Matière et Révolution
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Contribution au débat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la matière, de la vie, de l'homme et de la société
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69144Un grand athée, le révolutionnaire Anacharsis Cloots
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https://www.matierevolution.org/spip.php?article85512025-02-25T23:29:00Ztext/htmlfrRobert Paris1789-1793ReligionAthéisme
<p>Un grand athée, le révolutionnaire Anacharsis Cloots, participant actif de la Révolution française <br class='autobr' />
Anacharsis Cloots : <br class='autobr' />
« La religion est le plus grand obstacle. » <br class='autobr' />
« Vous sortez d'un long esclavage, vous êtes novices dans l'art de vivre libres ; la malveillance de votre clergé, de votre noblesse, de votre magistrature, vous indiquera des routes périlleuses. La sagesse de nos conseils sera la seule autorité que nous exercerons sur vous ; votre bonheur est l'unique fruit que nous (…)</p>
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<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Un grand athée, le révolutionnaire Anacharsis Cloots, participant actif de la Révolution française</h2>
<p>Anacharsis Cloots :</p>
<p>« La religion est le plus grand obstacle. »</p>
<p>« Vous sortez d'un long esclavage, vous êtes novices dans l'art de vivre libres ; la malveillance de votre clergé, de votre noblesse, de votre magistrature, vous indiquera des routes périlleuses. La sagesse de nos conseils sera la seule autorité que nous exercerons sur vous ; votre bonheur est l'unique fruit que nous prétendons tirer de l'abaissement de vos tyrans. »</p>
<p>« L'humanité étant une grande famille, la société des individus sera toujours pacifique ; la société des nations sera toujours belligérante. »</p>
<p>« L'humanité ou le genre humain ne vivra en paix que lorsqu'il ne formera qu'un seul corps, une Nation. »</p>
<p>« Déclare déférer le titre de citoyen français au docteur Joseph Priestley, à Thomas Payne, à Jérémie Bentham, à William Wilberforce, à Thomas Clarkson, à Jacques Mackintosh, à David Williams, à N. Gorani, à Anacharsis Cloots, à Corneille Pauw, à Joachim-Henry Campe, à N. Pestalozzi, à Georges Washington, à Jean Hamilton, à N. Madison, à H. Klopstock et à Thadée Kosciuszko. »</p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/D%C3%A9cret_du_26_ao%C3%BBt_1792" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikisource.org/wiki/D%C3%A9cret_du_26_ao%C3%BBt_1792</a></p>
<p>Biographie</p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Grand_dictionnaire_universel_du_XIXe_si%C3%A8cle/CLOOTS_(Jean-Baptiste,_dit_Anacharsis,_baron_DU_VAL-DE-GR%C3%82CE" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikisource.org/wiki/Grand_dictionnaire_universel_du_XIXe_si%C3%A8cle/CLOOTS_(Jean-Baptiste,_dit_Anacharsis,_baron_DU_VAL-DE-GR%C3%82CE</a>),_philosophe_et_r%C3%A9volutionnaire,_l%E2%80%99ap%C3%B4tre_de_la_r%C3%A9publique_universelle,_l%E2%80%99Orateur_du_genre_humain</p>
<p>Né dans une famille noble prussienne d'origine hollandaise, il est l'héritier d'une grande fortune ; érudit, critique des religions révélées, Cloots se fait connaître, dès avant la Révolution, par ses opinions francophiles : en 1786, dans un ouvrage intitulé Vœux d'un Gallophile, il envisage le rattachement de la rive gauche du Rhin à la France.</p>
<p>À la fin de 1789, il s'installe en France et pousse les différents gouvernements à répandre les idées révolutionnaires en Europe. Dans Motion, il écrit : « La Religion est une relation entre Dieu et ma conscience ; et non pas entre Dieu et des consciences prises collectivement. ». Ayant changé son nom en Anacharsis, il se proclame « orateur du genre humain » et publie à partir de 1792 L'Orateur universel. En février 1792, il publie son livre République universelle. Cependant, en 1791, il avait défendu contre les jacobins le maintien du système esclavagiste dans les colonies, estimant prématuré d'engager une réforme aussi radicale.</p>
<p>Il est proclamé citoyen français par l'Assemblée nationale législative le 26 août 17924, est élu député de l'Oise à la Convention en septembre où il fait l'apologie de massacres (« scrutin épuratoire dans les prisons »5) ; il est d'abord proche des Girondins Roland puis Brissot. Mais, en janvier 1793, lors du procès du roi (qu'il nomme « Louis le Dernier »), il se rapproche des montagnards en votant la mort sans appel au peuple et sans sursis. En avril, il vote contre la mise en accusation de Marat. Il est président du club des Jacobins à la fin de 1793, juste avant sa chute.</p>
<p>À l'instigation de Robespierre, qui reproche à Cloots son rêve d'une république universelle, sa « rage de conquête » et son athéisme militant, encouragée par les remarques acerbes de Camille Desmoulins formulées dans le numéro 2 du Vieux Cordelier, la Convention vote son exclusion (ainsi que celle de l'Américain Thomas Paine), en tant qu'étrangers le 6 nivôse an II (26 décembre 1793), il est arrêté deux jours plus tard, et, traduit devant le Tribunal révolutionnaire dans le cadre du procès des hébertistes. Il est condamné à mort et exécuté le 4 germinal an II (24 mars 1794) avec 18 autres condamnés dont Hébert, Ronsin, Proly,Momoro, Vincent et Jean-Baptiste Mazuel (né vers 1769 à Lyon). Il a tenu à être guillotiné le dernier. Il repose au cimetière de Picpus.</p>
<p>Ni Marat ni Roland</p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Ni_Marat,_ni_Roland" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikisource.org/wiki/Ni_Marat,_ni_Roland</a></p>
<p><a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62227468.r=Anacharsis%20Cloots?rk=193134;0" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62227468.r=Anacharsis%20Cloots?rk=193134;0</a></p>
<p>La religion est le plus grand obstacle</p>
<p><a href="https://www-marxists-org.translate.goog/history/france/revolution/cloots/1793/religion.htm?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www-marxists-org.translate.goog/history/france/revolution/cloots/1793/religion.htm?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc</a></p>
<p>La certitude des preuves du mahométanisme</p>
<p><a href="https://gallica.bnf.fr/services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&collapsing=disabled&rk=21459;2&query=%28gallica%20all%20%22Anacharsis%20Cloots%22%29%20and%20dc.relation%20all%20%22cb30251592v%22#resultat-id-1" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://gallica.bnf.fr/services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&collapsing=disabled&rk=21459;2&query=%28gallica%20all%20%22Anacharsis%20Cloots%22%29%20and%20dc.relation%20all%20%22cb30251592v%22#resultat-id-1</a></p>
<p>Discours au nom du Comité des étrangers</p>
<p><a href="https://www-marxists-org.translate.goog/history/france/revolution/cloots/1790/foreigners.htm?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www-marxists-org.translate.goog/history/france/revolution/cloots/1790/foreigners.htm?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc</a></p>
<p>Discours prononcé au nom des Fédérés prussiens</p>
<p><a href="https://www-marxists-org.translate.goog/history/france/revolution/cloots/1792/speech.htm?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www-marxists-org.translate.goog/history/france/revolution/cloots/1792/speech.htm?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc</a></p>
<p>Orateur du genre humain</p>
<p><a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62575036.r=Anacharsis%20Cloots?rk=236052;4" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62575036.r=Anacharsis%20Cloots?rk=236052;4</a></p>
<p>Amis nous sommes trahis</p>
<p><a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k324562j/f1.item.r=Anacharsis%20Cloots" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k324562j/f1.item.r=Anacharsis%20Cloots</a></p>
<p>La République universelle ou Adresse aux tyrannicides</p>
<p><a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k64369303.r=Anacharsis%20Cloots?rk=42918;4" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k64369303.r=Anacharsis%20Cloots?rk=42918;4</a></p>
<p>Bases constituionnelles de la république du genre humain</p>
<p><a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k86072x.r=Anacharsis%20Cloots?rk=64378;0" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k86072x.r=Anacharsis%20Cloots?rk=64378;0</a></p>
<p>Voltaire triomphant ou les prêtres déçus</p>
<p><a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k72297n.r=Anacharsis%20Cloots?rk=107296;4" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k72297n.r=Anacharsis%20Cloots?rk=107296;4</a></p>
<p>Anacharsis Cloots, à mon tour la parole</p>
<p><a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6262232m.r=Anacharsis%20Cloots?rk=128756;0" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6262232m.r=Anacharsis%20Cloots?rk=128756;0</a></p>
<p>Un mot sur les conférences secrètes des membres de la Convention</p>
<p><a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6248548t/f5.item.r=Anacharsis%20Cloots" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6248548t/f5.item.r=Anacharsis%20Cloots</a></p>
<p>Le mouvement anticlérical sous la Constituante</p>
<p><a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5442625k/f71.image.r=Anacharsis%20Cloots%20religion?rk=171674;4" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5442625k/f71.image.r=Anacharsis%20Cloots%20religion?rk=171674;4</a></p>
<p>Anacharsis Cloots : « Je préfère la République européenne à la République française, et la république universelle à celle de l'Europe, parce que je suis homme parce que le meilleur m'est assez bon. »</p></div>
Philosophe athée, découpée et brûlée vive par des chrétiens
https://www.matierevolution.org/spip.php?article7330
https://www.matierevolution.org/spip.php?article73302021-08-11T22:05:00Ztext/htmlfrRobert ParisReligionEgypteAthéisme
<p>A la Pâques 415 après notre ère, Hypatie d'Alexandrie (Egypte), scientifique, philosophe athée, était mise à nue, découpée vive, brûlée par les fanatiques chrétiens de Saint Cyrille <br class='autobr' />
Source : Jacques Serieys Sélection 51 1) Alexandrie, héritière d'Athènes, foyer mondial de la culture pendant 7 siècles Fondée par Alexandre le Grand, développée par les Ptolémée, Alexandrie s'enorgueillit durant 7 siècles d'un Musée, d'une Bibliothèque, d'une "école" incomparables à l'époque. Placé en bord (…)</p>
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<div class='rss_texte'><h2 class="spip">A la Pâques 415 après notre ère, Hypatie d'Alexandrie (Egypte), scientifique, philosophe athée, était mise à nue, découpée vive, brûlée par les fanatiques chrétiens de Saint Cyrille </h2>
<p>Source : Jacques Serieys Sélection 51</p>
<p>1) Alexandrie, héritière d'Athènes, foyer mondial de la culture pendant 7 siècles<br class='autobr' />
Fondée par Alexandre le Grand, développée par les Ptolémée, Alexandrie s'enorgueillit durant 7 siècles d'un Musée, d'une Bibliothèque, d'une "école" incomparables à l'époque. Placé en bord de mer, devant le port, près des palais royaux, le Musée comprend une grande colonnade couverte pourvue de sièges, un grand réfectoire, plusieurs salles pour les cours et expériences pratiques. La Bibliothèque proche est la plus riche de l'Antiquité avec plusieurs centaines de milliers de rouleaux de papyrus ; des dizaines de personnes travaillent à recopier les livres déposés.<br class='autobr' />
Nous n'abordons pas ici le rôle des philosophes juifs de l'Ecole d'Alexandrie ( Philon, Apollos...) et leur rôle majeur dans le christianisme primitif (Epître aux Hébreux...).<br class='autobr' />
Parmi les grands scientifiques illustrant Alexandrie à cette époque, citons :<br class='autobr' />
* Démétrius qui donne au Musée son orientation scientifique<br class='autobr' />
* Eratosthène, géographe et mathématicien du 3ème siècle avant notre ère<br class='autobr' />
* Euclide et les treize volumes de ses Eléments, fondements de la géométrie<br class='autobr' />
* Diophante, professeur à Alexandrie, père de l'algèbre, selon les historiens des sciences<br class='autobr' />
* Appolonius, mathématicien, précurseur de Kepler et de Newton<br class='autobr' />
* Archimède, en contact fréquent avec plusieurs savants d'Alexandrie<br class='autobr' />
* Ctesibius, un inventeur, mécanicien génial<br class='autobr' />
* Hérophile, fondateur de l'école de médecine, auteur de traités estimés sur la chirurgie, l'obstétrique, la gynécologie<br class='autobr' />
* Erasistrate, autre grand médecin, précurseur de la neurophysiologie et de la neurologie, qui distingue et donne la fonction du cerveau (facultés mentales), du cervelet (coordination motrice), des nerfs rachidiens, du sang...<br class='autobr' />
* Oribase et ses Collections médicales (70 livres) dans lesquelles il rassemble tout le savoir médical antique.<br class='autobr' />
* Straton, fondateur de l'école d'astronomie d'Alexandrie<br class='autobr' />
* Aristarque, autre astronome célèbre<br class='autobr' />
* Hipparque de Rhodes dont le catalogue astronomique compte plus de 1000 étoiles, qui découvre la précession des équinoxes.<br class='autobr' />
* Claude Ptolémée, auteur d'un traité d'optique, astronome et géographe<br class='autobr' />
* Hypatie...<br class='autobr' />
2) Christianisme et sciences sur la fin de l'Antiquité<br class='autobr' />
Dès sa fondation institutionnelle par Constantin, le christianisme essaie de devenir la principale force sociale et politique dans chaque province de l'Empire romain, dans chaque cité. Qui y pousse ? les grands propriétaires désireux de s'affranchir de la tutelle et des impôts impériaux. Sur qui s'appuient-ils ? sur leur clientèle domestique, leurs esclaves et ceux de l'Eglise.<br class='autobr' />
Dans l'évolution générale de l'Antiquité, ce christianisme présente un aspect obscurantiste, régressif, de repli sur la croyance au Seigneur des Seigneurs régnant au Ciel, de privatisation de la société, avec des aspects anti-féminin, anti-scientifique et anti-culturel.<br class='autobr' />
Que devient Alexandrie ?<br class='autobr' />
" Malgré les assauts livrés à la culture et à la science "païennes" par les chrétiens fanatiques, Alexandrie offrait encore (sur les derniers siècles de l'Antiquité, y compris le Bas-Empire) des ressources aux esprits curieux ; c'est ainsi qu'Oribase, né à Pergame vers 325, put y recevoir une solide formation médicale... Sans être un grand savant, il joua un rôle important en consacrant la suprématie de Galien, dont il exposa les théories de manière systématique...<br class='autobr' />
" Les premiers chrétiens manifestaient à l'égard des sciences une réserve allant de l'indifférence à une franche hostilité ; elles étaient englobées, au même titre que la philosophie et la littérature, dans leur défiance haineuse pour la culture païenne... Dans certains milieux turbulents comme ceux d'Alexandrie, le fanatisme (chrétien) finit par saccager les trésors de la Bibliothèque et du Musée et par éteindre le glorieux foyer scientifique que les "païens" continuaient à y entretenir aux environs de l'an 400." (Histoire Générale des Sciences Tome 1, PUF, 1966)<br class='autobr' />
3) Hypathie d'Alexandrie<br class='autobr' />
Fille de Théon, dernier directeur du Musée d'Alexandrie, éditeur et mathématicien, Hypatie apparaît dans les textes antiques comme une très forte personnalité.<br class='autobr' />
" A Alexandrie, vivait une femme du nom d'Hypatia... Tous l'admiraient et la respectaient pour son intelligence exceptionnelle et sa grande force de caractère" (Socrate le Scolastique)<br class='autobr' />
" Je m'émerveille, ô Vierge sage, et je crois voir briller au fond des nuits l'autre vierge stellaire" (Palladas, poète)<br class='autobr' />
" Nous avons vu, nous avons entendu celle qui préside aux mystères sacrés de la philosophie. Elle est sainte et chère à la divinité, ma bienfaitrice, mon maître, ma soeur, ma mère." (Synésius, son disciple, qui deviendra plus tard évêque de Cyrène)<br class='autobr' />
Les écrits des contemporains vantent la beauté d'Hypathie. Ils apportent surtout plusieurs précisions concernant ses activités ; quelles conclusions en tirer ?<br class='autobr' />
"Hypathie partagea les travaux de Théon sur le système astronomique et les coniques d'Apollonius, l'Almageste de Ptolémée et l'Arithmétique de Diophante... Avec son père, elle a rédigé une nouvelle version des Eléments de géométrie d'Euclide. Elle serait à l'origine de l'invention de l'aéromètre, instrument permettant de mesurer la densité des liqueurs." (Monique Zalmanski dans la revue scientifique Tangente n°30).<br class='autobr' />
* elle a donc écrit des ouvrages de mathématiques commentant les travaux de Diophante et d'Apollonius<br class='autobr' />
* conformément à la tradition des scientifiques d'Alexandrie, elle se passionne pour l'astronomie et consigne ses conclusions dans un "canon astronomique"<br class='autobr' />
* elle poursuit également des expériences en physique et sait fabriquer des appareils scientifiques (planisphère, hydrosope) comme en témoigne son disciple Synésius de Cyrène<br class='autobr' />
* elle est surtout connue comme professeur et animatrice de l'école de philosophie d'Alexandrie. "A ses origines, on rencontre la célèbre philosophe Hypatie qui, avant de connaître une fin tragique, forma des disciples enthousiastes, parmi lesquels le futur évêque Synésius de Cyrène." (Encyclopeia Universalis)<br class='autobr' />
4) Quatre causes probables de l'assassinat d'Hypatie par les sbires de Saint Cyrille<br class='autobr' />
4a) Quels travaux poursuivis par Hypathie ont pu susciter la haine de l'Eglise ?<br class='autobr' />
Ce sont certainement ses recherches en astronomie car la connaissance par Hypatie des découvertes réalisées précédemment par des astronomes d'Alexandrie remet en cause certains dogmes imbéciles :<br class='autobr' />
* Aristarque de Samos (environ -310 à - 230) a défendu un système cosmologique où la Terre tourne autour de son axe et autour du Soleil.<br class='autobr' />
* Eratosthène a mesuré avec précision la circonférence de la Terre.<br class='autobr' />
* Hipparque de Rhodes a découvert une méthode de détermination des longitudes<br class='autobr' />
Hypatie savait construire un astrolabe plan, matériel extrêmement pratique pour relever les positions des planètes, des étoiles et du soleil. Nous en avons la preuve par les lettres de Synésius de Cyrène où celui-ci lui demande des conseils pour la construction d'un tel instrument. Il semble aussi, d'après les revues scientifiques spécialisées "qu'elle ait pris position pour l'héliocentrisme (le soleil au centre du système solaire) contre le géocentrisme."<br class='autobr' />
Les recherches d'Hypatie sur les lois qui régissent le déplacement de la Terre autour du Soleil cherchaient probablement à pousser plus loin les recherches précédentes des savants. Galilée se verra obligé d'abjurer, à genoux devant les cardinaux, douze siècles plus tard " la croyance fausse que le Soleil est au centre du monde... et que la Terre n'est pas au centre du monde..." alors en 415, la vie d'un tel astronome, femme en plus, ne tenait qu'à un fil.<br class='autobr' />
4b) L'Eglise haïssait l'école d'Alexandrie parce qu'elle ne respectait pas ses dogmes. Ainsi, les médecins pratiquaient la dissection humaine d'où les descriptions fournies par Hérophile sur les enveloppes du cerveau, les sinus, le plexus choroïde, les ventricules, les milieux de l'oeil, l'intestin, etc, d'où également les découvertes citées plus haut d'Eratostrate. Le grand médecin Oribase a été formé à l'école d'Alexandrie ; ses traités (dont le Synopsis en 9 livres) seront enseignés à la faculté de médecine de Paris jusqu'au 17ème siècle ; or, Oribase fut un proche de l'empereur Julien qui voulait préserver les fondements de la civilisation antique contre l'Eglise et son nouveau Dieu. D'après ce que nous en savons, Hypathie avait la même attitude au plan politique comme religieux.<br class='autobr' />
4c) "Célibataire, refusant de prendre époux, se mêlant sans gêne aux hommes" et se comportant vis à vis des autorités avec assurance (les magistrats la consultaient souvent pour les affaires de la cité), son attitude, féministe avant l'heure, devait apparaître comme une provocation.<br class='autobr' />
4d) Une autre raison paraît avoir attiré sur elle la haine des chrétiens. Elle est amie, sinon l'amour du préfet Oreste. Or, en ce début du 5ème siècle, les rapports entre évêques et représentants de l'Empire, sont presque partout exécrables, l'Eglise poussant à une privatisation de la société sous sa tutelle charitable. Cette antipathie et cette contradiction totale d'intérêts opposent également à Alexandrie Oreste et le "patriarche" Cyrille.<br class='autobr' />
5) L'assassinat d'Hypatie<br class='autobr' />
Socrate Scolasticus, chrétien, raconte ainsi le meurtre, environ 25 ans après :<br class='autobr' />
« Contre elle alors s'arma la jalousie ; comme en effet elle commençait à rencontrer assez souvent Oreste, cela déclencha contre elle une calomnie chez le peuple des chrétiens, selon laquelle elle était bien celle qui empêchait des relations amicales entre Oreste et l'évêque. Et donc des hommes excités, à la tête desquels se trouvait un certain Pierre le lecteur (moine), montèrent un complot contre elle et guettèrent Hypatie qui rentrait chez elle : elle fut arrachée de son char et traînée dans l'église de Césarion. On lui arracha ses vêtements, puis les meurtriers la rasèrent et lui déchirèrent la peau avec des coquillages aiguisés. Lorsque la vie quitta son corps pantelant, ils le brisèrent en morceaux qui furent enterrés au lieu appelé Cinéron et le brûlèrent sur un bûcher. Ce qui ne fut pas sans porter atteinte à l'image de Cyrille et de l'Église d'Alexandrie ; car c'était tout à fait gênant, de la part de ceux qui se réclamaient du Christ que des meurtres, des bagarres et autres actes semblables soient cautionnés par le patriarche. Et cela eut lieu la quatrième année de l'épiscopat de Cyrille, la dixième année du règne d'Honorius, la sixième du règne de Théodose, au mois de mars, pendant le Carême. »<br class='autobr' />
D'après Damascios, Hypatie fut arrachée à sa voiture, entraînée dans une église, siège patriarcal, consacrée à Saint Michel, appelée le Caeserium quand l'édifice était le centre du culte impérial à Alexandrie. Hypatie est alors déshabillée, déchiquetée et tuée à coups de tessons. Ses restes sont promenés par les rues et brûlés.<br class='autobr' />
Jean de Nikiou (Nicée), évêque, raconte l'assassinat d'une façon qui préfigure la chasse aux sorcières du Moyen Age :<br class='autobr' />
« En ces temps apparut une femme philosophe, une païenne nommée Hypatie, et elle se consacrait à plein temps à la théurgie, aux astrolabes et aux instruments de musique, et elle ensorcela beaucoup de gens par ses dons sataniques. Et le gouverneur de la cité l'honorait excessivement ; en effet, elle l'avait ensorcelé par sa magie. Et il cessa d'aller à l'église comme c'était son habitude.... Une multitude de croyants s'assembla guidée par Pierre le magistrat – lequel était sous tous aspects un parfait croyant en Jésus-Christ – et ils entreprirent de trouver cette femme païenne qui avait ensorcelé le peuple de la cité et le préfet par ses sortilèges. Et quand ils apprirent où elle était, ils la trouvèrent assise et l'ayant arrachée à son siège, ils la trainèrent jusqu'à la grande église appelée Césarion. On était dans les jours de jeûne. Et ils déchirèrent ses vêtements et la firent traîner (derrière un char) dans les rues de la ville jusqu'à ce qu'elle mourût. Et ils la transportèrent à un endroit nommé Cinaron où ils brûlèrent son corps. Et tous les gens autour du patriarche Cyrille l'appelèrent « le nouveau Théophile », car il avait détruit les derniers restes d'idolâtrie dans la cité. »<br class='autobr' />
L'histoire mondiale des sciences précise "En 415 après JC, la Bibliothèque d'Alexandrie fut attaquée par des émeutiers. Il semble que cette émeute fut provoquée ou du moins tolérée par Cyrille, l'évêque d'Alexandrie qui défendait l'orthodoxie contre ceux qu'il considérait comme des chrétiens hérétiques et contre l'enseignement païen. Hypatie, une mathématicienne et philosophe néo-platonicienne qui dirigeait le Musée, fut brutalement assassinée par des moines tandis qu'une populace enragée faisait brûler la Bibliothèque. Après ces évènements, Alexandrie ne retrouva jamais son prestige comme centre d'enseignement..."<br class='autobr' />
L'implication de Saint Cyrille dans la campagne de haine contre Hypatie ne fait aucun doute pour tous les historiens qui ont écrit sur le sujet.<br class='autobr' />
6) Conclusion<br class='autobr' />
Je la laisserai à Leconte de Lisle, excellent poète :<br class='autobr' />
Je t'aime et te salue, ô vierge magnanime !<br class='autobr' />
Quand l' orage ébranla le monde paternel.<br class='autobr' />
Tu suivis dans l'exil cet Oedipe sublime,<br class='autobr' />
et tu l'enveloppas d'un amour éternel.<br class='autobr' />
Debout, dans ta pâleur, sous les sacrés portiques<br class='autobr' />
que des peuples ingrats abandonnait l'essaim,<br class='autobr' />
Pythonisse enchaînée aux trépieds prophétiques,<br class='autobr' />
les immortels trahis palpitaient dans ton sein.<br class='autobr' />
Tu les voyais passer dans la nue enflammée !<br class='autobr' />
De science et d'amour ils t'abreuvaient encor ;<br class='autobr' />
et la terre écoutait, de ton rêve charmée,<br class='autobr' />
chanter l' abeille attique entre tes lèvres d' or.<br class='autobr' />
Comme un jeune lotos croissant sous l' oeil des sages,<br class='autobr' />
fleur de leur éloquence et de leur équité,<br class='autobr' />
tu faisais, sur la nuit moins sombre des vieux âges,<br class='autobr' />
resplendir ton génie à travers ta beauté !<br class='autobr' />
Le grave enseignement des vertus éternelles<br class='autobr' />
s'épanchait de ta lèvre au fond des cœurs charmés ;<br class='autobr' />
et les galiléens qui te rêvaient des ailes,<br class='autobr' />
oubliaient leur dieu mort pour tes dieux bien-aimés...<br class='autobr' />
Les dieux sont en poussière et la terre est muette ;<br class='autobr' />
rien ne parlera plus dans ton ciel déserté.<br class='autobr' />
Dors ! Mais vivante en lui, chante au cœur du poète<br class='autobr' />
l' hymne mélodieux de la sainte beauté.<br class='autobr' />
Elle seule survit, immuable, éternelle.<br class='autobr' />
La mort peut disperser les univers tremblants,<br class='autobr' />
mais la beauté flamboie, et tout renaît en elle,<br class='autobr' />
et les mondes encor roulent sous ses pieds blancs.</p>
<p><a href="http://www.gauchemip.org/spip.php?article116" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Hypatie" class="spip_out" rel="external">Lire aussi</a></p>
<p><a href="https://www.persee.fr/doc/palla_0031-0387_1954_num_2_3_906" class="spip_out" rel="external">Lire encore</a></p></div>
Jacques Prévert et la religion
https://www.matierevolution.org/spip.php?article6871
https://www.matierevolution.org/spip.php?article68712020-11-14T23:05:00Ztext/htmlfrRobert ParisReligionArtAthéisme
<p>Jacques Prévert dans « La Crosse en l'air » : <br class='autobr' />
"Je ne suis pas libre penseur dit le veilleur <br class='autobr' />
je suis athée <br class='autobr' />
Hein quoi dit le Saint-Père <br class='autobr' />
et l'autre dans le tuyau de son oreille <br class='autobr' />
l'autre se met à gueuler <br class='autobr' />
Allô allô Saint-Père vous m'entendez <br class='autobr' />
athée <br class='autobr' />
A comme absolument athée <br class='autobr' />
T comme totalement athée <br class='autobr' />
H comme hermétiquement athée <br class='autobr' />
é accent aigu comme étonnement athée <br class='autobr' />
E comme entièrement athée <br class='autobr' />
pas libre penseur <br class='autobr' />
athée <br class='autobr' />
il y a une nuance." <br class='autobr' />
Jacques Prévert, "Pater Noster" : (…)</p>
-
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique96" rel="directory">09 - RELIGION</a>
/
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot98" rel="tag">Religion</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot158" rel="tag">Art</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot284" rel="tag">Athéisme</a>
<div class='rss_texte'><div class='spip_document_14057 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L480xH566/murprevert-33ff1-01195-9b6ff.jpg?1792831628' width='480' height='566' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_14036 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH442/-180-a8923-90d38.jpg?1792831628' width='500' height='442' alt='' />
</figure>
</div>
<p>Jacques Prévert dans « La Crosse en l'air » :</p>
<p><i>"Je ne suis pas libre penseur dit le veilleur</p>
<p>je suis athée</p>
<p>Hein quoi dit le Saint-Père</p>
<p>et l'autre dans le tuyau de son oreille</p>
<p>l'autre se met à gueuler</p>
<p>Allô allô Saint-Père vous m'entendez</p>
<p>athée</p>
<p>A comme absolument athée</p>
<p>T comme totalement athée</p>
<p>H comme hermétiquement athée</p>
<p>é accent aigu comme étonnement athée</p>
<p>E comme entièrement athée</p>
<p>pas libre penseur</p>
<p>athée</p>
<p>il y a une nuance."</i></p>
<div class='spip_document_14041 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/574268faf5a3b178fb17c93f0eee4b9b.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH632/574268faf5a3b178fb17c93f0eee4b9b-6ffa7.jpg?1792831628' width='500' height='632' alt='' /></a>
</figure>
</div>
<p>Jacques Prévert, "Pater Noster" :</p>
<p><i>"Notre Père qui êtes au cieux</p>
<p>Restez-y</p>
<p>Et nous nous resterons sur la terre</p>
<p>Qui est quelquefois si jolie</p>
<p>Avec ses mystères de New York</p>
<p>Et puis ses mystères de Paris</p>
<p>Qui valent bien celui de la Trinité</p>
<p>Avec son petit canal de l'Ourcq</p>
<p>Sa grande muraille de Chine</p>
<p>Sa rivière de Morlaix</p>
<p>Ses bêtises de Cambrai</p>
<p>Avec son océan Pacifique</p>
<p>Et ses deux rrabasssins aux Tuileries</p>
<p>Avec ses bons enfants et ses mauvais sujets</p>
<p>Avec toutes les merveilles du monde</p>
<p>Qui sont là</p>
<p>Simplement sur la terre</p>
<p>Offertes à tout le monde</p>
<p>Éparpillées</p>
<p>Émerveillées elles-mêmes d'être de telles merveilles</p>
<p>Et qui n'osent se l'avouer</p>
<p>Comme une jolie fille nue qui n'ose se montrer</p>
<p>Avec les épouvantables malheurs du monde</p>
<p>Qui sont légion</p>
<p>Avec leurs légionnaires</p>
<p>Avec leurs tortionnaires</p>
<p>Avec les maîtres de ce monde</p>
<p>Les maîtres avec leurs prêtres leurs traîtres et leurs reîtres</p>
<p>Avec les saisons</p>
<p>Avec les années</p>
<p>Avec les jolies filles et avec les vieux cons</p>
<p>Avec la paille de la misère pourrissant dans l'acier des canons."</i></p>
<div class='spip_document_14040 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L372xH360/-202-bd44f-7975c.jpg?1792831628' width='372' height='360' alt='' />
</figure>
</div>
<p>Jacques Prévert, "Je vous salit ma rue" :</p>
<p>(Je vous salit ma rue pleine de graisse est une imitation satirique de "Je vous salue Marie pleine de grâce")</p>
<p><i>"Je vous salis ma rue</p>
<p>et je m'en excuse</p>
<p>un homme-sandwich m'a donné un prospectus</p>
<p>de l'Armée du Salut</p>
<p>je l'ai jeté</p>
<p>et il est là tout froissé</p>
<p>dans votre ruisseau</p>
<p>et l'eau tarde à couler</p>
<p>Pardonnez-moi cette offense</p>
<p>les éboueurs vont passer</p>
<p>avec leur valet mécanique</p>
<p>et tout sera effacé</p>
<p>Alors je dirai</p>
<p>je vous salue ma rue pleine d'ogresses</p>
<p>charmantes comme dans les contes chinois</p>
<p>et qui vous plantent au cœur</p>
<p>l'épée de cristal du plaisir</p>
<p>dans la plaie heureuse du désir</p>
<p>Je vous salue ma rue pleine de grâce</p>
<p>l'éboueur est avec nous."</i></p>
<div class='spip_document_14039 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L247xH204/index-39-22966.jpg?1792831628' width='247' height='204' alt='' />
</figure>
</div>
<p><i>"Quand le diable fait la cuisine le bon dieu se met à table<br class='autobr' />
et le pauvre monde nettoie les fourneaux."</i></p>
<p><i>"Les religions ne sont que les trusts des superstitions."</i></p>
<p><strong>Jacques Prévert</strong> / Spectacle</p>
<div class='spip_document_14038 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://www.matierevolution.org/IMG/png/bandeau-collage-prevert.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH209/bandeau-collage-prevert-2bcc0.jpg?1792831629' width='500' height='209' alt='' /></a>
