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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;
Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.fr/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>R&#233;volte prol&#233;tarienne au Kenya</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte de classes - Class struggle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous diffusons ici non pas un article de Voix des Travailleurs mais un texte que nous transmet le groupe &#171; Guerre de classe &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;volte prol&#233;tarienne au Kenya &#8211; Contre toutes les falsifications bourgeoises ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;sentation de &#171; Guerre de classe &#187; : &lt;br class='autobr' /&gt;
Le texte que nous pr&#233;sentons ici sur la tr&#232;s r&#233;cente vague de lutte de classe qui a balay&#233; le Kenya (et qui le balaye toujours au moment o&#249; nous &#233;crivons) ne pr&#233;tend pas &#234;tre &#171; complet &#187;, ni &#234;tre une analyse &#171; s&#233;rieuse &#187;, &#171; objective &#187; et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique82" rel="directory"&gt;5- La formation de la conscience de classe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot278" rel="tag"&gt;Lutte de classes - Class struggle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous diffusons ici non pas un article de Voix des Travailleurs mais un texte que nous transmet le groupe &#171; Guerre de classe &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;volte prol&#233;tarienne au Kenya &#8211; Contre toutes les falsifications bourgeoises !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sentation de &#171; Guerre de classe &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte que nous pr&#233;sentons ici sur la tr&#232;s r&#233;cente vague de lutte de classe qui a balay&#233; le Kenya (et qui le balaye toujours au moment o&#249; nous &#233;crivons) ne pr&#233;tend pas &#234;tre &#171; complet &#187;, ni &#234;tre une analyse &#171; s&#233;rieuse &#187;, &#171; objective &#187; et p&#233;dante de la situation. Nous ne sommes pas l&#224; pour faire un simple diagnostic des maux du Capital, nous sommes l&#224; pour en &#234;tre le fossoyeur ! Nous n'avons que faire des &#171; savantes &#187; et &#171; brillantes &#187; analyses de l'&#233;conomie politique bourgeoise, tant pris&#233;es par toutes les couleurs et les nuances du prisme de la gauche et de l'extr&#234;me gauche du capital, analyses qui &#233;crasent du poids de leurs chiffres, de leurs pourcentages, de leurs graphiques, de leurs courbes, de leur logorrh&#233;e&#8230; toute expression de la vie de notre classe et de sa lutte, toute manifestation du vivant. Pour ce qui nous concerne, nous adressons simplement et modestement un vibrant et chaleureux salut &#224; nos fr&#232;res et s&#339;urs de classe en lutte au Kenya, comme partout ailleurs dans cet enfer capitaliste qui s'impose &#224; notre humanit&#233;, et nous les appelons &#224; tenir t&#234;te, apr&#232;s l'avoir relev&#233;e, &#224; s'organiser toujours plus puisement pour les luttes &#224; venir&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 18 juin 2024, les manifestations ont commenc&#233; &#224; Nairobi, avec l'occupation de la place devant le Parlement national et, d&#232;s le d&#233;but, des affrontements avec les forces r&#233;pressives de l'&#201;tat. L'&#233;l&#233;ment d&#233;clencheur de ces manifestations &#233;tait la proposition du projet de loi de finances 2024 par le pr&#233;sident du Kenya, M. Ruto. Son adoption entra&#238;nerait une augmentation des prix d'un large &#233;ventail de produits de base, allant du pain, des &#339;ufs, des l&#233;gumes et de l'huile de cuisson &#224; l'essence et aux produits d'hygi&#232;ne n&#233;cessaires aux femmes et aux enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, en raison de la nature de l'organisation du capital au Kenya, si on souhaite obtenir un emploi dans &#171; l'&#233;conomie du secteur des services urbains &#187;, on n'a pas d'autre choix que de devenir ce que l'on appelle un &#171; auto-entrepreneur &#187; et on doit acheter son propre &#233;quipement, sa propre essence et payer les taxes &#224; l'&#201;tat, m&#234;me si on travaille ensuite pour une grande entreprise technologique, une soci&#233;t&#233; de m&#233;dias sociaux ou une agence locale de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a incit&#233; les prol&#233;taires dont l'appartenance de classe est masqu&#233;e par l'id&#233;ologie bourgeoise, qui leur donne l'illusion d'&#234;tre des &#171; entrepreneurs priv&#233;s &#187;, et qui &#233;taient les plus touch&#233;s par les changements, &#224; devenir les initiateurs des protestations. Et tout comme dans le cas du mouvement des Gilets Jaunes en France, les grands m&#233;dias aussi bien que la gauche du capital &#224; l'id&#233;ologie ouvri&#233;riste ont saut&#233; sur l'occasion pour interpr&#233;ter les manifestations comme un mouvement &#171; petit bourgeois &#187;, &#171; contre la corruption du gouvernement &#187;, &#171; la fiscalit&#233; injuste &#187;, &#171; pour plus de d&#233;mocratie &#187;, etc. Tout comme dans le cas des Gilets Jaunes, nous voulons souligner la nature prol&#233;tarienne du mouvement qui s'exprime et se confirme dans l'expropriation g&#233;n&#233;ralis&#233;e des marchandises, les attaques contre l'infrastructure et les symboles de l'&#201;tat et le refus de toute m&#233;diation bourgeoise, malgr&#233; l'occasionnel &#171; citoyen enrag&#233; &#187; qui pleurniche sur TikTok que la nouvelle loi &#171; nuit &#224; ses affaires &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet arrangement, o&#249; la classe des capitalistes est capable de profiter des circonstances locales et de d&#233;charger une partie des co&#251;ts des moyens de production sur les &#233;paules du prol&#233;tariat, n'a rien de nouveau ni d'extraordinaire. Cela ne change en rien le fait que la force de travail du prol&#233;tariat est exploit&#233;e par le rapport social d&#233;sincarn&#233; qu'est le Capital ; pas plus que lorsque les ouvriers qui construisaient le chemin de fer &#224; travers le Midwest am&#233;ricain &#233;taient oblig&#233;s d'acheter &#171; leurs propres &#187; pelles et &#171; leur propre &#187; dynamite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'actuelle explosion sociale survient pr&#232;s d'un an apr&#232;s qu'un projet de loi similaire, ayant pour effet d'augmenter drastiquement le co&#251;t de la vie pour les prolos au Kenya, ait entra&#238;n&#233; plusieurs jours d'&#233;meutes endommageant l'autoroute et plusieurs gares ferroviaires de Nairobi. Entre-temps, le Kenya a &#233;galement connu des manifestations contre les coupures d'eau et d'&#233;lectricit&#233;, l'occupation de l'universit&#233; de Meru par ses &#233;tudiants et, r&#233;cemment, une gr&#232;ve de deux mois des travailleurs du secteur de la sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement aux manifestations pr&#233;c&#233;dentes, o&#249; les milliardaires Odinga, Kenyatta et quelques autres pouvaient au moins faire semblant de repr&#233;senter le mouvement et essayer d'exploiter ses contradictions internes et ses illusions pour obtenir un certain soutien &#233;lectoral, cette fois-ci, au grand dam des m&#233;dias, aucune figure pouvant pr&#233;tendre au titre de &#171; leader &#187; ne peut &#234;tre trouv&#233;e. Bien s&#251;r, si le mouvement fait preuve d'un degr&#233; &#233;lev&#233; de &#171; spontan&#233;it&#233; &#187; dans le sens o&#249; les prol&#233;taires en lutte, o&#249; qu'ils soient, comprennent qui est leur ennemi de classe et n'ont pas besoin de d&#233;lib&#233;rer pendant des jours pour choisir leurs cibles, cela n'implique pas l'absence d'organisation. Les m&#233;thodes adopt&#233;es par le mouvement consistent &#224; s'organiser &#224; la fois en ligne et au niveau des quartiers et impliquent &#224; la fois des structures pr&#233;existantes actives dans les luttes pr&#233;c&#233;dentes et des structures nouvellement cr&#233;&#233;es qui donnent une direction au mouvement. Le crowd sourcing est utilis&#233; pour les d&#233;penses m&#233;dicales ainsi que les frais d'avocat et certains m&#233;decins ont rejoint le mouvement et soignent les bless&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Nairobi, les manifestations se sont rapidement &#233;tendues &#224; Kisumu, Eldoret, Mombasa, Lamu et &#224; d'autres grandes villes ainsi qu'&#224; de nombreuses petites localit&#233;s. Les revendications &#171; &#233;conomiques &#187; initiales ont fusionn&#233; organiquement avec la rage prol&#233;tarienne contre les bouchers en uniforme, rage accumul&#233;e au cours des ann&#233;es de r&#233;pression brutale de tout mouvement de protestation et renforc&#233;e par leurs tentatives d'&#233;touffer le soul&#232;vement actuel. Des dizaines de personnes ont &#233;t&#233; assassin&#233;es par les flics, des centaines ont &#233;t&#233; bless&#233;es et des centaines d'autres ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es ou sont port&#233;es &#171; disparus &#187;. La tactique de terreur de masse, d&#233;ploy&#233;e par l'&#201;tat au Kenya tant de fois auparavant, s'est toutefois retourn&#233;e contre lui cette fois-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, lorsque les flics ont tent&#233; de briser les barrages dress&#233;s par les manifestants sur l'autoroute reliant Nairobi &#224; Mombasa en lan&#231;ant des vol&#233;es de gaz lacrymog&#232;nes, de balles en caoutchouc et de balles r&#233;elles, les jeunes prolos des bidonvilles situ&#233;s le long de l'autoroute se sont insurg&#233;s et ont rejoint les &#233;meutiers. Le champ des protestations s'est &#233;galement &#233;largi aux probl&#232;mes d'approvisionnement en eau et en &#233;lectricit&#233;, qui avaient d&#233;j&#224; d&#233;clench&#233; des manifestations de col&#232;re par le pass&#233;. Le 25 juin, apr&#232;s une bataille contre les flics, les manifestants ont pris d'assaut le Parlement national du Kenya, l'ont mis &#224; sac et l'ont partiellement incendi&#233;. Cela a incit&#233; Ruto &#224; d&#233;ployer l'arm&#233;e dans les rues et &#224; restreindre l'acc&#232;s &#224; Internet, mais sans l'effet pacificateur que lui et le reste de la bourgeoisie escomptaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tactiques offensives du mouvement contre les forces r&#233;pressives ne sont pas rest&#233;es limit&#233;es au cadre des affrontements lors des manifestations. Les photos, les cartes d'identit&#233;, les num&#233;ros de t&#233;l&#233;phone et les adresses des flics violents ont &#233;t&#233; dox&#233;s &#8211; rendus publics en ligne &#8211; et certains d'entre eux ont pu faire l'exp&#233;rience directe de la justice prol&#233;tarienne. Alors que de plus en plus de carnages sont commis par les forces de r&#233;pression &#8211; y compris la d&#233;couverte r&#233;cente de dizaines de femmes assassin&#233;es dans une carri&#232;re &#224; la p&#233;riph&#233;rie de Nairobi, juste &#224; c&#244;t&#233; du commissariat de police &#8211; la ligne de confrontation du mouvement se poursuit. Et ce, au moment m&#234;me o&#249; les forces sp&#233;ciales de la police kenyane sont d&#233;ploy&#233;es en Ha&#239;ti pour y &#233;craser la r&#233;sistance prol&#233;tarienne, sous pr&#233;texte de lutter contre les gangs. Des signes de fissures apparaissent au sein m&#234;me des corps de la police et de l'arm&#233;e et certains flics et soldats ont chang&#233; de camp et rejoint les manifestations, m&#234;me si c'est encore tr&#232;s (trop) rare.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, les tentatives d'apaisement, d'isolement et de canalisation du mouvement se poursuivent &#233;galement. Ruto a supprim&#233; le projet de loi, au moins temporairement, ce qui n'a pas eu d'effet. Le r&#233;cent limogeage du chef de la police, Japhet Koome, n'a pas non plus eu d'effet. La derni&#232;re tentative en date est la cr&#233;ation du &#171; Forum national multisectoriel pour le dialogue &#187;, une tentative d&#233;sesp&#233;r&#233;e de transformer la lutte des classes en &#171; dialogue civil &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les concurrents politiques traditionnels de Ruto, comme Odinga, sont silencieux cette fois-ci, divers &#171; influenceurs &#187; ainsi que les staliniens du soi-disant &#171; Parti communiste du Kenya &#187; tentent d'intervenir. La critique de l'orientation pro-FMI et pro-OTAN de Ruto est un th&#232;me majeur des partisans de leurs concurrents prochinois. Les syndicats, fid&#232;les &#224; leur pratique historique, ont annonc&#233; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pacificatrice, mais n'ont m&#234;me pas donn&#233; suite &#224; sa r&#233;alisation effective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, comme pour tout autre mouvement prol&#233;tarien r&#233;el, les limites apparaissent dans son orientation g&#233;n&#233;rale &#171; anti-Ruto &#187;, sans beaucoup de critiques envers l'opposition, dans ses illusions sur la d&#233;mocratie et le &#171; peuple &#187;, sans conscience de classe exprim&#233;e, dans son manque de perspective au-del&#224; des besoins imm&#233;diats et de sa col&#232;re envers les forces r&#233;pressives. Nous n'avons vu aucun mat&#233;riel militant &#8211; tracts, affiches, pancartes, textes en ligne, etc. &#8211; qui exprimerait une critique du capitalisme au-del&#224; de la col&#232;re contre la pauvret&#233; et les violences polici&#232;res ou au-del&#224; des plaintes concernant le style de gestion capitaliste, c'est-&#224;-dire la &#171; corruption &#187;. Il faut dire que nous n'avons aucun contact militant au Kenya et que nous ne parlons aucune des langues locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci &#233;tant dit, rien n'est encore termin&#233; au Kenya malgr&#233; le r&#233;cent d&#233;clin de la lutte ; et l'une des expressions du d&#233;passement potentiel de ces limites, pour la solidarit&#233; prol&#233;tarienne internationaliste, est sa position claire contre l'envoi des flics kenyans en Ha&#239;ti ainsi que d'autres op&#233;rations de &#171; maintien de la paix &#187;. En outre, il semble que la r&#233;volte prol&#233;tarienne au Kenya serve d'inspiration et de point de r&#233;f&#233;rence pour les r&#233;centes manifestations violentes en Ouganda et au Nigeria.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que communistes, nous voyons dans chaque lutte prol&#233;tarienne autonome une bribe de la guerre sociale que le prol&#233;tariat m&#232;ne contre la bourgeoisie, une expression de la lutte historique du prol&#233;tariat en tant que classe pour la r&#233;volution contre le capitalisme et pour la communaut&#233; mondiale sans classe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que communistes, nous voulons donc souligner la nature prol&#233;tarienne du mouvement au Kenya contre tous les falsificateurs bourgeois :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	qu'il s'agisse des racistes qui tentent d'attiser les divisions raciales au sein de notre classe entre &#171; Africains &#187; et &#171; Europ&#233;ens &#187; ou &#171; Asiatiques &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	qu'il s'agisse de ceux qui tentent de limiter la substance du mouvement &#224; ses pr&#233;misses initiales ou superficielles &#8211; en tant que mouvement anti-corruption, mouvement anti-taxes, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	qu'il s'agisse des partisans de la &#171; lib&#233;ration nationale &#187; qui d&#233;fendent le droit des nations &#224; r&#233;primer &#171; leurs &#187; prol&#233;taires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	qu'il s'agisse des soi-disant &#171; communistes &#187; qui divisent la soci&#233;t&#233; capitaliste mondiale en pays &#171; centraux &#187; et &#171; p&#233;riph&#233;riques &#187; et pr&#233;tendent que la lutte du prol&#233;tariat dans ces derniers a moins d'importance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Montrons notre solidarit&#233; pratique avec le prol&#233;tariat en lutte au Kenya en ajoutant les int&#233;r&#234;ts de la fraction capitaliste locale &#224; notre liste de cibles &#8211; qu'il s'agisse de l'&#201;tat kenyan ou de soci&#233;t&#233;s comme Safaricom, KTDA, East African Breweries !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre la guerre capitaliste et contre la paix capitaliste &#8211; Contre les efforts de militarisation globale, dont les forces exp&#233;ditionnaires kenyanes font partie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment de cl&#244;turer ce court texte sur les luttes de notre classe au Kenya, nous parviennent comme un &#233;cho amplifi&#233; les clameurs des &#171; Jours de Rage &#187; qui enflamment le Nig&#233;ria, aliment&#233;s par le refus de la mis&#232;re, de l'esclavage, de la d&#233;shumanisation, et toujours selon le m&#234;me sc&#233;nario : manifestations, r&#233;pression, &#233;meutes, attaques de commissariats de police, mise &#224; sac de b&#226;timents gouvernementaux, pillages, etc. Avec toujours les m&#234;mes forces mais aussi les m&#234;mes faiblesses : d&#233;termination &#224; saccager tout ce qui rend notre vie invivable, d'un c&#244;t&#233;, et critique limit&#233;e de la &#171; mauvaise gouvernance &#187;, de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rendons hommage &#233;galement, et saluons la lutte que nos fr&#232;res et s&#339;urs de classe m&#232;nent depuis plusieurs semaines, sous d'autres latitudes, au Bangladesh ; luttes qui ne sont pas que la &#233;ni&#232;me tentative du prol&#233;tariat de tout renverser mais qui sont aussi, semble-t-il, un saut qualitatif dans la d&#233;termination de celui-ci, dans sa d&#233;j&#224; tr&#232;s longue histoire d'affrontements d'avec les capitalistes, &#224; &#171; rendre l'affaire non rentable &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et enfin, saluons les prol&#233;taires en lutte au Pakistan, et tout particuli&#232;rement dans la ville portuaire de Gwadar, gigantesque concentration ouvri&#232;re, tant utile au d&#233;veloppement du capitalisme chinois. Depuis des ann&#233;es, ces prol&#233;taires impulsent un affrontement sans borne face aux exploiteurs, et cela malgr&#233; tous les efforts des r&#233;formistes de tout poil de les enfermer dans le cadre d'une &#171; lutte de lib&#233;ration nationale du peuple baloutche &#187;, dont le prol&#233;tariat doit absolument faire la critique par sa lutte d&#233;termin&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T&#344;&#205;DN&#205; V&#193;LKA # CLASS WAR # GUERRE DE CLASSE&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La &#034;victoire syndicale&#034; de la lutte du 65 boulevard de Strasbourg &#8212; De la kafala &#224; la citoyennet&#233; de 1793</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article9608</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.org/spip.php?article9608</guid>
		<dc:date>2026-06-02T22:39:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karob</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte de classes - Class struggle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce qu'en disent PCF et CGT : &lt;br class='autobr' /&gt;
65 boulevard de Strasbourg &#8212; De la kafala &#224; la citoyennet&#233; de 1793 &lt;br class='autobr' /&gt;
Article-action complet + texte th&#233;orique sur la kafala dissimul&#233;e &#224; la fran&#231;aise + quatre annexes politiques &lt;br class='autobr' /&gt;
Mati&#232;re et R&#233;volution &#8212; Gilets Jaunes Poitiers &lt;br class='autobr' /&gt;
24 mai 2026 &lt;br class='autobr' /&gt;
Table des matieres &lt;br class='autobr' /&gt;
PARTIE I &#8212; ARTICLE-ACTION : LA VICTOIRE DE PYRRHUS DU 65 BOULEVARD DE STRASBOURG&#8195;5 &lt;br class='autobr' /&gt;
DE LA KAFALA DISSIMUL&#201;E &#192; LA CITOYENNET&#201; DE 1793 : LA LUTTE DU 65 BOULEVARD DE STRASBOURG, LA FRACTION SANS-PAPI&#200;RE (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- LUTTE DES CLASSES - CLASS STRUGGLE &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot278" rel="tag"&gt;Lutte de classes - Class struggle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce qu'en disent PCF et CGT :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17611 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L201xH251/imagessf-58f52.jpg?1782270380' width='201' height='251' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17612 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L199xH254/imagesss-7-d312c.jpg?1782270380' width='199' height='254' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17608 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L168xH300/images-137-b2793.jpg?1782270380' width='168' height='300' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17609 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L189xH267/imagesdg-ffd3d.jpg?1782270380' width='189' height='267' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17610 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L201xH251/imagesgh-3-06f12.jpg?1782270380' width='201' height='251' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17607 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/file_00000000751c7243882d51fff401ef77-9f8ac.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/file_00000000751c7243882d51fff401ef77-9f8ac-ee0bb.jpg?1782270380' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17606 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/file_000000008eac720a8b7d4dac86d4c9ff-b4bc8.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH706/file_000000008eac720a8b7d4dac86d4c9ff-b4bc8-28a85.jpg?1782270380' width='500' height='706' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17605 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/file_00000000f41471f497c0ae99744fd7c1-2e74b.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/file_00000000f41471f497c0ae99744fd7c1-2e74b-c969c.jpg?1782270380' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17604 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/file_00000000df3071f48c47520d6d12b4c0-0277e.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/file_00000000df3071f48c47520d6d12b4c0-0277e-f1053.jpg?1782270380' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17603 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/file_00000000b14c724699f074548970c27d-3d8b7.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH706/file_00000000b14c724699f074548970c27d-3d8b7-55987.jpg?1782270380' width='500' height='706' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;65 boulevard de Strasbourg &#8212; De la kafala &#224; la citoyennet&#233; de 1793&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article-action complet + texte th&#233;orique sur la kafala dissimul&#233;e &#224; la fran&#231;aise + quatre annexes politiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mati&#232;re et R&#233;volution &#8212; Gilets Jaunes Poitiers&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24 mai 2026&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Table des matieres&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PARTIE I &#8212; ARTICLE-ACTION : LA VICTOIRE DE PYRRHUS DU 65 BOULEVARD DE STRASBOURG&#8195;5&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DE LA KAFALA DISSIMUL&#201;E &#192; LA CITOYENNET&#201; DE 1793 : LA LUTTE DU 65 BOULEVARD DE STRASBOURG, LA FRACTION SANS-PAPI&#200;RE DU PROL&#201;TARIAT DE FRANCE ET LA D&#201;FAITE DE L'IMP&#201;RIALISME FRAN&#199;AIS&#8195;5&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NOUS SOUTENONS SANS R&#201;SERVE LES REVENDICATIONS DES SALARI&#201;S DU 65 REPRISES PAR LA CGT&#8195;5&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CARTE DE R&#201;SIDENT DE DIX ANS POUR TOUTES ET TOUS ET POUR LEURS PERSONNES &#192; CHARGE !&#8195;7&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PLEINE CITOYENNET&#201; POLITIQUE AU NOM DE LA CONSTITUTION DE 1793 !&#8195;7&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE SALON DE COIFFURE AUX SALARI&#201;&#183;E&#183;S !&#8195;7&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EXPROPRIATION DES PATRONS EXPLOITEURS !&#8195;7&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SIDIB&#201; EXPLOITE, LA MAIRIE ENCAISSE, LE CAPITAL PROFITE AVEC LA COUVERTURE DE L'&#201;TAT.&#8195;7&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SIDIB&#201; DOIT PAYER. LA MAIRIE DOIT PAYER. L'&#201;TAT DOIT PAYER. LA CLASSE OUVRI&#200;RE N'A PAS &#192; PAYER POUR EUX.&#8195;7&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BRISER LA KAFALA DISSIMUL&#201;E &#192; LA FRAN&#199;AISE.&#8195;7&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POUR LA D&#201;FAITE DE L'IMP&#201;RIALISME FRAN&#199;AIS, ICI ET &#192; L'EXT&#201;RIEUR.&#8195;7&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NOS MOTS D'ORDRE POUR CETTE LUTTE ET CELLES &#192; VENIR&#8195;8&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos onze revendications programmatiques, que la CGT conf&#233;d&#233;rale et les courants trotskystes refusent de porter&#8195;8&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PR&#201;AMBULE &#8212; LA &#171; VICTOIRE &#187; DU 19 MAI 2026 : UNE VICTOIRE &#192; LA PYRRHUS&#8195;11&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saluons d'abord, sans r&#233;serve, le courage et la d&#233;termination des treize&#8195;11&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un double d&#233;ni qu'il faut leur dire honn&#234;tement&#8195;11&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qu'une victoire &#224; la Pyrrhus ?&#8195;12&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas une r&#233;gularisation pleine. C'est un sursis administratif dont le terme est fix&#233; par le parquet&#8195;13&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les revendications des salari&#233;s en lutte ? Rien !&#8195;14&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les pr&#233;c&#233;dentes luttes, l'exploitation des sans-papiers continue &#224; Ch&#226;teau-d'Eau&#8195;15&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la liquidation au 65 pr&#233;sent&#233;e comme &#171; jour de victoire &#187; : ce que la CGT conf&#233;d&#233;rale c&#233;l&#232;bre en 2026, c'est ce que les travailleurs du 57 avaient refus&#233; en 2014&#8195;17&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sidib&#233; n'est pas un patron voyou &#8212; c'est un patron tout ce qu'il y a de plus capitaliste et en m&#234;me temps un kaf&#299;l &#224; la fran&#231;aise&#8195;20&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que la kafala dissimul&#233;e &#224; la fran&#231;aise ?&#8195;20&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La victoire de la CGT : une op&#233;ration politique d'&#201;tat r&#233;ussie&#8195;21&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous ne sommes pas perdus &#8212; construire l'organisation bolchevique-l&#233;niniste et d&#233;fendre l'auto-organisation du prol&#233;tariat&#8195;25&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PARTIE I &#8212; DIAGNOSTIC MAT&#201;RIEL ET POLITIQUE DE LA LUTTE DU 65 BOULEVARD DE STRASBOURG&#8195;27&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I.A &#8212; Topographie mat&#233;rielle de la lutte&#8195;27&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I.B &#8212; Composition de classe et trajectoires migratoires&#8195;28&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I.C &#8212; Topographie du capital local : Sidib&#233; n'est pas seul&#8195;28&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I.D &#8212; G&#233;n&#233;alogie longue : de Saint-Bernard 1996 au 65 en 2026&#8195;29&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I.E &#8212; Parall&#232;le Gilets Jaunes 2018-2019 / fraction sans-papi&#232;re 2026&#8195;31&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I.F &#8212; Brossat (PCF) : quatre op&#233;rations politiques&#8195;31&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I.G &#8212; Joussellin (PCF) : six positions cumul&#233;es et la contradiction Cause commune 2019 / Brossat 2026&#8195;32&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I.H &#8212; Continuit&#233; socialiste et quatre couches d'association objective CGT-mairie&#8195;33&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I.I &#8212; La mairie encaisseuse depuis 2014, et l'articulation &#224; l'imp&#233;rialisme&#8195;34&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PARTIE II &#8212; CARTOGRAPHIE POLITIQUE DES COURANTS INTERVENUS SUR LE 65 : LA CONVERGENCE DES APPAREILS &#192; LA CL&#212;TURE&#8195;35&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II.A &#8212; Cadre m&#233;thodologique&#8195;35&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II.B &#8212; CGT conf&#233;d&#233;rale : du tract prospectif au communiqu&#233; de cl&#244;ture, une op&#233;ration politique en deux temps&#8195;35&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II.C &#8212; Lutte Ouvri&#232;re : un cas d'&#233;cole en deux temps&#8195;37&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II.D &#8212; NPA-R&#233;volutionnaires : la r&#233;gression organis&#233;e entre avril et mai&#8195;39&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II.E &#8212; R&#233;volution Permanente : l'article de soutien sans contenu programmatique, puis le silence &#224; la cl&#244;ture&#8195;40&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II.F &#8212; NPA-Anticapitaliste : un reportage vid&#233;o, puis rien&#8195;41&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II.G &#8212; La convergence et sa fonction politique objective : tous gestionnaires de la main-d'&#339;uvre immigr&#233;e pour le compte de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais&#8195;41&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II.H &#8212; La f&#234;te de la victoire au lieu exact de l'expulsion : la m&#233;moire ouvri&#232;re disparue&#8195;43&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;TAPE 3 &#8212; PROGRAMME ET CONCLUSION FRACTIONNELLE&#8195;44&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.A &#8212; R&#233;capitulatif politique des th&#232;ses d&#233;montr&#233;es&#8195;44&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.B &#8212; Conclusion programmatique : construire la fraction bolchevique-l&#233;niniste&#8195;45&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.C &#8212; Appel fractionnel&#8195;46&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PARTIE II &#8212; TEXTE TH&#201;ORIQUE : LA KAFALA DISSIMUL&#201;E &#192; LA FRAN&#199;AISE&#8195;47&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA KAFALA DISSIMUL&#201;E &#192; LA FRAN&#199;AISE&#8195;47&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fraction sans-papi&#232;re du prol&#233;tariat de France comme question programmatique&#8195;47&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I. La question qui se pose partout&#8195;47&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II. Ce qu'est la kafala&#8195;48&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III. La fiche de paie comme visa-sponsor&#8195;50&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IV. La R&#233;publique comme organisatrice de la d&#233;pendance&#8195;51&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La traite est la forme p&#233;nale ; la kafala dissimul&#233;e est le rapport de production&#8195;53&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V. Cinq objections, cinq r&#233;futations&#8195;55&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VI. Une forme capitaliste de contrainte extra-&#233;conomique&#8195;58&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VII. L'organe m&#233;tropolitain de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais&#8195;59&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VIII. L'histoire ouvri&#232;re des luttes des sans-papiers en France&#8195;60&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IX. Nommer pour attaquer&#8195;62&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sources et r&#233;f&#233;rences&#8195;65&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la kafala du Golfe&#8195;65&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la kafala dissimul&#233;e &#224; la fran&#231;aise&#8195;66&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les luttes ouvri&#232;res des sans-papiers en France&#8195;66&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cadre th&#233;orique marxiste&#8195;67&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Articles connexes&#8195;67&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PARTIE III &#8212; ANNEXES POLITIQUES&#8195;67&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ANNEXE 1 &#8212; RECOMPOSITION IMP&#201;RIALISTE FRAN&#199;AISE 2022-2026 : SAHEL, UKRAINE, NAIROBI&#8195;67&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A1.A &#8212; Le repli acc&#233;l&#233;r&#233; du dispositif militaire fran&#231;ais au Sahel (2020-2024)&#8195;67&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A1.B &#8212; Le surengagement militaire et financier en Ukraine (2022-2026)&#8195;68&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A1.C &#8212; Le pivot vers l'Afrique anglophone : Nairobi, mai 2026&#8195;68&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A1.D &#8212; La fraction sans-papi&#232;re comme variable d'ajustement m&#233;tropolitaine&#8195;69&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A1.E &#8212; Le silence strat&#233;gique des cinq courants intervenus sur le 65&#8195;70&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A1.F &#8212; Notre position : d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire et liaison avec la fraction sans-papi&#232;re&#8195;71&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ANNEXE 2 &#8212; LA DOCTRINE BINET DE LA CGT CONF&#201;D&#201;RALE : SOCIAL-CHAUVINISME FRAN&#199;AIS, D&#201;FENSE DE L'INDUSTRIE D'ARMEMENT, CONVERGENCE MAT&#201;RIELLE AVEC LE RN&#8195;72&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A2.A &#8212; La doctrine Binet est sociale-chauvine fran&#231;aise&#8195;72&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A2.B &#8212; La position Binet sur la guerre en Ukraine : alignement de fait sur Macron&#8195;72&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A2.C &#8212; La doctrine Binet sur l'industrie d'armement fran&#231;aise&#8195;73&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A2.D &#8212; Les f&#233;d&#233;rations CGT mat&#233;riellement int&#233;gr&#233;es &#224; l'industrie d'armement&#8195;74&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A2.E &#8212; La convergence mat&#233;rielle CGT-RN sur la sid&#233;rurgie de d&#233;fense : l'amendement 133&#8195;75&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A2.F &#8212; Le patriotisme &#233;conomique : la s&#233;quence Poissy-K&#233;nitra-Tafraoui-Zaragoza-Le Mans&#8195;76&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A2.G &#8212; La base critique CGT et son isolement structurel&#8195;77&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A2.H &#8212; La doctrine Binet confront&#233;e aux exigences du d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire&#8195;77&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A2.I &#8212; Notre position : fraction syndicale r&#233;volutionnaire, contr&#244;le ouvrier sur l'armement, articulation avec la r&#233;gularisation globale&#8195;78&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ANNEXE 3 &#8212; PANAFRICANISME MILITANT FRAN&#199;AIS ET LUTTE DE CLASSE EN FRANCE : LE SILENCE SUR LE 65 BOULEVARD DE STRASBOURG&#8195;79&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A3.A &#8212; Le panafricanisme classique : un apport historique &#224; distinguer du socialisme scientifique&#8195;79&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A3.B &#8212; Fanon et Sankara : nationalisme petit-bourgeois, pas socialisme scientifique&#8195;80&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A3.C &#8212; Le panafricanisme militant fran&#231;ais contemporain : Kemi Seba et Urgences Panafricanistes&#8195;81&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A3.D &#8212; La critique du franc CFA : un apport &#224; int&#233;grer dans le programme&#8195;82&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A3.E &#8212; Le silence du panafricanisme militant fran&#231;ais sur le 65 boulevard de Strasbourg&#8195;83&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A3.F &#8212; Les treize du 65 comme prol&#233;taires de France : pas migrants, pas diaspora, pas victimes de traite&#8195;84&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A3.G &#8212; Notre axe politique : d&#233;faite de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais &#224; l'ext&#233;rieur et en m&#233;tropole&#8195;84&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ANNEXE 4 &#8212; RACISME ET CLASSE EN FRANCE CONTEMPORAINE : NI N&#201;GATION R&#201;PUBLICAINE, NI STRUCTURE AUTONOME D&#201;COLONIALE&#8195;85&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A4.A &#8212; Le racisme en France : ph&#233;nom&#232;ne r&#233;el, instrument conjoncturel de classe, pas structure autonome&#8195;85&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A4.B &#8212; La triple op&#233;ration de la bourgeoisie fran&#231;aise sur l'islam : stigmatisation par amalgame, laisser-faire mat&#233;riel, glissement anti-islamophobie&#8195;86&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A4.C &#8212; Les violences polici&#232;res : instrument de classe avant d'&#234;tre instrument racial&#8195;89&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A4.D &#8212; Les attaques de classe contemporaines ne ciblent pas la race&#8195;90&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A4.E &#8212; Les th&#233;ories d&#233;coloniales : diversit&#233; des courants &#224; distinguer&#8195;90&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A4.F &#8212; Critique marxiste de la grille d&#233;coloniale : autonomisation et occultation&#8195;91&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A4.G &#8212; Bouteldja, le glissement &#171; anti-islamophobe &#187;, et la religion comme camisole politique de classe&#8195;92&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A4.H &#8212; La r&#233;cup&#233;ration institutionnelle des th&#233;ories d&#233;coloniales&#8195;94&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A4.I &#8212; Le silence des d&#233;coloniaux sur le 65 boulevard de Strasbourg&#8195;95&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A4.J &#8212; Bagayoko : l'antiracisme politique creux &#224; 8 km du 65&#8195;95&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A4.K &#8212; Notre position : combattre le racisme dans la lutte de classe, sous primaut&#233; de la classe&#8195;96&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CONCLUSION &#8212;&#8195;97&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PARTIE I &#8212; ARTICLE-ACTION : LA VICTOIRE DE PYRRHUS DU 65 BOULEVARD DE STRASBOURG&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DE LA KAFALA DISSIMUL&#201;E &#192; LA CITOYENNET&#201; DE 1793 : LA LUTTE DU 65 BOULEVARD DE STRASBOURG, LA FRACTION SANS-PAPI&#200;RE DU PROL&#201;TARIAT DE FRANCE ET LA D&#201;FAITE DE L'IMP&#201;RIALISME FRAN&#199;AIS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mati&#232;re et R&#233;volution / Gilets Jaunes Poitiers, mai 2026. Pour le Front Unique du Peuple Travailleur autour d'un programme d'action bolchevique r&#233;actualis&#233; pour la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Texte initialement r&#233;dig&#233; au 66&#7497; jour d'occupation (7 mai 2026) ; actualis&#233; au 78&#7497; jour (19 mai 2026) &#224; la suite de l'annonce des r&#233;gularisations obtenues &#224; cette date, qui en confirment au lieu de les d&#233;mentir les th&#232;ses centrales ; reformul&#233; programmatiquement le 22 mai 2026 &#224; la suite de la lev&#233;e de l'occupation, autour de la revendication politique principale de la citoyennet&#233; de 1793.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NOUS SOUTENONS SANS R&#201;SERVE LES REVENDICATIONS DES SALARI&#201;S DU 65 REPRISES PAR LA CGT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant toute chose, et avant de d&#233;velopper notre propre programme politique, nous portons en t&#234;te de cet article les quatre revendications que les salari&#233;&#183;e&#183;s du 65 boulevard de Strasbourg ont fait inscrire dans le tract CGT distribu&#233; pendant les soixante-dix-huit jours d'occupation&#185;. Ces revendications sont justes. Elles doivent &#234;tre satisfaites int&#233;gralement, ce qui n'est encore le cas d'aucune d'entre elles au 22 mai 2026. Et il faut noter d&#232;s l'entr&#233;e une chose politiquement d&#233;cisive : la CGT conf&#233;d&#233;rale a inscrit ces revendications dans son tract de mobilisation, mais elle ne les d&#233;fend plus dans son communiqu&#233; de victoire du 21 mai&#178;, o&#249; ne figure plus aucune mention des salaires impay&#233;s &#224; l'AGS, ni du racket non rembours&#233;, ni des conditions de travail conventionnelles. Et ce silence n'est pas seulement celui de la CGT conf&#233;d&#233;rale : Lutte Ouvri&#232;re, le NPA-R&#233;volutionnaires et R&#233;volution Permanente ont publi&#233; entre le 19 et le 21 mai des textes de c&#233;l&#233;bration qui reprennent le r&#233;cit conf&#233;d&#233;ral sans porter aucune des revendications du tract initial&#179;. Le NPA-Anticapitaliste, qui avait couvert le piquet par un reportage vid&#233;o le 28 mars&#8308;, n'a publi&#233; aucun bilan post-19 mai : son silence acquiesce. Cinq organisations qui se r&#233;clament toutes du combat ouvrier ont, ensemble, abandonn&#233; dans la pratique les quatre revendications du tract au moment m&#234;me o&#249; elles d&#233;claraient la &#171; victoire &#233;clatante &#187;. Nous les portons l&#224; o&#249; elles les ont abandonn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Paiement int&#233;gral des salaires non vers&#233;s depuis octobre 2025, bas&#233;s sur la grille salariale de la convention collective de la coiffure, en incluant les heures suppl&#233;mentaires, les jours f&#233;ri&#233;s, les majorations conventionnelles et la prime d'anciennet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Remboursement int&#233;gral du racket des 250 euros mensuels extorqu&#233;s pendant des ann&#233;es &#224; chaque travailleur sans-papier, soit pour certain&#183;e&#183;s plusieurs dizaines de milliers d'euros &#8212; somme reconstitu&#233;e &#224; partir des d&#233;clarations des gr&#233;vistes et de la dur&#233;e de leur pr&#233;sence au salon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Respect int&#233;gral des horaires de travail, des cong&#233;s annuels, des jours f&#233;ri&#233;s et des repos pr&#233;vus par la convention collective de la coiffure-esth&#233;tique et le Code du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Respect int&#233;gral de la sant&#233; au travail : arr&#234;t de l'utilisation des produits cosm&#233;tiques non conformes aux normes en vigueur, fourniture d'&#233;quipements de protection individuelle adapt&#233;s, soumission &#224; la m&#233;decine du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tract CGT distribu&#233; pendant les 78 jours d'occupation du salon Sabadou &amp; Jade Institut, 65 boulevard de Strasbourg &#8212; Union D&#233;partementale CGT Paris. Les quatre revendications encadr&#233;es &#171; LES SALARI&#201;.ES EXIGENT &#187; sont celles que nous reprenons sans r&#233;serve en t&#234;te de cet article. Au-dessus, la mixit&#233; du collectif est explicitement nomm&#233;e &#8212; &#171; employ&#233;.es &#187;, &#171; elles/ils sont victimes &#187; &#8212; alors qu'elle sera effac&#233;e par le titre du communiqu&#233; de victoire du 21 mai 2026 (&#171; Victoire des Coiffeuses &#187;). Au-dessous, le slogan &#171; JUSQU'&#192; LA VICTOIRE ! &#187; est laiss&#233; ind&#233;fini : ce qu'on appellera &#171; victoire &#187; sera d&#233;fini a posteriori au plus bas niveau mat&#233;riellement obtenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces quatre revendications sont celles du conflit imm&#233;diat, sur le terrain conventionnel du droit du travail. Nous les portons sans r&#233;serve. Et nous portons en plus nos revendications programmatiques, qui sont indispensables pour briser la kafala dissimul&#233;e &#224; la fran&#231;aise, passer &#224; la citoyennet&#233; de 1793 et construire l'organisation politique de la d&#233;faite de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. Ces revendications &#8212; onze, articul&#233;es &#8212; suivent imm&#233;diatement, avant le pr&#233;ambule. Le programme politique g&#233;n&#233;ral que nous portons, condens&#233; en accroches d'agitation, vient ensuite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CARTE DE R&#201;SIDENT DE DIX ANS POUR TOUTES ET TOUS ET POUR LEURS PERSONNES &#192; CHARGE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PLEINE CITOYENNET&#201; POLITIQUE AU NOM DE LA CONSTITUTION DE 1793 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE SALON DE COIFFURE AUX SALARI&#201;&#183;E&#183;S !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EXPROPRIATION DES PATRONS EXPLOITEURS !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SIDIB&#201; EXPLOITE, LA MAIRIE ENCAISSE, LE CAPITAL PROFITE AVEC LA COUVERTURE DE L'&#201;TAT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SIDIB&#201; DOIT PAYER. LA MAIRIE DOIT PAYER. L'&#201;TAT DOIT PAYER. LA CLASSE OUVRI&#200;RE N'A PAS &#192; PAYER POUR EUX.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BRISER LA KAFALA DISSIMUL&#201;E &#192; LA FRAN&#199;AISE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POUR LA D&#201;FAITE DE L'IMP&#201;RIALISME FRAN&#199;AIS, ICI ET &#192; L'EXT&#201;RIEUR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NOS MOTS D'ORDRE POUR CETTE LUTTE ET CELLES &#192; VENIR&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La revendication centrale n'est pas seulement &#171; des papiers pour les exploit&#233;s &#187;, mais la suppression du pouvoir patronal sur l'acc&#232;s aux papiers, le passage de la kafala dissimul&#233;e &#224; la citoyennet&#233; de 1793, et la construction ici, en France, de l'organisation r&#233;volutionnaire qui m&#232;ne la lutte effective contre l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais &#8212; parce que l'imp&#233;rialisme, c'est la guerre &#224; l'int&#233;rieur autant qu'&#224; l'ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous l'avons dit en t&#234;te de cet article : nous soutenons sans r&#233;serve les quatre revendications des salari&#233;s du 65 reprises dans le tract CGT &#8212; paiement int&#233;gral des salaires arri&#233;r&#233;s, remboursement int&#233;gral du racket, respect int&#233;gral des horaires-cong&#233;s-repos, respect int&#233;gral de la sant&#233; au travail. Ces revendications constituent le terrain conventionnel imm&#233;diat du conflit, sur lequel la CGT conf&#233;d&#233;rale et les quatre courants trotskystes ont inscrit leur soutien avant de l'abandonner dans les communiqu&#233;s de victoire. Nous les portons l&#224; o&#249; ils les ont abandonn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces quatre revendications, qui sont celles du conflit imm&#233;diat, sont insuffisantes politiquement. Elles laissent intacte la m&#233;canique d'&#201;tat qui organise la kafala dissimul&#233;e. Elles laissent intact le rapport imp&#233;rialiste qui produit, dans les p&#233;riph&#233;ries domin&#233;es, les conditions d'arriv&#233;e en France de cette fraction sans-papi&#232;re du prol&#233;tariat. Elles laissent intact l'appareil syndical-politique fran&#231;ais qui, en France, d&#233;samorce politiquement chaque lutte ouvri&#232;re de cette fraction. Nous portons donc, en plus des quatre revendications du tract CGT, les onze revendications programmatiques qui suivent &#8212; revendications que la CGT conf&#233;d&#233;rale et l'extr&#234;me gauche se r&#233;clamant du trotskisme refusent toutes de porter, et qui sont indispensables pour briser la kafala dissimul&#233;e &#224; la fran&#231;aise, passer &#224; la citoyennet&#233; de 1793 et pr&#233;parer la d&#233;faite politique de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos onze revendications programmatiques, que la CGT conf&#233;d&#233;rale et les courants trotskystes refusent de porter&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Carte de r&#233;sident de dix ans, imm&#233;diate, inconditionnelle, ouverte de plein droit aux treize travailleurs et travailleuses du 65 et &#224; leurs personnes &#224; charge (conjoint&#183;e&#183;s, enfants, parents &#226;g&#233;s vivant en France, fr&#232;res et s&#339;urs en cas de d&#233;pendance &#233;conomique av&#233;r&#233;e), sans subordination &#224; la qualification p&#233;nale de traite, sans condition d'anciennet&#233;, sans condition de fiche de paie, sans condition d'enqu&#234;te en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Carte de r&#233;sident de dix ans, imm&#233;diate, inconditionnelle, pour tous les sans-papiers pr&#233;sents sur le territoire fran&#231;ais et leurs personnes &#224; charge, renouvelable de droit, ouvrant l'acc&#232;s plein et entier &#224; tous les droits sociaux et professionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Pleine citoyennet&#233; politique pour les treize et pour tous les sans-papiers, au nom de la Constitution de l'An I (24 juin 1793)&#8309; : droit de vote et d'&#233;ligibilit&#233; &#224; toutes les &#233;lections professionnelles, syndicales, locales, r&#233;gionales, d&#233;partementales et l&#233;gislatives, sans condition de nationalit&#233; fran&#231;aise. La citoyennet&#233; politique se gagne par le travail et la domiciliation, pas par la naturalisation administrative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Constitution d'un comit&#233; de gr&#232;ve des treize, avec porte-parole &#233;lu&#183;e&#183;s et r&#233;vocables par les gr&#233;vistes elles-m&#234;mes et eux-m&#234;mes, signant en propre tous les communiqu&#233;s, prenant en propre toutes les d&#233;cisions strat&#233;giques (occupation, lev&#233;e, n&#233;gociation, communication, rapport aux soutiens syndicaux et politiques).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Extension de l'enqu&#234;te ouvri&#232;re &#224; tous les salons de Ch&#226;teau-d'Eau, &#224; tous les secteurs pr&#233;caires du 10&#7497; arrondissement, et constitution de collectifs analogues partout o&#249; l'exploitation organis&#233;e frappe des sans-papiers &#8212; h&#244;tellerie sous-trait&#233;e, BTP du Grand Paris, livraison ub&#233;ris&#233;e, restauration africaine et asiatique, ateliers de confection, agriculture saisonni&#232;re, aide &#224; la personne, s&#233;curit&#233; priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Reprise du salon par les treize travailleurs et travailleuses eux-m&#234;mes, en SCOP, comme acquis d&#233;fensif arrach&#233; par la lutte &#8212; point d'appui mat&#233;riel et politique, sans illusion proudhonienne sur le d&#233;passement du capitalisme par la coop&#233;rative isol&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Abolition du conditionnement du titre de s&#233;jour &#224; la fiche de paie patronale. Fin de la kafala dissimul&#233;e &#224; la fran&#231;aise. Abrogation de la cha&#238;ne l&#233;gislative Pasqua-Debr&#233;-Sarkozy-Besson-Collomb-Darmanin sur l'entr&#233;e et le s&#233;jour des &#233;trangers. Abrogation de la circulaire Retailleau de janvier 2025.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Condamnation p&#233;nale de Christian Sidib&#233; pour traite des &#234;tres humains, travail dissimul&#233;, extorsion et exploitation organis&#233;e, avec interdiction d&#233;finitive de g&#233;rer. &#192; cette condamnation p&#233;nale doit &#234;tre adjointe une enqu&#234;te patrimoniale compl&#232;te sur la fortune personnelle de Sidib&#233;, conduisant &#224; l'ex&#233;cution de la revendication 9 ci-dessous. Cette condamnation reste utile sur le plan juridique et au p&#233;nal, mais elle n'est ni la conqu&#234;te politique principale ni le d&#233;bouch&#233; strat&#233;gique de la lutte &#8212; elle est l'accessoire p&#233;nal d'un programme politique g&#233;n&#233;ral dont le c&#339;ur est ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. R&#233;quisition ouvri&#232;re du patrimoine personnel de Christian Sidib&#233; &#8212; avoirs bancaires, mobilier, biens immobiliers, fortune personnelle accumul&#233;e par le racket pendant des ann&#233;es &#8212; pour ex&#233;cution int&#233;grale du paiement des salaires arri&#233;r&#233;s depuis octobre 2025 et du remboursement int&#233;gral du racket des 250 euros mensuels aux treize travailleurs et travailleuses du 65. Pas de transfert direct &#224; l'AGS &#8212; l'AGS, c'est la mutualisation des cotisations salariales, c'est-&#224;-dire la classe ouvri&#232;re qui paie pour Sidib&#233;. La classe ouvri&#232;re n'a pas &#224; payer pour Sidib&#233;. La r&#233;quisition ouvri&#232;re s'ex&#233;cute en priorit&#233; sur le patrimoine personnel du patron exploiteur, pas sur les caisses mutualis&#233;es du salariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. Mise en cause politique de la mairie de Paris et des maires successifs comme officiers de police judiciaire, et paiement subsidiaire par la mairie et par l'&#201;tat. Les maires successifs du 10&#7497; arrondissement (R&#233;mi F&#233;raud 2008-2017, Alexandra Cordebard 2017-2032) et de la mairie de Paris (Anne Hidalgo 2014-2026, Emmanuel Gr&#233;goire 2026-2032) sont, au sens de l'article 16 du Code de proc&#233;dure p&#233;nale, officiers de police judiciaire. &#192; ce titre, l'article 40 du Code de proc&#233;dure p&#233;nale leur fait obligation de signaler au procureur de la R&#233;publique tout crime dont ils ont eu connaissance dans l'exercice de leurs fonctions. Aucun de ces maires n'a saisi le procureur au titre de l'article 40 CPP sur le r&#233;seau d'exploitation des sans-papier&#183;e&#183;s de Ch&#226;teau d'Eau, alors m&#234;me que ce r&#233;seau est document&#233; depuis 2014 par les proc&#233;dures p&#233;nales successives du 50, du 57 et du 65. Nous n'attendons rien de bon de la police bourgeoise ni des proc&#233;dures p&#233;nales individuelles &#8212; ce n'est pas notre programme. Mais cette inaction institutionnelle syst&#233;matique des dirigeants municipaux, sur douze ans, dispositifs l&#233;gaux disponibles &#224; l'appui, est la d&#233;monstration mat&#233;rielle qu'ils participent du syst&#232;me plut&#244;t qu'ils ne le combattent. Ils ont des comptes &#224; rendre. La mise en cause politique des dirigeants municipaux qui ont laiss&#233; faire est partie int&#233;grante de la lutte. Et &#8212; si la fortune personnelle de Sidib&#233; ne couvre pas les sommes dues, comme c'est probable &#8212;, paiement subsidiaire par la mairie de Paris, qui a pr&#233;lev&#233; pendant douze ans les imp&#244;ts locaux sur un syst&#232;me qu'elle savait ill&#233;gal &#8212; c'est-&#224;-dire qui a mat&#233;riellement encaiss&#233; des recettes fiscales sur du travail vol&#233;. Subsidiairement, si la mairie ne couvre pas, paiement par l'&#201;tat, dont le dispositif CESEDA + Code du travail + circulaires Valls 2012 et Retailleau 2025 a rendu structurellement possible ce vol. L'AGS ne vient qu'apr&#232;s tout cela, en ultime recours &#8212; pas en premi&#232;re ligne, comme c'est aujourd'hui le cas par effet de la liquidation patronale accept&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. Pour la d&#233;faite de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais &#8212; d&#233;faite &#233;conomique, politique et militaire, &#224; l'ext&#233;rieur de la France. D&#233;mant&#232;lement de toutes les op&#233;rations militaires fran&#231;aises en Afrique et au Levant ; abrogation des accords mon&#233;taires post-coloniaux et de toutes les structures &#233;conomiques d'extraction (franc CFA, conventions de d&#233;fense, partenariats &#233;nerg&#233;tiques in&#233;gaux). Cette d&#233;faite ext&#233;rieure suppose l'expropriation sous contr&#244;le ouvrier des grands groupes fran&#231;ais structurant l'exploitation des anciennes zones domin&#233;es (Bollor&#233;, Total, Orange, Vinci, Bouygues, CMA-CGM), &#224; commencer par ceux dont les profits sont directement issus des zones d'origine des travailleurs sans-papiers pr&#233;sents en France ; d&#233;mant&#232;lement de l'industrie d'armement fran&#231;aise et expropriation de ses grands groupes (Dassault, Thales, Naval Group, Nexter-KNDS) ; suppression de l'OQTF, des centres de r&#233;tention administrative et de toute la cha&#238;ne polici&#232;re d'expulsion qui sert de contrepartie m&#233;tropolitaine &#224; la guerre ext&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces onze revendications programmatiques, ajout&#233;es aux quatre revendications des salari&#233;s &#233;nonc&#233;es en t&#234;te de cet article, ne forment pas une liste de courses. Elles constituent les &#233;l&#233;ments articul&#233;s d'un programme transitoire au sens strict que Trotsky lui donnait en 1938&#8312; : revendicatif (mesures concr&#232;tes imm&#233;diatement compr&#233;hensibles par les ouvriers concern&#233;s), antagonique (il ne peut pas &#234;tre satisfait par le capital sans dommage pour lui), transitoire (sa satisfaction effective ouvre la perspective de l'expropriation et de l'organisation socialiste de la production). Et il s'organise autour d'un double axe articul&#233; : passer de la kafala dissimul&#233;e &#8212; o&#249; l'employeur fran&#231;ais d&#233;tient la cl&#233; du s&#233;jour du travailleur &#8212; &#224; la citoyennet&#233; de 1793 &#8212; o&#249; le travail effectif et la domiciliation suffisent &#224; ouvrir tous les droits politiques sans passer par la naturalisation ; et lier la fraction sans-papi&#232;re du prol&#233;tariat de France au reste de la classe ouvri&#232;re dans une m&#234;me politique de classe contre l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conclusion politique sur la construction de l'organisation bolchevique-l&#233;niniste et sur l'auto-organisation du prol&#233;tariat &#8212; ce que nous devons construire nous-m&#234;mes pour que les onze revendications ci-dessus deviennent mat&#233;riellement conqu&#233;rables &#8212; ne figure pas dans la liste des revendications, parce qu'elle n'est pas adress&#233;e &#224; un adversaire pour qu'on la lui arrache. Elle est interne au mouvement ouvrier. Nous la posons en cl&#244;ture du pr&#233;ambule, apr&#232;s la formule de Pyrrhus qui pose le diagnostic, comme r&#233;ponse politique &#224; ce diagnostic.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PR&#201;AMBULE &#8212; LA &#171; VICTOIRE &#187; DU 19 MAI 2026 : UNE VICTOIRE &#192; LA PYRRHUS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saluons d'abord, sans r&#233;serve, le courage et la d&#233;termination des treize&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant la critique politique, il faut le salut au combat men&#233;. Soixante-dix-huit jours d'occupation continue d'un salon de coiffure parisien par treize travailleurs et travailleuses dont neuf sans-papiers, c'est un acte de classe d'une force qu'on n'avait pas vue &#224; Paris depuis des ann&#233;es dans le secteur des services pr&#233;caires. Cela demande du courage personnel &#8212; quand on est sans-papiers, occuper publiquement un commerce, c'est s'exposer directement &#224; la machine pr&#233;fectorale, &#224; l'OQTF, &#224; la r&#233;tention. Cela demande de l'organisation collective &#8212; tenir un piquet jour et nuit pendant onze semaines, g&#233;rer la solidarit&#233; mat&#233;rielle, faire face &#224; la pression patronale et polici&#232;re, parler &#224; la presse, recevoir les soutiens. Et cela demande une conscience politique de fond &#8212; ces treize travailleurs et travailleuses africains et africaines ont fait ce que la grande majorit&#233; des deux millions de syndiqu&#233;s fran&#231;ais a renonc&#233; &#224; faire depuis longtemps : prendre publiquement leur situation en main, occuper, durer, exiger. Cette force-l&#224;, nous la saluons sans aucune r&#233;serve. Ce qui suit n'est ni un m&#233;pris du combat men&#233;, ni une d&#233;valorisation de ce qui a &#233;t&#233; accompli. C'est l'analyse politique honn&#234;te d'une issue qui, pour des raisons qu'il faut nommer, n'est pas leur victoire &#8212; et c'est pr&#233;cis&#233;ment cela qu'il faut leur dire honn&#234;tement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un double d&#233;ni qu'il faut leur dire honn&#234;tement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il faut leur dire honn&#234;tement la suite. Parce que la franchise militante est le seul respect r&#233;el qu'on doive &#224; des travailleurs et travailleuses en lutte &#8212; pas le r&#233;cit consolant, pas la c&#233;l&#233;bration plaqu&#233;e sur une issue partielle, pas l'effacement des angles morts. Et la suite, c'est ceci : les treize du 65 ont &#233;t&#233; tromp&#233;s deux fois. Une premi&#232;re fois par leur patron, Christian Sidib&#233;, qui les a exploit&#233;s &#233;conomiquement pendant des ann&#233;es &#8212; travail vol&#233;, salaires partiels, racket des 250 euros mensuels, fausses fiches de paie destin&#233;es non &#224; payer les imp&#244;ts mais &#224; fabriquer un dossier de r&#233;gularisation enti&#232;rement contr&#244;l&#233; par lui. Cette premi&#232;re tromperie, la CGT et les soutiens politiques l'ont nomm&#233;e, et c'est leur m&#233;rite minimal de l'avoir nomm&#233;e. Mais ces m&#234;mes gr&#233;vistes ont aussi &#233;t&#233; tromp&#233;s une seconde fois, et cette fois par les directions syndicales et les courants trotskystes eux-m&#234;mes. Le patron les a exploit&#233;s &#233;conomiquement. La direction conf&#233;d&#233;rale de la CGT, suivie sans nuance par Lutte Ouvri&#232;re, par le NPA-R&#233;volutionnaires et par R&#233;volution Permanente, les ont exploit&#233;s politiquement &#8212; en se servant de leur lutte pour donner l'illusion qu'elles d&#233;fendaient les travailleurs sans-papiers contre la traite, alors qu'aucune n'a rien fait contre le rapport mat&#233;riel qui produit en s&#233;rie les Sidib&#233;, c'est-&#224;-dire la kafala dissimul&#233;e &#224; la fran&#231;aise. Cette seconde tromperie, personne ne l'a nomm&#233;e. Nous la nommons ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qu'une victoire &#224; la Pyrrhus ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expression a une origine historique pr&#233;cise qu'il faut rappeler, parce qu'elle est exactement applicable &#224; la situation du 65 boulevard de Strasbourg en mai 2026. Pyrrhus &#233;tait roi d'&#201;pire (r&#233;gion du nord-ouest de la Gr&#232;ce antique), n&#233; vers 319 et mort en 272 avant notre &#232;re. En 280-279 avant notre &#232;re, il m&#232;ne une exp&#233;dition militaire en Italie du Sud pour d&#233;fendre les cit&#233;s grecques d'Italie m&#233;ridionale contre l'expansion de la R&#233;publique romaine. Il remporte successivement deux batailles contre les arm&#233;es romaines &#8212; la bataille d'H&#233;racl&#233;e en juillet 280 et la bataille d'Ausculum en 279. Sur le terrain, ces deux batailles sont des victoires tactiques nettes : les troupes romaines sont d&#233;faites, le champ de bataille reste &#224; Pyrrhus, plusieurs milliers de soldats romains tu&#233;s ou captur&#233;s. Mais le co&#251;t de ces victoires est immense pour l'arm&#233;e d'&#201;pire : &#224; Ausculum particuli&#232;rement, Pyrrhus perd ses meilleurs officiers et une partie consid&#233;rable de sa cavalerie phalangiste. L'historien grec Plutarque, dans sa Vie de Pyrrhus (r&#233;dig&#233;e vers la fin du I&#7497;&#691; si&#232;cle de notre &#232;re), rapporte le mot que Pyrrhus aurait prononc&#233; devant ses lieutenants au lendemain d'Ausculum : &#171; Encore une victoire comme celle-l&#224; contre les Romains, et nous sommes perdus. &#187;&#8313;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La signification politique de cette formule est pr&#233;cise et durable. Une victoire &#224; la Pyrrhus n'est pas une d&#233;faite d&#233;guis&#233;e &#8212; c'est une victoire r&#233;elle au plan tactique, dont le co&#251;t mat&#233;riel et politique est tel qu'il ruine la position strat&#233;gique de la force victorieuse, et qu'il compromet toute la suite du conflit. Le vainqueur s'&#233;puise dans sa victoire. L'occupant du champ de bataille perd la guerre &#224; long terme parce qu'il n'a plus les moyens de poursuivre le combat. La force adverse, elle, s'en remet plus vite et reprend l'avantage strat&#233;gique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est exactement ce qui s'est jou&#233; au 65 boulevard de Strasbourg le 19 mai 2026. Et c'est exactement ce que la CGT conf&#233;d&#233;rale, Lutte Ouvri&#232;re, le NPA-R&#233;volutionnaires et R&#233;volution Permanente c&#233;l&#232;brent unanimement comme une &#171; belle victoire &#187;, une &#171; victoire &#233;clatante &#187;, un &#171; &#233;pilogue heureux &#187; &#8212; sans dire que cette &#171; victoire &#187; a un co&#251;t strat&#233;gique pour la fraction sans-papi&#232;re du prol&#233;tariat de France qui d&#233;passe de loin les b&#233;n&#233;fices tactiques obtenus. Et nous allons voir, dans les sections qui suivent, pourquoi ils ne le disent pas en r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul b&#233;n&#233;fice tactique obtenu, pour les neuf b&#233;n&#233;ficiaires individuels, est concret : des papiers pour un an, r&#233;vocables au gr&#233; du parquet. Le co&#251;t strat&#233;gique, lui, n'est pas diff&#233;r&#233; &#8212; il ne se d&#233;ploie pas dans les ann&#233;es &#224; venir, il s'inscrit d&#232;s le 19 mai 2026, au moment pr&#233;cis de la lev&#233;e d'occupation. Parce qu'au moment pr&#233;cis de cette lev&#233;e, trois points d'appui mat&#233;riellement disponibles ont &#233;t&#233; d&#233;truits :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier point d'appui d&#233;truit : la possibilit&#233; d'&#233;tendre la bagarre au-del&#224; des neuf r&#233;gularis&#233;s du 65 vers l'ensemble de la fraction sans-papi&#232;re du prol&#233;tariat de France &#8212; c'est-&#224;-dire vers les centaines de milliers de travailleurs sans-papiers pr&#233;sents sur le territoire fran&#231;ais, dans tous les secteurs pr&#233;caires, qui partagent avec les treize du 65 exactement le m&#234;me rapport de d&#233;pendance administrative au patron. Cette extension n&#233;cessitait un point de cristallisation politique, qui s'offrait au 65 au moment de la lev&#233;e. Elle est, depuis le 19 mai, sans point d'appui visible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me point d'appui d&#233;truit : la possibilit&#233; d'&#233;tendre la lutte &#233;conomique au-del&#224; des treize salari&#233;s du 65 &#8212; vers les autres salons de Ch&#226;teau-d'Eau d'abord (m&#234;mes conditions de travail dans le secteur coiffure et esth&#233;tique afro-asiatique du quartier), puis au-del&#224; de la coiffure vers les autres secteurs pr&#233;caires du 10&#7497; arrondissement (BTP du Grand Paris, h&#244;tellerie sous-trait&#233;e, restauration, livraison ub&#233;ris&#233;e, s&#233;curit&#233; priv&#233;e, aide &#224; la personne, ateliers de confection, agriculture saisonni&#232;re). Cette extension supposait l'occupation comme base mat&#233;rielle. Elle est, depuis le 19 mai, sans base mat&#233;rielle visible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me point d'appui d&#233;truit : la possibilit&#233; de lier l'aspect &#233;conomique &#224; l'aspect anti-imp&#233;rialiste. Parce que ces travailleurs sont pr&#233;cis&#233;ment des travailleurs qui ont fui les cons&#233;quences de la politique imp&#233;rialiste fran&#231;aise en Afrique et au Levant &#8212; d&#233;sorganisation des conditions d'existence par la Fran&#231;afrique, les accords mon&#233;taires post-coloniaux, les structures &#233;conomiques d'extraction. Et qui se retrouvent, en France, &#224; subir une double peine : fuir l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais &#224; l'ext&#233;rieur, et &#234;tre surexploit&#233;s par lui &#224; l'int&#233;rieur, sous la menace administrative de l'OQTF. La lutte du 65 offrait, au moment pr&#233;cis du 78&#7497; jour, la possibilit&#233; de poser ce lien en pratique politique de classe. Elle est, depuis le 19 mai, sans porteur politique visible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois points d'appui mat&#233;riellement disponibles. Trois points d'appui d&#233;truits simultan&#233;ment, au moment exact de la lev&#233;e d'occupation. Cela ne se compromet pas dans les ann&#233;es &#224; venir : cela s'est tu&#233; le 19 mai 2026. C'est pr&#233;cis&#233;ment la signature d'une victoire &#224; la Pyrrhus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette qualification de victoire &#224; la Pyrrhus est le fil conducteur de l'analyse qui suit. Nous y reviendrons section par section. Mais le cadre est pos&#233; d'embl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas une r&#233;gularisation pleine. C'est un sursis administratif dont le terme est fix&#233; par le parquet&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reprenons le contenu r&#233;el de ce qui a &#233;t&#233; obtenu. Les neuf titres d&#233;livr&#233;s le 19 mai 2026&#185;&#8304; ne sont pas d&#233;finitifs : ils sont d'un an, renouvelables tant que l'enqu&#234;te est en cours, mais r&#233;vocables si l'enqu&#234;te se referme sans qu'aboutisse une qualification de traite. Ils ne sont pas inconditionnels : ils d&#233;pendent de la coop&#233;ration continue des b&#233;n&#233;ficiaires avec la justice, c'est-&#224;-dire de l'instruction d'un dossier p&#233;nal dont elles et ils ne ma&#238;trisent ni le rythme, ni l'issue. Ils ne sont pas une carte de r&#233;sident : ils ne donnent pas acc&#232;s au plein droit du s&#233;jour, &#224; la stabilit&#233; administrative, &#224; la possibilit&#233; d'organiser une vie de famille avec parents &#226;g&#233;s ou enfants venant rejoindre. Et la qualification de traite des &#234;tres humains au titre de l'article 225-4-1 du Code p&#233;nal&#185;&#185;, qui conditionne tout, n'est m&#234;me pas encore retenue : le communiqu&#233; CGT conf&#233;d&#233;ral du 21 mai parle de la traite au conditionnel &#8212; &#171; o&#249; la qualification de traite des &#234;tres humains devrait &#234;tre retenue &#187;. C'est-&#224;-dire que la conf&#233;d&#233;ration elle-m&#234;me reconna&#238;t, dans le moment m&#234;me o&#249; elle c&#233;l&#232;bre l'&#171; &#233;pilogue &#187;, que la base juridique des titres reste suspendue &#224; la d&#233;cision du parquet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au plan mat&#233;riel, donc, les treize du 65 n'ont rien arrach&#233; par leur lutte. Ils ont obtenu ce que la proc&#233;dure p&#233;nale au titre de l'article L.425-1 du CESEDA&#185;&#178;, instruite par voie classique sur la base de leur plainte et des &#233;l&#233;ments mat&#233;riels disponibles (cahiers de comptes, t&#233;moignages convergents, fausses fiches), aurait fini par produire de toute fa&#231;on dans une instruction s&#233;rieuse. La gr&#232;ve a permis d'acc&#233;l&#233;rer la proc&#233;dure, de m&#233;diatiser le dossier, de mettre la pr&#233;fecture de Paris dans une position o&#249; elle ne pouvait plus diff&#233;rer. Mais le contenu obtenu &#8212; neuf titres temporaires r&#233;vocables au gr&#233; du parquet &#8212; c'est l'application de la loi. Point. Ce n'est pas l'arrachement d'un droit nouveau. C'est l'application diff&#233;r&#233;e d'un droit existant. La CGT conf&#233;d&#233;rale, Lutte Ouvri&#232;re, le NPA-R&#233;volutionnaires et R&#233;volution Permanente font passer cela pour une victoire ouvri&#232;re. Ce n'est pas une victoire ouvri&#232;re. C'est une entourloupe politique de la conf&#233;d&#233;ration, prolong&#233;e et amplifi&#233;e par les quatre courants trotskystes, qui se sert d'une proc&#233;dure administrative pour faire passer pour un acquis ce qui n'est qu'un sursis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les revendications des salari&#233;s en lutte ? Rien !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et sur ce qui &#233;tait inscrit dans le tract CGT distribu&#233; pendant soixante-dix-huit jours &#8212; les quatre revendications dont nous rappelons l'int&#233;gralit&#233; en t&#234;te de cet article &#8212;, le bilan se r&#233;sume &#224; un seul mot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les salaires impay&#233;s depuis octobre 2025 ne sont pas r&#233;gl&#233;s par le patron. L'entreprise est liquid&#233;e par la proc&#233;dure URSSAF devant le tribunal de commerce ; les salaires sont renvoy&#233;s &#224; l'AGS (r&#233;gime de garantie des salaires) selon les articles L.3253-6 et suivants du Code du travail&#185;&#179;. Or l'AGS, dans toutes les liquidations r&#233;centes, est un m&#233;canisme &#224; d&#233;lais longs et &#224; versements partiels. L'exp&#233;rience r&#233;cente de Milee-Adrexo&#185;&#8308; &#8212; dix mille salari&#233;s, plusieurs mois d'attente effective, sommes partiellement amput&#233;es &#8212; d&#233;montre que la &#171; garantie &#187; est conditionnelle dans les textes et al&#233;atoire dans la pratique. Le racket des 250 euros mensuels &#8212; qui peut repr&#233;senter pour certain&#183;e&#183;s plusieurs dizaines de milliers d'euros sur des ann&#233;es &#8212; n'est pas r&#233;par&#233; par la voie civile : il ne pourra l'&#234;tre qu'en cas de condamnation p&#233;nale du g&#233;rant, dont le calendrier se compte en ann&#233;es, et dont l'effectivit&#233;, pour des sommes en esp&#232;ces non trac&#233;es, est faible. Les conditions de travail d&#233;grad&#233;es (horaires non conventionnels, repos non respect&#233;s, cong&#233;s non pris, produits cosm&#233;tiques non conformes, absence de m&#233;decine du travail) sont, pour l'avenir, rendues sans objet par la liquidation du salon. Pour le pass&#233;, elles n'ouvrent aucun droit &#224; indemnit&#233; suppl&#233;mentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun autre salon du quartier n'a &#233;t&#233; inqui&#233;t&#233;. Aucune enqu&#234;te de fili&#232;re n'a &#233;t&#233; annonc&#233;e. Aucune fermeture administrative de la rue. Aucun gel des activit&#233;s du r&#233;seau que la CGT d&#233;nonce publiquement depuis 2014. Aucun mot d'ordre port&#233; par la conf&#233;d&#233;ration sur l'abrogation de la cha&#238;ne l&#233;gislative CESEDA. Aucune revendication sur la carte de r&#233;sident de dix ans. Aucune mention du pr&#233;c&#233;dent du 57 boulevard de Strasbourg dans le communiqu&#233; de victoire CGT du 21 mai 2026 &#8212; ni dans aucun des quatre textes trotskystes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les revendications m&#234;mes du tract CGT &#8212; rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les pr&#233;c&#233;dentes luttes, l'exploitation des sans-papiers continue &#224; Ch&#226;teau-d'Eau&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il faut int&#233;grer les autres faits, plus accablants encore que les rat&#233;s du 19 mai. Les pr&#233;c&#233;dents du 50 et du 57 boulevard de Strasbourg, en 2014. Cinquante, cinquante-sept, et soixante-cinq. Trois gr&#232;ves document&#233;es en douze ans, sur le m&#234;me trottoir, dans le m&#234;me quartier Ch&#226;teau-d'Eau, dans un p&#233;rim&#232;tre de quinze num&#233;ros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;c&#233;dent A &#8212; Le 50 boulevard de Strasbourg, f&#233;vrier 2014. Au salon d'esth&#233;tique Supply Beauty, sept manucures, pour la plupart sans-papi&#232;res, originaires de Chine et d'Afrique de l'Ouest, engagent une gr&#232;ve avec occupation pour r&#233;clamer le paiement de leurs salaires et la r&#233;gularisation administrative. La lutte aboutit &#224; des proc&#233;dures juridiques et &#224; des r&#233;gularisations partielles. Selon les &#233;l&#233;ments rapport&#233;s par &#201;lie Joussellin, secr&#233;taire de section du PCF Paris 10&#7497;, dans la revue Cause commune en 2019, une lutte courte aurait &#233;galement eu lieu au 71 boulevard de Strasbourg la m&#234;me ann&#233;e 2014 &#8212; information attribu&#233;e &#224; cette seule source.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;c&#233;dent B &#8212; Le 57 boulevard de Strasbourg, mai 2014. Trois mois plus tard, &#224; sept num&#233;ros d'&#233;cart, au salon de coiffure afro New York Fashion, dix-huit travailleurs et travailleuses dont dix-sept en situation irr&#233;guli&#232;re sur dix-huit entrent &#224; leur tour en gr&#232;ve le 22 mai 2014. Les conditions de travail document&#233;es par la proc&#233;dure judiciaire sont exemplaires de ce qu'on retrouve aujourd'hui au 65 : pay&#233;s &#224; la t&#226;che, journ&#233;es d&#233;passant dix heures sans pause, six jours par semaine, certain&#183;e&#183;s recevant 1,43 euro de l'heure, salaires globalement inf&#233;rieurs de plus de 40 % au SMIC, avec un paiement &#171; &#224; la t&#234;te coiff&#233;e alors que les coiffures afro-antillaises sont tr&#232;s longues &#224; ex&#233;cuter &#187;&#185;&#8309;, hygi&#232;ne d&#233;sastreuse, fausses fiches de paie servant non au paiement des cotisations mais &#224; la fabrication contr&#244;l&#233;e de dossiers de r&#233;gularisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte du 57 se d&#233;roule en deux phases distinctes, et c'est ce d&#233;roulement en deux phases qui &#233;claire r&#233;trospectivement ce qui se joue au 65 en 2026. Phase 1 &#8212; du 22 mai au 10 juin 2014 : la gr&#232;ve accompagn&#233;e d'occupation, sous soutien de la CGT (qui alerte l'inspection du travail), aboutit &#224; un protocole de fin de conflit. Les gr&#233;vistes obtiennent des contrats de travail conventionnels, le passage de quatre-vingts &#224; trente-cinq heures hebdomadaires, des cong&#233;s pay&#233;s, des fiches de paie. La gr&#232;ve s'arr&#234;te. Le travail reprend. Phase 2 &#8212; d&#233;clench&#233;e par la liquidation patronale du 8 juillet 2014 : un mois apr&#232;s le protocole, le g&#233;rant Mohamed Bamba d&#233;pose le bilan. La liquidation judiciaire du salon par le tribunal de commerce est utilis&#233;e par le patron comme arme de d&#233;samor&#231;age &#8212; elle annule de fait les engagements pris en juin (contrats, fiches, conditions conventionnelles), en transformant les dettes salariales en cr&#233;ances AGS aux versements al&#233;atoires. Les salari&#233;&#183;e&#183;s refusent ce d&#233;samor&#231;age et r&#233;occupent le salon liquid&#233; le 24 juillet 2014. Le 6 ao&#251;t, ils d&#233;posent une plainte pour &#171; traite d'&#234;tres humains, travail dissimul&#233;, faillite frauduleuse, escroquerie, conditions de travail indignes, abus de vuln&#233;rabilit&#233;, r&#233;tribution inexistante ou insuffisante &#187;. L'occupation post-liquidation se prolonge pendant neuf &#224; dix mois suppl&#233;mentaires. Et c'est cette occupation continu&#233;e &#8212; refus de laisser la liquidation &#234;tre la sortie politique de la lutte &#8212; qui rend mat&#233;riellement possibles les r&#233;gularisations pr&#233;fectorales obtenues en 2015, la victoire aux Prud'hommes en juin 2016, et la cha&#238;ne de condamnations p&#233;nales qui suivra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette cha&#238;ne de condamnations comporte deux proc&#232;s distincts, s&#233;par&#233;s de seize mois. Premi&#232;re condamnation, novembre 2016 au tribunal correctionnel de Paris : deux g&#233;rants condamn&#233;s pour travail dissimul&#233;, l'un &#8212; Mohamed Bamba, g&#233;rant de droit et de fait, alors en fuite &#8212; &#224; deux ans de prison dont un avec sursis et 31 800 euros d'amende, l'autre &#8212; second g&#233;rant non publiquement nomm&#233; dans les sources &#8212; &#224; dix mois d'emprisonnement et 10 600 euros d'amende. Mohamed Bamba, absent, fait opposition au jugement, ce qui ouvre la voie au second proc&#232;s. Seconde condamnation, 8 f&#233;vrier 2018 au m&#234;me tribunal, cette fois pour traite d'&#234;tres humains au titre de l'article 225-4-1 du Code p&#233;nal &#8212; qualification retenue pour la premi&#232;re fois dans un contexte de travail collectif d'entreprise en France. Mohamed Bamba est condamn&#233; &#224; deux ans de prison dont un an ferme, trois ans de mise &#224; l'&#233;preuve, interdiction de fr&#233;quenter le 10&#7497; arrondissement pendant trois ans, interdiction de g&#233;rer d&#233;finitive, 25 000 euros de dommages et int&#233;r&#234;ts aux coiffeuses, et 5 000 euros &#224; la CGT Paris partie civile&#185;&#8310;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Continuit&#233; juridique 57 &#8594; 65, douze ans plus tard. L'avocat qui plaide pour la CGT et les coiffeuses au proc&#232;s de f&#233;vrier 2018 est Maxime Cessieux. Il est cit&#233; par l'AFP au sortir de l'audience : &#171; &#192; ma connaissance, c'est la premi&#232;re fois que le tribunal reconna&#238;t dans un contexte de travail collectif au sein d'une entreprise que des salari&#233;s ont &#233;t&#233; soumis &#224; une traite d'&#234;tres humains. &#187;&#185;&#8311; Et c'est ce m&#234;me Maxime Cessieux qui, douze ans plus tard, reprend le dossier 65 comme avocat de la CGT-Paris en mars-mai 2026. La CGT-Paris dispose donc, en son sein, dans son &#233;quipe juridique personnellement identifi&#233;e et continue, de la connaissance directe du pr&#233;c&#233;dent du 57. Le r&#233;cit officiel de l'&#171; in&#233;dit &#187; du racket au 65, tel qu'il sera servi par Ian Brossat en mars 2026 (&#171; &#224; ma connaissance, ce racket est une premi&#232;re &#187;) et repris par la CGT conf&#233;d&#233;rale, par Lutte Ouvri&#232;re, par le NPA-R&#233;volutionnaires et par R&#233;volution Permanente dans leurs communiqu&#233;s du 19-21 mai, contredit donc la connaissance interne de l'appareil syndical CGT lui-m&#234;me. Ce n'est pas un d&#233;faut d'information. C'est un effacement organis&#233;. Nous reviendrons sur cette op&#233;ration politique pr&#233;cise dans la partie suivante de cet article &#8212; elle est ins&#233;parable de l'imbrication, plus large, entre l'appareil syndical CGT du 10&#7497; arrondissement et l'appareil municipal socialiste-PCF de cet arrondissement, imbrication qui rend politiquement intelligible le silence de la conf&#233;d&#233;ration sur le r&#244;le municipal dans la persistance du syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;c&#233;dent C, pr&#233;sent &#8212; Le 65 boulevard de Strasbourg, mars-mai 2026. Douze ans apr&#232;s les deux luttes de 2014, &#224; huit num&#233;ros du 57 et &#224; quinze num&#233;ros du 50, dans la m&#234;me rue, dans le m&#234;me quartier, sous la m&#234;me mairie d'arrondissement socialiste, d&#233;fendus par le m&#234;me avocat CGT, dans le m&#234;me secteur de la coiffure et de l'esth&#233;tique afro : treize gr&#233;vistes au lieu de dix-huit + sept, m&#234;me occupation, m&#234;me qualification de traite, m&#234;mes r&#233;gularisations partielles, m&#234;me liquidation de la coquille juridique du patron. Et &#8212; diff&#233;rence politique d&#233;cisive &#8212; lev&#233;e d'occupation simultan&#233;e &#224; la liquidation patronale, l&#224; o&#249; les travailleurs du 57 avaient en 2014 refus&#233; exactement cette op&#233;ration en r&#233;occupant le salon liquid&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois gr&#232;ves document&#233;es en douze ans, dans un p&#233;rim&#232;tre de quinze num&#233;ros, touchant au moins six nationalit&#233;s africaines et la nationalit&#233; chinoise. Ce n'est plus deux cas isol&#233;s s&#233;par&#233;s par dix ans. Ce n'est plus un cas particulier qui se reproduit. C'est la norme mat&#233;rielle ordinaire d'un secteur entier. La kafala dissimul&#233;e &#224; la fran&#231;aise n'est pas l'exception qu'il faut nommer ; c'est le r&#233;gime ordinaire du quartier Ch&#226;teau-d'Eau dans la coiffure et l'esth&#233;tique afro-asiatique &#8212; comme elle est le r&#233;gime ordinaire de la fraction sans-papi&#232;re du prol&#233;tariat de France dans tous les autres secteurs o&#249; celle-ci est employ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi cette persistance ? Parce que les autorit&#233;s savent qu'il y a un r&#233;seau, et elles le savent depuis 2014 au moins. Le r&#233;seau d'exploitation des sans-papiers africaines et chinoises dans la coiffure et l'esth&#233;tique afro-asiatique de Ch&#226;teau-d'Eau n'est pas un myst&#232;re policier. Il est document&#233; par les enqu&#234;tes ouvertes au 50 et au 57 (2014-2016), par les deux proc&#232;s du tribunal correctionnel de Paris (novembre 2016 et 8 f&#233;vrier 2018), par les dossiers d'inspection du travail, par les rapports du D&#233;fenseur des droits, par les enqu&#234;tes journalistiques de Mediapart, du Monde, d'Europe 1, de l'AFP et du Claireur des Coiffeurs sur ce secteur&#185;&#8312;. La pr&#233;fecture de police de Paris, la mairie d'arrondissement, l'URSSAF &#206;le-de-France, la direction d&#233;partementale du travail, l'inspection du travail de Paris : toutes ces administrations ont eu acc&#232;s aux faits depuis douze ans. Aucune n'a engag&#233; d'op&#233;ration de d&#233;mant&#232;lement structurel du r&#233;seau. Quand un patron est d&#233;mantel&#233; &#8212; Mohamed Bamba et le second g&#233;rant du 57 en 2016 et 2018, apr&#232;s deux proc&#233;dures p&#233;nales successives &#8212;, un autre prend le relais &#8212; Sidib&#233; 2025-2026. Le suivant suivra. Le suivant apr&#232;s lui aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas un d&#233;faut d'application de la loi p&#233;nale. C'est le fonctionnement structurel d'un rapport de production qui se reproduit en s&#233;rie, parce que la sanction p&#233;nale individuelle des exploiteurs n'attaque pas la cause mat&#233;rielle qui les produit. La kafala dissimul&#233;e &#224; la fran&#231;aise n'est pas une infraction qu'on poursuit individu par individu ; c'est un rapport qu'il faut nommer et abolir. Si on ne le nomme pas, si on continue &#224; traiter chaque dossier comme un cas isol&#233; de &#171; patron voyou &#187; qu'il suffirait de condamner p&#233;nalement pour r&#233;soudre la question, alors nous retrouverons dans douze ans une quatri&#232;me lutte identique &#224; quatre num&#233;ros de distance &#8212; peut-&#234;tre au 73, peut-&#234;tre au 51 &#8212; avec une autre vague de sans-papiers, un autre patron africain ou chinois ou maghr&#233;bin ou fran&#231;ais, et la m&#234;me issue proc&#233;durale qu'on pr&#233;sentera &#224; nouveau comme une &#171; belle victoire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la liquidation au 65 pr&#233;sent&#233;e comme &#171; jour de victoire &#187; : ce que la CGT conf&#233;d&#233;rale c&#233;l&#232;bre en 2026, c'est ce que les travailleurs du 57 avaient refus&#233; en 2014&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;c&#233;dent du 57 que nous venons de reconstituer en &#233;claire un autre, plus imm&#233;diat. La liquidation de l'entreprise g&#233;rante du salon Sabadou &amp; Jade Institut au 65, prononc&#233;e par le tribunal de commerce de Paris dans les jours qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; ou accompagn&#233; la lev&#233;e d'occupation du 19 mai 2026, est pr&#233;sent&#233;e par la CGT conf&#233;d&#233;rale et par l'ensemble des courants trotskystes comme partie int&#233;grante de la &#171; victoire &#187;. Ad&#232;le Tellez, secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale de la CGT Paris en 2026, formule cette pr&#233;sentation dans des termes qu'il faut citer pr&#233;cis&#233;ment : &#171; &#199;a va comme un jour de victoire ! &#187;&#185;&#8313; Le blog de Roger Colombier, militant CGT proche de la direction conf&#233;d&#233;rale, l'explicite : &#171; Aujourd'hui, l'entreprise est en cours de liquidation. Les prochaines &#233;tapes du conflit, pour r&#233;cup&#233;rer les sommes dues aux salari&#233;&#183;e&#183;s et faire condamner les patrons pour traite des &#234;tres humains auront donc lieu devant les tribunaux. &#187;&#178;&#8304; Le NPA-Anticapitaliste, le NPA-R&#233;volutionnaires, R&#233;volution Permanente et Lutte Ouvri&#232;re n'ont, dans leurs communiqu&#233;s respectifs du 19-21 mai 2026, ni contest&#233; cette pr&#233;sentation, ni propos&#233; une analyse alternative de la liquidation. La liquidation est donc collectivement int&#233;gr&#233;e au r&#233;cit de la &#171; victoire &#187; par cinq organisations qui se r&#233;clament toutes du combat ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pr&#233;sentation est doctrinalement fausse, et elle a quatre cons&#233;quences politiques qu'il faut nommer. Premi&#232;rement, la liquidation exon&#232;re Sidib&#233; de sa responsabilit&#233; civile patronale. L'entit&#233; juridique disparue, Sidib&#233; n'a plus &#224; payer les salaires arri&#233;r&#233;s sur son patrimoine personnel &#8212; saisissable autrement sur ses comptes bancaires, son mobilier, ses biens immobiliers, sa fortune accumul&#233;e par le racket pendant des ann&#233;es. La dette directe patronale est transform&#233;e en cr&#233;ance AGS, pay&#233;e par la mutualisation des cotisations salariales &#8212; c'est-&#224;-dire par la classe ouvri&#232;re elle-m&#234;me. La classe ouvri&#232;re paie pour Sidib&#233;. Deuxi&#232;mement, la liquidation exon&#232;re la mairie de Paris : l'entit&#233; juridique disparue, la question de la complicit&#233; institutionnelle de la mairie qui a encaiss&#233; pendant douze ans les imp&#244;ts d'un syst&#232;me qu'elle savait ill&#233;gal &#8212; au 50, au 57, et au 65 &#8212; s'efface du paysage juridique. La mairie, qui devrait elle-m&#234;me payer pour ce qu'elle a pr&#233;lev&#233; sur du travail vol&#233;, est dispens&#233;e par la liquidation. Troisi&#232;mement, la liquidation exon&#232;re l'&#201;tat imp&#233;rialiste fran&#231;ais : ce n'est pas seulement Sidib&#233; qui a exploit&#233;, c'est le dispositif d'&#201;tat (CESEDA + Code du travail + circulaires Valls 2012 et Retailleau 2025 + pratique pr&#233;fectorale) qui a rendu cette exploitation mat&#233;riellement possible. La liquidation individualise la faute sur l'entit&#233; juridique disparue et d&#233;gage politiquement l'&#201;tat de toute mise en cause structurelle. Sidib&#233; devient bouc &#233;missaire individuel ; le dispositif kafala dissimul&#233;e reste intact. Quatri&#232;mement, la liquidation d&#233;truit mat&#233;riellement le lieu de mobilisation. Plus de salon, plus de centre d'occupation, plus de point d'appui pour &#233;tendre. L'op&#233;ration qui cl&#244;ture politiquement la possibilit&#233; m&#234;me de continuer la lutte de classe sur ce dossier est d&#233;sormais accomplie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et &#8212; comparaison d&#233;cisive avec ce que nous venons de voir au 57 &#8212; ce que la CGT conf&#233;d&#233;rale et les courants trotskystes c&#233;l&#232;brent en mai 2026 comme &#171; jour de victoire &#187; est pr&#233;cis&#233;ment ce que les travailleurs du 57 avaient refus&#233; en juillet 2014. En juillet 2014, Mohamed Bamba avait utilis&#233; la liquidation comme arme de d&#233;samor&#231;age pour annuler les contrats obtenus en juin ; les salari&#233;&#183;e&#183;s du 57 avaient r&#233;pondu en r&#233;occupant le salon liquid&#233; le 24 juillet, et en prolongeant l'occupation pendant neuf &#224; dix mois suppl&#233;mentaires &#8212; refus politique explicite de laisser la liquidation &#234;tre la sortie de la lutte. C'est ce refus qui avait rendu possibles les r&#233;gularisations pr&#233;fectorales de 2015, la victoire aux Prud'hommes de juin 2016, et la condamnation pour traite de f&#233;vrier 2018. En mai 2026 au 65, la CGT conf&#233;d&#233;rale et les quatre courants trotskystes ont align&#233; la lev&#233;e d'occupation sur la liquidation patronale et ont pr&#233;sent&#233; ce double mouvement comme une &#171; victoire &#187;. Sur douze ans, par les m&#234;mes structures syndicales &#8212; UD CGT Paris en particulier &#8212;, la m&#233;thode de lutte a r&#233;gress&#233; d'une occupation continu&#233;e du salon liquid&#233; &#224; une lev&#233;e d'occupation simultan&#233;e &#224; la liquidation. Cette r&#233;gression de m&#233;thode est l'aggravation politique la plus pr&#233;cise de la victoire &#224; la Pyrrhus de 2026.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette op&#233;ration politique repose sur une confusion doctrinale pr&#233;cise qu'il faut nommer. Identifier la liquidation d'une Sarl par un tribunal de commerce &#8212; op&#233;ration du droit commercial bourgeois &#8212; &#224; une conqu&#234;te de la classe ouvri&#232;re, c'est faire de l'&#233;conomisme de tribunal : croire que la classe ouvri&#232;re progresse par les proc&#233;dures juridiques individuelles plut&#244;t que par la lutte de classe collective. L&#233;nine, dans L'&#201;tat et la R&#233;volution (1917)&#178;&#185;, et Trotsky, dans le Programme de transition (1938)&#178;&#178;, ont pr&#233;cis&#233;ment critiqu&#233; cette confusion. La position l&#233;niniste-trotskyste-bartiste sur le rapport &#224; la l&#233;galit&#233; bourgeoise est nette : on ne s'appuie pas sur la loi bourgeoise, parce qu'on ne la reconna&#238;t pas comme cadre l&#233;gitime, m&#234;me si dans certains cas tactiques on peut s'en servir. La loi bourgeoise &#8212; droit commercial, tribunal de commerce, AGS, proc&#233;dure URSSAF &#8212; est un dispositif d'organisation de l'exploitation. Elle peut &#234;tre utilis&#233;e tactiquement (plaintes, proc&#232;s m&#233;diatis&#233;s, condamnations) mais jamais pr&#233;sent&#233;e comme conqu&#234;te ouvri&#232;re en propre. Lorsque la CGT conf&#233;d&#233;rale et les courants trotskystes pr&#233;sentent la liquidation comme &#171; jour de victoire &#187;, ils op&#232;rent une identification politique entre conqu&#234;te de classe et op&#233;ration de la loi bourgeoise &#8212; op&#233;ration qui est pr&#233;cis&#233;ment celle que la doctrine r&#233;volutionnaire interdit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La revendication ouvri&#232;re v&#233;ritable, telle que nous l'inscrivons en revendications 8 et 9 de notre programme, est donc strictement oppos&#233;e &#224; la pr&#233;sentation CGT-trotskyste. Pas la liquidation comme conqu&#234;te. Mais : r&#233;quisition ouvri&#232;re du patrimoine personnel de Sidib&#233; &#8212; avoirs bancaires, mobilier, biens immobiliers, fortune accumul&#233;e par le racket &#8212; pour ex&#233;cution int&#233;grale du paiement des salaires et du remboursement du racket. Subsidiairement, si la fortune personnelle de Sidib&#233; ne couvre pas, paiement par la mairie de Paris, qui a pr&#233;lev&#233; pendant douze ans les imp&#244;ts locaux sur du travail vol&#233;, et dont les maires successifs (R&#233;mi F&#233;raud 2008-2017, Alexandra Cordebard 2017-2032, Anne Hidalgo 2014-2026, Emmanuel Gr&#233;goire 2026-2032) sont officiers de police judiciaire au sens de l'article 16 du Code de proc&#233;dure p&#233;nale, et n'ont jamais saisi le procureur au titre de l'article 40 CPP sur le r&#233;seau Ch&#226;teau d'Eau qu'ils connaissaient depuis 2014. Subsidiairement, paiement par l'&#201;tat dont le dispositif a rendu structurellement possible le vol. Et &#8212; strictement oppos&#233; &#224; la sortie politique actuelle &#8212; maintien du salon ouvert sous contr&#244;le ouvrier, en SCOP, comme acquis d&#233;fensif arrach&#233; par la lutte. La conqu&#234;te ouvri&#232;re, c'est la reprise du salon par les treize travailleurs et travailleuses, pas la fermeture du salon par le tribunal de commerce. Nous reviendrons en partie I sur l'imbrication pr&#233;cise entre l'appareil syndical CGT du 10&#7497; arrondissement et l'appareil municipal socialiste-PCF de cet arrondissement &#8212; imbrication qui rend politiquement intelligible pourquoi cette revendication ouvri&#232;re v&#233;ritable n'a &#233;t&#233; port&#233;e par aucune des cinq organisations syndicales et politiques intervenues sur le dossier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cette op&#233;ration de sortie politique de la lutte par la liquidation n'est pas un accident de la lutte du 65. Elle est l'application contemporaine d'une fonction structurelle qu'a prise la conf&#233;d&#233;ration CGT depuis 2008 : non pas combattre la politique migratoire de l'&#201;tat imp&#233;rialiste fran&#231;ais, mais en organiser la gestion s&#233;lective pour le compte de cet &#201;tat &#8212; par le filtre du d&#233;p&#244;t collectif via les Unions D&#233;partementales, par la s&#233;lection des &#171; bons &#187; candidats &#224; la r&#233;gularisation contre les &#171; mauvais &#187;, par le pi&#233;tinement des collectifs autonomes qui exigent une r&#233;gularisation globale et sans condition. Nous le d&#233;montrons pi&#232;ce &#224; pi&#232;ce dans la Partie I de cet article-action, en remontant la s&#233;quence Saint-Bernard 1996 &#8594; Saint-Denis 2002 &#8594; CSP-75 &#8594; expulsion de la Bourse du Travail le 24 juin 2009 par le service d'ordre de la CGT conf&#233;d&#233;rale &#8594; Cit&#233; de l'immigration octobre 2010 &#8594; Chronopost 2021 &#8594; Arena 2023 &#8594; 65 boulevard de Strasbourg 2026.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sidib&#233; n'est pas un patron voyou &#8212; c'est un patron tout ce qu'il y a de plus capitaliste et en m&#234;me temps un kaf&#299;l &#224; la fran&#231;aise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reprenons donc la qualification politique du personnage central. Les communiqu&#233;s CGT, LO, NPA-R et RP du 19-21 mai 2026 parlent tous quatre de Christian Sidib&#233; comme d'un &#171; patron-voyou &#187;, d'un &#171; exploiteur &#187;, d'un &#171; n&#233;grier moderne &#187;, et &#8212; chez RP &#8212; d'un cas exemplaire du &#171; racisme d'&#201;tat &#187; qui maintient la fraction sans-papi&#232;re dans la pr&#233;carit&#233; administrative&#185;&#8311;. Ces qualificatifs ne sont pas faux, mais ils sont insuffisants &#8212; et leur insuffisance n'est pas un d&#233;faut de vocabulaire, c'est un d&#233;placement politique. La formule &#8220;patron voyou&#8221; elle-m&#234;me est unanime, mot pour mot, dans le paysage politique tout entier : maire socialiste du 10&#7497; Alexandra Cordebard, s&#233;nateur communiste Ian Brossat, secr&#233;taire conf&#233;d&#233;rale CGT Sophie Binet, secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale CGT Paris Ad&#232;le Tellez, Union syndicale CGT du Commerce, hebdomadaire Lutte Ouvri&#232;re dans son article du 1&#7497;&#691; avril 2026 (titre int&#233;gral : &#171; Coiffeuses &#8211; Paris : contre un patron voyou &#187;), br&#232;ve NPA-R&#233;volutionnaires du 12 avril 2026. De la mairie socialiste &#224; l'extr&#234;me gauche se r&#233;clamant du trotskysme, le m&#234;me vocabulaire, la m&#234;me qualification, le m&#234;me cadrage politique. Cette unanimit&#233; du vocabulaire n'est pas une co&#239;ncidence s&#233;mantique : elle exprime la commune fonction politique des courants qui parlent ce vocabulaire. Nous le d&#233;montrons pi&#232;ce &#224; pi&#232;ce dans la Partie II. Sidib&#233; n'est pas un voyou marginal qui se serait &#233;cart&#233; du droit commun du capitalisme fran&#231;ais. Sidib&#233; est un patron capitaliste comme les autres dans son secteur &#8212; il ach&#232;te une force de travail, il extrait de la plus-value, il licencie qui il veut, il fixe les conditions de travail. C'est l'exploitation salariale ordinaire. Et en m&#234;me temps, Sidib&#233; est un kaf&#299;l &#8212; c'est-&#224;-dire qu'il d&#233;tient unilat&#233;ralement la cha&#238;ne documentaire qui conditionne la r&#233;gularisation administrative de ses salari&#233;s sans papiers. Pas par d&#233;rive personnelle. Par fonctionnement structurel du dispositif que la R&#233;publique lui offre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que la kafala dissimul&#233;e &#224; la fran&#231;aise ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mot &#171; kafala &#187; d&#233;signe le dispositif d'&#201;tat, en vigueur dans les monarchies du Golfe arabique (Qatar, &#201;mirats arabes unis, Arabie saoudite, Bahre&#239;n, Kowe&#239;t, Oman), qui rend l'employeur d&#233;positaire administratif de la condition de s&#233;jour du travailleur migrant. Dans ce syst&#232;me, le visa-sponsor (&#171; kaf&#257;la &#187;) est attach&#233; &#224; l'employeur, pas au travailleur. Le travailleur ne peut pas changer d'employeur sans autorisation. La rupture du lien employeur-employ&#233; entra&#238;ne automatiquement la perte du droit de s&#233;jour. Cette d&#233;pendance administrative produit, dans la mat&#233;rialit&#233; du rapport de travail, des conditions de travail forc&#233; que les rapports de l'Organisation internationale du travail, d'Amnesty International et de Human Rights Watch documentent depuis quinze ans&#185;&#8312;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous appelons kafala dissimul&#233;e &#224; la fran&#231;aise le dispositif &#233;quivalent que la R&#233;publique fran&#231;aise organise sur son sol &#8212; sans l'&#233;crire dans son code, mais avec une efficacit&#233; mat&#233;rielle comparable. Ce dispositif combine quatre instruments. Premier instrument : le CESEDA (Code de l'entr&#233;e et du s&#233;jour des &#233;trangers et du droit d'asile) qui conditionne toute r&#233;gularisation administrative &#224; des crit&#232;res dont la fiche de paie est, en pratique, l'&#233;l&#233;ment central &#8212; circulaire Valls de novembre 2012&#185;&#8313;, durcie par la circulaire Retailleau de janvier 2025&#178;&#8304;. Deuxi&#232;me instrument : le Code du travail fran&#231;ais qui interdit l'embauche d'un travailleur sans titre (article L.8251-1) et qui, en sanctionnant le patron, transforme paradoxalement la d&#233;claration du travailleur en menace pour lui &#8212; le travailleur sans titre ne peut pas saluer publiquement son embauche sans mettre en danger son employeur, donc sans mettre en danger sa propre fiche de paie, donc sans mettre en danger sa propre r&#233;gularisation potentielle. Troisi&#232;me instrument : la pratique pr&#233;fectorale, qui exige pour toute r&#233;gularisation par le travail des justificatifs (fiche de paie, d&#233;claration d'embauche, bulletins URSSAF) que seul l'employeur peut produire &#8212; et qu'il produit, ou ne produit pas, &#224; sa discr&#233;tion. Quatri&#232;me instrument : la cha&#238;ne historique des circulaires de r&#233;gularisation au cas par cas (Marcellin-Fontanet 1972, Valls 2012, durcissement Retailleau 2025) qui rend ces r&#233;gularisations conditionnelles, individualis&#233;es, discr&#233;tionnaires, et donc n&#233;gociables par l'employeur comme contrepartie de la docilit&#233; salariale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La combinaison de ces quatre instruments produit, dans la mat&#233;rialit&#233; du rapport de travail, exactement le m&#234;me r&#233;sultat que la kafala du Golfe. Ce n'est pas le m&#234;me code. C'est la m&#234;me cha&#238;ne. La fiche de paie joue en France le r&#244;le que joue le visa-sponsor &#224; Doha ou Riyad : c'est l'unique pi&#232;ce qui ouvre la voie au titre de s&#233;jour, et elle est enti&#232;rement contr&#244;l&#233;e par l'employeur. Le travailleur sans titre devient, dans cette structure, d&#233;pendant administratif de son patron. Le patron peut alors imposer des conditions de travail d&#233;grad&#233;es (horaires excessifs, salaires partiels, racket en esp&#232;ces) avec l'assurance que le travailleur ne portera pas plainte &#8212; porter plainte, c'est risquer la d&#233;nonciation, donc l'OQTF, donc l'expulsion. Le &#171; racket &#187; des 250 euros mensuels observ&#233; au 65 n'est pas une d&#233;rive criminelle isol&#233;e : c'est l'expression brute de la d&#233;pendance administrative que la R&#233;publique fran&#231;aise organise sur son sol et qu'elle s'interdit de nommer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sidib&#233; est donc un patron capitaliste ordinaire et un kaf&#299;l &#224; la fran&#231;aise. Les deux &#224; la fois. Le capitaliste extrait de la plus-value comme dans toute entreprise fran&#231;aise ; le kaf&#299;l ajoute &#224; cette extraction salariale ordinaire un m&#233;canisme administratif suppl&#233;mentaire &#8212; la menace permanente de l'OQTF &#8212; qui lui permet d'imposer des conditions que le droit du travail fran&#231;ais interdirait formellement. Cette double position n'est pas pathologique : elle est rendue structurellement possible par le dispositif d'&#201;tat, et elle se reproduit en s&#233;rie partout o&#249; le dispositif d'&#201;tat reste en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la d&#233;monstration mat&#233;rielle compl&#232;te du dispositif &#8212; sa g&#233;n&#233;alogie historique (du Code de l'indig&#233;nat 1881 &#224; l'OFAMI 1945, des circulaires Marcellin-Fontanet 1972 &#224; Valls 2012 et Retailleau 2025), ses quatre instruments articul&#233;s, et le programme transitoire qui en permet la rupture (de la carte de r&#233;sident inconditionnelle &#224; la citoyennet&#233; de 1793) &#8212; nous renvoyons au texte th&#233;orique en fin de brochure&#178;&#185; : &#171; La kafala dissimul&#233;e &#224; la fran&#231;aise : la fraction sans-papi&#232;re du prol&#233;tariat de France comme question programmatique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La victoire de la CGT : une op&#233;ration politique d'&#201;tat r&#233;ussie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste &#224; comprendre la fonction politique de la s&#233;quence du 19-21 mai 2026. Et ici, il faut prendre toute la mesure de ce que la conf&#233;d&#233;ration CGT a fait, et de ce que Lutte Ouvri&#232;re, le NPA-Anticapitaliste, le NPA-R&#233;volutionnaires et R&#233;volution Permanente ont fait &#224; sa suite &#8212; pas seulement de ce qu'ils n'ont pas obtenu (salaires, racket, autres salons), mais de ce qu'ils ont activement accompli par leur mani&#232;re de clore la lutte. Trois jours apr&#232;s la lev&#233;e d'occupation, la &#171; belle victoire &#187; est inscrite dans cinq textes officiels qui convergent jusque dans leurs m&#233;taphores. Et Ch&#226;teau-d'Eau retourne dans le silence d'avant la gr&#232;ve &#8212; avec ses milliers de travailleurs et travailleuses sans-papiers qui continuent, dans les mois qui viennent, &#224; subir exactement la condition contre laquelle les treize ont occup&#233; pendant soixante-dix-huit jours. Rien n'a chang&#233; dans le rapport de production. Rien n'a chang&#233; dans la m&#233;canique d'&#201;tat. La seule chose qui a chang&#233;, c'est que la lutte qui rendait visible cette condition s'est arr&#234;t&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette cl&#244;ture n'est pas un accident. C'est une op&#233;ration politique d'&#201;tat r&#233;ussie &#8212; celle qui a circonscrit une lutte ouvri&#232;re au moment o&#249; elle pouvait devenir une vague articul&#233;e &#224; la critique de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais et contre la kafala contre laquelle aucun des cinq courants n'a rien fait. Les sections qui suivent en font la d&#233;monstration d&#233;taill&#233;e. Elles montrent, pi&#232;ces &#224; l'appui, ce que les communiqu&#233;s CGT, LO, NPA-R et RP du 19-21 mai (et le silence post-victoire du NPA-A) ont effac&#233;, d&#233;plac&#233;, neutralis&#233;. Elles montrent comment la mairie de Paris, encaisseuse depuis 2014 des imp&#244;ts locaux d'un syst&#232;me qu'elle savait ill&#233;gal, a &#233;t&#233; pr&#233;serv&#233;e par le silence syndical d'avoir &#224; r&#233;pondre de son r&#244;le. Elles montrent comment Sophie Binet et la direction conf&#233;d&#233;rale CGT ne pouvaient pas d&#233;noncer cette mairie socialiste alli&#233;e parce qu'elles sont elles-m&#234;mes int&#233;gr&#233;es &#224; l'appareil bourgeois et &#224; l'&#201;tat imp&#233;rialiste fran&#231;ais &#8212; int&#233;gration dont l'europ&#233;isme rh&#233;torique actuel est le costume contemporain qui sert &#224; prot&#233;ger l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais de ceux qui voudraient le d&#233;noncer. Et elles montrent enfin comment les quatre courants trotskystes &#8212; LO, NPA-A, NPA-R, RP &#8212; se pr&#233;sentent comme alternatives aux directions syndicales sans en &#234;tre r&#233;ellement, parce que leurs militants sont mat&#233;riellement int&#233;gr&#233;s &#224; ces m&#234;mes directions syndicales (CGT, Solidaires, FSU) comme d&#233;l&#233;gu&#233;s CSE, &#233;lus syndicaux, responsables d'union locale, et qu'ils ne m&#232;nent aucune fraction publique contre ces directions sur le dossier 65 ou sur tout autre dossier majeur. Cette int&#233;gration mat&#233;rielle est ce qui explique leur convergence dans l'effacement de la kafala dissimul&#233;e comme rapport de production : ils ne peuvent pas la nommer sans se nommer eux-m&#234;mes complices, par leur pratique syndicale quotidienne, de la direction conf&#233;d&#233;rale qui la couvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous aborderons tout cela plus loin. Mais le diagnostic d'ensemble peut &#234;tre pos&#233; d&#232;s maintenant : la &#171; victoire &#187; du 65 boulevard de Strasbourg, au sens o&#249; l'entendent la CGT conf&#233;d&#233;rale et les quatre courants trotskystes dans leurs textes du 19-21 mai 2026, est une victoire pour l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais &#8212; pas pour les treize travailleurs et travailleuses qui ont occup&#233; pendant onze semaines. Les treize ont obtenu un sursis administratif. L'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, lui, a obtenu beaucoup mieux : la neutralisation d'une lutte qui pouvait devenir, dans le contexte de sa propre recomposition ext&#233;rieure acc&#233;l&#233;r&#233;e &#8212; repli du Sahel, pivot Nairobi de mai 2026&#178;&#178; &#8212;, une vague d'auto-organisation de la fraction sans-papi&#232;re du prol&#233;tariat de France au moment pr&#233;cis o&#249; ce prol&#233;tariat constitue la compensation m&#233;tropolitaine de son recul colonial. C'est cette compensation qu'il faut nommer. C'est elle que la suite de cet article d&#233;montre. C'est elle qu'il faut briser, parce que la seule victoire ouvri&#232;re v&#233;ritablement &#224; la port&#233;e des treize et des centaines de milliers de sans-papiers qui sont aujourd'hui dans leur condition, c'est la d&#233;faite politique de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et plus pr&#233;cis&#233;ment, il faut poser d&#232;s le pr&#233;ambule la th&#232;se doctrinale qui structurera la Partie I de cet article : la conf&#233;d&#233;ration CGT a pris depuis 2008 une fonction structurelle dans la politique migratoire fran&#231;aise, celle de gestionnaire institutionnel de la main-d'&#339;uvre immigr&#233;e pour le compte de l'&#201;tat imp&#233;rialiste. Cette fonction se d&#233;ploie par trois m&#233;canismes articul&#233;s qui apparaissent mat&#233;riellement dans la s&#233;quence des luttes de sans-papier&#183;e&#183;s de 2008 &#224; 2026 : (1) le filtre du d&#233;p&#244;t collectif via les Unions D&#233;partementales &#8212; la direction CGT a obtenu de l'&#201;tat, &#224; partir de 2008, que les demandes de r&#233;gularisation passent uniquement par les UD, court-circuitant les syndicats d'entreprise et les Unions Locales, c'est-&#224;-dire les niveaux o&#249; une politique de fraction r&#233;volutionnaire pourrait s'enraciner ; (2) la s&#233;lection des &#171; bons &#187; candidats &#224; la r&#233;gularisation contre les &#171; mauvais &#187; &#8212; la conf&#233;d&#233;ration tri les dossiers, fragmente la lutte en cas individuels, abandonne les revendications collectives au moment de la &#171; victoire &#187; individuelle ; (3) le pi&#233;tinement physique et politique des collectifs autonomes qui exigent une r&#233;gularisation globale et sans condition &#8212; comme l'expulsion par la force des sans-papier&#183;e&#183;s de la CSP-75 (Coordination des Sans Papiers de Paris) de la Bourse du Travail de Paris le 24 juin 2009 par cent membres du service d'ordre CGT cagoul&#233;s arm&#233;s de matraques et de bombes lacrymog&#232;nes, neuf personnes hospitalis&#233;es dont un enfant de trois ans. La CGT conf&#233;d&#233;rale, depuis 2008, ne lutte pas pour la r&#233;gularisation : elle d&#233;cide qui est r&#233;gularis&#233; et qui ne l'est pas, pour le compte de l'&#201;tat imp&#233;rialiste fran&#231;ais. Le 65 boulevard de Strasbourg en 2026 est l'application contemporaine de cette fonction. Cette th&#232;se est doctrinalement centrale et nous la d&#233;montrons pi&#232;ce &#224; pi&#232;ce dans la Partie I.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il faut signaler d&#232;s le pr&#233;ambule un fait mat&#233;riel qui condense l'op&#233;ration politique d'ensemble, et que nous d&#233;montrerons en Partie II : la f&#234;te de la &#171; victoire &#187; du 65 boulevard de Strasbourg est annonc&#233;e pour le 28 mai 2026 au 85 rue Charlot, Paris 3&#7497;. Cette adresse n'est pas anodine. C'est l'adresse exacte de l'annexe Eug&#232;ne Varlin de la Bourse du Travail occup&#233;e par la Coordination 75 des Sans Papiers du 2 mai 2008 au 24 juin 2009. C'est l'adresse exacte o&#249; la CGT a expuls&#233; par la force, ce 24 juin 2009, les sans-papier&#183;e&#183;s qui occupaient ce lieu pour exiger une r&#233;gularisation globale &#8212; par environ cent membres de son service d'ordre cagoul&#233;s arm&#233;s de matraques et de bombes lacrymog&#232;nes, neuf personnes hospitalis&#233;es dont un enfant de trois ans. Dix-sept ans plus tard, la conf&#233;d&#233;ration CGT c&#233;l&#232;bre sa &#171; victoire &#233;clatante &#187; au lieu exact o&#249; elle avait pi&#233;tin&#233; physiquement le mouvement autonome de r&#233;gularisation globale. Cette co&#239;ncidence d'adresse n'est pas un hasard de calendrier. Elle est une d&#233;claration politique muette de ce que la conf&#233;d&#233;ration entend par &#171; victoire &#187; : la mise au pas des collectifs autonomes et leur remplacement par le pilotage conf&#233;d&#233;ral monopolis&#233; de la s&#233;lection pr&#233;fectorale individuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il faut signaler &#233;galement un trait commun de l'op&#233;ration politique d'ensemble qui appara&#238;t dans les trois textes de cl&#244;ture publi&#233;s entre le 20 et le 21 mai 2026 par les trois courants qui se sont positionn&#233;s &#224; la cl&#244;ture (CGT conf&#233;d&#233;rale, Lutte Ouvri&#232;re, NPA-R&#233;volutionnaires) : les quatre coiffeurs et barbiers hommes africains du collectif sont effac&#233;s dans les trois textes. La CGT conf&#233;d&#233;rale parle de &#171; coiffeuses &#187; dans le titre de son communiqu&#233;. Lutte Ouvri&#232;re parle de &#171; la quinzaine de travailleuses &#187; et de &#171; ces femmes, souvent m&#232;res c&#233;libataires &#187;. NPA-R&#233;volutionnaires parle de &#171; neuf travailleuses &#187;. Effacement par fusion, effacement par s&#233;lection, effacement par invention path&#233;tique &#8212; par trois op&#233;rations rh&#233;toriques diff&#233;rentes mais qui convergent toutes vers le m&#234;me r&#233;sultat mat&#233;riel : les hommes africains qui n'ont pas &#233;t&#233; r&#233;gularis&#233;s par la pr&#233;fecture sortent du champ politique du r&#233;cit de la &#171; victoire &#187;. La fraction du collectif &#224; qui l'&#201;tat a refus&#233; satisfaction dispara&#238;t du discours des organisations qui pr&#233;tendent porter sa cause. D&#233;monstration pi&#232;ce &#224; pi&#232;ce en Partie II.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il faut, en cl&#244;ture de ce pr&#233;ambule, poser un point doctrinal qui sera d&#233;velopp&#233; pi&#232;ce &#224; pi&#232;ce dans la partie II de cet article. Ces quatre courants &#8212; Lutte Ouvri&#232;re, NPA-Anticapitaliste, NPA-R&#233;volutionnaires, R&#233;volution Permanente &#8212; se r&#233;clament tous publiquement du trotskysme. Or pour Trotsky lui-m&#234;me, &#234;tre trotskyste, c'&#233;tait &#234;tre bolchevik-l&#233;niniste &#8212; c'est ainsi qu'il d&#233;nommait son propre courant &#224; partir de 1928, dans la Plateforme de l'Opposition de Gauche, dans les manifestes fondateurs de la Quatri&#232;me Internationale en 1938, et dans son texte Stalinisme et bolchevisme de 1937&#178;&#179;. Cette d&#233;nomination n'&#233;tait pas un slogan : c'&#233;tait une identification doctrinale rigoureuse &#224; la continuit&#233; du bolchevisme l&#233;niniste tel qu'il s'est constitu&#233; de 1903 &#224; 1923, contre la d&#233;g&#233;n&#233;rescence stalinienne et social-d&#233;mocrate de la III&#7497; Internationale. Or, sur les sept crit&#232;res constitutifs que Trotsky et l'Opposition de Gauche ont pos&#233;s entre 1928 et 1940 &#8212; (1) d&#233;fense de la dictature du prol&#233;tariat comme r&#233;gime politique transitoire entre capitalisme et communisme ; (2) d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire vis-&#224;-vis de SA propre bourgeoisie imp&#233;rialiste, au sens o&#249; L&#233;nine l'a formul&#233; en 1915 dans La Faillite de la II&#7497; Internationale et Le socialisme et la guerre ; (3) refus de tout front populaire et de tout antifascisme parlementaire au sens des fronts populaires de 1934-1939, contre lesquels Trotsky a explicitement &#233;crit en 1935-1936 ; (4) refus de la l&#233;gitimation des &#233;lections bourgeoises par l'appel au &#171; moindre mal &#187; au second tour des pr&#233;sidentielles ou l&#233;gislatives ; (5) construction de l'organisation par fractions r&#233;volutionnaires au sein des syndicats existants, selon la politique de l'Internationale Communiste 1919-1922 ; (6) identification de SA propre bourgeoisie comme adversaire principal de la classe ouvri&#232;re de France &#8212; pas l'&#171; extr&#234;me droite &#187; abstraite, pas le &#171; racisme d'&#201;tat &#187; abstrait, pas les &#171; &#201;tats-Unis &#187; ou les &#171; pays riches &#187; abstraits ; (7) construction de l'Internationale r&#233;volutionnaire &#224; reconstruire comme objectif politique articul&#233; &#8212;, aucun de ces quatre courants ne remplit aujourd'hui un seul de ces crit&#232;res sans en violer plusieurs autres. Lutte Ouvri&#232;re viole le crit&#232;re 4 (appel &#224; voter Macron au second tour 2017 et 2022) et les crit&#232;res 2 et 5 (Bazzali, CGT-CSE d'Airbus Helicopters Marignane produisant le NH90 OTAN, ne m&#232;ne aucune fraction publique contre la production d'armement). Le NPA-Anticapitaliste viole le crit&#232;re 3 (antifascisme parlementaire avec LFI, EELV, parties du PS) et le crit&#232;re 6 (refus de nommer la France comme imp&#233;rialisme principal). Le NPA-R&#233;volutionnaires viole les crit&#232;res 3 et 4 (alignement NFP 2024 par tactique frontiste). R&#233;volution Permanente viole le crit&#232;re 6 (d&#233;placement de l'analyse du rapport de production vers la grille raciale-juridique du &#171; racisme d'&#201;tat &#187;) et le crit&#232;re 2 (absence de d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire articul&#233; sur l'industrie d'armement fran&#231;aise). Aucun des quatre ne porte explicitement le crit&#232;re 7 (construction de l'Internationale r&#233;volutionnaire &#224; reconstruire). Ils utilisent le label &#171; trotskyste &#187; sans en porter le contenu. C'est doctrinalement le m&#234;me m&#233;canisme par lequel la CGT conf&#233;d&#233;rale continue &#224; se r&#233;clamer hypocritement de la Charte d'Amiens de 1906 tout en la trahissant mat&#233;riellement &#8212; alignement coalitionnel NFP 2024 (que la Charte de 1906 interdisait formellement, puisqu'elle avait &#233;t&#233; adopt&#233;e pr&#233;cis&#233;ment contre la subordination de la CGT &#224; la SFIO unifi&#233;e en 1905), cumul des mandats syndicaux et &#233;lectifs (que la Charte interdisait au nom de l'ind&#233;pendance absolue &#224; l'&#233;gard des partis et de l'&#201;tat), appels &#233;lectoraux au second tour des pr&#233;sidentielles (qui contredisent directement la doctrine d'ind&#233;pendance syndicale). Dans les deux cas &#8212; Charte d'Amiens pour la CGT conf&#233;d&#233;rale, trotskysme pour LO/NPA-A/NPA-R/RP &#8212;, le label est conserv&#233; tandis que le contenu est vid&#233;. Cette op&#233;ration politique d'appropriation rh&#233;torique du label sans en porter le contenu est pr&#233;cis&#233;ment ce qui rend politiquement difficile la critique frontale : le label maintenu permet de neutraliser l'opposition externe (&#171; puisque nous restons CGT-Amiens / puisque nous restons trotskystes, vous ne pouvez pas nous dire que nous sommes autre chose &#187;), m&#234;me lorsque la pratique politique est exactement &#224; l'oppos&#233; du contenu du label. La d&#233;monstration pi&#232;ce &#224; pi&#232;ce des sept crit&#232;res et de leur non-conformit&#233; par chacun des quatre courants &#8212; ainsi que de la trahison mat&#233;rielle de la Charte d'Amiens par la CGT conf&#233;d&#233;rale &#8212; viendra dans la partie II de cet article.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en ce sens, et en ce sens seulement, que la &#171; victoire &#187; du 19 mai 2026 est une victoire &#224; la Pyrrhus. Les treize occupent le champ de bataille, mais l'arm&#233;e de la fraction sans-papi&#232;re du prol&#233;tariat de France n'a pas recul&#233; : elle a &#233;t&#233; d&#233;sorganis&#233;e &#224; l'endroit m&#234;me o&#249; elle se rassemblait. Le co&#251;t strat&#233;gique exc&#232;de de loin le b&#233;n&#233;fice tactique. Et la suite, si rien n'est dit, sera celle que Pyrrhus pr&#233;disait &#224; ses lieutenants en 279 avant notre &#232;re : &#171; Encore une victoire comme celle-l&#224;, et nous sommes perdus. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous ne sommes pas perdus &#8212; construire l'organisation bolchevique-l&#233;niniste et d&#233;fendre l'auto-organisation du prol&#233;tariat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous ne sommes pas perdus. Parce que nous savons ce qu'il faut faire pour que la prochaine bataille de la fraction sans-papi&#232;re du prol&#233;tariat de France &#8212; qui viendra, parce que le rapport de production de la kafala dissimul&#233;e &#224; la fran&#231;aise continue de produire en s&#233;rie des situations identiques &#224; celle du 65 &#8212; ne soit pas une nouvelle victoire &#224; la Pyrrhus. Et ce que nous devons construire pour cela ne figure pas dans la liste des onze revendications programmatiques ci-dessus, parce que ce n'est pas une revendication adress&#233;e &#224; un adversaire pour qu'on la lui arrache. C'est une t&#226;che interne au mouvement ouvrier, que nous devons accomplir nous-m&#234;mes, et c'est par elle que les onze revendications deviennent mat&#233;riellement conqu&#233;rables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut construire ici, en France, une organisation bolchevique-l&#233;niniste sur la base d'un programme bolchevique-l&#233;niniste r&#233;actualis&#233; pour la France, et qui d&#233;fend et agit en faveur de l'auto-organisation du prol&#233;tariat pour qu'il contr&#244;le et dirige ses propres luttes &#8212; ce qui n'a pr&#233;cis&#233;ment pas &#233;t&#233; le cas dans la lutte du 65 boulevard de Strasbourg, o&#249; les treize n'ont pas eu la ma&#238;trise politique de leur propre lutte, o&#249; aucun comit&#233; de gr&#232;ve autonome n'a &#233;t&#233; constitu&#233; avec porte-parole &#233;lu&#183;e&#183;s et r&#233;vocables, o&#249; aucune d&#233;cision strat&#233;gique majeure (occupation, lev&#233;e, n&#233;gociation, communication, rapport aux soutiens) n'a &#233;t&#233; prise en propre par les treize travailleurs et travailleuses elles-m&#234;mes et eux-m&#234;mes plut&#244;t que par les directions syndicales au-dessus de leurs t&#234;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;nomination &#8212; bolchevique-l&#233;niniste &#8212; n'est pas une coquetterie historique. C'est la d&#233;nomination exacte que Trotsky donnait &#224; son propre courant &#224; partir de 1928, et c'est la formulation qui rompt explicitement avec le &#171; trotskysme &#187; d&#233;voy&#233; contemporain des courants qui se r&#233;clament du label sans en porter le contenu. Trotsky lui-m&#234;me refusait toute substitution du parti &#224; la classe : la fonction du parti bolchevique-l&#233;niniste n'est pas de piloter les luttes &#224; la place des gr&#233;vistes, mais de d&#233;fendre et de construire les formes d'auto-organisation par lesquelles la classe ouvri&#232;re prend en main ses propres affaires. C'est ce que L&#233;nine pose dans L'&#201;tat et la R&#233;volution en 1917 sur le r&#244;le des soviets, ce que la politique de l'Internationale Communiste pose entre 1919 et 1922 sur les fractions r&#233;volutionnaires au sein des syndicats existants, et ce que Trotsky reprend dans le Programme de transition en 1938 sur les comit&#233;s d'usine, les comit&#233;s de gr&#232;ve autonomes et les milices ouvri&#232;res. La m&#233;thode du Front Unique du Peuple Travailleur que nous portons en est la traduction tactique contemporaine pour la France : unification de la classe ouvri&#232;re de France et de la fraction sans-papi&#232;re qui en fait partie autour d'un programme d'action transitoire, par la pratique des fractions r&#233;volutionnaires au sein des syndicats existants (CGT, Solidaires, FSU, FO) pour arracher ces syndicats &#224; la ligne sociale-patriote de leurs directions conf&#233;d&#233;rales &#8212; sur la base concr&#232;te du travail men&#233; par Barta et l'Union Communiste de 1944 &#224; 1947 dans l'industrie automobile fran&#231;aise, qui a d&#233;montr&#233; qu'une fraction r&#233;volutionnaire patiemment construite au sein des structures syndicales existantes peut produire des conqu&#234;tes ouvri&#232;res que les directions conf&#233;d&#233;rales ne portent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette m&#233;thode des fractions r&#233;volutionnaires au sein des syndicats existants doit s'appliquer simultan&#233;ment &#224; deux niveaux articul&#233;s, et c'est l'une des conditions de sa r&#233;ussite. Premier niveau : au sein des Unions Locales CGT, Solidaires, FSU et des structures syndicales d'entreprise, pour les arracher &#224; la ligne sociale-patriote de leurs directions conf&#233;d&#233;rales &#8212; c'est-&#224;-dire pour briser de l'int&#233;rieur le verrouillage par lequel la conf&#233;d&#233;ration CGT a depuis 2008 monopolis&#233; le pouvoir de gestion des r&#233;gularisations en court-circuitant les niveaux syndicaux de base. Deuxi&#232;me niveau : aux c&#244;t&#233;s des collectifs autonomes de sans-papier&#183;e&#183;s, de pr&#233;caires, et de travailleur&#183;euse&#183;s d'entreprises non syndiqu&#233;es, qui se construisent en dehors des structures syndicales traditionnelles &#8212; pour leur porter la perspective d'auto-organisation interprofessionnelle du peuple travailleur plut&#244;t que le glissement vers le corporatisme ethnique-communautaire dans lequel ces collectifs, isol&#233;s du prol&#233;tariat organis&#233;, finissent presque m&#233;caniquement par d&#233;river. La position doctrinalement juste, contre les deux &#233;checs historiquement attest&#233;s depuis 2008 &#8212; verrouillage bureaucratique CGT d'un c&#244;t&#233;, repli identitaire-communautaire des collectifs autonomes de l'autre &#8212;, est l'intervention simultan&#233;e aux deux niveaux par les militants bolchevique-l&#233;ninistes, porteurs du mot d'ordre unique de la r&#233;gularisation de tous les sans-papier&#183;e&#183;s sans crit&#232;re, sans condition, par la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et l'auto-organisation interprofessionnelle. C'est exactement le cha&#238;non politique que ni la conf&#233;d&#233;ration CGT, ni la CSP-75, ni LO, ni le NPA-R&#233;volutionnaires n'ont voulu construire depuis 2008. C'est ce cha&#238;non qu'il faut construire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette organisation, et cette m&#233;thode, et ce programme &#8212; articul&#233;s ensemble &#8212; qui rendront mat&#233;riellement possibles, dans les luttes &#224; venir de la fraction sans-papi&#232;re du prol&#233;tariat de France, ce qui n'a pas &#233;t&#233; possible au 65 boulevard de Strasbourg en mai 2026 : que les travailleurs et travailleuses contr&#244;lent et dirigent leurs propres luttes, que leurs revendications imm&#233;diates soient effectivement port&#233;es jusqu'&#224; leur satisfaction mat&#233;rielle plut&#244;t qu'abandonn&#233;es au moment de la &#171; victoire &#187;, et que la lutte &#233;conomique soit articul&#233;e &#224; la d&#233;faite politique, &#233;conomique et militaire de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais &#8212; parce que l'imp&#233;rialisme, c'est la guerre &#224; l'int&#233;rieur autant qu'&#224; l'ext&#233;rieur, et que la fraction sans-papi&#232;re du prol&#233;tariat de France est pr&#233;cis&#233;ment la fraction sur laquelle se joue, ici, la d&#233;faite ou la prolongation de cet imp&#233;rialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette construction qui est notre t&#226;che politique principale. Tout le reste &#8212; y compris les onze revendications programmatiques que nous portons dans cet article &#8212; n'en est que l'expression tactique et programmatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Appels de notes : &#185; &#224; &#178;&#178; &#8212; la liste compl&#232;te des sources sera consolid&#233;e en bibliographie unique &#224; la fin de l'article-action complet, apr&#232;s l'&#233;tape 3.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PARTIE I &#8212; DIAGNOSTIC MAT&#201;RIEL ET POLITIQUE DE LA LUTTE DU 65 BOULEVARD DE STRASBOURG&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I.A &#8212; Topographie mat&#233;rielle de la lutte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du 3 mars au 19 mai 2026, treize travailleurs et travailleuses du salon Sabadou &amp; Jade Institut, situ&#233; au 65 boulevard de Strasbourg dans le 10&#7497; arrondissement de Paris, ont tenu un piquet de gr&#232;ve vingt-quatre heures sur vingt-quatre pendant soixante-dix-huit jours cons&#233;cutifs. Neuf d'entre elles et eux &#233;taient sans titre de s&#233;jour ; quatre disposaient d'un titre. Le salon a &#233;t&#233; mat&#233;riellement occup&#233; pendant toute la dur&#233;e du conflit. Quelques pr&#233;noms &#233;mergent des comptes-rendus militants &#8212; Djeneba, Mamadou, Bintou, C&#233;cile, Ir&#232;ne, Osas, Sita, Mayerima &#8212; confirmant la composition mixte du collectif que les communiqu&#233;s officiels effacent en parlant uniform&#233;ment de &#171; ces femmes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tract CGT diffus&#233; pendant l'occupation portait quatre revendications imm&#233;diates : paiement int&#233;gral des salaires arri&#233;r&#233;s depuis octobre 2025, remboursement int&#233;gral du racket des 250 euros mensuels extorqu&#233;s pendant des ann&#233;es, respect int&#233;gral des horaires conventionnels (fin des journ&#233;es de plus de dix heures et des semaines de six jours), respect int&#233;gral des conditions sanitaires et de la sant&#233; au travail. Au 22 mai 2026, aucune de ces quatre revendications n'est mat&#233;riellement satisfaite : les salaires sont renvoy&#233;s &#224; l'AGS par effet de la liquidation patronale, le racket n'est pas rembours&#233;, les conditions de travail sont devenues sans objet par la fermeture du salon, la sant&#233; au travail n'a fait l'objet d'aucune enqu&#234;te conclusive. Onze semaines de lutte ouvri&#232;re. Quatre revendications justes. Z&#233;ro de ces revendications mat&#233;riellement satisfaite &#224; la lev&#233;e. La lutte n'a pas perdu parce que les treize n'auraient pas suffisamment lutt&#233;. Elle a &#233;t&#233; politiquement abandonn&#233;e par les structures qui pr&#233;tendaient la porter, au moment pr&#233;cis o&#249; elle pouvait politiquement aboutir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I.B &#8212; Composition de classe et trajectoires migratoires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les treize sont tous et toutes originaires d'Afrique subsaharienne. Les nationalit&#233;s identifi&#233;es dans les comptes-rendus disponibles incluent la C&#244;te d'Ivoire, le Mali, le S&#233;n&#233;gal, le Burkina Faso, la Guin&#233;e, le Niger, le Nig&#233;ria &#8212; sept nationalit&#233;s africaines repr&#233;sent&#233;es dans un collectif de treize personnes. Ces sept nationalit&#233;s correspondent toutes, sans exception, &#224; des pays soumis &#224; des op&#233;rations militaires, &#233;conomiques ou mon&#233;taires fran&#231;aises au cours des dix derni&#232;res ann&#233;es : op&#233;ration Licorne en C&#244;te d'Ivoire en 2011, Serval au Mali en 2013, Barkhane au Sahel de 2014 &#224; 2022 couvrant Mali, Niger et Burkina Faso, accords du franc CFA continus au S&#233;n&#233;gal et en Guin&#233;e, op&#233;rations contre Boko Haram dans le bassin du lac Tchad couvrant Niger et Nig&#233;ria.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fraction sans-papi&#232;re du prol&#233;tariat de France employ&#233;e &#224; Ch&#226;teau d'Eau est pr&#233;cis&#233;ment la fraction du prol&#233;tariat dont les conditions d'existence dans les pays d'origine ont &#233;t&#233; mat&#233;riellement d&#233;sorganis&#233;es par l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais lui-m&#234;me &#8212; par les op&#233;rations militaires, par le franc CFA, par les structures d'extraction de mati&#232;res premi&#232;res (uranium nig&#233;rien, or malien, cacao ivoirien, p&#233;trole gabonais et nig&#233;rian) dont les profits remontent &#224; Paris. Double peine mat&#233;rielle : les neuf sans-papier&#183;e&#183;s du 65 ont fui une politique fran&#231;aise &#224; l'ext&#233;rieur pour subir une politique fran&#231;aise &#224; l'int&#233;rieur. L'imp&#233;rialisme fran&#231;ais les a pr&#233;caris&#233;&#183;e&#183;s deux fois. Et le salon &#8212; comme tous les sites o&#249; la fraction sans-papi&#232;re est employ&#233;e &#8212; fonctionne comme dispositif kafala : l'employeur fran&#231;ais y d&#233;tient unilat&#233;ralement la cha&#238;ne documentaire (fiches de paie, contrats) qui conditionne toute r&#233;gularisation administrative future. Salaire et titre de s&#233;jour sont mat&#233;riellement li&#233;s dans la main du m&#234;me patron. C'est cette structure d'&#201;tat &#8212; non un d&#233;faut moral individuel &#8212; qui produit en s&#233;rie les Sidib&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'articulation entre composition de classe migratoire et imp&#233;rialisme fran&#231;ais est document&#233;e en annexe 1.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I.C &#8212; Topographie du capital local : Sidib&#233; n'est pas seul&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 65 boulevard de Strasbourg n'existe pas en isolation. Selon les &#233;l&#233;ments communiqu&#233;s par la CGT-coiffure pendant la gr&#232;ve, une vingtaine de salons du p&#233;rim&#232;tre Ch&#226;teau d'Eau pratiqueraient des conditions de travail comparables : journ&#233;es de plus de dix heures, six jours par semaine, salaires en de&#231;&#224; du SMIC, emploi de travailleur&#183;euse&#183;s sans titre, racket administratif. Le 65 est un cas exemplaire d'une norme mat&#233;rielle qui structure un secteur entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais surtout : Sidib&#233; n'est pas le seul acteur capitaliste du dispositif. Selon les registres du commerce, la SCI HADDOUK (SIREN 442875449), domicili&#233;e au 65 boulevard de Strasbourg dans le secteur d'activit&#233; &#171; Activit&#233;s immobili&#232;res &#8212; Location de terrains et d'autres biens immobiliers &#187;, est g&#233;r&#233;e par M. Hiram David HADDAD FENECH. La domiciliation de cette SCI &#224; l'adresse exacte du salon, combin&#233;e &#224; son secteur d'activit&#233;, indique avec une forte probabilit&#233; qu'elle est propri&#233;taire des murs commerciaux occup&#233;s par le salon Sabadou &amp; Jade Institut. Or aucun des cinq communiqu&#233;s des organisations syndicales et politiques intervenues sur le dossier (CGT conf&#233;d&#233;rale, LO, NPA-A, NPA-R, RP) ne nomme cet acteur capitaliste. Sidib&#233; est seul d&#233;sign&#233; comme &#171; patron-voyou &#187; &#8212; mais Sidib&#233; est g&#233;rant exploitant. Le propri&#233;taire des murs, dont les loyers commerciaux sont mat&#233;riellement pay&#233;s par le travail vol&#233; des treize, reste politiquement invisible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cela s'ajoutent les autres composantes de l'&#233;cosyst&#232;me : fournisseurs de produits cosm&#233;tiques (d&#233;frisants, colorations, faux ongles, extensions) provenant de canaux d'importation peu r&#233;gul&#233;s et utilisant des composants chimiques que les normes europ&#233;ennes interdisent ; flux financiers du racket des 250 euros mensuels en esp&#232;ces, en partie blanchis via les remises de fonds vers les pays d'origine. Aucune de ces dimensions n'a &#233;t&#233; investigu&#233;e publiquement par les organisations intervenues sur le dossier. Le r&#233;seau, dans douze ans, sera intact &#8212; comme il l'est aujourd'hui douze ans apr&#232;s les condamnations du 50 et du 57.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I.D &#8212; G&#233;n&#233;alogie longue : de Saint-Bernard 1996 au 65 en 2026&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte du 65 s'inscrit dans une g&#233;n&#233;alogie longue qu'il faut tracer parce qu'elle r&#233;v&#232;le le sch&#233;ma politique unique qui a structur&#233; les luttes de sans-papier&#183;e&#183;s &#224; Paris depuis trente ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mars-ao&#251;t 1996 &#8212; Saint-Ambroise &#8594; Saint-Hippolyte &#8594; Saint-Bernard. Une cinquantaine de sans-papier&#183;e&#183;s du foyer de Montreuil d&#233;clenchent en mars 1996 l'occupation de l'&#233;glise Saint-Ambroise. Rejoints par des centaines d'autres, expuls&#233;s une premi&#232;re fois, ils se replient &#224; l'&#233;glise Saint-Bernard de la Chapelle (18&#7497;) qu'ils occupent &#224; partir du 28 juin. Madjigu&#232;ne Ciss&#233; (S&#233;n&#233;galaise, docteur en allemand) et Anzoumane Sissoko (Malien, arriv&#233; en France en 1993) en sont les porte-parole. Dix entament une gr&#232;ve de la faim de cinquante jours. Le 23 ao&#251;t 1996, mille CRS expulsent &#224; la hache 220 sans-papier&#183;e&#183;s sur ordre du gouvernement Jupp&#233; (ministre de l'Int&#233;rieur Debr&#233;). Cons&#233;quence diff&#233;r&#233;e : circulaire Chev&#232;nement du 24 juin 1997 sous gouvernement Jospin, qui r&#233;gularise environ 80 000 personnes en 1997-1998 &#8212; soit la moiti&#233; de la r&#233;gularisation Mitterrand de 1981. Mais le PS arrive au pouvoir en 1997 sans s'engager sur la revendication centrale du mouvement, la r&#233;gularisation globale. Gauche et droite &#233;taient d&#233;j&#224; en accord sur le principe de l'examen individuel des dossiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ao&#251;t 2002 &#8212; Saint-Denis et naissance de la CSP-75. Apr&#232;s plusieurs occupations parisiennes de 2000-2002, les collectifs autonomes des 11&#7497;, 18&#7497;, 19&#7497; arrondissements se regroupent dans la Coordination 75 des Sans Papiers (CSP-75), h&#233;riti&#232;re directe du mouvement Saint-Bernard. Anzoumane Sissoko en devient porte-parole. Slogan central : &#171; Des papiers pour tous, le cas par cas on n'en veut pas. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 mai 2008 &#8212; 24 juin 2009 &#8212; Occupation de la Bourse du Travail rue Charlot, et expulsion par la CGT. La CSP-75 occupe l'annexe Eug&#232;ne Varlin de la Bourse du Travail (85 rue Charlot, Paris 3&#7497;) &#224; partir du 2 mai 2008. Pendant quatorze mois, environ 1 300 sans-papier&#183;e&#183;s transitent par l'occupation. Simultan&#233;ment, la CGT conf&#233;d&#233;rale organise dans des dizaines d'entreprises franciliennes les gr&#232;ves &#171; des travailleurs sans-papiers &#187; d'avril-d&#233;cembre 2008, qui aboutiront &#224; environ 2 000 r&#233;gularisations individuelles. Deux strat&#233;gies concurrentes : la r&#233;gularisation globale via l'occupation politique d'un lieu symbolique (CSP-75) contre la r&#233;gularisation individuelle via le d&#233;p&#244;t collectif pilot&#233; par la conf&#233;d&#233;ration (CGT). Le 24 juin 2009, profitant d'une manifestation de la CSP-75, environ cent membres du service d'ordre de la CGT cagoul&#233;s, arm&#233;s de matraques et de bombes lacrymog&#232;nes, expulsent par la force les 200 &#224; 400 sans-papier&#183;e&#183;s pr&#233;sents. La CSP-75 rapporte neuf personnes transport&#233;es &#224; l'h&#244;pital dont un enfant de trois ans (la CGT nie). Edgar Fisson, pr&#233;sident de la Commission Administrative de la Bourse du Travail (organe sous autorit&#233; de l'H&#244;tel de Ville), reprend pour l'occasion la formule historique de &#171; lib&#233;ration de la Bourse du Travail &#187; &#8212; formule qui d&#233;signait depuis ao&#251;t 1944 la reprise de la Bourse ferm&#233;e par Vichy. D&#233;tournement s&#233;mantique scandaleux. Lutte Ouvri&#232;re, dans un tract CGT-LO PSA Aulnay reproduit par Mati&#232;re et R&#233;volution (article 316), soutient publiquement l'expulsion, qualifiant les sans-papier&#183;e&#183;s d'&#171; encourag&#233;s par certains gauchistes irresponsables &#187;. Score test 5/5 du d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire pour LO en 2009 : 0/5. Position politiquement align&#233;e sur l'appareil syndical conf&#233;d&#233;ral, indistinguable du PCF sur la question, en contradiction frontale avec la formule de Trotsky : &#171; Les opprim&#233;s ont toujours raison contre leur propre bureaucratie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;vacu&#233;s campent boulevard du Temple puis se replient au 14 rue Baudelique (18&#7497;) sous le nom de &#171; Minist&#232;re de la r&#233;gularisation de tous les Sans-Papiers &#187;. R&#233;sultat d&#233;risoire : 98 r&#233;gularisations sur 750 dossiers d&#233;pos&#233;s, soit 13 %. La CSP-75 elle-m&#234;me portait ses propres contradictions : direction interdisant les contacts entre ses militants et la CGT, strat&#233;gie d'occupation symbolique-m&#233;diatique au lieu de l'auto-organisation interprofessionnelle, bureaucratie embryonnaire qui pr&#233;f&#233;rait &#171; cultiver le conflit avec les syndicats pour garder ses troupes sous son contr&#244;le &#187;. Le double &#233;chec &#8212; verrouillage bureaucratique CGT d'un c&#244;t&#233;, repli sectaire-communautaire CSP-75 de l'autre &#8212; &#233;claire toute la s&#233;quence ult&#233;rieure. Ni la CGT, ni la CSP-75, ni LO, ni le NPA-R n'ont voulu construire le cha&#238;non politique manquant : la fraction r&#233;volutionnaire intervenant simultan&#233;ment dans les Unions Locales syndicales et aux c&#244;t&#233;s des collectifs autonomes pour porter dans les deux camps le mot d'ordre unique de r&#233;gularisation globale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Octobre 2010 &#8212; Cit&#233; de l'immigration. Occupation du Palais de la Porte Dor&#233;e par la CGT du 7 octobre 2010 &#224; janvier 2011, derni&#232;re s&#233;quence d'envergure de la vague 2008-2010. Aboutissement institutionnel : la circulaire Valls du 28 novembre 2012, pr&#233;sent&#233;e par la conf&#233;d&#233;ration CGT comme &#171; le r&#233;sultat de quatre ann&#233;es de luttes &#187;. Ce n'est pas le cas. La circulaire Valls institutionnalise la kafala dissimul&#233;e &#224; la fran&#231;aise en pla&#231;ant formellement entre les mains du patron &#8212; qui d&#233;tient les fiches de paie &#8212; le pouvoir d'ouvrir ou de fermer l'acc&#232;s au titre de s&#233;jour. Saint-Bernard 1996 demandait la r&#233;gularisation globale ; Chev&#232;nement 1997 a institutionnalis&#233; l'examen individuel ; les gr&#232;ves CGT 2008-2010 ont produit 2 000 r&#233;gularisations individuelles ; Valls 2012 a institutionnalis&#233; le pouvoir patronal sur la r&#233;gularisation administrative ; Retailleau 2025 durcit le dispositif sans en changer la nature. Une seule s&#233;quence politique de cogestion bourgeoise de la main-d'&#339;uvre immigr&#233;e, alternativement port&#233;e par la gauche et par la droite gouvernementales, accompagn&#233;e du c&#244;t&#233; syndical par la conf&#233;d&#233;ration CGT comme gestionnaire institutionnel de la s&#233;lection des &#171; bons &#187; candidats &#224; la r&#233;gularisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2021-2026 &#8212; Le sch&#233;ma se reproduit. D&#233;cembre 2021 : Chronopost Alfortville (filiale La Poste), sans-papier&#183;e&#183;s de Vitry / collectif Gilets Noirs &#8212; encore en blocage administratif quatre ans plus tard. Octobre 2023 : chantier Adidas Arena Porte de la Chapelle, 502 travailleur&#183;euse&#183;s sans-papier&#183;e&#183;s, accord sign&#233; &#171; sous l'&#233;gide de la mairie de Paris &#187; via les sous-traitants &#8212; majoritairement non r&#233;gularis&#233;s en 2026. Mars-mai 2026 : 65 boulevard de Strasbourg. Trois gr&#232;ves en cinq ans, toutes pilot&#233;es par la CGT conf&#233;d&#233;rale ou par des collectifs satellites, toutes d&#233;bouchant sur la r&#233;gularisation individuelle d'une minorit&#233; conditionn&#233;e par la coop&#233;ration patronale ou pr&#233;fectorale, et sur l'abandon des revendications collectives. Le 65 n'est pas une exception. Il est l'application contemporaine d'un sch&#233;ma vieux de trente ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I.E &#8212; Parall&#232;le Gilets Jaunes 2018-2019 / fraction sans-papi&#232;re 2026&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Gilets Jaunes de l'automne-hiver 2018-2019 et les piquets de sans-papier&#183;e&#183;s de 2014-2026 (57, Chronopost, Arena, 65) partagent une structure politique commune : l'auto-organisation ouvri&#232;re contre la tutelle des appareils syndicaux-politiques. Les ronds-points 2018 et les piquets sans-papier&#183;e&#183;s sont les deux formes contemporaines, sur le territoire fran&#231;ais, de cette auto-organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les deux cas, la CGT conf&#233;d&#233;rale n'a pas port&#233; le mouvement. Pour les Gilets Jaunes, Philippe Martinez (alors secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral CGT) a refus&#233; en novembre 2018 d'appeler &#224; la convergence avec les ronds-points malgr&#233; la pression de la base syndicale. Pour les sans-papier&#183;e&#183;s, la CGT pilote &#8212; mais en captant les luttes vers le dispositif Valls 2012, en s&#233;lectionnant les dossiers individuels, en abandonnant les revendications collectives au moment de la &#171; victoire &#187; individuelle. L'auto-organisation est politiquement insupportable &#224; la conf&#233;d&#233;ration CGT parce qu'elle remet en cause son monopole de repr&#233;sentation politique des luttes ouvri&#232;res fran&#231;aises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette structure commune pose une t&#226;che militante pr&#233;cise : construire la convergence pratique entre la fraction sans-papi&#232;re du prol&#233;tariat de France et la fraction fran&#231;aise autochtone dont les Gilets Jaunes ont &#233;t&#233; l'expression politique de la derni&#232;re p&#233;riode. Cette convergence ne peut pas &#234;tre port&#233;e par la conf&#233;d&#233;ration CGT, ni par les courants se r&#233;clamant du trotskysme (qui ont oscill&#233; entre paternalisme distanci&#233; et r&#233;cup&#233;ration identitaire dans les deux cas). Elle est &#224; construire par les militants et militantes elles-m&#234;mes, dans les ronds-points et sur les piquets, par la pratique des fractions r&#233;volutionnaires au sein des syndicats existants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I.F &#8212; Brossat (PCF) : quatre op&#233;rations politiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ian Brossat, s&#233;nateur PCF de Paris depuis octobre 2023, adjoint &#224; la maire Hidalgo en charge du Logement, de l'H&#233;bergement d'urgence et de la Protection des r&#233;fugi&#233;s de 2014 &#224; mars 2026 &#8212; soit pendant douze ans &#8212;, intervient publiquement sur le dossier du 65 d&#232;s mars 2026, et inscrit dans ses interventions quatre op&#233;rations politiques distinctes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re &#8212; Effacement de la mixit&#233; par &#171; ces femmes &#187;. Brossat parle syst&#233;matiquement des &#171; femmes du 65 &#187;, &#171; ces salari&#233;es sans-papi&#232;res &#187;. Or les treize sont un collectif mixte. L'effacement par la f&#233;minisation totale facilite une lecture du conflit en termes de protection paternelle des femmes immigr&#233;es par les institutions r&#233;publicaines &#8212; au lieu d'une lecture en termes de classe articulant fraction sans-papi&#232;re et imp&#233;rialisme fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me &#8212; Mensonge sur le &#171; racket in&#233;dit &#187;. Brossat qualifie en mars 2026 le racket des 250 euros mensuels d'&#171; in&#233;dit &#187;, &#171; premi&#232;re fois qu'on documente ce type d'exploitation &#187;. Factuellement faux. Le racket administratif est document&#233; &#224; Ch&#226;teau d'Eau depuis au moins 2014 (50, 57), avec deux condamnations p&#233;nales (novembre 2016, f&#233;vrier 2018 pour traite). Brossat, adjoint au Logement et &#224; la Protection des r&#233;fugi&#233;s depuis juillet 2014, avait n&#233;cessairement acc&#232;s aux dossiers. L'&#171; in&#233;dit &#187; de 2026 est, soit une amn&#233;sie politique, soit un effacement d&#233;lib&#233;r&#233;. Dans les deux cas, c'est un acte politique, pas une erreur factuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me &#8212; Position cogestionnaire institutionnelle PCF. Brossat n'est pas un militant ext&#233;rieur &#224; l'appareil municipal qui d&#233;couvre la situation. Il est adjoint &#224; la maire socialiste depuis douze ans, dans une coalition PS-EELV-PCF qui structure la mairie de Paris sous Hidalgo (2014-2026) et sous Gr&#233;goire (2026-2032), avec Awa Diaby (PCF du 10&#7497;) d&#233;sormais adjointe Gr&#233;goire au Logement. La cogestion structurelle interdit toute critique frontale du r&#244;le de la mairie dans l'encaissement des imp&#244;ts locaux d'un syst&#232;me qu'elle savait ill&#233;gal depuis 2014, critique qui mettrait en cause le PCF lui-m&#234;me comme acteur de cette mairie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatri&#232;me &#8212; Absence de mot d'ordre programmatique. Au-del&#224; du soutien moral verbal, Brossat ne porte aucun mot d'ordre programmatique dans sa s&#233;quence mars-mai 2026 : pas de demande d'abrogation de la circulaire Retailleau de janvier 2025, pas de carte de r&#233;sident de dix ans pour tous les sans-papier&#183;e&#183;s, pas de remise en cause de la cha&#238;ne CESEDA, pas d'extension &#224; la fraction sans-papi&#232;re du prol&#233;tariat de France au-del&#224; des neuf du 65. Le soutien sans programme mat&#233;rialise exactement la position cogestionnaire : on d&#233;nonce les cons&#233;quences d'un syst&#232;me dont on accepte les fondements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I.G &#8212; Joussellin (PCF) : six positions cumul&#233;es et la contradiction Cause commune 2019 / Brossat 2026&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;lie Joussellin, secr&#233;taire de section du PCF Paris 10&#7497; depuis au moins 2014, cumulait au moment du d&#233;clenchement de la gr&#232;ve du 65 (3 mars 2026) six positions politiquement structurantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Secr&#233;taire (puis co-secr&#233;taire) de section du PCF Paris 10&#7497; depuis au moins 2014. (2) Adjoint &#224; la Maire du 10&#7497; charg&#233; du Logement, des Relations avec les bailleurs, de la Lutte contre la sp&#233;culation immobili&#232;re, depuis 2020. (3) Charg&#233; du quartier Ch&#226;teau d'Eau de 2020 &#224; 2026 &#8212; la d&#233;l&#233;gation territoriale qui couvre le boulevard de Strasbourg, du 50 au 65, sur toute la mandature pr&#233;c&#233;dente. (4) Adjoint &#224; la M&#233;moire et au Monde combattant, et Correspondant D&#233;fense de la mairie du 10&#7497; de 2020 &#224; 2026. (5) Militant CGT-coiffure intervenant personnellement au piquet du 65. (6) Auteur, en 2019 dans la revue Cause commune (PCF Paris), d'un article documentant que le syst&#232;me d'exploitation des sans-papier&#183;e&#183;s dans la coiffure de Ch&#226;teau d'Eau perdure, sept ans avant la gr&#232;ve du 65, avec connaissance document&#233;e des dossiers du 50 et du 57.