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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;
Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.fr/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>Des manifestations antigouvernementales et des gr&#232;ves de masse provoqu&#233;es par l'inflation secouent l'&#201;quateur</title>
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		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ve Strike</dc:subject>
		<dc:subject>Manifestation</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>Equateur</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte de classes - Class struggle</dc:subject>

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&lt;p&gt;Des manifestations antigouvernementales et des gr&#232;ves de masse provoqu&#233;es par l'inflation secouent l'&#201;quateur &lt;br class='autobr' /&gt; Des in&#233;galit&#233;s sociales extr&#234;mes exacerb&#233;es par une inflation galopante, en particulier les prix des denr&#233;es alimentaires et du gaz, ont d&#233;clench&#233; une explosion sociale en &#201;quateur. Cette nation sud-am&#233;ricaine de 17,6 millions d'habitants est paralys&#233;e par des gr&#232;ves et des manifestations de masse, plongeant le gouvernement de droite du pr&#233;sident Guillermo Lasso dans la crise. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- LUTTE DES CLASSES - CLASS STRUGGLE &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve Strike&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Manifestation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot165" rel="tag"&gt;Equateur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot278" rel="tag"&gt;Lutte de classes - Class struggle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des manifestations antigouvernementales et des gr&#232;ves de masse provoqu&#233;es par l'inflation secouent l'&#201;quateur
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Des in&#233;galit&#233;s sociales extr&#234;mes exacerb&#233;es par une inflation galopante, en particulier les prix des denr&#233;es alimentaires et du gaz, ont d&#233;clench&#233; une explosion sociale en &#201;quateur. Cette nation sud-am&#233;ricaine de 17,6 millions d'habitants est paralys&#233;e par des gr&#232;ves et des manifestations de masse, plongeant le gouvernement de droite du pr&#233;sident Guillermo Lasso dans la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestations ont d&#233;but&#233; le 13 juin, lorsque le groupe de la Conf&#233;d&#233;ration des nationalit&#233;s indig&#232;nes de l'&#201;quateur (CONAIE) &#8211; la plus grande des organisations cens&#233;es repr&#233;senter les 1,1 million d'autochtones du pays &#8211; a appel&#233; &#224; une gr&#232;ve nationale, en publiant une liste de dix revendications, dont une r&#233;duction du prix de l'essence et du diesel, la mise en &#339;uvre d'un contr&#244;le des prix des produits agricoles, une aide sociale pour plus de quatre millions de familles, la ren&#233;gociation des dettes priv&#233;es, un moratoire sur l'expansion des op&#233;rations mini&#232;res et p&#233;troli&#232;res sur les terres indig&#232;nes et une plus grande allocation des ressources &#224; l'&#233;ducation et &#224; la sant&#233; publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Guardian cite une femme indig&#232;ne de Samanga, Sonia Guamangate, qui donne une id&#233;e des griefs des manifestants : &#171; Les prix ont augment&#233; en ville mais ce que nous recevons pour nos produits agricoles reste le m&#234;me... Parfois, ils ne paient que 5 ou 6 dollars pour un quintal [100 kg] de pommes de terre. C'est le travail d'une ann&#233;e pour certains d'entre nous &#187;. Elle ajoute : &#171; Ils nous traitent d'Indiens ignorants. Nous ne sommes pas ignorants, nous fournissons la nourriture pour la ville. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des dizaines de milliers d'agriculteurs autochtones et de travailleurs ruraux sont descendus des versants des Andes et des r&#233;gions amazoniennes, dressant des barrages routiers dans tout le pays et d&#233;filant dans les villes de province avant de converger vers la capitale. Ils ont &#233;t&#233; rejoints dans les villes par des travailleurs et des &#233;tudiants, qui sont &#233;galement confront&#233;s &#224; la mis&#232;re &#233;conomique due &#224; l'inflation. Un travailleur, Miguel Ter&#225;n, ing&#233;nieur en m&#233;canique, a d&#233;clar&#233; au Guardian : &#171; Il y a une clameur parmi les gens, surtout ceux qui n'ont pas d'emploi... Il est tr&#232;s difficile de vivre quand tous les prix augmentent tellement. Les prix du carburant augmentent, donc tous les produits de base augmentent. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le 21 juin, Quito est effectivement paralys&#233;e par les manifestants qui bloquent plusieurs routes principales pr&#232;s du centre-ville o&#249; ils ont engag&#233; un bras de fer avec la police, ponctu&#233; de violents affrontements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres r&#233;gions du pays o&#249; des affrontements meurtriers ont &#233;clat&#233; ont &#233;t&#233; ferm&#233;es de la m&#234;me mani&#232;re. &#192; Puyo, dans la province de Pastaza, des manifestants autochtones munis d'armes &#224; feu et de lances ancestrales ont men&#233; des combats de rue avec des soldats et des policiers, incendiant au passage le poste de police et des voitures de patrouille. Au moins six manifestants ont &#233;t&#233; tu&#233;s et des centaines d'autres bless&#233;s lors de la r&#233;pression brutale de l'&#201;tat, au cours de laquelle des manifestants non arm&#233;s ont &#233;t&#233; battus, abattus et gaz&#233;s par des policiers militaris&#233;s lourdement arm&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestations de masse ont effectivement paralys&#233; l'&#233;conomie &#233;quatorienne, la production de p&#233;trole ayant chut&#233; de plus de la moiti&#233; en raison des barrages routiers, du vandalisme et de la prise de contr&#244;le des puits de p&#233;trole, selon le minist&#232;re de l'&#201;nergie qui a d&#233;clar&#233; : &#171; En 14 jours de manifestations, l'&#201;tat &#233;quatorien a cess&#233; de recevoir environ 120 millions de dollars. Le minist&#232;re a averti dimanche que la production de p&#233;trole pourrait s'arr&#234;ter compl&#232;tement, &#171; car il n'a pas &#233;t&#233; possible de transporter les fournitures et le diesel n&#233;cessaires au maintien des op&#233;rations &#187;. L'&#201;quateur produisait environ 520.000 barils de p&#233;trole par jour avant les manifestations. Il convient toutefois de noter que les syndicats des transports ont refus&#233; de se mettre en gr&#232;ve, ce qui limite l'impact &#233;conomique des blocages routiers. Quoi qu'il en soit, les perturbations de l'approvisionnement sont immenses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un premier temps, Lasso a d&#233;clar&#233; l'&#233;tat d'urgence en raison de &#171; graves troubles int&#233;rieurs &#187; dans six provinces et a affirm&#233;, lors d'une intervention t&#233;l&#233;vis&#233;e le 24 juin, que le chef de la CONAIE, Leonidas Iza, tentait de renverser le gouvernement : &#171; On sait que ce que la population violente veut vraiment c'est g&#233;n&#233;rer un coup d'&#201;tat et c'est pourquoi nous demandons l'aide de la communaut&#233; internationale pour contrer cette tentative de d&#233;stabiliser la d&#233;mocratie en &#201;quateur&#8230; M. Iza ne peut plus contr&#244;ler la situation. La violence perp&#233;tr&#233;e par des criminels infiltr&#233;s est devenue incontr&#244;lable. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour plus tard, cependant, Lasso a brusquement c&#233;d&#233; aux demandes des groupes autochtones de lever l'&#233;tat d'urgence, et l'Assembl&#233;e nationale a annonc&#233; qu'elle formerait une commission charg&#233;e de faciliter les n&#233;gociations avec les chefs autochtones pour mettre fin aux protestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre-temps, le parti d'opposition Union pour l'espoir &#8211; align&#233; sur l'ancien pr&#233;sident Rafael Correa &#8211; avait demand&#233; la destitution de Lasso, mais il lui manquait 12 des 92 voix requises pour que le corps l&#233;gislatif puisse d&#233;mettre le pr&#233;sident de ses fonctions. Le vote de destitution de mardi &#224; l'Assembl&#233;e nationale ne repr&#233;sente toutefois gu&#232;re la fin de la crise du pouvoir bourgeois en &#201;quateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oscillant entre concessions limit&#233;es et r&#233;pression polici&#232;re, Lasso a profit&#233; de la mort d'un militaire lors d'affrontements avec des manifestants, mardi, pour rompre les pourparlers avec les dirigeants des organisations indig&#232;nes, dont la CONAIE. Cette d&#233;cision s'est accompagn&#233;e d'attaques sauvages des forces de s&#233;curit&#233; contre le quartier pauvre de San Miguel del Comun &#224; Quito et contre une manifestation &#224; l'universit&#233; de Cuenca, dans le sud du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un effort pour d&#233;samorcer la col&#232;re populaire, Lasso s'&#233;tait engag&#233; dimanche &#224; r&#233;duire les prix de l'essence et du diesel de 10 cents le gallon, en plus des subventions aux engrais et des mesures d'annulation de la dette annonc&#233;es pr&#233;c&#233;demment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les actions d'un r&#233;gime en crise d&#233;sesp&#233;r&#233;e, qui refl&#232;tent &#224; la fois les divisions au sein de la bourgeoisie &#233;quatorienne sur la meilleure fa&#231;on de maitriser une population de plus en plus agit&#233;e. Des sections de l'oligarchie perdent confiance dans la capacit&#233; du gouvernement Lasso &#224; g&#233;rer la situation. Mais, quel que soit le sort de Lasso, les racines de la crise actuelle sont profondes, et ne peuvent &#234;tre r&#233;solues sur la base de man&#339;uvres parlementaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lasso, un ex-banquier multimillionnaire, a &#233;t&#233; &#233;lu en avril 2021 parce que les gouvernements de Rafael Correa et de son successeur, Lenin Moreno &#8211; qui faisaient partie de la pseudo-gauche de la &#171; mar&#233;e rose &#187; qui a balay&#233; l'Am&#233;rique latine &#8211; n'ont pas tenu leurs promesses de r&#233;forme sociale, mais ont plut&#244;t fait un virage &#224; droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'il ait &#233;t&#233; &#233;lu sur la base de promesses populistes de droite de cr&#233;er des emplois et d'augmenter le niveau de vie, les politiques de march&#233; n&#233;olib&#233;rales de Lasso, dict&#233;es par le FMI, ont entra&#238;n&#233; de fortes r&#233;ductions des d&#233;penses sociales, des r&#233;ductions d'imp&#244;ts pour les investisseurs capitalistes, la lev&#233;e des restrictions sur l'exploitation mini&#232;re et p&#233;troli&#232;re, et la cession de sections cl&#233;s de l'&#233;conomie &#233;quatorienne au capital imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces politiques se sont traduites par une aubaine pour les investisseurs &#233;trangers et l'&#233;lite dirigeante v&#233;nale du pays, d'une part. D'autre part, les mesures d'aust&#233;rit&#233; du FMI, combin&#233;es &#224; l'impact de la pand&#233;mie de COVID-19 et de l'inflation, ont plong&#233; des masses de travailleurs et de pauvres des zones rurales dans un d&#233;nuement absolu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon un rapport de l'ONG CARE, l'ann&#233;e 2022 a vu les niveaux de pauvret&#233; exploser dans ce pays d&#233;j&#224; profond&#233;ment in&#233;galitaire, avec 35 % de la population vivant avec moins de deux dollars par jour et 40 % des m&#233;nages confront&#233;s &#224; l'ins&#233;curit&#233; alimentaire. Quelque 8 % des enfants seront probablement contraints d'abandonner leurs &#233;tudes pour travailler, le plus souvent dans le secteur des soins non r&#233;mun&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;quateur a &#233;t&#233; ravag&#233; par la COVID-19, ayant enregistr&#233; pr&#232;s d'un million de cas et pr&#232;s de 36.000 d&#233;c&#232;s, ce qui est presque certainement un sous-d&#233;nombrement. Les ramifications &#233;conomiques de la pand&#233;mie ont provoqu&#233; une mont&#233;e en fl&#232;che du ch&#244;mage et, aujourd'hui encore, seuls 33,2 % des &#201;quatoriens ont un emploi formel, 22,1 % &#233;tant consid&#233;r&#233;s comme sous-employ&#233;s, selon les statistiques nationales du travail de l'&#201;quateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tels niveaux d'in&#233;galit&#233; et de pauvret&#233; ont in&#233;vitablement produit une extr&#234;me dislocation sociale. Les taux de criminalit&#233; violente, qui &#233;taient en baisse depuis des ann&#233;es, ont explos&#233; en 2021, aliment&#233;s par la violence des gangs et la croissance des op&#233;rations de trafic de drogue. Les &#233;meutes meurtri&#232;res dans les prisons surpeupl&#233;es du pays &#8211; la derni&#232;re a eu lieu en mai et a fait 44 morts &#8211; sont devenues plus fr&#233;quentes et provoquent l'indignation de la population, les parents d&#233;sempar&#233;s accusant le gouvernement. Depuis f&#233;vrier 2021, pr&#232;s de 400 d&#233;tenus ont &#233;t&#233; tu&#233;s dans six massacres distincts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; tout cela, il faut ajouter l'effet d&#233;vastateur de la spirale inflationniste, produite par l'instabilit&#233; des march&#233;s financiers mondiaux et la perturbation des cha&#238;nes d'approvisionnement internationales provoqu&#233;e par la guerre par procuration des &#201;tats-Unis et de l'OTAN contre la Russie en Ukraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'explosion sociale en &#201;quateur doit &#234;tre consid&#233;r&#233;e dans ce contexte plus large. Des conditions similaires pr&#233;valent dans toute l'Am&#233;rique latine, qui &#233;tait d&#233;j&#224; la r&#233;gion la plus endett&#233;e du monde et d&#233;chir&#233;e par les in&#233;galit&#233;s sociales les plus extr&#234;mes. Quelle que soit l'issue imm&#233;diate de cette lutte, elle se reproduira, et &#224; plus grande &#233;chelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La peur qui s'empare de la bourgeoisie a &#233;t&#233; exprim&#233;e en mai de l'ann&#233;e derni&#232;re par le pr&#233;sident colombien sortant, Ivan Duque. Alors que ses forces de s&#233;curit&#233; abattaient des manifestants, il a pr&#233;venu que la pand&#233;mie serait le d&#233;clencheur de &#171; grands troubles sociaux &#187; qui ne tarderaient pas &#224; s'abattre sur d'autres pays de la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La spirale de la crise capitaliste &#233;branle les fondements m&#234;mes de l'ordre ancien et jette dans la lutte les grandes masses opprim&#233;es de l'humanit&#233;. En &#201;quateur, comme dans toute l'Am&#233;rique latine et au niveau international, seule la classe ouvri&#232;re peut mener ces luttes &#224; une conclusion heureuse. Cela n&#233;cessite la construction de sections du Comit&#233; international de la Quatri&#232;me Internationale pour mener la lutte pour le socialisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>L'empire incas, naissance et mort</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article6332</link>
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		<dc:date>2019-06-03T22:56:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Moyen-Age</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Esclaves Slaves</dc:subject>
		<dc:subject>P&#233;rou - Per&#249;</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique du sud America del sur</dc:subject>
		<dc:subject>Chili Chile</dc:subject>
		<dc:subject>Equateur</dc:subject>
		<dc:subject>Colombie</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rindiens</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Machu Picchu, cit&#233; incas du XVe si&#232;cle apr&#232;s J.-C. Les civilisations avant les Incas L'empire incas La domination imp&#233;riale de l'Inka, un feu d'artifice tr&#232;s court, produit de la chute et de la domination de plusieurs civilisations datant du communisme primitif &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Comment une civilisation organis&#233;e et structur&#233;e, forte de 12 millions d'hommes &#224; son apog&#233;e et d'un territoire qui s'est &#233;tendu sur les trois quarts de la cordill&#232;re des Andes, a-t-elle pu tomber sous le joug des Espagnols et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique27" rel="directory"&gt;2eme chapitre : R&#233;volutions de la Pr&#233;histoire et de l'Antiquit&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot32" rel="tag"&gt;Moyen-Age&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot53" rel="tag"&gt;Esclaves Slaves&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot127" rel="tag"&gt;P&#233;rou - Per&#249;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot143" rel="tag"&gt;Am&#233;rique du sud America del sur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot144" rel="tag"&gt;Chili Chile&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot165" rel="tag"&gt;Equateur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot188" rel="tag"&gt;Colombie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot292" rel="tag"&gt;Am&#233;rindiens&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_12744 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH625/aztec_maya_inca_map_lg-2-58e03.gif?1782353402' width='500' height='625' alt='' /&gt;
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&lt;p&gt;Machu Picchu, cit&#233; incas du XVe si&#232;cle apr&#232;s J.-C.&lt;/p&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/le-perou-avant-les-incas-musee-quai-branly-exposition-10.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH334/le-perou-avant-les-incas-musee-quai-branly-exposition-10-ae611.jpg?1782353402' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les civilisations avant les Incas&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_11836 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH194/ob_8817f3_chrono-civilisations-aa4e5.jpg?1782353402' width='500' height='194' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L220xH251/Inca_Empire_South_America-4e1ba.png?1782353402' width='220' height='251' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'empire incas&lt;/p&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L250xH462/250px-Inca-expansion_fr-15242.png?1782353402' width='250' height='462' alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_11839 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH500/ob_e73b39_carte-empire-inca-expansion-ipad-66be8.jpg?1782353402' width='500' height='500' alt='' /&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L450xH787/12997657620_225_P53-11471.jpg?1782353402' width='450' height='787' alt='' /&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L220xH292/incas-bf38d-3bc16.gif?1782353402' width='220' height='292' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_13057 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L410xH520/Imperio_inca_evolucion-05d44-1c850.gif?1782353402' width='410' height='520' alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_13056 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L440xH502/incas-00650.png?1782353402' width='440' height='502' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_13055 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/png/500px-Inca-expansion_fr.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH925/500px-Inca-expansion_fr-0acb1.png?1782353402' width='500' height='925' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La domination imp&#233;riale de l'Inka, un feu d'artifice tr&#232;s court, produit de la chute et de la domination de plusieurs civilisations datant du communisme primitif&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Comment une civilisation organis&#233;e et structur&#233;e, forte de 12 millions d'hommes &#224; son apog&#233;e et d'un territoire qui s'est &#233;tendu sur les trois quarts de la cordill&#232;re des Andes, a-t-elle pu tomber sous le joug des Espagnols et dispara&#238;tre en un peu plus d'un si&#232;cle ? &#187; &#233;crit le journal Le Figaro. En fait la premi&#232;re question serait : comment a-t-elle pu na&#238;tre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Empire inca, est une v&#233;ritable m&#233;t&#233;orite dans l'histoire bimill&#233;naire de ce territoire. Alors que la civilisation moche (mohica) qui l'a pr&#233;c&#233;d&#233; s'est &#233;panouie pendant neuf si&#232;cles, l'Empire inca n'est constitu&#233; que depuis quatre-vingts ans quand les conquistadors abordent le P&#233;rou. Quarante ans plus tard, ceux-ci ont tout an&#233;anti, il ne reste plus rien de l'ancien empire incas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'origine de la domination des Incas, l'effondrement du royaume de Tiwanaku, l'effondrement de la f&#233;d&#233;ration des peuples, l'effondrement des soci&#233;t&#233;s communistes primitives devant les guerriers esclavagistes. Mais cette domination n'aura pas dur&#233;, les colons europ&#233;ens &#233;tant parvenus &#224; pousser les peuples indiens r&#233;cemment esclavagis&#233;s contre l'empire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 novembre 1532 : &#224; Cajamarca, Pizarro rencontre l'arm&#233;e d'Atahualpa, qui compte prendre le pouvoir &#224; Cuzco, et entreprend des pourparlers avec son chef. Lorsque Pizarro arrive au P&#233;rou en 1532, il est per&#231;u comme un dieu. Il enl&#232;ve l'empereur Atahualpa et encourage la r&#233;volte des peuples soumis aux Incas. L'empire se morcelle et l'empereur est finalement ex&#233;cut&#233; par les Espagnols en 1533. Les conquistadors contr&#244;lent le territoire inca au milieu du XVIe si&#232;cle, m&#234;me si des r&#233;sistances ont encore lieu. La formation de l'Empire colonial espagnol s'accompagne de pillages, de maladies nouvelles qui font des ravages, de la famine, de l'asservissement des Am&#233;rindiens dans les encomiendas et de l'&#233;vang&#233;lisation de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mographie historique estime qu'une majorit&#233; d'Am&#233;rindiens sont morts &#224; la suite des maladies infectieuses introduites par les Espagnols, contre lesquelles les Am&#233;rindiens n'&#233;taient pas immunis&#233;s. Au contact des Europ&#233;ens, les Am&#233;rindiens ont eu une tr&#232;s grande baisse d&#233;mographique caus&#233;e par les maladies import&#233;es de l'Europe et les &#233;pid&#233;mies dues au choc microbien, car ces maladies comme la coqueluche, la rougeole ou la variole, n'&#233;taient pas connues des tribus. Le processus a commenc&#233; d&#232;s les ann&#233;es 1500 et les &#233;pid&#233;mies de variole (1525, 1558, 1589), de typhus (1546), de grippe (1558), de dipht&#233;rie (1614), de rougeole (1618) ou encore de peste bubonique (1617-1619, en Nouvelle-Angleterre) ont d&#233;cim&#233; des millions d'indig&#232;nes. Par exemple, les Timicuas, en Floride, qui en 1650 &#233;taient 13 000 r&#233;partis sur 40 villages, ne furent apr&#232;s une &#233;pid&#233;mie de petite v&#233;role que 35 en 1728, regroup&#233;s dans un seul hameau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nombre de morts indig&#232;nes de maladies, d'exploitation ou d'assassinat par les forces coloniales est estim&#233; &#224; 90 millions, dont 10 millions pour l'Am&#233;rique du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16 novembre 1532 : Pizarro r&#233;ussit &#224; s'emparer de la personne de l'Inca qui accepte toutes les conditions impos&#233;es pour sa lib&#233;ration (dont 88 m3 d'or de ran&#231;on, r&#233;unie en juillet 1533). La ran&#231;on est partag&#233;e entre les vainqueurs apr&#232;s envoi du quinto en Espagne, mais Pizarro pr&#233;f&#232;re ex&#233;cuter l'Inca pour le meurtre de son fr&#232;re Huascar. Il sera garrott&#233; devant les soldats (29 ao&#251;t 1533).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 juillet 1533 : Atahualpa, le dernier empereur inca captur&#233; par tra&#238;trise par Pizarro, est condamn&#233; &#224; mort et &#233;trangl&#233;. La r&#233;sistance inca est d&#233;sorganis&#233;e. Pizarro partage les Indiens entre ses hommes selon le syst&#232;me de l'encomienda. Chacun re&#231;oit 40 000 indig&#232;nes. Ce syst&#232;me ruinera le syst&#232;me &#233;conomique de l'empire inca. L'introduction de l'&#233;conomie mon&#233;taire et de nouvelles formes de tribut (travaux forc&#233;s dans les mines), ach&#232;veront de d&#233;sint&#233;grer l'&#233;quilibre du syst&#232;me. Les Espagnols utilisent l'ancien syst&#232;me de pouvoir et d'&#233;changes &#224; leur avantage, mais sans que fonctionne le principe de r&#233;ciprocit&#233; dans l'&#233;change, qui en &#233;tait le fondement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Octobre 1533 : r&#233;volte de Rumi&#241;ahui qui veut prendre le pouvoir depuis Quito avec l'arm&#233;e d'Atahualpa (12 000 hommes). Belalc&#225;zar le bat en plaine avec 200 fantassins et 80 cavaliers pendant l'irruption du Cotopaxi, qui terrifie les Indiens. Rumi&#241;ahui parvient &#224; s'enfuir dans la montagne. Captur&#233;, il meurt des suites de ses tortures le 25 juin 1535.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 novembre 1533 : les Espagnols occupent Cuzco o&#249; ils placent Manco Capac II, fr&#232;re d'Atahualpa, sur le tr&#244;ne des Inca (fin en 1537). La ville est mise &#224; sac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La civilisation incas a disparu tr&#232;s rapidement, trop facilement. Qu'est-ce qui faisait sa force et qu'est-ce qui faisait sa faiblesse ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La civilisation inca est une civilisation pr&#233;colombienne du groupe andin. Elle prend naissance au d&#233;but du XIIIe si&#232;cle dans le bassin de Cuzco dans l'actuel P&#233;rou et se d&#233;veloppe ensuite le long de l'oc&#233;an Pacifique et de la cordill&#232;re des Andes, couvrant la partie occidentale de l'Am&#233;rique du Sud. &#192; son apog&#233;e, elle s'&#233;tend de la Colombie jusqu'&#224; l'Argentine et au Chili, par-del&#224; l'&#201;quateur, le P&#233;rou et la Bolivie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au P&#233;rou, sous le r&#233;gime incas, le pays &#233;tait habit&#233; par deux races superpos&#233;es. Les Incas, la race conqu&#233;rante, ainsi que toutes les aristocraties, conservaient les coutumes du pass&#233; et vivaient sous le r&#233;gime du communisme du g&#233;nos, tandis qu'il semble que les nations vaincues de ce vaste empire &#233;voluaient vers la propri&#233;t&#233; patriarcale. Tous les ans, les terres cultiv&#233;es de chaque localit&#233; &#233;taient divis&#233;es en 3 parts : l'une &#233;tait morcel&#233;e en autant de parcelles que de familles ; l&#180;autre &#233;tait attribu&#233;e aux Incas et la troisi&#232;me &#233;tait r&#233;serv&#233;e au Soleil, le Dieu des P&#233;ruviens. Les terres du Soleil &#233;taient cultiv&#233;es en commun par toute la population, et leurs r&#233;coltes, apr&#232;s avoir d&#233;fray&#233; les d&#233;penses du culte, &#233;taient distribu&#233;es entre les familles du village. Cette r&#233;partition des terres en trois parts indique trois classes sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Radin &#233;crit sur les Incas :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le plus c&#233;l&#232;bre de tous les temples p&#233;ruviens, celui du Cuzco, fut d&#233;di&#233; au soleil-dieu. Les divers souverains qui r&#233;gn&#232;rent l'avaient enrichi &#224; tel point que les Inka eux-m&#234;mes l'appelaient &#171; le lieu en or &#187;. (...) Le culte du soleil avait p&#233;n&#233;tr&#233; &#224; tel point jusqu'&#224; l'essence de leur vie que les Inka faisaient remonter &#224; lui tout ce qui &#233;tait beau et utile dans l'Univers : (...) &#171; Je suis un bienfait pour l'univers entier, r&#233;pandant la lumi&#232;re pour que les hommes voient et accomplissent leur t&#226;che. (...) Je vous ai envoy&#233;s sur terre, &#244; mes enfants, uniquement pour le bonheur et l'instruction de ces hommes qui vivent comme des b&#234;tes, et, &#224; partir de ce moment, je vous nomme rois et ma&#238;tres de toutes ces tribus, afin que vous leur enseigniez la raison et le bon gouvernement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maurice Godelier :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans la soci&#233;t&#233; azt&#232;que par exemple, le commerce &#233;tait extr&#234;mement d&#233;velopp&#233;. Une circulation de biens entre les hautes terres productrices de ma&#239;s, de haricots, etc., et les basses terres c&#244;ti&#232;res tropicales beaucoup plus riches et qui fournissaient le cacao, le coton, les plumes d'oiseaux pour les parures, etc., donnait lieu aux activit&#233;s d'une classe sp&#233;cialis&#233;e de marchands, les pochteca. Cette circulation marchande doublait la circulation des m&#234;mes produits sous la forme du tribut &#224; l'Etat azt&#232;que dont nous avons parl&#233; plus haut. Dans une lettre c&#233;l&#232;bre &#224; Charles V, Cortez d&#233;crivit les immenses march&#233;s de Tenochticlan. Sur ces march&#233;s, chaque produit avait un lieu de vente d&#233;termin&#233;. La vente se r&#233;alisait &#224; la pi&#232;ce ou &#224; la mesure. Les jours de march&#233; &#233;taient f&#233;ri&#233;s. Des tribunaux sp&#233;ciaux, contr&#244;l&#233;s par les marchands, tranchaient les conflits entre vendeurs et acheteurs et le chef des marchands fixait le prix des marchandises. Il &#233;tait interdit de vendre les produits en dehors des places de march&#233;. Les commer&#231;ants jouissaient de grands privil&#232;ges politiques et &#233;conomiques. Mais ils &#233;taient mal jug&#233;s s'ils faisaient &#233;talage de richesse et de gloire. On attendait d'eux un comportement &#171; humble &#187; et parfois les biens des commer&#231;ants riches &#233;taient confisqu&#233;s par l'Etat. Les marchands &#233;taient dispens&#233;s du service personnel et de la participation aux travaux publics organis&#233;s par l'Etat. Si l'on compare cette situation avec celle qui r&#233;gnait chez les Incas, on s'aper&#231;oit que chez ces derniers la production &#233;tait plus strictement organis&#233;e par le pouvoir central et que cette &#233;conomie centralis&#233;e ne laissait gu&#232;re place au d&#233;veloppement d'une classe de marchands. De nos jours, de multiples analyses des march&#233;s africains, m&#233;so-am&#233;ricains, asiatiques permettent de commencer &#224; distinguer plusieurs types de march&#233;s : par exemple les march&#233;s sectoriels qui permettent &#224; des producteurs de biens compl&#233;mentaires de les &#233;changer sur une base r&#233;gionale. Dans ces conditions existent des cycles de march&#233;s qui se tiennent chaque jour en un lieu diff&#233;rent, permettant ainsi l'unification d'une r&#233;gion &#233;conomique. C'&#233;tait le cas &#233;galement des march&#233;s ruraux, dans la Chine traditionnelle. A ces march&#233;s s'opposent les march&#233;s en r&#233;seaux qui relient les producteurs locaux &#224; leur &#233;conomie nationale, et par-del&#224; au march&#233; mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans cette perspective que l'on peut analyser des formes de tributs qui caract&#233;risaient par exemple le fonctionnement de la soci&#233;t&#233; azt&#232;que. Alors que les Incas faisaient reposer la richesse de l'Etat et le pouvoir de la classe dominante avant tout sur des prestations en travail, sur un r&#233;gime de corv&#233;es, les Azt&#232;ques faisaient reposer la richesse de l'Etat sur un gigantesque syst&#232;me de pr&#233;l&#232;vements de tributs sur les gens du peuple appartenant &#224; leur propre soci&#233;t&#233;, et sur tous les membres des royaumes et des groupes tribaux qu'ils avaient soumis. A partir des codex, on a pu calculer l'ampleur de ce tribut. Chaque ann&#233;e par exemple, le souverain recevait des trois cent soixante et onze groupes cit&#233;s dans le codex Mendoza, 123.400 v&#234;tements de coton ou de fibre, 11.200 tuniques pour femmes, 625 tenues de guerriers, 320 peaux d'oiseaux, 3.580 poign&#233;es de plumes et de la nourriture (ma&#239;s, piments, etc.) suffisante pour entretenir 25.000 personnes (fonctionnaires, courtisans, serviteurs, etc.). Une grande partie de ce tribut &#233;tait compos&#233;e de mati&#232;res premi&#232;res (plumes, m&#233;taux pr&#233;cieux) qui ensuite &#233;taient travaill&#233;es par les artisans de Tenochtitlan. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Seyri&#232;s :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les Incas,avec d'une part une soci&#233;t&#233; civile fond&#233;e sur l'ayllu communaut&#233; agraire primitive, d'autre part un &#034;Etat entrepreneur&#034; et la soci&#233;t&#233; politique&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lo&#239;c Mangin &#233;crit dans &#171; Pour la science &#187; de septembre 2011 : &#171; Lorsqu'on pense aux peuples qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; les Europ&#233;ens au P&#233;rou, les Incas, voire les Mochicas, sont les premiers qui viennent &#224; l'esprit. Pourtant, beaucoup les ont pr&#233;c&#233;d&#233;s. Charles Stanish, de l'Universit&#233; de Californie &#224; Los Angeles, et sa coll&#232;gue A. L&#233;vine s'int&#233;ressent aux premi&#232;res proto-cit&#233;s install&#233;es autour du lac Titicaca et ont retrac&#233; l'histoire de la r&#233;gion (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
