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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;
Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.fr/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>L&#233;gendes canaques</title>
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		<dc:date>2014-03-31T01:40:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Femmes women</dc:subject>
		<dc:subject>Nouvelle Cal&#233;donie -Kanaky</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L&#233;gendes canaques &lt;br class='autobr' /&gt;
Durant sa d&#233;tention en Nouvelle-Cal&#233;donie, Louise Michel s'en prend autant aux pratiques de violence, d'exploitation et de m&#233;pris des Occidentaux contre les Canaques, qu'au violent machisme des hommes canaques &#224; l'&#233;gard de leurs femmes. &lt;br class='autobr' /&gt;
En Nouvelle Cal&#233;donie, l'&#339;uvre pro-canaque des anarchistes Charles Malato et LouiseMichel a &#233;t&#233; tr&#232;s c&#233;l&#232;bre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Louise va m&#234;me pousser son engagement aupr&#232;s de ce peuple autochtone et encore non totalement bris&#233; jusqu'&#224; soutenir leur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique101" rel="directory"&gt;11- CONTRE L'OPPRESSION DES FEMMES - AGAINST WOMEN'S OPPRESSION &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot146" rel="tag"&gt;Femmes women&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot286" rel="tag"&gt;Nouvelle Cal&#233;donie -Kanaky&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4306 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L300xH592/legendeslmichel-0310c-5a0b7.jpg?1777471146' width='300' height='592' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L&#233;gendes canaques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Durant sa d&#233;tention en Nouvelle-Cal&#233;donie, Louise Michel s'en prend autant aux pratiques de violence, d'exploitation et de m&#233;pris des Occidentaux contre les Canaques, qu'au violent machisme des hommes canaques &#224; l'&#233;gard de leurs femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Nouvelle Cal&#233;donie, l'&#339;uvre pro-canaque des anarchistes Charles Malato et LouiseMichel a &#233;t&#233; tr&#232;s c&#233;l&#232;bre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Louise va m&#234;me pousser son engagement aupr&#232;s de ce peuple autochtone et encore non totalement bris&#233; jusqu'&#224; soutenir leur insurrection de 1878. Ils se rendent dans la brousse, contactent les tribus, participent &#224; leur formation (Louise, &#233;ternelle institutrice, donne m&#234;me des cours aux jeunes canaques). Ils font &#339;uvre anthropologique et ethnologique en &#233;tudiant un peu la langue et les m&#339;urs. Louise Michel publie L&#233;gendes et chants de geste canaques &#224; Paris chez K&#233;va en 1885.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tardivement, Charles Malato (sous le pseudonyme de Talamo) r&#233;dige un ouvrage de 64 pages, Contes n&#233;o-cal&#233;doniens publi&#233;s &#224; Paris en 1897. Encore aujourd'hui le souvenir de Louise Michel est honor&#233; &#224; Noum&#233;a dont le mus&#233;e comporte de nombreux panneaux sur son passage dans la presqu'&#238;le Ducos. Charles Malato reparle de cette exp&#233;rience en 1905, l'ann&#233;e de la mort de son amie, dans La vie de Louise Michel publi&#233; &#224; &#201;pinal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Louise Michel ne fait pas que d&#233;noncer les conditions d'existence des canaques et particuli&#232;rement des femmes. Elle remarque qu'il existe de mani&#232;re sous-jacente une vieille soci&#233;t&#233; tr&#232;s diff&#233;rente de celle qu'elle voit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Louise Michel, d&#233;port&#233;e par la bourgeoisie fran&#231;aise en Nouvelle Cal&#233;donie pour sa participation &#224; la Commune de Paris, en a ramen&#233; des &#171; L&#233;gendes canaques &#187;, ayant trouv&#233; dans le peuple canaque une sympathie, une r&#233;volte, un esprit qu'elle a su rendre dans ses &#233;crits. Elle y rapporte notamment une contradiction &#233;tonnante : des m&#339;urs tr&#232;s oppressive vis-&#224;-vis des femmes et des r&#233;cits l&#233;gendaires construisant l'imaginaire canaque allant compl&#232;tement dans le sens inverse et d&#233;crivant des femmes libres, des femmes dirigeantes, des femmes remarquables, admirables, qui dirigeaient autrefois leur peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Nous avons dit que la femme ne compte pas, que l'on l'appelle &#171; nemo &#187;, rien, &#171; popin&#233;e &#187; qui signifie un objet d'utilit&#233; dans le langage des tribus. C'est elle qui porte l'attirail de p&#234;che ou de r&#233;colte, qui tra&#238;ne les enfants et suit son seigneur et ma&#238;tre. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Louise Michel rel&#232;ve une contradiction : les l&#233;gendes canaques font de la femme la sage, la chef, la savante, la libre, la chaleureuse, la pure, celle qui ne ment jamais, celle qui ne trompe jamais, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Louise Michel &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La l&#233;gende d'Idara par exemple qui fut &#171; takata &#187;, c'est-&#224;-dire m&#233;decin, sorci&#232;re ou plut&#244;t magn&#233;tiseur. Idara est une &#171; popin&#233;e &#187; (femme), une &#171; nemo &#187; (rien) et les tribus disent encore ses r&#233;cits tout en traitant leurs femmes comme des animaux&#8230; Idara sait panser les blessures avec des feuilles m&#226;ch&#233;es de lianes cueillies au clair de la lune, elle sait endormir avec le chant magique ou la fleur du niaouli infus&#233;e dans l'eau du diahot. Idara a beaucoup d' &#171; ignames &#187; (ann&#233;es), elle est si vieille qu'on ne peut les nombrer, c'est plus de &#171; cana neu neu d&#233; ri &#187; (90 ans), les pointes de ses dents sont &#233;mouss&#233;es, mais sa voix est toujours forte, on dirait la poitrine du vent. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autres l&#233;gendes canaques chantent les louanges de femmes jeunes comme vieilles : K&#233;id&#233;e la takata, Pa&#239;la la pure, les jeunes filles d'Owi&#233;, les trois filles du th&#233;ama de Belep, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre remarque : les canaques consid&#232;rent qu'il n'y a communaut&#233; de sang qu'entre la m&#232;re et l'enfant et que le p&#232;re y est &#233;tranger. L'homme est simplement consid&#233;r&#233; comme une aide ext&#233;rieure &#224; la procr&#233;ation. La famille canaque est donc maternelle. Ce sont les rapports de la colonisation qui ont modifi&#233; les rapports pr&#233;existants sur le plan familial. Les m&#339;urs actuelles des canaques ne ressemblent en rien &#224; celles que d&#233;crivaient les premiers visiteurs. Les hommes vivaient dans une case &#224; part et les femmes dans une case &#224; part. Le collectivisme du clan a &#233;t&#233; remplac&#233; par l'individualisme h&#233;rit&#233; des colonisateurs. Le type de mariage le plus ancien consiste en deux clans qui se marient chacun dans l'autre clan, les enfants &#224; na&#238;tre prennent la place des m&#232;res (et pas des p&#232;res). Ce sont des &#171; mariages natt&#233;s &#187;. C'est aux Iles Loyaut&#233; que l'influence coloniale a &#233;t&#233; moindre et que les femmes continuent comme autrefois &#224; habiter dans une case s&#233;par&#233;e et ne sont donc pas les servantes de leur mari qui n'est pas leur ma&#238;tre. La propri&#233;t&#233; canaque est collective. Il y a des restes aussi sur le terrain de l'h&#233;ritage de situations anciennes : dans certaines tribus, le clan maternel a droit &#224; tout ou partie de l'h&#233;ritage ce qui t&#233;moigne des restes d'un ancien matriarcat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La colonisation n'est pas la seule &#224; avoir d&#233;truit l'ancienne base matriarcale. Il y a eu, avant la colonisation, formation d'une soci&#233;t&#233; f&#233;odale avec trois classes : chefs, notables et peuple. Cette soci&#233;t&#233; &#233;tait divis&#233;e en tribus, sortes de gentes, form&#233;es d'individus descendant d'un anc&#234;tre commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre reste de temps anciens o&#249; l'on vivait diff&#233;remment : la hi&#233;rarchie par les &#226;ges avec des niveaux, des grands-parents aux petits-enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la vieille soci&#233;t&#233;, les moyens de production sont collectifs et les biens d'utilisation sont personnels.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#034;L'Ordre et la Morale&#034;, la version Kassovitz du massacre de la grotte d'Ouv&#233;a en Nouvelle Cal&#233;donie, un film sur un crime colonial</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article2024</link>