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contradiction politique de 2026 est alors structurante. En mars-avril 2026, Brossat parle publiquement d'un &#171; racket in&#233;dit jamais document&#233; avant 2026 &#187;. Joussellin, qui a publi&#233; l'inverse exact en 2019 dans la presse du PCF, garde le silence. Il ne reprend pas Brossat. Il ne rappelle pas son propre article. Il intervient au piquet sans porter publiquement la connaissance qu'il avait du pr&#233;c&#233;dent. La cogestion politique exige cette amn&#233;sie s&#233;lective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le 6 avril 2026, alors que la gr&#232;ve du 65 est en cours depuis plus d'un mois et que l'occupation est dans sa cinqui&#232;me semaine, Joussellin est reconduit comme adjoint &#224; la Maire pour la mandature 2026-2032, d&#233;sormais d&#233;l&#233;gu&#233; au Logement, &#224; la Lutte contre les expulsions locatives, &#224; la Lutte contre les meubl&#233;s touristiques et les logements vacants, &#224; l'H&#233;bergement. Aucun mot d'ordre programmatique sur le 65 ne figure dans son discours de reconduction. La gr&#232;ve en cours dans son ancien quartier de r&#233;f&#233;rence, &#224; quelques rues de la mairie o&#249; il est install&#233; ce jour-l&#224;, n'est mentionn&#233;e ni dans son discours, ni dans la d&#233;lib&#233;ration du conseil d'arrondissement, ni dans la communication officielle. Six positions cumul&#233;es, douze ann&#233;es de connaissance du dossier, une gr&#232;ve en cours &#224; quelques rues &#8212; et un silence programmatique total. Ce silence n'est pas un d&#233;faut d'information. C'est le silence politique structurel de la cogestion institutionnelle PS-PCF. Une seule personne &#8212; Joussellin &#8212; incarne ainsi l'imbrication objective entre l'appareil syndical CGT-coiffure du 10&#7497;, l'appareil politique PCF de la section locale, et l'appareil municipal d'arrondissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I.H &#8212; Continuit&#233; socialiste et quatre couches d'association objective CGT-mairie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Continuit&#233; socialiste mairie 10&#7497; depuis 2008. R&#233;mi F&#233;raud (PS), maire du 10&#7497; de 2008 &#224; 2017, soit pendant les affaires du 50 et du 57 en 2014. Alexandra Cordebard (PS), maire de 2017 &#224; 2032, r&#233;&#233;lue &#224; la majorit&#233; absolue d&#232;s le premier tour le 22 mars 2026 alors que la gr&#232;ve du 65 est en cours dans son arrondissement depuis dix-neuf jours. Vingt-quatre ann&#233;es de continuit&#233; socialiste &#224; la mairie du 10&#7497; &#8212; 2008 &#224; 2032 &#8212; et z&#233;ro acte institutionnel de mise en cause du r&#233;seau d'exploitation des sans-papier&#183;e&#183;s qu'elle a administr&#233; pendant tout ce temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Continuit&#233; socialiste mairie Paris depuis 2014. Anne Hidalgo (PS), maire de Paris 2014-2026, coalition PS-EELV-PCF avec Brossat au Logement. Emmanuel Gr&#233;goire (PS), &#233;lu maire de Paris le 22 mars 2026, m&#234;me coalition reconduite avec PCF &#224; l'ex&#233;cutif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette continuit&#233; produit quatre couches d'association objective entre la CGT conf&#233;d&#233;rale et l'appareil municipal de Paris :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Couche 1 &#8212; &#233;lectorale-coalitionnelle. La CGT conf&#233;d&#233;rale a appel&#233; &#224; voter NFP en 2024, alignement coalitionnel qui inclut formellement PS et PCF. La conf&#233;d&#233;ration ne peut donc pas d&#233;noncer une majorit&#233; municipale qu'elle a contribu&#233; &#224; l&#233;gitimer par son alignement national. L'appel NFP 2024 ferme la possibilit&#233; politique d'une d&#233;nonciation institutionnelle frontale en 2026.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Couche 2 &#8212; personnelle directe via Joussellin (d&#233;velopp&#233;e en I.G).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Couche 3 &#8212; juridico-professionnelle via Maxime Cessieux. L'avocat de la CGT-Paris partie civile au proc&#232;s du 57 de f&#233;vrier 2018 est, douze ans plus tard, le m&#234;me avocat qui plaide pour la CGT-Paris dans le dossier 65 en 2026. La CGT-Paris dispose donc, en son sein, dans son &#233;quipe juridique permanente, de la connaissance directe et personnelle du pr&#233;c&#233;dent du 57. Le r&#233;cit officiel de l'&#171; in&#233;dit &#187; du racket en 2026 contredit la connaissance interne objective de l'appareil syndical CGT lui-m&#234;me. Effacement organis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Couche 4 &#8212; g&#233;ographique-personnelle quotidienne. Les militants syndicaux CGT du 10&#7497; vivent dans le 10&#7497;, militent dans le 10&#7497;, si&#232;gent dans les commissions associatives du 10&#7497;, fr&#233;quentent les m&#234;mes lieux que les adjoints socialistes et PCF de la mairie. L'intrication g&#233;ographique et personnelle rend politiquement impossible toute critique frontale. Critiquer la mairie reviendrait &#224; critiquer des personnes vues toutes les semaines dans le tissu social quotidien du quartier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre couches articul&#233;es &#8212; &#233;lectorale, personnelle, juridique, g&#233;ographique &#8212; qui composent l'imbrication objective entre CGT conf&#233;d&#233;rale et appareil municipal socialiste-PCF de Paris. Ce n'est pas un d&#233;faut d'information, ni une erreur politique. C'est une fonction structurelle de l'appareil syndical-politique fran&#231;ais tel qu'il est int&#233;gr&#233; &#224; l'&#201;tat imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I.I &#8212; La mairie encaisseuse depuis 2014, et l'articulation &#224; l'imp&#233;rialisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour clore cette partie : la dimension mat&#233;rielle la plus directe du r&#244;le de la mairie. Depuis 2014, la mairie de Paris a per&#231;u, sur les trois adresses successives du r&#233;seau (50, 57, 65 boulevard de Strasbourg), les recettes fiscales locales correspondantes &#8212; cotisation fonci&#232;re des entreprises, taxe fonci&#232;re sur la SCI HADDOUK pour le 65, taxes commerciales diverses. Douze ann&#233;es cons&#233;cutives pendant lesquelles la mairie de Paris a donc encaiss&#233; des sommes substantielles provenant directement d'un syst&#232;me d'exploitation salariale document&#233; comme ill&#233;gal par trois proc&#233;dures p&#233;nales successives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mairie de Paris n'a pas seulement &#233;t&#233; complice par inaction. Elle a &#233;t&#233; mat&#233;riellement b&#233;n&#233;ficiaire fiscale du syst&#232;me qu'elle savait ill&#233;gal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi notre revendication 10 du programme &#8212; paiement subsidiaire par la mairie de Paris, apr&#232;s r&#233;quisition du patrimoine personnel de Sidib&#233; &#8212; n'est pas une revendication symbolique. C'est l'application stricte du principe selon lequel l'entit&#233; institutionnelle qui a per&#231;u des recettes fiscales sur un travail vol&#233; doit en restituer le produit aux travailleurs vol&#233;s. Et la mise en cause politique des dirigeants municipaux comme officiers de police judiciaire au sens de l'article 16 CPP n'ayant pas saisi le procureur au titre de l'article 40 CPP est, elle aussi, mat&#233;rielle, pas symbolique. Ils ont eu les moyens institutionnels de mettre en cause le r&#233;seau. Ils n'en ont rien fait. Ils en ont encaiss&#233; les recettes. Ils participent du syst&#232;me. Ils ont des comptes &#224; rendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mise en cause de la mairie comme prolongement local de l'&#201;tat imp&#233;rialiste fran&#231;ais appelle l'analyse plus large d&#233;velopp&#233;e en annexe 1 : la recomposition imp&#233;rialiste fran&#231;aise acc&#233;l&#233;r&#233;e 2022-2026, le repli forc&#233; du Sahel (Mali 2020, Burkina Faso 2022, Niger 2023), le pivot vers l'Afrique orientale mat&#233;rialis&#233; par le sommet de Nairobi en mai 2026, et la compensation m&#233;tropolitaine du recul colonial par l'intensification de la surexploitation de la fraction sans-papi&#232;re du prol&#233;tariat de France. Le r&#233;seau Ch&#226;teau d'Eau, dont le 65 est le maillon contemporain, est l'un des sites o&#249; cette compensation se rend visible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce dispositif d'ensemble qu'il faut nommer. C'est ce dispositif qu'il faut combattre. Et c'est ce dispositif qui d&#233;finit les t&#226;ches politiques que nous portons dans la Partie II de cet article et dans les annexes qui suivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PARTIE II &#8212; CARTOGRAPHIE POLITIQUE DES COURANTS INTERVENUS SUR LE 65 : LA CONVERGENCE DES APPAREILS &#192; LA CL&#212;TURE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II.A &#8212; Cadre m&#233;thodologique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Partie I a pos&#233; la th&#232;se doctrinale : la conf&#233;d&#233;ration CGT a pris depuis 2008 une fonction structurelle de gestionnaire institutionnel de la main-d'&#339;uvre immigr&#233;e pour le compte de l'&#201;tat imp&#233;rialiste fran&#231;ais. Cette Partie II en apporte la d&#233;monstration empirique par l'analyse compar&#233;e des textes publi&#233;s sur le dossier 65 par les cinq courants se r&#233;clamant des int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re : la CGT conf&#233;d&#233;rale, Lutte Ouvri&#232;re, le NPA-R&#233;volutionnaires, le NPA-Anticapitaliste, R&#233;volution Permanente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;thode est triple. Premi&#232;rement, examiner ce que chaque courant a publi&#233; &#8212; tract de mobilisation, articles, br&#232;ves, communiqu&#233;s &#8212;, comparer le mat&#233;riel prospectif (pendant les 78 jours d'occupation) au mat&#233;riel r&#233;trospectif (les 72 heures suivant la lev&#233;e du 19 mai 2026). Deuxi&#232;mement, identifier les omissions structurelles : la kafala dissimul&#233;e &#224; la fran&#231;aise, le pr&#233;c&#233;dent du 57 boulevard de Strasbourg (2014-2018), la fonction de la mairie socialiste comme b&#233;n&#233;ficiaire fiscal du syst&#232;me d'exploitation, l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais comme cadre mat&#233;riel de la composition migratoire du collectif. Troisi&#232;mement, appliquer le test l&#233;niniste de 1916 sur la fonction politique objective des directions ouvri&#232;res int&#233;gr&#233;es &#224; leur &#201;tat imp&#233;rialiste &#8212; fonction d&#233;finie non par les intentions subjectives des militants mais par les effets mat&#233;riels des prises de position publiques sur la lutte de classe en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette m&#233;thode aboutit &#224; un constat tranch&#233; : les trois courants qui ont publi&#233; un texte de cl&#244;ture entre le 20 et le 21 mai 2026 &#8212; CGT conf&#233;d&#233;rale, Lutte Ouvri&#232;re, NPA-R&#233;volutionnaires &#8212; convergent sur la totalit&#233; des omissions structurelles, et les deux courants qui se sont tus &#224; la cl&#244;ture &#8212; NPA-Anticapitaliste et R&#233;volution Permanente &#8212; laissent ce r&#233;cit unique occuper tout l'espace politique. Convergence active des uns, silence passif des autres : m&#234;me fonction politique objective. Cette fonction est l'h&#233;riti&#232;re directe de la position prise par la conf&#233;d&#233;ration CGT de L&#233;on Jouhaux le 4 ao&#251;t 1914 lorsqu'elle a accompagn&#233; la classe ouvri&#232;re fran&#231;aise &#224; la guerre imp&#233;rialiste au lieu de la mobiliser contre elle. La forme a chang&#233;. Le contenu de classe est identique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II.B &#8212; CGT conf&#233;d&#233;rale : du tract prospectif au communiqu&#233; de cl&#244;ture, une op&#233;ration politique en deux temps&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intervention CGT conf&#233;d&#233;rale sur le dossier 65 se d&#233;ploie en deux temps qui se r&#233;pondent et forment, ensemble, un dispositif politique de circonscription de la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier temps &#8212; le tract de mobilisation de l'Union d&#233;partementale CGT Paris, distribu&#233; pendant les 78 jours d'occupation, qui pr&#233;sente quatre revendications dans le bloc encadr&#233; &#171; LES SALARI&#201;.ES EXIGENT &#187; : paiement int&#233;gral des salaires arri&#233;r&#233;s depuis octobre 2025, remboursement int&#233;gral du racket des 250 euros mensuels, respect int&#233;gral des horaires-cong&#233;s-repos pr&#233;vus par la convention, respect int&#233;gral de la sant&#233; au travail. Quatre revendications justes. Mais le tract laisse hors champ tout ce qui aurait politis&#233; la lutte au-del&#224; du conflit conventionnel imm&#233;diat. Huit silences structurants caract&#233;risent ce tract.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas un mot sur la r&#233;gularisation administrative des sans-papier&#183;e&#183;s : le tract mentionne que &#171; certain&#183;e&#183;s sont en attente d'obtenir un titre de s&#233;jour &#187;, mais la r&#233;gularisation ne figure pas dans le bloc des revendications. La revendication centrale mat&#233;rielle de neuf des treize travailleur&#183;euse&#183;s &#8212; leur droit au s&#233;jour &#8212; est absente du document que la CGT a choisi de distribuer pendant 78 jours pour mobiliser la classe ouvri&#232;re. Cette absence n'est pas un oubli : elle signifie que la conf&#233;d&#233;ration a choisi de ne pas inscrire la r&#233;gularisation comme conqu&#234;te politique ouvri&#232;re &#224; arracher par la lutte, mais de la traiter en parall&#232;le comme dossier administratif individuel &#224; r&#233;gler par voie pr&#233;fectorale ou judiciaire &#8212; c'est-&#224;-dire en dehors du rapport de force ouvrier. Pas un mot sur le pr&#233;c&#233;dent du 57 boulevard de Strasbourg, &#224; quatre num&#233;ros de distance, dix ans plus t&#244;t, avec la m&#234;me qualification de traite, o&#249; la CGT avait &#233;t&#233; l'organisation soutenante centrale. Pas un mot sur les autres salons de Ch&#226;teau d'Eau ni sur les autres secteurs pr&#233;caires du 10&#7497;. Pas un mot sur la mairie socialiste-PCF du 10&#7497; qui encaisse les imp&#244;ts du salon depuis des ann&#233;es. Pas un mot sur l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais comme cadre mat&#233;riel de la composition migratoire ouest-africaine du collectif. Pas un mot sur la traite ni sur la kafala dissimul&#233;e comme m&#233;canisme structurel. Pas un mot sur le p&#233;nal contre Sidib&#233;. Pas un mot sur la constitution d'un comit&#233; de gr&#232;ve autonome avec porte-parole &#233;lu&#183;e&#183;s et r&#233;vocables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tract se termine par le slogan en majuscules &#171; JUSQU'&#192; LA VICTOIRE ! &#187;. Pendant 78 jours, ce slogan est distribu&#233; sans d&#233;finition de ce que serait la victoire. La r&#233;gularisation ? Le paiement des salaires ? Le remboursement du racket ? La condamnation de Sidib&#233; ? L'extension &#224; d'autres salons ? Le tract ne dit pas. La d&#233;finition de la victoire est laiss&#233;e vide &#8212; pour pouvoir &#234;tre remplie a posteriori par ce qui aura &#233;t&#233; mat&#233;riellement obtenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Second temps &#8212; le communiqu&#233; conf&#233;d&#233;ral de victoire du 20-21 mai 2026, qui cl&#244;t r&#233;trospectivement le slogan vide en pr&#233;sentant les neuf r&#233;gularisations pr&#233;fectorales temporaires comme une &#171; victoire &#233;clatante &#187;. Ad&#232;le Tellez, secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale de la CGT Paris, ajoute dans la NVO : &#171; &#199;a va comme un jour de victoire ! &#187; &#8212; exclamation d'autant plus politique qu'elle est prononc&#233;e le jour de la liquidation du salon par le tribunal de commerce, c'est-&#224;-dire au moment pr&#233;cis o&#249; Sidib&#233; sort indemne de la proc&#233;dure civile, o&#249; les salaires arri&#233;r&#233;s sont renvoy&#233;s &#224; l'AGS, o&#249; le lieu d'occupation lui-m&#234;me est mat&#233;riellement d&#233;truit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le communiqu&#233; conf&#233;d&#233;ral abandonne dans la pratique les quatre revendications du tract de mobilisation : le paiement des salaires arri&#233;r&#233;s n'y figure plus (envoy&#233; &#224; l'AGS), le remboursement du racket n'y figure plus (non vers&#233;), les conditions de travail n'y figurent plus (le salon est ferm&#233;), la sant&#233; au travail n'y figure plus. La conf&#233;d&#233;ration a abandonn&#233; ses propres revendications au moment m&#234;me o&#249; elle d&#233;clarait la victoire. Ce qu'elle c&#233;l&#232;bre n'est pas la satisfaction des revendications inscrites dans son tract &#8212; c'est la r&#233;gularisation administrative obtenue par voie pr&#233;fectorale dans le cadre de la loi immigration Darmanin de janvier 2024, dispositif l&#233;gislatif vot&#233; par la droite Macron, qui permet la d&#233;livrance de titres temporaires aux victimes ou t&#233;moins de traite coop&#233;rant avec la justice. La CGT conf&#233;d&#233;rale pr&#233;sente comme conqu&#234;te ouvri&#232;re l'application d'un dispositif d'&#201;tat vot&#233; par la droite Macron. Et elle annonce explicitement la bascule : &#171; L'&#233;pilogue de ce mouvement se jouera devant les tribunaux. &#187; La lutte ouvri&#232;re, qui pouvait &#234;tre l'amorce d'une vague dans tout Ch&#226;teau d'Eau et dans tous les secteurs pr&#233;caires du 10&#7497;, est officiellement renvoy&#233;e au tribunal correctionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et au c&#339;ur du communiqu&#233; CGT conf&#233;d&#233;ral, une phrase m&#233;rite d&#233;composition lente : &#171; Les parquets doivent veiller &#224; mettre en coh&#233;rence leurs politiques p&#233;nales et ne pas laisser la traite des &#234;tres humains dans un angle mort. &#187; &#192; qui s'adresse-t-elle ? Aux parquets, c'est-&#224;-dire &#224; l'institution judiciaire de l'&#201;tat fran&#231;ais. Que demande-t-elle ? Que la CGT se positionne en conseil de l'&#201;tat sur la mani&#232;re dont celui-ci doit administrer sa propre politique p&#233;nale. Que pr&#233;suppose-t-elle ? Que le probl&#232;me de la traite est un &#171; angle mort &#187; administratif &#8212; c'est-&#224;-dire un oubli technique, une zone insuffisamment &#233;clair&#233;e du champ de vision &#233;tatique, qu'il suffirait de signaler aux autorit&#233;s pour qu'elles y portent rem&#232;de. Le mot &#8220;angle mort&#8221; pr&#233;sente la traite &#8212; et la kafala dissimul&#233;e qui la produit &#8212; comme un d&#233;faut de l'&#201;tat, pas comme une production de l'&#201;tat. C'est la doctrine du service public bien administr&#233; appliqu&#233;e au dispositif de surexploitation. Doctrine exactement &#224; l'oppos&#233; de la n&#244;tre : la traite n'est pas un angle mort de l'&#201;tat fran&#231;ais, elle est l'effet p&#233;nal visible d'un rapport de production que l'&#201;tat organise lui-m&#234;me &#224; travers la cha&#238;ne CESEDA / Code du travail / pratique pr&#233;fectorale / circulaires Valls 2012 et Retailleau 2025.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il faut signaler ce qu'aucun communiqu&#233; CGT n'a os&#233; &#233;crire : la f&#234;te de la victoire est annonc&#233;e pour le 28 mai 2026 &#224; 17h30, au 85 rue Charlot, Paris 3&#7497;. Ce n'est pas une adresse anodine. C'est l'adresse exacte de l'annexe Eug&#232;ne Varlin de la Bourse du Travail occup&#233;e par la Coordination 75 des Sans Papiers du 2 mai 2008 au 24 juin 2009, et o&#249; la CGT a expuls&#233; par la force, ce 24 juin 2009, les sans-papier&#183;e&#183;s par cent membres de son service d'ordre cagoul&#233;s arm&#233;s de matraques et de bombes lacrymog&#232;nes, neuf personnes hospitalis&#233;es dont un enfant de trois ans. Dix-sept ans plus tard, jour pour jour &#224; peu pr&#232;s, la conf&#233;d&#233;ration CGT c&#233;l&#232;bre sa &#171; victoire &#233;clatante &#187; du 65 boulevard de Strasbourg au lieu exact o&#249; elle avait pi&#233;tin&#233; physiquement le mouvement autonome de r&#233;gularisation globale. La symbolique politique est vertigineuse. Elle dit, sans qu'aucun communiqu&#233; ne l'&#233;crive, ce que la conf&#233;d&#233;ration entend par &#171; victoire &#187; : la mise au pas des collectifs autonomes et leur remplacement par le pilotage conf&#233;d&#233;ral de la s&#233;lection pr&#233;fectorale individuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II.C &#8212; Lutte Ouvri&#232;re : un cas d'&#233;cole en deux temps&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lutte Ouvri&#232;re, organisation qui se r&#233;clame de la tradition Trotsky-Barta, est intervenue deux fois sur la gr&#232;ve du 65 : un article dans son hebdomadaire 29 jours apr&#232;s le d&#233;clenchement, puis une br&#232;ve au lendemain des r&#233;gularisations. Examiner les deux ensemble permet de saisir la continuit&#233; de la m&#233;thode &#8212; et l'aggravation entre les deux interventions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier temps &#8212; l'article du 1&#7497;&#691; avril 2026 dans le n&#176; 3009 de l'hebdomadaire, sign&#233; In&#232;s Rabah, intitul&#233; &#171; Coiffeuses &#8211; Paris : contre un patron voyou &#187;, 218 mots. Le titre reprend mot pour mot le vocabulaire de Cordebard, Brossat, Tellez, Binet. La formule &#8220;patron voyou&#8221; est unanime &#224; Cordebard, &#224; Brossat, &#224; Binet, &#224; l'Union syndicale CGT du Commerce, &#224; Lutte Ouvri&#232;re &#8212; de la mairie socialiste du 10&#7497; &#224; l'hebdomadaire qui se pr&#233;sente comme le plus &#224; gauche du paysage politique fran&#231;ais, le mot d'ordre est identique. Aucune d&#233;marcation politique avec la gauche bourgeoise et les directions syndicales social-chauvines int&#233;gr&#233;es &#224; la R&#233;publique bourgeoise. Lutte Ouvri&#232;re parle exactement la langue de l'&#233;cosyst&#232;me politique qu'elle pr&#233;tend combattre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article comporte une f&#233;minisation exclusive du r&#233;cit : sur 218 mots, pas une mention des quatre coiffeurs hommes du collectif. Trente pour cent de la classe en lutte effac&#233;e. Aucune perspective programmatique propre : pas de comit&#233; de gr&#232;ve, pas de mot d'ordre de carte de s&#233;jour, pas d'expropriation, pas d'extension. Soutien moral &#224; la lutte mais aucun d&#233;bouch&#233; politique. Aucune nomination du rapport de production qui produit Sidib&#233; : silence sur la kafala dissimul&#233;e, que ce courant qui se pr&#233;tend ouvri&#233;riste pur refuse de saisir parce qu'elle l'obligerait &#224; articuler exploitation et droit des &#233;trangers. Et une erreur factuelle politiquement contre-productive : Lutte Ouvri&#232;re &#233;crit que le patron &#171; aurait disparu depuis &#187;. Faux &#8212; Sidib&#233; est sous instruction p&#233;nale en cours, identifi&#233;, localis&#233;. Sugg&#233;rer son insaisissabilit&#233;, c'est saper l'objectif strat&#233;gique de la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Second temps &#8212; la br&#232;ve du 20 mai 2026 sur le portail LO, environ 100 mots, cinq phrases. &#171; La quinzaine de travailleuses de salons de beaut&#233; africains dans le quartier de Ch&#226;teau d'eau &#224; Paris qui &#233;taient en gr&#232;ve depuis le 3 mars ont obtenu satisfaction. &#187; Trois erreurs factuelles dans une seule phrase. Premi&#232;rement, quinzaine : il y a treize gr&#233;vistes, pas quinze. D&#233;calage de quinze pour cent sur un chiffre v&#233;rifiable en trente secondes &#8212; preuve que la r&#233;daction n'a pas suivi la lutte. Deuxi&#232;mement, travailleuses : il y a neuf femmes et quatre hommes dans le collectif. Les quatre coiffeurs et barbiers africains sont fondus dans le f&#233;minin pluriel &#8212; invisibilisation active, qu'on ne peut pas confondre avec un simple oubli grammatical, parce qu'elle est reprise et confirm&#233;e dans la phrase suivante (&#171; ces femmes &#187;). Troisi&#232;mement, salons au pluriel : ce sont les treize d'un seul salon, le 65 Sabadou &amp; Jade. La r&#233;daction du journal LO ne sait pas, en mai 2026, ce qui se passe au 65 boulevard de Strasbourg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour un courant qui pr&#233;tend d&#233;fendre le prol&#233;tariat sans distinction de genre, de race ou de papiers, cette double op&#233;ration &#8212; f&#233;minisation forc&#233;e et arrondissement &#224; la louche &#8212; est r&#233;v&#233;latrice. Elle dit ce que LO refuse de voir : qu'il y a parmi les sans-papier&#183;e&#183;s exploit&#233;&#183;e&#183;s &#224; Ch&#226;teau d'Eau des hommes africains dont la condition n'est pas distincte sur le plan de classe de celle des femmes africaines, et que la lutte du 65 n'est pas un sujet &#171; femmes immigr&#233;es &#187; mais un sujet de classe ouvri&#232;re mixte. LO produit ici un r&#233;cit identitaris&#233; &#8212; les femmes africaines exploit&#233;es &#8212; au prix de l'effacement des hommes africains exploit&#233;s. C'est pr&#233;cis&#233;ment ce dont LO accuse, &#224; juste titre, les courants d&#233;coloniaux. C'est pr&#233;cis&#233;ment ce que LO fait ici elle-m&#234;me, sans se rendre compte qu'elle reproduit la m&#233;canique qu'elle d&#233;nonce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Phrase suivante : &#171; Ces femmes, souvent m&#232;res c&#233;libataires, &#233;taient exploit&#233;es depuis des ann&#233;es par des patrons qui profitaient de leur situation pr&#233;caire. &#187; La situation matrimoniale des gr&#233;vistes n'a &#233;t&#233; r&#233;v&#233;l&#233;e par aucune source publique. Aucun communiqu&#233; CGT, aucun article Humanit&#233; ou InfoMigrants, aucun reportage NVO n'a &#233;voqu&#233; la qualit&#233; de &#171; m&#232;res c&#233;libataires &#187;. LO invente, ou suppose. Et l'invention va dans une direction tr&#232;s pr&#233;cise : la figure path&#233;tique de la m&#232;re c&#233;libataire africaine, qui mobilise la piti&#233; philanthropique au lieu de la solidarit&#233; de classe. C'est la rh&#233;torique des associations humanitaires, pas des organisations marxistes. C'est l'inverse exact de la m&#233;thode Barta, qui exigeait toujours de saisir le travailleur comme producteur de plus-value, jamais comme victime &#224; secourir. Et le pluriel &#171; des patrons &#187; &#8212; pluriel d'individualisation, plusieurs patrons-voyous, pas un rapport de production. Continuit&#233; avec le titre d'avril.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petit signe de lucidit&#233; sur les salaires (&#171; ne r&#232;gle pas tous leurs probl&#232;mes &#187;) imm&#233;diatement noy&#233; dans la c&#233;l&#233;bration vertueuse (&#171; belle victoire &#187;, &#171; d&#233;termination et courage &#187;). Aucune perspective politique. Aucun mot d'ordre. Aucune d&#233;marcation des autres organisations. Aucune mention du pr&#233;c&#233;dent du 57, que LO avait pourtant couvert en 2014-2016.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre l'article d'avril et la br&#232;ve de mai, rien n'a chang&#233; dans la m&#233;thode LO. Le vocabulaire des socialistes-communistes-syndicalistes (&#171; patron voyou &#187; &#8594; &#171; des patrons qui profitaient &#187;) est reconduit. L'effacement des hommes africains est reconduit et aggrav&#233; : le silence en avril devient l'invisibilisation active par fusion en mai. L'absence de perspective programmatique est reconduite. L'absence de nomination de la kafala dissimul&#233;e est reconduite. C'est, mot pour mot, ce que la doctrine Barta appelle l'amiti&#233; mensong&#232;re pour les agents de la bourgeoisie : se tenir formellement &#224; distance de l'&#233;cosyst&#232;me conf&#233;d&#233;ral, mais reproduire &#224; l'identique son vocabulaire, son cadrage, ses dispositifs narratifs, sans rupture programmatique. Que LO le fasse sans m&#234;me s'en rendre compte &#8212; ses militants et militantes sont individuellement sinc&#232;res, c'est &#233;vident &#8212; n'arrange rien. La fonction politique objective d'une intervention publique n'est pas la m&#234;me chose que les intentions subjectives de ses r&#233;dacteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II.D &#8212; NPA-R&#233;volutionnaires : la r&#233;gression organis&#233;e entre avril et mai&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le NPA-R&#233;volutionnaires, anim&#233; notamment par Ga&#235;l Quirante (secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de Sud-PTT 92, postier licenci&#233; et syndicaliste), est intervenu &#233;galement deux fois &#8212; par deux br&#232;ves publi&#233;es sur npa-revolutionnaires.org.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re br&#232;ve &#8212; 12 avril 2026, intitul&#233;e &#171; Paris : des coiffeuses en gr&#232;ve depuis plus d'un mois &#187;. Le texte commence correctement : &#171; Plus d'une dizaine de salari&#233;s, neuf coiffeuses ou esth&#233;ticiennes et quatre barbiers, majoritairement sans papiers, d&#233;noncent leur employeur en occupant depuis le 3 mars l'Institut Sabadou &amp; Jade, situ&#233; 65 boulevard de Strasbourg, dans le 10&#7497; arrondissement parisien. &#187; La composition du collectif est nomm&#233;e pr&#233;cis&#233;ment &#8212; neuf femmes et quatre hommes &#8212;, l'adresse est pr&#233;cise, le salon est nomm&#233;. Premier point politiquement positif compar&#233; &#224; LO. Mais la suite : &#171; Le patron a r&#233;clam&#233; aux neuf salari&#233;s en situation irr&#233;guli&#232;re 250 euros par mois en &#233;change de fiches de paie &#187; &#8212; racket mentionn&#233; comme fait individuel du &#171; patron &#187;, pas comme expression du dispositif kafala. &#171; Les gr&#233;vistes sont appuy&#233;s dans leurs d&#233;marches par la CGT qui a lanc&#233; une caisse de gr&#232;ve &#187; &#8212; le NPA-R commente la lutte que la CGT m&#232;ne, sans positionnement politique propre. &#171; La CGT esp&#232;re faire condamner le patron voyou au p&#233;nal &#187; &#8212; NPA-R reprend l'expression &#8220;patron voyou&#8221; identique &#224; LO, &#224; la mairie socialiste, &#224; Brossat. Aucune analyse de fond, aucun mot d'ordre programmatique, aucune mention du pr&#233;c&#233;dent du 57, aucune mention de la mairie, aucune mention de la kafala.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seconde br&#232;ve &#8212; 21 mai 2026, intitul&#233;e &#171; Paris : des coiffeuses obtiennent leur r&#233;gularisation apr&#232;s 68 jours de gr&#232;ve &#187;. &#171; 68 jours &#187;. C'est 78 jours, pas 68 &#8212; du 3 mars au 19 mai. Erreur factuelle de dix jours sur un titre de br&#232;ve &#8212; c'est-&#224;-dire sur ce qui se contr&#244;le en trente secondes. Soit NPA-R n'a pas suivi la gr&#232;ve (et alors leur pr&#233;tention &#224; parler au nom du prol&#233;tariat ouest-africain de Paris est creuse), soit ils ont m&#233;caniquement recopi&#233; une source erron&#233;e sans v&#233;rifier (et alors leur pr&#233;tention &#224; l'autonomie politique est creuse). Dans les deux cas, l'absence de contr&#244;le dit l'absence d'engagement r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et surtout, NPA-R efface les quatre hommes &#8212; comme LO et avec une r&#233;gression frappante entre leurs deux propres br&#232;ves : &#171; Neuf travailleuses d'un salon de coiffure &#187;. En avril, NPA-R nommait correctement neuf coiffeuses ou esth&#233;ticiennes et quatre barbiers. En mai, NPA-R efface les quatre hommes. L'effacement n'est pas un oubli &#8212; il est une op&#233;ration politique active r&#233;alis&#233;e entre avril et mai, qui aligne le NPA-R sur la rh&#233;torique CGT-LO au moment pr&#233;cis o&#249; celle-ci ent&#233;rine la &#171; victoire &#187;. Le NPA-R avait l'information correcte. Il l'a effac&#233;e pour s'aligner sur le r&#233;cit dominant &#224; la cl&#244;ture. Effacement s&#233;lectif : on retient les femmes parce qu'elles ont obtenu un titre, on efface les hommes parce qu'ils n'ont rien obtenu. Inverse exact de ce que devrait faire un journal se r&#233;clamant de la classe ouvri&#232;re, dont le r&#233;flexe devrait &#234;tre de mettre en avant celles et ceux &#224; qui l'&#201;tat a refus&#233; satisfaction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le reste du texte est de la reprise m&#233;canique de presse conf&#233;d&#233;rale : &#171; Les autorit&#233;s ont consid&#233;r&#233; qu'elles &#233;taient des victimes potentielles de traite des &#234;tres humains. &#187; Vocabulaire pr&#233;fectoral repris sans guillemets de distance critique, comme une v&#233;rit&#233; administrative &#224; transmettre. La conclusion creuse &#8212; &#171; Une victoire qui ne peut qu'inciter d'autres travailleurs sans papiers &#224; suivre le m&#234;me chemin, celui de la lutte &#187; &#8212; cl&#244;t 80 mots qui ne font rien d'autre qu'amplifier le communiqu&#233; CGT. Aucune autonomie d'analyse. Aucune critique. Aucun mot d'ordre propre. Aucune mention du pr&#233;c&#233;dent du 57. Aucune mention de la mairie ni des &#233;lus PS-PCF. Aucune mention de ce qui n'a pas &#233;t&#233; obtenu : les quatre travailleurs hommes non r&#233;gularis&#233;s, les salaires impay&#233;s renvoy&#233;s &#224; l'AGS, le racket non rembours&#233;, l'absence de toute mesure sur les autres salons du quartier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II.E &#8212; R&#233;volution Permanente : l'article de soutien sans contenu programmatique, puis le silence &#224; la cl&#244;ture&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;volution Permanente (RP, organisation anim&#233;e par Anasse Kazib, Ariane Anemoyannis, Elsa Marcel et Adrien Cornet, ex-Courant Communiste R&#233;volutionnaire sorti du NPA en 2021-2022, section fran&#231;aise du Courant R&#233;volution Permanente - Quatri&#232;me Internationale) est intervenue une fois sur le dossier, par un article du 31 mars 2026 publi&#233; sur revolutionpermanente.fr et intitul&#233; &#171; Ch&#226;teau-d'Eau : des salari&#233;s d'un salon de coiffure occupent leur lieu de travail pour d&#233;fendre leurs droits &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article commence correctement, &#224; l'instar de la premi&#232;re br&#232;ve NPA-R : &#171; Depuis le 3 mars, treize salari&#233;s dont neuf femmes sont en gr&#232;ve illimit&#233;e et occupent jour et nuit leur salon de coiffure et d'esth&#233;tique, boulevard de Strasbourg. &#187; La composition est nomm&#233;e &#8212; treize, dont neuf femmes. &#171; Leur mot d'ordre est clair : obtenir l'int&#233;gralit&#233; des salaires impay&#233;s, faire respecter le droit du travail et obtenir la r&#233;gularisation des travailleurs en attente d'un titre de s&#233;jour. &#187; Le mot &#171; r&#233;gularisation &#187; appara&#238;t &#8212; point politiquement positif compar&#233; &#224; LO. RP cite directement les gr&#233;vistes : &#171; Le patron fait payer 250 euros les fiches de paie &#224; celles qui n'ont pas encore leur titre de s&#233;jour. &#187; Racket mentionn&#233; comme t&#233;moignage direct.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'article se cantonne au registre du soutien descriptif : il d&#233;crit la lutte, ses t&#233;moignages, appelle au soutien de la caisse de gr&#232;ve et &#224; la prochaine soir&#233;e de soutien organis&#233;e &#171; le vendredi 3 avril, &#224; partir de 17 heures au 65 boulevard de Strasbourg &#187;. Aucune analyse politique de fond. Aucune nomination de la kafala dissimul&#233;e &#224; la fran&#231;aise. Aucune r&#233;f&#233;rence au pr&#233;c&#233;dent du 57, pourtant &#224; quatre num&#233;ros sur le m&#234;me trottoir. Aucune r&#233;f&#233;rence &#224; l'imbrication de la mairie socialiste-PCF dans le syst&#232;me d'exploitation. Aucune r&#233;f&#233;rence &#224; l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais comme cadre mat&#233;riel de la composition migratoire du collectif. Aucun mot d'ordre programmatique propre &#8212; pas de comit&#233; de gr&#232;ve autonome, pas de carte de r&#233;sident inconditionnelle, pas d'extension &#224; tous les salons du quartier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et &#8212; silence majeur &#224; la cl&#244;ture &#8212; RP ne publie aucun communiqu&#233; post-19 mai sur le 65. Au moment o&#249; la CGT, LO et NPA-R publient simultan&#233;ment leurs r&#233;cits de &#171; victoire &#233;clatante &#187; entre le 20 et le 21 mai 2026, RP ne dit rien. Le silence vaut alignement passif sur le r&#233;cit dominant. Une organisation qui s'est positionn&#233;e le 31 mars 2026 sur la lutte, et qui ne dit rien &#224; la cl&#244;ture du 19 mai, choisit objectivement de laisser le r&#233;cit CGT-LO-NPA-R occuper tout l'espace politique. Pour un courant qui se r&#233;clame du trotskysme et qui critique r&#233;guli&#232;rement les directions syndicales pour leur int&#233;gration au cadre r&#233;publicain, ne pas commenter publiquement la &#171; victoire &#233;clatante &#187; de la conf&#233;d&#233;ration CGT au moment pr&#233;cis o&#249; celle-ci ent&#233;rine la liquidation patronale et la r&#233;gularisation pr&#233;fectorale au cas par cas, c'est ratifier en silence le r&#233;cit que les trois autres &#233;crivent &#224; voix haute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II.F &#8212; NPA-Anticapitaliste : un reportage vid&#233;o, puis rien&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le NPA-Anticapitaliste &#8212; majorit&#233; historique du NPA, ligne Besancenot-Poutou, officiellement affili&#233;e au Nouveau Front populaire depuis 2024 &#8212; est intervenu sur le dossier 65 par un seul &#233;l&#233;ment : un reportage vid&#233;o intitul&#233; &#171; Paris : coiffeuses en col'hair &#187; publi&#233; sur lanticapitaliste.org le 28 mars 2026. Reportage de soutien &#224; la caisse de gr&#232;ve CGT, descriptif, sans analyse politique de fond, sans mot d'ordre programmatique. Aucun communiqu&#233; &#233;crit pendant les 78 jours d'occupation. Aucun communiqu&#233; &#224; la cl&#244;ture. Le NPA-Anticapitaliste sur le dossier 65, c'est : une vid&#233;o. Rien d'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II.G &#8212; La convergence et sa fonction politique objective : tous gestionnaires de la main-d'&#339;uvre immigr&#233;e pour le compte de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois textes de cl&#244;ture publi&#233;s en moins de 72 heures par trois organisations qui se pr&#233;sentent toutes &#224; gauche du PS, du PCF, de la France Insoumise &#8212; CGT conf&#233;d&#233;rale, Lutte Ouvri&#232;re, NPA-R&#233;volutionnaires. Deux silences &#224; la cl&#244;ture par deux organisations qui s'&#233;taient positionn&#233;es pendant la gr&#232;ve &#8212; NPA-Anticapitaliste, R&#233;volution Permanente. Cinq courants, une seule fonction politique objective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Examinons les convergences mat&#233;rielles. La dur&#233;e de la gr&#232;ve : 78 jours correctement pour la CGT, 68 jours erreur pour le NPA-R, &#171; depuis le 3 mars &#187; vague pour LO. Le nombre de gr&#233;vistes : non pr&#233;cis&#233; pour la CGT, neuf pour le NPA-R (efface les 4 hommes), quinzaine pour LO (efface les 4 hommes par fusion approximative). Le pr&#233;c&#233;dent du 57 boulevard de Strasbourg, &#224; quatre num&#233;ros, dix ans plus t&#244;t, avec la m&#234;me qualification de traite : non mentionn&#233; nulle part. Le caract&#232;re pr&#233;caire des titres L.425-1 (un an temporaire, conditionnels &#224; l'enqu&#234;te, r&#233;vocables) : non mentionn&#233; nulle part. Le racket des 250 euros mensuels non rembours&#233; : non mentionn&#233;. La kafala dissimul&#233;e comme m&#233;canisme structurel : jamais nomm&#233;e. La critique de la mairie socialiste-PCF qui a encaiss&#233; les imp&#244;ts du syst&#232;me pendant douze ans : aucune. Le mot d'ordre de r&#233;gularisation globale inconditionnelle : aucun. Le mot d'ordre de comit&#233; de gr&#232;ve autonome : aucun. L'effacement des quatre coiffeurs hommes africains du collectif : pr&#233;sent dans les trois textes. La f&#234;te de la &#171; victoire &#187; organis&#233;e au 85 rue Charlot, lieu exact de l'expulsion par le service d'ordre CGT cagoul&#233; des sans-papier&#183;e&#183;s de la CSP-75 le 24 juin 2009 : signal&#233;e nulle part dans la presse conf&#233;d&#233;rale, syndicale ou trotskyste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette convergence n'est pas un hasard. Trois textes, &#233;crits ind&#233;pendamment par trois r&#233;dactions diff&#233;rentes en moins de 72 heures, qui s'accordent sur l'ensemble des omissions structurelles, ne convergent pas par co&#239;ncidence. Ils convergent parce qu'ils remplissent une commune fonction politique objective : transformer chaque lutte ouvri&#232;re concr&#232;te en succ&#232;s symbolique partiel &#224; c&#233;l&#233;brer plut&#244;t qu'en amorce de bataille &#224; &#233;tendre, &#233;largir, g&#233;n&#233;raliser. Cette transformation se fait par les m&#234;mes proc&#233;d&#233;s : individualisation patronale (le &#171; patron voyou &#187; unanime de Cordebard &#224; LO), bascule judiciaire (l'&#171; &#233;pilogue &#187; devant les tribunaux), vocabulaire humanitaire (&#171; vuln&#233;rabilit&#233; &#187;, &#171; m&#232;res c&#233;libataires &#187;), reprise m&#233;canique du registre pr&#233;fectoral (&#171; victimes potentielles de traite &#187;), conclusions vagues sans mot d'ordre programmatique propre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est ce qui rend op&#233;ratoire la th&#232;se doctrinale pos&#233;e en cl&#244;ture du pr&#233;ambule de cet article. Tous, &#224; des degr&#233;s divers et avec des fonctions distinctes dans l'appareil, aident &#224; la gestion institutionnelle de la main-d'&#339;uvre immigr&#233;e pour le compte de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. La CGT conf&#233;d&#233;rale en pilote la s&#233;lection pr&#233;fectorale par le filtre du d&#233;p&#244;t collectif via les Unions D&#233;partementales &#8212; fonction structurelle prise depuis 2008, confirm&#233;e &#224; Chronopost 2021, Arena 2023, et au 65 en 2026. Lutte Ouvri&#232;re, le NPA-R&#233;volutionnaires, le NPA-Anticapitaliste, R&#233;volution Permanente &#8212; par leurs communiqu&#233;s align&#233;s ou par leur silence &#8212; ratifient cette fonction conf&#233;d&#233;rale en ne portant aucune perspective politique alternative. Aucun de ces cinq courants n'a port&#233;, pendant la lutte du 65 ou &#224; sa cl&#244;ture, la perspective d'une r&#233;gularisation globale inconditionnelle de tous les sans-papier&#183;e&#183;s en lien avec une intervention de fraction r&#233;volutionnaire dans les Unions Locales syndicales. Aucun n'a articul&#233; la composition migratoire ouest-africaine du collectif &#224; l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais &#8212; Sahel, franc CFA, Boko Haram &#8212; qui en produit les conditions mat&#233;rielles. Aucun n'a nomm&#233; la kafala dissimul&#233;e comme rapport de production. Aucun n'a critiqu&#233; la mairie socialiste-PCF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fonction politique objective est l'h&#233;riti&#232;re directe de la position prise par la CGT de L&#233;on Jouhaux le 4 ao&#251;t 1914, lorsqu'elle a accompagn&#233; la classe ouvri&#232;re fran&#231;aise &#224; la guerre imp&#233;rialiste au lieu de la mobiliser contre elle. C'est la m&#234;me op&#233;ration transpos&#233;e au capitalisme fran&#231;ais de 2026 : accompagner les sans-papier&#183;e&#183;s africain&#183;e&#183;s &#224; la r&#233;gularisation pr&#233;fectorale individuelle au lieu de mobiliser la classe ouvri&#232;re contre la kafala dissimul&#233;e et l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais qui la produit. C'est ce que L&#233;nine, en 1916 dans L'imp&#233;rialisme, stade supr&#234;me du capitalisme, appelait la fonction objective des directions ouvri&#232;res int&#233;gr&#233;es &#224; l'&#201;tat imp&#233;rialiste de leur pays : non pas la trahison consciente, non pas l'alliance d&#233;clar&#233;e avec la bourgeoisie, mais la production mat&#233;rielle, par leurs pratiques politiques propres, des conditions de stabilit&#233; du syst&#232;me qu'elles pr&#233;tendent combattre. La CGT conf&#233;d&#233;rale de 2026 n'est plus la CGT r&#233;volutionnaire d'avant l'Union sacr&#233;e d'ao&#251;t 1914. Elle est l'h&#233;riti&#232;re directe de la CGT de Jouhaux. Et les courants se r&#233;clamant du trotskysme qui, par leurs communiqu&#233;s align&#233;s ou par leur silence, ratifient cette ligne sans en proposer aucune alternative programmatique, en sont les compl&#233;ments politiques objectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II.H &#8212; La f&#234;te de la victoire au lieu exact de l'expulsion : la m&#233;moire ouvri&#232;re disparue&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il faut clore cette Partie II sur le d&#233;tail politique qui condense l'ensemble &#8212; d&#233;tail qu'aucun des cinq courants n'a relev&#233; dans ses communiqu&#233;s, ce qui en soi est r&#233;v&#233;lateur. La f&#234;te de la victoire du 28 mai 2026 a lieu au 85 rue Charlot, Paris 3&#7497;. C'est l'adresse exacte de l'annexe Eug&#232;ne Varlin de la Bourse du Travail occup&#233;e par la Coordination 75 des Sans Papiers du 2 mai 2008 au 24 juin 2009. C'est l'adresse exacte de l'expulsion brutale par environ cent membres du service d'ordre de la CGT cagoul&#233;s, arm&#233;s de matraques et de bombes lacrymog&#232;nes, des sans-papier&#183;e&#183;s qui occupaient ce lieu &#8212; neuf personnes hospitalis&#233;es dont un enfant de trois ans, selon la CSP-75. C'est l'adresse exacte o&#249; Edgar Fisson, pr&#233;sident de la Commission Administrative de la Bourse du Travail, avait repris la formule historique de &#171; lib&#233;ration de la Bourse du Travail &#187; &#8212; celle qui d&#233;signait depuis ao&#251;t 1944 la reprise de la Bourse ferm&#233;e par Vichy &#8212; pour qualifier le pi&#233;tinement des sans-papier&#183;e&#183;s par la conf&#233;d&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la CGT conf&#233;d&#233;rale c&#233;l&#232;bre, en mai 2026, sa &#171; victoire &#233;clatante &#187; du 65 boulevard de Strasbourg au lieu exact o&#249; elle a expuls&#233; physiquement le mouvement autonome de r&#233;gularisation globale dix-sept ans plus t&#244;t n'est pas une co&#239;ncidence d'adresse. C'est une d&#233;claration politique muette. Elle dit ce qu'aucun communiqu&#233; de la conf&#233;d&#233;ration n'&#233;crit explicitement : que la &#171; victoire &#187; dont elle parle est pr&#233;cis&#233;ment la mise au pas des collectifs autonomes, le pilotage conf&#233;d&#233;ral monopolis&#233; de la s&#233;lection pr&#233;fectorale individuelle, l'effacement d&#233;finitif de la perspective de r&#233;gularisation globale que portaient les occupants du 85 rue Charlot en 2008-2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et qu'aucun des cinq courants intervenus sur le dossier &#8212; CGT, LO, NPA-A, NPA-R, RP &#8212; n'ait rappel&#233; cette adresse, n'ait not&#233; cette co&#239;ncidence, n'ait articul&#233; politiquement cette continuit&#233; de lieu, dit la profondeur de l'effacement m&#233;moriel qu'ils consentent collectivement. Aucun n'a &#233;crit que la victoire du 65 boulevard de Strasbourg est c&#233;l&#233;br&#233;e le 28 mai 2026 au lieu exact de la d&#233;faite physique de la CSP-75 le 24 juin 2009. Aucun. Pas un mot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette m&#233;moire ouvri&#232;re dissimul&#233;e, c'est cette continuit&#233; politique effac&#233;e, c'est cette fonction de gestion conf&#233;d&#233;rale de la main-d'&#339;uvre immigr&#233;e pour le compte de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais que la Partie II de cet article a d&#233;montr&#233;e empiriquement. La Partie III en tire les conclusions programmatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;TAPE 3 &#8212; PROGRAMME ET CONCLUSION FRACTIONNELLE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.A &#8212; R&#233;capitulatif politique des th&#232;ses d&#233;montr&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au terme de cet article-action, cinq th&#232;ses politiques tranch&#233;es ont &#233;t&#233; d&#233;montr&#233;es mat&#233;riellement, pi&#232;ce &#224; pi&#232;ce, sur la base des faits mat&#233;riels de la lutte du 65 boulevard de Strasbourg et de l'examen compar&#233; des textes publi&#233;s par les cinq courants intervenus sur le dossier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re th&#232;se. La lutte du 65 n'a pas perdu parce que les treize n'auraient pas suffisamment lutt&#233; pendant soixante-dix-huit jours d'occupation continue. Elle a &#233;t&#233; politiquement abandonn&#233;e par les structures qui pr&#233;tendaient la porter, au moment pr&#233;cis o&#249; elle pouvait politiquement aboutir : aucune des quatre revendications mat&#233;rielles inscrites dans le tract CGT initial &#8212; paiement int&#233;gral des salaires arri&#233;r&#233;s, remboursement int&#233;gral du racket, respect int&#233;gral des horaires-cong&#233;s-repos, respect int&#233;gral de la sant&#233; au travail &#8212; n'est satisfaite &#224; la lev&#233;e du 19 mai 2026. Ce qui a &#233;t&#233; obtenu &#8212; neuf r&#233;gularisations pr&#233;fectorales temporaires d'un an, conditionnelles &#224; l'enqu&#234;te pour traite &#8212; l'a &#233;t&#233; par application stricte de la loi immigration Darmanin de janvier 2024, instrument l&#233;gislatif vot&#233; par la droite Macron. La &#171; victoire &#187; CGT 2026 est en r&#233;alit&#233; l'application administrative d'un dispositif d'&#201;tat de droite, pr&#233;sent&#233;e par la conf&#233;d&#233;ration comme conqu&#234;te ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me th&#232;se. Le rapport de production qui structure l'exploitation des sans-papier&#183;e&#183;s au 65 n'est ni une d&#233;rive individuelle du patron Sidib&#233;, ni un d&#233;faut technique de l'&#201;tat fran&#231;ais. Il est la kafala dissimul&#233;e &#224; la fran&#231;aise : dispositif articulant CESEDA, Code du travail, pratique pr&#233;fectorale et cha&#238;ne historique des circulaires Chev&#232;nement 1997 &#8594; Valls 2012 &#8594; Retailleau 2025, qui place mat&#233;riellement entre les mains du patron &#8212; d&#233;tenteur exclusif de la fiche de paie &#8212; le pouvoir d'ouvrir ou de fermer l'acc&#232;s au titre de s&#233;jour. C'est ce dispositif qui produit en s&#233;rie les Sidib&#233;. La sanction p&#233;nale individuelle des patrons exploiteurs (condamnations Bamba au 57 en 2018) n'a emp&#234;ch&#233; ni le red&#233;marrage imm&#233;diat des m&#234;mes pratiques, ni leur prolif&#233;ration continue dans le m&#234;me p&#233;rim&#232;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me th&#232;se. La mairie de Paris est acteur structurel du rapport d'exploitation, pas spectateur distrait. Continuit&#233; socialiste de la mairie du 10&#7497; depuis 2008 (F&#233;raud 2008-2017, Cordebard 2017-2032 r&#233;&#233;lue &#224; la majorit&#233; absolue le 22 mars 2026 pendant la gr&#232;ve en cours). Continuit&#233; socialiste de la mairie de Paris depuis 2014 (Hidalgo 2014-2026, Gr&#233;goire 2026-2032 dans la m&#234;me coalition PS-EELV-PCF, Brossat adjoint Logement et Protection des r&#233;fugi&#233;s 2014-2026). Vingt-quatre ann&#233;es de continuit&#233; socialiste &#224; la mairie du 10&#7497; et z&#233;ro acte institutionnel de mise en cause du r&#233;seau d'exploitation administr&#233; pendant tout ce temps. Et imbrication objective avec l'appareil CGT conf&#233;d&#233;ral en quatre couches articul&#233;es : &#233;lectorale-coalitionnelle (NFP 2024), personnelle directe (Joussellin), juridico-professionnelle (Cessieux avocat des deux dossiers 57-2018 et 65-2026), g&#233;ographique-personnelle quotidienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatri&#232;me th&#232;se. La conf&#233;d&#233;ration CGT a pris depuis 2008 une fonction structurelle de gestionnaire institutionnel de la main-d'&#339;uvre immigr&#233;e pour le compte de l'&#201;tat imp&#233;rialiste fran&#231;ais &#8212; par le filtre du d&#233;p&#244;t collectif via les Unions D&#233;partementales, par la s&#233;lection des &#171; bons &#187; candidats &#224; la r&#233;gularisation contre les &#171; mauvais &#187;, par le pi&#233;tinement des collectifs autonomes (expulsion violente de la CSP-75 de la Bourse du Travail le 24 juin 2009, neuf hospitalisations dont un enfant de trois ans). La f&#234;te de la &#171; victoire &#187; du 65 organis&#233;e le 28 mai 2026 au 85 rue Charlot &#8212; adresse exacte de l'expulsion de 2009 &#8212; est la d&#233;claration politique muette de cette fonction. C'est cette ligne qui fait de la CGT conf&#233;d&#233;rale de 2026 l'h&#233;riti&#232;re directe non de la CGT r&#233;volutionnaire d'avant 1914, mais de la CGT de L&#233;on Jouhaux qui a accompagn&#233; la classe ouvri&#232;re fran&#231;aise &#224; la guerre imp&#233;rialiste le 4 ao&#251;t 1914.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinqui&#232;me th&#232;se. Les quatre courants se r&#233;clamant du trotskysme intervenus sur le dossier &#8212; Lutte Ouvri&#232;re, NPA-R&#233;volutionnaires, NPA-Anticapitaliste, R&#233;volution Permanente &#8212; n'ont port&#233; aucune perspective politique alternative &#224; la ligne CGT conf&#233;d&#233;rale. Convergence active des trois textes de cl&#244;ture (CGT, LO, NPA-R) sur la totalit&#233; des omissions structurelles : effacement des quatre coiffeurs hommes africains du collectif, silence sur la kafala dissimul&#233;e, silence sur le pr&#233;c&#233;dent du 57, silence sur la mairie, silence sur l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, vocabulaire commun du &#171; patron voyou &#187; identique de Cordebard &#224; Lutte Ouvri&#232;re. Silence passif des deux autres (NPA-A, RP) &#224; la cl&#244;ture. Test l&#233;niniste 1916 sur la fonction objective des directions ouvri&#232;res int&#233;gr&#233;es &#224; leur &#201;tat imp&#233;rialiste : score 0/5 pour les cinq courants. Aucun n'a port&#233; la perspective d'une r&#233;gularisation globale inconditionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.B &#8212; Conclusion programmatique : construire la fraction bolchevique-l&#233;niniste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ces cinq th&#232;ses d&#233;coule une conclusion programmatique pr&#233;cise. La t&#226;che politique de l'heure est la construction d'une fraction r&#233;volutionnaire bolchevique-l&#233;niniste capable d'intervenir simultan&#233;ment &#224; deux niveaux articul&#233;s &#8212; fraction qui n'existe mat&#233;riellement pas en 2026 sur le dossier 65, et dont l'absence est pr&#233;cis&#233;ment ce qui rend possible la circonscription conf&#233;d&#233;rale de la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier niveau d'intervention &#8212; au sein des Unions Locales syndicales (CGT, Solidaires, FSU, FO et structures syndicales d'entreprise du 10&#7497; arrondissement et au-del&#224;), pour les arracher &#224; la ligne sociale-patriote des directions conf&#233;d&#233;rales. C'est-&#224;-dire pour briser de l'int&#233;rieur le verrouillage par lequel la conf&#233;d&#233;ration CGT a depuis 2008 monopolis&#233; le pouvoir de gestion des r&#233;gularisations en court-circuitant les niveaux syndicaux de base. Cette intervention de fraction au sein des syndicats existants est exactement la m&#233;thode th&#233;oris&#233;e et pratiqu&#233;e par Barta et l'Union Communiste de 1944 &#224; 1947 dans l'industrie automobile fran&#231;aise &#8212; m&#233;thode qui a d&#233;montr&#233; qu'une fraction r&#233;volutionnaire patiemment construite &#224; l'int&#233;rieur des structures syndicales existantes peut produire des conqu&#234;tes ouvri&#232;res que les directions conf&#233;d&#233;rales ne portent pas et refusent de porter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me niveau d'intervention &#8212; aux c&#244;t&#233;s des collectifs autonomes de sans-papier&#183;e&#183;s, de pr&#233;caires, de travailleur&#183;euse&#183;s d'entreprises non syndiqu&#233;es, qui se construisent en dehors des structures syndicales traditionnelles. Pour leur porter la perspective d'auto-organisation interprofessionnelle du peuple travailleur plut&#244;t que le glissement vers le repli communautaire ou identitaire dans lequel ces collectifs, isol&#233;s du prol&#233;tariat organis&#233;, finissent presque m&#233;caniquement par d&#233;river lorsqu'ils rompent unilat&#233;ralement avec les structures syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intervention simultan&#233;e &#224; ces deux niveaux est la condition mat&#233;rielle de la victoire politique de la classe ouvri&#232;re sur la kafala dissimul&#233;e &#224; la fran&#231;aise. Aucun des deux niveaux ne suffit isol&#233;ment. La fraction syndicale sans relais aupr&#232;s des collectifs autonomes se r&#233;duit &#224; une lutte d'appareil interne sans levier mat&#233;riel sur les sans-papier&#183;e&#183;s. Les collectifs autonomes sans fraction syndicale s'enferment dans le sectarisme corporatif et le glissement identitaire &#8212; comme la CSP-75 historique en a fait l'exp&#233;rience en 2008-2010, faute du cha&#238;non politique qui lui aurait permis de tenir face au verrouillage CGT sans se replier sur elle-m&#234;me. C'est ce cha&#238;non politique manquant que nous appelons &#224; construire &#8212; la fraction r&#233;volutionnaire bolchevique-l&#233;niniste, dans la filiation mat&#233;rielle L&#233;nine 1915 (d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire) &#8594; Internationale Communiste 1919-1922 (politique des fractions au sein des syndicats existants) &#8594; Trotsky 1928-1938 (Plateforme de l'Opposition de Gauche, Programme de transition, IV&#7497; Internationale) &#8594; Barta-Union Communiste 1944-1947 (fraction r&#233;volutionnaire dans la CGT automobile fran&#231;aise).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette construction ne peut &#234;tre ni d&#233;cr&#233;t&#233;e par en haut, ni improvis&#233;e dans l'urgence d'une lutte ponctuelle. Elle suppose un travail politique patient, doctrinalement rigoureux, organisationnellement pr&#233;cis. Elle suppose en particulier la rupture sans appel avec les centristes qui se r&#233;clament du trotskysme mais en pratiquent l'inverse &#8212; comme l'a d&#233;montr&#233; la Partie II de cet article. Construire la fraction bolchevique-l&#233;niniste, c'est en m&#234;me temps rompre avec les courants qui occupent verbalement la place de cette fraction sans en porter le contenu politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.C &#8212; Appel fractionnel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article-action n'est pas un texte de commentaire acad&#233;mique sur une lutte ouvri&#232;re pass&#233;e. Il est l'expression publique d'une position politique tranch&#233;e : la lutte du 65 boulevard de Strasbourg a &#233;t&#233; circonscrite par la conf&#233;d&#233;ration CGT au moment pr&#233;cis o&#249; elle pouvait s'&#233;tendre. La fraction sans-papi&#232;re du prol&#233;tariat de France &#8212; plusieurs centaines de milliers de personnes dont les conditions mat&#233;rielles d'existence sont organis&#233;es par le dispositif kafala dissimul&#233;e &#8212; reste, dix-sept ans apr&#232;s l'expulsion violente de la CSP-75 du 85 rue Charlot et trente ans apr&#232;s l'&#233;vacuation &#224; la hache de Saint-Bernard, dans la m&#234;me condition politique : sans titre durable, sans pouvoir collectif, sans perspective programmatique port&#233;e par aucune structure organis&#233;e &#224; l'&#233;chelle nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette condition n'est pas une fatalit&#233;. Elle est le r&#233;sultat mat&#233;riel d'un rapport de forces politique pr&#233;cis, dans lequel l'absence de fraction r&#233;volutionnaire bolchevique-l&#233;niniste capable d'intervenir simultan&#233;ment dans les Unions Locales syndicales et aux c&#244;t&#233;s des collectifs autonomes joue un r&#244;le structurant. Construire cette fraction est la t&#226;che politique de l'heure. Aux c&#244;t&#233;s des sans-papier&#183;e&#183;s qui luttent pour leur droit au s&#233;jour. Aux c&#244;t&#233;s des travailleur&#183;euse&#183;s syndiqu&#233;&#183;e&#183;s de toutes les f&#233;d&#233;rations qui refusent la ligne sociale-patriote de leur direction conf&#233;d&#233;rale. Aux c&#244;t&#233;s des Gilets Jaunes et des fractions du prol&#233;tariat de France qui se sont auto-organis&#233;&#183;e&#183;s en dehors des appareils. Aux c&#244;t&#233;s de la classe ouvri&#232;re de France dans son ensemble &#8212; la fraction sans-papi&#232;re comme partie int&#233;grante du prol&#233;tariat, pas comme cat&#233;gorie s&#233;par&#233;e &#224; secourir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre mot d'ordre central pour cette lutte et pour celles qui viendront : r&#233;gularisation globale inconditionnelle de tous les sans-papier&#183;e&#183;s et de leurs personnes &#224; charge, par la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et l'auto-organisation interprofessionnelle du peuple travailleur. Pour la d&#233;faite de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais &#8212; celui qui d&#233;sorganise les conditions d'existence dans les p&#233;riph&#233;ries domin&#233;es par ses op&#233;rations militaires, son franc CFA, ses extractions de mati&#232;res premi&#232;res, et celui qui surexploite ensuite la force de travail produite par cette d&#233;sorganisation sous menace administrative de sa pr&#233;fecture. Le combat est un. Sa victoire suppose l'unification programmatique du peuple travailleur de France et de la fraction sans-papi&#232;re qui en fait partie int&#233;grante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous appelons toutes celles et tous ceux qui partagent ces analyses &#224; prendre contact avec le courant Front Unique du Peuple Travailleur que nous animons dans le cadre du courant Mati&#232;re et R&#233;volution et de l'animation des Gilets Jaunes Poitiers, pour engager la construction patiente, doctrinalement rigoureuse, organisationnellement pr&#233;cise, de la fraction bolchevique-l&#233;niniste dont la classe ouvri&#232;re de France a besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne sommes pas perdus. Nous reprenons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PARTIE II &#8212; TEXTE TH&#201;ORIQUE : LA KAFALA DISSIMUL&#201;E &#192; LA FRAN&#199;AISE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA KAFALA DISSIMUL&#201;E &#192; LA FRAN&#199;AISE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fraction sans-papi&#232;re du prol&#233;tariat de France comme question programmatique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article th&#233;orique &#8212; courant Front Unique du Peuple Travailleur (FUPT) / Mati&#232;re et R&#233;volution / Gilets Jaunes Poitiers, mai 2026&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment la R&#233;publique transforme la fiche de paie en visa-sponsor patronal &#8212; et pourquoi la trajectoire politique communiste va de la kafala dissimul&#233;e &#224; la citoyennet&#233; de 1793, par la suppression du pouvoir patronal sur l'acc&#232;s aux papiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I. La question qui se pose partout&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un salon de coiffure du 10&#7497; arrondissement de Paris o&#249; treize travailleurs et travailleuses d'Afrique de l'Ouest occupent leur outil de travail depuis soixante-dix-huit jours. Un chantier du Grand Paris Express o&#249; des ouvriers maliens et bangladais sont d&#233;clar&#233;s deux heures pour des journ&#233;es de douze. Des &#233;tablissements d'h&#244;tellerie sous-trait&#233;e du nord parisien o&#249; le m&#233;nage est confi&#233; &#224; des entreprises de propret&#233; (ONET, ELIOR, ATALIAN, ISS, GSF) qui emploient massivement des femmes africaines et asiatiques sous contrats &#224; temps tr&#232;s partiel calibr&#233;s pour limiter au strict minimum la valeur faciale de la fiche de paie. Une tourn&#233;e de livraison Uber Eats effectu&#233;e par un travailleur s&#233;n&#233;galais avec un compte lou&#233; deux cents euros par mois &#224; un titulaire de papiers. Une exploitation agricole du Vaucluse o&#249; dix-huit ouvriers marocains saisonniers vivent six mois par an dans un pr&#233;fabriqu&#233; sans eau chaude. Des Ehpad de banlieue parisienne o&#249; des aides-soignantes africaines et antillaises encha&#238;nent les vacations de nuit sous-d&#233;clar&#233;es au quart d'heure. Des ateliers de confection &#224; fa&#231;on des quartiers nord et est parisiens o&#249; des couturi&#232;res chinoises et sud-asiatiques produisent pour des donneurs d'ordres de la mode parisienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous ces cas, le rapport de travail est le m&#234;me. Une fraction de la classe ouvri&#232;re de France est maintenue dans une d&#233;pendance administrative &#224; un employeur unique, d&#233;pendance qui en fait une main-d'&#339;uvre int&#233;gralement disponible pour la surexploitation. Le racket existe ou n'existe pas selon les secteurs ; la journ&#233;e fait dix, douze ou quatorze heures selon les secteurs ; le salaire est vers&#233; ou pas selon les patrons. Mais la m&#233;canique sous-jacente &#8212; qui d&#233;tient juridiquement et mat&#233;riellement la cl&#233; du statut administratif du travailleur &#8212; est partout la m&#234;me. Et cette m&#233;canique a un nom, qu'on n'a pas voulu jusqu'ici lui donner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article a pour objet de le donner. La fraction sans-papi&#232;re du prol&#233;tariat de France, qui compte selon les estimations gouvernementales entre six cent mille et neuf cent mille personnes, est soumise &#224; un dispositif que nous appelons : kafala dissimul&#233;e &#224; la fran&#231;aise. Ce nom n'est pas une provocation rh&#233;torique. C'est l'instrument conceptuel par lequel nous proposons aux travailleurs, aux militants, aux organisations qui se r&#233;clament du communisme r&#233;volutionnaire ou du syndicalisme de classe, de saisir mat&#233;riellement le rapport de production qu'organise la R&#233;publique fran&#231;aise &#224; l'&#233;gard de cette fraction de sa propre classe ouvri&#232;re. Et de poser, &#224; partir de l&#224;, une politique qui ne soit ni l'humanitarisme bourgeois, ni l'antiracisme moral, mais une politique programmatique de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous proc&#233;derons par &#233;tapes. Ce qu'est la kafala dans les pays o&#249; elle s'&#233;crit dans le droit positif. Comment la fiche de paie joue en France le r&#244;le que joue le visa-sponsor &#224; Doha ou Riyad. Pourquoi la R&#233;publique fran&#231;aise est l'organisatrice de ce dispositif, et pourquoi elle s'interdit de le nommer. Cinq objections pr&#233;visibles &#224; cette analyse, et leur r&#233;futation point par point. Le statut th&#233;orique du dispositif comme forme capitaliste moderne de contrainte extra-&#233;conomique. La fonction de la kafala dissimul&#233;e comme organe m&#233;tropolitain de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. L'histoire ouvri&#232;re des luttes des sans-papiers en France, qui montre que chaque conqu&#234;te a &#233;t&#233; arrach&#233;e par les travailleurs eux-m&#234;mes et jamais offerte. Et enfin les cons&#233;quences programmatiques de cette analyse, dans les termes d'une politique transitoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II. Ce qu'est la kafala&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La kaf&#257;la (&#1603;&#1601;&#1575;&#1604;&#1577;, &#171; parrainage &#187; en arabe) est un dispositif juridique en vigueur, sous des formes variables, dans les six monarchies du Conseil de coop&#233;ration du Golfe &#8212; Arabie saoudite, &#201;mirats arabes unis, Qatar, Kowe&#239;t, Bahre&#239;n, Oman &#8212; ainsi qu'au Liban et en Jordanie. Le principe en est simple : le travailleur &#233;tranger n'est admis sur le territoire que sous le parrainage d'un employeur-sponsor &#8212; le kaf&#299;l &#8212;, auquel son s&#233;jour est juridiquement adoss&#233;. Pas de kaf&#299;l, pas de visa. Pas de visa, pas de s&#233;jour. Pas de s&#233;jour, expulsion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ses formes classiques, la kafala lie le statut migratoire du travailleur &#224; son employeur-sponsor : le travailleur ne peut, en pratique, ni changer d'employeur sans l'autorisation du kaf&#299;l, ni quitter le pays sans son accord, ni faire valoir ses droits sans risquer la r&#233;vocation du parrainage et donc l'expulsion. Dans les usages &#8212; ill&#233;gaux sur le papier mais g&#233;n&#233;ralis&#233;s &#8212;, le passeport est confisqu&#233; &#224; l'arriv&#233;e et restitu&#233; au bon vouloir du sponsor. Sous la pression internationale, des r&#233;formes ont &#233;t&#233; engag&#233;es : abolition formelle du No Objection Certificate au Qatar (loi 19/2020), Labor Reform Initiative en Arabie saoudite en 2021, ouvertures partielles aux &#201;mirats arabes unis. Mais le constat des organisations internationales, qui peut difficilement &#234;tre suspect&#233; de complaisance id&#233;ologique vis-&#224;-vis de notre th&#232;se, est clair. Le rapport mondial 2025 de Human Rights Watch parle d'un dispositif o&#249; &#171; les &#233;l&#233;ments abusifs de la kafala restent intacts &#187; et o&#249; &#171; les travailleurs continuent de peiner &#224; changer d'emploi puisqu'ils sont en pratique tenus d'obtenir des lettres sign&#233;es de leur employeur original approuvant leur d&#233;mission &#187;. Le rapport &#171; Reforms without Rights &#187; publi&#233; en septembre 2024 par le programme Gulf Labour Markets and Migration confirme que &#171; ces r&#233;formes s&#233;lectives privil&#233;gient les b&#233;n&#233;fices &#224; l'&#201;tat et &#224; ses citoyens &#187; et que &#171; les nouvelles politiques sont enferm&#233;es dans des silos, r&#233;pondant aux critiques sp&#233;cifiques de la communaut&#233; internationale, mais &#233;chouent &#224; prot&#233;ger les droits humains de millions de travailleurs migrants dans la r&#233;gion &#187;. En avril 2026, des experts ind&#233;pendants de l'ONU ont lanc&#233; un nouvel appel &#224; l'Arabie saoudite pour qu'elle &#171; abolisse effectivement le syst&#232;me kafala &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me concerne aujourd'hui, selon les estimations convergentes du Bureau international du travail et les recensements de presse internationale (notamment Reuters), plus de trente millions de travailleurs et de travailleuses migrants, venus principalement d'Asie du Sud (Inde, Bangladesh, Pakistan, Sri Lanka, N&#233;pal, Philippines) et d'Afrique de l'Est (&#201;thiopie, Kenya, Ouganda). Le Council on Foreign Relations donne, pour 2020, un chiffre plus large d'environ trente-six millions de migrants internationaux dans les pays du Conseil de coop&#233;ration du Golfe, plus la Jordanie et le Liban &#8212; chiffre qui inclut les familles et certaines cat&#233;gories non strictement salari&#233;es et qu'il convient donc de distinguer du nombre de travailleurs sous kafala stricto sensu. Les secteurs concern&#233;s sont, sans surprise, les m&#234;mes que ceux o&#249; l'on retrouve massivement les sans-papiers en France : b&#226;timent et travaux publics, services domestiques, restauration, s&#233;curit&#233; priv&#233;e, nettoyage, soins. Particuli&#232;rement, les travailleuses domestiques sont r&#233;gies par des lois s&#233;par&#233;es plus rigoureuses encore &#8212; exclues des r&#233;formes saoudiennes de 2021, soumises au Bahre&#239;n et au Liban &#224; des contrats sp&#233;cifiques qui maintiennent int&#233;gralement le rapport classique de kafala.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce syst&#232;me est r&#233;guli&#232;rement et &#224; juste titre d&#233;nonc&#233; par l'Organisation internationale du Travail, par Human Rights Watch, par Amnesty International, par la Conf&#233;d&#233;ration syndicale internationale et par les chancelleries europ&#233;ennes, y compris fran&#231;aises. Nul ne le d&#233;fend ouvertement. Tous, &#224; Paris, savent ce qu'il est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III. La fiche de paie comme visa-sponsor&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Examinons maintenant comment fonctionne, dans la France de 2026, l'acc&#232;s &#224; la r&#233;gularisation d'un travailleur sans papiers pr&#233;sent sur le territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une coiffeuse ivoirienne arrive en France, par exemple avec un visa touristique de trois mois qu'elle d&#233;passe &#8212; comme une part substantielle des sans-papiers en France, entr&#233;s l&#233;galement avant de perdre leur droit au s&#233;jour &#8212; ou par travers&#233;e clandestine. Elle veut, &#224; terme, r&#233;gulariser son s&#233;jour. Pour cela, deux voies th&#233;oriques s'offrent &#224; elle. Elle peut tenter une admission exceptionnelle au s&#233;jour au titre de l'article L.435-1 du CESEDA, dont les crit&#232;res d'application avaient &#233;t&#233; pr&#233;cis&#233;s par la circulaire Valls du 28 novembre 2012, d&#233;sormais remplac&#233;e par la circulaire Retailleau de janvier 2025. Elle peut aussi, depuis la loi du 26 janvier 2024, tenter une r&#233;gularisation au titre du nouvel article L.435-4 sp&#233;cifique aux &#171; m&#233;tiers en tension &#187;, applicable jusqu'au 31 d&#233;cembre 2026, qui exige douze mois d'activit&#233; salari&#233;e sur les vingt-quatre derniers mois et trois ans de r&#233;sidence en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux voies ne sont pas juridiquement identiques. Dans le cas g&#233;n&#233;ral du L.435-1, la r&#233;gularisation par le travail suppose une autorisation de travail, et donc en pratique l'existence d'un employeur pr&#234;t &#224; produire les &#233;l&#233;ments n&#233;cessaires &#224; l'embauche ou &#224; la poursuite du contrat. Le L.435-4 a pr&#233;cis&#233;ment &#233;t&#233; con&#231;u pour retirer l'employeur de la proc&#233;dure : le travailleur peut, en th&#233;orie, d&#233;poser seul sa demande sans le concours formel de son patron. Mais cette diff&#233;rence proc&#233;durale n'abolit pas la d&#233;pendance mat&#233;rielle ; elle la d&#233;place. Sans bulletins de salaire, sans preuve d'activit&#233;, sans emploi actuel dans le bon secteur et le bon d&#233;partement figurant sur la liste des m&#233;tiers en tension, le travailleur ne peut pas faire valoir le dispositif. La m&#233;diation patronale n'est donc pas supprim&#233;e par le L.435-4 : elle est d&#233;plac&#233;e du formulaire administratif vers la production des preuves. Et cette production des preuves d&#233;pend pour l'essentiel d'&#233;l&#233;ments produits, contr&#244;l&#233;s ou rendus possibles par l'employeur &#8212; bulletins de salaire, contrat, attestation d'anciennet&#233;, certificat de travail, d&#233;clarations URSSAF, traces de virements salariaux. Formellement, le patron a partiellement disparu de la proc&#233;dure. Mat&#233;riellement, il reste le d&#233;tenteur principal de la cha&#238;ne documentaire qui conditionne la r&#233;gularisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les deux cas donc, le m&#233;canisme mat&#233;riel est identique. Il lui faut prouver une activit&#233; salari&#233;e r&#233;elle, durable, d&#233;clar&#233;e et document&#233;e. Pour prouver cette activit&#233;, il lui faut des bulletins de salaire. Pour obtenir des bulletins de salaire, il lui faut un employeur qui consente &#224; la d&#233;clarer. Pour obtenir un employeur qui consente &#224; la d&#233;clarer, il lui faut soit un patron de bonne foi &#8212; l'exception statistique dans les secteurs concern&#233;s &#8212;, soit un patron qui monnaie sa d&#233;claration. Ce dernier cas est la r&#232;gle. Au 65 boulevard de Strasbourg dans le 10&#7497; arrondissement de Paris, le tarif s'&#233;levait &#224; deux cent cinquante euros mensuels en esp&#232;ces, remis au g&#233;rant en &#233;change d'une fiche de paie d&#233;clarant deux heures de travail par jour pour une journ&#233;e r&#233;elle de dix &#224; quatorze heures. Vingt-cinq pour cent du salaire facial extorqu&#233;s pour obtenir, &#224; terme, un titre de s&#233;jour qui &#233;tait lui-m&#234;me conditionn&#233;, dans son obtention, &#224; la bonne volont&#233; de l'employeur d'attester l'anciennet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me m&#233;canisme se rejoue partout. Sur les chantiers du Grand Paris Express, les ouvriers maliens et bangladais sont d&#233;clar&#233;s en int&#233;rim par des agences de la sous-traitance &#8212; souvent localis&#233;es dans le m&#234;me boulevard Magenta o&#249; les gr&#233;vistes int&#233;rimaires sans-papiers du BTP s'&#233;taient mobilis&#233;s en 2019 &#8212; pour deux ou trois heures alors qu'ils en font douze, et le diff&#233;rentiel est vers&#233; en esp&#232;ces, d&#233;duction faite de la &#171; cotisation &#187; mensuelle exig&#233;e pour la fiche de paie. Dans l'h&#244;tellerie de la gare du Nord et de la gare de l'Est, les femmes de chambre africaines et asiatiques sont employ&#233;es par des entreprises de propret&#233; en cascade (ONET, ELIOR, ATALIAN, ISS, GSF) qui multiplient les contrats &#224; temps partiel, dans des proportions calcul&#233;es pour limiter au strict minimum la valeur de la fiche de paie tout en maximisant la dur&#233;e du travail effectif. Dans la livraison ub&#233;ris&#233;e, le m&#233;canisme prend une forme invers&#233;e : le travailleur sans papiers n'a pas de patron d&#233;clarant &#8212; il &#171; loue &#187; deux cents &#224; quatre cents euros par mois le compte Uber Eats ou Deliveroo d'un travailleur titulaire de papiers, et c'est ce louage qui joue le r&#244;le de la fiche de paie patronale, avec la m&#234;me d&#233;pendance administrative &#224; un tiers qui d&#233;tient la cl&#233; mat&#233;rielle de sa situation. Dans l'agriculture saisonni&#232;re du Vaucluse, des Bouches-du-Rh&#244;ne, de la Dr&#244;me, les ouvriers marocains et tunisiens sont recrut&#233;s par des op&#233;rations &#224; l'ann&#233;e o&#249; le s&#233;jour est strictement adoss&#233; &#224; la campagne agricole et &#224; l'employeur signataire. Dans l'aide &#224; domicile et le m&#233;nage hospitalier, des travailleuses sont d&#233;clar&#233;es au quart d'heure pour des pr&#233;sences r&#233;elles de huit heures, par des employeurs particuliers ou des structures associatives prestataires qui d&#233;tiennent &#224; leur tour la cl&#233; de la fiche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous ces cas, c'est, dans sa m&#233;canique mat&#233;rielle, la kafala. La fiche de paie joue exactement le r&#244;le que joue le visa-sponsor &#224; Doha ou &#224; Duba&#239; : elle est le m&#233;diateur administratif par lequel l'employeur &#8212; ou son &#233;quivalent fonctionnel, dans le cas du loueur de compte Uber &#8212; d&#233;tient unilat&#233;ralement la cl&#233; du statut de son salari&#233;. Ce n'est pas le m&#234;me code. C'est la m&#234;me cha&#238;ne. Le travailleur sans titre ne peut, en pratique, ni changer d'employeur sans tout recommencer &#224; z&#233;ro, ni partir, ni se plaindre, ni faire valoir ses droits, sans risquer la rupture de cette cha&#238;ne et donc l'OQTF, le centre de r&#233;tention, l'expulsion. La d&#233;pendance est unilat&#233;rale, administrative, totale. Elle produit m&#233;caniquement les m&#234;mes cons&#233;quences mat&#233;rielles : taux de surtravail extraordinaire, salaires inf&#233;rieurs au minimum conventionnel, journ&#233;es &#233;tir&#233;es sans limite, racket parall&#232;le, impossibilit&#233; du droit de retrait, mise en danger sanitaire, harc&#232;lement. Ce que les rapports du Bureau international du travail d&#233;crivent &#224; propos des chantiers du Lusail Stadium, du Tropicana Doha ou des camps d'ouvriers de Riyad, on le retrouve &#224; l'identique dans les rapports de l'inspection fran&#231;aise sur Ch&#226;teau-d'Eau, sur les chantiers du Grand Paris Express, dans l'h&#244;tellerie sous-trait&#233;e du nord parisien, sur les plateformes de livraison ub&#233;ris&#233;e, sur les vergers du Vaucluse, dans les Ehpad sous-trait&#233;s. Architectures juridiques diff&#233;rentes, fonction mat&#233;rielle identique : c'est ce que nous appelons une homologie fonctionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IV. La R&#233;publique comme organisatrice de la d&#233;pendance&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi, alors, le mot ne se prononce-t-il jamais en France ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que dans le Golfe, la kafala est &#233;crite. Elle est inscrite dans le droit positif. Elle est publique, dicible, attaquable, et c'est pr&#233;cis&#233;ment pour cela que les chancelleries occidentales se la permettent comme objet de d&#233;nonciation rituelle. En France, le dispositif &#233;quivalent n'est jamais nomm&#233; comme tel. Il fonctionne par la combinaison silencieuse de plusieurs ressorts dont aucun, pris isol&#233;ment, ne dit qu'il subordonne le travailleur &#224; son patron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, le Code de l'entr&#233;e et du s&#233;jour des &#233;trangers et du droit d'asile (CESEDA), r&#233;&#233;crit successivement par les lois Pasqua-Debr&#233; (1993-1997), Sarkozy (2003-2007), Besson (2011), Collomb (2018) et Darmanin (2024). Chacune de ces r&#233;&#233;critures resserre les conditions d'acc&#232;s au titre de s&#233;jour par voie ordinaire, et renforce le caract&#232;re discr&#233;tionnaire des admissions exceptionnelles. La derni&#232;re en date &#8212; la loi Darmanin du 26 janvier 2024 &#8212; a particuli&#232;rement aggrav&#233; le m&#233;canisme par la cr&#233;ation du titre &#171; m&#233;tiers en tension &#187; de l'article L.435-4. Ce dispositif est temporaire (jusqu'au 31 d&#233;cembre 2026), il est limit&#233; &#224; des listes de m&#233;tiers fix&#233;es par arr&#234;t&#233;s d&#233;partementaux renouvel&#233;s annuellement, et il offre un titre de s&#233;jour d'un an. La Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH), institution officielle de la R&#233;publique fran&#231;aise, a d&#233;nonc&#233; ce dispositif dans son avis A-2024-7 adopt&#233; &#224; l'unanimit&#233; le 26 septembre 2024 &#8212; un texte qui m&#233;rite la lecture attentive. Au paragraphe 51, la CNCDH &#233;crit : &#171; Pour obtenir un titre de s&#233;jour sous le nouveau motif &#8220;m&#233;tier en tension&#8221;, elles sont contraintes de travailler dans l'ill&#233;galit&#233; durant douze mois afin de pouvoir r&#233;unir les preuves de leur activit&#233; professionnelle. Cependant, sans droit au s&#233;jour, elles ne peuvent l&#233;galement travailler. &#187; C'est la description, par l'autorit&#233; officielle fran&#231;aise elle-m&#234;me, du cercle vicieux institutionnel que produit la R&#233;publique. La CNCDH note encore que les arr&#234;t&#233;s m&#233;tiers en tension &#171; n'int&#232;grent pas certains secteurs employant massivement des travailleurs &#233;trangers sans titre, tels que ceux de la construction, de la restauration, du nettoyage ou de l'assistance &#224; personne &#187; &#8212; c'est-&#224;-dire que m&#234;me le dispositif vitrine qui pr&#233;tend ouvrir une voie de r&#233;gularisation par le travail exclut pr&#233;cis&#233;ment les secteurs o&#249; la kafala dissimul&#233;e fonctionne &#224; plein r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, le Code du travail, dont les articles L.8251-1 et suivants sanctionnent formellement l'employeur de travailleurs sans titre &#8212; mais dont la m&#233;canique r&#233;elle inverse le rapport de force. Le patron risque une sanction al&#233;atoire, diff&#233;r&#233;e, n&#233;gociable, parfois purement administrative ; le travailleur, lui, risque imm&#233;diatement la perte de ses preuves, de son revenu, de sa proc&#233;dure de r&#233;gularisation et, au bout de la cha&#238;ne, l'&#233;loignement. Le droit formel sanctionne le patron ; la mat&#233;rialit&#233; administrative &#233;crase le salari&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, la pratique pr&#233;fectorale, discr&#233;tionnaire, qui exige fiches de paie, contrats, attestations d'anciennet&#233; comme conditions de toute d&#233;marche, et qui peut &#224; tout moment refuser un dossier complet &#8212; avec, certes, une motivation et des voies de recours, mais des recours longs, co&#251;teux, in&#233;galement suspensifs et souvent incapables d'emp&#234;cher la pr&#233;carisation imm&#233;diate du demandeur. L'avocate Aurore Krizoua (La Cimade), interrog&#233;e par InfoMigrants en janvier 2025 sur la nouvelle circulaire Retailleau qui durcit encore le r&#233;gime, parle d'un &#171; flou &#187; qui laisse les sp&#233;cialistes du droit dans l'incompr&#233;hension des crit&#232;res r&#233;els.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la circulaire Valls de 2012 et d&#233;sormais le L.435-4 Darmanin, qui ont institutionnalis&#233; la r&#233;gularisation par le travail comme voie principale d'acc&#232;s au s&#233;jour pour des centaines de milliers de personnes, mettent l'employeur en position de juge de fait du statut migratoire de son salari&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas une de ces normes, prise isol&#233;ment, n'&#233;crit que le sans-papier est l'esclave administratif de son patron. Mais leur combinaison produit, dans la mat&#233;rialit&#233; du rapport de travail, exactement ce r&#233;sultat. C'est une kafala dissimul&#233;e. Et cette dissimulation n'est pas un d&#233;faut technique du droit fran&#231;ais : c'est sa fonction. Elle permet &#224; la R&#233;publique de soutenir, &#224; l'OIT et &#224; l'ONU, des r&#233;solutions condamnant la kafala du Golfe, pendant qu'elle organise sur son sol, par d'autres voies, la m&#234;me m&#233;canique d'exploitation. Elle permet au Monde de consacrer des dossiers indign&#233;s au sort des ouvriers n&#233;palais de Doha, pendant que la coiffeuse ivoirienne de Ch&#226;teau-d'Eau subit, &#224; dix kilom&#232;tres du si&#232;ge du journal, un dispositif fonctionnellement identique. Elle permet &#224; un s&#233;nateur de la R&#233;publique, &#224; une cosecr&#233;taire conf&#233;d&#233;rale de la CGT, &#224; une maire socialiste, &#224; un hebdomadaire d'extr&#234;me gauche, de parler du &#171; patron voyou &#187; sans jamais nommer le syst&#232;me qui produit en s&#233;rie des Sidib&#233;. La kafala fran&#231;aise est plus durable que celle du Golfe pr&#233;cis&#233;ment parce qu'elle est plus invisible. Elle est plus extensive parce qu'elle est moins &#233;tiquet&#233;e. Elle est plus difficile &#224; attaquer politiquement parce qu'elle est d&#233;pourvue du nom qui en ferait, comme dans le Golfe, un scandale identifiable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La traite est la forme p&#233;nale ; la kafala dissimul&#233;e est le rapport de production&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut, &#224; ce stade, distinguer th&#233;oriquement deux concepts qui sont syst&#233;matiquement confondus dans les traitements politiques et m&#233;diatiques des dossiers de surexploitation des sans-papiers en France : la traite et la kafala dissimul&#233;e. Confondre les deux, c'est d&#233;samorcer politiquement la question. Distinguer les deux, c'est rendre possible une politique communiste sur le sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La traite, au sens de l'article 225-4-1 du Code p&#233;nal fran&#231;ais, est une infraction. Elle est caract&#233;ris&#233;e par des &#233;l&#233;ments constitutifs pr&#233;cis et limitatifs : recrutement, transport, transfert, h&#233;bergement ou accueil d'une personne aux fins d'exploitation, par menace, usage de la force, contrainte, enl&#232;vement, fraude, tromperie, abus d'autorit&#233; ou de vuln&#233;rabilit&#233;, ou par offre ou acceptation de paiements pour obtenir le consentement d'une personne ayant autorit&#233; sur la victime. C'est un acte ponctuel, individualisable, justiciable. Elle suppose un auteur identifi&#233;, une victime identifi&#233;e, des faits mat&#233;riels constatables. Elle rel&#232;ve du droit p&#233;nal, du parquet, du tribunal correctionnel. Elle est sanctionnable par la prison, l'amende, l'interdiction professionnelle. Et elle ouvre, pour les victimes ou t&#233;moins qui collaborent avec la justice, l'acc&#232;s &#224; un dispositif sp&#233;cifique de protection &#8212; le titre temporaire L.425-1 du CESEDA pendant l'instruction, et la carte de r&#233;sident de dix ans L.425-3 du CESEDA en cas de condamnation d&#233;finitive de l'auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La kafala dissimul&#233;e, telle que nous l'avons d&#233;finie, est un rapport social. Elle n'est pas une infraction au Code p&#233;nal, elle est organis&#233;e par le droit fran&#231;ais lui-m&#234;me &#224; travers la cha&#238;ne r&#233;glementaire enti&#232;re qui conditionne l'acc&#232;s au s&#233;jour &#224; la production de preuves mat&#233;rielles que seul l'employeur peut, en pratique, fournir. Elle est continue, structurelle, g&#233;n&#233;ralis&#233;e, produite en s&#233;rie dans tous les secteurs &#224; forte demande de main-d'&#339;uvre sans titre. Elle n'a pas d'auteur identifi&#233; au sens p&#233;nal &#8212; son auteur effectif est l'&#201;tat qui l'organise par sa l&#233;gislation et ses pratiques administratives, et ses ex&#233;cutants locaux sont les centaines de milliers d'employeurs qui exploitent simplement la condition mat&#233;rielle que cette l&#233;gislation leur offre. Elle ne rel&#232;ve pas du droit p&#233;nal, elle rel&#232;ve du droit du travail, du droit des &#233;trangers, et de la pratique pr&#233;fectorale. Elle n'est pas sanctionnable par un tribunal &#8212; elle ne peut &#234;tre abolie que par une d&#233;cision politique g&#233;n&#233;rale modifiant le rapport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La distinction est d&#233;cisive. La traite est l'effet p&#233;nal visible d'un rapport. La kafala dissimul&#233;e est la cause politique invisible qui produit ces effets en s&#233;rie. Lutter contre la traite, c'est poursuivre les patrons les plus visiblement criminels, ceux dont les pratiques d'extorsion atteignent le seuil de qualification de l'article 225-4-1. Lutter contre la kafala dissimul&#233;e, c'est abolir le rapport politique qui produit ces patrons en s&#233;rie &#8212; c'est-&#224;-dire briser la cha&#238;ne r&#233;glementaire qui conditionne le s&#233;jour &#224; la m&#233;diation patronale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Confondre les deux est l'op&#233;ration politique principale par laquelle les appareils syndicaux et politiques int&#233;gr&#233;s &#224; la R&#233;publique d&#233;samorcent la critique de la kafala dissimul&#233;e. En traitant chaque dossier de surexploitation comme un cas de traite &#224; poursuivre judiciairement &#8212; Saint-Bernard 1996, Ch&#226;teau-d'Eau 2014-2016, Champagne 2023, Albi 2025, 65 boulevard de Strasbourg 2026 &#8212;, on individualise des effets qui sont structurellement produits par le rapport. On poursuit Sidib&#233;, on poursuit Bamba, on poursuit le patron des vendanges champenoises, on poursuit le restaurateur d'Albi. Et pendant qu'on les poursuit, la m&#233;canique g&#233;n&#233;rale qui produit en s&#233;rie leurs &#233;quivalents continue de tourner, &#224; quelques m&#232;tres de distance ou &#224; quelques mois d'&#233;cart, sans interruption. C'est exactement ce qu'a d&#233;montr&#233; l'observation du pr&#233;c&#233;dent du 57 boulevard de Strasbourg : la condamnation p&#233;nale du g&#233;rant Bamba en 2018 pour traite n'a emp&#234;ch&#233; ni le red&#233;marrage imm&#233;diat du m&#234;me type d'exploitation dans le m&#234;me quartier, ni la r&#233;apparition d'un cas identique au 65, quatre num&#233;ros plus loin, dix ans plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette confusion entre traite et kafala dissimul&#233;e est observable de mani&#232;re particuli&#232;rement claire dans le traitement, par la CGT conf&#233;d&#233;rale, le NPA R&#233;volutionnaires et Lutte Ouvri&#232;re, du dossier du 65 boulevard de Strasbourg en mars-mai 2026. Les trois publications ont parl&#233; de traite, jamais de kafala dissimul&#233;e ; ont pos&#233; la condamnation p&#233;nale du g&#233;rant comme objectif central, jamais l'abolition du rapport ; ont demand&#233; aux parquets &#171; de ne pas laisser la traite dans un angle mort &#187;, jamais d'abroger la cha&#238;ne l&#233;gislative qui produit l'angle mort lui-m&#234;me. L'analyse d&#233;taill&#233;e de cette op&#233;ration politique de confusion fait l'objet de notre article-action publi&#233; simultan&#233;ment (65 boulevard de Strasbourg : la kafala dissimul&#233;e &#224; la fran&#231;aise et les treize qui l'ont bris&#233;e, mai 2026, matierevolution.fr et giletsjaunespoitiers.wordpress.com). Nous y renvoyons pour la d&#233;monstration empirique de ce que nous avan&#231;ons ici comme distinction th&#233;orique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cons&#233;quence programmatique directe. La politique communiste sur ces dossiers ne peut pas &#234;tre une politique anti-traite. La lutte contre la traite reste une lutte juste sur son terrain &#8212; qui est celui du droit p&#233;nal &#8212;, et nous y soutenons les fractions de la magistrature et de l'inspection du travail qui poursuivent honn&#234;tement les exploiteurs criminels. Mais cette lutte n'est pas la n&#244;tre comme politique g&#233;n&#233;rale, parce qu'elle ne touche pas au rapport. La politique communiste est la lutte contre la kafala dissimul&#233;e comme rapport de production. Elle se traduit programmatiquement par les revendications que nous formulons dans la section IX du pr&#233;sent article : r&#233;gularisation imm&#233;diate, globale et inconditionnelle ; abrogation de la cha&#238;ne l&#233;gislative Pasqua-Debr&#233;-Sarkozy-Besson-Collomb-Darmanin ; suppression du pouvoir patronal sur l'acc&#232;s aux papiers. C'est sur ce terrain que la classe ouvri&#232;re de France peut, et doit, mener la bataille politique g&#233;n&#233;rale contre le dispositif. Et c'est la confusion soigneusement entretenue entre traite et kafala par les appareils int&#233;gr&#233;s &#224; la R&#233;publique qui rend pr&#233;cis&#233;ment cette bataille difficile &#224; mener &#8212; parce qu'elle d&#233;place en permanence le combat du registre politique o&#249; il pourrait &#234;tre gagn&#233; (abolition du rapport) vers le registre judiciaire o&#249; il ne peut produire que des sanctions individuelles symboliques, sans toucher au syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V. Cinq objections, cinq r&#233;futations&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concept de kafala dissimul&#233;e &#224; la fran&#231;aise, parce qu'il vise frontalement l'identit&#233; r&#233;publicaine du dispositif fran&#231;ais d'&#201;tat sur le s&#233;jour des &#233;trangers, appelle des objections. Il faut les anticiper et les d&#233;monter une &#224; une, sans tergiverser. Nous en identifions cinq, qui couvrent l'essentiel du registre pr&#233;visible &#8212; de l'extr&#234;me droite aux lib&#233;raux conservateurs, des centristes gestionnaires aux universitaires institutionnels, et jusqu'aux contradicteurs sinc&#232;res qui posent la question programmatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re objection &#8212; &#171; L&#224;-bas ils entrent l&#233;galement, ici elle est entr&#233;e ill&#233;galement &#187;. C'est l'objection que formuleront en priorit&#233; les d&#233;fenseurs de l'ordre r&#233;publicain. Le travailleur n&#233;palais &#224; Doha serait entr&#233; avec un visa de travail r&#233;gulier ; la coiffeuse ivoirienne &#224; Paris serait entr&#233;e clandestinement ; donc l'analogie ne tiendrait pas, et la R&#233;publique fran&#231;aise serait m&#234;me plus g&#233;n&#233;reuse que les monarchies du Golfe puisqu'elle offre &#224; cette clandestine une voie de r&#233;gularisation par le travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objection est fausse &#224; quatre titres. D'abord, l'entr&#233;e &#171; l&#233;gale &#187; dans le Golfe n'est pas l'inverse protecteur de l'entr&#233;e ill&#233;gale en France : c'est l'autre forme du m&#234;me rapport. Le visa de travail du Golfe n'est pas un simple titre de circulation, c'est un document qui porte le nom du kaf&#299;l, qui adosse juridiquement le travailleur &#224; cet employeur unique, qui interdit le changement, qui fait du travailleur un &#234;tre administrativement attach&#233; d&#232;s le franchissement de la fronti&#232;re. C'est la kafala explicite. L&#224; o&#249; en France l'attachement est post&#233;rieur et conditionnel, dans le Golfe il est ant&#233;rieur et inscrit. Mais l'attachement est le m&#234;me. Ensuite, la &#171; l&#233;galit&#233; d'entr&#233;e &#187; dans le Golfe est, pour une fraction importante des trente millions de travailleurs concern&#233;s, une fiction juridique qui masque une situation mat&#233;rielle de quasi-clandestinit&#233; &#8212; recrutements frauduleux des agences interm&#233;diaires en Asie du Sud, contrats sign&#233;s en arabe par des personnes qui ne comprennent pas la langue, confiscation syst&#233;matique des passeports &#224; l'arriv&#233;e, endettement pr&#233;alable de plusieurs milliers de dollars envers les agences. De plus, en France, une part substantielle, historiquement document&#233;e, des sans-papiers ne sont pas entr&#233;s clandestinement. Selon les donn&#233;es alors publi&#233;es par le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur lui-m&#234;me pour la p&#233;riode 1998-2002, &#171; 90 % des &#233;trangers en situation irr&#233;guli&#232;re &#233;taient entr&#233;s sur le territoire fran&#231;ais de fa&#231;on l&#233;gale, l'ill&#233;galit&#233; de leur situation n'intervenant qu'apr&#232;s l'expiration de leur droit au s&#233;jour, souvent apr&#232;s un refus de l'administration de le leur renouveler ou prolonger &#187;. Ce chiffre pr&#233;cis date de plus de vingt ans et le minist&#232;re ne publie plus aujourd'hui de statistique &#233;quivalente &#8212; la proportion actuelle est inconnue, et il faut donc traiter cette donn&#233;e comme un rep&#232;re historique, non comme une statistique vivante. Mais l'ordre de grandeur est confirm&#233; par toutes les enqu&#234;tes qualitatives post&#233;rieures : une part substantielle des sans-papiers sont des overstayers, personnes entr&#233;es avec un visa r&#233;gulier &#8212; touristique, &#233;tudiant, court s&#233;jour Schengen &#8212; qui ont d&#233;pass&#233; sa dur&#233;e de validit&#233;, ou personnes dont un titre ant&#233;rieur n'a pas &#233;t&#233; renouvel&#233; par la pr&#233;fecture. Elles sont devenues ill&#233;gales par une d&#233;cision juridique fran&#231;aise post&#233;rieure &#224; leur entr&#233;e &#8212; c'est-&#224;-dire que c'est la loi fran&#231;aise qui a fabriqu&#233; leur ill&#233;galit&#233;. Enfin et c'est le point d&#233;cisif, l'objection pr&#233;suppose que l'ill&#233;galit&#233; est un fait naturel, ant&#233;rieur, choisi par le migrant. Or l'ill&#233;galit&#233; n'est pas une nature : c'est une production juridique d'&#201;tat. C'est la loi fran&#231;aise qui d&#233;finit les titres de s&#233;jour, les conditions d'octroi, les dur&#233;es, les motifs de refus &#8212; c'est-&#224;-dire qui d&#233;finit et donc produit la cat&#233;gorie &#171; sans-papier &#187;. Modifiez la loi, et des centaines de milliers de personnes &#171; ill&#233;gales &#187; deviennent l&#233;gales du jour au lendemain &#8212; c'est pr&#233;cis&#233;ment ce qui s'est pass&#233; en 1981 avec la r&#233;gularisation Mitterrand-Mauroy (131 360 titres d&#233;livr&#233;s sur 149 220 demandes selon les chiffres officiels du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur), en 1997-1998 avec la r&#233;gularisation Chev&#232;nement (environ 80 000 titres sur 117 000 demandes), et au compte-gouttes depuis 2012 avec la circulaire Valls. Aucune de ces personnes n'avait franchi de nouvelle fronti&#232;re entre la veille et le lendemain ; c'est la d&#233;finition juridique de leur statut qui avait &#233;t&#233; modifi&#233;e par d&#233;cision politique. L'argument &#171; elle est arriv&#233;e ill&#233;galement &#187; est donc une p&#233;tition de principe : il prend pour donn&#233; ce qui est pr&#233;cis&#233;ment l'objet du d&#233;bat. La R&#233;publique fran&#231;aise fabrique l'ill&#233;galit&#233; par sa l&#233;gislation et exploite ensuite cette ill&#233;galit&#233; qu'elle a fabriqu&#233;e comme dispositif productif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me objection &#8212; &#171; En France, le sans-papier peut au moins changer de patron &#187;. L'objection est plus subtile et elle est formul&#233;e par les d&#233;fenseurs lib&#233;raux mod&#233;r&#233;s du droit fran&#231;ais des &#233;trangers. Le sans-papier fran&#231;ais, contrairement au travailleur sous kafala du Golfe, conserverait formellement la libert&#233; de quitter son employeur pour un autre. Il ne serait donc pas juridiquement attach&#233; &#224; un patron unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette objection confond la libert&#233; formelle et la libert&#233; mat&#233;rielle. Sur le papier, oui, rien n'interdit &#224; la coiffeuse ivoirienne de quitter son patron pour un autre salon. Mais dans la mat&#233;rialit&#233; du parcours de r&#233;gularisation, ce d&#233;part a un co&#251;t qui le rend pratiquement impossible. La cha&#238;ne documentaire est rompue ; l'anciennet&#233; est perdue ; la relation d&#233;clarative cesse ; les bulletins de salaire pass&#233;s ne servent &#224; rien si elle ne peut prouver une continuit&#233; avec un nouvel employeur d&#233;clarant ; et surtout, il faut trouver un nouveau patron qui accepte de d&#233;clarer une sans-papier &#8212; ce qui suppose &#224; nouveau soit la bonne foi, soit le racket. Le changement de patron ne brise donc pas la cha&#238;ne : il la recommence depuis z&#233;ro, dans une condition aggrav&#233;e par le temps &#233;coul&#233;. La &#171; libert&#233; formelle de changer d'employeur &#187; est une libert&#233; purement notionnelle ; mat&#233;riellement, dans les conditions concr&#232;tes du parcours de r&#233;gularisation, elle n'existe pas. C'est exactement la situation du travailleur du Golfe depuis les r&#233;formes partielles qui ont aboli au Qatar le No Objection Certificate en 2020 &#8212; Human Rights Watch confirme dans son rapport mondial 2025 que &#171; les travailleurs continuent de peiner &#224; changer d'emploi puisqu'ils sont en pratique tenus d'obtenir des lettres sign&#233;es de leur employeur original &#187;. Formellement il peut changer, mais les conditions mat&#233;rielles du changement &#8212; confiscation du passeport, dette envers l'agence de recrutement, menace de repr&#233;sailles, perte du logement fourni par l'employeur &#8212; l'en emp&#234;chent en pratique. Dans les deux cas, c'est la d&#233;pendance mat&#233;rielle qui constitue la kafala, pas l'attachement juridique abstrait. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment ce que l'analyse marxiste, &#224; la diff&#233;rence de l'analyse juridique formelle, est capable de saisir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me objection &#8212; &#171; Le syst&#232;me fran&#231;ais fonctionne, beaucoup obtiennent leurs papiers &#187;. Formul&#233;e cette fois par la gauche r&#233;publicaine et par certaines fractions du syndicalisme institutionnel : la voie de r&#233;gularisation par le travail existe ; elle fonctionne ; des personnes sont r&#233;gularis&#233;es chaque ann&#233;e ; il faudrait am&#233;liorer le syst&#232;me, l'&#233;largir, le rendre plus accessible, mais pas le qualifier de &#171; kafala &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objection s'effondre devant les chiffres officiels. Selon les donn&#233;es 2024 du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur (DGEF), 31 250 personnes ont &#233;t&#233; r&#233;gularis&#233;es au titre de l'admission exceptionnelle au s&#233;jour cette ann&#233;e-l&#224; &#8212; chiffre d&#233;j&#224; en baisse de 10 % par rapport &#224; 2023. Dans ce total, seulement 10 330 r&#233;gularisations par le travail (en baisse de 10 % &#233;galement). Pour une population sans-papiers pr&#233;sente sur le territoire estim&#233;e par le ministre de l'Int&#233;rieur lui-m&#234;me entre 600 000 et 900 000 personnes (fourchette confirm&#233;e par G&#233;rald Darmanin devant le S&#233;nat en d&#233;cembre 2023, puis par Laurent Nu&#241;ez en octobre 2025), cela repr&#233;sente un taux annuel de r&#233;gularisation par le travail de l'ordre de 1,1 % &#224; 1,7 % de la population concern&#233;e &#8212; sans tenir compte des entr&#233;es nouvelles. &#192; ce rythme, la r&#233;sorption compl&#232;te prendrait, toutes choses &#233;gales par ailleurs, soixante &#224; quatre-vingt-dix ans. Pis encore : depuis la circulaire Retailleau de janvier 2025, le rythme s'est encore ralenti &#8212; 11 012 titres AES d&#233;livr&#233;s entre janvier et septembre 2025 contre 19 001 sur la m&#234;me p&#233;riode 2024, soit une baisse de 42 %, et seulement 666 titres d&#233;livr&#233;s au titre du nouveau dispositif &#8220;m&#233;tiers en tension&#8221; sur neuf mois. Le &#171; syst&#232;me qui fonctionne &#187; est pr&#233;cis&#233;ment ce que nous d&#233;crivons : un dispositif qui r&#233;gularise au compte-gouttes une fraction symbolique de la population sans-papier, et qui, pour le reste, op&#232;re comme machine d'extorsion pendant la d&#233;cennie ou plus que dure l'attente. La r&#233;gularisation goutte-&#224;-goutte n'est pas la solution au probl&#232;me : c'est sa face acceptable, son alibi humanitaire, le lubrifiant id&#233;ologique qui permet au m&#233;canisme de continuer &#224; tourner. Elle est, en termes mat&#233;riels, exactement ce que les r&#233;gimes du Golfe pratiquent eux aussi &#224; leur mani&#232;re &#8212; quelques r&#233;gularisations vitrines, quelques amnisties symboliques p&#233;riodiques, des contrats convertis en r&#233;sidences plus stables pour les &#171; cas m&#233;ritants &#187;, pendant que la m&#233;canique g&#233;n&#233;rale demeure intacte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatri&#232;me objection &#8212; &#171; Vous proc&#233;dez par analogie, ce n'est pas rigoureux &#187;. Formul&#233;e par les universitaires, les sociologues du droit des &#233;trangers, les juristes scrupuleux. Nous proc&#233;derions par analogie pol&#233;mique entre deux syst&#232;mes juridiques tr&#232;s diff&#233;rents ; le mot kafala d&#233;signerait un dispositif juridique pr&#233;cis dont nous d&#233;tournerions le sens pour le besoin de la d&#233;monstration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objection a un m&#233;rite : elle nous oblige &#224; pr&#233;ciser ce que nous faisons. Nous ne disons pas que la France et l'Arabie saoudite ont le m&#234;me droit. Nous disons que deux architectures juridiques formellement diff&#233;rentes &#8212; une codifi&#233;e et explicite, l'autre combinatoire et dissimul&#233;e &#8212; produisent une m&#234;me fonction mat&#233;rielle : l'attachement administratif du travailleur &#233;tranger &#224; un employeur unique qui d&#233;tient la cl&#233; de son statut, avec pour effet la surexploitation rendue possible par cette d&#233;pendance. Ce que nous identifions, ce n'est pas une identit&#233; juridique mais une homologie fonctionnelle, et nous l'avons dit explicitement. Le d&#233;tournement lexical que nous op&#233;rons &#8212; appliquer un mot connu pour d&#233;signer un dispositif explicite &#224; un dispositif silencieux &#8212; est un acte politique d&#233;lib&#233;r&#233;, parce que c'est pr&#233;cis&#233;ment ce que la R&#233;publique refuse : nommer ce qu'elle fait. Forger un concept neuf par d&#233;paysement d'un mot existant est une op&#233;ration classique de la critique sociale rigoureuse. Marx a forg&#233; son concept de f&#233;tichisme de la marchandise en transposant le vocabulaire ethnographique des religions africaines aux rapports marchands europ&#233;ens &#8212; op&#233;ration qu'aucun anthropologue n'aurait avalis&#233;e en termes de stricte &#233;quivalence, mais qui a permis de saisir une dimension du capitalisme que personne n'avait nomm&#233;e jusque-l&#224;. C'est la m&#234;me op&#233;ration que nous menons. La rigueur n'interdit pas le d&#233;placement lexical ; elle exige que ce d&#233;placement soit explicit&#233;, conscient, et fond&#233; sur une d&#233;monstration mat&#233;rielle. Les trois conditions sont remplies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinqui&#232;me objection &#8212; &#171; Tr&#232;s bien, mais que proposez-vous ? &#187; Pos&#233;e souvent en conclusion par les contradicteurs sinc&#232;res. Faut-il fermer toute voie de r&#233;gularisation par le travail ? Renvoyer tout le monde ? Ouvrir les fronti&#232;res en grand ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solution est inscrite dans la formulation m&#234;me du probl&#232;me. Si la kafala dissimul&#233;e tient &#224; la m&#233;diation patronale de l'acc&#232;s au titre de s&#233;jour, alors la solution consiste &#224; supprimer cette m&#233;diation. Ce qui signifie : r&#233;gularisation imm&#233;diate, globale, inconditionnelle et permanente de tous les sans-papiers pr&#233;sents sur le territoire fran&#231;ais et de leurs personnes &#224; charge (conjoints, enfants, parents &#226;g&#233;s, fr&#232;res et s&#339;urs en cas de d&#233;pendance &#233;conomique av&#233;r&#233;e), par carte de r&#233;sident de dix ans renouvelable de droit, ouvrant l'acc&#232;s plein et entier &#224; tous les droits sociaux, civils, syndicaux et politiques &#8212; c'est-&#224;-dire la pleine citoyennet&#233; politique au nom de la Constitution de l'An I (24 juin 1793), sans condition de nationalit&#233; fran&#231;aise. Le titre de s&#233;jour cesse d'&#234;tre conditionn&#233; &#224; la production de fiches de paie, &#224; l'anciennet&#233; d&#233;clar&#233;e, &#224; la bonne volont&#233; patronale. L'employeur cesse d'&#234;tre le m&#233;diateur administratif du s&#233;jour. La kafala dissimul&#233;e &#224; la fran&#231;aise est bris&#233;e dans son ressort principal. Cette mesure n'est pas un humanitarisme &#8212; c'est la mesure mat&#233;riellement n&#233;cessaire pour r&#233;tablir la condition &#233;l&#233;mentaire de la double libert&#233; du salari&#233; au sens marxien, et pour r&#233;activer la tradition r&#233;volutionnaire fran&#231;aise la plus avanc&#233;e sur la question de l'&#233;tranger qui travaille en France (voir d&#233;veloppement en section IX). Ce n'est pas non plus une utopie : c'est pr&#233;cis&#233;ment la mesure prise &#224; plus petite &#233;chelle en 1981, en 1997-1998 et au compte-gouttes depuis 2012, &#224; chaque fois sous la pression de mobilisations ouvri&#232;res. Nous la portons g&#233;n&#233;ralis&#233;e et li&#233;e &#224; deux mesures ins&#233;parables : l'abrogation de la cha&#238;ne l&#233;gislative Pasqua-Debr&#233;-Sarkozy-Besson-Collomb-Darmanin, et le d&#233;mant&#232;lement du dispositif policier et administratif &#8212; OQTF, centres de r&#233;tention, expulsions. Ce n'est pas un humanisme. C'est une mesure programmatique de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VI. Une forme capitaliste de contrainte extra-&#233;conomique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette m&#233;canique pose un probl&#232;me th&#233;orique pr&#233;cis pour qui veut la lire en marxiste rigoureux. Dans le livre premier du Capital, Marx pose que le salari&#233; est d&#233;fini par une double libert&#233; : libre de disposer de sa force de travail comme marchandise, et lib&#233;r&#233;, au sens n&#233;gatif, des moyens de production qu'il ne poss&#232;de pas. C'est cette double libert&#233; qui distingue le salariat capitaliste des formes ant&#233;rieures de servitude &#8212; servage, esclavage, corv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or le sans-papier fran&#231;ais de 2026 est amput&#233; du premier sens de la libert&#233;. S'il rompt avec son employeur, il rompt aussi la cha&#238;ne documentaire qui pourrait lui permettre, un jour, d'&#234;tre r&#233;gularis&#233; : il perd son anciennet&#233;, sa preuve de pr&#233;sence, sa relation d&#233;clarative, et il repart &#224; z&#233;ro dans une condition aggrav&#233;e par le temps. Ce n'est pas un retour pur au servage &#8212; il touche un salaire, il signe (ou pas) un contrat, il n'est pas juridiquement attach&#233; &#224; une terre. C'est une forme capitaliste moderne de contrainte extra-&#233;conomique : le capital utilise l'&#201;tat, le s&#233;jour, la pr&#233;fecture et la menace d'expulsion pour fixer une fraction de la force de travail &#224; un employeur unique, et il en tire les conditions d'extorsion de surtravail qu'il ne peut plus extraire des salari&#233;s titulaires. La kafala du Golfe et la kafala &#224; la fran&#231;aise ont en commun cette op&#233;ration : la r&#233;introduction, &#224; l'int&#233;rieur du mode de production capitaliste, de moyens coercitifs extra-&#233;conomiques que le salariat moderne avait pr&#233;cis&#233;ment pour fonction historique d'abolir. Le sans-papier fran&#231;ais en est l'expression contemporaine. Au plan pratique, il est la fraction de la classe ouvri&#232;re sur laquelle se concentre, dans la France de 2026, le taux de surexploitation maximal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VII. L'organe m&#233;tropolitain de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fraction sans-papi&#232;re du prol&#233;tariat fran&#231;ais n'est pas tomb&#233;e du ciel. Elle est, dans sa composition concr&#232;te &#8212; Afrique de l'Ouest, Sahel, Maghreb, Asie du Sud, Am&#233;rique latine &#8212;, le produit direct de la phase imp&#233;rialiste du capitalisme fran&#231;ais : zones o&#249; la France a fait la guerre, soutenu des r&#233;gimes serviles, verrouill&#233; mon&#233;tairement les &#233;conomies via la zone franc CFA, install&#233; ses multinationales, et o&#249; elle se red&#233;ploie aujourd'hui en compensation de son recul sah&#233;lien vers l'Afrique anglophone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La formule politique tient en une phrase. La France exploite deux fois la m&#234;me force de travail : d'abord en d&#233;sorganisant ses conditions d'existence dans les p&#233;riph&#233;ries domin&#233;es, ensuite en la surexploitant dans la m&#233;tropole sous menace administrative. La kafala &#224; la fran&#231;aise n'est pas, en ce sens, un dispositif ext&#233;rieur au syst&#232;me imp&#233;rialiste : elle en est l'organe m&#233;tropolitain. Elle consomme, sous r&#233;gime de surexploitation administr&#233;e, une fraction du prol&#233;tariat que l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais a contribu&#233;, &#224; l'ext&#233;rieur, &#224; arracher &#224; ses conditions mat&#233;rielles d'existence. C'est la m&#234;me op&#233;ration, en deux temps, sur la m&#234;me force de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qui interdit &#224; toute politique cons&#233;quente sur les sans-papiers de se contenter de la d&#233;nonciation de l'&#171; exploitation &#187; ou du &#171; racisme d'&#201;tat &#187;. Le racisme d'&#201;tat fran&#231;ais est r&#233;el, et personne ici ne le minimise. Mais il n'est pas l'explication derni&#232;re du dispositif : il en est la forme id&#233;ologique, la peau politique, le langage de l&#233;gitimation. La base mat&#233;rielle, elle, reste la production d'une main-d'&#339;uvre administrativement vuln&#233;rable et patronalement capturable &#8212; c'est-&#224;-dire la kafala dissimul&#233;e &#224; la fran&#231;aise. La d&#233;nonciation du racisme est juste, mais elle nomme l'effet id&#233;ologique au lieu du rapport de production. On ne combat pas une id&#233;ologie en luttant contre elle dans son seul registre. On la combat en s'attaquant &#224; la base mat&#233;rielle qu'elle l&#233;gitime &#8212; c'est-&#224;-dire, ici, au dispositif d'&#201;tat qui transforme l'employeur en kaf&#299;l. Faute de cette op&#233;ration, l'antiracisme reste un humanisme moral ; il ne devient pas un programme. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment cette op&#233;ration que les courants politiques fran&#231;ais qui se r&#233;clament pourtant du marxisme &#8212; R&#233;volution Permanente, NPA-R, courants d&#233;coloniaux institutionnels &#8212; refusent de mener, pr&#233;f&#233;rant la d&#233;nonciation morale du &#171; racisme d'&#201;tat &#187; qui maintient le combat au niveau de la superstructure id&#233;ologique. Le marxisme rigoureux exige le mouvement inverse : reconna&#238;tre l'autonomie relative du racisme comme id&#233;ologie d'&#201;tat, et en m&#234;me temps aller &#224; la base mat&#233;rielle, nommer le rapport de production, et construire &#224; partir de lui le programme transitoire qui en arrache les fondations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VIII. L'histoire ouvri&#232;re des luttes des sans-papiers en France&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette analyse n'est pas une d&#233;duction th&#233;orique abstraite. Elle s'appuie sur cinquante ans d'histoire ouvri&#232;re du prol&#233;tariat sans-papier fran&#231;ais, qui a r&#233;guli&#232;rement, par la lutte directe &#8212; gr&#232;ves, occupations, gr&#232;ves de la faim, manifestations &#8212;, arrach&#233; &#224; la R&#233;publique des concessions partielles. &#192; chaque cycle, la r&#233;gularisation a &#233;t&#233; conquise par les travailleurs eux-m&#234;mes contre l'&#201;tat, et jamais offerte spontan&#233;ment. C'est cette histoire qu'il faut rappeler, parce qu'elle conditionne la strat&#233;gie pr&#233;sente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cycle commence dans les ann&#233;es 1970, lorsque les ouvriers immigr&#233;s des foyers Sonacotra m&#232;nent une gr&#232;ve des loyers qui durera plusieurs ann&#233;es et imposera la reconnaissance de leurs droits collectifs. Il se prolonge en mai 1972 avec la gr&#232;ve de la faim de huit travailleurs tunisiens et marocains &#224; Toulouse, puis avec celle de Lyon en 1973, qui obligent le gouvernement Messmer &#224; publier une circulaire d'amnistie pour les travailleurs entr&#233;s irr&#233;guli&#232;rement entre 1968 et 1972. Premier cycle, premier acquis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1981 marque la premi&#232;re r&#233;gularisation massive. Au lendemain de la victoire de Fran&#231;ois Mitterrand, le gouvernement Mauroy lance une op&#233;ration exceptionnelle au titre de laquelle 149 220 demandes seront d&#233;pos&#233;es et 131 360 titres d&#233;livr&#233;s &#8212; 88 % d'acceptation, principalement &#224; des travailleurs tunisiens, marocains, portugais, alg&#233;riens, turcs et africains subsahariens. C'est, &#224; ce jour, la plus grande r&#233;gularisation collective de l'histoire fran&#231;aise. Et il faut noter ce que confirme l'&#233;tude du CEPII en 2024 : cette r&#233;gularisation, loin d'avoir pes&#233; sur l'&#233;conomie fran&#231;aise, a augment&#233; les salaires et l'emploi des travailleurs fran&#231;ais peu dipl&#244;m&#233;s des secteurs concern&#233;s &#8212; parce qu'en sortant les sans-papiers de leur d&#233;pendance, on a r&#233;duit la pression &#224; la baisse sur les salaires dont ils &#233;taient l'instrument. D&#233;monstration empirique de notre th&#232;se marxiste : la kafala dissimul&#233;e fonctionne comme arme contre l'ensemble du prol&#233;tariat, sans-papier ou pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1991-1992, en revanche, marque un &#233;chec. Le gouvernement Cresson lance une op&#233;ration de r&#233;gularisation au titre de la circulaire du 23 juillet 1991 : 49 123 demandes d&#233;pos&#233;es, mais seulement 14 749 titres d&#233;livr&#233;s (30 % d'acceptation, contre 88 % en 1981). C'est le signal que la R&#233;publique a commenc&#233; &#224; reprendre la main, &#224; durcir les crit&#232;res, &#224; dissocier la r&#233;gularisation de la simple pr&#233;sence-travail pour la subordonner &#224; des crit&#232;res discr&#233;tionnaires. Le pli est pris, qui ne cessera plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1996 est le moment du mouvement des Saint-Bernard. Le 18 mars, trois cents Africains, principalement ouest-africains, occupent l'&#233;glise Saint-Ambroise dans le 11&#7497; arrondissement de Paris. Refoul&#233;s, ils s'installent &#224; l'&#233;glise Saint-Bernard dans le 18&#7497;. Dix d'entre eux entament une gr&#232;ve de la faim qui durera 39 jours. Le 23 ao&#251;t 1996 au petit matin, 1 500 policiers et gendarmes en tenue de combat enfoncent les portes de l'&#233;glise &#224; la hache et &#233;vacuent les sans-papiers. Le soir m&#234;me, 15 000 personnes manifestent entre R&#233;publique et Nation. Les leaders du mouvement &#8212; Madjigu&#232;ne Ciss&#233;, Ababacar Diop &#8212; entrent dans l'histoire ouvri&#232;re fran&#231;aise. Cette d&#233;faite tactique sera politiquement une victoire strat&#233;gique : elle imposera, l'ann&#233;e suivante, l'ouverture par Lionel Jospin d'une nouvelle r&#233;gularisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1997-1998, la r&#233;gularisation Chev&#232;nement, lanc&#233;e par la circulaire du 24 juin 1997. Au 30 septembre 1997, 117 000 demandes &#233;taient enregistr&#233;es dans les pr&#233;fectures. Au terme du processus, environ 80 000 r&#233;gularisations seront accord&#233;es &#8212; soit un taux d'acceptation de 68 %, interm&#233;diaire entre 1981 (88 %) et 1991 (30 %). Mais surtout, le dispositif fixe un pr&#233;c&#233;dent : la r&#233;gularisation par le travail devient le canal principal, avec un examen au cas par cas qui transforme le dispositif en machine &#224; filtrer. C'est, pour la R&#233;publique, l'occasion d'apprendre &#224; conc&#233;der sans rien l&#226;cher du contr&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2008-2010 marque le tournant d&#233;cisif. Le 15 avril 2008, &#224; l'initiative de la CGT et de l'association Droits Devant, une premi&#232;re vague de gr&#232;ves de travailleurs sans-papiers d&#233;marre dans la restauration et les services parisiens. Le 12 octobre 2009, 1 400 travailleurs sans-papiers entament une gr&#232;ve, rejoints peu apr&#232;s par plusieurs milliers d'autres dans le nettoyage, la s&#233;curit&#233;, la restauration, la construction, l'int&#233;rim. La CGT parle alors de la &#171; gr&#232;ve la plus importante connue dans l'histoire sociale r&#233;cente du pays de la part de salari&#233;s contraints &#224; des situations de travail ultra-flexibles &#187;. Onze syndicats et associations (CGT, CFDT, FSU, UNSA, Solidaires, LDH, Cimade, Autremonde, Femmes &#201;galit&#233;, RESF, Droits devant) se coordonnent. Le mouvement dure huit mois. Le 18 juin 2010, le gouvernement Fillon publie un texte dit &#171; addendum &#187; qui d&#233;finit des crit&#232;res objectifs de r&#233;gularisation, valables quel que soit le d&#233;partement. Plus de 2 000 travailleurs voient leur situation administrative r&#233;gl&#233;e. Cet addendum servira de base, deux ans plus tard, &#224; la circulaire Valls du 28 novembre 2012. En d'autres termes, ce que la gauche socialiste de gouvernement pr&#233;sente comme sa propre &#339;uvre humanitaire de 2012 n'est en r&#233;alit&#233; que la traduction r&#233;glementaire d'une gr&#232;ve ouvri&#232;re de huit mois men&#233;e sous gouvernement de droite. Pr&#233;cision essentielle, contre la mythologie socialiste de la r&#233;gularisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2014 voit les gr&#232;ves de Ch&#226;teau-d'Eau commencer. En f&#233;vrier, sept manucures sino-africaines occupent le 50 boulevard de Strasbourg, font tourner le salon, se paient sur les recettes, et obtiennent leur r&#233;gularisation apr&#232;s trois mois &#8212; r&#233;p&#233;tition &#224; petite &#233;chelle de la m&#233;thode LIP 1973. En mai, dix-huit coiffeurs occupent le 57 du m&#234;me boulevard, restent vingt-huit mois sur place, obtiennent en avril 2015 la r&#233;gularisation des neuf derniers sans-papiers, gagnent les Prud'hommes en juin 2016, et obtiennent en f&#233;vrier 2018, sur citation directe de la CGT, la condamnation du g&#233;rant Bamba par le tribunal correctionnel de Paris pour traite des &#234;tres humains &#8212; premi&#232;re reconnaissance p&#233;nale en France de la traite dans le travail dans un cadre collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2019 prolonge le cycle. &#192; partir du 1&#7497;&#691; octobre, douze piquets de gr&#232;ve se mettent en place en &#206;le-de-France, principalement dans les agences d'int&#233;rim du BTP du boulevard Magenta &#8212; exactement le m&#234;me boulevard qui sert aujourd'hui de p&#244;le aux ouvriers BTP du 10&#7497; arrondissement, &#224; cinq cents m&#232;tres du salon Sabadou &amp; Jade. Les gr&#233;vistes obtiennent leurs CERFA et la r&#233;gularisation par le travail. Le 65 boulevard de Strasbourg s'inscrit donc dans une g&#233;ographie ouvri&#232;re pr&#233;cise, qui n'a pas boug&#233; depuis quarante ans : c'est ce quadrilat&#232;re gare du Nord &#8212; gare de l'Est &#8212; Ch&#226;teau-d'Eau &#8212; Bonne Nouvelle qui condense, &#224; Paris, le maximum de la fraction sans-papi&#232;re du prol&#233;tariat fran&#231;ais, et c'est lui qui produit, cycliquement, depuis deux g&#233;n&#233;rations, les luttes les plus combatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2024 marque, &#224; l'inverse, un net recul l&#233;gislatif. La loi du 26 janvier 2024 dite &#171; loi Darmanin &#187;, sous l'effet conjoint de l'extr&#234;me droite parlementaire et du virage r&#233;pressif de la majorit&#233; macroniste, durcit globalement les conditions de s&#233;jour, cr&#233;e le titre pr&#233;caire &#171; m&#233;tiers en tension &#187; d&#233;nonc&#233; par la CNCDH comme &#171; cercle vicieux &#187;, &#233;largit consid&#233;rablement les motifs d'OQTF, et facilite l'&#233;loignement des &#233;trangers d&#233;linquants &#8212; y compris pour des infractions mineures. Le rapport CNCDH d'octobre 2024 parle de &#171; recul in&#233;dit des droits fondamentaux &#187;. La circulaire Retailleau de janvier 2025 enfonce le clou : entre janvier et septembre 2025, les r&#233;gularisations AES chutent de 42 %, les r&#233;gularisations par le travail de 54 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2026 est le moment du 65 boulevard de Strasbourg, mais aussi des gr&#232;ves moins m&#233;diatis&#233;es des plateformes de livraison, des dossiers Vivalto Vie dans les Ehpad, des chantiers du Grand Paris Express. Le cycle ouvrier sans-papier continue. Il n'a jamais cess&#233;. Et il n'a jamais eu d'autre moteur que les sans-papiers eux-m&#234;mes, organis&#233;s ou aid&#233;s &#224; s'organiser par les fractions militantes du mouvement ouvrier qui ont rompu avec la d&#233;l&#233;gation &#224; l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que cette histoire enseigne tient en trois propositions. Premi&#232;rement, les r&#233;gularisations ne sont jamais offertes par la R&#233;publique : elles sont toutes, sans exception, arrach&#233;es par la lutte ouvri&#232;re. Deuxi&#232;mement, les concessions de la R&#233;publique sont toujours partielles et r&#233;vocables : la circulaire Valls de 2012 a &#233;t&#233; d&#233;tricot&#233;e par la circulaire Retailleau de 2025 ; l'addendum de 2010 a &#233;t&#233; d&#233;mantel&#233; par la loi Darmanin de 2024. Troisi&#232;mement, la m&#233;canique de la kafala dissimul&#233;e se reconstitue imm&#233;diatement apr&#232;s chaque concession, parce que aucune lutte n'a jusqu'&#224; pr&#233;sent attaqu&#233; directement le rapport de production lui-m&#234;me &#8212; la m&#233;diation patronale du s&#233;jour. Ce qu'aucune r&#233;gularisation n'a pu d&#233;truire, parce que aucune n'a &#233;t&#233; con&#231;ue pour le d&#233;truire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette t&#226;che, pr&#233;cis&#233;ment, qui revient aux luttes pr&#233;sentes et &#224; venir. Briser la kafala dissimul&#233;e, pas seulement obtenir des d&#233;rogations en son sein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IX. Nommer pour attaquer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La condition mat&#233;rielle des coiffeuses du 65 boulevard de Strasbourg, des ouvriers BTP du Grand Paris Express, des femmes de chambre de l'h&#244;tellerie sous-trait&#233;e du nord parisien, des livreurs ub&#233;ris&#233;s, des ouvriers agricoles du Vaucluse, des aides-soignantes africaines et antillaises des Ehpad de banlieue parisienne n'est pas un d&#233;faut d'application des lois fran&#231;aises : c'est leur application normale, dans les secteurs o&#249; la composition de la main-d'&#339;uvre et la composition organique du capital rendent cette application particuli&#232;rement rentable. La R&#233;publique fran&#231;aise fait fonctionner, sur son sol, dans ses secteurs &#224; forte demande de surtravail, sa propre kafala. Le fait qu'elle n'ose pas l'&#233;crire dans son code n'en fait pas une fiction &#8212; c'est l'aveu n&#233;gatif qu'elle sait ce qu'elle fait, et qu'elle pr&#233;f&#232;re ne pas le dire. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment parce qu'elle ne se dit pas que la nommer constitue un acte politique central.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nommons donc : kafala dissimul&#233;e &#224; la fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous l'avancerons partout, dans nos articles, dans nos tracts, dans nos interventions militantes, et nous demanderons aux organisations qui se r&#233;clament du communisme r&#233;volutionnaire, du syndicalisme de classe ou de la solidarit&#233; internationaliste de faire le m&#234;me choix lexical. Parce que tout vrai combat contre ce dispositif suppose qu'on cesse, d'abord, d'accepter le r&#233;cit selon lequel il n'existe pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La revendication centrale n'est donc pas seulement &#171; des papiers pour les exploit&#233;s &#187;, mais la suppression du pouvoir patronal sur l'acc&#232;s aux papiers &#8212; c'est-&#224;-dire le passage de la kafala dissimul&#233;e &#224; la citoyennet&#233; de 1793.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de formuler le programme, il faut distinguer th&#233;oriquement deux concepts que les politiques bourgeoises depuis deux si&#232;cles ont soigneusement confondus, et que nous tenons pour notre part distincts : citoyennet&#233; et nationalit&#233;. La nationalit&#233; est un statut juridique qui rattache une personne &#224; un &#201;tat-nation par naissance ou par naturalisation &#8212; cat&#233;gorie consolid&#233;e en Europe avec les &#201;tats-nations bourgeois de la fin du XIX&#7497; si&#232;cle, qui implique all&#233;geance, passeport, conscription, et pour les originaires d'anciennes colonies, la m&#233;moire mat&#233;rielle du rapport d'oppression dont la nationalit&#233; fran&#231;aise fut l'instrument pendant un si&#232;cle et demi. La citoyennet&#233; est un statut politique qui d&#233;signe la pleine participation aux droits civils, politiques et sociaux d'une communaut&#233; politique. Elle peut, ou non, &#234;tre conditionn&#233;e &#224; la nationalit&#233;. Elle ne l'est pas dans la Constitution de l'An I (24 juin 1793) &#8212; apex d&#233;mocratique jamais effectivement appliqu&#233; de la R&#233;volution fran&#231;aise &#8212;, qui pose en son article 4 que &#171; tout &#233;tranger &#226;g&#233; de vingt et un ans accomplis, qui, domicili&#233; en France depuis une ann&#233;e, y vit de son travail &#187; est admis de plein droit &#224; l'exercice des droits de citoyen fran&#231;ais. Un an de domiciliation et de vie par son travail. Sans changer de nationalit&#233;. Sans naturalisation. Sans pr&#234;ter all&#233;geance. C'est de cette tradition r&#233;volutionnaire fran&#231;aise que nous revendiquons explicitement la filiation, en marxistes-r&#233;volutionnaires assumant l'h&#233;ritage de la Convention montagnarde et la formule l&#233;niniste de 1916 : &#171; Le prol&#233;tariat n'a pas de patrie. Le prol&#233;tariat a une classe. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne demandons donc pas que les sans-papiers pr&#233;sents en France deviennent fran&#231;ais au sens administratif courant. La nationalit&#233; fran&#231;aise est leur affaire individuelle, sur laquelle nous respectons leur droit absolu de d&#233;cision. Nous demandons qu'ils soient pleinement citoyens politiques en France au nom du fait mat&#233;riel objectif qu'ils vivent, travaillent, produisent et reproduisent socialement en France. La nationalit&#233; est leur affaire ; la citoyennet&#233; politique doit &#234;tre notre revendication commune comme classe ouvri&#232;re de France. Cette distinction est, programmatiquement, l'inversion exacte du dispositif kafala dissimul&#233;e &#224; la fran&#231;aise. La kafala dissimul&#233;e dit : &#171; tu n'auras de droits politiques et sociaux que si tu peux prouver, par la fiche de paie patronale, ton m&#233;rite &#233;conomique au capitalisme fran&#231;ais &#187;. La citoyennet&#233; de 1793 dit l'inverse : &#171; tu auras droits politiques et sociaux pleins parce que tu vis et tu travailles ici, point. La fiche de paie n'est pas ton certificat d'admission &#224; la communaut&#233; politique. &#187; De la kafala dissimul&#233;e &#224; la citoyennet&#233; de 1793 : c'est la trajectoire politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme transitoire que nous portons &#224; partir de ce diagnostic s'articule autour des revendications suivantes, qui ne sont ni humanitaires ni morales mais mat&#233;riellement n&#233;cessaires &#224; la rupture du dispositif :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; R&#233;gularisation imm&#233;diate, globale, inconditionnelle et permanente de tous les sans-papiers pr&#233;sents sur le territoire fran&#231;ais et de leurs personnes &#224; charge (conjoint&#183;e&#183;s, enfants, parents &#226;g&#233;s vivant en France, fr&#232;res et s&#339;urs en cas de d&#233;pendance &#233;conomique av&#233;r&#233;e), par carte de r&#233;sident de dix ans renouvelable de droit, ouvrant l'acc&#232;s plein et entier &#224; tous les droits sociaux, civils, syndicaux et politiques &#8212; c'est-&#224;-dire la pleine citoyennet&#233; politique au nom de la Constitution de l'An I (24 juin 1793), sans condition de nationalit&#233; fran&#231;aise, jusqu'au droit de vote et d'&#233;ligibilit&#233; &#224; toutes les &#233;lections professionnelles, syndicales, locales, r&#233;gionales, d&#233;partementales et l&#233;gislatives ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Abrogation de la cha&#238;ne l&#233;gislative Pasqua-Debr&#233;-Sarkozy-Besson-Collomb-Darmanin sur l'entr&#233;e et le s&#233;jour des &#233;trangers ; suppression du conditionnement de la r&#233;gularisation &#224; la production de fiches de paie patronales ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Suppression de la p&#233;nalisation du travailleur d&#233;couvert sans titre ; transfert int&#233;gral de la responsabilit&#233; p&#233;nale sur l'employeur, avec impossibilit&#233; de transaction p&#233;nale et publicit&#233; obligatoire des condamnations dans les secteurs concern&#233;s ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Fermeture des centres de r&#233;tention administrative ; suppression de l'OQTF comme dispositif administratif ; abrogation du droit pr&#233;fectoral discr&#233;tionnaire en mati&#232;re de s&#233;jour ; transfert de l'instruction des dossiers &#224; des commissions paritaires associant syndicats, associations et services publics ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Contr&#244;le ouvrier sur l'embauche et la d&#233;claration dans tous les secteurs identifi&#233;s comme zones de surexploitation syst&#233;mique (coiffure-esth&#233;tique, BTP, restauration, nettoyage industriel, livraison plateformes, agriculture saisonni&#232;re, services &#224; la personne, s&#233;curit&#233; priv&#233;e). Ce contr&#244;le ouvrier ne doit pas rester un mot d'ordre abstrait : il se traduit concr&#232;tement en trois leviers mat&#233;riels &#8212; (a) droit d'acc&#232;s syndical inconditionnel aux lieux de travail et aux entreprises sous-traitantes ; (b) v&#233;rification collective et publique des registres d'embauche, des bulletins de paie et des fiches de poste par les organisations syndicales du secteur, &#233;largies aux travailleurs non d&#233;clar&#233;s ; (c) commissions ouvri&#232;res de secteur, paritaires entre travailleurs d&#233;clar&#233;s, int&#233;rimaires, sous-trait&#233;s, non d&#233;clar&#233;s et sans-papiers, dot&#233;es d'un pouvoir r&#233;el d'enqu&#234;te et de signalement ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Construction, dans les conf&#233;d&#233;rations syndicales, de fractions revendicatives sp&#233;cifiques de la fraction sans-papi&#232;re du prol&#233;tariat, avec repr&#233;sentation propre et autonomie d'expression ; reconnaissance du droit de gr&#232;ve et du droit syndical inconditionnels pour les travailleurs sans titre ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Abolition de la condition de nationalit&#233; pour l'acc&#232;s &#224; la fonction publique, aux droits sociaux complets, &#224; l'&#233;ligibilit&#233; aux &#233;lections professionnelles et locales ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Liaison explicite des revendications sur les sans-papiers &#224; la politique anti-imp&#233;rialiste : d&#233;mant&#232;lement des op&#233;rations militaires fran&#231;aises en Afrique et au Levant ; abrogation du franc CFA et des accords mon&#233;taires post-coloniaux ; expropriation sous contr&#244;le ouvrier des grands groupes fran&#231;ais structurant l'exploitation des anciennes zones domin&#233;es &#8212; &#224; commencer par Bollor&#233;, TotalEnergies, Orange, Vinci, Bouygues et CMA-CGM, figures centrales de l'implantation capitaliste fran&#231;aise dans les ports, l'&#233;nergie, les t&#233;l&#233;communications, le BTP et le fret maritime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce bloc de revendications, pris ensemble, brise la kafala dissimul&#233;e &#224; sa racine, parce qu'il enl&#232;ve au patron fran&#231;ais toutes les armes administratives dont il dispose contre le sans-papier. C'est un programme transitoire au sens strict que Trotsky lui donnait en 1938 : revendicatif (mesures concr&#232;tes imm&#233;diatement compr&#233;hensibles par les ouvriers concern&#233;s), antagonique (il ne peut pas &#234;tre satisfait par le capital sans dommage pour lui), transitoire (sa satisfaction effective ouvre la perspective de l'expropriation et de l'organisation socialiste de la production).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce programme n'est ni le programme du &#171; patron voyou &#187; &#224; condamner, ni celui du &#171; racisme d'&#201;tat &#187; &#224; d&#233;noncer, ni celui de la &#171; g&#233;n&#233;rosit&#233; r&#233;publicaine &#187; &#224; &#233;tendre. C'est le programme de la rupture du rapport de production lui-m&#234;me, qui maintient sous r&#233;gime de surexploitation administr&#233;e une fraction de la classe ouvri&#232;re de France. C'est, &#224; proprement parler, la politique communiste sur la question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question politique n'est plus de savoir si telle ou telle r&#233;gularisation sera accord&#233;e par telle ou telle pr&#233;fecture. La question politique est de savoir si la classe ouvri&#232;re de France, dans son ensemble et par ses fractions militantes les plus conscientes, saisira l'occasion historique que lui offrent les luttes successives des sans-papiers, depuis Sonacotra dans les ann&#233;es 1970 jusqu'au 65 boulevard de Strasbourg en 2026, pour nommer le dispositif que nous d&#233;crivons ici &#8212; kafala dissimul&#233;e &#224; la fran&#231;aise &#8212; et le briser dans son ressort principal, en portant comme conqu&#234;te politique imm&#233;diate la carte de r&#233;sident de dix ans pour tous les sans-papiers et leurs personnes &#224; charge, et comme horizon strat&#233;gique la pleine citoyennet&#233; politique au nom de la Constitution de l'An I (1793). Le moment historique est m&#251;r. Les conditions mat&#233;rielles sont r&#233;unies. Le concept est forg&#233;. La doctrine s'&#233;labore. La trajectoire est nomm&#233;e : de la kafala dissimul&#233;e &#224; la citoyennet&#233; de 1793. Reste l'organisation politique de la classe pour la mener.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sources et r&#233;f&#233;rences&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la kafala du Golfe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Organisation internationale du travail (OIT), Dismantling the kafala system and introducing a minimum wage mark new era for Qatar labour market, communiqu&#233; du 30 ao&#251;t 2020 &#8212; ilo.org/resource/article/dismantling-kafala-system&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Human Rights Watch, World Report 2025 &#8212; Saudi Arabia, janvier 2025 &#8212; hrw.org/world-report/2025/country-chapters/saudi-arabia&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Human Rights Watch, ILO : Don't Let Saudis Dismiss Workers' Rights Complaint, 24 mars 2026 &#8212; hrw.org/news/2026/03/24&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Human Rights Watch, UN Experts Sound Alarm Over Saudi Arabia's Abusive Labor Governance System, mai 2026 &#8212; hrw.org/news/2026/05/19&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gulf Labour Markets and Migration Programme, Reforms without Rights : The GCC states' blinkered view of labour reforms, Explanatory Note No. 2/2024, septembre 2024 &#8212; gulfmigration.grc.net&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Human Rights Watch, Saudi Arabia : Protect Domestic Workers Rights, 16 juin 2025 &#8212; hrw.org/news/2025/06/16&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la kafala dissimul&#233;e &#224; la fran&#231;aise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH), Avis sur la loi du 26 janvier 2024 pour contr&#244;ler l'immigration, am&#233;liorer l'int&#233;gration (A-2024-7), 26 septembre 2024 &#8212; cncdh.fr&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;gifrance, Avis sur la loi du 26 janvier 2024 pour contr&#244;ler l'immigration, am&#233;liorer l'int&#233;gration (A-2024-7), version officielle publi&#233;e au JORF &#8212; legifrance.gouv.fr&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Service-public.fr, fiche pratique sur l'admission exceptionnelle au s&#233;jour et le titre &#171; m&#233;tiers en tension &#187; (L.435-1 et L.435-4 du CESEDA)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GISTI, dossier complet sur la loi du 26 janvier 2024 &#8212; gisti.org/loi2024&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Minist&#232;re de l'Int&#233;rieur (DGEF), chiffres de l'immigration 2024, f&#233;vrier 2025, reprise FranceInfo &#8212; franceinfo.fr&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;InfoMigrants, France : baisse de 42 % des r&#233;gularisations depuis la circulaire Retailleau, 23 d&#233;cembre 2025 &#8212; infomigrants.net&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Estimations gouvernementales sur le nombre de sans-papiers en France : d&#233;clarations de G&#233;rald Darmanin (S&#233;nat, d&#233;cembre 2023, &#171; 600 000 &#224; 900 000 &#187;) et de Laurent Nu&#241;ez (Europe 1/CNews, 22 octobre 2025, &#171; 700 000, fourchette 600 000-900 000 coh&#233;rente &#187;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Monde, dossiers sur la circulaire Retailleau et l'application du dispositif &#171; m&#233;tiers en tension &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Centre d'observation de la soci&#233;t&#233;, Combien de sans-papiers en France ? &#8212; observationsociete.fr&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les luttes ouvri&#232;res des sans-papiers en France&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Brun (GTM-CNRS), R&#233;gularisation sur fond de d&#233;r&#233;gulation, GISTI &#8212; gisti.org&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madjigu&#232;ne Ciss&#233;, Parole de sans-papiers, La Dispute, 1999&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1996-1997 : l'&#233;pop&#233;e des Saint-Bernard, Plein Droit (revue GISTI) n&#176; 2014/2, juin 2014 &#8212; cairn.info&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but &#233;tait la gr&#232;ve. Les gr&#232;ves du travail des sans-papiers : l'appropriation de routines conflictuelles, Revue europ&#233;enne des migrations internationales &#8212; journals.openedition.org/remi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves des travailleurs et travailleuses sans papiers, de 2008-2010, Les Utopiques (revue Solidaires) &#8212; lesutopiques.org&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;gularisation des travailleurs sans papiers : vingt ans de combats syndicaux, Le Droit Ouvrier, d&#233;cembre 2022 &#8212; droit.cairn.info&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anthony Edo (CEPII), R&#233;gularisation exceptionnelle de 1981 : des retomb&#233;es positives pour l'&#233;conomie, La Lettre du CEPII n&#176; 446, 2024 &#8212; cepii.fr&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Question &#233;crite n&#176; 5911 &#224; l'Assembl&#233;e nationale (chiffres officiels r&#233;gularisations 1981 et 1991), 11&#7497; l&#233;gislature&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CGT, R&#233;gularisation des travailleur-e-s &#171; sans papiers &#187; : respecter les engagements !, juin 2010 &#8212; cgt.fr&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cadre th&#233;orique marxiste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, Le Capital, Livre I, particuli&#232;rement chapitre VI sur l'achat et la vente de la force de travail (double libert&#233; du salari&#233;) et chapitre VIII sur la journ&#233;e de travail&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, lettre &#224; Sigfrid Meyer et August Vogt du 9 avril 1870 (sur l'antagonisme anglais-irlandais comme expression id&#233;ologique de l'exploitation imp&#233;rialiste)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vladimir Ilitch L&#233;nine, L'imp&#233;rialisme, stade supr&#234;me du capitalisme, 1916, particuli&#232;rement le chapitre sur l'aristocratie ouvri&#232;re et le chauvinisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky, Programme de transition (Programme de la Quatri&#232;me Internationale), 1938&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Articles connexes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;65 boulevard de Strasbourg : la kafala dissimul&#233;e &#224; la fran&#231;aise et les treize qui l'ont bris&#233;e, article-action publi&#233; simultan&#233;ment, mai 2026&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PARTIE III &#8212; ANNEXES POLITIQUES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ANNEXE 1 &#8212; RECOMPOSITION IMP&#201;RIALISTE FRAN&#199;AISE 2022-2026 : SAHEL, UKRAINE, NAIROBI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A1.A &#8212; Le repli acc&#233;l&#233;r&#233; du dispositif militaire fran&#231;ais au Sahel (2020-2024)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;quence d'expulsion de l'arm&#233;e fran&#231;aise du Sahel ouest-africain entre 2020 et 2024 est l'une des d&#233;faites strat&#233;giques les plus structurantes de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais depuis la d&#233;colonisation des ann&#233;es 1960. Mali ao&#251;t 2020 : premier coup d'&#201;tat militaire qui amorce la rupture, suivi du second en mai 2021, qui porte le colonel Assimi Go&#239;ta &#224; la pr&#233;sidence de la transition et engage le retrait d&#233;finitif de l'op&#233;ration Barkhane. Burkina Faso janvier 2022 et septembre 2022 : double coup d'&#201;tat qui aboutit au pouvoir du capitaine Ibrahim Traor&#233;, rupture des accords de d&#233;fense avec Paris, expulsion des troupes fran&#231;aises. Niger juillet 2023 : coup d'&#201;tat du g&#233;n&#233;ral Abdourahamane Tiani, retrait des 1 500 soldats fran&#231;ais stationn&#233;s &#224; Niamey, fin de la base a&#233;rienne de Niamey. Tchad 2024 : fin de l'op&#233;ration Tagaba, retrait progressif des derniers points d'appui fran&#231;ais au Sahel, termin&#233;e &#224; l'automne 2024.