</figure>
</div>
<p><i>"Bref, le peuple se met à hurler "Barabbas, Barabbas, mort aux vaches, à bas la calotte" et, crucifié entre deux souteneurs dont un indicateur, il rend le dernier soupir, les femmes se vautrent sur le sol en hurlant leur douleur, un coq chante et le tonnerre fait son bruit habituel.</p>
<p>Confortablement installé sur son nuage amiral, Dieu le père, de la maison Dieu-père-fils-Saint-Esprit-&-Cie, pousse un immense soupir de satisfaction, aussitôt deux ou trois petits nuages subalternes éclatent avec obséquiosité et Dieu père s'écrie : "Que je sois loué, que ma sainte raison sociale soit bénie, mon fils bien-aimé a la croix, ma maison est lancée. "Aussitôt il passe les commandes et les grandes manufactures de scapulaires entrent en transes, on refuse du monde aux catacombes et, dans les familles qui méritent ce nom, il est de fort bon ton d'avoir au moins deux enfants dévorés par les lions."</i></p>
<p>dans Paroles - "Souvenirs de famille ou l'ange garde-chiourme"</p>
<div class='spip_document_14037 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L469xH610/222-4f617.jpg?1792831629' width='469' height='610' alt='' />
</figure>
</div>
<p><i>"J'ai toujours été intact de Dieu et c'est en pure perte que ses émissaires, ses commissaires, ses prêtres, ses directeurs de conscience, ses ingénieurs des âmes, ses maîtres à penser se sont évertués à me sauver. […]<br class='autobr' />
Et je m'en allais, là où ça me plaisait, là où il faisait beau même quand il pleuvait, et quand, de temps à autre ils revenaient avec leurs trousseaux de mots-clés, leurs cadenas d'idées, les explicateurs de l'inexplicable, les réfutateurs de l'irréfutable, les négateurs de l'indéniables, je souriais et répétais : « C'est pas vrai ! » et « C'est vrai que c'est pas vrai ! ».</i>Et comme ils me foutaient zéro pour leurs menteries millénaires, je leur donnais en mille mes vérités premières."</i></p>
<p>dans "Choses et autres"</p>
<p>"Dans chaque église, il y a toujours quelque chose qui cloche. "</p>
<p>dans "Spectacle"</p>
<p>Avec les jolies filles et avec les vieux cons <br />
Avec la paille de la misère pourrissant dans l'acier des canons."<br /></p>
<p>Extrait de "Paroles"<br />
<br /></p>
<p>« L'enfant qui verse, histoire de rire, son encrier dans le bénitier, est plus drôle et plus vrai que Luther qui disait avoir jeté le sien au diable. »<br /></p>
<p>« La théologie, c'est simple comme Dieu et dieux font trois. »<br /></p>
<p>« La révolution est quelque fois un rêve, la religion toujours un cauchemar. »<br /></p>
<p>« Dieu a besoin des hommes, mais les hommes n'ont pas besoin de lui. »<br /></p>
<p>Prévert, "Tentative de description d'un dîner de têtes à Paris-France" :</p>
<p>"Ceux qui pieusement</p>
<p>Ceux qui copieusement</p>
<p>Ceux qui tricolorent</p>
<p>Ceux qui inaugurent</p>
<p>Ceux qui croient</p>
<p>Ceux qui croient croire</p>
<p>Ceux qui croa-croa…"</p>
<p>« La France est la fille aînée de l'église et Jésus-Christ le cadet de mes soucis. »<br /></p>
<p>« Un seul Dieu tu abhorreras.<br class='autobr' />
Ce lapsus déi est un exemple typique d'automasochisme divin. »<br /></p>
<p>
« Luther et Calvin<br />
Calvin et Luther<br />
Calvaire et lutins. »<br />
<br /></p>
<p>« Il y a des gens qui s'amusent d'un rien, faites comme eux, amusez-vous de Dieu. »<br />
<br /></p>
<p>« Satan est l'âme damnée de Dieu. »<br /></p>
<p>« Le premier jour, Dieu n'a pas fermé l'œil de la nuit et de cette insomnie, la lune encore en rit. »<br /></p>
<p>« Enfin, tant bien que mal nous vivons, Dieu merci !<br class='autobr' />
Dieu : « Il n'y a pas de quoi. »<br />
<br /></p>
<p>« Dictionnaire : maladie qui existe par elle-même et ne dépend d'aucune autre affection. Voir « Déisme ».<br />
<br /></p>
<p>« C'est sans doute celui qui n'a jamais pêché qui lui a jeté la première pierre. »<br />
<br /></p>
<p>Jacques Prévert, Ecritures saintes :</p>
<p>A</p>
<p>Paul et</p>
<p>Virginie</p>
<p>au tenon et à la mortaise</p>
<p>à la chèvre et au chou</p>
<p>à la paille et à la poutre</p>
<p>au-dessus et au-dessous du panier</p>
<p>à</p>
<p>Saint-Pierre et à</p>
<p>Miquelon</p>
<p>à la une et à la deux</p>
<p>à la mygale et à la fourmi</p>
<p>au zist et au zest</p>
<p>à votre santé et à la mienne</p>
<p>au bien et au mal</p>
<p>à</p>
<p>Dieu et au</p>
<p>Diable</p>
<p>à</p>
<p>Laurel et à</p>
<p>Hardy.</p>
<p>Dieu est un grand lapin</p>
<p>Il habite plus haut que la terre</p>
<p>tout en haut là-haut dans les cieux</p>
<p>dans son grand terrier nuageux.</p>
<p>Le diable est un grand lièvre rouge</p>
<p>avec un fusil tout gris</p>
<p>Pour tirer dans l'ombre de la nuit</p>
<p>mais</p>
<p>Dieu est un gros lapin</p>
<p>il a l'oreille du monde</p>
<p>il connaît la musique</p>
<p>une fois il a eu un grand fils</p>
<p>un joyeux lapin</p>
<p>et il l'a envoyé sur la terre</p>
<p>pour sauver les lapins d'en bas</p>
<p>et son fils a été rapidement liquidé</p>
<p>et on l'a appelé civet.</p>
<p>Évidemment il a passé de bien mauvais moments</p>
<p>et puis il a repris du poil de la bête</p>
<p>il s'est remis les os en place</p>
<p>les reins le râble la tête et tout</p>
<p>et il a fait un bond prodigieux</p>
<p>et le voilà maintenant rude lapin</p>
<p>bondissant dans les cieux</p>
<p>à la droite et è la gauche</p>
<p>du grand lapin tout-puissant.</p>
<p>Et le diable tire dans l'ombre</p>
<p>et revient bredouille chaque nuit</p>
<p>rien dans son charnier</p>
<p>rien à se mettre sous la charnière</p>
<p>et il pique de grandes colères</p>
<p>il arrache sa casquette de sur sa tête</p>
<p>et il piétine dans la poussière</p>
<p>et après il est bien avancé</p>
<p>et il est obligé de mettre</p>
<p>tous les jours que le lapin fait</p>
<p>son chapeau des dimanches.</p>
<p>Mais son chapeau des dimanches</p>
<p>c'est un fantôme de lapin</p>
<p>un feu follet des fabriques</p>
<p>et il fait des facéties</p>
<p>c'est pour cela que le diable</p>
<p>n'a jamais son chapeau sur la tête</p>
<p>pas même les jours de fête</p>
<p>mais à côté de sa tête</p>
<p>au-dessus de sa tête</p>
<p>ou même comme ça derrière la tête</p>
<p>oui</p>
<p>exactement à dix ou quinze centimètres</p>
<p>derrière sa tête</p>
<p>et il attrape tout le temps des migraines</p>
<p>de la grêle du vent</p>
<p>et des otites dans les oreilles.</p>
<p>Quand il rencontre</p>
<p>Dieu</p>
<p>il est très embêté</p>
<p>parce qu'il doit le saluer</p>
<p>c'est réglementaire</p>
<p>puisque c'est</p>
<p>Dieu le fondateur</p>
<p>du ciel et de la terre</p>
<p>lui il est seulement l'inventeur</p>
<p>de la pierre à feu</p>
<p>et</p>
<p>Dieu lui dit</p>
<p>Je vous en prie mon ami restez couvert</p>
<p>mais le diable ne peut pas</p>
<p>mettez-vous à sa place</p>
<p>puisque son chapeau ne tient pas en place</p>
<p>alors il se rend compte</p>
<p>qu'il est légèrement ridicule</p>
<p>et il s'en retourne chez lui en courant</p>
<p>il allume un grand feu en pleurant</p>
<p>et il se regarde dans son armoire à glace</p>
<p>en faisant des grimaces</p>
<p>et puis il jette l'armoire dans le feu</p>
<p>et quand l'armoire se met à pétiller</p>
<p>à craquer à crier</p>
<p>Il devient tout à coup très joyeux</p>
<p>et il se couche sur le brasier</p>
<p>avec une grande flamme blanche</p>
<p>comme oreiller</p>
<p>et il ronronne tout doucement</p>
<p>comme le feu</p>
<p>comme les chats quand ils sont heureux</p>
<p>et il rêve aux bons-tours qu'il va jouer au bon Dieu.</p>
<p>Dieu est aussi un prêteur sur gage</p>
<p>un vieil usurier</p>
<p>il se cache dans une bicoque</p>
<p>tout en haut de son mont-de-piété</p>
<p>et il prête à la petite semaine</p>
<p>au mois au siècle et à l'éternité</p>
<p>et ceux qui redescendent avec un peu d'argent</p>
<p>en bas dans la vallée le diable les attend</p>
<p>il leur fauche leur fric</p>
<p>il leur fout une volée</p>
<p>et s'en va en chantant la pluie et le beau temps.</p>
<p>Dieu est aussi un grand voyageur</p>
<p>et quand il voyage</p>
<p>pas moyen de le faire tenir en place</p>
<p>il s'installe dans tous les wagons</p>
<p>et il descend dans tous les hôtels à la fois</p>
<p>à ces moments-là</p>
<p>tous les voyageurs marchent à pied</p>
<p>et couchent dehors</p>
<p>et le diable passe</p>
<p>et crie</p>
<p>Oreillers couvertures</p>
<p>et tous appellent</p>
<p>Pst...</p>
<p>Pst...</p>
<p>Pst...</p>
<p>mais lui dit ça simplement comme ça</p>
<p>pour les emmerder un peu plus</p>
<p>il a autre chose à faire</p>
<p>que de s'occuper vraiment de ces gens-là</p>
<p>il est seulement un peu content</p>
<p>parce qu'ils prennent froid.</p>
<p>Dieu est aussi une grosse dinde de Noël qui se fait manger par les riches</p>
<p>pour souhaiter la fête à son fils.</p>
<p>Alors les coudes sur la sainte table</p>
<p>le Diable regarde</p>
<p>Dieu en face</p>
<p>avec un sourire de côté</p>
<p>et il fait du pied aux anges et Dieu est bien embêté."</p>
<div class='spip_document_14044 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH325/149135-d745b.jpg?1792831629' width='500' height='325' alt='' />
</figure>
</div>
<p>"Il nous lisait toujours la même histoire, triste et banale d'un homme [Jésus] d'autrefois qui portait un bouc au menton, un agneau sur les épaules et qui mourut cloué sur deux planches de salut après avoir beaucoup pleuré sur lui-même dans un jardin, la nuit. C'était un fils de famille qui parlait toujours de son père - mon père par-ci, mon père par-là, le royaume de mon père - et il racontait des histoires aux malheureux qui l'écoutaient avec admiration, parce qu'il parlait bien et avait de l'instruction. Il guérissait les hydropiques, et il leur marchait sur le ventre en disant qu'il marchait sur l'eau, et l'eau qu'il leur sortait du ventre, il la changeait en vin ; à ceux qui voulaient bien en boire, il disait que c'était son sang. Assis sous un arbre, il parabolait : "heureux les pauvres d'esprit, ceux qui ne cherchent pas à comprendre, ils travailleront dur, ils recevront des coups de pied au cul et ils feront des heures supplémentaires qui leur seront comptées plus tard dans le royaume de mon père." (Paroles - Souvenirs de famille ou l'ange garde-chiourme)</p>
<div class='spip_document_14045 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L176xH286/Fatras-ccd9d.jpg?1792831629' width='176' height='286' alt='' />
</figure>
</div>
<p>"J'ai toujours été intact de Dieu et c'est en pure perte que ses émissaires, ses commissaires, ses prêtres, ses directeurs de conscience, ses ingénieurs des âmes, ses maîtres à penser se sont évertués à me sauver. […] Et je m'en allais, là où ça me plaisait, là où il faisait beau même quand il pleuvait, et quand, de temps à autre ils revenaient avec leurs trousseaux de mots-clés, leurs cadenas d'idées, les explicateurs de l'inexplicable, les réfutateurs de l'irréfutable, les négateurs de l'indéniables, je souriais et répétais : « C'est pas vrai ! » et « C'est vrai que c'est pas vrai ! ». Et comme ils me foutaient zéro pour leurs menteries millénaires, je leur donnais en mille mes vérités premières." (dans "Choses et autres")</p>
<p>"Quand le diable fait la cuisine le bon dieu se met à table et le pauvre monde nettoie les fourneaux."</p>
<p>"Les religions ne sont que les trusts des superstitions." (dans "Spectacle")</p>
<p>"Bref, le peuple se met à hurler "Barabbas, Barabbas, mort aux vaches, à bas la calotte" et, crucifié entre deux souteneurs dont un indicateur, il rend le dernier soupir, les femmes se vautrent sur le sol en hurlant leur douleur, un coq chante et le tonnerre fait son bruit habituel. Confortablement installé sur son nuage amiral, Dieu le père, de la maison Dieu-père-fils-Saint-Esprit-&-Cie, pousse un immense soupir de satisfaction, aussitôt deux ou trois petits nuages subalternes éclatent avec obséquiosité et Dieu père s'écrie : "Que je sois loué, que ma sainte raison sociale soit bénie, mon fils bien-aimé a la croix, ma maison est lancée. "Aussitôt il passe les commandes et les grandes manufactures de scapulaires entrent en transes, on refuse du monde aux catacombes et, dans les familles qui méritent ce nom, il est de fort bon ton d'avoir au moins deux enfants dévorés par les lions."</p>
<p>dans Paroles - Souvenirs de famille ou l'ange garde-chiourme</p>
<div class='spip_document_14046 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L186xH303/9782070368778-200x303-1-a3a85.jpg?1792831629' width='186' height='303' alt='' />
</figure>
</div>
<p>"J'ai toujours été intact de Dieu et c'est en pure perte que ses émissaires, ses commissaires, ses prêtres, ses directeurs de conscience, ses ingénieurs des âmes, ses maîtres à penser se sont évertués à me sauver. […] Et je m'en allais, là où ça me plaisait, là où il faisait beau même quand il pleuvait, et quand, de temps à autre ils revenaient avec leurs trousseaux de mots-clés, leurs cadenas d'idées, les explicateurs de l'inexplicable, les réfutateurs de l'irréfutable, les négateurs de l'indéniables, je souriais et répétais : « C'est pas vrai ! » et « C'est vrai que c'est pas vrai ! ».Et comme ils me foutaient zéro pour leurs menteries millénaires, je leur donnais en mille mes vérités premières."</p>
<p>dans Choses et autres</p>
<div class='spip_document_14047 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L210xH347/51-WLM6dcsL-_SX210_-f59d3.jpg?1792831629' width='210' height='347' alt='' />
</figure>
</div>
<p>"Dans chaque église, il y a toujours quelque chose qui cloche. "</p>
<p>dans spectacle</p>
<p>Avec les jolies filles et avec les vieux cons <br class='autobr' />
Avec la paille de la misère pourrissant dans l'acier des canons."</p>
<p>Extrait de "Paroles"</p>
<p>« L'enfant qui verse, histoire de rire, son encrier dans le bénitier, est plus drôle et plus vrai que Luther qui disait avoir jeté le sien au diable. »</p>
<p>« La théologie, c'est simple comme Dieu et dieux font trois. »</p>
<p>« La révolution est quelque fois un rêve, la religion toujours un cauchemar. »</p>
<p>« Dieu a besoin des hommes, mais les hommes n'ont pas besoin de lui. »</p>
<p>« La France est la fille aînée de l'église et Jésus-Christ le cadet de mes soucis. »</p>
<p>« Un seul Dieu tu abhorreras. Ce lapsus déi est un exemple typique d'automasochisme divin. »</p>
<p>« Luther et Calvin</p>
<p>Calvin et Luther</p>
<p>Calvaire et lutins. »</p>
<p>« Il y a des gens qui s'amusent d'un rien, faites comme eux, amusez-vous de Dieu. »</p>
<p>« Satan est l'âme damnée de Dieu. »</p>
<p>« Le premier jour, Dieu n'a pas fermé l'œil de la nuit et de cette insomnie, la lune encore en rit. »</p>
<p>« Enfin, tant bien que mal nous vivons, Dieu merci ! Dieu : « Il n'y a pas de quoi. »</p>
<p>« Dictionnaire : maladie qui existe par elle-même et ne dépend d'aucune autre affection. Voir « Déisme ».</p>
<p>« C'est sans doute celui qui n'a jamais pêché qui lui a jeté la première pierre. »</p>
<div class='spip_document_14048 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH298/unnamedu-8036d.jpg?1792831629' width='500' height='298' alt='' />
</figure>
</div>
<p> « Bref, le peuple se met à hurler "Barabbas, Barabbas, mort aux vaches, à bas la calotte" et, crucifié entre deux souteneurs dont un indicateur, il rend le dernier soupir, les femmes se vautrent sur le sol en hurlant leur douleur, un coq chante et le tonnerre fait son bruit habituel.<br class='autobr' />
Confortablement installé sur son nuage amiral, Dieu le père, de la maison Dieu-père-fils-Saint-Esprit-&-Cie, pousse un immense soupir de satisfaction, aussitôt deux ou trois petits nuages subalternes éclatent avec obséquiosité et Dieu père s'écrie : "Que je sois loué, que ma sainte raison sociale soit bénie, mon fils bien-aimé a la croix, ma maison est lancée. "Aussitôt il passe les commandes et les grandes manufactures de scapulaires entrent en transes, on refuse du monde aux catacombes et, dans les familles qui méritent ce nom, il est de fort bon ton d'avoir au moins deux enfants dévorés par les lions. »</p>
<p>(Jacques Prévert / Paroles - Souvenirs de famille ou l'ange garde-chiourme)</p>
<div class='spip_document_14049 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH332/unnamedk-f4a9b.jpg?1792831629' width='500' height='332' alt='' />
</figure>
</div>
<p>« Notre Père qui êtes aux cieux</p>
<p>Restez-y</p>
<p>Et nous nous resterons sur la terre</p>
<p>Qui est quelquefois si jolie</p>
<p>Avec ses mystères de New York</p>
<p>Et puis ses mystères de Paris</p>
<p>Qui valent bien celui de la Trinité</p>
<p>Avec son petit canal de l'Ourcq</p>
<p>Sa grande muraille de Chine</p>
<p>Sa rivière de Morlaix</p>
<p>Ses bêtises de Cambrai… »</p>
<p>(Jacques Prévert / Paroles - Pater noster)</p>
<p> « Le paon fait la roue</p>
<p>Le hasard fait le reste</p>
<p>Dieu s'assoit dedans</p>
<p>Et l'homme le pousse »</p>
<p>(Jacques Prévert/ Paroles - La brouette ou les grandes inventions)</p>
<div class='spip_document_14050 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH332/unnamedl-ffb46.jpg?1792831629' width='500' height='332' alt='' />
</figure>
</div> <p>« Ils sont à table</p>
<p>Ils ne mangent pas</p>
<p>Ils ne sont pas dans leur assiette</p>
<p>Et leur assiette se tient toute droite</p>
<p>Verticalement derrière leur tête. »</p>
<p>(Jacques Prévert / Paroles - La Cène)</p>
<p> « Quand [le Diable] rencontre Dieu</p>
<p>il est très embêté</p>
<p>parce qu'il doit le saluer</p>
<p>c'est réglementaire […]</p>
<p>alors il se rend compte</p>
<p>qu'il est légèrement ridicule</p>
<p>et il s'en retourne chez lui en courant</p>
<p>il allume un grand feu en pleurant […]</p>
<p>et il se couche sur le brasier</p>
<p>avec une grande flamme blanche</p>
<p>comme oreiller</p>
<p>et il ronronne tout doucement</p>
<p>comme le feu</p>
<p>comme les chats quand ils sont heureux</p>
<p>et il rêve aux bons tours</p>
<p>qu'il va jouer au bon Dieu. »</p>
<p>(Jacques Prévert / Paroles - Ecritures saintes)</p>
<p> « Les paris stupides :</p>
<p> un certain Blaise Pascal</p>
<p> etc… etc... »</p>
<p>(Jacques Prévert / Paroles)</p>
<div class='spip_document_14051 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L341xH512/unnamed-3-1285b.jpg?1792831629' width='341' height='512' alt='' />
</figure>
</div>
<p> « … mais le pape l'interrompt</p>
<p>Ah ! Foutez-moi la paix à la fin</p>
<p>je ne suis tout de même pas arrivé à mon âge et à la haute situation pour me laisser emmerder par un malheureux petit libre penseur de rien du tout</p>
<p>venu je ne sais d'où</p>
<p>Je ne suis pas libre penseur dit le veilleur</p>
<p>je suis athée</p>
<p>Hein quoi dit le Saint-Père</p>
<p>et l'autre dans le tuyau de son oreille</p>
<p>l'autre se met à gueuler</p>
<p>Allo allo Saint-Père vous m'entendez</p>
<p>athée</p>
<p>A comme absolument athée</p>
<p>T comme totalement athée</p>
<p>H comme hermétiquement athée</p>
<p>E accent aigu comme étonnement athée</p>
<p>E comme entièrement athée</p>
<p>pas libre penseur</p>
<p>athée</p>
<p>il y a une nuance »</p>
<p>(Jacques Prévert / Paroles - La crosse en l'air [feuilleton])</p>
<div class='spip_document_14052 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/citation-dieu-est-un-petit-bonhomme-sans-queue-qui-fume-sa-pipe-au-coin-du-feu-jacques-prevert-167494.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH235/citation-dieu-est-un-petit-bonhomme-sans-queue-qui-fume-sa-pipe-au-coin-du-feu-jacques-prevert-167494-6e642.jpg?1792831629' width='500' height='235' alt='' /></a>
</figure>
</div> <p>« Il y a des gens qui dansent sans entrer en transe et il y en a d'autre qui entrent en transe sans danser. Ce phénomène s'appelle la Transcendance et dans nos régions il est fort apprécié. »</p>
<p>(Jacques Prévert/ Spectacle / 1951)</p>
<p>"Les religions ne sont que les trusts des superstitions."</p>
<p>(Jacques Prévert/ Spectacle / 1951)</p>
<p>"Oh ! Raison funèbre !"</p>
<p>(Jacques Prévert / Spectacle / 1951)</p>
<p>"Dieu est un petit bonhomme sans queue qui fume sa pipe au coin du feu."<br class='autobr' />
(Jacques Prévert/ Spectacles)</p>
<p>"Quand la vérité n'est pas libre, la liberté n'est pas vraie."</p>
<p>(Jacques Prévert/ Spectacles)</p>
<p>"Dans chaque église, il y a toujours quelque chose qui cloche."</p>
<p>(Jacques Prévert / Fatras)</p>
<p>"Je vous salis, ma rue</p>
<p>Et je m'en excuse"</p>
<p>(Jacques Prévert / Fatras)</p>
<p>"Martyr, c'est pourrir un peu."</p>
<p>(Jacques Prévert / Paroles)</p>
<p>"Dieu est formidiable !"</p>
<p>(Jacques Prévert / Soleil de nuit)</p>
<div class='spip_document_14053 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/5807-1.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH500/5807-1-146f3.jpg?1792831629' width='500' height='500' alt='' /></a>
</figure>
</div>
<p>"J'ai toujours été intact de Dieu et c'est en pure perte que ses émissaires, ses commissaires, ses prêtres, ses directeurs de conscience, ses ingénieurs des âmes, ses maîtres à penser se sont évertués à me sauver. […]<br class='autobr' />
Et je m'en allais, là où ça me plaisait, là où il faisait beau même quand il pleuvait, et quand, de temps à autre ils revenaient avec leurs trousseaux de mots-clés, leurs cadenas d'idées, les explicateurs de l'inexplicable, les réfutateurs de l'irréfutable, les négateurs de l'indéniables, je souriais et répétais : « C'est pas vrai ! » et « C'est vrai que c'est pas vrai ! ».<br class='autobr' />
Et comme ils me foutaient zéro pour leurs menteries millénaires, je leur donnais en mille mes vérités premières."</p>
<p>(Jacques Prévert / Choses et autres)</p>
<p>"C'est connu, Eve n'avait pas de pomme d'Adam."</p>
<p>(Jacques Prévert / Le Fruit défendu)</p>
<div class='spip_document_14054 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH328/57995-e6d51.jpg?1792831629' width='500' height='328' alt='' />
</figure>
</div>
<p>"Dieu est un grand lapin</p>
<p>il habite plus haut que la terre</p>
<p>tout en haut là-haut dans les cieux</p>
<p>dans son grand terrier nuageux.</p>
<p>Dieu est aussi un prêteur sur gage</p>
<p>un vieil usurier</p>
<p>il se cache dans une bicoque</p>
<p>tout en haut de son mont de piété</p>
<p>et il prête à la petite semaine</p>
<p>au mois au siècle et à l'éternité.</p>
<p>Dieu est aussi un grand voyageur</p>
<p>et quand il voyage pas moyen de le faire tenir en place</p>
<p>il s'installe dans tous les wagons</p>
<p>et il descend dans tous les hôtels à la fois</p>
<p>à ces moments-là</p>
<p>tous les voyageurs marchent à pied</p>
<p>et couchent dehors</p>
<p>Dieu est aussi une grosse dinde de Noël</p>
<p>qui se fait manger par les riches</p>
<p>pour souhaiter la fête à son fils.</p>
<p>Alors les coudes sur la sainte table</p>
<p>le Diable regarde Dieu en face</p>
<p>avec un sourire de côté et il fait du pied aux anges</p>
<p>et Dieu est bien embêté."</p>
<p>(Jacques Prévert )</p>
<div class='spip_document_14055 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH252/La_poesie_est_partout_comme_Dieu_n_est_nulle_part_-_Jacques_Prevert-153472-45a05.jpg?1792831629' width='500' height='252' alt='' />
</figure>
</div>
<p>"Quand le diable fait la cuisine le bon dieu se met à table</p>
<p>et le pauvre monde nettoie les fourneaux."</p>
<p>(Jacques Prévert)</p>
<p>"Saint Martin a donné la moitié de son manteau à un pauvre : comme ça, ils ont eu froid tous les deux."</p>
<p>(Jacques Prévert)</p>
<p>"La meilleure façon de ne pas avancer est de suivre une idée fixe."</p>
<p>(Jacques Prévert)</p>
<p>"La théologie, c'est simple comme dieu et dieu font trois."</p>
<p>(Jacques Prévert)</p>
<div class='spip_document_14056 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH504/ae55e4ee4e60dea9640e9431a2ee51c0-744b7.jpg?1792831629' width='500' height='504' alt='' />
</figure>
</div></div>
« Faust » de Goethe, un des plus importants ouvrages athées
https://www.matierevolution.org/spip.php?article6666
https://www.matierevolution.org/spip.php?article66662020-02-24T23:05:00Ztext/htmlfrRobert ParisReligionAthéisme
<p>« Faust » de Goethe, un des plus importants ouvrages athées <br class='autobr' />
L'une des âmes de Faust n'est rien d'autre que Méphistophélès (le diable) !!! <br class='autobr' />
Goethe dans « Faust » : <br class='autobr' />
MARGUERITE. <br class='autobr' />
Dis-moi donc, quelle religion as-tu ? Tu es un homme d'un cœur excellent, mais je crois que tu n'as guère de piété. <br class='autobr' />
FAUST. <br class='autobr' />
Laissons cela, mon enfant : tu sais si je t'aime ; pour mon amour j'abandonnerais mon corps et mon sang ; mais je ne veux enlever personne à sa foi et à son église. <br class='autobr' />
MARGUERITE. <br class='autobr' />
Ce (…)</p>
-
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique96" rel="directory">09 - RELIGION</a>
/
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot98" rel="tag">Religion</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot284" rel="tag">Athéisme</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">« Faust » de Goethe, un des plus importants ouvrages athées</h2>
<p>L'une des âmes de Faust n'est rien d'autre que Méphistophélès (le diable) !!!</p>
<p>Goethe dans « Faust » :</p>
<p>MARGUERITE.</p>
<p>Dis-moi donc, quelle religion as-tu ? Tu es un homme d'un cœur excellent, mais je crois que tu n'as guère de piété.</p>
<p>FAUST.</p>
<p>Laissons cela, mon enfant : tu sais si je t'aime ; pour mon amour j'abandonnerais mon corps et mon sang ; mais je ne veux enlever personne à sa foi et à son église.</p>
<p>MARGUERITE.</p>
<p>Ce n'est pas assez : il faut encore y croire.</p>
<p>FAUST.</p>
<p>Le faut-il ?</p>
<p>MARGUERITE.</p>
<p>Oh ! si je pouvais quelque chose sur toi !… Tu n'honores pas non plus les saints Sacremens.</p>
<p>FAUST.</p>
<p>Je les honore.</p>
<p>MARGUERITE.</p>
<p>Sans les désirer cependant. Il y a long-tems que tu n'es allé à la messe, à confesse ; crois-tu en Dieu ?</p>
<p>FAUST.</p>
<p>Ma bien-aimée, qui oserait dire : Je crois en Dieu ! Demande-le aux prêtres ou aux sages, et leur réponse semblera être une raillerie de la demande.</p>
<p>MARGUERITE.</p>
<p>Tu n'y crois donc pas ?</p>
<p>FAUST.</p>
<p>Sache mieux me comprendre, aimable créature : qui oserait le nommer et faire cet acte de foi : je crois en lui ! qui oserait sentir, et s'exposer à dire : je ne crois pas en lui ! Celui qui contient tout, qui soutient tout, ne contient-il pas, ne soutient-il pas toi, moi, et lui-même ? Le ciel ne se voûte-t-il pas là-haut ? La terre ne s'étend-elle pas ici bas, et les astres éternels ne s'élèvent-ils pas en nous regardant amicalement ? Mon œil ne voit-il pas tes yeux ? Tout n'entraîne-t-il pas vers toi et ma tête et mon cœur ? et ce qui m'y attire n'est-ce pas un mystère éternel, visible ou invisible ?... Si grand qu'il soit, remplis-en ton ame, et si, par ce sentiment, tu es heureuse, nomme-le comme tu voudras, bonheur ! cœur ! amour ! Dieu ! — Moi, je n'ai pour cela aucun nom. Le sentiment est tout, et ces noms de la nature ne sont que bruit et que fumée qui nous voilent l'éclat des cieux.</p>
<p>MARGUERITE.</p>
<p>Tout cela est bel et bon ; ce que dit le prêtre y ressemble assez, à quelques autres mots près.</p>
<p>FAUST.</p>
<p>Tous les cœurs, sous le soleil, le répètent en tous lieux, chacun en son langage, pourquoi ne le dirais-je pas dans le mien ?</p>
<p>MARGUERITE.</p>
<p>Si on l'entend ainsi, cela peut paraître raisonnable ; mais il reste encore pourtant quelque chose de louche, car tu n'as pas de christianisme.</p>
<p>FAUST.</p>
<p>Chère enfant !</p>
<p>Faust : « Je ne crains ni diable, ni enfer. »</p>
<p>Faust : « Oh ! si la force de l'esprit et de la parole me dévoilait les secrets qui me restent à connaître, et que je ne fusse plus obligé de dire péniblement ce que je ne sais pas ; si enfin je pouvais connaître tout ce que le monde cache en lui-même, et, sans m'attacher davantage à des mots inutiles, voir ce que la nature contient de forces et de semences éternelles ! »</p>
<p>Faust : « Le dieu qui réside en mon sein peut émouvoir profondément tout mon être ; mais lui, qui gouverne toutes mes forces, ne peut rien déranger autour de moi. Et voilà pourquoi la vie m'est un fardeau, pourquoi je désire la mort, et j'abhorre l'existence. »</p>
<p>Méphistophélès : « Grise est la théorie, mon ami, mais vert l'arbre éternel de la vie. »</p>
<p>Méphistophélès : « Naturellement, quand un Dieu se met à l'œuvre pendant six jours, et se dit enfin bravo à lui-même, il en doit résulter quelque chose de passable. »</p>
<p>Faust : « Deux âmes, hélas ! habitent mon cœur, et l'une veut faire divorce d'avec l'autre. »</p>
<p>Méphistophélès : « Je me donnerais volontiers au diable, si je ne l'étais moi-même. »</p>
<p>Faust : « Quelque chose s'est-il dérangé dans ta tête ? ou cela t'amuse-t-il de tempêter comme un enragé ? »</p>
<p>Méphistophélès : « Tout ce qui existe mérite de périr. »</p>
<p>Faust : « Il est écrit : Au commencement était le verbe ! Ici je m'arrête déjà ! Qui me soutiendra plus loin ? Il m'est impossible d'estimer assez ce mot, le verbe ! il faut que je le traduise autrement, si l'esprit daigne m'éclairer. Il est écrit : Au commencement était l'esprit ! Réfléchissons bien sur cette première ligne, et que la plume ne se hâte pas trop ! Est-ce bien l'esprit qui crée et conserve tout ? Il devrait y avoir : Au commencement était la force ! Cependant tout en écrivant ceci, quelque chose me dit que je ne dois pas m'arrêter à ce sens. L'esprit m'éclaire enfin ! L'inspiration descend sur moi, et j'écris consolé : Au commencement était l'action ! »</p>
<p>Friedrich Engels :</p>
<p>« Goethe aussi bien que Hegel étaient, chacun dans son domaine, des Jupiters olympiens, mais l'un et l'autre ne dépouillèrent jamais complètement le philistin allemand… La thèse de la rationalité de tout le réel se résout, selon toutes les règles de la dialectique hégélienne, en cette autre : « Tout ce qui existe mérite de périr. » (dans « Faust » de Goethe) »</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/engels/works/1888/02/fe_18880221_1.htm" class="spip_out" rel="external">source</a></p>
<p>Marx dans « Le pouvoir de l'argent » (1844) :</p>
<p>« L'argent en possédant la qualité de tout acheter, en possédant la qualité de s'approprier tous les objets est donc l'objet comme possession éminente. L'universalité de sa qualité est la toute-puissance de son essence. Il passe donc pour tout-puissant... L'argent est l'entremetteur entre le besoin et l'objet, entre la vie et le moyen de subsistance de l'homme. Mais ce qui sert de moyen terme à ma vie, sert aussi de moyen terme à l'existence des autres hommes pour moi. C'est pour moi l'autre homme.</p>
<p>« Faust » de Goethe :</p>
<p>« Que diantre ! il est clair que tes mains et les pieds</p>
<p>Et ta tête et ton c... sont à toi ;</p>
<p>Mais tout ce dont je jouis allégrement</p>
<p>En est-ce donc moins à moi ?</p>
<p>Si je puis payer six étalons,</p>
<p>Leurs forces ne sont-elles pas miennes ?</p>
<p>Je mène bon grain et suis un gros monsieur,</p>
<p>Tout comme si j'avais vingt-quatre pattes. »</p>
<p>Pour le comprendre, commençons d'abord par expliquer le passage de Gœthe :</p>
<p>Ce qui grâce à l'argent est pour moi, ce que je peux payer, c'est-à-dire ce que l'argent peut acheter, je le suis moi-même, moi le possesseur de l'argent. Ma force est tout aussi grande qu'est la force de l'argent. Les qualités de l'argent sont mes qualités et mes forces essentielles - à moi son possesseur. Ce que je suis et ce que je peux n'est donc nullement déterminé par mon individualité. Je suis laid, mais je peux m'acheter la plus belle femme. Donc je ne suis pas laid, car l'effet de la laideur, sa force repoussante, est anéanti par l'argent. De par mon individualité, je suis perclus, mais l'argent me procure vingt-quatre pattes ; je ne suis donc pas perclus ; je suis un homme mauvais, malhonnête, sans conscience, sans esprit, mais l'ar¬gent est vénéré, donc aussi son possesseur, l'argent est le bien suprême, donc son posses¬seur est bon, l'argent m'évite en outre la peine d'être malhonnête ; on me présume donc hon¬nê¬te ; je suis sans esprit, mais l'argent est l'esprit réel de toutes choses, comment son possesseur pourrait-il ne pas avoir d'esprit ? De plus, il peut acheter les gens spirituels et celui qui possè¬de la puissance sur les gens d'esprit n'est-il pas plus spirituel que l'homme d'esprit ? Moi qui par l'argent peux tout ce à quoi aspire un cœur humain, est-ce que je ne possède pas tous les pouvoirs humaine ? Donc mon argent ne transforme-t-il pas toutes mes impuissances en leur contraire ?</p>
<p>Si l'argent est le lien qui me lie à la vie humaine, qui lie à moi la société et qui me lie à la nature et à l'homme, l'argent n'est-il pas le lien de tous les liens ? Ne peut-il pas dénouer et nouer tous les liens ? N'est-il non plus de ce fait le moyen universel de séparation ? Il est la vraie monnaie divisionnaire, comme le vrai moyen d'union, la force chimique [universelle] de la société. »</p>
