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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;
Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.fr/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>Quels sont les sympt&#244;mes de l'effondrement de l'ancien monde ?</title>
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		<dc:date>2026-05-20T22:01:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;Quels sont les sympt&#244;mes de l'effondrement de l'ancien monde ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Si le discours sur le &#171; progr&#232;s technologique &#187; laisse croire &#224; une progression de l'ancien syst&#232;me dominant, la domination d'une finance de plus en plus riche et puissante mais sans aucune perspective propre montre que l'industrie humaine est de plus en plus d&#233;valoris&#233;e sous le capitalisme alors qu'elle avait autrefois &#233;t&#233; le fondement m&#234;me du syst&#232;me dominant avec sa mani&#232;re d'extraire efficament du profit du travail humain. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique150" rel="directory"&gt;16- EDITORIAUX DE &#034;LA VOIX DES TRAVAILLEURS&#034; - &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot277" rel="tag"&gt;Capitalisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quels sont les sympt&#244;mes de l'effondrement de l'ancien monde ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si le discours sur le &#171; progr&#232;s technologique &#187; laisse croire &#224; une progression de l'ancien syst&#232;me dominant, la domination d'une finance de plus en plus riche et puissante mais sans aucune perspective propre montre que l'industrie humaine est de plus en plus d&#233;valoris&#233;e sous le capitalisme alors qu'elle avait autrefois &#233;t&#233; le fondement m&#234;me du syst&#232;me dominant avec sa mani&#232;re d'extraire efficament du profit du travail humain. Jamais la part des capitaux qui se d&#233;tournent de la production de biens mat&#233;riels n'a &#233;t&#233; aussi &#233;lev&#233;e. (&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment va l'humanit&#233; dans cette phase d&#233;clinante du capitalisme ? De plus en plus mal. L'humanit&#233; met moins en avant sa propre pens&#233;e, ses propres &#233;crits, ses capacit&#233;s, ses talents et elle a de moins en moins confiance dans son avenir. Les humains se parlent de moins en moins, s'&#233;crivent de moins en moins, portent de moins en moins d'int&#233;r&#234;t &#224; leurs propres pens&#233;es, &#233;changent de moins en moins entre eux en termes d'&#233;changes r&#233;els d'opinions intellectuelles sur le monde, se font mutuellement de moins en moins confiance. La violence leur parait de plus en plus mena&#231;ante, l'exclusion frappe de plus en plus, le racisme grimpe en fl&#232;che, la violence aussi. La maladie &#233;galement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes dans l'&#232;re d'un monde sur sa fin et de nombreux signaux le montrent &#224; commencer par la r&#233;gression mondiale en termes de niveau d'humanit&#233; (&lt;a href=&#034;https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/11/chronique-dun-monde-est-en-perte-dhumanite/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/11/chronique-dun-monde-est-en-perte-dhumanite/&lt;/a&gt;). Cela signifie que les &#234;tres humains vivent plus mal, souffrent plus, appr&#233;cient moins la vie, sont moins appr&#233;ci&#233;s aussi. Cela se voit &#224; quoi ? Les jeunes sont pessimistes, misent moins sur les relations avec les autres, ont moins confiance en eux, dans les autres, dans l'avenir, ont moins envie d'avoir des enfants, pr&#233;f&#232;rent davantage se renfermer sur eux-m&#234;mes, ont plus peur, sont plus violents ou plus craintifs. Ils pensent davantage qu'on pourra se passer d'eux et qu'eux n'ont rien de bon &#224; donner &#224; la collectivit&#233;. Les autres leur paraissent de plus en plus comme des agresseurs et le sont plus souvent aussi. Ils ont moins tendance &#224; s'investir dans une relation humaine durable. Ils pensent davantage aussi que tout va &#224; l'&#233;chec. La tendance de la soci&#233;t&#233; vers plus de guerres, plus de racisme et de fascisme, plus de violences urbaines, plus de suppressions d'emplois et plus de ch&#244;mage les pousse &#224; penser qu'on va se passer d'eux et qu'ils ne r&#233;ussiront pas leur existence. (&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/societe/article/2016/12/15/le-pessimisme-et-la-defiance-de-la-jeunesse-atteignent-des-records_5049316_3224.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/societe/article/2016/12/15/le-pessimisme-et-la-defiance-de-la-jeunesse-atteignent-des-records_5049316_3224.html&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effondrement de la d&#233;mocratie se manifeste de multiples mani&#232;res, par la mont&#233;e des dictatures, par les politiques soi-disant anti-terroristes ou sanitaires, par la mainmise sur la presse, la culture, les m&#233;dias, par la chute de l'enseignement, par le d&#233;clin id&#233;ologique&#8230; (&lt;a href=&#034;https://matierevolution.fr/spip.php?article6420&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://matierevolution.fr/spip.php?article6420&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur fond d'effondrement &#233;conomique, financier et social, le d&#233;veloppement d'un fascisme et d'un racisme violent petit blanc n'a rien d'un hasard et se fonde notamment sur une petite bourgeoisie et une jeunesse qui ont perdu confiance dans l'avenir et accusent tout ce qu'elles peuvent sans comprendre que c'est l'effondrement du capitalisme et sans avoir pu rejoindre le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire, seule v&#233;ritable issue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a m&#234;me le d&#233;veloppement d'un contre-racisme par des pr&#233;tendus radicaux (style M&#233;lenchon notamment) qui affirment que la r&#233;ponse &#224; l'id&#233;ologie coloniale raciste serait une id&#233;ologie de sup&#233;riorit&#233; des victimes ! Ce racisme oppos&#233; au premier contribue &#224; la mont&#233;e des id&#233;es fascistes, id&#233;es selon lesquelles la couleur de peau, la race, l'origine et la religion seraient plus importants que l'appartenance sociale, que les classe sociales et la lutte des classes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La propagande massive en faveur de la pr&#233;tendue &#171; intelligence artificielle &#187; va dans le m&#234;me sens de d&#233;valorisation de l'homme. Certains voient leur avenir dans l'arm&#233;e et dans la guerre. C'est d&#233;j&#224; un sympt&#244;me de monde parvenu &#224; une impasse&#8230; La jeunesse r&#233;agit avec pessimisme devant ce qui est pr&#233;sent&#233; comme la plus importante r&#233;volution technologique de l'Histoire (&lt;a href=&#034;https://legrandcontinent.eu/fr/2026/04/17/pourquoi-generation-z-est-elle-de-plus-en-plus-mefiante-envers-lia/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://legrandcontinent.eu/fr/2026/04/17/pourquoi-generation-z-est-elle-de-plus-en-plus-mefiante-envers-lia/&lt;/a&gt;). La jeunesse ne rejette pas que l'IA mais l'ensemble du capitalisme (&lt;a href=&#034;https://www.slate.fr/story/119883/survivre-american-dream-capitalisme&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.slate.fr/story/119883/survivre-american-dream-capitalisme&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il y en a d'autres qui marquent une r&#233;gression humaine : plus de violences (sexuelles ou non sexuelles) contre les femmes et les enfants, plus de morts de femmes, plus de d&#233;gradation de la sant&#233;, plus de morts (y compris ind&#233;pendamment du covid). Et m&#234;me plus morts que de naissances ! Car la natalit&#233; d&#233;cline dans tous les pays riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sant&#233; publique s'effondre. (&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7355&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7355&lt;/a&gt;) L'immense majorit&#233; des humains souffre de maladies (&lt;a href=&#034;https://www.science-et-vie.com/corps-et-sante/seulement-43-des-personnes-dans-le-monde-nont-aucune-maladie-ni-handicap-74839.html#item=1&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.science-et-vie.com/corps-et-sante/seulement-43-des-personnes-dans-le-monde-nont-aucune-maladie-ni-handicap-74839.html#item=1&lt;/a&gt;). Les syst&#232;mes de sant&#233; publique s'effondrent (&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1107&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1107&lt;/a&gt;). La sant&#233; publique mondiale chute (&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7355&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7355&lt;/a&gt;).&lt;br class='autobr' /&gt;
L'h&#244;pital public est d&#233;moli pour favoriser le profit priv&#233; sur le dos de la sant&#233; (&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve497&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve497&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un effondrement sanitaire (avec notamment covid) peut en cacher un autre : l'effondrement &#233;conomique et social&#8230; (&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5833&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5833&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi la phase actuelle d'effondrement du syst&#232;me capitaliste ne ressemble en rien aux anciennes crises &#171; classiques &#187; ? Parce que ce n'est pas une crise avec une r&#233;cession momentan&#233;e suivie d'une reprise &#233;conomique. (&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4280&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4280&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La production de biens ne suit pas la courbe des profits car la part relative des investissements productifs r&#233;gresse sans cesse. Ce n'est pas une r&#233;cession car c'est un mouvement permanent depuis tr&#232;s longtemps. (&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Seule la production d'armes grandit v&#233;ritablement&#8230; Et la guerre s'&#233;tend et menace de devenir g&#233;n&#233;rale. (&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7458&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7458&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme, dans ses fondements, est &#224; l'agonie. Il parvient &#224; durer, mais plus il fait trainer sa mort, plus les causes de celles-ci s'aggravent et en particulier la chute relative des investissements productifs par rapport &#224; la masse total des capitaux qui a atteint des sommets vertigineux. (&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8695&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8695&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat mondial est une classe qui existe d&#233;sormais dans le monde entier et son poids social est au plus haut niveau. L'effondrement du capitalisme n'a pas affaibli fondamentalement le prol&#233;tariat. Les transformations du capitalisme n'ont rien chang&#233; &#224; un point fondamental du prol&#233;tariat : celui-ci n'est toujours pas attach&#233; au syst&#232;me et ne peut que chercher &#224; le renverser m&#234;me si ce n'est nullement le cas de l'essentiel de ses organisations ou plut&#244;t des organisations qui se revendiquent mensong&#232;rement de lui. (&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7657&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7657&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tourner la derni&#232;re page du capitalisme (l'effondrement &#233;conomique et social) encore plus sanglante (le massacre pand&#233;mique et la dictature qui pr&#233;tend y faire face) en mettant au pouvoir le gouvernement du peuple travailleur par lui-m&#234;me est la t&#226;che fondamentale des militants r&#233;volutionnaires. (&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8647&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8647&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun retour au monde d'avant l'effondrement n'est possible : soit l'humanit&#233; fait un grand pas en avant vers un monde au service de tous, soit une grande chute vers une horreur dictatoriale et esclavagiste&#8230; (&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8073&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8073&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LES CLASSES POSSEDANTES AU BORD DU GOUFFRE BASCULENT DE PLUS EN PLUS DANS L'HORREUR MAIS L'HUMANITE A D'AUTRES PERSPECTIVES D'AVENIR !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quels sympt&#244;mes ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Que sont les sympt&#244;mes ? Quelle diff&#233;rence avec les causes profondes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6867&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6867&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6279&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6279&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a les sympt&#244;mes &#233;conomiques&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6691&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6691&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7314&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7314&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7200&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7200&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7441&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7441&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1162&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1162&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a les sympt&#244;mes sociaux&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7743&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7743&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8462&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8462&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7772&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7772&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7221&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7221&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a les sympt&#244;mes sanitaires (dont la pand&#233;mie covid mais pas seulement)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7117&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7117&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7379&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7379&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6680&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6680&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a les sympt&#244;mes id&#233;ologiques (le d&#233;veloppement d'une pens&#233;e violemment contre-r&#233;volutionnaire)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8253&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8253&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3272&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3272&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1790&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1790&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8098&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8098&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8090&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8090&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a des sympt&#244;mes politiques et g&#233;opolitiques (dont la mont&#233;e des dictatures et des fascismes ainsi que le r&#233;armement massif, la multiplication des guerres li&#233;es aux deux blocs imp&#233;rialistes et la mont&#233;e vers la guerre mondiale)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8720&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8720&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7246&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7246&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8527&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8527&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4254&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4254&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8595&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8595&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6420&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6420&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8090&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8090&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a les sympt&#244;mes des r&#233;volutions&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8166&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8166&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7640&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7640&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5988&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5988&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, bien au-del&#224; des sympt&#244;mes qui ne sont que des signaux, il y a les causes profondes de l'effondrement capitaliste qui entra&#238;ne celui des soci&#233;t&#233;s et des &#234;tres humains&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8695&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8695&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4518&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4518&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6960&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6960&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1794&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1794&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2431&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2431&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article527&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article527&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2191&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2191&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8631&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8631&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8570&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8570&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Le monde capitaliste n'est pas en crise mais en faillite...</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article9468</link>
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		<dc:date>2026-04-01T22:02:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed</dc:creator>


		<dc:subject>Crise Crisis</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le monde capitaliste est en faillite, pas en r&#233;cession, ni en crise, ni en recul, ni en baisse, ni en eaux troubles, ni en danger, ni &#224; risque. C'est tout simplement que, depuis 2007, le moteur du syst&#232;me ne marche plus du tout. Et il ne marchera plus jamais. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout le monde compare la situation mondiale actuelle du syst&#232;me capitaliste avec celle l'effondrement de 2007-2008. Une fois encore, loin de donner les causes r&#233;elles, on accuse d'autres raisons de la chute et cette fois c'est la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique150" rel="directory"&gt;16- EDITORIAUX DE &#034;LA VOIX DES TRAVAILLEURS&#034; - &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot47" rel="tag"&gt;Crise Crisis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot277" rel="tag"&gt;Capitalisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le monde capitaliste est en faillite, pas en r&#233;cession, ni en crise, ni en recul, ni en baisse, ni en eaux troubles, ni en danger, ni &#224; risque. C'est tout simplement que, depuis 2007, le moteur du syst&#232;me ne marche plus du tout. Et il ne marchera plus jamais. &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde compare la situation mondiale actuelle du syst&#232;me capitaliste avec celle l'effondrement de 2007-2008. Une fois encore, loin de donner les causes r&#233;elles, on accuse d'autres raisons de la chute et cette fois c'est la guerre g&#233;n&#233;ralis&#233;e qui est d&#233;sign&#233;e du doigt. Le monde capitaliste fait semblant de croire que c'est l&#224; qu'est la cause principale de chute &#233;conomique et financi&#232;re avec la guerre g&#233;n&#233;ralis&#233;e au Moyen-Orient, la guerre d'Ukraine et d'autres guerres locales comme Congo, Pakistan ou l'affrontement entre USA et pays d'Am&#233;rique du sud, etc. Une fois encore, ils inversent les r&#244;les. Si les imp&#233;rialismes choisissent d'aggraver et de transformer tous les conflits en affrontement des blocs, c'est justement parce qu'ils estiment que le risque d'effondrement pour des causes &#233;conomiques et financi&#232;res est d&#233;j&#224; tr&#232;s grand et qu'ils pr&#233;f&#232;rent, en cas de chute syst&#233;mique, miser sur la barbarie guerri&#232;re et fasciste plut&#244;t que d'aller vers la r&#233;volution prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effondrement &#233;conomique, ils n'ont fait que le retarder par mille moyens artificiels, le d&#233;tourner, le tromper, sans r&#233;gler aucun des probl&#232;mes de fond, aucune des contradictions s&#233;rieuses et ils ont seulement aggrav&#233; la profondeur du gouffre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les capitalistes et leurs Etats sont s&#251;rs maintenant que tout va chuter, pire qu'en 2008. Cela les pousse &#224; miser sur l'effondrement et donc sur la guerre. Parce que, pour eux, la seule option inacceptable, c'est justement la r&#233;volution prol&#233;tarienne allant vers le pouvoir des soviets de travailleurs et le socialisme. Bien s&#251;r, les travailleurs, face &#224; la d&#233;gradation de la situation, ne se voient pas du tout prendre le pouvoir mais les capitalistes, eux, les y voient !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les travailleurs, certes, n'ont pas confiance dans leurs propres forces et leurs organisations (du moins celles qui font d'une mani&#232;re ou d'une autre semblant d'&#234;tre du c&#244;t&#233; des travailleurs) ne font rien pour aider &#224; leur prise de conscience de leur r&#244;le dans la situation mondiale. Mais cela ne suffit pas &#224; rassurer les capitalistes qui, eux, vont vers l'affrontement brutal contre-r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Examinons maintenant pourquoi la situation objective du syst&#232;me capitaliste le pousse &#224; une chute finale&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interrogez-vous pourquoi le capitalisme, arriv&#233; &#224; son plus haut niveau de richesses et de capitalisations, se retrouve &#224; devoir baisser le rideau ? Eh bien, justement parce qu'il atteint ce plus haut niveau et ne peut aller plus loin&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'effondrement du capitalisme, ce n'est pas les r&#233;volutionnaires qui l'imaginent&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; En 2008, j'ai pr&#233;dit &#224; juste titre que nos cycles virulents d'expansion et de ralentissement entra&#238;neraient un effondrement &#233;conomique total. Je crains que nous ne soyons &#224; nouveau confront&#233;s &#224; cette perspective &#187;, explique Nouriel Roubini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.parismatch.com/actu/economie/les-nouvelles-et-sombres-predictions-du-dr-catastrophe-nouriel-roubini-218345&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.parismatch.com/actu/economie/les-nouvelles-et-sombres-predictions-du-dr-catastrophe-nouriel-roubini-218345&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jason W. Moore, professeur de sociologie : &#171; Nous vivons l'effondrement du capitalisme. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Richard Bookstaber, ancien responsable au Tr&#233;sor am&#233;ricain : &#171; J'ai pr&#233;dit la crise financi&#232;re de 2008. Ce qui arrive pourrait &#234;tre pire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.leparisien.fr/economie/jai-predit-la-crise-financiere-de-2008-ce-qui-arrive-pourrait-etre-pire-la-sombre-prediction-dun-economiste-americain-19-03-2026-7PUGGQTYQVA7FCMS6GOUFCX5RQ.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.leparisien.fr/economie/jai-predit-la-crise-financiere-de-2008-ce-qui-arrive-pourrait-etre-pire-la-sombre-prediction-dun-economiste-americain-19-03-2026-7PUGGQTYQVA7FCMS6GOUFCX5RQ.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamie Dimon, le PDG de J.P. Morgan : valorisations boursi&#232;res folles, quand le patron de la premi&#232;re banque am&#233;ricaine dresse un parall&#232;le avec la crise de 2007&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/02/25/intelligence-artificielle-l-apocalypse-selon-jamie-dimon-patron-de-la-premiere-banque-americaine-j-p-morgan_6668209_3234.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/02/25/intelligence-artificielle-l-apocalypse-selon-jamie-dimon-patron-de-la-premiere-banque-americaine-j-p-morgan_6668209_3234.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ray Dallo, &#171; l&#233;gende de Wall Street &#187; &#171; L'ordre mondial est au bord de l'effondrement&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/ray-dalio-lhomme-qui-a-predit-la-crise-de-2008-le-monde-est-entre-dans-la-derniere-phase-avant-OSG3Y7WEONHKBLDNO7YJHDT3OI/?cmp_redirect=true&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/ray-dalio-lhomme-qui-a-predit-la-crise-de-2008-le-monde-est-entre-dans-la-derniere-phase-avant-OSG3Y7WEONHKBLDNO7YJHDT3OI/?cmp_redirect=true&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 2008 &#224; 2026, rien de r&#233;gl&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lejdd.fr/Economie/dix-ans-apres-le-krach-de-2008-le-risque-de-nouvelle-crise-est-grand-avec-trump-au-pouvoir-3750536&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lejdd.fr/Economie/dix-ans-apres-le-krach-de-2008-le-risque-de-nouvelle-crise-est-grand-avec-trump-au-pouvoir-3750536&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la faillite de Lehman la finance mondiale confront&#233;e &#224; nouveau aux m&#234;mes contradictions&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/15-ans-apres-la-faillite-de-lehman-la-finance-mondiale-confrontee-aux-exces-de-largent-facile-1977976&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/15-ans-apres-la-faillite-de-lehman-la-finance-mondiale-confrontee-aux-exces-de-largent-facile-1977976&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27 &#233;conomistes r&#233;formistes &#233;crivent &#171; Les &#233;conomistes att&#233;r&#233;s qui proposent de changer d'&#233;conomie &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La croissance s'est r&#233;v&#233;le fragile puisqu'elle repose sur des bulles financi&#232;res, des bulles immobili&#232;res et une hausse de l'endettement&#8230; Ce mode de croissance n'est pas durable&#8230; Le syst&#232;me n'est pas soutenable puisqu'il repose sur la hausse continuelle des prix des actifs et de l'endettement. Il n&#233;cessite que les taux d'int&#233;r&#234;t soient bas, que le cours des actifs soit &#233;lev&#233; et augmentent, donc que les d&#233;s&#233;quilibres s'accentuent&#8230; Enfin, le syst&#232;me aboutit &#224; l'accumulation de masses &#233;normes de capitaux en qu&#234;te de rentabilit&#233; et de liquidit&#233;&#8230; Il est impossible que les capitaux affichent la rentabilit&#233; requise de 15%. Celle-ci est obtenue non par des placements r&#233;els, mais par des op&#233;rations sp&#233;culatives s'appuyant sur des bulles financi&#232;res&#8230; On parle toujours du &#171; trou du public &#187;, mais pas de celui du priv&#233; (entreprises et m&#233;nages) qui a bien plus augment&#233;&#8230; La dette publique s'est creus&#233;e en raison des cadeaux fiscaux qui ont &#233;t&#233; faits aux riches&#8230; Les Etats ont &#233;t&#233; contraints de sauver un nombre important de groupes financiers, responsables de la crise mais &#171; trop gros pour faire faillite &#187;, &#224; coups d'injections massives d'argent public, ce afin d'&#233;viter une crise syst&#233;mique par effet de contagion. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les crises cycliques cu capitalisme n'&#233;taient pas des maladies mais des modes de r&#233;gulation indispensables au syst&#232;me. D&#232;s lors qu'il ne peut plus laisser se d&#233;rouler ses crises, le capitalisme est sans cesse sous perfusion de l'Etat et des banques centrales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3771&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3771&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2431&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2431&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article680&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article680&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2191&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2191&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ce n'est pas un accident, ce n'est pas une maladie, ce n'est pas une crise, ce n'est pas un &#233;chec. C'est un aboutissement et m&#234;me un sommet. Mais c'est une fin. Ce n'est pas un changement de forme qui peut redonner vie au syst&#232;me. &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7314&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7314&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5888&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5888&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5938&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5938&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1976&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1976&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4518&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4518&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a d'abord les signaux &#233;conomiques qui ont commenc&#233; en 2007-2008 avec ce que l'on a appel&#233; la &#171; crise des subprimes &#187; et qui est en fait la tendance g&#233;n&#233;rale du grand capital vers une sp&#233;culation folle par manque croissant d'investissements productifs par rapport &#224; la masse de plus en plus excessive de capitaux. Le capitalisme a d&#232;s lors cess&#233; d'&#234;tre un syst&#232;me fond&#233; sur des alternances croissance/r&#233;cession ponctu&#233; par des faillites et a d&#232;s lors consid&#233;r&#233; que toute chute d'un trust &#233;tait &#171; syst&#233;mique &#187;, c'est-&#224;-dire mena&#231;ait l'&#233;difice mondial tout entier ! Cela signifie qu'&#201;tats et banques centrales ont mis tous leurs moyens pour &#171; sauver &#187; les capitalistes quand ils &#233;taient menac&#233;s par la faillite. La derni&#232;re op&#233;ration de ce type a &#233;t&#233; celle pour sauver les banques, am&#233;ricaines et suisses notamment. Cette situation dans laquelle le syst&#232;me est sans cesse au bord du gouffre est tout &#224; fait nouvelle dans l'histoire du capitalisme et montre que le mode de production capitaliste a atteint une limite qu'il ne peut pas franchir, qu'il a tellement r&#233;ussi que son succ&#232;s d&#233;passe ce que permet son fonctionnement. Cela signifie qu'une part croissante des capitaux ne peut plus produire de nouveaux profits r&#233;els, fond&#233;s sur l'exploitation du travail humain. Ces capitaux, dont la masse croit sans cesse, deviennent &#171; nocifs &#187; et doivent p&#233;riodiquement &#234;tre rachet&#233;s par les &#201;tats et instituions financi&#232;res publiques. Ce fonctionnement en sauvetage permanent gr&#226;ce aux fonds publics est une marque de la nouvelle morbidit&#233; du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme parvient &#224; durer, mais plus il ne fait que faire trainer sa mort, et plus &#231;a dure plus les causes de celle-ci s'aggravent et en particulier la chute relative des investissements productifs par rapport &#224; la masse total des capitaux qui a atteint des sommets vertigineux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8166&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8166&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que l'effondrement de 2007-2008 signifie fondamentalement : les forces productives humaines ont d&#233;pass&#233; le cadre &#233;troit des rapports de production fond&#233;s sur la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4265&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4265&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les signes de n&#233;crophilie s'accroissent sans cesse depuis et notamment la hausse de l'or&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prix de l'or a bondi &#224; plus de 5000 dollars l'once, en hausse de 3,5 % mardi pour atteindre 5185 dollars, signe d'une perte de confiance grandissante dans le dollar am&#233;ricain en tant que monnaie mondiale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tandis que l'or franchissait la barre des 5 000 dollars pour atteindre un nouveau record, le krach du march&#233; des obligations d'&#201;tat japonaises (JGB) la semaine derni&#232;re a &#233;t&#233; un autre signe de l'instabilit&#233; financi&#232;re mondiale croissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La hausse du prix de l'or s'est accompagn&#233;e d'une augmentation de 13,6 % du prix de l'argent, qui a atteint 117 dollars l'once, un nouveau record.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'or a augment&#233; de plus de 20 % depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e et toutes les pr&#233;visions indiquent qu'il devrait encore progresser, les investisseurs se d&#233;tournant du dollar et des actifs am&#233;ricains.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les turbulences sur le march&#233; japonais ont des implications majeures pour le march&#233; des bons du Tr&#233;sor am&#233;ricain et sa capacit&#233; &#224; continuer de financer la dette am&#233;ricaine en constante augmentation. Celle-ci s'&#233;l&#232;ve actuellement &#224; 38 000 milliards de dollars et devrait encore augmenter avec l'annonce par Trump de son intention de demander un budget militaire de 1500 milliards de dollars.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les investisseurs japonais d&#233;tiennent 13 % de la dette du march&#233; des bons du Tr&#233;sor am&#233;ricain. La crainte est qu'au moins une partie de cet argent soit rapatri&#233;e si les taux d'int&#233;r&#234;t japonais augmentent fortement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les march&#233;s mondiaux, et en particulier le march&#233; am&#233;ricain, ont pu financer la dette publique croissante &#224; des taux d'int&#233;r&#234;t inf&#233;rieurs &#224; ceux qui seraient justifi&#233;s par leurs d&#233;ficits, gr&#226;ce &#224; la disponibilit&#233; de fonds moins co&#251;teux provenant du Japon.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'une des cons&#233;quences de la crise obligataire a &#233;t&#233; la d&#233;pr&#233;ciation du yen, qui a suscit&#233; l'inqui&#233;tude des milieux financiers am&#233;ricains. Alors que l'on sp&#233;culait sur une intervention du gouvernement pour stabiliser le yen, il est apparu que la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale de New York avait contact&#233; les institutions financi&#232;res japonaises au sujet du taux de change du yen, ce qui a &#233;t&#233; interpr&#233;t&#233; comme le signe d'une intervention conjointe potentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans des propos rapport&#233;s par le Wall Street Journal, Neil Shearing, de Capital Economics &#224; Londres, a qualifi&#233; les bouleversements du march&#233; obligataire japonais de &#171; signal d'alarme &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; C'est un autre sympt&#244;me des vuln&#233;rabilit&#233;s qui bouillonnent sous la surface des &#233;conomies avanc&#233;es &#187;, a-t-il d&#233;clar&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au c&#339;ur de ces vuln&#233;rabilit&#233;s se trouve la croissance de la dette. Selon le Fonds mon&#233;taire international, la dette publique mondiale totale devrait atteindre plus de 100 % du PIB mondial au cours des trois prochaines ann&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette augmentation pr&#233;vue repose sur deux &#233;l&#233;ments principaux : la hausse des d&#233;penses militaires et l'augmentation des paiements d'int&#233;r&#234;ts. Aux &#201;tats-Unis, la facture annuelle des int&#233;r&#234;ts approche rapidement le billion de dollars, soit plus du double par rapport aux quatre derni&#232;res ann&#233;es, avec une augmentation similaire du co&#251;t du service de la dette en Allemagne et au Japon.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aucune man&#339;uvre financi&#232;re ne peut contourner ce probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2026/01/29/lxxv-j29.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2026/01/29/lxxv-j29.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux rapports publi&#233;s &#224; l'occasion de la r&#233;union de Davos du Forum &#233;conomique mondial cette semaine ont, chacun &#224; leur mani&#232;re, d&#233;taill&#233; l'effondrement catastrophique du syst&#232;me capitaliste mondial, sa d&#233;rive vers la barbarie et, par cons&#233;quent, les arguments irr&#233;futables en faveur d'un socialisme international.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'&#233;tait pas leur intention, mais cette n&#233;cessit&#233; &#233;merge des faits, des chiffres et de l'analyse du rapport Global Risks du WEF et du rapport intitul&#233; &#171; Inequality.Inc &#187; pr&#233;par&#233; pour la r&#233;union par l'agence d'aide internationale Oxfam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport du WEF met en garde contre le fait que les syst&#232;mes de gouvernance sont &#171; &#233;tir&#233;s au-del&#224; de leurs limites &#187;, que &#171; les syst&#232;mes affaiblis n'ont besoin que du plus petit choc pour d&#233;passer le point de basculement de la r&#233;silience &#187; et que &#171; les vuln&#233;rabilit&#233;s socio-&#233;conomiques corrosives seront amplifi&#233;es &#224; court terme avec les craintes imminentes d'un ralentissement &#233;conomique &#187; et la r&#233;surgence de risques &#171; tels que les conflits arm&#233;s inter&#233;tatiques &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport d'Oxfam se concentre sur deux tendances explosives dans la structure socio-&#233;conomique du capitalisme mondial : l'augmentation stup&#233;fiante de la richesse entre les mains d'une oligarchie de milliardaires et, plus important encore, la concentration du pouvoir &#233;conomique et politique monopolistique entre les mains d'une poign&#233;e d'entreprises mondiales g&#233;antes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il a not&#233; que depuis 2020, au d&#233;but de la pand&#233;mie, dont ils ont directement b&#233;n&#233;fici&#233;, les cinq hommes les plus riches du monde ont plus que doubl&#233; leur fortune, au rythme de 14 millions de dollars par heure, passant de 405 milliards de dollars &#224; 869 milliards de dollars, tandis que pr&#232;s de 5 milliards de personnes, soit plus de la moiti&#233; de la population mondiale, se sont appauvries.&lt;br class='autobr' /&gt;
De nombreuses statistiques refl&#232;tent ce processus, l'une des plus frappantes &#233;tant que le 0,001 pour cent d'entreprises les plus importantes r&#233;alise environ un tiers de l'ensemble des b&#233;n&#233;fices des entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une des &#233;volutions politiques les plus significatives de la p&#233;riode r&#233;cente a &#233;t&#233; le glissement rapide de tous les gouvernements vers la droite, entra&#238;nant ce que l'on a appel&#233; une &#171; crise de la d&#233;mocratie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conclusion du rapport du WEF va dans le m&#234;me sens. Apr&#232;s avoir d&#233;taill&#233; les multiples crises qui assaillent le syst&#232;me capitaliste, il conclut que la &#171; coordination transfrontali&#232;re &#187; reste le seul moyen de faire face aux &#171; risques les plus critiques pour la s&#233;curit&#233; et la prosp&#233;rit&#233; humaines &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais cette collaboration et cette coop&#233;ration ne pourront jamais &#234;tre r&#233;alis&#233;es dans le cadre du syst&#232;me actuel, car chaque classe capitaliste est enracin&#233;e dans son propre &#201;tat national et se bat par tous les moyens disponibles, y compris la guerre, pour d&#233;fendre ses propres int&#233;r&#234;ts nationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2024/01/22/mahb-j22.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2024/01/22/mahb-j22.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les faillites capitalistes s'accroissent inexorablement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.allianz-trade.com/fr_BE/actualites/dernieres-actualites/rapport-mondial-faillites-mars-2025.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.allianz-trade.com/fr_BE/actualites/dernieres-actualites/rapport-mondial-faillites-mars-2025.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les faillites d'entreprises ont progress&#233; de 44% en France en deux ans&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ouest-france.fr/economie/entreprises/au-tribunal-de-commerce-de-nantes-les-defaillances-dentreprises-ont-progresse-de-44-pourcent-en-deux-ans-54db493e-f79a-11f0-95b0-d3ffbc2ef006&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ouest-france.fr/economie/entreprises/au-tribunal-de-commerce-de-nantes-les-defaillances-dentreprises-ont-progresse-de-44-pourcent-en-deux-ans-54db493e-f79a-11f0-95b0-d3ffbc2ef006&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/01/20/2025-une-annee-noire-pour-les-defaillances-d-entreprise_6663295_3234.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/01/20/2025-une-annee-noire-pour-les-defaillances-d-entreprise_6663295_3234.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cart se creuse entre la masse des capitaux et le niveau des investissements productifs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La part de l'industrie dans le PIB chute&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;industrialisation est un mythe. Le lancement de l'Intelligence artificielle, pas plus que celle de l'ordinateur quantique ou celle des super centrales nucl&#233;aires ne sont autre chose que des sp&#233;culations faussement bas&#233;es sur des d&#233;veloppements industriels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La Tech &#187; tourne de plus en plus &#224; la sp&#233;culation&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le march&#233; mondial se casse en morceaux&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sp&#233;culation sur les dettes des Etats bat son plein&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;fauts de paiements ou les grandes difficult&#233;s financi&#232;res des Etats ont attir&#233; les rapaces de la finance mondiale, baptis&#233;s &#171; fonds vautours &#187;. Ils rach&#232;tent &#224; tr&#232;s bas prix leurs dettes qui se sont effondr&#233;es, bloquent les n&#233;gociations collectives pour en &#171; solo &#187; percevoir le jackpot et &#234;tre rembours&#233;s avant les autres cr&#233;anciers. Ils tra&#238;nent en justice, le plus souvent aupr&#232;s des tribunaux de New York, les Etats &#171; fautifs &#187; selon eux d'imprudence financi&#232;re, afin d'obtenir le maximum d'argent. Epaul&#233;s par les plus grands cabinets d'avocats, des fonds comme Elliott, Aurelius Capital, Contrarian, GMO Trust m&#232;nent ainsi de longs combats, parfois sur plus d'une d&#233;cennie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/les-etats-unis-veulent-encadrer-le-chantage-des-fonds-vautours-sur-les-etats-en-difficulte-2096759&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/les-etats-unis-veulent-encadrer-le-chantage-des-fonds-vautours-sur-les-etats-en-difficulte-2096759&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'envol&#233;e de l'or et de l'argent (ou encore des cryptomonnaies ou les investissements dans les ETF) d&#233;montrent que les investisseurs ne misent pas sur l'avenir du syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fonds sp&#233;culatifs atteignent un pic&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.gestiondefortune.com/gestion-d-actifs/rubriques-gestion-d-actifs/actualites/12867-lindustrie-des-fonds-speculatifs-sur-un-pic-a-plus-de-5-000-md.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.gestiondefortune.com/gestion-d-actifs/rubriques-gestion-d-actifs/actualites/12867-lindustrie-des-fonds-speculatifs-sur-un-pic-a-plus-de-5-000-md.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capital total de l'industrie mondiale des fonds sp&#233;culatifs a d&#233;pass&#233; pour la premi&#232;re fois le seuil historique de 5.000 milliards de dollars, le capital augmentant pour le neuvi&#232;me trimestre cons&#233;cutif au 4T25 pour cl&#244;turer l'ann&#233;e &#224; un niveau record de 5.150 milliards de dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.boursier.com/actualites/economie/le-capital-de-l-industrie-mondiale-des-fonds-speculatifs-depasse-le-seuil-historique-des-5-000-mds-54064.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.boursier.com/actualites/economie/le-capital-de-l-industrie-mondiale-des-fonds-speculatifs-depasse-le-seuil-historique-des-5-000-mds-54064.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie de l'ombre, mafieuse, corrompue, pr&#233;datrice, devient une part croissante de l'ensemble&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme est devenu n&#233;crophile et se nourrit de&#8230; sa propre mort&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le grand capital ne mise plus sur... le capitalisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8286&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8286&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi le monde capitaliste court &#224; sa perte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5308&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5308&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme moribond est en train de d&#233;truire la plan&#232;te (et nous ne parlons pas ici de l'environnement)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2105&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2105&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dettes des Etats ne sont qu'une cons&#233;quence des interventions &#233;tatiques pour sauver le syst&#232;me mais elles signifient que l'on ne pourra plus le faire d&#233;sormais &#224; la prochaine crise syst&#233;mique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une situation historique hors normes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5913&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5913&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme se heurte &#224; ses propres limites : son succ&#232;s lui-m&#234;me &#233;touffe dans les limites de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3250&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3250&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principes du syst&#232;me capitaliste le condamnent irr&#233;m&#233;diablement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7029&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7029&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenir sous perfusion le capitalisme en survie artificielle est devenu d&#233;raisonnable m&#234;me du point de vue capitaliste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6691&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6691&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme peut-il s'effondrer de lui-m&#234;me d&#233;finitivement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2293&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2293&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me capitaliste a-t-il d&#233;j&#224; chut&#233; de lui-m&#234;me ou ne pourra-t-il chuter que par la r&#233;volution ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5988&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5988&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure : l'humanit&#233; se rel&#232;vera, le capitalisme jamais !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde capitaliste est mort. Sa caricature se maintiendra au pouvoir tant que le peuple travailleur ne l'en aura pas balay&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1016&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1016&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8570&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8570&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Que nous a appris le sommet de Davos du monde capitaliste ?</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article9473</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.org/spip.php?article9473</guid>
		<dc:date>2026-03-02T23:59:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Que nous a appris le sommet de Davos du monde capitaliste ? La r&#233;union au sommet d'un monde finissant&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
AVERTISSEMENT &lt;br class='autobr' /&gt;
Les documents qui suivent n'expriment pas n&#233;cessairement le point de vue du site mais permettent de se faire une opinion&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Document 1 &lt;br class='autobr' /&gt;
Document 2 &lt;br class='autobr' /&gt;
Document 3 &lt;br class='autobr' /&gt;
Document 4 &lt;br class='autobr' /&gt;
Document 5 &lt;br class='autobr' /&gt;
Document 6 &lt;br class='autobr' /&gt;
Document 7 &lt;br class='autobr' /&gt;
Document 8 &lt;br class='autobr' /&gt;
Document 9 &lt;br class='autobr' /&gt;
Document 10 &lt;br class='autobr' /&gt;
Document 11 &lt;br class='autobr' /&gt;
Document 12 &lt;br class='autobr' /&gt;
Document 13 &lt;br class='autobr' /&gt;
Document 14 &lt;br class='autobr' /&gt;
Document 15&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique117" rel="directory"&gt;14 - TRAVAILLEURS SANS FRONTIERES - WORKERS HAVE NO FRONTIERS AND A WORLD TO CONQUER&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot277" rel="tag"&gt;Capitalisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Que nous a appris le sommet de Davos du monde capitaliste ? La r&#233;union au sommet d'un monde finissant&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;AVERTISSEMENT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les documents qui suivent n'expriment pas n&#233;cessairement le point de vue du site mais permettent de se faire une opinion&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.letemps.ch/economie/inexorablement-le-monde-s-enfonce-dans-le-capitalisme-de-predation?srsltid=AfmBOopcEiHJbhCR2pIO3Wx50j8hbF6zJ5jAQ5NmkXvzNZ7_lI_VOqVW&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Document 1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/01/20/forum-economique-de-davos-le-stress-des-patrons-est-existentiel_6663331_3234.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Document 2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/01/14/a-davos-en-2024-recoller-les-morceaux-d-un-capitalisme-fracture_6210765_3234.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Document 3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.latribune.fr/article/economie/1318689261934714/un-risque-que-la-confrontation-geoeconomique-se-transforme-en-guerre-economique-le-scenario-choc-de-davos&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Document 4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/01/25/qdpi-j25.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Document 5&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2024/01/15/kvxp-j15.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Document 6&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://les7duquebec.net/archives/303979&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Document 7&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2026/01/23/kpwd-j23.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Document 8&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-wsws-org.translate.goog/en/articles/2026/01/20/muqk-j20.html?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&amp;_x_tr_hist=true&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Document 9&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2026/01/25/kpeo-j25.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Document 10&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2024/01/22/yjni-j22.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Document 11&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-wsws-org.translate.goog/en/articles/2026/01/21/zpqh-j21.html?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&amp;_x_tr_hist=true&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Document 12&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.humanite.fr/en-debat/forum-de-davos/le-forum-economique-mondial-de-davos-un-club-de-milliardaires-plutot-quun-forum-democratique&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Document 13&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lutte-ouvriere.org/portail/journal/davosnbsp2026nbsp-rendez-vous-milliardaires-190835.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Document 14&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://contre-attaque.net/2026/01/21/en-suisse-des-milliers-de-personnes-manifestent-contre-le-forum-de-davos/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Document 15&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Science &#233;conomique, la m&#233;thode de Karl Marx</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article8574</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.org/spip.php?article8574</guid>
		<dc:date>2026-01-27T23:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Karl Marx</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Karl MARX &lt;br class='autobr' /&gt;
La m&#233;thode de l'&#233;conomie politique &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand nous consid&#233;rons un pays donn&#233; au point de vue de l'&#233;conomie politique, nous commen&#231;ons par &#233;tudier sa population, la division de celle-ci en classes, sa r&#233;partition dans les villes, &#224; la campagne, au bord de la mer, les diff&#233;rentes branches de production, l'exportation et l'importation, la production et la consommation annuelles, les prix des marchandises, etc. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il semble que ce soit la bonne m&#233;thode de commencer par le r&#233;el et le (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique50" rel="directory"&gt;1- Les lois &#233;conomiques font partie de la lutte des classes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot30" rel="tag"&gt;Karl Marx&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot277" rel="tag"&gt;Capitalisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Karl MARX
&lt;p&gt;La m&#233;thode de l'&#233;conomie politique&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quand nous consid&#233;rons un pays donn&#233; au point de vue de l'&#233;conomie politique, nous commen&#231;ons par &#233;tudier sa population, la division de celle-ci en classes, sa r&#233;partition dans les villes, &#224; la campagne, au bord de la mer, les diff&#233;rentes branches de production, l'exportation et l'importation, la production et la consommation annuelles, les prix des marchandises, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble que ce soit la bonne m&#233;thode de commencer par le r&#233;el et le concret, qui constituent la condition pr&#233;alable effective, donc en &#233;conomie politique, par exemple, la population qui est la base et le sujet de l'acte social de production tout entier. Cependant, &#224; y regarder de plus pr&#232;s, on s'aper&#231;oit que c'est l&#224; une erreur. La population est une abstraction si l'on n&#233;glige par exemple les classes dont elle se compose. Ces classes sont &#224; leur tour un mot creux si l'on ignore les &#233;l&#233;ments sur lesquels elles reposent, par exemple le travail salari&#233;, le capital etc. Ceux-ci supposent l'&#233;change, la division du travail, le prix etc. Le capital, par exemple, n'est rien sans le travail salari&#233;, sans la valeur, l'argent, le prix, etc. Si donc on commen&#231;ait ainsi par la population, on aurait une repr&#233;sentation chaotique du tout, et, par une d&#233;termination plus pr&#233;cise, par l'analyse, on aboutirait &#224; des concepts de plus en plus simples ; du concret figur&#233; on passerait &#224; des abstractions de plus en plus minces, jusqu'&#224; ce que l'on soit arriv&#233; aux d&#233;terminations les plus simples. Partant de l&#224;, il faudrait refaire le chemin &#224; rebours jusqu'&#224; ce qu'enfin on arrive de nouveau &#224; la population, mais celle-ci ne serait pas, cette fois, la repr&#233;sentation chaotique d'un tout, mais une riche totalit&#233; de d&#233;terminations et de rapports nombreux. La premi&#232;re voie est celle qu'a prise tr&#232;s historiquement l'&#233;conomie politique &#224; sa naissance. Les &#233;conomistes du XVIIe si&#232;cle, par exemple, commencent toujours par une totalit&#233; vivante : population, nation, &#201;tat, plusieurs &#201;tats ; mais ils finissent toujours par d&#233;gager par l'analyse quelques rapports g&#233;n&#233;raux abstraits d&#233;terminants tels que la division du travail, l'argent, la valeur, etc. D&#232;s que ces facteurs isol&#233;s ont &#233;t&#233; plus ou moins fix&#233;s et abstraits, les syst&#232;mes &#233;conomiques ont commenc&#233; ; qui partent des notions simples telles que travail, division du travail, besoin, valeur d'&#233;change, pour s'&#233;lever jusqu'&#224; l'&#201;tat, les &#233;changes entre nations et le march&#233; mondial. Cette derni&#232;re m&#233;thode est manifestement la m&#233;thode scientifique correcte. Le concret est concret parce qu'il est la synth&#232;se de multiples d&#233;terminations, donc unit&#233; de la diversit&#233;. C'est pourquoi il appara&#238;t dans la pens&#233;e comme proc&#232;s de synth&#232;se, comme r&#233;sultat, non comme point de d&#233;part, bien qu'il soit le v&#233;ritable point de d&#233;part et par la suite &#233;galement le point de d&#233;part de la vue imm&#233;diate et de la repr&#233;sentation. La premi&#232;re d&#233;marche a r&#233;duit la pl&#233;nitude de la repr&#233;sentation &#224; une d&#233;termination abstraite ; avec la seconde, les d&#233;terminations abstraites conduisent &#224; la reproduction du concret par la voie de la pens&#233;e. C'est pourquoi Hegel est tomb&#233; dans l'illusion de concevoir le r&#233;el comme le r&#233;sultat de la pens&#233;e, qui se concentre en elle-m&#234;me, s'approfondit en elle-m&#234;me, se meut par elle-m&#234;me, alors que la m&#233;thode qui consiste &#224; s'&#233;lever de l'abstrait au concret n'est pour la pens&#233;e que la mani&#232;re de s'approprier le concret, de le reproduire sous la forme d'un concret pens&#233;. Mais ce n'est nullement l&#224; le proc&#232;s de la gen&#232;se du concret lui-m&#234;me. Par exemple, la cat&#233;gorie &#233;conomique la plus simple, mettons la valeur d'&#233;change, suppose la population, une population produisant dans des conditions d&#233;termin&#233;es ; elle suppose aussi un certain genre de famille, ou de commune, ou d'&#201;tat, etc. Elle ne peut jamais exister autrement que sous la forme de relation unilat&#233;rale et abstraite d'un tout concret, vivant, d&#233;j&#224; donn&#233;. Comme cat&#233;gorie, par contre, la valeur d'&#233;change m&#232;ne une existence ant&#233;diluvienne. Pour la conscience &#8212; et la conscience philosophique est ainsi faite que pour la pens&#233;e qui con&#231;oit constitue l'homme r&#233;el et, par la suite, le monde n'appara&#238;t comme r&#233;el qu'une fois con&#231;u &#8212; pour la conscience, donc, le mouvement des cat&#233;gories appara&#238;t comme l'acte de production r&#233;el &#8212; qui re&#231;oit une simple impulsion du dehors et on le regrette &#8212; dont le r&#233;sultat est le monde ; et ceci (mais c'est encore l&#224; une tautologie) est exact dans la mesure o&#249; la totalit&#233; concr&#232;te en tant que totalit&#233; pens&#233;e, en tant que repr&#233;sentation mentale du concret, est en fait un produit de la pens&#233;e, de la conception ; il n'est par contre nullement le produit du concept qui s'engendrerait lui-m&#234;me, qui penserait en dehors et au-dessus de la vue imm&#233;diate et de la repr&#233;sentation, mais un produit de l'&#233;laboration de concepts &#224; partir de la vue imm&#233;diate et de la repr&#233;sentation. Le tout, tel qu'il appara&#238;t dans l'esprit comme une totalit&#233; pens&#233;e, est un produit du cerveau pensant, qui s'approprie le monde de la seule fa&#231;on qu'il lui soit possible, d'une fa&#231;on qui diff&#232;re de l'appropriation de ce monde par l'art, la religion, l'esprit pratique. Apr&#232;s comme avant, le sujet r&#233;el subsiste dans son ind&#233;pendance en dehors de l'esprit ; et cela aussi longtemps que l'esprit a une activit&#233; purement sp&#233;culative, purement th&#233;orique. Par cons&#233;quent, dans l'emploi de la m&#233;thode th&#233;orique aussi, il faut que le sujet, la soci&#233;t&#233;, reste constamment pr&#233;sent &#224; l'esprit comme donn&#233;e premi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces cat&#233;gories simples n'ont-elles pas aussi une existence ind&#233;pendante, de caract&#232;re historique ou naturel, ant&#233;rieure &#224; celle des cat&#233;gories plus concr&#232;tes ? Ca d&#233;pend. Hegel, par exemple, a raison de commencer la philosophie du droit par la possession, celle-ci constituant le rapport juridique le plus simple du sujet. Mais il n'existe pas de possession avant que n'existe la famille, ou les rapports entre ma&#238;tres et esclaves, qui sont des rapports beaucoup plus concrets. Par contre, il serait juste de dire qu'il existe des familles, des communaut&#233;s de tribus, qui ne sont encore qu'au stade de la possession, et non &#224; celui de la propri&#233;t&#233;. Par rapport &#224; la propri&#233;t&#233;, la cat&#233;gorie la plus simple appara&#238;t donc comme le rapport de communaut&#233;s simples de familles ou tribus. Dans la soci&#233;t&#233; parvenue &#224; un stade sup&#233;rieur, elle appara&#238;t comme le rapport plus simple d'une organisation plus d&#233;velopp&#233;e. Mais on pr&#233;suppose toujours le substrat concret qui s'exprime par un rapport de possession. On peut se repr&#233;senter un sauvage isol&#233; qui poss&#232;de. Mais la possession ne constitue pas alors un rapport juridique. Il n'est pas exact qu'historiquement la possession &#233;volue jusqu'&#224; la forme familiale. Elle suppose au contraire toujours l'existence de cette &#8220;cat&#233;gorie juridique plus concr&#232;te&#8221;. Cependant il n'en demeurerait pas moins que les cat&#233;gories simples sont l'expression de rapports dans lesquels le concret non encore d&#233;velopp&#233; a pu s'&#234;tre r&#233;alis&#233; sans avoir encore pos&#233; la relation ou le rapport plus complexe qui trouve son expression mentale dans la cat&#233;gorie plus concr&#232;te ; tandis que le concret plus d&#233;velopp&#233; laisse subsister cette m&#234;me cat&#233;gorie comme un rapport subordonn&#233;. L'argent peut exister et a exist&#233; historiquement avant que n'exist&#226;t le capital, que n'existassent les banques, que n'exist&#226;t le travail salari&#233;, etc. &#192; cet &#233;gard, on peut donc dire que la cat&#233;gorie plus simple peut exprimer des rapports dominants d'un tout moins d&#233;velopp&#233; ou, au contraire, des rapports subordonn&#233;s d'un tout plus d&#233;velopp&#233; qui existaient d&#233;j&#224; historiquement avant que le tout ne se d&#233;velopp&#226;t dans le sens qui trouve son expression dans une cat&#233;gorie plus concr&#232;te. Dans cette mesure, la marche de la pens&#233;e abstraite, qui s'&#233;l&#232;ve du plus simple au plus complexe, correspondrait au processus historique r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, on peut dire qu'il y a des formes de soci&#233;t&#233;s tr&#232;s d&#233;velopp&#233;es, mais qui historiquement manquent assez de maturit&#233;, dans lesquelles on trouve les formes les plus &#233;lev&#233;es de l'&#233;conomie, comme par exemple la coop&#233;ration, une division du travail d&#233;velopp&#233;e, etc., sans qu'il existe aucune sorte de monnaie, par exemple le P&#233;rou. Chez les Slaves aussi, l'argent et l'&#233;change qui le conditionne n'apparaissent pas ou peu &#224; l'int&#233;rieur de chaque communaut&#233;, mais ils apparaissent &#224; leurs fronti&#232;res, dans leur trafic avec d'autres communaut&#233;s. C'est d'ailleurs une erreur que de placer l'&#233;change au centre des communaut&#233;s, d'en faire l'&#233;l&#233;ment qui les constitue &#224; l'origine. Au d&#233;but, il appara&#238;t au contraire dans les relations des diverses communaut&#233;s entre elles, bien plut&#244;t que dans les relations des membres &#224; l'int&#233;rieur d'une seule et m&#234;me communaut&#233;. De plus, quoique l'argent apparaisse tr&#232;s t&#244;t et joue un r&#244;le multiple, il est dans l'antiquit&#233;, en tant qu'&#233;l&#233;ment dominant, l'apanage de nations d&#233;termin&#233;es unilat&#233;ralement, de nations commer&#231;antes. Et m&#234;me dans l'antiquit&#233; la plus cultiv&#233;e, chez les Grecs et les Romains, il n'atteint son complet d&#233;veloppement, postulat de la soci&#233;t&#233; bourgeoise moderne, que dans la p&#233;riode de leur dissolution. Donc cette cat&#233;gorie pourtant toute simple n'appara&#238;t historiquement avec toute sa vigueur que dans les &#201;tats les plus d&#233;velopp&#233;s de la soci&#233;t&#233;. Elle ne se fraie nullement un chemin &#224; travers tous les rapports &#233;conomiques. Dans l'Empire romain, par exemple, &#224; l'&#233;poque de son plus grand d&#233;veloppement, l'imp&#244;t en nature et les prestations en nature demeur&#232;rent le fondement. Le syst&#232;me mon&#233;taire &#224; proprement parler n'y &#233;tait compl&#232;tement d&#233;velopp&#233; que dans l'arm&#233;e. Il ne s'est jamais saisi non plus de la totalit&#233; du travail. Ainsi, bien qu'historiquement la cat&#233;gorie la plus simple puisse avoir exist&#233; avant la plus concr&#232;te, elle peut appartenir dans son complet d&#233;veloppement &#8212; en compr&#233;hension et en extension &#8212; pr&#233;cis&#233;ment &#224; une forme de soci&#233;t&#233; complexe, alors que la cat&#233;gorie plus