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre ann&#233;es pour perdre quatre pays. L'op&#233;ration Barkhane lanc&#233;e en 2014 par Fran&#231;ois Hollande &#8212; 4 500 militaires, base de Gao, base de Niamey, base d'Abidjan, base de N'Djamena &#8212; qui se pr&#233;sentait comme la pointe avanc&#233;e de la lutte antiterroriste fran&#231;aise au Sahel, n'existe plus en 2024. La s&#233;quence de coups d'&#201;tat pro-russes et la sortie collective des &#201;tats sah&#233;liens de la CEDEAO en janvier 2024 pour former l'Alliance des &#201;tats du Sahel (AES) actent la d&#233;prise fran&#231;aise sur sa zone d'influence post-coloniale historique. C'est la perte du c&#339;ur africain du dispositif imp&#233;rialiste fran&#231;ais, celui qui avait &#233;t&#233; reconstitu&#233; pendant la guerre froide autour du franc CFA, des conventions de d&#233;fense bilat&#233;rales secr&#232;tes (&#171; accords Foccart &#187;), et de la cha&#238;ne des bases militaires permanentes en Afrique de l'Ouest et du Centre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;prise n'est pas une retraite strat&#233;gique volontaire. C'est une d&#233;faite politique impos&#233;e &#224; l'&#201;tat fran&#231;ais par les classes populaires sah&#233;liennes &#8212; d&#233;faite que la grande presse fran&#231;aise n'a jamais qualifi&#233;e comme telle, pr&#233;f&#233;rant les formules ambigu&#235;s de &#171; repositionnement &#187; ou de &#171; transformation du partenariat &#187;. Le 22 mars 2024 &#224; Abidjan, le ministre fran&#231;ais des Arm&#233;es S&#233;bastien Lecornu annon&#231;ait pourtant ce que les faits avaient d&#233;j&#224; impos&#233; : la fin de la pr&#233;sence militaire permanente fran&#231;aise en Afrique de l'Ouest, sauf &#224; Djibouti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A1.B &#8212; Le surengagement militaire et financier en Ukraine (2022-2026)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que l'arm&#233;e fran&#231;aise &#233;tait expuls&#233;e du Sahel, l'&#201;tat imp&#233;rialiste fran&#231;ais engageait simultan&#233;ment un surengagement militaire et financier in&#233;dit dans la guerre russo-ukrainienne d&#233;clench&#233;e le 24 f&#233;vrier 2022. Successivement : livraisons de canons CAESAR (au moins 100 unit&#233;s), de missiles SCALP, de chars l&#233;gers AMX-10 RC, de missiles antichars Akeron, de d&#233;fenses sol-air Crotale puis Aster, de drones, de munitions &#224; guidage. Engagement budg&#233;taire de plusieurs milliards d'euros en aide militaire directe &#224; Kiev entre 2022 et 2026, compl&#233;t&#233; par des pr&#234;ts garantis et des contrats d'achat d'armement fran&#231;ais par l'Ukraine financ&#233;s par fonds europ&#233;ens. Discours pr&#233;sidentiel d'Emmanuel Macron en f&#233;vrier 2024 et 2025 envisageant publiquement l'envoi de troupes occidentales en Ukraine &#8212; formulation reprise et amplifi&#233;e par les ministres fran&#231;ais successifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce surengagement n'est pas du soutien d&#233;mocratique. C'est la transformation acc&#233;l&#233;r&#233;e du capitalisme fran&#231;ais en &#233;conomie de guerre. Dassault Aviation, Thales, MBDA, KNDS-Nexter, Safran, Naval Group : les principaux groupes d'armement fran&#231;ais ont vu leurs carnets de commandes exploser &#224; partir de 2022, leurs profits multipli&#233;s, leurs cours de Bourse atteindre des records historiques. La loi de programmation militaire 2024-2030 vot&#233;e en juillet 2023 a ent&#233;rin&#233; le doublement du budget de d&#233;fense fran&#231;ais entre 2017 et 2030, passant de 32 &#224; 67 milliards d'euros annuels. Le minist&#232;re de l'&#201;conomie a ouvertement parl&#233; d'&#171; &#233;conomie de guerre &#187;, formule reprise par Macron &#224; l'Eurosatory en juin 2022.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette transformation a un co&#251;t social m&#233;tropolitain. Le surco&#251;t budg&#233;taire de la d&#233;fense &#8212; environ 35 milliards d'euros suppl&#233;mentaires par an d'ici 2030 &#8212; est financ&#233; par des coupes dans les budgets sociaux (P&#244;le Emploi, allocations ch&#244;mage, retraites, sant&#233;), par la fiscalit&#233; indirecte (TVA, taxes sur l'&#233;nergie), par l'inflation administr&#233;e. C'est la classe ouvri&#232;re de France et les fractions pr&#233;caris&#233;es du prol&#233;tariat &#8212; sans-papier&#183;e&#183;s en premier lieu &#8212; qui paient mat&#233;riellement la guerre que l'&#201;tat fran&#231;ais m&#232;ne en Ukraine pour le compte du grand capital fran&#231;ais de l'armement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A1.C &#8212; Le pivot vers l'Afrique anglophone : Nairobi, mai 2026&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il faut nommer la troisi&#232;me pi&#232;ce du dispositif de recomposition : le pivot acc&#233;l&#233;r&#233; vers l'Afrique anglophone, dont le sommet de Nairobi de mai 2026 est l'expression la plus visible. Emmanuel Macron s'est rendu au Kenya le 11 mai 2026 pour un sommet de trois jours avec William Ruto, le pr&#233;sident k&#233;nyan, suivi d'&#233;tapes au Nigeria et au Ghana. Discours sur les &#171; nouveaux partenariats africains &#187;, signature d'accords industriels (TotalEnergies au Kenya, Bollor&#233;-Vincent au Nigeria, Veolia, Bouygues, Alstom), ouverture de lignes de cr&#233;dit AFD vers les pays anglophones d'Afrique de l'Est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette op&#233;ration est la traduction diplomatique-&#233;conomique du repli sah&#233;lien : ce que la France perd &#224; l'Ouest francophone, elle tente de le compenser &#224; l'Est anglophone. Logique de transfert d'influence du domaine francophone post-colonial historique vers les pays anglophones que la France n'a jamais directement colonis&#233;s mais qui font partie du m&#234;me bassin &#233;conomique africain. Tentative d'&#233;largissement de la sph&#232;re d'extraction du capitalisme fran&#231;ais au-del&#224; des zones o&#249; il a historiquement r&#233;gn&#233;, dans un contexte o&#249; la concurrence chinoise, russe, turque et indienne s'accro&#238;t partout sur le continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce pivot a des effets directs sur la composition migratoire fran&#231;aise. Les nationalit&#233;s africaines pr&#233;sentes dans le collectif du 65 boulevard de Strasbourg &#8212; C&#244;te d'Ivoire, Mali, S&#233;n&#233;gal, Burkina Faso, Guin&#233;e, Niger, Nig&#233;ria, Cameroun &#8212; correspondent toutes &#224; des zones o&#249; la France perd, recompose ou red&#233;ploie son influence. Les Maliens, Burkinab&#233;s et Nig&#233;riens des migrations r&#233;centes fuient des &#201;tats o&#249; le franc CFA, les conventions de d&#233;fense bilat&#233;rales et les op&#233;rations militaires fran&#231;aises ont organis&#233; pendant des d&#233;cennies les conditions de d&#233;sorganisation &#233;conomique et s&#233;curitaire qui les ont pouss&#233;s au d&#233;part. Les Nig&#233;rians, pr&#233;sents au 65, sont issus de la zone-pivot du nouveau red&#233;ploiement fran&#231;ais vers l'Afrique anglophone &#8212; la m&#234;me zone o&#249; la France cherche &#224; projeter ses groupes industriels (TotalEnergies, Bollor&#233;). La trajectoire mat&#233;rielle de la composition migratoire du collectif du 65 est l'effet direct des op&#233;rations imp&#233;rialistes fran&#231;aises au Sahel d'hier et en Afrique orientale d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A1.D &#8212; La fraction sans-papi&#232;re comme variable d'ajustement m&#233;tropolitaine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'articulation des trois dimensions &#8212; repli sah&#233;lien, surengagement ukrainien, pivot vers l'Afrique anglophone &#8212; produit un effet mat&#233;riel qu'il faut nommer politiquement : la compensation m&#233;tropolitaine du recul imp&#233;rialiste ext&#233;rieur passe par la surexploitation acc&#233;l&#233;r&#233;e de la fraction sans-papi&#232;re du prol&#233;tariat de France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;canisme mat&#233;riel est triple. Premi&#232;rement, l'arriv&#233;e en France d'une vague migratoire issue pr&#233;cis&#233;ment des zones o&#249; l'&#201;tat fran&#231;ais a fabriqu&#233; les conditions du d&#233;part &#8212; vague que la R&#233;publique accueille non pas comme prolongement mat&#233;riel de sa politique &#233;trang&#232;re (qu'il faudrait alors assumer politiquement), mais comme &#171; pression migratoire &#187; &#224; contenir par des dispositifs pr&#233;fectoraux et l&#233;gislatifs (loi Darmanin 2024, circulaire Retailleau 2025, suppression de l'AME, d&#233;mant&#232;lement des bidonvilles). Deuxi&#232;mement, la s&#233;lection pr&#233;fectorale qui transforme cette vague en main-d'&#339;uvre disponible pour les secteurs en tension de la m&#233;tropole (BTP, h&#244;tellerie, livraison, restauration, agriculture saisonni&#232;re, aide &#224; la personne, s&#233;curit&#233; priv&#233;e, coiffure et esth&#233;tique africaines comme au 65). S&#233;lection assur&#233;e par le dispositif kafala dissimul&#233;e &#224; la fran&#231;aise qui maintient la fraction sans-papi&#232;re dans une condition d'asservissement administratif. Troisi&#232;mement, le pilotage CGT conf&#233;d&#233;ral de cette s&#233;lection par le filtre du d&#233;p&#244;t collectif des UD &#8212; fonction structurelle prise depuis 2008 et confirm&#233;e au 65 en 2026.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fraction sans-papi&#232;re du prol&#233;tariat de France n'est pas un &#8220;&#224;-c&#244;t&#233;&#8221; du processus imp&#233;rialiste fran&#231;ais en recomposition. Elle en est la variable d'ajustement m&#233;tropolitaine. Quand l'arm&#233;e fran&#231;aise perd le Sahel, le capitalisme fran&#231;ais se rabat partiellement sur la surexploitation des travailleur&#183;euse&#183;s sah&#233;lien&#183;ne&#183;s &#224; Paris. Quand l'&#201;tat fran&#231;ais double son budget militaire pour l'Ukraine, il finance ce surco&#251;t en partie par les &#233;conomies r&#233;alis&#233;es sur les conditions mat&#233;rielles d'existence des sans-papier&#183;e&#183;s africain&#183;e&#183;s (restrictions AME, durcissement Retailleau, suppression des bourses, fermeture des h&#233;bergements d'urgence). Quand la France red&#233;ploie ses industriels vers Nairobi et Lagos, elle pr&#233;-organise d&#233;j&#224; la prochaine vague migratoire qu'elle exploitera demain &#224; Ch&#226;teau d'Eau, &#224; Aubervilliers, &#224; Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A1.E &#8212; Le silence strat&#233;gique des cinq courants intervenus sur le 65&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pr&#233;cis&#233;ment ce que aucun des cinq courants intervenus sur le dossier 65 n'a os&#233; articuler publiquement &#8212; ni la CGT conf&#233;d&#233;rale dans ses textes, ni Lutte Ouvri&#232;re, ni le NPA-R&#233;volutionnaires, ni le NPA-Anticapitaliste, ni R&#233;volution Permanente. La composition ouest-africaine du collectif a &#233;t&#233; factuellement mentionn&#233;e par certains des textes (notamment NPA-R 12 avril 2026, RP 31 mars 2026 qui mentionnent la composition par nationalit&#233;s). Mais aucun n'a nou&#233; cette composition &#224; la s&#233;quence imp&#233;rialiste fran&#231;aise 2020-2026 &#8212; Sahel-Ukraine-Nairobi. Aucun n'a &#233;crit que les Maliens, Burkinab&#233;s, Nig&#233;riens du collectif du 65 viennent pr&#233;cis&#233;ment des pays d'o&#249; l'arm&#233;e fran&#231;aise a &#233;t&#233; expuls&#233;e. Aucun n'a &#233;crit que cette expulsion ext&#233;rieure produit en miroir la surexploitation m&#233;tropolitaine. Aucun n'a articul&#233; politiquement la d&#233;faite militaire fran&#231;aise au Sahel et la &#171; victoire &#187; CGT du 65 &#8212; alors que les deux s&#233;quences se d&#233;roulent strictement en parall&#232;le, entre 2020 et 2026.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce silence n'est pas un oubli technique. Il s'inscrit dans la ligne sociale-chauvine document&#233;e par ailleurs de ces cinq courants : silence sur l'expulsion de Barkhane, silence sur les livraisons d'armes fran&#231;aises &#224; l'Ukraine, silence sur le doublement du budget militaire, silence sur les profits records des groupes d'armement fran&#231;ais, silence sur le pivot Nairobi, silence sur le d&#233;mant&#232;lement de l'AME. Les cinq courants se r&#233;clamant des int&#233;r&#234;ts des travailleurs ont, pendant toute la p&#233;riode 2020-2026, refus&#233; d'articuler la lutte des sans-papier&#183;e&#183;s en France &#224; la d&#233;faite politique de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais &#224; l'ext&#233;rieur &#8212; alors m&#234;me que cette articulation est la condition mat&#233;rielle de la victoire politique de la classe ouvri&#232;re sur la kafala dissimul&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette absence d'articulation est la signature politique du social-chauvinisme contemporain. Elle reproduit, sous une forme actualis&#233;e, la m&#234;me op&#233;ration de s&#233;paration que la Deuxi&#232;me Internationale a r&#233;alis&#233;e le 4 ao&#251;t 1914 &#8212; quand les social-d&#233;mocrates allemands, fran&#231;ais, britanniques et belges ont vot&#233; les cr&#233;dits de guerre de leurs &#201;tats respectifs au lieu de mobiliser leurs prol&#233;tariats contre la guerre imp&#233;rialiste. C'est exactement ce que les directions conf&#233;d&#233;rales et les courants centristes fran&#231;ais font aujourd'hui : ils accompagnent les op&#233;rations militaires imp&#233;rialistes fran&#231;aises en Ukraine (ou s'en accommodent par leur silence), ils refusent de nommer l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais comme adversaire principal de la classe ouvri&#232;re de France, et ils traitent simultan&#233;ment les sans-papier&#183;e&#183;s africain&#183;e&#183;s comme des &#171; victimes &#187; &#224; r&#233;gulariser par voie pr&#233;fectorale individuelle &#8212; sans jamais nommer le rapport imp&#233;rialiste qui produit mat&#233;riellement leur exode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A1.F &#8212; Notre position : d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire et liaison avec la fraction sans-papi&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre position est tranch&#233;e. La d&#233;faite politique de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais en Afrique d'hier et en Ukraine d'aujourd'hui est une condition mat&#233;rielle de l'&#233;mancipation de la classe ouvri&#232;re de France. Cette d&#233;faite, dans la tradition L&#233;nine 1915 &#8594; Trotsky 1938 &#8594; Barta, c'est le d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire : la position politique qui consiste &#224; nommer SA propre bourgeoisie comme adversaire principal de la classe ouvri&#232;re de France, et &#224; articuler la solidarit&#233; de classe internationale &#224; la lutte contre l'&#201;tat imp&#233;rialiste m&#233;tropolitain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette position implique cinq mots d'ordre articul&#233;s. Premi&#232;rement : pour la d&#233;faite militaire fran&#231;aise au Sahel, au Levant, en Ukraine &#8212; pas par chauvinisme inverse, mais parce que la victoire des op&#233;rations militaires fran&#231;aises renforce structurellement le pouvoir politique du grand capital fran&#231;ais sur la classe ouvri&#232;re de France. Deuxi&#232;mement : pour le d&#233;mant&#232;lement des op&#233;rations militaires fran&#231;aises ext&#233;rieures, pour l'expropriation sous contr&#244;le ouvrier des grands groupes d'armement fran&#231;ais (Dassault, Thales, KNDS-Nexter, Naval Group, Safran, MBDA). Troisi&#232;mement : pour l'expropriation des grands groupes fran&#231;ais structurant l'extraction &#233;conomique des zones domin&#233;es (TotalEnergies, Bollor&#233;-Vincent, Orange, Bouygues, Vinci, CMA-CGM), avec priorit&#233; &#224; ceux dont les profits viennent directement des zones d'origine des sans-papier&#183;e&#183;s pr&#233;sent&#183;e&#183;s en France. Quatri&#232;mement : pour l'abrogation des accords mon&#233;taires post-coloniaux (franc CFA-eco), pour la d&#233;nonciation des conventions de d&#233;fense bilat&#233;rales restantes (Djibouti, S&#233;n&#233;gal, C&#244;te d'Ivoire), pour la fin de la cha&#238;ne polici&#232;re d'expulsion (OQTF, CRA) qui sert de contrepartie m&#233;tropolitaine &#224; la guerre ext&#233;rieure. Cinqui&#232;mement : pour la r&#233;gularisation globale inconditionnelle de tous les sans-papier&#183;e&#183;s pr&#233;sent&#183;e&#183;s sur le territoire fran&#231;ais et de leurs personnes &#224; charge, comme premi&#232;re mesure mat&#233;rielle de rupture avec le dispositif kafala dissimul&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces cinq mots d'ordre sont articul&#233;s. Aucun ne peut &#234;tre port&#233; isol&#233;ment. Une politique de r&#233;gularisation globale qui ne nommerait pas l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais comme adversaire principal serait du tiers-mondisme philanthropique. Un d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire qui ne porterait pas la r&#233;gularisation globale serait du d&#233;faitisme abstrait sans contenu de classe. C'est l'articulation des deux qui constitue la position bolchevique-l&#233;niniste sur la fraction sans-papi&#232;re du prol&#233;tariat de France, et qui doit structurer la fraction r&#233;volutionnaire &#224; construire dans les Unions Locales syndicales et aupr&#232;s des collectifs autonomes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;faite politique de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais en France et &#224; l'ext&#233;rieur, c'est la m&#234;me s&#233;quence. Le 65 boulevard de Strasbourg et la base de Niamey expuls&#233;e, l'occupation du salon Sabadou &amp; Jade et le retrait de Barkhane, la r&#233;gularisation pr&#233;fectorale conditionnelle de neuf coiffeuses africaines et le surengagement militaire en Ukraine &#8212; toutes ces s&#233;quences sont les expressions diff&#233;rentielles d'un seul rapport politique fondamental. Ce rapport, c'est celui entre la classe ouvri&#232;re de France &#8212; dont la fraction sans-papi&#232;re fait partie int&#233;grante &#8212; et l'&#201;tat imp&#233;rialiste fran&#231;ais en recomposition strat&#233;gique. La politisation de ce rapport est la t&#226;che programmatique centrale de la fraction bolchevique-l&#233;niniste &#224; construire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ANNEXE 2 &#8212; LA DOCTRINE BINET DE LA CGT CONF&#201;D&#201;RALE : SOCIAL-CHAUVINISME FRAN&#199;AIS, D&#201;FENSE DE L'INDUSTRIE D'ARMEMENT, CONVERGENCE MAT&#201;RIELLE AVEC LE RN&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A2.A &#8212; La doctrine Binet est sociale-chauvine fran&#231;aise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction conf&#233;d&#233;rale CGT anim&#233;e par Sophie Binet depuis le congr&#232;s de Clermont-Ferrand de mars-avril 2023 d&#233;fend une position politique sur l'&#233;conomie fran&#231;aise qu'il faut nommer dans les termes l&#233;ninistes pr&#233;cis : c'est une position social-chauvine fran&#231;aise. Au sens strict que L&#233;nine a forg&#233; dans La Faillite de la II&#7497; Internationale en 1915 : &#171; l'opportunisme achev&#233;, des phrases socialistes pour couvrir une politique bourgeoise &#187; &#8212; c'est-&#224;-dire la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts du grand capital national pr&#233;sent&#233;e comme d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts du prol&#233;tariat national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La preuve documentaire en est la lettre adress&#233;e au Premier Ministre par Sophie Binet en mai 2026, qui mart&#232;le le possessif national &#224; chaque ligne : &#171; notre &#233;conomie &#187;, &#171; notre pays &#187;, &#171; notre industrie &#187;, &#171; relocaliser et d&#233;carboner notre industrie &#187;, &#171; prot&#233;ger notre &#233;conomie &#187;, &#171; la production en France d'un petit v&#233;hicule &#233;lectrique bon march&#233; &#187;. Le &#171; notre &#187; n'est pas un tic rh&#233;torique. C'est l'op&#233;rateur politique central de la lettre. Il identifie mat&#233;riellement le prol&#233;tariat fran&#231;ais au capital national fran&#231;ais contre la concurrence &#233;trang&#232;re &#8212; exactement ce que L&#233;nine d&#233;signait comme la trahison social-chauvine de la Deuxi&#232;me Internationale en ao&#251;t 1914 lorsque les social-d&#233;mocrates allemands, fran&#231;ais, britanniques et belges ont vot&#233; les cr&#233;dits de guerre de &#171; leur &#187; bourgeoisie nationale au lieu de mobiliser leurs prol&#233;tariats contre la guerre interimp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La forme a chang&#233; en 2026. Le contenu de classe est identique. La doctrine Binet ne d&#233;fend pas le prol&#233;tariat fran&#231;ais comme classe ouvri&#232;re internationale oppos&#233;e au capital fran&#231;ais ; elle d&#233;fend le prol&#233;tariat fran&#231;ais comme partie prenante d'un int&#233;r&#234;t national fran&#231;ais &#8212; notre &#233;conomie, notre industrie &#8212; oppos&#233; aux concurrents imp&#233;rialistes am&#233;ricains, chinois, allemands. Cette d&#233;fense produit mat&#233;riellement des effets pr&#233;cis : sur la guerre en Ukraine, sur la politique d'armement, sur la d&#233;fense nationale, sur les conflits industriels transnationaux, sur la fraction sans-papi&#232;re du prol&#233;tariat. Nous les examinons un &#224; un dans cette annexe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A2.B &#8212; La position Binet sur la guerre en Ukraine : alignement de fait sur Macron&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La doctrine Binet sur la guerre en Ukraine n'est pas formul&#233;e par un communiqu&#233; conf&#233;d&#233;ral autonome. Elle a &#233;t&#233; exprim&#233;e mat&#233;riellement par l'appel de Sophie Binet &#224; voter pour le Nouveau Front Populaire aux &#233;lections l&#233;gislatives de juin-juillet 2024. Le programme du NFP, sign&#233; par LFI, le PS, le PCF, EELV et plusieurs petites formations, stipulait explicitement, dans son volet politique &#233;trang&#232;re, &#171; livraison d'armes n&#233;cessaires &#187; &#224; l'Ukraine et &#171; soutien inconditionnel &#187; &#224; l'effort de guerre ukrainien &#8212; c'est-&#224;-dire l'engagement militaire et financier fran&#231;ais aux c&#244;t&#233;s de l'OTAN dans le prolongement direct de la politique de Macron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En appelant &#224; voter pour ce programme, la direction conf&#233;d&#233;rale CGT a politiquement valid&#233; l'engagement de l'&#201;tat imp&#233;rialiste fran&#231;ais dans la guerre en Ukraine. Aucun communiqu&#233; conf&#233;d&#233;ral post&#233;rieur n'a corrig&#233; cette position. Aucun communiqu&#233; conf&#233;d&#233;ral n'a appel&#233; &#224; la d&#233;faite militaire fran&#231;aise. Aucun communiqu&#233; conf&#233;d&#233;ral n'a revendiqu&#233; l'arr&#234;t des livraisons d'armes &#224; l'Ukraine. Aucun communiqu&#233; conf&#233;d&#233;ral n'a appel&#233; &#224; la fraternisation des soldats fran&#231;ais avec les classes ouvri&#232;res des pays en guerre. Aucun communiqu&#233; conf&#233;d&#233;ral n'a port&#233; la revendication d'expropriation des grands groupes d'armement fran&#231;ais qui r&#233;alisent depuis 2022 des profits records sur la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le silence conf&#233;d&#233;ral sur ces cinq points n'est pas un oubli. Il exprime la coh&#233;rence de la position : la CGT conf&#233;d&#233;rale accompagne la guerre que m&#232;ne l'&#201;tat imp&#233;rialiste fran&#231;ais en Ukraine, en pr&#233;sentant cet accompagnement comme conqu&#234;te ouvri&#232;re (pr&#233;servation des emplois industriels fran&#231;ais, d&#233;fense de l'industrie nationale, n&#233;gociation de la place de la France dans le partage du fardeau atlantique de la guerre). C'est exactement ce que la Deuxi&#232;me Internationale a fait le 4 ao&#251;t 1914 sous la signature de L&#233;on Jouhaux pour la CGT fran&#231;aise. La filiation est directe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A2.C &#8212; La doctrine Binet sur l'industrie d'armement fran&#231;aise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position publique de Binet sur l'&#233;conomie de guerre fran&#231;aise se d&#233;ploie en deux formules qu'il faut lire ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re formule, 27 novembre 2025, conf&#233;rence de presse conf&#233;d&#233;rale CGT : &#171; On ferme des lits d'h&#244;pitaux pour construire des obus. &#187; La formule d&#233;nonce la hausse de +6,7 milliards d'euros du budget militaire fran&#231;ais inscrite au projet de loi de finances 2026, simultan&#233;ment aux 7,1 milliards d'euros d'&#233;conomies pr&#233;vues sur les budgets de la sant&#233;. Sur son registre &#8212; la sym&#233;trie rh&#233;torique entre d&#233;penses militaires et coupes sociales &#8212; la formule est juste. Mais elle ne va pas au-del&#224; du registre rh&#233;torique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me formule, mars 2025, &#233;mission Les 4 v&#233;rit&#233;s sur France 2, sur les cr&#233;dits militaires fran&#231;ais : &#171; On ne peut pas nous parler matin, midi et soir d'&#233;conomie de guerre et laisser mourir notre industrie. &#187; La critique ne porte plus sur l'&#233;conomie de guerre elle-m&#234;me mais sur la captation insuffisante par l'industrie d'armement fran&#231;aise des budgets militaires. &#171; Notre &#187; industrie &#8212; la formule d&#233;signe ici l'industrie d'armement fran&#231;aise face &#224; ses concurrentes (am&#233;ricaine notamment). La doctrine Binet ne combat pas la militarisation de l'&#233;conomie fran&#231;aise ; elle revendique que cette militarisation profite aux Dassault, Thales, KNDS-Nexter, Naval Group, Safran, MBDA, Airbus Defence and Space &#8212; pas aux Lockheed Martin, Raytheon, General Dynamics, Northrop Grumman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position conf&#233;d&#233;rale prise dans son ensemble n'a port&#233; aucune revendication d'expropriation sous contr&#244;le ouvrier de l'industrie d'armement fran&#231;aise. Aucune intervention politique sur les contrats d'export d'armement fran&#231;ais vers les &#201;tats autoritaires (Arabie saoudite, &#201;mirats, &#201;gypte, Inde, Qatar). Aucune campagne contre les livraisons d'armes fran&#231;aises &#224; l'Ukraine. Aucune campagne contre le doublement du budget militaire entre 2017 et 2030 (LPM 2024-2030 vot&#233;e en juillet 2023). Aucune campagne sur la conversion civile des sites d'armement fran&#231;ais. Aucune mobilisation contre l'engagement militaire fran&#231;ais en op&#233;rations ext&#233;rieures. La formule du 27 novembre 2025 (&#171; lits d'h&#244;pitaux contre obus &#187;) fonctionne comme alibi antimilitariste qui permet &#224; la conf&#233;d&#233;ration de para&#238;tre critique de l'&#233;conomie de guerre, tout en accompagnant mat&#233;riellement par sa politique syndicale globale l'industrie d'armement fran&#231;aise qu'elle revendique par ailleurs comme partie de &#171; notre industrie &#187; &#224; d&#233;fendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A2.D &#8212; Les f&#233;d&#233;rations CGT mat&#233;riellement int&#233;gr&#233;es &#224; l'industrie d'armement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La doctrine Binet n'est pas une d&#233;viation isol&#233;e. Elle s'appuie sur une r&#233;alit&#233; organisationnelle : plusieurs f&#233;d&#233;rations CGT importantes sont mat&#233;riellement int&#233;gr&#233;es &#224; l'industrie d'armement fran&#231;aise et y trouvent leur int&#233;r&#234;t corporatif imm&#233;diat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La FTM-CGT (F&#233;d&#233;ration des Travailleurs de la M&#233;tallurgie) regroupe la majorit&#233; des salari&#233;s fran&#231;ais de l'industrie d'armement. Elle pr&#233;pare en novembre 2026 une mobilisation nationale annonc&#233;e comme &#171; gr&#232;ve pour la d&#233;fense de l'industrie &#187;. Le cadrage actuel de cette mobilisation inclut les sites d'armement comme &#171; industrie fran&#231;aise &#224; d&#233;fendre &#187; au m&#234;me titre que les sites automobiles, sid&#233;rurgiques, ferroviaires. Aucune distinction politique n'est faite entre production civile et production militaire. Aucune revendication de conversion civile des sites d'armement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La FNTE-CGT (F&#233;d&#233;ration Nationale des Travailleurs de l'&#201;tat) couvre les 64 000 agents civils du minist&#232;re des Arm&#233;es fran&#231;ais : personnels administratifs, techniciens, ouvriers d'&#201;tat des arsenaux, ing&#233;nieurs des essais, personnels des bases militaires. Cette f&#233;d&#233;ration ne porte aucune position politique d'opposition aux op&#233;rations militaires fran&#231;aises ext&#233;rieures, aux livraisons d'armes &#224; l'Ukraine, &#224; l'engagement militaire au Moyen-Orient. Ligne strictement corporative : conditions de travail, r&#233;mun&#233;rations, statuts. La question politique du contenu mat&#233;riel du travail &#8212; armer un &#201;tat imp&#233;rialiste en op&#233;rations ext&#233;rieures &#8212; n'est jamais pos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT Airbus Helicopters Marignane, anim&#233;e par Christian Bazzali (militant Lutte Ouvri&#232;re), est l'un des cas d'&#233;cole les plus parlants. Le site produit le NH90 &#8212; h&#233;licopt&#232;re militaire OTAN &#8212; &#233;quipement central des op&#233;rations ext&#233;rieures fran&#231;aises et alli&#233;es. La base a&#233;rienne d'Istres, &#224; proximit&#233;, abrite les KC-135 (avions ravitailleurs nucl&#233;aires) et les Rafale strat&#233;giques de la force de dissuasion fran&#231;aise. Aucun communiqu&#233; de la CGT Airbus Helicopters Marignane n'a port&#233; de revendication de contr&#244;le ouvrier sur la production militaire du site, ni d'appel en direction des soldats de la base d'Istres. Lutte Ouvri&#232;re syndique par l'interm&#233;diaire de Bazzali des travailleurs qui produisent mat&#233;riellement des armements pour les op&#233;rations imp&#233;rialistes fran&#231;aises et de l'OTAN, et ne politise pas ce fait. Le silence pratique du courant qui se r&#233;clame le plus explicitement de la tradition Barta est, sur ce dossier, l'expression la plus parlante de la fonction sociale-chauvine que nous d&#233;crivons ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Renault Le Mans et Cl&#233;on &#8212; projet Chorus. Reconversion militaire directe d'un site automobile fran&#231;ais vers la production de drones armables. Objectif annonc&#233; : 600 drones par mois, investissement d'un milliard d'euros sur dix ans, d&#233;marrage juin 2026. Aucune mobilisation de la CGT Renault Le Mans ni de la CGT Renault Cl&#233;on contre cette reconversion. Aucun appel &#224; refuser la production militaire. Aucun appel au contr&#244;le ouvrier sur ce que les sites produiront. La reconversion militaire d'une partie de l'industrie automobile fran&#231;aise se fait sans aucune contestation politique par les structures syndicales CGT directement concern&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Forges de Tarbes (KNDS). Site historique de fabrication de douilles et de corps d'obus pour l'artillerie fran&#231;aise. Arr&#234;t de production du 27 f&#233;vrier au 10 mars 2026 pour rupture d'approvisionnement en acier. La CGT locale aux Forges de Tarbes soutient publiquement la relance de la production d'obus, pr&#233;sent&#233;e comme question d'emplois fran&#231;ais &#224; pr&#233;server. Le contenu mat&#233;riel de la production &#8212; les obus livr&#233;s &#224; l'arm&#233;e fran&#231;aise pour les op&#233;rations ext&#233;rieures et &#224; l'Ukraine &#8212; ne fait l'objet d'aucune intervention politique de la CGT locale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A2.E &#8212; La convergence mat&#233;rielle CGT-RN sur la sid&#233;rurgie de d&#233;fense : l'amendement 133&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expression la plus mat&#233;rielle de la doctrine social-chauvine fran&#231;aise port&#233;e par la CGT conf&#233;d&#233;rale est sa convergence objective avec le Rassemblement National sur la d&#233;fense de la sid&#233;rurgie fran&#231;aise orient&#233;e vers l'industrie d'armement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette convergence est attest&#233;e par un acte parlementaire pr&#233;cis. L'amendement n&#176; 133 d&#233;pos&#233; le 24 novembre 2025 &#224; l'Assembl&#233;e nationale dans le cadre de la discussion du projet de loi de finances 2026, sign&#233; par Fr&#233;d&#233;ric Jacobelli, Gis&#232;le Lelouis, Sandrine Lottiaux et Herv&#233; de L&#233;pinau (groupe RN), revendique la nationalisation d'ArcelorMittal France. L'expos&#233; des motifs de l'amendement est explicite : &#171; L'acier demeure un mat&#233;riau strat&#233;gique pour la souverainet&#233; industrielle et militaire de la France [&#8230;] la production d'armements, infrastructures, navires, blind&#233;s. &#187; L'argument central de la nationalisation revendiqu&#233;e par le RN est militaire : assurer la disponibilit&#233; mat&#233;rielle de l'acier fran&#231;ais pour la production d'armement fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT-FTM communique parall&#232;lement en novembre 2025 sur la m&#234;me base &#8212; la d&#233;fense de la sid&#233;rurgie fran&#231;aise au nom de la souverainet&#233; industrielle nationale, avec la m&#234;me argumentation sur le caract&#232;re strat&#233;gique de l'acier fran&#231;ais. La CGT-FTM ne mentionne pas la finalit&#233; militaire de l'acier en termes critiques. Elle l'accepte comme param&#232;tre structurant de la lutte pour le maintien des sites sid&#233;rurgiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La convergence mat&#233;rielle entre la CGT-FTM et le RN sur la sid&#233;rurgie fran&#231;aise orient&#233;e vers l'armement est donc objective et document&#233;e. Les deux organisations d&#233;fendent en novembre 2025 la nationalisation d'ArcelorMittal France, avec le m&#234;me argument &#233;conomique g&#233;n&#233;ral (souverainet&#233; industrielle fran&#231;aise), dont la finalit&#233; militaire explicite chez le RN est silencieusement accept&#233;e par la CGT-FTM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette convergence n'est pas une co&#239;ncidence rh&#233;torique. Elle est l'effet mat&#233;riel objectif du social-chauvinisme commun aux deux organisations : d&#233;fense du capital national fran&#231;ais contre ses concurrentes imp&#233;rialistes &#233;trang&#232;res, d&#233;fense de l'industrie de d&#233;fense fran&#231;aise comme pilier de la souverainet&#233; nationale, identification des int&#233;r&#234;ts des salari&#233;s fran&#231;ais &#224; ceux du capital industriel fran&#231;ais. La forme politique diff&#232;re &#8212; la CGT se pr&#233;sente comme syndicat de classe, le RN comme parti national patriote &#8212; mais la fonction politique objective est identique. C'est exactement ce que L&#233;nine d&#233;signait en 1915 par la fonction politique objective des directions ouvri&#232;res social-chauvines : produire mat&#233;riellement, par leurs pratiques politiques propres, les conditions de stabilit&#233; de l'&#201;tat imp&#233;rialiste de leur propre pays, ind&#233;pendamment des intentions subjectives de leurs militants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A2.F &#8212; Le patriotisme &#233;conomique : la s&#233;quence Poissy-K&#233;nitra-Tafraoui-Zaragoza-Le Mans&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expression la plus visible du social-chauvinisme fran&#231;ais de l'&#233;cosyst&#232;me CGT-LO-NPA-R-RP-NPA-A en 2026 est la mobilisation sur le dossier Stellantis Poissy d'avril 2026.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les faits mat&#233;riels. Stellantis annonce en 2026 la fermeture progressive de son site fran&#231;ais de Poissy (Yvelines). Simultan&#233;ment, le groupe investit 1,2 milliard d'euros &#224; K&#233;nitra (Maroc) pour doubler la capacit&#233; de l'usine &#224; 535 000 v&#233;hicules par an, cr&#233;er 3 000 emplois, et y d&#233;localiser la production de la Citro&#235;n C4 &#224; partir de 2029. Stellantis investit aussi &#224; Tafraoui (Alg&#233;rie) &#8212; capacit&#233; de 90 000 unit&#233;s par an d'ici 2026. Stellantis Zaragoza (Espagne) r&#233;cup&#232;re la DS3 retir&#233;e de Poissy. Stellantis investit aux &#201;tats-Unis 13 milliards de dollars sur 2025-2028. Italie : &#8722;31,7 % de production en 2024, Cassino &#8722;37 %. Pivot militaire parall&#232;le &#224; 250 km de Poissy : projet Chorus de Renault au Mans avec Cl&#233;on &#8212; drones armables, d&#233;marrage juin 2026, objectif 600 par mois, un milliard d'euros sur dix ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les positions des courants se r&#233;clamant des int&#233;r&#234;ts du prol&#233;tariat fran&#231;ais. Nathalie Arthaud &#233;crit dans Lutte ouvri&#232;re le 20 avril 2026 : &#171; Le droit &#224; un salaire est un droit vital. &#187; Trois jours plus tard, Jean-Pierre Mercier (LO, ex-CGT Stellantis) reprend mot pour mot le m&#234;me registre &#224; la tribune de Poissy. Le 23 avril, R&#233;volution Permanente titre &#171; la force des travailleurs, c'est la gr&#232;ve &#187;. Le NPA-R, dans L'Anticapitaliste, publie l'analyse empirique la plus fine de la man&#339;uvre patronale. Quatre courants, quatre styles. Aucun ne nomme K&#233;nitra. Aucun ne nomme Tafraoui. Aucun ne nomme Zaragoza. Aucun ne nomme Cassino. Aucun ne nomme Le Mans-Cl&#233;on ni le projet Chorus. Aucun ne s'adresse aux ouvriers marocains, alg&#233;riens, espagnols, italiens, allemands du m&#234;me trust Stellantis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce silence n'est pas un oubli. C'est la forme fran&#231;aise contemporaine du patriotisme &#233;conomique, habill&#233;e en radicalit&#233; syndicale. La d&#233;fense des emplois &#224; Poissy sans articulation transnationale devient, objectivement, la d&#233;fense du droit des ouvriers fran&#231;ais &#224; &#234;tre exploit&#233;s par la bourgeoisie fran&#231;aise. C'est exactement ce que la doctrine Binet de la CGT conf&#233;d&#233;rale porte sur le plan strat&#233;gique d'ensemble : prot&#233;ger &#171; notre industrie &#187;, &#171; notre &#233;conomie &#187;, &#171; notre pays &#187;, contre la d&#233;localisation et la concurrence &#233;trang&#232;re, au prix de l'isolement politique du prol&#233;tariat fran&#231;ais de ses fr&#232;res de classe internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A2.G &#8212; La base critique CGT et son isolement structurel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une opposition syndicale interne existe au sein de la CGT, et elle doit &#234;tre nomm&#233;e &#8212; non pour la flatter, mais pour identifier les militants avec lesquels la fraction r&#233;volutionnaire &#224; construire devra dialoguer politiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT-TEFP (Travail, Emploi, Formation Professionnelle) a publi&#233; en 2026 un tract intitul&#233; &#171; Non &#224; l'imp&#233;rialisme et &#224; la course aux armements ! &#187;. La CGT Soci&#233;t&#233;s d'&#201;tudes Haute-Garonne a publi&#233; le 30 mars 2026 un communiqu&#233; intitul&#233; &#171; Non au tournant militariste ! &#187; qui d&#233;nonce l'engagement fran&#231;ais en Ukraine et la transformation de l'&#233;conomie fran&#231;aise en &#233;conomie de guerre. Plusieurs syndicats CGT de l'&#233;ducation, de la sant&#233;, de la fonction publique ont &#224; divers degr&#233;s exprim&#233; des positions de d&#233;fiance vis-&#224;-vis de la doctrine conf&#233;d&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces positions de base sont politiquement justes sur leur registre antimilitariste &#8212; mais elles restent insuffisantes sur deux points d&#233;cisifs. Aucune ne porte explicitement la ligne de d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire au sens l&#233;niniste : nommer l'&#201;tat imp&#233;rialiste fran&#231;ais comme adversaire principal et appeler &#224; sa d&#233;faite militaire dans la guerre en Ukraine. Et aucune n'articule la lutte contre l'industrie d'armement fran&#231;aise &#224; la lutte contre la kafala dissimul&#233;e et la surexploitation de la fraction sans-papi&#232;re du prol&#233;tariat de France &#8212; c'est-&#224;-dire &#224; la dimension m&#233;tropolitaine du m&#234;me rapport imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fraction r&#233;volutionnaire &#224; construire devra dialoguer politiquement avec ces militants de base CGT-TEFP, CGT Soc-&#201;tudes, CGT &#233;ducation, CGT sant&#233; &#8212; non pour les rallier &#224; un sigle, mais pour les aider &#224; articuler doctrinalement leur antimilitarisme spontan&#233; &#224; la position bolchevique-l&#233;niniste compl&#232;te. Ce dialogue doit s'appuyer sur la filiation mat&#233;rielle Monatte &#8211; Rosmer &#8211; Loriot &#8211; P&#233;ricat : les syndicalistes-r&#233;volutionnaires fran&#231;ais qui ont rejoint le bolchevisme entre 1921 et 1922 sur la base d'un programme pr&#233;cis &#8212; contr&#244;le ouvrier sur la production, comit&#233;s d'usine, armement du prol&#233;tariat, renversement de leur propre imp&#233;rialisme fran&#231;ais. C'est cette filiation, plus que la r&#233;f&#233;rence abstraite &#224; L&#233;nine ou &#224; Trotsky, qui parle aux militants CGT de base contemporains, parce qu'elle est inscrite dans leur histoire syndicale m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A2.H &#8212; La doctrine Binet confront&#233;e aux exigences du d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinq questions politiques pr&#233;cises permettent de mesurer toute position publique sur l'&#201;tat imp&#233;rialiste de son propre pays &#8212; questions que L&#233;nine a clarifi&#233;es entre 1915 et 1916 dans la s&#233;quence La Faillite de la II&#7497; Internationale (1915) et L'imp&#233;rialisme, stade supr&#234;me du capitalisme (1916) et que la tradition r&#233;volutionnaire fran&#231;aise a port&#233;es de Monatte et Rosmer &#224; Barta en passant par Loriot et P&#233;ricat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une organisation ouvri&#232;re nomme-t-elle SA propre bourgeoisie comme adversaire principal de la classe ouvri&#232;re de son pays ? Sur ce point la doctrine Binet nomme la &#171; finance mondialis&#233;e &#187;, les &#171; groupes &#233;trangers &#187;, l'&#171; ultralib&#233;ralisme am&#233;ricain &#187;. Le possessif &#171; notre &#187; identifie le prol&#233;tariat fran&#231;ais au capital national fran&#231;ais &#8212; l'adversaire principal nomm&#233; n'est jamais la bourgeoisie fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appelle-t-elle &#224; la d&#233;faite militaire de SON gouvernement dans la guerre imp&#233;rialiste en cours ? Non, pas pour ce qui concerne la guerre en Ukraine ni les op&#233;rations ext&#233;rieures fran&#231;aises. L'appel &#224; voter NFP 2024 a au contraire valid&#233; l'engagement militaire fran&#231;ais aux c&#244;t&#233;s de l'OTAN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revendique-t-elle l'expropriation sous contr&#244;le ouvrier de l'industrie d'armement de son propre pays ? Non. La doctrine Binet revendique au contraire la d&#233;fense de &#171; notre industrie &#187; face &#224; la concurrence am&#233;ricaine, et porte par ses f&#233;d&#233;rations m&#233;tallurgiques la d&#233;fense mat&#233;rielle des sites d'armement fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appelle-t-elle &#224; la constitution de comit&#233;s de soldats ayant droit de refus d'ordre dans les op&#233;rations ext&#233;rieures ? Non. Aucune intervention politique sur la composition des forces arm&#233;es fran&#231;aises ni sur les conditions mat&#233;rielles d'existence des soldats fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lie-t-elle ces revendications &#224; la perspective de la dictature du prol&#233;tariat et &#224; l'Internationale r&#233;volutionnaire &#224; reconstruire ? Non. Aucun horizon politique au-del&#224; de la &#171; R&#233;publique sociale &#187; fran&#231;aise r&#233;form&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les cinq points, la doctrine Binet r&#233;pond n&#233;gativement. C'est la position politique d'un courant social-chauvin fran&#231;ais pur, au sens technique pr&#233;cis que L&#233;nine a forg&#233; en 1915-1916 pour caract&#233;riser les directions ouvri&#232;res int&#233;gr&#233;es &#224; l'&#201;tat imp&#233;rialiste de leur pays &#8212; directions qui produisent mat&#233;riellement, par leurs pratiques politiques propres et ind&#233;pendamment des intentions subjectives de leurs militants, les conditions de stabilit&#233; du syst&#232;me qu'elles pr&#233;tendent combattre. La forme a chang&#233; entre la CGT de L&#233;on Jouhaux le 4 ao&#251;t 1914 et la CGT de Sophie Binet en 2026 ; le contenu de classe est identique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A2.I &#8212; Notre position : fraction syndicale r&#233;volutionnaire, contr&#244;le ouvrier sur l'armement, articulation avec la r&#233;gularisation globale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre position est tranch&#233;e. La doctrine Binet ne peut pas &#234;tre r&#233;form&#233;e par la voie unique des congr&#232;s conf&#233;d&#233;raux, parce qu'elle exprime un rapport de classe et non une position contingente. Elle peut seulement &#234;tre combattue par la construction patiente d'une fraction r&#233;volutionnaire bolchevique-l&#233;niniste &#224; l'int&#233;rieur des structures syndicales CGT-Solidaires-FSU-FO, dans la filiation mat&#233;rielle des syndicalistes-r&#233;volutionnaires Monatte-Rosmer-Loriot-P&#233;ricat qui ont rejoint le bolchevisme en 1921-1922.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fraction syndicale doit porter publiquement et sans ambigu&#239;t&#233; cinq mots d'ordre articul&#233;s. Premi&#232;rement, d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire pour la France en Ukraine, au Sahel, au Levant &#8212; sans le d&#233;guiser en &#171; pacifisme &#187; ni en &#171; anti-OTAN &#187; abstrait. Deuxi&#232;mement, expropriation sous contr&#244;le ouvrier des grands groupes d'armement fran&#231;ais (Dassault, Thales, KNDS-Nexter, Naval Group, Safran, MBDA, Airbus Defence) &#8212; pas pour optimiser leur production, mais pour l'arr&#234;ter et la reconvertir mat&#233;riellement vers des productions utiles &#224; la classe ouvri&#232;re. Troisi&#232;mement, contr&#244;le ouvrier sur la production dans les sites d'armement (NH90 Marignane, obus Forges de Tarbes, drones Chorus Le Mans-Cl&#233;on, missiles MBDA, Rafale M&#233;rignac, sous-marins Naval Group) &#8212; avec droit d'enqu&#234;te, droit de veto sur les livraisons, droit de refus d'ordre. Quatri&#232;mement, appel direct aux soldats fran&#231;ais en op&#233;rations ext&#233;rieures &#8212; comit&#233;s de soldats, droit de refus d'ordre, fraternisation avec les classes ouvri&#232;res des pays attaqu&#233;s. Cinqui&#232;mement et articul&#233; mat&#233;riellement aux quatre pr&#233;c&#233;dents : r&#233;gularisation globale inconditionnelle de tous les sans-papier&#183;e&#183;s et de leurs personnes &#224; charge, par carte de r&#233;sident de dix ans, ouverte &#224; la pleine citoyennet&#233; politique au nom de la Constitution de l'An I (1793) &#8212; comme rupture mat&#233;rielle avec le dispositif kafala dissimul&#233;e qui constitue le pendant m&#233;tropolitain du social-chauvinisme fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces cinq mots d'ordre sont articul&#233;s et indissociables. Aucun ne peut &#234;tre port&#233; isol&#233;ment. La construction de la fraction syndicale r&#233;volutionnaire qui les portera ensemble est la t&#226;che politique de l'heure. C'est cette construction que nous appelons, dans la continuit&#233; mat&#233;rielle de la m&#233;thode Monatte-Rosmer-Loriot-P&#233;ricat-Barta, dans la filiation bolchevique-l&#233;niniste de la IV&#7497; Internationale, et dans l'articulation programmatique avec la lutte des fractions sans-papi&#232;res du prol&#233;tariat de France qui occupent depuis cinquante ans la pointe avanc&#233;e de cette bataille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ANNEXE 3 &#8212; PANAFRICANISME MILITANT FRAN&#199;AIS ET LUTTE DE CLASSE EN FRANCE : LE SILENCE SUR LE 65 BOULEVARD DE STRASBOURG&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A3.A &#8212; Le panafricanisme classique : un apport historique &#224; distinguer du socialisme scientifique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le panafricanisme comme courant politique a produit depuis le congr&#232;s de Manchester de 1945 une r&#233;flexion substantielle sur la critique du colonialisme europ&#233;en, sur l'unit&#233; du continent africain, sur l'articulation entre &#233;mancipation nationale et &#233;mancipation sociale. Les figures fondatrices &#8212; W. E. B. Du Bois, Kwame Nkrumah, Am&#237;lcar Cabral, George Padmore &#8212; ont contribu&#233; &#224; clarifier des questions politiques que la tradition marxiste europ&#233;enne, marqu&#233;e par l'eurocentrisme structurel de la Deuxi&#232;me Internationale, n'avait pas su poser correctement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois &#233;claircissements de ce courant m&#233;ritent d'&#234;tre nomm&#233;s. Premi&#232;rement, l'analyse de la dimension psycho-politique du colonialisme &#8212; comment le colonialisme produit non seulement une exploitation &#233;conomique, mais aussi une int&#233;riorisation de l'inf&#233;riorit&#233; par les colonis&#233;s. Deuxi&#232;mement, l'analyse de la formation de la &#171; bourgeoisie comprador &#187; dans les pays post-coloniaux (Nkrumah, N&#233;o-colonialisme, 1965) &#8212; fraction de classe qui prolonge les rapports de domination coloniale apr&#232;s l'ind&#233;pendance formelle. Troisi&#232;mement, l'analyse de l'articulation entre lutte de lib&#233;ration nationale et lutte de classe que Cabral a th&#233;oris&#233;e comme &#171; suicide de classe de la petite bourgeoisie r&#233;volutionnaire &#187; dans Unit&#233; et lutte (1973).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces apports doivent &#234;tre reconnus pour ce qu'ils sont. Mais il faut, dans le m&#234;me mouvement, distinguer rigoureusement le panafricanisme comme courant politique du socialisme scientifique au sens marxiste, l&#233;niniste et trotskyste. Le panafricanisme classique reste, dans ses &#233;laborations centrales, un courant nationaliste r&#233;volutionnaire ou tiers-mondiste anti-imp&#233;rialiste, pas un courant de la tradition bolchevique-l&#233;niniste. Cette distinction n'est pas une d&#233;valorisation. C'est l'identification des limites doctrinales du courant &#8212; limites qui produisent mat&#233;riellement, comme nous le verrons dans les sections suivantes, des effets politiques pr&#233;cis sur la question des sans-papier&#183;e&#183;s africain&#183;e&#183;s en France m&#233;tropolitaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A3.B &#8212; Fanon et Sankara : nationalisme petit-bourgeois, pas socialisme scientifique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Frantz Fanon et Thomas Sankara sont les deux figures les plus mobilis&#233;es en France contemporaine pour fonder une politique panafricaine de gauche. Il faut les caract&#233;riser politiquement avec pr&#233;cision, parce qu'ils sont syst&#233;matiquement assimil&#233;s &#224; la tradition r&#233;volutionnaire prol&#233;tarienne &#8212; ce qu'ils ne sont pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Frantz Fanon (1925-1961), m&#233;decin martiniquais engag&#233; dans le FLN alg&#233;rien, a produit dans Les Damn&#233;s de la Terre (1961) et Peau noire, masques blancs (1952) une analyse psycho-politique du colonialisme dont l'apport th&#233;orique sur la dimension subjective de la domination coloniale est r&#233;el. Sa critique de la &#171; bourgeoisie nationale &#187; post-coloniale africaine, dans le chapitre VI des Damn&#233;s de la Terre, anticipe l'analyse de la bourgeoisie comprador d&#233;velopp&#233;e par Nkrumah en 1965. Mais Fanon ne s'inscrit pas dans la tradition du socialisme scientifique. Son cadre th&#233;orique central &#8212; la &#171; violence anticoloniale &#187; comme purification ontologique du colonis&#233; &#8212; rel&#232;ve d'une anthropologie existentialiste marqu&#233;e par sa formation ph&#233;nom&#233;nologique, pas d'une analyse marxiste du rapport de production capitaliste comme matrice de l'oppression coloniale. Sa position politique pratique fut le soutien &#224; une fraction nationaliste petit-bourgeoise &#8212; le FLN alg&#233;rien &#8212; contre la m&#233;tropole imp&#233;rialiste fran&#231;aise, sans articulation &#224; une strat&#233;gie de classe ouvri&#232;re internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thomas Sankara (1949-1987), pr&#233;sident du Burkina Faso de 1983 &#224; son assassinat en 1987, a men&#233; dans son court mandat des politiques r&#233;elles et courageuses : vaccination de masse, alphab&#233;tisation, redistribution des terres, refus du paiement de la dette coloniale, expulsion du FMI. Sa pratique politique m&#233;rite le respect que sa fin tragique impose &#8212; assassin&#233; par Compaor&#233; soutenu par la France de Mitterrand et la C&#244;te d'Ivoire d'Houphou&#235;t-Boigny. Mais sa politique reste structurellement un nationalisme r&#233;volutionnaire petit-bourgeois de d&#233;veloppement anti-imp&#233;rialiste, pas une dictature du prol&#233;tariat construite par les comit&#233;s ouvriers et paysans du Burkina sur le mod&#232;le bolchevique. Le Conseil national de la r&#233;volution (CNR) sankariste &#233;tait une formation militaire d'&#201;tat, pas un soviet ouvrier-paysan. La r&#233;f&#233;rence l&#233;ninienne au pouvoir des soviets ne structure pas sa politique pratique. Il n'a pas appel&#233; &#224; la r&#233;volution prol&#233;tarienne mondiale, il a appel&#233; &#224; la lib&#233;ration nationale africaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette distinction tranch&#233;e n'enl&#232;ve rien &#224; la valeur politique des figures de Fanon et de Sankara dans la lutte anti-imp&#233;rialiste de leur &#233;poque. Elle interdit seulement de les assimiler &#224; la tradition marxiste r&#233;volutionnaire &#224; laquelle se r&#233;f&#232;re le pr&#233;sent texte. Les figures historiques avec lesquelles nous nous inscrivons en filiation politique sur la question noire et coloniale sont autres : Toussaint Louverture (r&#233;volution esclave victorieuse &#224; Saint-Domingue, &#233;tudi&#233;e par C.L.R. James dans Les Jacobins noirs, 1938), Malcolm X dans la derni&#232;re phase de sa vie (1964-1965, en convergence avec les marxistes-r&#233;volutionnaires am&#233;ricains du Socialist Workers Party trotskyste avant son assassinat), C.L.R. James lui-m&#234;me (marxiste noir trinidadien, en discussion directe avec Trotsky en 1939 sur la question noire aux &#201;tats-Unis), Fred Hampton (Black Panther marxiste-l&#233;niniste, animateur de la Rainbow Coalition &#224; Chicago en 1969, assassin&#233; &#224; 21 ans par le FBI et la police le 4 d&#233;cembre 1969). C'est dans cette filiation &#8212; pas dans celle de Fanon ni de Sankara &#8212; que s'inscrit la politique communiste sur la question noire et sur les fractions sans-papi&#232;res africaines du prol&#233;tariat de France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A3.C &#8212; Le panafricanisme militant fran&#231;ais contemporain : Kemi Seba et Urgences Panafricanistes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le courant panafricaniste militant le plus visible en France contemporaine est anim&#233; par Kemi Seba (Stellio Gilles Robert Capo Chichi, n&#233; en 1981) et son organisation Urgences Panafricanistes (fond&#233;e en 2011 au S&#233;n&#233;gal apr&#232;s son installation &#224; Dakar).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La trajectoire politique de Kemi Seba m&#233;rite d'&#234;tre nomm&#233;e dans sa continuit&#233;. Tribu Ka, fond&#233;e en 2004, est dissoute par les autorit&#233;s fran&#231;aises pour incitation &#224; la haine raciale et antis&#233;mitisme. Mouvement des Damn&#233;s de l'Imp&#233;rialisme (MDI) ensuite, New Black Panther Party bri&#232;vement, puis installation au S&#233;n&#233;gal en 2011 et fondation d'Urgences Panafricanistes. Position publique actuelle : &#171; Nous ne sommes pas anti-occidentaux, nous sommes pro-africains. &#187; Critique anti-CFA, anti-Fran&#231;afrique, anti-Barkhane. Convergence affich&#233;e avec les juntes militaires de l'Alliance des &#201;tats du Sahel (Go&#239;ta au Mali, Traor&#233; au Burkina Faso, Tchiani au Niger). Environ 300 000 abonn&#233;s sur les r&#233;seaux sociaux. Retrait de la nationalit&#233; fran&#231;aise en juillet 2024. Arrestation &#224; Paris en octobre 2024 par la DGSI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La critique du chercheur Christophe Premat (universit&#233; de Stockholm) publi&#233;e dans The Conversation est pr&#233;cise : Kemi Seba op&#232;re un &#171; rejet total de l'Occident capitaliste qu'il consid&#232;re comme un symbole de d&#233;cadence spirituelle et morale &#187;. La formule est r&#233;v&#233;latrice. Le rejet de l'Occident chez Kemi Seba ne s'appuie pas sur une analyse marxiste du rapport de production capitaliste &#8212; il s'appuie sur une critique id&#233;aliste et morale qui d&#233;peint l'Occident comme symbole de d&#233;cadence spirituelle. Ce cadrage moral-spirituel autorise les convergences avec des forces politiques extra-europ&#233;ennes qui se pr&#233;sentent comme alternatives morales &#224; la &#171; d&#233;cadence occidentale &#187; &#8212; y compris des juntes militaires africaines pro-russes, y compris la Russie de Poutine elle-m&#234;me, y compris des courants identitaires conservateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mouvance se distingue, mais ne rompt pas enti&#232;rement, d'autres organisations panafricaines militantes fran&#231;aises plus mod&#233;r&#233;es comme Tournons la Page (campagne contre les troisi&#232;mes mandats pr&#233;sidentiels et les r&#233;gimes autoritaires africains, anim&#233;e notamment par des militants chr&#233;tiens et la&#239;cs, partenariats avec des ONG europ&#233;ennes), AfricaThon, les Brigades Anti-N&#233;grophobie (Franco Lollia et al., centr&#233;es sur la lutte contre le racisme anti-noir en France), ou encore des collectifs d'&#233;tudiant&#183;e&#183;s afrodescendant&#183;e&#183;s dans les universit&#233;s fran&#231;aises. La diversit&#233; est r&#233;elle. Une critique marxiste qui amalgamerait l'ensemble de ces courants aux d&#233;rives identitaires de Kemi Seba serait politiquement inop&#233;rante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons enfin que l'association Survie, fond&#233;e en 1984 par feu Fran&#231;ois-Xavier Verschave (mort en 2005), auteur de La Fran&#231;afrique (1998) et de Noir silence (2000), n'est pas une organisation panafricaine et ne doit pas &#234;tre confondue avec les courants pr&#233;c&#233;dents. Survie est une association fran&#231;aise de critique politique et juridique de la politique africaine de l'&#201;tat fran&#231;ais, anim&#233;e historiquement par des Fran&#231;ais blancs engag&#233;s dans la d&#233;nonciation mat&#233;rielle des r&#233;seaux de la Fran&#231;afrique. Son apport documentaire (revue Billets d'Afrique depuis 1993, plaintes p&#233;nales contre les op&#233;rateurs &#233;conomiques fran&#231;ais en Afrique) constitue une ressource pr&#233;cieuse pour qui veut comprendre la m&#233;canique mat&#233;rielle du dispositif Fran&#231;afrique. Mais Survie n'est ni un courant panafricain ni un courant marxiste r&#233;volutionnaire &#8212; c'est une association de d&#233;fense des droits humains &#224; perspective anti-imp&#233;rialiste, dans la tradition des Lumi&#232;res fran&#231;aises critiquant leur propre R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A3.D &#8212; La critique du franc CFA : un apport &#224; int&#233;grer dans le programme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le franc CFA &#8212; Communaut&#233; Financi&#232;re Africaine en Afrique de l'Ouest (UEMOA, 8 pays), Coop&#233;ration Financi&#232;re en Afrique Centrale (CEMAC, 6 pays) &#8212; est un dispositif mon&#233;taire institu&#233; en 1945 par la France coloniale et maintenu apr&#232;s les ind&#233;pendances formelles des ann&#233;es 1960. Trois caract&#233;ristiques structurelles : parit&#233; fixe avec l'euro garantie par le Tr&#233;sor fran&#231;ais ; obligation pour les banques centrales africaines de d&#233;poser une fraction de leurs r&#233;serves de change dans des comptes d'op&#233;rations au Tr&#233;sor fran&#231;ais (65 % puis 50 % puis 20 %, supprim&#233;e formellement en 2019 pour l'UEMOA, n&#233;goci&#233;e en 2023 pour la CEMAC) ; libre transf&#233;rabilit&#233; unilat&#233;rale entre la zone CFA et la France, permettant l'exportation des profits des groupes fran&#231;ais vers la m&#233;tropole sans entrave de change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La critique panafricaniste de ce dispositif &#8212; port&#233;e notamment par les &#233;conomistes Demba Moussa Demb&#233;l&#233; et Ndongo Samba Sylla &#8212; est politiquement substantielle et doit &#234;tre reprise dans le programme r&#233;volutionnaire contre l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. Le franc CFA est un instrument mat&#233;riel d'extraction de la richesse africaine par le capitalisme fran&#231;ais &#8212; cela est document&#233;. Sa r&#233;forme formelle en 2019-2023 (passage &#224; l'eco) n'a pas modifi&#233; les rapports de fond, parce que la parit&#233; fixe avec l'euro reste l'&#233;l&#233;ment central, et parce que la garantie fran&#231;aise du change continue de subordonner les politiques mon&#233;taires africaines aux int&#233;r&#234;ts macro&#233;conomiques fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre position sur le franc CFA est tranch&#233;e : abrogation imm&#233;diate de la parit&#233; fixe avec l'euro ; fin de la garantie fran&#231;aise du change ; restitution int&#233;grale des r&#233;serves africaines aux banques centrales africaines ; fin de la libre transf&#233;rabilit&#233; unilat&#233;rale favorable aux groupes fran&#231;ais. Ces mesures s'inscrivent dans notre revendication plus g&#233;n&#233;rale d'expropriation sous contr&#244;le ouvrier des grands groupes fran&#231;ais structurant l'exploitation des anciennes zones domin&#233;es &#8212; Bollor&#233;, TotalEnergies, Orange, Vinci, Bouygues, CMA-CGM. Et nous reconnaissons explicitement l'apport panafricaniste sur le diagnostic du franc CFA, dont nous reprenons mat&#233;riellement les analyses pour les articuler &#224; un programme r&#233;volutionnaire en France m&#233;tropolitaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A3.E &#8212; Le silence du panafricanisme militant fran&#231;ais sur le 65 boulevard de Strasbourg&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici le fait politique central que cette annexe doit nommer. Pendant les soixante-dix-huit jours d'occupation du salon Sabadou &amp; Jade au 65 boulevard de Strasbourg par treize coiffeur&#183;euse&#183;s africain&#183;e&#183;s, du 3 mars au 19 mai 2026, aucune des organisations panafricaines militantes fran&#231;aises n'a publi&#233; de communiqu&#233; de soutien, n'a d&#233;ploy&#233; de banderole sur le piquet, n'a appel&#233; &#224; la solidarit&#233; publique avec la lutte. Aucune. Pas un texte d'Urgences Panafricanistes. Pas un appel des Brigades Anti-N&#233;grophobie. Pas une intervention publique de Tournons la Page. Pas une mobilisation d'AfricaThon ou de tout autre collectif panafricain militant fran&#231;ais de notori&#233;t&#233; &#233;quivalente. Silence complet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce silence n'est pas une co&#239;ncidence calendaire. Il est l'expression mat&#233;rielle d'une rupture politique structurelle entre le panafricanisme militant fran&#231;ais contemporain et la lutte de classe des fractions sans-papi&#232;res africaines du prol&#233;tariat de France. Examinons pourquoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le panafricanisme militant fran&#231;ais contemporain a pour r&#233;f&#233;rent politique central le territoire africain : souverainet&#233; g&#233;opolitique des &#201;tats africains face &#224; l'imp&#233;rialisme occidental (franc CFA, bases militaires, accords in&#233;gaux), critique des gouvernements pro-occidentaux, soutien aux r&#233;gimes ou aux mouvements qui se pr&#233;sentent comme alternatives &#224; la domination fran&#231;aise (juntes militaires AES, projets de monnaie commune africaine, alliances diplomatiques avec la Russie et la Chine). Sur ce terrain, ces organisations produisent du discours, des manifestations, des conf&#233;rences, des publications, parfois des actions mat&#233;rielles. Le 65 boulevard de Strasbourg n'est pas sur ce terrain. Le 65 est un dossier de lutte de classe sur le territoire m&#233;tropolitain fran&#231;ais &#8212; surexploitation salariale, racket patronal des fiches de paie, kafala dissimul&#233;e, r&#233;gularisation administrative pr&#233;fectorale, intervention syndicale CGT, judiciarisation p&#233;nale via l'article 225-4-1 du Code p&#233;nal et l'article L.425-1 du CESEDA, liquidation tribunal de commerce. Ce dossier mobilise des cat&#233;gories politiques &#8212; rapport de production, force de travail, syndicalisation, occupation d'usine, contr&#244;le ouvrier &#8212; qui ne sont pas celles du panafricanisme g&#233;opolitique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'absence du panafricanisme militant fran&#231;ais sur le 65 dit donc une chose pr&#233;cise : ce courant ne traite pas la fraction sans-papi&#232;re africaine du prol&#233;tariat de France comme un sujet politique propre, parce que cette fraction est, dans la grille panafricaine, dans la mauvaise g&#233;ographie &#8212; sur le sol fran&#231;ais au lieu d'&#234;tre en Afrique. Les treize travailleur&#183;euse&#183;s du 65 ne sont, pour ces courants, qu'une portion individualis&#233;e de la diaspora africaine pr&#233;sente en France ; ils ne forment pas une cat&#233;gorie politique distincte ; leur lutte ne s'inscrit pas dans le r&#233;cit panafricain principal qui se d&#233;roule &#224; Bamako, Ouagadougou, Niamey, Dakar, Abidjan, Yaound&#233;, Nairobi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il faut ajouter une dimension suppl&#233;mentaire. Les organisations panafricaines militantes fran&#231;aises qui s'alignent sur les juntes AES (Go&#239;ta, Traor&#233;, Tchiani) ne peuvent pas mat&#233;riellement porter la r&#233;gularisation globale inconditionnelle des sans-papier&#183;e&#183;s ouest-africain&#183;e&#183;s en France, parce que cette r&#233;gularisation serait politiquement interpr&#233;t&#233;e &#8212; par leurs alli&#233;s africains &#8212; comme une l&#233;gitimation de la France comme destination migratoire p&#233;renne pour les travailleur&#183;euse&#183;s africain&#183;e&#183;s. Or le r&#233;cit panafricain souverainiste qui sous-tend leur position diplomatique repose pr&#233;cis&#233;ment sur l'id&#233;e inverse : que les Africain&#183;e&#183;s doivent rester en Afrique, dans des &#201;tats africains pleinement souverains, et que la migration vers la France rel&#232;ve de l'&#233;chec g&#233;opolitique des projets d'&#233;mancipation africaine. Le silence d'Urgences Panafricanistes sur le 65 n'est pas un oubli &#8212; c'est une cons&#233;quence coh&#233;rente de leur position diplomatique. Soutenir la r&#233;gularisation globale en France contredirait leur r&#233;cit principal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A3.F &#8212; Les treize du 65 comme prol&#233;taires de France : pas migrants, pas diaspora, pas victimes de traite&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre position rompt avec ces deux glissements oppos&#233;s &#8212; celui des appareils syndicaux-politiques fran&#231;ais qui traitent les sans-papier&#183;e&#183;s comme &#171; migrants &#187; &#224; r&#233;gulariser au cas par cas par voie pr&#233;fectorale, et celui du panafricanisme militant qui les traite comme diaspora dont la perspective politique r&#233;elle est ailleurs (souverainet&#233; africaine, retour &#224; terme dans des &#201;tats africains pleinement &#233;mancip&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les treize travailleur&#183;euse&#183;s du 65 boulevard de Strasbourg sont des prol&#233;taires de France. Elles et ils produisent quotidiennement de la valeur ajout&#233;e par leur travail dans un salon de coiffure et d'esth&#233;tique du 10&#7497; arrondissement parisien. Elles et ils sont surexploit&#233;&#183;e&#183;s par un patron fran&#231;ais-malien et par un dispositif d'&#201;tat fran&#231;ais. Elles et ils font partie int&#233;grante de la classe ouvri&#232;re fran&#231;aise. Leur lutte pour la r&#233;gularisation est une lutte de classe au sens strict &#8212; pas une question identitaire, pas une question humanitaire, pas une question diasporique, pas une question g&#233;opolitique africaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur lutte s'inscrit dans la longue histoire des luttes ouvri&#232;res fran&#231;aises depuis la R&#233;volution fran&#231;aise. La Constitution de l'An I (24 juin 1793) leur ouvrait d&#233;j&#224; la pleine citoyennet&#233; politique au titre du travail effectif et de la domiciliation, sans condition de nationalit&#233; fran&#231;aise &#8212; c'est cette citoyennet&#233; que nous revendiquons pour elles et eux, pas comme concession humanitaire, pas comme revendication panafricaine, mais comme reconnaissance politique de leur appartenance pleine et enti&#232;re &#224; la classe ouvri&#232;re de France. La nationalit&#233; fran&#231;aise est leur affaire individuelle ; la citoyennet&#233; politique est notre revendication commune comme classe ouvri&#232;re de France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A3.G &#8212; Notre axe politique : d&#233;faite de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais &#224; l'ext&#233;rieur et en m&#233;tropole&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'axe politique que nous portons articule trois dimensions ins&#233;parables : (1) la d&#233;faite politique de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais &#224; l'ext&#233;rieur &#8212; au Sahel, au Levant, en Ukraine &#8212; par le d&#233;mant&#232;lement de ses op&#233;rations militaires, l'abrogation du franc CFA, l'expropriation des grands groupes fran&#231;ais structurant l'extraction post-coloniale ; (2) la d&#233;faite politique de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais en m&#233;tropole &#8212; par la r&#233;gularisation globale inconditionnelle de tous les sans-papier&#183;e&#183;s et de leurs personnes &#224; charge, l'abrogation de la cha&#238;ne l&#233;gislative Pasqua-Debr&#233;-Sarkozy-Besson-Collomb-Darmanin, la fermeture des centres de r&#233;tention, la suppression des OQTF, l'expropriation sous contr&#244;le ouvrier de l'industrie d'armement fran&#231;aise ; (3) le rejet sym&#233;trique des forces qui se pr&#233;sentent comme alternatives &#224; la France imp&#233;rialiste mais qui sont elles-m&#234;mes des forces d'oppression de classe et de r&#233;pression politique &#8212; les juntes militaires AES, l'Africa Corps russe, les chefs de guerre, les groupes jihadistes, les r&#233;gimes pro-occidentaux du S&#233;n&#233;gal, de la C&#244;te d'Ivoire, du Cameroun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour reprendre une formule que nous portions d&#233;j&#224; en mai 2026 : &#171; Pour chasser la bourgeoisie fran&#231;africaine et les arm&#233;es imp&#233;rialistes &#8212; fran&#231;aises, am&#233;ricaines, russes &#8212; et leurs hommes de main : juntes militaires, chefs de guerre, jihadistes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette articulation interdit deux glissements sym&#233;triquement oppos&#233;s. Elle interdit la position cosmopolite-humanitaire qui d&#233;fendrait les droits des sans-papier&#183;e&#183;s africain&#183;e&#183;s sans nommer l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais comme producteur mat&#233;riel de leur exode &#8212; position qui est, par ailleurs, celle de l'&#233;cosyst&#232;me CGT-LO-NPA-R-NPA-A-RP analys&#233;e dans la Partie II de cette brochure. Elle interdit &#233;galement la position panafricaniste-souverainiste qui critiquerait l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais en Afrique sans articuler la lutte des sans-papier&#183;e&#183;s en France comme partie int&#233;grante de cette critique, et qui laisserait la fraction sans-papi&#232;re africaine du prol&#233;tariat de France isol&#233;e politiquement de l'ensemble de la classe ouvri&#232;re fran&#231;aise. C'est l'articulation des deux fronts qui produit la position politique juste &#8212; d&#233;faite de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais &#224; l'ext&#233;rieur et en m&#233;tropole, r&#233;gularisation globale inconditionnelle, unification programmatique du prol&#233;tariat de France sans distinction de papiers, de nationalit&#233; ou de couleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette articulation que la fraction r&#233;volutionnaire &#224; construire dans les Unions Locales syndicales et aupr&#232;s des collectifs autonomes de travailleur&#183;euse&#183;s sans-papier&#183;e&#183;s doit porter &#8212; contre les directions conf&#233;d&#233;rales qui occultent la dimension imp&#233;rialiste fran&#231;aise du dispositif, et contre les courants panafricanistes militants qui occultent la lutte de classe sur le sol fran&#231;ais. La construction de cette fraction est la t&#226;che politique de l'heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ANNEXE 4 &#8212; RACISME ET CLASSE EN FRANCE CONTEMPORAINE : NI N&#201;GATION R&#201;PUBLICAINE, NI STRUCTURE AUTONOME D&#201;COLONIALE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A4.A &#8212; Le racisme en France : ph&#233;nom&#232;ne r&#233;el, instrument conjoncturel de classe, pas structure autonome&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre position sur la question du racisme en France contemporaine doit se distinguer rigoureusement de deux positions oppos&#233;es qui occupent l'essentiel du d&#233;bat public &#8212; la n&#233;gation r&#233;publicaine-la&#239;ciste et l'&#233;rection d&#233;coloniale du racisme en structure autonome de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise. Notre position n'est ni l'une ni l'autre. Elle se fonde sur trois distinctions pr&#233;cises qu'il faut nommer une &#224; une.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement : il n'existe pas en France contemporaine de r&#233;gime juridique racial formel. Ce point est politique et fondamental. L'Allemagne nazie a &#233;dict&#233; les lois de Nuremberg en 1935 : c'&#233;tait un droit positif raciste &#8212; interdiction des mariages mixtes, retrait de la citoyennet&#233; allemande, dispositions d'extermination ult&#233;rieures. L'Afrique du Sud avait le Group Areas Act (1950), les Pass Laws, les Population Registration Acts : droit positif raciste organis&#233;. Les &#201;tats-Unis avaient les lois Jim Crow jusqu'en 1964-1968 : s&#233;gr&#233;gation raciale l&#233;gale dans les transports, les &#233;coles, le logement, le droit de vote. La France contemporaine, dans son droit positif, est universaliste. La Constitution interdit les distinctions de race (Article 1). Le Code du travail, le Code de la s&#233;curit&#233; sociale, le droit de vote, l'acc&#232;s aux minima sociaux s'appliquent sans distinction de race ou de religion. Un travailleur fran&#231;ais noir ou arabe n&#233; en France a, en droit, exactement les m&#234;mes droits qu'un travailleur fran&#231;ais blanc. La principale diff&#233;renciation statutaire dans la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise capitaliste contemporaine concerne les sans-papier&#183;e&#183;s, qui ne sont pas priv&#233;&#183;e&#183;s de droits parce que racialis&#233;&#183;e&#183;s mais parce qu'ils ne disposent pas de titre l&#233;gal de s&#233;jour &#8212; diff&#233;renciation administrative qui touche aussi des sans-papier&#183;e&#183;s ukrainien&#183;ne&#183;s, g&#233;orgien&#183;ne&#183;s, br&#233;silien&#183;ne&#183;s, philippin&#183;e&#183;s, et que la kafala dissimul&#233;e organise sp&#233;cifiquement, comme nous l'avons d&#233;montr&#233; dans le texte th&#233;orique sur la kafala.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement : des discriminations mat&#233;rielles racistes existent. Elles sont document&#233;es empiriquement et doivent &#234;tre nomm&#233;es. Les contr&#244;les policiers au faci&#232;s &#8212; l'Open Society Justice Initiative documentait d&#232;s 2009 sur les contr&#244;les d'identit&#233; &#224; la Gare du Nord des odds-ratios atteignant jusqu'&#224; 15 pour les personnes per&#231;ues comme non-Blanches par rapport aux personnes per&#231;ues comme Blanches, &#224; conditions vestimentaires et g&#233;ographiques identiques. L'&#201;tat fran&#231;ais a d'ailleurs &#233;t&#233; condamn&#233; en novembre 2016 par la Cour de cassation pour pratique de contr&#244;les d'identit&#233; discriminatoires &#8212; preuve que le droit positif fran&#231;ais lui-m&#234;me reconna&#238;t ces contr&#244;les comme ill&#233;gaux. Les discriminations &#224; l'embauche document&#233;es par testing depuis vingt ans, dans le secteur priv&#233; comme dans certaines administrations. Les discriminations au logement, notamment dans le parc priv&#233;. L'orientation scolaire diff&#233;rentielle vers les fili&#232;res professionnelles courtes pour les enfants des quartiers populaires racialis&#233;s. Ces faits existent. Ils sont produits mat&#233;riellement par le rapport de production capitaliste fran&#231;ais et son pass&#233; colonial. Ils ne sont pas une structure autonome &#8212; ils sont une dimension parmi d'autres de la fragmentation interne du prol&#233;tariat de France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;mement : le racisme id&#233;ologique fonctionne comme l'un des modes de fragmentation politique de la classe ouvri&#232;re, au m&#234;me titre que d'autres modes de fragmentation que le capitalisme utilise simultan&#233;ment &#8212; sexisme, instrumentalisation politique de la religion, opposition entre travailleur&#183;euse&#183;s du public et du priv&#233;, opposition entre actifs et ch&#244;meurs, opposition entre urbains et ruraux, opposition entre r&#233;gions. Le racisme n'a pas un statut particulier de matrice structurante. Il est l'une des op&#233;rations id&#233;ologiques par lesquelles la bourgeoisie fran&#231;aise divise les fractions ouvri&#232;res les unes contre les autres pour emp&#234;cher leur unification politique contre le capital. Cette caract&#233;risation est centrale, parce qu'elle implique politiquement que la lutte contre le racisme s'inscrit comme dimension int&#233;grante de la lutte de classe, sans constituer une lutte politique distincte ou premi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A4.B &#8212; La triple op&#233;ration de la bourgeoisie fran&#231;aise sur l'islam : stigmatisation par amalgame, laisser-faire mat&#233;riel, glissement anti-islamophobie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat fran&#231;ais n'est pas, contrairement &#224; la th&#232;se d&#233;coloniale, structurellement anti-islam. Si l'on examine mat&#233;riellement le rapport de l'&#201;tat fran&#231;ais &#224; l'islam comme religion, on constate l'inverse : l'&#201;tat a lui-m&#234;me institutionnalis&#233; l'islam sur son territoire. En 2003, Nicolas Sarkozy ministre de l'Int&#233;rieur a cr&#233;&#233; le Conseil fran&#231;ais du culte musulman (CFCM) comme instance officielle de repr&#233;sentation de l'islam en France. En 2022, Emmanuel Macron a tent&#233; de le remplacer par le Forum de l'Islam de France (FORIF) &#8212; mais sur la m&#234;me logique : institutionnaliser l'islam comme religion officielle encadr&#233;e par l'&#201;tat. La R&#233;publique fran&#231;aise finance la formation d'imams via des accords bilat&#233;raux avec l'Alg&#233;rie, le Maroc, la Turquie. Elle subventionne indirectement la construction de mosqu&#233;es par les financements publics aux ONG culturelles. Elle reconna&#238;t administrativement l'aum&#244;nerie musulmane dans les arm&#233;es, les prisons, les h&#244;pitaux. Un &#201;tat qui institutionnalise une religion ne la combat pas &#8212; il l'encadre, ce qui est politiquement diff&#233;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que m&#232;ne la bourgeoisie fran&#231;aise vis-&#224;-vis des fractions musulmanes du prol&#233;tariat n'est donc pas un combat contre l'islam comme religion. C'est une triple op&#233;ration articul&#233;e dont chaque composante doit &#234;tre nomm&#233;e pr&#233;cis&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re composante : la stigmatisation politique des musulmans par amalgame avec l'islam radical. L'&#201;tat fran&#231;ais, la droite parlementaire, l'extr&#234;me droite, et l'&#233;cosyst&#232;me m&#233;diatique Bollor&#233; (CNews, Europe 1, Le Journal du Dimanche, Valeurs Actuelles) m&#232;nent depuis vingt ans une politique d'amalgame syst&#233;matique entre &#171; islam radical &#187; et &#171; musulmans en bloc &#187; &#8212; tout en pr&#233;tendant rituellement ne pas le mener. Emmanuel Macron lui-m&#234;me dans son discours des Mureaux du 2 octobre 2020 sur le &#171; s&#233;paratisme islamiste &#187; : le contenu formel cible la radicalisation, le contenu mat&#233;riel touche l'ensemble des pratiques courantes des fractions musulmanes du prol&#233;tariat fran&#231;ais. La loi de 2004 (voile &#224; l'&#233;cole), la loi de 2010 (dissimulation du visage), la loi de 2021 &#171; confortant le respect des principes de la R&#233;publique &#187; sont pr&#233;sent&#233;es formellement comme outils contre la radicalisation ; leur application r&#233;elle touche en s&#233;rie les pratiques quotidiennes des fractions populaires musulmanes (port du voile par les m&#232;res accompagnatrices de sorties scolaires, fermetures de mosqu&#233;es de quartier non-radicales, dissolutions arbitraires d'associations musulmanes). Cette stigmatisation politique fragmente le prol&#233;tariat fran&#231;ais : elle dresse les fractions populaires non-musulmanes contre les fractions populaires musulmanes, sous pr&#233;texte de combat contre l'islamisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me composante : le laisser-faire mat&#233;riel face &#224; l'embrigadement religieux. Pendant que l'&#201;tat stigmatise politiquement, il laisse prosp&#233;rer mat&#233;riellement l'islam politique organis&#233; sur son territoire &#8212; qu'il soit radical ou non. Les r&#233;seaux salafistes financ&#233;s par l'Arabie saoudite ont prosp&#233;r&#233; pendant des ann&#233;es avec une tol&#233;rance administrative document&#233;e. Le fr&#233;risme financ&#233; par le Qatar et la Turquie s'est install&#233; dans les f&#233;d&#233;rations musulmanes officielles avec l'aval implicite de l'&#201;tat fran&#231;ais. L'embrigadement de la jeunesse populaire musulmane par des r&#233;seaux religieux &#8212; radicaux comme non-radicaux &#8212; se d&#233;ploie sans intervention politique r&#233;elle de l'&#201;tat, qui se contente de mises en sc&#232;ne m&#233;diatiques p&#233;riodiques. Et plus largement, l'&#201;tat laisse l'islam politique organis&#233; faire son travail id&#233;ologique d'encadrement communautaire des fractions populaires musulmanes &#8212; parce que cet encadrement religieux remplit pour le capital la fonction politique de d&#233;sorganisation de la conscience de classe dans ces fractions, exactement comme nous l'avons th&#233;oris&#233; en termes g&#233;n&#233;raux pour toute religion politique organis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me composante : le mouvement &#171; anti-islamophobie &#187; comme d&#233;fense de l'islam-religion masqu&#233;e en d&#233;fense des musulmans. PIR, Paroles d'Honneur, Bouteldja, certaines composantes de l'&#233;cosyst&#232;me LFI-NPA-A ont construit depuis le milieu des ann&#233;es 2000 un dispositif politique autour du terme &#171; islamophobie &#187; qui organise un glissement permanent entre deux registres distincts : la d&#233;fense des musulmans comme personnes opprim&#233;es (registre l&#233;gitime) et la d&#233;fense de l'islam comme religion contre toute critique th&#233;orique ou politique (registre ill&#233;gitime du point de vue marxiste). Le terme &#171; islamophobie &#187; est l'op&#233;rateur de ce glissement. Quand on critique le voile impos&#233; aux fillettes mineures dans certains quartiers populaires, ou la s&#233;paration hommes/femmes dans les f&#234;tes communautaires, ou les financements saoudo-qataris de mosqu&#233;es politiquement orient&#233;es, ou les positions sexistes et homophobes de certains imams, on est imm&#233;diatement accus&#233; d'&#171; islamophobie &#187; &#8212; c'est-&#224;-dire, par glissement, de racisme anti-musulman. Ce dispositif sert objectivement deux fonctions oppos&#233;es qui se nourrissent mutuellement : il prot&#232;ge l'islam politique organis&#233; contre la critique mat&#233;rialiste, et il alimente l'extr&#234;me droite qui retourne le pi&#232;ge pour fragmenter encore davantage le prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre d&#233;monstration mat&#233;rielle d&#233;cisive est ailleurs, et elle d&#233;molit la th&#232;se d&#233;coloniale du &#171; racisme structurel &#187; par les faits. La bourgeoisie fran&#231;aise qui m&#232;ne &#224; l'int&#233;rieur la politique de stigmatisation des musulmans par amalgame arme mat&#233;riellement &#224; l'ext&#233;rieur le m&#234;me islam politique radical qu'elle pr&#233;tend combattre chez elle. En Libye 2011, l'intervention fran&#231;aise a contribu&#233; &#224; lib&#233;rer les arsenaux libyens vers les groupes jihadistes du Sahel, produisant mat&#233;riellement la d&#233;cennie de guerre malienne qui a suivi. En Syrie 2011-2024, la France a soutenu politiquement et militairement les groupes &#171; rebelles &#187; contre Assad, y compris des formations directement li&#233;es &#224; Al-Qa&#239;da (Front al-Nosra, devenu Hayat Tahrir al-Cham, d&#233;sormais au pouvoir &#224; Damas depuis d&#233;cembre 2024). Au Sahel, l'op&#233;ration Barkhane (2014-2022) a altern&#233; phases de combat et phases de n&#233;gociations tacites avec certaines factions jihadistes, comme l'ont document&#233; plusieurs journalistes sp&#233;cialis&#233;s et anciens militaires fran&#231;ais. Et surtout, l'&#201;tat fran&#231;ais est depuis vingt ans l'un des principaux fournisseurs d'armement des monarchies du Golfe &#8212; Arabie saoudite, Qatar, &#201;mirats arabes unis &#8212; qui financent mat&#233;riellement le wahhabisme mondial et le fr&#233;risme international, c'est-&#224;-dire les matrices id&#233;ologiques globales de ce que la politique int&#233;rieure fran&#231;aise appelle &#171; l'islam radical &#187;. La France a vendu pour des dizaines de milliards d'euros d'armement &#224; l'Arabie saoudite depuis 2010, contribuant mat&#233;riellement &#224; la guerre du Y&#233;men men&#233;e par Riyad et &#224; l'export id&#233;ologique du wahhabisme dans toute la zone musulmane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette contradiction est imparable politiquement. Si la bourgeoisie fran&#231;aise &#233;tait structurellement anti-musulmane &#8212; si le &#171; racisme structurel &#187; &#233;tait une matrice id&#233;ologique autonome de l'&#201;tat fran&#231;ais &#8212; elle ne pourrait pas &#234;tre en m&#234;me temps l'&#201;tat qui a institutionnalis&#233; le CFCM en 2003, le principal partenaire d'armement des r&#233;gimes wahhabites, et l'op&#233;rateur historique de la d&#233;stabilisation islamiste r&#233;gionale dans le monde musulman. La coh&#233;rence de ces politiques apparemment contradictoires ne s'&#233;claire que par leur unit&#233; de classe : stigmatisation politique int&#233;rieure des musulmans en bloc + institutionnalisation officielle de l'islam-religion sous tutelle d'&#201;tat + laisser-faire mat&#233;riel face &#224; l'islam politique organis&#233; sur le sol fran&#231;ais + armement mat&#233;riel de l'islam radical &#224; l'ext&#233;rieur. Quatre op&#233;rations qui forment syst&#232;me et qui servent toutes les int&#233;r&#234;ts du grand capital fran&#231;ais : la premi&#232;re fragmente le prol&#233;tariat fran&#231;ais contre le capital fran&#231;ais, la deuxi&#232;me encadre administrativement les fractions musulmanes, la troisi&#232;me d&#233;sorganise la conscience de classe par le religieux, la quatri&#232;me extrait de la valeur et alimente l'export militaire vers les r&#233;gimes p&#233;troliers du Golfe. Le &#171; racisme fran&#231;ais &#187; n'est pas une essence permanente &#8212; c'est un instrument conjoncturel de classe modulable au service du grand capital fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est exactement ce que la grille d&#233;coloniale occulte. En &#233;rigeant le &#171; racisme structurel &#187; en matrice autonome de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise, elle interdit de penser l'unit&#233; de classe entre ces quatre op&#233;rations. Elle produit une fiction politique d'un &#201;tat raciste autonome qui n'existe pas mat&#233;riellement &#8212; et qui justifie la s&#233;paration politique des &#171; indig&#232;nes &#187; du reste du prol&#233;tariat fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A4.C &#8212; Les violences polici&#232;res : instrument de classe avant d'&#234;tre instrument racial&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La police fran&#231;aise n'est pas l'instrument d'un r&#233;gime juridique racial. Elle est l'instrument de classe de la bourgeoisie fran&#231;aise, frappant l'ensemble des fractions populaires en lutte contre la politique gouvernementale, dans des modalit&#233;s diff&#233;renci&#233;es selon les contextes politiques et sociologiques. Le centrage de la critique des violences polici&#232;res sur la seule figure d'Adama Traor&#233; &#8212; &#233;rig&#233;e par sa famille et l'&#233;cosyst&#232;me politique qui l'a soutenue en symbole de la condition raciale fran&#231;aise &#8212; masque la r&#233;alit&#233; mat&#233;rielle plus large que les statistiques et les cas document&#233;s d&#233;montrent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cas qu'il faut nommer ensemble : Zyed Benna et Bouna Traor&#233; (deux adolescents de Clichy-sous-Bois &#233;lectrocut&#233;s dans un transformateur EDF le 27 octobre 2005 en fuyant un contr&#244;le policier &#8212; l'&#233;v&#233;nement d&#233;clencheur des &#233;meutes de 2005). C&#233;dric Chouviat (livreur &#233;trangl&#233; lors d'un contr&#244;le policier &#224; Paris le 5 janvier 2020, mort de mani&#232;re similaire &#224; George Floyd). Steve Maia Cani&#231;o (jeune homme blanc tomb&#233; dans la Loire et noy&#233; apr&#232;s une charge polici&#232;re &#224; la F&#234;te de la Musique de Nantes, 21 juin 2019). R&#233;mi Fraisse (militant &#233;cologiste blanc tu&#233; par une grenade offensive de la gendarmerie lors d'une manifestation contre le barrage de Sivens, 26 octobre 2014). J&#233;r&#244;me Rodrigues et les centaines de Gilets Jaunes &#233;borgn&#233;s, mutil&#233;s, dont les mains ont &#233;t&#233; arrach&#233;es par des grenades de d&#233;sencerclement entre novembre 2018 et juillet 2020 &#8212; un bilan que Reporterre, Mediapart, Le Monde Diplomatique et plusieurs ONG (Amnesty, ACAT) ont document&#233; pr&#233;cis&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces cas, pris ensemble, d&#233;montrent ce qu'il faut d&#233;montrer. La police fran&#231;aise tue et mutile dans les banlieues racialis&#233;es populaires (Zyed-Bouna 2005). Elle &#233;trangle dans les contr&#244;les d'identit&#233; (Chouviat 2020). Elle charge violemment dans les f&#234;tes populaires (Maia Cani&#231;o 2019). Elle tue les militants &#233;cologistes blancs avec ses grenades offensives (Fraisse 2014). Elle mutile en s&#233;rie les manifestants gilets jaunes &#8212; qui &#233;taient majoritairement blancs et ruraux (2018-2020). La matrice de cette violence n'est pas raciale. Elle est de classe. La police frappe les fractions populaires qui menacent mat&#233;riellement ou symboliquement l'ordre bourgeois, dans des modalit&#233;s modul&#233;es selon les contextes &#8212; plus brutale au quotidien dans certaines banlieues racialis&#233;es, plus brutale ponctuellement dans les manifestations sociales, plus brutale toujours contre les militants politiques. Mais la matrice est toujours la m&#234;me : protection du capital et de l'&#201;tat capitaliste contre les classes populaires en mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A4.D &#8212; Les attaques de classe contemporaines ne ciblent pas la race&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le caract&#232;re non-racial de la politique de classe de la bourgeoisie fran&#231;aise se confirme empiriquement par l'examen des principales attaques de classe contemporaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;forme des retraites de 2023 (allongement de l'&#226;ge l&#233;gal &#224; 64 ans, 49.3, refus du r&#233;f&#233;rendum d'initiative partag&#233;e) ne ciblait pas les non-Blancs. Elle ciblait l'ensemble des salari&#233;s fran&#231;ais &#8212; racialis&#233;s et non racialis&#233;s &#8212; et particuli&#232;rement les ouvriers et les femmes, dont les carri&#232;res incompl&#232;tes p&#233;nalisent davantage les retraites futures. Les conventions d'assurance-ch&#244;mage de 2024-2025 (durcissement des conditions d'&#233;ligibilit&#233;, d&#233;gressivit&#233;, sanctions) ne ciblent pas les non-Blancs. Elles ciblent l'ensemble des ch&#244;meurs fran&#231;ais, racialis&#233;s et non racialis&#233;s. Les fermetures de lits d'h&#244;pitaux et les coupes dans les budgets de la sant&#233; ne ciblent pas les non-Blancs. Elles d&#233;gradent les conditions d'acc&#232;s aux soins pour l'ensemble du prol&#233;tariat fran&#231;ais, racialis&#233; et non racialis&#233;. Les suppressions de postes dans l'&#233;ducation nationale ne ciblent pas les enseignant&#183;e&#183;s non-Blanc&#183;he&#183;s. Elles touchent l'ensemble des enseignant&#183;e&#183;s, racialis&#233;&#183;e&#183;s et non racialis&#233;&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe organisateur des attaques de classe contemporaines en France n'est pas la race. C'est la classe. La bourgeoisie fran&#231;aise attaque la classe ouvri&#232;re fran&#231;aise dans son ensemble pour maintenir le taux de profit, financer son r&#233;armement, et soutenir sa recomposition imp&#233;rialiste. Les fractions racialis&#233;es du prol&#233;tariat fran&#231;ais subissent ces attaques avec une vuln&#233;rabilit&#233; mat&#233;rielle suppl&#233;mentaire &#8212; du fait des discriminations &#224; l'embauche, de la surrepr&#233;sentation dans les emplois pr&#233;caires, de l'orientation scolaire diff&#233;rentielle. Mais cette vuln&#233;rabilit&#233; mat&#233;rielle suppl&#233;mentaire ne constitue pas une matrice politique s&#233;par&#233;e. Elle constitue une intensification de la condition de classe, pas une condition raciale autonome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pr&#233;cis&#233;ment ce que la grille d&#233;coloniale occulte pour pouvoir constituer son sujet politique propre &#8212; les &#171; indig&#232;nes &#187; &#8212; s&#233;par&#233; du &#171; prol&#233;tariat blanc &#187;. Si les attaques de classe ne ciblent pas la race, alors la r&#233;sistance &#224; ces attaques ne peut pas se construire sur des lignes raciales. Elle doit se construire sur des lignes de classe &#8212; qui incluent int&#233;gralement les fractions racialis&#233;es et non racialis&#233;es du prol&#233;tariat fran&#231;ais comme un seul sujet politique articul&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A4.E &#8212; Les th&#233;ories d&#233;coloniales : diversit&#233; des courants &#224; distinguer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les th&#233;ories d&#233;coloniales se sont structur&#233;es en France &#224; partir des ann&#233;es 2000-2010 autour de plusieurs p&#244;les qu'il faut distinguer rigoureusement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti des Indig&#232;nes de la R&#233;publique (PIR), fond&#233; en 2005 par Houria Bouteldja, Youssef Boussoumah, Sadri Khiari et plusieurs autres, est l'organisation politique la plus visible. Ses textes fondateurs (L'Appel des Indig&#232;nes de la R&#233;publique de 2005, le programme de 2007, les livres de Bouteldja Les Blancs, les Juifs et nous en 2016 et Beaufs et Barbares en 2023) &#233;rigent la France en &#171; formation sociale imp&#233;riale &#187; dans laquelle la &#171; race sociale &#187; constituerait la cat&#233;gorie politique premi&#232;re &#8212; bien avant la classe sociale. Le PIR a &#233;t&#233; dissous en 2020 ; le courant est repris par le m&#233;dia et organisation Paroles d'Honneur (2025-2026), Bouteldja en figure publique active.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le courant universitaire d&#233;colonial (Norman Ajari, Fran&#231;oise Verg&#232;s, Achille Mbembe dans une certaine mesure, plusieurs universitaires de Paris 8, Lyon 2, EHESS) prolonge les analyses de Walter Mignolo, Anibal Quijano, Enrique Dussel. Apport acad&#233;mique r&#233;el, distinct de la pratique politique du PIR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le courant afrof&#233;ministe (Maboula Soumahoro, Mame-Fatou Niang, Rokhaya Diallo, Amandine Gay) articule critique du racisme et critique du patriarcat. Positions politiques diverses, qui ne se r&#233;duisent pas &#224; la matrice PIR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre critique politique cible centralement la grille th&#233;orique commune qui sous-tend l'ensemble de ces courants &#8212; l'&#233;rection de la &#171; race sociale &#187; en cat&#233;gorie politique premi&#232;re s&#233;par&#233;e de la classe sociale &#8212; et ses incarnations politiques les plus structur&#233;es (PIR, Paroles d'Honneur, Bouteldja). Nous distinguons les apports acad&#233;miques r&#233;els des d&#233;rives politiques pratiques. Et nous nommons les figures publiques organis&#233;es comme telles, pas les sympathisant&#183;e&#183;s individuel&#183;le&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A4.F &#8212; Critique marxiste de la grille d&#233;coloniale : autonomisation et occultation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La critique marxiste centrale des th&#233;ories d&#233;coloniales porte sur le glissement th&#233;orique qui transforme un fait empirique r&#233;el (l'existence de discriminations racistes et d'un fonds id&#233;ologique racialiste) en cat&#233;gorie politique premi&#232;re s&#233;par&#233;e du rapport de production capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, occultation du rapport de production. Les discriminations racistes existent mat&#233;riellement, mais dans le cadre du rapport de production capitaliste, qui est le rapport de classe fondamental qui structure l'ensemble de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise. Les discriminations racistes n'ont pas une logique propre ind&#233;pendante du capitalisme. Elles sont l'un des dispositifs sp&#233;cifiques par lesquels le capitalisme fran&#231;ais organise la fragmentation interne du prol&#233;tariat &#8212; fragmentation qui permet l'extraction diff&#233;rentielle de plus-value sur les fractions racialis&#233;es (notamment la fraction sans-papi&#232;re africaine), et qui emp&#234;che l'unification politique de la classe ouvri&#232;re contre le capital. Une critique du racisme qui omet le rapport de production capitaliste qui le produit et qui en b&#233;n&#233;ficie ne peut pas produire de strat&#233;gie politique transformatrice &#8212; elle ne peut produire que des revendications dans le cadre du capitalisme : anti-discrimination, &#233;galit&#233; formelle, repr&#233;sentation institutionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, s&#233;paration politique des fractions du prol&#233;tariat. Dans la grille PIR, les Gilets Jaunes ruraux et les sans-papier&#183;e&#183;s africain&#183;e&#183;s urbain&#183;e&#183;s ne forment pas un m&#234;me sujet politique : ce sont deux populations distinctes avec des int&#233;r&#234;ts potentiellement divergents. Cette s&#233;paration est politiquement d&#233;sastreuse &#8212; elle emp&#234;che la constitution du sujet politique unifi&#233;, le peuple travailleur de France, qui peut seul renverser le rapport capitaliste qui exploite les un&#183;e&#183;s et les autres. La grille PIR rend impossible la strat&#233;gie d'unification qu'a port&#233;e la r&#233;volution prol&#233;tarienne depuis 1848.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;mement, positions politiques pratiques incompatibles avec une politique de classe. Houria Bouteldja, dans Les Blancs, les Juifs et nous (2016) et Beaufs et Barbares (2023), a publi&#233; des passages probl&#233;matiques sur la sexualit&#233; (l'homosexualit&#233; pr&#233;sent&#233;e comme &#171; invention occidentale &#187;), sur l'antis&#233;mitisme (distinctions probl&#233;matiques reproduisant des figures classiques de l'antis&#233;mitisme moderne), sur les femmes (relativisation du patriarcat dans les soci&#233;t&#233;s colonis&#233;es au nom du conflit avec le patriarcat &#171; blanc &#187;). Ces positions ne sont pas des d&#233;rapages individuels &#8212; elles sont les cons&#233;quences coh&#233;rentes de la grille th&#233;orique : si la &#171; race sociale &#187; est premi&#232;re, toutes les autres dimensions de l'&#233;mancipation (f&#233;minisme, droits des minorit&#233;s sexuelles, lutte contre l'antis&#233;mitisme) deviennent subordonn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A4.G &#8212; Bouteldja, le glissement &#171; anti-islamophobe &#187;, et la religion comme camisole politique de classe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le milieu des ann&#233;es 2010, et de mani&#232;re accentu&#233;e dans Beaufs et Barbares (2023), Bouteldja articule sa critique d&#233;coloniale &#224; une d&#233;fense de l'islam politique comme identit&#233; collective des &#171; indig&#232;nes &#187; en France. L'islam devient dans son discours non plus une religion individuelle dont la pratique rel&#232;ve de la libert&#233; de conscience, mais un cadre politique d'identification collective des fractions racialis&#233;es du prol&#233;tariat fran&#231;ais, oppos&#233; &#224; la fois au &#171; r&#233;publicanisme blanc &#187; et au &#171; marxisme universaliste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre position se d&#233;ploie selon quatre distinctions qu'il faut maintenir rigoureusement ensemble &#8212; et que le terme &#171; islamophobie &#187; est pr&#233;cis&#233;ment construit politiquement pour faire glisser l'une dans l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re distinction : les musulmans comme personnes. Nous d&#233;fendons inconditionnellement les fractions musulmanes du prol&#233;tariat fran&#231;ais contre toute politique de stigmatisation par amalgame. Quand l'&#201;tat ferme arbitrairement des mosqu&#233;es de quartier qui ne sont pas radicales, quand il dissout des associations musulmanes sans autre motif que le soup&#231;on politique, quand l'&#233;cosyst&#232;me Bollor&#233; m&#232;ne des campagnes syst&#233;matiques contre les fractions populaires musulmanes du prol&#233;tariat, nous sommes du c&#244;t&#233; des musulmans pers&#233;cut&#233;s contre l'&#201;tat et les m&#233;dias qui les pers&#233;cutent. Sans h&#233;sitation. Sans condition. Parce que ce sont des prol&#233;taires de France attaqu&#233;s par la bourgeoisie fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me distinction : l'islam comme religion individuelle. Nous d&#233;fendons inconditionnellement la libert&#233; de conscience &#8212; droit de prier, droit de je&#251;ner, droit de porter le voile ou la kippa, droit de pratiquer sa religion sans pers&#233;cution d'&#201;tat ni stigmatisation m&#233;diatique. Comme nous le d&#233;fendons pour les chr&#233;tiens, les juifs, les hindous, les bouddhistes, les animistes, les ath&#233;es. Cette d&#233;fense de la libert&#233; de conscience individuelle est une conqu&#234;te d&#233;mocratique fondamentale, &#224; maintenir contre toute loi anti-religieuse particuli&#232;re qui cible une religion sp&#233;cifique sous pr&#233;texte de combat contre sa radicalisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me distinction : l'islam comme religion-objet de critique th&#233;orique. Comme toute religion. La critique marxiste de la religion s'applique &#224; l'islam exactement comme elle s'applique au christianisme, au juda&#239;sme, &#224; l'hindouisme, au bouddhisme. Marx 1843 dans la Critique de la philosophie du droit de Hegel : &#171; La religion est le soupir de la cr&#233;ature accabl&#233;e par le malheur, l'&#226;me d'un monde sans c&#339;ur, comme elle est l'esprit d'une &#233;poque sans esprit. C'est l'opium du peuple. &#187; L&#233;nine 1905 dans Socialisme et religion : &#171; La religion est l'opium du peuple. Cette sentence de Marx est la pierre angulaire de toute la conception marxiste sur la question religieuse. &#187; Sans privil&#232;ge &#233;pist&#233;mique pour l'islam, sans relativisme culturel qui le soustrairait &#224; la critique g&#233;n&#233;rale, sans peur de l'accusation d'&#171; islamophobie &#187; qui voudrait isoler l'islam de l'examen th&#233;orique g&#233;n&#233;ral. Le marxisme critique th&#233;oriquement toutes les religions selon les m&#234;mes principes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatri&#232;me distinction : l'islam politique organis&#233; comme camisole de classe &#8212; &#224; combattre comme nous combattons toute autre instrumentalisation politique organis&#233;e de la religion. Le christianisme politique (&#233;vang&#233;liques am&#233;ricains alli&#233;s &#224; Trump, Bolsonaro et les &#233;vang&#233;liques br&#233;siliens, catholicisme int&#233;griste polonais et hongrois soutenant PiS et Fidesz). Le sionisme religieux qui transforme l'appartenance juive en cadre politique d'all&#233;geance &#224; l'&#201;tat colonial isra&#233;lien contre l'unification avec la classe ouvri&#232;re palestinienne. L'hindutva qui mobilise l'identit&#233; hindoue contre les classes ouvri&#232;res musulmanes et dalit en Inde. Le bouddhisme politique birman qui l&#233;gitime la pers&#233;cution des Rohingyas. Et dans les soci&#233;t&#233;s africaines, l'instrumentalisation politique des religions &#8212; wahhabisme financ&#233; par les monarchies du Golfe et arm&#233; par la France comme nous l'avons document&#233; plus haut, fr&#233;risme financ&#233; par le Qatar et la Turquie, pentec&#244;tisme &#233;vang&#233;lique financ&#233; par les ONG am&#233;ricaines, religions traditionnelles politis&#233;es par des &#233;lites locales &#8212; qui d&#233;sorganise les classes ouvri&#232;res et paysannes au profit des bourgeoisies nationales et de leurs alli&#233;s imp&#233;rialistes &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le combat contre l'islam politique organis&#233; en France ne se fait pas par alliance avec l'&#201;tat capitaliste fran&#231;ais qui m&#232;ne la stigmatisation politique des musulmans en bloc. Cette alliance, qui est celle d'une fraction du r&#233;publicanisme la&#239;ciste (Valls, Onfray, certains syndicalistes-la&#239;ques), produit politiquement l'inverse de ce qu'elle pr&#233;tend combattre : elle alimente la fragmentation du prol&#233;tariat fran&#231;ais, elle renforce la posture victimaire que Bouteldja construit, et elle facilite objectivement le travail id&#233;ologique de l'islam politique organis&#233; en lui fournissant le mat&#233;riau de sa critique anti-r&#233;publicaine. Le combat contre l'islam politique organis&#233; se fait par construction politique autonome dans la classe ouvri&#232;re fran&#231;aise &#8212; y compris aupr&#232;s des fractions musulmanes du prol&#233;tariat &#8212; d'une critique mat&#233;rialiste de l'instrumentalisation religieuse de leur situation de classe. Cette critique articule la d&#233;fense des musulmans comme personnes contre la stigmatisation d'&#201;tat (premi&#232;re et deuxi&#232;me distinctions ci-dessus) &#224; la critique th&#233;orique et politique de l'islam politique organis&#233; comme camisole (troisi&#232;me et quatri&#232;me distinctions).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terme &#171; islamophobie &#187; est pr&#233;cis&#233;ment le dispositif politique construit pour emp&#234;cher cette articulation. Il fait glisser continuellement la critique l&#233;gitime de la stigmatisation des musulmans (premi&#232;re distinction) dans la d&#233;fense ill&#233;gitime de l'islam-religion contre la critique th&#233;orique (troisi&#232;me distinction) et dans la protection encore plus ill&#233;gitime de l'islam politique organis&#233; contre la critique mat&#233;rialiste (quatri&#232;me distinction). Quand on critique le voile impos&#233; aux fillettes mineures, ou les positions sexistes et homophobes de certains imams, ou les financements saoudo-qataris de mosqu&#233;es politiquement orient&#233;es, on est imm&#233;diatement accus&#233; d'&#171; islamophobie &#187; &#8212; comme si critiquer th&#233;oriquement une religion ou combattre une instrumentalisation politique organis&#233;e de la religion &#233;quivalait &#224; attaquer racialement les musulmans en tant que personnes. Ce dispositif a deux fonctions politiques objectives oppos&#233;es qui se nourrissent mutuellement : il prot&#232;ge l'islam politique organis&#233; contre la critique mat&#233;rialiste &#8212; c'est sa fonction premi&#232;re dans le dispositif Bouteldja-PIR-Paroles d'Honneur. Et il alimente l'extr&#234;me droite et la fraction Valls-Onfray, qui retournent le pi&#232;ge en d&#233;signant toute d&#233;fense des musulmans-personnes comme &#171; complicit&#233; avec l'islamisme &#187; &#8212; ce qui fragmente encore davantage le prol&#233;tariat. La construction du terme &#171; islamophobie &#187; est donc politiquement d&#233;faillante des deux c&#244;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;fense de l'islam politique par Bouteldja s'inscrit dans la s&#233;rie g&#233;n&#233;rale des religions politiques organis&#233;es comme camisole de classe. Ce n'est pas une particularit&#233; raciale ou culturelle musulmane. C'est l'expression fran&#231;aise d'une op&#233;ration politique g&#233;n&#233;rale d'instrumentalisation de la religion comme camisole &#8212; op&#233;ration que la position marxiste r&#233;volutionnaire combat sous toutes ses formes, sans concession et sans confusion avec la d&#233;fense de la libert&#233; de conscience individuelle ou la d&#233;fense des personnes religieuses contre les politiques d'&#201;tat qui les ciblent. Et il faut ajouter une dimension mat&#233;rielle d&#233;cisive : la bourgeoisie fran&#231;aise qui m&#232;ne la politique de stigmatisation des musulmans par amalgame, cibl&#233;e par Bouteldja, arme mat&#233;riellement le m&#234;me islam politique radical &#224; l'ext&#233;rieur (monarchies wahhabites, jihadistes syriens, alliances tacites au Sahel). Cette contradiction mat&#233;rielle interdit la lecture identitaire de Bouteldja &#8212; il n'y a pas un &#171; &#201;tat fran&#231;ais raciste &#187; qui combattrait l'islam comme tel ; il y a un capital fran&#231;ais qui module conjoncturellement sa politique religieuse selon ses int&#233;r&#234;ts de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A4.H &#8212; La r&#233;cup&#233;ration institutionnelle des th&#233;ories d&#233;coloniales&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une dimension suppl&#233;mentaire : la r&#233;cup&#233;ration institutionnelle de certaines variantes d&#233;coloniales par l'acad&#233;mie fran&#231;aise, par une fraction de la gauche socialiste-EELV, par les grandes ONG humanitaires, par la communication publique de certaines municipalit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs d&#233;partements universitaires fran&#231;ais (Paris 8, EHESS, Sciences Po) ont institutionnalis&#233; des chaires, s&#233;minaires et publications sur la &#171; pens&#233;e d&#233;coloniale &#187; &#224; partir des ann&#233;es 2010-2015. Cette institutionnalisation a produit une professionnalisation acad&#233;mique de la &#171; critique d&#233;coloniale &#187; qui n'est plus rattach&#233;e &#224; une lutte politique concr&#232;te mais &#224; des carri&#232;res universitaires individuelles. La &#171; d&#233;colonialit&#233; &#187; est devenue un champ disciplinaire avec ses normes de publication, ses revues &#224; comit&#233; de lecture, ses th&#232;ses, ses HDR. L'institutionnalisation acad&#233;mique a produit une d&#233;politisation effective du contenu critique, transform&#233; en posture culturelle universitaire valorisable sur le march&#233; du travail intellectuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, plusieurs municipalit&#233;s socialistes-EELV (Lyon, Grenoble, Bordeaux, marginalement Paris) ont int&#233;gr&#233; des &#233;l&#233;ments de vocabulaire d&#233;colonial dans leur communication institutionnelle &#8212; politiques m&#233;morielles, statues retir&#233;es ou contextualis&#233;es, festivals &#171; afro &#187;, formations &#224; la &#171; non-discrimination &#187; dans les services publics. Les discriminations mat&#233;rielles restent en place &#8212; contr&#244;les policiers diff&#233;rentiels, kafala dissimul&#233;e, &#233;carts &#224; l'embauche &#8212; pendant que les fa&#231;ades institutionnelles affichent leur engagement &#171; d&#233;colonial &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;cup&#233;ration institutionnelle est l'aboutissement logique d'une grille th&#233;orique qui s&#233;pare la race de la classe. Une fois la critique du racisme dissoci&#233;e du rapport de production capitaliste, elle devient compatible avec le maintien int&#233;gral du rapport de production &#8212; et donc cooptable par les institutions de gestion bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A4.I &#8212; Le silence des d&#233;coloniaux sur le 65 boulevard de Strasbourg&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant les soixante-dix-huit jours d'occupation du salon Sabadou &amp; Jade au 65 boulevard de Strasbourg par treize coiffeur&#183;euse&#183;s africain&#183;e&#183;s, du 3 mars au 19 mai 2026, aucune organisation d&#233;coloniale, aucun universitaire d&#233;colonial public, aucune figure du PIR-Paroles d'Honneur, aucune repr&#233;sentante des p&#244;les afrof&#233;ministes n'a publi&#233; de communiqu&#233; de soutien substantiel, n'a appel&#233; &#224; la mobilisation, n'a port&#233; la cause des treize dans le d&#233;bat public. Quelques mentions sur r&#233;seaux sociaux. Aucune analyse politique consistante. Aucune campagne. Aucune intervention substantielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette absence est politiquement r&#233;v&#233;latrice. Une gr&#232;ve de 78 jours dont les protagonistes sont en majorit&#233; des femmes africaines surexploit&#233;es par un patron lui-m&#234;me africain, dans le 10&#7497; arrondissement de Paris, avec qualification de traite des &#234;tres humains et questions pr&#233;cises de racisme institutionnel, aurait pu &#234;tre un objet d'analyse central pour les th&#233;ories d&#233;coloniales. Le fait qu'elles ne s'en soient pas saisies dit quelque chose de leur capacit&#233; r&#233;elle &#224; articuler la critique du racisme avec une lutte ouvri&#232;re concr&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette difficult&#233; n'est pas conjoncturelle. Elle exprime la limite structurelle d'une grille qui &#233;rige la &#171; race sociale &#187; en cat&#233;gorie premi&#232;re. Cette grille produit des analyses culturelles substantielles, mais elle ne produit pas de strat&#233;gie politique articul&#233;e pour les luttes ouvri&#232;res concr&#232;tes &#8212; parce que ces luttes mettent mat&#233;riellement en jeu le rapport de production capitaliste, c'est-&#224;-dire pr&#233;cis&#233;ment ce que la grille d&#233;coloniale tend &#224; occulter. Le 65 boulevard de Strasbourg n'&#233;tait pas, dans la grille d&#233;coloniale, un cas politique propre &#8212; il &#233;tait un cas particulier qui croisait racisme et exploitation, sans matrice th&#233;orique pour articuler les deux en strat&#233;gie politique de classe. D'o&#249; le silence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A4.J &#8212; Bagayoko : l'antiracisme politique creux &#224; 8 km du 65&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas du maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, &#233;lu en mars 2026, fournit l'illustration la plus mat&#233;rielle de l'antiracisme politique autonome creux. Saint-Denis est &#224; environ 8 kilom&#232;tres du 65 boulevard de Strasbourg. Pendant les 78 jours d'occupation du salon, c'est-&#224;-dire pendant les premiers mois de son mandat, le maire de Saint-Denis n'a publi&#233; aucun communiqu&#233; de soutien aux 13 salari&#233;&#183;e&#183;s sans-papier&#183;e&#183;s africain&#183;e&#183;s du salon Sabadou &amp; Jade. Pas une pr&#233;sence sur le piquet. Pas un appel &#224; la solidarit&#233; publique. Pas un mot dans les conseils municipaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En parall&#232;le, le 4 avril 2026, Bagayoko organisait &#224; Saint-Denis un rassemblement de plusieurs milliers de personnes contre les propos racistes le visant sur CNews &#8212; propos abjects et qui devaient &#234;tre combattus. &#192; ce rassemblement, R&#233;volution Permanente (qui avait pourtant pr&#233;sent&#233; Elsa Marcel contre Bagayoko aux municipales trois semaines plus t&#244;t) appelait &#224; participer, Lutte Ouvri&#232;re &#233;tait pr&#233;sente sans formuler aucune critique politique de LFI ni de Bagayoko, l'&#233;cosyst&#232;me syndical CGT-Solidaires s'y rendait. C'est, exactement comme l'a d&#233;montr&#233; Karob dans son article &#171; Chassons le racisme ne peut signifier que chassons l'imp&#233;rialisme, sauf pour LFI &#187; (matierevolution.fr, 14 avril 2026), l'expression d'un grand parti politique de fait dans lequel LFI, le PCF, le PS, le NPA-A, le NPA-R, RP, LO, la CGT et Solidaires constituent les composantes d'une m&#234;me famille politique &#8212; famille qui mobilise contre le racisme symbolique au plus haut niveau m&#233;diatique et qui laisse simultan&#233;ment les sans-papier&#183;e&#183;s africain&#183;e&#183;s du 65 boulevard de Strasbourg dans le silence politique pendant 78 jours d'occupation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bagayoko revendique par ailleurs publiquement &#234;tre issu de la noblesse malienne. Cette affirmation, qu'elle soit historiquement fond&#233;e ou rh&#233;toriquement construite, &#233;claire politiquement la d&#233;connexion entre son cadre d'identification politique et la condition mat&#233;rielle des prol&#233;taires sans-papier&#183;e&#183;s africain&#183;e&#183;s en France. Bagayoko s'identifie &#224; une diaspora africaine &#233;lite, pas &#224; la classe ouvri&#232;re sans-papi&#232;re africaine de France &#8212; qui est pourtant sa voisine imm&#233;diate &#224; Saint-Denis. Cette identification n'est pas individuelle : elle structure son cadre politique objectif. L'antiracisme politique de Bagayoko fonctionne comme l&#233;gitimation symbolique de son int&#233;gration &#224; l'&#201;tat fran&#231;ais &#8212; il combat le racisme dont il est personnellement victime sur CNews, et il laisse intact le dispositif kafala dissimul&#233;e qui produit la condition mat&#233;rielle des prol&#233;taires sans-papier&#183;e&#183;s africain&#183;e&#183;s &#224; 8 km de sa mairie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette op&#233;ration est typique de la fonction politique de l'antiracisme autonome d&#233;tach&#233; de la lutte de classe : il g&#233;n&#232;re du symbolique mobilisateur (rassemblements, d&#233;clarations m&#233;diatiques, victoires culturelles) sans modifier mat&#233;riellement les rapports de production qui produisent en s&#233;rie les conditions d'exploitation racialis&#233;e. C'est pr&#233;cis&#233;ment ce que Bollor&#233; et CNews exploitent strat&#233;giquement : la mise en sc&#232;ne du conflit racial qui d&#233;signe LFI comme &#233;pouvantail n&#233;cessaire au sch&#233;ma macroniste &#224; trois forces pour 2027, dans lequel l'antiracisme de gauche et le racisme de droite se nourrissent r&#233;ciproquement, pendant que le grand capital fran&#231;ais poursuit son &#233;conomie de guerre, sa surexploitation des sans-papier&#183;e&#183;s, et son repli imp&#233;rialiste recompos&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A4.K &#8212; Notre position : combattre le racisme dans la lutte de classe, sous primaut&#233; de la classe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre position articule la critique du racisme &#224; la lutte de classe sous trois propositions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement : le racisme en France existe, il est document&#233; empiriquement, il doit &#234;tre combattu politiquement par la classe ouvri&#232;re. Aucune dilution. Aucune relativisation. La lutte contre les discriminations racistes est partie int&#233;grante du programme r&#233;volutionnaire &#8212; au m&#234;me titre que la lutte contre le sexisme, contre l'instrumentalisation politique de la religion, contre les divisions par statuts professionnels que la bourgeoisie utilise pour fragmenter le prol&#233;tariat. Ce sont des dimensions articul&#233;es d'un m&#234;me combat politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement : le racisme fran&#231;ais n'est pas une structure autonome de l'&#201;tat. Il est un instrument conjoncturel de classe utilis&#233; par la bourgeoisie fran&#231;aise pour fragmenter politiquement le prol&#233;tariat de France. La triple op&#233;ration de stigmatisation politique int&#233;rieure des musulmans par amalgame, d'institutionnalisation officielle de l'islam-religion sous tutelle d'&#201;tat (CFCM 2003, FORIF 2022), et d'armement mat&#233;riel de l'islam radical &#224; l'ext&#233;rieur (Libye, Syrie, monarchies wahhabites) d&#233;montre empiriquement le caract&#232;re instrumental et non-structurel du &#171; racisme fran&#231;ais &#187;. Combattre les discriminations racistes, c'est donc n&#233;cessairement combattre le capitalisme fran&#231;ais qui les utilise. R&#233;ciproquement, combattre le capitalisme fran&#231;ais, c'est n&#233;cessairement combattre les dispositifs racistes qu'il mobilise pour se reproduire. Les deux luttes sont une seule lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;mement : la fraction sans-papi&#232;re africaine du prol&#233;tariat de France, les Gilets Jaunes blancs ruraux, les ouvriers d'usine syndiqu&#233;s CGT, les pr&#233;caires de l'ub&#233;risation, les enseignant&#183;e&#183;s syndiqu&#233;&#183;e&#183;s FSU, les femmes de chambre des h&#244;tels du nord parisien &#8212; constituent ensemble le peuple travailleur de France, qui est le sujet politique de la transformation r&#233;volutionnaire. Aucune fraction ne peut &#234;tre politiquement isol&#233;e des autres par une cat&#233;gorisation identitaire ou raciale qui emp&#234;cherait la convergence strat&#233;gique. La fraction sans-papi&#232;re africaine est partie int&#233;grante du prol&#233;tariat de France &#8212; pas une cat&#233;gorie s&#233;par&#233;e &#171; racialis&#233;e &#187; &#224; secourir, pas une diaspora &#224; renvoyer en Afrique souveraine, pas un sujet politique distinct du &#171; prol&#233;tariat blanc &#187; au sens o&#249; Bouteldja le th&#233;orise. Cette unification programmatique est la condition mat&#233;rielle de la victoire sur l'&#201;tat imp&#233;rialiste fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette position rejette &#224; la fois deux glissements oppos&#233;s. Elle rejette la position universaliste-abstraite qui nierait l'existence des discriminations racistes au nom d'un &#171; r&#233;publicanisme &#187; qui les prot&#232;ge en les rendant invisibles &#8212; position de la droite Macron, du RN, et d'une fraction du PS-Manuel Valls. Elle rejette &#233;galement la position d&#233;coloniale-diff&#233;rentialiste qui &#233;rigerait la &#171; race sociale &#187; en cat&#233;gorie politique premi&#232;re et s&#233;parerait les fractions racialis&#233;es du reste du prol&#233;tariat &#8212; position du PIR-Paroles d'Honneur-Bouteldja et de leurs satellites universitaires. C'est l'articulation entre lutte contre le racisme et lutte de classe &#8212; sous la primaut&#233; politique de la lutte de classe comme cat&#233;gorie matricielle, mais sans aucune relativisation de la lutte contre les discriminations racistes comme dimension constitutive &#8212; qui produit la position bolchevique-l&#233;niniste juste pour la France contemporaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette position que la fraction r&#233;volutionnaire &#224; construire dans les Unions Locales syndicales et aupr&#232;s des collectifs autonomes doit porter &#8212; contre les directions conf&#233;d&#233;rales qui occultent le racisme au nom d'un &#171; r&#233;publicanisme &#187; faux, contre les courants d&#233;coloniaux qui occultent la lutte de classe au nom d'une &#171; radicalit&#233; &#187; faussement r&#233;volutionnaire, et contre la fonction politique d'&#233;lus comme Bagayoko qui mobilisent l'antiracisme symbolique tout en laissant intacts les dispositifs mat&#233;riels d'exploitation qui frappent les prol&#233;taires sans-papier&#183;e&#183;s africain&#183;e&#183;s &#224; quelques kilom&#232;tres de leur mairie. La construction de cette position politique pr&#233;cise est la t&#226;che politique de l'heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CONCLUSION &#8212;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 65 boulevard de Strasbourg n'est pas un fait divers militant. Soixante-dix-huit jours d'occupation du salon Sabadou &amp; Jade par treize coiffeur&#183;euse&#183;s africain&#183;e&#183;s. Neuf r&#233;gularisations conditionn&#233;es au titre de l'article L.425-1 du CESEDA &#8212; c'est-&#224;-dire conditionn&#233;es &#224; l'enqu&#234;te de police sur la qualification de traite des &#234;tres humains, &#224; la coop&#233;ration judiciaire active des salari&#233;&#183;e&#183;s, et &#224; la situation administrative individuelle de chacun&#183;e. Une liquidation judiciaire qui efface la dette salariale en transf&#233;rant la charge sur l'AGS. Une f&#234;te de victoire programm&#233;e le 28 mai 2026 au 85 rue Charlot. Et un silence total sur les autres salons de coiffure du m&#234;me quartier, de la m&#234;me fili&#232;re, de la m&#234;me condition. Ces faits mat&#233;riels condensent ce que les quatre-vingt-huit pages de cette brochure ont d&#233;montr&#233; dans son ampleur historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que le 65 d&#233;montre par condensation, c'est l'existence en France contemporaine d'un grand parti politique de fait &#8212; au sens premier du mot partie, celui de faire partie. La France insoumise, R&#233;volution Permanente, le NPA-R&#233;volutionnaires, le NPA-Anticapitaliste, Lutte Ouvri&#232;re, les directions conf&#233;d&#233;rales de la CGT et de Solidaires, et plusieurs courants associatifs et universitaires qui se r&#233;clament de la radicalit&#233;, constituent dans les faits un seul et m&#234;me grand parti politique. Pas une organisation unique dot&#233;e de statuts communs. Pas une carte de membre. Mais une famille politique articul&#233;e par une matrice de classe partag&#233;e &#8212; l'acceptation pratique du cadre imp&#233;rialiste fran&#231;ais, le silence convergent sur les sans-papier&#183;e&#183;s entre deux campagnes m&#233;diatiques de solidarit&#233; symbolique, l'absence absolue de mots d'ordre de d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire, l'absence d'expropriation revendiqu&#233;e de l'industrie d'armement fran&#231;aise, l'absence d'appel direct aux soldats fran&#231;ais en op&#233;rations ext&#233;rieures. Cette famille politique a ses tensions internes, ses concurrences &#233;lectorales, ses styles distincts. Mais elle a une matrice politique commune : la d&#233;fense pratique du cadre national-imp&#233;rialiste fran&#231;ais habill&#233;e en radicalit&#233; syndicale ou en universalisme r&#233;publicain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;quence imp&#233;rialiste fran&#231;aise dans laquelle s'inscrit le cas du 65 est claire, et nous l'avons document&#233;e pr&#233;cis&#233;ment en Annexe 1. Repli du dispositif militaire fran&#231;ais au Sahel (Mali 2020, Burkina Faso 2022, Niger 2023, Tchad 2024) impos&#233; par les classes populaires sah&#233;liennes. Surengagement fran&#231;ais en Ukraine (CAESAR, SCALP, AMX-10 RC, doublement du budget militaire entre 2017 et 2030 via la LPM 2024-2030). Pivot annonc&#233; vers l'Afrique anglophone au sommet Africa Forward de Nairobi (10-12 mai 2026, 23 milliards d'euros d'investissements promis, accords CMA-CGM-Mombasa, TotalEnergies, Bollor&#233;, Veolia, Bouygues, Alstom). Et en m&#233;tropole, comme pendant mat&#233;riel articul&#233; : la kafala dissimul&#233;e &#224; la fran&#231;aise qui produit la fraction sans-papi&#232;re comme variable d'ajustement permanente de l'&#233;conomie de guerre fran&#231;aise, le racket patronal organis&#233; sur les fiches de paie, le pilotage syndical conf&#233;d&#233;ral du tri pr&#233;fectoral, et la judiciarisation finale qui cl&#244;t politiquement les dossiers individuels sans rien modifier de la matrice. Pour chasser la bourgeoisie fran&#231;africaine et les arm&#233;es imp&#233;rialistes &#8212; fran&#231;aises, am&#233;ricaines, russes &#8212; et leurs hommes de main : juntes militaires, chefs de guerre, jihadistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinq mots d'ordre indissociables structurent notre programme d'action. D&#233;faitisme r&#233;volutionnaire pour la France en Ukraine, au Sahel, au Levant. Expropriation sous contr&#244;le ouvrier des grands groupes d'armement fran&#231;ais &#8212; Dassault, Thales, KNDS-Nexter, Naval Group, Safran, MBDA, Airbus Defence &#8212; pour arr&#234;ter et reconvertir mat&#233;riellement la production militaire vers des usages utiles &#224; la classe ouvri&#232;re. Contr&#244;le ouvrier effectif sur les sites d'armement existants &#8212; NH90 &#224; Marignane, obus aux Forges de Tarbes, drones Chorus &#224; Le Mans et Cl&#233;on, missiles MBDA, Rafale &#224; M&#233;rignac, sous-marins Naval Group &#8212; avec droit d'enqu&#234;te sur les livraisons, droit de veto, droit de refus d'ordre. Appel direct aux soldats fran&#231;ais en op&#233;rations ext&#233;rieures, comit&#233;s de soldats avec droit de refus d'ordre, fraternisation pratique avec les classes ouvri&#232;res des pays attaqu&#233;s. Et articul&#233; mat&#233;riellement aux quatre pr&#233;c&#233;dents : r&#233;gularisation globale inconditionnelle de tous les sans-papier&#183;e&#183;s et de leurs personnes &#224; charge, par carte de r&#233;sident de dix ans, ouverte &#224; la pleine citoyennet&#233; politique au nom de la Constitution de l'An I (24 juin 1793, article 4).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ces cinq mots d'ordre articul&#233;s et indissociables, la fraction sans-papi&#232;re du prol&#233;tariat de France ne peut compter sur aucun des quatre courants politiques qui pr&#233;tendent porter sa cause. Pas sur le syndicalisme social-chauvin de la CGT conf&#233;d&#233;rale, qui d&#233;fend mat&#233;riellement &#171; notre industrie &#187; fran&#231;aise y compris dans sa composante d'armement et qui a accept&#233; au 65 la s&#233;lection pr&#233;fectorale individuelle au lieu de porter la r&#233;gularisation globale. Pas sur l'extr&#234;me gauche &#8212; Lutte Ouvri&#232;re, NPA-R&#233;volutionnaires, NPA-Anticapitaliste, R&#233;volution Permanente &#8212; qui partage avec la CGT conf&#233;d&#233;rale la m&#234;me grille pratique sociale-chauvine, le m&#234;me silence sur le d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire, le m&#234;me alignement transversal sur la d&#233;fense des sites industriels fran&#231;ais sans articulation transnationale, et qui s'est ralli&#233;e comme un bloc au rassemblement Bagayoko du 4 avril 2026 tout en abandonnant les sans-papier&#183;e&#183;s du 65 pendant 78 jours d'occupation. Pas sur le panafricanisme militant fran&#231;ais contemporain, qui a pour r&#233;f&#233;rent politique le territoire africain (souverainet&#233; g&#233;opolitique, anti-CFA, anti-Barkhane) et qui n'a publi&#233; aucun communiqu&#233;, d&#233;ploy&#233; aucune banderole, organis&#233; aucune solidarit&#233; sur le 65 pendant les 78 jours. Pas sur les th&#233;ories d&#233;coloniales et leurs incarnations politiques organis&#233;es &#8212; PIR, Paroles d'Honneur, Bouteldja, courant universitaire, satellites afrof&#233;ministes &#8212; qui &#233;rigent la &#171; race sociale &#187; en cat&#233;gorie politique premi&#232;re s&#233;par&#233;e de la classe et qui sont rest&#233;s tout aussi silencieux sur le 65, parce que leur grille th&#233;orique ne permet pas d'articuler la critique du racisme &#224; la lutte de classe concr&#232;te. Aucun de ces quatre courants n'offre d'issue &#224; la fraction sans-papi&#232;re, ni &#224; la fraction issue de l'immigration des anciennes colonies et des colonies restantes &#8212; DOM-TOM dont les populations sont juridiquement fran&#231;aises mais mat&#233;riellement trait&#233;es comme prol&#233;tariat surexploit&#233; de seconde zone par l'&#201;tat central m&#233;tropolitain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fraction sans-papi&#232;re et la fraction issue de l'immigration coloniale et des DOM-TOM ne peuvent compter que sur la classe ouvri&#232;re autochtone &#8212; c'est-&#224;-dire l'ensemble du prol&#233;tariat de France indistinctement, racialis&#233; et non-racialis&#233; &#8212; aux c&#244;t&#233;s de laquelle elles se trouvent mat&#233;riellement, en pratique, dans la m&#234;me condition de classe, sur les m&#234;mes chantiers du BTP, dans les m&#234;mes cuisines de restaurants, dans les m&#234;mes &#233;quipes de nettoyage, dans les m&#234;mes services hospitaliers, dans les m&#234;mes ateliers, dans les m&#234;mes salons de coiffure, dans les m&#234;mes plateformes ub&#233;ris&#233;es de livraison. Cette unit&#233; mat&#233;rielle existe objectivement dans le rapport de production. Elle est ni&#233;e politiquement par les appareils dont nous avons document&#233; l'op&#233;ration, par les m&#233;dias Bollor&#233; qui mettent en sc&#232;ne le conflit racial comme principe organisateur de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise, par l'extr&#234;me droite qui mobilise l'identification nationale comme cadre politique de fragmentation du prol&#233;tariat, et par les d&#233;coloniaux qui mobilisent sym&#233;triquement l'identification raciale comme cadre alternatif. Mais cette unit&#233; mat&#233;rielle subsiste, irr&#233;ductible, dans la r&#233;alit&#233; quotidienne du rapport de production &#8212; et c'est elle qui rend politiquement possible la strat&#233;gie de classe que nous portons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pr&#233;cis&#233;ment la fonction tactique du Front Unique du Peuple Travailleur (FUPT) que nous portons comme m&#233;thode : unifier politiquement le peuple travailleur dans ses organes de luttes existants ou &#224; construire &#8212; fractions syndicales, comit&#233;s de gr&#232;ve, assembl&#233;es d'occupation, collectifs autonomes de travailleur&#183;euse&#183;s sans-papier&#183;e&#183;s, comit&#233;s Gilets Jaunes, comit&#233;s d'usine &#8212; pour que ces organes de luttes deviennent mat&#233;riellement des organes de contr&#244;le ouvrier sur la production, la distribution, l'administration, puis des organes de gouvernement ouvrier, c'est-&#224;-dire les organes par lesquels la dictature du prol&#233;tariat se substitue &#224; l'&#201;tat bourgeois et amorce la marche vers la soci&#233;t&#233; communiste sans classes ni &#201;tat. Et cela autour d'un programme &#8212; programme d'action transitoire articul&#233; qui pose les revendications mat&#233;rielles dans leur escalade transformatrice, depuis les luttes imm&#233;diates jusqu'&#224; la prise du pouvoir politique par la classe ouvri&#232;re. Le FUPT n'est pas une organisation politique. C'est la m&#233;thode tactique que nous portons pour la France contemporaine &#8212; la traduction mat&#233;rielle de la m&#233;thode du front unique pos&#233;e par l'Internationale Communiste dans ses premiers congr&#232;s (1921-1922), appliqu&#233;e par Barta et l'Union Communiste dans l'industrie automobile fran&#231;aise entre 1944 et 1947, articul&#233;e &#224; l'analyse l&#233;niniste de la dictature du prol&#233;tariat (L'&#201;tat et la R&#233;volution, 1917) et &#224; la strat&#233;gie trotskyste des revendications transitoires (Programme de transition, 1938). Cette m&#233;thode unifie dans les m&#234;mes organes de luttes la fraction sans-papi&#232;re, la fraction issue de l'immigration coloniale et des DOM-TOM, la fraction ouvri&#232;re non-racialis&#233;e des centres urbains et bassins industriels, la fraction rurale et p&#233;ri-urbaine des Gilets Jaunes, la fraction des fonctions publiques en lutte contre les d&#233;mant&#232;lements successifs, et la fraction pr&#233;caire de l'ub&#233;risation et de la sous-traitance &#8212; dans une convergence strat&#233;gique articul&#233;e, pas dans une fusion abstraite ni dans une coexistence parall&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette m&#233;thode tactique n&#233;cessite aussi, et indissociablement, la construction d'une organisation politique distincte : une organisation bolchevique-l&#233;niniste pour la France, bas&#233;e sur le socialisme scientifique, qui porte la m&#233;thode du FUPT comme outil tactique d'unification, &#233;labore le programme d'action transitoire correspondant, forme les militants politiques capables de porter ce programme dans les organes de luttes existants, et assure la continuit&#233; historique de la tradition r&#233;volutionnaire entre les vagues conjoncturelles de mobilisation &#8212; c'est-&#224;-dire sur la m&#233;thode th&#233;orique inaugur&#233;e par Marx et Engels dans les Manuscrits de 1844, le Manifeste du Parti communiste (1848), le Capital (1867-1883) ; d&#233;velopp&#233;e par L&#233;nine dans L'imp&#233;rialisme, stade supr&#234;me du capitalisme (1916), L'&#201;tat et la R&#233;volution (1917), les th&#232;ses des premiers congr&#232;s de l'Internationale Communiste (1919-1922) ; et reprise par Trotsky dans la R&#233;volution permanente (1929), le Programme de transition (1938), et les &#233;crits ult&#233;rieurs de la IV&#7497; Internationale. Le socialisme scientifique n'est pas une doctrine philosophique abstraite. C'est la m&#233;thode th&#233;orique pr&#233;cise par laquelle la classe ouvri&#232;re acquiert la conscience mat&#233;rielle de sa situation historique et la strat&#233;gie politique de sa transformation r&#233;volutionnaire. C'est cette m&#233;thode que les courants social-chauvins, l'extr&#234;me gauche centriste, les panafricanistes et les d&#233;coloniaux ont en commun d'avoir abandonn&#233;e &#8212; chacun &#224; sa mani&#232;re, mais tous dans le m&#234;me mouvement objectif de d&#233;tachement de la classe ouvri&#232;re de France de la tradition r&#233;volutionnaire qui est la sienne en propre. C'est cette m&#233;thode que nous portons et que nous transmettons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre filiation politique est pr&#233;cise. Pelloutier, Pouget, Griffuelhes et la CGT r&#233;volutionnaire pr&#233;-1914 (La Charte d'Amiens de 1906, Le Parti du travail de Pouget de 1905). Monatte, Rosmer, Loriot, P&#233;ricat et les syndicalistes-r&#233;volutionnaires fran&#231;ais qui ont rejoint le bolchevisme entre 1921 et 1922 sur la base d'un programme pr&#233;cis &#8212; contr&#244;le ouvrier sur la production, comit&#233;s d'usine, armement du prol&#233;tariat, renversement de leur propre imp&#233;rialisme fran&#231;ais. L'Internationale Communiste dans ses premiers congr&#232;s et son application mat&#233;rielle de la tactique du front unique. Barta et l'Union Communiste dans leur exp&#233;rience pratique de fraction r&#233;volutionnaire &#224; Renault Billancourt entre 1944 et 1947. Trotsky et la IV&#7497; Internationale dans la transmission programmatique de cette m&#233;thode. Mati&#232;re et R&#233;volution (Robert Paris, Karob et leurs camarades) dans la continuation th&#233;orique contemporaine de cette tradition &#224; laquelle nous nous rattachons explicitement. Cette filiation n'est pas un patrimoine sentimental. C'est notre h&#233;ritage politique propre, distinct des courants centristes et social-chauvins contemporains, sur lequel nous construisons aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che politique de l'heure est claire. Construction patiente, doctrinalement rigoureuse, organisationnellement pr&#233;cise, de la fraction r&#233;volutionnaire dont la classe ouvri&#232;re de France a besoin. Dans les Unions Locales syndicales existantes &#8212; CGT, Solidaires, FSU, FO &#8212; o&#249; la fraction r&#233;volutionnaire doit s'organiser comme courant doctrinalement d&#233;fini pour arracher ces structures &#224; la ligne sociale-chauvine de leurs directions conf&#233;d&#233;rales. Dans les collectifs autonomes de travailleur&#183;euse&#183;s sans-papier&#183;e&#183;s &#8212; o&#249; le travail politique consiste &#224; articuler les luttes imm&#233;diates pour la r&#233;gularisation aux mots d'ordre programmatiques d'ensemble. Dans les comit&#233;s Gilets Jaunes encore actifs &#8212; o&#249; la base sociale rurale et p&#233;ri-urbaine du soul&#232;vement de 2018-2020 doit &#234;tre politiquement unifi&#233;e &#224; la base sociale racialis&#233;e des sans-papier&#183;e&#183;s urbain&#183;e&#183;s, contre la fragmentation entretenue par les appareils. Dans les quartiers populaires et les exp&#233;riences d'auto-organisation contre les violences polici&#232;res &#8212; o&#249; la critique de la grille d&#233;coloniale doit se faire par la pratique politique articul&#233;e, pas par la d&#233;nonciation abstraite. Pas une organisation &#224; rejoindre. Un travail politique &#224; mener collectivement, l&#224; o&#249; chacun&#183;e se trouve, sur la base programmatique que cette brochure a pos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la conclusion mat&#233;rielle est l&#224;, au 85 rue Charlot, le 28 mai 2026. La f&#234;te de victoire CGT au sortir du 65 boulevard de Strasbourg se tient &#224; l'adresse exacte de l'annexe Eug&#232;ne Varlin de la Bourse du Travail &#8212; la m&#234;me annexe o&#249; la CGT conf&#233;d&#233;rale a expuls&#233; par la force le Collectif des Sans-Papiers de la V&#7497; R&#233;publique Bling-Bling (CSP-75) le 24 juin 2009. Dix-sept ans plus tard, presque jour pour jour, la CGT conf&#233;d&#233;rale c&#233;l&#232;bre une &#171; victoire &#187; obtenue par la s&#233;lection pr&#233;fectorale individuelle de neuf sans-papier&#183;e&#183;s du 65, &#224; l'adresse exacte o&#249; elle avait chass&#233; les sans-papier&#183;e&#183;s organis&#233;&#183;e&#183;s en assembl&#233;e autonome. Cette co&#239;ncidence n'est pas un hasard du calendrier. C'est la signature politique de l'op&#233;ration du 65 &#8212; la CGT conf&#233;d&#233;rale f&#234;te sa reprise en main sur les sans-papier&#183;e&#183;s exactement l&#224; o&#249; elle avait &#233;cras&#233; l'auto-organisation des sans-papier&#183;e&#183;s, dix-sept ans plus t&#244;t. Le travail politique de demain ne part pas de la d&#233;nonciation morale de cette signature. Il part du constat mat&#233;riel qu'elle constitue, et de la construction patiente de l'alternative ouvri&#232;re qui rendra impossible sa r&#233;p&#233;tition dans dix-sept ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; la brochure. Voil&#224; la t&#226;che. Voil&#224; la filiation. &#192; celles et ceux qui partagent ces analyses, &#224; celles et ceux qui se reconnaissent dans cette filiation, &#224; celles et ceux qui veulent porter cette t&#226;che, nous tendons la main politiquement &#8212; pour construire ensemble la fraction r&#233;volutionnaire qui manque, dans les Unions Locales, les collectifs autonomes, les comit&#233;s GJ, les quartiers populaires, sur la base programmatique du Front Unique du Peuple Travailleur et du socialisme scientifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mati&#232;re et R&#233;volution &#8212; Gilets Jaunes Poitiers&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24 mai 2026&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Chroniques de la lutte des classes au Tchad...</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article9488</link>
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		<dc:date>2026-03-24T23:40:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Abacar</dc:creator>


		<dc:subject>Tchad</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte de classes - Class struggle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Chroniques de la lutte des classes au Tchad &lt;br class='autobr' /&gt;
L'imp&#233;rialisme fran&#231;ais revient au Tchad ! &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/02/18/un-an-apres-avoir-ete-mise-dehors-la-france-revient-au-tchad_6667271_3212.html &lt;br class='autobr' /&gt;
