Matière et Révolution
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69144Quand les exploités accomplissent leurs tâches...
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<p>Quand les exploités accomplissent leurs tâches révolutionnaires comme au Bangladesh, les militants de la révolution socialiste mondiale doivent accomplir les leurs ! <br class='autobr' />
Les partis du NFP rabaissés par le bonapartisme <br class='autobr' />
Les commentateurs de la presse bourgeoise, les spécialistes de droit constitutionnel, ont disserté sur les raisons personnelles qui auraient conduit le président Macron à repousser la nomination d'un premier ministre. <br class='autobr' />
Aucun de ces spécialistes, aucun parti de gauche ou (…)</p>
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<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Quand les exploités accomplissent leurs tâches révolutionnaires comme au Bangladesh, les militants de la révolution socialiste mondiale doivent accomplir les leurs !</h2>
<p><strong>Les partis du NFP rabaissés par le bonapartisme</strong></p>
<p>Les commentateurs de la presse bourgeoise, les spécialistes de droit constitutionnel, ont disserté sur les raisons personnelles qui auraient conduit le président Macron à repousser la nomination d'un premier ministre.</p>
<p>Aucun de ces spécialistes, aucun parti de gauche ou d'extrême gauche, ne voit le changement de régime qui est à l'oeuvre : sa bonapartisation inexorable vu la marche à la guerre et à la débâcle financière.</p>
<p>Le bonapartisme, c'est l'humiliation, le rabais de l'Assemblée nationale, des partis politiques, qui est à l'oeuvre depuis des mois.</p>
<p>Les partis du NFP, se sont prêtés au jeu du président sans protester. <br class='autobr' />
La direction de la CGT qui avait mobilisé toute l'organisation pour voter NFP, était également aux abonnés absents cet été.</p>
<p>L'extrême-gauche électoraliste (LO, les NPAs) a jeté l'argent des ses cotisants par les fenêtre en se précipitant dans les deux campagnes électorales pour "prouver" sa capacité à mobiliser militants et sympathisants.</p>
<p>Par exemple dès le 10 juin N. Arthaud s'engouffrait dans la campagne des législatives</p>
<blockquote class="spip">
<p> Macron prétend nous donner la parole, les travailleurs doivent la prendre !</p>
</blockquote> <p>en répétant comme d'habitude : ce n'est pas par les élections qu'on changera la société.</p>
<p>Puis finalement le 15 juillet :</p>
<blockquote class="spip">
<p>La crise politique s'installe, la tambouille politicienne continue et beaucoup de travailleurs se détournent du spectacle.</p>
</blockquote>
<p>Voilà le visage des soi-disant révolutionnaires en France !</p>
<p>Mais pourquoi les travailleurs ont-ils classé N. Arthaud et son parti dans cette même "tambouille politicienne [qui] continue "et pourquoi donc "beaucoup de travailleurs se détournent" ... de son parti Lutte Ouvrière, qui en 20 ans a divisé ses résultats électoraux par dix, comme ceux du reste de l'extrême gauche opportuniste ?</p>
<p>La réponse de N. Arthaud est simple : les travailleurs "manquent de conscience", la preuve étant qu'ils n'adhèrent pas à son parti.</p>
<p>La grande révolutionnaire R. Luxemburg dénonçait déjà ces pseudo-révolutionnaires, qui répètent aux travailleurs :</p>
<blockquote class="spip">
<p> « Vous n'êtes pas mûrs ; vous ne pourrez jamais le devenir, c'est une " impossibilité en soi " ; il vous faut des chefs ; nous sommes ces chefs. »</p>
</blockquote>
<p>Lorsque le 26 août N. Arthaud écrivait :</p>
<blockquote class="spip">
<p> Le véritable chef du gouvernement, c'est le grand capital !</p>
</blockquote>
<p>elle clamait certes une vérité, mais qui est bien trop abstraite pour élever la conscience des travailleurs de quelque manière que ce soit.</p>
<p>Une vérité complémentaire bien plus concrète et nouvelle en France, que seuls des révolutionnaires authentiques peuvent proclamer à l'occasion de ces élections est :</p>
<blockquote class="spip">
<p> Le véritable chef de la CGT, c'est le grand capital, S. Binet n'est que son agent !</p>
</blockquote>
<p>Lorsque N. Arthaud prétendait que "La crise politique s'installe, la tambouille politicienne continue et beaucoup de travailleurs se détournent du spectacle", constate-t-on un départ massif d'adhérents de la CGT puisque la CGT avait choisit d'impliquer toutes ses organisations dans la campagne électorale ? Il ne semble pas. Dans ce cas, les militants de partis comme LO, le NPA, voire LFI, de l'aile gauche du PC, ont-ils proposé des motions dans les syndicats, pour permettre aux travailleurs qui "se détournent" face à la crise politicienne », de se détourner cette fois de la politique droitière de la CGT, en votant des "motions de censures" contre S. Binet, plutôt que de laisser les travailleurs spectateurs des futures motions de censures bidon du Parlement ? Rien de tout cela, LO et le NPA sont comme LFI et le PC des partis électoralistes, et ce qu'ils critiquent haut et fort chez Macron, ils le soutiennent chez S. Binet : tout vient d'en haut, on ne discute de rien ! Les assemblées des syndiqués ne sont pas invitées à faire le bilan du soutien de S. Binet au Front républicain, à ses appels à voter G. Darmanin et E. Borne. Ni à discuter du Bangladesh !</p>
<p>Des partis comme LO ou le NPA qui sont dans la "tambouille syndicale" jouent un rôle identique, pire car moins visible, à celui du NFP dont les cadres se battent pour des postes ministériels.</p>
<p><strong>La révolution politique au Bangladesh ignorée l'extrême gauche électoraliste et les syndicats</strong></p>
<p>L'épisode révolutionnaire qui a marqué l'été est le soulèvement au Bangladesh.</p>
<p>Or l'économie mondiale relie les travailleurs du Bangladesh et de la France.</p>
<p>Dans chaque pays, la production peut être divisée en 20-30 branches, les fédérations syndicales professionnelles regroupant des syndicats selon cette division.</p>
<p>Lorsqu'un pays étranger est le théâtre de luttes de la classe ouvrière, si une branche de l'économie y a une importance particulière, la fédération professionnelle correspondante en France est la première organisation syndicale où une solidarité internationale des travailleurs aurait des raisons objectives de s'exprimer.</p>
<p>Or la lutte récente au Bangladesh présente cette configuration : ce pays est le 2ème exportateur de vêtements et textiles après la Chine, à l'échelle du monde et pour la France, ce secteur employant 4 millions d'ouvriers au Bangladesh.</p>
<p>En France c'est la FEDERATION CGT TEXTILE HABILLEMENT CUIR BLANCHISSERIE (CGT-THCB) qui était donc la première concernée.</p>
<p>On lisait effectivement sur le site de cette organisation en novembre 2023 :</p>
<blockquote class="spip">
<p> Bangladesh : les ouvrier.ères du textile en lutte !</p>
<p>Ce n'est pas la première fois que les salarié.es de l'industrie du textile bangladais descendent dans les rues, pour réclamer de meilleurs salaires, de meilleures conditions de travail et une vie décente permettant de faire vivre leurs familles.</p>
<p>Il est vrai que les 4 millions de travailleurs sont pour la plupart exploités avec des salaires de misère, dont le minimum s'élevait à à peine à 75 € par mois, alors que ces mêmes salarié.es travaillent pour les plus grandes marques mondiales H&M, Levis, Zara, décathlon, Gap, Walmart, Décathlon , Marks&Spencer etc.</p>
<p>Tout aussi honteux et scandaleux, est la réponse apportée par le pouvoir politique. En effet, la première ministre du pays qui briguera un cinquième mandat le 7 janvier 2024 a refusé, catégoriquement toute hausse du salaire. Pire, sa seule réponse aux centaines de milliers de salarié.es en lutte, aura été d'envoyer la police et des groupes paramilitaires pour mater les manifestants. Pitoyable !</p>
<p>Au final, ce sont des centaines d'usines du textile à l'arrêt, des manifestations montres et subissant des violences de la police, quatre morts, des centaines de blessés et des dizaines de syndicalistes emprisonnés.</p>
<p>Dans ce bras de fer, la fédération syndicale des ateliers de confection (NGWF), représentée par son président Amirul Haque Amine réclamait quasiment le triplement des salaires. Cette revendication se justifiait suite aux fermetures sauvages des entreprises pendant des mois sans aucun revenu après la pandémie et au contexte inflationniste qui a suivi. Elle n'a pas pu être totalement entendue : le patronat et le gouvernement ont fini par céder, après trois semaines de grève, 56 % d'augmentation, soit 106 € pour le salaire de base.</p>
<p><a href="https://www.thcb-cgt.fr/content/bangladesh-les-ouvrier-eres-du-textile-en-lutte" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.thcb-cgt.fr/content/bangladesh-les-ouvrier-eres-du-textile-en-lutte</a></p>
</blockquote>
<p>Cet été, silence ! Alors que la première ministre en question venait d'être renversée, pourquoi ne pas reprendre ici haut et fort, populariser le fait que : <i>la fédération syndicale des ateliers de confection (NGWF), représentée par son président Amirul Haque Amine réclamait quasiment le triplement des salaires ?</i>. Pourquoi ne pas reprendre ce slogan immédiatement après la nomination du premier ministre de droite Barnier ?</p>
<p>Décathlon, Puma, Adidas, toutes ces marques sportives sont exposées grâce aux jeux olympiques, mais la CGT est dans l'Union sacrée, ne fait donc rien en solidarité avec la classe ouvrière du Bangladesh !</p>
<p>Un des dirigeants de la CGT Tomas Vacheron est aussi dirigeant de la Fédération textile CGT-THCB. Il a eu accès à des grands media comme BFM etc, mais que ce soit sur cette chaîne, ou sur son compte X, il était trop engagé aux côtés du Nouveau Front Populaire pour organiser une quelconque action de solidarité avec les ouvriers du Bangladesh :</p>
<p><a href="https://www.bfmtv.com/politique/elections/legislatives/retraites-avec-monsieur-bardella-l-age-legal-de-depart-c-est-66-ans-affirme-thomas-vacheron-membre-de-la-direction-confederale-de-la-cgt_VN-202406260772.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.bfmtv.com/politique/elections/legislatives/retraites-avec-monsieur-bardella-l-age-legal-de-depart-c-est-66-ans-affirme-thomas-vacheron-membre-de-la-direction-confederale-de-la-cgt_VN-202406260772.html</a></p>
<p><a href="https://x.com/ThomasVacheron_/status/1804774212298559971" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://x.com/ThomasVacheron_/status/1804774212298559971</a></p>
<p>Les dirigeants de la CGT et de ses fédérations utilisent leur temps au profit de ses amis des partis de gauche, espérant qu'en retour ces amis une fois au pouvoir inviteront la CGT dans les commissions, les groupes de réflexion où aiment siéger les responsables syndicaux.</p>
<p>Alors qu'en France les syndicats n'ont appelé à aucune action de solidarité avec le Bangladesh, les travailleurs des Emirats arabes unis et du Qatar n'ont pas attendu :</p>
<blockquote class="spip">
<p>Des dizaines de travailleurs bangladais ont été condamnés à une peine de prison par la justice émiratie pour avoir “appelé à manifester” ou “participé à des émeutes” dans la pétromonarchie, alors qu'un mouvement de contestation secoue leur pays d'origine. C'est un avertissement aux immigrés, qui constituent plus de 90 % de la population : toute forme d'engagement à caractère politique est une ligne jaune pour les autorités.</p>
<p>“La cour d'appel fédérale d'Abou Dhabi a jugé ce dimanche [21 juillet] 57 ressortissants bangladais” qui avaient manifesté ou appelé à manifester, rapporte le quotidien émirati Gulf Today.</p>
<p>Trois d'entre eux ont été condamnés à la prison à vie, cinquante-trois à dix ans de prison, et un autre, également accusé de séjour illégal, à onze ans de prison. Ils ont été condamnés pour avoir voulu participer à distance au vaste mouvement de contestation qui agite leur pays d'origine, le Bangladesh, où les affrontements avec la police ont fait au moins 174 morts et mené à plus de 2 500 arrestations.</p>
<p>(...) Au Qatar, où la situation démographique est semblable, des manifestations auraient également eu lieu, affirme le site Doha News</p>
</blockquote>
<p>On n'a plus affaire au "grand capital" abstrait cher à N. Arthaud, analogue à la "finance anonyme" de F. Hollande, mais concrètement à des manifestations illégales au Emirats et au Qatar, armées au Bangladesh. Une base militaire française est abritée par les Emirats. La Sorbonne et le Louvre y ont des établissements. S. Binet vient de la fédération CGT FERC qui regroupe les syndicats de ce secteur. Pas un mot de la CGT Sorbonne ou Louvre sur la répression à Abu Dhabi. La fédération des Universités de la CGT, la Ferc-sup, n'appelle à aucune grève de solidarité à la rentrée, alors que des étudiants sont morts lors du soulèvement. S. Binet est une amie de l'impérialisme, de l'armée française.</p>
<p>Au lieu de montrer en exemple l'armement des manifestants au Bengladesh, le NPA-révolutionnaires, un des partis de l'extrême gauche électorale qui n'a pas participé au NFP annonçait pompeusement à son université d'été : "la force des travailleurs est leur nombre, pas les armes".</p>
