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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;
Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.fr/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>&#034;La question n&#232;gre&#034; par CLR James</title>
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		<dc:date>2026-02-16T23:45:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>USA</dc:subject>
		<dc:subject>Esclaves Slaves</dc:subject>
		<dc:subject>C. L. R. James</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La question n&#232;gre &lt;br class='autobr' /&gt;
Par CLR James &lt;br class='autobr' /&gt;
1943 &lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;veloppement historique des N&#232;gres dans la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine &lt;br class='autobr' /&gt;
L'historique de la question n&#232;gre et du mouvement r&#233;volutionnaire am&#233;ricain, en g&#233;n&#233;ral, ainsi que celui du mouvement trotskyste, en particulier, rend actuellement n&#233;cessaire l'examen, m&#234;me bref, du r&#244;le des n&#232;gres dans le d&#233;veloppement politique de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine. &lt;br class='autobr' /&gt;
En 1776, les masses n&#232;gres ne jouaient aucun r&#244;le primordial et la r&#233;volution aurait eu le d&#233;veloppement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique52" rel="directory"&gt;08- Le mouvement noir aux USA&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot26" rel="tag"&gt;USA&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot53" rel="tag"&gt;Esclaves Slaves&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot198" rel="tag"&gt;C. L. R. James&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La question n&#232;gre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par CLR James&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1943&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement historique des N&#232;gres dans la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'historique de la question n&#232;gre et du mouvement r&#233;volutionnaire am&#233;ricain, en g&#233;n&#233;ral, ainsi que celui du mouvement trotskyste, en particulier, rend actuellement n&#233;cessaire l'examen, m&#234;me bref, du r&#244;le des n&#232;gres dans le d&#233;veloppement politique de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1776, les masses n&#232;gres ne jouaient aucun r&#244;le primordial et la r&#233;volution aurait eu le d&#233;veloppement g&#233;n&#233;ral qu'elle a eu effectivement, m&#234;me si pas un n&#232;gre n'avait v&#233;cu aux Etats-Unis. Cependant, d&#232;s que commen&#231;a la lutte r&#233;volutionnaire, les n&#232;gres oblig&#232;rent la bourgeoisie r&#233;volutionnaires &#224; comprendre les droits des n&#232;gres dans les droits de l'homme. Les n&#232;gres eux-m&#234;mes jou&#232;rent un r&#244;le important dans la lutte militaire de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre 1800 et 1830, les n&#232;gres, d&#233;sappoint&#233;s par les r&#233;sultats de la r&#233;volution, firent l'exp&#233;rience d'une s&#233;rie de r&#233;voltes. Vers 1831, la d&#233;mocratie petite bourgeoise am&#233;ricaine entra dans une p&#233;riode d'agitation d&#233;bordante d'&#233;galitarisme humanitaire. D&#233;sappoint&#233;s par leurs d&#233;faites des ann&#233;es 1800 &#224; 1830, les esclaves n&#232;gres du Sud, aid&#233;s par les N&#232;gres libres du Nord, cherch&#232;rent &#224; acqu&#233;rir leur libert&#233; par une lutte de masses. Gr&#226;ce &#224; cette action spontan&#233;e, le mouvement petit bourgeois pour les droits de l'homme fut rapidement domin&#233; par la lutte pour l'abolition de l'esclavage ; le lien qui existait entre la bourgeoisie nordiste et les planteurs sudistes dut beaucoup plus fort en 1860 que celui qui reliait la bourgeoisie coloniale et la bourgeoisie anglaise en 1776. La bourgeoisie nordiste usa de tous les moyens en son pouvoir pour &#233;viter le choc r&#233;volutionnaire. L'agitation de la petite bourgeoisie, stimul&#233;e, maintenue et renforc&#233;e pendant des ann&#233;es par le refus des masses esclaves d'accepter leur situation, fut le facteur subjectif le plus important pour d&#233;ployer dans la conscience du peuple l'id&#233;e de l'irr&#233;pressibilit&#233; du conflit. Pendant la guerre civile, l'action r&#233;volutionnaire des masses n&#232;gres du Sud joua un r&#244;le d&#233;cisif dans la victoire nordiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le mouvement agraire du Sud des ann&#233;es 1890, les fermiers et les semi-prol&#233;taires n&#232;gres, organis&#233;s d'une mani&#232;re autonome &#224; concurrence d'un million deux cent cinquante mille dans l'Alliance nationale des fermiers de couleur, constitu&#232;rent une aile active et puissante du mouvement populiste. Ils furent des partisans actifs de la scission avec le Parti R&#233;publicain et de la constitution d'un troisi&#232;me parti ayant des buts sociaux aussi bien qu'&#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'importance des N&#232;gres, en tant que force r&#233;volutionnaire, s'est d&#233;velopp&#233;e en m&#234;me temps que l'&#233;conomie am&#233;ricaine. Parall&#232;lement s'est d&#233;velopp&#233; le pr&#233;jug&#233; racial contre les N&#232;gres. Entre 1830 et 1860 les planteurs sudistes ont cultiv&#233; la th&#233;orie de l'inf&#233;riorit&#233; noire &#224; un degr&#233; d&#233;passant de tr&#232;s loin celui des temps les plus recul&#233;s de l'esclavage ; ils &#233;taient pouss&#233;s &#224; agir ainsi par les divergences croissantes qui se d&#233;veloppaient entre la d&#233;mocratie bourgeoisie en pleine croissance et les besoins de l'&#233;conomie esclavagiste. Afin de vaincre la menace terrible que constitue l'unit&#233; des blancs et des noirs en particulier celle pr&#233;conis&#233;e par le Populisme, la &#171; plantocratie &#187; sudiste &#233;leva la conscience raciale &#224; la hauteur d'un principe. Tout le pays fut impr&#233;gn&#233; de cette id&#233;e. Ainsi, au fur et &#224; mesure qu'ils sont de plus en plus int&#233;gr&#233;s dans la production, int&#233;gration qui devient de jour en jour un processus sociale, les N&#232;gres deviennent plus conscients que jamais qu'ils sont exclus des privil&#232;ges d&#233;mocratiques en tant que groupe racial s&#233;par&#233; de la communaut&#233;. Ce double ph&#233;nom&#232;ne est la cl&#233; de l'analyse marxiste de la question n&#232;gre aux Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, dans l'ensemble du pays, comme dans le monde en g&#233;n&#233;ral, les droits d&#233;mocratiques deviennent de plus en plus un br&#251;lant probl&#232;me politique &#224; cause des attaques g&#233;n&#233;ralis&#233;es de la soci&#233;t&#233; bourgeoise en d&#233;clin contre les principes de la d&#233;mocratie en g&#233;n&#233;ral. Simultan&#233;ment, l'ascension du mouvement ouvrier accroit la conscience du fait que la classe des travailleurs est une force sociale dans la r&#233;organisation de la soci&#233;t&#233;. Ainsi, le N&#232;gre dans sa lutte plus que centenaire pour les droits d&#233;mocratiques se trouve plac&#233; en face de la conscience subjective de lui-m&#234;me en tant que minorit&#233; raciale opprim&#233;e et la conscience objective des travailleurs en tant que rempart de la lutte d&#233;mocratique en g&#233;n&#233;ral dans ce pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; la lumi&#232;re de cette contradiction que nous devons &#233;tudier le d&#233;veloppement parmi les N&#232;gres de la compr&#233;hension de ce qu'est l'oppression nationale et de ce que doivent &#234;tre, &#224; l'&#233;poque actuelle, les efforts pour s'en lib&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nationalisme n&#232;gre : premi&#232;re phase&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re r&#233;action des masses noires &#224; la consolidation du bloc sudiste fut la politique de Booker T. Washington, qui conseilla la soumission, l'apprentissage dans l'industrie, et le d&#233;veloppement des entreprises n&#232;gres. Pendant un moment, les N&#232;gres du Sud sembl&#232;rent accepter de programme. Mais en r&#233;alit&#233; naquit alors une haine furieuse mais contenue envers les blancs du fait de l'oppression, et en particulier de l'humiliation raciale &#224; laquelle les N&#232;gres &#233;taient alors soumis. L'appr&#233;ciation de ce fait est fondamentale pour comprendre un tant soit peu le probl&#232;me n&#232;gre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la premi&#232;re guerre mondiale, les besoins de l'industrie nordiste amen&#232;rent vers le Nord des milliers de N&#232;gres. Le ressentiment tacite &#233;clata alors ouvertement, s'organisa et s'&#233;gara dans le Garveyisme. Ainsi, une explosion essentiellement nationaliste eut lieu au moment m&#234;me o&#249; les N&#232;gres s'int&#233;graient dans la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine et o&#249; ils pouvaient par cela m&#234;me s'exprimer librement. Sa premi&#232;re signification fut d'endiguer la force puissante de protestation sociale qui couvait dans le c&#339;ur des N&#232;gres. La seconde r&#233;side dans le fait qu'elle se constitua pr&#233;cis&#233;ment parce que les n&#232;gres avaient fait un progr&#232;s &#233;conomique et social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les N&#232;gres et les organisations ouvri&#232;res&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les N&#232;gres, gr&#226;ce &#224; la place qu'ils occupent en tant que section la plus opprim&#233;e du prol&#233;tariat et gr&#226;ce &#224; leur sens de l'oppression nationale, se sont toujours montr&#233;s pr&#234;ts, dans l'ensemble, &#224; se joindre aux organisations ouvri&#232;res. L'exclusion des N&#232;gres de l'A.F.L. Correspondait &#224; une p&#233;riode de collaboration de classe pratiqu&#233;e par la direction de l'A.F.L. Quand le I.W.W. Brandit le drapeau du syndicalisme militant parmi les sections les plus opprim&#233;es et les plus exploit&#233;es de la population laborieuse, les ouvriers n&#232;gres r&#233;pondirent aussi bien en tant que membres qu'en tant qu'organisateurs. De plus. l'I.W.W, donna aux N&#232;gres l'id&#233;e d'un programme social pour la r&#233;g&#233;n&#233;ration de la soci&#233;t&#233; avec laquelle les N&#232;gres ont toujours &#233;t&#233; d'accord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1932, les N&#232;gres, de m&#234;me que le reste du mouvement ouvrier, suivirent le programme du New Deal avec ses grandes promesses d'un ordre nouveau am&#233;ricain. Mais le gouvernement de Roosevelt, bien qu'ayant n&#233;cessairement compris les N&#232;gres dans son programme social pour les ch&#244;meurs, ne fit rien pour r&#233;aliser ses vagues promesses pour l'am&#233;lioration du sort des N&#232;gres opprim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le C.I.O., &#233;tant surtout une organisation des industries lourdes, fut oblig&#233; d'organiser les N&#232;gres des grandes industries comme les aci&#233;ries et l'industrie automobile, ou bien de ne rien organiser du tout. Les masses n&#232;gres, en d&#233;pit de quelques h&#233;sitations, r&#233;pondirent magnifiquement, et aujourd'hui elles constituent des groupes puissants et progressistes dans plusieurs syndicats du C.I.O.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette participation au mouvement syndical actif est indubitablement d'une grande signification, non seulement pour la classe ouvri&#232;re en g&#233;n&#233;ral, mais pour le peuple n&#232;gre. Cependant, la lutte principale des masses n&#232;gres des Etats-Unis a &#233;t&#233; et, jusqu'&#224; l'accomplissement du socialisme, continuera &#224; &#234;tre leur lutte pour les droits d&#233;mocratiques en tant que minorit&#233; nationale opprim&#233;e. Leur entr&#233;e dans les rangs des organisations ouvri&#232;res n'amoindrit pas leur sens de l'oppression nationale. Au contraire, elle l'accro&#238;t et, en plein accord avec le r&#244;le qu'elles Jou&#232;rent dans les crises r&#233;volutionnaires pass&#233;es et dans le d&#233;veloppement des antagonismes de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine, cette action autonome des masses n&#232;gres joue d&#233;j&#224; un r&#244;le li&#233; &#224; celui du prol&#233;tariat am&#233;ricain qui constitue un des &#233;l&#233;ments les plus importants de la lutte cour le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nationalisme n&#232;gre : seconde phase !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tumultueuse situation mondiale, l'&#233;touffement de la d&#233;mocratie par l'imp&#233;rialisme anglo-am&#233;ricain et les revendications croissantes des travailleurs organis&#233;s des &#201;tats-Unis pour l'extension de plus en plus grande des droits d&#233;mocratiques, ces revendications stimul&#232;rent chez le peuple n&#232;gre, au commencement de la deuxi&#232;me guerre mondiale, un d&#233;sir plus intense que jamais de lutter pour l'&#233;galit&#233;. Pouss&#233; par les n&#233;cessit&#233;s de la guerre, le gouvernement de Roosevelt appela le peuple am&#233;ricain &#224; faire de grands sacrifices n&#233;cessaires &#224; la guerre, au nom de la d&#233;mocratie. En m&#234;me temps, cependant, les besoins sp&#233;ciaux et les pratiques de la soci&#233;t&#233; sudiste et de l'industrie en g&#233;n&#233;ral fortifi&#232;rent, gr&#226;ce au pr&#233;jug&#233; racial maintenant bien &#233;tabli dans la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine, toute interdiction &#224; l'extension des droits d&#233;mocratiques au peuple n&#232;gre. Au contraire, les pers&#233;cutions et les discriminations de la premi&#232;re guerre mondiale ont &#233;t&#233; intensifi&#233;es. Les attaques violentes et les humiliations auxquelles les n&#232;gres on ! &#233;t&#233; soumis, dans l'arm&#233;e en particulier, ont soulev&#233; l'indignation des masses n&#232;gres &#224; un haut degr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les n&#232;gres ont r&#233;pondu par une offensive g&#233;n&#233;ralis&#233;e dans tout le pays. Cette offensive, qui a pour but surtout l'obtention du droit d'entr&#233;e dans l'Industrie et aussi dans les syndicats de Jim Crow, s'est exprim&#233;e non seulement par des mouvements de masses mais par une d&#233;termination croissante de lutter d'une mani&#232;re individuelle et souvent terroriste contre toute manifestation de sup&#233;riorit&#233; de la part des blancs. Les jeunes n&#232;gres en particulier marchent maintenant dans les rues de beaucoup de villes avec la d&#233;termination de se d&#233;fendre. Et dans des &#201;tats comme la Virginie, les Carollnes et le Tennessee, leur attitude dans les tramways, leur soumission pleine de ressentiment aux vieilles lois de Jim Crow a cr&#233;&#233; un degr&#233; de tension sociale inconnue dans ces r&#233;glons depuis deux g&#233;n&#233;rations. Ceci a &#233;t&#233; une des causes essentielles qui a contribu&#233; &#224; cr&#233;er les &#233;ruptions racistes qui ont eut lieu dans diff&#233;rentes r&#233;gions du pays, L'Attorney general des Etats-Unis a fait la proposition fantastique et sans pr&#233;c&#233;dent d'interdire aux n&#232;gres de venir dans les cit&#233;s nordistes et a exprim&#233; publiquement ses craintes de rixes racistes imminentes. Il est caract&#233;ristique de la banqueroute de la bourgeoisie, face &#224; l'offensive massive des noirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le caract&#232;re et le haut degr&#233; de d&#233;veloppement de l'offensive g&#233;n&#233;ralis&#233;e des n&#232;gres a son expression caract&#233;ristique &#224; Harlem. Harlem est la concentration n&#232;gre urbaine la plus vaste de tout le pays. C'est l'endroit o&#249; les n&#232;gres se sentent le plus en s&#251;ret&#233;, les plus libres et partant le plus capables l'exprimer leur ressentiment. C'est donc pr&#233;cis&#233;ment &#224; Harlem qu'apparaissent le plus violemment les sentiments nationalistes n&#232;gres et les protestations sociales les plus profondes. En 1935 les n&#232;gres de Harlem firent une manifestation spontan&#233;e contre leurs conditions sociales en g&#233;n&#233;ral et en particulier contre le fait qu'ils n'&#233;taient pas employ&#233;s dans les magasins de Harlem. Les manifestations marqu&#232;rent le d&#233;but d'un mouvement qui amena des corrections substantielles &#224; cette injustice. En 1941 la communaut&#233; de Harlem organisa et mena &#224; la victoire une manifestation contre le refus d'employer des n&#232;gres comme conducteurs d'autobus. Des actions semblables ou des tentatives d'actions prirent place sur tout le territoire, sauf dans la partie la plus profonde du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les n&#232;gres ne se satisfont pas de manifestations locales ou simplement r&#233;gionales. Hautement significative est l'expression organis&#233;e de leur l'es sentiment. En 1940, le conseiller Powell, r&#233;alisant la n&#233;cessit&#233; de donner une expression organis&#233;e a l'&#233;chelle nationale de ce ressentiment, essaya de convoquer une conf&#233;rence nationale des leaders n&#232;gres &#224; New York. Le mouvement ne se mat&#233;rialisa pas, mais vers 1941, la pression des masses n&#232;gres for&#231;a la formation d'une organisation ayant pour but de marcher sur Washington et de faire une protestation violente &#224; l'&#201;tat contre l'oppression nationale des N&#232;gres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants n&#232;gres petits bourgeois vivent leurs organisations du N.A.A.C.P. et de l'Urban League rejet&#233;es toutes deux par les masses n&#232;gres comme incapables de satisfaire leurs revendications. Ils trembl&#232;rent devant cette pouss&#233;e puissante des masses n&#232;gres pr&#234;tes &#224; affronter l'&#201;tat capitaliste avec un esprit conscient de l'injustice dont elles sont victimes. Dans les personnes de A. Philip Randolph et de Walter White, Ils se h&#226;t&#232;rent de se mettre &#224; la t&#234;te du mouvement et de le diriger imm&#233;diatement vers le gouvernement Roosevelt qui se transforma lui-m&#234;me en dirigeant du peuple n&#232;gre sous les dehors de la Commission pour des pratiques justes dans l'emploi (F.E.P.C.). Les masses n&#232;gres attendirent patiemment que la F.E.P.C. r&#233;solve leurs probl&#232;mes dans l'industrie et, dans l'&#201;tat capitaliste, am&#233;liore la situation des n&#232;gres dans l'arm&#233;e. Du fait de l'incapacit&#233; du gouvernement Roosevelt et de la F.E.P.C &#224; am&#233;liorer l'injustice dont elles souffraient, les masses n&#232;gres se d&#233;cid&#232;rent &#224; prendre leur propre sort entre leurs mains. L'expression la plus caract&#233;ristique de ce sentiment fut la manifestation de Harlem &#224; laquelle particip&#232;rent plusieurs milliers de personnes, regard&#233;e avec sympathie par la grande majorit&#233; des habitants de Harlem et des n&#232;gres de tout le territoire am&#233;ricain. Examin&#233;e dans son ensemble elle peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une des manifestations les plus caract&#233;ristiques depuis le mouvement de Garvey de l'ind&#233;pendance protestataire sur le plan social de la part des N&#232;gres. Elle ne concernait pas seulement l'habitat mis&#233;rable, l'insuffisance des terrains de jeux ou la pauvret&#233; croissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La manifestation de Harlem, de m&#234;me que la gr&#232;ve des mineurs, repr&#233;sente une &#233;tape significative dans le d&#233;veloppement de la lutte contre la soci&#233;t&#233; capitaliste. La gr&#232;ve des mineurs n'&#233;tait pas seulement caus&#233;e par l'Injustice imm&#233;diate dont souffraient les mineurs mais par le degr&#233; de d&#233;veloppement atteint par le prol&#233;tariat am&#233;ricain dans son ensemble. Les mineurs firent ce que des millions d'Am&#233;ricains voulaient faire. La manifestation de Harlem est &#233;galement une indication des sentiments de la grande majorit&#233; des n&#232;gres de ce pays. Ces deux manifestations sont, dans leur force et dans leur faiblesse, les deux plus importants indices du ressentiment croissant des masses contre la soci&#233;t&#233; existante : c'est-&#224;-dire la soci&#233;t&#233; capitaliste, ressentiment r&#233;sultant de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, les leaders n&#232;gres petit bourgeois ont produit un manifeste politique qui, en d&#233;pit de toutes ses faiblesses prouve que le peuple n&#232;gre, dans l'ensemble, a adopt&#233; une attitude critique, en tant que N&#232;gres, - vis-&#224;-vis &#224; la fols du Parti R&#233;publicain et du Parti D&#233;mocrate. Les N&#232;gres qui protestent dans la rue et les petits bourgeois timides et h&#233;sitants ont atteint aujourd'hui un niveau tel dans leur &#233;volution que comme toujours dans le pass&#233;, le prochain pas historique qui leur reste &#224; faire est l'unit&#233; avec la classe r&#233;volutionnaire : c'est-&#224;-dire aujourd'hui le prol&#233;tariat am&#233;ricain. Dans la mesure o&#249; les N&#232;gres sont plus int&#233;gr&#233;s dans l'industrie et les syndicats, leur conscience de race opprim&#233;e et leur ressentiment contre cette oppression deviennent de plus en plus grands, et non moindres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le double d&#233;veloppement du peuple n&#232;gre pendant ces derni&#232;res ann&#233;es pose des probl&#232;mes exceptionnels et offre des occasions exceptionnelles au prol&#233;tariat am&#233;ricain et partant au part ! r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat am&#233;ricain et la question n&#232;gre aujourd'hui&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat am&#233;ricain est la classe dont le r&#244;le objectif &#224; l'&#233;tape pr&#233;sente est de r&#233;soudre les probl&#232;mes fondamentaux de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine. Toute analyse th&#233;orique du probl&#232;me n&#232;gre contemporain doit donc commencer par le lien croissant qui doit exister entre la lutte des n&#232;gres et les luttes g&#233;n&#233;rales du prol&#233;tariat, en tant que dirigeant des classes opprim&#233;es de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	A l'&#233;tape pr&#233;sente du capitalisme am&#233;ricain le grand danger pour les masses est le fascisme. Les &#233;v&#233;nements de Detroit et d'ailleurs ont d&#233;montr&#233; que les &#233;l&#233;ments fascistes exploitent jusqu'&#224; la derni&#232;re limite le probl&#232;me n&#232;gre aux &#201;tats-Unis afin de semer la confusion, de d&#233;sorganiser et de diviser les grandes masses populaires et de d&#233;router le leader naturel de la lutte contre le fascisme : la classe ouvri&#232;re organis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	La bourgeoisie am&#233;ricaine, qu'elle soit d&#233;mocrate ou r&#233;publicaine, est parfaitement au courant de la nature permanente de la crise agricole et a d&#233;j&#224; prouv&#233; sa d&#233;termination de corrompre les paysans en vue de la maintenir contre les organisations ouvri&#232;res. Cependant, les ouvriers agricoles et tout le prol&#233;tariat paysan sont ins&#233;parables dans le cadre de la soci&#233;t&#233; capitaliste. La solution du probl&#232;me agraire aux &#201;tats-Unis r&#233;side dans le prol&#233;tariat et toute solution est li&#233;e automatiquement &#224; la situation sociale g&#233;n&#233;rale de millions de n&#232;gres des &#201;tats sudistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Le Sud pr&#233;sente le probl&#232;me le plus grave de la d&#233;mocratie aux &#201;tats-Unis. Les reliquats &#233;conomiques de l'esclavage, une paysannerie nombreuse et sans propri&#233;t&#233;, le d&#233;veloppement sur une grande &#233;chelle, surtout des industries extractives, le transfert de l'industrie textile du Nord, un mouvement ouvrier qui se d&#233;veloppe de plus en plus ; tout cela est p&#233;n&#233;tr&#233; d'un syst&#232;me de castes comparable &#224; rien d'autre dans le monde moderne. Pour faire tenir ensemble ces &#233;l&#233;ments divers et contradictoires, il existe une superstructure politique avec les formes ext&#233;rieures de la d&#233;mocratie bourgeoise. Ce conglom&#233;rat extraordinaire de forces explosives est situ&#233;, non pas comme aux Indes, &#224; des milliers de kilom&#232;tres de la m&#233;tropole, mais au c&#339;ur m&#234;me de la d&#233;mocratie bourgeoise la plus avanc&#233;e du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arm&#233;s de la th&#233;orie de Trotsky sur la r&#233;volution permanente que nous devons appliquer dans notre pays, aussi bien que dans les autres pays, le parti Bolchevik doit &#234;tre capable de pr&#233;voir le &#171; t&#233;lescopage &#187; de la r&#233;volution industrielle, agricole et sociale dans le Sud. Ces contradictions se d&#233;veloppent &#224; un moment o&#249; le fascisme, l'ennemi de la d&#233;mocratie et le d&#233;fenseur le plus &#233;loquent de la domination raciale, fait l'exp&#233;rience de d&#233;faites &#233;clatantes aux prix de grands sacrifices de la part du peuple am&#233;ricain. L'hypocrisie grossi&#232;re qu'il comporte a p&#233;n&#233;tr&#233; profond&#233;ment dans l'esprit des n&#232;gres du Sud. La familiarit&#233; avec cette situation et l'acceptation comparative par les masses, en particulier les masses n&#232;gres, dans le pass&#233;, ne doit pas affaiblir notre compr&#233;hension du potentiel dynamique que la situation repr&#233;sente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est possible qu'avant que les forces &#233;conomiques et politiques g&#233;n&#233;rales du Sud aient atteint leur point d'explosion, les masses n&#232;gres puissent par leurs actions ind&#233;pendantes de masses poser toutes les questions purement en termes d'&#233;galit&#233; des droits n&#232;gres. Quelle que soit l'allure du d&#233;veloppement g&#233;n&#233;ra ! ou les formes qu'il peut prendre, nous devons nous attendre &#224; ce que dans le cours de la prochaine p&#233;riode, la p&#233;riode de la crise sociale en Am&#233;rique, le prol&#233;tariat am&#233;ricain, dans l'ensemble, se trouve plac&#233; en face de ce probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	M&#234;me aujourd'hui, dans les luttes quotidiennes pour les droits d&#233;mocratiques, les propri&#233;taires et les industriels sudistes se sont r&#233;v&#233;l&#233;s &#234;tre les ennemis irr&#233;ductibles, non seulement de la classe ouvri&#232;re, mais des droits d&#233;mocratiques du peuple am&#233;ricain dans son ensemble. De larges sections de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine, en particulier les travailleurs organis&#233;s et la majorit&#233; des N&#232;gres du Nord sont maintenant pleinement conscients de cela et sont &#233;galement conscients que la base de la puissance politique sudiste est la d&#233;gradation &#233;conomique et raciale des N&#232;gres du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des quatre points ci-dessus, certaines conclusions d'une extr&#234;me importance pour le prol&#233;tariat am&#233;ricain peuvent &#234;tre tir&#233;es. En Am&#233;rique, comme dans tout autre pays, une lutte fondamentale existe entre le prol&#233;tariat et la bourgeoisie pour le contr&#244;le des sources &#233;conomiques de la puissance sociale et politique. Mais dans tous les pays cette lutte rev&#234;t des formes historiques sp&#233;ciales. C'est la t&#226;che du parti r&#233;volutionnaire, tout d'abord, de s'&#233;clairer lui-m&#234;me afin d'&#234;tre capable d'&#233;clairer le prol&#233;tariat sur le r&#244;le crucial du probl&#232;me n&#232;gre dans la d&#233;fense de ses propres positions et la reconstruction de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question n&#232;gre en tant que question nationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces 14 millions de n&#232;gres des &#201;tats-Unis sont soumis &#224; toutes les vari&#233;t&#233;s concevables de l'oppression &#233;conomique et de la discrimination sociale et politique. Ces tortures sont, dans une large mesure, sanctifi&#233;es par la loi et pratiqu&#233;es sans aucune honte par tous les organes gouvernementaux. Les n&#232;gres, toutefois, sont et ont &#233;t&#233; pendant plusieurs si&#232;cles et dans tous les sens du mot Am&#233;ricains. Ils ne sont pas s&#233;par&#233;s de leurs oppresseurs par des diff&#233;rences de culture, des diff&#233;rences de religion, de langage, comme les habitants de l'Inde ou de l'Afrique. Ils ne sont pas m&#234;me r&#233;gionalement s&#233;par&#233;s du reste de la communaut&#233; comme les groupes nationaux de Russie, d'Espagne ou de Yougoslavie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les n&#232;gres sont en majorit&#233; des prol&#233;taires ou des semi-prol&#233;taires et, partant, la lutte des n&#232;gres est fondamentalement une question de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les n&#232;gres ne constituent pas une nation, mais &#224; cause de leur situation sp&#233;ciale, leur groupement isol&#233; du reste de la population, l'oppression &#233;conomique, sociale et politique dont ils sont victimes, la diff&#233;rence de couleur qui les singularise si facilement du reste de la communaut&#233;, leur probl&#232;me devient le probl&#232;me d'une minorit&#233; nationale. La question n&#232;gre fait partie de la question nationale mais non pas la question &#171; nationale &#187;. Cette minorit&#233; nationale est plus facilement distincte du reste de la communaut&#233; par ses caract&#233;ristiques raciales. Mais la question n&#232;gre est une question de race et non de &#171; race &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition qui existe entre leur situation et les privil&#232;ges dont jouissent ceux qui les entourent a toujours fait des n&#232;gres la section de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine la plus r&#233;ceptive aux id&#233;es r&#233;volutionnaires et aux solutions radicales des probl&#232;mes sociaux. Les luttes de la classe ouvri&#232;re blanche contre la loi objective du capitalisme et pour des buts subjectifs concrets, &#224; la veille m&#234;me de la r&#233;volution, ne peut se manifester enti&#232;rement en termes concrets et positifs. Les n&#232;gres, au contraire, luttent et continueront &#224; lutter objectivement contre le capital, mais &#224; rencontre des travailleurs blancs, ils luttent pour des droits d&#233;mocratiques tr&#232;s concrets et objectifs qu'ils voient autour d'eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais toute l'histoire des &#201;tats-Unis et celle du r&#244;le des n&#232;gres dans l'&#233;conomie et la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine sont une preuve constante du fait qu'il est impossible aux n&#232;gres de conqu&#233;rir l'&#233;galit&#233; sous le r&#233;gime capitaliste am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement de la soci&#233;t&#233; capitaliste am&#233;ricaine et le r&#244;le que les n&#232;gres y jouent sont tels que la lutte des noirs pour ses droits d&#233;mocratiques met les n&#232;gres presque imm&#233;diatement face &#224; face avec le capitalisme et avec l'&#201;tat. Le soutien des marxistes de la lutte des n&#232;gres pour les droits d&#233;mocratiques ne constitue pas une concession de leur part. Aux &#201;tats-Unis aujourd'hui cette lutte constitue une part directe de la lutte pour le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte nationale et la lutte pour le socialisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les probl&#232;mes s&#233;rieux issus de la question n&#232;gre tournent autour du lien qui existe entre les actions ind&#233;pendantes des masses n&#232;gres pour les droits d&#233;mocratiques et la lutte de la classe ouvri&#232;re pour le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au IIe Congr&#232;s de l'Internationale Communiste, les th&#232;ses de L&#233;nine distinguent comme exemples de la question nationale et coloniale la question irlandaise et la question des n&#232;gres d'Am&#233;rique. L&#233;nine basait ses appr&#233;ciations sur une &#233;tude serr&#233;e de la situation &#233;conomique des n&#232;gres aux &#201;tats-Unis et de la R&#233;volte Irlandaise en 1916.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le d&#233;veloppement historique de la lutte des n&#232;gres aux &#201;tats-Unis et ses rapports avec la lutte des classes r&#233;volutionnaires prouve que l'analyse l&#233;niniste de la question n&#232;gre comme partie de la question nationale constitue la m&#233;thode juste avec laquelle on doit aborder ce probl&#232;me. Il est donc n&#233;cessaire d'avoir une conception pr&#233;cise et claire de l'application de cette m&#233;thode. L'exemple le meilleur en est l'appr&#233;ciation de L&#233;nine de la R&#233;volte Irlandaise pendant la premi&#232;re guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine souhaite illustrer la lutte sp&#233;cifiquement nationaliste de la R&#233;volte Irlandaise dans ses relations avec la lutte socialiste du prol&#233;tariat britannique contre l'imp&#233;rialisme britannique. Il se sert de l'exp&#233;rience de la R&#233;volution Russe de 1905 qui prit place exclusivement dans le cadre des limites nationales de la Russie. Il utilise &#233;galement non pas les luttes des minorit&#233;s nationales opprim&#233;es, mais la lutte de la petite bourgeoisie des paysans et des autres groupes non prol&#233;tariens, interm&#233;diaires entre les classes, en rapport avec la lutte du prol&#233;tariat russe. Nous avons ainsi une illustration concr&#232;te de l'application de la m&#233;thode &#224; des groupes et des classes superficiellement divers mais fondamentalement semblables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	La r&#233;volution russe de 1905 a &#233;t&#233; une r&#233;volution d&#233;mocratique bourgeoise. Elle a consist&#233; en une s&#233;rie de batailles livr&#233;es par toutes les classes, groupes et &#233;l&#233;ments m&#233;contents de la population. Parmi eux, il y avait des masses aux pr&#233;jug&#233;s les plus barbares, luttant pour les objectifs les plus vagues et les plus fantastiques, il y avait des groupuscules qui recevaient de l'argent japonais, il y avait des sp&#233;culateurs et des aventuriers, etc. Objectivement, le mouvement des masses &#233;branlait le tsarisme et frayait la voie &#224; la d&#233;mocratie, et c'est pourquoi les ouvriers conscients &#233;taient &#224; sa t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis, la r&#233;volution socialiste consistera en une s&#233;rie de batailles auxquelles les classes, groupes et &#233;l&#233;ments m&#233;contents de tous les types participeront selon leur propre voie et formeront une force qui contribuera aux grandes luttes ultimes qui seront guid&#233;s par le prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	La r&#233;volution socialiste en Europe ne peut pas &#234;tre autre chose que l'explosion de la lutte de masse des opprim&#233;s et m&#233;contents de toute esp&#232;ce. Des &#233;l&#233;ments de la petite bourgeoisie et des ouvriers arri&#233;r&#233;s y participeront in&#233;vitablement - sans cette participation, la lutte de masse n'est pas possible, aucune r&#233;volution n'est possible - et, tout aussi in&#233;vitablement, ils apporteront au mouvement leurs pr&#233;jug&#233;s, leurs fantaisies r&#233;actionnaires, leurs faiblesses et leurs erreurs. Mais, objectivement, ils s'attaqueront au capital, et l'avant-garde consciente de la r&#233;volution, le prol&#233;tariat avanc&#233;, qui exprimera cette v&#233;rit&#233; objective d'une lutte de masse disparate, discordante, bigarr&#233;e, &#224; premi&#232;re vue sans unit&#233;, pourra l'unir et l'orienter, conqu&#233;rir le pouvoir, s'emparer des banques, exproprier les trusts ha&#239;s de tous (bien que pour des raisons diff&#233;rentes !)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis, la r&#233;volution sociale est impossible sans les luttes ind&#233;pendantes des masses n&#232;gres, quels que soient les pr&#233;jug&#233;s, les fantaisies r&#233;actionnaires, la faiblesse et les erreurs de ces luttes. La composition prol&#233;tarienne du peuple n&#232;gre et la croissance du mouvement ouvrier offrent des possibilit&#233;s au peuple n&#232;gre de perdre ces pr&#233;jug&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	La lutte des nations opprim&#233;es en Europe, capable d'en arriver &#224; des insurrections et &#224; des combats de rues, &#224; la violation de la discipline de fer de l'arm&#233;e et &#224; l'&#233;tat de si&#232;ge, &#171; aggravera la crise r&#233;volutionnaire en Europe &#187; infiniment plus qu'un soul&#232;vement de bien plus grande envergure dans une colonie lointaine. A force &#233;gale, le coup port&#233; au pouvoir de la bourgeoisie imp&#233;rialiste anglaise par l'insurrection en Irlande a une importance politique cent fois plus grande que s'il avait &#233;t&#233; port&#233; en Asie ou en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les coups port&#233;s par une minorit&#233; nationale opprim&#233;e aussi li&#233;e &#224; la structure sociale des &#201;tats-Unis que l'est la minorit&#233; n&#232;gre, renferment une signification politique d'une plus grande importance dans ce pays qu'un coup port&#233; par tout autre section de la population except&#233; le prol&#233;tariat organis&#233; lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	La dialectique de l'histoire fait que les petites nations, impuissantes en tant que facteur ind&#233;pendant dans la lutte contre l'imp&#233;rialisme, jouent le r&#244;le d'un des ferments, d'un des bacilles, qui favorisent l'entr&#233;e en sc&#232;ne de la force v&#233;ritablement capable de lutter contre l'imp&#233;rialisme, &#224; savoir : le prol&#233;tariat socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis, les n&#232;gres sont indubitablement d&#233;nu&#233;s du pouvoir de r&#233;aliser leur &#233;mancipation compl&#232;te ou m&#234;me substantielle en tant que facteur ind&#233;pendant dans la lutte contre le capitalisme am&#233;ricain. Mais le r&#244;le historique des n&#232;gres aux &#201;tats-Unis est tel, et leur relation avec le prol&#233;tariat am&#233;-ricain est telle que leurs luttes ind&#233;pendantes constituent le stimulant le plus fort dans la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine pour faire reconna&#238;tre au prol&#233;tariat am&#233;ricain quelles sont ses r&#233;elles responsabilit&#233;s vis-&#224;-vis du processus national, dans son ensemble et quelle force il repr&#233;sente contre l'Imp&#233;rialisme am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation id&#233;ale serait que la lutte du groupe minoritaire soit organis&#233;e et conduite par le prol&#233;tariat. Mais faire de cela la condition sine qua non du soutien de la lutte des groupes non-prol&#233;tariens, semi-prol&#233;tariens ou sans conscience de classe est une r&#233;pudiation de toute la th&#233;orie et de la pratique marxistes. Ainsi, il est absolument faux de conclure que la lutte ind&#233;pendante des masses n&#232;gres pour leurs droits d&#233;mocratiques doit &#234;tre consid&#233;r&#233;e seulement comme une &#233;tape pr&#233;liminaire vers la reconnaissance par les n&#232;gres que la vraie lutte est la lutte pour le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement marxiste et la question n&#232;gre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement marxiste aux &#201;tats-Unis n'a pas r&#233;ussi, &#224; quelques exceptions pr&#232;s, &#224; comprendre le fait que la question n&#232;gre fait partie de la question nationale. Ceci n'est pas surprenant car il a t&#233;moign&#233; peu d'int&#233;r&#234;t aux n&#232;gres, sauf lorsqu'il &#233;tait stimul&#233; directement et avec insistance par le mouvement international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement socialiste de Debs consid&#233;rait tout appel au peuple n&#232;gre comme contraire &#224; l'esprit du socialisme. Randolph a fait appel aux n&#232;gres pour qu'ils deviennent socialistes, mais se montre lui-m&#234;me incapable d'appr&#233;hender le mouvement nationaliste du Garveyisme qui pr&#233;valait &#224; l'&#233;poque. Le parti communiste presque jusqu'en 1928 &#233;tait incapable de comprendre et la signification de la question n&#232;gre aux Etats-Unis et la m&#233;thode de travail n&#233;cessaire pour l'aborder. Ce ne fut que gr&#226;ce &#224; l'Intervention radicale de l'I.C., quel que f&#251;t le but qu'elle poursuivait, que le parti communiste en 1929 commen&#231;a &#224; aborder s&#233;rieusement la question n&#232;gre. En d&#233;pit de nombreuses exag&#233;rations, le tournant vers ce probl&#232;me fut sain et efficace, mais il fut s&#233;rieusement handicap&#233; par l'adoption d'une politique de soutien &#224; l'auto-d&#233;termination de la Ceinture Noire. En 1936 avec le nouveau tournant de l'I.C. vers le social patriotisme, le travail du parti communiste parmi les n&#232;gres commen&#231;a &#224; se d&#233;t&#233;riorer progressivement. Le mouvement trotskyste depuis ses origines, de 1928 &#224; 1938, t&#233;moigna encore moins d'int&#233;r&#234;t &#224; la question n&#232;gre que le parti communiste, et, cette fois encore, ce fut sous l'influence de l'organisation internationale que le mouvement marxiste am&#233;ricain s'int&#233;ressa activement &#224; la question n&#232;gre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky et la question n&#232;gre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky commen&#231;a &#224; prendre un int&#233;r&#234;t sp&#233;cial &#224; la question n&#232;gre d&#232;s qu'il s'attaqua lui-m&#234;me aux probl&#232;mes am&#233;ricains du point de vue de la constitution d'une organisation trotskyste r&#233;volutionnaire. Depuis ce temps-l&#224; il ne cessa de mettre l'accent sur l'importance de cette question. Bien que non ordon-n&#233;es et dans une certaine mesure accidentelles, ces discussions et ces conversations sont organis&#233;es gr&#226;ce &#224; la mani&#232;re tr&#232;s homog&#232;ne dont les questions y sont trait&#233;es et r&#233;unies toutes ensemble, elles constituent un exemple remarquable d'analyse marxiste pour tout travail n&#232;gre aux Etats-Unis. Dans toute r&#233;solution sur la question n&#232;gre &#224; l'&#233;poque actuelle, il est n&#233;cessaire de r&#233;sumer bri&#232;vement les id&#233;es de Trotsky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la question de l'auto-d&#233;termination, Trotsky pensait que les diff&#233;rences qui existent entre les Indes, la Catalogne, la Pologne, etc. et la situation des n&#232;gres aux &#201;tats-Unis n'&#233;taient pas d&#233;cisives. En d'autres termes, la question n&#232;gre faisait partie pour lui de la question nationale. Il s'opposait fermement &#224; tous ceux qui dans la IVe Internationale rejetaient tout de go le principe de l'auto-d&#233;termination pour les n&#232;gres des &#201;tats-Unis. Dans une discussion datant de 1939, Trotsky d&#233;clarait qu'il ne proposait pas que le parti invoqu&#226;t le mot d'ordre de l'auto-d&#233;termination pour les n&#232;gres am&#233;ricains, mais il insista sur le fait que le parti devait se d&#233;clarer pr&#234;t &#224; lutter avec les n&#232;gres sur le mot d'ordre de l'auto-d&#233;termination, &#224; quelque moment que ceux-ci la revendiquent. Trotsky insistait sur le fait que si les n&#232;gres d&#233;cidaient, sous la pouss&#233;e d'&#233;v&#233;nements historiques impr&#233;vus (par exemple une p&#233;riode de fascisme aux &#201;tats-Unis) de lutter pour l'auto-d&#233;termination, la lutte serait de toute fa&#231;on progressive, pour la raison bien simple que cette auto-d&#233;termination ne pourrait &#234;tre obtenue qu'&#224; travers une guerre contre le capitalisme am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les id&#233;es de Trotsky sur la question n&#232;gre sont contenues tr&#232;s clairement, quoique incompl&#232;tement, dans une discussion datant de 1939. En abordant le travail n&#232;gre, Trotsky se basait sur les sentiments des masses n&#232;gres r&#233;elles aux U.S.A. et le fait que leur oppression en tant que n&#232;gres est si forte qu'ils la ressentent &#224; chaque instant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tous ceux qui souffrent de l'oppression et de la discrimination, les n&#232;gres furent de tout temps les plus opprim&#233;s et les plus discrimin&#233;s au sein m&#234;me du milieu le plus dynamique de la classe ouvri&#232;re. Le parti devrait dire aux &#233;l&#233;ments conscients parmi les n&#232;gres qu'ils ont &#233;t&#233; convoqu&#233;s par le processus historique pour prendre leur place &#224; l'avant-garde de la lutte de la classe ouvri&#232;re pour le socialisme. Trotsky disait aussi que si le parti &#233;tait incapable de se tracer une voie pour atteindre cette couche de la soci&#233;t&#233;, dans laquelle il donnait aux n&#232;gres une place tr&#232;s importante, cela signifierait qu'il s'avoue lui-m&#234;me incapable d'aller vers la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que conscient du r&#244;le des n&#232;gres dans l'avant-garde, Trotsky, toutefois mettait toujours l'accent sur la conscience que devaient avoir les n&#232;gres d'&#234;tre une minorit&#233; opprim&#233;e &#224; l'&#233;chelle nationale. Chaque fois que cela &#233;tait possible, il insistait sur la conclusion politique qui devait &#234;tre tir&#233;e de la situation politique sp&#233;ciale des n&#232;gres sous le capitalisme am&#233;ricain pendant 300 ans. Il pr&#233;voyait sauvent des r&#233;voltes violentes parmi les n&#232;gres &#224; l'occasion desquelles ils se vengeraient de toute l'oppression et de toutes les humiliations dont ils ont souffert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky s'int&#233;ressa beaucoup au mouvement de Garvey en tant qu'expression des sentiments spontan&#233;s des masses n&#232;gres, sontan&#233;it&#233; qui le pr&#233;occupait essentiellement. Il recommandait sp&#233;cialement au parti d'&#233;tudier l'attitude des n&#232;gres pendant la guerre civile pour comprendre la question n&#232;gre aujourd'hui. Il recommandait l'&#233;tude du mouvement de Garvey en tant qu'indication indispensable pour le parti s'il voulait trouver la voie qui m&#232;ne vers les masses noires. Il approuvait l'id&#233;e d'une organisation ind&#233;pendante de masse du peuple n&#232;gre, form&#233;e gr&#226;ce &#224; l'instrument du parti. La mani&#232;re g&#233;n&#233;rale dont il abordait ie probl&#232;me n&#232;gre peut se caract&#233;riser par le fait suivant : il pensait que dans certaines occasions le parti r&#233;volutionnaire pouvait retirer son propre candidat aux &#233;lections pour le congr&#232;s et soutenir un d&#233;mocrate n&#232;gre pr&#233;sent&#233; par une communaut&#233; n&#232;gre soucieuse d'avoir son propre repr&#233;sentant. Dans toutes ces id&#233;es Trotsky ne fait qu'appliquer &#224; la lutte concr&#232;te le principe fondamental compris dans le droit de l'auto-d&#233;termination.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aucune t&#226;che n'est plus urgente que la collection et la publication des textes et des id&#233;es de Trotsky sur la question n&#232;gre aux &#201;tats-Unis, ainsi que leur &#233;tude s&#233;rieuse par tous les membres du parti et leur divulgation sous une forme organis&#233;e parmi le prol&#233;tariat et les masses n&#232;gres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me partie : Le Workers Party et le travail n&#232;gre dans le mouvement ouvrier organis&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me du parti se divise donc en deux parties : 1&#176;) les luttes du prol&#233;tariat am&#233;ricain pour le socialisme et sus relations avec la lutte des n&#232;gres pour les droits d&#233;mocratiques ; 2&#176;) les luttes ind&#233;pendantes des n&#232;gres pour les droits d&#233;mocratiques et leur rapport avec la lutte du prol&#233;tariat pour le socialisme. Sous aucun pr&#233;texte ces deux &#233;l&#233;ments s&#233;par&#233;s ne peuvent &#234;tre confondus et trait&#233;s ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Workers Party aborde le travail n&#232;gre dans les organisations ouvri&#232;res en basant son action sur la crise sociale et sur la pr&#233;paration du prol&#233;tariat &#224; la r&#233;volution socialiste. Aujourd'hui une des plus grandes faiblesses subjectives du prol&#233;tariat am&#233;ricain vient du fait qu'il n'est pas conscient de l'opposition qui existe entre le travail et le capital dans la direction du pays. Ceci &#233;tant, om s'ensuit que les autres classes, &#233;l&#233;ments et groupes opprim&#233;s et m&#233;contents n'ont pas encore appris &#224; consid&#233;rer la classe ouvri&#232;re comme poss&#233;dant la solution radicale ou m&#234;me &#171; r&#233;formiste &#187; &#224; leur probl&#232;me. Les classes n'apprennent de telles le&#231;ons que par des exp&#233;riences massives &#224; l'&#233;chelle nationale, ce n'est qu'aux derni&#232;res &#233;tapes de la r&#233;volution que la paysannerie russe apprit que le prol&#233;tariat &#233;tait son leader. D&#233;j&#224;, une action ind&#233;pendante des masses n&#232;gres du Nord &#233;veille enfin les organisations ouvri&#232;res et les am&#232;nent &#224; la conscience du fait qu'elles doivent aborder le probl&#232;me n&#232;gre non seulement comme syndical mais comme un probl&#232;me social et national, ce nouveau processus aide a clarifier et &#224; d&#233;finir les t&#226;ches du parti,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti continue, comme il l'a fait dans le pass&#233;, &#224; faire de l'agitation pour l'&#233;galit&#233; des droits et l'abolition des lois de Jim Crow dans tous les aspects de la vie industrielle et syndicale. Le parti enregistre avec une grande satisfaction les progr&#232;s remarquables faits par le C.I.O. dans son appr&#233;ciation du probl&#232;me n&#232;gre en tant que probl&#232;me syndical. Le parti lutte contre le Klan et les autres &#233;l&#233;ments anti-n&#232;gres dans les syndicats, mais ne laisse pas les &#233;meutes contre les n&#232;gres qui eurent lieu &#224; Detroit, Mobile et ailleurs masquer les progr&#232;s dans ce domaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti, cependant, va au-del&#224; du simple syndicalisme progressiste. Il place devant le mouvement syndical le grave danger que l'existence m&#234;me d'une question n&#232;gre dans le pays pose pour le mouvement syndical et le pays dans son ensemble.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le parti pr&#233;vient le mouvement ouvrier que les &#233;l&#233;ments fascistes et profascistes, dans leurs efforts pour abattre les organisations ouvri&#232;res, ne manqueront pas d'utiliser la tension raciale croissante dans le pays, comme les Nazis ont utilis&#233; l'antis&#233;mitisme en Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti pr&#233;vient le mouvement ouvrier que le ch&#244;mage qui vient cr&#233;era de graves dangers pour le mouvement ouvrier, en particulier en d&#233;veloppant les antagonismes qui existent entre les travailleurs blancs et noirs. Le Parti fait ressortir la situation dangereuse dans le Sud et l'activit&#233; r&#233;actionnaire et antiouvri&#232;re des d&#233;mocrates sudistes et la base qu'a cette activit&#233; dans la d&#233;gradation sociale des n&#232;gres. Le Parti propose donc au mouvement ouvrier l'adoption de son programme transitoire pour un Labor Party comme moyen principal &#224; l'&#233;tape pr&#233;sente pour mettre en &#233;chec ce danger. Le parti demande hardiment au mouvement ouvrier qu'il sente la n&#233;cessit&#233; de d&#233;montrer aux n&#232;gres que les organisations ouvri&#232;res reconnaissent leur responsabilit&#233; de r&#233;soudre les probl&#232;mes n&#232;gres par des mesures radicales. Le monde du travail am&#232;nera ainsi &#224; lui la force militante de la vaste majorit&#233; des N&#232;gres opprim&#233;s et. accro&#238;tra ainsi sa force sociale et politique dans le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle prise en charge de la cause n&#232;gre attirera l'attention de tous les autres groupes opprim&#233;s dans la soci&#233;t&#233; vers le r&#244;le des organisations ouvri&#232;res. Elle donnera aux organisations ouvri&#232;res une grande confiance en elles-m&#234;mes. Elle cr&#233;era un sentiment puissant de bonne volont&#233; et de respect envers le prol&#233;tariat am&#233;ricain parmi les grandes masses d'Europe, d'Afrique et d'Asie. La propagande du Parti dans ce domaine doit &#234;tre audacieuse, compl&#232;te et puissante dans son insistance sur les dangers pour la soci&#233;t&#233; et la honte continuelle que constitue le probl&#232;me n&#232;gre, la n&#233;cessit&#233; d'une solution prol&#233;tarienne et les bienfaits directs et indirects qui suivront les premiers pas d&#233;cisifs qu'aura fait le monde du travail dans ce domaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti, dans son agitation quotidienne attire l'attention du mouvement syndical sur le danger concret repr&#233;sent&#233; par les mouvements soudains qui &#233;clat&#232;rent il y a quelques mois et qui, t&#244;t ou tard, recommenceront avec une violence s&#251;rement redoubl&#233;e. Le parti demande instamment au mouvement syndical d'en placer la responsabilit&#233; sur les ennemis des N&#232;gres. Il demande instamment aux syndicats de reconna&#238;tre que l'esprit d'agressivit&#233; du peuple n&#232;gre est le r&#233;sultat de leur oppression interminable. Les organisations ouvri&#232;res ne doivent pas d&#233;courager mais doivent stimuler cette activit&#233; comme &#233;tant la plus s&#251;re d&#233;fense de la d&#233;mocratie non seulement pour les n&#232;gres mais pour les organisations ouvri&#232;res elles-m&#234;mes et les classes opprim&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti demande au mouvement ouvrier de prendre la t&#234;te de cette activit&#233; et de la lier &#224; la lutte pour la reconstruction de la soci&#233;t&#233;, aux ouvriers blancs qui se plaignent des &#171; exc&#232;s &#187; des n&#232;gres, le parti d&#233;montrera la grande importance de la lutte des masses n&#232;gres et rel&#233;guera ces plaintes &#224; la sph&#232;re subordonn&#233;e qui doit &#234;tre la leur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avant tout, il doit montrer que dans les conflits entre les n&#232;gres et les blancs dans la communaut&#233; n&#232;gre, le mouvement ouvrier doit &#233;viter d'appara&#238;tre d'une mani&#232;re ou d'une autre comme &#171; gardien de la paix &#187; soucieux uniquement de restaurer le statu quo. Ce n'est qu'en aidant le mouvement n&#232;gre &#224; agir dans des voies efficaces et en mettant en avant d'une mani&#232;re efficace un programme &#224; la fols imm&#233;diat et g&#233;n&#233;ral pour les n&#232;gres en g&#233;n&#233;ral que le mouvement ouvrier sera effectivement capable d'agir en cas de crise et d'&#233;viter les multiples dangers de la seule action pacifiste dans ce domaine. Dans toutes les manifestations n&#232;gres de r&#233;sistance les organisations ouvri&#232;res doivent jouer un r&#244;le dirigeant et actif. Le parti doit sans cesse enseigner au mouvement ouvrier que la meilleure fa&#231;on de s'assurer que la r&#233;sistance des n&#232;gres est dirig&#233;e contre le capital et ses alli&#233;s est de l'encourager, de l'organiser et de le soutenir jusqu'au bout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti se souviendra que la propagande et l'agitation dans ce domaine est d'une importance sp&#233;ciale, car elle n'est men&#233;e par aucun autre groupe. Dans la pr&#233;sente p&#233;riode critique, alors que nombreux sont ceux qui sont pouss&#233;s &#224; penser au-del&#224; de leurs int&#233;r&#234;ts imm&#233;diats, la question n&#232;gre forme un moyen particuli&#232;rement pr&#233;cieux d'&#233;ducation des ouvriers avanc&#233;s dans les principes g&#233;n&#233;raux du socialisme et de la lutte r&#233;volutionnaire des masses. Le parti montrera que parce que les n&#232;gres ont persist&#233; dans leur lutte, et gr&#226;ce &#224; l'attitude sympathique du mouvement ouvrier due au grand nombre de n&#232;gres qu'il renferme dans ses rangs, la lutte des n&#232;gres &#224; D&#233;troit s'est d&#233;velopp&#233;e selon sa propre logique. Ceci est le r&#233;sultat d'une alliance politique aux &#233;lections r&#233;centes entre les organisations ouvri&#232;res et la communaut&#233; n&#232;gre dans son ensemble. En d&#233;pit de l'&#233;chec des &#233;lections, cette combinaison est une des &#233;tapes les plus importantes jamais atteintes dans la lutte des masses ouvri&#232;res et des masses n&#232;gres pour s'&#233;manciper des maux et des injustices de la soci&#233;t&#233; capitaliste. C'est en suivant cette voie et en faisant des efforts actifs des deux c&#244;t&#233;s que le parti doit chercher, selon sa force, &#224; diriger les luttes qui se d&#233;veloppent. Les organisations ouvri&#232;res doivent chercher &#224; gagner, pour leur propre avantage, la conscience et l'organisation radicales croissantes qui accompagnent l'int&#233;gration des n&#232;gres dans les fonctions sociales de la soci&#233;t&#233; capitaliste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Workers Party et le travail n&#232;gre parmi les N&#232;gres - La lutte des N&#232;gres pour les droits d&#233;mocratiques et le socialisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti fait une propagande puissante et pers&#233;v&#233;rante aupr&#232;s des N&#232;gres pour leur faire comprendre que la direction des organisations ouvri&#232;res est n&#233;cessaire et indispensable au succ&#232;s de leur lutte pour les droits d&#233;mocratiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
En particulier, dans cette p&#233;riode de crise, il leur indique le socialisme comme seule solution &#224; leurs probl&#232;mes. Il analyse les racines &#233;conomiques de l'oppression raciale. Il d&#233;nonce, avant tout, le r&#244;le de la concurrence entre les membres de la classe ouvri&#232;re, qui d&#233;truit la solidarit&#233; blanche et noire. Il pr&#233;conise une direction nationale ouvri&#232;re sans laquelle l'accomplissement des droits d&#233;mocratiques est impossible. Il souligne la nature de classe fondamentale de l'oppression raciale et l'unit&#233; objective des opprim&#233;s dans la lutte pour le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps le parti, avec une tr&#232;s grande conscience de la signification des luttes de masses ind&#233;pendantes des n&#232;gres, consid&#232;re que son principal travail d'agitation parmi les n&#232;gres est la stimulation et l'encouragement de ces luttes de masses. Se basant sur les principes les plus fondamentaux du marxisme, le parti reconna&#238;t que c'est seulement sur la base de l'approfondissement et de l'&#233;largissement continuel de sa lutte ind&#233;pendante de masses que le peuple n&#232;gre sera en d&#233;finitive amen&#233; &#224; reconna&#238;tre que la classe ouvri&#232;re organis&#233;e est la vraie alli&#233;e de ses luttes et que ses luttes font partie de la lutte pour le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti, en stimulant les luttes ind&#233;pendantes du peuple n&#232;gre, lui apprend le marxisme dans les seuls mots dans lesquels il l'apprendra : les mots de ses propres d&#233;sirs et exp&#233;riences. Ainsi, &#224; l'&#233;tape pr&#233;sente du d&#233;veloppement capitaliste en Am&#233;rique, le parti cherche o&#249; il est possible et opportun de concentrer l'attention des masses n&#232;gres sur la responsabilit&#233; du gouvernement pour leur condition d'opprim&#233;s. Il apprend ainsi aux n&#232;gres d'une mani&#232;re permanente que l'Etat est le comit&#233; ex&#233;cutif de la classe dirigeante et sur cette base il cherche &#224; les mobiliser dans leurs propres voies et selon leurs propres d&#233;sirs instinctifs, contre l'&#201;tat capitaliste et son r&#244;le dominant dans la soci&#233;t&#233; contemporaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti apporte le marxisme aux n&#232;gres en leur montrant que l'&#233;mancipation des travailleurs sera l'&#339;uvre des travailleurs eux-m&#234;mes. Il d&#233;montre aux n&#232;gres que l'&#233;mancipation des n&#232;gres ne peut avoir lieu sans la lutte vigoureuse et le sacrifice des n&#232;gres eux-m&#234;mes. Il condamne vigoureusement la distorsion de la v&#233;rit&#233; marxiste qui d&#233;clare ou sous-entend que les n&#232;gres par leur action ind&#233;pendante ne peuvent arriver &#224; une premi&#232;re &#233;tape sans la direction des organisations ouvri&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le parti veille &#224; stimuler et encourager toute tendance instinctive &#224; l'organisation ind&#233;pendante et &#224; la lutte militante des masses n&#232;gres objectivement dirig&#233;es contre le capitalisme am&#233;ricain. L'histoire du peuple n&#232;gre a d&#233;montr&#233; qu'il &#233;tait capable de cr&#233;er et d'organiser de telles luttes. Et c'est sur la base de l'analyse et de la critique de ces efforts cr&#233;ateurs que le parti cherche &#224; guider et &#224; corriger. Ce n'est que par ce moyen qu'il peut aider &#224; la direction des efforts des masse n&#232;gres dans les voies les plus puissantes et les plus profitables pour atteindre leur propre but et celles qui sont les plus capables de d&#233;velopper la lutte g&#233;n&#233;rale pour le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti encourage les masses du peuple n&#232;gre &#224; chercher l'aide des organisations ouvri&#232;res dans l'organisation de leur propre d&#233;fense et &#224; toutes les &#233;tapes de leur lutte pour les droits d&#233;mocratiques. Mais, dans son agitation, il les encourage &#224; agir ainsi dans le but sp&#233;cifique, le premier de tous, d'obtenir satisfaction &#224; leurs propres revendications d&#233;mocratiques. Sous aucun pr&#233;texte il, ne doit submerger le but sp&#233;cifique de cette alliance dans l'esprit du peuple n&#232;gre sous des termes g&#233;n&#233;raux de lutte pour le socialisme. La reconnaissance par les masses du peuple n&#232;gre que les organisations ouvri&#232;res sont leurs alli&#233;e dans leurs luttes pour les droits d&#233;mocratiques peut &#234;tre un plus grand pas en avant vers le socialisme que l'acceptation par quelques n&#232;gres des principes th&#233;oriques du marxisme. C'est par la reconnaissance g&#233;n&#233;rale par les masses de l'alliance entre la lutte des n&#232;gres pour leurs droits d&#233;mocratiques et les organisations ouvri&#232;res que nait la possibilit&#233; de gagner &#224; nous, non pas un ou deux, mais des douzaines de militants n&#232;gres au parti r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat n&#232;gre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le du prol&#233;tariat n&#232;gre fait partie du d&#233;veloppement g&#233;n&#233;ral du mouvement syndical et ouvrier dans son ensemble. Le parti doit &#234;tre sur ses gardes pour analyser toutes les politiques qui peuvent emp&#234;cher le prol&#233;tariat n&#232;gre dans le mouvement ouvrier de se consid&#233;rer comme &#233;tant le premier et au premier rang dans la lutte de la classe ouvri&#232;re pour les droits ouvriers et pour le socialisme. L'oppression des n&#232;gres en tant que minorit&#233; nationale pr&#233;pare sp&#233;cialement le prol&#233;tariat n&#232;gre dans le mouvement ouvrier &#224; avoir une place au c&#339;ur de l'avant-garde pour le socialisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le prol&#233;tariat n&#232;gre, cependant, a un r&#244;le sp&#233;cial &#224; jouer dans la lutte de la communaut&#233; n&#232;gre pour ses droits d&#233;mocratiques. Le parti doit stimuler le prol&#233;tariat n&#232;gre &#224; l'int&#233;rieur de la communaut&#233; n&#232;gre afin qu'il prenne la t&#234;te de la lutte pour les droits d&#233;mocratiques, en accord avec le r&#244;le des travailleurs dans la soci&#233;t&#233; moderne. La communaut&#233; n&#232;gre et les organisations n&#232;gres doivent &#234;tre stimul&#233;es pour utiliser le prol&#233;tariat n&#232;gre comme repr&#233;sentants aupr&#232;s du mouvement ouvrier organis&#233; dans leurs revendications pour l'assistance et l'organisation de la lutte pour les droits d&#233;mocratiques n&#232;gres. Le lien dans la lutte pour les droits d&#233;mocratiques n&#232;gres r&#233;side entre la communaut&#233; n&#232;gre dans son ensemble et les organisations ouvri&#232;res et non entre le prol&#233;tariat n&#232;gre seulement et le prol&#233;tariat blanc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;tape pr&#233;sente le parti doit conduire jusqu'&#224; la limite de ses ressources une propagande et une agitation vigoureuse et constante selon les orientations expos&#233;es ci-dessus. La situation actuelle offre un champ fertile pour un tel travail parmi les masses n&#232;gres. L'exp&#233;rience du parti avec son agitation &#224; la manifestation de Harlem a d&#233;j&#224; montr&#233; la r&#233;ceptivit&#233; des masses n&#232;gres et des &#233;l&#233;ments prol&#233;tariens n&#232;gres &#224; une agitation de ce genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti est certain de recueillir des r&#233;sultats concrets car &#224; l'&#233;tape pr&#233;sente il n'y a pas une seule organisation ouvri&#232;re ou radicale qui consid&#232;re la manifestation militante des n&#232;gres comme autre chose que, au mieux, justifi&#233;e par des n&#233;cessit&#233;s malheureuses. Ceci signifie que le parti sera &#233;cout&#233; avec attention par les masses n&#232;gres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti a besoin d'analyser soigneusement et de tirer les le&#231;ons de tels mouvements comme celui de Harlem. Ce n'est qu'ainsi qu'il sera capable de guider les N&#232;gres et le prol&#233;tariat, de pr&#233;parer de futurs mouvements conjointement avec eux, et &#233;tudier conjointement avec eux le d&#233;veloppement r&#233;volutionnaire des masses am&#233;ricaines. Toute crise &#171; mineure &#187; dans un &#233;tat capitaliste, dit L&#233;nine, renferme pour nous en miniature les &#233;l&#233;ments et les germes de batailles qui doivent in&#233;vitablement avoir lieu sur une large &#233;chelle dans une &#233;poque de grande crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La manifestation de Harlem ne fut pas une gr&#232;ve &#171; mineure &#187;. Ce fut, comme cela a &#233;t&#233; d&#233;montr&#233;, une manifestation organis&#233;e, une protestation nationaliste n&#232;gre, &#224; une &#233;tape beaucoup plus avanc&#233;e que le Garveyisme, englobant comme participants actifs ou comme sympathisants des dizaines de milliers de personnes. Le jour de la manifestation on pouvait voir d'un c&#244;t&#233; les masses populaires et de l'autre &#171; maintenant l'ordre &#187; la municipalit&#233; locale (La Guardia), la Social-D&#233;mocratie (Crosswaithe), le Stalinisme (Max Yergan et Hope Stevens), la petite bourgeoisie n&#232;gre (Walter White et Grangen). Dewey annon&#231;a qu'il tenait en r&#233;serve les forces arm&#233;es de l'&#201;tat. Ces derni&#232;res formaient un groupe unique tandis que les masses se ruaient sur eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti doit r&#233;solument prendre sa place parmi les masses protestataires et expliquer patiemment l'unit&#233; de ceux qui sont rang&#233;es en face d'elles. Le parti ne doit pas se borner &#224; expliquer pourquoi les masses font de telles actions. Il corrige les exag&#233;rations et les erreurs des masses, mais comme quel-qu'un qui en fait partie, en prenant part &#224; la lutte avec elles et en cherchant &#224; accro&#238;tre et &#224; diriger leur col&#232;re justifi&#233;e dans des voies plus constructives. Selon la tradition marxiste il subordonne tout au fait que les masses ont refus&#233; passivement d'endurer l'injustice et ont violemment exprim&#233; leur haine. Le parti propage ces id&#233;es et condamne l'attitude juridique, explicative ou celles des travailleurs sociaux. Ce n'est que sur cette base que le parti, qui est plus certain alors de gagner l'oreille des masses, peut les aider &#224; comprendre leurs erreurs et les aider &#224; organiser des manifestations plus grandes, plus puissantes et plus efficaces, susceptibles en &#233;voluant de devenir des mouvements actifs &#224; l'&#233;chelle nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti et les mouvements nationalistes n&#232;gres&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti engage une guerre sans merci contre les mouvements nationalistes n&#232;gres tels que les organisations garveyistes et pro-japonaises, etc. Il d&#233;nonce leurs propositions fantastiques et r&#233;actionnaires pour l'&#233;mancipation n&#232;gre. Il explique en d&#233;tail l'impossibilit&#233; de leur r&#233;alisation et, de plus, prend la peine d'expliquer que, m&#234;me si celles-ci &#233;taient r&#233;alis&#233;es, cela ne serait d'aucun b&#233;n&#233;fice pour les grandes masses du peuple n&#232;gre. Le parti saisit cette occasion d'analyser et de d&#233;noncer l'imp&#233;rialisme japonais et l'oppression des masses japonaises. Ainsi, avec les mots de la vie et des int&#233;r&#234;ts des n&#232;gres, il construit un sentiment de solidarit&#233; des opprim&#233;es &#224; l'&#233;chelle internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, cependant, il doit soigneusement &#233;tudier ces mouvements pour diff&#233;rencier les dirigeants nationalistes n&#232;gres de leur base sinc&#232;re mais &#233;gar&#233;e. Il explique aux masses que le d&#233;sir de voir le Japon victorieux est en r&#233;alit&#233; un d&#233;sir de destruction de la force apparemment in&#233;branlable de leur propre oppresseur, l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain. La d&#233;faite imminente du Japon brisera bien des espoirs d'aide directe ou indirecte au &#171; peuple de couleur &#187;, qu'aurait apport&#233;e une victoire japonaise. Les mouvements nationaux, cependant, m&#234;me avant la d&#233;faite du Japon ont utilise le Garveyisme et le sentiment pro-japonais uniquement comme base id&#233;ologique pour une politique dirig&#233;e vers le renforcement du nationalisme n&#232;gre aux Etats-Unis. Les mouvements qui cherchent &#224; &#171; faire sortir les Juifs de Harlem ou du quartier sud &#187; ont une solide base de classe. Ils constituent les r&#233;actions du n&#232;gre revanchard qui cherche un secours &#233;conomique et quelques rem&#232;des &#224; son orgueil de race humili&#233;. Que ces sentiments puissent &#234;tre exploit&#233;s par des idiots fanatiques, des N&#232;gres antis&#233;mites ou N&#232;gres affairistes, cela ne saurait changer leur base fondamentalement progressive. Cet aspect progressif ne peut en aucune fa&#231;on &#234;tre confondu avec l'insatisfaction de la petite bourgeoisie blanche d&#233;moralis&#233;e qui cherche un refuge dans le fascisme. La r&#233;action am&#233;ricaine peut financer et financera probablement ou encouragera quelques-uns de ces mouvements (Bilbo et Back to Africa) afin d'alimenter la malveillance. Mais les N&#232;gres sont des prol&#233;taires, des semi-prol&#233;taires et des paysans dans leur composition sociale. Le cours g&#233;n&#233;ral de l'histoire am&#233;ricaine est tel que tout mouvement fasciste d'&#233;tendue nationale (aussi d&#233;guis&#233; soit-il) sera oblig&#233; d'attaquer la lutte des N&#232;gres pour l'&#233;galit&#233;. Mais la lutte pour l'&#233;galit&#233; est la force conductrice principale du mouvement de masse n&#232;gre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le parti, tout en attaquent &#233;nergiquement les mouvements nationalistes, ne le fait pas de la m&#234;me fa&#231;on que s'il s'agissait d'un mouvement fasciste. Il les attaque sur la base d'un programme pour une lutte n&#232;gre comme cela a &#233;t&#233; indiqu&#233; pr&#233;alablement. C'est l'absence d'un programme et d'une action compl&#232;te pour les droits n&#232;gres et la lutte n&#232;gre mise en avant par les organisations ouvri&#232;res, c'est la pr&#233;sentation sectaire de la doctrine de lutte n&#232;gre comme une lutte de classe qui donne de la force aux nationalistes. La faillite des programmes &#171; magiques &#187; des nationalistes pour le salut dans toutes les parties du monde est si &#233;vidente que leur force principale, &#224; Harlem par exemple, ne vient pas de leurs programmes, mais du r&#244;le actif qu'ils ont jou&#233; dans les protestations et les manifestations pour am&#233;liorer le sort des N&#232;gres ici en Am&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti et la petite bourgeoisie n&#232;gre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un examen &#233;conomique de l'Am&#233;rique, d&#233;montrera combien fragiles sont les bases &#233;conomiques de la petite bourgeoisie n&#232;gre. La petite bourgeoisie n&#232;gre est, dans sa majorit&#233;, un groupe pitoyablement disproportionn&#233; d'intellectuels, de personnel domestique bien pay&#233;, d'artistes, etc. La soci&#233;t&#233; bourgeoise les a rigidement exclus, non seulement du contact social avec les blancs, mais &#233;galement des positions et des occasions de prendre une part de la plus-value, et d'obtenir un niveau de distinction, qui lient tant de fonctionnaires petits-bourgeois blancs &#224; la soci&#233;t&#233; bourgeoise. Ils peuvent faire du mal comme dans le Comit&#233; pour une Marche sur Washington, mais leur incapacit&#233; &#224; retenir les masses n&#232;gres lorsque celles-ci veulent bouger, a &#233;t&#233; d&#233;montr&#233;e durant la derni&#232;re p&#233;riode. Une influence comme celle que la bourgeoisie nationaliste indienne, par exemple, a exerc&#233; sur les masses indiennes ne pourra jamais &#234;tre exerc&#233;e par la petite bourgeoisie n&#232;gre sur les N&#232;gres. Le parti observe que l'instinct des masses n&#232;gres pour l'action directe n'a pas pr&#234;t&#233; attention &#224; la N.A.A.C.P. ou &#224; l'Urban League. Mais le parti garde l'&#339;il ouvert pour entrer dans les nouvelles organisations que les N&#232;gres forment aujourd'hui &#224; profusion, m&#234;me si parfois ils le font pour des buts limit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti attaque sans cesse les dirigeants petits bourgeois n&#232;gres, mais s'attache &#224; le faire, non pas sur des bases g&#233;n&#233;rales, mais parce qu'ils ne m&#232;nent pas une lutte militante pour les droits d&#233;mocratiques et trahissent la lutte &#224; chaque occasion. Sa mani&#232;re de les attaquer est voisine de celle qu'il emploie vis-&#224;-vis de la direction de la social d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les N&#232;gres et le Labor Party&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti doit mener une agitation parmi les n&#232;gres, en faveur d'un Labor Party ind&#233;pendant. Le fait que le peuple n&#232;gre a effectu&#233; cas derni&#232;res ann&#233;es un changement rapide dans son attitude vis-&#224;-vis des organisations ouvri&#232;res est un signe du r&#244;le sp&#233;cial qu'il joue dans la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine et de sa conscience sociale m&#251;rissante. Si les organisations ouvri&#232;res mettent en avant un programme d'action en vue de la formation d'un Labor Party ind&#233;pendant, l'histoire pass&#233;e des N&#232;gres et les indications actuelles montrent que le mouvement n&#232;gre sera fort en sa faveur et aura peut-&#234;tre la force d'un ouragan. Selon toute probabilit&#233;, les N&#232;gres joueront un r&#244;le dans l'aile gauche de l'organisation. Mais ici aussi la situation des n&#232;gres en tant que minorit&#233; particuli&#232;rement opprim&#233;e doit &#234;tre prise en consid&#233;ration. Un Labor Party ind&#233;pendant aux &#201;tats-Unis, comme dans beaucoup de pays europ&#233;ens, consistera certainement en une f&#233;d&#233;ration de diff&#233;rents groupes, dont la base, la force conductrice et la direction seraient fournies par le mouvement syndical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Labor Party ind&#233;pendant ne tol&#233;rera aucune distinction de couleur dans ses rangs. Des organisations locales non syndicales de tous les types chercheront &#224; s'y affilier. Les N&#232;gres devraient &#234;tre encourag&#233;s &#224; se joindre &#224; de telles organisations affili&#233;es. Mais le parti doit faire une agitation vigoureuse parmi les organisations militantes n&#232;gres luttant pour les droits d&#233;mocratiques des N&#232;gres, non seulement pour qu'elles se joignent &#224; l'agitation pour le Labor Party ind&#233;pendant mais aussi pour qu'elles prennent une part active &#224; sa formation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;tape pr&#233;sente de la crise capitaliste aux &#201;tats-Unis, ce travail particulier du parti offre-des moyens exceptionnels pour la formation d'un pont entre la lutte ind&#233;pendante des masses n&#232;gres et le probl&#232;me g&#233;n&#233;ral de la reconstruction de la soci&#233;t&#233;. Les organisations n&#232;gres devraient, elles-m&#234;mes, &#234;tre encou-rag&#233;es &#224; formuler des revendications pour leurs propres droits d&#233;mocratiques et le parti doit insister sur le fait que ni le parti d&#233;mocrate ni le parti r&#233;publicain ne sont le type d'organisation capable de donner aux organisations n&#232;gres l'occasion ds se battre pour ces droits dans un cadre plus large. En m&#234;me temps, m&#234;me &#224; la plus nationaliste des organisations n&#232;gres, le parti doit poser la question de la formation d'un programme, non seulement pour les droits d&#233;mocratiques n&#232;gres, mais pour le pays tout entier. Les organisations n&#232;gres ne doivent regarder ni vers l'imp&#233;rialisme europ&#233;en en Afrique, ni vers l'imp&#233;rialisme japonais, mais vers des alli&#233;s en puissance dans ce pays, et apporter leur contribution &#224; l'&#233;laboration de ce type d'ordre social dans lequel les n&#232;gres trouveraient enfin l'&#233;galit&#233;. Ceci doit &#234;tre pr&#233;sent&#233; de telle fa&#231;on que les organisations n&#232;gres doivent se faire un devoir d'y parvenir. C'est par ce moyen que les n&#232;gres, sur la base de leurs propres pr&#233;occupations nationalistes, sont amen&#233;s &#224; consid&#233;rer leurs propres probl&#232;mes, en relation avec le probl&#232;me fondamental de l'ordre social dans son ensemble. Le parti saisira cette occasion de pr&#233;senter son propre programme transitoire aux n&#232;gres et de le reconsid&#233;rer pour eux &#224; la lumi&#232;re de leur d&#233;sir intense de solution non seulement imm&#233;diate, mais g&#233;n&#233;rale &#224; la d&#233;gradation dont ils ont souffert depuis tant de si&#232;cles. La composition prol&#233;tarienne du peuple n&#232;gre est telle, ce peuple est si hostile a l'ordre social existant, &#224; cause de l'avilissement sp&#233;cial auquel cet ordre le soumet, que l'organisation politique qui sait comment utiliser ses pr&#233;occupations, peut trouver les voies et les moyens pour mener &#224; bien cette propagande pour le socialisme, qui doit toujours constituer l'apog&#233;e de l'effort r&#233;volutionnaire, particuli&#232;rement dans cette p&#233;riode. En partant de la base des luttes ind&#233;pendantes pour les droits d&#233;mocratiques et sans jamais cesser de leur pr&#234;ter attention, le parti trouvera dans les contradictions croissantes de l'ordre social la possibilit&#233; d'unir &#224; des niveaux toujours plus hauts de d&#233;veloppement le mouvement objectif du prol&#233;tariat am&#233;ricainvers la direction de la nation et le mouvement des masses n&#232;gres vers le prol&#233;tariat am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chauvinisme n&#232;gre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire des N&#232;gres aux &#201;tats-Unis est l'histoire de leur conscience de race croissante, de leur d&#233;sir croissant de d&#233;fendre leur pass&#233; de race n&#232;gre en tant que race. Ceci est l'in&#233;vitable r&#233;sultat de leur position dans la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine, du d&#233;veloppement de cette soci&#233;t&#233; elle-m&#234;me, et ceci n'est pas seulement un processus puissant, mais encore habituel et familier &#224; toutes tes luttes de groupes nationalement opprim&#233;s. Ce ph&#233;nom&#232;ne n'est pas moindre en cas de d&#233;veloppement social des groupes opprim&#233;s et oppresseurs. Au contraire, il s'accro&#238;t en fonction directe du d&#233;veloppement du capitalisme et des possibilit&#233;s de lib&#233;ration. Ceci fut reconnu par le Socialist Workers Party &#224; son Congr&#232;s de 1939, lorsqu'il adopta une r&#233;solution commen&#231;ant ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conscience politique qui s'&#233;veille chez les n&#232;gres n'est pas sans prendre tout naturellement la forme du d&#233;sir d'une action incontr&#244;l&#233;e par les blancs. Les n&#232;gres ont longtemps senti et sentent m&#234;me encore aujourd'hui la n&#233;cessit&#233; de cr&#233;er leurs propres organisations avec leurs propres dirigeants et affirmer ainsi, non seulement en th&#233;orie, mais dans la. pratique, leur d&#233;sir d'avoir une &#233;galit&#233; compl&#232;te avec les autres citoyens am&#233;ricains. Un tel d&#233;sir est l&#233;gitime et m&#234;me lorsqu'il prend la forme d'un chauvinisme assez agressif, il doit &#234;tre bienvenu. Le chauvinisme noir en Am&#233;rique aujourd'hui est tout simplement l'exc&#232;s naturel du d&#233;sir d'&#233;galit&#233;, alors que le chauvinisme am&#233;ricain blanc, expression de la domination raciale est essentiellement r&#233;actionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;veloppement est si clair qu'aujourd'hui m&#234;me la bourgeoisie le reconna&#238;t. Dans un An American Dilemma de Gurman Myrdal, malgr&#233; son attitude humanitariste petite-bourgeoise, il appara&#238;t du moins que l'auteur a fait une &#233;tude s&#233;rieuse, compl&#232;te, et qui &#224; beaucoup d'&#233;gards fait autorit&#233; sur la question n&#232;gre. Une de ses conclusions est que &#171; les N&#232;gres commencent &#224; former une nation consciente d'elle-m&#234;me dans la nation &#187; d&#233;finissant chaque jour plus clairement ses griefs fondamentaux contre l'Am&#233;rique blanche &#187;. Un tel mouvement avec de telles racines historiques doit in&#233;vitablement amener des exag&#233;rations, des exc&#232;s, des courants id&#233;ologiques que l'on peut seulement qualifier de chauvinisme. Ce courant a indubitablement des dangers. Le marxisme a d&#233;montr&#233; th&#233;oriquement et pratiquement que le seul moyen de le surmonter est de reconna&#238;tre la tendance fondamentalement progressive de ce courant et de distinguer nettement entre le chauvinisme des opprim&#233;s et le chauvinisme des oppresseurs. Le devoir du parti est non seulement de diriger les aspirations l&#233;gitimes des masses n&#232;gres, mais &#233;galement d'&#233;duquer les organisations ouvri&#232;res dans leur ensemble vis-&#224;-vis de la l&#233;gitimit&#233; de leurs sentiments et de la contribution importante qu'ils peuvent apporter &#224; la lutte pour le socialisme. En d&#233;pit des difficult&#233;s apparentes, une politique audacieuse et confiante de la part de notre parti a toutes les chances de succ&#232;s. La raison en est simple. Tandis qu'en Europe, les mouvements nationalistes ont eu g&#233;n&#233;ralement pour but la s&#233;paration de leur oppresseur, aux &#201;tats-Unis, la conscience de race et le chauvinisme des N&#232;gres repr&#233;sentent fondamentalement une consolidation de leur force, dans le but de s'int&#233;grer &#224; la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question n&#232;gre en tant que question internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question n&#232;gre, c'est-&#224;-dire la question de l'esclavage aux &#201;tats-Unis pendant le 19e si&#232;cle a excit&#233; l'int&#233;r&#234;t et la sympathie agissante du prol&#233;tariat international. L'&#233;mancipation des esclaves n&#232;gres et la guerre civile sont indissolublement li&#233;es &#224; la formation de la l'Internationale, La IIIe Internationale reconnaissait cet aspect de la question n&#232;gre lorsque, dans sa R&#233;solution sur la question n&#232;gre au IVe Congr&#232;s, non seulement elle r&#233;it&#233;ra le soutien du Comintern aux luttes r&#233;volutionnaires noires, mais elle cr&#233;a une section sp&#233;ciale justifi&#233;e par l'importance du r&#244;le que les n&#232;gres des Etats-Unis pourraient jouer dans l'&#233;mancipation des n&#232;gres du monde entier et surtout en Afrique. Aujourd'hui le processus du d&#233;veloppement historique et de la d&#233;sint&#233;gration capitaliste a &#233;lev&#233; le probl&#232;me n&#232;gre aux &#201;tats-Unis &#224; un degr&#233; plus &#233;lev&#233; dans ses relations internationales. Ce n'est pas seulement chez les masses britanniques que la question n&#232;gre occupe une place de choix en tant que t&#233;moignage de la d&#233;mocratie am&#233;ricaine, mais dans le monde entier et particuli&#232;rement dans les pays orientaux, la situation et la lutte du peuple n&#232;gre des &#201;tats-Unis sont devenues un des crit&#232;res gr&#226;ce auxquels les nationalit&#233;s opprim&#233;es p&#232;sent les possibilit&#233;s de leurs propres &#233;mancipation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les N&#232;gres am&#233;ricains eux-m&#234;mes reconnaissent que le r&#244;le et le sort de l'Inde, de la Chine et de la Birmanie dans leurs luttes &#233;mancipatrices sont li&#233;s &#224; leurs propres luttes. La presse n&#232;gre a vou&#233; plusieurs pages aux luttes des peuples orientaux et le &#171; Courrier de Pittsburgh &#187; a deux rubriques hebdomadaires r&#233;guli&#232;res, l'une d'un Indien, l'autre d'un Chinois. Les organisations n&#232;gres, dans leur manifeste commun aux deux Congr&#232;s R&#233;publicain et D&#233;mocrate de 1944, ont fait de &#171; l'&#233;galit&#233; de la Chine avec toutes les nations alli&#233;es &#187; une de leurs revendications essentielles. C'est le r&#244;le de la IVe Internationale de d&#233;velopper et de clarifier ces efforts instinctifs des peuples vers l'internationalisme. Avec le plus grand s&#233;rieux, le parti doit reconna&#238;tre et exposer les racines historiques de ce d&#233;veloppement et le diriger vers l'&#233;ducation et l'organisation du prol&#233;tariat international et de ses alli&#233;s actuels dans les luttes pour le socialisme mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Programme d'action&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Le premier point est l'&#233;ducation syst&#233;matique du parti sur la question n&#232;gre. Dans la p&#233;riode dans laquelle nous entrons, la p&#233;riode des soul&#232;vements mondiaux et des crises raciales en Am&#233;rique, les membres du parti doivent d'abord sur cette question difficile et compliqu&#233;e avoir une claire orientation th&#233;orique. Dans la New International et dans les bulletins int&#233;rieurs, il doit y avoir une s&#233;rie d'&#233;tudes bien document&#233;es sur les N&#232;gres dans l'histoire des &#201;tats-Unis De telles &#233;tudes n'existent pas aux &#201;tats-Unis, sauf quelques d&#233;buts d'&#233;tudes par les staliniens. Il est impossible au parti de progresser un tant soit peu dans le travail n&#232;gre sans quelque pr&#233;paration. Pour l'instant signalons quelques points qui m&#233;riteraient d'&#234;tre imm&#233;diatement consid&#233;r&#233;s :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Les n&#232;gres dans la guerre civile. La guerre civile est l'axe th&#233;orique de l'analyse des &#201;tats-Unis au m&#234;me degr&#233; que la R&#233;volution Fran&#231;aise l'est pour l'Europe moderne. Et au centre de la guerre civile est la question de l'esclavage, c'est-&#224;-dire la question n&#232;gre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Les n&#232;gres dans le mouvement ouvrier organis&#233;, leur d&#233;veloppement historique dans ce mouvement, et la relation de cette communaut&#233; n&#232;gre avec ces luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Les organisations n&#232;gres dans le pass&#233; r&#233;cent et &#224; l'heure actuelle, en particulier le mouvement de Garvey en tant que mouvement des masses n&#232;gres, le plus important que l'histoire am&#233;ricaine connaisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Les n&#232;gres dans l'agriculture sudiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Le d&#233;veloppement social n&#232;gre et les luttes politiques en Afrique et en Am&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	L'exp&#233;rience concr&#232;te du Workers Party dans le travail n&#232;gre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces &#233;tudes, pour la plupart, concernent tout d'abord des faits positifs, mais elles sont aussi sujettes &#224; interpr&#233;tation. Elles constituent pratiquement un terrain vierge, non seulement pour le parti, mais pour tous les marxistes des &#201;tats-Unis. Elles sont donc et seront pendant longtemps des sujets de discussion. C'est au travers de la discussion de ces probl&#232;mes que le parti &#233;duquera ses membres et leur donnera la possibilit&#233; de repr&#233;senter le marxisme parmi les N&#232;gres et dans les rangs des organisations ouvri&#232;res. C'est par ce moyen aussi que le parti sera capable d'influencer et de diriger l'int&#233;r&#234;t toujours en &#233;veil d'un peuple nationalement opprim&#233; pour tout ce qui touche &#224; l'oppression nationale, aussi impopulaires et &#233;loign&#233;es du sens commun ordinaire que soient par ailleurs les id&#233;es g&#233;n&#233;rales d'un groupe r&#233;volutionnaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme pr&#233;mices, il est n&#233;cessaire de publier les paroles et les observations de Trotsky sur la question n&#232;gre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Le Comit&#233; national doit, en accord avec la tradition au mouvement bolchevique, organiser un rayon sp&#233;cial n&#232;gre s'occupant du travail g&#233;n&#233;ral parmi les n&#232;gres. Ce travail ne doit en aucune fa&#231;on &#234;tre subordonn&#233; au travail parmi les N&#232;gres dans les organisations ouvri&#232;res, travail qui appartient plus sp&#233;cifiquement au rayon syndical. Le travail des deux rayons doit &#234;tre coordonn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rayon n&#232;gre devra &#234;tre responsable d'une rubrique sp&#233;ciale dans le journal sur la question n&#232;gre, et devra inviter les sympathisants en dehors du parti, &#224; participer &#224; son travail th&#233;orique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>CLR James - &#171; Trotskysme &#187;</title>
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		<dc:date>2026-01-18T23:27:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>C. L. R. James</dc:subject>
