis XIII dans un mémoire d'évangéliser les indigènes du Québec et d'établir des centres importants. Le roi de France donne son accord le 12 mars.</p>
<p>21 novembre 1620 : arrivés sur le Mayflower, pris dans la tempête, les Pilgrim Fathers, 102 puritains anglais débarquent en Amérique (Nouvelle-Angleterre), à Cap Cod et fondent le 20 décembre la colonie de Plymouth, première ville du Massachusetts, hors de la concession octroyée par le roi (1622). Ces Pilgrim's fathers (41 en tout) ont dû fuir Nottingham (1608), pour s'établir à Leyde dans les Provinces-Unies. Ils signent un accord, le Mayflower Compact, qui est à la base d'une démocratie calvinienne.</p>
<p>En 1621, les colons du Mayflower sont sauvés de la famine par le chef Massasoit. C'est l'origine de Thanksgiving. Lorsque les Pères pèlerins et les colons du Mayflower, s'installèrent, Massasoit, père du chef indien appelé « le roi Philip », grand sachem de la tribu Wampanoag, forma une alliance avec eux lors d'un repas auquel les Pères pèlerins l'avaient convié, lui et 90 de ses hommes, afin de célébrer les premières récoltes de la colonie de Plymouth en 1621. Durant ce festin, des dindes furent offertes (épisode commémoré aujourd'hui par la fête de Thanksgiving). Le chef Massasoit renouvela ce même rite d'alliance avec les membres de la colonie de la baie du Massachusetts en 1638.</p>
<p>22 mars 1622 : attaques indiennes contre la colonie de Jamestown (fin en 1644). Les Indiens algonquins massacrent 347 colons en Virginie. Les survivants répliquent de façon impitoyable.</p>
<p>1623 : Une colonie anglaise est fondée à l'emplacement de Portsmouth dans le New Hampshire en Amérique du Nord.</p>
<p>Mai 1624 : la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales envoie le premier contingent de 30 familles de colons vers la Nouvelle-Néerlande, composées pour la plupart de protestants wallons. Dix-huit d'entre elles remontent l'Hudson et fondent Fort Orange près de l'actuelle Albany. Des colons occupent temporairement Noten Eyland (Governors Island) dans le delta de l'Hudson, avant de s'installer à Manhattan l'année suivante.<br class='autobr' />
13 mai 1625, Whitehall : une proclamation royale déclare que la Virginie, les Bermudes et la Nouvelle-Angleterre font partie de l'Empire anglais. Une administration coloniale est instituée. La Virginie devient colonie de la Couronne britannique. Elle est placée sous l'autorité d'un gouverneur nommé par la Couronne, flanqué d'un Conseil et d'une Chambre élus par les colons.</p>
<p>1626 : Massacre de 2000 indiens caraïbes à Bloody Point par les colons anglais et français. Génocide des indiens Kalinago (peuple Caraïbe) sur l'Île Saint-Christophe.</p>
<p>12 juin 1630 : colonisation de la baie du Massachusetts par la compagnie anglaise du même nom. Chaque actionnaire reçoit 200 arpents de terre pour s'installer. John Winthrop devient gouverneur de la colonie de la baie du Massachusetts. Il justifie son occupation des territoires indiens par le fait que la terre est juridiquement « vacante ». Il prétexte que les Indiens n'ont pas « soumis » la terre, et en conséquence n'ont qu'un droit « naturel » sur elle et non un droit « réel ».</p>
<p>26 janvier 1636 : Charles Liènard de l'Olive engage (pour la France) les hostilités contre les Caraïbes de Guadeloupe (fin en 1639). Leur extermination commence. <a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article4110" class="spip_out" rel="external">Le génocide des amérindiens caraïbes des Antilles</a></p>
<p>20 juillet 1636 : le négociant du Massachusetts John Oldham est tué par les indiens à Block Island.</p>
<p>Août 1636 : suite au meurtre d'un négociant blanc, John Stone, fauteur de trouble et kidnappeur d'indien avéré, par les Pequots au Connecticut en 1634, puis à celui de John Oldham, une expédition punitive quitte Boston pour attaquer les Indiens narragansetts de Block Island que l'on prend pour des Pequots. Les Indiens se réfugient dans les forêts et les Anglais investissent des villages désertés, détruisant les récoltes.</p>
<p>13 décembre 1636 : fondation d'une milice au Massachusetts, à l'origine de la Garde nationale des États-Unis, contre les Pequots.</p>
<p>La tribu Pequot est une tribu amérindienne qui vivait au XVIIe siècle dans la région du Connecticut au nord-est des États-Unis. Ils appartenaient au groupe linguistique des Algonquiens. Ils furent quasiment tous décimés lors de la Guerre des Pequots (1637) et notamment lors du Mystic massacre qui les opposait aux colons anglais.</p>
<p>26 mai 1637 : le capitaine John Mason attaque un village Pequot sur la Mystic River, faisant plus de 600 victimes. La Guerre contre les Pequots culmine en Nouvelle-Angleterre (Connecticut). Extermination presque totale de la tribu. Les Anglais évitent l'affrontement direct et massacrent les populations civiles. Ils offrent une prime sur remise du scalp pour tout Indien tué.</p>
<p>26 février 1638 : à Boston, William Pierce le capitaine du Desire, construit en 1636 à Marblehead, près de Salem, importe la première cargaison d'esclaves de la Barbade, qu'il échange contre des esclaves amérindiens, les traces écrites établissant la première présence d'esclaves noirs au Massachusetts vers 1638.</p>
<p>21 septembre 1638 : traité de Hartford ; fin de la guerre contre les Pequots en Nouvelle-Angleterre (Connecticut) commencée en mai 1637. Les Pequots survivants sont vendus comme esclaves. La langue et l'emploi du nom Pequot devient hors-la-loi dans les colonies anglaises.</p>
<p>1639 : plus de soixante esclaves de Saint-Christophe se révoltent et s'arment en gagnant les hauteurs.</p>
<p>13 juin 1641 : début de la première guerre franco-iroquoise (fin en 1645). En dépit des nombreux traités de paix qui interrompront la guerre, elle durera 25 ans.</p>
<p>25 février 1643 : massacre par les Hollandais de 80 Indiens pacifiques réfugiés à Pavonia, en Nouvelle-Néerlande, après une attaque des Mohawks. Début de la Guerre de Kieft, insurrection générale de onze tribus indiennes contre les colons (1643–1645).</p>
<p>9 juin 1643 : au Québec, les Iroquois livrent une guerre d'embuscades contre le poste de Ville-Marie (Montréal). Trois colons sont tués et trois autres fait prisonniers.</p>
<p>Septembre 1643 : exécution du chef Miantonomo par les Mohegan. Début d'une guerre entre les Indiens Naragansetts et les Anglais en Nouvelle-Angleterre (fin en 1645).</p>
<p>30 mars 1644, Québec : les chiens, dont la fameuse chienne Pilote, dénichent des Iroquois cachés dans les alentours de Ville-Marie. Maisonneuve prépare l'attaque. Il s'avère cependant que les Iroquois sont au nombre de 200. Les Français doivent rapidement battre en retraite.</p>
<p>18 avril 1644 : attaque indienne en Virginie. 500 colons sont tués.</p>
<p>20 septembre 1645, Canada : paix entre les colons français et les Agniers (Iroquois). Elle ne durera qu'un an.</p>
<p>5 octobre 1646 : traité de paix entre les Anglais et les Indiens Powhatans en Virginie, signé après que gouverneur sir William Berkeley ait capturé leur chef Opechancanough.</p>
<p>15 octobre 1646, Québec : reprise des hostilités avec les Agniers (Iroquois) quand ces derniers capturent le père jésuite Isaac Jogues et Jean de La Lande. Les Agniers se rendent compte que les Français qui reviennent d'Europe causent des décès dans leur communauté (microbes). Pour conjurer la mort, un Agnier tue d'un coup de hache le père Jogue (18 octobre) et le lendemain Jean de La Lande.<br class='autobr' />
16-19 mars 1649, Canada : les Hurons sont vaincus par la Ligue des Iroquois. Les Iroquois attaquent les missions huronnes de Saint-Ignace et de Sainte-Marie.</p>
<p>26 juillet 1651 : les Iroquois attaquent l'Hôtel-Dieu de Jeanne Mance à Montréal.</p>
<p>1654 : les Kalinas de Martinique attaquent les colons avec le soutien des nègres marrons.</p>
<p>1656 : une révolte servile éclate en Guadeloupe, dirigée par deux esclaves, Pèdre du Cap-Vert et Jean Leblanc de l'Angola.</p>
<p>Septembre 1658 : expulsion et massacre des Indiens caraïbes à la Martinique par l'armée coloniale. Cette guerre des Blancs contre les Indiens caraïbes, menant à leur élimination physique, qui double en 20 ans la surface martiniquaise des planteurs blancs</p>
<p>2 mai 1660, Québec : bataille de Long Sault. Le 1er mai, Adam Dollard des Ormeaux et 16 de ses amis arrivent à Long-Sault et attendent, dans les restes d'une palissade abandonnée, les Iroquois (qui avaient déclaré la guerre aux Blancs) qui remontent la rivière Ottawa. Ne sachant pas que le groupe d'Iroquois compte environ 300 hommes, ils se barricadent dans leur palissade où ils seront assiégés pendant une semaine. Les Hurons font défection, l'eau se met à manquer, et quand un baril de poudre explose dans la palissade, les assiégés tombent aux mains des Iroquois.</p>
<p>1662 : guerre entre les Hollandais et les Amérindiens Delaware de la tribu des Esopus dite guerre d'Esopus qui se termine le 15 mai 1664.</p>
<p>1665 : formation d'un premier groupe de 500 marrons en Martinique dirigés par Francisque Fabulé.</p>
<p>8 juillet 1667, Québec : traité de paix de la France avec les Iroquois.</p>
<p>Avril 1670 : les Anglais fondent un établissement colonial à Charleston (Charles Town) en Caroline du Sud. Cette colonie est fondée sur la traite des Amérindiens de Caroline vers les Antilles qui représentera au total 24 000 à 51 000 indiens.</p>
<p>1674 : Révolte des noirs dans les Antilles anglaises. Les esclaves malgaches de la Réunion se révoltent eux aussi.</p>
<p>20 juin 1675 : début de la « Guerre du roi Philippe » contre les Indiens, au Massachusetts (fin en octobre 1676). Une première guerre a lieu en 1675 après la restauration anglaise, le roi Philip fils (Metacomet ou Metacam), couronné en 1662, étant obligé de déposer les armes, alors que les tensions territoriales entre colons et indiens s'amplifiaient. L'assassinat d'un indien converti au protestantisme conduit à l'exécution de trois Wampanoags, alliés aux blancs.</p>