<p>Qui a du fer a du pain, disait au contraire, à juste titre, Blanqui.</p>
<p><strong>Conclusion</strong></p>
<p>Les pseudo-révolutionnaires qui se plaignent du manque de conscience des travailleurs ont, comme la CGT et Solidaires, fait le silence sur la révolution politique qui eût lieu au Bangladesh. Les masses pauvres du Bangladesh ont pourtant fait leur travail !</p>
<p>Au moment où les institutions para-étatiques bourgeoise (OTAN, Union européenne) proclament que les élections ne doivent pas perturber leurs calendriers, dont leur agenda, des partis révolutionnaires continuent à limiter leur action aux élections. C'est sans doute les liens de Barnier avec les institutions de l'UE, en première ligne comme agence de l'OTAN pour entrainer l'Europe dans la guerre en Ukraine, que Barnier doit sa promotion.</p>
<p>Utiliser la tribune électorale cet été, ç'aurait été dénoncer par avance toutes les institutions bourgeoises, dont les armées. Le président de la République rabaisse l'Assemblée nationale, un parti des travailleurs peut le faire en France, grâce à des événements comme ceux du Pakistan, à une grande échelle, du point de vue du pouvoir ouvrier. Casser les partis bourgeois comme ceux du NFP, ou la direction de la CGT, est à la portée des militants ouvriers révolutionnaires à chaque épisode où des travailleurs et des jeunes en lutte nous montrent l'exemple, comme ils viennent de le faire au Bangladesh.</p>
<p>Il est faux, comme le font à longueur de temps les "révolutionnaires officiels" (LO, NPA et d'autres), que les travailleurs n'ont pas un niveau de conscience assez élevé. La conscience de la classe ouvrière, le véritable parti communiste qu'elle a formé à travers tous ses soulèvements depuis 1830, ce sont des leçons tirées de ces soulèvements : armement des travailleurs, pouvoir des travailleurs appuyés sur des soviets.</p>
<p>Cet été, ce ne sont pas les exploités qui n'ont pas été à la hauteur, c'est l'absence de la perspective d'une société socialiste qui a manqué en France !</p>
<p>Les partis pseudo-révolutionnaires de France ont eu face à la révolution du Bangladesh la même attitude qu'eurent les partis ouvriers d'Europe occidentale face à la révolution russe de 1917, <br class='autobr' />
attitude que dénonçait R. Luxemburg :</p>
<blockquote class="spip">
<p> cette doctrine tend à écarter la responsabilité du prolétariat international, en premier lieu du prolétariat allemand, en ce qui concerne le sort de la Révolution russe, à nier, en un mot, les connexions internationales de cette révolution. En réalité, ce qu'ont démontré la guerre et la Révolution russe, ce n'est pas le manque de maturité de la Russie, mais l'incapacité du prolétariat allemand à remplir sa mission historique</p>
</blockquote>
<p>Aux militants des partis comme LO, les NPA se posent honnêtement la question : que faire pour la révolution prolétarienne aujourd'hui ? Les révolution prolétariennes du passé, culminant en Octobre 1917, ont répondu :</p>
<p>Les armes, et pas seulement les idées, les soviets, et pas seulement le parti !</p></div>
Le peuple du Bangladesh se révolte
https://www.matierevolution.org/spip.php?article8941
https://www.matierevolution.org/spip.php?article89412024-08-11T22:36:00Ztext/htmlfrRobert ParisRévolteBangladeshLutte de classes - Class struggle
<p>Le palais de la première ministre, dictateur en chef, est pris d'assaut par le peuple <br class='autobr' />
https://berthoalain.com/2024/08/06/universite-le-palais-de-la-premiere-ministre-pris-dassaut-a-dhaka-affrontements-meutriers-a-habiganj-baniachang-rajshahi-savar-et-district-de-coxs-bazar-5-a/ <br class='autobr' />
https://berthoalain.com/2024/07/20/universite-emeutes-a-dhaka-et-de-nombreuses-villes-19-juillet-2024/ (…)</p>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique99" rel="directory">08- LUTTE DES CLASSES - CLASS STRUGGLE </a>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot139" rel="tag">Révolte</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot176" rel="tag">Bangladesh</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot278" rel="tag">Lutte de classes - Class struggle</a>
<div class='rss_texte'><p>Le palais de la première ministre, dictateur en chef, est pris d'assaut par le peuple</p>
<p><a href="https://berthoalain.com/2024/08/06/universite-le-palais-de-la-premiere-ministre-pris-dassaut-a-dhaka-affrontements-meutriers-a-habiganj-baniachang-rajshahi-savar-et-district-de-coxs-bazar-5-a/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://berthoalain.com/2024/08/06/universite-le-palais-de-la-premiere-ministre-pris-dassaut-a-dhaka-affrontements-meutriers-a-habiganj-baniachang-rajshahi-savar-et-district-de-coxs-bazar-5-a/</a></p>
<p><a href="https://berthoalain.com/2024/07/20/universite-emeutes-a-dhaka-et-de-nombreuses-villes-19-juillet-2024/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://berthoalain.com/2024/07/20/universite-emeutes-a-dhaka-et-de-nombreuses-villes-19-juillet-2024/</a></p>
<p><a href="https://berthoalain.com/2024/08/04/universite-affrontements-a-dhaka-azampur-chattogram-shahbagh-chittagong-mushiganj-sylhet-mirpur-sreepur-jamalpur-bogura-faridpur-3-aout-2024/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://berthoalain.com/2024/08/04/universite-affrontements-a-dhaka-azampur-chattogram-shahbagh-chittagong-mushiganj-sylhet-mirpur-sreepur-jamalpur-bogura-faridpur-3-aout-2024/</a></p>
<p><a href="https://berthoalain.com/2024/08/03/universite-affrontements-a-dhaka-khulna-sylhet-lakshmipur-habibganj-uttara-2-aout-2024/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://berthoalain.com/2024/08/03/universite-affrontements-a-dhaka-khulna-sylhet-lakshmipur-habibganj-uttara-2-aout-2024/</a></p>
<p><a href="https://berthoalain.com/2024/08/05/universite-affrontements-a-dhaka-pabna-rangpur-magura-sirajganj-bogra-4-aout-2024/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://berthoalain.com/2024/08/05/universite-affrontements-a-dhaka-pabna-rangpur-magura-sirajganj-bogra-4-aout-2024/</a></p>
<p>Des centaines de morts dans la répression de la révolte</p>
<p><a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2024/07/19/au-bangladesh-les-manifestations-interdites-a-dacca-un-dirigeant-d-opposition-arrete_6252635_3210.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lemonde.fr/international/article/2024/07/19/au-bangladesh-les-manifestations-interdites-a-dacca-un-dirigeant-d-opposition-arrete_6252635_3210.html</a></p>
<p>Un soulèvement de masse force la première ministre du Bangladesh à fuir en Inde</p>
<p><a href="https://www.wsws.org/fr/articles/2024/08/07/ipds-a07.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.wsws.org/fr/articles/2024/08/07/ipds-a07.html</a></p>
<p><a href="https://www.wsws.org/fr/articles/2024/08/10/rskm-a10.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.wsws.org/fr/articles/2024/08/10/rskm-a10.html</a></p>
<p>Le président de la Cour Suprême démissionne</p>
<p><a href="https://www.latribune.fr/economie/international/bangladesh-pousse-vers-la-sortie-par-les-manifestants-le-president-de-la-cour-supreme-demissionne-1004007.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.latribune.fr/economie/international/bangladesh-pousse-vers-la-sortie-par-les-manifestants-le-president-de-la-cour-supreme-demissionne-1004007.html</a></p>
<p>Les raisons de la révolte</p>
<p><a href="https://www.france24.com/fr/asie-pacifique/20240805-r%C3%A9voltes-au-bangladesh-les-raisons-de-la-col%C3%A8re" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.france24.com/fr/asie-pacifique/20240805-r%C3%A9voltes-au-bangladesh-les-raisons-de-la-col%C3%A8re</a></p>
<p><a href="https://www.letelegramme.fr/monde/bangladesh-le-bilan-des-manifestations-grimpe-a-au-moins-300-morts-6638239.php" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.letelegramme.fr/monde/bangladesh-le-bilan-des-manifestations-grimpe-a-au-moins-300-morts-6638239.php</a></p>
<p>Les dirigeants de l'Etat étaient les auteurs d'un véritable massacre de manifestants</p>
<p><a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2024/08/05/au-bangladesh-la-repression-des-manifestants-vire-au-carnage_6268060_3210.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lemonde.fr/international/article/2024/08/05/au-bangladesh-la-repression-des-manifestants-vire-au-carnage_6268060_3210.html</a></p>
<p>Peu avant, le gouvernement bangladais lançait une chasse aux sorcières après que la police a tué des centaines d'étudiants manifestants</p>
<p><a href="https://www-wsws-org.translate.goog/en/articles/2024/07/27/dyyh-j27.html?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc&_x_tr_hist=true" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www-wsws-org.translate.goog/en/articles/2024/07/27/dyyh-j27.html?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc&_x_tr_hist=true</a></p>
<p>Cela fait suite à une révolte ouvrière</p>
<p><a href="https://www.francetvinfo.fr/monde/bangladesh/bangladesh-des-centaines-d-usines-de-textile-fermees-apres-des-manifestations-violentes-d-ouvriers_6159225.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.francetvinfo.fr/monde/bangladesh/bangladesh-des-centaines-d-usines-de-textile-fermees-apres-des-manifestations-violentes-d-ouvriers_6159225.html</a></p>
<p><a href="https://www.liberation.fr/international/au-bangladesh-une-greve-historique-des-ouvriers-du-textile-20231108_VUWABP5UGNFT3DAB2VDBY53LGI/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.liberation.fr/international/au-bangladesh-une-greve-historique-des-ouvriers-du-textile-20231108_VUWABP5UGNFT3DAB2VDBY53LGI/</a></p>
<p><a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2023/11/01/au-bangladesh-des-ouvriers-du-textile-erigent-des-barricades-pour-reclamer-des-salaires-plus-eleves_6197667_3210.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lemonde.fr/international/article/2023/11/01/au-bangladesh-des-ouvriers-du-textile-erigent-des-barricades-pour-reclamer-des-salaires-plus-eleves_6197667_3210.html</a></p>
<p><a href="https://www.france24.com/fr/asie-pacifique/20231108-au-bangladesh-la-police-ouvre-le-feu-lors-d-une-manifestation-d-ouvriers-du-textile" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.france24.com/fr/asie-pacifique/20231108-au-bangladesh-la-police-ouvre-le-feu-lors-d-une-manifestation-d-ouvriers-du-textile</a></p>
<p><a href="https://www.lefigaro.fr/flash-eco/bangladesh-des-centaines-d-usines-textiles-ferment-face-aux-violentes-manifestations-d-ouvriers-20231102" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lefigaro.fr/flash-eco/bangladesh-des-centaines-d-usines-textiles-ferment-face-aux-violentes-manifestations-d-ouvriers-20231102</a></p>
<p><a href="https://www.latribune.fr/economie/international/au-bangladesh-la-colere-des-ouvriers-des-usines-textiles-ne-retombe-pas-982196.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.latribune.fr/economie/international/au-bangladesh-la-colere-des-ouvriers-des-usines-textiles-ne-retombe-pas-982196.html</a></p>
<p><a href="https://www.novethic.fr/actualite/social/conditions-de-travail/isr-rse/h-et-m-zara-gap-derriere-la-greve-des-ouvriers-au-bangladesh-le-prix-derisoire-de-nos-vetements-151869.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.novethic.fr/actualite/social/conditions-de-travail/isr-rse/h-et-m-zara-gap-derriere-la-greve-des-ouvriers-au-bangladesh-le-prix-derisoire-de-nos-vetements-151869.html</a></p>
<p><a href="https://www.nouvelobs.com/monde/20231107.OBS80510/au-bangladesh-les-heurts-se-poursuivent-entre-les-ouvriers-du-textile-et-la-police.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.nouvelobs.com/monde/20231107.OBS80510/au-bangladesh-les-heurts-se-poursuivent-entre-les-ouvriers-du-textile-et-la-police.html</a></p>
<p><a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2023/11/17/fin-de-greve-amere-dans-les-usines-textiles-du-bangladesh_6200798_3234.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lemonde.fr/economie/article/2023/11/17/fin-de-greve-amere-dans-les-usines-textiles-du-bangladesh_6200798_3234.html</a></p>
<p><a href="https://www.rtbf.be/article/bangladesh-quel-bilan-pour-les-ouvriers-textiles-apres-la-greve-historique-11288959" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.rtbf.be/article/bangladesh-quel-bilan-pour-les-ouvriers-textiles-apres-la-greve-historique-11288959</a></p>
<p>Déjà en 2022...</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6912" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6912</a></p>
<p>Et aussi en 2008-2009...</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article806" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article806</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1277" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1277</a></p>
<p>Les classes possédantes ont peur d"une révolution au Bangladesh</p>
<p><a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2024/08/06/bangladesh-apres-le-depart-de-la-begum-de-fer-une-nouvelle-page-doit-s-ecrire_6269727_3210.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lemonde.fr/international/article/2024/08/06/bangladesh-apres-le-depart-de-la-begum-de-fer-une-nouvelle-page-doit-s-ecrire_6269727_3210.html</a></p></div>