concr&#232;te se trouvait plus compl&#232;tement d&#233;velopp&#233;e dans une forme de soci&#233;t&#233; qui, elle, l'&#233;tait moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail semble &#234;tre une cat&#233;gorie toute simple. L'id&#233;e du travail dans cette universalit&#233; &#8212; comme travail en g&#233;n&#233;ral &#8212; est, elle aussi, des plus anciennes. Cependant, con&#231;u du point de vue &#233;conomique sous cette forme simple, le &#8220;travail&#8221; est une cat&#233;gorie tout aussi moderne que les rapports qui engendrent cette abstraction simple. Le syst&#232;me mon&#233;taire, par exemple, place encore d'une fa&#231;on tout &#224; fait objective, comme une chose en dehors de soi, la richesse dans l'argent. Par rapport &#224; ce point de vue, ce fut un grand progr&#232;s quand le syst&#232;me manufacturier ou commercial transposa la source de la richesse de l'objet &#224; l'activit&#233; subjective &#8212; le travail commercial et manufacturier &#8212;, tout en ne concevant encore cette activit&#233; elle-m&#234;me que sous la forme limit&#233;e de productrice d'argent. En face de ce syst&#232;me, le syst&#232;me des physiocrates pose une forme d&#233;termin&#233;e du travail &#8212; l'agriculture &#8212; comme la forme du travail cr&#233;atrice de richesse et pose l'objet lui-m&#234;me non plus sous la forme d&#233;guis&#233;e de l'argent, mais comme produit en tant que tel, comme r&#233;sultat g&#233;n&#233;ral du travail. Ce produit, en raison du caract&#232;re limit&#233; de l'activit&#233;, reste encore un produit d&#233;termin&#233; par la nature &#8212; produit de l'agriculture, produit de la terre par excellence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;norme progr&#232;s fut fait par Adam Smith quand il rejeta toute d&#233;termination particuli&#232;re de l'activit&#233; cr&#233;atrice de richesse pour ne consid&#233;rer que le travail tout court, c'est-&#224;-dire ni le travail manufacturier, ni le travail commercial, ni le travail agricole, mais toutes ces formes de travail dans leur caract&#232;re commun. Avec la g&#233;n&#233;ralit&#233; abstraite de l'activit&#233; cr&#233;atrice de richesse appara&#238;t alors &#233;galement la g&#233;n&#233;ralit&#233; de l'objet dans la d&#233;termination de richesse, le produit consid&#233;r&#233; absolument, ou encore le travail en g&#233;n&#233;ral, mais en tant que travail pass&#233;, objectiv&#233; dans un objet. L'exemple d'Ad. Smith, qui retombe lui-m&#234;me de temps &#224; autre dans le syst&#232;me des physiocrates, montre combien &#233;tait difficile et important le passage &#224; cette conception nouvelle. Il pourrait alors sembler que l'on e&#251;t par l&#224; simplement trouv&#233; l'expression abstraite de la relation plus simple et la plus ancienne qui s'&#233;tablit &#8212; dans quelque forme de soci&#233;t&#233; que ce soit - entre les hommes consid&#233;r&#233;s en tant que producteurs. C'est juste en un sens. Dans l'autre non. L'indiff&#233;rence &#224; l'&#233;gard d'un genre d&#233;termin&#233; de travail pr&#233;suppose l'existence d'une totalit&#233; tr&#232;s d&#233;velopp&#233;e de genres de travaux r&#233;els dont aucun n'est absolument pr&#233;dominant. Ainsi, les abstractions les plus g&#233;n&#233;rales ne prennent somme toute naissance qu'avec le d&#233;veloppement concret le plus riche, o&#249; un caract&#232;re appara&#238;t comme commun &#224; beaucoup, commun &#224; tous. On cesse alors de pouvoir le penser sous une forme particuli&#232;re seulement. D'autre part, cette abstraction du travail en g&#233;n&#233;ral n'est seulement le r&#233;sultat dans la pens&#233;e d'une totalit&#233; concr&#232;te de travaux. L'indiff&#233;rence &#224; l'&#233;gard de tel travail d&#233;termin&#233; correspond &#224; une forme de soci&#233;t&#233; dans laquelle les individus passent avec facilit&#233; d'un travail &#224; l'autre et dans laquelle le genre pr&#233;cis de travail est pour eux fortuit, donc indiff&#233;rent. L&#224; le travail est devenu non seulement sur le plan des cat&#233;gories, mais dans la r&#233;alit&#233; m&#234;me, un moyen de cr&#233;er la richesse en g&#233;n&#233;ral et a cess&#233;, en tant que d&#233;termination, de ne faire qu'un avec les individus, sous quelque aspect particulier. Cet &#233;tat de chose a atteint son plus haut degr&#233; de d&#233;veloppement dans la forme d'existence la plus moderne des soci&#233;t&#233;s bourgeoises, aux &#201;tats-Unis. C'est donc l&#224; seulement que l'abstraction de la cat&#233;gorie &#034;travail&#034;, &#8220;travail en g&#233;n&#233;ral&#8221;, travail &#8220;sans phrase&#034;, point de d&#233;part de l'&#233;conomie moderne, devient une v&#233;rit&#233; pratique. Ainsi l'abstraction la plus simple, que l'&#233;conomie politique moderne place au premier rang et qui exprime un rapport tr&#232;s ancien et valable pour toutes les formes de soci&#233;t&#233;, n'appara&#238;t pourtant sous cette forme abstraite comme v&#233;rit&#233; pratique qu'en tant que cat&#233;gorie de la soci&#233;t&#233; la plus moderne. On pourrait dire que cette indiff&#233;rence &#224; l'&#233;gard d'une forme d&#233;termin&#233;e de travail, qui se pr&#233;sente aux &#201;tats-Unis comme produit historique, appara&#238;t chez les Russes par exemple comme une disposition naturelle. Mais d'une part, quelle sacr&#233;e diff&#233;rence entre les barbares qui ont des dispositions naturelles &#224; se laisser employer &#224; tous les travaux et des civilis&#233;s qui s'y emploient eux-m&#234;mes. Et, d'autre part, chez les Russes, &#224; cette indiff&#233;rence &#224; l'&#233;gard d'un travail d&#233;termin&#233; correspond dans la pratique leur assujettissement traditionnel &#224; un travail bien d&#233;termin&#233;, auquel ne peuvent les arracher des influences ext&#233;rieures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet exemple du travail montre d'une fa&#231;on frappante que m&#234;me les cat&#233;gories les plus abstraites, bien que valables &#8212; pr&#233;cis&#233;ment &#224; cause de leur nature abstraite &#8212; pour toutes les &#233;poques, n'en sont pas moins sous la forme d&#233;termin&#233;e de cette abstraction m&#234;me le produit de conditions historiques et ne restent pleinement valables pour ces conditions et dans le cadre de celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; est l'organisation historique de la production la plus d&#233;velopp&#233;e et la plus vari&#233;e qui soit. De ce fait, les cat&#233;gories qui expriment les rapports de cette soci&#233;t&#233; et qui permettent d'en comprendre la structure permettent en m&#234;me temps de se rendre compte de la structure et des rapports de production de toutes les formes de soci&#233;t&#233; disparues avec les d&#233;bris et les &#233;l&#233;ments desquelles elle s'est &#233;difi&#233;e, dont certains vestiges, partiellement non encore d&#233;pass&#233;s, continuent &#224; subsister en elle, et dont certains simples signes, en se d&#233;veloppant, ont pris toute leur signification, etc. L'anatomie de l'homme est la clef de l'anatomie du singe. Dans les esp&#232;ces animales inf&#233;rieures, on ne peut comprendre les signes annonciateurs d'une forme sup&#233;rieure que lorsque la forme sup&#233;rieure est elle-m&#234;me d&#233;j&#224; connue. Ainsi l'&#233;conomie bourgeoise nous donne la clef de l'&#233;conomie antique, etc. Mais nullement &#224; la mani&#232;re des &#233;conomistes qui effacent toutes les diff&#233;rences historiques et voient dans toutes les formes de soci&#233;t&#233; celles de la soci&#233;t&#233; bourgeoise. On peut comprendre le tribut, la d&#238;me, etc., quand on conna&#238;t la rente fonci&#232;re. Mais il ne faut pas les identifier. Comme, de plus, la soci&#233;t&#233; bourgeoise n'est elle-m&#234;me qu'une forme antith&#233;tique du d&#233;veloppement historique, il est des rapports appartenant &#224; des formes de soci&#233;t&#233; ant&#233;rieures que l'on pourra ne rencontrer en elle que tout &#224; fait &#233;tiol&#233;s, ou m&#234;me travestis. Par exemple, la propri&#233;t&#233; communale. Si donc il est vrai que les cat&#233;gories de l'&#233;conomie bourgeoise poss&#232;dent une certaine v&#233;rit&#233; valable pour toutes les autres formes de soci&#233;t&#233;, cela ne peut &#234;tre admis que cum grano salis (avec un grain de sel). Elles peuvent rec&#233;ler ces formes d&#233;velopp&#233;es, &#233;tiol&#233;es caricatur&#233;es, etc., mais toujours avec une diff&#233;rence essentielle. Ce que l'on appelle d&#233;veloppement historique repose somme toute sur le fait que la derni&#232;re forme consid&#232;re les formes pass&#233;es comme des &#233;- tapes menant &#224; son propre degr&#233; de d&#233;veloppement, et, comme elle est rarement capable, et ceci seulement dans des conditions bien d&#233;termin&#233;es, de faire sa propre critique &#8212; il n'est naturellement pas question ici des p&#233;riodes historiques qui se consid&#232;rent elles-m&#234;mes comme des &#233;poques de d&#233;cadence &#8212; elle les con&#231;oit toujours sous un aspect unilat&#233;ral. La religion chr&#233;tienne n'a &#233;t&#233; capable d'aider &#224; comprendre objectivement les mythologies ant&#233;rieures qu'apr&#232;s avoir achev&#233; jusqu'&#224; un certain degr&#233;, pour ainsi dire (virtuellement), sa propre critique. De m&#234;me l'&#233;conomie politique bourgeoise ne parvint &#224; comprendre les soci&#233;t&#233;s f&#233;odales, antiques, orientales que du jour o&#249; eut commenc&#233; l'autocritique de la soci&#233;t&#233; bourgeoise. Pour autant que l'&#233;conomie politique bourgeoise, cr&#233;ant une nouvelle mythologie, ne s'est pas purement et simplement identifi&#233;e au pass&#233;, sa critique des soci&#233;t&#233;s ant&#233;rieures, en particulier de la soci&#233;t&#233; f&#233;odale, contre laquelle elle avait &#224; lutter directement, a ressembl&#233; &#224; la critique du paganisme par le christianisme, ou encore &#224; celle du catholicisme par le protestantisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que dans toute science historique ou sociale en g&#233;n&#233;ral, il ne faut jamais oublier, &#224; propos de la marche des cat&#233;gories &#233;conomiques, que le sujet, ici la soci&#233;t&#233; bourgeoise moderne, est donn&#233;, aussi bien dans la r&#233;alit&#233; que dans le cerveau, que les cat&#233;gories expriment donc des formes d'existence, des conditions d'existence d&#233;termin&#233;es, souvent de simples aspects particuliers de cette soci&#233;t&#233; d&#233;termin&#233;e, de ce sujet, et que par cons&#233;quent cette soci&#233;t&#233; ne commence nullement &#224; exister, du point de vue scientifique aussi, &#224; partir du moment seulement o&#249; il est question d'elles en tant que telle. C'est une r&#232;gle &#224; retenir, car elle fournit des indications d&#233;cisives pour le choix du plan &#224; adopter. Rien ne semble plus naturel, par exemple, que de commencer par la rente fonci&#232;re, par la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re, &#233;tant donn&#233; qu'elle est li&#233;e &#224; la terre, source de toute production et de toute existence, et par elle &#224; la premi&#232;re form&#233; de production de toute soci&#233;t&#233; parvenue &#224; une certaine stabilit&#233; &#8212; &#224; l'agriculture. Or rien ne serait plus erron&#233;. Dans toutes les formes de soci&#233;t&#233;, c'est une production d&#233;termin&#233;e et les rapports engendr&#233;s par elle qui assignent &#224; toutes les autres productions et aux rapports engendr&#233;s par celle-ci leur rang et leur importance. C'est comme un &#233;clairage g&#233;n&#233;ral o&#249; sont plong&#233;es toutes les couleurs et qui en modifie les tonalit&#233;s particuli&#232;res. C'est comme un &#233;ther particulier qui d&#233;termine le poids sp&#233;cifique de toutes les formes d'existence qui y font saillie. Voici, par exemple, des peuples de bergers. (De simples peuples de chasseurs et de p&#234;cheurs sont en de&#231;&#224; du point o&#249; commence le v&#233;ritable d&#233;veloppement.) Chez eux appara&#238;t une certaine forme d'agriculture, une forme sporadique. C'est ce qui d&#233;termine chez eux la forme de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re. C'est une propri&#233;t&#233; collective et elle conserve plus ou moins cette forme selon que ces peuples restent plus ou moins attach&#233;s &#224; leur tradition : exemple, la propri&#233;t&#233; communale chez les Slaves. Chez les peuples &#224; agriculture solidement implant&#233;e &#8212; cette implantation constitue d&#233;j&#224; une &#233;tape importante &#8212; o&#249; pr&#233;domine cette forme de culture, comme dans les soci&#233;t&#233;s antiques et f&#233;odales, l'industrie elle-m&#234;me, ainsi que son organisation et les formes de propri&#233;t&#233; qui lui correspondent, a plus ou moins le caract&#232;re de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re. Ou bien l'industrie d&#233;pend compl&#232;tement de l'agriculture, comme chez les anciens Romains, ou bien, comme au moyen-&#226;ge elle imite &#224; la ville et dans ses rapports l'organisation rurale. Le capital lui-m&#234;me au moyen-&#226;ge &#8212; dans la mesure o&#249; il ne s'agit pas purement de capital mon&#233;taire &#8212; a, sous la forme d'outillage de m&#233;tier traditionnel, etc., ce caract&#232;re de propri&#233;t&#233; fonci&#232;re. Dans la soci&#233;t&#233; bourgeoise, c'est l'inverse. L'agriculture devient de plus en plus une simple branche de l'industrie et elle est enti&#232;rement domin&#233;e par le capital. Il en est de m&#234;me de la rente fonci&#232;re. Dans toutes les formes de soci&#233;t&#233; o&#249; domine la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re, le rapport avec la nature reste pr&#233;pond&#233;rant. Dans celles o&#249; domine le capital, c'est l'&#233;l&#233;ment social cr&#233;&#233; au cours de l'histoire qui pr&#233;vaut. On ne peut comprendre la rente fonci&#232;re sans le capital. Mais on peut comprendre le capital sans la rente fonci&#232;re. Le capital est la force &#233;conomique de la soci&#233;t&#233; bourgeoise qui domine tout. Il constitue n&#233;cessairement le point de d&#233;part comme le point final et doit &#234;tre expliqu&#233; avant la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re. Apr&#232;s les avoir &#233;tudi&#233;s chacun en particulier, il faut examiner leurs rapports r&#233;ciproques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait impossible et erron&#233; de ranger les cat&#233;gories &#233;conomiques dans l'ordre o&#249; elles ont &#233;t&#233; historiquement d&#233;terminantes. Leur ordre est au contraire d&#233;termin&#233; par les relations qui existent entre elles dans la soci&#233;t&#233; bourgeoise moderne et il est pr&#233;cis&#233;ment &#224; l'inverse de ce qui semble &#234;tre leur ordre naturel ou correspondre &#224; leur ordre de succession au cours de l'&#233;volution historique. Il ne s'agit pas de la relation qui s'&#233;tablit historiquement entre les rapports &#233;conomiques dans la succession des diff&#233;rentes formes de soci&#233;t&#233;. Encore moins de leur ordre de succession &#8220;dans l'id&#233;e&#8221; (Proudhon) (conception n&#233;buleuse du mouvement historique). Il s'agit de leur hi&#233;rarchie dans le cadre de la soci&#233;t&#233; bourgeoise moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tat de puret&#233; (d&#233;termination abstraite) dans lequel apparurent dans le monde antique les peuples commer&#231;ants &#8212; Ph&#233;niciens, Carthaginois &#8212; est d&#233;termin&#233; par la pr&#233;dominance m&#234;me des peuples agriculteurs. Le capital en tant que capital commercial ou capital mon&#233;taire appara&#238;t pr&#233;cis&#233;ment sous cette forme abstraite l&#224; o&#249; le capital n'est pas encore l'&#233;l&#233;ment dominant des soci&#233;t&#233;s. Les Lombards, les Juifs occupent la m&#234;me position &#224; l'&#233;gard des soci&#233;t&#233;s du moyen-&#226;ge pratiquant l'agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre exemple de la place diff&#233;rente qu'occupent ces m&#234;mes cat&#233;gories &#224; diff&#233;rents stades de la soci&#233;t&#233; : une des derni&#232;res formes de la soci&#233;t&#233; bourgeoise : les joint stock-compagnies (soci&#233;t&#233;s par actions). Mais elles apparaissent aussi &#224; ses d&#233;buts dans les grandes compagnies de commerce privil&#233;gi&#233;es et jouissant d'un monopole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concept de richesse nationale lui-m&#234;me s'insinue chez les. &#233;conomistes du XVIIe si&#232;cle &#8212; l'id&#233;e subsiste encore en partie chez ceux du XVIIIe &#8212; sous cette forme ; la richesse est cr&#233;&#233;e pour l'&#201;tat seulement, mais la puissance de celui-ci se mesure &#224; cette richesse. C'&#233;tait l&#224; la forme encore inconsciemment hypocrite qui annonce l'id&#233;e faisant de la richesse elle-m&#234;me et de sa production le but final des &#201;tats modernes, consid&#233;r&#233;s alors uniquement comme moyens de produire la richesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plan &#224; adopter doit manifestement &#234;tre le suivant : l&#176; les d&#233;terminations abstraites g&#233;n&#233;rales, convenant donc plus ou moins &#224; toutes les formes de soci&#233;t&#233;, mais dans le sens expos&#233; plus haut ; 2&#176; les cat&#233;gories constituant la structure interne de la soci&#233;t&#233; bourgeoise et sur lesquelles reposent les classes fondamentales. Capital, travail salari&#233;, propri&#233;t&#233; fonci&#232;re. Leurs rapports r&#233;ciproques. Ville et campagne. Les trois grandes classes sociales, l'&#233;change entre celles-ci. Circulation. Cr&#233;dit (priv&#233;). 3&#176; Concentration de la soci&#233;t&#233; bourgeoise sous la forme de l'&#201;tat. Consid&#233;r&#233; dans sa relation avec lui-m&#234;me. Les classes &#8220;improductives&#8221;. Imp&#244;ts. Dette publique. Cr&#233;dit public. La population. Les colonies. Emigration. 4&#176; Rapports internationaux de production. Division internationale du travail. Echange international. Exportation et importation. Cours des changes. 5&#176; Le march&#233; mondial et les crises.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Introduction : Production, consommation, distribution, &#233;change (Circulation)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;I. Production&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) L'objet de cette &#233;tude est tout d'abord la production mat&#233;rielle. Des individus produi&#173;sant en soci&#233;t&#233; - donc une production d'individus socialement d&#233;termin&#233;e, tel est naturelle&#173;ment le point de d&#233;part. Le chasseur et le p&#234;cheur individuels et isol&#233;s, par lesquels commen&#173;cent Smith et Ricardo, font partie des plates fictions du XVIII&#176; si&#232;cle. Robinsonades qui n'expriment nullement, comme se l'imaginent certains historiens de la civilisation, une simple r&#233;action contre des exc&#232;s de raffinement et un retour &#224; un &#233;tat de nature mal compris. De m&#234;me, le contrat social de Rousseau qui, entre des sujets ind&#233;pendants par nature, &#233;tablit des relations et des liens au moyen d'un pacte, ne repose pas davantage sur un tel naturalisme. Ce n'est qu'apparence, apparence d'ordre purement esth&#233;tique dans les petites et grandes robinso&#173;nades. Il s'agit, en r&#233;alit&#233;, d'une anticipation de la &#171; soci&#233;t&#233; bourgeoise &#187; qui se pr&#233;parait depuis le XVI&#176; si&#232;cle et qui, au XVIII&#176; marchait &#224; pas de g&#233;ant vers sa maturit&#233;. Dans cette soci&#233;t&#233; o&#249; r&#232;gne la libre concurrence, l'individu appara&#238;t d&#233;tach&#233; des liens naturels, etc., qui font de lui &#224; des &#233;poques historiques ant&#233;rieures un &#233;l&#233;ment d'un conglom&#233;rat humain d&#233;termin&#233; et d&#233;limit&#233;. Pour les proph&#232;tes du XVIII&#176; si&#232;cle, - Smith et Ricardo se situent encore compl&#232;tement sur leurs positions, - cet individu du XVIII&#176; si&#232;cle - produit, d'une part, de la d&#233;composition des formes de soci&#233;t&#233; f&#233;odales, d'autre part, des forces de production nouvelles qui se sont d&#233;velopp&#233;es depuis le XVI&#176; si&#232;cle - appara&#238;t comme un id&#233;al qui aurait exist&#233; dans le pass&#233;. Ils voient en lui non un aboutissement historique, mais le point de d&#233;part de l'histoire, parce qu'ils consid&#232;rent cet individu comme quelque chose de naturel, conforme &#224; leur conception de la nature humaine, non comme un produit de l'histoire, mais comme une donn&#233;e de la nature. Cette illusion a &#233;t&#233; jusqu'&#224; maintenant partag&#233;e par toute &#233;poque nou&#173;velle. Steuart, qui, &#224; plus d'un &#233;gard, s'oppose au XVIII&#176; si&#232;cle et, en sa qualit&#233; d'aristo&#173;crate, se tient davantage sur le terrain historique, a &#233;chapp&#233; &#224; cette illusion na&#239;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus on remonte dans le cours de l'histoire, plus l'individu &#8211; et par suite l'individu produc&#173;teur, lui aussi, - appara&#238;t dans un &#233;tat de d&#233;pendance, membre d'un ensemble plus grand : cet &#233;tat se manifeste tout d'abord de fa&#231;on tout &#224; fait naturelle dans la famille et dans la famille &#233;largie jusqu'&#224; former la tribu ; puis dans les diff&#233;rentes formes de communaut&#233;s, issues de l'opposition et de la fusion des tribus. Ce n'est qu'au XVIII&#176; si&#232;cle, dans la &#171; soci&#233;t&#233; bourgeoise &#187;, que les diff&#233;rentes formes de l'ensemble social se pr&#233;sentent &#224; l'individu com&#173;me un simple moyen de r&#233;aliser ses buts particuliers, comme une n&#233;cessit&#233; ext&#233;rieure. Mais l'&#233;poque qui engendre ce point de vue, celui de l'individu isol&#233;, est pr&#233;cis&#233;ment celle o&#249; les rapports sociaux (rev&#234;tant de ce point de vue un caract&#232;re g&#233;n&#233;ral) ont atteint le plus grand d&#233;veloppement qu'ils aient connu. L'homme est, au sens le plus litt&#233;ral, un [...] [1], non seule&#173;ment un animal sociable, mais un animal qui ne peut s'isoler que dans la soci&#233;t&#233;. La production r&#233;alis&#233;e en dehors de la soci&#233;t&#233; par l'individu isol&#233; - fait exceptionnel qui peut bien arriver &#224; un civilis&#233; transport&#233; par hasard dans un lieu d&#233;sert et qui poss&#232;de d&#233;j&#224; en puissance les forces propres &#224; la soci&#233;t&#233; - est chose aussi absurde que le serait le d&#233;veloppe&#173;ment du langage sans la pr&#233;sence d'individus vivant et parlant ensemble. Inutile de s'y arr&#234;ter plus longtemps. Il n'y aurait aucune raison d'aborder ce point si cette niaiserie, qui avait un sens et une raison d'&#234;tre chez les gens du XVIII&#176; si&#232;cle, n'avait &#233;t&#233; r&#233;introduite tr&#232;s s&#233;rieuse&#173;ment par Bastiat, Carey, Proudhon etc., en pleine &#233;conomie politique moderne. Pour Proudhon entre autres, il est naturellement bien commode de faire de la mythologie pour donner une explication historico-philosophique d'un rapport &#233;conomique dont il ignore l'ori&#173;gine historique : l'id&#233;e de ce rapport serait venue un beau jour toute pr&#234;te &#224; l'esprit d'Adam ou de Prom&#233;th&#233;e, qui l'ont alors introduite dans le monde, etc... Rien de plus fastidieux et de plus plat que le locus communis [lieu commun] en proie au d&#233;lire.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;TERNISATION DES RAPPORTS DE PRODUCTION HISTORIQUES.&lt;br class='autobr' /&gt;
PRODUCTION ET DISTRIBUTION EN G&#201;N&#201;RAL. PROPRI&#201;T&#201;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand donc nous parlons de production, c'est toujours de la production &#224; un stade d&#233;ter&#173;mi&#173;n&#233; du d&#233;veloppement social qu'il s'agit - de la production d'individus vivant en soci&#233;t&#233;. Aussi pourrait-il sembler que, pour parler de la production en g&#233;n&#233;ral, il faille, soit suivre le proc&#232;s historique de son d&#233;veloppement dans ses diff&#233;rentes phases, soit d&#233;clarer de prime abord que l'on s'occupe d'une &#233;poque historique d&#233;termin&#233;e, par exemple de la production bourgeoise moderne, qui est, en fait, notre v&#233;ritable sujet. Mais toutes les &#233;poques de la production ont certains caract&#232;res communs, certaines d&#233;terminations communes. La production en g&#233;n&#233;ral est une abstraction, mais une abstraction rationnelle, dans la mesure o&#249;, soulignant et pr&#233;cisant bien les traits communs, elle nous &#233;vite la r&#233;p&#233;tition. Cepen&#173;dant, ce caract&#232;re g&#233;n&#233;ral, ou ces traits communs, que permet de d&#233;gager la comparaison, forment eux-m&#234;mes un ensemble tr&#232;s complexe dont les &#233;l&#233;ments divergent pour rev&#234;tir des d&#233;termi&#173;nations diff&#233;rentes. Certains de ces caract&#232;res appartiennent &#224; toutes les &#233;poques, d'autres sont communs &#224; quelques-unes seulement. [Certaines] de ces d&#233;terminations appara&#238;tront communes &#224; l'&#233;poque la plus moderne comme &#224; la plus ancienne. Sans elles, on ne peut concevoir aucune production. Mais, s'il est vrai que les langues les plus &#233;volu&#233;es ont en commun avec les moins &#233;volu&#233;es certaines lois et d&#233;terminations, ce qui constitue leur &#233;volution, c'est pr&#233;cis&#233;ment ce qui les diff&#233;rencie de ces caract&#232;res g&#233;n&#233;raux et communs ; aussi faut-il bien distinguer les d&#233;terminations qui valent pour la production en g&#233;n&#233;ral, afin que l'unit&#233; - qui d&#233;coule d&#233;j&#224; du fait que le sujet, l'humanit&#233;, et l'objet, la nature, sont identi&#173;ques - ne fasse pas oublier la diff&#233;rence essentielle. C'est de cet oubli que d&#233;coule, par exemple, toute la sagesse des &#233;conomistes modernes qui pr&#233;tendent prouver l'&#233;ternit&#233; et l'harmonie des rapports sociaux existant actuellement. Par exemple, pas de production possible sans un instrument de production, cet instrument ne serait-il que la main. Pas de production possible sans travail pass&#233; accumul&#233;, ce travail ne serait-il que l'habilet&#233; que l'exe&#173;r&#173;cice r&#233;p&#233;t&#233; a d&#233;velopp&#233;e et fix&#233;e dans la main du sauvage. Entre autres choses, le capital est, lui aussi, un instrument de production, c'est, lui aussi, du travail pass&#233;, objectiv&#233;. Donc le capital est un rapport naturel universel et &#233;ternel ; oui, mais &#224; condition de n&#233;gliger pr&#233;cis&#233;ment l'&#233;l&#233;ment sp&#233;cifique, ce qui seul transforme en capital l'&#171; instrument de produc&#173;tion &#187;, le &#171; travail accumul&#233; &#187;. Toute l'histoire des rapports de production appara&#238;t ainsi, par exemple chez Carey, comme une falsification provoqu&#233;e par la malveillance des gouverne&#173;ments. S'il n'y a pas de production en g&#233;n&#233;ral, il n'y a pas non plus de production g&#233;n&#233;rale. La production est toujours une branche particuli&#232;re de la production - par exemple l'agriculture, l'&#233;levage du b&#233;tail, la manufacture, etc., ou bien elle constitue un tout. Mais l'&#233;conomie politique n'est pas la technologie. Il faudra expliquer ailleurs (plus tard) le rapport entre les d&#233;terminations g&#233;n&#233;rales de la production &#224; un stade social donn&#233; et les formes particuli&#232;res de la production. Enfin la production n'est pas non plus uniquement une production particuli&#232;re, elle appara&#238;t toujours sous la forme d'un certain corps social d'un sujet social, qui exerce son activit&#233; dans un ensemble plus ou moins grand et riche de branches de la production. Il n'y a pas encore lieu non plus d'&#233;tudier ici le rapport existant entre l'expos&#233; scientifique et le mouvement r&#233;el. Production en g&#233;n&#233;ral. Branches particuli&#232;res de la production. Production consid&#233;r&#233;e dans sa totalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est de mode en &#233;conomie politique de faire pr&#233;c&#233;der toute &#233;tude d'une partie g&#233;n&#233;rale, - celle, pr&#233;cis&#233;ment, qui figure sous le titre de Production (cf., par exemple, J. Stuart Mill), - dans laquelle on traite des conditions g&#233;n&#233;rales de toute production. Cette partie g&#233;n&#233;rale comprend ou est cens&#233;e comprendre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. L'&#233;tude des conditions sans lesquelles la production n'est pas possible, et qui se borne donc en fait &#224; la mention des facteurs essentiels communs &#224; toute production. Mais, en r&#233;alit&#233;, cela se r&#233;duit, comme nous le verrons, &#224; quelques d&#233;terminations tr&#232;s simples rab&#226;ch&#233;es en plates tautologies ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. L'&#233;tude des conditions qui favorisent plus ou moins le d&#233;veloppement de la produc&#173;tion, comme, par exemple, l'&#233;tat social progressif ou stagnant d'Adam Smith. Pour donner un caract&#232;re scientifique &#224; ce qui, chez lui, a sa valeur comme aper&#231;u, il faudrait &#233;tudier les p&#233;riodes de divers degr&#233;s de productivit&#233; au cours du d&#233;veloppement de diff&#233;rents peuples - &#233;tude qui d&#233;passe les limites proprement dites de notre sujet, mais qui, dans la mesure o&#249; elle y entre, doit &#234;tre expos&#233;e dans la partie expliquant la concurrence, l'accumu&#173;lation, etc. Sous sa forme g&#233;n&#233;rale, la conclusion aboutit &#224; cette g&#233;n&#233;ralit&#233; qu'un peuple industriel est &#224; l'apog&#233;e de sa production au moment m&#234;me o&#249;, d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, il atteint son apog&#233;e historique. Et, de fait, un peuple est &#224; son apog&#233;e industrielle tant que ce n'est pas encore le profit, mais la recherche du gain qui est pour lui l'essentiel. Sup&#233;riorit&#233;, en ce sens, des Yankees sur les Anglais. Ou bien, aussi, on aboutit &#224; ceci, que certaines races, certaines dispositions, certains climats, certaines conditions naturelles, comme la situation au bord de la mer, la fertilit&#233; du sol, etc., sont plus favorables que d'autres &#224; la production. Ce qui donne de nouveau cette tautologie : la richesse se cr&#233;e d'autant plus facilement que ses &#233;l&#233;ments subjectifs et objectifs existent &#224; un degr&#233; plus &#233;lev&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, dans cette partie g&#233;n&#233;rale, ce n'est pas de tout cela qu'il s'agit en r&#233;alit&#233; pour les &#233;conomistes. Il s'agit bien plut&#244;t, comme le montre l'exemple de Mill, de repr&#233;senter la production, &#224; la diff&#233;rence de la distribution, etc., comme enclose dans des lois naturelles, &#233;ternelles, ind&#233;pendantes de l'histoire, et &#224; cette occasion de glisser en sous-main cette id&#233;e que les rapports bourgeois sont des lois naturelles immuables de la soci&#233;t&#233; con&#231;ue in abstracto [dans l'abstrait]. Tel est le but auquel tend plus ou moins consciemment tout ce proc&#233;d&#233;. Dans la distribution, au contraire, les hommes se seraient permis d'agir en fait avec beaucoup d'arbitraire. Abstraction faite de cette disjonction brutale de la production et la distribution et de la rupture de leur rapport r&#233;el, on peut d&#232;s l'abord voir au moins ceci clairement : si diverse que puisse &#234;tre la distribution aux diff&#233;rents stades de la soci&#233;t&#233;, il doit &#234;tre possible, tout aussi bien que pour la production, de d&#233;gager des caract&#232;res communs, et possible aussi d'effacer ou de supprimer toutes les diff&#233;rences historiques pour &#233;noncer des lois s'appliquant &#224; l'homme en g&#233;n&#233;ral. Par exemple, l'esclave, le serf, le travailleur salari&#233; re&#231;oivent tous une quantit&#233; d&#233;termin&#233;e de nourriture qui leur permet de subsister en tant qu'esclave, serf, salari&#233;. Qu'ils vivent du tribut, de l'imp&#244;t, de la rente fonci&#232;re, de l'aum&#244;ne ou de la d&#238;me, le conqu&#233;rant, le fonctionnaire, le propri&#233;taire foncier, le moine ou le l&#233;vite re&#231;oivent tous une quote-part de la production sociale qui est fix&#233;e suivant d'autres lois que celle des esclaves, etc. Les deux principaux points que tous les &#233;conomistes placent sous cette rubrique sont : 1&#176; propri&#233;t&#233; ; 2&#176; garantie de cette derni&#232;re par la justice, la police, etc. On peut r&#233;pondre &#224; cela tr&#232;s bri&#232;vement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le premier point : Toute production est appropriation de la nature par l'individu dans le cadre et par l'interm&#233;diaire d'une forme de soci&#233;t&#233; d&#233;termin&#233;e. En ce sens, c'est une tautologie de dire que la propri&#233;t&#233; (appropriation) est une condition de la production. Mais il est ridicule de partir de l&#224; pour passer d'un saut &#224; une forme d&#233;termin&#233;e de la propri&#233;t&#233;, par exemple &#224; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e. (Ce qui, de plus, suppose &#233;galement comme condition une forme oppos&#233;e, la non-propri&#233;t&#233;.)L'histoire nous montre bien plut&#244;t dans la propri&#233;t&#233; commune (par exemple chez les Indiens, les Slaves, les anciens Celtes, etc.) la forme primitive, forme qui, sous l'aspect de propri&#233;t&#233; communale, jouera longtemps encore un r&#244;le important. Quant &#224; savoir si la richesse se d&#233;veloppe mieux sous l'une ou l'autre forme de propri&#233;t&#233;, il n'en est encore nullement question ici. Mais, dire qu'il ne puisse &#234;tre question d'aucune production, ni par cons&#233;quent d'aucune soci&#233;t&#233; o&#249; n'existe aucune forme de propri&#233;t&#233;, est pure tautologie. Une appropriation qui ne s'approprie rien est une contradictio in subjecto [une contradiction dans les termes].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le deuxi&#232;me point : Mise en s&#251;ret&#233; des biens acquis, etc. Si l'on r&#233;duit ces banalit&#233;s &#224; leur contenu r&#233;el, elles expriment beaucoup plus que ne s'en doutent ceux qui les pr&#234;chent. A savoir que toute forme de production engendre ses propres rapports juridiques, sa propre forme de gouvernement, etc. C'est manquer de finesse et de perspicacit&#233; que d'&#233;tablir entre des choses formant un tout organique des rapports contingents, que d'&#233;tablir seulement entre elles un lien de la r&#233;flexion. C'est ainsi que les &#233;conomistes bourgeois ont le sentiment vague que la production est plus facile avec la police moderne qu'&#224; l'&#233;poque par exemple du &#171; droit du plus fort &#187;. Ils oublient seulement que le &#171; droit du plus fort &#187; est &#233;galement un droit, et qui survit sous une autre forme dans leur &#171; &#201;tat juridique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les conditions sociales r&#233;pondant &#224; un stade d&#233;termin&#233; de la production sont seulement en voie de formation ou, au contraire, quand elles sont d&#233;j&#224; en voie de disparition, des perturbations se produisent naturellement dans la production, bien qu'elles soient d'un degr&#233; et d'un effet variables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;sumer : tous les stades de la production ont des d&#233;terminations communes auxquelles la pens&#233;e pr&#234;te un caract&#232;re g&#233;n&#233;ral ; mais les pr&#233;tendues conditions g&#233;n&#233;rales de toute production ne sont rien d'autre que ces facteurs abstraits, qui ne r&#233;pondent &#224; aucun stade historique r&#233;el de la production.&lt;br class='autobr' /&gt;
II. Rapport g&#233;n&#233;ral entre la production et la distribution, l'&#233;change, la consommation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de nous engager plus avant dans l'analyse de la production, il est n&#233;cessaire d'examiner les diff&#233;rentes rubriques dont l'accompagnent les &#233;conomistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; l'id&#233;e telle qu'elle se pr&#233;sente d'elle-m&#234;me : dans la production, les membres de la soci&#233;t&#233; adaptent (produisent, fa&#231;onnent) les produits de la nature conform&#233;ment &#224; des besoins humains ; la distribution d&#233;termine la proportion dans laquelle l'individu participe &#224; la r&#233;partition de ces produits ; l'&#233;change lui procure les produits particuliers en lesquels il veut convertir la quote-part qui lui est d&#233;volue par la distribution ; dans la consommation enfin les produits deviennent objets de jouissance, d'appropriation individuelle. La production cr&#233;e les objets qui r&#233;pondent aux besoins ; la distribution les r&#233;partit suivant des lois sociales ; l'&#233;chan&#173;ge r&#233;partit de nouveau ce qui a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; r&#233;parti, mais selon les besoins individuels ; dans la consommation enfin, le produit s'&#233;vade de ce mouvement social, il devient directement objet et serviteur du besoin individuel, qu'il satisfait dans la jouissance. La production appara&#238;t ainsi comme le point de d&#233;part, la consommation comme le point final, la distribution et l'&#233;change comme le moyen terme, lequel a, &#224; son tour, un double caract&#232;re, la distribution &#233;tant le moment ayant pour origine la soci&#233;t&#233; et l'&#233;change le moment ayant l'individu pour origine. Dans la production la personne s'objective et dans la personne [2] se subjectivise la chose ; dans la distribution c'est la soci&#233;t&#233;, sous forme de d&#233;terminations g&#233;n&#233;rales domi&#173;nantes, qui fait office d'interm&#233;diaire entre la production et la consommation ; dans l'&#233;change, le passage de l'une &#224; l'autre est assur&#233; par la d&#233;termination contingente de l'individu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La distribution d&#233;termine la proportion (la quantit&#233;) des produits qui &#233;choient &#224; l'individu ; l'&#233;change d&#233;termine les produits que chaque individu r&#233;clame en tant que part qui lui a &#233;t&#233; assign&#233;e par la distribution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Production, distribution, &#233;change, consommation forment ainsi [suivant la doctrine des &#233;conomistes [3]]un syllogisme dans les r&#232;gles ; la production constitue le g&#233;n&#233;ral, la distribu&#173;tion et l'&#233;change le particulier, la consommation le singulier, &#224; quoi aboutit l'ensemble. Sans doute, c'est bien l&#224; un encha&#238;nement, mais fort superficiel. La production est d&#233;termin&#233;e par des lois naturelles g&#233;n&#233;rales ; la distribution par la contingence sociale, et celle-ci peut, par suite, exercer sur la production une action plus ou moins stimulante ; l'&#233;change se situe entre les deux comme un mouvement social de caract&#232;re formel, et l'acte final de la consommation, con&#231;u non seulement comme abou&#173;tis&#173;se&#173;ment, mais comme but final, est, &#224; vrai dire, en dehors de l'&#233;conomie, sauf dans la mesure o&#249; il r&#233;agit &#224; son tour sur le point de d&#233;part, o&#249; il ouvre &#224; nouveau tout le proc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les adversaires des &#233;conomistes - adversaires de l'int&#233;rieur ou du dehors, - qui leur reprochent de dissocier d'une fa&#231;on barbare des choses formant un tout, se placent ou bien sur le m&#234;me terrain qu'eux, ou bien au-dessous d'eux. Rien de plus banal que le reproche fait aux &#233;conomistes de consid&#233;rer la production trop exclusivement comme une fin en soi et all&#233;guant que la distribution a tout autant d'importance. Ce reproche repose pr&#233;cis&#233;ment sur la conception &#233;conomique suivant laquelle la distribution existe en tant que sph&#232;re autonome, ind&#233;pendante, &#224; c&#244;t&#233; de la production. Ou bien [on leur reproche] de ne pas consid&#233;rer dans leur unit&#233; ces diff&#233;rentes phases. Comme si cette dissociation n'&#233;tait pas pass&#233;e de la r&#233;alit&#233; dans les livres, mais au contraire des livres dans la r&#233;alit&#233;, et comme s'il s'agissait ici d'un &#233;quilibre dialectique de concepts et non pas de la conception [4] des rapports r&#233;els !&lt;br class='autobr' /&gt;
a) La production est aussi consommation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Double caract&#232;re de la consommation, subjectif et objectif : d'une part, l'individu qui d&#233;ve&#173;&#173;lop&#173;pe ses facult&#233;s en produisant les d&#233;pense &#233;galement, les consomme dans l'acte de la produc&#173;tion, tout comme la procr&#233;ation naturelle est consommation des forces vitales. Deuxi&#232;mement : consommation des moyens de production que l'on emploie, qui s'usent, et qui se dissolvent en partie (comme par exemple lors de la combustion) dans les &#233;l&#233;ments de l'univers. De m&#234;me pour la mati&#232;re premi&#232;re, qui ne conserve pas sa forme et sa constitution naturelles, mais qui se trouve consomm&#233;e. L'acte de production est donc lui-m&#234;me dans tous ses moments un acte de consommation &#233;galement. Les &#233;conomistes, du reste, l'admettent. La production consid&#233;r&#233;e comme imm&#233;diatement identique &#224; la consommation et la consomma&#173;tion comme co&#239;ncidant de fa&#231;on imm&#233;diate avec la production, c'est ce qu'ils appellent la consommation productive. Cette identit&#233; de la production et de la consommation revient &#224; la proposition de Spinoza : Determinatio est negatio [Toute d&#233;termination est n&#233;gation].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette d&#233;termination de la consommation productive n'est pr&#233;cis&#233;ment &#233;tablie que pour distinguer la consommation qui s'identifie &#224; la production, de la consommation propre&#173;ment dite, qui est plut&#244;t con&#231;ue comme antith&#232;se destructrice de la production. Consid&#233;rons donc la consommation proprement dite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La consommation est de mani&#232;re imm&#233;diate &#233;galement production, de m&#234;me que dans la nature la consommation des &#233;l&#233;ments et des substances chimiques est production de la plante. Il est &#233;vident que dans l'alimen&#173;tation, par exemple, qui est une forme particuli&#232;re de la consommation, l'homme produit son propre corps. Mais cela vaut &#233;galement pour tout autre genre de consommation qui, d'une mani&#232;re ou d'une autre, contribue par quelque c&#244;t&#233; &#224; la production de l'homme. Production consommatrice. Mais, objecte l'&#233;conomie, cette produc&#173;tion qui s'identifie &#224; la consommation est une deuxi&#232;me production, issue de la destruction du premier produit. Dans la premi&#232;re le producteur s'objectivait ; dans la seconde, au contraire, c'est l'objet qu'il a cr&#233;&#233; qui se person&#173;nifie. Ainsi, cette production consommatrice - bien qu'elle constitue une unit&#233; imm&#233;diate de la production et de la consommation - est essen&#173;tiel&#173;le&#173;&#173;ment diff&#233;rente de la production propre&#173;ment dite. L'unit&#233; imm&#233;diate, dans laquelle la produc&#173;tion co&#239;ncide avec la consommation et la consommation avec la production, laisse subsis&#173;ter leur dualit&#233; fonci&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La production est donc imm&#233;diatement consommation, la consommation imm&#233;diatement production. Chacune est imm&#233;diatement son contraire. Mais il s'op&#232;re en m&#234;me temps un mouvement m&#233;diateur entre les deux termes. La production est m&#233;diatrice de la consom&#173;mation, dont elle cr&#233;e les &#233;l&#233;ments mat&#233;riels et qui, sans elle, n'aurait point d'objet. Mais la consommation est aussi m&#233;diatrice de la production en procurant aux produits le sujet pour lequel ils sont des produits. Le produit ne conna&#238;t son ultime accomplissement que dans la consommation. Un chemin de fer sur lequel on ne roule pas, qui donc ne s'use pas, n'est pas consomm&#233;, n'est un chemin de fer que dans le domaine de la possibilit&#233; [...] et non dans celui de la r&#233;alit&#233;. Sans production, pas de consommation ; mais, sans consommation, pas de production non plus, car la production serait alors sans but. La consommation produit la production doublement. 1&#186; C'est dans la consommation seulement que le produit devient r&#233;ellement produit. Par exemple, un v&#234;tement ne devient v&#233;ritablement v&#234;tement que par le fait qu'il est port&#233; ; une maison qui n'est pas habit&#233;e n'est pas, en fait, une v&#233;ritable maison ; le produit donc, &#224; la diff&#233;rence du simple objet naturel, ne s'affirme comme produit, ne devient produit que dans la consommation. C'est la consommation seulement qui, en absor&#173;bant le produit, lui donne la derni&#232;re touche (finishing stroke) ; carla production n'est pas produit en tant qu'activit&#233; objectiv&#233;e, mais seulement en tant qu'objet pour le sujet agissant [la consommation produit la production] [5]. 2&#186; La consommation cr&#233;e le besoin d'une nouvelle production, par cons&#233;quent la raison id&#233;ale, le mobile interne de la production, qui en est la condition pr&#233;alable. La consommation cr&#233;e le mobile de la production ; elle cr&#233;e aussi l'objet qui agit dans la production en d&#233;terminant sa fin. S'il est clair que la production offre, sous sa forme mat&#233;rielle, l'objet de la consommation, il est donc tout aussi clair que la consommation pose id&#233;alement l'objet de la production, sous forme d'image int&#233;rieure, de besoin, de mobile et de fin. Elle cr&#233;e les objets de la production sous une forme encore subjective. Sans besoin, pas de production. Mais la consommation reproduit le besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce double caract&#232;re correspond du c&#244;t&#233; de la production : 1&#186; Elle fournit &#224; la consom&#173;ma&#173;tion sa mati&#232;re, son objet. Une consommation sans objet n'est pas une consommation ; &#224; cet &#233;gard donc la production cr&#233;e, produit la consommation. 2&#186; Mais ce n'est pas seulement l'objet que la production procure &#224; la consommation. Elle lui donne aussi son aspect d&#233;termin&#233;, son caract&#232;re, son fini (finish). Tout comme la consommation donnait la derni&#232;re touche au produit en tant que produit, la production le donne &#224; la consommation. D'abord l'objet n'est pas un objet en g&#233;n&#233;ral, mais un objet d&#233;termin&#233;, qui doit &#234;tre consomm&#233; d'une fa&#231;on d&#233;termin&#233;e, &#224; laquelle la production elle-m&#234;me doit servir [6] d'interm&#233;diaire. La faim est la faim, mais la faim qui se satisfait avec de la viande cuite, mang&#233;e avec fourchette et couteau, est une autre faim que celle qui avale de la chair crue en se servant des mains, des ongles et des dents. Ce n'est pas seulement l'objet de la consommation, mais aussi le mode de consommation qui est donc produit par la production, et ceci non seulement d'une mani&#232;re objective, mais aussi subjective. La production cr&#233;e donc le consommateur. 3&#186; La production ne fournit donc pas seulement un objet mat&#233;riel au besoin, elle fournit aussi un besoin &#224; l'objet mat&#233;riel. Quand la consommation se d&#233;gage de sa grossi&#232;ret&#233; primitive et perd son caract&#232;re imm&#233;diat - et le fait m&#234;me de s'y attarder serait encore le r&#233;sultat d'une production rest&#233;e &#224; un stade de grossi&#232;ret&#233; primitive -, elle a elle-m&#234;me, en tant qu'instinct, l'objet pour m&#233;diateur. Le besoin qu'elle &#233;prouve de cet objet est cr&#233;&#233; par la perception de celui-ci. L'objet d'art - comme tout autre produit - cr&#233;e un public apte &#224; comprendre l'art et &#224; jouir de la beaut&#233;. La production ne produit donc pas seulement un objet pour le sujet, mais aussi un sujet pour l'objet. La production produit donc la consommation 1&#186; en lui fournissant la mati&#232;re ; 2&#186; en d&#233;terminant le mode de consommation ; 3&#186; en faisant na&#238;tre chez le consom&#173;ma&#173;teur le besoin de produits pos&#233;s d'abord simplement par elle sous forme d'objets. Elle pro&#173;duit donc l'objet de la consommation, le mode de consommation, l'instinct de la consom&#173;mation. De m&#234;me la consommation engendre l'aptitude du producteur en le sollicitant sous la forme d'un besoin d&#233;terminant le but de la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'identit&#233; entre la consommation et la production appara&#238;t donc sous un triple aspect :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Identit&#233; imm&#233;diate. La production est consommation ; la consommation est produc&#173;tion. Production consommatrice. Consommation productive. Toutes deux sont appel&#233;es consommation productive par les &#233;cono&#173;mis&#173;tes. Mais ils font encore une diff&#233;rence. La premi&#232;re prend la forme de reproduction ; la seconde, de consommation productive. Toutes les recherches sur la premi&#232;re sont l'&#233;tude du travail productif ou improductif ; les recherches sur la seconde sont celle de la consommation productive ou improductive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Chacune appara&#238;t comme le moyen de l'autre ; elle est m&#233;di&#233;e par l'autre ; ce qui s'expri&#173;me par leur interd&#233;pendance, mouvement qui les rapporte l'une &#224; l'autre et les fait appara&#238;tre comme indispensables r&#233;ciproquement, bien qu'elles restent cependant ext&#233;rieures l'une &#224; l'autre. La production cr&#233;e la mati&#232;re de la consommation en tant qu'objet ext&#233;rieur ; la consommation cr&#233;e pour la production le besoin en tant qu'objet interne, en tant que but. Sans production, pas de consommation ; sans consommation, pas de production. Ceci figure dans l'&#233;conomie politique sous de nombreuses formes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. La production n'est pas seulement imm&#233;diatement consommation, ni la consommation imm&#233;diatement production ; la production n'est pas non plus seulement moyen pour la consommation, ni la consommation but pour la production, en ce sens que chacune d'elles fournit &#224; l'autre son objet, la production l'objet ext&#233;rieur de la consommation, la consom&#173;ma&#173;tion l'objet figur&#233; de la production. En fait, chacune d'elles n'est pas seulement imm&#233;diate&#173;ment l'autre, ni seulement m&#233;diatrice de l'autre, mais chacune d'elles, en se r&#233;alisant, cr&#233;e l'autre ; se cr&#233;e sous la forme de l'autre. C'est la consommation qui accomplit pleinement l'acte de la production en donnant au produit son caract&#232;re achev&#233; de produit, en le dissolvant en consommant la forme objective ind&#233;pendante qu'il rev&#234;t, en &#233;levant &#224; la dext&#233;rit&#233;, par le besoin de la r&#233;p&#233;tition, l'aptitude d&#233;velopp&#233;e dans le premier acte de la production ; elle n'est donc pas seulement l'acte final par lequel le produit devient v&#233;ritablement produit, mais celui par lequel le producteur devient &#233;galement v&#233;ritablement producteur. D'autre part, la production produit la consommation en cr&#233;ant le mode d&#233;termin&#233; de la consommation, et ensuite en faisant na&#238;tre l'app&#233;tit de la consommation, la facult&#233; de consommation, sous forme de besoin. Cette derni&#232;re identit&#233;, que nous avons pr&#233;cis&#233;e au paragraphe 3, est com&#173;men&#173;t&#233;e en &#233;conomie politique sous des formes multiples, &#224; propos des rapports entre l'offre et la demande, les objets et les besoins, les besoins cr&#233;&#233;s par la soci&#233;t&#233; et les besoins naturels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de plus simple alors, pour un h&#233;g&#233;lien, que de poser la production et la consomma&#173;tion comme identiques. Et cela n'a pas &#233;t&#233; seulement le fait d'hommes de lettres socialistes, mais de prosa&#239;ques &#233;conomistes m&#234;me ; par exemple de Say, sous la forme suivante : quand on consid&#232;re un peuple, ou bien l'humanit&#233; in abstracto, on voit que sa production est sa consommation. Storch a montr&#233; l'erreur de Say : un peuple, par exemple, ne consomme pas purement et simplement sa production, mais cr&#233;e aussi des moyens de production, etc., du capital fixe, etc. Consid&#233;rer la soci&#233;t&#233; comme un sujet unique, c'est au surplus la consid&#233;rer d'un point de vue faux - sp&#233;culatif. Chez un sujet, production et con&#173;som&#173;ma&#173;tion apparaissent comme des moments d'un m&#234;me acte. L'important ici est seulement de souligner ceci : que l'on consid&#232;re la production et la consommation comme des activit&#233;s d'un sujet ou de nom&#173;breux individus [7], elles apparaissent en tout cas comme les moments d'un proc&#232;s dans lequel la production est le v&#233;ritable point de d&#233;part et par suite aussi le facteur qui l'emporte. La consommation en tant que n&#233;cessit&#233;, que besoin, est elle-m&#234;me un facteur interne de l'activit&#233; productive ; maiscette derni&#232;re est le point de d&#233;part de la r&#233;alisa&#173;tion et par suite aussi son facteur pr&#233;dominant, l'acte dans lequel tout le proc&#232;s se d&#233;roule &#224; nouveau. L'individu produit un objet et fait retour en soi-m&#234;me par la consommation de ce dernier, mais il le fait en tant qu'individu productif et qui se reproduit lui-m&#234;me. La consom&#173;ma&#173;tion appara&#238;t ainsi comme moment de la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, dans la soci&#233;t&#233;, le rapport entre le producteur et le produit, d&#232;s que ce dernier est achev&#233;, est un rapport ext&#233;rieur,- et le retour du produit au sujet d&#233;pend des relations de celui-ci avec d'autres individus. Il n'en devient pas imm&#233;diatement possesseur. Aussi bien, l'appropriation imm&#233;diate du produit n'est-elle pas la fin que se propose le producteur quand il produit dans la soci&#233;t&#233;. Entre le producteur et les produits intervient la distribution, qui par des lois sociales d&#233;termine la part qui lui revient dans la masse des produits et se place ainsi entre la production et la consommation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, alors, la distribution constitue-t-elle une sph&#232;re autonome &#224; c&#244;t&#233; et en dehors de la production ?&lt;br class='autobr' /&gt;
b) Distribution et production&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui frappe n&#233;cessairement tout d'abord, quand on consid&#232;re les trait&#233;s ordinaires d'&#233;conomie politique, c'est que toutes les cat&#233;gories y sont pos&#233;es sous une double forme. Par exemple, dans la distribution figurent : rente fonci&#232;re, salaire, int&#233;r&#234;t et profit, tandis que dans la production terre, travail, capital figurent comme agents de la production. Or, en ce qui concerne le capital, il appara&#238;t clairement d&#232;s l'abord qu'il est pos&#233; sous deux formes : 1&#176; comme agent de production ; 2&#176; comme source de revenus : comme formes de distribution d&#233;termin&#233;es et d&#233;terminantes. Par suite, int&#233;r&#234;t et profit figurent aussi en tant que tels dans la production, dans la mesure o&#249; ils sont des formes sous lesquelles le capital augmente, s'accro&#238;t, donc des facteurs de sa production m&#234;me. Int&#233;r&#234;t et profit, en tant que formes de distribution, supposent le capital consid&#233;r&#233; comme agent de la production. Ce sont des modes de distribution qui ont pour postulat le capital comme agent de la production. Ce sont &#233;galement des modes de reproduction du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, le salaire est le travail salari&#233;, que les &#233;conomistes consid&#232;rent sous une autre rubrique : le caract&#232;re d&#233;termin&#233; d'agent de production que poss&#232;de ici le travail appara&#238;t l&#224; comme d&#233;termination de la distribution. Si le travail n'&#233;tait pas d&#233;fini comme travail salari&#233;, le mode suivant lequel il participe &#224; la r&#233;partition des produits n'appara&#238;trait pas sous la forme de salaire : c'est le cas par exemple dans l'esclavage. Enfin la rente fonci&#232;re, pour prendre tout de suite la forme la plus d&#233;velopp&#233;e de la distribution, par laquelle la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re participe &#224; la r&#233;partition des produits, suppose la grande propri&#233;t&#233; fonci&#232;re (&#224; vrai dire la grande agriculture) comme agent de production, et non tout simplement la terre, pas plus que le salaire ne suppose le travail tout court. Les rapports et les modes de distribution apparais&#173;sent donc simplement comme l'envers des agents de production. Un individu qui participe &#224; la production sous la forme du travail salari&#233; participe sous la forme du salaire &#224; la r&#233;partition des produits, r&#233;sultats de la production. La structure de la distribution est enti&#232;rement d&#233;termin&#233;e par la structure de la production. La distribution est elle-m&#234;me un produit de la production non seulement en ce qui concerne l'objet, le r&#233;sultat de la production seul pouvant &#234;tre distribu&#233;, mais aussi en ce qui concerne la forme, le mode pr&#233;cis de participation &#224; la production d&#233;terminant les formes particuli&#232;res de la distribution, c'est-&#224;-dire d&#233;terminant sous quelle forme le producteur participera &#224; la distribution. Il est absolu&#173;ment illusoire de placer la terre dans la production, la rente fonci&#232;re dans la distribution, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &#233;conomistes comme Ricardo, auxquels on a le plus reproch&#233; de n'avoir en vue que la production, ont par suite d&#233;fini la distribution comme l'objet exclusif de l'&#233;conomie politique, parce qu'instinctivement ils voyaient dans les formes de distribution l'expression la plus nette des rapports fixes des agents de production dans une soci&#233;t&#233; donn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par rapport &#224; l'individu isol&#233;, la distribution appara&#238;t naturellement comme une loi sociale qui conditionne sa position &#224; l'int&#233;rieur de la production dans le cadre de laquelle il produit, et qui pr&#233;c&#232;de donc la production. De par son origine, l'individu n'a pas de capital, pas de propri&#233;t&#233; fonci&#232;re. D&#232;s sa naissance, il est r&#233;duit au travail salari&#233; par la distribution sociale. Mais le fait m&#234;me qu'il y soit r&#233;duit r&#233;sulte de l'existence du capital, de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re comme agents de production ind&#233;pendants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on consid&#232;re des soci&#233;t&#233;s enti&#232;res, la distribution, &#224; un autre point de vue encore, semble pr&#233;c&#233;der la production et la d&#233;terminer ; pour ainsi dire comme un fait pr&#233;&#173;&#233;cono&#173;mique. Un peuple conqu&#233;rant partage le pays entre les conqu&#233;rants et impose ainsi une certaine r&#233;partition et une certaine forme de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re : Il d&#233;termine donc la production. Ou bien il fait des peuples conquis des esclaves et fait ainsi du travail servile la base de la production. Ou bien un peuple, par la r&#233;volution, brise la grande propri&#233;t&#233; et la morcelle ; il donne donc ainsi par cette nouvelle distribution un nouveau caract&#232;re &#224; la production. Ou bien enfin la l&#233;gislation perp&#233;tue la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re dans certaines familles, ou fait du travail un privil&#232;ge h&#233;r&#233;ditaire et lui imprime ainsi un caract&#232;re de caste. Dans tous ces cas, et tous sont historiques, la distribution ne semble pas &#234;tre organis&#233;e et d&#233;termin&#233;e par la production, mais inversement la production semble l'&#234;tre par la distribution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa conception la plus banale, la distribution appara&#238;t comme distribution des produits, et ainsi comme plus &#233;loign&#233;e de la production et pour ainsi dire ind&#233;pendante de celle-ci. Mais, avant d'&#234;tre distribution des produits, elle est : 1&#176; distribution des instruments de production, et 2&#176;, ce qui est une autre d&#233;termination du m&#234;me rapport, distribution des membres de la soci&#233;t&#233; entre les diff&#233;rents genres de production. (Subordination des individus &#224; des rapports de production d&#233;termin&#233;s.) La distribution des produits n'est manifestement que le r&#233;sultat de cette distribution, qui est incluse dans le proc&#232;s de production lui-m&#234;me et d&#233;termine la structure de la production. Consid&#233;rer la production sans tenir compte de cette distribution, qui est incluse en elle, c'est manifestement abstraction vide, alors qu'au contraire la distribution des produits est impliqu&#233;e par cette distribution, qui constitue &#224; l'origine un facteur m&#234;me de la production. Ricardo, &#224; qui il importait de concevoir la production moderne dans sa structure sociale d&#233;termin&#233;e et qui est l'&#233;conomiste de la production par excellence [8], affirme pour cette raison que ce n'estpas la production, mais la distribution qui constitue le sujet v&#233;ritable de l'&#233;conomie politique moderne. D'o&#249; l'absurdit&#233; des &#233;conomistes qui traitent de la production comme d'une v&#233;rit&#233; &#233;ternelle, tandis qu'ils rel&#232;guent l'histoire dans le domaine de la distribution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de savoir quel rapport s'&#233;tablit entre la distribution et la production qu'elle d&#233;termine rel&#232;ve manifestement de la production m&#234;me. Si l'on pr&#233;tendait qu'alors, du fait que la production a n&#233;cessairement son point de d&#233;part dans une certaine distribution des instruments de production, la distribution, au moins dans ce sens, pr&#233;c&#232;de la production, en constitue la condition pr&#233;alable, on pourrait r&#233;pondre &#224; cela que la production a effectivement ses propres conditions et pr&#233;misses, qui en constituent des facteurs. Ces derniers peuvent appara&#238;tre tout au d&#233;but comme des donn&#233;es naturelles. Le proc&#232;s m&#234;me de la production transforme ces donn&#233;es naturelles en donn&#233;es historiques et, s'ils apparaissent pour une p&#233;riode comme des pr&#233;misses naturelles de la production, ils en ont &#233;t&#233; pour une autre p&#233;riode le r&#233;sultat historique. Dans le cadre m&#234;me de la production, ils sont constamment modifi&#233;s. Par exemple, le machinisme a modifi&#233; aussi bien la distribution des instruments de production que celle des produits. La grande propri&#233;t&#233; fonci&#232;re moderne elle-m&#234;me est le r&#233;sultat aussi bien du commerce moderne et de l'industrie moderne que de l'application de cette derni&#232;re &#224; l'agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les, questions soulev&#233;es plus haut se ram&#232;nent toutes en derni&#232;re instance &#224; celle de savoir comment des conditions historiques g&#233;n&#233;rales interviennent dans la production et quel est le rapport de celle-ci avec le mouvement historique en g&#233;n&#233;ral. La question rel&#232;ve manifestement de la discussion et de l'analyse de la production elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, sous la forme triviale o&#249; elles ont &#233;t&#233; soulev&#233;es plus haut, on peut les r&#233;gler &#233;galement d'un mot. Dans toutes les conqu&#234;tes, il y a trois possibilit&#233;s. Le peuple conqu&#233;rant impose au peuple conquis son propre mode de production (par exemple les Anglais en Irlande dans ce si&#232;cle, en partie dans l'Inde) ; ou bien il laisse subsister l'ancien mode de production et se contente de pr&#233;lever un tribut (par exemple les Turcs et les Romains) ; ou bien il se produit une action r&#233;ciproque qui donne naissance &#224; quelque chose de nouveau, &#224; une synth&#232;se (en partie dans les conqu&#234;tes germaniques). Dans tous les cas, le mode de production, soit celui du peuple conqu&#233;rant ou celui du peuple conquis, ou encore celui qui provient de la fusion des deux pr&#233;c&#233;dents, est d&#233;terminant pour la distribution nouvelle qui appara&#238;t. Bien que celle-ci se pr&#233;sente comme condition pr&#233;alable de la nouvelle p&#233;riode de production, elle est ainsi elle-m&#234;me &#224; son tour un produit de la production, non seulement de la production historique en g&#233;n&#233;ral, mais de telle ou telle production historique d&#233;termin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Mongols, par leurs d&#233;vastations en Russie par exemple, agissaient conform&#233;ment &#224; leur mode de production fond&#233; sur le p&#226;turage, qui exigeait comme condition essentielle de grands espaces inhabit&#233;s. Les barbares germaniques, dont le mode de production traditionnel comportait la culture par les serfs et la vie isol&#233;e &#224; la campagne, purent d'autant plus facile&#173;ment soumettre les provinces romaines &#224; ces conditions, que la concentration de la propri&#233;t&#233; terrienne qui s'y &#233;tait op&#233;r&#233;e avait d&#233;j&#224; compl&#232;tement boulevers&#233; l'ancien r&#233;gime de l'agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une image traditionnelle que dans certaines p&#233;riodes on n'aurait v&#233;cu que de pillage. Mais, pour pouvoir piller, il faut qu'il existe quelque chose &#224; piller, donc une production. Et le mode de pillage est lui-m&#234;me &#224; son tour d&#233;termin&#233; par le mode de production. Une stock-jobbing nation [nation de sp&#233;culateurs en Bourse] par exemple ne peut pas &#234;tre pill&#233;e comme une nation de vachers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En la personne de l'esclave, l'instrument de production est directement ravi. Mais alors la production du pays, au profit duquel il est ravi, doit &#234;tre organis&#233;e de telle sorte qu'elle permette le travail d'esclave, ou (comme dans l'Am&#233;rique du Sud, etc.) il faut que l'on cr&#233;e un mode de production conforme &#224; l'esclavage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des lois peuvent perp&#233;tuer dans certaines familles un instrument de production, par exemple la terre. Ces lois ne prennent une importance &#233;conomique que lorsque la grande propri&#233;t&#233; fonci&#232;re est en harmonie avec la production sociale, comme en Angleterre par exemple. En France, on a pratiqu&#233; la petite culture malgr&#233; l'existence de la grande propri&#233;t&#233; fonci&#232;re, aussi cette derni&#232;re fut-elle d&#233;truite par la R&#233;volution. Mais qu'advient-il si l'on pr&#233;tend perp&#233;tuer par des lois le morcellement par exemple. Malgr&#233; ces lois, la propri&#233;t&#233; se concentre de nouveau. Il y a lieu de d&#233;terminer &#224; part quelle influence les lois exercent sur le maintien des rapports de distribution et par suite quelle est leur influence sur la production.&lt;br class='autobr' /&gt;