<p>En juin 1675, les Wampanoags brûlent Swansea en représailles. Les Nipmucks et les Narragansets les rejoignent. De leur côté, les Mohawks refusent de rejoindre le roi Philip. Ces derniers, ex-mercenaires des colonies des Pays-Bas, sont en effet passés aux Britanniques qui ont racheté New-York aux Hollandais.</p>
<p>En 1676 : les Narangasetts sont vaincus, et leur chef Canonchet tué en avril. En août, le roi Philipp est trahi et tué. Cette guerre aura fait 600 morts du côté des colons anglais et 4 000 du côté des Amérindiens.</p>
<p>Plus au sud, au même moment, la traite des Amérindiens de Caroline vers les Antilles s'amplifie, tandis que débute la même année en 1676 en Virginie la révolte de Nathaniel Bacon.</p>
<p>26 mars 1676, guerre du Roi Philip : une compagnie de 65 colons anglais et de vingt Indiens alliés dirigée par le capitaine Michael Pierce est décimée dans une embuscade sur les rives de la Blackstone River, près de l'actuel Central Falls, par le chef Narragansett Canonchet. Trois jours plus tard les Narragansett attaquent et incendient Providence.</p>
<p>21 avril 1676 : combat de Sudbury, raid victorieux des Indiens contre les colons anglais dans la guerre du Roi Philip.</p>
<p>1676 : Une échauffourée entre Indiens Susquehannocks et colons de Virginie conduit au massacre par Nathaniel Bacon des Ocaneechees.</p>
<p>Juin 1676 : La révolte de Nathaniel Bacon, est déclenchée dans la colonie britannique de Virginie par des Blancs vivant sur la Frontière avec les Indiens, rejoints plus tard par des esclaves noirs et des serviteurs blancs. Elle éclate à propos de la menace indienne dans un contexte de crise agricole et de misère. Les Blancs de la Frontière estiment que le gouverneur de Jamestown, William Berkeley, doit mener une guerre totale contre les Doegs qui se sont lancés dans des actions de guérilla à la suite de différends avec les colons. Nathaniel Bacon, élu à la chambre des Bourgeois de Virginie au printemps, et cousin de Frances Culpeper, la femme du gouverneur William Berkeley, prône la mise en place de détachements armés pour combattre les Indiens. Le gouverneur l'accuse de rébellion et le fait emprisonner. Deux mille colons de Virginie marchent immédiatement sur Jamestown pour lui apporter leur soutien. Berkeley fait libérer Bacon après une promesse de repentance publique. Mais Bacon s'échappe, reforme ses milices et se met à harceler les Indiens. En juillet, il rédige une « Déclaration du Peuple » qui reproche à l'administration ses impôts injustes, son favoritisme, sa mainmise sur le commerce des fourrures et son abandon des fermiers confrontés aux Indiens. Bacon attaque alors les Indiens pamunkeys, considérés comme inoffensifs, en tue huit, fait des prisonniers et s'empare de leurs biens</p>
<p>12 août 1676 : la mort du chef des Indiens Wampanoag, Metacom (dit le roi Philip), met fin à la guerre sur la rive sud de la baie du Massachusetts. Les Anglais, victorieux, ont perdu six cents hommes et trois mille Indiens sont massacrés. La défaite des Indiens en Nouvelle-Angleterre donne aux colons européens le contrôle de la côte nord-américaine.</p>
<p>10 août 1680 : révolte des indiens Pueblos au Nouveau-Mexique, qui prennent Santa Fe le 21 août. Massacre de nombreux colons espagnols. Les autres prennent la fuite. Les établissements espagnols sont détruits (fin en 1692). La Révolte des Pueblos de 1680 ou La rébellion de Popé fut une révolte du peuple des Pueblos contre la colonisation des Espagnols en Amérique, en Nouvelle-Espagne, dans la province du Nouveau-Mexique. Même si les Pueblos réussirent à mettre en fuite les Espagnols en les obligeant à quitter provisoirement la région, ceux-ci profitèrent des divisions internes qui agitèrent la nation pueblo après la révolte pour récupérer leur colonie en 1692.</p>
<p>1er janvier 1682 : à la suite de la révolte des Pueblos, les habitants de la mission espagnole d'Isleta sont déplacés vers El Paso, premier établissement espagnol au Texas.</p>
<p>23 juin 1683 : William Penn signe le traité de paix de Shackamaxon avec les Indiens du Delaware (Tamanend).</p>
<p>4 - 23 juillet 1687, Amérique du Nord : Denonville, pour la France, avec 800 soldats, 1 100 miliciens et 400 Amérindiens, ravage le pays des Tsonnontouans, empêchant ainsi les Iroquois et les Anglais d'enlever aux Français le contrôle du commerce des fourrures.</p>
<p>3 novembre 1687 : un raid de 100 à 200 Iroquois est repoussé au fort Chambly (rive gauche de la rivière Richelieu au Québec).<br class='autobr' />
4-5 août 1689 : massacre de 97 canadiens par les Iroquois à Lachine (région de Montréal).</p>
<p>24 septembre 1689 : alliance entre les Anglais et les Iroquois contre la France. Début de la Première Guerre intercoloniale en Nouvelle-France, ou guerre franco-iroquoise dans le cadre de guerre de la Ligue d'Augsbourg. Elle se termine en 1697 avec le traité de Ryswick.</p>
<p>Les guerres franco-iroquoises sont une série de guerres entre les colons français implantés au Canada et la tribu des cinq nations (plus tard six), connu sous le nom d'Iroquois. Elles ont connu un paroxysme à la fin des années 1680, mais ont débuté bien avant. Les Iroquois sont historiquement proches de leurs partenaires commerciaux de la Nouvelle-Néerlande, néerlandais jusqu'en 1666, puis anglais. Ces derniers entraient en guerre contre la France à partir de 1689. Lorsque les Français arrivent, les Iroquois sont organisés en une confédération de « Cinq nations » : les tribus des Agniers (Mohawks), établis à l'Ouest de l'actuelle New York, celle des Onneyouts (Oneida), des Onontagués (Onondaga), des Goyogouins (Cayuga) et enfin celle des Tsonnontouans (Seneca). Les guerres franco-iroquoises ont eu des motifs principalement commerciaux, les Iroquois se battant contre les Hurons et les implantations françaises de la vallée du Saint-Laurent afin de contrôler le commerce des fourrures en provenance de Nouvelle-France et des colonies hollandaises de New York et du New Jersey.</p>
<p>18 février 1690, guerre franco-anglaise : les Français et leurs alliés Indiens venus de Montréal attaquent Colaer (Schenectady) dans la province de New York ; ils brûlent la ville et massacrent la population.</p>
<p>1692 : Révolte des noirs dans les Antilles anglaises.</p>
<p>25 janvier 1693 : départ de Montréal d'une expédition française contre les Iroquois. Trois villages iroquois au nord d'Albany sont attaqués et détruits par les Français, qui font 300 prisonniers (16-18 février). Le corps expéditionnaire est attaqué par les Anglais dans sa retraite.</p>
<p>4 août 1696, guerres franco-iroquoises : Frontenac, Callières et Ramezay, avec l'aide de 2 000 soldats, miliciens et Amérindiens, détruisent un village abandonné par les Onontagués (Iroquois) et ravagent toutes les récoltes de ses habitants, près d'Oswego.</p>
<p>7 janvier 1699 : traité de paix de Mare point, à Casco Bay (Maine), entre les colons du Massachusetts et les principaux chefs de la confédération « Wabanaki » (Abénaquis).</p>
<p>4 août 1701 : signature de la Grande paix de Montréal, traité de paix entre les Français et les Iroquois en Nouvelle-France (Amérique du Nord). Les Cinq Nations iroquoises promettent de rester neutre dans d'éventuelles guerres entre Anglais et Français..</p>
<p>15 mai 1702 : l'Angleterre et les Pays-Bas déclarent officiellement la guerre à la France et à l'Espagne (Guerre de Succession d'Espagne). Les hostilités commencent entre colons français et anglais en Acadie (1703), entre colons anglais de Caroline et espagnol de Floride.</p>
<p>20 mai 1702, Floride espagnole : des Indiens Creeks, encouragés par les colons anglais de Caroline, attaquent la mission de Santa Fé de Toloca en territoire Timucua.</p>
<p>1702 : Révolte des noirs dans les Antilles britanniques.</p>
<p>1703 : Le scalp (mot d'origine scandinave, et apporté par les Anglais, et non d'origine indienne) d'un autochtone (un indigène) est rémunéré par les autorités coloniales à 40 £. La scalpation est une pratique guerrière qui consiste à arracher tout ou partie du cuir chevelu (scalp en anglais) d'un adversaire, mort ou vivant. Le scalp est conservé comme trophée de guerre pour témoigner du nombre d'adversaires vaincus. Dans l'imaginaire occidental, la scalpation est avant tout associée aux Indiens d'Amérique lors de la Conquête de l'Ouest, mais cette pratique a été mise en place par les colons et soldats anglais… « Le 5 avril 1794, un correspondant du Centinel [un journal de Cincinnati] notait que Colombia, un poste d'observation non loin de là, offrait des primes pour des scalps d'indiens ». En 1750, le scalp d'un Indien adulte (homme de plus de douze ans) ramené par un colon blanc est rémunéré 100 £, celui d'une femme ou d'un enfant de moins de douze ans, 50 £.</p>
<p>29 février 1704 : attaque franco-indienne sur la position anglaise de Deerfield (actuellement dans le Massachusetts).</p>
<p>28 février 1708 : révolte d'esclaves à Long Island (New York) ; 7 blancs sont tués, quatre esclaves, dont un Indien et une femme, sont exécutés.</p>
<p>29 août 1708 : saccage de la colonie britannique d'Haverhill par les franco-indiens.</p>
<p>1711 : Guerre des Tuscaroras en Caroline contre des amérindiens qui protégeaient les esclaves fugitifs.</p>
<p>6 avril 1712 : révolte d'esclaves dans la colonie de New York. Quelque 25 esclaves et deux Indiens incendient un bâtiment et tuent neuf blancs. Capturés par les soldats, ils sont jugés et 21 d'entre eux sont exécutés. Herbert Aptheker dénombre au XVIIIe siècle dans les colonies britanniques d'Amérique du Nord près de deux cent cinquante révoltes et conspirations d'esclaves noirs réunissant au moins dix personnes.</p>
<p>17 avril 1712, Caroline : reddition de Fort Hancock ; les Tuscaroras doivent accepter une paix humiliante. La guerre reprend à l'automne.</p>
<p>22 mai 1712 : début de la rébellion des Tzeltal dans le Chiapas.</p>
<p>Mai 1712 : Première guerre Fox. Les Renards, nation indienne de l'ouest du lac Michigan, tentent de s'emparer du poste de Détroit près duquel ils se sont récemment établis. Les Outaouais et les Illinois prêtent main-forte à Dubuisson et à ses quelque 20 soldats pour contre-attaquer. Les Renards sont défaits.</p>