Affrontements contre la vie chère et autres luttes sociales au Bangladesh
https://www.matierevolution.org/spip.php?article8006
https://www.matierevolution.org/spip.php?article80062022-09-05T22:05:00Ztext/htmlfrRobert ParisGrève StrikeManifestationBangladesh
<p>Affrontements contre la vie chère et autres luttes sociales au Bangladesh <br class='autobr' />
Des manifestations éclatent au Bangladesh en raison de la hausse des prix du carburant <br class='autobr' />
Wimal Perera - WSWS Les augmentations sans précédent du prix du carburant annoncées le 5 août – les plus élevées de l'histoire du Bangladesh – ont déclenché des manifestations nationales de travailleurs, d'étudiants et de pauvres contre le gouvernement dirigé par la Ligue Awami. Le prix de l'essence a augmenté de près de 52 (…)</p>
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<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Affrontements contre la vie chère et autres luttes sociales au Bangladesh</h2>
<p>Des manifestations éclatent au Bangladesh en raison de la hausse des prix du carburant</p>
<p>Wimal Perera - WSWS</p>
<p>Les augmentations sans précédent du prix du carburant annoncées le 5 août – les plus élevées de l'histoire du Bangladesh – ont déclenché des manifestations nationales de travailleurs, d'étudiants et de pauvres contre le gouvernement dirigé par la Ligue Awami. Le prix de l'essence a augmenté de près de 52 pour cent par litre, passant de 86 takas (91 cents US) à 130 takas (1,37 $ US), tandis que les prix du diesel et du kérosène ont augmenté de 42,5 pour cent.</p>
<p>Ces hausses de prix, comme celles observées dans de nombreux autres pays, sont le résultat direct de la guerre par procuration des États-Unis et de l'OTAN en Ukraine et de la pandémie actuelle de COVID-19, et que les travailleurs et les pauvres avaient déjà du mal à faire face à la dégradation de leurs conditions de vie.</p>
<p>Selon les médias, des protestations ont éclaté à Dhaka, la capitale nationale, et dans d'autres grandes villes, dès le lendemain de la hausse des prix. Des motocyclistes et des travailleurs du secteur des transports ont manifesté dans les rues, scandant des slogans contre le premier ministre Sheik Hasina et demandant à son gouvernement de baisser les prix.</p>
<p>Mohammad Nurul Islam, un chauffeur de camion qui transporte des légumes, a parlé à la BBC alors qu'il faisait la queue pour de l'essence. « Quand je vais au marché, je ne peux pas acheter assez de nourriture pour ma famille. Si le prix du carburant continue à augmenter comme ça, je ne pourrai pas m'occuper de mes parents ou envoyer mes enfants à l'école. Si je perds mon emploi, je devrai peut-être commencer à mendier dans la rue », a-t-il déclaré.</p>
<p>Un manifestant, Homammed Shajahan, qui loue des camionnettes pour gagner sa vie, a déclaré à Al Jazeera : « Personne ne loue nos camionnettes maintenant parce que ça coûte plus cher. C'est vraiment dur pour nous. Tous les chauffeurs sont au chômage technique. Nous ne comprenons pas ce que fait le gouvernement », a-t-il déclaré.</p>
<p>L'augmentation du prix du carburant a fait grimper le coût d'autres produits essentiels ainsi que les tarifs des bus et autres moyens de transport.</p>
<p>Le New Indian Express a signalé le 13 août la montée en flèche des prix de 25 des 26 produits de base. Au cours du mois dernier, le prix du riz a augmenté de 22 pour cent, celui des poulets de ferme de 45 pour cent, des oignons de 43 pour cent, des œufs de 20 pour cent et du poisson de 10 pour cent.</p>
<p>Mamunur Rashid, concierge à Dhaka et père d'une famille de six personnes, a déclaré au journal qu'il pouvait auparavant manger du poisson trois fois par semaine, mais « maintenant, je n'en mange qu'une fois ».</p>
<p>Craignant la montée de l'opposition de masse, le Parti des travailleurs du Bangladesh, membre de l'alliance des 14 partis au pouvoir, a averti que la décision du gouvernement d'augmenter les prix du carburant était suicidaire.</p>
<p>Les organisations d'étudiants et divers partis staliniens ont appelé à manifester contre la hausse des prix.</p>
<p>Le Parti communiste du Bangladesh et l'Alliance démocratique de gauche – une alliance de huit partis politiques (dont plusieurs cliques staliniennes) – ont manifesté à Dhaka le 6 août pour demander le retrait des hausses de prix du carburant.</p>
<p>Le 7 août, la police a chargé à coups de matraque des étudiants manifestants à l'intersection de Shahbagh, un quartier important de Dhaka, puis a porté des accusations contre des dizaines de dirigeants et de militants étudiants. Quatre jours plus tard, le 11 août, les étudiants ont manifesté pour demander leur libération.</p>
<p>Cherchant à exploiter la colère de la masse, le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP), principal parti d'opposition du pays, a manifesté le 11 août à Naya Paltan, un quartier de Dacca, pour protester contre la hausse des prix. Le BNP, comme le gouvernement dirigé par la Ligue Awami de Hasina, s'est attaqué aux droits sociaux de la classe ouvrière et des pauvres lorsqu'il était au pouvoir.</p>
<p>Les augmentations du prix du carburant de ce mois-ci font suite à de précédentes hausses du prix des denrées alimentaires essentielles et du gaz naturel. Le 4 juin, des manifestations de masse ont éclaté dans toute la ville de Dhaka, paralysant certains quartiers pendant des heures, à la suite d'une hausse de 23 pour cent du prix du gaz naturel. Le gaz naturel couvre plus de 60 pour cent des besoins énergétiques du pays.</p>
<p>Des milliers d'ouvriers de Snowtex Apparels, MBM Garment, Vision Garment, IDS Group, Kolka Garment et Dmox ont organisé une grève de quatre jours à Mirpur, à Dhaka, pour exiger des réductions de prix ou des compensations sous forme d'augmentations de salaire. Mamunur Rahman, ouvrier gréviste de Snowtex Apparels, a déclaré aux médias que les travailleurs du textile n'avaient pas d'autre choix. « On n'a pas augmenté nos salaires depuis longtemps alors que les prix des produits de base s'envolent », a-t-il déclaré.</p>
<p>Selon le Bureau des statistiques du Bangladesh, le taux d'inflation annuel global en juin était de 7,56 pour cent, le plus élevé depuis neuf ans. L'inflation des produits alimentaires était encore plus élevée, à 8,37 pour cent.</p>
<p>La hausse du coût des produits de base sur le marché mondial a des répercussions sur le Bangladesh, rapporte bdnews24.com. Il entraîne la pire crise de déficit de la balance des paiements de l'histoire du pays et une forte réduction de ses réserves de devises.</p>
<p>Au 27 juillet, les réserves de devises du Bangladesh s'élevaient à 39,48 milliards de dollars, contre 45,7 milliards il y a un an. Bien que ce montant soit apparemment suffisant pour payer cinq mois d'importations, le gouvernement craint que de nouvelles augmentations du prix du pétrole et d'autres produits de base n'entraînent une baisse plus rapide des réserves.</p>
<p>Pour compenser cette situation, le gouvernement a demandé un prêt de 4,5 milliards de dollars au Fonds monétaire international (FMI) et 2 milliards de dollars supplémentaires à la Banque mondiale et à la Banque asiatique de développement.</p>
<p>Selon le FMI, la dette extérieure totale du Bangladesh s'élevait à 62 milliards de dollars en 2021, tandis que le Centre for Policy Dialogue a prévenu que le délai de grâce pour le service de plusieurs prêts étrangers expirerait au cours de l'exercice 2024-25. Au cours des dix dernières années, de mai 2012 à mai 2022, le taka bangladais s'est dévalué de 63 pour cent par rapport au dollar américain.</p>
<p>Les commentateurs politiques étrangers et nationaux expriment des inquiétudes sur la possibilité qu'une crise politique d'ampleur de celle qui a éclaté au Sri Lanka se développe au Bangladesh.</p>
<p>Les manifestations ont débuté en avril au Sri Lanka en raison de l'inflation galopante, des coupures d'électricité et des pénuries généralisées de carburant, de nourriture et de médicaments. Elles se sont transformées en un soulèvement populaire et en grèves générales contre le gouvernement Rajapakse, le forçant à démissionner et obligeant le président Gotabaya Rajapakse à fuir le pays le 13 juillet.</p>
<p>Dans un article paru récemment dans le Daily Star, basé à Dacca, Nazeen Ahmed, économiste du Programme des Nations unies pour le développement, mettait en garde contre le fait que « le Bangladesh pourrait être sur le point de connaître une situation similaire à celle du Sri Lanka ».</p>
<p>Le gouvernement Hasina et la Banque mondiale, citant des taux de croissance de 7 pour cent et 8,15 pour cent en 2015-16 et 2018-19 respectivement, affirmaient auparavant que le Bangladesh deviendrait un pays à revenu intermédiaire supérieur d'ici 2031. Ce mythe a été brisé par la hausse des prix des produits de base et la crise économique mondiale.</p>
<p>La vague de protestations de masse qui a éclaté au Bangladesh fait partie des luttes de classe qui balaient le monde entier contre la hausse de l'inflation et les suppressions d'emplois et de salaires. La réponse du gouvernement Hasina à cette crise a été d'augmenter encore le coût du carburant et d'autres produits de base, tout en mobilisant la police et déclenchant une répression étatique, des mesures qui ne feront qu'accroître l'opposition de masse.</p>
<p>31 août 2022</p>
<p><a href="https://berthoalain.com/2022/09/01/vie-chere-affrontements-a-nangalkot-31-aout-2022/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://berthoalain.com/2022/09/01/vie-chere-affrontements-a-nangalkot-31-aout-2022/</a></p>
<p>7 août</p>
<p><a href="https://berthoalain.com/2022/08/08/prix-du-carburant-affrontements-a-dhaka-7-aout-2022/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://berthoalain.com/2022/08/08/prix-du-carburant-affrontements-a-dhaka-7-aout-2022/</a></p>
<p>juillet 2022</p>
<p><a href="https://berthoalain.com/2022/07/03/manifestation-anti-gouvernementale-affrontements-a-noukous-karakalpakstan-1-juillet-2022/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://berthoalain.com/2022/07/03/manifestation-anti-gouvernementale-affrontements-a-noukous-karakalpakstan-1-juillet-2022/</a></p>
<p>avril 2022</p>
<p><a href="https://berthoalain.com/2022/04/05/greve-dans-le-textile-affrontements-a-chattogram-4-avril-2022/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://berthoalain.com/2022/04/05/greve-dans-le-textile-affrontements-a-chattogram-4-avril-2022/</a></p>
<p>mars 2022</p>
<p><a href="https://berthoalain.com/2022/03/03/hausse-des-prix-affrontements-a-patuakhali-2-mars-2022/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://berthoalain.com/2022/03/03/hausse-des-prix-affrontements-a-patuakhali-2-mars-2022/</a></p>
<p><a href="https://berthoalain.com/2022/03/03/hausse-des-prix-affrontements-a-patuakhali-2-mars-2022/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://berthoalain.com/2022/03/03/hausse-des-prix-affrontements-a-patuakhali-2-mars-2022/</a></p></div>
Protests intensify in Bangladesh after police kill two garment workers
https://www.matierevolution.org/spip.php?article3944
https://www.matierevolution.org/spip.php?article39442013-11-25T02:52:00Ztext/htmlenRobert ParisEnglishBangladesh
<p>Protests intensify in Bangladesh after police kill two garment workers <br class='autobr' />
By Sarath Kumara Tens of thousands of Bangladesh garment workers in the Ashulia and Gazipur industrial zones demonstrated yesterday to express their outrage over the killing of two colleagues by police on Monday. At least 30 protesters were injured in yesterday's clashes with police, who used rubber bullets, batons and tear gas. On Monday in the Ashulia district, police fired on protesting workers, killing Badsha (…)</p>
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<div class='rss_texte'><p>Protests intensify in Bangladesh after police kill two garment workers</p>
<p>By Sarath Kumara</p>
<p>Tens of thousands of Bangladesh garment workers in the Ashulia and Gazipur industrial zones demonstrated yesterday to express their outrage over the killing of two colleagues by police on Monday. At least 30 protesters were injured in yesterday's clashes with police, who used rubber bullets, batons and tear gas.</p>
<p>On Monday in the Ashulia district, police fired on protesting workers, killing Badsha Mia, 25, and Ruma Aktar, 22. Police denied shooting the workers, yet provided no details of their deaths. An official from the Enam medical college in Savar, however, declared that Badsha Mia had a bullet wound to the head. Another six of the some 200 injured also had bullet wounds and were sent to Dhaka medical college for treatment.</p>
<p>Bangladeshi garment workers have been protesting since October over a demand for an increase in their monthly wage to 8,000 taka ($US104). They are currently paid around 3,200 taka—the lowest wage for garment workers worldwide, except in Burma. In a failed bid to end the protests, Prime Minister Sheikh Hasina's government announced a wage increase to 5,300 taka.</p>