c) &#201;change et production&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La circulation elle-m&#234;me n'est qu'un moment d&#233;termin&#233; de l'&#233;change ou encore l'&#233;change consid&#233;r&#233; dans sa totalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; l'&#233;change n'est qu'un facteur servant d'interm&#233;diaire entre la produc&#173;tion et la distribution qu'elle d&#233;termine ainsi que la consommation ; dans la mesure d'autre part o&#249; cette derni&#232;re appara&#238;t elle-m&#234;me comme un facteur de la production, l'&#233;change est manifestement aussi inclus dans cette derni&#232;re en tant que moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, il est &#233;vident que l'&#233;change d'activit&#233;s et de capacit&#233;s qui s'effectue dans la production elle-m&#234;me en fait directement partie et en est un &#233;l&#233;ment essentiel. Deuxi&#232;me&#173;ment, cela est vrai de l'&#233;change des produits pour autant que cet &#233;change est l'instrument qui sert &#224; fournir le produit achev&#233; destin&#233; &#224; la consommation imm&#233;diate. Dans cette mesure, l'&#233;change lui-m&#234;me est un acte inclus dans la production. Troisi&#232;mement, l'&#233;change (exchange) entre marchands (dealers) est, de par son organisation, &#224; la fois d&#233;termin&#233; enti&#232;&#173;re&#173;ment par la production et lui-m&#234;me activit&#233; productive. L'&#233;change n'appara&#238;t comme ind&#233;pendant &#224; c&#244;t&#233; de la production, comme indiff&#233;rent vis-&#224;-vis d'elle, que dans le dernier stade, o&#249; le produit est &#233;chang&#233; imm&#233;diatement pour &#234;tre consomm&#233;. Mais, 1&#176; il n'y a pas d'&#233;change sans division du travail, que celle-ci soit naturelle ou m&#234;me d&#233;j&#224; un r&#233;sultat historique ; 2&#176; l'&#233;change priv&#233; suppose la production priv&#233;e ; 3&#176; l'intensit&#233; de l'&#233;change comme son extension et son mode sont d&#233;termin&#233;s par le d&#233;veloppement et la structure de la production. Par exemple, l'&#233;change entre la ville et la campagne ; l'&#233;change &#224; la campagne, &#224; la ville, etc. Dans tous ces moments, l'&#233;change appara&#238;t donc comme directement compris dans la production, ou d&#233;termin&#233; par elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat auquel nous arrivons n'est pas que la production, la distribution, l'&#233;change, la consommation sont identiques, mais qu'ils sont tous des &#233;l&#233;ments d'une totalit&#233;, des diff&#233;renciations &#224; l'int&#233;rieur d'une unit&#233;. La production d&#233;borde aussi bien son propre cadre dans sa d&#233;termination antith&#233;tique d'elle-m&#234;me que les autres moments. C'est &#224; partir d'elle que recommence sans cesse le proc&#232;s. Il va de soi qu'&#233;change et consommation ne peuvent &#234;tre ce qui l'emporte. Il en est de m&#234;me de la distribution en tant que distribution des produits. Mais, en tant que distribution des agents de production, elle est elle-m&#234;me un moment de la production. Une production d&#233;termin&#233;e d&#233;termine donc une consommation, une distribution, un &#233;change d&#233;termin&#233;s, elle r&#232;gle &#233;galement les rapports r&#233;ciproques d&#233;termin&#233;s de ces diff&#233;rents moments. A vrai dire, la production, elle aussi, sous sa forme exclusive, est, de son c&#244;t&#233;, d&#233;termin&#233;e par les autres facteurs. Par exemple quand le march&#233;, c'est-&#224;-dire la sph&#232;re de l'&#233;change, s'&#233;tend, le volume de la production s'accro&#238;t et il s'op&#232;re en elle une division plus profonde. Une transformation de la distribution entra&#238;ne une transformation de la production ; c'est le cas, par exemple, quand il y a concentration du capital, ou r&#233;partition diff&#233;rente de la population &#224; la ville et &#224; la campagne, etc. Enfin les besoins inh&#233;rents &#224; la consommation d&#233;terminent la production. Il y a action r&#233;ciproque entre les diff&#233;rents moments. C'est le cas pour n'importe quelle totalit&#233; organique.&lt;br class='autobr' /&gt;
III. La m&#233;thode de l'&#233;conomie politique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand nous consid&#233;rons un pays donn&#233; au point de vue de l'&#233;conomie politique, nous commen&#231;ons par &#233;tudier sa population, la division de celle-ci en classes, sa r&#233;partition dans les villes, &#224; la campagne, au bord de la mer, les diff&#233;rentes branches de production, l'exportation et l'importation, la production et la consommation annuelles, les prix des marchandises, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble que ce soit la bonne m&#233;thode de commencer par le r&#233;el et le concret, qui constituent la condition pr&#233;alable effective, donc en &#233;conomie politique, par exemple, la population qui est la base et le sujet de l'acte social de production tout entier. Cependant, &#224; y regarder de plus pr&#232;s, on s'aper&#231;oit que c'est l&#224; une erreur. La population est une abstraction si l'on n&#233;glige par exemple les classes dont elle se compose. Ces classes sont &#224; leur tour un mot creux si l'on ignore les &#233;l&#233;ments sur lesquels elles reposent, par exemple le travail salari&#233;, le capital etc. Ceux-ci supposent l'&#233;change, la division du travail, les prix, etc. Le capital, par exemple, n'est rien sans le travail salari&#233;, sans la valeur, l'argent, le prix, etc. Si donc on commen&#231;ait ainsi par la population, on aurait une repr&#233;sentation chaotique du tout et, par une d&#233;termination plus pr&#233;cise, par l'analyse, on aboutirait &#224; des concepts de plus en plus simples ; du concret figur&#233; ou passerait &#224; des abstractions de plus en plus minces, jusqu'&#224; ce que l'on soit arriv&#233; aux d&#233;terminations les plus simples. Partant de l&#224;, il faudrait refaire le chemin &#224; rebours jusqu'&#224; ce qu'enfin on arrive de nouveau &#224; la population, mais celle-ci ne serait pas, cette fois, la repr&#233;sentation chaotique d'un tout, mais une riche totalit&#233; de d&#233;termi&#173;na&#173;tions et de rapports nombreux. La premi&#232;re voie est celle qu'a prise tr&#232;s historiquement l'&#233;conomie politique &#224; sa naissance. Les &#233;conomistes du XVII&#176; si&#232;cle, par exemple, commen&#173;cent toujours par une totalit&#233; vivante : population, nation, &#201;tat, plusieurs &#201;tats ; mais ils finissent toujours par d&#233;gager par l'analyse quelques rapports g&#233;n&#233;raux abstraits d&#233;terminants tels que la division du travail, l'argent, la valeur, etc. D&#232;s que ces facteurs isol&#233;s ont &#233;t&#233; plus ou moins fix&#233;s et abstraits, les syst&#232;mes &#233;conomiques ont commenc&#233;, qui partent des notions simples telles que travail, division du travail, besoin, valeur d'&#233;change, pour s'&#233;lever jusqu'&#224; l'&#201;tat, les &#233;changes entre nations et le march&#233; mondial. Cette derni&#232;re m&#233;thode est manifeste&#173;ment la m&#233;thode scientifique correcte. Le concret est concret parce qu'il est la synth&#232;se de multiples d&#233;terminations, donc unit&#233; de la diversit&#233;. C'est pourquoi il appara&#238;t dans la pens&#233;e comme proc&#232;s de synth&#232;se, comme r&#233;sultat, non comme point de d&#233;part, bien qu'il soit le v&#233;ritable point de d&#233;part et par suite &#233;galement le point de d&#233;part de la vue imm&#233;diate et de la repr&#233;sentation. La premi&#232;re d&#233;marche a r&#233;duit la pl&#233;nitude de la repr&#233;sentation &#224; une d&#233;termination abstraite ; avec la seconde, les d&#233;terminations abstraites conduisent &#224; la repro&#173;duc&#173;tion du concret par la voie de la pens&#233;e. C'est pourquoi Hegel est tomb&#233; dans l'illusion de concevoir le r&#233;el comme le r&#233;sultat de la pens&#233;e, qui se concentre en elle-m&#234;me, s'approfon&#173;dit en elle-m&#234;me, se meut par elle-m&#234;me, alors que la m&#233;thode qui consiste &#224; s'&#233;lever de l'abstrait au concret n'est pour la pens&#233;e que la mani&#232;re de s'approprier le concret, de le reproduire sous la forme d'un concret pens&#233;. Mais ce n'est nullement l&#224; le proc&#232;s de la gen&#232;se du concret lui-m&#234;me. Par exemple, la cat&#233;gorie &#233;conomique la plus simple, mettons la valeur d'&#233;change, suppose la population, une population produisant dans des conditions d&#233;termin&#233;es ; elle suppose aussi un certain genre de famille, ou de commune, ou d'&#201;tat, etc. Elle ne peut jamais exister autrement que sous forme de relation unilat&#233;rale et abstraite d'un tout concret, vivant, d&#233;j&#224; donn&#233;. Comme cat&#233;gorie, par contre, la valeur d'&#233;change m&#232;ne une existence ant&#233;diluvienne. Pour la conscience - et la conscience philosophique est ainsi faite que pour elle la pens&#233;e qui con&#231;oit constitue l'homme r&#233;el et, par suite, le monde n'appara&#238;t comme r&#233;el qu'une fois con&#231;u - pour la conscience, donc, le mouvement des cat&#233;gories appara&#238;t comme l'acte de production r&#233;el - qui re&#231;oit une simple impulsion du dehors et on le regrette - dont le r&#233;sultat est le monde ; et ceci (mais c'est encore l&#224; une tautologie) est exact dans la mesure o&#249; la totalit&#233; concr&#232;te en tant que totalit&#233; pens&#233;e, en tant que repr&#233;sentation mentale du concret, est en fait un produit de la pens&#233;e, de la conception ; il n'est par contre nullement le produit du concept qui s'engendrerait lui-m&#234;me, qui penserait en dehors et au-dessus de la vue imm&#233;diate et de la repr&#233;sentation, mais un produit de l'&#233;laboration de concepts &#224; partir de la vue imm&#233;diate et de la repr&#233;sentation. Le tout, tel qu'il appara&#238;t dans l'esprit comme une totalit&#233; pens&#233;e, est un produit du cerveau pensant, qui s'approprie le monde de la seule fa&#231;on qu'il lui soit possible, d'une fa&#231;on qui diff&#232;re de l'appropriation de ce monde par l'art, la religion, l'esprit pratique. Apr&#232;s comme avant, le sujet r&#233;el subsiste dans son ind&#233;pendance en dehors de l'esprit ; et cela aussi longtemps que l'esprit a une activit&#233; purement sp&#233;culative, purement th&#233;orique. Par cons&#233;quent, dans l'emploi de la m&#233;thode th&#233;orique aussi, il faut que le sujet, la soci&#233;t&#233;, reste constamment pr&#233;sent &#224; l'esprit comme donn&#233;e premi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces cat&#233;gories simples n'ont-elles pas aussi une existence ind&#233;pendante, de caract&#232;re historique ou naturel, ant&#233;rieure &#224; celle des cat&#233;gories plus concr&#232;tes ? &#199;a d&#233;pend [9]. Hegel, par exemple, a raison de commencer la philosophie du droit par la possession, celle-ci constituant le rapport juridique le plus simple du sujet. Mais il n'existe pas de possession avant que n'existe la famille, ou les rapports entre ma&#238;tres et esclaves, qui sont des rapports beaucoup plus concrets. Par contre, il serait juste de dire qu'il existe des familles, des communaut&#233;s de tribus, qui ne sont encore qu'au stade de la possession, et non &#224; celui de la propri&#233;t&#233;. Par rapport &#224; la propri&#233;t&#233;, la cat&#233;gorie la plus simple appara&#238;t donc comme le rapport de communaut&#233;s simples de familles ou de tribus. Dans la soci&#233;t&#233; parvenue &#224; un stade sup&#233;rieur, elle appara&#238;t comme le rapport plus simple d'une organisation plus d&#233;velop&#173;p&#233;e. Mais on pr&#233;suppose toujours le substrat concret qui s'exprime par un rapport de posses&#173;sion. On peut se repr&#233;senter un sauvage isol&#233; qui poss&#232;de. Mais la possession ne constitue pas alors un rapport juridique. Il n'est pas exact qu'historiquement la possession &#233;volue jusqu'&#224; la forme familiale. Elle suppose au contraire toujours l'existence de cette &#171; cat&#233;gorie juridique plus concr&#232;te &#187;. Cependant il n'en demeurerait pas moins que les cat&#233;gories simples sont l'expression de rapports dans lesquels le concret non encore d&#233;velopp&#233; a pu s'&#234;tre r&#233;alis&#233; sans avoir encore pos&#233; la relation ou le rapport plus complexe qui trouve son expression mentale dans la cat&#233;gorie plus concr&#232;te ; tandis que le concret plus d&#233;velopp&#233; laisse subsister cette m&#234;me cat&#233;gorie comme un rapport subordonn&#233;. L'argent peut exister et a exist&#233; historiquement avant que n'exist&#226;t le capital, que n'existassent les banques, que n'exist&#226;t le travail salari&#233;, etc. A cet &#233;gard, on peut donc dire que la cat&#233;gorie plus simple peut exprimer des rapports dominants d'un tout moins d&#233;velopp&#233; ou, au contraire, des rapports subordonn&#233;s d'un tout plus d&#233;velopp&#233; qui existaient d&#233;j&#224; historiquement avant que le tout ne se d&#233;velopp&#226;t dans le sens qui trouve son expression dans une cat&#233;gorie plus concr&#232;te. Dans cette mesure, la marche de la pens&#233;e abstraite, qui s'&#233;l&#232;ve du plus simple au plus complexe, correspondrait au processus historique r&#233;el. D'autre part, on peut dire qu'il y a des formes de soci&#233;t&#233; tr&#232;s d&#233;velopp&#233;es, mais qui historiquement manquent assez de maturit&#233;, dans lesquelles on trouve les formes les plus &#233;lev&#233;es de l'&#233;conomie, comme par exemple la coop&#233;ration, une division du travail d&#233;velopp&#233;e, etc., sans qu'existe aucune sorte de monnaie, par exemple le P&#233;rou. Chez les Slaves aussi, l'argent et l'&#233;change qui le conditionne n'apparaissent pas ou peu &#224; l'int&#233;rieur de chaque communaut&#233;, mais ils apparais&#173;sent &#224; leurs fronti&#232;res, dans leur trafic avec d'autres communaut&#233;s. C'est d'ailleurs une erreur que de placer l'&#233;change au centre des communaut&#233;s, d'en faire l'&#233;l&#233;ment qui les constitue &#224; l'origine. Au d&#233;but, il appara&#238;t au contraire dans les relations des diverses communaut&#233;s entre elles, bien plut&#244;t que dans les relations des membres &#224; l'int&#233;rieur d'une seule et m&#234;me communaut&#233;. De plus, quoique l'argent apparaisse tr&#232;s t&#244;t et joue un r&#244;le multiple, il est dans l'antiquit&#233;, en tant qu'&#233;l&#233;ment dominant, l'apanage de nations d&#233;termin&#233;es unilat&#233;ralement, de nations commer&#231;antes. Et m&#234;me dans l'antiquit&#233; la plus cultiv&#233;e, chez les Grecs et les Romains, il n'atteint son complet d&#233;veloppement, postulat de la soci&#233;t&#233; bourgeoise moderne, que dans la p&#233;riode de leur dissolution. Donc cette cat&#233;gorie pourtant toute simple n'appara&#238;t historiquement avec toute sa vigueur que dans les &#201;tats les plus d&#233;velopp&#233;s de la soci&#233;t&#233;. Elle ne se fraie nullement un chemin &#224; travers tous les rapports &#233;conomiques. Dans l'Empire romain, par exemple, &#224; l'&#233;poque de son plus grand d&#233;veloppement, l'imp&#244;t en nature et les prestations en nature demeur&#232;rent le fondement. Le syst&#232;me mon&#233;taire &#224; proprement parler n'y &#233;tait compl&#232;tement d&#233;velopp&#233; que dans l'arm&#233;e. Il ne s'est jamais saisi non plus de la totalit&#233; du travail. Ainsi, bien qu'historiquement la cat&#233;gorie la plus simple puisse avoir exist&#233; avant la plus concr&#232;te, elle peut appartenir dans son complet d&#233;veloppement - en compr&#233;hen&#173;sion et en extension - pr&#233;cis&#233;ment &#224; une forme de soci&#233;t&#233; complexe [10], alors que la cat&#233;gorie plus concr&#232;te se trouvait plus compl&#232;tement d&#233;velopp&#233;e dans une forme de soci&#233;t&#233; qui, elle, l'&#233;tait moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail semble &#234;tre une cat&#233;gorie toute simple. L'id&#233;e du travail dans cette universalit&#233; - comme travail en g&#233;n&#233;ral - est, elle aussi, des plus anciennes. Cependant, con&#231;u du point de vue &#233;conomique sous cette forme simple, le &#171; travail &#187; est une cat&#233;gorie tout aussi moderne que les rapports qui engendrent cette abstraction simple. Le syst&#232;me mon&#233;taire, par exemple, place encore d'une fa&#231;on tout &#224; fait objective, comme une chose en dehors de soi, la richesse dans l'argent. Par rapport &#224; ce point de vue, ce fut un grand progr&#232;s quand le syst&#232;me manu&#173;fac&#173;turier ou commercial transposa la source de la richesse de l'objet &#224; l'activit&#233; subjective le travail commercial et manufacturier -, tout en ne concevant encore cette activit&#233; elle-m&#234;me que sous la forme limit&#233;e de productrice d'argent. En face de ce syst&#232;me, le syst&#232;me des physiocrates pose une forme d&#233;termin&#233;e du travail - l'agriculture - comme la forme de travail cr&#233;atrice de richesse et pose l'objet lui-m&#234;me non plus sous la forme d&#233;guis&#233;e de l'argent, mais comme produit en tant que tel, comme r&#233;sultat g&#233;n&#233;ral du travail. Ce produit, en raison du caract&#232;re limit&#233; de l'activit&#233;, reste encore un produit d&#233;termin&#233; par la nature - produit de l'agriculture, produit de la terre par excellence [11].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;norme progr&#232;s fut fait par Adam Smith quand il rejeta toute d&#233;termination particuli&#232;re de l'activit&#233; cr&#233;atrice de richesse pour ne consid&#233;rer que le travail tout court, c'est-&#224;-dire ni le travail manufacturier, ni le travail commercial, ni le travail agricole, mais toutes ces formes de travail dans leur caract&#232;re commun. Avec la g&#233;n&#233;ralit&#233; abstraite de l'activit&#233; cr&#233;atrice de richesse appara&#238;t alors &#233;galement la g&#233;n&#233;ralit&#233; de l'objet dans la d&#233;ter&#173;mi&#173;nation de richesse, le produit consid&#233;r&#233; absolument, ou encore le travail en g&#233;n&#233;ral, mais en tant que travail pass&#233;, objectiv&#233; dans un objet. L'exemple d'Adam Smith, qui retombe lui-m&#234;me de temps &#224; autre dans le syst&#232;me des physiocrates, montre combien &#233;tait difficile et important le passage &#224; cette conception nouvelle. Il pourrait alors sembler que l'on e&#251;t par l&#224; simplement trouv&#233; l'expression abstraite de la relation la plus simple et la plus ancienne qui s'&#233;tablit - dans quelque forme de soci&#233;t&#233; que ce soit - entre les hommes consid&#233;r&#233;s en tant que producteurs. C'est juste en un sens. Dans l'autre, non. L'indiff&#233;rence &#224; l'&#233;gard d'un genre d&#233;termin&#233; de travail pr&#233;suppose l'existence d'une totalit&#233; tr&#232;s d&#233;velopp&#233;e de genres de travaux r&#233;els dont aucun n'est plus absolument pr&#233;dominant. Ainsi, les abstractions les plus g&#233;n&#233;rales ne prennent somme toute naissance qu'avec le d&#233;veloppement concret le plus riche, o&#249; un caract&#232;re appara&#238;t comme commun &#224; beaucoup, comme commun &#224; tous. On cesse alors de pouvoir le penser sous une forme particuli&#232;re seulement. D'autre part, cette abstraction du travail en g&#233;n&#233;ral n'est pas seulement le r&#233;sultat dans la pens&#233;e d'une totalit&#233; concr&#232;te de travaux. L'indiff&#233;rence &#224; l'&#233;gard de tel travail d&#233;termin&#233; correspond &#224; une forme de soci&#233;t&#233; dans laquelle les individus passent avec facilit&#233; d'un travail &#224; l'autre et dans laquelle le genre pr&#233;cis de travail est pour eux fortuit, donc indiff&#233;rent. L&#224; le travail est devenu non seulement sur le plan des cat&#233;gories, mais dans la r&#233;alit&#233; m&#234;me, un moyen de cr&#233;er la richesse en g&#233;n&#233;ral et a cess&#233;, en tant que d&#233;termination, de ne faire qu'un avec les individus, sous quelque aspect particulier. Cet &#233;tat de choses a atteint son plus haut degr&#233; de d&#233;veloppement dans la forme d'existence la plus moderne des soci&#233;t&#233;s bourgeoises, aux &#201;tats-Unis. C'est donc l&#224; seulement que l'abstraction de la cat&#233;gorie &#171; travail &#187;, &#171; travail en g&#233;n&#233;ral &#187;, travail &#171; sans phrase &#187; [12], point de d&#233;part de l'&#233;conomie moderne, devient v&#233;rit&#233; pratique. Ainsi l'abstraction la plus simple, que l'&#233;conomie politique moderne place au premier rang et qui exprime un rapport tr&#232;s ancien et valable pour toutes les formes de soci&#233;t&#233;, n'appara&#238;t pourtant sous cette forme abstraite comme v&#233;rit&#233; pratique qu'en tant que cat&#233;gorie de la soci&#233;t&#233; la plus moderne. On pourrait dire que cette indiff&#233;rence &#224; l'&#233;gard d'une forme d&#233;termin&#233;e de travail, qui se pr&#233;sente aux &#201;tats-Unis comme produit historique, appara&#238;t chez les Russes par exemple comme une disposition naturelle. Mais, d'une part, quelle sacr&#233;e diff&#233;rence entre des barbares qui ont des disposi&#173;tions naturelles &#224; se laisser employer &#224; tous les travaux et des civilis&#233;s qui s'y emploient eux-m&#234;mes. Et, d'autre part, chez les Russes, &#224; cette indiff&#233;rence &#224; l'&#233;gard d'un travail d&#233;termin&#233; correspond dans la pratique leur assujettissement traditionnel &#224; un travail bien d&#233;termin&#233;, auquel ne peuvent les arracher que des influences ext&#233;rieures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet exemple du travail montre d'une fa&#231;on frappante que m&#234;me les cat&#233;gories les plus abstraites, bien que valables - pr&#233;cis&#233;ment &#224; cause de leur nature abstraite - pour toutes les &#233;poques, n'en sont pas moins sous la forme d&#233;termin&#233;e de cette abstraction m&#234;me le produit de conditions historiques et ne restent pleinement valables que pour ces conditions et dans le cadre de celles-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; bourgeoise est l'organisation historique de la production la plus d&#233;velopp&#233;e et la plus vari&#233;e qui soit. De ce fait, les cat&#233;gories qui expriment les rapports de cette soci&#233;t&#233; et qui permettent d'en comprendre la structure permettent en m&#234;me temps de se rendre compte de la structure et des rapports de production de toutes les formes de soci&#233;t&#233; disparues avec les d&#233;bris et les &#233;l&#233;ments desquelles elle s'est &#233;difi&#233;e, dont certains vestiges, partiellement non encore d&#233;pass&#233;s, continuent &#224; subsister en elle, et dont certains simples signes, en se d&#233;velop&#173;pant, ont pris toute leur signification, etc. L'anatomie de l'homme est la clef de l'anatomie du singe. Dans les esp&#232;ces animales inf&#233;rieures, on ne peut comprendre les signes annonciateurs d'une forme sup&#233;rieure que lorsque la forme sup&#233;rieure est elle-m&#234;me d&#233;j&#224; connue. Ainsi l'&#233;conomie bourgeoise nous donne la clef de l'&#233;conomie antique, etc. Mais nullement &#224; la mani&#232;re des &#233;conomistes qui effacent toutes les diff&#233;rences historiques et voient dans toutes les formes de soci&#233;t&#233; celles de la soci&#233;t&#233; bourgeoise. On peut comprendre le tribut, la d&#238;me, etc., quand on conna&#238;t la rente fonci&#232;re. Mais il ne faut pas les identifier. Comme, de plus, la soci&#233;t&#233; bourgeoise n'est elle-m&#234;me qu'une forme antith&#233;tique du d&#233;veloppement historique, il est des rapports appartenant &#224; des formes de soci&#233;t&#233; ant&#233;rieures que l'on pourra ne rencon&#173;trer en elle que tout &#224; fait &#233;tiol&#233;s, ou m&#234;me travestis. Par exemple, la propri&#233;t&#233; communale. Si donc il est vrai que les cat&#233;gories de l'&#233;conomie bourgeoise poss&#232;dent une certaine v&#233;rit&#233; valable pour toutes les autres formes de soci&#233;t&#233;, cela ne peut &#234;tre admis que cum grano, salis [avec un grain de sel]. Elles peuvent receler ces formes d&#233;velopp&#233;es, &#233;tiol&#233;es, caricatur&#233;es, etc., mais toujours avec une diff&#233;rence essentielle. Ce que l'on appelle d&#233;veloppement histori&#173;que repose somme toute sur le fait que la derni&#232;re forme consid&#232;re les formes pass&#233;es comme des &#233;tapes menant &#224; son propre degr&#233; de d&#233;veloppement, et, comme elle est rarement capable, et ceci seulement dans des conditions bien d&#233;termin&#233;es, de faire sa propre critique - il n'est naturellement pas question ici des p&#233;riodes historiques qui se consid&#232;rent elles-m&#234;mes comme des &#233;poques de d&#233;cadence - elle les con&#231;oit toujours sous un aspect unilat&#233;ral. La religion chr&#233;tienne n'a &#233;t&#233; capable d'aider &#224; comprendre objectivement les mythologies ant&#233;rieures qu'apr&#232;s avoir achev&#233; jusqu'&#224; un certain degr&#233;, pour ainsi dire [...] [virtuellement], sa propre critique. De m&#234;me l'&#233;conomie politique bourgeoise ne parvint &#224; comprendre les soci&#233;t&#233;s f&#233;odales, antiques, orientales que du jour o&#249; eut commenc&#233; l'autocri&#173;ti&#173;que de la soci&#233;t&#233; bourgeoise. Pour autant que l'&#233;conomie politique bourgeoise, cr&#233;ant une nouvelle mythologie, ne s'est pas purement et simplement identifi&#233;e au pass&#233;, sa critique des soci&#233;t&#233;s ant&#233;rieures, en particulier de la soci&#233;t&#233; f&#233;odale, contre laquelle elle avait encore &#224; lutter directement, a ressembl&#233; &#224; la critique du paganisme par le christianisme, ou encore &#224; celle du catholicisme par le protestantisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que dans toute science historique ou sociale en g&#233;n&#233;ral, il ne faut jamais oublier, &#224; propos de la marche des cat&#233;gories &#233;conomiques, que le sujet, ici la soci&#233;t&#233; bourgeoise moderne, est donn&#233;, aussi bien dans la r&#233;alit&#233; que dans le cerveau, que les cat&#233;go&#173;ries expriment donc des formes d'existence, des conditions d'existence d&#233;termin&#233;es, souvent de simples aspects particuliers de cette soci&#233;t&#233; d&#233;termin&#233;e, de ce sujet, et que par cons&#233;quent cette soci&#233;t&#233; ne commence nullement &#224; exister, du point de vue scientifique aussi, &#224; partir du moment seulement o&#249; il est question d'elle en tant que telle. C'est une r&#232;gle &#224; retenir, car elle fournit des indications d&#233;cisives pour le choix du plan &#224; adopter. Rien ne semble plus naturel, par exemple, que de commencer par la rente fonci&#232;re, par la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re, &#233;tant donn&#233; qu'elle est li&#233;e &#224; la terre, source de toute production et de toute existence, et par elle &#224; la premi&#232;re forme de production de toute soci&#233;t&#233; parvenue &#224; une certaine stabilit&#233; - &#224; l'agri&#173;culture. Or rien ne serait plus erron&#233;. Dans toutes les formes de soci&#233;t&#233;, c'est une produc&#173;tion d&#233;termin&#233;e et les rapports engendr&#233;s par elle qui assignent &#224; toutes les autres productions et aux rapports engendr&#233;s par celles-ci leur rang et leur importance. C'est comme un &#233;clairage g&#233;n&#233;ral o&#249; sont plong&#233;es toutes les couleurs et qui en modifie les tonalit&#233;s particuli&#232;res. C'est comme un &#233;ther particulier qui d&#233;termine le poids sp&#233;cifique de toutes les formes d'existence qui y font saillie. Voici, par exemple, des peuples de bergers. (De simples peuples de chasseurs et de p&#234;cheurs sont en de&#231;&#224; du point o&#249; commence le v&#233;ritable d&#233;veloppement.) Chez eux appara&#238;t une certaine forme d'agriculture, une forme sporadique. C'est ce qui d&#233;termine chez eux la forme de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re. C'est une propri&#233;t&#233; collective et elle conserve plus ou moins cette forme selon que ces peuples restent plus ou moins attach&#233;s &#224; leur tradition : exemple, la propri&#233;t&#233; communale des Slaves. Chez les peuples &#224; agriculture solidement implant&#233;e - cette implanta&#173;tion constitue d&#233;j&#224; une &#233;tape importante - o&#249; pr&#233;domine cette forme de culture, comme dans les soci&#233;t&#233;s antiques et f&#233;odales, l'industrie elle-m&#234;me, ainsi que son organisation et les formes de propri&#233;t&#233; qui lui correspondent, a plus ou moins le caract&#232;re de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re. Ou bien l'industrie d&#233;pend compl&#232;tement de l'agriculture, comme chez les anciens Romains, ou bien, comme au moyen &#226;ge, elle imite &#224; la ville et dans ses rapports l'organisation rurale. Le capital lui-m&#234;me au moyen &#226;ge - dans la mesure o&#249; il ne s'agit pas purement de capital mon&#233;taire - a, sous la forme d'outillage de m&#233;tier traditionnel, etc., ce caract&#232;re de propri&#233;t&#233; fonci&#232;re. Dans la soci&#233;t&#233; bourgeoise, c'est l'inverse. L'agricul&#173;ture devient de plus en plus une simple branche de l'industrie et elle est enti&#232;rement domin&#233;e par le capital. Il en est de m&#234;me de la rente fonci&#232;re. Dans toutes les formes de soci&#233;t&#233; o&#249; domine la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re, le rapport avec la nature reste pr&#233;pond&#233;rant. Dans celles o&#249; domine le capital, c'est l'&#233;l&#233;ment social cr&#233;&#233; au cours de l'histoire qui pr&#233;vaut. On ne peut comprendre la rente fonci&#232;re sans le capital. Mais on peut comprendre le capital sans la rente fonci&#232;re. Le capital est la force &#233;conomique de la soci&#233;t&#233; bourgeoise qui domine tout. Il constitue n&#233;cessairement le point de d&#233;part comme le point final et doit &#234;tre expliqu&#233; avant la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re. Apr&#232;s les avoir &#233;tudi&#233;s chacun en particulier, il faut examiner leur rapport r&#233;ciproque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait donc impossible et erron&#233; de ranger les cat&#233;gories &#233;conomiques dans l'ordre o&#249; elles ont &#233;t&#233; historiquement d&#233;terminantes. Leur ordre est au contraire d&#233;termin&#233; par les relations qui existent entre elles dans la soci&#233;t&#233; bourgeoise moderne et il est pr&#233;cis&#233;ment &#224; l'inverse de ce qui semble &#234;tre leur ordre naturel ou correspondre &#224; leur ordre de succession au cours de l'&#233;volution historique. Il ne s'agit pas de la relation qui s'&#233;tablit historiquement entre les rapports &#233;conomiques dans la succession des diff&#233;rentes formes de soci&#233;t&#233;. Encore moins de leur ordre de succession &#171; dans l'id&#233;e &#187; (Proudhon) (conception n&#233;buleuse du mouvement historique). Il s'agit de leur hi&#233;rarchie dans le cadre de la soci&#233;t&#233; bourgeoise moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tat de puret&#233; (d&#233;termination abstraite) dans lequel apparurent dans le monde antique les peuples commer&#231;ants - Ph&#233;niciens, Carthaginois - est d&#233;termin&#233; par la pr&#233;dominance m&#234;me des peuples agriculteurs. Le capital en tant que capital commercial ou capital mon&#233;&#173;taire appara&#238;t pr&#233;cis&#233;ment sous cette forme abstraite l&#224; o&#249; le capital n'est pas encore l'&#233;l&#233;ment dominant des soci&#233;t&#233;s. Les Lombards, les Juifs occupent la m&#234;me position &#224; l'&#233;gard des soci&#233;t&#233;s du moyen &#226;ge pratiquant l'agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre exemple de la place diff&#233;rente qu'occupent ces m&#234;mes cat&#233;gories &#224; diff&#233;rents stades de la soci&#233;t&#233; : une des derni&#232;res formes de la soci&#233;t&#233; bourgeoise : les joint stock-companies [soci&#233;t&#233;s par actions]. Mais elles apparaissent aussi &#224; ses d&#233;buts dans les grandes compagnies de commerce privil&#233;gi&#233;es et jouissant d'un monopole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concept de richesse nationale lui-m&#234;me s'insinue chez les &#233;conomistes du XVIII&#176; si&#232;cle - l'id&#233;e subsiste encore en partie chez ceux du XVIII&#176; - sous cette forme ; la richesse est cr&#233;&#233;e pour l'&#201;tat seulement, mais la puissance de celui-ci se mesure &#224; cette richesse. C'&#233;tait l&#224; la forme encore inconsciemment hypocrite qui annonce l'id&#233;e faisant de la richesse elle-m&#234;me et de sa production le but final des &#201;tats modernes, consid&#233;r&#233;s alors uniquement comme moyens de produire la richesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plan &#224; adopter doit manifestement &#234;tre le suivant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. les d&#233;terminations abstraites g&#233;n&#233;rales, convenant donc plus ou moins &#224; toutes les formes de soci&#233;t&#233;, mais dans le sens expos&#233; plus haut ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. les cat&#233;gories constituant la structure interne de la soci&#233;t&#233; bourgeoise et sur lesquelles reposent les classes fondamentales. Capital, travail salari&#233;, propri&#233;t&#233; fonci&#232;re. Leurs rapports r&#233;ciproques. Ville et campagne. Les trois grandes classes sociales. L'&#233;change entre celles-ci. Circulation. Cr&#233;dit (priv&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Concentration de la soci&#233;t&#233; bourgeoise sous la forme de l'&#201;tat. Consid&#233;r&#233; dans sa relation avec lui-m&#234;me. Les classes &#171; improductives &#187;. Imp&#244;ts. Dette publique. Cr&#233;dit public. La population. Les colonies. &#201;migration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Rapports internationaux de production. Division internationale du travail. &#201;change international. Exportation et importation. Cours des changes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Le march&#233; mondial et les crises.&lt;br class='autobr' /&gt;
IV. Production. Moyens de production et rapports de production. Rapports de production et rapports de circulation. Formes de l'&#201;tat et de la conscience par rapport aux conditions de production et de circulation. Rapports juridiques. Rapports familiaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nota bene, en ce qui concerne des points &#224; mentionner ici et a ne pas oublier :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La guerre d&#233;velopp&#233;e ant&#233;rieurement &#224; la paix : montrer comment par la guerre et dans les arm&#233;es, etc., certains rapports &#233;conomiques, comme le travail salari&#233;, le machinisme, etc., se sont d&#233;velopp&#233;s plus t&#244;t qu'&#224; l'int&#233;rieur de la soci&#233;t&#233; bourgeoise. De m&#234;me le rapport entre la force productive et les rapports de circulation particuli&#232;rement manifeste dans l'arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Rapport entre l'histoire id&#233;aliste telle qu'on l'a &#233;crite jusqu'ici et l'histoire r&#233;elle. En particulier celles qui se disent histoires de la civilisation, et qui sont toutes histoires de la religion et des &#201;tats [13]. (A cette occasion, on peut aussi parler des diff&#233;rents genres d'histoire &#233;crite jusqu'&#224; maintenant. L'histoire dite objective. La subjective (morale, etc.). La philosophique [14].)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Ph&#233;nom&#232;nes secondaires et tertiaires. D'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, rapports de production d&#233;riv&#233;s, transf&#233;r&#233;s, non originaux. Ici entr&#233;e en jeu de rapports internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Reproches au sujet du mat&#233;rialisme de cette conception. Rapport avec le mat&#233;rialisme naturaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Dialectique des concepts force productive (moyens de production) et rapports de production, dialectique dont les limites sont &#224; d&#233;terminer et qui ne supprime pas la diff&#233;rence r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Le rapport in&#233;gal entre le d&#233;veloppement de la production mat&#233;rielle et celui de la production artistique par exemple. D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, ne pas prendre l'id&#233;e de progr&#232;s sous la forme abstraite habituelle. Art moderne, etc. [15]. Cette disproportion est loin d'&#234;tre aussi importante, ni aussi difficile &#224; saisir que celle qui se produit &#224; l'int&#233;rieur des rapports sociaux pratiques. Par exemple, de la culture. Rapport des &#201;tats-Unis avec l'Europe [16]. Mais la vraie difficult&#233; &#224; discuter ici est celle-ci : comment les rapports de production, en prenant la forme de rapports juridiques, suivent un d&#233;veloppement in&#233;gal. Ainsi, par exemple, le rapport entre le droit priv&#233; romain (pour le droit criminel et le droit public c'est moins le cas) et la production moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Cette conception appara&#238;t comme un d&#233;veloppement n&#233;cessaire. Mais justification du hasard. Comment [17]. (La libert&#233; notamment aussi.) (Influence des moyens de communication. L'histoire universelle n'a pas toujours exist&#233; ; l'histoire consid&#233;r&#233;e comme histoire universelle est un r&#233;sultat [18].)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Le point de d&#233;part naturellement dans les d&#233;terminations naturelles ; subjectivement et objectivement. Tribus, races, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Pour l'art, on sait que certaines &#233;poques de floraison artistique ne sont nullement en rapport avec le d&#233;veloppement g&#233;n&#233;ral de la soci&#233;t&#233;, ni par cons&#233;quent avec celui de sa base mat&#233;rielle, qui est pour ainsi dire l'ossature de son organisation. Par exemple les Grecs compar&#233;s aux modernes, ou encore Shakespeare. Pour certaines formes de l'art, l'&#233;pop&#233;e par exemple, il est m&#234;me reconnu qu'elles ne peuvent jamais &#234;tre produites dans la forme classique o&#249; elles font &#233;poque, d&#232;s que la production artistique appara&#238;t en tant que telle ; que donc, dans le domaine de l'art lui-m&#234;me, certaines de ses cr&#233;ations importantes ne sont possibles qu'&#224; un stade inf&#233;rieur du d&#233;veloppement artistique. Si cela est vrai du rapport des diff&#233;rents genres artistiques &#224; l'int&#233;rieur du domaine de l'art lui-m&#234;me, Il est d&#233;j&#224; moins surprenant que cela soit &#233;galement vrai du rapport du domaine artistique tout entier au d&#233;veloppement g&#233;n&#233;ral de la soci&#233;t&#233;. La difficult&#233; ne r&#233;side que dans la mani&#232;re g&#233;n&#233;rale de saisir ces contradictions. D&#232;s qu'elles sont sp&#233;cifi&#233;es, elles sont par l&#224; m&#234;me expliqu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons, par exemple, le rapport de l'art grec d'abord, puis de l'art de Shakespeare avec notre temps. On sait que la mythologie grecque n'a pas &#233;t&#233; seulement l'arsenal de l'art grec, mais la terre m&#234;me qui l'a nourri. La fa&#231;on de voir la nature et les rapports sociaux qui inspire l'imagination grecque et constitue de ce fait le fondement de [la mythologie [19]] grecque est-elle compatible avec les Selfactors [machines &#224; filer automatiques], les chemins de fer, les locomotives et le t&#233;l&#233;graphe &#233;lectrique ? Qu'est-ce que Vulcain aupr&#232;s de Roberts and Co, Jupiter aupr&#232;s du paratonnerre et Herm&#232;s aupr&#232;s du Cr&#233;dit mobilier ? Toute mythologie ma&#238;trise, domine les forces de la nature dans le domaine de l'imagination et par l'imagination et leur donne forme : elle dispara&#238;t donc quand ces forces sont domin&#233;es r&#233;ellement. Que devient Fama &#224; c&#244;t&#233; de Printing-house square [20] ? L'art grec suppose la mythologie grecque, c'est-&#224;-dire l'&#233;laboration artistique mais inconsciente de la nature et des formes sociales elles-m&#234;mes par l'imagination populaire. Ce sont l&#224; ses mat&#233;riaux. Ce qui ne veut pas dire n'importe quelle mythologie, c'est-&#224;-dire n'importe quelle &#233;laboration artistique inconsciente de la nature (ce mot sous-entendant ici tout ce qui est objectif, donc y compris la soci&#233;t&#233;). Jamais la mythologie &#233;gyptienne n'aurait pu fournir un terrain favorable &#224; l'&#233;closion de l'art grec. Mais il faut en tout cas une mythologie. Donc en aucun cas une soci&#233;t&#233; arriv&#233;e &#224; un stade de d&#233;veloppement excluant tout rapport mythologique avec la nature, tout rapport g&#233;n&#233;rateur de mythes, exigeant donc de l'artiste une imagination ind&#233;pendante de la mythologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, Achille est-il compatible avec la poudre et le plomb ? Ou, somme toute, l'Iliade avec la presse ou encore mieux la machine &#224; imprimer ? Est-ce que le chant, le po&#232;me &#233;pique, la Muse ne disparaissent pas n&#233;cessairement devant la barre du typographe, est-ce que ne s'&#233;vanouissent pas les conditions n&#233;cessaires de la po&#233;sie &#233;pique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la difficult&#233; n'est pas de comprendre que l'art grec et l'&#233;pop&#233;e sont li&#233;s &#224; certaines formes du d&#233;veloppement social. La difficult&#233; r&#233;side dans le fait qu'ils nous procurent encore une jouissance esth&#233;tique et qu'ils ont encore pour nous, &#224; certains &#233;gards, la valeur de normes et de mod&#232;les inaccessibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un homme ne peut redevenir enfant, sous peine de tomber dans la pu&#233;rilit&#233;. Mais ne prend-il pas plaisir &#224; la na&#239;vet&#233; de l'enfant et, ayant acc&#233;d&#233; &#224; un niveau sup&#233;rieur, ne doit-il pas aspirer lui-m&#234;me &#224; reproduire sa v&#233;rit&#233; ? Dans la nature enfantine, chaque &#233;poque ne voit-elle pas revivre son propre caract&#232;re dans sa v&#233;rit&#233; naturelle ? Pourquoi l'enfance historique de l'humanit&#233;, l&#224; o&#249; elle a atteint son plus bel &#233;panouissement, pourquoi ce stade de d&#233;veloppement r&#233;volu &#224; jamais n'exercerait-il pas un charme &#233;ternel ? Il est des enfants mal &#233;lev&#233;s et des enfants qui prennent des airs de grandes personnes. Nombre de peuples de l'antiquit&#233; appartiennent &#224; cette cat&#233;gorie. Les Grecs &#233;taient des enfants normaux. Le charme qu'exerce sur nous leur art n'est pas en contradiction avec le caract&#232;re primitif de la soci&#233;t&#233; o&#249; il a grandi. Il en est bien plut&#244;t le produit et il est au contraire indissolublement li&#233; au fait que les conditions sociales insuffisamment m&#251;res o&#249; cet art est n&#233;, et o&#249; seulement il pouvait na&#238;tre, ne pourront jamais revenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Animal politique. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Dans la version Kautsky : dans la consommation. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Addition de Kautsky &#224; l'original. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Kautsky a lu tel Aufl&#245;sung (analyse) au lieu de Aufjassung (Conception). (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Cette phrase n'existe pas dans l'original. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Dans le texte de Kautsky : sert. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Dans le texte de Kautsky : d'individus isol&#233;s. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] En fran&#231;ais dans le texte. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] En fran&#231;ais dans le texte. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Restitu&#233; d'apr&#232;s l'original. Dans le texte de Kautsky : grade nur kombinierten gesellschaftsformen (pr&#233;cis&#233;ment &#224; des formes de soci&#233;t&#233; complexes seulement) au lieu de : grade einer kombinierten Gesellschaftsform. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] En fran&#231;ais dans le texte. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] En fran&#231;ais dans le texte. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Chez Kautsky ; l'ancienne histoire de la religion et des &#201;tats. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] Les parenth&#232;ses dans l'original. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] Restitu&#233; d'apr&#232;s l'original. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] Toute la ponctuation de ce passage, pleine d'erreurs dans le premier d&#233;chiffrage, est r&#233;tablie tel d'apr&#232;s l'original. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] Restitu&#233; d'apr&#232;s l'original. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[18] Parenth&#232;ses d'apr&#232;s l'original. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[19] Dans l'original, le mot est sant&#233;. Nous reprenons le mot &#171; mythologie &#187; donn&#233; dans l'&#233;dition de Moscou (1939) et qui nous parait plus satisfaisant que le mot &#171; art &#187; de l'&#233;dition Kautsky. (N. R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[20] Imprimerie du Times. (N. R.)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'humanit&#233; se rel&#232;vera, le capitalisme jamais !</title>
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		<dc:date>2025-12-30T23:35:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karob, Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Crise Crisis</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;&#233;ditorial &lt;br class='autobr' /&gt;
L'humanit&#233; se rel&#232;vera, le capitalisme jamais ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Les travailleurs r&#233;volutionnaires, les femmes, les jeunes, les petits paysans p&#234;cheurs artisans commer&#231;ants et auto-entrepreneurs, l'humanit&#233;, le communisme, tous se rel&#232;veront ensemble, mais le capitalisme, lui, ne se rel&#232;vera jamais ! Il a atteint des limites ind&#233;passables, non seulement du point de vue des exploit&#233;s et des opprim&#233;s mais aussi du point de vue de son propre syst&#232;me. &lt;br class='autobr' /&gt;
Y&#233;men, Gaza, Soudan, Mali, Ukraine, Za&#239;re, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique150" rel="directory"&gt;16- EDITORIAUX DE &#034;LA VOIX DES TRAVAILLEURS&#034; - &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot47" rel="tag"&gt;Crise Crisis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot277" rel="tag"&gt;Capitalisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_17065 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/maxresdefault-29.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH281/maxresdefault-29-2e21d.jpg?1779758436' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#233;ditorial&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'humanit&#233; se rel&#232;vera, le capitalisme jamais !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs r&#233;volutionnaires, les femmes, les jeunes, les petits paysans p&#234;cheurs artisans commer&#231;ants et auto-entrepreneurs, l'humanit&#233;, le communisme, tous se rel&#232;veront ensemble, mais le capitalisme, lui, ne se rel&#232;vera jamais ! Il a atteint des limites ind&#233;passables, non seulement du point de vue des exploit&#233;s et des opprim&#233;s mais aussi du point de vue de son propre syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y&#233;men, Gaza, Soudan, Mali, Ukraine, Za&#239;re, Rwanda, Afghanistan, Pakistan, Sahel, Burkina Faso, Syrie, Liban, Cisjordanie, rien que des massacres voulus, approuv&#233;s, organis&#233;s, arm&#233;s par les grandes puissances imp&#233;rialistes ! Et il n'y pas que les guerres et les guerres civiles ! Il y a les dictatures, les fascismes qui s'&#233;tendent partout ! De m&#234;me que les r&#233;voltes et r&#233;volutions s'&#233;tendent partout, en Asie, en Afrique, en Am&#233;rique du sud, en Europe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des pays du monde ont connu des r&#233;voltes et r&#233;volutions depuis 2010, suite &#224; l'effondrement &#233;conomique capitaliste de 2007-2008. La pand&#233;mie covid-19, encore une horreur mondiale due au capitalisme, a partiellement &#233;touff&#233; la r&#233;volte &#224; partir de 2019. Et les politiques dictatoriales soi-disant anti-covid ont fait le reste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que les horreurs dues aux Etats capitalistes s'aggravent sans cesse, les r&#233;voltes et r&#233;volutions t&#233;moignent des capacit&#233;s de courage, de d&#233;vouement, de solidarit&#233;, de spontan&#233;it&#233;, d'auto-organisation des jeunes, des femmes, des travailleurs des villes et des campagnes, et montrent d'o&#249; viendra l'avenir de l'humanit&#233; : du peuple travailleur r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce caract&#232;re mondial des r&#233;volutions et des contre-r&#233;volutions d&#233;montre que c'est bien les fondements du monde qui sont &#233;branl&#233;s et non tel ou tel r&#233;gime (Moubarak ou Ben Ali), telle ou telle r&#233;gion (monde arabe ou Afrique), tel ou tel gouvernement, telle ou telle situation particuli&#232;re (des femmes, des jeunes, des plus d&#233;munis, etc.), telle ou telle usure du pouvoir, telle ou telle situation politique ou &#233;conomique particuli&#232;re qui sont en cause. Cela touche aussi bien les pays riches que les pays pauvres, les pays occidentaux que orientaux, du nord et du sud, de l'est et de l'ouest, les dictatures que les pr&#233;tendues d&#233;mocraties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle situation mondiale a une cause qui est fondamentalement &#233;conomique (la saturation en capitaux par rapport aux capacit&#233;s limit&#233;es des investissements productifs) et c'est le r&#233;sultat in&#233;vitable de la chute historique, elle aussi mondiale, du syst&#232;me de domination capitaliste (de son mode de production) qui a atteint ses limites et ne peut plus se relancer. En effet, ce qui a caus&#233; la chute mondiale des march&#233;s capitalistes en 2007 et qui continue de saper l'&#233;conomie capitaliste n'est ni une r&#233;cession, ni l'inflation, ni la d&#233;mondialisation de Trump, ni les effondrements des monnaies, ni les bulles boursi&#232;res, ni les probl&#232;mes de l'&#233;nergie, ni la faillite des Etats et des banques centrales, tout cela n'&#233;tant que des cons&#233;quences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut pas pr&#233;dire de quoi l'avenir sera fait (&#224; quel moment, &#224; quel rythme, pour quelle raison occasionnelle, cette chute se produira, avec quel point de d&#233;part, avec quelle cons&#233;quence), mais on peut &#234;tre certains d'une chose : le syst&#232;me &#224; l'agonie nous menace tous de mort, de barbarie, de violences de masse, quelque soit notre pays, notre r&#233;gion, nos situations, nos origines, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est certain aussi, c'est que la cause principale n'est pas ce que l'on nous en dit : crise climatique, crise migratoire, crise &#233;cologique, crise d&#233;mographique, crise pand&#233;mique, crise des d&#233;penses de l'Etat, crise &#233;nerg&#233;tique, crise g&#233;n&#233;rationnelle, crise interethnique, interreligieuse, inter-civilisationnelle, crise est-ouest, crise djihadiste et terroriste, crise des bitcoins, crise de l'IA, crise guerri&#232;re, crise de la mondialisation ou de la financiarisation, crise de la robotisation, etc. La cause n'est m&#234;me pas la mis&#232;re des plus d&#233;munis et le grand &#233;cart entre riches et pauvres, ni la r&#233;volte des peuples. La cause est &#233;cconomique et pourtant, ce n'est m&#234;me pas une crise classique du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme pourrait parfaitement se remettre de n'importe laquelle des crises que nous venons de citer et m&#234;me de toutes mais pas du probl&#232;me crucial et fondamental qui le mine depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2000 : la saturation compl&#232;te de l'accumulation des capitaux. La quantit&#233; mondiale du capital a augment&#233; de mani&#232;re folle toutes les derni&#232;res d&#233;cennies et on pourrait se dire que c'est un grand succ&#232;s pour le grand capital. Seulement c'est un succ&#232;s qui d&#233;passe ses capacit&#233;s&#8230; O&#249; placer tous ces capitaux ? Dans la sph&#232;re des investissements productifs s'investit une part sans cesse plus faible du capital total qui peut s'investir. Du coup, il devient vital que les Etats et les banques centrales comme les particuliers d&#233;tenteurs de capitaux inventent des investissements non productifs nouveaux et en quantit&#233;. En s'aidant des sp&#233;culations, des dettes publiques et priv&#233;es, des bitcoins, de l'intelligence artificielle et autres, on peut sans cesse cr&#233;er des faux investissements et qui rapportent vraiment de l'argent. Mais toutes ces m&#233;thodes artificielles pour offrir des profits aux capitaux ont un d&#233;faut majeur : elles accroissent follement la masse des capitaux qui ne se tournent pas vers l'investissement productif et la part de ces capitaux dans le capital total grandit sans cesse, contribuant &#224; serrer le n&#339;ud qui &#233;touffe le syst&#232;me capitaliste. Car la sp&#233;culation permet &#224; un capitaliste de s'enrichir mais pas au syst&#232;me tout entier de s'enrichir. La richesse du capitalisme est toujours fondamentalement provenue de l'exploitation du travail humain (la plus-value accroissant le capital par son r&#233;investissemnt productif), m&#234;me si les capitalistes ont toujours entretenu l'illusion que ce seraient eux, le Capital et non le Travail, qui cr&#233;eraient de la richesse. Or ce syst&#232;me n'a jamais &#233;t&#233; capable de vivre sans accroitre sans cesse le capital. Seules de br&#232;ves chutes des profits (les crises capitalistes) &#233;taient tol&#233;rables et la destruction de capital qu'elles engendraient &#233;tait compens&#233;e par le fait que ces crises &#233;puraient le capitalisme de ses canards boiteux, lui permettant de repartir de plus belle. Dans la situation actuelle, une telle crise n'est plus tol&#233;rable pour le capitalisme car il la juge &#171; syst&#233;mique &#187;, ce qui signifie qu'une simple crise de r&#233;gulation menacerait de mort le syst&#232;me tout en entier !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pouvons pas emp&#234;cher le capitalisme de s'effondrer n'en d&#233;plaise &#224; tous les fans des &#171; solutions &#187; r&#233;formistes. Nous ne pouvons que nous saisir de la situation et tenter de transformer chaque faiblesse du syst&#232;me en armes des prol&#233;taires r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, nous n'avons ni &#224; rire ni &#224; pleurer sur la fin du capitalisme. C'est lui-m&#234;me qui est la cause de cette autodestruction et qui annonce sa mort en sonnant le glas par maints sympt&#244;mes plus atroces les uns que les autres. Aucune raison de regretter le vieux syst&#232;me d'exploitation et d'oppression, mais pas de raiosn de se r&#233;jouir non plus car rien n'est r&#233;gl&#233; et seule l'intervention directe du prol&#233;tairat r&#233;volutionnaire peut nous permettre de tourner la page de l'Histoire de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et plus les classes poss&#233;dantes se convainquent que leur avenir est bouch&#233;, plus ils manipulent le racisme, le machisme, le fascisme, toutes les haines, toutes les peurs, toutes les divisions, tous les fantasmes, toutes les inepties, tous les app&#233;tits sales, horribles, toutes les brutes galonn&#233;es sanguinaires, tous les meutriers, tous les terroristes du monde entier. La barbarie ne meurt pas en m&#234;me temps que le capitalisme, elle s'accroit jusqu'au triomphe de la r&#233;volution sociale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;voltes et r&#233;volutions ont agi dans le sens diam&#233;tralement oppos&#233; &#224; cette mont&#233;e de la barbarie dans les actes et dans les esprits. L&#224; o&#249; les peuples sont le plus durement divis&#233;s en ethnies, en clans, en couleurs de peaux, en origines diveres, en religions, en r&#233;gions, entre nationaux et migrants, entre hommes et femmes, entre riches et pauvres, ces mouvements de masse ont justement mis en avant tous les opprim&#233;s et tous les exploit&#233;s, tous unis, reniant souvent le poids oppressif de tout un vieux pass&#233; (les femmes en t&#234;te en Iran comme en Tunisie, en Alg&#233;rie, en Egypte ou au Soudan, les ethnies et clans balay&#233;s au Liban, par exemple).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les Etats, ces pouvoirs du grand capital, sont plus pr&#233;sents que jamais, disent les sceptiques en ce qui concerne la mort du capitalisme. Oui, mais le syst&#232;me ne peut se contenter des aides &#233;tatiques pour survivre. Son fonctionnement &#233;conomique est bien plus important. Plus il fait appel au soutien des Etats et des banques centrales plus sa chute s'aggrave car la part des capitaux non issus du secteur productif grandit d'autant plus et la plus-value n'est plus &#224; la base du profit. Un capitaliste individuel se moque d'o&#249; vient l'argent pourvu qu'il remplisse sans cesse davantage les coffres mais le syst&#232;me tout entier ne peut pas s'en moquer ! Et le capitalisme accumule des capitaux sans accroitre la richesse r&#233;elle. Le gouffre grandit qui s&#233;pare la richesse fictive de la richesse r&#233;elle. Au point que ce gouffre fait peur aux classes dirigeantes elles-m&#234;mes et les pousse dans les voies folles de la marche &#224; la guerre mondiale, au fascisme mondial, &#224; la dictature et aux massacres de masse mean&#231;ant toute l'humanit&#233;&#8230; Tout cela vaut mieux aux yeux des classes poss&#233;dantes que les risques mortels de la r&#233;volution sociale renversant d&#233;finitivement le pouvoir &#233;conomique et politique de la classe capitaliste !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pour le peuple travailleur, la r&#233;volution socialiste demandera de grands efforts mais elle nous coutera moins cher que les souffrances que les classes dirigeantes nous pr&#233;parent !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La crise du capitalisme et les perspectives pour les r&#233;volutionnaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1135&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1135&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me capitaliste a-t-il d&#233;j&#224; chut&#233; de lui-m&#234;me ou ne pourra-t-il chuter que par la r&#233;volution ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5988&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5988&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation actuelle du capitalisme, est-ce une crise classique ou quoi d'autre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1794&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1794&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point de vue de l'&#233;conomiste Fran&#231;ois Chesnais sur la fin du capitalisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/chesnais/limites_infranchissables.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/chesnais/limites_infranchissables.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Crise grave, crise syst&#233;mique ou bout du monde pour le capitalisme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2431&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2431&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Capitalisme : de la construction &#224; la destruction&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5939&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5939&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'humanit&#233; est frapp&#233;e mortellement mais c'est le grand capital qui est en soins palliatifs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6106&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6106&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment nous allons vivre l'effondrement du capitalisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6960&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6960&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les th&#233;ories de l'effondrement capitaliste, adeptes et d&#233;tracteurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7441&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7441&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme &#224; l'agonie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4518&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4518&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme meurt d'avoir... trop bien r&#233;ussi &#224; accumuler du capital&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Agir contre ses propres principes en s'autod&#233;truisant, personne n'imagine le capitalisme faire cela et pourtant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7556&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7556&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Crise ou mort du capitalisme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1976&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1976&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les gouvernants en sont r&#233;duits &#224; la seule violence directe, c'est que la dynamique capitaliste est morte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6174&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6174&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel avenir pour le capitalisme ? ou quand la bourgeoisie mondiale serre les fesses&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4084&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4084&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi la dynamique du capitalisme se heurte &#224; ses propres limites : son succ&#232;s lui-m&#234;me &#233;touffe dans les limites de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3250&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3250&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les crises &#171; classiques &#187; ne sont plus possibles pour le syst&#232;me (trop dangereuses) et pourtant elles permettaient de le r&#233;guler&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3771&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3771&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me de cavalerie financi&#232;re &#224; la Madoff, une survie illusoire d'un capitalisme mondial en bout de course&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4561&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4561&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Capitalisme : chronique d'une mort annonc&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4686&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4686&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme est-il mort ou vivant ? - Sur quels crit&#232;res se fonder ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1975&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1975&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme d&#233;liquescent et sous perfusion, plus antisocial et sanglant que jamais, est encore plus incompatible avec la libert&#233; des femmes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7743&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7743&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si l'humanit&#233; changeait... de mode de production&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8434&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8434&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le grand capital a encore peur... du communisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7912&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7912&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel avenir : la barbarie de masse&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7694&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7694&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; ou l'humanit&#233; maitresse d'elle-m&#234;me ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8073&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8073&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pourquoi Lutte Ouvri&#232;re ment en intitulant son meeting du 27 septembre d'Arthaud-Mercier : &#171; Aux travailleurs de diriger la soci&#233;t&#233; &#187;&#8230;</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article9338</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.org/spip.php?article9338</guid>
		<dc:date>2025-11-06T23:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre War</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>Parti r&#233;volutionnaire - Revolutionnary party</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes, Auto-organisation, Comit&#233;s, Conseils ouvriers, Coordinations, Assembl&#233;es interprofessionnelles, Soviet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pourquoi Lutte Ouvri&#232;re ment en intitulant son meeting du 27 septembre d'Arthaud-Mercier : &#171; Aux travailleurs de diriger la soci&#233;t&#233; &#187;&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Voici le discours de Nathalie Arthaud, dirigeante de Lutte Ouvri&#232;re, que nous allons commenter et d&#233;monter point par point dans la suite : &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.lutte-ouvriere.org/portail/brochures/meeting-27-septembre-2025-discours-nathalie-arthaud-187347.html &lt;br class='autobr' /&gt;