		<dc:subject>Trotskisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;CLR James - 1937 - &#171; Trotskysme &#187; &lt;br class='autobr' /&gt; L&#233;nine, qui n'&#233;tait ni Dieu ni Staline, a commis une grave erreur en s'opposant pendant douze ans &#224; la th&#233;orie de Trotsky de la R&#233;volution permanente. Il pensait que la R&#233;volution russe allait lib&#233;rer le capitalisme russe, mettre la bourgeoisie russe au pouvoir. Dans ses &#171; deux tactiques &#187;, il le dit une douzaine de fois. Par exemple, il &#233;crit : &#171; Les marxistes sont absolument convaincus du caract&#232;re bourgeois de la R&#233;volution russe. Qu'est-ce que &#231;a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique81" rel="directory"&gt;4- Ce qu'est le socialisme et ce qu'il n'est pas&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot198" rel="tag"&gt;C. L. R. James&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot283" rel="tag"&gt;Trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;CLR James - 1937 - &#171; Trotskysme &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine, qui n'&#233;tait ni Dieu ni Staline, a commis une grave erreur en s'opposant pendant douze ans &#224; la th&#233;orie de Trotsky de la R&#233;volution permanente. Il pensait que la R&#233;volution russe allait lib&#233;rer le capitalisme russe, mettre la bourgeoisie russe au pouvoir. Dans ses &#171; deux tactiques &#187;, il le dit une douzaine de fois. Par exemple, il &#233;crit : &#171; Les marxistes sont absolument convaincus du caract&#232;re bourgeois de la R&#233;volution russe. Qu'est-ce que &#231;a veut dire ? Cela signifie que les changements d&#233;mocratiques du r&#233;gime politique et les changements sociaux et &#233;conomiques qui sont devenus n&#233;cessaires pour la Russie n'impliquent pas en eux-m&#234;mes la sape du capitalisme, la sape de la domination bourgeoise ; au contraire, ils ouvriront pour la premi&#232;re fois le terrain d'un d&#233;veloppement large et rapide du capitalisme europ&#233;en et non asiatique ; ils permettront, pour la premi&#232;re fois, &#224; la bourgeoisie de r&#233;gner en tant que classe. Il dit : &#171; La r&#233;volution bourgeoise exprime les besoins du d&#233;veloppement capitaliste, et non seulement elle ne d&#233;truit pas les fondements du capitalisme, mais au contraire, elle les &#233;largit et les approfondit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky, comme nous le savons, s'y est oppos&#233; et a ainsi cr&#233;&#233; le trotskysme. Il a dit que le prol&#233;tariat devrait faire la r&#233;volution bourgeoise, mais qu'il devrait d&#233;tenir le pouvoir et passer &#224; la dictature du prol&#233;tariat. Il n'y aurait pas de d&#233;veloppement de la d&#233;mocratie bourgeoise, pas de d&#233;veloppement du capitalisme dans la Russie r&#233;volutionnaire. Le temps pour cela &#233;tait pass&#233;. La Russie arri&#233;r&#233;e commencerait la r&#233;volution socialiste et serait sauv&#233;e des cons&#233;quences de son propre retard par la r&#233;volution socialiste en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui a sauv&#233; L&#233;nine des cons&#233;quences f&#226;cheuses d'un tel pronostic erron&#233;, c'est sa conception claire du r&#244;le des classes. Les bourgeois arriveraient au pouvoir mais c'&#233;tait le prol&#233;tariat qui les y mettrait, et il se battait pour une organisation prol&#233;tarienne qui ferait le travail de la bourgeoisie par dessus les t&#234;tes de la bourgeoisie et malgr&#233; eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait cette intransigeance, cette hostilit&#233; &#224; la bourgeoisie, bien que luttant pour une r&#233;volution bourgeoise, qui maintenait le Parti bolchevik implacablement hostile &#224; la bourgeoisie lib&#233;rale. Trotsky n'a jamais pu construire un parti &#8211; fondamentalement parce que le Pasty bolchevique, bien que se pr&#233;parant &#224; la r&#233;volution bourgeoise, &#233;tait, sous la direction ferme de L&#233;nine, essentiellement un parti, dans son organisation et ses perspectives, pr&#234;t pour la dictature du prol&#233;tariat. Les mencheviks croyaient aussi &#224; la r&#233;volution &#224; venir en tant que bourgeois. Mais ils pensaient que les bourgeois devaient le diriger. Pour cela, L&#233;nine et Trotsky s'y sont oppos&#233;s. Trotsky, donc, en dehors des deux groupes, r&#233;sumait ainsi sa position. Le caract&#232;re contre-r&#233;volutionnaire du mench&#233;visme, c'est-&#224;-dire son id&#233;e de la bourgeoisie en t&#234;te, se manifestera avant la r&#233;volution.Mais la nature contre-r&#233;volutionnaire du bolchevisme, c'est-&#224;-dire son id&#233;e d'une r&#233;publique d&#233;mocratique, se manifestera apr&#232;s la r&#233;volution. L&#233;nine et Trotsky ont tous deux convenu que la contre-r&#233;volution en Russie serait assez forte pour d&#233;truire la r&#233;volution si la r&#233;volution europ&#233;enne ne venait pas en aide aux Russes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1917, Zinoviev, Kamenev, Staline et les autres face au gouvernement provisoire s'en tiennent &#224; l'ancienne formule. Mais le Parti bolchevik avait &#233;t&#233; tellement entra&#238;n&#233; &#224; l'action de classe ind&#233;pendante du prol&#233;tariat qu'il &#233;tait relativement facile pour L&#233;nine de le basculer vers la dictature du prol&#233;tariat. Trotsky a rejoint le Parti et a accept&#233; les id&#233;es de L&#233;nine sur l'organisation du parti. Mais dans une pr&#233;face &#224; son livre, 1905, publi&#233; par l'Internationale Communiste en 1921, il souligna la fausset&#233; ant&#233;rieure de l'analyse bolchevique et la justesse de sa propre th&#233;orie. Personne ne l'a remis en question. Mais la r&#233;volution europ&#233;enne n'a pas triomph&#233; et les tendances bureaucratiques du r&#233;gime sovi&#233;tique ont augment&#233;. Staline en &#233;tant le centre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;faite de la R&#233;volution allemande en 1923 brisa les espoirs de l'avant-garde prol&#233;tarienne, seul soutien de l'opposition de gauche, comme on appelait alors les trotskistes, et permit ainsi &#224; Staline, avec Zinoviev et Kamenev, de se rendre ma&#238;tre de l'appareil du Parti sovi&#233;tique et du gouvernement. La bureaucratie, toute-puissante dans un pays arri&#233;r&#233;, soutenait Staline. Tenter dans un article de cette longueur de tout dire reviendrait &#224; ne rien dire. Il suffit de dire qu'entre 1923 et 1927, les trotskystes pr&#244;naient (a) un plan quinquennal d'industrialisation, (b) la restriction politique du koulak et une collectivisation progressive, en commen&#231;ant par la paysannerie pauvre, (c) une rupture avec les Britanniques. Conseil g&#233;n&#233;ral apr&#232;s la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en Angleterre de 1926 et la dissolution du Comit&#233; anglo-russe,(d) l'ind&#233;pendance du Parti communiste chinois lors de la r&#233;volution de 1925-1927 et la r&#233;pudiation de Chiang-Kai-Shek et du Kuomintang en tant que dirigeants de la r&#233;volution chinoise, (e) la d&#233;mocratie du Parti comme seul moyen de trouver et mener une politique correcte. Staline, soutenu par la bureaucratie, les a combattus avec succ&#232;s sur chaque point, avec des r&#233;sultats d&#233;sastreux pour la Russie et la r&#233;volution mondiale. Sa m&#233;thode consistait &#224; purger le Parti des &#233;l&#233;ments d'opposition et &#224; le remplir par la bureaucratie de personnes d&#233;vou&#233;es au stalinisme. Avant la 15e Conf&#233;rence du Parti, l'opposition a &#233;t&#233; expuls&#233;e.soutenus par la bureaucratie, les ont combattus avec succ&#232;s sur chaque point, avec des r&#233;sultats d&#233;sastreux pour la Russie et la r&#233;volution mondiale. Sa m&#233;thode consistait &#224; purger le Parti des &#233;l&#233;ments d'opposition et &#224; le remplir par la bureaucratie de personnes d&#233;vou&#233;es au stalinisme. Avant la 15e Conf&#233;rence du Parti, l'opposition a &#233;t&#233; expuls&#233;e.soutenus par la bureaucratie, les ont combattus avec succ&#232;s sur chaque point, avec des r&#233;sultats d&#233;sastreux pour la Russie et la r&#233;volution mondiale. Sa m&#233;thode consistait &#224; purger le Parti des &#233;l&#233;ments d'opposition et &#224; le remplir par la bureaucratie de personnes d&#233;vou&#233;es au stalinisme. Avant la 15e Conf&#233;rence du Parti, l'opposition a &#233;t&#233; expuls&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin de 1927 et au d&#233;but de 1928, les Koulaks &#233;taient devenus suffisamment puissants pour menacer l'&#201;tat sovi&#233;tique. La politique de l'Internationale fut un &#233;chec flagrant. Staline s'est retourn&#233; et a frapp&#233; ses alli&#233;s de droite. Boukharine, Rykov et Tomsky, qu'il avait utilis&#233;s contre la gauche ; et s'est lanc&#233; dans le plan quinquennal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1924, il avait introduit une th&#233;orie selon laquelle il &#233;tait possible de construire le socialisme en Russie sans l'aide de la r&#233;volution europ&#233;enne. C'&#233;tait, dit-il, le l&#233;ninisme. Maintenant, il tentait de le mettre en pratique. Les paysans ont &#233;t&#233; collectivis&#233;s en masse. Le capitalisme europ&#233;en devait &#234;tre d&#233;pass&#233; en dix ans. L'Internationale fut forc&#233;e d'adopter la th&#233;orie du social-fascisme : la social-d&#233;mocratie, et non le fascisme, &#233;tait l'ennemi principal. De grands succ&#232;s ont &#233;t&#233; remport&#233;s &#224; l'int&#233;rieur de la Russie, mais la port&#233;e du plan a conduit &#224; un chaos inutile dans l'industrie et &#224; la destruction de grandes quantit&#233;s de produits agricoles. Le mouvement ouvrier allemand a &#233;t&#233; encourag&#233; &#224; laisser Hitler prendre le pouvoir car il allait bient&#244;t s'effondrer. Les trotskistes de ces ann&#233;es se sont battus pour un plan et une collectivisation dans le cadre des pouvoirs de la Russie et pour le Front uni en Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 1927, personne en Russie ne pouvait pr&#234;cher ouvertement le trotskisme. Mais ceux qui en suivaient les doctrines &#233;taient organis&#233;s en groupes &#224; l'&#233;tranger connus sous le nom d'Opposition de gauche. Apr&#232;s la d&#233;faite allemande, l'Opposition de gauche a d&#233;clar&#233; la n&#233;cessit&#233; de construire une Quatri&#232;me Internationale. Les lecteurs de &#171; Controverse &#187; savent comment la bureaucratie sovi&#233;tique non seulement a rejoint la Soci&#233;t&#233; des Nations, mais apr&#232;s le Pacte franco-sovi&#233;tique, a invent&#233; le Front populaire, a commenc&#233; &#224; soutenir le r&#233;armement capitaliste en France, et soutient aujourd'hui toute section de la bourgeoisie qui exprime la moindre opposition au fascisme. Les trotskystes ont pr&#233;dit et combattu am&#232;rement de telles trahisons. Ils continueront de le faire. Mais cet abandon de la lutte des classes enseigna enfin un peu de sens &#224; beaucoup de ceux qui &#233;taient rest&#233;s insensibles aux longues ann&#233;es de propagande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans chaque pays, des groupes et des partis commenc&#232;rent &#224; prendre position &#224; la gauche des partis communistes. Ce n'&#233;tait pas difficile parce que les partis communistes &#233;taient aussi &#224; droite que la bourgeoisie voulait les laisser partir. Mais l'ILP en Angleterre, le POUM en Espagne, la gauche socialiste en France &#233;taient tous diversement hostiles au stalinisme. Ils s'opposaient maintenant &#224; la Troisi&#232;me Internationale, mais ne se d&#233;claraient pas pour une Quatri&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'int&#233;rieur de l'Union sovi&#233;tique, la bureaucratie, allant sans cesse &#224; droite, &#233;crasait tout &#224; gauche et d&#233;truisait les acquis politiques de la R&#233;volution en augmentant constamment les privil&#232;ges de la caste dirigeante. Le mouvement stakhanoviste a &#233;t&#233; une acc&#233;l&#233;ration drastique et les salaires &#233;lev&#233;s pay&#233;s &#224; une partie des ouvriers les ont d&#233;tach&#233;s de la masse et ont apport&#233; un soutien aux bureaucrates surpay&#233;s. L'insatisfaction des masses (comme on l'a ni&#233; !) s'est continuellement impos&#233;e dans le Parti, qu'il a fallu maintenir docile par des purges incessantes. Quelque 300 000 ont &#233;t&#233; purg&#233;s en 1935. C'est contre cette menace du dedans et du dehors qu'il faut voir les proc&#232;s qui ont tant fait pour mettre le trotskisme au premier plan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'il soit entendu qu'aucun trotskyste d&#233;clar&#233; en Russie n'est libre. Ils sont peut-&#234;tre 20 000 en prison. Le Bureau de la Quatri&#232;me Internationale a perdu contact avec eux pendant trois ans. Mais ils connaissaient la Quatri&#232;me Internationale, et leur hostilit&#233; au stalinisme et leur temp&#233;rament r&#233;volutionnaire peuvent &#234;tre jug&#233;s par le fait que Staline n'a jamais os&#233; les traduire en justice. Tous les trotskistes jug&#233;s &#8211; Zinoviev, Kamenev, Radek, Piatakov &#8211; sont des hommes reconnus partisans de Staline depuis des ann&#233;es. Certains, comme Radek et Piatakov, l'ont servi fid&#232;lement. Mais Staline, bien qu'ignorant, est l'inverse du stupide. C'est un homme singuli&#232;rement rus&#233;. Quand ces hommes disent que la politique de L&#233;nine a toujours &#233;t&#233; de construire le socialisme dans un seul pays, que le socialisme se construit en Russie, que le Front populaire est la politique l&#233;niniste,que Staline est un grand marxiste, ils savent qu'ils mentent, et Staline le sait aussi. La clique de Staline, Vorochilov, Molotov, Kaganovitch, etc., n'a et n'a jamais eu aucun principe &#224; perdre et dira ou fera quoi que ce soit. Mais les vieux trotskystes sont principalement des Juifs, des internationalistes, des hommes qui connaissent l'Europe et les langues europ&#233;ennes, connaissent les normes de vie en Europe occidentale, et tandis qu'ils voient ce qui a &#233;t&#233; fait en Russie, ils ne se font aucune illusion quant &#224; l'influence d&#233;sastreuse du stalinisme. eu sur l'ensemble du mouvement. Les difficult&#233;s internes s'accumulaient, la guerre pointait &#224; l'horizon, la R&#233;volution espagnole faisait de la politique &#233;trang&#232;re de l'Union sovi&#233;tique et de la politique de l'Internationale des enjeux vivants.et n'a jamais eu, aucun principe &#224; perdre et dira ou fera quoi que ce soit. Mais les vieux trotskystes sont principalement des Juifs, des internationalistes, des hommes qui connaissent l'Europe et les langues europ&#233;ennes, connaissent les normes de vie en Europe occidentale, et tandis qu'ils voient ce qui a &#233;t&#233; fait en Russie, ils ne se font aucune illusion quant &#224; l'influence d&#233;sastreuse que le stalinisme a eu sur l'ensemble du mouvement. Les difficult&#233;s internes s'accumulaient, la guerre pointait &#224; l'horizon, la R&#233;volution espagnole faisait de la politique &#233;trang&#232;re de l'Union sovi&#233;tique et de la politique de l'Internationale des enjeux vivants.et n'a jamais eu, aucun principe &#224; perdre et dira ou fera quoi que ce soit. Mais les vieux trotskystes sont principalement des Juifs, des internationalistes, des hommes qui connaissent l'Europe et les langues europ&#233;ennes, connaissent les normes de vie en Europe occidentale, et tandis qu'ils voient ce qui a &#233;t&#233; fait en Russie, ils ne se font aucune illusion quant &#224; l'influence d&#233;sastreuse du stalinisme. eu sur l'ensemble du mouvement. Les difficult&#233;s internes s'accumulaient, la guerre pointait &#224; l'horizon, la R&#233;volution espagnole faisait de la politique &#233;trang&#232;re de l'Union sovi&#233;tique et de la politique de l'Internationale des enjeux vivants.et tandis qu'ils voient ce qui a &#233;t&#233; fait en Russie, ils ne se font aucune illusion quant &#224; l'influence d&#233;sastreuse que le stalinisme a eue sur l'ensemble du mouvement. Les difficult&#233;s internes s'accumulaient, la guerre pointait &#224; l'horizon, la R&#233;volution espagnole faisait de la politique &#233;trang&#232;re de l'Union sovi&#233;tique et de la politique de l'Internationale des enjeux vivants.et tandis qu'ils voient ce qui a &#233;t&#233; fait en Russie, ils ne se font aucune illusion quant &#224; l'influence d&#233;sastreuse que le stalinisme a eue sur l'ensemble du mouvement. Les difficult&#233;s internes s'accumulaient, la guerre pointait &#224; l'horizon, la R&#233;volution espagnole faisait de la politique &#233;trang&#232;re de l'Union sovi&#233;tique et de la politique de l'Internationale des enjeux vivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans n'importe quelle crise &#8211; et les ex&#233;cutions massives de l'ann&#233;e &#233;coul&#233;e prouvent &#224; quel point la crise &#233;tait imminente &#8211; n'importe lequel des vieux trotskystes, m&#234;me s'il n'avait aucun lien avec Trotsky, pouvait s'av&#233;rer un centre de ralliement pour une opposition. La r&#233;cente purge de masse de la jeunesse pour &#171; immoralit&#233; &#187; montre qu'il y avait l&#224; aussi une grande hostilit&#233; envers le r&#233;gime de Staline. Staline r&#233;solut donc d'&#233;carter les hommes les plus connus de l'ancienne gauche, Zinoviev, Kamenev et Smirnov, de les accabler de disgr&#226;ce, de les rattacher &#224; la Quatri&#232;me Internationale et de discr&#233;diter le trotskysme croissant &#224; l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;moire des gens est vraiment courte. Le proc&#232;s menchevik de 1931 &#171; a prouv&#233; &#187; par des &#171; aveux &#187; que L&#233;on Blum, Vandervelde, le Parti travailliste britannique avaient tous organis&#233; le d&#233;molition de l'Union sovi&#233;tique en tant que pr&#233;liminaire &#224; une guerre d'intervention. Ces b&#234;tises malhonn&#234;tes et maladroites sont typiques de Staline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le proc&#232;s s'&#233;tait bien d&#233;roul&#233;, Staline aurait eu tout ce dont il avait besoin. Une fois qu'il aurait arrach&#233; les aveux de quelques trotskystes, les crimes du trotskysme seraient &#233;tablis et quiconque aurait jamais &#233;t&#233; qualifi&#233; de trotskyste pourrait &#234;tre renvoy&#233;, emprisonn&#233; et trait&#233; sous l'accusation g&#233;n&#233;rale de trotskysme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me &#233;tait que ce proc&#232;s fut un &#233;chec d&#233;sastreux &#224; l'int&#233;rieur et &#224; l'ext&#233;rieur de la Russie. Lorsque Staline envoya au Parti des informations sur la propagation du trotskysme, les pr&#233;parant pour le proc&#232;s, le Parti fut abasourdi par ce grossier mensonge. &#171; Les faits ont montr&#233; que nos camarades regardent ces signaux et avertissements avec apathie. &#187; Ainsi dit Staline lui-m&#234;me &#224; la p. 7 de la brochure FSU, Sweep Away Obstacles. &#171; La lettre d'un vieux bolchevik &#187; nous dit que Staline a pr&#233;par&#233; le proc&#232;s en secret avec l'aide de Yezhov dans le dos de Yagoda, et que m&#234;me tous les membres du Politbureau ne le savaient pas. Le proc&#232;s Radek-Piatakov a suivi au d&#233;but de 1937, mais la fa&#231;on dont cela contredit Zinoviev et Kamenev, la tentative de cr&#233;er un nouveau centre et de nouveaux crimes, montre que les organisateurs n'avaient pas envisag&#233; le second lorsqu'ils ont organis&#233; le premier. Cet essai a &#233;t&#233; plus efficace. Le petit-bourgeois a lu le chef-d'&#339;uvre de fiction de Radek et, secouant sa t&#234;te stupide, a dit &#171; Oui, c'est vrai &#187;, et a ainsi r&#233;solu un probl&#232;me politique. Mais dans le Parti en Union sovi&#233;tique, quelque chose n'allait pas. La r&#233;solution adopt&#233;e le 27 f&#233;vrier n'a &#233;t&#233; publi&#233;e que le 6 mars ; Le discours de Staline a &#233;galement &#233;t&#233; retard&#233; pendant des semaines. Quand ils sont apparus, ils contenaient une attaque f&#233;roce contre le trotskysme et la bureaucratie du parti, la tyrannie, violation des r&#232;glements du parti, nominations d'en haut, etc. Maintenant, Staline et les autres savaient que ces choses se passaient. Ils duraient depuis des ann&#233;es. Mais cet astucieux man&#339;uvre, sentant le danger, se mettait &#224; la t&#234;te du m&#233;contentement des masses, et se tournait contre la bureaucratie, appelant le plus possible trotskystes, naufrageurs, etc. Mais cette fois ce n'&#233;tait pas si facile. Ordjonikidze &#233;tait &#171; mort &#187;. Yagoda a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;. Personne n'&#233;tait trop haut pour &#234;tre en s&#233;curit&#233;. Il semble &#224; peu pr&#232;s certain que les plus gros bureaucrates et une partie solide de l'arm&#233;e ont d&#233;termin&#233; &#224; &#233;liminer Staline en pure l&#233;gitime d&#233;fense. L'histoire nous a donn&#233; un parall&#232;le exact en juillet 1794, lorsque l'ensemblesentant le danger, se mettait &#224; la t&#234;te du m&#233;contentement des masses, et se tournait contre la bureaucratie, appelant le plus possible trotskystes, naufrageurs, etc. Mais cette fois ce n'&#233;tait pas si facile. Ordjonikidze &#233;tait &#171; mort &#187;. Yagoda a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;. Personne n'&#233;tait trop haut pour &#234;tre en s&#233;curit&#233;. Il semble &#224; peu pr&#232;s certain que les plus gros bureaucrates et une partie solide de l'arm&#233;e ont d&#233;termin&#233; &#224; &#233;liminer Staline en pure l&#233;gitime d&#233;fense. L'histoire nous a donn&#233; un parall&#232;le exact en juillet 1794, lorsque l'ensemblesentant le danger, se mettait &#224; la t&#234;te du m&#233;contentement des masses, et se tournait contre la bureaucratie, appelant le plus possible trotskystes, naufrageurs, etc. Mais cette fois ce n'&#233;tait pas si facile. Ordjonikidze &#233;tait &#171; mort &#187;. Yagoda a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;. Personne n'&#233;tait trop haut pour &#234;tre en s&#233;curit&#233;. Il semble &#224; peu pr&#232;s certain que les plus gros bureaucrates et une partie solide de l'arm&#233;e ont d&#233;termin&#233; &#224; &#233;liminer Staline en pure l&#233;gitime d&#233;fense. L'histoire nous a donn&#233; un parall&#232;le exact en juillet 1794, lorsque l'ensembleIl semble &#224; peu pr&#232;s certain que les plus gros bureaucrates et une partie solide de l'arm&#233;e ont d&#233;termin&#233; &#224; &#233;liminer Staline en pure l&#233;gitime d&#233;fense. L'histoire nous a donn&#233; un parall&#232;le exact en juillet 1794, lorsque l'ensembleIl semble &#224; peu pr&#232;s certain que les plus gros bureaucrates et une partie solide de l'arm&#233;e ont d&#233;termin&#233; &#224; &#233;liminer Staline en pure l&#233;gitime d&#233;fense. L'histoire nous a donn&#233; un parall&#232;le exact en juillet 1794, lorsque l'ensemble Convention, Jacobins et Droite, crient Robespierre et le livrent &#224; la guillotine. Le lendemain, ils continu&#232;rent leur lutte interne, mais pour le moment tous sentaient que la premi&#232;re t&#226;che &#233;tait d'&#233;carter le sinistre dictateur avec qui aucun homme n'&#233;tait en s&#233;curit&#233;. Staline a frapp&#233; avant que ses ennemis ne puissent l'atteindre ; depuis quand il a lanc&#233; une attaque g&#233;n&#233;ralis&#233;e. Des hommes sont jug&#233;s pour avoir empoisonn&#233; des moutons et opprim&#233; des paysans, tandis que les paysans sont assis dans la cour et applaudissent et b&#233;nissent Staline ; d'autres sont licenci&#233;s des postes de cadres et des ouvriers nomm&#233;s &#224; leur place. Staline est maintenant l'homme du peuple. Et chaque fois que cela est possible, il appelle ces hommes des trotskystes. Mais il faut comprendre qu'il n'y a aucune raison de croire qu'un seul de ces bureaucrates ait quoi que ce soit &#224; voir avec l'opposition en Russie.Leur politique aurait probablement &#233;t&#233; un nettoyage de l'appareil en leur faveur et un rel&#226;chement de la tyrannie. Toukhatchevskv a peut-&#234;tre favoris&#233; une alliance russo-allemande. Mais tout cela n'a rien &#224; voir avec le trotskysme, qui dans le langage stalinien signifie simplement contre Staline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Staline est maintenant en grave danger. Comme toujours, la r&#233;volution commence d'en haut. Les hommes refusent les postes. Ils ont peur. Les bureaucrates se faisaient presque face ouvertement. D&#232;s qu'elles entreront en conflit ouvert, les masses se joindront &#224; elles, car elles seront invit&#233;es de chaque c&#244;t&#233; &#224; les soutenir. Cela, cependant, est un autre sujet. Il suffit que la seule section avec une politique pour les masses soit les trotskystes, et que les deux ailes de la haute bureaucratie s'y opposent, comme les lib&#233;raux et les conservateurs s'opposent &#224; la r&#233;volution socialiste. La solution de ce conflit est cependant li&#233;e &#224; la r&#233;volution europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit une situation parall&#232;le sur le terrain international. Tous ceux qui sont pour la r&#233;volution socialiste sont condamn&#233;s par les staliniens &#224; la destruction. &#171; Nous ne sommes pas des trotskystes &#187;, crient continuellement le POUM et l'ILP. Que cela leur fasse beaucoup de bien. Les staliniens n'auront rien &#224; leur gauche, et Maxton, Brockway et Marceau Pivert peuvent guetter le sort de Nin. Il semble que Trotsky ait un mauvais caract&#232;re, ce qui emp&#234;che les gens de rejoindre le Bureau de la Quatri&#232;me Internationale. Piffle de colportage. Seules les masses peuvent construire une Quatri&#232;me Internationale. Mais les dirigeants doivent les aider en montrant la voie. La bureaucratie stalinienne et la Troisi&#232;me Internationale sont maintenant une tumeur gangren&#233;e dans le mouvement ouvrier. Ils doivent en &#234;tre coup&#233;s. Il n'y a plus qu'une chose maintenant &#8211; la lutte pour la Quatri&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/james-clr/works/1937/trotskyism.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/james-clr/works/1937/trotskyism.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>La mont&#233;e et la chute de l'Internationale communiste</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article8188</link>
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		<dc:date>2025-07-21T22:34:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>C. L. R. James</dc:subject>
		<dc:subject>communisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;CLR James &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;volution mondiale 1917-1936 &lt;br class='autobr' /&gt;
La mont&#233;e et la chute de l'Internationale communiste &lt;br class='autobr' /&gt;
1937 &lt;br class='autobr' /&gt;
PR&#201;FACE &lt;br class='autobr' /&gt;
CE LIVRE EST UNE INTRODUCTION ET UNE ENQU&#202;TE SUR LE mouvement socialiste r&#233;volutionnaire depuis la guerre - les ant&#233;c&#233;dents, la fondation et le d&#233;veloppement de la Troisi&#232;me Internationale - son effondrement en tant que force r&#233;volutionnaire. Le Parti bolchevique et l'Union sovi&#233;tique qu'il contr&#244;le, &#233;tant les facteurs dominants de la Troisi&#232;me Internationale, sont trait&#233;s de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique81" rel="directory"&gt;4- Ce qu'est le socialisme et ce qu'il n'est pas&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot198" rel="tag"&gt;C. L. R. James&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot229" rel="tag"&gt;communisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;CLR James&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;volution mondiale 1917-1936
&lt;p&gt;La mont&#233;e et la chute de l'Internationale communiste&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1937&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PR&#201;FACE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CE LIVRE EST UNE INTRODUCTION ET UNE ENQU&#202;TE SUR LE mouvement socialiste r&#233;volutionnaire depuis la guerre - les ant&#233;c&#233;dents, la fondation et le d&#233;veloppement de la Troisi&#232;me Internationale - son effondrement en tant que force r&#233;volutionnaire. Le Parti bolchevique et l'Union sovi&#233;tique qu'il contr&#244;le, &#233;tant les facteurs dominants de la Troisi&#232;me Internationale, sont trait&#233;s de mani&#232;re extensive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les id&#233;es sur lesquelles le livre est bas&#233; sont les id&#233;es fondamentales du marxisme. Depuis 1923, ils ont &#233;t&#233; expos&#233;s principalement par Trotsky et un petit groupe de collaborateurs. Beaucoup de ceux qui ont rican&#233; ou ignor&#233; pendant des ann&#233;es sont maintenant mal &#224; l'aise de savoir qu'il existe en Russie quelque chose qui s'appelle vaguement &#171; trotskysme &#187;, que les autorit&#233;s sovi&#233;tiques, malgr&#233; les succ&#232;s &#233;conomiques, d&#233;couvrent dans les plus hautes fonctions de l'&#201;tat et dans des cercles de plus en plus larges. la population. Au m&#234;me moment, en Europe occidentale, des hommes d'&#201;tat et des publicistes, effray&#233;s par la mont&#233;e constante de la vague r&#233;volutionnaire, se joignent au r&#233;gime stalinien en Russie pour condamner le &#171; trotskysme &#187;. M. Winston Churchill, dans l'Evening Standard du 16 octobre 1936, d&#233;cha&#238;ne une f&#233;roce diatribe contre les &#171; trotskystes &#187;, doubl&#233;e d'une approbation &#224; peine voil&#233;e des staliniens, c'est-&#224;-dire de la IIIe Internationale. Les gouvernements et les hommes d'&#201;tat nationaux ne se pr&#233;occupent pas des diff&#233;rences j&#233;suitiques entre les interpr&#233;tations de Marx et de L&#233;nine. Tout l'avenir de la civilisation est en jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise actuelle des affaires mondiales, la mont&#233;e du fascisme, la r&#233;volution espagnole, l'in&#233;vitable r&#233;volution en France, le r&#244;le de la Russie hier, aujourd'hui et demain, le flux et le reflux constants des partis et mouvements politiques dans le monde entier, ces choses doit &#234;tre vu, ne peut &#234;tre compris du tout, que comme faisant partie du mouvement r&#233;volutionnaire international contre le capitalisme qui est entr&#233; dans une &#233;tape d&#233;cisive en 1917 avec la fondation du premier &#201;tat ouvrier et, deux ans plus tard, l'organisation d'une Internationale r&#233;volutionnaire. Invasion de la Ruhr ; la maladie et la mort de L&#233;nine et la victoire rapide de Staline sur Trotsky en 1923 ; l'exp&#233;dition nordique de Chiang Kai-shek en 1926, l'&#233;chec de la Commune de Shanghai et l'aventure d&#233;sastreuse de l'insurrection de Canton ; l'effondrement de la nouvelle politique &#233;conomique en 1928, la &#171; liquidation du koulak &#187; et la capitulation sans coup f&#233;rir du puissant mouvement ouvrier d'Allemagne devant Hitler ; la restauration de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e dans les campagnes russes, le Front populaire en France, l'assassinat de Zinoviev et de Kamenev, le braquage des armes par la Troisi&#232;me Internationale sur le POUM en Espagne parce qu'il agite pour la r&#233;volution socialiste - tous ces &#233;v&#233;nements majeurs de l'histoire d'apr&#232;s-guerre forment un tout &#233;troitement li&#233;. Vus isol&#233;ment, ils forment un fouillis. Ce livre montre leur interconnexion. en Espagne parce qu'elle milite pour la r&#233;volution socialiste &#8211; tous ces &#233;v&#233;nements majeurs de l'histoire d'apr&#232;s-guerre forment un tout &#233;troitement li&#233;. Vus isol&#233;ment, ils forment un fouillis. Ce livre montre leur interconnexion. en Espagne parce qu'elle milite pour la r&#233;volution socialiste &#8211; tous ces &#233;v&#233;nements majeurs de l'histoire d'apr&#232;s-guerre forment un tout &#233;troitement li&#233;. Vus isol&#233;ment, ils forment un fouillis. Ce livre montre leur interconnexion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combien le livre doit aux &#233;crits de Trotsky, le texte ne peut le montrer que partiellement. Mais m&#234;me avec cette grande dette, il n'aurait jamais pu &#234;tre &#233;crit sans le mat&#233;riel patiemment recueilli et annot&#233; en France, en Chine, en Am&#233;rique, en Allemagne et en Russie. Ma t&#226;che a &#233;t&#233; principalement une t&#226;che de s&#233;lection et de coordination. Pourtant, dans une enqu&#234;te aussi vaste et compliqu&#233;e, des divergences d'opinions et d'accents sont in&#233;vitables. Par cons&#233;quent, alors que le livre doit tellement aux autres qu'il justifie l'utilisation du terme &#171; nous &#187;, la responsabilit&#233; ultime doit rester la mienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai appel&#233; les choses et les personnes par les noms que j'ai jug&#233;s les plus propres &#224; caract&#233;riser leur signification politique. Pourtant, il est bon de rappeler au lecteur les paroles de Marx :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mon point de vue, &#224; partir duquel l'&#233;volution de la formation &#233;conomique de la soci&#233;t&#233; est consid&#233;r&#233;e comme un processus d'histoire naturelle, peut, moins qu'un autre, rendre l'individu responsable des relations dont il reste socialement la cr&#233;ature, si subjectivement qu'il s'&#233;l&#232;ve. au-dessus d'eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chapitre 1 - MARXISME&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/james-clr/works/world/ch01.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/james-clr/works/world/ch01.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chapitre 2 - LES PRECURSEURS DE LA TROISIEME INTERNATIONALE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/james-clr/works/world/ch02.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/james-clr/works/world/ch02.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chapitre 3 - LA GUERRE ET LA R&#201;VOLUTION RUSSE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/james-clr/works/world/ch03.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/james-clr/works/world/ch03.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/james-clr/works/world/index.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/james-clr/works/world/index.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>C.L.R. James - Notes sur la dialectique</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article8540</link>
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		<dc:date>2025-06-30T22:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Dialectic - Dialectique</dc:subject>
		<dc:subject>Hegel</dc:subject>
		<dc:subject>C. L. R. James</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C.L.R. James &lt;br class='autobr' /&gt;
Notes sur la dialectique &lt;br class='autobr' /&gt;
La doctrine de l'&#234;tre &lt;br class='autobr' /&gt;
Avertissement : cette traduction, pleine d'erreurs, donne seulement une petite id&#233;e du texte et n&#233;cessite de se r&#233;f&#233;rer au document d'origine en anglais : &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1019 &lt;br class='autobr' /&gt;
EXERCICES PR&#201;LIMINAIRES &lt;br class='autobr' /&gt;
Alors que je me propose de commencer &#171; La Logique &#187; de Hegel proprement dite, je ressens un l&#233;ger frisson. &lt;br class='autobr' /&gt;
Harris, qui a finalement &#233;crit un tr&#232;s bel ouvrage sur la logique h&#233;g&#233;lienne, &#233;tait (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique15" rel="directory"&gt;Chapter 10 : Natural and social dialectic - Dialectique naturelle et sociale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Dialectic - Dialectique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot169" rel="tag"&gt;Hegel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot198" rel="tag"&gt;C. L. R. James&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;C.L.R. James
&lt;p&gt;Notes sur la dialectique&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La doctrine de l'&#234;tre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avertissement : cette traduction, pleine d'erreurs, donne seulement une petite id&#233;e du texte et n&#233;cessite de se r&#233;f&#233;rer au document d'origine en anglais :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1019&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1019&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EXERCICES PR&#201;LIMINAIRES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que je me propose de commencer &#171; La Logique &#187; de Hegel proprement dite, je ressens un l&#233;ger frisson.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Harris, qui a finalement &#233;crit un tr&#232;s bel ouvrage sur la logique h&#233;g&#233;lienne, &#233;tait professeur de philosophie et conf&#233;rencier sur Hegel de seconde main. Brockmeyer, gouverneur du Missouri, a fait une traduction de la &#171; Grande Logique &#187; et quelqu'un l'a donn&#233;e &#224; Harris. Harris dit qu'il a copi&#233; la chose de sa propre main, le tout, et quand il a termin&#233;, il n'a pas compris une ligne, pas une ligne. Je sais exactement ce qu'il ressentait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que je propose de faire, c'est d'utiliser la &#171; Doctrine de l'&#202;tre &#187; comme moyen de mettre en pratique le style et la m&#233;thode de Hegel. &#171; La Grande Logique &#187; est le livre le plus difficile que je connaisse. &#171; La Critique de la raison pure &#187; de Kant est un jeu d'enfant par rapport &#224; la &#171; Logique &#187;. Mais nous devons &#234;tre capables de g&#233;rer cette difficult&#233;. Ainsi, pendant que nous obtiendrons les points principaux de la &#171; Doctrine de l'&#202;tre &#187;, consid&#233;rons cela comme une sorte d'entra&#238;nement de base, avant de nous attarder dans la &#171; Doctrine de l'Essence &#187;. Je ne donne pas un r&#233;sum&#233; de la &#171; Logique &#187;. Je ne l'&#233;tends pas en tant que doctrine. Je l'utilise et montre comment commencer &#224; la conna&#238;tre et &#224; l'utiliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pensez au monde des &#234;tres humains, pr&#232;s de deux milliards, plus que cela peut-&#234;tre. Quelle est la chose la plus simple que vous puissiez dire &#224; leur sujet ? Ils existent. Deux milliards de personnes existent. Et alors ! Dire cela, c'est dire&#8230; rien. Dire quelque chose d'aussi large, d'aussi complet, d'aussi abstrait, c'est ne rien dire. Quelque chose doit arriver, doit sortir de cette abstraction. Je dis : certains de ces hommes travaillent. L'abstraction pr&#233;c&#233;dente est maintenant devenue quelque chose. Certains hommes travaillent. Regardons les hommes qui travaillent. Ils cr&#233;ent aussit&#244;t, en se distinguant, une autre cat&#233;gorie, les personnes qui ne travaillent pas. Vous ne pouvez pas isoler une cat&#233;gorie sans en cr&#233;er une autre. Cr&#233;er une cat&#233;gorie, c'est &#171; d&#233;terminer &#187; quelque chose. Mais chaque fois que vous d&#233;terminez quelque chose, vous niez quelque chose d'autre. &#192; chaque fois. En choisissant de d&#233;terminer les hommes qui travaillent, nous les nions en tant qu'hommes qui existent simplement, mais nous nions aussi les hommes qui ne travaillent pas. Ce ne sont plus des hommes qui simplement existent. C'est fini. Ce sont des hommes qui ne travaillent pas. Chaque fois que vous faites quelque chose, il y a autre chose vous ne faites pas en m&#234;me temps. Une pi&#232;ce d'argent sur une table verte a annul&#233; la couverture verte &#224; l'endroit particulier o&#249; elle repose. Elle cr&#233;e l'endroit o&#249; se trouve la pi&#232;ce et l'endroit o&#249; la pi&#232;ce n'est pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, nous avons des hommes qui travaillent. C'est la qualit&#233; qui les distingue. Quand quelque chose &#034;devient&#034; hors de la masse, il appara&#238;t une &#034;qualit&#233;&#034;. La qualit&#233; que nous prenons ici, c'est le travail. Des cow-boys, des ing&#233;nieurs. La liste est interminable. Certains travaillent bien, d'autres mal. Certains travaillent bien mais restent &#224; la maison tous les matins. On se retrouve vite concern&#233; par plus que la qualit&#233;, mais la quantit&#233; de travail. Le souci de la qualit&#233; nous a conduits &#224; la quantit&#233;. Mais la quantit&#233;, elle aussi, est limit&#233;e. Plus vous la contemplez, plus vous la traitez, plus vous constatez qu'il est impossible de garder un &#339;il sur la quantit&#233; de travail des tailleurs, des cuisiniers, des plongeurs sous-marins en mesurant le travail dans l'abstrait. Vous devez obtenir une mesure commune. Les trois divisions de la &#171; doctrine de l'&#234;tre &#187; sont la qualit&#233;, la quantit&#233; et la mesure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un exemple grossier, mais &#224; mon avis tout &#224; fait ad&#233;quat, de la m&#233;thode de Hegel. C'est ce que je recherche. Kant et les autres conna&#238;traient et utiliseraient aussi &#171; Qualit&#233;, Quantit&#233; et Mesure &#187;. Ce sur quoi Hegel a insist&#233;, c'est que ces concepts sont indissolublement li&#233;s, que l'un se d&#233;veloppe &#224; partir de l'autre. La quantit&#233; est venue &#224; un certain moment parce que la qualit&#233; sur la qualit&#233; ne continue pas &#224; &#234;tre la qualit&#233; mais, &#224; un certain stade, devient quelque chose de nouveau. Hegel prend &#171; la Qualit&#233; &#187; et &#171; la Quantit&#233; &#187; comme des abstractions pour repr&#233;senter les processus pr&#233;sents dans tous les aspects de la nature, de la soci&#233;t&#233; et de la pens&#233;e. L'eau est une qualit&#233;, un petit ruisseau annihile les terres environnantes. C'est un ruisseau parce que ce n'est plus une terre. S'il grandit et grandit encore, il devient un fleuve, et un certain nombre de fleuves se rejoignant en un seul endroit peuvent devenir une mer int&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cat&#233;gories propres &#224; Hegel sont bien s&#251;r beaucoup plus profondes. Il dit : quand on dit &#171; un &#234;tre &#187;, ne pensez pas aux hommes, mais &#224; tout ce qui existe, qui a un &#034;&#234;tre&#034;. Ne pensez pas au monde entier comme aux hommes, &#224; la terre, au ciel, aux chevaux, &#224; l'air, aux b&#226;timents. Pensez au pur &#171; &#202;tre absolu &#187;. Bien. Mais quand vous pensez cela, vous pensez &#224;&#8230; rien. &#171; &#202;tre pur &#187; &#8211; c'est un rien pur. Quelque chose n'est pas seulement, il &#233;merge, il &#171; devient &#187; et vous avez &#171; un &#234;tre d&#233;termin&#233; &#187;. Il a une qualit&#233;. Mais une pi&#232;ce sur une table annule une partie de la table. De sorte que &#171; l'&#234;tre d&#233;termin&#233; &#187; est &#234;tre-pour-soi mais aussi &#234;tre-pour-autrui. Les hommes qui travaillent sont un &#234;tre, l'&#234;tre-pour-soi, mais ils sont aussi automatiquement l'&#234;tre-pour-un autre, pour des hommes-qui-ne-travaillent pas. La qualit&#233; signifie qu'une limite est impos&#233;e, une barri&#232;re entre elle-m&#234;me et son autre, son contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on regarde de plus pr&#232;s ce qu'implique une limite, on la voit impliquer en elle-m&#234;me une contradiction, et ainsi manifester sa nature dialectique. D'un c&#244;t&#233;, la limite fait la r&#233;alit&#233; d'une chose ; de l'autre, c'est sa n&#233;gation. Mais, encore une fois, la limite, en tant que n&#233;gation de quelque chose, n'est pas un rien abstrait mais un rien qui est &#8211; ce que nous appelons un &#171; autre &#187;. l'autre n'est pas non plus d'une nature telle qu'on puisse penser quelque chose en dehors de lui, un quelque chose est implicitement l'autre de soi, et le quelque peu voit sa limite devenir objective pour lui dans l'autre. Si nous demandons maintenant la diff&#233;rence entre quelque chose et une autre chose, il s'av&#232;re qu'ils sont identiques : une similitude, qui s'exprime en latin en appelant le couple &#171; alia-aliud &#187;, par opposition au quelque chose, est elle-m&#234;me un quelque chose, et donc nous disons quelque autre, ou quelque chose d'autre ; et ainsi d'autre part le premier quelque chose oppos&#233; &#224; l'autre, d&#233;fini aussi comme quelque chose, est lui-m&#234;me un autre. Quand nous disons &#171; autre chose &#187;, notre premi&#232;re impression est que quelque chose pris s&#233;par&#233;ment n'est que quelque chose, et que la qualit&#233; d'&#234;tre autre ne s'y attache que par des consid&#233;rations ext&#233;rieures. Ainsi, nous supposons que la lune, &#233;tant autre chose que le soleil, pourrait tr&#232;s bien exister sans le soleil. Mais en r&#233;alit&#233;, la lune, en tant que quelque chose, a son autre nature implicite en elle. Platon dit : Dieu a fait le monde de la nature de l'&#034;un&#034; et de l'&#034;autre&#034; : les ayant r&#233;unis, il en a form&#233; un troisi&#232;me, qui est de la nature de l'&#034;un&#034; et de l'&#034;autre&#034;.En ces termes, nous avons en termes g&#233;n&#233;raux un &#233;nonc&#233; de la nature du fini, qui, comme quelque chose, ne rencontre pas la nature de l'autre comme s'il n'avait aucune affinit&#233; avec elle, mais, &#233;tant implicitement l'autre de lui-m&#234;me, subit ainsi alt&#233;ration. L'alt&#233;ration pr&#233;sente ainsi la contradiction inh&#233;rente qui s'attache originellement &#224; l'&#234;tre d&#233;termin&#233;, et qui le force &#224; sortir de ses propres limites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; Mais le fait est que la mutabilit&#233; r&#233;side dans le concept d'existence, et le changement n'est que la manifestation de ce qu'elle est implicitement. Les vivants meurent, simplement parce qu'en tant que vivants ils portent en eux le germe de la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le c&#339;ur de la &#171; Doctrine de l'&#202;tre &#187; de Hegel. Quelque chose implique imm&#233;diatement une chose contraire. Continuez avec quelque chose comme la qualit&#233;, et son autre, la quantit&#233;, prendra forme. Un quelque chose de compl&#232;tement abstrait est comme rien, c'est-&#224;-dire son contraire. Quelque chose &#171; devient &#187; &#224; partir de rien. Il a toujours sa limite, sa barri&#232;re. Et cette limite, la barri&#232;re, est franchie, &#224; un certain stade, pour &#233;tablir l'autre, son contraire. Tout cela se passe dans la sph&#232;re de l'&#234;tre d&#233;termin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons un exemple de ce que signifie la m&#233;thode de la &#171; Logique &#187; de Hegel. Le prol&#233;tariat politiquement est un corps sans distinction de type de prol&#233;taires. Quelque chose &#171; devient &#187;. Certains d'entre eux forment un parti. Du coup le prol&#233;tariat n'est plus parti d'un c&#244;t&#233; et prol&#233;taires de l'autre. Le prol&#233;tariat est devenu parti et sans-parti, ou comme on dit, parti et masse. Le parti cr&#233;e son contraire, la masse. Mais vous pouvez avoir un, deux, trois, quatre partis. Une fa&#231;on &#233;vidente de distinguer est par la taille. Ce n'est cependant pas suffisant. &#192; des fins politiques, nous pouvons juger par le &#034;soutien&#034;, une forme de quantit&#233;. Mais le support change. &#192; partir du soutien, nous pouvons arriver &#224; ce qui, en derni&#232;re analyse, a d&#233;cid&#233; du soutien &#8211; la politique. C'est une forme de &#171; Mesure &#187;. Chaque fois que vous examinez un objet, vous pouvez commencer par rechercher sa qualit&#233; distinctive &#233;vidente, la quantit&#233; de cette qualit&#233; et la mesure de celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#8230;) Pour nous la &#171; Doctrine de l'&#202;tre &#187; est un chemin de pratique pour se familiariser avec la m&#233;thode, la m&#233;thode concr&#232;te, la m&#233;thode pour traiter le contenu et la m&#233;thode du conception de Hegel. Ne vous laissez pas tromper par l'extrait que je vous donne de la &#171; Petite Logique &#187;. L&#224;, il est amical, attentionn&#233; et gentil. Dans la &#171; Grande Logique &#187;, il est impitoyable. Il formule l'id&#233;e la plus difficile et la plus compliqu&#233;e dans une proposition de trois mots. Il cr&#233;e des termes, trois, quatre, cinq, et les utilise comme s'il s'agissait de lettres de l'alphabet. Utilisons donc cet interm&#232;de comme entra&#238;nement. Maintenant pour cette qualit&#233; dans les affaires de quantit&#233;. Hegel utilise &#171; l'Un et le Multiple &#187; comme illustration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bon sens pense que l'un est seul, et ici pr&#233;sent, et que plusieurs sont certains d'&#234;tre plusieurs, et s&#233;par&#233;s. En d'autres termes. L'&#171; Un &#187; a une qualit&#233; sp&#233;ciale d'&#234;tre &#224; part, et les &#171; plusieurs &#187; commencent en &#233;tant ensemble et le restent. Hegel dit non. Sa philosophie nous dit que l'Un pr&#233;suppose le Multiple. Au moment o&#249; je dis &#171; Un &#187;, j'ai ainsi cr&#233;&#233; la cat&#233;gorie &#171; Multiple &#187;. En fait, c'est l'existence du &#171; Multiple &#187; qui rend possible l' &#171; Un &#187;. S'il n'y avait pas plusieurs, Un serait ce que vous voulez mais ce ne serait pas &#171; Un &#187;, signifiant celui-ci, contrairement &#224; de &#171; multiples &#187; autres. L'Un est donc r&#233;pulsif. &#202;tre, il repousse le Multiple. C'est exclusif, mais ce n'est pas tranquille. Il repousse activement le Multiple, sinon sa qualit&#233; sp&#233;cifique d'Un serait perdue. C'est la R&#233;pulsion. Mais, tous les autres Uns qui constituent le Multiple ont une relation de connexion avec lui. Ils ont ainsi une relation de connexion les uns avec les autres ; l'un, en les retenant tous, les fait tous s'unir contre lui. Mais chacun d'eux est aussi un. Ainsi l'Un commence par R&#233;pulsion mais cr&#233;e dans tout autre Un une attraction. Ainsi, l'Un quand vous commencez avec elle est une Qualit&#233;, mais en examinant d'abord et en suivant ce qui est impliqu&#233; jusqu'&#224; la fin, vous vous retrouvez avec une nouvelle cat&#233;gorie, la Quantit&#233;, avec la Qualit&#233; originelle pure et simple supprim&#233;e et remplac&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici l'extrait complet :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'Un, comme on l'a d&#233;j&#224; remarqu&#233;, n'est que l'auto-exclusion et la mise explicite en tant que Multiple. Chacun des Multiples est cependant lui-m&#234;me un &#171; Un &#187;, et, en raison de son comportement, cette r&#233;pulsion totale est d'un seul coup convertie en son contraire &#8211; l'Attraction. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sur quoi Hegel insiste, ce n'est pas de refuser de voir l'Un comme fixe, fini, limit&#233;, isol&#233;. Il est un parce qu'il y en a plusieurs, et &#224; cause de cela, la cat&#233;gorie originale de l'Un commence &#224; prendre de nouvelles facettes et soudain, elles sont tout &#224; l'oppos&#233; de ce avec quoi vous avez commenc&#233;. Comme Hegel le sait et le dit, vous pouvez (si vous le souhaitez) faire beaucoup de blagues sur ces transitions. Sa r&#233;ponse fondamentale est que vous devez l'accompagner et voir o&#249; vous arrivez et ce que vous obtenez. Quiconque a suivi un cours sur le Capital sait qu'il existe certains types qui en contestent passionn&#233;ment chaque phrase, chaque d&#233;duction. Finalement, ils se retrouvent toujours dans le camp bourgeois. C'est la r&#233;volution qu'ils combattent. Les cat&#233;gories h&#233;g&#233;liennes offrent des possibilit&#233;s infinies de ce type. Cependant, nous n'avons pas seulement nos traditions pass&#233;es. Nous avons eu une introduction tr&#232;s substantielle ici, et on peut se permettre de le suivre. En fait, peu de gens remettent en cause les grandes divisions de la &#171; Doctrine de l'&#202;tre &#187;. J'ai vu ces pr&#233;misses de base contest&#233;es, mais l'auteur de cette contestation a dit ensuite que si vous admettiez ces pr&#233;misses, vous ne pourriez pas vous y opposer s&#233;rieusement &#224; la suite du raisonnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant laissons Hegel lui-m&#234;me parler. Je donne quelques longs extraits de &#171; La petite Logique &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le passage de la Qualit&#233; &#224; la Quantit&#233;, indiqu&#233; dans le paragraphe pr&#233;c&#233;dent, ne se retrouve pas dans notre mode de pens&#233;e ordinaire qui consid&#232;re que chacune de ces cat&#233;gories existe ind&#233;pendamment, l'une &#224; c&#244;t&#233; de l'autre. Nous avons coutume de dire que les choses ne sont pas seulement d&#233;finies qualitativement, mais aussi quantitativement ; mais d'o&#249; proviennent ces cat&#233;gories et comment sont-elles li&#233;es les unes aux autres, voil&#224; des questions qui ne sont souvent pas examin&#233;es plus avant. Le fait est que quantit&#233; signifie simplement une qualit&#233; d&#233;pass&#233;e et absorb&#233;e : et c'est par la dialectique de la qualit&#233; examin&#233;e ici que ce d&#233;passement s'effectue. Tout d'abord, nous avons eu l'Etre : comme v&#233;rit&#233; de l'Etre, est venu le Devenir : qui a form&#233; le passage &#224; l'&#202;tre D&#233;termin&#233; : et la v&#233;rit&#233; de cela, nous l'avons trouv&#233;e &#234;tre l'Alt&#233;ration. Et dans son r&#233;sultat, l'Alt&#233;ration s'est montr&#233;e &#234;tre-pour-soi, exempt d'implication d'autrui et de passage dans l'autre ; qu'&#234;tre-pour-soi finalement dans les deux faces de son processus, la r&#233;pulsion et l'attraction, s'annulait nettement, et par l&#224; m&#234;me annulerait la qualit&#233; dans la totalit&#233; de ses &#233;tapes. Pourtant cette qualit&#233; d&#233;pass&#233;e et absorb&#233;e n'est ni un rien abstrait, ni un &#234;tre &#233;galement abstrait et sans traits : ce n'est qu'&#234;tre aussi indiff&#233;rent &#224; la d&#233;terminit&#233; ou au caract&#232;re. Cet aspect de l'&#234;tre est aussi ce qui appara&#238;t comme quantit&#233; dans nos conceptions ordinaires. Nous observons les choses, d'abord, avec un &#339;il sur leur qualit&#233; &#8211; que nous prenons pour le caract&#232;re identique &#224; l'&#234;tre de la chose. Si nous proc&#233;dons &#224; la consid&#233;ration de leur quantit&#233;, nous obtenons la conception d'un caract&#232;re ou d'un mode indiff&#233;rent et ext&#233;rieur, de telle sorte qu'une chose reste ce qu'elle est bien que sa quantit&#233; soit alt&#233;r&#233;e, et la chose devient plus ou moins grande. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis Hegel travaille sur la Quantit&#233; et arrive &#224; la Mesure. Celles-ci, il les r&#233;sume &#224; pr&#233;sent :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ainsi la quantit&#233; par le mouvement dialectique &#233;tudi&#233; jusqu'ici &#224; travers ses diff&#233;rentes &#233;tapes, s'av&#232;re &#234;tre un retour &#224; la qualit&#233;. Le premier concept de quantit&#233; qui nous est pr&#233;sent&#233;e est celle de qualit&#233; abrog&#233;e et absorb&#233;e. C'est-&#224;-dire que la quantit&#233; semblait un caract&#232;re ext&#233;rieur non identique &#224; l'&#234;tre, auquel elle serait tout &#224; fait indiff&#233;rente. Ce concept, comme nous l'avons vu, sous-tend la d&#233;finition math&#233;matique de la grandeur comme ce qui peut &#234;tre augment&#233; ou diminu&#233;. A premi&#232;re vue, cette d&#233;finition peut donner l'impression que la quantit&#233; est simplement tout ce qui peut &#234;tre modifi&#233; - augmentation et diminution impliquant de la m&#234;me mani&#232;re la d&#233;termination de la grandeur autrement - et peut tendre &#224; la confondre avec l'&#234;tre d&#233;termin&#233;, le deuxi&#232;me stade de la qualit&#233;, qui dans sa conception est de m&#234;me con&#231;u comme alt&#233;rable. On peut cependant compl&#233;ter la d&#233;finition en ajoutant, qu'en quantit&#233; nous avons un alt&#233;rable qui, malgr&#233; les alt&#233;rations, reste le m&#234;me. Il s'av&#232;re donc que la quantit&#233; implique une contradiction inh&#233;rente. Cette contradiction est ce qui forme la dialectique de la quantit&#233;. Le r&#233;sultat de la dialectique cependant n'est pas un simple retour &#224; la qualit&#233;, comme si c'&#233;tait la vraie, et comme si la quantit&#233; &#233;tait le faux concept, mais un progr&#232;s vers l'unit&#233; et la v&#233;rit&#233; des deux, vers la quantit&#233; qualitative, ou la Mesure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela m&#233;rite r&#233;flexion, mais ce n'est pas trop difficile. L&#224;, Hegel dit quelque chose qu'il r&#233;p&#232;te souvent, comme je l'ai d&#233;j&#224; montr&#233;. Les hommes, sur cette question, pourraient &#234;tre aussi stupides aujourd'hui qu'&#224; l'&#233;poque. Il parle de la Nature o&#249; l'&#234;tre simple et d&#233;termin&#233;, la qualit&#233;, abonde. La mesure est un stade tr&#232;s bas de la logique dialectique. Et Hegel dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il peut donc &#234;tre bon &#224; ce stade d'observer que chaque fois que dans notre &#233;tude du monde objectif nous sommes engag&#233;s dans des d&#233;terminations quantitatives, c'est dans tous les cas la Mesure que nous avons en vue, comme le but de nos op&#233;rations. En termes de langage, lorsque la constatation de caract&#233;ristiques et de relations quantitatives, elle est appel&#233;e &#171; Mesure &#187;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici maintenant deux exemples splendides de la relation dialectique entre qualit&#233;, quantit&#233; et mesure :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On mesure par exemple la longueur de la progression de diff&#233;rents accords qui ont &#233;t&#233; mis en &#233;tat de vibration, en tenant compte de la diff&#233;rence qualitative des tons provoqu&#233;e par leur vibration, correspondant &#224; cette diff&#233;rence de longueur. De m&#234;me, en chimie, on cherche &#224; conna&#238;tre la quantit&#233; des mati&#232;res mises en combinaison, afin de conna&#238;tre les mesures ou proportions conditionnant cette combinaison, c'est-&#224;-dire les quantit&#233;s qui donnent naissance &#224; des qualit&#233;s d&#233;finies. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vient ensuite un passage vraiment superbe dans lequel vous voyez ce que la Logique signifiait pour lui et comment il l'utilisait. Elle est tr&#232;s longue. Mais c'est en quelque sorte une anthologie et je la voudrais en :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'identit&#233; entre quantit&#233; et qualit&#233;, que l'on retrouve dans la Mesure, n'est d'abord qu'implicite, et pas encore explicitement r&#233;alis&#233;e. Autrement dit, ces deux cat&#233;gories, qui s'unissent dans la Mesure, revendiquent chacune une autorit&#233; ind&#233;pendante. D'une part, les caract&#233;ristiques quantitatives de l'existence peuvent &#234;tre alt&#233;r&#233;es, sans affecter sa qualit&#233;. D'autre part, cette augmentation et cette diminution, si immat&#233;rielles qu'elles soient, ont leur limite, en d&#233;passant laquelle la qualit&#233; subit un changement. Ainsi la temp&#233;rature de l'eau est, en premier lieu, un point sans cons&#233;quence quant &#224; sa liquidit&#233; : toujours avec l'augmentation ou la diminution de la temp&#233;rature de l'eau liquide, il arrive un point o&#249; cet &#233;tat de coh&#233;sion subit un changement qualitatif. , et l'eau est convertie en vapeur ou en glace. Un changement quantitatif a lieu, apparemment sans autre signification : mais il y a quelque chose qui se cache derri&#232;re, et un changement de quantit&#233; apparemment innocent agit comme une sorte de pi&#232;ge, pour attraper la qualit&#233;. L'antinomie de la mesure que cela implique a &#233;t&#233; illustr&#233;e sous plus d'un costume chez les Grecs. On a demand&#233;, par exemple, si un seul grain fait un tas de bl&#233;, ou s'il fait une queue chauve pour arracher un seul cheveu de la queue du cheval. D'abord sans doute, consid&#233;rant la nature de la quantit&#233; comme un caract&#232;re indiff&#233;rent et ext&#233;rieur de l'&#234;tre, nous sommes dispos&#233;s &#224; r&#233;pondre &#224; ces questions par la n&#233;gative. Et cependant, comme il faut l'admettre, cette augmentation et cette diminution indiff&#233;rentes ont leur limite : un point est enfin atteint, o&#249; un seul grain suppl&#233;mentaire fait un tas de bl&#233; ; et la queue chauve est produite, si nous continuons &#224; arracher des poils simples.Ces exemples trouvent un parall&#232;le dans l'histoire du paysan qui, tandis que son &#226;ne marchait gaiement, continuait d'ajouter once apr&#232;s once &#224; son chargement, jusqu'&#224; ce qu'il finisse par sombrer sous le fardeau insupportable. Ce serait une erreur de traiter ces exemples comme une futilit&#233; p&#233;dante ; ils tournent vraiment sur des pens&#233;es, dont la connaissance est d'une grande importance dans la vie pratique, en particulier dans l'&#233;thique. Ainsi, en mati&#232;re de d&#233;penses, il y a une certaine latitude dans laquelle un plus ou moins n'a pas d'importance ; mais lorsque la mesure, impos&#233;e par les circonstances individuelles du cas particulier, est d&#233;pass&#233;e d'un c&#244;t&#233; ou de l'autre, la nature qualitative de la mesure (comme dans les exemples ci-dessus de la temp&#233;rature diff&#233;rente de l'eau) se fait sentir, et un cours , qui un instant auparavant &#233;tait tenue pour bonne &#233;conomie, se transforme en avarice ou en prodigalit&#233;.Les m&#234;mes principes peuvent &#234;tre appliqu&#233;s en politique, lorsqu'il faut consid&#233;rer la constitution d'un &#201;tat comme ind&#233;pendante, au moins comme d&#233;pendante de l'&#233;tendue de son territoire, du nombre de ses habitants et d'autres points quantitatifs du m&#234;me type. Si nous regardons, par exemple, un &#201;tat avec un territoire de dix mille milles carr&#233;s et une population de quatre millions d'habitants, nous devrions, sans h&#233;sitation, admettre que quelques milles carr&#233;s de terre ou quelques milliers d'habitants plus ou moins ne pourraient exercer aucune influence essentielle sur le caract&#232;re de sa constitution. Mais d'autre part, il ne faut pas oublier que par l'augmentation ou la diminution continuelle d'un &#233;tat, on arrive enfin &#224; un point o&#249;, en dehors de toutes autres circonstances, cette seule alt&#233;ration quantitative entra&#238;ne n&#233;cessairement avec elle une alt&#233;ration de la qualit&#233; de la Constitution.La constitution d'un petit canton suisse ne convient pas &#224; un grand royaume ; et, de m&#234;me, la constitution de la r&#233;publique romaine ne convenait pas lorsqu'elle &#233;tait transf&#233;r&#233;e aux petites villes imp&#233;riales d'Allemagne. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; peu pr&#232;s tout ce dont nous avons besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, une petite r&#233;capitulation et un tremplin vers l'Essence. &#202;tre signifie qualit&#233;, &#234;tre d&#233;termin&#233;. Cela sort de Rien. Il traite des cat&#233;gories d'autres &#234;tres d&#233;termin&#233;s qu'un &#234;tre d&#233;termin&#233; cr&#233;e automatiquement. Mais la Mesure comme derni&#232;re &#233;tape d'un tel &#202;tre qui en cr&#233;e d'autres l&#224;-bas. La dialectique de la Mesure la conduit &#224; l'Essence, o&#249; l'&#234;tre n'est plus simplement d&#233;termin&#233;. Cela se refl&#232;te. Nous commen&#231;ons maintenant &#224; voir un objet dont les parties sont s&#233;par&#233;es par la pens&#233;e. Une partie en cr&#233;e une autre, c'est vrai, mais l'autre est inh&#233;rente &#224; l'objet lui-m&#234;me, pas un objet ici et un autre l&#224;-bas, mais l'objet se divise en cat&#233;gories connexes qui sont toutes deux contenues dans l'objet lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a &#233;t&#233; tr&#232;s doux, tr&#232;s facile. La &#171; Petite Logique &#187; vaut la peine d'&#234;tre lue sur la &#171; Doctrine de l'&#202;tre &#187; en particulier. J'ai volontairement gard&#233; le ton l&#233;ger. Il suffit de lire et de faire connaissance. Car apr&#232;s cela, nous allons commencer &#224; nous d&#233;placer et &#231;a va &#234;tre mouvement&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La Doctrine de l'Essence &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'ESSENCE EST UN MOUVEMENT DE N&#201;GATION&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici va donc, droit au c&#339;ur de celui-ci, et prenez le pire en premier. Pr&#233;parez vous :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Devenir dans l'Essence &#8211; son mouvement r&#233;flexif &#8211; est donc le mouvement du Rien vers le Rien et par le Rien vers lui-m&#234;me. Le passage ou le Devenir se transcende dans son passage : cet Autre qui surgit au cours de ce passage n'est pas le Non-&#234;tre d'un &#202;tre, mais le Rien d'un Rien &#8211; qui constitue l'Etre &#8211; l'Etre n'existe que comme mouvement du Rien vers Rien, et ainsi est l'Essence ; et l'Essence ne contient pas ce mouvement en elle-m&#234;me mais est ce mouvement, Spectacle absolu et n&#233;gativit&#233; pure, qui n'a rien sans lui qui puisse le nier, mais ne nie que sa propre n&#233;gativit&#233;, qui n'est que dans cette n&#233;gation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un passage aussi difficile que possible. Pourtant, nous pouvons lui casser le dos. Essayez juste de vous souvenir. Hegel doit &#233;crire ainsi. S'il disait, comme nous, le mouvement ouvrier ceci et cela, ou l'&#233;nergie atomique, ou la th&#233;orie de l'&#201;tat, il se limiterait aussit&#244;t. Le lecteur y penserait comme de la politique ou quoi que ce soit que Hegel ait choisi. Le mouvement serait de la politique &#224; autre chose, puis &#224; autre chose, et ainsi de suite &#224; l'infini. D'ailleurs cela limiterait, j'en suis s&#251;r, sa libert&#233; d'analyse. Il examine au contraire une infinit&#233; de processus, &#233;tudie la relation entre les &#233;tapes, et extrait, abstrait le mouvement essentiel. D'ailleurs, en le lisant, j'ai l'impression que par l'&#233;tude des ph&#233;nom&#232;nes et les m&#233;thodes d'autres philosophes, il avait appris &#224; manier ces abstractions par elles-m&#234;mes, et comme un homme le fait en math&#233;matiques, les pousser plus loin par leur propre mouvement. Ils doivent donc &#234;tre accept&#233;s comme valides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons prendre ce passage dans tous les sens, l'inqui&#233;ter comme un chien. Quelle est l'id&#233;e centrale ? Ce que je veux que vous remarquiez, c'est l&#224; o&#249; il dit que l'Essence ne contient pas de mouvement, mais c'est ce mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imaginez un esprit, un g&#233;nie Ariel, un &#234;tre d&#233;sincarn&#233; flottant dans le vide spirituel. Il ne sait pas qui il est ni ce qu'il est. Mais il veut le d&#233;couvrir et on lui a dit qu'&#224; l'int&#233;rieur de sa constellation spirituelle se trouvent un certain nombre d'&#233;l&#233;ments qui explosent p&#233;riodiquement en un objet, une pierre, une fleur, un cheval, un singe, un homme, etc. c'est vrai. Mais il saura si c'est vrai ou non. Si au bout d'un moment il sent que ce n'est pas la vraie chose, il la dissout et il revient dans un esprit pur. Sa seule fa&#231;on de savoir quoi que ce soit sur lui-m&#234;me est de devenir l'une des choses qui sont en lui. Le jour o&#249; il devient quelque chose et sait, sent que c'est &#231;a, alors il est enfin quelque chose de nouveau. Il a, peut-on dire, une id&#233;e de son vrai moi enfin. Mais, sauf comme quelque chose qui est devenu quelque chose pendant un certain temps, lui-m&#234;me est un pur esprit, abstrait, attendant dans ces r&#233;gions froides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essence est le fait que quelque chose devient continuellement autre chose et le nie parce que ce n'est pas ce que la chose qui devient veut &#234;tre. Cet &#171; &#234;tre &#187; qu'il devient, nous le savons de la Doctrine de l'&#202;tre, est &#171; devenu &#187; du N&#233;ant. Tout &#234;tre imm&#233;diat sort du N&#233;ant et peut revenir au n&#233;ant. La diff&#233;rence avec Essence est qu'elle cr&#233;e beaucoup d'&#234;tres diff&#233;rents ; ils reviennent &#224; rien, mais l'essence continue d'essayer, car le pauvre Essence est le fait qu'il doit continuer &#224; essayer. C'est une sorte d'&#234;tre qui ne se contente pas de devenir rien mais de par sa nature m&#234;me doit continuer &#224; essayer et &#224; essayer encore. Nous pouvons maintenant revenir au passage et nous concentrer sur certaines choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, nous pouvons faire une paraphrase l&#226;che. (Pour l'Essence, le devenir est l'&#234;tre, c'est-&#224;-dire qu'il part du n&#233;ant, reste un temps comme &#233;tant et revient au n&#233;ant, mais par l&#224; revient &#224; lui-m&#234;me, ce qui est l'imp&#233;rieuse n&#233;cessit&#233; de &#034; devenir &#187; une fois de plus.) L'&#234;tre ordinaire est le mouvement du rien vers l'&#234;tre-pour-autrui et continue, ou peut-&#234;tre, simplement devenir et dispara&#238;tre, et c'est tout. Mais Essence essaie &#224; nouveau. Si bien que l'&#234;tre dans lequel l'Essence essaie de se retrouver est pur Spectacle ; cela ne devient pas une qualit&#233;, qui devient une quantit&#233;, qui devient une mesure, etc. Non, monsieur. Spectacle pur. N&#233;gativit&#233; absolue. Montrez n &#176; 1. Pas bon. Ni&#233;. Montrez le n &#176; 2. Pas ce que je recherche - avec &#231;a dans les limbes. Montrez le n&#176; 3. Pas bon. Niez-le. Niez-les tous.Un jour on y arrivera (et on verra plein de choses qu'on ne pouvait pas voir avant). Mais pour le moment, Essence peut vraiment dire : &#171; Moi ! Je sais ce que je suis maintenant. Je ne suis que la n&#233;gativit&#233;, je deviens quelque chose et je la nie. Je suis un mouvement, moi. Oui c'est &#231;a. Je suis mouvement de n&#233;gation. Mais ce n'est pas tout de moi. Un jour, je le saurai. Essence bien s&#251;r ne sait pas qu'il y a une logique &#224; sa n&#233;gativit&#233;. Un philosophe, un philosophe h&#233;g&#233;lien, qui l'observait au microscope atomique dirait : d'abord il &#233;tait une pierre, puis il &#233;tait une fleur, puis il &#233;tait un cheval, puis il &#233;tait un singe, puis il &#233;tait un homme. La pauvre abstraction ne le sait pas, mais je pense qu'un jour il sera un ange. C'est ce que toute cette agitation et cette n&#233;gativit&#233; doivent signifier. Mais cela bien s&#251;r ne nous concerne pas ici.Je sais ce que je suis maintenant. Je ne suis que la n&#233;gativit&#233;, je deviens quelque chose et je la nie. Je suis un mouvement, moi. Oui c'est &#231;a. Je suis mouvement de n&#233;gation. Mais ce n'est pas tout de moi. Un jour, je le saurai. Essence bien s&#251;r ne sait pas qu'il y a une logique &#224; sa n&#233;gativit&#233;. Un philosophe, un philosophe h&#233;g&#233;lien, qui l'observait au microscope atomique dirait : d'abord il &#233;tait une pierre, puis il &#233;tait une fleur, puis il &#233;tait un cheval, puis il &#233;tait un singe, puis il &#233;tait un homme. La pauvre abstraction ne le sait pas, mais je pense qu'un jour il sera un ange. C'est ce que toute cette agitation et cette n&#233;gativit&#233; doivent signifier. Mais cela bien s&#251;r ne nous concerne pas ici.Je sais ce que je suis maintenant. Je ne suis que la n&#233;gativit&#233;, je deviens quelque chose et je la nie. Je suis un mouvement, moi. Oui c'est &#231;a. Je suis mouvement de n&#233;gation. Mais ce n'est pas tout de moi. Un jour, je le saurai. Essence bien s&#251;r ne sait pas qu'il y a une logique &#224; sa n&#233;gativit&#233;. Un philosophe, un philosophe h&#233;g&#233;lien, qui l'observait au microscope atomique dirait : d'abord il &#233;tait une pierre, puis il &#233;tait une fleur, puis il &#233;tait un cheval, puis il &#233;tait un singe, puis il &#233;tait un homme. La pauvre abstraction ne le sait pas, mais je pense qu'un jour il sera un ange. C'est ce que toute cette agitation et cette n&#233;gativit&#233; doivent signifier. Mais cela bien s&#251;r ne nous concerne pas ici. &#187; Essence ne sait bien s&#251;r pas qu'il y a une logique &#224; sa n&#233;gativit&#233;. Un philosophe, un philosophe h&#233;g&#233;lien, qui l'observait au microscope atomique dirait : d'abord il &#233;tait une pierre, puis il &#233;tait une fleur, puis il &#233;tait un cheval, puis il &#233;tait un singe, puis il &#233;tait un homme. La pauvre abstraction ne le sait pas, mais je pense qu'un jour il sera un ange. C'est ce que toute cette agitation et cette n&#233;gativit&#233; doivent signifier. Mais cela bien s&#251;r ne nous concerne pas ici. &#187; Essence ne sait bien s&#251;r pas qu'il y a une logique &#224; sa n&#233;gativit&#233;. Un philosophe, un philosophe h&#233;g&#233;lien, qui l'observait au microscope atomique dirait : d'abord il &#233;tait une pierre, puis il &#233;tait une fleur, puis il &#233;tait un cheval, puis il &#233;tait un singe, puis il &#233;tait un homme. La pauvre abstraction ne le sait pas, mais je pense qu'un jour il sera un ange. C'est ce que toute cette agitation et cette n&#233;gativit&#233; doivent signifier. Mais cela bien s&#251;r ne nous concerne pas ici.C'est ce que toute cette agitation et cette n&#233;gativit&#233; doivent signifier. Mais cela bien s&#251;r ne nous concerne pas ici.C'est ce que toute cette agitation et cette n&#233;gativit&#233; doivent signifier. Mais cela bien s&#251;r ne nous concerne pas ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant de l&#224; dans le mouvement ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons ce qu'est le mouvement syndical. C'&#233;tait &#224; une &#233;poque les r&#233;volutions de 1848, dont le chartisme, 1839-48. Elle a pris la forme de la Premi&#232;re Internationale. Elle a pris la forme de la IIe Internationale &#224; son apog&#233;e. Les syndicats &#233;taient &#233;galement organis&#233;s. Il y a des &#226;nes qui diraient : la Commune, par exemple, a eu lieu dans une ville, comment peut-on dire que c'&#233;tait une forme de tout le mouvement ouvrier ? Pensez &#224; tous les millions et millions qui n'avaient aucun lien avec la Commune. Des imb&#233;ciles. Depuis 1917, le mouvement ouvrier, pays apr&#232;s pays, a tent&#233; &#224; plusieurs reprises d'imiter la Commune. L'Europe et l'Asie bouillonnent de futurs communards.Il est donc &#233;vident que la Commune (dans une seule ville) montrait le mod&#232;le de l'avenir - aux millions et millions dans les centaines et milliers de villes qui ne pr&#234;taient peut-&#234;tre que peu d'attention &#224; la Commune - qui &#233;tait une forme de rien en particulier. La Commune les repr&#233;sentait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces formulaires montrent donc que le mouvement syndical va quelque part. Mais les r&#233;volutions de 1848, elles allaient et venaient, la Commune allait et venait. La Premi&#232;re Internationale allait et venait. La IIe Internationale demeure, mais est une relique. Regardez-le en France &#8211; la Troisi&#232;me Force. C'est une blague. En France, les deux forces sont De Gaulle et la Troisi&#232;me Internationale. Qui choisit de se pr&#233;occuper de la IIe Internationale et des ouvriers catholiques est dans la m&#234;me position que ceux qui n'ont pas compris que c'&#233;tait la Commune et non les millions apparemment inertes qui &#233;tait d&#233;cisive pour l'avenir de l'Europe. Marx s'est jet&#233; dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, comme je l'ai dit, ces formes disparaissent. Mais le mouvement prol&#233;tarien continue. Ils ont un &#234;tre ext&#233;rieur, et ceux-ci s'&#233;vanouissent, les nouvelles formes ext&#233;rieures apparaissent. Nous pouvons toujours, si nous sommes marxistes, voir la forme et ce que nous appellerons pour le moment l'Essence. Mais l'Essence n'est pas une chose qui change. Non, la forme &#233;tait la Premi&#232;re Internationale ; l'essence &#233;tait le mouvement ouvrier, prol&#233;tarien, r&#233;volutionnaire de 1871, qui &#233;tait diff&#233;rent de celui de 1848. Et nous avons &#233;tabli que le mouvement r&#233;volutionnaire d'aujourd'hui, les ouvriers qui suivent le stalinisme, ne sont pas les m&#234;mes qui ont suivi le mench&#233;visme. Ils sont encore plus avanc&#233;s qualitativement, encore plus avanc&#233;s sur la route de leur but ultime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Commune donc, la Premi&#232;re Internationale, les luttes de 1905 n'&#233;taient qu'Etre, elles n'&#233;taient Rien. Ils n'existaient pas, ils existaient, ils n'existaient plus. Ils &#233;taient de rien et sont revenus &#224; rien. Mais leur exp&#233;rience, ce qu'ils repr&#233;sentaient &#233;tait accumul&#233;. Ce n'&#233;tait pas perdu. L'essence est un mouvement mais un mouvement de l'&#234;tre emmagasin&#233;. Les ouvriers sous le stalinisme ont l'exp&#233;rience du l&#233;ninisme. &#171; L'Essence peut certainement &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme un &#234;tre pass&#233;, en nous rappelant cependant que le pass&#233; n'est pas totalement ni&#233;, mais seulement mis de c&#244;t&#233; et ainsi en m&#234;me temps pr&#233;serv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Troisi&#232;me Internationale r&#233;actionnaire a emmagasin&#233; en elle le pass&#233; du l&#233;ninisme qui n'est plus &#8211; il n'existe plus. Les philosophes, les marxistes, doivent retracer cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui continue de bouger, c'est le mouvement ouvrier, le mouvement r&#233;volutionnaire lui-m&#234;me. Il emmagasine l'exp&#233;rience des folies et des faiblesses du proudhonisme et du bakouninisme. Il a appris la valeur de l'organisation. Elle a accumul&#233; l'exp&#233;rience du parlementarisme, de la d&#233;fense nationale, etc. Elle s'est enrichie de plus en plus. (Il a organis&#233; les id&#233;es aussi, mais toujours &#224; la suite du mouvement objectif, changeant, d&#233;veloppant le capitalisme.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A un moment donn&#233;, ce mouvement prol&#233;tarien ressemble &#224; la Premi&#232;re Internationale ou &#224; la Commune ou 1917-20. Et si vous vous arr&#234;tez, regardez, et soyez pr&#233;cis, comme il faut le faire (souvenez-vous que vous ne pouvez penser que si vous avez des d&#233;terminations fixes et pr&#233;cises), alors vous voyez que le mouvement essentiel se refl&#232;te dans la forme. La Premi&#232;re Internationale l'a refl&#233;t&#233;, 1915 l'a refl&#233;t&#233;, etc. Les reflets disparaissent. Ce qu'ils r&#233;fl&#233;chissaient est emmagasin&#233; et fait partie du nouveau prol&#233;tariat. Ce processus, la disparition du reflet, et le nouveau prol&#233;tariat avec son exp&#233;rience du reflet emmagasin&#233; en lui, repartant, ce processus est l'Essence. L'essence d'une chose est qu'elle doit se mouvoir, se r&#233;fl&#233;chir, nier le reflet qui n'&#233;tait rien, devenir &#234;tre, puis redevenir rien, tandis que la chose elle-m&#234;me doit avancer parce que c'est sa nature de le faire. Qu'il doive se d&#233;placer, la direction coh&#233;rente dans laquelle il se d&#233;place, sa n&#233;cessit&#233; de nier ses r&#233;flexions, de les stocker et de poursuivre vers un but ultime, c'est son Essence. L'essence du prol&#233;tariat est son mouvement pour incorporer en lui-m&#234;me l'exp&#233;rience des maux du capitalisme jusqu'&#224; ce qu'il surmonte le capitalisme lui-m&#234;me. L'essence du prol&#233;tariat n'est pas qu'il soit r&#233;volutionnaire et essaie de nombreux partis diff&#233;rents et les rejette parce qu'ils &#233;chouent. Ce n'est pas &#171; un substrat existant &#187;. Il nie non seulement son reflet, il fait plus que cela, il nie davantage ses propres exp&#233;riences et les emmagasine, il est donc toujours plus loin qu'il ne l'&#233;tait auparavant dans son propre but sp&#233;cial. Cela ne nie pas non plus en g&#233;n&#233;ral. (La citation s'affichera.). Et maintenant, phrase par phrase.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devenir dans l'Essence &#8211; son moment de r&#233;flexion &#8211; est donc le mouvement du Rien vers le Rien et par le Rien vers lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;vident. Commune, Premi&#232;re Internationale, L&#233;ninisme, tout, en tant qu'entit&#233;s existantes, tout &#234;tre pur. Le prol&#233;tariat avait un &#234;tre, un certain sentiment, des id&#233;es, des impulsions, des d&#233;sirs, une volont&#233;. Elle les a acquises dans son exp&#233;rience, exp&#233;rience objective avec le capitalisme, avec son pass&#233; emmagasin&#233;. C'&#233;tait l'&#234;tre abstrait, l'&#234;tre prol&#233;taire abstrait. Mais l'&#234;tre abstrait n'est rien. La Nature de l'&#234;tre doit devenir d&#233;termin&#233;e. De m&#234;me que la pens&#233;e organise les impulsions, le d&#233;sir, la volont&#233;, etc., le parti prol&#233;tarien s'organise, se d&#233;termine dans L&#233;nine, Boukharine, Trotsky, Rakovsky, le Parti bolchevik, la IIIe Internationale, &#234;tre d&#233;termin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le l&#233;ninisme, donc, la Troisi&#232;me Internationale, est une cristallisation de l'&#234;tre abstrait, qui n'est rien. Le l&#233;ninisme nie ce rien en devenant quelque chose. Ensuite, il est remplac&#233; par le stalinisme. Mais le fait que cela se produise est l'essence du prol&#233;tariat. Ses d&#233;sirs, sa volont&#233;, ses pulsions, ses besoins (essentiellement implant&#233;s en lui par sa position vis-&#224;-vis du capitalisme) sont toujours d'abord un &#234;tre abstrait, c'est-&#224;-dire rien, puis prennent une forme d&#233;termin&#233;e, puis ceux-ci s'&#233;vanouissent dans le n&#233;ant, mais leur essence est stock&#233;e en haut. Le prol&#233;tariat, par essence, a un Autre, son reflet, mais celui-ci va et vient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le passage ou le Devenir se transcende dans son passage : cet Autre qui surgit au cours de ce passage n'est pas le Non-&#234;tre d'un &#202;tre, mais le Rien d'un Rien ; et c'est cela &#8211; le fait qu'il soit la n&#233;gation d'un Rien &#8211; qui constitue l'&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un exercice de d&#233;veloppement des id&#233;es de la Doctrine de l'&#202;tre. Ce passage contient la cl&#233;. Lisez-le lentement et obtenez-le :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'&#234;tre n'existe que comme mouvement du Rien vers le Rien, et ainsi est l'Essence- et l'Essence ne contient pas ce mouvement en soi mais est ce mouvement, Spectacle absolu et pure n&#233;gativit&#233;, qui n'a rien sans lui qui puisse le nier, mais nie seulement sa propre n&#233;gativit&#233;, qui n'est que dans cette n&#233;gation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'en regardant en arri&#232;re, nous pouvons voir que nous avions une sorte d'&#234;tre en qualit&#233;, l'&#234;tre imm&#233;diat, qui a suivi son propre chemin. Maintenant nous avons une autre sorte d'&#234;tre, l'Essence, qui a sa mani&#232;re, la n&#233;gativit&#233; constante du Spectacle, dans laquelle elle doit se retrouver. Le reste d'Essence est de retracer le d&#233;veloppement dialectique de ce Spectacle, et le mouvement qui le nie sans cesse. (Je ne garantis pas ces interpr&#233;tations. Le fait est qu'une fois qu'elles sont en panne, nous commen&#231;ons &#224; parier quelque part. Je n'ai pas peur des erreurs.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors maintenant, nous avons Essence. C'est une forme de R&#233;flexion. Comme Hegel le d&#233;crit dans la plus petite Logique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce mot &#171; r&#233;flexion &#187; est appliqu&#233; &#224; l'origine lorsqu'un rayon de lumi&#232;re en ligne droite frappant la surface d'un miroir en est renvoy&#233;. Dans ce ph&#233;nom&#232;ne nous avons deux choses, d'abord un fait imm&#233;diat qui est, et deuxi&#232;mement la phase d&#233;l&#233;gu&#233;e, d&#233;riv&#233;e ou transmise du m&#234;me. Quelque chose de ce genre se produit lorsque nous r&#233;fl&#233;chissons ou pensons &#224; un objet ; car ici nous voulons conna&#238;tre l'objet, non dans son imm&#233;diatet&#233;, mais comme d&#233;riv&#233; ou m&#233;diatis&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;diatis&#233;. Un joli mot. Serre-le contre ta poitrine. Je dis, nous disons que la conscience des gens est une chose, l'imm&#233;diatet&#233;, une entit&#233; dont nous pouvons dire qu'elle a une &#171; qualit&#233; &#187;. Mais en tant que marxistes, nous savons que la conscience est par essence le reflet de l'environnement &#233;conomique et politique, c'est-&#224;-dire social. L'arri&#232;re-plan social est donc m&#233;diatis&#233; par la conscience. Dans la doctrine de l'&#202;tre, la qualit&#233; &#233;tait, si l'on veut, m&#233;diatis&#233;e en quantit&#233;. Dans la Doctrine de l'Essence, la qualit&#233; est, ou plut&#244;t serait une manifestation de quelque chose qui se refl&#232;te &#224; travers la qualit&#233;. Hegel poursuit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le probl&#232;me ou le but de la philosophie est souvent repr&#233;sent&#233; comme la constatation de l'essence des choses : une phrase qui signifie seulement que les choses, au lieu d'&#234;tre laiss&#233;es dans leur imm&#233;diatet&#233;, doivent &#234;tre montr&#233;es comme m&#233;diatis&#233;es ou bas&#233;es sur quelque chose d'autre. L'Etre imm&#233;diat des choses est ainsi con&#231;u sous l'image d'une &#233;corce ou d'un rideau derri&#232;re lequel se cache l'Essence. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le maestro y va doucement. &#171; Tout, dit-on, a une Essence ; c'est-&#224;-dire que les choses ne sont pas vraiment ce qu'elles se montrent imm&#233;diatement. Il y a autre chose &#224; faire que de simplement vagabonder d'une qualit&#233; &#224; une autre, et simplement d'avancer du qualitatif au quantitatif et vice versa : il y a un permanent dans les choses et ce permanent est en premier lieu leur Essence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est assez simple. Pourquoi n'ai-je pas commenc&#233; par &#231;a ? Non. Parce que cette simple phrase &#171; en premier lieu &#187; couvre beaucoup de choses et cela nous aurait caus&#233; beaucoup de probl&#232;mes. Vous auriez cru comprendre quelque chose que vous ne compreniez pas. L'essence de la conscience est l'environnement social. Mais vous obtenez l&#224; une impression qui est statique. C'est seulement parce que la conscience est une sorte de spectacle, qui doit refl&#233;ter l'environnement, et l'environnement doit continuer &#224; s'exprimer, toujours &#224; la recherche, que nous pouvons l'appeler Essence. L'importance de cela ne peut pas &#234;tre surestim&#233;e. Si vous ne voyez pas cela clairement, vous avez l'id&#233;e d'essayer ceci, d'essayer cela, d'essayer l'autre. Vous dites vite : il semble ne jamais apprendre, car &#171; il &#187; est statique. Alors votre essence devient une chose. Mais quand vous voyez l'Essence comme le mouvement, et le mouvement qui emmagasine l'&#234;tre d&#233;pass&#233;, mais pourtant vous &#234;tes pouss&#233; &#224; continuer, alors vous avez l'Essence en v&#233;rit&#233; et en fait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or, savoir que l'Essence est un mouvement qui se refl&#232;te dans un Spectacle (qui est rejet&#233;) puis repart, le savoir, c'est seulement conna&#238;tre l'Essence en g&#233;n&#233;ral. C'est le d&#233;but de l'Essence. L'essence, un mouvement, avance dialectiquement. Le reflet et la chose refl&#233;t&#233;e ont leur vie propre ; ils se d&#233;veloppent en diff&#233;rentes choses et nous les tra&#231;ons, et voyons comment &#224; chaque &#233;tape ils se transforment en quelque chose d'autre. Hegel appelle leur forme la plus importante les R&#233;flexions des D&#233;terminations. Souvenez-vous que pendant longtemps ce sont des cr&#233;ations de la pens&#233;e. Par exemple, lorsque vous regardez la conscience, vous ne la voyez pas divis&#233;e en conscience et existence, pour reprendre le mot de Marx. La conscience est la conscience. Mais la pens&#233;e fait cette s&#233;paration, ces d&#233;terminations de l'objet, en ses parties composantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voyons le l&#233;ninisme comme une d&#233;termination qui refl&#232;te un certain stade de d&#233;veloppement du mouvement perp&#233;tuel. Mais le l&#233;ninisme est une d&#233;termination de la pens&#233;e. Il y a le prol&#233;tariat, dans la soci&#233;t&#233; capitaliste, &#224; un certain stade de d&#233;veloppement. Isoler ce que nous appelons le l&#233;ninisme est une d&#233;termination de la pens&#233;e. L'isoler comme un fait et lui donner une vie ind&#233;pendante, ah ! J&#233;sus, c'est quelque chose qui apporte un terrible ch&#226;timent. &#201;coutez Hegel avant m&#234;me qu'il ne commence &#224; d&#233;velopper les D&#233;terminations de la r&#233;flexion, nous disant comment certaines personnes se bloquent :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; . . . les d&#233;terminations r&#233;fl&#233;chies sont d'un genre diff&#233;rent des d&#233;terminations simplement imm&#233;diates de l'&#234;tre. De ces derniers, il est facile d'admettre qu'ils sont transitoires et simplement relatifs, li&#233;s &#224; quelque chose d'autre, tandis que les d&#233;terminations r&#233;fl&#233;chies ont la forme d'&#234;tre-en-et-pour-soi. Ils s'affirment donc comme essentiels, et au lieu de passer dans leurs contraires, ils apparaissent plut&#244;t comme absolus, libres et indiff&#233;rents les uns aux autres. Ils r&#233;sistent donc obstin&#233;ment &#224; leur mouvement : leur &#202;tre est leur identit&#233; &#224; soi dans leur d&#233;terminit&#233;, selon laquelle, tout en se pr&#233;supposant l'un l'autre, ils se conservent pourtant comme absolument s&#233;par&#233;s dans ce rapport. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le l&#233;ninisme est le l&#233;ninisme et le stalinisme est le stalinisme ; la Quatri&#232;me Internationale est la Quatri&#232;me Internationale. C'est leur donner la forme de l'&#234;tre-en-et-pour-soi. L'extrait ci-dessus pose probl&#232;me. Il n'est pas n&#233;cessaire de tout prendre phrase par phrase. Une interpr&#233;tation plus l&#226;che est indiqu&#233;e ici. (Et Hegel chantera cette chanson pendant pr&#232;s de cinq cents pages.) Si vous regardez les d&#233;terminations &#171; imm&#233;diates &#187; de l'&#234;tre, vous voyez le l&#233;ninisme, et vous dites : &#231;a passera ; les choses vont et viennent. Je me souviens du consul de France dans une &#238;le o&#249; j'ai s&#233;journ&#233; qui m'a dit que l'homme politique fran&#231;ais Briand &#233;tait un socialiste dans sa jeunesse, mais il y a toujours des gens plus &#224; gauche que vous, ce qui vous pousse &#224; droite. Cette id&#233;e semble avoir du mouvement, mais elle prend Briand et ceux &#171; plus &#224; gauche &#187; que lui comme &#171; imm&#233;diats &#187; - La r&#233;flexion est ext&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Hegel (dans l'extrait complet &#8211; j'ai omis une partie du paragraphe) dit qu'il est facile pour les penseurs s&#233;rieux de mettre de c&#244;t&#233; ces d&#233;terminations externes. Mais quand on r&#233;fl&#233;chit s&#233;rieusement, qu'on voit l'&#234;tre apparent comme de simples reflets de l'essence, alors ces d&#233;terminations deviennent elles-m&#234;mes essentielles. La Commune, la IIe Internationale, le l&#233;ninisme, le stalinisme, etc., deviennent &#171; libres &#187;. Ils deviennent ind&#233;pendants de la vie. Ils vivent apr&#232;s leur mort, et ce qui vit est mort &#8211; pour la Compr&#233;hension. Vous voyez, vous savez que vous &#234;tes un penseur sup&#233;rieur. Ces d&#233;terminations que vous avez trac&#233;es &#224; leurs racines. Ils se &#171; pr&#233;supposent &#187; l'un l'autre &#171; bien s&#251;r &#187;. Le l&#233;ninisme est &#171; en quelque sorte &#187; li&#233; au mench&#233;visme, et le stalinisme vient du l&#233;ninisme. Ils sont indissociables du capitalisme en d&#233;veloppement et du prol&#233;tariat en d&#233;veloppement. &#034;Bien s&#251;r bien s&#251;r&#034;,mais pourtant ils sont maintenus &#034;s&#233;par&#233;s&#034;. Le penseur individuel, apr&#232;s avoir travaill&#233; dur, surmont&#233; le sens commun vulgaire et les a &#233;tablis, s'y accroche fermement. Son &#233;nergie cr&#233;atrice est &#233;puis&#233;e. Ou bien son &#233;nergie d'organisation des choses concr&#232;tes est telle qu'il se lance dans l'organisation &#224; l'int&#233;rieur de ces cat&#233;gories. Il ferait normalement peu de mal. Mais lorsque ces nouvelles cat&#233;gories merveilleuses ont &#233;t&#233; &#233;tablies, elles sont venues des impulsions, de la volont&#233;, du d&#233;sir, etc., des gens. Et il y a toujours des gens qui, pour des raisons objectives, souhaitent rester sur place. Ils s'emparent de cet individu et en font un h&#233;ros. La Logique de la Compr&#233;hension a une base.Ou bien son &#233;nergie d'organisation des choses concr&#232;tes est telle qu'il se lance dans l'organisation &#224; l'int&#233;rieur de ces cat&#233;gories. Il ferait normalement peu de mal. Mais lorsque ces nouvelles cat&#233;gories merveilleuses ont &#233;t&#233; &#233;tablies, elles sont venues des impulsions, de la volont&#233;, du d&#233;sir, etc., des gens. Et il y a toujours des gens qui, pour des raisons objectives, souhaitent rester sur place. Ils s'emparent de cet individu et en font un h&#233;ros. La Logique de la Compr&#233;hension a une base.Ou bien son &#233;nergie d'organisation des choses concr&#232;tes est telle qu'il se lance dans l'organisation &#224; l'int&#233;rieur de ces cat&#233;gories. Il ferait normalement peu de mal. Mais lorsque ces nouvelles cat&#233;gories merveilleuses ont &#233;t&#233; &#233;tablies, elles sont venues des impulsions, de la volont&#233;, du d&#233;sir, etc., des gens. Et il y a toujours des gens qui, pour des raisons objectives, souhaitent rester sur place. Ils s'emparent de cet individu et en font un h&#233;ros. La Logique de la Compr&#233;hension a une base.La Logique de la Compr&#233;hension a une base.La Logique de la Compr&#233;hension a une base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a des cas encore plus path&#233;tiques, et en y repensant, je suis &#233;mu aux larmes. Il y a l'intellect et l'esprit puissants qui se d&#233;placent dans des cat&#233;gories qui, autrefois puissantes en leur temps, n'ont maintenant aucune base objective. Quel effort gaspill&#233; ! Quels vains sacrifices ! Hegel savait. Il n'arr&#234;te pas de dire : &#171; C'est l'ennemi, pensant dans les cat&#233;gories qui &#233;taient pr&#233;cises, mais acqui&#232;rent une vie ind&#233;pendante et ne bougent pas. Il va nous parler des contraires et de la transition. C'est le contenu principal d'Essence. Mais avant de commencer, il dit que ce type de pens&#233;e Compr&#233;hension peut nous &#233;trangler avant que nous puissions commencer. Identit&#233;, diff&#233;rence et contradiction, en particulier contradiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous approchons maintenant du noyau du syst&#232;me de Hegel, dans les trois not&#233;s ci-dessus. Il ne faut cependant pas oublier que le plus grand Logic fait neuf cents pages en tout. Prenons par exemple la question de Ground qui suit ces trois. Le sol, dit Hegel, est la v&#233;ritable auto-m&#233;diation de l'Essence. D'ACCORD. Et puis il est parti. Le Terrain Absolu qui est ensuite d&#233;termin&#233; en Terrain D&#233;termin&#233;, qu'il analyse plus avant en Terrain Formel et Terrain R&#233;el, qui se termine finalement en Terrain Complet. Mais les seules subdivisions du Fond absolu sont (a) Forme et Essence, (b) Forme et Mati&#232;re, (c) Forme et Contenu. Il fait trente-quatre pages en tout. Que diable pouvons-nous faire avec &#231;a ? Et pourtant, il contient des &#233;l&#233;ments aussi cruciaux que la forme et le contenu, l'existence, l'apparence, la substance, etc. Vous le lirez par vous-m&#234;mes. Mes s&#233;lections sont arbitraires. Nous prenons des morceaux.Mais en r&#233;alit&#233;, il n'y a pas de s&#233;lections arbitraires. Mon but, ma connaissance de la Logique, ma connaissance du mouvement ouvrier, ma connaissance de mes lecteurs probables, sont tous &#224; l'&#339;uvre pour d&#233;cider quels morceaux je vais prendre. Si mes connaissances ne sont pas trop superficielles et mon objectif pas trop &#233;troit, un vrai aper&#231;u de la Logique sera donn&#233; et un vrai aper&#231;u du mouvement ouvrier aussi. Mais nous devons conna&#238;tre les limites de ce que nous faisons. On se fait une id&#233;e de la chose, c'est tout. Cependant, quand il s'agit d'Identit&#233;, de Diff&#233;rence et de Contradiction, je pense que nous devrions essayer de suivre sa m&#233;thode abstraite, comme nous l'avons fait dans une certaine mesure dans la Doctrine de l'&#202;tre. Ils sont, comme je l'ai dit, le noyau.sont tous au travail pour d&#233;cider quels morceaux je vais prendre. Si mes connaissances ne sont pas trop superficielles et mon objectif pas trop &#233;troit, un vrai aper&#231;u de la Logique sera donn&#233; et un vrai aper&#231;u du mouvement ouvrier aussi. Mais nous devons conna&#238;tre les limites de ce que nous faisons. On se fait une id&#233;e de la chose, c'est tout. Cependant, quand il s'agit d'Identit&#233;, de Diff&#233;rence et de Contradiction, je pense que nous devrions essayer de suivre sa m&#233;thode abstraite, comme nous l'avons fait dans une certaine mesure dans la Doctrine de l'&#202;tre. Ils sont, comme je l'ai dit, le noyau.sont tous au travail pour d&#233;cider quels morceaux je vais prendre. Si mes connaissances ne sont pas trop superficielles et mon objectif pas trop &#233;troit, un vrai aper&#231;u de la Logique sera donn&#233; et un vrai aper&#231;u du mouvement ouvrier aussi. Mais nous devons conna&#238;tre les limites de ce que nous faisons. On se fait une id&#233;e de la chose, c'est tout. Cependant, quand il s'agit d'Identit&#233;, de Diff&#233;rence et de Contradiction, je pense que nous devrions essayer de suivre sa m&#233;thode abstraite, comme nous l'avons fait dans une certaine mesure dans la Doctrine de l'&#202;tre. Ils sont, comme je l'ai dit, le noyau.quand il s'agit d'Identit&#233;, de Diff&#233;rence et de Contradiction, je pense que nous devrions essayer de suivre sa m&#233;thode abstraite, comme nous l'avons fait dans une certaine mesure dans la Doctrine de l'&#202;tre. Ils sont, comme je l'ai dit, le noyau.quand il s'agit d'Identit&#233;, de Diff&#233;rence et de Contradiction, je pense que nous devrions essayer de suivre sa m&#233;thode abstraite, comme nous l'avons fait dans une certaine mesure dans la Doctrine de l'&#202;tre. Ils sont, comme je l'ai dit, le noyau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le traitement de l'Identit&#233; dans la plus petite Logique est l'une des choses les plus d&#233;concertantes et les plus irritantes de Hegel. Je soup&#231;onne qu'une connaissance approfondie de la logique &#224; l'ancienne serait utile. En tout cas, Hegel semble dire quelque chose comme ceci : &#171; Vous voyez cette nappe ? C'est plus qu'une nappe ; une connaissance approfondie maintenant d'une nappe est absolument n&#233;cessaire pour comprendre la logique ; passons maintenant &#224; la section suivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon explication, comme beaucoup de mes explications, commettra sans aucun doute des violations. Mais vous en apprendrez probablement quelque chose. J'ai lu nombre de br&#232;ves explications de Hegel et de la Logique en particulier, qui n'expliquaient rien. C'est pourquoi j'utilise ma propre m&#233;thode. Comme le disent tr&#232;s franchement les traducteurs de la Logique plus large : &#171; Nous n'avons aucun doute que nous n'avons pas r&#233;ussi &#224; comprendre la pens&#233;e dans de nombreux endroits. &#171; Moi aussi, je sais &#224; quel point il est facile de mal interpr&#233;ter. Mais cela ne doit pas nous d&#233;courager. Maintenant - Je regarde quelque chose et &#224; mon avis j'en ai une image (comment je pourrais d&#233;chirer cette formulation en morceaux !) &#8211; livre, pierre, cheval, maison, mouvement ouvrier, th&#233;orie scientifique, plat de glace. Je me le d&#233;finis : j'&#233;tablis son identit&#233;. Je peux &#234;tre assez pr&#233;cis. Je dis : cette maison, je l'ai con&#231;ue. Je l'ai construit. J'y vis. Je sais tout &#224; ce sujet. Je peux le d&#233;crire, peut-&#234;tre faire un inventaire. Cette maison est cette maison. Ce que j'&#233;cris sur le papier, les plans, les photographies, les souvenirs, etc., tout correspond &#224; cette maison. Mais le conception &#8211; cette maison, que je crois avoir si clairement &#233;tablie, m'&#233;chappe au moment m&#234;me o&#249; je l'&#233;tablis. La maison change. (Je change aussi, mais oubliez &#231;a, ou plut&#244;t mettez &#231;a de c&#244;t&#233; pour le moment.) Dans deux ans cette maison sera une autre maison : peinture disparue, trous dans le toit, meubles gorg&#233;s d'eau, herbe poussant dans le patio.Au lieu que cette maison soit dans la classe A, cette maison a d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; en classe C. Cela s'est produit en deux ans, mais en r&#233;alit&#233;, cela se produisait tout le temps. Toute l'existence de la maison est une lutte contre pr&#233;cis&#233;ment une telle d&#233;g&#233;n&#233;rescence. Or Hegel dit, et c'est le premier (large) &#233;nonc&#233; de sa m&#233;thode h&#233;g&#233;lienne particuli&#232;re, il dit : moi qui sais cela, quand je regarde la maison, je dois dire - cette maison est, mais en m&#234;me temps elle n'est pas, ou pour &#234;tre plus pr&#233;cis, c'est et ce n'est pas ce que c'est, c'est aussi autre chose. Vous le trouvez dans les livres car A n'est pas &#233;gal &#224; A. Cette formule est la formule la plus trompeuse qui puisse &#234;tre. N'importe quel imb&#233;cile peut &#234;tre d'accord avec cela, et n'importe quel imb&#233;cile peut &#234;tre en d&#233;saccord. Simplement parce qu'&#224; lui seul il ne prouve rien. Vous devez prendre tout l'argument h&#233;g&#233;lien ou vous feriez mieux de le laisser de c&#244;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car Hegel, ayant &#233;tabli le caract&#232;re incertain de l'Identit&#233;, passe aussit&#244;t &#224; la Diff&#233;rence. Et ici, il est tout aussi audacieux mais un peu plus facile &#224; suivre. Il dit que si l'identit&#233; implique la diff&#233;rence, alors &#233;galement la diff&#233;rence implique l'identit&#233;. Je ne compare pas un chameau &#224; un dictionnaire fran&#231;ais. Ce ne sont l&#224; que des choses dissemblables ; il n'y a pas de &#034;diff&#233;rence&#034; entre eux. Bien s&#251;r, ils sont &#171; diff&#233;rents &#187;, mais c'est une diff&#233;rence vulgaire, aussi vulgaire &#224; sa mani&#232;re que l'identit&#233; que la maison est la maison. Je peux comparer s&#233;rieusement les diff&#233;rences de deux livres, deux romans, deux romans de la m&#234;me &#233;poque, deux romans du m&#234;me auteur. La diff&#233;rence, la diff&#233;rence dont il faut parler, ne peut exister que sur la base d'une certaine identit&#233;. Et l'identit&#233; &#224; l'inverse ne peut exister qu'&#224; partir de la diff&#233;rence, cette maison est et n'est pas cette maison.Et cette maison d'aujourd'hui n'est pas cette maison de demain ou dans deux ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait Hegel dit qu'au moment o&#249; vous pensez, que vous le sachiez ou non, vous niez l'existant. &#171; Cette maison vaut 5 000 $ &#187; signifie qu'elle valait plus et que demain elle ne vaudra que 4 000 $, ou si l'inflation continue, 10 000 $, n&#232;gres et tout. Si je dis que cette maison vaut 5 000 $, valait toujours 5 000 $ et vaudra toujours 5 000 $, pour toujours et &#224; jamais, je ne dis rien, du moins je ne pense pas s&#233;rieusement. La pens&#233;e n'a de sens que lorsque la maison est en relation avec d'autres maisons qui ne poss&#232;dent pas cet attribut inestimable de maintenir constamment le prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Identit&#233; signifie diff&#233;rence. La diff&#233;rence signifie l'identit&#233;. Et maintenant, avec un saut, nous pouvons y entrer. Hegel dit que ce principe devient important, en fait d&#233;cisif, lorsqu'on regarde, fait une cognition philosophique, &#224; propos d'un seul objet. Dans l'identit&#233; d'un objet, vous devez &#233;tablir la diff&#233;rence sp&#233;cifique, et dans sa diff&#233;rence sp&#233;cifique, vous devez &#233;tablir l'identit&#233;. Si vous avez &#233;tabli la diff&#233;rence sp&#233;cifique, la diff&#233;rence qui appartient &#224; l'objet, qui le distingue de tous les autres objets et de leurs diff&#233;rences, alors vous avez l'Autre de l'objet. L'autre est la diff&#233;rence qui compte, la diff&#233;rence essentielle. Mais comme il n'est diff&#233;rent (essentiel) d'aucun autre objet, alors Autre est donc identique &#224; son objet. Le d&#233;couvrir, c'est d&#233;couvrir ce qui fait bouger l'objet.Je regarde la soci&#233;t&#233; bourgeoise et je vois le capital, mais le travail est son autre. Dans le capital est la diff&#233;rence essentielle, mais le capital et le travail sont une seule identit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense moi-m&#234;me que tout cela est passionnant. Poussons maintenant ce principe un peu plus loin, en laissant Hegel parler lui-m&#234;me, m&#234;me si je n'utilise pas toujours les guillemets. Il dit que cette question de la diff&#233;rence essentielle au sein de chaque identit&#233; est la n&#233;cessit&#233; indispensable de la cognition philosophique. Plus tard, il nous dira quand vous dites p&#232;re, vous avez &#224; l'esprit fils. Le fils est interp&#233;n&#233;tr&#233; avec le p&#232;re. P&#232;re n'a de sens que par rapport au fils. Le dessus n'a de sens que par rapport au dessous. Si je ne voulais pas dire p&#232;re par rapport au fils, je ne dirais pas p&#232;re, je dirais : homme ou joueur de baseball ou quelque chose comme &#231;a, mais alors je regarde un ou plusieurs autres objets. Alors cette identit&#233; simple et abstraite est une fiction, un pi&#232;ge mortel pour les penseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est de la plus haute importance de reconna&#238;tre cette qualit&#233; des d&#233;terminations de la r&#233;flexion qui ont &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;es ici, que leur v&#233;rit&#233; ne consiste que dans leur relation les unes avec les autres, et donc dans le fait que chacune contient l'autre dans son propre concept. Cela doit &#234;tre compris et rappel&#233;, car sans cette compr&#233;hension, pas un pas ne peut vraiment &#234;tre fait en philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que la maison n'est pas simplement la maison. La maison est essentiellement une protection contre la nature. De sorte qu'identique &#224; la maison est son Autre, destruction par la Nature. La maison peut &#234;tre un fort contenant des soldats. Si identique &#224; la maison &#224; cet &#233;gard est sa destruction par l'artillerie, etc. La maison peut aussi &#234;tre une source de revenus. De sorte qu'identique &#224; cela est la baisse du loyer. Tout a son propre complexe sp&#233;cifique de relations, et le quelque chose a diff&#233;rents complexes de relations qui continuent &#224; lui donner un Autre sp&#233;cifique, c'est-&#224;-dire &#224; contr&#244;ler son mouvement. C'est un aspect tr&#232;s important de la dialectique. Et comme Hegel aime &#224; le dire, la dialectique n'est pas pratiqu&#233;e que par les philosophes. L'agent immobilier, l'architecte, tous ces gens connaissent tr&#232;s bien l'Autre particulier de leur maison. C'est toujours dans leur concept.Il est vrai que la dialectique de la maison est en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale &#224; un niveau tr&#232;s bas, sauf en cas d'ouragans de Floride, d'incendie ou d'inflation galopante. Mais &#231;a, Hegel le sait aussi. Et il sait aussi que l&#224; o&#249; vous examinez les grandes formes sociales et intellectuelles de la soci&#233;t&#233;, alors vous devez vous rappeler que chaque objet contient son Autre dans son propre concept et que toute d&#233;termination de la pens&#233;e a aussi son autre dans son concept. Le travail a toujours du capital dans son concept. C'est pourquoi le travail en 1864 avait le capital de 1864 dans son concept, le travail en 1948 a le capital de 1948 dans son concept. Le menchevisme avait le l&#233;ninisme dans son concept, et le l&#233;ninisme avait le stalinisme dans son concept. Comment le stalinisme ? Car tant que le nouvel organisme, le socialisme, n'avait pas &#233;t&#233; atteint, la d&#233;termination r&#233;volutionnaire, le l&#233;ninisme,serait attaqu&#233; par le reflet en son sein de l'ennemi fondamental du prol&#233;tariat, du capital et du capital d'&#201;tat au sein du mouvement ouvrier est pr&#233;cis&#233;ment le stalinisme, comme le menchevisme &#233;tait le capital monopoliste (dans son stade de super-profits de l'imp&#233;rialisme) au sein du mouvement ouvrier. Vous ne le savez pas ? Vous ne pouvez pas bouger d'un pied. C'est pire. Vous pouvez vous d&#233;placer mais dans la mauvaise direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur v&#233;rit&#233; ne consiste que dans leur relation les uns avec les autres. Chacun contient l'autre dans son propre concept. Saches cela. Lisez-le dans les deux Logiques. R&#233;fl&#233;chissez-y. Car si vous ne le faites pas, vous ne pouvez pas penser. Leur v&#233;rit&#233; ne consiste que dans leur relation les uns avec les autres. La v&#233;rit&#233; du mouvement ouvrier ne consiste que dans son rapport au capital. Comme nous avons su&#233; pour montrer que la v&#233;rit&#233; de la Premi&#232;re Internationale ne peut &#234;tre saisie que par rapport &#224; la capitale sp&#233;cifique de l'&#233;poque, que la IIe Internationale avait un rapport similaire, que la v&#233;rit&#233; de la IIIe Internationale, par rapport &#224; la IVe Internationale , doit &#234;tre le m&#234;me. Comprenez-le et souvenez-vous-en. Souviens toi. Souvenez-vous que le menchevisme en tant que tendance politique dans le mouvement ouvrier avait son oppos&#233; pr&#233;cis, le l&#233;ninisme. C'est l'histoire de la IIe Internationale,de la IIe Internationale et aucune autre. Lorsque le menchevisme a atteint son apog&#233;e, il a p&#233;ri et le l&#233;ninisme a pris sa place. C'est comme &#231;a que &#231;a s'est pass&#233;, et &#231;a ne pouvait pas bouger autrement. Le mouvement ouvrier ne pouvait passer des id&#233;es r&#233;volutionnaires de 1889 &#224; 1917 que par une opposition, une transition par la croissance du mench&#233;visme, et en le surmontant. (Nous savons mais nous devons le r&#233;p&#233;ter que celles-ci repr&#233;sentaient des forces objectives. Mais pour le moment, concentrons-nous sur le processus de la pens&#233;e.) Je ne sais pas si vous l'avez. Une d&#233;termination de la r&#233;flexion est identit&#233; et diff&#233;rence. Et la diff&#233;rence, l'Autre, &#233;merge, devient forte, et l'Identit&#233; doit la surmonter, car l'identit&#233; est le d&#233;but de l'Essence, le mouvement en avant.et il ne pouvait pas bouger autrement. Le mouvement ouvrier ne pouvait passer des id&#233;es r&#233;volutionnaires de 1889 &#224; 1917 que par une opposition, une transition par la croissance du mench&#233;visme, et en le surmontant. (Nous savons mais nous devons le r&#233;p&#233;ter que celles-ci repr&#233;sentaient des forces objectives. Mais pour le moment, concentrons-nous sur le processus de la pens&#233;e.) Je ne sais pas si vous l'avez. Une d&#233;termination de la r&#233;flexion est identit&#233; et diff&#233;rence. Et la diff&#233;rence, l'Autre, &#233;merge, devient forte, et l'Identit&#233; doit la surmonter, car l'identit&#233; est le d&#233;but de l'Essence, le mouvement en avant.et il ne pouvait pas bouger autrement. Le mouvement ouvrier ne pouvait passer des id&#233;es r&#233;volutionnaires de 1889 &#224; 1917 que par une opposition, une transition par la croissance du mench&#233;visme, et en le surmontant. (Nous savons mais nous devons le r&#233;p&#233;ter que celles-ci repr&#233;sentaient des forces objectives. Mais pour le moment, concentrons-nous sur le processus de la pens&#233;e.) Je ne sais pas si vous l'avez. Une d&#233;termination de la r&#233;flexion est identit&#233; et diff&#233;rence. Et la diff&#233;rence, l'Autre, &#233;merge, devient forte, et l'Identit&#233; doit la surmonter, car l'identit&#233; est le d&#233;but de l'Essence, le mouvement en avant.Mais pour le moment, concentrons-nous sur le processus de la pens&#233;e.) Je ne sais pas si vous l'avez. Une d&#233;termination de la r&#233;flexion est identit&#233; et diff&#233;rence. Et la diff&#233;rence, l'Autre, &#233;merge, devient forte, et l'Identit&#233; doit la surmonter, car l'identit&#233; est le d&#233;but de l'Essence, le mouvement en avant.Mais pour le moment, concentrons-nous sur le processus de la pens&#233;e.) Je ne sais pas si vous l'avez. Une d&#233;termination de la r&#233;flexion est identit&#233; et diff&#233;rence. Et la diff&#233;rence, l'Autre, &#233;merge, devient forte, et l'Identit&#233; doit la surmonter, car l'identit&#233; est le d&#233;but de l'Essence, le mouvement en avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de la Troisi&#232;me Internationale est l'histoire du d&#233;passement du l&#233;ninisme par le stalinisme. Tenez fermement le mouvement. Vous voyez, ce qui &#233;tait du spectacle est maintenant plus que du spectacle. C'est l'Autre qui forme la montagne d&#233;chirante que l'Identit&#233; doit cr&#233;er et gravir avant de pouvoir atteindre la hauteur pour se r&#233;installer en tant qu'Identit&#233; sur un plan plus &#233;lev&#233;. Ainsi, les reflets de la d&#233;termination doivent &#234;tre consid&#233;r&#233;s. Ne leur donnez pas une vie libre et ind&#233;pendante. Ils vont vous assassiner. Examinez-les. Voir leur Autre, et voir si quand quelque chose de grave appara&#238;t ce n'est pas l'Autre qui sort. Alors vous le savez, vous pouvez le tracer, vous savez pourquoi il est l&#224;, et vous pouvez mobiliser des forces pour le surmonter. Mais si vous ne le voyez pas comme Diff&#233;rence d'identit&#233;, cruelle, meurtri&#232;re, mais (&#233;tant donn&#233; les forces objectives) transition n&#233;cessaire, puis vous vous pr&#233;cipitez dans des explications fantastiques telles que &#171; les outils du Kremlin &#187; ou l'incapacit&#233; des travailleurs &#224; comprendre la politique et ainsi de suite. Une fois de plus. Ce qui devient finalement l'obstacle qu'il faut franchir, c'est un Autre qui &#233;tait en lui, identique &#224; lui et pourtant diff&#233;rence essentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la Quatri&#232;me Internationale doit supplanter le stalinisme, alors elle doit &#171; contenir &#187; le stalinisme dans son concept d'elle-m&#234;me. Cela part de tout ce que le stalinisme a pris le relais du l&#233;ninisme et conserv&#233; (des forces objectives font ressortir l'Autre &#8211; des forces objectives diff&#233;rentes feraient ressortir un Autre diff&#233;rent). Au moment o&#249; vous pensez, ou laissez se cacher dans votre esprit que les travailleurs sont arri&#233;r&#233;s ou tromp&#233;s, vous r&#233;pudiez deux ou trois d&#233;cennies d'histoire et votre concept contient comme son oppos&#233;, le menchevisme. Vous combattez ensuite un fant&#244;me. Les ouvriers britanniques, les ouvriers am&#233;ricains ne sont pas mencheviks, pas plus que les ouvriers de Norv&#232;ge et de Su&#232;de. Un sondage r&#233;alis&#233; il y a quelques mois dans tous les pays europ&#233;ens montrait que plus de soixante pour cent des populations &#233;taient pr&#234;tes &#224; supprimer les droits de douane, &#224; int&#233;grer les &#233;conomies, etc.Ce qui &#233;tait l'avant-garde &#224; l'&#233;poque de L&#233;nine est maintenant une partie essentielle de l'ensemble des populations. L'Autre du menchevisme &#233;tait le l&#233;ninisme. L'Autre du stalinisme est un ordre &#233;conomique socialiste international, embrassant d&#232;s le d&#233;part des continents entiers. Leur v&#233;rit&#233; ne consiste qu'en relation l'une avec l'autre. Chacun contient l'autre dans son propre concept. Il va de l'avant en d&#233;passant ce contraire sp&#233;cifique. Nous n'avons pas travaill&#233; en vain. Nous avons maintenant (je l'esp&#232;re) saisi sans savoir ce que Hegel entend par son grand principe de contradiction. ContradictionNous n'avons pas travaill&#233; en vain. Nous avons maintenant (je l'esp&#232;re) saisi sans savoir ce que Hegel entend par son grand principe de contradiction. ContradictionNous n'avons pas travaill&#233; en vain. Nous avons maintenant (je l'esp&#232;re) saisi sans savoir ce que Hegel entend par son grand principe de contradiction. Contradiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pages les plus importantes de la Doctrine de l'Essence que j'ai trouv&#233;es sont l'Observation 3 de la Logique plus large. Je pense que lorsque nous en aurons termin&#233; avec cela, la bosse sera derri&#232;re nous, bien qu'il reste encore beaucoup &#224; faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel, &#224; sa mani&#232;re all&#233;chante, commence par parler calmement de l'Identit&#233;, de la Vari&#233;t&#233; et de l'Opposition, qu'il appelle les d&#233;terminations primaires de la R&#233;flexion. J'ai pr&#233;f&#233;r&#233; parler de diff&#233;rence et de contradiction identitaires. Allez les chercher vous-m&#234;me si vous le souhaitez. Puis il dit que la contradiction est la racine de tout mouvement et de toute vie et que ce n'est qu'&#224; travers elle que quelque chose bouge et a une impulsion et une activit&#233;. Tout le monde, chaque marxiste, conna&#238;t ces d&#233;clarations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, Hegel fait quelque chose de tr&#232;s caract&#233;ristique. Il dit qu'en ce qui concerne l'affirmation de certaines personnes selon laquelle la contradiction n'existe pas, &#171; nous pouvons ignorer cette affirmation &#187;. Il suffit de laisser. Tout d'abord, il est un homme b&#233;ni, pas un politicien. En politique, vous ne pouvez pas ignorer les opposants. Deuxi&#232;mement, il ne peut pas commencer par prouver une telle affirmation. Lui demander de le faire est, selon lui, non scientifique. La preuve, c'est tout ce qu'il dira et les conclusions auxquelles il parviendra. Si vous n'aimez pas, passez votre chemin. Puis apr&#232;s beaucoup du m&#234;me pan&#233;gyrique &#224; la contradiction, il termine :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La pens&#233;e sp&#233;culative consiste seulement en ceci, que la pens&#233;e tient la Contradiction, et, dans la Contradiction, elle-m&#234;me, et non en ce qu'elle se laisse dominer par elle - comme il arrive &#224; l'imagination - ou laisse ses d&#233;terminations se r&#233;soudre en autre, ou en Rien. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous n'avez pas une &#171; perception assez simple &#187; de ce que cela signifie, je suis tout &#224; fait s&#251;r que lorsque vous comprenez la dialectique. Tant que vous n'avez pas cette simple id&#233;e, vous ne la comprenez pas. Obtenir ce simple aper&#231;u va &#234;tre un travail. Allons-y.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous vous souvenez que chacun contient l'autre dans son propre concept. J'ai parl&#233; d'organisation et de spontan&#233;it&#233;, de parti et de masse, de politique et d'&#233;conomie. Dire que chacun de ces concepts doit contenir l'autre revient &#224; faire une d&#233;claration profonde mais g&#233;n&#233;rale. Beaucoup de travaux ont &#233;t&#233; faits dans le bolchevisme pour montrer que la politique contient l'&#233;conomie dans son concept. Aucun travail, absolument aucun, n'a &#233;t&#233; fait sur les autres, &#224; l'exception de quelques d&#233;buts merveilleux de L&#233;nine. (Les sujets d'organisation et de spontan&#233;it&#233;, de parti et de masse, n'&#233;taient pas urgents &#224; l'&#233;poque de Marx.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme je l'ai dit : dire que la v&#233;rit&#233; de parti consiste dans son rapport &#224; la masse, la v&#233;rit&#233; d'organisation consiste dans son rapport &#224; la spontan&#233;it&#233;, c'est dire une v&#233;rit&#233; abstraite, mais v&#233;rit&#233; importante encore, un commencement. L'un des concepts a vie et mouvement &#224; cause de l'opposition de l'autre. Il bouge &#224; cause de l'autre, parce que l'autre bouge. Il ne peut pas bouger autrement. Et la pens&#233;e doit le savoir et le retenir. Regardez la proc&#233;dure r&#233;elle de Hegel dans la Logique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous commen&#231;ons par Identit&#233;. C'est devenu la diff&#233;rence. Il l'a maintenant port&#233;e &#224; la contradiction. Chacun est pouss&#233; &#224; sa limite et devient ainsi un point de transition pour son contraire. C'est ainsi que la qualit&#233; devient quantit&#233;. C'est ainsi que la quantit&#233; est devenue la mesure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc ce &#224; quoi Hegel veut en venir par son traitement de l'identit&#233;, de la diff&#233;rence, de la contradiction, de la vari&#233;t&#233;, de l'opposition et de son affirmation selon laquelle la contradiction est la source de tout mouvement. Quand vous observez ce qu'est une identit&#233; apparente, sachez qu'en son sein existent des contradictions, des diff&#233;rences essentielles. Comment saurez-vous ? Dans cette section ennuyeuse de la plus petite Logique traitant de l'identit&#233;, il utilise une superbe phrase : &#171; L'identit&#233; est l'id&#233;alit&#233; de l'&#234;tre &#187;. La diff&#233;rence est d'abord dans votre t&#234;te, l'Id&#233;e. (Je vous ai demand&#233;, souvenez-vous, de ne pas oublier cela, mais de le mettre de c&#244;t&#233;.) Ce qui se passe dans votre t&#234;te lorsque vous regardez quelque chose ne peut jamais &#234;tre un simple reflet, une identit&#233; ordinaire avec lui. Vous savez o&#249; il va, ce qu'il vise. Il a son &#234;tre, l'&#234;tre est concret, mais son essence est que, &#224; cause de son Autre,il se d&#233;placera dans une certaine direction et votre Id&#233;e vous dit comment rechercher la Contradiction. Sans cela, vous ne pouvez pas penser. Regardez ce qui se passe dans le mouvement marxiste aujourd'hui comme analyse d'organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky, r&#233;p&#233;tons-le, ayant &#233;chou&#233; pendant des ann&#233;es &#224; comprendre L&#233;nine sur &#171; l'organisation &#187;, s'est converti en 1917 ; et c'est ce qui est vrai, l'a aussit&#244;t converti en un f&#233;tiche, c'est-&#224;-dire un Entendement persistant. Car c'est cela le f&#233;tichisme. (Les staliniens ont fait de m&#234;me.) Les &#171; principes d'organisation &#187; de L&#233;nine sont aujourd'hui sur toutes les l&#232;vres. Ils sont devenus une abstraction compl&#232;te, Compr&#233;hension. Qu'on ne puisse penser l'organisation que par rapport &#224; son contraire, la spontan&#233;it&#233;, dont personne, pas une &#226;me, ne dit jamais un mot. Je reprendrai cela concr&#232;tement sous peu, mais pour l'instant &#233;coutons Hegel et comprenons-le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous dit d'abord la fa&#231;on dont pense l'Imagination et par Imagination (nous l'avons eu il y a quelques minutes) Hegel d&#233;signe le genre de pens&#233;e qui ne traite que de ce qui est familier. Notez ce qu'il appelle cela &#8211; Imagination. &#192; premi&#232;re vue, cela semble incongru. Mais je pense qu'il veut l'opposer &#224; la m&#233;thode scientifique, &#224; l'analyse. Dans tous les cas :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi bien que l'imagination ait partout Contradiction pour contenu, elle n'en prend jamais conscience, elle reste un reflet ext&#233;rieur, qui passe de la Ressemblance &#224; la Dissemblance. . . Il garde ces deux d&#233;terminations ext&#233;rieures l'une &#224; l'autre, et n'a en vue que celles-ci, non leur transition, qui est la mati&#232;re essentielle et contient la Contradiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notez leur transition. C'est l'essentiel. La transition montre la contradiction. Souvenez-vous de la croissance du Bernsteinisme au sein de la Deuxi&#232;me Internationale r&#233;volutionnaire en contradiction avec l'ensemble du but et du but essentiels de l'organisation ; et apr&#232;s cette croissance la rupture de 1914-21, le point de la transition, quand le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire surmonte cela et r&#233;affirme son but essentiel sur un plan sup&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous hochez la t&#234;te et dites : oui, oui, d'accord. Je l'ai, je l'ai. Balivernes. Vous serez un peu plus ch&#226;ti&#233;, vous serez beaucoup plus ch&#226;ti&#233; plus tard, mais vous serez un peu ch&#226;ti&#233; maintenant quand vous penserez que L&#233;nine n'a jamais vu cela, jusqu'&#224; apr&#232;s, et Trotsky on peut vraiment dire qu'il ne l'a jamais vu - jusqu'en 1923 au moins, il chantait le m&#234;me vieux air. Alors un peu de modestie s'il vous pla&#238;t pendant que nous continuons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imagination, en tant qu'elle est r&#233;volutionnaire, voit le stalinisme ici et le &#171; socialisme d&#233;mocratique &#187; l&#224;-bas ; et ne les voit jamais, leur identit&#233; ou leur unit&#233; comme des contraires. Il ne voit pas que le mouvement ouvrier, &#233;tant ce qu'il est par essence, la domination bureaucratique, criminelle, organisationnelle du stalinisme, constituera in&#233;vitablement le point de transition vers un autre &#233;chelon sup&#233;rieur. Il voit l'organisation d&#233;gradante et dans le d&#233;sespoir (ou l'espoir) scrute l'horizon &#224; la recherche du salut. La dialectique h&#233;g&#233;lienne garde les yeux riv&#233;s sur l'organisation stalinienne car elle sait que l'Autre est l&#224;. Voyez maintenant le principal ennemi de Hegel, la Compr&#233;hension, tirer sa r&#233;v&#233;rence :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, la r&#233;flexion intelligente, si l'on peut en parler ici, consiste dans la compr&#233;hension et l'&#233;nonciation de la Contradiction. Il n'exprime pas le concept des choses et de leurs relations et n'a que des d&#233;terminations d'imagination pour le mat&#233;riel et le contenu ; mais il les rapporte n&#233;anmoins, et la relation contient leur contradiction, laissant transpara&#238;tre leur concept &#224; travers la contradiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La compr&#233;hension est la m&#234;me que la r&#233;flexion intelligente. La compr&#233;hension ne peut pas, n'exprime pas le concept des choses et de leurs relations. Ses d&#233;terminations sont ce qui lui est familier, non ce qui lui est familier en g&#233;n&#233;ral, mais ce qui lui est familier, ce qu'il a fait une fois. Elle op&#232;re avec des bureaucraties inalt&#233;rablement li&#233;es &#224; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, et des internationales r&#233;formistes qui toujours en crise d&#233;fendent la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et l'&#201;tat national, choses qui lui sont famili&#232;res. Mais la Compr&#233;hension relie ces d&#233;terminations &#8211; elle pense, elle a des perspectives. Il dit : &#034;C'est ce que c'est, et c'est ce que cela devrait &#234;tre.&#034; Vous &#234;tes en mesure d'entrevoir le concept authentique. Cela se voit &#224; travers la contradiction. Est-il possible d'avoir une appr&#233;ciation plus juste, plus pr&#233;cise de la nature des &#233;crits de Trotsky ? Et maintenant pour voir ce qu'ils sont, en voyant plus clairement encore ce qu'ils ne sont pas. Voyons comment la vraie dialectique, la raison pensante, g&#232;re ces choses. Il s'agit d'un article article par article. J'esp&#232;re que tu l'auras la premi&#232;re fois. Nous avons travaill&#233; assez dur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Raison pensante, d'autre part, aiguise (pour ainsi dire) la diff&#233;rence brutale de la Vari&#233;t&#233;, le simple multiple de l'imagination, en diff&#233;rence essentielle, c'est-&#224;-dire en Opposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Magnifique. Magnifique. L'imagination voit beaucoup de choses diff&#233;rentes et les voit comme des choses similaires et diff&#233;rentes, une vari&#233;t&#233; multiple. R&#233;flexion, Compr&#233;hension, les relie et montre comment ils se contredisent. Voyez comment le stalinisme contredit une v&#233;ritable organisation r&#233;volutionnaire. Mais la Raison, la Raison, saisit la vari&#233;t&#233; et cherche l'Opposition, la Contradiction, et les pousse ensemble, les lie, fait l'un l'autre de l'autre. Ensuite, les choses arrivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les entit&#233;s multiples n'acqui&#232;rent l'activit&#233; et la vivacit&#233; les unes par rapport aux autres que lorsqu'elles sont pouss&#233;es sur la pointe aigu&#235; de la Contradiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#231;a. Quand ils sont tous les deux coinc&#233;s, enferm&#233;s l'un dans l'autre, c'est la garantie de leur mouvement. Lorsque vous concentrez toute votre attention sur la contradiction entre le bureaucratisme stalinien et la n&#233;cessit&#233; du prol&#233;tariat pour une activit&#233; cr&#233;atrice libre, alors tous les ph&#233;nom&#232;nes commencent &#224; bouger. Ils ne le font que lorsque la contradiction est &#224; son paroxysme. Hegel veut dire que nous ne pouvons voir le mouvement que lorsque nous avons clarifi&#233; la contradiction &#8211; &#171; de l&#224; ils tirent la n&#233;gativit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout &#224; fait. La n&#233;gativit&#233; de la libre activit&#233; cr&#233;atrice du prol&#233;tariat ne peut entrer pleinement en jeu que lorsqu'elle est en contradiction avec un obstacle concret, quelque chose que, pour lib&#233;rer sa propre nature, il doit surmonter. C'est la nature insupportable de la contradiction qui cr&#233;e la n&#233;gativit&#233;, &#171; qui est la pulsation inh&#233;rente au mouvement et &#224; la vivacit&#233; de soi &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est donc pas une tare, une faute, une d&#233;ficience d'une chose si l'on y trouve une Contradiction. C'est sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire, toute d&#233;termination, tout concret, tout concept est essentiellement une union de moments distingu&#233;s et distinguables, qui passent &#224; travers la diff&#233;rence d&#233;termin&#233;e et essentielle en moments contradictoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me demande si vous avez l'extr&#234;me, l'audace sans pr&#233;c&#233;dent de cette d&#233;claration. Je peux tr&#232;s bien imaginer tant de gens que nous connaissons dire : &#171; Hegel, il y a quelque chose dans ce que vous dites. Mais comme d'habitude, vous exag&#233;rez. Chaque d&#233;termination. Chaque b&#233;ton. Chaque concept. C'est sa fa&#231;on de dire que tout a ces moments, ces oppositions ; l'un d'eux est l'oppos&#233; de ce qui est le r&#233;el, la nature essentielle de l'organisme. Par sa lutte contre cela, l'organisme retrouve davantage sa vraie nature, sa v&#233;ritable nature. &#201;crivains sur l'&#233;conomie politique am&#233;ricaine, &#233;crivains sur l'histoire am&#233;ricaine, &#233;tudiants en th&#233;&#226;tre grec, &#233;crivains sur le d&#233;veloppement des syndicats, vous tous, mettez cela dans vos os. Ce n'est pas simple. Efforcez-vous de le voir, de le voir &#171; simplement &#187;, comme disait Hegel dans l'Introduction. S'il n'y a pas de contradiction flagrante, alors il n'y a pas de mouvement &#224; proprement parler et il y a stagnation, compromis. C'est la seule raison pour laquelle il y a compromis et stagnation &#8211; parce que la contradiction n'est pas assez nette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paragraphe n'est pas encore termin&#233;, mais je propose de rester ici un moment. Tout d'abord, r&#233;&#233;coutez Hegel, dans la plus petite Logic. Au moment o&#249; il approche du point culminant de son &#339;uvre, son exposition de l'Id&#233;e Absolue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de son processus, l'Id&#233;e cr&#233;e cette illusion, en lui opposant une antith&#232;se ; et son action consiste &#224; se d&#233;barrasser de l'illusion qu'elle a cr&#233;&#233;e. Ce n'est que de cette erreur que la v&#233;rit&#233; surgit. Dans ce fait r&#233;side la r&#233;conciliation avec l'erreur et avec la finitude. L'erreur ou l'&#234;tre-autre, lorsqu'il est d&#233;pass&#233;, est encore un &#233;l&#233;ment dynamique n&#233;cessaire de la v&#233;rit&#233; : car la v&#233;rit&#233; ne peut &#234;tre que l&#224; o&#249; elle se fait son propre r&#233;sultat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous deviez &#233;crire ceci, vous sauriez l'admiration courb&#233;e avec laquelle je lis des phrases comme &#171; &#233;l&#233;ment dynamique n&#233;cessaire de la v&#233;rit&#233; &#187; pour d&#233;crire l'erreur ; et la majest&#233;, la compl&#233;tude de l'expression &#171; la v&#233;rit&#233; ne peut &#234;tre que l&#224; o&#249; elle se fait son propre r&#233;sultat &#187;. Le prol&#233;tariat lui-m&#234;me mettra en pi&#232;ces le stalinisme. Cette exp&#233;rience lui apprendra sa derni&#232;re le&#231;on, que l'avenir est en lui-m&#234;me, et non en quoi que ce soit qui pr&#233;tend le repr&#233;senter ou le diriger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce que les gens &#233;crivent avec d&#233;sinvolture comme th&#232;se, antith&#232;se et synth&#232;se. Qui a jamais compris &#231;a ? Peut-&#234;tre que beaucoup d'autres personnes l'ont bien compris et j'&#233;tais juste stupide. Mais il m'a fallu tr&#232;s, tr&#232;s longtemps pour le voir, pour l'avoir dans mes os, pour en avoir un &#171; simple aper&#231;u &#187; partout, en tout. Qu'est ce que je dis ? La chose m'&#233;chappe constamment, mais je la chasse. Quelques choses de grande importance peuvent &#234;tre dites &#224; la fois, une g&#233;n&#233;rale et une particuli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cette doctrine, Hegel se d&#233;barrasse de cette tendance &#224; ignorer la r&#233;alit&#233; ou &#224; se laisser submerger par elle, qui r&#244;de toujours pour tenir notre mouvement &#224; la gorge. Il avait le plus grand m&#233;pris pour les gens qui essayaient d'&#233;carter le dur, le cruel, le b&#233;ton amer, le mal apparemment pur. C'est le chemin, et le seul moyen pour que la v&#233;rit&#233; et le bien viennent. Ainsi pouvait-il dire que le r&#233;el &#233;tait rationnel. Si mauvaise que soit la r&#233;alit&#233;, elle avait sa place, sa fonction dans le sch&#233;ma du d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le grand id&#233;aliste, l'homme de l'Esprit-Monde, etc., ne d&#233;pendait pas concr&#232;tement de l'Esprit-Monde pour enseigner quoi que ce soit aux gens. Par cons&#233;quent, il &#233;tait le dernier homme &#224; s'attendre &#224; ce que les gens soient inspir&#233;s, qu'ils voient la lumi&#232;re, qu'ils &#171; reconnaissent &#187; que &#171; nous &#187; avions raison tout le temps, ou pire encore, qu'ils soient &#171; &#233;duqu&#233;s &#187; par quelques personnes dou&#233;es. En fait, il croyait que l'Esprit, la connaissance consciente, n'&#233;tait l'affaire que de quelques philosophes. Dans la mesure o&#249; de grandes masses ou classes de gens ont appris quelque chose, ils l'ont appris concr&#232;tement en luttant contre quelque chose de concret. La doctrine de Hegel &#233;tait r&#233;actionnaire mais ce n'est pas ce qui nous int&#233;resse ici. Ce qui nous pr&#233;occupe, c'est ceci. Il aurait ri pour m&#233;priser l'id&#233;e qu'un parti quelconque enseignerait aux masses l'activit&#233; cr&#233;atrice libre. Il aurait plut&#244;t dit : ils se retrouveront in&#233;vitablement face &#224; un tel syst&#232;me d'oppression, de bureaucratie,manipulation et corruption dans leur propre ar&#232;ne, leur propre existence, qu'ils devront surmonter pour vivre, et l'activit&#233; cr&#233;atrice libre ne peut na&#238;tre que lorsqu'elle est confront&#233;e &#224; quelque chose que seule l'activit&#233; libre et seule l'activit&#233; libre peut surmonter. C'est le point de transition vers un stade sup&#233;rieur de l'existence. Il n'y en a pas d'autre. Les bureaucraties staliniennes deviennent ainsi une &#233;tape de d&#233;veloppement. L'activit&#233; cr&#233;atrice libre devient infiniment plus concr&#232;te dans nos t&#234;tes. Notre conception du socialisme change et nous voyons la dure r&#233;alit&#233; diff&#233;remment.C'est le point de transition vers un stade sup&#233;rieur de l'existence. Il n'y en a pas d'autre. Les bureaucraties staliniennes deviennent ainsi une &#233;tape de d&#233;veloppement. L'activit&#233; cr&#233;atrice libre devient infiniment plus concr&#232;te dans nos t&#234;tes. Notre conception du socialisme change et nous voyons la dure r&#233;alit&#233; diff&#233;remment. C'est le point de transition vers un stade sup&#233;rieur de l'existence. Il n'y en a pas d'autre. Les bureaucraties staliniennes deviennent ainsi une &#233;tape de d&#233;veloppement. L'activit&#233; cr&#233;atrice libre devient infiniment plus concr&#232;te dans nos t&#234;tes. Notre conception du socialisme change et nous voyons la dure r&#233;alit&#233; diff&#233;remment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et enfin, notez que la Logique elle-m&#234;me se d&#233;place par cette m&#233;thode d'opposition, de transition, d'opportunit&#233;. Son analyse de l'identit&#233;, de la vari&#233;t&#233;, de l'opposition, du fondement, de l'actualit&#233;, etc., particuli&#232;rement dans la Doctrine de l'Essence, repr&#233;sente toujours, nous dit-il, des couples de corr&#233;latifs. L'un d'eux devient &#233;crasant, il menace de perturber tout le processus, l'autre le surmonte, et nous nous retrouvons plus loin. C'est ainsi que l'identit&#233; se divise en diff&#233;rence ; la diff&#233;rence appara&#238;t comme de la vari&#233;t&#233;, mais la vari&#233;t&#233;, la vari&#233;t&#233;, la vari&#233;t&#233; partout n'a aucun sens ; ou bien la vari&#233;t&#233; multiple se d&#233;sagr&#232;ge en folie (et cela arrive ; cela veut seulement dire que l'objet comme tel prend fin) ou cette vari&#233;t&#233; multiple se cristallise en opposition. Etc. Je pense qu'on a une place. Revenons maintenant au reste de la page.J'attache une grande importance m&#233;thodologique &#224; cette page. Entre autres raisons, j'ai sur ma conscience la fa&#231;on dont je saute d'un endroit &#224; l'autre et les sauts encore plus gros que je vais faire. (Hegel ne se f&#226;cherait pas trop. Il dirait : Cette impertinence de James, ce mal incontestable est un point de transition n&#233;cessaire &#224; certaines personnes pour qu'elles lisent tout le livre.) Les trente pages de Ground que je sauterai probablement sont sur ma conscience. Mais cette page en dit long qui couvrira Terrain (j'esp&#232;re). Alors voil&#224;. Je pense que je vais &#233;crire librement et ensuite citer longuement.ce mal certain est un point de transition n&#233;cessaire &#224; certaines personnes pour qu'elles lisent tout le livre.) Les trente pages de Ground que je sauterai probablement sont sur ma conscience. Mais cette page en dit long qui couvrira Terrain (j'esp&#232;re). Alors voil&#224;. Je pense que je vais &#233;crire librement et ensuite citer longuement.ce mal certain est un point de transition n&#233;cessaire &#224; certaines personnes pour qu'elles lisent tout le livre.) Les trente pages de Ground que je sauterai probablement sont sur ma conscience. Mais cette page en dit long qui couvrira Terrain (j'esp&#232;re). Alors voil&#224;. Je pense que je vais &#233;crire librement et ensuite citer longuement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque concept l&#224;-bas a ces mouvements oppos&#233;s. On devient r&#233;pr&#233;hensible, mauvais, et cela forme le pont, la transition, pour que la vraie nature du concept, se montre. Mais quand ce d&#233;passement a lieu, que se passe-t-il ? La nouveaut&#233; est une contradiction r&#233;solue. C'est &#231;a, n'est-ce pas ? Le bernsteinisme a &#233;t&#233; vaincu. Cette contradiction est r&#233;solue. Mais dans la mesure o&#249; la nature compl&#232;te de l'organisme n'a pas &#233;t&#233; r&#233;v&#233;l&#233;e, c'est-&#224;-dire que le socialisme n'a pas encore &#233;t&#233; atteint, le l&#233;ninisme contient une nouvelle contradiction. Or cette chose (pardonnez-moi, amis philosophes &#8211; bon sang, je n'ai pas besoin de pardon, je viens de voir que Hegel lui-m&#234;me l'appelle &#171; chose &#187;). . . maintenant cette chose qui produit toujours des contradictions, les r&#233;sout, et puis trouve de nouvelles contradictions, c'est le sujet ou le concept. Ce n'est pas encore termin&#233;, l'Absolu concret, c'est-&#224;-dire le prol&#233;tariat, conscient de lui-m&#234;me, agissant de lui-m&#234;me, commen&#231;ant la v&#233;ritable histoire de l'humanit&#233;. Les ouvriers russes ne l'&#233;taient pas en 1917. Il est donc fini, encore limit&#233;. Donc contradictoire. Il a encore la n&#233;gation devant lui. La multiplicit&#233; finie, limit&#233;e, dont elle se compose, a une certaine identit&#233;, une unit&#233;. Mais elle constitue une vari&#233;t&#233;, et on voit cette vari&#233;t&#233; se former en opposition ; nous avons une contradiction. Mais en tout cas, il est une fois de plus unifi&#233;, pr&#234;t pour l'entreprise d'une nouvelle division et d'une nouvelle n&#233;gation. (Vous vous souvenez du dernier extrait de la Ph&#233;nom&#233;nologie ?) Ces &#233;tapes d'unification de la contradiction r&#233;solue lorsque l'Essence se pr&#233;pare &#224; la n&#233;gation nous montrent quelle est la vraie nature de la chose &#8211; son Fond. Le fait qu'il continue &#224; trouver des Terres plus &#233;lev&#233;es et plus riches,c'est son Essence. Chaque fois qu'il met en place une bonne &#233;tape concr&#232;te forte de contradiction r&#233;solue, nous pouvons voir quel est son fondement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire, toute d&#233;termination, tout concret, tout concept est essentiellement une union de moments distingu&#233;s et distinguables, qui passent &#224; travers la diff&#233;rence d&#233;termin&#233;e et essentielle en moments contradictoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que cette concr&#233;tion contradictoire se r&#233;sout en rien &#8211; elle repasse dans son unit&#233; n&#233;gative. Or la chose, le sujet ou le concept n'est lui-m&#234;me que cette unit&#233; n&#233;gative : il est contradictoire en soi, mais aussi il est r&#233;solu Contradiction ; c'est le Fond qui contient et soutient ses d&#233;terminations. La chose, le sujet ou le concept, comme intro-r&#233;fract&#233; dans sa sph&#232;re, est sa Contradiction r&#233;solue ; mais toute sa sph&#232;re est encore d&#233;termin&#233;e et diverse ; elle est donc finie, et cela veut dire contradictoire. Elle-m&#234;me n'est pas la r&#233;solution de cette contradiction sup&#233;rieure ; mais il a une sph&#232;re sup&#233;rieure pour son unit&#233; n&#233;gative ou Fond. En cons&#233;quence, les choses finies dans la multiplicit&#233; indiff&#233;rente sont simplement ce fait, que, contradictoires en elles-m&#234;mes, elles s'intro-r&#233;fractent et repassent dans leur Fond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici maintenant un superbe morceau d'analyse, le maestro &#224; son meilleur. Je m'abstiendrai encore une fois de l'analyse article par article, aussi difficile soit-elle. J'interpr&#233;terai librement et vous aurez le passage. Matthew Arnold dans une critique c&#233;l&#232;bre dit que vous devriez conna&#238;tre certains passages de la po&#233;sie par c&#339;ur et les laisser agir comme un test et une pierre de touche pour d'autres po&#233;sies. La m&#233;thode a ses dangers, mais dans l'ensemble elle est bonne. Avec la Logic, c'est encore plus vrai. Vous devez avoir des passages que vous allez lire et relire. Ils sont plus qu'un test. Ils sont une main courante. Avec les passages plus complexes, &#233;tant occup&#233; par d'autres choses, j'oublie ce que je sais. Je dois patiemment me r&#233;&#233;duquer. Ces longues citations, dans un contexte, avec des exemples de mat&#233;riel familier servent aussi &#224; cet objectif.Vous commencez &#224; comprendre et &#224; utiliser la Logique lorsque vous les lisez et commencez &#224; creuser avec eux dans votre propre mat&#233;riel. Base : la Preuve de l'Absolu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons (continue Hegel) inf&#233;r&#233; la n&#233;cessit&#233; d'un mouvement essentiel, continu, infini de l'observation et de l'analyse d'une s&#233;rie fixe et limit&#233;e de d&#233;terminations. Nous aurons &#224; examiner cette proc&#233;dure plus tard. Mais nous devons nous rappeler que nous ne faisons pas cette inf&#233;rence parce que l'&#234;tre, la d&#233;termination, persiste, devient un Fond, se brise, devient un autre Fond, &#233;tant &#224; peu pr&#232;s le m&#234;me tout le temps. Pas du tout. C'est parce que la d&#233;termination limit&#233;e, finie, s'effondre et se transcende constamment que nous pouvons inf&#233;rer un mouvement continu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arr&#234;tons-nous ici une minute. Ce n'est pas une Internationale qui essaie une certaine forme, et quand &#231;a &#233;choue, essaie une autre forme, et quand &#231;a &#233;choue, essaie une autre forme (pas les m&#234;mes personnes bien s&#251;r, mais la m&#234;me organisation). Non. Nous n'avons pu en tirer aucune conclusion. La Premi&#232;re Internationale est une entit&#233;. Il s'effondre. Un nouveau se forme, et cela nous montre le Fondement de ces formations. Elle a la m&#234;me finalit&#233; et la m&#234;me finalit&#233; que la premi&#232;re, quoique d&#233;sormais enrichie, d&#233;velopp&#233;e, concr&#233;tis&#233;e. Cela s'effondre. Un nouveau est form&#233;. Ainsi, quelle que soit la forme qu'il puisse prendre accidentellement (contingence), on voit qu'il lui pose quelque chose de fondamental, c'est-&#224;-dire montre que ce quelque chose appara&#238;tra au cours de la n&#233;gation du fini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la pens&#233;e ordinaire, la Forme, les Internationales qui apparaissent constamment, semblent &#234;tre un jour le Fond de notre id&#233;e d'un socialisme international pleinement d&#233;velopp&#233; et concret. L'Id&#233;e Absolue existe parce que les concr&#233;tions finies continuent d'appara&#238;tre. Non, dit Hegel (et il a raison comme je vais le d&#233;montrer dans un instant). Le conception Absolue existe pr&#233;cis&#233;ment parce que les Internationales finies s'effondrent toujours. La premi&#232;re pens&#233;e de bon sens dit : l'apparition continue des Internationales montre qu'il y a un Absolu. La dialectique h&#233;g&#233;lienne dit : le fait que toutes ces Internationales manquent de tant, luttent et s'effondrent, c'est la preuve de l'existence d'un absolu. Nous n'ajoutons pas les diff&#233;rents et arrivons &#224; une conclusion. Non. Alors que nous les regardons s'efforcer, &#233;chouer mais toujours s'incorporer, nous reconnaissons qu'ils expriment un mouvement vers quelque chose avant leur apparition contingente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai l'impression d'avoir un peu vulgaris&#233; cela : vous allez lire par vous-m&#234;me. Hegel a affaire ici &#224; un probl&#232;me strictement philosophique et ce que j'ai &#233;crit est horratoire. Cela ne me d&#233;range pas vraiment parce qu'il va revenir l&#224;-dessus et le temps qu'il en ait fini, tous nos adversaires reculeront devant la discussion. J'ai la certitude que la v&#233;rit&#233; du probl&#232;me philosophique pos&#233; est contenue dans ma vulgarisation, et que Hegel l'a derri&#232;re la t&#234;te. Vous ne pouvez pas prouver l'in&#233;vitabilit&#233; ou la certitude simplement &#224; partir de la r&#233;p&#233;tition du concret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous ne pouvez pas prouver l'in&#233;vitabilit&#233; ou la certitude &#224; partir d'une s&#233;rie constante de faits empiriques, m&#234;me si souvent r&#233;p&#233;t&#233;s. Que le soleil se soit lev&#233; tous les jours depuis un million d'ann&#233;es n'est pas une preuve qu'il se l&#232;vera demain. Pour une certitude absolue, vous devez avoir une conception philosophique, qui a sa propre base in&#233;branlable. Hegel recherchait l'&#233;tanch&#233;it&#233; logique dans l'Esprit-Monde. Marx l'a trouv&#233; dans son concept philosophique de la nature de l'activit&#233; humaine. Je suppose que Hegel dit ici que l'Essence est un mouvement et nous pouvons &#234;tre s&#251;rs qu'elle cherche un Absolu parce que chaque forme est finie, cherchant quelque chose de plus. Mais si votre preuve de l'Absolu est l'apparence simplement finie, alors chaque limitation, chaque effondrement qui n'est pas une r&#233;solution imm&#233;diate et &#233;vidente de la contradiction dans la Base est un coup terrible. Mais pour sauter un peu, si tu as l'Absolu dans la t&#234;te,car c'est &#224; cela que cela revient, alors la finitude, les limitations, etc., deviennent des &#233;tapes du progr&#232;s, et surtout du progr&#232;s de la pens&#233;e. Il est &#233;vident qu'il s'agit ici de l'in&#233;luctabilit&#233; du socialisme. Nous avons vu cette faiblesse contre laquelle Hegel met en garde ces derni&#232;res ann&#233;es si pr&#232;s de chez nous et dans des lieux si hauts que nous pouvons y consacrer un peu plus de temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel savait qu'il fallait avoir une certitude qui ne d&#233;pende pas de d&#233;terminations et de cat&#233;gories fixes limit&#233;es. Cela devait d&#233;pendre d'autre chose, et c'est, en derni&#232;re analyse, ce qui l'a conduit &#224; World-Spirit. Ailleurs, nous avons trait&#233; l'in&#233;vitabilit&#233; du socialisme comme une n&#233;cessit&#233; de la pens&#233;e logique en termes dialectiques. Mais il est sage de rappeler ici que cette n&#233;cessit&#233; d'avoir un but ultime entre votre stade actuel en tant que p&#244;les jumeaux entre lesquels vos pens&#233;es doivent se d&#233;placer, c'est aussi le produit de l'exp&#233;rience. Les philosophes et les grands hommes d'action ont toujours pens&#233; ainsi. Peu de choses sont plus amusantes que le passage des Corinthiens, I.15, qui est lu aux services fun&#233;raires &#233;piscopaliens. La &#171; fatalit&#233; du socialisme &#187; de saint Paul &#233;tait que les morts ressuscitent.Il semble que certains radicaux fatigu&#233;s de Corinthe se soient moqu&#233;s des camarades l&#224;-bas, leur demandant : Vous croyez &#224; la r&#233;surrection des morts ? Comment les morts ressuscitent-ils et avec quel corps viennent-ils ? Paul a d&#233;cha&#238;n&#233; toutes ses forces et c'est un tour de force de rh&#233;torique magnifique, de sophisme et de conviction passionn&#233;e. Il a dit &#224; br&#251;le-pourpoint : Laisse tomber &#231;a et tout le reste s'en va.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les puritains &#233;taient pareils. C'&#233;tait ordonn&#233;, disaient-ils. M&#234;me chose avec les philosophes du XVIIIe si&#232;cle. D&#233;barrassez-vous simplement de la r&#233;action et la raison inh&#233;rente &#224; toutes choses prendra le dessus. C'est le m&#233;rite, non la faiblesse de Hegel, d'avoir vu la n&#233;cessit&#233; de lui donner un fondement logique solide. Les empiristes l'appellent t&#233;l&#233;ologie, religion et toutes sortes de noms abusifs. J'en ai trait&#233; dans Le Mat&#233;rialisme dialectique et le destin de l'humanit&#233;, et j'ai montr&#233; les contradictions dans lesquelles ils se trouvent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici l'extrait final.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La nature de la v&#233;ritable inf&#233;rence d'une Essence absolument n&#233;cessaire &#224; partir d'une entit&#233; finie et contingente sera examin&#233;e ci-dessous. Une telle essence ne s'inf&#232;re pas de l'entit&#233; finie et contingente comme d'un &#202;tre qui &#224; la fois est et reste Fond&#233;, mais, comme l'implique aussi imm&#233;diatement la contingence, cette n&#233;cessit&#233; absolue se d&#233;duit d'un &#202;tre simplement effondr&#233; et se contredisant - ou plut&#244;t il est d&#233;montr&#233; que l'Etre contingent repasse automatiquement dans son Fond, o&#249; il se transcende &#8211; et, de plus, dans cette r&#233;gression il pose le Fond de telle mani&#232;re seulement qu'il se fait l'&#233;l&#233;ment pos&#233;. Dans une inf&#233;rence ordinaire, l'&#202;tre du fini appara&#238;t comme le Fond de l'absolu : l'absolu est parce que le fini est. La v&#233;rit&#233;, cependant,est que l'absolu est juste parce que le fini est une opposition auto-contradictoire &#8211; juste parce qu'il ne l'est pas. Dans le premier sens, une inf&#233;rence s'exprime ainsi : l'&#234;tre du fini est l'&#234;tre de l'absolu ; &#8211; mais dans ce dernier : Le Non-&#234;tre du fini est l'&#202;tre de l'absolu. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'esp&#232;re que vous l'aurez compris. Je pense que c'est un bel exemple de la m&#233;thode de Hegel. C'est tout ce que nous pouvons faire : donner une id&#233;e de ce qu'est Ground et pourquoi c'est n&#233;cessaire. L'essence est un mouvement. C'est l'analyse de la Terre qui nous dit exactement ce qu'est ce mouvement : Notre petit esprit abstrait qui ne savait pas ce qu'il &#233;tait par ses devenirs futiles &#233;tait en train d'&#233;tablir peu &#224; peu une Terre. Si vous voulez plus de Ground, c'est l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L&#233;nine, relecteur et interm&#233;diaire de la pens&#233;e de Hegel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'ESSENCE EST UN MOUVEMENT DE N&#201;GATION&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me sens coupable comme l'enfer. Nous n'en sommes plus qu'&#224; la p. 80 d'Essence. Je passe &#224; c&#244;t&#233; de Ground en regardant fermement de l'autre c&#244;t&#233;. Substance, N&#233;cessit&#233;, R&#233;ciprocit&#233;, je vais passer &#224; c&#244;t&#233; d'eux. Je ferai quelques notes strictement ad hoc sur l'apparence et l'actualit&#233;, puis sur le concept. Mais passons en revue un peu, puis cherchons de l'aide. Nous avons affaire &#224; la pens&#233;e. Nous avons appris &#224; regarder la qualit&#233; d'une chose et son mouvement dialectique vers autre chose. Nous avons alors vu que lorsque nous l'avons regard&#233;, ce que nous avons vu n'&#233;tait pas une photographie, une identit&#233;. Non, nous avons vu la diff&#233;rence dans l'identit&#233; et l'identit&#233; dans la diff&#233;rence. Nous avons vu aussi qu'il y avait dans nos t&#234;tes une Id&#233;e qui nous a permis de distinguer les diff&#233;rences sp&#233;cifiques. Nous avons vu l'importance de la contradiction, la relation fondamentale du bien et du mal, de la v&#233;rit&#233; et de l'erreur, le processus de transition.L'objet ne passe pas &#224; autre chose ; il montre l'Autre contenu en lui. Nous apprenons &#224; examiner un objet et &#224; examiner des pens&#233;es sur un objet. Ground est-il la prochaine transition apr&#232;s Contradiction ? L'Apparence na&#238;t-elle in&#233;vitablement de l'Existence ? Je doute que Hegel maintienne tout cela en d&#233;tail. Ces d&#233;terminations dans l'Essence sont, il faut le rappeler, des D&#233;terminations de la R&#233;flexion. Ce sont des cr&#233;ations de la pens&#233;e, mais des cr&#233;ations qui refl&#232;tent l'objet, permettent de le d&#233;monter et de le reconstituer, et d'abord dans notre t&#234;te. Nous allons au concept de Concept &#8211; le concept de la chose. Nous l'inqui&#233;tons comme un chien s'inqui&#232;te d'un os. C'est ce que l'Essence enseigne.Ground est-il la prochaine transition apr&#232;s Contradiction ? L'Apparence na&#238;t-elle in&#233;vitablement de l'Existence ? Je doute que Hegel maintienne tout cela en d&#233;tail. Ces d&#233;terminations dans l'Essence sont, il faut le rappeler, des D&#233;terminations de la R&#233;flexion. Ce sont des cr&#233;ations de la pens&#233;e, mais des cr&#233;ations qui refl&#232;tent l'objet, permettent de le d&#233;monter et de le reconstituer, et d'abord dans notre t&#234;te. Nous allons au concept de Concept &#8211; le concept de la chose. Nous l'inqui&#233;tons comme un chien s'inqui&#232;te d'un os. C'est ce que l'Essence enseigne.Ground est-il la prochaine transition apr&#232;s Contradiction ? L'Apparence na&#238;t-elle in&#233;vitablement de l'Existence ? Je doute que Hegel maintienne tout cela en d&#233;tail. Ces d&#233;terminations dans l'Essence sont, il faut le rappeler, des D&#233;terminations de la R&#233;flexion. Ce sont des cr&#233;ations de la pens&#233;e, mais des cr&#233;ations qui refl&#232;tent l'objet, permettent de le d&#233;monter et de le reconstituer, et d'abord dans notre t&#234;te. Nous allons au concept de Concept &#8211; le concept de la chose. Nous l'inqui&#233;tons comme un chien s'inqui&#232;te d'un os. C'est ce que l'Essence enseigne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais avant d'aborder les concepts d'Apparence et d'Actualit&#233;, nous ferions bien de voir quelle intelligence remarquable, form&#233;e dans la m&#234;me sph&#232;re que nous avons &#233;t&#233; form&#233;e, faite de la Logique, et d'examiner sa pens&#233;e dans cette perspective. Nous avons besoin d'un peu de repos. L'essence est la partie la plus difficile de la Logique, dit Hegel, et nous avons encore un long chemin &#224; parcourir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine en 1914 se retrouve &#224; Zurich, avec le monde qu'il a connu et ses cat&#233;gories qui se brisent. Il ne s'est pas enthousiasm&#233; et a commenc&#233; &#224; faire la r&#233;volution par lui-m&#234;me. Il avait une politique et il s'est battu pour cela, mais il a reconnu que tout &#233;tait dans un creuset. Il &#233;crivit surtout L'imp&#233;rialisme et l'&#201;tat et la r&#233;volution. Il a &#233;tudi&#233; la ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit et a travaill&#233; &#224; Hegelian Logic. Il a pris des notes sur la Logique. Nous avons des extraits et des commentaires. Sidney Hook m'a dit un jour qu'il n'y avait pas grand-chose pour eux. Tout &#224; fait raison. Pour lui, il n'y avait pas grand-chose. Le mouvement marxiste ne jure que par. . . Pl&#233;khanov. Je me souviens de mes voyages entre le Missouri et New York, m'arr&#234;tant &#224; Washington et Rae, appelant une traduction &#224; vue des notes russes de L&#233;nine et que je les ai griffonn&#233;es. J'ai toujours le cahier.Qu'ils ne soient pas publi&#233;s signifie une chose : le m&#233;pris des masses. Oui, justement. Ils n'en ont pas besoin, ils ne sont pas &#224; la hauteur. Et donc le parti n'en a pas besoin. Ce n'est que lorsque vous avez du respect pour les masses que vous avez du respect pour le parti. Il n'y a rien dans ces notes pour Hook l'acad&#233;micien. Il y a beaucoup pour nous &#224; voir ce qui a frapp&#233; l'esprit du grand r&#233;volutionnaire alors qu'il lisait, avec les ann&#233;es de bolchevisme russe emmagasin&#233;es dans son esprit et la perspective de la r&#233;volution mondiale devant lui. Il n'y a de la place que pour quelques choses. Mais ils se d&#233;marquent.Il y a beaucoup pour nous &#224; voir ce qui a frapp&#233; l'esprit du grand r&#233;volutionnaire alors qu'il lisait, avec les ann&#233;es de bolchevisme russe emmagasin&#233;es dans son esprit et la perspective de la r&#233;volution mondiale devant lui. Il n'y a de la place que pour quelques choses. Mais ils se d&#233;marquent.Il y a beaucoup pour nous &#224; voir ce qui a frapp&#233; l'esprit du grand r&#233;volutionnaire alors qu'il lisait, avec les ann&#233;es de bolchevisme russe emmagasin&#233;es dans son esprit et la perspective de la r&#233;volution mondiale devant lui. Il n'y a de la place que pour quelques choses. Mais ils se d&#233;marquent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En lisant sur Qualit&#233; dans la doctrine de l'&#234;tre, L&#233;nine &#233;crit en tr&#232;s gros caract&#232;res :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SAUT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SAUT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SAUT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SAUT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela l'a visiblement touch&#233; de plein fouet. Il voulait que &#231;a reste grav&#233; dans sa t&#234;te, qu'il s'en souvienne toujours. Il note dessus comme suit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; A la base du concept de gradation de l'&#233;mergence se trouve l'id&#233;e que l'&#233;mergence est d&#233;j&#224; sensible ou r&#233;ellement dans l'existence, uniquement &#224; cause de sa petitesse pas encore perceptible et de m&#234;me avec le concept de la gradation de la disparition. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regardons l'extrait lui-m&#234;me :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La progressivit&#233; de l'apparition est bas&#233;e sur l'id&#233;e que ce qui se produit est d&#233;j&#224;, sensiblement ou autrement, r&#233;ellement l&#224;, et n'est imperceptible qu'en raison de sa petitesse ; et la progressivit&#233; de l'&#233;vanouissement sur l'id&#233;e que le Non-&#234;tre ou l'Autre qui prend &#233;galement sa place est l&#224;, seulement, n'est pas encore perceptible ; l&#224;, non au sens o&#249; l'Autre est contenu dans l'Autre qui est l&#224; en soi, mais qu'il est l&#224; comme &#202;tre D&#233;termin&#233;, seulement imperceptible. Ceci annule totalement l'apparition et la disparition : ou l'En-soi, ce quelque peu int&#233;rieur dans lequel quelque chose est avant d'atteindre l'&#202;tre D&#233;termin&#233;, est transmut&#233; en une petitesse d'&#202;tre D&#233;termin&#233; externe et la distinction essentielle ou conceptuelle en une diff&#233;rence externe et simplement magnitudinale.Le proc&#233;d&#233; qui rend concevables l'apparition et la disparition de la lenteur du changement est ennuyeux &#224; la mani&#232;re propre &#224; la tautologie ; ce qui surgit ou dispara&#238;t est pr&#233;par&#233; d'avance, et le changement est transform&#233; en simple changement d'une distinction ext&#233;rieure ; et maintenant c'est bien une simple tautologie. La difficult&#233; pour une telle Compr&#233;hension qui tente de concevoir consiste dans le passage qualitatif de quelque chose en son Autre en g&#233;n&#233;ral et en son contraire ; L'entendement pr&#233;f&#232;re croire que l'identit&#233; et le changement sont de ce genre indiff&#233;rent et ext&#233;rieur qui s'applique au quantitatif.La difficult&#233; pour une telle Compr&#233;hension qui tente de concevoir consiste dans le passage qualitatif de quelque chose en son Autre en g&#233;n&#233;ral et en son contraire ; L'entendement pr&#233;f&#232;re croire que l'identit&#233; et le changement sont de ce genre indiff&#233;rent et ext&#233;rieur qui s'applique au quantitatif.La difficult&#233; pour une telle Compr&#233;hension qui tente de concevoir consiste dans le passage qualitatif de quelque chose en son Autre en g&#233;n&#233;ral et en son contraire ; L'entendement pr&#233;f&#232;re croire que l'identit&#233; et le changement sont de ce genre indiff&#233;rent et ext&#233;rieur qui s'applique au quantitatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comprendre une fois de plus prend les coups. C'est un passage d'une grande importance et L&#233;nine l'a parfaitement r&#233;sum&#233; avec son SAUT SAUT SAUT SAUT. La nouveaut&#233; SAUT. Vous ne le regardez pas et ne le voyez pas petit et grandir. Il est l&#224;, mais il existe d'abord dans la pens&#233;e. La pens&#233;e sait qu'elle est l'objet. Vous n'avez pas &#224; le voir (bien que si vous savez qu'il est l&#224;, vous pouvez voir des signes et les signaler). Hegel s'ennuie aux larmes des gens qui continuent &#224; chercher des signes ext&#233;rieurs et &#171; le simple magnitudinal &#187; comme preuve. L&#233;nine ne s'y est pas attach&#233; pour rien. Il a dit : &#171; Transformez la guerre imp&#233;rialiste en guerre civile. Combien d'opposants sinc&#232;res &#224; l'imp&#233;rialisme recul&#232;rent d'horreur. &#034;Trop t&#233;m&#233;raire, trop grossier, pas maintenant.&#034; (Trotsky &#233;tait parmi eux). L&#233;nine ne bougera pas.Le mouvement socialiste contre l'imp&#233;rialisme s'&#233;tablirait sur la transition concr&#232;te &#8211; l'opposition au mal monstrueux de la guerre. Il n'a pas eu &#224; attendre pour voir quoi que ce soit. C'&#233;tait l&#224;. Il sauterait vers le haut. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai &#233;t&#233; particuli&#232;rement frapp&#233; par cela chez L&#233;nine. Hegel est tr&#232;s irritant. Il s'en tient &#224; la m&#233;thode. Il ne crie pas. Mais chacune de ses transitions implique un saut. Il parle tr&#232;s doucement d'impulsion, etc. Mais vous pouvez continuer &#224; lire pendant longtemps et ne pas saisir la v&#233;ritable signification du saut. Je ne l'ai pas soulign&#233;. Il s'y est accroch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la Doctrine de l'Essence, L&#233;nine s'attache pr&#233;cis&#233;ment &#224; la m&#234;me chose. Regardez cette note remarquable sur l'observation 3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mouvement et &#171; mouvement de soi &#187; (NB ceci. Un mouvement spontan&#233; ind&#233;pendant, n&#233;cessaire int&#233;rieurement), &#171; alt&#233;ration &#187;, &#171; mouvement et vie &#187;, &#171; principe de chaque mouvement de soi &#187;, &#171; impulsion &#187;, (pulsion) au &#171; mouvement &#187; et &#224; &#171; l'activit&#233; &#187; &#8211; &#224; l'oppos&#233; de &#171; l'&#234;tre mort &#187; &#8211; qui croirait que c'est l&#224; le noyau de &#171; l'h&#233;g&#233;lianisme &#187;, de l'h&#233;g&#233;lianisme abstrait et abscons (difficile, absurde ?). Nous devons d&#233;couvrir ce noyau, le saisir, le &#171; sauver &#187;, le d&#233;voiler, le purifier &#8211; ce que Marx et Engels ont &#233;galement accompli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est quelque chose de vital. Auto-mouvement. Activit&#233; spontan&#233;e. Nous les rencontrerons &#224; nouveau. Tu attends. C'est &#224; cela qu'il faut s'accrocher, saisir, &#171; d&#233;voiler, purifier &#187;. On peut dire qu'on en a fait. Ce mouvement, activit&#233;, spontan&#233;, int&#233;rieurement n&#233;cessaire. L'homme d'organisation savait ce qui faisait bouger le monde, surtout le monde social. Hegel pouvait &#233;crire sur les pens&#233;es pendant des d&#233;cennies, mais c'&#233;tait la motivation, et cela a fait des LEAPS (quatre d'entre eux &#224; la fois).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur l'observation 3, voir les notes entre autres :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NB 1. La perception habituelle comprend la diff&#233;rence et la contradiction mais pas le passage de l'une &#224; l'autre, qui pourtant est le plus important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous reviendrons encore &#224; L&#233;nine. Mais asseyons-nous et &#233;crivons en gros caract&#232;res sur nos notes : SAUT, ACTIVIT&#201; SPONTAN&#201;E, MOUVEMENT SOI, etc. etc. L&#224; o&#249; il l'a &#233;crit quatre fois, nous devrions l'&#233;crire quarante-quatre. Le point pass&#233; de L&#233;nine est important non seulement en lui-m&#234;me mais pour nous, dans cette &#233;tude. Et &#231;a vient juste ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res notes de L&#233;nine que nous devons reprendre seront assez longues. C'est parce qu'ils ont une valeur &#233;norme pour nous, (a) en eux-m&#234;mes en tant que revue du pass&#233;, (b) en tant qu'enseignement de l'interd&#233;pendance des diff&#233;rentes parties de la Logique et de l'unit&#233; sous-jacente de la m&#233;thode &#224; toutes les &#233;tapes, (c) &#233;clairer les parties finales de la Doctrine de l'Essence &#224; venir, (d) nous montrer la m&#233;thode h&#233;g&#233;lienne de pens&#233;e et d'action de L&#233;nine : c'est-&#224;-dire d'un r&#233;volutionnaire et (e) nous pr&#233;parer &#224; la derni&#232;re &#233;tape historique de cet essai : le propre travail de L&#233;nine , pour laquelle et &#224; partir de laquelle seules nous pouvons sauter et voler pour nous-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une bouch&#233;e mais chaque morceau est juteux. Et j'esp&#232;re que personne n'est impatient. Voyons o&#249; nous en sommes. Nous avons appliqu&#233; la Doctrine de l'Essence jusqu'au sol. Nous avons discut&#233; de la question de savoir comment vous arrivez &#224; l'In&#233;vitable, l'Absolu. Nous avons promis de ne consid&#233;rer que l'apparence et l'actualit&#233; comme deux &#233;tapes suppl&#233;mentaires du concept. Nous sommes ensuite entr&#233;s dans un interm&#232;de et une revue l&#233;ninistes. Nous avons vu l'accent mis par L&#233;nine sur le LEAP (quatre fois) ; et en mouvement constant, auto-activit&#233; spontan&#233;e int&#233;rieurement n&#233;cessaire. Nous avons not&#233; que toute la Logique elle-m&#234;me, les transitions continues de ce Fond &#224; ce Fond, &#224; l'autre Fond au Fond Complet, n'&#233;taient que cette activit&#233; continue, spontan&#233;e et autog&#233;n&#233;r&#233;e, bien que l'activit&#233; ait un certain ordre dont il s'agissait. Pens&#233; pour s'organiser selon les lois qui y sont immanentes, c'est-&#224;-direles lois de son propre d&#233;veloppement. Bon. Nous allons maintenant reprendre une note de L&#233;nine qui ouvrait une formidable perspective de b&#233;n&#233;fices, tant pour le bilan pass&#233; que pour les d&#233;veloppements futurs. Qui est maintenant fatigu&#233; peut se reposer, et apr&#232;s une sieste, peut repartir &#224; z&#233;ro. Allons-y.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La note elle-m&#234;me est tr&#232;s l&#233;g&#232;re. Il d&#233;coule de la section I de la plus large Logique de la qualit&#233;. &#199;a dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'id&#233;e de la transformation de l'id&#233;al en r&#233;el est profonde ; tr&#232;s important pour l'histoire. Mais aussi dans la vie personnelle d'un homme, il est &#233;vident qu'il y a l&#224; beaucoup de v&#233;rit&#233;. Contre le mat&#233;rialisme vulgaire. NB : La diff&#233;rence entre id&#233;e et mati&#232;re n'est en aucun cas inconditionnelle, ni extravagante. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est tout. J'ai recherch&#233; la section et l'ai parcourue &#224; nouveau. Il fait une centaine de pages. C'est dans la Doctrine de l'&#202;tre, remarquez, la premi&#232;re section, en fait, le vrai d&#233;but de la Logique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel est aux prises avec des mots qu'il a toujours en t&#234;te, finis et infinis. Quel est le vrai infini ? &#171; Finite &#187; est une d&#233;termination ou une cat&#233;gorie fixe et limit&#233;e. L'infini n'est pas simplement quelque chose qui est au-del&#224; du fini. Ce qu'il dit n'est rien, un mauvais infini. (Mettre de l'ordre dans vos muscles de la pens&#233;e. Asseyez-vous et prenez note). L'infini n'est pas quelque chose en g&#233;n&#233;ral qui soit au-del&#224; de ce que nous appelons actuel. C'est le fait que l'au-del&#224; du fini revienne, accomplisse un retour au fini et continue &#224; le faire, qui en fait un v&#233;ritable infini. L'au-del&#224;, l'infini, n'est pas l'&#202;tre abstrait ou ind&#233;termin&#233;, quelque chose dont nous ne savons rien, notre vieux monstre, le Rien. Lui, l'infini, l'au-del&#224;, c'est l'&#202;tre li&#233; &#224; lui-m&#234;me, car pour na&#238;tre du tout l'infini va devoir nier le fini. C'est donc une force de n&#233;gation.Et tout ce qui nie est quelque chose de pr&#233;sent. Si l'on peut utiliser ici une m&#233;taphore : l'infini est l'Autre du fini. Mais l'Infini n'est pas la n&#233;gation en g&#233;n&#233;ral. C'est le mauvais infini qui nie l'existant et ne met rien &#224; sa place. C'est de la fantaisie vague, du caprice et du non-sens (ou une simple r&#233;flexion). Le socialisme n'est pas une image vague et rose de beaut&#233; infinie, de v&#233;rit&#233; et d'amour, quelque chose au-del&#224; de notre mis&#233;rable vie. Le socialisme, l'au-del&#224;, est la n&#233;gation concr&#232;te de ce que nous avons &#8211; le stalinisme. Le d&#233;passement du stalinisme est la prochaine &#233;tape de l'infini &#8211; et pour ma part la classe ouvri&#232;re aujourd'hui quand elle vainc le stalinisme, c'est-&#224;-dire la &#171; capitalisation &#187; du concept de parti prol&#233;tarien, cette classe ouvri&#232;re, l'ayant surmont&#233;e, est vraiment socialiste. D'ailleurs, quand il vainc son principal ennemi, le capital, et les brutalit&#233;s du fascisme, l'inflation,la guerre imp&#233;rialiste, les &#233;l&#233;ments destructeurs, les &#233;l&#233;ments de classe dans l'industrie moderne, c'est le socialisme &#8211; le seul infini qui soit. Mais pourquoi l'infini reste-t-il pour certains un Au-del&#224;, un tr&#232;s lointain ? Et puis vient un coup de gr&#226;ce. C'est, en derni&#232;re analyse, &#171; fond&#233; sur le fait que le fini en tant que tel est tenu pour existant &#187;. C'est la mentalit&#233; qui voit le socialisme au loin et qui est vraiment encha&#238;n&#233;e &#224; l'id&#233;e que ce que veulent les travailleurs, c'est un niveau de vie plus &#233;lev&#233;, &#034;un seau plein&#034;, &#034;la paix&#034;, &#034;la s&#233;curit&#233;&#034;, &#034;le plein emploi&#034; . Il n'a fait que s'accrocher &#224; l'existant, le rendre tol&#233;rable en colmatant les trous. C'est la prochaine &#233;tape du socialisme. Shachtman est ce type complet. L'opposition, le socialisme qui r&#233;side dans la lutte et le d&#233;passement du stalinisme le d&#233;passe. Mais cela n'&#233;puise pas le type.&#192; l'autre extr&#233;mit&#233; de son &#233;chelle se trouve Trotsky. Il s'accroche &#224; un autre type d'existant, le monde de 1917. Apr&#232;s vingt et un ans de r&#233;volution russe, tout ce qu'il pouvait dire &#233;tait : ranimer les soviets ; r&#233;viser le plan dans l'int&#233;r&#234;t des travailleurs ; lib&#233;rer les syndicats. Si Shachtman est Imagination, qui ne pense qu'avec ce qui lui est familier, Trotsky est Compr&#233;hension, qui ne pense qu'avec ce qui lui est familier. Pour les deux, l'&#233;tape suivante est exclue. Oui, &#224; tous les deux. Et pr&#233;cis&#233;ment &#224; cause de cela, le pr&#233;sent leur &#233;chappe. Ainsi de bonne heure, au commencement, dans la Qualit&#233;, dans la Doctrine de l'&#202;tre, Hegel disait, en g&#233;n&#233;ral, &#224; un niveau tr&#232;s abstrait, ce qu'il dira &#224; un niveau plus d&#233;velopp&#233; dans l'Essence, et &#224; un niveau encore plus &#233;lev&#233; dans le Doctrine du concept.Apr&#232;s vingt et un ans de r&#233;volution russe, tout ce qu'il pouvait dire &#233;tait : ranimer les soviets ; r&#233;viser le plan dans l'int&#233;r&#234;t des travailleurs ; lib&#233;rer les syndicats. Si Shachtman est Imagination, qui ne pense qu'avec ce qui lui est familier, Trotsky est Compr&#233;hension, qui ne pense qu'avec ce qui lui est familier. Pour les deux, l'&#233;tape suivante est exclue. Oui, &#224; tous les deux. Et pr&#233;cis&#233;ment &#224; cause de cela, le pr&#233;sent leur &#233;chappe. Ainsi de bonne heure, au commencement, dans la Qualit&#233;, dans la Doctrine de l'&#202;tre, Hegel disait, en g&#233;n&#233;ral, &#224; un niveau tr&#232;s abstrait, ce qu'il dira &#224; un niveau plus d&#233;velopp&#233; dans l'Essence, et &#224; un niveau encore plus &#233;lev&#233; dans le Doctrine du concept.Apr&#232;s vingt et un ans de r&#233;volution russe, tout ce qu'il pouvait dire &#233;tait : ranimer les soviets ; r&#233;viser le plan dans l'int&#233;r&#234;t des travailleurs ; lib&#233;rer les syndicats. Si Shachtman est Imagination, qui ne pense qu'avec ce qui lui est familier, Trotsky est Compr&#233;hension, qui ne pense qu'avec ce qui lui est familier. Pour les deux, l'&#233;tape suivante est exclue. Oui, &#224; tous les deux. Et justement &#224; cause de cela, le pr&#233;sent leur &#233;chappe. Ainsi de bonne heure, au commencement, dans la Qualit&#233;, dans la Doctrine de l'&#202;tre, Hegel disait, en g&#233;n&#233;ral, &#224; un niveau tr&#232;s abstrait, ce qu'il dira &#224; un niveau plus d&#233;velopp&#233; dans l'Essence, et &#224; un niveau encore plus &#233;lev&#233; dans le Doctrine du concept.qui ne pense qu'avec ce qui lui est familier, Trotsky est Compr&#233;hension, qui ne pense qu'avec ce qui lui est familier. Pour les deux, l'&#233;tape suivante est exclue. Oui, &#224; tous les deux. Et pr&#233;cis&#233;ment &#224; cause de cela, le pr&#233;sent leur &#233;chappe. Ainsi de bonne heure, au commencement, dans la Qualit&#233;, dans la Doctrine de l'&#202;tre, Hegel disait, en g&#233;n&#233;ral, &#224; un niveau tr&#232;s abstrait, ce qu'il dira &#224; un niveau plus d&#233;velopp&#233; dans l'Essence, et &#224; un niveau encore plus &#233;lev&#233; dans le Doctrine du concept.qui ne pense qu'avec ce qui lui est familier, Trotsky est Compr&#233;hension, qui ne pense qu'avec ce qui lui est familier. Pour les deux, l'&#233;tape suivante est exclue. Oui, &#224; tous les deux. Et pr&#233;cis&#233;ment &#224; cause de cela, le pr&#233;sent leur &#233;chappe. Ainsi de bonne heure, au commencement, dans la Qualit&#233;, dans la Doctrine de l'&#202;tre, Hegel disait, en g&#233;n&#233;ral, &#224; un niveau tr&#232;s abstrait, ce qu'il dira &#224; un niveau plus d&#233;velopp&#233; dans l'Essence, et &#224; un niveau encore plus &#233;lev&#233; dans le Doctrine du concept.ce qu'il dira &#224; un niveau plus d&#233;velopp&#233; dans l'Essence, et &#224; un niveau encore plus &#233;lev&#233; dans la Doctrine du concept.ce qu'il dira &#224; un niveau plus d&#233;velopp&#233; dans l'Essence, et &#224; un niveau encore plus &#233;lev&#233; dans la Doctrine du Concept.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici donc l'extrait complet. L'expression &#171; progresser vers l'infini &#187; est caract&#233;ristique de ceux qui ne voient pas la vraie nature de l'infini. Ils voient l'infini comme une ligne droite. Hegel dit que c'est une s&#233;rie de cercles, chaque cercle, cependant, incluant et excluant pourtant le cercle pr&#233;c&#233;dent, ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cet infini est le retour accompli sur lui-m&#234;me. En tant que tel, c'est la relation &#224; soi ou l'&#202;tre ; mais pas l'&#202;tre abstrait ou ind&#233;termin&#233;, car il est pos&#233; comme n&#233;gation n&#233;gationniste ; et ainsi c'est aussi l'&#202;tre D&#233;termin&#233;, car il contient la n&#233;gation comme telle, et, par cons&#233;quent, la d&#233;terminit&#233;. Il existe, et existe en tant qu'&#202;tre D&#233;termin&#233;, pr&#233;sent et avant nous. Ce n'est que le mauvais infini qui est l'au-del&#224;, parce qu'il est la n&#233;gation, et rien de plus, du fini pos&#233; comme r&#233;el ; elle est donc abstraite et premi&#232;re n&#233;gation ; il est d&#233;termin&#233; comme simplement n&#233;gatif, et est sans l'affirmation implicite dans l'&#202;tre D&#233;termin&#233; ; et s'il est maintenu comme un simple n&#233;gatif, il est m&#234;me suppos&#233; &#234;tre inexistant et hors de port&#233;e. Mais &#234;tre ainsi hors d'atteinte n'est pas sa gloire mais sa honte ; qui, en d&#233;finitive, repose sur le fait que le fini en tant que tel est tenu pour existant.Ce qui est faux est hors de port&#233;e ; et il est &#233;vident qu'un tel infini est le faux. L'image du &#171; progr&#232;s vers l'infini &#187; est la ligne droite, l'infini restant encore &#224; ses deux limites et l&#224; seulement o&#249; la ligne n'est pas ; or la ligne est l'Etre D&#233;termin&#233;, qui passe &#224; celui-ci son contradictoire, c'est-&#224;-dire dans l'ind&#233;termin&#233;. Mais comme infini v&#233;ritable, repli&#233; sur lui-m&#234;me, il a pour image le cercle, la ligne qui s'est atteinte, ferm&#233;e et toute pr&#233;sente et n'ayant ni commencement ni fin.dans l'ind&#233;termin&#233;. Mais comme infini v&#233;ritable, repli&#233; sur lui-m&#234;me, il a pour image le cercle, la ligne qui s'est atteinte, ferm&#233;e et toute pr&#233;sente et n'ayant ni commencement ni fin.dans l'ind&#233;termin&#233;. Mais comme infini v&#233;ritable, repli&#233; sur lui-m&#234;me, il a pour image le cercle, la ligne qui s'est atteinte, ferm&#233;e et toute pr&#233;sente et n'ayant ni commencement ni fin. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, il continue &#224; dire les choses les plus &#233;tonnantes, pour ceux qui pensent en termes de bon sens. Il dit, par exemple, que ce n'est pas le fini, le fixe limit&#233;, le concret, qui est r&#233;el. C'est l'Infini qui est r&#233;el. Et j'esp&#232;re que personne qui lit ceci n'est assez stupide pour ne pas se rendre compte que c'est le point m&#234;me que nous avons creus&#233; sur Terre o&#249; nous avons discut&#233; de l'Absolu en termes d'&#202;tre et de Non-&#202;tre du fini. Pourtant, c'est le volume II, page 70, et c'est le volume I, page 162. Il y a environ quatre cents pages entre les deux. N'est-il pas merveilleux ? Et bien loin au centre du tome II, il y reviendra, et finira une fois de plus avec lui dans la derni&#232;re section, sur les m&#233;thodes d'enqu&#234;te, ou l'Id&#233;e de la cognition. Il pratique lui-m&#234;me les cercles sans cesse agrandis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'infini v&#233;ritable ainsi pris, en g&#233;n&#233;ral, comme l'&#202;tre d&#233;termin&#233; oppos&#233; affirmativement &#224; la n&#233;gation abstraite, est la R&#233;alit&#233; dans un sens plus &#233;lev&#233; que ne l'est cet infini qui auparavant &#233;tait d&#233;termin&#233; comme simple ; il a re&#231;u ici un contenu concret. Ce n'est pas le fini qui est le r&#233;el, mais l'infini ; et ainsi la R&#233;alit&#233; est en outre d&#233;termin&#233;e en tant qu'Essence, Concept, Id&#233;e, et ainsi de suite. Il est cependant superflu de r&#233;p&#233;ter ces cat&#233;gories ant&#233;rieures et plus abstraites, comme la &#171; R&#233;alit&#233; &#187;, lorsque la plus concr&#232;te est atteinte, et de les employer &#224; des d&#233;terminations plus concr&#232;tes qu'elles ne le sont en elles-m&#234;mes. Une r&#233;p&#233;tition, comme on en fait quand on dit que l'Essence ou l'Id&#233;e est le R&#233;el, a sa raison en ce que, pour la pens&#233;e inculte, les cat&#233;gories les plus abstraites, comme l'&#202;tre, l'&#202;tre d&#233;termin&#233;, la R&#233;alit&#233; et la Finitude, sont les plus familiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous laisse y penser, et je me d&#233;p&#234;che de passer au dernier passage :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a ici une raison plus pr&#233;cise de rappeler la cat&#233;gorie de r&#233;alit&#233;, car la n&#233;gation &#224; laquelle elle se tient dans le rapport d'affirmatif est ici la n&#233;gation de la n&#233;gation : elle s'oppose donc elle-m&#234;me &#224; cette r&#233;alit&#233;, qui est l'&#202;tre D&#233;termin&#233; fini. La n&#233;gation est ainsi d&#233;termin&#233;e comme id&#233;alit&#233; ; ce qui participe de la nature id&#233;ale, c'est le fini tel qu'il se trouve dans l'infini v&#233;ritable, en tant que d&#233;termination ou contenu qui, bien que distinct, n'existe pas ind&#233;pendamment, mais seulement en tant que moment. L'id&#233;alit&#233; a ce sens plus concret, qui ne s'exprime pas pleinement par la n&#233;gation de l'&#202;tre D&#233;termin&#233; fini. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui. Le r&#233;el n'est qu'un moment, quoique fixe, limit&#233;, fini, dans l'Id&#233;al. Ne l'ignorez pas. C'est &#171; distinct &#187;. Mais il n'a pas d'existence ind&#233;pendante. L'identit&#233; a maintenant un sens plus concret, et il ne suffit pas de dire que l'Infini, l'au-del&#224; niera le fini : le socialisme supprimera tout cela en g&#233;n&#233;ral. Non monsieur. Cela signifie seulement que vous n'avez pas supprim&#233; tout cela et que vous ne pouvez pas voir les forces qui le suppriment. Mais il y a des gens qui ne comprennent pas cela. Hegel poursuit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mais par rapport &#224; la r&#233;alit&#233; et &#224; l'id&#233;alit&#233;, l'opposition au fini et &#224; l'infini est prise de cette mani&#232;re, que le fini est pris pour r&#233;el et l'infini comme nature id&#233;ale ; et telle, en effet, et telle seulement, le concept est plus tard prise pour &#234;tre ; tandis que l'Etre D&#233;termin&#233; en g&#233;n&#233;ral est pris comme r&#233;el. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous pouvez essayer de changer la formulation pour les aider. Vous ne pouvez pas. Ils &#171; restent fix&#233;s dans l'&#202;tre D&#233;termin&#233; affirmatif du fini. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le but de la Logique, pour la milli&#232;me fois : comment rester en dehors des cat&#233;gories fig&#233;es, limit&#233;es, finies. C'est exactement ce que fait Hegel, de mani&#232;re toujours plus concr&#232;te, page apr&#232;s page. C'est tout. Mais quel tout ! Pour sortir de l'emprise des cat&#233;gories fig&#233;es. Ce n'est pas facile. Pr&#233;cis&#233;ment parce que nous devons les fixer et les pr&#233;ciser avant de pouvoir faire quoi que ce soit. On peut y rester fix&#233; quand ils sont happ&#233;s par des gens qui se contentent objectivement d'y rester.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pire encore, nous pouvons rester fig&#233;s en eux lorsqu'ils n'existent plus. Le r&#233;sultat est une frustration totale et un aveuglement face &#224; la r&#233;alit&#233;. Dans ces cat&#233;gories, le trotskisme fonctionne. Le stalinisme, cependant, a trouv&#233; la base objective de ces cat&#233;gories en tant que formes fixes et statiques, finies et limit&#233;es. (Je cherchais &#231;a depuis des semaines et je l'ai). Le stalinisme a trouv&#233; la base objective des cat&#233;gories fixes du l&#233;ninisme. Il fonctionne donc sur une base mat&#233;rielle. Les jeux qu'il jouait avec Trotsky sur le socialisme dans un seul pays &#233;taient la concr&#233;tisation, la stabilisation de son id&#233;ologie. Pour le stalinisme, c'&#233;tait une v&#233;ritable id&#233;ologie. Pour Trotsky, c'&#233;tait essentiellement une fiction sans aucune r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, nous pouvons aller de l'avant et s&#233;lectionner quelques phrases qui contiennent le noyau de l'id&#233;alit&#233; de Hegel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La proposition selon laquelle le fini est de nature id&#233;ale constitue l'id&#233;alisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous voyez ici le lien &#233;troit entre l'id&#233;al et le r&#233;el. Le r&#233;el cr&#233;e sans cesse un id&#233;al qui demain devient r&#233;el et ainsi de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel maudit ceux dont l'id&#233;al est dans leur t&#234;te et leur caprice. Comme il les d&#233;teste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ce qui est &#171; de nature id&#233;ale &#187;, on entend principalement la forme de l'imagination ; et ce nom est donn&#233; &#224; tout ce qui est dans mon imagination en g&#233;n&#233;ral, ou dans le concept, dans l'id&#233;e, dans la fantaisie, et ainsi de suite ; de sorte qu'il en vient &#224; &#234;tre compt&#233; comme &#233;quivalent seulement &#224; des fantaisies - des imaginations qui sont non seulement distinctes du r&#233;el, mais sont suppos&#233;es dans leur essence ne pas &#234;tre r&#233;elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel n'en a pas l'utilit&#233;. L'id&#233;e pour lui est si intimement li&#233;e au r&#233;el qu'on ne peut pas les s&#233;parer. Un v&#233;ritable id&#233;al d'aujourd'hui est le r&#233;el de demain. Et c'est ainsi que la vie, et la logique, &#233;voluent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons donc &#224; la note modeste mais pr&#233;gnante de L&#233;nine sur Hegel. La transformation de l'id&#233;al en r&#233;el est profonde, tr&#232;s importante pour l'histoire. Vous vous souvenez dans le Mat&#233;rialisme dialectique et le destin de l'humanit&#233;, j'ai cit&#233; un passage d'un vieil article de la Nouvelle Internationale montrant comment l'id&#233;al est devenu r&#233;el, etc., en raison des buts et des consolidations et des compromis objectifs des classes et des sections de classes. Mais cette chose m&#234;me deviendra avec le temps pour nous la base d'une enqu&#234;te th&#233;orique attendue depuis longtemps, puis d'une politique pratique concr&#232;te. Nous avons maintenant (a) pass&#233; en revue le pass&#233;, (b) vu l'interconnexion et l'unit&#233; sous-jacente des parties de la Logique. Nous avons &#233;galement promis (c) d'&#233;clairer les derni&#232;res parties d'Essence &#224; venir &#8211; le reste devra attendre. Passons maintenant aux derni&#232;res parties de la Doctrine de l'Essence. (Apr&#232;s de terribles heures de travail, je me sens plut&#244;t bien. Je pense que nous avons un endroit et que nous sommes en route vers de meilleurs endroits).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Apparence et actualit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, apr&#232;s avoir saut&#233; par-dessus Terre et pris des vacances avec L&#233;nine, nous nous retrouvons dans Apparence. Je veux prendre Apparence pour une raison particuli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un de nos travaux les plus importants est l'exposition de l'analyse des partis staliniens comme &#171; outils du Kremlin &#187;. On dit qu'il est vrai que ce sont des &#171; outils du Kremlin &#187;. Mais cela, disons-nous, n'est que l'apparence des choses. Nous disons qu'ils sont essentiellement un produit du travail et du capital &#224; ce stade, comme le mench&#233;visme &#233;tait un produit du travail et du capital &#224; ce stade. Nous le fermons en disant : s'il n'y avait pas eu de r&#233;volution russe, pas de Kremlin, mais que le capitalisme avait continu&#233; &#224; d&#233;g&#233;n&#233;rer sans &#234;tre renvers&#233; par le socialisme, alors serait apparu un parti tel que le stalinisme, pr&#234;chant la r&#233;volution, pr&#234;t &#224; se rallier au-del&#224; des fronti&#232;res nationales. avec d'autres travailleurs, r&#233;pudiant la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et la d&#233;fense nationale, mais craignant mortellement les travailleurs et se pr&#233;cipitant pour la protection et le refuge vers un imp&#233;rialisme plus large, bureaucratique, corrompu, monolithique, refl&#233;tant le capitalisme dans son stade de capitalisme d'&#201;tat. Nos adversaires continuent avec ces &#171; outils du Kremlin &#187;. C'est d&#233;go&#251;tant. Pourtant, assez curieusement, ils n'appellent pas les mencheviks actuels &#171; outils de Washington &#187;. Ils ont L&#233;nine pour eux et ils essaient au moins de les relier au travail et au capital &#8211; &#224; tort, mais au moins ils essaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'importance de notre analyse est &#233;vidente. Cela nous permet de caract&#233;riser le stalinisme comme une &#233;tape de transition &#8211; nous ne sommes pas dans la position ridicule d'expliquer pourquoi ces &#171; outils du Kremlin &#187; s'accrochent sans raison au Kremlin. Nous rejetons la responsabilit&#233; sur le capitalisme. Nous les peignons objectivement et non subjectivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tellement en g&#233;n&#233;ral. En particulier, nous nous d&#233;barrassons de la gueule de bois russe. Le &#171; socialisme dans un seul pays &#187; est originaire de Russie et n'a jamais suscit&#233; le moindre int&#233;r&#234;t pour le prol&#233;tariat mondial &#8211; jamais. Je me souviens du temps o&#249; nous nous nourrissions de l'illusion &#8211; je l'ai dit souvent &#8211; que lorsque les ouvriers comprendraient enfin que les partis communistes n'&#233;taient que des agents de la politique &#233;trang&#232;re de Staline, ils se tourneraient vers nous. Tout le monde conna&#238;t cette v&#233;rit&#233; maintenant. Ils se tournent plus que jamais vers les staliniens. Toute la m&#233;thode de pens&#233;e &#233;tait fausse. Le socialisme dans un seul pays n'a pas &#171; produit &#187; des partis communistes qui se sont tourn&#233;s vers leur propre bourgeoisie. Que le socialisme ne puisse pas &#234;tre construit &#233;tait une abstraction aussi grande que la th&#233;orie de Trotsky de la r&#233;volution permanente. C'&#233;tait une continuation de sa vieille lutte avec le bolchevisme, &#224; cette &#233;poque corrompu sous Staline.Tout cela, la th&#233;orie de la r&#233;volution permanente, tout le d&#233;bat sur le socialisme dans un seul pays, les masses se tourneraient vers nous quand elles auraient compris, etc., tout cela est la pens&#233;e subjective la plus pure sans contact objectif avec la r&#233;alit&#233;. &#171; Outils du Kremlin &#187; est l'Apparence, l'organisation du travail sp&#233;cifique de l'&#233;poque du capitalisme d'&#201;tat est l'Essence. C'est seulement en g&#233;n&#233;ral. Armons-nous d'une logique dialectique.Armons-nous d'une logique dialectique.Armons-nous d'une logique dialectique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essence est un mouvement. Ce mouvement doit appara&#238;tre. Son apparition imm&#233;diate, Hegel l'appelle Existence. Quelque chose existe, mais il est transitoire, sans importance, simple Spectacle, jusqu'&#224; ce qu'il persiste et devienne Apparence. L'apparence est l'existence devenue &#034;essentielle&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essence n'est donc pas quelque chose au-del&#224; ou derri&#232;re l'apparence, mais simplement parce que c'est l'essence qui existe &#8211; l'existence est Apparence (brillant en avant).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut faire attention &#224; l'apparence. Vous ne pouvez pas le rejeter - ce n'est qu'une simple apparence. Hegel dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'apparence est &#224; tous &#233;gards un grade tr&#232;s important de l'id&#233;e logique. On peut dire que la distinction de la philosophie par rapport &#224; la conscience ordinaire est qu'elle voit le caract&#232;re simplement ph&#233;nom&#233;nal de ce que cette derni&#232;re suppose avoir un &#234;tre auto-subsistant. La signification de l'apparence, cependant, doit &#234;tre correctement saisie, ou des erreurs surviendront. Dire que quelque chose est une simple apparence peut &#234;tre mal interpr&#233;t&#233; comme signifiant que, par rapport &#224; ce qui est simplement ph&#233;nom&#233;nal, il y a une plus grande v&#233;rit&#233; dans l'imm&#233;diat, dans ce qui est. Or, &#224; proprement parler, le cas est pr&#233;cis&#233;ment l'inverse. L'apparence est plus &#233;lev&#233;e que le simple &#234;tre, cat&#233;gorie plus riche parce qu'elle contient en combinaison les deux &#233;l&#233;ments de la r&#233;flexion sur soi et de la r&#233;flexion sur l'autre : alors que l'&#234;tre (ou l'imm&#233;diatet&#233;) n'est encore qu'un simple sans relation, et ne repose apparemment que sur lui-m&#234;me. Toujours,dire que quelque chose n'est qu'apparence sugg&#232;re un vrai d&#233;faut, qui consiste en ceci, que l'Apparence est encore divis&#233;e contre elle-m&#234;me et sans stabilit&#233; intrins&#232;que. Au-del&#224; et au-dessus de la simple apparence vient en premier lieu l'Actualit&#233;, le troisi&#232;me degr&#233; d'Essence, dont nous parlerons plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'histoire de la philosophie moderne, Kant a le m&#233;rite de r&#233;habiliter d'abord cette distinction entre le mode de pens&#233;e commun et le mode de pens&#233;e philosophique. Il s'arr&#234;ta cependant &#224; mi-chemin, lorsqu'il attacha &#224; l'Apparence un sens subjectif seulement, et pla&#231;a l'essence abstraite immobile en dehors d'elle comme la chose en soi hors de port&#233;e de notre connaissance. Car c'est la nature m&#234;me du monde des objets imm&#233;diats de n'&#234;tre qu'apparence. Sachant qu'il en est ainsi, nous connaissons en m&#234;me temps l'essence qui, loin de rester en arri&#232;re ou au-del&#224; de l'apparence, manifeste plut&#244;t sa propre essentialit&#233; en d&#233;posant le monde &#224; une simple apparence. On ne peut gu&#232;re se quereller avec l'homme simple qui, dans son d&#233;sir de totalit&#233;, ne peut acquiescer &#224; la doctrine de l'id&#233;alisme subjectif, selon lequel nous ne nous occupons que des ph&#233;nom&#232;nes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un bon passage. &#199;a vaut le coup de travailler dessus. Mais son importance pour nous est &#224; la fois th&#233;orique et pratique. Th&#233;orique parce que nous venons de dire assez longuement que le r&#233;el n'est qu'un moment de l'id&#233;al. Bon. Mais c'&#233;tait en g&#233;n&#233;ral. Maintenant Hegel dit que le monde entier est Apparence mais que l'Apparence est une manifestation de l'Essence. Et lorsqu'il nous a pr&#233;venus que le r&#233;el &#233;tait bien &#171; distinct &#187;, il nous pr&#233;vient d&#233;sormais que l'apparence n'est pas une &#171; simple &#187; apparence. Si c'&#233;tait le cas, ce serait un spectacle (l'un des types de spectacle bon march&#233;, pour Hegel, foutez-le, a beaucoup de &#034;spectacles&#034;). L'avertissement signifie : vous devez relier l'apparence &#224; l'Essence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un avertissement salutaire ! &#171; Outils du Kremlin &#187; est la seule fa&#231;on dont Essence pourrait appara&#238;tre dans le monde contemporain. Ce n'&#233;tait pas cette apparition par hasard. C'est la valeur la plus vraie de Hegel. Il vous fait lutter avec les probl&#232;mes, les approfondir, voir des relations plus profondes et plus compliqu&#233;es (qui tendent cependant &#224; une plus grande simplicit&#233;), et vous aide &#224; r&#233;examiner l'objet. Une vraie apparence est celle qui doit &#234;tre ainsi. Douteux ? Voyons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si une bureaucratie est convaincue que le capitalisme tel qu'elle l'a connu est d&#233;sesp&#233;r&#233; et impuissant, si elle ressent la pression des masses r&#233;volutionnaires, si elle vit dans la terreur mortelle du bouleversement des masses qui lui semble signifier le chaos et la destruction de la civilisation, puis avec sa propre bourgeoisie n'offrant aucune perspective, elle doit se tourner vers une autre. Elle doit se tourner vers le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire ou vers la bourgeoisie. En cas de crise fondamentale, il n'y a pas d'autre endroit o&#249; aller. Il se tourne donc vers l'imp&#233;rialisme majeur inverse. Il cr&#233;e une version id&#233;alis&#233;e de son patron, il s'attache &#224; ce qu'il pense faire comprendre &#224; ses adeptes la n&#233;cessit&#233; de le soutenir. Il devient son avocat, il adopte son id&#233;ologie ; pour sa propre d&#233;fense, il devient d&#233;fenseur de son patron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La preuve en est donn&#233;e par l'observation de ceux qui s'opposent au r&#233;gime russe. Le stalinisme n'a qu'une phrase pour eux : &#171; les outils de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain &#187;. Dans tous les pays satellites et en Russie sans doute l'opposition qui n'arrive pas &#224; se tourner vers les masses r&#233;volutionnaires mais trouve le r&#233;gime russe intol&#233;rable a fondamentalement la m&#234;me attitude envers la &#171; d&#233;mocratie &#187; et la &#171; puissance industrielle &#187; am&#233;ricaines que l'opposition, les staliniens en le monde occidental, ont &#224; &#171; l'&#233;conomie planifi&#233;e &#187; russe. Sans le r&#233;gime totalitaire impitoyable, nous trouverions vraisemblablement la direction de l'opposition en Russie et certainement dans les pays satellites, telle qu'elle soit, aussi hardie, aussi fanatique, pour la &#171; d&#233;mocratie &#187; que les staliniens le sont pour &#171; &#233;conomie&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'&#233;conomie planifi&#233;e &#187; semble &#234;tre quelque chose de nouveau et est plus en harmonie avec le stade actuel du capitalisme, mais l'opposition est aussi fanatique que le sont les staliniens, et compte tenu du temps, de l'argent am&#233;ricain et de la libert&#233; que les staliniens ont dans le d&#233;mocraties, les dirigeants cr&#233;eraient une id&#233;ologie et une pratique qui permettraient &#224; leurs ennemis de les appeler &#171; outils de la Maison Blanche &#187; de la m&#234;me mani&#232;re que les staliniens sont appel&#233;s &#171; outils du Kremlin &#187;. Ils pourraient tr&#232;s bien le faire sans pr&#244;ner le retour &#224; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e de l'industrie lourde. C'est pr&#233;cis&#233;ment pour cette raison que Staline n'autorise rien, pas m&#234;me un coup d'&#339;il d'un journal &#233;tranger. L'opposition au r&#233;gime qui n'est pas r&#233;volutionnaire doit rechercher l'id&#233;ologie de l'imp&#233;rialisme adverse. C'est le mouvement logique. C'est pourtant, comme l'est toujours un mouvement logique,modifi&#233; par toutes sortes de circonstances. Un vieux pays historiquement puissant comme la Grande-Bretagne, avec ses propres traditions profond&#233;ment enracin&#233;es et une classe ouvri&#232;re puissante et unie, ne peut pas pr&#234;cher &#171; l'am&#233;ricanisme &#187; comme les staliniens pr&#234;chent le stalinisme. La bureaucratie ouvri&#232;re, cependant, agit au service de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain dans toutes les questions importantes. De Gaulle, ce puissant trompettiste du nationalisme fran&#231;ais, est d&#233;sormais devenu un v&#233;ritable admirateur am&#233;ricain. Mais dans des pays plus faibles comme la Roumanie, la Hongrie, etc., l'opposition au stalinisme est sans cette combinaison. Les socialistes sont pour la &#171; d&#233;mocratie am&#233;ricaine &#187;, et combinent cela avec des propositions de nationalisation.ne peut pas pr&#234;cher &#171; l'am&#233;ricanisme &#187; comme les staliniens pr&#234;chent le stalinisme. La bureaucratie ouvri&#232;re, cependant, agit au service de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain dans toutes les questions importantes. De Gaulle, ce puissant trompettiste du nationalisme fran&#231;ais, est d&#233;sormais devenu un v&#233;ritable admirateur am&#233;ricain. Mais dans des pays plus faibles comme la Roumanie, la Hongrie, etc., l'opposition au stalinisme est sans cette combinaison. Les socialistes sont pour la &#171; d&#233;mocratie am&#233;ricaine &#187;, et combinent cela avec des propositions de nationalisations ne peut pas pr&#234;cher &#171; l'am&#233;ricanisme &#187; comme les staliniens pr&#234;chent le stalinisme. La bureaucratie ouvri&#232;re, cependant, agit au service de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain dans toutes les questions importantes. De Gaulle, ce puissant trompettiste du nationalisme fran&#231;ais, est d&#233;sormais devenu un v&#233;ritable admirateur am&#233;ricain. Mais dans des pays plus faibles comme la Roumanie, la Hongrie, etc., l'opposition au stalinisme est sans cette combinaison. Les socialistes sont pour la &#171; d&#233;mocratie am&#233;ricaine &#187;, et combinent cela avec des propositions de nationalisation.et combiner cela avec des propositions de nationalisation .et combiner cela avec des propositions de nationalisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette apparence n'est donc pas une simple apparence. C'est le seul moyen par lequel, dans le pr&#233;sent complexe de conditions, l'Essence peut briller. Et Hegel veut dire pr&#233;cis&#233;ment cela. Sinon, l'apparence n'est pas l'apparence. C'est le spectacle ou l'Existence ou quelque chose de foutu. Mais quand sa qualit&#233; grandit et grandit jusqu'&#224; ce qu'elle s'installe dans l'apparence, alors vous avez quelque chose. Et alors que vous apprenez &#224; lire la plus grande Logique et ses pages sur des pages de jargon apparemment abscons et mystifiant, vous le trouverez vous for&#231;ant &#224; voir le mouvement, le mod&#232;le, la connexion, l'ordre, l'in&#233;vitabilit&#233; l&#224; o&#249; auparavant vous ne voyiez rien ou un simple hasard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les implications de tout cela sont &#233;normes pour la pens&#233;e en relation avec le monde moderne. L'id&#233;e que la r&#233;volution russe a attir&#233; tant de monde s'estompe dans la subjectivit&#233; qu'elle est. Cette relation d'Apparence et d'Essence nous apprend &#224; voir que c'est le d&#233;sespoir du capitalisme et le d&#233;sespoir de la r&#233;volution qui ont pouss&#233; les anticapitalistes vers la bureaucratie moscovite. Ils ont trouv&#233; une base et une fonction objectives et ont combattu leurs ennemis. C'est pourquoi la d&#233;faite en Allemagne en 1933 et la d&#233;gradation concomitante des masses ont renforc&#233; l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain. Chaque groupe se targuait de sa propre &#171; nationalisation &#187; ou &#171; d&#233;mocratie &#187;, certains combinant les deux, mais sachant o&#249; l'accent &#233;tait mis. C'&#233;taient les pi&#232;ges tendus aux masses. Les arguments de Trotsky sur le socialisme dans un seul pays n'ont pas seulement conduit &#224; de fausses conclusions.Cela l'a coup&#233; de toute possibilit&#233; s&#233;rieuse d'examiner ce qui se passait en Europe occidentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est impossible de rester ici maintenant et d'examiner toutes les implications. Continuons avec Hegel. Il dit qu'apr&#232;s l'Apparition, l'&#233;tape suivante est l'Actualit&#233;, et il nous dit ce qu'est l'Actualit&#233;. Lorsque l'Apparence n'est plus l'expression de l'Essence mais assume une existence ind&#233;pendante qui lui est propre, et que l'Essence sort aussi en son propre nom et droit, alors nous avons l'Actualit&#233;. Les voiles sont arrach&#233;s, deux totalit&#233;s se font face. Hegel &#233;crit : Il n'y a pas de transition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, cette unit&#233; est explicitement pos&#233;e, et les deux c&#244;t&#233;s de la relation identifi&#233;s. Ainsi l'actuel est exempt de transition, et son ext&#233;riorit&#233; est son &#233;nergisant. Dans cet &#233;nergisant, il se r&#233;fl&#233;chit en lui-m&#234;me : son existence n'est que la manifestation d'elle-m&#234;me, pas d'une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a maintenant aucune transition interne, aucune r&#233;flexion. Les forces fondamentales sont en conflit au grand jour. Dans l'Actualit&#233;, l'essence, le mouvement vers la r&#233;alisation, est vu clairement. L'apparence qui &#233;tait, la fa&#231;on dont l'Essence avait l'habitude de briller, est maintenant quelque chose &#224; part enti&#232;re. Dans l'organisme que nous avons suivi, le prol&#233;tariat, l'Actualit&#233; est aussi simple que le jour pour un dialecticien. Le mouvement du prol&#233;tariat, sa recherche de la r&#233;alisation de ses potentialit&#233;s est clair, m&#234;me Shachtman peut le voir. Mais les bureaucraties, les organisations, les partis, ceux-l&#224; n'expriment plus le mouvement. Ils ont maintenant acquis une existence propre et ind&#233;pendante au sein de la totalit&#233;. Le conflit est &#224; son paroxysme. Il n'y a pas de transition. Il faut maintenant la r&#233;organisation totale en quelque chose de nouveau. Comme Marcuse le remarque dans Reason and Revolution,la cat&#233;gorie d'Actualit&#233; signifie lutte sans merci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dois vous laisser le soin d'&#233;tudier avec Hegel comment une &#233;tape comme l'Actualit&#233; s'exprime dans la Substance, puis dans la Causalit&#233; o&#249;, contrairement &#224; l'Entendement qui voit perp&#233;tuellement cause ici et effet l&#224;, Hegel ne voit la cause comme mesurable que par l'effet. Cette cause est cet effet. Mais cet effet est une autre cause. L'effet est incit&#233; &#224; l'action par la cause. Mais la cause aussi est incit&#233;e par l'effet. Vous ne pouvez pas les s&#233;parer. Les unit&#233;s adverses sont trop coinc&#233;es. De la causalit&#233;, le pas est facile &#224; l'action et &#224; la r&#233;action, ce que Hegel appelle la R&#233;ciprocit&#233;. C'est une &#233;tape plus intensive de cause &#224; effet. De la r&#233;ciprocit&#233; Engels &#233;crit : &#171; Ce que Hegel appelle l'action r&#233;ciproque est le corps organique, qui forme donc le passage &#224; la conscience, c'est-&#224;-dire de la n&#233;cessit&#233; &#224; la libert&#233;, &#224; l'id&#233;e : voir Logique II, Conclusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et sous le stress de cette violente pression de va-et-vient, car ni l'un ni l'autre ne peut c&#233;der, l'organisme d&#233;borde dans le concept. Il se sait pour ce qu'il est. Cette &#233;tape n'est pas loin pour le prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que vous travaillez sur la Substance, la Possibilit&#233;, la N&#233;cessit&#233;, la Contingence, etc., ne vous handicapez pas en essayant d'ins&#233;rer chaque paragraphe dans une phase du d&#233;veloppement du prol&#233;tariat vers le socialisme. Ce n'est pas n&#233;cessaire. Hegel a examin&#233; tout le mat&#233;riel disponible de son &#233;poque, dans toutes les sph&#232;res majeures de la nature et de la soci&#233;t&#233; pour faire abstraction de ce mod&#232;le essentiel. Ce qu'il faut faire, c'est noter ce qu'il dit de l'Actualit&#233; et de l'Id&#233;e. Il veut que vous les gardiez aussi proches que vous avez gard&#233; l'apparence et l'essence. Il met en garde contre toute grande s&#233;paration entre l'Actualit&#233; et l'Id&#233;e. Ils sont ferm&#233;s. Nous devrions nous en souvenir aujourd'hui. Son commentaire est facile, familier, tr&#232;s diff&#233;rent de celui de la Logique plus large. Il dit pourtant ce qu'il veut dire.Remarquez comment l'Id&#233;e &#233;pouse l'Actualit&#233; &#8211; l'id&#233;al et le r&#233;el (vous vous souvenez de notre interm&#232;de avec L&#233;nine ?) dans les g&#233;n&#233;ralit&#233;s abstraites de l'&#202;tre sont maintenant devenus plus concentr&#233;s dans la sph&#232;re plus d&#233;velopp&#233;e de l'Essence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;alit&#233; et pens&#233;e (ou Id&#233;e) sont souvent absurdement oppos&#233;es. Comme nous entendons couramment des gens dire que, bien qu'aucune objection ne puisse &#234;tre soulev&#233;e contre la v&#233;rit&#233; et l'exactitude d'une certaine pens&#233;e, il n'y a rien de la sorte &#224; voir dans la r&#233;alit&#233;, ou cela ne peut pas &#234;tre r&#233;ellement r&#233;alis&#233; ! Les gens qui utilisent un tel langage prouvent seulement qu'ils n'ont pas correctement saisi la nature ni de la pens&#233;e ni de la r&#233;alit&#233;. La pens&#233;e dans un tel cas est, d'une part, synonyme d'une conception subjective, d'un plan, d'une intention ou similaire, tout comme l'actualit&#233;, d'autre part, est synonyme d'existence externe et sensible. C'est tr&#232;s bien dans la vie courante, o&#249; un grand laxisme est permis dans les cat&#233;gories et les noms qui leur sont donn&#233;s : et il peut bien s&#251;r arriver que, par exemple, le plan, ou la soi-disant id&#233;e, dise d'un certain mode d'imposition,est bonne et conseill&#233;e dans l'abstrait, mais que rien de tel ne se trouve dans la soi-disant r&#233;alit&#233;, ou ne pourrait &#233;ventuellement &#234;tre r&#233;alis&#233; dans les conditions donn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quand la compr&#233;hension abstraite s'empare de ces cat&#233;gories et exag&#232;re la distinction qu'elles impliquent en une ligne de contraste dure et rapide, quand elle nous dit que dans ce monde r&#233;el nous devons nous arracher les id&#233;es, il faut &#233;nergiquement protester contre ces doctrines, aussi bien au nom de la science que de la saine raison. Car d'une part les Id&#233;es ne sont pas confin&#233;es &#224; nos t&#234;tes simplement, et l'Id&#233;e, dans l'ensemble, n'est pas assez faible pour laisser la question de son actualisation ou de sa non-actualisation d&#233;pendante de notre volont&#233;. L'Id&#233;e est plut&#244;t l'absolument actif aussi bien que l'actuel. Et d'un autre c&#244;t&#233;, la r&#233;alit&#233; n'est pas si mauvaise et irrationnelle que l'imaginent des aspirants r&#233;formateurs aveugles ou mal avis&#233;s et embrouill&#233;s. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, la r&#233;alit&#233;, distincte de la simple apparence, et pr&#233;sentant principalement une unit&#233; de l'int&#233;rieur et de l'ext&#233;rieur,d'&#234;tre en contradiction avec la raison, qu'elle est plut&#244;t tout &#224; fait raisonnable, et tout ce qui n'est pas raisonnable doit pour cette raison m&#234;me cesser d'&#234;tre tenu pour actuel. Le m&#234;me point de vue se retrouve dans les usages de la parole instruite, qui refuse de donner le nom de vrai po&#232;te ou de vrai homme d'&#201;tat &#224; un po&#232;te ou &#224; un homme d'&#201;tat qui ne peut rien faire de vraiment m&#233;ritoire ou raisonnable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre nous, il est tr&#232;s m&#233;ritoire et raisonnable quand Hegel discute de ces choses de cette fa&#231;on. Les traducteurs de la plus grande Logique disent que parfois dans ce travail, il semblait &#234;tre obscur et myst&#233;rieux dans sa langue pour de la pure diablerie. Mais ici, il est calme et facile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour nous la fin de l'Essence. Nous l'avons vu grandir &#224; partir de Show, nous avons creus&#233; dans son Base (nous n'avons pas creus&#233; trop profond&#233;ment), nous sommes pass&#233;s &#224; Apparence. Nous avons vu dans Actualit&#233; les diff&#233;rents &#233;l&#233;ments sortir au grand jour. D&#233;sormais, aucun compromis n'est possible. Guerre jusqu'au bout. Une autre fois, vous verrez les investigations philosophiques et la m&#233;thode que Hegel a utilis&#233;es pour obtenir cela. Vous aborderez peut-&#234;tre le probl&#232;me fascinant de la fa&#231;on dont ce d&#233;veloppement philosophique a eu lieu, et comment il se compare &#224; un homme intelligent examinant sans philosophie un objet et apprenant de plus en plus d'exp&#233;rience. Vous verrez plus tard comment des individus dou&#233;s, exprimant leurs propres idiosyncrasies psychosomatiques, se sont r&#233;v&#233;l&#233;s incapables d'aller au-del&#224; d'un certain stade de la pens&#233;e, et comment des classes ou des sections de classes en ont fait leurs porte-parole. Tout cela est pour l'avenir. Mais maintenant nous avons, conform&#233;ment &#224; notre pratique, pour utiliser l'Essence, nous &#233;levons d'un niveau, juste un niveau de plus. Je propose de faire deux choses : (1) examiner le travail de L&#233;nine, car jusqu'&#224; ce que nous l'ayons parcouru et que nous l'ayons fait n&#244;tre, nous ne pouvons pas continuer ; (2) apr&#232;s avoir fait ce pas en avant un peu, en g&#233;n&#233;ral, par nous-m&#234;mes, en restant bien dans l'Essence. Quand vous lisez Cause et Effet dans l'Essence, un stade tr&#232;s &#233;lev&#233; de l'Essence, vous vous souviendrez que dans la Logique Hegel avait &#233;galement expos&#233; la Cause et l'Effet, en g&#233;n&#233;ral, &#233;tape par &#233;tape, &#233;tape par &#233;tape. Que j'ai appris.Quand vous lisez Cause et Effet dans l'Essence, un stade tr&#232;s &#233;lev&#233; de l'Essence, vous vous souviendrez que dans la Logique Hegel avait &#233;galement expos&#233; la Cause et l'Effet, en g&#233;n&#233;ral, &#233;tape par &#233;tape, &#233;tape par &#233;tape. Que j'ai appris.Quand vous lisez Cause et Effet dans l'Essence, un stade tr&#232;s &#233;lev&#233; de l'Essence, vous vous souviendrez que dans la Logique Hegel avait &#233;galement expos&#233; la Cause et l'Effet, en g&#233;n&#233;ral, &#233;tape par &#233;tape, &#233;tape par &#233;tape. Que j'ai appris.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La doctrine du concept&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La Doctrine du Concept est la Logique Subjective, la logique de l'Esprit, de la pens&#233;e elle-m&#234;me. Dans la Doctrine de l'&#202;tre, nous traitions de la pens&#233;e telle qu'elle observait et ressentait l'influence d'objets simples et d&#233;termin&#233;s. Dans Essence, nous avons examin&#233; un processus plus complexe, les objets &#233;taient &#171; refl&#233;t&#233;s &#187; par la pens&#233;e dans des d&#233;terminations de pens&#233;e repr&#233;sentant des parties de l'objet ; passage d'une &#233;tape &#224; l'autre. Passons maintenant au Concept. L'objet n'est plus l'&#234;tre pur et simple. Elle n'est plus divis&#233;e en d&#233;terminations-pens&#233;es. C'est un tout une fois de plus, mais un tout enrichi par nos pr&#233;c&#233;dents combats avec lui. Et l'objet &#233;tant maintenant un tout, examin&#233; &#224; fond, l'examen passe non pas &#224; la logique de la pens&#233;e par rapport &#224; l'objet, mais &#224; la logique de la pens&#233;e elle-m&#234;me, du concept, en tant que concept.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et de m&#234;me le concept peut, si l'on veut, &#234;tre qualifi&#233; d'abstrait, si le nom concret se restreint aux faits concrets de sens ou de perception imm&#233;diate. Car le concept n'est pas palpable au toucher, et lorsque nous y sommes engag&#233;s, l'ou&#239;e et la vue doivent tout &#224; fait nous faire d&#233;faut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Hegel insiste, le concept est concret, un &#171; vrai concret &#187; pour la pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les doctrines pr&#233;c&#233;dentes avaient un triple mouvement. Ainsi la Doctrine de l'&#202;tre &#233;voluait entre Qualit&#233;, Quantit&#233; et Mesure. La Doctrine de l'Essence se d&#233;place entre Identit&#233;, Diff&#233;rence et Opposition (qui repasse dans le Fond) ; il y a une relation entre Qualit&#233; et Identit&#233; ; entre la quantit&#233; et la diff&#233;rence ; entre Mesure et Opposition (ou Terrain).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la Doctrine de l'&#202;tre, le mouvement dialectique se bornait &#224; passer &#224; autre chose. Dans la Doctrine de l'Essence, le mouvement dialectique se borne &#224; passer &#224; quelque chose qui appartenait &#224; la chose m&#234;me que nous examinions &#8211; &#171; l'autre chose &#187; est le quelque chose lui-m&#234;me ; mais son Autre, nous l'avons d&#233;terr&#233;. Tout cela est li&#233; entre eux, opposition, &#233;tapes sup&#233;rieures, etc. Je n'en ferai rien. Ceci n'est pas un r&#233;sum&#233; de l'exposition de la Logique. C'est une introduction &#224; la Logique, une illustration de la fa&#231;on dont nous devrions l'utiliser et une d&#233;monstration de sa validit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous devons &#234;tre pr&#234;ts maintenant &#224; chercher un triple mouvement dans le concept. Elle est l&#224;, et ces divisions sont tr&#232;s anciennes dans les examens de pens&#233;e. Ils sont Universels, Particuliers et Individuels. Puis Hegel va passer de longues pages sur le Jugement, sur le syllogisme : Tous les hommes sont mortels, Gaius est un homme, donc Gaius est mortel. Il les poursuit sous toutes leurs formes et formes diff&#233;rentes, mais elles ne sont pas abstraites, formelles, finies, fixes, limit&#233;es. Il montre comment ils se sont d&#233;velopp&#233;s les uns par rapport aux autres, par contradiction, etc., en utilisant toutes les lois qu'il a &#233;labor&#233;es dans la logique objective. Prenez le Jugement. Quand vous dites, &#171; une maison est bonne, selon son caract&#232;re &#187;, vous portez une sorte de jugement ; quand vous dites &#171; la maison, si de tel ou tel personnage, est bonne &#187;, vous avez d&#233;velopp&#233; ce jugement et ainsi de suite. Il a quatre classes principales de Jugement,le Jugement d'Inh&#233;rence, le Jugement de Subsomption, le Jugement de N&#233;cessit&#233;, le Jugement du concept ; mais le Jugement d'Inh&#233;rence, par exemple, se divise en Jugement Positif, Jugement N&#233;gatif, Jugement Infini ; et chacun des autres a ses trois divisions. Je n'ai pas travaill&#233; sur les Jugements, mais je sais que le Jugement d'Inh&#233;rence correspond &#224; la Qualit&#233; dans la Doctrine de l'Etre et &#224; l'Identit&#233; dans la Doctrine de l'Essence ; que le Jugement de Subsomption et de N&#233;cessit&#233; correspondent &#224; la Quantit&#233; dans la Doctrine de l'Etre et &#224; la Diff&#233;rence dans la Doctrine de l'Essence. La m&#234;me chose avec le syllogisme et ainsi de suite. Hegel dit, dans les livres de logique ordinaires qu'ils vous disent, voici ces formes : appliquez-les ou apprenez-les ou faites quelque chose avec elles. Il dit : ils ne sont pas seulement tomb&#233;s du ciel, ils sont venus chacun de quelque part,&#224; un certain stade de d&#233;veloppement ; ils sont pass&#233;s &#224; des formes plus &#233;lev&#233;es et plus compliqu&#233;es, ils sont pass&#233;s &#224; ces formes sup&#233;rieures par un certain processus. Dans Dialectique de la nature, Engels a ce qui est &#224; mon humble avis un passage tr&#232;s satisfaisant sur le Jugement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, si vous avez pr&#234;t&#233; attention, vous saurez maintenant de quoi parle la Doctrine du concept ; il traite de ce d&#233;veloppement des normes de conscience en tant que telles. Vous vous souvenez de la Pr&#233;face et de l'Introduction &#224; la Ph&#233;nom&#233;nologie, de la chose test&#233;e et de la chose testante. Le concept traite de la chose qui teste &#8211; l'appareil de la pens&#233;e. Et malgr&#233; tous les ravissements de Hegel sur le fait que nous sommes maintenant dans la sph&#232;re bleue de l'Esprit-Monde, etc., dans la Logique Subjective, il trace un d&#233;veloppement aussi logiquement objectif qu'on peut le souhaiter. Mais il est bon de se rappeler que nous sommes dans le domaine de la pens&#233;e. Son caract&#232;re destructeur est le d&#233;veloppement, par lequel Hegel veut dire qu'il ne montre que ce qui est immanent en lui, par exemple, la plante se d&#233;veloppe &#224; partir de son germe. Rien n'appara&#238;t dans la plante qui ne soit contenu dans le germe. Des jumeaux identiques le montrent tr&#232;s clairement.A cinquante ans, ils se ressemblent souvent exactement, ce qui veut dire que leur germe contenait tout ce qu'ils sont devenus par la suite. Hegel dit qu'alors que dans la Doctrine de l'&#202;tre la chose se change en autre chose, mais autre chose qui bien qu'&#171; autre &#187; en fasse vraiment partie, elle refl&#232;te un autre int&#233;rieur ; dans la Dialectique du concept, la petite chose, le commencement abstrait, s'&#233;tend constamment et se d&#233;veloppe en &#233;tapes de plus en plus larges, plus concr&#232;tes, plus riches, plus compliqu&#233;es, plus globales, qui &#233;taient en elle depuis le tout d&#233;but. Pens&#233;e, tu te souviens ? Pens&#233;e. Des id&#233;es en tant qu'id&#233;es.il refl&#232;te un autre int&#233;rieur ; dans la Dialectique du concept, la petite chose, le commencement abstrait, s'&#233;tend constamment et se d&#233;veloppe en &#233;tapes de plus en plus larges, plus concr&#232;tes, plus riches, plus compliqu&#233;es, plus globales, qui &#233;taient en elle depuis le tout d&#233;but. Pens&#233;e, tu te souviens ? Pens&#233;e. Des id&#233;es en tant qu'id&#233;es.il refl&#232;te un autre int&#233;rieur ; dans la Dialectique du concept, la petite chose, le commencement abstrait, s'&#233;tend constamment et se d&#233;veloppe en &#233;tapes de plus en plus larges, plus concr&#232;tes, plus riches, plus compliqu&#233;es, plus globales, qui &#233;taient en elle depuis le tout d&#233;but. Pens&#233;e, tu te souviens ? Pens&#233;e. Des id&#233;es en tant qu'id&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec cette contradiction tr&#232;s modeste, nous pouvons maintenant commencer. J'interpr&#233;terai librement et puis collerai le passage vers le bas. Nulle part, pas m&#234;me chez Marx, je n'ai &#233;t&#233; aussi enthousiasm&#233; par le pur pouvoir de divination logique et d'interpr&#233;tation de l'intellect humain. Si vous voulez l'essayer vous-m&#234;me, le passage est en p. 242 de la plus grande Logique o&#249; il reprend le Particulier ; il a d&#233;j&#224; trait&#233; avec Universel. Nous n'avons pas &#224; traiter sp&#233;cialement avec Universel. Nous le connaissons bien. L'&#201;tat est un universel &#8211; il englobe tous les types de gouvernement politique. C'est tout &#224; fait concret. C'est tout &#224; fait abstrait. Tel autre est &#171; la r&#233;volution &#187;. Un autre universel est le socialisme. Cela signifie tout. Pourtant, cela ne signifie rien de particulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le socialisme est donc un Universel (en pens&#233;e, remarquez, un concept). C'est comme un germe, il contient beaucoup de choses dedans. Ce germe prend une forme d&#233;termin&#233;e, une forme particuli&#232;re. C'est son &#234;tre, comme par exemple dans Le Manifeste Communiste ou dans le Manifeste de la Premi&#232;re Internationale. Le concept comme Universelle devient une concept d&#233;termin&#233;e. Mais dans la Doctrine de l'&#202;tre quand rien ne devenait quelque chose, c'&#233;tait un simple &#171; imm&#233;diat &#187;. Ce n'est pas le cas dans le concept. Lorsque l'Universel du socialisme devient d&#233;termin&#233;, il ne s'agit pas d'une simple imm&#233;diatet&#233;. Il est &#171; &#233;gal &#224; lui-m&#234;me &#187;. C'est une forme de m&#233;diation qui est absolue. (Il faut le ressentir.) Il n'est pas l&#224; qu'&#224; attendre d'&#234;tre transform&#233; en un Autre. Il est vrai qu'il contient Intro-Reflection ou Essence. Il ne va pas y rester &#233;ternellement. &#199;a va changer, &#231;a va bouger. Mais pour donner quelques exemples approximatifs : quand Marx a &#233;crit ses concepts et les a d&#233;finis, il ne l'a pas fait en cherchant &#224; y voir des contradictions, &#224; partir desquelles il trouverait une v&#233;rit&#233; sup&#233;rieure. Non, c'&#233;tait du socialisme d&#233;termin&#233;. Le l&#233;ninisme en tant que concept et doctrine &#233;tait le socialisme concret. Vous le voyez dans la distinction entre la r&#233;volution bourgeoise et la r&#233;volution prol&#233;tarienne (exemples seulement). La r&#233;volution bourgeoise en Russie telle que L&#233;nine la concevait, visait &#224; faire quelque chose qui cr&#233;erait, lib&#233;rerait la possibilit&#233; pour le prol&#233;tariat de s'organiser librement (comme en Europe) et de lutter pour le socialisme. C'&#233;tait une transition. Mais la r&#233;volution prol&#233;tarienne est la r&#233;volution prol&#233;tarienne. Ce n'est pas fondamentalement une transition vers quoi que ce soit d'autre. Il est vrai qu'il a &#224; un moment donn&#233; des faiblesses, des d&#233;fauts ; ceux-ci seront supprim&#233;s. Mais il se pose &#224; part enti&#232;re. C'est une m&#233;diation, elle ne comprend pas l'Universel dans sa totalit&#233;, mais c'est une m&#233;diation absolue. C'est le concept en &#171; principe &#187;, mot que Hegel utilise souvent dans cette section, et il dit que toute Concept dont la forme particuli&#232;re n'est pas le concept en principe n'est pas bonne. C'est &#171; st&#233;rile &#187;. Vient maintenant un brillant usage de la dialectique, qui donnera des r&#233;sultats &#233;tonnants. Le socialisme est un Universel qui, en 1864, prend une forme d&#233;termin&#233;e et concr&#232;te. Mais, dit Hegel, elle est &#171; rev&#234;tue &#187; de l'Universel. La forme d&#233;termin&#233;e, ce qu'&#233;crit Marx, a des faiblesses, des d&#233;fauts, des &#171; diff&#233;rences &#187; avec l'Universel. Lui et tous ceux qui ont du bon sens le savent. Les doctrines sont concr&#232;tes mais elles ne sont pas du socialisme complet. Mais ils sont &#233;crits en termes d'Universel : ceci, cela et cela, c'est le socialisme. Donc les doctrines de 1864 deviennent contenu et l'Universel devient forme,et donc abstrait. Dans l'Universel pur, ce n'est que la n&#233;gativit&#233; absolue, le socialisme dont nous savons qu'il devra nier et nier jusqu'&#224; ce qu'il le trouve r&#233;alisation totale. Mais lorsqu'elle trouve en principe un contenu d&#233;termin&#233;, ce contenu est d&#233;termin&#233;, ce qui rend l'Universel en lui abstrait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici le paragraphe complet :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La d&#233;terminit&#233; du particulier est simple comme principe (on l'a vu) ; mais c'est simple aussi comme moment de totalit&#233; &#8211; comme d&#233;terminit&#233; contre l'autre d&#233;terminit&#233;. Le concept, en tant qu'elle se d&#233;termine ou se distingue, d&#233;signe n&#233;gativement son unit&#233; et prend la forme d'un de ses moments (qui est de nature id&#233;ale) d'&#234;tre : comme Concept d&#233;termin&#233;e elle a un &#202;tre D&#233;termin&#233; en g&#233;n&#233;ral. Mais cet &#202;tre ne signifie plus l'imm&#233;diatet&#233; nue mais l'Universelit&#233; &#8211; imm&#233;diatet&#233; qui par m&#233;diation absolue est &#233;gale &#224; elle-m&#234;me et contient &#233;galement l'autre moment, Essence ou Intro-R&#233;flexion. Cette Universelit&#233; qui rev&#234;t le d&#233;termin&#233; est l'Universelit&#233; abstraite. Le particulier contient l'Universelit&#233; comme Essence ; mais, en tant que la d&#233;terminit&#233; de la diff&#233;rence est pos&#233;e, et a par l&#224; l'&#234;tre,cette Universelit&#233; est li&#233;e &#224; la diff&#233;rence comme forme, et la d&#233;terminit&#233; comme telle est contenu. L'universelit&#233; devient forme en tant que la diff&#233;rence existe comme l'essentiel - tandis que dans l'universel pur elle n'existe que comme n&#233;gativit&#233; absolue, et non comme diff&#233;rence qui se pose comme telle. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant pour continuer. La premi&#232;re phrase que je n'arrive pas &#224; comprendre &#8211; accordez-moi quelques instants &#8211; mais apr&#232;s &#231;a va bon train. (Pourquoi toute cette effervescence ? Car juste au-dessus de la page, la Compr&#233;hension s'emballe, s'expose, d'une mani&#232;re qui fait du bien au c&#339;ur.) Dans le concept d&#233;termin&#233;e, le concept est hors d'elle-m&#234;me. C'est le socialisme, la n&#233;gativit&#233; pure. Mais c'est d&#233;termin&#233;. Les doctrines, les id&#233;es de Marx sont suffisamment concr&#232;tes. Ils appara&#238;tront dans la Commune dans quelques ann&#233;es. Et bien qu'il y ait des diff&#233;rences entre le socialisme, en tant qu'universel pur, et le socialisme dans sa forme d&#233;termin&#233;e, il n'y a pourtant pas d'autre socialisme et l'identit&#233; est assez proche. Mais l'identit&#233; est simplement &#171; imm&#233;diate &#187;. Ce n'est pas la totalit&#233;, en 1864, pas l'id&#233;e pleine, compl&#232;te. (Aujourd'hui, nous sommes beaucoup plus proches de cela. Un monde, le socialisme international, etc.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En soi, c'est cette compl&#233;tude puisque le germe est en soi la plante. Elle est pour soi, sous la forme d&#233;termin&#233;e, pour soi en principe. Mais s'il y a m&#233;diation, il va y avoir d'autres &#233;tapes, mais ces &#233;tapes ne sont pas &#171; pos&#233;es &#187;, l'essentiel n'est pas de d&#233;velopper ce qui est inh&#233;rent et appel&#233; &#224; appara&#238;tre. L'affaire principale est ce qui est. Mais pr&#233;cis&#233;ment parce que nous avons affaire &#224; quelque chose en principe, le contenu a la forme de l'indiff&#233;rence &#224; son Universelit&#233;. Ce n'est pas la totalit&#233;. D'ACCORD. Mais il n'est pas, comme dans la Doctrine de l'Essence, incapable de faire un pas sans regarder en arri&#232;re pour voir ce qu'il refl&#232;te, et impatient de voir ce qui va arriver. Bien s&#251;r, nous allons arbitrer, mais cette chose ici et maintenant est assez bonne pour nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et maintenant, mes amis, nous approchons. Laissons le maestro parler pour lui-m&#234;me maintenant et nous suivrons notre chemin. (Vous obtiendrez cependant quelques chocs.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ici aussi le lieu de mentionner la circonstance qui a fait que l'entendement a &#233;t&#233; tenu en si peu d'estime ces derniers temps et qu'il a &#233;t&#233; rang&#233; apr&#232;s la raison, &#224; savoir la fixit&#233; qu'il donne aux d&#233;terminit&#233;s, et donc aux finitudes. Cette fixit&#233; consiste dans la forme d'Universelit&#233; abstraite qui vient d'&#234;tre consid&#233;r&#233;e : par elle ils deviennent immuables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Trotskysme, voyant que la Deuxi&#232;me Internationale (r&#233;formiste) et la Troisi&#232;me Internationale (r&#233;volutionnaire) et la bureaucratie ennemie de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e &#233;taient des incarnations &#171; en principe &#187; du socialisme, de l'Universel, qu'ils ont sans aucun doute compl&#232;tement omis d'&#233;tudier p. 244 de la Logique et reconna&#238;tre que ceux-ci, aussi concrets qu'ils fussent, &#233;taient pourtant des Universaux abstraits au sens o&#249; Hegel l'a si soigneusement expliqu&#233;. Ils n'&#233;taient qu'une forme. Ils n'&#233;taient pas la totalit&#233;. Et pr&#233;cis&#233;ment parce qu'ils &#233;taient l'Universelit&#233; abstraite, ils pouvaient devenir terriblement fixes et f&#233;rocement finis. Le fait m&#234;me qu'ils soient universels est ce qui leur donne leur t&#233;nacit&#233; et leur endurance. Dans l'&#202;tre simple et l'Essence r&#233;flexive, le mouvement est plus facile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car la d&#233;terminit&#233; qualitative, et la d&#233;termination de la r&#233;flexion, existent essentiellement comme limit&#233;es, et, dans leur barri&#232;re, ont un rapport avec leur Autre ; ils contiennent ainsi la n&#233;cessit&#233; de la transition et de la disparition. Mais l'Universelit&#233; (qu'ils ont dans l'Entendement) leur donne la forme d'Intro-R&#233;flexion, qui les soustrait au rapport &#224; autrui et les rend imp&#233;rissables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Socialisme ! Un socialisme mondial, une internationale r&#233;volutionnaire une internationale r&#233;formiste, mon Dieu ! Ce ne sont pas des exemples parfaits, mais ce ne sont pas des manifestations ordinaires. Ce sont des Universaux. Et ainsi la Compr&#233;hension s'en tient &#224; eux. Ils &#233;taient des universaux, mais des universaux limit&#233;s. Comme le dit Hegel, l'entendement rend &#224; ces choses un respect qui n'appartient qu'au concept &#171; pur &#187; et qu'&#224; une d&#233;terminit&#233; elle-m&#234;me universelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, dans le concept pur, cette &#233;ternit&#233; appartient &#224; sa propre nature, et ainsi ses d&#233;terminations abstraites ne seraient des essentialit&#233;s &#233;ternelles que selon leur forme ; mais leur contenu n'est pas ad&#233;quat &#224; cette forme, et par cons&#233;quent ils ne sont pas v&#233;rit&#233; et imp&#233;rissabilit&#233;. Leur contenu n'est pas ad&#233;quat &#224; la forme, parce qu'il n'est pas la d&#233;terminit&#233; elle-m&#234;me comme universelle ; c'est-&#224;-dire qu'elle n'est pas en tant que totalit&#233; de la diff&#233;rentiation du concept, ou pas elle-m&#234;me la forme enti&#232;re. . .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant je ne sais pas, mais il me semble que Hegel, ayant examin&#233; des ph&#233;nom&#232;nes et des totalit&#233;s de toutes sortes, a ici extrait le processus de la pens&#233;e de l'Entendement d'une mani&#232;re qui nous fait voir nos probl&#232;mes sous un jour nouveau et infiniment plus riche. . Il y en a d'autres &#224; venir qui vont nous surprendre et nous illuminer. Mais Hegel est un dialecticien. Il n'y a pas que la diff&#233;rence, il y a l'identit&#233;, il y a le lien. Voyez comment Hegel, qui travaillait l'Entendement, nous montre maintenant qu'il a une place indiscutable &#8211; oui, monsieur &#8211; indiscutable dans la dialectique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'entendement repr&#233;sente alors la force infinie qui d&#233;termine l'Universel, ou au contraire conf&#232;re une persistance fixe par la forme de l'Universelit&#233; &#224; ce qui dans la d&#233;terminit&#233; n'a en soi et pour soi aucune stabilit&#233; ; et ce n'est pas la faute de la compr&#233;hension s'il n'y a plus de progr&#232;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est assez clair. La compr&#233;hension alors m&#234;me dans le Concept est le genre de pens&#233;e qui d&#233;termine l'Universel. C'est une qualit&#233; positive. &#199;a dit : les gar&#231;ons, &#231;a y est. Regardez comment cela incarne l'Universel. Voyez comment il repr&#233;sente le socialisme ici, l&#224; et l&#224;-bas. Voyez comment cette Internationale r&#233;formiste est le r&#233;formisme incarn&#233;. La compr&#233;hension en fait est v&#233;ritablement r&#233;volutionnaire, et dans l'&#233;tablissement d'un Universel d&#233;termin&#233;, vous ne pouvez pas faire la diff&#233;rence entre elle et la Raison. La raison utilise en fait la compr&#233;hension &#224; cette fin. (N'est-ce pas merveilleux ! L'arri&#232;re-pens&#233;e, les choses que je dis et ne dis pas.) Mais l'entendement est accabl&#233; par ces magnifiques d&#233;terminations de principe. Il veut s'installer maintenant et se mettre au travail. Quand Universel commence &#224; vouloir sortir de ce Particulier, la Compr&#233;hension fait rage furieusement. Celui-ci, mes amis, dit-il, est Universel. Il a des d&#233;fauts, mais il est Universel. Enfin, quand l'Entendement peut y rester, il ne bouge plus, mais pour quoi faire ? Il dit : &#171; Mes amis, nous n'avons aucune r&#233;flexion ennuyeuse &#224; faire. Les plans sont l&#224;. Le grand architecte de nos Universaux malheureusement d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;s, il nous a laiss&#233; les plans d&#233;finitifs. Tout ce que nous avons &#224; faire est de repousser les imposteurs et de &#171; redresser l'ancienne structure &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La compr&#233;hension conf&#232;re alors une &#171; persistance fixe &#187;. Mais, dit Hegel, et c'est salutaire si totalement inattendu :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est une impuissance subjective de la raison qui permet &#224; ces d&#233;terminit&#233;s de compter de cette mani&#232;re, et est incapable de les ramener &#224; l'unit&#233; par la force dialectique qui s'oppose &#224; cette Universelit&#233; abstraite, c'est-&#224;-dire par la nature propre (autrement dit, le concept) de ces d&#233;terminit&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici deux id&#233;es d'une importance consid&#233;rable pour nous. La raison laisse la mauvaise Compr&#233;hension coinc&#233;e dans ses finitudes. La raison subjective est responsable. Il est trop faible pour combler l'&#233;cart. L'effort doit &#234;tre fait. Et comment ? En voyant la nature particuli&#232;re, c'est-&#224;-dire le Concept de ces d&#233;terminit&#233;s fixes, limit&#233;es. C'est assez clair. Le concept est une classe ouvri&#232;re libre et cr&#233;ative, une classe ouvri&#232;re qui n'est pas ce qu'elle est dans le capitalisme. Le Concept d&#233;termin&#233;e fait de son mieux, mais quand celle-ci est &#233;puis&#233;e, il faut revenir au socialisme, &#224; votre Universel du commencement, et ainsi vous d&#233;barrasser d'un particulier &#233;puis&#233;, fini, limit&#233;. Un nouveau particulier est n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comprendre est malicieux. C'est exact.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai qu'&#224; travers la forme de l'Universelit&#233; abstraite, l'entendement leur donne ce qu'on peut appeler une duret&#233; d'&#202;tre telle qu'ils n'en poss&#232;dent pas dans les sph&#232;res de la Qualit&#233; et de la R&#233;flexion ; mais par cette simplification l'entendement les spiritualise aussi et les aiguise tellement qu'ils ne re&#231;oivent qu'&#224; ce point extr&#234;me la capacit&#233; de se dissoudre et de passer dans leur contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comprendre, par son obstination, son adh&#233;sion aux cat&#233;gories finies, les pr&#233;pare &#224; l'&#233;tape o&#249; elles doivent se dissoudre et passer dans leur contraire. Gardez &#224; l'esprit que l'Universel utilise un particulier. Quand ce particulier n'est pas bon, il le jette. Ce particulier p&#233;rit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La maturit&#233; ou le stade le plus &#233;lev&#233; que quelque chose puisse atteindre est celui o&#249; il commence &#224; p&#233;rir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; ce stade que la Raison subjective est oblig&#233;e, OBLIGEE, d'intervenir. Nous aurons souvent besoin de cette id&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est la propri&#233;t&#233; particuli&#232;re du Concept.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entendement commet la b&#233;vue des b&#233;vues en rendant imp&#233;rissable le concept d&#233;termin&#233;e. La seule chose imp&#233;rissable est l'Universelit&#233; du concept. Cette qualit&#233; appartient au Concept seul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et par cons&#233;quent la dissolution du fini s'exprime en lui-m&#234;me et dans une proximit&#233; infinie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'Universel qui indique clairement que les cat&#233;gories finies vont &#234;tre d&#233;truites, aussi fond&#233;es qu'elles soient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette Universelit&#233; argumente d'embl&#233;e la d&#233;terminit&#233; du fini et exprime son insuffisance &#224; lui-m&#234;me. Ou plut&#244;t, l'ad&#233;quation du fini est d&#233;j&#224; donn&#233;e ; le d&#233;termin&#233; abstrait est pos&#233; comme ne faisant qu'un avec l'Universelit&#233;, et non pour lui seul, car alors il ne serait que d&#233;termin&#233;, mais seulement comme unit&#233; de soi et de l'universel, c'est-&#224;-dire comme Concept.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argument g&#233;n&#233;ral est clair. Si ce n'est pas le cas, r&#233;solvez-le vous-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel dit : &#171; La pratique ordinaire de s&#233;parer l'entendement et la raison doit donc &#234;tre condamn&#233;e &#224; tous &#233;gards.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La compr&#233;hension a sa place. C'est l'abus de la cat&#233;gorie fixe et limit&#233;e qui est criminel. Et Hegel joue sur une note triste mais salutaire. Comprendre, en portant la chose aux hauteurs qu'elle fait, pr&#233;pare ainsi la voie &#224; la Raison pour faire le saut. Si vous n'&#234;tes pas en mesure de dire que notre cat&#233;gorie tr&#232;s fond&#233;e sur des principes, la propri&#233;t&#233; nationalis&#233;e, et une cat&#233;gorie fond&#233;e sur des principes, cela peut sembler &#234;tre, si vous n'&#234;tes pas en mesure de dire : &#171; Compte tenu de ce qu'est le socialisme, je dois r&#233;pudier cette cat&#233;gorie et obtenir revenir aux fondamentaux et cr&#233;er un nouveau crit&#232;re &#187;, si vous ne pouvez pas faire cela, alors vous persistez dans la d&#233;termination et finissez par faire de la fausse d&#233;termination le moyen par lequel vous d&#233;truisez tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne vois pas comment une personne raisonnable peut nier autant : que Hegel, face aux th&#233;oriciens de l'&#201;tat ouvrier, puisse dire : &#171; Je connais ces gens. J'ai vu ce genre de chose arriver des dizaines de fois. J'en ai parl&#233; dans le Concept.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas tout. Le concept a, vous vous en souvenez, une troisi&#232;me division, Individuelle. Vous vous souvenez des trois, Universel, Particulier, Individuel. L'individu est le m&#234;me que l'Actualit&#233;. Le b&#233;ton. (Mais nous avons affaire &#224; la pens&#233;e, le concret est l'&#233;tape concr&#232;te de la pens&#233;e.) &#192; mon avis, nous avons le socialisme, l'Universel, qui cherche un endroit o&#249; se placer. Le marxisme, en g&#233;n&#233;ral, propose un programme g&#233;n&#233;ral. Formons une Internationale de tels ou tels principes. C'est un Particulier. Mais le 14 mai 1871, Karl Marx n'&#233;crit pas en g&#233;n&#233;ral mais concr&#232;tement un document sur la Commune de Paris, et exprime certaines id&#233;es, propositions et pr&#233;visions concr&#232;tes. Dans la sph&#232;re de la pens&#233;e, ce document est un concret, un Individu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, le Particulier est &#224; mi-chemin entre l'Universel et l'Individuel. Lorsque vous en sortez, vous pouvez en sortir, soit en revenant &#224; l'Universel - puis l'Universel, sans tenir compte du particulier, &#034;monte au genre le plus &#233;lev&#233; et le plus &#233;lev&#233;&#034; - ou vous &#171; descendre &#187; (mot de Hegel) dans l'Individu concret. J'esp&#232;re que le point est clair. Et puis vient une superbe d&#233;claration :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; A ce point se produit la divagation par laquelle l'abstraction quitte la route du concept et d&#233;serte la v&#233;rit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pr&#233;cis&#233;ment la th&#233;orie de la r&#233;volution permanente de Trotsky. La lutte concr&#232;te en Russie, il a ignor&#233;. &#201;tait-ce une r&#233;volution bourgeoise ? L&#233;nine disait que c'&#233;tait et menait concr&#232;tement la guerre prol&#233;tarienne contre la bourgeoisie lib&#233;rale et les mencheviks, leurs agents. Son programme, ses id&#233;es, son Concept de socialisme, oui, de socialisme, pouvaient trouver sa profondeur la plus profonde pr&#233;cis&#233;ment &#224; cause de cette concr&#233;tude. Mais la th&#233;orie de Trotsky de la r&#233;volution permanente ? Hegel imm&#233;diatement, le cloue imm&#233;diatement. &#192; ce stade, dit-il, se produit la divagation de la v&#233;rit&#233;. Et quelle forme prend-il ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son universel le plus &#233;lev&#233; et le plus &#233;lev&#233; auquel il s'&#233;l&#232;ve n'est que la surface qui a de moins en moins de contenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;cis&#233;ment. La r&#233;volution permanente n'avait aucun contenu. La seule chose concr&#232;te qui en est ressortie, c'est qu'elle a conduit Trotsky toujours vers les mencheviks et contre le l&#233;ninisme, dans toutes les ann&#233;es longues, dures, difficiles o&#249; s'est martel&#233; le bolchevisme. Il m&#233;prisait le b&#233;ton. Comme Hegel poursuit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'Individualit&#233; qu'il m&#233;prise est cette profondeur dans laquelle le concept se comprend et se pose comme Concept. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si quelqu'un peut comprendre cela, nous le pouvons. Trotsky s'est envol&#233; dans les minces abstractions de la r&#233;volution permanente. Il n'en est rien sorti. Rien. Et ce sont les th&#233;ories concr&#232;tes de L&#233;nine, traitant de l'actuel, de l'Individu, d'o&#249; sont venues toutes les merveilleuses intuitions et lumi&#232;res qui ont enrichi le concept de socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Concept est concret. C'est pens&#233; mais c'est du concret. C'est un jugement, une d&#233;cision, une action, une intervention. Ce n'est pas la connaissance dans la t&#234;te pour la t&#234;te. La mati&#232;re, la soci&#233;t&#233;, agit par impulsion, fait ses n&#339;uds, les n&#339;uds forment de vieilles cat&#233;gories, les vieilles cat&#233;gories font de nouvelles cat&#233;gories, de nouvelles cat&#233;gories clarifient la mati&#232;re et la soci&#233;t&#233;, car la pens&#233;e m'apprend l'action intelligente. Les cat&#233;gories sont la forme la plus haute de la mati&#232;re, en tout cas ins&#233;parable de la mati&#232;re, la forme d'aujourd'hui, qui sera contenue demain parce qu'elle est d&#233;j&#224; un contenu, un contenu pos&#233;. Sans cette concr&#233;tude, le concept n'a pas sa place. Vous ne pouvez pas l'appr&#233;hender par abstraction. L'abstraction reste immobile sans individualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Vie, l'Esprit, Dieu, et aussi le concept pur ne peuvent donc pas &#234;tre appr&#233;hend&#233;s par l'abstraction, car elle &#233;loigne de ses produits l'Individualit&#233;, principe de singularit&#233; et de personnalit&#233;, et n'atteint ainsi que des universelit&#233;s d&#233;pourvues &#224; la fois de vie et d'esprit, de couleur et de contenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie de Trotsky de la r&#233;volution permanente y manquait pr&#233;cis&#233;ment. C'est L&#233;nine qui tirait de la vie concr&#232;te, l'esprit, la couleur, le contenu. Mais ce ne sont pas seulement les luttes de 1905-1917. Les luttes d'aujourd'hui &#233;clairent ces analyses absolument incroyables de Hegel, incroyables parce que si universellement valables. La Quatri&#232;me Internationale officielle n'a aucune conception du socialisme. Tout ce que Trotsky peut dire sur la Russie apr&#232;s vingt-cinq ans, c'est : r&#233;viser le plan, r&#233;int&#233;grer les soviets. Il n'a rien appris. Le m&#234;me vieux contenu, pas de vie, pas d'esprit, pas de couleur. Et nous, avons-nous une vie, un esprit, une couleur particuliers ? Que d'autres devront juger. J'aborderai ce probl&#232;me avant que nous ayons termin&#233;. Mais je le r&#233;p&#232;te maintenant comme nous l'avons dit dans The Invading Socialist Society : Si vous r&#233;imprimez &#171; L'Etat et la R&#233;volution &#187;, &#171; La catastrophe imminente &#187;, &#171; Les bolcheviks peuvent-ils conserver le pouvoir d'&#201;tat &#187; et &#171; Les T&#226;ches imm&#233;diates du gouvernement sovi&#233;tique &#187;, vous obtenez une image plus claire du socialisme concret, des perspectives concr&#232;tes, des actions concr&#232;tes &#224; suivre pour les travailleurs que dans tous les &#233;crits de la Quatri&#232;me Internationale depuis vingt-cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel est impitoyable. Et je m'&#233;merveille constamment de la quantit&#233; de travail qu'il a d&#251; faire pour que la chose soit si simple, dans les abstractions. Il continue ainsi &#224; d&#233;chirer la Compr&#233;hension :&lt;br class='autobr' /&gt;
Vous ne pouvez pas &#233;chapper aux cons&#233;quences du concept. Un concept est une concept. Il embrasse toutes les parties et elles sont ins&#233;parables. La compr&#233;hension obtient d'abord des Universelit&#233;s d&#233;pourvues de toute couleur, contenu, vie et esprit. Mais ces produits de l'abstraction qui ont m&#233;pris&#233; l'Individu, le concret, sont des individus eux-m&#234;mes. La compr&#233;hension prend le concret et en fait un universel. Il ne voit donc l'Universel que comme l'Universelit&#233; d&#233;termin&#233;e : et donc le concret, l'Individu, qu'il a &#233;lev&#233; dans cette position, s'est charg&#233; de l'immense t&#226;che de se d&#233;terminer (rapport &#224; soi). Pour cela le b&#233;ton ainsi pouss&#233; dans la situation d'Universel est tout &#224; fait inadapt&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela vous semble-t-il plut&#244;t abstrait ? Pas &#224; moi. Nous avons vu la propri&#233;t&#233; nationalis&#233;e, le b&#233;ton en Russie, pris et pouss&#233; dans la position d'Universel. Qu'est-ce que le socialisme, qu'est-ce qu'il vise, qu'est-ce qu'il signifie pour moi, tout cela est pass&#233; &#224; la trappe. C'est devenu la plus pure abstraction : les partis ouvriers rivalisant pacifiquement dans leurs soviets, le plan r&#233;vis&#233; dans l'int&#233;r&#234;t des travailleurs, etc. il y a. Vous faites remarquer qu'en 1928 quand ils &#233;taient revenus au niveau de 1917, il n'y en avait peut-&#234;tre que quelques milliers, voire plus, dans les camps de concentration, etc. Mais &#224; chaque fois que le charbon, l'acier, etc. la corruption augmente, et nous avons donc un graphique. Au fur et &#224; mesure que la production planifi&#233;e augmente, ainsi chaque mal bourgeois augmente jusqu'&#224; ce que nous ayons quinze &#224; vingt millions dans des camps de concentration, des camps de travaux forc&#233;s, etc., et un &#233;tat aussi monstrueux qu'aucun mortel n'avait jamais imagin&#233;. Il est s&#251;rement temps de penser au socialisme &#8211; d'examiner ce que nous entendons par lui et ce que nous entendons par lui. Non, pas pour eux. Le tout tourne autour de la propri&#233;t&#233; nationalis&#233;e et si, si la propri&#233;t&#233; nationalis&#233;e continue &#224; pr&#233;server la bureaucratie et &#224; commettre ces monstruosit&#233;s, alors allons-nous enfin revenir en arri&#232;re pour r&#233;examiner notre universel, le socialisme ? Par Christ, non. En finir avec le marxisme &#224; la place. Jetez-le. Cela nous a fait d&#233;faut. La propri&#233;t&#233; nationalis&#233;e reste ma&#238;tresse du terrain.Il est s&#251;rement temps de penser au socialisme &#8211; d'examiner ce que nous entendons par lui et ce que nous entendons par lui. Non, pas pour eux. Le tout tourne autour de la propri&#233;t&#233; nationalis&#233;e et si, si la propri&#233;t&#233; nationalis&#233;e continue &#224; pr&#233;server la bureaucratie et &#224; commettre ces monstruosit&#233;s, alors allons-nous enfin revenir en arri&#232;re pour r&#233;examiner notre universel, le socialisme ? Par Christ, non. En finir avec le marxisme &#224; la place. Jetez-le. Cela nous a fait d&#233;faut. La propri&#233;t&#233; nationalis&#233;e reste ma&#238;tresse du terrain.Il est s&#251;rement temps de penser au socialisme &#8211; d'examiner ce que nous entendons par lui et ce que nous entendons par lui. Non, pas pour eux. Le tout tourne autour de la propri&#233;t&#233; nationalis&#233;e et si, si la propri&#233;t&#233; nationalis&#233;e continue &#224; pr&#233;server la bureaucratie et &#224; commettre ces monstruosit&#233;s, alors allons-nous enfin revenir en arri&#232;re pour r&#233;examiner notre universel, le socialisme ? Par Christ, non. En finir avec le marxisme &#224; la place. Jetez-le. Cela nous a fait d&#233;faut. La propri&#233;t&#233; nationalis&#233;e reste ma&#238;tresse du terrain.La propri&#233;t&#233; nationalis&#233;e reste ma&#238;tresse du terrain.La propri&#233;t&#233; nationalis&#233;e reste ma&#238;tresse du terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici l'extrait, jugez par vous-m&#234;me :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mais l'unit&#233; du concept est si ins&#233;parable que m&#234;me ces produits de l'abstraction, alors qu'ils sont cens&#233;s omettre l'Individualit&#233;, sont eux-m&#234;mes des individus. Elle &#233;l&#232;ve le concret en Universelit&#233; et ne prend l'universel que comme Universelit&#233; d&#233;termin&#233;e : mais alors c'est justement l'Individualit&#233; qui a abouti &#224; la forme d'une d&#233;terminit&#233; se rapportant &#224; elle-m&#234;me. Par cons&#233;quent l'abstraction est une s&#233;paration du concret et un isolement de ses d&#233;terminations : elle ne saisit que des propri&#233;t&#233;s et des moments individuels, car son produit doit contenir ce qu'elle est elle-m&#234;me. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous obtenez la derni&#232;re phrase ? Cet Universel Abstrait d&#233;chire le b&#233;ton en morceaux. Il en prend des morceaux isol&#233;s, et avec cela comme base de sa pens&#233;e, tout ce qu'il peut maintenant produire, c'est ce qu'il a repris et transform&#233; en un Universel. C'est toute la proc&#233;dure des &#233;tatistes ouvriers. Germain ne pense qu'en termes de propri&#233;t&#233; nationalis&#233;e, de plan, de double caract&#232;re de la bureaucratie. Il pouvait dire : en Pologne, la nationalisation avait eu lieu avant l'arriv&#233;e des Russes. Les Russes ont d&#233;truit le pouvoir sur lequel les ouvriers avaient la main et ont ramen&#233; des &#233;l&#233;ments de la classe bourgeoise. Tout ce que Germain a &#224; dire, c'est : c'est ou n'est pas exactement la propri&#233;t&#233; nationalis&#233;e et voil&#224; en tout cas le double caract&#232;re de la bureaucratie. Son Universel n'est pas l'&#233;laboration minutieuse du concept de base que Marx et Engels ont fait apr&#232;s tout &#233;v&#233;nement - Marx sur la Commune, L&#233;nine dans &#201;tat et r&#233;volution. Non monsieur. Son Universel est d&#233;sormais propri&#233;t&#233; nationalis&#233;e et tous ses produits portent ce sceau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyez maintenant ce qui se passe. Cet Universel a pris en lui le concret, l'Individuel, poussant l'Universel r&#233;el dans l'air rar&#233;fi&#233; de la plus abstraite des abstractions. L'individuel comme contenu et l'universel comme forme sont distincts l'un de l'autre. Vous vous souvenez qu'au d&#233;but l'Universel est entr&#233; librement dans la Premi&#232;re Internationale. Ce programme, cette conception n'&#233;taient pas parfaits, mais tel qu'il &#233;tait, on pouvait en parler en termes de socialisme. Vous avez pris l'Universel comme une forme dans laquelle vous avez plac&#233;, &#233;labor&#233; le contenu particulier que vous aviez. Vous vous souvenez aussi que cela rendait l'Universel abstrait, mais une abstraction qui &#171; rev&#234;tait &#187; le contenu particulier. Mais ici, l'Universel en tant que forme est une chose. Le contenu en est une autre. M&#234;me Germain ne peut pas utiliser les termes du socialisme pour d&#233;crire la barbarie russe,et personne aujourd'hui n'a le culot de dire que le prol&#233;tariat en Russie est la classe dirigeante. L'Universel de l'entendement, de Germain, n'est pas la forme absolue. Il ne peut m&#234;me pas parler de ces n&#233;cessit&#233;s absolues du socialisme, des travailleurs, du pouvoir, de l'action ind&#233;pendante, des travailleurs ma&#238;tres d'eux-m&#234;mes, en opposition fondamentale au capitalisme, o&#249; le syst&#232;me industriel est leur esclavagiste. Non. Germain ne peut le faire que par abstraction. Si inad&#233;quate que f&#251;t la Premi&#232;re Internationale, en tant que conception, elle pouvait se &#171; rev&#234;tir &#187; de ces choses. (Je consid&#232;re que c'est le sens g&#233;n&#233;ral du passage. L'original doit &#234;tre recherch&#233; en allemand.) Mais tandis que nous poursuivons l'examen, nous voyons finalement que cette compr&#233;hension abstraite a produit une sorte particuli&#232;re d'universelit&#233;. En le rendant si abstrait et en le liant ensuite au concret,l'Universel abstrait lui-m&#234;me est devenu un concret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici l'extrait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La distinction entre cette individualit&#233; de ses produits et l'Individualit&#233; du concept est que, dans la premi&#232;re, l'individuel comme contenu et l'universel comme forme sont distincts l'un de l'autre - simplement parce que le premier n'existe pas comme forme absolue, ou comme le Concept elle-m&#234;me, ni celle-ci comme totalit&#233; de la forme. Mais cette consid&#233;ration plus approfondie montre l'abstrait lui-m&#234;me comme unit&#233; du contenu individuel et de l'Universelit&#233; abstraite, c'est-&#224;-dire comme concret &#8211; ce qui est le contraire de ce qu'il est cens&#233; &#234;tre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et en 1948 on n'op&#232;re pas dans le vide. Au moment o&#249; vous perdez l'Universel socialiste, aucun pouvoir sur terre ne peut vous sauver de la barbarie capitaliste d'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant pour le passage final. Cela nous offre une bonne occasion de r&#233;sumer. Souvenez-vous que le mouvement du concept est le d&#233;veloppement. C'est le pouvoir gratuit. C'est la pens&#233;e, remarquez, le concept qui recherche l'accomplissement dans la pens&#233;e. Le Manifeste communiste, le Manifeste et programme de la Premi&#232;re Internationale, Marx sur la Commune, L&#233;nine dans l'&#201;tat et la r&#233;volution. C'est le concept qui se d&#233;veloppe. L'Etat et la R&#233;volution de L&#233;nine est une forme particuli&#232;re de l'Universel comme l'est le programme de l'Internationale Communiste et des 21 points. Mais l'Individuel concret, ce sont les lois, les d&#233;cisions, les articles, les d&#233;crets, les discours, etc. au jour le jour. C'est le concret, le concept individuelle. Pour que l'Universel du socialisme et la forme particuli&#232;re de l'&#201;tat et de la R&#233;volution se concr&#233;tisent dans les actes individuels, les id&#233;es, les lieux, les programmes et les conflits, etc.L'abstrait est l'&#226;me de l'Individu, le concret. Pourquoi ? Car sans l'Universel et le Particulier, le concret n'a aucun sens. C'est un cas avanc&#233; de la relation entre l'Id&#233;e et la R&#233;alit&#233; dont nous avons trait&#233; dans la Doctrine de l'Essence.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voici l'extrait :&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais l'Individualit&#233; n'est pas seulement le retour du concept en elle-m&#234;me ; c'est aussi imm&#233;diatement sa perte. Dans l'Individualit&#233;, c'est en soi ; et, &#224; cause de la mani&#232;re dont il est en soi, il devient ext&#233;rieur &#224; lui-m&#234;me et entre en acte. L'abstraction est l'&#226;me de l'individualit&#233; et, en tant que telle, est le rapport du n&#233;gatif au n&#233;gatif ; et elle, comme on l'a vu, n'est pas ext&#233;rieure &#224; l'universel et au particulier, mais immanente ; et &#224; travers elle, ils sont concrets, contenus et individuels. Et l'Individualit&#233; en tant que cette N&#233;gativit&#233; est la d&#233;terminit&#233; d&#233;termin&#233;e, c'est la distinction en tant que telle ; &#224; travers cette introR&#233;flexion de distinction, elle se fixe ; la d&#233;termination du particulier n'a lieu que par l'Individualit&#233;, car c'est cette abstraction qui maintenant, en tant qu'Individualit&#233;, est l'abstraction pos&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je vous conseille de ne pas &#234;tre press&#233;. Lisez les passages encore et encore, surtout les plus difficiles. Familiarisez-vous avec eux. Il y a une grande tentation. Il s'agit de les lire, de n'avoir qu'une id&#233;e g&#233;n&#233;rale, puis de s'accrocher &#224; ce qui est familier &#8211; l'analyse purement sociale et politique que je fais &#224; la suite de ces sections techniques. Si vous faites cela, vous n'apprendrez jamais &#224; g&#233;rer la Logique. Travaillez sur ces passages techniques pour ce qu'ils enseignent mais aussi en tant qu'exercices, jusqu'&#224; ce qu'ils s'impr&#232;gnent, et vous commencez &#224; penser en ces termes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il nous reste maintenant &#224; faire un dernier passage de cette Introduction &#224; le concept. Ne soyez pas induits en erreur par mes sauts et sauts comme je dois le faire, en oubliant que la coh&#233;rence interne, la logique structurelle de la logique elle-m&#234;me est merveilleuse. D&#233;veloppement en d&#233;veloppement, en g&#233;n&#233;ral, puis s'est divis&#233; en ses parties, et le d&#233;veloppement du premier a &#233;t&#233; repris, mais maintenant &#224; un niveau plus &#233;lev&#233; et une p&#233;n&#233;tration plus profonde, pour exploser, sauter dans quelque chose de plus &#233;lev&#233;, apr&#232;s quoi les anciens processus gagnent de nouvelles profondeurs, etc. C'est pr&#233;cis&#233;ment la logique. Ce n'est pas la vie, c'est-&#224;-dire l'histoire. Et ce n'est que lorsque la logique est un mouvement logique et impeccable que vous pouvez alors faire face aux innombrables manifestations de la vie. Je ne peux que le mentionner et le signaler ici et l&#224; en passant. Mais pour le d&#233;montrer, non, pas moi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, avant de terminer le concept en g&#233;n&#233;ral, Hegel revient sur quelque chose qui l'a toujours concern&#233;. Il l'a commenc&#233; dans la Doctrine de l'&#202;tre &#8211; Qualit&#233; &#8211; avec l'infini r&#233;el et l'infini mort. Il y est revenu dans la Doctrine de l'Essence en Fond, et l'&#202;tre ou le non-&#202;tre du Fini comme base du Fond. Maintenant, il nous a montr&#233; comment l'Universel prend un particulier dans le Particulier et devient concret dans l'Individu. trouvera la base d'autres abstractions encore. Car l'individu va passer &#224; autre chose. Maintenant :&lt;br class='autobr' /&gt;
L'individu, alors, en tant que n&#233;gativit&#233; en rapport avec lui-m&#234;me, est l'auto-identit&#233; imm&#233;diate du n&#233;gatif ; c'est-pour-soi. Autrement dit, c'est l'abstraction qui d&#233;termine le concept, selon son moment (qui est de nature id&#233;ale) d'&#202;tre, comme imm&#233;diat. Ainsi l'individu est un Un ou Ceci qualitatif.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il la ram&#232;ne &#224; la qualit&#233;, la Doctrine de l'&#202;tre. Souvenez-vous maintenant de votre Doctrine de l'&#202;tre :&lt;br class='autobr' /&gt;
Selon cette qualit&#233;, c'est d'abord l'auto-r&#233;pulsion, par laquelle les nombreux autres Un sont pr&#233;suppos&#233;s ; et deuxi&#232;mement, c'est une relation n&#233;gative contre ces autres pr&#233;suppos&#233;s ; et, dans cette mesure, l'individu est exclusif.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais &#8211; comme l'&#233;crivait Rosa Luxemburg &#8211; attention ! L'universelit&#233; doit surveiller sa relation avec ces Uns concrets. L'universelit&#233; est un moment du concret, l'Individu. Mais ce n'est pas simplement un &#233;l&#233;ment de l'Individu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si par universel on entend ce qui est commun &#224; plus d'un individu, alors le commencement se fait de leur persistance indiff&#233;rente, et l'imm&#233;diatet&#233; de l'&#202;tre se m&#234;le &#224; la d&#233;termination du concept. L'image la plus basse possible de l'universel dans son rapport &#224; l'individuel est ce rapport ext&#233;rieur de celui-ci comme simple &#233;l&#233;ment commun.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vous dites que, quelle que soit la forme que peut prendre un &#201;tat ouvrier concret, il se distingue toujours par la propri&#233;t&#233; nationalis&#233;e. C'est la forme la plus basse possible de l'Universel. Le reste de la section reprend cela en d&#233;tail. Hegel, en particulier ici dans le concept, insiste sur le fait que l'Individualit&#233; est pos&#233;e &#171; non dans l'ext&#233;rieur mais dans une distinction conceptnelle &#187; &#8211; la propri&#233;t&#233; nationalis&#233;e doit &#234;tre consid&#233;r&#233;e &#224; la lumi&#232;re de votre concept de ce qu'est le socialisme. Ne fais pas &#231;a. Ne commettez pas l'erreur de prendre ce concret, cet &#233;l&#233;ment persistant simplement commun pour l'Universel ! Vous finirez alors, aussi s&#251;rement que le jour, par en faire toute votre id&#233;e. Alors vous dites : le monde a maintenant atteint un stade o&#249; le capitalisme ne peut plus continuer. De l&#224; vous dites que cette &#233;conomie doit &#233;videmment &#234;tre nationalis&#233;e et planifi&#233;e. Vous dites alors que si la bureaucratie russe perdure longtemps,apr&#232;s la guerre, c'est &#233;videmment le pr&#233;curseur d'une nouvelle classe dirigeante. Ensuite, nous devons convenir que l'attente marxiste du socialisme est une utopie. C'est l&#224; que vous atterrissez dans la pens&#233;e et nous avons affaire &#224; la pens&#233;e. Que Trotsky en tant qu'individu se serait jet&#233; du c&#244;t&#233; des masses et aurait r&#233;pudi&#233; le pessimisme et le d&#233;faitisme dans le feu de la lutte des classes, dont nous n'avons pas &#224; discuter. Mais toute la m&#233;thodologie avait en elle la destruction de la base sur laquelle il se tenait. Car il d&#233;clara plus pr&#233;cis&#233;ment que la bureaucratie russe restaurerait la propri&#233;t&#233; priv&#233;e. De sorte que bien que le temps de sa continuation ne soit pas trop important (la situation mondiale &#233;tant ce qu'elle est) la d&#233;termination &#233;vidente de la bureaucratie &#224; maintenir la propri&#233;t&#233; nationalis&#233;e et &#224; mener une autre guerre mondiale pour elle, ceci,ronge le c&#339;ur de ceux qui insistent pour continuer la m&#233;thode de Trotsky. Il a fait d'un fini un infini. Il a pris l'&#234;tre du fini et en a fait un Absolu. Il a pris un moment de l'Universel et en a fait l'Universel lui-m&#234;me. D'o&#249; ces larmes. Hegel n'en a pas fini avec &#231;a d'ailleurs. Dans sa derni&#232;re section de l'Id&#233;e de la cognition, il prend cette persistance finie et finie, &#234;tre et non-&#234;tre de l'Absolu, persistance commune dans le concept et l'enracine finalement dans un &#233;talage magistral sur la D&#233;finition. Mais je peux vous dire &#224; l'avance que je laisserai de c&#244;t&#233; la D&#233;finition. Trop est impliqu&#233;.Hegel n'en a pas fini avec &#231;a d'ailleurs. Dans sa derni&#232;re section de l'Id&#233;e de la cognition, il prend cette persistance finie et finie, &#234;tre et non-&#234;tre de l'Absolu, persistance commune dans le concept et l'enracine finalement dans un &#233;talage magistral sur la D&#233;finition. Mais je peux vous dire &#224; l'avance que je laisserai de c&#244;t&#233; la D&#233;finition. Trop est impliqu&#233;.Hegel n'en a pas fini avec &#231;a d'ailleurs. Dans sa derni&#232;re section de l'Id&#233;e de la cognition, il prend cette persistance finie et finie, &#234;tre et non-&#234;tre de l'Absolu, persistance commune dans le concept et l'enracine finalement dans un &#233;talage magistral sur la D&#233;finition. Mais je peux vous dire &#224; l'avance que je laisserai de c&#244;t&#233; la D&#233;finition. Trop est impliqu&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et maintenant, avant de continuer, faites-moi une petite faveur, mes amis. Asseyez-vous et lisez toute cette section pr&#233;c&#233;dente. Non ? D'ACCORD. Comme Marx l'a dit dans le dernier paragraphe de la Critique du programme de Gotha, faites ce que vous voulez maintenant. J'ai sauv&#233; ma propre &#226;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le l&#233;ninisme et le concept&lt;br class='autobr' /&gt;