<p>The government rejected the 8,000 taka demand, fearing it would lead to an exodus by garment companies. International retailers in the US and EU, such as Walmart, Marks and Spencer, Hennes and Mauritz, demand low-cost production in order to reap high profits.</p>
<p>After Labour and Employment Minister Rajiuddin Ahmed Raju announced the lower offer on Thursday, workers expressed their opposition by shutting down more than 200 factories. One protester told reporters: “We will continue protesting until we realise our demand.”</p>
<p>Like Hasina's government, Bangladesh big business is concerned about any wage increase. Apparel employers only reluctantly agreed to the government-appointed wage board proposal for the smaller increase. After meeting with Hasina last Thursday, Bangladesh Garment Manufacturers and Exporters Association (BGMEA) president Atiqul Islam said: “In the greater interest of our garment sector, we agreed to it. But many small factories cannot afford the rise.”</p>
<p>BGMEA vice-president Shahidullah Azim told the Financial Express: “A number of buyers have already abandoned us, and if such street violence continues, we may face a severe slump in our trade.” He said Vietnam, Cambodia and Indonesia had started to attract orders due to the frequent protests in Bangladesh since the beginning of the year.</p>
<p>Putting pressure on the government to crack down on workers, Abdus Salam Murshedy, president of Exporters Association of Bangladesh, said: “We are very frustrated. It seems that we have to fold our business, hand over the factory keys to the government and go home.”</p>
<p>Determined to protect business interests, the Hasina government has mobilised security forces, including border guards, in the country's industrial zones. The government's main foreign exchange earner is garment exports. By exploiting cheap labour, Bangladesh apparel manufacturing has developed into a $19 billion industry, up by 50 percent from 2010.</p>
<p>Workers' anger is fuelled by the appalling conditions in the apparel sector. In April, more than 1,100 workers were killed when the nine-story Rana Plaza building, which housed five factories, collapsed. Last November, 112 workers were burned to death when Tazreen Fashions was gutted by fire.</p>
<p>The government and big business are relying not only on security forces, but the trade unions to contain and suppress the opposition of workers. The Financial Express, the country's main business paper, proposed in an editorial on Monday that a new union mechanism be developed to assist in halting strikes.</p>
<p>“Introduction of TU rights in all garment units might help create an apex TU body for representation at the national level,” it stated. “Had there been such a representative organisation at the national level, the government or the apparel industry owners, possibly, would not have faced so much trouble in resolving disputes.”</p>
<p>The reactionary US trade union conglomerate, the AFL-CIO, has been promoting trade unions in Bangladesh as a useful safety valve for some time. After the Rana Plaza collapse graphically exposed the exploitative conditions in the garment sector, the Hasina government amended the labour laws to facilitate the establishment of unions in garment sector.</p>
<p>With general elections due to be held in coming months, the discredited Awami League government hoped to win the sympathy of the 4.2 million-strong workforce by announcing the limited wage rise. However, the move has backfired.</p>
<p>It is no surprise that workers oppose the inadequate wage deal. Even though wages have stagnated since 2010, consumer prices have increased by 28 percent. According to the Center for Policy Dialogue (CPD) think tank, a basic diet for a family of three costs around $US67 per month. Taking living costs into account, Professor Doug Miller, who worked with CPD, told AFP that the minimum wage of garment workers should be at least 8,200 taka.</p>
<p>Social conditions in Bangladesh are worsening. The government-run public health system is deteriorating, and only 60 percent of the urban population and 75 percent of the rural population have access to basic healthcare. The official unemployment rate has increased to 3.71 percent, but the actual number of unemployed and under-employed is far higher—over 30 percent according to one estimate.</p></div>
Le Bangladesh après l'effondrement du Rana Plaza
https://www.matierevolution.org/spip.php?article3901
https://www.matierevolution.org/spip.php?article39012013-11-03T04:10:00Ztext/htmlfrRobert ParisBangladesh
<p>Les marques françaises sont elles aussi responsables <br class='autobr' />
Bangladesh : après l'effondrement du Rana Plaza <br class='autobr' />
Cet article est paru dans Echanges n°144 <br class='autobr' /> La pression sur l'ensemble des travailleurs de la confection au Bangladesh est aujourd'hui d'autant plus forte que ce pays devient de plus en plus un des paradis de la délocalisation pour cette branche du capital. Les troubles sociaux récurrents ne découragent pas ces transferts – les investissements étrangers – tant les (…)</p>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique99" rel="directory">08- LUTTE DES CLASSES - CLASS STRUGGLE </a>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot176" rel="tag">Bangladesh</a>
<div class='rss_texte'><p><a href="http://www.slate.fr/story/72417/bangladesh-entreprises-francaises" class="spip_out" rel="external">Les marques françaises sont elles aussi responsables</a></p>
<h2 class="spip">Bangladesh : après l'effondrement du Rana Plaza
<p>Cet article est paru dans Echanges n°144</p>
</h2>
<p>La pression sur l'ensemble des travailleurs de la confection au Bangladesh est aujourd'hui d'autant plus forte que ce pays devient de plus en plus un des paradis de la délocalisation pour cette branche du capital. Les troubles sociaux récurrents ne découragent pas ces transferts – les investissements étrangers – tant les perspectives de profit sont attrayantes. Dans « Une révolte ouvrière » (Echanges 118, automne 2006) et « Quelles suites aux émeutes de l'été 2006 ? » (Echanges 119, hiver 2006-2007), nous avions longuement exposé la situation du Bangladesh et des luttes (affrontements violents et émeutes des travailleurs du textile essentiellement). Peu de choses ont changé si ce n'est que la crise passe aussi pour renforcer encore les conditions d'exploitation – si c'est encore possible.</p>
<p>Il nous semble important de rappeler quelques-unes des données de base permettant de bien situer la condition prolétaire aujourd'hui dans ce pays dont les données géographiques et le passé colonial forment le cadre de la situation sociale.</p>
<p>Sur un territoire comptant pour le quart de la France (environ 22 départements français, moins que la Roumanie) vivent (on devrait dire survivent pour l'immense majorité des habitants) 152 millions d'habitants, deux fois plus que la population française ; ce qui donne une densité de population de 1 060 habitants au km² contre 120 en France, presque dix fois plus.</p>
<p>On pourrait penser que ce pays surpeuplé recèle des richesses qui permettent à tous d'y vivre hors de la misère. C'est tout le contraire. La plus grande partie du territoire est à moins de 12 mètres au-dessus du niveau de la mer et 10 % en dessous de ce niveau. On estime que si par l'effet de serre le niveau des mers s'élevait de 1 mètre, la moitié du pays disparaîtrait. Pour le présent, deux formes d'inondations sont une menace constante : d'un côté les fleuves Gange et Bramapoutre descendant de l'Himalaya recouvrent régulièrement les terres de leur delta commun, de l'autre, des typhons tropicaux poussant les mers dans les terres dévastent tout sur leur passage.</p>
<p>Les chiffres de cette insécurité géographique sont à la mesure du surpeuplement : en 1970, 500 000 victimes d'un cyclone ; en 1991, 130 000 ; en 1998 les inondations recouvrent 70 % du pays laissant 30 millions de sans-abri ; le 15 mai 2013 une autre inondation entraîne le déplacement de 800 000 personnes.</p>
<p>Sur ces campagnes peu accueillantes vivent les deux tiers de la population dans une pauvreté accentuée par ces désastres récurrents, ce qui a deux conséquences : l'une la persistance des relations sociales quasi tribales, l'autre une forte émigration tant vers l'étranger (une bonne part dans l'ex-pays colonisateur, la Grande-Bretagne) que vers les villes et leurs industries (Dacca la capitale compte 12 millions d'habitants avec son environnement d'usines et de bidonvilles, le port le plus actif, Chittagong, 4 millions).</p>
<p>La misère doublée d'une insécurité et la persistance des parfois terribles règles de vie coutumières, notamment pour les femmes, peut facilement expliquer que l'exode, même avec ses incertitudes et les dures conditions d'exploitation dans les bagnes de l'industrie textile sont moins pénibles que la survie dans les campagnes. Ces migrants de l'intérieur qui forment l'essentiel de la classe ouvrière, le plus souvent des femmes, ne dépassent pas 4 à 5 millions, soit à peine 3% de la population totale.</p>
<p>De nombreux conflits</p>
<p>Mais ce n'est pas tout. Les séquelles de la décolonisation laissent une situation politique inextricable, et de violents conflits politiques et religieux aggravent encore l'ensemble des conditions que nous venons d'évoquer.</p>
<p>Le Bangladesh était une partie intégrante de l'Empire britannique des Indes comportant un mélange religieux d'hindouistes (dominants) et de musulmans (minoritaires). Lors de la décolonisation en 1947, le colonisateur crut habile de séparer l'Empire des Indes en deux Etats : l'Inde à base hindouiste et le Pakistan à base musulmane. Ce dernier était divisé en deux parties, le Pakistan occidental (le Pakistan actuel à dominante musulmane) et le Pakistan oriental (l'actuel Bangladesh, avec une forte minorité hindouiste). Quand le Pakistan occidental tenta d'imposer sa loi à la partie orientale, en 1971, la guerre civile a éclaté dans cette partie qui, avec l'appui de l'Inde, put acquérir son indépendance en tant que Bangladesh.Cette guerre aurait fait entre 500 000 et 2 millions de victimes avec un cortège d'exactions, de massacres, de viols et de pillages ; plus de 10 millions de personnes émigrèrent en Inde. Après quarante ans, les plaies de cette guerre sont constamment rouvertes par l'affrontement des deux principaux partis ; le Bangladesh National Party (BNP), d'obédience musulmane, et la ligue Awami, d'obédience hindouiste, qui ont chacun séparément leurs extrémistes.</p>
<p>Depuis l'indépendance, ces deux partis se sont partagé alternativement le pouvoir, mais entretiennent lorsqu'ils sont dans l'opposition une violence permanente en lançant des journées de grève, les « hartals », qui sont sans rapport avec les grèves dont il sera question ci-dessous mais qui laissent chaque fois un cortège de destructions et de morts. Actuellement, c'est la ligue Awami qui dispose du pouvoir et on peut supposer qu'elle a exhumé la hache de guerre pour masquer la violence des conflits sociaux dans le textile et parfois dans d'autre branches économiques. Quarante ans après les massacres de la guerre civile, certains responsables restés impunis jusqu'alors ont été condamnés à mort : des émeutes des extrémistes musulmans ont fait plus de 60 morts.</p>
<p>On doit ajouter qu'économiquement le pays, agriculture et industrie, a subi une mutation importante depuis les années 1970 : la prospérité économique était basée sur la production et l'industrialisation du jute, largement utilisé en raison de sa résistance, pour toute une série de productions textiles. L'irruption des tissus synthétiques a totalement ruiné cette production et industrie ; la conversion s'est faite principalement vers une autre industrie textile, celle de la confection.</p>
<p>La catastrophe du 24 avril 2013</p>
<p>Une récente conséquence de cette surexploitation de la force de travail, pas la première, pas la dernière, s'est passée à Savar, dans la banlieue de la capitale, Dacca : là, un immeuble de huit étages, le Rana Plaza, abrite une banque au rez-de-chaussée et cinq usines textiles où travaillent 3 200 travailleurs (une estimation car la corruption généralisée fait que tout est sous-évalué), des femmes pour la plupart. La construction de l'immeuble n'a été autorisée que pour cinq étages, mais de telles infractions couvertes par la corruption sont fréquentes, de même que les malfaçons.</p>
<p>Le mardi 23 avril, des fissures sont constatées dans les murs du bâtiment et les travailleurs en sont évacués : le propriétaire, convoqué, déclare que c'est sans danger. Le lendemain matin, la banque reste fermée mais les patrons des ateliers de confection contraignent les travailleurs à regagner leur poste. Quelques heures après l'immeuble s'écroule totalement : on retirera des décombres plus de 1 200 corps et plus de 1 000 blessés, plus ou moins sérieusement. On ne saura jamais les chiffres exacts car les effectifs n'ont pas été enregistrés. Le fait que l'immeuble se soit ainsi effondré comme un château de cartes et les photos du tas de gravats qui sont les seuls décombres confirment que l'immeuble de béton a été construit pratiquement sans armature métallique. L'effondrement a pu être causé par les trépidations des machines à coudre et il a été si soudain qu'aucun des travailleurs n'a eu le temps de gagner une sortie.</p>