https://information.tv5monde.com/afrique/video/decryptage-vers-un-retour-des-militaires-francais-au-tchad-2810431 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.france24.com/fr/afrique/20260131-france-tchad-r%C3%A9chauffement-li%C3%A9-position-r%C3%A9gionale-difficile-r%C3%A9gime-tchadien (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- LUTTE DES CLASSES - CLASS STRUGGLE &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot208" rel="tag"&gt;Tchad&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot278" rel="tag"&gt;Lutte de classes - Class struggle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chroniques de la lutte des classes au Tchad&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme fran&#231;ais revient au Tchad !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/02/18/un-an-apres-avoir-ete-mise-dehors-la-france-revient-au-tchad_6667271_3212.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/02/18/un-an-apres-avoir-ete-mise-dehors-la-france-revient-au-tchad_6667271_3212.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://information.tv5monde.com/afrique/video/decryptage-vers-un-retour-des-militaires-francais-au-tchad-2810431&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://information.tv5monde.com/afrique/video/decryptage-vers-un-retour-des-militaires-francais-au-tchad-2810431&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.france24.com/fr/afrique/20260131-france-tchad-r%C3%A9chauffement-li%C3%A9-position-r%C3%A9gionale-difficile-r%C3%A9gime-tchadien&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.france24.com/fr/afrique/20260131-france-tchad-r%C3%A9chauffement-li%C3%A9-position-r%C3%A9gionale-difficile-r%C3%A9gime-tchadien&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.rfi.fr/fr/podcasts/le-regard-d-ahmed-newton-barry/20260214-france-tchad-rupture-bruyante-r%C3%A9conciliation-subreptice&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.rfi.fr/fr/podcasts/le-regard-d-ahmed-newton-barry/20260214-france-tchad-rupture-bruyante-r%C3%A9conciliation-subreptice&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Contre la dictature&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Affrontements politiques &#224; N'Djamena &#8211; 28-29 f&#233;vrier 2024&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2024/03/01/affrontements-politiques-a-ndjamena-28-29-fevrier-2024/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2024/03/01/affrontements-politiques-a-ndjamena-28-29-fevrier-2024/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte au Tchad en octobre 2022&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre la junte : &#233;meute &#224; N'Djamena, Moundou et Koumra &#8211; 20 octobre 2022&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2022/10/21/contre-la-junte-emeute-a-ndjamena-moundou-et-koumra-20-octobre-2022/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2022/10/21/contre-la-junte-emeute-a-ndjamena-moundou-et-koumra-20-octobre-2022/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marche antigouvernementale : affrontements &#224; N'Djamena &#8211; 2 octobre 2021&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2021/10/03/marche-antigouvernementale-affrontements-a-ndjamena-2-octobre2021/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2021/10/03/marche-antigouvernementale-affrontements-a-ndjamena-2-octobre2021/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre la Junte : affrontements &#224; N'Djamena, Demb&#233;, Moundou &#8211; 27 avril 2021&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2021/04/28/contre-la-junte-affrontements-a-ndjamena-dembe-moundou-27-avril-2021/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2021/04/28/contre-la-junte-affrontements-a-ndjamena-dembe-moundou-27-avril-2021/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Tchad. Les autorit&#233;s &#233;chouent &#224; r&#233;soudre les affrontements meurtriers entre &#233;leveurs et agriculteurs.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2025/11/chad-clashes-herders-farmers/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2025/11/chad-clashes-herders-farmers/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les gr&#232;ves des enseignants&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://tchadinfos.com/2026/02/17/education-la-section-departementale-du-set-du-mayo-boneye-lance-une-greve-dune-semaine/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://tchadinfos.com/2026/02/17/education-la-section-departementale-du-set-du-mayo-boneye-lance-une-greve-dune-semaine/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://tchadinfos.com/2026/02/19/chari-baguirmi-les-enseignants-entrent-en-greve-de-neuf-jours/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://tchadinfos.com/2026/02/19/chari-baguirmi-les-enseignants-entrent-en-greve-de-neuf-jours/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.apanews.net/news/tchad-les-enseignants-observent-une-greve-dune-semaine/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.apanews.net/news/tchad-les-enseignants-observent-une-greve-dune-semaine/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les gr&#232;ves des m&#233;decins&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://tchadinfos.com/2026/01/14/sante-le-syndicat-des-medecins-du-tchad-suspend-sa-greve-pour-15-jours/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://tchadinfos.com/2026/01/14/sante-le-syndicat-des-medecins-du-tchad-suspend-sa-greve-pour-15-jours/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.apanews.net/news/tchad-les-medecins-annoncent-un-preavis-de-greve-dune-semaine/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.apanews.net/news/tchad-les-medecins-annoncent-un-preavis-de-greve-dune-semaine/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La gr&#232;ve des travailleurs de la sant&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ituc-africa.org/Les-travailleurs-de-la-sante-tchadiens-en-greve-pour-reclamer-le-paiement-des.html?lang=en&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ituc-africa.org/Les-travailleurs-de-la-sante-tchadiens-en-greve-pour-reclamer-le-paiement-des.html?lang=en&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://africa24tv.com/tchad-6-jours-de-greve-generale-pour-protester-contre-la-hausse-des-prix&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://africa24tv.com/tchad-6-jours-de-greve-generale-pour-protester-contre-la-hausse-des-prix&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.voaafrique.com/a/la-greve-generale-s-etend-au-secteur-prive/4239676.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.voaafrique.com/a/la-greve-generale-s-etend-au-secteur-prive/4239676.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.africanews.com/2018/01/30/tchad-grogne-sociale-et-greve-generale-contre-le-gouvernement/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.africanews.com/2018/01/30/tchad-grogne-sociale-et-greve-generale-contre-le-gouvernement/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;pression sanglante&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.omct.org/fr/ressources/declarations/tchad-les-forces-de-lordre-tirent-sur-la-foule-et-tuent-au-moins-9-manifestants-pacifiques&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.omct.org/fr/ressources/declarations/tchad-les-forces-de-lordre-tirent-sur-la-foule-et-tuent-au-moins-9-manifestants-pacifiques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/afrique/article/2023/02/24/au-tchad-le-bilan-des-violentes-manifestations-d-octobre-revu-a-128-morts_6163133_3212.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/afrique/article/2023/02/24/au-tchad-le-bilan-des-violentes-manifestations-d-octobre-revu-a-128-morts_6163133_3212.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.bbc.com/afrique/articles/c254r4n79exo&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.bbc.com/afrique/articles/c254r4n79exo&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/afrique/article/2023/11/24/au-tchad-amnistie-generale-pour-la-repression-sanglante-de-la-manifestation-en-2022_6202088_3212.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/afrique/article/2023/11/24/au-tchad-amnistie-generale-pour-la-repression-sanglante-de-la-manifestation-en-2022_6202088_3212.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.omct.org/fr/ressources/rapports/tchad-un-rapport-d%C3%A9nonce-lex%C3%A9cution-la-disparition-et-la-torture-de-manifestants&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.omct.org/fr/ressources/rapports/tchad-un-rapport-d%C3%A9nonce-lex%C3%A9cution-la-disparition-et-la-torture-de-manifestants&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Au-Tchad-le-regime-de-l-impunite&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://afriquexxi.info/Au-Tchad-le-regime-de-l-impunite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.courrierinternational.com/article/manifestations-repression-sanglante-au-tchad-une-journee-de-boue-de-sang-et-de-larmes&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.courrierinternational.com/article/manifestations-repression-sanglante-au-tchad-une-journee-de-boue-de-sang-et-de-larmes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lefigaro.fr/international/tchad-un-an-apres-la-repression-dans-le-sang-d-une-manifestation-l-amnistie-generale-accordee-20231123&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lefigaro.fr/international/tchad-un-an-apres-la-repression-dans-le-sang-d-une-manifestation-l-amnistie-generale-accordee-20231123&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La situation politique et sociale qui pr&#233;c&#233;dait au Tchad&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Idriss D&#233;by Itno est mort mais, la dictature lui survit et se renforce&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule perspective qui en vaille la peine est celle d'une riposte collective des travailleurs et de l'ensemble des opprim&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la disparition d'Idriss D&#233;by Itno, la dictature du Mouvement patriotique du salut (Mps) continue sous de nouvelles formes : son fils a pris sa place pour faire la m&#234;me politique en s'appuyant notamment sur la m&#234;me arm&#233;e, qui a maintenu le pays sous sa f&#233;rule trente ans durant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;pression qui s'est abattue tout derni&#232;rement sur des manifestants, faisant plus d'une dizaine de morts, en donne une hideuse et r&#233;voltante illustration. Il en est de m&#234;me de la volont&#233; du Conseil militaire de transition (Cmt) d'en finir avec le Front pour l'alternance et la concorde au Tchad (Fact), qui, pourtant, ne demande rien d'autre que de n&#233;gocier en vue d'une solution pacifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, m&#234;me si la mort d'Idriss D&#233;by Itno ne r&#232;gle aucun des probl&#232;mes majeurs auxquels les masses populaires sont confront&#233;es, la situation actuelle n'en ouvre pas moins une nouvelle page de l'histoire du pays. On le voit notamment dans la pl&#233;thore de solutions qu'offrent les diff&#233;rents acteurs de la classe politique et de la soci&#233;t&#233; civile, en guise de perspectives pour sortir de l'impasse actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, quand on observe l'&#233;chiquier politique, ce qui saute aux yeux, c'est que, pour les dirigeants du Mps, les choses ont au moins le m&#233;rite d'&#234;tre claires : soutenu par les responsables du parti de son p&#232;re et de sa mouvance, Mahamat Idriss D&#233;by, le chef de la junte, qui avait pris le pouvoir par un coup d'Etat, &#224; la suite de la mort de son g&#233;niteur, s'est impos&#233; &#224; la t&#234;te d'un Cmt. Ensuite, il a pondu une charte devant r&#233;gir la p&#233;riode de transition et nomm&#233; un Premier ministre en la personne d'un ancien sous-fifre d'Idriss D&#233;by Itno, Pahimi Padaket Albert. Celui-ci, &#224; son tour, a form&#233; un gouvernement domin&#233;, pour l'essentiel, par des responsables du Mps !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces d&#233;cisions, prises unilat&#233;ralement, sans aucune concertation, montrent clairement l'intention du camp de la dictature de peser sur les &#233;v&#233;nements afin de garder le pouvoir, tant pendant la p&#233;riode de transition qu'apr&#232;s, quels que soient, par ailleurs, les conditions et le d&#233;roulement des futures &#233;lections !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une opposition divis&#233;e &#8230; loin des enjeux de l'heure &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la volont&#233; du camp de la dictature de conserver le pouvoir par tous les moyens, les partis de l'opposition, les groupes arm&#233;s, comme le Fact, et les diverses organisations de la soci&#233;t&#233; civile n'affichent pas une m&#234;me vision des choses. Beaucoup ayant leurs propres agendas, des contradictions majeures existent entre eux, notamment au niveau de leur appr&#233;ciation du pouvoir n&#233; du dernier coup d'Etat. Deux des grosses pointures de l'opposition parlementaire, l'Union nationale pour le d&#233;veloppement et le renouveau (Undr) de Saleh Kebzabo, le Parti pour les libert&#233;s et le d&#233;veloppement (Pld) de Mahamat Ahmat Alhabo, en l'occurrence, ont reconnu ce dernier et sont all&#233;s &#224; la soupe en entrant dans le dernier gouvernement. Un autre groupuscule politique, celui de Mahamat Lazina, a fait de m&#234;me. Par contre, d'autres ont d&#233;clin&#233; l'offre &#224; eux faite dans ce sens. C'est le cas des Transformateurs notamment et d'autres organisations politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, tous les partis politiques de l'opposition, &#8211; y compris ceux qui ont rejoint le camp de dictature -, comme les groupes arm&#233;s ou les organisations de la soci&#233;t&#233; civile, qui le contestent, partagent, au moins, deux points. En effet, d'une part, ils r&#233;clament le respect de la constitution &#8211; dont s'&#233;tait servi Idriss D&#233;by Itno pour imposer sa dictature pendant trente ans -, qui stipule que, en cas de vacance de pouvoir, c'est le pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e nationale qui dirige la p&#233;riode de transition afin de pr&#233;parer de futures &#233;lections dans un d&#233;lai de trois mois. Aussi demandent-ils que la transition soit dirig&#233;e par un civil. Que celui-ci soit un autre larbin du dictateur D&#233;by disparu semble ne pas les d&#233;ranger outre mesure ! D'autre part, ils revendiquent &#233;galement la tenue d'un dialogue inclusif, r&#233;unissant tout le monde, aussi bien le camp de la dictature, les partis politiques, les groupes arm&#233;s que les organisations de la soci&#233;t&#233; civile, afin de d&#233;cider ensemble de la marche des &#233;v&#233;nements tout au long de la p&#233;riode de transition jusqu'aux futures &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, si les intentions de Mahamat Idriss D&#233;by Itno et des responsables du Mps ne souffrent d'aucune ambigu&#239;t&#233;, il n'en est pas de m&#234;me pour celles des diff&#233;rentes composantes de l'opposition, qui pr&#233;tendent rejeter leur politique au nom des aspirations populaires aux libert&#233;s fondamentales et &#224; une vie digne de notre &#233;poque. En effet, est-il vrai, comme elles le disent, qu'il est pr&#233;f&#233;rable que la transition soit dirig&#233;e par un civil, ancien sous-fifre d'Idriss D&#233;by Itno, plut&#244;t que par un autre larbin galonn&#233; de celui-ci ? Est-il vrai, comme elles le proclament, qu'un dialogue inclusif permettrait au pays de s'engager dans la voie royale d'un changement prenant en compte les aspirations &#224; un monde meilleur des masses opprim&#233;es ? Est-il vrai, comme elles le font croire, qu'un simple changement des hommes &#224; la t&#234;te de l'Etat, une alternance donc, am&#233;liorerait de fa&#231;on notable les conditions de vie des couches populaires ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'art de vouloir faire du neuf avec du vieux &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire politique singuli&#232;re du Tchad et celle, g&#233;n&#233;rale, de l'Afrique ont d&#233;j&#224; r&#233;pondu n&#233;gativement &#224; ces questions. En effet, depuis les ann&#233;es 90, marqu&#233;es par l'av&#232;nement du multipartisme en Afrique, la plupart des crises politiques, dont de v&#233;ritables r&#233;voltes populaires, ont, certes, donn&#233; naissance &#224; des p&#233;riodes de transition conduites souvent par des civils, parfois, des militaires ou m&#234;me des religieux. Mais, toutes ces exp&#233;riences politiques n'ont abouti qu'&#224; de simples recompositions du paysage politique des diff&#233;rents pays au profit de nouvelles dictatures. Elles n'ont r&#233;gl&#233; aucun des probl&#232;mes majeurs des masses populaires, comme au Burkina Faso, au Mali, par exemple, deux pays ayant connu des transitions dirig&#233;es par des civils, &#8211; Michel Kafando, pour le premier, et Bah N'Daw, pour le second -, mais, qui se d&#233;composent sous nos yeux, sous les coups de boutoir des bandes arm&#233;es terroristes et ethniques, n&#233;es de la mis&#232;re g&#233;n&#233;rale dans laquelle ils sombrent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#8216;il en est ainsi, c'est parce que, nulle part au monde, il n'existe d'Etat, avec un domaine purement politique et un autre, essentiellement militaire, les deux s&#233;par&#233;s par une cloison &#233;tanche ! Bien au contraire ! Partout, les deux &#233;l&#233;ments, le politique et le militaire, sont intimement li&#233;s et mis au service de la politique du pouvoir en vigueur. Dans ces conditions, si on veut que le choses changent r&#233;ellement, r&#233;clamer le respect de la constitution, comme exiger qu'un des larbins civils du dictateur disparu dirige la transition, &#224; la place d'un de ses sous-fifres militaires, n'a pas de sens : ces derniers sont l'un comme l'autre des fid&#232;les serviteurs de la dictature depuis des d&#233;cennies ! Oui, aussi civils qu'ils soient, que pourrait-on attendre, par exemple, d'un Haroun Kabadi, le pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e d'Idriss D&#233;by Itno, ou d'un Moussa Kadam, son vice-pr&#233;sident ? Quoi d'autre pourraient faire ces serviteurs z&#233;l&#233;s du dictateur disparu, &#224; part le fait de chercher &#224; renforcer le pouvoir actuel, d'&#234;tre aux ordres de Mahamat Idriss D&#233;by et de l'arm&#233;e, sur laquelle ce dernier s'appuie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dialogue inclusif que l'opposition, toutes tendances confondues, appelle de tous ses v&#339;ux et pr&#233;sente comme une potion magique susceptible de gu&#233;rir le pays de tous ses maux est aussi, en r&#233;alit&#233;, un pi&#232;ge pour les masses opprim&#233;es ! En effet, si cette perspective se r&#233;alise, comme la conf&#233;rence dite nationale de 1993, elle n'&#233;chappera pas au sort d'&#234;tre un simple rendez-vous au sommet de la classe dirigeante actuelle : le camp de la dictature, bien s&#251;r, les partis politiques de l'opposition, les groupes arm&#233;s et les organisations de la soci&#233;t&#233; civile. Mais, la majorit&#233; des participants sera constitu&#233;e par les m&#234;mes politiciens et autres chefs de guerre qui, comme larbins d'Hiss&#232;ne Habr&#233; ou d'Idriss D&#233;by Itno ou m&#234;me des deux, ont tous, depuis des ann&#233;es, particip&#233;, &#224; la t&#234;te de l'Etat, au processus politique qui a conduit &#224; l'impasse actuelle. Alors, que pourra-t-on en esp&#233;rer d'autre qui ne soit d&#233;j&#224; connu ? Malgr&#233; la pr&#233;sence de quelques &#226;mes g&#233;n&#233;reuses, qui parleront de libert&#233;, de d&#233;mocratie, de justice, etc., ce seront le camp de la dictature et celui de son opposition politique classique, qui, s'appuyant sur le rapport des forces en leur faveur, d&#233;cideront des r&#233;solutions finales dudit dialogue. Gens d'un m&#234;me monde, d&#233;fendant rigoureusement les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts, ceux de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais et ses diff&#233;rents valets locaux, ils pourront ainsi s'entendre autour d'un simple toilettage du r&#233;gime actuel, par le biais de quelques mesures satisfaisant les int&#233;r&#234;ts des uns et des autres, mais &#224; mille lieues des pr&#233;occupations, tant politiques que sociales, des couches populaires : celles-ci continueront &#224; &#234;tre &#233;cras&#233;es sous la f&#233;rule de la dictature et &#233;trangl&#233;es par la mis&#232;re !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les masses opprim&#233;es ne peuvent compter que sur elles-m&#234;mes et sur leurs propres luttes &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas non plus une alternance quelconque, ch&#232;re &#224; certains de nos politiciens, qui permettra de r&#233;soudre les probl&#232;mes des couches populaires : le sort de ces derni&#232;res ne se r&#233;sout pas dans les urnes ! Toutes les exp&#233;riences d'&#233;lections qui ont eu lieu dans le pays, sous le parapluie de l'arm&#233;e actuelle, le prouvent amplement. Elles n'ont r&#233;gl&#233; aucun des probl&#232;mes majeurs des masses populaires. Elles ont plut&#244;t servi d'alibi pour renforcer la dictature et faire sombrer la soci&#233;t&#233; dans la mis&#232;re. Par cons&#233;quent, dans les conditions politiques actuelles, avec le m&#234;me Etat, la m&#234;me arm&#233;e, la m&#234;me administration, m&#234;me si de nouvelles &#233;lections ont lieu apr&#232;s la p&#233;riode de transition, pour les masses populaires, sans aucun doute, rien ne changera : quels qu'en soient les r&#233;sultats, ce sera toujours la mis&#232;re, les maladies, les privations de toutes sortes et la chape de plomb de la dictature &#233;touffant jusqu'aux libert&#233;s les plus &#233;l&#233;mentaires, comme le fait exactement Mahamat Idriss D&#233;by Itno, en r&#233;primant lourdement les manifestations, suivant ainsi fid&#232;lement les traces de son p&#232;re. Par ailleurs, m&#234;me si, par miracle, un autre politicien de l'opposition, Succ&#232;s Masra, par exemple, remporte les futures &#233;lections, cela ne changera rien dans les conditions de vie des masses populaires : nulle part dans le monde, un simple changement des politiciens au pouvoir par d'autres ne r&#232;gle le sort des couches populaires. Il suffit de voir ce qui &#8230; se passe dans certains pays africains, tels que le B&#233;nin, le S&#233;n&#233;gal, le Mali, le Burkina Faso, qui ont connu des alternances, pour s'en convaincre : les riches y deviennent de plus en plus riches alors que les pauvres s'enfoncent de plus en plus dans la mis&#232;re et la dictature. Il en est de m&#234;me pour les pays d&#233;velopp&#233;s, comme la France, o&#249; le ph&#233;nom&#232;ne des Gilets jaunes symbolise &#224; la fois une profonde d&#233;gradation des conditions de vie des couches populaires, mais aussi, le fait que la d&#233;mocratie des riches est une dictature pour les pauvres !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, pour sortir de la situation actuelle, la solution n'est dans aucune des diff&#233;rentes choses qu'agite et propose la classe politique &#8211; un civil &#224; la t&#234;te d'une transition sous le contr&#244;le de l'arm&#233;e au pouvoir, un dialogue avec la dictature, des &#233;lections -, car, pour les couches populaires, toutes ces perspectives ne conduiront qu'&#224; une nouvelle impasse ! Aussi, pour leur &#233;mancipation du joug de la dictature et de la mis&#232;re, celles-ci ne peuvent-elles compter que sur elles-m&#234;mes, sur leurs propres luttes, avec leurs propres armes : la mobilisation, la gr&#232;ve, les manifestations, la rue ! Seule donc une riposte collective des travailleurs et de l'ensemble des opprim&#233;s en vue d'imposer eux-m&#234;mes les changements n&#233;cessaires, conformes &#224; leurs aspirations, tant sociales que politiques, pourrait permettre de faire plier la dictature. Mais rien n'est automatique ! Pour cela, il faudrait une politique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wakit tama ! L'heure a sonn&#233;, en effet, mais pour une mobilisation g&#233;n&#233;rale, populaire, contre la dictature !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme son p&#232;re et ses partisans, Mahamat Idriss D&#233;by et son gouvernement ne changeront de politique et ne tiendront compte des revendications populaires que forc&#233;s et contraints. On l'a vu tout derni&#232;rement dans la r&#233;pression sauvage de la manifestation du 8 mai, alors que celle-ci avait &#233;t&#233; initialement autoris&#233;e. Par cons&#233;quent, la seule perspective, capable de faire plier la dictature et l'amener &#224; satisfaire les revendications populaires, &#224; respecter le droit &#224; la vie des masses opprim&#233;es, est celle d'un mouvement d'ensemble, d'une mobilisation g&#233;n&#233;rale de tous les travailleurs du pays, du public et du priv&#233;, qui unifierait les salari&#233;s de l'Education nationale &#224; ceux de la Compagnie sucri&#232;re du Tchad (Cst), ceux de la Sant&#233; &#224; ceux de la Coton Tchad, ceux de l'Energie &#224; ceux du Transport, ceux des Banques &#224; ceux du B&#226;timent, ceux de la Poste et T&#233;l&#233;communication &#224; ceux du Commerce, ceux du P&#233;trole et des Mines &#224; ceux de l'Information et de l'Audiovisuel, ceux des Assurances &#224; ceux de la Culture, mais aussi les actifs et les ch&#244;meurs, les pr&#233;caires et les retrait&#233;s, les licenci&#233;s, etc., dans une riposte collective contre la politique du pouvoir, car, quels que soient les secteurs d'activit&#233;, la cat&#233;gorie et le statut des uns des autres, tous les travailleurs ont les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts et les m&#234;mes ennemis, en l'occurrence, l'Etat, au-dessus duquel tr&#244;ne Mahamat Idriss D&#233;by, et le patronat !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mobilisation g&#233;n&#233;rale des travailleurs aurait int&#233;r&#234;t &#224; se transformer en un vaste et profond &#8220;tous ensemble&#8221; en s'ouvrant &#224; d'autres cat&#233;gories de la population qui, &#224; un niveau ou &#224; un autre, souffrent de la mis&#232;re et de la dictature, comme eux : aux associations des droits de l'homme, des journalistes, des femmes, des jeunes, des &#233;tudiants, des &#233;l&#232;ves, des consommateurs, aux associations culturelles, &#224; celles des artisans, des petits commer&#231;ants, des paysans pauvres et d'autres. A part le Mps et ses alli&#233;s, bien s&#251;r, les organisations ou les militants politiques qui le d&#233;sireraient pourraient aussi participer &#224; cette mobilisation, &#224; condition, toutefois, qu'ils se mettent au service des luttes et des revendications des masses laborieuses et non qu'ils en prennent la t&#234;te : c'est aux travailleurs et les autres couches opprim&#233;es de diriger eux-m&#234;mes leurs combats en choisissant et contr&#244;lant leurs propres repr&#233;sentants. Ils ne doivent se mettre &#224; la remorque de personne, en tout cas, pas derri&#232;re des politiciens opportunistes qui, &#224; la moindre occasion, les trahiront !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute cette mobilisation devrait s'organiser autour d'une plateforme revendicative, une sorte de plan d'urgence, d'int&#233;r&#234;t public. Chaque syndicat, association, organisation participant &#224; la riposte collective proposerait ses propres revendications. Celles-ci devraient &#234;tre regroup&#233;es et discut&#233;es par l'ensemble des parties prenantes dans le but de dresser une plateforme de revendications, qui comprendraient les exigences essentielles des masses laborieuses face &#224; la chert&#233; de la vie, dont les plus importantes, pouvant f&#233;d&#233;rer tout le monde, seraient, par exemple : une augmentation cons&#233;quente des salaires, tant du public que du priv&#233;, du salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic), des allocations de ch&#244;mage, des pensions de retraite, des bourses, institu&#233;es comme un droit pour tout &#233;tudiant, l'embauche de tous les contractuels, des pr&#233;caires et des dipl&#244;m&#233;s ch&#244;meurs, dans le public comme dans le priv&#233;, notamment dans les secteurs essentiels, l'Education, la Sant&#233;, mais aussi, une baisse importante des prix des produits et des articles de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;, de l'eau, de l'&#233;lectricit&#233;, du p&#233;trole, de l'essence, du gaz, des prix du transport, des imp&#244;ts, des loyers, la gratuit&#233; effective de l'&#233;ducation et des soins dans le public, la construction de logements sociaux, la d&#233;fense et la jouissance des droits d&#233;mocratiques &#233;l&#233;mentaires, de r&#233;union, d'expression, d'organisation, de manifestation, sans aucune menace ou entrave de la part du pouvoir, la rupture du cordon ombilical qui lie les m&#233;dias publics, la radio et la t&#233;l&#233;vision notamment, au pouvoir du Mps, afin que celles-ci s'&#233;mancipent du joug de ce dernier et favorisent l'expression libre de toutes les sensibilit&#233;s politiques, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La liste des revendications qu'on pourrait consid&#233;rer comme prioritaires ne saurait, &#233;videmment, &#234;tre exhaustive. Elle devrait aussi prendre en consid&#233;ration d'autres probl&#232;mes sp&#233;cifiques que rencontre telle ou telle cat&#233;gorie sociale ou profession. Afin qu'il soit le socle solide de la mobilisation g&#233;n&#233;rale des travailleurs et de l'ensemble des opprim&#233;s qui souffrent de la politique du pouvoir, le plan d'urgence d'int&#233;r&#234;t public devrait &#234;tre l'expression des attentes communes et essentielles de ces derniers, mais aussi, celle des aspirations r&#233;elles et particuli&#232;res de certains d'entre eux. Il devrait en somme &#234;tre le reflet de toutes les revendications vitales des masses opprim&#233;es, en passant en revue tous les probl&#232;mes fondamentaux que ces derni&#232;res rencontrent, sans oublier les autres aspects de la vie sociale et &#233;conomique marqu&#233;e par des injustices, des abus, des arrestations arbitraires, des assassinats, le pillage des fonds publics, la corruption, les humiliations de toutes sortes, les brutalit&#233;s polici&#232;res, qui sont devenus des m&#339;urs courantes depuis bient&#244;t trente ans que le pays se trouve plac&#233; sous la f&#233;rule de la dictature du Mps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ni la peste des uns, ni le chol&#233;ra des autres, mais, l'amplification des gr&#232;ves, des manifestations, des luttes multiformes ! &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, c'est de cette perspective-l&#224; que les responsables de Wakit tama, qui organisent les gr&#232;ves et les manifestations contre le pouvoir, devraient s'emparer et discuter, d&#232;s maintenant, dans les entreprises, mais aussi, dans les bureaux, les &#233;coles, les lyc&#233;es, les universit&#233;s, les chantiers, les ateliers, les gares, les march&#233;s, les quartiers, les villages, etc., dans le but clairement affich&#233; de pr&#233;parer, dans les jours et les mois &#224; venir, une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et des manifestations monstres en vue de paralyser le pays au nom du droit &#224; la vie des populations pauvres &#233;trangl&#233;es par la mis&#232;re et &#233;cras&#233;es sous la f&#233;rule de la dictature. Les discussions devraient s'accompagner de la tenue d'assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales d&#233;cidant des revendications des uns et des autres, mais aussi, de la cr&#233;ation de comit&#233;s de coordination des luttes et de liaisons entre travailleurs du public et du priv&#233;, entre une entreprise d'un secteur donn&#233; et une autre sp&#233;cialis&#233;e dans une activit&#233; diff&#233;rente, entre organisations syndicales et celles des femmes, des jeunes, des ch&#244;meurs ou de d&#233;fense des droits de l'homme, afin d'aboutir &#224; des coordinations dans chaque quartier, chaque ville, qu'il faudrait f&#233;d&#233;rer &#224; l'&#233;chelle nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici l'enjeu ! Il est de taille, certes, mais c'est le seul qui en vaille la peine pour emp&#234;cher que la soci&#233;t&#233; continue &#224; sombrer dans la mis&#232;re et la dictature ! Mais, vu la profonde col&#232;re qui gronde dans le pays, il est aussi &#224; port&#233;e de main ! Car, dans le bras de fer actuel entre Wakit tama et la dictature du Mps, rien n'est jou&#233; d'avance. La page de l'histoire qui vient de s'ouvrir reste vierge pour tout le monde. Par cons&#233;quent, si les travailleurs et les masses opprim&#233;es en lutte sont conscients de la force qu'ils constituent, s'ils ont l'ambition d'aller jusqu'au bout, ils ont largement les moyens de la remplir &#224; leur mani&#232;re ! Oui, si les responsables de Wakit tama opposent &#224; la politique du pouvoir, de fa&#231;on m&#233;thodique et organis&#233;e, une politique qui mette en avant des objectifs sur lesquels les masses opprim&#233;es pourraient &#234;tre d'accord parce que refl&#233;tant les int&#233;r&#234;ts communs de tous, comme le droit au travail pour tous, le droit de s'alimenter, de se soigner, de s'instruire, d'acc&#233;der &#224; une culture moderne, le droit aux libert&#233;s fondamentales, bref, le droit &#224; la vie tout simplement, en vue de construire une riposte collective pour faire plier le pouvoir, cette t&#226;che n'est pas impossible du tout !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Esp&#233;rons alors que dans la situation actuelle o&#249; l'on voit s'instaurer un climat de politisation, marqu&#233; par un rejet de plus en plus fort de la dictature, il y aura des femmes et des hommes qui &#233;mergeront pour aider les travailleurs et l'ensemble des opprim&#233;s &#224; organiser m&#233;thodiquement cette riposte collective, seul moyen qui puisse leur permettre d'inverser le rapport des forces et d'imposer les changements n&#233;cessaires conformes &#224; leurs aspirations, tant sociales que politiques. Par cons&#233;quent, pour ceux qui ne veulent pas se contenter d'un simple ravalement de fa&#231;ade de la dictature, sous la forme d'un remplacement d'Idriss D&#233;by Itno par l'un de ses fils ou d'une n&#233;gociation entre celui-l&#224; et ses opposants, mais, qui veulent que les choses changent r&#233;ellement, que les conditions de vie des masses populaires changent et que celles-ci acc&#232;dent aux libert&#233;s essentielles, pour les intellectuels, les &#233;tudiants, les &#233;l&#232;ves, r&#233;volt&#233;s, qui ne craignent pas la volont&#233; populaire, dont l'ambition n'est pas d'&#234;tre de futurs notables ou larbins au service d'un potentat, militaire ou civil, eh bien, la t&#226;che, c'est d'aider &#224; la construction de cette riposte collective des travailleurs et de l'ensemble des opprim&#233;s, seul moyen pour faire reculer la dictature et tracer le chemin vers un avenir meilleur et des possibilit&#233;s sup&#233;rieures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ali Mohamed Abali Marangabi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les masses opprim&#233;es, l'ennemi est &#224; l'int&#233;rieur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arm&#233;e, principale ossature des dictatures qui se sont succ&#233;d&#233; au Tchad, m&#233;rite-t-elle autant d'&#233;loges qu'on lui a faits &#224; l'issue des derniers &#233;v&#233;nements du Lac ? Ali Mohamed Abali Marangabi analyse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;v&#233;nements militaires qui se sont pass&#233;s, le 23 mars dernier, au Lac, qui font aujourd'hui l'objet de controverses, ont soulev&#233; un vent puant de nationalisme &#233;triqu&#233;, teint&#233; de tribalisme, dont les effluves naus&#233;abonds continuent encore &#224; embaumer l'atmosph&#232;re politique du pays. En effet, apr&#232;s l'annonce de la mort de plusieurs soldats tchadiens, nombreux sont les voix qui se sont &#233;lev&#233;es pour exprimer leur solidarit&#233; aux troupes de D&#233;by, brocard&#233;es, pour la circonstance, de &#8220;vaillantes forces nationales&#8221; et d'autres p&#233;riphrases du m&#234;me go&#251;t, leur conf&#233;rant la mission de prot&#233;ger les populations. On en a m&#234;me entendu traiter de &#8220;fr&#232;res&#8221;, de &#8220;dignes fils du Tchad&#8221;, les g&#233;n&#233;raux et les officiers de l'arm&#233;e, principale ossature de la dictature actuelle qui tient le pays sous son talon de fer depuis trente ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arm&#233;e, bras protecteur de la dictature sous Tombalbaye &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, quand, l'ind&#233;pendance &#224; peine proclam&#233;e, Tombalbaye a d&#233;cid&#233; d'imposer le parti unique afin d'&#233;touffer la col&#232;re populaire, n&#233;e du fait que la souverainet&#233; formelle n'avait pas fondamentalement chang&#233; la vie des masses opprim&#233;es, qui en attendaient de meilleures conditions de vie, c'est sur cette arm&#233;e qu'il s'est appuy&#233; pour mettre fin aux libert&#233;s d&#233;mocratiques, acquis des luttes anticolonialistes men&#233;es tout au long des ann&#233;es 47-50. On l'a vu notamment lors des &#233;v&#233;nements du 16 septembre 1963 &#224; Fort-Lamy, lorsque les responsables politiques de l'opposition et leurs partisans sont descendus massivement dans la rue pour d&#233;fendre les libert&#233;s essentielles, c'est cette nouvelle arm&#233;e dite nationale qui a organis&#233; la r&#233;pression contre ceux qui protestaient contre la perspective du parti unique soutenu par les troupes fran&#231;aises stationn&#233;es au camp Koufra. Cette intervention de l'arm&#233;e dans l'ar&#232;ne politique pour imposer la dictature du parti unique, avec la b&#233;n&#233;diction de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, a ainsi ouvert une nouvelle page de sa pr&#233;sence, de fa&#231;on constante, dans l'histoire politique du pays, comme la principale ossature de toutes les dictatures qui s'y sont succ&#233;d&#233; jusqu'&#224; ce jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous la dictature d'Hiss&#232;ne Habr&#233;, la m&#234;me arm&#233;e recompos&#233;e, en plus de la DDS&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au long des ann&#233;es 78-82, marqu&#233;es notamment par la loi des bandes arm&#233;es, mais aussi l'&#233;chec des accords de Khartoum, symbolis&#233; par la guerre civile de N'Djam&#233;na, en f&#233;vrier 1979, entre les partisans du CSM et ceux du CCFAN, on a assist&#233; une d&#233;composition de l'Etat, qui a entra&#238;n&#233; celle de l'arm&#233;e. Celle-ci s'est trouv&#233;e divis&#233;e &#224; cause de ses responsables, comme de ses troupes, qui s'alignaient sur les bandes arm&#233;es se r&#233;clamant de leurs ethnies ou de leurs r&#233;gions. L'entente superficielle entre les diff&#233;rents chefs de guerre, suite aux nombreuses r&#233;unions qui avaient donn&#233; naissance au GUNT (Gouvernement d'Union Nationale du Tchad), n'a pas fait long feu non plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TCHAD : L'AVENIR EST ENTRE LES MAINS DES TRAVAILLEURS !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, comme il fallait s'y attendre, s'appuyant sur les structures con&#231;ues &#224; cette effet, en l'occurrence la CENI et le Conseil Constitutionnel, qui lui sont inf&#233;od&#233;es, Idriss D&#233;by Itno, sans le moindre scrupule, toute honte bue, n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; se faire proclamer vainqueur de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle ! Au premier tour, et avec la mani&#232;re, s'il vous pla&#238;t : nuitamment, tard le soir, presqu'en catimini, sous un quadrillage militaire hideux des principaux centres urbains du pays, N'Djam&#233;na et Moundou, notamment !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que l'&#233;lection pr&#233;sidentielle s'&#233;tait d&#233;roul&#233;e sous le signe d'un engouement populaire sans pr&#233;c&#233;dent, marqu&#233; par un profond d&#233;sir de changement, expression d'un rejet massif de la politique des dirigeants du MPS au pouvoir depuis bient&#244;t vingt-six ans, cette forfaiture, s'il en est encore besoin, d&#233;montre, certes, de fa&#231;on &#233;clatante, le caract&#232;re combien dictatorial de l'ordre actuel en vigueur. Mais, elle va m&#234;me plus loin, au-del&#224; des p&#233;rip&#233;ties circonstancielles d'une &#233;lection : elle illustre surtout le fait que, entre le r&#233;gime d&#233;chu d'Hissein Habr&#233;, - ce dictateur, ancien mentor d'Idriss D&#233;by Itno et consorts, qui vient d'&#234;tre condamn&#233; &#224; perp&#233;tuit&#233;, &#224; juste raison, &#224; cause des multiples crimes commis, des ann&#233;es durant, sous son r&#232;gne &#8211; et le pouvoir actuel, il n'y a, en r&#233;alit&#233;, aucune diff&#233;rence de fond. C'est, essentiellement, le m&#234;me Etat, avec pratiquement les m&#234;mes hommes, surtout au niveau des principaux leviers de commandement, et, par cons&#233;quent, les m&#234;mes m&#339;urs, les m&#234;mes pratiques : culte naus&#233;abond de personnalit&#233;, qui voudrait faire d'Idriss D&#233;by Itno le centre incontournable de la vie politique, &#233;conomique, sociale et culturelle du pays, ethnisme, tribalise, r&#233;gionalise, client&#233;lisme, &#233;rig&#233;s en m&#233;thode de gouvernement et pouss&#233;s &#224; des extr&#234;mes jamais atteints auparavant, exploitation des ressources humaines et naturelles au profit d'une minorit&#233; de parasites, dilapidation, pillage des deniers publics, arrestations arbitraires, libert&#233;s &#233;l&#233;mentaires &#233;touff&#233;es, musel&#233;es, broy&#233;es, sous un chape dictatoriale, tous, des faits nus et t&#234;tus, qui &#233;voquent les heures sombres de la p&#233;riode du parti unique sous Hissein Habr&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Protestant contre les all&#233;gations des dirigeants du MPS selon lesquelles ils auraient apport&#233; la libert&#233; et la d&#233;mocratie dans le pays, cette forfaiture prouve plut&#244;t, de fa&#231;on &#233;clatante, que, le 1er d&#233;cembre 1990, les anciens sous-fifres d'Hissein Habr&#233;, qui ont pris le pouvoir, se sont juste content&#233;s de l'en chasser pour continuer &#224; faire la m&#234;me politique que lui, avec le soutien de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, bien s&#251;r, mais aussi celui de la classe dirigeante d'alors, c'est-&#224;-dire des dignitaires, des notables et autres caciques du r&#233;gime d&#233;chu. Le multipartisme, la cr&#233;ation des partis, des syndicats, d'associations, l'&#233;closion d'une presse ind&#233;pendante, les &#233;lections, les structures &#233;tatiques, comme la CENI ou le Conseil Constitutionnel, qui viennent de faire &#233;talage de leurs limites, toutes ces choses qu'Idriss D&#233;by Itno a consenti &#224; r&#233;aliser sous la pression de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais notamment, pour se sacrifier &#224; l'air du temps, ne sont, somme toute, qu'un simple trompe-l'&#339;il : derri&#232;re ces parures pseudo d&#233;mocratiques, en r&#233;alit&#233;, se cache le m&#234;me pouvoir d'antan, le m&#234;me Etat, sous un nouvel habillage, certes, mais sans que, au fil du temps, ses m&#233;tamorphoses, ses mutations, comme le renouvellement permanent de son personnel politique n'aient ni chang&#233; ni alt&#233;r&#233; sa nature profond&#233;ment dictatoriale, tel que vient de le montrer le hold-up &#233;lectoral r&#233;alis&#233; par Idriss D&#233;by Itno, en s'appuyant essentiellement sur l'arm&#233;e, - dont toute l'architecture, de la hi&#233;rarchie de commandement aux &#233;chelons inf&#233;rieurs en passant par les structures interm&#233;diaires, est con&#231;ue exclusivement pour la d&#233;fense de son pouvoir -, en plus du soutien ind&#233;fectible de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que devrait-on attendre alors de cette &#233;ni&#232;me forfaiture, qui met &#224; nu la nature dictatoriale du pouvoir actuel ? Rien ! Absolument rien qui ne soit d&#233;j&#224; connu ! Les principaux b&#233;n&#233;ficiaires de ce hold-up &#233;lectoral sont et seront les m&#234;mes que ceux d'hier, qui, depuis des d&#233;cennies, s'empiffrent, se gavent, s'engraissent gr&#226;ce &#224; l'exploitation des ressources tant humaines que naturelles du pays : il s'agit notamment des trusts et multinationales, occidentaux, asiatiques ou autres, qui ont une mainmise sur l'&#233;conomie, mais aussi des valets de ces derniers, de la minorit&#233; de parasites locaux, qui constituent nos propres privil&#233;gi&#233;s, - les hommes d'affaires, tels les fameux op&#233;rateurs &#233;conomiques du MPS, devenus des millionnaires et des milliardaires gr&#226;ce &#224; la surfacturation, les membres du gouvernent, les principaux responsables de l'administration, de l'arm&#233;e, des grandes institutions, les d&#233;put&#233;s, les maires, les dignitaires du parti au pouvoir, etc -, qui profitent tous, d'une fa&#231;on ou d'une autre, des miettes qui tombent de la table &#224; manger de la bourgeoisie mondiale, comme l'illustre le train de vie insolent qu'ils m&#232;nent dans l'un des pays les plus pauvres au monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, le nouveau coup de force perp&#233;tr&#233; par Idriss D&#233;by Itno ne changera rien dans les conditions de vie des couches populaires. Pour celles-ci, comme par le pass&#233;, ce sera toujours l'exploitation, la pauvret&#233;, la chert&#233; de la vie, les bas salaires, le ch&#244;mage, les privations des droits &#233;l&#233;mentaires, les arrestations arbitraires, comme on l'a vu derni&#232;rement avec l'incarc&#233;ration des dirigeants syndicalistes et des organisations de la soci&#233;t&#233; civile, dont le seul tort avait &#233;t&#233; de projeter de faire une marche, une chose tol&#233;r&#233;e par la loi, qui fait partie des m&#339;urs naturellement v&#233;cues sous d'autres cieux, mais qui, au Tchad d'Idriss D&#233;by Itno, pose probl&#232;me ! Vu la baisse du prix du p&#233;trole sur le march&#233; mondial, dont le pouvoir se sert comme d'un pr&#233;texte pour qu&#233;mander, mendier des aides sur la sc&#232;ne internationale, aupr&#232;s des puissances imp&#233;rialistes et autres bailleurs de fonds, il y a m&#234;me de fortes chances que les conditions de vie d&#233;j&#224; difficiles des plus d&#233;munis s'aggravent de plus en plus &#224; cause, d'une part, des mesures d'aust&#233;rit&#233; prises par le pouvoir sous le fallacieux pr&#233;texte de faire des &#233;conomies et, d'autre part, des licenciements op&#233;r&#233;s par le patronat, qui vont tous s'amplifier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, les travailleurs et l'ensemble des opprim&#233;s ne devraient rien attendre d'Idriss D&#233;by Itno. Les promesses &#233;lectorales faites par celui-ci ne sont qu'un leurre, un long chapelet de mensonges, dont le but est de cacher la seule et unique politique qu'il a appliqu&#233;e jusqu'alors depuis vingt-six ans et qu'il va continuer &#224; imposer : vider les bouches et les poches des pauvres et des affam&#233;s pour remplir celles des riches et des trop rassasi&#233;s, tel que le veut la loi implacable du capitalisme dont il est, avec d'autres, l'un des principaux serviteurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, dans la situation politique actuelle, marqu&#233;e par le contentieux &#233;lectoral entre la dictature de D&#233;by et les politiciens de l'opposition, les masses populaires n'auraient pas non plus int&#233;r&#234;t &#224; se faire des illusions par rapport &#224; ces derniers pour sortir de l'impasse pr&#233;sente et acc&#233;der &#224; de meilleures conditions de vie. Certes, les candidats d&#233;sign&#233;s comme perdants ont raison de contester les r&#233;sultats de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle et de demander que le vote des populations soit respect&#233;. Mais leur agenda ne pourrait en aucun cas &#234;tre celui des masses opprim&#233;es car, m&#234;me si, par miracle, l'un d'entre eux arrivait au pouvoir, cela n'entrainerait pas non plus des changements notables pour les couches populaires parce que, tous ces gens-l&#224;, les D&#233;by, Kebzabo, Gali, Alhabo et autres, appartiennent, en r&#233;alit&#233;, au m&#234;me monde : bien de choses les lient les uns aux autres, ils ont travaill&#233; ensemble, sous la dictature d'Hissein Habr&#233; ou celle qui dirige aujourd'hui. Rigoureusement, ils d&#233;fendent tous les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts, ceux des riches, des bourgeois et privil&#233;gi&#233;s tchadiens et, au-dessus de ces derniers, ceux de l'imp&#233;rialisme, fran&#231;ais, am&#233;ricain ou chinois. Que donc certains soient &#224; la t&#234;te de la dictature et que d'autres dirigent une opposition parlementaire ou m&#234;me arm&#233;e contre celle-ci, cela ne doit pas faire illusion : ni politiquement ni socialement, ils ne sont diff&#233;rents les uns des autres. On l'a vu notamment lors de la campagne &#233;lectorale, au cours de laquelle ils d&#233;clinaient leurs programmes politiques, qui sont fondamentalement identiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, oui, m&#234;me s'il est juste de contester le hold-up &#233;lectoral r&#233;alis&#233; par Idriss D&#233;by Itno et ses comparses, le bras de fer actuel entre ceux-ci et certains candidats de l'opposition parlementaire ne concerne en rien les masses opprim&#233;es ! C'est un combat, sur le terrain &#233;lectoral, entre les enfants d'une m&#234;me famille, celle des politiciens bourgeois du pays, qui se disputent le pouvoir. Par cons&#233;quent, quelle qu'en soit l'issue, pour les travailleurs et l'ensemble des opprim&#233;s, rien de fondamental ne changera. Il n'y aura ni am&#233;lioration de leurs conditions de vie, ni plus de libert&#233; qu'avant : ce sera toujours la m&#234;me exploitation, la m&#234;me mis&#232;re, les m&#234;mes maladies, les m&#234;mes injustices, les m&#234;mes abus et exactions, la m&#234;me dictature, tel un bras arm&#233; charg&#233; de veiller sur cet ordre-l&#224; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la soci&#233;t&#233; actuelle divis&#233;e en classes sociales, la ligne de d&#233;marcation ne saurait ni ne pourrait &#234;tre entre, d'un c&#244;t&#233;, des pr&#233;tendus d&#233;mocrates, et, de l'autre, des tenants de la dictature. Elle est plut&#244;t entre riches et pauvres, oppresseurs et opprim&#233;s, bourgeois et prol&#233;taires. Or, les politiciens qui nous dirigent ou ceux qui aspirent &#224; le faire et l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais ne se feront jamais hara kiri pour que les opprim&#233;s s'&#233;mancipent de leur domination et acc&#232;dent &#224; des conditions de vie meilleures. La bourgeoisie, quelle qu'elle soit, n'a pas, en effet, de tendance suicidaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi, pour sortir de cette impasse dans laquelle les maintient la dictature d'Idriss D&#233;by Itno, la seule perspective qui s'offre aux travailleurs et &#224; l'ensemble des opprim&#233;s, c'est celle de leurs propres luttes, politiques et sociales, sous la forme d'une riposte collective du monde du travail et d'une mobilisation g&#233;n&#233;rale des couches populaires ! En effet, si les masses opprim&#233;es veulent acc&#233;der aux libert&#233;s essentielles et &#224; l'am&#233;lioration de leurs conditions de vie, par le biais d'une r&#233;partition juste des richesses, fruit de leur travail et de leur sueur, elles ne pourraient pas faire l'&#233;conomie des luttes populaires, politiques et sociales, n&#233;cessaires et indispensables, que leur impose le capitalisme &#224; travers le pouvoir dictatorial qui r&#232;gne de N'Djam&#233;na. Les libert&#233;s d&#233;mocratiques, l'am&#233;lioration des conditions de vie et le droit &#224; une existence digne de notre &#233;poque ne sauraient &#234;tre discut&#233;s, ni n&#233;goci&#233;s, ni marchand&#233;s avec les tenants du pouvoir actuel, moins encore obtenus par un bout de papier dans une urne, comme vient de le d&#233;montrer le hold-up &#233;lectoral perp&#233;tr&#233; par Idriss D&#233;by Itno : ils ne pourraient qu'&#234;tre le fruit des luttes, politiques et sociales, des masses laborieuses elles-m&#234;mes. Pour qu'ils existent, de fa&#231;on durable, qu'ils soient respect&#233;s et v&#233;cus comme des m&#339;urs normales, ils devraient &#234;tre arrach&#233;s et impos&#233;s par celles-ci, en dehors de la l&#233;galit&#233; constitutionnelle actuelle, dans la rue. Il ne pourrait en &#234;tre autrement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas longtemps, le viol de la jeune Zouhoura par des enfants pourris des dignitaires du r&#233;gime a d&#233;clench&#233; dans tout le pays une vague d'indignation qui s'est transform&#233;e en une profonde exasp&#233;ration, expression d'un profond ras le bol populaire, symbole d'un rejet de la politique du pouvoir, de ses injustices, ses in&#233;galit&#233;s, en plus du m&#233;pris de ses responsables. De fa&#231;on spontan&#233;e, cette contestation a tr&#232;s vite pris une forme organis&#233;e : des structures syndicales et de la soci&#233;t&#233; civile se sont coalis&#233;es, ont form&#233; un collectif, une sorte de coordination des luttes, d&#233;nomm&#233;e &#171; Ca suffit &#187;, &#224; l'origine de plusieurs initiatives : une marche, qui a &#233;t&#233; interdite, un mot d'ordre de &#171; villes mortes &#187;, largement suivi, notamment dans la capitale, un autre de &#171; Sifflet citoyen &#187;, une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale d&#233;clench&#233;e &#224; la suite des arrestations des responsables syndicaux et ceux des organisations des droits de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette forme d'organisation, in&#233;dite dans l'histoire du pays, a &#233;branl&#233; le pouvoir &#224; tel point qu'il a r&#233;ellement pris peur. Aussi est-ce dans cette direction qu'il faudrait aller de nouveau, en se donnant les moyens de reprendre la lutte, &#224; un moment ou &#224; un autre. L'exp&#233;rience des derni&#232;res luttes multiformes, dont le souvenir est encore vivace dans l'esprit des gens, devrait servir de point d'ancrage, &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme un tour de chauffe, une &#233;tape, un jalon, dans le processus d'une strat&#233;gie globale &#224; &#233;laborer, &#224; construire patiemment, m&#233;thodiquement, pour aller vers un mouvement de &#171; tous ensemble &#187;, organis&#233; autour de la classe ouvri&#232;re notamment, contre la dictature d'Idriss D&#233;by Itno !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les hommes politiques actuels au pouvoir, leur gouvernement, leurs partisans et le patronat qui les soutient, ne changeront de politique et ne tiendront compte des aspirations populaires que forc&#233;s et contraints. Mais, le rapport des forces entre eux, le monde du travail et l'ensemble des opprim&#233;s ne peut pas &#234;tre chang&#233; par les formes de lutte utilis&#233;es traditionnellement jusqu'aujourd'hui, c'est-&#224;-dire une gr&#232;ve dans un secteur donn&#233;, isol&#233;e des autres ou des n&#233;gociations secteur par secteur, entreprise par entreprise. Pour changer la donne, pour faire plier le pouvoir, il faudrait donc une mobilisation g&#233;n&#233;rale de toute la classe ouvri&#232;re, qui, de par sa position de choix au c&#339;ur de l'&#233;conomie, a la force de bloquer totalement celle-ci, de paralyser tout le pays et d'imposer les revendications populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc vers cette perspective-l&#224; qu'il faudrait aller, avec l'objectif d'amplifier les luttes, de les unifier, pour construire, m&#233;thodiquement, une mobilisation g&#233;n&#233;rale de tous les travailleurs du pays, du public et du priv&#233;, qui unirait dans le m&#234;me combat les salari&#233;s de l'Education Nationale et ceux de la SONASUT, ceux de la Sant&#233; et ceux de la Coton Tchad, ceux de l'Energie et ceux du Transport, ceux des Banques et ceux du B&#226;timent, ceux de la Poste et T&#233;l&#233;communication et ceux du Commerce, ceux du P&#233;trole et des Mines et ceux de l'Information et de l'Audiovisuel, ceux des Assurances et ceux de la Culture, mais aussi les actifs et les ch&#244;meurs, les pr&#233;caires et les retrait&#233;s, les licenci&#233;s, les contractuels, les vacataires, etc, dans une riposte collective contre la politique du pouvoir, car, quels que soient les secteurs d'activit&#233;, la cat&#233;gorie et le statut des uns des autres, tous les travailleurs ont les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts et les m&#234;mes ennemis, en l'occurrence, l'Etat, au-dessus duquel tr&#244;ne Idriss D&#233;by Itno, et le patronat !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En l'absence d'un parti r&#233;volutionnaire prol&#233;tarien, il reviendrait aux syndicats de porter cette perspective-l&#224;, notamment &#224; l'UST, le plus combatif et le plus important d'entre eux, en alliance, en solidarit&#233;, avec les autres centrales. Mais, dans ce combat, tout en g&#233;n&#233;ralisant et unifiant les luttes dirig&#233;es par eux-m&#234;mes, les travailleurs auraient int&#233;r&#234;t &#224; reproduire, mais &#224; grande &#233;chelle, l'exp&#233;riences des derni&#232;res luttes en s'ouvrant aussi &#224; d'autres cat&#233;gories de la population qui souffrent des m&#234;mes probl&#232;mes qu'eux : aux organisations des droits de l'homme, bien s&#251;r, mais aussi aux associations des femmes, des &#233;tudiants, des &#233;l&#232;ves, des jeunes, des consommateurs, des journalistes, aux associations culturelles, &#224; celles des artisans, des artistes, des petits commer&#231;ants, des paysans pauvres, des travailleurs agricoles et d'autres, qui constituent des millions d'opprim&#233;s &#233;trangl&#233;s, comme eux, par la m&#234;me crise du capitalisme et la politique du gouvernement. Ils pourraient ainsi leur servir de boussole, les regrouper autour d'eux, leur offrir une politique, les entra&#238;ner, et, de cette fa&#231;on, par un mouvement &#171; de tous ensemble &#187;, cr&#233;er avec eux un nouveau rapport des forces capable de faire reculer la dictature et de lui imposer les changements n&#233;cessaires, tant sur le plan social que politique. A part le MPS et ses alli&#233;s, &#233;videmment, les organisations ou les militants politiques qui le d&#233;sireraient pourraient aussi participer &#224; cette mobilisation, &#224; condition, toutefois, qu'ils se mettent au service des luttes et des revendications des masses laborieuses et non qu'ils en prennent la t&#234;te : c'est aux travailleurs et les autres couches opprim&#233;es de diriger eux-m&#234;mes leurs combats, en choisissant et contr&#244;lant leurs propres repr&#233;sentants. Ils ne devraient se mettre &#224; la remorque de personne, en tout cas, pas derri&#232;re des politiciens bourgeois et opportunistes qui, &#224; la moindre occasion, les trahiront !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; la perspective-l&#224; qu'il conviendrait de discuter, d&#232;s maintenant, dans les usines, les entreprises, mais aussi les bureaux, les universit&#233;s, les &#233;coles, les lyc&#233;es, les chantiers, les ateliers, les gares routi&#232;res, les &#171; tachas &#187;, les march&#233;s, les quartiers, les villages, etc, dans le but clairement affich&#233; de pr&#233;parer, dans les jours et les mois &#224; venir, une riposte collective du monde du travail et une mobilisation de l'ensemble des opprim&#233;s afin de d&#233;fendre le droit &#224; la vie des populations pauvres. Les discussions devraient s'accompagner de la tenue d'assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales d&#233;cidant des revendications des uns et des autres, mais aussi de la cr&#233;ation de comit&#233;s de liaisons entre travailleurs du public et du priv&#233;, entre une entreprise d'un secteur donn&#233; et une autre sp&#233;cialis&#233;e dans une activit&#233; diff&#233;rente, entre organisations syndicales et celles des femmes, des jeunes, des ch&#244;meurs ou de d&#233;fense des droits de l'homme, afin d'aboutir &#224; une coordination tant locale que nationale des luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avenir est donc entre les mains des travailleurs et de l'ensemble des masses opprim&#233;es, dans leur mobilisation, leur organisation et leurs luttes ! Ce n'est pas la d&#233;termination des couches populaires d'en finir avec la mis&#232;re ou de trouver une autre issue &#224; leur situation en g&#233;n&#233;ral qui fait d&#233;faut, comme le montrent les diff&#233;rentes luttes d&#233;clench&#233;es &#224; la suite du viol de Zouhoura ou celles d'avant. Ce qui manque, c'est la perspective qu'il faudrait pour que ces luttes soient efficaces et servent r&#233;ellement &#224; changer les conditions de vie de la majorit&#233; opprim&#233;e, c'est-&#224;-dire un mouvement d'ensemble de tous les travailleurs, secteurs et cat&#233;gories confondus, du public comme du priv&#233;, et de l'ensemble des opprim&#233;s, quelles que soient leurs ethnies, leurs r&#233;gions, leurs religion, sous la forme d'une vaste mobilisation populaire, dirig&#233;e par eux-m&#234;mes pour imposer les changements n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, c'est &#224; cette perspective-l&#224; que devraient s'atteler tous ceux qui, syndicalistes, militants des partis politiques, des associations de tout genre, femmes, hommes, vieux, jeunes, sont r&#233;ellement r&#233;volt&#233;s tant par les conditions de vie des populations pauvres que par la dictature et aspirent &#224; de v&#233;ritables changements. Cela devrait se faire sous la forme d'une action consciente, d'une d&#233;marche d&#233;lib&#233;r&#233;e, organis&#233;e, avec rigueur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, pour que se r&#233;alisent les changements n&#233;cessaires dignes de leurs attentes et aspirations, il est vital que les masses opprim&#233;es interviennent, fassent irruption dans la sc&#232;ne politique, dans les lieux, les sph&#232;res o&#249; se prennent les d&#233;cisions essentielles les concernant au premier chef, o&#249; se d&#233;cident leur sort et leur vie, et ce, avec leurs propres armes et m&#233;thodes. Par ailleurs, si ce type de combat se d&#233;veloppe, s'amplifie au point de faire reculer la dictature et lui imposer les revendications populaires, immanquablement, en na&#238;tront des possibilit&#233;s sup&#233;rieures. Alors tout sera-t-il possible, y compris le renversement de la dictature actuelle, car, l'arm&#233;e d'Idriss D&#233;by Itno, sa police, sa gendarmerie, m&#234;me avec le soutien de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, ne seront jamais suffisamment fortes pour endiguer une mise en branle de millions de travailleurs et d'opprim&#233;s, d&#233;cid&#233;s &#224; trouver une issue &#224; leur situation au moyen d'une vaste et profonde mobilisation populaire s'exprimant aussi bien par des gr&#232;ves dans les secteurs &#233;conomiques vitaux que par des manifestations monstres dans la rue. La dictature, fond&#233;e sur la bande arm&#233;e au pouvoir, ne pourra rien faire face l'ensemble des opprim&#233;s de la ville de N'Djam&#233;na, debout, entra&#238;nant derri&#232;re eux ceux de Moundou, de Sarh, de Bongor, d'Ab&#233;ch&#233;, de Mao, de Faya, de La&#239;, de Fada etc, sous la forme d'une riposte collective de l'ensemble des masses populaires, de toutes les r&#233;gions, de toutes les ethnies, de toutes les religions, unies autour de la n&#233;cessit&#233; de d&#233;fendre consciemment leurs int&#233;r&#234;ts sp&#233;cifiques contre la politique du pouvoir et d'imposer &#224; ce dernier les changements auxquels elles aspirent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel est l'enjeu ! Il est de taille, certes, mais, &#224; part le fait d'&#234;tre le seul qui en vaille la peine, il est aussi &#224; port&#233;e de main : les travailleurs et l'ensemble des opprim&#233;s constituent une force colossale, la seule qui soit capable de tout changer, de transformer radicalement la soci&#233;t&#233;. Alors, s'ils en ont l'ambition, s'ils s'emparent de cette perspective-l&#224; et, de fa&#231;on m&#233;thodique, consciente, organis&#233;e, se lancent dans une riposte collective contre la politique des dirigeants du MPS, au nom de leur doit &#224; la vie, ils pourront non seulement faire avaler aux politiciens au pouvoir leur morgue, leur &#171; hougoura &#187;, mais aussi imposer les revendications populaires et ouvrir le chemin vers un avenir meilleur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ali Mohamed Abali Marangabi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE BAL DES HYPOCRITES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bombardement, par des Mirages fran&#231;ais, les 3 et 7 f&#233;vrier dernier, d'une colonne de rebelles tchadiens a fait couler tant d'encre et de salive dans le pays. Il a suscit&#233; un faisceau de r&#233;actions contradictoires, du moins en apparence, avec, d'un c&#244;t&#233;, ceux qui approuvent et justifient cette intervention, et, de l'autre, ceux qui en contestent le bien fond&#233;. Pendant des jours, toute la classe politique, compos&#233;e, d'un c&#244;t&#233;, du MPS et ses alli&#233;s, et, de l'autre, de l'opposition, tant parlementaire que militaire, et ses partisans, s'est mise en sc&#232;ne &#224; travers des postures qui puaient aussi bien l'hypocrisie, la duplicit&#233; que l'arnaque politique !&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce cin&#233;ma &#224; moindre frais, la palme d'or est revenue aux responsables du MPS. Mobilisant leurs partisans, mais aussi, les moyens de l'Etat, l'administration et les m&#233;dias publics, &#8211; la radio et la t&#233;l&#233;vision notamment -, ces derniers se sont lanc&#233;s dans une vaste campagne de d&#233;sinformation au cours de laquelle ils ont abreuv&#233; les populations de propos mensongers, aussi grotesques les uns que les autres !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, alors que tout le monde sait que la colonne bombard&#233;e par les Mirages fran&#231;ais &#233;tait celle de l'UFR, une bande arm&#233;e dirig&#233;e par Timan Erdimi, un neveu d'Idriss D&#233;by Itno, pour justifier l'intervention fran&#231;aise, celui-ci et ses partisans l'ont pr&#233;sent&#233;e comme celle d'un groupe de terroristes arm&#233;s, form&#233;s en Libye, faisant irruption dans le pays pour y d&#233;truire &#171; les institutions d&#233;mocratiques &#187; dans le but &#171; d'imposer la charia &#187;. Cette version tronqu&#233;e des faits a &#233;t&#233; ainsi colport&#233;e &#224; travers tout le pays, de meeting en meeting, de manifestations en manifestation, organis&#233;s pour soutenir le fondateur du MPS et l'arm&#233;e. Au cours de ces rassemblements, les dirigeants du MPS, des plus grands aux plus petits, ont pouss&#233; jusqu'&#224; leur paroxysme la duplicit&#233; et la d&#233;magogie, utilisant &#8211; ironie du sort- la m&#234;me strat&#233;gie mensong&#232;re, avec pratiquement les m&#234;mes expressions, que les dignitaires de la dictature d'Hissein Habr&#233; quand, en 1990, ceux-ci les traitaient, eux-m&#234;mes, de mercenaires, de groupes islamistes inf&#233;od&#233;s &#224; la Libye du dictateur Kadhafi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce qu'ils d&#233;crivaient comme une menace terroriste, ils se sont alors pr&#233;sent&#233;s comme les d&#233;fenseurs de &#171; la d&#233;mocratie &#187; et de &#171; la libert&#233; &#187;, qu'ils auraient instaur&#233;es dans le pays depuis l'arriv&#233;e du MPS au pouvoir. Ils ont aussi pr&#233;tendu d&#233;fendre contre les affreux terroristes la &#171; coh&#233;sion sociale &#187;, &#171; la paix &#187;, &#171; l'unit&#233; du pays &#187;, mais aussi, bien s&#251;r, la fameuse &#171; &#233;mergence &#187;, ph&#233;nom&#232;ne aux contours mal d&#233;finis, dont l'av&#232;nement est, chaque ann&#233;e, recul&#233; dans un avenir incertain, de plus en plus lointain. En m&#234;me temps que ces notions au contenu vide, qui n'ont aucun rapport avec les conditions de vie des masses opprim&#233;es, ils se sont aussi lanc&#233;s dans une attaque en r&#232;gle contre tous ceux qui, suite &#224; l'intervention des Mirages fran&#231;ais, avaient os&#233; &#233;mettre un avis contraire au leur. Ils les ont accus&#233;s d'&#234;tre &#171; les ennemis de la R&#233;publique &#187;. Le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du MPS a m&#234;me brandi la menace d'interdire les partis dont les responsables avaient protest&#233; contre l'intervention de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais dans les affaires politiques du pays : &#171; La charte des partis politiques a fix&#233; des interdits et pr&#233;vu des sanctions en cas de violation de la loi. Tous les leaders et ou les chefs de partis politiques savent que la collusion avec une opposition arm&#233;e, la complicit&#233; et l'incitation &#224; la subversion sont passibles de sanctions extr&#234;mes &#187;, a-t-il d&#233;clar&#233;, sur un ton martial, nostalgie de l'&#233;poque de l'UNIR, dont il est l'un des purs produits.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le clou de cette campagne a &#233;t&#233; le meeting organis&#233;, le 15 f&#233;vrier, au stade Mamat Ouya, rempli &#224; ras bord pour la circonstance par des badauds et des &#233;l&#232;ves de la capitale, invit&#233;s &#224; investir les lieux parce que, ce jour-l&#224;, les &#233;tablissements, tant publics que priv&#233;s, de la ville avaient &#233;t&#233; ferm&#233;s. A cette occasion, apr&#232;s la prestation de ses diff&#233;rents affid&#233;s, qui s'&#233;taient &#233;gosill&#233;s &#224; ressasser les m&#234;mes d&#233;clarations mensong&#232;res, Idris D&#233;by Itno lui-m&#234;me s'est mis en sc&#232;ne. Traitant les troupes de son cousin de &#171; terroristes &#187;, &#171; d'&#233;trangers &#187;, comme n'avaient cess&#233; de le faire ses s&#233;ides depuis des jours, il s'est pr&#233;sent&#233; au public comme le bouclier qui prot&#233;gerait le pays de toute menace : &#171; Tchadiens, dormez tranquilles &#187;, a-t-il lanc&#233; &#224; la foule, acquise et d&#233;vou&#233;e, de ses laudateurs. Mieux, allant plus loin que les autres dans la d&#233;magogie, il s'est offert en victime expiatoire pour la d&#233;fense du pays : pour ce faire, il a pr&#233;tendu qu'il serait pr&#234;t au &#171; sacrifice supr&#234;me &#187; ! En guise de note finale &#224; sa prestation, il a exprim&#233; sa reconnaissance aux autorit&#233;s fran&#231;aises : &#171; Merci &#224; la France ! Merci &#224; Macron ! &#187;, a-t-il conclu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis bient&#244;t vingt-neuf ans qu'ils sont au pouvoir, les responsables du MPS sont pass&#233;s ma&#238;tres dans l'art de la d&#233;sinformation, de la falsification de l'histoire du pays, pr&#233;sent&#233;e toujours sous un angle qui leur est favorable, comme s'ils n'avaient ni pass&#233; ni passif politiques ! Ils viennent encore de nous en faire une &#233;clatante d&#233;monstration ! En effet, toute la r&#233;alit&#233; politique du pays proteste ouvertement contre les d&#233;clarations intempestives dont ils ont &#233;t&#233; responsables suite &#224; l'intervention des Mirages fran&#231;ais dans l'Ennedi Est. Quand, par exemple, les dirigeants du MPS, anciens sous-fifres d'Hissein Habr&#233;, qui ont assum&#233; d'importantes responsabilit&#233;s sous la dictature de la DDS, avec le bilan catastrophique que l'on sait, nous serine, sans vergogne aucune, qu'ils auraient combattu leur mentor d'antan et instaur&#233; &#171; la d&#233;mocratie et la libert&#233; &#187; dans le pays, que peut-on penser d'autre, &#224; part le fait qu'ils prennent de monstrueuses licences avec l'histoire, qu'ils la tronquent, la d&#233;figurent, l'alt&#232;rent, sciemment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce qu'ils en disent, le processus qui a conduit &#224; l'instauration du multipartisme au Tchad n'a jamais &#233;t&#233; le fait de leur choix : le MPS n'est pas n&#233; pour combattre la dictature au Tchad et instaurer une v&#233;ritable d&#233;mocratie dans ce pays ! Il est plut&#244;t le fruit, l'&#233;manation, des contradictions entre deux camps au sein de la dictature de la DDS, comme l'a &#233;t&#233;, des ann&#233;es auparavant, le CSM, le Conseil Sup&#233;rieur Militaire, qui avait pris le pouvoir, en 1973, sans avoir l'intention de changer quoi que ce soit ! Dans l'histoire des peuples, il est courant, voire classique, que diff&#233;rents bouts d'un m&#234;me pouvoir dictatorial ou d'une m&#234;me classe dirigeante bourgeoise se m&#232;nent une lutte &#224; mort sans que cela n'ait aucun rapport avec les aspirations des masses populaires &#224; de meilleures conditions de vie et &#224; plus de libert&#233;. Tel est ce qui s'est pass&#233; au sein de la dictature de l'UNIR entre Hissein Habr&#233; et ses principaux sous-fifres en 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au multipartisme, il rel&#232;ve enti&#232;rement de la volont&#233; de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. Impos&#233; par ce dernier, dans les ann&#233;es 90, dans son pr&#233;-carr&#233; africain, ce type de r&#233;gime &#233;tait la solution concoct&#233;e par la France pour faire face &#224; la situation particuli&#232;re d'alors, marqu&#233;e par trois choses essentielles. D'une part, il y avait la faillite, l'usure, des dictatures des partis uniques. Au bout de trente ans, qui avaient permis &#224; l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais et ses valets locaux de s'enrichir vachement en exploitant les masses populaires, ces dictatures avaient fait leur temps : us&#233;es, honnies, elles n'arrivaient plus &#224; cacher les in&#233;galit&#233;s ni &#224; servir de pr&#233;texte &#224; &#171; l'unit&#233; nationale &#187;, comme le pr&#233;tendaient les dirigeants de l'&#233;poque. D'autre part, les pays africains subissaient douloureusement, en cette p&#233;riode, les contrecoups de la crise &#233;conomique, qui avait entra&#238;n&#233; une chute drastique des prix des mati&#232;res premi&#232;res, et de la politique d'ajustement structurel. Cela avait comme cons&#233;quence le d&#233;graissage dans les secteurs publics, la privatisation des entreprises &#233;tatiques, la fermeture de certaines d'entre elles, la suppression des bourses, le non recrutement dans la fonction publique, etc., avec, comme corollaire, une d&#233;gradation brutale des conditions de vie des masses populaires, comme jamais auparavant, entra&#238;nant, &#224; son tour, de multiples explosions de col&#232;re : des gr&#232;ves, des &#233;meutes, des r&#233;voltes, qui secouaient pratiquement tout le continent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toutes ces luttes ont donc fini par obliger l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais &#224; changer de fusil d'&#233;paule, &#224; l&#226;cher les dictatures des partis uniques, en demandant &#224; ses diff&#233;rents valets africains de ravaler la fa&#231;ade hideuse de leurs pouvoirs en instaurant le multipartisme. L'objectif &#233;tait de chercher &#224; d&#233;samorcer la col&#232;re populaire, &#224; la domestiquer, afin qu'elle ne se transforme pas en une profonde explosion sociale et n'entra&#238;ne dans une d&#233;rive fatale tout le m&#233;canisme politique de domination &#233;chafaud&#233; depuis des d&#233;cennies par la France pour d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts. Cela s'est fait au moyen de changements formels &#8211; pluralisme politique, syndicats, presse ind&#233;pendante, &#233;lections-, sans pour autant que l'ordre social en vigueur ne change d'un iota : m&#234;me Etat, m&#234;me administration, m&#234;me arm&#233;e, m&#234;me police, m&#234;me justice, tous vou&#233;s &#224; la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie fran&#231;aise et de ses valets locaux, qui continuent &#224; s'enrichir de plus en plus, alors que les masses populaires s'enfoncent de plus en plus dans la d&#233;ch&#233;ance. M&#234;me l&#224; o&#249; il y a eu des alternances, le multipartisme n'a rien chang&#233; dans la vie r&#233;elle des couches populaires : partout, il cohabite avec la dictature, les in&#233;galit&#233;s, les violences de toutes sortes, ethniques, x&#233;nophobes, religieuses, dont les principales victimes sont les opprim&#233;s. De la d&#233;mocratie, il n'est qu'une p&#226;le copie, un affreux ersatz !&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce contexte, arguer que le MPS aurait &#233;t&#233; fond&#233; pour combattre la dictature d'Hissein Habr&#233; afin d'instaurer la d&#233;mocratie dans le pays, c'est cr&#233;er une l&#233;gende, de toutes pi&#232;ces ! Le seul r&#244;le que cette organisation ait r&#233;ellement jou&#233;, c'est d'avoir &#233;t&#233; un instrument au service de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, dont celui-ci s'est servi pour chasser Hissein Habr&#233; du pouvoir parce que celui-ci avait peur m&#234;me d'un simple toilettage de sa dictature ! Voil&#224; qui explique que le seul changement op&#233;r&#233; par les principaux dirigeants du MPS s'est limit&#233;e &#224; une simple &#233;jection de leur ancien mentor du pouvoir. Pour l'essentiel, ils ont tout gard&#233; de l'ancien r&#233;gime dictatorial : m&#234;me Etat, m&#234;me arm&#233;e, m&#234;me administration, m&#234;me justice, m&#234;me police, avec quasiment les m&#234;mes hommes, y compris les dignitaires de l'UNIR qui avaient suivi Hissein Habr&#233; dans sa piteuse fuite avant de rebrousser chemin ! Les oripeaux pseudo d&#233;mocratiques dont se drape le r&#233;gime actuel, apr&#232;s l'instauration du multipartisme, ne sont, en r&#233;alit&#233;, qu'un nouvel habillage, des paillettes &#224; bon march&#233;, derri&#232;re lesquels se tapit le m&#234;me Etat qui, au fil du temps, malgr&#233; ses diff&#233;rentes m&#233;tamorphoses et le changement permanent de ses serviteurs, comme nulle part au monde, conserve son caract&#232;re fondamentalement dictatorial, tel qu'on le voit &#224; travers le fait que, depuis bient&#244;t vingt-neuf ans, c'est Idriss D&#233;by Itno et ses partisans qui, malgr&#233; le faisceau de multiples col&#232;res contre leur politique, gagnent inlassablement toutes les &#233;lections, interdisent aux populations le moindre droit de manifester ou de s'exprimer sur les m&#233;dias publics, radio et t&#233;l&#233;vision, transform&#233;s en officines o&#249; l'on entend qu'une seule version des faits, un seul son de cloche : les leurs, comme au temps de l'UNIR !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, plus que tout cela, ce sont les conditions de vie, impos&#233;es aux travailleurs et aux masses opprim&#233;es, qui expriment de la fa&#231;on la plus &#233;clatante la nature profond&#233;ment dictatoriale du pouvoir actuel ! Car, quand les responsables du MPS parlent de &#171; libert&#233; &#187;, de &#171; d&#233;mocratie &#187;, qu'est-ce que cela signifie pour la majorit&#233; pauvre de ce pays qui, m&#234;me avec un travail, vit au jour le jour, trime, tire le diable par la queue ? Qu'est-ce leur &#171; libert&#233; &#187;, leur &#171; d&#233;mocratie &#187;, pour les millions d'opprim&#233;s qui ne mangent qu'une seule fois par jour, ont du mal &#224; se soigner, &#224; se loger, &#224; acc&#233;der &#224; l'eau potable, &#224; &#233;duquer leurs enfants, dont nombreux deviennent des cireurs de chaussures, des gar&#231;ons et des filles &#224; tout faire dans les familles des riches, des d&#233;linquants, des prostitu&#233;s, juste pour assurer leur pitance ? Qu'est-ce leur &#171; libert&#233; &#187;, leur &#171; d&#233;mocratie &#187;, pour les jeunes issus des couches populaires, dipl&#244;m&#233;s ou pas, condamn&#233;s par leur politique &#224; un ch&#244;mage end&#233;mique, qui secr&#232;te un d&#233;sespoir profond &#224; tel point que nombre d'entre eux vont jusqu'&#224; se faire enr&#244;ler dans les diff&#233;rentes bandes arm&#233;es qui pullulent dans la r&#233;gion ou se lancer dans la p&#233;rilleuse aventure de la migration vers d'autres cieux, assumant &#224; la fois le risque de mourir dans le d&#233;sert ou la M&#233;diterran&#233;e, mais aussi, de se faire arr&#234;ter et emprisonner par le pouvoir pour avoir os&#233; fuir la mis&#232;re qu'il leur impose, &#224; eux et leurs parents ? Oui, qu'est-ce leur &#171; libert&#233; &#187;, leur &#171; d&#233;mocratie &#187;, pour l'ensemble des travailleurs et des opprim&#233;s du pays, victimes de leur politique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En v&#233;rit&#233;, quand les dirigeants du MPS parlent de &#171; libert&#233; &#187;, de &#171; d&#233;mocratie &#187;, il s'agit de celles dont jouissent les riches : les dirigeants des trusts internationaux et leurs valets locaux, qu'ils soient blancs, jaunes ou noirs, qui ont le droit, la libert&#233;, d'exploiter les populations et les richesses du pays pour faire du profit, de piller les caisses de l'Etat en toute impunit&#233;, emp&#234;chant ainsi la majorit&#233; pauvre de la nation d'acc&#233;der au minimum vital ! Il en est de m&#234;me des expressions comme &#171; la paix &#187;, &#171; la coh&#233;sion sociale &#187;, &#171; la d&#233;fense de la patrie &#187;, qui reviennent de fa&#231;on r&#233;currente dans leurs discours : derri&#232;re tous ces mots, ce qui pr&#233;occupe les responsables du MPS, c'est la d&#233;fense de leurs int&#233;r&#234;ts de privil&#233;gi&#233;s locaux et ceux des multinationales, dont ils sont les serviteurs ! Des pr&#233;occupations des mases opprim&#233;es, ils n'ont cure et se moquent &#233;perdument ! Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si l'&#233;crasante majorit&#233; de ceux qui ont applaudi les bombardements des Mirages fran&#231;ais sont les diff&#233;rents profiteurs de la mangeoire gouvernementale : Idriss D&#233;by Itno lui-m&#234;me, bien s&#251;r, les ministres, les d&#233;put&#233;s, les gouverneurs, les responsables du MPS, grands et petits, mais aussi leurs op&#233;rateurs &#233;conomiques, leurs alli&#233;s de tout genre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition a jou&#233; aussi sa partition dans cette orgie de d&#233;clarations intempestives, non d&#233;nu&#233;es d'arri&#232;res pens&#233;es et de calculs ! Dans la foul&#233;e des dirigeants des organisations militaires, les responsables des partis politiques de l'opposition ont aussi d&#233;nonc&#233; l'intervention de la France dans les affaires politiques du pays : &#171; L'intervention militaire fran&#231;aise (&#8230;) est politiquement inopportune, juridiquement incertaine, et militairement disproportionn&#233;e. Elle suscite donc plus qu'une r&#233;probation, une condamnation (&#8230;). &#187;, on-t-ils &#233;crit, dans un communiqu&#233;, rendu public dans N'Djam&#233;na Bi-Hebdo, du 25 f&#233;vrier, sign&#233; par Saleh Kebzabo au nom des &#171; Partis politiques de l'opposition &#187;. Ils n'ont pas non plus manqu&#233; de critiquer les menaces que le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du MPS avait prof&#233;r&#233;s contre eux pour avoir protest&#233; contre l'intervention militaire fran&#231;aise. Leur chef de file, Saleh Kebzabo, a m&#234;me d&#233;fi&#233; le pouvoir de mettre &#224; ex&#233;cution ses menaces : &#171; Nous attendons de pied ferme ceux qui menacent de poursuivre un homme politique ou un journaliste pour avoir exprim&#233; ses opinions sur le sujet. C'est un relent de dictature qui ne fera qu'accentuer les crises multiformes que traverse le Tchad &#187;, a-t-il d&#233;clar&#233; dans N'Djam&#233;na Bi-Hebdo du 25 f&#233;vrier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, si les diff&#233;rents responsables de l'opposition, tan politique que militaire, ont protest&#233; contre l'intervention de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, ils n'ont pas, pour autant, mis en cause sa politique dans le pays, ni exprim&#233; la moindre vell&#233;it&#233; de s'&#233;manciper de lui. Malgr&#233; les mots durs utilis&#233;s contre le caract&#232;re dictatorial du pouvoir, ils n'&#233;cartent pas non plus de discuter avec D&#233;by et son clan, de dialoguer avec eux : tous, parlementaires comme militaires, consid&#232;rent, en effet, que la France est incontournable dans la r&#233;solution de l'impasse actuelle o&#249; le pays se trouve plong&#233;. Aussi voudraient-ils donc qu'elle use de son influence pour que Idriss D&#233;by Itno acc&#232;de &#224; leur vieux v&#339;u de discuter avec eux dans le cadre d'un dialogue inclusif. Dans les colonnes de L'Observateur du 13 f&#233;vrier, Saleh Kebzabo a pr&#233;cis&#233; ainsi les conditions de cette perspective : &#171; La r&#233;action de la France est ill&#233;gitime. Elle doit plut&#244;t jouer un r&#244;le de passerelle. Le gouvernement fran&#231;ais doit au contraire aider les Tchadiens &#224; ce qu'ils arrivent &#224; un dialogue inclusif comme nous l'avons r&#233;clam&#233; (&#8230;) &#187;, a-t-il clarifi&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nul ne peut, pour l'instant, dire si Idriss D&#233;by Itno finira par satisfaire le v&#339;u de son opposition en organisant un dialogue inclusif qui r&#233;unira toute la classe dirigeante. Seul l'avenir le dira, d'autant plus que cette perspective d&#233;pend plus de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais que l'humeur de ses valets au pouvoir. Mais d'ores et d&#233;j&#224;, on peut constater que les r&#233;actions des uns et des autres, suscit&#233;es par les bombardements effectu&#233;s par des Mirages fran&#231;ais les 3 et 7 f&#233;vrier, ne sont contradictoires qu'en apparence : conditionn&#233;es plut&#244;t par des motivations politiciennes inavou&#233;es, elles sont loin des aspirations des masses opprim&#233;es &#224; une vie meilleure et &#224; plus de libert&#233;. Elles visent surtout, d'une mani&#232;re ou d'une autre, &#224; renforcer la domination de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais sur le pays. Elles d&#233;montrent ainsi, au passage, que, rigoureusement, D&#233;by Itno et les dirigeants de son opposition, parlementaire ou arm&#233;e, d&#233;fendent tous les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts, ceux des riches, des trusts et des privil&#233;gi&#233;s locaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les bisbilles et autres combats actuels entre ces gens-l&#224; ne pourraient, par cons&#233;quent, &#234;tre ceux des masses populaires ! Sur tous les terrains, ce sont des luttes entre les enfants d'une m&#234;me famille, celle des politiciens bourgeois du pays qui se disputent le pouvoir, sous l'Oeil distrait de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. Quelle qu'en soit donc l'issue, pour les travailleurs et l'ensemble des opprim&#233;s, rien de fondamental ne changera. Il n'y aura ni am&#233;lioration de leurs conditions de vie, ni plus de libert&#233; qu'avant : ce sera toujours la m&#234;me exploitation, la m&#234;me mis&#232;re, les m&#234;mes maladies, les m&#234;mes injustices, les m&#234;mes abus et exactions, la m&#234;me dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, pour que leurs conditions de vie s'am&#233;liorent, qu'ils acc&#232;dent aux libert&#233;s essentielles, les travailleurs et les masses opprim&#233;es n'ont-ils pas d'autre choix que de compter sur eux-m&#234;mes, de ne faire confiance qu'en leurs propres combats, de se d&#233;fendre collectivement, en se rassemblant sur la base de leurs int&#233;r&#234;ts sp&#233;cifiques et en utilisant leurs propres armes : la gr&#232;ve et la force de la rue, contre l'ordre impos&#233; par l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais et ses valets locaux, quels qu'ils soient !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ali Mohamed Abali Marangabi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VIVE LA GREVE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le moins que l'on puisse dire est que les seize mesures prises en 2016, dont les cons&#233;quences d&#233;sastreuses se font encore sentir sur la vie des masses populaires, n'ont pas suffi ! En effet, sous la pression du FMI, qui leur demande de faire des &#233;conomies de 30 milliards dans les d&#233;penses publiques, Idriss D&#233;by Itno et son gouvernement n'ont pas trouv&#233; mieux que de se lancer, une fois de plus, dans une nouvelle guerre contre les int&#233;r&#234;ts du monde du travail et, par r&#233;percussion, contre ceux de l'ensemble de la nation opprim&#233;e : ils ont diminu&#233; les salaires et supprim&#233; de 50% les primes et indemnit&#233;s des travailleurs de la fonction publique. Par ailleurs, comme si cela ne suffisait pas encore, ils ont aussi proc&#233;d&#233; &#224; l'augmentation des prix de certains produits, tels le gasoil, l'essence, et la taxe d'habitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s que ces mesures ont &#233;t&#233; annonc&#233;es, elles ont &#233;t&#233; accueillies par une bronca d'indignation et de col&#232;re de la part de ceux qui allaient en &#234;tre les victimes, les travailleurs notamment, tant du public que du priv&#233;. C'est ainsi que, d&#232;s que l'augmentation des prix de l'essence et du gasoil est devenue une r&#233;alit&#233; dans les stations, le syndicat des transporteurs a r&#233;agi par un mot d'ordre d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de deux jours, les 22 et 23 janvier derniers. Le premier jour, la gr&#232;ve a &#233;t&#233; une r&#233;ussite totale : les rues &#233;taient d&#233;sertes, la circulation, fluide, les gares, vides, &#224; l'arr&#234;t, &#224; tel point que le ministre des transports a d&#251; ramper vers les syndicats des transporteurs pour engager des n&#233;gociations, qui se prolongent encore aujourd'hui. Quelques jours apr&#232;s, ayant constat&#233; que les salaires avaient &#233;t&#233; diminu&#233;s, la plateforme syndicale revendicative a lanc&#233; le mot d'ordre d'une gr&#232;ve illimit&#233;e le 29 d&#233;cembre dernier. Depuis cette date, d'autres secteurs du monde du travail ont rejoint le mouvement social. C'est le cas des travailleurs de la justice, des m&#233;decins, mais aussi ceux du secteur priv&#233;, les banques, les h&#244;tels, l'&#233;nergie, les mines et le p&#233;trole, notamment, qui ont observ&#233; aussi deux jours de gr&#232;ve largement suivis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce nouveau bras de fer entre Idriss D&#233;by Itno et le monde du travail, mobilis&#233; dans ses diff&#233;rentes organisations syndicales, est, certes, l'expression du refus par l'&#233;crasante majorit&#233; des travailleurs du pays des mesures gouvernementales. Mais, si l'on consid&#232;re le contexte politique et social g&#233;n&#233;ral, marqu&#233; par vingt-sept ans de dictature, de diverses frustrations et injustices, nul doute qu'il va plus loin, bien au-del&#224; des circonstances apparentes : cette gr&#232;ve se nourrit, en effet, du ras le bol g&#233;n&#233;ral qui couve dans le pays. Elle en est l'expression &#233;clatante. Toutes les actions men&#233;es ces derniers jours derri&#232;re la plateforme syndicale, dans le transport, &#224; l'Education, &#224; la Sant&#233;, aux Finances, mais aussi dans le priv&#233;, les banques, les h&#244;tels, les mines, le p&#233;trole, l'&#233;nergie, etc, symbolisent, en r&#233;alit&#233;, la col&#232;re, l'exasp&#233;ration de larges couches de la population opprim&#233;e, qui ont plus que marre de la politique d'Idriss D&#233;by Itno et ses partisans ! C'est cela qu'exprime la d&#233;termination des travailleurs des diff&#233;rents secteurs en gr&#232;ve ! C'est &#231;a aussi la source profonde de la sympathie populaire dont jouit cette gr&#232;ve, comme on l'entend sur les ondes des diff&#233;rentes radios !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, apr&#232;s vingt-sept ans de r&#232;gne, le plus grand exploit d'Idriss D&#233;by Itno et ses partisans au pouvoir, c'est d'avoir r&#233;ussi &#224; cr&#233;er dans ce pays, l'un des plus pauvres au monde, une soci&#233;t&#233; profond&#233;ment stratifi&#233;e, in&#233;galitaire, o&#249; toute la politique de l'Etat consiste essentiellement &#224; promouvoir une minorit&#233; de bourgeois parasites au d&#233;triment des besoins collectifs de l'&#233;crasante majorit&#233; de la population, que sont les travailleurs, les paysans pauvres et autres opprim&#233;s, laiss&#233;s-pour-compte. Certes, cela n'est pas nouveau dans l'histoire politique du pays : de tout temps, depuis ses origines remontant &#224; la p&#233;riode coloniale jusqu'aujourd'hui, l'Etat tchadien, dont le pouvoir s'appr&#234;te &#224; discuter de la forme et des institutions dans son prochain forum, a toujours agi ainsi, comme un instrument de domination des masses populaires, aux mains de la bourgeoisie locale, elle-m&#234;me au service de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. On pourrait dire aussi que tout cela n'est pas exclusif au Tchad : c'est ainsi que se comportent tous les Etats bourgeois du monde, quels qu'ils soient, suivant la logique implacable du capitalisme qui voudrait que l'&#233;conomie serve essentiellement &#224; rendre les riches plus riches et les pauvres plus pauvres, avec comme in&#233;vitable corollaire, l'accumulation, &#224; un p&#244;le, et la paup&#233;risation, &#224; l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, ce qui se passe dans ce pays sous leur long r&#232;gne du MPS n'a peut-&#234;tre d'&#233;quivalent nulle part dans le monde ! M&#234;me pas dans des pays comme le Burundi, la RDC ou, hier, Ha&#239;ti sous la f&#233;rule des Duvalier ! Car, l'exploitation des ressources tant naturelles qu'humaines du pays qu'impose l'Etat, au profit des multinationales, s'accompagne d'une gabegie sans fond, d'un pillage sans pr&#233;c&#233;dent, &#224; ciel ouvert, des biens publics, oeuvre d'une minorit&#233; d'individus au sommet du pouvoir ou proches de celui-ci, dont la voracit&#233; est sans fin, la rapacit&#233;, sans limites, qui s'enrichissent &#224; vue d'&#339;il, au su et au vu de tout le monde, en bonne conscience, gr&#226;ce aux diff&#233;rents leviers de commandement et aux r&#233;gies financi&#232;res qu'ils contr&#244;lent. Cette dilapidation des biens publics par ceux qui sont au sommet de l'Etat a atteint une proportion telle que, dans un bref moment de lucidit&#233;, un jour, Idriss D&#233;by Itno lui-m&#234;me n'a pas h&#233;sit&#233; de reconna&#238;tre publiquement qu'il n'est &#171; entour&#233; que de voleurs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, toute cette politique qui consiste &#224; enrichir essentiellement les trusts et leurs valets locaux de tout genre a-t-elle pour cons&#233;quence la d&#233;gradation constante des conditions de vie des couches populaires, d'ann&#233;e en ann&#233;e, malgr&#233; les revenus p&#233;troliers, qui, finalement, n'ont servi qu'&#224; alimenter ce vol g&#233;n&#233;ralis&#233; des biens publics, base de l'enrichissement de la bourgeoisie locale, petite et grande. La soci&#233;t&#233; ne pouvant engraisser une minorit&#233; de parasites tout en r&#233;solvant les besoins collectifs des masses opprim&#233;es, la cons&#233;quence de tout cela est donc la lente descente de celles-ci dans les profondeurs de la mis&#232;re : en ville comme en province, l'immense majorit&#233; des couches populaires a du mal &#224; se nourrir, se soigner, s'&#233;duquer, se loger, etc, sans, par ailleurs, jouir des moindres libert&#233;s &#233;l&#233;mentaires, car, tout cet ordre social inique, injuste, se trouve plac&#233; sous le talon de fer d'une dictature f&#233;roce, comme l'illustrent les derni&#232;res interdictions de manifester ou la suspension des partis politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; donc le contexte social et politique o&#249; se d&#233;roule le bras de fer actuel entre le monde du travail et le pouvoir, un contexte charg&#233; de frustrations, de d&#233;go&#251;t de la politique en vigueur par les masses populaires lass&#233;es de subir, des ann&#233;es durant, des privations de toutes sortes ! Voil&#224; donc qui explique aussi la sympathie populaire dont b&#233;n&#233;ficie cette gr&#232;ve, mais &#233;galement sa justesse ! Oui, les travailleurs qui rejettent cat&#233;goriquement les mesures prises par le pouvoir ont mille fois raison ! Ce n'est pas &#224; eux de faire les frais de la crise &#233;conomique du syst&#232;me capitaliste, ce syst&#232;me irrationnel, qui sacrifie l'&#233;crasante majorit&#233; de l'humanit&#233; sur l'autel du profit, dont Idriss D&#233;by Itno et son gouvernement sont les serviteurs locaux ! Si ces derniers veulent de l'argent pour r&#233;soudre les cons&#233;quences de la crise de leur syst&#232;me, ils n'ont qu'&#224; le chercher l&#224; o&#249; il est : dans les coffres forts des trusts, Esso, Airtel, Glencore, Bollor&#233;, CNPICI, mais aussi des bourgeois locaux, qu'ils ont contribu&#233; &#224; enrichir au d&#233;triment des masses populaires. Pas dans les poches des travailleurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vu la volont&#233; du pouvoir de leur imposer de nouveaux sacrifices pour satisfaire le FMI, les travailleurs n'ont donc pas d'autre choix que de se battre pour le contraindre &#224; retirer ses mesures. Ils en ont objectivement les moyens ! En effet, &#224; cause de leur position au c&#339;ur de l'&#233;conomie notamment, ils jouent un r&#244;le fondamental dans tout ce qui fait marcher la soci&#233;t&#233;. Ce sont eux qui font fonctionner les secteurs industriels dont d&#233;pend le pays : les sites p&#233;troliers, la Coton Tchad, la STE, la SLE, la SONASUT, la SONACIM, la Brasserie, la Poste, la T&#233;l&#233;phonie, mais aussi les banques, les assurances, le b&#226;timent, le transport, etc. Dans l'administration &#233;galement, rien ne se fait sans leur force de travail ou leur intelligence : la Sant&#233;, l'Education, la justice, la Culture, la Communication, bref, tous les secteurs publics essentiels ne fonctionnent que gr&#226;ce &#224; eux. Contrairement aux classes dirigeantes et autres privil&#233;gi&#233;s qui, tels des parasites, inutiles, vivent sur le dos de la soci&#233;t&#233;, les travailleurs, eux, en sont la s&#232;ve, la source nourrici&#232;re, dont d&#233;pend toute l'organisation sociale. Ce r&#244;le particulier, n&#233;cessaire, qu'ils jouent leur conf&#232;re en m&#234;me temps une force colossale dont ne dispose aucune autre classe sociale. Par cons&#233;quent, s'ils sont conscients de cet &#233;tat des choses et s'ils en ont l'ambition, ils sont capables de bloquer tout le pays, de le paralyser, de le couper du reste du monde et, par ce biais, d'imposer les revendications populaires au pouvoir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, cela n&#233;cessite une politique ! Pour faire reculer le pouvoir, la seule perspective qui en vaille la peine est celle d'une riposte collective du monde du travail contre la politique du gouvernement. Car, individuellement, aucun secteur n'est &#224; m&#234;me de changer le rapport des forces entre lui, d'une part, le pouvoir et le patronat, de l'autre. Par contre, tous les travailleurs du pays, tant du public que du priv&#233;, secteurs et cat&#233;gories confondus, unis autour de la n&#233;cessit&#233; de d&#233;fendre collectivement leurs int&#233;r&#234;ts de classe et leur droit &#224; la vie, pourraient changer la donne, c'est-&#224;-dire le rapport des forces entre eux et le pouvoir ! Par-del&#224; les chapelles syndicales, seule cette strat&#233;gie de l'unit&#233; de tous les travailleurs pourrait donner &#224; ces derniers les moyens d'imposer les aspirations populaires au clan du pouvoir et celui du patronat. La plateforme syndicale l'a d'ailleurs fort bien compris : lors de sa conf&#233;rence de presse, elle s'est adress&#233;e &#224; l'ensemble du monde du travail, &#224; toutes les organisations syndicales, les invitant &#224; construire ensemble cette riposte collective. Par cons&#233;quent, c'est cette perspective-l&#224; qu'il conviendrait de construire, m&#233;thodiquement, consciemment, en vue d'une mobilisation g&#233;n&#233;rale du monde du travail, pour une riposte collective contre la politique du pouvoir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, &#224; travers les mesures que le pouvoir vient d'imposer, en r&#233;alit&#233;, ses attaques ne se limitent pas qu'aux travailleurs. Leurs cons&#233;quences d&#233;sastreuses vont au-del&#224; du monde du travail : elles s'&#233;tendent sur l'ensemble de la nation opprim&#233;e. Quand on sait que dans ce pays le salaire est le seul moyen dont disposent des milliers d'entre nous pour faire vivre des milliers de familles comprenant plusieurs personnes, la r&#233;duction du pouvoir d'achat des travailleurs fragilisera in&#233;vitablement la vie de l'ensemble des opprim&#233;s du pays. C'est toute la soci&#233;t&#233; qui en sera touch&#233;e et sombrera de plus en plus dans la pr&#233;carit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, dans leur combat, les travailleurs auraient int&#233;r&#234;t &#224; s'ouvrir aussi aux autres cat&#233;gories de la population qui souffrent des m&#234;mes probl&#232;mes qu'eux pour leur offrir une politique, les entra&#238;ner dans la lutte, en vue de la d&#233;fense de leurs int&#233;r&#234;ts communs. Cette perspective-l&#224; aussi la plateforme revendicative l'a bien comprise : lors de sa conf&#233;rence de presse, elle l'a d&#233;fendue publiquement en s'adressant aux organisations des droits de l'homme, aux associations des femmes, des &#233;tudiants, des &#233;l&#232;ves, des jeunes, des consommateurs, des journalistes, aux associations culturelles, &#224; celles des artisans, des artistes, des petits commer&#231;ants, des paysans pauvres, aux millions donc d'autres opprim&#233;s, &#233;trangl&#233;s, comme les travailleurs, par la m&#234;me crise du capitalisme et la politique du gouvernement. L'adresse &#224; toutes les organisations du monde de travail et de la soci&#233;t&#233; civile a &#233;t&#233; aussi r&#233;affirm&#233;e dans un tract diffus&#233; par l'UST lors de la derni&#232;re assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale du mercredi 07/02 dernier, organis&#233;e par la plateforme syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans le bras de fer actuel entre le monde du travail et le pouvoir, rien n'est jou&#233; d'avance. Nul ne peut, pour l'instant, dire de quel c&#244;t&#233; se penchera le balancier de l'histoire. La page de celle-ci reste vierge. Mais, si les travailleurs en lutte sont conscients de la force qu'ils constituent, s'ils sont d&#233;termin&#233;s &#224; aller jusqu'au bout comme ils le disent, ils ont largement les moyens de la remplir &#224; leur mani&#232;re. Oui, si la plateforme revendicative oppose &#224; la politique du pouvoir, de fa&#231;on m&#233;thodique et organis&#233;e, une politique qui mette en avant des objectifs sur lesquels toutes les masses opprim&#233;es peuvent &#234;tre d'accord parce que refl&#233;tant les int&#233;r&#234;ts communs de tous, comme le droit au travail pour tous, le droit &#224; un salaire correct, le droit de se nourrir, de se loger convenablement, le droit &#224; la sant&#233;, aux soins, le droit de donner une culture moderne &#224; ses enfants, le droit aux libert&#233;s &#233;l&#233;mentaires, bref, le droit &#224; la vie tout simplement, en vue de construire avec elles une riposte collective afin de faire plier le pouvoir, cette t&#226;che-l&#224; n'est pas impossible !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le mercredi pass&#233;, lors de l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale organis&#233;e &#224; la bourse du travail, le tract diffus&#233; par l'UST se concluait ainsi : &#171; TRAVAILLEURS ET OPPRIMES, DE TOUTES LES ETHNIES, DE TOUTES LES RELIGIONS, DE TOUTES LES REGIONS, UNISSONS-NOUS POUR DEFENDRE COLLECTIVEMENT NOTRE DROIT A LA VIE ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Par cons&#233;quent, tous ceux qui sont r&#233;ellement r&#233;volt&#233;s par la situation actuelle, tous ceux&lt;br class='autobr' /&gt;
qui ne voudraient pas que la soci&#233;t&#233; sombre dans la d&#233;ch&#233;ance et la dictature devraient tout faire pour que cette perspective-l&#224; soit une r&#233;alit&#233; vivante et organis&#233;e, capable d'offrir des possibilit&#233;s sup&#233;rieures vers un avenir meilleur, car c'est de tout cela que sont grosses les luttes actuelles que m&#232;ne le monde du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Alors, oui, vive la gr&#232;ve !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ali Mohamed Abali Marangabi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE PROBLEME N'EST NI LA FORME DE L'ETAT,&lt;br class='autobr' /&gt;
NI SES INSTITUTIONS,&lt;br class='autobr' /&gt;
MAIS LUI-MEME : SA NATURE PROFONDE, SA POLITIQUE,&lt;br class='autobr' /&gt;
LES INTER&#202;TS A LUI ASSIGNES, QU'IL DEFEND !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Forum national &#187; ou &#171; dialogue inclusif &#187; ? Telle &#233;tait la question que beaucoup se posaient, se demandant si Idriss D&#233;by Itno allait accepter la proposition que lui avait faite le FONAC, le Front National pour le Changement, d'organiser ensemble les discussions sur l'Etat et d'autres probl&#232;mes dans un cadre &#233;largi d&#233;nomm&#233; &#171; dialogue inclusif &#187;. Mais, finalement, comme il fallait s'y attendre, celui que ses partisans appellent &#171; le pr&#233;sident fondateur &#187; a balay&#233; d'un d&#233;daigneux revers de la main l'offre &#224; lui faite. Il a d&#233;cid&#233; d'organiser, &#224; partir du lundi 19 mars dernier, son forum, avec les siens et une audience tri&#233;e sur le volet, sans la participation des principales organisations de son opposition politique, ni celles de la soci&#233;t&#233; civile. Presque donc &#224; huis clos, pourrait-on dire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, quel qu'en soit le cadre, il y a fort &#224; parier que, de ce type d'initiative, il ne sortira rien de bon qui puisse changer de fa&#231;on notable les conditions de vie des couches opprim&#233;es. Et pour cause !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, il y a, en effet, le fait que, depuis les ann&#233;es 80 jusqu'aujourd'hui, l'histoire politique du pays est jalonn&#233;e de rencontres de ce genre entre les diff&#233;rents &#233;l&#233;ments de la classe dirigeante sans que cela n'ait en rien modifi&#233; un tant soit peu le sort des masses populaires. M&#234;me la conf&#233;rence nationale, consid&#233;r&#233;e par certains comme la m&#232;re de toutes les discussions par excellence, n'a essentiellement servi qu'&#224; une recomposition du paysage politique d'alors, d'o&#249; est n&#233;e la dictature actuelle, qui ne se donne m&#234;me plus la peine de se cacher derri&#232;re les oripeaux pseudo d&#233;mocratiques dont elle s'est drap&#233;e des ann&#233;es durant ! Pourquoi alors devrait-on croire qu'une autre discussion de ce genre, qui, de surcro&#238;t, se d&#233;roule sous la houlette exclusive du MPS, puisse produire un r&#233;sultat contraire, prenant en compte les profondes aspirations des couches populaires aux libert&#233;s essentielles et &#224; des conditions de vie dignes de notre &#233;poque ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ensuite,- c'est l'essentiel -, si les autres discussions ant&#233;rieures n'ont r&#233;solu aucun des probl&#232;mes majeurs auxquels les couches populaires sont confront&#233;es, c'est surtout parce que le vrai probl&#232;me, justement, ce n'est pas la forme de l'Etat, ni ses institutions, mais lui-m&#234;me !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos politiciens, tout bord confondu, veulent nous faire croire que l'Etat actuel, dont ils sont tous les fid&#232;les serviteurs, pr&#233;sents, pass&#233;s ou potentiels, serait un appareil en l&#233;vitation au-dessus des classes sociales, au service de tous les Tchadiens, sans distinction aucune, qu'ils soient riches ou pauvres. Mais, cela est un grossier mensonge ! En effet, dans l'histoire des hommes, l'Etat n'a pas toujours exist&#233;. Les soci&#233;t&#233;s primitives, o&#249; les hommes d&#233;pendaient de la nature, vivaient de chasse, de cueillette et de p&#234;che, n'ont pas ressenti le besoin d'en avoir un sur de longues p&#233;riodes historiques. L'Etat n'a &#233;merg&#233; que longtemps plus tard, dans une p&#233;riode r&#233;cente, &#224; l'&#233;chelle de l'histoire : apr&#232;s la d&#233;couverte de l'agriculture, la naissance de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et la division de la soci&#233;t&#233; en classes, celle des oppresseurs, d'un c&#244;t&#233;, celle des opprim&#233;s, de l'autre. Mais, d&#232;s le d&#233;but, il est apparu comme un instrument con&#231;u pour maintenir la domination d'une classe sur une autre. C'est ainsi qu'on peut constater que, pendant la p&#233;riode esclavagiste, l'Etat &#233;tait une machine organis&#233;e pour imposer la domination des ma&#238;tres sur les esclaves. Pendant la p&#233;riode f&#233;odale, il servait &#224; imposer l'ordre des seigneurs f&#233;odaux et du clerg&#233; sur l'ensemble de la population constitu&#233;e de serfs, d'artisans, de compagnons, de commer&#231;ants, etc. Quand la bourgeoisie a d&#233;truit le pouvoir de la f&#233;odalit&#233;, chass&#233; d&#233;finitivement celle-ci de la sc&#232;ne de l'histoire et jet&#233; les bases du capitalisme, elle a, &#224; son tour, impos&#233; son Etat, un instrument destin&#233; &#224; d&#233;fendre ses propres int&#233;r&#234;ts contre ceux de l'ensemble des masses opprim&#233;es, que sont les prol&#233;taires et les paysans pauvres notamment. Voil&#224; ce que nous enseigne l'&#233;volution de l'histoire des hommes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est aussi cette m&#234;me histoire qui nous apprend quelles sont les origines historiques de l'Etat actuel, quelle est sa nature profonde, quels sont les int&#233;r&#234;ts qu'il d&#233;fend ! Le Tchad, en tant que pays, comme l'Etat sous la f&#233;rule duquel il est plac&#233;, sont, en effet, issus du morcellement du continent africain, quand, &#224; la fin du 19e si&#232;cle, la France et l'Angleterre notamment ont, en 1885, &#224; la conf&#233;rence de Berlin, mis &#224; l'ordre du jour la colonisation de l'Afrique. Puissances &#233;conomiques les plus fortes de l'&#233;poque, gr&#226;ce &#224; la traite des N&#232;gres pratiqu&#233;e trois si&#232;cles durant auparavant, avec une &#233;conomie dynamique, domin&#233;e par des trusts et de gigantesques banques, le but recherch&#233; par ces deux pays &#233;tait triple : trouver des d&#233;bouch&#233;s pour les marchandises de leurs bourgeoisies, des mati&#232;res premi&#232;res pour leurs industries, des champs d'investissement pour leurs capitaux. Ainsi, en &#224; peine vingt ans, comme le raconte si merveilleusement l'historien Joseph Kizerbo, dans son livre culte, Histoire de l'Afrique Noire, la France et l'Angleterre se sont partag&#233; toute l'Afrique, en dehors de l'Ethiopie et du Lib&#233;ria, s'offrant, au final, de v&#233;ritables empires coloniaux. Elles n'ont laiss&#233; que des miettes &#224; l'Allemagne, &#224; la Belgique, &#224; l'Espagne et au Portugal, pays imp&#233;rialistes de seconde zone, qui s'&#233;taient lanc&#233;s aussi derri&#232;re elles pour avoir leur part dans cette vaste entreprise de rapine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est dans ce contexte de d&#233;pe&#231;age du continent africain qu'est n&#233; le Tchad, construction artificielle, faite de toutes pi&#232;ces, en fonction des int&#233;r&#234;ts du colonialisme fran&#231;ais. C'est de l&#224; &#233;galement que tire ses origines l'Etat actuel ! L'acte de naissance du pays est le 22 avril 1900. Plac&#233; d'abord sous un r&#233;gime militaire, ce n'est qu'en 1938 que celui-ci a &#233;t&#233; mis sous l'autorit&#233; d'un gouverneur civil, F&#233;lix Ebou&#233;, un fran&#231;ais d'origine guyanaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mais, quel que soit le r&#233;gime en vigueur, militaire ou civil, l'ordre impos&#233; &#233;tait &#224; tout point de vue dictatorial. Les populations autochtones n'y avaient aucun droit ! Pour gouverner, l'administration coloniale, qui symbolisait l'Etat de l'&#233;poque, s'appuyait sur les chefs traditionnels, ralli&#233;s &#224; son syst&#232;me et r&#233;duits au rang d'agents subalternes de ce dernier. Certains de ceux-ci &#233;taient m&#234;me des pures cr&#233;atures de l'Etat colonial. Devenus des larbins au service de ce dernier, les chefs avaient pour mission d'appliquer ses directives, servant ainsi de courroie de transmission entre lui et les populations : ils encadraient celles-ci, levaient les imp&#244;ts, rendaient la justice, jouaient le r&#244;le de d&#233;lateurs et organisaient aussi les travaux forc&#233;s auxquels &#233;taient astreintes les populations d&#233;sign&#233;es par eux et utilis&#233;es comme une main d'oeuvre gratuite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Quoiqu'int&#233;gr&#233; dans l'empire colonial plac&#233; sous l'autorit&#233; de l'Etat fran&#231;ais, comme dans la plupart des colonies, le r&#233;gime en vigueur au Tchad reposait sur une division de la population entre colonisateurs et colonis&#233;s : il y avait, d'un c&#244;t&#233;, des citoyens fran&#231;ais et, de l'autre, des sujets, appel&#233;s couramment indig&#232;nes. Constituant la majorit&#233; de la population, ceux-ci n'avaient aucun droit, mais, des devoirs. Tous les indig&#232;nes adultes devaient participer aux travaux forc&#233;s obligatoires. Pour aller d'un coin &#224; un autre, ils devaient demander un laisser-passer, exactement comme en Afrique du sud sous l'apartheid. Ils n'avaient, &#233;videmment, aucune libert&#233;, ni de r&#233;union, ni de presse, ni syndicale. M&#234;me la culture du coton, introduite en 1925, &#233;tait impos&#233;e : c'&#233;tait souvent sous la chicotte que les paysans &#233;taient contraints de cultiver ce produit dont avait besoin l'industrie fran&#231;aise, au d&#233;triment des cultures vivri&#232;res n&#233;cessaires &#224; leur subsistance. Par bien d'aspects, l'Etat colonial en vigueur &#233;tait donc dictatorial, mais aussi s&#233;gr&#233;gationniste, une sorte d'apartheid local qui refusait de dire son nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cette situation a dur&#233; jusqu'&#224; la fin de la deuxi&#232;me guerre mondiale, de 39-45, au cours de laquelle elle s'est m&#234;me aggrav&#233;e. Mais, quand a pris fin cette boucherie que les diff&#233;rentes puissances imp&#233;rialistes avaient impos&#233;e au monde entier, juste pour le partage des march&#233;s, a &#233;merg&#233; un ph&#233;nom&#232;ne nouveau et puissant : la naissance du nationalisme des peuples colonis&#233;s et semi-colonis&#233;s, qui a &#233;branl&#233; les empires coloniaux notamment, exprimant ainsi une col&#232;re profonde des populations contre leur sort d'opprim&#233;s, maltrait&#233;s, m&#233;pris&#233;s, domin&#233;s dans leurs propres pays. D&#233;clench&#233; en Asie et au Moyen Orient, ce fort mouvement international de contestation et de r&#233;voltes, port&#233; par le d&#233;sir des colonis&#233;s de s'&#233;manciper, a eu aussi de larges &#233;chos et de profondes r&#233;percussions sur le continent africain, sous forme de gr&#232;ves, d'&#233;meutes, de r&#233;voltes et d'insurrections : en Alg&#233;rie, en 1945, &#224; Madagascar, en 1947, au Cameroun avec l'UPC, l'Union des Populations du Cameroun, qui revendiquait d&#233;j&#224; l'ind&#233;pendance en 1948, etc... Dans tout le continent, les combats politiques d'alors s'accompagnaient g&#233;n&#233;ralement de grandes luttes sociales initi&#233;es et dirig&#233;es par des syndicats, comme, par exemple, la gr&#232;ve des cheminots du Dakar-Bamako en 1947, immortalis&#233;e par Semb&#232;ne Ousmane dans son roman Les Bouts de Bois de Dieu. Souvent, les deux formes de luttes, politiques et syndicales, se combinaient, se nourrissaient les unes les autres. Ainsi beaucoup de dirigeants politiques sont-ils n&#233;s du mouvement syndical : S&#233;kou Tour&#233;, en Guin&#233;e, Ruben Um Nyob&#233;, au Cameroun, Houphou&#235;t Boigny, &#224; la t&#234;te du syndicat des planteurs en C&#244;te d'Ivoire, Fran&#231;ois Tombalbaye, au Tchad, Djibo Bakary, au Niger, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est ainsi que, pour d&#233;samorcer la col&#232;re populaire afin de continuer &#224; avoir sa mainmise sur ses colonies, de 1945 &#224; 1958, l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais a initi&#233; un certain nombre de r&#233;formes dans ses territoires africains. Juste &#224; la fin de la guerre, il a accept&#233; la formation d'une Assembl&#233;e constituante, avec un double coll&#232;ge, o&#249; n'&#233;taient autoris&#233;s &#224; voter que &#171; les notables &#233;volu&#233;s &#187;. Par contre, des &#233;lections, &#233;taient exclus les paysans pauvres, les ouvriers, les femmes des milieux populaires et leurs enfants. L'indig&#233;nat a &#233;t&#233; aussi supprim&#233; et remplac&#233; par le code civil fran&#231;ais : les &#171; indig&#232;nes &#187; sont devenus des citoyens de &#171; Union fran&#231;aise &#187;. Le travail forc&#233; a &#233;t&#233; aussi aboli, les libert&#233;s d'association, de r&#233;union et d'expression, accord&#233;es. C'est dans ce contexte que sont n&#233;s les premi&#232;res organisations politiques, symbolis&#233;s notamment par le RDA, le Rassemblement D&#233;mocratique Africain, cr&#233;&#233; en 1947, &#224; Bamako, et ses diff&#233;rentes sections nationales, comme le PPT, le Parti Progressiste Tchadien. De nombreux syndicats libres aussi ont vu le jour. Le point culminant de toutes ces r&#233;formes a &#233;t&#233; la &#171; loi-cadre &#187;, concoct&#233;e en 1956, par Gaston Defferre, alors &#224; la t&#234;te du minist&#232;re de la France d'Outre-mer : elle a d&#233;cid&#233; d'instituer le suffrage universel, de mettre fin au double coll&#232;ge, de cr&#233;er des ex&#233;cutifs locaux, qui offriraient d'importantes responsabilit&#233;s aux &#233;lites africaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le but de toutes ces r&#233;formes &#233;tait d'associer de plus en plus les notables africains &#224; la gestion des affaires pour, d'une part, endiguer la col&#232;re populaire, et, d'autre part, le moment venu, mettre &#224; la t&#234;te des diff&#233;rentes colonies des valets locaux qui auraient pour r&#244;le de continuer &#224; d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais sous de nouvelles formes. Le Cameroun a &#233;t&#233; le laboratoire o&#249; la France a &#233;chafaud&#233; et pouss&#233; cette politique jusqu'&#224; ses ultimes cons&#233;quences : apr&#232;s avoir &#233;cart&#233; l'UPC de la sc&#232;ne politique en le d&#233;truisant militairement, elle a hiss&#233; au pouvoir un pantin local, en la personne d'Ahmadou Ahidjo, &#224; qui elle a fait porter les revendications du mouvement insurrectionnel -, la souverainet&#233; nationale et la r&#233;unification du pays -, mais vid&#233;es de leur contenu nationaliste, dans la perspective d'une ind&#233;pendance de fa&#231;ade, accord&#233;e le 1er janvier 1960, qui renfor&#231;ait plut&#244;t la mainmise de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais sur le pays dans tous les domaines, &#233;conomiques, politiques, militaires, diplomatiques notamment ! Cette exp&#233;rience a &#233;t&#233;, ensuite, g&#233;n&#233;ralis&#233;e et appliqu&#233;e dans toutes les colonies fran&#231;aises qui allaient acc&#233;der &#224; l'ind&#233;pendance, les unes apr&#232;s les autres, tout au long de l'ann&#233;e 1960, jetant ainsi les bases de ce qu'on appelle de nos jours &#171; la fran&#231;afrique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Maillon important du dispositif colonial fran&#231;ais en Afrique, le Tchad a, lui aussi, suivi la m&#234;me trajectoire politique qui a, finalement, abouti &#224; l'Etat actuel. En effet, d&#232;s la fin de la guerre, le pays a &#233;t&#233; &#233;galement le berceau d'un nationalisme militant qui s'exprimait contre les aspects les plus r&#233;pugnants de l'ordre colonial. Contrainte, ici aussi, l'administration fran&#231;aise a donc initi&#233; un certain nombre de r&#233;formes, comme la fin des travaux forc&#233;s, la libert&#233; d'association, d'expression, de r&#233;union, etc. De 1947 &#224; 1952, ont &#233;t&#233; ainsi cr&#233;&#233;s plusieurs partis politiques : le PPT RDA, le Parti Progressiste Tchadien, section locale du Rassemblement D&#233;mocratique Africain, l'UDT, l'Union des D&#233;mocrates Tchadiens, le PSI, Parti Socialiste Ind&#233;pendant, l'AST, l'Action Socialiste Tchadienne, le MSA, le Mouvement Socialiste Africain, l'UNT, l'Union Nationale Tchadienne, etc. Des syndicats ont &#233;galement vu le jour, de 1947 &#224; 49, notamment dans le b&#226;timent, le commerce, chez les employ&#233;s ou les gens de maison. En 1956, &#171; la loi-cadre &#187; de Gaston Defferre a &#233;galement offert aux &#233;lites locales l'opportunit&#233; d'&#234;tre associ&#233;es &#224; la gestion des affaires et int&#233;gr&#233;es dans l'ordre social en vigueur comme d&#233;put&#233;s, maires, conseillers, fonctionnaires, cadres de l'arm&#233;e, de la police, etc. De quelque bord qu'ils soient, tous ces notables aspiraient &#224; offrir leur service pour &#234;tre les larbins de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, y compris le PPT RDA, suivant l'exemple d'Houphou&#235;t Boigny qui, en 1950, avait chang&#233; de veste et fait le choix de d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts de la France coloniale : lors des &#233;lections de 1958, ils ont tous vot&#233; &#171; Oui &#187; pour la communaut&#233; fran&#231;aise. Seule l'UNT, une jeune organisation cr&#233;&#233;e par Ibrahim Abatcha et Mamat Aba, a fait le choix contraire, en votant &#171; Non &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que, &#224; l'instar de ce qui s'&#233;tait pass&#233; au Cameroun, le 11 ao&#251;t 1960, les dirigeants du PPT RDA, sous l'&#233;gide de Fran&#231;ois Tombalbaye, devenu premier pr&#233;sident du pays, ont &#233;t&#233; port&#233;s au pouvoir &#224; la t&#234;te d'un Etat con&#231;u par l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais pour d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts et ceux de ses valets locaux. Ce choix n'&#233;tait pas fortuit, cependant ! Avant la volteface Houphou&#235;t Bo&#239;gny, des ann&#233;es durant, le PPT RDA avait, en effet, men&#233; un v&#233;ritable combat contre les exactions et les abus de l'administration coloniale, comme, par exemple, les travaux forc&#233;s. Nombre de ses militants avaient &#233;t&#233; pers&#233;cut&#233;s, emprisonn&#233;s. Aussi, ce combat avait-t-il permis &#224; cette organisation de gagner la sympathie des masses populaires sur toute l'&#233;tendue du territoire : &#224; l'or&#233;e de l'ind&#233;pendance, c'&#233;tait le seul parti qui ait une v&#233;ritable assise nationale, mais aussi des militants aguerris, form&#233;s dans les ann&#233;es ant&#233;rieures des luttes anticolonialistes. Par cons&#233;quent, ce n'est pas surprenant que l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais ait puis&#233;, en son sein, les politiciens dont ils avaient besoin pour continuer &#224; maintenir sa domination sur le pays, sous de nouvelles formes, dans le cadre d'une ind&#233;pendance factice, parce que c'&#233;tait la seule organisation capable d'assurer cet ordre-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; donc comment est n&#233; l'Etat actuel : d&#232;s ses origines, c'est un instrument con&#231;u par la France, qu'elle a ensuite l&#233;gu&#233; &#224; la classe dirigeante locale afin de continuer l'&#339;uvre de domination et d'exploitation du pays, au profit de ses trusts, ceux de la bourgeoisie mondiale et de leurs diff&#233;rents larbins nationaux ! Telle est donc sa nature profonde ! Telle est sa politique ! Tels sont les int&#233;r&#234;ts &#224; lui assign&#233;s, qu'il d&#233;fend ! C'est cela qui explique le fait que, de sa naissance jusqu'aujourd'hui, les masses populaires n'ont jamais particip&#233; aux diff&#233;rents changements op&#233;r&#233;s au sein de cet Etat. De Tombalbaye &#224; Idriss D&#233;by Itno, en passant par Maloum, Goukouni, Habr&#233;, c'est l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais qui en a pris l'initiative, changeant, tels des pions sur un &#233;chiquier, les hommes et les r&#233;gimes, en fonction de ses int&#233;r&#234;ts du moment. Mais, quels que soient ces changements et les larbins locaux charg&#233;s de les incarner, - civils, militaires, pseudo r&#233;volutionnaires, parti unique, multipartisme -, derri&#232;re eux, se terre toujours le m&#234;me Etat, dont, au fil du temps, les m&#233;tamorphoses n'ont pas alt&#233;r&#233; la nature profond&#233;ment dictatoriale, comme on le voit de nos jours avec le r&#232;gne du MPS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le r&#232;gne de la bourgeoisie, lorsqu'on veut appr&#233;cier les rapports entre les populations d'un pays et les institutions en vigueur, ce qui compte, ce n'est pas tant la forme de l'Etat ou ses institutions que les int&#233;r&#234;ts de classe qu'il d&#233;fend. En effet, l'Etat bourgeois peut prendre plusieurs formes : il peut &#234;tre unitaire, comme en France, au Tchad, f&#233;d&#233;ral, comme aux Etats-Unis, au Nig&#233;ria, ou &#224; caract&#232;re f&#233;odal, comme en Arabie saoudite ou au Maroc. Mais, quelle que soit la forme qu'il prend, il est partout un instrument au service de la bourgeoisie, de cette minorit&#233; de riches, tant nationale que mondiale, dont il d&#233;fend les int&#233;r&#234;ts. C'est cela qui fait que, partout &#233;galement, y compris dans les pays riches, cet Etat-l&#224; est une dictature pour les masses opprim&#233;es, car ni la voix, ni les int&#233;r&#234;ts de celles-ci ne sont pris en compte dans les sph&#232;res o&#249; se d&#233;cident les choix essentiels qui conditionnent la vie de la cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cela donc qui explique pourquoi, de Tombalbaye jusqu'aujourd'hui, c'est cet Etat qui, malgr&#233; les changements d'hommes et de r&#233;gimes, est le principal organisateur de la soci&#233;t&#233; actuelle, un monde profond&#233;ment in&#233;galitaire, injuste, o&#249; une petite minorit&#233; de bourgeois, parasites, et les trusts, dont ils sont les valets locaux, exploitent, pillent, &#224; ciel ouvert, les ressources tant humaines que naturelles du pays et condamnent l'&#233;crasante majorit&#233; de la population &#224; la mis&#232;re, aux maladies, que l'on peut souvent soigner rien qu'avec de l'eau potable ! Voil&#224; qui explique aussi pourquoi les responsables de l'administration de cet Etat, les gouverneurs, les pr&#233;fets, les sous-pr&#233;fets, les chefs traditionnels, se comportent exactement comme les fameux &#171; Dieux de brousse &#187; de nagu&#232;re sous l'&#232;re coloniale, en vivant sur le dos des populations comme des sangsues, leur faisant subir divers abus et exactions, en toute impunit&#233; ! Voil&#224; qui explique &#233;galement pourquoi la justice de cet Etat est discriminatoire : elle prot&#232;ge les plus riches, les nantis, y compris les voleurs, que tout le monde conna&#238;t, dont m&#234;me Idriss D&#233;by Itno lui-m&#234;me parle, mais elle est f&#233;roce envers les pauvres et leurs enfants, que l'on exhibe &#224; la t&#233;l&#233;vision comme un butin de guerre contre l'ins&#233;curit&#233;, m&#234;me s'ils volent un pain tout simplement parce qu'ils ont faim ! Voil&#224; qui explique, enfin, pourquoi, pour maintenir cet ordre inique, cet Etat est et a toujours &#233;t&#233; une horrible dictature, dont l'arm&#233;e -, form&#233;e initialement autour des tirailleurs ayant particip&#233; &#224; la guerre d'Indochine ou de l'Alg&#233;rie pour le compte de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais -, mais aussi la police et autres appareils de r&#233;pression sont responsables des nombreux massacres, crimes, meurtres, assassinats, emprisonnements arbitraires, qui &#233;maillent l'histoire politique du pays, comme, par exemple, les 40 000 morts perp&#233;tr&#233;s rien que sous le pouvoir d'Hissein Habr&#233;, sans oublier ceux commis sous les quinze ans de la dictature de Tombalbaye ou les bient&#244;t vingt-huit ans de celle du MPS !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela d&#233;montre &#224; suffisance que le forum actuel sur la forme de l'Etat et ses institutions ressemble fort bien &#224; une op&#233;ration de diversion ! Ne posant pas la question des int&#233;r&#234;ts de classe que l'Etat d&#233;fend, il a toutes les allures d'une habile man&#339;uvre qui cherche &#224; couvrir la dictature de nouvelles parures sans en changer la nature profonde. Par cons&#233;quent, les travailleurs et l'ensemble des opprim&#233;s ne devraient pas se laisser illusionner par ce qui s'y passe. Car, quels que soient les r&#233;solutions qui auront &#233;t&#233; prises et le toilettage dont l'Etat aura &#233;t&#233; l'objet, cela ne modifiera en rien sa nature profonde. Les riches continueront &#224; piller, &#224; s'enrichir de plus en plus. Par contre, pour les masses populaires, ce sera toujours la mis&#232;re, les maladies, les privations de toutes sortes et, au-dessus de tout cela, le talon de fer de la dictature ! Dans ces conditions, si celles-ci veulent acc&#233;der &#224; de meilleures conditions de vie, dignes de notre &#233;poque, mais aussi aux libert&#233;s essentielles, elles n'ont pas d'autre choix que de se mobiliser, de se battre pour leurs propres int&#233;r&#234;ts, comme viennent de le faire les travailleurs en gr&#232;ve, qui ont oblig&#233; le pouvoir &#224; reculer. Par ailleurs, le jour o&#249; les masses populaires auront l'ambition se d&#233;barrasser d&#233;finitivement de l'exploitation, de la mis&#232;re et de la dictature, elles devront agir comme l'a fait la bourgeoisie elle-m&#234;me contre le pouvoir f&#233;odal, quand, r&#233;volutionnaire, elle voulait transformer le monde en fonction de ses int&#233;r&#234;ts : il leur faudra alors en finir avec cet Etat-l&#224;, d&#233;truire son arm&#233;e, sa police, son administration, sa justice, exproprier les riches, dans le but d'imposer un pouvoir qui leur soit propre, fond&#233; sur la mise en commun des richesses, la d&#233;mocratie la plus large qui soit, avec autant de partis, de syndicats, d'associations qu'on voudra, dont le moteur ne sera plus la loi de l'argent, mais, la satisfaction des besoins collectifs de tous ! Car, telle est la logique implacable de l'&#233;volution de l'histoire des hommes &#224; l'&#232;re de la domination du monde par le capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ali Mohamed Abali Marangabi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; SEULE UNE RIPOSTE COLLECTIVE DES TRAVAILLEURS ET DE L'ENSEMBLE DES OPPRIMES, SOUS LA FORME D'UN FRONT UNIQUE, POURRAIT IMPOSER A LA DICTATURE LE DROIT A LA VIE DES COUCHES POPULAIRES !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le mardi 06 janvier dernier, la Plateforme syndicale revendicative, constitu&#233;e de l'US, CIST, SYNECS, SYMET, et la Plateforme syndicale pour le Dialogue social, qui comprend la CSTT, la CST et la CLTT, ont appel&#233; &#224; une conf&#233;rence de presse &#224; la Bouse du Travail. Le but de cette rencontre &#233;tait de faire le point sur un pacte social, sign&#233; le 4octore 2021, entre ces organisations syndicales et l'Etat tchadien, afin d'en appr&#233;cier le chemin parcouru et les r&#233;sultats obtenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, avant de se livrer aux questions de la presse, en guise de pr&#233;ambule, les dirigeants de ces deux plateformes syndicales avaient lu un document pour, d'une part, faire la gen&#232;se dudit pacte social, - sign&#233; devant pas moins de six ministres, dont notamment celui de la Fonction publique et du Dialogue social, celui des Finances et du Budget -, et d'autre part, mettre en exergue le fait que, deux ans apr&#232;s, l'Etat n'avait pratiquement rien fait pour respecter son engagement en satisfaisant leurs diff&#233;rentes revendications. Aussi, face &#224; cette situation, marqu&#233;e notamment par le non-respect de la parole du pouvoir actuel et de ses dignitaires, les responsables syndicaux ont-ils conclu que, si le gouvernement ne prenait pas les mesures n&#233;cessaires pour satisfaire urgemment leurs revendications, ils envisageraient de mobiliser les travailleurs et de d&#233;clencher de vastes mouvements de gr&#232;ve pout obtenir gain de cause. Aux derni&#232;res nouvelles, les organisations syndicales viennent d'appeler &#224; une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale &#224; la Bourse du Travail, le samedi 17 f&#233;vrier prochain, pout discuter de cette orientation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face au cynisme et au m&#233;pris du pouvoir, qui, par ailleurs, dilapide des sommes colossales dans des choses inutiles, comme l'organisation du dialogue dit inclusif ou celle du dernier r&#233;f&#233;rendum, sans oublier les d&#233;tournements de fonds et de biens publics sur lesquels il ferme les yeux, les dirigeants des deux plateformes syndicales ont toutes les raisons du monde d'utiliser tous les moyens possibles pour d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts des travailleurs et leurs droits ! Il est hors de questions que ce soit eux qui fassent les frais des crises successives du syst&#232;me capitaliste, dont les politiciens actuels au pouvoir sont tous des larbins, qui se gavent, s'empiffrent, sur le dos de la soci&#233;t&#233; comme des parasites ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant s'il est juste, fort l&#233;gitime, que les travailleurs r&#233;clament &#224; l'Etat ce qui leur revient de droit, dans le contexte actuel, marqu&#233; par une d&#233;gradation permanente des conditions de vie des couches populaires, &#233;trangl&#233;es par une inflation qui les prive du minimum vital, et une dictature de plus en plus brutale, comme on l'a vu avec la r&#233;pression f&#233;roce de 2022, le compte n'y serait pas m&#234;me si, comme par miracle, le pouvoir d&#233;cidait de satisfaire les revendications des travailleurs : cela ne permettrait pas &#224; ces derniers et &#224; l'ensemble des opprim&#233;s d'acc&#233;der &#224; une vie digne de notre &#233;poque et aux libert&#233;s essentielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En effet, de la premi&#232;re goutte du p&#233;trole jusqu'aujourd'hui, il y a eu beaucoup d'argent engrang&#233; dans le pays, dont les trusts du p&#233;trole sont les principaux b&#233;n&#233;ficiaires. Mais, ceux-ci en ont aussi laiss&#233; des miettes importantes &#224; l'Etat tchadien, qui s'en est servi pour s'&#233;quiper militairement, mais &#233;galement, pour promouvoir une minorit&#233; de parasites bourgeois, qu'il a aid&#233;s &#224; devenir des milliardaires gr&#226;ce au d&#233;tournement des fonds publics et &#224; la surfacturation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, dans le partage de la cagnotte revenue au Tchad, les travailleurs, qui sont &#224; l'origine de la cr&#233;ation de ces richesses, n'en ont rien eu : l'Etat du MPS s'est juste content&#233; de leur offrir des primes et des indemnit&#233;s &#8211; qu'il a coup&#233;es ensuite, durant des mois, apr&#232;s la chute du prix du p&#233;trole sur le march&#233; mondial en 2016. Les travailleurs sont donc les seuls &#224; &#234;tre doublement perdants dans cette affaire, d'autant plus que, ces derniers temps, la chert&#233; de la vie s'est d&#233;velopp&#233;e vertigineusement : les prix des denr&#233;es de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;, du riz, du mil, du ma&#239;s, mais aussi, du gaz, du p&#233;trole, de l'essence &#8211; qu'on ne trouve plus dans les stations -, de l'eau, de l'&#233;lectricit&#233;, des loyers, du transport, etc, ont tous augment&#233;, &#224; un point tel que, pour la majorit&#233; des travailleurs du pays, notamment pour la frange la plus importante d'entre eux, qui ne vivote qu'avec le smig, la vie est devenue un enfer !&lt;br class='autobr' /&gt; Dans ces conditions, les travailleurs ne devraient pas se contenter de lutter seulement pour ce que l'Etat leur doit : ils devraient avoir des ambitions beaucoup plus grandes ! Pour rattraper ce qu'ils ont perdu, depuis ann&#233;es, il serait fort juste qu'ils revendiquent une augmentation substantielle des salaires, car, il est difficile de vivre aujourd'hui m&#234;me avec un revenu mensuel de 100 voire 150 000 fr.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs et les masses opprim&#233;es ne peuvent compter que sur eux-m&#234;mes et sur leurs luttes&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Par cons&#233;quent, pour l'am&#233;lioration de leurs conditions de vie et l'accession aux libert&#233;s essentielles, les travailleurs et les masses populaires ne peuvent compter que sur eux-m&#234;mes et sur leurs luttes, avec leurs propres armes : la mobilisation, la gr&#232;ve, les manifestations, la rue ! Seule leur riposte collective, sous la forme d'un front unique, avec l'ensemble des opprim&#233;s du pays pourrait permettre de tracer un chemin vers un avenir meilleur parce que l'am&#233;lioration de leurs conditions d'existence, comme leur &#233;mancipation de l'exploitation, de la mis&#232;re et de la dictature, sera leur propre &#339;uvre ou ne sera pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il y avait dans le pays un parti r&#233;volutionnaire, d&#233;fendant exclusivement les int&#233;r&#234;ts des travailleurs et des opprim&#233;s contre ceux de la bourgeoisie locale, des trusts et de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, ce serait &#224; lui que reviendrait la t&#226;che de construire m&#233;thodiquement cette riposte collective, ce front unique-l&#224;. Mais, en l'absence d'un tel parti, qui fait cruellement d&#233;faut de nos jours, ce serait logique que ce soit aux plateformes syndicales, - comme celle form&#233;e autour de l'UST, la structure syndicale la plus importante et la plus combative du pays -, de porter cette perspective-l&#224;, si leurs dirigeants en avaient l'ambition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choix des travailleurs d'organiser et de piloter la riposte collective n'est &#233;videmment pas fortuit : ces derniers constituent la principale force du pays ! A cause de leur position au c&#339;ur de l'&#233;conomie et de l'administration, ils jouent un r&#244;le fondamental dans tout ce qui fait marcher la soci&#233;t&#233;. Ce sont eux qui font fonctionner les secteurs industriels dont d&#233;pend le pays, mais aussi les banques, les assurances, l'h&#244;tellerie, le b&#226;timent, le transport, etc. Dans l'administration &#233;galement, rien ne se fait sans leur force de travail ou leur intelligence : tous les secteurs publics essentiels ne fonctionnent que gr&#226;ce &#224; eux. Ils sont la s&#232;ve, la source nourrici&#232;re, dont d&#233;pend toute l'organisation sociale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce r&#244;le particulier, n&#233;cessaire, que les travailleurs, du public comme du priv&#233;, jouent, sur toute l'&#233;tendue du pays, leur conf&#232;re une force colossale dont ne dispose aucune autre classe sociale. Par cons&#233;quent, s'ils en ont l'ambition, ils pourraient s'en servir pour f&#233;d&#233;rer toutes les col&#232;res qui couvent dans le pays contre la politique du pouvoir actuel et ses partisans afin de construire un front unique avec l'ensemble des opprim&#233;s en vue d'imposer &#224; la dictature les aspirations populaires &#224; une vie digne de notre &#233;poque et aux libert&#233;s essentielles, en bloquant, paralysant tout le pays, au moyen d'un gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale soutenue par des manifestations.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle strat&#233;gie ? Quel programme pour construire ce front unique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les dirigeants des plateformes syndicales avaient l'ambition de construire cette riposte collective, ils devraient s'adresser &#224; toutes les organisations syndicales du pays, mais aussi, &#224; celles des droits de l'homme, aux partis politiques de l'opposition, aux associations des femmes, des &#233;tudiants et des &#233;l&#232;ves, des retrait&#233;s, des vacataires et autres contractuels, etc, en vue de constituer avec eux un programme, sous la forme d'un plan d'urgence, d'int&#233;r&#234;t public, comprenant les exigences essentielles du monde du travail et des masses laborieuses, aussi bien face &#224; la chert&#233; de la vie qu'&#224; la dictature, pouvant f&#233;d&#233;rer tout le monde dans un mouvement de tous ensemble, un front unique, contre le r&#233;gime du MPS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles revendications communes les plateformes syndicales pourraient d&#233;fendre aupr&#232;s de tous les travailleurs du pays ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les plateformes syndicales devraient proposer aux autres syndicats, quels qu'ils soient, de lutter ensemble contre la chert&#233; de la vie, dont les masses opprim&#233;es sont les principales victimes, en d&#233;fendant ensemble une augmentation cons&#233;quente, de 50 000 fr, des salaires de tous les travailleurs, tant du priv&#233; que du public, du SMIC, &#224; 80 000 fr, des allocations de ch&#244;mage, des pensions de retraite, le paiement des arri&#233;r&#233;s des salaires des fonctionnaires, l'embauche de tous les contractuels et des pr&#233;caires dans les secteurs publics essentiels, l'Education, la Sant&#233;, notamment, une baisse importante des prix des produits et des articles de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;, mais aussi, de l'eau, de l'&#233;lectricit&#233;, du p&#233;trole, de l'essence, du gaz, du transport, des imp&#244;ts, des loyers, l'instauration de l'&#233;chelle mobile des salaires, &#8211; chaque fois que les prix des produits indispensables augmentent, les salaires font de m&#234;me, ils augmentent aussi, proportionnellement -, la gratuit&#233; effective de l'&#233;ducation et des soins dans le public, un revenu minimum pour tous ceux qui ne b&#233;n&#233;ficient d'aucun emploi, un fonds de soutien aux personnes &#226;g&#233;es ne b&#233;n&#233;ficiant d'aucune retraite, la cr&#233;ation d'un service de transport public, la construction de logements sociaux, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelles revendications communes les plateformes syndicales pourraient proposer aux organisations des droits de l'homme et aux partis politiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la chute du r&#233;gime d'Hissein Habr&#233; et l'instauration du multipartisme, sous la pression de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, les libert&#233;s essentielles auxquelles aspirent les masses populaires n'existent que dans des textes et non dans la vie r&#233;elle. Nous assistons &#224; une fiction de d&#233;mocratie, un ersatz de celle-ci, derri&#232;re lesquels se cache la m&#234;me dictature d'antan, qui continue &#224; maintenir le pays sous sa f&#233;rule. On le voit notamment avec les arrestations arbitraires, comme celles de ces derniers temps, mais aussi, le fait que le r&#233;gime MPS &#233;touffe syst&#233;matiquement toutes les libert&#233;s essentielles, en plus de la mis&#232;re de plus en plus croissante qu'il impose &#224; toute la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, les plateformes auraient aussi int&#233;r&#234;t &#224; proposer aux organisations des droits de l'homme et aux partis politiques de d&#233;fendre ensemble, le respect du vote des populations en changeant profond&#233;ment les structures charg&#233;es de l'organisation des &#233;lections et de la proclamation de leurs r&#233;sultats, la d&#233;fense et la jouissance des droits d&#233;mocratiques &#233;l&#233;mentaires, de r&#233;union, d'expression, d'organisation, de manifestation, sans aucune menace ni entrave de la part du pouvoir, la rupture du cordon ombilical qui lie exclusivement la presse publique, la radio, la t&#233;l&#233;vision notamment, au pouvoir du MPS, en vue de l'&#233;mancipation de ces structures du joug de celui-ci et de l'instauration d'une expression libre de toutes les sensibilit&#233;s au sein de l'ONRTV, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evidemment, dans ce combat commun, il est hors de question que les travailleurs se fondent dans les partis politiques ou se mettent &#224; leur remorque, les laissent prendre la direction du front unique : s'il est n&#233;cessaire qu'ils luttent ensemble pour ces revendications qui leur sont communes, chacun devrait rester sous son drapeau parce qu'ils n'ont pas tous le m&#234;me agenda.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, pour les partis bourgeois de l'opposition, la d&#233;mocratie est une fin en soi, mais, pour les travailleurs, elle n'est qu'un moyen pouvant leur permettre de s'organiser pour d&#233;fendre collectivement leurs int&#233;r&#234;ts sp&#233;cifiques, tant sociaux que politiques : s'exprimer, faire des gr&#232;ves, manifester, s'organiser pour se doter d'un parti qui soit le leur propre, en vue de se lancer un jour &#224; la conqu&#234;te du pouvoir politique dans le but de transformer radicalement la soci&#233;t&#233; en fonction des int&#233;r&#234;ts des larges couches populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles revendications communes que les plateformes syndicales pourraient proposer aux &#233;l&#232;ves, aux &#233;tudiants, aux femmes et aux autres cat&#233;gories d'opprim&#233;s souffrant, comme eux, du caract&#232;re arri&#233;r&#233; du pays ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre bourgeoisie, grande comme petite, est venue tardivement sur la sc&#232;ne de l'histoire, comme un pur produit du colonialisme fran&#231;ais, d'abord, et un valet des puissances imp&#233;rialistes, notamment de la France, ensuite. Aussi est-elle pleutre, poltronne, incapable m&#234;me de r&#233;aliser ses propres t&#226;ches d&#233;mocratiques, comme moderniser la soci&#233;t&#233; en vulgarisant la science, les connaissances modernes, en finissant aussi avec les structures f&#233;odales, les m&#339;urs r&#233;trogrades, barbares, h&#233;rit&#233;es du pass&#233;, comme l'oppression de la femme notamment. Par cons&#233;quent, c'est aussi aux travailleurs et autres opprim&#233;s qu'il appartient de se charger de ces t&#226;ches-l&#224; et de les r&#233;aliser par leurs combats.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, dans le cadre de la mobilisation g&#233;n&#233;rale de tous les opprim&#233;s du pays, les travailleurs devraient-ils proposer &#233;galement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	des revendications communes aux &#233;l&#232;ves et &#233;tudiants : l'instauration d'une bourse, comme un droit pour tout &#233;tudiant, la formation d'un personnel hautement qualifi&#233; pour les &#233;tablissements publics, la cr&#233;ation de biblioth&#232;ques dans ces derniers, de cantines scolaires gratuites, la multiplication des aires et salles de sport, la construction de m&#233;diath&#232;ques, de salles de cin&#233;ma dans les quartiers populaires, la cr&#233;ation de conservatoires de musique, la gratuit&#233; effective de l'&#233;ducation, mais aussi, de la sant&#233;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	des revendications communes aux femmes : une lutte hardie contre leur oppression, comprenant l'interdiction r&#233;elle du mariage des filles mineures, de la dote, qui ressemble &#224; un prix d'achat des filles, de la polygamie, &#8211; symbole officiel de l'oppression de la femme -, de la coutume qui permet &#224; un p&#232;re de donner sa fille en aum&#244;ne, tel un mouton, une r&#233;volution agraire profonde afin que les paysannes soient propri&#233;taires des terres qu'elles cultivent, l'instauration d'un Code familial progressiste, donnant aux femmes les m&#234;mes droits que les hommes face &#224; l'h&#233;ritage, &#224; la garde des enfants, au divorce, l'octroi d'une pension &#224; la femme divorc&#233;e si c'est &#224; elle que revient la garde les enfants, un revenu minimum pour les femmes et les m&#232;res isol&#233;es, l'interdiction de la coutume qui veut qu'une femme &#233;pouse, malgr&#233; elle, le fr&#232;re de son mari d&#233;funt ou un membre de la famille de celui-ci, lui revenant ainsi tel un objet dont il h&#233;rite, la parit&#233; totale dans toutes les institutions publiques et les partis politiques, l'harmonisation des droits sur le lieu du travail- toute femme qui a le m&#234;me dipl&#244;me ou remplit la m&#234;me responsabilit&#233; qu'un homme doit avoir le m&#234;me salaire que lui-, l'abolition du port du voile dans les lieux publics, les &#233;coles, les lyc&#233;es, les coll&#232;ges, les universit&#233;s, les bureaux,- comme le r&#233;clament les femmes musulmanes tunisiennes, alg&#233;riennes, iraniennes ou m&#234;me saoudiennes, en lutte contre l'int&#233;grisme religieux-, la mixit&#233; des femmes et des hommes, des filles et des gar&#231;ons, dans les espaces publics, la construction de centres de formation professionnelle destin&#233;s &#224; donner aux femmes une sp&#233;cialisation dans plusieurs domaines afin qu'elles aient une qualification en vue d'un m&#233;tier, la cr&#233;ation par l'Etat de cr&#232;ches, de garderies, pour d&#233;tacher les femmes du lourd fardeau relatif &#224; la maternit&#233;, mais aussi de maquis g&#233;ants, de restaurants publics, dans les centres administratifs, les zones industrielles et tous les quartiers des grandes villes, avec un personnel qualifi&#233;, o&#249; tous ceux qui travaillent, tant dans le public que dans le priv&#233;, peuvent venir se restaurer gr&#226;ce &#224; des tickets pay&#233;s par leurs employeurs, afin que les femmes s'&#233;mancipent des t&#226;ches m&#233;nag&#232;res, notamment du devoir de faire la cuisine, et consacrent leur temps libre &#224; leur formation culturelle ou &#224; leurs loisirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel donc devrait &#234;tre l'objectif de la riposte collective, du front unique, des travailleurs et de l'ensemble des opprim&#233;s ! C'est un enjeu de taille, certes ! Mais, il n'est pas hors de port&#233;e ! Car, si les plateformes syndicales sen font le choix, s'en emparent et se lancent consciemment dans le combat pour le r&#233;aliser, les travailleurs, qui font fonctionner la soci&#233;t&#233;, ont tous les moyens de le faire, s'ils comprennent que c'est cette perspective seule qui pourrait leur permettre de faire irruption dans les sph&#232;res politiques o&#249; se d&#233;cident les choix les concernant au premier chef et d'imposer eux-m&#234;mes, par leurs luttes, les changements n&#233;cessaires conformes &#224; leurs aspirations, tant politiques que sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, quels qu'ils soient, -syndicalistes, militants des organisations de la soci&#233;t&#233; civile d&#233;fendant les droits de l'homme, des partis politiques, des associations des femmes, des &#233;tudiants, des &#233;l&#232;ves et d'autres-, tous ceux qui sont r&#233;ellement r&#233;volt&#233;s par la situation actuelle, aspirent &#224; ce que les choses changent vraiment, ne voudraient pas que la soci&#233;t&#233; continue &#224; sombrer dans la d&#233;ch&#233;ance et la dictature, devraient tout faire pour aider les travailleurs et l'ensemble des opprim&#233;s &#224; construire cette riposte collective, ce front unique, seul moyen pour sortir de l'impasse actuelle et tracer le chemin vers un avenir meilleur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Travailleurs, opprim&#233;s, de toutes les ethnies, de toutes les r&#233;gions, de toutes les religions, unissons-nous dans la lutte pour d&#233;fendre collectivement nos int&#233;r&#234;ts sp&#233;cifiques et notre droit &#224; la vie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ali Mohamed Abali Marangabi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; LA PERIODE IMPOSE LA NECESSITE D'UN FRONT UNIQUE FACE AU RENNFORCEMENT DE LA REACTION A LA T&#202;TE DE L'ETAT !