Le lecteur perspicace (le lecteur sceptique que nous pouvons ignorer, le lecteur hostile &#224; qui nous portons des blessures meurtri&#232;res dans chaque paragraphe), le lecteur perspicace dira maintenant : &#171; Incroyable, je suis d'accord. Ce Hegel semble avoir &#233;labor&#233; un moyen par lequel les hommes, une fois qu'ils ont d&#233;raill&#233;, peuvent &#234;tre vus suivre comme s'ils &#233;taient envo&#251;t&#233;s certains sch&#233;mas de pens&#233;e. Vos illustrations dirig&#233;es contre le trotskisme &#233;clairent certainement le trotskisme. Mais dans l'ensemble, ceci, si pr&#233;cieux qu'il soit, est ici n&#233;gatif. Vous dites, par exemple, que l'Universel de Trotsky est sans couleur, sans contenu, etc. &#8211; pure abstraction. Quel est le v&#244;tre, en utilisant la m&#233;thode dialectique ? Montrez-moi comment vous, en ne montant pas au &#171; genre le plus &#233;lev&#233; et le plus &#233;lev&#233; &#187;, mais en vous en tenant &#224; l'Individualit&#233;, enrichissez votre Universel. Vous dites, L&#233;nine l'a fait en Russie avant 1917. Je suis d'accord, plus ou moins. Je suis un lecteur averti.Je vois que vous &#233;laborez, &#233;tape par &#233;tape, une position positive. Je pense qu'il est grand temps que nous accordions plus d'attention &#224; cela et moins au trotskisme. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Correct dans l'ensemble, mais seulement dans l'ensemble. Mais nous allons maintenant nous installer dans un expos&#233; concret et non g&#233;n&#233;ral de la pens&#233;e dialectique qui nous montrera le concept en action. La preuve sera le r&#233;sultat. Et pour dissiper tout doute, permettez-moi de dire ici tout de suite : je propose, &#233;tape par &#233;tape, de construire une ligne de d&#233;veloppement positive, je l'ai fait, qui aboutira &#224; une concept incontestablement concr&#232;te du socialisme comme universel et la lutte r&#233;volutionnaire aujourd'hui, et demain, pas demain en g&#233;n&#233;ral, mais notre demain. Ce travail serait inutile, en fait r&#233;actionnaire (je ne peux pas rester pour expliquer) s'il ne faisait pas cela. Mais la bonne m&#233;thode pour le faire est la m&#233;thode que je suis. Ce sera plus facile pour ceux qui suivront. Je pars de z&#233;ro.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais ce travail est pr&#233;liminaire &#224; cela. Patience. Patience. Patience. Frayez-vous un chemin. Nous devons avoir une concept du socialisme, le concept de 1948. Mais nous devons travailler &#224; travers le l&#233;ninisme. Aujourd'hui, notre mouvement n'est pas au-del&#224; du l&#233;ninisme. Le prol&#233;tariat est bien au-del&#224; du prol&#233;tariat du temps de L&#233;nine. Mais notre mouvement ne l'est pas. Pour le d&#233;passer, nous devons entrer en lui et &#224; travers lui. Mais le processus exige, pour nous, l'exposition compl&#232;te et patiente du trotskysme de toutes parts. On n'en a pas fini avec &#231;a. Apprenez de Hegel. Apprenez &#224; revenir et revenir &#224; la Compr&#233;hension, jusqu'&#224; ce que la m&#233;thode devienne une partie de la structure, la structure de l'esprit. Efforcez-vous d'avoir un &#171; aper&#231;u assez simple &#187; de l'ensemble de l'entreprise. Vous lirez la Logique et d&#233;couvrirez des choses par vous-m&#234;me. Si vous n'avez ni le temps ni l'&#233;nergie pour cette grande t&#226;che, lisez ces extraits,maintes et maintes fois, en travaillant les interpr&#233;tations, en en faisant de nouvelles, en les connaissant presque par c&#339;ur. Ce serait une catastrophe si vous lisiez ceci avec l'id&#233;e que ce n'&#233;tait qu'une justification, une pr&#233;paration &#224; nos th&#233;ories concr&#232;tes. Pire encore, si quand tout &#233;tait fini, quelqu'un disait : &#171; Bien. Maintenant, que faisons-nous maintenant. Comment la mettre en pratique dans la lutte des classes ? Dieu nous aide, cette attitude serait assez horrible. Je pense qu'aucun d'entre nous ne l'aura.cette attitude serait assez horrible. Je pense qu'aucun d'entre nous ne l'aura.cette attitude serait assez horrible. Je pense qu'aucun d'entre nous ne l'aura.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais j'&#233;cris en famille et comme ces id&#233;es me frappent, je les pose. Je suis un peu nerveux, voyez-vous, qu'&#224; mesure que nous &#233;largissons notre th&#233;orie et que nous nous clarifions politiquement, tout le travail sur la Logique semble avoir &#233;t&#233; fait dans ce but. Assez de cela. Logique pour th&#233;orie, mais &#224; ce stade aussi, pour nous, logique pour logique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceci &#233;tant dit, nous pouvons maintenant nous d&#233;placer dans la sph&#232;re th&#233;orique. Nous sommes maintenant &#233;quip&#233;s pour lutter contre le l&#233;ninisme, le point culminant de notre mouvement jusqu'&#224; pr&#233;sent. Nous devons monter &#224; cette hauteur pour avancer dans l'infini, l'infini inexplor&#233; qui nous fait face.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si la discussion fait rage autour des conclusions politiques en tant que telles, et non autour des conclusions politiques en termes juridiques, alors, du moins dans l'imm&#233;diat, le temps est perdu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;https://translate.google.fr/translate?u=&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://translate.google.fr/translate?u=&lt;/a&gt; &lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1019&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1019&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/james-clr/works/dialecti/index.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=nui&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/james-clr/works/dialecti/index.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=nui&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Notes sur la dialectique</title>
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		<dc:date>2025-03-01T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Dialectic - Dialectique</dc:subject>
		<dc:subject>C. L. R. James</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C.L.R. James - Notes sur la dialectique &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Chacune des trois sph&#232;res de l'id&#233;e logique s'av&#232;re &#234;tre un ensemble syst&#233;matique de termes de pens&#233;e et une phase de l'Absolu. C'est le cas de l'&#202;tre, contenant les trois degr&#233;s de qualit&#233;, quantit&#233; et mesure. &lt;br class='autobr' /&gt;
La qualit&#233; est d'abord le caract&#232;re identique &#224; l'&#234;tre : si identique qu'une chose cesse d'&#234;tre ce qu'elle est, si elle perd sa qualit&#233;. La quantit&#233;, au contraire, est le caract&#232;re ext&#233;rieur &#224; l'&#234;tre, et n'affecte pas du tout l'&#234;tre. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique17" rel="directory"&gt;Chapter 12 : Philosophical annexes - Annexes philosophiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Dialectic - Dialectique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot198" rel="tag"&gt;C. L. R. James&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C.L.R. James - Notes sur la dialectique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Chacune des trois sph&#232;res de l'id&#233;e logique s'av&#232;re &#234;tre un ensemble syst&#233;matique de termes de pens&#233;e et une phase de l'Absolu. C'est le cas de l'&#202;tre, contenant les trois degr&#233;s de qualit&#233;, quantit&#233; et mesure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La qualit&#233; est d'abord le caract&#232;re identique &#224; l'&#234;tre : si identique qu'une chose cesse d'&#234;tre ce qu'elle est, si elle perd sa qualit&#233;. La quantit&#233;, au contraire, est le caract&#232;re ext&#233;rieur &#224; l'&#234;tre, et n'affecte pas du tout l'&#234;tre. Ainsi, par ex. une maison reste ce qu'elle est, qu'elle soit plus ou moins grande ; et le rouge reste rouge, qu'il soit plus clair ou plus fonc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mesure, le troisi&#232;me degr&#233; de l'&#234;tre, qui est l'unit&#233; des deux premiers, est une quantit&#233; qualitative. Toutes choses ont leur mesure : c'est-&#224;-dire que les termes quantitatifs de leur existence, qu'ils soient si ou si grands, n'ont pas d'importance dans certaines limites ; mais quand ces limites sont d&#233;pass&#233;es d'un plus ou de moins, les choses cessent d'&#234;tre ce qu'elles &#233;taient. De la mesure suit l'avanc&#233;e vers la seconde subdivision de l'id&#233;e, l'Essence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trois formes d'&#234;tre ici &#233;voqu&#233;es, justement parce qu'elles sont les premi&#232;res, sont aussi les plus pauvres, c'est-&#224;-dire les plus abstraites. La conscience imm&#233;diate (sensible), en tant qu'elle comprend simultan&#233;ment un &#233;l&#233;ment intellectuel, est surtout restreinte aux cat&#233;gories abstraites de la qualit&#233; et de la quantit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conscience sensible est en g&#233;n&#233;ral la plus concr&#232;te et donc aussi la plus riche ; mais cela n'est vrai qu'en ce qui concerne les mat&#233;riaux, alors que, par rapport &#224; la pens&#233;e qu'il contient, c'est vraiment le plus pauvre et le plus abstrait&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus de mesure, au lieu d'&#234;tre seulement le faux infini d'une progression sans fin, sous la forme d'un recul toujours r&#233;current de qualit&#233; en quantit&#233; et de quantit&#233; en qualit&#233;, est aussi un v&#233;ritable infini de co&#239;ncidence avec soi dans l'autre. Dans la mesure, qualit&#233; et quantit&#233; s'affrontent originellement, comme les uns et les autres. Mais la qualit&#233; est implicitement la quantit&#233; et inversement la quantit&#233; est implicitement la qualit&#233;. Dans le processus de mesure, donc, ces deux &#233;l&#233;ments passent l'un dans l'autre : chacun d'eux devient ce qu'il &#233;tait d&#233;j&#224; implicitement : et ainsi nous obtenons l'&#202;tre mis en suspens et absorb&#233;, avec ses plusieurs caract&#233;ristiques n&#233;gatives. Un tel &#202;tre est l'Essence. La mesure est implicitement l'Essence ; et son processus consiste &#224; r&#233;aliser ce qu'il est implicitement. La conscience ordinaire con&#231;oit les choses comme &#233;tant et les &#233;tudie en qualit&#233;, quantit&#233; et mesure. Ces caract&#232;res imm&#233;diats, cependant, se montrent bient&#244;t non pas fixes, mais passagers ; et l'Essence est le r&#233;sultat de leur dialectique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la sph&#232;re de l'Essence, une cat&#233;gorie ne passe pas dans une autre, mais renvoie simplement &#224; une autre. Dans l'Etre, la forme de r&#233;f&#233;rence est purement due &#224; notre r&#233;flexion sur ce qui se passe : mais c'est la caract&#233;ristique sp&#233;ciale et propre de l'Essence. Dans la sph&#232;re de l'&#234;tre, quand le quelque peu devient un autre, le quelque peu s'&#233;vanouit. Il n'en est pas de m&#234;me dans Essence : ici il n'y a pas de v&#233;ritable autre, mais seulement la diversit&#233;, r&#233;f&#233;rence de l'un &#224; son autre. Le passage de l'Essence n'est donc pas en m&#234;me temps passage : car dans le passage du diff&#233;rent au diff&#233;rent, le diff&#233;rent ne s'&#233;vanouit pas : les diff&#233;rents termes restent dans leur rapport. Quand on parle d'&#234;tre et de n&#233;ant, l'&#234;tre est ind&#233;pendant, le n&#233;ant aussi. Il en est autrement du Positif et du N&#233;gatif. Sans doute ceux-ci poss&#232;dent-ils le caract&#232;re de l'&#234;tre et du n&#233;ant. Mais le Positif par lui-m&#234;me n'a pas de sens ; il est tout entier en r&#233;f&#233;rence au n&#233;gatif. Et c'est la m&#234;me chose avec le n&#233;gatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la sph&#232;re de l'&#234;tre, la r&#233;f&#233;rence d'un terme &#224; un autre n'est qu'implicite ; dans Essence au contraire elle est explicite. Et c'est en g&#233;n&#233;ral la distinction entre les formes de l'&#202;tre et de l'Essence : dans l'&#202;tre tout est imm&#233;diat, dans l'Essence tout est relatif. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G. W. F. Hegel, Encyclop&#233;die des Sciences Philosophiques&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lire la suite -&gt; &lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/james-clr/works/dialecti/index.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/james-clr/works/dialecti/index.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;]&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel et la mati&#232;re : le philosophe allemand a-t-il encore quelque chose &#224; nous dire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/revue-les-etudes-philosophiques-2006-4-page-537.htm#re9no9&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cairn.info/revue-les-etudes-philosophiques-2006-4-page-537.htm#re9no9&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dialectique de Hegel, peu connue en France, est-elle toujours d'actualit&#233; pour la pens&#233;e scientifique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article2424&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article2424&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="en">
		<title>STALIN RUINS THE CHINESE REVOLUTION</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article7695</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.org/spip.php?article7695</guid>
		<dc:date>2024-09-20T14:12:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>en</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>English</dc:subject>
		<dc:subject>Chine China</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>C. L. R. James</dc:subject>
		<dc:subject>Trotskisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C.L.LR. James &lt;br class='autobr' /&gt;
STALIN RUINS THE CHINESE REVOLUTION &lt;br class='autobr' /&gt; EVEN WHILE THE STALINISTS, BY FALSIFICATION AND PHYSICAL repression, were destroying the propagandists of international Socialism, the world revolution which had seemed so remote in October, 1924, stirred itself, and even while the new theory was being made law presented the International with one of its greatest opportunities. We have to pass over how the Stalinists forced the Communist Party of Poland to support Pilsudski in the coup (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique88" rel="directory"&gt;000- ENGLISH - MATTER AND REVOLUTION&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;English&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;Chine China&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot198" rel="tag"&gt;C. L. R. James&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot283" rel="tag"&gt;Trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;C.L.LR. James
&lt;p&gt;STALIN RUINS THE CHINESE REVOLUTION&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;EVEN WHILE THE STALINISTS, BY FALSIFICATION AND PHYSICAL repression, were destroying the propagandists of international Socialism, the world revolution which had seemed so remote in October, 1924, stirred itself, and even while the new theory was being made law presented the International with one of its greatest opportunities. We have to pass over how the Stalinists forced the Communist Party of Poland to support Pilsudski in the coup d'etat which put him in power. Purcell and Hicks, Pilsudski and Chiang Kai-Shek were Stalin's allies in this period, and the greatest of these was Chiang Kai-Shek.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CHINA AND IMPERIALISM&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;China remained comparatively untouched by European civilisation until less than a century ago, but even in those early days Britain was already too small for British Capitalism, and between 1839 and 1860 the British bombarded Chinese ports and massacred the Chinese people to ensure the continuance of the opium traffic, one of the main sources of revenue to British India. Besides the profits of this lucrative trade they extorted millions of pounds as indemnities, seized Hong-Kong and territory on the mainland, and opened Chinese ports to British trade by force. In 1842 the Treaty of Nanking limited the Chinese tariff to 5 per cent, ad valorem, to prevent Chinese industry developing behind a high tariff wall. This they maintained by brute force until 1925 when, under the menace of the revolution, the first small breaches were promised. In the war of 1857 the British Government, again at the point of the bayonet, added to the usual indemnity, seizure of territory, etc., a British Inspector General of Customs. The steady drain of silver from China for the purchase of opium, the ruin of Chinese handicraft industry, the breakdown of the Manchu government under the blows of the British navy, the corruption of the Chinese official class by the opium smuggling, undermined the foundations of the once great but now outpaced civilisation of China.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In the middle of the century a serious rebellion broke out in the South, held power in the Southern provinces for eleven years, and then failed. The British at Hong-Kong sided with the rebels, and the other powers followed their lead. But as the movement disintegrated the foreign powers, chiefly Britain, deserted it and (after first defeating the Manchu Dynasty and bringing it under its financial control) gave assistance against the rebels. By 1870 there were other rivals to Britain in the field. Russia and France stole large territories, the British seized Burma. China was still a market, and between 1851 and 1855 the excess of imports over exports from China was over &#163;175,000,000. But the late eighties were the crisis years for European Capitalism, when for the export of goods was gradually substituted the export of capital. Africa was for the time being divided, but Africa was not enough. The Chinese people had now to give concessions and accept loans in order to buy iron and steel from Europe. They had no choice in the matter. The British Government on occasion offered them the choice of British loans or British shells.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In 1894, the scramble entered its most dangerous but inevitable phase. Japanese capitalism tried to annex a portion of China, but the annexation clashed with British and other European interests. Russia and France intervened and checked her &#8220;in defence of their own interests.&#8221; Japan was too weak to assert her rights (it is a different story today). Yet she got a treaty port and &#163;34&#189; millions indemnity. To pay this, British and other European banks lent China &#163;48 millions. God spoke to the American President, [1] and in 1898 America seized the Philippine Islands and entered the race. This organised banditry threw an ever-increasing load on the millions of peasants out of whose produce came the taxes to pay these loans. As far back as 1856 Karl Marx, basing himself always on the economic unity of modern Capitalism, had seen that the devastating influences of this unceasing plunder of China would end in revolution, destroy a great market for European Capitalism, and thus precipitate the revolution of the European proletariat. In its essential outlines the analysis is today as sound as when it was made. But the rottenness of the Manchu dynasty was propped up by the military and financial support given it by the European governments, and the Chinese native bourgeoisie, mainly commercial, could not provide the forces for the liberation of China. As in Russia, it was the entry of capital, and the consequent creation of a native proletariat organised and disciplined by large-scale production, that was to provide a means for the destruction of foreign capitalist domination in China.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It was this process which Lenin saw so clearly in 1908, [2] the inevitable intensification of the export of capital, and the consequent growth of the international revolution. He based on it his calculations for world revolution, described in his book, Imperialism. It is the unshakable foundation of the Permanent Revolution. Small though the Chinese or Indian proletariat might be, as in Russia it would have as allies the hundreds of millions of peasants, sucked dry enough before by Oriental feudalism, but now driven to ruin by the burden which capitalist exploitation placed upon them.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CHINA STIRS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The growing Chinese bourgeoisie, now increased by the export of European capital, found itself hampered by the reactionary Manchu Government.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The first spontaneous uprising of the Chinese masses had been easily canalised into the anti-foreign Boxer rebellion at the end of the nineteenth century. But after that failure the Chinese bourgeoisie saw its main enemy in the Manchu dynasty. The Chinese bourgeoisie planned to build a railway with Chinese capital, Chinese material and Chinese labour. European capital stepped between and lent the money to the Chinese Government, and a year later, in 1911, the revolution broke out. Sun Yat-Sen, dreaming of a republic and a regenerated China, was made President. But Yuan Shi-Kai from the North, hitherto a supporter of the Manchus, but with large forces at his disposal, ousted Sun from the position of President. The Chinese Liberal bourgeois who were supporting Sun were afraid he might go too far, and thus, even before 1914, had shown their counter-revolutionary nature. Sun Yat-Sen formed the Kuomintang or People's Party, but once again foreign capital came to the assistance of reaction and made a large loan to Yuan Shi-Kai, who crushed the revolution first in 1913, again in 1915, and died just as he was about to restore the monarchy. Meanwhile industrialisation of China under both European and native capital steadily increased, with the corresponding growth of native bourgeoisie and proletariat and the increasing misery of the peasantry.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The war accelerated all the processes at work in China. Japanese Capitalism seized the opportunity to enforce exorbitant demands on China. Sun Yat-Sen formed a Revolutionary Government in South China, traditionally the revolutionary section of China in revolt. Despite some maneuvering, his main enemy was now foreign capital which had established itself firmly in large concessions, Shanghai the chief, whence it controlled the economic life of the country and drained its blood away, supported reaction and conducted itself to all Chinese, rich and poor, with studied insolence. Yet the insulted Chinese bourgeois was under the domination of foreign capital, and Sun, though no Communist, by 1923 had realised that Chinese reaction, reinforced by foreign Capitalism, could not succeed without the assistance of workers and peasants. By 1923 China was in political chaos. Each huge province, from ancient times economically autonomous, was under the control of a Tchun or feudal military leader, who concentrated into his hands both civil and military power, taxed the peasants for the upkeep of his private armies, and engaged in ceaseless warfare with other Tchuns. The ablest and most powerful of these exercised some sort of overlordship of subsidiary groups and enjoyed the support of the Capitalist countries whose interests predominated in the particular regions he controlled. Thus in Manchuria Japan supported Chang Tso-Lin, while Britain supported Wu Pei-Fu, chief marauder over many provinces in Northern China, and Sung Chan-Fang in Central China. Sun Yat-Sen's Government in South China, seeking to call a constituent assembly for all China, was constantly attacked by militarists supported by British and Japanese Capitalism. He appealed to America for assistance, but America was interested in the Chinese market, not in the aspirations of the Chinese people, and Sun turned at last to the Soviet Union. Russia stood high in Chinese favour for Lenin had given back all that Tsarist Russia had stolen. In 1923 Sun met Joffe, the Russian representative in Shanghai. The Soviet Union promised him assistance in the struggle to free China from imperialism, and its tool and ally, Chinese militarism. Sun Yat-Sen reorganised his party. He declared that the sole aim of the old members was to get rich and obtain posts as high officials, and that the workers and peasants were the only real forces of revolution. But he did not, in the Bolshevik manner, organise a party based on a single class; whence the ultimate ruin of all he hoped for. His reorganised Kuomintang was still a hotch-potch, a few big capitalists, the nationalist bourgeoisie, the petty-bourgeoisie, and workers and peasants. His programme promised the nine-hour day to one, high tariffs to another, reduction of rents to a third, land from the state for landless peasants and tenant-holders, the right of self-determination for the various nationalities, democracy, all lumped together under the one term &#8211; Socialism. A determined revolutionary and undoubtedly a great leader, even at the very end of his life, he was only able to leave to his party a programme that Ramsay MacDonald could have drawn up for him without any difficulty in half-an-hour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LENIN AND CHINA&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But Lenin, too, in 1919 had been devoting himself to the problem of China and the colonial countries of the East, and in 1920 he presented theses on the Eastern Revolution to the Second Congress of the Third International. Lenin saw the Chinese revolution as part of the international proletarian revolution. Without the continued exploitation of the colonial people Capitalism in Europe would collapse. His practical proposals were, as always, based on the independent proletarian movement, intransigence in programme and organisation, flexibility in the formation of the United Front.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;He knew that the workers and peasants alone could liberate China. But he knew that the chief danger to their activity was exactly such a Popular Front type of Government as the Kuomintang, which would end inevitably by betraying. He therefore called for &#8220;determined war&#8221; against the attempt of all those quasi-Communist revolutionists to cloak the liberation movement in the backward countries with a Communist garb. &#8220;The exclusive purpose&#8221; of the Communist International in all backward countries was to educate the Communist movements in those countries, however small, to &#8220;the consciousness of their specific tasks, i.e. to the tasks of the struggle against the bourgeois democratic tendencies within their respective nationalities.&#8221; It was by fighting against their own bourgeoisie that the workers and peasants would drive out the imperialists. The Communist international would establish temporary relations and even unions with the revolutionary movements in these countries. But it must never amalgamate with them, &#8220;always preserving the independent character of the proletarian movement even though it be still in its embryonic state.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In China the peasant question was far more acute than it had been in Russia before 1917. Consequent on the whole Russian experience, therefore, the most inexperienced Bolshevik could formulate the second step after the organisation of the proletarian party. &#8220;Above all, we must strive as far as possible ... to give the peasant movement a revolutionary character to organise the peasants and all the exploited classes into the Soviets.&#8221; Lenin wrote this in 1920. In three years the Chinese proletariat had passed even more rapidly than the Russian proletariat before 1905 to the stage where it was mature for revolution. We have to trace this process in some detail, for early in 1923 it was not only already clear that the Chinese Revolution was on its way, but obvious also that the theory of the permanent Revolution and Lenin's organisational principles could carry it to success.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;THE CHINESE PROLETARIAT MATURES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The post-war crisis, the resumption of industry in the West, hit Chinese industry severely. There had been small strikes in 1912, and the beginning of a Labour and Socialist movement before the war; an attempt had been made to form a Trade Union in Hong-Kong in 1915. But the Chinese workers who had served in the war brought back with them experience of Labour organisation. In September 1919 the Chinese Returned Labourers' Association was organised in Shanghai to fight for better wages, the right to hold meetings, the right to make public speeches for promoting the welfare of the workers. The more backward the country, the closer the relation between economics and politics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;After the war the Japanese attempted to hold Shantung and in May 1919 a score of students attacked the residences of pro-Japanese ministers in Peking and were arrested. When the news reached Shanghai, Labour leaders declared a strike which spread rapidly even to the public utilities. In a few days the Peking Government was compelled to remove the offending ministers and release the agitators. In 1920 the Overseas Labour Union appeared in Canton. Hundreds of pre-war publications dealing with Syndicalism, Socialism, Anarchism and all phases of the Labour movement were being published. On May 1, 1920, in Peking, Canton and Shanghai, Chinese workers celebrated the workers' anniversary. On January 12, 1922, the Chinese Seamen's Union of Hong-Kong presented its third petition for an increase in wages, and demanded an answer within twenty-four hours. 1,500 men struck the next day. On February 1st the British Governor of Hong-Kong declared the Chinese Seamen's Union an unlawful assembly. The reply was a sympathetic strike of 50,000, a symbolical general strike, representing every trade in the island. The strike lasted for nearly three months, when the seamen won a wage increase of twenty to thirty per cent. The young Communist Party of China organised in Canton the first Chinese Congress of Trades Unions with 170 delegates. Mediaeval Chinese Tchuns and postwar European Capitalism recognised a common enemy. In the autumn of 1922 the British police fired on Chinese workers and killed several of them. In February, 1923, Wu Pei-Fu, the British Tchun, banned a railwaymen's conference. On the 6th a conference took place between the foreign consuls, Wu Pei-Fu's military representatives, and the directors of the Peking-Hankow railway. The next day troops in big railway stations opened fire on the crowds of railwaymen. In Hankow alone sixty were killed. The result was a railway strike of 20,000 men. The workers were ready to resist, but parliamentarians in Peking pressed for an investigation, placatory resolutions were passed, the edge of the workers' attack was blunted, and the strike was called off. At once the repression began; arrests, executions, the closing down of workers' papers, the driving of the Trade Union movement into illegality. Like the Russian workers, the Chinese workers were learning the close connection between economics and politics in a country with a backward or disorganised economy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It was at this time, in the spring of 1923, that Lenin, writing his last article, spoke with supreme confidence of the coming revolution in the East. China he knew would unloose India. For in addition to the insoluble contradictions of their internal economy, the Russian Revolution had given all these millions a concrete example, more potent than a hundred years of propaganda. But after that spring Lenin never worked again, and at once, in the autumn of 1913 Stalin, Zinoviev and Kamenev in Moscow again revealed their lack of principle and their ingrained opportunism by sending the Chinese Communist Party into the Kuomintang &#8211; the first and most criminal error. Trotsky, as so often in those days fighting alone for Lenin's ideas, voted against. Had Lenin been sitting as chairman such an entry could never have taken place. It is in this way that men make history. In that autumn Borodin and other advisers went to Canton and opened a military school at Whampoa to train and organise the Kuomintang army. For the average bourgeois observer such a collaboration was well worth to Stalin even the temporary subordination of the Communist movement. It is here that the wide gulf between Menshevism and Bolshevism opens at once. Always when faced with such a choice Lenin chose the proletarian way. He did under certain circumstances advocate the temporary subordination of a revolutionary organisation, not large enough to be a party, to a centrist organisation; to a Social Democratic, or worse still, a bourgeois organisation, never. The sketch we have given of the Chinese proletariat between 1920 and 1923 shows that to the discerning eye the movement was mature. Stalin, an organic Menshevik and profoundly ignorant of international affairs as well as of Marxism, instinctively chose the other way, and Zinoviev and Kamenev followed. The test lies not in argument but in history.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In January, 1924, the reconstituted Kuomintang held its first meeting in Canton. Sun Yat-Sen agreed to admit the Communists into its ranks. But they entered not as a party, only as individuals, and had to swear to abide by the rules of the Kuomintang. The only conceivable justification for such a step was to consider it as a highly dangerous manoeuvre. [3] The Chinese Communists might possibly, under a strong and supple leadership, have worked under cover of the Kuomintang for a certain period of time and then, having spread their influence, left demonstratively on some political issue understandable to the masses, and resumed their organisational and programmatic independence. They could make a temporary agreement for some specific objective even with the Liberal bourgeoisie, tenaciously guarding their independence. No one in 1923 could have foreseen that under Stalin's orders they were going to cling desperately to the Kuomintang for four years until hacked off by the swords of Chiang Kai-Shek's soldiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;For the moment, however, the Communists, taking advantage of their new position, began with energy to help the proletariat in its task of organising itself.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;THE REVOLUTION BEGINS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;At the beginning of 1925 Feng Yu-Hsiang, a nationalist leader, defeated the pro-British Wu Pei-Fu, drove him out of Peking, and proclaimed his army the army of national liberation. The nationalist movement awoke. In Shanghai some worker delegates, elected to negotiate with the management in a dispute, were dismissed. The other workers protested, and the Anglo-Indian police, being summoned, fired on them, seriously wounding five. The Shanghai workers rose against this brutality. They did not know it at the time, but they were beginning the Chinese Revolution. That is the way a revolution often comes, like a thief in the night, and those who have prepared for it and are waiting for it do not see it, and often only realise that their chance has come when it has passed. The protest movement was fed not only from the immediate arrogance and rapacity of the foreigner. It was the whole history of China which was soon to express itself through this channel. The Chinese workers and peasants had reached one of the breaking-points of their history. Inside and outside the foreign concessions the Chinese workers, men, women and children, suffered from some of the most inhuman conditions of labour that obtained in any part of the globe; twelve hours and more seven days a week, no time for meals, no sanitary conveniences in the older factories, foreign and native overseers with loaded rifles to keep discipline, and all for a few pence a day. National liberation rested on the solid foundation of millions of workers, seeking a way out of intolerable conditions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What had been a small dispute about wages and a protest against administrative injustice, became overnight a political weapon for the liberation of China. The four months and a half between May 1 to the middle of September showed like clockwork the class-forces which would struggle for mastery in the coming revolution. &#8220;Down with the imperialists,&#8221; was the slogan of the day. The Chinese Government in Shanghai thought it was dealing with a riot, and demonstrations and meetings were met with the killing and wounding of scores of people. The allies of Chinese reaction, foreign imperialism, of necessity rushed to aid in the repression. On June 4 the allied imperialists, whose gunboats are always in Chinese harbours to protect property and rights and interests, landed a party and occupied the University and other buildings in the city. The Shanghai proletariat replied with the general strike. Nearly a quarter of a million workers came out and paralysed the city, and as the mass force of the Shanghai proletariat showed itself, it drew in its wake (exactly as in France in June, 1936) the petty-bourgeois students, the artisans and the small traders, and, in the special conditions of China as a country struggling for national independence, even some of that treacherous brood, the Liberal Chinese bourgeoisie. A special committee was formed, the Committee of Labour, Education and Commerce, which along with delegates from the Trade Unions had representatives from students' associations, the small shop-keepers and even some of the bourgeoisie. But the Trade Unions predominated and, far more clearly than in Russia, from the very start the Chinese proletariat was leading the nation. All classes seemed to support the strike. But in an industrialised country all classes never make a revolution, and as the strike developed, the necessity for Lenin's lifelong principle, the proletarian organisations and party retaining their independence, emerged with startling clearness. After one month the Chinese bourgeoisie, who had never been very ardent, ceased to support the strike. During July and August the petty-bourgeoisie, the intelligentsia, the students, wobblers from the very intermediate position they hold in society, began to weaken: nothing but immediate success and continued vigorous action can ever keep these to the proletarian movement. Aid from the international proletariat would have helped, but only the Third International agitated, collected money, made donations. The Second International, those perpetual preachers of self-determination, did nothing. The International Federation of Trades Unions behaved likewise. The British General Council, at this period consorting with the Russians in the Anglo-Russian Committee, refused even to answer telegrams of appeal from the Chinese Unions. Realising their limitations the Shanghai leaders in good time fell back to the defensive. Some of their most pressing economic demands were satisfied, the strike was called off and the Shanghai workers retired in good order and with a living, vital experience to help them in the future.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But so ripe was China that the Shanghai strike had acted as a detonator. There had been over a hundred sympathetic strikes in various towns, and out of one of these developed the Hong-Kong and Canton strike, demonstrating the fighting power and endurance of the proletariat in the manner that so constantly surprises even the most sanguine revolutionaries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;THE CANTON STRIKE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On June 23 a demonstration of protest against the Shanghai shooting took place in Canton. British police from the Anglo-French concession fired on the demonstration, killing and wounding scores of people. As in Shanghai the Chinese proletariat replied with a general strike and their comrades in Hong-Kong joined. The Chinese bourgeoisie in Canton rallied to the strikers, and supported them, owing to the long revolutionary tradition in Canton and the much more important fact that the strike was accompanied by a boycott of British goods. From all the Chinese communities in the Philippine Islands, East Indies and America, money poured in. The British tried to prevent Chinese money coming into Canton, but failed; in Hong-Kong they unloosed all the forces of repression to break the strike. The Hong-Kong workers were unshakable. In thousands they began to leave Hong-Kong for Canton. Estimates vary, but one Chinese writer claims that from start to finish about 100,000 Chinese left the island for Canton. There a strike committee was formed. The strikers organised propaganda meetings, study-courses and lectures, they drew up regulations for workers and submitted them to the Canton Kuomintang Government, they confiscated and stored contraband goods which British merchants tried to smuggle in, they captured, tried and imprisoned blacklegs, they organised pickets along the entire frontier of Kwangsi province to keep out British ships and British goods from Hong-Kong. They formed a Workers' Guard which led the picketing, fought against smugglers and fought with the Kuomintang Government against counter-revolutionary Tchuns. The strike ruined British trade with China. Between August and December 1924 the British ships entering Canton numbered between 160 and 240 each month. For the corresponding period in 1925 the number was between 27 and 2 [?].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;British Capitalism lost half-a-million pounds per day. In 1926 the British Empire lost half its trade with China, and three-quarters of its trade with Hong-Kong. After fifteen months the British began to give way and sought to placate the workers, handling recalcitrant Britishers very roughly. No Government can continue to fight against strikers who will not even stay to be imprisoned or shot at. After one year the strike still continued as powerful as ever, the Communist Party of China playing a leading part, and the spirit of the workers all over China rose steadily. Trades Union membership, in May, 1924, 220,000, reached 540,000 in May, 1925, and in May, 1926, over a million. In Shanghai alone during the 1925 Strike it had reached 280,000. And this unprecedentedly rapid industrial organisation of the workers was expressing itself in many strikes that were primarily political, which meant that the workers were looking to solve their industrial difficulties by the social revolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Communist Party, 800 in 1925, by January, 1926, was 30,000, and to this powerful proletarian movement could be added the overwhelming revolutionary force of the starving Chinese peasantry. In Kwangtung, a province typical of the South, seventy-four per cent of the population held nineteen per cent of the land. In Wiush in Central China, 68.9 per cent of the poor peasantry held 14.2 per cent of the land. In Paoting in the North 65.2 per cent held 25.9 per cent of the land. Of the Chinese population, on a rough estimate, sixty-five per cent were driven by the most consistent and powerful revolutionary urge in all historical periods &#8211; the hunger of starving peasants for land.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;THE PERMANENT REVOLUTION IN CHINA&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The fundamental task of the Communist Party was basically the task of the Bolshevik Party in Russia &#8211; to link the proletarian movement with the peasant, organising the peasants into Soviets for the forcible seizure of the land. In no other way but on the basis of the proletarian and peasant revolution could China then or now achieve national independence. Sun Yat-Sen had learnt that by hard experience, though he shrank from drawing the full conclusions. He had hoped somehow to bring the revolutionary masses into the struggle led by the nationalist bourgeoisie. The thing is impossible. Now since the great strikes when it was clear that the Chinese proletariat was challenging the bourgeoisie, it was inevitable that at the first opportunity the Chinese bourgeoisie would join with imperialists and militarists and crush the revolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The farther East the bourgeoisie the more cruel and treacherous. The powerful French bourgeoisie in 1789 had joined with the counter-revolution, how much less likely was the weak Chinese bourgeoisie, far weaker than the Russian, to ally itself with a proletariat which had shown its power. That was the whole theoretical prognosis of the Bolshevik party, amply confirmed by the course of the Russian Revolution. After 1917 the main strategic line of the Chinese Revolution could only be as follows. The Chinese Revolution would begin as a bourgeois-democratic revolution, but only as an immediate slogan. While the Communist Party of China would not oppose this slogan, it would be aware that for a backward country with an advanced proletariat (we shall see it in Spain), the bourgeois-democratic regime is impossible. The revolution would conquer as the dictatorship of the proletariat, or not at all. The Communist Party had already shown that it knew how to link industrial with political demands. It had to strive to popularise the ideas of Soviets among the peasantry on the simple slogan &#8211; the land for the peasants &#8211; and, as the party which urged the seizure of the land, would ultimately have the firm support of the peasantry for its political demands. Guarding its own independence, the Communist Party would boldly raise the slogan of national independence based on the revolutionary demands of the proletariat and the peasantry. If the movement developed (there could have been no doubt of this after the Hong-Kong strike, and in Hupeh in 1926 the peasants were already seizing the land), the anti-imperialist pretence of the Chinese bourgeoisie would be exposed and the Chinese petty-bourgeoisie, the traders, the students, and some of the intellectuals would be swept in the wake of the proletarian movement, and follow the proletariat as leader of the national revolution. A Congress of Soviets would appoint a provisional Revolutionary Government, and call a constituent assembly, arranging the franchise to secure the predominance of the poor. In this assembly the Chinese proletariat, organised in the Communist Party and in the Trade Unions, would occupy a dominating position. According to the strength of the movement and the dangers of the revolution, the dictatorship of the proletariat might be established immediately. But either the bourgeoisie would establish their dictatorship; or conversely the proletariat would establish theirs. It was this strategic line which would guide the Communist Party, already superior in the towns. It would jealously maintain its independence as the party of the proletariat and, if it could draw the hundreds of millions of peasants behind it, it would be the most powerful political force in the country. There was the danger of foreign intervention, but nothing would bind revolutionary China so firmly together as the sight of the Chinese bourgeoisie, but yesterday lovers of their country, attacking China along with the hated imperialists. China could stand a blockade far more easily than Russia. A Soviet China linked to a Soviet Russia, supported by the farflung Third International, would alter the whole relationship of the capitalist and revolutionary forces in the far East. Such a bloc would not only throw British and Japanese economy into the gravest disorder, but would unloose movements in India, Burma, and even Egypt and the Near East which would set the whole structure of Capitalism rocking. The movement might perhaps not develop so powerfully but there was a chance that, at least in a substantial part of China, the revolution might hold power and use it as a base for future extension. At worst it might be totally defeated. The proletariat was ready. But the boldness of its slogans, the strength of its attack would depend on the strength of the peasant movement it could develop.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Even if it failed, as the Russian Revolution of 1905, the Chinese proletariat would have acquired an invaluable experience, the more advanced elements in the peasantry would have had time to recognise with which party their future lay, and the party, with tried and experienced leaders, would be able to prepare for the inevitable return of the revolutionary wave as the Russian party prepared for the new revolution on the basis of 1905. Such is the theory and practice of the Permanent Revolution. Lenin, alive and well in Moscow, would from day to day have analysed the development of events and through the Chinese Communist Party would have made the road clear for the Chinese masses. The Chinese proletariat had, by 1926, shown what it was capable of. Starting in 1929, nearly a hundred million peasants were to show for five heroic years how ready for revolution was the Chinese peasantry. It was not only the objective conditions which were so favourable. The Russian Revolution and the Communist International exercised an enormous subjective influence. The Chinese workers and peasants knew broadly what the Russians had done, and wanted to do the same. They trusted the Chinese Communist Party which they knew to be guided by the now world-famous leaders in Moscow. And yet it was the Communist leadership in Moscow which led the revolution in China to disaster. Step by step Stalin mismanaged it with such incompetence and dishonesty that, one year after the final defeat in December 1927, the name of the International stank in Shanghai and Canton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In April, 1927, the party had nearly 60,000 members, including 53.8 per cent workers; by July the percentage of workers in the party was seventy-five. On November 8, 1928, a circular of the Central Committee stated: &#8220;The party does not have a single healthy party nucleus among the industrial workers.&#8220; In 1930 not two per cent were workers. In 1935 at the Seventh Congress of the Communist International the secretary admitted that they had failed to make progress in organising the industrial workers. The blight that Stalin and Bucharin cast on the Chinese revolution in 1925-27 is still upon it.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STALIN'S TWO-CLASS PARTY&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Stalin had had as little to do with international politics as with economics. Now in his important position as Lenin's successor he continued the role he had begun in October, 1924, when he prophesied the imminent revolution in Europe. In May, 1925, the month in which the Shanghai strike began, he spoke at the University of the Peoples of the East and expounded his Leninism for the revolutionary movement in the Orient. There he put forward, for such countries as Egypt and China, what is from the Leninist point of view the most singular of all Stalin's conceptions, surpassing even the relegation to the dust-heap of basic capital. He proposed a two-class party, a party of workers and peasants &#8220;after the model of the Kuomintang.&#8220; Not all the red professors in Russia could find him any quotations from Lenin to support this doctrine, and the speech is remarkable as one of the few in the collected volumes which is not interspersed with &#8220;Lenin said.&#8220;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;They will have to transcend the policy of the united nationalist front, and adopt the policy of forming a revolutionary coalition between the workers and the petty bourgeois. This coalition may find expression in the creation of a single party whose membership will be drawn from among the working class and the peasantry, after the model of the Kuomintang. But such a party should be genuinely representative of the two component forces, the communists and the revolutionary petty-bourgeois. This coalition must see to it that the half-heartedness and duplicity of the great bourgeoisie shall be laid bare, and that a resolute attack shall be made upon imperialism. The formation of such a party, composed, as we have seen, of two distinct elements, is both necessary and expedient, so long as it does not shackle the activities of the Communists, so long as it does not hamper the agitational and propagandist freedom of the Communists, so long as it does not prevent the proletariat from rallying round the Communists, so long as it does not impair the Communist leadership of the revolutionary forces. But the formation of such a party is neither necessary nor expedient unless all these conditions are forthcoming; otherwise the Communist elements would become absorbed into the bourgeois elements and the Communists would lose their position as leaders of the proletarian army.&#8221; [4]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In that muddled blundering paragraph lay the germ of all the muddles and blunders which were to come. It is difficult to say where he got the idea of a party representing two classes from. It was due most probably to a misunderstanding of the phrase &#8220;the revolutionary democratic dictatorship of the proletariat and the peasantry.&#8221; That there can be only one proletarian or Communist Party, that a peasant may become a member of a Communist Party only by adopting the proletarian policy of the Communist Party, that a peasant party would be a separate entity led by the proletarian party, as the Social Revolutionaries formed a minority party in the Soviet Union between November 1917 and July 1918, that to talk about a party &#8220;composed, as we have seen, of two distinct elements&#034; in which Communists would not be shackled by peasants, was the very antithesis of all that Lenin had fought for, was in complete opposition to what the Communist International stood for, was, in fact, the most dangerous nonsense, especially in the mouth of the leader of the international proletariat. To point out all this, of course, was Trotskyism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Given Stalin's obstinacy and the servility of his subordinates, we can see today that from that moment the Chinese Revolution was doomed. For Stalin and Bucharin the revolution, according to Leninism, was a bourgeois-democratic revolution against the foreign imperialists, and therefore was to be carried out by the bourgeoisie organised in the Kuomintang and the nationalist army of the Canton Government which Borodin was training. The business of the proletariat and the peasantry, therefore, was to do nothing which would impede the bourgeoisie and the Kuomintang in their struggle. Not for nothing had they spent the previous two years abusing the Permanent Revolution and all its teachings as the main vice of Trotskyism. After the imperialists had been driven into the sea by the united nation, by all classes, except the biggest of the bourgeoisie, then the proletariat and peasantry would turn upon the bourgeoisie and conquer. This in 1925, after 1905 and 1917, after over twenty years of reading and expounding Lenin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;THE KUOMINTANG&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The two-class party Stalin envisaged on the model of the Kuomintang quickly developed into the four-class party of the Kuomintang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Kuomintang, whatever Sun Yat-Sen [5] and his wife might think, was a Government party ruling a large extent of territory in Southern China. By 1925 its membership consisted of about a quarter of a million, big bourgeoisie, factory-owners, petty-bourgeoisie, professional men and petty-traders, landowners, gentry, rich peasants and also, after the reorganisation by Sun Yat-Sen, working men and poor peasants. But the proletariat was being organised in Trade Unions under the leadership of the Communist Party. We have watched its steady growth. And the Kuomintang, as organised, could from its very nature have nothing to do with a revolutionary seizure of land by the poor peasants. There might be a Right Wing and a Left Wing (January 1926 there were 168 Lefts to 45 Rights and Centrists out of 278 delegates), but such a party could never lead a revolutionary proletariat and a revolutionary peasantry. Why should it? Not only in Lenin's thesis at the Second Congress, but also in supplementary theses presented at the Fourth Congress in 1922, the proletarian parties in the colonies had been warned against such parties, and in both sets of theses the Kuomintang had been mentioned by name as one of the specially dangerous. Trotsky therefore continued to demand that the Communist Party leave the Kuomintang. Whatever remote justification there might have been for its being in before, now that the revolution had begun, at all costs it must come out. It might be driven underground for a time. So had been the Bolshevik Party. The rise of the revolution would bring it out again with renewed force. Stalin and Bucharin condemned this as Trotskyism, and bound the Communist Party and the Chinese Revolution to the Kuomintang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;During 1925 the Left Wing of the Kuomintang had been following Sun Yat-Sen's directions, and like good Liberals displayed much sympathy for the workers' movements. [6] They had organised peasant leagues to fight against the Ming Tuans, a sort of Fascist militia on the countryside. But they warned the peasants against the seizure of land. That would come after, duly arranged by law. But even the formation of these peasant leagues had been causing dissatisfaction among the Right elements in the party.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Executive Committee, however, was Left, and the Executive Committee ruled between congresses. Stalin and Bucharin, through Borodin, supported the Left against the Right, that is to say supported the petty-bourgeois traders and small capitalists against their greater brethren. The Political Bureau of nine members was Left. Wang Chin-Wei (the same who was Prime Minister to Chiang Kai-Shek until a few months ago &#8211; a bullet caused his retirement) was head of the party and of the Canton Government. He was absolutely Left, and Borodin, the Russian representative, was high in favour with Wang Chin-Wei. Borodin, with Wang's support, drafted programmes for Kuomintang conferences which sounded revolutionary enough, and the Chinese Communist Party worked and grew within the shelter of the Left Kuomintang. But as the Shanghai strike began and unloosed the hundreds of thousands of striking workers on Canton itself, the Chinese bourgeoisie and landowners grew frightened and demanded the expulsion of the Communists. The Communists had now either to leave and fight for the revolution according to Lenin, or stay and fight for it according to the Left Kuomintang. Stalin chose the Left Kuomintang, and Borodin organised a plan of campaign to suit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;THE NORTHERN CAMPAIGN&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In the North Chang Tso-Lin, the pro-Japanese war-lord, had established a dictatorship in Pekin, and gathered some other military chiefs to oppose the nationalists in the South. Borodin and the Left Wing therefore outlined the national revolution as follows. In the coming spring the nationalist forces in the South under Chiang Kai-Shek would set out from Canton in the extreme South, raise the banner of revolution, conquering anti-nationalist Tchuns, uniting with those who wished a liberated China, and end by defeating Chang Tso-Lin and taking the ancient capital of Pekin. Chiang Kai-Shek was willing to lead this revolution but he did not wish to go marching off to Pekin and leave a Radical Kuomintang Government under the influence of Borodin behind him. Yet his party needed the temporary support of the International. It applied for membership as a sympathising party. The Stalinists agreed, as usual Trotsky alone dissenting. To the two plenums of the Executive Committee held in February and again in November, Chiang sent fraternal delegates. He and Stalin exchanged portraits. But on March 20, 1926, while Borodin was out of Canton, Chiang Kai-Shek coalesced with the Right Kuomintang, staged a coup d'etat, seized power and forced Wang Chin-Wei, and other Radical members of the Kuomintang to fly from the country. He had acted too early. He had control of the army, but the nationalist movement was too weak as yet to progress without mass support. There was a sharp reaction against Chiang, and in May Left and Right Wing were reconciled. But Chiang Kai-Shek became head of the party in place of Wang Chin-Wei, and at the May plenum in 1926 he laid down harsh terms. The Communist Party was pledged not to criticise the anticlass struggle doctrines of Sun Yat-Sen. It was compelled to give a list of its members in the Kuomintang to Chiang Kai-Shek (so that he could put his hands on them when he wanted them). It was forbidden to allow its members to become heads of any party or government department. In all important committees its members were limited to one. Members of the Kuomintang were forbidden to join the Communist Party. Borodin, under Stalin's orders, agreed to all these conditions. In return Chiang Kai-Shek expelled some of the members of the Right Wing. (They went to Nanking to await him there.) Thus at the moment when the revolution needed the leadership of the Communist Party Stalin tied it hand and foot. Marxism apart, Chiang Kai-Shek stood revealed. Stalin, however, follows his policies to the end and never gives away to Trotskyism. The news of this coup d'etat would have reinforced Trotsky's insistence that the Communist Party leave the Kuomintang at once. Stalin proved his own policy correct by his favourite method of argument. He suppressed the news. When news of the coup d'etat eventually leaked out, the International Press Correspondence of April 8, 1926, called it a &#8220;lying report.&#8221; In the May 6 issue of the same journal Voitinsky, one of the Russian delegation under Borodin, called it &#8220;an invention of the imperialists.&#8220; Thus encouraged, Chiang made all strikes in Canton illegal, Borodin agreeing.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;With his rear tolerably safe from revolution, Chiang set out in July to the North, ostensibly to fight the militarists. He carried with him printing presses and a huge propaganda apparatus, developed and run by Communists, who put forward Chiang's slogans. Believing him to be the leader of the revolution, the masses rushed to his support and the anti-nationalist armies crumbled. As he gained confidence Chiang suppressed Trade Unions, the peasant leagues and the Communists. His support fell away. He recalled the Communists, who came willingly, again did propaganda for him, using the prestige of the October Revolution and the Soviet State in the service of Chiang Kai-Shek, the leader of the revolution. Where the Bolsheviks in Russia had called for Soviets and the confiscation of the land, the Communists now agitated for better working conditions and a twenty per cent reduction in rent. That was all Chiang would allow them to do. Chiang resumed his triumphant progress. By September the Yangtze valley was in his hands, and Stalin and Bucharin and the Internationalist Press were delirious with joy. By October his army had captured the important triple town of Hankow, Wuchang and Hanyang, known as Wuhan. The Kuomintang Government was moved from Canton to Wuhan, and before it left Canton it called off unconditionally the Hong-Kong &#8211; Canton strike. This had lasted with undiminished vigour for sixteen months and in all its aspects it is the greatest strike in history. In Canton also the Kuomintang provincial Left Wing was replaced by the Right, the famous workers' guard was disarmed, revolutionary workers were arrested, workers were forbidden to agitate among the peasantry, anti-English demonstrations were prohibited, and the gentry or small landowners in the villages encouraged. The Communist Party leadership submitted to everything. And as the news of all this leaked through to Russia, in Moscow the internal struggle between Stalin's Leninism and Trotskyism was now extended to Stalin's Kuomintang policy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;REVOLUTION FOR RENT REDUCTION&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In July 1926 Radek, a member of the Opposition, rector of Sun Yat-Sen University in Moscow, wrote to the Politbureau of the C.P.S.U. and asked for answers to a series of questions so that he might bring his lectures into harmony with the policy of the International in China. The questions were awkward. What was the attitude of the party to the military dictatorship of Chiang Kai-Shek initiated after the coup d'etat of March, 1926, and supported by Borodin? What work was the Kuomintang doing among the peasantry? A manifesto had been issued by the Central Committee of the Chinese party, part of which ran: &#8220;We must carry on a minimum of class struggle, and when the policy of the Communist Party is designated as Bolshevik, it is not a matter of Bolshevism but of Bolshevism in the interests of the whole nation.&#8221; Did Stalin approve of this as Leninism?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Radek received no reply. He wrote a second letter in July. There was no reply. He wrote again in September. Still no reply. Stalin and Bucharin dared not as yet say openly that they were responsible for the instructions to the Communist Party of China to do nothing which would accelerate any conflict with Chiang Kai-Shek. But in November, 1926, after the Seventh Plenum of the E.C.C.I. (at which a fraternal delegate from Chiang Kai-Shek took part), the Executive issued a manifesto. Stalin had proposed a two-class party; Martynov, one of his henchmen, made the Kuomintang into a three-class party. Now this manifesto defined the revolutionary movement as a bloc of four classes, comedy in the mouths of Liberal bourgeois seeking to deceive the masses, but a shameful crime coming from Lenin's International not three years after his death.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;The proletariat is forming a bloc with the peasantry (which is actively taking up the struggle for its interests) with the petty urban bourgeoisie and a section of the capitalist bourgeoisie. This combination of forces found its political expression in corresponding groups in the Kuomintang and in the Canton Government. Now the movement is at the beginning of the third stage on the eve of a new class combination. In this stage the driving forces of the movement will be a bloc of still more revolutionary nature &#8211; of the proletariat, peasantry and urban petty bourgeoisie, to the exclusion of a large section of the big Capitalist bourgeoisie. This does not mean that the whole bourgeoisie as a class will be excluded from the arena of the struggle for national emancipation, for besides the petty and middle bourgeoisie, even certain strata of the big bourgeoisie may, for a certain period, continue to march with the revolution ...&#8220;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What pen wrote this we cannot say. But there can be no mistake about the originator of these ideas. It was the same who called the struggle between Lenin and Trotsky a storm in a tea-cup, and urged support of the Provisional Government in 1917.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On the future Chinese Government Stalin had travelled far since the two-class party.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;The structure of the revolutionary State will be determined by its class basis. It will not be a purely bourgeois democratic State. The State will represent the democratic dictatorship of the proletariat, peasantry and other exploited classes. It will be a revolutionary anti-imperialist government of transition to non-capitalist (Socialist) development ...&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;All of which meant that the Kuomintang would govern henceforth.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Boldly the manifesto came out for the agrarian revolution:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;The national Government of Canton will not be able to retain power, the revolution will not advance towards the complete victory over foreign imperialism and native reaction, unless national liberation is identified with agrarian revolution ...&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This sounded grand enough, but it was only one of the flourishes which Stalin habitually uses as a preface to the blackest reaction. The next paragraph was many flights lower:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;While recognising that the Communist Party of China should advance the demand for the nationalisation of the land as its fundamental plank in the agrarian programme of the proletariat, it is necessary at the present time, however, to differentiate in agrarian tactics in accordance with the peculiar economic and political conditions prevailing in the various districts in Chinese territory ...&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This meant simply that the views on property of Chiang Kai-Shek and the Kuomintang leaders of the revolution were to be respected. What, therefore, was the revolutionary programme? It had to be a programme that Borodin and Chiang could carry out peacefully together.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;The Communist Party of China and the Kuomintang must immediately carry out the following measures in order to bring over the peasantry to the side of the revolution.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And the first of a long list of demands was:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; To reduce rents to the minimum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Stalin and Bucharin were asking the peasants of China to make a revolution in order &#034;to reduce rents to the minimum.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Not once was the word Soviet mentioned, and the manifesto took good care to exclude every possibility of the organisation of one. &#8220;The apparatus of the National Revolutionary Government provides a very effective way to reach the peasantry. The Communist Party must use this way.&#8221; The Kuomintang therefore was to make the peasant revolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chiang had severely limited the participation of the Communists in the organisation of the Kuomintang. Stalin and Bucharin, having hidden this from the International, with their tongues in their cheeks proceeded as follows:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;In the newly liberated provinces State apparatuses of the type of the Canton Government will be set up. The task of the Communists and their revolutionary allies is to penetrate into the apparatus of the new Government to give practical expression to the agrarian programme of national revolution. This will be done by using the State apparatus for the confiscation of land, reduction of taxes, investment of real power in the peasant committees, thus carrying on progressive measures of reform on the basis of a revolutionary programme ...&#8220;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;They then dealt the now traditional blow at Trotskyism:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;In view of this and many other equally important reasons, the point of view that the Communist Party must leave the Kuomintang is incorrect ...&#8220;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The manifesto showed that they knew quite well the nature of the Kuomintang Government in Canton: &#8220;Since its foundation the real power of the Canton Government has been in the hands of the Right Wing Kuomintang (five out of the six commissars belong to the Right Wing) ...&#8221; But they called on the Communists to enter this Government to assist the revolutionary Left Wing against the right. As if four revolutionary classes were not enough they envisaged five.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;The Communist Party of China must strive to develop the Kuomintang into a real Party of the People &#8211; a solid revolutionary bloc of the proletariat, peasantry, the urban petty bourgeoisie and the other oppressed and exploited classes which must carry on a decisive struggle against imperialism and its agents ...&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Stalin and Bucharin might talk about bourgeois-democratic revolution and the democratic dictatorship of proletariat and peasantry and the remaining classes which made up the five, but the Kuomintang Canton Government with five Right-wingers out of its six commissars was quite good enough for them.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;The Canton Government is a revolutionary State primarily owing to its anti-imperialistic character ...&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The industrial programme of the revolution was to be:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;(a) Nationalisation of railways and waterways.&lt;br class='autobr' /&gt;
(b) Confiscation of large enterprises, mines and banks having the character of foreign concessions.&lt;br class='autobr' /&gt;
(c) Nationalisation of land to be realised by successive radical reform measures enforced by the revolutionary State.&#8221; [7]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;For twelve years before 1917 the Bolsheviks had tirelessly preached the simple slogans, the democratic republic, the eight-hour day, the land for the peasants. Yet with the Chinese proletariat already in action and millions of hungry peasants ready to fight, this was the programme and policy imposed on them with all the authority of the October Revolution and the Communist International. This cruelly deceptive and dangerous document went to Borodin and the Communist Party of China, through them to demoralise the ardent but trusting Chinese masses and lead scores of thousands into the death-trap of the Kuomintang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;THE REVOLUTION CHAINED&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But it was all that Borodin and the Communist Party could do to hold back the Chinese masses. By January 1927 the membership of the C.P. was nearly 60,000; the Young Communist League of China was 35,000, and the organised workers, 230,000 in 1923, were now 2,800,000, a greater number than in the Russia of October 1917. However much Stalin might wish to hold them down in order not to displease Chiang Kai-Shek, the masses in Canton and Wuhan could feel on their backs the blows of reaction. In the Southern provinces by March 1927 ten million peasants had been organised in the peasant leagues. In Hupeh the peasants were already seizing the land on a large scale. Furthermore, Chiang Kai-Shek's treachery, made so clear in March, was now becoming open to the masses. In the early months of 1927 he was carrying on negotiations with the Japanese and the pro-Japanese reactionary war-lords; and the Communist Party knew it. The nearer he got to Shanghai the more he threw off the thin mask. Since December he had been in open conflict with Borodin, Galen and other Communists. But their only strength lay in the mass movement, and this they had, by Stalin's manifesto, to subordinate to the Kuomintang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suddenly the masses broke away. On January 3 the workers and petty-bourgeoisie of Hankow were holding a meeting near the British concession. The British authorities got into conflict with them and the masses spontaneously occupied the concession, organised a workers' guard and maintained control. The revolution in the South flared up again, and so powerful wave of nationalist sentiment flowed through the country that even the Japanese supporter, Chang Tso-Lin in Pekin, found it politic to speak of the return of the concessions. Chiang Kai-Shek, now at Nanking, then as today a stronghold of reaction, afraid of the militant workers in the South, demanded that the Government seat should be transferred to Nanking. But the Left Kuomintang, between whom and Chiang there had always been almost open hostility, insisted that according to a resolution passed in Canton the Government should remain at Wuhan. For weeks there existed practically two Kuomintang Governments, two central committees, two political bureaux. Chiang, not yet ready to come out openly against the International, praised Trotskyism because the Trotskyists were demanding the withdrawal of the party from the Kuomintang. [8] In the Russian delegation three young Communists (all anti-Trotskyists), Nassonov, Fokine and Albrecht, were chafing at the suicidal policy of Borodin. The bold action of the Chinese proletariat at Hankow had given Borodin an opportunity. The Left Kuomintang rallied round him and stiffened its resistance to Chiang Kai-Shek. But Borodin, shackled by Stalin, did not know what to do. To the masses holding Hankow neither Borodin nor the Chinese party gave any directives. Instead they rebuked the workers who had formed the guard and were keeping order in Hankow.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nassonov, Fokine and Albrecht urged Borodin to leave Shanghai and go to Wuhan to rally the Left Kuomintang, initiate a broad mass campaign on the rising militancy of the masses, explain that the quarrel over the Government seat was not personal but political, and demand openly from Chiang Kai-Shek a clear and distinct political declaration. Borodin stuck to Stalin's manifesto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chiang took the offensive, and he and the bourgeois and imperialist press brought the struggle against Borodin into the open. On February 21 Chiang delivered a pogrom speech against the party, and the conflict could no longer be hidden. Borodin and the party remained silent before the bewildered masses. Urged to unloose the peasant movement against Chiang, they declared that the peasants did not want land.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;THE REVOLUTION MURDERED&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In Shanghai the revolutionary proletariat, roused to fever-heat by the victories and approach of Chiang Kai-Shek, the leader of the revolution, received the news that Chiang had defeated Sun Chang-Fang, the reactionary feudal general who dominated Shanghai and the surrounding area. The joy of the workers broke out on February 18 into a spontaneous general strike in which 300,000 workers joined. A section of the petty-bourgeoisie shut up their shops and joined in the strike, the fleet came over to the side of the workers and the strike developed into an armed uprising. A detachment of Sun Chang-Fang's troops in the city broke under the strain. Some began to loot and pillage, others wanted to join the nationalist revolution. But the Chinese Central Committee, which did not expect the strike, deliberated as to whether the rising should take place or not, even while it was taking place. No directives were issued. The slogans were &#8220;Down with Sun Chang-Fang,&#8221; and &#8220;Hail the Northern Expedition,&#8221; &#8220;Hail Chiang Kai Shek.&#8221; Not one anti-imperialist slogan was issued in Shanghai, the centre of foreign imperialism in China. The movement collapsed.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nassonov, Fokine and Albrecht, seeing the revolution being destroyed by those who were supposed to lead it, sent to Moscow a long and bitter complaint against the leadership of Borodin and the leaders of the Chinese Communist Party.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;The slogan of the democratic national assembly, which we had advanced shortly before the strike, was conceived of as a new means of combinations at the top, and was not launched among the masses. As a result, we let slip an exceptionally favourable historical moment, a rare combination of circumstances, where power lay in the streets but the party did not know how to take it. Worse still, it didn't want to take it; it was afraid to.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Thus, the Right tendency, which has already contaminated the party for a year, found a crass and consummate expression during the Shanghai events, which can only be compared with the tactics of the German Central Committee in 1923 and of the Mensheviks during the December uprising in 1905. Yet there is a difference. It lies in the fact that in Shanghai the proletariat had considerably more forces and chances on its side and, with an energetic intervention, it could have won Shanghai for the revolution and changed the relationship of forces within the Kuomintang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;It is not by accident that the leadership of the Chinese Communist Party committed these errors. They flowed from the Right Wing conception of the revolution, the lack of understanding of the mass movement and the complete lack of attention towards it.&#8221; [9]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But the Right Wing conception of the revolution which had contaminated the party for a year had come from Stalin. Stalin dealt with the protest against his policy in the usual manner. He suppressed the letter, recalled Nassonov in disgrace and banished him to America.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;While the Shanghai proletariat fought, Chiang Kai-Shek, but two days march outside the city, would not enter. He waited while the soldiers of the reaction &#8220;bled&#8221; the workers. (The military governor of Shanghai was later to receive a command in Chiang's army.) Instead Chiang spread terror in the outlying provinces. Nassonov and his friends had written their despairing letter on March 17, in the belief that the Shanghai proletariat was crushed for some time to come. But on March 21 the workers of Shanghai again rose spontaneously, and this time drove out the Northern forces. Millions of workers all over the globe have suffered at the hands of the Stalin-dominated International, but none so much as the valiant proletariat of Shanghai. For three weeks they held the city. By this time the masses knew that Chiang Kai-Shek meant mischief, for his army had stood outside the gates for several days while they fought with the reactionaries inside. The majority of the workers wished to close the gates to Chiang and fight him. But Stalin's orders were rigid. Mandalian, a Communist official in Shanghai at the time, has written that the orders to the workers were &#8220;not to provoke Chiang&#8221; and &#8220;in case of extreme necessity to bury their arms,&#8221; [10] and Bucharin, in his Problems of the Chinese Revolution, has confirmed this. From Chiang's army itself came a warning of the coup that Chiang was preparing. His army was not homogeneous, and contained elements devoted to the revolution. Certain sections of Chiang's army entered the city but took no action. The first division was led by Say-O, who had been promoted from the ranks, and he and his division were in sympathy with the mass movement. Chiang Kai-Shek knew this and hated Say-O. While the main army stood outside the gates of Shanghai, Chiang called Say-O to headquarters, received him coldly and proposed that he leave the city and go to the front. Say-O sought the Central Committee of the Chinese Communist Party and told them that he would not go back to Chiang Kai-Shek because he feared a trap. He was willing to remain in Shanghai and fight with the workers against the counter-revolutionary overthrow which Chiang was preparing. Tchen Diu-Su and the leaders of the Chinese party told him that they knew the overthrow was being prepared, but that they did not want a premature conflict with Chiang Kai-Shek. Say-O therefore led his division out of the city. [11]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But the split in the Kuomintang ranks and the coming treachery of Chiang were now no secret and were openly discussed even in the imperialist press. The Chinese party holding fast to Moscow, reassured the doubting Shanghai workers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On April 6 Stalin addressed a meeting in Moscow, and the meeting unanimously adopted a resolution condemning Trotskyism and endorsing the line of the Chinese Communist Party:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;This meeting considers the demand that the Communist Party of China leave the Kuomintang to be equivalent to the isolation of the C.P. of China and the proletariat from the national movement for the emancipation of China and further considers this demand to be absolutely false and erroneous.&#8221; [12]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;All over the world the Communist International, drugged by the Stalinist policy and the Stalinist lies, was waiting for the victory of Chiang Kai-Shek. On March 23 the Communist Party of France held a great meeting in Paris at which appeared Cachin, Semard and Monmousseau. They sent a telegram to Chiang Kai-Shek:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;The workers of Paris greet the entry of the revolutionary Chinese army into Shanghai. Fifty-six years after the Paris Commune and ten years after the Russian, the Chinese Commune marks a new stage in the development of the world revolution.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But the Shanghai workers knew that Chiang was a traitor. The British and Americans bombarded Nanking and killed 7,000 Chinese and the imperialists were openly inciting Chiang against the workers. To allay feeling, therefore, Communist Party and Kuomintang issued a joint manifesto in Shanghai on April 6. In all the misleading literature of the Stalinist International this manifesto is perhaps the most criminal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;The national revolution has reached the last basis of imperialism in China, Shanghai. The counter-revolutionaries both inside and outside China are spreading false reports in order to bring our two parties in opposition to each other. Some say that the Communist Party is preparing to form a Worker's Government, to overthrow the Kuomintang and to recover the concessions by force of arms. Others say that the leaders of the Kuomintang intend to make war on the Communist Party, to suppress the labour unions and to dissolve the workers' defence organisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Now is not the time to discuss the origin of these malicious rumours. The supreme organ of the Kuomintang declared at its last plenary session that it has not the least intention of attacking the Communist Party or of suppressing the labour unions. The military authorities in Shanghai have declared their complete allegiance to the Central Committee of the Kuomintang. If differences of opinion exist they can be amicably settled. The Communist Party is striving to maintain order in the freed territories. It has already completely approved of the tactic of the National Government not to attempt to force a return of the concessions by armed force. The trades council of Shanghai has also declared that it will make no attempt to enter the concession by violence. At the same time it declared that it fully approved of the co-operation between all oppressed classes through the formation of a local government. In face of these facts, there is no basis whatever for these malicious rumours.&#8221; [13]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On April 12 Chiang Kai-Shek, having concluded his arrangements with the imperialists, launched the terror on the Shanghai workers. Chiang's long-sword detachments marched through the streets, executing workers on the spot; some of the strikers in the Railway Department were thrown into the furnaces of the locomotives. Communist Party, Trades Union movement, all workers' organisations, were smashed to pieces and driven into illegality. The Chinese counter-revolution, backed by imperialism, reigned triumphant in Shanghai, while Stalin and Bucharin in Moscow led the whole Communist International in an ear-piercing howl of treachery.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Shanghai might be lost, but one thing had to be saved &#8211; Stalin's prestige against Trotskyism. In the following month at the Eighth Plenum of the E.C.C.I., Stalin exposed the mistakes of the Opposition:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;The Opposition is dissatisfied because the Shanghai workers did not enter into a decisive battle against the imperialists and their myrmidons. But it does not understand that the revolution in China cannot develop at a fast tempo. It does not understand that one cannot take up a decisive struggle under unfavourable conditions. The Opposition does not understand that one cannot take up a decisive struggle under unfavourable conditions. The Opposition does not understand that not to avoid a decisive struggle under unfavourable conditions (when it can be avoided), means to make easier the work of the enemies of the revolution ...&#8220;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;For at the Eighth Plenum Stalin and Bucharin insisted that the Communists should remain within the Kuomintang and should now support the Left Kuomintang and the Wuhan Government as leaders of the revolution. Wang Chin-Wei was substituted for Chiang Kai-Shek. Borodin in China was sending urgent messages to Stalin telling him that the Kuomintang leaders in Wuhan were determined to prevent the growing agrarian revolution even at the cost of a split with Moscow. From Stalin's point of view the only thing was to hold the agrarian revolution in. For him now the Left Kuomintang Government at Wuhan, with two Communists in it and supported by Feng Yu-hsiang, (the Christian general)[14] was now the Revolutionary Government, and its head, Wang Chin-Wei was immediately baptised leader of the Chinese Revolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It is at this stage that the personal responsibility of Stalin (and Bucharin) assumes international proportions. They could have changed the policy then. It is true that Stalin had the power he held because he was the ideal representative of the bureaucracy. But a change of policy did not in any way involve the internal position of the bureaucracy. Proof of this is that in a few months the policy was violently changed. But Stalin's stubborn ignorance and political blindness held the revolution down.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seven years before Lenin had said China was ripe for Soviets. Now, in May, 1927, after two years of revolution, Stalin rejected outright the policy of Soviets for which the Left Opposition pressed.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Now can we say that the situation in Russia from March to July 1917 represents an analogy to the present situation in China? No, this cannot be said ... The history of the workers' Soviets shows that such Soviets can exist and develop further only if favourable premises are given for a direct transition from the bourgeois-democratic revolution to the proletarian revolution ...