<p>20-23 mars 1713 : reddition du Fort Neoheroka. Fin de la guerre de Tuscarora (qui se déroulait depuis l'automne 1711). 1000 Indiens sont capturés et réduits en esclavage, 1400 sont morts pendant le conflit.</p>
<p>26 mars 1713 : par le traité de l'asiento, le Royaume-Uni s'assure pour trente ans le monopole du commerce des esclaves avec l'Amérique latine et devient la première nation esclavagiste. Elle obtient de l'Espagne l'autorisation d'envoyer un navire par an dans les colonies espagnoles (vaisseau de permission).</p>
<p>26 avril 1715 : la guerre des Yamasee en Caroline du Sud (fin en 1717) est déclenchée par des amérindiens qui refusaient d'être mis en esclavage.</p>
<p>1716 : un groupe de 60 marrons de la Grenade munis d'armes à feu s'attaquent aux colons.</p>
<p>1er mai 1716 : les Français commandés par Louvigny, partent de Montréal avec 225 soldats et miliciens ainsi que plusieurs Amérindiens. En Juin-juillet, ils attaquent les Renards dans leur territoire du Wisconsin et obtiennent une capitulation à la Butte des Morts.</p>
<p>1718 : à Saint-Domingue, se forme la bande de marrons de Baboruco qui regroupe jusqu'à 800 esclaves.</p>
<p>28 janvier 1731, Louisiane : reddition des Natchez à Sicily Island. 427 Natchez sont fait prisonniers. En mai, 160 d'entre eux sont vendus comme esclaves et déportés à Saint-Domingue.</p>
<p>19 avril 1735 : une expédition franco-amérindienne, sous Noyelles, assaille les Renards et les Sauks dans leur fort de la rivière des Moines (Iowa). Après quelques escarmouches, un traité est conclu.</p>
<p>26 mai 1736 : bataille d'Ackia entre les Français et les indiens Chickasaw dans l'actuel État du Mississippi.</p>
<p>6 juin 1736 : massacre du lac des Bois au Canada ; le père Aulneau, le fils aîné de La Vérendrye et vingt et un de leurs compagnons périssent attaqués par les Sioux.</p>
<p>22 février 1740 : Le Français Pierre Céloron de Blainville, avec une centaine de soldats et de miliciens canadiens ainsi que 200 Amérindiens alliés, attaque les indiens Chickasaws (près de la ville actuelle de Memphis, Tennessee). Ces derniers signent la paix</p>
<p>26 février 1753 : les Guaranis refusent d'être déplacés de l'autre côté du rio Uruguay en application du traité de Madrid de 1750 et, avec l'aide d'une partie des missionnaires jésuites, entreprennent une guérilla de résistance.</p>
<p>Juin 1753, New York : le chef Hendrick et seize autres chefs Mohawks rompent la paix (Covenant Chain) avec les colons blancs. Une escroquerie permet de voler quelque 130 000 ha de terres aux Mohawks dans l'État de New York, ce qui met fin à la coexistence pacifique entre les Indiens et la population blanche de la province.</p>
<p>28 mai 1754 : bataille de Jumonville Glen (soldats français de LouisXV contre ceux de Georges Washington). Les Indiens de la vallée de l'Ohio se rangent en grande majorité aux côtés des Français, qui sont avant tout des négociants et n'occupent pas effectivement les territoires indiens. En revanche, les Britanniques convoitent à l'évidence leurs terrains de chasse et leur espace vital. Le contraire se déroule dans la vallée du Mississippi.</p>
<p>29 avril 1754 : premier affrontement dans la guerre des Guaranis au Paraguay entre les troupes portugaises et les Indiens Guaranis (fin en 1756). Le 7 septembre, les Guaranis empêchent les troupes du général portugais Gomez Freire de passer le rio Jacuí et les Portugais se retirent le 21 novembre. Andonaegui, chef de la partie espagnole, quitte Buenos Aires le 2 mai et marche vers le Nord jusqu'au ruisseau de Guarupa, puis décide de se retirer en août devant les difficultés du terrain. En octobre, il subit une attaque des Guaranis. Il est de retour à Buenos Aires le 7 mars 1755.</p>
<p>1754-1756 : guerre entre France et Angleterre en Amérique.<br class='autobr' />
10 février 1756 : les Guaranis sont écrasés par les troupes portugaise et espagnoles coalisées à la bataille de Caibaté. Fin de la guerre des Guaranis au Paraguay. Des milliers d'Indiens sont massacrés et les survivants doivent se réfugier dans la forêt.</p>
<p>3-9 août 1757 : le général français Louis-Joseph de Montcalm, allié aux Amérindiens, prend Fort William Henry, sur le Lac George, qui commande la haute vallée de l'Hudson (9 août).</p>
<p>2 juin 1763, rébellion de Pontiac : les Ojibwés s'emparent de Fort Michilimakinac. La rébellion de Pontiac, conspiration de Pontiac ou guerre de Pontiac opposa l'Empire britannique à une confédération de tribus amérindiennes de la région des Grands Lacs, du Pays des Illinois et de la Vallée de l'Ohio entre 1763 et 1766. Le conflit fut causé par les politiques désavantageuses qu'imposaient les Britanniques après avoir battu les Français durant la guerre de la Conquête (1754-1760). Les guerriers de nombreuses tribus rejoignirent le soulèvement indien dont le but était de chasser les troupes et les colons britanniques de la région. La guerre est nommée du nom du chef outaouais Pontiac, le plus prééminent des chefs amérindiens durant le conflit. La guerre débuta en mai 1763 lorsque les Amérindiens, offensés par les politiques du général britannique Jeffery Amherst, attaquèrent plusieurs forts et implantations britanniques. Huit forts furent détruits et des centaines de colons furent tués ou capturés tandis qu'un nombre plus important quitta la région. Les expéditions britanniques de 1764 entraînèrent des négociations de paix qui durèrent deux ans. Les Amérindiens furent incapables de chasser les Britanniques mais le soulèvement poussa le gouvernement britannique à modifier les politiques à l'origine du conflit.</p>
<p>31 juillet 1763 : victoire de Pontiac à Bloody Run près de Detroit.</p>
<p>5-6 août 1763 : défaite de Pontiac à la bataille de Bushy Run, dans le Comté de Westmoreland (Pennsylvanie).</p>
<p>14 septembre 1763 : bataille du Trou du Diable. Les Senecas battent les Britanniques à Devil's Hole, près des chutes du Niagara.</p>
<p>14 décembre 1763 : les « Paxton Boys » tuent six Indiens pacifiques à Conestoga, en Pennsylvanie. Le 27, les quatorze survivants mis à l'abri dans la prison de Lancaster sont massacrés à leur tour.</p>
<p>17-20 octobre 1764 : traité de paix entre le colonel britannique Henri Bouquet et les Shawnee, les Sénécas et les Lenapes. Bouquet exige le retour de tous les captifs britanniques.</p>
<p>24 juillet 1766 : le chef des outaouais Pontiac signe la paix avec les Britanniques à Oswego. Fin de la rébellion de Pontiac.</p>
<p>5 novembre 1768 : les Iroquois cèdent la vallée de l'Ohio aux colonies britanniques au traité de Fort Stanwix ou traité des six Nations (William Johnson).</p>
<p>20 avril 1769 : le chef des outaouais, Pontiac, allié des Français, est assassiné à Cahokia. Il avait mobilisé toutes les tribus de la région des Grands Lacs contre les Britanniques après la victoire de ces derniers sur les Français scellée par le traité de Paris de 1763. Cette révolte força le roi George III à faire la proclamation royale de 1763, qui affirmait les droits illimités des Indiens sur les terres qu'ils occupaient et interdisait toute nouvelle colonisation au-delà des Appalaches, entraînant le mécontentement des marchands et des spéculateurs américains. Pontiac fut assassiné en 1769 par un Amérindien illinois à la solde de marchands américains. L'assassinat de Pontiac marque le début d'un mythe. Malgré l'échec de sa rébellion, il a inspiré beaucoup d'Amérindiens dans leur résistance à la domination européenne.</p>
<p>22 décembre 1769 : Daniel Boone est capturé par les Shawnees lors d'une expédition dans le Kentucky actuel. Il réussit à s'échapper.<br class='autobr' />
5 mars 1770 : massacre de Boston. Les troupes britanniques tirent sur la foule manifestant contre les taxes d'importation.</p>
<p>17 juillet 1771 : massacre d'un groupe d'Inuits à Bloody Falls par des guerriers Chipewyan menés par le guide Matonabbee pendant l'expédition de Samuel Hearne sur la Coppermine River.<br class='autobr' />
16 décembre 1773 : Boston Tea Party. Pour protester contre les taxes, des bostonniens, déguisés en Indiens, jettent une cargaison de 342 caisses de thé à la mer à Boston ; cet événement provoque la réaction du cabinet conservateur de Lord North qui vote plusieurs loi qui ruine le commerce de Boston et les libertés du Massachusetts. C'est le début des troubles dans les colonies britanniques d'Amérique du Nord.</p>
<p>1774 : La guerre de Lord Dunmore. Au printemps 1774, des Shawnees tentent de se débarrasser des colons britanniques. 3 mai : en représailles, les colons tuent onze Mingos. Logan tue treize colons en Pennsylvanie. Lord John Murray Dunmore, gouverneur de Virginie, aide les colons de Pennsylvanie à la répression : sept villages Mingos sont détruits, un fort est construit à Little Kanawha River. 10 octobre : bataille de Point Pleasant, les Britanniques battent les Shawnees. Le général Amherst donne l'ordre de distribuer des couvertures infectées de variole. Plusieurs milliers d'Amérindiens Delaware sont contaminés et répandent la « petite vérole » à d'autres nations indiennes. Dans ces circonstances la paix leur est imposée. Des miliciens de Virginie détruisent pendant les négociations plusieurs villages Shwanees.</p>
<p>1775 : Début de la guerre d'indépendance des États-Unis d'Amérique (fin en 1783).</p>
<p>6 juin 1775, Brésil : l'esclavage des Indiens est aboli, remplacé par une main d'œuvre servile en provenance de l'Angola, autre colonie portugaise des côtes africaines. Jusqu'en 1850, la traite des esclaves noirs, va toucher près de trois millions et demi d'êtres humains, qui seront arrachés du continent africain pour être asservis et vendus aux planteurs brésiliens.</p>
<p>Entre 1776 et 1832, dans les forêts centrales de Guadeloupe, dans le lieu-dit des Deux Mamelles, existe une petite république noire indépendante, fondée par une bande de marrons appelée la bandes des Kellers, avec des habitations fixes et des plantations dans la partie la plus inaccessible des bois.</p>