Disons tout de suite que nous sommes tout &#224; fait pour que la classe ouvri&#232;re gouverne toute la soci&#233;t&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique113" rel="directory"&gt;12 - QUOI DE NEUF DANS LES ORGANISATIONS REVOLUTIONNAIRES - WHAT'S NEW UPON REVOLUTIONNARY ORGANISATIONS&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot48" rel="tag"&gt;Guerre War&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot173" rel="tag"&gt;Parti r&#233;volutionnaire - Revolutionnary party&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot277" rel="tag"&gt;Capitalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot280" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, Auto-organisation, Comit&#233;s, Conseils ouvriers, Coordinations, Assembl&#233;es interprofessionnelles, Soviet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pourquoi Lutte Ouvri&#232;re ment en intitulant son meeting du 27 septembre d'Arthaud-Mercier : &#171; Aux travailleurs de diriger la soci&#233;t&#233; &#187;&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Voici le discours de Nathalie Arthaud, dirigeante de Lutte Ouvri&#232;re, que nous allons commenter et d&#233;monter point par point dans la suite :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lutte-ouvriere.org/portail/brochures/meeting-27-septembre-2025-discours-nathalie-arthaud-187347.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lutte-ouvriere.org/portail/brochures/meeting-27-septembre-2025-discours-nathalie-arthaud-187347.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Disons tout de suite que nous sommes tout &#224; fait pour que la classe ouvri&#232;re gouverne toute la soci&#233;t&#233; et l'avons affirm&#233; maintes fois de mani&#232;re publique, en paroles et en actes, mais que nous ne croyons pas du tout que l'organisation opportuniste de fausse extr&#234;me gauche Lutte ouvri&#232;re soit r&#233;ellement favorable &#224; cette perspective ni qu'elle dise un seul mot r&#233;ellement dans ce sens et moins encore fasse le moindre geste pour cela&#8230; C'est ce que nous allons tenter de d&#233;montrer une fois de plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur chaque point, nous allons montrer que chaque affirmation qui pourrait apparaitre juste ne l'est pas parce qu'il y manque l'essentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce premier point, le titre de la conf&#233;rence, et le pont crucial du pouvoir aux travailleurs, on ne trouvera dans le texte du meeting de Arthaud aucune qualification d'un quelconque type de pouvoir aux travailleurs, ni m&#234;me aucun parall&#232;le avec d'autres prises de pouvoir des travailleurs dans le pass&#233;, la Commune de Paris de 1871 ou la r&#233;volution russse ou d'autres r&#233;volutions prol&#233;tariennes. On ne trouvera ni le mot r&#233;publique des conseils ouvriers, ni pouvoir des comit&#233;s du peuple travailleur, ni dictature des soviets, ni auto-organisation r&#233;volutionnaire des travailleurs, ni assembl&#233;es souveraines et d&#233;cisionnelles du peuple travailleur. Tout cela n'est pas dans ce discours et n'est pas non plus dans aucun texte ou discours de la m&#234;me organisation. Ce n'est pas dans leur programme. Ce ne peut pas &#234;tre dans leurs r&#233;alisations politiques de demain car ce n'est pas dans leurs g&#232;nes d'aujourd'hui&#8230; Le seul but de Lutte Ouvri&#232;re qui a, formellement, un rapport avec une construction actuelle en rapport avec la pr&#233;paration en vue d'un demain r&#233;volutionnaire, c'est la construction d'un parti r&#233;volutionnaire, ou du moins qui se dit tel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comment distinguer un parti r&#233;volutionnaire d'un qui ne le serait que mensong&#232;rement ? Par le fait qu'il milite ou pas pour le pouvoir de soviets r&#233;volutionnaires ! LO non seulement ne milite pas pour des soviets de travailleurs mais n'en parle m&#234;me pas, ne rappelle m&#234;me pas de mani&#232;re historique en relation &#224; la situation actuelle que c'est cela la voie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous avez le texte. Cherchez-y les mots &#171; soviets &#187;, &#171; comit&#233;s &#187;, &#171; conseils &#187;, &#171; dictature du prol&#233;tariat &#187;, &#171; auto-organisation &#187;, &#171; commune &#187; et on en passe. Rien !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cherchez un mot de description du futur gouvernement des travailleurs ? Qu'est-ce qu'il sera ? Comment il sera ? Sur qui il se fondera ? Quelle forme il prendra ? Comment il s'imposera ? Comment il se d&#233;fendra contre la classe capitaliste ? Rien ! Rien de rien !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas un mot, pas une phrase, pas un paragraphe, pas une allusion !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LO ne se lie pas les mains (elle ne s'engage &#224; rien) par des d&#233;clarations ou des programmes par trop r&#233;ellement r&#233;volutionnaires. On ne risque pas de la critiquer de d&#233;velopper un programme r&#233;volutionnaire ni m&#234;me d'y faire allusion&#8230; Qui pourrait le critiquer de faire cela ? La gauche syndicale &#224; laquelle elle appartient, la gauche politique, la bourgeoisie et son Etat qui lui permettent de se pr&#233;senter aux &#233;lections, qui lui permettent de passer dans la presse, qui lui permettent d'occuper des positions dirigeantes ou pas dans les appareils syndicaux, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre point, lorsqu'on explique que la situation politique, &#233;conomique et sociale am&#232;ne &#224; penser que les travailleurs vont devoir prendre le pouvoir, vont devoir supprimer le capitalisme, c'est que le syst&#232;me est &#224; bout de souffle, n'a plus d'avenir, est dans le gouffre. Trouve-t-on dans le texte les termes et les explications d'une &#171; situation r&#233;volutionnaire &#187;, d'une &#171; p&#233;riode pr&#233;-r&#233;volutionnaire &#187; ? Absolument pas ! LO ne croit pas du tout que la situation est r&#233;volutionnaire, ni pr&#233;-r&#233;volutionnaire et ne l'affirme absolument pas. La r&#233;f&#233;rence &#224; la n&#233;cessit&#233;, un jour, dans un an ou un si&#232;cle ou plusieurs si&#232;cles, de faire la r&#233;volution pour renverser le pouvoir capitaliste est hors actualit&#233;, du fait moins aux yeux des dirigeants de LO. Du coup, toutes les analyses de la situation actuelle ne visent absolument pas &#224; d&#233;montrer que le capitalisme doit &#234;tre renvers&#233; de mani&#232;re plus urgente qu'il y a dix ans ou dans dix si&#232;cles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arthaud d&#233;marre en disant qu'elle ne va pas perdre de temps &#224; discuter des difficult&#233;s du Premier ministre. Elle ne discute pas davantage des &#171; difficult&#233;s &#187; du pr&#233;c&#233;dent qui l'avaient amen&#233; &#224; d&#233;missionner. Pourtant, la suspension de la r&#233;forme des retraites alors que les actions de la gauche syndicale et politique n'avaient jamais amen&#233; une telle suspension, la d&#233;mission de Bayrou, et bien d'autres affolements des capitalistes ont montr&#233; que les classes dirigeantes ont &#233;t&#233; affol&#233;es &#224; l'id&#233;e de la mont&#233;e &#224; partir de septembre d'un mouvement issu de la base, non d&#233;pendant des partis et syndicats de gauche et non musel&#233; par eux, un mouvement qui aurait &#233;t&#233; du type des Gilets jaunes et qui avait la sympathie de l'ensemble des milieux populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours d'Arthaud analyse-t-il ce fait d&#233;terminant pour les luttes de classes en France et surtout dans la perspective de la r&#233;volution sociale que LO pr&#233;tend repr&#233;senter politiquement ? Absolument pas ! Pas un mot sur la tentative d'un mouvement issu de la base, d'un mouvement auto-organis&#233;, se dirigeant lui-m&#234;me, contestant le fondement m&#234;me de l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment LO analyse la situation de crise sp&#233;cifique que tout le monde constate actuellement en France ? Eh bien, pour LO, il n'y a absolument pas de crise particuli&#232;rement aig&#252;e mais seulement le r&#233;sultat classique des classiques du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que se passe-t-il actuellement dans l'&#233;conomie fran&#231;aise ? Eh bien, il se passe que &#171; dans cette soci&#233;t&#233;, il n'y a pas de riches sans pauvres ! Les riches capitalistes ne prosp&#232;rent qu'en produisant plus d'exploit&#233;s et plus de pr&#233;carit&#233;. Pour que les capitalistes concentrent entre leurs mains des centaines de millions et des milliards, il faut des millions de travailleurs qui triment pay&#233;s au lance pierre. &#187; Pas de situation particuli&#232;rement critique donc !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou encore, on lit dans cette analyse de la situation que : &#171; le profit, la plus-value, est accumul&#233;e entre les mains de la classe capitaliste, et transform&#233;e en capitaux, c'est-&#224;-dire en nouveaux moyens d'exploiter d'autres travailleurs, leurs enfants, et ainsi de suite&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manque de chance, c'est justement ce que le capitalisme ne parvient plus &#224; faire et qui a aentrain&#233; l'effondrement de 2007-2008, &#233;tant donn&#233; que la fraction du capital qui n'exploite plus du travail humain est de plus en plus grande et ne peut plus r&#233;aliser de la plus-value extraite du travail humain. En effet, nous sommes dans une situation dite de suraccumulation du capital, ce qui signifie que le capital accumul&#233; est trop grand par rapport aux possibilit&#233;s d'investir de mani&#232;re rentable dans la production. Le capitalisme a trop bien r&#233;ussi au point qu'il ne peut plus continuer &#224; se maintenir en place. Ce n'est pas LO qui le dira. LO veut seulement dire que le capitalisme sera un jour d&#233;pass&#233; et pas qu'il est d&#233;j&#224; fini, mort comme syst&#232;me rentable et dynamique, et que la r&#233;volution est d'ores et d&#233;j&#224; &#224; l'ordre du jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de tout cela ne se trouve dans l'analyse de la situation du capitalisme selon LO :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La crise &#233;conomique n'est pas le fruit d'une politique trop lib&#233;rale, elle est dans l'ADN du capitalisme. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand la production est laiss&#233;e &#224; l'initiative de milliers d'entreprises priv&#233;es qui se font concurrence, comment &#233;viter la surproduction ou &#224; l'inverse la sous-production ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand le seul but est la course aux profits, comment emp&#234;cher que les capitaux se concentrent dans les secteurs les plus rentables au d&#233;triment des autres ? Les crises sont les respirations naturelles et monstrueuses du capitalisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et depuis les ann&#233;es 1970 et les deux krachs p&#233;troliers, la crise est le mode d'existence du capitalisme car les forces productives ont tr&#232;s largement d&#233;pass&#233; les capacit&#233;s d'absorption du march&#233; solvable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tant que les march&#233;s n'&#233;taient pas satur&#233;s et que de nouveaux rempla&#231;aient les anciens, tant que la reconstruction de l'apr&#232;s Seconde Guerre mondiale n'&#233;tait pas achev&#233;e, la guerre commerciale n'avait pas la m&#234;me intensit&#233;. D&#233;sormais c'est l'embouteillage, ce qui exacerbe la guerre &#233;conomique entre les multinationales et en fait, pour elles, une question de vie ou de mort.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette crise &#233;conomique se double d'une autre menace : celle de la crise financi&#232;re. Comme des milliards de capitaux ne trouvent pas &#224; s'investir de fa&#231;on rentable dans la production de biens mat&#233;riels et de services, ils s'investissent dans la finance. D'o&#249; une financiarisation croissante de l'&#233;conomie, et des mouvements de sp&#233;culation d&#233;mesur&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est marginalement que LO constate &#171; une financiarisation &#187;, &#171; des capitaux qui ne trouvent pas &#224; s'investir &#187;. En effet, LO &#233;crit que la crise &#233;conomique se double d'une&#8230; menace. Or, la menace est plus que r&#233;alis&#233;e, elle a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e en 2007. Elle n'a fait qu'augmenter depuis. Cela fait que le syst&#232;me est d&#233;j&#224; mort et que LO dit qu'il est en plus&#8230; menac&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, quand on ne pense pas que le capitalisme ne parvient plus du tout &#224; fonctionner, on ne pense pas non plus que la r&#233;volution sociale soit&#8230; &#224; l'ordre du jour !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, LO se contente de regrouper des gens qui admettent l'id&#233;e qu'un jour (dans une p&#233;riode absolument impr&#233;dictible et pas forc&#233;ment proche) il faudra une r&#233;volution communiste et pas qui pensent qu'il la faut maintenant&#8230; Et donc pas des gens qu'ils pensent qu'il faut agir tout de suite en fonction de cette perspective. Du coup, les soviets ne sont absolument pas &#224; l'ordre du jour&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que tout est pr&#234;t &#224; exploser dans le monde capitaliste, pour LO ? Oui, mais pas plus hier qu'aujourd'hui ni que demain car la raison que LO trouve de ce &#171; risque &#187; est sans &#233;poque, de toujours : &#171; Nous dormons sur un volcan parce que l'&#233;conomie capitaliste est par nature sp&#233;culative. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie capitaliste serait ainsi depuis toujours de nature sp&#233;culative ? C'est absolument faux ! La fraction du capital qui se consacre &#224; la sp&#233;culation est infiniment plus importante depuis 2007 que jamais dans toute l'histoire du capitalisme. La &#171; nature &#187; du capitalisme n'&#233;tait absolument pas sp&#233;culative mais investisseuse dans la production et LO lui-m&#234;me l'affirmait deux lignes plus haut ! Tout cet embrouillamini de fausse analyse de la situation du capitalisme pour cacher que LO ne veut pas voir que le capitalisme n'a plus d'avenir, non pas un jour mais tout de suite !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LO passe alors &#224; un domaine o&#249; elle se croit plus &#224; l'aise : d&#233;noncer la marche &#224; la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien de la d&#233;noncer mais encore faut-il la comprendre. Pourquoi les capitalistes se jetteraient-ils dans une boucherie g&#233;n&#233;ralis&#233;e qui d&#233;truirait une grande partie de la plan&#232;te si le syst&#232;me capitaliste n'est pas imm&#233;diatement menac&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, LO &#233;crit que la plan&#232;te est menac&#233;e directement et rapidement par une guerre mondiale. Quelles cons&#233;quences politiques et sociales imm&#233;diates en d&#233;coulent ? Quelles t&#226;che LO attribue-t-elle aux militants r&#233;volutionnaires, dans les entreprises, dans les quartiers, dans les syndicats, dans la jeunesse, parmi les femmes, etc ? Pas un mot l&#224;-dessus ! Faut-il appeler les soldats &#224; refuser d'ob&#233;ir, &#224; rompre avec leur hi&#233;rarchie belliciste, &#224; s'organiser en comit&#233;s aux c&#244;t&#233;s de comit&#233;s de travailleurs eux-m&#234;mes organis&#233;s contre la guerre ? Pas un mot l&#224;-dessus ! Faut-il des prises de positions dans les syndicats et une organisation de fractions anti-guerre imp&#233;rialiste dirig&#233;e par les militants r&#233;volutionnaires ? Pas un mot l&#224;-dessus ! Est-ce que LO d&#233;veloppe la perspective l&#233;niniste consistant &#224; pr&#244;ner la d&#233;faite de l'arm&#233;e imp&#233;rialiste de son propre pays, ou d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire ? Ni le mot ni l'objectif r&#233;volutionnaire de dissolution, de d&#233;moralisation, de destruction des arm&#233;es imp&#233;rialistes par le peuple travailleur auto-organis&#233; appelant les soldats &#224; faire de m&#234;me ne sont dans le texte du meeting de Lutte Ouvri&#232;re, ni dans aucun autre texte de cette organisation ! C'est pourtant une constante pour les dirigeants communistes r&#233;volutionnaires, notamment L&#233;nine, Trotsky et Rosa Luxemburg. Comment peut-on &#233;crire que la guerre mondiale est une perspective proche, se dire r&#233;volutionnaire et ne pas proposer aux travailleurs la lutte r&#233;volutionnaire pour dissoudre les arm&#233;es imp&#233;rialistes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LO se contente d'ironniser sur ces messieurs-dames qui pr&#233;parent la guerre, alors qu'il s'agit de pr&#233;parer le prol&#233;tariat &#224; la riposte ! Pas un mot sur le fait que le prol&#233;tariat est capable lui-m&#234;me d'entrer en guerre contre son imp&#233;rialisme, qu'il peut s'armer, qu'il peu former des milices ouvri&#232;res, qu'il peut mener une propagande anti-militariste dans les rangs de l'arm&#233;e, etc. Rien !&lt;br class='autobr' /&gt;
LO dit juste : &#171; ne nous laissons pas embrigader &#187;. Ou encore elle &#233;crit : &#171; Les imp&#233;rialistes sont les grandes puissances occidentales, &#224; commencer par les &#201;tats-Unis. &#187; Tiens, tiens ! Une organisation de France qui ne commence pas par d&#233;noncer son propre imp&#233;rialisme, alors que L&#233;nine affirmait que tel &#233;tait le devoir de tout groupe r&#233;volutionnaire, aussi petit soit-il, d'un pays imp&#233;rialiste au bord de la guerre imp&#233;rialiste !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dit LO sur l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais ? &#171; Grande-Bretagne et France se sont partag&#233; les d&#233;pouilles de l'empire Ottoman, apr&#232;s la Premi&#232;re Guerre mondiale.&lt;br class='autobr' /&gt;
La France a mis la main sur la Syrie dont elle a d&#233;tach&#233; une partie, le Liban, pour mieux contr&#244;ler son port, son commerce et ses banques. La Grande Bretagne a mis le grappin sur la Palestine, la Jordanie et l'actuel Irak. &#187; Oulala ! Il lui faut remonter &#224; la premi&#232;re guerre mondiale pour illustrer les m&#233;faits de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait plus judicieux de rappeler comment la France intervient militairement dans le monde, au point que tous les peuples de l'Afrique ne veulent plus de l'arm&#233;e fran&#231;aise, non ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait judicieux de rappeler que l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais vient de soutenir le dictateur malgache contre son peuple, sans succ&#232;s ! Mais LO n'a pas appel&#233; les travailleurs fran&#231;ais &#224; se solidariser du peuple malgache en r&#233;volte contre l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, et ne le fait pas davantage maintenant que ce dictateur est tomb&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais est intervenu pour soutenir toutes les dictatures contre toutes les r&#233;voltes et r&#233;volutions, notamment celles qui ont &#233;clat&#233; lors des &#171; printemps &#187;. L&#224; non plus aucun appel des militants de LO, notamment dans les syndicats o&#249; cette organisation milite, pour combattre les men&#233;es contre-r&#233;volutionnaires de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le passage du discours d'Arthaud o&#249; il est fait allusion aux r&#233;voltes en question, il n'est jamais dit que le prol&#233;tariat du pays imp&#233;rialiste doit absolument se solidariser avec la r&#233;volte, combattre les vis&#233;es et les men&#233;es de son propre imp&#233;rialisme, le discr&#233;diter aupr&#232;s du peuple du pays imp&#233;rialiste, d&#233;moraliser l'arm&#233;e, etc&#8230; Rien d'une politique r&#233;volutionnaire en pays imp&#233;rialiste en somme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si LO fait allusion &#224; la responsabilit&#233; de l'imp&#233;rialisme dans des guerres r&#233;centes, c'est pour discuter de la responsabilit&#233; d'un Sarkozy, pas de celle du prol&#233;tariat fran&#231;ais, pas de celle des r&#233;volutionnaires de France ! Et pas de la perspective r&#233;volutionnaire de d&#233;moralisation de l'arm&#233;e, de destruction de l'appareil militaire et policier de l'imp&#233;rialisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas plus que LO ne parle, dans le passage o&#249; cette organisation fait une petite allusion &#224; la vague internationale des r&#233;voltes (juste en citant Madagascar et le N&#233;pal), de la n&#233;cessit&#233; d'une politique r&#233;volutionnaire dans ces pays, notamment de l'armement du prol&#233;tariat. Cet objectif de base sans lequel toute d&#233;nonciation de la guerre imp&#233;rialiste n'est qu'un mot pacifiste et creux, est absolument absent de la propagande de Lutte ouvri&#232;re et pas seulement dans ce meeting.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si LO d&#233;nonce l'imp&#233;rialisme, c'est pour dire qu'&#171; il n'y a pas un signe &#233;gal &#224; mettre entre l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain et la Russie et la Chine &#187; que LO ne traite pas ces deux derniers pays d'imp&#233;rialismes ! Alors que l'imp&#233;rialisme mondial se s&#233;pare en deux blocs et que toute la politique r&#233;volutionnaire de L&#233;nine consistait justement &#224; mettre un signe &#233;gal entre tous les blocs imp&#233;rialistes ! LO &#233;crit : &#171; La Russie et la Chine ont les moyens de r&#233;sister aux pressions de l'imp&#233;rialisme occidental, mais cela n'en fait pas encore des puissances imp&#233;rialistes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, voil&#224;, LO a d&#233;couvert des grands pays capitalistes d&#233;velopp&#233;s qui, dans l'&#233;tat actuel du capitalisme arriv&#233; &#224; son stade supr&#234;me comme le disait L&#233;nine, rompent cependant avec la loi de L&#233;nine en n'&#233;tant pas imp&#233;rialistes ! Quand LO fait dans l'originalit&#233; th&#233;orique par rapport avec ses glorieux pr&#233;d&#233;cesseurs r&#233;volutionnaires, ce n'est justement pas glorieux du tout !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et de nous expliquer aussi que l'Union europ&#233;enne n'est pas imp&#233;rialiste puisqu'elle s'est couch&#233;e sans combat face &#224; Trump dans la guerre commerciale et douani&#232;re !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule phrase exacte de tout ce passage sur la guerre imp&#233;rialiste qui vient est : &#171; Seul le renversement du pouvoir de la bourgeoisie et la domination de l'imp&#233;rialisme sur le monde peut &#233;carter la menace de la guerre mondiale et assurer des relations fraternelles entre les peuples. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais m&#234;me la caract&#233;risation de la guerre mondiale qui vient est fausse : LO la traite de guerre imp&#233;rialiste parce qu'elle implique l'imp&#233;rialisme des USA et pas de guerre inter-imp&#233;rialiste comme si Russie et Chine ne constituaient pas un bloc qui essaie lui aussi de dominer le monde ! Comme si ce deuxi&#232;me bloc ne mena&#231;ait pas la domination du dollar, comme si ce deuxi&#232;me bloc ne s'implantait pas dans les pays o&#249; les imp&#233;rialismes occidentaux sont discr&#233;dit&#233;s, notamment en Afrique ! Comme si le pacifisme que LO pr&#234;te &#224; la Chine notamment mais m&#234;me &#224; la Russie ne cachait pas des perspectives guerri&#232;res &#233;normes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me lorsque LO fait allusion &#224; Isra&#235;l et &#224; la Palestine, ce n'est nullement pour d&#233;velopper une politique anti-imp&#233;rialiste. Ainsi, pas un mot pour dire que l'imp&#233;rialisme a continuer tout au long du massacre de Gaza &#224; armer N&#233;tanyahou ! Pas un mot pour dire qu'il fallait une propagande dans les entreprises, dans les syndicats pour bloquer les armes en direction d'Isra&#235;l ! Jamais LO ne souligne la responsabilit&#233; du peuple travailleur de France dans la lutte contre son propre imp&#233;rialisme. Cette organisation l&#224; encore se contente de propos vague et sans cons&#233;quence, qui ne la mouillent pas par rapport aux appareils syndicaux o&#249; elle milite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, pas un mot dans ce meeting pour d&#233;noncer les propos guerriers et bellicistes des syndicats, en faveur de l'Ukraine notamment et particuli&#232;rement ceux du syndicat SUD o&#249; militent Mercier et de nombreux militants de LO !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LO parle juste de &#171; solidarit&#233; &#224; l'&#233;gard des Palestiniens &#187; sans dire un mot de plus sur en quoi consiste cette solidarit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LO entre alors dans un grand d&#233;veloppement moraliste contre le nationalisme en g&#233;n&#233;ral. L&#224; encore, s&#233;paration totale avec la politique de L&#233;nine et des r&#233;volutionnaires communistes du pass&#233; qui &#233;tablissaient une s&#233;paration entre les pays imp&#233;rialistes et les autres, d&#233;non&#231;ant le nationalisme des grandes puissances, pas celui des petits peuples opprim&#233;s. L&#233;nine a m&#234;me men&#233; toute une politique montrant qu'en prenant la t&#234;te des petits peuples opprim&#233;s sur la plan national, le prol&#233;tariat pouvait devenir une force consid&#233;rable capable de battre les arm&#233;es imp&#233;rialistes car sa propagande dissolvait les liens entre l'imp&#233;rialisme et sa propre arm&#233;e. Rien de tout cela bien entendu dans le discours de LO sur le nationalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LO, dans ce passage, parle juste de d&#233;noncer, pas de combattre. Tout le temps, LO affirme &#171; il faut d&#233;noncer ces politiques comme le produit du capitalisme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d&#233;noncer le capitalisme et l'imp&#233;rialisme ne nous indique pas la voie pour les renverser. M&#234;me le fait de dire qu'un jour il faudra faire la r&#233;volution pour le renverser n'est pas une indication suffisante. Qu'est-ce que cela change dans notre politique d'aujourd'hui, dans les luttes, dans les mouvements, dans les manifestations, dans les syndicats ? Pas un mot de r&#233;ponse &#224; part : &#171; d&#233;noncer le capitalisme qui est responsable tout &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un seul passage est juste : &#171; Il n'y a qu'une seule politique &#224; mener face &#224; la guerre, la seule qui a march&#233; lors de la Premi&#232;re Guerre, parce qu'elle a arr&#234;t&#233; la guerre, c'est la politique du parti Bolchevik, de L&#233;nine et des r&#233;volutionnaires qui ont pr&#233;par&#233; les esprits pour que le ouvriers et les paysans retournent leurs armes contre leurs propres g&#233;n&#233;raux et qu'ils se lancent &#224; la conqu&#234;te du pouvoir. &#187; On croirait que cela allait &#234;tre le d&#233;but d'un d&#233;veloppement sur comment LO entend mener actuellement la m&#234;me politique. Eh bien pas tout. C'est juste le petit coup de chapeau qui a pour but de grandir LO et de faire passer cette organisation comme tr&#232;s r&#233;volutionnaire aupr&#232;s du bon public ! Ensuite, plus rien l&#224;-dessus !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LO passe direct &#224; une autre d&#233;nonciation moraliste, celle du racisme. Comme si la guerre imp&#233;rialiste, tout comme le nationalisme et le racisme, &#233;tait un d&#233;faut moral de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Arthaud de monter le ton : &#171; Ce nationalisme, il faut le combattre, autant si ce n'est plus que le racisme. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais rappelez-vous, pour LO, combattre c'est juste d&#233;noncer moralement et verbalement, sans d&#233;masquer les racines r&#233;elles, sans proposer des perspectives politiques r&#233;elles, sans un v&#233;ritable programme r&#233;volutionnaire en somme&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; LO passe aux r&#233;voltes qui &#233;clatent un peu partout dans le monde. Est-ce pour expliquer quelle politique les trompe et quelle politique les ferait r&#233;ussir ? Qu'est-ce qui a manqu&#233; au peuple &#233;gyptien, au peuple tunisien, au peuple marocain, au peuple alg&#233;rien, au peuple y&#233;m&#233;nite, au peuple haitien, au peuple albanais, pour ne citer que les premi&#232;re r&#233;voltes et r&#233;volutions des printemps ? Ce n'est pas dans le meeting de LO que vous trouverez une tentative de r&#233;ponse. LO ne cherche rien de tout cela. Vous ne le trouverez pas plus dans ce meeting que dans les autres textes de LO portant sur ces r&#233;voltes. Juste une seule r&#233;p&#233;tition : seule la r&#233;volution, seule la classe ouvri&#232;re peuvent renverser l'ordre social. Comment y parvenir ? Pas un mot ! En quoi cela consisterait dans ces pays ? Rien ! En quoi cela consiste pr&#233;cis&#233;ment en France aujourd'hui ? Rien &#224; part le mot d'ordre &#171; d&#233;velopper la conscience de classe &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que marcher comme des petits soldats derri&#232;re les dirigeants syndicaux pro-imp&#233;rialistes, d&#233;mobilisateurs et r&#233;formistes, comme le fait syst&#233;matiquement LO, c'est d&#233;velopper la conscience de classe, ce n'est pas LO qui nous le dira ! Notamment dans la lutte des retraites en France, LO n'a pas lev&#233; le petit doigt pour &#233;lever la conscience de classe. Dans le mouvement de septembre dernier, LO n'a pas lev&#233; le petit doigt pour &#233;lever la conscience de classe, pas plus que lors du mouvement des Gilets jaunes o&#249; LO proclamait ne pas porter le gilet jaune, se d&#233;solidarisant de la r&#233;volte sociale pour rester en phase avec l'appareil syndical contre-r&#233;volutionnaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A propos du N&#233;pal et du Bangladesh, LO affirme : &#171; Dans ces deux pays, ce qui a manqu&#233; aux insurg&#233;s, ce n'est pas le courage, c'est la conscience de savoir qui sont leurs v&#233;ritables ennemis et qui sont leurs faux amis. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pas un mot sur comment distinguer ces faux amis r&#233;formistes et opportunistes ! Comment le fait LO en France ? Montrez-nous ! Pas un mot dans le texte sur les faux amis syndicaux fran&#231;ais !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qui nous montre comment LO se distingue des fameux faux amis ? Quelle politique d&#233;montre qu'on rompt avec eux ? Pas de r&#233;ponse !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, cette r&#233;ponse existe. Le premier signe qu'on a affaire &#224; des faux amis, c'est qu'ils ne militent pas pour l'auto-organisation des travailleurs sous forme de comit&#233;s, de conseils, d'assembl&#233;es souveraines et d&#233;cisionnelles, pour des organisations de base ind&#233;pendantes des appareils syndicaux et politiques, que ce soit dans les gr&#232;ves, dans les mobilisations, dans les journ&#233;es d'action, dans les mouvements de base. LO ne le dit pas et ne le fait pas et fait donc partie des fameux faux amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse de LO est &#233;tonnante par son caract&#232;re vague, lointain, sans pr&#233;cision : &#171; Une r&#233;volte ne peut se transformer en r&#233;volution victorieuse qu'au travers d'un combat politique qui pose la question de qui va prendre le pouvoir gouvernemental entre ses mains. Qui va diriger la soci&#233;t&#233;. La bourgeoisie pour maintenir l'ordre social capitaliste ou la classe ouvri&#232;re pour &#233;difier une soci&#233;t&#233; communiste ? Si cette question n'&#233;merge pas au cours d'une crise r&#233;volutionnaire, l'ordre social ne peut pas &#234;tre renvers&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poser la question &#171; qui va prendre le pouvoir &#187; d'accord, mais entre qui et qui ? La classe ouvri&#232;re et la bourgeoisie, encore d'accord. Mais comment la classe ouvri&#232;re peut prendre le pouvoir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'entend LO par prise de pouvoir par la classe ouvri&#232;re ? La venue au pouvoir de partis et de syndicats dits &#171; ouvriers &#187; ? LO ne le dit pas mais ne dit pas le contraire non plus ! Elle n'entre pas dans de tels d&#233;tails, parce que ce serait de la politique fiction ? Ou pour le pas g&#232;ner les syndicalistes r&#233;formistes qu'elle cultive en son sein ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, pas un mot ni l&#224; ni nulle part dans la politique et les actes de LO qui dise en clair : les soviets r&#233;volutionnaires de travailleurs doivent prendre la totalit&#233; du pouvoir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la conclusion n'est pas &#171; construisez les soviets &#187; mais rejoignez notre organisation ce que LO dit sous la forme &#171; construisez le parti r&#233;volutionnaire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;montrez-nous d'abord, camarades de LO, que vous &#234;tes vraiment r&#233;volutionnaires, militez en paroles et en actes pour la construction des conseils de travailleurs sans lesquels l'id&#233;e meme que la classe ouvri&#232;re doit prendre le pouvoir est un mot vide de sens !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Et si l'humanit&#233; changeait de mode de production...</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article9316</link>
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		<dc:date>2025-10-29T23:41:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed</dc:creator>


		<dc:subject>Crise Crisis</dc:subject>
		<dc:subject>Socialisme - Socialism</dc:subject>
		<dc:subject>communisme</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une fois encore, l'humanit&#233; est amen&#233;e &#224; se poser le probl&#232;me du renversement de l'ancien mode de production et donc de l'exploitation capitaliste de l'homme &lt;br class='autobr' /&gt;
De plus en plus, le monde semble se heurter &#224; des probl&#232;mes inextricables, insolubles, sans r&#233;ponse possible devant lesquels personne ne pourrait pr&#233;tendre avoir de vraies solutions, &#224; part de reporter la question &#224; plus tard en l'aggravant : crise des investissements productifs, crise &#233;conomique, crise financi&#232;re, crise sociale, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique150" rel="directory"&gt;16- EDITORIAUX DE &#034;LA VOIX DES TRAVAILLEURS&#034; - &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot47" rel="tag"&gt;Crise Crisis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot97" rel="tag"&gt;Socialisme - Socialism&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot229" rel="tag"&gt;communisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot277" rel="tag"&gt;Capitalisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une fois encore, l'humanit&#233; est amen&#233;e &#224; se poser le probl&#232;me du renversement de l'ancien mode de production et donc de l'exploitation capitaliste de l'homme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De plus en plus, le monde semble se heurter &#224; des probl&#232;mes inextricables, insolubles, sans r&#233;ponse possible devant lesquels personne ne pourrait pr&#233;tendre avoir de vraies solutions, &#224; part de reporter la question &#224; plus tard en l'aggravant : crise des investissements productifs, crise &#233;conomique, crise financi&#232;re, crise sociale, crise de l'Etat, crise du pouvoir, crise guerri&#232;re, crise fasciste, crise de la d&#233;mocratie, crise &#233;cologique, crise sanitaire, etc. Tout cela provient de la crise dite syst&#233;mique, c'est-&#224;-dire des limites atteintes et m&#234;me d&#233;pass&#233;es du mode de production capitaliste qui n&#233;cessite de passer au mode de production socialiste. Une limite nettement marqu&#233;e lors de la chute mondiale de l'&#233;conomie en 2007-2008 et aussi lors de la vague de r&#233;voltes et r&#233;volutions d&#233;but&#233;e en 2010-2011 et qui continue comme lors de la pand&#233;mie mondiale qui s'est traduite par un massacre et lors de la vague de guerres dans le monde. Tout cela indique le mot &#171; fin &#187; pour le syst&#232;me de domination qui a si longtemps gouvern&#233; le monde. Cependant, cette fin est-elle le d&#233;but d'autre chose, l&#224; est toute la question. Le probl&#232;me se pose mais a-t-il une solution ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Posons-nous d'abord la question de quel est donc le probl&#232;me fondamental pos&#233; actuellement &#224; l'humanit&#233; et nous verrons ensuite si celle-ci a en elle les forces et les moyens, les capacit&#233;s et la conscience pour le r&#233;soudre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Disons tout de suite que nous estimons l'ancien syst&#232;me socio-&#233;conomique, l'ancien mode de production, compl&#232;tement mort, incapable historiquement de s'en sortir, non pas du fait d'accidents ou de mauvaises politiques gouvernementales ni de mauvais comportements individuels des capitalistes, ni du fait de d&#233;fauts de l'humanit&#233;, mais &#224; cause du succ&#232;s du capitalisme qui d&#233;passe ainsi les capacit&#233;s d'absorption du march&#233; capitaliste des capitaux. En somme, il y a trop de capitaux par rapport aux investissements possibles et plus le syst&#232;me perdure gr&#226;ce aux efforts giantesques des gouvernants des Etats nationaux les plus riches et des banques centrales, plus le grand capital grandit plus le probl&#232;me s'aggrave. Tous les autres probl&#232;mes comme ruine des Etats, ruine sociale, ruine &#233;conomique, guerres se d&#233;veloppant partout, fascismes et dictatures de m&#234;me, crise &#233;cologique, crise sanitaire, etc, tout cela d&#233;coule de la chute irr&#233;m&#233;diable du syst&#232;me. Ce n'est pas N&#233;tanyahou, Trump, Modi et autres Poutine qui font la crise mondiale, leurs politiques fascistes n'en sont que la cons&#233;quence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avons-nous des solutions face &#224; la ruine des Etats, la ruine des &#233;conomies, la catastrophe humanitaire, sociale, sanitaire, et plus fondamentalement &#224; la fin du capitalisme ? Cela signifie bien s&#251;r, l'humanit&#233; peut-elle porter en elle un nouveau syst&#232;me, un nouveau mode de production ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, pour sa part, r&#233;pondait dans sa Pr&#233;face &#224; la &#171; Contribution de la Critique de l'&#233;conomie politique &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'humanit&#233; ne se pose jamais que des probl&#232;mes qu'elle est capable de r&#233;soudre &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici le passage d'o&#249; est extrait cette citation :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Mes recherches aboutirent &#224; ce r&#233;sultat que les rapports juridiques - ainsi que les formes de l'&#201;tat - ne peuvent &#234;tre compris ni par eux-m&#234;mes, ni par la pr&#233;tendue &#233;volution g&#233;n&#233;rale de l'esprit humain, mais qu'ils pren&#172;nent au contraire leurs racines dans les conditions d'existence mat&#233;rielles dont Hegel, &#224; l'exem&#172;ple des Anglais et des Fran&#231;ais du XVIII&#176; si&#232;cle, comprend l'ensemble sous le nom de &#171; soci&#233;t&#233; civile &#187;, et que l'anatomie de la soci&#233;t&#233; civile doit &#234;tre cherch&#233;e &#224; son tour dans l'&#233;co&#172;no&#172;mie politique. J'avais commenc&#233; l'&#233;tude de celle-ci &#224; Paris et je la continuai &#224; Bruxelles o&#249; j'avais &#233;migr&#233; &#224; la suite d'un arr&#234;t&#233; d'expulsion de M. Guizot. Le r&#233;sultat g&#233;n&#233;ral auquel j'arrivai et qui, une fois acquis, servit de fil conducteur &#224; mes &#233;tudes, peut bri&#232;vement se formuler ainsi : dans la production sociale de leur existence, les hommes entrent en des rap&#172;ports d&#233;termin&#233;s, n&#233;cessaires, ind&#233;pendants de leur volont&#233;, rapports de production qui corres&#172;pondent &#224; un degr&#233; de d&#233;veloppement d&#233;termin&#233; de leurs forces productives mat&#233;&#172;rielles. L'ensemble de ces rapports de production constitue la structure &#233;conomique de la soci&#233;t&#233;, la base concr&#232;te sur laquelle s'&#233;l&#232;ve une superstructure juridique et politique et &#224; la&#172;quel&#172;le correspondent des formes de conscience sociales d&#233;termin&#233;es. Le mode de production de la vie mat&#233;rielle conditionne le processus de vie social, politique et intellectuel en g&#233;n&#233;ral. Ce n'est pas la conscience des hommes qui d&#233;termine leur &#234;tre ; c'est inversement leur &#234;tre social qui d&#233;termine leur conscience. &#192; un certain stade de leur d&#233;veloppement, les forces productives mat&#233;rielles de la soci&#233;t&#233; entrent en contradiction avec les rapports de production existants, ou, ce qui n'en est que l'expression juridique, avec les rapports de propri&#233;t&#233; au sein desquels elles s'&#233;taient mues jusqu'alors. De formes de d&#233;veloppement des forces productives qu'ils &#233;taient ces rapports en deviennent des entraves. Alors s'ouvre une &#233;poque de r&#233;volution sociale. Le changement dans la base &#233;conomique bouleverse plus ou moins rapidement toute l'&#233;norme superstructure. Lorsqu'on consid&#232;re de tels bouleversements, il faut toujours distin&#172;guer entre le bouleversement mat&#233;riel - qu'on peut constater d'une mani&#232;re scientifiquement rigoureuse - des conditions de production &#233;conomiques et les formes juridiques, politiques, religieuses, artistiques ou philosophiques, bref, les formes id&#233;ologiques sous lesquelles les hommes prennent conscience de ce conflit et le m&#232;nent jusqu'au bout. Pas plus qu'on ne juge un individu sur l'id&#233;e qu'il se fait de lui-m&#234;me, on ne saurait juger une telle &#233;poque de boule&#172;ver&#172;se&#172;ment sur sa conscience de soi ; il faut, au contraire, expliquer cette conscience par les contradictions de la vie mat&#233;rielle, par le conflit qui existe entre les forces productives socia&#172;les et les rapports de production. Une formation sociale ne dispara&#238;t jamais avant que soient d&#233;velopp&#233;es toutes les forces productives qu'elle est assez large pour contenir, jamais des rapports de production nouveaux et sup&#233;rieurs ne s'y substituent avant que les conditions d'existence mat&#233;rielles de ces rapports soient &#233;closes dans le sein m&#234;me de la vieille soci&#233;t&#233;. C'est pourquoi l'humanit&#233; ne se pose jamais que des probl&#232;mes qu'elle peut r&#233;soudre, car, &#224; y regarder de plus pr&#232;s, il se trouvera toujours, que le probl&#232;me lui-m&#234;me ne surgit que l&#224; o&#249; les conditions mat&#233;rielles pour le r&#233;soudre existent d&#233;j&#224; ou du moins sont en voie de devenir. &#192; grands traits, les modes de production asiatique, antique, f&#233;odal et bourgeois moderne peuvent &#234;tre qualifi&#233;s d'&#233;poques progressives de la formation sociale &#233;conomique. Les rap&#172;ports de production bourgeois sont la derni&#232;re forme contradictoire du processus de produc&#172;tion sociale, contradictoire non pas dans le sens d'une contradiction individuelle, mais d'une contradiction qui na&#238;t des conditions d'existence sociale des individus ; cependant les forces productives qui se d&#233;veloppent au sein de la soci&#233;t&#233; bourgeoise cr&#233;ent en m&#234;me temps les conditions mat&#233;rielles pour r&#233;soudre cette contradiction. Avec cette formation sociale s'ach&#232;&#172;ve donc la pr&#233;histoire de la soci&#233;t&#233; humaine. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Engels rajoutait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les forces socialement agissantes agissent tout &#224; fait comme les forces de la nature : aveugles, violentes, destructrices tant que nous ne les connaissons pas et ne comptons pas avec elles. Mais une fois que nous les avons reconnues, que nous en avons saisi l'activit&#233;, la direction, les effets, il ne d&#233;pend plus que de nous de les soumettre de plus en plus &#224; notre volont&#233; et d'atteindre nos buts gr&#226;ce &#224; elles. Et cela est particuli&#232;rement vrai des &#233;normes forces productives actuelles. Tant que nous nous refusons obstin&#233;ment &#224; en comprendre la nature et le caract&#232;re, - et c'est contre cette compr&#233;hension que regimbent le mode de production capitaliste et ses d&#233;fenseurs, - ces forces produisent tout leur effet malgr&#233; nous, contre nous, elles nous dominent, comme nous l'avons expos&#233; dans le d&#233;tail. Mais une fois saisies dans leur nature, elles peuvent, dans les mains des producteurs associ&#233;s, se transformer de ma&#238;tresses d&#233;moniaques en servantes dociles. C'est l&#224; la diff&#233;rence qu'il y a entre la force destructrice de l'&#233;lectricit&#233; dans l'&#233;clair de l'orage et l'&#233;lectricit&#233; dompt&#233;e du t&#233;l&#233;graphe et de l'arc &#233;lectrique, la diff&#233;rence entre l'incendie et le feu agissant au service de l'homme. En traitant de la m&#234;me fa&#231;on les forces productives actuelles apr&#232;s avoir enfin reconnu leur nature, on voit l'anarchie sociale de la production remplac&#233;e par une r&#233;glementation socialement planifi&#233;e de la production, selon les besoins de la communaut&#233; comme de chaque individu ; ainsi, le mode capitaliste d'appropriation, dans lequel le produit asservit d'abord le producteur, puis l'appropriateur lui-m&#234;me, est remplac&#233; par le mode d'appropriation des produits fond&#233; sur la nature des moyens modernes de production eux-m&#234;mes : d'une part appropriation sociale directe comme moyen d'entretenir et de d&#233;velopper la production, d'autre part appropriation individuelle directe comme moyen d'existence et de jouissance.&lt;br class='autobr' /&gt;
En transformant de plus en plus la grande majorit&#233; de la population en prol&#233;taires, le mode de production capitaliste cr&#233;e la puissance qui, sous peine de p&#233;rir, est oblig&#233;e d'accomplir ce bouleversement. En poussant de plus en plus &#224; la transformation des grands moyens de production socialis&#233;s en propri&#233;t&#233; d'&#201;tat, il montre lui-m&#234;me la voie &#224; suivre pour accomplir ce bouleversement. Le prol&#233;tariat s'empare du pouvoir d'&#201;tat et transforme les moyens de production d'abord en propri&#233;t&#233; d'&#201;tat. Mais par l&#224;, il se supprime lui-m&#234;me en tant que prol&#233;tariat, il supprime toutes les diff&#233;rences de classe et oppositions de classes et &#233;galement l'&#201;tat en tant qu'&#201;tat. La soci&#233;t&#233; ant&#233;rieure, &#233;voluant dans des oppositions de classes, avait besoin de l'&#201;tat, c'est-&#224;-dire, dans chaque cas, d'une organisation de la classe exploiteuse pour maintenir ses conditions de production ext&#233;rieures, donc surtout pour maintenir par la force la classe exploit&#233;e dans les conditions d'oppression donn&#233;es par le mode de production existant (esclavage, servage, salariat). L'&#201;tat &#233;tait le repr&#233;sentant officiel de toute la soci&#233;t&#233;, sa synth&#232;se en un corps visible, mais cela il ne l'&#233;tait que dans la mesure o&#249; il &#233;tait l'&#201;tat de la classe qui, pour son temps, repr&#233;sentait elle-m&#234;me toute la soci&#233;t&#233; : dans l'antiquit&#233;, &#201;tat des citoyens propri&#233;taires d'esclaves ; au moyen &#226;ge, de la noblesse f&#233;odale ; &#224; notre &#233;poque, de la bourgeoisie. Quand il finit par devenir effectivement le repr&#233;sentant de toute la soci&#233;t&#233;, il se rend lui-m&#234;me superflu. D&#232;s qu'il n'y a plus de classe sociale &#224; tenir dans l'oppression ; d&#232;s que, avec la domination de classe et la lutte pour l'existence individuelle motiv&#233;e par l'anarchie ant&#233;rieure de la production, sont &#233;limin&#233;s &#233;galement les collisions et les exc&#232;s qui en r&#233;sultent, il n'y a plus rien &#224; r&#233;primer qui rende n&#233;cessaire un pouvoir de r&#233;pression, un &#201;tat. Le premier acte dans lequel l'&#201;tat appara&#238;t r&#233;ellement comme repr&#233;sentant de toute la soci&#233;t&#233;, - la prise de possession des moyens de production au nom de la soci&#233;t&#233;, - est en m&#234;me temps son dernier acte propre en tant qu'&#201;tat. L'intervention d'un pouvoir d'&#201;tat dans des rapports sociaux devient superflue dans un domaine apr&#232;s l'autre, et entre alors naturellement en sommeil. Le gouvernement des personnes fait place &#224; l'administration des choses et &#224; la direction des op&#233;rations de production. L'&#201;tat n'est pas &#8220; aboli &#8221;, il s'&#233;teint. Voil&#224; qui permet de juger la phrase creuse sur l' &#8220; &#201;tat populaire libre [7] &#8221;, tant du point de vue de sa justification temporaire comme moyen d'agitation que du point de vue de son insuffisance d&#233;finitive comme id&#233;e scientifique ; de juger &#233;galement la revendication de ceux qu'on appelle les anarchistes, d'apr&#232;s laquelle l'&#201;tat doit &#234;tre aboli du jour au lendemain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'apparition historique du mode de production capitaliste, la prise de possession de l'ensemble des moyens de production par la soci&#233;t&#233; a bien souvent flott&#233; plus ou moins vaguement devant les yeux tant d'individus que de sectes enti&#232;res, comme id&#233;al d'avenir. Mais elle ne pouvait devenir possible, devenir une n&#233;cessit&#233; historique qu'une fois donn&#233;es les conditions mat&#233;rielles de sa r&#233;alisation. Comme tout autre progr&#232;s social, elle devient praticable non par la compr&#233;hension acquise du fait que J'existence des classes contredit &#224; la justice, &#224; l'&#233;galit&#233;, etc., non par la simple volont&#233; d'abolir ces classes, mais par certaines conditions &#233;conomiques nouvelles. La scission de la soci&#233;t&#233; en une classe exploiteuse et une classe exploit&#233;e, en une classe dominante et une classe opprim&#233;e &#233;tait une cons&#233;quence n&#233;cessaire du faible d&#233;veloppement de la production dans le pass&#233;. Tant que le travail total de la soci&#233;t&#233; ne fournit qu'un rendement exc&#233;dant &#224; peine ce qui est n&#233;cessaire pour assurer strictement l'existence de tous, tant que le travail r&#233;clame donc tout ou presque tout le temps de la grande majorit&#233; des membres de la soci&#233;t&#233;, celle-ci se divise n&#233;cessairement en classes. A c&#244;t&#233; de cette grande majorit&#233;, exclusivement vou&#233;e &#224; la corv&#233;e du travail, il se forme une classe lib&#233;r&#233;e du travail directement productif, qui se charge des affaires communes de la soci&#233;t&#233; : direction du travail, affaires politiques, justice, science, beaux-arts, etc. C'est donc la loi de la division du travail qui est &#224; la base de la division en classes. Cela n'emp&#234;che pas d'ailleurs que cette division en classes n'ait &#233;t&#233; accomplie par la violence et le vol, la ruse et la fraude, et que la classe dominante, une fois mise en selle, n'ait jamais manqu&#233; de consolider sa domination aux d&#233;pens de la classe travailleuse et de transformer la direction sociale en exploitation des masses. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5349&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5349&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'&#233;taient les anciens modes de production avant le capitalisme&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1857/00/km18570000.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1857/00/km18570000.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5406&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5406&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela signifie que la lutte des classes ne peut poser le probl&#232;me de la suppression d'un ancien mode de production que lorsque celui-ci a &#233;puis&#233; ses possibilit&#233;s. La base d&#233;terminante des luttes sociales est la situation objective de la soci&#233;t&#233;, pas seulement celle de la classe exploit&#233;e mais d'abord et avant tout celle de la classe exploiteuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;pondre &#224; la question &#171; sommes-nous, nous prol&#233;taires, capables de r&#233;soudre le probl&#232;me &#187;, il faut d'abord discuter &#224; fond celle-ci : &#171; quel est le probl&#232;me aujourd'hui pos&#233; &#224; l'humanit&#233; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas un probl&#232;me pos&#233; par un gouvernement national quelconque, pos&#233; dans un seul pays ou une seule r&#233;gion du monde, pos&#233; &#224; une seule cat&#233;gorie ou classe sociale, mais &#224; l'humanit&#233; enti&#232;re&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'humanit&#233; ne se pose jamais que des probl&#232;mes qu'elle est capable de r&#233;soudre &#187; affirmait Karl Marx. Mais qu'en penser aujourd'hui ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3102&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3102&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous &#233;crivions ci-dessus :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, les opprim&#233;s ne se voient pas capables de grandes transformations historiques, craignent d'&#234;tre pris dans des &#233;v&#233;nements sanglants et ne parviennent pas &#224; imaginer leurs fr&#232;res de classe comme des dirigeants d'une nouvelle soci&#233;t&#233;. Les militants ouvriers sont sans cesse confront&#233;s &#224; ce niveau de conscience de leur classe qui ne d&#233;passe pas spontan&#233;ment le niveau r&#233;formiste. Sans les &#233;v&#233;nements objectifs, sans les conditions n&#233;cessaires de la crise de la domination de classe, il serait impossible aux exploit&#233;s de jouer leur r&#244;le historique. Inutile de s'en inqui&#233;ter, &#233;crit donc Karl Marx, quand ce sera le moment pour les prol&#233;taires de s'emparer des id&#233;es r&#233;volutionnaires, les conditions sociales et politiques d'une autre soci&#233;t&#233; seront m&#251;res&#8230;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Inutile aussi, pour les communistes r&#233;volutionnaires, de s'adapter m&#234;me momentan&#233;ment au r&#233;formisme ambiant ou de ressentir le poids des id&#233;es r&#233;actionnaires qui ne manquent pas d'influencer aussi la classe ouvri&#232;re. Ce type de raisonnements ne peut que faire reculer les raisonnements et les questionnements des r&#233;volutionnaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Marx propose une autre attitude : s'en tenir &#224; rechercher le sens de la n&#233;cessit&#233; historique, les fondements de la crise de la domination de la classe capitaliste dans les contradictions du syst&#232;me d'exploitation et la d&#233;fense d'une politique d'avenir correspondant &#224; la remise en cause de cette soci&#233;t&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les rapports de production bourgeois sont la derni&#232;re forme contradictoire du processus de production sociale, contradictoire non pas dans le sens d'une contradiction individuelle, mais d'une contradiction qui na&#238;t des conditions d'existence sociale des individus ; cependant les forces productives qui se d&#233;veloppent au sein de la soci&#233;t&#233; bourgeoise cr&#233;ent en m&#234;me temps les conditions mat&#233;rielles pour r&#233;soudre cette contradiction. Avec cette formation sociale s'ach&#232;ve donc la pr&#233;histoire de la soci&#233;t&#233; humaine. &#187; &#233;crit Karl Marx.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment &#234;tre s&#251;r que le mode de production capitaliste est mort ? Bien des gens r&#233;pondront que non, il fonctionne toujours puisque la classe capitaliste a toujours le pouvoir d'Etat partout et est capable partout de nous &#233;craser militairement. Mais cela est faux. Un syst&#232;me d&#233;pass&#233; par l'Histoire peut s'accrocher au pouvoir un certain temps. Par contre, l'humanit&#233; ne peut passer &#224; un mode de production sup&#233;rieur que si l'ancien mode de production est historiquement d&#233;pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;pondre &#224; la question de la p&#233;rennit&#233; du syst&#232;me ou non, il faut examiner non le point de vue des exploit&#233;s mais celui des exploiteurs. Ces derniers font-ils confiance &#224; l'avenir des investissements productifs ? S'ils le faisaient, les sp&#233;culations sur les dettes du type &#171; subprimes &#187;, les cryptomonnaies (des fausses monnaies qui ne sont fond&#233;es que sur l'espoir que des gens vont en acheter de plus en plus, et autres sp&#233;culations folles monteraient-elles en fl&#232;che, la valorisation de l'or serait-elle sans cesse montante &#233;galement, les banques nationales et centrales devraient-elles sans cesse intervenir dans l'&#233;conomie pour sauver trusts, banques et &#233;tablissements financiers ainsi que bourses et assurances ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8286&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8286&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi le fait que le grand capital d&#233;tourne une partie croissante des capitaux hors de la sph&#232;re productive signifie un arr&#234;t de mort du syst&#232;me ? Voici la r&#233;ponse d'un &#233;conomiste marxiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://classiques.uqam.ca/contemporains/chesnais_francois/crise_suraccumulation_mondiale/crise_suraccumulation_mondiale_texte.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://classiques.uqam.ca/contemporains/chesnais_francois/crise_suraccumulation_mondiale/crise_suraccumulation_mondiale_texte.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que signifie dire que &#171; le capitalisme est mort &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1975&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1975&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela signifie qu'il a tellement r&#233;ussi qu'il d&#233;passe d&#233;sormais ses propres capacit&#233;s d'absorption de tels moyens financiers produits&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui veut dire que sa r&#233;ussite nous conduit &#224; devoir absolument passer au socialisme ou tomber dans la pire des barbaries qui d&#233;truirait tous les moyens &#233;conomiques produits pr&#233;c&#233;demment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons bien que la plupart des gens ignorent tout &#224; fait que l'humanit&#233; est aujourd'hui bloqu&#233;e par un probl&#232;me fondamental pour le syst&#232;me capitaliste et qui s'appelle &#171; suraccumulation du capital &#187; mais ce n'est pas l'ignorance, quand elle est g&#233;n&#233;rale qui devient pour autant une v&#233;rit&#233;. La population ignore que le capitalisme est mort en tant que syst&#232;me dynamique (comme dit l'homme de la rue, tout continue de fonctionner puisque je continue de boire mon caf&#233;), mais syst&#232;me est quand m&#234;me&#8230; mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2431&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2431&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dynamique du capitalisme se heurte &#224; ses propres limites : son succ&#232;s lui-m&#234;me &#233;touffe dans les limites de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3250&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3250&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les capitalistes reconnaissent-ils qu'il y a une suraccumulation dramatique du grand capital qui n'est plus un simple ph&#233;nom&#232;ne conjoncturel li&#233; aux r&#233;cessions momentan&#233;es mais permanente et sans cesse croissante ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lesechos.fr/industrie-services/industrie-lourde/geler-les-investissements-le-mauvais-reflexe-des-entreprises-en-crise-1216771&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lesechos.fr/industrie-services/industrie-lourde/geler-les-investissements-le-mauvais-reflexe-des-entreprises-en-crise-1216771&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://trends.levif.be/opinions/chroniques/la-prochaine-crise-financiere-une-menace-systemique-en-gestation/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://trends.levif.be/opinions/chroniques/la-prochaine-crise-financiere-une-menace-systemique-en-gestation/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx et Engels disaient-il que le capitalisme ne pouvait pas se d&#233;truire lui-m&#234;me ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3413&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3413&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, l'effondrement du capitalisme ne voudra pas dire que l'on va passer automatiquement &#224; un syst&#232;me sup&#233;rieur. La chute de l'empire romain n'a pas &#233;t&#233; suivie d'une soci&#233;t&#233; sup&#233;rieure&#8230; La plupart des effondrements de civilisations ont &#233;t&#233; suivies de destructions plus souvent que d'avanc&#233;es historiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il ne s'agit pas seulement de possibilit&#233;s ou pas de faire progresser l'humanit&#233;. C'est une question de vie ou de mort. Le pouvoir aux travailleurs et le socialisme sont des n&#233;cessit&#233;s vitales pour l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8073&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8073&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien des faux r&#233;volutionnaires sont capables de dire qu'il faudra (un jour) renverser le capitalisme sans dire quelles sont les conditions objectives qui rendent cela possible et m&#234;me n&#233;cessaire, indispensable, vital&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7617&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7617&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui ! Nous allons in&#233;luctablement vivre l'effondrement final du capitalisme mais t&#226;chons aussi de vivre la mise en place du pouvoir aux travailleurs, dictature du prol&#233;tariat organis&#233; en soviets, indispensable comme transition au socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6960&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6960&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8277&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8277&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif num&#233;ro un des travailleurs r&#233;volutionnaires est plus que jamais les soviets et leur prise du pouvoir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8277&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8277&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cela, nous restons les h&#233;ritiers de Barta (contrairement &#224; Lutte ouvri&#232;re)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6005&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6005&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7513&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7513&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous restons fid&#232;les au mot-d'ordre : LES SOVIETS PARTOUT ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barta, novembre 1943&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/11/ldc20_112143.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/11/ldc20_112143.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Les COMIT&#201;S D'ACTION d'usine et de quartier, les MILICES OUVRI&#200;RES et l'armement des travailleurs, voil&#224; le seul gouvernement du peuple par le peuple lui-m&#234;me ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barta, d&#233;cembre 1944&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/12/tract_120144.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/12/tract_120144.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Oui, le socialisme est une solution &#224; tous les probl&#232;mes pos&#233;s par l'effondrement du capitalisme !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4924&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4924&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, des investissements non rentables d'un point de vue capitaliste peuvent l'&#234;tre d'un point de vue de classe prol&#233;tarien ou d'un point de vue socialiste. Et inversement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, pour supprimer la guerre, le mieux est de supprimer les arm&#233;es permanentes de l'Etat capitaliste !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, pour en finir avec la destruction de l'&#233;cologie de la Terre, il faut en finir avec l'exploitation de la Terre d'un point de vue capitaliste !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, une soci&#233;t&#233; socialiste supprimera le nationalisme, qu'il soit guerrier ou pas, fasciste ou pas, supprimera le racisme, supprimera l'opposition entre hommes et femmes, supprimera l'exploitation de l'homme, de la femme et de l'enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, l'humanit&#233; a des solutions pour r&#233;soudre ses probl&#232;mes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si les hommes n'en ont pas encore conscience, la r&#233;volution sociale pour renverser le capitalisme est &#224; l'ordre du jour !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4687&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4687&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4440&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4440&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3412&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3412&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La guerre la plus meurtri&#232;re tue plus de trois millions de personnes par an, et rien que des ouvriers ! Dans un silence de mort...</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article9274</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.org/spip.php?article9274</guid>
		<dc:date>2025-08-12T22:36:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karob, Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Ouvriers Workers</dc:subject>