&#8221;[15]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky, though conscious that against the Stalinised International arguments were useless, led the attack of the Left Opposition with undiminished vigour and courage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Stalin has again declared himself here against workers' and peasants' Soviets with the argument that the Kuomintang and the Wuhan Government are sufficient means and instruments for the agrarian revolution. Thereby Stalin assumes, and wants, the International to assume the responsibility for the policy of the Kuomintang and the Wuhan Government, as he repeatedly assumed the responsibility for the policy of the former &#8216;National Government' of Chiang Kai-Shek (particularly in his speech of April 5, the stenogram of which has, of course, been kept hidden from the International) ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;The agrarian revolution is a serious thing. Politicians of the Wang Chin-Wei type, under difficult conditions, will unite ten times with Chiang Kai-Shek against the workers and peasants. Under such conditions two Communists in a bourgeois Government become impotent hostages, if not a direct mask for the preparation of a new blow against the working masses. We say to the workers of China: The peasants will not carry out the agrarian revolution to the end if they let themselves be led by petty-bourgeois radicals instead of by you, the revolutionary proletarians. Therefore, build up your workers' Soviets, ally them with the peasant Soviets, arm yourselves through the Soviets, shoot the generals who do not recognise the Soviets, shoot the bureaucrats and bourgeois Liberals who will organise uprisings against the Soviets. Only through peasants' and soldiers' Soviets will you win over the majority of Chiang Kai-Shek's soldiers to your side ...&#8221;[16]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Plenum adopted a resolution against Trotskyism:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Comrade Trotsky ... demanded at the Plenary Session the immediate establishment of the dual power in the form of Soviets and the immediate adoption of a course towards the overthrow of the Left Kuomintang Government. This apparently ultra-Left but in reality opportunist demand is nothing but the repetition of the old Trotskyist position of jumping over the petty bourgeois, peasant stage of the revolution.&#8220;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barring a note which said that the line of the C.I. had been quite correct, no accounts of this May Plenum were ever published until a year after, long after the Opposition had been expelled and had made some of the documents public. For even while the Plenum was sitting the generals seized power in the province of Honan, a month later Feng Yu-hsiang allied himself with Chiang Kai-Shek, and before another month Wang Chin-Wei, the new leader of the revolution, and the Wuhan Government had come to terms with Chiang Kai-Shek and put to the sword the workers' movement in Wuhan. Even more bitter than that of the workers of Shanghai was the experience of the peasants in the revolutionary district of Changsha, an important revolutionary centre near to Wuhan. The Kuomintang army in Changsha consisted of only 1,700 soldiers, and the peasants around had armed detachments consisting of 20,000 men. When the peasants heard that the counter-revolutionary generals had started to crush the national movement they gathered round Changsha, preparing to march on the city. But at this point a letter came from the Central Committee of the Chinese Communist Party. Faithful to their instructions from the great revolutionists in Moscow, they told the peasants to avoid conflict and to transfer the matter to the Revolutionary Government in Wuhan. The District Committee ordered the peasants to retreat. Two detachments failed to get the message in time, advanced on Wuhan itself and were there destroyed by the soldiers of Wang Chin-Wei.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CONFUSION IN THE OPPOSITION&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The pitiless exposure of the false policy in China only intensified Stalin's attacks against the policy of the Opposition at home, and confusion in the ranks of the Opposition gave Stalin and Bucharin the opportunity to win ideological victories. In the early stages of the Chinese Revolution, Zinoviev, as President of the Communist International, had lent himself to Stalin's Leninism. When the Zinoviev-Trotsky bloc was formed, Trotsky's uncompromising stand for the immediate withdrawal from the Kuomintang which he had maintained since 1923 was voted down by Zinoviev, and Trotsky was compelled for the sake of discipline to moderate his demand for the immediate withdrawal. Stalin and Bucharin knew quite well the differences between Trotsky and Zinoviev, but seized on this divergence and made great play with it against the Opposition, while Chiang Kai-Shek and Wang Chin-Wei massacred tens of thousands of deluded Chinese workers and peasants. After Wuhan the Trotsky Wing won over the Zinoviev Wing and came out unequivocally for the withdrawal from the Kuomintang. Stalin still refused.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;THE EBB MISTAKEN FOR THE FLOW&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The proletariat had been totally defeated in Shanghai and Wuhan. The peasant movement, which was to show its force a year later, was still hobbled by the Stalinist policy. As always, this was the time chosen by Stalin to make a sharp turn to the Left. Soviets, inadmissible in May, were in July proclaimed the immediate task. Prestige, however, had to he maintained. The first thing to do was to throw the blame on the leadership in China, which was condemned root and branch. Bucharin did the dirty work and let loose a stream of abuse on them. A new representative was sent to replace Borodin. Telegrams from Moscow called a hasty conference. A new leadership was set up and the course set for mass revolt. The Left Opposition raised a protest at the cruel massacres and disillusionment which would inevitably follow. They were now violently abused as liquidationists. On August 9 a joint session of the Central Committee and of the C.P.S.U. made the following declaration: &#8220;The Chinese Revolution is not only not on the ebb, but has entered upon a new higher stage ... Not only is the strength of the toiling masses of China not yet exhausted, but it is precisely only now that it is beginning to manifest itself in a new advance of the revolutionary struggle.&#8221; On this dreadful orientation the defeated revolution was pounded to pieces. Rising after rising, doomed in advance to failure, destroyed some of the finest and bravest of the Chinese revolutionaries. On September 19, after two risings had been crushed, the Kuomintang was abandoned at last. But Moscow still preached the rising of the revolution to a higher stage and inevitable victory.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;All in China who opposed this policy were driven ruthlessly out of the party. In Moscow the Left Opposition were jeered at as counter-revolutionary. This was the Leninism that led to the ill-fated Canton insurrection in December 1927, when, without preparation, without a sign as yet of a mass peasant rising, with thousands of Kuomintang soldiers in and near Canton, the Communist International encouraged the workers to seize the city which they held for two or three days. The insurrection had been timed to coincide with the Fifteenth Congress of the Russian Party, where Stalin was expounding the mistakes of the Opposition. Over seven thousand workers paid with their lives for this last Stalinist adventure. From first to last 100,000 Chinese workers and peasants lost their lives, making the Kuomintang revolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Some Communists who escaped from the Canton Commune with other remnants of the revolutionary movement, insurgent peasant-bands and ex-Kuomintang soldiers, raised the countryside in Central China and formed Soviet China. With the proletarian movement dead the Chinese Peasant Soviets were bound to be defeated, but it took Chiang Kai-Shek six years to do it and demonstrated what could have been accomplished in China by a combination of proletariat and peasantry. The remains of the Red Army are now wandering somewhere in North China. While Red China lasted, the Communist International, in writings and speeches, trumpeted. Not so Stalin. With the defeat of the revolution his open role as revolutionary strategist came to a final end. In the second volume of his collected speeches there is only one direct reference to the revolution. It is in the best Stalinist vein, and deserves consideration. It is one of those revealing statements which explain so many things in the history of Soviet Russia. &#8220;It is said that already a Soviet government has been formed there. If that is true, I think it is nothing to be surprised at. There can be no doubt that only the Soviets can save China from final collapse and beggary.&#8221; [17] Thus the leader of the international proletariat in his political report to the Sixteenth Congress. But not only on revolution in China has he been silent. Never since has he openly taken upon himself the responsibility for the policy of the International. He could send the Opposition to Siberia and pass innumerable resolutions condemning their policy and justifying his own, which would have been successful but for the mistakes of the leadership in China. But nothing could wipe away his responsibility for the hideous failure there, and he would not run that risk again.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What explanation can be given of the policy in China between 1923 and 1927? Bucharin's share in it may be neglected. Stalin has used one after the other of the old Soviet leaders as his mouth-piece: and then cast them aside if the policy failed. The policy was his. What lay behind it? Not conscious sabotage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;That was to come later. Stalin spent enormous sums in China. He knew that a successful Chinese Revolution would enormously strengthen Russia in the Far East, the failure would leave Russia in the position she is in today, with the Chinese Eastern Railway lost, threatened by both China and Japan. He wanted a Chinese Revolution, but he had no belief in the capacity of the Chinese masses to make one. This man of steel, fierce Bolshevik, etc., is first and foremost a bureaucrat (and is therefore the representative man of the Russian bureaucracy). Like Blum, Citrine, Wels, Leipart, Otto Bauer and the other Mensheviks, he believes in the bourgeoisie far more than he believes in the proletariat. He was prepared in 1917 to support the Russian bourgeoisie rather than depend upon the international proletariat. In 1925&#8211;1927, despite all facts and warnings, he stuck to Chiang Kai-Shek and Wang Chin-Wei. The consequences, however, did not lead him to recognise error. It had the opposite result. The bureaucracy now not only in theory but in fact turned its back on the revolution. Henceforward the International had one exclusive purpose &#8211; the defence of the U.S.S.R.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Footnotes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] He (Mackinley) has told us himself. See Imperialism, the Last Stage of Capitalism, by Lenin, in the Little Lenin Library. Martin Lawrence, p. 126.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] See p. 63.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Lenin's thesis to the Second Congress should be read in full, in order to understand how clearly he saw the main business of the Chinese proletarian party to be opposition to the bourgeois leadership.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Leninism, Vol. I, p. 278&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] He died in March 1925, and later, as the Chinese bourgeoisie was revealed in its true colours, Madame Sun became a Communist.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] As has been pointed out the Social Democrats do more; they even organise and lead it.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] The manifesto appears in full in The Communist, March, 1927.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Stalin's representatives in Shanghai stated explicitly Chiang's treacherous reason for so doing.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Problems of the Chinese Revolution, by L. Trotsky, Pioneer Publishers, New York. The letter is printed as an appendix. Its authenticity cannot be doubted, for Andrews, the British Stalinist, quotes from it (most probably unwittingly) in Where is Trotsky Going? by R.F. Andrews, p. 57. Cp. Problems, p. 404. See also note on p. 256 of this book.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] International Press Correspondence. French edition, March 13, 1927.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] This narrative Trotsky, who is our authority here, claims was told to the sixteenth session of the XV Congress of the C.P.S.U., December 11, 1927, by Chitarov, home from China. Stalin had the most damaging passages deleted from the minutes and Trotsky quotes the pages, 32 and 33, of the chief omissions. The fanatical obedience of the leadership was due to the prestige of Stalin as representative of the Russian Revolution and the strong backbone of control from above in the International. We shall see it even more strikingly and with more disastrous consequences in Germany, 1930&#8211;33.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] International Press Correspondence, April 14, 1927.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] International Press Correspondence, April 14, 1927.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] He made his soldiers sing Methodist hymns every day, and say grace at meals. America, it was stated, backed him.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] Minutes of the Plenum, German edition, Hamburg-Berlin 1928, p. 66. See Third International after Lenin, by L. Trotsky, p. 840&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] Problems of the Chinese Revolution, pp. 102 and 103.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] Leninism, Vol. II, p. 318.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>A FOURTH INTERNATIONAL, THE ONLY HOPE</title>
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THERE IS A LOGIC IN HISTORY AND DESPITE ALL THE rich and strange episodes of historical evolution there is a consistent line which can be followed. We can see the future of the Third International in the role it plays in the Spanish revolution. THE SPANISH REVOLUTION &lt;br class='autobr' /&gt;
When Franco launched his attack on the Popular Front Government, that hybrid showed exactly what is to be expected from these political combinations of bourgeoisie and (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;C.L.R. James
&lt;p&gt;A FOURTH INTERNATIONAL, THE ONLY HOPE&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;THERE IS A LOGIC IN HISTORY AND DESPITE ALL THE rich and strange episodes of historical evolution there is a consistent line which can be followed. We can see the future of the Third International in the role it plays in the Spanish revolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;THE SPANISH REVOLUTION&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;When Franco launched his attack on the Popular Front Government, that hybrid showed exactly what is to be expected from these political combinations of bourgeoisie and workers in a revolutionary period. Two Governments seeking to negotiate with Franco fell in quick succession, and but for the workers and peasants the Popular Front would have been swept off the stage. But instead of calling upon the workers to lead the peasants in the Socialist revolution, the Third International, in and out of Spain, has continued with an intensive propaganda for Spanish democracy. The drive of the revolution in Spain has thrown the bourgeois one by one out of the Popular Front Government in Madrid. In Catalonia, the industrialised section of Spain, the workers, though not knowing Marxian economics, had instinctively seized bourgeois property in the very first days of the counter-revolution &#8211; as clear an indication of the future course of proletarian revolutions as the stay-in strikes in France &#8211; and Companys could remain in the Government only by pretending to be a Socialist. The Third International, however, continues to hold up the revolution with its new love for democracy. The Stalinists today do not want a Red Spain. It will only fail. Worse still a Red Spain will start the revolutionary movement surging in Europe again. It would mean an upheaval in France. Not only do they not want a Red Spain, they will fight to prevent it. The Stalinist bureaucracy was willing to support non-intervention at first, just one stage beyond its German policy of letting Fascism come in. But the workers in Western Europe could not understand the neutrality of the Soviet Union; then came the tardy realisation of the fact that Fascism in Spain might weaken the free, strong and happy democratic France, which the Soviet bureaucracy needed so badly as an ally against Germany. Stalin and the bureaucracy decided to assist Spain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bourgeois democracy is doomed in Spain. It is the breakdown of parliamentary democracy which breeds Fascism. Before the actual conflict the Social Democratic workers can be rallied on the slogans of the defence of their democratic rights, yet to attempt to crush Fascism by the maintenance of parliamentary democracy is to lead the workers to ruin. The choice lies between the capitalist Fascist dictatorship, or the Socialist Workers' State. If the workers are to win against Franco and his German and Italian allies, they can win only as the Bolsheviks won, on the slogans of the land for the peasants, the confiscation of bourgeois property, and the revolution of the Moors in Franco's rear. The war must be a revolutionary war by workers and peasants organised in Soviets or other workers organisations. But the Soviet bureaucracy made the fight for a democratic Spain a condition of assistance; and the bureaucracy and its agents, though active against Franco, are now preventing Spanish workers and peasants from doing the very things that created Soviet Russia. They want no change in Europe. The Third International pushes yet another revolution to disaster. Blum also supports Caballero against Franco.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The United Front between Spanish Social Democracy, French Social Democracy and the Soviet bureaucracy controlling the Third International is established in defence of bourgeois democracy, i.e. Capitalism, in Spain. But the Soviet bureaucracy with more to lose is much the most reactionary of the three. In Catalonia the P.O.U.M., a centrist party, has taken a leading part from the early days of Franco's attack. It had committed the error of joining the Catalonian Government, but it stood for the Socialist revolution, it issued revolutionary slogans. Such danger as there was of a Red Spain came from the P.O.U.M. leadership. P.O.U.M. was not Trotskyist but held the Trotskyist view of the Soviet bureaucracy and the Third International. The Stalinists in Spain instigated a murderous attack on P.O.U.M. as Fascist provocateurs. [1] Not content with using all their force to keep the revolution within the bounds of bourgeois democracy, they are and will henceforth be the implacable enemies of the Socialist revolution and all those who fight for it. The masses in Spain may push them further but they will resist and hamper and impede the progress of the revolution, and that today is their role in Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Everywhere they are carrying on strenuous propaganda for unity, one large unified party. Stalin is ready to sink the identity of the Third International into the Second, if only he can get Trotsky and his great reputation out of the way. The lesser Trotskyists can be dealt with, their voices have no international significance. But Trotsky, the man of October, and his Fourth International bar the way. The Stalinists want him silenced. He may be murdered in Mexico. And once he is out of action the Stalinist struggle for the League of Nations and collective security calculates on being able to ignore the Fourth International, the workers can be led into the coming war for democracy and the defence of the U.S.S.R., and the Third International will assist the capitalists to crush colonial revolts, the sign-manual of the counter-revolution. Only the determined opposition of the capitalist bourgeoisie to forming or implementing a Soviet pact will prevent the Soviet bureaucracy and the Third International from this course, the traditional path of the Social Democracy. But the road has a gap, a gap across which at present there is no bridge &#8211; for while the workers' bureaucracies of Western Europe are based on a capitalist system, the bureaucrats of the Soviet are based on a Socialist system. The Russians may get their alliances, and Cachin and Pollit will stand on the recruiting platforms side by side with Laval, Daladier, and Blum, Churchill, Lloyd George and Citrine. La Rocque will be there and Mosley also. For when war does begin, Fascists and Social Democrats will sink their different views of foreign policy and fight the common enemy of the system they support. But the policy of the Soviet bureaucracy will break owing to the very nature of the Soviet State. For British Capitalism may, despite all its efforts, be drawn into a war against Germany side by side with the Soviet Union. But all Capitalists, German and British, know what happened after the last war and what will happen after this one. They know that if Russia survives the confusion and ruin of the war as a Workers' State, the Socialist revolution in Europe is half-way to victory before it has begun. For them, victor and vanquished, however the war ends, the Soviet Union must be destroyed. And as soon as the war enters a decisive phase, and one side has established a claim to domination, perhaps before, a capitalist coalition will destroy the common enemy. The two systems cannot live side by side for any extended period, still less can they fight side by side. Cannot Stalin and the bureaucracy see this? The wisest bureaucrat remains a bureaucrat, and the bureaucrats have their policy whose roots lie deep. They will follow it until it breaks in their hands. Today nothing can change that. What is of far more importance is the corrupting influence they exercise on the workers of Europe through the venal Third International.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abyssinia taught the workers a great lesson, Spain taught them more. The advanced workers of the Social Democracy, slowly, as workers do, are beginning to see the real nature of Imperialism, to see what democracy, constitution, law and order means in the mouths of capitalists. The Edinburgh Conference of the Labour Party shows the ferment. But as the workers turn to the Left, instead of meeting a revolutionary party, firm and uncompromising in doctrine, clear in theory, but fighting for the clarification of ever greater masses of the workers on the common experiences of the United Front, they meet the Third International backed by all the resources of the Soviet State and the revolutionary traditions of October, driving them back to collective security, back to democracy, back to the illusions of Socialism through the Social Democracy. It is the crying shame and tragedy of our age. Only at the moment of violent repudiation of the Stalinist bureaucracy by the bourgeoisie will the policy of the International undergo any change. But that moment will be chosen by the Imperialist bourgeoisie who will use Stalinism or discard it at their will. It is to this that the Stalinist bureaucracy has led the Third International, in its time the greatest revolutionary force that history has ever seen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;RUSSIA TODAY&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But if all this is so, does there remain any justification for the theory of the Permanent Revolution which this book maintains? Under the ablest Marxist leadership would the position of international Socialism have been much better? Has the Revolution on the world-scale justified itself? Why should we still pursue this course? These questions must be answered.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Let us look rigorously at the Soviet Union today.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;After nearly twenty years of unparalleled effort, turmoil and suffering, the Workers' State presents a spectacle which is a caricature of Socialism. Grain production is little more than it was before the war, and the twelve millions of tons exported before 1914 is more than accounted for by the increase of population. Livestock is actually less than before the war, and the amount of food per head of the population is less than it was in 1913. The production of cotton goods is only twenty-one per cent more than it was in 1913, while the population is nearly forty per cent more. Housing accommodation is incomparably worse than it is in the advanced capitalist countries, and prospects are not good. As any municipal councillor knows, with a fast growing population and limited resources, housing schemes fall behind, old houses decay as fast as new ones can be built, and the excess of population, greater in the Soviet Union than elsewhere, throws the plans for re-housing still further behind. Road mileage is roughly one to three in comparison with advanced capitalist countries, railway mileage is less. We have paid full tribute to the industrial progress. But a society is founded on production and not on percentages of increase. There were 11,000 motor cars in the Soviet Union in 1926. This year the plan aims at building 161,000. This in percentages is a triumph. A chart will show how between 1929 and 1935 the production of cars in the U.S.A. has declined. But the Soviet propagandist does not state that the U.S.A. production declined from over five and a quarter million to over four million. The consumption of petroleum and related fuels in the U.S.A. in 1935 was 970,000 thousands of barrels, in Russia it was 168,000. Production in the U.S.A. was 1,020,500 thousands of barrels, in Russia it was 168,000. Steel production in the U.S.A. fell from 56.43 million in 1929 to 33.43 million in 1935. Russia hopes to produce sixteen million tons in 1936.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Soviet Union remains a backward country, and it cannot be too often repeated that the level of law and justice can never rise higher than the technical level of production. The idiocy of Stalin's overtaking and outstripping should not need to be demonstrated. Today a huge armament bill drains the country. Europe will go up in flames in a few years, perhaps months. When will Soviet Union production approach that of the U.S.A. far less rise to such a pitch as to give that standard of life to the worker without which all talk of Socialism is a mockery? &#8220;God grant that our children or perhaps: our children's children will see Socialism in this country,&#8221; [2] said Lenin. He had confidence in collective ownership but he knew its limits. Long before the Soviet Union can approach even advanced capitalism, its fate will be decided by the results of the class-struggle in Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The average worker is still dreadfully poor. True he has the seven-hour day, but excessive overtime makes this merely a nominal advantage. He has educational and cultural facilities far beyond anything that was dreamed of under Tsarism. But when the most generous allowance is made for all that the State provides him with, &#8220;the Socialised wage,&#8221; the worker's average income is no more than sixty shillings a month. And he lives under a political tyranny without parallel in Europe. A hierarchy of bureaucrats exploit him, with superior wages, privileges, better houses, better education for their children, and such power in economics and politics as no other rulers in Europe wield. The whole country must think as the bureaucracy demands. Stalin will say that the Social Democracy cannot rule without Fascism and Fascism cannot rule without the Social Democracy, make it party policy, and the worker must swallow it. The secret police, whose budget was increased by thirty per cent in 1936, is supreme. Disobedience in production or politics can be punished by dismissal, with loss of housing and all other prospect of employment. The gross inequality is proved to be Socialism and the worker must accept it. The bureaucracy changes the divorce laws by decree, so great is its contempt for the worker. He must obey or perish. On August 11, Pravda reported the arrest of some young Communist workers who had been &#8220;impudent&#8221; enough to discuss the theory of Socialism in a single country. We could multiply instances of this revolting tyranny. Let us for a moment neglect the possibilities of victorious revolution that have been so ignorantly and wantonly thrown away. Let us admit that under the best leadership and administration they might have failed, and Socialist Russia left still solitary. Under the best internal administration the standard of production after twenty years in a hostile capitalist world could have been far higher, but even at the very least, there would still have been scarcity as compared to Britain or France, with the resulting social and political tension. But whereas Lenin aimed at making the Bolshevik Party, based on the working-class, the mediating factor between workers, peasants and bureaucracy, Stalin from the very start aimed at making the party the servant of the bureaucracy, and has systematically destroyed its working-class basis. Today it is no more than a militia of the Stalinist clique, and so long as he protects the privileges of the bureaucracy, the bureaucracy is well content. The new constitution is liberal in appearance. Actually it destroys the Soviets, the chief political gain of the revolution. It proves that, far from withering away, the State is more omnipresent than ever. It ensures the rule of the party by restricting nominations to the organisations it controls.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finally there is the intellectual life which has grown out of this regimentation of a whole population. The hopeful visitor to Moscow is charmed by the independent attitude of the workers and the spirit of camaraderie that exists between all classes of society. Though it will diminish with time nothing, not even a return to Capitalism, will ever change that, as nothing, not even the return to Capitalism, will ever give the land &#8211; back to the landlords. It is the heritage of the revolution, and has passed into the life of the nation. Nearly a hundred and fifty years after 1789 something similar pervades the atmosphere of France, and even Fascism there will not be able to destroy it.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But it is Russian intellectual life which is one of the most dreadful features of the Stalinist regime, and bears the impress of his insecure position and his personal limitations. What other mind could have conceived the rewriting of the whole history of Russia from 1905 to the present day to prove that he and Lenin prepared the Russian Revolution, led it between March and October, and that the Red Army victories in the civil war were due to him? His laboured absurdities are hailed in the Russian press as models of Russian prose. If you wish to write model Russian, model your style on Stalin's, is the recommendation of a literary journal. He is mentioned with Hegel and Spinoza in articles on philosophy. Trotsky, in an article written while Lenin was alive but ill, compared Lenin to Marx and has recorded the satisfaction that the dying leader felt at that comparison coming from a pen so profound and a character of such integrity as Trotsky's. But Marx-Engels-Lenin-Stalin is the new hierarchy in the Soviet Union. Pravda of February 1, 1935, carried a report of a speech made by one Avdeyenko at the Seventh Congress of the Soviets. Molotov greeted it with joy in his summary.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Centuries shall elapse and the Communist generations of the future will deem us the happiest of all mortals that have inhabited this planet throughout the ages, because it is we who have seen Stalin, the leader-genius, Stalin the sage, the smiling, the kindly, the supremely simple ...!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;When I met Stalin, even at a distance I throbbed with his forcefulness, his magnetism and his greatness. I wanted to sing, to shriek, to howl from happiness and exaltation.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;He concluded:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Our love, our devotion, our strength, our heart, our heroism, our life &#8211; all these are thine, great Stalin! Here take them, all this is thine, chief of the great fatherland! Dispose of thy sons, capable of heroic feats in the air, under the earth, on the waters, and in the stratosphere ... Men of all time and of all nations shall call by thy name all that is beautiful, strong, wise and pretty. Thy name is and shall remain on every factory, every machine, every bit of land, and in the hearts of every man ... &#194;&#183; When my beloved will bear me my child, the first word I shall teach him will be &#8211; STALIN!&#8221; (Frenzied applause)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;That is the intellectual level of Stalin's Socialism. All men in the Soviet Union are reduced to it. The articles of Rakovsky, Radek and Piatakov after the trial, when they stood in fear of their lives, tell the history of Stalin's Russia as clearly as the official documents. These men, the revolutionaries of 1917, two of them among the most gifted men of this generation, cringed and crawled and grovelled in the dust before Stalin, called him the greatest and best and most brilliant of men, and called Trotsky mad dog, Fascist, and conspirator with German, Japanese and Fascist. Sidney and Beatrice Webb, Romain Rolland, Andr&#195;&#169; Gide, Sir Charles Trevelyan and all these staunch supporters of Stalin's Socialism should live there and enjoy this new society for a year or two. History would be enriched by some of the documents they would sign their names to.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;THE GAINS OF OCTOBER&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;All this is gloomy enough. But there is the other side. A semi-mediaeval country has been brought into the circle of the modern world, the accumulated dust and impediments and superstitions of centuries have been swept away, and this has been possible on so sweeping a scale by the economic revolution in October, 1917, and the changes it brought in its train. Much less has been done than the Stalinist megaphones persistently blare, but a basis has been laid, and scores of millions stirred out of the slough of backwardness and ignorance by the two five-year plans. The heritage of Tsarism, the historical developments we have described, have prevented the effort from being translated into corresponding widespread and concrete improvement in the living standards of the great millions. One-fifth of the budget devoted to unavoidable war-preparations, the increasing privileges of the bureaucracy, will continue to retard this. But the new towns that have sprung up, the construction and use of the turbo-generator, the aeroplane, the tractor and the motor-car, it is on these that a modern civilization rests. We have said enough to show how much the October Revolution has justified itself. But these things, valuable as they are, are not the ultimate significance of the Russian Revolution. It is not that which makes it the centre of attention of hundreds of millions of exploited people all over the world. Its significance lies in the attempt to build and maintain a Workers' State, to lay the foundation of the Socialist society, resting on an economy in which private ownership was abolished. The solution of that problem, the biggest question-mark of our generation, is still hanging in the balance. It is not that there is inequality. That was to be expected. It is that the inequality is growing. The International Committee of Employees Bulletin, published in Moscow, for June 1936, shows that a typist gets 175 to 250 roubles a month, the head of a department 700 to 1,000; the workman's pay is about 250 roubles, allowances and all included. A recent report of Ordjonokidze, Commissar of Heavy Industry, derides the very idea of equality of pay among the workmen and openly glorifies higher pay for better work. The Stakhanovite Movement is based on the same non-Socialist principle. Inequality is inevitable in a society based on a low economy. But it must be seen for what it is and fought, not discussed as Socialism. Chamberlain tells us that he has seen, at one of the great official parades, a Commissar's wife wearing a dress that cost the pay of a Russian worker for four months. She could not have passed safely through the streets in Leninist Russia, far less mount the platform. Every honest visitor from Moscow brings back the same tale. The Stalin motor-plant will for 1936 make seven thousand limousines, triumphantly announces the Stalinist regime. For what and for whom? And there are the far more ominous financial indicators. Deposits in the Savings Banks rose from 1,700 million roubles in 1935 to 1,500 million in 1936. It is not the sixty shilling a month workman who is saving money. The public debt service rose from 1,300 millions in 1935 to 2,00 millions in 1936. The peasant on the basis of low production fights for his individual personal property and slowly but steadily is gaining. The Russian proletariat, after its Herculean efforts, seems to have exchanged one set of masters for another, while the very basis of the proletarian State is being undermined beneath its feet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;That is the position today. Where is it going to end? The Zinoviev-Kamenev Trial, and not so much the trial but the purge, shows us clearly. For it shows that in however disorganised and confused a form the international Socialist revolution is still alive in Russia and gathering strength.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;THE TRIAL&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Late in 1935 the campaign against Trotskyism had passed from the stage where Trotsky had made mistakes on every front, to be rectified only when Stalin came, to histories by Marshal Voroshilov in which Trotsky was shown to be the planter of counter-revolutionary nests in the Red Army during the civil war, which were exposed only by the vigilance of Comrade Stalin. And, inevitable concomitant of these ideological victories, went the organisational terror. No other way was now open to Stalin. There were in 1935 well over five million men in concentration camps in the Soviet Union. [3] The budget for 1936 showed the increase of thirty per cent in the funds for the secret police. Some such explosion as the Zinoviev-Kamenev trial was inevitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Left Opposition had lost contact with Russia for two years. The repression of international Socialism in the first Socialist State was too great, a cruel irony of history. But its strength was seen by the violence with which it was denounced and the numbers of Trotskyists purged from the party. On June 5, 1936, Pravda announced the new constitution. This constitution destroyed the workers' Soviets, giving power to a parliament which would consist of persons nominated by Soviet officialdom. It gave the vote to priests, white guards, ex-nobles and ex-merchants. Of all this Pravda approved. Classes had been abolished (or nearly abolished), and these were not dangerous. But against the Trotskyists Pravda breathed fire and slaughter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;The struggle continues. Too weak for a direct attack, the remains of the counter-revolutionary groups, the White Guardists of all colours, especially the Trotskyists and Zinovievists, have not given up their base, spying, sabotaging and terrorist work. With a firm hand we will continue in the future to strike down and destroy the enemies Of the people, the Trotskyist reptiles and furies, however skilfully they may disguise themselves.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Left Opposition, now organised into sections working for the Fourth International, knew what this meant. At its conference in the last week in July 1936, it issued an appeal to the toilers of the whole world, demanding an international commission of enquiry into the charges against the Trotskyists in Russia. It was not too soon. Less than one month after, Stalin had murdered sixteen, including Zinoviev and Kamenev, for Trotskyism. The strength of the movement against the crimes and incompetence of the Stalinist regime was shown by the greatest purge in the history of Russia since 1918. [4] Thousands were arrested, many holding high official position and for months Pravda has been a curious compound of loyal addresses and mass arrests for Trotskyism. Two significant examples will suffice. Long after the trial, Pravda of Jan. 4th reported that (despite ten years of purgings), the Communist Party organisations of the great cities of Kiev and Rostov-Don had been captured by the Trotskyists; four Soviet generals were arrested, despite the critical international situation and the inevitable ruin to discipline and morale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In the face of these things, the cry of &#8220;why did they confess?&#8221; loses significance. Furthermore, confessions are a feature of Stalinism. Friedrich Adler has proved, in The Witchcraft Trial in Moscow, that Abramovitch in a trial in 1931, confessed to committing crimes in Russia at a time when he was being photographed at a conference of the Second International. On June 9th, 1934, Izvestia published the decree by which, if a soldier left the country, not only the members of his family who knew about it would be punished, but &#8220;the other adult members of the family of the traitor, living with him or at his expense at the time of the treason are deprived of electoral rights and deported for five years to the distant regions of Siberia.&#8221; Under Stalin a child of twelve is liable to the death penalty. That is the published law of the land. What crimes against innocent relations would the G.P.U. not threaten in the secrecy of a prison?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A conspiracy of thousands to murder Stalin is an absurdity, but it is not impossible that some were guilty of plotting to change the regime. Stalin knew, however, that they had all broken with Trotsky, that the Trotskyists condemned the Stalinism of Zinoviev, and the rest. But he took the opportunity to slander the growing Fourth International abroad and the spectre which haunts him at home, the return to Leninism, which he calls Trotskyism. His position is desperate. A political crisis was inevitable. The second five-year plan was drawing to a close. There had been progress, but the great hopes raised in 1928-1929 and again in 1933, when the Second Plan began, were now seen to be only Stalinist lies. In October 1932 Manuilsky at the Twelfth Plenum of the E.C.C.I. had told the world &#8220;Do not forget that we shall enter class-less society only with the completion of the second Five-year Plan.&#8220; The Russians had been choked with these promises. Now they were spitting them out. Where was Stalinism leading Russia? The discontented youth were responding to Trotskyism, the only alternative to Stalinism. Mass discontent might even be anti-Trotskyist but would rally in a crisis round the old associates of Lenin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Stalin struck fiercely at all who might form a rallying point for the opposition that has forced its way into the party itself. And by this very means he only ensures that the dissatisfaction will next time be more organised. For no man is safe in Russia today. Radek lied faithfully for years, only to be struck at like the rest. And these experienced revolutionaries know now, and every thinking man in Russia, that Stalin is far more insecure than could possibly have been thought by those who were not Trotskyists. And the cleavage grows wider. Today the right of inheritance has been legally restored. But the advanced workers of Russia see these things clearly, as they must. Isolated as they are, the bureaucracy can scarcely hold them down. A revolution in Germany, relieving them of external pressure and giving them allies, would give them the chance to conquer Stalinism, lessen inequality, ensure that collective ownership remains. The battle in the Soviet Union has entered a new phase and will be solved, as Lenin knew it would be solved, by the revolution in the West. That battle must be won by the Russian workers. If the Soviet Union goes down, then Socialism receives a blow which will cripple it for a generation. And therefore, though seeing the Soviet Union as it is, the Trotskyists, uncompromising enemies of Stalinism, will defend the Soviet Union in peace-time as in war.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;THE PERMANENT REVOLUTION&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The economy of the Soviet Union is based on collective ownership and therefore, despite Stalinism, the Soviet Union must be defended. It is a basis for the international State, for the abolition of war, for possibilities of existence as yet undreamed of. Alone in the world today it is a force for peace. Tsarist Russia, with more territory, embroiled itself in imperialist competition on every frontier. The Soviet Union has a huge army, but for self-defence only. Britain, France, Japan and America, if they remain capitalist, have no choice but imperialist war after imperialist war. They know its dangers, yet move steadily to it. Never was a civilisation so glaringly and humiliatingly bankrupt. But a proletarian revolution, in Germany for instance, will at once remove another great country out of the imperialist scramble, broaden the basis of Socialism, drive the economy of both countries forward, relieve the internal tension, and strengthen the force for peace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Permanent Revolution or permanent slaughter, Trotsky has written. What other prospect is there? The Tories accept the permanent slaughter. The international Socialists accept the Permanent Revolution. Liberals and Social Democrats are the comedians of the modern political world. They are on the side of the permanent slaughter, but want it dignified by the League of Nations or Collective Security or some such twaddle. Their special technique lies in being deceived. They were deceived by Grey before 1914, they were deceived by Lloyd George and Wilson in 1919, they were deceived by John Simon over Manchuria in 1931, they were deceived by Samuel Hoare, by Baldwin, by Anthony Eden. If Beelzebub stood on the Treasury Bench without troubling to disguise his horns and tail in coat and topper, and swore to them that this coming war would be a war fought for Christianity, they would rush to support it, to bewail after that they were deceived.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;He is a credulous fool indeed who accepts this transparent subterfuge. They support the capitalist system. In imperialist war one must go either with the capitalists or with the revolution. They go with the capitalists, but seek moral justification for doing so. They see the war coming and they will fight for Capitalism. But to fight with Nazi Germany will be gall and wormwood for them. They could not justify that even to themselves; the Social Democrats will find it difficult to line up the workers to fight side by side with Fascists. Hence these gentlemen want an alliance with the democratic countries. But the British capitalists pursue their intrigues abroad unbothered by these noisy salvationists. British Capitalism knows that these moralizing politicians will come to heel. They always have, they always will. Here and there a few, out of personal integrity, will refuse to fight or save their consciences by some equally brave and futile gesture. Rut organised Liberalism and Radicalism and the Social Democratic bureaucracy rose with Capitalism and will stick to it and go down with it, doing their best to bring the workers in their train.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Despite Stalinism, despite everything, the Russian workers still love their revolution, and will fight for it and the revolution in the West or the East. Neutrality in the Spanish struggle was not the policy of the Russian proletariat but the policy of the Stalinist bureaucracy. As in the beginning so it is today. The Russian Revolution depends on the revolution in Western Europe. The Stalinists seek to kill Leninism. It cannot be done, for it draws its strength not from the memories of the October Revolution, but from the economic, social and political chaos of the modern world. Capitalism will solve this and live or perish before the Socialist Revolution. Cowards and cynics talk of an age of barbarism, as if mankind will destroy itself in the coming war for Hitler, for Mussolini, or for king and country. Let 80,000 civilians, one per cent of the population of Greater London, be massacred in war, and the revolution is on the order of the day, and the same applies to every other great European city. The result it is impossible to foretell, but the conflict is certain. Stalin may try to discipline the Russian proletariat and the Russian army to fight with this or that bourgeoisie. But the peril of war will imperil the bureaucracy. It will fight as the leader of a revolutionary people or it will go under. And the possibilities are that after months or years of war, Europe will have the unprecedented phenomenon of an army of a million highly-trained men, equipped with arms, trained in a revolutionary tradition, offering their help to the armies on the opposite side to wipe Capitalism off the face of Europe. The will and courage of a few men will make history within the given circumstances, but the people will be ready. If the ideological basis of the new International is so quickly ready it is due not only to the objective circumstances, but to the energy and determination and courage of one man who has given his life to the movement. But it would have come all the same. Fascism may win in France and Spain, and throw back humanity for decades. But if even it does, what then? The Liberals and the Social Democrats, cowering in Iceland or sitting under the trees in some desert island, will continue to write their theses on Democracy. But the proletariat will have to lift itself, as the Italian proletariat is already lifting itself today. It is a sea of blood and strife that faces us all, and shrinking from it only makes it worse. Turn the imperialist war into civil war. Abolish capitalism. Build international Socialism. These are the slogans under which the working-class movement and the colonial peoples will safeguard the precious beginning in Russia, put an end to imperialist barbarity, and once more give some hope in living to all overshadowed humanity.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Footnotes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] See The Red Flag, January, 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] This immensely important statement is quoted by Trotsky in his History of the Russian Revolution, Appendix II, p. 1240, the single volume edition. It was made in the spring of 1920 at a congress of Agricultural Communes. Lenin was not a sanctimonious person, but his earnestness to impress his hearers that Russia's economic and therefore social development would remain backward for many many years, and undoubtedly the cause of his slipping into the traditional expression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Walter Duranty, whose Stalinist sympathies must be borne in mind, wrote in the New York Times of Feb. 3rd, 1931, that in 1929&#8211;1930, the number of kulaks and others exiled was two million; and the &#8220;liquidation of the kulak&#8221; continued without relaxation for years after. Souvarine also relates that a brochure of B. Chirvindt, director of prisons, incautiously revealed the number of the various punishments meted out in 1929. It was 1,216,000 against 955,000 for the preceding year. This was for the republic of Russia alone, excluding the Ukraine, the Caucasus, etc., and excluding the penalties inflicted by G.P.U. The sentences of death had increased in year by 2,000 per cent. The reader can consult Bilan de la Terreur en U.R.S.S. (Faits et chiffres), Librairie du Travail, 17, rue de Sambre-et-Meuse. Paris X.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] &#8220;What, really, is the meaning of this new drive in the U.S.S.R.? Is it that &#8216;Trotskyism' is more widespread and more serious than we had been led to suppose? That seems to be the implication of an article a day or two ago in Pravda by Mr. Roginsky, who prosecuted the wreckers at the recent trial.&#8221; New Statesman and Nation, Editorial paragraph, Nov. 18, 1936. For years in its various journals and in the writing of Trotsky, the Trotskyists abroad had been tracing this growth with unimpeachable evidence. The Moscow Trial itself is dealt with in Le Livre Rouge du Proces de Moscou by Sedov Trotsky (Paris) and Behind the Moscow Trial by Max Schachtman (New York). Both books are obtainable through the offices of Fight, the British Trotskyist Journal, 97 King's Cross Road. See also, the Witchcraft trial in Moscow by Friedrich Adler, the Secretary of the Second International.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La place de Trotsky dans l'histoire</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Trotsky</dc:subject>
		<dc:subject>IV&#176; Internationale</dc:subject>
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		<dc:subject>Trotskisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;C.L .R. James - &lt;br class='autobr' /&gt;
La place de Trotsky dans l'histoire &lt;br class='autobr' /&gt;
(septembre 1940) &lt;br class='autobr' /&gt;
Avertissement : il s'agit d'une traduction plus que sommaire &lt;br class='autobr' /&gt;
Ici le texte en anglais : &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.marxists.org/archive/james-clr/works/1940/09/trotsky-history.htm &lt;br class='autobr' /&gt;
La bourgeoisie, forc&#233;ment d&#233;pourvue de m&#233;thode historique et soumettant tous les aspects de la vie &#224; la n&#233;cessit&#233; du maintien de son pouvoir, s'est non seulement m&#233;prise sur le prol&#233;tariat, mais est &#233;galement tromp&#233;e dans l'estimation de ce qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique81" rel="directory"&gt;4- Ce qu'est le socialisme et ce qu'il n'est pas&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot29" rel="tag"&gt;Trotsky&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot105" rel="tag"&gt;IV&#176; Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot198" rel="tag"&gt;C. L. R. James&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot283" rel="tag"&gt;Trotskisme&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;C.L .R. James -
&lt;p&gt;La place de Trotsky dans l'histoire&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;(septembre 1940)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avertissement : il s'agit d'une traduction plus que sommaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici le texte en anglais :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/archive/james-clr/works/1940/09/trotsky-history.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/archive/james-clr/works/1940/09/trotsky-history.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie, forc&#233;ment d&#233;pourvue de m&#233;thode historique et soumettant tous les aspects de la vie &#224; la n&#233;cessit&#233; du maintien de son pouvoir, s'est non seulement m&#233;prise sur le prol&#233;tariat, mais est &#233;galement tromp&#233;e dans l'estimation de ce qui constitue la grandeur chez les hommes contemporains. Woodrow Wilson, Poincar&#233;, Stanley Baldwin et autres m&#233;diocrit&#233;s similaires ont tous &#233;t&#233; couronn&#233;s de lauriers, sans exclure Nicholas Murray Butler, au motif qu'il avait vraisemblablement d&#238;n&#233; souvent avec les autres. Souvent et ostensiblement, les th&#233;oriciens bourgeois se sont tromp&#233;s et, face &#224; un monde sceptique, ils avouent leur faillite ; toujours dans leurs biographies et notices n&#233;crologiques, ils ajoutent une clause de sauvegarde, selon laquelle seule la post&#233;rit&#233; pourra parler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun de leurs jugements tendancieux, h&#233;sitants, al&#233;atoires, n'a discr&#233;dit&#233; les estimations de ceux qui utilisent la m&#233;thode du mat&#233;rialisme historique. Marx et Engels ont jug&#233; leurs contemporains, Darwin, Proudhon, Abraham Lincoln, Napol&#233;on III, Balzac et Dickens, Palmerston, Gladstone, Thiers, Bismarck, Shaw, avec une plume incisive et pr&#233;cise, et leurs jugements ont r&#233;sist&#233; &#224; l'&#233;preuve du temps. La plus c&#233;l&#232;bre de toutes leurs d&#233;clarations sur les personnes, le jugement d'Engels sur Marx, &#171; l'humanit&#233; est plus petite d'une t&#234;te, et c'est la plus grande t&#234;te de notre temps. &#187; aurait sembl&#233; pr&#233;somptueux &#224; beaucoup, l'exag&#233;ration habituelle d'un ami, collaborateur et fanatique communiste. Aujourd'hui, ce jugement peut &#234;tre remis en cause par certains, mais avec prudence et respect. Le nom de Marx r&#233;sonne sans cesse aux oreilles de tous, capitalistes comme ouvriers. Son livre &#034;Le Capital&#034;, figure en bonne place sur la liste des ventes de classiques populaires. Stanley Baldwin, le Premier ministre anglais, &#224; sa retraite, a indiqu&#233; ce qu'il consid&#233;rait comme les principales caract&#233;ristiques de sa p&#233;riode : l'ann&#233;e de ma naissance, deux &#233;v&#233;nements se sont produits qui &#233;taient les d&#233;buts des deux forces en comp&#233;tition dans le monde d'aujourd'hui ; l'un &#233;tait le projet de loi de r&#233;forme de Disraeli avec sa doctrine d'expansion de la libert&#233; et l'autre la publication de &#034;Le Capital&#034;, avec sa doctrine du d&#233;terminisme &#233;conomique. Ainsi Marx &#233;tait enfin arriv&#233;, reconnu comme une force mondiale par un Premier ministre conservateur seulement cinquante ans apr&#232;s sa mort. Trotsky est plus facile &#224; reconna&#238;tre imm&#233;diatement. Tous les hommes, marxistes ou non, conviendront qu'entre 1917 et 1923 il a jou&#233; un grand r&#244;le dans l'histoire de notre temps. Avant cela, sa vie n'avait fait aucune impression exceptionnelle sur la conscience g&#233;n&#233;rale. Au cours de sa derni&#232;re d&#233;cennie, il &#233;tait un exil&#233;, apparemment impuissant. Au cours de ces m&#234;mes dix ann&#233;es, Staline, son rival, a assum&#233; un pouvoir tel qu'aucun homme en Europe n'en a exerc&#233; depuis Napol&#233;on. Hitler a &#233;branl&#233; le monde et fait tout son possible pour le chevaucher comme un colosse tant qu'il a dur&#233;. Roosevelt est le pr&#233;sident le plus puissant qui ait jamais gouvern&#233; l'Am&#233;rique, et l'Am&#233;rique est aujourd'hui la nation la plus puissante du monde. Pourtant, le jugement marxiste de Trotsky est aussi s&#251;r que le jugement d'Engels sur Marx. Avant sa p&#233;riode de participation au pouvoir, pendant celle-ci et apr&#232;s sa chute, Trotsky &#233;tait le deuxi&#232;me derri&#232;re L&#233;nine parmi les hommes contemporains, et apr&#232;s la mort de L&#233;nine en 1924, il &#233;tait le plus grand chef r&#233;volutionnaire de notre temps. Ce jugement, nous le laissons &#224; l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La th&#233;orie de la r&#233;volution permanente&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re revendication de Trotsky &#224; l'attention de l'humanit&#233; est sa th&#233;orie de la r&#233;volution permanente, et s'il &#233;tait mort apr&#232;s avoir corrig&#233; la derni&#232;re preuve il y a plus de trente ans, sa place dans la pens&#233;e politique &#233;tait d&#233;j&#224; assur&#233;e. Marx et Engels avaient fait pendant cinquante ans leurs pr&#233;dictions profondes et brillantes de la future d&#233;sint&#233;gration de la soci&#233;t&#233; capitaliste. Engels en 1887 avait pr&#233;dit la guerre de 1914, la r&#233;volution en Russie d'abord, les r&#233;volutions en Europe et les couronnes roulant sans personne pour les ramasser, la formation de la Troisi&#232;me Internationale. En 1889, Plekhanov d&#233;clara que la r&#233;volution &#224; venir en Russie serait une r&#233;volution de la classe ouvri&#232;re et qu'il ne pourrait en &#234;tre une autre. Mais en 1905 Trotsky, alors &#226;g&#233; de 26 ans, dans un essai de quelques milliers de mots, d&#233;roulait le cours que devait suivre l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;rons le climat mental de cette p&#233;riode. Avant cette &#233;poque, 1905, l'Europe et l'Am&#233;rique n'avaient connu aucune r&#233;volution de quelque importance depuis la guerre civile am&#233;ricaine de 1861 et la Commune de 1871. La guerre civile am&#233;ricaine n'&#233;tait alors pas reconnue pour ce qu'elle &#233;tait, et ce que Charles Beard l'a appel&#233; depuis, la Deuxi&#232;me R&#233;volution am&#233;ricaine. La Commune de Paris, sauf pour les marxistes (et la bourgeoisie fran&#231;aise), avait sembl&#233; un &#233;pisode d&#233;sagr&#233;able &#233;mergeant de la guerre. En 1905, le spectre du communisme ne hantait pas l'Europe. Et les &#233;crivains et hommes d'&#201;tat bourgeois de l'&#233;poque, le vicomte Bryce, l'expert en d&#233;mocratie, Maximilian Herden, Beatrice et Sidney Webb, pour qui le socialisme viendrait si vous la laissiez avancer, HG Wells, Bernard Shaw, Lloyd George, Theodore Roosevelt , Woodrow Wilson, Benedetto Croce, Anatole France, Milioukov, le Manchester Guardian , le New York Times , le London Times , le Corriere del Sierra , tous les meilleurs penseurs bourgeois et les organes distingu&#233;s de la pens&#233;e bourgeoise, quelle pile monumentale d'ordures et d'absurdit&#233;s, des r&#233;actionnaires et des progressistes, produisaient dans ce m&#234;me 1905 sur le monde et son avenir. Eux et leurs successeurs sont un peu plus sens&#233;s aujourd'hui, mais pour leur rendre justice, ils mentent davantage. Avec les remarques de ces bourgeois, la th&#233;orie a rencontr&#233; sa d&#233;rision. Milioukov, le savant russe, lui a donn&#233; un nom et c'est ainsi qu'est n&#233; le &#171; trotskisme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; toutes les preuves accumul&#233;es sous ses yeux, le bourgeois d'aujourd'hui ne peut accepter la th&#233;orie marxiste ; encore moins que les bourgeois de 1905. Le capitalisme, disait cette th&#233;orie, touchait &#224; sa fin et la soci&#233;t&#233; &#233;tait m&#251;re pour la r&#233;volution socialiste. Ce point de vue que Trotsky partageait apparemment, mais seulement en apparence, avec tous les marxistes. Mais, et ici il rompit brutalement avec tous, L&#233;nine compris, la Russie, le plus arri&#233;r&#233; des grands &#201;tats europ&#233;ens, serait le th&#233;&#226;tre de la premi&#232;re r&#233;volution socialiste. L&#224; o&#249; tous les grands marxistes europ&#233;ens consid&#233;raient la r&#233;volution russe &#224; venir comme une r&#233;volution qui donnerait &#224; la Russie une r&#233;publique bourgeoise, Trotsky d&#233;clara que cela &#233;tait impossible. Une r&#233;volution en Russie, pour r&#233;ussir, devrait &#234;tre une r&#233;volution socialiste. Certes, la Russie, pays arri&#233;r&#233; de cent millions de paysans, n'&#233;tait pas pr&#234;te pour le socialisme.Laiss&#233;e &#224; elle-m&#234;me, la R&#233;volution russe s'effondrerait certainement. Mais la R&#233;volution russe d&#233;cha&#238;nerait en Europe des r&#233;volutions prol&#233;tariennes qui viendraient au secours des Russes. Il initierait l'&#232;re de la r&#233;volution sociale permanente jusqu'&#224; l'&#233;tablissement du socialisme mondial. Soit cela, soit l'effondrement de la civilisation capitaliste dans la barbarie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En puissance analytique et en audace imaginative, la th&#233;orie de Trotsky est l'une des productions les plus &#233;tonnantes de l'esprit moderne. La bourgeoisie fait grand bruit &#224; propos de Tocqueville qui pr&#233;voyait que l'Am&#233;rique se lib&#233;rerait un jour de l'Angleterre, Goethe, qui reconnaissait l'importance de Valmy, et de Seward, qui pr&#233;disait &#171; l'irr&#233;pressible conflit &#187;. Qu'ils sont pitoyables &#224; c&#244;t&#233; de l'&#339;uvre de Trotsky qui pr&#233;disait l'avenir d'un monde. Sauf dans les travaux de Marx, Engels et L&#233;nine, il n'y a nulle part de proph&#233;tie politique comparable. Apr&#232;s les d&#233;couvertes de Marx, les penseurs politiques se sont limit&#233;s &#224; l'utilisation de sa m&#233;thode. Il n'a jamais &#233;t&#233; mieux utilis&#233;. Quant &#224; la bourgeoisie, ses &#233;crits de 1905 rappellent le temps o&#249; tous les jeunes gens &#233;taient pour Racine, tant ils sont &#233;loign&#233;s de la terrible r&#233;alit&#233; moderne.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le verdict des ann&#233;es&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est plus important pour nous que les limites de la bourgeoisie, ce sont les limites des marxistes. Ils ont &#233;crit et enseign&#233; la r&#233;volution socialiste, mais nous savons aujourd'hui qu'en r&#233;alit&#233; Kautsky, par exemple, ne croyait &#224; rien de tel. Trotsky lui-m&#234;me raconte la politesse mortif&#232;re de l'austro-marxisme lorsque, exil&#233; &#224; Vienne, il osa leur sugg&#233;rer l'effondrement prochain du monde qu'ils connaissaient. Telle &#233;tait le 1905 de Trotsky. Dans l'aile v&#233;ritablement r&#233;volutionnaire du socialisme, la th&#233;orie se heurta &#224; une farouche opposition. L&#233;nine n'a jamais cess&#233; de s'en moquer. Pas plus tard qu'en novembre 1915, il sabrait Trotsky &#171; qui r&#233;p&#232;te son trait&#233; original de 1905 sans s'arr&#234;ter de penser pourquoi la vie pendant une d&#233;cennie enti&#232;re a pass&#233; par cette belle th&#233;orie ... exemple amusant ... incorrect ... &#192; quelles limites la confusion de Trotsky se rend ... &#187; L&#233;nine croyait que la r&#233;volution en Russie serait une r&#233;volution d&#233;mocratique, m&#234;me s'il s'attendait avec autant de confiance que Trotsky &#224; ce qu'elle d&#233;noue la r&#233;volution socialiste en Europe, sans laquelle, a-t-il r&#233;p&#233;t&#233; &#224; maintes reprises, la r&#233;volution d&#233;mocratique russe s'effondrerait. Trotsky a refus&#233; de c&#233;der un pouce. Aux mencheviks qui pr&#234;chaient que la bourgeoisie russe dirigerait la r&#233;volution, il disait que le caract&#232;re contre-r&#233;volutionnaire de leurs id&#233;es se manifesterait avant la r&#233;volution. Aux bolcheviks qui enseignaient que le prol&#233;tariat d&#233;truirait le tsarisme mais installerait la bourgeoisie au pouvoir, il disait que le caract&#232;re contre-r&#233;volutionnaire de leur th&#233;orie appara&#238;trait apr&#232;s la r&#233;volution. Les ann&#233;es l'ont justifi&#233;. La R&#233;volution russe a suivi sa route. Apr&#232;s les r&#233;volutions d'apr&#232;s-guerre en Allemagne, en Autriche et en Hongrie,en Turquie et en Italie, en Egypte et en Inde, en Chine, en Espagne. La r&#233;volution russe et d'autres r&#233;volutions prol&#233;tariennes et nationalistes ont &#233;branl&#233; la structure du capitalisme. Les penseurs politiques deux par quatre attribuent tout &#224; &#171; la guerre &#187;. Comme si la guerre tombait du ciel et n'&#233;tait pas elle-m&#234;me un produit de la d&#233;sint&#233;gration capitaliste ; comme si L&#233;nine, bien avant 1914, n'avait pas observ&#233; l'industrialisation croissante de l'Inde et de la Chine et n'avait pas pr&#233;dit les luttes prol&#233;tariennes &#224; venir dans ces pays. Sans ces bouleversements, la r&#233;volution socialiste en Russie aurait &#233;t&#233; an&#233;antie. Il est vrai que la cause socialiste a subi une succession de d&#233;faites. Mais la lutte n'est pas termin&#233;e. Dans toutes les chancelleries du monde, y compris Staline, le spectre du communisme, grandi aux proportions des mille et une nuits, si&#232;ge &#224; chaque conf&#233;rence. Lisez attentivement la presse bourgeoise.Toujours entre les lignes et parfois en elles gronde la crainte que les ann&#233;es &#224; venir ne voient la consommation de la th&#233;orie audacieuse avanc&#233;e par le jeune marxiste il y a trente-cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le pouvoir cr&#233;ateur de Trotsky&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie de la r&#233;volution permanente n'&#233;tait pas une inspiration isol&#233;e. Dans l'imagination cr&#233;atrice abstraite et l'&#233;tendue de la pens&#233;e, Trotsky surpassait L&#233;nine. Aujourd'hui, nous acceptons l'id&#233;e du plan &#233;conomique unique comme &#233;l&#233;ment indispensable de la r&#233;organisation socialiste de la soci&#233;t&#233;. Trotsky l'a d'abord mis en avant dans sa petite histoire de la R&#233;volution russe &#233;crite pendant ses moments libres &#224; Brest-Litovsk. L&#233;nine s'y opposa d'abord comme il s'opposa &#224; la th&#233;orie de la r&#233;volution permanente. Mais le plus r&#233;aliste des hommes, quoique souvent dans l'erreur, ne se trompa jamais longtemps devant la r&#233;alit&#233;, et bient&#244;t il reconnut la valeur du plan &#233;conomique unique aussi opportun&#233;ment qu'il avait accept&#233; la r&#233;volution permanente d'avril 1917.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre la th&#233;orie &#224; laquelle son nom sera toujours associ&#233;, l'exemple remarquable de la puissance analytique et cr&#233;atrice de Trotsky &#233;tait le Cours Nouveau, l'excroissance et l'&#233;panouissement de la proposition de plan unique. Il est caract&#233;ristique de lui que, plong&#233; dans son travail, il n'a jamais vu la croissance dangereuse de la bureaucratie jusqu'&#224; ce que L&#233;nine, avec une urgence angoissante, le lui ait signal&#233; et ait demand&#233; de l'aide. La pr&#233;occupation imm&#233;diate de L&#233;nine &#233;tait de prendre les mesures politiques et pratiques n&#233;cessaires pour briser Staline et sa clique. Ici Trotsky a compl&#232;tement &#233;chou&#233; &#8211; nous en reparlerons plus tard &#8211; mais en quelques mois il a esquiss&#233; une ligne de conduite qui est l'un des plans de reconstruction les plus profonds et les plus magistraux jamais pr&#233;sent&#233;s aux dirigeants d'un &#201;tat en crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une succession de bonnes r&#233;coltes augmentait dangereusement le poids de la paysannerie et du capitalisme. Sans contr&#244;le, cela conduirait in&#233;vitablement &#224; l'&#233;crasement du prol&#233;tariat et du pouvoir sovi&#233;tique. Le dernier grand virage que L&#233;nine avait donn&#233; au parti avait &#233;t&#233; vers l'apaisement de la paysannerie. Mais la retraite &#233;tait all&#233;e assez loin. Il fallait se lancer dans un plan d'industrialisation audacieux, en utilisant une partie des richesses accumul&#233;es par les riches paysans. La collectivisation, proportionnelle &#224; la force de l'industrialisation, devrait &#234;tre l'objectif. La r&#233;organisation politique &#233;tait indissociable de l'industriel. Il a analys&#233; les dangers de la bureaucratie, ses causes et ses cons&#233;quences, la relation de la jeunesse avec les camarades plus &#226;g&#233;s du parti, le r&#244;le des masses dans le maintien de la morale r&#233;volutionnaire et de l'int&#233;grit&#233; du parti.Il a appel&#233; &#224; une &#233;ducation syst&#233;matique de la paysannerie dans les objectifs du pouvoir sovi&#233;tique. Il a plac&#233; le tout dans le contexte de la lutte pour le socialisme mondial sous la direction de l'Internationale communiste. C'est l'un des documents classiques de la litt&#233;rature socialiste. Le socialisme dans un seul pays est impossible mais Victor Serge, qui a bien connu la Russie, a attir&#233; l'attention sur ce qu'aurait &#233;t&#233; le r&#233;sultat d'un tel programme non seulement en Russie mais parmi les millions de paysans d'Europe centrale. Avec l'autorit&#233; de L&#233;nine et l'habilet&#233; politique qui manquait si tristement &#224; Trotsky, un tel plan aurait chang&#233; toute l'histoire de la Russie et du monde. Trotsky s'est battu pour elle pendant cinq ans, et elle a re&#231;u son expression finale et la plus parfaite dans leIl a plac&#233; le tout dans le contexte de la lutte pour le socialisme mondial sous la direction de l'Internationale communiste. C'est l'un des documents classiques de la litt&#233;rature socialiste. Le socialisme dans un seul pays est impossible mais Victor Serge, qui a bien connu la Russie, a attir&#233; l'attention sur ce qu'aurait &#233;t&#233; le r&#233;sultat d'un tel programme non seulement en Russie mais parmi les millions de paysans d'Europe centrale. Avec l'autorit&#233; de L&#233;nine et l'habilet&#233; politique qui manquait si tristement &#224; Trotsky, un tel plan aurait chang&#233; toute l'histoire de la Russie et du monde. Trotsky s'est battu pour elle pendant cinq ans, et elle a re&#231;u son expression finale et la plus parfaite dans leIl a plac&#233; le tout dans le contexte de la lutte pour le socialisme mondial sous la direction de l'Internationale communiste. C'est l'un des documents classiques de la litt&#233;rature socialiste. Le socialisme dans un seul pays est impossible mais Victor Serge, qui a bien connu la Russie, a attir&#233; l'attention sur ce qu'aurait &#233;t&#233; le r&#233;sultat d'un tel programme non seulement en Russie mais parmi les millions de paysans d'Europe centrale. Avec l'autorit&#233; de L&#233;nine et l'habilet&#233; politique qui manquait si tristement &#224; Trotsky, un tel plan aurait chang&#233; toute l'histoire de la Russie et du monde. Trotsky s'est battu pour elle pendant cinq ans, et elle a re&#231;u son expression finale et la plus parfaite dans leLe socialisme dans un seul pays est impossible mais Victor Serge, qui a bien connu la Russie, a attir&#233; l'attention sur ce qu'aurait &#233;t&#233; le r&#233;sultat d'un tel programme non seulement en Russie mais parmi les millions de paysans d'Europe centrale. Avec l'autorit&#233; de L&#233;nine et l'habilet&#233; politique qui manquait si tristement &#224; Trotsky, un tel plan aurait chang&#233; toute l'histoire de la Russie et du monde. Trotsky s'est battu pour elle pendant cinq ans, et elle a re&#231;u son expression finale et la plus parfaite dans leLe socialisme dans un seul pays est impossible mais Victor Serge, qui a bien connu la Russie, a attir&#233; l'attention sur ce qu'aurait &#233;t&#233; le r&#233;sultat d'un tel programme non seulement en Russie mais parmi les millions de paysans d'Europe centrale. Avec l'autorit&#233; de L&#233;nine et l'habilet&#233; politique qui manquait si tristement &#224; Trotsky, un tel plan aurait chang&#233; toute l'histoire de la Russie et du monde. Trotsky s'est battu pour elle pendant cinq ans, et elle a re&#231;u son expression finale et la plus parfaite dans leet il re&#231;ut son expression finale et la plus parfaite dans leet il re&#231;ut son expression finale et la plus parfaite dans la Plate-forme de l'opposition de gauche . Ce n'est qu'en 1929 que Staline, ayant conduit la Russie sovi&#233;tique au bord du d&#233;sastre, en adopta certaines parties et les ex&#233;cuta avec la brutalit&#233; et les exag&#233;rations de la Troisi&#232;me P&#233;riode. Aujourd'hui, les plans quinquennaux russes, le New Deal (le nouveau cours de Roosevelt), le plan quadriennal de Goering, le plan triennal de P&#233;tain, tous sont la prog&#233;niture difforme, consciente et inconsciente, des id&#233;es contenues dans le nouveau cours. Mais dans les multiples &#233;crits qui exposent ces exp&#233;riences, nulle part n'appara&#238;t un indice de la compr&#233;hension globale de la soci&#233;t&#233; dans son ensemble, de la p&#233;n&#233;tration politique, de l'ampleur et de l'humanit&#233; qui sont contenus dans les pages de ce volume &#233;lanc&#233; qui s'int&#233;resse davantage &#224; l'approche politique que le plan &#233;conomique r&#233;el. Que faut-il faire ,L'Etat et la R&#233;volution et l' Imp&#233;rialisme sont les plus grands livres de L&#233;nine, tous analytiques, tous, aussi profonds soient-ils, compacts de d&#233;termination pour une action imm&#233;diate. Les R&#233;sultats et Perspectives de Trotsky, dans lesquels est contenue la th&#233;orie de la r&#233;volution permanente, et son Nouveau Cours , bien qu'&#233;crits dans le feu de l'action, s'&#233;largissent, le premier &#224; l'&#233;chelle internationale et le second &#224; l'&#233;chelle nationale, dans les perspectives de la futur. Ici, il n'&#233;tait surpass&#233; que par deux hommes dans l'histoire, Marx et Engels, et par eux uniquement parce qu'ils couvraient tellement de terrain qu'ils avaient limit&#233; l'&#233;ventail de tous les successeurs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Successeur de L&#233;nine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avec la mort de L&#233;nine, la responsabilit&#233; premi&#232;re de l'analyse marxiste des &#233;v&#233;nements contemporains incomba &#224; Trotsky. Il nous dit lui-m&#234;me qu'il avait appris de L&#233;nine et la preuve est claire dans son travail. A sa facult&#233; de synth&#232;se, de voir l'histoire d'en haut, il avait d&#233;sormais ajout&#233; une coordination plus &#233;troite entre la ligne g&#233;n&#233;rale de d&#233;veloppement et les conclusions pratiques imm&#233;diates &#224; tirer aux diff&#233;rentes &#233;tapes, bien qu'il n'ait jamais atteint la superbe ma&#238;trise de L&#233;nine dans ce domaine. . La profondeur avec laquelle il avait absorb&#233; les le&#231;ons de la R&#233;volution russe et de la m&#233;thode de L&#233;nine est visible dans son analyse de la R&#233;volution chinoise, non pas tant dans les Probl&#232;mes que dans les essais de La Troisi&#232;me Internationale apr&#232;s L&#233;nine.. Il y a, comme toujours, la m&#234;me vaste &#233;tendue et la m&#234;me g&#233;n&#233;ralisation globale, mais il y a aussi une pr&#233;cision, une nettet&#233; et une certitude dans le traitement des probl&#232;mes sp&#233;cifiques qui sont absents des travaux d'avant octobre. La principale faiblesse dans la pr&#233;sentation de la th&#233;orie de la r&#233;volution permanente, le brouillage de la sc&#232;ne d&#233;mocratique bourgeoise, est brillamment cr&#233;&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons pas l'intention de donner ici un compte rendu connexe ou complet de l'&#339;uvre de Trotsky. Trotsky a &#233;crit sur toutes les grandes questions du jour, les a retourn&#233;es, de sorte que les &#233;tudiants de ses &#233;crits aient des radiographies cin&#233;matographiques de la physiologie et de l'anatomie de la soci&#233;t&#233; du vingti&#232;me si&#232;cle. Mais un exemple de sa m&#233;thode plus m&#251;re doit &#234;tre donn&#233; dans toute &#233;valuation de sa place dans l'histoire. Le premier qui lui vient &#224; l'esprit son analyse de la bureaucratie sovi&#233;tique. Malgr&#233; les divergences qui se sont d&#233;velopp&#233;es entre Trotsky et le Parti des travailleurs dans la toute derni&#232;re ann&#233;e de sa vie, malgr&#233; les critiques incessantes de ses m&#233;thodes et de ses conclusions de toutes parts, il n'en demeure pas moins qu'au fil des ann&#233;es, il n'y a tout simplement pas d'analyse de l'Union sovi&#233;tique vaut la peine d'&#234;tre emb&#234;t&#233;, sauf le sien. C'est une le&#231;on de marxisme de lire non seulement Trotsky,mais aussi &#171; opinion cultiv&#233;e &#187; sur l'Union sovi&#233;tique de 1917 &#224; nos jours. Les hurlements de la catastrophe &#224; venir &#224; la NEP ; la lutte de l'Opposition de gauche - quand Trotsky a &#233;t&#233; exil&#233; en Turquie le LondresLe Times disait que Staline l'avait envoy&#233; l&#224;-bas pour organiser une r&#233;volte au Proche-Orient ; les ricanements colossaux &#224; la plate - formeet les plans d'industrialisation de Trotsky, qui seront suivis d'yeux exorbit&#233;s et d'hyperboles sur les statistiques fabriqu&#233;es par Staline ; Sidney et Beatrice Webb sur la Russie en 1923 puis en 1933 ; Louis Fischer et Vincent Sheean ; les milliers d'&#171; observateurs entra&#238;n&#233;s &#187; qui sont all&#233;s &#224; Moscou et ont vu par eux-m&#234;mes &#224; travers les lunettes de Staline ; Barbusse et Remain Rolland ; les intellectuels bourgeois des proc&#232;s de Moscou &#8211; ces falsifications maladroites, effront&#233;es, incroyablement impudentes qui n'&#233;taient d&#233;pass&#233;es en b&#234;tise que par les commentaires de l'intelligentsia ; quand on regarde les &#233;crits de Trotsky d'une part et les rang&#233;es de poubelles de l'autre, on se rend compte de ce que c'est d'&#234;tre marxiste de nos jours. Mais il y a des marxistes et des marxistes. Dans le mouvement marxiste r&#233;volutionnaire, ses &#233;crits sur la Russie sont isol&#233;s,car nous sommes toujours priv&#233;s (peut-&#234;tre pour toujours) de l'&#339;uvre de Rakovsky, Sosnovsky et d'autres pers&#233;cut&#233;s par Staline. En dehors de la Russie, il n'y a rien. Beaucoup de gens se sont oppos&#233;s &#224; ce que Trotsky a &#233;crit. Ils n'avaient une importance br&#232;ve que par opposition &#224; lui. Celui-ci s'oppose &#224; Trotsky en 1934 sur ce point, un autre lui oppose en 1936 l&#224;-dessus. Mais un corps connect&#233; de pens&#233;e globale en opposition ? &#199;a n'existe pas. Ceci, la partie la plus forte de son travail th&#233;orique, est cependant si &#233;troitement li&#233; &#224; la lutte pour la Quatri&#232;me Internationale, qu'il ne peut &#234;tre trait&#233; de mani&#232;re ad&#233;quate que dans un article sp&#233;cial ou plut&#244;t une s&#233;rie d'articles. Il est plus commode et plus opportun d'illustrer le r&#244;le de Trotsky apr&#232;s son expulsion de Russie par son analyse de la mont&#233;e et de la victoire du fascisme allemand.Lire ces demi-douzaine de minces volumes aujourd'hui, c'est se demander comment une voix si forte et si claire aurait d&#251; crier dans le d&#233;sert.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les quatre premiers congr&#232;s sur le fascisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas parti de z&#233;ro. Les quatre premiers congr&#232;s du Komintern, auxquels il prit une part si pr&#233;pond&#233;rante, jet&#232;rent les bases de toute analyse future de l'&#233;conomie et de la politique de notre &#233;poque. La Plate-forme de l'Internationale Communiste (1919) dans son deuxi&#232;me paragraphe reprenait la th&#232;se alors famili&#232;re de L&#233;nine. &#171; Le monopole supplante la libre concurrence. Le capitaliste isol&#233; se transforme en membre d'une association capitaliste. L'organisation remplace l'anarchie sauvage. D&#232;s le Premier Congr&#232;s, il y a une r&#233;it&#233;ration insistante de la tendance &#224; l'&#233;tatisation compl&#232;te de tous les aspects de la soci&#233;t&#233; par l'&#201;tat imp&#233;rialiste. Le Manifestedu Congr&#232;s a pos&#233; la ligne. &#171; Si la soumission absolue du pouvoir politique au capital financier a conduit l'humanit&#233; &#224; la boucherie imp&#233;rialiste, cette boucherie a donn&#233; au capital financier la possibilit&#233; non seulement de militariser compl&#232;tement l'&#201;tat, mais de se militariser de telle mani&#232;re qu'il puisse continuer remplir ses fonctions &#233;conomiques que par le feu et le sang. L'&#201;tat militaire, ce que L&#233;nine appelait &#171; le vaste trust et syndicat militaire capitaliste d'&#201;tat &#187; &#233;tait l'ultime vers lequel le capitalisme se dirigeait. Ces &#201;tats rechercheraient in&#233;vitablement des &#171; d&#233;cisions militaires globales de nature violente &#187;. C'est de l&#224; que sont partis L&#233;nine et Trotsky, tandis que tous les d&#233;mocrates chantaient la d&#233;mocratie parlementaire et la Soci&#233;t&#233; des Nations. De la d&#233;mocratie parlementaire allemande, en particulier du IIe Congr&#232;s (1920),a d&#233;clar&#233; que &#171; ce n'est qu'un foss&#233; entre deux dictatures &#187;. Ce ne serait pas une dictature parlementaire. Le IIe Congr&#232;s, utilisant ses yeux, souligna qu'outre l'Etat capitaliste, &#171; d'autres organisations contre-r&#233;volutionnaires &#224; caract&#232;re priv&#233; constitu&#233;es sous son &#233;gide et mises &#224; sa disposition, &#339;uvrent &#224; mettre un terme violent aux gr&#232;ves, &#224; commettre des provocations, &#224; porter de t&#233;moin, d&#233;truire les organisations r&#233;volutionnaires, supprimer les institutions communistes, massacrer et incendier et prendre d'autres mesures pour d&#233;fendre la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et la d&#233;mocratie. Le personnel de ces bandits se composait &#171; des fils des grands propri&#233;taires, des grands bourgeois, des petits bourgeois qui ne savent que faire d'eux-m&#234;mes et, en g&#233;n&#233;ral, des &#233;l&#233;ments d&#233;class&#233;s... les vingt mille officiers de l'arm&#233;e des Hohenzollern. &#187; Ces contre-r&#233;volutionnaires ne seraient d&#233;truits que par &#171; le marteau fracassant de la dictature du prol&#233;tariat &#187;. C'&#233;tait en 1920. Cette ann&#233;e-l&#224;, les grandes masses suivaient le Parti communiste. Mais en 1921, la vague r&#233;volutionnaire s'&#233;tait calm&#233;e et en 1921, au IIIe Congr&#232;s, vinrent les th&#232;ses sur le front unique. En 1922, le fascisme italien prit le pouvoir et au IVe Congr&#232;s, en 1923, une section de la r&#233;solution sur la tactique analysa le danger du fascisme. &#171; Les m&#233;thodes l&#233;gales de contrainte ne suffisent plus &#224; la bourgeoisie... les fascistes ne sont pas seulement des organisations de combat, principalement contre-r&#233;volutionnaires et arm&#233;es jusqu'aux dents, mais ils essaient par la d&#233;magogie sociale de se cr&#233;er une base parmi les masses. dans la paysannerie, dans la petite bourgeoisie et m&#234;me dans certaines parties du prol&#233;tariat,utilisant adroitement &#224; leurs propres fins contre-r&#233;volutionnaires la d&#233;sillusion provoqu&#233;e par la soi-disant d&#233;mocratie. Cela ne peut pas arriver ici et ne pourrait arriver que l&#224;-bas ? L&#233;nine et Trotsky savaient qu'&#224; moins de r&#233;volution socialiste, cela arriverait partout. Le quatri&#232;me congr&#232;s a d&#233;clar&#233; qu'il y avait un danger de fascisme parmi d'autres pays en dehors de l'Italie. En Allemagne ; et &#034;sous une forme ou une autre, le fascisme n'est plus impossible dans des pays comme la France et l'Angleterre&#034;. Telle &#233;tait la direction que les grands bolcheviks donnaient au prol&#233;tariat international. Aujourd'hui, il faut &#233;couter les idiots solennels et pr&#233;somptueux qui vous diront que le marxisme a &#233;chou&#233; ou manque de compr&#233;hension du monde moderne. Nous pouvons les passer &#224; c&#244;t&#233;. L&#233;nine cessa le travail en mars 1923. Un an apr&#232;s, Staline, ayant pris le pouvoir,inform&#233; le monde que la social-d&#233;mocratie et le fascisme &#233;taient jumeaux. On peut donc appr&#233;cier les motivations de ceux qui, utilisant le nom de Marx, demandent avec complaisance : &#171; Quelle diff&#233;rence cela aurait-il fait &#224; la Russie si Trotsky avait gagn&#233; dans la lutte contre Staline ? Nous verrons bient&#244;t quelle diff&#233;rence cela aurait fait au prol&#233;tariat allemand. Derri&#232;re la fausse d&#233;termination de leur d&#233;terminisme, ces ennemis du bolchevisme cachent une v&#233;ritable d&#233;termination &#224; d&#233;fendre la soci&#233;t&#233; bourgeoise.ces ennemis du bolchevisme cachent une v&#233;ritable d&#233;termination &#224; d&#233;fendre la soci&#233;t&#233; bourgeoise.ces ennemis du bolchevisme cachent une v&#233;ritable d&#233;termination &#224; d&#233;fendre la soci&#233;t&#233; bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La menace d'Hitler&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Telle &#233;tait l'analyse de base. Ainsi, lorsqu'aux &#233;lections de septembre 1930 en Allemagne, le vote d'Hitler passa de 800 000 en 1928 &#224; 6 millions, Trotsky, un exil&#233; en Turquie, fut imm&#233;diatement sur le qui-vive. Il savait tout de suite ce que des millions de personnes apprennent maintenant dans le sang, la souffrance et la mort. Nous ne proposons pas de passer du temps ici sur les crimes et les responsabilit&#233;s staliniennes de cette p&#233;riode. Ce que nous voulons rappeler, c'est la m&#233;thode marxiste entre les mains d'un grand ma&#238;tre appliqu&#233;e &#224; une crise sociale qui s'est depuis amplifi&#233;e pour qu'elle domine le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;crivant apr&#232;s les &#233;lections de septembre, Trotsky a indiqu&#233; la menace que repr&#233;sentait Hitler et a appel&#233; les communistes &#224; cesser leurs attaques contre la social-d&#233;mocratie en tant que jumelle du fascisme et &#224; lutter pour le front unique. Mais au cours des mois suivants, Staline maintint le Parti communiste allemand sur son chemin et, en ao&#251;t 1931, le for&#231;a, contre son gr&#233;, &#224; former une alliance avec les fascistes contre les sociaux-d&#233;mocrates. La social-d&#233;mocratie, &#224; son tour, pr&#234;cha une foi in&#233;branlable en un seul Dieu, la d&#233;mocratie, avec Bruening pour proph&#232;te. Plus tard, ils &#233;changeraient Bruening contre Hindenburg. Plus que tout autre &#234;tre vivant, Trotsky a vu toute l'effroyable catastrophe qui se profilait, et en novembre 1931, il a termin&#233; son premier grand document sur le fascisme : L' Allemagne, la cl&#233; de la situation internationale. Il appelle cela des &#171; r&#233;flexions esquiss&#233;es &#224; la h&#226;te &#187;. Il n'y avait pas de fausse modestie ici. Il s'est content&#233; d'&#233;crire ce qui lui semblait l'&#233;vidence criante de la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il d&#233;bute par la r&#233;volution espagnole qui a alors huit mois. Comme les pseudo-marxistes et les d&#233;mocrates lib&#233;raux ont battu l'air quand Hitler et Mussolini sont intervenus en Espagne ! Trotsky commence son essai sur l'Allemagne avec l'Espagne o&#249; il voit la lutte comme susceptible d'&#234;tre d'un caract&#232;re plus ou moins prolong&#233;. L'Angleterre montre &#233;galement la possibilit&#233; d'ann&#233;es de flux et reflux partiels. La France occupe un r&#244;le secondaire dans l'&#233;conomie mondiale, avec d'immenses privil&#232;ges et pr&#233;tentions dans la politique mondiale. Cette contradiction ajoutera dangers sur dangers et bouleversera la stabilit&#233; int&#233;rieure de la France. En Am&#233;rique, la crise &#233;conomique a mis &#224; nu d'effroyables contradictions sociales. Au premier signe d'une mont&#233;e de la d&#233;pression &#233;conomique, le mouvement syndical ressentira avec acuit&#233; la n&#233;cessit&#233; de s'arracher &#224; la bureaucratie m&#233;prisable de l'AF de L..