<p>1778 : début des « guerres amérindiennes ». Les guerres amérindiennes sont l'ensemble des guerres opposant les colons européens puis le gouvernement des États-Unis aux peuples Nord-Amérindiens, de 1778 à 1890. Bien qu'aucune guerre ne fût officiellement déclarée par le Congrès des États-Unis, l'armée fut constamment en guerre contre ces peuples à partir de 1778. Elles se sont prolongées au XIXe siècle par des violences et de nombreux massacres de la part des deux camps. L'historien américain Howard Zinn rappelle que « les gouvernements américains [ont] signé plus de quatre cents traités avec les Amérindiens et les [ont] tous violés, sans exception ». L'ensemble des combats et massacres livrés entre les États-Unis et les Indiens fait 19 000 victimes chez les blancs et environ 30 000 du côté des Indiens, hommes, femmes et enfants. Entre 9 et 11,5 millions à la fin du XVe siècle, les Indiens d'Amérique du Nord ne sont plus que 250 000 en 1890. Cette hécatombe démographique sans équivalent dans l'histoire étant due essentiellement aux épidémies et aux famines, provoquées notamment par les déportations et la chasse intensive du bison dont la population passe de 60 000 000 au début du XVIe siècle à 1 000 à la fin du XIXe.</p>
<p>7 mars 1778 : lors de son troisième voyage, James Cook atteint la côte du continent nord-américain au large de l'actuel Oregon. Il cherche en vain le passage du Nord-Ouest. Il longe cependant la côte jusqu'en Alaska, s'engage dans ce qui est appelé aujourd'hui le détroit de Cook, puis poursuit sa route vers le nord, remonte jusqu'au détroit de Béring qu'il franchit avant d'être contraint de faire demi-tour face à la banquise de la calotte glaciaire (18 août). Il remet alors le cap vers les îles Sandwich, où il est contraint d'hiverner. Les rapports avec les Hawaiiens se dégradent peu à peu : victime du vol d'une chaloupe, Cook veut récupérer son bien et il est poignardé le 14 février 1779 au cours d'un bref affrontement avec les habitants de l'île.</p>
<p>4 novembre 1780 : Condorcanqui, fils d'un cacique de Tinta, prend le nom de Túpac Amaru II, se proclame Inca et prend la tête de la révolte des Indiens au Pérou. Il s'empare d'un corregidor qu'il fait exécuter (4 octobre). Après avoir battu une milice près de Cuzco le 18 novembre, il est défait par les troupes du visitador Arreche, incarcéré et condamné à mort (1781).</p>
<p>18 mai 1781 : le dernier Inca Túpac Amaru II est écartelé puis décapité à Cuzco au Pérou en présence de toute la population rassemblée. Son cousin, Túpac Amaru III, reprend un temps la tête de la révolte mais est pris et subit le même supplice en 1783.</p>
<p>15 novembre 1781 : le chef des révoltés aymara du Haut-Pérou Túpac Katari est exécuté à La Paz.</p>
<p>1783 : La population indienne de Churchill (Canada) a été décimée par la variole et de la famine en raison du manque de fournitures de chasse normales de poudre et de plomb. Matonabbee s'était suicidé en apprenant la capture du fort, et le reste des principaux Indiens de Churchill avait déménagé vers d'autres sites. Les colons Canadiens ont pénétré la patrie des Chippewas, et la lutte y a été plus intense que jamais.</p>
<p>1815 : Plusieurs centaines de Shawnees du Missouri quittèrent les États-Unis en 1815 et, avec quelques Shawnees du Delaware, établirent des colonies au Texas, alors contrôlé par l'Espagne. Ces traditionalistes avaient décidé de quitter les Grands Lacs pour échapper à l'assimilation et perpétuer leur autonomie. Toutefois cette tribu, qui fut nommée Absentee Shawnee (« Shawnee absent »), a été de nouveau expulsée en 1839, alors que le Texas avait gagné son indépendance trois ans plus tôt. Elle s'installa alors en Oklahoma, près de l'actuelle ville de Shawnee et y a été rejointe en 1845 par les Shawnee du Kansas qui partageaient leurs visions et croyances traditionnelles.</p>
<p>En 1817, les Shawnees de l'Ohio signèrent le Traité de Fort Meigs qui prévoyait la cession de leurs terres restantes en échange de trois réserves à Wapaughkonetta, Hog Creek (près d'Ada) et Lewistown.</p>
<p>1825 : Après le Traité de Saint-Louis, les 1 400 Shawnees du Missouri ont été déportés de Cap-Girardeau au sud-est du Kansas, près de la rivière Neosho. En 1833, seulement la bande de Black Bob résista. Ils s'établirent au nord-est du Kansas près de Olathe et le long de la rivière Kaw près de Shawnee.</p>
<p>Environ 200 des Shawnees de l'Ohio ont suivi le prophète Tenskwatawa et ont rejoint leurs frères et sœurs du Kansas en 1826, mais la majorité suivit Black Hoof, qui a combattu toutes les tentatives d'abandonner la patrie de l'Ohio. En 1831 le groupe Sénéca-Shawnee de Lewistown rejoignit les Territoires indiens (l'Oklahoma actuel). Après la mort de Black Hoof, les 400 Shawnees restant à Wapaughkonetta et Hog Creek abandonnent leur terre et se déplacent à la réserve Shawnee du Kansas.</p>
<p>En 1830, l'Indian Removal Act inaugure la politique de déplacement des populations amérindiennes toujours plus vers l'Ouest : le président de l'époque, Andrew Jackson, fait voter une loi déportant les Amérindiens vivant à l'Est du Mississippi à l'Ouest de ce fleuve, principalement en Oklahoma, afin d'exploiter l'or situé sur leurs territoires, dans l'Ohio et installer les migrants venus d'Europe. Cette loi est déclarée anticonstitutionnelle par la Cour Suprême et entraîne des guerres avec les Cherokees jusqu'en 1838.</p>
<p>Jusqu'en 1850, 100 000 Amérindiens furent déportés. L'épisode le plus célèbre de la Déportation des Indiens d'Amérique, est vraisemblablement celui de la Piste des larmes en 1838-1839.Cette déportation forcée fit au moins 4 000 morts, à cause du froid, de la maladie (choléra) et de l'épuisement.</p>
<p>17 août 1862 : révolte des Sioux. Plus de 700 colons périssent. Les Indiens vaincus ne possèdent plus que les Dakota et le Montana.</p>
<p>1865 : Révolte des Sioux pour empêcher une piste de pionniers de traverser leurs territoires de chasse.</p>
<h2 class="spip">Après l'indépendance des Etats-Unis, la guerre contre les Indiens ne faiblit pas</h2>
<p>Les treize colonies américaines comptent 4 millions d'habitants en 1776, année de la Déclaration d'indépendance.</p>
<p>• 1778 : premier traité des États-Unis avec une tribu indienne, la tribu des Delaware.</p>
<p>• 1779 : pendant la guerre d'indépendance le commandant de l'armée continentale George Washington ordonne que les territoires des Iroquois, alliés aux Britanniques, soient conquis et dévastés.</p>
<p>• 1784 : second traité de Fort Stanwix. Les Shwanees donnent toutes leurs terres à l'Est et au Sud de l'Ohio</p>
<p>• 13 juillet 1787 : l'Ordonnance du Nord-Ouest (Northwest Ordinance) ouvre la colonisation des Territoires du Nord-Ouest, entre Appalaches, Grands Lacs,</p>
<p>• Mississippi et Tennessee. Aucun territoire ou bien indien ne leur sera retiré sans leur consentement, sauf à l'issue d'une guerre déclarée par le Congrès. Aucune guerre ne fut jamais déclarée par le Congrès aux tribus.</p>
<p>• 1789 : la Constitution réaffirme les principes énoncés dans la Northwest Ordinance.</p>
<p><strong>La guerre de la Jeune Amérique (1790-1794)</strong></p>
<p>• À la suite de l'ordonnance du Nord-Ouest, les colons ont commencé à avancer de plus en plus sur le territoires des tribus Shawnees, Outaouais et Miamis. Ces tribus se sont donc réunies pour combattre les armées fédérales. Cette guerre dura de 1790 à 1795. Il s'y déroula plusieurs grandes batailles comme celles décrites ci-dessous.</p>
<p>• Le chef Michikinikwa (Little Turtle), chef des tribus Miamis, inflige en 1790 une défaite aux troupes américaines sur la rivière Miami.</p>
<p>o 4 novembre 1791 : à la bataille de la Wabash, les Indiens de Little Turtle surprennent et vainquent le major Arthur Saint-Clair, qui perd 610 hommes sur un total de 1 300 ; les Indiens ont 61 morts et blessés. C'est la pire défaite américaine dans les guerres indiennes.</p>
<p>o 20 août 1794 : le général Anthony Wayne bat Veste Bleue à la bataille de Fallen Timbers (qui eut lieu sur un chablis, peu après une tempête qui déracina tous ces arbres), de la vallée de l'Ohio. À la suite de cette défaite, les Indiens perdirent la guerre ce qui permit aux colons de s'installer dans le nouveau territoire de la Northwest Ordinance.</p>
<p>o 1795 : avec la signature du traité de Greenville, Little Turtle et dix autres nations indiennes cèdent leurs droits sur l'Ohio et l'Indiana. Mais Tecumseh, un chef Shawnee, et son frère Tenskwatawa refusent de signer ce traité. Ils organisent alors une résistance contre l'expansion des colons vers l'Ouest.</p>
<p>• 1800 : il y avait environ 75 millions de bisons dans les Grandes Plaines. Ils constituaient la première ressource des Sioux, Pied-Noirs, et d'autres tribus. Pour approvisionner les ouvriers du chemin de fer et les touristes les tirant du train, les chasseurs blancs réduisent leur nombre à 800 en 1890.</p>
<p>• 1803 : Napoléon Bonaparte vend le territoire de la Louisiane française aux Américains : cela ouvre la porte aux migrations forcées pour les Amérindiens.</p>
<p>• 7 juin 1803 : premier Traité de Fort Wayne.</p>
<p>• 1804 : le Congrès autorise le président à négocier avec les tribus pour échanger leurs territoires contre des réserves.</p>
<p>• 1805 : Expédition Lewis et Clark de Saint-Louis au Pacifique, souvent aidés par des tribus amérindiennes (notamment les Nez-Percés).</p>
<p>• 1806 : début des déportations d'Indiens. Bien qu'elles se soient effectuées quelquefois à l'issue d'un traité, les Indiens les ont toujours subies, car ils étaient menacés d'expéditions punitives s'ils ne signaient pas le traité[réf. nécessaire]. De 1806 à 1830, 50 tribus sont déportées.</p>
<p>• 30 septembre 1809 : le deuxième traité de Fort Wayne (après celui du 7 juin 1803) permet aux États-Unis d'obtenir 11 600 km2 de la vallée de la Wabash, abandonnés par les Amérindiens Delawares, Shawnees, Potawatomis, Miamis, Eel River, Weeas, Kickapoos, Piankashaws, et Kaskas.</p>
<p>• 10 août 1810 : Massacre des Chutes d'Ywahoo : les colons des États-Unis massacrent des femmes et des enfants Cherokees.</p>
<p>• 7 novembre 1811 : le général Harrison inflige une défaite aux Shawnees dirigés par Tenskwatawa frère de Tecumseh à la bataille de Tippecanoe, dans la vallée de la rivière Wabash (200 morts de part et d'autre), et pille la ville indienne de Prophet's town, les Indiens ayant abandonné le combat faute de munitions.</p>