A partir de 1400 avant notre &#232;re, plusieurs groupes de chasseurs-cueilleurs se s&#233;dentarisent autour du plan d'eau et &#233;tablissent les premiers villages. Certains grossissent et deviennent des centres politiques r&#233;gionaux. Pendant pr&#232;s de 1000 ans, les conflits sont rares. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin du premier mill&#233;naire avant notre &#232;re, deux grands centres politiques dominent la r&#233;gion, Taraco et Pukara. Le dernier finira par diriger seul toute la zone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment ? Les fouilles montrent qu'une grande partie des centres r&#233;sidentiels de Taraco a br&#251;l&#233; &#224; la fin du premier si&#232;cle, entra&#238;nant un ralentissement durable de l'activit&#233; &#233;conomique. Or cet incendie n'&#233;tait pas accidentel. Outre son &#233;tendue, on n'a retrouv&#233; aucune trace d'une &#233;ventuelle reconstruction. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; les faits. Les conclusions consistent &#224; d&#233;fendre le point de vue que &#171; les conflits arm&#233;s ont jou&#233; un r&#244;le majeur dans le d&#233;veloppement des premiers Etats &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lo&#239;c &#233;crit que l'incendie de Taraco &#171; a co&#239;ncid&#233; avec l'accession de Pukara au statut de force politique dominante dans la r&#233;gion. De cet &#233;pisode, Ch Stanish conclut que les conflits ont &#233;t&#233; un facteur important dans l'&#233;volution des Etats archa&#239;ques dans le nord du lac Titicaca. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas d'une simple d&#233;duction sur des faits locaux mais d'une th&#232;se g&#233;n&#233;rale : &#171; Cet exemple s'ajoute &#224; ceux d&#233;j&#224; document&#233;s de la M&#233;sopotamie, de la M&#233;so-Am&#233;rique, du Nord du P&#233;rou, etc&#8230; &#187; Cependant, les &#233;tudes ne nous disent pas que les restes de la cit&#233; de Taraco manifestaient d'une intervention militaire d'une arm&#233;e d&#233;vastant tout mais seulement d'un incendie suivi d'une disparition totale de toute activit&#233; &#233;conomique sur le site, les habitants l'ayant abandonn&#233; totalement sans tentative de reprise du travail et de reconstruction.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'histoire des premi&#232;res soci&#233;t&#233;s peu avant l'Etat manifestent essentiellement l'apparition des oppositions violentes non pas entre cit&#233;s mais entre classes sociales se d&#233;veloppant dans la cit&#233;, le foss&#233; entre riches et pauvres devenant de plus en plus grand et inacceptable aux exploit&#233;s. Les autres facteurs historiques comme les relations avec les autres cit&#233;s ne semblent pas d&#233;terminants dans l'apparition de l'Etat. Ces cit&#233;s sont le r&#233;sultat d'une accumulation primitive de richesses issues de l'agriculture et de l'artisanat puis du grand commerce, accumulation qui entra&#238;ne la concentration dans les mains d'un petit nombre de familles de l'essentiel des richesses&#8230; Pour assurer la p&#233;rennit&#233; de cette accumulation de richesses, l'accumulation des pouvoirs politiques et militaires dans les m&#234;mes mains va devenir rapidement n&#233;cessaire, d&#232;s que la soci&#233;t&#233; aura pass&#233; un certain cap en termes de d&#233;veloppement et en particulier les cit&#233;s en termes de nombres de r&#233;sidents pauvres&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224;, s'il n'y a pas eu mise en place d'un Etat, c'est la r&#233;volution sociale qui incendie, qui d&#233;truit le mode de production, les exploit&#233;s ne voyant d'autre moyen de se lib&#233;rer que d'en finir avec le travail des champs et de s'enfuir apr&#232;s avoir d&#233;truit et br&#251;l&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'origine des premiers Etats est &#224; rechercher dans les conflits effectivement mais dans ceux internes &#224; la soci&#233;t&#233; : dans les conflits de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de soci&#233;t&#233; de classe sans lutte de classes et sans modes d'organisation des classes, dont la plus importante pour l'ordre : l'Etat. L'Histoire est souvent pr&#233;sent&#233;e comme construite par l'ordre, par le pouvoir ou par son chef et non par l'agitation des classes, leurs relations, leur concurrence, leurs alliances et leurs luttes. Et cet ordre social est pr&#233;sent&#233; comme tombant du ciel. Dans les mythologies religieuses, c'est l'&#233;quilibre du monde lui-m&#234;me qui est fond&#233; par les rois-dieux. L'histoire, revue et corrig&#233;e par le pouvoir, d&#233;fend la n&#233;cessit&#233; de celui-ci. En France, par exemple, une histoire continue de la civilisation est pr&#233;sent&#233;e aux scolaires, pr&#233;tendant que la soci&#233;t&#233; dite occidentale commencerait par le r&#233;gime des pharaons, se poursuivrait par l'Etat ath&#233;nien, puis romain, pour finir par le renforcement de l'Etat royal fran&#231;ais au sein de la f&#233;odalit&#233;, dont l'Etat bourgeois appara&#238;t finalement comme l'aboutissement plut&#244;t que comme la n&#233;gation, d&#233;bouchant sur le capitalisme, tout cela sans la moindre rupture ! Dans cette conception, l'Etat est un ordre qui n'a aucun ant&#233;c&#233;dent, qui est pr&#233;sent&#233; comme le point de d&#233;part d'une civilisation, et m&#234;me d'un peuple. Le pouvoir central, toujours aussi mythifi&#233;, est pr&#233;sent&#233; comme le facteur positif par excellence, et sa chute est pr&#233;sent&#233;e comme une catastrophe. En r&#233;alit&#233;, son caract&#232;re est d'abord n&#233;gatif : bloquer la lutte des classes. Son origine a d'autant plus besoin des mythes que sa v&#233;ritable origine est li&#233;e aux contradictions entre classes sociales. L'ancienne soci&#233;t&#233; pr&#233;-&#233;tatique explose sous les pressions des nouvelles in&#233;galit&#233;s produites par l'accumulation de richesses dues &#224; de nouvelles activit&#233;s &#233;conomiques et l'Etat est la r&#233;ponse des classes dirigeantes &#224; ces pressions qui m&#232;neraient, sans lui, &#224; l'explosion sociale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Rosa Luxemburg, Introduction &#224; l'&#233;conomie politique :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tournons-nous vers l'ancien Empire Inca d'Am&#233;rique du Sud. Le territoire de cet Empire, qui couvre les r&#233;publiques actuelles du P&#233;rou, de la Bolivie et du Chili, autrement dit un territoire d'environ 3 364 600 km2 avec une population actuelle de 12 millions d'habitants, &#233;tait administr&#233; &#224; l'&#233;poque de la conqu&#234;te par Pizarre, de la m&#234;me fa&#231;on que pendant des si&#232;cles auparavant. Nous y trouvons les m&#234;mes institutions que chez les anciens Germains. Chaque communaut&#233; familiale, qui forme en m&#234;me temps une centurie d'hommes capables de porter les armes, occupe un certain territoire qui lui appartient et, chose curieuse, porte m&#234;me le m&#234;me nom que chez les Germains, la Marca. Les terrains cultivables &#233;taient s&#233;par&#233;s du territoire de la Marca, partag&#233;s en lots et tir&#233;s au sort chaque ann&#233;e avant les semailles entre les familles. La dimension des lots d&#233;pendait de la grandeur des familles, donc de l'importance de leurs besoins. Le chef du village, dont la fonction, &#224; l'&#233;poque de la formation de l'Empire, donc vers les X&#176; et XI&#176; si&#232;cles, n'&#233;tait d&#233;j&#224; plus &#233;lective mais h&#233;r&#233;ditaire, recevait le plus grand lot. Au nord du P&#233;rou, chaque famille ne cultivait pas sa part de champ isol&#233;ment, on travaillait en dizaines, sous la conduite d'un chef - institution dont certains faits indiquent aussi l'existence chez les anciens Germains. La dizaine cultivait &#224; la suite les unes des autres toutes les parts de ses membres, m&#234;me des absents qui &#233;taient en train de servir &#224; la guerre ou dans les corv&#233;es pour les Incas. Chaque famille recevait les fruits de ce qui avait pouss&#233; sur son lot. N'avait droit &#224; un lot que celui qui habitait sur le territoire de la Marca et faisait partie du clan. Chacun devait cultiver lui-m&#234;me sa part. Quiconque la laissait inculte pendant plusieurs ann&#233;es (au Mexique, pendant trois ans) perdait ses droits. Les parts ne pouvaient &#234;tre ni vendues ni donn&#233;es. Il &#233;tait rigoureusement interdit de quitter sa propre Marca et de s'installer dans une autre, ce qui &#233;tait sans doute en relation avec la force des liens du sang dans les clans villageois. La culture des champs, dans les r&#233;gions c&#244;ti&#232;res o&#249; la pluie ne tombe que p&#233;riodiquement, a de tout temps exig&#233; une irrigation artificielle, des canaux que la communaut&#233; creusait collectivement. Il existait des r&#232;gles strictes pour l'utilisation de l'eau et sa r&#233;partition entre les diff&#233;rents villages et &#224; l'int&#233;rieur des villages. Chaque village avait aussi des &#8220; champs des pauvres &#8221; cultiv&#233;s par tous les membres de la communaut&#233; et dont la r&#233;colte &#233;tait r&#233;partie par le chef du village entre les vieillards, les veuves et les autres n&#233;cessiteux. Tout le reste du territoire, en dehors des champs, &#233;tait Marcapacha, territoire communal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la partie montagneuse du pays o&#249; la culture des champs ne r&#233;ussissait pas, un modeste &#233;levage, presque exclusivement de lamas, constituait la base de l'existence des habitants qui apportaient de temps en temps leur principal produit - la laine - dans la vall&#233;e pour l'&#233;changer avec les paysans contre du ma&#239;s, du poivre et des haricots. Dans la montagne, il y avait, d&#232;s l'&#233;poque de la conqu&#234;te, des troupeaux priv&#233;s et de s&#233;rieuses diff&#233;rences de richesse. Un Membre ordinaire de la Marca poss&#233;dait trois &#224; dix lamas, tandis que le chef pouvait en avoir cinquante &#224; cent. Le sol, la for&#234;t et les p&#226;turages &#233;taient propri&#233;t&#233; commune et il y avait, outre les troupeaux priv&#233;s, des troupeaux de village qui ne pouvaient &#234;tre ali&#233;n&#233;s. A des dates d&#233;termin&#233;es, une partie des troupeaux communs &#233;tait abattue et la viande et la laine en &#233;taient r&#233;parties entre les familles. Il n'y avait pas d'artisans, chaque famille confectionnait tout ce dont elle avait besoin pour le m&#233;nage. Il y avait des villages qui se montraient particuli&#232;rement habiles dans telle ou telle activit&#233; : tissage, poterie ou travail du m&#233;tal. A la t&#234;te de chaque village, il y avait un chef, &#233;lu &#224; l'origine, puis h&#233;r&#233;ditaire, qui surveillait la culture des champs ; pour toute affaire importante, il s'assurait les conseils de l'assembl&#233;e des adultes qu'il convoquait au son de la conque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'ici la vieille Marca p&#233;ruvienne a tous les traits essentiels de la Marche germanique. Ce en quoi elle diff&#232;re de l'image typique que nous connaissons permet de mieux p&#233;n&#233;trer la nature de ce syst&#232;me social. Ce qu'il y avait de particulier dans l'ancien Empire Inca, c'&#233;tait qu'il s'agissait d'un pays conquis o&#249; s'&#233;tait &#233;tablie une domination &#233;trang&#232;re. Les conqu&#233;rants, les Incas, faisaient certes aussi partie des tribus indiennes, mais ils soumirent les tribus pacifiques et s&#233;dentaires des Vechua, justement parce qu'elles vivaient isol&#233;es du monde, chaque village ne s'occupant que de lui-m&#234;me, sans lien avec de plus grands territoires, sans int&#233;r&#234;t pour tout ce qui pouvait se passer en dehors du territoire de la Marca. Les Incas laiss&#232;rent en g&#233;n&#233;ral intacte cette organisation particulariste, qui leur avait facilit&#233; la conqu&#234;te. Ils y greff&#232;rent un syst&#232;me raffin&#233; d'exploitation &#233;conomique et de domination politique. Chaque Marca conquise devait mettre &#224; part quelques champs, &#8220; champs des Incas &#8221; ou &#8220; champs du soleil &#8221; qui continuaient &#224; lui appartenir, mais dont les fruits revenaient aux Incas ainsi qu'&#224; leur caste de pr&#234;tres. De m&#234;me, les tribus montagnardes de bergers devaient r&#233;server une partie de leurs troupeaux, comme &#8220; troupeaux des ma&#238;tres &#8221;. La garde de ces troupeaux, de m&#234;me que la culture des champs des Incas et des pr&#234;tres, &#233;tait la corv&#233;e commune des membres de la communaut&#233;. A cela s'ajoutaient les corv&#233;es du travail dans les mines et des travaux publics, construction de chemins et de ponts, dont les ma&#238;tres prenaient la direction en main, un service militaire &#224; la discipline rigoureuse, enfin un tribut en jeunes filles qui servaient soit de victimes pour les sacrifices rituels, soit de concubines aux Incas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce s&#233;v&#232;re syst&#232;me d'exploitation laissait cependant intacte la vie int&#233;rieure des communaut&#233;s et leurs institutions communistes d&#233;mocratiques ; les corv&#233;es et redevances elles-m&#234;mes &#233;taient support&#233;es collectivement par la Marca. Le plus remarquable, c'est que l'organisation villageoise communiste n'&#233;tait pas seulement, comme si souvent d&#233;j&#224; au cours de l'histoire, la base s&#251;re et patiente d'un syst&#232;me s&#233;culaire d'exploitation et d'asservissement, ce syst&#232;me lui-m&#234;me avait une organisation communiste. En effet, les Incas qui s'install&#232;rent confortablement sur le dos des tribus p&#233;ruviennes soumises, vivaient eux-m&#234;mes en associations de lignage et en Marca. Leur r&#233;sidence principale, la ville de Cuzco, n'&#233;tait que la r&#233;union d'une douzaine et demie de logements dont chacun &#233;tait le si&#232;ge de la vie collective de tout un clan, avec la tombe commune &#224; l'int&#233;rieur, ainsi qu'un culte commun. Autour de ces grandes demeures de clans, s'&#233;tendaient les territoires des clans Incas avec for&#234;ts et p&#226;turages indivis et champs partag&#233;s, cultiv&#233;s en commun. En peuple primitif, ces exploiteurs et dominateurs n'avaient pas encore renonc&#233; au travail, ils se servaient seulement de leur situation de ma&#238;tres pour vivre mieux que leurs sujets et apporter de plus d'abondants sacrifices &#224; leur culte. L'art moderne de se nourrir exclusivement du travail d'autrui et de faire de l'oisivet&#233; l'attribut du pouvoir &#233;tait &#233;tranger &#224; cette organisation sociale o&#249; la propri&#233;t&#233; commune et l'obligation g&#233;n&#233;rale de travailler constituaient des coutumes populaires profond&#233;ment enracin&#233;es. L'exercice du pouvoir politique lui-m&#234;me &#233;tait organis&#233; comme une fonction commune des familles Incas. Les administrateurs Incas &#233;tablis dans les provinces du P&#233;rou. dont la fonction &#233;tait analogue &#224; celle des r&#233;sidents hollandais dans l'archipel malais, &#233;taient consid&#233;r&#233;s comme les d&#233;l&#233;gu&#233;s de leurs clans &#224; Cuzco o&#249; ils gardaient leur place dans les habitations collectives et participaient &#224; la vie de leur propre communaut&#233;. Tous les ans, ces d&#233;l&#233;gu&#233;s rentraient &#224; Cuzco pour la f&#234;te d'&#233;t&#233; y rendaient compte de la fa&#231;on dont ils avaient exerc&#233; leur fonction et c&#233;l&#233;braient la grande f&#234;te religieuse avec les autres membres de leur tribu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons ici, dans une certaine mesure, deux couches sociales, l'une au-dessus de l'autre, toutes deux organis&#233;es int&#233;rieurement selon un mode communiste, et vivant entre elles dans des rapports d'exploiteurs &#224; exploit&#233;s. Ce ph&#233;nom&#232;ne peut para&#238;tre incompr&#233;hensible &#224; premi&#232;re vue, parce qu'en contradiction brutale avec les principes d'&#233;galit&#233;, de fraternit&#233; et de d&#233;mocratie, qui servaient de base &#224; l'organisation des communaut&#233;s agraires. Nous avons justement ici la preuve vivante que les institutions communistes primitives avaient en r&#233;alit&#233; peu de chose &#224; voir avec quelques principes que ce soit d'&#233;galit&#233; et de libert&#233; universelles. Ces &#8220; principes &#8221; appliqu&#233;s dans leur validit&#233; universelle pour tous les pays, au moins pour tous les pays &#8220; civilis&#233;s &#8221;, c'est-&#224;-dire pour les pays de civilisation capitaliste, &#224; l'&#8220; homme &#8221; abstrait, donc &#224; tous les hommes, sont un produit tardif de la soci&#233;t&#233; bourgeoise moderne dont les r&#233;volutions - en Am&#233;rique comme en France - les ont d'ailleurs proclam&#233;s pour la premi&#232;re fois. La soci&#233;t&#233; communiste primitive ignorait les principes g&#233;n&#233;raux valables pour tous les hommes ; son &#233;galit&#233; et sa solidarit&#233; naissaient des traditions communes de liens du sang et de la propri&#233;t&#233; commune des moyens de production. L'&#233;galit&#233; de droits et la solidarit&#233; des int&#233;r&#234;ts n'allaient pas plus loin que n'allaient ces liens du sang et cette propri&#233;t&#233;. Tout ce qui se trouvait hors de ces limites - qui n'allaient pas plus loin que les quatre pieux du village ou, plus largement, que les fronti&#232;res du territoire d'une tribu -&#233;tait &#233;tranger et pouvait m&#234;me &#234;tre ennemi. Les communaut&#233;s fond&#233;es &#224; l'int&#233;rieur sur la solidarit&#233; &#233;conomique pouvaient et devaient m&#234;me &#234;tre pouss&#233;es p&#233;riodiquement par le bas niveau de d&#233;veloppement de la production, par le rendement m&#233;diocre ou l'&#233;puisement de la source de nourriture et l'accroissement de la population, &#224; entrer en conflit mortel d'int&#233;r&#234;ts avec d'autres communaut&#233;s de m&#234;me genre. Il fallait alors que le combat bestial, la guerre, d&#233;cide de l'issue du conflit, extermination d'un des camps ou - plus souvent - &#233;tablissement de rapports d'exploitation. Ce n'&#233;tait pas le d&#233;vouement aux principes abstraits d'&#233;galit&#233; et de libert&#233; qui &#233;tait &#224; la base du communisme primitif, c'&#233;tait la n&#233;cessit&#233; d'airain du bas niveau de d&#233;veloppement de la civilisation humaine, de l'impuissance humaine face &#224; la nature, qui leur imposait comme une condition absolue d'existence de s'associer solidement en groupes importants et de proc&#233;der de fa&#231;on unie et planifi&#233;e dans leur travail, dans leur lutte pour l'existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette m&#234;me domination tr&#232;s limit&#233;e de la nature restreignait le plan commun et le travail commun &#224; un territoire relativement r&#233;duit de prairies naturelles ou de champs d&#233;frich&#233;s autour du village, et les rendaient tout &#224; fait impropres &#224; l'action commune sur une plus grande &#233;chelle. Le niveau primitif de l'agriculture ne permettait pas de cultures d&#233;passant le territoire du village et fixait ainsi des limites tr&#232;s &#233;troites &#224; la solidarit&#233; d'int&#233;r&#234;ts. Ce bas niveau de la productivit&#233; du travail provoquait p&#233;riodiquement des conflits d'int&#233;r&#234;ts entre les diff&#233;rents groupes sociaux et la violence brutale, seul moyen de r&#233;gler ces conflits. La guerre demeura la m&#233;thode permanente pour r&#233;soudre les conflits d'int&#233;r&#234;ts entre communaut&#233;s sociales jusqu'&#224; ce que le plus haut niveau de d&#233;veloppement de la productivit&#233; du travail, c'est-&#224;-dire la ma&#238;trise parfaite des hommes sur la nature, m&#238;t un terme &#224; leurs conflits d'int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels. Mais si le heurt entre les diverses communaut&#233;s communistes primitives &#233;tait une donn&#233;e permanente, l'issue en &#233;tait d&#233;cid&#233;e &#224; son tour par le d&#233;veloppement de la productivit&#233; du travail. S'agissait-il d'un conflit entre deux peuples de nomades &#233;leveurs de b&#233;tail qui se disputaient des p&#226;turages ? Seule la violence brutale pouvait d&#233;cider qui resterait ma&#238;tre du terrain et qui devait &#234;tre refoul&#233; vers des r&#233;gions inhospitali&#232;res et arides, ou &#234;tre extermin&#233;. L&#224; o&#249; l'agriculture &#233;tait d&#233;j&#224; assez prosp&#232;re pour pouvoir assurer une bonne nourriture sans absorber toute la force de travail et toute la vie des int&#233;ress&#233;s, l&#224; existait aussi le fondement d'une exploitation syst&#233;matique de ces paysans par des conqu&#233;rants &#233;trangers. C'est ainsi que nous voyons s'instaurer une situation comme celle du P&#233;rou o&#249; une soci&#233;t&#233; communiste exploite une autre soci&#233;t&#233; communiste. Cette structure originale de l'Empire Inca est importante ; elle nous permet de comprendre une s&#233;rie de formations semblables dans l'antiquit&#233; classique, en particulier au seuil de l'histoire grecque. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Wikipedia :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; La hi&#233;rarchie dans l'empire inca reprend l'organisation traditionnelle des communaut&#233;s andines. L'Inca est &#224; la fois chef de son clan et souverain de tout l'empire. L'organisation communautaire est &#224; la base de la structure de l'empire. Dans de nombreux cas, l'Inca conqu&#233;rant veille &#224; ne pas bousculer l'organisation traditionnelle des populations &#224; assimiler et laisse en place les autorit&#233;s traditionnelles et leur confie des instructeurs du clan inca pour les informer des lois de l'empire et les instruire dans la religion officielle. Ces autorit&#233;s locales &#233;taient donc encadr&#233;es et rendaient comptes &#224; des sup&#233;rieurs hi&#233;rarchiques qui tous &#233;taient membres du clan Inca.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, il existait trois classes : la classe laborieuse constitu&#233;e des paysans et artisans, la classe de gouvernance locale et, au sommet, la classe dirigeante de souche inca qui tenait les r&#234;nes de l'empire. Cette classe dirigeante &#233;tait organis&#233;e comme un clan ordinaire dont les membres &#233;taient appel&#233;s aux plus hautes fonctions au sein de l'empire, qu'elles soient religieuses, militaires ou administratives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette soci&#233;t&#233; &#233;tait donc fond&#233;e sur un syst&#232;me de castes et on ne pouvait que tr&#232;s difficilement et exceptionnellement changer de rang. Un individu de la classe laborieuse pouvait acc&#233;der &#224; la classe dirigeante &#224; la suite d'un exploit militaire ou gr&#226;ce &#224; quelque autre m&#233;rite. Il arrivait, dans un but politique, que des dirigeants coop&#233;ratifs de peuples vaincus obtiennent des postes &#224; responsabilit&#233;s, souvent celui de Kurakas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie est fond&#233;e sur la gestion de la main-d'&#339;uvre, sur l'&#233;change d'&#233;nergie humaine, sur une sorte de collectivit&#233; du travail et nullement sur des &#233;changes de biens ou sur une possession collective des biens. La richesse &#233;tait li&#233;e non pas &#224; la possession des biens mais &#224; l'acc&#232;s &#224; la main-d'&#339;uvre pour la production de la communaut&#233;. Le pauvre &#233;tant celui qui poss&#232;de peu de liens de parent&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sommet de l'organisation &#233;conomique se trouve l'Inca qui se repose sur les organisations ethniques et leur &#233;conomie de redistribution mais en g&#233;rant un syst&#232;me de redistribution &#224; un niveau sup&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le kuraka, le chef de l'ayllu, &#233;tait charg&#233; de la r&#233;partition des terres, qui se faisait sur un mod&#232;le de parts, entre chaque membre du village apte &#224; travailler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travaux agricoles &#233;taient divis&#233;s en trois temps :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	la part de l'Inca et de la famille royale ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	celle de chaque d&#233;tenteur de lopin de terre, pour subvenir aux besoins de sa famille ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	celle qui appartenait au village, afin de subvenir aux besoins des plus d&#233;munis. Un syst&#232;me d'entraide entre les familles &#233;tait tr&#232;s d&#233;velopp&#233;. En plus des terres collectives, il existait des r&#233;serves qui permettaient de pallier le manque en cas de famine, ou quand venait une d&#233;l&#233;gation de l'Inca.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre devoir de chaque membre de la communaut&#233; consistait &#224; s'occuper des travaux collectifs (comme l'entretien des canaux d'irrigation). Ce syst&#232;me connaissait cependant des faiblesses : les kurakas abusaient parfois du syst&#232;me, s'enrichissaient et constituaient une nouvelle classe dont les privil&#232;ges &#233;taient transmis par h&#233;ritage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait une redistribution au niveau local autour du groupe ethnique mais aussi une redistribution bien plus vaste, au niveau de l'empire. L'Inca s'en chargeait &#224; partir des r&#233;serves. Pour op&#233;rer ce travail, on faisait appel &#224; des mitas (transporteurs). L'empire organisait donc aussi la mita.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;partition des terres ethniques semblait li&#233;e &#224; la redistribution, puisque chaque ann&#233;e, elle faisait l'objet d'un pacte ou d'une n&#233;gociation. Gr&#226;ce aux principes de la redistribution et de l'&#233;change d'&#233;nergie humaine, les Incas purent entreprendre de nombreuses constructions, cr&#233;er des greniers suppl&#233;mentaires, un r&#233;seau de routes, des centres administratifs...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Les Incas : naissance et mort d'un empire (1439-1533) &#187;, Benjamin Sachelli :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au XIVe si&#232;cle, plusieurs p&#233;riodes de s&#233;cheresse frappant les hauts plateaux andins fragilisent les cultures. Pour survivre, les Incas descendent dans les vall&#233;es et s'emparent par la force des terres. Plusieurs campagnes militaires sont lanc&#233;es sur les riches vall&#233;es c&#244;ti&#232;res de Pisco et des Chincha. Pachacutec (1438-1471) conquiert le Nord en venant &#224; bout de l'empire Chimu. Ses troupes atteignent le bassin de Quito. Tupac Inca (1491-1493) conquiert l'Ouest et le Sud et soumet les peuples c&#244;tiers. Il descend jusqu'&#224; Santiago au Chili et consolide les fronti&#232;res sur l'autre versant des Andes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Incas poss&#232;dent une immense arm&#233;e pouvant regrouper jusqu'&#224; 140.000 hommes. Certes peu mobile, elle est d'une redoutable efficacit&#233; sur les batailles rang&#233;es et dans la prise des forteresses. L'empereur est le chef de l'arm&#233;e. Ses officiers, tous incas, le secondent. Ils sont habiles dans la ruse et la strat&#233;gie, sachant, par exemple, feindre des mouvements de repli. De plus, ils &#233;tudient le terrain et pr&#233;parent minutieusement leur plan de bataille. Les sous-officiers peuvent &#234;tre issus des autres peuples. Les Incas constituent des unit&#233;s par peuple et les laissent libres dans le choix de l'&#233;quipement. Ils leur font &#233;galement confiance dans leurs techniques. Les soldats sont donc plus efficaces. L'arm&#233;e &#233;vite, dans la mesure du possible, de vivre sur le pays, pour ne pas le ruiner et &#233;viter de s'attirer la haine des populations occup&#233;es. Ils conservent ainsi une r&#233;serve &#224; proximit&#233; en cas de n&#233;cessit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre est la volont&#233; du dieu Inti, le soleil, mais elle sert &#233;galement &#224; renforcer le pouvoir des nouveaux empereurs. En effet, ceux-ci h&#233;ritent uniquement du titre et du pouvoir. Leurs pr&#233;d&#233;cesseurs emportent dans leur tombe les richesses acquises durant son r&#232;gne. Le nouvel empereur doit rapidement acqu&#233;rir de nouvelles richesses qui passent par la conqu&#234;te. De plus, de nombreux candidats au tr&#244;ne s'affrontent dans des guerres o&#249; le meilleur strat&#232;ge s'impose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la conqu&#234;te, les Incas recensent la population. L'empire regroupe dix millions de personnes, dont 40.000 Incas, soit 200 peuples diff&#233;rents. Les Incas laissent le choix : l'int&#233;gration ou la mort. Ils sont g&#233;n&#233;reux avec ceux qui se soumettent et impitoyables avec ceux qui se r&#233;voltent. Les Incas privil&#233;gient toujours l'adh&#233;sion, car ils ont besoin de terre et de main d'&#339;uvre. En ce sens, ils ne viennent pas pour d&#233;truire ou affaiblir. Les &#233;lites locales restent en place, continuent de g&#233;rer les affaires locales et servent de lien avec les nouvelles autorit&#233;s. Les &#233;lites locales qui satisfont les Incas re&#231;oivent des pr&#233;sents, ce qui revient &#224; acheter la coop&#233;ration, selon une logique de don/contre-don. De plus, les mariages entre les &#233;lites et les Incas resserrent les liens. Par ailleurs, les fils des &#233;lites sont emmen&#233;s de force &#224; Cuzco pour &#234;tre &#233;duqu&#233;s. Huayna Capac (1493-1522) am&#233;nage l'empire en construisant des villes et des routes. Il renforce les fronti&#232;res, longues de 5.000km, en b&#226;tissant des forteresses. Il r&#233;prime les r&#233;voltes. Des populations sont parfois d&#233;plac&#233;es pour casser les anciennes alliances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'empire est divis&#233; en quatre r&#233;gions trait&#233;es sur un pied d'&#233;galit&#233; et dirig&#233;es par un apu. Ce dernier supervise le recensement, administre, am&#233;nage, entretient les infrastructures et rend la justice. L'apu est toujours un inca. Les r&#233;gions sont subdivis&#233;es en provinces (80 pour tout l'empire), avec &#224; leur t&#234;te un gouverneur. Les terres sont redistribu&#233;es entre l'Etat, le clerg&#233; et le peuple. Les sujets doivent consacrer des jours de travail &#224; l'Etat pour cultiver des domaines, tisser des v&#234;tements, servir dans l'arm&#233;e et entretenir les infrastructures. Les peuples loyaux gardent leurs cultes et leurs divinit&#233;s. La seule obligation est d'honorer Inti, la divinit&#233; tut&#233;laire des Incas. Les divinit&#233;s des peuples rebelles sont prises en otages. Leurs statues sont amen&#233;es &#224; Cuzco. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chronologie :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A l'origine, la civilisation Chav&#237;n (entre 1000 avant J.-C. et 200 avant J.-C. :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Chav%C3%ADn_(culture)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Civilisation de Chav&#237;n&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre le Ier et le VIIIe si&#232;cle, l'unit&#233; cr&#233;&#233;e par la civilisation Chav&#237;n disparut au profit de cultures plus locales (Mochica, Paracas-Nazca, Tiwanaku).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Tiwanaku&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Civilisation Tiwanaku&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Huari&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Civilisation Huari&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant les Incas, ce sont les Paracas-Nazca entre 200 avant J.-C. et 600 apr&#232;s J.-C. :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Nazca_(civilisation)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Civilisation Paracas-Nazca&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Moche_(culture)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Civilisation Mohica ou Moche, entre 100 apr&#232;s J.-C. et 700 apr&#232;s J.-C.)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats de Tiahuanaco et Huari s'effondrent brusquement au XIIe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers le milieu du XIIIe si&#232;cle, le peuple Chim&#250; initie la cr&#233;ation d'un nouvel empire, sur la c&#244;te nord du P&#233;rou actuel, fond&#233; sur l'am&#233;nagement hydraulique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Chim%C3%BA&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Civilisation Chim&#250;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.hominides.com/html/exposition/des-mochicas-aux-incas-guiry-en-vexin-1323.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Des Mochicas aux Incas&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Lac_Titicaca&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'origine des Incas : les indiens proches des Uros du lac Titicaca&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.sciences-faits-histoires.com/blog/archeologie/l-origine-des-incas-devoilee-par-la-genetique.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D&#233;bat scientifique sur l'origine des Incas&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Civilisation_inca&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La civilisation Incas&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_inca&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'empire inca&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://info.artisanat-bolivie.com/Organisation-sociale-des-Incas-a309&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les classes sociales sous les Incas&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.epbroye.ch/travauxapp/mpc2004/incas/EPB-Amel/Page0401.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Trois classes sociales&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cocomagnanville.over-blog.com/2015/11/l-empire-inca-tahuantinsuyu.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'organisation sociale et politique des Incas&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/homme-empire-inca-doit-beaucoup-crottin-lama-30361/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Une rencontre : lamas, crottins, ma&#239;s et&#8230; Incas&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_Succession_inca&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La guerre civile incas&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://es.wikipedia.org/wiki/Guerra_civil_incaica&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Guerra civil incaica&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.scielo.org.mx/scielo.php?script=sci_arttext&amp;pid=S0188-28722013000100002&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La guerra entre incas y chancas&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LIRE AUSSI :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5235&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pourquoi et comment l'empire Olm&#232;que a-t-il disparu ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5238&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volution sociale qui a renvers&#233; la civilisation de Teotihuac&#225;n&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5243&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La chute de la civilisation maya sous les coups de la r&#233;volution sociale&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2314&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La disparition soudaine de la civilisation des Anasazis&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5247&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La chute de Tula et des Tolt&#232;ques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5307&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La chute de l'empire Tiahuacano-Huari&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5288&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Comment a disparu la civilisation Chav&#237;n en 200 avant notre &#232;re ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5276&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La civilisation des Indiens du Mississippi, disparue &#224; l'issue d'une guerre civile, avant le d&#233;but de la colonisation europ&#233;enne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5263&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pourquoi la civilisation de Caral (P&#233;rou) a brutalement et totalement disparu en 1500 avant notre &#232;re ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3128&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volte des Indiens d'Am&#233;rique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article227&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;volutions en M&#233;so-Am&#233;rique antique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_peuples_indig%C3%A8nes_des_Am%C3%A9riques&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Liste des peuples indig&#232;nes des Am&#233;riques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://bataillesocialiste.wordpress.com/documents-historiques/1884-la-gens-iroquoise-engels/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La gens iroquoise&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Constitution_de_la_nation_iroquoise&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La grande f&#233;d&#233;ration iroquoise&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2986&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D&#233;mocratie indienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9d%C3%A9ration_des_Sept_Feux&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La F&#233;d&#233;ration des Sept Feux&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4925&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quand la France colonisait les Indiens des Am&#233;riques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4199&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#233;limination des Indiens de la for&#234;t amazonienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6242&#034;&gt;Le massacre des peuples indiens du Guatemala&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5262&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pourquoi l'empire azt&#232;que a-t-il &#233;t&#233; aussi facile &#224; abattre pour une poign&#233;e de conqu&#233;rants espagnols ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5253&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'empire incas, naissance et mort&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4925&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quand la France colonisait les Indiens des Am&#233;riques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4199&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#233;limination des Indiens de la for&#234;t amazonienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4182&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#233;limination des Inuits&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4110&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le g&#233;nocide colonial fran&#231;ais des peuples am&#233;rindiens cara&#239;bes des Petites Antilles de 1625-1660&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve616&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le massacre des Indiens d'Am&#233;rique entre 1800 et 1830&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article3004&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#034;Tuez-nous et enterrez-nous ici&#034; : un appel d&#233;sesp&#233;r&#233; d'Indiens menac&#233;s d'expulsion&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5168&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le massacre des Indiens du Guatemala par le pouvoir militaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2986&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Administration indienne et d&#233;mocratie directe&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4973&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'histoire de la conqu&#234;te du Br&#233;sil par les Occidentaux&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5278&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'effondrement de la civilisation Mochica (dite aussi Moche)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5283&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#233;tonnante civilisation de Nazca et sa chute brutale suivie d'une compl&#232;te disparition&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5282&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les trois chutes (et la disparition finale), en 750, en 1100, en 1300 de notre &#232;re, de la civilisation p&#233;ruvienne Lambay&#232;que (ou Sic&#224;n)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5286&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La ca&#237;da de las antiguas civilizaciones de los Indios de las Americas y su relaci&#243;n con la revoluci&#243;n social&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5261&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quelques id&#233;es fausses sur les Indiens des Am&#233;riques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5342&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Luttes de classes dans les soci&#233;t&#233;s am&#233;rindiennes pr&#233;colombiennes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5336&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La disparition des civilisations pr&#233;colombiennes est-elle un myst&#232;re ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d%27ouvrages_sur_l%27Am%C3%A9rique_pr%C3%A9colombienne_class%C3%A9s_par_th%C3%A8me&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bibliographie Am&#233;rique pr&#233;colombienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Chronologie de la r&#233;volte des Indiens d'Am&#233;rique</title>