(Voici le CIO pr&#233;dit.) Le capitalisme am&#233;ricain lui-m&#234;me entrera dans une &#233;poque d'imp&#233;rialisme monstrueux, de croissance ininterrompue des armements, d'intervention dans les affaires du monde entier, de conflits militaires et de convulsions. L'aventure du Japon en Chine peut conduire &#224; une r&#233;volution au Japon car les chinois, malgr&#233; leur faiblesse, sauront toujours improviser de nouvelles arm&#233;es. C'est sur cette toile de fond que se dessine avec un relief audacieux la situation en Allemagne. De la solution de la crise allemande d&#233;pend le sort non seulement de l'Allemagne mais de l'Europe et du monde entier. La construction socialiste en URSS, la r&#233;volution en Espagne, le sort de la France et de la Grande-Bretagne, de la Chine et de l'Inde, le d&#233;veloppement du mouvement ouvrier en Am&#233;rique, tout cela repose &#171; directement et imm&#233;diatement &#187; sur qui sera victorieux en Allemagne, le fascisme ou Communisme.) Le capitalisme am&#233;ricain lui-m&#234;me entrera dans une &#233;poque d'imp&#233;rialisme monstrueux, de croissance ininterrompue des armements, d'intervention dans les affaires du monde entier, de conflits militaires et de convulsions. L'aventure du Japon en Chine peut conduire &#224; une r&#233;volution au Japon car les chinois, malgr&#233; leur faiblesse, sauront toujours improviser de nouvelles arm&#233;es. C'est sur cette toile de fond que se dessine avec un relief audacieux la situation en Allemagne. De la solution de la crise allemande d&#233;pend le sort non seulement de l'Allemagne mais de l'Europe et du monde entier. 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La construction socialiste en URSS, la r&#233;volution en Espagne, le sort de la France et de la Grande-Bretagne, de la Chine et de l'Inde, le d&#233;veloppement du mouvement ouvrier en Am&#233;rique, tout cela repose &#171; directement et imm&#233;diatement &#187; sur qui sera victorieux en Allemagne, le fascisme ou Communisme.[1] Le Parti communiste, disait Trotsky, doit annoncer le danger, doit unir la classe ouvri&#232;re par une lutte pour le front unique avec les dirigeants sociaux-d&#233;mocrates. Il doit faire savoir &#224; l'avance au prol&#233;tariat international et &#224; l'Arm&#233;e rouge : &#171; Le fascisme ne peut prendre le pouvoir qu'apr&#232;s une guerre civile impitoyable et annihilante jusqu'au bout. Le Parti communiste allemand comptait &#224; une &#233;poque plus de 300 000 membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait plus que suffisant. Mais au lieu de chercher le front uni, les sous-fifres de Staline d&#233;claraient &#224; chaque instant de la journ&#233;e que la social-d&#233;mocratie, et non Hitler, &#233;tait le principal ennemi. Ils conseillaient une retraite. Laissez Hitler arriver au pouvoir. Apr&#232;s ce sera notre tour. Ils tenaient cela de Staline qui ne voulait pas &#234;tre d&#233;rang&#233; par une r&#233;volution allemande. C'est en r&#233;ponse &#224; cela que Trotsky a lanc&#233; un avertissement qui est le plus poignant de toute la litt&#233;rature historique de notre temps et qui r&#233;sonne de jour en jour plus fort &#224; nos oreilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; 14. L'arriv&#233;e au pouvoir des &#171; nationaux-socialistes &#187; allemands signifierait avant tout l'extermination de la fleur du prol&#233;tariat allemand, le bouleversement de ses organisations, l'extirpation de sa foi en lui-m&#234;me et en son avenir. Compte tenu de la maturit&#233; et de l'acuit&#233; bien plus grandes des contradictions sociales en Allemagne, l'&#339;uvre infernale du fascisme italien appara&#238;trait probablement comme une exp&#233;rience p&#226;le et presque humaine en comparaison avec l'&#339;uvre des nationaux-socialistes allemands.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Retraitez-vous, dites-vous, vous qui &#233;tiez hier les proph&#232;tes de la &#171; troisi&#232;me p&#233;riode &#187; ? Les dirigeants et les institutions peuvent battre en retraite. Les personnes individuelles peuvent se cacher. Mais la classe ouvri&#232;re n'aura aucun endroit o&#249; se retirer face au fascisme, et aucun endroit o&#249; se cacher. Si l'on devait vraiment supposer que le monstrueux et l'improbable se produise : que le parti &#233;chappe effectivement &#224; la lutte et livre ainsi le prol&#233;tariat &#224; la merci de son ennemi mortel, cela ne signifierait qu'une chose : les batailles horribles ne se d&#233;rouleraient pas avant la prise du pouvoir par les fascistes mais apr&#232;s, c'est-&#224;-dire dans des conditions dix fois plus favorables au fascisme que celles d'aujourd'hui. La lutte du prol&#233;tariat, pris au d&#233;pourvu, d&#233;sorient&#233;, d&#233;&#231;u et trahi par sa propre direction, contre le r&#233;gime fasciste se transformerait en une s&#233;rie d'effroyables,convulsions sanglantes et futiles. Dix insurrections prol&#233;tariennes, dix d&#233;faites les unes sur les autres ne sauraient affaiblir et affaiblir la classe ouvri&#232;re allemande autant qu'un recul devant le fascisme ne l'affaiblirait &#224; un moment donn&#233;, alors que la d&#233;cision est encore imminente quant &#224; la question de savoir qui est devenir ma&#238;tre dans la maison allemande. (L'Allemagne, la cl&#233; de la situation internationale )&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Comment arr&#234;ter le fascisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les fascistes se composaient de la petite-bourgeoisie et de la nouvelle bourgeoisie, des artisans, des commer&#231;ants, du personnel technique, de l'intelligentsia, de la paysannerie appauvrie. Sur l'&#233;chelle des statistiques &#233;lectorales, mille voix fascistes &#233;quivalaient &#224; mille voix communistes. Mais &#224; l'&#233;chelle de la lutte r&#233;volutionnaire, mille ouvriers dans une grande usine repr&#233;sentent une force mille fois sup&#233;rieure &#224; mille petits fonctionnaires, commis, leurs femmes et leurs belles-m&#232;res. &#171; La grande majorit&#233; des fascistes est constitu&#233;e d'ordures humaines. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin du centre des choses, d&#233;pendant de journaux vieux de plusieurs jours et incapable de sentir le pouls des masses, comme il se plaignait, il suivit les &#233;v&#233;nements du mieux qu'il put et, au cours des douze mois suivants, produisit une succession d'articles qui ressemblaient &#224; une s&#233;rie de projecteurs puissants dans l'obscurit&#233; ambiante. Jamais Trotsky n'a h&#233;sit&#233; un seul instant sur la division suppos&#233;e entre les diff&#233;rentes sections de la bourgeoisie et la possibilit&#233; que Bruening &#233;crase Hitler ou le contr&#244;le. Il s'appuyait sur la crise du capitalisme allemand qui exigeait que la bourgeoisie se d&#233;barrasse compl&#232;tement des organisations ouvri&#232;res. Le capitalisme &#224; un certain stade doit &#171; briser toutes les organisations ind&#233;pendantes et b&#233;n&#233;voles, d&#233;molir tous les remparts d&#233;fensifs du prol&#233;tariat,et d&#233;raciner tout ce qui a &#233;t&#233; accompli pendant trois quarts de si&#232;cle par la social-d&#233;mocratie et les syndicats. Le capitalisme allemand avait atteint ce stade. Depuis 1918, lui et L&#233;nine l'attendaient et seule la r&#233;volution prol&#233;tarienne pouvait l'arr&#234;ter. (Regardez et apprenez si vous le pouvez pendant qu'il est encore temps, Messieurs les D&#233;mocrates de 1940, regardez et apprenez.) Trotsky ne perdit pas de souffle en criant des impr&#233;cations sur la brutalit&#233; fasciste et le sadisme, ou en faisant des recherches psychanalytiques sur l'ambition d'Hitler. Il savait ce dont l'&#233;conomie capitaliste allemande avait imp&#233;rativement besoin pour survivre. Elle serait renvers&#233;e par une r&#233;volution socialiste ou elle briserait tout devant elle. En Allemagne et hors d'Allemagne, avant Hitler et apr&#232;s Hitler, les fous et les sages, des hommes d'&#201;tat tr&#232;s exalt&#233;s en effet, en plus de la racaille habituelle des intellectuels bourgeois,sp&#233;cul&#233; sur le contr&#244;le qui serait exerc&#233; sur Hitler, sur la pression de la gauche, l'&#233;quilibre du centre, la retenue de la droite. Trotsky l'a &#233;cart&#233; presque sans le regarder. &#171; Les relations qui se d&#233;velopperaient au d&#233;but entre Hitler, Schleicher et les dirigeants du Centre sont plus importantes pour eux que pour le peuple allemand. Politiquement, toutes les combinaisons imaginables avec Hitler signifient la dissolution de la bureaucratie, des tribunaux, de la police et de l'arm&#233;e dans le fascisme.est plus important pour eux que pour le peuple allemand. Politiquement, toutes les combinaisons imaginables avec Hitler signifient la dissolution de la bureaucratie, des tribunaux, de la police et de l'arm&#233;e dans le fascisme.est plus important pour eux que pour le peuple allemand. Politiquement, toutes les combinaisons imaginables avec Hitler signifient la dissolution de la bureaucratie, des tribunaux, de la police et de l'arm&#233;e dans le fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait trop long de d&#233;tailler comment, article par article, il a pr&#233;vu coup apr&#232;s coup, et prescrit la ligne de conduite n&#233;cessaire pour unir les ouvriers staliniens et sociaux-d&#233;mocrates dans une lutte commune contre les bandes fascistes. Ensemble, ces travailleurs avaient quarante pour cent des voix. Dans la lutte r&#233;elle, ils &#233;taient massivement la section la plus forte du pays. Ils contr&#244;laient le transport, la production et la distribution. Les ouvriers des transports pouvaient paralyser la petite Reichswehr. Des millions de travailleurs ont &#233;t&#233; form&#233;s pour la guerre par leurs exp&#233;riences en 1914-1918.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Hitler et le monde ext&#233;rieur&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;chelle internationale, il &#233;tait comme d'habitude &#224; son meilleur. Une conf&#233;rence sp&#233;ciale de l'Internationale Communiste pour placer la crise devant les ouvriers r&#233;volutionnaires de partout ; un plan commun de coordination de l'industrie sovi&#233;tique et allemande &#224; &#233;laborer par des ing&#233;nieurs allemands et sovi&#233;tiques avec la participation du mouvement ouvrier allemand ; une d&#233;claration de Staline qu'au vu des expressions r&#233;p&#233;t&#233;es d'hostilit&#233; envers l'URSS par Hitler, le gouvernement sovi&#233;tique consid&#233;rerait l'accession d'Hitler au pouvoir comme une menace pour son existence future et mobiliserait l'Arm&#233;e rouge aux fronti&#232;res de la Pologne. Trotsky avait fait la m&#234;me chose dans des circonstances similaires en 1923. En 1932, la crise &#233;conomique avait pris tous les pays &#224; la gorge, aucun plus que la &#171; nouvelle soci&#233;t&#233; &#187; du fascisme italien.Une f&#233;roce amertume contre les gouvernements imp&#233;rialistes br&#251;lait dans le c&#339;ur de millions de travailleurs dans chaque pays. La r&#233;volution cr&#233;pitait en Espagne, pr&#234;te &#224; flamber, un formidable ferment r&#233;volutionnaire secouait l'Inde. Jamais &#224; aucun moment on n'a eu moins peur d'une intervention capitaliste dans une Allemagne r&#233;volutionnaire. Du succ&#232;s d'une Allemagne communiste, la bourgeoisie n'avait aucun doute. Le doute laissait aux intellectuels. Lloyd George a dit, apr&#232;s l'arriv&#233;e d'Hitler au pouvoir, que c'&#233;tait aussi bien, car ces Allemands sauraient g&#233;rer leur communisme.Du succ&#232;s d'une Allemagne communiste, la bourgeoisie n'avait aucun doute. Le doute laissait aux intellectuels. Lloyd George a dit, apr&#232;s l'arriv&#233;e d'Hitler au pouvoir, que c'&#233;tait aussi bien, car ces Allemands sauraient g&#233;rer leur communisme.Du succ&#232;s d'une Allemagne communiste, la bourgeoisie n'avait aucun doute. Le doute laissait aux intellectuels. Lloyd George a dit, apr&#232;s l'arriv&#233;e d'Hitler au pouvoir, que c'&#233;tait aussi bien, car ces Allemands sauraient g&#233;rer leur communisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky a fait quelques erreurs par exemple, en Allemagne, la cl&#233; de la situation internationale, il pensait que dans la premi&#232;re p&#233;riode de son r&#232;gne s'il &#233;tait victorieux, le fascisme allemand serait l'outil de la France. Mais cela &#8211; et presque toutes ses autres erreurs &#8211; d&#233;coulaient d'une incapacit&#233; constante &#224; reconna&#238;tre peut-&#234;tre m&#234;me &#224; lui-m&#234;me, la pleine d&#233;pravation du stalinisme. Il ne pensait pas qu'il soit possible que les staliniens en Allemagne capitulent aussi compl&#232;tement qu'ils l'ont fait. Qui d'autre l'a pens&#233; ? Sur les bureaucrates sociaux-d&#233;mocrates, il ne se faisait aucune illusion. Il savait et disait d'avance que leur couche sup&#233;rieure pr&#233;f&#233;rait la victoire du fascisme &#224; la r&#233;volution socialiste. Lorsque Wels, Liepart and Co., ont offert leurs services &#224; Hitler, ce n'&#233;tait pas une surprise pour lui. Connaissant l'avenir qui attendait l'Europe, il dut s'asseoir et regarder la catastrophe se d&#233;rouler devant lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;crivait rarement sur la politique &#233;trang&#232;re bourgeoise. Chaque ligne dans &#034;Et apr&#232;s ?&#034; et &#034;La seule voie&#034; , les deux brochures dans lesquelles ont &#233;t&#233; rassembl&#233;s les articles qui ont suivi &#034;l' Allemagne, la Clef de la situation internationale&#034;, s'adresse, comme quatre-vingt-dix-neuf pour cent de ses &#233;crits, aux ouvriers. Ils pouvaient arr&#234;ter le fascisme, personne d'autre ne le pouvait. Mais quelques mois apr&#232;s l'arriv&#233;e au pouvoir d'Hitler, il acheva son analyse dans un pamphlet. Ce que veut Hitler. Hitler avait &#233;tonn&#233; le monde par un discours des plus pacifiques qui, apr&#232;s une rhodomontade belliqueuse de von Papen, tomba comme une lotion apaisante sur les oreilles troubl&#233;es de l'Europe. Trotsky, avec une pr&#233;cision math&#233;matique, a d&#233;taill&#233; la politique &#233;trang&#232;re d'Hitler. L'in&#233;luctabilit&#233; du nouveau conflit entre l'Allemagne et la France ; son objectif imm&#233;diat : restaurer la puissance militaire de l'Allemagne ; l'usage de l'Italie, &#171; mais avec la seule b&#233;quille italienne, l'imp&#233;rialisme allemand ne se l&#232;vera pas &#187; ; la s&#233;paration de l'Angleterre de la France par le prochain d&#233;part allemand de la Soci&#233;t&#233; des Nations ; L'Angleterre sera soudoy&#233;e par Hitler prenant sur lui &#171; la protection de la civilisation europ&#233;enne, de la religion chr&#233;tienne, des colonies britanniques et d'autres valeurs morales et mat&#233;rielles, contre la barbarie bolchevique...Hitler est convaincu que sur la balance de la Grande-Bretagne, le danger du fascisme allemand pour l'Europe occidentale p&#232;se moins que le danger des Soviets bolcheviks &#224; l'Est. Cette &#233;valuation constitue la cl&#233; la plus importante de toute la politique &#233;trang&#232;re d'Hitler &#187; ; Hitler s'efforcerait d'unir les nations vaincues d'autant plus impitoyablement de les &#233;craser ensuite ; et, le r&#233;armement accompli, si l'Est &#233;tait difficile, l'explosion pourrait avoir lieu dans une direction diff&#233;rente. &#171; Car s'il est encore possible de discuter dans quelle mesure les moyens offensifs se distinguent des moyens d&#233;fensifs, il est d&#233;j&#224; incontestable que les moyens militaires propres &#224; l'Est conviennent &#233;galement &#224; l'Ouest. L'essai s'est termin&#233; par un autre avertissement. L'Europe a besoin d'une nouvelle organisation. Mais malheur &#224; lui si cette &#339;uvre tombe entre les mains du fascisme.Les historiens du XXIe si&#232;cle devraient alors &#233;crire que la guerre de 1914, dite &#171; guerre pour la d&#233;mocratie &#187;, a rapidement conduit au triomphe du fascisme qui est devenu l'instrument de la destruction des organisations &#233;conomiques et culturelles de l'Europe. Il esp&#233;rait que le vieux continent avait encore assez de force vitale pour s'ouvrir une autre route historique. C'est l'homme qui, trois ans plus tard, fut accus&#233; par Staline et Browder d'&#234;tre alli&#233; &#224; Hitler. Et les intellectuels ont lu et secou&#233; la t&#234;te et ont dit &#034;C'est possible.&#034; Il n'a commis qu'une seule erreur grave. Il a ri pour m&#233;priser l'id&#233;e d'une alliance entre Hitler et Staline et c'est une question qui demande un traitement d&#233;taill&#233;. Assez pour le moment que Trotsky &#233;crivait &#224; l'&#233;t&#233; 1933. Il savait alors que Staline avait ouvertement demand&#233; l'alliance en mars.Et Hitler avait refus&#233;. L'Union sovi&#233;tique de 1933 n'&#233;tait pas l'Union sovi&#233;tique de 1939.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les idiots et les sc&#233;l&#233;rats bourgeois mettent toujours l'accent sur l'&#233;clat personnel de Trotsky par lequel ils cherchent &#224; d&#233;nigrer la m&#233;thode de Trotsky. Les deux sont ins&#233;parables. Ses dons naturels ont &#233;t&#233; form&#233;s et d&#233;velopp&#233;s par le marxisme et il a pu sonder ces profondeurs de compr&#233;hension et s'&#233;lever jusqu'&#224; ces sommets de pr&#233;voyance parce qu'il se basait sur la th&#233;orie marxienne de la lutte des classes et le r&#244;le r&#233;volutionnaire et pr&#233;dominant du prol&#233;tariat dans la crise de la bourgeoisie soci&#233;t&#233;. Le choix vous appartient toujours, Messieurs les D&#233;mocrates, le choix entre le fascisme et le socialisme. Et si vous dites qu'&#224; la place vous choisissez la d&#233;mocratie, alors la le&#231;on de la mont&#233;e du fascisme allemand est toujours perdue pour vous, bien que vous connaissiez tr&#232;s en d&#233;tail l'histoire allemande depuis 1933 et puissiez souligner les absurdit&#233;s de Mein Kampf .&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'organisateur&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il est difficile, il est impossible d'&#233;crire sur la carri&#232;re et les r&#233;alisations de cet homme extraordinaire sans l'utilisation imm&#233;diate de superlatifs, et pourtant ils sont rigoureusement et sobrement applicables. Marx et Engels &#233;taient les esprits directeurs de la Premi&#232;re Internationale, mais leur travail &#233;tait en grande partie litt&#233;raire &#8211; l'exposition d'id&#233;es. Dans ce domaine, L&#233;nine et Trotsky ont continu&#233; et se sont d&#233;velopp&#233;s sur des bases bel et bien pos&#233;es. Mais l'histoire a emp&#234;ch&#233; Marx et Engels d'&#234;tre des hommes d'action &#224; grande &#233;chelle. Trotsky, &#224; part ses &#233;crits th&#233;oriques, appartient &#224; ce petit groupe d'&#234;tres humains qui ont &#233;t&#233; des instruments pour aider de nouveaux mondes &#224; na&#238;tre. Nous n'avons pas besoin de d&#233;tailler ici la direction de la r&#233;volution qui lui a valu le titre d'Homme d'Octobre, ni son organisation de l'Arm&#233;e rouge.Ce que nous devons faire pour obtenir une &#233;valuation approximative de sa signification historique est de comparer son r&#244;le avec celui d'autres grandes figures politiques &#224; des ascensions historiques similaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;volution russe est la plus grande r&#233;volution de l'histoire et parmi les &#233;v&#233;nements politiques qui ont &#233;t&#233; d&#233;cisifs pour changer le cours de la soci&#233;t&#233; humaine, quoi qu'il en soit, elle occupe une place importante. En repensant &#224; l'histoire de la civilisation occidentale, nous pouvons voir les temps forts, la R&#233;forme allemande, la guerre de Trente Ans qui a ruin&#233; l'Allemagne et jet&#233; les bases de l'Europe moderne, la R&#233;volution anglaise, la Premi&#232;re R&#233;volution am&#233;ricaine, la R&#233;volution fran&#231;aise, La lib&#233;ration de Bolivar de l'Am&#233;rique latine, la guerre civile am&#233;ricaine. Il y en a d'autres, et il y a mati&#232;re &#224; discussion, mais il est incontestable que chacun d'eux marque le d&#233;but d'une nouvelle &#233;poque dans les relations humaines. Les guerres dynastiques du XVIIIe si&#232;cle, m&#234;me une guerre comme la guerre franco-prussienne, deviennent insignifiantes &#224; mesure que le temps passe.Peu importait au monde qui avait conquis l'Inde, les Britanniques ou les Fran&#231;ais, mais c'&#233;tait une question de vie ou de mort pour la civilisation occidentale que le Nord ait conquis le Sud ou vice versa : ce n'est pas le spleen qui fait mousser Hitler &#224; la bouche. quand il parle de la victoire du Nord. Le succ&#232;s de la R&#233;volution russe a inaugur&#233; une p&#233;riode de crise pour la civilisation occidentale comme jamais auparavant depuis le troisi&#232;me si&#232;cle de l'Empire romain. Et cette fois, non seulement la civilisation occidentale, mais le sort du monde est en jeu. Parmi les hommes qui ont jou&#233; les r&#244;les d&#233;cisifs &#224; ces sommets historiques, Trotsky se place ais&#233;ment parmi les premiers.ce n'est pas le spleen qui fait mousser Hitler &#224; la bouche quand il parle de la victoire du Nord. Le succ&#232;s de la R&#233;volution russe a inaugur&#233; une p&#233;riode de crise pour la civilisation occidentale comme jamais auparavant depuis le troisi&#232;me si&#232;cle de l'Empire romain. Et cette fois, non seulement la civilisation occidentale, mais le sort du monde est en jeu. Parmi les hommes qui ont jou&#233; les r&#244;les d&#233;cisifs &#224; ces sommets historiques, Trotsky se place ais&#233;ment parmi les premiers.ce n'est pas le spleen qui fait mousser Hitler &#224; la bouche quand il parle de la victoire du Nord. Le succ&#232;s de la R&#233;volution russe a inaugur&#233; une p&#233;riode de crise pour la civilisation occidentale comme jamais auparavant depuis le troisi&#232;me si&#232;cle de l'Empire romain. Et cette fois, non seulement la civilisation occidentale, mais le sort du monde est en jeu. Parmi les hommes qui ont jou&#233; les r&#244;les d&#233;cisifs &#224; ces sommets historiques, Trotsky se place ais&#233;ment parmi les premiers.Parmi les hommes qui ont jou&#233; les r&#244;les d&#233;cisifs &#224; ces sommets historiques, Trotsky se place ais&#233;ment parmi les premiers.Parmi les hommes qui ont jou&#233; les r&#244;les d&#233;cisifs &#224; ces sommets historiques, Trotsky se place ais&#233;ment parmi les premiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas au tout premier rang. Cromwell et L&#233;nine dominent tous les autres. L&#233;nine a organis&#233; le Parti bolchevique, a &#233;t&#233; le strat&#232;ge d'Octobre et a maintes fois sauv&#233; la r&#233;volution. Cromwell &#233;tait indispensable, homme d'&#201;tat et soldat aussi. Mais Marat &#233;tait un journaliste et un agitateur de g&#233;nie et c'est tout ce qu'il fit ; Robespierre en homme politique ; Danton &#233;tait un homme politique, mais sa principale contribution &#233;tait sa direction tactique de la r&#233;volution. Washington &#233;tait un soldat et une grande partie de la politique de la r&#233;volution &#233;tait entre d'autres mains plus comp&#233;tentes. Lincoln annonce l'&#233;norme avantage d'&#234;tre toujours aux commandes du pouvoir d'&#201;tat. Il n'avait ni renverser ni reconstruire. Trotsky, d'autre part, &#233;tait le commandant en second de ceux qui ont planifi&#233; le plus grand renversement de l'ordre existant enregistr&#233; dans l'histoire.Pendant les mois cruciaux, les d&#233;cisions tactiques dont d&#233;pendaient le succ&#232;s ou l'&#233;chec &#233;taient enti&#232;rement entre ses mains. La guerre et la r&#233;volution sont les deux plus grandes crises sociales. Dans cette entreprise de mener une r&#233;volution, il se montra un grand ma&#238;tre, d'autant plus que douze ans auparavant il avait correctement d&#233;m&#234;l&#233; les principaux moteurs et la direction de la r&#233;volution : il ma&#238;trise mieux la tactique qui a le plus profond&#233;ment ma&#238;tris&#233; la strat&#233;gie. Et comme si cela ne suffisait pas, il proc&#233;da presque du jour au lendemain pour se montrer l'un des plus grands ministres de la guerre de l'histoire. Toute &#233;tude ou analyse historique de la guerre et des arm&#233;es doit n&#233;cessairement donner une place &#233;lev&#233;e, &#224; certains &#233;gards unique, &#224; Carnot &#171; l'organisateur de la victoire &#187;. Mais Carnot n'&#233;tait pas un homme politique. C'&#233;tait un officier de l'arm&#233;e de formation. Trotsky, avant la r&#233;volution,ayant fait sa part du travail fait par Rousseau, Voltaire et Mably, puis s'est tourn&#233; vers la r&#233;volution pour faire le travail de Danton, abandonnant aussit&#244;t celle pour faire le travail de Carnot, tout cela &#224; une &#233;chelle d&#233;passant infiniment les limites de la France du XVIIIe si&#232;cle , &#224; la t&#234;te d'une r&#233;volution qui a directement chang&#233; la vie de plus de cent cinquante millions de personnes et inflig&#233; un choc &#224; la soci&#233;t&#233; dont les &#233;chos se r&#233;percutent encore dans ses recoins les plus recul&#233;s. Aussi piquantes et v&#233;n&#233;neuses que soient de telles analogies &#224; manier, elles sont pourtant indispensables pour arriver &#224; une conclusion quant &#224; la stature historique de tout grand acteur sur la sc&#232;ne humaine. Mais selon ces normes ou toute autre, une conclusion se d&#233;gage. Trotsky &#233;tait l'un des agents les plus puissants de la dynamique sociale qui a v&#233;cu &#224; cette &#233;poque ou &#224; n'importe quelle autre.puis se tourna vers la r&#233;volution pour faire l'&#339;uvre de Danton, abandonnant aussit&#244;t celle pour faire l'&#339;uvre de Carnot, tout cela &#224; une &#233;chelle d&#233;passant infiniment les limites de la France du XVIIIe si&#232;cle, &#224; la t&#234;te d'une r&#233;volution qui changea directement la vie de plus d'un cent cinquante millions de personnes et administr&#233; un choc &#224; la soci&#233;t&#233; dont les &#233;chos r&#233;sonnent encore dans ses recoins les plus recul&#233;s. Aussi piquantes et v&#233;n&#233;neuses que soient de telles analogies &#224; manier, elles sont pourtant indispensables pour arriver &#224; une conclusion quant &#224; la stature historique de tout grand acteur sur la sc&#232;ne humaine. Mais selon ces normes ou toute autre, une conclusion se d&#233;gage. Trotsky &#233;tait l'un des agents les plus puissants de la dynamique sociale qui a v&#233;cu &#224; cette &#233;poque ou &#224; n'importe quelle autre.puis se tourna vers la r&#233;volution pour faire l'&#339;uvre de Danton, abandonnant aussit&#244;t celle pour faire l'&#339;uvre de Carnot, tout cela &#224; une &#233;chelle d&#233;passant infiniment les limites de la France du XVIIIe si&#232;cle, &#224; la t&#234;te d'une r&#233;volution qui changea directement la vie de plus d'un cent cinquante millions de personnes et administr&#233; un choc &#224; la soci&#233;t&#233; dont les &#233;chos r&#233;sonnent encore dans ses recoins les plus recul&#233;s. Aussi piquantes et v&#233;n&#233;neuses que soient de telles analogies &#224; manier, elles sont pourtant indispensables pour arriver &#224; une conclusion quant &#224; la stature historique de tout grand acteur sur la sc&#232;ne humaine. Mais selon ces normes ou toute autre, une conclusion se d&#233;gage. Trotsky &#233;tait l'un des agents les plus puissants de la dynamique sociale qui a v&#233;cu &#224; cette &#233;poque ou &#224; n'importe quelle autre.tout cela &#224; une &#233;chelle d&#233;passant infiniment les limites de la France du XVIIIe si&#232;cle, &#224; la t&#234;te d'une r&#233;volution qui a directement chang&#233; la vie de plus de cent cinquante millions de personnes et administr&#233; un choc &#224; la soci&#233;t&#233; dont les &#233;chos se r&#233;percutent encore dans ses recoins les plus recul&#233;s . Aussi piquantes et v&#233;n&#233;neuses que soient de telles analogies &#224; manier, elles sont pourtant indispensables pour arriver &#224; une conclusion quant &#224; la stature historique de tout grand acteur sur la sc&#232;ne humaine. Mais selon ces normes ou toute autre, une conclusion se d&#233;gage. Trotsky &#233;tait l'un des agents les plus puissants de la dynamique sociale qui a v&#233;cu &#224; cette &#233;poque ou &#224; n'importe quelle autre.tout cela &#224; une &#233;chelle d&#233;passant infiniment les limites de la France du XVIIIe si&#232;cle, &#224; la t&#234;te d'une r&#233;volution qui a directement chang&#233; la vie de plus de cent cinquante millions de personnes et administr&#233; un choc &#224; la soci&#233;t&#233; dont les &#233;chos se r&#233;percutent encore dans ses recoins les plus recul&#233;s . Aussi piquantes et v&#233;n&#233;neuses que soient de telles analogies &#224; manier, elles sont pourtant indispensables pour arriver &#224; une conclusion quant &#224; la stature historique de tout grand acteur sur la sc&#232;ne humaine. Mais selon ces normes ou toute autre, une conclusion se d&#233;gage. Trotsky &#233;tait l'un des agents les plus puissants de la dynamique sociale qui a v&#233;cu &#224; cette &#233;poque ou &#224; n'importe quelle autre.&#224; la t&#234;te d'une r&#233;volution qui a directement chang&#233; la vie de plus de cent cinquante millions de personnes et inflig&#233; un choc &#224; la soci&#233;t&#233; dont les &#233;chos se r&#233;percutent encore dans ses recoins les plus recul&#233;s. Aussi piquantes et v&#233;n&#233;neuses que soient de telles analogies &#224; manier, elles sont pourtant indispensables pour arriver &#224; une conclusion quant &#224; la stature historique de tout grand acteur sur la sc&#232;ne humaine. Mais selon ces normes ou toute autre, une conclusion se d&#233;gage. Trotsky &#233;tait l'un des agents les plus puissants de la dynamique sociale qui a v&#233;cu &#224; cette &#233;poque ou &#224; n'importe quelle autre.&#224; la t&#234;te d'une r&#233;volution qui a directement chang&#233; la vie de plus de cent cinquante millions de personnes et inflig&#233; un choc &#224; la soci&#233;t&#233; dont les &#233;chos se r&#233;percutent encore dans ses recoins les plus recul&#233;s. Aussi piquantes et v&#233;n&#233;neuses que soient de telles analogies &#224; manier, elles sont pourtant indispensables pour arriver &#224; une conclusion quant &#224; la stature historique de tout grand acteur sur la sc&#232;ne humaine. Mais selon ces normes ou toute autre, une conclusion se d&#233;gage. Trotsky &#233;tait l'un des agents les plus puissants de la dynamique sociale qui a v&#233;cu &#224; cette &#233;poque ou &#224; n'importe quelle autre.Trotsky &#233;tait l'un des agents les plus puissants de la dynamique sociale qui a v&#233;cu &#224; cette &#233;poque ou &#224; n'importe quelle autre.Trotsky &#233;tait l'un des agents les plus puissants de la dynamique sociale qui a v&#233;cu &#224; cette &#233;poque ou &#224; n'importe quelle autre.[2]&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'homme d'id&#233;es&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Voici une liste de r&#233;alisations qui peuvent remettre en cause la comparaison avec celle de la plupart des hommes de l'histoire, sans que l'on tienne compte de l' Histoire de la R&#233;volution russe. Nul besoin de s'&#233;tendre sur sa dotation intellectuelle et physique, son autodiscipline de fer, son d&#233;vouement. Et pourtant, ce th&#233;oricien, cadre et meneur d'hommes sur une grande &#233;chelle superbement dou&#233;, qui a tant accompli dans le domaine de la politique, &#233;tait un politicien tr&#232;s d&#233;fectueux. Nous ne faisons pas r&#233;f&#233;rence au fait qu'il n'avait construit aucune organisation d'importance avant 1905. Il n'y avait pas de place pour un deuxi&#232;me parti bolchevik en Russie. L&#233;nine pourrait se tromper sur l'imminence de la r&#233;volution socialiste en Russie. Mais son parti &#233;tait le parti prol&#233;tarien et Trotsky, qui r&#233;pudiait la doctrine mench&#233;vique et la pratique bolch&#233;vique, resta n&#233;cessairement dans un no man's land de petites dimensions : deux partis bolch&#233;viques dans un pays en m&#234;me temps, c'est impossible. Nous ne parlons pas non plus de la faiblesse de la Quatri&#232;me Internationale &#224; laquelle il a consacr&#233; ses derni&#232;res ann&#233;es.Il est possible de ne pas &#234;tre d'accord avec Trotsky sur certains des conflits d'organisation de la Quatri&#232;me Internationale au cours de la derni&#232;re p&#233;riode, et pourtant il est facile de reconna&#238;tre pour ce qu'ils sont, ceux qui font porter la responsabilit&#233; de la petitesse de nos forces sur lui et les siens. m&#233;thodes &#187; et ses faiblesses. Ce sont pour la plupart des r&#233;trogrades m&#233;contents ou des gens qui cherchent des excuses pour sortir du mouvement. Mais la reconnaissance de son g&#233;nie n'exclut pas le fait &#233;vident que 1905 l'a trouv&#233; hors d'une organisation ; 1917 l'a retrouv&#233; sans une organisation efficace dans laquelle fonctionner ; en 1923, lors de la plus grande crise de sa carri&#232;re, bien qu'il f&#251;t, apr&#232;s L&#233;nine, le leader le plus c&#233;l&#232;bre et le plus populaire de la Russie dans le parti, parmi le prol&#233;tariat et parmi la paysannerie, Trotsky se trouva chass&#233; du pouvoir comme s'il &#233;tait un bureaucrate de quatri&#232;me ordre.C'&#233;tait la r&#233;putation de Trotsky aupr&#232;s des grandes masses populaires que Staline et ses amis du moment craignaient et d&#233;truisaient syst&#233;matiquement. Le pouvoir r&#233;el Trotsky n'en avait pas. Des secondaires comme Zinoviev et Kamenev &#233;taient enracin&#233;s, l'un dans le soviet de L&#233;ningrad, l'autre dans le soviet de Moscou. Staline a d&#251; creuser beaucoup pour les faire sortir. Trotsky n'&#233;tait enracin&#233; nulle part, pas m&#234;me dans l'arm&#233;e qu'il avait construite &#224; partir de z&#233;ro. A peine L&#233;nine &#233;tait-il malade que le pouvoir de Trotsky au sein du parti a &#233;t&#233; vu pour ce qu'il &#233;tait : une coquille &#233;tincelante. De tels &#233;checs n'&#233;taient pas dus &#224; des caract&#233;ristiques superficielles. S'ils l'&#233;taient, un homme de son d&#233;vouement et de sa volont&#233; les aurait vaincus. Ils &#233;taient organiques et son travail n'est pas enti&#232;rement compr&#233;hensible sans les voir comme une partie essentielle de l'homme qu'il &#233;tait et des choses qu'il a faites. La faiblesse n'&#233;tait pas uniquement du c&#244;t&#233; du d&#233;bit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regardons son style, car les mots &#233;taient ses plus grandes armes en tant qu'homme d'action. Il s'exprimait toujours amplement, compl&#232;tement et avec soin, &#233;crivant et r&#233;&#233;crivant et r&#233;&#233;crivant. Tout homme d'action qu'il soit, tout de lui est contenu dans ses livres. La fausse fa&#231;on dont le pr&#233;sident d'un comit&#233; de district sovi&#233;tique aborde le koulak n'est qu'un petit maillon de la cha&#238;ne dont les plus grands maillons sont constitu&#233;s par l'attitude des syndicats rouges envers le Conseil g&#233;n&#233;ral ou du Comit&#233; central du PCUS envers Chiang Kai-Shek et Purcell.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme c'est magnifique. Port&#233;e et pr&#233;cision, mais surtout port&#233;e. Ces superbes g&#233;n&#233;ralisations et d'autres similaires sont &#233;parpill&#233;es dans ses &#339;uvres. Il pouvait faire porter toute la situation mondiale sur le seul point dont il discutait. Voici un exemple plus long.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le c&#233;sarisme, ou sa forme bourgeoise, le bonapartisme, entre en sc&#232;ne dans ces moments de l'histoire o&#249; la lutte acharn&#233;e de deux camps &#233;l&#232;ve pour ainsi dire le pouvoir de l'&#201;tat au-dessus de la nation, et lui garantit, en apparence, une compl&#232;te ind&#233;pendance des classes. &#8211; en r&#233;alit&#233;, seule la libert&#233; n&#233;cessaire &#224; une d&#233;fense des privil&#233;gi&#233;s. Le r&#233;gime stalinien, s'&#233;levant au-dessus d'une soci&#233;t&#233; politiquement atomis&#233;e, reposant sur un corps de policiers et d'officiers, et n'autorisant aucun contr&#244;le, est &#233;videmment une variante du bonapartisme - un bonapartisme d'un nouveau type jamais vu dans l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le c&#233;sarisme est n&#233; sur la base d'une soci&#233;t&#233; esclavagiste secou&#233;e par des conflits int&#233;rieurs. Le bonapartisme est l'une des armes politiques du r&#233;gime capitaliste dans sa p&#233;riode critique. Le stalinisme est une variante du m&#234;me syst&#232;me, mais sur la base d'un Etat ouvrier d&#233;chir&#233; par l'antagonisme entre une aristocratie sovi&#233;tique organis&#233;e et arm&#233;e et les masses laborieuses d&#233;sarm&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'histoire en t&#233;moigne, le bonapartisme s'entend admirablement avec un scrutin universel, voire secret. Le rituel d&#233;mocratique du bonapartisme est le pl&#233;biscite. De temps en temps, la question se pose aux citoyens : pour ou contre le leader ? Et l'&#233;lecteur sent le canon du revolver entre ses &#233;paules. Depuis l'&#233;poque de Napol&#233;on III, qui appara&#238;t d&#233;sormais comme un dilettante de province, cette technique a connu un d&#233;veloppement extraordinaire. La nouvelle constitution sovi&#233;tique qui institue le bonapartisme sur la base du pl&#233;biscite est le v&#233;ritable couronnement du syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En derni&#232;re analyse. Le bonapartisme sovi&#233;tique doit sa naissance au retard de la r&#233;volution mondiale. Mais dans les pays capitalistes, la m&#234;me cause a donn&#233; naissance au fascisme. On arrive ainsi &#224; la conclusion, inattendue &#224; premi&#232;re vue, mais en r&#233;alit&#233; in&#233;vitable, que l'&#233;crasement de la d&#233;mocratie sovi&#233;tique par une bureaucratie toute-puissante et l'extermination de la d&#233;mocratie bourgeoise par le fascisme ont &#233;t&#233; produits par une seule et m&#234;me cause : la lenteur du prol&#233;tariat mondial &#224; r&#233;soudre les probl&#232;mes que lui pose l'histoire. Le stalinisme et le fascisme, malgr&#233; une profonde diff&#233;rence dans les fondements sociaux, sont des ph&#233;nom&#232;nes sym&#233;triques. Dans bon nombre de leurs caract&#233;ristiques, ils pr&#233;sentent une similitude mortelle. Un mouvement r&#233;volutionnaire victorieux en Europe &#233;branlerait imm&#233;diatement non seulement le fascisme, mais le bonapartisme sovi&#233;tique. En tournant le dos &#224; la r&#233;volution internationale,la bureaucratie stalinienne avait, de son propre point de vue, raison. C'&#233;tait simplement ob&#233;ir &#224; la voix de l'auto-pr&#233;servation. (La R&#233;volution trahie , pp. 277-279)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un seul &#233;crivain des temps modernes avait la m&#234;me gamme &#8211; Spengler. [3]Un horizon le s&#233;parait de Trotsky en pr&#233;cision. Nous qui connaissons son &#339;uvre sommes peut-&#234;tre un peu &#233;mouss&#233;s par la familiarit&#233;. Cette page, cependant, est le r&#233;sum&#233; de deux mille ans d'histoire se terminant par des jugements sur les deux ph&#233;nom&#232;nes majeurs de la soci&#233;t&#233; moderne, qui sont aussi saisissants qu'une image soudainement projet&#233;e sur un &#233;cran et aussi pr&#233;cis et incontestables qu'une preuve en g&#233;om&#233;trie. Trotsky, homme d'action, &#233;tait donc avant tout un intellectuel, un homme de th&#233;orie. C'&#233;tait donc un homme pour qui les id&#233;es avaient bien plus de r&#233;alit&#233; que les gens. Des esprits vulgaires comme Louis Fischer disent qu'il avait la t&#234;te dans les nuages. Il y a juste un germe de v&#233;rit&#233; l&#224;-dedans. Mais il ne r&#234;vait jamais ni ne s'admirait lui-m&#234;me. Il a toujours &#233;t&#233; conscient du panorama de l'histoire, non pas en tant qu'antiquaire, mais dans son rapport avec le probl&#232;me pos&#233;. Il l'a dit.Il d&#233;plore sa faible m&#233;moire des visages mais admet sa m&#233;moire des id&#233;es. Cette phrase de son autobiographie en dit long. Il a fait des aveux encore plus r&#233;v&#233;lateurs. Il dit ouvertement que pour lui le pouvoir &#233;tait un fardeau incontournable. &#034;En prison, un livre ou un stylo &#224; la main, j'ai ressenti le m&#234;me sentiment de profonde satisfaction que lors des r&#233;unions de masse de la r&#233;volution.&#034; Un tel esprit est absolument &#233;tranger &#224; l'authentiquehomo politicus. Il va m&#234;me jusqu'&#224; dire qu'il a trouv&#233; dans la prison un endroit parfait pour &#233;crire : &#171; C'&#233;tait si calme l&#224;-bas, si sans &#233;v&#233;nements, si parfait pour le travail intellectuel ; c'&#233;tait le seul endroit o&#249; il &#233;tait certain de ne pas &#234;tre arr&#234;t&#233;. C'est une blague mais une blague parfaitement en harmonie avec son approche g&#233;n&#233;rale de la vie. Au milieu de l'une des p&#233;riodes les plus difficiles de la r&#233;volution, il avait sur son bureau quelques-uns des derniers livres sur la science et s'irritait de ne pas trouver le temps de les lire. (Joseph Staline, nous pouvons en &#234;tre s&#251;r, ne s'inqui&#233;tait pas de son ignorance de la th&#233;orie d'Einstein.) Apr&#232;s la R&#233;volution d'Octobre, lorsque L&#233;nine lui a demand&#233; quel poste il voulait, il n'y avait jamais pens&#233; car il avait toujours voulu &#234;tre &#233;crivain. C'&#233;tait sa tendance d'esprit. &#192; une autre &#233;poque, il n'aurait pas &#233;t&#233; du tout un politicien. Comparez L&#233;nine qui n'a jamais fini Le&#201;tat et r&#233;volution parce que, comme il l'&#233;crit gaiement dans l'introduction, il &#233;tait bien plus agr&#233;able de vivre une r&#233;volution que d'&#233;crire sur elle. L&#233;nine, on le sait, aimait les conventions, les conflits de r&#233;solutions, l'usure et le tohu-bohu des querelles politiques. Trotsky, c'est clair, les d&#233;testait. Il aurait pr&#233;f&#233;r&#233; &#234;tre ailleurs, &#224; son bureau. Son travail politique &#233;tait un devoir. Il a vu les forces motrices de l'histoire et a jou&#233; son r&#244;le. Conscient que c'&#233;tait un grand r&#244;le, il &#233;tait heureux de pouvoir donner autant dans un combat o&#249; les hommes dou&#233;s sont si peu nombreux. Il pouvait jeter son manteau sur son &#233;paule avec un style superbe comme quand, &#224; un moment difficile de l' Histoireil remarque : il semble parfois plus facile d'avoir captur&#233; Petrograd en 1917 que d'&#233;crire l'histoire de l'&#233;v&#233;nement. (Comment ses petits yeux bleu vif auraient brill&#233; juste avant qu'il ne le dise.) Mais dans cette conscience de lui-m&#234;me, il n'y avait pas la moindre m&#233;chancet&#233; ni vanit&#233;. Ses &#233;crits contre Staline en sont la preuve. Il y a de la rage et de l'indignation face &#224; la d&#233;gradation de la R&#233;volution russe, mais il n'y a pas une ligne, pas une virgule, d'amertume personnelle. Le confinement l'aga&#231;ait mais il &#233;tait aussi heureux &#224; son bureau &#224; Coyoacan qu'il l'&#233;tait au Kremlin. C'&#233;tait vrai, trop vrai. Il aimait le savoir, le savoir, la th&#233;orie pour eux-m&#234;mes, alors que L&#233;nine, plus savant et plus profond que Trotsky, les aimait pour la r&#233;volution. Il ne put r&#233;sister &#224; une dissertation th&#233;orique.&#171; Qu'est-ce qui constitue l'essence d'un double pouvoir ? Nous devons nous arr&#234;ter sur cette question, car il n'en a jamais &#233;t&#233; question dans la litt&#233;rature historique. &#187; Suit une digression assez longue dans leHistoire et, se sentant coupable, il s'efforce d'assurer le lecteur &#224; la fin d'avoir de la patience, cela en vaudra la peine. &#171; Il peut sembler que cette enqu&#234;te th&#233;orique nous a &#233;loign&#233;s des &#233;v&#233;nements de 1917. En r&#233;alit&#233;, elle nous entra&#238;ne au c&#339;ur d'eux... Ce n'est que d'un point de vue th&#233;orique qu'il est possible de l'observer pleinement et de le comprendre correctement. &#034; Aux moments les plus tendus de la r&#233;volution et de la guerre, il regarde toujours les &#233;v&#233;nements d'un point de vue th&#233;orique. Staline, son rival, n'a jamais atteint une hauteur th&#233;orique. Il rampait toujours en bas. Et pour r&#233;ussir, les politiciens doivent apprendre &#224; se d&#233;brouiller.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'homme de sentiment&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est une des cl&#233;s du personnage de Trotsky et de son &#339;uvre. Un autre &#233;tait son attitude envers les masses. Il avait une foi passionn&#233;e en eux et aucune grande &#339;uvre pour le socialisme, th&#233;orique ou pratique, ne peut se faire sans elle. Une fois, il parla d'eux avec une dignit&#233; et une retenue insurpassables. &#034;Monsieur. Avocat &#187;, a-t-il d&#233;clar&#233; &#224; Finerty lors des sessions de la Commission Dewey, &#171; la France et la Grande-Bretagne ne sont pas mes alli&#233;s. Ils peuvent &#234;tre les alli&#233;s de l'Etat sovi&#233;tique. Mes alli&#233;s sont les travailleurs de tous les pays, et les seuls alli&#233;s que je reconnaisse sont les travailleurs de tous les autres pays. Ma politique n'est pas &#233;tablie dans le but de conventions diplomatiques, mais pour le d&#233;veloppement du mouvement r&#233;volutionnaire international de la classe ouvri&#232;re. Je ne peux pas mettre d'espoir dans les alli&#233;s de l'Union sovi&#233;tique, en France et en Angleterre. Ils peuvent se trahir.Ils peuvent se s&#233;parer les uns des autres. Mais je suis s&#251;r que les ouvriers qui comprennent tr&#232;s bien la situation &#8211; ils seront libres et ils gagneront cent ouvriers, et les cent ouvriers mille soldats. Ils seront victorieux &#224; la fin de la guerre. Cela me semble tr&#232;s simple, mais je pense que c'est une bonne id&#233;e. Mais bien qu'il ne se fasse aucune illusion &#224; leur sujet, son attitude g&#233;n&#233;rale &#233;tait celle d'une indignation explosive devant leur oppression et leurs souffrances. &#171; Ouvriers aux magasins ! Tel est l'&#233;go&#239;sme &#224; toute &#233;preuve des classes instruites, aussi bien lib&#233;rales que socialistes. Ces gens croyaient que des millions d'ouvriers et de soldats, port&#233;s au sommet de l'insurrection par la pression invincible du m&#233;contentement et de l'espoir, se soumettraient docilement apr&#232;s leur victoire aux anciennes conditions de vie. Plus d'une fois leMais je suis s&#251;r que les ouvriers qui comprennent tr&#232;s bien la situation &#8211; ils seront libres et ils gagneront cent ouvriers, et les cent ouvriers mille soldats. Ils seront victorieux &#224; la fin de la guerre. Cela me semble tr&#232;s simple, mais je pense que c'est une bonne id&#233;e. Mais bien qu'il ne se fasse aucune illusion &#224; leur sujet, son attitude g&#233;n&#233;rale &#233;tait celle d'une indignation explosive devant leur oppression et leurs souffrances. &#171; Ouvriers aux magasins ! Tel est l'&#233;go&#239;sme &#224; toute &#233;preuve des classes instruites, aussi bien lib&#233;rales que socialistes. Ces gens croyaient que des millions d'ouvriers et de soldats, port&#233;s au sommet de l'insurrection par la pression invincible du m&#233;contentement et de l'espoir, se soumettraient docilement apr&#232;s leur victoire aux anciennes conditions de vie. Plus d'une fois leMais je suis s&#251;r que les ouvriers qui comprennent tr&#232;s bien la situation &#8211; ils seront libres et ils gagneront cent ouvriers, et les cent ouvriers mille soldats. Ils seront victorieux &#224; la fin de la guerre. Cela me semble tr&#232;s simple, mais je pense que c'est une bonne id&#233;e. Mais bien qu'il ne se fasse aucune illusion &#224; leur sujet, son attitude g&#233;n&#233;rale &#233;tait celle d'une indignation explosive devant leur oppression et leurs souffrances. &#171; Ouvriers aux magasins ! Tel est l'&#233;go&#239;sme &#224; toute &#233;preuve des classes instruites, aussi bien lib&#233;rales que socialistes. Ces gens croyaient que des millions d'ouvriers et de soldats, port&#233;s au sommet de l'insurrection par la pression invincible du m&#233;contentement et de l'espoir, se soumettraient docilement apr&#232;s leur victoire aux anciennes conditions de vie. Plus d'une fois le&#171; Plus d'une fois le&#171; Plus d'une fois leCela me semble tr&#232;s simple, mais je pense que c'est une bonne id&#233;e. Mais bien qu'il ne se fasse aucune illusion &#224; leur sujet, son attitude g&#233;n&#233;rale &#233;tait celle d'une indignation explosive devant leur oppression et leurs souffrances. &#171; Ouvriers aux magasins ! Tel est l'&#233;go&#239;sme &#224; toute &#233;preuve des classes instruites, aussi bien lib&#233;rales que socialistes. Ces gens croyaient que des millions d'ouvriers et de soldats, port&#233;s au sommet de l'insurrection par la pression invincible du m&#233;contentement et de l'espoir, se soumettraient docilement apr&#232;s leur victoire aux anciennes conditions de vie. Plus d'une fois leCela me semble tr&#232;s simple, mais je pense que c'est une bonne id&#233;e. Mais bien qu'il ne se fasse aucune illusion &#224; leur sujet, son attitude g&#233;n&#233;rale &#233;tait celle d'une indignation explosive devant leur oppression et leurs souffrances. &#171; Ouvriers aux magasins ! Tel est l'&#233;go&#239;sme &#224; toute &#233;preuve des classes instruites, aussi bien lib&#233;rales que socialistes. Ces gens croyaient que des millions d'ouvriers et de soldats, port&#233;s au sommet de l'insurrection par la pression invincible du m&#233;contentement et de l'espoir, se soumettraient docilement apr&#232;s leur victoire aux anciennes conditions de vie. Plus d'une fois leCes gens croyaient que des millions d'ouvriers et de soldats, port&#233;s au sommet de l'insurrection par la pression invincible du m&#233;contentement et de l'espoir, se soumettraient docilement apr&#232;s leur victoire aux anciennes conditions de vie. Plus d'une fois leCes gens croyaient que des millions d'ouvriers et de soldats, port&#233;s au sommet de l'insurrection par la pression invincible du m&#233;contentement et de l'espoir, se soumettraient docilement apr&#232;s leur victoire aux anciennes conditions de vie. Plus d'une fois leL'histoire se r&#233;f&#232;re &#224; la libert&#233; de la corv&#233;e des domestiques. De nombreux d&#233;bordements passionn&#233;s dans l' Histoirel'une des plus remarquables est la description des mains corn&#233;es et des voix rauques des ouvriers parisiens s'immis&#231;ant sur la sc&#232;ne politique o&#249; les gentilshommes soyeux r&#232;glent le sort de la nation. Ses chapitres sur la r&#233;volution dans l'autobiographie sont instinctifs avec une vive sympathie pour l'humanit&#233; dans la masse. C'est souvent une caract&#233;ristique de l'intellectuel dou&#233;, et en particulier des hommes qui sont quelque peu distants de leurs semblables. C'est l'ingr&#233;dient principal de l'ensemble des traits psychologiques qui font le grand orateur de masse. Vous pouvez le sentir dans chaque page de Burke et D&#233;mosth&#232;ne. Mais ni l'un ni l'autre n'&#233;taient de grands politiciens au petit sens du terme. La plupart des jeunes hommes l'ont.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky ne l'a jamais perdu. Le possesseur de celui-ci peut g&#233;n&#233;ralement conduire les hommes &#224; accomplir l'impossible, mais une certaine tendance &#224; la t&#233;m&#233;rit&#233; va avec. Avec toute son autodiscipline, les sentiments de Trotsky pouvaient d&#233;passer sa discr&#233;tion. Pour d&#233;montrer par contraste, lisez les &#233;crits de L&#233;nine. Il y a la m&#234;me passion mais elle est ma&#238;tris&#233;e. Rage contre les mencheviks et les radicaux petits-bourgeois ? Oui. Mais les explosions d'indignation morale, de sympathie outrag&#233;e sont singuli&#232;rement peu nombreuses. Mais s'il n'a jamais &#233;t&#233; l'orateur qu'&#233;tait Trotsky, il n'a jamais &#233;t&#233; l'homme &#224; se laisser emporter. Il n'a perdu la t&#234;te qu'une seule fois, et cela dans une question personnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et enfin, tout &#224; fait en accord avec la passion de Trotsky pour les id&#233;es, sa g&#233;n&#233;reuse indignation contre l'injustice, &#233;tait son sens de la rectitude personnelle, son approche id&#233;aliste de la vie. Tous ceux qui l'ont connu intimement, m&#234;me lorsqu'il &#233;tait l'un des dirigeants de la Russie, en parlent. Max Eastman et aussi Souvarine, qui, farouche opposante &#224; la politique de Trotsky, a dit de lui qu'il n'y avait rien de &#171; mesquin &#187; dans son personnage, pas une trace de coquinerie. C'est une caract&#233;ristique notable de nombreux grands &#233;crivains et philosophes, mais une faiblesse fatale chez un homme politique. Vous pouvez le voir dans tous ses &#233;crits. Un autre homme politique de m&#234;me &#233;minence &#233;tait-il capable de dire lors d'une enqu&#234;te publique : &#171; Je peux dire que jamais de ma vie je n'ai pris l'int&#233;r&#234;t de prendre le contraire de la v&#233;rit&#233;. Si vous voulez, en termes clairs, un mensonge. Je crois, dans notre soci&#233;t&#233;, qui est tr&#232;s contradictoire,que les r&#232;gles de conduite conventionnelles dans la famille, la soci&#233;t&#233; ou l'entreprise - tout le monde est parfois oblig&#233; de ne pas dire la v&#233;rit&#233;. Je l'ai commis parfois. Je crois que la question ne peut &#234;tre tranch&#233;e que par la comparaison des mensonges que j'ai &#233;t&#233; oblig&#233; de dire et de la v&#233;rit&#233;. Je crois que dans la balance mes v&#233;rit&#233;s sont plus lourdes que les mensonges. Il me semble que dans les questions les plus importantes, les questions d&#233;cisives, dans les questions dont d&#233;pendent les actions de beaucoup de gens, d'amis, de leur sort - il me semble que je n'ai jamais commis de tels crimes. Trotsky a travers&#233; beaucoup de choses, mais l'honn&#234;tet&#233; fondamentale de son personnage, sa sensibilit&#233; int&#233;rieure, comme il les exprime bien inconsciemment ici, sont tr&#232;s &#233;mouvantes, mais tr&#232;s r&#233;v&#233;latrices aussi.C'&#233;tait un mat&#233;rialiste, mais aucun des grands philosophes id&#233;alistes n'a jamais d&#233;pass&#233; la conclusion de son discours &#224; la commission Dewey. &#171; Chers commissaires ! L'exp&#233;rience de ma vie, qui n'a manqu&#233; ni de succ&#232;s ni d'&#233;checs, non seulement n'a pas d&#233;truit ma foi dans l'avenir clair et brillant de l'humanit&#233;, mais, au contraire, lui a donn&#233; un caract&#232;re indestructible. Cette foi en la raison, en la v&#233;rit&#233;, en la solidarit&#233; humaine, &#224; l'&#226;ge de dix-huit ans, je l'ai emport&#233;e avec moi dans les quartiers ouvriers de la ville provinciale russe de Nikolaiev &#8211; cette foi que j'ai conserv&#233;e pleinement et compl&#232;tement. Il est devenu plus m&#251;r, mais pas moins ardent. Dans le fait m&#234;me de la formation de votre Commission... dans ce fait, je vois un renforcement nouveau et vraiment magnifique de l'optimisme r&#233;volutionnaire qui constitue l'&#233;l&#233;ment fondamental de ma vie. C&#233;sar,Cromwell, Napol&#233;on, L&#233;nine, hommes d'action, sa place est parmi eux. Mais il n'&#233;tait pas vraiment l'un d'entre eux. Par nature et par inclination, il aurait pr&#233;f&#233;r&#233; la compagnie de Platon, d'Aristote, de Spinoza et de Goethe. L'histoire n'&#233;tait pas m&#233;chante avec lui personnellement. Il a eu sa chance avant de mourir et l'a saisie &#224; deux mains. Les hommes font l'histoire et pour comprendre l'histoire, nous devons comprendre les hommes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L&#233;nine et Trotsky&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avec une compr&#233;hension de Trotsky comme ce type de personne, nous pouvons maintenant mieux comprendre ses succ&#232;s et ses &#233;checs. Apr&#232;s la r&#233;volution de 1905, il rencontre L&#233;nine en Finlande. Ils discut&#232;rent de politique et se trouv&#232;rent d'un commun accord contre les mencheviks sur les questions politiques du jour. L&#233;nine, adaptant toujours l'action &#224; la parole, railla Trotsky en lui refusant de rejoindre les bolcheviks. Trotsky a pr&#233;f&#233;r&#233; errer pendant douze ans entre bolcheviks et mencheviks. Il est rest&#233; inculte par son exp&#233;rience de 1905 lorsque les mencheviks et les bolcheviks se sont partag&#233;s la direction du prol&#233;tariat. Surtout apr&#232;s 1905, un homme attach&#233; au pouvoir politique, &#224; l'influence politique, qui est la premi&#232;re affaire de tout homme politique, aurait adh&#233;r&#233; &#224; l'un ou l'autre de ces partis. Trotsky ne le pouvait pas.Et ses raisons &#233;taient essentiellement les raisons d'un homme repouss&#233; par la duret&#233; de L&#233;nine et ce qui lui paraissait le manque de scrupules des bolcheviks. Comme il se plaint am&#232;rement ! &#171; Au cours des trois ou quatre derni&#232;res ann&#233;es d'intenses frictions partisanes, la vie de tr&#232;s nombreux comit&#233;s a consist&#233; en une s&#233;rie de coups d'&#201;tat dans l'esprit de nos r&#233;volutions de cour du XVIIIe si&#232;cle. Quelque part tout en haut, quelqu'un incarc&#232;re, remplace, &#233;touffe quelqu'un d'autre, quelqu'un se proclame quelque chose - et en cons&#233;quence, le haut de la maison du comit&#233; est orn&#233; d'un drapeau avec l'inscription &#171; Orthodoxie, centralisme, lutte politique &#187;. Il accuse l'appareil central lui-m&#234;me de lancer une nouvelle discussion tous les mois, &#171; l'appareil lui fournit le sujet, le nourrit de faux mat&#233;riaux, en tire le r&#233;sum&#233;, rend la justice,reporte le congr&#232;s d'un an et pr&#233;pare maintenant un congr&#232;s parmi ses propres travailleurs de l'appareil pr&#233;alablement nomm&#233;s, qui doivent autoriser le peuple au sommet &#224; continuer ce travail &#224; l'avenir &#233;galement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi 1917 le trouva dans une organisation insignifiante. Sans le Parti bolchevik, cr&#233;&#233; par L&#233;nine, il aurait &#233;t&#233; impuissant, et sa compr&#233;hension de la situation et ses dons auraient &#233;t&#233; perdus. Trotsky a d&#233;clar&#233; avec insistance que sans L&#233;nine il n'y aurait pas eu de R&#233;volution d'Octobre. Il &#233;tait tout &#224; fait capable de mener une r&#233;volution seul, mais toutes les preuves montrent que sans L&#233;nine, il n'aurait pas &#233;t&#233; en mesure de g&#233;rer le Parti bolchevique. Trotsky n'a jamais minimis&#233; la faiblesse personnelle qui l'a tenu &#224; l'&#233;cart du Parti bolchevique jusqu'en 1917. L&#233;nine en a att&#233;nu&#233; les cons&#233;quences de son vivant. Quand il mourut, Trotsky paya lourdement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky a rendu des services inestimables &#224; la Russie mais le double de son enthousiasme, son amour de l'id&#233;e ont failli faire &#233;chouer la R&#233;volution russe. Malgr&#233; son explication quelque peu na&#239;ve de Brest-Litovsk dans Ma vie, il n'en reste pas moins qu'il a commis une terrible erreur en 1918. Que la Russie serait sauv&#233;e par la r&#233;volution internationale L&#233;nine le savait aussi bien que lui. L&#233;nine savait aussi bien que lui que la R&#233;volution d'Octobre devait se tenir &#224; l'abri de toute tache d'imp&#233;rialisme. Mais L&#233;nine a dit : &#171; Paix maintenant, car nous ne pouvons pas nous battre. &#187; Trotsky s'obstine &#224; courir apr&#232;s un mirage de sa propre imagination et son obstination co&#251;te cher &#224; la Russie. S'il avait vot&#233; avec L&#233;nine plus t&#244;t, la paix aurait &#233;t&#233; sign&#233;e des semaines plus t&#244;t. Il essaie par endroits d'&#233;quilibrer les erreurs de L&#233;nine en poussant &#224; l'attaque de la Pologne en 1920 avec les siennes en 1918. La comparaison est tout &#224; fait fausse. La Russie sovi&#233;tique pouvait se permettre un pari en 1920. Tout l'int&#233;r&#234;t de 1918 &#233;tait que le pays &#233;tait &#224; la limite et ne pouvait pas prendre le moindre risque. En 1920, lors du conflit sur la question syndicale, inconscient de la r&#233;alit&#233;,il laissa &#224; nouveau son imagination s'enfuir avec lui. Il ne voulait pas militariser le travail comme le rapportent les menteurs staliniens, mais il voulait fusionner les syndicats avec l'administration de l'&#201;tat. Son argument de base &#233;tait que la Russie &#233;tait un &#201;tat ouvrier et que par cons&#233;quent les syndicats, en tant qu'organisations ouvri&#232;res, pouvaient administrer l'&#201;tat. La r&#233;ponse de L&#233;nine fut d&#233;vastatrice. &#171; Le camarade Trotsky dit que la Russie est un &#201;tat ouvrier. Excusez-moi, c'est une abstraction. Si Trotsky avait fait ce qu'il voulait, il aurait mis l'&#201;tat sovi&#233;tique en danger de mort.pourrait administrer l'&#201;tat. La r&#233;ponse de L&#233;nine fut d&#233;vastatrice. &#171; Le camarade Trotsky dit que la Russie est un &#201;tat ouvrier. Excusez-moi, c'est une abstraction. Si Trotsky avait fait ce qu'il voulait, il aurait mis l'&#201;tat sovi&#233;tique en danger de mort.pourrait administrer l'&#201;tat. La r&#233;ponse de L&#233;nine fut d&#233;vastatrice. &#171; Le camarade Trotsky dit que la Russie est un &#201;tat ouvrier. Excusez-moi, c'est une abstraction. Si Trotsky avait fait ce qu'il voulait, il aurait mis l'&#201;tat sovi&#233;tique en danger de mort.&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;nine a sauv&#233; la Russie des cons&#233;quences politiques d'une telle b&#233;vue. Il n'a pas pu sauver le parti des cons&#233;quences organisationnelles. Trotsky avait embrass&#233; la cause avec son enthousiasme habituel, sa d&#233;termination et l'&#233;lan &#233;motionnel qui avait tout balay&#233; avant lui en 1905, 1917 et dans la formation de l'Arm&#233;e rouge. L'espace d'un instant, L&#233;nine fut en minorit&#233;. Mais Trotsky a d&#251; &#234;tre arr&#234;t&#233;, et L&#233;nine s'est repli&#233; sur Zinoviev, Staline et d'autres qui attendaient depuis longtemps leur chance de discr&#233;diter Trotsky. La fausset&#233; de la position de Trotsky, l'imprudence avec laquelle il l'a d&#233;fendue, la g&#233;n&#233;ralit&#233; politique de L&#233;nine ont rapidement mis fin &#224; l'aventure de Trotsky. Mais L&#233;nine, tout en reconnaissant les qualit&#233;s inestimables de Trotsky, a cherch&#233; &#224; se pr&#233;munir contre d'autres de ces &#233;ruptions volcaniques. Il y a eu une r&#233;organisation des fonctionnaires du parti. Krestinski,Preobrajensky et d'autres partisans de Trotsky, des hommes capables et puissants, ont &#233;t&#233; &#171; distribu&#233;s &#187;. Moins de deux ans apr&#232;s, L&#233;nine tomba malade et &#224; la crise qui suivit son incapacit&#233;, Trotsky, jamais soucieux de sa force dans l'organisation du parti, se trouva isol&#233;. Tout l'&#233;pisode est l'un des plus instructifs de l'histoire du Parti bolchevik et de la biographie politique de Trotsky. Il se l'est impos&#233; non seulement dans l'erreur politique &#8211; au cours des d&#233;bats, L&#233;nine a soigneusement soulign&#233; qu'ils ont tous commis des erreurs th&#233;oriques &#8211; mais dans la fa&#231;on dont il s'est comport&#233;.se retrouve isol&#233;. Tout l'&#233;pisode est l'un des plus instructifs de l'histoire du Parti bolchevik et de la biographie politique de Trotsky. Il se l'est impos&#233; non seulement dans l'erreur politique &#8211; au cours des d&#233;bats, L&#233;nine a soigneusement soulign&#233; qu'ils ont tous commis des erreurs th&#233;oriques &#8211; mais dans la fa&#231;on dont il s'est comport&#233;.se retrouve isol&#233;. Tout l'&#233;pisode est l'un des plus instructifs de l'histoire du Parti bolchevik et de la biographie politique de Trotsky. Il se l'est impos&#233; non seulement dans l'erreur politique &#8211; au cours des d&#233;bats, L&#233;nine a soigneusement soulign&#233; qu'ils ont tous commis des erreurs th&#233;oriques &#8211; mais dans la fa&#231;on dont il s'est comport&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Trotsky sans L&#233;nine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Enfin, dans la crise de 1923, Trotsky s'est conduit comme un philosophe qui a pass&#233; sa vie dans un bureau et qu'on lui a soudain demand&#233; de prendre en charge une politique lors d'une conf&#233;rence du parti. Nous ne souhaitons pas ici poser la question de savoir si cette politique de Trotsky ou celle-l&#224; aurait pu r&#233;ussir ou avoir de meilleurs r&#233;sultats que celle qu'il a suivie. Lui-m&#234;me, et, pour le but politique imm&#233;diat, &#224; tr&#232;s juste titre, a toujours insist&#233; sur les facteurs &#233;conomiques et sociaux &#224; l'&#339;uvre, en minimisant les facteurs personnels. Mais sa na&#239;vet&#233; politique et l'id&#233;alisme de son personnage sont presque incroyables sans sa propre documentation sans m&#233;fiance. Trotsky nous raconte comment, &#224; plus de quarante ans, la t&#234;te charg&#233;e d'histoire et une vie de lutte politique derri&#232;re lui,il a h&#233;sit&#233; &#224; faire une offre pour le pouvoir parce qu'il ne voulait pas que les gens pensent qu'il &#233;tait trop impatient de se mettre &#224; la place de L&#233;nine. Le reste de sa strat&#233;gie n'est pas moins &#233;tonnant. Aux mains de Kamenev et de Staline, il &#233;tait un enfant. Exag&#233;ration ? Puis caract&#233;risez ces deux incidents. L&#233;nine lui envoya une lettre priv&#233;e traitant d'une question politique urgente &#224; laquelle Staline et sa clique du moment s'int&#233;ressaient intens&#233;ment. Trotsky a imm&#233;diatement propos&#233; de montrer la lettre &#224; Kamenev et l'aurait fait mais que L&#233;nine l'a arr&#234;t&#233;, soulignant que Kamenev montrerait la lettre &#224; Staline qui les tromperait in&#233;vitablement. Tous ceux qui ont connu Staline le connaissaient pour ce qu'il &#233;tait. Trotsky savait que Staline avait tent&#233; d'empoisonner l'esprit de L&#233;nine contre lui. Il connaissait toutes les intrigues qui se d&#233;roulaient avant m&#234;me que L&#233;nine n'ait eu le coup final.Lisez pourtant son autobiographie. Lui-m&#234;me ne rapporte pas une seule action de sa part pour contrer les intrigues de Staline. Au lieu de cela, il a envoy&#233; le message suivant &#224; Staline par Kamenev. &#171; Je suis contre la suppression de Staline&#8230; Mais il doit y avoir un changement imm&#233;diat et radical. Que (Staline) ne se d&#233;passe pas. Il ne devrait plus y avoir d'intrigues, mais une coop&#233;ration honn&#234;te. Jamais on ne demanda plus sinc&#232;rement au l&#233;opard de changer ses taches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas &#234;tre sage apr&#232;s l'&#233;v&#233;nement. L&#233;nine a vu jusqu'au bout ce que Staline repr&#233;sentait. Ses derniers &#233;crits le montrent sans possibilit&#233; d'argumentation et ce n'est qu'au cours des derni&#232;res ann&#233;es que nous avons pu en comprendre toute l'urgence. Trotsky, pr&#233;venu et pr&#233;venu et pr&#233;venu encore, errait comme un enfant dans une for&#234;t de fauves. Un anti-trotskiste am&#233;ricain aigri [4]donne un sens &#224; sa vie par des attaques incessantes contre Trotsky comme ayant conclu un pacte avec Staline pour tromper le peuple russe. Sans doute en raison de la situation politique, Trotsky se soumet &#224; tort ou &#224; raison &#224; la suppression du testament de L&#233;nine et aide Staline &#224; sortir du trou dans lequel il se trouve sur la Question nationale. Mais de tels compromis, bien qu'il puisse y avoir des arguments et des divergences d'opinion &#224; leur sujet, sont in&#233;vitables dans le parti le plus principiel du monde, et aucun parti politique n'a jamais &#233;t&#233; plus pr&#233;occup&#233; par les principes que le Parti bolchevik &#224; ses jours h&#233;ro&#239;ques. Ce que ce critique ne voit pas, c'est que quelle que soit la politique suivie par Trotsky, quels que soient les compromis tactiques qu'il ait jug&#233; n&#233;cessaire de faire, lui-m&#234;me, &#233;tant l'homme qu'il &#233;tait, &#233;tait vou&#233; &#224; l'&#233;chec.Qu'il ait pu utiliser ses magnifiques dons de la mani&#232;re dont il l'a fait &#233;tait d&#251; au fait que L&#233;nine avait cr&#233;&#233; le Parti bolchevik. Qui ne comprend pas cela ne comprend pas la lettre B dans le bolchevisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
La derni&#232;re de ses b&#233;vues qui peut &#234;tre commod&#233;ment trait&#233;e ici &#233;tait sa position politique sur l'invasion russe de la Pologne et, en particulier, de la Finlande. Comme en 1920, poursuivant une id&#233;e jusqu'au bout, il r&#233;p&#232;te sa formule : la Russie est un Etat ouvrier et donc il faut la d&#233;fendre. Malheureusement pour ses partisans, il ne s'est pas arr&#234;t&#233; l&#224;. Il condamna l'invasion et se trouva peut-&#234;tre pour la seule fois de sa longue carri&#232;re dans une contradiction intellectuelle insoluble. Car si la Finlande &#233;tait un avant-poste de l'imp&#233;rialisme et que Staline &#233;tait justifi&#233; de l'&#233;craser, alors la condamnation de l'invasion par Trotsky n'&#233;tait qu'un simple geste &#224; l'encontre de la d&#233;sapprobation et de la consternation g&#233;n&#233;ralis&#233;es des travailleurs. Mais si nettes fussent les diff&#233;rences entre le Parti ouvrier actuel qui avait &#233;t&#233; exclu du Parti socialiste ouvrier, une scission n'&#233;tait pas n&#233;cessaire sur cette seule question.Trotsky le savait, mais malgr&#233; sa r&#233;ticence, il a &#233;t&#233; astucieusement man&#339;uvr&#233; dans une position dans laquelle son autorit&#233; et son &#233;nergie &#233;taient utilis&#233;es sans scrupules pour un objectif qu'il n'avait pas en t&#234;te. Quand il a reconnu ce qui se passait, il &#233;tait trop tard. Il resta jusqu'au bout ce qu'il &#233;tait, un homme incapable de quitter son travail principal et de concentrer sa puissante intelligence sur les ruses et les esquives indissociables de la politique. Des hommes sans scrupules et inaptes &#224; nettoyer son enclos pouvaient gagner sa confiance et prendre le dessus sur lui. Les circonstances tragiques de sa mort n'&#233;taient pas des moindres. Il avait &#233;t&#233; mis en garde contre son assassin, mais cet agent du GPU a gagn&#233; ses faveurs par une d&#233;votion exag&#233;r&#233;e &#224; la position politique de Trotsky. Pendant six mois, il a discut&#233; de politique avec le plus grand ma&#238;tre vivant de la politique et Trotsky n'a jamais d&#233;tect&#233; une fausse note,apparemment pas de pi&#232;ge pour lui. Nous pouvons &#234;tre certains que quiconque aurait &#233;t&#233; tromp&#233; par un imposteur, M. Joseph Staline ne l'aurait pas &#233;t&#233;. En fin de compte, l'id&#233;e exprim&#233;e &#233;tait plus importante et int&#233;ressante pour Trotsky que la personne qui l'exprimait. C'&#233;tait sa force, la cause de certains de ses plus grands triomphes, mais c'&#233;tait sa faiblesse, la cause de certains de ses plus grands &#233;checs. Nous devons l'avoir tel qu'il &#233;tait. Si vous &#234;tes d'accord avec cette interpr&#233;tation de son caract&#232;re politique, alors vous conviendrez que le pouvoir de volont&#233; et d'autodiscipline avec lequel il s'est consacr&#233; &#224; un type de travail pour lequel il a si souvent exprim&#233; un d&#233;go&#251;t personnel est, comme tant de choses chez lui. , probablement in&#233;gal&#233;e par toute autre figure de stature similaire.Joseph Staline ne l'aurait pas &#233;t&#233;. En fin de compte, l'id&#233;e exprim&#233;e &#233;tait plus importante et int&#233;ressante pour Trotsky que la personne qui l'exprimait. C'&#233;tait sa force, la cause de certains de ses plus grands triomphes, mais c'&#233;tait sa faiblesse, la cause de certains de ses plus grands &#233;checs. Nous devons l'avoir tel qu'il &#233;tait. Si vous &#234;tes d'accord avec cette interpr&#233;tation de son caract&#232;re politique, alors vous conviendrez que le pouvoir de volont&#233; et d'autodiscipline avec lequel il s'est consacr&#233; &#224; un type de travail pour lequel il a si souvent exprim&#233; un d&#233;go&#251;t personnel est, comme tant de choses chez lui. , probablement in&#233;gal&#233;e par toute autre figure de stature similaire.Joseph Staline ne l'aurait pas &#233;t&#233;. En fin de compte, l'id&#233;e exprim&#233;e &#233;tait plus importante et int&#233;ressante pour Trotsky que la personne qui l'exprimait. C'&#233;tait sa force, la cause de certains de ses plus grands triomphes, mais c'&#233;tait sa faiblesse, la cause de certains de ses plus grands &#233;checs. Nous devons l'avoir tel qu'il &#233;tait. Si vous &#234;tes d'accord avec cette interpr&#233;tation de son caract&#232;re politique, alors vous conviendrez que le pouvoir de volont&#233; et d'autodiscipline avec lequel il s'est consacr&#233; &#224; un type de travail pour lequel il a si souvent exprim&#233; un d&#233;go&#251;t personnel est, comme tant de choses chez lui. , probablement in&#233;gal&#233;e par toute autre figure de stature similaire.la cause de certains de ses plus grands &#233;checs. Nous devons l'avoir tel qu'il &#233;tait. Si vous &#234;tes d'accord avec cette interpr&#233;tation de son caract&#232;re politique, alors vous conviendrez que le pouvoir de volont&#233; et d'autodiscipline avec lequel il s'est consacr&#233; &#224; un type de travail pour lequel il a si souvent exprim&#233; un d&#233;go&#251;t personnel est, comme tant de choses chez lui. , probablement in&#233;gal&#233;e par toute autre figure de stature similaire.la cause de certains de ses plus grands &#233;checs. Nous devons l'avoir tel qu'il &#233;tait. Si vous &#234;tes d'accord avec cette interpr&#233;tation de son caract&#232;re politique, alors vous conviendrez que le pouvoir de volont&#233; et d'autodiscipline avec lequel il s'est consacr&#233; &#224; un type de travail pour lequel il a si souvent exprim&#233; un d&#233;go&#251;t personnel est, comme tant de choses chez lui. , probablement in&#233;gal&#233;e par toute autre figure de stature similaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; D'une grande hauteur th&#233;orique &#187;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce que nous essayons de faire ici, c'est de faire une &#233;valuation historique de Trotsky et de son &#339;uvre. Nulle part elle n'est aussi n&#233;cessaire et f&#233;conde que dans une r&#233;flexion sur l' Histoire . La bourgeoisie, surtout, &#224; cette &#233;poque, vit au jour le jour. La philosophie n'en a pas &#8211; les &#233;crits de Mussolini sur le fascisme jouissent d'une obscurit&#233; m&#233;rit&#233;e. Mein Kampf n'est rien de plus que l'aff&#251;tage politique de Machiavel, adapt&#233; &#224; l'&#232;re de la production de masse, du capital financier et de l'imp&#233;rialisme. Aucun critique bourgeois ne peut &#233;valuer correctement le livre de Trotsky. Pour tout type d'&#233;valuation historique, vous avez besoin d'une fin &#8211; par exemple, le socialisme ; une force mat&#233;rielle &#8211; le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire et les peuples coloniaux ; une m&#233;thode politique &#8211; le bolchevisme. C'est la n&#244;tre, c'est de l&#224; que nous commen&#231;ons : d'autres peuvent avoir la leur et y sont les bienvenues. Mais n'ayant rien, la bourgeoisie est perdue non seulement avec la politique mais avec l'&#233;criture de toutes sortes. Aujourd'hui, les fascistes font l'histoire et les staliniens avec eux. Pourquoi n'ont-ils rien eu de tr&#232;s important ou d'int&#233;ressant &#224; dire ? Le &#171; Le fascisme est une question de go&#251;t &#187; de Molotov est pour le moins original.M&#234;me cela ne peut pas &#234;tre dit de la contribution &#233;galement solitaire de Staline &#224; la litt&#233;rature r&#233;cente : la phrase brillante que la Russie ne tirerait les marrons de personne du feu. C'est contre cela et des curiosit&#233;s similaires que se dresse le corps des &#233;crits de Trotsky. D'un c&#244;t&#233; la brutalit&#233;, l'hypocrisie, le mensonge et la ruse, maladroitement et grossi&#232;rement exprim&#233;s ; de l'autre force, honn&#234;tet&#233;, haute aspiration et intelligence p&#233;tillante, puissance dynamique, le tout d&#233;peint par le biais d'un style dont nous connaissons les miracles m&#234;me en traduction.le tout d&#233;peint par l'interm&#233;diaire d'un style dont nous connaissons les miracles m&#234;me en traduction.le tout d&#233;peint par l'interm&#233;diaire d'un style dont nous connaissons les miracles m&#234;me en traduction.[5] Le critique bourgeois l'expliquera en termes de capacit&#233; personnelle. Une erreur patente et de grande envergure. Le style est l'homme, et des hommes comme Hitler et Trotsky parlent pour un ordre social. Une &#233;poque, une classe, un syst&#232;me politique s'expriment &#224; travers ses grands livres. La d&#233;claration d'ind&#233;pendance et le discours de Lincoln &#224; Gettysburgsont deux des plus grandes pi&#232;ces d'&#233;criture dans n'importe quelle langue. A c&#244;t&#233; d'eux, la rh&#233;torique de Winston Churchill est b&#226;cl&#233;e. Pourtant Churchill est un plus grand ma&#238;tre du langage que Jefferson ou Lincoln et veut gagner sa guerre autant qu'ils voulaient gagner la leur. Sa faiblesse r&#233;side dans ses circonstances historiques. Ils avaient une &#233;norme confiance historique. Churchill n'en a pas. Il doute du pass&#233;, craint l'avenir. C'est historiquement qu'il faut aborder l' Histoire de la R&#233;volution russe de Trotsky. Nous ne le consid&#233;rons pas seulement comme le n&#244;tre et le jugeons selon ses propres normes. Nous le comparons &#224; d'autres &#233;crits litt&#233;raires et politiques de cette &#233;poque et d'autres &#233;poques. Nous faisons une comparaison v&#233;ritablement historique. Nous constaterons que, de la m&#234;me mani&#232;re que Marx et Engels sont au-dessus de tous ceux qui se sont occup&#233;s de l'analyse de la soci&#233;t&#233;, de m&#234;me que L&#233;nine et Trotsky se classent parmi les plus grands de ceux qui ont contribu&#233; &#224; changer la vie de grandes masses d'&#234;tres humains, ainsi L' Histoire de Trotsky est bien plus qu'une brillante histoire d'un grand &#233;v&#233;nement. C'est le plus grand livre d'histoire jamais &#233;crit et l'une des pi&#232;ces litt&#233;raires les plus prodigieuses et les plus importantes jamais produites dans n'importe quelle langue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'entendons pas simplement affirmer. Nous allons d&#233;montrer. Mais nous ne devons pas &#234;tre &#224; courte vue sur ces choses. Ces r&#233;alisations extraordinaires &#233;taient les r&#233;alisations des hommes, mais ces hommes pouvaient faire les choses qu'ils faisaient parce qu'ils repr&#233;sentaient quelque chose - une m&#233;thode, un syst&#232;me d'id&#233;es, ils pouvaient les faire parce qu'ils &#233;taient l'avant-garde de quelque chose d'infiniment plus grand que leur moi individuel - une nouvelle soci&#233;t&#233;. A une &#233;poque o&#249; nos forces sont r&#233;duites, nous devons maintenir la tradition marxiste pr&#234;te pour le jour. Le meilleur moyen de le maintenir est de le comprendre et un moyen s&#251;r de le comprendre est &#224; travers l' Histoire .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais votre pseudo-marxiste demandera certainement : &#224; quoi bon Trotsky a si bien &#233;crit et Hitler et Staline ont si mal &#233;crit ? Qu'est-ce que cela prouve ? Cela prouve cent fois la signification historique des id&#233;es d&#233;fendues par Trotsky. Les grands livres ne tombent pas du ciel. Messieurs les pessimistes sont tremp&#233;s jusqu'&#224; la moelle dans le vinaigre de l'empirisme bourgeois et entra&#238;n&#233;s d&#232;s l'enfance &#224; adorer le fait &#233;tabli. C'est pourquoi au plus grand probl&#232;me de l'heure actuelle, l'avenir du marxisme, ils viennent arm&#233;s de l'arme scientifique de l'homme primitif : la philosophie de la simple addition. Les marxistes ont six cents membres ici, quatre-vingts ici et vingt l&#224;. Et de l'autre c&#244;t&#233;, regardez les milliers d'avions et les millions d'hommes d'Hitler. De toute &#233;vidence, oh, comme c'est &#233;vident, la Quatri&#232;me Internationale est vou&#233;e &#224; l'&#233;chec. Trotski,regardant le marxisme depuis 1840 et tout ce qu'il avait fait, envisageait l'avenir avec confiance et regardait les calculateurs pr&#234;ts comme un homme regarde des petits gar&#231;ons jouant aux billes. Ils ne font pas de mal jusqu'&#224; ce qu'ils essaient d'introduire leurs r&#233;cits infantiles dans les annales et les perspectives des hommes m&#251;rs. Nous ne pouvons pas juger l'histoire par son effet probable sur nos propres peaux tendres. N'importe quel hill-billy dans la nature sauvage de l'Arkansas peut le faire. Nous devons avoir une perspective historique, regarder loin en arri&#232;re et une certaine distance en avant. Il ne sera alors pas difficile de voir ce queNous ne pouvons pas juger l'histoire par son effet probable sur nos propres peaux tendres. N'importe quel hill-billy dans la nature sauvage de l'Arkansas peut le faire. Nous devons avoir une perspective historique, regarder loin en arri&#232;re et une certaine distance en avant. Il ne sera alors pas difficile de voir ce queNous ne pouvons pas juger l'histoire par son effet probable sur nos propres peaux tendres. N'importe quel hill-billy dans la nature sauvage de l'Arkansas peut le faire. Nous devons avoir une perspective historique, regarder loin en arri&#232;re et une certaine distance en avant. Il ne sera alors pas difficile de voir ce queL'histoire de la r&#233;volution russe repr&#233;sente. C'est le point culminant de deux mille ans d'&#233;criture europ&#233;enne et d'&#233;tude de l'histoire. Ce sont ces choses et des choses similaires qui &#233;taient dans l'esprit de Trotsky quand, dans ses derniers mots, il a dit qu'il &#233;tait confiant dans la victoire de la Quatri&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Civilisation et histoire occidentales&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D'abord un bref rappel de la hi&#233;rarchie historique. H&#233;rodote fut le premier. Et il s'est mis &#224; raconter l'histoire de la guerre entre les Grecs et les Perses avant que le mat&#233;riel ne soit oubli&#233;. Il n'&#233;tait pas un citoyen ath&#233;nien. C'&#233;tait un intellectuel impressionnable, tr&#232;s lu et beaucoup voyag&#233;, qui &#233;tait pris par le romantisme de l'histoire. Il a &#233;crit ce qu'il a recueilli et depuis ce jour il a &#233;t&#233; le mod&#232;le et l'inspiration, qu'ils le sachent ou non, d'innombrables historiens, en Europe, en Asie et partout ailleurs. Mais on perd de vue l'essentiel en lui si l'on laisse son amour du pittoresque obscurcir le propos de son livre : la victoire de la Gr&#232;ce sur la Perse. C'&#233;tait la d&#233;fense de la civilisation contre la barbarie, le plus grand p&#233;ril auquel les Grecs aient jamais &#233;t&#233; confront&#233;s. Il avait un grand th&#232;me,une que tout homme civilis&#233; de la c&#244;te m&#233;diterran&#233;enne pouvait comprendre et ressentir. Trente ans apr&#232;s, Thucydide, dans son tout premier paragraphe, r&#233;pudiait H&#233;rodote. Avec une acerbe singuli&#232;re pour un homme si courtois, Thucydide dans ce paragraphe dit qu'avant la guerre du P&#233;loponn&#232;se, rien d'important ne s'&#233;tait jamais produit. C'&#233;tait comme si un historien am&#233;ricain moderne observant la situation mondiale avait appel&#233; le peuple am&#233;ricain &#224; cesser de lire sur Colomb et &#224; &#233;tudier son histoire de la guerre de 1914. Homme d'affaires, homme politique, soldat, cet Ath&#233;nien sobre en avait marre de tout ce vieux conte face &#224; la menace qui p&#232;se sur Ath&#232;nes. Il a &#233;crit un livre qui &#224; ce jour n'est pas excell&#233; pour la gravit&#233;, la lucidit&#233;, la proportion et la connaissance de la politique. Il a &#233;crit dans un seul but : la glorification de la d&#233;mocratie ath&#233;nienne.&#171; Notre pays est gouvern&#233; dans l'int&#233;r&#234;t du plus grand nombre au lieu de celui de quelques-uns. C'est pourquoi cela s'appelle une d&#233;mocratie. Comme ces mots ont r&#233;sonn&#233; au fil des ans, noyant les soupirs et les g&#233;missements des esclaves ath&#233;niens ! Les grands Romains, Tite-Live et Tacite, ont &#233;crit &#224; quelques ann&#233;es d'intervalle. Ils ha&#239;ssaient l'autocratie et la d&#233;pravation de l'Empire, et Tite-Live, en particulier, glorifiait la constitution de la r&#233;publique romaine et les vertus s&#233;v&#232;res de la Rome antique. Il prononce l'un de ses meilleurs discours &#224; Caton d&#233;non&#231;ant une loi qui permettait la libert&#233; vestimentaire aux femmes romaines. Alors que Rome s'effondrait sans avenir, les hommes s'accrochaient au pass&#233; que Tite-Live avait id&#233;alis&#233; par quarante ans de labeur. Rome tomba mais la litt&#233;rature latine resta et quand la Renaissance ramena l'&#233;tude des classiques,toutes les forces croissantes du lib&#233;ralisme en Europe se nourrissaient de l'art vif et des sentiments r&#233;publicains de Thucydide, de Tite-Live et de Plutarque et de la tyrannie maudite dans la langue de Tacite. &#192; la fin du XIXe si&#232;cle, Tite-Live avait &#233;t&#233; traduit quelque cinq cents fois. L'&#233;poque &#233;lisab&#233;thaine &#233;tait c&#233;l&#232;bre pour ses traductions. Amyot a traduit Plutarque et North a traduit Aniyor, donnant &#224; Shakespeare une riche mati&#232;re pour les pi&#232;ces de th&#233;&#226;tre. Pour tous ces gens, Tite-Live et Plutarque &#233;taient bien plus importants que Hoinshed et Froissart. Les h&#233;ros de la R&#233;volution fran&#231;aise se con&#231;oivent comme des Romains h&#233;ro&#239;ques de l'&#233;poque r&#233;publicaine. Babeuf aussi. Les nuances les plus fines de l'histoire europ&#233;enne sont un livre ferm&#233; sans une compr&#233;hension de ce que les classiques signifiaient pour toutes les classes instruites. Pendant des g&#233;n&#233;rations, ils n'ont rien appris d'autre &#224; l'&#233;cole. Le point culminant est venu avec Gibbon,qui rassembla tout le savoir et la conscience classique des si&#232;cles dans son livre justement c&#233;l&#232;bre. Mais il y a cent ans, Guizot savait que pour l'histoire scientifique de Rome il fallait chercher ailleurs que dans leD&#233;clin et chute. L'histoire de Gibbon a &#233;t&#233; l'apog&#233;e historique de l'&#226;ge des Lumi&#232;res. Il &#233;tait membre de cette soci&#233;t&#233; cosmopolite de Voltaire, de Fr&#233;d&#233;ric le Grand, de Catherine et de l'aristocratie fran&#231;aise qui s'&#233;panouissait avant la R&#233;volution fran&#231;aise. M&#234;me la monarchie des Bourbons appr&#233;ciait cette culture et l'attaque d&#233;vastatrice de Gibbon contre le christianisme &#233;tait caract&#233;ristique de la soci&#233;t&#233; instruite de son &#233;poque, sans exclure les &#233;v&#234;ques fran&#231;ais. Si aristocrate qu'il soit, il repr&#233;sente le progr&#232;s. Voltaire &#233;tait un historien prolifique de la m&#234;me &#233;cole. Deux g&#233;n&#233;rations apr&#232;s Gibbon, Michelet a &#233;crit sur la R&#233;volution fran&#231;aise avec une passion erratique qui a fait de lui un classique fran&#231;ais.Macaulay a fait sa r&#233;putation politique dans la lutte pour le Reform Bill de 1832 et son histoire a tellement domin&#233; la pens&#233;e bourgeoise anglaise pendant un si&#232;cle que ce n'est que depuis octobre 1917 que la tradition whig a cess&#233; de r&#233;gner sur tous les &#233;crits universitaires anglais. Pourtant, il &#233;tait si partial que sa grande histoire est appel&#233;e &#224; juste titre une brochure whig en quatre volumes in-octavo. Green &#233;tait moins grossier, mais de la m&#234;me &#233;cole. Le sienL'histoire courte du peuple anglais a d' abord rendu l'histoire populaire parmi toutes les classes. Tous les pr&#233;jug&#233;s anglais des soixante derni&#232;res ann&#233;es, leur croyance en l'histoire anglaise comme une longue lutte pour la libert&#233; culminant dans la constitution britannique, leur conception d'eux-m&#234;mes en tant que peuple germanique n&#233; de la libert&#233;, la Magna Cartala l&#233;gende, la l&#233;gende protestante de Cromwell, viennent tout droit de Green. Ces histoires sont certaines d'entre elles bonnes, d'autres mauvaises. Le vert, le plus populaire, est tr&#232;s mauvais. Mais ce n'est pas leur importance. Ce qu'ils font, ce n'est pas un miroir mais une banni&#232;re devant la soci&#233;t&#233;. Ils donnent &#224; la soci&#233;t&#233; ou plus souvent &#224; une classe une image d'elle-m&#234;me, non pas telle qu'elle &#233;tait mais telle qu'elle se croyait, ou telle qu'elle aurait voulu &#234;tre. En eux est &#233;crite l'histoire d'un si&#232;cle, mais pas dans le sens o&#249; ils pensaient &#233;crire. Gibbon d&#233;peint l'Europe du XVIIIe si&#232;cle ainsi que l'Empire romain. Ces &#233;crivains &#233;taient de grands artistes, des personnalit&#233;s puissantes, pr&#234;chant une cause, et &#171; ils &#233;crivaient si bien parce qu'ils voyaient si peu &#187;. [6]Mais tous repr&#233;sentaient une id&#233;e progressiste puissante, et les grands classiques d'abord, et ceux-ci et leurs satellites ensuite, ont domin&#233; la pens&#233;e de la bourgeoisie pendant plus de quatre cents ans. M&#234;me Gibbon, tout aristocrate qu'il &#233;tait, &#233;tait un aristocrate anglais et faisait l'&#233;loge de la constitution romaine dans laquelle il croyait voir le mod&#232;le des Britanniques. Puis soudain, avec Michelet et Macaulay, la ligne s'arr&#234;te net et n'est reprise qu'avec Trotsky. Pourquoi ? Quelques dates nous aideront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre de Michelet est paru en 1847-1850 et la fougueuse Histoire de la R&#233;volution fran&#231;aise s'inspire directement de la r&#233;volution de 1848, des &#233;v&#233;nements qui y ont men&#233; et de sa propre croyance dans le communisme. Le premier volume de l' Histoire d'Angleterre de Macaulay parut en 1848. Mais 1848 fut l'ann&#233;e o&#249; la r&#233;volution socialiste apparut pour la premi&#232;re fois. C'&#233;tait l'ann&#233;e du Manifeste communiste . Le spectre a commenc&#233; &#224; hanter l'Europe. Des yeux per&#231;ants regardaient, et l'appel &#224; la libert&#233; s'&#233;vanouit de l'&#233;criture historique bourgeoise &#224; grande &#233;chelle. L' histoire de la R&#233;publique romaine de Mommsenparut en 1854, six ans apr&#232;s 1848. Pas du tout par accident, c'&#233;tait un Allemand. Il aimait la d&#233;mocratie parlementaire mais il d&#233;testait le prol&#233;tariat, surtout apr&#232;s 1848. Il n'y avait qu'un seul refuge pour lui, le bonapartisme, et le point culminant de son savant ouvrage sur Rome est sa description de C&#233;sar comme &#171; l'homme entier, parfait &#187;. Bismarck et Napol&#233;on III ont fait de leur mieux pour imiter sinon la perfection du moins l'int&#233;gralit&#233; de C&#233;sar. Avant 1848, Carlyle avait &#233;t&#233; si sympathique aux ouvriers qu'il attira l'attention de Marx et d'Engels, mais 1848 le poussa dans la r&#233;action et d&#233;sormais il &#233;tait l'avocat du h&#233;ros, essentiellement l'homme entier et parfait de Mommsen. La domination du march&#233; mondial permit &#224; la Grande-Bretagne d'&#234;tre un peu plus lib&#233;rale et Green publia en 1874. Mais six ans apr&#232;s Green vint Seeley'sL'expansion de l'Empire britannique , dont la th&#232;se idiote selon laquelle les Britanniques ont fond&#233; leur empire dans un acc&#232;s d'&#233;garement, n'a pas emp&#234;ch&#233; son livre d'&#234;tre l'un des plus lus de l'&#233;poque. L' influence de Mahan sur la puissance maritime dans l'histoire , bien que peu populaire, n'&#233;tait gu&#232;re moins influente. Mommsen, Carlyle, Bismarck, Nietzsche, Seeley, Mahan, tout ce qu'ils avaient &#224; dire d'importance politique a &#233;t&#233; rassembl&#233; en un seul volume &#233;norme - Le d&#233;clin de l'Occident de Spengler , qui a &#233;t&#233; achev&#233; en 1917. Pendant les heures m&#234;mes o&#249; Spengler &#233;crivait finis &#224; civilisation bourgeoise, L&#233;nine achevait L'&#201;tat et la r&#233;volution et l' imp&#233;rialismeen pr&#233;paration de la R&#233;volution russe. Face au mouvement grandiose de la r&#233;volution sociale, la lente accumulation, les affrontements dramatiques, les prises de position, les reculs et les avanc&#233;es, les batailles &#224; travers un monde pour l'avenir de la soci&#233;t&#233;, face &#224; tout cela, combien mesquines et mesquines sont les b&#233;at calculs de nos comptables ricanants, aveugles &#224; l'ensemble du processus historique et incapables de d&#233;passer leur propre insuffisance !