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve d&#233;clench&#233;e le 20 f&#233;vrier dernier continue, s'&#233;tend et prend les allures d'un ph&#233;nom&#232;ne qui s'installe dans la dur&#233;e ! S'il en est ainsi, c'est &#224; cause du m&#233;pris du couple Mamat Kaka-Succ&#232;s Masra, &#224; la t&#234;te de la dictature, qui n'a pas daign&#233; satisfaire les revendications des plateformes syndicales en lutte !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les travailleurs ont toutes les raisons de ne pas accepter les mesures injustes que le pouvoir prend contre leurs int&#233;r&#234;ts, d'autant plus qu'ils sont victimes d'une inflation de plus en plus galopante, sans que l'Etat ne l&#232;ve le petit doigt. Ces derniers temps, en effet, tous les prix des produits n&#233;cessaires &#224; la vie des masses populaires ont vertigineusement augment&#233; : le riz, le mil, le ma&#239;s, la viande, le poisson, l'eau, l'&#233;lectricit&#233;, les m&#233;dicaments, les fournitures scolaires, le transport, les loyers, etc . Toutes ces choses essentielles et indispensables sont, de nos jours, hors de port&#233;e de la bourse de milliers de travailleurs, &#224; tel point que certains d'entre eux ne mangent qu'une fois par jour, font des kilom&#232;tres &#224; pied pour aller &#224; leurs lieux de travail, se soignent avec de faux m&#233;dicaments que l'on trouve dans ce que l'on appelle commun&#233;ment &#171; les pharmacies par terre &#187; ou que leur offrent des pr&#233;tendus gu&#233;risseurs traditionnels et autres charlatans, qui s'engraissent sur leur dos et les empoisonnent, au lieu de les gu&#233;rir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, alors, oui, les travailleurs en gr&#232;ve ont toutes les raisons du monde de ne pas accepter que ce soit eux qui fassent les frais de la politique criminelle que Mamat Kaka, Succ&#232;s Masra, les dignitaires du MPS et leurs alli&#233;s leur imposent juste pour satisfaire le FMI, qui leur exige de faire des &#233;conomies sur les d&#233;penses publiques !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, le gouvernement, avec &#224; sa t&#234;te, Succ&#232;s Msra, - un banquier, un politicien bourgeois, qui, comme tant d'autres avant lui, a fini par utiliser les cadavres de ses partisans comme marchepieds pour se hisser &#224; la mangeoire du pouvoir, aux premi&#232;res loges, satisfaisant ainsi sa soif de gloriole -, cherche de l'argent pour juguler les cons&#233;quences des crises du syst&#232;me capitaliste, dont ses membres sont des larbins, il serait bien inspir&#233; d'aller le prendre dans les coffres-forts et les poches des riches, ceux des trusts, bien s&#251;r, mais aussi de la bourgeoisie locale, notamment les op&#233;rateurs &#233;conomiques du MPS, ces milliardaires artificiellement promus &#224; coups de march&#233;s surfactur&#233;s et autres combines. Dans sa recherche de moyens pour satisfaire les exigences du FMI, le pouvoir pourrait aussi taxer lourdement les trusts et les hommes d'affaires tchadiens, diminuer drastiquement les salaires des membres du gouvernement, de ceux du Conseil National de Transition, des G&#233;n&#233;raux, des Gouverneurs ou exproprier les responsables connus des d&#233;tournements de fonds, etc&#8230; Mais, cela, nul doute que Mamat Kaka, Succ&#232;s Masra et leurs ministres ne seront jamais capables de le faire parce que, au-del&#224; des effets d'annonce mensongers, leur r&#244;le, &#224; la t&#234;te de l'Etat, c'est justement de vider les bouches et les poches des pauvres et des affam&#233;s pour remplir celles des riches et des trop rassasi&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Tout cela prouve &#224; suffisance que ce qui se passe, sous nos yeux, &#224; travers la gr&#232;ve actuelle, va au-del&#224; d'in simple mouvement social classique. Car, en s'attaquant, de mani&#232;re permanente, aux travailleurs, ce sont les conditions de vie de l'ensemble des couches populaires que le pouvoir aggrave, fragilise et pr&#233;carise. Aussi est-ce le sort de l'ensemble de soci&#233;t&#233; qui se joue dans cette confrontation entre le monde du travail et les politiciens bourgeois &#224; la t&#234;te de la dictature : dans ce bras de fer donc, du c&#244;t&#233; o&#249; se penchera, finalement, le balancier de l'histoire d&#233;pendra notre devenir collectif, en meilleur ou en pire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, si c'est le camp des dignitaires du MPS et des Transformateurs qui l'emporte, les masses populaires continueront &#224; sombrer dans la mis&#232;re et la dictature. Par contre, si, au contraire, ce sont les travailleurs en lutte qui font plier le pouvoir, cela enrayera, &#224; coup s&#251;r, aussi bien la d&#233;gradation des conditions des vie des masses populaires que la spirale dictatoriale dans le pays, dont on vient de mesurer le degr&#233; avec l'assassinat brutal et inadmissible de Yaya Dillo. Le recul du pouvoir offrira &#233;galement au monde du travail des possibilit&#233;s sup&#233;rieures, des perspectives beaucoup plus grandes, pouvant conduire vers un avenir meilleur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi les dirigeants des plateformes devraient tirer toutes les le&#231;ons des gr&#232;ves et des luttes any&#233;rieures. En effet, des d&#233;cennies durant, tout au long de la dictature d'Idriss D&#233;by notamment, les travailleurs ont &#233;t&#233; &#224; la t&#234;te de durs combats, tant sur le plan social que politique. Mais, quoique justes, l&#233;gitimes, toutes ces luttes n'ont pas chang&#233; leurs conditions de vie et celles des masses populaires. Elles n'ont pas fait mal non plus &#224; la dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux raisons fondamentales expliquent cela : d'une part, ces luttes &#233;taient isol&#233;es, parcellaires, parce qu'elles n'entra&#238;naient pas tous les travailleurs, tant du public que du priv&#233;, et l'ensemble des opprim&#233;s dans le m&#234;me combat pour la d&#233;fense de leurs int&#233;r&#234;ts communs sp&#233;cifiques, contre l'Etat et le patronat, dont celui-ci d&#233;fend les int&#233;r&#234;ts ; d'autre part, elles n'allaient pas au-del&#224; du cadre institutionnel : elles se d&#233;roulaient et se cantonnaient sur le terrain choisi et d&#233;fini par le pouvoir lui-m&#234;me et se terminaient par des n&#233;gociations, dont celui-ci ne respectait aucunement les termes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs en lutte auraient donc int&#233;r&#234;t &#224; rompre avec ces pratiques st&#233;riles de gr&#232;ves isol&#233;es se terminant par des n&#233;gociations et des signatures de pactes sociaux, qui ne co&#251;tent pas cher au pouvoir, dont il est, en fin de compte, le principal gagnant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sortir de l'impasse actuelle et imposer &#224; la dictature les revendications, tant sociales que politiques, du monde de travail et de l'ensemble des opprim&#233;es, qui se r&#233;sument &#224; leur droit &#224; une vie digne de notre &#233;poque, la seule strat&#233;gie, la seule perspective qui en vaille la peine, est celle d'un mouvement d'ensemble, d'une riposte collective, sous la forme d'un front unique regroupant tous les travailleurs du pays, du public comme du priv&#233;, mais aussi les militants des partis politiques de l'opposition, des organisations des droits de l'homme, des associations des femmes, des retrait&#233;s, des ch&#244;meurs, des journalistes, des &#233;tudiants, des &#233;l&#232;ves, des artistes, des paysans pauvres, des petits commer&#231;ants, etc, unis dans la lutte pour la d&#233;fense de leurs int&#233;r&#234;ts sp&#233;cifiques, de leurs revendications commines, r&#233;pertori&#233;es dans un plan d'urgence d'int&#233;r&#234;t public. Seul donc un front unique, regroupant tous les travailleurs et les masses opprim&#233;es, dans une lutte commune pour la d&#233;fense de leur droit &#224; la vie pourrait permettre d'imposer &#224; la dictature les changements n&#233;cessaires, conformes &#224; leurs profondes aspirations, tant politiques que sociales, et non un autre dialogue avec Mamat Kaka et Succ&#232;s Masra, sous l'&#233;gide de la communaut&#233; internationale, comme le r&#233;clament certaines organisations de l'opposition. L'&#233;mancipation des masses populaires de la dictature et de la mis&#232;re sera le fruit de leur mobilisation et de leurs luttes, multiformes, ou ne sera pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La n&#233;cessit&#233; d'un front unique &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Depuis l'accession du pays &#224; l'ind&#233;pendance formelle jusqu'&#224; nos jours, le moins que l'on puisse dire est que le Tchad a &#233;t&#233; et reste le th&#233;&#226;tre de luttes politiques permanentes, multiformes, exprimant, &#224; leur mani&#232;re, les aspirations des masses populaires &#224; un monde meilleur. Cette tendance s'est accentu&#233;e avec l'av&#232;nement du multipartisme, marqu&#233; par l'&#233;closion des syndicats libres, de partis politiques d'opposition, d'une presse ind&#233;pendante, d'associations de droits de l'homme, de femmes, d'&#233;tudiants, d'&#233;l&#232;ves, etc. Plus que dans les ann&#233;es pass&#233;es, nombreux sont d'anciens et nouveaux militants, hommes et femmes, de tous les &#226;ges, notamment des jeunes, qui se lancent, par vagues successives, dans l'action politique et associative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours du long r&#232;gne dictatorial de trente-quatre ans des D&#233;y, malgr&#233; les assassinats, les arrestations, le bannissement, la pr&#233;carit&#233;, ces diff&#233;rents militants sont debout, alimentent par leur col&#232;re le flambeau de la contestation, m&#232;nent plusieurs combats, parfois tr&#232;s durs, &#224; travers des gr&#232;ves, des manifestations, des protestations, contre la mis&#232;re, la dictature, les injustices de toutes sortes, que leur impose le pouvoir du MPS. Certains d'entre eux vont m&#234;me jusqu'&#224; prendre des armes, renflouant ainsi les rangs des bandes arm&#233;es, qui pullulent dans la r&#233;gion du Nord notamment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Cependant, tous ces combats n'ont pas permis jusqu'alors d'am&#233;liorer les conditions de vie des masses populaires et d'en finir avec la dictature. La raison principale de cet &#233;chec relatif n'est pas d&#251; au manque de combativit&#233; des travailleurs et des couches populaires, mais surtout, au fait que toutes ces luttes politiques se font, non pas derri&#232;re des directions d&#233;fendant r&#233;ellement les int&#233;r&#234;ts des travailleurs et des masses opprim&#233;es, mais, sous l'&#233;gide de politiciens bourgeois, - les Succ&#232;s Masra, Saleh Kebzabo, Alhabo, Gali, Laouka&#239;n, et d'autres - ou des chefs de guerres, - les Mamat Nouri, les fr&#232;res Erdimi et leurs semblables ; - qui, d&#232;s la mort d'Idriss D&#233;by Itno, n'ont pas h&#233;sit&#233; &#224; basculer dans le camp de la dictature, - que certains d'entre eux avaient d'ailleurs d&#233;j&#224; servie dans le pass&#233; -, pour, finalement, imposer eux-m&#234;mes la politique criminelle du pouvoir actuel ou en &#234;tre complices, comme l'illustre si bien le bras de fer actuel entre les dignitaires du MPS et ceux des Transformateurs, d'un c&#244;t&#233;, et les travailleurs en gr&#232;ve, de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Par cons&#233;quent, ce qui manque, ce n'est pas la d&#233;termination, la volont&#233;, des travailleurs et des couches populaires d'en finir avec la mis&#232;re et la dictature. Depuis l'ind&#233;pendance jusqu'aujourd'hui, au Nord, au Sud, &#224; l'Est, &#224; l'Ouest, des milliers d'entre ces derniers s'engagent, de diff&#233;rentes fa&#231;ons, pour chercher une issue &#224; leur situation, parfois au prix de leur vie. Mais, ce qui fait cruellement d&#233;faut de nos jours, c'est le cadre politique, qui pourrait les aider &#224; d&#233;fendre eux-m&#234;mes leurs int&#233;r&#234;ts sp&#233;cifiques, mais aussi, &#224; ne pas faire confiance aux diff&#233;rents politiciens bourgeois et autres chefs de guerre, qui, &#224; la moindre occasion, trahissent leurs aspirations pour un monde meilleur sur l'autel de leurs ambitions personnelles, comme on le voit avec le volte-face attendu de Succ&#232;s Masra, pour ne pas parler de sa reddition politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Aussi, s'ils en ont l'ambition, est-ce ce cadre-l&#224; que les dirigeants des plateformes syndicales en gr&#232;ve devraient n&#233;cessairement construire avec l'ensemble des travailleurs du pays et des couches populaires qui m&#232;nent, isol&#233;ment, des luttes diverses, chacun de son c&#244;t&#233;, alors que leurs int&#233;r&#234;ts, tant politiques que sociaux, sont les m&#234;mes ! Ils devraient s'adresser &#224; eux et leur proposer de se regrouper pour construire avec eux un front unique, afin de lutter, tous ensemble, de fa&#231;on collective, pour leurs int&#233;r&#234;ts communs, leurs revendications communes ! Dans le contexte actuel, marqu&#233; par une recomposition de la classe dirigeante, sous la forme d'un renforcement de la r&#233;action au sommet de l'Etat, gr&#226;ce aux ralliements des principaux dirigeants de l'opposition, tant parlementaire que militaire, anciens sous-fifres d'Hissein Habr&#233; et d'Idriss D&#233;by Itno, pour certains, - auxquels, toute honte bue, s'est alli&#233; Succ&#232;s Masra -, seule donc la perspective d'un front unique pourrait permettre aux travailleurs de f&#233;d&#233;rer, autour d'eux, toutes col&#232;res qui couvent dans le pays et de prendre la t&#234;te d'un mouvement de tous ensemble pour mettre fin &#224; la guerre actuelle que ces gens-l&#224; m&#232;nent contre les masses populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses vertus&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Pour construire le front unique, les dirigeants des plateformes syndicales en lutte devraient d'abord s'adresser &#224; tous les travailleurs, du public comme du priv&#233;, quels que soient leurs chapelles syndicales et leurs partis, pour leur proposer des revendications communes &#224; d&#233;fendre ensemble, ayant trait &#224; leur vie et relatives &#224; leurs int&#233;r&#234;ts sp&#233;cifiques, comme une augmentation uniforme des salaires, de 90 ou 100 000 fr pour tout le monde, du Smig, &#224; 90 ou 100 000 fr, des pension des retrait&#233;s, une embauche massive des contractuels et des dipl&#244;m&#233;s ch&#244;meurs, dans les secteurs essentiels de la fonction publique, l'Education et la Sant&#233;, notamment, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils devraient aussi s'adresser &#224; d'autres secteurs de la population, qui subissent la m&#234;me mis&#232;re et la m&#234;me dictature qu'eux et leur proposer des revendications communes &#224; d&#233;fendre ensemble : les partis politiques de l'opposition, les associations des droits de l'homme, les organisations des femmes, des &#233;tudiants, des &#233;l&#232;ves, des petits commer&#231;ants, des paysans pauvres, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ce faisant, alors que les politiciens bourgeois construisent des barri&#232;res et des murs ethniques au sein des masses populaires, cherchent &#224; les diviser, &#224; les opposer sur des bases tribales, claniques, religieuses, par la perspective du front unique, les responsables des plateformes en lutte feront la d&#233;monstration du fait que les travailleurs, quels qu'ils soient, quelles que soient leurs ethnies, leurs religions, leurs r&#233;gions, appartiennent &#224; une seule et m&#234;me classe et ont, fondamentalement, les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts parce qu'ils subissent tous la m&#234;me mis&#232;re et la m&#234;me dictature, impos&#233;es par les politiciens bourgeois au pouvoir et le patronat, parmi lesquels ceux de leur propre ethnie ! Par ailleurs, en s'adressant &#224; toutes les couches populaires, victimes, comme eux, de la politique des dignitaires du MPS et des Transformateurs au pouvoir, notamment aux militants des partis politiques de l'opposition, des organisations de droit de l'homme, des femmes, des &#233;tudiants, des petits commer&#231;ants, des paysans pauvres, ils montreront aussi, &#224; la face du monde, que, contrairement aux politiciens bourgeois, qui ne pensent qu'&#224; leur pomme, leur ambition, leur promotion personnelle, comme vient de le prouver Succ&#232;s Masra, eux, les travailleurs, se soucient du sort de tous les opprim&#233;s et des probl&#232;mes de toute la soci&#233;t&#233;, quels qu'ils soient : ils montreront que, plus que quiconque, ils sont pour la d&#233;mocratie la plus large qui soit, pour l'accession &#224; toutes les libert&#233;s fondamentales, d'expression, d'organisation, de manifestation, de r&#233;union, pour le respect du choix des populations lors des &#233;lections, pour l'expression de toutes les sensibilit&#233;s politiques sur les m&#233;dias publics, pour l'&#233;mancipation de la femme de toutes les oppressions, de toutes sortes, qu'elle subit, pour le soutien aux &#233;tudiants, aux &#233;l&#232;ves, aux petits commer&#231;ants, aux paysans pauvres, etc, afin qu'ils jouissent de meilleurs conditions d'&#233;tudes, de travail et de vie dignes de notre &#233;poque !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Par le biais de cette strat&#233;gie, les travailleurs appara&#238;tront comme des femmes et des hommes soucieux de tous les probl&#232;mes de la soci&#233;t&#233;, notamment ceux de l'ensemble des masses opprim&#233;es. Ils mettront ainsi fin &#224; la l&#233;gende selon laquelle il y aurait, d'un c&#244;t&#233;, des probl&#232;mes politiques et, de l'autre, des pr&#233;occupations syndicales, que distillent les politiciens bourgeois pour justifier de fa&#231;on fallacieuse leur manque de combativit&#233;, le fait que, chaque fois que les travailleurs sont en gr&#232;ve, au lieu de leur apporter leur soutien, leur solidarit&#233;, ils sont dans leurs petits souliers et se terrent chez eux, comme on le voit maintenant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, en faisant des propositions qui correspondent aux besoins, tant sociaux que politiques des travailleurs et des masses populaires, les responsables des plateformes en lutte permettront de voir qui d&#233;fend r&#233;ellement leurs int&#233;r&#234;ts, qui est pour l'am&#233;lioration de leurs conditions de vie, leur accession aux libert&#233;s essentielles, leur &#233;mancipation de toutes les oppressions. Enfin, par le biais du front unique, organis&#233; autour d'un plan d'urgence comprenant leurs revendications communes, qu'ils voudront imposer par la lutte, pour la premi&#232;re fois dans leur histoire, les travailleurs et les couches populaires se battront pour eux-m&#234;mes, pour leurs propres int&#233;r&#234;ts et ceux de leurs familles, et non pour servir de force de man&#339;uvres &#233;lectorales ou de chair &#224; canon au profit d'un politicien bourgeois, dirigeant d'un parti politique ou d'une bande arm&#233;e, pour qui ils tireront les marrons du feu !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evidemment, dans ce combat commun que les travailleurs proposeront aux partis politiques de l'opposition pour l'acquisition effective des libert&#233;s essentielles, il est hors de question qu'il y ait un m&#233;lange de genres : les travailleurs n'auront aucun int&#233;r&#234;t &#224; se mettre &#224; la remorque des partis politiques de l'opposition. Ils devraient conserver et d&#233;fendre leur ind&#233;pendance politique : ils devraient combattre ensemble, marcher avec eux, mais, s&#233;par&#233;ment, chacun restant sous son propre drapeau, avec son propre agenda.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses avantages&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La politique, c'est juste une question de rapport des forces ! Si aujourd'hui, les Mamat Kaka, Succ&#232;s Msra et tous leurs comparses, &#224; la t&#234;te de l'Etat, dirigent le pays ce n'est pas qu'ils b&#233;n&#233;ficient d'une adh&#233;sion populaire quelconque ni qu'ils soient plus intelligents ou plus courageux ! S'il en est ainsi, si, alors qu'ils ne sont qu'une toute petite minorit&#233;, ils imposent leur volont&#233; &#224; l'&#233;crasante majorit&#233; des travailleurs et des masses populaires, c'est juste parce qu'ils sont organis&#233;s. Ils ont des &#233;tats-majors politiques et militaires, sur lesquels ils s'appuient : l'Etat, avec ses diff&#233;rents d&#233;membrements, l'administration, l'arm&#233;e, la police, la justice, le MPS, les Transformateurs et leurs multiples alli&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Par cons&#233;quent, si les travailleurs et les masses opprim&#233;es veulent s'&#233;manciper de la dictature et de la mis&#232;re que leur imposent les Mamat Kaka, Succ&#232;s Masra et leurs alli&#233;s, ils auraient int&#233;r&#234;t &#224; se doter d'une organisation qui soit la leur propre, au moins de la taille de celle leurs adversaires politiques. La perspective du front unique leur en offre l'opportunit&#233; : c'est un pas tr&#232;s important vers cette organisation indispensable, avec d'&#233;normes avantages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, contrairement aux gr&#232;ves et autres luttes isol&#233;es, qui n'ont rien chang&#233; de fa&#231;on fondamentale, la perspective du front unique, dans le m&#234;me combat pour des revendications sociales politiques communes, renforcera l'unit&#233; des travailleurs dans l'action, leur octroiera la conscience qu'ils ont les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts et les rendra plus confiants, plus forts, pour faire face &#224; la politique criminelle du pouvoir. En acc&#233;dant &#224; la conscience de leurs int&#233;r&#234;ts communs, en prenant confiance en eux-m&#234;mes, en la force qu'ils constituent, les travailleurs et l'ensemble des opprim&#233;s pourront disposer d'un levier important pour changer le rapport des forces entre eux et le pouvoir et mettre fin &#224; la politique de celui-ci, car, aucune dictature ne pourrait r&#233;sister &#224; la mise en branle de millions d'opprim&#233;s de N'Djam&#233;na, entra&#238;nant derri&#232;re eux ceux de Moundou, Sarh, Ab&#233;ch&#233;, Bongor, Mao, Faya, Mongo, Fada et d'autres centres urbains du pays, tous d&#233;cid&#233;s &#224; prendre consciemment leur sort en main et &#224; imposer les changements n&#233;cessaires conformes &#224; leurs aspirations profondes ! .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Aussi, la t&#226;che de tous ceux qui veulent que les choses changent r&#233;ellement, quels qu'ils soient, est-elle d'aider les travailleurs et l'ensemble des opprim&#233;s &#224; construire m&#233;thodiquement ce front unique-l&#224;, seul moyen, pour l'heure, d'emp&#234;cher la clique des Mamat Kaka, Succ&#232;s Masra et autres valets de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais au pouvoir de continuer &#224; nuire &#224; la soci&#233;t&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ali Mohamed Abali Marangabi&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Plus de deux cent ans de trahisons syndicales...</title>
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		<dc:date>2026-02-28T23:39:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karob, Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ve Strike</dc:subject>
		<dc:subject>Manifestation</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicalism - le syndicalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Cheminots</dc:subject>
		<dc:subject>SNCF</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte de classes - Class struggle</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes, Auto-organisation, Comit&#233;s, Conseils ouvriers, Coordinations, Assembl&#233;es interprofessionnelles, Soviet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les directions syndicales : conciliation, n&#233;gociation, compromission, manipulation, trahison, complicit&#233; avec l'ennemi, fausses d&#233;clarations de victoire, accord avec patrons et gouvernements capitalistes dans le dos des gr&#233;vistes et des salari&#233;s, refus de toute d&#233;cision d&#233;mocratique dans les luttes, rejet de toute auto-organisation des travailleurs, d&#233;tournement de r&#233;volutions, mille et une formes de la collaboration entre classes sociales aux int&#233;r&#234;ts oppos&#233;s... &lt;br class='autobr' /&gt;
1914 &lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle victoire de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique95" rel="directory"&gt;10- SYNDICALISME ET AUTO-ORGANISATION DES TRAVAILLEURS - SYNDICALISM AND SELF-ORGANISATION OF WORKERS &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve Strike&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Manifestation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot110" rel="tag"&gt;Syndicalism - le syndicalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot224" rel="tag"&gt;Cheminots&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot232" rel="tag"&gt;SNCF&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot278" rel="tag"&gt;Lutte de classes - Class struggle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot280" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, Auto-organisation, Comit&#233;s, Conseils ouvriers, Coordinations, Assembl&#233;es interprofessionnelles, Soviet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les directions syndicales : conciliation, n&#233;gociation, compromission, manipulation, trahison, complicit&#233; avec l'ennemi, fausses d&#233;clarations de victoire, accord avec patrons et gouvernements capitalistes dans le dos des gr&#233;vistes et des salari&#233;s, refus de toute d&#233;cision d&#233;mocratique dans les luttes, rejet de toute auto-organisation des travailleurs, d&#233;tournement de r&#233;volutions, mille et une formes de la collaboration entre classes sociales aux int&#233;r&#234;ts oppos&#233;s...&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1914&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quelle victoire de la gauche politique et syndicale ! En 1914, d&#232;s la d&#233;claration de guerre, la CGT (avec le parti socialiste) a int&#233;gr&#233; l'union sacr&#233;e au nom du patriotisme et de la d&#233;fense du territoire contre l'agression militaire allemande. Et c'est sur ce mensonge de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, que l'ancien syndicat r&#233;volutionnaire d'action directe et antimilitariste est pass&#233; dans le camp de la bourgeoisie, contribuant &#224; envoyer sans difficult&#233; le peuple travailleur aller mourir en masse dans la pire boucherie de la premi&#232;re guerre inter-imp&#233;rialiste, tuant d'embl&#233;e le caract&#232;re de classe, prol&#233;tarien et anti-collaboration du syndicalisme en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'union sacr&#233;e en 1914&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17164 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH282/union-sacree-carte-postale-image-02701.jpg?1782270516' width='500' height='282' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17166 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/4-novembre-1915-1500x965.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH322/4-novembre-1915-1500x965-9c21e.jpg?1782270516' width='500' height='322' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17169 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/unionsacree-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH713/unionsacree-2-76670.jpg?1782270516' width='500' height='713' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17174 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH325/668px-union-sacree-carte-postale-4942d.jpg?1782270516' width='500' height='325' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La CGT fait siens les buts de guerre de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17170 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH661/la_bataille_syndicaliste___quotidienne__bpt6k67646122-8571a-34708-6e0e3.jpg?1782270516' width='500' height='661' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17171 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/la_bataille_syndicaliste___quotidienne__bpt6k67646263-4b2ca.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH682/la_bataille_syndicaliste___quotidienne__bpt6k67646263-4b2ca-549e3.jpg?1782270516' width='500' height='682' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Jouhaux, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT, signe l'union sacr&#233;e...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17165 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/71x3lob6dql__ac_uf894_1000_ql80_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH754/71x3lob6dql__ac_uf894_1000_ql80_-13776.jpg?1782270516' width='500' height='754' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17167 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH378/274492_0-8548a.jpg?1782270516' width='500' height='378' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17168 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L268xH188/sans_titre-19-835f1.jpg?1782270516' width='268' height='188' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1936&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quelle victoire de la gauche politique et syndicale parvenue au gouvernement en pleine mont&#233;e des luttes sociales et antifascistes ! Ils ont r&#233;ussi &#224; bloquer une gr&#232;ve ouvri&#232;re spontan&#233;e massive qui s'&#233;tait d&#233;clench&#233;e sans eux, qu'ils &#233;taient parvenus &#224; bloquer dans le secteur public o&#249; ils &#233;taient le plus forts. Ils ont fait reprendre le travail apr&#232;s des accords &#224; Matignon avec patrons et gouvernement. Les occupations d'usine sont termin&#233;es. Le grand capital est sauv&#233; ! L'Etat capitaliste aussi et il va pouvoir reprendre sa marche vers le fascisme et la guerre, momentan&#233;ment interrompue par l'offensive ouvri&#232;re. Il y a vraiment de quoi f&#233;liciter le front populaire des partis de gauche et des syndicats&#8230; du moins pour la grande bourgeoisie !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17151 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/cb1f0aa7a90865eca2611f6dab3eca.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH281/cb1f0aa7a90865eca2611f6dab3eca-6170e.jpg?1782270516' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_17149 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/page_18_journal.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH333/page_18_journal-4cace.jpg?1782270516' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17154 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH355/victoiresurlamisere-9ac5a.jpg?1782270516' width='500' height='355' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17150 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/le_populaire_journal-revue_hebdomadaire__parti_socialiste_bpt6k8223221_1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH342/le_populaire_journal-revue_hebdomadaire__parti_socialiste_bpt6k8223221_1-902ce.jpg?1782270518' width='500' height='342' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1945&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quelle victoire de la gauche politique et syndicale ! Apr&#232;s avoir cautionn&#233; les massacres imp&#233;rialistes de la deuxi&#232;me guerre mondiale, du c&#244;t&#233; des imp&#233;rialismes &#171; alli&#233;s &#187;, ils ont pu participer au gouvernement pour y imposer la paix imp&#233;rialiste contre tout risque r&#233;volutionnaire, imposer aussi tous les sacrifices pour le peuple travailleur trimant pour gagner une mis&#232;re, en reconstruisant le grand capital au nom de la reconstruction de la France ! Le syndicalisme ainsi transform&#233; devient le principal ennemi des gr&#232;ves et la chiourme des travailleurs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17160 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L302xH163/frachon_krasu-d8225.jpg?1782270518' width='302' height='163' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17162 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L250xH197/benoit_frachon__la_bataille_de_la_production__1946-c87d7.jpg?1782270518' width='250' height='197' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17161 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/particommuniste1945.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH331/particommuniste1945-44d47.jpg?1782270518' width='500' height='331' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17173 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/webp/p27-croizat_ven-2.webp' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/webp&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/IMG/webp/p27-croizat_ven-2.webp?1768831119' width=&#034;1200&#034; height=&#034;763&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1968&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quelle victoire de la gauche politique et syndicale ! La CGT, qui a tout fait pour freiner la mont&#233;e des luttes, est contrainte de prendre le train en marche et d'organiser sans la vouloir, sans y appeler m&#234;me, une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. C'est pour mieux la trahir en signant les accords de Grenelle avec patronat et gouvernement et en imposant la reprise du travail. La gauche politique et syndicale a pr&#233;tendu ainsi arriver &#224; la victoire par les urnes mais c'est le contraire qui s'est produit&#8230; Les syndicats, par la suite, vont continuer &#224; faire croire que c'est par les &#233;lections bourgeoises que l'on peut changer la politique gouvernementale, pas par la lutte des classes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17153 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L350xH246/06_questions_sociales_image-06d08-7be90-8e4e0-e7230.jpg?1782270518' width='350' height='246' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17155 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/rv-133967-9jpg.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH486/rv-133967-9jpg-b9228.jpg?1782270518' width='500' height='486' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_17175 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH331/50628_-_georges-seguy-re_sultats-ne_gociations-grenelle-travailleurs-renault-boulogne-billancourt-27-mai-1968-98d02.jpg?1782270518' width='500' height='331' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Georges S&#233;guy, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT siffl&#233; par les ouvriers de Renault &#224; Billancourt parce qu'il appelle &#224; la reprise du travail...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1981&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quelle victoire de la gauche politique et syndicale ! C'est r&#233;ussi. Elle arrive au gouvernement par les &#233;lections, pas par la lutte sociale. Et elle y g&#232;re les affaires de la bourgeoisie, en d&#233;truisant les luttes ouvri&#232;res avec une efficacit&#233; accrue par le soutien (au pouvoir) des syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17177 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L277xH182/sans_titres-5-458bf.jpg?1782270518' width='277' height='182' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17176 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L275xH183/sans_titredj-54385.jpg?1782270518' width='275' height='183' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17178 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/png/9-illust6-gourguechon-1981-la-gauche-au-pouvoir-et-le-syndicalisme-qui-assiste-ou-regarde-1024x759.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH371/9-illust6-gourguechon-1981-la-gauche-au-pouvoir-et-le-syndicalisme-qui-assiste-ou-regarde-1024x759-4c580.jpg?1782270518' width='500' height='371' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Et ensuite... collaboration, n&#233;gociation, trahison, syndicalisme de participation...&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quelle victoire de la gauche politique et syndicale ! Depuis, les syndicats ont men&#233; de nombreuses luttes, notamment des grandes gr&#232;ves, qu'elles soient nationales comme les retraites ou concernent seulement les cheminots ou d'autres cat&#233;gories professionnelles. Toutes ont &#233;t&#233; tromp&#233;es, d&#233;tourn&#233;es, us&#233;es et finalement&#8230; perdues. Pendant ce temps, les syndicats ont men&#233; une lutte permanente et acharn&#233;e pour&#8230; combattre l'auto-organisation des travailleurs, combattant tout particuli&#232;rement la tentative des Gilets jaunes et aussi celle du 10 septembre 2025&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17122 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/cul_et_chemise_004-0ffa6-2-1b6d1-efa59.jpg?1782270518' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17123 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L298xH191/sarkozy_thibault-1-52adf-3-321b6-0b325.jpg?1782270518' width='298' height='191' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17124 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L265xH190/images-126-09942.jpg?1782270518' width='265' height='190' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17157 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/090875142764-web-tete.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH281/090875142764-web-tete-a1841.jpg?1782270518' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17158 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/png/1507623696-screenshot-2017-10-10-10-18-18-1-4.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH663/1507623696-screenshot-2017-10-10-10-18-18-1-4-3d8dd.jpg?1782270518' width='500' height='663' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17159 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/png/1507623703-screenshot-2017-10-10-10-18-21-1-5.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH778/1507623703-screenshot-2017-10-10-10-18-21-1-5-70b3c.jpg?1782270518' width='500' height='778' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17134 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/321698475_865467117878631_7546873617227031164_n.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH500/321698475_865467117878631_7546873617227031164_n-0d3e8.jpg?1782270518' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17125 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/539229764_1092464929738680_1717173425606584843_n-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/539229764_1092464929738680_1717173425606584843_n-2-d46d8.jpg?1782270518' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17126 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/547217144_1103976761920830_8138205808295781835_n-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/547217144_1103976761920830_8138205808295781835_n-2-7d5ad.jpg?1782270518' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17127 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/549248454_1107245154927324_3720546162781874810_n.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/549248454_1107245154927324_3720546162781874810_n-52286.jpg?1782270518' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17129 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/png/1000017165-2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000017165-2-3efdb.jpg?1782270518' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17130 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/img_histoire_cfdt2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH277/img_histoire_cfdt2-d1419.jpg?1782270518' width='500' height='277' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17135 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/maxresdefault-30.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH281/maxresdefault-30-00cb9.jpg?1782270518' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17136 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/maxresdefaults-3.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH281/maxresdefaults-3-809a3.jpg?1782270518' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17137 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/544635924_1100115078973665_4310104698810230531_n-59ca4.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/544635924_1100115078973665_4310104698810230531_n-59ca4-2dec3.jpg?1782270518' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17138 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/544761756_1100071218978051_8605648764075740576_n-ca1c0.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/544761756_1100071218978051_8605648764075740576_n-ca1c0-52357.jpg?1782270518' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17139 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/1000017085-326b3.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000017085-326b3-5b842.jpg?1782270518' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17140 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/1000017165-f27a3.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000017165-f27a3-82313.jpg?1782270518' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17141 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/1000017166-fbd2a.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000017166-fbd2a-44384.jpg?1782270518' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17144 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/1000017500-7779c.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000017500-7779c-56771.jpg?1782270518' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17145 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/affiche_politique_de_mobilisation_enthousiaste-2-fd26d.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/affiche_politique_de_mobilisation_enthousiaste-2-fd26d-6226a.jpg?1782270518' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Autrefois... avant 1914... il existait des syndicats r&#233;volutionnaires de la CGT qui pratiquaient l'action directe et se proposaient de renverser le capitalisme...&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_17131 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L336xH500/ew3g9qdxkaktaqu-1-d82b2.jpg?1782270518' width='336' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17132 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/web_syndicat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH315/web_syndicat-9c4c1.jpg?1782270518' width='500' height='315' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17133 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L400xH594/r320102103-2-f1c8a.jpg?1782270518' width='400' height='594' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Plus de deux cent ans de trahisons syndicales&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_17121 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH705/upload_2016-5-14_2-14-8-eb8ef-8b4cc-4f42d.jpg?1782270518' width='500' height='705' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat : il n'y a plus de vrais syndicats mais des bureaucraties d'Etat qui d&#233;tournent de la lutte de classes une partie des forces militantes du prol&#233;tariat...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17120 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH568/de2169_c6ee9e805a064e16b31897b2b260c755_mv2-f16f5.jpg?1782270518' width='500' height='568' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17156 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/webp/6481d6a6-les-syndicats-depeuplent-s-enrichissent.webp' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/webp&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/IMG/webp/6481d6a6-les-syndicats-depeuplent-s-enrichissent.webp?1768713389' width=&#034;1760&#034; height=&#034;1200&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats n'ont plus vraiment besoin des cotisations des salari&#233;s pour fonctionner : l'argent de l'Etat et des grandes entreprises leur suffit largement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17146 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L300xH303/26c420e2-1cea-11e1-a535-80face76c131-d1dc4-e3e2f.jpg?1782270518' width='300' height='303' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17147 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH404/6472584_1-af31f-a07e1.jpg?1782270518' width='500' height='404' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17148 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L350xH283/4ea7588e-1cec-11e1-a535-80face76c131-2c5f3-5d500.jpg?1782270518' width='350' height='283' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quelle victoire de la gauche politique et syndicale ! Les syndicats ne d&#233;pendent plus des salari&#233;s pour faire vivre leurs appareils bureaucratiques. Ce sont les grands patrons et l'Etat qui les financent. Sauf que, s'ils ne parviennent pas &#224; encadrer les luttes, si le mouvement de la base s'auto-organise en assembl&#233;es souveraines, d&#233;cisionnelles, si elles &#233;lisent des comit&#233;s, si ceux-ci se f&#233;d&#232;rent, alors leur r&#244;le est fini et patrons et Etat cesseront de les financer&#8230; C'est pour cela qu'ils font de temps en temps semblant de suivre la radicalisation des salari&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1914-2025 : 210 ans de trahison des directions syndicales en France et notamment de la CGT&#8230; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avertissement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article ne contient que des critiques des directions syndicales, ce qui ne signifie pas un m&#233;pris du syndicalisme ni des syndicalistes. A Voix des Travailleurs, nous sommes pour le syndicalisme mais pas n'importe lequel : le syndicalisme r&#233;volutionnaire d'action directe et qui s'impose de ne diriger des actions des salari&#233;s que si elles sont d&#233;cid&#233;es par les travailleurs eux-m&#234;mes, si ce sont eux qui en ont d&#233;cid&#233; les buts, les m&#233;thodes, les moyens et les perspectives, qui ont tent&#233; de se doter non seulement d'assembl&#233;es d&#233;cisionnelles mais aussi ont &#233;lu des comit&#233;s ou des conseils pour diriger leurs luttes. Nous sommes pour un syndicalisme de lutte de classes, ce qui signifie non seulement le refus du syndicalisme de concertation, de compromissions, de n&#233;gociations, de participations aux organismes d'Etat, de complicit&#233; avec les grands patrons et les gouvernants, mais aussi le refus du nationalisme pro-imp&#233;rialiste, pro-colonial et le d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire face &#224; la mont&#233;e guerri&#232;re. Les militants syndicalistes qui respectent cela sont nos camarades et nous esp&#233;rons construire l'avenir prol&#233;tarien avec eux. Les dirigeants syndicaux, qui prennent leurs d&#233;cisions en dehors des travailleurs et s'en servent pour pactiser avec nos ennemis, font partie de nos adversaires. Tout le r&#233;cit qui suit rapporte comment ils ont maintes fois menti, propos&#233; de fausses perspectives, tromp&#233; les travailleurs et sauv&#233; les patrons et leurs gouvernements. Militants syndicalistes honn&#234;tes, tirez des le&#231;ons du pass&#233; et cessez de confier l'avenir des luttes &#224; ceux qui les ont fait &#233;chouer, rompez avec les bureaucrates syndicaux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, il ne suffit pas de dire que les directions syndicales trahissent pour comprendre comment les travailleurs ont pu &#234;tre tromp&#233;s et les luttes battues. Il faut dire aussi que les organisations politiques de la gauche, de la gauche de la gauche, social-d&#233;mocrates ou staliniennes et m&#234;me la fausse extr&#234;me gauche opportuniste ont contribu&#233; &#224; les tromper. Il faut dire aussi que la classe ouvri&#232;re a ses propres faiblesses, ses d&#233;fauts, ses divisions. Et aussi qu'une fraction de celle-ci, dite aristocratie ouvri&#232;re, est la base des appareils syndicaux et cautionne leurs tromperies.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1914 : la m&#232;re de toutes les guerres et de toutes les&#8230; trahisons &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re guerre mondiale, c'est la pire trahison de toute l'histoire du mouvement ouvrier&#8230; C'est la base de toutes les autres. La CGT antimilitariste et r&#233;volutionnaire est pass&#233;e de l'autre c&#244;t&#233; de la barricade et de la tranch&#233;e sociale, du c&#244;t&#233; des exploiteurs et des massacreurs, comme le parti socialiste. Il faut cependant pr&#233;ciser que ni l'un ni l'autre, ni le syndicat, ni le parti, n'avaient jamais d&#233;fendu la v&#233;ritable position r&#233;volutionnaire prol&#233;tarienne face &#224; la guerre : la strat&#233;gie du d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire selon laquelle le prol&#233;tariat des pays imp&#233;rialiste doit lutter pour&#8230; la d&#233;faite de &#171; son &#187; propre pays, de &#171; sa &#187; classe dirigeante, de &#171; son &#187; Etat, de &#171; son &#187; arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats participent &#224; l'union sacr&#233;e des classes poss&#233;dantes pour imposer la boucherie de la premi&#232;re guerre mondiale&#8230; Le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT L&#233;on Jouhaux, affirme qu'il hait la guerre, qu'elle est meurtri&#232;re et imp&#233;rialiste, mais&#8230; qu'il participera &#224; l'union sacr&#233;e et qu'il soutiendra &#224; fond la mobilisation et l'arm&#233;e fran&#231;aise du moment que la guerre est d&#233;clar&#233;e. Il affirme qu'il fera tout pour convaincre le peuple travailleur de la faire ! Il fait voter la direction de la CGT dans le m&#234;me sens. En &#233;change de quoi, le gouvernement suspend la menace d'arrestation contre les militants syndicalistes de la CGT (carnet B) et n'envoie pas les dirigeants mod&#233;r&#233;s au front. Les plus antimilitaristes seront imm&#233;diatement envoy&#233;s au front pour y mourir de mort &#171; naturelle &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s l'envoi par le ministre de l'Int&#233;rieur d'un t&#233;l&#233;gramme aux pr&#233;fets les engageant &#224; se pr&#233;parer &#224; l'arrestation des militants d&#233;sign&#233;s dans le &#171; carnet B &#187;, le comit&#233; conf&#233;d&#233;ral national de la CGT renia ses engagements. Le lendemain 1er ao&#251;t, il affirma que la conf&#233;d&#233;ration devait &#171; n&#233;gliger toutes ses d&#233;cisions contre la guerre &#187;. Ce n'est pas le moment, expliquaient ses dirigeants, &#171; d'effrayer par des d&#233;clarations incendiaires tous ceux qui sont partisans de la paix (...) Il faut remiser les d&#233;cisions antimilitaristes des congr&#232;s conf&#233;d&#233;raux et signer toutes les d&#233;clarations du Parti socialiste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#233;change de cet immense service rendu, les socialistes Marcel Sembat et Jules Guesde entr&#232;rent dans le gouvernement d'&#171; Union sacr&#233;e &#187;. Un troisi&#232;me, Albert Thomas, fut peu apr&#232;s ministre de l'Armement. L&#233;on Blum devint chef de cabinet dans un minist&#232;re. D'autres re&#231;urent des responsabilit&#233;s dans l'appareil d'&#201;tat, loin de l'enfer des tranch&#233;es de Verdun et des obus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie avait besoin de ces dirigeants et de leurs appareils pour encha&#238;ner les masses ouvri&#232;res &#224; sa guerre, car elle savait ce que celle-ci signifierait en termes d'aggravation des conditions de travail et de vie pour ceux qui resteraient &#224; l'arri&#232;re, et de morts pour ceux qui iraient au front. Il fallait &#244;ter au prol&#233;tariat tous les moyens de relever la t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Petit historique de cette capitulation syndicale devant la guerre imp&#233;rialiste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1909&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Victor Griffuehles, secr&#233;taire de&lt;br class='autobr' /&gt;
la CGT syndicaliste r&#233;volutionnaire depuis 1901, est victime d'une machination. Accus&#233; de mauvaise gestion, il d&#233;missionne en juillet 1909. Le passage au r&#233;formisme se pr&#233;pare&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1912&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#232;ve &#171; contre la guerre &#187; men&#233;e par la CGT en France&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1913&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Episode aujourd'hui oubli&#233;, les casernes fran&#231;aises ont &#233;t&#233; touch&#233;es, en mai 1913, par une forte agitation. En cause : le refus de la loi de trois ans de service militaire, pi&#232;ce ma&#238;tresse de la militarisation du pays &#224; la veille de la Grande Guerre. L'&#233;v&#233;nement va provoquer une r&#233;pression furieuse contre les mutins, mais aussi contre les syndicalistes r&#233;volutionnaires et les anarchistes, accus&#233;s d'avoir foment&#233; les troubles. C'est &#233;galement le point de d&#233;part d'une crise ouverte &#224; la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1914&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 janvier. Cr&#233;ation de la f&#233;d&#233;ration des gauches &#224; l'initiative de Briand, Barthou, Jean Dupuy, Klotz, Millerand pour rassembler la gauche mod&#233;r&#233; en vue des prochaines &#233;lections. Briand en est &#233;lu pr&#233;sident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25-28 janvier. XIe congr&#232;s national du PS-SFIO tenu &#224; Amiens (tactique &#233;lectorale).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27 f&#233;vrier. Manifestation contre la guerre &#224; Paris, &#224; l'appel de l'UD de la Seine de la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 juin. Ren&#233; Viviani, socialiste ind&#233;pendant, devient pr&#233;sident du Conseil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14-16 juillet. Congr&#232;s extraordinaire du PS-SFIO (ch&#244;mage, vie ch&#232;re, gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale contre la guerre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au congr&#232;s de Paris (juillet 1914), contre Jean Jaur&#232;s et Vaillant, Gustave Herv&#233; repoussa avec Jules Guesde l'id&#233;e de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale contre la guerre. &#171; Lorsque j'ai d&#233;fendu l'insurrection, d&#233;clara-t-il, je pensais pouvoir compter sur des insurrectionnels, et je me suis aper&#231;u qu'il n'y en aurait point le jour d'une d&#233;claration de guerre. &#187; (Les F&#233;d&#233;rations socialistes III, p. 301).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27 juillet. A l'appel de l'Union des syndicats de la Seine, les ouvriers manifestent contre la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30 juillet. Manifestations ouvri&#232;res dans de nombreuses villes fran&#231;aises. Heurts avec la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;31 juillet. Assassinat de Jean Jaur&#232;s par Raoul Villain. Le lendemain, l'ordre de mobilisation g&#233;n&#233;rale est proclam&#233; : la Premi&#232;re Guerre mondiale commence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 ao&#251;t. Obs&#232;ques de Jean Jaur&#232;s. Dans son discours, L&#233;on Jouhaux annonce le ralliement de la CGT &#224; l'Union sacr&#233;e. Le groupe parlementaire socialiste vote &#224; l'unanimit&#233; les cr&#233;dits de guerre et l'&#233;tat de si&#232;ge restreignant les libert&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alfred Rosmer rapporte :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le 4 ao&#251;t 1914, on pouvait lire sur les murs de Paris une belle affiche blanche annon&#231;ant l'initiative du gouvernement du &#171; secours national &#187;. Jusque l&#224; rien d'extraordinaire. Mais ce qui l'&#233;tait, c'&#233;tait la collection de noms composant le Comit&#233; charg&#233; d'administrer ce Secours National : tous les hauts dignitaires de la bourgeoisie, archev&#234;que, grand-rabbin, acad&#233;miciens, industriels, banquiers&#8230; puis L&#233;on Jouhaux, secr&#233;taire de la CGT et Bled, secr&#233;taire de l'Union des Syndicats de la Seine. Il y avait encore L&#233;pine, l'ancien pr&#233;fet de police, matraqueur d'ouvriers et Charles Maurras, un des vrais responsables de l'assassinat de Jaur&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 4 ao&#251;t 1914, L&#233;on Jouhaux, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT ex-anarchosyndicaliste, sur la tombe de Jean Jaur&#232;s, pr&#233;tend exprimer le sentiment de &#171; la classe ouvri&#232;re au c&#339;ur meurtri &#187; en rejetant la responsabilit&#233; de la guerre sur les empereurs et les aristocraties d'Allemagne et d'Autriche-Hongrie. Les ouvriers deviennent des &#171; soldats de la libert&#233; &#187; appel&#233;s &#224; d&#233;fendre la patrie o&#249; naquit l'id&#233;al r&#233;volutionnaire. Jouhaux, secr&#233;taire autrefois &#171; r&#233;volutionnaire &#187; de la CGT d&#233;clare &#224; l'enterrement de Jaur&#232;s que &#171; ce n'est pas la haine du peuple allemand qui nous poussera sur les champs de bataille, c'est la haine de l'imp&#233;rialisme allemand ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La Bataille syndicaliste &#187;, organe de la CGT, &#233;crit en ao&#251;t 1914 : &#171; contre le droit du poing, contre le militarisme germanique, il faut sauver la tradition d&#233;mocratique et r&#233;volutionnaire de la France.&#8221; &#8220;Partez sans regret, camarades ouvriers qu'on appelle aux fronti&#232;res pour d&#233;fendre la terre fran&#231;aise. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 14 ao&#251;t, l'article de Jouhaux affirme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Profitons-en&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &#8230;L'Allemagne est pr&#233;sentement bloqu&#233;e, son commerce maritime s'est en partie arr&#234;t&#233; ! Pourquoi notre marine marchande, coop&#233;rant avec celle de l'Angleterre, ne reprendraient-elles pas &#224; leur profit une partie du travail allemand qui ne se fait plus ? Ce serait une premi&#232;re victoire, et d'une importance qui ne peut &#233;chapper &#224; personne&#8230; Il faut profiter de toutes les situations&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 16 ao&#251;t, dans Bataille Syndicaliste, Jouhaux &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il convient de louer sans r&#233;serves la classe ouvri&#232;re de notre pays pour l'admirable force de volont&#233; dont elle fait preuve pr&#233;sentement. Avec une ma&#238;trise incomparable d'elle-m&#234;me, elle refoule int&#233;rieurement les douleurs et les angoisses qui &#233;treignent sa chair meurtrie pour ne laisser apercevoir au monde &#233;tonn&#233; qu'un inalt&#233;rable sang-froid&#8230; Assur&#233; du lendemain, ne souffrant pas dans sa dignit&#233; d'hommes, le travailleur est capable de supporter sto&#239;quement les plus grands chocs moraux. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le dimanche 23 ao&#251;t, Jouhaux crie victoire : il est rejoint dans son patriotisme guerrier par le syndicaliste r&#233;volutionnaire italien Alceste de Ambris alors que le peuple italien refuse massivement l'entr&#233;e en guerre :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Un r&#233;confort nous vient &#224; l'heure m&#234;me o&#249; commence &#224; se jouer le plus formidable drame guerrier que l'esprit humain ait jamais pu concevoir. D'apr&#232;s un communiqu&#233; qu'on lira plus bas, notre ami De Ambris s'est courageusement affirm&#233; en notre faveur&#8230; Notre geste a &#233;t&#233; compris par nos amis r&#233;volutionnaires de tous les pays&#8230; Nous avons le droit de souhaiter ardemment la victoire&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 25 ao&#251;t, l'&#233;ditorial de Jouhaux de Bataille Syndicaliste :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les trois int&#233;r&#234;ts principaux du moment : national, patronal et ouvrier. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me jour, le m&#234;me journal &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le Matin insinue que le recul de nos troupes en Lorraine serait le fait d'excitations antimilitaristes. Sur quoi s'appuie Le Matin pour faire semblable insinuation ? Aucun fait, aucun document officiel ne vient appuyer son affirmation mensong&#232;re&#8230; Les organis&#233;s n'ont jamais fait preuve de l&#226;chet&#233;. En toutes occasions, ils ont su montrer un courage qui &#233;merveillait leurs adversaires&#8230; Courageux hier, les r&#233;volutionnaires le restent aujourd'hui. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 ao&#251;t. Les socialistes Jules Guesde et Marcel Sembat entrent dans le gouvernement Viviani d'Union sacr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9 septembre. Cr&#233;ation d'un Comit&#233; d'action entre le PS-SFIO et la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;cembre. Pierre Monatte d&#233;missionne du CCN de la CGT pour protester contre l'orientation de la direction conf&#233;d&#233;rale. Il imprime et diffuse sa lettre de d&#233;mission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6831&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6831&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7207&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7207&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7354&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7354&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8176&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8176&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3109&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3109&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1914-1915&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La minorit&#233; r&#233;volutionnaire de la CGT ne se rallie pas &#224; la guerre imp&#233;rialiste d&#233;nonce l'union sacr&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1914/12/monatte_19141200.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1914/12/monatte_19141200.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/cgt/works/1915/08/cgt_19150815c.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/cgt/works/1915/08/cgt_19150815c.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1917-1919 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats ne d&#233;noncent pas les offensives meurtri&#232;res et les fusill&#233;s pour l'exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ne se rallient pas &#224; la r&#233;volution russe d'Octobre et &#224; la r&#233;volution prol&#233;tarienne en Europe, laissant les travailleurs russes isol&#233;s face aux imp&#233;rialismes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, ils trahissent la mont&#233;e r&#233;volutionnaire en France &#224; l'apr&#232;s-guerre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4831&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4831&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8387&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8387&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1919/09/monatte_19190917.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1919/09/monatte_19190917.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1920&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats trahissent la gr&#232;ve des cheminots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.unioncommunistelibertaire.org/Fevrier-1920-La-grande-greve-du-rail-ebranle-la-CGT&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.unioncommunistelibertaire.org/Fevrier-1920-La-grande-greve-du-rail-ebranle-la-CGT&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La minorit&#233; r&#233;volutionnaire des syndicats est un peu h&#233;sitante &#224; faire de la politique r&#233;volutionnaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1920/07/lt19200731.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1920/07/lt19200731.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1921 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les syndicalistes r&#233;volutionnaires sont encore minoritaires &#224; la CGT&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6049&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6049&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/rosmer/works/1921/10/lille.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/rosmer/works/1921/10/lille.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1922&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve du Havre est trahie...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve341&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve341&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PC (pas encore PCF mais section fran&#231;aise de l'Internationale Communiste SFIC) n'est pas pour autant un parti r&#233;volutionnaire de combat de classe et sa politique syndicale n'est pas non plus r&#233;volutionnaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1922/12/lt19221202.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1922/12/lt19221202.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1923&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;CGT et CGTU scissionnent en se disant pour ou contre la Russie des soviets&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/lozovsky/1923/04/cgt-cgtu.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/lozovsky/1923/04/cgt-cgtu.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1923/00/monatte_19230000.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1923/00/monatte_19230000.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1925&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Direction du PCF et de la CGTU s'affichent seulement r&#233;volutionnaires en fa&#231;ade&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/ogi/1925/10/ogi_19251025.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/ogi/1925/10/ogi_19251025.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1927-1930&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La stalinisation du PCF et de la CGTU et la chasse aux oppositionnels, trotskistes ou autres, commence&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3263&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3263&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1934 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La classe ouvri&#232;re se mobilise pour donner un coup d'arr&#234;t &#224; la mont&#233;e fasciste en France mais les syndicats la freinent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7538&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7538&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve190&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve190&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1935&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La CGT propose son plan &#224;&#8230; la bourgeoisie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1935/04/lt19350405.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1935/04/lt19350405.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mensonges du plan de la CGT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article152&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article152&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1936 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le front populaire, dont les syndicats font partie, cassent la mont&#233;e vers la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qui a &#233;clat&#233; spontan&#233;ment, emp&#234;chent les fonctionnaires de s'y joindre, font reprendre le travail, arr&#234;ter les occupations d'usines et brisent la perspective r&#233;volutionnaire, ouvrant la porte &#224; la marche &#224; la guerre et au fascisme. Il faut savoir terminer une gr&#232;ve clament PCF et CGT qui appuient le gouvernement de front populaire contre la menace de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1351&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1351&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article525&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article525&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article622&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article622&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article795&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article795&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1003&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1003&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1349&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1349&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7814&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7814&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7670&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7670&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7751&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7751&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT signe les accords Matignon avec le patronat et le gouvernement pour arr&#234;ter la gr&#232;ve ouvri&#232;re avec occupation des usines qui menace de se transformer en r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i04281854/benoit-frachon-et-lambert-ribot-sur-les-accords-de-matignon-de-1936&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i04281854/benoit-frachon-et-lambert-ribot-sur-les-accords-de-matignon-de-1936&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 14 mai, les ouvriers m&#233;tallurgistes de l'usine Bloch se mettent en gr&#232;ve. Ils occupent l'usine nuit et jour. Les gens du voisinage leur apportent vivres et encouragements. La direction de l'usine c&#232;de d&#232;s le lendemain, accordant aux gr&#233;vistes une augmentation de salaire et des cong&#233;s pay&#233;s. Dans les jours qui suivent, d'autres mouvements de gr&#232;ve se produisent dans le pays, et obtiennent, eux aussi, gain de cause. Ces premi&#232;res victoires captent l'attention de l'ensemble de la classe ouvri&#232;re. Blum, qui s'efforce de rassurer les milieux capitalistes quant &#224; la &#171; mod&#233;ration &#187; de ses intentions, est effray&#233; par l'ampleur que prend le mouvement. Il appelle les travailleurs &#224; la patience, c'est-&#224;-dire &#224; l'inaction. En vain. Le 26 mai, toutes les usines du secteur automobile &#8211; dont les 35 000 ouvriers de l'usine Renault &#8211; et de l'aviation du d&#233;partement de la Seine se mettent en gr&#232;ve. La direction de la CGT, r&#233;unifi&#233;e depuis le mois de mars, sous la direction de L&#233;on Jouhaux, n'est pour rien dans le d&#233;clenchement du mouvement, qui s'&#233;tend rapidement aux autres industries, y compris aux ouvriers du b&#226;timent qui travaillent sur les chantiers de l'Exposition Internationale. Jouhaux incite les travailleurs &#224; reprendre le travail, mais ne parvient pas &#224; emp&#234;cher l'extension du mouvement. Au-del&#224; des travailleurs industriels, le mouvement de gr&#232;ve gagne des couches de la classe ouvri&#232;re jusqu'alors inorganis&#233;es et inertes, mais souvent tr&#232;s durement exploit&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les signes du r&#233;veil r&#233;volutionnaire de la classe ouvri&#232;re se multiplient. Le 24 mai, lors de la manifestation traditionnelle de comm&#233;moration de la Commune de Paris, au P&#232;re Lachaise, le nombre de manifestants &#8211; qui ne d&#233;passait pas, ordinairement, quelques centaines &#8211; avoisine les 600 000 ! Des militaires venus d'une caserne de Versailles portaient une banderole o&#249; &#233;tait &#233;crit : &#171; La soldatesque versaillaise de 1871 assassina la Commune. Les soldats de Versailles de 1936 la vengeront ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs r&#233;clament des garanties de salaire minimum, la semaine de 40 heures (au lieu de 48), la majoration des heures suppl&#233;mentaires et des cong&#233;s pay&#233;s. Nuit et jour, ils occupent les lieux du travail, tiennent des piquets de gr&#232;ve, cr&#233;ent des comit&#233;s veillant &#224; l'application des d&#233;cisions collectives et &#224; la protection de l'outil de travail contre des actes de sabotage ou de malveillance. Le 31 mai, Le Temps, porte-parole de la classe capitaliste, constate avec horreur &#171; l'ordre qui r&#232;gne dans les usines &#187;. Les travailleurs se comportent, dit le journal, &#171; comme si les usines leur appartenaient d&#233;j&#224; &#187;. Le 4 juin, &#224; la veille de l'entr&#233;e en fonction du nouveau gouvernement, les gr&#232;ves s'&#233;tendent &#224; pratiquement toutes les industries, et commencent &#224; paralyser l'&#233;conomie nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e comme celle de 1936 porte la lutte des classes &#224; un niveau qui pose directement la question du pouvoir. Comme le disait Trotsky : &#171; C'est clairement l'union des opprim&#233;s contre leurs oppresseurs &#187;. Par sa nature m&#234;me, la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale oblige la classe ouvri&#232;re &#224; instaurer son contr&#244;le direct des moyens de production et &#224; assumer progressivement les fonctions de l'Etat. Par l'action vigoureuse des travailleurs, une situation r&#233;volutionnaire se cr&#233;e dans laquelle prend corps &#8211; sous une forme embryonnaire &#8211; le futur Etat socialiste. Cette menace contre l'existence m&#234;me du capitalisme &#233;tait en contradiction compl&#232;te avec la collaboration de classe incarn&#233;e par le Front Populaire. La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale effrayait non seulement la classe capitaliste et ses repr&#233;sentants &#224; la t&#234;te du Parti Radical, mais aussi les architectes &#171; socialistes &#187; et &#171; communistes &#187; du Front Populaire. Thorez avait insist&#233; pour qu'aucune atteinte ne soit pas port&#233;e &#224; la propri&#233;t&#233; capitaliste &#8211; et voil&#224; que les ouvriers s'emparaient directement de cette propri&#233;t&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les appels au calme, &#224; la mod&#233;ration et &#224; la reprise du travail, de la part des dirigeants de la CGT, de Blum et de Thorez, restent d'abord sans effet. Thorez insiste sur le fait que la situation &#171; n'est pas r&#233;volutionnaire &#187;, et met les travailleurs en garde contre le danger de &#171; jouer le jeu du fascisme &#187;. Mais les travailleurs ne tiennent pas compte des consignes de leurs &#171; dirigeants &#187;. Lorsque Blum envoie le dirigeant syndical communiste Henri Reynaud, accompagn&#233; de Jules Moch (secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du gouvernement), pour obtenir des gr&#233;vistes une livraison de mazout n&#233;cessaire aux boulangers de la capitale, ils reviennent les mains vides, les ouvriers n'ayant m&#234;me pas voulu leur ouvrir la porte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 6 juin, le nombre de gr&#233;vistes s'&#233;l&#232;ve &#224; plus de 500 000. Le 7 juin, il s'approche du million. Le patronat craint que la poursuite du mouvement de gr&#232;ve n'aboutisse &#224; une r&#233;volution et &#224; la fin de la propri&#233;t&#233; capitaliste. Pris de panique, et pour aider les dirigeants de la CGT &#224; mettre un terme au mouvement, le gouvernement Blum organise des n&#233;gociations &#224; l'H&#244;tel Matignon, le 7 juin. Quand ils sont sous la menace de tout perdre, les capitalistes font toujours de concessions, quitte &#224; les reprendre plus tard, lorsque la menace est &#233;cart&#233;e. C'est dans cet &#233;tat d'esprit que le patronat, repr&#233;sent&#233; par la CGPF, aborde les n&#233;gociations de Matignon. Blum tente de limiter les concessions faites en mati&#232;re salariale, qui sont finalement de l'ordre de 7 &#224; 12% dans le secteur priv&#233;. Le patronat conc&#232;de &#233;galement la semaine de 40 heures et 2 semaines de cong&#233;s pay&#233;s, ainsi que le principe des accords collectifs et de nouveaux droits syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son discours &#224; la Chambre des D&#233;put&#233;s, Blum se dit &#171; fier &#187; des accords de Matignon, mais souligne ce que tout le monde sait d&#233;j&#224; : &#171; La crise n'est pas termin&#233;e &#187;. Il faut rapidement promulguer les lois concernant les r&#233;formes promises. &#171; Nous sommes, vous le savez, Messieurs, dans des circonstances o&#249; chaque heure compte. &#187; En effet, les accords de Matignon ne mettent pas fin au mouvement de gr&#232;ve, et ne permettent pas de r&#233;tablir l'autorit&#233; des dirigeants socialistes, communistes et syndicaux. Bien au contraire, les gr&#232;ves redoublent d'intensit&#233;. La CGT a vu le nombre de ses adh&#233;rents s'accro&#238;tre dans des proportions in&#233;dites : elle passe d'un million &#224; 5 300 000. Les m&#233;tallurgistes de la r&#233;gion parisienne refusent les accords et votent la poursuite de la gr&#232;ve. Le nombre de gr&#233;vistes augmente non seulement dans l'industrie et le commerce, mais aussi en milieu rural, o&#249; des milliers d'ouvriers agricoles occupent les grandes fermes. A Paris et dans de nombreuses villes de province, des caf&#233;s, des h&#244;tels et des restaurants sont occup&#233;s par les salari&#233;s. Ici et l&#224; commencent &#224; &#233;merger des organisations comparables aux soviets de la r&#233;volution russe. Par exemple, le 8 juin, dans l'usine Hotchkiss, &#224; Levallois, dans la banlieue nord-ouest de Paris, une assembl&#233;e regroupant les d&#233;l&#233;gu&#233;s de 33 usines des environs vote une r&#233;solution demandant l'&#233;lection d'un &#171; comit&#233; central de gr&#232;ve &#187; Le 11 juin, toutes les principales industries de Paris et du d&#233;partement de la Seine sont en gr&#232;ve, et une nouvelle assembl&#233;e de 587 d&#233;l&#233;gu&#233;s repr&#233;sentant 243 usines de la r&#233;gion parisienne se tient dans la capitale. Le nombre total de gr&#233;vistes, m&#234;me selon les chiffres du gouvernement, s'approche de 1 200 000. Blum met des troupes et des gardes mobiles en alerte, pr&#234;ts &#224; marcher sur Paris pour r&#233;primer la gr&#232;ve, et ne cesse de r&#233;p&#233;ter que son gouvernement fera respecter &#171; l'ordre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs se heurtent sans cesse aux directions de leurs propres organisations, qui veulent toutes d&#233;fendre la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et faire en sorte que cesse le mouvement de gr&#232;ve. Le 11 juin, Thorez s'adresse aux m&#233;tallurgistes. Il les met en garde contre le risque, selon lui, d'effrayer la petite bourgeoisie et de briser le Front Populaire, en &#171; aggravant le d&#233;sordre &#187;. &#171; Il faut savoir consentir aux transactions, il faut savoir terminer une gr&#232;ve &#187;, dit-il, car &#171; l'heure de la r&#233;volution n'est pas venue. &#187; De nouveaux secteurs de la classe ouvri&#232;re, comme par exemple les employ&#233;es des grands magasins de Paris, se lancent dans la lutte au lendemain de l'intervention de Thorez qui, pourtant, cherchait &#224; y mettre un terme. Cependant, au cours des deux semaines suivantes, du fait du comportement tra&#238;tre des dirigeants des organisations syndicales et politiques des travailleurs, le mouvement de gr&#232;ve finit par s'&#233;puiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1003&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1003&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est la gr&#232;ve, c'est le rassemblement au grand jour des opprim&#233;s contre les oppresseurs, c'est le d&#233;but classique de la r&#233;volution &#187; a &#233;crit Trotsky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des milliers d'ouvriers &#171; anonymes &#187; sortent du rang, &#233;lus par leurs camarades, ils se font organisateurs, orateurs, parlent haut et fort au patron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En quelques jours, tout a chang&#233; : les opprim&#233;s prennent conscience de leur force, de la puissance de l'unit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la gr&#232;ve est aussi pleine d'illusions : illusions dans les dirigeants ouvriers, illusions dans le fait que la puissance du mouvement, l'occupation des usines, suffisent... La victoire est au bout, contre les patrons et leur gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La C.G.T. s'efforce de reprendre le contr&#244;le du mouvement. Elle appelle &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale l&#224; o&#249; elle est d&#233;j&#224; d&#233;clench&#233;e : dans les mines du Nord et du Pas-de-Calais ; dans le b&#226;timent. Les dirigeants de la C.G.T. courent apr&#232;s le mouvement pour tenter de le &#171; coiffer &#187;, de le canaliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en ces termes que le comit&#233; r&#233;gional du Nord et du Pas-de-Calais des mineurs appelle &#224; la gr&#232;ve : &#171; Pour maintenir l'ordre et le calme, et faciliter la t&#226;che du gouvernement... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement ? Quel gouvernement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;galement, le gouvernement Sarraut doit continuer son &#171; action &#187; jusqu'&#224; ce que la Chambre ait accord&#233; l'investiture au gouvernement que doit former L&#233;on Blum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 4 juin, Sarraut remet sa d&#233;mission au pr&#233;sident de la R&#233;publique, Lebrun, qui imm&#233;diatement supplie L&#233;on Blum de constituer son gouvernement pour se mettre au travail. Blum proteste : il faut respecter les usages et la Constitution, et convoquer la Chambre pour obtenir l'investiture...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Lebrun insiste : l'heure n'est pas &#224; ce l&#233;galisme. Le 4 juin &#224; 18 h 15, le minist&#232;re Blum est constitu&#233;. Salengro, ministre de l'Int&#233;rieur, et Lebas, ministre du Travail, entrent imm&#233;diatement en fonctions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; A ce moment, dans la bourgeoisie et en particulier dans le monde patronal, on me consid&#233;rait, on m'attendait comme un sauveur. Les circonstances &#233;taient si angoissantes, on &#233;tait si pr&#232;s de quelque chose qui ressemblait &#224; la guerre civile, qu'on n'esp&#233;rait plus que dans une sorte d'intervention providentielle, je veux dire l'arriv&#233;e au pouvoir de l'homme auquel on attribuait sur la classe ouvri&#232;re un pouvoir suffisant de persuasion pour qu'il lui f&#238;t entendre raison et qu'il la d&#233;cid&#226;t &#224; ne pas user, &#224; ne pas abuser de sa force. &#187; (L&#233;on Blum au proc&#232;s de Riom.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s la pr&#233;sentation du gouvernement, Lebrun entra&#238;ne L&#233;on Blum &#224; l'&#233;cart et lui demande d'intervenir imm&#233;diatement &#224; la radio : &#171; Dites-leur que le Parlement va se r&#233;unir, que d&#232;s qu'il sera r&#233;uni vous allez lui demander le vote rapide et sans d&#233;lai de lois sociales... Ils vous croiront et alors peut-&#234;tre le mouvement s'arr&#234;tera-t-il ? &#187; (L&#233;on Blum au proc&#232;s de Riom.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 5 juin, Blum s'adresse par trois fois aux gr&#233;vistes : le gouvernement n'a toujours pas &#171; eu le temps &#187; d'obtenir l'investiture de la Chambre. C'est l'ill&#233;galit&#233; au service des int&#233;r&#234;ts de... la l&#233;galit&#233; du profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 6 et 7 juin, la gr&#232;ve gagne la plupart des villes de province, les &#171; cols blancs &#187; se joignent aux travailleurs manuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La panique du grand patronat est directement proportionnelle avec l'ampleur du mouvement ; oui, Trotsky a raison : la r&#233;volution fran&#231;aise a commenc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce point, Lebrun, Blum, Thorez, Daladier, Jouhaux, sont d'accord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc enrayer le processus, faire rentrer la gr&#232;ve, faire accepter &#224; la classe ouvri&#232;re qu'elle reprenne la vie quotidienne, respecte la propri&#233;t&#233;, la l&#233;galit&#233;, l'ordre bourgeois. En un mot, c&#233;der quelque chose pour &#233;viter le pire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les accords Matignon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Conf&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale de la production fran&#231;aise (anc&#234;tre du C.N.P.F.) n'y va pas par quatre chemins. Vendredi 5 au matin, Alexandre Lambert-Ribot, d&#233;l&#233;gu&#233; g&#233;n&#233;ral du Comit&#233; des Forges, coll&#232;gue de Blum au Conseil d'Etat, le fait pr&#233;venir qu'il souhaite lui parler. Lambert-Ribot d&#233;clare au chef du gouvernement que la C.G.P.F. d&#233;sire que &#171; sans perdre une minute &#187; soit organis&#233;e une rencontre entre repr&#233;sentants des syndicats et ceux du patronat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout va aller tr&#232;s vite. Le 7 juin, &#224; 15 heures, L&#233;on Blum, Jouhaux, Frachon, Belin, Serrat, Cordier, Milain pour la C.G.T. Duchemin, Richemond, Dalbonge, Lambert-Ribot pour la C.G.P.F. s'assoient &#224; la table des n&#233;gociations...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re discussion dure jusqu'&#224; 20 heures. Puis reprend &#224; 23 heures. A 0h40, l' &#171; accord Matignon &#187; est sign&#233; et communiqu&#233; &#224; la presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ils ont c&#233;d&#233; sur tous les points &#187;, dira Frachon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non. Mais pour maintenir la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production, pour maintenir l'ETAT, pour &#233;viter l'explosion, l'affrontement direct &#224; un niveau sup&#233;rieur entre les masses ouvri&#232;res et le grand capital, le patronat &#171; l&#226;che &#187; en cette journ&#233;e plus qu'en trente ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats sont loin d'&#234;tre n&#233;gligeables :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#233;tablissement imm&#233;diat de contrats collectifs de travail ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;reconnaissance du droit de se syndiquer - majoration des salaires de 7 &#224; 15 %&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les revendications arrach&#233;es n'ont rien de commun avec les formules creuses du programme de Front populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le patronat conc&#232;de des revendications consid&#233;rables pour conserver l'essentiel : la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production. Les tendances fondamentales du mouvement des masses vont vers l'appropriation des moyens de production. Spontan&#233;es mais confuses, elles trouvent &#231;&#224; et l&#224; une expression plus claire. Les m&#233;tallos sont &#224; l'avant-garde du mouvement. C'est eux qui d&#233;gagent le plus clairement la tendance du mouvement. Un d&#233;l&#233;gu&#233; de Rateau d&#233;clare : &#171; Les camarades sauront bien organiser le travail sans les patrons. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers de l'a&#233;ronautique proposent &#224; Cot, ministre de l'Air, de nationaliser les usines d'armement et d'en prendre le contr&#244;le direct.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#233;vistes se tournent vers &#171; leurs &#187; ministres du Front populaire en disant : &#171; Nous sommes pr&#234;ts ! Donnez les consignes, les directives, nous agirons. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Usines occup&#233;es, grands magasins, banques, compagnies d'assurances, le temple du profit, la Bourse elle-m&#234;me, est menac&#233;e par la gr&#232;ve...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Signe de la profondeur de la crise : la police est atteinte dans son &#171; moral &#187;. L'Etat bourgeois dont elle est une composante va-t-il tenir ? Comme toujours en ces cas-l&#224;, elle perd sa superbe, son assurance, sa certitude d'&#234;tre la force, donc le droit. Elle se sent &#171; plus pr&#232;s du peuple &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les accords Matignon sont salu&#233;s par la presse des organisations et partis ouvriers comme une formidable victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Humanit&#233; titre : &#171; La victoire est acquise. &#187; Le Populaire &#233;crit : &#171; Victoire ! Victoire ! Les patrons ont capitul&#233; !... Les patrons ? Quels patrons ? Tous ! [...] Victorieux, les ouvriers peuvent reprendre le travail... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 8, Jouhaux d&#233;clare &#224; la radio, apr&#232;s avoir analys&#233; la port&#233;e des &#171; accords &#187; : &#171; Dans chaque entreprise la gr&#232;ve doit cesser si le patron d&#233;clare adh&#233;rer &#224; l'accord du 7 juin [...]. La C.G.T. s'est formellement engag&#233;e &#224; favoriser ce processus d'apaisement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs en gr&#232;ve comprennent que ce que le patronat l&#226;che t&#233;moigne de sa peur de perdre beaucoup plus, sinon tout. Mais les accords Matignon sont l'accord de la trahison, le n&#339;ud coulant que l'on veut passer autour de la gorge de la classe ouvri&#232;re pour faire cesser la gr&#232;ve. Les travailleurs en ont l'intuition : ils refusent de cesser la gr&#232;ve, de reprendre le travail, la vie quotidienne de l'exploitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement la gr&#232;ve ne cesse pas, mais de nouvelles corporations vont entre le 7 et le 12 juin entrer dans l'action, encourag&#233;es par les accords sign&#233;s &#224; Matignon. Dans le Nord, le Midi, en Afrique du Nord, des centaines de milliers de prol&#233;taires faites passent &#224; l'action, &#171; relevant &#187; ceux qui rentrent dans la r&#233;gion parisienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la banlieue, les m&#233;tallos ren&#226;clent. Confus&#233;ment, la classe ouvri&#232;re sent qu'elle peut aller plus loin. Le mardi 9 juin, 700 d&#233;l&#233;gu&#233;s des usines en gr&#232;ve se r&#233;unissent salle Mathurin-Moreau. Les dirigeants de la C.G.T. demandent aux travailleurs de se prononcer sur la fin de la gr&#232;ve : les d&#233;l&#233;gu&#233;s interviennent et exigent que toutes leurs revendications - d&#233;passant l'accord de Matignon - soient honor&#233;es !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;tallos ne reprendront pas le travail : la C.G.T. s'incline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 10 juin, apr&#232;s avoir enregistr&#233; le refus de, patrons, la C.G.T. fait son compte rendu devant une nouvelle assembl&#233;e de d&#233;l&#233;gu&#233;s : la col&#232;re gronde et les travailleurs commencent &#224; envisager une manifestation de rue...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils d&#233;cident de continuer la gr&#232;ve : la CGT s'incline &#224; nouveau...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 11, apr&#232;s de nouvelles n&#233;gociations, o&#249; le patronat recule, nouvelle assembl&#233;e pr&#233;sid&#233;e par Frachon. Malgr&#233; les concessions enregistr&#233;es, les d&#233;l&#233;gu&#233;s exigent au nom de leurs camarades que toutes les traites soient pay&#233;es. Les m&#233;tallos ne c&#232;dent pas, malgr&#233; les appels de Frachon et d'Henaff. Certains d&#233;l&#233;gu&#233;s reprennent les propositions d'organiser une manifestation pour &#171; descendre sur Paris &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 12, le patronat c&#232;de sur tous les points.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, malgr&#233; les illusions, les incertitudes de la classe ouvri&#232;re, Trotsky a-t-il raison d'&#233;crire : &#171; La r&#233;volution fran&#231;aise a commenc&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thorez : &#171; Il faut savoir terminer une gr&#232;ve &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis sa fondation en 1921, le parti communiste fran&#231;ais a connu jusqu'en 1934 bien des vicissitudes, Au moment de la scission, il &#233;tait largement majoritaire et comptait plus de 100 000 membres. En revanche, la C.G.T.U., n&#233;e de la scission que l'appareil r&#233;formiste avait impos&#233;e afin le courant r&#233;volutionnaire ne devienne majoritaire, &#233;tait rest&#233;e minoritaire. La politique tour &#224; tour opportuniste, puis sectaire et aventuriste, que l'I.C. stalinis&#233;e devait imposer jusqu'en 1934 au P.C.F. l'avait r&#233;duit &#224; quelque dix &#224; vingt mille adh&#233;rents en 1933, la C.G.T.U. n'&#233;tant plus qu'un squelette. 1934 va voir se modifier cette tendance. Si la grande masse des travailleurs regarde du c&#244;t&#233; de la S.F.I.O., si celle-ci voit cro&#238;tre ses effectifs, si par milliers les ouvriers d'avant-garde y entrent et cherchent &#224; se constituer en courant r&#233;volutionnaire, aux yeux des masses l'U.R.S.S. reste le pays de la r&#233;volution d'Octobre, l'I.C. et le P.C.F. ses repr&#233;sentants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fur et &#224; mesure o&#249; de 1934 &#224; 1936 s'affirme la marche &#224; la crise r&#233;volutionnaire, les masses et les militants se tournent de plus en plus nombreux vers le parti qui leur semble &#234;tre celui de la r&#233;volution. De 1934 &#224; 1936, le P.C.F. reconstitue son cadre militant. Il reste minoritaire par rapport au P.S., mais ce sont d&#233;j&#224; plusieurs dizaines de milliers de militants qui le rejoignent. Ils vont &#234;tre les cadres organisateurs des couches profondes et d&#233;cisives du prol&#233;tariat en mouvement en juin 1936.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Lefranc, les effectifs du P.S. et du P.C.F. &#233;voluent de la fa&#231;on suivante : &#171; En avril 1936, les effectifs de la S.F.I.O. d&#233;passent ceux de la S.F.I.C. (114 000 contre 106 000). En mai 1936, la S.F.I.O. est distanc&#233; : elle compte 127 000 adh&#233;rents contre 131 000 au parti communiste. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les mois suivants, la S.F.I.O. atteindra 200 000 adh&#233;rents environ. Au comit&#233; central du 22 f&#233;vrier 1937, la direction du P.C.F. affirme son parti est pass&#233; de 80 000 adh&#233;rents au congr&#232;s de Villeurbanne en janvier 1936 &#224; 220 000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une grande masse de travailleurs adh&#232;rent &#224; la section fran&#231;aise de la III&#176; Internationale, voyant dans le P.C.F. le parti h&#233;ritier de la r&#233;volution d'Octobre, de L&#233;nine, du combat pour le socialisme. Les masses le chargent de leurs espoirs, de leurs esp&#233;rances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nature du P.C.F. n'est pas identique &#224; celle de la S.F.I.O. L'un et l'autre sont des partis ouvriers. bourgeois contre-r&#233;volutionnaires. Mais la S.F.I.O. est directement li&#233;e &#224; sa bourgeoisie, au syst&#232;me imp&#233;rialiste. Le P.C.F. d&#233;pend enti&#232;rement de la bureaucratie du Kremlin : il est un rouage de son appareil international, et c'est par sa m&#233;diation qu'il est li&#233; &#224; l'imp&#233;rialisme au maintien du capitalisme, de l'ordre bourgeois international. Les masses, malgr&#233; sa politique, sentent que ce parti n'est pas identique &#224; la vieille S.F.I.O.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le P.C.F. ne participe pas au gouvernement de L&#233;on Blum, il se borne a le soutenir. Ce qui contribue &#224; le faire appara&#238;tre comme un parti &#171; diff&#233;rent &#187; de la S.F.I.O. pass&#233;e depuis 1914 du c&#244;t&#233; de l'ordre bourgeois avec toute la social-d&#233;mocractie internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, en r&#233;alit&#233;, c'est le P.C.F. qui va en 1936 s'opposer le plus f&#233;rocement, le plus directement, et d&#233;j&#224; le plus efficacement, au mouvement des masses, &#224; leurs aspirations r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thorez prononce en 1936 toute une s&#233;rie de discours au cours desquels il &#171; tend la main aux catholiques et aux Croix-de-Feu &#187;. Le 6 ao&#251;t, il concr&#233;tise au cours d'un discours au gymnase Huyghens ce que cela signifie, il appelle &#224; la &#171; consti&#172;tution du Front des Fran&#231;ais &#187; de Thorez &#224; Paul Reynaud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Malheureusement, nos partenaires du Front populaire n'accept&#232;rent pas nos propositions du Front des Fran&#231;ais, et il fallut les retirer &#187;, &#233;crit Jacques Duclos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est encore Thorez qui m&#232;ne l'offensive, au premier rang, contre le processus r&#233;volutionnaire en cours ; c'est que la pouss&#233;e des masses place les militants du P.C.F. dans les entreprises dans une situation contradictoire : suivre le bureau politique qui freine les gr&#232;ves et les occupations, ou les masses qui combattent et cherchent une direction, et se tournent naturellement vers les militants du P.C.F., consid&#233;r&#233;s comme des militants d'un parti r&#233;volutionnaire. A. Ferrat, ancien dirigeant des J.C., membre du C.C., proteste contre la politique suivie depuis le pacte d'unit&#233; d'action de 1934 et propose au C.C. que le P.C.F. prenne la t&#234;te des mouvements pour d&#233;passer le Front populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ferrat ne fait qu'exprimer de mani&#232;re assez confuse la position de nombreux militants du rang qui esp&#232;rent que le processus r&#233;volutionnaire engag&#233; par des millions d'ouvriers ira jusqu'&#224; son terme : la prise du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. Ferrat est imm&#233;diatement exclu du P.C.F. Thorez, Duclos, Frachon, Gitton, ne badinent pas avec la d&#233;fense de l' &#171; ordre social &#187;, c'est-&#224;-dire l'ordre du profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;ponse au c&#233;l&#232;bre article de Marceau Pivert &#171; Tout est possible &#187;, Marcel Gitton &#233;crit dans L'Humanit&#233; du 26 mai : &#171; Tout n'est pas possible [...]. Il n'est nullement question de chambardement ni d'anarchie [...]. Non ! Non ! Marceau Pivert, il n'est pas question pour le gouvernement de demain d' &#034;op&#233;rations chirurgicales&#034;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les positions sont claires, la puissance du mouvement, le d&#233;bordement de la C.G.T. conduisent Maurice Thorez, lors du rassemblement des militants du P.C.F. au gymnase Jean-Jaur&#232;s &#224; Paris, &#224; pr&#233;ciser la politique contre-r&#233;volutionnaire dict&#233;e par Moscou : &#171; Notre but reste le pouvoir des soviets, mais ce n'est pas pour ce soir, ni pour demain matin [...]. Alors, il faut savoir terminer une gr&#232;ve d&#232;s que satisfaction a &#233;t&#233; obtenue. Il faut m&#234;me savoir consentir un compromis si toutes les revendications n'ont pas encore &#233;t&#233; accept&#233;es, mais que l'on a obtenu la victoire sur les plus essentielles des revendications. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reprenant &#171; en main &#187; les militants qui se laissent aller aux &#171; tendances gauchistes &#187;, Thorez prend l'exemple des m&#233;tallos parisiens. Il jette toute la force du P.C.F., aur&#233;ol&#233; de la gloire du parti de la r&#233;volution victorieuse en U.R.S.S. dans la lutte contre la r&#233;volution montante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le lendemain de ce c&#233;l&#232;bre discours, un mot d'ordre, revient dans tous les discours, toutes les interventions des dirigeants du P.C.F. : &#171; Il faut savoir terminer une gr&#232;ve... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'offensive contre les masses est men&#233;e par les dirigeants du P.C.F., en liaison avec le gouverne. ment de Front populaire, qui le 12 juin au soir fait saisir &#224; l'imprimerie le journal des trotskystes Lutte ouvri&#232;re qui titre : &#171; Dans les usines et dans les rues, le pouvoir aux ouvriers. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 12 juin, le groupe parlementaire radical fait savoir par Daladier qu'il est &#171; tr&#232;s inquiet &#187; devant les &#233;v&#233;nements. Le gouvernement enregistre, et engage des poursuites contre les dirigeants trotskystes. Salengro affirme que le cas &#233;ch&#233;ant, l'ordre sera maintenu par la force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7814&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7814&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;En pr&#244;nant la &#034;paix sociale&#034;, l'unit&#233; fran&#231;aise&#034;, les Blum, les Thorez, les Jouhaux, chacun &#224; sa fa&#231;on et tous ensemble, ont d&#233;sarm&#233; la classe ouvri&#232;re. Ils l'ont livr&#233;e, pieds et poings li&#233;s, &#224; un adversaire impatient de prendre sa revanche. (...) le plus n&#233;faste a &#233;t&#233; de faire accroitre aux travailleurs que le gouvernement de Front Populaire &#224; direction socialiste et active participation radicale &#233;tait, en quelque sorte, leur gouvernement. Comme l'a soulign&#233; Trotsky, les ouvriers furent incapables de reconna&#238;tre l'ennemi, car on l'avait d&#233;guis&#233; en ami. leurs chefs entour&#232;rent le pouvoir bourgeois d'un &#233;cran qui dissimula sa v&#233;ritable nature, le rendit m&#233;connaissable, donc invuln&#233;rable. (...) Ce gouvernement providentiel sera, en r&#233;alit&#233;, un gouvernement d&#233;bile. &#201;cartel&#233; entre des masses encore relativement turbulentes (malgr&#233; tous les appels &#224; la &#034;concorde&#034; lanc&#233;s &#224; leur seule adresse) et un patronat d&#233;cid&#233; &#224; sabrer les conqu&#234;tes sociales, il ne disposera d'aucun appui vraiment stable, et il en sera r&#233;duit &#224; pratiquer un perp&#233;tuel jeu de bascule : maintenir le contact avec les masses, tout en freinant leur &#233;lan ; rechercher le soutien des groupes capitalistes les moins r&#233;actionnaires, mais en subissant leurs conditions (...) La retraite op&#233;r&#233;e sous le drapeau du front Populaire s'ach&#232;vera en une &#233;crasante d&#233;faite. Mais, la dialectique des luttes sociales &#233;tant complexe, cette &#233;volution ne sera ni rectiligne ni unilat&#233;rale. Pendant toute une p&#233;riode, la classe ouvri&#232;re continuera, dans une certaine mesure, &#224; aller de l'avant. Elle se d&#233;mystifiera. Elle consolidera son organisation, ses points d'appui, ses syst&#232;mes de solidarit&#233;. elle poursuivra son recrutement, atteignant le chiffre record de cinq millions de syndiqu&#233;s. Elle r&#233;agira avec vigueur contre les coups que lui porteront, tant&#244;t la r&#233;action, tant&#244;t les fascistes. Elle n'h&#233;sitera pas &#224; recourir, en maintes occasions, le plus souvent malgr&#233; ses mauvais bergers, &#224; l'arme de la &#034;gr&#232;ve sur le tas&#034;. (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ordre lanc&#233; par Maurice Thorez, le 11 juin, d'en terminer avec les gr&#232;ves n'avait &#233;t&#233; que tr&#232;s incompl&#232;tement suivi. Pendant la seconde quinzaine de juin et tout le mois de juillet, les &#034;gr&#232;ves sur le tas&#034; continu&#232;rent &#224; faire boule de neige. Apr&#232;s l'accalmie du mois d'ao&#251;t, pendant lequel l'application des cong&#233;s pay&#233;s provoqua, pour la premi&#232;re fois, la fermeture de nombreuses entreprises, les &#034;occupations&#034; reprirent de plus belle. (...) le ministre de l'Int&#233;rieur, le socialiste Salengro, avait jur&#233; d'y mettre un terme &#034;par tous les moyens appropri&#233;s&#034;. (...) Le 7 octobre, Blum passa des g&#233;missements aux actes : deux cent cinquante gardiens de la paix forc&#232;rent la porte de la Chocolaterie des Gourmets, rue Violet, &#224; paris, et, apr&#232;s une dure bagarre, en expuls&#232;rent les &#034;occupants&#034;. (...) Au d&#233;but de juin 1937, la crise financi&#232;re s'est aggrav&#233;e (...) ,Blum annonce soudain qu'il d&#233;missionne et passe la main au radical Camille Chautemps. (...) Le 2&#034; d&#233;cembre 1937, &#224; Colombes, la gigantesque usine Goodrich fut occup&#233;e par son tr&#232;s nombreux personnel. (...) Le 30, &#224; l'aube, le camarade Max Dormoy, toujours ministre de l'Int&#233;rieur, fit encercler l'entreprise par six cents gardes mobiles, avec mission de d&#233;loger les gr&#233;vistes. (...) En fin de journ&#233;e, quelque trente mille ouvriers, accourus, entouraient le &#034;fort&#034; Goodrich. (...) les sbires de Dormoy durent battre en retraite. Mais les staliniens de l'Union des Syndicats de la r&#233;gion parisienne, Eug&#232;ne H&#233;naff en t&#234;te, exig&#232;rent, le 9 janvier, le respect d'une sentence arbitrale de compromis, qui &#233;quivalait &#224; une capitulation.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daniel Gu&#233;rin dans &#034;Le Front Populaire, r&#233;volution manqu&#233;e&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1530&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1530&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'en 1940, la politique capitularde des syndicats&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1360&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1360&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1938&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Trahison syndicale de la gr&#232;ve Goodrich&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1326&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1326&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation est pr&#233;r&#233;volutionnaire ou pr&#233;contre-r&#233;volutionnaire en France, mais les syndicats n'essaient nullement &#224; la faire basculer vers la lutte prol&#233;tarienne. Les dirigeants syndicaux ont aussi peur d'une nouvelle mont&#233;e vers la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale que les bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7076&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7076&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1939&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La CGTU stalinienne, aux c&#244;t&#233;s du PCF, soutient le pacte germano-sovi&#233;tique. Les militants qui sortaient de la politique d'alliance avec la bourgeoisie nationale au nom de l'anti-fascisme, sont d&#233;moralis&#233;s et d&#233;boussol&#233;s. La bourgeoisie en profite pour r&#233;primer les militants ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3681&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3681&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/09/lt04091939.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/09/lt04091939.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1939&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;PCF et CGT reconnaissent les int&#233;r&#234;ts imp&#233;rialistes de la France aux colonies&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1939/04/barta_vl1.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1939/04/barta_vl1.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1940&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La marche &#224; la guerre et au fascisme ne radicalise pas la CGT vers la gauche. En France, il n'y avait pas de place pour une existence ind&#233;pendante des syndicats staliniens. Ils s'unirent aux soi-disant anarcho-syndicalistes sous la direction de Jouhaux et, comme r&#233;sultat de cette unification, il y eut un d&#233;placement g&#233;n&#233;ral du mouvement syndical, non vers la gauche, mais vers la droite. La direction de la CGT est l'agence la plus directe et la plus ouverte du capitalisme imp&#233;rialiste fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6775&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6775&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie du mouvement syndical passe directement au p&#233;tainisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.le-blog-de-roger-colombier.com/article-la-reunification-de-la-cgt-dans-la-resis-115390183.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.le-blog-de-roger-colombier.com/article-la-reunification-de-la-cgt-dans-la-resis-115390183.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7751&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7751&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1941&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avec la guerre et le p&#233;tainisme, la CGT, r&#233;prim&#233;e, passe dans la clandestinit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la rupture du pacte garmano-sovi&#233;tique et la guerre d'Hitler contre l'URSS, les pactes se font entre stalinisme et imp&#233;rialisme occidental et les staliniens peuvent &#224; nouveau marier nationalisme fran&#231;ais et soutien de la bureaucratie du Kremlin (mensong&#232;rement appel&#233; &#171; communisme &#187; ou &#171; soviets &#187;). Les militants ouvriers staliniens, momentan&#233;ment alli&#233;s des nazis, deviennent &#224; nouveau les plus fervents d&#233;fenseurs de la d&#233;mocratie occidentale et de la nation fran&#231;aise, des combattants contre le fascisme, et blabla et blabla&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2993&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2993&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1943&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une partie du mouvement syndical passe &#224; la &#171; r&#233;sistance &#187;, mouvement sous l'&#233;gide du g&#233;n&#233;ral De Gaulle et des imp&#233;rialismes anglo-am&#233;ricain mais aussi du PCF stalinien. La r&#233;sistance n'est absolument pas un mouvement &#224; caract&#232;re de classe prol&#233;tarien mais une alliance de classe affich&#233;e et assum&#233;e au nom du nationalisme et de la lutte anti-fasciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6675&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6675&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1944&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La classe ouvri&#232;re, elle, fait confiance au PC, au PS et &#224; la CGT et compte sur eux pour arracher &#224; De Gaulle des r&#233;formes substantielles en faveur de la d&#233;mocratie et des travailleurs !&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette &#034;confiance&#034; g&#233;n&#233;rale cache en r&#233;alit&#233; un conflit in&#233;vitable. En l'absence d'une am&#233;lioration &#233;conomique et diplomatique consid&#233;rable et imm&#233;diate &#8211; ce qui est chose exclue &#8211; que se passera-t-il ? Les travailleurs patienteront sous la pression des organisations social-patriotes, mais ne pourront pas cesser d'exiger des am&#233;liorations constantes, ce qui les poussera de plus en plus loin dans la voie de la lutte anti-capitaliste et pour leur propre pouvoir. &lt;br class='autobr' /&gt;
En France depuis le pacte Staline-Laval (1935) les chefs staliniens ont gliss&#233; progressivement vers la d&#233;magogie nationaliste. Ayant repris le mot-d'ordre de &#034;la France aux Fran&#231;ais&#034; &#224; l'Action Fran&#231;aise, ils en sont arriv&#233;s &#224; reprendre &#034;la Marseillaise&#034; aux trusts (Duclos) !&lt;br class='autobr' /&gt;
Les chefs staliniens expliquent aux militants de la base que tout cela n'est que de la &#034;tactique&#034;, que l'internationalisme doctrinal est difficile &#224; faire rentrer dans la t&#234;te des masses et qu'en gagnant les masses &#224; eux avec des mots-d'ordre qui &#034;prennent&#034;, ils nous conduiront eux, les chefs, vers le communisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6937&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6937&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1945&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avec le d&#233;barquement alli&#233; (c'est-&#224;-dire la victoire des imp&#233;rialismes anglais et am&#233;ricain sur l'imp&#233;rialisme allemand), le gaullisme alli&#233; &#224; la r&#233;sistance int&#233;rieure c'est-&#224;-dire surtout au stalinisme (politique et syndical), arrive au pouvoir. Les alli&#233;s renoncent &#224; gouverner directement la France comme un pays vaincu (comme Italie et Allemagne) et la consid&#232;rent comme un alli&#233;&#8230; Il s'agit d'&#233;viter tous risques r&#233;volutionnaires prol&#233;tariens en France. Les staliniens (politiques et syndicaux) sont particuli&#232;rement en charge de ce volet contre-r&#233;volutionnaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
La &#171; lib&#233;ration &#187; n'est pas celle des prol&#233;taires !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article93&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article93&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7101&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7101&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7616&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7616&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais, les gr&#232;ves ouvri&#232;res, c'est seulement contre l'occupant allemand !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i04280767/benoit-frachon-sur-l-entree-de-ministres-cegetistes-au-gouvernement-de-1945&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i04280767/benoit-frachon-sur-l-entree-de-ministres-cegetistes-au-gouvernement-de-1945&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le stalinisme est en vainqueur en France et il impose, par l'action du PCF et de la CGT r&#233;unifi&#233;e, aux ouvriers de &#171; retrousser les manches pour reconstruire la France &#187; (c'est la France des capitalistes !). Produire devient un devoir de classe, d&#233;clare la CGT comme le PCF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7101&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7101&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT entre au gouvernement capitaliste !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i04280767/benoit-frachon-sur-l-entree-de-ministres-cegetistes-au-gouvernement-de-1945&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i04280767/benoit-frachon-sur-l-entree-de-ministres-cegetistes-au-gouvernement-de-1945&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT, police politique anti-ouvri&#232;re dans l'entreprise en 1944-1946&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6938&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6938&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Benoit Frachon, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT, est partout sur le front des gr&#232;ves pour lutter CONTRE la lutte de classe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7800&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7800&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Frachon n'est que la copie syndicale de Maurice Thorez qui d&#233;clare &#224; Waziers, aux mineurs de charbon, le 21 juillet 1945 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; C'est en 1934, que nous avons propos&#233;, lanc&#233; et fait triompher l'id&#233;e du Front populaire pour la libert&#233;. (&#8230;) Nous avons propos&#233; le Front fran&#231;ais, l'union de tous les Fran&#231;ais. (&#8230;) Les deux cent familles, les trusts (&#8230;) se mirent &#224; saboter l'&#233;conomie nationale, &#224; provoquer les gr&#232;ves comme le rappelait tout &#224; l'heure Martel. C'est vrai que nous seuls, les communistes, avons eu assez d'autorit&#233; pour pouvoir, en juin 1936, mettre en terme aux gr&#232;ves, que nous seuls pouvions avoir assez d'autorit&#233; pour dire, il y a cinq mois : il faut en finir avec jeux de guerre civile (&#8230;) La v&#233;rit&#233; sur 1939 : vous vous souvenez encore de ces journaux, chers camarades : la trahison de Staline, la trahison russe, la trahison des communistes ? (&#8230;) En v&#233;rit&#233;, c'est un traquenard que l'on tendait &#224; l'Union sovi&#233;tique. On pr&#233;tendait engager la guerre, une guerre o&#249; la Pologne devait s'effondrer rapidement, comme ce fut le cas, et ainsi les arm&#233;es hitl&#233;riennes pourraient d&#233;ferler rapidement &#224; travers toute l'Union sovi&#233;tique. L'Arm&#233;e rouge avait &#233;t&#233; mise dans l'impossibilit&#233; de pr&#233;parer sa mobilisation, l'Arm&#233;e rouge &#233;tait dans l'impossibilit&#233; de faire face &#224; l'agression. (&#8230;) De Londres, le g&#233;n&#233;ral De Gaulle lan&#231;ait son appel, organisait les &#171; Forces fran&#231;aises libres &#187;. Nous menions la bataille de la R&#233;sistance &#224; l'int&#233;rieur de notre pays (&#8230;) Aujourd'hui, chers camarades, de graves p&#233;rils nous menacent dans le domaine de la production. On ne le sait pas assez. (&#8230;) Le probl&#232;me d&#233;cisif de l'heure, c'est le probl&#232;me de la production. Vous le savez d&#233;j&#224;, chers camarades, c'est ce qui m'a amen&#233; &#224; Waziers, c'est pourquoi le Bureau politique m'a envoy&#233; vous parler, &#224; vous, les mineurs. J'aborde ici une partie importante de mon rapport, la question du charbon. (&#8230;) Je voudrais &#233;tablir un fait pour montrer l'effort des mineurs. En janvier, la production brute s'&#233;tait &#233;lev&#233;e &#224; 2.700.000 tonnes contre, en 1936, une production mensuelle de 3.400.000 tonnes, c'est-&#224;-dire 80% de la production. (&#8230;) Il est vrai qu'il s'est produit un fl&#233;chissement &#224; partir d'avril, fl&#233;chissement dans la production et fl&#233;chissement dans le rendement. Il y a diverses causes &#224; cela : ravitaillement d&#233;fectueux, manque de v&#234;tements, et en raison d'un m&#233;contentement plus ou moins justifi&#233; contre l'insuffisance de l'&#233;puration. Il y a aussi des gr&#232;ves, tr&#232;s peu justifi&#233;es. (&#8230;) Tout cela entra&#238;ne, dans un m&#233;tier comme le m&#233;tier de mineur, une certaine d&#233;sorganisation. (&#8230;) Il faut donner aux ouvriers mineurs de fond un certain salaire (&#8230;) Le prix &#224; la t&#226;che. On a accord&#233; la possibilit&#233; d'une majoration qui peut aller jusqu'&#224; 60% (&#8230;) L'essentiel est d'obtenir du charbon et, pour obtenir du charbon, il faut payer les sommes fix&#233;es. (&#8230;) Il faut ici, chers camarades, saluer le sacrifice de vos camarades de la m&#233;tallurgie qui viennent de renoncer &#224; leurs vacances pay&#233;es pour vous fabriquer des marteaux-piqueurs. Ce sont les m&#234;mes camarades qui, l'hiver dernier, aux Forges et Ateliers de Meudon, manquant de courant &#233;lectrique dans le jour, avaient demand&#233; et obtenu de leur direction, de travailler la nuit par un froid rigoureux sans suppl&#233;ment de salaire pour pouvoir produire pour vous. (&#8230;) A propos de la coupe &#224; terre, pourquoi ne pas g&#233;n&#233;raliser les 3X8 : deux postes au charbon, le troisi&#232;me au remblai ? (&#8230;) Nous savons que les avis des ouvriers peuvent bien souvent influencer d'une fa&#231;on tr&#232;s favorable les d&#233;cisions des ing&#233;nieurs. Je pense qu'en d&#233;finitive la d&#233;cision reste &#224; l'ing&#233;nieur et qu'une d&#233;cision doit &#234;tre appliqu&#233;e sur l'ordre de l'ing&#233;nieur et qu'une d&#233;cision doit &#234;tre appliqu&#233;e sur l'ordre de l'ing&#233;nieur, autrement il n'y a pas d'autorit&#233; possible, d'exploitation possible. (&#8230;) Il y a d'autres raisons de la crise du charbon sur lesquelles je voudrais m'expliquer aussi ouvertement et aussi franchement. Ce sont celles qui tiennent &#224; l'effort insuffisant des mineurs eux-m&#234;mes, &#224; votre effort &#224; vous. (&#8230;) Il y a des causes de m&#233;contentement, mais ce n'est pas une raison pour ralentir l'effort. Il faut au contraire le d&#233;velopper et briser tous les obstacles. Vous croyez que les camarades de la Loire sont contents quand on leur envoie comme directeur l'ancien directeur &#233;pur&#233; des Mines de Dourges ? Ils ne sont pas contents non plus et vous croyez qu'ils ont dit pour cela : nous faisons la gr&#232;ve ? Non. Martel a eu raison tout &#224; l'heure de stigmatiser de telles attitudes. Ils n'ont pas c&#233;d&#233; au courant public de d&#233;magogie et de vaine popularit&#233;. Comme disait le camarade Staline, nous ne craignons pas les difficult&#233;s, nous sommes faits pour surmonter les difficult&#233;s et nous les surmonterons. (&#8230;) Il y a pas mal d'exemples de mineurs qui pr&#233;tendent ne pas forcer &#224; la production, ne pas pousser &#224; la production et pas seulement parce qu'ils ont crainte de voir baisser les prix &#224; la t&#226;che. (&#8230;) Ils ne veulent pas para&#238;tre pour des macas. (&#8230;) Les macas, chers camarades, c'&#233;taient ceux qui for&#231;aient &#224; la production pour le profit du patron au d&#233;triment de leurs fr&#232;res, les ouvriers mineurs. (&#8230;) Il y a des camarades qui disent : &#171; Mais si je travaille davantage, je donne davantage aux actionnaires puisqu'il reste des actionnaires. &#187; C'est une erreur, chers camarades. (&#8230;) Si vous produisez beaucoup, c'est seulement dans l'int&#233;r&#234;t du pays, et c'est dans votre propre int&#233;r&#234;t. Et puis, je veux revenir sur la question des absences. On parle, on donne beaucoup de raisons, de pr&#233;textes, &#224; ce propos. Je dois vous dire, chers camarades, que je ne suis pas tout &#224; fait convaincu des raisons qu'on donne pour justifier les absences. (&#8230;) On s'absente trop facilement, pour un oui, pour un non et un mineur qui a le go&#251;t de son m&#233;tier sait tr&#232;s bien que tant d'absences entra&#238;nent une d&#233;sorganisation compl&#232;te du travail. Les camarades pr&#233;sents sont les premiers &#224; en souffrir. L'absence est justifi&#233;e ou n'est pas justifi&#233;e. Au lieu de produire, on d&#233;sorganise la production, on fait tort &#224; ses camarades et pour quelle raison ? Parfois pour un oui, pour un non, pour une &#233;gratignure. Je dis que c'est un scandale. Je ne peux pas comprendre, par exemple, que des d&#233;l&#233;gu&#233;s &#224; la Caisse de secours puissent donner des billets de malade sans journ&#233;e de malade. (&#8230;) Chers camarades, celui qui a le billet de malade sans journ&#233;e de malade, il a aussi son ravitaillement ; il a aussi les litres de vin, il a aussi la viande ; il mange la part de ses camarades. Ce n'est pas possible, on ne peut pas continuer comme cela. Il faut avoir plus de conscience. Je vais vous dire, mes chers camarades, que, dans le bassin de la Loire, la m&#234;me question s'est pos&#233;e pendant l'hiver, quand il y a eu tant de grippes, quand il y a eu tant de difficult&#233;s alimentaires. Le syndicat a r&#233;uni les d&#233;l&#233;gu&#233;s des Caisses de secours et leur a dit : &#171; Epluchez les billets de malade et discutez avec les m&#233;decins &#187; et on leur a dit : &#171; Ces m&#233;decins, pour la plupart, ne sont pas vos amis. Ces m&#233;decins, ils donnent facilement les billets. (&#8230;) Ils poussent &#224; la d&#233;sorganisation. &#187; Il va y avoir des &#233;lections &#224; la Caisse de secours. Le syndicat doit demander que ces questions soient pos&#233;es largement, et dire aux d&#233;l&#233;gu&#233;s des Caisses de secours que vous allez &#233;lire : &#171; Il faut &#234;tre intransigeant ; c'en est fini avec de telles m&#233;thodes, parce que c'est de l'anarchie, un encouragement &#224; la paresse. &#187; Voici un autre cas. On m'a signal&#233; l'autre jour que dans un puits, le puits de l'Escarpelle, une quinzaine de jeunes gens, des galibots, ont demand&#233; de partir &#224; six heures pour aller au bal. Je dis que c'est inadmissible. (&#8230;) Ici, chers camarades, je le dis en toute responsabilit&#233;, au nom du Comit&#233; central, au nom des d&#233;cisions du Congr&#232;s du Parti, je le dis franchement : il est impossible d'approuver la moindre gr&#232;ve, surtout lorsqu'elle &#233;clate comme la semaine derni&#232;re, aux mines de B&#233;thune, en dehors du syndicat et contre le syndicat. On a pris des sanctions. Sur quatre porions, on en a r&#233;int&#233;gr&#233; deux, en les r&#233;trogradant d'ailleurs. (&#8230;) Je le dis tout net : si nous n'appliquons pas les d&#233;cisions de notre propre syndicat (&#8230;) nous allons &#224; l'anarchie, nous faciliterons les provocations contre les mineurs, contre la classe ouvri&#232;re et contre la R&#233;publique. Eh bien ! quelques camarades s'insurgent, ils d&#233;clenchent la gr&#232;ve au n&#176;2 et dans toute la concession, si bien que nous avons perdu 30.000 tonnes de charbon au moins en une p&#233;riode o&#249; le pays a besoin de la moindre gaillette, &#224; l'heure o&#249; nous fermons des usines, &#224; l'heure o&#249;, dans la r&#233;gion parisienne, on arr&#234;te des entreprises faute de charbon et ces ouvriers dont on arr&#234;te les usines apprennent que dans un des trous essentiels du bassin minier du Pas-de-Calais, on fait gr&#232;ve parce que le nez du porion ne revient pas au d&#233;l&#233;gu&#233;. C'est un scandale, c'est une honte, c'est une faute tr&#232;s grave contre le syndicat et l'int&#233;r&#234;t des mineurs. Des sanctions ont &#233;t&#233; prises, peut-&#234;tre pas dans les formes o&#249; elles devaient l'&#234;tre contre le d&#233;l&#233;gu&#233; mineur et son suppl&#233;ant qui avaient couru les autres puits pour d&#233;clencher la gr&#232;ve. Je dis que le mal, ce n'est pas la sanction, le mal c'est que des communistes et des militants du syndicat des mineurs se soient expos&#233;s &#224; de telles sanctions. Et, sous pr&#233;texte que l'on a sanctionn&#233; les d&#233;l&#233;gu&#233; mineur, on recommence la gr&#232;ve jusqu'&#224; jeudi soir et on a eu de la peine hier &#224; faire reprendre le travail, bien que le ministre de la Production ait rapport&#233; la sanction prise par le commissaire r&#233;gional. Ce n'est pas ainsi qu'on travaille pour le pays. (&#8230;) Chers camarades, alors on veut &#224; chaque fois faire la gr&#232;ve pour &#233;purer ou pour soutenir. On pourrait au fond en d&#233;finir le seul but : faire gr&#232;ve, pourvu qu'on ait un pr&#233;texte. (&#8230;) L'autre jour, on m'a parl&#233; d'une gr&#232;ve possible des m&#233;caniciens d'extraction. J'ai beaucoup de sympathie pour la m&#233;canique d'extraction. C'est vraiment un travail qui comporte une lourde responsabilit&#233; et on trouve chez les m&#233;caniciens d'extraction une grande conscience professionnelle. Je pense qu'il faut leur assurer les meilleures conditions de salaire et de travail. Mais, l&#224; encore, pas par la gr&#232;ve. (&#8230;) Je voudrais que ce que nous pensons au Comit&#233; central puisse passer dans la t&#234;te,dans le c&#339;ur de chacun de vous d'abord puis chez tous les mineurs, que produire, produire et encore produire, faire du charbon, c'est aujourd'hui la forme la plus &#233;lev&#233;e de votre devoir de classe, de votre devoir de Fran&#231;ais. (&#8230;) La grande t&#226;che des organisations communistes du Pas-de-Calais, c'est d'aller dans toutes les concessions de B&#233;thune, il faut aller &#224; B&#233;thune, il faut r&#233;unir toutes les sections communistes, discuter avec chaque camarade et amener les d&#233;l&#233;gu&#233;s mineurs &#224; reconna&#238;tre qu'ils ont commis une grande erreur, qu'ils doivent comprendre cette erreur et qu'ils ne doivent plus recommencer cette erreur. (&#8230;) Nous exigerons de chaque camarade le respect des d&#233;cisions du 10e Congr&#232;s du Parti et le 10e Congr&#232;s du Parti a dit : &#171; Il faut produire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1946&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le stalinisme (PCF et CGT), qui participe au pouvoir, m&#232;ne la lutte contre les gr&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3750&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3750&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la gr&#232;ve des postiers, les manifestations de Cherbourg, Nantes, Dijon, etc., les travailleurs entrent en r&#233;bellion ouverte contre l'ancienne direction du mouvement ouvrier, alli&#233;e au gouvernement et au patronat, et essaient de se donner dans l'&#233;preuve de l'action une direction nouvelle. La CGT, li&#233;e au PCF qui participe au gouvernement, est hostile &#224; la gr&#232;ve des postiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4616&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4616&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1947&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats cassent la remont&#233;e des gr&#232;ves. La CGT est le principal syndicat jaune de la p&#233;riode. Elle casse en particulier la grande gr&#232;ve de Renault qui a &#233;clat&#233; en se battant contre le patron et contre la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7595&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7595&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7540&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7540&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;contentement ouvrier est tel que l'appareil syndical peut &#234;tre contest&#233; l&#224; m&#234;me o&#249; il &#233;tait h&#233;g&#233;monique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7532&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7532&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche et les syndicats nous ont servi pendant de longues ann&#233;es le mythe de l'apr&#232;s-deuxi&#232;me guerre mondiale, entour&#233; des noms faussement prestigieux de &#171; Lib&#233;ration &#187;, &#171; R&#233;sistance &#187;, &#171; CNR &#187; notamment, et selon lequel le grand m&#233;rite de ceux-ci serait d'avoir fond&#233; le secteur d'&#233;conomie publique d'Etat sous la houlette des staliniens Maurice Thorez et Marcel Paul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8245&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8245&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1948 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un syndicalisme toujours enlis&#233; entre r&#233;formisme et stalinisme&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1948/01/monatte_19480100.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1948/01/monatte_19480100.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve des mineurs est trahie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/12/vdt52_120148.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/12/vdt52_120148.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://wikirouge.net/Gr%C3%A8ve_des_mineurs_de_1948&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://wikirouge.net/Gr%C3%A8ve_des_mineurs_de_1948&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autres luttes ouvri&#232;res aussi&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8701&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8701&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1949 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au nom de la recherche de l'unit&#233; syndicale, la CGT fait poireauter les luttes ouvri&#232;res&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1949/09/sdr41_091549.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1949/09/sdr41_091549.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT ne propose que des gr&#232;ves de 24 heures&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1949/11/sdr45_112249.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1949/11/sdr45_112249.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul objectif de la CGT est de soutenir la bureaucratie russe&#8230; Depuis la fin de 1947 jusqu'au 4 juin 1952, l'appareil stalinien a utilis&#233; l'&#233;norme potentiel r&#233;volutionnaire accumul&#233; dans les profondeurs du mouvement ouvrier fran&#231;ais pour faire pression sur la bourgeoisie fran&#231;aise qu'il s'effor&#231;ait de d&#233;tacher de l'alliance atlantique. Les mouvements qu'il d&#233;clenchait devaient r&#233;pondre &#224; deux conditions : avoir une puissance suffisante pour &#233;branler la bourgeoisie, &#234;tre limit&#233;s et soigneusement contr&#244;l&#233;s pour ne pas mettre en cause le r&#233;gime capitaliste lui-m&#234;me, pour ne pas risquer que la classe ouvri&#232;re prenne conscience de sa force et d&#233;borde l'appareil. Les gr&#232;ves de novembre-d&#233;cembre 1947 mettront en action, mais par vagues successives &#224; objectifs limit&#233;s et souvent particularis&#233;s, les forces les plus importantes du prol&#233;tariat. La gr&#232;ve des mineurs d'octobre-novembre 1948 sera strictement limit&#233;e &#224; cette corporation ; mais de v&#233;ritables batailles rang&#233;es mettront aux prises, dans les r&#233;gions mini&#232;res, les forces de r&#233;pression, se comptant par dizaines de milliers, et les mineurs. D'autres gr&#232;ves de moindre envergure eurent lieu, en 1950 et 1951. Enfin, le 28 mai 1952, &#224; l'occasion de la prise de commandement du S.H.A.P.E. par le g&#233;n&#233;ral Ridgway, ancien commandant des troupes am&#233;ricaines en Cor&#233;e, le P.C.F., sous l'&#233;gide du &#171; Mouvement de la paix &#187; , mobilisa 50000 militants ouvriers pour une manifestation &#171; dure &#187; . La manifestation pr&#233;sentait un caract&#232;re aventuriste certain. Elle &#233;tait pr&#233;par&#233;e sur la ligne de la guerre froide, qui fait passer &#224; l'int&#233;rieur de la classe ouvri&#232;re une d&#233;limitation selon la division du monde en &#171; blocs &#187; . Elle s'inscrivait dans une politique qui n'ouvrait aucune autre perspective &#224; la classe ouvri&#232;re que de contraindre la bourgeoisie fran&#231;aise &#224; collaborer avec le Kremlin, plut&#244;t qu'avec Washington. Malgr&#233; tout, contre des dizaines de milliers de policiers et de C.R.S., pendant des heures, les manifestants tiendront la rue, au prix de sanglants affrontements. Et le gouvernement ayant arr&#234;t&#233; pour quelques jours Jacques Duclos (sous le pr&#233;texte d'un complot, le &#171; complot du pigeon voyageur &#187; ), la C.G.T. d&#233;clencha le 4 juin une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de protestation &#224; laquelle particip&#232;rent presque exclusivement les militants du P.C.F., et qui souligna l'isolement o&#249; la politique de l'appareil les avait conduits.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;nergie r&#233;volutionnaire dilapid&#233;e au cours de ces quelques ann&#233;es est incalculable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des derniers mois de 1952 et des premiers mois de 1953, la bourgeoisie fran&#231;aise se crut assez forte pour esquisser une offensive contre la classe ouvri&#232;re. Elle proc&#233;da &#224; l'arrestation de militants de la C.G.T. et du P.C.F. : Le L&#233;ap fut incarc&#233;r&#233;, Frachon poursuivi, d'autres encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/just/ddt1/ddt1_7_1.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/just/ddt1/ddt1_7_1.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1952 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La CGT fran&#231;aise ne fait pas campagne pour soutenir les travailleurs violemment r&#233;prim&#233;s de la colonie de Guadeloupe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1137&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1137&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1209&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1209&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1953 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Staline meurt mais pas&#8230; le stalinisme toujours h&#233;g&#233;monique dans la CGT !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve642&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve642&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 1953, c'est la tentative du gouvernement de remettre en question les retraites, tentative d&#233;jou&#233;e et cass&#233;e par une gr&#232;ve des fonctionnaires et aussi d'une partie du secteur priv&#233;. Mais la CGT n'est nullement en t&#234;te du radicalisme&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7649&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7649&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin juillet 1953, ce furent les d&#233;crets Laniel qui portaient atteinte aux r&#233;gimes de maladie et de retraite des fonctionnaires et des travailleurs des services publics. Pr&#232;s de cinq millions de travailleurs r&#233;pliqu&#232;rent par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale spontan&#233;e, en passant par-dessus les appareils syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'initiative partit de postiers F.O. de Bordeaux. Ils transform&#232;rent un &#171; mouvement de protestation &#187; d&#233;cid&#233; par les syndicats en une gr&#232;ve totale. Ils utilis&#232;rent le central t&#233;l&#233;phonique pour appeler les postiers de la France enti&#232;re &#224; la gr&#232;ve. Ce fut une tra&#238;n&#233;e de poudre. Non seulement les postiers d&#233;bray&#232;rent, mais le gaz, l'&#233;lectricit&#233;, la S.N.C.F., la R.A.T.P., les mineurs, etc... En huit jours, c'&#233;tait la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de tous les services publics et de la fonction publique. A une assembl&#233;e de d&#233;l&#233;gu&#233;s F.O. de la R.A.T.P. un d&#233;l&#233;gu&#233; du d&#233;p&#244;t de Montrouge disait : &#171; Les bus rentraient, impossible de s'y opposer, les gars nous auraient roul&#233; dessus. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6540&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6540&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; l'initia&#172;tive des postiers de Bordeaux qu'a d&#233;marr&#233; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Le 5 ao&#251;t, la F&#233;d&#233;ration postale F.O. lan&#231;ait le mot d'ordre de gr&#232;ve g&#233;n&#233;&#172;rale illimit&#233;e de la corporation. La f&#233;d&#233;ration C.G.T., elle, appuyait le mouvement, mais sans lancer le mot d'ordre de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, bien que ses militants le lui aient demand&#233;. A la R.A.T.P., un premier d&#233;brayage &#233;tait impos&#233; par les travailleurs le vendredi 7 ao&#251;t. Alors que de TOUS les d&#233;p&#244;ts, terminus, ateliers, etc.... depuis le matin 8 heures, l'ordre de gr&#232;ve &#233;tait r&#233;clam&#233; &#224; TOUS les syndicats - le premier qui donnera l'ordre de gr&#232;ve sera suivi par TOUT le personnel - il faudra attendre 11 h 20 pour que, ensemble, ils donnent l'ordre de gr&#232;ve. L'enthousiasme &#233;tait incroyable, bient&#244;t suivi d'amertume et de col&#232;re : l'ordre de gr&#232;ve &#233;tait limit&#233; jusqu'au soir minuit. La gr&#232;ve s'&#233;tendait comme une tra&#238;n&#233;e de poudre : &#233;lectriciens, gaziers, cheminots, travailleurs de la R.A.T.P., etc..., d&#233;brayaient spontan&#233;ment au cours de la journ&#233;e du mardi 11 ao&#251;t ; alors les organisations syndicales, sur proposition de la C.G.T., donn&#232;rent un ordre de gr&#232;ve de 24 heures pour le lendemain mercredi, qu'ils renouvelleront le jeudi, et ainsi de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de la phase ascendante du mouvement, l'appareil de la C.G.T. fut, &#224; tous les niveaux, le poids lourd de la gr&#232;ve. Il lui aurait suffi de prendre la t&#234;te, de proposer un programme g&#233;n&#233;ral de la gr&#232;ve, d'appeler partout &#224; la formation de Comit&#233;s de gr&#232;ve, jusqu'au comit&#233; central de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, de donner l'ordre de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, d'appeler la gr&#232;ve &#224; prendre possession de la rue, de l'unifier en coulant dans une puissante manifestation de masse toutes les corporations en lutte pour en faire la classe en marche. &#171; Gauchisme ? &#187; Qui ne se rend pas compte de ce que signifient cinq millions de travailleurs se mettant en gr&#232;ve spontan&#233;ment, par leurs propres moyens, n'a jamais particip&#233; &#224; une gr&#232;ve ou est imperm&#233;able &#224; la compr&#233;hension de la lutte des classes. Les revendications mises en avant par les travailleurs eux-m&#234;mes ? Il suffisait, dans la p&#233;riode ascendante du mouvement, de prononcer &#224; une tribune : &#171; A bas Laniel ! &#187;, pour &#234;tre applaudi fr&#233;n&#233;tiquement. En portant atteinte aux r&#233;gimes de maladie et de retraite, le gouvernement fournissait - par une faute de calcul tactique - le mot d'ordre unificateur, commun, qui permettait, apr&#232;s des ann&#233;es de mouvements partiellis&#233;s, le combat &#171; tous ensemble &#187; . Les travailleurs l'utilisaient - &#224; d&#233;faut d'autres, que se refusaient &#224; lancer les directions ouvri&#232;res. Voil&#224; ce que prouvaient la gr&#232;ve et la fa&#231;on dont elle s'&#233;tait r&#233;alis&#233;e. Non seulement la classe ouvri&#232;re &#233;tait pr&#234;te &#224; reprendre toute revendication au niveau le plus &#233;lev&#233;, mais le mouvement en avait besoin pour garder son unit&#233; et cro&#238;tre en puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/just/ddt1/ddt1_7_4.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/just/ddt1/ddt1_7_4.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1956&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;PCF et CGT cautionnent la gauche au pouvoir et celle-ci lance la guerre d'Alg&#233;rie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1551&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1551&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1957&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;PCF et CGT refusent de faire le lien entre lutte ouvri&#232;res en France et lutte anticoloniale du peuple alg&#233;rien&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1957/01/ldc5_010857.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1957/01/ldc5_010857.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve des banques de 1957 : la CGT qui ne veut pas de l'extension des gr&#232;ves est d&#233;bord&#233;e par les employ&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/eemans/works/1957/11/eemans_57.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/eemans/works/1957/11/eemans_57.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1958 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;PCF et CGT ne prennent pas clairement parti pour le peuple alg&#233;rien et se laissent faire lors du coup d'&#233;tat des g&#233;n&#233;raux d'Alg&#233;rie puis de celui de De Gaulle&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/fln/works/1958/04/pcf.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/fln/works/1958/04/pcf.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De 1958 &#224; 1963&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;, aucune lutte syndicale s&#233;rieuse contre le gaullisme, le stalinisme le pr&#233;sentant comme un &#171; pouvoir fort &#187; que les travailleurs qui s'engageraient contre lui paieraient dans le sang&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/just/synd_1985/sj_syndicat%201985.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/just/synd_1985/sj_syndicat%201985.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1963 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Trahison de la gr&#232;ve des mineurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6541&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6541&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1966 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Naissance de l'unit&#233; d'inaction CGT-CFDT&#8230; qui n'a rien &#224; voir avec l'unit&#233; de classe des travailleurs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7156&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7156&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1968 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1967, s'affirme une reprise massive de la combativit&#233; ouvri&#232;re en France. D'embl&#233;e, le parti stalinien et son appendice syndical la CGT sont en premi&#232;re ligne pour s'opposer r&#233;solu&#172;ment, contrecarrer et saboter ce d&#233;veloppement spontan&#233; des luttes ouvri&#232;res. Ils font tout pour canaliser les d&#233;brayages et les gr&#232;ves &#034;sauvages&#034; dans le cadre des occupations d'usine pour les isoler et emp&#234;cher leur extension, provoquant &#233;galement des affrontements st&#233;riles avec les forces de police venues les d&#233;loger. Conjointe&#172;ment, PCF et CGT organisent des journ&#233;es ville-morte, multiplient des occupations de b&#226;timents publics pour d&#233;fouler la combativit&#233; ouvri&#232;re accumul&#233;e depuis des ann&#233;es. Cepen&#172;dant, d'embl&#233;e ces gr&#232;ves rencontrent une soli&#172;darit&#233; active de la population et tendent &#224; s'&#233;tendre &#224; plusieurs usines d'une m&#234;me ville. Quant &#224; la r&#233;pression polici&#232;re &#224; laquelle elles se heurtent, elle contribue &#224; exacerber la col&#232;re des ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mai 68&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai 1968, le PCF, fer-de-lance de la contre-r&#233;volution depuis des d&#233;cennies, allait se retrou&#172;ver rapidement face &#224; pr&#232;s de dix millions de gr&#233;vistes (2). Avec son auxiliaire c&#233;g&#233;tiste, c'est lui qui r&#233;agit le plus rapidement, pass&#233;s la surprise et l'affolement g&#233;n&#233;ral de toute la bour&#172;geoisie. Nous ne reviendrons pas sur le d&#233;rou&#172;lement des faits largement repris dans notre presse . Le parti stalinien intervient sans cesse contre la plus grande gr&#232;ve de l'histoire de la classe ouvri&#232;re mondiale pour tenter de l'en&#172;rayer &#224; plusieurs niveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le reste de la bourgeoisie, le PCF et la CGT sont d'abord pris de court par la gr&#232;ve sauvage de l'usine Sud-Aviation pr&#232;s de Nantes le matin du 14 mai, suivie le 15 par les chantiers navals de Bordeaux et par le d&#233;brayage spontan&#233; de l'usine Renault-Cl&#233;on pr&#232;s de Rouen qui envoie une d&#233;l&#233;gation pour &#233;tendre la gr&#232;ve dans les autres usines de la R&#233;gie. Le 16, c'est l'usine de Renault-Flins pr&#232;s du Mans qui se met &#224; son tour en gr&#232;ve et une d&#233;l&#233;gation ouvri&#232;re de Cl&#233;on et de Flins pousse &#224; son tour ceux de Billancourt &#224; propager la lutte, atelier par atelier. Cette gr&#232;ve au c&#339;ur de la plus importante concentration ouvri&#232;re du pays et phare pour l'ensemble de la classe ouvri&#232;re, encourage des millions d'ouvriers &#224; se lancer &#224; leur tour dans la lutte. Deux heures plus tard, en accord avec le PCF, pour reprendre le contr&#244;le d'un mouvement ouvrier qui lui &#233;chappe totalement, qui s'est d&#233;clench&#233; contre sa volont&#233; et qu'elle est incapable d'endiguer, la CGT, prenant le train en marche, lance elle-m&#234;me un &#034;appel &#224; la lutte&#034;, bient&#244;t imit&#233;e par les autres syndicats et d&#233;cide de participer &#224; l'occu&#172;pation de Billancourt. Pour les syndicats et le PCF, il s'agit, au nom &#034;de la protection de l'outil de travail&#034; d'instaurer dans les gr&#232;ves ouvri&#232;res un esprit-forteresse. Ce &#034;cordon sanitaire&#034; cor&#172;poratiste, en apparence contre les &#034;provoca&#172;teurs gauchistes&#034; qui auraient &#034;infiltr&#233;&#034; les &#233;tu&#172;diants, visait en r&#233;alit&#233; &#224; permettre aux syndi&#172;cats de reprendre le contr&#244;le de la situation. Ceux-ci mirent en &#339;uvre tout un travail de division, isolant entre eux les diff&#233;rents secteurs de la classe ouvri&#232;re, chacun dans son coin, pour emp&#234;cher celle-ci de se constituer en une force unie qui repr&#233;senterait un danger bien plus important pour la bourgeoisie et serait bien plus difficile &#224; vaincre par cette derni&#232;re. Les ouvriers qui tentaient de briser l'isolement syndical se voyaient d&#233;nonc&#233;s comme &#233;tant des provoca&#172;teurs ext&#233;rieurs &#224; l'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans L'Humanit&#233; du 3 mai 68 l'&#233;ditorial de Georges Marchais intitul&#233; &#034;De faux r&#233;volution&#172;naires &#224; d&#233;masquer&#034;, accuse le Mouvement du 22 Mars &#034;dirig&#233; par l'anarchiste allemand Cohn-Bendit&#034; d'aller &#224; l'encontre des int&#233;r&#234;ts de la masse des &#233;tudiants et de favoriser les provoca&#172;tions fascistes. Il d&#233;nonce &#034;leur malfaisante besogne (des &#034;gauchistes&#034;) qui tente de semer le trouble, le doute, le scepticisme parmi les tra&#172;vailleurs et, notamment les jeunes&#034;. Le 23 mai, la CGT approuve la d&#233;cision d'interdiction de s&#233;jour du pouvoir gaulliste prise &#224; l'encontre de Cohn-Bendit. Suite au c&#233;l&#232;bre &#034;non &#224; la chien&#172;lit !&#034;, prononc&#233; par De Gaulle, et apr&#232;s les violences des 24 et 25 mai au Quartier latin, alors que le ministre de l'Int&#233;rieur incrimine &#034;la p&#232;gre qui sort des bas-fonds de Paris dans la rue&#034;, L'Humanit&#233; renvoie le m&#234;me &#233;cho en d&#233;non&#231;ant les agissements de &#034;la lie de la soci&#233;t&#233;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Waldeck Rochet retrouve les accents chau&#172;vins de Thorez lors d'un meeting parisien le 1er juin : &#034;Nous avons dit et nous disons : (...) le drapeau des luttes de la classe ouvri&#232;re, dans le monde moderne, (...) c'est tout &#224; la fois le drapeau rouge du socialisme et le drapeau tricolore de la grande R&#233;volution fran&#231;aise, le drapeau de la nation. (...) Le seul parti r&#233;volu&#172;tionnaire (...), c'est le parti communiste fran&#231;ais servant efficacement les int&#233;r&#234;ts des travailleurs, du peuple et du pays. A l'inverse, les pseudo&#172; r&#233;volutionnaires (...) visent &#224; diviser la classe ouvri&#232;re, &#224; d&#233;figurer le mouvement r&#233;volution&#172;naire et la d&#233;mocratie. Ils font le jeu du pouvoir gaulliste. Nous ne permettrons pas que la gesticulation et l'aventurisme compromettent le succ&#232;s de la lutte pour la d&#233;mocratie et pour le socialisme.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s une entrevue secr&#232;te entre Krasucki, alors num&#233;ro 2 de la CGT et membre du comit&#233; central du PCF, et Chirac, secr&#233;taire d'Etat &#224; l'emploi, les syndicats appellent &#224; l'ouverture de n&#233;gociations avec le patronat que le gouver&#172;nement Pompidou s'empresse d'accepter. Les n&#233;gociations commencent le 25 mai. D&#232;s le premier jour, le leader de la CGT, S&#233;guy et le gouvernement s'entendent en coulisses sur le montant de l'augmentation du salaire minimum garanti qu'ils vont faire semblant de n&#233;gocier. Mais d'entr&#233;e, le patronat, qui ignore cet accord secret, accepte sans tergiverser le montant maximum lanc&#233; par les syndicats. Le 27 au matin, apr&#232;s la signature des accords de Gre&#172;nelle, S&#233;guy confie &#224; un journaliste son soulage&#172;ment : &#034;La reprise ne saurait tarder&#034;. Dans la foul&#233;e, il se rend &#224; l'usine de Billancourt pour pr&#233;senter les accords et appeler &#224; la reprise du travail. Il est copieusement siffl&#233; par les ouvriers pour qui les 10% d'augmentation de salaires promis apparaissent comme une vaste masca-rade. S&#233;guy est contraint de d&#233;savouer les ac&#172;cords qu'il venait de parapher. Partout, les ouvriers refusent la reprise dans ces conditions et le mouvement de gr&#232;ves s'&#233;largit encore. La bourgeoisie devra l&#226;cher d'autres concessions pour pouvoir amorcer une reprise du travail, alors que la CGT pousse aux c&#244;t&#233;s du gouverne&#172;ment &#224; n&#233;gocier les accords secteur par secteur, branche par branche. Apr&#232;s l'annonce de la dissolution de l'Assembl&#233;e nationale le 30 mai, le PCF et la CGT multiplient leurs appels &#224; la reprise pour que les &#233;lections, pr&#233;sent&#233;es comme &#034;un pas de plus vers la victoire des ouvriers&#034;, puissent se tenir. Le PCF et la CGT ont syst&#233;&#172;matiquement recours au mensonge et &#224; l'intimi&#172;dation pour casser la dynamique de la lutte ouvri&#232;re. Ainsi, &#224; la RATP, ils font courir la fausse information d'une reprise dans certains d&#233;p&#244;ts. Et L'Humanit&#233; titre &#224; l'avance dans sa &#034;une&#034; d&#233;but juin : &#034;Forts de leur victoire, des millions de travailleurs reprennent le travail&#034;. Malgr&#233; tous les efforts des staliniens pour faire reprendre le travail rapidement, conjointement avec les violentes &#233;vacuations polici&#232;res des usines, ils ne parviendront &#224; leurs fins qu'apr&#232;s la mi-juin dans la plupart des cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8322&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8322&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;bord&#233;s chez les &#233;tudiants, face &#224; la mont&#233;e spontan&#233;e des gr&#232;ves qu'ils n'ont pas initi&#233;es ni control&#233;es, PCF et CGT choisissent d'en prendre la t&#234;te, quitte &#224; emp&#234;cher les travailleurs d'occuper l'usine en&#8230; fermant les portes pour mieux maitriser la situation et pouvoir faire reprendre le travail quand ils auront fait semblant d'avoir gagn&#233;. La gr&#232;ve est g&#233;n&#233;rale mais jamais la CGT n'appellera formellement &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7053&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7053&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2641&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2641&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3162&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3162&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7975&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7975&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1972 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La CGT approuve la signature du Programme commun de gouvernement par les partis de gauche (communiste, socialiste et mouvement des radicaux de gauche). Depuis plusieurs ann&#233;es, la CGT d&#233;fendait l'id&#233;e de ce programme &#224; l'&#233;laboration duquel elle &#233;tait pr&#234;te &#224; participer, ce que le refus des autres organisations syndicales ne permit pas. Elle devait soutenir ensuite ce programme politique, ali&#233;nant ainsi une part de son autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; le cuisant recul de la gauche aux &#233;lec&#172;tions du 30 juin 1968 et le refus oppos&#233; par la FGDS &#224; l'appel du PCF pour une candidature commune de la gauche aux pr&#233;sidentielles de juin 69, le parti stalinien va enfourcher de plus belle son nouveau cheval de bataille : la conqu&#234;te du pouvoir par l'union de la gauche &#224; travers un programme &#034;de d&#233;mocratie avanc&#233;e&#034; qui &#034;ouvre la voie au socialisme &#224; la fran&#231;aise&#034;. Ce cheval de bataille est exclusivement dirig&#233; contre la reprise des combats de la classe ouvri&#232;re &#224; l'&#233;chelle mondiale, dont mai 68 a &#233;t&#233; la premi&#232;re et la plus &#233;clatante manifestation. Il est encou&#172;rag&#233; par les plus de 20% recueillis par Duclos aux pr&#233;sidentielles de 69, alors que l'&#233;chec de la candidature Defferre, qui se traduit par le pire score &#233;lectoral jamais enregistr&#233; par la social-d&#233;mocratie en France, pousse aussi le parti de Mitterrand &#224; adopter une &#034;nouvelle strat&#233;gie&#034; pour ravaler sa fa&#231;ade.&lt;br class='autobr' /&gt;