		<dc:subject>prol&#233;taires</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La guerre la plus meurtri&#232;re tue, sans aucune catastrophe particuli&#232;re, plus de trois millions de personnes par an dans le monde, et rien que des ouvriers ! Une seule solution : que le syst&#232;me capitaliste meure ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Les accidents du travail ne sont pas accidentels : c'est une v&#233;ritable guerre du capital contre le monde du travail &lt;br class='autobr' /&gt;
Contrairement &#224; ce que sugg&#232;re l'expression &#171; les accidents du travail &#187;, ces morts dites accidentelles ne sont pas li&#233;es &#224; une cause inattendue, impr&#233;visible, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique150" rel="directory"&gt;16- EDITORIAUX DE &#034;LA VOIX DES TRAVAILLEURS&#034; - &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Ouvriers Workers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot277" rel="tag"&gt;Capitalisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La guerre la plus meurtri&#232;re tue, sans aucune catastrophe particuli&#232;re, plus de trois millions de personnes par an dans le monde, et rien que des ouvriers ! Une seule solution : que le syst&#232;me capitaliste meure !&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les accidents du travail ne sont pas accidentels : c'est une v&#233;ritable guerre du capital contre le monde du travail&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce que sugg&#232;re l'expression &#171; les accidents du travail &#187;, ces morts dites accidentelles ne sont pas li&#233;es &#224; une cause inattendue, impr&#233;visible, purement fortuite, due &#224; un malheureux hasard, &#224; un concours de circonstances compl&#232;tement impr&#233;dictible, ponctuelle, qui ne se reproduiraient que de mani&#232;re rarisssime et qui seraient aussi inattendues qu'impossible &#224; combattre (malchance, fatalit&#233;, probl&#232;mes techniques, fautes individuelles, manque de rigueur, d'attention dans le travail et de respect des normes de s&#233;curit&#233;, causes v&#233;ritablement accidentelles). Pas du tout ! Ces &#171; accidents &#187; ont lieu de mani&#232;re r&#233;guli&#232;re, tous les ans, tous les mois, tous les jours, dans toutes les r&#233;gions du monde et dans tous les pays, dans toutes les professions industrielles, avec une statistique relativement stable et touchant toujours la m&#234;me population de prol&#233;taires. Ces morts (plus de trois millions par an) et ces bless&#233;s (des centaines de millions par an avec beaucoup de handicap&#233;s &#224; vie) ne sont pas le produit d'une fatalit&#233; du travail industriel mais une n&#233;cessit&#233; pour la recherche permanente du profit maximum pour le capital !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si les m&#233;dias ne s'en saisissent que rarement et mani&#232;re ponctuelle dans la rubrique des &#171; faits divers &#187;, ne le combattent et d&#233;noncent jamais, m&#234;me si les organisations dites ouvri&#232;res ne m&#232;nent pas de combat s&#233;rieux sur ce th&#232;me, m&#234;me si les gouvernants et la justice se refusent &#224; mener une lutte contre ces assassinats d'ouvriers, et refusent de les qualifier ainsi, il s'agit bel et bien de crimes de masse et m&#234;me du plus grand assassinat permanent de la soci&#233;t&#233; capitaliste&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Crime de masse, n'est-ce pas une exag&#233;ration ? Pas du tout ! Plus de trois millions de morts par an, c'est la principale cause d'assassinat dans le monde tous les ans, bien plus que les guerres et les accidents de la route dans le monde !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; accidents &#187; du travail dans le monde font 6.000 morts par jour ! Soit 2.190.000 par an ! Plus de deux millions d'ouvriers assassin&#233;s par le grand capital tous les ans&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://globometer.com/travail-accidents.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://globometer.com/travail-accidents.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, il faut compter plus de trois millions de morts par accident du travail dans le monde&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ilo.org/fr/resource/news/pr%C3%A8s-de-3-millions-de-personnes-meurent-daccidents-et-de-maladies-li%C3%A9s-au&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ilo.org/fr/resource/news/pr%C3%A8s-de-3-millions-de-personnes-meurent-daccidents-et-de-maladies-li%C3%A9s-au&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les guerres dans le monde font 84.000 morts par an&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.statista.com/infographie/28298/evolution-du-nombre-de-morts-causes-par-des-conflits-armes-et-guerres-dans-le-monde-par-region/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.statista.com/infographie/28298/evolution-du-nombre-de-morts-causes-par-des-conflits-armes-et-guerres-dans-le-monde-par-region/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les accidents du travail c'est trois fois plus que les accidents de la route dans le monde&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/road-traffic-injuries&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/road-traffic-injuries&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cent fois plus que le nombre de morts li&#233;s &#224; la r&#233;pression d'Etat dans le monde&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.statista.com/statistiques/1398163/nombre-morts-actions-policieres/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.statista.com/statistiques/1398163/nombre-morts-actions-policieres/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;volutionnaires ne sont pas les premiers &#224; le constater : ce crime n'a rien d'accidentel !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://institutlaboetie.fr/note-accidents-du-travail/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://institutlaboetie.fr/note-accidents-du-travail/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.miroirsocial.com/le-travail-tue-plus-que-les-guerres-et-ces-morts-sont-evitables&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.miroirsocial.com/le-travail-tue-plus-que-les-guerres-et-ces-morts-sont-evitables&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.monde-diplomatique.fr/2003/06/RAMONET/10125&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.monde-diplomatique.fr/2003/06/RAMONET/10125&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.info-socialrh.fr/bibliotheque-numerique/entreprise-et-carrieres/715/sans/le-travail-tue-plus-que-les-guerres-458997.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.info-socialrh.fr/bibliotheque-numerique/entreprise-et-carrieres/715/sans/le-travail-tue-plus-que-les-guerres-458997.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.liberation.fr/economie/social/avec-plus-de-8-000-morts-au-travail-depuis-2009-la-france-ne-brille-pas-en-europe-20250501_AY6RJ4VL7NFKRBRAG3YL4KPRQA/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.liberation.fr/economie/social/avec-plus-de-8-000-morts-au-travail-depuis-2009-la-france-ne-brille-pas-en-europe-20250501_AY6RJ4VL7NFKRBRAG3YL4KPRQA/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/02/06/cadences-sous-traitance-pression-quand-le-travail-tue_6214988_3234.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/02/06/cadences-sous-traitance-pression-quand-le-travail-tue_6214988_3234.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas que les morts directes dans l'entreprise&#8230; On peut mourir &#224; plus long terme (chez soi et m&#234;me apr&#232;s la retraite, sans d&#233;claration d'accident) par divers produits industriels comme amiante, cuivre, produits radioactifs, m&#233;taux lourds (cadmium, chrome, nickel, arsenic&#8230;), huiles min&#233;rales, poussi&#232;res de bois, silice cristalline, benz&#232;ne ou encore goudrons, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8575&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8575&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.fondation-arc.org/cancer/cancers-professionnels/risques-au-travail&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.fondation-arc.org/cancer/cancers-professionnels/risques-au-travail&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4099&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4099&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve489&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve489&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou par accident industriel&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://bluedocker.com/les-10-accidents-industriels-les-plus-graves-de-lhistoire/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://bluedocker.com/les-10-accidents-industriels-les-plus-graves-de-lhistoire/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou par la consommation&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.bfmtv.com/economie/economie-social/quatre-industries-sont-responsables-de-2-7-millions-de-deces-annuels-en-europe_AD-202406120080.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.bfmtv.com/economie/economie-social/quatre-industries-sont-responsables-de-2-7-millions-de-deces-annuels-en-europe_AD-202406120080.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers ont encore d'autres moyens de mourir plus vite comme la fatigue, l'usure au travail, les maux caus&#233;s discr&#233;tement par les produits inhal&#233;s, etc&#8230; Les statistiques indiquent que les ouvriers vivent en moyenne cinq ans de moins chez les ouvriers&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.insee.fr/fr/statistiques/8220688&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.insee.fr/fr/statistiques/8220688&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelques exemples&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un ouvrier de 19 ans coul&#233; dans le bitume&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.sudouest.fr/faits-divers/un-ouvrier-de-19-ans-meurt-enseveli-sous-du-bitume-a-200-0c-25264308.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.sudouest.fr/faits-divers/un-ouvrier-de-19-ans-meurt-enseveli-sous-du-bitume-a-200-0c-25264308.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.sudinfo.be/id1018064/article/2025-07-15/terrible-accident-de-travail-un-ouvrier-en-urgence-absolue-apres-avoir-ete&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.sudinfo.be/id1018064/article/2025-07-15/terrible-accident-de-travail-un-ouvrier-en-urgence-absolue-apres-avoir-ete&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eymoutiers (87) : un homme de 58 ans a &#233;t&#233; happ&#233; par une vis sans fin dans une scierie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lepopulaire.fr/eymoutiers-87120/faits-divers/une-enquete-pour-homicide-involontaire-ouverte-apres-la-mort-de-l-ouvrier-d-une-scierie-a-eymoutiers_14723201/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lepopulaire.fr/eymoutiers-87120/faits-divers/une-enquete-pour-homicide-involontaire-ouverte-apres-la-mort-de-l-ouvrier-d-une-scierie-a-eymoutiers_14723201/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un travailleur d&#233;c&#233;d&#233; dans une usine de conditionnement de la viande Tyson&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/07/19/gjmd-j19.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/07/19/gjmd-j19.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;M&#234;me pas besoin de la guerre, du fascisme et de la dictature pour tuer tous les jours des ouvriers et en masse !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les patrons fran&#231;ais tuent tous les jours deux ouvriers en moyenne et cela se fait &#224; petit bruit&#8230;. Pas de gros scandale et juste un petit titre dans les actualit&#233;s par ci par l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.radiofrance.fr/franceinfo/podcasts/les-documents-franceinfo/en-france-deux-personnes-meurent-au-travail-chaque-jour-en-moyenne-mais-ces-chiffres-manquent-de-precision-5817523&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.radiofrance.fr/franceinfo/podcasts/les-documents-franceinfo/en-france-deux-personnes-meurent-au-travail-chaque-jour-en-moyenne-mais-ces-chiffres-manquent-de-precision-5817523&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mort horrible de ce jeune ouvrier est bien significative de ce qui n'a rien d'un accident, le fait que les travailleurs n'ont aucune s&#233;curit&#233; en France&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.bfmtv.com/police-justice/vendee-un-ouvrier-de-19-ans-meurt-enseveli-sous-du-goudron-brulant-une-enquete-ouverte_AN-202507160144.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.bfmtv.com/police-justice/vendee-un-ouvrier-de-19-ans-meurt-enseveli-sous-du-goudron-brulant-une-enquete-ouverte_AN-202507160144.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le patronat fran&#231;ais est en t&#234;te des tueurs mondiaux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7506&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7506&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut mettre un terme &#224; la dissimulation du massacre qui a lieu sur les lieux de travail&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/08/01/ayps-a01.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/08/01/ayps-a01.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie des travailleurs compte !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/07/29/bnqv-j29.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/07/29/bnqv-j29.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le carnage en milieu de travail se poursuit aux &#201;tats-Unis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/08/01/pers-a01.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/08/01/pers-a01.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/07/25/pujn-j25.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/07/25/pujn-j25.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une guerre qui est men&#233;e contre la classe ouvri&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/08/01/yygg-a01.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/08/01/yygg-a01.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie de travailleurs est sacrifi&#233;e pour le profit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/07/26/rjmo-j26.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/07/26/rjmo-j26.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les syndicats s'avouent compl&#232;tement incapables d'intervenir directement et en appellent aux patrons et &#224;&#8230; l'Etat capitaliste ! Comme si c'&#233;taient les responsables du crime qui allaient le combattre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.unsa.org/Securite-et-sante-au-travail-huit-syndicats-dont-l-UNSA-interpellent-le.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.unsa.org/Securite-et-sante-au-travail-huit-syndicats-dont-l-UNSA-interpellent-le.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux travailleurs de prendre le contr&#244;le de l'industrie pour surveiller les risques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/07/19/yvjd-j19.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/07/19/yvjd-j19.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le syst&#232;me capitaliste qui est mortif&#232;re. Il est vital pour l'humanit&#233; de s'en d&#233;barrasser&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7314&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7314&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Organisons-nous en comit&#233;s aussi pour d&#233;fendre nos vies !&lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Convergences r&#233;volutionnaires, La Fraction et l'&#233;tat du capitalisme...</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article8711</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.org/spip.php?article8711</guid>
		<dc:date>2025-06-19T22:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Crise Crisis</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Convergences r&#233;volutionnaires et La Fraction (ex de LO et ex du NPA) : ne surtout pas voir que le capitalisme est mort&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Sur les groupes de l'ex-NPA, on entend uniquement le fait qu'ils se sont s&#233;par&#233;s et pas du tout ce qu'ils pensent du monde actuel, qui est pourtant bien plus int&#233;ressant que les petites histoires de recomposition et d&#233;composition. Car, si aucun de ces groupes ne sert &#224; penser le monde en vue de constituer uns strat&#233;gie r&#233;volutionnaire et de grouper autour de celle-ci, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique113" rel="directory"&gt;12 - QUOI DE NEUF DANS LES ORGANISATIONS REVOLUTIONNAIRES - WHAT'S NEW UPON REVOLUTIONNARY ORGANISATIONS&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot47" rel="tag"&gt;Crise Crisis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot277" rel="tag"&gt;Capitalisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Convergences r&#233;volutionnaires et La Fraction (ex de LO et ex du NPA) : ne surtout pas voir que le capitalisme est mort&#8230; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sur les groupes de l'ex-NPA, on entend uniquement le fait qu'ils se sont s&#233;par&#233;s et pas du tout ce qu'ils pensent du monde actuel, qui est pourtant bien plus int&#233;ressant que les petites histoires de recomposition et d&#233;composition. Car, si aucun de ces groupes ne sert &#224; penser le monde en vue de constituer uns strat&#233;gie r&#233;volutionnaire et de grouper autour de celle-ci, qu'ils soient group&#233;s ou pas n'y change pas grand chose...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'article &#171; Suite &#224; l'onde de choc contestataire parcourant le monde quelles perspectives &#187;, on trouve l'expression &#171; tr&#232;s incertain &#187;. C'est le qualificatif de nos camarades de La Fraction sur l'&#233;tat du capitalisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Examinez la grande pr&#233;cision de cette analyse : &#171; les perspectives de l'&#233;conomie mondiale sont tr&#232;s incertaines. Selon Christine Lagarde, l'ancienne dirigeante du FMI et actuelle pr&#233;sidente de la Banque centrale europ&#233;enne, le pire serait derri&#232;re nous et le plus dur &#224; venir... Il est possible que, apr&#232;s le red&#233;marrage de l'&#233;conomie, on puisse passer &#224; une p&#233;riode de convalescence, mais il est tout aussi possible que cette convalescence soit tr&#232;s lente et m&#234;me tr&#232;s difficile&#8230; Quoi qu'il en soit, que le pire soit derri&#232;re nous ou non, c'est aux travailleurs qu'on pr&#233;sentera la facture&#8230; Ind&#233;pendamment du rythme de la reprise, la classe ouvri&#232;re est en situation de se porter &#224; la t&#234;te du combat&#8230; la situation actuelle rec&#232;le d'immenses possibilit&#233;s dont personne ne sait jusqu'o&#249; elles pourraient aller. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, on ne sait rien mais on peut tout ! La Fraction ne se laisse pas &#233;touffer par l'analyse th&#233;orique ni sur l'&#233;conomie ni sur rien ! Notons aussi, m&#234;me si ce n'est pas le sujet de cet article, le caract&#232;re plus que lacunaire de l'analyse du mouvement des r&#233;volutions dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Suite-a-l-onde-de-choc-contestataire-parcourant-le-monde-quelles-perspectives&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Suite-a-l-onde-de-choc-contestataire-parcourant-le-monde-quelles-perspectives&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait s'attendre &#224; mieux dans un ancien dossier sur la crise du capitalisme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/2008-2018-La-crise-dix-ans-apres&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/2008-2018-La-crise-dix-ans-apres&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la &#171; crise &#187; de 2007-2008 (une crise sans faillite de grande entreprise ou de grande banque, du jamais vu !), la Fraction NPA &#233;crit : &#171; Par bien des aspects, cette crise a &#233;t&#233; la plus profonde qu'ait connue le monde capitaliste depuis la grande d&#233;pression des ann&#233;es 1930. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Plus profonde &#187;, c'est sans doute un terme qui se veut &#224; la fois qualitative et quantitative mais on ne sait pas m&#234;me si on mesure l&#224; un sommet ou un gouffre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dix ans apr&#232;s, le monde capitaliste s'interroge encore : o&#249; en sommes-nous ? La crise est-elle derri&#232;re nous ? Menace-t-elle encore ? Les interrogations elles-m&#234;mes en disent long sur le capitalisme et la soci&#233;t&#233; qu'il nous propose. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Visiblement, il va falloir se contenter des interrogations pour &#171; en dire long &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour les dirigeants politiques de ce monde, la crise est bien finie. &#187; d&#233;clare l'article&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah l&#224;, c'est carr&#233;ment faux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les institutions capitalistes ne cessent de dire que la situation est critique et m&#234;me mena&#231;ante !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons comme seul exemple le FMI :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.20minutes.fr/economie/1001140-20120911-dg-fmi-crise-dette-finie&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.20minutes.fr/economie/1001140-20120911-dg-fmi-crise-dette-finie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lapresse.ca/affaires/economie/200901/06/01-674585-la-crise-du-credit-nest-pas-finie-soutient-le-fmi.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lapresse.ca/affaires/economie/200901/06/01-674585-la-crise-du-credit-nest-pas-finie-soutient-le-fmi.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lefigaro.fr/flash-eco/2012/09/11/97002-20120911FILWWW00339-la-crise-de-la-dette-n-est-pas-finie-fmi.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lefigaro.fr/flash-eco/2012/09/11/97002-20120911FILWWW00339-la-crise-de-la-dette-n-est-pas-finie-fmi.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.imf.org/fr/Blogs/Articles/2023/07/25/global-economy-on-track-but-not-yet-out-of-the-woods&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.imf.org/fr/Blogs/Articles/2023/07/25/global-economy-on-track-but-not-yet-out-of-the-woods&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.imf.org/fr/News/Articles/2022/04/14/sp041422-curtain-raiser-sm2022&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.imf.org/fr/News/Articles/2022/04/14/sp041422-curtain-raiser-sm2022&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://start.lesechos.fr/societe/economie/un-tiers-de-leconomie-mondiale-en-recession-en-2023-est-ce-si-grave-1894638&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://start.lesechos.fr/societe/economie/un-tiers-de-leconomie-mondiale-en-recession-en-2023-est-ce-si-grave-1894638&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le FMI, ce n'est qu'un exemple mais pas un exemple marginal, je pense&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La r&#233;alit&#233; est moins rose pour les travailleurs&#8230; &#187; dit l'article, ce qui sous-entend d&#233;j&#224; que la r&#233;alit&#233; est rose pour le capitalisme&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ce que reconnait comme difficult&#233; l'article, ce sont les dettes. Mais comment expliquer cet endettement massif dans ce monde capitaliste rose, on ne nous le dit pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On lit ainsi : &#171; Par ailleurs, la masse des dettes est colossale. L'endettement total dans le monde (&#201;tats, entreprises et particuliers) s'&#233;l&#232;ve &#224; 237 000 milliards d'euros, soit trois fois le PIB mondial. Il est sup&#233;rieur de 70 000 milliards d'euros &#224; son niveau de 2007. Cet endettement, qui &#233;tait &#224; l'origine de l'&#233;clatement de la crise, n'est donc toujours pas r&#233;solu&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dynamique et compl&#232;tement endett&#233;, n'est-ce pas contradictoire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut lire : &#171; O&#249; nous m&#232;ne le capitalisme aujourd'hui ? Ce dossier se propose d&#233;j&#224; et plus modestement de revenir sur la crise de 2008, ses causes, ses cons&#233;quences. Et les le&#231;ons que nous pouvons en tirer. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc demander o&#249; nous m&#232;ne le capitalisme, ce n'est pas modeste, vous &#234;tes avertis !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merci au seul commentateur de cet article d'y rajouter la premi&#232;re remarque int&#233;resssante : &#171; le capitalisme est sous perfusion &#187; ! Notez bien que ce n'est pas la Fraction-NPA qui l'&#233;cit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de souci, c'est un dosser et l'explication va sans doute venir apr&#232;s&#8230; on lit la suite :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/La-crise-arythmie-congenitale-du-capitalisme&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/La-crise-arythmie-congenitale-du-capitalisme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l&#224;, surprise !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les capitalistes ont d&#233;velopp&#233; des capacit&#233;s de production qui d&#233;passent le march&#233; dit &#171; solvable &#187; et ne s'en rendent compte qu'a posteriori. Mais c'est leur syst&#232;me qui veut &#231;a, une r&#233;gulation apr&#232;s coup sur le march&#233; ! Un syst&#232;me qui ne conna&#238;t donc que la crise comme correctif, l'arythmie de la production, avec ses syncopes. Un syst&#232;me qui retrouve donc un nouvel &#233;quilibre en licenciant, en fermant des usines, des bureaux, en r&#233;duisant les salaires. Certains capitalistes font m&#234;me faillite, tandis que d'autres rach&#232;tent &#224; bas prix et empochent la mise. Des forces productives sont d&#233;truites pour s'adapter au march&#233; r&#233;el. Et tant pis si des dizaines de milliers de travailleurs sont priv&#233;s de tout, parce qu'ils auraient trop produit. L'abondance devient p&#233;nurie par la seule irrationalit&#233; d'un syst&#232;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un ph&#233;nom&#232;ne de ce genre qu'on a connu en 2008. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut donc lire que la crise de 2007-2008 est une crise classique dans laquelle les &#171; capitalistes font m&#234;me faillite &#187; ! Mais c'est parfaitement faux ! Au contraire, sa grande particularit&#233; est d'&#234;tre une situation critique dans laquelle les grandes entreprises ont &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;es comme &#171; syst&#233;miques &#187;, c'est-&#224;-dire trop grosses pour faire faillite sans entrainer la faillite du syst&#232;me mondial&#8230; Ce n'est pas un contresens de d&#233;tail bigre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis ensuite, on nous rebat les oreilles avec le leitmotiv dont les capitaliste eux-m&#234;mes ne se contentent plus : tout serait, en 2007-2008, de la faute&#8230; des subprimes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/La-crise-de-2008&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/La-crise-de-2008&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyez-vous l'&#233;conomie mondiale s'effondre &#224; cause de la titrisation des dettes immobili&#232;res aux USA !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On y apprend incidemment que &#171; l'ensemble de la finance est infest&#233;e de titres pourris &#187;. Pourquoi diable dans une &#233;conomie qui est si dynamique et profiteuse ?!!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons la suite&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Dans-la-foulee-de-la-crise-de-2007-2008-manifestations-greves-et-revolutions&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Dans-la-foulee-de-la-crise-de-2007-2008-manifestations-greves-et-revolutions&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour renflouer les industriels et les banquiers, les &#201;tats se sont lourdement endett&#233;s. Ainsi, les dettes ont explos&#233; entre 2007 et aujourd'hui, y compris dans les pays riches. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, si on a bien compris c'est une crise capitaliste tout ce qu'il y a de classique mais dans laquelle les Etats ont sauv&#233; industriels et banquiers !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Int&#233;ressant cela&#8230; C'est classique aussi ? On ne nous le dit pas&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On en &#233;tait rest&#233;s aux banquiers et capitalistes de 1929 qui se suicidaient &#224; la queue le leu&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On va quand m&#234;me avoir la r&#233;ponse &#224; cette question : &#171; Aujourd'hui, o&#249; en est-on de cette crise ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Aujourd-hui-ou-en-est-on-de-cette-crise&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Aujourd-hui-ou-en-est-on-de-cette-crise&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici des &#233;l&#233;ments de r&#233;ponse :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Dix ans apr&#232;s la crise de 2008, tout va tr&#232;s bien, puisque le Cac 40 se porte comme un charme. Tout va tr&#232;s bien puisque la production automobile mondiale a d&#233;pass&#233; les 97 millions de v&#233;hicules pour l'ann&#233;e 2017, 2,6 % de plus qu'en 2016, et 36 % de plus qu'en 2007 (l'ann&#233;e d'avant la crise). Tout va tr&#232;s bien puisque le march&#233; des ventes d'armes est &#224; la hausse, atteint 375 milliards de dollars en 2016 (l'&#233;quivalent du budget total d'un &#201;tat comme la France), soit une progression de 2 % par rapport &#224; l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, mais de 38 % par rapport &#224; 2002, avant la crise.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout va tr&#232;s bien puisque nos capitalistes empochent tant de profits qu'ils ont des difficult&#233;s, les pauvres, &#224; trouver les d&#233;bouch&#233;s suffisants pour cette masse de leurs capitaux. Sauf que cette expansion du capitalisme qui ne suit pas assez vite celle de l'accumulation du capital conduit &#224; l'&#233;mergence de bulles, comme celles qui ont engendr&#233; la crise de 2008. Mais tout va tr&#232;s bien puisque nos gouvernants nous ressassent, tous les ans, qu'on renoue avec la croissance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout va tr&#232;s bien, &#224; ceci pr&#232;s que du c&#244;t&#233; des travailleurs, lesdites reprises de la croissance sont &#224; peine perceptibles : le ch&#244;mage ou la pr&#233;carit&#233; se maintiennent et les salaires restent au ras du sol. Les travailleurs n'ont ressenti que les crises. Et avec violence. Causant &#224; chaque fois des baisses de pouvoir d'achat qui se cumulent. Malmenant &#224; chaque fois la courbe du ch&#244;mage. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le capitalisme &#224; l'agonie ? Il a au contraire connu une expansion fulgurante dans un ensemble de pays, dits &#171; &#233;mergents &#187;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est quand m&#234;me un peu &#233;tonnant car le m&#234;me dossier affirme que l'avenir est au renversement du capitalisme par la vague r&#233;volutionnaire mondiale !!! Pour un capitalisme aussi dynamique, c'est une conclusion vraiment injuste !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me article &#233;crit en effet : &#171; Et si la prochaine crise du capitalisme, c'&#233;tait nous ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme si on allait renverser le capitalisme alors qu'il a encore de brillantes perspectives devant lui. Et ils se disent marxistes, ces camarades ?!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la fraction, la perpsective imm&#233;diate semble pourtant officiellement d'en finir avec la capitalisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Une-bonne-resolution-contre-les-guerres-et-la-misere-en-finir-avec-le?navthem=1&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Une-bonne-resolution-contre-les-guerres-et-la-misere-en-finir-avec-le?navthem=1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi se donner cet objectif rapide si le syst&#232;me est en plein redressement, on ne voit pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne voit pas non plus pourquoi mondialement guerres, dictaures et fascisme montent en fl&#232;che si le syst&#232;me se porte si bien&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a remarqu&#233; comment les articles sur la crise reliaient toujours la situation &#233;conomique et la situation politique mais il y a un probl&#232;me du coup : les deux s'inversent dans les conclusions !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-on &#224; la fois dire dans le m&#234;me article que le capitalisme est &#171; pourrissant &#187; et dire qu'il &#171; sabre le champagne &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Les-capitalistes-sabrent-leur-champagne-sabrons-leurs-profits?navthem=1&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Les-capitalistes-sabrent-leur-champagne-sabrons-leurs-profits?navthem=1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a m&#234;me pas de faute d'analyse sur les perspectives du capitalisme mais une absence totale&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans th&#233;orie r&#233;volutionnaire, pas de politique r&#233;volutionnaire possible ! Mais avec un m&#233;li-m&#233;lo activiste, on peut justifier n'importe quelle politique dans le seul but de renforcer le groupe sans aucun principe politique pour accompagner une telle activit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La base d'une vraie politique r&#233;volutionnaire est l'&#233;tude scientifique de la r&#233;alit&#233;. Avec la Fraction, on est tr&#232;s loin de cela&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire encore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2730&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2730&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve952&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve952&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article796&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article796&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7617&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7617&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre r&#233;ponse sur la signification de la &#171; crise &#187; de 2007-2008 et sur l'&#233;tat actuel du capitalisme et son avenir :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4280&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4280&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3771&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3771&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5887&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5887&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5127&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5127&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La r&#233;ponse de Marx &#224; Proudhon</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article8485</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.org/spip.php?article8485</guid>
		<dc:date>2025-03-05T23:54:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Karl Marx</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lire sur Proudhon &lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;ponse de Marx &#224; Proudhon &lt;br class='autobr' /&gt;
Lettre de K. Marx &#224; J.-B. Schweitzer &lt;br class='autobr' /&gt;
Londres, le 24 janvier 1865. &lt;br class='autobr' /&gt;
Monsieur, &lt;br class='autobr' /&gt;
(...) J'ai re&#231;u hier la lettre dans laquelle vous me demandez un jugement d&#233;taill&#233; sur Proudhon. Le temps me manque pour r&#233;pondre &#224; votre d&#233;sir. Et puis je n'ai sous la main aucun de ses &#233;crits. Cependant pour vous montrer ma bonne volont&#233;, je vous envoie, &#224; la h&#226;te, ces quelques notes. Vous pourrez les compl&#233;ter, ajouter ou retrancher, bref en faire ce que (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique50" rel="directory"&gt;1- Les lois &#233;conomiques font partie de la lutte des classes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot30" rel="tag"&gt;Karl Marx&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot277" rel="tag"&gt;Capitalisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?page=recherche&amp;recherche=proudhon&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire sur Proudhon&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;ponse de Marx &#224; Proudhon&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lettre de K. Marx &#224; J.-B. Schweitzer&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Londres, le 24 janvier 1865.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monsieur,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) J'ai re&#231;u hier la lettre dans laquelle vous me demandez un jugement d&#233;taill&#233; sur Proudhon. Le temps me manque pour r&#233;pondre &#224; votre d&#233;sir. Et puis je n'ai sous la main aucun de ses &#233;crits. Cependant pour vous montrer ma bonne volont&#233;, je vous envoie, &#224; la h&#226;te, ces quelques notes. Vous pourrez les compl&#233;ter, ajouter ou retrancher, bref en faire ce que bon vous semblera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne me souviens plus des premiers essais de Proudhon. Son travail d'&#233;colier sur la Langue universelle t&#233;moigne du sans-g&#234;ne avec lequel il s'attaquait &#224; des probl&#232;mes pour la solution desquels les connaissances les plus &#233;l&#233;mentaires lui faisaient d&#233;faut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa premi&#232;re &#339;uvre : &#171; Qu'est-ce que la propri&#233;t&#233; ? &#187; est sans conteste la meilleure. Elle fait &#233;poque, si ce n'est par la nouveaut&#233; du contenu, du moins par la mani&#232;re neuve et hardie de dire des choses connues. Les socialistes fran&#231;ais, dont il connaissait les &#233;crits, avaient naturellement non seulement critiqu&#233; de divers points de vue la propri&#233;t&#233; [96], mais encore l'avaient utopiquement supprim&#233;e. Dans son livre, Proudhon est &#224; Saint-Simon et &#224; Fourier &#224; peu pr&#232;s ce que Feuerbach est &#224; Hegel. Compar&#233; &#224; Hegel, Feuerbach est bien pauvre. Pourtant, apr&#232;s Hegel il fit &#233;poque, parce qu'il mettait l'accent sur des points d&#233;sagr&#233;ables pour la conscience chr&#233;tienne et importants pour le progr&#232;s de la critique philosophique, mais laiss&#233;s par Hegel dans un clair-obscur [97] mystique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le style de cet &#233;crit de Proudhon est encore, si je puis dire, fortement muscl&#233;, et c'est le style qui, &#224; mon avis, en fait le grand m&#233;rite. On voit que, lors m&#234;me qu'il se borne &#224; reproduire de l'ancien, Proudhon d&#233;couvre que ce qu'il dit est neuf pour lui et qu'il le sert pour tel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'audace provoquante avec laquelle il porte la main sur le &#8220; sanctuaire &#8221; &#233;conomique, les paradoxes spirituels avec lesquels il se moque du plat sens commun bourgeois, sa critique corrosive, son am&#232;re ironie, avec &#231;&#224; et l&#224; un sentiment de r&#233;volte profond et vrai contre les infamies de l'ordre des choses &#233;tablies, son s&#233;rieux r&#233;volutionnaire, voil&#224; ce qui explique l'effet &#8220; &#233;lectrique &#8221;, l'effet de choc que produisit Qu'est-ce que la propri&#233;t&#233; ? d&#232;s sa parution. Dans une histoire rigoureusement scientifique de l'&#233;conomie politique, cet &#233;crit m&#233;riterait &#224; peine une mention. Mais ces &#233;crits &#224; sensation jouent leur r&#244;le dans les sciences tout aussi bien que dans la litt&#233;rature. Prenez, par exemple, l' &#171; Essai sur la population &#187; de Malthus. La premi&#232;re &#233;dition est tout bonnement un pamphlet sensationnel [98] et, par-dessus le march&#233; un plagiat d'un bout &#224; l'autre. Et pourtant quel choc cette pasquinade du genre humain n'a-t-elle pas provoqu&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si j'avais sous les yeux le livre de Proudhon, il me serait facile par quelques exemples de montrer sa premi&#232;re mani&#232;re. Dans les chapitres que lui-m&#234;me consid&#233;rait les plus importants, il imite la m&#233;thode de Kant traitant des antinomies - Kant &#233;tait &#224; ce moment le seul philosophe allemand qu'il conn&#251;t en traduction ; il donne l'impression que pour lui comme pour Kant, les antinomies ne se r&#233;solvent qu' &#8220; au-del&#224; &#8221; de l'entendement humain, c'est-&#224;-dire que son entendement &#224; lui est incapable de les r&#233;soudre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en d&#233;pit de ses allures d'iconoclaste, d&#233;j&#224; dans &#171; Qu'est ce que la propri&#233;t&#233; ? &#187;, on trouve cette contradiction que Proudhon, d'un c&#244;t&#233;, fait le proc&#232;s &#224; la soci&#233;t&#233; du point de vue et avec les yeux d'un petit paysan (plus tard d'un petit-bourgeois [99] ) fran&#231;ais, et de l'autre c&#244;t&#233;, lui applique l'&#233;talon que lui ont transmis les socialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, le titre m&#234;me du livre en indiquait l'insuffisance. La question &#233;tait trop mal pos&#233;e pour qu'on p&#251;t y r&#233;pondre correctement. Les &#8220; rapports de propri&#233;t&#233; &#8221; antiques avaient &#233;t&#233; remplac&#233;s par la propri&#233;t&#233; f&#233;odale, celle-ci par la propri&#233;t&#233; bourgeoise. Ainsi l'histoire elle-m&#234;me avait soumis &#224; sa critique les rapports de propri&#233;t&#233; pass&#233;s. Ce qu'il s'agissait pour Proudhon de traiter c'&#233;tait la propri&#233;t&#233; bourgeoise actuelle. A la question de savoir ce qu'&#233;tait cette propri&#233;t&#233;, on ne pouvait r&#233;pondre que par une analyse critique de l'&#233;conomie politique, embrassant l'ensemble de ces rapports de propri&#233;t&#233;, non pas dans leur expression juridique de rapports de volont&#233;, mais dans la forme r&#233;elle, c'est-&#224;-dire de rapports de production. Comme Proudhon int&#232;gre l'ensemble de ces rapports &#233;conomiques &#224; la notion juridique de la propri&#233;t&#233;, il ne pouvait aller au-del&#224; de la r&#233;ponse donn&#233;e par Brissot, d&#232;s avant 1789, dans un &#233;crit du m&#234;me genre, dans les m&#234;mes termes : &#8220; La propri&#233;t&#233; c'est le vol [100]. &#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conclusion que l'on en tire, dans le meilleur des cas, c'est que les notions juridiques du bourgeois sur le vol s'appliquent tout aussi bien &#224; ses profits honn&#234;tes. D'un autre c&#244;t&#233;, comme le vol, en tant que violation de la propri&#233;t&#233;, pr&#233;suppose la propri&#233;t&#233;, Proudhon s'est embrouill&#233; dans toutes sortes de divagations confuses sur la vraie propri&#233;t&#233; bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant mon s&#233;jour &#224; Paris, en 1844, j'entrai en relations personnelles avec Proudhon. Je rappelle cette circonstance parce que jusqu'&#224; un certain point je suis responsable de sa &#8220; sophistication &#8221;, mot qu'emploient les anglais pour d&#233;signer la falsification d'une marchandise. Dans de longues discussions, souvent prolong&#233;es toute la nuit, je l'infectais, &#224; son grand pr&#233;judice, d'h&#233;g&#233;lianisme qu'il ne pouvait pas &#233;tudier &#224; fond, ne sachant pas l'allemand. Ce que j'avais commenc&#233;, M. Karl Gr&#252;n, apr&#232;s mon expulsion de France, le continua. Et encore ce professeur de philosophie allemande avait sur moi cet avantage de ne rien entendre &#224; ce qu'il enseignait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu de temps avant la publication de son second ouvrage important : Philosophie de la mis&#232;re, etc., Proudhon me l'annon&#231;a dans une lettre tr&#232;s d&#233;taill&#233;e, o&#249; entre autres choses se trouvent ces paroles - &#8220; J'attends votre f&#233;rule critique [101]. &#8221; Mais bient&#244;t celle-ci tomba sur lui (dans ma Mis&#232;re de la philosophie, etc., Paris, 1847), d'une fa&#231;on qui brisa &#224; tout jamais notre amiti&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce qui pr&#233;c&#232;de, vous pouvez voir que sa Philosophie de la mis&#232;re ou syst&#232;me des contradictions &#233;conomiques devait, enfin, donner la r&#233;ponse &#224; la question : Qu'est-ce que la propri&#233;t&#233; ? En effet, Proudhon n'avait commenc&#233; ses &#233;tudes &#233;conomiques qu'apr&#232;s la publication de ce premier livre ; il avait d&#233;couvert que, pour r&#233;soudre la question pos&#233;e par lui, il fallait r&#233;pondre non par des invectives, mais par une analyse de l'&#233;conomie politique moderne. En m&#234;me temps, il essaya d'exposer le syst&#232;me des cat&#233;gories &#233;conomiques au moyen de la dialectique. La contradiction h&#233;g&#233;lienne devait remplacer l'insoluble antinomie de Kant, comme moyen de d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la critique de ses deux gros volumes, je dois vous renvoyer &#224; ma r&#233;plique. J'ai montr&#233;, entre autres, comme il a peu p&#233;n&#233;tr&#233; les secrets de la dialectique scientifique, combien, d'autre part, il partage les illusions de la philosophie &#8220; sp&#233;culative &#8221; : au lieu de consid&#233;rer les cat&#233;gories &#233;conomiques comme des expressions th&#233;oriques de rapports de production historiques correspondant &#224; un degr&#233; d&#233;termin&#233; du d&#233;veloppement de la production mat&#233;rielle, son imagination les transforme en id&#233;es &#233;ternelles, pr&#233;existantes &#224; toute r&#233;alit&#233;, et de cette mani&#232;re, par un d&#233;tour, il se retrouve &#224; son point de d&#233;part, le point de vue de l'&#233;conomie bourgeoise [102].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis je montre combien d&#233;fectueuse et rudimentaire est sa connaissance de l'&#233;conomie politique, dont il entreprenait cependant la critique, et comment avec les utopistes il se met &#224; la recherche d'une pr&#233;tendue &#8220; science &#8221;, d'o&#249; on ferait surgir une formule toute pr&#234;te et a priori pour la &#8220; solution de la question sociale &#8221;, au lieu de puiser la science dans la connaissance critique du mouvement historique, mouvement qui lui-m&#234;me produit les conditions mat&#233;rielles de l'&#233;mancipation. Ce que je d&#233;montre surtout, c'est que Proudhon n'a que des id&#233;es imparfaites, confuses et fausses sur la base de toute &#233;conomie politique, la valeur d'&#233;change, circonstance qui l'am&#232;ne &#224; voir les fondements d'une nouvelle science dans une interpr&#233;tation utopique de la th&#233;orie de la valeur de Ricardo. Enfin, je r&#233;sume mon jugement sur son point de vue g&#233;n&#233;ral en ces mots :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Chaque rapport &#233;conomique a un bon et un mauvais c&#244;t&#233; : c'est le seul point dans lequel M. Proudhon ne se d&#233;ment pas. Le bon c&#244;t&#233;, il le voit expos&#233; par les &#233;conomistes ; le mauvais c&#244;t&#233;, il le voit d&#233;nonc&#233; par les socialistes. Il emprunte aux &#233;conomistes la n&#233;cessit&#233; des rapports &#233;ternels, il emprunte aux socialistes l'illusion de ne voir dans la mis&#232;re que la mis&#232;re (au lieu d'y voir le c&#244;t&#233; r&#233;volutionnaire, subversif, qui renversera la soci&#233;t&#233; ancienne). Il est d'accord avec les uns et les autres en voulant s'en r&#233;f&#233;rer &#224; l'autorit&#233; de la science. La science, pour lui, se r&#233;duit aux minces proportions d'une formule scientifique ; il est l'homme &#224; la recherche des formules. C'est ainsi que M. Proudhon se flatte d'avoir donn&#233; la critique et de l'&#233;conomie politique et du communisme : il est au-dessous de l'une et de l'autre. Au-dessous des &#233;conomistes, puisque comme philosophe, qui a sous la main une formule magique, il a cru pouvoir se dispenser d'entrer dans des d&#233;tails purement &#233;conomiques ; au-dessous des socialistes, puisqu'il n'a ni assez de courage, ni assez de lumi&#232;res pour s'&#233;lever, ne serait-ce que sp&#233;culativement au-dessus de l'horizon bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;... Il veut planer en homme de science au-dessus des bourgeois, et des prol&#233;taires ; il n'est que le petit bourgeois, ballott&#233; constamment entre le Capital et le Travail, entre l'&#233;conomie politique et le communisme. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelque dur que paraisse ce jugement, je suis oblig&#233; de le maintenir encore aujourd'hui, mot pour mot. Mais il importe de ne pas oublier qu'au moment o&#249; je d&#233;clarai et prouvai th&#233;oriquement que le livre de Proudhon n'&#233;tait que le code du socialisme des petits-bourgeois [103], ce m&#234;me Proudhon fut anath&#233;matis&#233; comme ultra et archi-r&#233;volutionnaire &#224; la fois par des &#233;conomistes et des socialistes. C'est pourquoi plus tard je n'ai jamais m&#234;l&#233; ma voix a ceux qui jetaient les hauts cris sur sa &#8220; trahison &#8221; de la r&#233;volution. Ce n'&#233;tait pas sa faute si, mal compris &#224; l'origine par d'autres comme par lui-m&#234;me, il n'a pas r&#233;pondu &#224; des esp&#233;rances que rien ne justifiait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Philosophie de la mis&#232;re &#187;, mise en regard de &#171; Qu'est-ce que la propri&#233;t&#233; ? &#187; fait ressortir tr&#232;s d&#233;favorablement tous les d&#233;fauts de la mani&#232;re d'exposer de Proudhon. Le style est souvent ce que les Fran&#231;ais appellent ampoul&#233; [104]. Un galimatias pr&#233;tentieux et sp&#233;culatif, qui se donne pour de la philosophie allemande, se rencontre partout o&#249; la perspicacit&#233; gauloise fait d&#233;faut. Ce qu'il vous corne aux oreilles, sur un ton de saltimbanque et de fanfaron suffisant, c'est un ennuyeux radotage sur la &#8220; science &#8221; dont il fait par ailleurs ill&#233;gitimement &#233;talage. A la place de la chaleur vraie et naturelle qui &#233;claire son premier livre, ici en maint endroit Proudhon d&#233;clame syst&#233;matiquement, et s'&#233;chauffe &#224; froid. Ajoutez &#224; cela le gauche et d&#233;sagr&#233;able p&#233;dantisme de l'autodidacte qui fait l'&#233;rudit, de l'ex-ouvrier qui a perdu sa fiert&#233; de se savoir penseur ind&#233;pendant et original, et qui maintenant, en parvenu de la science, croit devoir se pavaner et se vanter de ce qu'il n'est pas et de ce qu'il n'a pas. Puis il y a ses sentiments de petit-bourgeois qui le poussent &#224; attaquer d'une mani&#232;re inconvenante et brutale, mais qui n'est ni p&#233;n&#233;trante, ni profonde, ni m&#234;me juste, un homme tel que Cabet, respectable &#224; cause de son attitude pratique envers le prol&#233;tariat fran&#231;ais, tandis qu'il fait l'aimable avec un Dunoyer (conseiller d'&#201;tat, il est vrai), qui n'a d'autre importance que d'avoir pr&#234;ch&#233; avec un s&#233;rieux comique, tout au long (le trois gros volumes insupportablement ennuyeux, un rigorisme ainsi caract&#233;ris&#233; par Helv&#233;tius : &#8220; On veut que les malheureux soient satisfaits [105] &#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, la r&#233;volution de f&#233;vrier survint fort mal &#224; propos pour Proudhon qui, tout juste quelques semaines auparavant, venait de prouver de fa&#231;on irr&#233;futable que l' &#8220; &#232;re des r&#233;volutions &#8221; &#233;tait pass&#233;e &#224; jamais. Cependant son attitude &#224; l'Assembl&#233;e nationale ne m&#233;rite que des &#233;loges, bien qu'elle prouve son peu d'intelligence de la situation. Apr&#232;s l'insurrection de juin cette attitude &#233;tait un acte de grand courage. Elle eut de plus cette cons&#233;quence heureuse que M. Thiers, dans sa r&#233;ponse aux propositions de Proudhon, publi&#233;e par la suite en brochure, d&#233;voila &#224; toute l'Europe sur quel pi&#233;destal, au niveau des enfants qui fr&#233;quentent le cat&#233;chisme, se dressait ce pilier intellectuel de la bourgeoisie fran&#231;aise. Oppos&#233; &#224; Thiers, Proudhon prit en effet les proportions d'un colosse ant&#233;diluvien. Les derniers &#8220; exploits &#8221; &#233;conomiques de Proudhon furent sa d&#233;couverte du &#8220; Cr&#233;dit gratuit &#8221; et de la &#8220; Banque du peuple &#8221; qui devait le r&#233;aliser. Dans mon ouvrage &#171; Z&#252;r Kritik der politischen Oekonomie &#187; (&#171; Contribution &#224; la critique de l'&#233;conomie politique &#187;) Berlin 1859 (pp. 59-64) [106], on trouve la preuve que la base th&#233;orique de ces id&#233;es proudhoniennes r&#233;sulte d'une compl&#232;te ignorance des premiers &#233;l&#233;ments de l'&#233;conomie politique bourgeoise : le rapport entre la marchandise et l'argent ; tandis que leur superstructure pratique n'&#233;tait que la reproduction de projets bien ant&#233;rieurs et bien mieux &#233;labor&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas douteux, il est m&#234;me tout &#224; fait &#233;vident que le syst&#232;me de cr&#233;dit qui a servi par exemple en Angleterre, au commencement du XVIII&#176; et plus r&#233;cemment du XIX&#176; si&#232;cle, &#224; transf&#233;rer les richesses d'une classe &#224; une autre pourrait servir aussi, dans certaines conditions politiques et &#233;conomiques, &#224; acc&#233;l&#233;rer l'&#233;mancipation de la classe ouvri&#232;re. Mais consid&#233;rer le capital portant int&#233;r&#234;ts comme la forme principale du capital, mais vouloir faire une application particuli&#232;re du cr&#233;dit, de l'abolition pr&#233;tendue de l'int&#233;r&#234;t, la base de la transformation sociale - voil&#224; une fantaisie tout ce qu'il y a de plus philistin. Aussi la trouve-t-on d&#233;j&#224; &#233;lucubr&#233;e con amore chez les porte-parole &#233;conomiques de la petite bourgeoisie anglaise du XVII&#176; si&#232;cle. La pol&#233;mique de Proudhon contre Bastiat au sujet du capital portant int&#233;r&#234;ts (1850) est de beaucoup au-dessous de &#171; Philosophie de la mis&#232;re &#187;. Il r&#233;ussit &#224; se faire battre m&#234;me par Bastiat et pousse de hauts cris, d'une mani&#232;re burlesque, toutes les fois que son adversaire lui porte un coup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelques ann&#233;es, Proudhon &#233;crivit une dissertation sur les imp&#244;ts, sur un sujet mis au concours, &#224; ce que je crois, par le gouvernement du canton de Vaud. Ici s'&#233;vanouit la derni&#232;re lueur de g&#233;nie : il ne reste que le petit-bourgeois tout pur [107].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;crits politiques et philosophiques de Proudhon ont tous le m&#234;me caract&#232;re double et contradictoire que nous avons trouv&#233; dans ses travaux &#233;conomiques. De plus, ils n'ont qu'une importance locale limit&#233;e &#224; la France. Toutefois, ses attaques contre la religion et l'&#201;glise avaient un grand m&#233;rite en France &#224; une &#233;poque o&#249; les socialistes fran&#231;ais se targuaient de leurs sentiments religieux comme d'une sup&#233;riorit&#233; sur le voltairianisme du XVIII&#176; si&#232;cle et sur l'ath&#233;isme allemand du XIX&#176; si&#232;cle. Si Pierre le Grand abattit la barbarie russe par la barbarie, Proudhon fit de son mieux pour terrasser la phrase fran&#231;aise par la phrase.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que l'on ne peut plus consid&#233;rer comme de mauvais &#233;crits seulement, mais tout bonnement comme des vilenies - correspondant toutefois parfaitement au point de vue petit-bourgeois - c'est le livre sur le coup d'&#201;tat, o&#249; il coquette avec L. Bonaparte, s'effor&#231;ant en r&#233;alit&#233; de le rendre acceptable aux ouvriers fran&#231;ais, et son dernier ouvrage contre la Pologne, o&#249;, en l'honneur du tsar, il fait montre d'un cynisme de cr&#233;tin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a souvent compar&#233; Proudhon &#224; Jean-Jacques Rousseau. Rien ne saurait &#234;tre plus faux. Il ressemble plut&#244;t &#224; Nicolas Linguet, dont la &#171; Th&#233;orie des lois civiles &#187; est d'ailleurs une oeuvre de g&#233;nie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nature de Proudhon le portait &#224; la dialectique. Mais n'ayant jamais compris la dialectique vraiment scientifique, il ne parvint qu'au sophisme. En fait, c'&#233;tait li&#233; &#224; son point de vue petit-bourgeois. Le petit-bourgeois, tout comme notre historien Raumer, se compose de &#8220; d'un c&#244;t&#233; &#8221; et de &#8220; de l'autre c&#244;t&#233; &#8221;. M&#234;me tiraillement oppos&#233; dans ses int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels et par cons&#233;quent ses vues religieuses, scientifiques et artistiques, sa morale, enfin son &#234;tre tout entier. Il est la contradiction faite homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il est, de plus, comme Proudhon, un homme d'esprit, il saura bient&#244;t jongler avec ses propres contradictions et les &#233;laborer selon les circonstances en paradoxes frappants, tapageurs, parfois scandaleux, parfois brillants. Charlatanisme scientifique et accommodements politiques sont ins&#233;parables d'un pareil point de vue. Il ne reste plus qu'un seul mobile, la vanit&#233; de l'individu, et, comme pour tous les vaniteux, il ne s'agit plus que de l'effet du moment, du succ&#232;s du jour. De la sorte, s'&#233;teint n&#233;cessairement le simple tact moral qui pr&#233;serva un Rousseau, par exemple, de toute compromission, m&#234;me apparente, avec les pouvoirs existants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre la post&#233;rit&#233; dira, pour caract&#233;riser la toute r&#233;cente phase de l'histoire fran&#231;aise, que Louis Bonaparte en fut le Napol&#233;on et Proudhon le Rousseau-Voltaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous m'avez confi&#233; le r&#244;le de juge... Si peu de temps apr&#232;s la mort de l'homme : &#224; vous maintenant d'en prendre la responsabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Votre tout d&#233;vou&#233;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl MARX.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[95] Extrait du Social-Demokrat, nos 16, 17 et 18. 1. 3 et 5 f&#233;vrier 1865 (N.R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[96] En fran&#231;ais dans le texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[97] En fran&#231;ais dans le texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[98] Ces deux mots en anglais dans le texte, &#8220; sensational pamphlet &#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[99] En fran&#231;ais dans le texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[100] Brissot de Warville : Recherche sur le droit de propri&#233;t&#233; et sur le vol, etc., Berlin, 1782.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[101] En fran&#231;ais dans le texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[102] &#8220; En disant que les rapports actuels, - les rapports de la production bourgeoise. - sont naturels, les &#233;conomistes font entendre que ce sont des rapports dans lesquels se cr&#233;e la richesse et se d&#233;veloppent les forces productives aux lois naturelles ind&#233;pendantes de l'influence du temps. Ce sont des lois &#233;ternelles qui doivent toujours r&#233;gir la soci&#233;t&#233;. Ainsi, il y a eu de l'histoire mais il n'y en a plus. &#8221; Mis&#232;re de la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[103] En fran&#231;ais dans le texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[104] En fran&#231;ais dans le texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[105] En fran&#231;ais dans le texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[106] K. Marx : Contribution &#224; la critique de l'&#233;conomie politique, &#201;ditions sociales, Paris 1957, pp. 39 &#224; 49.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[107] En fran&#231;ais dans le texte.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Karl Marx - Les gr&#232;ves et les coalitions des ouvriers&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; Tout mouvement de hausse dans les salaires ne peut avoir d'autre effet que celui d'une hausse sur le bl&#233;, le vin, etc., c'est-&#224;-dire l'effet d'une disette. Car qu'est-ce que le salaire ? C'est le prix de revient du bl&#233;, etc. ; c'est le prix int&#233;gral de toute chose. Allons plus loin encore : le salaire est la proportionnalit&#233; des &#233;l&#233;ments qui composent la richesse et qui sont consomm&#233;s reproductivement chaque jour par la masse des travailleurs. Or, doubler les salaires, c'est attribuer &#224; chacun des producteurs une part plus grande que son produit, ce qui est contradictoire ; et si la hausse ne porte que sur un petit nombre d'industries, c'est provoquer une perturbation g&#233;n&#233;rale dans les &#233;changes, en un mot, une disette... Il est impossible, je le d&#233;clare, que les gr&#232;ves suivies d'augmentation de salaires n'aboutissent pas &#224; un rench&#233;rissement g&#233;n&#233;ral : cela est aussi certain que deux et deux font quatre [89].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nions toutes ces assertions, except&#233; que deux et deux font quatre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord il n'y a pas de rench&#233;rissement g&#233;n&#233;ral. Si le prix de toute chose double en m&#234;me temps que le salaire, il n'y a pas de changement dans les prix, il n'y a de changement que dans les termes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, une hausse g&#233;n&#233;rale des salaires ne peut jamais produire un rench&#233;rissement plus ou moins g&#233;n&#233;ral des marchandises. Effectivement, si toutes les industries employaient le m&#234;me nombre d'ouvriers en rapport avec le capital fixe ou avec les instruments dont elles se servent, une hausse g&#233;n&#233;rale des salaires produirait une baisse g&#233;n&#233;rale des profits et le prix courant des marchandises ne subirait aucune alt&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comme le rapport du travail manuel au capital fixe n'est pas le m&#234;me dans les diff&#233;rentes industries, toutes les industries qui emploient relativement une plus grande masse de capital fixe et moins d'ouvriers, seront forc&#233;es t&#244;t ou tard de baisser le prix de leurs marchandises. Dans le cas contraire o&#249; le prix de leurs marchandises ne baisse pas, leur profit s'&#233;l&#232;vera au-dessus du taux commun des profits. Les machines ne sont pas des salari&#233;s. Donc la hausse g&#233;n&#233;rale des salaires atteindra moins les industries qui emploient comparativement aux autres plus de machines que d'ouvriers. Mais la concurrence tendant toujours &#224; niveler les profits, ceux qui s'&#233;l&#232;vent au-dessus du taux ordinaire, ne sauraient &#234;tre que passagers. Ainsi, &#224; part quelques oscillations, une hausse g&#233;n&#233;rale des salaires am&#232;nera au lieu d'un rench&#233;rissement g&#233;n&#233;ral, comme le dit M. Proudhon, une baisse partielle, c'est-&#224;-dire une baisse dans le prix courant des marchandises qui se fabriquent principalement &#224; l'aide des machines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La hausse et la baisse du profit et des salaires n'expriment que la proportion dans laquelle les capitalistes et les travailleurs participent au produit d'une journ&#233;e de travail, sans influer dans la plupart des cas sur le prix du produit. Mais que&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; les gr&#232;ves suivies d'augmentation de salaires aboutissent &#224; un rench&#233;rissement g&#233;n&#233;ral, &#224; une disette m&#234;me,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ce sont l&#224; de ces id&#233;es qui ne peuvent &#233;clore que dans le cerveau d'un po&#232;te incompris,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Angleterre, les gr&#232;ves ont r&#233;guli&#232;rement donn&#233; lieu &#224; l'invention et &#224; l'application de quelques machines nouvelles. Les machines &#233;taient, on peut le dire, l'arme qu'employaient les capitalistes pour abattre le travail sp&#233;cial en r&#233;volte. Le self-acting mule, la plus grande invention de l'industrie moderne, mit hors de combat les fileurs r&#233;volt&#233;s. Quand les coalitions et les gr&#232;ves n'auraient d'autre effet que de faire r&#233;agir contre elles les efforts du g&#233;nie m&#233;canique, toujours exerceraient-elles une influence immense sur le d&#233;veloppement de l'industrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Je trouve, continue M. Proudhon, dans un article publi&#233; par M. L&#233;on Faucher... septembre 1845, que depuis quelque temps les ouvriers anglais ont perdu l'habitude des coalitions, ce qui est assur&#233;ment un progr&#232;s, dont on ne peut que les f&#233;liciter : mais que cette am&#233;lioration dans le moral des ouvriers vient surtout de leur instruction &#233;conomique. Ce n'est point des manufacturiers, s'&#233;criait au meeting de Bolton, un ouvrier fileur, que les salaires d&#233;pendent. Dans les &#233;poques de d&#233;pression les ma&#238;tres ne sont pour ainsi dire que le fouet dont s'arme la n&#233;cessit&#233;, et qu'ils le veuillent ou non, il faut qu'ils frappent. Le principe r&#233;gulateur est le rapport de l'offre avec la demande ; et les ma&#238;tres n'ont pas ce pouvoir... A la bonne heure, s'&#233;crie M. Proudhon, voil&#224; des ouvriers bien dress&#233;s, des ouvriers mod&#232;les, etc., etc. Cette mis&#232;re manquait &#224; l'Angleterre : elle ne passera pas le d&#233;troit [90] .