&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est, comme dirait Trotsky, de cette hauteur th&#233;orique que l'on peut voir ce que l' Histoirea restitu&#233; &#224; l'&#233;criture historique. Pour Gibbon, pour Macaulay, pour Trotsky, la libert&#233; signifiait diff&#233;rentes choses. La conception de Trotsky est la plus large. Ce n'est pas la question en cause maintenant. Ce qui compte, c'est que le prol&#233;tariat r&#233;clame au moins la libert&#233;. La bourgeoisie ne peut pas trouver un seul grand &#233;crivain pour le faire. L'affirmation de Marx selon laquelle l'avenir de la soci&#233;t&#233; appartient au prol&#233;tariat est d&#233;montr&#233;e aussi clairement dans l'&#233;criture historique que dans l'analyse &#233;conomique. Cela ne garantit rien. Montrer o&#249; se trouve l'avenir de toute libert&#233; que l'on peut esp&#233;rer n'est pas une garantie de son succ&#232;s. Mais ce sentiment r&#233;actionnaire et l&#226;che, d&#233;guis&#233; en r&#233;alisme, puise sa force, comme toujours la r&#233;action, dans l'ignorance. Il y a quelque chose de tr&#232;s concret chez les grands historiens, si propagandistes soient-ils.Pas un seul grand pas politique en avant dans l'histoire europ&#233;enne moderne n'a jamais &#233;t&#233; fait au nom de la tyrannie. Le sentiment exalt&#233; des historiens populaires se rapportait toujours &#224; l'expansion &#233;conomique et au progr&#232;s politique. M&#234;me le christianisme, successeur id&#233;ologique de l'empire romain, parlait au nom de la libert&#233; de l'individu, de son droit &#224; la disposition de son &#226;me ; oppos&#233; &#224; l'&#201;tat romain et &#224; l'esclavage. La R&#233;forme se consid&#233;rait comme une r&#233;volte contre la tyrannie papale. La monarchie absolue fut la premi&#232;re ressource politique de la bourgeoisie contre les seigneurs f&#233;odaux. Ses id&#233;es fausses sur Thucydide, Tite-Live, Plutarque et Tacite semblaient &#234;tre un paradis sur terre pour la bourgeoisie. Pas de taxation sans repr&#233;sentation ; la vie, la libert&#233; et la poursuite du bonheur ; libert&#233;, &#233;galit&#233; et fraternit&#233; ; gouvernement du peuple,par le peuple et pour le peuple, contenaient des fausset&#233;s, conscientes et inconscientes, mais ils brisaient des tyrannies monstrueuses et avou&#233;es. Les Travailleurs du Monde s'unissent, vise &#224; faire de m&#234;me. Mais pour la premi&#232;re fois depuis plus de cinq si&#232;cles, un syst&#232;me politique avec une grande fanfare de nouveaut&#233; et de solution &#224; la crise, fait de la tyrannie, de l'in&#233;galit&#233; une vertu politique ; pr&#233;jug&#233;s de classe, raciaux et nationaux ; et d&#233;nonce tout ce pour quoi la civilisation europ&#233;enne s'est efforc&#233;e, du moins en th&#233;orie, depuis la Renaissance. Pendant les pires p&#233;riodes de r&#233;action de l'Europe, la p&#233;riode de la contre-r&#233;forme et de la Sainte-Alliance, les &#233;crivains les plus r&#233;actionnaires pouvaient trouver quelque chose de plausible &#224; dire pour d&#233;fendre leur cause. L'imp&#233;rialisme allemand pille pour vivre. Le fascisme est le d&#233;clin de l'Occident et ses protagonistes le savent dans leur &#226;me.Leurs &#233;crits sur tous les sujets, &#224; l'exception de la prise du pouvoir, ne sont rien d'autre que des mensonges et des absurdit&#233;s, une falsification d&#233;lib&#233;r&#233;e de sang-froid. Pas une fleur ne s'&#233;panouit sur leurs landes arides. Il n'y a pas de sol dans lequel quoi que ce soit puisse pousser. Ils ne sont qu'une mince couverture pour la soci&#233;t&#233; bourgeoise &#233;puis&#233;e. Ils ne peuvent rien avoir &#224; dire. Mommsen et Carlyle ont tout dit alors que la bourgeoisie pouvait encore garder quelques illusions. Si Trotsky estL'histoire ne garantit pas l'in&#233;luctabilit&#233; du socialisme, Mein Kampf garantit la fraude du fascisme comme solution aux maux de la soci&#233;t&#233; capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; Non seulement l'art, mais la science&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous avons soigneusement &#233;vit&#233; jusqu'ici de traiter de l'aspect scientifique de l' Histoire de Trotsky.. Elle est famili&#232;re &#224; tous les marxistes et donne l'approbation finale &#224; sa valeur de propagande &#224; grande &#233;chelle. Car tandis que les autres historiens dans la poursuite de leur objectif ont fa&#231;onn&#233; leur mati&#232;re comme un artiste fa&#231;onne ses figures, Trotsky a affirm&#233; et d&#233;montr&#233; de mani&#232;re irr&#233;futable que son histoire &#233;tait scientifique en ce qu'elle d&#233;coulait de faits objectifs. Il a d&#233;fi&#233; quiconque de remettre en question sa documentation et le d&#233;fi n'a jamais &#233;t&#233; relev&#233;. Dans la m&#233;thode et la pr&#233;sentation, le livre est aussi scientifique que l'Origine des esp&#232;ces. Elle peut &#234;tre contest&#233;e comme Darwin l'a &#233;t&#233;, mais sur des bases concr&#232;tes et non abstraites. Aucun h&#233;raut de la libert&#233; et du progr&#232;s n'a jamais tenu plus fermement les deux pieds sur terre. Et pourtant dans le pur style, ce mat&#233;rialiste, aussi rigide dans les faits que Scaliger, n'est d&#233;pass&#233; en aucune sph&#232;re par aucun de ses anc&#234;tres,ni par Thucydide dans la proportion et la lucidit&#233;, ni par Tacite dans l'invective, ni Gibbon dans la dignit&#233;, ni Michelet dans la passion, ni par Macaulay, ce grand bourgeois, dans l'efficacit&#233;. Il y a l&#224; une le&#231;on profonde non seulement d'histoire, mais d'esth&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et enfin, le livre n'est pas seulement un tract propagandiste, l'expression d'une attitude envers la soci&#233;t&#233;, et une th&#232;se scientifique. C'est d'ailleurs ce qu'aucun des autres n'est. C'est un appel &#224; l'action. Ce n'est pas seulement une banni&#232;re et un plan. C'est un roulement de tambour. &#192; travers elle respire non seulement l'esprit de ceci est ce que nous visons, c'est la fa&#231;on dont cela a &#233;t&#233; fait, mais aussi, c'est la fa&#231;on de le faire. Chaque aspect de la lutte est scientifiquement analys&#233; et expos&#233;, et le lecteur n'est pas tant exhort&#233; rh&#233;toriquement &#224; s'engager, mais comme il voit les difficult&#233;s et ressent la confiance illimit&#233;e et la volont&#233; in&#233;branlable qui les attaque et les surmonte, la connaissance et le pouvoir, il fait partie de cette merveilleuse aventure. Le ressentiment face &#224; l'oppression couve chez des centaines de millions de personnes dans le monde entier. Ce qui leur manque, c'est la confiance en leurs propres pouvoirs.Comment peut-on se battre et gagner ? La r&#233;ponse est dans leHistoire. Et dans l'ensemble, l'avant-garde de cette g&#233;n&#233;ration &#233;tait pr&#234;te pour cette r&#233;ponse. En traductions, car l'auteur n'avait pas de pays, il s'est vendu &#224; des milliers et des milliers d'exemplaires. Dans les rayons de nombreux social-d&#233;mocrates de base, il occupe une place d'honneur, et il a p&#233;n&#233;tr&#233; dans les foyers de nombreux staliniens, le seul livre de Trotsky depuis son exil &#224; le faire, malgr&#233; leur copieuse d&#233;nonciation de tous ses &#233;crits. Ce n'est pas l'un de ses moindres triomphes. Si la Troisi&#232;me Internationale avait &#233;t&#233; une organisation r&#233;volutionnaire, ce livre, avec son savoir, sa confiance et sa volont&#233;, aurait inspir&#233;, directement et indirectement, des millions de dirigeants politiques dans le monde entier. L'histoire en a d&#233;cid&#233; autrement, mais c'est une preuve de plus de ce que nous savons dans tant d'autres domaines,que c'est avant tout le stalinisme qui embrouille la classe ouvri&#232;re et &#233;loigne d'elle cette connaissance et cette compr&#233;hension sans lesquelles elle ne peut conqu&#233;rir. La nouvelle classe est pr&#234;te &#224; &#233;couter. Ce qu'il faut savoir est l&#224;. Une excroissance se dresse sur le chemin. Aussi puissant qu'il soit, il n'en reste pas moins une excroissance. Voir l'Histoire en perspective, c'est se rendre compte que c'est le stalinisme qui en est l'accident et que le prol&#233;tariat et son porte-parole sont une s&#233;quence dans le mouvement de la vie et de la pens&#233;e europ&#233;ennes telles que nous les connaissons depuis cinq si&#232;cles.Voir l'Histoire en perspective, c'est se rendre compte que c'est le stalinisme qui en est l'accident et que le prol&#233;tariat et son porte-parole sont une s&#233;quence dans le mouvement de la vie et de la pens&#233;e europ&#233;ennes telles que nous les connaissons depuis cinq si&#232;cles.Voir l'Histoire en perspective, c'est se rendre compte que c'est le stalinisme qui en est l'accident et que le prol&#233;tariat et son porte-parole sont une s&#233;quence dans le mouvement de la vie et de la pens&#233;e europ&#233;ennes telles que nous les connaissons depuis cinq si&#232;cles.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; Comment un classique est n&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Or, un livre pourrait &#234;tre un tract de propagande &#224; grande &#233;chelle, une tentative de trait&#233; scientifique et un appel &#224; l'action, pourrait &#234;tre &#233;crit par un participant hautement dou&#233; &#224; un grand &#233;v&#233;nement, et pourtant n'&#234;tre qu'un livre parmi tant d'autres. Les m&#233;moires de tous ceux qui ont particip&#233; &#224; la derni&#232;re guerre sont l&#224; pour montrer qu'elles ne suffisent pas &#224; &#233;crire un grand livre. Que l' Histoire soit ce qu'elle est due certainement au pouvoir d'&#233;crivain de Trotsky. Il n'y a pas de substitut &#224; un grand artiste. Mais c'est pour nous la moindre consid&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le Manifeste communiste a commenc&#233; quelque chose d'enti&#232;rement nouveau dans la m&#233;thode historique. Sp&#233;cialement pour montrer comment la nouvelle m&#233;thode doit &#234;tre utilis&#233;e, Marx a d&#233;lib&#233;r&#233;ment &#233;crit le XVIII Brumaire, mais par la suite, lui et Engels n'ont &#233;crit sp&#233;cifiquement sur l'histoire que lorsque l'occasion s'est pr&#233;sent&#233;e, et toujours au point et sans plus. Bernstein et Kautsky ont &#233;crit des ouvrages historiques &#233;clairants mais acad&#233;miques. La m&#233;thode marxiste permet d'&#233;crire une histoire scientifique. Mais ce n'est pas un talisman. Kautsky et Bernstein &#233;taient des bureaucrates, l'un cach&#233; et l'autre un r&#233;actionnaire d&#233;clar&#233;. Et m&#233;thode marxiste ou pas m&#233;thode marxiste, seule une conviction passionn&#233;e peut &#233;crire un grand livre. Ni L&#233;nine ni Rosa Luxemburg n'ont &#233;crit l'histoire. Les hommes d'action doivent cesser d'&#234;tre des hommes d'action pour &#233;crire l'histoire, ce qui demande une certaine tranquillit&#233;. Mais pendant toutes ces ann&#233;es, il s'est accumul&#233; dans les livres, les articles et la correspondance, une grande quantit&#233; de r&#233;flexions sur l'histoire ; croquis isol&#233;s, travaux savants, d&#233;ductions et observations sur les classes, les &#233;tats,insurrections, mouvements de masse, qui ont form&#233; le corpus marxiste. Il n'a &#233;t&#233; collect&#233; nulle part mais les &#233;tudiants du marxisme le savaient. C'&#233;tait toujours &#224; l'arri&#232;re-plan de l'esprit de L&#233;nine. Il &#233;tudia les d&#233;bats du Long Parlement de Cromwell et les d&#233;bats de la Commune de Paris pendant la R&#233;volution fran&#231;aise, et ainsi test&#233; et amplifi&#233; les principes pos&#233;s par Marx. Trotsky n'a suivi cet exemple que, alors que L&#233;nine semblait par nature enclin aux &#233;tudes &#233;conomiques et statistiques, les instincts naturels de Trotsky comme nous l'avons vu le poussaient vers l'histoire et l'&#233;criture. Trotsky avait &#233;galement rencontr&#233; et parl&#233; avec tous les grands marxistes europ&#233;ens de son temps. En 1905 vint la th&#233;orie de la r&#233;volution permanente, et &#224; partir de ce moment, sans parler des premi&#232;res ann&#233;es,le d&#233;veloppement de la R&#233;volution russe &#233;tait la principale pr&#233;occupation des sociaux-d&#233;mocrates en Russie et des marxistes europ&#233;ens dans leur ensemble. Mais alors que chacun, selon ses dons et ses opportunit&#233;s, a contribu&#233; et analys&#233;, personne, pas m&#234;me L&#233;nine, n'a analys&#233; plus profond&#233;ment que Trotsky. Il avait sa th&#233;orie &#224; tester et &#224; d&#233;fendre et c'&#233;tait avant tout un homme de th&#233;orie. Ainsi, la structure et le mouvement de la R&#233;volution russe &#233;taient la structure m&#234;me de sa constitution mentale, l'axe autour duquel il vivait intellectuellement et &#233;motionnellement. Arriv&#233; en 1917 et pendant sept mois intenses, d'abord &#224; l'ext&#233;rieur puis &#224; l'int&#233;rieur de la Russie, il a vu, aid&#233; et guid&#233;. Ainsi, il est s&#251;r de dire qu'aucun &#233;crivain pr&#233;c&#233;dent n'a jamais &#233;t&#233; aussi compl&#232;tement ma&#238;tre d'un grand sujet que Trotsky l'&#233;tait de la R&#233;volution russe. Politiquement, l'humanit&#233; est devenue majeure avec la R&#233;volution russe. C&#233;sar,Cromwell, Marat, Robespierre et d'autres hommes c&#233;l&#232;bres avaient travaill&#233; en grande partie par instinct. Pour la premi&#232;re fois dans l'histoire, un homme avait pr&#233;vu les grandes lignes d'un grand &#233;v&#233;nement historique, puis avait lui-m&#234;me contribu&#233; &#224; le mener &#224; bien. L&#233;nine dut revoir ses conceptions. Pas Trotsky. N'importe quel &#233;crivain, n'importe quel artiste conna&#238;trait la puissance et la confiance extraordinaires, la certitude de la direction, qui seraient celles de Trotsky lorsqu'il s'asseyait pour &#233;crire. Tel &#233;tait le fond. L'interaction de la classe dans son ensemble et de l'artiste individuel se confond ici comme nulle part ailleurs que nous connaissons par &#233;crit. Mais ce n'est que la moiti&#233; du livre.puis avait lui-m&#234;me contribu&#233; &#224; sa r&#233;ussite. L&#233;nine dut revoir ses conceptions. Pas Trotsky. N'importe quel &#233;crivain, n'importe quel artiste conna&#238;trait la puissance et la confiance extraordinaires, la certitude de la direction, qui seraient celles de Trotsky lorsqu'il s'asseyait pour &#233;crire. Tel &#233;tait le fond. L'interaction de la classe dans son ensemble et de l'artiste individuel se confond ici comme nulle part ailleurs que nous connaissons par &#233;crit. Mais ce n'est que la moiti&#233; du livre.puis avait lui-m&#234;me contribu&#233; &#224; sa r&#233;ussite. L&#233;nine dut revoir ses conceptions. Pas Trotsky. N'importe quel &#233;crivain, n'importe quel artiste conna&#238;trait la puissance et la confiance extraordinaires, la certitude de la direction, qui seraient celles de Trotsky lorsqu'il s'asseyait pour &#233;crire. Tel &#233;tait le fond. L'interaction de la classe dans son ensemble et de l'artiste individuel se confond ici comme nulle part ailleurs que nous connaissons par &#233;crit. Mais ce n'est que la moiti&#233; du livre.Mais ce n'est que la moiti&#233; du livre.Mais ce n'est que la moiti&#233; du livre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une r&#233;volution est le plus grand &#233;v&#233;nement de la vie de tous ceux qui la vivent. Cela modifie la nourriture que vous mangez, la fa&#231;on dont vous la mangez, les v&#234;tements que vous portez, m&#234;me la mani&#232;re d'un homme avec une femme de chambre. Et jamais autant de gens n'ont &#233;t&#233; autant secou&#233;s et avec autant de violence que le peuple de Russie par la R&#233;volution d'Octobre. Ainsi, &#224; partir de 1917, un flot incessant de souvenirs, de m&#233;moires, de documents, de conf&#233;rences, de conversations, contribua sans cesse &#224; la conscience des dirigeants d'un &#233;v&#233;nement historique qui, d&#232;s le d&#233;but, &#233;taient aussi conscients de leur moi historique qu'aucun autre dirigeant de l'histoire. Les politiciens, les diplomates, les aristocrates et les marchands ont &#233;crit, les historiens officiels ont recueilli, mais les ouvriers-bolcheviks, les ouvriers ordinaires, les paysans ordinaires, les soldats ordinaires, tous ont vers&#233; leurs contributions.Combien de fois Trotsky a d&#251; parler de la r&#233;volution aux gens ordinaires. Comme ils &#233;taient contents de parler &#224; l'homme d'Octobre ! Trop de mati&#232;re peut submerger. Mais &#224; Trotsky qui depuis 1905 avait net les grandes lignes de la carte, elle a d&#233;fini, pr&#233;cis&#233;, enrichi, illustr&#233;. S'il &#233;tait rest&#233; un souverain de la Russie, le livre n'aurait jamais &#233;t&#233; &#233;crit. Mais pouss&#233; &#224; l'exil, il s'y installe. (Il &#233;tait enfin &#224; son bureau, un stylo &#224; la main.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le livre entra toute la connaissance et la compr&#233;hension historiques que Marx et Engels avaient commenc&#233; &#224; accumuler, et que les marxistes avaient continu&#233;es, &#233;tape par &#233;tape, &#224; mesure que le prol&#233;tariat et la paysannerie du monde entier avan&#231;aient lentement. Tout ce que Marx, Engels et L&#233;nine avaient &#233;crit et pens&#233; sur les grandes r&#233;volutions du pass&#233; et les propres d&#233;couvertes de Trotsky, les &#233;tudes de L&#233;nine de 1905 et de la p&#233;riode interm&#233;diaire, 1905 et 1917, toute l'&#233;rudition, les conflits, les pens&#233;es de la social-d&#233;mocratie russe, les &#233;crits et les analyses qui ont suivi 1917, de L&#233;nine, de Boucharine, de Rakovsky, et des dizaines d'autres hommes dou&#233;s, et de tous les millions de Russes, tout ce Trotsky s'est r&#233;uni. L'artiste en lui, &#233;touff&#233; pendant quarante ans par les besoins de la r&#233;volution, maintenant d&#233;ploy&#233;, et avec la m&#234;me force personnelle,discipline et volont&#233; qui l'ont toujours distingu&#233;, il a martel&#233; cette masse montagneuse de faits et d'id&#233;es autour du th&#232;me de la lutte des classes dans l'une des pi&#232;ces de litt&#233;rature les plus puissantes, compactes et belles qui existent dans n'importe quelle langue, prose ou po&#233;sie. Milton dit qu'un grand livre est l'&#233;l&#233;ment vital d'un ma&#238;tre esprit. Vrai. Mais dans L'histoire est le sang pr&#233;cieux de nombreux ma&#238;tres esprits ; et aussi du peuple russe, du prol&#233;tariat fran&#231;ais, en 1848 et 1870, des Ironsides et des Jacobins et des sans-culottes, de la r&#233;volution allemande avort&#233;e de 1918, des r&#233;volutions chinoises et autres nationalistes. Tous, tous sont l&#224;. Tous avaient apport&#233; leurs souffrances, leurs espoirs, la sagesse qu'ils tiraient de leurs exp&#233;riences. Cent ans de pens&#233;e socialiste et de luttes prol&#233;tariennes ont &#233;t&#233; consacr&#233;s &#224; la r&#233;daction de ce livre, le premier du genre. Personne ne pourra plus jamais &#233;crire comme &#231;a pendant des g&#233;n&#233;rations. Les historiens &#233;criront, leur vin sera nouveau, mais leurs bouteilles seront vieilles. C'est le premier classique de la soci&#233;t&#233; socialiste et il ne sera jamais d&#233;pass&#233;. Car il peut arriver un moment o&#249; le Capital n'aura qu'un int&#233;r&#234;t historique, quand ce qui doit &#234;tre fait sera m&#233;dit&#233; par des &#233;tudiants qui chercheront en vain &#224; retrouver les circonstances lointaines qui ont produit le bolchevisme de l'&#233;poque imp&#233;rialiste. Mais l' Histoire restera le pont entre la longue lign&#233;e qui m&#232;ne de l'Ancien Testament &#224; Hom&#232;re, la trag&#233;die grecque, Dante et Cervant&#232;s, aux livres qui seront &#233;crits quand, selon la c&#233;l&#232;bre phrase de Marx, commencera l'histoire de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La voix de la r&#233;volution&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avec la conclusion de l' Histoire il aurait pu sembler que Trotsky en avait assez fait pour un seul homme. Et pourtant, aussi exag&#233;r&#233;e que cela puisse para&#238;tre, sa derni&#232;re phase est la plus in&#233;dite de sa merveilleuse carri&#232;re. Il &#233;tait l'exil&#233; le plus puissant et le plus c&#233;l&#233;br&#233; de l'histoire. Napol&#233;on &#224; Sainte-H&#233;l&#232;ne &#233;tait hors de cause. Bismarck a descendu la passerelle et a &#233;t&#233; ram&#233; dans l'oubli. Napol&#233;on III finit comme la derni&#232;re discorde d'une composition de jazz moderne. Kaiser Wilhelm a ajout&#233; une barbe &#224; sa moustache. Ces hommes ont r&#233;gn&#233; sur de formidables empires pendant de nombreuses ann&#233;es, puis ont sombr&#233; dans les affaires publiques comme des pierres. Quant aux ordures social-d&#233;mocrates, les Kerensky, les Tchernov, les Bauer, les Caballeros, les Negrins et les Prietos, quel mis&#233;rable assortiment de mis&#233;rables rebuts, de vieux salopards &#224; peine assez fougueux pour hurler &#224; la lune - car personne ne veut de les entendre. Tous, rois et bureaucrates,pourrait trouver un endroit pour rester. De grandes organisations, parfois de grands &#201;tats, les ont soutenus. Pourtant, tous additionn&#233;s, ils ne font rien. Trotsky ne pouvait se reposer nulle part. Aucun pays ne voulait de lui jusqu'&#224; ce que le Mexique ajoute de l'&#233;clat &#224; son histoire en lui donnant un foyer. Il &#233;tait poursuivi par toutes les ressources de l'&#201;tat sovi&#233;tique. Malgr&#233; la sollicitude d&#233;vou&#233;e de ses partisans, il &#233;tait souvent en difficult&#233; financi&#232;re, car si leur d&#233;vouement &#233;tait illimit&#233;, ils &#233;taient peu nombreux. Pourtant, de toutes ces difficult&#233;s, il est sorti comme un v&#233;ritable tribun de la classe ouvri&#232;re internationale, parlant pour la r&#233;volution prol&#233;tarienne et pour le socialisme comme aucun individu n'a jamais parl&#233; pour une cause publique. Le premier fut le gigantesque conflit avec Staline et la bureaucratie sovi&#233;tique. Jamais aucun &#201;tat n'a d&#233;pens&#233; autant de temps, d'&#233;nergie et de ressources,noircir la r&#233;putation et faire taire les id&#233;es d'un seul individu. Ses partisans ont &#233;t&#233; syst&#233;matiquement assassin&#233;s. Des proc&#232;s sans pr&#233;c&#233;dent ont &#233;t&#233; organis&#233;s dans le but de se d&#233;barrasser des ennemis internes et de le discr&#233;diter totalement. D'&#233;normes partis politiques du monde entier ont ex&#233;cut&#233; les ordres et r&#233;p&#233;t&#233; les calomnies de Moscou. Presque seul, Trotsky, aid&#233; seulement par un petit groupe de partisans d&#233;vou&#233;s (ils ont fait un grand travail historique), a combattu le stalinisme jusqu'au bout et lui a inflig&#233; une d&#233;faite retentissante. Aujourd'hui, le monde entier sait que Staline a menti, que Trotsky n'&#233;tait pas l'ennemi de l'Union sovi&#233;tique, qu'il d&#233;fendait la r&#233;volution telle qu'elle avait &#233;t&#233; con&#231;ue &#224; l'origine, et bien qu'ils le ha&#239;ssent pour son d&#233;vouement ind&#233;fectible &#224; la r&#233;volution, pourtant sa sinc&#233;rit&#233; et sa loyaut&#233; envers la cause du socialisme ne sont pas remises en cause. Il s'est battu pour &#231;a,non pas &#224; cause de sa r&#233;putation personnelle - il avait toujours confiance dans le jugement de l'histoire - mais parce qu'il savait qu'en essayant de le discr&#233;diter, les staliniens, &#224; l'int&#233;rieur et &#224; l'ext&#233;rieur de la Russie, cherchaient &#224; discr&#233;diter les id&#233;es qu'il d&#233;fendait - les id&#233;es de socialisme r&#233;volutionnaire. P&#233;riodiquement, les premi&#232;res pages de tous les journaux du monde &#233;taient couvertes des comptes rendus de ce grand conflit, et Staline, le souverain de cent soixante-dix millions et TrotskyP&#233;riodiquement, les premi&#232;res pages de tous les journaux du monde &#233;taient couvertes des comptes rendus de ce grand conflit, et Staline, le souverain de cent soixante-dix millions et TrotskyP&#233;riodiquement, les premi&#232;res pages de tous les journaux du monde &#233;taient couvertes des comptes rendus de ce grand conflit, et Staline, le souverain de cent soixante-dix millions et Trotskyprimus inter pares de quelques milliers dispers&#233;s, r&#233;unis d'&#233;gal &#224; &#233;gal dans l'ar&#232;ne de l'opinion publique mondiale. On dira que des &#233;v&#233;nements historiques l'ont aid&#233; &#224; remporter sa victoire finale. Quelle sagesse infinie ! Comme si Trotsky ne savait pas que l'histoire allait dans une certaine direction, comme si tous ses efforts n'&#233;taient pas dirig&#233;s vers l'acc&#233;l&#233;ration et la clarification du processus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les staliniens ont pr&#233;tendu qu'il avait gagn&#233; toute cette publicit&#233; parce qu'il &#233;tait un ennemi de l'Union sovi&#233;tique et que la bourgeoisie l'a utilis&#233;. C'est une pitoyable auto-illusion. Au moment des proc&#232;s de Moscou, le Manchester Guardian pr&#244;nait une alliance entre la Grande-Bretagne et l'Union sovi&#233;tique. Elle lui en ouvrit pourtant les pages, car dans la confusion tous sentaient qu'un seul homme pouvait aider &#224; &#233;lucider le myst&#232;re et que cet homme &#233;tait Trotsky lui-m&#234;me. C'&#233;tait le secret de son pouvoir. Il pourrait &#233;clairer la bourgeoisie mondiale, dans la confusion dans laquelle elle se trouve. Il a appris quelque chose de lui. Il &#233;tait pr&#234;t &#224; parler chaque fois qu'on le lui demandait, parce qu'il connaissait les limites de la sagesse bourgeoise ; par l'interm&#233;diaire de leurs organes, il parlait aux ouvriers de chaque &#233;v&#233;nement important, non seulement des r&#233;volutions dont il &#233;tait l'autorit&#233;, mais de chaque d&#233;veloppement dans la marche r&#233;guli&#232;re vers la guerre. Des journalistes sont venus du monde entier pour l'interviewer, certains que les gens liraient avidement ce qu'il disait. Ses livres &#233;taient des &#233;v&#233;nements litt&#233;raires, &#224; la fois comment&#233;s et m&#233;dit&#233;s partout.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout attribuer &#224; son &#233;clat personnel, &#224; la vigueur et &#224; l'incisive de son expression, est une absurdit&#233; dont nous avons d&#233;j&#224; parl&#233; plus haut. Trotsky a repr&#233;sent&#233; quelque chose &#8211; l'a repr&#233;sent&#233; ad&#233;quatement, magnifiquement, avec un pouvoir qui lui &#233;tait propre, mais pourtant il n'&#233;tait qu'un repr&#233;sentant. Il repr&#233;sentait le prol&#233;tariat &#224; l'&#233;poque de la d&#233;cadence du capitalisme. Le prol&#233;tariat est une force puissante dans le monde moderne. Si les intellectuels radicaux ne le savent pas, la bourgeoisie le sait. La bourgeoisie a &#233;cout&#233; Trotsky parce que, qu'elle le reconnaisse ou non, il repr&#233;sentait le point de vue de la r&#233;volution mondiale. La bourgeoisie n'accepte pas le marxisme. &#199;a ne peut pas. Mais il &#233;tait &#233;vident pour de nombreux penseurs bourgeois que sur tout enchev&#234;trement noueux de politique internationale, il avait toujours quelque chose de pr&#233;cieux &#224; dire.Pourquoi Hitler &#233;tait-il arriv&#233; si facilement au pouvoir en Allemagne ? Quelle &#233;tait la signification d'Hitler ? Pourquoi, pourquoi le pacte Hitler-Staline ? Comment la guerre finirait-elle ? Il leur a dit ce qu'il en pensait. Ils ont &#233;cout&#233; ses pr&#233;dictions parce qu'elles se sont av&#233;r&#233;es si souvent vraies. Mais s'ils &#233;taient flous sur la source de ses id&#233;es, ils ne se faisaient aucune illusion sur l'usage qu'il entendait en faire et ils l'excluaient soigneusement de leurs rivages. Lorsqu'il mourut, dans leurs chroniques et notices n&#233;crologiques, ils reconnurent la grandeur de la figure qui avait tant domin&#233; une &#233;poque sociale, dans leurs &#233;ditoriaux ils exhal&#232;rent leur spleen contre l'ennemi implacable de leur soci&#233;t&#233;.Mais s'ils &#233;taient flous sur la source de ses id&#233;es, ils ne se faisaient aucune illusion sur l'usage qu'il entendait en faire et ils l'excluaient soigneusement de leurs rivages. Lorsqu'il mourut, dans leurs chroniques et notices n&#233;crologiques, ils reconnurent la grandeur de la figure qui avait tant domin&#233; une &#233;poque sociale, dans leurs &#233;ditoriaux ils exhal&#232;rent leur spleen contre l'ennemi implacable de leur soci&#233;t&#233;.Mais s'ils &#233;taient flous sur la source de ses id&#233;es, ils ne se faisaient aucune illusion sur l'usage qu'il entendait en faire et ils l'excluaient soigneusement de leurs rivages. Lorsqu'il mourut, dans leurs chroniques et notices n&#233;crologiques, ils reconnurent la grandeur de la figure qui avait tant domin&#233; une &#233;poque sociale, dans leurs &#233;ditoriaux ils exhal&#232;rent leur spleen contre l'ennemi implacable de leur soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ceux qui peuvent comprendre l'histoire, cette derni&#232;re p&#233;riode de la vie de Trotsky rev&#234;t une importance consid&#233;rable. Comme un audacieux explorateur, il s'est fray&#233; un chemin dans le camp ennemi, et utilisant tous les trucs, ruses et esquives &#224; son commandement, et ne donnant pratiquement rien, il a poursuivi la bataille, d&#233;frich&#233; des chemins, expos&#233; les dangers, trac&#233; un cap, sachant que bien que les grandes arm&#233;es avaient pris du retard et tr&#233;buchaient, elles venaient, lentement mais inexorablement elles venaient. Et que presque seul il puisse faire autant &#233;tait un t&#233;moignage non seulement de ses qualit&#233;s personnelles, mais des grandes forces qu'il repr&#233;sentait. Comme certains de ses amis le savaient peu, et comme ses ennemis ! Staline, conscient de l'&#233;tat de son r&#233;gime et dans quel monde chancelant il vivait, n'a pas compt&#233; les maigres adeptes de Trotsky pour ensuite s'asseoir confortablement.Il savait que tant que Trotsky vivait et pouvait &#233;crire et parler, la bureaucratie sovi&#233;tique &#233;tait en danger de mort. Dans une conversation juste avant que la guerre n'&#233;clate. Hitler et l'ambassadeur de France ont discut&#233; des dangers de plonger l'Europe dans le conflit et ont convenu que le vainqueur de la deuxi&#232;me grande guerre pourrait &#234;tre Trotsky. Winston Churchill le ha&#239;ssait avec une malveillance personnelle qui semblait d&#233;passer les limites de la raison. Ces hommes connaissaient sa stature, la puissance de ce qu'il repr&#233;sentait et ne se laissaient jamais bercer par la petitesse de ses forces. Si une partie de notre intelligentsia radicale n'apprend pas du marxisme, peut-&#234;tre r&#233;fl&#233;chiront-elles au point de vue de Trotsky d&#233;fendu par Staline, Hitler et Churchill.Hitler et l'ambassadeur de France ont discut&#233; des dangers de plonger l'Europe dans le conflit et ont convenu que le vainqueur de la deuxi&#232;me grande guerre pourrait &#234;tre Trotsky. Winston Churchill le ha&#239;ssait avec une malveillance personnelle qui semblait d&#233;passer les limites de la raison. Ces hommes connaissaient sa stature, la puissance de ce qu'il repr&#233;sentait et ne se laissaient jamais bercer par la petitesse de ses forces. Si une partie de notre intelligentsia radicale n'apprend pas du marxisme, peut-&#234;tre r&#233;fl&#233;chiront-elles au point de vue de Trotsky d&#233;fendu par Staline, Hitler et Churchill.Hitler et l'ambassadeur de France ont discut&#233; des dangers de plonger l'Europe dans le conflit et ont convenu que le vainqueur de la deuxi&#232;me grande guerre pourrait &#234;tre Trotsky. Winston Churchill le ha&#239;ssait avec une malveillance personnelle qui semblait d&#233;passer les limites de la raison. Ces hommes connaissaient sa stature, la puissance de ce qu'il repr&#233;sentait et ne se laissaient jamais bercer par la petitesse de ses forces. Si une partie de notre intelligentsia radicale n'apprend pas du marxisme, peut-&#234;tre r&#233;fl&#233;chiront-elles au point de vue de Trotsky d&#233;fendu par Staline, Hitler et Churchill.Si une partie de notre intelligentsia radicale n'apprend pas du marxisme, peut-&#234;tre r&#233;fl&#233;chiront-elles au point de vue de Trotsky d&#233;fendu par Staline, Hitler et Churchill.Si une partie de notre intelligentsia radicale n'apprend pas du marxisme, peut-&#234;tre r&#233;fl&#233;chiront-elles au point de vue de Trotsky d&#233;fendu par Staline, Hitler et Churchill.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La Quatri&#232;me Internationale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, son travail de porte-parole de la r&#233;volution n'&#233;tait pas sa principale occupation &#224; cette &#233;poque. Pas du tout. Pour lui, c'&#233;tait secondaire. Ce qui l'int&#233;ressait le plus, c'&#233;tait de transmettre ses id&#233;es directement aux masses par le biais d'organisations r&#233;volutionnaires. Cet ouvrage est un chapitre en soi et est trait&#233; ailleurs dans ce num&#233;ro comm&#233;moratif. Il est presque inconnu du grand public. Tout cela est inclus dans les mots &#8211; la lutte pour la Quatri&#232;me Internationale. Nous, de la Quatri&#232;me Internationale, savons quelle &#233;tait la qualit&#233; et la quantit&#233; de ce travail ; l'&#233;norme travail, la connaissance et la sagesse, l'enthousiasme qu'il y a mis. Il a toujours vu l'histoire d'une grande hauteur. Pourtant, une dispute entre dix jeunes camarades en difficult&#233;, &#224; cinq mille milles de lui, dont il n'avait jamais vu ni entendu parler jusqu'&#224; ce qu'ils lui &#233;crivent,occuperait son attention d&#233;vou&#233;e pendant des heures et des heures &#224; la fois. Les gens accusent Trotsky d'impatience et de dominateur. Ils ne savent pas de quoi ils parlent. Il avait ses opinions et s'est battu pour elles. Dans les luttes id&#233;ologiques, il &#233;tait un ennemi implacable. Chez lui, les th&#233;ories n'&#233;taient pas des id&#233;es int&#233;ressantes avec lesquelles jouer, comme c'est l'habitude d&#233;testable des intellectuels bourgeois. Ils &#233;taient des armes dans la lutte des classes. Mais pour conna&#238;tre et appr&#233;cier ses pouvoirs et son pass&#233;, la force &#233;norme de cette personnalit&#233; multiple et pourtant parfaitement int&#233;gr&#233;e, et le voir &#233;couter patiemment quelque camarade inexp&#233;riment&#233; mettre en avant ses id&#233;es inexp&#233;riment&#233;es, lire des lettres dans lesquelles il reprenait un point apparemment mineur et l'a &#233;labor&#233; en r&#233;pondant &#224; toutes les objections possibles une par une,&#233;tait d'avoir une grande le&#231;on dans la diff&#233;rence entre l'arrogance superficielle qui caract&#233;rise souvent les hommes essentiellement sensibles, et l'oc&#233;an de force, de patience et de r&#233;silience qui peut provenir d'un d&#233;vouement complet &#224; une cause.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est le secret de sa vie et de ses r&#233;alisations - nous ne pouvons le dire trop souvent - le fait qu'il &#233;tait non seulement dou&#233; au-dessus de ses semblables, mais qu'il a tr&#232;s t&#244;t abandonn&#233; une soci&#233;t&#233; en faillite et a embrass&#233; une cause qui utilisait tout ce qu'il avait et ne pla&#231;ait aucune limite. sur son &#233;volution. La soci&#233;t&#233; bourgeoise limite, crampe et d&#233;forme. Winston Churchill est un homme qui, par son &#233;nergie et la diversit&#233; de ses dons naturels, de son courage et de son esprit, de ses capacit&#233;s ex&#233;cutives et de son instinct artistique, n'aurait rien pu &#234;tre inf&#233;rieur &#224; Trotsky. Regardez pourtant le r&#233;sultat. Tout son grand empire britannique l'a &#233;trangl&#233; au lieu de le d&#233;velopper. Elle lui a interdit de comprendre l'histoire : il n'a pas de m&#233;thode historique. Il &#233;tait &#224; la t&#234;te de la marine britannique lors de la derni&#232;re guerre et savait tout de l'int&#233;rieur, pourtant sa crise mondiale est banale, et pleine d'une rh&#233;torique venteuse. Ses r&#233;cents discours sont bien au-dessus de tout ce que la d&#233;mocratie bourgeoise a produit dans cette crise. Il d&#233;crit avec clart&#233; et style. Pourtant, &#224; la fin de l'un de ses meilleurs efforts, tout ce qu'il peut dire au peuple britannique, c'est de se supporter que s'ils ont v&#233;cu mille ans, les hommes diront que cette guerre a &#233;t&#233; leur plus belle heure. Ce n'est pas une phrase fortuite. Les hommes dans de tels moments n'utilisent pas de phrases fortuites. Il n'a et ne peut avoir aucune perspective, &#224; moins que, comme Hitler, il se retourne d&#233;finitivement et consciemment et pi&#233;tine tout ce que l'humanit&#233; a vis&#233;, m&#234;me en vain, au cours de milliers d'ann&#233;es d'efforts douloureux. Tous les dons du monde n'auraient pas sauv&#233; Trotsky d'un sort similaire s'il s'&#233;tait limit&#233; &#224; la soci&#233;t&#233; bourgeoise. L'&#234;tre d&#233;termine la conscience.Dans la lutte pour le socialisme, il parcourt le monde, un titan parmi les hommes, excellant dans tous les domaines qu'il a touch&#233;s. Un exil&#233; la moiti&#233; de sa vie, pers&#233;cut&#233; comme aucun homme n'a &#233;t&#233; pers&#233;cut&#233;, il a v&#233;cu la vie la plus compl&#232;te de tout &#234;tre humain jusqu'&#224; pr&#233;sent. Le domaine de l'&#234;tre qu'il choisit d&#233;veloppa sa conscience &#224; un degr&#233; atteint par peu d'hommes. Cette conscience, il s'est efforc&#233; de nous la transmettre. C'est &#224; nous de veiller, de chacun selon nos capacit&#233;s. Veillons &#224; ce que nous fassions notre part. Lui-m&#234;me appartient maintenant &#224; l'histoire et c'est une &#233;valuation historique. Mais sa mort est assez r&#233;cente et chacun de nous lui est personnellement trop redevable pour exclure une note personnelle. Motley a cl&#244;tur&#233; sa noble histoire de la R&#233;publique hollandaise en disant de Guillaume le Taciturne que pendant trente ans il &#233;tait l'&#233;toile directrice de toute une grande nation,et quand il est mort, les petits enfants ont pleur&#233; dans les rues. Quel que soit le sort de notre mouvement, quels que soient ses succ&#232;s ou ses &#233;checs, quelle que soit notre vie personnelle, pour nous qui l'avons connu et travaill&#233; avec lui, maintenant qu'il est mort, le monde ne sera plus jamais le m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Notes de bas de page&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1.	L' Allemagne, cl&#233; de la situation internationale : &lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/germany/1931/311126.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=nui&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/germany/1931/311126.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=nui&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Il y a un passage caract&#233;ristique et divertissant dans Ma vie (p. 358) sur l'estimation de Trotsky de son travail en tant que commissaire de guerre. Il dit que si quelqu'un peut &#234;tre compar&#233; &#224; Carnot, c'est son assistant, Sklyansky. Trotsky savait que la comparaison naturelle n'&#233;tait pas Sklyansky mais lui-m&#234;me, et sachant que le r&#244;le de Carnot dans la R&#233;volution fran&#231;aise &#233;tait important mais limit&#233;, s'est soigneusement d&#233;m&#234;l&#233; en donnant le r&#244;le &#224; Sklyansky. Il n'avait pas besoin de s'inqui&#233;ter. Mais il faisait toujours attention au verdict de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Et Spengler l'avait non seulement dans l'histoire de la soci&#233;t&#233;, mais aussi dans la musique, l'art et la litt&#233;rature. Il faut esp&#233;rer que le brouillard du mysticisme n'obscurcit pas pour les marxistes le savoir colossal, la capacit&#233; de synth&#232;se et la perspicacit&#233; du livre de Spengler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. George Marl&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Cela ne veut pas dire que cet &#233;crivain, par exemple, soit enti&#232;rement d'accord avec tout ce que Trotsky a &#233;crit. Il y a des sections non n&#233;gligeables auxquelles il est absolument oppos&#233;. Ceux-ci seront repris en temps utile. Mais les d&#233;saccords sont des d&#233;saccords familiaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Voir l' Introduction aux Jacobins noirs de CLR James.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/james-clr/works/1940/09/trotsky-history.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=nui&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/james-clr/works/1940/09/trotsky-history.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=nui&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Expliquer en termes simples la doctrine de l'Etre de Hegel</title>
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		<dc:date>2023-06-21T22:15:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


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(Un chapitre de &#171; Notes sur la dialectique &#187; de C.L.R. James) &lt;br class='autobr' /&gt;
Alors que je me propose de commencer &#171; La Logique &#187; de Hegel proprement dite, je ressens un l&#233;ger frisson. &lt;br class='autobr' /&gt;
Harris, qui a finalement &#233;crit un tr&#232;s bel ouvrage sur la logique h&#233;g&#233;lienne, &#233;tait professeur de philosophie et conf&#233;rencier sur Hegel de seconde main. Brockmeyer, gouverneur du Missouri, a fait une traduction de la &#171; Grande Logique &#187; et quelqu'un l'a donn&#233;e &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique15" rel="directory"&gt;Chapter 10 : Natural and social dialectic - Dialectique naturelle et sociale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Dialectic - Dialectique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot78" rel="tag"&gt;Contradictions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot169" rel="tag"&gt;Hegel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot198" rel="tag"&gt;C. L. R. James&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Expliquer en termes simples la doctrine de l'Etre de Hegel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;(Un chapitre de &#171; Notes sur la dialectique &#187; de C.L.R. James)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que je me propose de commencer &#171; La Logique &#187; de Hegel proprement dite, je ressens un l&#233;ger frisson.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Harris, qui a finalement &#233;crit un tr&#232;s bel ouvrage sur la logique h&#233;g&#233;lienne, &#233;tait professeur de philosophie et conf&#233;rencier sur Hegel de seconde main. Brockmeyer, gouverneur du Missouri, a fait une traduction de la &#171; Grande Logique &#187; et quelqu'un l'a donn&#233;e &#224; Harris. Harris dit qu'il a copi&#233; la chose de sa propre main, le tout, et quand il a termin&#233;, il n'a pas compris une ligne, pas une ligne. Je sais exactement ce qu'il ressentait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que je propose de faire, c'est d'utiliser la &#171; Doctrine de l'&#202;tre &#187; comme moyen de mettre en pratique le style et la m&#233;thode de Hegel. &#171; La Grande Logique &#187; est le livre le plus difficile que je connaisse. &#171; La Critique de la raison pure &#187; de Kant est un jeu d'enfant par rapport &#224; la Logique. Mais nous devons &#234;tre capables de g&#233;rer cette difficult&#233;. Ainsi, pendant que nous obtiendrons les points principaux de la &#171; Doctrine de l'&#202;tre &#187;, consid&#233;rons cela comme une sorte d'entra&#238;nement de base, avant de nous attarder dans la &#171; Doctrine de l'Essence &#187;. Je ne donne pas un r&#233;sum&#233; de la &#171; Logique &#187;. Je ne l'&#233;tends pas en tant que doctrine. Je l'utilise et montre comment commencer &#224; la conna&#238;tre et &#224; l'utiliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pensez au monde des &#234;tres humains, pr&#232;s de deux milliards, plus que cela peut-&#234;tre. Quelle est la chose la plus simple que vous puissiez dire &#224; leur sujet ? Ils existent. Deux milliards de personnes existent. Et alors ! Dire cela, c'est dire &#8211; rien. Dire quelque chose d'aussi large, d'aussi complet, d'aussi abstrait, c'est ne rien dire. Quelque chose doit arriver, doit sortir de cette abstraction. Je dis : certains hommes travaillent. L'abstraction pr&#233;c&#233;dente est maintenant devenue quelque chose. Certains hommes travaillent. Regardons les hommes qui travaillent. Ils cr&#233;ent aussit&#244;t, en se distinguant, une autre cat&#233;gorie, les personnes qui ne travaillent pas. Vous ne pouvez pas isoler une cat&#233;gorie sans en cr&#233;er une autre. Cr&#233;er une cat&#233;gorie, c'est &#171; d&#233;terminer &#187; quelque chose. Mais chaque fois que vous d&#233;terminez quelque chose, vous niez quelque chose d'autre. &#192; chaque fois. En choisissant de d&#233;terminer les hommes qui travaillent, nous les nions en tant qu'hommes qui existent simplement, mais nous nions aussi les hommes qui ne travaillent pas. Ce ne sont plus des hommes qui simplement existent. C'est fini. Ce sont des hommes qui ne travaillent pas. Chaque fois que vous faites quelque chose, il y a autre chose vous ne faites pas en m&#234;me temps. Une pi&#232;ce d'argent sur une table verte a annul&#233; la couverture verte &#224; l'endroit particulier o&#249; elle repose. Elle cr&#233;e l'endroit o&#249; se trouve la pi&#232;ce et l'endroit o&#249; la pi&#232;ce n'est pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, nous avons des hommes qui travaillent. C'est la qualit&#233; qui les distingue. Quand quelque chose &#034;devient&#034; hors de la masse, il appara&#238;t une &#034;qualit&#233;&#034;. La qualit&#233; que nous prenons ici, c'est le travail. Des cow-boys, des ing&#233;nieurs. La liste est interminable. Certains travaillent bien, d'autres mal. Certains travaillent bien mais restent &#224; la maison tous les matins. On se retrouve vite concern&#233; par plus que la qualit&#233;, mais la quantit&#233; de travail. Le souci de la qualit&#233; nous a conduits &#224; la quantit&#233;. Mais la quantit&#233;, elle aussi, est limit&#233;e. Plus vous la contemplez, plus vous la traitez, plus vous constatez qu'il est impossible de garder un &#339;il sur la quantit&#233; de travail des tailleurs, des cuisiniers, des plongeurs sous-marins en mesurant le travail dans l'abstrait. Vous devez obtenir une mesure commune. Les trois divisions de la &#171; doctrine de l'&#234;tre &#187; sont la qualit&#233;, la quantit&#233; et la mesure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un exemple grossier, mais &#224; mon avis tout &#224; fait ad&#233;quat, de la m&#233;thode de Hegel. C'est ce que je recherche. Kant et les autres conna&#238;traient et utiliseraient aussi &#171; Qualit&#233;, Quantit&#233; et Mesure &#187;. Ce sur quoi Hegel a insist&#233;, c'est que ces concepts sont indissolublement li&#233;s, que l'un se d&#233;veloppe &#224; partir de l'autre. La quantit&#233; est venue &#224; un certain moment parce que la qualit&#233; sur la qualit&#233; ne continue pas &#224; &#234;tre la qualit&#233; mais, &#224; un certain stade, devient quelque chose de nouveau. Hegel prend &#171; la Qualit&#233; &#187; et &#171; la Quantit&#233; &#187; comme des abstractions pour repr&#233;senter les processus pr&#233;sents dans tous les aspects de la nature, de la soci&#233;t&#233; et de la pens&#233;e. L'eau est une qualit&#233;, un petit ruisseau annihile les terres environnantes. C'est un ruisseau parce que ce n'est plus une terre. S'il grandit et grandit encore, il devient un fleuve, et un certain nombre de fleuves se rejoignant en un seul endroit peuvent devenir une mer int&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cat&#233;gories propres &#224; Hegel sont bien s&#251;r beaucoup plus profondes. Il dit : quand on dit &#171; un &#234;tre &#187;, ne pensez pas aux hommes, mais &#224; tout ce qui existe, qui a un &#034;&#234;tre&#034;. Ne pensez pas au monde entier comme aux hommes, &#224; la terre, au ciel, aux chevaux, &#224; l'air, aux b&#226;timents. Pensez au pur &#171; &#202;tre absolu &#187;. Bien. Mais quand vous pensez cela, vous pensez &#224;&#8230; rien. &#171; &#202;tre pur &#187; &#8211; c'est un rien pur. Quelque chose n'est pas seulement, il &#233;merge, il &#171; devient &#187; et vous avez &#171; un &#234;tre d&#233;termin&#233; &#187;. Il a une qualit&#233;. Mais une pi&#232;ce sur une table annule une partie de la table. De sorte que &#171; l'&#234;tre d&#233;termin&#233; &#187; est &#234;tre-pour-soi mais aussi &#234;tre-pour-autrui. Les hommes qui travaillent sont un &#234;tre, l'&#234;tre-pour-soi, mais ils sont aussi automatiquement l'&#234;tre-pour-un autre, pour des hommes-qui-ne-travaillent pas. La qualit&#233; signifie qu'une limite est impos&#233;e, une barri&#232;re entre elle-m&#234;me et son autre, son contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on regarde de plus pr&#232;s ce qu'implique une limite, on la voit impliquer en elle-m&#234;me une contradiction, et ainsi manifester sa nature dialectique. D'un c&#244;t&#233;, la limite fait la r&#233;alit&#233; d'une chose ; de l'autre, c'est sa n&#233;gation. Mais, encore une fois, la limite, en tant que n&#233;gation de quelque chose, n'est pas un rien abstrait mais un rien qui est &#8211; ce que nous appelons un &#171; autre &#187;. l'autre n'est pas non plus d'une nature telle qu'on puisse penser quelque chose en dehors de lui, un quelque chose est implicitement l'autre de soi, et le quelque peu voit sa limite devenir objective pour lui dans l'autre. Si nous demandons maintenant la diff&#233;rence entre quelque chose et une autre chose, il s'av&#232;re qu'ils sont identiques : une similitude, qui s'exprime en latin en appelant le couple &#171; alia-aliud &#187;, par opposition au quelque chose, est elle-m&#234;me un quelque chose, et donc nous disons quelque autre, ou quelque chose d'autre ; et ainsi d'autre part le premier quelque chose oppos&#233; &#224; l'autre, d&#233;fini aussi comme quelque chose, est lui-m&#234;me un autre. Quand nous disons &#171; autre chose &#187;, notre premi&#232;re impression est que quelque chose pris s&#233;par&#233;ment n'est que quelque chose, et que la qualit&#233; d'&#234;tre autre ne s'y attache que par des consid&#233;rations ext&#233;rieures. Ainsi, nous supposons que la lune, &#233;tant autre chose que le soleil, pourrait tr&#232;s bien exister sans le soleil. Mais en r&#233;alit&#233;, la lune, en tant que quelque chose, a son autre nature implicite en elle. Platon dit : Dieu a fait le monde de la nature de l'&#034;un&#034; et de l'&#034;autre&#034; : les ayant r&#233;unis, il en a form&#233; un troisi&#232;me, qui est de la nature de l'&#034;un&#034; et de l'&#034;autre&#034;.En ces termes, nous avons en termes g&#233;n&#233;raux un &#233;nonc&#233; de la nature du fini, qui, comme quelque chose, ne rencontre pas la nature de l'autre comme s'il n'avait aucune affinit&#233; avec elle, mais, &#233;tant implicitement l'autre de lui-m&#234;me, subit ainsi alt&#233;ration. L'alt&#233;ration pr&#233;sente ainsi la contradiction inh&#233;rente qui s'attache originellement &#224; l'&#234;tre d&#233;termin&#233;, et qui le force &#224; sortir de ses propres limites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; Mais le fait est que la mutabilit&#233; r&#233;side dans le concept d'existence, et le changement n'est que la manifestation de ce qu'elle est implicitement. Les vivants meurent, simplement parce qu'en tant que vivants ils portent en eux le germe de la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le c&#339;ur de la &#171; Doctrine de l'&#202;tre &#187; de Hegel. Quelque chose implique imm&#233;diatement une chose contraire. Continuez avec quelque chose comme la qualit&#233;, et son autre, la quantit&#233;, prendra forme. Un quelque chose de compl&#232;tement abstrait est comme rien, c'est-&#224;-dire son contraire. Quelque chose &#171; devient &#187; &#224; partir de rien. Il a toujours sa limite, sa barri&#232;re. Et cette limite, la barri&#232;re, est franchie, &#224; un certain stade, pour &#233;tablir l'autre, son contraire. Tout cela se passe dans la sph&#232;re de l'&#234;tre d&#233;termin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons un exemple de ce que signifie la m&#233;thode de la &#171; Logique &#187; de Hegel. Le prol&#233;tariat politiquement est un corps sans distinction de type de prol&#233;taires. Quelque chose &#171; devient &#187;. Certains d'entre eux forment un parti. Du coup le prol&#233;tariat n'est plus parti d'un c&#244;t&#233; et prol&#233;taires de l'autre. Le prol&#233;tariat est devenu parti et sans-parti, ou comme on dit, parti et masse. Le parti cr&#233;e son contraire, la masse. Mais vous pouvez avoir un, deux, trois, quatre partis. Une fa&#231;on &#233;vidente de distinguer est par la taille. Ce n'est cependant pas suffisant. &#192; des fins politiques, nous pouvons juger par le &#034;soutien&#034;, une forme de quantit&#233;. Mais le support change. &#192; partir du soutien, nous pouvons arriver &#224; ce qui, en derni&#232;re analyse, a d&#233;cid&#233; du soutien &#8211; la politique. C'est une forme de &#171; Mesure &#187;. Chaque fois que vous examinez un objet, vous pouvez commencer par rechercher sa qualit&#233; distinctive &#233;vidente, la quantit&#233; de cette qualit&#233; et la mesure de celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#8230;) Pour nous la &#171; Doctrine de l'&#202;tre &#187; est un chemin de pratique pour se familiariser avec la m&#233;thode, la m&#233;thode concr&#232;te, la m&#233;thode pour traiter le contenu et la m&#233;thode de la conception de Hegel. Ne vous laissez pas tromper par l'extrait que je vous donne de la &#171; Petite Logique &#187;. L&#224;, il est amical, attentionn&#233; et gentil. Dans la &#171; Grande Logique &#187;, il est impitoyable. Il formule l'id&#233;e la plus difficile et la plus compliqu&#233;e dans une proposition de trois mots. Il cr&#233;e des termes, trois, quatre, cinq, et les utilise comme s'il s'agissait de lettres de l'alphabet. Utilisons donc cet interm&#232;de comme entra&#238;nement. Maintenant pour cette qualit&#233; dans les affaires de quantit&#233;. Hegel utilise &#171; l'Un et le Multiple &#187; comme illustration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bon sens pense que l'un est seul, et ici pr&#233;sent, et que plusieurs sont certains d'&#234;tre plusieurs, et s&#233;par&#233;s. En d'autres termes. L'&#171; Un &#187; a une qualit&#233; sp&#233;ciale d'&#234;tre &#224; part, et les &#171; plusieurs &#187; commencent en &#233;tant ensemble et le restent. Hegel dit non. Sa philosophie nous dit que l'Un pr&#233;suppose le Multiple. Au moment o&#249; je dis &#171; Un &#187;, j'ai ainsi cr&#233;&#233; la cat&#233;gorie &#171; Multiple &#187;. En fait, c'est l'existence du &#171; Multiple &#187; qui rend possible l' &#171; Un &#187;. S'il n'y avait pas plusieurs, Un serait ce que vous voulez mais ce ne serait pas &#171; Un &#187;, signifiant celui-ci, contrairement &#224; de &#171; multiples &#187; autres. L'Un est donc r&#233;pulsif. &#202;tre, il repousse le Multiple. C'est exclusif, mais ce n'est pas tranquille. Il repousse activement le Multiple, sinon sa qualit&#233; sp&#233;cifique d'Un serait perdue. C'est la R&#233;pulsion. Mais, tous les autres Uns qui constituent le Multiple ont une relation de connexion avec lui. Ils ont ainsi une relation de connexion les uns avec les autres ; l'un, en les retenant tous, les fait tous s'unir contre lui. Mais chacun d'eux est aussi un. Ainsi l'Un commence par R&#233;pulsion mais cr&#233;e dans tout autre Un une attraction. Ainsi, l'Un quand vous commencez avec elle est une Qualit&#233;, mais en examinant d'abord et en suivant ce qui est impliqu&#233; jusqu'&#224; la fin, vous vous retrouvez avec une nouvelle cat&#233;gorie, la Quantit&#233;, avec la Qualit&#233; originelle pure et simple supprim&#233;e et remplac&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici l'extrait complet :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'Un, comme on l'a d&#233;j&#224; remarqu&#233;, n'est que l'auto-exclusion et la mise explicite en tant que Multiple. Chacun des Multiples est cependant lui-m&#234;me un &#171; Un &#187;, et, en raison de son comportement, cette r&#233;pulsion totale est d'un seul coup convertie en son contraire &#8211; l'Attraction. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sur quoi Hegel insiste, ce n'est pas de refuser de voir l'Un comme fixe, fini, limit&#233;, isol&#233;. Il est un parce qu'il y en a plusieurs, et &#224; cause de cela, la cat&#233;gorie originale de l'Un commence &#224; prendre de nouvelles facettes et soudain, elles sont tout &#224; l'oppos&#233; de ce avec quoi vous avez commenc&#233;. Comme Hegel le sait et le dit, vous pouvez (si vous le souhaitez) faire beaucoup de blagues sur ces transitions. Sa r&#233;ponse fondamentale est que vous devez l'accompagner et voir o&#249; vous arrivez et ce que vous obtenez. Quiconque a suivi un cours sur le Capital sait qu'il existe certains types qui en contestent passionn&#233;ment chaque phrase, chaque d&#233;duction. Finalement, ils se retrouvent toujours dans le camp bourgeois. C'est la r&#233;volution qu'ils combattent. Les cat&#233;gories h&#233;g&#233;liennes offrent des possibilit&#233;s infinies de ce type. Cependant, nous n'avons pas seulement nos traditions pass&#233;es. Nous avons eu une introduction tr&#232;s substantielle ici, et on peut se permettre de le suivre. En fait, peu de gens remettent en cause les grandes divisions de la &#171; Doctrine de l'&#202;tre &#187;. J'ai vu ces pr&#233;misses de base contest&#233;es, mais l'auteur de cette contestation a dit ensuite que si vous admettiez ces pr&#233;misses, vous ne pourriez pas vous y opposer s&#233;rieusement &#224; la suite du raisonnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant laissons Hegel lui-m&#234;me parler. Je donne quelques longs extraits de &#171; La petite Logique &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le passage de la Qualit&#233; &#224; la Quantit&#233;, indiqu&#233; dans le paragraphe pr&#233;c&#233;dent, ne se retrouve pas dans notre mode de pens&#233;e ordinaire qui consid&#232;re que chacune de ces cat&#233;gories existe ind&#233;pendamment, l'une &#224; c&#244;t&#233; de l'autre. Nous avons coutume de dire que les choses ne sont pas seulement d&#233;finies qualitativement, mais aussi quantitativement ; mais d'o&#249; proviennent ces cat&#233;gories et comment sont-elles li&#233;es les unes aux autres, voil&#224; des questions qui ne sont souvent pas examin&#233;es plus avant. Le fait est que quantit&#233; signifie simplement une qualit&#233; d&#233;pass&#233;e et absorb&#233;e : et c'est par la dialectique de la qualit&#233; examin&#233;e ici que ce d&#233;passement s'effectue. Tout d'abord, nous avons eu l'Etre : comme v&#233;rit&#233; de l'Etre, est venu le Devenir : qui a form&#233; le passage &#224; l'&#202;tre D&#233;termin&#233; : et la v&#233;rit&#233; de cela, nous l'avons trouv&#233;e &#234;tre l'Alt&#233;ration. Et dans son r&#233;sultat, l'Alt&#233;ration s'est montr&#233;e &#234;tre-pour-soi, exempt d'implication d'autrui et de passage dans l'autre ; qu'&#234;tre-pour-soi finalement dans les deux faces de son processus, la r&#233;pulsion et l'attraction, s'annulait nettement, et par l&#224; m&#234;me annulerait la qualit&#233; dans la totalit&#233; de ses &#233;tapes. Pourtant cette qualit&#233; d&#233;pass&#233;e et absorb&#233;e n'est ni un rien abstrait, ni un &#234;tre &#233;galement abstrait et sans traits : ce n'est qu'&#234;tre aussi indiff&#233;rent &#224; la d&#233;terminit&#233; ou au caract&#232;re. Cet aspect de l'&#234;tre est aussi ce qui appara&#238;t comme quantit&#233; dans nos conceptions ordinaires. Nous observons les choses, d'abord, avec un &#339;il sur leur qualit&#233; &#8211; que nous prenons pour le caract&#232;re identique &#224; l'&#234;tre de la chose. Si nous proc&#233;dons &#224; la consid&#233;ration de leur quantit&#233;, nous obtenons la conception d'un caract&#232;re ou d'un mode indiff&#233;rent et ext&#233;rieur, de telle sorte qu'une chose reste ce qu'elle est bien que sa quantit&#233; soit alt&#233;r&#233;e, et la chose devient plus ou moins grande. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis Hegel travaille sur la Quantit&#233; et arrive &#224; la Mesure. Celles-ci, il les r&#233;sume &#224; pr&#233;sent :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ainsi la quantit&#233; par le mouvement dialectique &#233;tudi&#233; jusqu'ici &#224; travers ses diff&#233;rentes &#233;tapes, s'av&#232;re &#234;tre un retour &#224; la qualit&#233;. Le premier concept de quantit&#233; qui nous est pr&#233;sent&#233;e est celle de qualit&#233; abrog&#233;e et absorb&#233;e. C'est-&#224;-dire que la quantit&#233; semblait un caract&#232;re ext&#233;rieur non identique &#224; l'&#234;tre, auquel elle est tout &#224; fait indiff&#233;rente. Ce concept, comme nous l'avons vu, sous-tend la d&#233;finition math&#233;matique de la grandeur comme ce qui peut &#234;tre augment&#233; ou diminu&#233;. A premi&#232;re vue, cette d&#233;finition peut donner l'impression que la quantit&#233; est simplement tout ce qui peut &#234;tre modifi&#233; - augmentation et diminution impliquant de la m&#234;me mani&#232;re la d&#233;termination de la grandeur autrement - et peut tendre &#224; la confondre avec l'&#234;tre d&#233;termin&#233;, le deuxi&#232;me stade de la qualit&#233;, qui dans sa concept est de m&#234;me con&#231;u comme alt&#233;rable. On peut cependant compl&#233;ter la d&#233;finition en ajoutant, qu'en quantit&#233; nous avons un alt&#233;rable qui, malgr&#233; les alt&#233;rations, reste le m&#234;me. Il s'av&#232;re donc que la quantit&#233; implique une contradiction inh&#233;rente. Cette contradiction est ce qui forme la dialectique de la quantit&#233;. Le r&#233;sultat de la dialectique cependant n'est pas un simple retour &#224; la qualit&#233;, comme si c'&#233;tait la vraie, et comme si la quantit&#233; &#233;tait le faux concept, mais un progr&#232;s vers l'unit&#233; et la v&#233;rit&#233; des deux, vers la quantit&#233; qualitative, ou la Mesure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela m&#233;rite r&#233;flexion, ce n'est pas trop difficile. L&#224;, Hegel dit quelque chose qu'il r&#233;p&#232;te souvent, comme je l'ai d&#233;j&#224; montr&#233;. Les hommes, il semble, pourraient &#234;tre aussi stupides &#224; l'&#233;poque qu'aujourd'hui. Il parle de la Nature o&#249; l'&#234;tre simple et d&#233;termin&#233;, la qualit&#233;, abonde. La mesure est un stade tr&#232;s bas de la logique dialectique. Et Hegel dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il peut donc &#234;tre bon &#224; ce stade d'observer que chaque fois que dans notre &#233;tude du monde objectif nous sommes engag&#233;s dans des d&#233;terminations quantitatives, c'est dans tous les cas la Mesure que nous avons en vue, comme le but de nos op&#233;rations. En termes de langage, lorsque la constatation de caract&#233;ristiques et de relations quantitatives, elle est appel&#233;e &#171; Mesure &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici maintenant deux exemples splendides de la relation dialectique entre qualit&#233;, quantit&#233; et mesure :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On mesure par exemple la longueur de diff&#233;rents accords qui ont &#233;t&#233; mis en &#233;tat de vibration, en tenant compte de la diff&#233;rence qualitative des tons provoqu&#233;e par leur vibration, correspondant &#224; cette diff&#233;rence de longueur. De m&#234;me, en chimie, on cherche &#224; conna&#238;tre la quantit&#233; des mati&#232;res mises en combinaison, afin de conna&#238;tre les mesures ou proportions conditionnant cette combinaison, c'est-&#224;-dire les quantit&#233;s qui donnent naissance &#224; des qualit&#233;s d&#233;finies. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vient ensuite un passage vraiment superbe dans lequel vous voyez ce que la Logique signifiait pour lui et comment il l'utilisait. Elle est tr&#232;s longue. Mais c'est en quelque sorte une anthologie et je la voudrais en :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'identit&#233; entre quantit&#233; et qualit&#233;, que l'on retrouve dans Mesure, n'est d'abord qu'implicite, et pas encore explicitement r&#233;alis&#233;e. Autrement dit, ces deux cat&#233;gories, qui s'unissent dans Mesure, revendiquent chacune une autorit&#233; ind&#233;pendante. D'une part, les caract&#233;ristiques quantitatives de l'existence peuvent &#234;tre alt&#233;r&#233;es, sans affecter sa qualit&#233;. D'autre part, cette augmentation et cette diminution, si immat&#233;rielles qu'elles soient, ont leur limite, en d&#233;passant laquelle la qualit&#233; subit un changement. Ainsi la temp&#233;rature de l'eau est, en premier lieu, un point sans cons&#233;quence quant &#224; sa liquidit&#233; : toujours avec l'augmentation ou la diminution de la temp&#233;rature de l'eau liquide, il arrive un point o&#249; cet &#233;tat de coh&#233;sion subit un changement qualitatif. , et l'eau est convertie en vapeur ou en glace. Un changement quantitatif a lieu, apparemment sans autre signification :mais il y a quelque chose qui se cache derri&#232;re, et un changement de quantit&#233; apparemment innocent agit comme une sorte de pi&#232;ge, pour attraper la qualit&#233;. L'antinomie de la mesure que cela implique a &#233;t&#233; illustr&#233;e sous plus d'un costume chez les Grecs. On a demand&#233;, par exemple, si un seul grain fait un tas de bl&#233;, ou s'il fait une queue chauve pour arracher un seul cheveu de la queue du cheval. D'abord sans doute, consid&#233;rant la nature de la quantit&#233; comme un caract&#232;re indiff&#233;rent et ext&#233;rieur de l'&#234;tre, nous sommes dispos&#233;s &#224; r&#233;pondre &#224; ces questions par la n&#233;gative. Et cependant, comme il faut l'admettre, cette augmentation et cette diminution indiff&#233;rentes ont leur limite : un point est enfin atteint, o&#249; un seul grain suppl&#233;mentaire fait un tas de bl&#233; ; et la queue chauve est produite, si nous continuons &#224; arracher des poils simples.Ces exemples trouvent un parall&#232;le dans l'histoire du paysan qui, tandis que son &#226;ne marchait gaiement, continuait d'ajouter once apr&#232;s once &#224; son chargement, jusqu'&#224; ce qu'il finisse par sombrer sous le fardeau insupportable. Ce serait une erreur de traiter ces exemples comme une futilit&#233; p&#233;dante ; ils tournent vraiment sur des pens&#233;es, dont la connaissance est d'une grande importance dans la vie pratique, en particulier dans l'&#233;thique. Ainsi, en mati&#232;re de d&#233;penses, il y a une certaine latitude dans laquelle un plus ou moins n'a pas d'importance ; mais lorsque la mesure, impos&#233;e par les circonstances individuelles du cas particulier, est d&#233;pass&#233;e d'un c&#244;t&#233; ou de l'autre, la nature qualitative de la mesure (comme dans les exemples ci-dessus de la temp&#233;rature diff&#233;rente de l'eau) se fait sentir, et un cours , qui un instant auparavant &#233;tait tenue pour bonne &#233;conomie, se transforme en avarice ou en prodigalit&#233;.Les m&#234;mes principes peuvent &#234;tre appliqu&#233;s en politique, lorsqu'il faut consid&#233;rer la constitution d'un &#201;tat comme ind&#233;pendante, au moins comme d&#233;pendante de l'&#233;tendue de son territoire, du nombre de ses habitants et d'autres points quantitatifs du m&#234;me type. Si nous regardons, par exemple, un &#201;tat avec un territoire de dix mille milles carr&#233;s et une population de quatre millions d'habitants, nous devrions, sans h&#233;sitation, admettre que quelques milles carr&#233;s de terre ou quelques milliers d'habitants plus ou moins ne pourraient exercer aucune influence essentielle sur le caract&#232;re de sa constitution. Mais d'autre part, il ne faut pas oublier que par l'augmentation ou la diminution continuelle d'un &#233;tat, on arrive enfin &#224; un point o&#249;, en dehors de toutes autres circonstances, cette seule alt&#233;ration quantitative entra&#238;ne n&#233;cessairement avec elle une alt&#233;ration de la qualit&#233; de la Constitution.La constitution d'un petit canton suisse ne convient pas &#224; un grand royaume ; et, de m&#234;me, la constitution de la r&#233;publique romaine ne convenait pas lorsqu'elle &#233;tait transf&#233;r&#233;e aux petites villes imp&#233;riales d'Allemagne. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; peu pr&#232;s tout ce dont nous avons besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, une petite r&#233;capitulation et un tremplin vers l'Essence. &#202;tre signifie qualit&#233;, &#234;tre d&#233;termin&#233;. Il sort de Rien. Il traite des cat&#233;gories d'autres &#234;tres d&#233;termin&#233;s qu'un &#234;tre d&#233;termin&#233; cr&#233;e automatiquement. Mais Mesure comme derni&#232;re &#233;tape d'un tel &#202;tre qui en cr&#233;e d'autres l&#224;-bas. La dialectique de la Mesure la conduit &#224; l'Essence, o&#249; l'&#234;tre n'est plus simplement d&#233;termin&#233;. Cela se refl&#232;te. Nous commen&#231;ons maintenant &#224; voir un objet dont les parties sont s&#233;par&#233;es par la pens&#233;e. Une partie en cr&#233;e une autre, c'est vrai, mais l'autre est inh&#233;rente &#224; l'objet lui-m&#234;me, pas un objet ici et un autre l&#224;-bas, mais l'objet se divise en cat&#233;gories connexes qui sont toutes deux contenues dans l'objet lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a &#233;t&#233; tr&#232;s doux, tr&#232;s facile. La &#171; Petite Logique &#187; vaut la peine d'&#234;tre lue sur la &#171; Doctrine de l'&#202;tre &#187; en particulier. J'ai volontairement gard&#233; le ton l&#233;ger. Il suffit de lire et de faire connaissance. Car apr&#232;s cela, nous allons commencer &#224; nous d&#233;placer et &#231;a va &#234;tre mouvement&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lire Hegel :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6570&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6570&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6532&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6532&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3462&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3462&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/books/edition/Ph%C3%A9nom%C3%A9nologie_de_l_esprit/knmnn0B5QPgC?hl=fr&amp;gbpv=1&amp;dq=inauthor:%22Georg+Wilhelm+Friedrich+Hegel%22&amp;printsec=frontcover&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.google.fr/books/edition/Ph%C3%A9nom%C3%A9nologie_de_l_esprit/knmnn0B5QPgC?hl=fr&amp;gbpv=1&amp;dq=inauthor:%22Georg+Wilhelm+Friedrich+Hegel%22&amp;printsec=frontcover&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot169&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot169&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1914/12/logiquehegel1.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1914/12/logiquehegel1.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://pedagogie.ac-reunion.fr/fileadmin/ANNEXES-ACADEMIQUES/03-PEDAGOGIE/02-COLLEGE/philosophie/Textes_des_collegues_sur_auteurs/Delu_Hegel.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://pedagogie.ac-reunion.fr/fileadmin/ANNEXES-ACADEMIQUES/03-PEDAGOGIE/02-COLLEGE/philosophie/Textes_des_collegues_sur_auteurs/Delu_Hegel.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6711&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6711&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>CLR James sur la Commune de Paris </title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article8231</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.org/spip.php?article8231</guid>
		<dc:date>2023-06-09T22:24:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>1871</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>C. L. R. James</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes, Auto-organisation, Comit&#233;s, Conseils ouvriers, Coordinations, Assembl&#233;es interprofessionnelles, Soviet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Ils ont montr&#233; la voie de l'&#233;mancipation ouvri&#232;re &#187; CLR James &lt;br class='autobr' /&gt;
La classe ouvri&#232;re am&#233;ricaine n'est pas encore aussi famili&#232;re que la classe ouvri&#232;re europ&#233;enne avec l'histoire et les traditions du mouvement socialiste r&#233;volutionnaire. Le 14 mars, anniversaire de la mort de Karl Marx, et le 18 mars, anniversaire de la Commune de Paris ne seront c&#233;l&#233;br&#233;s que par une petite minorit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les travailleurs am&#233;ricains et l'h&#233;ritage de Marx &lt;br class='autobr' /&gt;
Alors que la crise internationale s'approfondit, le (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;4&#232;me chapitre : R&#233;volutions prol&#233;tariennes jusqu'&#224; la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot35" rel="tag"&gt;1871&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot198" rel="tag"&gt;C. L. R. James&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot280" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, Auto-organisation, Comit&#233;s, Conseils ouvriers, Coordinations, Assembl&#233;es interprofessionnelles, Soviet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Ils ont montr&#233; la voie de l'&#233;mancipation ouvri&#232;re &#187; CLR James&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La classe ouvri&#232;re am&#233;ricaine n'est pas encore aussi famili&#232;re que la classe ouvri&#232;re europ&#233;enne avec l'histoire et les traditions du mouvement socialiste r&#233;volutionnaire. Le 14 mars, anniversaire de la mort de Karl Marx, et le 18 mars, anniversaire de la Commune de Paris ne seront c&#233;l&#233;br&#233;s que par une petite minorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs am&#233;ricains et l'h&#233;ritage de Marx&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la crise internationale s'approfondit, le prol&#233;tariat am&#233;ricain augmentera rapidement son int&#233;r&#234;t pour le grand penseur dont toute l'&#339;uvre &#233;tait bas&#233;e sur le prol&#233;tariat en tant que force la plus progressiste de la soci&#233;t&#233; moderne et ennemi irr&#233;conciliable de la barbarie capitaliste. Alors que la lutte des classes s'intensifie aux &#201;tats-Unis, le marxisme deviendra une grande &#233;tude populaire. Le prol&#233;tariat am&#233;ricain apprendra alors &#224; c&#233;l&#233;brer dans son style vigoureux l'anniversaire de ces ouvriers de Paris qui, en 1871, pour reprendre l'expression de Marx, ont pris d'assaut les cieux. Ils donn&#232;rent au monde, pour la premi&#232;re fois, le&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;Forme politique enfin d&#233;couverte sous laquelle s'op&#233;rera l'&#233;mancipation &#233;conomique du travail.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie de Karl Marx &#233;tait d'un seul tenant. Il s'est consacr&#233; &#224; une d&#233;monstration scientifique du d&#233;clin in&#233;vitable de la soci&#233;t&#233; capitaliste. Mais parall&#232;lement &#224; cette d&#233;cadence &#233;merge le prol&#233;tariat socialiste, la classe destin&#233;e &#224; renverser le capitalisme, &#224; instaurer la soci&#233;t&#233; socialiste, &#224; effacer d&#233;finitivement et toute exploitation de l'homme par l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez Marx, il n'y avait pas la moindre trace de mysticisme. Il &#233;tait un ma&#238;tre de l'&#233;conomie politique anglaise, de la philosophie allemande et de la science politique fran&#231;aise. Il les utilisa dans ses travaux monumentaux pour &#233;tablir que le mouvement social avait le caract&#232;re in&#233;vitable d'un processus d'histoire naturelle, qu'il &#233;tait&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;r&#233;gi par des lois non seulement ind&#233;pendantes de la volont&#233;, de la conscience et de l'intelligence humaines, mais au contraire d&#233;terminant cette volont&#233;, cette conscience et cette intelligence.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cela, il ne voulait pas dire que l'avenir de la soci&#233;t&#233; humaine &#233;tait pr&#233;destin&#233; dans tous ses &#233;v&#233;nements et occurrences. Il savait que les hommes faisaient leur propre histoire. Il savait que la vie sociale proc&#233;dait par le conflit des int&#233;r&#234;ts et des passions, compliqu&#233; par tous les ph&#233;nom&#232;nes ahurissants qui accompagnent l'activit&#233; quotidienne de centaines de millions d'&#234;tres humains. Mais lui, plus que tout autre penseur, a &#233;tabli le fait que toutes ces actions innombrables se d&#233;roulaient selon certaines lois. Pour lui, la loi la plus importante &#233;tait le mouvement organique du prol&#233;tariat pour renverser la soci&#233;t&#233; bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre serait-il bon aujourd'hui de rappeler un aspect de sa doctrine trop souvent oubli&#233;. Aucun homme n'avait une conception plus &#233;lev&#233;e de la destin&#233;e du genre humain. C'&#233;tait pour lui le plus grand crime du capitalisme, que si, d'une part, il cr&#233;ait la possibilit&#233; d'une existence v&#233;ritablement humaine pour toute l'humanit&#233;, de par la nature m&#234;me du processus de production capitaliste, il d&#233;gradait le travailleur individuel au niveau d'&#234;tre simplement un appendice d'une machine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une nouvelle vision pour les travailleurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son grand ouvrage, Le Capital , &#224; maintes reprises, il a soulign&#233; qu'&#224; mesure que la production capitaliste devenait plus scientifique, le travail r&#233;el de l'ouvrier &#233;tait de plus en plus priv&#233; de contenu intellectuel et de potentialit&#233; &#233;ducative. Marx &#233;tait si loin d'&#234;tre un mat&#233;rialiste vulgaire que dans sa d&#233;nonciation des maux de la production capitaliste, il n'h&#233;sitait pas (pour le moment) &#224; &#233;carter le salaire de l'ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;A mesure que le capital s'accumule&#034;, insistait-il, &#034;le sort du travailleur, que sa r&#233;mun&#233;ration soit &#233;lev&#233;e ou faible, doit s'aggraver&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la base de l'analyse &#233;conomique, il en tirait la conclusion que la soci&#233;t&#233; moderne p&#233;rirait si elle ne rempla&#231;ait le travailleur d'aujourd'hui, condamn&#233; &#224; une r&#233;p&#233;tition automatique du mouvement m&#233;canique, par l'individu hautement d&#233;velopp&#233;. Un tel homme, selon Marx, serait apte &#224; des travaux vari&#233;s, pr&#234;t &#224; affronter n'importe quel changement de production, un homme pour qui les diff&#233;rentes fonctions sociales qu'il remplissait n'&#233;taient que autant de moyens de donner libre cours &#224; ses propres int&#233;r&#234;ts naturels et acquis. pouvoirs. Ce serait pour lui un travailleur dans une soci&#233;t&#233; civilis&#233;e mais cela ne pourrait venir que par la destruction du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle &#233;tait sa vision que cet &#233;tudiant de l'&#233;conomie politique et du processus de travail a d&#233;voil&#233; peut-&#234;tre la perspective la plus po&#233;tique et la plus clairvoyante de la soci&#233;t&#233; humaine jamais propos&#233;e par un philosophe ou un po&#232;te. Selon lui, ce n'est qu'avec la cr&#233;ation de la soci&#233;t&#233; socialiste que commencera la v&#233;ritable histoire de l'humanit&#233;. Ainsi, d'un seul coup, il a r&#233;duit &#224; l'insignifiance la connaissance et la culture douloureusement acquises de milliers d'ann&#233;es de civilisation, qu'il avait, plus que la plupart des autres hommes, &#233;tudi&#233;es et comprises. Tout cela, disait-il, ne serait rien en comparaison de la perspective qui serait ouverte &#224; la soci&#233;t&#233; humaine par l'abolition de l'exploitation des classes sur la base d'une coop&#233;ration mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, scientifique et philosophe comme il &#233;tait, avec la foi in&#233;branlable dans l'in&#233;vitabilit&#233; du socialisme, Marx n'&#233;tait pas un simple homme d'&#233;tude. Il a particip&#233; &#224; la r&#233;volution allemande de 1848, a &#233;t&#233; actif dans la pr&#233;paration de la r&#233;volution de cette ann&#233;e-l&#224;, et jusqu'&#224; la fin de ses jours a particip&#233;, chaque fois que possible, aux luttes ouvri&#232;res contre le capitalisme qu'il a toujours connues comme la pr&#233;paration de la r&#233;volution sociale. . En 1871, lorsque les ouvriers de Paris ont &#233;tabli la Commune, Marx l'a salu&#233;e comme l'un des plus grands &#233;v&#233;nements de l'histoire humaine. Rappelons bri&#232;vement les circonstances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier gouvernement ouvrier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France avait &#233;t&#233; vaincue par les arm&#233;es de l'Allemagne qui se tenaient &#224; Versailles, &#224; quelques kilom&#232;tres de Paris. Les dirigeants du capitalisme fran&#231;ais, les hommes d'&#201;tat et les soldats &#233;taient &#224; genoux devant les conqu&#233;rants allemands, soucieux de sauver leurs peaux et le pillage qu'ils avaient accumul&#233; pendant la guerre. Ils &#233;taient pr&#234;ts &#224; vendre la France aux vaincus. Le peuple fran&#231;ais avait proclam&#233; la r&#233;publique fran&#231;aise, et ces politiciens capitalistes savaient qu'un grand obstacle s'opposait &#224; leur conspiration avec Bismarck. Cet obstacle &#233;tait les r&#233;publicains arm&#233;s de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Travaillant au plus pr&#232;s de l'envahisseur allemand, la classe dirigeante fran&#231;aise tenta de d&#233;sarmer les Parisiens mais les ouvriers de Paris, &#233;maci&#233;s par une famine de cinq mois, n'h&#233;sit&#232;rent pas un seul instant. Ils prennent le pouvoir &#224; Paris et instaurent la Commune de Paris. Quelle &#233;tait exactement cette Commune ? Il y a eu de nombreuses interpr&#233;tations. L'interpr&#233;tation de Karl Marx reste incontest&#233;e dans sa simplicit&#233; et sa p&#233;n&#233;tration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;C'&#233;tait essentiellement un gouvernement ouvrier, le produit de la classe productrice contre la classe s'appropriant, la forme politique enfin d&#233;couverte sous laquelle s'op&#233;rerait l'&#233;mancipation &#233;conomique de l'homme.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que la Commune de Paris a symbolis&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Commune de Paris &#233;tait avant tout une d&#233;mocratie. Le gouvernement &#233;tait un corps &#233;lu au suffrage universel. Aucun de ses fonctionnaires n'&#233;tait pay&#233; plus que le salaire d'un ouvrier qualifi&#233;. Elle n'a pas expropri&#233; les biens de la bourgeoisie, mais elle a remis &#224; des associations d'ouvriers tous les ateliers et usines ferm&#233;s, que les patrons capitalistes se soient enfuis ou aient simplement d&#233;cid&#233; d'arr&#234;ter le travail. Cela a dur&#233; 71 jours. Elle a &#233;t&#233; d&#233;truite par une combinaison de ses propres faiblesses, principalement un manque de d&#233;cision, et des trahisons de la bourgeoisie fran&#231;aise en alliance &#233;hont&#233;e avec l'arm&#233;e allemande. La brutalit&#233; meurtri&#232;re avec laquelle les combattants de la Commune ont &#233;t&#233; fusill&#233;s, tortur&#233;s et d&#233;port&#233;s, est rest&#233;e un rep&#232;re dans la civilisation europ&#233;enne, jusqu'&#224; l'&#233;poque d'Hitler et de Staline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, pour le prol&#233;tariat am&#233;ricain, il y a bien des le&#231;ons &#224; tirer de l'histoire de la Commune. Les plus importantes pour les ouvriers avanc&#233;s sont peut-&#234;tre les m&#233;thodes par lesquelles Marx a abord&#233; son &#233;tude et les conclusions qu'il en a tir&#233;es. Pour lui, la Commune, malgr&#233; son &#233;chec, &#233;tait un symbole d'une valeur inestimable. C'&#233;tait un symbole en ce qu'il montrait les vraies femmes de Paris - h&#233;ro&#239;ques, nobles et d&#233;vou&#233;es comme les femmes de l'Antiquit&#233;. C'&#233;tait un symbole en ce qu'il montrait au monde :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;travaillant, pensant, combattant, saignant Paris - presque oublieux, dans son incubation d'une nouvelle soci&#233;t&#233;, des cannibales &#224; ses portes - rayonnant dans l'enthousiasme de son initiative historique.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait un symbole en ce qu'il admettait &#224; tous les &#233;trangers l'honneur de mourir pour la cause immortelle. C'est un symbole car avant m&#234;me que la paix ne soit sign&#233;e avec l'Allemagne, la Commune fait d'un ouvrier allemand le ministre du Travail. C'&#233;tait un symbole car sous les yeux des Prussiens conqu&#233;rants d'une part, et de l'arm&#233;e bonapartiste de l'autre, il abattit la grande colonne Vend&#244;me qui se dressait comme un monument &#224; la gloire martiale du premier Napol&#233;on. Marx a vu dans ces actions non pas des gestes accidentels mais des r&#233;ponses organiques du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire aux pratiques et &#224; l'id&#233;ologie barbares de la soci&#233;t&#233; bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conclusion importante&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais surtout, Marx a tir&#233; de grandes conclusions th&#233;oriques de l'exp&#233;rience de la Commune. Il a montr&#233; que l'arm&#233;e capitaliste, l'&#201;tat capitaliste, la bureaucratie capitaliste ne peuvent pas &#234;tre saisis par le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire et utilis&#233;s &#224; ses propres fins. Il devait &#234;tre compl&#232;tement d&#233;truit et un nouvel &#201;tat organis&#233;, bas&#233; sur l'organisation de la classe ouvri&#232;re. En 1871, il en tira une conclusion th&#233;orique. En 1905, et plus tard en 1917, la classe ouvri&#232;re russe, par la formation de soviets, ou conseils ouvriers, jeta les bases d'un nouveau type d'organisation sociale. C'est par ses &#233;tudes sur l'analyse de Marx de la Commune que L&#233;nine a pu reconna&#238;tre si rapidement l'importance des soviets et les &#233;tablir comme base du nouvel &#201;tat ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, l'ouvrier avanc&#233; am&#233;ricain a besoin de conna&#238;tre l'histoire des luttes internationales du prol&#233;tariat. De ceux-ci, il apprendra le plus rapidement &#224; comprendre les siens. La brochure de Marx sur la Commune, La guerre civile en France , est une &#233;criture profonde et &#233;mouvante. L'ouvrier qui n'a pas encore commenc&#233; l'&#233;tude du marxisme n'oubliera jamais ce double anniversaire s'il le c&#233;l&#232;bre en lisant ce que Karl Marx avait &#224; dire sur la grande r&#233;volution de la classe ouvri&#232;re parisienne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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