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		<dc:date>2014-12-17T02:22:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


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		<dc:subject>Am&#233;rindiens</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Histoire du combat des Indiens d'Am&#233;rique &lt;br class='autobr' /&gt;
Les Indiens d'Am&#233;rique (nord, sud et centre) ont subi un v&#233;ritable g&#233;nocide mais ils ne se sont pas laiss&#233;s faire... Ils ont &#233;t&#233; tu&#233;s, viol&#233;s, br&#251;l&#233;s, tortur&#233;s, exploit&#233;s, massacr&#233;s par &#034;les plus grandes civilisations&#034; occidentales : espagnols, portugais, hollandais, anglais, fran&#231;ais, am&#233;ricains pour permettre le lancement du monde capitaliste qui est n&#233; dans un grand bain de sang... Les Occidentaux n'ont pas seulement d&#233;truit hommes, femmes et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique29" rel="directory"&gt;3&#232;me chapitre : R&#233;volutions bourgeoises et populaires&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot26" rel="tag"&gt;USA&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot27" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot128" rel="tag"&gt;Mexique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot144" rel="tag"&gt;Chili Chile&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot147" rel="tag"&gt;Br&#233;sil Brazil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot165" rel="tag"&gt;Equateur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot292" rel="tag"&gt;Am&#233;rindiens&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Histoire du combat des Indiens d'Am&#233;rique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les Indiens d'Am&#233;rique (nord, sud et centre) ont subi un v&#233;ritable g&#233;nocide mais ils ne se sont pas laiss&#233;s faire... Ils ont &#233;t&#233; tu&#233;s, viol&#233;s, br&#251;l&#233;s, tortur&#233;s, exploit&#233;s, massacr&#233;s par &#034;les plus grandes civilisations&#034; occidentales : espagnols, portugais, hollandais, anglais, fran&#231;ais, am&#233;ricains pour permettre le lancement du monde capitaliste qui est n&#233; dans un grand bain de sang... Les Occidentaux n'ont pas seulement d&#233;truit hommes, femmes et enfants mais des centaines de civilisations diff&#233;rentes, une destruction de richesses humaines inestimables !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5318&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La conqu&#234;te de l'Am&#233;rique : l' &#171; Ancien monde &#187; occidental savait parfaitement qu'il accomplissait un grand crime de masse&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4205 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH388/genocide-indien-b1d3e.jpg?1782353402' width='500' height='388' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tous ces peuples divers qui repr&#233;sentaient de multiples civilisations ont &#233;t&#233; ray&#233;s de la carte.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4206 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L359xH293/casas2-2bb04.gif?1782353402' width='359' height='293' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tortur&#233;s par les colons espagnols...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4207 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L400xH400/png_massacre_des_indiens-5fee5.png?1782353402' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Livr&#233;s aux chiens...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4208 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L450xH337/massacre_de_wounded_knee_200_lakotas_le_29_decmbre_1890-94011.jpg?1782353402' width='450' height='337' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;A Wounded Knee, 200 indiens Lakotas ont &#233;t&#233; assassin&#233;s le 29 d&#233;cembre 1890&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4209 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L448xH389/bataille_little_bighorn_m_Crazy_Horse-7dd21.jpg?1782353402' width='448' height='389' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 25 juin 1876, le 7e de Cavalerie du g&#233;n&#233;ral George Armstrong Custer lance ses troupes sur le village des Sioux, des Cheyennes et des Arapahos coalis&#233;s sur les bords de la rivi&#232;re Little Big Horn. Les Am&#233;rindiens repoussent le premier assaut men&#233; par le commandant Marcus Reno, puis d&#233;cident de contre-attaquer. Le d&#233;tachement de Custer, en inf&#233;riorit&#233; num&#233;rique, est &#233;cras&#233; par les guerriers de Crazy Horse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5336&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La disparition des civilisations pr&#233;colombiennes, avant la &#034;conqu&#234;te&#034; coloniale, est-elle un myst&#232;re ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chronologie de la r&#233;volte des Indiens d'Am&#233;rique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;12 octobre 1492 : &#171; d&#233;couverte de l'Am&#233;rique &#187; par Christophe Colomb. Arriv&#233;e de Christophe Colomb, parti de Palos le 3 ao&#251;t en compagnie des fr&#232;res Martin et Vincent Pinz&#243;n &#224; bord des navires La Pinta, de La Ni&#241;a et de La Santa Mar&#237;a. Le 12 octobre, ils atteignent l'&#238;le de Guanahani (Bahamas), baptis&#233;e San Salvador. Ils croient et croiront longtemps &#234;tre arriv&#233;s aux Indes en faisant le tour de la Terre. Aux Bahamas, Colomb rencontre les Indiens Arawaks. Ils vivent dans des communaut&#233;s villageoises et pratiquent la culture du ma&#239;s, de l'igname et du manioc. Ils savent filer et tisser mais ne connaissent pas le cheval et n'utilisent pas d'animaux pour le labour. Ils ignorent l'acier, mais portent de petits bijoux en or aux oreilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Arawaks sont les premiers Am&#233;rindiens &#224; avoir eu un contact avec les Espagnols du XVe si&#232;cle, c'est-&#224;-dire Christophe Colomb et son &#233;quipage. Le bateau de Colomb arrivait alors aux Bahamas, l'&#233;trange gros navire attirait la curiosit&#233; des Am&#233;rindiens, qui, &#233;merveill&#233;s, s'en all&#232;rent &#224; la nage &#224; la rencontre des visiteurs. Quand Colomb et ses marins d&#233;barqu&#232;rent, arm&#233;s de leurs &#233;p&#233;es, parlant leur &#233;trange langage, les Arawaks leur apport&#232;rent rapidement de la nourriture, de l'eau, des cadeaux. Plus tard Colomb &#233;crira ceci : &lt;i&gt;&#171; Ils nous apport&#232;rent des perroquets, des ballots de coton, des javelots et bien d'autres choses, qu'ils &#233;chang&#232;rent contre des perles de verre et des grelots. Ils &#233;chang&#232;rent de bon c&#339;ur tout ce qu'ils poss&#233;daient. Ils &#233;taient bien b&#226;tis, avec des corps harmonieux et des visages gracieux [...] Ils ne portent pas d'armes - et ne les connaissent d'ailleurs pas, car lorsque je leur ai montr&#233; une &#233;p&#233;e, ils la prirent par la lame et se coup&#232;rent, par ignorance. Ils ne connaissent pas le fer. Leurs javelots sont faits de roseaux. Ils feraient de bons serviteurs. Avec cinquante hommes, on pourrait les asservir tous et leur faire faire tout ce que l'on veut. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 28 octobre 1492 : l'exp&#233;dition de Colomb atteint Cuba dans les grandes Antilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 d&#233;cembre 1492 : Colomb et les fr&#232;res Pinz&#243;n d&#233;couvrent Ha&#239;ti qu'ils appellent Espanola. Ils laissent une garnison de 39 hommes au fort de Navidad construit le 25 d&#233;cembre avec les d&#233;bris de la Santa Maria &#233;chou&#233;e, avec pour mission de d&#233;couvrir et d'entreposer l'or.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25 septembre 1493 : d&#233;but du deuxi&#232;me voyage de Christophe Colomb (fin en 1496). Il repart de Cadix avec 17 navires et entre 1 200 et 1 600 hommes, et d&#233;couvre les Petites Antilles (12 novembre) dont la Dominique et la Guadeloupe et Porto Rico. Puis il regagne Hispaniola d&#233;but d&#233;cembre o&#249; il trouve le fort de Navidad d&#233;truit suite &#224; une r&#233;volte des indig&#232;nes face aux exactions des colons. Colomb d&#233;cide de fonder une nouvelle ville, Isabela, sur un plan en damier (7 d&#233;cembre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Janvier-mars 1494 : Christophe Colomb explore Ha&#239;ti et fonde &#224; Hispaniola, La Isabela, premi&#232;re colonie espagnole du Nouveau Monde. Il confie la colonie et la prospection de l'or &#224; Alonzo de Hojeda puis part pour Juana (Cuba).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24 avril-23 ao&#251;t 1494 : Colomb explore la Jama&#239;que (d&#233;couverte le 4 mai) et la c&#244;te sud-ouest de Cuba qu'il d&#233;crit comme une p&#233;ninsule du continent asiatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29 septembre 1494 : de retour &#224; La Isabela Colomb apprend qu'un soul&#232;vement conduit par le cacique Caonabo vient d'&#234;tre &#233;cras&#233; par Pedro de Margarit. Cinq cent indig&#232;nes r&#233;calcitrants sont d&#233;port&#233;s comme esclaves vers l'Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mars 1495 : A Ha&#239;ti, les Espagnols organisent une grande chasse &#224; l'esclave et rassemblent 1500 Arawaks (hommes, femmes et enfants), qu'ils parquent dans des enclos sous la surveillance d'hommes et de chiens. Cinq cent d'entre eux sont embarqu&#233;s vers l'Espagne. Deux cent meurent pendant la travers&#233;e, et les survivants sont mis en vente d&#232;s leur arriv&#233;e. Colomb vend chaque indien pour 5000 maravedis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 ao&#251;t 1498 : Colomb parvient dans le delta de l'Or&#233;noque et comprend vite qu'il s'agit d'un continent. Il croit que ce sont les Indes. C'est l'Am&#233;rique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30 ao&#251;t 1498 : Colomb arrive &#224; Hispaniola qu'il trouve au bord de la guerre civile, d&#233;chir&#233;e entre les partisans de Bartolomeo Colomb (les &#171; &#233;trangers &#187;) et ceux du juge Roldan (Espagnols de &#171; limpia sangre &#187;) et par les Indiens r&#233;volt&#233;s contre la tyrannie de Bartolom&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30 mars 1501, Am&#233;rique : Rodrigo de Bastidas et Juan de la Cosa d&#233;couvrent l'embouchure de la Magdalena. Ils explorent la c&#244;te colombienne depuis le golfe de Maracaibo jusqu'au golfe d'Urab&#225;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 mai 1501 : le gouvernement portugais envoie une flotte dirig&#233;e par Gon&#231;alo Coelho accompagn&#233; de l'italien Amerigo Vespucci pour effectuer la reconnaissance des c&#244;tes du Br&#233;sil. Ils rapportent en Europe (1502) le bois de brasil (bois de br&#233;sillet) qui produit une teinture rouge qui sera tr&#232;s pris&#233;e et qui donnera son nom au nouveau territoire. Amerigo Vespucci prend conscience que le continent n'est pas l'Asie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17 ao&#251;t 1501 : Gon&#231;alo Coelho et Amerigo Vespucci d&#233;barquent au Rio Grande do Norte, puis longent la c&#244;te vers le Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16 septembre 1501 : instruction des souverains espagnols au gouverneur des Indes occidentales Nicol&#225;s de Ovando. Ils autorisent l'introduction d'esclaves noirs en Am&#233;rique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avril 1502 : Nicol&#225;s de Ovando s'active tant &#224; la &#171; colonisation &#187; de Ha&#239;ti qu'en 1507 elle ne comptera plus que 60 000 indig&#232;nes, les autres &#233;tant morts de maladie, dans les travaux forc&#233;s ou au cours de la r&#233;pression des r&#233;voltes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9 mai 1502 : d&#233;but du quatri&#232;me voyage de Christophe Colomb. Parti de Cadix le 9 mai, il double la Martinique (15 juin), longe la c&#244;te de l'Am&#233;rique centrale, du Honduras au golfe de Dari&#233;n. Il pense que le Honduras est l'Indochine. Il parvient difficilement &#224; regagner Cuba (1503), puis s'&#233;choue &#224; la Jama&#239;que (1504). Secouru par le gouverneur d'Hispaniola Ovando, Colomb rentre en Espagne le 7 novembre 1504.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mars-avril 1503 : dans sa lettre Mundus Novus, le navigateur Amerigo Vespucci &#233;met l'hypoth&#232;se que les terres d&#233;couvertes par Christophe Colomb ne sont pas les Indes mais un nouveau continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9 juin 1509 : le fils de Christophe Colomb, Diego Colomb, nomm&#233; gouverneur des Indes occidentales quitte Sanl&#250;car pour relever le vice-roi Nicol&#225;s de Ovando (fin en 1515). Il commence la conqu&#234;te de Cuba (1510).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ann&#233;es 1500 : L'encomienda est un syst&#232;me appliqu&#233; par les Espagnols dans tout l'empire colonial espagnol lors de la conqu&#234;te du Nouveau Monde &#224; des fins &#233;conomiques et d'&#233;vang&#233;lisation. C'&#233;tait le regroupement sur un territoire de centaines d'indig&#232;nes que l'on obligeait &#224; travailler sans r&#233;tribution dans des mines et des champs : il s'agissait d'un &#171; pseudo-servage &#187;, d'une &#171; forme rajeunie de r&#233;gime seigneurial &#187;. Ils &#233;taient &#171; confi&#233;s &#187; (&#171; encomendados &#187;), c'est-&#224;-dire plac&#233;s sous les ordres d'un &#171; Encomendero &#187;, colon espagnol ainsi r&#233;compens&#233; de ses services envers la monarchie espagnole ; dans la pratique, celui-ci disposait librement des terres des indig&#232;nes, bien qu'elles appartinssent toujours &#224; la Couronne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 janvier et 14 f&#233;vrier 1510 : la Couronne de Castille commande &#224; la Casa de Contrataci&#243;n de S&#233;ville l'envoie de 50, puis de 200 esclaves Noirs africains vers Hispaniola, en Am&#233;rique.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;but novembre 1510 : Mart&#237;n Fern&#225;ndez de Enciso fonde Santa Mar&#237;a la Antigua del Dari&#233;n, la premi&#232;re colonie espagnole sur le continent am&#233;ricain (Tierra Firme).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F&#233;vrier 1511 : r&#233;volte des Ta&#239;nos &#224; Porto Rico, apr&#232;s que le cacique Urayo&#225;n ait ordonn&#233; &#224; ses hommes de noyer le soldat espagnol Diego Salcedo pour d&#233;terminer si les Espagnols &#233;taient immortels (novembre 1510). Juan Ponce de Le&#243;n r&#233;prime f&#233;rocement l'insurrection et fait venir des esclaves Noirs d'Afrique pour travailler dans les mines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1513 : Arriv&#233;e des premiers esclaves Noirs &#224; Cuba, conquise en novembre 1511, devenue colonie espagnole le 15 ao&#251;t 1512. Conqu&#234;te achev&#233;e le 28 juin 1514.&lt;br class='autobr' /&gt;
20 janvier 1516, Am&#233;rique : Diaz de Sol&#237;s, parti de Jopa le 13 d&#233;cembre 1515, d&#233;barque au R&#237;o de la Plata (Mar Dulce) o&#249; il est tu&#233; par des Indiens anthropophages Charr&#250;a ou Guaran&#237;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1er mai 1518, Am&#233;rique : l'espagnol Juan de Grijalva, neveu de Diego Vel&#225;zquez de Cu&#233;llar, gouverneur de Cuba, explore la p&#233;ninsule du Yucatan. Il suit les c&#244;tes nord et ouest du golfe du Mexique jusqu'au R&#237;o P&#225;nuco et d&#233;couvre l'existence de l'empire azt&#232;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 mars 1519 : Hern&#225;n Cort&#233;s d&#233;barque au Yucat&#225;n (Mexique). D&#233;but de la conqu&#234;te de l'Empire azt&#232;que (fin en 1521). &lt;br class='autobr' /&gt;
31 ao&#251;t 1519 - 23 septembre 1519 : Cort&#233;s est victorieux du royaume de Tlaxcala dont il se fait un alli&#233; contre les Azt&#232;ques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8 novembre 1519 : Cort&#233;s gagne Tenochtitl&#225;n, la capitale azt&#232;que o&#249; l'empereur Moctezuma II (1466-1520) reconna&#238;t la suzerainet&#233; de Charles Quint. Le massacre de Cholula est une attaque r&#233;alis&#233;e en 1519 par les forces militaires du conquistador espagnol Hern&#225;n Cort&#233;s lors de sa marche vers la ville de Mexico-Tenochtitlan. Il en r&#233;sulta la mort de 5 000 &#224; 6 000 Cholult&#232;ques, des civils d&#233;sarm&#233;s pour la plupart, en moins de six heures. Apr&#232;s cette action militaire, les Cholult&#232;ques, qui avaient &#233;t&#233; jusqu'alors de fid&#232;les tributaires des Mexicas, se soumirent et s'alli&#232;rent aux conquistadors espagnols.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 juin 1520, Tenochtitl&#225;n : Pedro de Alvarado ordonne le massacre de la noblesse azt&#232;que r&#233;unie devant le Templo Mayor pour la f&#234;te de Toxcatl. Les Azt&#232;ques entrent imm&#233;diatement en r&#233;bellion et assi&#232;gent les Espagnols.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24 juin 1520 : Cort&#233;s rentre &#224; Tenochtitl&#225;n.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 - 30 juin 1520 : insurrection azt&#232;que &#224; Tenochtitl&#225;n. Moctezuma II est touch&#233; mortellement par un jet de pierre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30 juin-1er juillet 1520 : Noche Triste, Hern&#225;n Cort&#233;s s'enfuit de Tenochtitl&#225;n.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 juillet1520 : victoire de Cort&#233;s sur les Azt&#232;ques &#224; la bataille d'Otumba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 septembre 1520 : Cuitl&#225;huac succ&#232;de &#224; Moctezuma II comme tlatoani de l'empire azt&#232;que. Il meurt le 25 novembre de la petite v&#233;role alors qu'il essayait de rallier les Tlaxcalans sous couvert d'une f&#233;d&#233;ration. Cuauht&#233;moc, instigateur de la r&#233;volte contre les Espagnols, lui succ&#232;de (29 janvier 1521).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21 - 28 novembre 1520 : le navigateur portugais Fernand de Magellan reconna&#238;t et force le d&#233;troit s&#233;parant la Patagonie de la Terre de Feu qui portera son nom. Le 21 octobre, il double le cap des onze mille vierges, puis traverse prudemment le d&#233;troit jusqu'au cap D&#233;sir&#233; (28 novembre). Il atteint une mer calme &#224; laquelle il donne le nom de Pacifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 mars 1521 : Magellan d&#233;couvre le premier les Mariannes (Islas de Ladrones).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16-18 mars 1521 : Magellan d&#233;barque sur l'&#238;le d'Homonhon aux Philippines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 avril 1521 : Magellan arrive &#224; Cebu. Il convertit au catholicisme le roi de Cebu et de nombreux habitants (14 avril).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27 avril 1521 : Magellan est tu&#233; avec six autres hommes de la flotte alors qu'il tente de mater le roi de Mactan qui refusait de reconna&#238;tre le roi chr&#233;tien de Cebu. L'exp&#233;dition, command&#233;e par Jo&#227;o Lopes Carvalho, met la voile pour essayer de rejoindre les Moluques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avril 1521, Mexique : le chef tlaxcalan Xicoht&#233;ncatl entreprend de d&#233;serter apr&#232;s la mort de Maxixcatl, emport&#233; par l'&#233;pid&#233;mie de variole (d&#233;cembre 1520). Cort&#233;s le fait ex&#233;cuter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 mai 1521 : d&#233;but du si&#232;ge de Tenochtitlan par Hern&#225;n Cort&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 ao&#251;t 1521 : Hern&#225;n Cort&#233;s parvient &#224; reprendre Tenochtitlan (Mexico), la capitale azt&#232;que, apr&#232;s trois mois de si&#232;ge, qui ont laiss&#233; la ville en ruines. Le Mexique devient la Nouvelle Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;31 janvier 1522 : Pedro de Alvarado quitte Coyoac&#225;n pour mater l'insurrection des Mixt&#232;ques soulev&#233;s contre les Espagnols (1520-1523). Il entre &#224; Oaxaca le 20 f&#233;vrier, et le 4 mars il conquiert la capitale mixt&#232;que Tututepec. Les Mixt&#232;ques sont d'excellents orf&#232;vres. Alvarado, en faisant main basse sur leurs bijoux, les fait fondre pour les transformer en lingots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 octobre 1522, Valladolid : Hern&#225;n Cort&#233;s est nomm&#233; par Charles Quint gouverneur g&#233;n&#233;ral de la Nouvelle-Espagne. Il administre le Mexique de mani&#232;re autoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1522 : R&#233;volte des noirs &#224; Ha&#239;ti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 d&#233;cembre 1523 : Pedro de Alvarado part en exp&#233;dition au Salvador et au Guatemala o&#249; il fonde Santiago de los Caballeros le 25 juillet 1524. Parti &#224; la recherche d'or, il commet de nombreux massacres d'indig&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1523 : R&#233;volte des noirs &#224; Saint-Domingue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12 octobre 1524 : Cort&#232;s monte une exp&#233;dition punitive au Honduras. Le dernier empereur Azt&#232;que Cuauht&#233;moc, soup&#231;onn&#233; de vouloir soulever les Indiens, est pendu par Cort&#233;s au cours de l'exp&#233;dition (28 f&#233;vrier 1525). Cort&#233;s atteint Nito (San Gil de Buena Vista), puis s'embarque pour Trujillo, qu'il quitte par la mer le 25 avril 1526 pour rejoindre Mexico, en proie aux intrigues et aux conspirations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 f&#233;vrier 1525 : l'exp&#233;dition de Francisco Pizarro, en route vers le P&#233;rou, d&#233;barque en Tierra Firme &#224; Candelaria, en Colombie actuelle. Pizarro rebrousse chemin apr&#232;s l'attaque d'une tribu indig&#232;ne &#224; Punta Quemada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juillet-18 octobre 1526 : &#233;chec de Lucas V&#225;zquez de Ayll&#243;n dans sa tentative de colonisation de la Floride.&lt;br class='autobr' /&gt;
1527, P&#233;rou : mort de l'inca Huayna Capac. Guerre civile entre Huascar et son demi-fr&#232;re Atahualpa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Octobre 1528 : premier autodaf&#233; du Nouveau Monde &#224; Mexico (ex&#233;cution par le feu de pr&#233;tendu h&#233;r&#233;tiques par l'Inquisition catholique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20 mai 1530 : Diego de Ord&#225;s re&#231;oit de la Couronne d'Espagne les lettres patentes qui l'autorisent &#224; conqu&#233;rir et peupler les provinces entre le r&#237;o Mara&#241;&#243;n (Or&#233;noque) jusqu'au Cabo de la Vela (Guajira). Il explore la c&#244;te guyanaise et l'Or&#233;noque (1530-1531). Il meurt d'insolation sur les berges du Rio Negro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 juillet 1530 : Hern&#225;n Cort&#233;s, de retour au Mexique comme marquis de la Vall&#233;e d'Oaxaca, s'installe &#224; Cuernavaca. Il exploite la r&#233;gion par des plantations (m&#251;rier, chanvre, lin, canne &#224; sucre), l'&#233;levage (m&#233;rinos et bovins), et l'exploitation de mines d'or (Tehuantepec) et d'argent (Zacatecas).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 janvier 1532, Br&#233;sil : Martin Afonso fonde le premier village de colonisation : la Vila de S&#227;o Vicente (&#201;tat de S&#227;o Paulo)1. Le syst&#232;me du donataire est g&#233;n&#233;ralis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avril 1532, P&#233;rou : Atahualpa vainqueur de son demi-fr&#232;re Huascar &#224; la bataille de Quipaipan, pr&#232;s de Cuzco, devient Inca.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16 mai 1532 : Francisco Pizarro quitte Tumbes. Il d&#233;couvre le port de Paita et assure ses arri&#232;res. Il re&#231;oit un messager d'Huascar qui r&#233;clame du secours aupr&#232;s de lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24 septembre 1532 : Pizarro part vers le sud avec 168 hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 novembre 1532 : &#224; Cajamarca, Pizarro rencontre l'arm&#233;e d'Atahualpa, qui compte prendre le pouvoir &#224; Cuzco, et entreprend des pourparlers avec son chef.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque Pizarro arrive au P&#233;rou en 1532, il est per&#231;u comme un dieu. Il enl&#232;ve l'empereur Atahualpa et encourage la r&#233;volte des peuples soumis aux Incas. L'empire se morcelle et l'empereur est finalement ex&#233;cut&#233; par les Espagnols en 1533. Les conquistadors contr&#244;lent le territoire inca au milieu du XVIe si&#232;cle, m&#234;me si des r&#233;sistances ont encore lieu. La formation de l'Empire colonial espagnol s'accompagne de pillages, de maladies nouvelles qui font des ravages, de la famine, de l'asservissement des Am&#233;rindiens dans les encomiendas et de l'&#233;vang&#233;lisation de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mographie historique estime qu'une majorit&#233; d'Am&#233;rindiens sont morts &#224; la suite des maladies infectieuses introduites par les Espagnols, contre lesquelles les Am&#233;rindiens n'&#233;taient pas immunis&#233;s. Au contact des Europ&#233;ens, les Am&#233;rindiens ont eu une tr&#232;s grande baisse d&#233;mographique caus&#233;e par les maladies import&#233;es de l'Europe et les &#233;pid&#233;mies dues au choc microbien, car ces maladies comme la coqueluche, la rougeole ou la variole, n'&#233;taient pas connues des tribus. Le processus a commenc&#233; d&#232;s les ann&#233;es 1500 et les &#233;pid&#233;mies de variole (1525, 1558, 1589), de typhus (1546), de grippe (1558), de dipht&#233;rie (1614), de rougeole (1618) ou encore de peste bubonique (1617-1619, en Nouvelle-Angleterre) ont d&#233;cim&#233; des millions d'indig&#232;nes. Par exemple, les Timicuas, en Floride, qui en 1650 &#233;taient 13 000 r&#233;partis sur 40 villages, ne furent apr&#232;s une &#233;pid&#233;mie de petite v&#233;role que 35 en 1728, regroup&#233;s dans un seul hameau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nombre de morts indig&#232;nes de maladies, d'exploitation ou d'assassinat par les forces coloniales est estim&#233; &#224; 90 millions, dont 10 millions pour l'Am&#233;rique du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16 novembre 1532 : Pizarro r&#233;ussit &#224; s'emparer de la personne de l'Inca qui accepte toutes les conditions impos&#233;es pour sa lib&#233;ration (dont 88 m3 d'or de ran&#231;on, r&#233;unie en juillet 1533). La ran&#231;on est partag&#233;e entre les vainqueurs apr&#232;s envoi du quinto en Espagne, mais Pizarro pr&#233;f&#232;re ex&#233;cuter l'Inca pour le meurtre de son fr&#232;re Huascar. Il sera garrott&#233; devant les soldats (29 ao&#251;t 1533).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 juillet 1533 : Atahualpa, le dernier empereur inca captur&#233; par tra&#238;trise par Pizarro, est condamn&#233; &#224; mort et &#233;trangl&#233;. La r&#233;sistance inca est d&#233;sorganis&#233;e. Pizarro partage les Indiens entre ses hommes selon le syst&#232;me de l'encomienda. Chacun re&#231;oit 40 000 indig&#232;nes. Ce syst&#232;me ruinera le syst&#232;me &#233;conomique de l'empire inca. L'introduction de l'&#233;conomie mon&#233;taire et de nouvelles formes de tribut (travaux forc&#233;s dans les mines), ach&#232;veront de d&#233;sint&#233;grer l'&#233;quilibre du syst&#232;me. Les Espagnols utilisent l'ancien syst&#232;me de pouvoir et d'&#233;changes &#224; leur avantage, mais sans que fonctionne le principe de r&#233;ciprocit&#233; dans l'&#233;change, qui en &#233;tait le fondement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Octobre 1533 : r&#233;volte de Rumi&#241;ahui qui veut prendre le pouvoir depuis Quito avec l'arm&#233;e d'Atahualpa (12 000 hommes). Belalc&#225;zar le bat en plaine avec 200 fantassins et 80 cavaliers pendant l'irruption du Cotopaxi, qui terrifie les Indiens. Rumi&#241;ahui parvient &#224; s'enfuir dans la montagne. Captur&#233;, il meurt des suites de ses tortures le 25 juin 1535.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 novembre 1533 : les Espagnols occupent Cuzco o&#249; ils placent Manco Capac II, fr&#232;re d'Atahualpa, sur le tr&#244;ne des Inca (fin en 1537). La ville est mise &#224; sac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20 avril 1534 : Jacques Cartier, qui s'est mis en t&#234;te de trouver la route du Nord pour atteindre les Indes sans passer par la longue et p&#233;rilleuse route du Sud, part de Saint-Malo avec deux petits b&#226;timents, et le soutien du roi Fran&#231;ois Ier, &#224; la recherche du passage. &#192; d&#233;faut, il d&#233;couvrira le Canada et le Labrador. Il reconna&#238;t partiellement les c&#244;tes de Terre-Neuve (10 mai), de l'&#238;le du Prince-&#201;douard et du Nouveau-Brunswick, puis explore le Saint-Laurent (1534 et 1535-1536).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24 juillet 1534 : Jacques Cartier arrive &#224; Gasp&#233;, y plante une croix et prend possession du territoire au nom du roi de France. Donnacona, le chef du village am&#233;rindien de Stadacon&#233; (Qu&#233;bec) proteste contre ce geste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 mai 1535 : l'exp&#233;dition de Hern&#225;n Cort&#233;s en Basse-Californie atteint La Paz6. Cort&#232;s d&#233;couvre la mer qui portera son nom et revendique la Californie pour l'Espagne. Les difficult&#233;s que rencontre la colonisation (maladies, attaques des Indiens) provoquent le rappel de l'exp&#233;dition par le vice-roi Antonio de Mendoza en 1540.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 juillet 1535 : d&#233;part de Cuzco de l'exp&#233;dition de Diego de Almagro au Chili, avec 570 Espagnols et 15 000 Indiens sous les ordres de Paulus, fr&#232;re de Manco C&#225;pac II (fin en 1537). Il perd 150 Espagnols et 10 000 Indiens dans la travers&#233;e des Andes avant d'atteindre la plaine de Copiapo, puis le Pacifique &#224; Coquimbo. Pass&#233; le rio Rappel, il se heurte aux Araucans qui s'opposent &#224; toute installation permanente des colons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 janvier 1536 ou 3 f&#233;vrier 1536 : le conquistador espagnol Pedro de Mendoza fonde la ville de Nuestra Senora del Buenos Aires (Argentine). Il se heurte plus au nord aux Indiens Guaran&#237;s qui entendent conqu&#233;rir les hauteurs de la Bolivie et du Paraguay actuels. Ce sont de rudes guerriers, ma&#238;tres du lasso, et les pertes qu'ils infligent aux Espagnols sont consid&#233;rables. Dans leur avanc&#233;e, les Guaranis ont repouss&#233;, venant de l'est, les tribus arawaks, et apr&#232;s avoir conquis un des lambeaux de l'ex-Empire Inca, se heurtent aux Espagnols. Pour mieux leur r&#233;sister, les tribus indiennes s'unissent sous l'&#233;gide des Chiriguanos, les plus actifs des Guaranis. Pedro de Mendoza laisse le commandement &#224; Juan de Ayolas et se rembarque pour l'Espagne. Il meurt sur le chemin du retour (24 juin 1537).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mars 1536 : arriv&#233;e de Diego de Almagro dans la vall&#233;e du Rio Copiapo au Chili. D&#233;but de la conqu&#234;te des terres constituant le Chili actuel, contre les indiens Araucans, par les espagnols, conduits par Almagro puis Pedro de Valdivia (1541).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 5 avril 1536 : d&#233;part de l'exp&#233;dition de Gonzalo Jim&#233;nez de Quesada en Colombie pour le compte d'Alonso Fernandez de Lugo. Il part de Santa Marta avec 700 Espagnols et 3000 auxiliaires indig&#232;nes et remonte difficilement le fleuve Magdalena dans le but d'atteindre le l&#233;gendaire Eldorado. Il perd de nombreux hommes et pille au passage des tombes indig&#232;nes. Il parvient dans l'empire des Chibcha o&#249; il est bien accueilli. Il trouve Zipaquir&#225;, la capitale de Bogota, le Zipa des Chibcha, d&#233;serte. Les temples de la ville sont rev&#234;tus d'or et d'&#233;meraudes. Les Espagnols torturent les habitants pour conna&#238;tre la provenance de l'or. Ceux-ci les envoient plus au sud, mais ils ne trouvent rien. Sur le chemin du retour &#224; Zipaquir&#225;, Quesada rencontre les exp&#233;ditions de Sebasti&#225;n de Belalc&#225;zar, venu de Quito et de Nikolaus Federmann, venu de Coro, au Venezuela et travaillant pour les Welser (1538).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18 avril 1536, P&#233;rou : l'Inca Manco C&#225;pac II, retenu par les Espagnols &#224; Cuzco, est lib&#233;r&#233; sous le pr&#233;texte d'aller c&#233;l&#233;brer l'anniversaire de la mort son p&#232;re Huayna Capac. R&#233;fugi&#233; dans la montagne andine, il organise la guerre contre les espagnols &#224; travers tout le pays. Lima et Cuzco sont assi&#233;g&#233;es, mais l'arm&#233;e indienne, par manque de pr&#233;paration, doit se replier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8 avril 1537 : Diego de Almagro, de retour du Chili, entre dans Cuzco apr&#232;s avoir bouscul&#233; les troupes de Manco C&#225;pac II. Il fait incarc&#233;rer au Sacsayhuam&#225;n, forteresse de Cuzco, Hernando et Gonzalo Pizarro et se proclame gouverneur, puis marche sur Lima en emmenant Hernando en otage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 juin 1537 : publication de la lettre Veritas ipsa du pape Paul III qui d&#233;clare que les Am&#233;rindiens sont des &#234;tres humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9 juin 1537 : bulle Sublimis Deus de Paul III qui d&#233;clare que les Indiens sont capable de recevoir la foi chr&#233;tienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 ao&#251;t 1537 : Juan de Ayolas fonde le poste d'Asuncion au Paraguay. Il tombe sous les coups d'une boleadoras (lasso &#224; boules) mani&#233;e par un indig&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Septembre 1538 : D&#233;but de la conqu&#234;te des terres constituant la Bolivie actuelle par les conquistadors espagnols.