<p><strong>Guerre de 1812 (américano-britannique)</strong></p>
<p>• 12 juillet 1812 : allié des Britanniques, l'Indien Tecumseh tend une embuscade à Brownstown et tue 20 soldats américains au cours de la guerre de 1812.</p>
<p>• 16 août 1812 : les Britanniques et Tecumseh prennent Fort Détroit.</p>
<p>• 13 mai 1813 : Tecumseh vainc les Américains à la bataille de la Maumee River (près de Toledo).</p>
<p>• 5 octobre 1813 : Tecumseh est tué pendant la bataille de la Thames River ; les Britanniques du général Henry Proctor se sont enfuis.</p>
<p>• 27 mars 1814 : victoire d'Andrew Jackson à la bataille d'Horseshoe Bend (Tennessee) sur les Indiens Creek. À la suite de cette bataille, Andrew Jackson négocie neuf des onze traités qui font abandonner petit à petit leurs terres aux Cinq tribus civilisées (Cherokees, Chickasaws, Choctaws, Séminoles et Creeks), ainsi nommées car sédentaires et pratiquant l'agriculture. De 1814 à 1824, des membres de ces nations migrent volontairement.</p>
<p><strong>Première guerre Séminole (1816-1832)</strong><br class='autobr' />
• Les Séminoles sont des Indiens Creeks établis en Floride dans les années 1700, encouragés à s'établir comme fermiers par les Espagnols, qui espéraient arrêter la progression des Britanniques vers le Sud.</p>
<p>o 1816 : le fort Séminole d'Apalachicola est rasé par les Américains.</p>
<p>o Décembre 1817 : Andrew Jackson conduit les forces américaines qui envahissent la Floride.</p>
<p>o 7 avril 1818 : prise de Saint-Mark</p>
<p>o 24 mai : prise de Pensacola.</p>
<p>o 22 février 1819 : traité d'Adams-Onís : l'Espagne cède la Floride aux États-Unis.</p>
<p>• 1821 : Sequoyah crée l'alphabet Cherokee. Cette invention témoigne de l'avancement de la culture Cherokee, peuple d'agriculteurs et d'artisans, qui établit rapidement des écoles au début du XIXe siècle, ouvertes aux garçons et aux filles (chose qui choquait leurs voisins des États-Unis). De plus, ils accueillaient les esclaves échappés des plantations, bien qu'ils pratiquent eux-mêmes une forme d'esclavage.</p>
<p>• 11 mars 1824 : création du Bureau des affaires indiennes, qui succède au Comité des affaires indiennes, créé à l'indépendance. Il dépend du ministère de la guerre, et est chargé de libérer les terres indiennes pour leur exploitation par les colons.</p>
<p>• 1827 : Les Cherokees constituent un gouvernement, adoptent une constitution et se déclarent indépendants. La Cour suprême des États-Unis reconnaît ce gouvernement mais déclare les Cherokees sous tutelle.</p>
<p>• 1828 :</p>
<p>o Début de la publication du Cherokee Phoenix, journal indien bilingue anglais-cherokee, qui paraît jusqu'en 1834.</p>
<p>o Confiscation des territoires Cherokee par l'État de Géorgie (14 000 hectares) ; ces territoires sont répartis en lots de 64 hectares distribués dans une loterie ; les Indiens ne peuvent témoigner en justice contre des Américains et ne peuvent s'exprimer publiquement contre l'immigration.</p>
<p>• 1829 : John Ross, le Chef Oiseau Blanc, premier chef Cherokee élu, proteste officiellement à Washington contre ces mesures. Andrew Jackson lui répond que les Cherokees doivent émigrer à l'ouest du Mississippi.</p>
<p>• 28 mai 1830 : Indian Removal Act : le président Andrew Jackson fait voter une loi déportant les Indiens vivant à l'Est du Mississippi à l'Ouest de ce fleuve, principalement en Oklahoma, afin d'exploiter l'or situé sur leurs territoires, dans l'Ohio et installer les migrants venus d'Europe. Cette loi est déclarée anticonstitutionnelle par la Cour suprême, et entraîne des guerres avec les Cherokees jusqu'en 1838. Jusqu'en 1850, 100 000 Indiens sont déportés.</p>
<p>• 1831 : la Cour suprême (Arrêt nation Cherokee contre l'État de Géorgie) décide que la nation Cherokee n'est ni une nation souveraine ni une nation étrangère résidant au sein des États-Unis.</p>
<p>• 1832 :</p>
<p>o Désignation d'un Commissaire aux affaires indiennes, au ministère de la guerre.</p>
<p>o La Cour Suprême décide que les lois de Géorgie ne peuvent s'appliquer aux Cherokees, et que le gouvernement fédéral a obligation de faire respecter les traités conclus avec la nation Cherokee. Cette décision n'a jamais été appliquée par le président Jackson.</p>
<p><strong>Guerre de Northwest Black Hawk (1832)</strong></p>
<p>• 1832 : le guerrier Sauk Black Hawk (« Faucon noir ») tente de chasser les colons des terres de son peuple. Allié aux Fox, il quitte le territoire de l'Iowa où son peuple vivait depuis le traité de Saint-Louis (1805) pour reconquérir ses terres ancestrales.</p>
<p>o 6 avril : 800 Indiens Sauk franchissent le Mississippi, provoquant la panique chez les colons. Le général Edmund Gaines tente de négocier, sans succès.</p>
<p>o 14 mai : bataille de Stillman's Run, Black Hawk met en fuite les Tuniques bleues (qui subissent la perte de douze hommes, contre cinq chez les Indiens).</p>
<p>o 28 juillet : menacés de famine, les Sauk descendent le Wisconsin pour repasser le Mississippi. 750 miliciens des généraux James Henry les rejoignent : c'est la bataille des Wisconsin Height, 68 Indiens y trouvent la mort.</p>
<p>o 1er août : Les Indiens arrivent au Mississippi et commencent la traversée du fleuve. Pris sous le feu d'un navire à vapeur de guerre, Black Hawk hisse le drapeau de la reddition, mais le feu continue, faisant 23 morts chez les Indiens.</p>
<p>o 2 août : Massacre de Bad Axe River : Black Hawk est attaqué par les troupes américaines qui massacrent 300 hommes, femmes et enfants Sauk. Certains survivants qui ont réussi à traverser le Mississippi sont tués ou capturés par les Sioux.</p>
<p>o 27 août : reddition de Black Hawk.</p>
<p><strong>La « piste des Larmes » (1838)</strong></p>
<p>• 29 décembre 1835 : traité de New Echota : 300 à 500 des 17 000 Cherokees vivant à l'est du Mississippi (la délégation Ridge, menée par les Cherokees John Ridge et Elias Boudinot) signe pour l'ensemble de la nation un traité qui cède aux États-Unis leurs terres pour cinq millions de dollars, en violation des lois Cherokees, et sans un seul élu parmi eux. Le Congrès ratifia ce traité l'année suivante d'une voix, malgré les protestations de John Ross. Les 465 Cherokees signataires partirent pour l'ouest en 1837.</p>
<p>• 1836 : Selon la décision du président de la Cour suprême John Marshall, les nations souveraines indiennes deviennent des nations dépendantes de l'État fédéral.</p>
<p>• mars 1838 : le philosophe Ralph Waldo Emerson proteste par une lettre envoyée au président Martin Van Buren contre ce traité.</p>
<p>• 18 mai 1838 : l'échéance du traité de New Echota étant arrivée, le général Winfried Scott commence à faire rassembler les Cherokees dans 31 forts, avec uniquement les vêtements qu'ils portaient.</p>
<p>• fin juillet 1838 : Ils sont ensuite rassemblés dans onze camps prévus à cet effet (10 au Tennessee, un en Alabama).</p>
<p>• Environ 3 000 Cherokees firent route par voie fluviale à partir de juin, et arrivèrent jusqu'en septembre dans le Territoire indien.</p>
<p>• 16 octobre 1838 : départ des Cherokees restant par les chemins. Ils parcourent 1 750 km, atteignent le Mississippi en novembre, mais les 5 000 derniers restent bloqués sur la rive est tout l'hiver. Les premiers groupes arrivent en janvier à Fort Gibson.</p>
<p>• mars 1839 : arrivée des derniers Cherokees. Environ 4 000 d'entre eux au moins, 8 000 au plus, sont morts en chemin, le long de la Piste des Larmes.</p>
<p>• juin 1839 : John Ridge et Elias Boudinot sont assassinés.</p>
<p>Les quatre autres Nations civilisées furent déportées de la même manière, et connurent aussi leur piste des Larmes. Ce nom vient des larmes de compassion versées par les Américains qui les voyaient passer devant eux. Quelques Cherokees réussirent à se cacher dans les montagnes, et des Séminoles dans les marais des Everglades.</p>
<p><strong>Deuxième guerre Séminole (1835-1842)</strong></p>
<p>Selon le même processus que pour les Cherokees, le gouvernement fit signer à une minorité de Séminoles le traité de Payne Landing (1832), qui leur imposait de quitter leurs terres dans les trois ans. En 1835, l'armée américaine fut envoyée pour faire appliquer ce traité. Au plus fort de la guerre, 10 000 soldats réguliers et 30 000 miliciens affrontèrent 5 000 guerriers qui pratiquaient une guerre d'embuscades et de coups de mains, les pertes américaines se montèrent à 1 500 hommes.</p>
<p>• 1835 : Le major Francis Dade allait de Fort Brooke à Fort King ; 180 Séminoles attaquèrent sa colonne et l'exterminèrent, ne laissant que trois survivants.</p>
<p>• 25 décembre 1837 : À la bataille du lac Okeechobee (à Nubbins Slough), les colonels Zachary Taylor (800 soldats) et Richard Gentry (un régiment de volontaires du Missouri), face à 380 Indiens, perdent 26 soldats et a 112 blessés, contre 11 aux Indiens.</p>
<p>• À Saint-Augustine, les chefs Chat Sauvage et Osceola sont capturés pendant des négociations de paix par le général Jessup. Osceola meurt en prison en 1838.</p>
<p>• 1842 : des négociations permettent une trêve, reconnaissant des territoires de chasse et de culture aux Séminoles, sans signature de traité. De nombreux Séminoles furent toutefois envoyés vers le Territoire indien d'Oklahoma dans les années qui suivirent.</p>
<p>• 1848 :</p>
<p>o le Bureau des affaires indiennes passe au ministère de l'Intérieur. Il est chargé des relations entre l'État fédéral et les Indiens.</p>
<p>o Découverte d'or en Californie, ce qui provoque une ruée vers l'or. Les colons passent par la piste de l'Oregon, qui traverse les territoires indiens.</p>
<p>• 1851 : premier traité de Fort Laramie : les colons peuvent traverser les territoires indiens, moyennant un droit de passage en nature et en argent.</p>
<p>• 18 août 1854 : épisode de la vache du mormon. Une vache appartenant à un mormon, s'échappe et dévaste un camp des Sicangus (Brulé) : elle est abattue par un Sicangu. Les soldats de Fort Laramie exigent que le responsable soit livré, et devant le refus du chef Ours Conquérant, canonnent le village, avant d'être vaincus par une charge des guerriers sicangus.</p>