<p><a href="https://philolarge.hypotheses.org/files/2017/09/10-01-2001_Faust1.pdf" class="spip_out" rel="external">Un drame de l'humanisme athée</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Faust_(Goethe,_trad._Nerval,_1877)/Faust/Prologue_dans_le_ciel" class="spip_out" rel="external">Prologue</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Faust_(Goethe,_trad._Nerval,_1877)/Faust/Premi%C3%A8re_partie" class="spip_out" rel="external">Première partie</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Faust_(Goethe,_trad._Nerval,_1877)/Faust/Deuxi%C3%A8me_partie" class="spip_out" rel="external">Deuxième partie</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Faust_(Goethe,_trad._Nerval,_1877)/Faust/Interm%C3%A8de" class="spip_out" rel="external">Intermède</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Faust_(Goethe,_trad._Nerval,_1877)/Faust/Troisi%C3%A8me_partie" class="spip_out" rel="external">Troisième partie</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Faust_(Goethe,_trad._Nerval,_1877)/Second_Faust/Avertissement" class="spip_out" rel="external">Second Faust – avertissement</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Faust_(Goethe,_trad._Nerval,_1877)/Second_Faust/Prologue" class="spip_out" rel="external">Second Faust – Prologue</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Faust_(Goethe,_trad._Nerval,_1877)/Second_Faust/Examen_analytique" class="spip_out" rel="external">Examen analytique</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Faust_(Goethe,_trad._Nerval,_1877)/Second_Faust/H%C3%A9l%C3%A8ne" class="spip_out" rel="external">Hélène</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Faust_(Goethe,_trad._Nerval,_1877)/Second_Faust/%C3%89pilogue" class="spip_out" rel="external">Epilogue</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Faust_(Goethe,_trad._Nerval,_1877)/Second_Faust/L%C3%A9gende_de_Faust" class="spip_out" rel="external">Légende de Faust par Vidmann</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/La_Damnation_de_Faust" class="spip_out" rel="external">La Damnation de Faust par Hector Berlioz</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Faust_(Goethe)" class="spip_out" rel="external">Encore sur le Faust de Goethe</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Faust._Une_trag%C3%A9die" class="spip_out" rel="external">Une tragédie</a></p>
<p><a href="http://www.philophil.com/philosophie/mal/figures/faust/faust.htm" class="spip_out" rel="external">Faust, de la damnation médiévale à la consécration romantique</a></p>
<p><a href="https://journals.openedition.org/coulisses/348" class="spip_out" rel="external">Poésie et philosophie dans Faust I de Goethe</a></p></div>
Les meilleurs écrits athées – Vingt-et-unième partie - Orient athée
https://www.matierevolution.org/spip.php?article5734
https://www.matierevolution.org/spip.php?article57342017-10-19T01:43:46Ztext/htmlfrRobert ParisReligionMatérialismeAthéisme
<p>Les meilleurs écrits athées – Vingt-et-unième partie - Orient athée <br class='autobr' />
Sylvain Maréchal, « Dictionnaire des athées anciens et modernes » : <br class='autobr' />
« Arabes – Cette nation spirituelle compte beaucoup d'athées. » <br class='autobr' />
Bannier, « Mythologie » : <br class='autobr' />
« L'athéisme a commencé avant le déluge. » <br class='autobr' />
Les meilleurs écrits athées - Treizième partie – Athéisme dans l'Orient et le Proche-Orient Anciens <br class='autobr' />
Avertissement : bien entendu, le titre même choque les orientaux, majoritairement musulmans, mais il convient de (…)</p>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot281" rel="tag">Matérialisme</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot284" rel="tag">Athéisme</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Les meilleurs écrits athées – Vingt-et-unième partie - Orient athée</h2>
<p>Sylvain Maréchal, « Dictionnaire des athées anciens et modernes » :</p>
<p><i>« Arabes – Cette nation spirituelle compte beaucoup d'athées. »</i></p>
<p>Bannier, « Mythologie » :</p>
<p><i>« L'athéisme a commencé avant le déluge. »</i></p>
<h2 class="spip">Les meilleurs écrits athées - Treizième partie – Athéisme dans l'Orient et le Proche-Orient Anciens</h2>
<p><i>Avertissement : bien entendu, le titre même choque les orientaux, majoritairement musulmans, mais il convient de rappeler que l'Islam est de création (ou de révélation) très récente et donc le passé n'est de toutes les manières pas musulman. La thèse selon laquelle l'athéisme serait un produit d'importation occidental, et même une arme de guerre idéologique des classes possédantes « occidentales » ne tient pas. Les classes possédantes utilisent les idéologies mais elles ne les considèrent pas comme un but. Et elles ne cultivent pas plus l'athéisme en Occident qu'en Orient. La religion reste dans le monde entier l'opium du peuple, indispensable aux exploiteurs pour endormir les exploités.</i></p>
<p>L'Orient est connu pour avoir été à l'origine des grandes religions monothéistes qui ont parcouru ensuite le monde : judaïsme, christianisme et islam (sunnite comme chiite) notamment, après avoir été le lieu de fondation de multiples religions polythéistes (plusieurs milliers qui ont-elles totalement disparu). Il n'en est que plus important de remarquer que l'athéisme n'en est nullement absent. Comme dans le reste du monde, il préexiste à la fondation des religions et il s'est maintenu malgré les efforts des gouvernants de toutes époques, la religion étant d'abord et avant tout un produit de la société de classe, un produit de l'exploitation et un fait d'Etat, et non un simple fait de conviction. Il a seulement, comme les polythéismes, été réprimé, écrasé, étouffé par les monothéismes d'Etat qui ont fait place nette, interdisant toute liberté de pensée. En Orient, les législations d'Etat ne se cachent pas d'interdire l'athéisme sous des peines infamantes et violentes. Dans la plupart des pays d'Orient, l'athéisme est un crime sévèrement puni et cela depuis très longtemps. On ne s'étonnera pas que les Etats aient effacé toute trace d'athéisme dans l'histoire orientale, dans les anciens documents, et détruit les traces de l'ancien athéisme oriental.</p>
<h2 class="spip">Qui se souvient que l'Orient arabe et perse a connu une série de révoltes et de révolutions collectivistes athées entre les années 470 et 777 ap J.-C.</h2>
<p>De 470 apr. J.-C. à 531 apr. J.-C., Kahvad fut un roi de Perse qui soutint, dans sa jeunesse, les doctrines collectivistes de Mazdak. Il fut destitué par la classe dirigeante de son pays, l'aristocratie et le clergé. Rétabli sur son trone, avec l'aide des Huns, il se détourna du collectivisme. Il tenta de réformer le système social, ce qui n'empêcha pas le mouvement collectiviste de Mazdak de prendre une très grande ampleur. Il écrasa cette tentative révolutionnaire, dans le sang, avec le soutien de la noblesse et du clergé.</p>
<p>De 476 apr. J.-C. à 531 apr. J.-C., Mazdak a été un théoricien et révolutionnaire perse. Il dénonça la propriété privée comme la source des discordes et des haines entre les hommes. Il tenta par des réformes morales et matérielles d'élever l'Humanité à un niveau de vie et un accomplissement religieux supérieur. Il avait pour but la vie fraternelle de tous dans une société collectiviste sans classes. Soutenu quelques temps par le Roi, Mazdak et ses adeptes furent victimes de la répression organisée par les classes dirigeantes.</p>
<p>En 531 apr. J.-C., le mouvement collectiviste de Mazdak en Perse est écrasé.</p>
<p>De 684 apr. J.-C. à 690 apr. J.-C., a lieu le premier grand soulèvement d'esclaves et d'ouvriers agricoles arabes, qui est finalement écrasé au bout de six ans de lutte.</p>
<p>De 775 apr. J.-C. à 777 apr. J.-C., c'est la grande révolution collectiviste antireligieuse des « Zendjs » d'Arabie, les esclaves.</p>
<p>C'est probablement la plus grande révolte d'esclaves de l'Histoire. C'est aussi un mouvement collectiviste antireligieux qui a fini écrasé en Arabie.</p>
<p>Zanj, était le nom que l'on donnait en Irak aux esclaves noirs africains originaires de l'Afrique Orientale, (de l'Éthiopie, du Kenya, du Malawi, et surtout de Zanzibar, île d'où vient le nom Zanj). Il y a plus de mille ans, ces esclaves étaient présents en Irak en grand nombre (une dizaine de milliers) et étaient exploités dans les marais salants situés au sud du pays.</p>
<p>L'historien Runoko Rashidi dans son livre "Histoire millénaire des Africains en Asie" nous dit concernant les conditions de vie de ces esclaves : "les travailleurs Zanj extrayaient les couches arables et en évacuaient les tonnes de terre pour planter, dans la couche inférieure moins saline du sol, des cultures qui, à l'instar de la canne à sucre, requièrent un labeur intense. Avec pour toute nourriture de faibles portions de farine, de semoule et de dattes, ils étaient en conflit permanent avec le système esclavagiste irakien."</p>
<p>À trois reprises (entre le 7e et le 9e siècle) les Zanj se révolteront contre les traitements inhumains que leur font subir les Arabes. Durant une de ces révoltes, qui dura de 868 à 883, les Zanj infligèrent de sévères défaites aux armées du Califat. Cette insurrection fut nommée "Révolte des Zanj ou Révolte des Noirs".</p>
<p>La rébellion des Zanj est une révolte d'esclaves noirs contre le pouvoir des Abbassides entre 869 et 883 dans le sud de l'Irak, dans la région de Bassorah.</p>
<p>Beaucoup de propriétaires de la région avaient acheté des centaines d'esclaves noirs originaires de l'Est de l‘Afrique, le Zanj, pour travailler à l'irrigation de leurs terres, en espérant que leur ignorance de la langue arabe les rendraient particulièrement dociles.</p>
<p>En septembre 869, le Zaidite[1] Ali ibn Muhammad prétendant descendre de Ali, le quatrième calife, et de Fatima, la fille de Mahomet, réussit à convaincre plusieurs centaines d'esclaves de se soulever contre le gouvernement central, basé à Samarra, en soulignant leur condition injuste et en leur promettant la liberté et la fortune. Le discours de Ali ibn Muhammad était renforcé par son adhésion à la secte des kharidijiques[2]. Les conditions de vie abominables des esclaves les décidèrent à prendre parti pour la révolte, que d'autres suivirent au nom d'un islam plus pur.</p>
<p>Le soulèvement prit rapidement de l'ampleur, les Bédouins et des mercenaires se joignant à la révolte, et les rebelles remportèrent des batailles contre les forces du calife. Ils bâtirent également une ville, al-Mukhtarah, et prirent plusieurs autres villes importantes, notamment al-Ubullah, port sur le Golfe Persique. Le nouveau calife Al-Mu'tamid confia à son frère, Al-Muwaffaq , une nouvelle armée qui fut défaite en avril 872.</p>
<p>Entre 872 et 879, alors que Al-Muwaffaq combattait l'expansion de la dynastie au pouvoir en Iran, les rebelles prirent d'autres villes et s'établirent dans le Khouzestan. Une seconde offensive organisée en 879 aboutit à la reprise des villes conquises et en 883, grâce au renfort de troupes égyptiennes, al-Muwaffaq écrasa cette révolte et retourna à Bagdad avec la tête d'Ali.<br class='autobr' />
Par la suite, les esclaves noirs furent souvent remplacés par des esclaves slaves grâce au commerce des Radhanites.</p>
<p>Le terme zanj, zandj, zenj, ou Zendj voire Zinj selon la translittération vient du persan (زنگبار Zangi-bar signifiant depuis l'Antiquité, la "Côte des Noirs", ou de l'arabe Zanj.</p>
<p>La rébellion des Zanj est une révolte d'esclaves noirs contre le pouvoir des Abbassides entre 869 et 883 dans le sud de l'Irak, dans la région de Bassorah. Beaucoup de propriétaires de la région avaient acheté des centaines d'esclaves noirs originaires de l'Est de l‘Afrique, le Zanj, pour travailler à l'irrigation de leurs terres, en espérant que leur ignorance de la langue arabe les rendraient particulièrement dociles.</p>
<p>En septembre 869, Ali ibn Muhammad prétendant descendre de Ali, le quatrième calife, et de Fatima, la fille de Mahomet, réussit à convaincre plusieurs centaines d'esclaves de se soulever contre le gouvernement central, basé à Samarra, en soulignant leur condition injuste et en leur promettant la liberté et la fortune. Le discours de Ali ibn Muhammad était renforcé par son adhésion à la secte des kharidijiques. Les conditions de vie abominables des esclaves les décidèrent à prendre parti pour la révolte, que d'autres suivirent au nom d'un islam plus pur.</p>
<p>Le soulèvement prit rapidement de l'ampleur, les Bédouins et des mercenaires se joignant à la révolte, et les rebelles remportèrent des batailles contre les forces du calife. Ils bâtirent également une ville, al-Mukhtarah, et prirent plusieurs autres villes importantes, notamment al-Ubullah, port sur le Golfe Persique. Le nouveau calife Al-Mu'tamid confia à son frère, Al-Muwaffaq , une nouvelle armée qui fut défaite en avril 872. Entre 872 et 879, alors que Al-Muwaffaq combattait l'expansion de la dynastie au pouvoir en Iran, les rebelles prirent d'autres villes et s'établirent dans le Khouzestan. Une seconde offensive organisée en 879 aboutit à la reprise des villes conquises et en 883, grâce au renfort de troupes égyptiennes, al-Muwaffaq écrasa cette révolte et retourna à Bagdad avec la tête d'Ali. Par la suite, les esclaves noirs furent souvent remplacés par des esclaves slaves grâce au commerce des Radhanites.</p>
<p>De 822 apr. J.-C. à 883 apr. J.-C., c'est le grand mouvement révolutionnaire de Zanzibar et Bassorah d'Ibn Mohamed. Ibn Mahomed était un chef révolutionnaire arabe. Il réclama la suppression des barrières de classe et l'égalité de tous les hommes (y compris sans égard à la couleur de leur peau). Esclave blanc, il fraternisa avec les esclaves noirs (« les noirs de Zanzibar » ) et mena avec eux une révolte victorieuse. Il fonda au cœur de l'Empire Arabe un état collectiviste et le défendit pendant douze ans. Une grande partie de l'armée, envoyée contre lui, ayant embrassée sa cause.</p>
<p>De 869 apr. J.-C. à 883 apr. J.-C., c'est la révolte des esclaves à Bassorah (Basra). Des esclaves noirs de l'Empire Arabe, rassemblés par Ibn Mohamed, luttent victorieusement contre leurs oppresseurs. Ils s'emparent de la ville de Bassorah (Basra), dans le Golfe Persique (Irak actuel) en 871. Ces esclaves y fondent un état communiste. Avec l'aide d'ouvriers et de pâtres, ils étendent leur pouvoir sur un large secteur de la Mésopotamie (Irak). Mais, ils sont finalement écrasés par les armées arabes unies.</p>
<p>En 864 apr. J.-C., c'est le mouvement Qarmate, révolte des Zendj, guerre de Babek, Ismaï-lisme. Hamdan Quarmat était un chef révolutionnaire arabe. Il fonda dans les mines du Golfe Persique, un mouvement qui se propagea dans l'Asie Antérieure, en Afrique du Nord et en Arabie. Il préconisait une vie fraternelle, selon des principes collectivistes. Il s'empara du pouvoir dans de vastes régions de l'Arabie. Il périt assassiné dans son combat libérateur.</p>
<p>De 899 apr. J.-C. à 930 apr. J.-C., c'est la Révolution Arabe et formation de l'état communiste des Qarmates (ou Carmathes) à Ahsa. Des ouvriers, des pâtres et des esclaves se révoltent dans de nombreuses régions de l'Empire Arabe pour instaurer un régime communiste. Ils s'emparent des idées de Qarmat (ou Qermat) qui avait fondé, en 890, en Mésopotamie, une communauté politique et religieuse, les Qarmates. Partie des régions pauvres du Golfe Persique, la révolution triomphe dans l'Arabie Orientale et gagne de grandes parties de la Syrie, de la Mésopotamie et de l'Inde Septentrionale. Elle permet, en 899, aux Qarmates de fonder un état autonome à Ahsa, sur le Golfe Persique. Après la mort de Qarmat, la révolution est détournée par des dirigeants ambitieux (dont Al-Mahdi, qui fondera sa propre dynastie, les Fatimides, en Afrique du Nord) et des fanatiques religieux. Le mouvement s'effondre après avoir conquis La Mecque et transféré la « Pierre Noire » sacrée dans la capitale des Qarmates à Ahsa.</p>
<p>Pour prouver l'existence de religions, on a surtout les monuments, les temples, les églises et aussi quelques documents. Pour prouver l'athéisme des peuples anciens, on dispose de bien moins d'éléments.</p>
<p>Pour ceux qui resteraient sceptiques (à l'égard d'un Orient ancien athée), nous disposons d'un texte antique qui reconnaît explicitement l'existence de l'irréligion dans l'Orient antique puisqu'il la combat à longueur de pages en même temps qu'il combat le polythéisme et l'animisme : c'est l'Ancien Testament biblique.</p>
<p>La Torah parle de quatre enfants : un est sage, un est méchant, un est simple et un ne sait pas interroger…</p>
<p> Ils posent des questions lors du séder qui commémore la « sortie des juifs d'Egypte ».</p>
<p>On peut lire ainsi dans le texte de la Haganah :</p>
<p><i>« Le méchant, que dit-il ? « Qu'est-ce que ce culte pour vous ? ». Il dit « pour vous », mais pas pour lui ! En s'excluant ainsi de la communauté, il a renié ce qui est fondamental. Aussi, toi, émousse-lui les dents et dis-lui : « C'est pour ceci que l'Éternel a agi pour moi quand je suis sorti d'Égypte » pour moi, mais pas pour lui ! S'il avait été là, il n'aurait pas été libéré ! »</i></p>
<p>Le méchant n'est rien d'autre que l'athée…</p>
<p>On lui répond qu'il s'exclue de la communauté, qu'il n'aurait pas été libéré de l'exploitation et de l'oppression…</p>
<p>Certes, l'athée existe dans la Bible : Psaumes (10-4 et 14-1) et Jérémie (5-12) !</p>
<p>Le texte religieux dénonce <i>« Ceux pour qui il n'y a pas de Dieu »</i> (psaume 14,1 de la Bible)</p>
<p>Souvent la Bible fait mention des athées : <i>« l'insensé dit en son cœur Il n'y a point de dieu »</i> (Psaume 14).</p>
<p>Psaume 14:1 : Au chef des chantres. De David. L'insensé dit en son coeur : Il n'y a point de Dieu ! Ils se sont corrompus, ils ont commis des actions abominables ; Il n'en est aucun qui fasse le bien.</p>
<p>Les religieux estiment que ce psaume a été écrit par David vers l'an 1 000 av. J.-C., époque où déjà on connaissait l'athéisme !!!</p>
<p>On le trouve aussi dans le Nouveau Testament :</p>
<p>« Cesse d'être incrédule et deviens un homme de foi. » (Jean 20.25-27-28)</p>
<p>Apocalypse 21.8 : « Quant aux lâches, aux incrédules, [aux pécheurs,] aux abominables, aux meurtriers, à ceux qui vivent dans l'immoralité sexuelle, aux sorciers, aux idolâtres et à tous les menteurs, leur part sera dans l'étang ardent de feu et de soufre. C'est la seconde mort. »</p>
<p>Paul le dit en Ephésiens 2, 12 : « (ce serait) sans espérance (d'être) sans Dieu dans le monde. »</p>
<p>Paul, s'adressant aux Corinthiens recommande ceci : « Je vous ai écrit dans ma lettre de ne pas avoir des relations avec les impudiques », les impudiques signifiant ici les athées notamment…</p>
<p><i>« Vous verrez comment l Eternel a laisse croître les impies et comment Il va les détruire »</i><br class='autobr' />
(Psaumes 92-8a16 et Apocalypse 19-17a21)</p>
<p>Les impies signifie d'abord les athées…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3701" class="spip_out" rel="external">A l'origine de l'Ancien Testament… la lutte des classes !</a></p>
<p><a href="https://books.google.fr/books?id=6nbMjQgMBaoC&pg=PA44&dq=ath%C3%A9isme+dans+l%27%C3%A9gypte+antique&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiw7qCBwfrWAhXpA8AKHdBEA1oQ6AEILDAB#v=onepage&q=ath%C3%A9isme%20dans%20l%27%C3%A9gypte%20antique&f=false" class="spip_out" rel="external">Déjà athées dans l'Egypte antique…</a></p>
<p><i>« Comme le révèle le chant mélancolique du harpiste, même les trésors des pyramides ne furent pas épargnés : « Les dieux (les rois) qui furent jadis ensevelis dans leurs pyramides qu'est-il advenu d'eux ? Leurs murs sont tombés en ruines, leurs places ne sont plus ; c'est comme s'ils n'avaient jamais existé ! « Et jaillit de ses lèvres comme une philosophie qui explique aux générations futures la vanité des choses et la nécessité de mourir : « Les corps passent et disparaissent, tandis que d'autres demeurent depuis le temps des ancêtres. Les plaintes ne sauvent personne du tombeau, car il n'est accordé à personne d'emporter avec soi son bien, et aucun de ceux qui sont partis n'est revenu ! » « S'il est une chose que tu peux acquérir et que jamais tu ne perdras : « donne du pain à celui qui (a faim et) n'a pas de champ et assure-toi à tout jamais un bon nom auprès de ta postérité. »</i></p>
<p><i>« Contemplez ce qu'il advient lorsque les hommes se hasardent à se rebeller contre l'uraeus divin, grâce auquel le dieu Rê pacifie les deux terres. Le serpent de la science est saisi et les pillards sont partout. Souviens-toi de l'odeur des offrandes qui flottait dans l'air, les dates sacrées étaient respectées, le parfum brûlait et les prêtres étaient purs car la corruption du coeur n'existait pas. Souviens-toi que le Dieu qui produit le chaud et le froid est le pâtre de l'humanité et son coeur ignore le mal. Si son troupeau s'est égaré, il passe le jour à le rassembler. Oui ! en vérité, il rassemble le coeur des hommes par le fruit de son amour pour eux et il perçoit leur nature dès la première génération. Aussi va-t-il jusqu'à penser détruire les hommes mauvais de son propre bras. Sache qu'il est bien que les hommes construisent des pyramides, creusent des étangs et plantent des arbres pour le plaisir des dieux et le bonheur du peuple. Que chaque homme se fasse aimer de son prochain, que la rectitude soit respectée dans tous les discours. Générations futures, je vous parle avec mon cœur et j'attends que vous répondiez de même. Un cœur solitaire ne doit pas garder le silence, car il sait que multiples sont les poids de la balance de l'au-delà… »</i></p>
<p><i>« Cataclysme effroyable au cours duquel avait sombré l'empire thébain sous la 10ème dynastie. (…) Le peuple, enjeu de ces luttes intestines, était pressuré. Sans autre avenir qu'un honteux esclavage, doutant du pouvoir des maîtres qui le laissaient ainsi opprimer, désespérant même des dieux des ancêtres qui restent sourds à ses appels, il se révolta dans un élan unanime contre Pharaon (…) Le désordre devint universel en Egypte. (…) Les prêtres insistent avec complaisance sur les horreurs contenues dans les papyrus tragiques de cette époque révolutionnaire où nous retrouvons, dans la même atmosphère fièvre sanglante, le processus immuable de toutes les révolutions. « Je vois ce pays dans le deuil et dans la peine. Ce qui n'était jamais arrivé arrive maintenant. On prend les armes pour le combat, parce que le pays vit de désordre. Chacun assassine l'autre, la haine règne parmi les gens des villes. Le pays est rapetissé, et cependant ses chefs deviennent plus nombreux. Le soleil se détourne des hommes. Je te montre ce pays dans la misère et la tristesse. » Ainsi prophétise Neferrehon, prêtre d'Héliopolis dans le Delta. »</i></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article222" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>Chérémon :</p>
<p><i>« Les Egyptiens ne remontaient pas au-delà du monde visible dans la recherche des causes. »</p>
<p><a href="https://books.google.fr/books?id=-y4vgRb1dKwC&pg=PT30&dq=ath%C3%A9isme+dans+l%27%C3%A9gypte+antique&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiw7qCBwfrWAhXpA8AKHdBEA1oQ6AEITjAH#v=onepage&q=ath%C3%A9isme%20dans%20l%27%C3%A9gypte%20antique&f=false" class="spip_out" rel="external">L'athéisme est également présent dans la Perse antique</a></p>
<p>Un mensonge prétend que la « terre d'Islam » rendrait impossible l'athéisme. L'islam reconnaît l'existence d'athée su cette terre puisqu'elle appelle les athées du qualificatif de « négateurs », mulhid-s, ou encore zindîq-s. Voir ceux-ci :</p>
<p><a href="https://books.google.fr/books?id=efTgb7C7ElgC&pg=PA53&lpg=PA53&dq=m%C3%A9sopotamie+antique+ath%C3%A9e&source=bl&ots=-d9o0wy9eq&sig=7XzWbjmvC38-AsKyCxIoWhl3eok&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjxjuzS1PrWAhWGLcAKHQLAD7UQ6AEIOzAF#v=onepage&q=m%C3%A9sopotamie%20antique%20ath%C3%A9e&f=false" class="spip_out" rel="external">Yanbûsad</a></p>
<p><a href="https://books.google.fr/books?id=gKclDwAAQBAJ&pg=PT438&lpg=PT438&dq=m%C3%A9sopotamie+antique+ath%C3%A9e&source=bl&ots=6TcHx4LKXl&sig=Y1zan8wWopfq0NcHJwq0hRsOVWo&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjxjuzS1PrWAhWGLcAKHQLAD7UQ6AEIRTAH#v=onepage&q=m%C3%A9sopotamie%20antique%20ath%C3%A9e&f=false" class="spip_out" rel="external">Marduk</a></p>
<p><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Abu_Tahir_al-Jannabi" class="spip_out" rel="external">Abu Tahir al Djannabi</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Qarmates" class="spip_out" rel="external">Les Qarmates</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Isaac_Albalag" class="spip_out" rel="external">AlBalag Isaac</a></p>
<p>Averroès-Maïmonide :</p>
<p><i>« L'ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine et la haine conduit à la violence. Voilà l'équation. »</i></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Averro%C3%A8s" class="spip_out" rel="external">Averroes ou Abu al-Walid Muhammad ibn Ahmad ib Muhammad ibn Rushd</a></p>
<p><a href="http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/averroes/accord.htm" class="spip_out" rel="external">Averroès-Maïmonide, « Accord de la religion et de la philosophie</a></p>
<p><a href="http://remacle.org/bloodwolf/arabe/avicenne/ame.htm" class="spip_out" rel="external">Avicenne</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_des_Zanj" class="spip_out" rel="external">La révolution communiste antireligieuse des esclaves noirs de Zanj en Irak</a></p>
<p> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Abu-l-Ala_al-Maari" class="spip_out" rel="external">Abu Alalae el Mäari</a></p>
<p><i>« Les habitants de la terre se divisent en deux, Ceux qui ont un cerveau, mais pas de religion, Et ceux qui ont une religion, mais pas de cerveau. »</i></p>
<p>Aboul-Ala al-Maari / 970-1059 / Les Croisades vues par les Arabes</p>
<p><i>« La terre porte deux sortes d'hommes, des hommes intelligents sans religion et des hommes religieux sans intelligence... » </i></p>
<p>Abu'l Ala al Ma'arri</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Al-Ghaz%C3%A2l%C3%AE" class="spip_out" rel="external">al-Ghazali fut un philosophe sceptique une partie de sa vie</a></p>
<p> <a href="http://remacle.org/bloodwolf/arabe/ghazali/erreur.htm" class="spip_out" rel="external">Al-Ghazâlî au XIe–XIIe siècle</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Rhaz%C3%A8s" class="spip_out" rel="external">Abû Bakr Râzî ou Al Razi (865 - 925)</a></p>
<p>Ibn Abî al-‘Awjâ' :</p>
<p><i>« En disant « Dieu », tu te réfères à un absent. S'il existe vraiment, pourquoi ne se manifeste-t-il pas à ses créatures pour les appeler directement à son culte ; de la sorte, il n'y aurait pas désaccord entre les croyants à son sujet. Pourquoi ne se laisse-t-il pas voir et se contente-t-il d'envoyer des messagers ? S'il traitait directement avec les humains, il serait plus facile de croire à son existence ».</i></p>
<p>Le prince omeyyade Walîd ibn Yazîd : « O toi qui t'enquiers de notre religion, (sache que c'est) boire le vin sec ou coupé, chaud quelquefois et quelquefois tiède »</p>
<p>Omar Khayyâm :</p>
<p><i>« Boire du vin, être joyeux, c'est là ma manière d'être – ne pas me soucier de l'impiété ni de la religion, voilà ma religion. »</p>
<p>« J'ai demandé au bas-monde, cette fiancée : quelle est ton douaire ? – elle répondit : mon douaire est un cœur joyeux ».</p>
<p>« O pieuses gens, pourquoi me blâmez-vous ? Je n'ai pourtant pas commis d'autre péché que d'être ivrogne, pédéraste et adultère ! ».</p>
<p>« Ne va pas croire que je craigne le monde, ou que j'aie peur de mourir<br class='autobr' />
La mort est une réalité, je n'ai rien à craindre d'elle. Ce que je crains, c'est de ne pas avoir assez bien vécu ».</p>
<p>« Ma parole, Seigneur, ne serait-ce pas Toi qui es ivre ? »</i></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Omar_Khayyam" class="spip_out" rel="external">Omar Khayyâm</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ab%C3%BB_T%C3%A2hir_Sulaym%C3%A2n" class="spip_out" rel="external">Le chef carmate Abû Tâhir</a></p>
<p>Abû Tâhir :<br class='autobr' />
<i>« En ce monde, trois individus ont corrompu les hommes, un berger (= Moïse), un médecin (= Jésus) et un chamelier (= Muhammad). Et ce chamelier a été le pire charlatan, le pire prestidigitateur des trois ».</i> Cité par L.Massignon, « La légende De tribus impostoribus et ses origines islamiques »</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ibn_al-Rawandi" class="spip_out" rel="external">Ibn al-Rawandi</a></p>
<p> <a href="http://aokas-aitsmail.forumactif.info/t9122-ataturk-etait-il-athee" class="spip_out" rel="external">Mustafa Kemal</a></p>
<p><i>« Messieurs et citoyens !... Sachez bien que la République turque ne peut pas être le pays des cheiks, des derviches, des disciples, des adeptes. Le chemin le plus droit est celui de la civilisation. »</i></p>
<p>Mustapha Kémal<br class='autobr' />
<a href="https://books.google.fr/books?id=QhHyp9YVpw4C&printsec=frontcover&dq=ath%C3%A9e&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjg4oeStZjWAhXKDcAKHep1ATYQ6AEIJjAA#v=onepage&q=ath%C3%A9e&f=false" class="spip_out" rel="external">L'athée en terre d'islam</a></p>
<p><a href="https://www.cairn.info/revue-les-temps-modernes-2011-4-page-194.htm" class="spip_out" rel="external">Sadêq Hedâyat</a></p>
<p>[Ismaïl Adham, Limâdhâ anâ mulhid ? <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Isma%C3%AFl_Adham" class="spip_out" rel="external">« Pourquoi je suis athée ? »</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mohamed_Abed_Al-Jabri" class="spip_out" rel="external">Muhammad ‘Abd al-Jabri</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Turan_Dursun" class="spip_out" rel="external">Turan Dursun</a></p>
<p><a href="http://atheisme.free.fr/Contributions/Apostasie_islam.htm" class="spip_out" rel="external">L'apostasie de l'islam</a></p>
<p><a href="http://www.postedeveille.ca/2013/12/les-athees-sont-executes-dans-13-pays-musulmans.html" class="spip_out" rel="external">Les athées sont exécutés dans 13 pays musulmans</a></p>
<p><a href="http://orientxxi.info/magazine/ces-athees-presque-invisibles-dans-le-monde-arabe,1363" class="spip_out" rel="external">Ces athées (presque) invisibles dans le monde arabe</a></p>
<p><a href="http://www.france24.com/fr/focus/20140929-reportage-egypte-religion-atheisme-copte-islam-tabou-internet" class="spip_out" rel="external">Le Caire mène la guerre à l'athéisme</a></p>
<p><a href="http://ipra.hypotheses.org/45" class="spip_out" rel="external">L'athéisme face aux pays majoritairement musulmans</a></p>
<p><a href="http://orientxxi.info/magazine/itineraires-d-athees-dans-une-societe-egyptienne-petrie-par-la-foi,1247" class="spip_out" rel="external">Itinéraires d'athées dans une société égyptienne pétrie par la foi</a></p>
<p><a href="http://atheisme.free.fr/Contributions/Laiques_athees_maroc.htm" class="spip_out" rel="external">La situation des laïques et des athées au Maroc</a></p>
<p><a href="http://atheisme.free.fr/Contributions/Apostasie_islam.htm" class="spip_out" rel="external">Apostasie dans l'Islam</a></p>
<p><a href="https://fr-fr.facebook.com/AtheesLibresPenseursAlgeriens/" class="spip_out" rel="external">Athées et libres penseurs algériens</a></p>
<p><a href="http://www.socialisme-libertaire.fr/2014/12/une-vague-d-atheisme-dans-le-monde-arabe.html" class="spip_out" rel="external">Une vague d'athéisme dans le monde arabe</a></p>
<p><a href="http://atheisme.free.fr/Contributions/Orphelin_de_dieu.htm" class="spip_out" rel="external">Lkha, orphelin de Dieu</a></p>
<p><a href="http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2010/11/29/walid-l-embarrassant-blasphemateur-palestinien_1446503_3218.html" class="spip_out" rel="external">Walid Husayin</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Waleed_Al-Husseini" class="spip_out" rel="external">Waleed Al-Husseini</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?breve865" class="spip_out" rel="external">Al-Husseini</a></p>
<p>Waleed Al-Husseini :</p>
<p><i>« Mon but est que le travailleur musulman souvent d'origine maghrébine comprenne que l'oppression spécifique dont il est victime est un produit du capitalisme en pleine décadence, et que la fin de l'exploitation demande la mise à mort du capital, et le rejet de tous les curés du monde. »</i></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Joumana_Haddad" class="spip_out" rel="external">Joumana Haddad</a></p>