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avril 1539 : nomm&#233; lieutenant g&#233;n&#233;ral de la Nouvelle Tol&#232;de (Chili), Pedro de Valdivia entreprend la conqu&#234;te difficile du Chili (1540).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30 mai 1539 : l'espagnol Hernando de Soto d&#233;barque &#224; la baie de Tampa en Floride. Il atteint la baie de Mobile (octobre 1540), les Bouches du Mississippi (mai 1541), puis remonte vers l'Arkansas et les franges de l'Oklahoma. Ses soldats sont d&#233;cim&#233;s par les fi&#232;vres et les attaques des Indiens. De Soto rebrousse chemin, puis meurt en 1542 sur les bords du Mississippi. Les rescap&#233;s, regroup&#233;s autour du penon de leur chef, d&#233;cident de marcher vers le Mexique. Ils traversent l'Oklahoma pour se heurter aux contreforts des Rocheuses. Ils regagnent alors le Mississippi et descendent le fleuve apr&#232;s avoir construit sept grands canots. Attaqu&#233;s par les Indiens, ils parviennent jusqu'au golfe du Mexique o&#249; ils sont pris dans la temp&#234;te. Les rescap&#233;s, rejet&#233;s sur la c&#244;te, marchent &#233;puis&#233;s jusqu'au poste de R&#237;o P&#225;nuco, &#224; hauteur de Tampico.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1539 : Guerre civile pour le partage du butin entre les conquistadores au P&#233;rou. Tous les chefs (Diego de Almagro, Francisco Pizarro et ses fr&#232;res, les fils d'Almagro) trouvent successivement la mort entre 1539 et 1541 en s'entretuant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 avril 1540 : l'exp&#233;dition de l'Espagnol Francisco V&#225;squez de Coronado quitte Culiac&#225;n. Elle remonte le R&#237;o Grande, explore l'Arizona et le Nouveau-Mexique (fin en 1542).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 juillet 1540 : Francisco V&#225;squez de Coronado atteint H&#225;wikuh, en territoire zu&#241;i. Il envoie des d&#233;tachements pour prospecter la r&#233;gion. Certains atteignent le Kansas. L'un d'eux, command&#233; par L&#243;pez de C&#225;rdenas, d&#233;couvre le Grand Canyon du Colorado. Coronado repart en avril 1542. &#192; son retour au Mexique, il doit mater la r&#233;bellion des Indiens du Zacatecas, avec l'aide de Pedro de Alvarado, qui meurt tu&#233; par les Indiens le 4 juillet 1541.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 juillet 1541, r&#233;bellion des Indiens du Zacatecas au Mexique : Pedro de Alvarado, qui meurt &#233;cras&#233; sous son cheval au cours de la r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1541 : Gonzalo Pizarro part pour une exp&#233;dition dans l'int&#233;rieur du continent, &#224; la recherche de la cannelle. Ils franchissent les Andes et atteignent le r&#237;o Napo, apr&#232;s avoir perdu 140 des 220 Espagnols et 3 000 des 4 000 Indiens de l'exp&#233;dition. N'ayant d&#233;couvert que des faux canneliers, Pizarro fait br&#251;ler et d&#233;vorer par ses chiens ses guides indiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24 juin 1542 : Francisco de Orellana affronte dans la r&#233;gion de l'Amazone un peuple dirig&#233; par des femmes guerri&#232;res, qu'il nomme Amazones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21 avril 1545 : ouverture, au pied du Cerro Rico (la Montagne riche), des mines d'argent de Potos&#237; au P&#233;rou (actuellement en Bolivie), par Juan de Villarroel. Pendant pr&#232;s de 30 ans, aux mines de Potos&#237;, les Indiens imposent leurs propres modes d'extraction, que les occupants n'arrivent pas &#224; contr&#244;ler. Ce n'est qu'en 1574, lors de l'introduction d'une technique d'amalgame, que les Espagnols peuvent briser le contr&#244;le que les Indiens exercent sur la production d'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1545 : Assassinat de Manco Capac II par un conquistador qui lui tendit un pi&#232;ge par trahison. D&#233;but du r&#232;gne de son fils Sayri Tupac, souverain inca de Vilcabamba (fin en 1560).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1545 : &#201;pid&#233;mie de variole au Mexique tuant 800 000 Indiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8 novembre 1546 : r&#233;volte maya au Yucat&#225;n. Fin 1546, les Espagnols soumettent d&#233;finitivement les Mayas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1548 : R&#233;volte des noirs &#224; Saint-Domingue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avril 1549 : Pedro de Valdivia est de retour au Chili. Pendant son absence, La Serena a &#233;t&#233; incendi&#233;e par les Promaucas venus du sud (janvier) et Coquimbo s'est r&#233;volt&#233;e. Valdivia ch&#226;tie les coupables et remet de l'ordre dans la colonie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 f&#233;vrier 1550 : Le conquistador espagnol Pedro de Valdivia atteint le Bio Bio, dans le territoire des Araucans. Ceux-ci se regroupent pour former une arm&#233;e de 4000 hommes plac&#233;s sous le commandement du toqui Ayavilu, sous l'influence du sage Colocolo. Valdivia r&#233;ussit &#224; les vaincre dans la plaine d'Andalion gr&#226;ce &#224; sa cavalerie et ses armes &#224; feu. Ayavilu est tu&#233; et les prisonniers araucans sont lib&#233;r&#233;s avec les mains et le nez coup&#233;s. Valdivia entre en Araucanie o&#249; il fonde plusieurs cit&#233;s prot&#233;g&#233;es par trois fortins, Arauco, Tucapel et Puren&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 ao&#251;t 1550 -fin septembre 1550 : premi&#232;re session de la controverse de Valladolid qui porte sur le statut des Indiens d'Am&#233;rique (appartiennent-ils &#224; l'humanit&#233; ? Quel traitement leur accorder ?) et qui oppose Bartolom&#233; de Las Casas et le th&#233;ologien Sep&#250;lveda devant l'empereur Charles Quint. La controverse tourne &#224; l'avantage de Las Casas (ses arguments sont dans l'int&#233;r&#234;t du monarque qui souhaite dessaisir les conqu&#233;rants de la capacit&#233; de traiter les Indiens &#224; leur guise, pour pouvoir les soumettre directement, au nom de l'&#201;glise).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Novembre 1550 : Des Indiens chichim&#232;ques commencent &#224; attaquer les caravanes muleti&#232;res charg&#233;es de ravitailler les mines d'argent de Zacatecas ouvertes par les Espagnols au Mexique en 1546. D&#233;but de la grande guerre chichim&#232;que, qui ravage le nord de la Nouvelle-Espagne jusqu'en 1600.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25 d&#233;cembre 1553, Chili : Les Araucans d&#233;signent comme chef Caupolic&#225;n et attaquent le fortin de Tucapel. Pedro de Valdivia, croyant &#224; une simple escarmouche, marche sur le fort assi&#233;g&#233; avec une trentaine de cavaliers et quelques suppl&#233;tifs indiens. Il trouve le fort incendi&#233; et sa garnison massacr&#233;e. Assaillis par les Araucans, les Espagnols sont d&#233;cim&#233;s &#224; l'exception de leur chef et du p&#232;re Poza, qui mourront des suites d'horribles tortures. Les Araucans, conseill&#233;s par Lautaro, ancien yanacona (serviteur) de Valdivia ont su s'emparer de chevaux pour les utiliser contre les Espagnols.&lt;br class='autobr' /&gt;
F&#233;vrier 1554, guerre d'Arauco : offensive des Araucans au Chili, dirig&#233;e par Caupolic&#225;n, conseiller par Colocolo et le jeune Lautaro. Six cent combattants d'&#233;lites, soutenus par des milliers d'auxiliaires, marchent vers le Nord. La cit&#233; de Valdivia r&#233;siste, mais Concepci&#243;n doit capituler apr&#232;s la bataille de Marihue&#241;u (26 f&#233;vrier). Francisco de Villagra d&#233;fend le cours du Bio Bio et Lautaro est tu&#233; en tentant de franchir le fleuve (1er avril 1557). Caupolican se borne alors &#224; d&#233;fendre sa fronti&#232;re, lan&#231;ant quelques raids sporadiques au nord du Bio Bio.&lt;br class='autobr' /&gt;
1er avril 1557, guerre d'Arauco, Chili : mort au combat du chef mapuche Lautaro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 novembre 1557 : bataille de Lagunillas ou du Biob&#237;o. Garcia de Mendoza d&#233;cide de prendre les Araucans &#224; revers, d&#233;barque &#224; Concepci&#243;n et b&#226;t les Araucans sur les bords du lac de Lagunilla. Le chef araucans Galvarino a les mains coup&#233;es avant d'&#234;tre lib&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30 novembre 1557 : Garcia de Mendoza est de nouveau victorieux de Caupolic&#225;n dans la plaine de Melirupu (Millarapue), lib&#233;rant de la pression des Indiens Valdivia et la c&#244;te. Pour contr&#244;ler l'Araucanie, il fait construire la place forte de Ca&#241;ete et la confie &#224; Alonso de Reinoso.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Janvier 1558 - f&#233;vrier 1558, guerre d'Arauco : Caupolic&#225;n, chef des Araucans, est pris et ex&#233;cut&#233; alors qu'il tentait de prendre Ca&#241;ete. La r&#233;sistance des autochtones au pouvoir espagnol au Chili se poursuit. Nangoniel sera tu&#233; &#224; seize ans en essayant d'enlever un fortin, Quintunguenu tiendra t&#234;te au capitaine Sotomayo, et Janequeo, une femme, tiendra en &#233;chec les troupes espagnoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 novembre 1569 : Francisco de Toledo, nomm&#233; vice-roi du P&#233;rou, arrive &#224; Lima (fin en 1581). Il entreprend l'int&#233;gration et l'exploitation de la population indig&#232;ne, notamment par une politique de r&#233;duction des anciens villages qui brise l'ancienne organisation en ayllus. Un ayllu (mot d'origine quechua et aymara) est une communaut&#233; compos&#233;e de plusieurs familles dont les membres consid&#232;rent qu'ils ont une origine commune (r&#233;elle ou fictive) qui travaille de fa&#231;on collective dans un territoire de propri&#233;t&#233; commune. Cette forme d'organisation sociale &#233;tait l'une des plus pr&#233;sentes dans la r&#233;gion andine &#224; l'&#233;poque pr&#233;colombienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9 janvier 1570 : cr&#233;ation du Tribunal de l'Inquisition &#224; Lima, au P&#233;rou.&lt;br class='autobr' /&gt;
20 mars 1570 : au Br&#233;sil, un d&#233;cret garantit la libert&#233; des Indiens, mais la loi et la volont&#233; de l'appliquer ne seront pas suffisantes pour emp&#234;cher les violences qu'ils continueront &#224; subir. La loi permet aux colons de r&#233;duire les Indiens en esclavage seulement en cas de guerre juste ou &#224; la demande de l'Indien ou s'il s'enfuit d'une &#171; aldeia &#187; et reste absent plus d'un an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mai 1571, r&#233;volte des Indiens au P&#233;rou : l'inca Titu Kusi Yupanqui (1560-1571) meurt peut-&#234;tre empoisonn&#233; entre mars et juin. D&#233;but du r&#232;gne de T&#250;pac Amaru, dernier souverain inca, il sera ex&#233;cut&#233; en 1572.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24 juin 1572 : les Espagnols entrent dans Vilcabamba, dernier bastion Inca, d&#233;sert&#233; par sa population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 septembre 1572 : Francisco de Tol&#232;de fait ex&#233;cuter T&#250;pac Amaru, le dernier inca quechua, mettant fin &#224; la r&#233;sistance inca au P&#233;rou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28 f&#233;vrier 1574 : premier autodaf&#233; de l'Inquisition au Mexique.&lt;br class='autobr' /&gt;
1576, Mexique : &#233;pid&#233;mie de variole tuant plus de deux millions d'Indiens dans les dioc&#232;ses de Mexico, Michoac&#225;n, Puebla et Oaxaca.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17 ao&#251;t 1585 : Richard Grenville et ses sept navires affr&#233;t&#233;s par Walter Raleigh accostent &#224; Roanoke pour organiser la colonisation de la Virginie pour l'Angleterre. Les Indiens qu'ils y rencontrent se montrent hospitaliers, mais suite au vol d'une tasse en argent par l'un d'entre eux, Grenville pille et incendie leur village.&lt;br class='autobr' /&gt;
22 juillet 1587 : un groupe de colons anglais tente de s'installer dans la colonie de Roanoke d&#233;sert&#233;e, en Caroline du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1er janvier 1590, Br&#233;sil : Christophe de Barros repousse dans la varzea du Potiipeba (Sergipe) une sortie du cacique Mbaepeva et p&#233;n&#232;tre dans l'enceinte d&#233;fendue par ce dernier. Les Indiens sont totalement d&#233;faits, 1600 meurent et 4000 sont faits prisonniers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 mars 1603 - 20 septembre 1603, Honfleur : voyage de Samuel de Champlain au Canada. Il prend possession de Terre-Neuve et de l'Acadie. D&#233;but de la colonisation fran&#231;aise en Am&#233;rique du Nord, Terre-Neuve, Nouvelle-&#201;cosse et Nouvelle-France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10 avril 1606 : le roi Jacques Ier d'Angleterre accorde une charte qui donne la concession de la c&#244;te am&#233;ricaine comprise entre les 34&#176; et 45&#176; degr&#233;s de latitude &#224; deux compagnies (Londres et Plymouth).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30 juillet 1609 : Samuel de Champlain et ses hommes affrontent les Iroquois &#224; l'emplacement du futur Fort Carillon, aujourd'hui Crown Point, New York. Champlain braque son arquebuse et fait feu sur l'un des Iroquois. Deux sont tu&#233;s du coup. Les Iroquois sont terrifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10 juin 1610 : la flotte de sir De La Warr arrive en Virginie avec du ravitaillement et de nouveaux colons et r&#233;occupe Jamestown, qui compte alors 300 habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9 ao&#251;t 1610, premi&#232;re guerre anglo-powhatans : les colons de Jamestown attaquent le village indien de Paspahegh. Lors de la famine &#224; Jamestown au cours de l'hiver, certains colons se sont r&#233;fugi&#233;s aupr&#232;s du chef indien Powhatan pour se nourrir. Lorsque l'&#233;t&#233; revient, le gouverneur de la colonie, Thomas Gates, demande &#224; Powhatan de restituer les fugitifs. Devant son refus, un groupe de soldats attaque un village, tuent une quinzaine d'Indiens, br&#251;lent les habitations et saccagent les cultures de ma&#239;s. Ils se saisissent de la reine de la tribu et de ses enfants, puis les massacrent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 avril 1614 : Pocahontas, une princesse indienne nord-am&#233;ricaine &#233;pouse un colon anglais de Virginie, John Rolfe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10-16 octobre 1615 : Samuel de Champlain et ses alli&#233;s Hurons assi&#232;gent vainement un fort iroquois ; bless&#233;, Champlain doit hiverner en Huronie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1616 : Une &#233;pid&#233;mie de variole d&#233;cime la population indienne en Nouvelle-Angleterre.&lt;br class='autobr' /&gt;
1617 : Les colons de Virginie exp&#233;dient le premier chargement important de tabac &#224; destination de l'Angleterre. Introduction en Virginie de l'indenture, contrat de servitude temporaire, par lequel un homme s'engage &#224; travailler pour une dur&#233;e limit&#233;e sur les terres d'un colon en &#233;change de son voyage et de l'obtention d'une terre en pleine propri&#233;t&#233; au terme du contrat. Le contrat se g&#233;n&#233;ralise au point de concerner un tiers de la population de Nouvelle-Angleterre. Ces serviteurs sous contrats, hommes et femmes, voyagent dans des conditions effroyables et sont vendus &#224; leur arriv&#233;e comme des esclaves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F&#233;vrier 1618 : Samuel de Champlain propose &#224; Louis XIII dans un m&#233;moire d'&#233;vang&#233;liser les indig&#232;nes du Qu&#233;bec et d'&#233;tablir des centres importants. Le roi de France donne son accord le 12 mars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21 novembre 1620 : arriv&#233;s sur le Mayflower, pris dans la temp&#234;te, les Pilgrim Fathers, 102 puritains anglais d&#233;barquent en Am&#233;rique (Nouvelle-Angleterre), &#224; Cap Cod et fondent le 20 d&#233;cembre la colonie de Plymouth, premi&#232;re ville du Massachusetts, hors de la concession octroy&#233;e par le roi (1622). Ces Pilgrim's fathers (41 en tout) ont d&#251; fuir Nottingham (1608), pour s'&#233;tablir &#224; Leyde dans les Provinces-Unies. Ils signent un accord, le Mayflower Compact, qui est &#224; la base d'une d&#233;mocratie calvinienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1621, les colons du Mayflower sont sauv&#233;s de la famine par le chef Massasoit. C'est l'origine de Thanksgiving. Lorsque les P&#232;res p&#232;lerins et les colons du Mayflower, s'install&#232;rent, Massasoit, p&#232;re du chef indien appel&#233; &#171; le roi Philip &#187;, grand sachem de la tribu Wampanoag, forma une alliance avec eux lors d'un repas auquel les P&#232;res p&#232;lerins l'avaient convi&#233;, lui et 90 de ses hommes, afin de c&#233;l&#233;brer les premi&#232;res r&#233;coltes de la colonie de Plymouth en 1621. Durant ce festin, des dindes furent offertes (&#233;pisode comm&#233;mor&#233; aujourd'hui par la f&#234;te de Thanksgiving). Le chef Massasoit renouvela ce m&#234;me rite d'alliance avec les membres de la colonie de la baie du Massachusetts en 1638.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 mars 1622 : attaques indiennes contre la colonie de Jamestown (fin en 1644). Les Indiens algonquins massacrent 347 colons en Virginie. Les survivants r&#233;pliquent de fa&#231;on impitoyable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1623 : Une colonie anglaise est fond&#233;e &#224; l'emplacement de Portsmouth dans le New Hampshire en Am&#233;rique du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mai 1624 : la Compagnie n&#233;erlandaise des Indes occidentales envoie le premier contingent de 30 familles de colons vers la Nouvelle-N&#233;erlande, compos&#233;es pour la plupart de protestants wallons. Dix-huit d'entre elles remontent l'Hudson et fondent Fort Orange pr&#232;s de l'actuelle Albany. Des colons occupent temporairement Noten Eyland (Governors Island) dans le delta de l'Hudson, avant de s'installer &#224; Manhattan l'ann&#233;e suivante.&lt;br class='autobr' /&gt;
13 mai 1625, Whitehall : une proclamation royale d&#233;clare que la Virginie, les Bermudes et la Nouvelle-Angleterre font partie de l'Empire anglais. Une administration coloniale est institu&#233;e. La Virginie devient colonie de la Couronne britannique. Elle est plac&#233;e sous l'autorit&#233; d'un gouverneur nomm&#233; par la Couronne, flanqu&#233; d'un Conseil et d'une Chambre &#233;lus par les colons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1626 : Massacre de 2000 indiens cara&#239;bes &#224; Bloody Point par les colons anglais et fran&#231;ais. G&#233;nocide des indiens Kalinago (peuple Cara&#239;be) sur l'&#206;le Saint-Christophe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12 juin 1630 : colonisation de la baie du Massachusetts par la compagnie anglaise du m&#234;me nom. Chaque actionnaire re&#231;oit 200 arpents de terre pour s'installer. John Winthrop devient gouverneur de la colonie de la baie du Massachusetts. Il justifie son occupation des territoires indiens par le fait que la terre est juridiquement &#171; vacante &#187;. Il pr&#233;texte que les Indiens n'ont pas &#171; soumis &#187; la terre, et en cons&#233;quence n'ont qu'un droit &#171; naturel &#187; sur elle et non un droit &#171; r&#233;el &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 janvier 1636 : Charles Li&#232;nard de l'Olive engage (pour la France) les hostilit&#233;s contre les Cara&#239;bes de Guadeloupe (fin en 1639). Leur extermination commence. &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article4110&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le g&#233;nocide des am&#233;rindiens cara&#239;bes des Antilles&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20 juillet 1636 : le n&#233;gociant du Massachusetts John Oldham est tu&#233; par les indiens &#224; Block Island.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ao&#251;t 1636 : suite au meurtre d'un n&#233;gociant blanc, John Stone, fauteur de trouble et kidnappeur d'indien av&#233;r&#233;, par les Pequots au Connecticut en 1634, puis &#224; celui de John Oldham, une exp&#233;dition punitive quitte Boston pour attaquer les Indiens narragansetts de Block Island que l'on prend pour des Pequots. Les Indiens se r&#233;fugient dans les for&#234;ts et les Anglais investissent des villages d&#233;sert&#233;s, d&#233;truisant les r&#233;coltes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 d&#233;cembre 1636 : fondation d'une milice au Massachusetts, &#224; l'origine de la Garde nationale des &#201;tats-Unis, contre les Pequots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tribu Pequot est une tribu am&#233;rindienne qui vivait au XVIIe si&#232;cle dans la r&#233;gion du Connecticut au nord-est des &#201;tats-Unis. Ils appartenaient au groupe linguistique des Algonquiens. Ils furent quasiment tous d&#233;cim&#233;s lors de la Guerre des Pequots (1637) et notamment lors du Mystic massacre qui les opposait aux colons anglais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 mai 1637 : le capitaine John Mason attaque un village Pequot sur la Mystic River, faisant plus de 600 victimes. La Guerre contre les Pequots culmine en Nouvelle-Angleterre (Connecticut). Extermination presque totale de la tribu. Les Anglais &#233;vitent l'affrontement direct et massacrent les populations civiles. Ils offrent une prime sur remise du scalp pour tout Indien tu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 f&#233;vrier 1638 : &#224; Boston, William Pierce le capitaine du Desire, construit en 1636 &#224; Marblehead, pr&#232;s de Salem, importe la premi&#232;re cargaison d'esclaves de la Barbade, qu'il &#233;change contre des esclaves am&#233;rindiens, les traces &#233;crites &#233;tablissant la premi&#232;re pr&#233;sence d'esclaves noirs au Massachusetts vers 1638.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21 septembre 1638 : trait&#233; de Hartford ; fin de la guerre contre les Pequots en Nouvelle-Angleterre (Connecticut) commenc&#233;e en mai 1637. Les Pequots survivants sont vendus comme esclaves. La langue et l'emploi du nom Pequot devient hors-la-loi dans les colonies anglaises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1639 : plus de soixante esclaves de Saint-Christophe se r&#233;voltent et s'arment en gagnant les hauteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 juin 1641 : d&#233;but de la premi&#232;re guerre franco-iroquoise (fin en 1645). En d&#233;pit des nombreux trait&#233;s de paix qui interrompront la guerre, elle durera 25 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25 f&#233;vrier 1643 : massacre par les Hollandais de 80 Indiens pacifiques r&#233;fugi&#233;s &#224; Pavonia, en Nouvelle-N&#233;erlande, apr&#232;s une attaque des Mohawks. D&#233;but de la Guerre de Kieft, insurrection g&#233;n&#233;rale de onze tribus indiennes contre les colons (1643&#8211;1645).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9 juin 1643 : au Qu&#233;bec, les Iroquois livrent une guerre d'embuscades contre le poste de Ville-Marie (Montr&#233;al). Trois colons sont tu&#233;s et trois autres fait prisonniers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Septembre 1643 : ex&#233;cution du chef Miantonomo par les Mohegan. D&#233;but d'une guerre entre les Indiens Naragansetts et les Anglais en Nouvelle-Angleterre (fin en 1645).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30 mars 1644, Qu&#233;bec : les chiens, dont la fameuse chienne Pilote, d&#233;nichent des Iroquois cach&#233;s dans les alentours de Ville-Marie. Maisonneuve pr&#233;pare l'attaque. Il s'av&#232;re cependant que les Iroquois sont au nombre de 200. Les Fran&#231;ais doivent rapidement battre en retraite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18 avril 1644 : attaque indienne en Virginie. 500 colons sont tu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20 septembre 1645, Canada : paix entre les colons fran&#231;ais et les Agniers (Iroquois). Elle ne durera qu'un an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 octobre 1646 : trait&#233; de paix entre les Anglais et les Indiens Powhatans en Virginie, sign&#233; apr&#232;s que gouverneur sir William Berkeley ait captur&#233; leur chef Opechancanough.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 octobre 1646, Qu&#233;bec : reprise des hostilit&#233;s avec les Agniers (Iroquois) quand ces derniers capturent le p&#232;re j&#233;suite Isaac Jogues et Jean de La Lande. Les Agniers se rendent compte que les Fran&#231;ais qui reviennent d'Europe causent des d&#233;c&#232;s dans leur communaut&#233; (microbes). Pour conjurer la mort, un Agnier tue d'un coup de hache le p&#232;re Jogue (18 octobre) et le lendemain Jean de La Lande.&lt;br class='autobr' /&gt;
16-19 mars 1649, Canada : les Hurons sont vaincus par la Ligue des Iroquois. Les Iroquois attaquent les missions huronnes de Saint-Ignace et de Sainte-Marie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 juillet 1651 : les Iroquois attaquent l'H&#244;tel-Dieu de Jeanne Mance &#224; Montr&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1654 : les Kalinas de Martinique attaquent les colons avec le soutien des n&#232;gres marrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1656 : une r&#233;volte servile &#233;clate en Guadeloupe, dirig&#233;e par deux esclaves, P&#232;dre du Cap-Vert et Jean Leblanc de l'Angola.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Septembre 1658 : expulsion et massacre des Indiens cara&#239;bes &#224; la Martinique par l'arm&#233;e coloniale. Cette guerre des Blancs contre les Indiens cara&#239;bes, menant &#224; leur &#233;limination physique, qui double en 20 ans la surface martiniquaise des planteurs blancs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 mai 1660, Qu&#233;bec : bataille de Long Sault. Le 1er mai, Adam Dollard des Ormeaux et 16 de ses amis arrivent &#224; Long-Sault et attendent, dans les restes d'une palissade abandonn&#233;e, les Iroquois (qui avaient d&#233;clar&#233; la guerre aux Blancs) qui remontent la rivi&#232;re Ottawa. Ne sachant pas que le groupe d'Iroquois compte environ 300 hommes, ils se barricadent dans leur palissade o&#249; ils seront assi&#233;g&#233;s pendant une semaine. Les Hurons font d&#233;fection, l'eau se met &#224; manquer, et quand un baril de poudre explose dans la palissade, les assi&#233;g&#233;s tombent aux mains des Iroquois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1662 : guerre entre les Hollandais et les Am&#233;rindiens Delaware de la tribu des Esopus dite guerre d'Esopus qui se termine le 15 mai 1664.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1665 : formation d'un premier groupe de 500 marrons en Martinique dirig&#233;s par Francisque Fabul&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8 juillet 1667, Qu&#233;bec : trait&#233; de paix de la France avec les Iroquois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avril 1670 : les Anglais fondent un &#233;tablissement colonial &#224; Charleston (Charles Town) en Caroline du Sud. Cette colonie est fond&#233;e sur la traite des Am&#233;rindiens de Caroline vers les Antilles qui repr&#233;sentera au total 24 000 &#224; 51 000 indiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1674 : R&#233;volte des noirs dans les Antilles anglaises. Les esclaves malgaches de la R&#233;union se r&#233;voltent eux aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20 juin 1675 : d&#233;but de la &#171; Guerre du roi Philippe &#187; contre les Indiens, au Massachusetts (fin en octobre 1676). Une premi&#232;re guerre a lieu en 1675 apr&#232;s la restauration anglaise, le roi Philip fils (Metacomet ou Metacam), couronn&#233; en 1662, &#233;tant oblig&#233; de d&#233;poser les armes, alors que les tensions territoriales entre colons et indiens s'amplifiaient. L'assassinat d'un indien converti au protestantisme conduit &#224; l'ex&#233;cution de trois Wampanoags, alli&#233;s aux blancs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin 1675, les Wampanoags br&#251;lent Swansea en repr&#233;sailles. Les Nipmucks et les Narragansets les rejoignent. De leur c&#244;t&#233;, les Mohawks refusent de rejoindre le roi Philip. Ces derniers, ex-mercenaires des colonies des Pays-Bas, sont en effet pass&#233;s aux Britanniques qui ont rachet&#233; New-York aux Hollandais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1676 : les Narangasetts sont vaincus, et leur chef Canonchet tu&#233; en avril. En ao&#251;t, le roi Philipp est trahi et tu&#233;. Cette guerre aura fait 600 morts du c&#244;t&#233; des colons anglais et 4 000 du c&#244;t&#233; des Am&#233;rindiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus au sud, au m&#234;me moment, la traite des Am&#233;rindiens de Caroline vers les Antilles s'amplifie, tandis que d&#233;bute la m&#234;me ann&#233;e en 1676 en Virginie la r&#233;volte de Nathaniel Bacon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 mars 1676, guerre du Roi Philip : une compagnie de 65 colons anglais et de vingt Indiens alli&#233;s dirig&#233;e par le capitaine Michael Pierce est d&#233;cim&#233;e dans une embuscade sur les rives de la Blackstone River, pr&#232;s de l'actuel Central Falls, par le chef Narragansett Canonchet. Trois jours plus tard les Narragansett attaquent et incendient Providence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21 avril 1676 : combat de Sudbury, raid victorieux des Indiens contre les colons anglais dans la guerre du Roi Philip.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1676 : Une &#233;chauffour&#233;e entre Indiens Susquehannocks et colons de Virginie conduit au massacre par Nathaniel Bacon des Ocaneechees.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juin 1676 : La r&#233;volte de Nathaniel Bacon, est d&#233;clench&#233;e dans la colonie britannique de Virginie par des Blancs vivant sur la Fronti&#232;re avec les Indiens, rejoints plus tard par des esclaves noirs et des serviteurs blancs. Elle &#233;clate &#224; propos de la menace indienne dans un contexte de crise agricole et de mis&#232;re. Les Blancs de la Fronti&#232;re estiment que le gouverneur de Jamestown, William Berkeley, doit mener une guerre totale contre les Doegs qui se sont lanc&#233;s dans des actions de gu&#233;rilla &#224; la suite de diff&#233;rends avec les colons. Nathaniel Bacon, &#233;lu &#224; la chambre des Bourgeois de Virginie au printemps, et cousin de Frances Culpeper, la femme du gouverneur William Berkeley, pr&#244;ne la mise en place de d&#233;tachements arm&#233;s pour combattre les Indiens. Le gouverneur l'accuse de r&#233;bellion et le fait emprisonner. Deux mille colons de Virginie marchent imm&#233;diatement sur Jamestown pour lui apporter leur soutien. Berkeley fait lib&#233;rer Bacon apr&#232;s une promesse de repentance publique. Mais Bacon s'&#233;chappe, reforme ses milices et se met &#224; harceler les Indiens. En juillet, il r&#233;dige une &#171; D&#233;claration du Peuple &#187; qui reproche &#224; l'administration ses imp&#244;ts injustes, son favoritisme, sa mainmise sur le commerce des fourrures et son abandon des fermiers confront&#233;s aux Indiens. Bacon attaque alors les Indiens pamunkeys, consid&#233;r&#233;s comme inoffensifs, en tue huit, fait des prisonniers et s'empare de leurs biens&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12 ao&#251;t 1676 : la mort du chef des Indiens Wampanoag, Metacom (dit le roi Philip), met fin &#224; la guerre sur la rive sud de la baie du Massachusetts. Les Anglais, victorieux, ont perdu six cents hommes et trois mille Indiens sont massacr&#233;s. La d&#233;faite des Indiens en Nouvelle-Angleterre donne aux colons europ&#233;ens le contr&#244;le de la c&#244;te nord-am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10 ao&#251;t 1680 : r&#233;volte des indiens Pueblos au Nouveau-Mexique, qui prennent Santa Fe le 21 ao&#251;t. Massacre de nombreux colons espagnols. Les autres prennent la fuite. Les &#233;tablissements espagnols sont d&#233;truits (fin en 1692). La R&#233;volte des Pueblos de 1680 ou La r&#233;bellion de Pop&#233; fut une r&#233;volte du peuple des Pueblos contre la colonisation des Espagnols en Am&#233;rique, en Nouvelle-Espagne, dans la province du Nouveau-Mexique. M&#234;me si les Pueblos r&#233;ussirent &#224; mettre en fuite les Espagnols en les obligeant &#224; quitter provisoirement la r&#233;gion, ceux-ci profit&#232;rent des divisions internes qui agit&#232;rent la nation pueblo apr&#232;s la r&#233;volte pour r&#233;cup&#233;rer leur colonie en 1692.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1er janvier 1682 : &#224; la suite de la r&#233;volte des Pueblos, les habitants de la mission espagnole d'Isleta sont d&#233;plac&#233;s vers El Paso, premier &#233;tablissement espagnol au Texas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23 juin 1683 : William Penn signe le trait&#233; de paix de Shackamaxon avec les Indiens du Delaware (Tamanend).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 - 23 juillet 1687, Am&#233;rique du Nord : Denonville, pour la France, avec 800 soldats, 1 100 miliciens et 400 Am&#233;rindiens, ravage le pays des Tsonnontouans, emp&#234;chant ainsi les Iroquois et les Anglais d'enlever aux Fran&#231;ais le contr&#244;le du commerce des fourrures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 novembre 1687 : un raid de 100 &#224; 200 Iroquois est repouss&#233; au fort Chambly (rive gauche de la rivi&#232;re Richelieu au Qu&#233;bec).&lt;br class='autobr' /&gt;