<p>• En représailles, en novembre, les Américains attaquent le village du chef Petit Orage, tuent ou mutilent 136 Amérindiens, et font 70 prisonniers. Malgré la reddition de Petit Orage, ils sont retenus deux ans.</p>
<p><strong>Troisième guerre Séminole (1855-1858)</strong></p>
<p>• Des accrochages ont lieu en 1855 entre Américains et environ 200 Séminoles demeurés en Floride.</p>
<p>• En 1858, le chef Jambes Arquées se rend avec ses quarante guerriers.</p>
<p>• 1857 : bataille de la Platte avec les Indiens Cheyennes.</p>
<p><strong>Guerre Navajo (1860-1864)</strong></p>
<p>• À la suite d'accrochages divers dans le Territoire du Nouveau-Mexique entre les Navajos et les troupes fédérales, les Navajos se rendent à Kit Carson, qui fait détruire leurs biens et les déporte jusqu'à Bosque Redondo, en Arizona. C'est la Longue marche des Navajos : 8 000 Navajos font 620 km à pied. Au bout de quatre ans de sous-nutrition, ils sont autorisés à revenir sur leurs terres.</p>
<p><strong>Guerre des Païutes (1860)</strong></p>
<p>• Après un hiver rigoureux, les 6 000 Païutes du Nevada décident d'attaquer les colons américains, jugés responsables de leur malheur pour avoir coupé trop d'arbres.</p>
<p>o 7 mai : raid contre le Pony Express, cinq morts.</p>
<p>o mai : nombreux autres raids, faisant 16 morts.</p>
<p>o juin : intervention de l'armée.</p>
<p>• 1862 :</p>
<p>o le Homestead Act accorde 62 ha de terres à l'ouest du Mississippi à toute famille « non-indienne » qui s'engage à les cultiver pendant cinq ans.</p>
<p>o 1er juillet 1862 : le Pacific Railway Act est signé par Abraham Lincoln : il autorise la construction de la première ligne de chemin de fer transcontinentale. Des chasseurs (Buffalo Bill est le plus célèbre) tuent des millions de têtes de bisons pour nourrir les ouvriers.</p>
<p><strong>Traité de la Traverse de Sioux 1851</strong></p>
<p>Le 23 juillet 1851, le "traité de la Traverse de Sioux" (Traverse de Sioux Treaty) fut signé entre le gouvernement des États-Unis, et les Sioux du territoire du Minnesota et mis en application par la Commission des Affaires indiennes. Ce traité avait pour objectif d'obtenir les riches terres agricoles qui se trouvaient dans le Minnesota. De vastes étendues de terres furent ainsi cédées à partir de l'Iowa jusqu'à la frontière canadienne. Des tribus Sioux telles que les Sisseton et Wahpeton hésitèrent à se déshériter, mais les pressions étaient tellement fortes, qu'ils cédèrent avec réticence sous la menace potentielle du gouvernement fédéral.</p>
<p>Ce traité aggrava les conditions de vie des Amérindiens. Plusieurs facteurs aboutirent à la révolte des Indiens des plaines.</p>
<p>• Une ruée des colons blancs déferla sur ces nouveaux territoires ;</p>
<p>• Une volonté de posséder davantage de terres par les autorités du gouvernement fédéral ;</p>
<p>• Une incapacité à payer les rentes promises aux Amérindiens ;</p>
<p>• De nouvelles réductions des terres ancestrales qui aboutissent à la perte de territoires de chasse et de pêche.</p>
<p>Le mécontentement de l'ensemble des tribus Sioux du Dakota aboutira à la Guerre des Indiens des plaines qui durera une trentaine d'années et fut marqué par le massacre de Sand Creek, trois ans après le Traité de Fort Wise.</p>
<p><strong>La guerre des Sioux de 1862</strong></p>
<p>Le mécontentement des Sioux tourna à la révolte. Le soulèvement des amérindiens se généralisa bientôt dans tout le Minnesota et le Dakota voisin. Si quelques pionniers blancs furent tués, rapidement l'armée américaine enverra d'importants renforts pour mater dans le sang cette révolte amérindienne.</p>
<p>• Le gouvernement des États-Unis ne livre pas comme promis les marchandises dues pour l'achat de terres aux Sioux Santees (ou Dakotas) et aux tribus Sioux Sisseton-Wahpeton. Éclatant pendant la guerre de Sécession, ce massacre par les Sioux bénéficie du manque de troupes adverses disponibles.</p>
<p>o 4 août : pillage d'entrepôts.</p>
<p>o 14 août : cinq Américains sont tués.</p>
<p>o 18 août : craignant les représailles, les Sioux désignent Petit Corbeau (Little Crow) comme chef de guerre. Les Indiens attaquent l'agence de Lower Sioux ; 25 miliciens sont tués dans une embuscade à Redwood Ferry. Dans les semaines qui suivent, plusieurs centaines de colons sont massacrés.</p>
<p>o 19 août : les Sioux se divisent, entre ceux qui désirent poursuivre le combat, et ceux qui ne veulent pas s'attaquer à des femmes et des enfants. Les premiers, au nombre de 400, pillent New Ulm et attaquent Fort Ridgely, sans succès.</p>
<p>o 23 août : Ils attaquent de nouveau New Ulm, brûlent de nombreux bâtiments et tuent 36 Américains. Petit Corbeau, voulant la paix, perd tout contrôle sur ses guerriers.</p>
<p>o 3 septembre : escarmouches en divers lieux, et bataille de Birch Coulee : les Américains ont 22 tués, les Sioux deux.</p>
<p>o 18 septembre : à Wood Lake, les Sioux décrochent quand leur chef Mankato meurt avec une quinzaine de guerriers.</p>
<p>o La même année se déroule la bataille d'Apache Pass.</p>
<p>Cette guerre fera plus d'un millier de morts dont plus de 800 Sioux et plus de 350 colons américains.</p>
<p>Près de deux mille Amérindiens furent capturés. Ils ont finalement été jugés dans des procès de masse par des tribunaux militaires. 303 furent jugés coupable de crimes de guerre et condamnés à mort. Sur ces condamnés, 38 hommes furent pendus à Mankato, le lendemain de Noël, dans la plus grande exécution de masse de l'histoire des États-Unis. Abraham Lincoln commua les autres détenus en peine de prison. Environ 1 500 Sioux sont détenus à Fort Snelling jusqu'au printemps 1863 ; 130 meurent pendant leur détention. Les chefs Shakopee et Medecine Bottle, réfugiés au Canada sont kidnappés et pendus en 1863. Little Crow est également tué par un colon la même année.</p>
<p>• 1er janvier 1863 : Mangas Coloradas, chef des Apaches Gilas est capturé et tué.</p>
<p>• 29 janvier 1863 : massacre de Bear River. Le colonel Connor attaque un camp de Shoshones, et tue environ 250 habitants, hommes, femmes et enfants. Les conflits avec les Shoshones durent ensuite jusqu'en 1869 et la fermeture de la piste de l'Oregon.</p>
<p>• 29 novembre 1864 : massacre de Sand Creek (Territoire du Colorado). Après des violences indiennes durant deux ans (200 civils blancs assassinés), une expédition punitive est conduite par le colonel John Chivington et les 700 hommes du 3e régiment du Colorado sur un village. Les miliciens attaquent le village pacifique de Black Kettle, qui avait pourtant négocié et traité avec les Blancs. Le massacre fait 150 morts, hommes, femmes et enfants, les soldats s'empressent de prélever de garndes quantités de scalps et mutilent les cadavres.</p>
<p>• En 1866, Gabriel Renville fut nommé chef des tribus Sisseton-Wahpeton par le département de la Guerre des États-Unis.</p>
<p>Cet encadrement militaire, la répression, les combats sporadiques et leur spoliation de leurs terres continuèrent. La pacification militaire aboutit en 1890 au massacre de Wounded Knee.</p>
<p><strong>La guerre des Plaines</strong></p>
<p>• Le massacre de Sand Creek scandalise les tribus d'Indiens. De nombreuses tribus entament alors les hostilités, conduisant des raids épars, obligeant les soldats de l'Union à stationner le long de la piste de l'Oregon pour la protéger, notamment à Platte Bridge.</p>
<p>o 26 juillet 1865 : à la bataille de Platte Bridge, les Cheyennes de Dull Knife et les Sioux Oglalas de Red Cloud (Nuage Rouge), attaquent un détachement de soldats près de Platte Bridge, et les tuent presque tous.</p>
<p>o Septembre 1865, Expédition indienne de la rivière Powder : trois colonnes de Tuniques bleues tentent de rejoindre Rosebud Creek, deux d'entre elles échouent totalement, et l'ensemble revient à Salt Lake City.</p>
<p>• 1866 : Les chefs Sioux Red Cloud et Tashunca-Uitco ou Crazy Horse attaque le fort Kearny.</p>
<p>• Juin 1866 : le gouvernement des États-Unis organise une conférence de paix à Fort Laramie. Le général William Sherman demande aux chefs l'autorisation de traverser leurs terres, et de construire trois forts sur la Piste Bozeman (entre la Platte et le Montana). Nuage Rouge refuse.</p>
<p>• 21 décembre 1866 : le massacre Fetterman, ou la Battle of a Hundred Slain. Attirés dans une embuscade par une ruse des Sioux, les 81 hommes du capitaine Fetterman sont anéantis.</p>
<p>• 18 avril 1867 : l'expédition Hancock, à laquelle participe Custer, veut négocier avec des Indiens sioux et cheyennes. Mais, approchant trop du village, il inquiète les chefs qui s'enfuient avec leurs familles. Les Indiens ayant massacré 20 civils plus au nord, Hancok fait brûler 251 des 291 tipis, avec tout ce qu'ils contenaient. La guerre recommence et de nombreuses attaques se succèdent dans les mois qui suivent.</p>
<p>• 1er et 2 août 1867 : Les attaques simultanées des Sioux et des Cheyennes sur la piste Bozeman sont repoussées avec succès par l'armée américaine.</p>
<p>• 29 avril 1868 : Le second traité de Fort Laramie reconnaît le territoire ancestral des Sioux (entre Missouri à l'est, Platte au sud et monts Big Horn à l'ouest) ; des vivres et des matériels seront donnés annuellement aux Sioux ; une réserve est créée entre le Wyoming et le Dakota, à destination des Sioux. Les États-Unis renoncent à la piste Bozeman, au droit de traverser les Black Hills, et à se les approprier.</p>
<p>• 3 juillet 1868 : révision du traité de Fort-Bridger (1863), qui garantissait une réserve de 178 688 km2 aux Shoshones. Elle est réduite à 11 097 km2 (16 fois moins). Ils conservent cependant le droit de chasse sur leur territoire. Les États-Unis s'engagent à construire divers bâtiments (moulin, école, église) ; l'United States Rail Road est autorisée à construire une ligne de chemin de fer sur le territoire shoshone.</p>
<p>• 27 novembre 1868 : bataille de Washita River. En représailles à des raids meurtriers d'indiens Cheyennes, le lieutenant-colonel George A. Custer attaque le village de Black Kettle, tue plus de 120 guerriers, fait 53 prisonniers civils et annonce la libération de deux enfants blancs captifs et la mort d'une femme captive.</p>