<h2 class="spip">Lire aussi :</h2>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2807" class="spip_out" rel="external">Qu'est-ce que l'athéisme ?</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1485" class="spip_out" rel="external">Qu'était le matérialisme en philosophie et qu'est-il aujourd'hui ?</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article4708" class="spip_out" rel="external">Qu'est-ce que le matérialisme (en philosophie) ?</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5671" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Première partie - Ecrits de la Grèce ancienne contre les religions et les dieux</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5672" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Deuxième partie - Diderot - La Mettrie</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5673" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Troisième partie - d'Holbach, Helvétius, Bacon et bien d'autres auteurs</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5681" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Quatrième partie - Feuerbach</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5680" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Cinquième partie - L'athéisme selon Karl Marx</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5685" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Sixième partie – Plekhanov, Lénine, Trotsky</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5687" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Septième partie – Les grands auteurs athées récents</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5694" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Huitième partie – L'Inde et le Pakistan, continent historique de l'athéisme</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5695" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Neuvième partie - Quelques grands écrits athées historiques</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5696" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs textes athées – Dixième partie - Un athée se soumet à la question…</a></p>
<p> <a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5697" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Onzième partie – L'homme préhistorique, un athée ?</a></p>
<p> <a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5699" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Douzième partie – Une Chine antique athée</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5700" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Treizième partie - Les grandes femmes athées de l'Histoire</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5701" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Quatorzième partie - Dialogues athées</a></p>
<p><a href="http://matierevolution.org/spip.php?article5702" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Quinzième partie – L'athéisme a aussi ses victimes et même ses martyrs</a></p>
<p><a href="http://matierevolution.org/spip.php?article5708" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Seizième partie - Poésies athées</a></p>
<p> <a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5709" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées – Dix-septième partie - Les philosophes matérialistes</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5712" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs auteurs athées – Dix-huitième partie - Les auteurs athées romains</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5714" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées – Dix-neuvième partie - Plaisanteries athées</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5722" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées – Vingtième partie – L'anticléricalisme</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5734" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées – Vingt-et-unième partie - Orient athée</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5716" class="spip_out" rel="external">Les pires crimes et scandales de l'Eglise catholique</a></p>
<p><a href="http://atheisme.free.fr/" class="spip_out" rel="external">Le site athéisme</a></p></div>
Les meilleurs écrits athées – Vingtième partie – L'anticléricalisme
https://www.matierevolution.org/spip.php?article5722
https://www.matierevolution.org/spip.php?article57222017-10-08T23:41:00Ztext/htmlfrRobert ParisReligionMatérialismeAthéisme
<p>Les plus grands auteurs athées du monde <br class='autobr' /> Rosa Luxemburg <br class='autobr' />
Réponse à une enquête sur l'anticléricalisme et le socialisme <br class='autobr' />
10 décembre 1902 <br class='autobr' />
I. L'Église sous la Monarchie et sous la République <br class='autobr' />
Quand on parle de politique anti-cléricale du socialisme, il ne peut évidemment jamais s'agir de combattre au point de vue socialiste les convictions religieuses. La religiosité des masses ne disparaîtra complètement qu'avec la société actuelle, quand l'homme, au lieu d'être dominé par le procès (…)</p>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique96" rel="directory">09 - RELIGION</a>
/
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot98" rel="tag">Religion</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot281" rel="tag">Matérialisme</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot284" rel="tag">Athéisme</a>
<div class='rss_texte'><p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5166" class="spip_out" rel="external">Les plus grands auteurs athées du monde</a></p>
<h2 class="spip">
Rosa Luxemburg
<p>Réponse à une enquête sur l'anticléricalisme et le socialisme</p>
</h2>
<p>10 décembre 1902</p>
<p>I. L'Église sous la Monarchie et sous la République</p>
<p>Quand on parle de politique anti-cléricale du socialisme, il ne peut évidemment jamais s'agir de combattre au point de vue socialiste les convictions religieuses.<br class='autobr' />
La religiosité des masses ne disparaîtra complètement qu'avec la société actuelle, quand l'homme, au lieu d'être dominé par le procès social, le dominera et le dirigera consciemment. Ce sentiment d'ailleurs s'émousse déjà à mesure que des couches entières de la population, instruites par le socialisme arrivent à comprendre l'évolution sociale.</p>
<p>Le principe socialiste, « la religion est affaire privée » ne nous oblige à la neutralité et à l'abstention absolues dans les questions religieuses que dans la mesure où elles relèvent de la conviction intime, de la conscience.</p>
<p>Mais cette règle a encore un autre sens : elle ne constitue pas seulement un principe directeur qui doit déterminer la conduite propre des socialistes, c'est encore une revendication adressée à l'État actuel. Au nom de la liberté de conscience, nous demandons l'abolition de tous les privilèges publics dont les croyants jouissent vis-à-vis des incrédules, nous combattons tous les efforts tentés par l'Église pour devenir un pouvoir dominant dans l'État. Il ne s'agit plus ici de conviction, mais de question politique, et, sur ce point, les partis socialistes des différents pays peuvent, suivant les circonstances, adopter une tactique très dissemblable.</p>
<p>L'Allemagne et la France nous offrent une attitude diamétralement opposée. Dans le premier de ces pays, non seulement la démocratie socialiste n'a pas coopéré au Kulturkampf de 1870 et de 1880, non seulement elle intervient régulièrement en faveur de la rentrée des Jésuites. » Il y a plus ». Notre parti fait très peu de propagande en faveur de la réalisation du point de son programme déclarant que la religion est affaire privée ; demandant la suppression de tout emploi des deniers publics à des buts ecclésiastiques et religieux. Sans doute, dans les corps légiférants, nous refusons tous les chapitres du budget affectés à des dépenses religieuses. Mais on ne fait de cette question l'objet d'une propagande spéciale ni dans les réunions, ni dans la presse, ni dans les parlements. La démocratie socialiste allemande fait donc preuve d'une grande réserve non seulement dans l'ordre des convictions religieuses, mais encore dans la politique religieuse ; de même qu'en pratique elle ne s'occupe pas de propagande républicaine, sans faire tort d'ailleurs pour cela aux sentiments républicains naturels à tout socialiste.</p>
<p>Il est impossible de songer à observer en France une tactique semblable vis-à-vis du cléricalisme. Il est vrai que les conditions sont absolument différentes dans les deux pays. En Allemagne, c'est surtout l'église protestante qui l'emporte ; en France c'est l'église catholique. Sans doute cette dernière est également à considérer en Allemagne, mais elle ne prédomine pas ; il y a dix ans encore elle était opprimée. Le Kulturkampf bismarckien devait naturellement donner naissance à une espèce d'alliance entre socialistes et catholiques, combattus en même temps et pour les mêmes causes réactionnaires au moyen de lois d'exception. Mais aujourd'hui, c'est le contraire et les ultramontains sont arrivés au pouvoir ; mais, c'est comme parti politique, non comme église qu'ils ont réussi à le faire. Aussi la démocratie socialiste a-t-elle l'avantage de pouvoir les attaquer non comme représentants intellectuels d'une foi particulière, mais comme représentants parlementaires des impôts sur les denrées, du militarisme, du marinisme et de la politique mondiale.</p>
<p>La différence fondamentale provient cependant de la forme politique. Si réactionnaire que soit en toute circonstance l'influence de l'Église sur la vie publique, son importance est toute différente suivant qu'elle s'exerce dans une monarchie ou dans une république.</p>
<p>Dans une monarchie, l'Église, monarchique par essence, comme doctrine autoritaire, entre dans le mécanisme de l'État sans en détruire l'harmonie ; c'est un simple appui, c'est la servante et l'instrument du monarchisme. En ce sens, elle ne constitue pas un pouvoir politique indépendant. D'autre part, la monarchie qui puise directement sa propre autorité à la môme source que l'Église, qui est aussi par la grâce de Dieu, a moins de peine à maîtriser l'Église quand elle prend part à la vie publique. El quelle que soit la docilité et la complaisance du clergé protestant, il est caractéristique que l'Empereur d'Allemagne ait dû bruyamment proclamer, il y a quelques années, dans une occasion insignifiante, qu'il ne pouvait supporter l'existence d'un clergé faisant de la politique.</p>
<p>En Italie nous rencontrons une lutte entre le Quirinal et le Vatican qui paraît contredire ce que nous venons d'exposer ; mais c'est qu'il ne s'agit pas là à proprement parler d'une rivalité entre la monarchie et l'Église, mais d'une rivalité entre deux souverains séculiers, l'un régnant, l'autre dépossédé. La Russie nous offre un exemple éclatant qui nous montre combien l'Église, sans différence de rite, constitue, dans toute monarchie, un appui fidèle de l'autorité publique.</p>
<p>Pour ces mêmes raisons, l'Église, élevée au rang d'organe public, forme de prime-abord un élément de dissolution dans la France républicaine. Adversaire par essence des principes fondamentaux de la République, nomination à l'élection de toutes les autorités de l'État et souveraineté du peuple, étrangère aux pouvoirs bourgeois, d'origine purement profane, portée par son propre esprit et par les liens personnels qui la rattachent à l'aristocratie à revêtir un caractère féodal, survivance d'un passé monarchique, l'Église catholique devait naturellement, comme organe de l'État, tendre dans la République bourgeoise à l'indépendance politique et se poser en adversaire de la République. La lutte contre le cléricalisme est comme un fil rouge que l'on retrouve au cours de toute l'histoire de la République bourgeoise en France. Alors que l'Église s'empare peu à peu de l'école pour s'en faire une arme contre la République, celle-ci s'épuise en efforts impuissants à dompter les récalcitrants et des crises périodiques viennent l'ébranler.</p>
<p>En France, le rôle de l'Église et le rôle de l'armée présentent une analogie complète. Voici ce que nous écrivions il y a plus d'un an, dans la » Neue Zeit » à propos de l'affaire Dreyfus et de la crise du socialisme.</p>
<p>« La troisième république s'est développée au point de nous offrir sous sa forme parfaite le type du gouvernement de la bourgeoisie ; mais en même temps elle a développé les contradictions qui lui sont propres. L'une de ces contradictions fondamentales est constituée par l'existence d'une république fondée sur l'autorité du parlement bourgeois et d'une armée permanente considérable, répondant aux exigences de la politique coloniale et de l'impérialisme. Réduite dans une monarchie forte au simple rôle d'instrument docile entre les mains du pouvoir exécutif, l'armée, avec son esprit de caste si prononcé, tend naturellement à devenir un pouvoir indépendant, rattaché par des liens lâches au reste de l'Etat, dans une république parlementaire dont la direction donnée par des civils varie constamment, dont le chef suprême est élu, où tout pékin, ancien compagnon tanneur ou avocat éloquent, peut arriver à exercer la première magistrature de l'Etat.</p>
<p>« L'évolution sociale de la France que la politique des intérêts suivie par la bourgeoisie a poussée à un tel point que cette classe se trouve morcelée en groupes<br class='autobr' />
isolés qui, sans le moindre sentiment de responsabilité, ont fait du gouvernement et du parlement le jouet de leur intérêt particulier, cette évolution a, d'autre part, rendu l'armée indépendante. Au lieu d'être un instrument entre les mains du pouvoir public, elle est devenue un groupe ayant ses intérêts propres, prêt à défendre ses privilèges sans égard pour la république, malgré la république et contre la république.</p>
<p>« L'antagonisme entre la république parlementaire et l'armée permanente ne peut se résoudre que par la rentrée de l'armée dans la société civile et par l'organisation de la société civile en armée. Il faut que l'armée cesse d'avoir pour but la conquête coloniale et se propose uniquement la défense de la nation. Bref il faut remplacer l'armée permanente par des milices. Tant que l'on n'aura pas accompli cette transformation, cette contradiction interne se traduira par des crises périodiques, des conflits entre la république et sa propre armée, conflits où apparaissent les effets palpables de l'indépendance de cette institution : sa corruption et son manque de discipline. L'affaire Wilson, le Panama, les chemins de fer du Sud devaient trouver leur pendant dans l'affaire Dreyfus. »</p>
<p>L'analogie de la situation occupée par l'armée et par l'Église vis-à-vis de la République a amené un rapprochement plus intime entre ces deux pouvoirs et donné une couleur monarchique à toutes les dernières crises politiques survenues en France. Chaque fois, ces deux organes de la République se sont trouvés unis dans leur rébellion.</p>
<p>Et de même que la contradiction entre l'armée et la République ne peut se résoudre que par la transformation de l'armée permanente en milices, la contradiction entre l'Église catholique et la République ne peut disparaître que quand l'Église d'institution publique deviendra association privée, c'est-à-dire quand on aura séparé l'Église de l'État, chassé le clergé de l'école et de l'armée et confisqué les biens des congrégations.</p>
<p>La démocratie socialiste ne demande certes pas la confiscation partielle de la propriété capitaliste par l'État bourgeois, mais ce n'est pas parce qu'elle est par principe l'adversaire des confiscations. Dans les cas, où nous demandons la socialisation d'une industrie, des chemins de fer par exemple, nous n'avons rien à objecter si cette mesure s'effectue par voie de simple confiscation. Si ce n'est pas là une de nos revendications, si nous ne nous décidons à demander la reprise<br class='autobr' />
par l'Etat que dans des cas particuliers, c'est que cette reprise par l'Etat actuel ne modifie nullement le caractère capitaliste de la propriété, c'est qu'elle renforce la puissance d'un Etat réactionnaire. De plus, même là où cette crainte n'est pas justifiée, comme en Suisse, une semblable revendication adressée au gouvernement bourgeois relève d'un socialisme d'État utopique.</p>
<p>Mais la démocratie socialiste n'en est que plus justifiée à demander à l'État bourgeois de mettre fin aux formes médiévales de la propriété. La main-morte en est incontestablement une. En effet, toutes les fonctions sociales qui s'y rattachaient autrefois : assistance donnée aux pauvres, aux malades, instruction publique, toutes ces fonctions sont actuellement du ressort de l'État moderne. Mais la propriété cléricale, libérée désormais de ses obligations, ne représente plus, dans la société bourgeoise, qu'une simple survivance des temps féodaux. Toute révolution bourgeoise, voulant rester fidèle à ses devoirs, devrait procéder à la confiscation des biens de l'Église. Les socialistes, en préconisant aujourd'hui cette mesure en France, en revendiquant en même temps la laïcisation générale de l'instruction et de l'assistance publique ne font que contraindre la république bourgeoise à aller jusqu'au bout de ses principes et à moderniser bourgeoisement l'État.</p>
<p>Si les camarades français voulaient transporter dans leur pays la tactique allemande qui correspond à des circonstances tout autres et s'abstenir de prendre part à la lutte politique menée depuis trente ans entre la république et l'Église, s'ils déclaraient que toute cette querelle ne les intéresse pas, ils se condamneraient à la nullité et à la stérilité dans la politique pratique.</p>
<p>II. Anticléricalisme socialiste et anticléricalisme bourgeois.</p>
<p>Les socialistes sont précisément obligés de combattre l'Église, puissance antirépublicaine et réactionnaire,non pour participer à l'anticléricalisme bourgeois, mais pour s'en débarrasser. L'incessante guérilla menée depuis des dizaines d'années contre la prétraille est, pour les républicains bourgeois français, un des moyens les plus efficaces de détourner l'attention des classes laborieuses des questions sociales et d'énerver la lutte des classes, L'anticléricalisme est, en outre, restée la seule raison d'être du parti radical ; l'évolution de ces dernières trente années, l'essor pris par le socialisme a rendu vain tout son ancien programme.</p>
<p>Pour les partis bourgeois, la lutte contre l'Église n'est donc pas un moyen, mais une fin eu soi ; on la mène de façon à n'atteindre jamais le but ; on compte l'éterniser et en faire une institution permanente.</p>
<p>Ce que nous venons de dire montre que les socialistes ne peuvent se contenter de suivre les anticléricaux bourgeois ; ils en sont les adversaires et c'est pour les démasquer qu'ils doivent engager le combat contre l'Église.</p>
<p>Ce qui distingue l'action anticléricale du socialisme de celle de la bourgeoisie, c'est non seulement la largeur, la décision plus grande de son programme, mais encore le point de départ qui est opposé. La campagne, stérile à -dessein, sans espoir, que les républicains bourgeois mènent depuis trente ans contre l'Église revêt un caractère particulier : ils s'obstinent à diviser artificiellement en deux questions différentes un problème qui, politiquement est un et indivisible ; ils séparent le clergé séculier du clergé régulier et portent des coups ridiculement impuissants aux congrégations qu'il est bien plus difficile d'atteindre, tandis que le nœud de la question est dans la réunion de l'Église et de l'État. Au lieu de trancher ces liens d'un seul coup par la suppression du budget des cultes et de toutes les fonctions administratives abandonnées au clergé, d'atteindre dans sa source l'existence des ordres religieux, on donne éternellement la chasse à des congrégations non autorisées. Au lieu de séparer l'Église de l'État, on cherche au contraire à rattacher les ordres à l'État. Tandis qu'on feint d'arracher l'école aux congrégations, on s'empresse d'enlever à ces tentatives toute efficacité politique en soutenant, en protégeant l'Église comme institution d'État.</p>
<p>L'attitude du cabinet Waldeck-Rousseau est particulièrement typique.</p>
<p>Aussi est-il complètement faux de présenter ces pitoyables mesures anticléricales des ministères radicaux et de la majorité parlementaire comme le début de réformes plus larges, comme une solution partielle du problème. Tout au contraire cette lutte stérile contre les congrégations aboutit à détourner l'attaque du point le plus vulnérable et à couvrir la principale position des cléricaux. Aussi l'Église entretient-elle soigneusement la croyance à la fiction favorite des républicains bourgeois, à l'antagonisme politique du clergé régulier et du clergé séculier ; elle la manifeste par d'apparentes hostilités.</p>
<p>L'anticléricalisme bourgeois aboutit donc à consolider le pouvoir de l'Église, de même que l'antimilitarisme bourgeois, tel qu'il est apparu dans l'affaire Dreyfus, ne s'est attaqué qu'à des phénomènes naturels au militarisme, à la corruption de l'État-major et n'a réussi qu'à épurer et à affermir l'institution elle-même.</p>
<p>Le premier devoir du socialisme est évidemment de démasquer constamment cette politique. Pour remplir cette tâche, il lui suffit d'opposer dans son intégrité sa politique religieuse au programme intentionnellement morcelé des républicains bourgeois. Mais si les socialistes devaient prendre part sérieusement, sans prononcer un mot de critique, aux pitoyables simulacres de combat des parlementaires radicaux, s'ils ne proclamaient pas à toute occasion que les « bourgeois » mangeurs de prêtres sont avant tout des ennemis du prolétariat, le but propre de l'anticléricalisme républicain serait atteint, la lutte des classes serait frappée de corruption. Non seulement le combat contre la réaction cléricale resterait sans espoir, mais le danger qui, pour la République et pour le socialisme, résulte de l'accouplement de l'action prolétarienne et de l'action bourgeoise, serait incontestablement plus grand que les inconvénients que l'on peut redouter des menées réactionnaires de l'Eglise.</p>
<p>Ainsi, à notre avis, voici la solution à laquelle doit naturellement s'attacher le socialisme en France : il ne doit adopter ni la tactique de la démocratie socialiste allemande ni celle des radicaux français ; il lui faut à la fois faire front et contre la réaction de l'Église anti-républicaine et contre l'hypocrisie de l'anticléricalisme bourgeois.</p>
<p>Berlin, Friedenau, 10, XII, 1902.</p>
<h2 class="spip">Les meilleurs écrits athées – Vingtième partie – L'anticléricalisme</h2>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/00/religion/Marx_Engels_sur_la_religion.pdf" class="spip_out" rel="external">Le mouvement anticlérical, par Karl Marx</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/archive/luxemburg/1903/01/01.htm" class="spip_out" rel="external">La politique anticléricale du socialisme, Rosa Luxemburg (en)</a></p>
<p><a href="http://mondialisme.org/spip.php?article938" class="spip_out" rel="external">Camillo Berneri : Le prolétariat ne se nourrit pas de curés</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5704" class="spip_out" rel="external">L'athéisme et l'anticléricalisme dans la Révolution française</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/archive/ferri/1902/clericalism.htm" class="spip_out" rel="external">Cléricalisme et Socialisme, Enrico Ferri (en)</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/bordiga/works/1949/09/bordiga_19490921.htm" class="spip_out" rel="external">Amadeo Bordiga, Anticléricalisme et socialisme</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1905/12/vil19051203.htm" class="spip_out" rel="external">Lénine, 1905</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1909/05/vil19090513.htm" class="spip_out" rel="external">Lénine, 1909</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5716" class="spip_out" rel="external">Les pires crimes et scandales de l'Eglise catholique</a></p>
<p><a href="https://books.google.fr/books?id=XG1BAQAAMAAJ&printsec=frontcover&dq=robert+owen&hl=fr&sa=X&redir_esc=y#v=onepage&q&f=false" class="spip_out" rel="external">The evidences of Christianity, Robert Owen</a></p>
<p><a href="https://books.google.fr/books?id=Ji-j5jTbiL0C&printsec=frontcover&dq=anticl%C3%A9rical&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiyvKqt2dnWAhXrC8AKHaVrA4M4ChDoAQg3MAM#v=onepage&q&f=false" class="spip_out" rel="external">Anticléricalisme de Olivier Fortin</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/lafargue/works/1871/00/lafargue_18710000.htm" class="spip_out" rel="external">Pie IX au Paradis, Paul Lafargue</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/luxembur/works/1902/12/rosareligion.htm" class="spip_out" rel="external">Réponse à une enquête sur l'anticléricalisme et le socialisme, Rosa Luxemburg</a></p>
<p><a href="https://books.google.fr/books?id=4VbStR14MIwC&printsec=frontcover&dq=anticl%C3%A9rical&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiS9_Cs2tnWAhUICcAKHWpbAJM4KBDoAQhDMAU#v=onepage&q=anticl%C3%A9rical&f=false" class="spip_out" rel="external">Anticlericalism : in late medieval and early modern Europe</a></p>
<p><a href="https://books.google.fr/books?id=LtdziV52I1QC&pg=PA108&dq=anticl%C3%A9rical&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjnrZjR2tnWAhVZOMAKHWAkB4U4MhDoAQg6MAQ#v=onepage&q=anticl%C3%A9rical&f=false" class="spip_out" rel="external">Le problème de l'athéisme en Allemagne à la fin du "Siècle des Lumières"</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/kautsky/works/1908/00/christianisme-table.htm" class="spip_out" rel="external">Les origines du christianisme, Karl Kautsky</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/guesde/works/1887/10/g18871022.htm" class="spip_out" rel="external">Laïcisation selon Guesde</a></p>
<p><a href="https://books.google.fr/books?id=C5zy3jm18G8C&pg=PT172&dq=anticl%C3%A9rical&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjAlaSG29nWAhXsA8AKHZZmBNQ4PBDoAQhSMAY#v=onepage&q=anticl%C3%A9rical&f=false" class="spip_out" rel="external">L'anticléricalisme des radicaux français</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/blanqui/1869/communism.htm" class="spip_out" rel="external">Auguste Blanqui, « Que notre devise à nous soit — « Suppression des cultes, expulsion des prêtres ! Et qu'elle ne fléchisse ni devant la prière, ni devant la menace, ni devant l'astuce. »</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/lafargue/works/1896/00/lafargue_18960000.htm" class="spip_out" rel="external">Le mythe de l'Immaculée conception, Paul Lafargue</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9484745?rk=21459;2" class="spip_out" rel="external">Le corbeau, journal anticlérical</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6144163n.r=journal%20anticl%C3%A9rical?rk=64378;0" class="spip_out" rel="external">La lanterne de Boquillon, journal anticlérical</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5604463k.r=journal%20anticl%C3%A9rical?rk=21459;2" class="spip_out" rel="external">Le libre penseur de France</a></p>
<p><a href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57772771.r=anticl%C3%A9rical?rk=21459;2" class="spip_out" rel="external">La calotte</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article265" class="spip_out" rel="external">La Révolution française contre le christianisme</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3168" class="spip_out" rel="external">L'hypocrisie laïque de l'Etat bourgeois</a></p>
<p><a href="https://books.google.fr/books?id=agOuzTT-hmIC&printsec=frontcover&dq=cl%C3%A9ricalisme&hl=fr&sa=X&redir_esc=y#v=onepage&q=cl%C3%A9ricalisme&f=false" class="spip_out" rel="external">Catéchismes, expression du cléricalisme</a></p>
<p><a href="https://books.google.fr/books?id=LJ0rDwAAQBAJ&printsec=frontcover&dq=cl%C3%A9ricalisme+et+les+moyens+de+le+terrasser&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjjjqOY9eDWAhWFC8AKHda2CToQ6AEIJjAA#v=onepage&q=cl%C3%A9ricalisme%20et%20les%20moyens%20de%20le%20terrasser&f=false" class="spip_out" rel="external">Du cléricalisme et des moyens de le terrasser</a></p>
<p><a href="https://books.google.fr/books?id=XoX2dO3uSssC&pg=PA116&dq=%C3%A9glise+oppression&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiC05uu9eDWAhWlJMAKHarHATEQ6AEIRTAF#v=onepage&q=%C3%A9glise%20oppression&f=false" class="spip_out" rel="external">L'Eglise, moyen d'oppression des esclaves des Amériques</a></p>
<p><a href="https://books.google.fr/books?id=c-D5DQAAQBAJ&pg=PT33&dq=%C3%A9glise+oppression&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiC05uu9eDWAhWlJMAKHarHATEQ6AEIMjAC#v=onepage&q=%C3%A9glise%20oppression&f=false" class="spip_out" rel="external">La religion, moyen d'oppression des femmes</a></p>
<p><a href="https://books.google.fr/books?id=3HedAgAAQBAJ&printsec=frontcover&dq=cl%C3%A9ricalisme&hl=fr&sa=X&redir_esc=y#v=onepage&q=cl%C3%A9ricalisme&f=false" class="spip_out" rel="external">Le cléricalisme, voilà l'ennemi !</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article2128" class="spip_out" rel="external">L'Encyclopédie, la vraie bombe philosophique de Diderot contre l'ancien fatras idéologique clérical et féodal</a></p>
<h2 class="spip">Lire aussi :</h2>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2807" class="spip_out" rel="external">Qu'est-ce que l'athéisme ?</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1485" class="spip_out" rel="external">Qu'était le matérialisme en philosophie et qu'est-il aujourd'hui ?</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article4708" class="spip_out" rel="external">Qu'est-ce que le matérialisme (en philosophie) ?</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5671" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Première partie - Ecrits de la Grèce ancienne contre les religions et les dieux</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5672" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Deuxième partie - Diderot - La Mettrie</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5673" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Troisième partie - d'Holbach, Helvétius, Bacon et bien d'autres auteurs</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5681" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Quatrième partie - Feuerbach</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5680" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Cinquième partie - L'athéisme selon Karl Marx</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5685" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Sixième partie – Plekhanov, Lénine, Trotsky</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5687" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Septième partie – Les grands auteurs athées récents</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5694" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Huitième partie – L'Inde et le Pakistan, continent historique de l'athéisme</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5695" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Neuvième partie - Quelques grands écrits athées historiques</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5696" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs textes athées – Dixième partie - Un athée se soumet à la question…</a></p>
<p> <a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5697" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Onzième partie – L'homme préhistorique, un athée ?</a></p>
<p> <a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5699" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Douzième partie – Une Chine antique athée</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5700" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Treizième partie - Les grandes femmes athées de l'Histoire</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5701" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Quatorzième partie - Dialogues athées</a></p>
<p><a href="http://matierevolution.org/spip.php?article5702" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Quinzième partie – L'athéisme a aussi ses victimes et même ses martyrs</a></p>
<p><a href="http://matierevolution.org/spip.php?article5708" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Seizième partie - Poésies athées</a></p>