4-5 ao&#251;t 1689 : massacre de 97 canadiens par les Iroquois &#224; Lachine (r&#233;gion de Montr&#233;al).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24 septembre 1689 : alliance entre les Anglais et les Iroquois contre la France. D&#233;but de la Premi&#232;re Guerre intercoloniale en Nouvelle-France, ou guerre franco-iroquoise dans le cadre de guerre de la Ligue d'Augsbourg. Elle se termine en 1697 avec le trait&#233; de Ryswick.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les guerres franco-iroquoises sont une s&#233;rie de guerres entre les colons fran&#231;ais implant&#233;s au Canada et la tribu des cinq nations (plus tard six), connu sous le nom d'Iroquois. Elles ont connu un paroxysme &#224; la fin des ann&#233;es 1680, mais ont d&#233;but&#233; bien avant. Les Iroquois sont historiquement proches de leurs partenaires commerciaux de la Nouvelle-N&#233;erlande, n&#233;erlandais jusqu'en 1666, puis anglais. Ces derniers entraient en guerre contre la France &#224; partir de 1689. Lorsque les Fran&#231;ais arrivent, les Iroquois sont organis&#233;s en une conf&#233;d&#233;ration de &#171; Cinq nations &#187; : les tribus des Agniers (Mohawks), &#233;tablis &#224; l'Ouest de l'actuelle New York, celle des Onneyouts (Oneida), des Onontagu&#233;s (Onondaga), des Goyogouins (Cayuga) et enfin celle des Tsonnontouans (Seneca). Les guerres franco-iroquoises ont eu des motifs principalement commerciaux, les Iroquois se battant contre les Hurons et les implantations fran&#231;aises de la vall&#233;e du Saint-Laurent afin de contr&#244;ler le commerce des fourrures en provenance de Nouvelle-France et des colonies hollandaises de New York et du New Jersey.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18 f&#233;vrier 1690, guerre franco-anglaise : les Fran&#231;ais et leurs alli&#233;s Indiens venus de Montr&#233;al attaquent Colaer (Schenectady) dans la province de New York ; ils br&#251;lent la ville et massacrent la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1692 : R&#233;volte des noirs dans les Antilles anglaises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25 janvier 1693 : d&#233;part de Montr&#233;al d'une exp&#233;dition fran&#231;aise contre les Iroquois. Trois villages iroquois au nord d'Albany sont attaqu&#233;s et d&#233;truits par les Fran&#231;ais, qui font 300 prisonniers (16-18 f&#233;vrier). Le corps exp&#233;ditionnaire est attaqu&#233; par les Anglais dans sa retraite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 ao&#251;t 1696, guerres franco-iroquoises : Frontenac, Calli&#232;res et Ramezay, avec l'aide de 2 000 soldats, miliciens et Am&#233;rindiens, d&#233;truisent un village abandonn&#233; par les Onontagu&#233;s (Iroquois) et ravagent toutes les r&#233;coltes de ses habitants, pr&#232;s d'Oswego.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 janvier 1699 : trait&#233; de paix de Mare point, &#224; Casco Bay (Maine), entre les colons du Massachusetts et les principaux chefs de la conf&#233;d&#233;ration &#171; Wabanaki &#187; (Ab&#233;naquis).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 ao&#251;t 1701 : signature de la Grande paix de Montr&#233;al, trait&#233; de paix entre les Fran&#231;ais et les Iroquois en Nouvelle-France (Am&#233;rique du Nord). Les Cinq Nations iroquoises promettent de rester neutre dans d'&#233;ventuelles guerres entre Anglais et Fran&#231;ais..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 mai 1702 : l'Angleterre et les Pays-Bas d&#233;clarent officiellement la guerre &#224; la France et &#224; l'Espagne (Guerre de Succession d'Espagne). Les hostilit&#233;s commencent entre colons fran&#231;ais et anglais en Acadie (1703), entre colons anglais de Caroline et espagnol de Floride.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20 mai 1702, Floride espagnole : des Indiens Creeks, encourag&#233;s par les colons anglais de Caroline, attaquent la mission de Santa F&#233; de Toloca en territoire Timucua.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1702 : R&#233;volte des noirs dans les Antilles britanniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1703 : Le scalp (mot d'origine scandinave, et apport&#233; par les Anglais, et non d'origine indienne) d'un autochtone (un indig&#232;ne) est r&#233;mun&#233;r&#233; par les autorit&#233;s coloniales &#224; 40 &#163;. La scalpation est une pratique guerri&#232;re qui consiste &#224; arracher tout ou partie du cuir chevelu (scalp en anglais) d'un adversaire, mort ou vivant. Le scalp est conserv&#233; comme troph&#233;e de guerre pour t&#233;moigner du nombre d'adversaires vaincus. Dans l'imaginaire occidental, la scalpation est avant tout associ&#233;e aux Indiens d'Am&#233;rique lors de la Conqu&#234;te de l'Ouest, mais cette pratique a &#233;t&#233; mise en place par les colons et soldats anglais&#8230; &#171; Le 5 avril 1794, un correspondant du Centinel [un journal de Cincinnati] notait que Colombia, un poste d'observation non loin de l&#224;, offrait des primes pour des scalps d'indiens &#187;. En 1750, le scalp d'un Indien adulte (homme de plus de douze ans) ramen&#233; par un colon blanc est r&#233;mun&#233;r&#233; 100 &#163;, celui d'une femme ou d'un enfant de moins de douze ans, 50 &#163;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29 f&#233;vrier 1704 : attaque franco-indienne sur la position anglaise de Deerfield (actuellement dans le Massachusetts).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28 f&#233;vrier 1708 : r&#233;volte d'esclaves &#224; Long Island (New York) ; 7 blancs sont tu&#233;s, quatre esclaves, dont un Indien et une femme, sont ex&#233;cut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29 ao&#251;t 1708 : saccage de la colonie britannique d'Haverhill par les franco-indiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1711 : Guerre des Tuscaroras en Caroline contre des am&#233;rindiens qui prot&#233;geaient les esclaves fugitifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 avril 1712 : r&#233;volte d'esclaves dans la colonie de New York. Quelque 25 esclaves et deux Indiens incendient un b&#226;timent et tuent neuf blancs. Captur&#233;s par les soldats, ils sont jug&#233;s et 21 d'entre eux sont ex&#233;cut&#233;s. Herbert Aptheker d&#233;nombre au XVIIIe si&#232;cle dans les colonies britanniques d'Am&#233;rique du Nord pr&#232;s de deux cent cinquante r&#233;voltes et conspirations d'esclaves noirs r&#233;unissant au moins dix personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17 avril 1712, Caroline : reddition de Fort Hancock ; les Tuscaroras doivent accepter une paix humiliante. La guerre reprend &#224; l'automne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 mai 1712 : d&#233;but de la r&#233;bellion des Tzeltal dans le Chiapas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mai 1712 : Premi&#232;re guerre Fox. Les Renards, nation indienne de l'ouest du lac Michigan, tentent de s'emparer du poste de D&#233;troit pr&#232;s duquel ils se sont r&#233;cemment &#233;tablis. Les Outaouais et les Illinois pr&#234;tent main-forte &#224; Dubuisson et &#224; ses quelque 20 soldats pour contre-attaquer. Les Renards sont d&#233;faits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20-23 mars 1713 : reddition du Fort Neoheroka. Fin de la guerre de Tuscarora (qui se d&#233;roulait depuis l'automne 1711). 1000 Indiens sont captur&#233;s et r&#233;duits en esclavage, 1400 sont morts pendant le conflit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 mars 1713 : par le trait&#233; de l'asiento, le Royaume-Uni s'assure pour trente ans le monopole du commerce des esclaves avec l'Am&#233;rique latine et devient la premi&#232;re nation esclavagiste. Elle obtient de l'Espagne l'autorisation d'envoyer un navire par an dans les colonies espagnoles (vaisseau de permission).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 avril 1715 : la guerre des Yamasee en Caroline du Sud (fin en 1717) est d&#233;clench&#233;e par des am&#233;rindiens qui refusaient d'&#234;tre mis en esclavage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1716 : un groupe de 60 marrons de la Grenade munis d'armes &#224; feu s'attaquent aux colons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1er mai 1716 : les Fran&#231;ais command&#233;s par Louvigny, partent de Montr&#233;al avec 225 soldats et miliciens ainsi que plusieurs Am&#233;rindiens. En Juin-juillet, ils attaquent les Renards dans leur territoire du Wisconsin et obtiennent une capitulation &#224; la Butte des Morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1718 : &#224; Saint-Domingue, se forme la bande de marrons de Baboruco qui regroupe jusqu'&#224; 800 esclaves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28 janvier 1731, Louisiane : reddition des Natchez &#224; Sicily Island. 427 Natchez sont fait prisonniers. En mai, 160 d'entre eux sont vendus comme esclaves et d&#233;port&#233;s &#224; Saint-Domingue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19 avril 1735 : une exp&#233;dition franco-am&#233;rindienne, sous Noyelles, assaille les Renards et les Sauks dans leur fort de la rivi&#232;re des Moines (Iowa). Apr&#232;s quelques escarmouches, un trait&#233; est conclu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 mai 1736 : bataille d'Ackia entre les Fran&#231;ais et les indiens Chickasaw dans l'actuel &#201;tat du Mississippi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 juin 1736 : massacre du lac des Bois au Canada ; le p&#232;re Aulneau, le fils a&#238;n&#233; de La V&#233;rendrye et vingt et un de leurs compagnons p&#233;rissent attaqu&#233;s par les Sioux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 f&#233;vrier 1740 : Le Fran&#231;ais Pierre C&#233;loron de Blainville, avec une centaine de soldats et de miliciens canadiens ainsi que 200 Am&#233;rindiens alli&#233;s, attaque les indiens Chickasaws (pr&#232;s de la ville actuelle de Memphis, Tennessee). Ces derniers signent la paix&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 f&#233;vrier 1753 : les Guaranis refusent d'&#234;tre d&#233;plac&#233;s de l'autre c&#244;t&#233; du rio Uruguay en application du trait&#233; de Madrid de 1750 et, avec l'aide d'une partie des missionnaires j&#233;suites, entreprennent une gu&#233;rilla de r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juin 1753, New York : le chef Hendrick et seize autres chefs Mohawks rompent la paix (Covenant Chain) avec les colons blancs. Une escroquerie permet de voler quelque 130 000 ha de terres aux Mohawks dans l'&#201;tat de New York, ce qui met fin &#224; la coexistence pacifique entre les Indiens et la population blanche de la province.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28 mai 1754 : bataille de Jumonville Glen (soldats fran&#231;ais de LouisXV contre ceux de Georges Washington). Les Indiens de la vall&#233;e de l'Ohio se rangent en grande majorit&#233; aux c&#244;t&#233;s des Fran&#231;ais, qui sont avant tout des n&#233;gociants et n'occupent pas effectivement les territoires indiens. En revanche, les Britanniques convoitent &#224; l'&#233;vidence leurs terrains de chasse et leur espace vital. Le contraire se d&#233;roule dans la vall&#233;e du Mississippi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29 avril 1754 : premier affrontement dans la guerre des Guaranis au Paraguay entre les troupes portugaises et les Indiens Guaranis (fin en 1756). Le 7 septembre, les Guaranis emp&#234;chent les troupes du g&#233;n&#233;ral portugais Gomez Freire de passer le rio Jacu&#237; et les Portugais se retirent le 21 novembre. Andonaegui, chef de la partie espagnole, quitte Buenos Aires le 2 mai et marche vers le Nord jusqu'au ruisseau de Guarupa, puis d&#233;cide de se retirer en ao&#251;t devant les difficult&#233;s du terrain. En octobre, il subit une attaque des Guaranis. Il est de retour &#224; Buenos Aires le 7 mars 1755.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1754-1756 : guerre entre France et Angleterre en Am&#233;rique.&lt;br class='autobr' /&gt;
10 f&#233;vrier 1756 : les Guaranis sont &#233;cras&#233;s par les troupes portugaise et espagnoles coalis&#233;es &#224; la bataille de Caibat&#233;. Fin de la guerre des Guaranis au Paraguay. Des milliers d'Indiens sont massacr&#233;s et les survivants doivent se r&#233;fugier dans la for&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3-9 ao&#251;t 1757 : le g&#233;n&#233;ral fran&#231;ais Louis-Joseph de Montcalm, alli&#233; aux Am&#233;rindiens, prend Fort William Henry, sur le Lac George, qui commande la haute vall&#233;e de l'Hudson (9 ao&#251;t).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 juin 1763, r&#233;bellion de Pontiac : les Ojibw&#233;s s'emparent de Fort Michilimakinac. La r&#233;bellion de Pontiac, conspiration de Pontiac ou guerre de Pontiac opposa l'Empire britannique &#224; une conf&#233;d&#233;ration de tribus am&#233;rindiennes de la r&#233;gion des Grands Lacs, du Pays des Illinois et de la Vall&#233;e de l'Ohio entre 1763 et 1766. Le conflit fut caus&#233; par les politiques d&#233;savantageuses qu'imposaient les Britanniques apr&#232;s avoir battu les Fran&#231;ais durant la guerre de la Conqu&#234;te (1754-1760). Les guerriers de nombreuses tribus rejoignirent le soul&#232;vement indien dont le but &#233;tait de chasser les troupes et les colons britanniques de la r&#233;gion. La guerre est nomm&#233;e du nom du chef outaouais Pontiac, le plus pr&#233;&#233;minent des chefs am&#233;rindiens durant le conflit. La guerre d&#233;buta en mai 1763 lorsque les Am&#233;rindiens, offens&#233;s par les politiques du g&#233;n&#233;ral britannique Jeffery Amherst, attaqu&#232;rent plusieurs forts et implantations britanniques. Huit forts furent d&#233;truits et des centaines de colons furent tu&#233;s ou captur&#233;s tandis qu'un nombre plus important quitta la r&#233;gion. Les exp&#233;ditions britanniques de 1764 entra&#238;n&#232;rent des n&#233;gociations de paix qui dur&#232;rent deux ans. Les Am&#233;rindiens furent incapables de chasser les Britanniques mais le soul&#232;vement poussa le gouvernement britannique &#224; modifier les politiques &#224; l'origine du conflit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;31 juillet 1763 : victoire de Pontiac &#224; Bloody Run pr&#232;s de Detroit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5-6 ao&#251;t 1763 : d&#233;faite de Pontiac &#224; la bataille de Bushy Run, dans le Comt&#233; de Westmoreland (Pennsylvanie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14 septembre 1763 : bataille du Trou du Diable. Les Senecas battent les Britanniques &#224; Devil's Hole, pr&#232;s des chutes du Niagara.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14 d&#233;cembre 1763 : les &#171; Paxton Boys &#187; tuent six Indiens pacifiques &#224; Conestoga, en Pennsylvanie. Le 27, les quatorze survivants mis &#224; l'abri dans la prison de Lancaster sont massacr&#233;s &#224; leur tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17-20 octobre 1764 : trait&#233; de paix entre le colonel britannique Henri Bouquet et les Shawnee, les S&#233;n&#233;cas et les Lenapes. Bouquet exige le retour de tous les captifs britanniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24 juillet 1766 : le chef des outaouais Pontiac signe la paix avec les Britanniques &#224; Oswego. Fin de la r&#233;bellion de Pontiac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 novembre 1768 : les Iroquois c&#232;dent la vall&#233;e de l'Ohio aux colonies britanniques au trait&#233; de Fort Stanwix ou trait&#233; des six Nations (William Johnson).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20 avril 1769 : le chef des outaouais, Pontiac, alli&#233; des Fran&#231;ais, est assassin&#233; &#224; Cahokia. Il avait mobilis&#233; toutes les tribus de la r&#233;gion des Grands Lacs contre les Britanniques apr&#232;s la victoire de ces derniers sur les Fran&#231;ais scell&#233;e par le trait&#233; de Paris de 1763. Cette r&#233;volte for&#231;a le roi George III &#224; faire la proclamation royale de 1763, qui affirmait les droits illimit&#233;s des Indiens sur les terres qu'ils occupaient et interdisait toute nouvelle colonisation au-del&#224; des Appalaches, entra&#238;nant le m&#233;contentement des marchands et des sp&#233;culateurs am&#233;ricains. Pontiac fut assassin&#233; en 1769 par un Am&#233;rindien illinois &#224; la solde de marchands am&#233;ricains. L'assassinat de Pontiac marque le d&#233;but d'un mythe. Malgr&#233; l'&#233;chec de sa r&#233;bellion, il a inspir&#233; beaucoup d'Am&#233;rindiens dans leur r&#233;sistance &#224; la domination europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 d&#233;cembre 1769 : Daniel Boone est captur&#233; par les Shawnees lors d'une exp&#233;dition dans le Kentucky actuel. Il r&#233;ussit &#224; s'&#233;chapper.&lt;br class='autobr' /&gt;
5 mars 1770 : massacre de Boston. Les troupes britanniques tirent sur la foule manifestant contre les taxes d'importation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17 juillet 1771 : massacre d'un groupe d'Inuits &#224; Bloody Falls par des guerriers Chipewyan men&#233;s par le guide Matonabbee pendant l'exp&#233;dition de Samuel Hearne sur la Coppermine River.&lt;br class='autobr' /&gt;
16 d&#233;cembre 1773 : Boston Tea Party. Pour protester contre les taxes, des bostonniens, d&#233;guis&#233;s en Indiens, jettent une cargaison de 342 caisses de th&#233; &#224; la mer &#224; Boston ; cet &#233;v&#233;nement provoque la r&#233;action du cabinet conservateur de Lord North qui vote plusieurs loi qui ruine le commerce de Boston et les libert&#233;s du Massachusetts. C'est le d&#233;but des troubles dans les colonies britanniques d'Am&#233;rique du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1774 : La guerre de Lord Dunmore. Au printemps 1774, des Shawnees tentent de se d&#233;barrasser des colons britanniques. 3 mai : en repr&#233;sailles, les colons tuent onze Mingos. Logan tue treize colons en Pennsylvanie. Lord John Murray Dunmore, gouverneur de Virginie, aide les colons de Pennsylvanie &#224; la r&#233;pression : sept villages Mingos sont d&#233;truits, un fort est construit &#224; Little Kanawha River. 10 octobre : bataille de Point Pleasant, les Britanniques battent les Shawnees. Le g&#233;n&#233;ral Amherst donne l'ordre de distribuer des couvertures infect&#233;es de variole. Plusieurs milliers d'Am&#233;rindiens Delaware sont contamin&#233;s et r&#233;pandent la &#171; petite v&#233;role &#187; &#224; d'autres nations indiennes. Dans ces circonstances la paix leur est impos&#233;e. Des miliciens de Virginie d&#233;truisent pendant les n&#233;gociations plusieurs villages Shwanees.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1775 : D&#233;but de la guerre d'ind&#233;pendance des &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique (fin en 1783).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 juin 1775, Br&#233;sil : l'esclavage des Indiens est aboli, remplac&#233; par une main d'&#339;uvre servile en provenance de l'Angola, autre colonie portugaise des c&#244;tes africaines. Jusqu'en 1850, la traite des esclaves noirs, va toucher pr&#232;s de trois millions et demi d'&#234;tres humains, qui seront arrach&#233;s du continent africain pour &#234;tre asservis et vendus aux planteurs br&#233;siliens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre 1776 et 1832, dans les for&#234;ts centrales de Guadeloupe, dans le lieu-dit des Deux Mamelles, existe une petite r&#233;publique noire ind&#233;pendante, fond&#233;e par une bande de marrons appel&#233;e la bandes des Kellers, avec des habitations fixes et des plantations dans la partie la plus inaccessible des bois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1778 : d&#233;but des &#171; guerres am&#233;rindiennes &#187;. Les guerres am&#233;rindiennes sont l'ensemble des guerres opposant les colons europ&#233;ens puis le gouvernement des &#201;tats-Unis aux peuples Nord-Am&#233;rindiens, de 1778 &#224; 1890. Bien qu'aucune guerre ne f&#251;t officiellement d&#233;clar&#233;e par le Congr&#232;s des &#201;tats-Unis, l'arm&#233;e fut constamment en guerre contre ces peuples &#224; partir de 1778. Elles se sont prolong&#233;es au XIXe si&#232;cle par des violences et de nombreux massacres de la part des deux camps. L'historien am&#233;ricain Howard Zinn rappelle que &#171; les gouvernements am&#233;ricains [ont] sign&#233; plus de quatre cents trait&#233;s avec les Am&#233;rindiens et les [ont] tous viol&#233;s, sans exception &#187;. L'ensemble des combats et massacres livr&#233;s entre les &#201;tats-Unis et les Indiens fait 19 000 victimes chez les blancs et environ 30 000 du c&#244;t&#233; des Indiens, hommes, femmes et enfants. Entre 9 et 11,5 millions &#224; la fin du XVe si&#232;cle, les Indiens d'Am&#233;rique du Nord ne sont plus que 250 000 en 1890. Cette h&#233;catombe d&#233;mographique sans &#233;quivalent dans l'histoire &#233;tant due essentiellement aux &#233;pid&#233;mies et aux famines, provoqu&#233;es notamment par les d&#233;portations et la chasse intensive du bison dont la population passe de 60 000 000 au d&#233;but du XVIe si&#232;cle &#224; 1 000 &#224; la fin du XIXe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 mars 1778 : lors de son troisi&#232;me voyage, James Cook atteint la c&#244;te du continent nord-am&#233;ricain au large de l'actuel Oregon. Il cherche en vain le passage du Nord-Ouest. Il longe cependant la c&#244;te jusqu'en Alaska, s'engage dans ce qui est appel&#233; aujourd'hui le d&#233;troit de Cook, puis poursuit sa route vers le nord, remonte jusqu'au d&#233;troit de B&#233;ring qu'il franchit avant d'&#234;tre contraint de faire demi-tour face &#224; la banquise de la calotte glaciaire (18 ao&#251;t). Il remet alors le cap vers les &#238;les Sandwich, o&#249; il est contraint d'hiverner. Les rapports avec les Hawaiiens se d&#233;gradent peu &#224; peu : victime du vol d'une chaloupe, Cook veut r&#233;cup&#233;rer son bien et il est poignard&#233; le 14 f&#233;vrier 1779 au cours d'un bref affrontement avec les habitants de l'&#238;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 novembre 1780 : Condorcanqui, fils d'un cacique de Tinta, prend le nom de T&#250;pac Amaru II, se proclame Inca et prend la t&#234;te de la r&#233;volte des Indiens au P&#233;rou. Il s'empare d'un corregidor qu'il fait ex&#233;cuter (4 octobre). Apr&#232;s avoir battu une milice pr&#232;s de Cuzco le 18 novembre, il est d&#233;fait par les troupes du visitador Arreche, incarc&#233;r&#233; et condamn&#233; &#224; mort (1781).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18 mai 1781 : le dernier Inca T&#250;pac Amaru II est &#233;cartel&#233; puis d&#233;capit&#233; &#224; Cuzco au P&#233;rou en pr&#233;sence de toute la population rassembl&#233;e. Son cousin, T&#250;pac Amaru III, reprend un temps la t&#234;te de la r&#233;volte mais est pris et subit le m&#234;me supplice en 1783.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 novembre 1781 : le chef des r&#233;volt&#233;s aymara du Haut-P&#233;rou T&#250;pac Katari est ex&#233;cut&#233; &#224; La Paz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1783 : La population indienne de Churchill (Canada) a &#233;t&#233; d&#233;cim&#233;e par la variole et de la famine en raison du manque de fournitures de chasse normales de poudre et de plomb. Matonabbee s'&#233;tait suicid&#233; en apprenant la capture du fort, et le reste des principaux Indiens de Churchill avait d&#233;m&#233;nag&#233; vers d'autres sites. Les colons Canadiens ont p&#233;n&#233;tr&#233; la patrie des Chippewas, et la lutte y a &#233;t&#233; plus intense que jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1815 : Plusieurs centaines de Shawnees du Missouri quitt&#232;rent les &#201;tats-Unis en 1815 et, avec quelques Shawnees du Delaware, &#233;tablirent des colonies au Texas, alors contr&#244;l&#233; par l'Espagne. Ces traditionalistes avaient d&#233;cid&#233; de quitter les Grands Lacs pour &#233;chapper &#224; l'assimilation et perp&#233;tuer leur autonomie. Toutefois cette tribu, qui fut nomm&#233;e Absentee Shawnee (&#171; Shawnee absent &#187;), a &#233;t&#233; de nouveau expuls&#233;e en 1839, alors que le Texas avait gagn&#233; son ind&#233;pendance trois ans plus t&#244;t. Elle s'installa alors en Oklahoma, pr&#232;s de l'actuelle ville de Shawnee et y a &#233;t&#233; rejointe en 1845 par les Shawnee du Kansas qui partageaient leurs visions et croyances traditionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1817, les Shawnees de l'Ohio sign&#232;rent le Trait&#233; de Fort Meigs qui pr&#233;voyait la cession de leurs terres restantes en &#233;change de trois r&#233;serves &#224; Wapaughkonetta, Hog Creek (pr&#232;s d'Ada) et Lewistown.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1825 : Apr&#232;s le Trait&#233; de Saint-Louis, les 1 400 Shawnees du Missouri ont &#233;t&#233; d&#233;port&#233;s de Cap-Girardeau au sud-est du Kansas, pr&#232;s de la rivi&#232;re Neosho. En 1833, seulement la bande de Black Bob r&#233;sista. Ils s'&#233;tablirent au nord-est du Kansas pr&#232;s de Olathe et le long de la rivi&#232;re Kaw pr&#232;s de Shawnee.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Environ 200 des Shawnees de l'Ohio ont suivi le proph&#232;te Tenskwatawa et ont rejoint leurs fr&#232;res et s&#339;urs du Kansas en 1826, mais la majorit&#233; suivit Black Hoof, qui a combattu toutes les tentatives d'abandonner la patrie de l'Ohio. En 1831 le groupe S&#233;n&#233;ca-Shawnee de Lewistown rejoignit les Territoires indiens (l'Oklahoma actuel). Apr&#232;s la mort de Black Hoof, les 400 Shawnees restant &#224; Wapaughkonetta et Hog Creek abandonnent leur terre et se d&#233;placent &#224; la r&#233;serve Shawnee du Kansas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1830, l'Indian Removal Act inaugure la politique de d&#233;placement des populations am&#233;rindiennes toujours plus vers l'Ouest : le pr&#233;sident de l'&#233;poque, Andrew Jackson, fait voter une loi d&#233;portant les Am&#233;rindiens vivant &#224; l'Est du Mississippi &#224; l'Ouest de ce fleuve, principalement en Oklahoma, afin d'exploiter l'or situ&#233; sur leurs territoires, dans l'Ohio et installer les migrants venus d'Europe. Cette loi est d&#233;clar&#233;e anticonstitutionnelle par la Cour Supr&#234;me et entra&#238;ne des guerres avec les Cherokees jusqu'en 1838.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'en 1850, 100 000 Am&#233;rindiens furent d&#233;port&#233;s. L'&#233;pisode le plus c&#233;l&#232;bre de la D&#233;portation des Indiens d'Am&#233;rique, est vraisemblablement celui de la Piste des larmes en 1838-1839.Cette d&#233;portation forc&#233;e fit au moins 4 000 morts, &#224; cause du froid, de la maladie (chol&#233;ra) et de l'&#233;puisement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17 ao&#251;t 1862 : r&#233;volte des Sioux. Plus de 700 colons p&#233;rissent. Les Indiens vaincus ne poss&#232;dent plus que les Dakota et le Montana.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1865 : R&#233;volte des Sioux pour emp&#234;cher une piste de pionniers de traverser leurs territoires de chasse.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Apr&#232;s l'ind&#233;pendance des Etats-Unis, la guerre contre les Indiens ne faiblit pas&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les treize colonies am&#233;ricaines comptent 4 millions d'habitants en 1776, ann&#233;e de la D&#233;claration d'ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1778 : premier trait&#233; des &#201;tats-Unis avec une tribu indienne, la tribu des Delaware.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1779 : pendant la guerre d'ind&#233;pendance le commandant de l'arm&#233;e continentale George Washington ordonne que les territoires des Iroquois, alli&#233;s aux Britanniques, soient conquis et d&#233;vast&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1784 : second trait&#233; de Fort Stanwix. Les Shwanees donnent toutes leurs terres &#224; l'Est et au Sud de l'Ohio&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	13 juillet 1787 : l'Ordonnance du Nord-Ouest (Northwest Ordinance) ouvre la colonisation des Territoires du Nord-Ouest, entre Appalaches, Grands Lacs,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Mississippi et Tennessee. Aucun territoire ou bien indien ne leur sera retir&#233; sans leur consentement, sauf &#224; l'issue d'une guerre d&#233;clar&#233;e par le Congr&#232;s. Aucune guerre ne fut jamais d&#233;clar&#233;e par le Congr&#232;s aux tribus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1789 : la Constitution r&#233;affirme les principes &#233;nonc&#233;s dans la Northwest Ordinance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La guerre de la Jeune Am&#233;rique (1790-1794)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	&#192; la suite de l'ordonnance du Nord-Ouest, les colons ont commenc&#233; &#224; avancer de plus en plus sur le territoires des tribus Shawnees, Outaouais et Miamis. Ces tribus se sont donc r&#233;unies pour combattre les arm&#233;es f&#233;d&#233;rales. Cette guerre dura de 1790 &#224; 1795. Il s'y d&#233;roula plusieurs grandes batailles comme celles d&#233;crites ci-dessous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Le chef Michikinikwa (Little Turtle), chef des tribus Miamis, inflige en 1790 une d&#233;faite aux troupes am&#233;ricaines sur la rivi&#232;re Miami.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	4 novembre 1791 : &#224; la bataille de la Wabash, les Indiens de Little Turtle surprennent et vainquent le major Arthur Saint-Clair, qui perd 610 hommes sur un total de 1 300 ; les Indiens ont 61 morts et bless&#233;s. C'est la pire d&#233;faite am&#233;ricaine dans les guerres indiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	20 ao&#251;t 1794 : le g&#233;n&#233;ral Anthony Wayne bat Veste Bleue &#224; la bataille de Fallen Timbers (qui eut lieu sur un chablis, peu apr&#232;s une temp&#234;te qui d&#233;racina tous ces arbres), de la vall&#233;e de l'Ohio. &#192; la suite de cette d&#233;faite, les Indiens perdirent la guerre ce qui permit aux colons de s'installer dans le nouveau territoire de la Northwest Ordinance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	1795 : avec la signature du trait&#233; de Greenville, Little Turtle et dix autres nations indiennes c&#232;dent leurs droits sur l'Ohio et l'Indiana. Mais Tecumseh, un chef Shawnee, et son fr&#232;re Tenskwatawa refusent de signer ce trait&#233;. Ils organisent alors une r&#233;sistance contre l'expansion des colons vers l'Ouest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1800 : il y avait environ 75 millions de bisons dans les Grandes Plaines. Ils constituaient la premi&#232;re ressource des Sioux, Pied-Noirs, et d'autres tribus. Pour approvisionner les ouvriers du chemin de fer et les touristes les tirant du train, les chasseurs blancs r&#233;duisent leur nombre &#224; 800 en 1890.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1803 : Napol&#233;on Bonaparte vend le territoire de la Louisiane fran&#231;aise aux Am&#233;ricains : cela ouvre la porte aux migrations forc&#233;es pour les Am&#233;rindiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	7 juin 1803 : premier Trait&#233; de Fort Wayne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1804 : le Congr&#232;s autorise le pr&#233;sident &#224; n&#233;gocier avec les tribus pour &#233;changer leurs territoires contre des r&#233;serves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1805 : Exp&#233;dition Lewis et Clark de Saint-Louis au Pacifique, souvent aid&#233;s par des tribus am&#233;rindiennes (notamment les Nez-Perc&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1806 : d&#233;but des d&#233;portations d'Indiens. Bien qu'elles se soient effectu&#233;es quelquefois &#224; l'issue d'un trait&#233;, les Indiens les ont toujours subies, car ils &#233;taient menac&#233;s d'exp&#233;ditions punitives s'ils ne signaient pas le trait&#233;[r&#233;f. n&#233;cessaire]. De 1806 &#224; 1830, 50 tribus sont d&#233;port&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	30 septembre 1809 : le deuxi&#232;me trait&#233; de Fort Wayne (apr&#232;s celui du 7 juin 1803) permet aux &#201;tats-Unis d'obtenir 11 600 km2 de la vall&#233;e de la Wabash, abandonn&#233;s par les Am&#233;rindiens Delawares, Shawnees, Potawatomis, Miamis, Eel River, Weeas, Kickapoos, Piankashaws, et Kaskas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	10 ao&#251;t 1810 : Massacre des Chutes d'Ywahoo : les colons des &#201;tats-Unis massacrent des femmes et des enfants Cherokees.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	7 novembre 1811 : le g&#233;n&#233;ral Harrison inflige une d&#233;faite aux Shawnees dirig&#233;s par Tenskwatawa fr&#232;re de Tecumseh &#224; la bataille de Tippecanoe, dans la vall&#233;e de la rivi&#232;re Wabash (200 morts de part et d'autre), et pille la ville indienne de Prophet's town, les Indiens ayant abandonn&#233; le combat faute de munitions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Guerre de 1812 (am&#233;ricano-britannique)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	12 juillet 1812 : alli&#233; des Britanniques, l'Indien Tecumseh tend une embuscade &#224; Brownstown et tue 20 soldats am&#233;ricains au cours de la guerre de 1812.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	16 ao&#251;t 1812 : les Britanniques et Tecumseh prennent Fort D&#233;troit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	13 mai 1813 : Tecumseh vainc les Am&#233;ricains &#224; la bataille de la Maumee River (pr&#232;s de Toledo).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	5 octobre 1813 : Tecumseh est tu&#233; pendant la bataille de la Thames River ; les Britanniques du g&#233;n&#233;ral Henry Proctor se sont enfuis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	27 mars 1814 : victoire d'Andrew Jackson &#224; la bataille d'Horseshoe Bend (Tennessee) sur les Indiens Creek. &#192; la suite de cette bataille, Andrew Jackson n&#233;gocie neuf des onze trait&#233;s qui font abandonner petit &#224; petit leurs terres aux Cinq tribus civilis&#233;es (Cherokees, Chickasaws, Choctaws, S&#233;minoles et Creeks), ainsi nomm&#233;es car s&#233;dentaires et pratiquant l'agriculture. De 1814 &#224; 1824, des membres de ces nations migrent volontairement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Premi&#232;re guerre S&#233;minole (1816-1832)&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Les S&#233;minoles sont des Indiens Creeks &#233;tablis en Floride dans les ann&#233;es 1700, encourag&#233;s &#224; s'&#233;tablir comme fermiers par les Espagnols, qui esp&#233;raient arr&#234;ter la progression des Britanniques vers le Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	1816 : le fort S&#233;minole d'Apalachicola est ras&#233; par les Am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	D&#233;cembre 1817 : Andrew Jackson conduit les forces am&#233;ricaines qui envahissent la Floride.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	7 avril 1818 : prise de Saint-Mark&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	24 mai : prise de Pensacola.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	22 f&#233;vrier 1819 : trait&#233; d'Adams-On&#237;s : l'Espagne c&#232;de la Floride aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1821 : Sequoyah cr&#233;e l'alphabet Cherokee. Cette invention t&#233;moigne de l'avancement de la culture Cherokee, peuple d'agriculteurs et d'artisans, qui &#233;tablit rapidement des &#233;coles au d&#233;but du XIXe si&#232;cle, ouvertes aux gar&#231;ons et aux filles (chose qui choquait leurs voisins des &#201;tats-Unis). De plus, ils accueillaient les esclaves &#233;chapp&#233;s des plantations, bien qu'ils pratiquent eux-m&#234;mes une forme d'esclavage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	11 mars 1824 : cr&#233;ation du Bureau des affaires indiennes, qui succ&#232;de au Comit&#233; des affaires indiennes, cr&#233;&#233; &#224; l'ind&#233;pendance. Il d&#233;pend du minist&#232;re de la guerre, et est charg&#233; de lib&#233;rer les terres indiennes pour leur exploitation par les colons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1827 : Les Cherokees constituent un gouvernement, adoptent une constitution et se d&#233;clarent ind&#233;pendants. La Cour supr&#234;me des &#201;tats-Unis reconna&#238;t ce gouvernement mais d&#233;clare les Cherokees sous tutelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1828 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	D&#233;but de la publication du Cherokee Phoenix, journal indien bilingue anglais-cherokee, qui para&#238;t jusqu'en 1834.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	Confiscation des territoires Cherokee par l'&#201;tat de G&#233;orgie (14 000 hectares) ; ces territoires sont r&#233;partis en lots de 64 hectares distribu&#233;s dans une loterie ; les Indiens ne peuvent t&#233;moigner en justice contre des Am&#233;ricains et ne peuvent s'exprimer publiquement contre l'immigration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1829 : John Ross, le Chef Oiseau Blanc, premier chef Cherokee &#233;lu, proteste officiellement &#224; Washington contre ces mesures. Andrew Jackson lui r&#233;pond que les Cherokees doivent &#233;migrer &#224; l'ouest du Mississippi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	28 mai 1830 : Indian Removal Act : le pr&#233;sident Andrew Jackson fait voter une loi d&#233;portant les Indiens vivant &#224; l'Est du Mississippi &#224; l'Ouest de ce fleuve, principalement en Oklahoma, afin d'exploiter l'or situ&#233; sur leurs territoires, dans l'Ohio et installer les migrants venus d'Europe. Cette loi est d&#233;clar&#233;e anticonstitutionnelle par la Cour supr&#234;me, et entra&#238;ne des guerres avec les Cherokees jusqu'en 1838. Jusqu'en 1850, 100 000 Indiens sont d&#233;port&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1831 : la Cour supr&#234;me (Arr&#234;t nation Cherokee contre l'&#201;tat de G&#233;orgie) d&#233;cide que la nation Cherokee n'est ni une nation souveraine ni une nation &#233;trang&#232;re r&#233;sidant au sein des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1832 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	D&#233;signation d'un Commissaire aux affaires indiennes, au minist&#232;re de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	La Cour Supr&#234;me d&#233;cide que les lois de G&#233;orgie ne peuvent s'appliquer aux Cherokees, et que le gouvernement f&#233;d&#233;ral a obligation de faire respecter les trait&#233;s conclus avec la nation Cherokee. Cette d&#233;cision n'a jamais &#233;t&#233; appliqu&#233;e par le pr&#233;sident Jackson.