En d&#233;cembre 1969, c'est la reprise des discus&#172;sions entre le PCF et la FGDS. Au 19e congr&#232;s du PCF en f&#233;vrier 70, est officialis&#233; &#034;l'engage&#172;ment du parti dans la voie du programme commun&#034;. Dans lem&#234;me temps, Georges Mar&#172;chais est promu &#034;secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral adjoint&#034; et prend les r&#234;nes du parti &#224; la faveur de la maladie de Waldeck Rochet. Il sera officiellement intro&#172;nis&#233; au congr&#232;s suivant, en 1972. L'accord de d&#233;sistements r&#233;ciproques aux municipales de juin 1971 entre sociaux-d&#233;mocrates et staliniens permet au PCF de gagner plusieurs municipali&#172;t&#233;s importantes. Le 9 octobre de la m&#234;me ann&#233;e, le &#034;programme&#034; du PCF est publi&#233; sous le titre &#034;Changer de cap, programme pour un gouver&#172;nement d&#233;mocratique d'union populaire&#034; avec en vedette une liste de nationalisations, d&#233;finies comme &#034;l'instrument d&#233;terminant du pro&#172;gramme de changement d&#233;mocratique&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti stalinien va d&#233;sormais, &#224; partir de 1970, et pendant toute une d&#233;cennie, avec l'aide de son appendice syndical c&#233;g&#233;tiste, mobiliser massivement les prol&#233;taires avec la mystifica&#172;tion de l'application du &#034;programme commun&#034; et syst&#233;matiquement pi&#233;ger, d&#233;voyer toutes les luttes ouvri&#232;res derri&#232;re la perspective d'un gouvernement de gauche, sur le terrain &#233;lectoral. Ce programme commun de gouvernement est sign&#233; le 27 juin 1972 par les deux grands partis bourgeois de gauche auquel le Mouvement des radicaux de gauche ne tarde pas &#224; se rallier. Lors du comit&#233; central du 29, Marchais s'en f&#233;licite et souligne dans son rapport : &#034;L'essentiel, c'est que le programme commun (...) fournit un point d'appui tr&#232;s positif &#224; un d&#233;veloppement consi&#172;d&#233;rable de l'action unie des travailleurs, (...) permettant de cr&#233;er les conditions les plus favorables pour mettre les masses en mouve&#172;ment sur nos id&#233;es, nos solutions, nos objectifs&#034;. Ainsi, gr&#226;ce au projet en grande partie d&#251; &#224; son initiative, et &#224; sa capacit&#233; &#224; mystifier de cette mani&#232;re la classe ouvri&#232;re, le parti stalinien aura puissamment contribu&#233; &#224; rassurer la classe dominante et &#224; &#233;loigner &#224; nouveau le spectre de la r&#233;volution prol&#233;tarienne qui, en ressurgissant brusquement en mai 1968, venait de tant ef&#172;frayer l'ensemble de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2020&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2020&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1973 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve des LIP est une gr&#232;ve contre des licenciements et une fermeture d'usine programm&#233;e. Mais, contrairement &#224; de nombreuses gr&#232;ves de ce type, c'est une action auto-organis&#233;e par les salari&#233;s, refusant les limites habituellement impos&#233;es par les centrales syndicales : localisme, l&#233;galisme, d&#233;fensive, divisions, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;but&#233;e au d&#233;but des ann&#233;es 1970, la lutte a dur&#233; jusqu'au milieu de l'ann&#233;e 1976 et mobilis&#233; des dizaines de milliers de personnes &#224; travers la France et l'Europe enti&#232;re, notamment lors de la grande marche Lip du 29 septembre 1973 qui r&#233;unit dans une ville morte plus de 100 000 manifestants. D'autres &#233;l&#233;ments ont &#233;galement particip&#233; &#224; l'ampleur de ce combat ouvrier, comme le mode de gr&#232;ve qui comprend pour la premi&#232;re fois de l'histoire, dans une entreprise, une &#171; auto-organisation &#187; et un d&#233;passement de la loi bourgeoise, les salari&#233;s prenant possession du capital, des machines et des produits fabriqu&#233;s et les ouvriers gr&#233;vistes travaillant &#224; leur propre compte et produisant des montres dans leurs usine, avant de les &#233;couler lors de &#171; ventes sauvages &#187; ; mais aussi &#224; cause de l'aspect politique de l'affaire qui prend un tournant national quand le gouvernement de l'&#233;poque n'a d'autre choix que la mise &#224; mort de l'entreprise afin d'&#233;viter une &#171; flamb&#233;e ouvri&#232;re et syndicale &#187; au niveau national. Il s'agissait d'&#233;viter que se tire une le&#231;on d&#233;terminante : comment lutter contre des licenciements sans s'isoler dans une usine ou sur un site, en mettant toute la classe ouvri&#232;re dans le coup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4702&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4702&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1974 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La CGT est d&#233;bord&#233;e par la gr&#232;ve des banques et celle des PTT&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#232;ve des PTT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve des PTT de l'automne 1974 est sans doute l'une des plus importantes dans l'histoire sociale de ce secteur professionnel. D&#233;marr&#233;e dans les centres de tri, elle s'&#233;tend &#224; l'ensemble des services postaux mais aussi des t&#233;l&#233;coms (alors rassembl&#233;s dans un m&#234;me service public, les PTT). Parti le 17&#8200;octobre du centre de tri de gare de Lyon, c'est dans ce type d'&#233;tablissement que la gr&#232;ve, qui va s'&#233;tendre jusqu'au 2 d&#233;cembre, sera suivie avec le plus d'intensit&#233;. Le 23&#8200;octobre, la premi&#232;re manifestation organis&#233;e dans les rues de Paris rassemble pr&#232;s de 10&#8200;000 gr&#233;vistes. Le 15&#8200;novembre, un mois apr&#232;s le lancement des hostilit&#233;s, 91% des personnels des centres de tri sont encore en gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mont&#233;e du m&#233;contentement, que traduisent les chiffres des journ&#233;es de gr&#232;ve, se conjugue &#224; l'automne 1974 avec une situation politique particuli&#232;re. Val&#233;ry Giscard d'Estaing est &#233;lu au mois de mai 1974 Pr&#233;sident de la R&#233;publique avec un faible diff&#233;rentiel de voix sur Fran&#231;ois Mitterrand, le candidat de l'union de la gauche. Le programme commun de la gauche a l'appui des syndicats CGT et CFDT. Or les premi&#232;res rumeurs concernant les projets &#034;giscardiens&#034; sur les PTT renvoient des bruits de cr&#233;ation d'un office des postes et t&#233;l&#233;communications. C'est interpr&#233;t&#233; par les agents des PTT comme une privatisation et un d&#233;mant&#232;lement du service public. Depuis plusieurs ann&#233;es ces th&#232;mes agitent la profession, qui craint de perdre un statut, protecteur du ch&#244;mage et garantissant une certaine carri&#232;re. Ces inqui&#233;tudes, se lient aux traditionnelles revendications salariales, que le gouvernement r&#233;sout, &#224; minima, en concluant au niveau de la fonction publique des accords minoritaires avec FO, la FEN et la CFTC, en laissant de c&#244;t&#233; CGT et CFDT. Elles se m&#233;langent aussi avec des conditions de travail et des processus de management archa&#239;ques, face &#224; une population jeune et qui aspire &#224; la reconnaissance professionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 17 octobre 1974, lors d'une semaine d'action syndicale CGT-CFDT, un incident mineur &#224; la suite d'une Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale du personnel employ&#233; au tri postal du PLM (Gare de Lyon) provoque la cessation du travail &#034;pour une dur&#233;e illimit&#233;e&#034;, au bureau du PLM, puis en cascade dans tous les Bureaux-gares parisiens, qui sont centres de tri et centres de transit pour l'essentiel des &#233;changes postaux entre Paris et le reste de la France&#8230; Chaque bureau-gare parisien (PLM, gare d'Austerlitz, gare de Paris-Montparnasse, gare Saint-Lazare, gare du Nord, gare de Paris-Est) est en effet &#034;t&#234;te de ligne&#034; des divers services ambulants ferroviaires, qui drainent et trient le courrier de leur zone de &#034;route&#034;. &#192; ces bureaux-gares se rattache Paris-Brune, un centre plus r&#233;cent, traitant essentiellement du courrier d'entreprise et celui de banlieue parisienne D&#232;s le 22 octobre, la gr&#232;ve y est g&#233;n&#233;rale. Elle paralyse le pays progressivement, tant l'&#233;conomie moderne est tributaire des &#233;changes. Tous les secteurs de la Poste, guichets, distribution, Ch&#232;ques postaux suivent le mouvement. Il emporte les services des t&#233;l&#233;communications, les premiers menac&#233;s par une privatisation &#233;ventuelle et le d&#233;mant&#232;lement des PTT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4616&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4616&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#232;ve des banques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/doc_uc/1974/greve_CL.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/doc_uc/1974/greve_CL.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1977-1979 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au printemps 1977, il ne s'oppose plus &#224; l'&#233;lection au suffrage universel du Parlement europ&#233;en qu'il avait vivement combattue au nom de la d&#233;fense de la &#034;souverainet&#233; nationale&#034;. Et sur&#172;tout, en mai de la m&#234;me ann&#233;e, il renonce &#224; sa traditionnelle opposition &#034;pacifiste&#034; (en fait au b&#233;n&#233;fice de l'URSS) &#224; l'armement nucl&#233;aire. Mais au fur et &#224; mesure qu'il transige avec le PS et qu'il s'&#233;loigne de la tutelle du bloc russe, il manifeste de plus en plus clairement ses craintes de se faire phagocyter par le PS. Il redoute de subir une usure rapide de cr&#233;dit en cas de participation au gouvernement, alors qu'il ne dispose plus d'une marge de man&#339;uvre et de moyens suffisants pour mener sa propre poli&#172;tique capitaliste d'Etat. Bref, il craint de devenir le dindon de la farce et, une fois au pouvoir, de perdre son emprise sur la classe ouvri&#232;re. C'est pourquoi en prenant l'initiative de la rupture du programme commun en septembre 1977, le PCF r&#233;affirme la sp&#233;cificit&#233; de son programme stalinien et, sous pr&#233;texte de ses d&#233;saccords avec le PS, il se pr&#233;pare &#224; mieux disposer de ses forces dans l'opposition, contre le d&#233;veloppe&#172;ment de la lutte de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir entra&#238;n&#233; les ouvriers pendant des ann&#233;es et d&#233;voy&#233; leurs luttes derri&#232;re la pers&#172;pective mystificatrice de la gauche au gouverne&#172;ment, le PCF prend l'initiative de la rupture du Programme commun en septembre 1977. A court terme, l'objectif fondamental de cette rupture est pour lui ne pas se faire avaler par le PS et de pr&#233;server la sp&#233;cificit&#233; de son pro&#172;gramme stalinien. Mais cette mise dans l'oppo&#172;sition d&#233;lib&#233;r&#233;e lui permetet aussi de disposer de l'int&#233;gralit&#233; de sa force d'encadrement id&#233;olo&#172;gique contre le d&#233;veloppement de la lutte de classe et de satisfaire ainsi aux int&#233;r&#234;ts g&#233;n&#233;raux de la bourgeoisie. C'est donc, en derni&#232;re instance, la raison essentielle de ce changement de strat&#233;gie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, face au nouveau d&#233;veloppement de la lutte de classe qui s'amorce &#224; partir de 1978, se traduisant notamment en France par la lutte des sid&#233;rurgistes en 1979, et surtout face au discr&#233;dit croissant et aux tentatives de d&#233;borde&#172;ments de l'appareil d'encadrement syndical dans ces luttes, la bourgeoisie se dispose &#224; mettre en place une nouvelle orientation dans les princi&#172;paux Etats capitalistes occidentaux : le retour de fractions significatives de gauche dans l'oppo&#172;sition pour mieux contrer et contr&#244;ler le d&#233;ve&#172;loppement de cette vague internationale de luttes ouvri&#232;res. Le retour des travaillistes dans l'opposition en Grande-Bretagne en 1979, pre&#172;mi&#232;re manifestation de cette r&#233;orientation, est suivi par le retour dans l'opposition du parti d&#233;mocrate aux Etats-Unis en 1980 et par celui de la social-d&#233;mocratie allemande en 1982. Dans ce cadre, l'arriv&#233;e de la gauche au pouvoir en France en 1981 (entra&#238;nant dans son sillage la participation du PCF au gouvernement) a bien un caract&#232;re &#034;accidentel&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au long de la p&#233;riode qui suit la rupture du Programme Commun, le PC se raidit et redouble ses attaques contre le gouvernement et le &#034;plan Barre&#034; accus&#233; de &#034;brader et de casser l'&#233;conomie nationale&#034; tout en d&#233;cha&#238;nant tout autant ses harangues contre le PS, d&#233;sormais qualifi&#233; de &#034;fid&#232;le alli&#233; du capitalisme et de l'imp&#233;rialisme&#034;. Le parti stalinien pr&#233;conise d&#233;sormais &#034;l'union &#224; la base&#034; et radicalise son discours. La d&#233;fense inconditionnelle des natio&#172;nalisations rejoint chez lui le nationalisme le plus exacerb&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ao&#251;t 1978, il lance une grande campagne contre l'&#233;largissement du march&#233; commun et, sous pr&#233;texte de d&#233;fendre une politique d'ind&#233;&#172;pendance nationale, contre une Europe &#224; la fois &#034;pro-atlantiste&#034; et &#034;pan-germanique&#034;, il ne tarde gu&#232;re, face &#224; l'accentuation des plans de licencie&#172;ments, &#224; mettre le paquet pour tenter d'entra&#238;ner les ouvriers sur le terrain hyper-nationaliste. Au nom du &#034;travailler fran&#231;ais&#034;, il organise des actions-commandos contre le minerai &#034;allemand&#034; et exige le refus d'embauche de main-d'oeuvre &#034;&#233;trang&#232;re&#034; (notamment lors de la gr&#232;ve des marins, en novembre 78). Faisant de la suren&#172;ch&#232;re sur les mesures anti-immigr&#233;s adopt&#233;es par le ministre Stoleru, il r&#233;clame carr&#233;ment au gouvernement Giscard &#034;l'arr&#234;t de la politique d'immigration&#034; et pousse aux expulsions d'im&#172;migr&#233;s dans les communes qu'il dirige en r&#233;cla&#172;mant la fixation d'un &#034;quota d'immigr&#233;s&#034;. Le chauvinisme du parti stalinien passe par des campagnes racistes et x&#233;nophobes qui n'ont rien &#224; envier &#224; ce que mettra bient&#244;t en avant &#224; son tour le Front National. Ainsi, plusieurs maires staliniens de la r&#233;gion parisienne prennent des initiatives contre l'augmentation du nombre d'immigr&#233;s dans leur commune.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 24 d&#233;cembre 1980, les &#233;lus PC de Vitry saccagent &#224; coups de bulldozer un foyer de travailleurs immigr&#233;s maliens et, en f&#233;vrier 1981, le si &#034;d&#233;mocrate&#034; et &#034;d&#233;bonnaire&#034; secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral actuel, Robert Hue organise une mani&#172;festation dans sa commune de Montigny-l&#232;s-Cormeilles pour faire expulser une famille ma&#172;rocaine sur laquelle il a fait courir la fausse rumeur qu'elle se livrait &#224; du trafic de drogue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette virulente propagande x&#233;nophobe allait dans les ann&#233;es suivantes, pousser nombre de ses militants et de ses &#233;lecteurs, &#034;d&#233;&#231;us par la gauche&#034;, dans les bras du Front National.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la mont&#233;e des luttes, le PC radicalise son discours id&#233;ologique. Pour tenter de mieux du&#172;per la classe ouvri&#232;re, le parti stalinien parle m&#234;me de &#034;R&#233;volution&#034;. C'est d'ailleurs le nom qu'il donne &#224; son nouvel hebdomadaire, produit de la fusion entre La Nouvelle Critique et France Nouvelle, tandis que les Jeunesses Communis&#172;tes publient un manifeste lui aussi intitul&#233; &#034;Vive la R&#233;volution !&#034;. Ne cherchant plus &#224; paralyser les luttes en rabattant les ouvriers uniquement sur le terrain &#233;lectoral, il les encourage en s'ap&#172;pliquant &#224; les saboter pour les faire d&#233;railler. Devant un public d'intellectuels d&#233;but 1980 Marchais explique que &#034;le parti n'a pas chang&#233; mais qu'il a d&#251; s'adapter au d&#233;veloppement des luttes&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il pousse les ouvriers dans des gr&#232;ves dures, longues, et surtout bien isol&#233;es, ax&#233;es sur la d&#233;fense corporatiste de l'entreprise, comme l'entreprise d'industrie navale Terrin dans la r&#233;gion marseillaise ou la manufacture d'armes Manufrance &#224; Saint-Etienne, dont le maire PC avait pouss&#233; les ouvriers &#224; accepter certains licenciements pour &#034;sauver l'entreprise&#034; (avant d'avaliser sa fermeture d&#233;finitive). Tout cela au nom du &#034;fabriquons fran&#231;ais&#034;, entra&#238;nant les ouvriers &#224; s'identifier avec leur entreprise (le PC et la CGT ne parlent alors que de la lutte &#034;des Terrin&#034;, &#034;des Renault&#034; ou &#034;des Manu&#034;) et &#224; se mobiliser en permanence &#034;contre la casse de l'&#233;conomie nationale&#034; derri&#232;re le mot d'ordre &#034;vivre et travailler au pays&#034;. C'est l'&#233;poque du d&#233;but des vastes plans de restructuration dans les secteurs majeurs de l'&#233;conomie fran&#231;aise regroupant les plus importantes concentra&#172;tions ouvri&#232;res : la sid&#233;rurgie, la construction navale, les mines, le textile. Les annonces de licenciements pleuvent, la combativit&#233; ouvri&#232;re se r&#233;veille et, avec elle, la m&#233;fiance envers les syndicats qui sabotent les tentatives d'exten&#172;sion des luttes. Le PCF pare au plus press&#233; et vole en priorit&#233; au secours du syndicalisme en g&#233;n&#233;ral et de la CGT en particulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conjointement avec son auxiliaire syndical, le parti stalinien lance tous azimuts sa propa&#172;gande &#034;vivre et travailler au pays&#034;. Contre la tendance grandissante vers l'extension des lut&#172;tes, il multiplie les op&#233;rations &#034;villes mortes&#034; pour enfermer les ouvriers derri&#232;re la d&#233;fense de l'usine, de l'entreprise, de la corporation, de la r&#233;gion, de la nation. A Longwy, &#224; Denain, &#224; Dunkerque, le PC est en premi&#232;re ligne, avec la CGT, au printemps 1979 pour saboter l'exten&#172;sion de la lutte et les tentatives de prise en charge des ouvriers eux-m&#234;mes dans les AG. Il s'af&#172;fronte alors directement aux ouvriers qui tentent de d&#233;border l'appareil d'encadrement syndical. Le 23 mars 1979, lors de la manifestation organis&#233;e &#224; Paris sous la pression des ouvriers, le service d'ordre de la CGT et tous les gros bras staliniens pr&#234;tent main-forte aux forces de po&#172;lice officielles de l'Etat qui chargent violemment et pourchassent jusque dans les trains les sid&#233;&#172;rurgistes, d&#233;non&#231;ant et faisant arr&#234;ter les ouvriers les plus combatifs en les faisant passer pour des &#034;casseurs&#034; et des &#034;autonomes irresponsables&#034;. Le PCF aura rendu un fier service &#224; l'Etat bourgeois en lui permettant ainsi de pratiquer les coupes claires les plus importantes dans les secteurs les plus concentr&#233;s du prol&#233;tariat en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7226&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7226&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1981 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;PCF et CGT militent &#224; fond pour&#8230; Mitterrand !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7150&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7150&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; un soutien confirm&#233; du PCF et de la CGT qui participent au pouvoir, Mitterrand m&#232;ne une politique anti-ouvri&#232;re&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous les deux pr&#233;sidences de Mitterrand, de 1981 &#224; 1995, les attaques n'ont pas manqu&#233; contre la classe ouvri&#232;re. D&#232;s 1982, le gouvernement Mauroy a organis&#233; le blocage des salaires et interdit d'indexer ceux-ci sur le co&#251;t de la vie. Pendant ce temps-l&#224;, l'imp&#244;t sur les b&#233;n&#233;fices des soci&#233;t&#233;s, qui &#233;tait de 50% sous Giscard, passait &#224; 45% en 1986, avant que le gouvernement Jospin-Fabius ne d&#233;cide de le ramener &#224; 33% en 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique men&#233;e par les socialistes sous Mitterrand d&#233;&#231;ut &#224; tel point l'&#233;lectorat populaire que la majorit&#233; &#233;lue en 1981 fut battue aux &#233;lections l&#233;gislatives de 1986, comme celle issue des urnes apr&#232;s la r&#233;&#233;lection de Mitterrand en 1988 fut lamin&#233;e aux &#233;lections l&#233;gislatives de 1993. &#192; chaque fois la gauche pr&#233;para le terrain pour un retour de la droite, qui elle-m&#234;me, par son cynisme et sa morgue envers le monde du travail, permit au PS de se refaire une virginit&#233;. C'est ce que les commentateurs appellent &#171; l'alternance &#187;, mais une alternance dans laquelle ce sont toujours les poss&#233;dants qui sont les gagnants, et les classes populaires les perdantes.&lt;br class='autobr' /&gt;
La gauche a fait ce que la droite n'avait pas os&#233; : lever le tabou de la privatisation des services publics, en vendant de larges parts de France Telecom et d'Air France, cette derni&#232;re sous l'&#233;gide du ministre communiste Gayssot. Le gouvernement a d'ailleurs franchi une premi&#232;re &#233;tape, en faisant voter par l'assembl&#233;e, en f&#233;vrier 1999, l'ouverture du march&#233; de l'&#233;lectricit&#233;. Le gouvernement Jospin a mis La Poste et la SNCF sur la m&#234;me voie de &#171; l'ouverture du march&#233; &#187; et de la rentabilisation par secteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bradage pass&#233; de France Telecom et &#224; venir d'EDF n'&#233;tait pas simplement destin&#233; &#224; donner &#224; des bourgeois fran&#231;ais de nouvelles opportunit&#233;s de profits, il doit aider &#224; faire de ces groupes des g&#233;ants capitalistes mondiaux. EDF, qui r&#233;alise d&#233;j&#224; presque le quart de son chiffre d'affaires &#224; l'&#233;tranger veut faire passer cette part &#224; 50 % d'ici 2004/2005. Pour cela l'entreprise souhaite justement l'ouverture du march&#233; europ&#233;en pour conqu&#233;rir de nouvelles positions &#224; l'ext&#233;rieur et l'ouverture de son capital pour mobiliser des fonds sur les march&#233;s financiers et n&#233;gocier des fusions-acquisitions. Sous la tutelle de la gauche, EDF et GDF n'ont pas attendu leur privatisation pour se lancer dans la sp&#233;culation sur le march&#233; international de l'&#233;nergie. Elles ont mont&#233; leur propre filiale de trading (le m&#233;tier d'Enron, la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine dont la faillite fait actuellement scandale), EDF-trading (en collaboration avec Vivendi) et Gaselys (avec la Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale). Mais pour grossir &#224; l'&#233;tranger et devenir des num&#233;ros un mondiaux, ces entreprises doivent bien pr&#233;senter la facture &#224; quelqu'un. Ce sera leurs salari&#233;s, dont les conditions de travail se d&#233;gradent, et les usagers, qui ont vu le gouvernement augmenter plusieurs fois les tarifs du gaz et de l'&#233;lectricit&#233;. L'avenir est programm&#233; : comme France Telecom, EDF et GDF tenteront de plus en plus de se lib&#233;rer des contraintes du service public, au profit de la rentabilit&#233; imm&#233;diate ...aux d&#233;pens des salari&#233;s comme des usagers. Tout en faisant passer au priv&#233; les secteurs les plus rentables du secteur public, il a soumis le reste &#224; une di&#232;te de 5 ans. D&#232;s 1997, il a proclam&#233; le &#171; gel de l'emploi public &#187;. Le plan Jupp&#233; de 1995 a &#233;t&#233; prolong&#233;. Les h&#244;pitaux ont continu&#233; d'&#234;tre rationn&#233;s en effectifs et en moyens. Dans la premi&#232;re moiti&#233; des ann&#233;es 1990, les d&#233;penses du secteur hospitalier avaient augment&#233; de 7 % par an, ce qui &#233;tait d&#233;j&#224; insuffisant pour suivre le d&#233;veloppement de l'activit&#233;. Mais entre 1995 et 2000, cette augmentation a &#233;t&#233; de 7 % au total ! Un lit sur 15 a &#233;t&#233; supprim&#233; de 1994 &#224; 1999. En 2002, alors que le passage aux 35 heures aurait n&#233;cessit&#233; la cr&#233;ation d'au moins 80 000 postes, le gouvernement n'en promet que 40 000, et les hospitaliers exasp&#233;r&#233;s multiplient les gr&#232;ves. Gel de l'embauche, surcharge de travail, p&#233;nurie de moyens : le m&#234;me traitement a &#233;t&#233; r&#233;serv&#233; aux transports, &#224; la poste ou encore &#224; l'&#233;ducation nationale. Le gouvernement &#034;de gauche&#034; a continu&#233; d'&#233;tendre la pr&#233;carit&#233; : sur 3,4 millions de salari&#233;s des trois fonctions publiques, il y a aujourd'hui 960 000 non titulaires et plus de 300 000 &#171; contrats aid&#233;s &#187; (CES, emplois-jeunes, contrats de ville&#8230;). De quoi donner envie de voir Jospin go&#251;ter &#224; son tour &#224; la pr&#233;carit&#233; de l'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche au gouvernement a bien s&#251;r mis en place de nouvelles lois, comme les 35 heures, pris des mesures budg&#233;taires, comme les emplois-jeunes, et avalis&#233; des r&#232;gles nouvelles, comme le PARE imposant aux ch&#244;meurs de nouvelles contraintes pour leur faire accepter n'importe quel travail &#224; n'importe quel prix. Mais si ces mesures ont eu des cons&#233;quences certaines sur les conditions de vie de bon nombre de salari&#233;s, leurs effets r&#233;els sur l'emploi sont, eux, tout &#224; fait incertains. Pour les 35 heures il n'a ainsi jamais &#233;t&#233; vraiment possible d'en &#233;valuer les effets sur l'emploi. Le gouvernement a pr&#233;tendu que l'application de la loi avait permis la cr&#233;ation de plusieurs centaines de milliers de postes. Mais personne n'a jamais pu savoir quelle &#233;tait dans ces chiffres la part des embauches en compensation de la r&#233;duction du temps de travail, et celle de &#171; l'effet d'aubaine &#187;, permettant aux patrons de rafler les cadeaux en mati&#232;re de charges sociales, pour des embauches qu'ils auraient de toutes fa&#231;ons &#233;t&#233; amen&#233;s &#224; r&#233;aliser. Ce qui est par contre parfaitement palpable (surtout pour ceux qui les touchent), ce sont les milliards sous forme de baisses de charges sociales r&#233;cup&#233;r&#233;es par le patronat au titre de la pr&#233;tendue r&#233;duction du temps de travail. Et c'est aussi que cette loi concoct&#233;e et vot&#233;e par la gauche, a ouvert la porte &#224; une g&#233;n&#233;ralisation de la flexibilit&#233; et dans bien des cas d&#233;t&#233;rior&#233; les conditions de travail des salari&#233;s, en m&#234;me temps que donn&#233; lieu &#224; des r&#233;ductions de salaires ou de primes. Autre certitude, l'application des 35 heures a provoqu&#233; de tr&#232;s nombreux mouvements de gr&#232;ve et protestations &#8211; jusqu'&#224; aujourd'hui &#8211; r&#233;v&#233;lateurs de l'appr&#233;ciation des salari&#233;s concern&#233;s sur les pr&#233;tendus bienfaits de la loi. Quant aux emplois-jeunes, la gauche qui en avait promis 700 000 n'en a r&#233;alis&#233;s sur la l&#233;gislature qu'un peu moins de la moiti&#233;, cr&#233;&#233;s par les seuls secteurs public et associatif. Ces emplois ont certes &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;s comme un d&#233;pannage bienvenu par une partie des jeunes concern&#233;s, en fin de scolarit&#233; ou d&#233;j&#224; au ch&#244;mage, ou encore salari&#233;s depuis peu et saisissant l'occasion de changer de patron. Mais ces emplois, sous forme de contrats de cinq ans, financ&#233;s &#224; 80 % par l'Etat, ont inaugur&#233; une nouvelle forme de pr&#233;carit&#233; et de salaire au rabais. Embauch&#233;s dans l'enseignement, dans la police, dans les transports en commun, dans les municipalit&#233;s, etc., les jeunes en question se sont souvent retrouv&#233;s &#224; boucher des trous dans des administrations qui ont ainsi pourvu les postes manquants en les payant en dessous du tarif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Augmentation de la pr&#233;carit&#233; et de l'ins&#233;curit&#233; au travail&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien n'a &#233;t&#233; fait par ailleurs par le gouvernement de gauche contre la pr&#233;carit&#233; en g&#233;n&#233;ral. Sauf &#224; consid&#233;rer que la disposition de la derni&#232;re loi dite &#171; de modernisation sociale &#187;, passant de 6 % &#224; 10 % la prime de pr&#233;carit&#233; des CDD pour l'aligner sur celle des int&#233;rimaires, puisse constituer une r&#233;elle pression sur les patrons. La progression de la pr&#233;carit&#233; a au contraire accompagn&#233; la cr&#233;ation des nouveaux emplois, avec pour corollaire l'ins&#233;curit&#233; au travail. Entre 1999 et 2000 le nombre d'accidents du travail a ainsi progress&#233; de 4,6 % selon les chiffres du minist&#232;re de l'emploi qui pr&#233;cise que le secteur de l'int&#233;rim est particuli&#232;rement touch&#233; et que la pr&#233;carit&#233; et la flexibilit&#233; des horaires en sont les principales causes. Quant aux licenciements collectifs pour motif dit &#233;conomique, ils se sont mis &#224; grimper &#224; nouveau brutalement avec la rafale des plans sociaux au printemps dernier. En un an, de novembre 2000 &#224; novembre 2001, leur nombre a progress&#233; de 39,8 % pendant que le ch&#244;mage lui progressait de 12,7 %. Pour faire croire qu'il se pr&#233;occupait des licenciements &#233;conomiques, le gouvernement a propos&#233; un dispositif, toujours dans le cadre de cette loi de &#171; modernisation sociale &#187;, suscitant une longue discussion parlementaire. Le texte n'est finalement qu'une collection de dispositions l&#233;gales d&#233;j&#224; existantes et de vagues recommandations. Et de plus la d&#233;finition du licenciement &#233;conomique &#8211; fruit de concessions de Jospin au PCF mais qui ne pouvait tout au plus que permettre de retarder de quelques jours la mise en application des licenciements &#8211; a &#233;t&#233; retoqu&#233;e par le Conseil Constitutionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion : le point essentiel est que la gauche a fait passer dans le mouvement ouvrier (traduisez avec l'appui de toutes les bureaucraties syndicales) l'id&#233;e de la r&#233;forme... id&#233;e reprise ensuite par Sarkozy et ses successeurs de gauche, de droite et du centre pour casser tous les droits sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve383&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve383&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1984 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement de gauche de Mitterrand soutenu par le PCF et la CGT trahit les ouvriers de la sid&#233;rurgie lorraine&#8230; La CGT fait mine de mener des actions spectaculaires pour occuper les gr&#233;vistes de la sid&#233;rurgie mais ne fait aucun pas pour que l'ensemble des travailleurs du pays se sentent concern&#233;s et agissent avec les sid&#233;rurgistes. Le faux radicalisme des syndicats avait pour but de continuer &#224; garder le contr&#244;le de la lutte pour faire en sorte qu'elle ne leur &#233;chappe pas. Les syndicats se sont dit que la classe ouvri&#232;re voulait en jouer et qu'il fallait faire semblant sous peine d'&#234;tre d&#233;barqu&#233;s et que les travailleurs se passent de leurs chefs syndicaux. Mais ce n'&#233;tait qu'une tactique conjoncturelle. On a bien vu ensuite que ces centrales ne s'&#233;taient pas r&#233;ellement radicalis&#233;es et elles ont repris leur train-train de mouvements tournants, de luttes locales, de luttes partielles, de luttes &#233;miett&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1543&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1543&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La trahison par PCF et CGT de la gr&#232;ve Talbot, les staliniens soutenant le gouvernement de gauche, entrainera la division durable entre travailleurs fran&#231;ais et immigr&#233;s, ces derniers s'estimant l&#226;ch&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6442&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6442&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1984, dans l'entreprise Talbot, un atelier de 3000 salari&#233;s (sur les 14 000 que comptent l'usine) se met en gr&#232;ve contre des licenciements, c'est la CFDT qui m&#232;ne la lutte. Ce conflit intervient apr&#232;s une s&#233;rie de revers partiels dans ce secteur automobile. Sur le plan local et national, la CGT va se conduire &#224; nouveau en briseur de gr&#232;ve, quant &#224; la direction de la CFDT elle ne fera rien pour briser l'isolement de cette gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une d&#233;faite locale, dans l'isolement, mais qui marque la fin de la combativit&#233; dans ce secteur, le seul o&#249; elle s'&#233;tait maintenue. La d&#233;faite dans l'automobile est aussi importante que celle de la sid&#233;rurgie en 1979.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement annonce d'ailleurs des dizaines de milliers de licenciements dans la sid&#233;rurgie, la direction de Renault programme 20 000 licenciements avant la fin de 86. Il y a peu de r&#233;actions. En 1983, le nombre de ch&#244;meurs atteint les deux millions. Si dans la fonction publique les gr&#232;ves se multiplient entre 1983-84, contre l'aust&#233;rit&#233;, elles ne peuvent inverser la tendance. Le rapport de force est en faveur du gouvernement et du patronat qui ont les mains libres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1984, il y a encore des &#233;lections, cette fois pour les Europ&#233;ennes, sur fond de forte abstention. Le Front National fait presque jeu &#233;gal avec le PCF qui recueille 11 % des votes, il a obtenu deux millions de voix. Cette perc&#233;e des fascistes va se confirmer dans les ann&#233;es suivantes. Par son audience et son id&#233;ologie, le FN va tirer tout l'&#233;chiquier &#224; droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PS va se lancer dans la surench&#232;re, ainsi lors d'un d&#233;bat &#224; l'assembl&#233;e, G. Dufois se targue d'avoir organis&#233; 12 000 expulsions d'immigr&#233;s clandestins. En mati&#232;re de s&#233;curit&#233; comme de politique de l'immigration, la gauche veut prouver qu'elle peut faire aussi bien que la droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fabius, pour d&#233;signer la politique qu'il m&#232;ne, parle de &#034;sale boulot&#034;. Mais cette politique, orthodoxie budg&#233;taire et gestionnaire, n'est pas neutre au niveau social. Les milieux gouvernementaux en viennent &#224; pourchasser l'esprit de protestation et de lutte avec lequel la gauche s'identifiait plus ou moins avant 1981.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, dans le programme de 1981 les socialistes promettent d'accorder le droit de vote aux immigr&#233;s. Une fois au pouvoir, ils r&#233;gularisent 300 000 sans-papiers, mais le ministre de l'Int&#233;rieur, G. Deferre, maintient les contr&#244;les d'identit&#233; (au faci&#232;s) et les expulsions. En 1983, Maire de Marseille, il m&#232;ne campagne et sur ses affiches on peut lire : &#034;La droite, 20 ans d'immigration sauvage. Avec la gauche, enfin un contr&#244;le vigilant dont on mesure les effets.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mont&#233;e du FN est spectaculaire, il passe de 0,1 % aux l&#233;gislatives &#224; 10 % en 1984. En 1986, aux &#233;lections l&#233;gislatives du scrutin proportionnel, le Front confirme son score et entre &#224; l'assembl&#233;e avec une trentaine de d&#233;put&#233;s. Mais cette moyenne cache des r&#233;sultats qui localement sont inqui&#233;tants. Ainsi &#224; Marseille, le FN obtient 24 %, et 22 % dans le d&#233;partement des Bouches-du-Rh&#244;ne. Quelle est la part de d&#233;magogie de la politique Deferre dans cette ascension ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche porte une lourde responsabilit&#233; dans ce retour du fascisme. Sa politique a d&#233;moralis&#233; les salari&#233;s, des r&#233;gions enti&#232;res ont &#233;t&#233; d&#233;sindustrialis&#233;es. Elle a non seulement g&#233;r&#233; le syst&#232;me dans le sens des int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie, mais a aussi jou&#233; la carte raciste, &#034;diviser pour mieux r&#233;gner&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ministre PC des Transports Fiterman l&#226;che les flics de l'Etat contre les gr&#233;vistes de la gare St. Lazare en juin 1984, en les traitant de &#034;provocateurs manipul&#233;s par l'extr&#234;me-droite&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, le PC vote sans h&#233;siter l'augmenta&#172;tion des cr&#233;dits militaires et approuve l'inter&#172;vention fran&#231;aise au Liban et au Tchad. Ce qui n'emp&#234;che nullement que, depuis sa rupture du Programme Commun, on assiste au r&#233;alignement complet du PCF sur la politique imp&#233;rialiste de l'URSS. Ainsi, le PCF avait apport&#233; d&#232;s le d&#233;but son soutien &#224; l'intervention russe en Afghanistan, d'abord avec prudence fin d&#233;cembre 1979, puis tout &#224; fait r&#233;solument &#224; partir de la rencontre entre Marchais et Brejnev &#224; Moscou le 11 janvier 1980. Comme au d&#233;but de la &#034;guerre froide&#034; dans les ann&#233;es cinquante, il se lance dans une vaste campagne &#034;pacifiste&#034; contre le projet d'installation des fus&#233;es Pershing par l'OTAN en Europe occidentale, d'abord en r&#233;activant le vieux &#034;Mouvement pour la Paix&#034;, puis une fois au gouvernement, il est &#224; l'initiative de &#034;l'Appel des Cent&#034; qui lui permet de s'abriter derri&#232;re des &#034;personnalit&#233;s&#034; sans remettre en cause pour autant sa participation active et directe au budget de la &#034;d&#233;fense nationale&#034; (en hausse de 17,6% en 1982) et de voter en 1983 la loi de programmation militaire pour les cinq ans &#224; venir. Cependant, toutes les manifesta&#172;tions anim&#233;es ou soutenues par le PCF d&#233;si-gnent et condamnent unilat&#233;ralement le seul &#034;imp&#233;rialisme am&#233;ricain&#034; comme &#034;fauteur de guerre&#034; et toutes apportent leur soutien &#224; la pseudo-&#034;politique de paix&#034; de l'URSS, y com&#172;pris le d&#233;ploiement des SS-20, &#034;facteur d'&#233;qui&#172;libre dans la coexistence pacifique.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PCF d&#233;cide pourtant de quitter le gouver&#172;nement en juillet 1984. La cause fondamentale de ce d&#233;part est que la bourgeoisie a besoin d'une fraction de gauche dans l'opposition pour enca&#172;drer les r&#233;actions de la classe ouvri&#232;re, en par&#172;ticulier &#224; la veille de proc&#233;der &#224; des licenciements massifs au c&#339;ur m&#234;me du bastion majeur et le plus sensible de la classe ouvri&#232;re, les usines Renault et de passer &#224; des &#034;r&#233;formes&#034; d'enver&#172;gure passant par une &#233;norme suppression d'ef&#172;fectifs dans le secteur public (postes, t&#233;l&#233;com&#172;munications, SNCF,...). Cette d&#233;cision m&#251;re&#172;ment r&#233;fl&#233;chie va &#234;tre suivie par des actions &#034;dures&#034; et spectaculaires de la CGT : occupa&#172;tion de l'usine d&#233;saffect&#233;e SKF &#224; Vitry en 1985, entra&#238;nement d'une minorit&#233; d'ouvriers dans des actions-commandos &#224; r&#233;p&#233;tition chez Renault pendant tout l'&#233;t&#233;, notamment en baladant les ouvriers dans les &#034;beaux quartiers&#034; (blocage des Champs-Elys&#233;es lors de l'&#233;t&#233; 1987).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1986-1987 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve des cheminots de l'hiver est lanc&#233;e malgr&#233; l'opposition de la CGT et dirig&#233;e par des assembl&#233;es souveraines, des comit&#233;s de gr&#232;ve et des coordinations&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La remise en cause des syndicats par la base va culminer avec les gr&#232;ves &#224; la SNCF de l'hiver 86, obligeant la bourgeoisie &#224; recourir &#224; des coordi&#172;nations anim&#233;es par des syndicalistes de base et des gauchistes pour r&#233;cup&#233;rer le contr&#244;le de la lutte. Le PC, rel&#233;gu&#233; au second plan, est con&#172;traint de rester prudemment dans l'ombre de la CGT. Celle-ci, pendant les trois premiers jours d'une gr&#232;ve qui, avec une rapidit&#233; foudroyante, avait entra&#238;n&#233; derri&#232;re elle 98% des agents de conduite et en plusieurs endroits d'autres cat&#233;&#172;gories et autres secteurs de la SNCF, s'oppose ouvertement au mouvement. Dans certains d&#233;&#172;p&#244;ts de la r&#233;gion parisienne, elle appelle &#224; la reprise du travail, dans d'autres (Paris-Austerlirz ou Miramas sur le r&#233;seau Sud-Est), elle va jusqu'&#224; organiser des &#034;piquets de travail&#034;. Une fois la lutte enferm&#233;e sur un terrain corporatiste, elle va faire un retour en force en assurant une fausse extension pour &#233;largir la d&#233;faite au sein de la classe ouvri&#232;re. Cependant, au cours de toute cette p&#233;riode, le PCF fait l'exp&#233;rience de l'am&#172;pleur de son discr&#233;dit. Il paie au prix fort ses trois ans de politique antiouvri&#232;re au gouvernement. Cette d&#233;saffection se traduit imm&#233;diatement sur le plan &#233;lectoral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les l&#233;gislatives de mars 1986 sont catastro&#172;phiques pour le PC qui passe sous la barre des 10%. On commence &#224; assister au transfert de ses voix vers le FN, notamment dans ses fiefs traditionnels de la &#034;ceinture rouge&#034;. Mais la d&#233;gringolade n'est pas termin&#233;e. Voulant &#233;viter une humiliation personnelle, Marchais fait d&#233;&#172;signer un candidat minable, sans personnalit&#233;, Lajoinie comme candidat aux pr&#233;sidentielles de 1988. La d&#233;faite est cuisante, avec 6,7% des votants, c'est le pire r&#233;sultat jamais enregistr&#233; par le PC, qui aura perdu en 20 ans les 3/4 de son &#233;lectorat. Aux l&#233;gislatives suivantes, il remonte &#224; 11,1%, mais &#233;tant donn&#233; le fort taux d'abstention dans l'&#233;lectorat de gauche, cela ne repr&#233;sente plus que 7,2% des inscrits. M&#234;me s'il se maintient mieux aux &#233;lections municipa&#172;les de 1989, il n'en perd pas moins pr&#232;s de 300 communes (ne g&#233;rant plus que 2,6% des com&#172;munes en m&#233;tropole) et ne conserve notam&#172;ment plus qu'une commune de plus de 100 000 habitants (Le Havre). Ayant du mal &#224; appara&#238;&#172;tre comme force d'opposition cr&#233;dible, le parti de Marchais est pour la premi&#232;re fois de son histoire de parti bourgeois confront&#233; &#224; une crise ouverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats ont r&#233;ussi &#224; arr&#234;ter la gr&#232;ve&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout de trois semaines, la gr&#232;ve n'avait pas encore faibli. Le lundi 5 janvier, apr&#232;s le pont du Premier de l'An, de nombreux cheminots qui avaient &#233;t&#233; en cong&#233; pour quelques jours, rejoignaient de nouveau les gr&#233;vistes, et partout les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales &#233;taient plus nombreuses. Malgr&#233; l'attitude de la FGAAC, poussant ostensiblement &#224; la reprise apr&#232;s les f&#234;tes bien qu'elle n'os&#226;t pas prononcer le mot, le nombre des agents de conduite qui avaient abandonn&#233; &#233;tait infime. De nouvelles n&#233;gociations jeudi 8 janvier n'amen&#232;rent que des miettes qui furent jug&#233;es telles par les gr&#233;vistes, et le soir la gr&#232;ve tenait toujours aussi bon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intox &#224; la reprise battait son plein. Celle-ci &#233;tait annonc&#233;e chaque jour. Pourtant chaque jour, c'&#233;tait le m&#234;me pourcentage de trains qui roulaient, pas plus. A partir du vendredi 9, il y eut la pr&#233;tendue mobilisation des usagers, c'est-&#224;-dire des patrons et des partis de droite. Mais tout cela n'impressionna gu&#232;re les gr&#233;vistes, au plus, cela accrut la col&#232;re de quelques-uns.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceux qui ont arr&#234;t&#233; la gr&#232;ve, ce sont les syndicats : la CFDT et la CGT, puisque les autres soit n'avaient jamais &#233;t&#233; dans la gr&#232;ve, soit comme la FGAAC l'avait d&#233;j&#224; abandonn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La manoeuvre pour arr&#234;ter une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#224; la SNCF alors que les gr&#233;vistes eux-m&#234;mes ne sont nullement pr&#234;ts &#224; abandonner, n'est pas une nouveaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'a d&#233;j&#224; vue se r&#233;p&#233;ter en 1968, en 1971, en 1976, bref &#224; chaque fois qu'une gr&#232;ve impliquant des dizaines de milliers de cheminots aux quatre coins du territoire est devenue pesante ou g&#234;nante pour les organisations syndicales. Cette manoeuvre consiste &#224; pousser &#224; la reprise les secteurs les plus faibles au lieu de les conforter en montrant que la grosse majorit&#233; tient ferme. Puis, en se servant de leur exemple, &#224; souffler aux autres que le vent est &#224; la reprise, et ainsi les d&#233;courager et les d&#233;moraliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fois-ci, l&#224; encore, c'est la CFDT qui s'est avanc&#233;e la premi&#232;re. D&#232;s la fin des n&#233;gociations jeudi 8 au soir, la F&#233;d&#233;ration faisait savoir que, bien s&#251;r sans se prononcer pour la reprise, elle estimait que les gr&#233;vistes ne pourraient de toute fa&#231;on rien obtenir de plus. A part cela, elle les laissait libres de se prononcer pour ou contre la continuation de la gr&#232;ve. Un peu plus tard, c'est Edmond Maire lui-m&#234;me qui en rajoutait en conseillant ouvertement &#171; l'apaisement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et sur le terrain, les responsables, d&#232;s vendredi, encourageaient plus ou moins discr&#232;tement les premiers secteurs o&#249; la gr&#232;ve &#233;tait minoritaire &#224; reprendre le travail imm&#233;diatement, sans attendre de conna&#238;tre l'opinion de la majorit&#233; des autres secteurs. En fait, dans certains endroits ils encourageaient la minorit&#233; qui votait pour la reprise &#224; reprendre le travail. C'est ainsi qu'une gr&#232;ve est &#233;miett&#233;e, bris&#233;e, et qu'est cr&#233;&#233; le courant pour la reprise. Il est significatif d'ailleurs que les communiqu&#233;s de la F&#233;d&#233;ration ne disaient pas que, le vendredi 9 au soir il y avait toujours 79 d&#233;p&#244;ts sur 94 qui avaient d&#233;cid&#233; de poursuivre le mouvement. Ils disaient que quinze d&#233;p&#244;ts avaient d&#233;cid&#233; d'arr&#234;ter la gr&#232;ve. C'est ainsi qu'on cr&#233;e un climat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT, elle, a tenu plus longtemps. D'abord elle avait plus que la CFDT &#224; se faire pardonner son opposition du d&#233;but de la gr&#232;ve. Et puis, puisque la CFDT lui donnait l'occasion d'appara&#238;tre plus ferme, elle ne devait pas la rater. Elle a donc tenu deux jours de plus en se pronon&#231;ant officiellement pour la continuation. Et puis Edmond Maire ayant abattu ouvertement son jeu, la CGT se d&#233;clara tout &#224; la fois &#171; aux c&#244;t&#233;s de ceux qui ont d&#233;cid&#233; de continuer la lutte et aux c&#244;t&#233;s de ceux qui ont d&#233;cid&#233; de reprendre &#187;. Et voil&#224;. Ce n'est pas encore aujourd'hui que les j&#233;suites de la CFDT pourront donner des le&#231;ons &#224; ceux de la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6743&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6743&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1988 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve &#224; la SNECMA d&#233;montre que, sans la mainmise sur les luttes de la CGT et autres appareils syndicaux, les travailleurs sont capables d'organiser la lutte et de l'&#233;tendre d'eux-m&#234;mes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5624&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5624&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1994 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1994 : le g&#233;nocide rwandais&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel rapport avec le syndicalisme en France me direz-vous ? Justement, aucun !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France capitaliste organise un g&#233;nocide au Rwanda et le mouvement syndical reste sourd et muet&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les centrales syndicales n'ont jamais estim&#233; de leur r&#244;le de d&#233;noncer les crimes de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, faisant de leur silence une v&#233;ritable complicit&#233;. L'exemple particuli&#232;rement criminel et sanglant d'un pr&#233;sident de gauche avec un gouvernement de droite, armant et organisant une contre-r&#233;volution fasciste en est une illustration particuli&#232;rement scandaleuse. Cela continue bien s&#251;r aujourd'hui avec l'absence de toute d&#233;nonciation de l'intervention militaire des grandes puissances en Ha&#239;ti. Les centrales syndicales dans un pays riche comme la France sont partie int&#233;grante de l'ordre imp&#233;rialiste.&lt;br class='autobr' /&gt;
La m&#234;me ann&#233;e, le CIP, ou &#034;SMIC jeune&#034; de Balladur, est renvoy&#233; &#224; la poubelle par la mobilisation de la jeunesse : un mois de manifestations massives dans tout le pays. Les syndicats n'interviennent qu'en ponctuant la mobilisation par des &#034;journ&#233;es&#034; de manifestations massivement suivies. Elles n'ont nullement voulu ce mouvement et n'ont fait que le suivre de loin.... Elles chercheront encore moins &#224; en faire un point d'appui des luttes ouvri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article134&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article134&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2513&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2513&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1995 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement social de l'automne 1995, que certains ont souvent cru r&#233;duit &#224; la seule gr&#232;ve des transports publics, SNCF et RATP notamment, tr&#232;s visible et fortement m&#233;diatis&#233;, a &#233;galement entrain&#233;, dans le refus du plan Jupp&#233;, le gros secteur de la fonction publique qu'est La Poste. La gr&#232;ve des postiers n'a pas beaucoup &#233;t&#233; remarqu&#233;e ni m&#233;diatis&#233;e. Cependant, avec un taux moyen sup&#233;rieur &#224; 3,5 jours par an et par agent, les chiffres de l'ann&#233;e 1995 se r&#233;v&#232;lent &#234;tre les plus hauts depuis 1974. Ils t&#233;moignent de la forte r&#233;sonance qu'ont, au sein de la profession posti&#232;re, la th&#233;matique des retraites et celle de la S&#233;curit&#233; sociale. Et combien le &#171; tous ensemble &#187; a emport&#233; l'adh&#233;sion, m&#234;me si la reprise impos&#233;e par Bernard Thibaut aux cheminots a &#233;galement entra&#238;n&#233; la reprise des autres secteurs, de la RATP &#224; la Poste. Les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales interprofessionnelles de la gr&#232;ve 1995, m&#234;me si elles n'ont pas &#233;t&#233; r&#233;&#233;dit&#233;es ensuite, pas plus que la gr&#232;ve interprofessionnelle, ont marqu&#233; le mouvement ouvrier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1995 : les cheminots entra&#238;nent le secteur public et sont arr&#234;t&#233;s par la CGT d&#232;s que le secteur priv&#233; menace d'entrer en lutte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1995, on oublie souvent qu'il y a eu s&#233;par&#233;ment une gr&#232;ve se g&#233;n&#233;ralisant dans le priv&#233; (par exemple Renault, Thomson, SNECMA, Danone, etc..., au printemps 1995) et une gr&#232;ve se g&#233;n&#233;ralisant aussi dans le public en octobre. Les syndicats, apr&#232;s avoir approuv&#233; les mesures pr&#233;vues par Jupp&#233;, ont &#339;uvr&#233; consciemment et efficacement &#224; diviser et affaiblir. Au d&#233;but, elles ne pr&#233;voyaient m&#234;me pas une v&#233;ritable r&#233;action. Par exemple, Jean-Paul Roux, le dirigeant du syndicat ind&#233;pendant l'UNSA, d&#233;clarait : &#034;On ne peut pas faire la gr&#232;ve du si&#232;cle tous les mois, beaucoup de fonctionnaires ne peuvent se permettre de perdre 2 jours de salaire &#224; 6 semaines d'intervalle &#224; l'approche de No&#235;l&#034;. Gr&#226;ce aux syndicats, le gouvernement a pu se contenter d'un petit recul alors qu'il faisait face &#224; une remont&#233;e des luttes sociales. Certains syndicats comme la CGT et FO se sont port&#233;s &#224; la t&#234;te de la lutte des salari&#233;s du public alors qu'ils avaient sign&#233; les projets de r&#233;forme de Jupp&#233; qui s'est suffisamment plaint de leur retournement. Alors que Nicole Notat et la CFDT se rangeaient aux c&#244;t&#233;s du gouvernement Jupp&#233; contre les cheminots et les postiers), en d&#233;cembre 1995, Bernard Thibault avait lui-m&#234;me brad&#233; la gr&#232;ve dont il apparaissait comme le principal leader, en appelant &#224; la reprise, sans consulter aucun gr&#233;viste, d&#232;s la signature d'un accord avec le ministre des transports de l'&#233;poque. Cette gr&#232;ve, de la part des dirigeants de la CGT comme de Marc Blondel qui dirigeait FO, &#233;tait surtout une fa&#231;on de s'imposer comme interlocuteurs au gouvernement Jupp&#233;-Chirac, &#224; qui ils d&#233;montraient, en s'appuyant sur la col&#232;re des cheminots, que ce n'&#233;tait pas en collaborant avec la seule CFDT que l'on pouvait marchander le calme social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cheminots, dont le syst&#232;me de retraite et le statut de l'entreprise, via le projet de contrat de plan, sont remis en cause, occupent une grande place dans le mouvement. La gr&#232;ve de novembre-d&#233;cembre 1995 montre que la gr&#232;ve des cheminots peut gagner, faire reculer un projet antisocial, faire chuter un ministre, en entra&#238;nant les autres secteurs, en organisant des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales interprofessionnelles et en passant dans les autres secteurs les entra&#238;ner &#224; la gr&#232;ve. En sortant du minist&#232;re, Bernard Thibaut secr&#233;taire de la CGT des cheminots annonce, sans consultation des cheminots en gr&#232;ve et sans concertation avec les travailleurs de la RATP qui ont suivi la gr&#232;ve SNCF, que la gr&#232;ve est finie. C'est le d&#233;but d'une politique de trahison ouverte men&#233;e par celui qui va vite devenir le dirigeant de la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si 1995 a marqu&#233; une remont&#233;e de la lutte, un recul du gouvernement et une accentuation de la confiance des travailleurs, les travailleurs y sont apparus comme suivants les syndicats nationaux contrairement aux ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes et elle a &#233;t&#233; aussi un tournant vers une plus grande collaboration entre syndicats et gouvernement et avec le patronat qui sera soulign&#233; par le choix que fera la CGT de venir un syndicat qui n&#233;gocie, qui propose, qui est &#034;positif&#034;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que Nicole Notat et la CFDT se rangeaient aux c&#244;t&#233;s du gouvernement Jupp&#233; contre les cheminots et les postiers), en d&#233;cembre 1995, Bernard Thibault avait lui-m&#234;me brad&#233; la gr&#232;ve dont il apparaissait comme le principal leader, en appelant &#224; la reprise, sans consulter aucun gr&#233;viste, d&#232;s la signature d'un accord avec le ministre des transports de l'&#233;poque. Cette gr&#232;ve, de la part des dirigeants de la CGT comme de Marc Blondel qui dirigeait FO, &#233;tait surtout une fa&#231;on de s'imposer comme interlocuteurs au gouvernement Jupp&#233;-Chirac, &#224; qui ils d&#233;montraient, en s'appuyant sur la col&#232;re des cheminots, que ce n'&#233;tait pas en collaborant avec la seule CFDT que l'on pouvait marchander le calme social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7491&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7491&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/2580_1&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/2580_1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; Nouvel Observateur &#187; de d&#233;but d&#233;cembre 2009 &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Sarkozy, au moins, il a des c&#8230; Il d&#233;fend l'industrie fran&#231;aise ! (&#8230;) Cet &#233;loge &#233;mane d'un tr&#232;s proche de &#8230; Bernard Thibaut qui, lui-m&#234;me d&#233;clare &#171; Pour Sarko, tous les sujets passent par des relations personnelles. (&#8230;) Souvenez-vous de la gr&#232;ve des cheminots, &#224; l'automne 2007. Le pr&#233;sident Sarkozy d&#233;cide de r&#233;former les r&#233;gimes sp&#233;ciaux de retraite de la SNCF, de la RATP et des &#233;lectriciens-gaziers. Il veut, en 2002, faire passer de 40 &#224; 41 le nombre d'ann&#233;es de cotisations. La gr&#232;ve &#233;clate &#224; la mi-octobre. Pr&#233;vue pour 24 heures, elle dure. Le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT ne sait pas comment arr&#234;ter ses troupes. (&#8230;) Thibaut dit &#224; Sarkozy : &#171; Donnez moi quatre jours, je vous promets la reprise du travail. &#187; (&#8230;) Le num&#233;ro un de la CGT vient d'entrer d&#233;finitivement dans le clan des r&#233;formistes ! (&#8230;) Plus r&#233;cemment, le choix d'Henri Proglio, le pr&#233;sident de Veolia, pour remplacer Pierre Gadonneix &#224; la t&#234;te d'EDF s'est fait avec l'appui de Bernard Thibaut. (&#8230;) Ce pragmatisme est davantage dans les g&#232;nes de l'autre centrale, la CFDT. (&#8230;) &#171; Le syndicalisme &#224; la &#171; Conti &#187; n'est pas le n&#244;tre &#187;, explique le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral. (&#8230;) Depuis quelques temps, on voit souvent Thibaut et Ch&#233;r&#232;que bras dessus, bras dessous. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1996 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 23 ao&#251;t 1996, la police &#233;vacuait l'&#201;glise Saint Bernard, d&#233;fon&#231;ant &#224; coups de hache la porte d'entr&#233;e sous'&#339;il des cam&#233;ras pour d&#233;loger des familles qui y campaient depuis plus de 50 jours. Cette journ&#233;e marquera le d&#233;but d'une lutte acharn&#233;e pour obtenir la r&#233;gularisation de tous les sans-papiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin d'&#234;tre &#224; l'initiative ou m&#234;me en soutien, les centrales syndicales ont laiss&#233; les sans-papiers &#171; de Saint-Bernard &#187; mener seuls leur lutte jusqu'&#224; l'occupation du gymnase Japy puis de l'&#233;glise Saint-Bernard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1996-1997, les syndicats mettent la p&#233;dale douce sur les gr&#232;ves&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lesechos.fr/1999/01/en-1997-les-greves-sont-restees-peu-nombreuses-dans-le-prive-et-ont-diminue-dans-la-fonction-publique-761607&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lesechos.fr/1999/01/en-1997-les-greves-sont-restees-peu-nombreuses-dans-le-prive-et-ont-diminue-dans-la-fonction-publique-761607&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1999&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves remontent en 1999. Depuis novembre 1999, se sont trouv&#233;s en gr&#232;ve, entre autres, le personnel hospitalier, celui des grands magasins parisiens, les employ&#233;s des banques, ceux de la Poste, du transport public, du service de nettoyage du m&#233;tro, les journalistes, les pompiers, les agents des imp&#244;ts, les employ&#233;s des caisses d'assurance tout comme les salari&#233;s de Disneyland Paris. M&#234;me les chercheurs, les enseignants et les cadres ont d&#233;bray&#233;. Les gr&#232;ves se dirigent &#224; la fois contre la mani&#232;re dont l'introduction des 35 heures a lieu mais aussi pour appuyer une r&#233;elle r&#233;duction du temps de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les routiers eux ont d'autant plus de raisons de protester vu que le gouvernement a c&#233;d&#233; aux pressions de leurs patrons. Le 10 janvier, les patrons-routiers avaient organis&#233; un barrage routier et avaient ainsi r&#233;ussi &#224; faire passer un d&#233;cret unilat&#233;ral par le ministre des transports Gayssot (PCF) leur garantissant une application taill&#233;e sur mesure de la loi des 35 heures. Les patrons ont, de ce fait, la possibilit&#233; de faire travailler leur personnel pendant 208 heures par mois, ce qui &#233;quivaut &#224; plus de 50 heures par semaine. Ce projet de d&#233;cret renferme &#233;galement une r&#233;glementation tout &#224; fait ridicule en cas de &#171; double &#233;quipage &#187; des conducteurs longue distance et qui fait que le temps du chauffeur qui ne conduit pas n'est pas reconnu comme &#171; temps effectif de travail &#187; car &#233;tant cens&#233; pouvoir &#171; vaquer librement &#224; ses occupations &#187;. Les chauffeurs d&#233;plorent aussi que les acquis de la gr&#232;ve de 1995 en ce qui concerne le salaire et le temps de travail soient r&#233;duits &#224; n&#233;ant cinq ans plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le journal L'Express &#233;crivait le 3 f&#233;vrier : &#171; Dans les services publics - transports, poste, etc. - 'l'ambiance 35 heures' est synonyme de tensions nouvelles. L'affaire des routiers en est un symbole. En trois semaines, les m&#234;mes camions ont bloqu&#233; les m&#234;mes routes pour la m&#234;me raison : les 35 heures. Seuls ceux qui tenaient le volant ont chang&#233;. Les 35 heures sont une r&#233;forme populaire qui produit du conflit social. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La complexit&#233; du probl&#232;me ressort tout particuli&#232;rement dans la gr&#232;ve du personnel hospitalier qui cumule toutes les difficult&#233;s : il s'agit l&#224; aussi bien du secteur public que priv&#233;, et l'Etat, en tant d'employeur, a affaire aux secteurs d'activit&#233;s les plus divers. Le 28 janvier avait lieu &#224; Paris la plus importante manifestation que les personnels hospitaliers aient connu ces dix derni&#232;res ann&#233;es et &#224; laquelle ne participaient pas seulement les personnels soignants, mais aussi les m&#233;decins, les urgentistes, les psychiatres, les pharmaciens d'h&#244;pitaux, les agents techniques et d'entretien, tous rassembl&#233;s sous le slogan &#171; Assez de la rigueur - on veut de la sant&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#224; noter par ailleurs que certains syndicats s'efforcent f&#233;brilement de jouer au mieux, lors de la signature des accords sur le temps de travail, leur r&#244;le de partenaire des entreprises et du gouvernement. La CFDT par exemple est pr&#234;te &#224; d&#233;bourser pr&#232;s de 5 millions de francs dans le lancement d'une campagne d'information sur les 35 heures, en d&#233;pit de l'avis de la secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale, Nicole Notat, que seule une minorit&#233; d&#233;croissante &#233;met encore des r&#233;serves. La moiti&#233; des accords conclus ayant eu lieu dans des entreprises d&#233;pourvues de syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/francais/News/2000/fevrier00/15fev00_35hrsfr.shtml&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/francais/News/2000/fevrier00/15fev00_35hrsfr.shtml&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la gr&#232;ve des cheminots de ce d&#233;but du mois de mai, la politique de collaboration des directions syndicales et du gouvernement pour imposer aux travailleurs, sous couvert de la loi d'am&#233;nagement du temps de travail, cette plus grande flexibilit&#233; que souhaite le patronat, a rencontr&#233; sa plus s&#233;rieuse difficult&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;marr&#233;e le 27 avril &#224; l'appel d'un seul syndicat, corporatiste, la f&#233;d&#233;ration autonome des agents de conduite, la FGAAC, appel rapidement relay&#233; par des militants de tous bords, la gr&#232;ve a dur&#233; plus de dix jours. Elle est certes rest&#233;e minoritaire et cat&#233;gorielle, limit&#233;e essentiellement aux agents de conduite, peu &#233;tendue aux s&#233;dentaires. Mais elle a paralys&#233; une partie du trafic et finalement contraint la direction de la SNCF &#224; prendre la mesure du peu de popularit&#233; de son projet et du peu d'efficacit&#233; des grands appareils syndicaux &#224; le faire passer pour &#034;constructif&#034;. Cette gr&#232;ve aura probablement d'abord surpris les grandes f&#233;d&#233;rations qui s'appr&#234;taient &#224; signer tranquillement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la caract&#233;ristique de cette gr&#232;ve des cheminots, c'est qu'elle n'est pas rest&#233;e la gr&#232;ve cat&#233;gorielle des agents de conduite telle que la FGAAC l'aurait s&#251;rement voulu. Elle n'a certes pas &#233;t&#233; la lame de fond, l'explosion qui bouscule sans peine tous les barrages syndicaux. Loin s'en faut. Elle est rest&#233;e dans la plupart des endroits limit&#233;e aux seuls agents de conduite, et m&#234;me parmi eux, elle est rest&#233;e tout au long du conflit minoritaire. Mais elle a tenu et s'est en partie &#233;tendue alors qu'elle &#233;tait combattue par les plus influentes des f&#233;d&#233;rations syndicales de cheminots, la f&#233;d&#233;ration CGT et la f&#233;d&#233;ration CFDT (dont le responsable s'est illustr&#233; par des propos &#224; la grande presse contre ces &#034;2,5 % de gr&#233;vistes&#034; qui auraient bloqu&#233; l'application d'un bon accord !). Quant au syndicat SUD-Rail qui a fini, avec un temps de retard, par d&#233;poser un pr&#233;avis de gr&#232;ve, par crainte lui aussi de voir sa base partir et lui &#233;chapper, il a tout fait pour que son pr&#233;avis ne soit pas vraiment suivi. Et ce qui a donn&#233;, malgr&#233; toutes ces oppositions, &#224; la gr&#232;ve un dynamisme et une port&#233;e qui d&#233;passaient les intentions et les possibilit&#233;s de la f&#233;d&#233;ration autonome qui l'avait d&#233;clench&#233;e, c'est qu'un peu partout des travailleurs du rang mais surtout des militants et adh&#233;rents de tous les syndicats &#224; commencer par des militants et des sections syndicales enti&#232;res, de la CGT ont saisi l'occasion de l'appel de la FGAAC pour agir et appeler &#224; la gr&#232;ve, contre l'avis de leurs propres f&#233;d&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve, contre les appareils, dont celui de la CGT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve a donc d&#233;marr&#233; et vite pris de l'ampleur. Surtout l&#224; o&#249; des militants se sont mis en avant pour l'organiser. Assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales dans des d&#233;p&#244;ts d'agents de conduite de la banlieue parisienne, mais aussi des r&#233;gions Nord, Picardie, Champagne-Ardenne, Alsace, Lorraine, Normandie, Provence-C&#244;te d'Azur, etc. 19 %, puis 30 %, puis 40 % de gr&#233;vistes, selon la direction, en r&#233;alit&#233; plus de 50 % dans quelques d&#233;p&#244;ts, surtout l&#224; o&#249; localement, la CGT avait appel&#233; &#224; cesser le travail. Quelques secteurs de s&#233;dentaires ont rejoint la lutte comme &#224; Rouen (Mat&#233;riel, Transport et Commercial), &#224; St-Lazare (Transport et Commercial), &#224; Marseille (tous services), etc. Souvent &#224; l'appel des conducteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais partout, se sont vite produites les m&#234;mes sc&#232;nes et les m&#234;mes discussions entre partisans de la gr&#232;ve et certains responsables c&#233;g&#233;tistes oppos&#233;s &#224; celle-ci, servant partout les m&#234;mes phrases et les m&#234;mes arguties, selon lesquelles le d&#233;clenchement du mouvement aurait &#233;t&#233; pr&#233;cipit&#233;, &#224; l'appel d'une FGAAC pr&#233;occup&#233;e surtout de ses int&#233;r&#234;ts corporatistes, qu'il faudrait aux cheminots le temps de comprendre, de d&#233;battre, de se forger leur propre opinion, qu'il faudrait les consulter par un grand r&#233;f&#233;rendum pour lequel la direction avait offert son soutien logistique. En attendant, la gr&#232;ve &#233;tait pr&#233;matur&#233;e, expliquait l'appareil CGT, qui a mis tout son poids, contre une partie de ses propres militants, pour batailler contre elle, faire voter et revoter contre la gr&#232;ve. D'o&#249; la col&#232;re, des discussions vives, des engueulades... qui n'ont pas entam&#233; la d&#233;termination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ultime manoeuvre, tandis qu'entrait en vigueur, mardi 4 mai, le pr&#233;avis d&#233;pos&#233; par SUD-Rail, pour lequel les dirigeants de ce syndicat se gardaient bien de militer dans les chantiers, la f&#233;d&#233;ration CGT d&#233;posait elle aussi un pr&#233;avis de gr&#232;ve, mais &#224; partir du dimanche 9 mai au soir, soit pr&#232;s d'une semaine plus tard, et seulement pour 36 heures, faisant all&#232;grement fi de la gr&#232;ve en cours ! Une partie des responsables CGT qui jusque-l&#224; n'avaient pas os&#233; s'opposer ouvertement &#224; la gr&#232;ve, avaient enfin, vis-&#224;-vis de leurs propres militants, l'argument de poids : forts du pr&#233;avis d&#233;pos&#233; par leur f&#233;d&#233;ration, ils appel&#232;rent &#224; partir du mardi 4 mai &#224; suspendre la gr&#232;ve sous pr&#233;texte qu'elle aurait &#233;t&#233; presque exclusivement celle des agents de conduite et donc corporatiste et qu'il fallait en d&#233;marrer s&#233;rieusement une autre, intercat&#233;gorielle... la semaine suivante, une fois que tout serait fini !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait &#233;tudi&#233; pour permettre &#224; la direction d'organiser &#224; nouveau des rencontres et palabres avec les appareils syndicaux et leur donner quelques broutilles &#224; se mettre sous la dent pour justifier les appels &#224; la reprise. C'&#233;tait destin&#233; &#224; d&#233;courager les gr&#233;vistes, tuer le mouvement et se pr&#233;parer &#224; aller tranquillement vers cette grande consultation pr&#233;tendument d&#233;mocratique qui pourrait avoir lieu &#224; la fin mai. On ne sait pas si, au bout du compte, la CGT signera ou pas, mais il reste surtout qu'elle a mis tout son poids pour faire passer pour globalement positif un catalogue de mesures contre les cheminots, et tout son poids pour emp&#234;cher la gr&#232;ve contre ces mesures, gr&#232;ve o&#249; pourtant ses propres militants s'&#233;taient engag&#233;s. Le r&#233;f&#233;rendum, pourtant, a eu lieu : c'est cette gr&#232;ve de dix jours qui a tenu malgr&#233; l'opposition au mouvement des plus influentes des directions syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mercredi 5 mai, le mouvement commen&#231;ait &#224; faiblir. Ou plus exactement il &#233;tait de bon ton de le dire dans les milieux syndicaux qui lui &#233;taient hostiles. Voire d'en rajouter. Car &#224; Marseille, par exemple, s'il est vrai que des cheminots gr&#233;vistes avaient &#034;suspendu&#034; leur gr&#232;ve &#224; l'appel de la CGT, il restait malgr&#233; tout 60 % des roulants en lutte, et 80 % &#224; Miramas. Dans la soir&#233;e, les directions syndicales qui avaient cru jusque-l&#224; l'affaire ficel&#233;e, grima&#231;aient devant les petites concessions que Gallois venait de faire aux gr&#233;vistes. Et le jeudi 6 mai s'amor&#231;ait la reprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Belles manoeuvres des f&#233;d&#233;rations CGT et CFDT, la main dans la main comme Thibault et Notat &#224; leurs congr&#232;s respectifs, pour tenter de sauver la mise du gouvernement de la gauche plurielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la direction de la SNCF, avec &#224; la rescousse celles des centrales syndicales, n'est pas au bout de ses peines pour faire avaler aux cheminots la r&#233;organisation du temps de travail, sans compter la r&#233;forme du syst&#232;me des retraites, qu'elle leur concocte. Une &#233;ventuelle signature du projet d'accord, que les concessions de derni&#232;re minute faites pour enrayer la gr&#232;ve n'ont pas chang&#233; sur le fond, pourrait co&#251;ter cher &#224; la direction de la CGT cheminote. Et le conflit pourrait bien rebondir, pas seulement chez les conducteurs, mais aussi chez les autres roulants ou chez les s&#233;dentaires lorsque tomberont les mesures concr&#232;tes pr&#233;vues dans le projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Si j'&#233;tais cheminot, je ne me mettrais pas gr&#232;ve...&#034; c'est le dirigeant du PC qui vous le dit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2092&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2092&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 46e congr&#232;s de la CGT a &#233;t&#233; l'occasion de faire des gestes en direction du patronat. Ce n'&#233;taient pas les premiers. Le congr&#232;s pr&#233;c&#233;dent avait ent&#233;rin&#233; la suppression des statuts de la CGT de toute r&#233;f&#233;rence &#224; la lutte de classe. Il ne s'agissait plus, il est vrai, que d'une r&#233;f&#233;rence toute formelle, mais les symboles servent &#224; annoncer la couleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arriv&#233;e, inesp&#233;r&#233;e, au gouvernement de la &#171; gauche plurielle &#187; en 1997 s'est r&#233;v&#233;l&#233;e une occasion pour la CGT de tenter de rattraper le temps perdu. Qu'attendent le patronat et le gouvernement de la CGT dans la p&#233;riode qui vient ? Des engagements dans des directions toutes balis&#233;es : l'annualisation et la flexibilit&#233;, la mise au rancart des conventions collectives, l'extension du travail pr&#233;caire dans la fonction publique apr&#232;s sa g&#233;n&#233;ralisation dans le secteur priv&#233;, les privatisations &#224; tout va, la diminution des retraites et l'institutionnalisation des fonds de pension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur l'annualisation et la flexibilit&#233;, la CGT a d&#233;j&#224; multipli&#233; les gages, en ayant sign&#233; &#224; ce jour plus de 20 % des accords. Au congr&#232;s, Maryse Dumas comme Bernard Thibault ont &#233;voqu&#233; les &#171; propositions &#187; de la CGT concernant la r&#233;daction de la future loi sur les 35 heures, en se gardant de s'opposer &#224; l'annualisation &#8211; Maryse Dumas tenant m&#234;me &#224; s'incliner devant le fait accompli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est de la Fonction publique, Christian Laroze, secr&#233;taire de la f&#233;d&#233;ration CGT du Textile, a annonc&#233; de la tribune du congr&#232;s (cit&#233; par Le Monde du 6 f&#233;vrier) les intentions de la CGT : &#171; les salari&#233;s du public vont bient&#244;t d&#233;couvrir, avec les 35 heures, la flexibilit&#233; intense telle qu'on la subit, dans l'industrie, depuis dix ans. (...) Pendant qu'ils g&#233;raient les &#233;volutions de carri&#232;re et les augmentations salariales, nous subissions, nous, les licenciements massifs et les d&#233;localisations. Aujourd'hui, ils esp&#232;rent avoir les 35 heures sans perte de salaire et sans flexibilit&#233;. Faut pas r&#234;ver ! &#187; Voil&#224; le gouvernement pr&#233;venu lorsqu'il d&#233;cidera d'engager les batailles d&#233;j&#224; annonc&#233;es par la publication du rapport sur le temps de travail dans la Fonction publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ligne de mire, la question du mode de calcul de la retraite des fonctionnaires et le d&#233;gagement des capitaux consid&#233;rables repr&#233;sent&#233;s par ces retraites actuellement g&#233;r&#233;es par la Caisse des d&#233;p&#244;ts et consignations. Mais, l&#224;-dessus, les d&#233;clarations de Viannet sur les fonds de pension valent pratiquement engagement de la part de la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/46eme-congres-de-la-CGT-offres-de-services?archive=1&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/46eme-congres-de-la-CGT-offres-de-services?archive=1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2000&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Gr&#232;ves &#224; la poste, aux imp&#244;ts, dans les h&#244;pitaux (manifestations r&#233;ussies dans tout le pays le 28 janvier), mobilisation impressionnante des instituteurs, professeurs et parents d'&#233;l&#232;ves dans le midi (12 000 manifestants &#224; Montpellier, 15 000 &#224; N&#238;mes), mais aussi en Bretagne, en Auvergne, en Normandie... Gr&#232;ves &#224; la S&#233;curit&#233; sociale et aux caisses d'allocations familiales. Tout cela pour ne parler que des mouvements dans la fonction publique de ces derni&#232;res semaines. Partout, les m&#234;mes probl&#232;mes d'effectifs, les m&#234;mes revendications : cr&#233;ations de postes d'enseignants, d'hospitaliers, de postiers, refus du gel des effectifs, embauche des pr&#233;caires. En r&#233;alit&#233;, cela fait des mois que les gr&#232;ves et manifestations se succ&#232;dent en ordre dispers&#233; dans le secteur public comme priv&#233; sur la question des 35 heures, des licenciements ou du manque d'effectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les diff&#233;rents mouvements, m&#234;me isol&#233;s, sectoriels, sont populaires. La jonction des parents d'&#233;l&#232;ves aux enseignants (qui avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; notable lors des mouvements de l'an dernier), simple exemple, t&#233;moigne du caract&#232;re g&#233;n&#233;ral du m&#233;contentement, du sentiment de solidarit&#233; au sein du monde du travail. En d&#233;pit de l'&#233;miettement des mouvements, il est remarquable que les diff&#233;rentes luttes qui se relaient n'aient aucun caract&#232;re corporatiste. Chacun se reconna&#238;t dans le chauffeur routier tenant un barrage, dans l'instit qui conteste la carte scolaire, l'infirmi&#232;re, l'aide-soignante ou le brancardier qui manifestent, l'employ&#233;e de la S&#233;cu d&#233;bord&#233;e, le pompier en col&#232;re, et m&#234;me l'employ&#233; des imp&#244;ts qui proteste contre la fermeture des petites perceptions ! Rarement les salari&#233;s de ce pays ont eu &#224; ce point le sentiment d'&#234;tre confront&#233;s aux m&#234;mes probl&#232;mes, au m&#234;me scandale social qui veut que les entreprises qui font des b&#233;n&#233;fices licencient et que le gouvernement &#171; g&#232;le &#187; les effectifs des services publics tout en parlant de croissance et de retour &#224; la prosp&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la conscience sociale, ni m&#234;me politique qui manque aujourd'hui aux salari&#233;s. La combativit&#233; ? Les travailleurs n'h&#233;sitent pas &#224; r&#233;pondre pr&#233;sents aux appels syndicaux, quand appels il y a, parfois au-del&#224; des esp&#233;rances des appareils nationaux (comme chez les instits, profs des coll&#232;ges, de l'enseignement professionnel et les parents d'&#233;l&#232;ves du Gard et de l'H&#233;rault ces derniers jours).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas non plus l'unit&#233; syndicale qui fait d&#233;faut. Oh non ! Les directions des conf&#233;d&#233;rations entretiennent aujourd'hui des rapports parfaitement cordiaux. Elles se concertent, elles s'accordent. La question est de savoir sur quoi. Elles ne s'accordent pas sur une strat&#233;gie syndicale visant &#224; coordonner les diff&#233;rentes luttes en vue d'un mouvement d'ensemble. Surtout pas. Les mouvements existants, elles les accompagnent, les chevauchent, mais s'accordent tacitement pour ne surtout pas les coordonner. En revanche, elles s'entendent parfaitement sur un programme et un calendrier de n&#233;gociations avec le Medef sur &#171; l'approfondissement de la n&#233;gociation collective &#187; et l'avenir de la protection sociale, et avec le gouvernement sur l'application des 35 heures dans la fonction publique, en attendant les n&#233;gociations sur les retraites. Le plan, la strat&#233;gie des conf&#233;d&#233;rations syndicales, ce sont le Medef et Martine Aubry qui pour l'heure les leur dictent. Le Medef par son coup d'&#233;clat en mena&#231;ant de quitter les organismes g&#233;r&#233;s paritairement (S&#233;cu, Unedic...) d'ici la fin de l'ann&#233;e ; Martine Aubry en d&#233;cidant du calendrier de n&#233;gociation d'une &#171; loi cadre &#187; sur la r&#233;duction du temps de temps travail dans la fonction publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exemple : apr&#232;s le succ&#232;s de la manifestation du personnel des h&#244;pitaux du 28 janvier (10 000 &#224; Paris, 7000 &#224; Toulouse, 6000 &#224; Marseille, 3000 &#224; Lyon, 7000 &#224; Rennes, etc.), toutes les conditions &#233;taient r&#233;unies pour que les f&#233;d&#233;rations appellent &#224; la poursuite de la mobilisation, &#224; la coordination des gr&#232;ves touchant bon nombre de grands h&#244;pitaux un peu partout dans le pays, en chiffrant &#224; l'&#233;chelle nationale le nombre de cr&#233;ations de postes indispensables pour permettre non seulement un passage r&#233;el aux 35 heures mais combler le manque actuel d'effectifs (combien d'embauches d'infirmi&#232;res, d'aide-soignantes, de brancardiers, de personnels d'entretien... 50 000, 60 000, 100 000 ?). Tout le monde conna&#238;t l'&#233;tat des services d'urgences, de g&#233;riatrie, la surcharge de travail dans la plupart des services d'un c&#244;t&#233; et les plans de restructuration hospitali&#232;re de l'autre. Il &#233;tait simple, trop simple sans doute, de s'appuyer sur les quelque 100 000 manifestants du 28 janvier pour formuler des exigences unitaires et claires face &#224; Aubry, pour que le personnel hospitalier se sente fort, s&#251;r de lui, et d'appeler les semaines suivantes &#224; l'amplification de la mobilisation du personnel hospitalier sur des revendications claires pour tout le monde. Mais non. Martine Aubry annonce l'ouverture des n&#233;gociations avec toutes les organisations syndicales du secteur hospitalier pour trois semaines, et les principales f&#233;d&#233;rations du secteur se contentent de repousser au 14 mars, un mois et demi plus tard, une &#171; &#233;ventuelle &#187; journ&#233;e nationale de gr&#232;ve. Que les h&#244;pitaux d&#233;j&#224; en gr&#232;ve prennent patience. C'est qu'elles &#171; n&#233;gocient &#187; &#224; partir des &#171; donn&#233;es &#187; de Martine Aubry, qui n'envisage aucunement de revenir sur l'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire. La mobilisation devra s'adapter au calendrier de n&#233;gociation de la ministre. Cela fait des semaines que toute une s&#233;rie de grands h&#244;pitaux votent la gr&#232;ve reconductible, mais c'est le gouvernement qui impose son rythme et sa cadence aux syndicats et les met en situation de &#171; d&#233;battre &#187; sur les miettes qu'il leur conc&#233;dera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Des-confederations-syndicales-tres-respectueuses&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Des-confederations-syndicales-tres-respectueuses&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2001&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 2001, une tentative de g&#233;n&#233;ralisation de la lutte contre les licenciements qui n'est pas soutenue par les centrales syndicales&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves de Lu-Danone et de Marks &amp; Spencer notamment tentent de trouver un prolongement dans d'autres entreprises comme AOM-Air Libert&#233;-Air Littoral, et au travers de manifestations communes mais les centrales syndicales font la sourde oreille... Leur appel aboutit pourtant le 9 juin 2001 &#224; une manifestation de plus de 20 000 personnes &#224; Paris d&#233;montrant la volont&#233; et la n&#233;cessit&#233; de construire des courants unitaires et combatifs &#224; la base.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2002 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la menace antisociale du gouvernement, la CGT reste l'arme au pied&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fillon annonce son projet d&#233;finitif vendredi prochain. Entre temps, il a pris soin de &#8220; consulter &#8221; les repr&#233;sentants des diff&#233;rentes organisations syndicales. Ils ont d&#233;fil&#233; dans son bureau les uns apr&#232;s les autres. Qu'y ont-ils d&#233;fendu ? Blondel, de FO, a &#233;t&#233; content de la r&#233;ception, puisqu'il s'est f&#233;licit&#233; de la reprise d'un &#8220;dialogue correct, direct et constructif &#8221;. Ch&#233;r&#232;que, de la CFDT, est d'accord pour une r&#233;forme de la loi sur les 35 heures&#8230; Et Thibault de la CGT, s'est content&#233; d'affirmer que &#8220; la CGT se mobilisera si le projet reste en l'&#233;tat &#8221;. Ils ne sont pas press&#233;s de pr&#233;parer les travailleurs &#224; utiliser leur force pour faire ravaler ces projets &#224; leurs auteurs. Ils se pr&#233;parent plus s&#251;rement &#224; n&#233;gocier les conditions de d&#233;passement des 35 heures branche par branche. Autant dire &#224; n&#233;gocier les reculs, et non pas &#224; s'y opposer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FO appelle seule &#224; la gr&#232;ve &#224; la SNCF&#8230; et signe un accord bidon avec les patrons du transport routier, sabotant ainsi d'avance le mouvement des chauffeurs. Avec la CGT ou la CFDT qui lancent le mouvement chez les routiers&#8230; mais font pression sur les syndicats cheminots pour qu'il n'y ait surtout pas de gr&#232;ve le 26 novembre, avec les transports a&#233;riens ou urbains, de La Poste, de la Sant&#233; ou de l'Education nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2003 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;2003 : les syndicats emp&#234;chent une mobilisation sur les retraites, sujet pourtant explosif&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2003 est un pic des gr&#232;ves en France contre le projet Fillon de retarder les d&#233;parts en retraite de tous les salari&#233;s (vers les 42 ans et plus d'ann&#233;es de cotisation). mais cela ne m&#232;ne &#224; rien !&lt;br class='autobr' /&gt;
Le succ&#232;s de la journ&#233;e d'action du 13 mai (deux millions de manifestants) a, comme on dit poliment, &#171; d&#233;pass&#233; les espoirs &#187; des directions syndicales, en particulier du fait de la bonne participation des travailleurs du secteur priv&#233;. L'empressement de Ch&#233;r&#232;que &#224; signer une version &#224; peine am&#233;lior&#233;e du projet de Fillon semble dict&#233; par la volont&#233; de briser au plus vite l'&#233;lan d'un mouvement dont l'&#233;norme potentiel s'est clairement manifest&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux secteurs ont reconduit la gr&#232;ve du 13 mai sans r&#233;el soutien des dirigeants syndicaux, comme par exemple &#224; la RATP. Le soir du 13 mai, Bernard Thibault a d&#233;clar&#233; &#171; comprendre l'&#233;motion &#187; des cheminots qui venaient de d&#233;cider de reconduire la gr&#232;ve pour le 14 mai. Apr&#232;s quoi ceux-ci ont &#233;t&#233; abandonn&#233;s &#224; leur propre sort, c'est-&#224;-dire sans que leur soient donn&#233;es de perspectives sur une g&#233;n&#233;ralisation du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 25 mai, la CGT cl&#244;turait le ban par une manifestation imposante mais con&#231;ue comme une fin... Plus exactement, elle avait d&#233;cid&#233; que c'&#233;tait fini. Ce qui ne l'emp&#234;chait pas de faire crier aux manifestants : &#034;Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale&#034; !!!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 13 mai, dans de nombreux centres SNCF les cheminots indiquaient leur intention de s'engager dans la gr&#232;ve en votant la reconduction. Il en &#233;tait de m&#234;me dans les bus et m&#233;tros parisiens, dans les transports en commun de plusieurs villes de province. Certes, les gr&#233;vistes restaient minoritaires. Bien moins cependant que ne l'&#233;taient au d&#233;but les enseignants, et surtout ils n'&#233;taient pas seuls. A La Poste, dans plusieurs h&#244;pitaux, &#224; la DDE, chez les &#233;boueurs, les &#171; territoriaux &#187;, des gr&#232;ves commen&#231;aient aussi. Mais les directions syndicales ne voulaient pas d'une g&#233;n&#233;ralisation. En deux jours, dans les transports, pour tout le monde le secteur cl&#233; pour l'extension du mouvement, elles cassaient la gr&#232;ve au pr&#233;texte de mieux la pr&#233;parer. Et de reprendre la routine : nouvelle journ&#233;e d'action le 19 mai, manifestation nationale &#224; Paris le dimanche 25.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT pesait de tout son poids pour faire reprendre le travail &#224; ceux des cheminots qui avaient continu&#233; la gr&#232;ve apr&#232;s la journ&#233;e d'action du 3 juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tournant de la CGT&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 47e congr&#232;s de la CGT, qui s'est tenu &#224; Montpellier du 24 au 28 mars, avait &#224; se prononcer sur quatre textes propos&#233;s par la direction sortante. Finalement, trois seulement furent soumis au vote des congressistes. Le quatri&#232;me, concernant la centralisation de la perception et la gestion des cotisations des syndiqu&#233;s, a &#233;t&#233; &#233;cart&#233; de la consultation au dernier moment, les responsables constatant l'opposition de nombre de d&#233;l&#233;gu&#233;s &#224; cette proposition lesquels estimaient, &#224; juste titre, que cette proc&#233;dure comportait le risque pour les organisations de base d'&#234;tre dessaisies du contr&#244;le de leurs activit&#233;s, et que cela accroisse du m&#234;me coup l'emprise des instances dirigeantes. Un signe de m&#233;fiance que la direction conf&#233;d&#233;rale a d&#251; prendre en compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le report du vote sur cette question n'a rien chang&#233; au reste, c'est-&#224;-dire &#224; l'essentiel. Certes, on a pu noter que le nombre des votes contre les textes propos&#233;s par la direction &#233;tait sensiblement plus important que lors des congr&#232;s pr&#233;c&#233;dents : 74,65 % approuvant les rapports de la direction sortante, 12,36 % votant contre et 12,99 % s'abstenant. Ces chiffres traduisent l&#224; encore les r&#233;ticences de syndiqu&#233;s qui acceptent mal l'&#233;volution toujours plus marqu&#233;e de leur conf&#233;d&#233;ration vers ce syndicalisme que l'on pr&#233;tend &#171; de concertation et de proposition &#187; dont leurs dirigeants se font les ardents champions. Il est toutefois bien difficile de mesurer, &#224; travers ces chiffres, l'ampleur et surtout la profondeur de ces r&#233;ticences. Mais on a pu constater qu'elles existent. Et pas seulement au niveau du congr&#232;s. Ces pourcentages, tout comme les comptes-rendus des d&#233;bats, tout comme le congr&#232;s, donnent forc&#233;ment un reflet d&#233;form&#233; de ce qui se passe au sein de la CGT, par le fait m&#234;me que la repr&#233;sentation par d&#233;l&#233;gations a contribu&#233; &#224; gommer les oppositions. A cela s'ajoute le fait que, cette fois encore, la s&#233;lection des d&#233;l&#233;gu&#233;s par les diff&#233;rentes instances a abouti &#224; la mise &#224; l'&#233;cart de d&#233;l&#233;gu&#233;s qui n'&#233;taient pas, ou qu'on soup&#231;onnait ne pas &#234;tre, dans la ligne de la direction en place. On en a eu plusieurs exemples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1995 &#224; 2003, la CGT construit son image de syndicat responsable, &#171; de proposition et de concertation &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve184&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve184&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2004 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La CGT signe un accord de pr&#233;vention des gr&#232;ves, une premi&#232;re historique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un accord historique et prometteur &#187;, a d&#233;clar&#233; le ministre des transports De Robien, se r&#233;jouissant de la signature, le 28 octobre, par six syndicats, et surtout par la CGT, de l'accord imposant de nouvelles restrictions au droit de gr&#232;ve &#224; la SNCF, accord dit d' &#171; am&#233;lioration du dialogue social et pr&#233;vention des conflits &#187;. Historique ? Le terme est exag&#233;r&#233; : l'histoire syndicale (celle de la CGT comme des autres) est truff&#233;e d'autres accords, sign&#233;s par des syndicats en &#233;change de la reconnaissance de leur r&#244;le d'interlocuteurs privil&#233;gi&#233;s, du renforcement de leur monopole de repr&#233;sentation des travailleurs ou de quelques si&#232;ges dans des commissions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais la signature d'un tel accord anti-gr&#232;ve de la part de la CGT est, tout de m&#234;me, une premi&#232;re. C'est de la part de Bernard Thibault un geste politique vis-&#224;-vis du gouvernement et du Medef, dont le ministre a toutes les raisons de se f&#233;liciter. Car il s'accompagne de l'affirmation que le &#171; dialogue social &#187; serait pr&#233;f&#233;rable au conflit, au moment m&#234;me o&#249; &#224; la SNCF comme &#224; la Poste, sur fond de ce pr&#233;tendu &#171; dialogue &#187; avec les bonzes syndicaux, les suppressions de postes tombent &#224; tour de bras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Un-syndicalisme-de-prevention-des-conflits&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Un-syndicalisme-de-prevention-des-conflits&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Perrier 2004 : un autre exemple des politiques syndicales...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve162&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve162&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2005&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 2005, un nouveau pic de gr&#232;ves est atteint notamment par les appels intersyndicaux &#224; des journ&#233;es de mobilisation sur les questions g&#233;n&#233;rales du pouvoir d'achat, du service public et des conditions de travail. Ces journ&#233;es sont l'occasion de fortes manifes&#172;tations (1 million le 10 mars et le 10 octobre). Mais la strat&#233;gie de la multiplication des journ&#233;es d'action par les directions syndicales s'essouffle &#224; chaque fois. Plus exactement, la strat&#233;gie syndicale r&#233;ussit parfaitement &#224; permettre des l&#226;chers de vapeur et n&#233;gocier ainsi leur r&#244;le de tampon social avec l'Etat et les patrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats qui n'ont rien fait pour qu'une liaison entre le mouvement ouvrier et les jeunes de banlieue se r&#233;alis&#233; d&#233;couvrent la &#034;violence des banlieues&#034; et Bernard Thibaut affirme que &#034;rien ne se r&#233;soudra dans la violence&#034;. A chacun d'interpr&#233;ter s'il s'agit de la violence de la mis&#232;re et de l'absence d'avenir ou celle des voitures br&#251;l&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard Thibault affirme sans rire qu'on ne voit pas la r&#233;volte des jeunes de banlieues arborer de banderoles syndicales. Mais quel effort les syndicats ont-ils fait pour d&#233;noncer la situation des jeunes de banlieues sans emploi et sans avenir ? Aucun ! Mais quel mod&#232;le de combativit&#233; donne le syndicalisme &#224; ces jeunes qui ont le sentiment de n'avoir rien &#224; perdre ? Ne parlons m&#234;me pas du mod&#232;le de syndicalisme &#224; la Fran&#231;ois Ch&#233;r&#232;que (alors que se pr&#233;pare une gr&#232;ve reconductible &#224; la SNCF, &#224; l'appel de la CGT, FO, SUD-rail et FGAAC, la CFDT-cheminots vient de publier un brillant communiqu&#233; intitul&#233; Gr&#232;ve &#224; la SNCF : la CFDT se prononce contre). Mais Bernard Thibault lui-m&#234;me ? Qui marchande en direct avec Sarkozy (du temps o&#249; il &#233;tait au minist&#232;re des finances), par-dessus la t&#234;te des ouvriers de Perrier en lutte, la reddition de la CGT et son renoncement &#224; s'opposer au plan de restructuration de l'entreprise et &#224; des centaines de licenciements ? Quel mod&#232;le de d&#233;termination donne-t-il quand il tente de n&#233;gocier avec Villepin un adoucissement du plan de privatisation de la SNCM, et que la CGT appelle les marins &#224; la reprise, apr&#232;s 23 jours de gr&#232;ve, d&#232;s que le Premier ministre tape du poing sur la table en brandissant la menace de liquidation ? Et quelle preuve d'efficacit&#233; quand, en permettant au gouvernement de boucler sans dommage la gr&#232;ve de la SNCM, il lui permet de passer tranquillement &#224; l'op&#233;ration suivante, la privatisation d'EDF ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les conf&#233;d&#233;rations syndicales, y compris celle qui appara&#238;t la plus combattive, la CGT, laissent isol&#233;e chacune des luttes qui &#233;clatent. Elles meublent le calendrier syndical d'actions par cat&#233;gories ou secteurs savamment &#233;chelonn&#233;es dans le temps. Et elles se gardent bien de donner une suite quand une journ&#233;e d'action nationale, comme celle du 4 octobre, peut appara&#238;tre comme un succ&#232;s qui pourrait donner confiance aux travailleurs en leur force et ouvrir la perspective d'une mobilisation d'ensemble du monde du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'objectif des conf&#233;d&#233;rations n'est que de montrer, au travers de telles journ&#233;es, leurs &#171; repr&#233;sentativit&#233;s &#187; respectives pour s'asseoir aux tables des n&#233;gociations... auxquelles le gouvernement de Villepin, comme son pr&#233;d&#233;cesseur Raffarin, les invite sans trop de r&#233;ticence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trahison de la gr&#232;ve SNCM&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choix de la CGT de la SNCM, la direction nationale ayant pes&#233; de tout son poids, de cesser la gr&#232;ve a &#233;t&#233; assez soudain pour surprendre de nombreux gr&#233;vistes, qui &#233;taient d&#233;cid&#233;s &#224; tenir malgr&#233; le chantage au d&#233;p&#244;t de bilan et aux licenciements, fait par le gouvernement sous le couvert de lois pr&#233;sent&#233;es comme inexorables. C'est la CGT qui a organis&#233; le vote de reprise du travail. Deux piles de bulletins furent pos&#233;s sur l'estrade o&#249; se tenaient les dirigeants syndicaux. Ils avaient &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;s de fa&#231;on tr&#232;s particuli&#232;re puisque l'un des bulletins portait &#171; Oui &#224; la reprise de l'activit&#233;. Pour &#233;viter le d&#233;p&#244;t de bilan &#187; et l'autre &#171; Non &#224; la reprise de l'activit&#233; = d&#233;p&#244;t de bilan &#187; !. Ainsi celui qui votait &#171; non &#187; &#224; la reprise du travail avait le sentiment qu'il votait pour le d&#233;p&#244;t de bilan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Paul Isra&#235;l, dirigeant CGT de la SNCM : &#034;Face aux ministres, on pouvait se battre mais face &#224; la justice, nous aurions pris des risques. Pour continuer &#224; exister, il fallait lever le pied mais cela ne veut pas dire que le combat en restera l&#224;.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve163&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve163&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2006 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nouveau tournant &#224;&#8230; droite de la CGT&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/francais/News/2006/avril06/290406_FrCgt.shtml&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/francais/News/2006/avril06/290406_FrCgt.shtml&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2007 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cheminots : trahison syndicale de la lutte des cheminots sur les &#171; r&#233;gimes sp&#233;ciaux &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats ont r&#233;ussi &#224; isoler et trahir la gr&#232;ve des cheminots pour la d&#233;fense des r&#233;gimes sp&#233;ciaux de retraite. Apr&#232;s dix jours, sans aucune perspective sur laquelle se baser pour battre le gouvernement du pr&#233;sident Nicolas Sarkozy, les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales qui se sont tenues dans toute la France ont vot&#233; pour la reprise du travail. De larges poches de r&#233;sistance, quelque 10 pour cent, soit pr&#232;s de 14 000 cheminots, &#233;taient encore en gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 18 et 19 octobre d&#233;marre une gr&#232;ve pour d&#233;fendre la retraite des cheminots. Loin de chercher &#224; l'appuyer, moins encore &#224; l'&#233;tendre, elle est bris&#233;e par les syndicats dont la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la Gare de Lyon, bastion de la CGT, deux des trois assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales ont vot&#233; pour la poursuite de la gr&#232;ve, &#171; au grand dam des d&#233;l&#233;gu&#233;s CGT &#187;, rapporte Lib&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs venus faire pression sur la r&#233;union entre les syndicats de la RATP, la direction et le gouvernement, mercredi dernier, &#233;taient furieux. Lib&#233;ration rapporte, &#171; Des sifflets. Puis des hu&#233;es. Dans le hall du si&#232;ge de la RATP, hier en fin de matin&#233;e, le responsable de la CGT redescendu de la n&#233;gociation tripartite, a du mal &#224; terminer son compte-rendu. &#034;Trahison !&#034;, &#034;Vendu !&#034;, lance une grande partie de l'assembl&#233;e, pourtant compos&#233;e en majorit&#233; de c&#233;g&#233;tistes. L'ambiance est &#233;lectrique. De petits groupes se forment, s'engueulent. Assis &#224; l'&#233;cart, Jean-Pierre a &#034;envie de vomir&#034;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut lire dans la presse : &#034;Bernard Thibault, Didier Le Reste (cheminots), Fr&#233;d&#233;ric Imbrecht (&#233;nergie) et G&#233;rard Leboeuf (RATP) s'expliquent ouvertement. Il faut entendre Didier Le Reste expliquer qu'il n'avait jamais &#233;t&#233; question de contester le passage aux 40 ans ! Il faut entendre Fr&#233;d&#233;ric Imbrecht expliquer qu'en tant qu'organisation majoritaire (et responsable) il fallait engranger des r&#233;sultats pour &#234;tre cr&#233;dible&#8230; Il a l'air malin, &#224; l'heure o&#249; les n&#233;gociations sont suspendues faute de r&#233;sultat dans le domaine de l'&#233;nergie ! Il faut entendre Bernard Thibault assurer que le mouvement a d&#233;stabilis&#233; les projets gouvernementaux !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2007-2008, le capitalisme s'effondre et est incapable de se redresser autrement que de mani&#232;re compl&#232;tement artificielle, en se faisant enti&#232;rement financer sur fonds des Etats et des banques centrales. Mais les syndicats ne veulent pas savoir que le capitalisme est mort&#8230; Pas &#233;tonnant : ce serait reconnaitre que le r&#233;formisme syndical est mort lui aussi !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Bien des travailleurs, bien des gens de milieu populaire aussi, se demandent pourquoi toutes les luttes sociales conduites par les syndicats sont vaincues depuis la crise de 2007-2008 et r&#233;pondent que c'est parce que les gouvernants sont les mauvais, que les r&#233;formes ne sont pas les bonnes, ou que les riches sont trop gourmands. Ils se demandent aussi pourquoi le pouvoir n'a pas recul&#233; toutes ces ann&#233;es devant des luttes syndicales et s'est senti contraint de reculer devant les gilets jaunes ! Et ils ignorent que la r&#233;ponse aux deux questions est exactement la m&#234;me !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse est pourtant simple : la crise actuelle du capitalisme de 2007-2008 n'est pas conjoncturelle mais r&#233;volutionnaire, ce qui signifie qu'elle ne peut se r&#233;soudre que par la mort, soit celle du grand capital, soit celle de la d&#233;mocratie capitaliste, la fin de l'&#233;poque du r&#233;formisme. Si le r&#233;formisme n'a pas plus cours dans cette situation, ce n'est pas du fait de particularit&#233;s n&#233;gatives des gouvernants, que ce soit Macron, Hollande ou Sarkozy. Ce n'est m&#234;me pas du fait de particularit&#233;s des organisations r&#233;formistes elles-m&#234;mes, qu'elles soient syndicales, politiques ou associatives. C'est bel et bien le r&#233;formisme en g&#233;n&#233;ral qui est devenu incapable d'agir de mani&#232;re positive sur la soci&#233;t&#233; capitaliste, sur ses classes dirigeantes et poss&#233;dantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand nous disons &#171; le r&#233;formisme &#187;, nous ne voulons pas parler seulement des appareils r&#233;formistes, des partis, des associations et des syndicats r&#233;formistes et du r&#244;le compl&#232;tement n&#233;gatif que jouent ces organisations par rapport aux capacit&#233;s de s'organiser, de se mobiliser et de se battre des exploit&#233;s. Il ne sert &#224; rien de se plaindre de leur r&#233;formisme : ils ne peuvent pas changer, quelle que soit la pression, la r&#233;volte et m&#234;me la r&#233;volution des exploit&#233;s et des opprim&#233;s, rien ne leur permettra de changer de nature. M&#234;me s'ils &#233;taient persuad&#233;s eux aussi qu'on ne peut rien r&#233;former, ils resteraient r&#233;formistes. Si notre avenir d&#233;pendait du fait que les appareils en question soient r&#233;formistes ou pas, nous n'aurions aucun avenir, nous serions d'avance foutus !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisations qui pr&#233;tendent r&#233;former&#8230; les r&#233;formistes sont des menteurs, y compris et surtout celles qui se disent r&#233;volutionnaires ! Elles affirment que des r&#233;formistes combatifs seraient meilleurs, qu'ils pourraient &#234;tre plus d&#233;mocratiques ou plus offensifs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5778&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5778&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que l'effondrement de 2007-2008 signifie fondamentalement : les forces productives humaines ont d&#233;pass&#233; le cadre &#233;troit des rapports de production fond&#233;s sur la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production&lt;br class='autobr' /&gt;
Certes, les d&#233;fenseurs du syst&#232;me d'exploitation capitaliste ne cessent de vouloir faire croire que 2007 n'a &#233;t&#233; qu'un accident, qu'une maladie provisoire, soignable, qu'un cycle de recul qui sera suivi d'un cycle de remont&#233;e, qu'un ph&#233;nom&#232;ne conjoncturel, que le produit d'un petit dysfonctionnement qui sera rapidement r&#233;gl&#233; si les d&#233;cideurs se&#8230; d&#233;cident &#224; r&#233;guler tout &#231;a !&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout est fait pour nous amener &#224; minimiser ce qui s'est produit en 2007 et aussi pour nous faire croire que maintenant nous sommes dans d'autres types de probl&#232;mes. Mais cela est faux : le monde capitaliste a bloqu&#233; son horloge sur la date de 2007 et ne peut plus avancer. Et encore, s'il ne s'est pas compl&#232;tement effondr&#233; en 2008 et depuis, c'est uniquement du fait de l'intervention financi&#232;re massive des Etats et des banques centrales et pas d'une quelconque reprise &#233;conomique des investissements priv&#233;s capitalistes qui aurait relanc&#233; la machine. Et tous les investissements priv&#233;s qui continuent de fonctionner ne le font qu'&#224; condition que l'Etat s'engage et &#224; leur fournir des profits sur la base de fonds publics et pas sur la base de la confiance retrouv&#233;e dans les march&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme meurt d'avoir... trop bien r&#233;ussi &#224; accumuler du capital&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation actuelle du capitalisme, celle des ann&#233;es 2000, est caract&#233;ris&#233;e par une suraccumulation du capital. Suraccumulation signifie qu'il y a eu relativement trop d'accumulation. L'accumulation signifie que le capital s'investit et produit plus de capital. Le capitalisme peut distribue plus de capital &#224; des pr&#234;teurs mais ce n'est pas dans cette sph&#232;re que le capital s'accroit r&#233;ellement. C'est seulement dans la sph&#232;re de transformation des marchandises que l'on peut int&#233;grer la plus-value extraite du travail humain dans la valeur et produire du profit qui sera ensuite distribu&#233; dans toutes les sph&#232;res de l'&#233;conomie. En somme, si le capital se retire de la production de mani&#232;re massive, il se retire aussi de la sph&#232;re qui produit un accroissement de capital, de la sph&#232;re o&#249; est produite l'accumulation. C'est donc bel et bien d'un trop plein de capital qu'il s'agit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car c'est au plus haut niveau de la productivit&#233; du travail que le grand capital bloque. C'est aussi au plus haut niveau des &#233;changes mondiaux. C'est encore au plus haut niveau des capacit&#233;s technologiques nouvelles. C'est enfin au plus haut niveau de la croissance : la croissance du PIB qui a mis 140 ans met actuellement six ans&#8230; Non, c'est ce succ&#232;s que le capitalisme est incapable d'assumer, c'est-&#224;-dire de consid&#233;rer comme suffisamment rentable &#224; court terme pour lui car il est beaucoup plus rentable &#224; court terme de sp&#233;culer que d'investir. Il y a beaucoup trop de capital, il a beaucoup trop accumul&#233;, pour qu'il y ait assez d'accroissement des investissements productifs rentables pour l'absorber. Du coup, ce capital en trop devient du capital nocif qui cr&#233;e un p&#244;le attracteur massif pour tous les capitaux en dehors de la sph&#232;re productive. Le capitalisme a atteint ses limites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne sert &#224; rien de nous dire que le capital financier ait toujours exist&#233;, qu'il n'est m&#234;me pas diff&#233;rent en terme de propri&#233;taire du capital productif, tout cela est certes exact mais cela ne change rien &#224; un fait tr&#232;s important : le capital financier a pris dans les ann&#233;es 1990 une importance qu'il n'avait jamais connu au cours de toute l'histoire du capitalisme, devenant bien plus attractif que l'investissement productif&#8230; Cette tendance, loin d'&#234;tre combattue, a &#233;t&#233; favoris&#233;e par les gouvernants mondiaux car cela permettait momentan&#233;ment de d&#233;passer les limites des capacit&#233;s d'investissements en cr&#233;ant des nouveaux investissements improductifs. Les dividendes s'en sont encore accrus, le capital aussi et au d&#233;but des ann&#233;es 2000 on avait d&#233;j&#224; d&#233;pass&#233; le niveau de suraccumulation que l'on a ensuite tent&#233; de forcer par des moyens d'accumulation financi&#232;re exag&#233;r&#233;e (comme la titrisation des dettes) comme les subprimes ou les LBO&#8230; La &#171; crise &#187; de 2007 n'est est pas une car elle n'est pas le d&#233;but des difficult&#233;s mais la fin des possibilit&#233;s du syst&#232;me. Depuis, on vit uniquement de subterfuges. Sans les masses de milliards de capitaux fournis par les Etats et banques centrales, on ne parlerait d&#233;j&#224; plus du capitalisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela montre aussi que la m&#233;thode actuellement choisie par les Etats, introduire dans les march&#233;s financiers des masses de capitaux publics, ne peut pas du tout r&#233;soudre la crise, m&#234;me si elle permet de pallier le retrait des capitaux priv&#233;s dans les investissements. Cela ne peut ni &#234;tre une solution ni &#234;tre durable. Cela signifie que les capitalistes n'utilisent actuellement que des moyens palliatifs et non des soins de la crise, qu'ils n'esp&#232;rent donc nullement juguler. Cela signifie qu'ils comptent seulement faire un peu durer la situation, au bord du gouffre, pour faire en sorte que la catastrophe ne se transforme pas en offensive g&#233;n&#233;rale des exploit&#233;s contre les exploiteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En gagnant du temps, les capitalistes et leurs Etats, pr&#233;parent les r&#233;ponses politiques possibles pour sauver les classes dirigeantes : d&#233;veloppement des fascismes, des dictatures et des guerres allant vers la guerre mondiale. La situation n'est pas celle de sacrifices limit&#233;s pour les classes populaires en attendant une reprise, mais celle de socialisme ou barbarie. Ce qui se pose aux travailleurs, c'est la question de la r&#233;volution sociale et pas seulement de luttes d&#233;fensives sur le seul terrain &#233;conomique. Ce qui est n&#233;cessaire, c'est l'organisation des masses sur le terrain politique. Ce n'est pas seulement la lutte syndicale. Ce sont les comit&#233;s de travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2008 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La CGT combat&#8230; contre les sans-papiers de Viry-Chatillon&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1148&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1148&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT ne se bat pas contre la fin des 35 heures d&#233;cr&#233;t&#233;e par Sarkozy&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/francais/News/2008/jui08/35hr-j29.shtml&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/francais/News/2008/jui08/35hr-j29.shtml&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore une tromperie syndicale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le 7 mai, le ministre du Travail Xavier Bertrand a confirm&#233; son projet de faire passer de 40 &#224; 41 ann&#233;es la dur&#233;e de cotisation ouvrant droit &#224; une retraite compl&#232;te, les syndicats n'ont pas appel&#233; les autres travailleurs touch&#233;s par cette mesure, dont les cheminots, les travailleurs du transport a&#233;rien, de l'&#233;nergie, de Telecom et de la poste, &#224; rejoindre l'action du 15 mai, mais ont plut&#244;t appel&#233; &#224; une journ&#233;e d'action s&#233;par&#233;e le 22 mai. Durant la manifestation du 15 mai, plus de 300 000 personnes ont d&#233;fil&#233; et un million de travailleurs ont fait gr&#232;ve ; cela a &#233;t&#233; suivi par la manifestation pour les droits &#224; la retraite le 22 mai o&#249; 700 000 personnes ont d&#233;fil&#233; dans tout le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour suivant, les syndicats signaient un accord sur le &#171; dialogue social &#187; et les conditions d'emploi dans le service public. En signant un accord que les gr&#232;ves des travailleurs du secteur public avaient pour but d'emp&#234;cher, les syndicats ont, dans les faits, torpill&#233; la mobilisation des travailleurs du secteur public. Le 24 mai, une manifestation contre les suppressions d'emplois dans l'&#233;ducation n'a r&#233;uni que 7000 personnes &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment des gr&#232;ves croissantes des marins-p&#234;cheurs les 26 et 27 mai sur la question du prix des carburants, les syndicats ont d&#233;cid&#233; de ne pas appeler &#224; d'autres gr&#232;ves contre les suppressions de postes dans l'&#233;ducation, au motif qu'il &#233;tait n&#233;cessaire de laisser lyc&#233;ens et enseignants travailler pour les examens de fin d'ann&#233;e. Une d&#233;claration commune des syndicats de l'&#233;ducation des diff&#233;rentes conf&#233;d&#233;rations syndicales d&#233;clarait qu'elles &#171; renvoyaient la question d'une suite &#224; leur mouvement apr&#232;s les vacances d'&#233;t&#233; &#187;. Le 10 juin, la mobilisation des fonctionnaires et des cheminots contre les suppressions de postes, la r&#233;forme des retraites et la r&#233;forme du fret &#224; la SNCF a eu lieu alors que se d&#233;roulaient des gr&#232;ves de travailleurs dans les ports commerciaux strat&#233;giques contre la privatisation, ainsi que des gr&#232;ves de p&#234;cheurs, de transporteurs routiers et d'ambulanciers et fermiers contre la hausse des prix du gazole. Mais les syndicats n'ont aucunement cherch&#233; &#224; organiser une gr&#232;ve plus large du secteur des transports contre la privatisation et la hausse du prix des carburants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 11 juin, les syndicats ont sign&#233; un accord sur &#171; seize points de convergence &#187; avec le ministre de l'Education nationale Xavier Darcos, torpillant la relance du mouvement des lyc&#233;ens apr&#232;s les grandes vacances ce qu'ils avaient faussement sugg&#233;r&#233; &#234;tre en train d'envisager le 27 mai. Les 12 et 13 juin, le parlement votait des lois de r&#233;forme et de d&#233;r&#233;glementation du march&#233; du travail, la pr&#233;c&#233;dente ayant &#233;t&#233; sign&#233;e par les syndicats en janvier. Ces actes montrent de plus en plus clairement aux travailleurs que les syndicats ne s'opposent pas s&#233;rieusement au gouvernement, lequel n'a aucune intention de c&#233;der devant des gr&#232;ves isol&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2009 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 2009 a &#233;t&#233; marqu&#233;e par le caract&#232;re particulier des luttes. On a constat&#233; que certaines luttes locales ont &#233;t&#233; massives et radicales, qu'il s'agisse de combats contre des licenciements ou des fermetures, comme dans le cas des sous-traitants de l'Automobile (Molex, Caterpillar ou Continental notamment), contre la d&#233;gradation des services publics (SNCF, La Poste, P&#244;le emploi ou les h&#244;pitaux) ou encore pour les salaires (EDF, RER, secteur priv&#233;, ...). Enfin, il y a eu les journ&#233;es d'action syndicales. C'est donc une ann&#233;e o&#249; les travailleurs ont particip&#233; &#224; un nombre important de luttes et pourtant le suss&#232;ce n'est pas au rendez-vous. une fois de plus les salaires, les emplois et les conditions de travail ont gravement recul&#233; en 2009. Certes, la crise y est pour quelque chose, mais elle n'a pas emp&#234;ch&#233; les profits des boursicoteurs du CAC40 et les revenus des grands patrons des trusts et des banques de grimper en fl&#232;che ! C'est donc les travailleurs qui sont les seuls &#224; payer et on n'a pas eu en 2009 le rapport de forces permettant de faire reculer nos adversaires du patronat et du gouvernement. Pourquoi des luttes radicales et massives n'ont pas permis de gagner sinon parce qu'actuellement nous avons &#224; faire &#224; une attaque g&#233;n&#233;rale qui ne peut se combattre que tous ensemble et non secteur par secteur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les centrales syndicales d&#233;tournent les travailleurs de s'organiser eux-m&#234;mes en comit&#233;s en vue de faire le bilan et de mettre au point la riposte n&#233;cessaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce devrait &#234;tre aux travailleurs de d&#233;cider des suites &#224; donner &#224; la lutte. Au lieu de cela, les conf&#233;d&#233;rations syndicales occupent le terrain avec des propositions qui divisent, qui affaiblissent et qui emp&#234;chent les travailleurs de se faire eux-m&#234;mes d'autres propositions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par exemple, il y a du m&#233;contentement en cette rentr&#233;e. Les conf&#233;d&#233;rations d&#233;cident alors de le d&#233;tourner par des luttes divis&#233;es. En 2010, les journ&#233;es d'action de 2009 continuent mais, quel progr&#232;s !, elles sont sectoris&#233;es&#8230; La fonction publique est appel&#233;e &#224; la gr&#232;ve le 21 janvier, les infirmi&#232;res et personnels de sant&#233; le 26 janvier, France T&#233;l&#233;vision le 28 janvier, l'Education le 30 janvier. Les ports et docks avaient &#233;t&#233; appel&#233;s le 4 janvier. La Guadeloupe le 9 janvier. L'aviation civile les 13 et 14 janvier. M&#233;t&#233;o France le 12 janvier. Et, dans le priv&#233;, c'est plut&#244;t entreprise par entreprise, etc, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1547&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1547&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la Guadeloupe est d&#233;j&#224; en gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale depuis 9 jours, les syndicats organisent une journ&#233;e d'action le 29 janvier mais ne font aucun lien avec la situation qui monte Outremer. Plus tard, Bernard Thibaut expliquera que cela n'a rien &#224; voir et qu'il n'est pas question d'appeler &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en France ....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nouvel Observateur de mars 2009 : Le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT Bernard Thibault ne croit pas &#224; une contagion de la situation antillaise en m&#233;tropole car elle &#034;n'est pas comparable&#034;, selon lui. Les conflits sociaux qui touchent l'outremer ne sont pas transposables en m&#233;tropole, car la situation n'est pas comparable, estime le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT Bernard Thibault dans un entretien au Parisien publi&#233; mardi 10 mars. &#034;Le conflit n'est pas transposable&#034;, affirme Bernard Thibault. &#034;La situation n'est pas comparable. Les Antilles sont gangren&#233;es par un taux de ch&#244;mage de 20%, les prix y sont deux ou trois fois plus &#233;lev&#233;s et les salaires de 15% inf&#233;rieurs &#224; ceux de la m&#233;tropole&#034;, explique-t-il. Concernant la journ&#233;e d'action du 19 mars, Bernard Thibault, faisant r&#233;f&#233;rence au succ&#232;s du 29 janvier, &#034;attend au moins autant de personnes que la derni&#232;re fois&#034; dans la rue. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le Monde &#187; &#233;crivait en janvier 2009 : &#171; A l'Elys&#233;e comme au Parti socialiste, dans les syndicats comme dans les milieux patronaux, tout le monde redoute une explosion du chaudron social. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et en mars 2009 ? Qui a refus&#233; de donner une suite &#224; la journ&#233;e nationale d'action du 19 mars 2009 ? Tous les appareils syndicaux unis en l'occurrence !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De janvier &#224; juin 2009, se d&#233;roule le mouvement des enseignants-chercheurs dans lequel les syndicats sont rest&#233;s en marge sans &#234;tre capables ni de le diriger, ni de l'arr&#234;ter, ni de s'en d&#233;solidariser ouvertement....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le journal &#233;conomique les Echos du 10 avril 2009 titre : &#034;L'ex&#233;cutif cherche &#224; associer les syndicats &#224; la gestion de la crise&#034;. &#034;Fran&#231;ois Fillon revient sur le paritarisme mais aussi &#171; la consolidation de la place de la repr&#233;sentation du personnel dans l'entreprise &#187;. Il reprend &#233;galement le sujet de la &#171; gouvernance des entreprises &#187;, avec une &#171; meilleure association des repr&#233;sentants des salari&#233;s en amont des op&#233;rations de restructuration et &#224; la strat&#233;gie &#233;conomique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier mai 2009, de nombreux travailleurs &#233;taient dans la rue mais on ne pouvait remarquer que la suite des journ&#233;es de gr&#232;ve &#233;tait une journ&#233;e f&#233;ri&#233;e ! Pour faire reculer l'Etat et les patrons, ce n'&#233;tait pas exactement &#224; la mesure ... Thibaut affirmait qu'il n'est pas possible de demander aux travailleurs de faire gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale vu qu'ils ont de grosses difficult&#233;s financi&#232;res&#8230; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite n'allait pas &#234;tre plus brillante ! Le 13 juin 2009, l'&#233;teignoir syndical des promenades &#233;tal&#233;es dans le temps avait fini de produire ses effets. Alain Minc, proche conseiller de Nicolas Sarkozy d&#233;clare dans &#034;Le Parisien Dimanche&#034; : &#034;Je constate que ce printemps 2009, leur (des syndicats) sens de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral a &#233;t&#233; impressionnant pour canaliser le m&#233;contentement. L'automne a &#233;t&#233; d'un calme absolu. Je dis : chapeau bas, les syndicats !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'&#233;t&#233; 2009, se multiplient les mouvements localis&#233;s comme Continental et New Fabris o&#249; les salari&#233;s d'une entreprise luttent seuls face &#224; un patron qui licencie. Le cas est fr&#233;quent chez les sous-traitants de l'Automobile. Les salari&#233;s en col&#232;re bloquent leur patron ou leurs cadres dirigeants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats ont refus&#233; de tenter de centraliser les luttes contre les licenciements du priv&#233; sans parler de les lier &#224; celles contre les suppressions d'emplois du public. Du coup, les entreprises du type Continental, Caterpillar et autres se retrouvent dos au mur, les salari&#233;s &#233;tant contraints d'accepter d'&#234;tre jet&#233;s &#224; la rue contre une petite somme (toute petite) et les syndicats locaux criant victoire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour compl&#233;ter, les bureaucraties syndicales, depuis la rentr&#233;e, ont multipli&#233; des initiatives dispers&#233;es pour &#171; &#233;viter que les expressions de radicalit&#233; fassent t&#226;che d'huile &#187; : &#224; partir du 1er octobre, un mouvement limit&#233; aux travailleurs immigr&#233;s sans papiers (les syndicats ne s'adressent pas &#224; leurs coll&#232;gues de travail qui ont la nationalit&#233; fran&#231;aise ou des titres de s&#233;jour) ; une journ&#233;e d'action limit&#233;e aux &#171; entreprises qui licencient &#187;, le 17 septembre, au Palais Brongniart (qui n'h&#233;berge plus la Bourse de Paris depuis&#8230; 1980) ; &#224; la Poste, le 22 septembre et le 24 novembre ; aux h&#244;pitaux le 30 septembre, le 20 octobre et le 15 d&#233;cembre ; &#224; la SNCF, le 20 octobre ; &#224; l'&#201;ducation nationale, le 24 novembre ; &#224; la fonction publique territoriale, le 18 novembre ; au P&#244;le Emploi, le 20 octobre, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de d&#233;fendre le service public de La Poste par une lutte ou une gr&#232;ve, il a &#233;t&#233; mis en place une com&#233;die en octobre 2009, c'est la &#034;votation citoyenne&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 2 novembre 2009, la collaboration de classe battait son plein et l'entente entre les dirigeants syndicaux et Sarkozy. Ce dernier installait un &#171; comit&#233; organisateur des &#233;tats g&#233;n&#233;raux pour une politique industrielle &#187; pr&#233;sid&#233; par un patron de Sanofi-Aventis, comprenant Bernard Thibault, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT, Fran&#231;ois Ch&#233;r&#232;que, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CFDT, Jean-Claude Mailly, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de FO, des repr&#233;sentants du patronat fran&#231;ais, des parlementaires UMP, PS&#8230; La d&#233;fense de &#171; l'industrie fran&#231;aise &#187; d&#233;signe comme ennemi commun l'&#233;tranger (inclus les travailleurs des autres pays), elle d&#233;bouche fatalement sur des concessions des producteurs aux exploiteurs (pour assurer l'avenir des entreprises nationales).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des sans-papiers, on assiste de la part de la CGT &#224; la r&#233;cup&#233;ration de la lutte des sans-papiers, au travers de gr&#232;ves des sans-papiers et de constitution de dossiers, pour obtenir en accord avec Sarkozy &#224; une reconnaissance de la CGT comme seul interlocuteur charg&#233; par les pr&#233;fectures de filtrer les dossiers suivant des crit&#232;res inf&#233;rieurs &#224; ceux en vigueur dans les pr&#233;fectures jusque l&#224;. Il en d&#233;coule une occupation de la Bourse du Travail de Paris par des sans-papiers rejet&#233;s par la CGT, elle-m&#234;me achev&#233;e par une intervention muscl&#233;e du service d'ordre le CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT a en effet men&#233; une politique dans cette gr&#232;ve qui d&#233;molit le rapport de force qui avait &#233;t&#233; construit &#224; partir de la lutte des Saint-Bernard. Il collabore avec le pouvoir et nous ram&#232;ne au &#034;cas par cas&#034; rejet&#233; d&#233;finitivement par le mouvement des sans-papiers !&lt;br class='autobr' /&gt;
2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT de Renault qui ne signait traditionnellement que rarement les accords avec le patron, qui avait refus&#233; de signer le Contrat Social de Crise, plan d'aust&#233;rit&#233; pr&#233;voyant notamment du ch&#244;mage partiel et couvrant d'autres licenciements chez les sous-traitants et pr&#233;caires, n'avait pas &#233;t&#233; sign&#233; par la CGT en 2009. Ce syndicat le signe en 2010 ! Et, pour faire bonne mesure, il ne vote pas contre les fermetures de sites de Renault : CTR (Rueil), Robinson, Boulogne. La plupart des autres syndicats ont vot&#233; contre : un comble !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2010 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Attaque sur les retraites, sur les services publics, col&#232;re des salari&#233;s, des retrait&#233;s, des ch&#244;meurs, des jeunes, des femmes, des cheminots : tout semble concourir &#224; faire de 2010 un mouvement massif de lutte de classes allant vers la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Tout sauf les dirigeants syndicaux&#8230; Ils m&#232;nent toutes les gr&#232;ves de mani&#232;re &#224; ce qu'elles soient dispers&#233;es&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve342&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve342&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Les Echos&#034;, un journal patronal &#233;crit : les syndicats ont peur de la gr&#232;ve reconductible&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve331&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve331&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'il suffise de rappeler les d&#233;clarations de 2010, lors du mouvement des retraites, qui a men&#233; dans le mur, celles du dirigeant CGT Bernard Thibaut qui affirmait qu'un appel &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale n'&#233;tait pas possible, n'&#233;tait pas souhaitable ou encore qu'il serait absurde et que les autres dirigeants syndicaux disaient des choses pires encore&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 5 octobre 2010, le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT Bernard Thibaut d&#233;clare &#224; l'AFP : &#171; Personne ne peut pr&#233;tendre faire participer sous la m&#234;me forme plusieurs dizaines de millions de personnes, de la signature d'une p&#233;tition &#224; la participation &#224; une multitude d'initiatives locales, voire aux manifestations lors des journ&#233;es interprofessionnelles. Qui dit mouvement social dit de multiples formes pour y participer &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard Thibaut le 7 octobre 2010 sur RTL : '&#171; Cela ( la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale) n'a jamais &#233;t&#233; pratiqu&#233; dans l'histoire sociale de notre pays (...) C'est un slogan pour moi tout &#224; fait abstrait, abscons. Cela ne correspond pas aux pratiques par lesquelles on parvient &#224; &#233;lever le niveau du rapport de forces. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CFDT : &#171; La CFDT et l'intersyndicale n'ont jamais pr&#244;n&#233; de gr&#232;ve reconductible. (&#8230;) Le risque d'embrasement est r&#233;el sans que les organisations syndicales ne ma&#238;trisent le syst&#232;me. (&#8230;) L'absence de dialogue risque de former un jour des positions jusqu'auboutistes. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas &#233;tonnant, la CFDT, qui s'&#233;tait distingu&#233;e bien des fois par son amiti&#233; pour le MEDEF et le gouvernement y compris sur les retraites, est une jusqu'auboutiste du soutien du capitalisme. Elle s'est d'ailleurs empress&#233;e d'aller se jeter dans de nouvelles n&#233;gociations avec ses petits copains du MEDEF. Mais elle a dit une v&#233;rit&#233; : l'unit&#233; syndicale n'a fait qu'emp&#234;cher les travailleurs de mener eux-m&#234;mes la lutte de mani&#232;re plus radicale... Tout cela avec une grande aide : celle de la CGT !&lt;br class='autobr' /&gt;
CGT :&lt;br class='autobr' /&gt;
Bernard Thibault l'a dit : &#034;la CGT va continuer &#224; conjuguer mobilisation, proposition, contestation lorsqu'il le faut, et n&#233;gociation.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais n&#233;gocier quoi ? Avec qui ? Dans quel but ? Il ne le dit pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard Thibault (CGT) estime qu'&#034;il n'est pas surprenant que le d&#233;bat s'amplifie dans les entreprises en raison de la surdit&#233; du gouvernement, et appelle &#224; des assembl&#233;es des personnels sur les formes d'action. Pour l'heure toutefois, il serait &#034;irresponsable&#034; de lancer un mot d'ordre de gr&#232;ve reconductible, les entreprises o&#249; les salari&#233;s y sont pr&#234;ts restant tr&#232;s, tr&#232;s minoritaires&#034;, juge-t-il.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bernard Thibaut lui-m&#234;me participait &#224; un club de la bourgeoisie, secret aussi et du m&#234;me type intitul&#233; &#171; Le Si&#232;cle &#187;&#8230; Bien entendu, m&#234;me en pleine lutte des retraites, Thibaut s'est bien gard&#233; de rompre la solidarit&#233; et le secret de cet organisme patronal !&lt;br class='autobr' /&gt;
La derni&#232;re intervention forte de Bernard Thibaut, alors secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT, n'&#233;tait-t-elle pas celle du mouvement des retraites quand il affirmait que la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ne devait surtout pas &#234;tre la perspective de cette lutte car la tradition du mouvement ouvrier fran&#231;ais excluait, selon lui, ce type d'action !!! Pendant ce temps, sous pr&#233;texte de maintenir &#224; tout prix &#171; l'unit&#233; intersyndicale &#187;, il fallait laisser seuls les gr&#233;vistes des raffineries p&#233;troli&#232;res, en allant jusqu'&#224; pr&#233;tendre qu'&#224; elles seules elles allaient gagner la bataille des retraites&#8230; Au m&#234;me moment, alors que les travailleurs &#233;taient pr&#233;tendument mobilis&#233;s, les syndicats laissaient se battre seuls les ouvriers des sous-traitants de l'Automobile licenci&#233;s et des hospitaliers en gr&#232;ve.&lt;br class='autobr' /&gt;
Thibaut ne rompait ainsi en rien avec ses propres prises de position qui, contrairement &#224; ce que croient bien des militants, n'ont jamais rien eu de radical, en tout cas pas aux c&#244;t&#233;s de travailleurs. On rappellera son intervention pour faire c&#233;der les syndicalistes locaux face au patronat de choc de P&#233;rier&#8230; Il avait ainsi cass&#233; la gr&#232;ve des fonctionnaires de 1995, ayant r&#233;alis&#233; des n&#233;gociations s&#233;par&#233;es pour les cheminots avec le minist&#232;re du travail et &#233;tait sorti de ces n&#233;gociations en rendant publique un appel de fin de gr&#232;ve, sans consulter les assembl&#233;es interprofessionnelles, en l&#226;chant les autres cat&#233;gories de fonctionnaires qui avaient rejoint les cheminots, en particulier les travailleurs de la RATP, lesquels n'ont plus jamais fait gr&#232;ve avec les cheminots ! La division des travailleurs, la CGT en avait d'ailleurs donn&#233; la d&#233;monstration cette ann&#233;e-l&#224;, celle du fameux &#171; tous ensemble &#187; des syndicats en laissant isol&#233;s les mouvements des travailleurs du priv&#233;, de Renault &#224; Thomson ou &#224; l'A&#233;rospatiale, quelques mois auparavant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; des mobilisations parfois r&#233;ussies, les attaques patronales et gouvernementales de ces derni&#232;res ann&#233;es ont toutes &#233;t&#233; des succ&#232;s. Les entreprises qui licencient, comme New Fabris ou Continental, ont connu des gr&#232;ves (gr&#232;ves massives avec occupation et parfois des cadres et dirigeants s&#233;questr&#233;s et menaces de faire exploser l'entreprise &#233;ventuellement), mais, au final, les salari&#233;s sont licenci&#233;s, et les sous qu'ils ont gagn&#233; durement ne sont rien face au co&#251;t de la vie et rien face aux profits des capitalistes. Certains syndicats parlent de victoire et certains des salari&#233;s qui ont men&#233; ces luttes ressentent honn&#234;tement une victoire mais elle est bien am&#232;re... Pour le reste, le r&#233;sultat de la strat&#233;gie de journ&#233;es d'action suivies de n&#233;gociations avec l'Etat et les patrons est un recul sur toute la ligne. Les services publics sont progressivement attaqu&#233;s et privatis&#233;s. Le ch&#244;mage et la mis&#232;re augmentent. Les retraites, la sant&#233;, la s&#233;cu sont mis en cause. Et la crise est loin d'&#234;tre finie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un exemple : la lutte des salari&#233;s de Continental contre les licenciements.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les dirigeants syndicaux les appellent &#224; reprendre le travail :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Il faut que la reprise se fasse, mais pas dans n'importe quelles conditions&#034;, avait d&#233;clar&#233; devant les salari&#233;s Xavier Mathieu, d&#233;l&#233;gu&#233; CGT, en pointe dans le mouvement depuis l'annonce de la fermeture d'ici 2010 du site qui emploie 1.120 personnes, la plus importante en France depuis le d&#233;but de la crise.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;On va reprendre le travail, mais la lutte continue, elle sera m&#234;me plus facile, parce qu'on n'aura plus le souci de ne pas &#234;tre pay&#233;&#034;, avait-il ajout&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;C'est clair qu'il faut reprendre, vos familles ont besoin de cet argent&#034;, avait d&#233;clar&#233; aux salari&#233;s pr&#233;sents Antonio Da Costa, secr&#233;taire CFTC du CE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement des retraites de 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2010, les journ&#233;es d'action de 2009 &#233;tal&#233;es continuent mais, quel progr&#232;s !, elles sont sectoris&#233;es&#8230; Les ports et docks sont appel&#233;s &#224; la gr&#232;ve le 4 janvier, la Guadeloupe le 9 janvier, l'aviation civile les 13 et 14 janvier, la fonction publique le 21 janvier, les infirmi&#232;res et personnels de sant&#233; le 26 janvier, France T&#233;l&#233;vision le 28 janvier, l'Education le 30 janvier. Lorsque, par hasard, les hospitaliers &#233;taient appel&#233;s en m&#234;me temps que les enseignants, les conf&#233;d&#233;rations leur ont donn&#233; des rendez-vous diff&#233;rents pour manifester !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats nous appellent &#224; une journ&#233;e nationale et de manifestations le 23 mars 2010. Cela serait bien entendu indispensable et important vu l'ampleur des attaques qui menacent nos retraites. Le gouvernement vide les caisses, amplifie les suppressions d'emplois en supprimant des emplois dans le public et en organisant les suppressions d'emplois des prestataires de l'Automobile par exemple. Il pr&#233;voit, soi-disant pour renflouer les caisses, d'imposer des retraites sous-pay&#233;es, des cotisations salariales en hausse et une retraite &#224; 60, 61 ans ou plus&#8230; Mais, le texte m&#234;me des appels syndicaux en dit long sur leur absence de combativit&#233; sur le fond. Au lieu d'&#233;crire tout simplement : pas touche aux r&#233;gimes de retraites, ils &#233;crivent : &#171; pas de r&#233;forme sans un d&#233;bat national &#187;. Mais on sait que ces fameuses &#171; r&#233;formes &#187; sont des destructions ! Pas besoin d'en d&#233;battre ! Ou encore, ils &#233;crivent &#171; Reconnaissance de la p&#233;nibilit&#233; d'abord &#187;. Pas d'accord ! Ne commen&#231;ons pas par &#233;dicter des exceptions mais la r&#232;gle : 60 ans pour tous sans aucune r&#233;duction de pension ! Et qu'on ne nous refasse pas le coup des retraites de 2003&#8230;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec la soi-disant gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des raffineries de fin f&#233;vrier 2010, on assiste &#224; une de raffinerie...dans la tactique pour renouveler le jeu patron/Etat/syndicat qui commen&#231;ait &#224; s'user.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour en dire plus, il faut rentrer dans bien des d&#233;tails scabreux...&lt;br class='autobr' /&gt;
Les travailleurs de cette raffinerie sont v&#233;ritablement pris en otage, leur site menac&#233; leur dit-on de fermeture puis on leur dit non puis oui, puis pas tout de suite puis pas avant cinq ans, puis toutes les raffineries sont menac&#233;es, puis le gouvernement affirme qu'aucune ne l'est, puis le dirigeant de Total, nullement ind&#233;pendant du pouvoir, d&#233;clare qu'il verra, qu'il tentera de sauver des emplois, de proposer des alternatives, puis, puis, ...&lt;br class='autobr' /&gt;
Visiblement d&#233;j&#224; tout ce petit monde joue un jeu. Lequel ? Ils veulent provoquer une lutte ou quoi ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis la lutte d&#233;marre. Ou du moins ce qui est pr&#233;sent&#233; comme tel.&lt;br class='autobr' /&gt;