<p>La dimension meurtrière de la catastrophe entraîne une médiatisation mondiale, une stigmatisation des donneurs d'ordre (multinationales de la confection et de la distribution) et une réaction violente de tous les travailleurs du secteur textile du pays. Un coin du voile est levé sur les conditions d'exploitation de ces travailleurs ce qui n'était guère connu auparavant. Mais plus que sur l'ensemble de ces conditions, l'accent est mis surtout sur l'insécurité qui n'est pas due tant aux matériaux utilisés (teintures, solvants..) qu'aux locaux : sorties bloquées pendant le travail pour éviter les sorties et/ou les vols, pas d'automatismes anti-incendies, extincteurs en nombre réduit ou hors d'usage, aucun contrôle ou contrôles arrangés par la corruption.</p>
<p>Depuis 2005 plus de 700 travailleurs ont été brûlés vifs dans des incendies. Un des derniers en date, le 24 novembre 2011, a tué 112 travailleurs et blessé 150 autres, le patron ayant retardé l'évacuation malgré l'alerte incendie. Le 8 mai 2013, un autre incendie a fait huit morts, la plupart asphyxiés par les vapeurs toxiques des tissus enflammés.</p>
<p>Répliques ouvrières et répliques du capital</p>
<p>Dans les heures qui ont suivi l'effondrement de l'immeuble, les travailleurs de toutes les usines (essentiellement textiles) de la zone industrielle concentrée autour de Dacca se sont mis en grève. Les grévistes, comme souvent, se sont répandus autour des usines, bloquant les axes routiers, s'affrontant avec les flics de l'unité spéciale anti-émeutes le Rapid Action Battalion (RAB), incendiant voitures, camions et usines. Cela dura près d'une semaine bien que le gouvernement, pour prévenir des troubles plus importants, eût ordonné la fermeture des usines de la zone.</p>
<p>Parallèlement, le gouvernement tente de calmer le jeu mais cela ne peut aller bien loin car plus du tiers des membres du Parlement et du gouvernement sont eux-mêmes patrons ou liés de près à cette industrie textile. Pour satisfaire en apparence au mouvement de révolte, des poursuites sont engagées contre quelques têtes, responsables directs de la catastrophe : le propriétaire de l'immeuble est arrêté alors qu'il tentait de gagner l'étranger ainsi que six patrons ou responsables des entreprises textiles concernées ; gageons qu'ils retrouverons leur liberté lorsque cette tempête sera calmée. Le syndicat patronal du textile (BGMEA, Bangladesh Garment Manufactures and Exporters Association) décide que les salaires seront payés de toute façon et offre une indemnisation d'un mois de salaire (30 euros) pour compenser le préjudice physique et/ou moral. Le gouvernement décide de fermer immédiatement pour des raisons de sécurité seize usines... sur 5 400 du secteur, et de poursuivre des enquêtes de sécurité dans les autres (vu ce que donnaient ces enquêtes précédemment, on peut se douter de ce qu'elle seront). Les multinationales de la confection et/ou de la distribution déversent dans les médias leurs bonnes intentions et leurs protestations d'ignorance des conditions d'exploitation de la force de travail qui produit cette manne de produits au meilleur coût et leur permet d'engranger la plus grande partie de la plus-value.</p>
<p>Ces protestations, comme auparavant, resteront lettre morte et il n'est pas inutile de voir comment dans ce domaine du textile, comme dans d'autres, sur un plan mondial, se déroule le processus de production au moindre coût en éludant l'ensemble des contraintes éventuelles étatiques dans le domaine social et/ou environnemental. Les donneurs d'ordre, acheteurs initiaux, sont les multinationales (dans le textile, les marques comme Adidas, Benneton, H&M, Gap, etc.) ou les chaînes de distribution (Walmart, Carrefour, C&A...). Ces entreprises lancent un appel d'offre pour un produit défini à des conditions précises et donnent le marché au mieux offrant, où qu'il soit, souvent dans le textile des firmes taïwanaises, coréennes, japonaises... rarement locales. Ces sociétés qui ont pris la commande possèdent des usines dans différents pays, le plus souvent dans tout le Sud-Est asiatique. Pour tenir les prix, elles peuvent, ou déplacer les usines là où la force de travail peut être exploitée dans les pires conditions (le Bangladesh est bien placé au bas de l'échelle des conditions d'exploitation), ou sous-traiter tout ou partie du travail concerné en ne conservant que la partie finale de la confection ; souvent les contrôles ne sont effectués que dans cette partie finale alors que la masse des sous-traitants y échappe. Une pratique courante pour faire face aux aléas de la production et aux réactions ouvrières consiste à fermer l'usine et à en ouvrir une autre ailleurs sous un autre nom mais avec les mêmes conditions.</p>
<p>Pour garantir leur réputation, les diverses multinationales citées ont dû aller au-delà des prétendus audits antérieurs. Le 12 mai, les principaux donneurs d'ordre européens signent avec des fédérations syndicales internationales, sous l'égide d'ONG, un accord qui ne change rien aux conditions de travail par lequel les entreprises signataires s'engagent à mettre en place, dans les 45 jours à venir , un plan pour protéger les travailleurs du textile contre les incendies, l'effondrement des bâtiments avec la mise en œuvre de moyens « garantissant un niveau raisonnable de santé et de sécurité ». Cet accord ne couvre même pas toute l'industrie textile. Les mesures concernées ne seront sévèrement appliquées qu'à un tiers des usines, le dernier tiers ne pâtissant que d'un minimum de contraintes. De plus, quatorze des plus grandes sociétés américaines du textile et de la distribution ont refusé de signer cet accord.</p>
<p>On peut penser que finalement, au-delà de cet effet d'annonce, peu de choses changeront ; surtout, peut-être avec plus de sécurité, l'essentiel des conditions d'exploitation (salaires temps et rythme de travail) subsistera. Les salaires restent à environ 30 euros par mois (quand ils sont payés) pour dix à quinze heures quotidiennes (extensibles sans contrepartie) six jours sur sept.</p>
<p>Le Bangladesh a encore la réputation d'avoir les salaires les plus bas du monde : sur la base 100 en 1996, ces salaires de base ont été multiplié par 6 en Chine et seulement par 3 au Bangladesh, même après leur doublement en 2010 ; ces bas salaires expliquent que malgré les troubles politiques et sociaux qui interrompent souvent la production, les commandes continuent d'affluer de la part des multinationales. Il y a bien ces salaires minimum bloqués depuis quatre mois, mais il faut souvent des grèves pour les faire appliquer. Sur le papier les travailleurs peuvent former un syndicat (c'est encore confirmé dans l'accord que nous venons d'évoquer) mais dans la pratique, toute tentative est durement réprimée, tout militant est immédiatement viré, souvent avec l'appui des autorités. En 2012, un militant syndical qui s'était plaint du harcèlement des forces de sécurité a été assassiné et son corps abandonné sur une autoroute.</p>
<p>Les usines fermées à cause de grèves ou sur ordre gouvernemental rouvrent toutes après environ une semaine d'arrêt et le travail reprend, avec des travailleurs sans doute excédés parce que rien n'est résolu des conditions de leur exploitation, mais poussés par l'impérieuse nécessité de pourvoir au quotidien que leur apporte cette exploitation éhontée.</p>
<p>La lutte de classe continue</p>
<p>Depuis la mi-mai 2013, des milliers de travailleurs de douzaines d'usines de la banlieue de Dacca continuent de manifester pour les salaires et la sécurité suivant le schéma habituel : barrages routiers violence policière... Le 27 mai, 20 000 travailleurs de la confection à Ashulia bloquent l'autoroute proche : 50 blessés. Le 15 juin, 5 000 travailleurs de l'entreprise Utah Fashion à Tejgaen, dans la banlieue de Dacca, trouvent la porte fermée suite à des revendications de pause et de primes. Ce lock-out déclenche la réaction habituelle : blocage routier, répression policière, destruction de véhicules et déprédations sur les usines. Même scénario le même jour, indépendamment, à Gazipur contre Uni Gears, suite à une revendication de salaires.</p>
<p>Jusqu'à quand ? pourrait être la question. Comme nous venons de le montrer, pour autant que les deux tiers de la population de ce pays continueront de subir les terribles pressions géographiques, coutumières et politiques, des milliers de Bengalis chercheront à y échapper dans l'exil incertain vers l'étranger ou dans la dure exploitation capitaliste. Cela peut relativement paraître comme une évasion vers un « meilleur » et, notamment pour les femmes, un moyen d'échapper aux terribles coutumes plus ou moins tribales. Le capital peut continuer à puiser dans ce réservoir d'esclaves salariés, d'autant plus que, pour importante économiquement qu'elle soit pour le Bangladesh, cette activité dans l'industrie textile n'emploie que 3% de la population totale. Mais, émancipés des tutelles des structures des campagnes, ces migrants n'en deviennent pas moins des prolétaires assujettis à la dure loi de l'exploitation de leur force de travail. Ils luttent dorénavant comme prolétaires pour obtenir de meilleures conditions de travail et, dans le contexte à la fois de la présence quotidienne de la violence, de la loi d'airain des capitalistes locaux et de la corruption, doivent utiliser eux-mêmes cette violence.</p>
<p>Mais un autre dilemme se pose dans cette lutte : les capitalistes mondiaux doivent protéger l'énorme plus-value qu'ils dégagent de cette surexploitation et, dans la mesure où ces luttes garantiraient de meilleures conditions de travail, elles amoindriraient cette plus-value ; d'où une migration des investissements vers des lieux d'exploitation, en Asie ou en Afrique, offrant de « meilleures » (pour le capital) conditions d'exploitation. C'est le dilemme qui se pose à tous les exploités du monde et que seule résoudra la fin du système capitaliste.</p>
<p>H. S.</p></div>
Les sociétés mondiales et l'écroulement d'un immeuble au Bangladesh
https://www.matierevolution.org/spip.php?article3395
https://www.matierevolution.org/spip.php?article33952013-05-16T02:29:00Ztext/htmlfrRobert ParisBangladesh
<p>Les sociétés mondiales et l'écroulement d'un immeuble au Bangladesh <br class='autobr' />
Par Peter Symonds <br class='autobr' />
Deux semaines après l'écroulement du bâtiment du Rana Plaza, les géants de la distribution qui font produire leur vêtements au Bangladesh, comme Walmart, Primark, Benetton et d'autres, se sont engagés dans une opération cynique de relations publiques dans le but de prendre leurs distances vis-à-vis de cette tragédie et de préserver leur image et leurs profits. <br class='autobr' />
Le 7 mai, le bilan des victimes avait (…)</p>
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<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Les sociétés mondiales et l'écroulement d'un immeuble au Bangladesh
<p>Par Peter Symonds</p>
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<p>Deux semaines après l'écroulement du bâtiment du Rana Plaza, les géants de la distribution qui font produire leur vêtements au Bangladesh, comme Walmart, Primark, Benetton et d'autres, se sont engagés dans une opération cynique de relations publiques dans le but de prendre leurs distances vis-à-vis de cette tragédie et de préserver leur image et leurs profits.</p>
<p>Le 7 mai, le bilan des victimes avait atteint 705 morts et des centaines de blessés, faisant de cet écroulement la pire catastrophe industrielle de l'histoire du pays et une des pires qui se soit jamais produites dans le monde. Le Rana Plazza est typique de milliers d'ateliers de misère mal construits et dangereux du Bangladesh, employant des ouvriers à 38 dollars par mois pour produire en masse les commandes de certaines des plus importantes sociétés dans le monde.</p>
<p>Une opération médiatique bien orchestrée s'est mise en route dès que la nouvelle de la catastrophe a commencé à se répandre le 24 avril. Les services de relations publiques bien dotés des sociétés directement ou indirectement impliquées ont publié des déclarations exprimant leur « choc » et leur « tristesse » devant les vies perdues. La plupart ont tenté de nier tout rapport avec les cinq usines de vêtements situées dans le bâtiment, sans aucun doute conseillés par leurs services juridiques, également bien équipés. Quelques-uns ont reconnu leurs rapports avec les fournisseurs du Rana Plaza.</p>
<p>Ces larmes de crocodile et déclarations exprimant le « choc » sont tout à fait hypocrites. La raison même pour laquelle certaines des marques internationales les mieux connues font produire leurs marchandises au Bangladesh, est que ce pays a les coûts les plus bas – non seulement en termes de salaire mais aussi pour ce qui est des frais généraux, dû au manque de réglementation. La sécurité et les normes de construction n'existent en grande partie que sur le papier, étant donné que le gouvernement utilise très peu d'inspecteurs pour faire appliquer les normes et ce, dans un pays qui est notoire pour sa corruption et le paiement de pots-de-vin.</p>