<p> <a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5709" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées – Dix-septième partie - Les philosophes matérialistes</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5712" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs auteurs athées – Dix-huitième partie - Les auteurs athées romains</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5714" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées – Dix-neuvième partie - Plaisanteries athées</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5722" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées – Vingtième partie – L'anticléricalisme</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5734" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées – Vingt-et-unième partie - Orient athée</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5716" class="spip_out" rel="external">Les pires crimes et scandales de l'Eglise catholique</a></p>
<p><a href="http://atheisme.free.fr/" class="spip_out" rel="external">Le site athéisme</a></p></div>
Les meilleurs auteurs athées – dix-huitième partie - Les auteurs athées romains
https://www.matierevolution.org/spip.php?article5712
https://www.matierevolution.org/spip.php?article57122017-09-30T23:27:00Ztext/htmlfrRobert ParisItalieReligionMatérialismeAthéisme
<p>Les meilleurs auteurs athées – dix-huitième partie - Les auteurs athées romains <br class='autobr' />
Yves Lehmann, La religion romaine : <br class='autobr' />
« Chez les Romains, les mythes indo-européens ont été ramenés du ciel sur la terre, et les héros ne sont plus des dieux mais de grands hommes de Rome » <br class='autobr' />
Quintus Ennius : <br class='autobr' />
« Il n'y a pas de lien social ni de foi qui demeurent inviolés quand il s'agit de régner. » <br class='autobr' /> « Quand il s'agit du trône, ni pacte ni serment, rien n'est sacré » <br class='autobr' />
Cicéron : <br class='autobr' />
« L'âme a deux principes, (…)</p>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique96" rel="directory">09 - RELIGION</a>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot21" rel="tag">Italie</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot98" rel="tag">Religion</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot281" rel="tag">Matérialisme</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot284" rel="tag">Athéisme</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Les meilleurs auteurs athées – dix-huitième partie - Les auteurs athées romains </h2>
<p>Yves Lehmann, La religion romaine :</p>
<p><i>« Chez les Romains, les mythes indo-européens ont été ramenés du ciel sur la terre, et les héros ne sont plus des dieux mais de grands hommes de Rome »</i></p>
<h2 class="spip">Quintus Ennius :</h2>
<p><i>« Il n'y a pas de lien social ni de foi qui demeurent inviolés quand il s'agit de régner. »</i></p>
<p> <i> « Quand il s'agit du trône, ni pacte ni serment, rien n'est sacré » </i></p>
<h2 class="spip">Cicéron : </h2>
<p><i>« L'âme a deux principes, l'appétit et la raison. »</i></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Trait%C3%A9_des_devoirs_(E._Sommer)" class="spip_out" rel="external">Un exemple de l'absence de considérations sur dieu dans la philosophie de Cicéron</a></p>
<p><a href="http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Ciceron/nature1.htm" class="spip_out" rel="external">Mieux encore, voici un texte de Cicéron « sur la nature des dieux »</a></p>
<p>Cicéron, De la nature des dieux :</p>
<p><i>« La plupart [des philosophes] ont dit que les dieux existaient, mais Protagoras était dans le doute, Diagoras de Mélos et Théodore de Cyrène pensaient qu'il n'y en avait aucun. […] Diagoras [de Mélos], appelé άθεος (athée) et plus tard Théodore [de Cyrène] ont ouvertement nié l'existence des dieux. »</i></p>
<p><i>« Il subsiste dans la philosophie, tu l'ignores, Brutus, moins que personne, beaucoup de problèmes non encore résolus, mais s'il est une recherche particulièrement difficile, c'est celle qui a trait à la nature des dieux, tout enveloppée d'obscurité. »</i></p>
<p><i>« Épicure nous a libérés de ces terreurs, grâce à lui nous respirons librement, nous ne craignons pas les dieux qui, nous le savons, n'ont aucune idée de rien faire qui puisse leur être à charge ni ne cherchent à imposer la moindre peine à d'autres qu'eux, nous honorons la nature et ne mettons rien au-dessus d'elle : c'est elle qui est pour nous l'objet d'un culte pieux. »</i></p>
<p><i>« L'argument décisif qui nous oblige à reconnaître l'existence des dieux, c'est, as-tu déclaré, que les hommes de toutes nations et de toutes races y ont cru. Outre qu'il n'a pas grand poids, il enveloppe une erreur. En premier lieu d'où sais-tu ce que pensent les nations ? J'estime, quant à moi, qu'il y a bien des peuples assez enfoncés dans la sauvagerie pour n'avoir des dieux aucune idée. Mais que penses-tu de Diagoras qu'on a nommé l'athée ? Lui et, plus tard, Théodore n'ont-ils pas nié ouvertement les dieux ? De l'Abdéritain Protagoras toi-même as fait mention. Ce sophiste, le plus grand de son siècle, ayant énoncé au début de son livre cette proposition : « En ce qui concerne les dieux je ne puis dire s'ils existent ou n'existent pas, les Athéniens le chassèrent de leur ville et même de leur territoire et son ouvrage fut brûlé publiquement. Ce châtiment, auquel il ne put échapper pour avoir seulement émis un doute, détourne, je crois, plus d'un incrédule d'afficher son opinion. »</i></p>
<p><i>« Pourquoi en vérité les hommes honoreraient-ils les dieux alors que les dieux non seulement n'ont pour les hommes aucune sollicitude particulière mais ne s'occupent d'eux en aucune façon, ne font exactement rien ? »</i></p>
<p><i>« Comment d'ailleurs les dieux pourraient-ils mériter notre respect en raison de l'admiration due à leur excellence, alors que nous ne voyons en eux rien d'excellent ? »</i></p>
<p><a href="http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Ciceron/divinatione1.htm" class="spip_out" rel="external">Lire encore « De la divination » de Cicéron</a></p>
<p>Mais Cicéron est prudent :</p>
<p>« Il est difficile de nier qu'il ait des dieux, j'en conviens si la question s'agite en public. »</p>
<p> « Il me semble que votre Épicure ne combat que faiblement au sujet des dieux ; seulement pour n'avoir point de mécontentement ou d'accusation à craindre, il se garde de nier leur existence. Mais puisqu'il soutient que les dieux ne font rien et ne se soucient de rien ; qu'ils ont des membres mais qu'ils n'en font aucun usage, il me semble se jouer de nous et s'imaginer nous avoir satisfaits, après s'être prononcé pour quelque être heureux et éternel. »</p>
<h2 class="spip">Lucrèce :</h2>
<p>« Alors qu'aux yeux de tous, l'humanité traînait sur terre une vie abjecte, écrasée sous le poids d'une religion dont le visage, se montrant du haut des régions célestes, menaçait les mortels de son aspect horrible, le premier un Grec, un homme osa lever ses yeux mortels contre elle, et contre elle se dresser (…) Et par là, la religion est à son tour renversée et foulée aux pieds, et nous, la victoire nous élève jusqu'aux cieux. »</p>
<p>Lucrèce :<br class='autobr' />
« Il faut poser d'abord notre premier principe<br class='autobr' />
Rien n'est jamais crée divinement de rien. <br class='autobr' />
… <br class='autobr' />
Rien ne s'anéantit ; toute chose retourne,<br class='autobr' />
Par division, aux corps premiers de la matière. »</p>
<p><i>« Si tu possèdes bien ces vérités connues, immédiatement après la nature libre, dépourvue de maîtres orgueilleux, te semble accomplir par elle-même tout de son plein gré sans besoin des dieux. Car j'en atteste les coeurs sacrés des dieux dans leur paix tranquille, qui passent leur temps calmement et leur vie sereinement, qui donc pourrait diriger la totalité de l'immense infini, qui pourrait en gouverner et diriger de sa main les fortes rênes ? Qui donc pourrait faire tourner en même temps tous les cieux, échauffer des feux célestes toutes les terres fertiles, être à la disposition en tous lieux, en tout temps pour faire les ténèbres avec les nuages, pour secouer de son fracas les espaces sereins du ciel, pour envoyer la foudre, pour souvent démolir son temple, et, se retirant dans les déserts y sévir en lançant un trait qui souvent ignore les coupables et tue des innocents qui ne le méritent pas ? »</i></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Lucr%C3%A8ce" class="spip_out" rel="external">Lucrèce</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5344" class="spip_out" rel="external">La philosophie de Lucrèce</a></p>
<p><a href="https://books.google.fr/books?id=NgE6AAAAcAAJ&pg=PA202&lpg=PA202&dq=lucr%C3%A8ce+banquet+des+dieux&source=bl&ots=lfpzC4KGOE&sig=631_zCeQJiDaTTlMaldylVrxvaM&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiWpYaescjPAhXoD8AKHcNnBXYQ6AEIJTAA#v=onepage&q=lucr%C3%A8ce%20banquet%20des%20dieux&f=false" class="spip_out" rel="external">Lucrèce athée</a></p>
<p>Lucrèce dans son De Rerum Natura</p>
<p><i>« Si tu possèdes bien ces vérités connues, immédiatement après la nature libre, dépourvue de maîtres orgueilleux, te semble accomplir par elle-même tout de son plein gré sans besoin des dieux. Car j'en atteste les coeurs sacrés des dieux dans leur paix tranquille, qui passent leur temps calmement et leur vie sereinement, qui donc pourrait diriger la totalité de l'immense infini, qui pourrait en gouverner et diriger de sa main les fortes rênes ? Qui donc pourrait faire tourner en même temps tous les cieux, échauffer des feux célestes toutes les terres fertiles, être à la disposition en tous lieux, en tout temps pour faire les ténèbres avec les nuages, pour secouer de son fracas les espaces sereins du ciel, pour envoyer la foudre, pour souvent démolir son temple, et, se retirant dans les déserts y sévir en lançant un trait qui souvent ignore les coupables et tue des innocents qui ne le méritent pas ? »</i></p>
<p><i>« Les corps, ce sont d'une part les principes simples des choses, les atomes, et d'autre part les composés, formés par ces éléments premiers. Pour ceux-ci, il n'est aucune force qui puisse les détruire ; à toute atteinte leur solidité résiste... Au reste, si l'on n'admet pas dans la nature un dernier terme de petitesse, les corps les plus petits seront composés d'une infinité de parties, puisque chaque moitié aura toujours une moitié et cela à l'infini. Quelle différence y aurait-il alors entre l'univers même et le plus petit corps ? On n'en pourrait point établir ; car si infiniment étendu qu'on suppose l'univers, les corps les plus petits seraient eux aussi composés d'une infinité de parties. La droite raison se révolte contre cette conséquence et n'admet pas que l'esprit y adhère ; aussi faut-il t'avouer vaincu et reconnaître qu'il existe des particules irréductibles à toute division et qui vont jusqu'au dernier degré de la petitesse ; et, puisqu'elles existent, tu dois reconnaître aussi qu'elles sont solides et éternelles. »</i></p>
<p><a href="http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Lucrece/table.htm" class="spip_out" rel="external">De la nature, Lucrèce</a></p>
<p>Lucrèce :</p>
<p>Fervent défenseur de l'athéisme, Lucrèce veut montrer que le matérialisme atomiste d'Epicure délivrera les hommes de la crainte des dieux et de la mort. Le monde est constitué de petites particules de matière : les atomes, insécables, invisibles et éternels. Tout ce qui se passe dans le monde est dû aux actions et interactions de ces atomes. Il n'y a donc aucune intervention divine dans les phénomènes physiques. Les dieux existent sans doute, mais vivent dans des intermondes sans jamais s'occuper des hommes. De ce fait, il ne faut ni les craindre, ni les adorer, ni les supplier.</p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/De_la_nature_des_choses_%28traduction_Lef%C3%A8vre%29" class="spip_out" rel="external">De la nature des choses</a></p>
<p><a href="http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Lucrece/livre0.htm" class="spip_out" rel="external">Lire Lucrèce</a></p>
<h2 class="spip">Plaute :</h2>
<p> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Plaute" class="spip_out" rel="external">Qui était Plaute</a></p>
<p><a href="http://agoraclass.fltr.ucl.ac.be/concordances/Plaute_marmite/lecture/default.htm" class="spip_out" rel="external">Plaute, La marmite</a></p>
<p><a href="http://agoraclass.fltr.ucl.ac.be/concordances/Plaute_menechmes/lecture/default.htm" class="spip_out" rel="external">Plaute, Les Ménechmes</a></p>
<p><a href="http://agoraclass.fltr.ucl.ac.be/concordances/Plaute_marchand/lecture/default.htm" class="spip_out" rel="external">Plaute, Le marchand</a></p>
<p><a href="http://agoraclass.fltr.ucl.ac.be/concordances/plaute_miles_glor/lecture/default.htm" class="spip_out" rel="external">Plaute, Le Soldat fanfaron</a></p>
<h2 class="spip">Epicure :</h2>
<p><i>« Si tout ce que nous regardons dans les cieux comme des miracles ne nous épouvantait point, si nous pouvions assez réfléchir pour ne point craindre la mort, parce qu'elle ne nous concerne point ; si enfin nos connaissances allaient jusqu'à savoir quelle est la véritable fin des maux et des biens, l'étude et la spéculation de la physique nous seraient inutiles. C'est une chose impossible que celui qui tremble à la vue des prodiges de la nature, et qui s'alarme de tous les événements de la vie, puisse être jamais exempt de peur ; il faut qu'il pénètre la vaste étendue des choses et qu'il guérisse son esprit des impressions ridicules des fables : on ne peut, sans les découvertes de la physique, goûter de véritables plaisirs. »</i></p>
<p><a href="http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Ciceron/finibusherodote.htm" class="spip_out" rel="external">Extraits d'Epicure</a></p>
<p><a href="http://remacle.org/bloodwolf/livres/epicure/table.htm" class="spip_out" rel="external">Epicure et l'épicurisme</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89picure" class="spip_out" rel="external">Qui était Epicure</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Dissertation_sur_la_politique_des_Romains_dans_la_religion" class="spip_out" rel="external">Religion chez les Romains, Montesquieu</a></p>
<h2 class="spip">Lire aussi :</h2>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article144" class="spip_out" rel="external">Notre combat contre la religion</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article3466" class="spip_out" rel="external">Dialogue sur la religion et les religions</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article1935" class="spip_out" rel="external">D'où viennent les religions</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article1509" class="spip_out" rel="external">Les révolutionnaires et la religion</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5275" class="spip_out" rel="external">En quoi le fondement, réel et imaginaire, des anciennes religions a irrémédiablement disparu ?</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article466" class="spip_out" rel="external">Religion—its social roots and role</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2807" class="spip_out" rel="external">Qu'est-ce que l'athéisme ?</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1485" class="spip_out" rel="external">Qu'était le matérialisme en philosophie et qu'est-il aujourd'hui ?</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article4708" class="spip_out" rel="external">Qu'est-ce que le matérialisme (en philosophie) ?</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5671" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Première partie - Ecrits de la Grèce ancienne contre les religions et les dieux</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5672" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Deuxième partie - Diderot - La Mettrie</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5673" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Troisième partie - d'Holbach, Helvétius, Bacon et bien d'autres auteurs</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5681" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Quatrième partie - Feuerbach</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5680" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Cinquième partie - L'athéisme selon Karl Marx</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5685" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Sixième partie – Plekhanov, Lénine, Trotsky</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5687" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Septième partie – Les grands auteurs athées récents</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5694" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Huitième partie – L'Inde et le Pakistan, continent historique de l'athéisme</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5695" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Neuvième partie - Quelques grands écrits athées historiques</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5696" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs textes athées – Dixième partie - Un athée se soumet à la question…</a></p>
<p> <a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5697" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Onzième partie – L'homme préhistorique, un athée ?</a></p>
<p> <a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5699" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Douzième partie – Une Chine antique athée</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5700" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Treizième partie - Les grandes femmes athées de l'Histoire</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5701" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Quatorzième partie - Dialogues athées</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5702" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Quinzième partie – L'athéisme a aussi ses victimes et même ses martyrs</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5708" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Seizième partie - Poésies athées</a></p>
<p> <a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5709" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées – Dix-septième partie - Les philosophes matérialistes</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5712" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs auteurs athées – Dix-huitième partie - Les auteurs athées romains</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5714" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées – Dix-neuvième partie - Plaisanteries athées</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5722" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées – Vingtième partie – L'anticléricalisme</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5734" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées – Vingt-et-unième partie - Orient athée</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5716" class="spip_out" rel="external">Les pires crimes et scandales de l'Eglise catholique</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article35" class="spip_out" rel="external">D'où viennent les religions, quelle place tiennent-elles dans l'imaginaire des hommes et quel rôle social jouent-elles ?</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5166" class="spip_out" rel="external">Les plus grands auteurs athées du monde</a></p>
<p><a href="http://atheisme.free.fr/" class="spip_out" rel="external">Le site athéisme</a></p></div>
Les meilleurs écrits athées – Dix-septième partie - Les philosophes matérialistes
https://www.matierevolution.org/spip.php?article5709
https://www.matierevolution.org/spip.php?article57092017-09-28T23:25:00Ztext/htmlfrRobert ParisReligionMatérialismeAthéisme
<p>Les meilleurs écrits athées – Dix-septième partie - Les philosophes matérialistes <br class='autobr' />
Aux sources des philosophies matérialistes <br class='autobr' />
Une introduction au matérialisme <br class='autobr' />
Qu'est-ce que le matérialisme (en philosophie) ? <br class='autobr' />
L'ancêtre du matérialisme, est Indien ! <br class='autobr' />
Le matérialisme dans l'antiquité <br class='autobr' />
Démocrite et Epicure <br class='autobr' />
Les matérialistes du XVIIIe siècle <br class='autobr' />
La bourgeoisie et la philosophie matérialiste <br class='autobr' />
Matérialisme et Révolution <br class='autobr' />
Un seul monde, le monde matériel <br class='autobr' />
L'idéalisme philosophique (…)</p>
-
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique96" rel="directory">09 - RELIGION</a>
/
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot98" rel="tag">Religion</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot281" rel="tag">Matérialisme</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot284" rel="tag">Athéisme</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Les meilleurs écrits athées – Dix-septième partie - Les philosophes matérialistes</h2>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2853" class="spip_out" rel="external">Aux sources des philosophies matérialistes</a></p>
<p><a href="http://atheisme.free.fr/Atheisme/Materialisme2.htm" class="spip_out" rel="external">Une introduction au matérialisme</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article4708" class="spip_out" rel="external">Qu'est-ce que le matérialisme (en philosophie) ?</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5217" class="spip_out" rel="external">L'ancêtre du matérialisme, est Indien !</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Histoire_du_mat%C3%A9rialisme/Tome_I/Partie_I/Chapitre_1" class="spip_out" rel="external">Le matérialisme dans l'antiquité</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Diff%C3%A9rence_de_la_philosophie_de_la_nature_chez_D%C3%A9mocrite_et_%C3%89picure" class="spip_out" rel="external">Démocrite et Epicure</a></p>
<p><a href="http://www.ling.uqam.ca/forum/evr/images/Bourdin_1996.pdf" class="spip_out" rel="external">Les matérialistes du XVIIIe siècle</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3349" class="spip_out" rel="external">La bourgeoisie et la philosophie matérialiste</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5565" class="spip_out" rel="external">Matérialisme et Révolution</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5183" class="spip_out" rel="external">Un seul monde, le monde matériel</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1344" class="spip_out" rel="external">L'idéalisme philosophique</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Histoire_du_mat%C3%A9rialisme/Volume_I_(1877)" class="spip_out" rel="external">Histoire du matérialisme</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/engels/works/1888/02/fe_18880221_2.htm" class="spip_out" rel="external">Idéalisme et Matérialisme</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/plekhanov/works/1904/00/plekhanov_19040000.htm" class="spip_out" rel="external">La conception matérialiste de l'histoire</a></p>
<p><a href="https://biblio.wiki/wiki/Mat%C3%A9rialisme_m%C3%A9caniste_et_mat%C3%A9rialisme_dialectique" class="spip_out" rel="external">Matérialisme mécaniste et matérialisme dialectique</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article538" class="spip_out" rel="external">La révolution moderne dans les sciences de la nature et l'idéalisme philosophique</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3352" class="spip_out" rel="external">Le monde matériel existe-t-il objectivement, en dehors de nos pensées ?</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5235" class="spip_out" rel="external">Philosophie de la matière ?</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1391" class="spip_out" rel="external">Lettres de Marx sur le matérialisme</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/engels/works/1888/02/fe_18880221_4.htm" class="spip_out" rel="external">Le matérialisme dialectique</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4178" class="spip_out" rel="external">Le matérialisme dialectique, c'est quoi ? De la fausse pensée stalinienne ?</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1485" class="spip_out" rel="external">Qu'était le matérialisme en philosophie et qu'est-il aujourd'hui ?</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article3875" class="spip_out" rel="external">Thèses sur le matérialisme de Feuerbach</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/plekhanov/works/1895/00/plekhanov_18950000_g.htm" class="spip_out" rel="external">Le matérialisme contemporain</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1922/03/vil19220312.htm" class="spip_out" rel="external">Le matérialisme militant de Lénine</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/lafargue/works/1884/00/materialisme.htm#I" class="spip_out" rel="external">Lafargue, Idéalisme et matérialisme dans l'histoire</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1909/05/vil19090513.htm" class="spip_out" rel="external">Lénine : « Le marxiste doit être un matérialiste »</a></p>
<p> <a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3115" class="spip_out" rel="external">Y a-t-il une manière nouvelle, moderne, de concevoir matière et matérialisme ?</a></p>
<h2 class="spip">Lire aussi :</h2>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article144" class="spip_out" rel="external">Notre combat contre la religion</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article3466" class="spip_out" rel="external">Dialogue sur la religion et les religions</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article1935" class="spip_out" rel="external">D'où viennent les religions</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article1509" class="spip_out" rel="external">Les révolutionnaires et la religion</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5275" class="spip_out" rel="external">En quoi le fondement, réel et imaginaire, des anciennes religions a irrémédiablement disparu ?</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article466" class="spip_out" rel="external">Religion—its social roots and role</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2807" class="spip_out" rel="external">Qu'est-ce que l'athéisme ?</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1485" class="spip_out" rel="external">Qu'était le matérialisme en philosophie et qu'est-il aujourd'hui ?</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article4708" class="spip_out" rel="external">Qu'est-ce que le matérialisme (en philosophie) ?</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5671" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Première partie - Ecrits de la Grèce ancienne contre les religions et les dieux</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5672" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Deuxième partie - Diderot - La Mettrie</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5673" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Troisième partie - d'Holbach, Helvétius, Bacon et bien d'autres auteurs</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5681" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Quatrième partie - Feuerbach</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5680" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Cinquième partie - L'athéisme selon Karl Marx</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5685" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Sixième partie – Plekhanov, Lénine, Trotsky</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5687" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Septième partie – Les grands auteurs athées récents</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5694" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Huitième partie – L'Inde et le Pakistan, continent historique de l'athéisme</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5695" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Neuvième partie - Quelques grands écrits athées historiques</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5696" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs textes athées – Dixième partie - Un athée se soumet à la question…</a></p>
<p> <a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5697" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Onzième partie – L'homme préhistorique, un athée ?</a></p>
<p> <a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5699" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Douzième partie – Une Chine antique athée</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5700" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Treizième partie - Les grandes femmes athées de l'Histoire</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5701" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Quatorzième partie - Dialogues athées</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5702" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Quinzième partie – L'athéisme a aussi ses victimes et même ses martyrs</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5708" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Seizième partie - Poésies athées</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5712" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs auteurs athées – dix-huitième partie - Les auteurs athées romains</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5714" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées – Dix-neuvième partie - Plaisanteries athées</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5722" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées – Vingtième partie – L'anticléricalisme</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5734" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées – Vingt-et-unième partie - Orient athée</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5716" class="spip_out" rel="external">Les pires crimes et scandales de l'Eglise catholique</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article35" class="spip_out" rel="external">D'où viennent les religions, quelle place tiennent-elles dans l'imaginaire des hommes et quel rôle social jouent-elles ?</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5166" class="spip_out" rel="external">Les plus grands auteurs athées du monde</a></p>
<p><a href="http://atheisme.free.fr/" class="spip_out" rel="external">Le site athéisme</a></p></div>
Les meilleurs écrits athées - Seizième partie - Poésies athées
https://www.matierevolution.org/spip.php?article5708
https://www.matierevolution.org/spip.php?article57082017-09-26T23:59:00Ztext/htmlfrRobert ParisReligionMatérialismeAthéisme
<p>Les meilleurs écrits athées - Seizième partie - Poésies athées <br class='autobr' />
Prévert, Tentative de description d'un dîner de têtes à Paris-France : <br class='autobr' /> Ceux qui pieusement <br class='autobr' />
Ceux qui copieusement <br class='autobr' />
Ceux qui tricolorent <br class='autobr' />
Ceux qui inaugurent <br class='autobr' />
Ceux qui croient <br class='autobr' />
Ceux qui croient croire <br class='autobr' />
Ceux qui croa-croa… <br class='autobr' />
Arthur Rimbaud, Le mal : <br class='autobr' />
Tandis que les crachats rouges de la mitraille <br class='autobr' />
Sifflent tout le jour par l'infini du ciel bleu ; <br class='autobr' />
Qu'écarlates ou verts, près du Roi qui les raille, <br class='autobr' />
Croulent les (…)</p>
-
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique96" rel="directory">09 - RELIGION</a>
/
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot98" rel="tag">Religion</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot281" rel="tag">Matérialisme</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot284" rel="tag">Athéisme</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip"> Les meilleurs écrits athées - Seizième partie - Poésies athées</h2><h2 class="spip">Prévert, Tentative de description d'un dîner de têtes à Paris-France :
<p> Ceux qui pieusement</p>
<p>Ceux qui copieusement</p>
<p>Ceux qui tricolorent</p>
<p>Ceux qui inaugurent</p>
<p>Ceux qui croient</p>
<p>Ceux qui croient croire</p>
<p>Ceux qui croa-croa…</p>
</h2>
<p><strong>Arthur Rimbaud, Le mal :</strong></p>
<p>Tandis que les crachats rouges de la mitraille</p>