<p>• 10 mai 1869 : achèvement du transcontinental.</p>
<p>• 11 juillet 1869 : la bataille de Summit Springs, qui se produit après divers accrochages, entre l'armée américaine et les Cheyennes Dog Soldiers. Le 5e de cavalerie du colonel Eugene Carr attaque le campement, et tue 25 Indiens (il n'a qu'un blessé à déplorer).</p>
<p>• 1870 : massacre des Indiens Pied-Noirs à Marias River.</p>
<p>• 3 mars 1871 : Indian Appropriation Act : le Congrès met fin aux traités signés avec les tribus indiennes indépendantes, et ne reconnaît plus que les individus. Cependant, les 371 traités signés depuis 1776 (plus 175 entre 1607 et 1775) sont toujours reconnus. Les règlements adoptés dans les années suivantes les vident de toute substance.</p>
<p><strong>Guerre des Modocs (1872-1873)</strong></p>
<p>• Les Modocs vivent dans le Nord de la Californie et le Sud de l'Oregon. Ils conduisent quelques raids sur les premiers wagons de chemin de fer. La colonisation commençant dans la vallée de la Lost River, les colons demandent à ce que les Indiens soient déplacés dans la réserve des Klamaths et des Snakes, ennemis des Modocs. Cependant, les 372 Modocs finissent par s'installer dans la réserve, qu'ils quittent en avril 1869.</p>
<p>• 28 novembre 1872 : sur la demande insistante des colons, l'armée envoie une colonne pour ramener les Modocs dans la réserve, et incendie leur village. Les Modocs de Jim le Crochet tuent en représailles 14 colons à Tule Lake, puis rejoignent ceux de Kientpoos (capitaine Jack pour les Anglo-Saxons).</p>
<p>• 16 janvier 1873 : dans le champ de lave très accidenté et brumeux du Stronghold (Forteresse), 300 soldats et volontaires recherchent 50 Modocs sans les trouver ; ceux-ci les attaquent et leur infligent de lourdes pertes, les obligeant à fuir en abandonnant armes et bagages.</p>
<p>• 11 avril : au cours de négociations de paix, Kientpoos, influencé par Jim le Crochet et un chaman, tue le général Canby.</p>
<p>• 3 juin : Kientpoos est capturé. Il est jugé pour le meurtre de Canby et pendu le 3 octobre avec trois autres Modocs. Les Modocs sont déportés dans la réserve Quapaw.<br class='autobr' />
• 1874 : mort de Cochise.</p>
<p><strong>Guerre de la rivière Rouge (1874-1875)</strong></p>
<p>• Elle est provoquée par plusieurs facteurs : la pression territoriale des colons, protégés par la construction de forts par l'armée, les coutumes indiennes de guérilla permanente ; l'anéantissement des troupeaux de bisons par les chasseurs blancs. Elle se déroule dans le Sud des Grandes plaines.</p>
<p>o 27 juin 1874 : bataille d'Adobe Walls, qui oppose 700 guerriers Comanches, Kiowas, Cheyennes et Arapahos commandés par Quanah Parker et Isa-Tai à des chasseurs de bison américains. Les Indiens sont repoussés avec 70 morts, contre 3 dans les rangs des chasseurs. Cette bataille entraîna une grande campagne de l'armée, commandée par William T. Sherman et Philip Sheridan, afin de s'assurer le contrôle des plaines du sud. Les Indiens pacifiques furent maintenus dans leur réserve avant le début de la campagne. Diverses colonnes encerclèrent les guerriers Indiens hostiles, et divers accrochages eurent lieu pendant l'été. La plus importante action est la prise le 26 septembre, avec deux tués parmi les Indiens, de plusieurs villages, dans le canyon de Palo Duro, par le colonel Mackenzie.</p>
<p>o Les campagnes d'hiver de l'armée américaine, renforcée par plusieurs détachements, aboutissent à la reddition des principaux chefs au printemps 1875. Leurs guerriers étaient affamés par le manque de bisons.</p>
<p>• 1875 : mort du chef kiowa Kicking Bird.</p>
<p><strong>Guerre des Black Hills (1876)</strong></p>
<p>• 1874 : annonce par le lieutenant-colonel Custer de la découverte d'or dans les montagnes sacrées sioux des Black Hills. La ruée vers l'or provoquée entraîne des accrochages entre Sioux, Cheyennes et armée des États-Unis.</p>
<p>o 17 juin 1876 : le général George Crook, avec 1 050 soldats et 260 éclaireurs Crows et Shoshones, est attaqué dans la vallée de la Rosebud, par environ 750 guerriers de Crazy Horse (Cheval Fou) ; les pertes sont faibles de chaque côté (10 tués et 20 blessés pour les États-Unis, 50 pour les Amérindiens), et Crook doit rebrousser chemin. Cette bataille est appelée par les Américains bataille de la Rosebud, et par les Indiens Bataille où la fille sauva son frère (une jeune Cheyenne vint au secours de son frère pris sous son cheval mort).</p>
<p>o 25 juin 1876 : bataille de Little Big Horn : le lieutenant-colonel Custer, du 7e de cavalerie, et 260 de ses hommes sont tués par les Cheyennes de Two Moon et les Sioux des chefs Sitting Bull et Crazy Horse. Cette bataille a un grand retentissement dans l'opinion publique, et Custer devient une figure mythique.</p>
<p>o 9 et 10 septembre 1876 : le général George Crook, poursuivant les Indiens victorieux à la bataille de Little Big Horn, surprend le campement d'American Horse (« Cheval Américain »). Ses deux mille soldats brûlent le campement ; la contre-attaque des 800 guerriers Sioux Oglalas de Tashunca-Uitco, dit « Crazy Horse », qui campaient à proximité est repoussée sans mal par le général Crook qui dispose de 2 000 cavaliers. American Horse est tué dans la bataille.</p>
<p>o 7 septembre 1877 : mort violente de Crazy Horse à Fort Robinson (Little Big Man y aurait participé), alors que les Sioux Oglalas avait fait leur reddition et s'étaient rendus dans une réserve.</p>
<p><strong>Guerre des Nez-Percés (1877)</strong></p>
<p>La pression des colons conduit à un premier traité délimitant le territoire Nez-Percés en 1855. Traité dont le gouvernement des États-Unis demande la révision en 1863, en diminuant la surface de la réserve de 90 %. Certains chefs, dont Lawyer (Juriste) signent ce traité, et vont dans une réserve de l'Idaho. Cinq tribus refusent d'être enfermées dans une réserve, dont celle de Vieux Chef Joseph. Son fils Jeune Chef Joseph continue de refuser ce traité, et d'entretenir de bonnes relations avec les autorités de Wallowa. Celles-ci décident en 1873 que les terrains occupés par les colons ont été acquis illégalement, et leur demandent de les évacuer.</p>
<p>En 1876, la bataille de Little Big Horn accroît la pression de l'armée pour que les Indiens soient confinés dans leurs réserves. Mais les Nez-Percés ne trouvant pas de terrain convenable dans la réserve en Idaho, refusent, jusqu'à l'ultimatum du général Oliver Howard, le 3 mai 1877. Les Nez-Percés restants libres se divisent en trois groupes : certains rejoignent la réserve, d'autres se dirigent vers les plaines à bisons, le dernier groupe tente de s'échapper au Canada.</p>
<p>• 1878 : mort du chef Kiowa Satanta.</p>
<p><strong>Guerre des Cheyennes (1878-79)</strong></p>
<p>Après le Traité de Fort Wise, contesté par les Cheyennes pour cause de corruption, en pleine Ruée vers l'or de Pikes Peak, dans le Colorado, les Cheyennes furent victimes en 1864 du massacre de Sand Creek pendant lequel la milice du Colorado tua 150 Cheyennes, dont au moins 50 civils. Tôt le matin du 27 novembre 1868 commença la bataille de Washita River lorsque le lieutenant-colonel de l'Armée des États-Unis George Armstrong Custer mena la 7e de cavalerie dans l'attaque d'une bande de Cheyennes coupables de raids dirigés par le chef Black Kettle. 148 Cheyennes furent tués, dont environ 20 femmes et enfants. Les Cheyennes du Nord, et quelques Cheyennes du Sud participèrent à la bataille de Little Bighorn (25 juin 1876). Avec les Lakotas et une petite bande d'Arapahos, ils annihilèrent George Armstrong Custer et son contingent près de la rivière Little Bighorn. On estime la population du campement des Cheyennes, Lakotas et Arapahos près du lieu de la bataille à environ 6 000 (dont 1 500 guerriers) ; ce qui en ferait le plus grand rassemblement amérindien en Amérique du Nord avant la généralisation des réserves.</p>
<p>Après la bataille de Little Bighorn, les tentatives de l'armée des États-Unis de capturer les Cheyennes s'intensifièrent. Un groupe de 972 Cheyennes fut déporté dans les Territoires Indiens de l'Oklahoma en 1877. Là-bas, Les conditions de vie étaient terribles, les Cheyennes du Nord n'étant pas habitués au climat, et bientôt beaucoup furent atteints de malaria. En 1878, les deux principaux chefs, Little Wolf et Morning Star (Dull Knife), réclamèrent la libération des Cheyennes afin qu'il puissent retourner vers le nord. La même année, un groupe d'environ 350 Cheyennes quitta les Territoires indiens en direction du nord, mené par ces deux chefs. Les soldats de l'armée et des volontaires civils, dont on estime le nombre total à 13 000, furent rapidement à leur poursuite. La bande se sépara rapidement en deux groupes. Le groupe mené par Little Wolf retourna dans le Montana. La bande de Morning Star fut capturée et escortée à Fort Robinson, au Nebraska, où elle fut séquestrée. On leur ordonna de retourner en Oklahoma, ce qu'ils refusèrent promptement et fermement. Les conditions devinrent de plus en plus difficiles à la fin de l'année 1878, et bientôt les Cheyennes furent confinés dans leurs quartiers, sans nourriture, ni eau, ni chauffage.</p>
<p>En janvier 1879, Morning Star et ses compagnons s'évadèrent de Fort Robinson. La plupart furent abattus en s'enfuyant du fort. On estime à 50 le nombre de rescapés, qui rejoignirent les autres Cheyennes du Nord dans le Montana. Grâce à leur détermination et à leur sacrifice, les Cheyennes du Nord ont gagné le droit de demeurer dans le Nord près des Black Hills. En 1884, par ordre de l'exécutif, une réserve destinée aux Cheyennes du Nord fut établie dans le Sud-Est du Montana. Cette réserve fut étendue en 1890, pour s'étendre de la réserve crow à l'ouest à la rivière Tongue à l'est.</p>
<p><strong>Guerre des Bannocks (1878)</strong></p>
<p>• 1879 : révolte des Apaches mimbres menés par Victorio. Près de 400 colons et soldats sont tués.</p>
<p>• 1880 : Victorio est tué au Mexique et son groupe décimé.</p>