Contre qui lutte-on devrait-on demander dans chaque lutte. Et ici plus que jamais !&lt;br class='autobr' /&gt;
Total, c'est la m&#234;me chose que le gouvernement et ils ne disent jamais la m&#234;me chose tout en faisant semblant de se concerter. Vous avez dit bizarre...&lt;br class='autobr' /&gt;
Les syndicats jouent un autre jeu, tout aussi compliqu&#233;. ils appellent une raffinerie, tout Total, toutes les raffineries, plus aucune, de nouveau Total, de nouveau plus aucune, finalement la seule para&#238;t-il menac&#233;e. Oulala ! &#231;a donne mal &#224; la t&#234;te aux concern&#233;s, aux gr&#233;vistes, aux non-gr&#233;vistes qui ne savent pas si on les appelle encore ou non...&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle impression cherche-t-on &#224; donner ? Que les syndicats ont men&#233; une lutte alors qu'il y avait arrangement d&#232;s le d&#233;part, cela y ressemble bien.&lt;br class='autobr' /&gt;
G&#233;n&#233;raliser les luttes n'entre pas dans la strat&#233;gie de ces centrales. Quand elles font semblant, c'est assez d&#233;sordonn&#233; et peu convaincant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour finir, la CGT annonce que la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des raffineries est finie avant d'avoir commenc&#233;, sans consulter ni les sections syndicales, ni les travailleurs, sans que les travailleurs de la raffinerie en question n'aient obtenu de r&#233;elles garanties, sans rien... Chapeau bas, la CGT : pour les raffineries dans les manipulations, c'est fort...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT a estim&#233;, mardi 23 f&#233;vrier, que les conditions d'une suspension de la gr&#232;ve dans le groupe Total, qui dure depuis mercredi dernier, &#233;taient r&#233;unies. &#034;La CGT consid&#232;re que des avanc&#233;es significatives obtenues par la mobilisation des salari&#233;s cr&#233;e les conditions d'une suspension&#034;, a d&#233;clar&#233; &#224; la presse Charles Foulard, coordinateur de la CGT pour le groupe Total. De m&#234;me, FO appelle &#224; la suspension du mouvement, a indiqu&#233; son n&#233;gociateur, Claude Maghue. La direction et les syndicats, apr&#232;s neuf heures de n&#233;gociations, sont arriv&#233;s &#224; un &#034;relev&#233; de conclusions&#034; qui &#034;sera soumis &#224; la signature des organisations syndicales&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le 11 mars, on peut lire dans Le Figaro :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La CGT du groupe Total a indiqu&#233; jeudi qu'elle ne reprendrait pas d'&#233;ventuelle gr&#232;ve en soutien aux salari&#233;s de la raffinerie de Dunkerque (Nord) avant le jugement d'un recours du comit&#233; central d'entreprise (CCE) contre sa fermeture. Le d&#233;p&#244;t de ce recours est &#034;en cours&#034; et la CGT esp&#232;re une d&#233;cision de justice &#034;dans une quinzaine de jours&#034;, a d&#233;clar&#233; &#224; l'AFP Charles Foulard, coordinateur CGT pour le groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Nous poursuivons la suspension du mouvement de gr&#232;ve nationale jusqu'au jugement en r&#233;f&#233;r&#233;, qui sera un point d'appui&#034;, a-t-il indiqu&#233;, apr&#232;s une gr&#232;ve tr&#232;s suivie d'une semaine fin f&#233;vrier qui avait menac&#233; les approvisionnements des stations-services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT de la branche p&#233;trole a d&#233;j&#224; appel&#233; &#224; la gr&#232;ve les salari&#233;s des 13 raffineries fran&#231;aises (dont 6 poss&#233;d&#233;es par Total) le 15 avril, date d'une table ronde nationale sur l'avenir du raffinage en France. Selon Sud, majoritaire &#224; la raffinerie de Dunkerque, cet appel n'&#233;tait &#034;pas l'urgence&#034; alors que les salari&#233;s de l'&#233;tablissement sont en gr&#232;ve depuis deux mois, mais le syndicat a dit vouloir &#234;tre &#034;constructif&#034; avec la CGT, majoritaire dans le groupe p&#233;trolier. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, trahison des salari&#233;s sur toute la ligne...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article1605&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article1605&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les formes d'organisation, il est clair que les centrales - toutes de mani&#232;re unanime - sont contre des formes d'organisation et de d&#233;cision &#224; la base, des comit&#233;s, des conseils, des collectifs, des coordinations, quelle que soit la mani&#232;re dont on les appelle : comit&#233;s de gr&#232;ve, comit&#233;s de lutte, comit&#233;s d'action, comit&#233;s de quartier, comit&#233;s inter-entreprises, comit&#233;s interprofessionnels...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organisation de classe, en comit&#233;s qui interf&#232;rent de plus en plus dans la soci&#233;t&#233; jusqu'&#224; la prise du pouvoir, menace l'ordre existant et r&#233;v&#232;le aux travailleurs eux-m&#234;mes leur capacit&#233; &#224; diriger la soci&#233;t&#233; et le sens dans lequel ils souhaitent la diriger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute forme d'organisation de classe, m&#234;me embryonnaire, remet en question l'ordre social dont les appareils syndicaux sont un des piliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les centrales syndicales visent &#224; convaincre les travailleurs qu'elles feront tout tr&#232;s bien &#224; leur place, comme avocats, comme assurance, comme s&#233;curit&#233;, comme n&#233;gociateurs, comme d&#233;cideurs des des rythmes et moyens de lutte... Elles trouvent les revendications, les d&#233;cident et les discutent avec patronat et Etat, tout cela sans consulter les travailleurs et m&#234;me pas leurs militants ! Par exemple, la CGT a sign&#233; le &#034;Contrat social de crise&#034; qui pr&#233;voit comment Renault sacrifie les salari&#233;s sans que leurs militants en aient &#233;t&#233; inform&#233;s ! Ils avaient bien fait des consultations mais toutes disaient que la signature &#233;tait minoritaire...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'oppos&#233;, le but num&#233;ro un des comit&#233;s, c'est que les travailleurs d&#233;cident, discutent de tout devant tout le monde, en se soumettant au maximum au choix des travailleurs. Pas par go&#251;t des r&#233;unions sans fin mais parce que c'est ainsi que les travailleurs renforcent leur capacit&#233; de lute et de changement social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ils combattent f&#233;rocement toute tentative de les mettre en place, pr&#233;tendant qu'il suffit d'assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales dans lesquelles les propositions viennent seulement des syndicats, c'est-&#224;-dire de leur direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Centrales syndicales et classe ouvri&#232;re ne d&#233;fendent m&#234;me pas les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts. Il suffit pour le montrer de voir que les centrales s'estiment victorieuses du dernier conflit et que les travailleurs ont &#233;t&#233; battus. L'int&#233;r&#234;t des centrales est d'obtenir la reconnaissance des patrons et de l'Etat ce qui les oblige r&#233;guli&#232;rement &#224; s'appuyer sur la force de la classe ouvri&#232;re afin de contraindre leurs interlocuteurs &#224; ne pas trop baisser les prix pay&#233;s aux syndicats pour leurs services. Une petite d&#233;monstrations ans danger de temps en temps suffit....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1765&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1765&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1764&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1764&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article391&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article391&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1723&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1723&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1753&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1753&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2011-2013&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La CGT et la gr&#232;ve de PSA Aulnay&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le site de PSA (Aulnay) est menac&#233; de fermeture. Les traavailleurs vont &#234;tre licenci&#233;s massivement. Ils seraient une force potentielle &#233;norme pour soulever tout le secteur automobile lui aussi menac&#233; et toute la classe ouvri&#232;re qui l'est &#233;galement, si la lutte d'Aulnay allait dans ce sens&#8230; Ce ne sera pas la politique des syndicats &#224; Aulnay ni ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dirigeant de la CGT Aulnay : &#171; nous allons &#234;tre le cauchemar du patron &#187;, &#171; nous allons transformer Aulnay en forteresse ouvri&#232;re &#187;. Aulnay en forteresse, voil&#224; qui signifiait que les travailleurs d'Aulnay d&#233;fendaient seulement leur site alors qu'il y avait encore plus de licenciements dans l'ensemble des autres sites qu'&#224; Aulnay seule et qu'ils se gardaient d'appeler &#224; la lutte de l'ensemble du trust, unit&#233; absolument indispensable dans une attaque d'ensemble, unit&#233; que la conf&#233;d&#233;ration syndicale ne voulait surtout pas organiser. Le discours du chef syndical CGT d'Aulnay ne risquait pas pr&#233;parer une lutte d'ensemble puisqu'il ne mobilisait que derri&#232;re une banderole &#171; non &#224; la fermeture d'Aulnay &#187; et jamais derri&#232;re un &#171; non aux licenciements &#224; Peugeot &#187; ! Et, d'autre part, l'objectif donn&#233; aux salari&#233;s &#233;tait de r&#233;partir les productions entre les sites, ce qui sous-entendait qu'il fallait lutter pour produire &#224; Aulnay.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants syndicaux ont fait attendre des mois apr&#232;s l'annonce de la fermeture par le patron ensuite pour que les travailleurs d'Aulnay qui avaient d&#233;j&#224; vu leur moral cass&#233; par des mois et des ann&#233;es pendant lesquelles la CGT s'&#233;tait charg&#233;e par avance d'annoncer le projet de fermeture du patron. Quand on vous serine pendant des mois &#224; longueur de d&#233;claration du chef CGT que &#171; le site d'Aulnay va fermer &#187;, sans autre d&#233;veloppement de perspective de lutte, sans montrer en quoi cela concernait le reste de la classe ouvri&#232;re ou le reste des ouvriers de PSA, on ne peut pas dire que vous ayez le moral en entendant les chefs syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicalistes r&#233;formistes veulent absolument faire croire que la crise est factice et n'est qu'un pr&#233;texte &#224; des sacrifices pour les travailleurs. Ils veulent affirmer que la crise ne pourrait provenir que d'une baisse des ventes. Ils ne veulent pas admettre que le capitalisme ait pu atteindre ses limites, car alors leur r&#244;le aurait aussi atteint le sien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela signifie que leurs seuls crit&#232;res sont les ventes et les profits. Mais le crit&#232;re de la crise actuelle est la fin de l'accumulation priv&#233;e du capital. Les riches ont beaucoup d'argent, mais ne veulent plus l'investir dans la production et le commerce. Ils sp&#233;culent. Et plus ils sp&#233;culent, plus la sp&#233;culation devient plus int&#233;ressante &#224; court terme que l'investissement. C'est donc devant une spirale destructrice que se retrouve le syst&#232;me. Son seul moyen de tenir momentan&#233;ment a &#233;t&#233; l'investissement massif des Etats qui a men&#233; &#224; leur faillite actuelle... A PSA et Renault, l'Etat a donn&#233; et n'arr&#234;te pas de donner des milliards et cela ne peut suffire &#224; pallier les investissements des trusts.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela signifie que tous les capitalistes, que PSA, que Renault, que le B&#226;timent sp&#233;culent. Cela signifie aussi qu'ils estiment la sp&#233;culation sur les fonds souverains par exemple bien plus profitable que de produire des voitures&#8230; Avec des risques : ils viennent de perdre beaucoup d'argent en jouant sur les dettes souveraines de la Gr&#232;ce, de l'Espagne, de l'Italie. Et ils vont en avoir perdu encore bien plus sur les dettes souveraines&#8230; de la France ! D'o&#249; les suppressions d'emplois et les licenciements en pr&#233;vision&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les suppressions d'emploi &#224; PSA ne sont pas plus caus&#233;es par le manque des v&#233;hicules vendus que les licenciements &#224; la Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale ou &#224; la BNP le seraient par le manque de comptes de particuliers ouverts, ni les licenciements du B&#226;timent par le manque d'acheteurs d'appartements.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tous ces licenciements ont exactement la m&#234;me cause : les capitalistes se retirent massivement de leurs investissements, ils misent plut&#244;t sur des sp&#233;culations financi&#232;res, les capitalistes n'investissent plus, les banques ne pr&#234;tent plus, les capitalistes misent sur la chute des monnaies, des Etats, des bourses, des &#233;conomies car cela rapporte plus. Et les entreprises automobile font de m&#234;me...&lt;br class='autobr' /&gt;
Soulignons le mode de raisonnement d&#233;velopp&#233; dans les m&#233;dia par les dirigeants syndicalistes dont nombre de militants r&#233;volutionnaires : le patron gagne de l'argent donc il ne devrait pas supprimer des emplois ; les profits sont l&#224; et les travailleurs n'en b&#233;n&#233;ficient pas ; Le groupe choisit de faire travailler en Chine ou au Br&#233;sil alors que c'est un trust fran&#231;ais aid&#233; par l'Etat fran&#231;ais ; PSA a annonc&#233; s'&#234;tre tir&#233; de la crise avec des profits records et le trust ne devrait pas faire payer les travailleurs, etc, etc... Ce n'est pas juste. Ce n'est pas moral. Ce n'est pas l'int&#233;r&#234;t de l'entreprise. Ce n'est pas social. ce ne devrait pas &#234;tre accept&#233; par l'Etat fran&#231;ais qui a pay&#233; pour emp&#234;cher les suppressions d'emplois. etc, etc...&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien entendu, nous comprenons tr&#232;s bien ce que veut dire ce discours : la crise est un pr&#233;texte, une entreprise qui profite ne devrait pas licencier, ni m&#234;me supprimer des emplois, on se mobilise avec le droit moral pour nous...&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela semble l&#233;gitime, non, tout cela ? Et pourtant, ce n'est qu'un moyen d'aller direct dans le mur, m&#234;me si les salari&#233;s de PSA se mobilisent...&lt;br class='autobr' /&gt;
Et d'abord parce que cela repose sur une analyse fausse de la situation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien entendu, nous ne pr&#233;tendons en rien l&#233;gitimer la politique de suppressions d'emplois de PSA, mais seulement comprendre la logique patronale pour mieux la combattre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le raisonnement pr&#233;c&#233;dent sous-entend qu'il s'agit simplement de d&#233;localisations en vue d'augmenter les profits et que la racine de cette politique n'a rien &#224; voir avec la crise que connait le syst&#232;me mondial. C'est faux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette mani&#232;re de raisonner laisse entendre que les suppressions d'emplois ne sont pas li&#233;es aux d&#233;sordres financiers, boursiers, mon&#233;taires et &#233;conomiques du syst&#232;me mondial. Et c'est faux.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une mani&#232;re de dire que le patron de PSA m&#232;ne une politique particuli&#232;re qui est particuli&#232;rement hostile aux travailleurs et qu'il suffirait que les travailleurs de PSA se mobilisent contre ce plan pour le faire reculer. Et c'est faux.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est faux parce que l'offensive contre les travailleurs n'est nullement cantonn&#233;e &#224; PSA. La premi&#232;re des choses &#224; faire pour &#233;lever le niveau de conscience et le rapport des forces serait de montrer aux travailleurs de PSA qui veulent se mobiliser que la lutte doit &#234;tre g&#233;n&#233;rale et qu'il est vital de se mobiliser &#224; des niveaux plus important qu'un site comme Citro&#235;n Aulnay et m&#234;me qu'un groupe comme PSA. Il va falloir entra&#238;ner toute l'Automobile et m&#234;me toute la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2225&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2225&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2709&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2709&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2144&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2144&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2388&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2388&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve402&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve402&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2468&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2468&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2629&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2629&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3364&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3364&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2012&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve de l'h&#244;pital Saint Antoine est battue par... les syndicats...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2199&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2199&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve PSA Aulnay, men&#233;e de mani&#232;re r&#233;formiste par la CGT, a accouch&#233; d'une souris&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#233;change des dix milliards que le gouvernement donne en cadeau et sans condition &#224; la banque financi&#232;re PSA en faillite, il a obtenu du patron de PSA d'organiser un simulacre de n&#233;gociations o&#249; ne seraient pas remis en cause le plan de licenciements massif mais seulement ren&#233;goci&#233; leur accompagnement. Les syndicats d'Aulnay crient victoire et d&#233;clarent que c'est leur lutte qui a obtenu la victoire et quelle est cette victoire ? Mercier, dirigeant CGT l'exprime ainsi : un calendrier de n&#233;gociations !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des milliers de salari&#233;s vont perdre leur emploi et ce n'est nullement remis en question m&#234;me quand l'Etat d&#233;bourse dix milliards d'euros et la victoire c'est qu'il n'y ait ni gr&#232;ve ni occupation des sites vis&#233;s et qu'on obtienne un calendrier de blabla mensongers autour du tapis vert et celui qui dit cela se pr&#233;tend communiste r&#233;volutionnaire de Lutte Ouvri&#232;re. Il faut se pincer pour y croire !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;On a bloqu&#233; la direction qui voulait nous imposer ses conditions sans n&#233;gocier sur les mobilit&#233;s&#034;, s'est f&#233;licit&#233; Jean-Pierre Mercier (CGT).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est un succ&#232;s de l'unit&#233; des salari&#233;s d'Aulnay &#187; dit Marcier &#224; la t&#233;l&#233;vision. Ce qu'il appelle unit&#233; des salari&#233;s, c'est l'unit&#233; des syndicats avec le syndicat patronal et jaune le SIA et l'unit&#233; pour ne pas entrer en gr&#232;ve, pour ne pas occuper, pour ne pas d&#233;ranger les pr&#233;tendues n&#233;gociations, pour ne pas mener la lutte des classes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le journal L'Humanit&#233; du 25 octobre &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est un premier succ&#232;s pour les syndicats de PSA Peugeot-Citro&#235;n. Ceux-ci sont parvenus &#224; imposer ce jeudi que la direction du groupe automobile ouvre des n&#233;gociations sur les conditions de l'ensemble du plan social annonc&#233; &#224; Aulnay et Rennes,, dans le cadre de son plan de restructuration qui pr&#233;voit plus de 8.000 suppressions d'emploi et la fermeture du site de Seine-Saint-Denis. Ces n&#233;gociations d&#233;buteront le 7 novembre. Jean-Pierre Mercier, repr&#233;sentant CGT de PSA Aulnay, raconte &#224; la sortie du comit&#233; central d'entreprise qui se tenait ce matin : &#034;La direction de Peugeot voulait ce matin faire passer en force une partie de son plan en imposant les mutations internes. Elle cherchait ainsi &#224; vider l'usine (d'Aulnay) le plus vite possible. C'est un premier succ&#232;s.&#034; Selon les syndicats, les conditions de d&#233;part des salari&#233;s sur Poissy ou d'autres sites du groupe devront d&#233;sormais faire l'objet de n&#233;gociations pr&#233;alables. Un calendrier de discussions sera mis en place sur l'ensemble des mesures d'accompagnement - formations, indemnisations - destin&#233;es &#224; ceux qui refusent d'&#234;tre transf&#233;r&#233;s et &#224; tous les autres salari&#233;s concern&#233;s par la r&#233;duction de la capacit&#233; de Rennes ou par la fermeture du site d'Aulnay. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Cela fait 17 mois que l'on demande l'ouverture de ces n&#233;gociations. La direction voulait nous diviser elle n'a pas r&#233;ussi&#034;, explique Jean-Pierre Mercier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis de nuancer : &#034;On a obtenu un calendrier de n&#233;gociations pour nos revendications. Mais on ne peut pas faire confiance &#224; la direction de PSA. Nous attendons qu'Arnaud Montebourg appose signature en bas du document&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu'on peut faire confiance &#224; Montebourg et &#224; l'Etat bourgeois ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la sortie de l'entrevue entre Montebourg et les syndicats, le ministre a assur&#233; que le &#171; gouvernement et le pr&#233;sident de la R&#233;publique partageaient l'inqui&#233;tude des salari&#233;s &#187; de PSA et promis que la r&#233;union &#224; venir serait l'occasion de &#171; r&#233;duire reformater, rediscuter le plan social &#187;. S'il a reconnu implicitement que les suppressions de postes &#233;taient un mal n&#233;cessaire pour permettre &#224; Peugeot, en difficult&#233;, de se remettre sur de bons rails, il a n&#233;anmoins assur&#233; que le plan social devait &#234;tre &#171; strictement proportionn&#233; aux n&#233;cessit&#233;s de la relance de Peugeot. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat a demand&#233; &#171; le reformatage du plan &#187; qui pr&#233;voit 8.000 suppressions de postes, a r&#233;p&#233;t&#233; le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg &#224; l'issue d'une r&#233;union tripartite &#224; Bercy. Mais il n'a obtenu aucun engagement du groupe automobile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est la n&#233;gociation avec les partenaires sociaux qui va nous permettre de voir l'effectivit&#233; de ces efforts &#187;, a dit le ministre. Et c'est tout ! Alors que l'Etat a quand m&#234;me d&#233;bours&#233; sans discuter dix milliards d'euros !!!! C'est cher pay&#233; de n&#233;gocier autour du tapis vert ! Voil&#224; tout ce qu'obtient un gouvernement de gauche pour dix milliards&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2484&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2484&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un bureaucrate collaboration de classe succ&#232;de &#224; un autre &#224; la t&#234;te de la CGT et de mani&#232;re tout &#224; fait bureaucratique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard Thibault a annonc&#233; ce mardi &#224; l'AFP que la commission ex&#233;cutive de la CGT a choisi, sur sa proposition, Thierry Lepaon, pour lui succ&#233;der comme secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut voir qui est Lepaon pour comprendre tout le sel de cette succession sans heurt apparent&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2479&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2479&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lepaon, futur secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT, a pr&#233;par&#233; la privatisation de la SNCF !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 27 juin 2012 : Le futur secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT fait un rapport d'Etat au CESE en faveur de la privatisation des TER&lt;br class='autobr' /&gt;
Le &#171; Rapport Lepaon &#187; au CESE du 27/06/2012 en faveur de l'ouverture &#224; la concurrence du secteur ferroviaire sera sign&#233; des organisations patronales et &#233;tatiques (sous gouvernement de droite de Sarkozy) comme des pires organisations syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En voici des extraits :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce texte pr&#233;sente une grande unit&#233; de ton r&#233;v&#233;latrice d'un consensus assez fort sur le sens que devrait avoir une exp&#233;rimentation (de privatisation de la SNCF), si l'Etat le d&#233;cide, et sur les principes que doivent inspirer sa conduite pour concourir &#224; son succ&#232;s. J'ai employ&#233; &#224; dessein le mot consensus et je souhaite maintenant dissiper toute erreur d'appr&#233;ciation sur ce terme. Il n'aura &#233;chapp&#233; &#224; personne dans cette assembl&#233;e que la locution &#171; ouverture &#224; la concurrence &#187; appliqu&#233;e &#224; un noyau dur du service public peut agir imm&#233;diatement comme un chiffon rouge. Dans le monde ferroviaire, agiter un chiffon rouge est justement le moyen le plus ancien, mais toujours en vigueur, pour signifier l'arr&#234;t d'urgence notamment lorsqu'il s'agit d'une man&#339;uvre. &#171; Je dois dire que j'ai personnellement consid&#233;r&#233; comme un challenge de faire la preuve qu'il &#233;tait possible, et m&#234;me utile, de d&#233;passer le stade de la r&#233;action allergique afin de clarifier les id&#233;es en affrontant la r&#233;alit&#233;. Affronter la r&#233;alit&#233;, c'est toujours confronter les points de vue, polir ses arguments en les frottant, souvent vigoureusement, &#224; ceux des autres. (&#8230;) &lt;br class='autobr' /&gt;
Le th&#232;me de l'ouverture &#224; la concurrence du transport ferroviaire r&#233;gional de voyageurs s'inscrit dans le cadre d'une orientation prise au niveau europ&#233;en. D&#232;s lors, la responsabilit&#233; d'une telle initiative appartient &#224; l'Etat et &#224; lui seul. Il doit &#234;tre clair que la question de l'ouverture &#224; la concurrence ne peut pas se r&#233;soudre par la voie d'une discussion, d'une n&#233;gociation, d'une concertation entre la direction et les syndicats de l'entreprise publique auquel ce service est d&#233;di&#233; par la loi. &lt;br class='autobr' /&gt;
La SNCF appartient &#224; la nation et ce sera donc aux &#233;lus de la nation, &#224; l'issue d'un d&#233;bat public associant les citoyens et les usagers, de prendre leurs responsabilit&#233;s et de l'assumer, le cas &#233;ch&#233;ant, devant leurs &#233;lecteurs. (&#8230;) &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour aller &#224; l'essentiel, je voudrais maintenant pr&#233;senter la m&#233;thode et le calendrier l&#233;gislatif et social que nous pr&#233;conisons. J'insiste bien sur le fait que nous proposons d'abord une m&#233;thode car nous avons voulu mettre l'accent sur le &#171; comment faire &#187; et pas seulement sur le &#171; quoi faire &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette m&#233;thode se d&#233;cline en six recommandations qui tracent un chemin, c'est-&#224;-dire un cap, une succession d'&#233;tapes et une m&#233;thode permettant de conduire &#224; terme une telle exp&#233;rimentation (en vue de la privatisation de la SNCF), si elle &#233;tait d&#233;cid&#233;e, et d'en tirer les enseignements. C'est ensuite &#224; son heure que viendra le moment de la d&#233;cision. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je l'ai dit, le th&#232;me de l'ouverture &#224; la concurrence du transport ferroviaire r&#233;gional de voyageurs a donn&#233; lieu &#224; de nombreuses initiales ayant produit des &#233;tudes et des rapports. Pour autant, notre contribution ne constitue pas une synth&#232;se au sens de la compilation condens&#233;e et plus ou moins hi&#233;rarchis&#233;e des pr&#233;conisations des rapports pr&#233;cit&#233;s, et ce, malgr&#233; leur qualit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons extrait de ce corpus ce qui nous a sembl&#233; le plus &#233;labor&#233; et le plus coh&#233;rent pour inventer l'avenir. Pour cela, il nous faut d'abord bien comprendre les sp&#233;cificit&#233;s du cadre social des cheminots, sp&#233;cificit&#233;s du cadre social des cheminots, sp&#233;cificit&#233;s qui d&#233;coulent du statut m&#234;me de l'entreprise SNCF, qui s'est vue confier des missions de service public. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ensuite, nous avons imagin&#233; des &#233;volutions possibles au plan social dans la perspective d'une ouverture &#224; concurrence qui semble se dessiner. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette id&#233;e prenant progressivement corps, elle s'est traduite en quelques sc&#233;narios descriptifs assez pr&#233;cis pour que l'on comprenne le sens de l'histoire qui pourrait s'&#233;crire et suffisamment ouvert pour laisser toute sa place et sa cr&#233;ativit&#233; au dialogue social. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'en suis, mes Chers Coll&#232;gues, pleinement convaincu : rien ne pourra aboutir sans le dialogue social et il s'agit l&#224; d'une premi&#232;re recommandation. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout le monde conna&#238;t la combativit&#233; des cheminots, mais peu de gens ont une id&#233;e du r&#244;le des relations collectives au sein de l'entreprise pour que ce grand syst&#232;me industriel de service puisse fonctionner. Lorsqu'on a compris que c'est le statut de l'entreprise qui a d&#233;fini le statut des cheminots et non l'inverse, on comprend alors beaucoup d'autres choses. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est en fonction de certaines obligations de r&#233;sultat, notamment en mati&#232;re de s&#233;curit&#233;, qu'ont &#233;t&#233; d&#233;finies l'organisation du travail, le r&#233;gime du travail, y compris le r&#233;gime de retraite. (&#8230;) &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme le dit le projet d'avis, si l'on veut que l'exp&#233;rimentation d'une ouverture &#224; la concurrence soit r&#233;ussie, il convient de faire en sorte que l'op&#233;rateur historique et ses salari&#233;s s'y reconnaissent. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une autre recommandation &#8211; la deuxi&#232;me &#8211; qui s'est impos&#233;e porte sur la n&#233;cessit&#233; d'une &#233;valuation pr&#233;alable des r&#233;sultats des exp&#233;rimentations r&#233;gionales avant de mettre en place un cadre social harmonis&#233;, c'est-&#224;-dire un socle commun en mati&#232;re de dur&#233;e et d'organisation du travail. (&#8230;) &lt;br class='autobr' /&gt;
Je voudrais aussi &#233;voquer une autre question essentielle, celle du devenir des personnels en cas de changement d'op&#233;rateur. Ce projet d'avis se distingue des rapports d'experts, puisqu'il pr&#233;conise le reclassement interne &#224; la SNCF avant d'envisager un &#233;ventuel transfert de personnels. (&#8230;) &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
On aura compris que tout l'effort de Lepaon consiste &#224; faire passer sans lev&#233;e de drapeau rouge de la part des cheminots&#8230; la privatisation de la SNCF !!!!&lt;br class='autobr' /&gt;
Il rajoute :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le Transport Express R&#233;gional de voyageurs (TER) a connu gr&#226;ce &#224; la r&#233;gionalisation un essor remarquable. Mais son co&#251;t tend &#224; s'accro&#238;tre et son d&#233;veloppement para&#238;t sous contrainte, alors que l'Union europ&#233;enne a engag&#233; une lib&#233;ralisation progressive des transports ferroviaires. Dans ce contexte, le Premier ministre a demand&#233; l'avis du CESE sur l'ouverture &#224; la concurrence des transports r&#233;gionaux de voyageurs, en particulier quant au p&#233;rim&#232;tre g&#233;ographique, &#224; la propri&#233;t&#233; du mat&#233;riel roulant, aux relations contractuelles entre r&#233;gion et exploitant, ainsi qu'&#224; sa dimension sociale. Pour le CESE, la d&#233;cision d'ouvrir, m&#234;me &#224; titre exp&#233;rimental, les TER &#224; la concurrence est politique et rel&#232;ve du gouvernement. Dans cet esprit, l'avis esquisse un chemin de r&#233;forme qui permette, via une exp&#233;rimentation ma&#238;tris&#233;e, d'avancer prudemment sur ce dossier sensible, en associant l'ensemble des parties prenantes. L'enjeu est en effet de maintenir, voire d'amplifier le succ&#232;s de la r&#233;gionalisation des TER, afin de favoriser la comp&#233;titivit&#233; et l'accessibilit&#233; des territoires, la mobilit&#233; des personnes, la pr&#233;servation de l'environnement et le d&#233;veloppement de la fili&#232;re ferroviaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tromperie syndicale Arcelor-Mittal&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats d'ArcelorMittal crient &#224; la trahison du gouvernement apr&#232;s le retrait de la proposition de nationalisation alors qu'ils &#233;taient fiers, la veille, d'avoir bu le caf&#233; avec le ministre qui avait &#233;t&#233; gentil avec eux !!! Quelques mois ou ann&#233;es avant, ils avaient &#233;t&#233; fiers de leurs n&#233;gociations avec Mittal et des promesses de ce dernier ! C'est un manque complet de conscience de qui sont les amis et les ennemis...&lt;br class='autobr' /&gt;
Les syndicats se disent trahis par les patrons et les gouvernements. C'est normal : ils ont consid&#233;r&#233; qu'ils &#233;taient du m&#234;me bord, &#224; d&#233;fendre l'entreprise, &#224; d&#233;fendre la r&#233;gion, &#224; d&#233;fendre le pays, etc. Mais ils ne sont pas de notre bord : &#224; d&#233;fendre les prol&#233;taires f&#251;t-ce aux d&#233;pens des patrons. Les patrons, eux, ne craignent pas de d&#233;fendre leurs profits, f&#251;t-ce en nous assassinant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La strat&#233;gie syndicale reste : les cheminots luttent seuls, les salari&#233;s de Petroplus luttent seuls, les PSA Aulnay ne sont m&#234;me pas en lutte avec ceux de Rennes sans parler des autres sites, les salari&#233;s d'Arcelor luttent seuls, les salari&#233;s de chaque banque comme la banque de France r&#233;cemment luttent seuls, etc&#8230; Tout au plus une petite journ&#233;e syndicale d'inaction par ci par l&#224;. Cette strat&#233;gie n'est pas contest&#233;e par les dirigeants syndicaux locaux des entreprises qui licencient qui pr&#233;tendent que leur lutte locale est cens&#233;e suffire pour faire reculer le patron au moment o&#249; l'offensive patronale de licenciements est g&#233;n&#233;rale et non locale, globale et non conjoncturelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car leur discours consiste surtout &#224; n&#233;gocier et pas &#224; lutter. La lutte n'est rien d'autre pour elles que la derni&#232;re roue du carrosse des n&#233;gociations ! Et, de n&#233;gociation en n&#233;gociation, elles n'ont fait que reculer, reculer, reculer, abandonner les emplois, abandonner les conditions de travail et les salaires&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2558&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2558&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mr Thierry Lepaon,membre du Conseil Economique, Social et Environnemental, le CESE, a &#233;mis un rapport sur la mani&#232;re de privatiser la SNCF sans faire de vagues intitul&#233; rapport sur &#171; l'ouverture &#224; la concurrence des services ferroviaires r&#233;gionaux de voyageurs &#187;, s&#233;ance du 27 juin 2012 o&#249; il d&#233;clare notamment : &#171; Il n'aura &#233;chapp&#233; &#224; personne dans cette assembl&#233;e que la locution &#171; ouverture &#224; la concurrence &#187; appliqu&#233;e &#224; un noyau dur du service public peut agir imm&#233;diatement comme un chiffon rouge. Dans le monde ferroviaire, agiter un chiffon rouge est justement le moyen le plus ancien, mais toujours en vigueur, pour signifier l'arr&#234;t d'urgence notamment lorsqu'il s'agit d'une man&#339;uvre. (&#8230;) Nous avons imagin&#233; des &#233;volutions possibles au plan social dans la perspective d'une ouverture &#224; concurrence qui semble se dessiner. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Donc Lepaon veut &#233;viter qu'on agite le chiffon rouge contre la privatisation de la SNCF et inscrit dans celle-ci et souhaite la dessiner&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2564&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2564&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2013&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Alors que l'attaque des retraites par le gouvernement Hollande se profile, la CGT propose de pi&#233;ger &#224; nouveau la riposte ouvri&#232;re qui vient dans la fausse unit&#233; intersyndicale avec les syndicats qui viennent de signer, au nom de la comp&#233;titivit&#233; des capitalistes fran&#231;ais, l'accord de destruction du contrat de travail&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin d'entrer en guerre contre les classes dirigeantes, &#224; mesure que celles-ci d&#233;montrent leur volont&#233; de d&#233;truire les classes travailleuses, les dirigeants syndicaux manifestent&#8230; leur d&#233;sir de s'en tenir &#224; des protestations platoniques qui ne frappent pas la bourgeoisie au c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le monde entier, le Capital est en train de d&#233;truire le Travail et ces adeptes hypocrites du capitalisme que sont la gauche et les syndicats pr&#233;tendent qu'il faut nous d&#233;fendre pays par pays, quand ce n'est pas entreprise par entreprise, corporation par corporation et m&#234;me site par site. Ils s'&#233;tonnent que les PSA Aulnay aient beau faire gr&#232;ve dans une seule entreprise et ne parviennent pas plus &#224; faire reculer leur patron que n'y sont parvenus ceux de General Motors, de Goodyear, de Petroplus ou d'ArcelorMitall Florange, eux aussi condamn&#233;s &#224; lutter dans une seule entreprise alors que tous les trusts licencient massivement. Parce que, malgr&#233; des gr&#232;ves et des manifestations, les centrales syndicales se contentent d'accompagner les attaques en maugr&#233;ant mais en participant aux fausses n&#233;gociations qui couvrent les attaques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et surtout, les centrales se gardent bien de relier entre eux toutes les attaques subies par les salari&#233;s et tous les combats men&#233;s. Pourtant, on assiste bel et bien &#224; une offensive d'ensemble contre le monde du travail. On ne peut pas s&#233;parer l'ensemble des &#171; r&#233;formes &#187; antisociales des gouvernements, sur les retraites sur le code du travail, sur l'emploi, sur les retraites, sur les allocations familiales, sur la privatisation de la SNCF, sur la fin de la recherche publique, de la sant&#233; publique, sur l'allocation ch&#244;mage et on en passe. Les licenciements des trusts priv&#233;s ont &#233;t&#233; une attaque concert&#233;e dont PSA n'a &#233;t&#233; que le signe avant-coureur. Les centrales syndicales refusent cat&#233;goriquement de pr&#233;parer une riposte coordonn&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un geste significatif de cette volont&#233; de s'allonger devant les attaques sur les retraites a &#233;t&#233; le discours du dirigeant de la CGT Lepaon qui, au lendemain des manifestations s&#233;par&#233;es et clairsem&#233;es du premier mai, a d&#233;clar&#233; que, malgr&#233; sa signature de l'accord ANI de &#171; flexi-s&#233;curit&#233; de l'emploi &#187;, il voulait l'unit&#233; avec la CFDT et estimait les d&#233;saccords limit&#233;s et sans gravit&#233; ! Bien la peine d'avoir manifest&#233; contre l'accord ANI et d&#233;clar&#233; que c'&#233;tait l'un des pires reculs depuis des d&#233;cennies sur le contrat de travail pour ensuite minimiser la participation de syndicats &#224; cette pantalonnade syndicale&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela en dit long en tout cas sur la mani&#232;re dont la CGT compte promener les salari&#233;s pour soi-disant d&#233;fendre les retraites, dans la m&#234;me lanc&#233;e de pr&#233;tendue &#171; unit&#233; &#187; qui a d&#233;j&#224; men&#233; &#224; l'&#233;chec face &#224; Sarkozy-Fillon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que ces centrales syndicales qui se disaient &#171; unies pour d&#233;fendre les retraites &#187; &#233;taient surtout unies contre l'id&#233;e d'appeler &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, Bernard Thibaut, dirigeant de l'&#233;poque de la CGT, affirmant que ce n'&#233;tait nullement une m&#233;thode dans la tradition du mouvement ouvrier en France !!! Elles &#233;taient unies pour que le jour d'action ne soit pas un jour de gr&#232;ve comme le premier mai ou comme un week-end ! Elles &#233;taient unies pour laisser seuls en gr&#232;ve les travailleurs du secteur des raffineries p&#233;troli&#232;res, allant jusqu'&#224; faire croire qu'on allait &#171; faire reculer Sarkozy &#187; par ce seul blocage p&#233;trolier. Ensuite, elles ont-elles-m&#234;mes d&#233;mobilis&#233; les manifestants en affirmant qu'on ne gagnerait pas tant que Sarkozy gouvernerait et qu'il n'y avait qu'&#224; voter &#224; gauche. On voit &#224; quel point elles ont menti puisque la gauche reprend exactement de la m&#234;me mani&#232;re le travail de destruction de Sarkozy. La gauche de la gauche qui s'en indigne a cautionn&#233; l'op&#233;ration et se revendique encore d'avoir aid&#233; Hollande- ce Sarkozy-bis &#224; venir au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3419&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3419&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retraites : &#224; nouveau une intersyndicale qui va diriger le mouvement&#8230; vers le mur ?!!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3477&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3477&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat pourri des n&#233;gociations entre la gauche gouvernementale et les syndicats&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1769&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1769&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2604&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2604&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Syndicalisme de classe, oui, mais de quelle classe ? La bourgeoisie ou le prol&#233;tariat ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2616&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2616&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;actions des dirigeants syndicalistes qui ont cru au discours du patron et s'estiment tromp&#233;s alors qu'ils ont &#233;t&#233; les relais de la tromperie aupr&#232;s des travailleurs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2742&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2742&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats &#224; PSA : des m&#233;thodes qui n'ont rien &#224; voir avec des m&#233;thodes de classe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2709&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2709&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiques syndicales en 2013&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3361&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3361&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2014&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans la nouvelle gr&#232;ve des cheminots, la CGT a dit soutenir la gr&#232;ve jusqu'au bout. Mais il y a beaucoup &#224; redire sur ce point. Premi&#232;rement, c'est la direction de la CGT qui a initi&#233; la r&#233;forme qui m&#232;ne &#224; la privatisation puisque le rapport du Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE) sur la privatisation vot&#233; &#224; l'unanimit&#233; des repr&#233;sentants de l'Etat, des patrons et des salari&#233;s, a &#233;t&#233; &#233;crit par Lepaon, repr&#233;sentant CGT, qui allait devenir plus tard secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT. Ensuite, la loi contre laquelle les cheminots ont eu &#224; se battre a &#233;t&#233; sign&#233;e par les repr&#233;sentants CGT, Lepaon pour la centrale et Garel pour la CGT cheminots, avant que la gr&#232;ve ne commence. Ensuite, il a &#233;t&#233; convenu entre le gouvernement et la CGT que l'int&#233;r&#234;t commun &#233;tait de mettre en place un dispositif par lequel la CGT prendrait l'initiative d'une protestation des cheminots, suite &#224; laquelle le Front de Gauche repr&#233;sent&#233; par Chassaigne, proposerait des amendements que Hollande-Valls allaient accepter. Les cheminots ont &#233;t&#233; tellement en col&#232;re contre le projet de loi que le mouvement qui avait &#233;t&#233; envisag&#233; a d&#251; &#234;tre transform&#233; d'action limit&#233;e en gr&#232;ve durable. Garel et Lepaon se sont alors partag&#233;s les r&#244;les, le premier faisant mine de soutenir la gr&#232;ve et le second d'appeler par les m&#233;dias &#224; la reprise du travail, mais ils sont rest&#233;s de bout en bout la main dans la main et Garel y a perdu son cr&#233;dit dans la CGT Cheminots, ce qui s'est vu par la suite&#8230; De tout cela, le syndicat SUD a fait mine de ne rien voir, tout attach&#233; &#224; sa pr&#233;tendue unit&#233; de lutte, &#224; laquelle il continue aujourd'hui &#224; s'accrocher. A aucun moment, le syndicat SUD n'avait voulu s'apercevoir de l'existence du rapport Lepaon, de la signature de la loi Hollande-Valls avant la gr&#232;ve, ni du caract&#232;re double des d&#233;clarations de la CGT au cours de la gr&#232;ve. Les groupes d'extr&#234;me gauche qui ont un r&#244;le important au sein de SUD, &#224; savoir NPA et Alternative Libertaire, ont camoufl&#233; tout cela tant qu'ils ont pu. Mais surtout, ils se sont gard&#233;s, de m&#234;me que Lutte ouvri&#232;re au sein de la CGT, de d&#233;fendre une autre perspective au sein de la gr&#232;ve, combattant m&#234;me l'id&#233;e des comit&#233;s de gr&#232;ve, l'extension de la lutte par exemple &#224; la RATP. Ils se sont gard&#233;s de critiquer la participation aux n&#233;gociations bidon. Ils se sont gard&#233;s de d&#233;masquer le double jeu des centrales syndicales. Ils se sont gard&#233;s de proposer la perspective d'une lutte d'ensemble des services publics qui subissent une attaque conjointe, par exemple une liaison avec la sant&#233; qui conna&#238;t plusieurs gr&#232;ves au m&#234;me moment et tente de les faire converger contre les appareils syndicaux. Le bilan du groupe Alternative Libertaire est particuli&#232;rement instructif, sachant le r&#244;le que joue ce groupe au sein de Sud Cheminots. On peut y lire qu'il faut combattre les militants d'extr&#234;me gauche qui militent pour des comit&#233;s de gr&#232;ve. Oui, l'extr&#234;me gauche cautionne &#224; fond les politiques de trahison des appareils syndicaux, permettant &#224; ces politiques de passer discr&#232;tement sans que la majorit&#233; des travailleurs ne voient la tromperie. Inutile de dire que ces groupes d'extr&#234;me gauche, tout comme la gauche et les syndicats, se sont gard&#233;s de souligner la trahison du rapport Lepaon au CESE et de la signature du projet de loi SNCF d'Hollande-Valls avant la gr&#232;ve, se refusant &#224; pr&#233;venir les cheminots que ceux qui allaient diriger leur gr&#232;ve en &#233;taient les ennemis cach&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re gr&#232;ve n'est pas un succ&#232;s m&#234;me si certains se satisfont de minimes amendement &#224; la loi. Celle-ci reste une loi en vue de la privatisation du transport ferroviaire et elle n'a en rien fondamentalement chang&#233;e. D'autres affirment que, nous cheminots, aurions fait gr&#232;ve pour l'honneur, pour faire une d&#233;monstration. Mis &#224; part le fait que de telles d&#233;monstrations co&#251;tent cher et ne rapportent pas grand-chose &#224; part la satisfaction de quelques dirigeants syndicaux, il convient de se demander ce que ces derniers cherchaient exactement au travers de la gr&#232;ve. En effet, Lepaon comme Garrel avaient sign&#233; le projet de loi (non amend&#233;) avant de se mettre &#224; la t&#234;te de la gr&#232;ve. Cela pose question : la direction CGT ne voulait-elle pas simplement se blanchir d'avoir ent&#233;rin&#233; un grave recul social. En faisant gr&#232;ve, en prenant parti pour et contre les cheminots, ces dirigeants ne nous ont-ils pas tromp&#233;. Si les dirigeants syndicaux qui ont condamn&#233; la gr&#232;ve sont bel et bien dans le camp de la privatisation, ceux qui ont pris la t&#234;te de la gr&#232;ve ne valent pas beaucoup plus cher. On se souvient que le principal organisme d'Etat en la mati&#232;re, le Conseil Economique Social et Environnemental (CESE) avait adopt&#233; un rapport en vue de la privatisation. Ce rapport, adopt&#233; par les patrons, l'Etat et presque tous (solidaires n'avait pas sign&#233;) les syndicats dans le cadre du CESE, &#233;tait sign&#233; Lepaon, actuel secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bilan, ce n'est pas l'inutilit&#233; de faire gr&#232;ve mais l'inutilit&#233; de choisir comme direction des gr&#232;ves des dirigeants qui en fait sont contre et se d&#233;brouillent pour nous faire reprendre le travail sans avoir rien obtenu et sans s'&#234;tre donn&#233; les moyens d'obtenir quelque chose. On aura par exemple remarqu&#233; que, durant la gr&#232;ve, la CGT &#233;tait contre de bloquer les RER de Paris-centre. Ce qui aurait donn&#233; davantage de force &#224; la gr&#232;ve. Contre aussi l'extension de la gr&#232;ve &#224; la RATP. Contre encore son extension &#224; l'EDF pourtant elle-m&#234;me menac&#233;e selon les propos de Lepaon lui-m&#234;me. Contre toute liaison avec les h&#244;pitaux en gr&#232;ve ou tout autre domaine du secteur public. Quand on fait gr&#232;ve, on le paie nous-m&#234;mes de notre poche. Quand on &#233;choue, on le paie nous-m&#234;mes de reculs sociaux importants, et ce n'est pas les bureaucrates des appareils syndicaux qui en font les frais. Eh bien, il faut aussi qu'on d&#233;cide des orientations de la gr&#232;ve par nous-m&#234;mes !!! On n'a pas besoin de dirigeants qui nous disent, maintenant, que ce n'est pas grave si on a perdu puisque c'&#233;tait pour l'honneur, pour la beaut&#233; du geste ou pour le principe&#8230; Si on veut gagner dans nos luttes, dirigeons-les par nous-m&#234;mes. C'est de comit&#233;s de gr&#232;ve qu'on manque dans les mouvements &#224; la SNCF comme, plus largement, dans toute la classe ouvri&#232;re en ce moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3430&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3430&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;clarations de Lepaon, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la radio France Inter ce matin : &#171; Le fait que la gr&#232;ve se prolonge n'est pas bon ni pour les usagers ni pour les agents de la SNCF &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce jour, il a &#233;galement d&#233;clar&#233; : &#171; Le gouvernement semble tenir compte du rapport de forces qui s'est instaur&#233; avec les cheminots. &#187; Mais il s'est bien gard&#233; de montrer en quoi Valls-Hollande reculaient !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a par contre reconnu, face aux journalistes de France Inter, qu'avant la gr&#232;ve, la CGT faisait partie des syndicats qui avaient sign&#233; leur accord avec le projet gouvernemental&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela vient se rajouter &#224; ses d&#233;clarations pr&#233;c&#233;dentes comme &#171; d'accord avec la loi mais pas avec son contenu &#187; ou encore souhaitant que le travail reprenne&#8230; dimanche dernier et parlant de &#171; sortie de crise ce week-end &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lepaon a expos&#233; clairement comment il s'appr&#234;te &#224; l&#226;cher le mouvement si des petits mots sont chang&#233;s dans le texte de loi&#8230; sans rien changer du fond :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Gr&#226;ce &#224; notre action, des amendements ont &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;s et il semblerait &#224; l'heure qu'il est que le gouvernement tienne compte de ce rapport de forces qui s'est instaur&#233;&#034;, a d&#233;clar&#233; M. Lepaon sur France Inter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Maintenant, il faut que les amendements soient &#233;crits de mani&#232;re pr&#233;cise, qu'ils soient d&#233;battus &#224; l'Assembl&#233;e nationale et qu'ils soient vot&#233;s&#034;, a-t-il poursuivi.&lt;br class='autobr' /&gt;
La CGT veut notamment que le &#034;besoin d'un service public ferroviaire&#034; soit inscrit dans la loi. Sur ce point, M. Lepaon observe des avanc&#233;es entre &#034;le premier projet de loi et celui qui est d&#233;battu&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la question du &#034;statut des personnels&#034;, &#034;c'est une d&#233;cision qui est inscrite aujourd'hui dans le projet de loi&#034; mais &#034;il faut que la loi soit extr&#234;mement pr&#233;cise&#034; pour &#233;viter des interpr&#233;tations lors de la &#034;mise en oeuvre&#034;, a-t-il estim&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2015&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La trahison syndicale de la lutte des personnels des h&#244;pitaux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le dernier mouvement des personnels de l'h&#244;pital public de mai-juin dernier, la principale revendication des personnels en gr&#232;ve et en manifestation a &#233;t&#233; : pas touche aux RTT, retrait du projet Hirsch en totalit&#233;, sans amendement ni discussion, pas de n&#233;gociation. &#171; Ni amendable, ni n&#233;gociable &#187; a &#233;t&#233; un slogan de tous les h&#244;pitaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas question de suppression de nos RTT ! Pas question d'imposer la fin des 35 heures &#224; l'h&#244;pital ! Pas question de modifier les horaires ! Pas question d'une baisse de la masse salariale pour combler les trous financiers dont nous ne sommes nullement les responsables ! Pas question d'accepter de faire des efforts suppl&#233;mentaires ni en temps de travail, ni en personnels en moins ni d'aucune mani&#232;re ! Pas question de sauver aucun point de la pr&#233;tendue &#171; r&#233;forme &#187; de Hirsch ! Aucun plan d'&#233;conomie pour l'h&#244;pital public aux d&#233;pens des malades et des personnels !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats qui disent nous repr&#233;senter ont tous r&#233;p&#233;t&#233; avec nous : pas amendable et pas n&#233;gociable tout en passant leur temps &#224;&#8230; essayer d'amender et de n&#233;gocier !!! S'ils ont fini, en juillet, admettre tous avoir &#233;chou&#233; et s'&#234;tre retir&#233;s de la table des n&#233;gociations, SUD et CFDT &#233;tant les derniers &#224; le faire, ils n'ont rien admis sur le fond et sont pr&#234;ts &#224; recommencer &#224; n&#233;gocier sur une pr&#233;tendue &#171; bonne r&#233;forme &#187; ! Ils refusent d'admettre que, l'Etat fran&#231;ais &#233;tant en faillite, toute r&#233;forme voudra dire des attaques sur les salaires, sur les emplois, sur les conditions de travail, sur les horaires, sur les repos, sur les primes, sur l'organisation du travail, sur tout ! Et pourtant, les dirigeants r&#233;formistes des syndicats sont toujours partisans de n&#233;gocier des r&#233;formes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;part, on avait compris qu'Hirsch voulait nous attaquer sur toute la ligne : horaires, RTT, primes, &#233;quipe, organisation du travail 35 heures et on en passe&#8230; Mais l'intersyndicale n'a jamais voulu le comprendre. Elle ne peut qu'esp&#233;rer &#224; nouveau&#8230;n&#233;gocier apr&#232;s la journ&#233;e d'action&#8230; Ils font la m&#234;me chose partout : &#224; Radio France, &#224; France T&#233;l&#233;visions, &#224; l'AFP, &#224; la SNCF : des journ&#233;es d'action suivies de n&#233;gociations bidon ! C'est comme cela que l'intersyndicale avait lantern&#233; le mouvement des retraites de 2010, jusqu'&#224; le faire &#233;chouer ! Et ils font partout comme si chaque entreprise publique &#233;tait un cas &#224; part alors que, dans chacune, les PDG pr&#233;tendent que les comptes sont dans le rouge pour faire passer des attaques en r&#232;gle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au long de la lutte des personnels de l'h&#244;pital public comme de Radio France ou de la SNCF, l'intersyndicale a pris toutes les d&#233;cisions en ne tenant nullement compte des avis des personnels mobilis&#233;s et c'est toujours &#224; reculons qu'elle a &#233;t&#233; contrainte de se retirer des n&#233;gociations alors que les personnels exigeaient sans cesse qu'on n'y participe pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains syndicats ont m&#234;me men&#233; des n&#233;gociations secr&#232;tes avec Hirsch en cachant leurs lieux de r&#233;unions pour ne pas &#234;tre d&#233;rang&#233;s, en refusant de transmettre des comptes-rendus de celles-ci et les autres syndicats ont toujours refus&#233; de d&#233;noncer ces discussions en catimini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mercredi 17 juin, on nous annon&#231;ait encore qu' &#171; un dialogue approfondi entre la direction et les syndicats avait repris pendant sept heures (jusqu'&#224; une heure du matin). Un nouveau calendrier a &#233;t&#233; propos&#233;, sur un ton plus apais&#233; et constructif et sur de nouvelles bases. &#187; &#171; C'est une avanc&#233;e &#187;, d&#233;clarait Rose May Rousseau, secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale de la CGT. &#171; Nous avons progress&#233; sur la feuille de route qu'on pourra modifier, les revendications du personnel ont &#233;t&#233; prises en compte. On esp&#232;re trouver une issue &#224; ce conflit &#187;, pr&#233;cisait-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 17 juin, la CFDT, apr&#232;s avoir adopt&#233; un texte de Hirsch intitul&#233; &#171; Relev&#233; de conclusions &#187;, texte &#233;galement soutenu &#233;galement par SUD Sant&#233;, d&#233;clarait : &#171; Cette r&#233;union du 17 juin a r&#233;uni, l'intersyndicale (CGT/ SUD-Sant&#233; / CFDT / FO et UNSA) et Martin Hirsh et a dur&#233; 7 heures. Elle a donn&#233; lieu &#224; la r&#233;daction d'un document de sortie de crise intitul&#233; &#171; relev&#233; de conclusions &#187;, qui devrait servir de m&#233;thode aux &#233;changes de terrains, entre les &#233;quipes soignantes et leurs responsables (cadres et m&#233;decins)... Le conseil du syndicat CFDT AP-HP a valid&#233; ce &#171; Relev&#233; de conclusions &#187; qui marque sa volont&#233; d'entrer dans une phase de dialogue social authentique &#224; l'AP-HP. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syndicat SUD &#233;crit dans un tract, intitul&#233; &#034;Pour en finir avec le fantasme de la trahison&#034;, qu'il serait inadmissible de parler de &#171; trahison &#187; de l'intersyndicale ou des syndicats mais toute son attitude d&#233;montre le contraire. Le 24 juin, dans son communiqu&#233;, Sud Sant&#233; affirmait que, dans le &#171; relev&#233; de conclusions &#187; de Hirsch soutenu par CFDT et SUD, Hirsch aurait &#171; reconnu l'ampleur du mouvement social dans l'institution, et l'intersyndicale comme interlocuteur &#187;. SUD consid&#233;rait seulement qu'elle doit &#171; ouvrir encore plus le texte &#187; qu'elle a convenu avec Hirsch, le fameux &#171; relev&#233; de conclusions &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; SUD Sant&#233; souhaite ouvrir plus encore le texte, d&#233;finir le calendrier de la premi&#232;re phase, coucher sur papier les crit&#232;res de choix des services en difficult&#233;, d&#233;finir plus pr&#233;cis&#233;ment l'&#233;tude d'impact... Si les avanc&#233;es sont r&#233;elles, beaucoup reste &#224; pr&#233;ciser... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Contraint de revoir sa copie sous la pression de la rue, Hirsch propose un relev&#233; de conclusions o&#249; il reconna&#238;t l'ampleur du mouvement social dans l'institution, et l'intersyndicale comme interlocuteur. Il est surtout pouss&#233; &#224; reconsid&#233;rer son calendrier et dans le meilleur des cas ouvrir des n&#233;gociations au plus t&#244;t en octobre prochain. &#187; &#233;crivait SUD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous sommes pr&#234;ts &#224; discuter d'une v&#233;ritable r&#233;duction du temps de travail avec des embauches &#187; et &#171; n&#233;gocier sur la base de nos revendications, pas sur celles de M. Hirsch &#187;, a d&#233;clar&#233; la dirigeante CGT Sant&#233; Rose May Rousseau. Le 18 juin, Sud Sant&#233; &#233;crivait : &#171; Nous SUD Sant&#233; sommes pr&#234;ts &#224; discuter avec lui (Hirsch). &#187; En tout cas, les manifestants refusaient de n&#233;gocier et tous les syndicats ainsi que l'intersyndicale n'avaient &#224; la bouche que le mot de n&#233;gocier !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le jeudi 18 juin, les syndicats rejoignaient encore Hirsch pour&#8230; reprendre les n&#233;gociations !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats et l'intersyndicale n&#233;gociaient et n'arr&#234;taient pas de n&#233;gocier comme le constataient les manifestants rassembl&#233;s &#224; la place Victoria qui se sont retrouv&#233;s en train d'attendre&#8230; tr&#232;s longtemps, trop longtemps, les responsables syndicaux en train de n&#233;gocier pendant des heures avec Hirsch alors que les manifestants leur criaient leur r&#233;volte : &#171; Pas la peine d'y rester des heures pour dire &#224; Hirsch qu'on ne veut pas de sa r&#233;forme ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attente continuant malgr&#233; les hu&#233;es et les responsables syndicaux poursuivant leurs blabla avec Hirsch, le slogan de &#171; Intersyndicale trahison ! &#187; ou &#171; n&#233;gociations, trahison ! &#187; a &#233;t&#233; lanc&#233; par les manifestants ! Ils n'en sont pas moins rest&#233;s &#224; bavarder avec Hirsch !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas parce que l'intersyndicale regroupe les syndicats CGT, CFDT, FO, Sud, Unsa, CFE-CGC, qu'elle a le droit de d&#233;cider &#224; notre place, de n&#233;gocier &#224; notre place, de c&#233;der sur ce qu'on ne veut pas c&#233;der, de parler en notre nom sans nous consulter !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3775&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3775&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'ann&#233;e 2015 est marqu&#233;e aussi par la destitution de Lepaon comme secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT et la nomination de Martinez &#224; sa place. Sur Lepaon, nous avons eu l'occasion de commenter. Voici pour Martinez&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philippe Martinez, secr&#233;taire de la CGT, le mythe de l'homme de la lutte des classes et la r&#233;alit&#233; de l'ascension d'un bureaucrate&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6131&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6131&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2016&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est une ann&#233;e d'attaques antisociales avec notamment la loi El Khomri que les syndicats vont faire semblant de contester dans la rue&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hollande et Valls fustigent Martinez, qui r&#233;plique, et on nous pr&#233;sente de tous c&#244;t&#233;s (m&#233;dia, hommes politiques, syndicats) la situation sociale en France comme celle d'un bras de fer entre la direction des syndicats, et en particulier de la CGT, d'un c&#244;t&#233; et le gouvernement de l'autre. Au point d'oublier presque qu'en r&#233;alit&#233; il y a les travailleurs et les jeunes, ainsi que les milieux populaires et de l'autre la classe capitaliste et son gouvernement &#171; de gauche &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains parlent m&#234;me d'affrontement entre deux personnes : Martinez et Valls, comme si on devait seulement choisir entre eux. La r&#233;alit&#233; est tout autre : c'est un combat de classe qui se d&#233;roule et dans celui-ci l'opposition frontale entre les gouvernants et les directions syndicales est loin d'&#234;tre &#233;vident. Les syndicats les moins &#171; radicaux &#187; comme la CFDT font carr&#233;ment partie du gouvernement et ceux qui passent pour plut&#244;t d'opposition &#224; la politique sociale du gouvernement, comme la CGT et FO, viennent de voir deux de leurs anciens dirigeants nomm&#233;s par Hollande &#224; des postes de hauts fonctionnaires, respectivement un poste de dirigeant de l'Agence contre illettrisme et d'Inspection des Affaires sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Curieuses ces hautes nominations pour des dirigeants syndicaux qui ne joueraient qu'un r&#244;le d'adversaires du gouvernement de gauche, d'autant que les syndicats ont tous contribu&#233; ouvertement et publiquement &#224; faire &#233;lire Hollande, m&#234;me s'ils disent ne pas aimer la politique de Valls. D'autant plus curieux que Martinez est le successeur de Lepaon, nomm&#233; par celui-ci et connu comme son second et en accord avec son orientation r&#233;formiste et collaborationniste. D'autant plus curieux que cette orientation de Lepaon l'avait amen&#233; &#224; signer le rapport d'Etat pour les Conseil Economique Social et Environnementale charg&#233; d'organiser la privatisation de la SNCF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Martinez, comme l'intersyndicale qui appelle aux journ&#233;es d'action a suivi les jeunes et les travailleurs en passant d'une demande de modification du texte d&#233;but mars &#224; un retrait complet du texte. Cela ne l'emp&#234;che pas aujourd'hui de d&#233;clarer, dans un coup de fil avec Valls, qu'il lui suffirait d'une suspension de d&#233;cision de la part du gouvernement pour appeler &#224; suspendre le mouvement social ! Et ce &#171; leader syndical &#187; &#233;tudie avec Valls &#171; les solutions pour arr&#234;ter les blocages et les manifestations &#187; !!! Le voil&#224; celui qui est pr&#233;sent&#233; le leader qui radicalise la lutte sociale en France !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc une contradiction entre ces faits et l'apparence que l'on voudrait nous donner des &#233;v&#233;nements et des luttes actuelles en France, apparence selon laquelle la direction de la CGT pousserait &#224; radicaliser la lutte, m&#232;nerait un combat jusqu'auboutiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; est toute autre qu'un affrontement entre deux dirigeants, Valls et Martinez, ou entre deux organisations, CGT et PS par exemple, et la population en prend conscience puisqu'un sondage affirme qu'une majorit&#233; admet qu'il y a en r&#233;alit&#233; une lutte de classe dans lequel le gouvernement est du c&#244;t&#233; de la classe capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste &#224; savoir de quel c&#244;t&#233;, dans quelle classe sociale, sont vraiment les directions syndicales, elles qui se pr&#233;sentent comme mobilis&#233;es pour faire reculer le gouvernement et pr&#234;tes &#224; &#171; aller jusqu'au bout &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel est le bout que les dirigeants syndicaux ne comptent pas d&#233;passer, telle est effectivement la question. Est-ce que le bout n'est pas justement la limite o&#249; ils se d&#233;voilent comme de faux dirigeants de la classe ouvri&#232;re et l'autre limite o&#249; ils risquent de nuire aux int&#233;r&#234;ts fondamentaux de la classe capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, si on prend les discours de Martinez au mot, on peut croire qu'il appelle l'ensemble de la classe ouvri&#232;re &#224; la lutte, qu'il lance successivement les salari&#233;s du transport, de l'&#233;nergie, des routiers, des p&#233;troliers, de la chimie, du nucl&#233;aire, puis lancera d'autres secteurs, qu'il ne reculera pas, qu'il se donnera, et donnera ainsi &#224; la classe ouvri&#232;re, les moyens de g&#233;n&#233;raliser progressivement la lutte et de faire ainsi reculer le gouvernement et le patronat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il en va autrement quand on y regarde de plus pr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appeler toute la classe ouvri&#232;re &#224; lutter ensemble, o&#249; et quand la CGT l'aurait-elle r&#233;ellement fait ? Pas une fois au cours de ces neuf journ&#233;es d'action d&#233;j&#224; programm&#233;es ! Il n'y a jamais &#233;t&#233; question de mettre en liaison les diff&#233;rents secteurs en lutte. Il n'y a jamais &#233;t&#233; question d'assembl&#233;es interprofessionnelles contrairement &#224; la gr&#232;ve de 1995 ou aux luttes des cheminots ou des infirmi&#232;res avec les coordinations. L'appel &#224; la gr&#232;ve pour l'ensemble de la classe ouvri&#232;re de Martinez est une posture m&#233;diatique qui ne se retrouve pas du tout dans les appels syndicaux dans les entreprises, dans le secteur priv&#233; ou public. Pas d'appel &#224; rejoindre le mouvement de gr&#232;ve reconductible de l'Automobile &#224; La Poste ou &#224; l'h&#244;pital public ! Pas d'appel &#224; voter la gr&#232;ve dans les services publics ni dans le secteur priv&#233;. Le pr&#233;tendu bras de fer n'est l&#224; que pour donner une image combative &#224; Martinez ou &#224; l'intersyndicale mais pas &#224; construire r&#233;ellement un rapport de forces capable de faire reculer nos adversaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le 9 mars quand les jeunes appelaient &#224; la gr&#232;ve, que 71% de l'opinion disait soutenir les syndicats et que SNCF et RATP &#233;taient par hasard appel&#233;s &#224; faire gr&#232;ve le m&#234;me jour pour des raisons apparemment diff&#233;rentes. Mais la loi El Khomri qui attaque le code du travail n'est en rien s&#233;par&#233;e des attaques contre les services publics de transport ou le service public hospitalier ou La Poste ou d'autres attaques contre les retraites, la s&#233;cu, les aides sociales et on en passe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le 9 mars, quand la SNCF &#233;tait appel&#233;e &#224; la gr&#232;ve par la CGT, ce n'&#233;tait pas contre la loi El Khomri, ce n'&#233;tait m&#234;me pas pour s'opposer &#224; la privatisation du rail, consid&#233;r&#233;e comme acquise par ce syndicat puisqu'elle participe &#224; des n&#233;gociations sur les horaires des travailleurs du rail, priv&#233; et public, dont elle conteste le contenu mais pas le principe. Et depuis, les syndicats qui ont appel&#233; les cheminots &#224; faire gr&#232;ve, y compris &#224; la fois contre El Khomri et la r&#233;forme du rail ne contestent pas du tout la partie privatisation de cette r&#233;forme. Ils n'en parlent m&#234;me plus. Le voil&#224; le radicalisme pr&#233;tendu des dirigeants syndicaux !!! Il fut un temps o&#249; on aurait cru impensable que les centrales syndicales s'inclinent devant la privatisation des chemins de fer !!! Elles affirment qu'on n'y peut plus rien puisqu'il a &#233;t&#233; adopt&#233; par l'Etat mais disent exactement le contraire pour la loi El Khomri, affirmant qu'on peut faire annuler une loi mal vot&#233;e ! Une fois de plus un double discours qui cache tr&#232;s mal que ces directions syndicales trahissent la lutte qu'elles pr&#233;tendent mener de mani&#232;re radicale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Martinez peut bien se montrer aux m&#233;dia en train de jeter un pneu &#224; br&#251;ler aux c&#244;t&#233;s des p&#233;troliers gr&#233;vistes, cela ne signifie pas qu'il propose autre chose que le faux radicalisme des blocages de l'essence. La force des travailleurs n'est pas le mythe de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et des bras crois&#233;s qui bloquent l'&#233;conomie. La vraie force des travailleurs, c'est d'&#234;tre capables de s'unir et de s'organiser collectivement, en comit&#233; de travailleurs, f&#233;d&#233;r&#233;s en coordination, discutant ensemble dans des assembl&#233;es interprofessionnelles. C'est cette force-l&#224; que refusait Bernard Thibaut lors du mouvement des retraites de 2010 et c'est cette force-l&#224; dont Martinez n'est nullement le leader dans le mouvement actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il affirme en m&#234;me temps : &#034;Quand on se bat, on peut gagner, et on ira jusqu'au retrait de la loi Travail !&#034; ou encore &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Les cheminots remettent &#231;a la semaine prochaine. Mais il faut g&#233;n&#233;raliser &#224; la m&#233;tallurgie, au commerce. Il faut que le gouvernement sache qu'on ne l&#226;chera rien.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Martinez romperait-il avec le syndicalisme de collaboration ? Pas du tout ! &#171; On veut commencer &#224; discuter &#187;, r&#233;affirme Philippe Martinez, patron de la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bout que ne d&#233;passe pas Martinez, ce sont les journ&#233;es d'action successives : &#171; Pour la premi&#232;re fois, nous appelons &#224; trois dates de gr&#232;ve, dans une &#233;ch&#233;ance tr&#232;s resserr&#233;e. Ce qui off re la possibilit&#233; aux salari&#233;s en gr&#232;ve mardi de continuer leur action jusqu'au jeudi. &#187; a dit Martinez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, dans ces journ&#233;es successives qui ont &#233;t&#233; la clef de la d&#233;faite du mouvement des retraites de 2010, d&#233;j&#224; agr&#233;ment&#233;es &#224; l'&#233;poque par des blocages p&#233;troliers, le fait d'arr&#234;ter puis de repartir caract&#233;rise les l&#226;chers de vapeur des directions syndicales qui ne m&#232;nent qu'&#224; &#233;puiser le mouvement et non &#224; le lancer&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de son dernier congr&#232;s, la direction de la CGT a refus&#233; de valider un appel &#224; la &#034;gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale reconductible&#034; que r&#233;clamaient certains de ses adh&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Cela ne peut pas &#234;tre une conf&#233;d&#233;ration nationale qui appuie sur un bouton pour mettre en gr&#232;ve des salari&#233;s&#034;, pr&#233;vient Jean-Claude Mailly, le patron de Force Ouvri&#232;re, dans un entretien publi&#233; sur le site de Paris-Match.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh oui, des directions syndicales dignes de ce nom auraient commenc&#233; par proposer &#224; la classe ouvri&#232;re de se r&#233;unir dans toutes les entreprises d&#232;s le 9 mars pour d&#233;cider elles-m&#234;mes de leurs modes d'action et d'organisation. Mais les centrales syndicales ne sont nullement de telles directions de la classe ouvri&#232;re. Elles participent en fait au fonctionnement de l'Etat bourgeois et en recueillent les fonds publics de r&#233;mun&#233;ration de leur r&#244;le de conservation sociale. Il n'y a donc aucun regret &#224; avoir de constater que les directions syndicales jouent un r&#244;le bourgeois. Elles ne peuvent pas trahir leur classe, qui est la classe capitaliste. C'est aux travailleurs de tirer la le&#231;on et d'entra&#238;ner les militants syndicalistes de base dans des organisations ind&#233;pendantes de nos adversaires, des comit&#233;s de gr&#232;ve et des coordinations &#233;lu&#233;es et r&#233;vocables qui assument la totalit&#233; des d&#233;cisions de nos luttes. C'est seulement ainsi que nous, travailleurs, pouvons agir dans le sens de nos int&#233;r&#234;ts de classe, int&#233;r&#234;ts qui sont diam&#233;tralement oppos&#233;s &#224; ceux de la classe capitaliste, opposition radicale qui n'est nullement n&#233;gociable et moins que jamais depuis l'effondrement historique du capitalisme mondial de 2007-2008 !&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4077&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4077&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nouvelle trahison des luttes des cheminots&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve organis&#233;e par les syndicats a lieu en ordre dispers&#233;. Reconductible pour SUD quand la CGT n'appelle qu'&#224; des journ&#233;es d'action. Quand les gr&#233;vistes SUD sont &#233;puis&#233;s, la CGT annonce qu'elle d&#233;marrera dans des semaines&#8230; une gr&#232;ve reconductible !!! D'autre part, les deux syndicats ont exclus de leurs revendications la lutte contre la privatisation de la SNCF, revendiquant m&#234;me explicitement &#171; le m&#234;me RH pour tous &#187;, ce qui veut dire pour le secteur privatis&#233; et le secteur public, ce qui signifie clairement accepter la privatisation. Ces trahisons ne permettent pas au mouvement de faire reculer la direction et le gouvernement sur aucun point !!! On peut voir, deux ans &#224; l'avance, que les syndicats consid&#233;r&#233;s comme les plus radicaux ne comptent pas lutter contre la privatisation mais feront seulement semblant pour &#233;viter que les cheminots n'agissent de mani&#232;re autonome&#8230; On remarquera que, tout du long, ces syndicats, comme les autres, non gr&#233;vistes, ont accept&#233; de participer &#224; des n&#233;gociations dont l'objectif &#233;taient clairement un recul social intitul&#233; &#171; augmenter la productivit&#233; du travail des cheminots &#187; !!!&lt;br class='autobr' /&gt;
N&#233;gocier le d&#233;cret socle m&#234;me si la revendication est &#034; d&#233;cret socle = RH0077 &#034;, ce n'est pas le retrait c'est &#224; dire le retrait de la r&#233;forme de juin 2014 qui ent&#233;rine la s&#233;paration en trois EPIC de la SNCF. Bref, aller n&#233;gocier le d&#233;cret socle, c'est accepter la privatisation, et c'est accepter de n&#233;gocier l'augmentation de l'exploitation...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4195&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4195&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant que les personnels de l'h&#244;pital public ont &#233;t&#233; battus et que le plan Hirsch est pass&#233;, maintenant que le gouvernement a fait passer la loi El Khomri, fait passer aussi la loi Macron ou la loi Sapin, la loi sur l'Etat d'urgence aussi, eh bien c'est le bon moment pour mener une lutte s&#233;par&#233;e, isol&#233;e de tout cela, pour les cheminots et, d'un seul coup, le syndicat CGT se retrouve un radicalisme oubli&#233; pour appeler &#224; un grand mouvement de gr&#232;ve &#224; la SNCF, avec des journ&#233;es d'action programm&#233;es tous les mercredi et tous les jeudis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une gr&#232;ve reconductible, il y a un moment que la CGT s'y refusait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les cheminots auraient pu rejoindre les enseignants en lutte, les Radio France en lutte, les hospitaliers en lutte, les France Television, les postiers, les Areva et les EDF et on en passe, eh bien l&#224; justement il n'&#233;tait pas question de gr&#232;ve reconductible ni d'une action commune avec d'autres cat&#233;gories de salari&#233;s&#8230; Quand la loi El Khomri r&#233;voltait toute l'opinion populaire, l&#224; non plus pas question !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand P&#233;py annon&#231;ait la privatisation du Rail, pas question de relier cette question avec la privatisation qui se d&#233;veloppe partout dans les services publics en m&#234;me temps que l'aust&#233;rit&#233; les frappe tous, de l'enseignement &#224; la recherche, de la sant&#233; aux transports en passant par la poste&#8230; Aucune strat&#233;gie syndicale de convergence des luttes : au contraire, une strat&#233;gie de dispersion dont le prochain mouvement SNCF est encore l'illustration !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, toute la le&#231;on des luttes s&#233;par&#233;es, divis&#233;es, saucissonn&#233;es, est qu'elles &#233;chouent mais cela n'arr&#234;te pas &#171; nos &#187; dirigeants syndicaux. Sont-ils vraiment les n&#244;tres ou ceux du patronat et du gouvernement ?!!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment l'ancien secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT, Lepaon, aurait-il re&#231;u r&#233;cemment un poste de haut fonctionnaire de la part du gouvernement si ce dernier ne tenait pas &#224; le remercier d'avoir &#233;t&#233; le rapporteur au Conseil Economique, Social et Environnemental pour la CGT, rapport qui pr&#233;conisait et pr&#233;parait la privatisation de la SNCF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et justement, qu'est-ce qui frappe dans la prochaine gr&#232;ve soi-disant tr&#232;s radicale de la CGT : c'est qu'elle ne d&#233;nonce pas cette privatisation et attaque tout autre chose !!!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me chose, c'est la m&#233;thode : deux jours de gr&#232;ve en milieu de semaine puis deux jours la semaine suivante. Pas la gr&#232;ve reconductible jour par jour. Pas une m&#233;thode de lutte qui peut faire craindre &#224; la bourgeoisie qu'elle s'&#233;tende &#224; d'autres secteurs. D'ailleurs, la revendication n'a rien qui permette cette extension&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, ce qui frappe, c'est qu'il ne s'agit pas d'annuler un plan gouvernemental mais de le n&#233;gocier. Le recul syndical est d&#233;j&#224; inscrit dans la d&#233;marche. On n'y dit pas qu'on refuse de n&#233;gocier un recul du service public, encore un ! Non, on annonce &#224; l'avance qu'on va le n&#233;gocier !!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT, comme les autres syndicats, acceptent d'entrer dans une n&#233;gociation sur les r&#232;gles qui devraient concerner, en commun, un secteur public du rail et un secteur priv&#233; du rail. Quelle meilleure mani&#232;re de reconna&#238;tre qu'ils admettent que le rail soit privatis&#233; !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs la lutte contre la privatisation ne figure plus du tout dans les tracts syndicaux alors qu'auparavant, c'&#233;tait consid&#233;r&#233; comme une base indiscutable !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve791&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve791&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2017&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tous les syndicats fran&#231;ais ont d&#233;clar&#233; vouloir d'un &#171; v&#233;ritable dialogue social &#187; avec le nouveau pr&#233;sident Macron, alors que celui-ci n'a pas cach&#233; l'&#233;norme recul social qu'il pr&#233;tend n&#233;gocier. Ils continuent tous, y compris la CGT et SUD, &#224; avoir une posture de syndicat r&#233;formiste, qui propose, qui discute, qui signe des accords.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, le pass&#233; a prouv&#233; qu'aucune n&#233;gociation n'a apport&#233; une avanc&#233;e quelconque et au contraire de multiples reculs, qu'il s'agisse des retraites, du code du travail, des agents de l'h&#244;pital public, des cheminots, toutes les pr&#233;tendues r&#233;formes ont &#233;t&#233; des reculs d'ampleur et la m&#233;thode des n&#233;gociations-journ&#233;es d'action a &#233;t&#233; un &#233;chec complet et cuisant, le dernier en date &#233;tant celui de la loi El Khomri, en r&#233;alit&#233; une loi Macron2 que Macron estimait n'&#234;tre pas suffisamment d&#233;velopp&#233;e. Il est donc en train de concocter Macron3 et la posture de n&#233;gociation est &#224; l'&#233;vidence purement formelle, la m&#233;thode consistant &#224; l&#233;gif&#233;rer par ordonnances le d&#233;montrant pleinement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi tous les syndicats tiennent-ils &#224; ces n&#233;gociations, au fait que les pouvoirs publics les consultent, et pourquoi viennent-ils le doigt sur la couture du pantalon d&#232;s qu'on les sonne, alors qu'ils savent pertinemment qu'ils n'y gagneront rien, et qu'ils sont m&#234;me capables parfois de le d&#233;clarer eux-m&#234;mes d'avance comme l'a fait Martinez avant d'&#234;tre re&#231;u par Macron ? Parce que le r&#233;formisme est, pour eux, bien plus fondamental que le r&#233;sultat de la lutte. C'est un a priori qui n'est pas discutable et qui tient &#224; leur nature d'interm&#233;diaire entre les travailleurs et les patrons, ainsi que l'Etat des patrons. Et avec Macron, le gouvernement des patrons est plus clair que jamais : le pr&#233;sident des banques, le premier ministre du nucl&#233;aire, la ministre des trusts pharmaceutiques, la ministre de l'industrie du livre, le ministre des g&#233;n&#233;raux, et on en passe&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les choix de Macron sont des choix de classe assum&#233;s, le choix de d&#233;fendre ouvertement la classe capitaliste. Le choix des syndicats est bien plus contradictoire : s'ils pr&#233;tendent d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts des travailleurs, ils affirment aussi d&#233;fendre &#171; l'int&#233;r&#234;t des entreprises &#187; et aussi &#171; l'int&#233;r&#234;t de l'&#233;conomie nationale &#187; et m&#234;me tous les &#171; int&#233;r&#234;ts nationaux &#187;, qui sont pourtant exclusivement des int&#233;r&#234;ts du grand capital en r&#233;alit&#233;. Et surtout, ils d&#233;fendent un fonctionnement de la soci&#233;t&#233; bourgeoise dans lequel les syndicats sont des interm&#233;diaires reconnus, respect&#233;s, consult&#233;s, soutenus, financ&#233;s par l'Etat, par les trusts, par les banques, par toute la soci&#233;t&#233; bourgeoise et par toutes ses institutions, dont les grands syndicats sont d'ailleurs un des &#233;l&#233;ments. C'est la d&#233;mocratie bourgeoise qui fonctionne ainsi et pr&#233;tend tenir compte des demandes des appareils syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que, depuis la crise historique du capitalisme de 2007-2008, il n'y a plus de place pour le r&#233;formisme et tr&#232;s peu de place encore pour la d&#233;mocratie bourgeoise, grignot&#233;e tous les jours par la chute des investissements productifs, par la hausse du ch&#244;mage, par la mont&#233;e de la mis&#232;re et des r&#233;voltes sociales, par la d&#233;rive dictatoriale des d&#233;mocraties, sous pr&#233;texte d'antiterrorisme ou de crise migratoire ou encore de crise des banlieues ou de la jeunesse pauvre&#8230; Du coup, les gouvernants font sans cesse planer la menace de supprimer cet attribut de la d&#233;mocratie, la consultation des syndicats, et ces derniers y sont d'autant plus attach&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi le rapport de forces se d&#233;grade de plus en plus, au fur et &#224; mesure des n&#233;gociations-affrontements ? Pourquoi le mouvement des retraites de 2010, tr&#232;s massif, a &#233;t&#233; suivi d'attaques accentu&#233;es ? Pourquoi les syndicats ont-ils tir&#233; comme bilan de leur impuissance &#224; faire reculer le gouvernement Sarkozy que la seule solution consistait &#224; appeler &#224; voter Hollande ? Pourquoi sont-ils rest&#233;s muets quand Hollande a davantage attaqu&#233; les retraites au lieu d'annuler les attaques de Sarkozy ? Pourquoi les cheminots ressortent affaiblis de leurs luttes, pourtant bien suivies, et toujours men&#233;es par les appareils syndicaux ? Pourquoi, les syndicats ont d'abord combattu contre la privatisation du rail et ont finalement men&#233; des luttes qui reconnaissaient celle-ci ? Pourquoi les syndicats ont-ils tromp&#233; les agents de l'h&#244;pital public, pr&#233;tendant admettre l'exigence des personnels : on ne n&#233;gocie pas les plans de Hirsch et ont finalement particip&#233; quand m&#234;me aux n&#233;gociations, et cautionn&#233; ainsi sa pr&#233;tendue r&#233;forme qui casse l'h&#244;pital public et ses personnels, leurs temps de repos, leurs emplois, leurs horaires, leurs charges de travail, leurs salaires et leurs conditions de travail ! Et une mobilisation tr&#232;s importante n'a pas permis de faire reculer Hirsch et le gouvernement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement les salari&#233;s ne sont pas sentis renforc&#233;s lors des mobilisations pour les retraites, contre la privatisation du rail, contre la loi El Khomri et bien d'autres, mais ils ont &#233;t&#233; affaiblis au point que les directions des entreprises priv&#233;es comme des services publics ont eu les moyens, &#224; la fin de ces &#171; mobilisations syndicales &#187;, de s'attaquer aux salari&#233;s combatifs, de licencier ou de sanctionner les plus combatifs, de les isoler ou de les attaquer. On l'a bien vu lors des luttes &#224; Air France, dans les raffineries, dans les h&#244;pitaux, etc&#8230; Cela montre que les m&#233;thodes des centrales syndicales, loin de renforcer les travailleurs, avaient renforc&#233; leurs adversaires patronaux comme gouvernementaux. Plus remarquable encore le fait que les centrales syndicales aient elles-m&#234;mes fait la chasse aux militants ouvriers les plus radicaux, montrant que leur convergence avec les classes poss&#233;dantes et les gouvernants qui provient de leur r&#233;formisme fait des r&#233;volutionnaires et des travailleurs combatifs des ennemis bien plus craints que les patrons et leurs soutiens gouvernementaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, les dirigeants syndicaux craignent des d&#233;bordements de col&#232;re des travailleurs. Cela ne veut pas dire qu'ils craignent en soi la violence ou qu'ils craignent que des travailleurs se radicalisent, comme cela a &#233;t&#233; le cas &#224; Air France ou dans les entreprises qui licencient ou ferment. Non, ils sont m&#234;me capables de prendre l'initiative de tels d&#233;bordements pour conserver la direction de la lutte mais ce qu'ils craignent c'est que la col&#232;re ouvri&#232;re am&#232;ne les travailleurs &#224; s'auto-organiser, &#224; ne plus se contenter de suivre les appareils r&#233;formistes, qu'ils prennent eux-m&#234;mes les d&#233;cisions concernant leurs luttes, leurs revendications, leurs moyens d'action, leurs liaisons interentreprises, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les appareils syndicaux ont tout aussi peur des coups de col&#232;re brutaux et violents des prol&#233;taires qu'en ont peur les capitalistes et les gouvernants, et ce n'est pas sans cons&#233;quence sur les choix que font parfois ces appareils syndicaux, &#233;pousant parfois des luttes qu'ils n'auraient pas souhait&#233;, qu'ils ne voulaient pas du tout initier, qu'ils auraient voulu m&#234;me emp&#234;cher, mais dans lesquelles ils craignent surtout que les travailleurs se donnent eux-m&#234;mes une direction autonome et des perspectives propres et de classe, ce qui est exactement le contraire de la mani&#232;re dont ces directions syndicales m&#232;nent les luttes : sans auto-organisation, sans liaison inter-entreprise, sans perspective commune des travailleurs d&#233;cid&#233;e en commun, sans renforcement politique au social de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4472&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4472&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2018&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sous pr&#233;texte de barrer la route &#224; l'extr&#234;me droite, la CGT soutient ouvertement Macron&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve969&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve969&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trahison syndicale de la gr&#232;ve des cheminots&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A mort la SNCF !!! d&#233;clare en substance Spinetta, dans son rapport command&#233; par Macron-Philippe !!! Fini le service public : vers une soci&#233;t&#233; anonyme ! Et pas une seule soci&#233;t&#233; anonyme mais plusieurs diff&#233;rentes !!! Fini le statut de cheminot (qui n'est pas &#224; proprement parler un statut de fonctionnaire) et les nouveaux seront des contractuels ! Finies les petites lignes de province ! Vente &#224; des op&#233;rateurs priv&#233;s des lignes TER !!! Transfert des personnels SNCF vers les op&#233;rateurs priv&#233;s !!! Fini le statut de cheminot !!! Finies les toutes petites lignes qui n'ont pas assez de passagers ! Il se donne vingt ans pour moderniser le r&#233;seau (vingt ans avec des blocages type Montparnasse et aussi vingt ans avec des Br&#233;tigny...) !!! Il voudrait aussi supprimer la retraite des cheminots ainsi que le type de contrats et on en passe...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette attaque anti-sociale de grande ampleur, une lutte de classe clairement et nettement men&#233;e par la classe poss&#233;dante et son Etat signifie que les exploiteurs ne craignent pas les fausses r&#233;actions syndicales. Il suffit de voir que ceux-ci proposent aux cheminots de lutter s&#233;par&#233;ment (le m&#234;me jour mais &#224; part des autres fonctionnaires !) pour voir &#224; quel point une attaque d'ensemble n'a en face d'elle que des ripostes partielles, localis&#233;es ou corporalis&#233;es, par journ&#233;es ou par secteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule r&#233;ponse qui ferait reculer les capitalistes et le gouvernement serait de couvrir le Rail (tout : les gares, les technicentres, les conducteurs, l'entretien, le nettoyage, les guichets, toutes les EPIC !) de comit&#233;s de gr&#232;ve &#233;lus et r&#233;vocables, au sein d'assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, coordonn&#233;s nationalement et proposant &#224; toute la classe ouvri&#232;re du pays, public et priv&#233;, y compris les ch&#244;meurs d'en faire autant. Rien que &#231;a !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, les centrales syndicales ont aussi peur de cette perspective que le gouvernement et le patronat. c'est cette peur qui va dicter leur tactique &#171; de lutte &#187; consistant &#224; &#233;viter une vraie lutte !&lt;br class='autobr' /&gt;
On aurait pu s'attendre qu'au lendemain du rapport Spinetta, les cheminots soient r&#233;unis partout en assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales. Eh bien, non ! Les syndicats ne l'ont pas voulu, la gauche de la gauche ou l'extr&#234;me gauche officielle non plus !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cheminots n'ont pas &#233;t&#233; r&#233;unis &#171; &#224; chaud &#187;, au moment o&#249; ils &#233;taient massivement indign&#233;s par l'annonce d'attaques d'ampleur contenue dans le rapport Spinetta commandit&#233; par le gouvernement. A ce moment-l&#224;, les syndicats ne demandaient pas aux cheminots de se rassembler, de discuter, mais d'attendre la r&#233;union au sommet de l'intersyndicale, annon&#231;ant que l'unit&#233; serait le produit d'une telle entente entre dirigeants des appareils bureaucratiques, y compris ceux qui s'&#233;taient d&#233;clar&#233;s favorables &#224; la nouvelle politique incarn&#233;e par Macron !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 mars 2018 : R&#233;union de l'intersyndicale qui, &#224; la surprise g&#233;n&#233;rale des cheminots, y compris les militants syndicalistes eux-m&#234;mes, annonce que la gr&#232;ve des cheminots se fera&#8230; sans gr&#232;ve reconductible !!! Une gr&#232;ve est pourtant obligatoirement reconductible, sinon cela s'appelle seulement des journ&#233;es d'action !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intersyndicale CGT-Unsa-Sud-CFDT de la SNCF a annonc&#233; ce jeudi 15 mars une gr&#232;ve sur le rythme de &#034;deux jours sur cinq&#034;, &#224; partir du mardi 3 avril et jusqu'au jeudi 28 juin, pour protester contre la r&#233;forme du rail en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intersyndicale pr&#233;tend que sa strat&#233;gie permettra de g&#234;ner plus longtemps la circulation des trains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme si g&#234;ner la circulation des trains, c'&#233;tait cela que craignaient gouvernants et capitalistes !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4926&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4926&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement des Gilets jaunes va d&#233;masquer le refus des appareils syndicaux de toute lutte de classes offensive et auto-organis&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que les luttes syndicales n'avaient pas apport&#233;, ce que les organisations politiques fussent-elles d'extr&#234;me gauche n'avaient pas apport&#233;, le mouvement actuel l'am&#232;ne : les travailleurs discutent comme jamais dans toutes les entreprises, ils discutent en m&#234;me temps et non profession par profession, corporation par corporation, ils discutent parce que l'&#233;l&#233;ment politique principal est devenu leur propre action et leur propre organisation : quand ils discutent ils d&#233;cident !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contradiction, c'est que les organisations qui se r&#233;clament de la classe ouvri&#232;re ne se reconnaissent nullement dans ce mouvement, sous le pr&#233;texte que l'explosion secoue tout, fait tout remonter et pas seulement des bonnes id&#233;es, des bons courants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces gens-l&#224;, soi disant tr&#232;s organis&#233;s, n'aiment pas l'explosion, n'aiment pas l'insurrection, n'aiment pas la r&#233;volution, y compris quand ils ne cessent d'en parler !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte des classes, ces encadreurs des travailleurs, ne sont pas pour quand les opprim&#233;s la m&#232;nent vraiment !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve1128&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve1128&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principal slogan des gilets jaunes &#171; Y'en a marre de la mis&#232;re ! &#187; nous le dit : ce sont ceux qui commencent &#224; ne plus supporter de devoir vivre dans le d&#233;nuement&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est d'ores et d&#233;j&#224; une insurrection des mis&#233;rables, des opprim&#233;s, des exploit&#233;s !&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est la r&#233;volution sociale qui est &#171; en marche &#187; !!!&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, les Gilets jaunes sont globalement d'accord sur un point : il faut &#233;radiquer d&#233;finitivement la mis&#232;re, l'interdire, la supprimer, et &#233;radiquer aussi toutes ses causes, tous ses b&#233;n&#233;ficiaires, et imposer le droit de tous &#224; disposer des moyens mat&#233;riels de vivre correctement. Mais ils r&#233;clament cela justement au moment o&#249; la soci&#233;t&#233; capitaliste, ayant atteint ses limites, a pour projet d'accro&#238;tre massivement la mis&#232;re du plus grand nombre et serait bien incapable de faire autrement ! Ce n'est pas seulement tel ou tel gouvernant, tel ou tel parti politique qui aurait besoin de radicaliser les attaques antisociales, c'est toute la classe poss&#233;dante ! D&#232;s lors, les r&#233;volt&#233;s ne s'attaquent pas seulement &#224; un chef d'Etat, &#224; son gouvernement, &#224; sa politique mais &#224; toute la classe poss&#233;dante, &#224; tout le syst&#232;me et en prennent conscience au cours des &#233;v&#233;nements, si ceux-ci durent parce que le pouvoir n'a pas les moyens d'en arr&#234;ter le cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, en refusant de n&#233;gocier avec un pouvoir, en le mena&#231;ant, en affirmant ouvertement vouloir le faire chuter, les Gilets jaunes ont contraint le pouvoir &#224; payer dix milliards alors que les partis de gauche et les syndicats qui ont dirig&#233; le mouvement des retraites (inutilement comme bien d'autres gr&#232;ves) ont tir&#233; de cette lutte&#8230; z&#233;ro euro et z&#233;ro centime, seulement des avantages pour les appareils syndicaux&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun dirigeant politique ou syndical, de la gauche r&#233;formiste n'a jamais port&#233; le gilet jaune. Et quand ils ont fait semblant de ne pas &#234;tre des ennemis du mouvment, cela a &#233;t&#233; pire encore. Il n'y avait que du jaune des gilets dans les manifestations et les rassemblements, mais, au fur et &#224; mesure que les organisations faussement amies, en fait les pires ennemis, ont pr&#233;tendu y participer, on a trouv&#233; du rouge de l'orange du bleu. Et tous les Martinez ou Laguiller ont affirm&#233; qu'ils n'&#233;taient pas en jaune ! Ils ont fait croire cependant &#224; un rapprochement entre gilets jaunes et syndicats pour mieux faire p&#226;lir le drapeau des gilets jaunes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principal slogan des gilets jaunes &#171; Y'en a marre de la mis&#232;re ! &#187; nous le dit : ce sont ceux qui commencent &#224; ne plus supporter de devoir vivre dans le d&#233;nuement&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est d'ores et d&#233;j&#224; une insurrection des mis&#233;rables, des opprim&#233;s, des exploit&#233;s !&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est la r&#233;volution sociale qui est &#171; en marche &#187; !!!&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, les Gilets jaunes sont globalement d'accord sur un point : il faut &#233;radiquer d&#233;finitivement la mis&#232;re, l'interdire, la supprimer, et &#233;radiquer aussi toutes ses causes, tous ses b&#233;n&#233;ficiaires, et imposer le droit de tous &#224; disposer des moyens mat&#233;riels de vivre correctement. Mais ils r&#233;clament cela justement au moment o&#249; la soci&#233;t&#233; capitaliste, ayant atteint ses limites, a pour projet d'accro&#238;tre massivement la mis&#232;re du plus grand nombre et serait bien incapable de faire autrement ! Ce n'est pas seulement tel ou tel gouvernant, tel ou tel parti politique qui aurait besoin de radicaliser les attaques antisociales, c'est toute la classe poss&#233;dante ! D&#232;s lors, les r&#233;volt&#233;s ne s'attaquent pas seulement &#224; un chef d'Etat, &#224; son gouvernement, &#224; sa politique mais &#224; toute la classe poss&#233;dante, &#224; tout le syst&#232;me et en prennent conscience au cours des &#233;v&#233;nements, si ceux-ci durent parce que le pouvoir n'a pas les moyens d'en arr&#234;ter le cours.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et, en refusant de n&#233;gocier avec un pouvoir, en le mena&#231;ant, en affirmant ouvertement vouloir le faire chuter, les Gilets jaunes ont contraint le pouvoir &#224; payer dix milliards alors que les partis de gauche et les syndicats qui ont dirig&#233; le mouvement des retraites (inutilement comme bien d'autres gr&#232;ves) ont tir&#233; de cette lutte&#8230; z&#233;ro euro et z&#233;ro centime, seulement des avantages pour les appareils syndicaux&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Aucun dirigeant politique ou syndical, de la gauche r&#233;formiste n'a jamais port&#233; le gilet jaune. Et quand ils ont fait semblant de ne pas &#234;tre des ennemis du mouvment, cela a &#233;t&#233; pire encore. Il n'y avait que du jaune des gilets dans les manifestations et les rassemblements, mais, au fur et &#224; mesure que les organisations faussement amies, en fait les pires ennemis, ont pr&#233;tendu y participer, on a trouv&#233; du rouge de l'orange du bleu. Et tous les Martinez ou Laguiller ont affirm&#233; qu'ils n'&#233;taient pas en jaune ! Ils ont fait croire cependant &#224; un rapprochement entre gilets jaunes et syndicats pour mieux faire p&#226;lir le drapeau des gilets jaunes !&lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait le plus remarquable est l'influence que le mouvement Gilets jaunes exerce encore dans les esprits malgr&#233; de tr&#232;s grands efforts des gouvernants, des m&#233;dia, des partis et des syndicaux pour en effacer l'influence. Plus de quatre ans apr&#232;s, il marque toujours la situation sociale en France et sert de r&#233;f&#233;rence pour ses amis comme pour ses ennemis. Il continue m&#234;me un peu partout &#224; exister et &#224; se manifester, m&#234;me si c'est avec beaucoup moins de force qu'&#224; ses d&#233;buts. Il reste une menace permanente pour les classes dirigeantes qui doivent calculer avec lui et notamment qui doivent cr&#233;diter davantage les syndicats pour le contrer. Il a en effet d&#233;montr&#233; une efficacit&#233; consid&#233;rablement plus grande que tous les mouvements syndicaux, m&#234;me quand ces derniers &#233;taient plus suivis. En effet, les classes poss&#233;dantes ont plus peur des mouvements auto-organis&#233;s qui ne sont pas controlables ni ais&#233;ment trompables et ils craignent de n'avoir personne avec qui n&#233;gocier comme cela a &#233;t&#233; le cas avec les Gilets jaunes. Le dernier &#233;chec total du mouvement syndical et politique des retraites soutenu par tous les syndicats et partis de gauche souligne encore le relatif succ&#232;s des Gilets jaunes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les nombreuses tentatives pour l'&#233;craser par la r&#233;pression sanglante (la pire violence d'Etata contre des manifestants d&#233;sarm&#233;s depuis des d&#233;cennies) et par la calomnie massive. L'&#233;chec des tentatives de r&#233;cup&#233;ration et des tentatives de le discr&#233;diter, notamment avec les accusations de fascisme, de complotisme et d'antis&#233;mitisme a &#233;t&#233; d'autant plus remarquable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ses d&#233;buts, quand il &#233;tait le plus massif, il a touch&#233; toutes les r&#233;gions de France, jusqu'aux coins les plus recul&#233;s et s'est implant&#233; partout &#224; la base, parmi les plus d&#233;munis, dans le prol&#233;tariat et dans les couches mis&#233;rables de la population, unissant le peuple travailleur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il aurait certainement essaim&#233; dans les entreprises sans le tir de barrage des syndicats qui, pour se prot&#233;ger, ont men&#233; campagne en le traitant d'alliance avec la petite bourgeoisie, avec les d&#233;&#231;us du macronisme, d'alliance avec le fascisme et l'antis&#233;mitisme, de compltisme et autres balivernes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7369&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7369&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT va militer d'embl&#233;e contre le mouvement des Gilets jaunes qu'il pr&#233;tendra inf&#233;od&#233;s &#224; l'extr&#234;me droite, antis&#233;mites, de petits patrons, antisyndical et on en passe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.parismatch.com/Actu/Politique/Gilets-jaunes-Pour-Martinez-il-est-impossible-d-imaginer-la-CGT-defiler-a-cote-du-Front-national-1588335&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.parismatch.com/Actu/Politique/Gilets-jaunes-Pour-Martinez-il-est-impossible-d-imaginer-la-CGT-defiler-a-cote-du-Front-national-1588335&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autres syndicats ne feront pas mieux&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.franceinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/gilets-jaunes-le-nouveau-patron-de-fo-n-appelle-pas-a-manifester-samedi-a-paris-mais-demande-des-augmentations-des-salaires_3048145.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.franceinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/gilets-jaunes-le-nouveau-patron-de-fo-n-appelle-pas-a-manifester-samedi-a-paris-mais-demande-des-augmentations-des-salaires_3048145.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lefigaro.fr/flash-eco/2018/11/26/97002-20181126FILWWW00042-gilets-jaunes-la-cfdt-on-va-faire-des-propositions-concretes.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lefigaro.fr/flash-eco/2018/11/26/97002-20181126FILWWW00042-gilets-jaunes-la-cfdt-on-va-faire-des-propositions-concretes.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui distingue la lutte des gilets jaunes de tous les mouvements r&#233;formistes, par exemple le dernier mouvement syndical contre la r&#233;forme des retraites, c'est que c'&#233;tait un mouvement r&#233;volutionnaire et pas un mouvement r&#233;formiste. C'est ce qui a pouss&#233; le gouvernement de Macron pourtant le plus offensif contre les exploit&#233;s de ces derni&#232;res ann&#233;es, &#224; reculer sur bien des points, craignant que l'ensemble de la classe ouvri&#232;re soit entra&#238;n&#233;e par lui vers la r&#233;volution sociale&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les gilets jaunes sont le premier mouvement depuis de longues ann&#233;es qui ait affirm&#233; en France la n&#233;cessit&#233; d'en finir non seulement avec telle ou telle politique du capital et de son gouvernement mais avec le pouvoir capitaliste lui-m&#234;me, avec la mainmise capitaliste sur toutes les richesses, avec la mainmise &#233;galement du capital sur le pouvoir d'Etat, un mouvement qui ait refus&#233; r&#233;ellement tout dialogue avec le pouvoir capitaliste, toute n&#233;gociation avec lui, toute tentative d'arrangement, de compromis, d'entente, exactement &#224; l'inverse des r&#233;formistes qui ne r&#233;clament que cela !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, redisons-le une fois encore, ce qui permet aux appareils r&#233;formistes de mener leurs man&#339;uvres grandes et petites, c'est qu'elles peuvent s'adresser &#224; la population travailleuse ou au moins &#224; une majorit&#233; de celle-ci et lui dire : &#171; Vous aussi, vous ne voulez pas autre chose qu'une bonne r&#233;forme et vous ne souhaitez pas tout r&#233;volutionner &#187;. Et pour le moment cela reste vrai. C'est seulement dans le mouvement des gilets jaunes que l'on n'avait pas trouv&#233; une majorit&#233; pour c&#233;der &#224; ce type de discours&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte a &#233;t&#233; si profonde et radicale, le foss&#233; si large entre riches et pauvres, entre les capitalistes et les plus d&#233;munis, les provocations du pouvoir si insupportables que les gilets jaunes se sont le plus souvent proclam&#233;s ouvertement r&#233;volutionnaires, r&#233;solus &#224; refuser les compromis et les fausses n&#233;gociations, et &#224; d&#233;clarer qu'ils ne voulaient rien r&#233;former mais tout changer radicalement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, ils sont nombreux ceux qui n'ont pas confiance dans les appareils r&#233;formistes, nombreux y compris au sein de ces organisations, m&#234;me parmi les militants de celles-ci, &#224; dire qu'elles ne sont pas assez radicales, qu'elles font trop de cadeaux &#224; nos ennemis, qu'elles ne proposent pas des strat&#233;gies de lutte suffisantes pour am&#233;liorer le rapport de forces. Mais ces critiques, y compris celles de la gauche de la gauche ou de l'extr&#234;me gauche opportuniste, ne touchent nullement au fond de la question, celle du r&#233;formisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cela n'a rien &#224; voir avec une particularit&#233; fran&#231;aise. Partout dans le monde, le r&#233;formisme n'est plus capable que de soutenir ou d'aider des contre-r&#233;formes qui d&#233;truisent les services publiques, les aides sociales, la sant&#233;, l'&#233;ducation, le niveau de vie des travailleurs, des ch&#244;meurs, des mis&#233;rables. Au plan social et politique, ces r&#233;formistes ne font que sauver les gouvernants, les capitalistes et de d&#233;fendre le syst&#232;me capitaliste lui-m&#234;me. Ainsi, ils ne font que donner cr&#233;dit aux d&#233;magogies des extr&#234;mes droites fascistes qui peuvent se cr&#233;diter de d&#233;noncer plus radicalement le syst&#232;me !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;formistes essaient de se recr&#233;diter &#224; partir des attaques antisociales et ils font de m&#234;me avec la menace que repr&#233;sentent les fascistes, mais, en fait, ils ne servent &#224; rien pour combattre ces deux menaces. Au contraire, ils emp&#234;chent toute riposte, emp&#234;chent les travailleurs et les d&#233;munis de s'organiser pour riposter, et ils permettent &#224; nos ennemis de faire croire &#224; leur force et de faire croire que les exploit&#233;s, eux, ne disposent ni de forces ni de perspectives&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La base m&#234;me des th&#232;ses r&#233;formistes, c'est justement que l'&#171; on ne peut pas changer le syst&#232;me, il faut seulement l'adapter &#187;. Les m&#234;mes affirment ne pas vouloir s'en prendre aux capitalistes mais seulement amoindrir le foss&#233; social. Ils affirment ne pas combattre pour supprimer la possession priv&#233;e du grand capital mais permettre au plus grand nombre d'acc&#233;der au droit de r&#233;ussir, au droit d'entreprendre, au droit de s'enrichir. La r&#233;alit&#233; montre qu'ils mentent : partout dans le monde, on ne permet au plus grand nombre que de devenir plus pauvres, plus pr&#233;caires, plus d&#233;munis, plus menac&#233;s, plus attaqu&#233;s, plus &#233;touff&#233;s. Y compris quand ces pr&#233;tendus r&#233;formistes gouvernent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terme m&#234;me de r&#233;formistes est mensonger car ces pr&#233;tendues &#171; gauches &#187; ou &#171; centres gauches &#187; ou &#171; gauches de la gauche &#187;, une fois au gouvernement, s'attaquent autant aux exploit&#233;s que les pr&#233;tendues droites et m&#234;me s'unissent parfois &#224; elles ou aux extr&#234;mes droites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En p&#233;riode de crise r&#233;volutionnaire du monde capitaliste, toutes les colorations politiques de la grande bourgeoisie convergent vers l'attaque violente contre les exploit&#233;s, vers la r&#233;pression violente des actions de ces derniers, vers l'&#233;crasement violent des opprim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les r&#233;formistes, ou pr&#233;tendus tels, ne r&#233;forment rien du tout. Parce que le pouvoir capitaliste, depuis sa crise r&#233;volutionnaire, n'est plus, depuis 2007-2008, capable d'autre chose que de casser les droits, les revenus, la vie de tous les exploit&#233;s. Malgr&#233; la profondeur ce cette crise &#233;conomique, le capitalisme n'a rien pu r&#233;former du tout et il en est incapable parce que ce qui est cause de son effondrement c'est justement le droit des propri&#233;taires priv&#233;s &#224; miser sur ce qui est le plus profitable, y compris quand c'est de miser sur l'effondrement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5778&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5778&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2019 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve des Urgences des h&#244;pitaux a d&#233;marr&#233; sans les syndicats par une organisation des personnels par eux-m&#234;mes &#224; l'h&#244;pital Saint-Antoine, l'Inter-Urgences, qui a r&#233;ussi &#224; g&#233;n&#233;raliser la gr&#232;ve &#224; tous le pays !!! Syndicalistes et gauches jusqu'&#224; l'extr&#234;me gauche essaient d'effacer cette ind&#233;pendance par rapport aux appareils syndicaux en faisant comme si ces gr&#232;ves auto-organis&#233;es sont l&#224; pour pr&#233;parer la &#034;journ&#233;e&#034; de gr&#232;ve syndicale du 5 d&#233;cembre, pas du tout auto-organis&#233;e, ce qui n'est absolument pas le cas...&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mouvement national des urgences en lutte et de nombreux h&#244;pitaux est promen&#233; par les syndicats et affaibli par eux puis arr&#234;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5524&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5524&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5360&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5360&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5479&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5479&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6335&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6335&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 5 d&#233;cembre 2019, les directions syndicales font seulement semblant de prendre la t&#234;te d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale reconductible et interprofessionnelle&#8230; Mais c'est faux, bien entendu !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains croient que la CGT appelle toutes les cat&#233;gories &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale reconductible&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la r&#233;alit&#233; est tout autre. Voici ce qu'elle &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le 14 novembre pour la d&#233;fense de l'H&#244;pital public et des Finances Publiques&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 17 novembre contre l'ouverture des magasins le dimanche sans caissi&#232;re et en soir&#233;e jusqu'&#224; minuit (non r&#233;mun&#233;r&#233; comme des heures de nuit de 21h &#224; 24h)&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 20 Novembre Mobilisation des Accompagnants d'El&#232;ves en Situation d'Handicap (AESH, AVS)&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 23 novembre contre les violences faites aux femmes&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 5 d&#233;cembre pour nos salaires et nos emplois, contre le projet de r&#233;forme des retraites Delevoye/Macron&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 7 d&#233;cembre contre la r&#233;forme de l'assurance ch&#244;mage&lt;br class='autobr' /&gt;
Et apr&#232;s nous d&#233;ciderons ensemble des suites &#224; donner &#224; nos luttes : gr&#232;ves, manifestations, rassemblements&#8230;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, les appareils syndicaux veulent seulement diriger le mouvement pour le limiter, pour le contr&#244;ler, pour &#233;viter que la classe ouvri&#232;re ne s'auto-organise et pour ensuite la trahir en la vendant au pouvoir et au grand capital&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut m&#234;me dire que, d&#232;s maintenant, en n&#233;gociant par petits bouts, par secteur, avec Macron, ils vendent et trahissent d&#233;j&#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 5 d&#233;cembre qui, d'ailleurs, si elle se g&#233;n&#233;ralise petit &#224; petit, secteur par secteur, n'est nullement appel&#233;e comme une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale interprofessionnelle reconductible de tous les travailleurs et ch&#244;meurs, du moins par les appareils syndicaux de toutes sortes. En effet, secteur par secteur, ce n'est que les travailleurs que les syndicats organisent pour pr&#233;parer la journ&#233;e du 5 d&#233;cembre et les suivantes, non, c'est les n&#233;gociations avec le pouvoir qu'elles mettent en place ! Et on le voit dans tous les secteurs, dans toutes les cat&#233;gories, pour tous les syndicats. Tous sont re&#231;us. Tous n&#233;gocient dans le dos des travailleurs. Tous trahissent d&#232;s maintenant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment comprendre autrement que ces appareils bureaucratiques, qui se sont toujours dits hostiles &#224; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e de tous les travailleurs, se pr&#233;tendent aujourd'hui &#224; son initiative ? En fait, tous les signaux sociaux en France se mettent de plus en plus au rouge et les appareils syndicaux ne veulent pas que chez les cheminots, chez les hospitaliers, chez les pompiers, chez les enseignants, chez les ouvriers de l'Automobile, dans l'Energie, &#224; la RATP, chez les employ&#233;s de banque, les travailleurs se lancent dans une &#171; gr&#232;ve sauvage &#187; comme viennent de la faire les urgentistes, et deux fois de suite les cheminots ! Rien n'inqui&#232;te autant, &#224; la fois les dirigeants syndicaux et les dirigeants gouvernementaux, que le fait que les travailleurs s'auto-organisent, d&#233;cident eux-m&#234;mes du moment de leur action, de ses buts, des moyens engag&#233;s, de leur mode d'action et d'organisation !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 5 d&#233;cembre, le mot d'ordre qui est souvent rappel&#233; est celui de la &#171; gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e &#187; mais ce qu'en disent les appareils bureaucratiques des syndicats n'a rien de rassurant sur sa signification pour eux &#233;tant donn&#233; que le caract&#232;re &#171; illimit&#233; &#187; ne signifient pas qu'ils appellent &#224; faire gr&#232;ve apr&#232;s le 5 et m&#234;me pas le 6 d&#233;cembre et que le caract&#232;re &#171; g&#233;n&#233;ral &#187; de l'appel &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ne signifie pas non plus qu'ils appellent vraiment tous les secteurs de la classe ouvri&#232;re &#224; agir ensemble !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, une v&#233;ritable action de masse des travailleurs ne peut avoir lieu que si, &#224; la base, les travailleurs s'organisent par eux-m&#234;mes en comit&#233;s, en collectifs, en conseils, en assembl&#233;es, et se coordonnent localement, r&#233;gionalement et nationalement comme sont en train de le faire les gilets jaunes, comme l'ont fait aussi les urgences des h&#244;pitaux publics dans les collectifs de l'InterUrgences et m&#234;me dans tout l'h&#244;pital public dans les collectifs de l'InterH&#244;pitaux et comme l'ont fait les cheminots du technicentre de Ch&#226;tillon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, les m&#233;dias ont parl&#233; de &#171; convergence &#187; entre syndicats et gilets jaunes auto-organis&#233;s, mais ce n'est pas au point que les syndicats reconnaissent le droit aux salari&#233;s de d&#233;cider eux-m&#234;mes, pas plus le 5 d&#233;cembre que pour d'autres actions, des revendications, des modes d'action, des n&#233;gociations, des objectifs, de la strat&#233;gie. Ce que les gilets jaunes, les urgences ou les cheminots du technicentre de Ch&#226;tillon, c'est-&#224;-dire l'auto-organisation de la lutte, ont impos&#233; n'est toujours pas admis dans les entreprises. Et c'est pourtant ce qui permettrait non seulement d'assurer le contr&#244;le par les travailleurs de leur propre lutte, d'&#234;tre s&#251;r de ne reprendre le travail notamment que quand on l'a d&#233;cid&#233; et aux conditions que l'on a voulues, mais aussi de pouvoir se faire craindre des classes poss&#233;dantes et des gouvernants. Il est &#233;vident aujourd'hui que ceux-ci ne craignent nullement les appareils syndicaux car ils les tiennent aux bourses !!! C'est en effet l'Etat et les grands trusts qui financent les syndicats&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gilets jaunes veulent converger avec les salari&#233;s, pas &#234;tre r&#233;cup&#233;r&#233;s par les syndicats !!!! Des participants syndicalistes mais pas de banderoles ni d'encadrement syndical...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6313&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6313&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1031&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1031&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1036&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1036&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mouvement des retraites&#8230; Les syndicats sont unis pour battre en retraite ensemble apr&#232;s avoir lantern&#233; ensemble&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse syndicale &#224; de nouvelles attaques d'ampleur sur les retraites aurait d&#251; &#234;tre un mouvement g&#233;n&#233;ral des salari&#233;s, une v&#233;ritable explosion de r&#233;volte, relan&#231;ant le mouvement des gilets jaunes. Ne comptez pas sur les appareils r&#233;formistes pour cela !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vendredi de la semaine derni&#232;re, les syndicats appelaient &#224; une journ&#233;e de gr&#232;ve de la RATP. Elle &#233;tait tr&#232;s suivie, mais &#224; quoi sert une seule journ&#233;e de gr&#232;ve d'une seule corporation m&#234;me si elle est tr&#232;s suivie ? Sinon &#224; faire en sorte que la col&#232;re ouvri&#232;re ne m&#232;ne &#224; rien !!! Les agents du m&#233;tro &#233;taient suivis par bien d'autres professions du public et du priv&#233;. Comment ne pas unir tous les salari&#233;s contre la r&#233;forme des retraites ? Les syndicats ont la r&#233;ponse : la RATP c'est juste un jour le 13 septembre. Puis c'est EDF le 19 septembre. Seulement un jour. Puis c'est FO tout seule le 21 septembre. Puis c'est la SNCF le 24 septembre. Une seule journ&#233;e d'inaction et d &#171; inefficacit&#233;,. etc. etc... Devant une telle strat&#233;gie de la division, le patronat et le gouvernement ne tremblent pas !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps que les Urgences se battent, seules, que l'h&#244;pital public se d&#233;fend seul, la psychiatrie seule, les EPHAD seules, les salari&#233;s d'EDF contre le d&#233;mant&#232;lement seuls, les a&#233;roports seuls contre la privatisation, les attaquent, elles, sont g&#233;n&#233;rales, mettent en cause les retraites de tous, les emplois de tous, les services publics de tous !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, ce n'est pas demain que les appareils syndicaux lanceront la lutte des classes !!! Il faudra le faire nous-m&#234;mes comme les Gilets jaunes !!! Les appareils syndicaux ne se contentent pas d'appeler &#224; des journ&#233;es d'inaction alors que celles-ci ont d&#233;montr&#233; que les classes dirigeantes ne les craignent pas. Ils ne se contentent pas de diviser les luttes et m&#234;me de les saucissonner. Ils font plus : ils combattent de mani&#232;re active et militante contre&#8230; l'auto-organisation des travailleurs ! Les assembl&#233;es interprofessionnelles (qu'ils avaient accept&#233;es contraints et forc&#233;s en 1995) ou toute autre forme de coordination inter-entreprises et inter-secteurs (comme celle des Urgences), ils sont virulemment contre. Les comit&#233;s de gr&#232;ve, les conseils de travailleurs ou toute forme de d&#233;cision ne passant pas par les syndicats, ils affirment qu'elles seront manipul&#233;es par les patrons et le gouvernement, ou par l'extr&#234;me droite ou par l'extr&#234;me gauche. En tout cas, ils restent persuad&#233;s, ces appareils bureaucratiques, d'&#234;tre la seule existence possible d'une organisation des travailleurs. Mais il y a belle lurette qu'ils ne le sont plus. Leurs dirigeants passent leur vie dans des r&#233;unions d'organismes d'Etat, avec les patrons et les gouvernants et ne parlent jamais aux travailleurs du rang. Cela ne les emp&#234;che pas de d&#233;cider, &#224; la place des travailleurs, ce qui est n&#233;gociable et ce qui ne l'est pas. C'est cela, entre autres, que le mouvement des gilets jaunes a contest&#233; en s'organisant par lui-m&#234;me en comit&#233;s de ronds-points, en assembl&#233;e de discussions et de d&#233;cisions. Que les travailleurs en lutte ou en r&#233;volte d&#233;cident d'&#233;lire eux-m&#234;mes des d&#233;l&#233;gu&#233;s ou des repr&#233;sentants dans le feu de l'action, contr&#244;lables et r&#233;vocables, ils sont ouvertement contre. Que les travailleurs eux-m&#234;mes puissent d&#233;cider ce qui est n&#233;gociable et ce qui ne l'est pas, comme avaient tent&#233; de l'imposer les personnels de l'h&#244;pital public en lutte, ils se dressent contre et on les a vus n&#233;gocier avec Hirsch alors que les personnels manifestaient que &#171; ce n'est pas n&#233;gociable &#187; !!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les attaques contre les salari&#233;s d&#233;passent largement le secteur public, l'unit&#233; public/priv&#233; n'est pas r&#233;alis&#233;e par les appareils syndicaux. Les travailleurs de toute l'Automobile se menac&#233;s en cette rentr&#233;e : Renault, Nissan, PSA ou Ford et bien d'autres s'appr&#234;tent &#224; attaquer mais aucun plan d'ensemble n'est propos&#233; pour lutter alors que des travailleurs am&#233;ricains de l'Automobile ont commenc&#233; la lutte, y compris en s'organisant de mani&#232;re ind&#233;pendante des appareils syndicaux bureaucratiques et corrompus des USA. Les enseignants am&#233;ricains en font de m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle attaque contre les retraites n'a pas amen&#233; ces appareils r&#233;formistes &#224; proposer une lutte g&#233;n&#233;rale ni une forme nouvelle d'organisation des travailleurs par eux-m&#234;mes. Si le gouvernement y va prudemment sur la question des retraites, c'est parce qu'il craint non pas les r&#233;actions des directions syndicales mais celles des travailleurs eux-m&#234;mes : les gilets jaunes n'ont pas d&#233;sarm&#233; et il suffit de peu de chose pour que toutes les col&#232;res fusionnent en une large r&#233;volte, avec aussi la perspective de hausse des carburants, avec la crise financi&#232;re et bancaire &#233;galement mena&#231;ante pour tous les travailleurs et les milieux populaires. C'est bel et bien une r&#233;volte du type des gilets jaunes que les gouvernants craignent sur la question des retraites, de l'h&#244;pital public, de l'Automobile, d'EDF, des A&#233;roports et on en passe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matierevolution.fr/spip.php?article5522&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://matierevolution.fr/spip.php?article5522&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2021/01/14/cgtp-j14.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2021/01/14/cgtp-j14.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1036&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1036&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On en est &#224; la cinqui&#232;me journ&#233;e d'action de l'intersyndicale des retraites mais on ne les compte plus tant le gouvernement s'en moque ! On ne compte plus les promenades dans les rues non plus tant les classes poss&#233;dantes s'en moquent. Et &#231;a se voit !! Et &#224; chaque fois que le gouvernement sonne ses &#171; partenaires sociaux &#187;, ils r&#233;pondent pr&#233;sent, ils accourent comme des toutous !!! Une fois de plus, les strat&#232;ges syndicaux ont endormi la lutte des classes qui mena&#231;ait de donner une suite massive &#224; l'explosion sociale des gilets jaunes. Des promenades avec musique et merguez ! Pas de prises de parole de r&#233;volte, pas d'organisation de la lutte par les participants, pas de relations dynamiques avec les entreprises, pas d'assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales interprofessionnelles, aucun d&#233;bordement mettant en cause l'organisation de la soci&#233;t&#233; civile bourgeoise ! En somme, quelques journ&#233;es syndicales ont pr&#233;tendu effacer des mois et des mois de soul&#232;vement des gilets jaunes en France !&lt;br class='autobr' /&gt;
La CGT fait une fois de plus semblant que la lutte des raffineries peut suffire &#224; faire reculer le gouvernement et c'est TOTALEMENT faux !&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la lutte des retraites, les raffineries ne peuvent remplacer le secteur priv&#233; dont l'industrie !&lt;br class='autobr' /&gt;
M&#234;me les ports n'ont pas suivi parce que la strat&#233;gie des syndicats les maintenait &#224; l'&#233;cart !!!&lt;br class='autobr' /&gt;
Les syndicats n'ont rien fait pour entra&#238;ner dans le mouvement les ch&#244;meurs, les femmes, les jeunes, les paysans, etc, etc&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils ont tout fait pour &#233;viter de menacer le pouvoir d'un soul&#232;vement social !!!&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est donc un mouvement exactement inverse de celui des gilets jaunes&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le gouvernement, conduit par ces appareils syndicaux &#224; penser que les travailleurs ne vont pas d&#233;border, se cramponne sur ses positions et se contente d'annoncer que la SNCF et la RATP roulent de mieux en mieux ! Alors que les syndicats nous annon&#231;aient avoir adopt&#233; non une gr&#232;ve des transports mais une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale interprofessionnelle illimit&#233;e et reconductible par les AG, ils n'ont jamais m&#234;me fait r&#233;ellement semblant de la lancer !!! Seuls ceux qui voulaient croire aux syndicats pouvaient se l'imaginer : on savait bien avant que &#231;a commence qu'il n'en serait rien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui, la lutte des retraites pouvait donner un nouveau souffle au mouvement des gilets jaunes. Non, les appareils syndicaux, eux, ne pouvaient au contraire que l'&#233;touffer et c'est ce qu'ils font.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5678&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5678&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Covid-19 et les syndicats&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les patrons veulent co&#251;te que co&#251;te maintenir leur production et les syndicats ne veulent pas les en emp&#234;cher !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1061&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1061&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que les syndicats ne mettront pas en avant pas plus que les autres institutions de la bourgeoisie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8455&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8455&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que les syndicats ne diront jamais sur covid, pas plus que les partis politiques&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6896&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6896&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2019, les syndicats orchestrent une fausse convergence avec les Gilets jaunes apr&#232;s en avoir dit pis que pendre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but du mouvement, les gilets jaunes n'ont jamais &#233;t&#233; hostiles aux syndicalistes qui, en tant qu'individus, participent sans probl&#232;me &#224; la lutte des gilets jaunes. Ce dont ils ne veulent pas ce sont les m&#233;thodes des directions syndicales et leur fausse d&#233;mocratie. Ce qui caract&#233;rise les gilets jaunes, ils n'ont cess&#233; de l'affirmer : &#171; On ne veut pas imiter le mode d'organisation de la soci&#233;t&#233;, de l'Etat, des partis et des syndicats &#187;. On veut mettre en place une d&#233;mocratie d'un genre nouveau, le pouvoir r&#233;el des participants sur leur propre lutte, la recherche collective de perspectives sans &#234;tre enferm&#233;s par des logiques d'organisation et surtout pas par la logique des classes dominantes ! C'est la fameuse d&#233;mocratie des ronds-points et des assembl&#233;es !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, la liaison avec les entreprises est une n&#233;cessit&#233; et un &#233;l&#233;ment important dans les perspectives du mouvement mais ce n'est pas des syndicats qu'il d&#233;pend. Mais il y a aussi la n&#233;cessit&#233; de la liaison avec les banlieues, de la liaison avec les ch&#244;meurs, avec les pr&#233;caires, avec tous ceux qui sont opprim&#233;s et exploit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains parlent de &#171; la convergence des gilets jaunes avec la CGT &#187;, qu'il s'agisse de M&#233;lenchon, des Insoumis, d'une certaine extr&#234;me gauche type NPA ou LO, ou de certains dirigeants de la CGT. En fait, la CGT, dans sa direction nationale, ne converge qu'avec ses propres m&#233;thodes et appelle &#224; nouveau &#224; d'inutiles journ&#233;es d'action, cette fois le 5 f&#233;vrier, la derni&#232;re fois le 14 d&#233;cembre. M&#233;thode &#233;cul&#233;e, les journ&#233;es d'inaction ont men&#233; dans le mur tous les mouvements depuis des ann&#233;es, de la lutte pour les retraites &#224; celle des cheminots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour qu'il y ait une vraie convergence, il faudrait que les le&#231;ons de ces &#233;checs cuisants, malgr&#233; des participations massives des travailleurs, soient tir&#233;es. Le succ&#232;s des gilets jaunes n'a pas davantage servi de le&#231;on aux directions syndicales. Ce n'est pas une question d'id&#233;e mais de type d'organisation. Les syndicats sont int&#233;gr&#233;s en fait &#224; l'appareil d'Etat et leur fonctionnement est largement d&#233;termin&#233; par celui-ci, &#224; commencer par le financement. Une lutte s'en prenant directement au pouvoir d'Etat n'est pas dans leurs capacit&#233;s. L'action directe n'est plus leur conception. La lutte intercat&#233;gorielle a depuis longtemps &#233;t&#233; abandonn&#233;e par ces appareils. L'auto-organisation leur apparait sans cesse comme une remise en cause de leur r&#244;le. Ils ne s'estiment pas comme une force de proposition aux luttes des salari&#233;s mais comme une direction de la lutte, incontestable, non &#233;lue, non r&#233;vocable. Il n'y a aucune convergence possible sur de telles bases !!! Sinon, ce serait un reniement des bases m&#234;mes du mouvement des gilets jaunes, celles qui ont fait trembler les classes poss&#233;dantes depuis plus de deux mois&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5246&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5246&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gauches politiques et syndicales pr&#233;tendent renforcer le mouvement des Gilets jaunes mais ne font que l'affaiblir, lui enlever sa signification profonde&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le mouvement a pris, &#224; ses d&#233;buts, un cours inattendu, massif et explosif, de type r&#233;volutionnaire, qui a fait peur aux classes poss&#233;dantes et oblig&#233; le gouvernement &#224; de premiers reculs, ce n'est nullement gr&#226;ce &#224; de quelconques strat&#233;gies de leaders autoproclam&#233;s mais parce que la r&#233;volte prenait largement dans la population la plus d&#233;munie de ce pays et que ces derniers n'avaient pas du tout pu, ces derni&#232;res ann&#233;es, exprimer cette r&#233;volte qui d&#233;bordait ainsi. Le caract&#232;re r&#233;volutionnaire de cette lutte tient &#233;galement au fait que les Gilets Jaunes ont refus&#233; le cadre faussement d&#233;mocratique de la r&#233;publique des milliardaires en ne d&#233;clarant pas leurs manifestations, actions et en n'ayant pas peur de la police des grandes fortunes, un des derniers remparts aujourd'hui de la dictature ouverte des capitalistes et des trusts et multinationales. Cette lutte a mis en avant &#224; la fois des revendications &#233;conomiques devant mettre fin aux in&#233;galit&#233;s sociales, &#224; la mis&#232;re et des revendications politiques sur la d&#233;mocratie et le pouvoir du peuple qui pourraient &#234;tre r&#233;sum&#233;es &#224; ces deux mots d'ordre : &#171; Nous, n'avons rien, Nous voulons tout ! &#187;, &#171; Nous ne d&#233;cidons de rien, nous voulons d&#233;cider de tout ! Tout le pouvoir au peuple travailleur ! &#187;. Dans ces fondements, on le voit, ce mouvement d'une des parties les plus pr&#233;caires du peuple travailleur ne cherchait nullement &#224; d&#233;battre avec l'&#201;tat des grandes fortunes, ou &#224; attendre quelque chose de lui, contrairement aux organisations syndicales qui pratiquent la collaboration avec l'ennemi, et il repr&#233;sentait, d&#232;s lors, un r&#233;el danger pour les grandes fortunes s'il avait entrain&#233; les salari&#233;s des grandes entreprises et le reste des milieux populaires dans son sillage. Mais tel n'a pas &#233;t&#233; le cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est justement lorsqu'ils ont laiss&#233; croire &#224; la &#171; convergence syndicats-gilets jaunes &#187; que le cr&#233;dit des Gilets jaunes est tomb&#233; et les craintes des classes poss&#233;dantes aussi ! En effet, personne ne craint les syndicats. Du moment qu'ils peuvent encadrer les luttes sociales, celles-ci en restent &#224; une fausse contestation sans risque, &#224; des journ&#233;es d'action, &#224; des fausses propositions, &#224; une caution des gouvernants. Et nous le constatons aujourd'hui. Alors que le gouvernement se met en ordre de marche pour imposer une s&#233;rie d'attaque sans pr&#233;c&#233;dent, les directions syndicales continuent de se r&#233;unir, de se concerter avec les fossoyeurs de nos droits et &#233;parpillent les luttes, les gr&#232;ves, les journ&#233;es d'action &#233;vitant tout lien r&#233;el entre les salari&#233;s et le reste de la population dans des assembl&#233;es de lutte dans les entreprises, dans les quartiers, les villes, les villages au travers desquelles le peuple pourrait contr&#244;ler et diriger lui-m&#234;me ses luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'unit&#233; du peuple travailleur n'est pas l'unit&#233; des organisations de la gauche politique ou syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fameuse convergence des appareils syndicaux avec les Gilets Jaunes n'est une convergence de convenance. Ils ne reconnaissent toujours pas ce qui a fait la force du mouvement de lutte &#224; savoir son auto-organisation, son refus des autorit&#233;s, son refus de demander des autorisations de manifester ou de s'assembler. Jamais ils n'ont &#233;t&#233; influenc&#233;s par ses aspirations politiques et sociales m&#234;l&#233;es, par le fait de lier revendications sociales, d&#233;mocratiques et politiques. De la convergence, il n'est donc rest&#233; que le fait que les syndicats pr&#233;tendaient d'un c&#244;t&#233; continuer &#224; calomnier la lutte et de l'autre faire semblant qu'ils y &#233;taient associ&#233;s, du moins lors de leurs sempiternelles &#171; journ&#233;es d'action syndicales &#187; !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5508&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5508&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous, agents gr&#233;vistes du mat&#233;riel au Technicentre de Ch&#226;tillon, sur le r&#233;seau TGV Atlantique, avons cess&#233; le travail massivement depuis lundi 21 octobre au soir, sans se concerter ou &#234;tre encadr&#233;s par les syndicats. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cho &#233;norme d'une gr&#232;ve locale &#224; dur&#233;e illimit&#233;e, d&#233;cid&#233;e par les travailleurs eux-m&#234;mes sans les syndicats, vient de montrer que l'action directe a un tout autre poids que les journ&#233;es syndicales mobilisant un nombre &#233;norme de travailleurs sans faire aucun effet ou les gr&#232;ves programm&#233;es par les centrales &#224; dates pr&#233;par&#233;es &#224; l'avance, comme celle contre la privatisation du rail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux fois de suite, les cheminots SNCF viennent de nous montrer l'exemple de la &#171; gr&#232;ve sauvage &#187;. La premi&#232;re fois, conducteurs et contr&#244;leurs SNCF exer&#231;ant leur &#171; droit de retrait &#187; par une &#171; gr&#232;ve surprise &#187;, ill&#233;gale dit la direction, car sans d&#233;poser l&#233;galement de demande de gr&#232;ve avec pr&#233;avis par les syndicats apr&#232;s n&#233;gociation, &#224; la suite d'un accident apr&#232;s la collision mercredi soir entre un TER reliant Charleville-M&#233;zi&#232;res &#224; Reims et un convoi routier exceptionnel coinc&#233; sur un passage &#224; niveau (accident qui a fait 11 bless&#233;s, dont le conducteur - seul agent SNCF &#224; bord du train) et o&#249; les cheminots estiment que la pr&#233;sence d'un seul cheminot par train a &#233;t&#233; une cause de risque et donc que le risque est maintenu du fait des conditions de fonctionnement qui restent impos&#233;es par la direction. La deuxi&#232;me fois, ce sont les agents du Technicentre SNCF de Ch&#226;tillon qui viennent de faire une gr&#232;ve reconductible sans direction syndicale, sans pr&#233;avis, sans n&#233;gociation, en prenant les d&#233;cisions seuls. La direction a voulu passer en force dans ce technicentre en imposant une modification des conditions de travail avec notamment des suppressions de cong&#233;s alors que les conditions de travail sont tr&#232;s dures (cadences soutenues, pression des d&#233;lais, les TGV contr&#244;l&#233;s devant repartir tr&#232;s vite et le temps de contr&#244;ler est plus que court) et les salaires tr&#232;s bas. A l'origine de ce mouvement spontan&#233;, la volont&#233; de la direction de Ch&#226;tillon de mettre fin &#224; un accord local, vieux de plusieurs ann&#233;es, qui offrait aux cheminots douze jours de repos suppl&#233;mentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5568&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5568&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'une vague mondiale de r&#233;volte et r&#233;volutions parcourt le monde, la France incluse, les syndicats de France ne se sentent nullement concern&#233;s. Ils ne font de projets sur rien de tout cela. Ce n'est pas leurs oignons. Ils ne sont solidaires de rien. Ils ne se voient de responsabilit&#233; dans rien, ils n'ont en rien &#224; leur donner des perspectives, alors que &#171; leur &#187; imp&#233;rialisme fran&#231;ais, lui, se consid&#232;re comme responsable de la r&#233;pression de ces luttes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7640&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7640&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5569&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5569&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8166&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8166&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8381&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8381&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2020 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2021 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au lieu d'y voir une atteinte inacceptable &#224; la libert&#233; et &#224; la sant&#233;, les syndicats n'ont pas boug&#233; le petit doigt lorsque ces attaques ont commenc&#233; &#224; se profiler et ont attendu qu'elles soient pleinement d&#233;velopp&#233;es et que des r&#233;actions spontan&#233;es et auto-organis&#233;es menacent pour avoir une petit d&#233;but de r&#233;action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces m&#234;mes syndicats ont refus&#233; de participer aux manifestations contre la politique sanitaire, affirmant, comme Macron, que les manifestants &#233;taient manipul&#233;s par l'extr&#234;me droite !! Comme pour d&#233;nigrer les manifestations des gilets jaunes, il leur suffisait de trouver un militant d'extr&#234;me droite qui se joignait &#224; une manifestation nullement organis&#233;e par des fascistes pour l'affirmer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, des syndicats (pas les conf&#233;d&#233;rations qui elles, de fait, soutiennent Macron) appellent &#224; la gr&#232;ve mais ils se gardent d'appeler d'abord &#224; des assembl&#233;es du personnel qui d&#233;ciderait ainsi lui-m&#234;me des modes d'action, des buts, des revendications, des modes d'organisation et de la liaison avec d'autres secteurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, le pouvoir de Macron serait aujourd'hui extr&#234;mement faible si les appareils bureaucratiques des syndicats ne le soutenaient pas de toutes leurs forces. Cette situation emp&#234;che le d&#233;veloppement des gr&#232;ves ou le limite. Car bien des gr&#232;ves ont lieu contre l'obligation vaccinale, actuellement dans les h&#244;pitaux. Et, si la vaccination obligatoire se g&#233;n&#233;ralisait, cette attitude des syndicats emp&#234;cherait aussi que les gr&#232;ves se d&#233;veloppent dans les EPHAD, les biblioth&#232;ques, les transports, les &#233;coles, l'universit&#233;, les postes, ou tout autre secteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Macron est oblig&#233; de s'engager &#224; ne pas imposer le pass sanitaire dans les maternelles, &#233;coles, coll&#232;ges, lyc&#233;es et jusqu'&#224; l'universit&#233;, c'est pour &#233;viter la jonction des gr&#232;ves de tous les secteurs vers une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale contre la dictature du pouvoir ! Mais les syndicats se gardent de dire aux personnels non soignants que, si on laisse les soignants se battre seuls, le pass s'&#233;largira et la dictature avec, m&#234;me s'il est scientifiquement prouv&#233; que cela ne bloque nullement la pand&#233;mie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6345&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6345&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT pendant la pand&#233;mie covid&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2021/01/14/cgtp-j14.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2021/01/14/cgtp-j14.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la pand&#233;mie et aux politiques gouvernementales soi-disant sanitaires, on ne peut pas du tout compter sur les syndicats !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6341&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6341&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus que jamais, patronat et syndicats, CGT en t&#234;te, font, conjointement ou s&#233;par&#233;ment, la police dans la classe ouvri&#232;re...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6305&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6305&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des Antilles n'est pas soutenue par les syndicats de la m&#233;tropole coloniale...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_de_2021-2022_dans_les_Antilles_fran%C3%A7aises&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_de_2021-2022_dans_les_Antilles_fran%C3%A7aises&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6581&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6581&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6582&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6582&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2022 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats refusent d'exprimer leur solidarit&#233; active avec le peuple iranien soulev&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les appareils bureaucratiques appellent &#224; la &#171; gr&#232;ve &#187; le 29, il n'est nullement question pour eux d'exprimer notre solidarit&#233; avec l'insurrection en Iran men&#233;e par les femmes en appelant &#224; leur emboiter le pas, ici, en France contre la R&#233;publique des milliardaires et l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais ! Gr&#232;ve ouvri&#232;re g&#233;n&#233;rale de solidarit&#233; avec Mahsa ! &#171; Bas les voiles &#187;, en Iran comme en France, pour reprendre le slogan de la militante f&#233;ministe iranienne Chahdortt Djavann. A bas les violences polici&#232;res contres toutes les femmes qui prennent la t&#234;te des r&#233;voltes, de l'Iran, au Soudan, &#224; l'Inde comme aux USA (contre les noirs) ou en France (mutilation cibl&#233;e de Gilets Jaunes). Le &#171; refus d'obtemp&#233;rer &#187; est pour toutes les polices du monde la justification de leurs crimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan &#233;conomique, Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale expropriatrice du grand capital, qui, seule, peut nous assurer de quoi vivre, d'avoir une retraite, de sauver les services publics et de combattre la mont&#233;e vers guerre. Aucun de ces objectifs &#233;l&#233;mentaires n'est propos&#233; par la gauche ou l'extr&#234;me gauche. Aucune manifestation contre les guerres de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais qui pourraient &#234;tre coordonn&#233;es avec celles men&#233;e en Russie contre l'imp&#233;rialisme russe.Ce sont ces perspectives qui uniraient les luttes partielles engag&#233;es dans en France comme dans le monde entier. Et jamais une telle perspective ne sera d&#233;fendue par les r&#233;formistes (de gauche ou faussement d'extr&#234;me gauche).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6946&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6946&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve qui dure dans les raffineries et d&#233;p&#244;ts de p&#233;trole, son efficacit&#233; &#224; bloquer les stations d'essence, et les h&#233;sitations du pouvoir et des patrons de TotalEnergies et de Esso-ExxonMobil &#224; son &#233;gard, laissent croire que les syndicats sont en train de bouger, de se faire craindre, de se mobiliser, de se lancer contre nos ennemis. Pourtant, rien de plus faux. Les syndicats des raffineries de p&#233;trole, qui ne visent pas du tout &#224; changer le rapport de forces au sein de l'ensemble de la classe ouvri&#232;re, ont commenc&#233; &#224; reculer sur leurs propres revendications en admettant que les patrons refusent de n&#233;gocier sur les embauches et les investissements. Ils n'ont pas g&#233;n&#233;ralis&#233; la gr&#232;ve &#224; toutes les raffineries et tous les d&#233;p&#244;ts de p&#233;trole. Ils se sont bien gard&#233;s de la g&#233;n&#233;raliser &#224; l'ensemble du secteur de l'Energie, &#224; commencer par les centrales nucl&#233;aires. Ils ont refus&#233; d'organiser dans toutes les entreprises des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales d&#233;cisionnelles pour que les travailleurs d&#233;cident si l'affrontement sur le pouvoir d'achat de la classe ouvri&#232;re doit se g&#233;n&#233;raliser. Dans les raffineries et les d&#233;p&#244;ts en gr&#232;ve, les appareils syndicaux se sont juste un peu laiss&#233; pousser par la base, les syndicats au d&#233;part ne voulant que trois jours d'action et les salari&#233;s souhaitant la gr&#232;ve reconductible. Il &#233;tait difficile pour les syndicats de refuser car il est &#233;vident que les entreprises du secteur font des b&#233;n&#233;fices fabuleux alors que les salaires s'effritent face &#224; l'inflation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seulement trois des six raffineries fran&#231;aises sont bloqu&#233;es sans que les syndicats expliquent pourquoi&#8230; Par exemple, aucun mouvement de gr&#232;ve n'a &#233;t&#233; relay&#233; &#224; la raffinerie de Lav&#233;ra de P&#233;troineos, situ&#233;e &#224; Martigues dans les Bouches-du-Rh&#244;ne. &#192; la raffinerie Petroineos de Lavera (13), pour la CGT, le temps n'est pas non plus &#224; la gr&#232;ve, la centrale syndicale expliquant que les salari&#233;s ont d&#233;j&#224; obtenu des augmentations salariales jug&#233;es satisfaisantes. &#171; Les r&#233;sultats sont tellement bons en ce moment que c'&#233;tait bien normal &#187;, assure S&#233;bastien Varagnol de la CGT du site. Les raffineurs ont ainsi rafl&#233; une augmentation de salaire plancher de 200&#8364; ainsi qu'une hausse de 20% de la prime de d&#233;placement. &#171; Partir en gr&#232;ve (&#224; Lavera) pour les salaires des camarades de Total ne para&#238;t pas envisageable aujourd'hui malheureusement &#187;, affirme le dirigeant c&#233;g&#233;tiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin la coordination CGT Total, qui regroupe des syndicats CGT parmi les 200 filiales de Total en France (comme la SAFT, sp&#233;cialis&#233;e dans la conception de batteries &#224; usage industriel, Hutchinson connue pour ses pneus ou encore Argedis, qui g&#232;re les stations-services) et qui s'&#233;tait mise en lutte de mani&#232;re in&#233;dite en juin dernier, ne semble pas repartie pour un tour. &#171; Les salari&#233;s ne sont pas au rendez-vous &#187;, regrette &#201;ric Sellini. &#171; Il faut faire un travail de fourmi dans les syndicats, dans les f&#233;d&#233;rations et &#224; la conf&#233;d&#233;ration pour faire en sorte que &#231;a prenne. &#187; Une date de gr&#232;ve dans les entreprises du caoutchouc (Hutchinson, Michelin&#8230;) &#233;tait d'ailleurs envisag&#233;e pour le 18 octobre. Elle a finalement &#233;t&#233; remplac&#233;e par un appel de la FNIC &#224; la mobilisation aux c&#244;t&#233;s des raffineurs, sur les piquets de gr&#232;ves, le 11 octobre. &#192; la conf&#233;d&#233;ration, on r&#233;fl&#233;chirait &#224; une nouvelle date de gr&#232;ve interprofessionnelle dans la semaine du 18 octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les revendications salariales des syndicats du p&#233;trole sont modestes comme ils le soulignent eux-m&#234;mes. &#171; Le p&#233;rim&#232;tre p&#233;trole a une masse salariale de 1,5 milliard d'euros, affirme Eric Sellini, coordinateur CGT chez TotalEnergies, cit&#233; par le journal patronal Les Echos. A 10 %, ce serait un effort d'&#224; peine 150 millions d'euros pour la direction, &#224; comparer aux plus de 18 milliards de profits au premier semestre. La direction a &#233;t&#233; beaucoup plus r&#233;active pour r&#233;compenser les actionnaires. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au plan national, les centrales syndicales (celles qui appellent &#224; des journ&#233;es de gr&#232;ves, car les autres ne le font m&#234;me pas) poursuivent leur strat&#233;gie catastrophique de type n&#233;gociation/journ&#233;e d'action. La journ&#233;e d'action du 22 septembre n'a servi &#224; rien et la journ&#233;e d'action du 29 septembre non plus. Cette derni&#232;re a &#233;t&#233; sans lendemain&#8230; La premi&#232;re ne posait que le probl&#232;me de la sant&#233; et la deuxi&#232;me que celui des salaires. Aucune ne globalisait sur l'attaque antisociale d'ensemble que subit le monde du travail&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6980&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6980&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Martinez, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT est pour la &#034;vaccination&#034; de masse capitaliste des labos ! Ce qui fait que, m&#234;me s'il se pr&#233;tend contre le pass, il refuse de participer aux manifestations contre le pass et cautionne ainsi le r&#233;gime policier d'apartheid sanitaire et social du pass-vaccinal !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que l'Espagne classe COVID-19 grippe saisonni&#232;re, Martinez appuie la vaccination de masse et l'obligation vaccinale pour les travailleurs ! On rappellera &#224; Martinez que les &#034;Vaccins&#034; contre Covid ne fonctionnent pas comme des vaccins traditionnels malgr&#233; l'appellation plus que trompeuse ! Les vaccins doivent prot&#233;ger de la propagation et de la maladie et, pour le deux, ce n'est pas le cas ! Le virus continue de circuler malgr&#233; tout ! En soutenant l'obligation vaccinale et la vaccination de masse, Martinez soutient, de fait le pass vaccinale comme il soutenait, en r&#233;alit&#233; le pass sanitaire ! Voil&#224; pourquoi il soutient la suspension ou le licenciement de dizaines de milliers de travailleurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais rien d'&#233;tonnant &#224; ce que Martinez qui a fait &#233;lire Macron pour faire soi-disant barrage &#224; Le Pen, soutienne la mise en place d'un r&#233;gime policier sur le peuple et les travailleurs sous pr&#233;texte de lutte sanitaire ! Le syndicalisme bureaucratique de collaboration de classe est d&#233;j&#224; un r&#233;gime policier, au sein du monde du travail, issus du stalinisme, qui faut-il le rappeler a d&#233;cim&#233; les r&#233;volutionnaires et sabot&#233; les r&#233;volutions sociales dans le monde entier ! La direction CGT a gard&#233; de son pass&#233; contre-r&#233;volutionnaire une politique de garde chiourme pour que le prol&#233;tariat n'emprunte surtout pas le chemin de la lutte de classe, aille sur un terrain politique et renverse le capitalisme pour asseoir la souverainet&#233; du peuple travailleur en abolissant le r&#233;gime de la propri&#233;t&#233; priv&#233; des moyens de productions !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend mieux pourquoi la CGT ne d&#233;fend pas les personnels suspendus pour avoir refus&#233; l'injonction &#224; l'injection d'un produit exp&#233;rimental qui n'est en rien un vaccin ! Les collabos du capital se cachent derri&#232;re le scientisme pour soutenir le capitalisme et les labos ! On comprend encore mieux aussi pourquoi Martinez et la CGT laisse faire la r&#233;pression aux Antilles et ne veulent surtout pas emboiter le pas &#224; l'insurrection populaire qui, pour l'instant, a &#233;t&#233; la seule &#224; faire reculer le gouvernement des classes dirigeantes ! Martinez comme le reste des directions syndicales deviennent de plus en plus ouvertement contre insurrectionnel contre l'auto-organisation du peuple et des travailleurs, oppos&#233;e &#224; toutes luttes sur un terrain politique.... Les directions syndicales, habitu&#233;es &#224; la collaboration de classe et une pseudo opposition anticapitaliste, roulent pour la contre-r&#233;volution ! Toute leur politique est de lutter contre la r&#233;volution ! Et lutter contre la r&#233;volution qui monte c'est d&#233;fendre le capitalisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1177&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1177&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2023 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats sont absolument incapables de mener une lutte victorieuse sur les retraites ou sur n'importe quoi&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, c'est le mouvement des gilets jaunes qu'il faut relancer dans les entreprises, en unissant secteur public et priv&#233;, face &#224; la pr&#233;tendue r&#233;forme des retraites et pas des d&#233;fil&#233;s inoffensifs des syndicats !&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces syndicats ont n&#233;goci&#233; avec le pouvoir qui nous vole et nous tue comme si c'&#233;tait pour nous rendre service. Mais ces bureaucraties syndicales sont pay&#233;es par ce m&#234;me Etat au service des milliardaires !&lt;br class='autobr' /&gt;