<p>Sifflent tout le jour par l'infini du ciel bleu ;</p>
<p>Qu'écarlates ou verts, près du Roi qui les raille,</p>
<p>Croulent les bataillons en masse dans le feu ;</p>
<p>Tandis qu'une folie épouvantable, broie</p>
<p>Et fait de cent milliers d'hommes un tas fumant ;</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Pauvres morts dans l'été, dans l'herbe, dans ta joie,</p>
<p>Nature, ô toi qui fis ces hommes saintement !... –</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Il est un Dieu qui rit aux nappes damassées</p>
<p>Des autels, à l'encens, aux grands calices d'or ;</p>
<p>Qui dans le bercement des hosanna s'endort,</p>
<p>Et se réveille quand des mères, ramassées</p>
<p>Dans l'angoisse et pleurant sous leur vieux bonnet noir,</p>
<p>Lui donnent un gros sou lié dans leur mouchoir !</p>
<h2 class="spip">Arthur Rimbaud, Les pauvres à l'église :
<p>Parqués entre des bancs de chêne, aux coins d'église</p>
<p>Qu'attiédit puamment leur souffle, tous leurs yeux</p>
<p>Vers le chœur ruisselant d'orrie et la maîtrise</p>
<p>Aux vingt gueules gueulant les cantiques pieux ;</p>
<p>Comme un parfum de pain humant l'odeur de cire,</p>
<p>Heureux, humiliés comme des chiens battus,</p>
<p>Les Pauvres au bon Dieu, le patron et le sire,</p>
<p>Tendent leurs oremus risibles et têtus.</p>
<p>Aux femmes, c'est bien bon de faire des bancs lisses,</p>
<p>Après les six jours noirs ou Dieu les fait souffrir !</p>
<p>Elles bercent, tordus dans d'étranges pelisses,</p>
<p>Des espèces d'enfants qui pleurent à mourir.</p>
<p>Leurs seins crasseux dehors, ces mangeuses de soupe,</p>
<p>Une prière aux yeux et ne priant jamais,</p>
<p>Regardent parader mauvaisement un groupe</p>
<p>De gamines avec leurs chapeaux déformés.</p>
<p>Dehors, le froid, la faim, l'homme en ribote :</p>
<p>C'est bon. Encore une heure ; après, les maux sans noms !</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Cependant, alentour, geint, nasille, chuchote</p>
<p>Une collection de vieilles à fanons :</p>
<p>Ces effarés y sont et ces. épileptiques</p>
<p>Dont on se détournait hier aux carrefours ;</p>
<p>Et, fringalant du nez dans des missels antiques,</p>
<p>Ces aveugles qu'un chien introduit dans les cours.</p>
<p>Et tous, bavant la foi mendiante et stupide,</p>
<p>Récitent la complainte infinie à Jésus,</p>
<p>Qui rêve en haut, jauni par le vitrail livide,</p>
<p>Loin des maigres mauvais et des méchants pansus,</p>
<p>Loin des senteurs de viande et d'étoffes moisies,</p>
<p>Farce prostrée et sombre aux gestes repoussants ;</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Et l'oraison fleurit d'expressions choisies,</p>
<p>Et les mysticités prennent des tons pressants,</p>
<p>Quand, des nefs où périt le soleil, plis de soie</p>
<p>Banals, sourires verts, les Dames des quartiers</p>
<p>Distingués, - ô Jésus ! - les malades du foie</p>
<p>Font baiser leurs longs doigts jaunes aux bénitiers.</p>
</h2>
<p><strong>Jacques Prévert, Ecritures saintes :</strong></p>
<p>A</p>
<p>Paul et</p>
<p>Virginie</p>
<p>au tenon et à la mortaise</p>
<p>à la chèvre et au chou</p>
<p>à la paille et à la poutre</p>
<p>au-dessus et au-dessous du panier</p>
<p>à</p>
<p>Saint-Pierre et à</p>
<p>Miquelon</p>
<p>à la une et à la deux</p>
<p>à la mygale et à la fourmi</p>
<p>au zist et au zest</p>
<p>à votre santé et à la mienne</p>
<p>au bien et au mal</p>
<p>à</p>
<p>Dieu et au</p>
<p>Diable</p>
<p>à</p>
<p>Laurel et à</p>
<p>Hardy.</p>
<p>Dieu est un grand lapin</p>
<p>Il habite plus haut que la terre</p>
<p>tout en haut là-haut dans les cieux</p>
<p>dans son grand terrier nuageux.</p>
<p>Le diable est un grand lièvre rouge</p>
<p>avec un fusil tout gris</p>
<p>Pour tirer dans l'ombre de la nuit</p>
<p>mais</p>
<p>Dieu est un gros lapin</p>
<p>il a l'oreille du monde</p>
<p>il connaît la musique</p>
<p>une fois il a eu un grand fils</p>
<p>un joyeux lapin</p>
<p>et il l'a envoyé sur la terre</p>
<p>pour sauver les lapins d'en bas</p>
<p>et son fils a été rapidement liquidé</p>
<p>et on l'a appelé civet.</p>
<p>Évidemment il a passé de bien mauvais moments</p>
<p>et puis il a repris du poil de la bête</p>
<p>il s'est remis les os en place</p>
<p>les reins le râble la tête et tout</p>
<p>et il a fait un bond prodigieux</p>
<p>et le voilà maintenant rude lapin</p>
<p>bondissant dans les cieux</p>
<p>à la droite et è la gauche</p>
<p>du grand lapin tout-puissant.</p>
<p>Et le diable tire dans l'ombre</p>
<p>et revient bredouille chaque nuit</p>
<p>rien dans son charnier</p>
<p>rien à se mettre sous la charnière</p>
<p>et il pique de grandes colères</p>
<p>il arrache sa casquette de sur sa tête</p>
<p>et il piétine dans la poussière</p>
<p>et après il est bien avancé</p>
<p>et il est obligé de mettre</p>
<p>tous les jours que le lapin fait</p>
<p>son chapeau des dimanches.</p>
<p>Mais son chapeau des dimanches</p>
<p>c'est un fantôme de lapin</p>
<p>un feu follet des fabriques</p>
<p>et il fait des facéties</p>
<p>c'est pour cela que le diable</p>
<p>n'a jamais son chapeau sur la tête</p>
<p>pas même les jours de fête</p>
<p>mais à côté de sa tête</p>
<p>au-dessus de sa tête</p>
<p>ou même comme ça derrière la tête</p>
<p>oui</p>
<p>exactement à dix ou quinze centimètres</p>
<p>derrière sa tête</p>
<p>et il attrape tout le temps des migraines</p>
<p>de la grêle du vent</p>
<p>et des otites dans les oreilles.</p>
<p>Quand il rencontre</p>
<p>Dieu</p>
<p>il est très embêté</p>
<p>parce qu'il doit le saluer</p>
<p>c'est réglementaire</p>
<p>puisque c'est</p>
<p>Dieu le fondateur</p>
<p>du ciel et de la terre</p>
<p>lui il est seulement l'inventeur</p>
<p>de la pierre à feu</p>
<p>et</p>
<p>Dieu lui dit</p>
<p>Je vous en prie mon ami restez couvert</p>
<p>mais le diable ne peut pas</p>
<p>mettez-vous à sa place</p>
<p>puisque son chapeau ne tient pas en place</p>
<p>alors il se rend compte</p>
<p>qu'il est légèrement ridicule</p>
<p>et il s'en retourne chez lui en courant</p>
<p>il allume un grand feu en pleurant</p>
<p>et il se regarde dans son armoire à glace</p>
<p>en faisant des grimaces</p>
<p>et puis il jette l'armoire dans le feu</p>
<p>et quand l'armoire se met à pétiller</p>
<p>à craquer à crier</p>
<p>Il devient tout à coup très joyeux</p>
<p>et il se couche sur le brasier</p>
<p>avec une grande flamme blanche</p>
<p>comme oreiller</p>
<p>et il ronronne tout doucement</p>
<p>comme le feu</p>
<p>comme les chats quand ils sont heureux</p>
<p>et il rêve aux bons-tours qu'il va jouer au bon Dieu.</p>
<p>Dieu est aussi un prêteur sur gage</p>
<p>un vieil usurier</p>
<p>il se cache dans une bicoque</p>
<p>tout en haut de son mont-de-piété</p>
<p>et il prête à la petite semaine</p>
<p>au mois au siècle et à l'éternité</p>
<p>et ceux qui redescendent avec un peu d'argent</p>
<p>en bas dans la vallée le diable les attend</p>
<p>il leur fauche leur fric</p>
<p>il leur fout une volée</p>
<p>et s'en va en chantant la pluie et le beau temps.</p>
<p>Dieu est aussi un grand voyageur</p>
<p>et quand il voyage</p>
<p>pas moyen de le faire tenir en place</p>
<p>il s'installe dans tous les wagons</p>
<p>et il descend dans tous les hôtels à la fois</p>
<p>à ces moments-là</p>
<p>tous les voyageurs marchent à pied</p>
<p>et couchent dehors</p>
<p>et le diable passe</p>
<p>et crie</p>
<p>Oreillers couvertures</p>
<p>et tous appellent</p>
<p>Pst...</p>
<p>Pst...</p>
<p>Pst...</p>
<p>mais lui dit ça simplement comme ça</p>
<p>pour les emmerder un peu plus</p>
<p>il a autre chose à faire</p>
<p>que de s'occuper vraiment de ces gens-là</p>
<p>il est seulement un peu content</p>
<p>parce qu'ils prennent froid.</p>
<p>Dieu est aussi une grosse dinde de Noël qui se fait manger par les riches</p>
<p>pour souhaiter la fête à son fils.</p>
<p>Alors les coudes sur la sainte table</p>
<p>le Diable regarde</p>
<p>Dieu en face</p>
<p>avec un sourire de côté</p>
<p>et il fait du pied aux anges et Dieu est bien embêté.</p>
<h2 class="spip">Prévert :
<p>A comme absolument athée</p>
<p>T comme totalement athée</p>
<p>H comme hermétiquement athée</p>
<p>é accent aigu comme étonnement athée</p>
<p>E comme entièrement athée</p>
<p>pas libre penseur</p>
<p>athée</p>
<p>il y a une nuance</p>
</h2>
<p><strong>Germain Nouveau, Athée :</strong></p>
<p>Je m'adresse à tout l'Univers,</p>
<p>Après David, le roi psalmiste.</p>
<p>Oui, Madame, en ces quelques vers,</p>
<p>Je m'adresse à tout l'Univers.</p>
<p>Sur les continents et les mers,</p>
<p>Si tant est qu'un athée existe,</p>
<p>C'est moi, dis-je, à tout l'Univers,</p>
<p>Après David, le roi psalmiste.</p>
<p>Je me fous bien de tous vos dieux,</p>
<p>Ils sont jolis, s'ils vous ressemblent,</p>
<p>Et bons à foutre dans les lieux.</p>
<p>Je me fous bien de tous vos dieux,</p>
<p>Je me fous même du bon vieux,</p>
<p>L'unique, devant qui tous tremblent ;</p>
<p>Je me fous bien de tous vos dieux,</p>
<p>Ils sont jolis, s'ils vous ressemblent.</p>
<p>Je ris du Dieu des bonnes gens,</p>
<p>S'il en est encor par le monde ;</p>
<p>Avec les gens intelligents.</p>
<p>Je ris du Dieu des bonnes gens.</p>
<p>Sacré Dieu ! quels airs indulgents !</p>
<p>Quel gros cul, quelle panse ronde !</p>
<p>Mais... pour les seules bonnes gens,</p>
<p>S'il en est encor par le monde.</p>
<p>Je me fous aussi de celui</p>
<p>Des grands philosophes, très drôles,</p>
<p>Qui parfois se prennent pour lui.</p>
<p>Je me fous aussi de celui</p>
<p>Dont l'incommensurable ennui</p>
<p>Voudrait peser sur nos épaules.</p>
<p>Je me fous aussi de celui</p>
<p>Des grands philosophes, très drôles.</p>
<p>Je plains fort, vous entendez bien,</p>
<p>Tout homme qui dit : Dieu, sur terre,</p>
<p>Indou, musulman ou chrétien,</p>
<p>Je le plains, vous entendez bien ;</p>
<p>Le déiste aussi, qui n'est rien</p>
<p>Dans l'église ou le phalanstère.</p>
<p>Je plains fort, vous entendez bien,</p>
<p>Tout homme qui dit : Dieu sur terre.</p>
<p>Je suis comme le vieux Blanqui</p>
<p>Je dis aussi : « Ni Dieu ni maître. »</p>
<p>Ni maîtresse... c'est riquiqui.</p>
<p>Je suis comme le vieux Blanqui.</p>
<p>Je me fous de n'importe qui.</p>
<p>Je jette tout par la fenêtre,</p>
<p>Et je me fous bien de Blanqui,</p>
<p>Comme de son « Ni Dieu ni maître. »</p>
<p>Je n'en ai qu'un, mais assez bon</p>
<p>Nom de Dieu ! pour que je l'écule,</p>
<p>Votre vrai Dieu, Dieu sans... rayon.</p>
<p>Je n'en ai qu'un, mais assez bon :</p>
<p>Le monde entier, ce grand capon,</p>
<p>Vit dans la peur de sa férule.</p>
<p>Je n'en ai qu'un mais assez bon</p>
<p>Nom de Dieu ! pour que je l'écule.</p>
<p>L'un ou l'autre mot m'est égal,</p>
<p>Si mon langage est clair, Madame.</p>
<p>Être clair c'est le principal.</p>
<p>L'un ou l'autre mot m'est égal.</p>
<p>Mais l'autre était grossier pas mal,</p>
<p>Et... j'ai le respect de la femme.</p>
<p>L'un ou l'autre mot m'est égal.</p>
<p>Si mon langage est clair, Madame.</p>
<h2 class="spip">Jacques Brel, La statue :
<p>J'aimerais tenir l'enfant d'Marie</p>
<p>Qui a fait graver sous ma statue</p>
<p>"Il a vécu toute sa vie</p>
<p>Entre l'honneur et la vertu"</p>
<p>Moi qui ai trompé mes amis</p>
<p>D'faux serment en faux serment</p>
<p>Moi qui ai trompé mes amis</p>
<p>Du jour de l'An au jour de l'An</p>
<p>Moi qui ai trompé mes maîtresses</p>
<p>De sentiment en sentiment</p>
<p>Moi qui ai trompé mes maîtresses</p>
<p>Du printemps jusques au printemps</p>
<p>C't enfant d'Marie je l'aimerais là</p>
<p>Et j'aimerais qu'les enfants ne me regardent pas</p>
<p>J'aimerais tenir l'enfant d'carême</p>
<p>Qui a fait graver sous ma statue</p>
<p>"Les Dieux rappellent ceux qu'ils aiment,</p>
<p>Et c'était lui qu'ils aimaient le plus"</p>
<p>Moi qui n'ai jamais prié Dieu.</p>
<p>Que lorsque j'avais mal aux dents</p>
<p>Moi qui n'ai jamais prié Dieu</p>
<p>Que quand j'ai eu peur de Satan</p>
<p>Moi qui n'ai prié Satan</p>
<p>Que lorsque j'étais amoureux</p>
<p>Moi qui n'ai prié Satan</p>
<p>Que quand j'ai eu peur du Bon Dieu</p>
<p>C't enfant de carême je l'aimerais là</p>
<p>Et j'aimerais qu'les enfants ne me regardent pas</p>
<p>J'aimerais tenir l'enfant d'salaud</p>
<p>Qui a fait graver sous ma statue</p>
<p>"Il est mort comme un héros</p>
<p>Il est mort comme on ne meurt plus"</p>
<p>Moi qui suis parti faire la guerre</p>
<p>Parce que je m'ennuyais tellement</p>
<p>Moi qui suis parti faire la guerre</p>
<p>Pour voir si les femmes des Allemands</p>
<p>Moi qui suis mort à la guerre</p>
<p>Parce que les femmes des Allemands</p>
<p>Moi qui suis mort à la guerre</p>
<p>De n'avoir pu faire autrement</p>
<p>C't enfant d'salaud je l'aimerais là</p>
<p>Et j'aimerais que mes enfants ne me regardent pas.</p>
</h2>
<p><strong>Georges Brassens, Le sceptique :</strong></p>
<p>Imitant Courteline, un sceptique notoire,</p>
<p>Manifestant ainsi que l'on me désabuse,</p>
<p>J'ai des velléités d'arpenter les trottoir(e)s</p>
<p>Avec cette devise écrite à mon gibus :</p>
<p>"Je ne crois pas un mot de toutes ces histoires."</p>
<p>Dieu, diable, paradis, enfer et purgatoire,</p>
<p>Les bons récompensés et les méchants punis,</p>
<p>Et le corps du Seigneur dans le fond du ciboire,</p>
<p>Et l'huile consacrée comme le pain bénit,</p>
<p>"Je ne crois pas un mot de toutes ces histoires."</p>
<p>Et la bonne aventure et l'art divinatoire,</p>
<p>Les cartes, les tarots, les lignes de la main,</p>
<p>La clé des songes, le pendule oscillatoire,</p>
<p>Les astres indiquant ce que sera demain,</p>
<p>"Je ne crois pas un mot de toutes ces histoires."</p>
<p>Les preuves à l'appui, les preuves péremptoires,</p>
<p>Témoins dignes de foi, metteurs de mains au feu,</p>
<p>Et le respect de l'homme à l'interrogatoire,</p>
<p>Et les vérités vraies, les spontanés aveux,</p>
<p>"Je ne crois pas un mot de toutes ces histoires."</p>
<p>Le bagne, l'échafaud entre autres exutoires,</p>
<p>Et l'efficacité de la peine de mort,</p>
<p>Le criminel saisi d'un zèle expiatoire,</p>
<p>Qui bat sa coulpe bourrelé par le remords,</p>
<p>"Je ne crois pas un mot de toutes ces histoires."</p>
<p>Sur les tombeaux les oraisons déclamatoires,</p>
<p>Les "C'était un bon fils, bon père, bon mari",</p>
<p>"Le meilleur d'entre nous et le plus méritoire",</p>
<p>"Un saint homme, un coeur d'or, un bel et noble esprit",</p>
<p>"Je ne crois pas un mot de toutes ces histoires."</p>
<p>Les "saint-Jean Bouche d'or", les charmeurs d'auditoire,</p>
<p>Les placements de sentiments de tout repos,</p>
<p>Et les billevesées de tous les répertoires,</p>
<p>Et les morts pour que naisse un avenir plus beau,</p>
<p>"Je ne crois pas un mot de toutes ces histoires."</p>
<p>Mais j'envie les pauvres d'esprit pouvant y croire.</p>
<h2 class="spip">Baudelaire, Le reniement de Saint Pierre :
<p>Qu'est-ce que Dieu fait donc de ce flot d'anathèmes</p>
<p>Qui monte tous les jours vers ses chers Séraphins ?</p>
<p>Comme un tyran gorgé de viande et de vins,</p>
<p>Il s'endort au doux bruit de nos affreux blasphèmes.</p>
<p>Les sanglots des martyrs et des suppliciés</p>
<p>Sont une symphonie enivrante sans doute,</p>
<p>Puisque, malgré le sang que leur volupté coûte,</p>
<p>Les cieux ne s'en sont point encore rassasiés !</p>
<p>— Ah ! Jésus, souviens-toi du Jardin des Olives !</p>
<p>Dans ta simplicité tu priais à genoux</p>
<p>Celui qui dans son ciel riait au bruit des clous</p>
<p>Que d'ignobles bourreaux plantaient dans tes chairs vives,</p>
<p>Lorsque tu vis cracher sur ta divinité</p>
<p>La crapule du corps de garde et des cuisines,</p>
<p>Et lorsque tu sentis s'enfoncer les épines</p>
<p>Dans ton crâne où vivait l'immense Humanité ;</p>
<p>Quand de ton corps brisé la pesanteur horrible</p>
<p>Allongeait tes deux bras distendus, que ton sang</p>
<p>Et ta sueur coulaient de ton front pâlissant,</p>
<p>Quand tu fus devant tous posé comme une cible,</p>
<p>Rêvais-tu de ces jours si brillants et si beaux</p>
<p>Où tu vins pour remplir l'éternelle promesse,</p>
<p>Où tu foulais, monté sur une douce ânesse,</p>
<p>Des chemins tout jonchés de fleurs et de rameaux,</p>
<p>Où, le cœur tout gonflé d'espoir et de vaillance,</p>
<p>Tu fouettais tous ces vils marchands à tour de bras,</p>
<p>Où tu fus maître enfin ? Le remords n'a-t-il pas</p>
<p>Pénétré dans ton flanc plus avant que la lance ?</p>
<p>— Certes, je sortirai, quant à moi, satisfait</p>
<p>D'un monde où l'action n'est pas la sœur du rêve ;</p>
<p>Puissé-je user du glaive et périr par le glaive !</p>
<p>Saint Pierre a renié Jésus… il a bien fait !</p>
</h2>
<p><strong> Paul Broca, poème :</strong></p>
<p>Ah ! Pourquoi n'ai-je plus, comme dans mon enfance,</p>
<p>la croyance au réveil qui succède au trépas,</p>
<p>cette foi qui console en donnant l'espérance</p>
<p>de retrouver là-haut ceux qu'on pleure ici bas !</p>
<p>Mais à scruter les lois de la nature humaine,</p>
<p>à chercher la lumière et la réalité,</p>
<p>ma foi s'est dissipée, ainsi que l'ombre vaine</p>
<p>des fantômes des nuits, fils de l'obscurité.</p>
<h2 class="spip">Eugène Chatelain, Non ! Dieu n'est pas ! :
<p>Non, le soleil illuminant le monde.</p>
<p>Les astres d'or planant dans le ciel bleu,</p>
<p>Les océans où la tempête gronde</p>
<p>N'affirme point l'existence de Dieu !"</p>
</h2>
<p><strong>Jacques Prévert, Pater Noster :</strong></p>
<p>Notre Père qui êtes au cieux</p>
<p>Restez-y</p>
<p>Et nous nous resterons sur la terre</p>
<p>Qui est quelquefois si jolie</p>
<p>Avec ses mystères de New York</p>
<p>Et puis ses mystères de Paris</p>
<p>Qui valent bien celui de la Trinité</p>
<p>Avec son petit canal de l'Ourcq</p>
<p>Sa grande muraille de Chine</p>
<p>Sa rivière de Morlaix</p>
<p>Ses bêtises de Cambrai</p>
<p>Avec son océan Pacifique</p>
<p>Et ses deux bassins aux Tuileries</p>
<p>Avec ses bons enfants et ses mauvais sujets</p>
<p>Avec toutes les merveilles du monde</p>
<p>Qui sont là</p>
<p>Simplement sur la terre</p>
<p>Offertes à tout le monde</p>
<p>Éparpillées</p>
<p>Émerveillées elles-mêmes d'être de telles merveilles</p>
<p>Et qui n'osent se l'avouer</p>
<p>Comme une jolie fille nue qui n'ose se montrer</p>
<p>Avec les épouvantables malheurs du monde</p>
<p>Qui sont légion</p>
<p>Avec leurs légionnaires</p>
<p>Avec leurs tortionnaires</p>
<p>Avec les maîtres de ce monde</p>
<p>Les maîtres avec leurs prêtres leurs traîtres et leurs reîtres</p>
<p>Avec les saisons</p>
<p>Avec les années</p>
<p>Avec les jolies filles et avec les vieux cons</p>
<p>Avec la paille de la misère pourrissant dans l'acier des canons.</p>
<h2 class="spip">Léo Taxil, La Marseillaise anticléricale :
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> 1 –</p>
<p>Allons ! Fils de la République,</p>
<p>Le jour du vote est arrivé !</p>
<p>Contre nous de la noire clique</p>
<p>L'oriflamme ignoble est levé. (bis)</p>
<p>Entendez-vous tous ces infâmes</p>
<p>Croasser leurs stupides chants ?</p>
<p>Ils voudraient encore, les brigands,</p>
<p>Salir nos enfants et nos femmes !</p>
<p>Refrain</p>
<p>Aux urnes, citoyens, contre les cléricaux !</p>
<p>Votons, votons et que nos voix</p>
<p>Dispersent les corbeaux !</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> 2 -<br class='autobr' />
Que veut cette maudite engeance,</p>
<p>Cette canaille à jupon noir ?</p>
<p>Elle veut étouffer la France</p>
<p>Sous la calotte et l'éteignoir ! (bis)</p>
<p>Mais de nos bulletins de vote</p>
<p>Nous accablerons ces gredins,</p>
<p>Et les voix de tous les scrutins</p>
<p>Leur crieront : A bas la calotte !</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> 3 –</p>
<p>Quoi ! Ces curés et leurs vicaires</p>
<p>Feraient la loi dans nos foyers !</p>
<p>Quoi ! Ces assassins de nos pères</p>
<p>Seraient un jour nos meurtriers ! (bis)</p>
<p>Car ces cafards, de vile race,</p>
<p>Sont nés pour être inquisiteurs...</p>
<p>À la porte, les imposteurs !</p>
<p>Place à la République ! Place !</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> 4 –</p>
<p>Tremblez, coquins ! Cachez-vous, traîtres !</p>
<p>Disparaissez loin de nos yeux !</p>
<p>Le Peuple ne veut plus des prêtres,</p>
<p>Patrie et Loi, voilà ses dieux (bis)</p>
<p>Assez de vos pratiques niaises !</p>
<p>Les vices sont vos qualités.</p>
<p>Vous réclamez des libertés ?</p>
<p>Il n'en est pas pour les punaises !</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> 5 –</p>
<p>Citoyens, punissons les crimes</p>
<p>De ces immondes calotins,</p>
<p>N'ayons pitié que des victimes</p>
<p>Que la foi transforme en crétins (bis)</p>
<p>Mais les voleurs, les hypocrites,</p>
<p>Mais les gros moines fainéants,</p>
<p>Mais les escrocs, les charlatans...</p>
<p>Pas de pitié pour les jésuites !</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> 6 –</p>
<p>Que la haine de l'imposture</p>
<p>Inspire nos votes vengeurs !</p>
<p>Expulsons l'horrible tonsure,</p>
<p>Hors de France, les malfaiteurs ! (bis)</p>
<p>Formons l'union radicale,</p>
<p>Allons au scrutin le front haut :</p>
<p>Pour sauver le pays il faut</p>
<p>Une chambre anticléricale.</p>
</h2>
<p><strong>Jacques Prévert, Je vous salit ma rue :</strong></p>
<p>Je vous salis ma rue</p>
<p>et je m'en excuse</p>
<p>un homme-sandwich m'a donné un prospectus</p>
<p>de l'Armée du Salut</p>
<p>je l'ai jeté</p>
<p>et il est là tout froissé</p>
<p>dans votre ruisseau</p>
<p>et l'eau tarde à couler</p>
<p>Pardonnez-moi cette offense</p>
<p>les éboueurs vont passer</p>
<p>avec leur valet mécanique</p>
<p>et tout sera effacé</p>
<p>Alors je dirai</p>
<p>je vous salue ma rue pleine d'ogresses</p>
<p>charmantes comme dans les contes chinois</p>
<p>et qui vous plantent au cœur</p>
<p>l'épée de cristal du plaisir</p>
<p>dans la plaie heureuse du désir</p>
<p>Je vous salue ma rue pleine de grâce</p>
<p>l'éboueur est avec nous.</p>
<h2 class="spip">Eugène Bizeau, Les églises :
<p>D'énormes monuments où des gredins sinistres,</p>
<p>D'un dieu mort sur la croix se disent les ministres,</p>
<p>Dans l'imbécillité des foules à genoux</p>
<p>Trouveront trop longtemps de quoi beurrer leurs choux.</p>
<p>D'énormes monuments que l'astuce des cuistres</p>
<p>Déchirant en secret d'accusateurs registres,</p>
<p>Ne lavera jamais du sang versé partout</p>
<p>Quand "l'infâme" était reine et le prêtre tabou.</p>
<p>D'énormes monuments éclos dans le domaine,</p>
<p>Hélas ! illimité, de la bêtise humaine...</p>
<p>D'énormes monuments, dont l'horreur des bûchers</p>
<p>Où flambaient des penseurs les dernières paroles,</p>
<p>Fait l'éclair de nos yeux menacer les coupoles</p>
<p>Et nos désirs vengeurs monter vers les clochers !...</p>
</h2>
<p><strong>Georges Brassens, La messe au pendu :</strong></p>
<p>Anticlérical fanatique</p>
<p>Gros mangeur d'ecclésiastiques,</p>
<p>Cet aveu me coûte beaucoup,</p>
<p>Mais ces hommes d'Eglise, hélas !</p>
<p>Ne sont pas tous des dégueulasses,</p>
<p>Témoin le curé de chez nous.</p>
<p>Quand la foule qui se déchaîne</p>
<p>Pendit un homme au bout d'un chêne</p>
<p>Sans forme aucune de remords,</p>
<p>Ce ratichon fit un scandale</p>
<p>Et rugit à travers les stalles :</p>
<p>"Mort à toute peine de mort !"</p>
<p>Puis, on le vit, étrange rite,</p>
<p>Qui baptisait les marguerites</p>
<p>Avec l'eau de son bénitier</p>
<p>Et qui prodiguait les hosties,</p>
<p>Le pain bénit, l'Eucharistie,</p>
<p>Aux petits oiseaux du moutier.</p>
<p>Ensuite, il retroussa ses manches,</p>
<p>Prit son goupillon des dimanches</p>
<p>Et, plein d'une sainte colère,</p>
<p>Il partit comme à l'offensive</p>
<p>Dire une grand' messe exclusive</p>
<p>A celui qui dansait en l'air.</p>
<p>C'est à du gibier de potence</p>
<p>Qu'en cette triste circonstance</p>
<p>L'Hommage sacré fut rendu.</p>
<p>Ce jour-là, le rôle du Christ(e),</p>
<p>Bonne aubaine pour le touriste,</p>
<p>Etait joué par un pendu.</p>
<p>Et maintenant quand on croasse,</p>
<p>Nous, les païens de sa paroisse,</p>
<p>C'est pas lui qu'on veut dépriser.</p>
<p>Quand on crie "A bas la calotte !"</p>
<p>A s'en faire péter la glotte,</p>
<p>La sienne n'est jamais visée.</p>
<p>Anticléricaux fanatiques</p>
<p>Gros mangeurs d'ecclésiastiques,</p>
<p>Quand vous vous goinfrerez un plat</p>
<p>De cureton, je vous exhorte,</p>
<p>Camarades, à faire en sorte</p>
<p>Que ce ne soit pas celui-là.</p>
<h2 class="spip">Montéhus, La marche anticléricale :
<p>I</p>
<p>Contre les vendeurs de bêtises,</p>
<p>Contre ceux qui faussent le cerveau,</p>
<p>Contre les tenanciers de l'Eglise,</p>
<p>De la raison levons le drapeau.</p>
<p>Au lieu d' bâtir des cathédrales.</p>
<p>Et d' faire des chapelles pour Jésus,</p>
<p>Nous voulons, chose plus idéale,</p>
<p>Faire des gîtes pour les pieds nus.</p>
<p>Refrain :</p>
<p>C'est la chute finale</p>
<p>De tous les calotins,</p>
<p>L'anticléricale</p>
<p>Voilà notre refrain.</p>
<p>C'est la chute finale,</p>
<p>De tous les f... tiens,</p>
<p>L'anticléricale</p>
<p>Fera le mond' païen (bis)</p>
<p>II</p>
<p>Assez de messes et de prières,</p>
<p>Nous ne somm's plus des résignés</p>
<p>Vous n'apaiserez pas nos colères,</p>
<p>Vous avez fini de régner.</p>
<p>Nous ne serons plus vos victimes,</p>
<p>La lumière a frappé nos yeux,</p>
<p>Et nous avons vu tous vos crimes,</p>
<p>Band' de jésuites, marchands d' bons dieux.</p>
<p>III</p>
<p>Nous ne voulons ni Dieu, ni prêtres,</p>
<p>Plus d' prejugés, plus d'religion,</p>
<p>La raison doit guider les êtres,</p>
<p>Hors de tout's les superstitions.</p>
<p>Des cerveaux, c'est la délivrance,</p>
<p>Des esprits, la tranquillité,</p>
<p>Et c'est la fin de l'ignorance,</p>
<p>Dans les ténèbres,c'est la clarté.</p>
<p>IV</p>
<p>Vous êt's les enn'mis de la science,</p>
<p>Vous êt's les enn'mis du genre humain,</p>
<p>Vous n'avez ni coeur ni conscience,</p>
<p>Vous n'aimez qu'une chose : le butin.</p>
<p>Nous démolirons vos bastilles,</p>
<p>Ces geôl's que l'on appelle couvents,</p>
<p>Hors du monde, les noires guenilles,</p>
<p>Vous avez vécu trop longtemps.</p>
<p>V</p>
<p>Eh ! oui, nous ferons taire vos cloches,</p>
<p>Nous ferons sauter vos verrous,</p>
<p>Afin de faire vider vos poches,</p>
<p>A vous, syndicat de filous.</p>
<p>Pendant qu'le peuple das la misère,</p>
<p>Reste sans pain, sans gîte, sans feu,</p>
<p>Vous entassez, band' de vipères,</p>
<p>L'argent volé aux malheureux.</p>
<p>VI</p>
<p>Vous pouvez sortir vos bannières,</p>
<p>Crier à la profanation,</p>
<p>C'est pour l'humanité entière,</p>
<p>Qu'nous vouons votre abolition.</p>
<p>Pour fêter la chute finale,</p>
<p>Nous prendrons à vos cardinaux</p>
<p>Leur robe rouge et la Sociale</p>
<p>S'en fera de jolis drapeaux.</p>
</h2>
<p><strong>Baudelaire, Les litanies de Satan :</strong></p>
<p>Ô toi, le plus savant et le plus beau des Anges,</p>
<p>Dieu trahi par le sort et privé de louanges,</p>
<p>Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !</p>
<p>Ô Prince de l'exil, à qui l'on a fait tort,</p>
<p>Et qui, vaincu, toujours te redresses plus fort,</p>
<p>Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !</p>
<p>Toi qui sais tout, grand roi des choses souterraines,</p>
<p>Guérisseur familier des angoisses humaines,</p>
<p>Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !</p>
<p>Toi qui, même aux lépreux, aux parias maudits,</p>
<p>Enseignes par l'amour le goût du Paradis,</p>
<p>Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !</p>
<p>Ô toi qui de la Mort, ta vieille et forte amante,</p>
<p>Engendras l'Espérance, — une folle charmante !</p>
<p>Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !</p>
<p>Toi qui fais au proscrit ce regard calme et haut</p>
<p>Qui damne tout un peuple autour d'un échafaud,</p>
<p>Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !</p>
<p>Toi qui sais en quels coins des terres envieuses</p>
<p>Le Dieu jaloux cacha les pierres précieuses,</p>
<p>Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !</p>
<p>Toi dont l'œil clair connaît les profonds arsenaux</p>
<p>Où dort enseveli le peuple des métaux,</p>
<p>Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !</p>
<p>Toi dont la large main cache les précipices</p>
<p>Au somnambule errant au bord des édifices,</p>
<p>Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !</p>
<p>Toi qui, magiquement, assouplis les vieux os</p>
<p>De l'ivrogne attardé foulé par les chevaux,</p>
<p>Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !</p>
<p>Toi qui, pour consoler l'homme frêle qui souffre,</p>
<p>Nous appris à mêler le salpêtre et le soufre,</p>
<p>Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !</p>
<p>Toi qui poses ta marque, ô complice subtil,</p>
<p>Sur le front du Crésus impitoyable et vil,</p>
<p>Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !</p>
<p>Toi qui mets dans les yeux et dans le cœur des filles</p>
<p>Le culte de la plaie et l'amour des guenilles,</p>
<p>Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !</p>
<p>Bâton des exilés, lampe des inventeurs,</p>
<p>Confesseur des pendus et des conspirateurs,</p>
<p>Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !</p>
<p>Père adoptif de ceux qu'en sa noire colère</p>
<p>Du paradis terrestre a chassés Dieu le Père,</p>
<p>Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !</p>
<p>PRIÈRE</p>
<p>Gloire et louage à toi, Satan, dans les hauteurs</p>
<p>Du Ciel, où tu régnas, et dans les profondeurs</p>
<p>De l'Enfer, où, vaincu, tu rêves en silence !</p>
<p>Fais que mon âme un jour, sous l'Arbre de Science,</p>
<p>Près de toi se repose, à l'heure où sur ton front</p>
<p>Comme un Temple nouveau ses rameaux s'épandront !</p>
<h2 class="spip">Lire aussi : </h2>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article144" class="spip_out" rel="external">Notre combat contre la religion</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article3466" class="spip_out" rel="external">Dialogue sur la religion et les religions</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article1935" class="spip_out" rel="external">D'où viennent les religions</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article1509" class="spip_out" rel="external">Les révolutionnaires et la religion</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5275" class="spip_out" rel="external">En quoi le fondement, réel et imaginaire, des anciennes religions a irrémédiablement disparu ?</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article466" class="spip_out" rel="external">Religion—its social roots and role</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2807" class="spip_out" rel="external">Qu'est-ce que l'athéisme ?</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1485" class="spip_out" rel="external">Qu'était le matérialisme en philosophie et qu'est-il aujourd'hui ?</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article4708" class="spip_out" rel="external">Qu'est-ce que le matérialisme (en philosophie) ?</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5671" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Première partie - Ecrits de la Grèce ancienne contre les religions et les dieux</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5672" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Deuxième partie - Diderot - La Mettrie</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5673" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Troisième partie - d'Holbach, Helvétius, Bacon et bien d'autres auteurs</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5681" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Quatrième partie - Feuerbach</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5680" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Cinquième partie - L'athéisme selon Karl Marx</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5685" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Sixième partie – Plekhanov, Lénine, Trotsky</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5687" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Septième partie – Les grands auteurs athées récents</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5694" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Huitième partie – L'Inde et le Pakistan, continent historique de l'athéisme</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5695" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Neuvième partie - Quelques grands écrits athées historiques</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5696" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs textes athées – Dixième partie - Un athée se soumet à la question…</a></p>
<p> <a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5697" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Onzième partie – L'homme préhistorique, un athée ?</a></p>