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toutes les villes de l'Angleterre, Bolton est celle o&#249; le radicalisme est le plus d&#233;velopp&#233;. Les ouvriers de Bolton sont connus pour &#234;tre on ne peut plus r&#233;volutionnaires. Lors de la grande agitation qui eut lieu en Angleterre pour l'abolition des lois c&#233;r&#233;ales, les fabricants anglais ne crurent pouvoir faire face aux propri&#233;taires fonciers qu'en mettant en avant les ouvriers. Mais comme les int&#233;r&#234;ts des ouvriers n'&#233;taient pas moins oppos&#233;s &#224; ceux des fabricants, que les int&#233;r&#234;ts des fabricants ne l'&#233;taient &#224; ceux des propri&#233;taires fonciers, il &#233;tait naturel que les fabricants dussent avoir le dessous dans les meetings des ouvriers. Que firent les fabricants ? Pour sauver les apparences, ils organis&#232;rent des meetings compos&#233;s, en grande partie des contrema&#238;tres, du petit nombre d'ouvriers qui leur &#233;taient d&#233;vou&#233;s et des amis du commerce proprement dits. Quand ensuite les v&#233;ritables ouvriers essay&#232;rent, comme &#224; Bolton et &#224; Manchester, d'y prendre part pour protester contre ces d&#233;monstrations factices, on leur d&#233;fendit l'entr&#233;e, en disant que c'&#233;tait un ticket-meeting. On entend par ce mot des meetings o&#249; l'on n'admet que des personnes munies de cartes d'entr&#233;e. Cependant les affiches, placard&#233;es sur les murs, avaient annonc&#233; des meetings publics. Toutes les fois qu'il y avait de ces meetings, les journaux des fabricants rendaient un compte pompeux et d&#233;taill&#233; des discours qu'on y avait prononc&#233;s. Il va sans dire que c'&#233;taient les contrema&#238;tres qui pronon&#231;aient ces discours. Les feuilles de Londres les reproduisaient litt&#233;ralement. M. Proudhon a le malheur de prendre les contrema&#238;tres pour des ouvriers ordinaires et leur enjoint l'ordre de ne pas passer le d&#233;troit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si en 1844 et en 1845 les gr&#232;ves frappaient moins les regards qu'auparavant, c'est que 1844 et 1845 &#233;taient les deux premi&#232;res ann&#233;es de prosp&#233;rit&#233; qu'il y e&#251;t pour l'industrie anglaise depuis 1837. N&#233;anmoins, aucune des trades-unions n'avait &#233;t&#233; dissoute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entendons maintenant les contrema&#238;tres de Bolton. Selon eux les fabricants ne sont pas les ma&#238;tres du salaire, parce qu'ils ne sont pas les ma&#238;tres du prix du produit, et ils ne sont pas les ma&#238;tres du produit parce qu'ils ne sont pas les ma&#238;tres du march&#233; de l'univers. Par cette raison ils donnaient &#224; entendre qu'il ne fallait pas faire des coalitions pour arracher aux ma&#238;tres une augmentation de salaires. M. Proudhon, au contraire, leur interdit les coalitions de crainte qu'une coalition ne soit suivie d'une hausse de salaires, qui entra&#238;nerait une disette g&#233;n&#233;rale. Nous n'avons pas besoin de dire que sur un seul point il y a entente cordiale entre les contrema&#238;tres et M. Proudhon : c'est qu'une hausse de salaires &#233;quivaut &#224; une hausse dans le prix des produits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la crainte d'une disette. est-ce l&#224; la v&#233;ritable cause de la rancune de M. Proudhon ? Non. Il en veut tout bonnement aux contrema&#238;tres de Bolton, parce qu'ils d&#233;terminent la valeur par l'offre et la demande et qu'ils ne se soucient gu&#232;re de la valeur constitu&#233;e, de la valeur pass&#233;e &#224; l'&#233;tat de constitution, de la constitution de la valeur, y compris l'&#233;changeabilit&#233; permanente et toutes les autres proportionnalit&#233;s de rapports et rapports de proportionnalit&#233;, flanqu&#233;s de la Providence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La gr&#232;ve des ouvriers est ill&#233;gale, et ce n'est pas seulement le Code p&#233;nal qui dit cela, c'est le syst&#232;me &#233;conomique, c'est la n&#233;cessit&#233; de l'ordre &#233;tabli... Que chaque ouvrier individuellement ait la libre disposition de sa personne et de ses bras, cela peut se tol&#233;rer : mais que les ouvriers entreprennent par des coalitions de faire violence au monopole, c'est ce que la soci&#233;t&#233; ne peut permettre [91] .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Proudhon pr&#233;tend faire passer un article du Code p&#233;nal pour un r&#233;sultat n&#233;cessaire et g&#233;n&#233;ral des rapports de la production bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Angleterre, les coalitions sont autoris&#233;es par un acte de Parlement et c'est le syst&#232;me &#233;conomique qui a forc&#233; le Parlement &#224; donner cette autorisation de par la loi. En 1825, lorsque sous le ministre Huskisson le Parlement dut modifier la l&#233;gislature, pour la mettre de plus en plus d'accord avec un &#233;tat de choses r&#233;sultant de la libre concurrence, il lui fallut n&#233;cessairement abolir toutes les lois qui interdisaient les coalitions des ouvriers. Plus l'industrie moderne et la concurrence se d&#233;veloppent, plus il y a des &#233;l&#233;ments [92] qui provoquent et secondent les coalitions, et aussit&#244;t que les coalitions sont devenues un fait &#233;conomique, prenant de jour en jour plus de consistance, elles ne peuvent pas tarder &#224; devenir un fait l&#233;gal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi l'article du Code p&#233;nal prouve tout au plus que l'industrie moderne et la concurrence n'&#233;taient pas encore bien d&#233;velopp&#233;es sous l'Assembl&#233;e constituante et sous l'Empire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;conomistes et les socialistes [93] sont d'accord sur un seul point : c'est de condamner les coalitions. Seulement ils motivent diff&#233;remment leur acte de condamnation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;conomistes disent aux ouvriers : ne vous coalisez pas. En vous coalisant, vous entravez la marche r&#233;guli&#232;re de l'industrie, vous emp&#234;chez les fabricants de satisfaire aux commandes, vous troublez le commerce et vous pr&#233;cipitez l'envahissement des machines qui, en rendant votre travail en partie inutile, vous forcent d'accepter un salaire encore abaiss&#233;. D'ailleurs, vous avez beau faire, votre salaire sera toujours d&#233;termin&#233; par le rapport des bras demand&#233;s avec les bras offerts et c'est un effort aussi ridicule que dangereux, que de vous mettre en r&#233;volte contre les lois &#233;ternelles de l'&#233;conomie politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les socialistes disent aux ouvriers : ne vous coalisez pas, car, au bout du compte, qu'est-ce que vous y gagneriez ? Une hausse de salaires ? Les &#233;conomistes vous prouveront jusqu'&#224; l'&#233;vidence, que les quelques sous que vous pourriez y gagner, en cas de r&#233;ussite, pour quelques moments, seront suivis d'une baisse pour toujours. D'habiles calculateurs vous prouveront qu'il vous faudrait des ann&#233;es pour vous rattraper. seulement sur l'augmentation des salaires, des frais qu'il vous a fallu faire pour organiser et entretenir les coalitions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et nous, nous vous dirons, en notre qualit&#233; de socialistes, qu'&#224; part cette question d'argent, vous ne serez pas moins les ouvriers, et les ma&#238;tres seront toujours les ma&#238;tres, apr&#232;s comme avant. Ainsi pas de coalitions, pas de politique, car faire des coalitions, n'est-ce pas faire de la politique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;conomistes veulent que les ouvriers restent dans la soci&#233;t&#233; telle qu'elle est form&#233;e et telle qu'ils l'ont consign&#233;e et scell&#233;e dans leurs manuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les socialistes veulent que les ouvriers laissent l&#224; la soci&#233;t&#233; ancienne, pour pouvoir mieux entrer dans la soci&#233;t&#233; nouvelle qu'ils leur ont pr&#233;par&#233;e avec tant de pr&#233;voyance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les uns et les autres, malgr&#233; les manuels et les utopies, les coalitions n'ont pas cess&#233; un instant de marcher et de grandir avec le d&#233;veloppement et l'agrandissement de l'industrie moderne. C'est &#224; tel point maintenant, que le degr&#233; o&#249; est arriv&#233; la coalition dans un pays, marque nettement le degr&#233; qu'il occupe dans la hi&#233;rarchie du march&#233; de l'univers. L'Angleterre, o&#249; l'industrie a atteint le plus haut degr&#233; de d&#233;veloppement, a les coalitions les plus vastes et les mieux organis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Angleterre, on ne s'en est pas tenu &#224; des coalitions partielles, qui n'avaient pas d'autre but qu'une gr&#232;ve passag&#232;re, et qui disparaissaient avec elle. On a form&#233; des coalitions permanentes, des trades-unions qui servent de rempart aux ouvriers dans leurs luttes avec les entrepreneurs. Et &#224; l'heure qu'il est, toutes ces trades-unions locales trouvent un point d'union dans la National Association of United Trades, dont le comit&#233; central est &#224; Londres, et qui compte d&#233;j&#224; 80 000 membres. La formation de ces gr&#232;ves, coalitions, trades-unions marcha simultan&#233;ment avec les luttes politiques des ouvriers qui constituent maintenant un grand parti politique sous le nom de Chartistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sous la forme des coalitions qu'ont toujours lieu les premiers essais des travailleurs pour s'associer entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande industrie agglom&#232;re dans un endroit une foule de gens inconnus les uns aux autres. La concurrence les divise d'int&#233;r&#234;ts. Mais le maintien du salaire, cet int&#233;r&#234;t commun qu'ils ont contre leur ma&#238;tre, les r&#233;unit dans une m&#234;me pens&#233;e de r&#233;sistance - coalition. Ainsi la coalition a toujours un double but, celui de faire cesser entre eux la concurrence, pour pouvoir faire une concurrence g&#233;n&#233;rale au capitaliste. Si le premier but de r&#233;sistance n'a &#233;t&#233; que le maintien des salaires, &#224; mesure que les capitalistes &#224; leur tour se r&#233;unissent dans une pens&#233;e de r&#233;pression, les coalitions, d'abord isol&#233;es, se forment en groupes, et en face du capital toujours r&#233;uni, le maintien de l'association devient plus n&#233;cessaire pour eux que celui du salaire. Cela est tellement vrai, que les &#233;conomistes anglais sont tout &#233;tonn&#233;s de voir les ouvriers sacrifier une bonne partie du salaire en faveur des associations qui, aux yeux de ces &#233;conomistes, ne sont &#233;tablies qu'en faveur du salaire. Dans cette lutte - v&#233;ritable guerre civile - se r&#233;unissent et se d&#233;veloppent tous les &#233;l&#233;ments n&#233;cessaires &#224; une bataille &#224; venir. Une fois arriv&#233;e &#224; ce point-l&#224;, l'association prend un caract&#232;re politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conditions &#233;conomiques avaient d'abord transform&#233; la masse du pays en travailleurs. La domination du capital a cr&#233;&#233; &#224; cette masse une situation commune, des int&#233;r&#234;ts communs. Ainsi cette masse est d&#233;j&#224; une classe vis-&#224;-vis du capital, mais pas encore pour elle-m&#234;me. Dans la lutte, dont nous n'avons signal&#233; que quelques phases, cette masse se r&#233;unit, elle se constitue en classe pour elle-m&#234;me. Les int&#233;r&#234;ts qu'elle d&#233;fend deviennent des int&#233;r&#234;ts de classe. Mais la lutte de classe &#224; classe est une lutte politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la bourgeoisie, nous avons deux phases &#224; distinguer celle pendant laquelle elle se constitua en classe sous le r&#233;gime de la f&#233;odalit&#233; et de la monarchie absolue, et celle o&#249;, d&#233;j&#224; constitu&#233;e en classe, elle renversa la f&#233;odalit&#233; et la monarchie, pour faire de la soci&#233;t&#233; une soci&#233;t&#233; bourgeoise. La premi&#232;re de ces phases fut la plus longue et n&#233;cessita les plus grands efforts. Elle aussi avait commenc&#233; par des coalitions partielles contre les seigneurs f&#233;odaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a fait bien des recherches pour retracer les diff&#233;rentes phases historiques que la bourgeoisie a parcourues, depuis la commune jusqu'&#224; sa constitution comme classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quand il s'agit de se rendre un compte exact des gr&#232;ves, des coalitions et des autres formes dans lesquelles les prol&#233;taires effectuent devant nos yeux leur organisation comme classe, les uns sont saisis d'une crainte r&#233;elle, les autres affichent un d&#233;dain transcendantal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une classe opprim&#233;e est la condition vitale de toute soci&#233;t&#233; fond&#233;e sur l'antagonisme des classes. L'affranchissement de la classe opprim&#233;e implique donc n&#233;cessairement la cr&#233;ation d'une soci&#233;t&#233; nouvelle. Pour que la classe opprim&#233;e puisse s'affranchir, il faut que les pouvoirs productifs d&#233;j&#224; acquis et les rapports sociaux existants ne puissent plus exister les uns &#224; c&#244;t&#233; des autres. De tous les instruments de production, le plus grand pouvoir productif, c'est la classe r&#233;volutionnaire elle-m&#234;me. L'organisation des &#233;l&#233;ments r&#233;volutionnaires comme classe suppose l'existence de toutes les forces productives qui pouvaient s'engendrer dans le sein de la soci&#233;t&#233; ancienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce &#224; dire qu'apr&#232;s la chute de l'ancienne soci&#233;t&#233; il y aura une nouvelle domination de classe, se r&#233;sumant dans un nouveau pouvoir politique ? Non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La condition d'affranchissement de la classe laborieuse c'est l'abolition de toute classe, de m&#234;me que la condition d'affranchissement du tiers &#233;tat, de l'ordre bourgeois, fut l'abolition de tous les &#233;tats [94] et de tous les ordres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe laborieuse substituera, dans le cours de son d&#233;veloppement, &#224; l'ancienne soci&#233;t&#233; civile une association qui exclura les classes et leur antagonisme, et il n'y aura plus de pouvoir politique proprement dit, puisque le pouvoir politique est pr&#233;cis&#233;ment le r&#233;sum&#233; officiel de l'antagonisme dans la soci&#233;t&#233; civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, l'antagonisme entre le prol&#233;tariat et la bourgeoisie est une lutte de classe &#224; classe, lutte qui, port&#233;e &#224; sa plus haute expression, est une r&#233;volution totale. D'ailleurs, faut-il s'&#233;tonner qu'une soci&#233;t&#233;, fond&#233;e sur l'opposition des classes, aboutisse &#224; la contradiction brutale, &#224; un choc de corps &#224; corps comme dernier d&#233;nouement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne dites pas que le mouvement social exclut le mouvement politique. Il n'y a jamais de mouvement politique qui ne soit social en m&#234;me temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est que dans un ordre de choses o&#249; il n'y aura plus de classes et d'antagonisme de classes, que les &#233;volutions sociales cesseront d'&#234;tre des r&#233;volutions politiques. Jusque-l&#224;, &#224; la veille de chaque remaniement g&#233;n&#233;ral de la soci&#233;t&#233;, le dernier mot de la science sociale sera toujours :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le combat ou la mort la lutte sanguinaire ou le n&#233;ant. C'est ainsi que la question est invinciblement pos&#233;e. (George Sand.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[89] Proudhon : Ouvrage cit&#233; tome I, pp. 110 et 111.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[90] Proudhon : Ouvrage cit&#233;. tome I, pp. 281 et 262.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[91] Proudhon : Ouvrage cit&#233;, Tome I. pp. 237 et 235.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[92] Pour &#8220; ... plus il y a d'&#233;l&#233;ments &#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[93] C'est-&#224;-dire les socialistes de l'&#233;poque, les fouri&#233;ristes en France, les partisane d'Owen en Allemagne. (Note d'Engels pour l'&#233;dition de 1885.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[94] &#201;tats, au sens historique tels qu'ils existant &#224; l'&#233;poque f&#233;odale, c'est-&#224;-dire des &#233;tats poss&#233;dant des privil&#232;ges pr&#233;cis et limit&#233;s. La r&#233;volution bourgeoise abolit ces &#233;tats et leurs privil&#232;ges. La soci&#233;t&#233; bourgeoise ne conna&#238;t plus que des classes. C'&#233;tait donc une contradiction historique que de d&#233;signer le prol&#233;tariat noua le nom de &#8220; quatri&#232;me &#233;tat &#8221;. (Note d'Engels pour l'&#233;dition de 1885.)&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Philosophie de la mis&#232;re &#187;, de Pierre-Joseph Proudhon&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Chapitre I&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; DE LA SCIENCE &#201;CONOMIQUE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; (&#8230;) Qu'est-ce, par exemple, que le profit ? c'est ce qui reste &#224; l'entrepreneur apr&#232;s qu'il a pay&#233; tous ses frais. Or les frais se composent de journ&#233;es de travail et de valeurs consomm&#233;es, ou en d&#233;finitive de salaires. Quel est donc le salaire d'un ouvrier ? le moins qu'on puisse lui donner, c'est-&#224;-dire on ne sait pas. Quel doit &#234;tre le prix de la marchandise port&#233;e au march&#233; par l'entrepreneur ? le plus grand qu'il pourra obtenir, c'est-&#224;-dire encore, on ne sait pas. Il est m&#234;me d&#233;fendu, en &#233;conomie politique, de supposer que la marchandise et la journ&#233;e de travail puissent &#234;tre tax&#233;es, bien que l'on convienne qu'elles peuvent &#234;tre &#233;valu&#233;es ; et cela par la raison, disent les &#233;conomistes, que l'&#233;valuation est une op&#233;ration essentiellement arbitraire, qui ne peut aboutir jamais &#224; une s&#251;re et certaine conclusion. Comment donc trouver le rapport de deux inconnues qui, d'apr&#232;s l'&#233;conomie politique, ne peuvent en aucun cas &#234;tre d&#233;gag&#233;es ? Ainsi l'&#233;conomie politique pose des probl&#232;mes insolubles ; et pourtant nous verrons bient&#244;t qu'il est in&#233;vitable qu'elle les pose, et que notre si&#232;cle les r&#233;solve. Voil&#224; pourquoi j'ai dit que l'Acad&#233;mie des sciences morales, en mettant au concours le rapport des profits et des salaires, avait parl&#233; sans conscience, avait parl&#233; proph&#233;tiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, dira-t-on, n'est-il pas vrai que si le travail est fort demand&#233; et les ouvriers rares, le salaire pourra s'&#233;lever pendant que d'un autre c&#244;t&#233; le profit baissera ? que si, par le flot des concurrences, la production surabonde, il y aura encombrement et vente &#224; perte, par cons&#233;quent absence de profit pour l'entrepreneur, et menace de f&#233;riation pour l'ouvrier ? qu'alors celui-ci offrira son travail au rabais ? que si une machine est invent&#233;e, d'abord elle &#233;teindra les feux de ses rivales ; puis, le monopole &#233;tabli, l'ouvrier mis dans la d&#233;pendance de l'entrepreneur, le profit et le salaire iront en sens inverse l'un de l'autre ? Toutes ces causes, et d'autres encore, ne peuvent-elles &#234;tre &#233;tudi&#233;es, appr&#233;ci&#233;es, compens&#233;es, etc., etc., etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oh ! des monographies, des histoires : nous en sommes satur&#233;s depuis Ad. Smith et J.-B. Say ; et l'on ne fait plus gu&#232;re que des variations sur leurs textes. Mais ce n'est pas ainsi que la question doit &#234;tre entendue, bien que l'Acad&#233;mie ne lui ait pas donn&#233; d'autre sens. Le rapport du profit et du salaire doit &#234;tre pris dans un sens absolu, et non au point de vue inconcluant des accidents du commerce et de la division des int&#233;r&#234;ts, deux choses qui doivent ult&#233;rieurement recevoir leur interpr&#233;tation. Je m'explique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;rant le producteur et le consommateur comme un seul individu, dont la r&#233;tribution est naturellement &#233;gale &#224; son produit ; puis, distinguant dans ce produit deux parts, l'une qui rembourse le producteur de ses avances, l'autre qui figure son profit, d'apr&#232;s l'axiome que tout travail doit laisser un exc&#233;dant : nous avons &#224; d&#233;terminer le rapport de l'une de ces deux parts avec l'autre. Cela fait, il sera ais&#233; d'en d&#233;duire les rapports de fortune de ces deux classes d'hommes, les entrepreneurs et les salari&#233;s, comme aussi de rendre raison de toutes les oscillations commerciales. Ce sera une s&#233;rie de corollaires &#224; joindre &#224; la d&#233;monstration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, pour qu'un tel rapport existe et devienne appr&#233;ciable, il faut de toute n&#233;cessit&#233; qu'une loi, interne ou externe, pr&#233;side &#224; la constitution du salaire et du prix de vente ; et comme, dans l'&#233;tat actuel des choses, le salaire et le prix varient et oscillent sans cesse, on demande quels sont les faits g&#233;n&#233;raux, les causes, qui font varier et osciller la valeur, et dans quelles limites s'accomplit cette oscillation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette question m&#234;me est contraire aux principes : car qui dit oscillation, suppose n&#233;cessairement une direction moyenne, vers laquelle le centre de gravit&#233; de la valeur la ram&#232;ne sans cesse ; et quand l'Acad&#233;mie demande qu'on d&#233;termine les oscillations du profit et du salaire, elle demande par l&#224; m&#234;me qu'on d&#233;termine la valeur. Or, c'est justement ce que repoussent messieurs de l'Acad&#233;mie : ils ne veulent point entendre que si la valeur est variable, elle est par cela m&#234;me d&#233;terminable ; que la variabilit&#233; est indice et condition de d&#233;terminabilit&#233;. Ils pr&#233;tendent que la valeur, variant toujours, ne peut jamais &#234;tre d&#233;termin&#233;e. C'est comme si l'on soutenait qu'&#233;tant donn&#233; le nombre des oscillations par seconde d'un pendule, l'amplitude des oscillations, la latitude et l'&#233;l&#233;vation du lieu o&#249; se fait l'exp&#233;rience, la longueur du pendule ne peut &#234;tre d&#233;termin&#233;e, parce que ce pendule est en mouvement. Tel est le premier article de foi de l'&#233;conomie politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au socialisme, il ne para&#238;t pas davantage avoir compris la question ni s'en soucier. Parmi la multitude de ses organes, les uns &#233;cartent purement et simplement le probl&#232;me, en substituant &#224; la r&#233;partition le rationnement, c'est-&#224;-dire en bannissant de l'organisme social le nombre et la mesure ; les autres se tirent d'embarras en appliquant au salaire le suffrage universel. Il va sans dire que ces pauvret&#233;s trouvent des dupes par mille et centaines de mille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La condamnation de l'&#233;conomie politique a &#233;t&#233; formul&#233;e par Malthus dans ce passage fameux :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un homme qui na&#238;t dans un monde d&#233;j&#224; occup&#233;, si sa famille n'a pas le moyen de le nourrir, ou si la soci&#233;t&#233; n'a pas besoin de son travail, cet homme, dis-je, n'a pas le moindre droit &#224; r&#233;clamer une portion quelconque de nourriture ; il est r&#233;ellement de trop sur la terre. Au grand banquet de la nature, il n'y a point de couvert mis pour lui. La nature lui commande de s'en aller, et ne tardera pas &#224; mettre elle-m&#234;me cet ordre &#224; ex&#233;cution. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici donc quelle est la conclusion n&#233;cessaire, fatale, de l'&#233;conomie politique, conclusion que je d&#233;montrerai avec une &#233;vidence jusqu'&#224; pr&#233;sent inconnue dans cet ordre de recherches : La mort &#224; qui ne poss&#232;de pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de mieux saisir la pens&#233;e de Malthus, traduisons-la en propositions philosophiques, en la d&#233;pouillant de son vernis oratoire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La libert&#233; individuelle, et la propri&#233;t&#233; qui en est l'expression, sont donn&#233;es dans l'&#233;conomie politique ; l'&#233;galit&#233; et la solidarit&#233; ne le sont pas. &lt;br class='autobr' /&gt; &#187; Sous ce r&#233;gime, chacun chez soi, chacun pour soi : le travail, comme toute marchandise, est sujet &#224; la hausse et &#224; la baisse : de l&#224; les risques du prol&#233;tariat. &lt;br class='autobr' /&gt; &#187; Quiconque n'a ni revenu ni salaire, n'a pas droit de rien exiger des autres : son malheur retombe sur lui seul ; au jeu de la fortune, la chance a tourn&#233; contre lui. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au point de vue de l'&#233;conomie politique, ces propositions sont irr&#233;fragables ; et Malthus, qui les a formul&#233;es avec une si alarmante pr&#233;cision, est &#224; l'abri de tout reproche. Au point de vue des conditions de la science sociale, ces m&#234;mes propositions sont radicalement fausses, et m&#234;me contradictoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'erreur de Malthus, ou pour mieux dire de l'&#233;conomie politique, ne consiste point &#224; dire qu'un homme qui n'a pas de quoi manger doit p&#233;rir, ni &#224; pr&#233;tendre que sous le r&#233;gime d'appropriation individuelle, celui qui n'a ni travail ni revenu n'a plus qu'&#224; sortir de la vie par le suicide, s'il ne pr&#233;f&#232;re s'en voir chass&#233; par la famine : telle est, d'une part, la loi de notre existence ; telle est, de l'autre, la cons&#233;quence de la propri&#233;t&#233; ; et M. Rossi s'est donn&#233; beaucoup trop de peine pour justifier sur ce point le bon sens de Malthus. Je soup&#231;onne, il est vrai, M. Rossi, faisant si longuement et avec tant d'amour l'apologie de Malthus, d'avoir voulu recommander l'&#233;conomie politique de la m&#234;me mani&#232;re que son compatriote Machiavel, dans le livre du Prince, recommandait &#224; l'admiration du monde le despotisme. En nous faisant voir la mis&#232;re comme la condition sine qu&#226; non de l'arbitraire industriel et commercial, M. Rossi semble nous crier : voil&#224; votre droit, votre justice, votre &#233;conomie politique ; voil&#224; la propri&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la na&#239;vet&#233; gauloise n'entend rien &#224; ces finesses ; et mieux e&#251;t valu dire &#224; la France, dans sa langue immacul&#233;e : L'erreur de Malthus, le vice radical de l'&#233;conomie politique, consiste, en th&#232;se g&#233;n&#233;rale, &#224; affirmer comme &#233;tat d&#233;finitif une condition transitoire, savoir la distinction de la soci&#233;t&#233; en patriciat et prol&#233;tariat ; &#8212; sp&#233;cialement, &#224; dire que dans une soci&#233;t&#233; organis&#233;e, et par cons&#233;quent solidaire, il se peut que les uns poss&#232;dent, travaillent et consomment, tandis que les autres n'auraient ni possession, ni travail, ni pain. Enfin Malthus, ou l'&#233;conomie politique, s'&#233;gare dans ses conclusions, lorsqu'il voit dans la facult&#233; de reproduction ind&#233;finie dont jouit l'esp&#232;ce humaine, ni plus ni moins que toutes les esp&#232;ces animales et v&#233;g&#233;tales, une menace permanente de disette ; tandis qu'il fallait seulement en d&#233;duire la n&#233;cessit&#233;, et par cons&#233;quent l'existence d'une loi d'&#233;quilibre entre la population et la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En deux mots, la th&#233;orie de Malthus, et c'est l&#224; le grand m&#233;rite de cet &#233;crivain, m&#233;rite dont aucun de ses confr&#232;res n'a song&#233; &#224; lui tenir compte, est une r&#233;duction &#224; l'absurde de toute l'&#233;conomie politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au socialisme, il a &#233;t&#233; jug&#233; d&#232;s longtemps par Platon et Thomas Morus en un seul mot, utopie, c'est-&#224;-dire non-lieu, chim&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, il faut le dire pour l'honneur de l'esprit humain, et afin que justice soit rendue &#224; tous : ni la science &#233;conomique et l&#233;gislative ne pouvait &#234;tre dans ses commencements autre que ce que nous l'avons vue ; ni la soci&#233;t&#233; ne peut s'arr&#234;ter &#224; cette premi&#232;re position.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute science doit d'abord circonscrire son domaine, produire et rassembler ses mat&#233;riaux : avant le syst&#232;me, les faits ; avant le si&#232;cle de l'art, le si&#232;cle de l'&#233;rudition. Soumise comme toute autre &#224; la loi du temps et aux conditions de l'exp&#233;rience, la science &#233;conomique, avant de chercher comment les choses doivent se passer dans la soci&#233;t&#233;, avait &#224; nous dire comment elles se passent ; et toutes ces routines, que les auteurs qualifient si pompeusement dans leurs livres de lois, de principes et de th&#233;ories, malgr&#233; leur incoh&#233;rence et leur contrari&#233;t&#233;, devaient &#234;tre recueillies avec une diligence scrupuleuse, et d&#233;crites avec une impartialit&#233; s&#233;v&#232;re. Pour accomplir cette t&#226;che, il fallait plus de g&#233;nie peut-&#234;tre, surtout plus de d&#233;vouement, que n'en exigera le progr&#232;s ult&#233;rieur de la science.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si donc l'&#233;conomie sociale est encore aujourd'hui plut&#244;t une aspiration vers l'avenir qu'une connaissance de la r&#233;alit&#233;, il faut reconna&#238;tre aussi que les &#233;l&#233;ments de cette &#233;tude sont tous dans l'&#233;conomie politique ; et je crois exprimer le sentiment g&#233;n&#233;ral en disant que cette opinion est devenue celle de l'immense majorit&#233; des esprits. Le pr&#233;sent trouve peu de d&#233;fenseurs, il est vrai ; mais le d&#233;go&#251;t de l'utopie n'est pas moins universel : et tout le monde comprend que la v&#233;rit&#233; est dans une formule qui concilierait ces deux termes : conservation et mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, gr&#226;ces en soient rendues aux A. Smith, aux J.-B. Say, aux Ricardo et aux Malthus, ainsi qu'&#224; leurs t&#233;m&#233;raires contradicteurs, les myst&#232;res de la fortune, atria Ditis, sont mis &#224; d&#233;couvert ; la pr&#233;pond&#233;rance du capital, l'oppression du travailleur, les machinations du monopole, &#233;clair&#233;es sur tous les points, reculent devant les regards de l'opinion. Sur les faits observ&#233;s et d&#233;crits par les &#233;conomistes, on raisonne et l'on conjecture : des droits abusifs, des coutumes iniques, respect&#233;s aussi longtemps que dura l'obscurit&#233; qui les faisait vivre, &#224; peine tra&#238;n&#233;s au grand jour, expirent sous la r&#233;probation g&#233;n&#233;rale ; on soup&#231;onne que le gouvernement de la soci&#233;t&#233; doit &#234;tre appris, non plus dans une id&#233;ologie creuse, &#224; la fa&#231;on du Contrat social, mais, ainsi que l'avait entrevu Montesquieu, dans le rapport des choses ; et d&#233;j&#224; une gauche &#224; tendances &#233;minemment sociales, form&#233;e de savants, de magistrats, de jurisconsultes, de professeurs, de capitalistes m&#234;me et de chefs industriels, tous n&#233;s repr&#233;sentants et d&#233;fenseurs du privil&#232;ge, et d'un million d'adeptes, se pose dans la nation au-dessus et en dehors des opinions parlementaires, et cherche, dans l'analyse des faits &#233;conomiques, &#224; surprendre les secrets de la vie des soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Repr&#233;sentons-nous donc l'&#233;conomie politique comme une immense plaine, jonch&#233;e de mat&#233;riaux pr&#233;par&#233;s pour un &#233;difice. Les ouvriers attendent le signal, pleins d'ardeur, et br&#251;lant de se mettre &#224; l'&#339;uvre : mais l'architecte a disparu sans laisser de plan. Les &#233;conomistes ont gard&#233; m&#233;moire d'une foule de choses : malheureusement ils n'ont pas l'ombre d'un devis. Ils savent l'origine et l'historique de chaque pi&#232;ce ; ce qu'elle a co&#251;t&#233; de fa&#231;on ; quel bois fournit les meilleures solives, et quelle argile les meilleures briques ; ce qu'on a d&#233;pens&#233; en outils et charrois ; combien gagnaient les charpentiers, et combien les tailleurs de pierre : ils ne connaissent la destination et la place de rien. Les &#233;conomistes ne peuvent se dissimuler qu'ils aient sous les yeux les fragments jet&#233;s p&#234;le-m&#234;le d'un chef-d'&#339;uvre, disjecti membra poet&#230; ; mais il leur a &#233;t&#233; impossible jusqu'&#224; pr&#233;sent de retrouver le dessin g&#233;n&#233;ral, et toutes les fois qu'ils ont essay&#233; quelques rapprochements, ils n'ont rencontr&#233; que des incoh&#233;rences. D&#233;sesp&#233;r&#233;s &#224; la fin de combinaisons sans r&#233;sultat, ils ont fini par &#233;riger en dogme l'inconvenance architectonique de la science, ou, comme ils disent, les inconv&#233;nients de ses principes ; en un mot, ils ont ni&#233; la science[1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi la division du travail, sans laquelle la production serait &#224; peu pr&#232;s nulle, est sujette &#224; mille inconv&#233;nients, dont le pire est la d&#233;moralisation de l'ouvrier ; les machines produisent, avec le bon march&#233;, l'encombrement et le ch&#244;mage ; la concurrence aboutit &#224; l'oppression ; l'imp&#244;t, lien mat&#233;riel de la soci&#233;t&#233;, n'est le plus souvent qu'un fl&#233;au redout&#233; &#224; l'&#233;gal de l'incendie et de la gr&#234;le ; le cr&#233;dit a pour corr&#233;latif oblig&#233; la banqueroute ; la propri&#233;t&#233; est une fourmili&#232;re d'abus ; le commerce d&#233;g&#233;n&#232;re en jeu de hasard, o&#249; m&#234;me il est quelquefois permis de tricher : bref, le d&#233;sordre se trouvant partout en &#233;gale proportion avec l'ordre, sans qu'on sache comment celui-ci parviendra &#224; &#233;liminer celui-l&#224;, taxis ataxian di&#244;kein, les &#233;conomistes ont pris le parti de conclure que tout est pour le mieux, et regardent toute proposition d'amendement comme hostile &#224; l'&#233;conomie politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;difice social a donc &#233;t&#233; d&#233;laiss&#233; ; la foule a fait irruption sur le chantier : colonnes, chapiteaux et socles, le bois, la pierre et le m&#233;tal, ont &#233;t&#233; distribu&#233;s par lots et tir&#233;s au sort, et de tous ces mat&#233;riaux rassembl&#233;s pour un temple magnifique, la propri&#233;t&#233;, ignorante et barbare, a construit des huttes. Il s'agit donc, non-seulement de retrouver le plan de l'&#233;difice, mais de d&#233;loger les occupants, lesquels soutiennent que leur cit&#233; est superbe, et, au seul mot de restauration, se rangent en bataille sur leurs portes. Pareille confusion ne se vit autrefois &#224; Babel : heureusement nous parlons fran&#231;ais, et nous sommes plus hardis que les compagnons de Nemrod.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quittons l'all&#233;gorie : la m&#233;thode historique et descriptive, employ&#233;e avec succ&#232;s tant qu'il n'a fallu op&#233;rer que des reconnaissances, est d&#233;sormais sans utilit&#233; : apr&#232;s des milliers de monographies et de tables, nous ne sommes pas plus avanc&#233;s qu'au temps de X&#233;nophon et d'H&#233;siode. Les Ph&#233;niciens, les Grecs, les Italiens, travaill&#232;rent autrefois comme nous faisons aujourd'hui : ils pla&#231;aient leur argent, salariaient leurs ouvriers, &#233;tendaient leurs domaines, faisaient leurs exp&#233;ditions et recouvrements, tenaient leurs livres, sp&#233;culaient, agiotaient, se ruinaient, selon toutes les r&#232;gles de l'art &#233;conomique, s'entendant non moins bien que nous &#224; s'arroger des monopoles, et &#224; ran&#231;onner le consommateur et l'ouvrier. De tout cela, les relations surabondent ; et quand nous repasserions &#233;ternellement nos statistiques et nos chiffres, nous n'aurions toujours devant les yeux que le chaos, le chaos immobile et uniforme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On croit, il est vrai, qu'&#224; partir des temps mythologiques jusqu'&#224; la pr&#233;sente ann&#233;e 57 de notre grande r&#233;volution, le bien-&#234;tre g&#233;n&#233;ral s'est accru : le christianisme a longtemps pass&#233; pour la principale cause de cette am&#233;lioration, dont les &#233;conomistes r&#233;clament actuellement tout l'honneur pour leurs principes. Car apr&#232;s tout, disent-ils, quelle a &#233;t&#233; l'influence du christianisme sur la soci&#233;t&#233; ? Profond&#233;ment utopiste &#224; sa naissance, il n'a pu se soutenir et s'&#233;tendre qu'en adoptant peu &#224; peu toutes les cat&#233;gories &#233;conomiques, le travail, le capital, le fermage, l'usure, le trafic, la propri&#233;t&#233;, en un mot, en consacrant la loi romaine, expression la plus haute de l'&#233;conomie politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le christianisme, &#233;tranger, quant &#224; sa partie th&#233;ologique, aux th&#233;ories sur la production et la consommation, a &#233;t&#233; pour la civilisation europ&#233;enne ce qu'&#233;taient nagu&#232;re pour les ouvriers ambulants les soci&#233;t&#233;s de compagnonnage et la franc-ma&#231;onnerie, une esp&#232;ce de contrat d'assurance et de secours mutuel ; sous ce rapport, il ne doit rien &#224; l'&#233;conomie politique, et le bien qu'il a fait ne peut &#234;tre invoqu&#233; par elle en t&#233;moignage de certitude. Les effets de charit&#233; et de d&#233;vouement sont hors du domaine de l'&#233;conomie, laquelle doit procurer le bonheur des soci&#233;t&#233;s par l'organisation du travail et par la justice. Pour le surplus, je suis pr&#234;t &#224; reconna&#238;tre les effets heureux du m&#233;canisme propri&#233;taire ; mais j'observe que ces effets sont enti&#232;rement couverts par les mis&#232;res qu'il est de la nature de ce m&#233;canisme de produire : en sorte que, comme l'avouait nagu&#232;re devant le parlement anglais un illustre ministre, et comme nous le d&#233;montrerons bient&#244;t, dans la soci&#233;t&#233; actuelle, le progr&#232;s de la mis&#232;re est parall&#232;le et ad&#233;quat au progr&#232;s de la richesse, ce qui annulle compl&#232;tement les m&#233;rites de l'&#233;conomie politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, l'&#233;conomie politique ne se justifie ni par ses maximes ni par ses &#339;uvres ; et, quant au socialisme, toute sa valeur se r&#233;duit &#224; l'avoir constat&#233;. Force nous est donc de reprendre l'examen de l'&#233;conomie politique, puisqu'elle seule contient, du moins en partie, les mat&#233;riaux de la science sociale ; et de v&#233;rifier si ses th&#233;ories ne cacheraient pas quelque erreur dont le redressement concilierait le fait et le droit, r&#233;v&#233;lerait la loi organique de l'humanit&#233;, et donnerait la conception positive de l'ordre. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1-	&#171; Le principe qui pr&#233;side &#224; la vie des nations, ce n'est pas la science pure : ce sont les donn&#233;es complexes qui ressortent de l'&#233;tat des lumi&#232;res, des besoins et des int&#233;r&#234;ts. &#187; Ainsi s'exprimait, en d&#233;cembre 1844, un des esprits les plus lucides qui soient en France, M. L&#233;on Faucher. Qu'on explique, si l'on peut, comment un homme de cette trempe a &#233;t&#233; amen&#233;, par ses convictions &#233;conomiques, &#224; d&#233;clarer que les donn&#233;es complexes de la soci&#233;t&#233; sont oppos&#233;es &#224; la science pure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CHAPITRE II.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DE LA VALEUR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; I. &#8212; Opposition de la valeur d'utilit&#233; et de la valeur d'&#233;change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La valeur est la pierre angulaire de l'&#233;difice &#233;conomique. Le divin artiste qui nous a commis &#224; la continuation de son &#339;uvre ne s'en est expliqu&#233; &#224; personne : mais, sur quelques indices, on le conjecture. La valeur, en effet, pr&#233;sente deux faces : l'une, que les &#233;conomistes appellent valeur d'usage, ou valeur en soi ; l'autre, valeur en &#233;change, ou d'opinion. Les effets que produit la valeur sous ce double aspect, et qui sont fort irr&#233;guliers tant qu'elle n'est point assise, ou, pour nous exprimer plus philosophiquement, tant qu'elle n'est pas constitu&#233;e, changent totalement par cette constitution. &lt;br class='autobr' /&gt;
Or, en quoi consiste la corr&#233;lation de valeur utile k valeur en &#233;change ; que faut-il entendre par valeur constitu&#233;e, et par quelle p&#233;rip&#233;tie s'op&#232;re cette constitution : c'est l'objet et la fin de l'&#233;conomie politique. Je supplie le lecteur de donner toute son attention &#224; ce qui va suivre : ce chapitre &#233;tant le seul de l'ouvrage qui exige de sa part un peu de bonne volont&#233;. De mon c&#244;t&#233;, je m'efforcerai d'&#234;tre de plus en plus simple et clair.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ce qui peut m'&#234;tre de quelque service a pour moi de la valeur, et je suis d'autant plus riche que la chose utile est plus abondante : &#224; cela point de difficult&#233;. Le lait et la chair, les fruits et les graines, la laine, le sucre, le coton, le vin, les m&#233;taux, le marbre, la terre enfin, l'eau, l'air, le feu et le soleil, sont, relativement &#224; moi, valeurs d'usage, valeurs par nature et destination. Si toutes les choses qui servent &#224; mon existence &#233;taient aussi abondantes que certaines d'entre elles, par exemple la lumi&#232;re ; en d'autres termes, si la quantit&#233; de chaque esp&#232;ce de valeurs &#233;tait in&#233;puisable, mon bien-&#234;tre serait &#224; jamais assur&#233; : je n'aurais que faire de travailler, je ne penserais m&#234;me pas. Dans cet &#233;tat, il y aurait toujours utilit&#233; dans les choses, mais il ne serait plus vrai de dire qu'elles valent ; car la valeur, ainsi que nous le verrons bient&#244;t, indique un rapport essentiellement social ; et c'est m&#234;me uniquement par l'&#233;change, en faisant une esp&#232;ce de retour de la soci&#233;t&#233; sur la nature, que nous avons acquis la notion d'utilit&#233;. Tout le d&#233;veloppement de la civilisation tient donc &#224; la n&#233;cessit&#233; o&#249; se trouve la race humaine de provoquer incessamment la cr&#233;ation de nouvelles valeurs, de m&#234;me que les maux de la soci&#233;t&#233; ont leur cause premi&#232;re dans la lutte perp&#233;tuelle que nous soutenons contre notre propre inertie. Otez &#224; l'homme ce besoin qui sollicite sa pens&#233;e et la fa&#231;onne &#224; la vie contemplative, et le contrema&#238;tre de la cr&#233;ation n'est plus que le premier des quadrup&#232;des.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comment la valeur d'utilit&#233; devient-elle valeur en &#233;change ? Car il faut remarquer que les deux sortes de valeurs, bien que contemporaines dans la pens&#233;e (puisque la premi&#232;re ne s'aper&#231;oit qu'&#224; l'occasion de la seconde), soutiennent n&#233;anmoins un rapport de succession : la valeur &#233;changeable est donn&#233;e par une sorte de reflet de la valeur utile, comme les th&#233;ologiens enseignent que dans la trinit&#233;, le p&#232;re, se contemplant de toute &#233;ternit&#233;, engendre le fils. Cette g&#233;n&#233;ration de l'id&#233;e de valeur n'a pas &#233;t&#233; not&#233;e par les &#233;conomistes avec assez de soin : il importe de nous y arr&#234;ter. &lt;br class='autobr' /&gt;
Puis donc que parmi les objets dont j'ai besoin, un tr&#232;s grand nombre ne se trouve dans la nature qu'en une quantit&#233; m&#233;diocre, ou m&#234;me ne se trouve pas du tout, je suis forc&#233; d'aider &#224; la production de ce qui me manque ; et comme je ne puis mettre la main &#224; tant de choses, je proposerai &#224; d'autres hommes, mes collaborateurs dans des fonctions diverses, de me c&#233;der une partie de leurs produits en &#233;change du mien. J'aurai donc par devers moi, de mon produit particulier, toujours plus que je ne consomme ; de m&#234;me que mes pairs auront par devers eux, de leurs produits respectifs, plus qu'ils n'usent. Cette convention tacite s'accomplit par le commerce. &#192; cette occasion, nous ferons observer que la succession logique des deux esp&#232;ces de valeur appara&#238;t bien mieux encore dans l'histoire que dans la th&#233;orie, les hommes ayant pass&#233; des milliers d'ann&#233;es &#224; se disputer les bien naturels (c'est ce qu'on appelle la communaut&#233; primitive), avant que leur industrie e&#251;t donn&#233; lieu &#224; aucun &#233;change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, la capacit&#233; qu'ont tous les produits, soit naturels, soit industriels, de servir &#224; la subsistance de l'homme, se nomme particuli&#232;rement valeur d'utilit&#233; ; la capacit&#233; qu'ils ont de se donner l'un pour l'autre, valeur en &#233;change. Au fond, c'est la m&#234;me chose, puisque le second cas ne fait qu'ajouter au premier l'id&#233;e d'une substitution, et tout cela peut para&#238;tre d'une subtilit&#233; oiseuse : dans la pratique, les cons&#233;quences sont surprenantes, et tour &#224; tour heureuses ou funestes. Ainsi, la distinction &#233;tablie dans la valeur est donn&#233;e par les faits et n'a rien d'arbitraire : c'est &#224; l'homme, en subissant cette loi, de la faire tourner au profit de son bien-&#234;tre et de sa libert&#233;. Le travail, selon la belle expression d'um auteur, M. Walras, est une guerre d&#233;clar&#233;e &#224; la parcimonie de la nature ; c'est par lui que s'engendrent &#224; la fois la richesse et la soci&#233;t&#233;. Non-seulement le travail produit incomparablement plus de biens que ne nous en donne la nature ; &#8212; ainsi, l'on a remarqu&#233; que les seuls cordonniers de France produisaient dix fois plus que les mines r&#233;unies du P&#233;rou, du Br&#233;sil et du Mexique ; &#8212; mais le travail, par les transformations qu'il fait subir aux valeurs naturelles, &#233;tendant et multipliant &#224; l'infini ses droits, il arrive peu &#224; peu que toute richesse, &#224; force de passer par la fili&#232;re industrielle, revient tout enti&#232;re &#224; celui qui la cr&#233;e, et qu'il ne reste rien ou presque rien pour le d&#233;tenteur de la mati&#232;re premi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle est donc la marche du d&#233;veloppement &#233;conomique : au premier moment, appropriation de la terre et des valeurs naturelles ; puis association et distribution par le travail jusqu'&#224; compl&#234;te &#233;galit&#233;. Les ab&#238;mes sont sem&#233;s sur notre route, le glaive est suspendu sur nos t&#234;tes ; mais, pour conjurer tous les p&#233;rils, nous avons la raison ; et la raison, c'est la toute-puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il r&#233;sulte du rapport de valeur utile &#224; valeur &#233;changeable que si, par accident ou malveillance, l'&#233;change &#233;tait interdit &#224; l'un des producteurs, ou si l'utilit&#233; de son produit venait &#224; cesser tout &#224; coup, avec ses magasins remplis il ne poss&#233;derait rien. Plus il aurait fait de sacrifices et d&#233;ploy&#233; de vaillance &#224; produire, plus profonde serait sa mis&#232;re. &#8212; Si l'utilit&#233; du produit, au lieu de dispara&#238;tre tout &#224; fait, &#233;tait seulement diminu&#233;e, chose qui peut arriver de cent fa&#231;ons : le travailleur, au lieu d'&#234;tre frapp&#233; de d&#233;ch&#233;ance et ruin&#233; par une catastrophe subite, ne serait qu'appauvri ; oblig&#233; de livrer une quantit&#233; forte de sa valeur pour une quantit&#233; faible de valeurs &#233;trang&#232;res, sa subsistance se trouverait r&#233;duite dans une proportion &#233;gale au d&#233;ficit de sa vente, ce qui le conduirait par degr&#233;s de l'aisance &#224; l'ext&#233;nuation. Si enfin l'utilit&#233; du produit venait &#224; cro&#238;tre, ou bien si la production en &#233;tait rendue moins co&#251;teuse, la balance de l'&#233;change tournerait &#224; l'avantage du producteur, dont le bien-&#234;tre pourrait ainsi s'&#233;lever de la m&#233;diocrit&#233; laborieuse &#224; l'oisive opulence. Ce ph&#233;nom&#232;ne de d&#233;pr&#233;ciation et d'enrichissement se manifeste sous mille formes et par mille combinaisons : c'est en cela que consiste le jeu passionnel et intrigu&#233; du commerce et de l'industrie ; c'est cette loterie pleine d'emb&#251;ches que les &#233;conomistes croient devoir durer &#233;ternellement, et dont l'Acad&#233;mie des sciences morales et politiques demande, sans le savoir, la suppression, lorsque, sous les noms de profit et de salaire, elle demande que l'on concilie la valeur utile et la valeur en &#233;change, c'est-&#224;-dire qu'on trouve le moyen de rendre toutes les valeurs utiles &#233;galement &#233;changeables, et vice versa toutes les valeurs &#233;changeables &#233;galement utiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;conomistes ont tr&#232;s-bien fait ressortir le double caract&#232;re de la valeur : mais ce qu'ils n'ont pas rendu avec la m&#234;me nettet&#233;, c'est sa nature contradictoire. Ici commence notre critique. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'utilit&#233; est la condition n&#233;cessaire de l'&#233;change ; mais &#244;tez l'&#233;change, et l'utilit&#233; devient nulle : ces deux termes sont indissolublement li&#233;s. O&#249; est-ce donc qu'appara&#238;t la contradiction ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Puisque tous tant que nous sommes nous ne subsistons que par le travail et l'&#233;change, et que nous sommes d'autant plus riches que nous produisons et &#233;changeons davantage, la cons&#233;quence, pour chacun, est de produire le plus possible de valeur utile, afin d'augmenter d'autant ses &#233;changes, et partant ses jouissances. Eh bien, le premier effet, l'effet in&#233;vitable de la multiplication des valeurs est de les avilir : plus une marchandise abonde, plus elle perd &#224; l'&#233;change et se d&#233;pr&#233;cie commercialement. N'est-il pas vrai qu'il y a contradiction entre la n&#233;cessit&#233; du travail et ses r&#233;sultats ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Je conjure le lecteur, avant de courir au devant de l'explication, d'arr&#234;ter son attention sur le fait. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un paysan qui a r&#233;colt&#233; vingt sacs de bl&#233;, qu'il se propose de manger avec sa famille, se juge deux fois plus riche que s'il n'en avait r&#233;colt&#233; que dix ; &#8212; pareillement une m&#233;nag&#232;re qui a fil&#233; cinquante aunes de toile se croit deux fois plus riche aussi que si elle n'en avait fil&#233; que vingt-cinq. Relativement au m&#233;nage, ils ont raison tous deux ; mais au point de vue de leurs relations ext&#233;rieures, ils peuvent se tromper du tout au tout. Si la r&#233;colte du bl&#233; est double dans tout le pays, vingt sacs se vendront moins que dix ne se seraient vendus si elle avait &#233;t&#233; de moiti&#233; ; comme aussi, dans un cas semblable, cinquante aunes de toile vaudront moins que vingt-cinq. En sorte que la valeur d&#233;cro&#238;t comme la production de l'utilit&#233; augmente, et qu'un producteur peut arriver &#224; l'indigence en s'enrichissant toujours. Et cela para&#238;t sans rem&#232;de, puisque le seul moyen de salut serait que les produits industriels devinssent tous, comme l'air et la lumi&#232;re, en quantit&#233; infinie, ce qui est absurde. Dieu de ma raison ! se serait dit Jean-Jacques : ce ne sont pas les &#233;conomistes qui d&#233;raisonnent ; c'est l'&#233;conomie politique elle-m&#234;me qui est infid&#232;le &#224; ses d&#233;finitions : Mentita est iniquitas sibi. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les exemples qui pr&#233;c&#232;dent, la valeur utile d&#233;passe la valeur &#233;changeable : dans d'autres cas, elle est moindre. Alors le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne se produit, mais en sens inverse : la balance est favorable au producteur, et c'est le consommateur qui est frapp&#233;. C'est ce qui arrive notamment dans les disettes, o&#249; la hausse des subsistances a toujours quelque chose de factice. Il y a aussi des professions dont tout l'art consiste &#224; donner &#224; une utilit&#233; m&#233;diocre, et dont on se passerait fort bien, une valeur d'opinion exag&#233;r&#233;e : tels sont en g&#233;n&#233;ral les arts de luxe. L'homme, par sa passion esth&#233;tique, est avide de futilit&#233;s dont la possession satisfait hautement sa vanit&#233;, son go&#251;t inn&#233; du luxe, et son amour plus noble et plus respectable du beau : c'est l&#224;-dessus que sp&#233;culent les pourvoyeurs de ces sortes d'objets. Imposer la fantaisie et l'&#233;l&#233;gance n'est une chose ni moins odieuse ni moins absurde que de mettre des taxes sur la circulation : mais cet imp&#244;t est per&#231;u par quelques entrepreneurs en vogue, que l'engouement g&#233;n&#233;ral prot&#232;ge, et dont tout le m&#233;rite est bien souvent de fausser le go&#251;t et de faire na&#238;tre l'inconstance. D&#232;s lors personne ne se plaint ; et tous les anath&#232;mes de l'opinion sont r&#233;serv&#233;s aux monopoleurs qui, &#224; force de g&#233;nie, parviennent &#224; &#233;lever de quelques centimes le prix de la toile et du pain&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est peu d'avoir signal&#233;, dans la valeur utile et dans la valeur &#233;changeable, cet &#233;tonnant contraste, o&#249; les &#233;conomistes sont accoutum&#233;s &#224; ne voir rien que de tr&#232;s-simple : il faut montrer que cette pr&#233;tendue simplicit&#233; cache un myst&#232;re profond, que notre devoir est de p&#233;n&#233;trer. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je somme donc tout &#233;conomiste s&#233;rieux de me dire, autrement qu'en traduisant ou r&#233;p&#233;tant la question, par quelle cause la valeur d&#233;cro&#238;t, &#224; mesure que la production augmente ; et r&#233;ciproquement qu'est-ce qui fait grandir cette m&#234;me valeur, &#224; mesure que le produit diminue. En termes techniques, la valeur utile et la valeur &#233;changeable, n&#233;cessaires l'une &#224; l'autre, sont en raison inverse l'une de l'autre : je demande donc pourquoi la raret&#233;, non l'utilit&#233;, est synonyme de chert&#233;. Car, remarquons-le bien, la hausse et la baisse des marchandises sont ind&#233;pendantes de la quantit&#233; de travail d&#233;pens&#233;e dans la production ; et le plus ou le moins de frais qu'elles co&#251;tent ne sert de rien pour expliquer les variations de la mercuriale. La valeur est capricieuse comme la libert&#233; : elle ne consid&#232;re ni l'utilit&#233; ni le travail ; loin de l&#224;, il semble que, dans le cours ordinaire des choses, et &#224; part certaines perturbations exceptionnelles, les objets les plus utiles soient toujours ceux qui doivent se livrer &#224; plus bas prix ; en d'autres termes, qu'il est juste que les hommes qui travaillent avec le plus d'agr&#233;ment soient le mieux r&#233;tribu&#233;s, et ceux qui versent dans leur peine le sang et l'eau, le plus mal. Tellement qu'en suivant le principe jusqu'aux derni&#232;res cons&#233;quences, on arriverait &#224; conclure le plus logiquement du monde, que les choses dont l'usage est n&#233;cessaire et la quantit&#233; infinie, doivent &#234;tre pour rien ; et celles dont l'utilit&#233; est nulle et la raret&#233; extr&#234;me, d'un prix inestimable. Mais, et pour comble d'embarras, la pratique n'admet point ces extr&#234;mes : d'un c&#244;t&#233;, aucun produit humain ne saurait jamais atteindre l'infini en grandeur ; de l'autre, les choses les plus rares ont besoin d'&#234;tre, &#224; un degr&#233; quelconque, utiles, sans quoi elles ne seraient susceptibles d'aucune valeur. La valeur utile et la valeur &#233;changeable restent donc fatalement encha&#238;n&#233;es l'une &#224; l'autre, bien que par leur nature elles tendent continuellement &#224; s'exclure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne fatiguerai pas le lecteur de la r&#233;futation des logomachies qu'on pourrait pr&#233;senter pour &#233;claircir ce sujet : il n'y a pas, sur la contradiction inh&#233;rente &#224; la notion de valeur, de cause assignable, ni d'explication possible. Le fait dont je parle est un de ceux qu'on nomme primitifs, c'est-&#224;-dire qui peuvent servir &#224; en expliquer d'autres, mais qui en eux-m&#234;mes, comme les corps appel&#233;s simples, sont insolubles. Tel est le dualisme de l'esprit et de la mati&#232;re. L'esprit et la mati&#232;re sont deux termes qui, pris s&#233;par&#233;ment, indiquent chacun une vue sp&#233;ciale de l'esprit, mais sans r&#233;pondre &#224; aucune r&#233;alit&#233;. De m&#234;me, &#233;tant donn&#233; le besoin pour l'homme d'une grande vari&#233;t&#233; de produits avec l'obligation d'y pourvoir par son travail, l'opposition de valeur utile &#224; valeur &#233;changeable en r&#233;sulte n&#233;cessairement ; et de cette opposition, une contradiction sur le seuil m&#234;me de l'&#233;conomie politique. Aucune intelligence, aucune volont&#233; divine et humaine ne saurait l'emp&#234;cher. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, au lieu de chercher une explication chim&#233;rique, contentons-nous de bien constater la n&#233;cessit&#233; de la contradiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle que soit l'abondance des valeurs cr&#233;&#233;es et la proportion dans laquelle elles s'&#233;changent, pour que nous &#233;changions nos produits, il faut, si vous &#234;tes demandeur, que mon produit vous convienne, et si vous &#234;tes offrant, que j'agr&#233;e le v&#244;tre. Car nul n'a droit d'imposer &#224; autrui sa propre marchandise : le seul juge de l'utilit&#233;, ou, ce qui revient au m&#234;me, du besoin, est l'acheteur. Donc, dans le premier cas, vous &#234;tes arbitre de la convenance ; dans le second, c'est moi. &#212;tez la libert&#233; r&#233;ciproque, et l'&#233;change n'est plus l'exercice de la solidarit&#233; industrielle : c'est une spoliation. Le communisme, pour le dire en passant, ne triomphera jamais de cette difficult&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, avec la libert&#233;, la production reste n&#233;cessairement ind&#233;termin&#233;e, soit en quantit&#233;, soit en qualit&#233; ; si bien qu'au point de vue du progr&#232;s &#233;conomique, comme &#224; celui de la convenance des consommateurs, l'estimation demeure &#233;ternellement arbitraire, et toujours le prix des marchandises flottera. Supposons pour un moment que tous les producteurs vendent &#224; prix fixe : il y en aura qui, produisant &#224; meilleur march&#233; ou produisant mieux, gagneront beaucoup, pendant que les autres ne gagneront rien. De toute mani&#232;re l'&#233;quilibre est rompu. &#8212; Veut-on, afin de parer &#224; la stagnation du commerce, limiter la production au juste n&#233;cessaire ? C'est violer la libert&#233; : car, en m'&#244;tant la facult&#233; de choisir, vous me condamnez &#224; payer un maximum ; vous d&#233;truisez la concurrence, seule garantie du bon march&#233;, et provoquez &#224; la contrebande. Ainsi, pour emp&#234;cher l'arbitraire commercial, vous vous jetterez dans l'arbitraire administratif ; pour cr&#233;er l'&#233;galit&#233;, vous d&#233;truirez la libert&#233; : ce qui est la n&#233;gation de l'&#233;galit&#233; m&#234;me. &#8212; Grouperez-vous les producteurs en un atelier unique, je suppose que vous poss&#233;diez ce secret ? Cela ne suffit point encore : il vous faudra grouper aussi les consommateurs en un m&#233;nage commun : mais alors vous d&#233;sertez la question. Il ne s'agit pas d'abolir l'id&#233;e de valeur, ce qui est aussi impossible que d'abolir le travail, mais de la d&#233;terminer ; il ne s'agit pas de tuer la libert&#233; individuelle, mais de la socialiser. Or, il est prouv&#233; que c'est le libre arbitre de l'homme qui donne lieu &#224; l'opposition entre la valeur utile et la valeur en &#233;change : comment r&#233;soudre cette opposition, tant que subsistera le libre arbitre ? Et comment sacrifier celui-ci, &#224; moins de sacrifier l'homme ?&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, par cela seul qu'en ma qualit&#233; d'acheteur libre je suis juge de mon besoin, juge de la convenance de l'objet, juge du prix que je veux y mettre ; et que d'autre part, en votre qualit&#233; de producteur libre, vous &#234;tes ma&#238;tre des moyens d'ex&#233;cution, et qu'en cons&#233;quence vous avez la facult&#233; de r&#233;duire vos frais, l'arbitraire s'introduit forc&#233;ment dans la valeur, et la fait osciller entre l'utilit&#233; et l'opinion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette oscillation, parfaitement signal&#233;e par les &#233;conomistes, n'est rien que l'effet d'une contradiction qui, se traduisant sur une vaste &#233;chelle, engendre les ph&#233;nom&#232;nes les plus inattendus. Trois ann&#233;es de fertilit&#233;, dans certaines provinces de la Russie, sont une calamit&#233; publique ; comme, dans nos vignobles, trois ann&#233;es d'abondance sont une calamit&#233; pour le vigneron. Les &#233;conomistes, je le sais bien, attribuent cette d&#233;tresse au manque de d&#233;bouch&#233;s ; aussi est-ce une grande question parmi eux que les d&#233;bouch&#233;s. Malheureusement il en est de la th&#233;orie des d&#233;bouch&#233;s comme de celle de l'&#233;migration qu'on a voulu opposer &#224; Malthus ; c'est une p&#233;tition de principe. Les &#233;tats les mieux pourvus de d&#233;bouch&#233;s sont sujets &#224; la surproduction comme les pays les plus isol&#233;s : o&#249; est-ce que la baisse et la hausse sont plus connues qu'&#224; la bourse de Paris et de Londres ? &lt;br class='autobr' /&gt;