<p>De nombreuses sociétés montrent en façade qu'ils s'inquiètent des conditions en établissant pour leurs fournisseurs des règles soutenues par un système d'« audits » prétendument pour assurer que les normes soient remplies. La réalisation d'audits de sécurité et des conditions de travail est devenue une industrie en soi, dans laquelle sont engagées les ONG (organisations non gouvernementales). Les règles sont ignorées et les commandes généralement données en sous-traitance à des ateliers de misères plus petits. Les audits ne représentent guère plus que des embêtements occasionnels, les producteurs réduisant les coûts afin de respecter le prix demandé.</p>
<p>Un groupe de suivi, Business Social Compliance initiative, opérant à partir de Bruxelles a admis que ses auditeurs avaient approuvé deux des usines de vêtement du Rana Plaza pour leurs clients. Le bon état structurel du bâtiment ne se trouvait tout simplement pas sur la liste de contrôle.</p>
<p>L'amplitude même de la catastrophe du Rana Plaza, qui a horrifié les gens dans le monde entier, a forcé certains géants de la distribution à envisager de faire des affaires ailleurs. Le New York Times a souligné la semaine dernière que la société Walt Disney, le plus important donneur de licence au monde grâce à des ventes annuelles de plus de 40 milliards de dollars, avait émis une directive en mars demandant de mettre fin à la production de produits griffés au Bangladesh et dans d'autres pays. Des produits Disney avaient été trouvés dans les ruines de la fabrique de mode Tazreen qui fut détruite par le feu en novembre dernier, tuant 112 ouvriers.</p>
<p>A l'époque, l'incendie était la pire catastrophe industrielle du pays. Cependant, la directive de Disney de se retirer du Bangladesh était une décision purement commerciale. Le coût infligé à son image en tant que société dépassait tout simplement l'impact relativement faible sur ses profits, étant donné que seule une très faible partie de sa production est produite au Bangladesh. Dans sa déclaration, Disney annonça que la production serait progressivement retirée sur une période de plus d'un an. Cela laissait la porte ouverte à un retour, si les usines commençaient à coopérer avec le programme Better Work dirigé par l'Organisation internationale du travail (OIT) et la Société financière internationale, une structure de la Banque mondiale.</p>
<p>Les sociétés qui ne sont pas financièrement en mesure de se retirer on requis les services de l'OIT, des syndicats et de diverses ONG pour faire pression sur le gouvernement du Bangladesh et sur les producteurs afin qu'ils entreprennent des transformations superficielles. La semaine dernière, la BEGMA, l'Association des producteurs et exportateurs de vêtements du Bangladesh qui veut à tout prix garder ses clients internationaux, a rencontré des représentants de quarante acheteurs parmi lesquels H&M, JC Penny, Gap, Nike, Li & Fung et Tesco. Elle promit d'effectuer des inspections de construction de tous ses membres.</p>
<p>Certaines sociétés comme Primark promettent de payer des indemnité à hauteur d'environ 1200 dollars pour chacune des familles des victimes de la catastrophe du Rana Plaza. Walmart qui était directement impliqué dans la catastrophe du Tazreen Fashion, a refusé de payer ce qui représente le prix du silence, mais a fait un don de 1,6 millions de dollars envers un programme de formation à la sécurité incendie au Bangladesh. Ces sommes sont dérisoires est sans aucun doute calculées grâce aux méthodes de l'analyse coûts/bénéfices utilisée par Disney pour parvenir à sa décision.</p>
<p>L'Union européenne, (UE) agissant au nom des distributeurs européens a publié une déclaration la semaine dernière menaçant de retirer au Bangladesh l'accès commercial préférentiel aux marchés de l'UE. La dirigeante de la politique extérieure de l'UE, Catherine Ashton et le commissaire européen au commerce, Karel De Gucht, ont déclaré que l'UE envisageait une « action appropriée » afin d'inciter à la gestion responsable des chaînes d'approvisionnement dont font partie les pays du tiers monde. Quelque 60 pour cent des exportations de vêtements du Bangladesh vont en Europe.</p>
<p>La posture adoptée par l'UE n'a rien à voir avec une amélioration du sort des travailleurs du Bangladesh. Les responsables de l'UE ont déclaré au Financial Times que le fait de retirer la préférence commerciale serait une « mesure extrême » dont il était improbable qu'elle soit prise. Comme l'a dit un des responsables de la Commission européenne à ce journal, la déclaration adressé aux autorités du Bangladesh ne l'a été que pour « leur mettre un peu le feu sous les pieds ».</p>
<p>Si la préférence commerciale était retirée, ou si des grandes sociétés suivaient l'exemple de Disney, l'effet sur l'économie du Bangladesh serait catastrophique. L'industrie du vêtement représente environ 80 pour cent des exportations du pays et plus de trois millions d'ouvriers sont directement employés dans cette industrie. Beaucoup perdraient leur emploi, aggravant la pauvreté très répandue qui afflige déjà les masses du Bangladesh.</p>
<p>De plus, tout mouvement hors du Bangladesh de la part des sociétés ne se ferait qu'en direction d'une autre zone de travail à bon marché avec des coûts encore plus bas. On vante la Birmanie (Myanmar) comme une alternative possible où le régime dominé par l'armée garantirait une main-d'œuvre docile et peu de réglementation. La ruée pour satisfaire la nouvelle demande assurerait que des bâtiments soient construits à toute vitesse d'une façon tout aussi chaotique et bâclée. D'autres possibilité seraient le Pakistan ou près de 300 ouvriers sont morts dans l'incendie d'une usine de vêtement de Karachi en septembre dernier, ou encore les ateliers de misère de pays comme le Sri Lanka, le Cambodge ou Haïti.</p>
<p>Loin d'améliorer les normes de sécurité et les conditions de travail, les sociétés géantes sont engagées dans une concurrence féroce contre leurs rivales et qui s'intensifie dans le cadre de l'effondrement mondial du capitalisme. La course incessante aux profits mine la santé, la sécurité et le niveau de vie non seulement des ouvriers des pays en voie de développement mais aussi des nations économiquement avancées. Le seul moyen de mettre un terme à cette perte tragique de vies et de santés est une lutte unifiée des travailleurs d'Asie, d'Europe, d'Amérique et du monde pour en finir avec le système capitaliste obsolète et établir une économie socialiste planifiée rationnellement au niveau mondial et qui satisfasse les besoins urgents de l'humanité.</p></div>
Death toll in Bangladesh factory collapse reaches 950
https://www.matierevolution.org/spip.php?article3393
https://www.matierevolution.org/spip.php?article33932013-05-16T02:25:00Ztext/htmlenRobert ParisEnglishBangladesh
<p>Death toll in Bangladesh factory collapse reaches 950 <br class='autobr' />
By Sarath Kumara and Wimal Perera <br class='autobr' /> The death toll of the Savar building collapse reached 950 by Thursday evening, refuting earlier claims of the Bangladesh government and business organisations, which put the number of deaths at a lower figure. <br class='autobr' />
Press reports indicated121 decomposed bodies were retrieved from the wreck of the Savar building by noon on the 16th day after the disaster. It is feared that the death toll will increase (…)</p>
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<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Death toll in Bangladesh factory collapse reaches 950
<p>By Sarath Kumara and Wimal Perera</p>
</h2>
<p>The death toll of the Savar building collapse reached 950 by Thursday evening, refuting earlier claims of the Bangladesh government and business organisations, which put the number of deaths at a lower figure.</p>
<p>Press reports indicated121 decomposed bodies were retrieved from the wreck of the Savar building by noon on the 16th day after the disaster. It is feared that the death toll will increase further as the debris continues to be cleared.</p>
<p>Previous official estimates held that as there were fewer than 3,200 workers in the building at the time of the collapse on April 24, with 2,437 rescued, the death toll would be less than 763. This underscores that the figures published by the authorities after the disaster were unreliable.</p>
<p>The collapsed eight-story Rana Plaza building in Savar near Dhaka had housed five garment factories. The factory owners ordered workers into the building, despite their objections due to serious, visible cracks noted in the building on April 23. Thousands of workers were injured in the disaster, many critically, and hundreds will suffer permanent disability.</p>
<p>As body parts are retrieved from the collapsed multi-story building, mass anger with the political establishment has deepened. The fact that no survivors have been found since heavy cranes began clearing debris have heightened relatives' concerns that these operations will end the chances of rescuing remaining survivors.</p>
<p>Hundreds of surviving workers and their relatives staged a protest on Tuesday near Savar bus terminal and blocked the Dhaka-Aricha highway for two hours, demanding wages and other benefits.</p>
<p>Workers from the Rana Plaza building are charging that, after the collapse of their plant, the Bangladesh Garment Manufacturers and Exporters Association (BGMEA) is now also violating compensation agreements. The BGMEA is only ready to give a pittance to the survivors: one month's salary.</p>
<p>The Daily Star cited a worker who said, “We heard they [BGMEA] were going to pay only one month's salary. But we want four months' pay and other perks, as per the rules.”</p>
<p>Another worker, Shipu Begum, explained: “We lost many colleagues, while most of the injured will not be able to bear their treatment expenditure with a month's salary.”</p>
<p>In another devastating example of the deadly conditions in Bangladeshi garment factories, a factory fire at Tung Hai Sweater killed eight on Wednesday night—including Managing Director Mahbubur Rahman, Deputy Inspector General of Police Z.M. Monzur Morshed, and Sohel Mostafa Swapan, a regional leader of the Jubo League, the ruling Awami League's youth movement.</p>
<p>It is not clear what these officials were doing at the factory, though Reuters wrote that their presence highlighted the “entanglement” between higher officials and big business in Bangladesh.</p>
<p>Because the factory was closed at 11 p.m. when the blaze took place, workers were not on the premises. Reuters reported that this company is a large one, running two factories employing 7,000 workers.</p>
<p>Workers at the Rana Plaza building who survived after being trapped in the rubble have been traumatized, with some rescued only after spending four days under the debris. Describing her experience, Laboni, rescued after 36 hours, said: “A pillar had fallen on my left arm. Blood was coming out of my head, eyes and nose.” One of her friends, Dipa Patra, died after a big piece of concrete fell on her chest.</p>
<p>Laboni, 22, who lost her left hand, still screams, “Get me out of the building. It terrifies me,” when someone tries to wake her. She told the Daily Star: “My life is ruined … I don't want to see the life of any other man or woman ruined like mine.”</p>
<p>“Whenever we need to wake her up … she springs out of her bed, scared and stupefied,” said her father.</p>
<p>There is no rehabilitation program for the partially disabled, however. What the government and business organizations are interested in is to re-start the garment factories, which account for 80 percent of the country's exports.</p>
<p>In an interview with the Huffington Post, Italian retailer Benetton's CEO Biagio Chiarolanza admitted on Wednesday that his firm had had shirts made for it at the Rana Plaza building, something Benetton initially denied. In a devastating indictment of the conditions his firm and other major international clothing retailers impose on garment workers, Chiarolanza admitted: “The wages in Bangladesh are an act of cruelty. Women cannot support their families on $40 a month.”</p>
<p>He cynically added, “I can assure everyone that Benetton has always paid special attention to the workers condition, and the environment in which they operate. I believe our long-standing commitment to social issues speaks for itself.”</p>
<p>With several Western retailers threatening to withdraw their operations from the country to prevent the exposure of their connections with sweatshops, the Bangladeshi government is desperate. On Wednesday it temporarily shut down 18 garment factories—16 in Dhaka and two in Chittagong.</p>
<p>Textiles and Jute Minister Abdul Latif Siddiqui tried to portray the action as part of cleaning up of operations “deemed to be dangerous.” However, with more than 5,400 factories in this sector in Bangladesh, in which unsafe and unhealthy conditions are common, this measure is for show.</p>