<p> <a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5699" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Douzième partie – Une Chine antique athée</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5700" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Treizième partie - Les grandes femmes athées de l'Histoire</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5701" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Quatorzième partie - Dialogues athées</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5702" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Quinzième partie – L'athéisme a aussi ses victimes et même ses martyrs</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5708" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Seizième partie - Poésies athées</a></p>
<p> <a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5709" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées – Dix-septième partie - Les philosophes matérialistes</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5712" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs auteurs athées – Dix-huitième partie - Les auteurs athées romains</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5714" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées – Dix-neuvième partie - Plaisanteries athées</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5722" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées – Vingtième partie – L'anticléricalisme</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5734" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées – Vingt-et-unième partie - Orient athée</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5716" class="spip_out" rel="external">Les pires crimes et scandales de l'Eglise catholique</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article35" class="spip_out" rel="external">D'où viennent les religions, quelle place tiennent-elles dans l'imaginaire des hommes et quel rôle social jouent-elles ?</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5166" class="spip_out" rel="external">Les plus grands auteurs athées du monde</a></p>
<p><a href="http://atheisme.free.fr/" class="spip_out" rel="external">Le site athéisme</a></p>
<p>Lire aussi :</p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Po%C3%A8mes_saturniens/%C2%AB_Les_Sages_d%E2%80%99autrefois,_qui_valaient_bien_ceux-ci_%C2%BB" class="spip_out" rel="external">Verlaine, « Les Sages d'autrefois, qui valaient bien ceux-ci »</a></p>
<p><a href="http://www.eternels-eclairs.fr/stephen-moysan-confession-athee.php" class="spip_out" rel="external">Confession athée, Stéphen Moysan</a></p></div>
L'athéisme et l'anticléricalisme dans la Révolution française
https://www.matierevolution.org/spip.php?article5704
https://www.matierevolution.org/spip.php?article57042017-09-24T23:34:00Ztext/htmlfrRobert Paris1789-1793FranceRévolutionReligionRévolution bourgeoiseMatérialismeAthéisme
<p>L'athéisme et l'anticléricalisme dans la Révolution française <br class='autobr' />
Que pensaient les masses populaires en 1789, avant les grands événements révolutionnaires, de l'Eglise de France, ce sont les « cahiers de doléance » qui nous le disent. C'est la royauté qui avait ordonné que cent bouches s'ouvrent, eh bien voyons ce qu'elles disaient. <br class='autobr' />
Lettre de convocation des Etats Généraux à Versailles « De par le roi <br class='autobr' />
« Nous avons besoin du concours de tous nos fidèles sujets pour Nous aider à surmonter (…)</p>
-
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique96" rel="directory">09 - RELIGION</a>
/
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot34" rel="tag">1789-1793</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot42" rel="tag">France</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag">Révolution</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot98" rel="tag">Religion</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot112" rel="tag">Révolution bourgeoise</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot281" rel="tag">Matérialisme</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot284" rel="tag">Athéisme</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">L'athéisme et l'anticléricalisme dans la Révolution française</h2>
<p>Que pensaient les masses populaires en 1789, avant les grands événements révolutionnaires, de l'Eglise de France, ce sont les « cahiers de doléance » qui nous le disent. C'est la royauté qui avait ordonné que cent bouches s'ouvrent, eh bien voyons ce qu'elles disaient.</p>
<p>Lettre de convocation des Etats Généraux à Versailles<br class='autobr' />
« De par le roi</p>
<p><i>« Nous avons besoin du concours de tous nos fidèles sujets pour Nous aider à surmonter toutes les difficultés où Nous Nous trouvons, relativement à l'état de nos finances, et pour établir, suivant nos vœux, un ordre constant et invariable dans toutes les parties du gouvernement qui intéressent le bonheur de nos sujets et la prospérité de notre royaume. Ces grands motifs nous ont déterminé à convoquer l'assemblée des Etats de toutes les provinces de notre obéissance, tant pour Nous conseiller et Nous assister dans toutes les choses qui seront mises sous ses yeux, que pour nous faire connaître les souhaits et les doléances de nos peuples (...) »</i></p>
<p>Le Roi de France</p>
<p>Fait à Versailles le 24 janvier 1789</p>
<p>Cahier de doléance des cordonniers de Laval :</p>
<p><i>« Les archevêques et les évêques sont sortis de leur ancienne façon de vivre, modeste et frugale. La somptuosité de leur palais, de leurs tables et de leurs équipages, exige une réforme. On pourrait y parvenir en retranchant leurs revenus. Les chanoines, établis pour chanter les louanges du Seigneur, dédaignant de les chanter eux-mêmes, paient les ecclésiastiques d'un ordre inférieur pour les chanter à leur place. Les moines (du moins en grande partie) ont obtenu, les uns leur sécularisation, et les autres la dispense de suivre leur règle primitive. Ils vivent dans le faste, l'oisiveté et la mollesse. Leurs riches abbés étalent des équipages brillants et commodes. Les uns et les autres insultent par leur luxe à la misère du peuple, oubliant que c'est ce peuple qui les rente au préjudice de ses besoins les plus pressants, à la sueur de son front ; et que ce qu'ils emploient à vivre si mondainement est un véritable vol qu'ils font aux indigents. »</i></p>
<p>Cahier de doléances de Saint Quintin et Cayra :</p>
<p><i>« Le clergé, indépendamment de ses propriétés, perçoit le dixième des fruits de nos terres…Lorsque nos ancêtres firent de gré ou de force ce magnifique présent à leurs prêtres, c'était pour fournir à leur subsistance et distribuer le superflu aux pauvres ; mais, hélas !, que leurs volontés sont mal exécutées ! notre curé est sourd aux gémissements des nécessiteux dont cette paroisse fourmille. Cinq moines consomment 24.000 livres de rentes dont nos biens font partie. Superbement logés, les mets les plus recherchés abondent sur leur table ; les dames, la noblesse des environs y sont admises ; mais les pauvres qui se présentent à leur porte sont chassés ignominieusement comme des êtres vils et méprisables qu'ils ne reconnaissent plus pour leurs frères. Usez, Sire, de grâce, de toute votre puissance pour détruire ces moines inutiles qui ont fait vœu de pauvreté et qui regorgent de richesses ; ce sont des sangsues dévorantes, des plantes parasites ; et c'est chez eux que Votre Majesté trouvera un des moyens de restauration pour ses finances. Que nos prêtres ne se mêlent plus des d'affaires temporelles ; qu'ils soient sans cesse occupés à attirer sur nous les bénédictions célestes ; qu'ils s'abstiennent de vouloir dominer aux assemblées nationales, qu'ils se bornent à vivre des charités des fidèles, c'est leur institution : alors, on pourra leur pardonner de qualifier de don gratuit ce dont ils feront présent à l'Etat. »</i></p>
<p>Cahier de doléances de La-Neuville-sur-Oudeuil :</p>
<p><i>« Il est une infinité de religieux et religieuses… qui jouissent de gros revenus… n'y ayant pas de paroisse où ils n'aient une possession, se trouvent exempts de tous subsides (impôts), souvent enflés du titre de Seigneur, regardant ce pauvre cultivateur et leurs vassaux comme très obligés de les appeler seigneurs, vont à la chasse dans leurs grains prêts à récolter… sortent de leurs couvents… se promènent dans leurs seigneuries en carrosse pour, ce semble, affronter la misère des malheureux qui se sacrifient pour payer le cens… donnent les repas les plus splendides auxquels sont admis toutes personnes représentant même le sexe, sans considérer que souvent le coût de ce repas suffirait pour la nourriture des pauvres d'un village pendant plus d'une semaine… »</i></p>
<p>Cahier de doléances des habitants de la paroisse de Cormes :</p>
<p><i> « En tout état de cause, nous désirons et nous demandons que les ecclésiastiques et les nobles soient privés à l'avenir du privilège si onéreux au tiers état, de faire valoir leurs dîmes et leurs domaines sans contribution d'impôts. Nous recommandons à nos députés de remontrer cet abus et d'en solliciter la suppression avec les forces de la vérité dont il est susceptible. Mêmes observations et mêmes demandes sur les concessions abusives en faveur des maîtres de poste, qui étendent toujours leurs privilèges hors les limites de la justice et de la loi. Pour les dédommager de leurs privilèges dont nous demandons la suppression, on pourrait leur accorder une légère augmentation par cheval ou autrement. »</i></p>
<p>Cahier de doléances de Combérouger :</p>
<p><i>« Les religieux de la Grand'Selve ont asujetti cette communauté qui a été dans tous les temps dans la détresse, eux qui ont cent livres de revenu, à payer annuellement à leur sacristie deux livres de cire pour le luminaire de leur église à chaque lettre de purification, et aux consuls d'assister le même jour en chaperon à leur grand'messe et à leur procession et aller à l'offrande. Cette rente en cire ainsi que l'hommage des consuls sont les plus mal imaginés et les plus injustes, car enfin quel est l'homme qui ne sera pas indigné et révolté de voir des religieux rentés avec profusion, décimateurs de ce lieu et par conséquent tenus de fournir aux luminaires de cette église qui est la plus misérable de ce diocèse, et qui exigent au contraire qu'on leur fasse des rentes pour illuminer la leur qui est opulente, tandis qu'ils laissent pendant toute l'année le Saint Sacrement de notre Eglise sans lampe e sans aucune espèce de lumière… »</i></p>
<p>Cahier de doléances des artisans de Pont-L'abbé :</p>
<p><i>« Nous ne paierons plus aux seigneurs de rachats ni lods ni ventes, mais nous les paierons aux hôpitaux à l'avenir, pour l'entretien, pour la nourriture des mineurs, orphelins, infirmes, vieillards, incapables de gagner leur vie dans l'étendue du fief. (...) Que toutes les abbayes soient supprimées au profit de Sa Majesté pour payer la dette nationale. »</i></p>
<p><i>« Que toutes les abbayes soient supprimées au profit de Sa Majesté pour payer la dette nationale. »</i></p>
<p>Cahier de doléances de la communauté d'Uchau – sénéchaussée de Nîmes :</p>
<p><i>« D'ordonner que, conformément aux anciennes lois de l'Eglise et à l'administration primitive des revenus affectés aux ecclésiastiques, les décimateurs soient obligés de laisser annuellement, dans l' étendue de leurs bénéfices, une portion déterminée de leur dîme, pour être appliquée à la subsistance des pauvres. »</i></p>
<p>Cahier de doléances de Le Burgaud (Haute Garonne) :</p>
<p><i>« Nous disons que le premier Ordre du Royaume offre au premier coup d'œil des richesses extraordinaires presque toujours employées à des dépenses d'ostentation, qui peuvent tout à la fois suffire à l'acquit des dettes de l'Etat et à leur honnête entretien. Pour poursuivre ce but, il faut réduire tout le Haut-Clergé au tiers de leur revenu (...) et tout le bas clergé ou séculier à 1500 livres de pension (...) »</i></p>
<p>Cahier de doléances de Bellegarde :</p>
<p><i>« C'est surtout la suppression absolue et irrévocable de la dîme que la communauté de Bellegarde voudrait donner à ses réclamations cette force et cette énergie qui rendent plus persuasives la raison et la vérité. Le poids de cette accablante charge lui est d'autant plus insupportable qu'elle connaît l'absurdité des moyens par lesquels elle fut établie, les conditions qui la firent accepter, l'usage auquel sont produit va servir, et le découragement qu'elle jette dans l'âme du cultivateur. L'horreur universelle qu'elle inspire est si juste qu'on la voit, dans toutes les communautés de campagne, excéder les impositions royales et ôter au citoyen fidèle une partie des moyens d'acquitter cette dette sacrée. »</i></p>
<p>Cahiers de doléance de Pont-Croix :</p>
<p><i>« Que les revenus immenses des moines, arrachés pour la plupart à la superstition dans des siècles d'ignorance, soient annexées aux fonds de l'Etat et employés à l'extinction de ses dettes, et que les membre des communautés abolies soient plus utilement employés au service des paroisses des campagnes, où l'on se plaint de la disette de prêtres… Que les rétributions énormes attachés aux abbayes, évêchés, archevêchés et autres bénéfices ecclésiastiques soient réduites à une pension honnête en faveur des sujets qui en jouissent, et que le surplus soit joint aux revenus de l'Etat. »</i></p>
<p>Et ce ne sont là que quelques exemples… Ils montrent que la révolution avait une dimension d'hostilité aux privilèges des religieux du haut clergé autant qu'à ceux des nobles et que ce n'était pas là de l'idéologie mais le résultat de l'oppression, du vol, de l'exploitation exagérée, violente, scandaleuse, donc c'était bel et bien de la haine contre la classe exploiteuse, dont le haut clergé faisait partie…</p>
<p>On remarquera que le clergé, pour sa part, se plaint dans les cahiers de doléances de la montée d'une opinion publique athée…</p>
<p>Cahier de doléances du clergé de la sénéchaussée d'Auch :</p>
<p><i>« Les rois de France, Sire, comptèrent parmi leurs titres les plus glorieux, le titre de Roi très-chrétien, de fils aîné de l'Eglise ; et la gloire du nom français tira toujours son principal lustre de l'attachement inviolable de la nation à la religion catholique, et du zèle qu'elle témoigna dans tous les temps pour la défense de son culte, la pureté de sa morale et l'intégrité de ses dogmes. Un esprit de philosophie et d'impiété a répandu depuis quelques années dans tout le royaume un esprit de système qui altère tous les principes religieux et politiques, qui a porté les atteintes les plus mortelles à la foi et aux mœurs, et relâché les liens les plus sacrés de la société. Effet funeste de ce nombre prodigieux d'ouvrages scandaleux, fruits malheureux de l'amour de l'indépendance, enfantés par le libertinage et la crédulité, où l'on attaque avec une égale audace la foi, la pudeur, la raison, le trône et l'autel. Livres impies et corrupteurs qui, circulant de toute part, ont semé le poison dans tous les Etats et ont ôté au peuple français une partie de son énergie ; le vœu le plus cher au clergé est donc le rétablissement de la foi et des moeurs ; il charge en conséquence son député de supplier Sa Majesté de remettre en vigueur les lois si sagement établies par la piété des rois ses prédécesseurs contre tout ce qui peut porter atteinte à la bonne foi et aux bonne mœurs, et de donner une nouvelle forme à celles qui peuvent les faire fleurir ; de proscrire sous les peines les plus graves l'impression, vente et distribution de tous ouvrages qui pourraient en altérer la pureté. D'interdire à tous, autre qu'aux évêques, chargés du dépôt sacré de la foi, la connaissance de toutes les matières qui peuvent avoir trait à la sainteté de nos dogmes et à la pureté de la morale, comme les seuls juges en ce qui concerne la foi et les règles des mœurs. »</i></p>
<p>Mais le clergé ne se préoccupait pas seulement des progrès de l'opinion athée dans le public… Il défendait clairement ses privilèges et notamment la dîme.</p>
<p>Cahier de doléances du Clergé du bailliage d'Orléans :</p>
<p><i>« Que la loi catholique et romaine, qui depuis Clovis a toujours été la foi du royaume très chrétien, y soit la seule permise et autorisée, sans mélange d'aucun autre culte public ; qu'il soit pris des précautions contre l'abus que les protestants commencent à faire de l'édit qui leur rend l'état civil (...) Que les ecclésiastiques soient maintenus dans la jouissance de toutes les dîmes dont ils sont en possession, de quelque nature qu'elles puissent être (...) »</i></p>
<p>La révolution commençait donc à peine à pointer son nez que le peuple s'exprimait déjà clairement contre les privilèges de la noblesse et du clergé et avait cessé de respecter des privilégiés se cachant derrière la religion pour profiter du petit peuple.</p>
<p>Dès que la révolution allait parcourir le pays, les nobles et le clergé, affolés, allaient faire mine reculer, de renoncer à leur privilèges…C'est la nuit du quatre août, sous la pression de la « grande peur », de la vague de révolution populaire, que les privilégiés décidaient de proclamer qu'ils renonçaient d'eux-mêmes à leur privilèges !</p>
<p>Marquis de La Ferrière, Lettre au Chevalier de Rabreuil (7 août 1789) :</p>
<p><i>« Monsieur, la séance du mardi au soir, 4 août, est la séance la plus mémorable qui se soit tenue jamais dans aucune nation. (...) Monsieur le Vicomte de Noailles fit une motion, et demanda que les droits de banalité, rentes nobles foncières, droits de minage, exclusifs de chasse, de fuie, colombier, cens, redevances, dîmes, rachats, tous droits qui pèsent sur le peuple, et sont la source des déprédations des justices subalternes, des vexations des officiers, puissent être rachetés à un taux fixé par l'Assemblée nationale. Le comte Mathieu de Montmorency appuyé fortement cette motion. Plusieurs membres de la Haute Noblesse se joignirent à lui. Les ducs d'Aiguillon, du Châtelet proposèrent que, dès le moment, la Noblesse et le Clergé prononçassent le sacrifice de leurs privilèges pécuniaires. Le président Saint-Fargeau ajouté qu'ils consentissent à faire rétrograder le sacrifice, pour les six derniers mois de 1789. Les circonstances malheureuses où se trouve la Noblesse, l'insurrection générale élevée de toutes parts contre elle, les provinces de Franche-Comté, de Dauphiné, de Bourgogne, d'Alsace, de Normandie, de Limousin, agitées des plus violentes convulsions, et en partie ravagées, plus de cent cinquante châteaux incendiés, les titres seigneuriaux recherchés avec une espèce de fureur, et brûlés, l'impossibilité de s'opposer au torrent de la Révolution, les malheurs qu'entraînerait une résistance même inutile, la ruine du plus beau royaume de l'Europe en proie à l'anarchie, à la dévastation (...) tout nous prescrivait la conduite que nous devions tenir, il n'y eut qu'un mouvement général. Le Clergé, la Noblesse se levèrent et adoptèrent toutes les motions proposées. (...) Il eût été inutile, dangereux même pour vous, de s'opposer au sens général de nation. C'eût été vous désigner, vous et vos possessions, pour victimes de la fureur de la multitude ; c'eût été vous exposer à voir incendier vos maisons.. (...) Les connaissances plus détaillées que nous avons de l'état malheureux de la noblesse ne nous ont pas permis de balancer un instant. »</i></p>
<p>Dans la « Grande Révolution » de 1789, la bourgeoisie révolutionnaire a été amenée par bien des raisons (politiques et sociales aussi bien qu'idéologiques) à combattre l'Eglise catholique, à l'affaiblir, à la discréditer et même à tenter parfois de la démolir. Toutes ces raisons provenaient du fait que la haute hiérarchie catholique était complètement engagée dans le camp de la féodalité contre la bourgeoisie et que la lutte en question était un combat à mort.</p>
<p>L'Eglise offrait non seulement une idéologie passéiste et de fatalisme utile à l'ordre établi mais aussi un appareil d'organisation et d'encadrement en faveur de la noblesse (dont ses grands dignitaires faisaient partie) et de la royauté, considérée comme « de droit divin » et l'Eglise, en contrepartie monopolisait nombre de richesses qu'elle retirait au commerce, à l'artisanat et à l'industrie. Ce n'est pas un hasard si la bourgeoisie avait ressenti le besoin d'une religion opposée au catholicisme : le protestantisme. Dès que la révolution a éclaté, l'Eglise, à son sommet, a entièrement pris le parti de la réaction, le parti de l'étranger, car la féodalité d'Europe s'est armée contre la révolution, et aussi le parti du roi, y compris quand celui-ci a tenté de fuir pour rejoindre l'armée des princes. L'Eglise est donc passée à l'ennemi et la bourgeoisie révolutionnaire n'a pu que la traiter en ennemie, lui enlevant ses biens, ses droits, ses revenus, son autorité, sa mainmise sur ses prêtres, son indépendance, etc. Tout religieux qui refusait de se soumettre à ces décisions était traité comme un noble pris les armes à la main et c'était normal : l'Eglise était véritablement une arme de guerre de la réaction de la noblesse et une menace mortelle pour la révolution bourgeoise.</p>
<p>Mais, plus encore que la bourgeoisie révolutionnaire, c'est le petit peuple qui a considéré l'Eglise comme un des ennemis à abattre à tout prix. Le peuple et le bas clergé, misérables, reprochent au haut clergé ses immenses revenus, prélevés sur la dîme, son luxe, son mépris, sa totale inutilité sociale. On a même du mal aujourd'hui à percevoir cette haine violente des religieux qui a mené à la formation en France d'un mouvement de déchristianisation populaire, radical et massif, sur lequel les dirigeants bourgeois révolutionnaires ont momentanément surfé avant de l'arrêter net, le même Robespierre se disant partisan des déchristianiseurs et se chargeant de leur couper les ailes.</p>
<p>C'est le 2 novembre 1789 que les biens du clergé catholique sont déjà nationalisés. On comparera à chaque fois à la situation actuelle : l'Eglise possède à nouveau des biens immenses en France et elle est le premier propriétaire immobilier, par exemple, à Paris.</p>
<p>Le 13 février1790, les ordres religieux sont supprimés. Tout maintien d'un ordre religieux est déclaré comme atteinte à la sûreté de l'Etat. Aujourd'hui, tous sont réapparus et ne sont nullement interdits. Les cloitres sont fermés et les religieuses sont libérées. Des établissements de religieuses existent toujours en France et la règle y est sévère. Par exemple, l'ordre de la Visitation continue à cloitrer des femmes. On peut citer également de nombreuses congrégations comme celle de l'Oratoire, celle de Jésus, celle de Saint Maur et celle du Saint Esprit, etc…</p>
<p>Le 27 novembre 1790, l'assemblée exige de tous les prêtres un serment de fidélité à la constitution laïque. Ils n'ont absolument pas besoin d'y prêter serment aujourd'hui et peuvent proférer des discours politiques pour un retour réactionnaire en France, comme c'est le cas des plus intégristes mais aussi des autres qui se remettent à prétendre intervenir politiquement publiquement en politique, notamment contre le droit à l'avortement, le droit à la PMA ou le mariage des homosexuels, entre autres… Faire de la politique publiquement, de plus en plus de prêtres et de plus hauts chefs religieux ne se l'interdisent plus.</p>
<p>Il convient de remarquer que la version de la laïcité défendue par la Révolution est un combat contre la religion, même si celle-ci reste en France un droit. C'est un combat contre son influence idéologique, organisationnelle, sociale et politique. Ce n'est nullement le cas aujourd'hui. L'Etat ne se sert nullement de ses moyens culturels, politiques, sociaux et économiques pour diminuer ou combattre l'influence des religions. Il ne cherche nullement à propager par la culture une idéologie de la science ni même de l'humanisme. Dans ses ouvrages d'Histoire, il donne même la part belle aux religions qui ont droit à de longues pages sur les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans, comme si c'étaient d'ailleurs les seules religions du monde… La France de la Révolution française se gardait de défendre la religion et développait plutôt un culte de la Raison, se revendiquant des philosophes des Lumières.</p>
<p>Le compromis bâtard auquel elle s'arrêta tout d'abord, la constitution civile du clergé (12 juillet 1790), resta très en deçà de ce programme. Les constituants accordèrent au catholicisme la situation d'un culte privilégié, dont les desservants étaient salariés et nommés par l'Etat, liés à lui par un serment. (…) Mais la cléricaille ne leur su aucun grè de leur timidité. Le Vatican engagea le fer contre la constitution civile du clergé. Il incita les prêtres à refuser de prêter serment, organisant contre la révolution le sabotage des prêtres réfractaires. La bourgeoisie révolutionnaire se trouva donc obligée de dépasser la constitution civile du clergé. Mais le fit avec prudence (…) Les moins timorés étaient les bourgeois qui acquirent des biens nationaux : le spectre d'une revanche de l'ancienne Eglise, avec pour corollaire la restitution des domaines confisqués au clergé, hantait leurs nuits.</p>
<p>N'osant supprimer le budget des cultes, on s'était bornés à le grignoter. Parallèlement, l'on s'engagea tout doucement dans la voie de la séparation de l'Eglise et de l'Etat ; avant de cesser ses travaux, le 20 septembre 1792, l'Assemblée législative décida que la tenue de l'état-civil incomberait non plus à l'Eglise mais à l'Etat. Enfin, des mesures furent prises qui constituèrent un premier pas vers la suppression des manifestations extérieures du culte catholique</p>
<p>En 1791, Condorcet déclarait déjà dans son « Mémoire sur l'instruction publique » que la Constitution « ne permet point d'admettre un enseignement qui, repoussant des enfants d'une partie des citoyens donnerait à des dogmes particuliers un avantage contraire à la liberté des opinions. » Du coup, il n'autorise pas l'enseignement monopolisé par les religieux tout en admettant la liberté des cultes en France. On remarquera que les religions, y compris la catholique, sont traités de « dogmes particuliers ».</p>
<p>La Commune de Paris, sous l'impulsion de son procureur-syndic Chaumette, est la première à prendre, après le 10 août 1792, des mesures anticléricales : interdiction du port du costume ecclésiastique en dehors des fonctions sacerdotales (12 août), interdiction des processions et manifestations religieuses sur la place publique (16 août), réquisition des bronzes d'église pour l'armée (17 août). Toutefois, les arrêtés de la Commune ne sont pas toujours reconnus par la Convention, ni même suivis dans toutes les sections.</p>
<p>C'est la guerre civile menée par la noblesse française alliée aux régimes féodaux d'Europe contre la révolution qui pousse à la radicalisation l'affrontement de la révolution avec le clergé.</p>
<p>Le 6 novembre 1793, la Convention accorde qu'une commune est en droit de renoncer au culte catholique.</p>
<p>Le 23 novembre 1793, sur la recommandation de Chaumette, la Commune ordonne la fermeture de toutes les églises de la capitale.</p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/La_Grande_R%C3%A9volution/LXII" class="spip_out" rel="external">Le mouvement de déchristianisation, vu par Kropotkine</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Histoire_socialiste/La_Constituante/Constitution_civile_du_clerg%C3%A9" class="spip_out" rel="external">Raconté par Jean Jaurès</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Histoire_de_la_R%C3%A9volution_fran%C3%A7aise_(Michelet)/Livre_III/Chapitre_7" class="spip_out" rel="external">Le récit de Michelet</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Histoire_de_la_R%C3%A9volution_fran%C3%A7aise_(Michelet)/Livre_III/Chapitre_8" class="spip_out" rel="external">La suite</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Histoire_de_la_R%C3%A9volution_fran%C3%A7aise_(Michelet)/Livre_III/Chapitre_9" class="spip_out" rel="external">Puis</a></p>
<h2 class="spip">Le mouvement populaire déchristianisateur et la Révolution française</h2>
<p>Robespierre a su conserver la direction de la vague révolutionnaire, surfer sur la vague de déchristianisation avant de la détruire, surfer sur les comités populaires avant de les réprimer…</p>
<p>En 1793, Robespierre se retourne contre le mouvement populaire des bras nus qui l'a appuyé et notamment contre le mouvement anticlérical. Robespierre déclare contre les déchristianiseurs :</p>
<p>« Non, la Convention n'a point fait cette démarche téméraire ; la Convention ne le fera jamais. Son intention est de maintenir la liberté des culte qu'elle a proclamée, et de réprimer en même temps tous ceux qui en abuseraient pour troubler l'ordre public ; elle ne permettra pas qu'on persécute les ministres paisibles du culte, et elle les punira avec sévérité toutes les fois qu'ils oseront se prévaloir de leurs fonctions pour tromper les citoyens et pour armer les préjugés ou le royalisme contre la République… L'athéisme est aristocratique ; l'idée d'un grand être qui veille sur l'innocence opprimée, et qui punit le crime triomphant est toute populaire. Le peuple, les malheureux m'applaudissent : si je trouvais des censeurs ce serait parmi les riches et les coupables. »</p>
<p>Daniel Guérin écrit : « Robespierre, en donnant, le 20 novembre 1793, un coup de frein à la déchristianisation, en insultant et en persécutant les "ultra-révolutionnaires", fit faire demi-tour à la Révolution, l'engagea sur une pente fatale où lui-même laissa sa tête, qui conduisit à la dictature militaire de Bonaparte et aux ordonnances de Charles X. »</p>
<p>Car, à partir de cette date, la Révolution va progressivement se retourner contre le mouvement populaire. L'émergence dans les départements des armées de l'intérieur, qui étaient issues de la sans-culotterie, est mal vue par le gouvernement révolutionnaire. Celui-ci dissout ces armées à l'hiver 1793-1794.</p>
<p>De même, le mouvement de déchristianisation de l'an II est l'expression du mouvement populaire. Mais il est désavoué par le gouvernement révolutionnaire qui domestique, entre l'hiver 1793 et le printemps 1794, le mouvement sans-culotte. Le soutien de ce dernier aux Montagnards n'est donc plus une certitude, d'autant plus que les « Enragés » ont été éliminés en septembre 1793 et les Hébertistes en mars 1794.</p>
<p>Le divorce entre le mouvement populaire et le gouvernement révolutionnaire vient d'une incompatibilité de leur conception respective de l'exercice du pouvoir. Les sans-culottes aspirent en effet à la démocratie directe, pouvoir peser sur les décisions (c'est ce qui s'est passé, on l'a vu, en 1793). Au contraire, le gouvernement révolutionnaire a décrété que la « Convention est le centre unique de l'impulsion révolutionnaire », ce qui est inconciliable avec la pratique de la démocratie directe. Saint-Just a prononcé ces mots pour exprimer ce divorce : « La Révolution est glacée ».</p>
<p>Dès le début de la révolution, la peur des masses populaires incita la bourgeoisie à ménager l'Eglise. Ce ne fut qu'à très petits pas qu'elle s'achemina vers la solution démocratique bourgeoise du problème des rapports entre l'église et l'Etat, à savoir la séparation des deux puissances rivales ; plus de budget des cultes ; plus de culte dominant et privilégié ; plus de manifestations publiques d'un seul culte ; la religion « affaire privée ».</p>
<p>La séparation de l'Eglise et de l'Etat est exigée par l'assemblée le 21 février 1795 : « La République ne salarie aucun culte. » Nous allons voir par la suite que la République française s'ingénie de mille manières pour subventionner l'église catholique, même si elle ne salarie pas directement les prêtres.</p>
<p>C'est à Napoléon qu'est revenue la tâche réactionnaire de revenir en arrière sur la séparation complète de l'Eglise et de l'Etat instaurée par la Révolution. Le 14 juillet 1801, il signe même le Concordat par lequel le catholicisme est reconnu « religion de la majorité des Français » et les deniers publics recommencent à financer le culte et par lequel le chef de l'Etat, Napoléon, est sacralisé. On revient à l'alliance du trône et de l'autel, du sabre et du goupillon. L'Etat n'est plus du tout laïque. En 1806, un « catéchisme impérial » est instauré. Même si rabbins et pasteurs protestants sont aussi partiellement financés, le catholicisme est partiellement redevenu religion dominante en France et religion d'Etat.</p>