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Guerre de Northwest Black Hawk (1832)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1832 : le guerrier Sauk Black Hawk (&#171; Faucon noir &#187;) tente de chasser les colons des terres de son peuple. Alli&#233; aux Fox, il quitte le territoire de l'Iowa o&#249; son peuple vivait depuis le trait&#233; de Saint-Louis (1805) pour reconqu&#233;rir ses terres ancestrales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	6 avril : 800 Indiens Sauk franchissent le Mississippi, provoquant la panique chez les colons. Le g&#233;n&#233;ral Edmund Gaines tente de n&#233;gocier, sans succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	14 mai : bataille de Stillman's Run, Black Hawk met en fuite les Tuniques bleues (qui subissent la perte de douze hommes, contre cinq chez les Indiens).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	28 juillet : menac&#233;s de famine, les Sauk descendent le Wisconsin pour repasser le Mississippi. 750 miliciens des g&#233;n&#233;raux James Henry les rejoignent : c'est la bataille des Wisconsin Height, 68 Indiens y trouvent la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	1er ao&#251;t : Les Indiens arrivent au Mississippi et commencent la travers&#233;e du fleuve. Pris sous le feu d'un navire &#224; vapeur de guerre, Black Hawk hisse le drapeau de la reddition, mais le feu continue, faisant 23 morts chez les Indiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	2 ao&#251;t : Massacre de Bad Axe River : Black Hawk est attaqu&#233; par les troupes am&#233;ricaines qui massacrent 300 hommes, femmes et enfants Sauk. Certains survivants qui ont r&#233;ussi &#224; traverser le Mississippi sont tu&#233;s ou captur&#233;s par les Sioux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	27 ao&#251;t : reddition de Black Hawk.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La &#171; piste des Larmes &#187; (1838)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	29 d&#233;cembre 1835 : trait&#233; de New Echota : 300 &#224; 500 des 17 000 Cherokees vivant &#224; l'est du Mississippi (la d&#233;l&#233;gation Ridge, men&#233;e par les Cherokees John Ridge et Elias Boudinot) signe pour l'ensemble de la nation un trait&#233; qui c&#232;de aux &#201;tats-Unis leurs terres pour cinq millions de dollars, en violation des lois Cherokees, et sans un seul &#233;lu parmi eux. Le Congr&#232;s ratifia ce trait&#233; l'ann&#233;e suivante d'une voix, malgr&#233; les protestations de John Ross. Les 465 Cherokees signataires partirent pour l'ouest en 1837.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1836 : Selon la d&#233;cision du pr&#233;sident de la Cour supr&#234;me John Marshall, les nations souveraines indiennes deviennent des nations d&#233;pendantes de l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	mars 1838 : le philosophe Ralph Waldo Emerson proteste par une lettre envoy&#233;e au pr&#233;sident Martin Van Buren contre ce trait&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	18 mai 1838 : l'&#233;ch&#233;ance du trait&#233; de New Echota &#233;tant arriv&#233;e, le g&#233;n&#233;ral Winfried Scott commence &#224; faire rassembler les Cherokees dans 31 forts, avec uniquement les v&#234;tements qu'ils portaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	fin juillet 1838 : Ils sont ensuite rassembl&#233;s dans onze camps pr&#233;vus &#224; cet effet (10 au Tennessee, un en Alabama).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Environ 3 000 Cherokees firent route par voie fluviale &#224; partir de juin, et arriv&#232;rent jusqu'en septembre dans le Territoire indien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	16 octobre 1838 : d&#233;part des Cherokees restant par les chemins. Ils parcourent 1 750 km, atteignent le Mississippi en novembre, mais les 5 000 derniers restent bloqu&#233;s sur la rive est tout l'hiver. Les premiers groupes arrivent en janvier &#224; Fort Gibson.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	mars 1839 : arriv&#233;e des derniers Cherokees. Environ 4 000 d'entre eux au moins, 8 000 au plus, sont morts en chemin, le long de la Piste des Larmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	juin 1839 : John Ridge et Elias Boudinot sont assassin&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les quatre autres Nations civilis&#233;es furent d&#233;port&#233;es de la m&#234;me mani&#232;re, et connurent aussi leur piste des Larmes. Ce nom vient des larmes de compassion vers&#233;es par les Am&#233;ricains qui les voyaient passer devant eux. Quelques Cherokees r&#233;ussirent &#224; se cacher dans les montagnes, et des S&#233;minoles dans les marais des Everglades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deuxi&#232;me guerre S&#233;minole (1835-1842)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le m&#234;me processus que pour les Cherokees, le gouvernement fit signer &#224; une minorit&#233; de S&#233;minoles le trait&#233; de Payne Landing (1832), qui leur imposait de quitter leurs terres dans les trois ans. En 1835, l'arm&#233;e am&#233;ricaine fut envoy&#233;e pour faire appliquer ce trait&#233;. Au plus fort de la guerre, 10 000 soldats r&#233;guliers et 30 000 miliciens affront&#232;rent 5 000 guerriers qui pratiquaient une guerre d'embuscades et de coups de mains, les pertes am&#233;ricaines se mont&#232;rent &#224; 1 500 hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1835 : Le major Francis Dade allait de Fort Brooke &#224; Fort King ; 180 S&#233;minoles attaqu&#232;rent sa colonne et l'extermin&#232;rent, ne laissant que trois survivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	25 d&#233;cembre 1837 : &#192; la bataille du lac Okeechobee (&#224; Nubbins Slough), les colonels Zachary Taylor (800 soldats) et Richard Gentry (un r&#233;giment de volontaires du Missouri), face &#224; 380 Indiens, perdent 26 soldats et a 112 bless&#233;s, contre 11 aux Indiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	&#192; Saint-Augustine, les chefs Chat Sauvage et Osceola sont captur&#233;s pendant des n&#233;gociations de paix par le g&#233;n&#233;ral Jessup. Osceola meurt en prison en 1838.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1842 : des n&#233;gociations permettent une tr&#234;ve, reconnaissant des territoires de chasse et de culture aux S&#233;minoles, sans signature de trait&#233;. De nombreux S&#233;minoles furent toutefois envoy&#233;s vers le Territoire indien d'Oklahoma dans les ann&#233;es qui suivirent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1848 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	le Bureau des affaires indiennes passe au minist&#232;re de l'Int&#233;rieur. Il est charg&#233; des relations entre l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral et les Indiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	D&#233;couverte d'or en Californie, ce qui provoque une ru&#233;e vers l'or. Les colons passent par la piste de l'Oregon, qui traverse les territoires indiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1851 : premier trait&#233; de Fort Laramie : les colons peuvent traverser les territoires indiens, moyennant un droit de passage en nature et en argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	18 ao&#251;t 1854 : &#233;pisode de la vache du mormon. Une vache appartenant &#224; un mormon, s'&#233;chappe et d&#233;vaste un camp des Sicangus (Brul&#233;) : elle est abattue par un Sicangu. Les soldats de Fort Laramie exigent que le responsable soit livr&#233;, et devant le refus du chef Ours Conqu&#233;rant, canonnent le village, avant d'&#234;tre vaincus par une charge des guerriers sicangus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	En repr&#233;sailles, en novembre, les Am&#233;ricains attaquent le village du chef Petit Orage, tuent ou mutilent 136 Am&#233;rindiens, et font 70 prisonniers. Malgr&#233; la reddition de Petit Orage, ils sont retenus deux ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Troisi&#232;me guerre S&#233;minole (1855-1858)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Des accrochages ont lieu en 1855 entre Am&#233;ricains et environ 200 S&#233;minoles demeur&#233;s en Floride.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	En 1858, le chef Jambes Arqu&#233;es se rend avec ses quarante guerriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1857 : bataille de la Platte avec les Indiens Cheyennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Guerre Navajo (1860-1864)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	&#192; la suite d'accrochages divers dans le Territoire du Nouveau-Mexique entre les Navajos et les troupes f&#233;d&#233;rales, les Navajos se rendent &#224; Kit Carson, qui fait d&#233;truire leurs biens et les d&#233;porte jusqu'&#224; Bosque Redondo, en Arizona. C'est la Longue marche des Navajos : 8 000 Navajos font 620 km &#224; pied. Au bout de quatre ans de sous-nutrition, ils sont autoris&#233;s &#224; revenir sur leurs terres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Guerre des Pa&#239;utes (1860)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Apr&#232;s un hiver rigoureux, les 6 000 Pa&#239;utes du Nevada d&#233;cident d'attaquer les colons am&#233;ricains, jug&#233;s responsables de leur malheur pour avoir coup&#233; trop d'arbres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	7 mai : raid contre le Pony Express, cinq morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	mai : nombreux autres raids, faisant 16 morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	juin : intervention de l'arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1862 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	le Homestead Act accorde 62 ha de terres &#224; l'ouest du Mississippi &#224; toute famille &#171; non-indienne &#187; qui s'engage &#224; les cultiver pendant cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	1er juillet 1862 : le Pacific Railway Act est sign&#233; par Abraham Lincoln : il autorise la construction de la premi&#232;re ligne de chemin de fer transcontinentale. Des chasseurs (Buffalo Bill est le plus c&#233;l&#232;bre) tuent des millions de t&#234;tes de bisons pour nourrir les ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Trait&#233; de la Traverse de Sioux 1851&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 23 juillet 1851, le &#034;trait&#233; de la Traverse de Sioux&#034; (Traverse de Sioux Treaty) fut sign&#233; entre le gouvernement des &#201;tats-Unis, et les Sioux du territoire du Minnesota et mis en application par la Commission des Affaires indiennes. Ce trait&#233; avait pour objectif d'obtenir les riches terres agricoles qui se trouvaient dans le Minnesota. De vastes &#233;tendues de terres furent ainsi c&#233;d&#233;es &#224; partir de l'Iowa jusqu'&#224; la fronti&#232;re canadienne. Des tribus Sioux telles que les Sisseton et Wahpeton h&#233;sit&#232;rent &#224; se d&#233;sh&#233;riter, mais les pressions &#233;taient tellement fortes, qu'ils c&#233;d&#232;rent avec r&#233;ticence sous la menace potentielle du gouvernement f&#233;d&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce trait&#233; aggrava les conditions de vie des Am&#233;rindiens. Plusieurs facteurs aboutirent &#224; la r&#233;volte des Indiens des plaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Une ru&#233;e des colons blancs d&#233;ferla sur ces nouveaux territoires ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Une volont&#233; de poss&#233;der davantage de terres par les autorit&#233;s du gouvernement f&#233;d&#233;ral ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Une incapacit&#233; &#224; payer les rentes promises aux Am&#233;rindiens ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	De nouvelles r&#233;ductions des terres ancestrales qui aboutissent &#224; la perte de territoires de chasse et de p&#234;che.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;contentement de l'ensemble des tribus Sioux du Dakota aboutira &#224; la Guerre des Indiens des plaines qui durera une trentaine d'ann&#233;es et fut marqu&#233; par le massacre de Sand Creek, trois ans apr&#232;s le Trait&#233; de Fort Wise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La guerre des Sioux de 1862&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;contentement des Sioux tourna &#224; la r&#233;volte. Le soul&#232;vement des am&#233;rindiens se g&#233;n&#233;ralisa bient&#244;t dans tout le Minnesota et le Dakota voisin. Si quelques pionniers blancs furent tu&#233;s, rapidement l'arm&#233;e am&#233;ricaine enverra d'importants renforts pour mater dans le sang cette r&#233;volte am&#233;rindienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Le gouvernement des &#201;tats-Unis ne livre pas comme promis les marchandises dues pour l'achat de terres aux Sioux Santees (ou Dakotas) et aux tribus Sioux Sisseton-Wahpeton. &#201;clatant pendant la guerre de S&#233;cession, ce massacre par les Sioux b&#233;n&#233;ficie du manque de troupes adverses disponibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	4 ao&#251;t : pillage d'entrep&#244;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	14 ao&#251;t : cinq Am&#233;ricains sont tu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	18 ao&#251;t : craignant les repr&#233;sailles, les Sioux d&#233;signent Petit Corbeau (Little Crow) comme chef de guerre. Les Indiens attaquent l'agence de Lower Sioux ; 25 miliciens sont tu&#233;s dans une embuscade &#224; Redwood Ferry. Dans les semaines qui suivent, plusieurs centaines de colons sont massacr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	19 ao&#251;t : les Sioux se divisent, entre ceux qui d&#233;sirent poursuivre le combat, et ceux qui ne veulent pas s'attaquer &#224; des femmes et des enfants. Les premiers, au nombre de 400, pillent New Ulm et attaquent Fort Ridgely, sans succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	23 ao&#251;t : Ils attaquent de nouveau New Ulm, br&#251;lent de nombreux b&#226;timents et tuent 36 Am&#233;ricains. Petit Corbeau, voulant la paix, perd tout contr&#244;le sur ses guerriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	3 septembre : escarmouches en divers lieux, et bataille de Birch Coulee : les Am&#233;ricains ont 22 tu&#233;s, les Sioux deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	18 septembre : &#224; Wood Lake, les Sioux d&#233;crochent quand leur chef Mankato meurt avec une quinzaine de guerriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	La m&#234;me ann&#233;e se d&#233;roule la bataille d'Apache Pass.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette guerre fera plus d'un millier de morts dont plus de 800 Sioux et plus de 350 colons am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#232;s de deux mille Am&#233;rindiens furent captur&#233;s. Ils ont finalement &#233;t&#233; jug&#233;s dans des proc&#232;s de masse par des tribunaux militaires. 303 furent jug&#233;s coupable de crimes de guerre et condamn&#233;s &#224; mort. Sur ces condamn&#233;s, 38 hommes furent pendus &#224; Mankato, le lendemain de No&#235;l, dans la plus grande ex&#233;cution de masse de l'histoire des &#201;tats-Unis. Abraham Lincoln commua les autres d&#233;tenus en peine de prison. Environ 1 500 Sioux sont d&#233;tenus &#224; Fort Snelling jusqu'au printemps 1863 ; 130 meurent pendant leur d&#233;tention. Les chefs Shakopee et Medecine Bottle, r&#233;fugi&#233;s au Canada sont kidnapp&#233;s et pendus en 1863. Little Crow est &#233;galement tu&#233; par un colon la m&#234;me ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1er janvier 1863 : Mangas Coloradas, chef des Apaches Gilas est captur&#233; et tu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	29 janvier 1863 : massacre de Bear River. Le colonel Connor attaque un camp de Shoshones, et tue environ 250 habitants, hommes, femmes et enfants. Les conflits avec les Shoshones durent ensuite jusqu'en 1869 et la fermeture de la piste de l'Oregon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	29 novembre 1864 : massacre de Sand Creek (Territoire du Colorado). Apr&#232;s des violences indiennes durant deux ans (200 civils blancs assassin&#233;s), une exp&#233;dition punitive est conduite par le colonel John Chivington et les 700 hommes du 3e r&#233;giment du Colorado sur un village. Les miliciens attaquent le village pacifique de Black Kettle, qui avait pourtant n&#233;goci&#233; et trait&#233; avec les Blancs. Le massacre fait 150 morts, hommes, femmes et enfants, les soldats s'empressent de pr&#233;lever de garndes quantit&#233;s de scalps et mutilent les cadavres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	En 1866, Gabriel Renville fut nomm&#233; chef des tribus Sisseton-Wahpeton par le d&#233;partement de la Guerre des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet encadrement militaire, la r&#233;pression, les combats sporadiques et leur spoliation de leurs terres continu&#232;rent. La pacification militaire aboutit en 1890 au massacre de Wounded Knee.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La guerre des Plaines&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Le massacre de Sand Creek scandalise les tribus d'Indiens. De nombreuses tribus entament alors les hostilit&#233;s, conduisant des raids &#233;pars, obligeant les soldats de l'Union &#224; stationner le long de la piste de l'Oregon pour la prot&#233;ger, notamment &#224; Platte Bridge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	26 juillet 1865 : &#224; la bataille de Platte Bridge, les Cheyennes de Dull Knife et les Sioux Oglalas de Red Cloud (Nuage Rouge), attaquent un d&#233;tachement de soldats pr&#232;s de Platte Bridge, et les tuent presque tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	Septembre 1865, Exp&#233;dition indienne de la rivi&#232;re Powder : trois colonnes de Tuniques bleues tentent de rejoindre Rosebud Creek, deux d'entre elles &#233;chouent totalement, et l'ensemble revient &#224; Salt Lake City.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1866 : Les chefs Sioux Red Cloud et Tashunca-Uitco ou Crazy Horse attaque le fort Kearny.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Juin 1866 : le gouvernement des &#201;tats-Unis organise une conf&#233;rence de paix &#224; Fort Laramie. Le g&#233;n&#233;ral William Sherman demande aux chefs l'autorisation de traverser leurs terres, et de construire trois forts sur la Piste Bozeman (entre la Platte et le Montana). Nuage Rouge refuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	21 d&#233;cembre 1866 : le massacre Fetterman, ou la Battle of a Hundred Slain. Attir&#233;s dans une embuscade par une ruse des Sioux, les 81 hommes du capitaine Fetterman sont an&#233;antis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	18 avril 1867 : l'exp&#233;dition Hancock, &#224; laquelle participe Custer, veut n&#233;gocier avec des Indiens sioux et cheyennes. Mais, approchant trop du village, il inqui&#232;te les chefs qui s'enfuient avec leurs familles. Les Indiens ayant massacr&#233; 20 civils plus au nord, Hancok fait br&#251;ler 251 des 291 tipis, avec tout ce qu'ils contenaient. La guerre recommence et de nombreuses attaques se succ&#232;dent dans les mois qui suivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1er et 2 ao&#251;t 1867 : Les attaques simultan&#233;es des Sioux et des Cheyennes sur la piste Bozeman sont repouss&#233;es avec succ&#232;s par l'arm&#233;e am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	29 avril 1868 : Le second trait&#233; de Fort Laramie reconna&#238;t le territoire ancestral des Sioux (entre Missouri &#224; l'est, Platte au sud et monts Big Horn &#224; l'ouest) ; des vivres et des mat&#233;riels seront donn&#233;s annuellement aux Sioux ; une r&#233;serve est cr&#233;&#233;e entre le Wyoming et le Dakota, &#224; destination des Sioux. Les &#201;tats-Unis renoncent &#224; la piste Bozeman, au droit de traverser les Black Hills, et &#224; se les approprier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	3 juillet 1868 : r&#233;vision du trait&#233; de Fort-Bridger (1863), qui garantissait une r&#233;serve de 178 688 km2 aux Shoshones. Elle est r&#233;duite &#224; 11 097 km2 (16 fois moins). Ils conservent cependant le droit de chasse sur leur territoire. Les &#201;tats-Unis s'engagent &#224; construire divers b&#226;timents (moulin, &#233;cole, &#233;glise) ; l'United States Rail Road est autoris&#233;e &#224; construire une ligne de chemin de fer sur le territoire shoshone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	27 novembre 1868 : bataille de Washita River. En repr&#233;sailles &#224; des raids meurtriers d'indiens Cheyennes, le lieutenant-colonel George A. Custer attaque le village de Black Kettle, tue plus de 120 guerriers, fait 53 prisonniers civils et annonce la lib&#233;ration de deux enfants blancs captifs et la mort d'une femme captive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	10 mai 1869 : ach&#232;vement du transcontinental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	11 juillet 1869 : la bataille de Summit Springs, qui se produit apr&#232;s divers accrochages, entre l'arm&#233;e am&#233;ricaine et les Cheyennes Dog Soldiers. Le 5e de cavalerie du colonel Eugene Carr attaque le campement, et tue 25 Indiens (il n'a qu'un bless&#233; &#224; d&#233;plorer).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1870 : massacre des Indiens Pied-Noirs &#224; Marias River.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	3 mars 1871 : Indian Appropriation Act : le Congr&#232;s met fin aux trait&#233;s sign&#233;s avec les tribus indiennes ind&#233;pendantes, et ne reconna&#238;t plus que les individus. Cependant, les 371 trait&#233;s sign&#233;s depuis 1776 (plus 175 entre 1607 et 1775) sont toujours reconnus. Les r&#232;glements adopt&#233;s dans les ann&#233;es suivantes les vident de toute substance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Guerre des Modocs (1872-1873)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Les Modocs vivent dans le Nord de la Californie et le Sud de l'Oregon. Ils conduisent quelques raids sur les premiers wagons de chemin de fer. La colonisation commen&#231;ant dans la vall&#233;e de la Lost River, les colons demandent &#224; ce que les Indiens soient d&#233;plac&#233;s dans la r&#233;serve des Klamaths et des Snakes, ennemis des Modocs. Cependant, les 372 Modocs finissent par s'installer dans la r&#233;serve, qu'ils quittent en avril 1869.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	28 novembre 1872 : sur la demande insistante des colons, l'arm&#233;e envoie une colonne pour ramener les Modocs dans la r&#233;serve, et incendie leur village. Les Modocs de Jim le Crochet tuent en repr&#233;sailles 14 colons &#224; Tule Lake, puis rejoignent ceux de Kientpoos (capitaine Jack pour les Anglo-Saxons).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	16 janvier 1873 : dans le champ de lave tr&#232;s accident&#233; et brumeux du Stronghold (Forteresse), 300 soldats et volontaires recherchent 50 Modocs sans les trouver ; ceux-ci les attaquent et leur infligent de lourdes pertes, les obligeant &#224; fuir en abandonnant armes et bagages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	11 avril : au cours de n&#233;gociations de paix, Kientpoos, influenc&#233; par Jim le Crochet et un chaman, tue le g&#233;n&#233;ral Canby.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	3 juin : Kientpoos est captur&#233;. Il est jug&#233; pour le meurtre de Canby et pendu le 3 octobre avec trois autres Modocs. Les Modocs sont d&#233;port&#233;s dans la r&#233;serve Quapaw.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	1874 : mort de Cochise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Guerre de la rivi&#232;re Rouge (1874-1875)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Elle est provoqu&#233;e par plusieurs facteurs : la pression territoriale des colons, prot&#233;g&#233;s par la construction de forts par l'arm&#233;e, les coutumes indiennes de gu&#233;rilla permanente ; l'an&#233;antissement des troupeaux de bisons par les chasseurs blancs. Elle se d&#233;roule dans le Sud des Grandes plaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	27 juin 1874 : bataille d'Adobe Walls, qui oppose 700 guerriers Comanches, Kiowas, Cheyennes et Arapahos command&#233;s par Quanah Parker et Isa-Tai &#224; des chasseurs de bison am&#233;ricains. Les Indiens sont repouss&#233;s avec 70 morts, contre 3 dans les rangs des chasseurs. Cette bataille entra&#238;na une grande campagne de l'arm&#233;e, command&#233;e par William T. Sherman et Philip Sheridan, afin de s'assurer le contr&#244;le des plaines du sud. Les Indiens pacifiques furent maintenus dans leur r&#233;serve avant le d&#233;but de la campagne. Diverses colonnes encercl&#232;rent les guerriers Indiens hostiles, et divers accrochages eurent lieu pendant l'&#233;t&#233;. La plus importante action est la prise le 26 septembre, avec deux tu&#233;s parmi les Indiens, de plusieurs villages, dans le canyon de Palo Duro, par le colonel Mackenzie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	Les campagnes d'hiver de l'arm&#233;e am&#233;ricaine, renforc&#233;e par plusieurs d&#233;tachements, aboutissent &#224; la reddition des principaux chefs au printemps 1875. Leurs guerriers &#233;taient affam&#233;s par le manque de bisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1875 : mort du chef kiowa Kicking Bird.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Guerre des Black Hills (1876)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1874 : annonce par le lieutenant-colonel Custer de la d&#233;couverte d'or dans les montagnes sacr&#233;es sioux des Black Hills. La ru&#233;e vers l'or provoqu&#233;e entra&#238;ne des accrochages entre Sioux, Cheyennes et arm&#233;e des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	17 juin 1876 : le g&#233;n&#233;ral George Crook, avec 1 050 soldats et 260 &#233;claireurs Crows et Shoshones, est attaqu&#233; dans la vall&#233;e de la Rosebud, par environ 750 guerriers de Crazy Horse (Cheval Fou) ; les pertes sont faibles de chaque c&#244;t&#233; (10 tu&#233;s et 20 bless&#233;s pour les &#201;tats-Unis, 50 pour les Am&#233;rindiens), et Crook doit rebrousser chemin. Cette bataille est appel&#233;e par les Am&#233;ricains bataille de la Rosebud, et par les Indiens Bataille o&#249; la fille sauva son fr&#232;re (une jeune Cheyenne vint au secours de son fr&#232;re pris sous son cheval mort).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	25 juin 1876 : bataille de Little Big Horn : le lieutenant-colonel Custer, du 7e de cavalerie, et 260 de ses hommes sont tu&#233;s par les Cheyennes de Two Moon et les Sioux des chefs Sitting Bull et Crazy Horse. Cette bataille a un grand retentissement dans l'opinion publique, et Custer devient une figure mythique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	9 et 10 septembre 1876 : le g&#233;n&#233;ral George Crook, poursuivant les Indiens victorieux &#224; la bataille de Little Big Horn, surprend le campement d'American Horse (&#171; Cheval Am&#233;ricain &#187;). Ses deux mille soldats br&#251;lent le campement ; la contre-attaque des 800 guerriers Sioux Oglalas de Tashunca-Uitco, dit &#171; Crazy Horse &#187;, qui campaient &#224; proximit&#233; est repouss&#233;e sans mal par le g&#233;n&#233;ral Crook qui dispose de 2 000 cavaliers. American Horse est tu&#233; dans la bataille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	7 septembre 1877 : mort violente de Crazy Horse &#224; Fort Robinson (Little Big Man y aurait particip&#233;), alors que les Sioux Oglalas avait fait leur reddition et s'&#233;taient rendus dans une r&#233;serve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Guerre des Nez-Perc&#233;s (1877)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pression des colons conduit &#224; un premier trait&#233; d&#233;limitant le territoire Nez-Perc&#233;s en 1855. Trait&#233; dont le gouvernement des &#201;tats-Unis demande la r&#233;vision en 1863, en diminuant la surface de la r&#233;serve de 90 %. Certains chefs, dont Lawyer (Juriste) signent ce trait&#233;, et vont dans une r&#233;serve de l'Idaho. Cinq tribus refusent d'&#234;tre enferm&#233;es dans une r&#233;serve, dont celle de Vieux Chef Joseph. Son fils Jeune Chef Joseph continue de refuser ce trait&#233;, et d'entretenir de bonnes relations avec les autorit&#233;s de Wallowa. Celles-ci d&#233;cident en 1873 que les terrains occup&#233;s par les colons ont &#233;t&#233; acquis ill&#233;galement, et leur demandent de les &#233;vacuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1876, la bataille de Little Big Horn accro&#238;t la pression de l'arm&#233;e pour que les Indiens soient confin&#233;s dans leurs r&#233;serves. Mais les Nez-Perc&#233;s ne trouvant pas de terrain convenable dans la r&#233;serve en Idaho, refusent, jusqu'&#224; l'ultimatum du g&#233;n&#233;ral Oliver Howard, le 3 mai 1877. Les Nez-Perc&#233;s restants libres se divisent en trois groupes : certains rejoignent la r&#233;serve, d'autres se dirigent vers les plaines &#224; bisons, le dernier groupe tente de s'&#233;chapper au Canada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1878 : mort du chef Kiowa Satanta.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Guerre des Cheyennes (1878-79)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le Trait&#233; de Fort Wise, contest&#233; par les Cheyennes pour cause de corruption, en pleine Ru&#233;e vers l'or de Pikes Peak, dans le Colorado, les Cheyennes furent victimes en 1864 du massacre de Sand Creek pendant lequel la milice du Colorado tua 150 Cheyennes, dont au moins 50 civils. T&#244;t le matin du 27 novembre 1868 commen&#231;a la bataille de Washita River lorsque le lieutenant-colonel de l'Arm&#233;e des &#201;tats-Unis George Armstrong Custer mena la 7e de cavalerie dans l'attaque d'une bande de Cheyennes coupables de raids dirig&#233;s par le chef Black Kettle. 148 Cheyennes furent tu&#233;s, dont environ 20 femmes et enfants. Les Cheyennes du Nord, et quelques Cheyennes du Sud particip&#232;rent &#224; la bataille de Little Bighorn (25 juin 1876). Avec les Lakotas et une petite bande d'Arapahos, ils annihil&#232;rent George Armstrong Custer et son contingent pr&#232;s de la rivi&#232;re Little Bighorn. On estime la population du campement des Cheyennes, Lakotas et Arapahos pr&#232;s du lieu de la bataille &#224; environ 6 000 (dont 1 500 guerriers) ; ce qui en ferait le plus grand rassemblement am&#233;rindien en Am&#233;rique du Nord avant la g&#233;n&#233;ralisation des r&#233;serves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la bataille de Little Bighorn, les tentatives de l'arm&#233;e des &#201;tats-Unis de capturer les Cheyennes s'intensifi&#232;rent. Un groupe de 972 Cheyennes fut d&#233;port&#233; dans les Territoires Indiens de l'Oklahoma en 1877. L&#224;-bas, Les conditions de vie &#233;taient terribles, les Cheyennes du Nord n'&#233;tant pas habitu&#233;s au climat, et bient&#244;t beaucoup furent atteints de malaria. En 1878, les deux principaux chefs, Little Wolf et Morning Star (Dull Knife), r&#233;clam&#232;rent la lib&#233;ration des Cheyennes afin qu'il puissent retourner vers le nord. La m&#234;me ann&#233;e, un groupe d'environ 350 Cheyennes quitta les Territoires indiens en direction du nord, men&#233; par ces deux chefs. Les soldats de l'arm&#233;e et des volontaires civils, dont on estime le nombre total &#224; 13 000, furent rapidement &#224; leur poursuite. La bande se s&#233;para rapidement en deux groupes. Le groupe men&#233; par Little Wolf retourna dans le Montana. La bande de Morning Star fut captur&#233;e et escort&#233;e &#224; Fort Robinson, au Nebraska, o&#249; elle fut s&#233;questr&#233;e. On leur ordonna de retourner en Oklahoma, ce qu'ils refus&#232;rent promptement et fermement. Les conditions devinrent de plus en plus difficiles &#224; la fin de l'ann&#233;e 1878, et bient&#244;t les Cheyennes furent confin&#233;s dans leurs quartiers, sans nourriture, ni eau, ni chauffage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier 1879, Morning Star et ses compagnons s'&#233;vad&#232;rent de Fort Robinson. La plupart furent abattus en s'enfuyant du fort. On estime &#224; 50 le nombre de rescap&#233;s, qui rejoignirent les autres Cheyennes du Nord dans le Montana. Gr&#226;ce &#224; leur d&#233;termination et &#224; leur sacrifice, les Cheyennes du Nord ont gagn&#233; le droit de demeurer dans le Nord pr&#232;s des Black Hills. En 1884, par ordre de l'ex&#233;cutif, une r&#233;serve destin&#233;e aux Cheyennes du Nord fut &#233;tablie dans le Sud-Est du Montana. Cette r&#233;serve fut &#233;tendue en 1890, pour s'&#233;tendre de la r&#233;serve crow &#224; l'ouest &#224; la rivi&#232;re Tongue &#224; l'est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Guerre des Bannocks (1878)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1879 : r&#233;volte des Apaches mimbres men&#233;s par Victorio. Pr&#232;s de 400 colons et soldats sont tu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1880 : Victorio est tu&#233; au Mexique et son groupe d&#233;cim&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1886 : Geronimo, dernier chef apache &#224; r&#233;sister &#224; la d&#233;portation des siens dans une r&#233;serve se rend au g&#233;n&#233;ral Miles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	8 f&#233;vrier 1887 : vote du General Allotment Act ou Dawes Severalty Act par le Congr&#232;s, autorisant le pr&#233;sident &#224; vendre les terres indiennes &#224; des particuliers, en petites parcelles. Ce lotissement est amplifi&#233; par le Burke Act de 1906. Il vise &#224; supprimer la propri&#233;t&#233; collective des terres, et &#224; transformer les Indiens en fermiers. Le restant est distribu&#233; aux colons, et l'Oklahoma devient un &#201;tat en 1907.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1889 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	Janvier : le chaman pa&#239;ute Wovoka a une vision, qui inspire la Danse des esprits. Le message : &#171; laissez faire le grand esprit &#187;, est interpr&#233;t&#233; comme un appel &#224; la r&#233;volte ou comme un appel au fatalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	Avril : en application du General Allotment Act, le territoire des Cinq tribus civilis&#233;es, o&#249; les Indiens cherokees, s&#233;minoles, creeks, chickasaws et choctaws avaient &#233;t&#233; d&#233;port&#233;s dans les ann&#233;es 1830, est ouvert aux colons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	15 d&#233;cembre 1890 : Sitting Bull, chef sioux, tu&#233; au cours de son arrestation pr&#233;ventive (par crainte d'une r&#233;volte suscit&#233;e par la Danse des esprits).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	29 d&#233;cembre 1890 : massacre de Wounded Knee, massacre de 250 Indiens sioux miniconjous &#224; Wounded Knee Creek, dont 130 civils et le chef Big Foot, par les soldats du 7e de cavalerie ; 25 Am&#233;ricains sont tu&#233;s, certains victimes de tirs amis.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	1896 : au recensement, les Indiens ne sont plus que 250 000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au XIXe si&#232;cle, les Indiens d'Am&#233;rique du Nord ont &#233;t&#233; parqu&#233;s dans des r&#233;serves et leur gibier principal dispara&#238;t, les bisons sont abattus sous les incitations du gouvernement f&#233;d&#233;ral. M&#234;me si pour les colons un bon Indien &#233;tait un Indien mort, ce n'est pas consid&#233;r&#233; comme un g&#233;nocide puisqu'il n'y avait pas de volont&#233; gouvernementale arr&#234;t&#233;e d'exterminer les Am&#233;rindiens. Ces derniers ont &#233;t&#233; affam&#233;s (prime au massacre de bisons), spoli&#233;s de leurs terres par la violence et la fourberie (non-respect des accords sign&#233;s) et priv&#233;s de leur libert&#233; de culte ainsi que du droit de parler leurs langues. Cette politique est fr&#233;quemment nomm&#233;e ethnocide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Prolongements au XXe si&#232;cle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1904 : mort du chef Nez-Perc&#233;s Chef Joseph&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1909 : mort de Geronimo&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1909 : mort de Red Cloud&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1911 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	Mort du chef comanche Quanah Parker&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	Fondation de la Society of American Indians.