<p>In Dhaka, the 16 factories ordered to close were part of a group of 32 that Department of Inspection for Factories and Establishments (DIFE) ordered shut because of faults that pose dangers to the workers. But DIFE officials could not confirm what happened with the remaining factories, the Daily Star reported on Thursday.</p>
<p>Business groups protested even these cosmetic gestures. The BGMEA and the Federation of Bangladesh Chambers of Commerce and Industry (FBCCI) expressed concern over the shutdown in a meeting with the prime minister on Wednesday. Former FBCCI president A.K. Azad said: “Firstly, we went to the PM's residence, and being instructed, we met Textiles and Jute Minister Abdul Latif Siddiqui at his residence and expressed our concern.”</p></div>
L'écroulement d'une usine au Bangladesh et la course au profit
https://www.matierevolution.org/spip.php?article3347
https://www.matierevolution.org/spip.php?article33472013-05-02T02:31:00Ztext/htmlfrRobert ParisBangladesh
<p>L'écroulement d'une usine au Bangladesh et la course au profit <br class='autobr' />
Par K. Ratnayake <br class='autobr' /> Plus de trois cent personnes sont mortes, et bien plus encore furent blessées, parmi lesquelles de nombreux ouvriers du textile, lorsqu'un bloc de huit étages s'est effondré à Savar, à 30 km de Dacca, au Bangladesh la semaine dernière. Cette tragédie est l'une des pires catastrophes industrielles qui se soit jamais produite. Elle ne sera pas la dernière étant donné la course permanente menée par les sociétés (…)</p>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot176" rel="tag">Bangladesh</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">L'écroulement d'une usine au Bangladesh et la course au profit
<p>Par K. Ratnayake</p>
</h2>
<p>Plus de trois cent personnes sont mortes, et bien plus encore furent blessées, parmi lesquelles de nombreux ouvriers du textile, lorsqu'un bloc de huit étages s'est effondré à Savar, à 30 km de Dacca, au Bangladesh la semaine dernière.<br class='autobr' />
Cette tragédie est l'une des pires catastrophes industrielles qui se soit jamais produite. Elle ne sera pas la dernière étant donné la course permanente menée par les sociétés transnationales pour obtenir des profits de plus en plus élevés grâce à l'exploitation du travail dans des conditions de misère.</p>
<p>Le complexe du Rana Plaza était typique des bâtiments à nombreux étages érigés à toute vitesse au Bangladesh dans le cadre d'une expansion massive de l'industrie textile – la seconde en importance derrière celle de la Chine – sans grande considération pour les règlements de sécurité et les codes de construction, peu contraignants, du pays. Il abritait cinq usines textiles employant des milliers de travailleurs ainsi qu'une multitude de magasins.</p>
<p>Le propriétaire, un politicien local ayant des relations avec la Ligue Awami, le parti gouvernemental, n'avait la permission de construire qu'un immeuble de cinq étages, mais on ne l'empêcha pas d'y ajouter trois étages de plus.</p>
<p>Il y avait déjà eu une évacuation temporaire le mardi 23 avril, lorsque des ouvriers avaient remarqué de larges fissures dans le bâtiment. Mais le propriétaire, Sohel Rana, déclara que le site était sûr, malgré des mises en gardes indiquant le contraire. Les directions des diverses usines, déterminées à remplir les objectifs de production, ont forcé les ouvriers à reprendre le travail. Le lendemain matin, le bâtiment s'effondrait subitement et plus de trois jours après, les sauveteurs extrayaient encore les corps de victimes d'un enchevêtrement instable de gravats.</p>
<p>Comme dans d'autres catastrophes, le gouvernement du Bengladesh, les milieux d'affaires et les entreprises mondiales d'habillement qui profitent de la main d'œuvre à bon marché du pays sont rapidement passés à l'action pour limiter les dégâts politiques et économiques.</p>
<p>La premier ministre Sheikh Hasina a placé l'opération de sauvetage « sur un pied de guerre », dépêchant l'armée et la police, y compris des unités du notoire Rapid Action Battalion, afin de réprimer les travailleurs en colère. Les 25 et 26 avril, des centaines de milliers de travailleurs du textile sont descendus dans la rue à Dacca, la capitale, et dans les centres industriels voisins.</p>
<p>La premier ministre a fait porter la responsabilité de l'effondrement au propriétaire du bâtiment, déclarant qu'il allait être puni. En même temps, elle a été nette sur le fait que rien ne serait entrepris pour empêcher des catastrophes similaires. Elle reconnut que 90 pour cent des bâtiments dans le pays étaient construits sans répondre aux codes de construction officiels, mais se débarrassa de la question en déclarant : « Faut-il, à ce moment précis, démolir tous les bâtiments ? »</p>
<p>L'association des producteurs et exportateurs d'habillement du Bengladesh (BEGMA) a cessé de compter les sociétés opérant dans le Plaza Rana parmi leurs membres et ont demandé que ceux qui étaient responsables de l'effondrement de l'immeuble soient poursuivis. Mais comme le gouvernement, les associations d'employeurs ne savent que trop bien que l'absence de sécurité est endémique dans toute l'industrie.</p>
<p>En novembre dernier, cent douze travailleurs sont morts dans ce qui fut le pire incendie dans une usine du pays et qui eut lieu à l'usine textile Tazreen, dans la zone industrielle d'Ashulia. Les cadres ordonnèrent aux ouvriers de retourner au travail après que la sirène se soit mis en route, laissant les ouvriers pris au piège dans les étages supérieurs. Quelques 700 ouvriers sont morts dans des incendies industriels au Bengladesh depuis 2005. L'effondrement d'usines textiles a fait soixante dix-neuf victimes entre 2005 et 2010.</p>
<p>La principale inquiétude du gouvernement et des employeurs est d'assurer que les milliers d'usines textiles du pays, qui représentent 80 pour cent des exportations du Bengladesh, continuent de fonctionner normalement. Ils savent parfaitement que toute amélioration des salaires (37 dollars ou 29 euros en moyenne par mois), ou des épouvantables conditions auxquelles font face des millions de travailleurs du textile, pourrait menacer la compétitivité du pays.</p>
<p>Les géants mondiaux de la distribution ont enclenché leur programme bien huilé de ‘limitation des dégâts' – quelques larmes de crocodile et, là où c'était possible, la dénégation de toute association, ou association présente, avec les fournisseurs opérant dans le complexe du Rana Plaza, ajoutant ensuite quelques promesses creuses d'amélioration des conditions à l'avenir.</p>
<p>On a trouvé dans les décombres des étiquettes du plus grand distributeur mondial, Wall Mart, de la marque espagnole El Corte Ingles, et de PC Penney. Les sites Internet des usines opérant dans le bâtiment sinistré indiquent qu'elles fournissent aussi la société allemande Kik, C&A de Belgique, Benetton UK, Mango d'Espagne, Trimark du Canada et Premark d'Irlande, pour n'en nommer que quelques-unes.</p>
<p>Les formules utilisées par les sociétés pour exprimer leur « choc » vis-à-vis de la catastrophe sont particulièrement cyniques. Toutes ces sociétés connaissent fort bien les conditions de misère exigées pour produire des vêtements aux prix où elles les vendent. Elles opèrent à travers un système complexe d'intermédiaires et de sous-traitants pour prendre leurs distances vis-à-vis du processus effectif de la production. Beaucoup ont un système d'audits en usine, non pas dans le but d'améliorer la sécurité et les conditions mais pour bénéficier d'une façade leur permettant de sauver la face et de protéger leur image et leurs marques.</p>
<p>A la suite de la tragédie, les gouvernements, les medias, les syndicats et les diverses ONG ont déclaré d'une manière ou d'une autre, qu'on devait faire quelque chose et ils ont promu l'illusion qu'on pouvait faire pression sur les sociétés transnationales et le gouvernement du Bengladesh pour qu'ils améliorent la sécurité et le niveau de vie des ouvriers du textile. La réalité est que le gouvernement ne fera rien qui mette en danger les exportations et les profits. Dans les conditions ou l'effondrement du capitalisme mondial est de plus en plus prononcé, les normes de sécurité vont baisser, et non pas améliorer cette dernière.</p>
<p>Les mêmes processus se déroulent au niveau international. En septembre dernier, près de trois cents ouvriers ont été tués dans ce qui était le pire incendie d'usine au monde, lorsque Ali Enterprises devint la proie des flammes dans la ville pakistanaise de Karachi. En Chine, des milliers d'ouvriers sont tués chaque année par les explosions et les éboulements dans les mines du pays où l'absence de sécurité est notoire. Le mois dernier, trente quatre mineurs furent tués dans deux explosions à la mine de Babao. Quatre vingt-trois mineurs périrent dans un glissement de terrain dans une mine de cuivre du Tibet.</p>
<p>La santé, le bien-être et la vie des travailleurs est constamment sacrifiée à la course incessante au profit, non seulement dans les ateliers de misère d'Asie, d'Afrique et d'Amérique Latine, mais aussi dans les pays capitalistes avancés. Il y a un peu plus d'une semaine une usine d'engrais du Texas explosait, tuant quatorze personnes et en blessant deux cents. En avril 2011, onze ouvriers mourraient dans l'explosion de la plate-forme de forage Deepwater Horizon, dans le Golfe de Mexico, qui entraîna la pire catastrophe environnementale de l'histoire des Etats-Unis.</p>
<p>Ces tragédies sont des crimes qui en fin de compte ont leurs racines dans le système du profit. La production mondialisée qui possède le potentiel de fournir à chaque personne sur la terre un niveau de vie décent, conduit sous le capitalisme à d'énormes profits pour quelques riches et à la misère pour les travailleurs du monde entier.</p>
<p>La seule solution est une lutte unifiée de la classe ouvrière internationale pour abolir cet ordre social dépassé et réactionnaire et d'ériger une économie socialiste rationnellement planifiée au niveau mondial afin de répondre aux besoins pressants de l'humanité toute entière.</p>
<p>K. Ratnayake</p></div>
The Bangladesh factory collapse and the drive for profit
https://www.matierevolution.org/spip.php?article3339
https://www.matierevolution.org/spip.php?article33392013-04-30T02:39:00Ztext/htmlenRobert ParisEnglishBangladesh
<p>The Bangladesh factory collapse and the drive for profit <br class='autobr' />
More than 300 people are dead, mainly garment workers, and many more are injured following the collapse of the eight-storey Rana Plaza building in Bangladesh this week. The tragedy is one of the world's worst industrial disasters, but it will not be the last, as global corporations constantly drive for greater profits through the exploitation of sweatshop labour. The Rana Plaza complex was typical of the multi-level buildings that (…)</p>
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<div class='rss_texte'><h2 class="spip">The Bangladesh factory collapse and the drive for profit </h2>
<p>More than 300 people are dead, mainly garment workers, and many more are injured following the collapse of the eight-storey Rana Plaza building in Bangladesh this week. The tragedy is one of the world's worst industrial disasters, but it will not be the last, as global corporations constantly drive for greater profits through the exploitation of sweatshop labour.</p>
<p>The Rana Plaza complex was typical of the multi-level buildings that have been thrown up by the massive expansion of Bangladesh's clothing industry—now second only to China—with scant regard for the country's limited safety and building codes. It housed five garment factories, employing thousands of workers, as well as a maze of shops. The owner, a local politician connected to the ruling Awami League, only had permission to erect a five-storey building, but was not stopped from adding three more floors.</p>
<p>There had been a temporary evacuation on Tuesday, when workers noticed large cracks in the building. But the owner, Sohel Rana, declared that the site was safe, despite warnings to the contrary. Factory managers, determined to meet production schedules, forced employees back to work. The building collapsed suddenly on Wednesday morning and, more than three days later, rescuers continue to extract bodies from the unstable tangle of debris.</p>
<p>As with previous disasters, the Bangladeshi government, business groups and global clothing corporations that profit from the country's cheap labour quickly swung into operation to limit the political and economic fallout.</p>
<p>Prime Minister Sheikh Hasina put the rescue operation on a “war footing” and dispatched troops and police, including units of the notorious Rapid Action Battalion—in order to suppress the anger of workers. Hundreds of thousands of garment workers took to the streets of Dhaka and nearby industrial areas on Thursday and Friday.</p>
<p>The prime minister blamed the building owner for the collapse, declaring that he would be punished. At the same time, Hasina made clear that nothing would be done to prevent similar catastrophes. She acknowledged that 90 percent of the country's buildings were not constructed to meet the official building code, but brushed the issue aside, declaring: “Shall we have to demolish all the buildings right now?”</p>