De l'oscillation de la valeur et des effets irr&#233;guliers qui en d&#233;coulent, les socialistes et les &#233;conomistes, chacun de leur c&#244;t&#233;, ont d&#233;duit des cons&#233;quences oppos&#233;es, mais &#233;galement fausses : les premiers en ont pris texte pour calomnier l'&#233;conomie politique, et l'exclure de la science sociale ; les autres, pour rejeter toute possibilit&#233; de conciliation entre les termes, et affirmer comme loi absolue du commerce l'incommensurabilit&#233; des valeurs, partant l'in&#233;galit&#233; des fortunes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je dis que des deux parts l'erreur est &#233;gale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1o L'id&#233;e contradictoire de valeur, si bien mise en lumi&#232;re par la distinction in&#233;vitable de valeur utile et valeur en &#233;change, ne vient pas d'une fausse aperception de l'esprit, ni d'une terminologie vicieuse, ni d'aucune aberration de la pratique : elle est intime &#224; la nature des choses, et s'impose &#224; la raison comme forme g&#233;n&#233;rale de la pens&#233;e, c'est-&#224;-dire comme cat&#233;gorie. Or, comme le concept de valeur est le point de d&#233;part de l'&#233;conomie politique, il s'ensuit que tous les &#233;l&#233;ments de la science, j'emploie le mot science par anticipation, sont contradictoires en eux-m&#234;mes et oppos&#233;s entre eux, si bien que sur chaque question l'&#233;conomiste se trouve incessamment plac&#233; entre une affirmation et une n&#233;gation &#233;galement irr&#233;futables. L'antinomie enfin, pour me servir du mot consacr&#233; par la philosophie moderne, est le caract&#232;re essentiel de l'&#233;conomie politique, c'est-&#224;-dire tout &#224; la fois son arr&#234;t de mort et sa justification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Antinomie, litt&#233;ralement contre-loi, veut dire opposition dans le principe ou antagonisme dans le rapport, comme la contradiction ou antilogie indique opposition ou contrari&#233;t&#233; dans le discours. L'antinomie, je demande pardon d'entrer dans ces d&#233;tails de scolastique, mais peu familiers encore &#224; la plupart des &#233;conomistes, l'antinomie est la conception d'une loi &#224; double face, l'une positive, l'autre n&#233;gative : telle est, par exemple, la loi appel&#233;e attraction, qui fait tourner les plan&#232;tes autour du soleil, et que les g&#233;om&#232;tres ont d&#233;compos&#233;e en force centrip&#232;te et force centrifuge. Tel est encore le probl&#232;me de la divisibilit&#233; de la mati&#232;re &#224; l'infini, que Kant a d&#233;montr&#233; pouvoir &#234;tre ni&#233; et affirm&#233; tour &#224; tour par des arguments &#233;galement plausibles et irr&#233;futables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'antinomie ne fait qu'exprimer un fait, et s'impose imp&#233;rieusement &#224; l'esprit : la contradiction proprement dite est une absurdit&#233;. Cette distinction entre l'antinomie (contra-lex) et la contradiction (contra-dictio) montre en quel sens on a pu dire que, dans un certain ordre d'id&#233;es et de faits, l'argument de contradiction n'a plus la m&#234;me valeur qu'en math&#233;matiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En math&#233;matiques, il est de r&#232;gle qu'une proposition &#233;tant d&#233;montr&#233;e fausse, la proposition inverse est vraie, et r&#233;ciproquement. Tel est m&#234;me le grand moyen de d&#233;monstration math&#233;matique. En &#233;conomie sociale, il n'en ira plus de m&#234;me : ainsi nous verrons, par exemple, que la propri&#233;t&#233; &#233;tant d&#233;montr&#233;e fausse par ses cons&#233;quences, la formule contraire, la communaut&#233;, n'est pas du tout vraie pour cela, mais qu'elle est niable en m&#234;me temps et au m&#234;me titre que la propri&#233;t&#233;. S'ensuit-il, comme on l'a dit avec une emphase assez ridicule, que toute v&#233;rit&#233;, toute id&#233;e proc&#232;de d'une contradiction, c'est-&#224;-dire d'un quelque chose qui s'affirme et se nie au m&#234;me moment et au m&#234;me point de vue, et qu'il faille rejeter bien loin la vieille logique, qui fait de la contradiction le signe par excellence de l'erreur ? Ce bavardage est digne de sophistes qui, sans foi ni bonne foi, travaillent &#224; &#233;terniser le scepticisme, afin de maintenir leur impertinente inutilit&#233;. Comme l'antinomie, aussit&#244;t qu'elle est m&#233;connue, conduit infailliblement &#224; la contradiction, on les a prises l'une pour l'autre, surtout en fran&#231;ais, o&#249; l'on aime &#224; d&#233;signer chaque chose par ses effets. Mais ni la contradiction, ni l'antinomie que l'analyse d&#233;couvre au fond de toute id&#233;e simple, n'est le principe du vrai. La contradiction est toujours synonyme de nullit&#233; ; quant &#224; l'antinomie, que l'on appelle quelquefois du m&#234;me nom, elle est, en effet, l'avant-coureur de la v&#233;rit&#233;, &#224; qui elle fournit pour ainsi dire la mati&#232;re ; mais elle n'est point la v&#233;rit&#233;, et, consid&#233;r&#233;e en elle-m&#234;me, elle est la cause efficiente du d&#233;sordre, la forme propre du mensonge et du mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'antinomie se compose de deux termes, n&#233;cessaires l'un &#224; l'autre, mais toujours oppos&#233;s, et tendant r&#233;ciproquement &#224; se d&#233;truire. J'ose &#224; peine ajouter, mais il faut franchir ce pas, que le premier de ces termes a re&#231;u le nom de th&#232;se, position, et le second celui d'anti-th&#232;se, contre-position. Ce m&#233;canisme est maintenant si connu, qu'on le verra bient&#244;t, j'esp&#232;re, figurer au programme des &#233;coles primaires. Nous verrons tout &#224; l'heure comment de la combinaison de ces deux z&#233;ros jaillit l'unit&#233;, ou l'id&#233;e, laquelle fait dispara&#238;tre l'antinomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, dans la valeur, rien d'utile qui ne se puisse &#233;changer, rien d'&#233;changeable s'il n'est utile : la valeur d'usage et la valeur en &#233;change sont ins&#233;parables. Mais tandis que, par le progr&#232;s de l'industrie, la demande varie et se multiplie &#224; l'infini ; que la fabrication tend en cons&#233;quence &#224; exhausser l'utilit&#233; naturelle des choses, et finalement &#224; convertir toute valeur utile en valeur d'&#233;change ; &#8212; d'un autre c&#244;t&#233;, la production, augmentant incessamment la puissance de ses moyens et r&#233;duisant toujours ses frais, tend &#224; ramener la v&#233;nalit&#233; des choses &#224; l'utilit&#233; primitive : en sorte que la valeur d'usage et la valeur d'&#233;change sont en lutte perp&#233;tuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les effets de cette lutte sont connus : les guerres de commerce et de d&#233;bouch&#233;s, les encombrements, les stagnations, les prohibitions, les massacres de la concurrence, le monopole, la d&#233;pr&#233;ciation des salaires, les lois de maximum, l'in&#233;galit&#233; &#233;crasante des fortunes, la mis&#232;re, d&#233;coulent de l'antinomie de la valeur. On me dispensera d'en donner ici la d&#233;monstration, qui d'ailleurs ressortira naturellement des chapitres suivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les socialistes, tout en demandant avec juste raison la fin de cet antagonisme, ont eu le tort d'en m&#233;conna&#238;tre la source, et de n'y voir qu'une m&#233;prise du sens commun, que l'on pouvait r&#233;parer par d&#233;cret d'autorit&#233; publique. De l&#224; cette explosion de sensiblerie lamentable, qui a rendu le socialisme si fade aux esprits positifs, et qui, propageant les plus absurdes illusions, fait tous les jours encore tant de dupes. Ce que je reproche au socialisme, n'est pas d'&#234;tre venu sans motif ; c'est de rester si longtemps et si obstin&#233;ment b&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2o Mais les &#233;conomistes ont eu le tort non moins grave de repousser &#224; priori, et cela justement en vertu de la donn&#233;e contradictoire, ou pour mieux dire antinomique de la valeur, toute id&#233;e et tout espoir de r&#233;forme, sans vouloir jamais comprendre que par cela m&#234;me que la soci&#233;t&#233; &#233;tait parvenue &#224; son plus haut p&#233;riode d'antagonisme, il y avait imminence de conciliation et d'harmonie. C'est pourtant ce qu'un examen attentif de l'&#233;conomie politique aurait fait toucher au doigt &#224; ses adeptes, s'ils avaient tenu plus de compte des mati&#232;res de la m&#233;taphysique moderne. Il est en effet d&#233;montr&#233;, par tout ce que la raison humaine sait de plus positif, que l&#224; o&#249; se manifeste une antinomie, il y a promesse de r&#233;solution des termes, et par cons&#233;quent annonce d'une transformation. Or, la notion de valeur, telle qu'elle a &#233;t&#233; expos&#233;e entre autres par M. J. B. Say, tombe pr&#233;cis&#233;ment dans ce cas. Mais les &#233;conomistes, demeur&#233;s pour la plupart, et par une inconcevable fatalit&#233;, &#233;trangers au mouvement philosophique, n'avaient garde de supposer que le caract&#232;re essentiellement contradictoire, ou, comme ils disaient, variable de la valeur, f&#251;t en m&#234;me temps le signe authentique de sa constitutionnalit&#233;, je veux dire de sa nature &#233;minemment harmonique et d&#233;terminable. Quelque d&#233;shonneur qui en r&#233;sulte pour les diverses &#233;coles &#233;conomistes, il est certain que l'opposition qu'elles ont faite au socialisme proc&#232;de uniquement de cette fausse conception de leurs propres principes ; une preuve, entre mille, suffira.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Acad&#233;mie des sciences (non pas celle des sciences morales, l'autre), sortant un jour de ses attributions, fit lecture d'un m&#233;moire dans lequel on proposait de calculer des tables de valeur pour toutes les marchandises, d'apr&#232;s les moyennes de produit par homme et par journ&#233;e de travail dans chaque genre d'industrie. Le Journal des &#201;conomistes (ao&#251;t 1845) prit aussit&#244;t texte de cette communication, usurpatrice &#224; ses yeux, pour protester contre le projet de tarif qui en &#233;tait l'objet, et r&#233;tablir ce qu'il appelait les vrais principes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il n'y a pas, disait-il dans ses conclusions, de mesure de la valeur, d'&#233;talon de la valeur ; c'est la science &#233;conomique qui dit cela, comme la science math&#233;matique nous dit qu'il n'y a pas de mouvement perp&#233;tuel et de quadrature du cercle, et que cette quadrature et ce mouvement ne se trouveront jamais. Or, s'il n'y a pas d'&#233;talon de la valeur, si la mesure de la valeur n'est pas m&#234;me une illusion m&#233;taphysique, quelle est donc en d&#233;finitive la r&#232;gle qui pr&#233;side aux &#233;changes ? C'est, nous l'avons dit, l'offre et la demande d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, voil&#224; le dernier mot de la science. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Or, comment le Journal des &#201;conomistes prouvait-il qu'il n'y a pas de mesure de valeur ? Je me sers du terme consacr&#233; : je montrerai tout &#224; l'heure que cette expression, mesure de la valeur, a quelque chose de louche, et ne rend pas exactement ce que l'on veut, ce que l'on doit dire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce journal r&#233;p&#233;tait, en l'accompagnant d'exemples, l'exposition que nous avons faite plus haut de la variabilit&#233; de la valeur, mais sans atteindre comme nous &#224; la contradiction. Or, si l'estimable r&#233;dacteur, l'un des &#233;conomistes les plus distingu&#233;s de l'&#233;cole de Say, avait eu des habitudes dialectiques plus s&#233;v&#232;res ; s'il e&#251;t &#233;t&#233; de longue main exerc&#233;, non-seulement &#224; observer les faits, mais &#224; en chercher l'explication dans les id&#233;es qui les produisent, je ne doute pas qu'il ne se f&#251;t exprim&#233; avec plus de r&#233;serve, et qu'au lieu de voir dans la variabilit&#233; de la valeur le dernier mot de la science, il n'e&#251;t reconnu de lui-m&#234;me qu'elle en &#233;tait le premier. En r&#233;fl&#233;chissant que la variabilit&#233; dans la valeur proc&#232;de non des choses, mais de l'esprit, il se serait dit que comme la libert&#233; de l'homme a sa loi, la valeur doit avoir la sienne ; cons&#233;quemment, que l'hypoth&#232;se d'une mesure de la valeur, puisque ainsi l'on s'exprime, n'a rien d'irrationnel, tout au contraire, que c'est la n&#233;gation de cette mesure qui est illogique, insoutenable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et de fait, en quoi l'id&#233;e de mesurer, et par cons&#233;quent de fixer la valeur, r&#233;pugne-t-elle &#224; la science ? Tous les hommes croient &#224; cette fixation ; tous la veulent, la cherchent, la supposent : chaque proposition de vente ou d'achat n'est en fin de compte qu'une comparaison entre deux valeurs, c'est-&#224;-dire une d&#233;termination, plus ou moins juste, si l'on veut, mais effective. L'opinion du genre humain sur la diff&#233;rence qui existe entre la valeur r&#233;elle et le prix de commerce, est, on peut le dire, unanime. C'est ce qui fait que tant de marchandises se vendent &#224; prix fixe ; il en est m&#234;me qui, jusque dans leurs variations, sont toujours fix&#233;es : tel est le pain. On ne niera pas que si deux industriels peuvent s'exp&#233;dier r&#233;ciproquement en compte-courant, et &#224; prix fait, des quantit&#233;s de leurs produits respectifs, dix, cent, mille industriels ne puissent en faire autant. Or, ce serait pr&#233;cis&#233;ment avoir r&#233;solu le probl&#232;me de la mesure de la valeur. Le prix de chaque chose serait d&#233;battu, j'en conviens, parce que le d&#233;bat est encore pour nous la seule mani&#232;re de fixer le prix ; mais enfin comme toute lumi&#232;re jaillit du choc, le d&#233;bat, bien qu'il soit une preuve d'incertitude, a pour but, abstraction faite du plus ou moins de bonne foi qui s'y m&#234;le, de d&#233;couvrir le rapport des valeurs entre elles, c'est-&#224;-dire leur mensuration, leur loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ricardo, dans sa th&#233;orie de la rente, a donn&#233; un magnifique exemple de la commensurabilit&#233; des valeurs. Il a fait voir que les terres arables sont entre elles comme, &#224; frais &#233;gaux, sont leurs rendements ; et la pratique universelle est en cela d'accord avec la th&#233;orie. Or, qui nous dit que cette mani&#232;re, positive et s&#251;re, d'&#233;valuer les terres, et en g&#233;n&#233;ral tous les capitaux engag&#233;s, ne peut pas s'&#233;tendre aussi aux produits ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit : L'&#233;conomie politique ne se gouverne point par des &#224; priori ; elle ne prononce que sur des faits. Or, ce sont les faits, c'est l'exp&#233;rience qui nous apprend qu'il n'est ni peut exister de mesure de la valeur, et qui prouve que si une pareille id&#233;e a d&#251; se pr&#233;senter naturellement, sa r&#233;alisation est tout &#224; fait chim&#233;rique. L'offre et la demande, telle est la seule r&#232;gle des &#233;changes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne r&#233;p&#233;terai pas que l'exp&#233;rience prouve pr&#233;cis&#233;ment le contraire ; que tout, dans le mouvement &#233;conomique des soci&#233;t&#233;s, indique une tendance &#224; la constitution et &#224; la fixation de la valeur ; que c'est l&#224; le point culminant de l'&#233;conomie politique, laquelle, par cette constitution, se trouve transform&#233;e, et le signe supr&#234;me de l'ordre dans la soci&#233;t&#233; : cet aper&#231;u g&#233;n&#233;ral, r&#233;it&#233;r&#233; sans preuve, deviendrait insipide. Je me renferme pour le moment dans les termes de la discussion, et je dis que l offre et la demande, que l'on pr&#233;tend &#234;tre la seule r&#232;gle des valeurs, ne sont autre chose que deux formes c&#233;r&#233;monielles servant &#224; mettre en pr&#233;sence la valeur d'utilit&#233; et la valeur en &#233;change, et &#224; provoquer leur conciliation. Ce sont les deux p&#244;les &#233;lectriques, dont la mise en rapport doit produire le ph&#233;nom&#232;ne d'affinit&#233; &#233;conomique, appel&#233; &#233;change. Comme les p&#244;les de la pile, l'offre et la demande sont diam&#233;tralement oppos&#233;es, et tendent sans cesse &#224; s'annuler l'une l'autre ; c'est par leur antagonisme que le prix des choses ou s'exag&#232;re ou s'an&#233;antit : on veut donc savoir s'il n'est pas possible, en toute occasion, d'&#233;quilibrer ou faire transiger ces deux puissances, de mani&#232;re &#224; ce que le prix des choses soit toujours l'expression de la valeur vraie, l'expression de la justice. Dire apr&#232;s cela que l'offre et la demande sont la r&#232;gle des &#233;changes, c'est dire que l'offre et la demande sont la r&#232;gle de l'offre et de la demande ; ce n'est point expliquer la pratique, c'est la d&#233;clarer absurde, et je nie que la pratique soit absurde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout &#224; l'heure j'ai cit&#233; Ricardo comme ayant donn&#233;, pour un cas sp&#233;cial, une r&#232;gle positive de comparaison des valeurs : les &#233;conomistes font mieux encore ; chaque ann&#233;e ils recueillent, des tableaux de la statistique, la moyenne de toutes les mercuriales. Or, quel est le sens d'une moyenne ? Chacun con&#231;oit que dans une op&#233;ration particuli&#232;re, prise au hasard sur un million, rien ne peut indiquer si c'est l'offre, valeur utile, qui l'a emport&#233;, ou si c'est la valeur &#233;changeable, c'est-&#224;-dire la demande. Mais comme toute exag&#233;ration dans le prix des marchandises est t&#244;t ou tard suivie d'une baisse proportionnelle ; comme, en d'autres termes, dans la soci&#233;t&#233; les profits de l'agio sont &#233;gaux aux pertes, on peut regarder avec juste raison la moyenne, des prix, pendant une p&#233;riode compl&#232;te, comme indiquant la valeur r&#233;elle et l&#233;gitime des produits. Cette moyenne, il est vrai, arrive trop tard : mais qui sait si l'on ne pourrait pas, &#224; l'avance, la d&#233;couvrir ? Est-il un &#233;conomiste qui ose dire que non ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon gr&#233;, mal gr&#233;, il faut donc chercher la mesure de la valeur : c'est la logique qui le commande, et ses conclusions sont &#233;gales contre les &#233;conomistes et contre les socialistes. L'opinion qui nie l'existence de cette mesure est irrationnelle, d&#233;raisonnable. Dites tant qu'il vous plaira, d'un c&#244;t&#233;, que l'&#233;conomie politique est une science de faits, et que les faits sont contraires &#224; l'hypoth&#232;se d'une d&#233;termination de la valeur ; &#8212; de l'autre, que cette question scabreuse n'a plus lieu dans une association universelle, qui absorberait tout antagonisme : je r&#233;pliquerai toujours, &#224; droite et &#224; gauche :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176; Que comme il ne se produit pas de fait qui n'ait sa cause, de m&#234;me il n'en existe pas qui n'ait sa loi ; et que si la loi de l'&#233;change n'est pas trouv&#233;e, la faute en est, non pas aux faits, mais aux savants ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#034; Qu'aussi longtemps que l'homme travaillera pour subsister, et travaillera librement, la justice sera la condition de la fraternit&#233; et la base de l'association : or, sans une d&#233;termination de la valeur, la justice est boiteuse, est impossible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; II. &#8212; Constitution de la valeur : d&#233;finition de la richesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous connaissons la valeur sous ses deux aspects contraires : nous ne la connaissons pas dans son tout. Si nous pouvions acqu&#233;rir cette nouvelle id&#233;e, nous aurions la valeur absolue ; et une tarification des valeurs, telle que la demandait le m&#233;moire lu &#224; l'Acad&#233;mie des sciences, serait possible. Figurons-nous donc la richesse comme une masse tenue par une force chimique ou &#233;tat permanent de composition, et dans laquelle des &#233;l&#233;ments nouveaux entrant sans cesse, se combinent en proportions diff&#233;rentes, mais d'apr&#232;s une loi certaine : la valeur est le rapport proportionnel (la mesure) selon lequel chacun de ces &#233;l&#233;ments fait partie du tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il suit de l&#224; deux choses : l'une, que les &#233;conomistes se sont compl&#232;tement abus&#233;s lorsqu'ils ont cherch&#233; la mesure g&#233;n&#233;rale de la valeur dans le bl&#233;, dans l'argent, dans la rente, etc. ; comme aussi lorsqu'apr&#232;s avoir d&#233;montr&#233; que cet &#233;talon de mesure n'&#233;tait ni ici ni l&#224;, ils ont conclu qu'il n'y avait raison ni mesure &#224; la valeur ; &#8212; l'autre, que la proportion des valeurs peut varier continuellement, sans cesser pour cela d'&#234;tre assuj&#233;tie &#224; une loi, dont la d&#233;termination est pr&#233;cis&#233;ment la solution demand&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce concept de la valeur satisfait, comme on le verra, &#224; toutes les conditions : car il embrasse &#224; la fois et la valeur utile, dans ce qu'elle a de positif et de fixe, et la valeur en &#233;change, dans ce qu'elle a de variable ; en second lieu fait cesser la contrari&#233;t&#233; qui semblait un obstacle insurmontable &#224; toute d&#233;termination ; de plus, nous montrerons que la valeur ainsi entendue diff&#232;re enti&#232;rement de ce que serait une simple juxta-position des deux id&#233;es de valeur utile et valeur &#233;changeable, et qu'elle est dou&#233;e de propri&#233;t&#233;s nouvelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La proportionnalit&#233; des produits n'est point une r&#233;v&#233;lation que nous pr&#233;tendions faire au monde : ni une nouveaut&#233; que nous apportions dans la science, pas plus que la division du travail n'&#233;tait chose inou&#239;e, lorsqu'Adam Smith en expliqua les merveilles. La proportionnalit&#233; des produits est, comme il nous serait facile de le prouver par des citations sans nombre, une id&#233;e vulgaire qui tra&#238;ne partout dans les ouvrages d'&#233;conomie politique, mais &#224; laquelle personne jusqu'&#224; ce jour n'a song&#233; &#224; restituer le rang qui lui est d&#251; : et c'est ce que nous entreprenons aujourd'hui de faire. Nous tenions, du reste, &#224; faire cette d&#233;claration, afin de rassurer le lecteur sur nos pr&#233;tentions &#224; l'originalit&#233;, et de nous r&#233;concilier les esprits que leur timidit&#233; rend peu favorables aux id&#233;es nouvelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;conomistes semblent n'avoir jamais entendu, par la mesure de la valeur, qu'un &#233;talon, une sorte d'unit&#233; primordiale, existant par elle-m&#234;me, et qui s'appliquerait &#224; toutes les marchandises, comme le m&#232;tre s'applique &#224; toutes les grandeurs. Aussi a-t-il sembl&#233; &#224; plusieurs que tel &#233;tait en effet le r&#244;le de l'argent. Mais la th&#233;orie des monnaies a prouv&#233; de reste que, loin d'&#234;tre la mesure des valeurs, l'argent n'en est que l'arithm&#233;tique, et une arithm&#233;tique de convention. L'argent est &#224; la valeur ce que le thermom&#232;tre est &#224; la chaleur : le thermom&#232;tre, avec son &#233;chelle arbitrairement gradu&#233;e, indique bien quand il y a d&#233;perdition ou accumulation de calorique : mais quelles sont les lois d'&#233;quilibre de la chaleur, quelle en est la proportion dans les divers corps, quelle quantit&#233; est n&#233;cessaire pour produire une ascension de 10, 15 ou 20 degr&#233;s dans le thermom&#232;tre, voil&#224; ce que le thermom&#232;tre ne dit pas ; il n'est pas m&#234;me s&#251;r que les degr&#233;s de l'&#233;chelle, tous &#233;gaux entre eux, correspondent &#224; des additions &#233;gales de calorique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e que l'on s'&#233;tait faite jusqu'ici de la mesure de la valeur est donc inexacte ; ce que nous cherchons n'est pas l'&#233;talon de la valeur, comme on l'a dit tant de fois, et ce qui n'a pas de sens ; mais la loi suivant laquelle les produits se proportionnent dans la richesse sociale ; car c'est de la connaissance de cette loi que d&#233;pendent, dans ce qu'elles ont de normal et de l&#233;gitime, la hausse et la baisse des marchandises. En un mot, comme par la mesure des corps c&#233;lestes on entend le rapport r&#233;sultant de la comparaison de ces corps entre eux, de m&#234;me, par la mesure des valeurs, il faut entendre le rapport qui r&#233;sulte de leur comparaison ; or, je dis que ce rapport a sa loi, et cette comparaison son principe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suppose donc une force qui combine, dans des proportions certaines, les &#233;l&#233;ments de la richesse, et qui en fait un tout homog&#232;ne : si les &#233;l&#233;ments constituants ne sont pas dans la proportion voulue, la combinaison ne s'en op&#233;rera pas moins ; mais, au lieu d'absorber toute la mati&#232;re, elle en rejettera une partie comme inutile. Le mouvement int&#233;rieur par lequel se produit la combinaison, et que d&#233;termine l'affinit&#233; des diverses substances, ce mouvement dans la soci&#233;t&#233; est l'&#233;change, non plus seulement l'&#233;change consid&#233;r&#233; dans sa forme &#233;l&#233;mentaire et d'homme &#224; homme, mais l'&#233;change en tant que fusion de toutes les valeurs produites par les industries priv&#233;es en une seule et m&#234;me richesse sociale. Enfin, la proportion selon laquelle chaque &#233;l&#233;ment entre dans le compos&#233;, cette proportion est ce que nous appelons valeur ; l'exc&#233;dant qui reste apr&#232;s la combinaison est non-valeur, tant que, par l'accession d'une certaine quantit&#233; d'autres &#233;l&#233;ments, il ne se combine, ne s'&#233;change pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous expliquerons plus bas le r&#244;le de l'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci pos&#233;, on con&#231;oit qu'&#224; un moment donn&#233; la proportion des valeurs formant la richesse d'un pays puisse, &#224; force de statistiques et d'inventaires, &#234;tre d&#233;termin&#233;e ou du moins approxim&#233;e empiriquement, &#224; peu pr&#232;s comme les chimistes ont d&#233;couvert par l'exp&#233;rience, aid&#233;e de l'analyse, la proportion d'hydrog&#232;ne et d'oxyg&#232;ne n&#233;cessaire &#224; la formation de l'eau. Cette m&#233;thode, appliqu&#233;e &#224; la d&#233;termination des valeurs, n'a rien qui r&#233;pugne ; ce n'est, apr&#232;s tout, qu'une affaire de comptabilit&#233;. Mais un pareil travail, quelque int&#233;ressant qu'il f&#251;t, nous apprendrait fort peu de chose. D'une part, en effet, nous savons que la proportion varie sans cesse ; de l'autre, il est clair qu'un relev&#233; de la fortune publique ne donnant la proportion des valeurs que pour le lieu et l'heure o&#249; la table serait faite, nous ne pourrions en induire la loi de proportionnalit&#233; de la richesse. Ce n'est pas un seul travail de ce genre qu'il faudrait pour cela ; ce serait, en admettant que le proc&#233;d&#233; f&#251;t digne de confiance, des milliers et des millions de travaux semblables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, il en est ici de la science &#233;conomique tout autrement que de la chimie. Les chimistes, &#224; qui l'exp&#233;rience a d&#233;couvert de si belles proportions, ne savent rien du comment ni du pourquoi de ces proportions, pas plus que de la force qui les d&#233;termine. L'&#233;conomie sociale, au contraire, &#224; qui nulle recherche &#224; posteriori ne pourrait faire conna&#238;tre directement la loi de proportionnalit&#233; des valeurs, peut la saisir dans la force m&#234;me qui la produit, et qu'il est temps de faire conna&#238;tre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette force, qu'A. Smith a c&#233;l&#233;br&#233;e avec tant d'&#233;loquence et que ses successeurs ont m&#233;connue, lui donnant pour &#233;gal le privil&#232;ge, cette force est le travail. Le travail diff&#232;re de producteur &#224; producteur en quantit&#233; et qualit&#233; ; il en est de lui &#224; cet &#233;gard comme de tous les grands principes de la nature et des lois les plus g&#233;n&#233;rales, simples dans leur action et leur formule, mais modifi&#233;s &#224; l'infini par la multitude des causes particuli&#232;res, et se manifestant sous une vari&#233;t&#233; innombrable de formes. C'est le travail, le travail seul, qui produit tous les &#233;l&#233;ments de la richesse, et qui les combine jusque dans leurs derni&#232;res mol&#233;cules selon une loi de proportionnalit&#233; variable, mais certaine. C'est le travail enfin qui, comme principe de vie, agite, mens agitat, la mati&#232;re, molem, de la richesse, et qui la proportionne. &lt;br class='autobr' /&gt;
La soci&#233;t&#233;, ou l'homme collectif, produit une infinit&#233; d'objets dont la jouissance constitue son bien-&#234;tre. Ce bien-&#234;tre se d&#233;veloppe non-seulement en raison de la quantit&#233; des produits, mais aussi en raison de leur vari&#233;t&#233; (qualit&#233;) et proportion. De cette donn&#233;e fondamentale il suit que la soci&#233;t&#233; doit toujours, &#224; chaque instant de sa vie, chercher dans ses produits une proportion telle, que la plus forte somme de bien-&#234;tre s'y rencontre, eu &#233;gard &#224; la puissance et aux moyens de production. Abondance, vari&#233;t&#233; et proportion dans les produits, sont les trois termes qui constituent la richesse : la richesse, objet de l'&#233;conomie sociale, est soumise aux m&#234;mes conditions d'existence que le beau, objet de l'art ; la vertu, objet de la morale ; le vrai, objet de la m&#233;taphysique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comment s'&#233;tablit cette proportion merveilleuse et si n&#233;cessaire, que sans elle une partie du labeur humain est perdue, c'est-&#224;-dire inutile, inharmonique, invraie, par cons&#233;quent synonyme d'indigence, de n&#233;ant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prom&#233;th&#233;e, selon la fable, est le symbole de l'activit&#233; humaine. Prom&#233;th&#233;e d&#233;robe le feu du ciel, et invente les premiers arts ; Prom&#233;th&#233;e pr&#233;voit l'avenir et veut s'&#233;galer &#224; Jupiter ; Prom&#233;th&#233;e est Dieu. Appelons donc la soci&#233;t&#233; Prom&#233;th&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prom&#233;th&#233;e donne au travail, en moyenne, dix heures par jour, sept au repos, autant au plaisir. Pour tirer de ses exercices le fruit le plus utile, Prom&#233;th&#233;e tient note de la peine et du temps que chaque objet de sa consommation lui co&#251;te. Rien que l'exp&#233;rience ne peut l'en instruire, et cette exp&#233;rience sera de toute sa vie. Tout en travaillant et produisant, Prom&#233;th&#233;e &#233;prouve donc une infinit&#233; de m&#233;comptes. Mais, en dernier r&#233;sultat, plus il travaille, plus son bien-&#234;tre se raffine et son luxe s'id&#233;alise ; plus il &#233;tend ses conqu&#234;tes sur la nature, plus il fortifie en lui-m&#234;me le principe de vie et d'intelligence dont l'exercice seul le rend heureux. C'est au point que, la premi&#232;re &#233;ducation du Travailleur une fois faite, et l'ordre mis dans ses occupations, travailler pour lui n'est plus peiner, c'est vivre, c'est jouir. Mais l'attrait du travail n'en d&#233;truit pas la r&#232;gle, puisqu'au contraire il en est le fruit ; et ceux qui, sous pr&#233;texte que le travail doit &#234;tre attrayant, concluent &#224; la n&#233;gation de la justice et &#224; la communaut&#233;, ressemblent aux enfants qui, apr&#232;s avoir cueilli des fleurs au jardin, &#233;tablissent leur parterre sur l'escalier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la soci&#233;t&#233; la justice n'est donc pas autre chose que la proportionnalit&#233; des valeurs ; elle a pour garantie et sanction la responsabilit&#233; du producteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prom&#233;th&#233;e sait que tel produit co&#251;te une heure de travail, tel autre un jour, une semaine, un an ; il sait en m&#234;me temps que tous ces produits, par l'accroissement de leurs frais, forment la progression de sa richesse. Il commencera donc par assurer son existence, en se pourvoyant des choses les moins co&#251;teuses, et par cons&#233;quent les plus n&#233;cessaires ; puis, &#224; mesure qu'il aura pris ses s&#251;ret&#233;s, il avisera aux objets de luxe, proc&#233;dant toujours, s'il est sage, selon la gradation naturelle du prix que chaque chose lui co&#251;te. Quelquefois Prom&#233;th&#233;e se trompera dans son calcul, ou bien, emport&#233; par la passion, il sacrifiera un bien imm&#233;diat pour une jouissance pr&#233;matur&#233;e ; et, apr&#232;s avoir su&#233; le sang et l'eau, il s'affamera. Ainsi, la loi porte en elle-m&#234;me sa sanction : elle ne peut &#234;tre viol&#233;e, sans que l'infracteur soit aussit&#244;t puni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Say a donc eu raison de dire : &#171; Le bonheur de cette classe (celle des consommateurs), compos&#233;e de toutes les autres, constitue le bien-&#234;tre g&#233;n&#233;ral, l'&#233;tat de prosp&#233;rit&#233; d'un pays. &#187; Seulement, il aurait d&#251; ajouter que le bonheur de la classe des producteurs, qui se compose aussi de toutes les autres, constitue &#233;galement le bien-&#234;tre g&#233;n&#233;ral, l'&#233;tat de prosp&#233;rit&#233; d'un pays. &#8212; De m&#234;me quand il dit : &#171; La fortune de chaque consommateur est perp&#233;tuellement en rivalit&#233; avec tout ce qu'il ach&#232;te, &#187; il aurait d&#251; ajouter encore : &#171; La fortune de chaque producteur est attaqu&#233;e sans cesse par tout ce qu'il vend. &#187; Sans cette r&#233;ciprocit&#233; nettement exprim&#233;e, la plupart des ph&#233;nom&#232;nes &#233;conomiques deviennent inintelligibles ; et je ferai voir en son lieu comment, par suite de cette grave omission, la plupart des &#233;conomistes faisant des livres ont d&#233;raisonn&#233; sur la balance du commerce. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai dit tout &#224; l'heure que la soci&#233;t&#233; produit d'abord les choses les moins co&#251;teuses, et par cons&#233;quent les plus n&#233;cessaires&#8230; Or, est-il vrai que dans le produit, la n&#233;cessit&#233; ait pour corr&#233;latif le bon march&#233;, et vice vers&#226; ; en sorte que ces deux mots, n&#233;cessit&#233; et bon march&#233;, de m&#234;me que les suivants, chert&#233; et superflu, soient synonymes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si chaque produit du travail, pris isol&#233;ment, pouvait suffire &#224; l'existence de l'homme, la synonymie en question ne serait pas douteuse ; tous les produits ayant les m&#234;me propri&#233;t&#233;s, ceux-l&#224; nous seraient les plus avantageux &#224; produire, par cons&#233;quent les plus n&#233;cessaires, qui co&#251;teraient le moins. Mais ce n'est point avec cette pr&#233;cision th&#233;orique que se formule le parall&#233;lisme entre l'utilit&#233; et le prix des produits : soit pr&#233;voyance de la nature, soit par toute autre cause, l'&#233;quilibre entre le besoin et la facult&#233; productrice est plus qu'une th&#233;orie, c'est un fait, dont la pratique de tous les jours, aussi bien que le progr&#232;s de la soci&#233;t&#233;, d&#233;pose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Transportons-nous au lendemain de la naissance de l'homme, au jour de d&#233;part de la civilisation : n'est-il pas vrai que les industries &#224; l'origine les plus simples, celles qui exig&#232;rent le moins de pr&#233;parations et de frais, furent les suivantes : cueillette, p&#226;ture, chasse et p&#234;che, &#224; la suite desquelles et longtemps apr&#232;s l'agriculture est venue ? Depuis lors, ces quatre industries primordiales ont &#233;t&#233; perfectionn&#233;es et de plus appropri&#233;es : double circonstance qui n'alt&#232;re pas l'essence des faits, mais qui lui donne au contraire plus de relief. En effet, la propri&#233;t&#233; s'est toujours attach&#233;e de pr&#233;f&#233;rence aux objets de l'utilit&#233; la plus imm&#233;diate, aux valeurs faites, si j'ose ainsi dire ; en sorte que l'on pourrait marquer l'&#233;chelle des valeurs par le progr&#232;s de l'appropriation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son ouvrage sur la Libert&#233; du travail, M. Dunoyer s'est positivement rattach&#233; &#224; ce principe, en distinguant quatre grandes cat&#233;gories industrielles, qu'il range selon l'ordre de leur d&#233;veloppement, c'est-&#224;-dire de la moindre &#224; la plus grande d&#233;pense de travail. Ce sont : industrie extractive, comprenant toutes les fonctions demi-barbares cit&#233;es plus haut ; &#8212; industrie commerciale, industrie manufacturi&#232;re, industrie agricole. Et c'est avec une raison profonde que le savant auteur a plac&#233; en dernier lieu l'agriculture. Car, malgr&#233; sa haute antiquit&#233;, il est positif que cette industrie n'a pas march&#233; du m&#234;me pas que les autres ; or, la succession des choses dans l'humanit&#233; ne doit point &#234;tre d&#233;termin&#233;e d'apr&#232;s l'origine, mais d'apr&#232;s l'entier d&#233;veloppement. Il se peut que l'industrie agricole soit n&#233;e avant les autres, ou que toutes soient contemporaines ; mais celle-l&#224; sera jug&#233;e la derni&#232;re en date, qui se sera perfectionn&#233;e post&#233;rieurement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi la nature m&#234;me des choses, autant que ses propres besoins, indiquaient au travailleur l'ordre dans lequel il devait attaquer la production des valeurs qui composent son bien-&#234;tre : notre loi de proportionnalit&#233; est donc tout &#224; la fois physique et logique, objective et subjective ; elle a le plus haut degr&#233; de certitude. Suivons-en l'application.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tous les produits du travail, aucun peut-&#234;tre n'a co&#251;t&#233; de plus longs, de plus patients efforts, que le calendrier. Cependant il n'en est aucun dont la jouissance puisse aujourd'hui s'acqu&#233;rir &#224; meilleur march&#233;, et cons&#233;quemment, d'apr&#232;s nos propres d&#233;finitions, soit devenue plus n&#233;cessaire. Comment donc expliquerons-nous ce changement ? Comment le calendrier, si peu utile aux premi&#232;res hordes, &#224; qui il suffisait de l'alternance de la nuit et du jour, comme de l'hiver et de l'&#233;t&#233;, est-il devenu &#224; la longue si indispensable, si peu dispendieux, si parfait ; car, par un merveilleux accord, dans l'&#233;conomie sociale toutes ces &#233;pith&#232;tes se traduisent ? Comment, en un mot, rendre raison de la variabilit&#233; de valeur du calendrier, d'apr&#232;s notre loi de proportion ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que le travail n&#233;cessaire &#224; la production du calendrier f&#251;t ex&#233;cut&#233;, f&#251;t possible, il fallait que l'homme trouv&#226;t moyen de gagner du temps sur ses premi&#232;res occupations, et sur celles qui en furent la cons&#233;quence imm&#233;diate. En d'autres termes, il fallait que ces industries devinssent plus productives, ou moins co&#251;teuses, qu'elles n'&#233;taient au commencement : ce qui revient &#224; dire qu'il fallait d'abord r&#233;soudre le probl&#232;me de la production du calendrier sur les industries extractives elles-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suppose donc que tout &#224; coup, par une heureuse combinaison d'efforts, par la division du travail, l'emploi de quelque machine, la direction mieux entendue des agents naturels, en un mot par son industrie, Prom&#233;th&#233;e trouve moyen de produire en un jour, d'un certain objet, autant qu'autrefois il produisait en dix : que s'ensuivra-t-il ? le produit changera de place sur le tableau des &#233;l&#233;ments de la richesse ; sa puissance d'affinit&#233; pour d'autres produits, si j'ose ainsi dire, s'&#233;tant accrue, sa valeur relative se trouvera diminu&#233;e d'autant, et au lieu d'&#234;tre cot&#233;e comme 100, elle ne le sera plus que comme 10. Mais cette valeur n'en sera pas moins, et toujours, rigoureusement d&#233;termin&#233;e ; et ce sera encore le travail qui seul fixera le chiffre de son importance. Ainsi la valeur varie, et la loi des valeurs est immuable : bien plus, si la valeur est susceptible de variation, c'est parce qu'elle est soumise &#224; une loi dont le principe est essentiellement mobile, savoir le travail mesur&#233; par le temps. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le m&#234;me raisonnement s'applique &#224; la production du calendrier, comme de toutes les valeurs possibles. Je n'ai pas besoin d'ajouter comment la civilisation, c'est-&#224;-dire le fait social de l'accroissement des richesses, multipliant nos affaires, rendant nos instants de plus en plus pr&#233;cieux, nous for&#231;ant &#224; tenir registre perp&#233;tuel et d&#233;taill&#233; de toute notre vie, le calendrier est devenu pour tous une des choses les plus n&#233;cessaires. Un sait d'ailleurs que cette d&#233;couverte admirable a suscit&#233;, comme son compl&#233;ment naturel, l'une de nos industries les plus pr&#233;cieuses, l'horlogerie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ici se place tout naturellement une objection, la seule qu'on puisse &#233;lever contre la th&#233;orie de la proportionnalit&#233; des valeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Say, et les &#233;conomistes qui l'ont suivi, ont observ&#233; que le travail &#233;tant lui-m&#234;me sujet &#224; &#233;valuation, une marchandise comme une autre, enfin, il y avait cercle vicieux &#224; le prendre pour principe et cause efficiente de la valeur. Donc, conclut-on, il faut s'en r&#233;f&#233;rer &#224; la raret&#233; et &#224; l'opinion. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces &#233;conomistes, qu'ils me permettent de le dire, ont fait preuve en cela d'une prodigieuse inattention. Le travail est dit valoir, non pas en tant que marchandise lui-m&#234;me, mais en vue des valeurs qu'on suppose renferm&#233;es puissanciellement en lui. La valeur du travail est une expression figur&#233;e, une anticipation de la cause sur l'effet. C'est une fiction, au m&#234;me titre que la productivit&#233; du capital. Le travail produit, le capital vaut : et quand, par une sorte d'ellipse, on dit la valeur du travail, on fait un enjambement qui n'a rien de contraire aux r&#232;gles du langage, mais que des th&#233;oriciens doivent s'abstenir de prendre pour une r&#233;alit&#233;. Le travail, comme la libert&#233;, l'amour, l'ambition, le g&#233;nie, est chose vague et ind&#233;termin&#233;e de sa nature, mais qui se d&#233;finit qualitativement par son objet, c'est-&#224;-dire qui devient une r&#233;alit&#233; par le produit. Lors donc que l'on dit : le travail de cet homme vaut cinq francs par jour, c'est comme si l'on disait : le produit du travail quotidien de cet homme vaut cinq francs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, l'effet du travail est d'&#233;liminer incessamment la raret&#233; et l'opinion, comme &#233;l&#233;ments constitutifs de la valeur, et, par une cons&#233;quence n&#233;cessaire, de transformer les utilit&#233;s naturelles ou vagues (appropri&#233;es ou non) en utilit&#233;s mesurables ou sociales : d'o&#249; il r&#233;sulte que le travail est tout &#224; la fois une guerre d&#233;clar&#233;e &#224; la parcimonie de la nature, et une conspiration permanente contre la propri&#233;t&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
D'apr&#232;s cette analyse, la valeur, consid&#233;r&#233;e dans la soci&#233;t&#233; que forment naturellement entre eux, par la division du travail et par l'&#233;change, les producteurs, est le rapport de proportionnalit&#233; des produits qui composent la richesse ; et ce qu'on appelle sp&#233;cialement la valeur d'un produit est une formule qui indique, en caract&#232;res mon&#233;taires, la proportion de ce produit dans la richesse g&#233;n&#233;rale. &#8212; L'utilit&#233; fonde la valeur ; le travail en fixe le rapport ; le prix est l'expression qui, sauf les aberrations que nous aurons &#224; &#233;tudier, traduit ce rapport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel est le centre autour duquel oscillent la valeur utile et la valeur &#233;changeable, le point o&#249; elles viennent s'ab&#238;mer et dispara&#238;tre ; telle est la loi absolue, immuable, qui domine les perturbations &#233;conomiques, les caprices de l'industrie et du commerce, et qui gouverne le progr&#232;s. Tout effort de l'humanit&#233; pensante et travailleuse, toute sp&#233;culation individuelle et sociale, comme partie int&#233;grante de la richesse collective, ob&#233;issent &#224; cette loi. La destin&#233;e de l'&#233;conomie politique &#233;tait, en posant successivement tous ses termes contradictoires, de la faire reconna&#238;tre ; l'objet de l'&#233;conomie sociale, que je demande pour un moment la permission de distinguer de l'&#233;conomie politique, bien qu'au fond elles ne doivent pas diff&#233;rer l'une de l'autre, sera de la promulguer et de la r&#233;aliser partout. &lt;br class='autobr' /&gt;
La th&#233;orie de la mesure ou de la proportionnalit&#233; des valeurs est, qu'on y prenne garde, la th&#233;orie m&#234;me de l'&#233;galit&#233;. De m&#234;me, en effet, que dans la soci&#233;t&#233;, o&#249; l'on a vu que l'identit&#233; entre le producteur et le consommateur est compl&#232;te, le revenu pay&#233; &#224; un oisif est comme une valeur jet&#233;e aux flammes de l'Etna ; de m&#234;me, le travailleur &#224; qui l'on alloue un salaire excessif est comme un moissonneur &#224; qui l'on donnerait un pain pour cueillir un &#233;pi : et tout ce que les &#233;conomistes ont qualifi&#233; de consommation improductive n'est au fond qu'une infraction &#224; la loi de proportionnalit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous verrons par la suite comment, de ces donn&#233;es simples, le g&#233;nie social d&#233;duit peu &#224; peu le syst&#232;me encore obscur de l'organisation du travail, de la r&#233;paration des salaires, de la tarification des produits et de la solidarit&#233; universelle. Car l'ordre dans la soci&#233;t&#233; s'&#233;tablit sur les calculs d'une justice inexorable, nullement sur les sentiments paradisiaques de fraternit&#233;, de d&#233;vouement et d'amour que tant d'honorables socialistes s'efforcent aujourd'hui d'exciter dans le peuple. C'est en vain qu'&#224; l'exemple de J&#233;sus-Christ ils pr&#234;chent la n&#233;cessit&#233; et donnent l'exemple du sacrifice ; l'&#233;go&#239;sme est plus fort, et la loi de s&#233;v&#233;rit&#233;, la fatalit&#233; &#233;conomique, est seule capable de le dompter. L'enthousiasme humanitaire peut produire des secousses favorables au progr&#232;s de la civilisation ; mais ces crises du sentiment, de m&#234;me que les oscillations de la valeur, n'auront jamais pour r&#233;sultat que d'&#233;tablir plus fortement, plus absolument la justice. La nature, ou la Divinit&#233;, s'est m&#233;fi&#233;e de nos c&#339;urs ; elle n'a point cru &#224; l'amour de l'homme pour son semblable ; et tout ce que la science nous d&#233;couvre des vues de la Providence sur la marche des soci&#233;t&#233;s, je le dis &#224; la honte de la conscience humaine, mais il faut que notre hypocrisie le sache, atteste de la part de Dieu une profonde misanthropie. Dieu nous aide, non par bont&#233;, mais parce que l'ordre est son essence ; Dieu procure le bien du monde, non qu'il l'en juge digne, mais parce que la religion de sa supr&#234;me intelligence l'y oblige ; et tandis que le vulgaire lui donne le doux nom de p&#232;re, il est impossible &#224; l'historien, &#224; l'&#233;conomiste philosophe, de croire qu'il nous aime ni nous estime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imitons cette sublime indiff&#233;rence, cette ataraxie sto&#239;que de Dieu ; et puisque le pr&#233;cepte de charit&#233; a toujours &#233;chou&#233; dans la production du bien social, cherchons dans la raison pure les conditions de la concorde et de la vertu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La valeur, con&#231;ue comme proportionnalit&#233; des produits, autrement dire la valeur constitu&#233;e, suppose n&#233;cessairement, et dans un degr&#233; &#233;gal, utilit&#233; et v&#233;nalit&#233;, indivisiblement et harmoniquement unies. Elle suppose utilit&#233;, car, sans cette condition, le produit aurait &#233;t&#233; d&#233;pourvu de cette affinit&#233; qui le rend &#233;changeable, et par cons&#233;quent fait de lui un &#233;l&#233;ment de la richesse ; &#8212; elle suppose v&#233;nalit&#233;, puisque si le produit n'&#233;tait pas &#224; toute heure et pour un prix d&#233;termin&#233; acceptable &#224; l'&#233;change, il ne serait plus qu'une non-valeur, il ne serait rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, dans la valeur constitu&#233;e, toutes ces propri&#233;t&#233;s acqui&#232;rent une signification plus large, plus r&#233;guli&#232;re et plus vraie qu'auparavant. Ainsi, l'utilit&#233; n'est plus cette capacit&#233; pour ainsi dire inerte qu'ont les choses de servir &#224; nos jouissances et &#224; nos explorations ; la v&#233;nalit&#233; n'est pas davantage cette exag&#233;ration d'une fantaisie aveugle ou d'une opinion sans principe ; enfin, la variabilit&#233; a cess&#233; de se traduire en un d&#233;bat plein de mauvaise foi entre l'offre et la demande : tout cela a disparu pour faire place &#224; une id&#233;e positive, normale, et, sous toutes les modifications possibles, d&#233;terminable. Par la constitution des valeurs, chaque produit, s'il est permis d'&#233;tablir une pareille analogie, est comme la nourriture qui, d&#233;couverte par l'instinct d'alimentation, puis pr&#233;par&#233;e par l'organe digestif, entre dans la circulation g&#233;n&#233;rale, o&#249; elle se convertit, suivant des proportions certaines, en chairs, en os, en liquides, etc., et donne au corps la vie, la force et la beaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, que se passe-t-il dans l'id&#233;e de valeur, lorsque, des notions antagonistes de valeur utile et valeur en &#233;change, nous nous &#233;levons &#224; celle de valeur constitu&#233;e ou valeur absolue ? Il y a, si j'ose ainsi dire, un embo&#238;tement, une p&#233;n&#233;tration r&#233;ciproque dans laquelle les deux concepts &#233;l&#233;mentaires, se saisissant chacun comme les atomes crochus d'&#201;picure, s'absorbent l'un l'autre, et disparaissent, laissant &#224; leur place un compos&#233; dou&#233;, mais &#224; un degr&#233; sup&#233;rieur, de toutes leurs propri&#233;t&#233;s positives, et d&#233;barrass&#233; de leurs propri&#233;t&#233;s n&#233;gatives. Une valeur v&#233;ritablement telle, comme la monnaie, le papier de commerce de premier choix, les titres de rente sur l'&#201;tat, les actions sur une entreprise solide, ne peut plus ni s'exag&#233;rer sans raison, ni perdre &#224; l'&#233;change : elle n'est plus soumise qu'&#224; la loi naturelle de l'augmentation des sp&#233;cialit&#233;s industrielles et de l'accroissement des produits. Bien plus, une telle valeur n'est point le r&#233;sultat d'une transation, c'est-&#224;-dire d'un &#233;clectisme, d'un juste-milieu ou d'un m&#233;lange : c'est le produit d'une fusion compl&#232;te, produit enti&#232;rement neuf et distinct de ses composants : comme l'eau, produit de la combinaison de l'hydrog&#232;ne et de l'oxyg&#232;ne, est un corps &#224; part, totalement distinct de ses &#233;l&#233;ments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;solution de deux id&#233;es antith&#233;tiques en une troisi&#232;me d'ordre sup&#233;rieur est ce que l'&#233;cole nomme synth&#232;se. Elle seule donne l'id&#233;e positive et compl&#232;te, laquelle s'obtient, comme on a vu, par l'affirmation ou n&#233;gation successive, car cela revient au m&#234;me, de deux concepts en opposition diam&#233;trale. D'o&#249; l'on d&#233;duit ce corollaire d'une importance capitale en application aussi bien qu'en th&#233;orie : toutes les fois que dans la sph&#232;re de la morale, de l'histoire ou de l'&#233;conomie politique, l'analyse a constat&#233; l'antinomie d'une id&#233;e, on peut affirmer &#224; priori que cette antinomie cache une id&#233;e plus &#233;lev&#233;e qui t&#244;t ou tard fera son apparition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je regrette d'insister si longuement sur des notions famili&#232;res &#224; tous les jeunes gens du baccalaur&#233;at ; mais je devais ces d&#233;tails &#224; certains &#233;conomistes qui, &#224; propos de ma critique de la propri&#233;t&#233;, ont entass&#233; dilemmes sur dilemmes pour me prouver que si je n'&#233;tais pas propri&#233;taire, j'&#233;tais n&#233;cessairement communiste ; le tout, faute de savoir ce que c'est que th&#232;se, antith&#232;se et synth&#232;se. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'id&#233;e synth&#233;tique de valeur, comme condition fondamentale d'ordre et de progr&#232;s pour la soci&#233;t&#233;, avait &#233;t&#233; vaguement aper&#231;ue par Ad. Smith, lorsque, pour me servir des expressions de M. Blanqui, &#171; il montra dans le travail la mesure universelle et invariable des valeurs, et fit voir que toute chose avait son prix naturel, vers lequel elle gravitait sans cesse au milieu des fluctuations du prix courant, occasionn&#233;es par des circonstances accidentelles &#233;trang&#232;res &#224; la valeur v&#233;nale de la chose. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais cette id&#233;e de la valeur &#233;tait tout intuitive chez Ad. Smith : or, la soci&#233;t&#233; ne change pas ses habitudes sur la foi d'intuitions ; elle ne se d&#233;cide que sur l'autorit&#233; des faits. Il fallait que l'antinomie s'exprim&#226;t d'une mani&#232;re plus sensible et plus nette : J. B. Say fut son principal interpr&#232;te. Mais, malgr&#233; les efforts d'imagination et l'effrayante subtilit&#233; de cet &#233;conomiste, la d&#233;finition de Smith le domine &#224; son insu, et &#233;clate partout dans ses raisonnements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#201;valuer une chose, dit Say, c'est d&#233;clarer qu'elle doit &#234;tre estim&#233;e autant qu'une autre qu'on d&#233;signe&#8230; La valeur de chaque chose est vague et arbitraire tant qu'elle n'est pas reconnue&#8230;&#8230; &#187; Il y a donc une mani&#232;re de reconna&#238;tre la valeur des choses, c'est-&#224;-dire de la fixer ; et comme cette reconnaissance ou fixation se fait par la comparaison des choses entre elles, il y a donc aussi un caract&#232;re commun, un principe, au moyen duquel on d&#233;clare qu'une chose vaut plus, moins ou autant qu'une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Say avait dit d'abord : &#171; La mesure de la valeur est la valeur d'un autre produit. &#187; Plus tard, s'&#233;tant aper&#231;u que cette phrase n'&#233;tait qu'une tautologie, il la modifia ainsi : &#171; La mesure de la valeur est la quantit&#233; d'un autre produit, &#187; ce qui est tout aussi peu intelligible. Ailleurs, cet &#233;crivain, ordinairement si lucide et si ferme, s'embarrasse de distinctions vaines : &#171; On peut appr&#233;cier la valeur des choses ; on ne peut pas la mesurer, c'est-&#224;-dire la comparer avec un titre invariable et connu, parce qu'il n'y en a point. Tout ce que l'on peut faire se r&#233;duit &#224; &#233;valuer les choses en les comparant. &#187; D'autres fois, il distingue des valeurs r&#233;elles et des valeurs relatives : &#171; Les premi&#232;res sont celles o&#249; la valeur des choses change avec les frais de production ; les secondes sont celles o&#249; la valeur des choses change par rapport &#224; la valeur des autres marchandises. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Singuli&#232;re pr&#233;occupation d'un homme de g&#233;nie qui ne s'aper&#231;oit plus que comparer, &#233;valuer, appr&#233;cier, c'est mesurer ; que toute mesure n'&#233;tant jamais qu'une comparaison, indique par cela m&#234;me un rapport vrai si la comparaison est bien faite ; qu'en cons&#233;quence, valeur ou mesure r&#233;elle et valeur ou mesure relative, sont choses parfaitement identiques ; et que la difficult&#233; se r&#233;duit, non &#224; trouver un &#233;talon de mesure, puisque toutes les quantit&#233;s peuvent s'en tenir lieu r&#233;ciproquement, mais &#224; d&#233;terminer le point de comparaison. En g&#233;om&#233;trie, le point de comparaison est l'&#233;tendue, et l'unit&#233; de mesure est tant&#244;t la division du cercle en 360 parties, tant&#244;t la circonf&#233;rence du globe terrestre, tant&#244;t la dimension moyenne du bras, de la main, du pouce ou du pied de l'homme. Dans la science &#233;conomique, nous l'avons dit apr&#232;s A. Smith, le point de vue sous lequel toutes les valeurs se comparent est le travail ; quant &#224; l'unit&#233; de mesure, celle adopt&#233;e en France est le franc. Il est incroyable que tant d'hommes de sens se d&#233;m&#232;nent depuis quarante ans contre une id&#233;e si simple. Mais non : La comparaison des valeurs s'effectue sans qu'il y ait entre elles aucun point de comparaison, et sans unit&#233; de mesure ; &#8212; voil&#224;, plut&#244;t que d'embrasser la th&#233;orie r&#233;volutionnaire de l'&#233;galit&#233;, ce que les &#233;conomistes du dix-neuvi&#232;me si&#232;cle ont r&#233;solu de soutenir envers et contre tous. Qu'en dira la post&#233;rit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vais pr&#233;sentement montrer, par des exemples frappants, que l'id&#233;e de mesure ou proportion des valeurs, n&#233;cessaire en th&#233;orie, s'est r&#233;alis&#233;e et se r&#233;alise tous les jours dans la pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#167; III. &#8212; Application de la loi de proportionnalit&#233; des valeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout produit est un signe repr&#233;sentatif du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout produit peut en cons&#233;quence &#234;tre &#233;chang&#233; par un autre, et la pratique universelle est l&#224; qui en t&#233;moigne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais supprimez le travail : il ne vous reste que des utilit&#233;s plus ou moins grandes, qui, n'&#233;tant frapp&#233;es d'aucun caract&#232;re &#233;conomique, d'aucun signe humain, sont incommensurables entre elles, c'est-&#224;-dire logiquement in&#233;changeables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argent, comme toute autre marchandise, est un signe repr&#233;sentatif du travail : &#224; ce titre, il a pu servir d'&#233;valuateur commun, et d'interm&#233;diaire aux transactions. Mais la fonction particuli&#232;re que l'usage a d&#233;volue aux m&#233;taux pr&#233;cieux de servir d'agent au commerce est purement conventionnelle, et toute autre marchandise pourrait, moins commod&#233;ment peut-&#234;tre, mais d'une mani&#232;re aussi authentique, remplir ce r&#244;le ; les &#233;conomistes le reconnaissent, et l'on en cite plus d'un exemple. Quelle est donc la raison de cette pr&#233;f&#233;rence g&#233;n&#233;ralement accord&#233;e aux m&#233;taux, pour servir de monnaie, et comment s'explique cette sp&#233;cialit&#233; de fonction, sans analogue dans l'&#233;conomie politique, de l'argent ? Car toute chose unique et sans comparses dans son esp&#232;ce est par cela m&#234;me de plus difficile intelligence, souvent m&#234;me ne s'entend pas du tout. Or, est-il possible de r&#233;tablir la s&#233;rie d'o&#249; la monnaie semble avoir &#233;t&#233; d&#233;tach&#233;e, et, par cons&#233;quent, de ramener celle-ci &#224; son v&#233;ritable principe ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur cette question les &#233;conomistes, suivant leur habitude, se sont jet&#233;s hors du domaine de leur science : ils ont fait de la physique, de la m&#233;canique, de l'histoire, etc. ; ils ont parl&#233; de tout, et n'ont pas r&#233;pondu. Les m&#233;taux pr&#233;cieux, ont-ils dit, par leur raret&#233;, leur densit&#233;, leur incorruptibilit&#233;, offraient pour la monnaie des commodit&#233;s qu'on &#233;tait loin de rencontrer au m&#234;me degr&#233; dans les autres marchandises. Bref, les &#233;conomistes, au lieu de r&#233;pondre &#224; la question d'&#233;conomie qui leur &#233;tait pos&#233;e, se sont mis &#224; traiter la question d'art. Ils ont tr&#232;s-bien fait valoir la convenance m&#233;canique de l'or et de l'argent &#224; servir de monnaie ; mais ce qu'aucun d'eux n'a ni vu ni compris, c'est la raison &#233;conomique qui a d&#233;termin&#233;, en faveur des m&#233;taux pr&#233;cieux, le privil&#232;ge dont ils jouissent. &lt;br class='autobr' /&gt;
Or, ce que nul n'a remarqu&#233;, c'est que de toutes la marchandises, l'or et l'argent sont les premi&#232;res dont la valeur soit arriv&#233;e &#224; sa constitution. Dans la p&#233;riode patriarcale, l'or et l'argent se marchandent encore et s'&#233;changent en lingots, mais d&#233;j&#224; avec une tendance visible &#224; la domination, et avec une pr&#233;f&#233;rence marqu&#233;e. Peu &#224; peu les souverains s'en emparent et y apposent leur sceau : et de cette cons&#233;cration souveraine na&#238;t la monnaie, c'est-&#224;-dire la marchandise par excellence, celle qui, nonobstant toutes les secousses du commerce, conserve une valeur proportionnelle d&#233;termin&#233;e, et se fait accepter en tout payement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui distingue la monnaie, en effet, n'est point la duret&#233; du m&#233;tal, elle est moindre que celle de l'acier ; ni son utilit&#233;, elle est de beaucoup inf&#233;rieure &#224; celle du bl&#233;, du fer, de la houille, et d'une foule d'autres substances, r&#233;put&#233;es presque viles &#224; c&#244;t&#233; de l'or ; &#8212; ce n'est ni la raret&#233;, ni la densit&#233; : l'une et l'autre pouvaient &#234;tre suppl&#233;&#233;es, soit par le travail donn&#233; &#224; d'autres mati&#232;res, soit, comme aujourd'hui, par du papier de banque, repr&#233;sentant de vastes amas de fer ou de cuivre. Le trait distinctif de l'or et de l'argent vient, je le r&#233;p&#232;te, de ce que, gr&#226;ce &#224; leurs propri&#233;t&#233;s m&#233;talliques, aux difficult&#233;s de leur production, et surtout &#224; l'intervention de l'autorit&#233; publique, ils ont de bonne heure conquis, comme marchandises, la fixit&#233; et l'authenticit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dis donc que la valeur de l'or et de l'argent, notamment de la partie qui entre dans la fabrication des monnaies, bien que peut-&#234;tre cette valeur ne soit pas encore calcul&#233;e d'une mani&#232;re rigoureuse, n'a plus rien d'arbitraire ; j'ajoute qu'elle n'est plus susceptible de d&#233;pr&#233;ciation, &#224; la mani&#232;re des autres valeurs, bien que cependant elle puisse varier continuellement. Tous les frais de raisonnement et d'&#233;rudition qu'on a faits pour prouver, par l'exemple de l'argent, que la valeur est chose essentiellement ind&#233;terminable, sont autant de paralogismes, provenant d'une fausse id&#233;e de la question, ab ignoranti&#226; elenchi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philippe Ier, roi de France, m&#234;le &#224; la livre tournois de Charlemagne un tiers d'alliage, s'imaginant que lui seul ayant le monopole de la fabrication des monnaies, il peut faire ce que fait tout commer&#231;ant ayant le monopole d'un produit. Qu'&#233;tait-ce, en effet, que cette alt&#233;ration des monnaies tant reproch&#233;e &#224; Philippe et &#224; ses successeurs ? un raisonnement tr&#232;s-juste au point de vue de la routine commerciale, mais tr&#232;s-faux en science &#233;conomique, savoir, que l'offre et la demande &#233;tant la r&#232;gle des valeurs, on peut, soit en produisant une raret&#233; factice, soit en accaparant la fabrication, faire monter l'estimation et partant la valeur des choses, et que cela est vrai de l'or et de l'argent, comme du bl&#233;, du vin, de l'huile, du tabac. Cependant la fraude de Philippe ne fut pas plus t&#244;t soup&#231;onn&#233;e, que sa monnaie fut r&#233;duite &#224; sa juste valeur, et qu'il perdit lui-m&#234;me tout ce qu'il avait cru gagner sur ses sujets. M&#234;me chose arriva &#224; la suite de toutes les tentatives analogues. D'o&#249; venait ce m&#233;compte ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est, disent les &#233;conomistes, que par le faux monnayage, la quantit&#233; d'or et d'argent n'&#233;tant r&#233;ellement ni diminu&#233;e ni accrue, la proportion de ces m&#233;taux avec les autres marchandises n'&#233;tait point chang&#233;e, et qu'en cons&#233;quence il n'&#233;tait pas au pouvoir du souverain de faire que ce qui ne valait que comme 2 dans l'&#201;tat, val&#251;t 4. Il est m&#234;me &#224; consid&#233;rer que si, au lieu d'alt&#233;rer les monnaies, il avait &#233;t&#233; au pouvoir du roi d'en doubler la masse, la valeur &#233;changeable de l'or et de l'argent aurait aussit&#244;t baiss&#233; de moiti&#233;, toujours par cette raison de proportionnalit&#233; et d'&#233;quilibre. L'alt&#233;ration des monnaies &#233;tait donc, de la part du roi, un emprunt forc&#233;, disons mieux, une banqueroute, une escroquerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; merveille : les &#233;conomistes expliquent fort bien, quand ils veulent, la th&#233;orie de la mesure des valeurs ; il suffit pour cela de les mettre sur le chapitre de la monnaie. Comment donc ne voient-ils pas que la monnaie est la loi &#233;crite du commerce, le type de l'&#233;change, le premier terme de cette longue cha&#238;ne de cr&#233;ations qui toutes, sous le nom de marchandises, doivent recevoir la sanction sociale, et devenir, sinon de fait, au moins de droit, acceptables comme la monnaie en toute esp&#232;ce de march&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La monnaie, dit tr&#232;s-bien M. Augier, ne peut servir, soit d'&#233;chelle de constatation pour les march&#233;s pass&#233;s, soit de bon instrument d'&#233;change, qu'autant que sa valeur approche le plus de l'id&#233;al de la permanence ; car elle n'&#233;change ou n'ach&#232;te jamais que la valeur qu'elle poss&#232;de. &#187; (Hist. du Cr&#233;dit public.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduisons cette observation &#233;minemment judicieuse en une formule g&#233;n&#233;rale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le travail ne devient une garantie de bien-&#234;tre et d'&#233;galit&#233;, qu'autant que le produit de chaque individu est en proportion avec la masse : car il n'&#233;change ou n'ach&#232;te jamais qu'une valeur &#233;gale &#224; la valeur qui est en lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'est-il pas &#233;trange qu'on prenne hautement la d&#233;fense du commerce agioteur et infid&#232;le, et qu'en m&#234;me temps on se r&#233;crie sur la tentative d'un monarque faux-monnayeur, qui, apr&#232;s tout, ne faisait qu'appliquer &#224; l'argent le principe fondamental de l'&#233;conomie politique, l'instabilit&#233; arbitraire des valeurs ? Que la r&#233;gie s'avise de donner 750 grammes de tabac pour un kilogramme, les &#233;conomistes crieront au vol ; &#8212; mais si la m&#234;me r&#233;gie, usant de son privil&#232;ge, augmente le prix du kilogramme de 2 fr., ils trouveront que c'est cher, mais ils n'y verront rien qui soit contraire aux principes. Quel imbroglio que l'&#233;conomie politique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc, dans la mon&#233;tisation de l'or et de l'argent, quelque chose de plus que ce qu'en ont rapport&#233; les &#233;conomistes : il y a la cons&#233;cration de la loi de proportionnalit&#233;, le premier acte de constitution des valeurs. L'humanit&#233; op&#232;re en tout par des gradations infinies : apr&#232;s avoir compris que tous les produits du travail doivent &#234;tre soumis &#224; une mesure de proportion qui les rende tous &#233;galement permutables, elle commence par donner ce caract&#232;re de permutabilit&#233; absolue &#224; un produit sp&#233;cial, qui deviendra pour elle le type et le patron de tous les autres. C'est ainsi que pour &#233;lever ses membres &#224; la libert&#233; et &#224; l'&#233;galit&#233;, elle commence par cr&#233;er des rois. Le peuple a le sentiment confus de cette marche providentielle, lorsque dans ses r&#234;ves de fortune et dans ses l&#233;gendes, il parle toujours d'or et de royaut&#233; ; et les philosophes n'ont fait que rendre hommage &#224; la raison universelle, lorsque dans leurs hom&#233;lies soi-disant morales et leurs utopies soci&#233;taires, ils tonnent avec un &#233;gal fracas contre l'or et la tyrannie. Auri sacra fames ! Maudit or ! s'&#233;crie plaisamment un communiste. Autant vaudrait dire : maudit froment, maudites vignes, maudits moutons ; car, de m&#234;me que l'or et l'argent, toute valeur commerciale doit arriver &#224; une exacte et rigoureuse d&#233;termination. L'&#339;uvre est d&#232;s longtemps commenc&#233;e : aujourd'hui elle avance &#224; vue d'&#339;il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passons &#224; d'autres consid&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un axiome g&#233;n&#233;ralement admis par les &#233;conomistes, est que tout travail doit laisser un exc&#233;dant. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette proposition est pour moi d'une v&#233;rit&#233; universelle et absolue : c'est le corollaire de la loi de proportionnalit&#233;, que l'on peut regarder comme le sommaire de toute la science &#233;conomique. Mais, j'en demande pardon aux &#233;conomistes, le principe que tout travail doit laisser un exc&#233;dant n'a pas de sens dans leur th&#233;orie, et n'est susceptible d'aucune d&#233;monstration. Comment, si l'offre et la demande sont la seule r&#232;gle des valeurs, peut-on reconna&#238;tre ce qui exc&#232;de et ce qui suffit ? Ni le prix de revient, ni le prix de vente, ni le salaire, ne pouvant &#234;tre math&#233;matiquement d&#233;termin&#233;s, comment est-il possible de concevoir un surplus, un profit ? La routine commerciale nous a donn&#233;, ainsi que le mot, l'id&#233;e du profit : et comme nous sommes politiquement &#233;gaux, on en conclut que chaque citoyen a un droit &#233;gal &#224; r&#233;aliser, dans son industrie personnelle, des b&#233;n&#233;fices. Mais les op&#233;rations du commerce sont essentiellement irr&#233;guli&#232;res, et l'on a prouv&#233; sans r&#233;plique que les b&#233;n&#233;fices du commerce ne sont qu'un pr&#233;l&#232;vement arbitraire et forc&#233; du producteur sur le consommateur, en un mot un d&#233;placement, pour ne pas dire mieux. C'est ce que l'on apercevrait bient&#244;t, s'il &#233;tait possible de comparer le chiffre total des d&#233;ficits de chaque ann&#233;e, avec le montant des b&#233;n&#233;fices. Dans le sens de l'&#233;conomie politique, le principe que tout travail doit laisser un exc&#233;dant n'est autre que la cons&#233;cration du droit constitutionnel que nous avons tous acquis par la r&#233;volution, de voler le prochain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi de proportionnalit&#233; des valeurs peut seule rendre raison de ce probl&#232;me. Je prendrai la question d'un peu haut : elle est assez grave pour que je la traite avec l'&#233;tendue qu'elle m&#233;rite. &lt;br class='autobr' /&gt;