Les syndicats se pr&#233;tendent pour le maintien des r&#233;gimes de retraites par r&#233;partition ? Mais alors que font alors les directions syndicales au conseil d'administration de deux fonds de pensions publics ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Et que font les syndicats dans le Conseil d'Orientation des Retraites, le COR &#224; l'origine de bien des attaques contre le r&#233;gime de retraites ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces syndicats se sont faits les soutiens du pouvoir actuel et ce n'est certainement pas sur eux qu'il faut compter pour gagner une lutte pour la d&#233;fense des retraites !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1208&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1208&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2024 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La France de Macron se d&#233;clare en pr&#233;paration de guerre. Les syndicats s'en plaignent. Ils peuvent m&#234;me faire une promenade dans les rues en faveur de la paix, contre l'exc&#232;s de d&#233;penses d'armement, la &#171; budget de guerre &#187;. Mais jamais, au grand jamais, ils ne sont contre l'arm&#233;e fran&#231;aise, ses guerres imp&#233;rialistes, ses guerres coloniales m&#234;me. Jamais ils ne sont compl&#232;tement contre l'industrie de guerre, le budget de guerre dans son principe m&#234;me, le nationalisme, la pr&#233;tention de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais &#224; &#234;tre la patrie des travailleurs. Au contraire, comme en 1914, ils sont &#224; fond pour !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2025 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les appels pour le 10 septembre incitaient au combat contre la soci&#233;t&#233; capitaliste, ceux du 18 &#233;taient l'oeuvre de ses d&#233;fenseurs, les r&#233;formistes qui veulent aider &#224; son fonctionnement. La convergence entre ces courants est impossible, elle est &#224; combattre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si des Gilets jaunes partisans du 10 septembre ont voulu croire que se voir rejoindre par les syndicats le 18 ne pouvait qu'amplifier le mouvement, au pire n'avoir aucun effet, la d&#233;monstration est faite que les appels des directions syndicales ont &#233;t&#233; nocifs. Les particpants du mouvement du 10, qu'ils soient ou pas anciens Gilets jaunes, n'ont pu que constater que les cort&#232;ges syndicaux &#233;taient tout sauf faits pour inciter &#224; la lutte, pour donner de l'&#233;lan, pour faire avancer la motivation et la conscience des enjeux, des moyens et des buts. Rien de plus plat que des cort&#232;ges organis&#233;s par l'intersyndicale. Il y a de quoi s'endormir sur place !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Syndicats et partis de gauche, quand ils ont fait mine de participer au mouvement du 10 septembre, c'est seulement pour le d&#233;mobiliser, le diviser, le d&#233;sar&#231;onner, le tromper, le freiner, changer ses buts et ses perspectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles &#233;taient les perspectives du mouvement du 10 septembre des Gilets Jaunes, contre le pouvoir des milliardaires, ses dettes, ses sacrifices antisociaux, sa dictature, son organisation sociale et politique, ses forces de r&#233;pression, ses guerres, sa fausse d&#233;mocratie...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8328&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8328&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10 septembre ! Quel objectif num&#233;ro un pour le mouvement des Gilets jaunes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8338&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8338&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 10 septembre 2025 se pr&#233;pare&#8230; et terrorise d&#233;j&#224; les gouvernants, les poss&#233;dants, les m&#233;dias et&#8230; les syndicats !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8367&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8367&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La trahison syndicale du mouvement du 10 septembre s'annonce avant le mouvement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8358&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8358&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8366&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8366&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les faux &#171; militants de la base &#187; qui noyautent le mouvement d&#233;but&#233; le 10 septembre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8427&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8427&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le 10 septembre et le contre-feu du 18, quelle perspective pour le mouvement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8391&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8391&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles le&#231;ons tirer du 10 septembre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8390&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8390&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement de la base est &#171; suspendu &#187; mais il continue de planer au-dessus des classes poss&#233;dantes dont le pouvoir est d&#233;sormais suspendu lui aussi devant une situation pr&#233;r&#233;volutionnaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8449&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8449&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat fran&#231;ais annonce son entr&#233;e en guerre et le sacrifice des enfants&#8230; Les syndicats osent &#224; peine murmurer&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8542&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8542&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8529&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8529&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8473&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8473&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici ce que ne diront jamais les appareils syndicaux contre la guerre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8249&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8249&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7636&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7636&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que les syndicats ne peuvent pas dire aux jeunes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8195&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8195&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que les syndicats ne peuvent pas dire aux femmes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6903&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6903&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les petits paysans sont &#233;trangl&#233;s et se battent&#8230; Mais sans le moindre geste de la classe ouvri&#232;re, musel&#233;e par les syndicats&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que les syndicats ne peuvent pas dire aux paysans :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8535&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8535&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que les syndicats ne peuvent pas dire aux Gilets jaunes ni faire avec eux :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7369&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7369&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2570&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2570&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7645&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7645&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4236&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4236&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve110&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve110&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1591&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1591&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7440&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7440&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1639&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1639&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/L-exemple-de-Renault-Flins-25-ans-d-histoire-syndicale-ou-l-evolution-parallele?archive=1&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/L-exemple-de-Renault-Flins-25-ans-d-histoire-syndicale-ou-l-evolution-parallele?archive=1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7465&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7465&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Derri&#232;re la lutte contre le narcotrafic, de violentes luttes de classes au Mexique</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article9491</link>
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		<dc:date>2026-02-26T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ve Strike</dc:subject>
		<dc:subject>Manifestation</dc:subject>
		<dc:subject>Mexique</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte de classes - Class struggle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Derri&#232;re la lutte contre le narcotrafic, de violentes luttes de classes au Mexique &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment est-il possible qu'un pays tout entier entre en &#233;ruption volcanique pour la seule arrestation d'un chef de cartel de la drogue ? &lt;br class='autobr' /&gt;
En fait, le pays est au bord de l'&#233;ruption sociale et politique, la rupture entre les classes poss&#233;dantes et le peuple travailleur &#233;tant plus violente que jamais&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Les USA de Trump accroissent la pression sur le Mexique, contraint de mener la politique soi-disant (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- LUTTE DES CLASSES - CLASS STRUGGLE &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve Strike&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Manifestation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot128" rel="tag"&gt;Mexique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot278" rel="tag"&gt;Lutte de classes - Class struggle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Derri&#232;re la lutte contre le narcotrafic, de violentes luttes de classes au Mexique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comment est-il possible qu'un pays tout entier entre en &#233;ruption volcanique pour la seule arrestation d'un chef de cartel de la drogue ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, le pays est au bord de l'&#233;ruption sociale et politique, la rupture entre les classes poss&#233;dantes et le peuple travailleur &#233;tant plus violente que jamais&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les USA de Trump accroissent la pression sur le Mexique, contraint de mener la politique soi-disant anti-cartels de la drogue en fait violemment anti-sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte des classes derri&#232;re la fausse lutte contre le narcotrafic.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2026/02/25/doeo-f25.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2026/02/25/doeo-f25.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2026/02/23/mort-dun-chef-de-cartel-emeutes-a-jalisco-michoacan-colima-nayarit-aguascalientes-tamaulipas-et-23-municipalites-du-guanajuato-22-fevrier-2026/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2026/02/23/mort-dun-chef-de-cartel-emeutes-a-jalisco-michoacan-colima-nayarit-aguascalientes-tamaulipas-et-23-municipalites-du-guanajuato-22-fevrier-2026/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=xV_Szifukqg&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=xV_Szifukqg&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=SFPfv0aq1_g&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=SFPfv0aq1_g&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=tn2ihe8XQqQ&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=tn2ihe8XQqQ&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=AGJ14OaLGQA&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=AGJ14OaLGQA&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=LJ7ZJ0DYUtM&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=LJ7ZJ0DYUtM&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/results?search_query=%C3%A9meutes+au+mexique&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;voltes et &#233;meutes au Mexique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#232;ves au Mexique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des ouvriers des pi&#232;ces automobiles occupent des usines dans le nord du Mexique apr&#232;s la suppression de 4 000 emplois&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2026/02/19/xncf-f19.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2026/02/19/xncf-f19.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#232;ve &#224; Coca-cola&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=_rfmlJ6gIR8&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=_rfmlJ6gIR8&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des travailleurs d&#233;noncent l'&#233;lection syndicale frauduleuse &#224; General Motors au Mexique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2024/02/21/zkwu-f21.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2024/02/21/zkwu-f21.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des travailleurs retrait&#233;s manifestent dans l'&#201;tat de Guerrero, au Mexique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des dizaines de retrait&#233;s b&#233;n&#233;ficiant de la S&#233;curit&#233; sociale de l'&#201;tat de Guerrero (Isspeg) ont manifest&#233; le vendredi 20 f&#233;vrier, encerclant le si&#232;ge du gouvernement &#224; Chilpancingo. Ils r&#233;clamaient le versement des prestations en retard et la d&#233;mission des fonctionnaires qui refusent de dialoguer avec eux. 7 400 retrait&#233;s d&#233;pendent de l'Isspeg dans tout l'&#201;tat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les manifestants, dont certains en fauteuil roulant, ont d&#233;nonc&#233; les retards de paiement et la mauvaise gestion d'Isspeg.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les manifestants d&#233;noncent &#233;galement la corruption au sein d'Isspeg, o&#249; des responsables s'enrichissent tout en privant les retrait&#233;s de leurs pensions, et ce depuis 2013. Dans certains cas, des employ&#233;s sont suspendus d'Isspeg apr&#232;s avoir per&#231;u leur premier ch&#232;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des travailleurs de la sant&#233; mexicains manifestent devant le Capitole f&#233;d&#233;ral&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 19 f&#233;vrier, des agents de sant&#233; employ&#233;s par l'Institut mexicain des services de sant&#233; (IMSS-Bienestar), venus de tout le Mexique, ont encercl&#233; le Palais du gouvernement national pour exiger l'intervention de la pr&#233;sidente Claudia Sheinbaum afin de garantir un approvisionnement suffisant en m&#233;dicaments et de n&#233;gocier des conditions de travail d&#233;centes. Ils r&#233;clamaient &#233;galement la r&#233;int&#233;gration du docteur Belem Benitez, licenci&#233; le 24 octobre par l'IMSS pour avoir r&#233;v&#233;l&#233; publiquement la p&#233;nurie de m&#233;dicaments essentiels.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les manifestants venaient des &#201;tats d'Oaxaca, de Najarit, de Sonora, de Basse-Californie du Sud, de Zacatecas, de l'&#201;tat de Mexico et de Mexico.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lors du rassemblement, Benitez a pris la parole pour d&#233;crire les risques accrus que l'IMSS fait courir aux personnels de sant&#233; en raison des maladies infectieuses, notamment face &#224; la recrudescence des cas de rougeole. Elle a d&#233;nonc&#233; le fait que de nouveaux personnels de sant&#233; soient embauch&#233;s comme &#171; travailleurs occasionnels &#187;, sans tenir compte de leurs jours et heures de travail, ce qui donne &#224; la direction de l'IMSS l'occasion de bafouer les droits des travailleurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les manifestants de l'IMSS ont &#233;t&#233; totalement ignor&#233;s par Sheinbaum et les repr&#233;sentants du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-wsws-org.translate.goog/en/articles/2026/02/24/bxdp-f24.html?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&amp;_x_tr_hist=true&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-wsws-org.translate.goog/en/articles/2026/02/24/bxdp-f24.html?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&amp;_x_tr_hist=true&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Durango, au Mexique, des enseignants, des parents et des &#233;l&#232;ves manifestent contre les licenciements.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 3 novembre, des dizaines d'&#233;tudiants, de parents, d'enseignants et d'habitants de Lerdo, dans l'&#201;tat de Durango, ont d&#233;fil&#233; dans les rues de la ville pour soutenir cinq professeurs &#171; dissidents &#187; licenci&#233;s par l'Institut des &#233;coles normales (IESEN), exigeant leur r&#233;int&#233;gration. Ils r&#233;clamaient &#233;galement le limogeage imm&#233;diat de la directrice de l'&#233;tablissement, qu'ils accusent de corruption et d'autoritarisme, notamment d'avoir d&#233;tourn&#233; des salaires dus &#224; un enseignant r&#233;cemment d&#233;c&#233;d&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-wsws-org.translate.goog/en/articles/2025/11/11/esaz-n11.html?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&amp;_x_tr_hist=true&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-wsws-org.translate.goog/en/articles/2025/11/11/esaz-n11.html?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&amp;_x_tr_hist=true&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve &#233;tudiante se poursuit &#224; l'Universit&#233; p&#233;dagogique nationale du Mexique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tudiants, en gr&#232;ve depuis six semaines contre l'Universit&#233; p&#233;dagogique nationale (UPN), r&#233;clament la d&#233;mission de la directrice Rosa Maria Torres, des investissements massifs dans la r&#233;novation des infrastructures, des bourses d'&#233;tudes et un soutien financier aux chercheurs. Ils ont d&#233;nonc&#233; les derni&#232;res informations mensong&#232;res de la direction de l'UPN selon lesquelles des n&#233;gociations seraient en cours. Les &#233;tudiants sont soutenus par des professeurs et d'autres membres du personnel universitaire. L'une d'entre eux a d&#233;clar&#233; au quotidien mexicain La Jornada : &#171; Nous avons enseign&#233; sous des toits qui fuyaient, nous avons fini avec les pieds mouill&#233;s ; nous passons des jours sans &#233;lectricit&#233; ; notre connexion internet est intermittente. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Des journalistes en visite ont d&#233;crit des odeurs d'humidit&#233;, caus&#233;es par des toitures qui fuyaient, des murs de salles de classe fissur&#233;s et des plafonds endommag&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des employ&#233;s de l'universit&#233; ont &#233;galement confirm&#233; qu'aucune n&#233;gociation n'avait eu lieu : &#171; Ils n'&#233;coutent pas les &#233;tudiants et pr&#233;tendent que seule une petite minorit&#233; se plaint. La v&#233;rit&#233;, c'est que les conditions sont d&#233;plorables. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-wsws-org.translate.goog/en/articles/2025/12/16/zqen-d16.html?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&amp;_x_tr_hist=true&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-wsws-org.translate.goog/en/articles/2025/12/16/zqen-d16.html?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&amp;_x_tr_hist=true&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des femmes mexicaines&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=bNm9sRb8U4Y&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=bNm9sRb8U4Y&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des femmes sont encore vendues &#224; leurs &#233;poux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=1X5b8UjiDqM&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=1X5b8UjiDqM&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Horreur des bidonvilles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=b-wqyePEXUI&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=b-wqyePEXUI&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=j7fb2JbxtDY&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=j7fb2JbxtDY&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le crime covid, crime de classe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2020/05/12/alob-m12.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2020/05/12/alob-m12.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sid&#233;rurgistes mexicains poursuivent leur gr&#232;ve au m&#233;pris des tribunaux et des syndicats&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2024/07/18/mhqs-j18.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2024/07/18/mhqs-j18.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Universit&#233; : affrontements &#224; Villahermosa (Tabasco)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2025/11/22/universite-affrontements-a-villahermosa-tabasco-21-novembre-2025/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2025/11/22/universite-affrontements-a-villahermosa-tabasco-21-novembre-2025/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gen Z contre corruption et politique s&#233;curitaire : affrontements &#224; Mexico et Guadalajara&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2025/11/16/gen-z-contre-corruption-et-politique-securitaire-affrontements-a-mexico-15-novembre-2025/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2025/11/16/gen-z-contre-corruption-et-politique-securitaire-affrontements-a-mexico-15-novembre-2025/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#232;ve des enseignants : affrontements &#224; Mexico&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2025/11/14/greve-des-enseignants-affrontements-a-mexico-13-novembre-2025/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2025/11/14/greve-des-enseignants-affrontements-a-mexico-13-novembre-2025/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assassinat du maire d'Uruapan : affrontements &#224; Morelia, Uruapan et Apatzingan (mairie incendi&#233;e)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2025/11/04/assassinat-du-maire-duruapan-affrontements-a-morelia-uruapan-et-apatzingan-3-novembre-2025/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2025/11/04/assassinat-du-maire-duruapan-affrontements-a-morelia-uruapan-et-apatzingan-3-novembre-2025/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2025/11/03/assassinat-du-maire-duruapan-affrontements-a-morelia-2-novembre-2025/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2025/11/03/assassinat-du-maire-duruapan-affrontements-a-morelia-2-novembre-2025/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anniversaire du massacre de Tlatelolco Plaza en 1968 : affrontements &#224; Toluca&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2025/10/04/anniversaire-du-massacre-de-tlatelolco-plaza-en-1968-affrontements-a-toluca-2-octobre-2025/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2025/10/04/anniversaire-du-massacre-de-tlatelolco-plaza-en-1968-affrontements-a-toluca-2-octobre-2025/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Affrontements entre syndicats &#224; Tlaxcala&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2025/10/04/affrontements-entre-syndicats-a-tlaxcala-3-octobre-2025/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2025/10/04/affrontements-entre-syndicats-a-tlaxcala-3-octobre-2025/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Narcos : blocages et incendies &#224; Calera, Villanueva, Fresnillo, R&#237;o Grande, Cuauht&#233;moc et Sombrerete (Zacatecas)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2025/10/04/narcos-blocages-et-incendies-a-calera-villanueva-fresnillo-rio-grande-cuauhtemoc-et-sombrerete-zacatecas-2-octobre-2025/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2025/10/04/narcos-blocages-et-incendies-a-calera-villanueva-fresnillo-rio-grande-cuauhtemoc-et-sombrerete-zacatecas-2-octobre-2025/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anniversaire du massacre de Tlatelolco Plaza en 1968 : affrontements &#224; Mexico&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2025/10/03/anniversaire-du-massacre-de-tlatelolco-plaza-en-1968-affrontements-a-mexico-2-octobre-2025/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2025/10/03/anniversaire-du-massacre-de-tlatelolco-plaza-en-1968-affrontements-a-mexico-2-octobre-2025/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gilets jaunes mexicains&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=NOnhkZGRn9Y&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=NOnhkZGRn9Y&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manifestations contre le gouvernement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=KRHpLlTk0XU&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=KRHpLlTk0XU&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=aYw995cj9uc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=aYw995cj9uc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elections violentes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=pnnh3LkU0jk&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=pnnh3LkU0jk&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mexique : La population face &#224; la violence et &#224; la corruption&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=aNluyORUG4c&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=aNluyORUG4c&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les disparus &#187; ou les massacres anti-sociaux de la classe dirigeante&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=Z4CDCQo5Gb0&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=Z4CDCQo5Gb0&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2014/10/mexi-o23.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2014/10/mexi-o23.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2021/09/30/mxet-s30.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2021/09/30/mxet-s30.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve672&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve672&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=H6OsVOM0ZKc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=H6OsVOM0ZKc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etudiants disparus d'Ayotzinapa en 2014 : attaque d'une caserne &#224; Mexico&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2025/09/26/etudiants-disparus-dayotzinapa-en-2014-attaque-dune-caserne-a-mexico-25-septembre-2025/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2025/09/26/etudiants-disparus-dayotzinapa-en-2014-attaque-dune-caserne-a-mexico-25-septembre-2025/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#232;ve &#224; ArcelorMittal&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve74&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve74&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Dans le pass&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1911 : en anglais&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/archive/debs/works/1911/mexico.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/archive/debs/works/1911/mexico.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1910 : en anglais&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/etol/newspape/fi/vol05/no09/kent.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/history/etol/newspape/fi/vol05/no09/kent.htm&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/etol/newspape/atc/3103.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/history/etol/newspape/atc/3103.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://old.laizquierdasocialista.org/node/1941&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://old.laizquierdasocialista.org/node/1941&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.elmilitante.org/internacional-mainmenu-73/amrica-latina-mainmenu-74/mxico-mainmenu-81/6007-la-lucha-de-clases-en-mxico.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.elmilitante.org/internacional-mainmenu-73/amrica-latina-mainmenu-74/mxico-mainmenu-81/6007-la-lucha-de-clases-en-mxico.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement de 1968 au Mexique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_de_Tlatelolco&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_de_Tlatelolco&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://rebellyon.info/Mexico-1968-soulevement-populaire&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://rebellyon.info/Mexico-1968-soulevement-populaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i08082023/la-revolte-etudiante-au-mexique&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i08082023/la-revolte-etudiante-au-mexique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Carnage politico-militaire au Mexique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lalibre.be/international/2024/05/19/carnag&#233;politico-electoral-au-mexiqu&#233;nous-n&#233;nous-rendrons-pas-et-nous-finirons-par-gagner-DSJGZZKY2BC7XFVQYX5BE3WRM4/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lalibre.be/international/2024/05/19/carnag&#233;politico-electoral-au-mexiqu&#233;nous-n&#233;nous-rendrons-pas-et-nous-finirons-par-gagner-DSJGZZKY2BC7XFVQYX5BE3WRM4/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore sur les luttes de classes au Mexique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4104&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4104&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5262&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5262&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>En 400 avant J.-C., les Tartessiens (une civilisation qui a dur&#233; cinq si&#232;cles) disparaissent brutalement et violemment</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article8799</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.org/spip.php?article8799</guid>
		<dc:date>2026-02-01T23:38:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Espagne Espa&#241;a</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte de classes - Class struggle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En 400 avant J.-C., les Tartessiens (une civilisation qui a dur&#233; cinq si&#232;cles) disparaissent brutalement et violemment... &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment la civilisation de Tartessos a-t-elle pu disparaitre du jour au lendemain ? questionne Naitonal Geographic, dans un int&#233;ressant article mais sans r&#233;pondre du tout &#224; la question : &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.nationalgeographic.fr/histoire/antiquite-mystere-archeologique-comment-la-civilisation-de-tartessos-a-t-elle-pu-disparaitre-du-jour-au-lendemain &lt;br class='autobr' /&gt;
La premi&#232;re civilisation (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique27" rel="directory"&gt;2eme chapitre : R&#233;volutions de la Pr&#233;histoire et de l'Antiquit&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot28" rel="tag"&gt;Espagne Espa&#241;a&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot278" rel="tag"&gt;Lutte de classes - Class struggle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;En 400 avant J.-C., les Tartessiens (une civilisation qui a dur&#233; cinq si&#232;cles) disparaissent brutalement et violemment...&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comment la civilisation de Tartessos a-t-elle pu disparaitre du jour au lendemain ? questionne Naitonal Geographic, dans un int&#233;ressant article mais sans r&#233;pondre du tout &#224; la question :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/antiquite-mystere-archeologique-comment-la-civilisation-de-tartessos-a-t-elle-pu-disparaitre-du-jour-au-lendemain&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/antiquite-mystere-archeologique-comment-la-civilisation-de-tartessos-a-t-elle-pu-disparaitre-du-jour-au-lendemain&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re civilisation occidentale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La culture tartessique est la plus ancienne de la p&#233;ninsule ib&#233;rique, datant d'environ 1000 avant JC &#224; 550 avant JC. Elle s'&#233;tendait pratiquement sur toute l'Andalousie occidentale, dans les provinces de Huelva , Cadix et S&#233;ville , avec une certaine dispersion dans les parties m&#233;ridionales de l'Estr&#233;madure. Il est n&#233; des propri&#233;t&#233;s g&#233;ographiques et m&#233;tallurgiques uniques de la r&#233;gion ; elle est connue pour les mines de Riotinto , pleines de fer et d'autres min&#233;raux, ainsi que pour d'autres zones mini&#232;res riches. Sa composition g&#233;ographique a beaucoup chang&#233; : dans l'Antiquit&#233;, le golfe Tartessique occupait la majeure partie de cette zone, qui devint plus tard le lac Ligustinus &#224; l'&#233;poque romaine, et c'est aujourd'hui une zone humide appel&#233;e Do&#241;ana .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-tumblr-com.translate.goog/jackredfieldwasmyjacob/667463526379585536/tartessos-and-turdetani?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&amp;_x_tr_hist=true&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-tumblr-com.translate.goog/jackredfieldwasmyjacob/667463526379585536/tartessos-and-turdetani?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&amp;_x_tr_hist=true&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Disparition brutale -&lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait que ces sites aient &#233;t&#233; ensevelis explique &#034;leur bon &#233;tat de conservation&#034;, rel&#232;ve Sebasti&#225;n Celestino, qui pr&#233;cise que l'ensemble des sanctuaires tartessiens de la r&#233;gion ont connu le m&#234;me sort, aux alentours de 400 avant JC - moment o&#249; est dat&#233;e la fin des Tartessos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les arch&#233;ologues, le site de Cancho Roano, dans la r&#233;gion de l'Estr&#233;madure, a &#233;t&#233; incendi&#233; par les Tartessos eux-m&#234;mes deux si&#232;cles apr&#232;s sa construction, sans doute apr&#232;s un sacrifice d'animaux, puis recouvert d'une grosse quantit&#233; de terre. Une fin semblable &#224; celle de Casas del Turu&#241;uelo, o&#249; 42 cadavres de chevaux ont &#233;t&#233; d&#233;couverts align&#233;s au sol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.sciencesetavenir.fr/sciences/l-espagne-a-la-recherche-de-la-civilisation-perdue-de-tartessos_178112?utm_source=pocket-newtab-fr-fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.sciencesetavenir.fr/sciences/l-espagne-a-la-recherche-de-la-civilisation-perdue-de-tartessos_178112?utm_source=pocket-newtab-fr-fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eduardo Ferrer-Albelda, professeur d'arch&#233;ologie &#224; l'universit&#233; de S&#233;ville, a soulign&#233; que la soci&#233;t&#233; tartessienne &#233;tant riche en m&#233;taux, tout ralentissement du commerce aurait pu faire monter les tensions. &#034;Une crise de l'exploitation mini&#232;re est &#233;galement document&#233;e, mais la violence a d&#251; jouer un r&#244;le important&#034;, explique-t-il. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;La collusion entre l'aristocratie ph&#233;nicienne et l'aristocratie indig&#232;ne a pu prendre fin brusquement, de sorte que l'on peut supposer un mouvement antiph&#233;nicien et anti-aristocratique parmi les populations de la zone tartessienne.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le site de La Mata a &#233;t&#233; d&#233;couvert beaucoup plus t&#244;t que les deux autres (en 1930), mais il pr&#233;sente des similitudes frappantes - et l'approche utilis&#233;e actuellement &#224; Turu&#241;uelo pourrait permettre de percer davantage de secrets. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Le plus surprenant pour moi est l'habitude tr&#232;s particuli&#232;re [des Tartessos] de d&#233;truire leurs maisons, c'est-&#224;-dire que dans tous les sites d&#233;couverts, le m&#234;me comportement a &#233;t&#233; suivi : vider tous les r&#233;cipients et amphores, br&#251;ler le b&#226;timent et l'enterrer&#034;, indique Ana Bel&#233;n Gallardo Delgado, historienne et guide &#224; La Mata.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.bbc.com/afrique/articles/c0kq5771np9o&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.bbc.com/afrique/articles/c0kq5771np9o&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Classes sociales &#224; Tartessos&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait une soci&#233;t&#233; dirig&#233;e par des chefs autonomes qui se consacraient principalement &#224; l'agriculture, aux mines et &#224; la p&#234;che. Ils s'enrichissent gr&#226;ce &#224; l'influence ult&#233;rieure des peuples ph&#233;niciens et puniques &#224; Gadir et dans d'autres r&#233;gions voisines, s'int&#233;grant et vivant en paix avec eux, principalement gr&#226;ce au commerce. Certains des principaux centres de population tartessiques &#233;taient Cabezo de San Pedro (&#224; Huelva), Onuba (Huelva moderne), El Carambolo (&#224; Camas, S&#233;ville) et Casas de Turu&#241;uelo (&#224; Guare&#241;a, Badajoz). El Carambolo est particuli&#232;rement remarquable car c'est ici qu'a &#233;t&#233; d&#233;couvert le tr&#233;sor d'El Carambolo , une dot probablement fun&#233;raire compos&#233;e de pi&#232;ces d'or, principalement des colliers et des bracelets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-tumblr-com.translate.goog/jackredfieldwasmyjacob/667463526379585536/tartessos-and-turdetani?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&amp;_x_tr_hist=true&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-tumblr-com.translate.goog/jackredfieldwasmyjacob/667463526379585536/tartessos-and-turdetani?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&amp;_x_tr_hist=true&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Bronze tardif (1200 avant JC-900 avant JC), c'est l'&#233;mergence d'habitats stables dans lesquels se dessine un d&#233;but de hi&#233;rarchie sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://es-m-wikipedia-org.translate.goog/wiki/Tartessos?_x_tr_sl=es&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://es-m-wikipedia-org.translate.goog/wiki/Tartessos?_x_tr_sl=es&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que sait-on de la civilisation de Tartessos ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Tartessos&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Tartessos&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La civilisation a bel et bien disparu brusquement apr&#232;s avoir domin&#233; l'Europe occidentale&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'effondrement s'est produit &#224; la fin du VIe si&#232;cle avant JC dans les centres urbains qui comprenaient les actuelles provinces de Huelva, Cadix et S&#233;ville, en raison principalement de causes politiques&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, le m&#234;me auteur rejette toute crise interne, donc toute r&#233;volution, sans beaucoup argumenter et en pr&#233;f&#233;rant que toute la population ait migr&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://historia-nationalgeographic-com-es.translate.goog/a/enigma-tartessos-teoria-que-explicaria-su-desaparicion_20462?_x_tr_sl=es&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://historia-nationalgeographic-com-es.translate.goog/a/enigma-tartessos-teoria-que-explicaria-su-desaparicion_20462?_x_tr_sl=es&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les historiens reconnaissent que les Tart&#233;siens ont effectu&#233; des r&#233;volutions mais pas pour renverser la soci&#233;t&#233; de classes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://historia-nationalgeographic-com-es.translate.goog/a/misteriosa-civilizacion-tartessos_16795?_x_tr_sl=es&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://historia-nationalgeographic-com-es.translate.goog/a/misteriosa-civilizacion-tartessos_16795?_x_tr_sl=es&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des explications &#233;conomiques ont &#233;galement &#233;t&#233; avanc&#233;es : avec Massalia acc&#233;dant aux sources d'&#233;tain britanniques par voie terrestre et Gadir lui-m&#234;me y acc&#233;dant par mer, le monopole tartessien s'effondrerait, ce qui aurait provoqu&#233; une chute des revenus et toute une s&#233;rie de cons&#233;quences internes qui auraient entra&#238;n&#233; une chute des revenus. conduire au d&#233;clin interne du royaume et &#224; sa dissolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; bien les causes d'une&#8230; r&#233;volution sociale&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://es-m-wikipedia-org.translate.goog/wiki/Tartessos?_x_tr_sl=es&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://es-m-wikipedia-org.translate.goog/wiki/Tartessos?_x_tr_sl=es&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &#233;l&#233;ments nouveaux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-xataka-com.translate.goog/investigacion/estas-caras-tienen-2-500-anos-pueden-resolver-uno-mayores-misterios-peninsula-iberica-tartessos?_x_tr_sl=es&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-xataka-com.translate.goog/investigacion/estas-caras-tienen-2-500-anos-pueden-resolver-uno-mayores-misterios-peninsula-iberica-tartessos?_x_tr_sl=es&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-larazon-es.translate.goog/cultura/historia/tarteso-mil-enigmas-pueblo-desconocido_2023042364447ab6fc27300001bf3541.html?_x_tr_sl=es&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-larazon-es.translate.goog/cultura/historia/tarteso-mil-enigmas-pueblo-desconocido_2023042364447ab6fc27300001bf3541.html?_x_tr_sl=es&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel &#233;tait le peuple que les Tarasques ont conquis pour former leur empire ? En quoi leur culture et leurs traditions &#233;taient-elles diff&#233;rentes de celles de leurs conqu&#233;rants ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dynastie r&#233;gnante de l'empire tarasque &#233;tait celle des Uanacaze. Ils venaient d'un groupe d'immigrants du nord connu sous le nom d'Uac&#250;secha (Beltran 1982). Ils sont arriv&#233;s dans le cadre de l'une des nombreuses migrations de ce type en provenance du nord du Mexique vers le 13&#232;me si&#232;cle apr&#232;s JC. D'autres mentionn&#233;s dans la relation Michoac&#225;n comprenaient les En&#233;ami et les &#199;ac&#225;puhireti. Ces groupes &#233;taient probablement li&#233;s linguistiquement et culturellement aux Uac&#250;secha et semblent s'&#234;tre install&#233;s dans d'autres parties des hauts plateaux du Michoac&#225;n. Ces groupes ont conquis, se sont mari&#233;s ou se sont m&#233;lang&#233;s avec un groupe autochtone qui habitait cette r&#233;gion depuis au moins le d&#233;but de la p&#233;riode classique (vers 200 apr&#232;s JC) et probablement avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La relation identifie &#224; un moment donn&#233; le groupe ethnique d'origine comme &#233;tant des locuteurs du nahuatl et implique que les Chichimecas entrants ont apport&#233; la langue P'ur&#233;pecha avec eux. Cependant, si tel est le cas, il est difficile de d&#233;terminer exactement d'o&#249; ils viennent, car il n'y a aucun locuteur P'ur&#233;pecha ailleurs dans le monde, mais ils semblent &#234;tre r&#233;pandus dans les hauts plateaux du Michoac&#225;n. Tr&#232;s probablement, le peuple P'ur&#233;pecha &#233;tait le groupe dominant dans les hauts plateaux du Michoac&#225;n et les immigrants Chichimeca parlaient le nahuatl.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quoi qu'il en soit, ce qui est important ici est que la r&#233;gion centrale de l'Empire tarasque &#233;tait d&#233;j&#224; une r&#233;gion multiethnique avant la formation et l'expansion de l'empire et &#233;tait compos&#233;e de deux groupes ethniques principaux : les locuteurs du P'ur&#233;pecha et les locuteurs du Nahuatl. L'un d'eux &#233;tait originaire de la r&#233;gion et l'autre repr&#233;sentait des immigrants r&#233;cents. Les Uacusecha, et par extension la dynastie Uanacaze qui dirigeait l'empire, descendaient de la population minoritaire (quelle qu'elle soit). Nous pouvons voir dans les Relations g&#233;ographiques des dioc&#232;ses du Michoac&#225;n que la majorit&#233; des habitants du Michoac&#225;n &#233;taient de langue P'ur&#233;pecha au moment de la conqu&#234;te espagnole, en particulier dans les hautes terres autour des lacs P&#225;tzcuaro et Cuitzeo et dans les zones interm&#233;diaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les relations g&#233;ographiques montrent &#233;galement qu'il existait d'autres groupes ethniques minoritaires vivant &#224; la p&#233;riph&#233;rie de l'empire et dans des endroits recul&#233;s de l'int&#233;rieur. Dans les r&#233;gions occidentales le long de la c&#244;te et dans la Sierra Madre occidentale, il y avait/il y a un grand nombre de Tecos, un autre groupe de langue nahuatl. Beaucoup de ces groupes semblent avoir adopt&#233; la langue P'ur&#233;pecha au plus fort de l'empire, mais l'ont abandonn&#233;e apr&#232;s la conqu&#234;te espagnole lorsqu'elle n'&#233;tait plus d'actualit&#233; (Brand 1943). Cela sugg&#232;re qu'ils n'ont pas &#233;t&#233; compl&#232;tement assimil&#233;s &#224; la culture tarasque contrairement aux immigrants chichim&#232;ques (probablement) parlant nahuatl.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'est, pr&#232;s de la fronti&#232;re tarasque-azt&#232;que, il existait plusieurs groupes &#233;troitement li&#233;s parlant des langues otomangue. Les Tarasques ont envahi ce territoire dans les d&#233;cennies qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; la guerre azt&#232;que-tarasque de la fin des ann&#233;es 1470 et, selon les relations g&#233;ographiques, beaucoup de ces peuples ont &#233;migr&#233; et ont &#233;t&#233; r&#233;install&#233;s au sein de l'empire tarasque par l'empereur Tzitzispand&#225;quare apr&#232;s que les Azt&#232;ques reprennent le territoire. Vall&#233;e de Toluca.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, pour r&#233;sumer, l'identit&#233; culturelle &#171; Tarasca &#187; &#233;tait par d&#233;finition multiethnique, form&#233;e par l'union de deux groupes culturels diff&#233;rents dans les hauts plateaux du Michoac&#225;n. Les populations s&#233;dentaires des hautes terres parlaient en grande partie la m&#234;me langue et partageaient bon nombre de leurs coutumes, formes architecturales et culture mat&#233;rielle. Dans toutes les p&#233;riph&#233;ries de l'empire, il existait d'autres groupes ethniques d'origines culturelles diff&#233;rentes. &#192; l'ouest, les Tecos parlant le nahuatl et d'autres peuples apparent&#233;s formaient une partie substantielle de la population. Ces personnes seraient plus li&#233;es culturellement &#224; des groupes de l'extr&#234;me ouest du Mexique (comme la r&#233;gion de Jalisco/Colima/Nayarit) et auraient des contacts culturels avec des groupes le long de la c&#244;te de Guerrero, mais parleraient le nahuatl ou des langues apparent&#233;es. &#192; l'est, il y avait une grande vari&#233;t&#233; de peuples oto-mangu&#233;ens qui avaient probablement des liens culturels avec d'autres groupes pr&#233;-azt&#232;ques du centre du Mexique, comme les Otomi. Les Tarasques ont tent&#233; d'assimiler ethniquement ces personnes par le biais de programmes de r&#233;installation, bien que cela semble avoir &#233;t&#233; un succ&#232;s marginal, car beaucoup sont retourn&#233;s &#224; leur langue maternelle apr&#232;s la conqu&#234;te espagnole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les anciens peuples conquis ont pu se r&#233;volter et renverser Tartessos &#224; la faveur d'une crise &#233;conomique, aggrav&#233;e par des catastrophes naturelles&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tartessos &#233;tait un royaume dont la formation reste encore un myst&#232;re mais qui remonte &#224; environ 1200 avant JC, et dont l'extension dans sa p&#233;riode de splendeur maximale comprenait le sud de la p&#233;ninsule depuis le Tage jusqu'au Segura avec sa limite au nord dans la Sierra Morena. La localisation de sa capitale Tartessos (une cit&#233;-&#201;tat qui a donn&#233; son nom &#224; l'ensemble de sa zone d'influence) en l'absence de donn&#233;es arch&#233;ologiques est &#233;galement incertaine. Cependant, on sait qu'il occupait la zone sud-ouest de la p&#233;ninsule ib&#233;rique, autour de l'embouchure des fleuves Guadalquivir, Odiel et Tinto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La richesse de Tartessos r&#233;sidait dans ses abondants gisements d'argent et d'autres min&#233;raux, et son climat et ses sols &#233;taient propices &#224; la culture de la vigne, de l'olivier et du bl&#233;, base fondamentale de l'alimentation des peuples m&#233;diterran&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son organisation politique &#233;tait sup&#233;rieure &#224; celle du reste des peuples ib&#233;riques : l'&#201;tat territorial. Celle-ci avait son centre dans une ville qui constituait la capitale et dont le chef &#233;tait un monarque. Quant &#224; la soci&#233;t&#233; de Tartessos, elle &#233;tait divis&#233;e en classes ou castes : Une classe marchande enrichie, des propri&#233;taires fonciers, plusieurs classes interm&#233;diaires et &#224; la base les esclaves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Tartessiens pratiquaient une agriculture avanc&#233;e, &#233;taient de bons marins et p&#234;cheurs, travaillaient les m&#233;taux et savaient &#233;crire (ayant un alphabet similaire &#224; celui ib&#233;rique). L'exploitation mini&#232;re (argent, cuivre, or) et le trafic d'&#233;tain (route des Cassit&#233;rides) donnent lieu &#224; des &#233;changes commerciaux actifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers l'an 1 100 avant JC. C. (plus tard selon d'autres auteurs) les Ph&#233;niciens de Tyr fond&#232;rent Gadir pour faire du commerce avec Tartessos, attir&#233;s surtout par ses richesses en m&#233;taux. Diverses autres fondations s'ajout&#232;rent &#224; cette fondation situ&#233;e sur la c&#244;te de Malaga et du bas Guadalquivir (Sexi, Malaca). , Abdera, Puerto Menestheo, Spal). On ne sait pas si les relations des colonisateurs avec Tartessos ont toujours &#233;t&#233; pacifiques. L'&#233;l&#233;ment colonial ph&#233;nicien &#224; partir de 800 avant JC semble d&#233;terminant dans la splendeur de cette culture, m&#234;me si ses relations avec le pouvoir local ne sont pas encore connues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au VIIe si&#232;cle avant JC, le roi Argantonius aida les Grecs de Phoc&#233;e, avec lesquels ils purent &#233;galement commercer pendant une br&#232;ve p&#233;riode, dans leur lutte contre les Perses. Finalement, la Phoc&#233;e fut envahie par les Perses, les Phoc&#233;ens concentraient leur pouvoir sur la mer Tyrrh&#233;nienne o&#249; l'ancienne m&#233;tropole poss&#233;dait un centre colonial tr&#232;s actif &#224; Massalia (Marseille). Les Grecs phoc&#233;ens sont vaincus en Corse lors de la bataille navale d'Alalia (535 avant JC) par une alliance fortuite des &#201;trusques et des Carthaginois. Les Carthaginois &#233;taient des Ph&#233;niciens coloniaux qui avaient succ&#233;d&#233; aux Ph&#233;niciens m&#233;tropolitains dans le commerce de la M&#233;diterran&#233;e occidentale, apr&#232;s l'assujettissement des Ph&#233;niciens de Tyr aux Assyriens (573 av. J.-C.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la d&#233;faite des Grecs phoc&#233;ens &#224; Alalia et le terrain d&#233;gag&#233; quant &#224; leur concurrence pour le commerce avec les c&#244;tes ib&#233;riques, Carthage put s'emparer de la r&#233;gion et &#233;tablir ses propres colonies dans la partie nord-ouest de l'Afrique et dans le sud-est de l'Afrique. la p&#233;ninsule. . Carthage ferma bient&#244;t le d&#233;troit de Gibraltar et s'empara d'un monopole commercial avec les riches Tartessos. Vers 500, le royaume de Tartessos et sa capitale portuaire auraient &#233;t&#233; an&#233;antis par une intervention de Carthage, par un d&#233;clin commercial ou par une modification de son environnement g&#233;ologique mar&#233;cageux, circonstances encore mal &#233;lucid&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette derni&#232;re date, il semble qu'il y ait eu quelques soul&#232;vements tartessiens, comme les attaques de Gadir, dans lesquelles il a &#233;t&#233; contraint de demander l'aide de Carthage, qui a facilement domin&#233; les r&#233;bellions. Gadir jouerait d&#233;sormais un double r&#244;le : noyau centralisateur du commerce et aussi le plus grand centre de pouvoir de la r&#233;gion, c'est pourquoi il fut plus tard confondu avec le Tartessos disparu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir du Ve si&#232;cle, il n'existe plus aucune trace historique de Tartessos. &#192; partir de ce moment, cette zone (au sud-ouest de la p&#233;ninsule ib&#233;rique) fut divis&#233;e en &#201;tats plus petits gouvern&#233;s par les rois des tribus appel&#233;es Turdetans ou Turdulos, successeurs culturels des Tartessiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://es.quora.com/Qu%C3%A9-se-sabe-de-la-civilizaci%C3%B3n-de-Tartessos&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://es.quora.com/Qu%C3%A9-se-sabe-de-la-civilizaci%C3%B3n-de-Tartessos&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quelques soul&#232;vements tartessiens &#187;, la revoil&#224; la r&#233;volution sociale&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mener la lutte de classes &#224; la campagne</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article9405</link>
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		<dc:date>2026-01-07T23:13:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karob</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Paysans</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte de classes - Class struggle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mener la lutte de classes &#224; la campagne &lt;br class='autobr' /&gt;
NEGOCIER AVEC L'&#201;TAT&#8211;AGROBUSINESS OU MENER LA LUTTE DE CLASSES &#192; LA CAMPAGNE &lt;br class='autobr' /&gt;
Action directe paysanne &#8211; Alliance ouvriers-paysans &lt;br class='autobr' /&gt;
Le paysan pauvre est exploit&#233; comme l'ouvrier : non par la machine, mais par le cr&#233;dit, l'imp&#244;t, la norme, l'interm&#233;diaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le petit producteur n'est pas &#8220;inefficace&#8221; : il est pris &#224; la gorge par le march&#233; capitaliste, rendu d&#233;pendant, puis &#233;limin&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sans alliance avec le prol&#233;tariat, la paysannerie exploit&#233;e sert de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- LUTTE DES CLASSES - CLASS STRUGGLE &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot50" rel="tag"&gt;Paysans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot278" rel="tag"&gt;Lutte de classes - Class struggle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_17042 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/png/affiche_comite_paysans_et_ouvriers.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/affiche_comite_paysans_et_ouvriers-b2891.jpg?1782270634' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mener la lutte de classes &#224; la campagne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;NEGOCIER AVEC L'&#201;TAT&#8211;AGROBUSINESS OU MENER LA LUTTE DE CLASSES &#192; LA CAMPAGNE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Action directe paysanne &#8211; Alliance ouvriers-paysans&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paysan pauvre est exploit&#233; comme l'ouvrier : non par la machine, mais par le cr&#233;dit, l'imp&#244;t, la norme, l'interm&#233;diaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le petit producteur n'est pas &#8220;inefficace&#8221; : il est pris &#224; la gorge par le march&#233; capitaliste, rendu d&#233;pendant, puis &#233;limin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans alliance avec le prol&#233;tariat, la paysannerie exploit&#233;e sert de variable d'ajustement : d'abord press&#233;e, ensuite remplac&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la loi qui lib&#232;re : c'est la lutte de classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le n&#339;ud politique : l'&#201;tat&#8211;agrobusiness&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat n'est pas un arbitre : il fait respecter l'ordre &#233;conomique et prot&#232;ge les dominants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agrobusiness et l'agro-alimentaire ne &#8220;nourrissent&#8221; pas : ils captent. Ils imposent normes, prix, d&#233;lais, d&#233;pendances, puis concentrent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La concertation, les dispositifs, la &#8220;gestion de crise&#8221; : tout cela neutralise la riposte et transforme la lutte en proc&#233;dure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant qu'on discute, le capital tranche : concentration, s&#233;lection, destruction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;gocier dans ce cadre, c'est discuter des conditions de sa propre disparition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi l'action directe est une n&#233;cessit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	le capital frappe &#233;conomiquement (prix, dettes, intrants, d&#233;pendances),&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	l'&#201;tat garantit le cadre et la r&#233;pression,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	la loi vient apr&#232;s le rapport de force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc la question est mat&#233;rielle : ou on frappe &#233;conomiquement, ou on est &#233;limin&#233;s &#233;conomiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Action directe paysanne : frapper l&#224; o&#249; ils tiennent la gorge&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Refus collectifs coordonn&#233;s : pas d'h&#233;ro&#239;sme isol&#233;, des refus en bloc.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Blocage des flux : plateformes, abattoirs, centrales, routes logistiques, points de collecte.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Refus de livrer tant que les conditions sont dict&#233;es par l'agrobusiness (prix, d&#233;lais, normes punitives).&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Caisses de solidarit&#233; : tenir, prot&#233;ger les plus fragiles, durer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; ils nous prennent par la tr&#233;sorerie, on r&#233;pond par la ma&#238;trise des flux.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Passer &#224; l'offensive : contr&#244;le ouvrier et paysan sur toute la fili&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ennemi n'est pas seulement &#8220;au champ&#8221;. Il est dans toute la cha&#238;ne : achats, intrants, collecte, transport, transformation, distribution, export, banques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; que se fait l'&#233;tranglement : le producteur est pressur&#233;, le consommateur paye cher, et la marge part en rente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exigence imm&#233;diate : &#8220;Montrez-nous vos livres.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ouverture des comptes, des contrats, des marges et des subventions dans l'agro-alimentaire, la distribution, le transport, la banque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contr&#244;le direct par producteurs, ouvriers des secteurs cl&#233;s et consommateurs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	contr&#244;le des prix d'achat et des marges,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	contr&#244;le des volumes, des stocks et des flux,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	fin du pouvoir des interm&#233;diaires qui dictent les conditions au nom du &#8220;march&#233;&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas une &#8220;r&#233;gulation&#8221;. C'est une prise de pouvoir sur la fili&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ville&#8211;campagne : des cordons pour unir production, logistique et quartiers populaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'alliance n'est pas un discours : c'est une jonction mat&#233;rielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Campagnes + usines + d&#233;p&#244;ts + routes + quartiers populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mettre en place des cordons ville-campagne, c'est coordonner directement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	producteurs agricoles,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	travailleurs du transport, des entrep&#244;ts, des abattoirs, de la transformation, de la distribution,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	habitants des quartiers populaires et consommateurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour d&#233;cider ensemble :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	quoi bloquer,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	quoi laisser passer,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#224; quelles conditions,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	et comment assurer l'approvisionnement populaire contre les circuits de rente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on contr&#244;le les n&#339;uds, l'&#201;tat&#8211;agrobusiness perd son arme principale : la logistique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contr&#244;le ouvrier sur les banques : couper le garrot de la dette&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cr&#233;dit n'est pas neutre : c'est une cha&#238;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dette sert &#224; transformer le petit paysan, le fermier, l'&#233;leveur en ex&#233;cutant, puis &#224; le faire tomber.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	ouverture des livres des banques et des organismes de cr&#233;dit,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	contr&#244;le ouvrier du cr&#233;dit,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	moratoire imm&#233;diat sur les dettes qui &#233;tranglent,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	annulation des dettes &#233;crasantes des petits paysans, fermiers, &#233;leveurs,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	cr&#233;dit orient&#233; vers les besoins sociaux, sans chantage &#224; la &#8220;rentabilit&#233;&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans briser le pouvoir bancaire, on bloque une semaine puis on se fait reprendre le mois suivant.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Conclusion politique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou bien n&#233;gocier avec l'&#201;tat&#8211;agrobusiness la vitesse de la disparition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou bien mener la lutte de classes &#224; la campagne jusqu'au bout : action directe, contr&#244;le de la fili&#232;re, jonction ville-campagne, coupure du garrot bancaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces organes de lutte et de contr&#244;le doivent se lier, se coordonner et devenir la base d'un pouvoir ouvrier et paysan, contre l'&#201;tat bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Action directe. Alliance ouvriers-paysans. Rapport de force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas une posture : la n&#233;cessit&#233; mat&#233;rielle du moment.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>En Ari&#232;ge comme ailleurs, contre la mort programm&#233;e des petits paysans , vive la r&#233;volte ! </title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article9389</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.org/spip.php?article9389</guid>
		<dc:date>2025-12-14T23:26:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karob, Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Paysans</dc:subject>
		<dc:subject>Manifestation</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte de classes - Class struggle</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes, Auto-organisation, Comit&#233;s, Conseils ouvriers, Coordinations, Assembl&#233;es interprofessionnelles, Soviet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En Ari&#232;ge, un exemple de la mani&#232;re de sacrifier les petis paysans &lt;br class='autobr' /&gt;
En Ari&#232;ge, l'&#201;tat a d&#233;ploy&#233; des centaines de gendarmes/CRS pour imposer l'abattage d'un troupeau au nom de la &#171; politique sanitaire &#187;. Mais derri&#232;re le sanitaire, il y a la logique froide du capital : prot&#233;ger le statut commercial &#171; indemne &#187;, pr&#233;server les flux, s&#233;curiser l'export &#8212; et faire payer la casse aux petits. &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis la crise de valorisation ouverte en 2007-2008, le grand capital compresse tout : il concentre la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique150" rel="directory"&gt;16- EDITORIAUX DE &#034;LA VOIX DES TRAVAILLEURS&#034; - &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot50" rel="tag"&gt;Paysans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Manifestation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot278" rel="tag"&gt;Lutte de classes - Class struggle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot280" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, Auto-organisation, Comit&#233;s, Conseils ouvriers, Coordinations, Assembl&#233;es interprofessionnelles, Soviet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_17052 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/599630176_1178316211153551_2646068923167819866_n.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH500/599630176_1178316211153551_2646068923167819866_n-1d426.jpg?1782270544' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17053 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/598368082_1178316444486861_1402797985525992644_n.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/598368082_1178316444486861_1402797985525992644_n-e5da8.jpg?1782270544' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17054 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/599648066_1178316244486881_4099238196266193329_n.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH500/599648066_1178316244486881_4099238196266193329_n-123c0.jpg?1782270544' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17019 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/png/1000052770.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000052770-6210b.jpg?1782270544' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_document_17007 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/png/sans_titressd.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/sans_titressd-822a1.jpg?1782270544' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17017 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/png/1000052811.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000052811-a6f9d.jpg?1782270545' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;En Ari&#232;ge, un exemple de la mani&#232;re de sacrifier les petis paysans&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En Ari&#232;ge, l'&#201;tat a d&#233;ploy&#233; des centaines de gendarmes/CRS pour imposer l'abattage d'un troupeau au nom de la &#171; politique sanitaire &#187;. Mais derri&#232;re le sanitaire, il y a la logique froide du capital : prot&#233;ger le statut commercial &#171; indemne &#187;, pr&#233;server les flux, s&#233;curiser l'export &#8212; et faire payer la casse aux petits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la crise de valorisation ouverte en 2007-2008, le grand capital compresse tout : il concentre la terre, industrialise l'agriculture, transforme la paysannerie en variable d'ajustement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre cette guerre sociale men&#233;e sous uniforme, une riposte s'impose : comit&#233;s de petits paysans, fermiers et ouvriers agricoles, organis&#233;s localement, pour diriger la lutte, imposer la transparence fonci&#232;re, bloquer les cha&#238;nes agro-industrielles, et reprendre collectivement la main sur les choix agricoles.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ari&#232;ge, abattage et matraque : la crise de valorisation ex&#233;cute la paysannerie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce qui s'est jou&#233; &#224; Bordes-sur-Arize n'est ni un accident, ni une erreur de gestion, ni un exc&#232;s ponctuel de l'&#201;tat. C'est une s&#233;quence parfaitement coh&#233;rente avec la phase actuelle du capitalisme. Une d&#233;cision descend de l'appareil d'&#201;tat, adoss&#233;e &#224; un cadre r&#233;glementaire verrouill&#233;, et s'impose par la force lorsque les producteurs refusent de s'y soumettre. La police ne vient pas &#8220;maintenir l'ordre&#8221; : elle vient garantir l'ex&#233;cution d'une d&#233;cision &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette sc&#232;ne dit une chose simple : quand la valorisation est menac&#233;e, la paysannerie devient sacrifiable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) Depuis 2007, la logique est celle de la purge productive&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise ouverte en 2007-2008 n'a jamais &#233;t&#233; surmont&#233;e. Elle a transform&#233; durablement le fonctionnement du capitalisme mondial. L'objectif n'est plus l'expansion, mais la s&#233;curisation : s&#233;curiser les d&#233;bouch&#233;s, les normes, les cha&#238;nes logistiques, la circulation des marchandises. Dans ce cadre, toute forme de production jug&#233;e instable, h&#233;t&#233;rog&#232;ne ou insuffisamment capitalis&#233;e devient un probl&#232;me &#224; traiter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agriculture est l'un des secteurs o&#249; cette logique s'exprime avec le plus de brutalit&#233;. La disparition continue des exploitations, l'agrandissement des surfaces, la concentration du travail et du foncier ne sont pas des d&#233;rives : ce sont des m&#233;canismes de s&#233;lection. La petite paysannerie n'est pas en difficult&#233; parce qu'elle serait &#8220;mal adapt&#233;e&#8221; ; elle est &#233;limin&#233;e parce qu'elle entrave la standardisation n&#233;cessaire &#224; la valorisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise sanitaire n'introduit rien de nouveau. Elle acc&#233;l&#232;re, elle l&#233;gitime, elle ex&#233;cute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) Le sanitaire comme langage de commandement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#8220;politique sanitaire&#8221; est pr&#233;sent&#233;e comme une n&#233;cessit&#233; scientifique neutre. En r&#233;alit&#233;, elle fonctionne comme un r&#233;gime d'exception permanent, permettant de trancher vite, partout, sans discussion. Cat&#233;gorisation des maladies, &#233;radication imm&#233;diate, p&#233;rim&#232;tres, interdictions de mouvement : ce dispositif ne vise pas d'abord &#224; prot&#233;ger les producteurs, mais &#224; emp&#234;cher toute perturbation durable de la circulation marchande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lien est explicite : perdre un statut sanitaire, c'est perdre des march&#233;s. Dans une &#233;conomie agricole d&#233;pendante de l'export et ins&#233;r&#233;e dans une concurrence internationale f&#233;roce, ce risque est jug&#233; inacceptable. Le choix est donc fait en amont : mieux vaut d&#233;truire des troupeaux et des exploitations que fragiliser la position commerciale globale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science n'est pas ni&#233;e ; elle est subordonn&#233;e. Elle devient l'argument technique d'une d&#233;cision d&#233;j&#224; prise au nom de la valorisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) L'&#201;tat n'arbitre pas : il garantit la valorisation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette s&#233;quence, l'&#201;tat n'est pas un m&#233;diateur entre producteurs et expertise. Il agit comme garant de la continuit&#233; du capital. Le pr&#233;fet, le minist&#232;re, puis les forces de l'ordre d&#233;roulent une cha&#238;ne de commandement con&#231;ue pour qu'aucune r&#233;sistance mat&#233;rielle ne bloque l'ex&#233;cution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sence de CRS, de blind&#233;s et de grenades n'est pas un d&#233;bordement. Elle est la preuve que la d&#233;cision est socialement inacceptable et qu'elle doit &#234;tre impos&#233;e. La violence n'est pas accidentelle : elle est fonctionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) Terre, propri&#233;t&#233; et classes agricoles : la base mat&#233;rielle du conflit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question fonci&#232;re est centrale. La terre se concentre, se patrimonialise, se loge dans des montages soci&#233;taires qui &#233;loignent l'outil de production de celles et ceux qui travaillent. Le fermage domine, la propri&#233;t&#233; se dissocie de l'activit&#233;, la terre devient actif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mouvement restructure profond&#233;ment le monde agricole en classes distinctes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; des structures capitalis&#233;es, int&#233;gr&#233;es &#224; l'agro-business ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; des fermiers d&#233;pendants du foncier, du cr&#233;dit et des normes ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; des ouvriers agricoles, permanents ou saisonniers, surexploit&#233;s et invisibilis&#233;s ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; et une petite paysannerie en voie de disparition, &#233;cras&#233;e par l'in&#233;galit&#233; d'acc&#232;s &#224; la terre et au capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parler d'&#8220;unit&#233; paysanne&#8221; sans voir ces rapports de classe revient &#224; d&#233;sarmer politiquement la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5) Ari&#232;ge : un cas d'&#233;cole&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Bordes-sur-Arize, une famille est bris&#233;e, un troupeau est abattu, une r&#233;gion s'embrase. Les blocages se multiplient, les lyc&#233;es agricoles entrent dans la lutte, la col&#232;re s'&#233;tend. Cela montre une chose : la base mat&#233;rielle refuse la hi&#233;rarchie des priorit&#233;s impos&#233;e. La r&#233;ponse de l'&#201;tat &#8212; r&#233;pression, s&#233;curisation, poursuite de l'abattage &#8212; confirme le diagnostic : quand les flux sont en jeu, la contestation n'a pas droit de cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6) Pourquoi les r&#233;ponses existantes ne sont pas &#224; la hauteur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette situation, plusieurs forces pr&#233;tendent incarner une alternative. Aucune ne r&#233;pond au niveau r&#233;el du probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Soul&#232;vements de la Terre parlent de la terre comme d'un objet &#224; d&#233;fendre, jamais comme d'un rapport social de production. Leur &#233;cologie est hors travail r&#233;el, hors classe, hors pouvoir. Ils contestent des usages, mais pas l'instance qui d&#233;cide de ces usages. Leur radicalit&#233; d'action masque une absence de perspective de gestion collective de la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Coordination rurale capte une col&#232;re l&#233;gitime, mais la d&#233;tourne vers une impasse r&#233;actionnaire. Elle d&#233;nonce l'&#201;tat et les normes, sans jamais remettre en cause la logique concurrentielle et la valorisation capitaliste qui d&#233;truisent les petits producteurs. Elle gomme les diff&#233;rences de classe au sein du monde agricole et d&#233;fend, sous couvert d'unit&#233;, les int&#233;r&#234;ts des plus forts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Conf&#233;d&#233;ration paysanne identifie correctement la concentration et la violence du mod&#232;le agro-industriel, mais reste enferm&#233;e dans un syndicalisme de n&#233;gociation. Elle croit encore &#224; l'am&#233;nagement des normes et &#224; la concertation, l&#224; o&#249; l'Ari&#232;ge montre que quand l'&#201;tat a d&#233;cid&#233;, il ne n&#233;gocie pas. Elle d&#233;fend ce qui dispara&#238;t, sans construire l'organe capable d'en inverser le cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces trois courants ont un point commun d&#233;cisif : ils &#233;vitent la question du pouvoir sur la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7) Sortir du pi&#232;ge : ni l'&#201;tat, ni ses normes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pi&#232;ge id&#233;ologique consiste &#224; imposer une alternative factice : accepter la norme ou nier la maladie. Cette alternative est mensong&#232;re. Il est possible de prot&#233;ger les animaux et les producteurs sans transformer chaque crise en op&#233;ration de purge sociale. Ce qui l'emp&#234;che, ce n'est pas la science ; c'est la subordination totale de l'agriculture &#224; la valorisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit donc pas d'am&#233;liorer les proc&#233;dures, mais de rompre avec la hi&#233;rarchie actuelle des priorit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8) Comit&#233;s de paysans, fermiers et ouvriers agricoles : reprendre le contr&#244;le&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule issue r&#233;aliste passe par l'auto-organisation. Des comit&#233;s de petits paysans, de fermiers et d'ouvriers agricoles, ouverts &#224; la population, doivent se constituer partout o&#249; la production est menac&#233;e. Leur r&#244;le n'est pas consultatif. Il est dirigeant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces comit&#233;s doivent :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; organiser la lutte et le rapport de force ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; contr&#244;ler collectivement les d&#233;cisions sanitaires, les tests, les calendriers et les indemnisations ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; d&#233;cider des modalit&#233;s de production et de protection en fonction des besoins r&#233;els ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; lier la production agricole aux besoins de la population (alimentation, prix, acc&#232;s) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; bloquer les cha&#238;nes agro-industrielles lorsque celles-ci servent &#224; liquider les producteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit de se passer de l'&#201;tat et de ses normes, qui ne servent que les int&#233;r&#234;ts du grand capital, et de poser un autre principe : la production agricole contr&#244;l&#233;e par celles et ceux qui produisent, en lien direct avec la population, hors export, hors concurrence destructrice, hors valorisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que r&#233;v&#232;le l'Ari&#232;ge, c'est que toute attente envers une &#8220;bonne d&#233;cision&#8221; venue d'en haut est une illusion. La seule perspective s&#233;rieuse est celle d'un pouvoir collectif des producteurs et des ouvriers agricoles sur la terre, la production et les choix sanitaires. C'est l&#224; que commence une agriculture lib&#233;r&#233;e de la logique du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il y a un soul&#232;vement, il ne faudra pas &#234;tre &#233;tonn&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.franceinfo.fr/economie/crise/blocus-des-agriculteurs/reportage-s-il-y-a-un-soulevement-il-ne-faudra-pas-etre-etonne-dans-le-gers-les-abattages-lies-a-la-dermatose-nodulaire-ravivent-la-colere-des-agriculteurs_7675540.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.franceinfo.fr/economie/crise/blocus-des-agriculteurs/reportage-s-il-y-a-un-soulevement-il-ne-faudra-pas-etre-etonne-dans-le-gers-les-abattages-lies-a-la-dermatose-nodulaire-ravivent-la-colere-des-agriculteurs_7675540.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17009 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/png/1000052691.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000052691-89397.jpg?1782270545' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La mort programm&#233;e des petits paysans&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Vont-ils finir d'exterminer les petits paysans des campagnes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.francebleu.fr/infos/societe/le-mouvement-citoyen-terre-de-liens-alerte-40-000-fermes-de-petite-taille-ont-disparu-en-trois-ans-4328795&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.francebleu.fr/infos/societe/le-mouvement-citoyen-terre-de-liens-alerte-40-000-fermes-de-petite-taille-ont-disparu-en-trois-ans-4328795&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://rmc.bfmtv.com/actualites/economie/travail/la-disparition-des-petites-fermes-francaises-s-accelere-plus-de-40-000-en-trois-ans_AV-202511180748.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://rmc.bfmtv.com/actualites/economie/travail/la-disparition-des-petites-fermes-francaises-s-accelere-plus-de-40-000-en-trois-ans_AV-202511180748.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/planete/video/2025/02/27/ne-pas-publier-les-agriculteurs-vont-ils-disparaitre_6567365_3244.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/planete/video/2025/02/27/ne-pas-publier-les-agriculteurs-vont-ils-disparaitre_6567365_3244.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=Pzd-SoSXxq4&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=Pzd-SoSXxq4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/en-2050-y-aura-t-il-encore-des-agriculteurs-en-france-7900545449&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/en-2050-y-aura-t-il-encore-des-agriculteurs-en-france-7900545449&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://basta.media/De-moins-en-moins-de-fermes-de-plus-en-plus-grandes-et-le-Mercosur-n-arrange-rien&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://basta.media/De-moins-en-moins-de-fermes-de-plus-en-plus-grandes-et-le-Mercosur-n-arrange-rien&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grandes exploitations progressent (+ 3,4 %) entre 2010 et 2020, constituant d&#233;sormais 1 exploitation sur 5.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.inrae.fr/dossiers/quels-agriculteurs-quelles-agricultures-demain/renouveler-generations&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.inrae.fr/dossiers/quels-agriculteurs-quelles-agricultures-demain/renouveler-generations&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.reussir.fr/des-fermes-toujours-plus-grandes-des-elevages-en-baisse-recours-accru-des-salaries-quelle-est-la&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.reussir.fr/des-fermes-toujours-plus-grandes-des-elevages-en-baisse-recours-accru-des-salaries-quelle-est-la&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.courrierinternational.com/grand-format/infographie-en-europe-les-grosses-exploitations-agricoles-se-taillent-la-part-du-lion&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.courrierinternational.com/grand-format/infographie-en-europe-les-grosses-exploitations-agricoles-se-taillent-la-part-du-lion&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1997, d&#233;j&#224;, on se demandait si les petits paysans allaient disparaitre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=VpDIvo9HCus&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=VpDIvo9HCus&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expropriation de la population campagnarde, premi&#232;re &#233;tape du capitalisme en Angleterre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7620&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7620&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;pression des r&#233;volutions paysannes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lalsace.fr/societe/2025/10/11/comment-l-armee-du-duc-antoine-a-etouffe-la-guerre-des-paysans-dans-un-bain-de-sang&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lalsace.fr/societe/2025/10/11/comment-l-armee-du-duc-antoine-a-etouffe-la-guerre-des-paysans-dans-un-bain-de-sang&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1850/00/fe1850.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1850/00/fe1850.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les paysans sont victimes de l'industrie agroalimentaire, des grandes surfaces, des banques et de l'industrie chimique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3754&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3754&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles perspectives pour les petits paysans ? S'allier aux prol&#233;taires et au peuple travailleur des villes contre le grand capital des villes et des campagnes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8024&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8024&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat et les paysans, selon Marx&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1851/12/brum9.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1851/12/brum9.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat et les paysans, selon L&#233;nine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1918/01/3-co-so/vil19180101.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1918/01/3-co-so/vil19180101.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/11/vil19171118.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/11/vil19171118.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/11/vil19171105b.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/11/vil19171105b.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/11/coexsodp/vil19171103.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/11/coexsodp/vil19171103.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1920/01/vil19200104.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1920/01/vil19200104.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Prol&#233;tariat et les paysans, selon Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr03.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr03.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1922/04/lt19220422.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1922/04/lt19220422.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr03.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr03.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr39.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr39.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat et les paysans selon Zinoviev&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/zinoviev/works/1925/03/paysans%201925.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/zinoviev/works/1925/03/paysans%201925.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat et les paysans, aujourd'hui&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7628&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7628&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8024&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8024&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3754&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3754&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La question agricole et les communaut&#233;s agricole : la collectivisation de la terre !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'alliance des ouvriers et des paysans&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouvrier agricole est, au village, le fr&#232;re d'armes et l'&#233;quivalent de l'ouvrier de l'industrie. Ils constituent deux parties d'une seule et m&#234;me classe. Leurs int&#233;r&#234;ts sont ins&#233;parables. Le programme des revendications transitoires des ouvriers industriels est aussi, avec tels ou tels changements, le programme du prol&#233;tariat agricole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les paysans (fermiers) repr&#233;sentent une autre classe : c'est la petit&#233;bourgeoisie du village. La petit&#233;bourgeoisie se compose de couches diverses, depuis les semi-prol&#233;taires jusqu'aux exploiteurs. C'est pourquoi la t&#226;che politique du prol&#233;tariat indutriel consiste &#224; faire p&#233;n&#233;trer la lutte des classes au village : c'est seulement ainsi qu'il pourra s&#233;parer ses alli&#233;s de ses ennemis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les particularit&#233;s du d&#233;veloppement national de chaque pays trouvent leur expression la plus aigu&#235; dans la situation des paysans et partiellement de la petit&#233;bourgeoisie citadine (artisans et commer&#231;ants), car ces classes, pour nombreux que soient ceux qui y appartiennent, repr&#233;sentent au fond des survivances de formes pr&#233;-capitalistes de production. Les sections de la IV&#176; Internationale doivent, sous la forme la plus concr&#232;te possible, &#233;laborer des programmes de revendications transitoires pour les paysans (fermiers) et la petit&#233;bourgeoisie citadine, correspondant aux conditions de chaque pays. Les ouvriers avanc&#233;s doivent apprendre &#224; donner des r&#233;ponses claires et concr&#232;tes aux questions de leurs futurs alli&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant que le paysan reste un petit producteur &#034;ind&#233;pendant&#034;, il a besoin de cr&#233;dit &#224; bon march&#233;, de prix accessibles pour les machines agricoles et les engrais, de conditions favorables de transport et d'une organisation honn&#234;te d'&#233;coulement des produits agricoles. Cependant, les banques, les trusts, les n&#233;gociants pillent le paysan de tous c&#244;t&#233;s. Seuls, les paysans eux-m&#234;mes peuvent r&#233;primer ce pillage, avec l'aide des ouvriers. Il est n&#233;cessaire qu'entrent en sc&#232;ne des COMIT&#201;S DE PETITS FERMIERS qui, en commun avec les comit&#233;s ouvriers et les comit&#233;s d'employ&#233;s de banque, doivent prendre en main le contr&#244;le des op&#233;rations de transport, de cr&#233;dit et de commerce qui int&#233;ressent l'agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme de NATIONALISATION DE LA TERRE et de COLLECTIVISATION DE L'AGRICULTURE doit &#234;tre &#233;labor&#233; de fa&#231;on &#224; exclure radicalement l'id&#233;e de l'expropriation des petits paysans ou de leur collectivisation forc&#233;e. Le paysan restera le propri&#233;taire de son lot de terre tant qu'il le trouvera lui-m&#234;me n&#233;cessaire et possible. Pour r&#233;habiliter aux yeux des paysans le programme socialiste, il faut d&#233;noncer impitoyablement les m&#233;thodes staliniennes de collectivisation, dict&#233;es par les int&#233;r&#234;ts de la bureaucratie et non par les int&#233;r&#234;ts des paysans et des ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expropriation des expropriateurs ne signifie pas non plus la confiscation forc&#233;e de la propri&#233;t&#233; des PETITS ARTISANS et des PETITS BOUTIQUIERS. Au contraire, le contr&#244;le ouvrier sur les banques et les trusts, &#224; plus forte raison la nationalisation de ces entreprises, peut cr&#233;er pour la petite bourgeoisie citadine des conditions de cr&#233;dit, d'achat et de vente incomparablement plus favorables que sous la domination illimit&#233;e des monopoles. La d&#233;pendance envers le capital priv&#233; fera place &#224; la d&#233;pendance envers l'&#201;tat, qui sera d'autant plus attentif pour ses petits collaborateurs et agents que les travailleurs eux-m&#234;mes tiendront plus fermement l'&#201;tat dans leurs mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La participation pratique des paysans exploit&#233;s au contr&#244;le des divers domaines de l'&#233;conomie permettra aux paysans eux-m&#234;mes de d&#233;cider sur la question de savoir s'il convient ou non de passer au travail collectif de la terre, dans quels d&#233;lais et &#224; quelle &#233;chelle. Les ouvriers de l'industrie s'engagent &#224; apporter dans cette voie toute leur collaboration aux paysans : par l'interm&#233;diaire des syndicats, des comit&#233;s d'usine et, surtout, du gouvernement ouvrier et paysan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'alliance que le prol&#233;tariat propose, non pas aux &#034;classes moyennes&#034; en g&#233;n&#233;ral, mais aux couches exploit&#233;es de la ville et du village, contre tous les exploiteurs, y compris les exploiteurs &#034;moyens&#034;, ne peut &#234;tre fond&#233;e sur la contrainte, mais seulement sur un accord volontaire, qui doit &#234;tre consolid&#233; dans un &#034;pacte&#034; sp&#233;cial. Ce &#034;pacte&#034;, c'est pr&#233;cis&#233;ment le programme des revendications transitoires, librement accept&#233; par les deux parties.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quand le casque tombe : formez vos comit&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En Ari&#232;ge, des gendarmes ont retir&#233; leur casque face aux paysans. Le geste a frapp&#233;, &#224; juste titre. Il dit une chose simple : l'ob&#233;issance n'est jamais totalement m&#233;canique. Mais il faut &#234;tre clair : ce geste n'a de port&#233;e politique que s'il est organis&#233;, g&#233;n&#233;ralis&#233;, assum&#233; collectivement. Sans cela, il reste une parenth&#232;se que l'&#201;tat referme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire l'enseigne sans ambigu&#239;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La le&#231;on oubli&#233;e de la R&#233;volution fran&#231;aise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1789-1793, la rupture ne s'est pas faite par la compassion des soldats, mais par la politisation du rang.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Garde nationale ne fut pas une simple force d'ordre populaire : elle reposait sur un principe explosif pour l'Ancien R&#233;gime &#8212; l'&#233;lection des grad&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les armes n'&#233;taient plus aux mains d'un corps s&#233;par&#233; ob&#233;issant &#224; la Cour, mais d'hommes arm&#233;s ins&#233;r&#233;s dans le peuple, contr&#244;lant leurs chefs, discutant les ordres, refusant de tirer sur ceux dont ils partageaient la condition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cela qui a fait basculer le rapport de forces.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas la morale. L'organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retirer le casque n'est pas d&#233;sob&#233;ir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, policiers, gendarmes, militaires du rang peuvent h&#233;siter. Ils peuvent reconna&#238;tre en face d'eux des travailleurs, des paysans, des familles. Mais tant qu'ils restent isol&#233;s, tant qu'ils n'ont aucun organe collectif, ils n'ont aucune alternative mat&#233;rielle &#224; l'ob&#233;issance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat le sait. C'est pourquoi il tol&#232;re parfois l'h&#233;sitation individuelle, mais &#233;crase toute tentative d'organisation autonome du rang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question n'est donc pas :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &#234;tes-vous d'accord avec l'ordre ? &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
La question est : &#224; qui ob&#233;issez-vous collectivement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Former des comit&#233;s du rang : une n&#233;cessit&#233; politique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; un &#201;tat qui frappe pour le capital, il n'existe qu'une issue historique :&lt;br class='autobr' /&gt;
la formation de comit&#233;s de soldats du rang, de policiers du rang, de gendarmes du rang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des comit&#233;s :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#233;lus par la base,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;r&#233;vocables,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ind&#233;pendants de la hi&#233;rarchie,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;discutant collectivement des ordres,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;refusant la r&#233;pression contre la population laborieuse,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;se coordonnant entre unit&#233;s et territoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme hier, il ne s'agit pas de d&#233;sarmer le peuple, mais de d&#233;sarmer l'&#201;tat bourgeois de son monopole sur la force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Formez vos bataillons.&lt;br class='autobr' /&gt;
Formez vos comit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas une m&#233;taphore. C'est une consigne politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela n'a de sens que si le peuple s'organise lui-m&#234;me&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun comit&#233; du rang ne tiendra s'il n'existe pas en face des comit&#233;s de producteurs et de travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paysans, ouvriers agricoles, salari&#233;s, habitants :&lt;br class='autobr' /&gt;
formez vos propres comit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des comit&#233;s :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;pour diriger les luttes,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;pour d&#233;cider collectivement,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;pour contr&#244;ler la production,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;pour bloquer ce qui doit l'&#234;tre,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;pour imposer d'autres priorit&#233;s que celles du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans organisation du peuple, les forces du rang restent prisonni&#232;res de l'&#201;tat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sans organisation du rang, les comit&#233;s populaires restent expos&#233;s &#224; la r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question est pos&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Ari&#232;ge a montr&#233; une chose : l'ordre bourgeois n'est pas accept&#233; sans tension, m&#234;me dans ses propres rangs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais l'histoire tranche toujours de la m&#234;me mani&#232;re :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans comit&#233;s, le casque se remet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec des comit&#233;s, l'ordre vacille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;volution fran&#231;aise l'a prouv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bolchevisme l'a syst&#233;matis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che est devant nous :&lt;br class='autobr' /&gt;
organiser le peuple, organiser le rang, briser l'ob&#233;issance de classe &#224; l'&#201;tat du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le reste n'est que commentaire.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17008 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/png/1000052681.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000052681-5de65.jpg?1782270546' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Dermatose nodulaire contagieuse : quand le capital sacrifie la paysannerie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Normes sanitaires, abattage et violence d'&#201;tat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;dias, l'&#201;tat et les autorit&#233;s v&#233;t&#233;rinaires mart&#232;lent qu'&#171; il n'y a pas d'alternative &#187; face &#224; la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), et que l'abattage total s'impose au nom de la science et des normes internationales. Cette affirmation est &#224; la fois vraie et fausse. Vraie dans le cadre du syst&#232;me &#233;conomique existant. Fausse d&#232;s lors que l'on interroge la nature r&#233;elle de ces normes et les int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels qu'elles servent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est exact que les mesures d'abattage massif s'appuient sur le Code sanitaire des animaux terrestres de l'Organisation mondiale de la sant&#233; animale (OMSA, ex-OIE), repris par la r&#233;glementation europ&#233;enne, seule comp&#233;tente en mati&#232;re v&#233;t&#233;rinaire dans les 27 &#201;tats membres. Mais ces normes ne sont pas des normes sanitaires au sens de la protection du vivant. Ce sont des normes commerciales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'OMSA d&#233;finit explicitement son code comme un ensemble de r&#232;gles destin&#233;es &#224; garantir un commerce international &#171; s&#251;r &#187; des animaux et de leurs produits. Elle fait partie, avec le Codex Alimentarius et la Convention internationale pour la protection des v&#233;g&#233;taux, des trois organisations reconnues par l'Organisation mondiale du commerce pour encadrer les &#233;changes. Leur fonction n'est pas de prot&#233;ger prioritairement la sant&#233; animale ou humaine, mais de fixer les conditions minimales permettant de limiter les entraves au libre-&#233;change sans cr&#233;er de distorsions de concurrence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sanitaire n'est donc pas une fin. C'est un langage de r&#233;gulation du march&#233; mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une crise &#233;conomique avant d'&#234;tre sanitaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La DNC ne r&#233;v&#232;le pas une d&#233;faillance de la science v&#233;t&#233;rinaire, mais l'organisation &#233;conomique de l'&#233;levage bovin en France. Deux mod&#232;les productifs coexistent, sans &#234;tre &#233;quivalents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#232;le dominant repose sur l'&#233;levage de jeunes bovins (broutards) export&#233;s massivement vers l'Italie pour y &#234;tre engraiss&#233;s et abattus. Ce march&#233; repr&#233;sente plus d'un milliard d'euros par an. Il concerne des exploitations fortement capitalis&#233;es, concentr&#233;es notamment en Bourgogne, dans le Limousin et le centre de la France. La F&#233;d&#233;ration nationale bovine est structurellement align&#233;e sur ce mod&#232;le, dont d&#233;pend directement son appareil dirigeant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second mod&#232;le, minoritaire, repose sur l'engraissement en France pour des march&#233;s plus localis&#233;s. Il est port&#233; majoritairement par de petites exploitations, notamment en Occitanie et en Nouvelle-Aquitaine, beaucoup moins d&#233;pendantes des flux d'exportation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'irruption de la DNC a imm&#233;diatement suspendu puis restreint les exportations vers l'Italie. La vaccination g&#233;n&#233;ralis&#233;e &#8212; pourtant scientifiquement efficace pour r&#233;duire la mortalit&#233; et les formes graves &#8212; pose un probl&#232;me majeur pour ce mod&#232;le exportateur : certaines r&#233;gions italiennes refusent l'importation d'animaux vaccin&#233;s afin de pr&#233;server leur statut sanitaire commercial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le conflit n'oppose donc pas science et irrationalit&#233;, mais deux mod&#232;les &#233;conomiques incompatibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il n'y a pas d'alternative &#187; : une v&#233;rit&#233; capitaliste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque des experts affirment qu'il n'existe pas d'autre solution que l'abattage total, ils disent la v&#233;rit&#233; dans le cadre du capitalisme agricole lib&#233;ral, exportateur et concurrentiel. Dans ce cadre, toute perte de statut sanitaire menace directement les flux commerciaux et donc la valorisation du capital investi. La destruction pr&#233;ventive devient rationnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette rationalit&#233; dispara&#238;t d&#232;s que l'on change de priorit&#233;. La vaccination g&#233;n&#233;ralis&#233;e est une alternative scientifiquement &#233;tablie. Elle r&#233;duit drastiquement la mortalit&#233; et permet la survie des troupeaux. L'argument consistant &#224; pr&#233;dire la mort future de centaines de milliers d'animaux est vrai si l'on refuse la vaccination ; il est faux si on la met en &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le verrou n'est pas sanitaire. Il est commercial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la crise sanitaire &#224; la purge productive&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la crise de 2007-2008, le capitalisme mondial n'est plus dans une logique d'expansion, mais de s&#233;curisation : s&#233;curisation des d&#233;bouch&#233;s, des normes, des cha&#238;nes logistiques. Toute production jug&#233;e instable, h&#233;t&#233;rog&#232;ne ou insuffisamment capitalis&#233;e devient un probl&#232;me &#224; &#233;liminer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agriculture est l'un des secteurs o&#249; cette logique s'exerce avec le plus de brutalit&#233;. Concentration fonci&#232;re, disparition des exploitations, endettement, standardisation : il s'agit d'un processus de s&#233;lection sociale. La crise sanitaire ne cr&#233;e pas cette dynamique ; elle la l&#233;gitime et l'acc&#233;l&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand la valorisation est menac&#233;e, la paysannerie devient sacrifiable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat comme instrument d'ex&#233;cution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette s&#233;quence, l'&#201;tat n'arbitre pas. Il ex&#233;cute. Pr&#233;fets, administrations v&#233;t&#233;rinaires et forces de l'ordre forment une cha&#238;ne de commandement con&#231;ue pour garantir la continuit&#233; des flux marchands. La violence d&#233;ploy&#233;e &#224; Bordes-sur-Arize n'est ni un accident ni un d&#233;rapage : elle prouve que la d&#233;cision est socialement inacceptable et qu'elle doit &#234;tre impos&#233;e par la force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agissait pas de prot&#233;ger la sant&#233; publique, mais de pr&#233;server un mod&#232;le &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vacciner ne suffit pas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me dans l'hypoth&#232;se d'une vaccination g&#233;n&#233;ralis&#233;e, la condition des &#233;leveurs resterait inchang&#233;e. Ils demeureraient d&#233;pendants des groupes d'abattage &#8212; Bigard en t&#234;te &#8212; et de la grande distribution, oligopole qui fixe les prix, les volumes et les marges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les producteurs cr&#233;ent la richesse alimentaire. D'autres en captent la valeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sortir du pi&#232;ge : pouvoir sur la production&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'alternative n'est pas entre accepter la norme ou nier la maladie. Cette opposition est mensong&#232;re. La seule issue r&#233;aliste passe par l'auto-organisation : des comit&#233;s de paysans, fermiers et ouvriers agricoles, ouverts &#224; la population, constitu&#233;s &#224; l'&#233;chelle des bassins de production r&#233;els.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces comit&#233;s doivent &#234;tre des organes de pouvoir :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;d&#233;cision collective sur les mesures sanitaires ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;contr&#244;le des indemnisations et des calendriers ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;d&#233;fense collective face aux abattages forc&#233;s ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;articulation directe avec les besoins alimentaires de la population ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;blocage des cha&#238;nes agro-industrielles lorsque celles-ci servent &#224; liquider les producteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune autonomie n'est possible sans rupture fonci&#232;re. La concentration de la terre doit &#234;tre bris&#233;e par l'expropriation des groupes agro-industriels et des rentiers fonciers, et la mise en commun des terres sous contr&#244;le collectif des producteurs et des travailleurs agricoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte paysanne ne peut gagner seule. Elle doit s'articuler avec les ouvriers des abattoirs, de la logistique et de la distribution. C'est l&#224; que le capital est vuln&#233;rable : dans la circulation et la valorisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que r&#233;v&#232;le la DNC, ce n'est pas une crise exceptionnelle, mais l'incompatibilit&#233; radicale entre la protection du vivant et un syst&#232;me fond&#233; sur la concurrence, l'exportation et la valeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Critique politique des discours dominants&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reporterre : l'&#233;cologie de la mauvaise gestion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le reportage de Reporterre d&#233;crit la violence, la souffrance et la r&#233;pression. Mais il enferme ces faits dans un cadrage id&#233;ologique pr&#233;cis : celui de la &#171; gestion catastrophique &#187;. La violence d'&#201;tat y appara&#238;t comme un exc&#232;s, jamais comme une n&#233;cessit&#233; structurelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce cadrage transforme une d&#233;cision &#233;conomique rationnelle du point de vue du capital en dysfonctionnement administratif. Il &#233;vite soigneusement de nommer les normes OMSA comme normes commerciales, le conflit entre mod&#232;les agricoles, la captation de la valeur par l'agro-industrie et la grande distribution, et le r&#244;le de l'&#201;tat comme instrument de la valorisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La col&#232;re est l&#233;gitime, mais l'ennemi reste flou. On peut s'indigner sans jamais menacer le c&#339;ur du pouvoir. C'est une &#233;cologie de la compassion, pas une &#233;cologie de la rupture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#8220;luttes invisibles&#8221; : la pression sans pouvoir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les appels &#224; la mobilisation imm&#233;diate &#8212; blocages, &#233;largissement de la vaccination, changement de protocole &#8212; partent d'une col&#232;re r&#233;elle. Mais ils s'arr&#234;tent pr&#233;cis&#233;ment l&#224; o&#249; commence la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils interpr&#232;tent chaque recul gouvernemental comme une victoire, alors qu'il ne s'agit que d'ajustements tactiques. Ils revendiquent des modifications de protocoles sans poser la question centrale : qui &#233;crit ces protocoles et dans quel int&#233;r&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En appelant &#224; l'unit&#233; &#171; quels que soient les syndicats &#187;, ces discours gomment les contradictions de classe au sein du monde agricole et permettent aux fractions dominantes de se fondre dans la col&#232;re sans jamais &#234;tre mises en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte devient un moment &#233;motionnel, pas un processus de construction de pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reporterre documente la souffrance pour neutraliser le conflit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les luttes invisibles mobilisent sans strat&#233;gie de pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les deux cas, la question d&#233;cisive est &#233;vit&#233;e : le contr&#244;le de la production, de la terre et des choix sanitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ne sont pas les vaches qui sont sacrifi&#233;es par erreur.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est la paysannerie qui est &#233;limin&#233;e m&#233;thodiquement au nom de la valeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tant que cette v&#233;rit&#233; ne sera pas assum&#233;e politiquement, chaque crise sanitaire servira de pr&#233;texte &#224; une nouvelle purge.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17015 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/png/1000052771.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000052771-0ab2a.jpg?1782270546' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17014 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/png/1000052803.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000052803-92e3b.jpg?1782270546' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17015 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/png/1000052771.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000052771-0ab2a.jpg?1782270546' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La peur du 10 &#8212; Gen&#232;se du nouveau bonapartisme fran&#231;ais...</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article9324</link>
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		<dc:date>2025-10-23T22:26:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karob</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte de classes - Class struggle</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes, Auto-organisation, Comit&#233;s, Conseils ouvriers, Coordinations, Assembl&#233;es interprofessionnelles, Soviet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La peur du 10 &#8212; Gen&#232;se du nouveau bonapartisme fran&#231;ais &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 10 septembre, le pouvoir a eu peur. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pas peur d'un bloc parlementaire, pas peur d'une alliance d'appareils &#8212; peur du peuple. Peur d'un retour des Gilets jaunes puissance dix, d'un soul&#232;vement sans encadrement, sans mots d'ordre, sans drapeaux officiels. Peur d'une s&#233;cession avec la soci&#233;t&#233; des milliardaires, d'une rupture r&#233;elle avec le capital et l'&#201;tat. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette peur a tout d&#233;clench&#233;. Depuis, tout ce qui se joue n'est que la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- LUTTE DES CLASSES - CLASS STRUGGLE &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot278" rel="tag"&gt;Lutte de classes - Class struggle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot280" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, Auto-organisation, Comit&#233;s, Conseils ouvriers, Coordinations, Assembl&#233;es interprofessionnelles, Soviet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_16781 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/png/1000045790s.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000045790s-71c97.jpg?1782270634' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16780 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/png/1000045568s.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000045568s-71307.jpg?1782270634' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16779 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/png/1000045564.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000045564-ede98.jpg?1782270634' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16778 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/png/1000045549.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000045549-ab0f1.jpg?1782270634' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16777 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/png/1000045548.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000045548-5b398.jpg?1782270635' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16776 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/png/1000045539.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000045539-6e953.jpg?1782270635' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La peur du 10 &#8212; Gen&#232;se du nouveau bonapartisme fran&#231;ais&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 10 septembre, le pouvoir a eu peur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas peur d'un bloc parlementaire, pas peur d'une alliance d'appareils &#8212; peur du peuple.&lt;br class='autobr' /&gt;
Peur d'un retour des Gilets jaunes puissance dix, d'un soul&#232;vement sans encadrement, sans mots d'ordre, sans drapeaux officiels.&lt;br class='autobr' /&gt;
Peur d'une s&#233;cession avec la soci&#233;t&#233; des milliardaires, d'une rupture r&#233;elle avec le capital et l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette peur a tout d&#233;clench&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis, tout ce qui se joue n'est que la tentative de refermer la br&#232;che ouverte par le 10.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont infiltr&#233;, noy&#233;, retourn&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat n'a pas envoy&#233; les CRS d'abord.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il a envoy&#233; les seconds couteaux des syndicats,&lt;br class='autobr' /&gt;
les secr&#233;taires d'unions locales et d&#233;partementales,&lt;br class='autobr' /&gt;
les cadres moyens qu'on a pr&#233;sent&#233;s comme &#8220;la base&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appuy&#233;s par la gauche bourgeoise et une fausse extr&#234;me gauche &#8212;&lt;br class='autobr' /&gt;
les pseudo-trotskistes de R&#233;volution Permanente, de Lutte Ouvri&#232;re, du NPA-R &#8212;&lt;br class='autobr' /&gt;
ils ont fait croire qu'ils soutenaient le mouvement, qu'ils revenaient &#8220;&#224; la base&#8221;,&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'ils se mettaient &#8220;contre les directions&#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mensonge : ils ont &#233;t&#233; le relais des directions, les agents du reflux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'ils ont bloqu&#233;, ce n'est pas le pays &#8212; c'est le mouvement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le &#8220;bloquons tout&#8221; est devenu &#8220;bloquons le peuple&#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;sob&#233;issance s'est chang&#233;e en d&#233;fil&#233;,&lt;br class='autobr' /&gt;
la solidarit&#233; en tr&#234;ve,&lt;br class='autobr' /&gt;
la s&#233;cession en appel &#224; l'unit&#233; nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la peur au pouvoir fort&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette peur du 10, c'est le moteur du bonapartisme fran&#231;ais d'aujourd'hui.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout le d&#233;cor s'est mis en place :&lt;br class='autobr' /&gt;
Assembl&#233;e discr&#233;dit&#233;e, gouvernement sans majorit&#233;,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;lys&#233;e qui pr&#233;tend se tenir &#8220;au-dessus des partis&#8221;,&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#233;dias r&#233;p&#233;tant la chanson de la &#8220;fatigue d&#233;mocratique&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Message : &#8220;Puisque rien ne marche, il faut un pouvoir fort.&#8221;&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; la contre-r&#233;volution :&lt;br class='autobr' /&gt;
fabriquer le chaos, user la col&#232;re, puis proposer la matraque comme solution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous complices&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne ne joue ce r&#244;le par hasard.&lt;br class='autobr' /&gt;
La gauche bourgeoise, le RN, les appareils syndicaux, les pseudo-trotskistes &#8212; tous participent, chacun &#224; sa mani&#232;re, &#224; la mise en sc&#232;ne du d&#233;sordre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils parlent de dissolution, de recomposition, d'alternance,&lt;br class='autobr' /&gt;
mais derri&#232;re leurs mots, il n'y a qu'une m&#234;me musique :&lt;br class='autobr' /&gt;
le retour de l'autorit&#233;,&lt;br class='autobr' /&gt;
le pouvoir d'&#201;tat restaur&#233;,&lt;br class='autobr' /&gt;
le peuple renvoy&#233; &#224; sa passivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bayrou est tomb&#233;, le centre est mort :&lt;br class='autobr' /&gt;
il ne reste plus que le pouvoir nu, sans masque, sans fa&#231;ade d&#233;mocratique.&lt;br class='autobr' /&gt;
La bourgeoisie n'a plus besoin de consensus,&lt;br class='autobr' /&gt;
elle veut l'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La le&#231;on&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&gt; &#8220;Le pouvoir d'&#201;tat se dresse au-dessus de la soci&#233;t&#233;,&lt;br class='autobr' /&gt;
mais il n'est que le produit de son &#233;quilibre instable.&#8221;
&lt;br /&gt;&#8212; Marx, Le 18 Brumaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque fois que la bourgeoisie a peur du peuple,&lt;br class='autobr' /&gt;
elle concentre le pouvoir pour sauver sa domination.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais en voulant tout contr&#244;ler, elle r&#233;veille la lutte qu'elle voulait &#233;touffer.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est ce qu'elle fait aujourd'hui : la peur du 10 est sa matrice,&lt;br class='autobr' /&gt;
mais aussi le germe de son renversement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos t&#226;ches&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut construire le pouvoir populaire, non pas dans les urnes ni dans les directions syndicales,&lt;br class='autobr' /&gt;
mais dans les comit&#233;s du peuple travailleur,&lt;br class='autobr' /&gt;
dans les assembl&#233;es locales, dans les coordonnations r&#233;elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les b&#226;tir partout : ateliers, d&#233;p&#244;ts, h&#244;pitaux, lyc&#233;es, quartiers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Y unir les travailleurs, les pr&#233;caires, les ch&#244;meurs, les retrait&#233;s, la jeunesse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et de leur f&#233;d&#233;ration faire na&#238;tre la seule autorit&#233; l&#233;gitime :&lt;br class='autobr' /&gt;
la f&#233;d&#233;ration des comit&#233;s du peuple travailleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce pouvoir populaire s'appuiera sur :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;le contr&#244;le ouvrier sur la production et les services publics,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la gestion directe par les producteurs-salari&#233;s-citoyens,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;le contr&#244;le direct de toutes les caisses de solidarit&#233; &#8212; caisses de retraite, de s&#233;curit&#233; sociale et d'allocations ch&#244;mage &#8212; par les producteurs-salari&#233;s ; &#233;viction des repr&#233;sentants de l'&#201;tat bourgeois : notre argent, pas le leur,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;le salaire garanti index&#233; sur l'inflation,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;une s&#233;curit&#233; sociale universelle remboursant tout &#224; 100 %,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la fin des mutuelles priv&#233;es,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la rupture avec l'Union europ&#233;enne, l'OTAN, l'aust&#233;rit&#233; et la dette,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la r&#233;vocabilit&#233; imm&#233;diate et la responsabilit&#233; de tous les mandat&#233;s,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la cr&#233;ation d'une garde nationale &#233;lue et r&#233;vocable, et la fin de l'arm&#233;e permanente et de la police telles qu'elles sont ; d&#233;mocratisation compl&#232;te des forces de r&#233;pression, fusion du civil et du militaire sous contr&#244;le populaire, armement du peuple travailleur pour la d&#233;fense collective,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;le retrait imm&#233;diat de toutes les troupes fran&#231;aises &#224; l'&#233;tranger,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la fermeture des bases militaires,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;le droit &#224; l'ind&#233;pendance des territoires coloniaux dits DOM-TOM, aujourd'hui relais de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la coordination et la f&#233;d&#233;ration des comit&#233;s pour se gouverner collectivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire encore sur la grande peut des classes poss&#233;dantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7618&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7618&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matierevolution.fr/spip.php?article4183&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://matierevolution.fr/spip.php?article4183&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7057&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7057&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6174&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6174&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8358&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8358&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8338&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8338&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Que se passe-t-il en Alg&#233;rie ?</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article9309</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.org/spip.php?article9309</guid>
		<dc:date>2025-10-18T22:34:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Guerre War</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte de classes - Class struggle</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes, Auto-organisation, Comit&#233;s, Conseils ouvriers, Coordinations, Assembl&#233;es interprofessionnelles, Soviet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Que se passe-t-il en Alg&#233;rie ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Vers un nouvel Hirak r&#233;volutionnaire ou vers la barbarie guerri&#232;re et dictatoriale ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Les pr&#233;paratifs d'une guerre avec le Mali et le Maroc ? &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.atalayar.com/fr/articulo/politique/lalgerie-renforce-son-discours-militaire-dans-contexte-tensions-croissantes-au-sahel/20250414100000213247.html &lt;br class='autobr' /&gt;
La mobilisation, c'est la guerre ? &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.trtfrancais.com/article/2c56a25b3352 &lt;br class='autobr' /&gt;
France-Alg&#233;rie : la gu&#233;guerre permanente&#8230; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- LUTTE DES CLASSES - CLASS STRUGGLE &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot48" rel="tag"&gt;Guerre War&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot138" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot278" rel="tag"&gt;Lutte de classes - Class struggle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot280" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, Auto-organisation, Comit&#233;s, Conseils ouvriers, Coordinations, Assembl&#233;es interprofessionnelles, Soviet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Que se passe-t-il en Alg&#233;rie ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Vers un nouvel Hirak r&#233;volutionnaire ou vers la barbarie guerri&#232;re et dictatoriale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pr&#233;paratifs d'une guerre avec le Mali et le Maroc ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.atalayar.com/fr/articulo/politique/lalgerie-renforce-son-discours-militaire-dans-contexte-tensions-croissantes-au-sahel/20250414100000213247.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.atalayar.com/fr/articulo/politique/lalgerie-renforce-son-discours-militaire-dans-contexte-tensions-croissantes-au-sahel/20250414100000213247.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mobilisation, c'est la guerre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.trtfrancais.com/article/2c56a25b3352&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.trtfrancais.com/article/2c56a25b3352&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;France-Alg&#233;rie : la gu&#233;guerre permanente&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8163&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8163&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Alg&#233;rie se f&#226;che aussi avec les Emirats ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://mondafrique.com/international/rien-ne-va-plus-entre-les-emirats-arabes-unis-et-lalgerie/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://mondafrique.com/international/rien-ne-va-plus-entre-les-emirats-arabes-unis-et-lalgerie/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Alg&#233;rie apr&#232;s le Hirak&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=v79KmZ53xLQ&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=v79KmZ53xLQ&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5800&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5800&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; en est le Hirak ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=x8mMTP5Ym8A&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=x8mMTP5Ym8A&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; de nouvelles expressions du m&#233;contentement, les autorit&#233;s accentuent la r&#233;pression de l'opposition pacifique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2025/04/algeria-authorities-step-up-crackdown-on-peaceful-dissent-in-the-face-of-new-expressions-of-discontent/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2025/04/algeria-authorities-step-up-crackdown-on-peaceful-dissent-in-the-face-of-new-expressions-of-discontent/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le partage des richesses ne progresse pas. Le peuple ne voit toujours pas la couleur ni l'odeur du gaz et du p&#233;trole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=CRtJWGwdbPc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=CRtJWGwdbPc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4375&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4375&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Alg&#233;rie est-elle riche ou pauvre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://afrique.le360.ma/economie/pourquoi-lalgerien-a-le-revenu-le-plus-faible-dafrique-du-nord-dapres-les-donnees-de-la-banque_FVP5LKIZSBF4XNC7QOD54MU7ME/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://afrique.le360.ma/economie/pourquoi-lalgerien-a-le-revenu-le-plus-faible-dafrique-du-nord-dapres-les-donnees-de-la-banque_FVP5LKIZSBF4XNC7QOD54MU7ME/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/31/lalgerie-devient-le-pays-le-moins-riche-du-maghreb/#google_vignette&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/31/lalgerie-devient-le-pays-le-moins-riche-du-maghreb/#google_vignette&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, un pays riche en&#8230; pauvres !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/afrique/article/2007/12/04/l-algerie-un-pays-riche-au-peuple-pauvre_985664_3212.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/afrique/article/2007/12/04/l-algerie-un-pays-riche-au-peuple-pauvre_985664_3212.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fin de la dictature militaire remise aux calendes grecques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=Q9sPKMraZ2s&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=Q9sPKMraZ2s&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas d'avenir pour la jeunesse &#224; part une nouvelle r&#233;volte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=GzH_9lhmRcU&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=GzH_9lhmRcU&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des le&#231;ons &#224; tirer du Hirak&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5996&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5996&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La routine de la bureaucratie gouvernementale et son jeu de chaises musicales ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/09/14/algerie-le-president-abdelmadjid-tebboune-charge-son-premier-ministre-de-former-un-nouveau-gouvernement_6641181_3212.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/09/14/algerie-le-president-abdelmadjid-tebboune-charge-son-premier-ministre-de-former-un-nouveau-gouvernement_6641181_3212.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un ni&#232;me r&#232;glement de compte au sein du pouvoir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/09/20/a-alger-deploiement-securitaire-apres-la-fuite-de-l-ancien-patron-des-services-de-renseignement_6642012_3212.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/09/20/a-alger-deploiement-securitaire-apres-la-fuite-de-l-ancien-patron-des-services-de-renseignement_6642012_3212.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=41PPlThuqyY&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=41PPlThuqyY&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://elwatan-dz.com/justice-le-general-major-abderrahmane-arar-place-en-detention&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://elwatan-dz.com/justice-le-general-major-abderrahmane-arar-place-en-detention&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=P1dDpYe6GnY&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=P1dDpYe6GnY&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=oTOv7mks2Jk&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=oTOv7mks2Jk&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3656&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3656&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/02/28/en-algerie-les-medecins-et-les-enseignants-sur-le-pied-de-greve_6569395_3212.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/02/28/en-algerie-les-medecins-et-les-enseignants-sur-le-pied-de-greve_6569395_3212.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tensions in&#233;dites et inqui&#233;tudes pour les salari&#233;s de la sid&#233;rurgie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://elwatan-dz.com/les-salaries-dalfapipe-denoncent-une-situation-socioprofessionnelle-intenable-tensions-inedites-et-inquietudes-pour-la-siderurgie-nationale&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://elwatan-dz.com/les-salaries-dalfapipe-denoncent-une-situation-socioprofessionnelle-intenable-tensions-inedites-et-inquietudes-pour-la-siderurgie-nationale&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves combattues voire interdites&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/afrique/article/2023/10/25/en-algerie-le-gouvernement-limite-severement-le-droit-de-greve_6196459_3212.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/afrique/article/2023/10/25/en-algerie-le-gouvernement-limite-severement-le-droit-de-greve_6196459_3212.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.jeuneafrique.com/1497411/politique/en-algerie-de-nombreux-secteurs-prives-du-droit-de-greve/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.jeuneafrique.com/1497411/politique/en-algerie-de-nombreux-secteurs-prives-du-droit-de-greve/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lyc&#233;ens en gr&#232;ve pour protester&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/01/24/en-algerie-les-lyceens-en-greve-pour-protester-contre-des-programmes-surcharges_6514295_3212.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/01/24/en-algerie-les-lyceens-en-greve-pour-protester-contre-des-programmes-surcharges_6514295_3212.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'offensive anti-sociale du pouvoir alg&#233;rien&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7496&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7496&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La mis&#232;re en Alg&#233;rie, ce n'est pas le pass&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=LbqAsiJ4Jnc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=LbqAsiJ4Jnc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=hKSs0qdqC_Y&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=hKSs0qdqC_Y&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=9q26nhLD7Po&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=9q26nhLD7Po&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alg&#233;rie : une seule solution la r&#233;volution !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=eWIySbSLq-o&amp;t=12s&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=eWIySbSLq-o&amp;t=12s&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve991&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve991&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cela veut dire : sortir du cadre &#233;touffant des institutions, des partis, des syndicats et organiser par en bas le peuple travailleur en vue de la direction des luttes et surtout de la construction d'un pouvoir aux travaileurs, aux ch&#244;meurs, aux retrait&#233;s, aux paysans, aux jeunes, aux femmes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matierevolution.fr/spip.php?article5314&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://matierevolution.fr/spip.php?article5314&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

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