<p>• 1886 : Geronimo, dernier chef apache à résister à la déportation des siens dans une réserve se rend au général Miles.</p>
<p>• 8 février 1887 : vote du General Allotment Act ou Dawes Severalty Act par le Congrès, autorisant le président à vendre les terres indiennes à des particuliers, en petites parcelles. Ce lotissement est amplifié par le Burke Act de 1906. Il vise à supprimer la propriété collective des terres, et à transformer les Indiens en fermiers. Le restant est distribué aux colons, et l'Oklahoma devient un État en 1907.</p>
<p>• 1889 :</p>
<p>o Janvier : le chaman païute Wovoka a une vision, qui inspire la Danse des esprits. Le message : « laissez faire le grand esprit », est interprété comme un appel à la révolte ou comme un appel au fatalisme.</p>
<p>o Avril : en application du General Allotment Act, le territoire des Cinq tribus civilisées, où les Indiens cherokees, séminoles, creeks, chickasaws et choctaws avaient été déportés dans les années 1830, est ouvert aux colons.</p>
<p>• 15 décembre 1890 : Sitting Bull, chef sioux, tué au cours de son arrestation préventive (par crainte d'une révolte suscitée par la Danse des esprits).</p>
<p>• 29 décembre 1890 : massacre de Wounded Knee, massacre de 250 Indiens sioux miniconjous à Wounded Knee Creek, dont 130 civils et le chef Big Foot, par les soldats du 7e de cavalerie ; 25 Américains sont tués, certains victimes de tirs amis.<br class='autobr' />
• 1896 : au recensement, les Indiens ne sont plus que 250 000.</p>
<p>Au XIXe siècle, les Indiens d'Amérique du Nord ont été parqués dans des réserves et leur gibier principal disparaît, les bisons sont abattus sous les incitations du gouvernement fédéral. Même si pour les colons un bon Indien était un Indien mort, ce n'est pas considéré comme un génocide puisqu'il n'y avait pas de volonté gouvernementale arrêtée d'exterminer les Amérindiens. Ces derniers ont été affamés (prime au massacre de bisons), spoliés de leurs terres par la violence et la fourberie (non-respect des accords signés) et privés de leur liberté de culte ainsi que du droit de parler leurs langues. Cette politique est fréquemment nommée ethnocide.</p>
<p><strong>Prolongements au XXe siècle</strong></p>
<p>1904 : mort du chef Nez-Percés Chef Joseph</p>
<p>1909 : mort de Geronimo</p>
<p>1909 : mort de Red Cloud</p>
<p>1911 :</p>
<p>o Mort du chef comanche Quanah Parker</p>
<p>o Fondation de la Society of American Indians.</p>
<p>1924 : la citoyenneté est accordée aux Indiens d'Amérique du Nord.</p>
<p>1934 : Indian Reorganization Act : l'État fédéral met fin au processus de parcellisation des terres indiennes, et reconnaît aux tribus indiennes le droit à l'autonomie.</p>
<p>1948 : le droit de vote est accordé aux Amérindiens par les États d'Arizona et du Nouveau-Mexique.</p>
<p>1953 : début du processus de termination, visant à la suppression des réserves indiennes.</p>
<p>1956 : le droit de vote est accordé aux Amérindiens par l'État de l'Utah.</p>
<p>Années 1960 : stérilisation en masse des femmes amérindiennes (environ 40 %).</p>
<p>1968 : naissance du mouvement amérindien (American Indian Movement) à Minneapolis.</p>
<p>1969 : occupation amérindienne d'Alcatraz à San Francisco.</p>
<p>1973 : le Mouvement des Indiens d'Amérique occupe Wounded Knee, où des Sioux ont été massacrés en 1890. L'armée et le FBI les assiègent pendant 73 jours, faisant plusieurs morts. Pendant les mois qui suivent, la répression du FBI et des groupes paramilitaires fait 65 morts.</p>
<p>1990 : crise d'Oka, au Québec : l'armée canadienne intervient pour expulser les Mohawks qui occupent un cimetière ancestral, qui doit être démoli pour la construction d'un golf.</p>
<h2 class="spip">LIRE AUSSI :</h2>
<p> <a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5235" class="spip_out" rel="external">Pourquoi et comment l'empire Olmèque a-t-il disparu ?</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5238" class="spip_out" rel="external">La révolution sociale qui a renversé la civilisation de Teotihuacán</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5243" class="spip_out" rel="external">La chute de la civilisation maya sous les coups de la révolution sociale</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2314" class="spip_out" rel="external">La disparition soudaine de la civilisation des Anasazis</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5247" class="spip_out" rel="external">La chute de Tula et des Toltèques</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article227" class="spip_out" rel="external">Révolutions en Méso-Amérique antique</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_peuples_indig%C3%A8nes_des_Am%C3%A9riques" class="spip_out" rel="external">Liste des peuples indigènes des Amériques</a></p>
<p><a href="https://bataillesocialiste.wordpress.com/documents-historiques/1884-la-gens-iroquoise-engels/" class="spip_out" rel="external">La gens iroquoise</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Constitution_de_la_nation_iroquoise" class="spip_out" rel="external">La grande fédération iroquoise</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2986" class="spip_out" rel="external">Démocratie indienne</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9d%C3%A9ration_des_Sept_Feux" class="spip_out" rel="external">La Fédération des Sept Feux</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5358" class="spip_out" rel="external">La chute de la société Huarpa</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4925" class="spip_out" rel="external">Quand la France colonisait les Indiens des Amériques</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4199" class="spip_out" rel="external">L'élimination des Indiens de la forêt amazonienne</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article6242">Le massacre des peuples indiens du Guatemala</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve616" class="spip_out" rel="external">Le massacre des Indiens d'Amérique entre 1800 et 1830</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5356" class="spip_out" rel="external">La chute de la ville d'El Tajin, capitale des Totonaques, en 1200 et son abandon en 1230</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5282" class="spip_out" rel="external">Les trois chutes (et la disparition finale), en 750, en 1100, en 1300 de notre ère, de la civilisation péruvienne Lambayèque (ou Sicàn)</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4925" class="spip_out" rel="external">Quand la France colonisait les Indiens des Amériques</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4199" class="spip_out" rel="external">L'élimination des Indiens de la forêt amazonienne</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4182" class="spip_out" rel="external">L'élimination des Inuits</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4110" class="spip_out" rel="external">Le génocide colonial français des peuples amérindiens caraïbes des Petites Antilles de 1625-1660</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve616" class="spip_out" rel="external">Le massacre des Indiens d'Amérique entre 1800 et 1830</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article3004" class="spip_out" rel="external">"Tuez-nous et enterrez-nous ici" : un appel désespéré d'Indiens menacés d'expulsion</a></p>
<p> <a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5168" class="spip_out" rel="external">Le massacre des Indiens du Guatemala par le pouvoir militaire</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5307" class="spip_out" rel="external">La chute de l'empire Tiahuacano-Huari</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5288" class="spip_out" rel="external">Comment a disparu la civilisation Chavín en 200 avant notre ère ?</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2986" class="spip_out" rel="external">Administration indienne et démocratie directe</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4973" class="spip_out" rel="external">L'histoire de la conquête du Brésil par les Occidentaux</a></p>
<p><a href="https://www.google.fr/search?hl=fr&q=indiens+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&btnG=Recherche&meta=&gws_rd=ssl" class="spip_out" rel="external">Lutte actuelles des Indiens d'Amérique</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5253" class="spip_out" rel="external">L'empire incas, naissance et mort</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5262" class="spip_out" rel="external">Pourquoi l'empire aztèque a-t-il été aussi facile à abattre pour une poignée de conquérants espagnols ?</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5263" class="spip_out" rel="external">Pourquoi la civilisation de Caral (Pérou) a brutalement et totalement disparu en 1500 avant notre ère ?</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5345" class="spip_out" rel="external">La chute des Zapotèques à Monte Albán en 750 après J.-C.</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5261" class="spip_out" rel="external">Quelques idées fausses sur les Indiens des Amériques</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5342" class="spip_out" rel="external">Luttes de classes dans les sociétés amérindiennes précolombiennes</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5336" class="spip_out" rel="external">La disparition des civilisations précolombiennes est-elle un mystère ?</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d%27ouvrages_sur_l%27Am%C3%A9rique_pr%C3%A9colombienne_class%C3%A9s_par_th%C3%A8me" class="spip_out" rel="external">Bibliographie Amérique précolombienne</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5278" class="spip_out" rel="external">L'effondrement de la civilisation Mochica</a></p>
<p><a href="http://alhim.revues.org/100" class="spip_out" rel="external">Lire aussi</a></p>
<p><a href="http://www.geolinks.fr/geopolitique/le-retour-des-peuples-indigenes-en-amerique-latine-de-la-marginalisation-a-laffirmation-quels-enjeux-pour-la-stabilite-des-etats/" class="spip_out" rel="external">Et encore</a></p></div>