<p>The Bangladesh Garment Manufacturers and Exporters Association (BGMEA) cancelled the membership of the companies operating in Rana Plaza and called for those responsible for the collapse to be prosecuted. Like the government, however, employer groups know only too well that unsafe conditions are rampant throughout the industry.</p>
<p>Last November, 112 workers died in the country's worst factory fire, at Tazreen garments in the Ashulia industrial zone. Supervisors ordered employees back to work after the fire alarm sounded, leaving workers trapped in the upper floors. Some 700 workers have been killed in factory fires in Bangladesh since 2005. Garment factory collapses in 2005 and 2010 claimed another 79 lives.</p>
<p>The overriding concern of the government and employers is to ensure that the country's thousands of garment factories, which account for 80 percent of Bangladesh's exports, continue operation as usual. They are acutely aware that any improvement in wages (on average $US37 a month), or to the appalling conditions confronting millions of garment workers, could undermine the country's competitiveness.</p>
<p>The global retail giants have gone into well-practised damage control—a few crocodile tears, and, where possible, denials of any involvement, or current involvement, with the particular suppliers in the Rana Plaza complex, followed by empty promises to improve conditions in the future. Labels for the world's largest retailer, Wal-Mart, the Spanish chain El Corte Ingles and PC Penney have been found in the rubble. Web sites for the factories in the building indicate that they also supplied Germany's Kik, Belgium's C&A, Benetton UK, Spain's Mango, Canada's Trimark and Premark in Ireland, to name a few.</p>
<p>These companies' expressions of “shock” at the disaster are particularly cynical. All these corporations know very well the sweatshop conditions that are required to produce garments at the prices they demand. They operate through a complex system of middlemen and subcontractors to distance themselves from the actual production processes. Many have a system of factory audits, not to improve safety and conditions, but to provide a face-saving façade to protect their corporate images and brand names.</p>
<p>In the wake of the tragedy, governments, the media, trade unions and various NGOs declare, in one way or another, that something must be done and promote the illusion that the global corporations and Bangladeshi government can be pressured to improve safety and living standards for garment workers. The reality is the government will do nothing to jeopardise exports or profits. Amid the deepening breakdown of global capitalism, safety standards will worsen, not improve.</p>
<p>The same processes are taking place internationally. Last September, nearly 300 workers were killed in the world's worst factory fire when Ali Enterprises in the Pakistani city of Karachi was engulfed in flames. In China, thousands of workers are killed every year in blasts and cave-ins in the country's notoriously unsafe mines—late last month, two explosions in the Babao coal mine killed 34. Another 83 died in a landslide at a copper mine in Tibet.</p>
<p>The health, well-being and lives of workers are constantly sacrificed to the relentless drive for profit, not only in the sweatshops of Asia, Africa and Latin America, but in the advanced capitalist countries. Just last week, a fertiliser plant in Texas exploded, killing 14 people and injuring another 200. In April 2011, 11 workers died in an explosion on the Deepwater Horizon oil rig in Gulf of Mexico that resulted in the largest environmental disaster in US history.</p>
<p>These tragedies are crimes that are ultimately rooted in the profit system itself. Globalised production, which has the potential to provide everyone on the planet with a decent standard of living, is leading under capitalism to enormous profits for the wealthy few and the deepening immiseration of working people around the world.</p>
<p>The only solution lies in a unified struggle of the international working class to abolish this outmoded and reactionary social order and establish a rationally-planned world socialist economy to meet the pressing social needs of humanity as a whole.</p>
<p>K. Ratnayake</p></div>
La face brutale du capitalisme mondial
https://www.matierevolution.org/spip.php?article2871
https://www.matierevolution.org/spip.php?article28712012-12-02T03:37:00Ztext/htmlfrRobert ParisBangladesh
<p>La face brutale du capitalisme mondial <br class='autobr' />
Par Peter Symonds <br class='autobr' />
Le pire incendie d'usine de l'histoire du Bangladesh, qui s'est déclaré dans la nuit de samedi dans la zone industrielle d'Ashulia, expose les rouages abjects du capitalisme mondial. <br class='autobr' />
Au moins 112 travailleurs sont morts dans l'incendie, soit par suffocation et brûlures, soit en sautant du bâtiment de huit étages en tentant désespérément de s'enfuir. L'incendie, qui a commencé au rez-de-chaussée, là où les tissus et les pelotes de (…)</p>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot176" rel="tag">Bangladesh</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">La face brutale du capitalisme mondial</h2>
<p>Par Peter Symonds</p>
<p>Le pire incendie d'usine de l'histoire du Bangladesh, qui s'est déclaré dans la nuit de samedi dans la zone industrielle d'Ashulia, expose les rouages abjects du capitalisme mondial.</p>
<p>Au moins 112 travailleurs sont morts dans l'incendie, soit par suffocation et brûlures, soit en sautant du bâtiment de huit étages en tentant désespérément de s'enfuir. L'incendie, qui a commencé au rez-de-chaussée, là où les tissus et les pelotes de fils inflammables étaient stockés, a bloqué les escaliers. Toutes les autres sorties étaient fermées à clef.</p>
<p>Des photographies du bâtiment calciné de l'entreprise Tazreen Fashions montrent des alignements d'espaces de travail incinérés où des centaines de travailleurs produisaient des vêtements pour les grandes entreprises européennes et américaines, dont les chaînes Walmart et C&A. Le manque de mesures de protection élémentaires contre les incendies allait de pair avec des temps de travail très longs, de mauvaises conditions, et un salaire de misère. Les survivants ont expliqué qu'ils n'avaient touché ni leurs salaires ni les primes prévues depuis trois mois.</p>
<p>Immédiatement après l'incendie, une manœuvre bien huilée a démarré à tous les niveaux pour camoufler la réalité. Le gouvernement, les autorités locales comme nationales, et les groupements d'employeurs ont versé quelques larmes de crocodile sur les morts, annoncé des enquêtes bidon et promis de maigres sommes en compensation aux familles des victimes. Tout cela vise à faire taire les critiques et à prévenir les troubles jusqu'à ce que le sujet ne fasse plus la une des journaux.</p>
<p>Dans le même temps, la police, les soldats et le Bataillon d'action rapide (BAR) très connu dans le pays, ont été déployés contre les familles éplorées et en colère sur les lieux de l'incendie et contre des manifestations de travailleurs qui ont éclaté lundi. Pour justifier l'accumulation des forces de sécurité dans la zone industrielle, le Premier ministre cheikh Hasina Wajed a déclaré au Parlement, sans en rapporter la moindre preuve, que l'incendie avait été « pré-arrangé » - c'est-à-dire, un acte de sabotage, - pour déstabiliser le gouvernement.</p>
<p>Toutes les grandes entreprises multinationales qui se fournissent au Bangladesh ont cherché à prendre leurs distances par rapport à cette tragédie. PVH, Nike, Gap, American Eagle, Outfitters et le français Carrefour ont publié des déclarations affirmant que leurs produits n'étaient pas fabriqués à l'usine textile Tazreen. Après que des étiquettes à sa marque ont été trouvées sur les lieux, Walmart a reporté la faute sur un fournisseur qui a sous-traité le travail à cette usine, prétendument sans son autorisation.</p>
<p>Dans des pays comme le Bangladesh, les multinationales, travaillant avec les syndicats et les organisations non gouvernementales, ont établi divers systèmes d'inspection pour la sécurité et les conditions de travail. Ces audits censés être indépendants sont une manœuvre de diversion pour protéger les noms des marques et les profits, ainsi que pour éviter toute responsabilité juridique. La chaîne de magasins européenne C&A, qui avait commandé des sweat-shirts à Tazreen Fashions, a reconnu que ses audits prétendument obligatoires n'avaient tout simplement pas été faits.</p>
<p>Aucune de ces grandes compagnies ne commet ce genre d'erreur quand il est question de passer en revue les quantités produites, la qualité et le coût des objets produits dans les usines de misère du Bangladesh. Elles savent toutes très bien que l'amélioration des conditions de travail, des mesures de sécurité et des salaires de misère ne feraient qu'augmenter le prix, et par conséquent elles ferment les yeux.</p>
<p>Les conditions de travail à Tazreen Fashions n'étaient pas une exception, mais la règle. L'incendie de samedi n'était que le pire des incendies qui ont coûté au moins 500 vies depuis 2006. L'industrie textile au Bangladesh s'est développée au cours des trente dernières années pour devenir la deuxième du monde, après la Chine, précisément parce que ses salaires sont les plus bas de toutes les plateformes de travail à bas coût.</p>
<p>Un commentaire dans le Financial Express du Bangladesh hier détaillait les conditions abominables dans le secteur du textile : « Seuls quelques propriétaires d'usines textiles payent les salaires mensuels et les heures supplémentaires à leurs ouvriers le jour dû […] Dans la plupart des usines, les propriétaires gardent délibérément au moins deux mois de salaires et d'heures supplémentaires en arriérés. La direction embauche et licencie les travailleurs au hasard et ceux qui sont renvoyés, dans la plupart des cas, ne touchent pas leur dû. De plus, en l'absence de jour de repos hebdomadaire, les travailleurs, leurs familles et leurs enfants sont tous sévèrement affectés mentalement et physiquement.</p>
<p>« La plupart des usines textiles du Bangladesh n'ont pas de mesures de sécurité élémentaires, pas même le nombre requis d'extincteurs. 227 usines rien qu'à Dhaka n'ont pas de sortie de secours. La plupart des usines ne font pas l'exercice d'évacuation mensuel obligatoire […] D'après les enquêtes nationales sur le travail, il n'y a que cinq inspecteurs pour toute cette industrie, soit autant que dans les années 1970, quand elle avait commencé à se développer. »</p>
<p>Après avoir décrit cette exploitation capitaliste d'une manière dévastatrice, ce journal du monde des affaires se contente de conclure par un appel futile aux employeurs et au gouvernement pour qu'ils « réparent notre secteur vestimentaire. » Cependant, la préoccupation du gouvernement, des employeurs comme des grandes entreprises, avec le soutien des syndicats, est de défléchir les critiques et la colère du public pour s'assurer que les usines restent ouvertes et que les profits de 19 milliards d'euros par an à l'export continuent à affluer.</p>
<p>Les entreprises du Bangladesh sont en compétition à couteaux tirés avec leurs rivaux des autres pays d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine pour les commandes et les bénéfices. Les conditions de travail et les mesures de sécurité imposées aux travailleurs de ces pays ne sont pas différentes de celles du Bengladesh.</p>
<p>En septembre, le pire incendie d'usine a eu lieu à Ali Enterprises, au Pakistan, faisant près de 300 morts, surpassant les 188 décès d'une usine de jouets en Thaïlande en 1993. L'histoire dans ces deux cas était la même : pas de sorties de secours, escaliers bloqués et portes fermées à clef, et aucune mesure anti-incendie en place, forçant les travailleurs à sauter par la fenêtre, parfois en se tuant ainsi. Une fois que la colère populaire s'était calmée, tout avait repris comme avant.</p>
<p>Loin d'améliorer les conditions et la sécurité, la crise économique mondiale impose aux entreprises de négliger ces points et de faire peser des fardeaux supplémentaires sur les travailleurs tandis que les entreprises luttent pour rester dans la compétition. Les salaires et les conditions de travail dans les économies dites en développement deviennent la norme pour les pays capitalistes avancés. Il y a déjà eu une érosion massive du niveau de vie dans les pays au cœur de la crise de la dette européenne – Grèce, Espagne, Portugal, et Italie.</p>
<p>Les tragédies du type de celle de l'usine Tazreen Fashions ne vont pas être arrêtées par des appels au gouvernement et aux entreprises multinationales. La seule voie pour mettre fin à de tels crimes est par la lutte unifiée des travailleurs du monde pour mettre fin au système d'exploitation barbare et réorganiser la société sur la base d'une économie mondiale socialiste planifiée.</p></div>