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1924 : la citoyennet&#233; est accord&#233;e aux Indiens d'Am&#233;rique du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1934 : Indian Reorganization Act : l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral met fin au processus de parcellisation des terres indiennes, et reconna&#238;t aux tribus indiennes le droit &#224; l'autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1948 : le droit de vote est accord&#233; aux Am&#233;rindiens par les &#201;tats d'Arizona et du Nouveau-Mexique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1953 : d&#233;but du processus de termination, visant &#224; la suppression des r&#233;serves indiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1956 : le droit de vote est accord&#233; aux Am&#233;rindiens par l'&#201;tat de l'Utah.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ann&#233;es 1960 : st&#233;rilisation en masse des femmes am&#233;rindiennes (environ 40 %).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1968 : naissance du mouvement am&#233;rindien (American Indian Movement) &#224; Minneapolis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1969 : occupation am&#233;rindienne d'Alcatraz &#224; San Francisco.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1973 : le Mouvement des Indiens d'Am&#233;rique occupe Wounded Knee, o&#249; des Sioux ont &#233;t&#233; massacr&#233;s en 1890. L'arm&#233;e et le FBI les assi&#232;gent pendant 73 jours, faisant plusieurs morts. Pendant les mois qui suivent, la r&#233;pression du FBI et des groupes paramilitaires fait 65 morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1990 : crise d'Oka, au Qu&#233;bec : l'arm&#233;e canadienne intervient pour expulser les Mohawks qui occupent un cimeti&#232;re ancestral, qui doit &#234;tre d&#233;moli pour la construction d'un golf.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LIRE AUSSI :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5235&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pourquoi et comment l'empire Olm&#232;que a-t-il disparu ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5238&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volution sociale qui a renvers&#233; la civilisation de Teotihuac&#225;n&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5243&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La chute de la civilisation maya sous les coups de la r&#233;volution sociale&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2314&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La disparition soudaine de la civilisation des Anasazis&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5247&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La chute de Tula et des Tolt&#232;ques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article227&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;volutions en M&#233;so-Am&#233;rique antique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_peuples_indig%C3%A8nes_des_Am%C3%A9riques&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Liste des peuples indig&#232;nes des Am&#233;riques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://bataillesocialiste.wordpress.com/documents-historiques/1884-la-gens-iroquoise-engels/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La gens iroquoise&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Constitution_de_la_nation_iroquoise&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La grande f&#233;d&#233;ration iroquoise&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2986&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D&#233;mocratie indienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9d%C3%A9ration_des_Sept_Feux&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La F&#233;d&#233;ration des Sept Feux&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5358&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La chute de la soci&#233;t&#233; Huarpa&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4925&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quand la France colonisait les Indiens des Am&#233;riques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4199&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#233;limination des Indiens de la for&#234;t amazonienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6242&#034;&gt;Le massacre des peuples indiens du Guatemala&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve616&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le massacre des Indiens d'Am&#233;rique entre 1800 et 1830&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5356&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La chute de la ville d'El Tajin, capitale des Totonaques, en 1200 et son abandon en 1230&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5282&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les trois chutes (et la disparition finale), en 750, en 1100, en 1300 de notre &#232;re, de la civilisation p&#233;ruvienne Lambay&#232;que (ou Sic&#224;n)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4925&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quand la France colonisait les Indiens des Am&#233;riques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4199&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#233;limination des Indiens de la for&#234;t amazonienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4182&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#233;limination des Inuits&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4110&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le g&#233;nocide colonial fran&#231;ais des peuples am&#233;rindiens cara&#239;bes des Petites Antilles de 1625-1660&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve616&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le massacre des Indiens d'Am&#233;rique entre 1800 et 1830&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article3004&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#034;Tuez-nous et enterrez-nous ici&#034; : un appel d&#233;sesp&#233;r&#233; d'Indiens menac&#233;s d'expulsion&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5168&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le massacre des Indiens du Guatemala par le pouvoir militaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5307&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La chute de l'empire Tiahuacano-Huari&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5288&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Comment a disparu la civilisation Chav&#237;n en 200 avant notre &#232;re ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2986&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Administration indienne et d&#233;mocratie directe&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4973&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'histoire de la conqu&#234;te du Br&#233;sil par les Occidentaux&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=indiens+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;btnG=Recherche&amp;meta=&amp;gws_rd=ssl&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lutte actuelles des Indiens d'Am&#233;rique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5253&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'empire incas, naissance et mort&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5262&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pourquoi l'empire azt&#232;que a-t-il &#233;t&#233; aussi facile &#224; abattre pour une poign&#233;e de conqu&#233;rants espagnols ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5263&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pourquoi la civilisation de Caral (P&#233;rou) a brutalement et totalement disparu en 1500 avant notre &#232;re ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5345&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La chute des Zapot&#232;ques &#224; Monte Alb&#225;n en 750 apr&#232;s J.-C.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5261&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quelques id&#233;es fausses sur les Indiens des Am&#233;riques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5342&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Luttes de classes dans les soci&#233;t&#233;s am&#233;rindiennes pr&#233;colombiennes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5336&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La disparition des civilisations pr&#233;colombiennes est-elle un myst&#232;re ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d%27ouvrages_sur_l%27Am%C3%A9rique_pr%C3%A9colombienne_class%C3%A9s_par_th%C3%A8me&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bibliographie Am&#233;rique pr&#233;colombienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5278&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'effondrement de la civilisation Mochica&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://alhim.revues.org/100&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire aussi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.geolinks.fr/geopolitique/le-retour-des-peuples-indigenes-en-amerique-latine-de-la-marginalisation-a-laffirmation-quels-enjeux-pour-la-stabilite-des-etats/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Et encore&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Luttes de classes en Equateur</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article2426</link>
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		<dc:date>2012-07-17T03:22:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Am&#233;rique du sud America del sur</dc:subject>
		<dc:subject>Equateur</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte de classes - Class struggle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Luttes de classes en Equateur &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#201;quateur, comme le Br&#233;sil, la Bolivie, ou le Venezuela, a &#233;t&#233; touch&#233; par une mont&#233;e des masses puissante qui a seulement d&#233;bouch&#233; sur des gouvernements apparaissant plus populaires et plus nationalistes mais qui ne l'&#233;taient pas en r&#233;alit&#233;. Voyons comment cela s'est traduit en Equateur... &lt;br class='autobr' /&gt;
En 1979 commence la transition d&#233;mocratique mettant fin &#224; la p&#233;riode des dictatures militaires, mais sacralisant comme dans de nombreux pays latino-am&#233;ricains l'&#233;conomie (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique66" rel="directory"&gt;26- Luttes sociales en Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot143" rel="tag"&gt;Am&#233;rique du sud America del sur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot165" rel="tag"&gt;Equateur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot278" rel="tag"&gt;Lutte de classes - Class struggle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Luttes de classes en Equateur&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;quateur, comme le Br&#233;sil, la Bolivie, ou le Venezuela, a &#233;t&#233; touch&#233; par une mont&#233;e des masses puissante qui a seulement d&#233;bouch&#233; sur des gouvernements apparaissant plus populaires et plus nationalistes mais qui ne l'&#233;taient pas en r&#233;alit&#233;. Voyons comment cela s'est traduit en Equateur...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1979 commence la transition d&#233;mocratique mettant fin &#224; la p&#233;riode des dictatures militaires, mais sacralisant comme dans de nombreux pays latino-am&#233;ricains l'&#233;conomie de march&#233;, tandis que le mouvement indig&#232;ne luttant contre le n&#233;o-colonialisme des gouvernements n&#233;o-lib&#233;raux successifs naissait p&#233;niblement. Ce n'est en effet qu'en 1996 qu'un Indien passe pour la premi&#232;re fois le seuil de l'Assembl&#233;e nationale. En 1997, le pr&#233;sident populiste Abdala Bucaram est officiellement destitu&#233; pour &#171; incapacit&#233; mentale &#187; par l'Assembl&#233;e. En r&#233;alit&#233; les 3 mois de manifestations monstres contre l'augmentation de 300 % de la hausse des tarifs en vigueur dans les services publics a fortement acc&#233;l&#233;r&#233; la d&#233;g&#233;n&#233;rescence d'un pouvoir qui p&#234;chait encore davantage par incapacit&#233; sociale&#8230; Beau symbole que ce soul&#232;vement des travailleurs &#233;quatoriens pr&#233;c&#233;dant de quelques mois la pouss&#233;e de leurs fr&#232;res v&#233;n&#233;zueliens qui a permis &#224; Chavez de se hisser au sommet du pouvoir ! C'est dans ces ann&#233;es d&#233;cisives que le rapport de force social est pass&#233; en faveur des n&#244;tres dans ce petit pays andin que rien ne pr&#233;disposait visiblement &#224; un tel destin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un second pr&#233;sident, d&#233;mocrate-chr&#233;tien cette fois, Jamil Mahuad, est pouss&#233; vers la sortie, en janvier 2000, par un soul&#232;vement indig&#232;ne organis&#233; par la Conf&#233;d&#233;ration des nationalit&#233;s indig&#232;nes de l'&#201;quateur (Conaie). Faute de d&#233;bouch&#233; politique issu du mouvement social, le pouvoir passe pour un temps &#224; des cercles proches de l'arm&#233;e qui joue, en &#201;quateur comme ailleurs dans le sous-continent, son r&#244;le traditionnel de b&#233;quille bonapartiste suppl&#233;ant aux manquements d'une bourgeoisie d&#233;bile. Les ann&#233;es 2000-2001 sont caract&#233;ris&#233;es par un renforcement des antagonismes sociaux sur fond de politique d'aust&#233;rit&#233; et de renforcement de la Conaie. Lucio Gutierrez, proche des militaires putschistes qui avaient remerci&#233; Mahuad en 2000, l'emporte largement sur le milliardaire et magnat de la banane Alvaro Noboa fin 2002. Mais le pouvoir bonapartiste est toujours suspendu en l'air, d&#233;nu&#233; qu'il est de tout soutien social, les poss&#233;dants ne se r&#233;solvant pas &#224; quitter les jupons de l'imp&#233;rialisme pour embrasser la voie nationale promue par l'arm&#233;e et le peuple s'opposant &#224; la politique antid&#233;mocratique et socialement conservatrice de cette derni&#232;re. L'ann&#233;e 2005 est l'ann&#233;e de la rupture d&#233;finitive avec l'ordre des choses. En avril, les millions de manifestants r&#233;clamant derri&#232;re leurs syndicats la d&#233;mission de Gutierrez obtiennent gain de cause et, en ao&#251;t, les habitants des provinces p&#233;trolif&#232;res de l'Amazonie &#233;quatorienne occupent 200 puits de p&#233;trole en r&#233;clamant l'annulation des concessions accord&#233;es par feu Gutierrez aux compagnies am&#233;ricaines, br&#233;siliennes et espagnoles, le d&#233;senclavement de la r&#233;gion, ainsi que l'emploi de la main-d'&#339;uvre indig&#232;ne locale en prise aux firmes occidentales. Le pouvoir transitoire mis en place apr&#232;s la destitution de Lucio Gutierrez ne peut contenir la mont&#233;e des masses &#233;quatoriennes qui trouvent enfin un d&#233;bouch&#233; politique &#224; leur revendication en la personne de Rafael Correa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le candidat de gauche proche de Chavez &#233;crase le milliardaire et looser r&#233;cidiviste Noboa en novembre 2006. Il n'y a d&#233;cid&#233;ment plus de place pour l'imp&#233;rialisme US et pour ses valets compradors en &#201;quateur ! Mais la droite garde des positions dans l'appareil d'&#201;tat et se d&#233;cide en mars 2007 &#224; affronter un pouvoir encore fragile. Le tribunal &#233;lectoral supr&#234;me, cible de l'agression, riposte en invalidant l'&#233;lection des 52 d&#233;put&#233;s d'opposition qui avaient vot&#233; la destitution de son chef. C'est le moment que choisit Correa pour en appeler au peuple. Le pr&#233;sident comptant sur le soutien des travailleurs ne s'attendait probablement pas &#224; un tel raz-de-mar&#233;e : 78 % des &#233;lecteurs se disent favorables &#224; la convocation d'une Assembl&#233;e constituante ayant pour mandat de r&#233;diger une constitution d&#233;mocratique pour l'&#201;quateur&#8230; C'est la biennale de tous les succ&#232;s : le parti de Correa obtient la majorit&#233; absolue aux &#233;lections de septembre 2007, une constitution socialisante est adopt&#233;e exactement un an apr&#232;s et Correa est r&#233;&#233;lu triomphalement, d&#232;s le 1er tour, au printemps 2009. Renforc&#233; par ce soutien populaire quasi unanime, Correa annonce en juin l'adh&#233;sion de son pays &#224; &#171; l'Alternative bolivarienne pour les Am&#233;riques &#187; patronn&#233;e par un certain Hugo Chavez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sc&#233;nario qui a si bien fonctionn&#233; au Venezuela, puis en Bolivie, se r&#233;p&#232;te en &#201;quateur. D&#233;j&#224;, en Bolivie, l'action ind&#233;pendante des masses avait r&#233;ussi &#224; acculer deux pr&#233;sident &#224; la d&#233;mission et avait contraint un troisi&#232;me &#224; appeler &#224; des &#233;lections anticip&#233;es. D&#233;j&#224; en Bolivie comme au Venezuela, le mot d'ordre de nationalisation des hydrocarbures avait r&#233;veill&#233; un mouvement social commotionn&#233; par les sales coups lib&#233;raux qui s'&#233;taient abattus sur le pays. De m&#234;me, sur l'autre versant des Andes, le combat pour un Constituante et pour la prise en compte des revendications indig&#232;nes avait &#233;t&#233; un vecteur de radicalisation sociale. Mais, c'est l&#224; que la b&#226;t blesse, car les r&#233;sistances des forces barbares du pass&#233; ont elle-aussi &#233;t&#233; raviv&#233;es par le processus en cours. Le sc&#233;nario bolivarien se r&#233;p&#232;te donc en &#201;quateur, mais, pas plus qu'ailleurs, il n'est &#224; l'eau-de-rose, loin s'en faut ! A l'instar des &#233;v&#233;nements qui se sont d&#233;roul&#233;s chez les autres membres de l'Alba que sont le Venezuela, la Bolivie, mais aussi le Honduras, la mont&#233;e des masses et la radicalisation politique qu'elle a suscit&#233;e ne pouvaient laisser de marbre les classes dirigeantes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les poss&#233;dants, qui s'&#233;taient vautr&#233;s dans le mol oreiller de la tutelle nord-am&#233;ricaine, ont &#233;t&#233; contraints &#224; se refaire une &#233;ducation politique &#224; vitesse grand V, au risque de tout perdre. Finis les d&#233;lices de Capoue, finie la sereine jouissance &#224; l'ombre du grand fr&#232;re am&#233;ricain ! Il fallait agir. Et les &#233;checs des 1&#232;res ann&#233;es n'ont fait que mieux tremper les nouvelles g&#233;n&#233;rations de Versaillais. Les succ&#232;s de leurs fr&#232;res d'arme honduriens et le net soutien de l'imp&#233;rialisme US &#224; toute tentative de d&#233;stabilisation &#171; anti-chaviste &#187; ne pouvaient qu'encourager les apprentis putschistes dans leur fuite en avant, tout comme la valse h&#233;sitation &#171; d&#233;mocratique &#187; qu'entreprend le pr&#233;sident Correa, d&#232;s lors qu'il s'agit de pousser plus avant le processus r&#233;volutionnaire. Chaque pause dans la &#171; r&#233;volution citoyenne &#187; renfor&#231;ait la r&#233;solution des golpistes en herbe. De nouveau, le temps jouait en faveur des forces r&#233;actionnaires. L'&#201;quateur est entr&#233; une phase -plus aigu&#235;, mais plus incertaine- de la lutte des classes le 30 septembre dernier, le jour o&#249; les forces de police hostiles &#224; Correa ont d&#233;cid&#233; de rompre le c&#226;ble qui les liait encore au r&#233;gime. Cette tentative de d&#233;stabilisation du gouvernement &#233;quatorien l&#233;gitime, ressemblant &#224; s'y m&#233;prendre au coup d'&#201;tat contre Chavez en 2002 et rappelant le golpe qui a fait chuter Zelaya au Honduras, fera tr&#232;s prochainement l'objet d'un nouvel article sur notre site. Jean-Fran&#231;ois Claudon&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un article de Robert Paris en 2005&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;quateur en 1993-99 : La r&#233;volte des paysans indiens&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme la Bolivie, ce pays andin de 12 millions d'habitants est riche en hydrocarbures et sa population est pauvre. Le gaz et le p&#233;trole ne profitent qu'aux trusts am&#233;ricains et &#224; la bourgeoisie comprador. L'&#201;quateur est le 5&#232;me plus grand producteur de p&#233;trole enAm&#233;rique latine, avec une production de 541000 barils de brut parjour, dont 201000 provenant de la soci&#233;t&#233; d'&#201;tat PetroEcuador et le reste des soci&#233;t&#233;s &#233;trang&#232;res. Le p&#233;trole est le principal produit export&#233; de l'&#201;quateur et a rapport&#233; 3,9 milliards de dollars en 2004 mais la population n'en a pas vu l'ombre. Dans ce pays, en 1999 plus de 60% des 12 millions d'habitants vivaient en dessous du seuil de pauvret&#233; et le ch&#244;mage d&#233;passait 50%. Selon la revue &#233;conomique Econoticias du 26 mars 2003 : &#171; Pour l'exportation du gaz vers les USA, pour chaque dollar qui revient &#224; l'&#201;tat et aux r&#233;gions, les entreprises &#233;trang&#232;res re&#231;oivent 20 dollars. &#187; La crise &#233;conomique &#233;quatorienne des ann&#233;es 90 frappe particuli&#232;rement les masses paysannes et indiennes. Selon le Monde Diplomatique d'avril 2005 les Indiens sont &#171; 5 millions sur une population totale de 13 millions. (..) Leur situation &#233;conomique et sociale demeure catastrophique et (..) 80 &#224; 90% dispose de moins de 2 euros par jour. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La principale organisation indienne, La CONAIE, Conf&#233;d&#233;ration des nationalit&#233;s indig&#232;nes d'Equateur, est une organisation rurale aux revendications essentiellement identitaires. Son bras politique est un parti pr&#244;nant l'autonomie indienne appel&#233; Pachakutif. Un tr&#232;s grand nombre d'autres formes d'organisation existent parmi les masses indiennes : coordination des mouvements sociaux, f&#233;d&#233;ration &#233;vang&#233;lique indig&#232;ne, conf&#233;d&#233;ration des associations de quartiers de l'Equateur... De marche en mobilisation, les organisations indiennes ont obtenu une reconnaissance l&#233;gale, certains de leurs droits &#224; la terre et un acc&#232;s au pouvoir politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 7 f&#233;vrier 1997, le pr&#233;sident Bucaram est destitu&#233;. En 1998, Jamil Mahuad est &#233;lu pr&#233;sident. Il est &#224; la fois sous la pression du mouvement populaire face &#224; qui il s'affirme contre la dollarisation de l'&#233;conomie, et de la bourgeoisie bancaire et agro-industrielle qui lui impose de sauver les banques priv&#233;es, quitte &#224; couler les revenus de l'&#201;tat. Il est particuli&#232;rement sous la pression de la haute bourgeoisie de Guayaquil, laquelle joue un r&#244;le &#233;quivalent de celle de Santa Cruz en Bolivie, celle d'une aile de droite radicale exigeant de faire davantage payer la population, quitte &#224; r&#233;primer, mena&#231;ant sinon d'organiser son autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
2000 : Les Indiens abattent le pouvoir puis le reconstituent&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise &#233;conomique ne cesse de s'aggraver, frappant particuli&#232;rement les plus pauvres : la population en dessous du seuil de pauvret&#233; passe de 12% en 1995 &#224; 21% en 1999 (et 77% dans la population rurale) alors que les prix augmentent de 52% par an (contre 22,9% en 95). Une vingtaine de banques font faillite entre 98 et 99. Le 9 juillet 1999 une gr&#232;ve des transports &#233;clate contre la hausse des prix des carburants, mouvement qui paralyse le pays pendant quinze jours. Une occupation symbolique et pacifique de la capitale &#224; l'appel de la CONAIE est violemment r&#233;prim&#233;e (17 bless&#233;s par balles, 561 arrestations). Devant la chute de la monnaie de 197% et sous la pression de la bourgeoisie, le pr&#233;sident Mahuad se r&#233;sout finalement le 9 janvier 2000 &#224; annoncer la dollarisation, en m&#234;me temps qu'un nouveau gel des avoirs bancaires des particuliers. Les masses indiennes contestent la politique du pr&#233;sident Jamil Mahuad de dollarisation de l'&#233;conomie qui accro&#238;t la d&#233;pendance vis-&#224;-vis des USA, des prix du p&#233;trole et des investissements &#233;trangers, ne sauvant, momentan&#233;ment, que l'oligarchie bancaire. Avec la dollarisation, le pouvoir d'achat s'effondre car le sucre, monnaie nationale, est port&#233; au taux de 25.000 sucres pour un dollar contre 20.000 juste avant et 5700 en 1998. Cens&#233;e bloquer l'inflation, cette mesure ne ralentit m&#234;me pas sa croissance puisqu'elle atteint 91% fin 2000. &#171; La dollarisation de l'&#233;conomie &#233;quatorienne a d&#233;truit l'&#233;conomie paysanne &#187; &#233;crit Le Monde du 23 ao&#251;t 2005 et la chute du prix de la banane y a provoqu&#233; un recul catastrophique du niveau de vie des paysans &#233;quatoriens. L'Equateur est pass&#233; en 2000, du 72&#232;me rang mondial au 91&#232;me pour le niveau de pauvret&#233;, selon le rapport du PNUD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 9 janvier, un appel &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale est lanc&#233;. Le pr&#233;sident d&#233;cr&#232;te l'&#201;tat d'urgence. Le 11 janvier, un &#171; parlement des peuples indig&#232;nes &#187; est proclam&#233;, qui d&#233;nonce les politiques gouvernementales comme la dollarisation de l'&#233;conomie ou les privatisations. Il formulait ainsi ses objectifs : &#171; une &#233;conomie mixte de march&#233; solidaire auquel participent les patrons priv&#233;s en respectant leur responsabilit&#233; sociale, &#233;thique et environnementale. &#187; Le 16 janvier 2000, une marche massive des Indiens afflue sur la capitale Quito qu'elle occupe compl&#232;tement du 19 au 21 janvier. C'est &#224; cette date qu'un groupe de jeunes officiers conduits par le colonel Lucio Guttierrez, d&#233;clare soutenir les Indiens. Les organisations indiennes sans appeler les soldats &#224; se solidariser d'elles, ont conclu un pacte avec une partie de l'appareil militaire du colonel Guttierrez. Celui-ci d&#233;clarait &#234;tre parfaitement capable de manoeuvrer les dirigeants indiens : &#171; notre relation avec eux remonte &#224; de nombreuses ann&#233;es. Depuis nous avons constamment travaill&#233; avec cette classe... sp&#233;cialement la classe indig&#232;ne. &#187; Il forme une junte de salut national avec un ex-pr&#233;sident de la Cour supr&#234;me et Antonio Vargas pr&#233;sident de la CONAIE. Le palais du congr&#232;s est occup&#233;. Les g&#233;n&#233;raux tentent un coup d'&#233;tat qui destitue Mahuad le 21 janvier mais &#233;choue le 22 du fait de la mutinerie d'une partie des officiers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le soul&#232;vement en masse, occupant la capitale Quito, a mis &#224; bas le r&#233;gime en trois jours mais les organisations indiennes n'ont pas pris le pouvoir. Syndicalistes paysans et indig&#233;nistes, aussi r&#233;formistes les uns que les autres n'ont eu de cesse que de le remettre au colonel Lucio Guttierez, sous pr&#233;texte que celui-ci avait pris la t&#234;te de la mutinerie. Cette op&#233;ration s'est faite avec la b&#233;n&#233;diction de tous ses dirigeants, y compris ceux du PCMLE, mao&#239;ste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants militaires qui acc&#232;dent au pouvoir font appel imm&#233;diatement &#224; des politiciens connus comme les pires repr&#233;sentants de la bourgeoisie. Cela n'emp&#234;che pas ces leaders de mouvements paysans, indig&#233;nistes et associatifs (y compris les mao&#239;stes) d'accepter des postes de ministres et de se discr&#233;diter. Quant &#224; la haute bourgeoisie, elle poursuit ses pressions sur ce nouveau pouvoir comme elle l'avait fait avec les pr&#233;c&#233;dents. Celle de Guayaquil organise un r&#233;f&#233;rendum d'autonomie de la province.&lt;br class='autobr' /&gt;
2005 : r&#233;volte et occupation des puits de p&#233;trole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avril 2005, le pr&#233;sident Guttierrez est &#224; son tour contest&#233;. Ayant trait&#233; de &#171; hors-la-loi &#187; les 5000 manifestants qui le conspuaient le 13 avril par un concert de casseroles devant son domicile, le mouvement d&#233;cide de s'appeler lui-m&#234;me &#171; la r&#233;bellion des hors-la-loi &#187;. Du 14 au 21 avril les masses &#233;quatoriennes exasp&#233;r&#233;es occupent la capitale Quito aux cris de &#171; Lucio dehors ! Qu'ils s'en aillent tous ! &#187;. Devant son incapacit&#233; &#224; imposer l'&#233;tat d'urgence, le pr&#233;sident Lucio Guttierrez d&#233;missionne le 20 avril. Encercl&#233; par les manifestants, il s'enfuit en h&#233;licopt&#232;re et donne le pouvoir au pr&#233;sident Alfredo Palacio. C'est le troisi&#232;me pr&#233;sident &#224; chuter en huit ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 14 ao&#251;t, les habitants &#233;quatoriens de deux provinces p&#233;troli&#232;res les plus pauvres du Nord-Est du pays, Sucumbios et Orellana, coupent les routes et occupent deux a&#233;roports et 200 puits de p&#233;trole. Ils sont suivis &#224; partir du 15 ao&#251;t par la gr&#232;ve des salari&#233;s du p&#233;trole qui bloquent la production et la livraison et exigent que l'&#201;tat ren&#233;gocie les contrats de vente du p&#233;trole avec les compagnies p&#233;troli&#232;res. La bourgeoisie est prise &#224; la gorge, le p&#233;trole &#233;quatorien ne sortant quasiment plus du pays. Les livraisons de brut aux USA (dont l'&#201;quateur est le cinqui&#232;me fournisseur mondial) sont compl&#232;tement interrompues. Pendant douze jours &#224; partir du lundi 15 ao&#251;t les habitants et salari&#233;s de deux provinces d'Amazonie bloquent les puits malgr&#233; les attaques des forces de r&#233;pression et l'&#233;tat d'urgence d&#233;cr&#233;t&#233; par le gouvernement. La production p&#233;troli&#232;re &#233;quatorienne chute de 200.000 &#224; 10.000 barils/jour. Le journal Le Monde du 23 ao&#251;t &#233;crit &#171; Les habitants de ces r&#233;gions p&#233;troli&#232;res se sentent des laiss&#233;s-pour-compte de l'exploitation de l'or noir qui fournit le quart du PIB du pays mais les maintient dans la mis&#232;re &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#233;vistes et les habitants revendiquent notamment que l'argent revienne davantage aux r&#233;gions, qu'il cr&#233;e des emplois, permette de faire fonctionner les services publics et de construire 200 km de routes et autres infrastructures. La nationalisation sans indemnit&#233; des hydrocarbures est au centre d'un ensemble de revendications concernant le d&#233;veloppement &#233;conomique, la d&#233;fense des services publics, la d&#233;fense des travailleurs et des peuples ainsi que les revendications d&#233;mocratiques (r&#233;forme agraire, question indienne...). Les manifestants scandent &#171; des routes et des emplois &#187; et r&#233;clament que l'&#201;tat ren&#233;gocie avec les compagnies. Ils s'attaquent en particulier au trust Occidental Petroleum (Oxy) qui paie 12 dollars le baril vendu sur le march&#233; au prix de 60 dollars !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour arr&#234;ter la gr&#232;ve et l'occupation des puits, le pr&#233;sident Alfredo Palacio fait donner l'arm&#233;e et d&#233;cr&#232;te l'&#233;tat d'urgence contre ceux qui occupaient les puits, blessant des centaines de travailleurs, proc&#233;dant &#224; de nombreuses arrestations. Les manifestants et les gr&#233;vistes n'ont pas c&#233;d&#233; &#224; l'&#233;tat d'urgence. Le gouvernement a repris le contr&#244;le plus tard, le 18 ao&#251;t, apr&#232;s avoir annonc&#233; qu'il donnerait l'ordre aux soldats de tirer. Ainsi il est parvenu &#224; mettre en place un simulacre de n&#233;gociation avec l'aide des responsables des provinces qui avaient particip&#233; au mouvement, sans pouvoir pour autant faire reprendre la production et la livraison de p&#233;trole. L'ol&#233;oduc est dynamit&#233;, les pompes et installations p&#233;troli&#232;res endommag&#233;es et les locaux des compagnies p&#233;troli&#232;res d&#233;vast&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestants &#233;quatoriens ont seulement obtenu que soient transf&#233;r&#233;s aux autorit&#233;s locales une partie des imp&#244;ts pay&#233;s par les compagnies p&#233;troli&#232;res, ainsi qu'un engagement de celles-ci de d&#233;velopper les infrastructures r&#233;gionales. Autrement dit, une miette.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelles perspectives pour les travailleurs et les populations pauvres de Bolivie et d'Equateur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;nonc&#233; de cette s&#233;rie de batailles sans v&#233;ritable victoire pour les travailleurs peut sembler d&#233;courageante. Cela fait six ans que la r&#233;volte gronde en Bolivie et en Equateur, avec toute une s&#233;rie de mobilisations contre la mis&#232;re, contre les gouvernements successifs, contre l'imp&#233;rialisme et contre la classe dirigeante qui lui est li&#233;e. Six ans que les travailleurs relancent la lutte, redonnent du poids &#224; leurs organisations discr&#233;dit&#233;es par les compromissions de leurs leaders, font reculer les classes dirigeantes et tomber les gouvernants. Et six ans que les directions, syndicales et politiques des masses ouvri&#232;res, indiennes et paysannes sauvent les classes dirigeantes, en se contentant de changements de gouvernements, en lanternant les travailleurs et en d&#233;voyant leur lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au vu des efforts, des sacrifices consentis, les r&#233;sultats semblent relativement minimes. Mais le bilan ne se r&#233;sume pas &#224; ce seul constat. Les travailleurs ne sont pas pour autant gagn&#233;s par le d&#233;couragement. Au contraire : de 2000 &#224; 2003 et de 2003 &#224; 2005 dans ces deux pays, la mobilisation et la participation massive de la classe ouvri&#232;re, n'a cess&#233; de s'amplifier. De nouvelles g&#233;n&#233;rations de travailleurs et de militants se sont form&#233;es au travers de ces exp&#233;riences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie de la bourgeoisie, de ses hommes politiques et des dirigeants de l'imp&#233;rialisme US, semblent avoir per&#231;u le danger. Dans les &#233;v&#233;nements r&#233;cents, ils ont en cons&#233;quence fait pression pour &#233;viter un affrontement d&#233;cisif. Celui-ci ne peut cependant &#234;tre &#233;ternellement diff&#233;r&#233;. La plus grande menace dans l'imm&#233;diat restant toutefois que le mouvement populaire soit d&#233;voy&#233;, divis&#233; ou tromp&#233; par la d&#233;magogie de militaires radicaux et nationalistes, ou par les illusions sem&#233;es par des leaders r&#233;formistes comme Evo Morales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour ne pas en rester aux &#171; solutions &#187; trompeuses du pass&#233;, la classe ouvri&#232;re doit d&#233;velopper sa propre politique. Il ne s'agit pas seulement d'&#234;tre l'aile marchante de la mobilisation de toutes les couches sociales opprim&#233;es. Il faut aussi qu'elle soit organis&#233;e en tant que classe, c'est-&#224;-dire de mani&#232;re ind&#233;pendante. Dans les quartiers certes, mais aussi et surtout dans les usines, les mines, les puits de p&#233;trole ou les bureaux. En m&#234;me temps qu'elle met en avant des revendications de tous les opprim&#233;s (la r&#233;forme agraire, les droits des Indiens, le contr&#244;le des richesses par la population), il faut aussi qu'elle mette sur pied ses comit&#233;s de mobilisation, qu'elle en fasse des embryons d'un nouveau pouvoir et d&#233;fende ses propres objectifs. Un pouvoir par lequel les travailleurs contr&#244;leront que les principales richesses produites dans le pays ne soient pas &#224; nouveau accapar&#233;es par les classes dirigeantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la question des hydrocarbures, revendication qui unifie la lutte, comme sur toutes les autres questions, les travailleurs doivent avoir des objectifs qui les distinguent des directions r&#233;formistes bourgeoises et petites bourgeoises. La nationalisation ne suffit pas, m&#234;me si elle est assortie de l'absence d'indemnisation. La bourgeoisie imp&#233;rialiste a mille moyens de se faire indemniser en faisant payer la population. L'objectif doit &#234;tre la socialisation des richesses et non seulement leur nationalisation. Cela suppose que les travailleurs organisent eux-m&#234;mes le contr&#244;le de la production, de la distribution des hydrocarbures mais aussi de toute l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mettre seulement en avant des aspirations g&#233;n&#233;rales d&#233;mocratiques, c'est noyer les travailleurs dans la masse des opprim&#233;s des campagnes. C'est risquer qu'&#224; nouveau, les revendications imm&#233;diates du mouvement, y compris celles des paysans et des Indiens, soient renvoy&#233;es aux calendes grecques, ou plut&#244;t boliviennes et &#233;quatoriennes !&lt;br class='autobr' /&gt;