<p>Ce retour en arrière sera total avec la Restauration de la monarchie en 1814 qui scelle le triomphe des féodalités d'Europe contre la France révolutionnaire. Dans le domaine de la religion, il en va de même. Les congrégations retrouvent l'autorisation d'enseigner et le catholicisme retrouve sa place de première religion reconnue. En 1848 et 1850, la loi Falloux restaure le contrôle clérical sur l'école. C'est contre cette loi que Victor Hugo prononce la fameuse phrase « Je veux l'Etat chez lui et l'Eglise chez elle ». Et ce disant, il n'est effectivement pas du tout anticlérical.</p>
<p>Le second empire de Napoléon III poursuit la nouvelle politique cléricale de la bourgeoisie réactionnaire alliée aux anciens nobles et à l'aristocratie financière et terrienne. On est trop proche des révolutions et l'ordre a besoin de l'ordre moral, l'Etat n'est pas encore assez assuré pour se passer de sa béquille religieuse.</p>
<p>C'est la révolution prolétarienne de 1871, la Commune de Paris, qui va achever le combat de la Révolution de 1789. Là encore, il est clair que l'Eglise est engagée dans le combat aux côtés de la bourgeoisie versaillaise et contre la révolution parisienne. De son côté, la révolution dénonce les crimes des prêtres, ferme les couvents, occupe les églises pour y tenir les réunions de ses comités populaires de quartier.</p>
<p>Au « Cinquième Dialogue » de la Philosophie dans le boudoir, au chapitre intitulé « Sade conseille aux prêtres, tous malfaisants, tous hypocrites, tous menteurs, tous fripons, tous infâmes, de se reconvertir en, devinez quoi, en guerriers. Tant qu'à faire le mal ! Car les prêtres font le mal. Et les prophètes devant lesquels ils s'agenouillent, encore pire, voir plus haut » :</p>
<p>« Anéantissez donc à jamais tout ce qui peut détruire un jour votre ouvrage. Songez que, le fruit de vos travaux n'étant réservés qu'à vos neveux, il est de votre devoir, de votre probité, de ne leur laisser aucun de ces germes dangereux qui pourraient les replonger dans le chaos dont nous avons tant de peine à sortir. Déjà nos préjugés se dissipent, déjà le peuple abjure les absurdités catholiques ; il a déjà supprimé les temples, il a culbuté les idoles, il est convenu que le mariage n'est plus qu'un acte civil ; les confessionnaux brisés servent aux foyers publics ; les prétendus fidèles, désertant le banquet apostolique, laissent les dieux de farine aux souris. Français, ne vous arrêtez point : l'Europe entière, une main déjà sur le bandeau qui fascine ses yeux, attend de vous l'effort qui doit l'arracher de son front. Hâtez-vous : ne laissez pas à Rome la sainte, s'agitant en tous sens pour réprimer votre énergie, le temps de se conserver peut-être encore quelques prosélytes. Frappez sans ménagement sa tête altière et frémissante, et qu'avant deux mois l'arbre de la liberté, ombrageant les débris de la chaire de Saint Pierre, couvre du poids de ses rameaux victorieux toutes ces méprisables idoles du christianisme effrontément élevées sur les cendres des Catons et des Brutus. Français, je vous le répète, l'Europe attend de vous d'être à la fois délivrée du sceptre et de l'encensoir. Songez qu'il vous est impossible de l'affranchir de la tyrannie royale sans lui faire briser en même temps les freins de la superstition religieuse : les liens de l'une sont trop intimement unis à l'autre pour qu'en laissant subsister un des deux vous ne retombiez pas bientôt sous l'empire de celui que vous aurez négligé de dissoudre. Ce n'est plus ni aux genoux d'un être imaginaire ni à ceux d'un vil imposteur qu'un républicain doit fléchir ; ses uniques dieux doivent être maintenant le courage et la liberté. Rome disparut dès que le christianisme s'y prêcha, et la France est perdue s'il s'y révère encore. Qu'on examine avec attention les dogmes absurdes, les mystères effrayants, les cérémonies monstrueuses, la morale impossible de cette dégoûtante religion, et l'on verra si elle peut convenir à une république. Croyez-vous de bonne foi que je me laisserais dominer par l'opinion d'un homme que je viendrais de voir aux pieds de l'imbécile prêtre de Jésus ? Non, non, certes ! Cet homme, toujours vil, tiendra toujours, par la bassesse de ses vues, aux atrocités de l'ancien régime ; dès lors qu'il put se soumettre aux stupidités d'une religion aussi plate que celle que nous avions la folie d'admettre, il ne peut plus ni me dicter des lois ni me transmettre des lumières ; je ne le vois plus que comme un esclave des préjugés et de la superstition. »</p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Fran%C3%A7ais,_encore_un_effort_si_vous_voulez_%C3%AAtre_r%C3%A9publicains" class="spip_out" rel="external">source</a></p>
<p>Daniel Guérin, « La révolution française et nous » :</p>
<p>« La Révolution française, dans sa dernière phase, nous présente une leçon dont on aurait tort de sous-estimer l'importance. « 93 » nous offre un spectacle presque unique en son genre et qui, vu avec cent cinquante ans de recul, n'a rien perdu de sa puissante originalité : la tentative de déchristianisation. Devant elle, nous restons, si je puis dire, les bras ballants. Nous avons peine à croire que les hommes du 18ème siècle aient pu enjamber ainsi des siècles et, suivant l'expression de l'un d'eux, oser « escalader le ciel ». Ils eurent eux-mêmes conscience du caractère unique, insolite, de leur entreprise. « Après des milliers de siècles, écrivaient-ils, les fastes de tous les peuples n'offrent encore que celle qui se réalise aujourd'hui. » (Le Comité de salut public aux sociétés populaires, 4-2-1793).</p>
<p>Replaçons-nous, par la pensée, dans la France d'avant la Révolution, faisons revivre ces temps où le catholicisme se confondit avec la société elle-même, où toute la vie personnelle et domestique reposait, comme l'observe Jaurès, sur base catholique, où le non-catholique était considéré comme un paria. Lucien Febvre a évoqué de façon saisissante ce passé dans son livre sur Rabelais, « Le problème de l'incroyance au 16ème siècle, la religion de Rabelais ». Entre l'époque où le catholicisme exerçait une telle emprise sur les hommes et celle où l'on fit des feux de joie de ces hochets, il n'y a qu'un espace de temps relativement court.</p>
<p>Quittons maintenant Paris, les villes de province, les campagnes d'où partit le mouvement de déchristianisation, où il prit toute son ampleur, et passons dans les régions les plus arriérées telles que la Vendée et la Bretagne, encore plongées dans les ténèbres du moyen-âge. Entre les paysans vendéens et bretons et ceux des contrées déjà gagnées par la lumière, il y a une distance de plusieurs siècles. Nous avons peine à concevoir que ces débris du passé et ces pionniers de l'avenir aient pu respirer ensemble. Et notre étonnement augmente encore si, de France, nous nous transportons dans l'Europe de 1793, si nous franchissons les Pyrénées, les Alpes, le Rhin.</p>
<p>En vérité, les déchristianisateurs de Nevers et de Paris durent apparaître aux « esclaves des rois » pour employer le langage des sans-culottes, comme des fous furieux. Cependant, il n'y a rien d'invraisemblable ni d'inexplicable dans cette criante contradiction. Elle illustre, au contraire, de façon saisissante la loi dite du développement combiné (…) Les déchristianisateurs n'étaient pas seulement en avance sur leur temps : ils l'étaient sur le nôtre. Quand nous comparons l'état actuel du problème religieux, la situation de l'Eglise dans la société d'aujourd'hui, la passivité, la timidité, pour ne pas dire davantage, dont font preuve nos contemporains à l'égard du cléricalisme tentaculaire, nous ne pouvons nous faire à l'idée que des hommes d'il y a cent cinquante ans aient pu porter à la religion catholique un coup aussi rude. (…) Tandis que la double cognée du progrès économique et du développement du savoir attaque l'arbre séculaire de la superstition, d'autres forces retiennent provisoirement une partie de la société sous l'emprise des hommes noirs, ces anachronismes vivants. L'une de ces forces prend son origine dans le revirement de la classe dominante vis-à-vis de l'Eglise.</p>
<p>A la fin du 18ème siècle, la bourgeoisie était tiraillée entre deux tendances contradictoires : d'une part, son affranchissement définitif en tant que classe exigeait qu'elle combattît sans ménagements l'Eglise, alliée au féodalisme et à l'absolutisme, tandis que, par ailleurs, sa cupidité lui faisait convoiter les riches biens temporels du clergé ; d'autre part, la crainte du mouvement autonome des masses l'incitait à ne pas se priver de l'appui de Dieu. La religion n'était-elle pas le fondement le plus solide de la morale bourgeoise ? N'était-elle pas plus capable que toute autre discipline de maintenir le peuple dans l'obéissance ? (…) Aujourd'hui, au contraire, la bourgeoisie devenue classe dominante (…) n'a plus besoin de combattre l'Eglise. (…) Un autre facteur explique la survivance de la religion : c'est la situation chaotique dans laquelle se débat l'humanité d'aujourd'hui, bouleversée, déchirée par l'agonie du système capitaliste, par les crises périodiques de surproduction et de chômage, par les guerres planétaires s'allumant à intervalles de plus en plus rapprochés.</p>
<p>L'individu se sentant écrasé par des forces qui le dépassent, dont il ne comprend pas bien le mécanisme et contre lesquelles il imagine être impuissant, se laisse envahir par la peur, comme ses lointains ancêtres en présence des phénomènes de la nature (…) Beaucoup de militants révolutionnaires ignorent le phénomène religieux. (…) On affecte d'ignorer la religion. On s'abrite derrière le cliché que le la religion est « affaire privée ». On construit une cloison étanche entre elle et les autres problèmes. (…) L'avant-garde révolutionnaire a été amenée à négliger la question religieuse par réaction contre l'anticléricalisme bourgeois.</p>
<p>La bourgeoisie libérale (…) a mené cette lutte contre la religion de façon puérile, désuète, inefficace du fait qu'elle s'est gardée, et pour cause, de toucher aux racines matérielles de la religion, c'est-à-dire à l'oppression capitaliste. D'une façon qui a été même dangereuse pour le prolétariat, car, en l'amusant avec cette guérilla contre la « calotte », elle a essayé de le détourner de la lutte de classes. Elle lui a donné à « bouffer du curé » pour l'empêcher de s'en prendre au patron. (…) Les militants (…) n'ont retenu de la pensée socialiste que la polémique contre l'anticléricalisme bourgeois (…)</p>
<p>La tentative de déchristianisation de l'an II mérite d'être mieux connue et nous aurions intérêt à nous en inspirer davantage dans notre lutte contre l'Eglise. Les pleutres, les défaitistes qui s'exagèrent l'emprise de l'Eglise (…) qui renvoient aux calendes grecques la libération des âmes, (…) devraient méditer sur l'étonnante facilité, la fulgurante rapidité avec laquelle la majorité de la population française d'alors, non seulement dans les villes mais aussi dans les campagnes, rompit avec ses traditions ancestrales, brisa les hochets de la « superstition », chassa les prêtres. (…) Cependant, l'expérience de l'an II nous enseigne, en même temps, la fragilité d'une entreprise de déchristianisation qui ne s'attaque pas, simultanément, à l'ordre bourgeois, aux racines matérielles de la religion. »</p>
<p>« Bourgeois et bras nus », Daniel Guérin :</p>
<p>« La question religieuse joua dans la révolution française un rôle à peine moins important que les problèmes politiques fondamentaux qui viennent d'être évoqués (lutte contre l'Ancien régime, contre les puissances européennes, luttes de classes entre bourgeoisie et bras-nus).</p>
<p>Tout d'abord, elle était partie intégrante de l'assaut que les masses populaires donnèrent à l'Ancien Régime abhorré. L'hostilité des sans-culottes à l'égard de l'Eglise était une des formes de leur instinct de classe. Tandis que, dans le calme de leur cabinet, les philosophes du 18ème siècle s'étaient rangés contre la religion au nom de principes abstraits, ceux de la « base » avaient vu dans l'Eglise un des principaux obstacles à l'émancipation humaine. Le scandale que qu'offraient les mœurs des hommes noirs, leur corruption et leur vénalité en même temps que leur complicité avec l'aristocratie et l'absolutisme, avaient plus fait pour ouvrir leurs yeux que les méditations des philosophes. (…) Au début du 18ème siècle, un modeste curé d'origine plébéienne, Jean Meslier, avait poussé le premier cri de révolte contre l'Eglise. (…) De modestes travailleurs, copistes, colporteurs, artisans, typographes déchiffrèrent passionnément ces manuscrits et lièrent la lutte anti-religieuse à celle pour l'émancipation sociale. Longtemps avant 1789, ils avaient ouvert la voie à la déchristianisation. Quant à la bourgeoisie du 18ème siècle, elle était tiraillée entre deux impulsions contradictoires. D'une part, elle poursuivait l'Eglise d'une haine tenace, parce qu'elle était l'un des plus fermes soutiens du vieux monde absolutiste à survivances féodales, un des plus sérieux obstacles à sa pleine émancipation, et aussi parce qu'elle convoitait les riches biens temporels du clergé. Mais, d'autre part, elle considérait, à juste titre, la religion comme une force de conservation sociale. Elle lui savait gré de maintenir le peuple dans l'obéissance, de lui apprendre à révérer la propriété bourgeoise, de le faire renoncer à une amélioration de son sort terrestre en lui promettant le bonheur dans l'au-delà. Elle redoutait qu'un peuple ayant cessé d'être encadré par les prêtres, ayant rejeté les principes moraux inculqués par l'Eglise, livré à ses seuls instincts, ne mît en danger sa propre domination de classe. (…) Dès le début de la révolution, la peur des masses populaires incita la bourgeoisie à ménager l'Eglise. Ce ne fut qu'à très petits pas qu'elle s'achemina vers la solution démocratique bourgeoise du problème des rapports entre l'église et l'Etat, à savoir la séparation des deux puissances rivales ; plus de budget des cultes ; plus de culte dominant et privilégié ; plus de manifestations publiques d'un seul culte ; la religion « affaire privée ».</p>
<p>Le compromis bâtard auquel elle s'arrêta tout d'abord, la constitution civile du clergé (12 juillet 1790), resta très en deçà de ce programme. Les constituants accordèrent au catholicisme la situation d'un culte privilégié, dont les desservants étaient salariés et nommés par l'Etat, liés à lui par un serment. (…) Mais la cléricaille ne leur su aucun grè de leur timidité. Le Vatican engagea le fer contre la constitution civile du clergé. Il incita les prêtres à refuser de prêter serment, organisant contre la révolution le sabotage des prêtres réfractaires. La bourgeoisie révolutionnaire se trouva donc obligée de dépasser la constitution civile du clergé. Mais le fit avec prudence (…) Les moins timorés étaient les bourgeois qui acquirent des biens nationaux : le spectre d'une revanche de l'ancienne Eglise, avec pour corollaire la restitution des domaines confisqués au clergé, hantait leurs nuits.<br class='autobr' />
N'osant supprimer le budget des cultes, on s'était bornés à le grignoter. Parallèlement, l'on s'engagea tout doucement dans la voie de la séparation de l'Eglise et de l'Etat ; avant de cesser ses travaux, le 20 septembre 1792, l'Assemblée législative décida que la tenue de l'état-civil incomberait non plus à l'Eglise mais à l'Etat. Enfin, des mesures furent prises qui constituèrent un premier pas vers la suppression des manifestations extérieures du culte catholique (…)<br class='autobr' />
Les girondins préféraient arrêter la révolution plutôt que d'acheter le concours des bras-nus Or, en révolution, s'arrêter, c'est reculer. Fatigués de la révolution, les girondins, par une pente insensible, glissèrent dans les bras des royalistes. Du fait qu'ils tournaient le dos à la révolution, ils ne pouvaient plus considérer comme définitive l'expropriation des biens du clergé et des émigrés.</p>
<p>(...) En un mot les girondins préféraient arrêter la révolution plutôt que d'acheter le concours des bras-nus Or, en révolution, s'arrêter, c'est reculer. Fatigués de la révolution, les girondins, par une pente insensible, glissèrent dans les bras des royalistes. Du fait qu'ils tournaient le dos à la révolution, ils ne pouvaient plus considérer comme définitive l'expropriation des biens du clergé et des émigrés. Ils répugnaient donc à retirer leurs capitaux du commerce pour les investir en biens nationaux (...) Parallèlement à leur glissement vers la contre-révolution à l'intérieur, les girondins louchèrent vers une transaction à l'extérieur. Ils avaient voulu cette guerre mais ils l'avaient voulue rapide et offensive. Le résultat : une guerre défensive, la France envahie et coupée du monde entier, une guerre révolutionnaire, animée par l'énergie de la plèbe. D'où leur volte-face. (...) Dumouriez s'était fait battre à plate couture et avait dû évacuer précipitamment la Belgique. De nouveau, la France fut menacée par l'invasion. A Paris, on revit l'atmosphère de septembre 1792. Les faubourgs se levèrent, exigèrent des mesures de terreur et de salut public.</p>
<p>(...) Une fraction importante de la bourgeoisie de 1793 en arriva, pour servir ses intérêts particuliers, à trahir les intérêts généraux de la révolution bourgeoise. L'autre fraction, celle dont les intérêts étaient liés à la continuation de la guerre et de la révolution, se résigna à la rupture. Entre les deux scissions, celle avec la Gironde ou celle avec les bras-nus, elle dut choisir (…) La Montagne ne pouvait se dispenser de faire appel au peuple, mais dans une mesure rigoureusement circonscrite : le peuple devait se borner à exercer une pression sur l'Assemblée (…) à inspirer à la Convention le courage de se donner le coup de bistouri. (…) Pour organiser la pression populaire, on ne rechigna pas à utiliser les organes extra-légaux qui avaient déclenché les mouvements du 10 août 1792 et du 10 mars 1793. Le moyen était risqué mais il n'y en avait pas d'autre. (…) Le 5 mai, la section du Contrat social invita les 48 sections à désigner les délégués pour former un « Comité central révolutionnaire ». La réunion se tint le 12 et regroupa 80 membres. (…) Les Jacobins n'agissaient qu'en sous-main ; ils laissaient l'initiative du mouvement à des comités sans sanction officielle (…) La Commune officielle, où dominaient les Jacobins (…) s'appliquait à camoufler l'activité clandestine du Comité central révolutionnaire. (…) Mais le jeu n'était pas sans risques. L'avant-garde populaire n'allait-elle pas, dans un élan irrésistible, dépasser les limites fixées ? Au dernier moment, à la veille même de la crise, Robespierre comprit que les organes réguliers et légaux devaient rentrer en scène, sous peine d'être débordés. (...) Cependant Robespierre et les chefs montagnards n'avaient pas perdu tout contrôle sur les événements ; ils avaient encore plus d'un tour dans leur sac : après s'être joués des girondins, ils se jouèrent des enragés. (...)</p>
<p>La scission entre bourgeois et bras-nus avait été évitée. par des concessions appropriées, la bourgeoisie montagnarde avait réussi à capter l'énergie des bras-nus, à la faire servir à la défense de la révolution menacée.</p>
<p>Qu'advint-il des enragés qui, un moment, avaient été à la tête de l'avant-garde populaire ? La Montagne, en mettant à execution une partie de leur programme, leur avait enlevé l'audience des sans-culottes. (...) Depuis quelques temps déjà, les chefs jacobins s'appliquaient à saper l'audience des enragés. Mais ils ne se risquèrent à leur fermer tout à fait la bouche qu'en septembre. (...)</p>
<p>Les enragés avaient mené campagne contre la vie chère et l'agiotage, avec un réel succès. ils avaient réussi à entraîner dans leur sillage non seulement un certain nombre de sections mais aussi le club des Cordeliers, et bien qu'avec réticences, la Commune, et jusqu'aux jacobins eux-mêmes. (...) Avant d'éliminer Jacques Roux par des moyens policiers, il fallait lui enlever ses points d'appui dans les masses, le perdre aux yeux des sans-culottes, le déloger des diverses assemblées qu'il avait réussi, plus ou moins, à entraîner dans sa campagne. A commencer par la Société des jacobins. Le 26, Robespierre y déclara la guerre au chef des enragés. Pour le perdre, il n'hésita pas à présenter Jacques Roux comme un "agent de l'étranger".</p>
<p>(...) Le 1er juillet, le Conseil général de la Commune, "considérant que le citoyen Jacques Roux a été chassé des sociétés populaires pour ses opinions anticiviques", désapprouva à l'unanimité sa conduite. (...) Dans "L'ami du peuple", Marat le traita d'"intriguant cupide (...)"<br class='autobr' />
Cependant la section des Gravilliers n'abandonnait pas Jacques Roux. Elle fit, les 22 et 25 août, deux démarches en sa faveur à la commune. (...) La société des jacobins décida finalement de le déférer au comité révolutionnaire de sa section. Entré libre dans la salle des jacobins, Jacques Roux en sortit prisonnier. (...) Le 28 novembre, le comité révolutionnaire de la section des Gravilliers d'incarcérer neuf partisans de Jacques Roux. (...) Le 10 février, le chef des enragés, décidé d'échapper au tribunal révolutionnaire ; se suicida. (...)</p>
<p>Ce fut au début de septembre 1793 que les hébertistes après avoir contribué à la liquidation des enragés, prirent leur succession à la tête des masses. Ils se servirent de l'effervescence des faubourgs pour arracher un certain nombre d'avantages politiques auxquels ils étaient directement intéressés. mais, en même temps, ils s'appliquèrent à canaliser, à dériver le mouvement populaire, à détourner des revendications d'ordre purement économique qui avaient prévalu en juillet-août et qui risquaient de conduire à un conflit social.</p>
<p>Le 4 septembre, une foule composée presque exclusivement d'ouvriers avait envahi l'hôtel de ville et son porte-parole, Tiger, avait réclamé du pain. Lorsque Chaumette revint de la Convention, ne rapportant qu'une promesse, la colère des bras-nus éclata. (...)</p>
<p>La pression populaire persistait, malgré tous les calmants que lui administraient les plébéiens hébertistes et la bourgeoisie révolutionnaire dut finalement tenir l'engagement qu'elle avait dû prendre, celui d'entrer dans la voie de la taxation. Et ce fut, le 29 septembre, le vote de la loi du maximum suivi de toute une série de mesures de contrainte visant à faire réapparaître les marchandises sur les marchés et dans les boutiques.</p>
<p>Ces moyens radicaux rendirent pour un temps la question des subsistances moins aigüe. C'est alors que les hébertistes estimèrent le moment favorable pour dériver le mouvement des masses vers un terrain moins brûlant que le terrain économique, vers des formes de lutte n'opposant pas directement les bras-nus aux bourgeois. Ils ouvrirent la campagne dite de déchristianisation, à travers laquelle ils comptaient mobiliser les masses, les mettre, avec le minimum de risque au service de leurs ambitions politiques.</p>
<p>La reprise de la lutte contre l'Eglise bénéficiait, dans une certaine mesure des sympathies de la bourgeoisie révolutionnaire. En effet, sur le plan religieux, la révolution bourgeoise était loin d'être achevée. Au surplus, après avoir tenté de diviser le clergé, elle avait vu se reformer contre elle le front de tous les prêtres : le sabotage des prêtres constitutionnels avait succédé à celui des prêtres réfractaires. En conséquence, chaque coup porté à la prétraille, non seulement consolidait ses conquêtes, confirmait la confiscation des biens ecclésiastiques, lui permettait de faire de nouvelles économies sur le dos des prêtres, mais aussi et surtout assurait sa sécurité contre le sabotage clérical.</p>
<p>La campagne déclenchée par les hébertistes correspondait bien davantage au sentiment profond des bras-nus. (...) leur intinct de classe élémentaire leur faisait sentir que la pratique de la religion était un instrument d'oppression de l'homme par l'homme. Croire que la campagne de déchristianisation n'a été l'ouvre que de quelques démagogues serait donc faire erreur. (...)</p>
<p>Les hébertistes soufflèrent sur ce feu pour détourner les bras-nus de la lutte contre les possédants, de la lutte pour le pain. En lançant les masses à l'assaut du ciel, ils visèrent à leur faire oublier le plus possible les préoccupations terrestres, les questions matérielles telles que vie chère, subsistances. Une fois le mouvement ainsi dérivé, ils comptaient en conserver la maîtrise et le faire servir à leurs fins propres. Les dates parlent d'elles-mêmes. Le 4 septembre, les ouvriers parisiens envahissaient l'hôtel de ville, réclamaient le maximum. Le 5, Chaumette et Hébert réussissaient, non sans peine, à canaliser le mouvement. Le 29, le maximum était voté. C'est entre ces deux dates que s'ouvre la campagne de déchristianisation.</p>
<p>Elle ne débuta pas à Paris même. les hébertistes jugèrent plus prudent de tâter d'abord le terrain en province. (...) Chaumette quitta donc Paris pour Nevers (...) Les hébertistes avaient trouvé dans le représentant en mission Joseph Fouché l'homme qu'il leur fallait. (...) Chaumette fut l'inspirateur et le guide de Fouché. Avant son arrivée dans la Nièvre, le second y avait plutôt fait figure de modéré ; il n'avait pas pris de mesure particulière contre la religion et contre les prêtres ; sous l'influence du premier, il réunit le 26 septembre à Moulins la société populaire dans l'église paroissiale Notre-dame et prétendit qu'il avait mission de "substituer aux cultes superstitieux et hypocrites auxquels le peuple tient encore malheureusement celui de la république et de la morale naturelle".</p>
<p>Le 10 octobre, il prit un arrêté en conséquence : "Tous les cultes des diverses religions ne pourront être exercés que dans leurs temples respectifs (...) La République ne reconnaissant point de culte dominant ou privilégié, toutes les enseignes religieuses qui se trouvent sur les routes, sur les places, et généralement dans tous les lieux publics, seront anéanties (...) Dans chaque municipalité, tous les citoyens morts, de quelque secte qu'ils soient, seront conduits au lieu désigné pour la sépulture (...) lieu où s'élèvera une statue représentant le sommeil. Tous les autres signes seront détruits." (...)</p>
<p>Les hébertistes parisiens n'avaient plus qu'à s'autoriser du précédent nivernais. (...) Le 1er novembre, les déchristianisateurs firent admettre à la Convention une députation de citoyens nivernais qui demanda la suppression des ministres du culte catholique.</p>
<p>La campagne de déchristianisation avait accueilli l'adhésion non seulement du Conseil général de la Commune, mais des sections, des sans culottes eux-mêmes. Le 6 novembre, un organisme de coordination (...) le Comité central des sociétés populaires, vint donner lecture aux jacobins d'un projet de pétition à présenter à la Convention et tendant à supprimer la rémunération des prêtres. Le 8, ce fut le tour de la Commune d'entendre lecture de la pétition. Elle fut fort applaudie. (...) Les sans-culottes des sections emboitaient le pas et la Convention semblait acquiescer</p>
<p>Tard dans la soirée du 6, après la séance du club des jacobins, une délégation du comité central des sociétés populaires se rendit chez l'évêque de Paris, Gobel. Le vieillard dormait. on le réveilla. On lui fit comprendre que l'heure était venue de se démettre de ses fonctions ecclésiastiques. (...) Le 13, l'Assemblée décréta que toutes les autorités constituées étaient autorisées à recevoir des ecclésiastiques et ministres de tout culte la déclaration qu'ils abdiquaient leur qualité.<br class='autobr' />
(...)</p>
<p>Les déchristianisateurs se crurent maîtres de la situation. le succès du mouvement qu'ils avaient déclenché dépassait leur attente. (...) Les sans-culottes se passionnèrent pour la déchristianisation. (...) Les servitudes de l'Ancien Régime s'étaient toutes écroulées sous la hache de la révolution ; une seule n'avait pas encore été complètement abattue : l'Eglise. Pour achever la révolution il fallait que les complices du seigneur et du riche fussent chassés.</p>
<p>Cependant le préjugé religieux, héritage des siècles, était terriblement lourd à soulever, plus lourd que l'Ancien Régime lui-même, et, sans une aide extérieure, le peuple n'eut pas osé accomplir le geste libérateur. Ce geste, les déchristianisateurs l'avaient accompli pour lui. (...) Les sans-culottes eurent le sentiment qu'on venait de les décharger d'un grand poids. Ce fut une explosion de joie, un cri de délivrance. "Un torrent" maugréèrent ensemble Danton et Robespierre.</p>
<p>Les bras-nus donnèrent libre cours à leur fantaisie, à leur verve. C'est à qui fêterait avec le plus d'éclat, avec le plus d'humour, la libération du genre humain. (...) Des représentations extraordinaires furent jouées (...) Une troupe d'hommes revêtus d'habits sacerdotaux, portant bannières et croix, s'en dépouillèrent soudain et l'on vit sauter en l'air étoles, mitres, chasubles et dalmatiques aux cris de "Vive la liberté" et au son de la Carmagnole. Sur les airs révolutionnaires, l'imagination au pouvoir inventa de nouveaux refrains :</p>
<p>Abbés, chanoines gros et gras, Curés, vicaires et prélats, Cordeliers fiers comme gendarmes Capucins, Récollets et Carmes, Que tout disparaisse devant le peuple sans-culotte !</p>
<p>La vague de fond populaire entraîna les déchristianisateurs au-delà de leurs intentions. On ne pouvait, en effet, s'arrêter en chemin. La logique populaire se refusait aux demi-mesures : si les prêtres étaient des charlatans, comme on venait d'aider le peuple à en prendre conscience, pourquoi bannir seulement les manifestations extérieures du culte ? Pourquoi priver seulement les hommes noirs de leur salaire et les laisser exercer librement leur fonction nocive ? On avait mis le doigt dans l'engrenage. (...)</p>
<p>Bientôt, on s'attaqua aux églises elles-mêmes. (...) La décision d'abolir le culte ne vint pas d'en haut, mais d'en bas, des sections, des sans-culottes eux-mêmes. L'une après l'autre, les sections de Paris fermèrent les églises ou les désaffectèrent. Le Conseil général de la Commune n'eut plus qu'à entériner cette unanimité. Le 23 novembre, après le réquisitoire de Chaumette, il arrêta que toutes les églises ou temples de toutes religions et de tous cultes qui ont existé à Paris seraient sur le champ fermées, et que quiconque demanderait l'ouverture soit d'un temple soit d'une église serait arrêté comme suspect. (...) En de nombreuses régions, la rupture entre les paysans et leurs prêtres fut tout à fait sérieuse et profonde. (...) Il y eut certes des régions où la déchristianisation suscita d'assez fortes résistances, régions arriérées, depuis toujours réfractaires à la révolution, et qui virent dans la suppression du culte catholique une occasion nouvelle de témoigner leur hostilité au régime. La Bretagne se plaça en tête des récalcitrants. (...) Ce qui frappe, par contre, c'est l'aisance avec laquelle les masses, aussi bien urbaines que rurales, acceptèrent la suppression du culte catholique. (...) Toutefois, la religion fut-elle vraiment extirpée de la conscience paysanne ? L'affirmer serait sous-estimer les mobiles d'ordre économique et social qui poussent l'homme misérable à chercher un refuge, une consolation, dans l'idée de dieu. La révolution n'améliora pas la condition humaine au point de permettre à l'homme de se passer de dieu.</p>
<p>(...) Il n'était possible de mener jusqu'au bout l'œuvre de déchristianisation entreprise, d'extirper définitivement le christianisme du cœur de l'homme que si l'on parvenait à modifier les causes profondes qui font éprouver à l'homme le besoin de dieu. Si on n'allait pas jusque là l'ouvre accomplie ne pouvait être que superficielle et elle risquait d'être éphémère (...) Le bonheur sur terre dont un Saint-Just ne fit que rêver eût pu seul détourner les hommes de la recherche du bonheur céleste. Mais la révolution bourgeoise était incapable de rendre le peuple heureux sur terre. Elle remplaça les vieilles formes d'assujettissement par de nouvelles. Si, temporairement et pour obtenir leur concours dans la lutte contre l'ennemi intérieur et extérieur, elle fit quelques concessions aux bras-nus, celles-ci n'améliorèrent que très faiblement, et pendant une très brève période, leurs conditions d'existence. »</p>
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<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article3466" class="spip_out" rel="external">Dialogue sur la religion et les religions</a></p>
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<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5672" class="spip_out" rel="external">Les meilleurs écrits athées - Deuxième partie - Diderot - La Mettrie</a></p>
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