La plupart des philosophes, comme des philologues, ne voient dans la soci&#233;t&#233; qu'un &#234;tre de raison, ou pour mieux dire un nom abstrait servant &#224; d&#233;signer une collection d'hommes. C'est un pr&#233;jug&#233; que nous avons tous re&#231;u d&#232;s l'enfance avec nos premi&#232;res le&#231;ons de grammaire, que les noms collectifs, les noms de genre et d'esp&#232;ce, ne d&#233;signent point des r&#233;alit&#233;s. Il y aurait fort &#224; dire sur ce chapitre : je me renferme dans mon sujet. Pour le v&#233;ritable &#233;conomiste, la soci&#233;t&#233; est un &#234;tre vivant, dou&#233; d'une intelligence et d'une activit&#233; propres, r&#233;gi par des lois sp&#233;ciales que l'observation seule d&#233;couvre, et dont l'existence se manisfeste, non sous une forme physique, mais par le concert et l'intime solidarit&#233; de tous ses membres. Ainsi, lorsque tout &#224; l'heure, sous l'embl&#232;me d'un dieu de la fable, nous faisions l'all&#233;gorie de la soci&#233;t&#233;, notre langage n'avait au fond rien de m&#233;taphorique : c'&#233;tait l'&#234;tre social, unit&#233; organique et synth&#233;tique, auquel nous venions de donner un nom. Aux yeux de quiconque a r&#233;fl&#233;chi sur les lois du travail et de l'&#233;change (je laisse de c&#244;t&#233; toute autre consid&#233;ration), la r&#233;alit&#233;, j'ai presque dit la personnalit&#233; de l'homme collectif, est aussi certaine que la r&#233;alit&#233; et la personnalit&#233; de l'homme individu. Toute la diff&#233;rence est que celui-ci se pr&#233;sente aux sens sous l'aspect d'un organisme dont les parties sont en coh&#233;rence mat&#233;rielle, circonstance qui n'existe pas dans la soci&#233;t&#233;. Mais l'intelligence, la spontan&#233;it&#233;, le d&#233;veloppement, la vie, tout ce qui constitue au plus haut degr&#233; la r&#233;alit&#233; de l'&#234;tre, est aussi essentiel &#224; la soci&#233;t&#233; qu'&#224; l'homme : et de l&#224; vient que le gouvernement des soci&#233;t&#233;s est science, c'est-&#224;-dire &#233;tude de rapports naturels ; et non point art, c'est-&#224;-dire bon plaisir et arbitraire. De l&#224; vient enfin que toute soci&#233;t&#233; d&#233;cline, d&#232;s qu'elle passe aux mains des id&#233;ologues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe que tout travail doit laisser un exc&#233;dant, ind&#233;montrable &#224; l'&#233;conomie politique, c'est-&#224;-dire &#224; la routine propri&#233;taire, est un de ceux qui t&#233;moignent le plus de la r&#233;alit&#233; de la personne collective : car, ainsi qu'on va voir, ce principe n'est vrai des individus que parce qu'il &#233;mane de la soci&#233;t&#233;, qui leur conf&#232;re ainsi le b&#233;n&#233;fice de ses propres lois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Venons aux faits. On a remarqu&#233; que les entreprises de chemins de fer sont beaucoup moins une source de richesse pour les entrepreneurs que pour l'&#201;tat. L'observation est juste ; et l'on aurait d&#251; ajouter qu'elle s'applique non-seulement aux chemins de fer, mais &#224; toute industrie. Mais ce ph&#233;nom&#232;ne, qui d&#233;rive essentiellement de la loi de porportionnalit&#233; des valeurs, et de l'identit&#233; absolue de la production et de la consommation, est inexplicable avec la notion ordinaire de valeur utile et valeur &#233;changeable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prix moyen du transport des marchandises par le roulage est 18 cent, par tonne et kilom&#232;tre, marchandise prise et rendue en magasin. On a calcul&#233; qu'&#224; ce prix, une entreprise ordinaire de chemin de fer n'obtiendrait pas 10 p. 100 de b&#233;n&#233;fice net, r&#233;sultat &#224; peu pr&#232;s &#233;gal &#224; celui d'une entreprise de roulage. Mais admettons que la c&#233;l&#233;rit&#233; du transport par fer soit &#224; celle du roulage de terre, toutes compensations faites, comme 4 est &#224; 1 : comme dans la soci&#233;t&#233; le temps est la valeur m&#234;me, &#224; &#233;galit&#233; de prix le chemin de fer pr&#233;sentera sur le roulage un avantage de 400 p. 100. Cependant cet avantage &#233;norme, tr&#232;s-r&#233;el pour la soci&#233;t&#233;, est bien loin de se r&#233;aliser dans la m&#234;me proportion pour le voiturier, qui, tandis qu'il fait jouir la soci&#233;t&#233; d'une mieux value de 400 p. 100, ne retire pas quant &#224; lui 10 p. 100. Supposons, en effet, pour rendre la chose encore plus sensible, que le chemin de fer porte son tarif &#224; 25 cent., celui du roulage restant &#224; 18 ; il perdra &#224; l'instant toutes ses consignations. Exp&#233;diteurs, destinataires, tout le monde reviendra &#224; la malbrouk, &#224; la patache, s'il faut. On d&#233;sertera la locomotive ; un avantage social de 500 p. 100 sera sacrifi&#233; &#224; une perte priv&#233;e de 35 p. 100.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison de cela est facile &#224; saisir : l'avantage qui r&#233;sulte de la c&#233;l&#233;rit&#233; du chemin de fer est tout social, et chaque individu n'y participe qu'en une proportion minime (n'oublions pas qu'il ne s'agit en ce moment que du transport des marchandises), tandis que la perte frappe directement et personnellement le consommateur. Un b&#233;n&#233;fice social &#233;gal &#224; 400, repr&#233;sente pour l'individu, si la soci&#233;t&#233; est compos&#233;e seulement d'un million d'hommes, quatre dix milli&#232;mes ; tandis qu'une perte de 33 p. 100 pour le consommateur supposerait un d&#233;ficit social de trente-trois millions. L'int&#233;r&#234;t priv&#233; et l'int&#233;r&#234;t collectif, si divergents au premier coup d'&#339;il, sont donc parfaitement identiques et ad&#233;quats : et cet exemple peut d&#233;j&#224; servir &#224; faire comprendre comment, dans la science &#233;conomique, tous les int&#233;r&#234;ts se concilient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi donc, pour que la soci&#233;t&#233; r&#233;alise le b&#233;n&#233;fice suppos&#233; ci-dessus, il faut de toute n&#233;cessit&#233; que le tarif du chemin de fer ne d&#233;passe pas, ou d&#233;passe de fort peu le prix du roulage. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais, pour que cette condition soit remplie, en d'autres termes, pour que le chemin de fer soit commercialement possible, il faut que la mati&#232;re transportable soit assez abondante pour couvrir au moins l'int&#233;r&#234;t du capital engag&#233;, et les frais d'entretien de la voie. Donc la premi&#232;re condition d'existence d'un chemin de fer est une forte circulation, ce qui suppose une production plus forte encore, une grande masse d'&#233;changes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais production, circulation, &#233;changes, ne sont point choses qui s'improvisent ; puis, les diverses formes du travail ne se d&#233;veloppent pas isol&#233;ment et ind&#233;pendamment l'une de l'autre : leur progr&#232;s est n&#233;cessairement li&#233;, solidaire, proportionnel. L'antagonisme peut exister entre les industriels : malgr&#233; eux, l'action sociale est une, convergente, harmonique, en un mot, personnelle. Donc enfin il est un jour marqu&#233; pour la cr&#233;ation des grands instruments de travail ; c'est celui o&#249; la consommation g&#233;n&#233;rale peut en soutenir l'emploi, c'est-&#224; dire, car toutes ces propositions se traduisent, celui o&#249; le travail ambiant peut alimenter les nouvelles machines. Anticiper l'heure marqu&#233;e par le progr&#232;s du travail, serait imiter ce fou qui, descendant de Lyon &#224; Marseille, fit appareiller pour lui seul un steamer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces points &#233;claircis, rien de plus ais&#233; que d'expliquer comment le travail doit laisser &#224; chaque producteur un exc&#233;dant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et d'abord, pour ce qui concerne la soci&#233;t&#233; : Prom&#233;th&#233;e, sortant du sein de la nature, s'&#233;veille &#224; la vie dans une inertie pleine de charme, mais qui deviendrait bient&#244;t mis&#232;re et torture s'il ne se h&#226;tait d'en sortir par le travail. Dans cette oisivet&#233; originelle, le produit de Prom&#233;th&#233;e &#233;tant nul, son bien-&#234;tre est identique &#224; celui de la brute, et peut se repr&#233;senter par z&#233;ro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prom&#233;th&#233;e se met &#224; l'&#339;uvre : et d&#232;s sa premi&#232;re journ&#233;e, premi&#232;re journ&#233;e de la seconde cr&#233;ation, le produit de Prom&#233;th&#233;e, c'est-&#224;-dire sa richesse, son bien-&#234;tre, est &#233;gal &#224; 10.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second jour, Prom&#233;th&#233;e divise son travail, et son produit devient &#233;gal &#224; 100.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me jour, et chacun des jours suivants, Prom&#233;th&#233;e invente des machines, d&#233;couvre de nouvelles utilit&#233;s dans les corps, de nouvelles forces dans la nature ; le champ de son existence s'&#233;tend du domaine sensitif &#224; la sph&#232;re du moral et de l'intelligence, et, &#224; chaque pas que fait son industrie, le chiffre de sa production s'&#233;l&#232;ve et lui d&#233;nonce un surcro&#238;t de f&#233;licit&#233;. Et puisque enfin pour lui consommer c'est produire, il est clair que chaque journ&#233;e de consommation n'emportant que le produit de la veille, laisse un exc&#233;dant de produit &#224; la journ&#233;e du lendemain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais remarquons aussi, remarquons surtout ce fait capital, c'est que le bien-&#234;tre de l'homme est en raison directe de l'intensit&#233; du travail et de la multiplicit&#233; des industries, en sorte que l'accroissement de la richesse et l'accroissement du labeur sont corr&#233;latifs et parall&#232;les.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dire maintenant que chaque individu participe &#224; ces conditions g&#233;n&#233;rales du d&#233;veloppement collectif, ce serait affirmer une v&#233;rit&#233; qui, &#224; force d'&#233;vidence, pourrait sembler niaise. Signalons plut&#244;t les deux formes g&#233;n&#233;rales de la consommation dans la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233;, de m&#234;me que l'individu, a d'abord ses objets de consommation personnelle, objets dont le temps lui fait sentir peu &#224; peu le besoin, et que ses instincts myst&#233;rieux lui commandent de cr&#233;er. Ainsi, il y eut au moyen &#226;ge, pour un grand nombre de villes, un instant d&#233;cisif o&#249; la construction d'h&#244;tels de ville et de cath&#233;drales devint une passion violente, qu'il fallut &#224; tout prix satisfaire ; l'existence de la communaut&#233; en d&#233;pendait. S&#233;curit&#233; et force, ordre public, centralisation, nationnalit&#233;, patrie, ind&#233;pendance, voil&#224; ce qui compose la vie de la soci&#233;t&#233;, l'ensemble de ses facult&#233;s mentales ; voil&#224; les sentiments qui devaient trouver leur expression et leurs insignes. Telle avait &#233;t&#233; autrefois la destination du temple de J&#233;rusalem, v&#233;ritable palladium de la nation juive ; tel &#233;tait le temple de Jupiter-Capitolin, &#224; Rome. Plus tard, apr&#232;s le palais municipal et le temple, organes pour ainsi dire de la centralisation et du progr&#232;s, vinrent les autres travaux d'utilit&#233; publique, ponts, th&#233;&#226;tres, h&#244;pitaux, routes, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les monuments d'utilit&#233; publique &#233;tant d'un usage essentiellement commun, et par cons&#233;quent gratuit, la soci&#233;t&#233; se couvre de ses avances par les avantages politiques et moraux qui r&#233;sultent de ces grands ouvrages, et qui, donnant un gage de s&#233;curit&#233; au travail et un id&#233;al aux esprits, impriment un nouvel essor &#224; l'industrie et aux arts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il on est autrement des objets de consommation domestique, qui seuls tombent dans la cat&#233;gorie de l'&#233;change : ceux-ci ne sont productibles que selon les conditions de mutualit&#233; qui en permettent la consommation, c'est-&#224;-dire le remboursement imm&#233;diat et avec b&#233;n&#233;fice aux producteurs. Ces conditions, nous les avons suffisamment d&#233;velopp&#233;es dans la th&#233;orie de proportionnalit&#233; des valeurs, que l'on pourrait nommer &#233;galement th&#233;orie de la r&#233;duction progressive des prix de revient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai d&#233;montr&#233; par la th&#233;orie et par les faits le principe que tout travail doit laisser un exc&#233;dant ; mais ce principe, aussi certain qu'une proposition d'arithm&#233;tique, est loin encore de se r&#233;aliser pour tout le monde. Tandis que par le progr&#232;s de l'industrie collective, chaque journ&#233;e de travail individuel obtient un produit de plus en plus grand, et, par une cons&#233;quence n&#233;cessaire, tandis que le travailleur, avec le m&#234;me salaire, devrait devenir tous les jours plus riche, il existe dans la soci&#233;t&#233; des &#233;tats qui profitent et d'autres qui d&#233;p&#233;rissent ; des travailleurs &#224; double, triple et centuple salaire, et d'autres en d&#233;ficit ; partout enfin des gens qui jouissent et d'autres qui souffrent, et, par une division monstrueuse des facult&#233;s industrielles, des individus qui consomment, et qui ne produisent pas. La r&#233;partition du bien-&#234;tre suit tous les mouvements de la valeur, et les reproduit, en mis&#232;re et luxe, sur des dimensions et avec une &#233;nergie effrayantes. Mais partout aussi le progr&#232;s de la richesse, c'est-&#224;-dire la proportionnalit&#233; des valeurs, est la loi dominante ; et quand les &#233;conomistes opposent aux plaintes du parti social l'accroissement progressif de la fortune publique et les adoucissements apport&#233;s &#224; la condition des classes m&#234;me les plus malheureuses, ils proclament, sans s'en douter, une v&#233;rit&#233; qui est la condamnation de leurs th&#233;ories.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car j'adjure les &#233;conomistes de s'interroger un moment dans le silence de leur c&#339;ur, loin des pr&#233;jug&#233;s qui les troublent, et sans &#233;gard aux emplois qu'ils occupent ou qu'ils attendent, aux int&#233;r&#234;ts qu'ils desservent, aux suffrages qu'ils ambitionnent, aux distinctions dont leur vanit&#233; se berce : qu'ils disent si, jusqu'&#224; ce jour, le principe que tout travail doit laisser un exc&#233;dant leur &#233;tait apparu avec cette cha&#238;ne de pr&#233;liminaires et de cons&#233;quences que nous avons soulev&#233;e ; et si par ces mots ils ont jamais con&#231;u autre chose que le droit d'agioter sur les valeurs, en man&#339;uvrant l'offre et la demande ? s'il n'est pas vrai qu'ils affirment tout &#224; la fois, d'un c&#244;t&#233; le progr&#232;s de la richesse et du bien-&#234;tre, et par cons&#233;quent la mesure des valeurs ; de l'autre, l'arbitraire des transactions commerciales et l'incommensurabilit&#233; des valeurs, c'est-&#224;-dire tout ce qu'il y a de plus contradictoire ? N'est-ce pas en vertu de cette contradiction qu'on entend sans cesse r&#233;p&#233;ter dans les cours, et qu'on lit dans les ouvrages d'&#233;conomie politique, cette hypoth&#232;se absurde : Si le prix de toutes choses &#233;tait doubl&#233; &#8230; Comme si le prix de toutes choses n'&#233;tait pas la proportion des choses, et qu'on p&#251;t doubler une proportion, un rapport, une loi ! N'est-ce pas enfin en vertu de la routine propri&#233;taire et anormale, d&#233;fendue par l'&#233;conomie politique, que chacun dans le commerce, dans l'industrie, dans les arts et dans l'&#201;tat, sous pr&#233;texte de services rendus &#224; la soci&#233;t&#233;, tend sans cesse &#224; exag&#233;rer son importance, sollicite des r&#233;compenses, des subventions, de grosses pensions, de larges honoraires : comme si la r&#233;tribution de tout service n'&#233;tait pas n&#233;cessairement fix&#233;e par le montant de ses frais ? Pourquoi les &#233;conomistes ne r&#233;pandent-ils pas de toutes leurs forces cette v&#233;rit&#233; si simple et si lumineuse : Le travail de tout homme ne peut acheter que la valeur qu'il renferme, et cette valeur est proportionnelle aux services de tous les autres travailleurs ; si, comme ils paraissent le croire, le travail de chacun doit laisser un exc&#233;dant ?&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ici se pr&#233;sente une derni&#232;re consid&#233;ration que j'exposerai en peu de mots. &lt;br class='autobr' /&gt;
J. B. Say, celui de tous les &#233;conomistes qui a le plus insist&#233; sur l'ind&#233;terminabilit&#233; absolue de la valeur, est aussi celui qui s'est donn&#233; le plus de peine pour renverser cette proposition. C'est lui qui, si je ne me trompe, est auteur de la formule : Tout produit vaut ce qu'il co&#251;te, ou, ce qui revient au m&#234;me, les produits s'ach&#232;tent avec des produits. Cet aphorisme, plein de cons&#233;quences &#233;galitaires, a &#233;t&#233; contredit depuis par d'autres &#233;conomistes ; nous examinerons tour &#224; tour l'affirmative et la n&#233;gative. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand je dis : Tout produit vaut les produits qu'il a co&#251;t&#233;s, cela signifie que tout produit est une unit&#233; collective qui, sous une forme nouvelle, groupe un certain nombre d'autres produits consomm&#233;s en des quantit&#233;s diverses. D'o&#249; il suit que les produits de l'industrie humaine sont, les uns par rapport aux autres, genres et esp&#232;ces, et qu'ils forment une s&#233;rie du simple au compos&#233;, selon le nombre et la proportion des &#233;l&#233;ments, tous &#233;quivalents entre eux, qui constituent chaque produit. Peu importe, quant &#224; pr&#233;sent, que cette s&#233;rie, ainsi que l'&#233;quivalence de ses &#233;l&#233;ments, soit plus ou moins exactement exprim&#233;e dans la pratique par l'&#233;quilibre des salaires et des fortunes : il s'agit avant tout du rapport dans les choses, de la loi &#233;conomique. Car ici, comme toujours, l'id&#233;e engendre d'abord et spontan&#233;ment le fait, lequel, reconnu ensuite par la pens&#233;e qui lui a donn&#233; l'&#234;tre, se rectifie peu &#224; peu et se d&#233;finit conform&#233;ment &#224; son principe. Le commerce, libre et concurrent, n'est qu'une longue op&#233;ration de redressement ayant pour objet de faire ressortir la proportionnalit&#233; des valeurs, en attendant que le droit civil la consacre et la prenne pour r&#232;gle de la condition des personnes. Je dis donc que le principe de Say, Tout produit vaut ce qu'il co&#251;te, indique une s&#233;rie de la production humaine, analogue aux s&#233;ries animale et v&#233;g&#233;tale, et dans laquelle les unit&#233;s &#233;l&#233;mentaires (journ&#233;es de travail) sont r&#233;put&#233;es &#233;gales. En sorte que l'&#233;conomie politique affirme d&#232;s son d&#233;but, mais par une contradiction, ce que ni Platon, ni Rousseau, ni aucun publiciste ancien ou moderne n'a cru possible, l'&#233;galit&#233; des conditions et des fortunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prom&#233;th&#233;e est tour &#224; tour laboureur, vigneron, boulanger, tisserand. Quelque m&#233;tier qu'il exerce, comme il ne travaille que pour lui-m&#234;me, il ach&#232;te ce qu'il consomme (ses produits) avec une seule et m&#234;me monnaie (ses produits), dont l'unit&#233; m&#233;trique est n&#233;cessairement sa journ&#233;e de travail. Il est vrai que le travail lui-m&#234;me est susceptible de variation : Prom&#233;th&#233;e n'est pas toujours &#233;galement dispos, et d'un moment &#224; l'autre son ardeur, sa f&#233;condit&#233;, monte et descend. Mais, comme tout ce qui est sujet &#224; varier, le travail a sa moyenne, et cela nous autorise &#224; dire qu'en somme la journ&#233;e de travail paye la journ&#233;e de travail, ni plus ni moins. Il est bien vrai, si l'on compare les produits d'une certaine &#233;poque de la vie sociale &#224; ceux d'une autre, que la cent-millionni&#232;me journ&#233;e du genre humain donnera un r&#233;sultat incomparablement sup&#233;rieur &#224; celui de la premi&#232;re ; mais c'est le cas de dire aussi que la vie de l'&#234;tre collectif, pas plus que celle de l'individu, ne peut &#234;tre scind&#233;e ; que si les jours ne se ressemblent pas, ils sont indissolublement unis, et que dans la totalit&#233; de l'existence la peine et le plaisir leur sont communs. Si donc le tailleur, pour rendre la valeur d'une journ&#233;e, consomme dix fois la journ&#233;e du tisserand, c'est comme si le tisserand donnait dix jours de sa vie pour un jour de la vie du tailleur. C'est pr&#233;cis&#233;ment ce qui arrive quand un paysan paye 12 francs &#224; un notaire pour un &#233;crit dont la r&#233;daction co&#251;te une heure ; et cette in&#233;galit&#233;, cette iniquit&#233; dans les &#233;changes, est la plus puissante cause de mis&#232;re que les socialistes aient d&#233;voil&#233;e et que les &#233;conomistes avouent tout bas, en attendant qu'un signe du ma&#238;tre leur permette de la reconna&#238;tre tout haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute erreur dans la justice commutative est une immolation du travailleur, une transfusion du sang d'un homme dans le corps d'un autre homme&#8230;&#8230; Qu'on ne s'effraie pas : je n'ai nul dessein de fulminer une irritante philippique &#224; la propri&#233;t&#233; ; j'y pense d'autant moins, que, selon mes principes, l'humanit&#233; ne se trompe jamais ; qu'en se constituant d'abord sur le droit de propri&#233;t&#233; elle n'a fait que poser un des principes de son organisation future ; et que, la pr&#233;pond&#233;rance de la propri&#233;t&#233; une fois abattue, ce qui reste &#224; faire est de ramener &#224; l'unit&#233; cette fameuse antith&#232;se. Tout ce que l'on pourrait m'objecter en faveur de la propri&#233;t&#233;, je le sais aussi bien qu'aucun de mes censeurs, &#224; qui je demande pour toute gr&#226;ce de montrer du c&#339;ur, alors que la dialectique leur fait d&#233;faut. Comment des richesses dont le travail n'est pas le module seraient-elles valables ? Et si c'est le travail qui cr&#233;e la richesse et l&#233;gitime la propri&#233;t&#233;, comment expliquer la consommation de l'oisif ? Comment un syst&#232;me de r&#233;partition dans lequel le produit vaut, selon les personnes, tant&#244;t plus, tant&#244;t moins qu'il ne co&#251;te, est-il loyal ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les id&#233;es de Say conduisaient &#224; une loi agraire ; aussi le parti conservateur s'est-il empress&#233; de protester contre elles. &#171; La premi&#232;re source de la richesse, avait dit M. Rossi, est le travail. En proclamant ce grand principe, l'&#233;cole industrielle a non-seulement mis en &#233;vidence un principe &#233;conomique, mais celui des faits sociaux qui, dans la main d'un historien habile, devient le guide le plus s&#251;r pour suivre l'esp&#232;ce humaine, dans sa marche et ses &#233;tablissements sur la face du globe. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi, apr&#232;s avoir consign&#233; dans son cours ces paroles profondes, M. Rossi a-t-il cru devoir les r&#233;tracter ensuite dans une revue, et compromettre gratuitement sa dignit&#233; de philosophe et d'&#233;conomiste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dites que la richesse n'est que le r&#233;sultat du travail ; affirmez que dans tous les cas le travail est la mesure de la valeur, le r&#233;gulateur des prix ; et pour &#233;chapper tant bien que mal aux objections que soul&#232;vent de toutes parts ces doctrines, les unes incompl&#232;tes, les autres absolues, vous serez amen&#233;s bon gr&#233; mal gr&#233; &#224; g&#233;n&#233;raliser la notion du travail, et &#224; substituer &#224; l'analyse une synth&#232;se parfaitement erron&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je regrette qu'un homme tel que M. Rossi me sugg&#232;re une si triste pens&#233;e ; mais en lisant le passage que je viens de rapporter, je n'ai pu m'emp&#234;cher de dire : La science et la v&#233;rit&#233; ne sont plus rien ; ce que l'on adore maintenant, c'est la boutique, et apr&#232;s la boutique, le constitutionnalisme d&#233;sesp&#233;r&#233; qui la repr&#233;sente. &#192; qui donc M. Rossi pense-t-il s'adresser ? Veut-il du travail ou d'autre chose ? de l'analyse ou de la synth&#232;se ? Veut-il toutes ces choses &#224; la fois ? Qu'il choisisse, car la conclusion est in&#233;vitable contre lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le travail est la source de toute richesse, si c'est le guide le plus s&#251;r pour suivre l'histoire des &#233;tablissements humains sur la face du globe, comment l'&#233;galit&#233; de r&#233;partition, l'&#233;galit&#233; selon la mesure du travail, ne serait-elle pas une loi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, au contraire, il est des richesses qui ne viennent pas du travail, comment la possession de ces richesses est-elle un privil&#232;ge ? Quelle est la l&#233;gitimit&#233; du monopole ? Qu'on expose donc, une fois, cette th&#233;orie du droit de consommation improductive, cette jurisprudence du bon plaisir, cette religion de l'oisivet&#233;, pr&#233;rogative sacr&#233;e d'une caste d'&#233;lus !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que signifie maintenant cet appel &#224; l'analyse des faux jugements de la synth&#232;se ? ces termes de m&#233;taphysique ne sont bons qu'&#224; endoctriner les niais, qui ne se doutent pas que la m&#234;me proposition peut &#234;tre rendue indiff&#233;remment et &#224; volont&#233;, analytique ou synth&#233;tique. &#8212; Le travail est le principe de la valeur et la source de la richesse : proposition analytique, telle que M. Rossi la veut, puisque cette proposition est le r&#233;sum&#233; d'une analyse, dans laquelle on d&#233;montre qu'il y a identit&#233; entre la notion primitive de travail et les notions subs&#233;quentes de produit, valeur, capital, richesse, etc. Cependant nous voyons que M. Rossi rejette la doctrine qui r&#233;sulte de cette analyse. &#8212; Le travail, le capital et la terre, sont les sources de la richesse. Proposition synth&#233;tique, telle pr&#233;cis&#233;ment que M. Rossi n'en veut pas ; en effet, la richesse est ici consid&#233;r&#233;e comme notion g&#233;n&#233;rale, qui se produisit sous trois esp&#232;ces distinctes, mais non identiques. Et pourtant la doctrine, ainsi formul&#233;e, est celle qui a la pr&#233;f&#233;rence de M. Rossi. Pla&#238;t-il maintenant &#224; M. Rossi que nous rendions sa th&#233;orie du monopole analytique, et la n&#244;tre du travail synth&#233;tique ? Je puis lui donner cette satisfaction&#8230;. Mais je rougirais, avec un homme aussi grave, de prolonger un tel badinage. M. Rossi sait mieux que personne que l'analyse et la synth&#232;se ne prouvent par elles-m&#234;mes absolument rien, et que ce qui importe, comme disait Bacon, c'est de faire des comparaisons exactes et des d&#233;nombrements complets. &lt;br class='autobr' /&gt;
Puisque M. Rossi &#233;tait en verve d'abstractions, que ne disait-il &#224; cette phalange d'&#233;conomistes qui recueillent avec tant de respect les moindres paroles tomb&#233;es de sa bouche : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le capital est la mati&#232;re de la richesse, comme l'argent est la mati&#232;re de la monnaie, comme le bl&#233; est la mati&#232;re du pain, et, en remontant la s&#233;rie jusqu'au bout, comme la terre, l'eau, le feu, l'atmosph&#232;re, sont la mati&#232;re de tous nos produits. Mais c'est le travail, le travail seul, qui cr&#233;e successivement chaque utilit&#233; donn&#233;e &#224; ces mati&#232;res, et qui cons&#233;quemment les transforme en capitaux et en richesses. Le capital est du travail, c'est-&#224;-dire de l'intelligence et de la vie r&#233;alis&#233;es : comme les animaux et les plantes sont des r&#233;alisations de l'&#226;me universelle ; comme les chefs-d'&#339;uvre d'Hom&#232;re, de Rapha&#235;l et de Rossini, sont l'expression de leurs id&#233;es et de leurs sentiments. La valeur est la proportion suivant laquelle toutes les r&#233;alisations de l'&#226;me humaine doivent se balancer pour produire un tout harmonique, qui, &#233;tant richesse, engendre pour nous le bien-&#234;tre, ou plut&#244;t est le signe, non l'objet, de notre f&#233;licit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#187; La proposition, il n'y a pas de mesure de la valeur, est illogique et contradictoire ; cela r&#233;sulte des motifs m&#234;me sur lesquels on a pr&#233;tendu l'&#233;tablir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#187; La proposition, le travail est le principe de proportionnalit&#233; des valeurs, non-seulement est vraie, parce qu'elle r&#233;sulte d'une irr&#233;fragable analyse, mais elle est le but du progr&#232;s, la condition et la forme du bien-&#234;tre social, le commencement et la fin de l'&#233;conomie politique. De cette proposition et de ses corollaires, tout produit vaut ce qu'il co&#251;te, et les produits s'ach&#232;tent avec des produits, se d&#233;duit le dogme de l'&#233;galit&#233; des conditions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#187; L'id&#233;e de valeur socialement constitu&#233;e, ou de proportionnalit&#233; des produits, sert &#224; expliquer en outre : a) comment une invention m&#233;canique, nonobstant le privil&#232;ge qu'elle cr&#233;e temporairement et les perturbations qu'elle occasionne, produit toujours &#224; la fin une am&#233;lioration g&#233;n&#233;rale ; &#8212; b) comment la d&#233;couverte d'un proc&#233;d&#233; &#233;conomique ne peut jamais valoir &#224; l'inventeur un profit &#233;gal &#224; celui qu'il procure &#224; la soci&#233;t&#233; ; &#8212; c) comment, par une s&#233;rie d'oscillations entre l'offre et la demande, la valeur de chaque produit tend constamment &#224; se mettre de niveau avec le prix de revient et avec les besoins de la consommation, et par cons&#233;quent &#224; s'&#233;tablir d'une mani&#232;re fixe et positive ; &#8212; d) comment la production collective augmentant incessamment la masse des choses consommables, et cons&#233;quemment la journ&#233;e de travail &#233;tant de mieux en mieux pay&#233;e, le travail doit laisser &#224; chaque producteur un exc&#233;dant ; &#8212; e) comment le labeur', loin de diminuer par le progr&#232;s industriel, augmente incessamment en quantit&#233; et qualit&#233;, c'est-&#224;-dire en intensit&#233; et difficult&#233; pour toutes les industries ; &#8212; f) comment la valeur sociale &#233;limine continuiellement les valeurs fictives, en d'autres termes, comment l'industrie op&#232;re la socialisation du capital et de la propri&#233;t&#233; ; &#8212; g) enfin, comment la r&#233;partition des produits se r&#233;gularisant &#224; fur et mesure de la garantie mutuelle, produite par la constitution des valeurs, pousse la soci&#233;t&#233; &#224; l'&#233;galit&#233; des conditions et des fortunes. &lt;br class='autobr' /&gt; &#187; Enfin, la th&#233;orie de la constitution successive de toutes les valeurs commerciales impliquant un progr&#232;s &#224; l'infini du travail, de la richesse et du bien-&#234;tre, la destin&#233;e sociale, au point de vue &#233;conomique, nous est r&#233;v&#233;l&#233;e : Produire incessamment, avec la moindre somme possible de travail pour chaque produit, la plus grande quantit&#233; et la plus grande vari&#233;t&#233; possibles de valeurs, de mani&#232;re &#224; r&#233;aliser pour chaque individu la plus grande somme de bien-&#234;tre physique, moral et intellectuel, et pour l'esp&#232;ce, la plus haute perfection, et une gloire infinie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant que nous avons d&#233;termin&#233;, non sans peine, le sens de la question propos&#233;e par l'Acad&#233;mie des sciences morales, touchant les oscillations du profit et du salaire, il est temps d'aborder la partie essentielle de notre t&#226;che. Partout o&#249; le travail n'a point &#233;t&#233; socialis&#233;, c'est-&#224;-dire partout o&#249; la valeur ne s'est pas d&#233;termin&#233;e synth&#233;tiquement, il y a perturbation et d&#233;loyaut&#233; dans les &#233;changes, guerre de ruses et d'embuscades, emp&#234;chement &#224; la production, &#224; la circulation et &#224; la consommation, labeur improductif, absence de garanties, spoliation, insolidarit&#233;, indigence et luxe, mais en m&#234;me temps effort du g&#233;nie social pour conqu&#233;rir la justice, et tendance constante vers l'association et l'ordre. L'&#233;conomie politique n'est autre chose que l'histoire de cette grande lutte. D'une part, en effet, l'&#233;conomie politique, en tant qu'elle consacre et pr&#233;tend &#233;terniser les anomalies de la valeur et les pr&#233;rogatives de l'&#233;go&#239;sme, est v&#233;ritablement la th&#233;orie du malheur et l'organisation de la mis&#232;re ; mais en tant qu'elle expose les moyens invent&#233;s par la civilisation pour vaincre le paup&#233;risme, bien que ces moyens aient constamment tourn&#233; &#224; l'avantage exclusif du monopole, l'&#233;conomie politique est le pr&#233;ambule de l'organisation de la richesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il importe donc de reprendre l'&#233;tude des faits et des routines &#233;conomiques, d'en d&#233;gager l'esprit et d'en formuler la philosophie. Sans cela, nulle intelligence de la marche des soci&#233;t&#233;s ne peut &#234;tre acquise, nulle r&#233;forme essay&#233;e. L'erreur du socialisme a &#233;t&#233; jusqu'ici de perp&#233;tuer la r&#234;verie religieuse en se lan&#231;ant dans un avenir fantastique, au lieu de saisir la r&#233;alit&#233; qui l'&#233;crase ; comme le tort des &#233;conomistes est de voir dans chaque fait accompli un arr&#234;t de proscription contre toute hypoth&#232;se de changement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi, ce n'est point ainsi que je con&#231;ois la science &#233;conomique, la v&#233;ritable science sociale. Au lieu de r&#233;pondre par des &#224; priori aux redoutables probl&#232;mes de l'organisation du travail et de la r&#233;partition des richesses, j'interrogerai l'&#233;conomie politique comme la d&#233;positaire des pens&#233;es secr&#232;tes de l'humanit&#233;, je ferai parler les faits selon l'ordre de leur g&#233;n&#233;ration, et raconterai, sans y mettre du mien, leurs t&#233;moignages. Ce sera tout &#224; la fois une triomphante et lamentable histoire, o&#249; les personnages seront des id&#233;es, les &#233;pisodes des th&#233;ories, et les dates des formules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sources :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Syst%C3%A8me_des_contradictions_%C3%A9conomiques_ou_Philosophie_de_la_mis%C3%A8re/Chapitre_01&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Syst%C3%A8me_des_contradictions_%C3%A9conomiques_ou_Philosophie_de_la_mis%C3%A8re/Chapitre_01&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Syst%C3%A8me_des_contradictions_%C3%A9conomiques_ou_Philosophie_de_la_mis%C3%A8re/Chapitre_02&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Syst%C3%A8me_des_contradictions_%C3%A9conomiques_ou_Philosophie_de_la_mis%C3%A8re/Chapitre_02&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Syst%C3%A8me_des_contradictions_%C3%A9conomiques_ou_Philosophie_de_la_mis%C3%A8re&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Syst%C3%A8me_des_contradictions_%C3%A9conomiques_ou_Philosophie_de_la_mis%C3%A8re&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mis&#232;re de la philosophie &#187;, la r&#233;ponse de Karl Marx&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I : Une d&#233;couverte scientifique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Opposition de la valeur d'utilit&#233; et de la valeur d'&#233;change&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La capacit&#233; qu'ont tous les produits, soit naturels, soit industriels, de servir &#224; la subsistance de l'homme, se nomme particuli&#232;rement valeur d'utilit&#233; ; la capacit&#233; qu'ils ont de se donner l'un pour l'autre, valeur en &#233;change... Comment la valeur d'utilit&#233; devient-elle valeur en &#233;change ?... La g&#233;n&#233;ration de l'id&#233;e de la valeur (en &#233;change) n'a pas &#233;t&#233; not&#233;e par les &#233;conomistes avec assez de soin : il importe de nous y arr&#234;ter. Puis donc que, parmi les objets dont j'ai besoin, un tr&#232;s grand nombre ne se trouve dans la nature qu'en une quantit&#233; m&#233;diocre, ou m&#234;me ne se trouve pas du tout, je suis forc&#233; d'aider &#224; la production de ce qui me manque, et comme je ne puis mettre la main &#224; tant de choses, je proposerai &#224; d'autres hommes, mes collaborateurs dans des fonctions diverses, de me c&#233;der une partie de leurs produits en &#233;change du mien &#187; [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Proudhon se propose de nous expliquer avant tout la double nature de la valeur, la &#8220; distinction dans la valeur &#8221;, le mouvement qui fait de la valeur d'utilit&#233; la valeur d'&#233;change. Il importe de nous arr&#234;ter avec M. Proudhon &#224; cet acte de transsubstantiation. Voici comment cet acte s'accomplit d'apr&#232;s notre auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tr&#232;s grand nombre de produits ne se trouvent pas dans la nature, ils se trouvent au bout de l'industrie. Supposez que les besoins d&#233;passent la production spontan&#233;e de la nature, l'homme est forc&#233; de recourir &#224; la production industrielle. Qu'est-ce que cette industrie, dans la supposition de M. Proudhon ? Quelle en est l'origine ? Un seul homme &#233;prouvant le besoin d'un tr&#232;s grand nombre de choses &#8220; ne peut mettre la main &#224; tant de choses &#8221;. Tant de besoins &#224; satisfaire supposent tant de choses &#224; produire - il n'y a pas de produits sans production - tant de choses &#224; produire ne supposent d&#233;j&#224; plus la main d'un seul homme aidant &#224; les produire. Or, du moment que vous supposez plus d'une main aidant &#224; la production, vous avez d&#233;j&#224; suppos&#233; toute une production, bas&#233;e sur la division du travail. Ainsi le besoin, tel que M. Proudhon le suppose, suppose lui-m&#234;me toute la division du travail. En supposant la division du travail, vous avez l'&#233;change et cons&#233;quemment la valeur d'&#233;change. Autant aurait valu supposer de prime abord la valeur d'&#233;change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais M. Proudhon a mieux aim&#233; faire le tour. Suivons-le dans tous ses d&#233;tours, pour revenir toujours &#224; son point de d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sortir de l'&#233;tat de choses o&#249; chacun produit en solitaire, et pour arriver &#224; l'&#233;change, &#8220; je m'adresse &#8221;, dit M. Proudhon, &#8220; &#224; mes collaborateurs dans des fonctions diverses &#8221;. Donc, moi, j'ai des collaborateurs, qui tous ont des fonctions diverses, sans que pour cela moi et tous les autres, toujours d'apr&#232;s la supposition de M. Proudhon, nous soyons sortis de la position solitaire et peu sociale des Robinson. Les collaborateurs et les fonctions diverses, la division du travail, et l'&#233;change qu'elle implique, sont tout trouv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sumons : j'ai des besoins fond&#233;s sur la division du travail et sur l'&#233;change. En supposant ces besoins, M. Proudhon se trouve avoir suppos&#233; l'&#233;change, la valeur d'&#233;change, dont il se propose pr&#233;cis&#233;ment de &#8220; noter la g&#233;n&#233;ration avec plus de soin que les autres &#233;conomistes &#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Proudhon aurait pu tout aussi bien intervertir l'ordre des choses, sans intervertir pour cela la justesse de ses conclusions. Pour expliquer la valeur en &#233;change, il faut l'&#233;change. Pour expliquer l'&#233;change, il faut la division du travail. Pour expliquer la division du travail, il faut des besoins qui n&#233;cessitent la division du travail. Pour expliquer ces besoins, il faut les &#8220; supposer &#8221;, ce qui n'est pas les nier, contrairement au premier axiome du prologue de M. Proudhon : &#8220; Supposer Dieu c'est le nier [2]. &#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment M. Proudhon, pour lequel la division du travail est suppos&#233;e connue, s'y prend-il pour expliquer la valeur d'&#233;change, qui pour lui est toujours l'inconnu ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8220; Un homme &#8221; s'en va &#8220; proposer &#224; d'autres hommes, ses collaborateurs dans des fonctions diverses &#8221;, d'&#233;tablir l'&#233;change et de faire une distinction entre la valeur usuelle et la valeur &#233;changeable. En acceptant cette distinction propos&#233;e, les collaborateurs n'ont laiss&#233; &#224; M. Proudhon d'autre &#8220; soin &#8221; que de prendre acte du fait, de marquer, &#8220; de noter &#8221; dans son trait&#233; d'&#233;conomie politique la &#8220; g&#233;n&#233;ration de l'id&#233;e de la valeur &#8221;. Mais il nous doit toujours, &#224; nous, d'expliquer la &#8220; g&#233;n&#233;ration &#8221; de cette proposition, de nous dire enfin comment ce seul homme, ce Robinson, a eu tout &#224; coup l'id&#233;e de faire &#8220; &#224; ses collaborateurs &#8221; une proposition du genre connu et comment ces collaborateurs l'ont accept&#233;e sans protestation aucune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Proudhon n'entre pas dans ces d&#233;tails g&#233;n&#233;alogiques. Il donne simplement au fait de l'&#233;change une mani&#232;re de cachet historique en le pr&#233;sentant sous la forme d'une motion, qu'un tiers aurait faite, tendant &#224; &#233;tablir l'&#233;change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; un &#233;chantillon de &#8220; la m&#233;thode historique et descriptive &#8221; de M. Proudhon, qui professe un d&#233;dain superbe pour la &#8220; m&#233;thode historique et descriptive &#8221; des Adam Smith et des Ricardo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;change a son histoire &#224; lui. Il a pass&#233; par diff&#233;rentes phases.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fut un temps, comme au moyen-&#226;ge, o&#249; l'on n'&#233;changeait que le superflu, l'exc&#233;dent de la production sur la consommation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fut encore un temps o&#249; non seulement le superflu, mais tous les produits, toute l'existence industrielle &#233;tait pass&#233;e dans le commerce, o&#249; la production tout enti&#232;re d&#233;pendait de l'&#233;change. Comment expliquer cette deuxi&#232;me phase de l'&#233;change - la valeur v&#233;nale &#224; sa deuxi&#232;me puissance ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Proudhon aurait une r&#233;ponse toute pr&#234;te : mettez qu'un homme ait &#8220; propos&#233; &#224; d'autres hommes, ses collaborateurs dans des fonctions diverses &#8221;, d'&#233;lever la valeur v&#233;nale &#224; sa deuxi&#232;me puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vint enfin un temps o&#249; tout ce que les hommes avaient regard&#233; comme inali&#233;nable devint objet d'&#233;change, de trafic et pouvait s'ali&#233;ner. C'est le temps o&#249; les choses m&#234;mes qui jusqu'alors &#233;taient communiqu&#233;es, mais jamais &#233;chang&#233;es ; donn&#233;es mais jamais vendues ; acquises, mais jamais achet&#233;es - vertu, amour, opinion, science, conscience, etc., - o&#249; tout enfin passa dans le commerce. C'est le temps de la corruption g&#233;n&#233;rale, de la v&#233;nalit&#233; universelle, ou, pour parler en termes d'&#233;conomie politique, le temps o&#249; toute chose, morale ou physique, &#233;tant devenue valeur v&#233;nale, est port&#233;e au march&#233; pour &#234;tre appr&#233;ci&#233;e &#224; sa plus juste valeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment expliquer encore cette nouvelle et derni&#232;re phase de l'&#233;change - la valeur v&#233;nale &#224; sa troisi&#232;me puissance ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Proudhon aurait une r&#233;ponse toute pr&#234;te : Mettez qu'une personne ait &#8220; propos&#233; &#224; d'autres personnes, ses collaborateurs dans des fonctions diverses &#8221;, de faire de la vertu, de l'amour, etc., une valeur v&#233;nale, d'&#233;lever la valeur d'&#233;change &#224; sa troisi&#232;me et derni&#232;re puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le voit, la &#8220; m&#233;thode historique et descriptive &#8221; de M. Proudhon est bonne &#224; tout, elle r&#233;pond &#224; tout, elle explique tout. S'agit-il surtout d'expliquer historiquement la &#8220; g&#233;n&#233;ration d'une id&#233;e &#233;conomique &#8221;, il suppose un homme qui propose &#224; d'autres hommes, ses collaborateurs dans des fonctions diverses, d'accomplir cet acte de g&#233;n&#233;ration, et tout est dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais, nous acceptons la &#8220; g&#233;n&#233;ration &#8221; de la valeur d'&#233;change comme un acte accompli ; il ne reste maintenant qu'&#224; exposer le rapport de la valeur d'&#233;change &#224; la valeur d'utilit&#233;. &#201;coutons M. Proudhon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;conomistes ont tr&#232;s bien fait ressortir le double caract&#232;re de la valeur ; mais ce qu'ils n'ont pas rendu avec la m&#234;me nettet&#233;, c'est sa nature contradictoire ; ici commence notre critique... C'est peu d'avoir signal&#233; dans la valeur utile et dans la valeur &#233;changeable cet &#233;tonnant contraste, o&#249; les &#233;conomistes sont accoutum&#233;s &#224; ne voir rien que de tr&#232;s simple : il faut montrer que cette pr&#233;tendue simplicit&#233; cache un myst&#232;re profond que notre devoir est de p&#233;n&#233;trer... En termes techniques, la valeur utile et la valeur &#233;changeable sont en raison inverse l'une de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous avons bien saisi la pens&#233;e de M. Proudhon, voici les quatre points qu'il se propose d'&#233;tablir :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La valeur utile et la valeur &#233;changeable forment un &#8220; contraste &#233;tonnant &#8221;, se font opposition ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. La valeur utile et la valeur &#233;changeable sont en raison inverse l'une de l'autre, en contradiction ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Les &#233;conomistes n'ont ni vu ni connu l'opposition ni la contradiction ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. La critique de M. Proudhon commence par la fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous aussi nous commencerons par la fin, et pour disculper les &#233;conomistes des accusations de M. Proudhon, nous laisserons parler deux &#233;conomistes assez importants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sismondi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'opposition entre la valeur usuelle et la valeur &#233;changeable &#224; laquelle le commerce a r&#233;duit toute chose, etc. [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lauderdale :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En g&#233;n&#233;ral, la richesse nationale [la valeur utile] diminue &#224; proportion que les fortunes individuelles s'accroissent par l'augmentation de la valeur v&#233;nale ; et &#224; mesure que celles-ci se r&#233;duisent par la diminution de cette valeur, la premi&#232;re augmente g&#233;n&#233;ralement [4].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sismondi a fond&#233; sur l'opposition entre la valeur usuelle et la valeur &#233;changeable, sa principale doctrine, d'apr&#232;s laquelle la diminution du revenu est proportionnelle &#224; l'accroissement de la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lauderdale a fond&#233; son syst&#232;me sur la raison inverse des deux esp&#232;ces de valeur et sa doctrine &#233;tait m&#234;me tellement populaire du temps de Ricardo, que celui-ci pouvait en parler comme d'une chose g&#233;n&#233;ralement connue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en confondant les id&#233;es de la valeur v&#233;nale et des richesses (valeur utile) qu'on a pr&#233;tendu qu'en diminuant la quantit&#233; des choses n&#233;cessaires, utiles ou agr&#233;ables &#224; la vie, on pouvait augmenter les richesses [5].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous venons de voir que les &#233;conomistes, avant M. Proudhon, ont &#8220; signal&#233; &#8221; le myst&#232;re profond d'opposition et de contradiction. Voyons maintenant comment M. Proudhon explique &#224; son tour ce myst&#232;re apr&#232;s les &#233;conomistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La valeur &#233;changeable d'un produit baisse &#224; mesure que l'offre va croissant, la demande restant la m&#234;me ; en d'autres termes : plus un produit est abondant relativement &#224; la demande, plus sa valeur &#233;changeable ou son prix est bas. Vice-versa : plus l'offre est faible relativement &#224; la demande, plus la valeur &#233;changeable ou le prix du produit offert hausse ; en d'autres termes, plus il y a raret&#233; des produits offerts relativement &#224; la demande, plus il y a chert&#233;. La valeur d'&#233;change d'un produit d&#233;pend de son abondance ou de sa raret&#233;, mais toujours par rapport &#224; la demande. Supposez un produit plus que rare, unique dans son genre, je le veux bien : ce produit unique sera plus qu'abondant, il sera superflu, s'il n'est pas demand&#233;. En revanche, supposez un produit multipli&#233; &#224; millions : il sera toujours rare, s'il ne suffit pas &#224; la demande, c'est-&#224;-dire s'il est trop demand&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont l&#224; de ces v&#233;rit&#233;s, nous dirons presque banales, et qu'il a fallu cependant reproduire ici pour faire comprendre les myst&#232;res de M. Proudhon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tellement qu'en suivant le principe jusqu'aux derni&#232;res cons&#233;quences on arriverait &#224; conclure, le plus logiquement du monde, que les choses dont l'usage est n&#233;cessaire et la quantit&#233; infinie, doivent &#234;tre pour rien, et celles dont l'utilit&#233; est nulle et la raret&#233; extr&#234;me, d'un prix inestimable. Pour comble d'embarras, la pratique n'admet point ces extr&#234;mes : d'un c&#244;t&#233;, aucun produit humain ne saurait jamais atteindre l'infini en grandeur ; de l'autre, les choses les plus rares ont besoin &#224; un degr&#233; quelconque d'&#234;tre utiles, Sans quoi elles ne seraient susceptibles d'aucune valeur. La valeur utile et la valeur &#233;changeable restent donc fatalement encha&#238;n&#233;es l'une &#224; l'autre, bien que par leur nature elles tendent continuellement &#224; s'exclure [6].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qui met le comble &#224; l'embarras de M. Proudhon ? C'est qu'il a tout simplement oubli&#233; la demande, et qu'une chose ne saurait &#234;tre rare ou abondante qu'autant qu'elle est demand&#233;e. Une fois la demande mise de c&#244;t&#233;, il assimile la valeur &#233;changeable &#224; la raret&#233; et la valeur utile &#224; l'abondance. Effectivement, en disant que les choses &#8220; dont l'utilit&#233; est nulle et la raret&#233; extr&#234;me &#8221; sont &#8220; d'un prix inestimable &#8221;, il dit tout simplement que la valeur en &#233;change n'est que la raret&#233;. &#8220; Raret&#233; extr&#234;me et utilit&#233; nulle &#8221;, c'est la raret&#233; pure. &#8220; Prix inestimable &#8221;, c'est le maximum de la valeur &#233;changeable, c'est la valeur &#233;changeable toute pure. Ces deux termes, il les met en &#233;quation. Donc, valeur &#233;changeable et raret&#233; sont des termes &#233;quivalents. En arrivant &#224; ces pr&#233;tendues &#8220; cons&#233;quences extr&#234;mes &#8221;, M. Proudhon se trouve en effet avoir pouss&#233; &#224; l'extr&#234;me, non, pas les choses, mais les termes qui les expriment, et en cela il fait preuve de rh&#233;torique bien plus que de logique. Il retrouve ses hypoth&#232;ses premi&#232;res dans toute leur nudit&#233;, quand il croit avoir trouv&#233; de nouvelles cons&#233;quences. Gr&#226;ce au m&#234;me proc&#233;d&#233;, il r&#233;ussit &#224; identifier la valeur utile avec l'abondance pure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir mis en &#233;quation la valeur &#233;changeable et la raret&#233;, la valeur utile et l'abondance, M. Proudhon est tout &#233;tonn&#233; de ne trouver ni la valeur utile dans la raret&#233; et la valeur &#233;changeable, ni la valeur &#233;changeable dans l'abondance et la valeur utile ; et en voyant que la pratique n'admet point ces extr&#234;mes il ne peut plus faire autrement que de croire au myst&#232;re. Il y a pour lui prix inestimable, parce qu'il n'y a pas d'acheteurs, et il n'en trouvera jamais, tant qu'il fait abstraction de, la demande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233;, l'abondance de M. Proudhon semble &#234;tre quelque chose de spontan&#233;. Il oublie tout &#224; fait qu'il y a des gens qui la produisent, et qu'il est de l'int&#233;r&#234;t de ceux-ci de ne jamais perdre de vue la demande. Sinon, comment M. Proudhon aurait-il pu dire que les choses qui sont tr&#232;s utiles doivent &#234;tre &#224; tr&#232;s bas prix ou m&#234;me ne co&#251;ter rien ? Il lui aurait fallu conclure, au contraire, qu'il faut restreindre l'abondance, la production des choses tr&#232;s utiles, si l'on veut en &#233;lever le prix, la valeur d'&#233;change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les anciens vignerons de France, en sollicitant une loi qui interdisait la plantation de nouvelles vignes ; les Hollandais, en br&#251;lant les &#233;pices de l'Asie, en d&#233;racinant les girofliers dans les Moluques, voulaient tout simplement r&#233;duire l'abondance pour &#233;lever la valeur d'&#233;change. Tout le moyen-&#226;ge, en limitant par des lois le nombre des compagnons qu'un seul ma&#238;tre pouvait occuper, en limitant le nombre des instruments qu'il pouvait employer, agissait d'apr&#232;s ce m&#234;me principe. (Voir Anderson : Histoire du commerce.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir repr&#233;sent&#233; l'abondance comme la valeur utile, et la raret&#233; comme la valeur &#233;changeable, - rien de plus facile que de d&#233;montrer que l'abondance et la raret&#233; sont en raison inverse - M. Proudhon identifie la valeur utile &#224; l'offre et la valeur &#233;changeable &#224; la demande. Pour rendre l'antith&#232;se encore plus tranch&#233;e, il fait une substitution de termes en mettant &#8220; valeur d'opinion &#8221; &#224; la place de valeur &#233;changeable. Voil&#224; donc que la lutte a chang&#233; de terrain, et nous avons d'un c&#244;t&#233; l'utilit&#233; (la valeur en usage, l'offre), de l'autre l'opinion (la valeur &#233;changeable, la demande).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux puissances oppos&#233;es l'une &#224; l'autre, qui les conciliera ? Comment faire pour les mettre d'accord ? Pourrait-on seulement &#233;tablir entre elles un point de comparaison ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, s'&#233;crie M. Proudhon, il y en a un ; c'est l'arbitraire. Le prix qui r&#233;sultera de cette lutte entre l'offre et la demande, entre l'utilit&#233; et l'opinion, ne sera pas l'expression de la justice &#233;ternelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Proudhon continue &#224; d&#233;velopper cette antith&#232;se :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En ma qualit&#233; d'acheteur libre, je suis juge de mon besoin, juge de la convenance de l'objet, du prix que je veux y mettre. D'autre part, en votre qualit&#233; de producteur libre, vous &#234;tes ma&#238;tre des moyens d'ex&#233;cution, et, en cons&#233;quence, vous avez la facult&#233; de r&#233;duire vos frais &#187; [7].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et comme la demande ou la valeur en &#233;change est identique avec l'opinion, M. Proudhon est amen&#233; &#224; dire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il est prouv&#233; que c'est le libre arbitre de l'homme qui donne lieu &#224; l'opposition entre la valeur utile et la valeur en &#233;change. Comment r&#233;soudre cette opposition tant que subsistera le libre arbitre ? Et comment sacrifier celui-ci, &#224; moins de sacrifier l'homme &#187; [8] ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, il n'y a pas de r&#233;sultat possible. Il y a une lutte entre deux puissances pour ainsi dire incommensurables, entre l'utile et l'opinion, entre l'acheteur libre et le producteur libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons les choses d'un peu plus pr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'offre ne repr&#233;sente pas exclusivement l'utilit&#233;, la demande ne repr&#233;sente pas exclusivement l'opinion. Celui qui demande n'offre-t-il pas aussi un produit quelconque ou le signe repr&#233;sentatif de tous les produits, l'argent, et en offrant ne repr&#233;sente-t-il pas, d'apr&#232;s M. Proudhon, l'utilit&#233; ou la valeur en usage ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233;, celui qui offre ne demande-t-il pas aussi un produit quelconque ou le signe repr&#233;sentatif de tous les produits, de l'argent ? Et ne devient-il pas ainsi le repr&#233;sentant de l'opinion, de la valeur d'opinion ou de la valeur en &#233;change ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La demande est en m&#234;me temps une offre, l'offre est en m&#234;me temps une demande. Ainsi l'antith&#232;se de M. Proudhon, en identifiant simplement l'offre et la demande, l'une &#224; l'utilit&#233;, l'autre &#224; l'opinion, ne repose que sur une abstraction futile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que M. Proudhon appelle valeur utile, d'autres &#233;conomistes l'appellent avec autant de raison valeur d'opinion. Nous ne citerons que Storch [9].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon lui, on appelle besoins les choses dont nous sentons le besoin ; on appelle valeurs les choses auxquelles nous attribuons de la valeur. La plupart des choses ont seulement de la valeur parce qu'elles satisfont aux besoins engendr&#233;s par l'opinion. L'opinion sur nos besoins peut changer, donc l'utilit&#233; des choses, qui n'exprime qu'un rapport de ces choses &#224; nos besoins, peut changer aussi. Les besoins naturels eux-m&#234;mes changent continuellement. Quelle vari&#233;t&#233; n'y a-t-il pas, en effet, dans les objets qui servent de nourriture principale chez les diff&#233;rents peuples !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte ne s'&#233;tablit pas entre l'utilit&#233; et l'opinion : elle s'&#233;tablit entre la valeur v&#233;nale que demande l'offreur, et la valeur v&#233;nale qu'offre le demandeur. La valeur &#233;changeable du produit est chaque fois la r&#233;sultante de ces appr&#233;ciations contradictoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En derni&#232;re analyse, l'offre et la demande mettent en pr&#233;sence la production et la consommation, mais la production et la consommation fond&#233;es sur les &#233;changes individuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le produit qu'on offre n'est pas l'utile en lui-m&#234;me. C'est le consommateur qui en constate l'utilit&#233;. Et lors m&#234;me qu'on lui reconna&#238;t la qualit&#233; d'&#234;tre utile, il n'est pas exclusivement l'utile. Dans le cours de la production il a &#233;t&#233; &#233;chang&#233; contre tous les frais de production, tels que les mati&#232;res premi&#232;res, les salaires des ouvriers, etc., toutes choses qui sont valeurs v&#233;nales. Donc le produit repr&#233;sente, aux yeux du producteur, une somme de valeurs v&#233;nales. Ce qu'il offre, ce n'est pas seulement un objet utile, mais encore et surtout une valeur v&#233;nale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la demande, elle ne sera effective qu'&#224; la condition d'avoir &#224; sa disposition des moyens d'&#233;change. Ces moyens eux-m&#234;mes sont des produits, des valeurs v&#233;nales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans l'offre et la demande nous trouvons donc d'un c&#244;t&#233; un produit qui a co&#251;t&#233; des valeurs v&#233;nales, et le besoin de vendre ; de l'autre, des moyens qui ont co&#251;t&#233; des valeurs v&#233;nales, et le d&#233;sir d'acheter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Proudhon oppose l'acheteur libre au producteur libre. Il donne &#224; l'un et &#224; l'autre des qualit&#233;s purement m&#233;taphysiques. C'est ce qui lui fait dire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est prouv&#233; que c'est le libre arbitre de l'homme qui donne lieu &#224; l'opposition entre la valeur utile et la valeur en &#233;change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le producteur, du moment qu'il a produit dans une soci&#233;t&#233; fond&#233;e sur la division du travail et sur les &#233;changes, et c'est l&#224; l'hypoth&#232;se de M. Proudhon, est forc&#233; de vendre. M. Proudhon fait le producteur ma&#238;tre des moyens de production ; mais il conviendra avec nous que ce n'est pas du libre arbitre que d&#233;pendent ses moyens de production. Il y a plus ; ces moyens de production sont en grande partie des produits qui lui viennent du dehors, et dans la production moderne il n'est pas m&#234;me libre de produire la quantit&#233; qu'il veut. Le degr&#233; actuel du d&#233;veloppement des forces productives l'oblige de produire sur telle ou telle &#233;chelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le consommateur n'est pas plus libre que le producteur. Son opinion repose sur ses moyens et ses besoins. Les uns et les autres sont d&#233;termin&#233;s par sa situation sociale, laquelle d&#233;pend elle-m&#234;me de l'organisation sociale tout enti&#232;re. Oui, l'ouvrier qui ach&#232;te des pommes de terre, et la femme entretenue qui ach&#232;te des dentelles, suivent l'un et l'autre leur opinion respective. Mais la diversit&#233; de leurs opinions s'explique par la diff&#233;rence de la position qu'ils occupent dans le monde, laquelle est le produit de l'organisation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me des besoins tout entier est-il fond&#233; sur l'opinion ou sur toute l'organisation de la production ? Le plus souvent les besoins naissent directement de la production, ou d'un &#233;tat de choses bas&#233; sur la production. Le commerce de l'univers roule presque entier sur des besoins, non de la consommation individuelle, mais de la production. Ainsi, pour choisir un autre exemple, le besoin que l'on a des notaires ne suppose-t-il pas un droit civil donn&#233;, qui n'est qu'une expression d'un certain d&#233;veloppement de la propri&#233;t&#233;, c'est-&#224;-dire de la production ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne suffit pas &#224; M. Proudhon d'avoir &#233;limin&#233; du rapport de l'offre et de la demande les &#233;l&#233;ments dont nous venons de parler. Il pousse l'abstraction aux derni&#232;res limites, en fondant tous les producteurs en un seul producteur, tous les consommateurs en un seul consommateur, et en &#233;tablissant la lutte entre ces deux personnages chim&#233;riques. Mais dans le monde r&#233;el les choses se passent autrement. La concurrence entre ceux qui offrent et la concurrence entre ceux qui demandent, forment un &#233;l&#233;ment n&#233;cessaire de la lutte entre les acheteurs et les vendeurs, d'o&#249; r&#233;sulte la valeur v&#233;nale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir &#233;limin&#233; les frais de production et la concurrence, M. Proudhon peut tout &#224; son aise, r&#233;duire &#224; l'absurde la formule de l'offre et de la demande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'offre et la demande, dit-il, ne sont autre chose que deux formes c&#233;r&#233;monielles servant &#224; mettre en pr&#233;sence la valeur d'utilit&#233; et la valeur d'&#233;change, et &#224; provoquer leur conciliation. Ce sont les p&#244;les &#233;lectriques dont la mise en rapport doit produite le ph&#233;nom&#232;ne d'affinit&#233; appel&#233; &#233;change [10].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant vaut dire que l'&#233;change n'est qu'une &#8220; forme c&#233;r&#233;monielle &#8221;, pour mettre en pr&#233;sence le consommateur et l'objet de la consommation. Autant vaut dire que tous les rapports &#233;conomiques sont des &#8220; formes c&#233;r&#233;monielles &#8221;, pour servir d'interm&#233;diaire &#224; la consommation imm&#233;diate. L'offre et la demande sont des rapports d'une production donn&#233;e, ni plus ni moins que les &#233;changes individuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, toute la dialectique de M. Proudhon en quoi consiste-t-elle ? A substituer &#224; la valeur utile et &#224; la valeur &#233;changeable, &#224; l'offre et &#224; la demande, des notions abstraites et contradictoires, telles que la raret&#233; et l'abondance, l'utile et l'opinion, un producteur ci un consommateur, tous les deux chevaliers du libre-arbitre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et &#224; quoi voulait-il en venir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A se m&#233;nager le moyen d'introduire plus tard un des &#233;l&#233;ments qu'il avait &#233;cart&#233;s, les frais de production, comme la synth&#232;se entre la valeur utile et la valeur &#233;changeable. C'est ainsi qu'&#224; ses yeux les frais de production constituent la valeur synth&#233;tique ou la valeur constitu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Proudhon : syst&#232;me des contradictions, ou philosophie de la mis&#232;re, tome I, chap. II.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Proudhon : Ouvrage cit&#233;, prologue p. 1.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Sismondi : &#201;tudes, tome II, page 162, &#233;dition de Bruxelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Lauderdale : Recherches sur la nature et l'origine de la richesse publique ; traduit par Largentie de Lavaisse. Paris, 1808.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Ricardo : Principes d'&#233;conomie politique, traduits par Constancio, annot&#233;s par J.-B. Say, Paris, 1835 ; tome II, chapitre &#8220; Sur la valeur et les richesses &#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Proudhon : Ouvrage cit&#233;, tome I. p. 39.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Proudhon : Ouvrage cit&#233;, tome I, p. 41.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Idem, p. 41.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Cours d'&#233;conomie politique, Paris. 1823, pp. 88 et 99.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Proudhon : Ouvrage cit&#233;, tome. I. pp. 19-50.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/06/km18470615.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/06/km18470615.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/06/misere.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/06/misere.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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