14 octobre 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2008, le pr&#233;sident Rafael Correa avait d&#233;j&#224; forc&#233; &#224; la d&#233;mission le chef du renseignement militaire et d'autres officiers importants de l'arm&#233;e, les accusant de faire preuve de davantage de loyaut&#233; envers les &#201;tats-Unis que l'&#201;quateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise politique a commenc&#233; lorsque les mutins ont bloqu&#233; les routes principales de la capitale, Quito, et l'a&#233;roport international de Mariscal Sucre. Les mutins se sont &#233;galement empar&#233;s du Parlement dans la journ&#233;e du 30 septembre 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; attaqu&#233; par la police, le pr&#233;sident Rafael Correa fut transport&#233; &#224; l'h&#244;pital, o&#249; il fut d&#233;tenu plusieurs heures par les rebelles, avant d'&#234;tre finalement lib&#233;r&#233; dans la soir&#233;e par les forces arm&#233;es. L'op&#233;ration de sauvetage fut diffus&#233;e en direct sur la t&#233;l&#233;vision d'&#201;tat. Il d&#233;clara par la suite l'&#233;tat d'urgence, accusant l'opposition d'&#234;tre &#224; l'origine de cette r&#233;bellion, qualifi&#233;e de putsch. Des combats opposent dans les rues de la capitale les mutins &#224; environ 500 soldats, rest&#233;s fid&#232;les au pr&#233;sident. Une fois la r&#233;bellion r&#233;prim&#233;e, Rafael Correa fut emmen&#233; au palais pr&#233;sidentiel o&#249; il tint un &#171; discours enflamm&#233; &#187; afin de remercier les forces arm&#233;es et le public qui l'avait soutenu. Il remercia &#233;galement l'UNASUR et les autres pays d'Am&#233;rique latine qui l'ont soutenu lors de la tentative de putsch.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour suivant, le 1er octobre 2010, la situation revint &#224; la normale dans l'ensemble du pays. Rafael Correa d&#233;clara un deuil national de 3 jours en comm&#233;moration, l'&#233;tat d'urgence ayant &#233;t&#233; lev&#233; le 5 octobre 2010. Le gouvernement &#233;quatorien publia &#233;galement un bilan humain sur les &#233;v&#233;nements du 30 septembre : 5 morts et 193 bless&#233;s. Un nouveau bilan publi&#233; le 2 octobre 2010 fait &#233;tat de 10 morts (5 civils, 3 soldats et 2 policiers) et de 274 bless&#233;s dans les affrontements.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rafael Correa critiqua &#233;galement les mutins : &#171; Comment peuvent-t-ils se dire &#234;tre de la police apr&#232;s avoir agi comme cela contre le peuple ? &#187;. Il d&#233;clara qu'il n'y aurait pas de n&#233;gociations et d'immunit&#233; pour les organisateurs du &#171; coup d'&#201;tat &#187;. Il termina son discours en d&#233;clarant : &#171; l'Histoire les jugera &#187; et &#171; Avec du courage, nous ferons en sorte que la r&#233;volution de nos citoyens ne sera arr&#234;t&#233;e par rien. Jusqu'&#224; la victoire, toujours ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains observateurs relativisaient toutefois ces accusations de coup d'Etat, tandis que P&#225;gina/12, le quotidien argentin de gauche, titrait le 6 octobre : &#171; Sans aucun doute il s'agissait d'une tentative putschiste &#187;. Le Washington Office on Latin America, un think-tank lib&#233;ral, d&#233;clarait pour sa part que s'il s'agissait d'un coup d'Etat, celui-ci faisait preuve d'un &#171; amateurisme &#187; certain. Jaime Nebot, maire de Guayaquil et l'adversaire le plus important de Correa, l'aurait publiquement soutenu pendant la crise, de m&#234;me que le g&#233;n&#233;ral des forces arm&#233;es, Ernesto Gonzalez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 5 octobre 2010, le gouvernement a annonc&#233; l'augmentation du salaire de la police et des forces arm&#233;es (le salaire d'un policier &#233;quatorien &#233;tant estim&#233; &#224; 700 dollars par mois). La loi vot&#233;e le 29 septembre 2010 ne fut pas promulgu&#233;e. Le ministre de la D&#233;fense, Javier Ponce, a d&#233;clar&#233; que cette augmentation salariale &#233;tait pr&#233;vue bien avant la mutinerie mais n'avait pas encore &#233;t&#233; appliqu&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par ailleurs, le g&#233;n&#233;ral Freddy Martinez, chef de la police nationale, d&#233;missionna, se d&#233;clarant humili&#233; par l'insubordination de ses troupes, et fut remplac&#233; par le g&#233;n&#233;ral Patricio Franco, charg&#233; de r&#233;former la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'autres articles &#224; lire sur L'Equateur :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article83&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve118&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve338&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.litci.org/fr/images/pdfs/MV/MV01.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un compte rendu syndical sur la situation des travailleurs d'Equateur&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Las violations des droits syndicaux dans les plantations banani&#232;res ont continu&#233;, avec le licenciement de 26 militants syndicaux. La r&#233;ponse &#224; l'exercice de l'activit&#233; syndicale dans les secteurs bananier et de la floriculture a &#233;t&#233; la r&#233;pression des syndicats. Le pr&#233;sident d'une conf&#233;d&#233;ration syndicale nationale a re&#231;u des menaces en raison de ses activit&#233;s syndicales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Libert&#233;s syndicales en droit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Constitution et le Code du travail octroient &#224; la plupart des travailleurs le droit de former des syndicats, &#224; l'exception des employ&#233;s de la police et du secteur public dans les entit&#233;s non g&#233;n&#233;ratrices de revenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Obstacles &#224; la formation de syndicats : Dans le secteur public, pour pouvoir pr&#233;senter une liste de revendications ou n&#233;gocier une convention collective, les travailleurs doivent cr&#233;er un comit&#233; central unique repr&#233;sentant plus de la moiti&#233; des effectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon leur cat&#233;gorie, les travailleurs du secteur public sont soumis soit &#224; la loi organique sur la fonction publique et la carri&#232;re administrative (LOSCA) soit au Code du travail. Les employ&#233;s et les cadres rel&#232;vent de la LOSCA alors que le Code du travail s'applique aux ouvriers. Les premiers ne peuvent pas s'organiser en associations professionnelles, syndicats ou comit&#233;s d'entreprise ; les seconds le peuvent, mais seule l'organisation majoritaire a l'exclusivit&#233; de la repr&#233;sentation devant les employeurs, syst&#232;me d&#233;nomm&#233; syndicat unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour pouvoir former un syndicat, un nombre minimum de 30 travailleurs est requis. Compte tenu du fait que 60% des entreprises &#233;quatoriennes emploient moins de 30 travailleurs, pr&#232;s d'un million de travailleurs sont priv&#233;s de la possibilit&#233; de se syndiquer. Les travailleurs doivent &#234;tre de nationalit&#233; &#233;quatorienne pour si&#233;ger au comit&#233; ex&#233;cutif d'un syndicat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les travailleurs qui forment un syndicat dans une entreprise repr&#233;sentent moins de 50% des effectifs, des comit&#233;s d'entreprise doivent &#234;tre &#233;tablis. Pour former un comit&#233; d'entreprise, il faut l'accord de 50% des effectifs plus une personne. Si le comit&#233; d'entreprise a plus de membres que le syndicat, celui-ci n'aura aucun pouvoir sur le lieu de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Droit de gr&#232;ve : Le droit de gr&#232;ve est pratiquement inexistant dans la fonction publique. Seuls les travailleurs couverts par le Code du travail, hormis les exceptions pr&#233;vues &#224; l'article 35 de la Constitution, peuvent faire gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Constitution stipule qu'il est interdit de paralyser les activit&#233;s du secteur public. La liste de ces activit&#233;s inclut l'&#233;ducation, la justice, la s&#233;curit&#233; sociale, les transports, l'approvisionnement en eau et en &#233;lectricit&#233; et la distribution des carburants, qui ne font pas partie de la d&#233;finition de l'OIT des services essentiels. En vertu du d&#233;cret 105 du 7 juin 1967, les contrevenants encourent des peines de prison allant de deux &#224; cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le secteur priv&#233;, une gr&#232;ve ne peut &#234;tre d&#233;clar&#233;e qu'au seul niveau de l'entreprise ou de l'usine. De plus, la loi restreint ce droit pour presque tous les secteurs par un d&#233;lai de r&#233;flexion de 10 jours avant de pouvoir entreprendre l'action de gr&#232;ve, qui pour certains secteurs tels que l'agriculture peut &#234;tre port&#233; &#224; 20 jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi interdit aux f&#233;d&#233;rations et aux conf&#233;d&#233;rations de lancer un mot d'ordre de gr&#232;ve. Les gr&#232;ves de solidarit&#233; et les boycotts sont, en outre, limit&#233;s &#224; un maximum de trois jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de n&#233;gociation collective dans la fonction publique : Seuls les travailleurs couverts par le Code du travail ont le droit de participer &#224; la n&#233;gociation collective. En ce qui concerne les travailleurs couverts par la loi de 2004 sur la fonction publique et les carri&#232;res administratives, l'article 110 pr&#233;voit que les conditions de travail ne seront plus concert&#233;es mais impos&#233;es. Cette m&#234;me loi emp&#234;che effectivement la majorit&#233; des travailleurs des entreprises d'&#201;tat et de toute entreprise dans laquelle l'&#201;tat est un actionnaire majoritaire de s'engager dans la n&#233;gociation collective. Les enseignants ne sont pas autoris&#233;s &#224; n&#233;gocier &#224; l'&#233;chelon local ou de l'entreprise mais uniquement &#224; l'&#233;chelon national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sous-traitante enfin r&#233;glement&#233;e : Le 31 mai, le projet de loi de r&#233;forme du Code du travail a &#233;t&#233; adopt&#233;. Ce texte r&#233;glemente la sous-traitance des activit&#233;s et des services. Par l'adoption de cette loi, un syst&#232;me en vigueur de longue date dans le pays est enfin corrig&#233; ; depuis plus de 30 ans, ces activit&#233;s existaient et elles se sont aggrav&#233;es au cours des ann&#233;es quatre-vingt-dix, avec la restriction de la libert&#233; syndicale, l'impossibilit&#233; de n&#233;gocier collectivement, le manque de stabilit&#233; de l'emploi, l'absence de salaires d&#233;cents, &#233;quitables et li&#233;s &#224; des droits de s&#233;curit&#233; sociale. Par ailleurs, le texte permet la mise en place d'un registre de ces entreprises, permettant par l&#224; m&#234;me de les contr&#244;ler ; auparavant, elles s'&#233;taient constitu&#233;es en marge de tout contexte juridique qui les aurait oblig&#233;es &#224; fonctionner comme des entreprises r&#233;glement&#233;es et sous la tutelle des organismes comp&#233;tents. Les centrales syndicales ont jou&#233; un r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant dans le d&#233;bat sur le projet de loi, contribuant &#233;galement &#224; son adoption.&lt;br class='autobr' /&gt;
Libert&#233;s syndicales dans la pratique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La syndicalisation entrav&#233;e par les pratiques patronales : La centrale syndicale nationale CEOSL, affili&#233;e &#224; la CSI, indique que dans plus de 90% des entreprises priv&#233;es o&#249; un syndicat est pr&#233;sent, la direction essaie d'en diminuer l'influence en &#233;tablissant des associations de type solidariste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;galement habituel chez les employeurs de ne pas d&#233;clarer les employ&#233;s aux autorit&#233;s de la s&#233;curit&#233; sociale, &#233;vitant ainsi de devoir payer leurs contributions &#224; la s&#233;curit&#233; sociale -m&#234;me si elles sont d&#233;duites de l'enveloppe salariale de l'employ&#233;. Les employ&#233;s sont non seulement priv&#233;s de leur couverture sociale mais, en outre, ils ne sont pas officiellement reconnus comme employ&#233;s permanents et par cons&#233;quent ils sont aussi priv&#233;s de leurs droits de syndicalisation et de n&#233;gociation collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres pratiques comme le recours g&#233;n&#233;ralis&#233; aux contrats &#224; dur&#233;e d&#233;termin&#233;e et le fait que les sanctions pr&#233;vues par la loi contre les employeurs qui enfreignent la l&#233;gislation du travail ne sont pas suffisamment dissuasives, emp&#234;chent les travailleurs de jouir du droit, pourtant prot&#233;g&#233; par la loi, de se syndiquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;pression antisyndicale dans les plantations banani&#232;res... : Les tentatives de syndicalisation des travailleurs des bananeraies en &#201;quateur ont &#233;t&#233; r&#233;prim&#233;es de fa&#231;on syst&#233;matique et dans la violence. Les syndicats &#233;quatoriens n'ont cess&#233; de d&#233;noncer les effroyables conditions de travail r&#233;gnant dans les bananeraies. Les travailleurs re&#231;oivent un salaire tr&#232;s bas et ils sont expos&#233;s &#224; diverses substances chimiques lorsqu'ils travaillent sur les plantations au cours des fumigations a&#233;riennes de pesticides. Toute tentative d'organisation syndicale est syst&#233;matiquement r&#233;prim&#233;e. Dans ce secteur, le travail des enfants est tr&#232;s r&#233;pandu. Pr&#232;s de 98% des travailleurs sont recrut&#233;s par des sous-traitants, les employeurs pouvant ainsi plus facilement contourner leurs obligations l&#233;gales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des travailleurs ont trop peur pour se syndiquer ; en d&#233;pit des conditions de travail d&#233;plorables, ils ont besoin de leur emploi. Sur les 6.000 bananeraies d'&#201;quateur, sept seulement sont syndiqu&#233;es. Ceux qui essaient de s'organiser perdent leur emploi et sont inscrits sur une liste noire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;... et dans les entreprises floricoles : Les travailleurs des entreprises floricoles &#233;quatoriennes craignent de se syndiquer parce que leurs employeurs les menacent de licenciement s'ils le font. Par cons&#233;quent, sur les 500 entreprises floricoles que compte le pays, trois seulement ont un syndicat. Il est habituel d'inscrire sur des listes noires les travailleurs qui organisent ou qui tentent de constituer un syndicat ; ces listes sont diffus&#233;es parmi les autres entreprises, ce qui emp&#234;che ces travailleurs d'&#234;tre recrut&#233;s ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, les autorit&#233;s se rendent complices des tactiques employ&#233;es pour emp&#234;cher l'organisation syndicale. Les travailleurs des entreprises floricoles ont essay&#233; &#224; plusieurs reprises de former une f&#233;d&#233;ration. Le minist&#232;re du Travail a refus&#233; d'enregistrer la f&#233;d&#233;ration sur la base de ses consultations avec les producteurs de fleurs et avec Expoflores, l'association des exportateurs, plut&#244;t que de prendre sa d&#233;cision apr&#232;s avoir simplement v&#233;rifi&#233; que le syndicat demandant son enregistrement remplissait bien toutes ses obligations l&#233;gales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Violations en 2006&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contexte : En novembre 2006 Rafael Correa a &#233;t&#233; &#233;lu &#224; la pr&#233;sidence. Il s'est engag&#233; &#224; organiser un r&#233;f&#233;rendum national sur une assembl&#233;e constituante, charg&#233;e de refonder la Constitution ; il a refus&#233; l'accord de libre-&#233;change avec les &#201;tats-Unis ainsi que l'extension de l'utilisation de la base a&#233;rienne de Manta par les militaires des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;pression d'une manifestation de travailleurs : Pendant trois jours cons&#233;cutifs, la Conf&#233;d&#233;ration des nationalit&#233;s indig&#232;nes de l'&#201;quateur (CONAIE) et les centrales syndicales ont appel&#233; &#224; une manifestation pacifique conjointe pour demander la rupture des n&#233;gociations d'un trait&#233; de libre-&#233;change (TLE) avec les &#201;tats-Unis, la cessation du contrat avec la soci&#233;t&#233; p&#233;troli&#232;re OXY, la lev&#233;e des effets n&#233;gatifs occasionn&#233;s par le Plan Colombia et la d&#233;signation d'une assembl&#233;e constituante apte &#224; traiter de ces questions. L'action, men&#233;e dans plusieurs provinces du pays, a fait l'objet d'une violente r&#233;pression par la police et les forces arm&#233;es, qui ont utilis&#233; des bombes lacrymog&#232;nes ; plus de 15 personnes ont &#233;t&#233; bless&#233;es, et dix arr&#234;t&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dirigeants syndicaux de la CTE et de la CEDOCUT menac&#233;s et victimes d'intimidations : D&#232;s le mois de janvier, Manuel Mes&#237;as Tatamuez Moreno, pr&#233;sident de la Conf&#233;d&#233;ration &#233;quatorienne des organisations unitaires de la classe ouvri&#232;re (CEDOCUT), a re&#231;u de nombreux appels sur son t&#233;l&#233;phone portable ainsi qu'&#224; son domicile, qui le mena&#231;aient &#224; cause de ses activit&#233;s pour la d&#233;fense des droits salariaux. Le 14 mars, une camionnette d&#233;pourvue de plaques d'immatriculation l'a suivi dans toute la capitale, Quito, et a tent&#233; de l'obliger &#224; s'arr&#234;ter &#224; un carrefour routier. Il a r&#233;ussi &#224; s'&#233;chapper mais il a constat&#233; plus tard dans la journ&#233;e qu'un autre v&#233;hicule le suivait. Il a d&#233;nonc&#233; l'incident au minist&#232;re du Travail et il a re&#231;u la protection temporaire d'un garde, pendant quatre jours. Le 1er avril, des inconnus ont fait irruption dans les bureaux de la vice-pr&#233;sidence de la CEDOCUT et ont subtilis&#233; des documents importants appartenant &#224; la Conf&#233;d&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une situation similaire avait &#233;t&#233; v&#233;cue le 1er janvier au si&#232;ge de la Conf&#233;d&#233;ration des travailleurs d'&#201;quateur (CTE) o&#249; la totalit&#233; de l'&#233;quipement informatique avait &#233;t&#233; d&#233;rob&#233;e, ainsi que des fichiers, des &#339;uvres d'art et des informations confidentielles appartenant &#224; la centrale. Bien que des plaintes aient &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;es aupr&#232;s des organismes comp&#233;tents et que des enqu&#234;tes aient &#233;t&#233; demand&#233;es pour &#233;claircir les faits subis respectivement par les deux organisations, au moment de la r&#233;daction de ce rapport l'on ne disposait d'aucune information sur les responsables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les violations des droits syndicaux dans les plantations banani&#232;res continuent : Le 23 janvier, alors que les travailleurs commen&#231;aient &#224; arriver t&#244;t le matin sur la plantation Hacienda Josefa, qui est un fournisseur de Dole, pour prendre leur service, dix des dirigeants du syndicat, avec &#224; leur t&#234;te le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral Manuel Ruiz, ont pris connaissance d'une liste de l'administration qui les emp&#234;chait d'entrer dans la plantation. Ils avaient &#233;t&#233; licenci&#233;s et on leur indiquait que leur solde avait &#233;t&#233; d&#233;pos&#233; aupr&#232;s de l'Inspection du travail de Babahoyo. Le m&#234;me jour, les autres travailleurs ont commenc&#233; une gr&#232;ve pour exiger la r&#233;int&#233;gration de leurs camarades licenci&#233;s. Le 11 f&#233;vrier un contingent de 35 policiers a d&#233;log&#233; les travailleurs gr&#233;vistes de l'Hacienda Josefa. Alors que les travailleurs se tournaient vers l'intendant pour exiger qu'il pr&#233;sente le document juridique qui l'aurait autoris&#233; &#224; mener cette action, il s'est content&#233; de recourir &#224; la force, avec le soutien de la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, le 24 janvier, dans la plantation Hacienda San Lu&#237;s du canton de Babahoyo, qui est un fournisseur de Bonita Banana Corporaci&#243;n Noboa, 16 travailleurs parmi les syndicalistes les plus actifs de la plantation se sont vu refuser l'entr&#233;e &#224; leur lieu de travail et on &#233;t&#233; inform&#233;s de leur licenciement. 12 d'entre eux &#233;taient dirigeants syndicaux et repr&#233;sentants syndicaux au sein du comit&#233; d'entreprise en cours d'enregistrement aupr&#232;s du sous-secr&#233;tariat du travail de la r&#233;gion littorale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; N'ach&#232;tes pas des fleurs, c'est acheter de la mort &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui au travail dans la dignit&#233; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour les travailleurs, les &#233;pines, et pour les patrons, les dollars&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des cris qui ont retenti avec force autour de l'a&#233;roport Mar&#233;chal Sucre de Quito, en Equateur. Une centaine de travailleurs et travailleuses de l'entreprise Rosal del Ecuador, en gr&#232;ve depuis 3 ans, avec l'appui de la CONAIE (Conf&#233;d&#233;ration des nationalit&#233;s indig&#232;nes d'Equateur) et de l'ONG autrichienne Swedwind-ConAccion ont manifest&#233; le 7 f&#233;vrier pass&#233;, dans les hangars o&#249; les entreprises &#171; embarquent &#187; les fleurs &#224; destination de l'Europe et des Etats-Unis. Des actions semblables ont eu lieu &#224; Vienne, en Autriche, sur les lieux de distribution des fleurs en provenance d'Am&#233;rique latine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; l'on approche de la Saint-Valentin, date &#224; laquelle les fleurs repr&#233;sentent le cadeau le plus courant, le but de ces manifestations est d'attirer l'attention sur un ensemble de probl&#232;mes, g&#233;n&#233;ralement occult&#233;s ou tr&#232;s peu abord&#233;s : les difficiles conditions, &#224; la fois professionnelles, sanitaires et sociales, des travailleurs et travailleuses de la floriculture industrialis&#233;e en Equateur. Il s'agit en m&#234;me temps de proposer quelques solutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des appels &#224; manifestation a &#233;t&#233; lanc&#233; par Christina Schoroeder qui appartient &#224; Swedwind-ConAccion, une association autrichienne qui depuis 25 ans travaille activement &#171; en faveur d'un d&#233;veloppement global et durable &#187;. Christina dit : &#171; Notre t&#226;che consiste &#224; informer les consommateurs europ&#233;ens de ce qui se cache derri&#232;re une rose que l'on ach&#232;te pour le plaisir de la personne &#224; qui on l'offre&#8230; &#224; travers ce travail d'information nous voulons que le consommateur europ&#233;en ne s'attache pas uniquement au prix et &#224; la qualit&#233; mais aussi aux conditions de travail dans la floriculture. &#187; Elle pr&#233;cise que son intention n'est pas de boycotter la floriculture industrialis&#233;e &#233;quatorienne &#171; car nous savons l'importance qu'elle a et qu'elle est g&#233;n&#233;ratrice de travail dans un contexte o&#249; les gens en trouvent difficilement. Nous savons que c'est pour beaucoup leur source principale de revenus et, cela, nous ne voulons pas le d&#233;truire, mais nous exigeons que cette production se fasse dans le respect des r&#232;gles internationales de l'Organisation internationale du travail (OIT) et du Code international de conduite dans la production de fleurs coup&#233;es pour l'exportation. Ce code, &#233;tabli par des syndicats et des ONG europ&#233;ennes, renferme quelques r&#232;gles relatives &#224; la libert&#233; d'association et &#224; la n&#233;gociation collective, &#224; l'&#233;galit&#233; de traitement des hommes et des femmes dans le travail, &#224; des salaires dignes, &#224; des journ&#233;es de travail qui respectent les normes l&#233;gales, &#224; l'hygi&#232;ne et la s&#233;curit&#233;, &#224; la non-utilisation de produits chimiques, &#224; la stabilit&#233; de l'emploi, la protection de l'environnement, le non-recours au travail des enfants et au travail forc&#233;. Ce code, enfin, propose quelques r&#233;formes pour parvenir &#224; une production respectueuse du social, responsable au regard de l'environnement et qui ne soit pas source de dommages pour les travailleurs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet instrument international &#224; caract&#232;re volontariste est tr&#232;s loin d'&#234;tre appliqu&#233; en Equateur. Des 400 entreprises de production florale, 80% &#171; ne respectent pas, dans des proportions dramatiques, les codes internationaux relatifs aux comportements dans les domaines social, professionnel et &#233;cologique &#187; a indiqu&#233; le Dr Jaime Breilth qui appartient au Centre d'&#233;tudes et de suivi des probl&#232;mes de sant&#233; (CEAS).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bas salaires et interdiction de s'organiser&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re d'appointements et salaires, les entreprises, en majorit&#233;, payent le minimum vital et certaines, parfois, m&#234;me moins lorsqu'il s'agit de personnes mineures. De toute &#233;vidence les revenus des employ&#233;s &#224; la production florale sont insuffisants pour vivre dignement puisque le salaire minimum est de 160 dollars alors que le panier de base pour une famille de 4 personnes est de 440,81 dollars, selon l'Institut national des statistiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'existence de bas salaires il faut ajouter le fait que &#171; le travail se fait &#224; la t&#226;che, gr&#226;ce &#224; quoi le paiement d'heures suppl&#233;mentaires est limit&#233;. Au-del&#224; de 8 heures par jour il n'y a pas d'heures suppl&#233;mentaires, les p&#233;riodes travaill&#233;es sont ainsi allong&#233;es au-del&#224; de 8 heures par jour et de 5 jours par semaine, dans l'ignorance de ce qu'indique le Code du travail, soit deux jours de repos cons&#233;cutifs &#187;, fait remarquer l'&#233;conomiste d&#233;mographe Norma Mena Pozo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le droit &#224; la libert&#233; d'association a &#233;t&#233; pratiquement r&#233;duit &#224; z&#233;ro dans les entreprises de production florale. &#171; En Equateur en 2003, sur les 400 entreprises 4 disposaient d'un syndicat, actuellement le syndicat continue &#224; exister dans 2 entreprises et Rosal del Ecuador est en gr&#232;ve depuis presque trois ans. L'an dernier 37 travailleurs ont &#233;t&#233; licenci&#233;s parce qu'ils ont voulu s'organiser &#187; ajoute l'&#233;conomiste Mena.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'adoption de la Loi du travail partag&#233;, la sous-traitance est en train de se g&#233;n&#233;raliser, et les entreprises sous-traitantes dans ce secteur ne respectent pas la l&#233;gislation du travail et refusent aux travailleurs le droit &#224; la S&#233;curit&#233; sociale et &#224; d'autres avantages l&#233;gaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blanca Chancoso, membre du collectif de campagne contre l'ALCA et le Trait&#233; de libre-&#233;change, indique que &#171; dans la floriculture on commet des injustices &#224; l'&#233;gard des femmes en ne respectant ni le code du travail ni le code de l'enfance (partie concernant les maternit&#233;s) en ce qui concerne les cong&#233;s et les heures au titre de l'allaitement. Les femmes enceintes, au m&#234;me titre que tous les autres, signent une renonciation au moment de l'embauche et n'ont qu'une semaine pour accoucher. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mort lente&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jaime Breilth, qui m&#232;ne sur le terrain des recherches sur la floriculture industrialis&#233;e et la sant&#233;, montre que, &#171; le fait que la production est centr&#233;e sur le commerce et la rentabilit&#233; sans prise en compte des aspects sociaux, provoque un v&#233;ritable effet domino sur une s&#233;rie de situations humaines, sociales et sanitaires &#187;. Parmi les probl&#232;mes de sant&#233; et d'environnement il rel&#232;ve les suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; un des principaux est &#171; une toxicit&#233; chronique dissimul&#233;e et meurtri&#232;re &#187; c'est-&#224;-dire que le fait d'&#234;tre expos&#233; faiblement mais de fa&#231;on chronique &#224; des produits chimiques provoque chez les travailleurs et les travailleuses des effets neurologiques et sur la moelle osseuse, sur le foie et les reins. Ceci porte atteinte &#224; la stabilit&#233; g&#233;n&#233;tique et, par le biais des dommages g&#233;n&#233;tiques, peut provoquer cancer ou malformations cong&#233;nitales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; six travailleurs sur dix ont des probl&#232;mes de sant&#233; avec, pour effet aggravant, le fait que beaucoup ne le savent m&#234;me pas. &#171; Le danger c'est que lorsque existent des probl&#232;mes de ce genre les gens ne s'alarment pas et n'ont pas peur car ils pensent que &#231;a ne les touche pas. A moyen terme, cela se terminera par un cancer ou une incapacit&#233; s&#233;v&#232;re &#224; caract&#232;re neurologique : des travailleurs de 40 ans qui ont notablement perdu de leur capacit&#233; de m&#233;morisation et les fonctions neurologiques sup&#233;rieures avec transmission possible aux g&#233;n&#233;rations futures. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une pollution des eaux de surface et de la cha&#238;ne alimentaire. &#171; Dans une &#233;tude que nous avons r&#233;alis&#233;e nous avons mis en &#233;vidence douze cas concernant les syst&#232;mes hydrauliques de Cayambe et Tabacundo - deux bourgades situ&#233;es au nord de l'Equateur - qui subissent une pollution des eaux de surface avec des cons&#233;quences sur les cultures, les animaux, le lait des vaches et la cha&#238;ne alimentaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une forte consommation d'eau par la floriculture industrialis&#233;e. &#171; Par exemple un hectare dans la floriculture consomme plus de 900 m&#232;tres cubes par mois, une propri&#233;t&#233; traditionnelle entre 5 et 6 m&#232;tres cubes et un petit propri&#233;taire moins d'un m&#232;tre cube par mois. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La production florale, dans les conditions actuelles, est injuste au plan social et destructrice au plan &#233;cologique. Bien qu'il faille reconna&#238;tre que &#171; 15 &#224; 18% des producteurs font actuellement un effort de respect du Code vert notre lutte vise &#224; obtenir que l'Etat transforme ce code en loi pour qu'aucune industrie ne puisse la violer &#187;, indique Jaime Breilth qui ajoute que &#171; l'effort aboutira quand la floriculture sera d&#233;mocratique et coop&#233;rative et non propri&#233;t&#233; du grand capital. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus de 1 400 travailleurs/euses de sept plantations sous contrat avec la soci&#233;t&#233; Noboa en &#201;quateur ont d&#233;clench&#233; une gr&#232;ve le 25 f&#233;vrier dernier afin d'appuyer leurs demandes de respect des droits fondamentaux qui incluent le paiement des heures suppl&#233;mentaires, une couverture sociale et des centres de soins de sant&#233;, un salaire d&#233;cent ainsi que le droit de se syndiquer. Noboa, qui d&#233;tient les droits mondiaux de la marque de commerce Bonita, est la quatri&#232;me plus grande soci&#233;t&#233; productrice de bananes au monde derri&#232;re Chiquita, Dole et Del Monte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'UITA a imm&#233;diatement &#233;crit au Ministre du Travail de l'&#201;quateur afin d'exiger le respect des droits conf&#233;r&#233;s &#224; ces travailleurs/euses par les Conventions de l'OIT et les lois &#233;quatoriennes. Nous avons maintenant appris que 120 travailleurs/euses ont &#233;t&#233; licenci&#233;s/es et que 300 autres, qui travaillaient &#233;galement dans ces plantations, n'ont pas &#233;t&#233; rappel&#233;s/es au travail. La direction pr&#233;tend ne pas avoir d'exp&#233;ditions &#224; traiter et donc pas de travail &#224; donner &#224; ces personnes .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'arr&#234;t de travail, la police assure une pr&#233;sence permanente sur les plantations. Les rapports indiquent que ni le Ministre du Travail, ni le Ministre de l'Int&#233;rieur n'ont ordonn&#233; ce d&#233;ploiement des forces polici&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour manifester contre cet acte d'intimidation antisyndicale, 300 travailleurs/euses de la banane ont tenu une marche de protestation dans la ville voisine de Guayaquil le 12 mars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle activit&#233; antisyndicale vient ajouter &#224; la responsabilit&#233; de la soci&#233;t&#233; Noboa et plus particuli&#232;rement de son propri&#233;taire, Alvaro Noboa Ponton &#8211; dont on pr&#233;voit qu'il se pr&#233;sentera &#224; la pr&#233;sidence de l'&#201;quateur &#224; la prochaine &#233;lection g&#233;n&#233;rale &#8211; de respecter les droits internationalement reconnus aux travailleurs/euses et de les appliquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syndicat a d&#233;pos&#233;, aupr&#232;s du Ministre du Travail, une demande d'accr&#233;ditation pour le Syndicat g&#233;n&#233;ral des travailleurs/euses des plantations Haciendas Yanayacu 1 &amp; 2, Rey Rancho 1 &amp; 2, La Nueva, Zapotal et La Teresa. Si le nouveau syndicat est accr&#233;dit&#233;, il s'agira du tout premier syndicat ind&#233;pendant pour les travailleurs/euses de la banane &#224; obtenir une reconnaissance officielle en &#201;quateur au cours des trois derni&#232;res d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On signale &#233;galement que le Ministre du Travail aurait envoy&#233; des inspecteurs dans les plantations de bananes afin de faire un rapport sur les violations des droits des travailleurs/euses et qu'il a jusqu'&#224; pr&#233;sent r&#233;pondu aux demandes des travailleurs/euses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins de un pour cent des travailleurs/euses du secteur de la banane en &#201;quateur sont membres d'un syndicat. Les salaires des travailleurs du secteur y sont consid&#233;rablement inf&#233;rieurs &#224; ceux des travailleurs/euses syndiqu&#233;s de la banane dans les autres pays producteurs, et les avantages sociaux que les organisations syndicales ont obtenus ailleurs au terme de longues luttes &#8211; soins de sant&#233;, logement, &#233;lectricit&#233;, eau potable, scolarisation pour les enfants &#8211; sont pratiquement inconnus dans le secteur de la banane en &#201;quateur. L'&#201;quateur, premier exportateur au monde de bananes avec pr&#232;s du tiers des exportations mondiales, m&#232;ne la course globale au moins offrant et exerce une pression sur les travailleurs/euses des bananeraies partout dans le monde dans la mesure o&#249; les soci&#233;t&#233;s r&#233;agissent &#224; la pression concurrentielle en tentant d'introduire des normes de moins en moins &#233;lev&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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