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		<dc:date>2011-11-14T06:05:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Nouvelle Cal&#233;donie -Kanaky</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Sur une st&#232;le, en Nouvelle Cal&#233;donie, on peut lire : &#034;&#201;loi Machoro, combattant de la libert&#233;, victime de l'ordre colonial d'&#201;tat fran&#231;ais, martyr noir, assassin&#233; le 12 janvier 1985&#034;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tous les leaders kanaks pouvant g&#234;ner l'exploitation du nickel cal&#233;donien par la France ont &#233;t&#233; &#233;limin&#233;s... &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;L'Ordre et la Morale&#034;, la version Kassovitz d'un crime colonial &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est sur ordre commun de Chirac et Mitterrand, par la volont&#233; de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, qu'a &#233;t&#233; commis le crime colonial d'Ouv&#233;a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1845 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L180xH247/162056_249574382356_4926302_n-ee429.jpg?1777491028' width='180' height='247' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sur une st&#232;le, en Nouvelle Cal&#233;donie, on peut lire : &lt;i&gt;&#034;&#201;loi Machoro, combattant de la libert&#233;, victime de l'ordre colonial d'&#201;tat fran&#231;ais, martyr noir, assassin&#233; le 12 janvier 1985&#034;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les leaders kanaks pouvant g&#234;ner l'exploitation du nickel cal&#233;donien par la France ont &#233;t&#233; &#233;limin&#233;s...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1843 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH399/ouvea-1dfe3-d0835.jpg?1777491028' width='500' height='399' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_1844 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L319xH239/-PHOTOTHEQUE_158494-6109c.jpg?1777491028' width='319' height='239' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#034;L'Ordre et la Morale&#034;, la version Kassovitz d'un crime colonial&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est sur ordre commun de Chirac et Mitterrand, par la volont&#233; de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, qu'a &#233;t&#233; commis le crime colonial d'Ouv&#233;a pour supprimer les nationalistes kanaks. M&#234;me s'il r&#233;v&#232;le certains faits r&#233;els, le film de Kassovitz pr&#233;sente les faits comme un d&#233;nouement contraire au but des forces arm&#233;es, comme si elles n'avaient pas &#233;t&#233; envoy&#233;es pour tuer&#8230; Le film est cependant d&#233;nonc&#233; par les d&#233;fenseurs de l'imp&#233;rialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour souligner que le point de vue de Kassovitz n'est pas en d&#233;faveur des forces de r&#233;pression, citons le : &#171; Le GIGN est un groupement qui est respect&#233; dans le monde entier car son &#233;thique est que toute mort d'homme, dans ses rangs et dans ceux de ses adversaires, est un &#233;chec. Son travail est de n&#233;gocier et de trouver une solution &#224; des conflits sans qu'il y ait d'effusion de sang, tout en &#233;tant pr&#234;t &#224; agir dans la violence si n&#233;cessaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mathieu Kassovitz quand il parle de son personnage principal, le responsable du GIGN :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; J'avais une image tr&#232;s romanesque de Philippe Legorjus, quelqu'un qui avait un vrai conflit &#224; trahir la personne en qui il avait confiance. En fait, je suis tomb&#233; sur un animal &#224; sang froid, un professionnel. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh oui ! L'Etat a ses professionels, m&#234;me pour &#233;liminer ses ennemis...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but du film de Kassovitz est la r&#233;conciliation... entre les victimes et les assassins ! Ce n'est pas notre but !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas non plus celui des assassins qui ont fait interdire le film en Nouvelle Cal&#233;donie...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conciliateurs sont aussi ceux des nationalistes qui ont trahi les victimes de la grotte d'Ouv&#233;a....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il importe de souligner que l'Etat fran&#231;ais a choisi de supprimer de mani&#232;re tr&#232;s pr&#233;cise les dirigeants ind&#233;pendantistes radicaux au sein du mouvement nationaliste en mouillant &#224; ses c&#244;t&#233;s les nationalistes les plus mod&#233;r&#233;s. Il convient de rappeler que la gauche revenue au pouvoir juste apr&#232;s le massacre l'a soutenu et couvert, notamment par la voix de son ministre Chev&#232;nement...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Pierre Chev&#232;nement, ministre de la D&#233;fense du gouvernement Rocard pr&#233;tend &#171; qu'aucun &#233;l&#233;ment de l'enqu&#234;te ne fait appara&#238;tre qu'il y a eu des ex&#233;cutions sommaires &#187;. Pourtant, on cite le cas de Wenceslas Lavelloi retrouv&#233; mort d'une balle dans la t&#234;te et dont plusieurs t&#233;moignages confirment qu'il &#233;tait encore vivant apr&#232;s la fin de l'assaut ; le cas d'Alphonse Dianou, chef du commando, bless&#233; d'une balle au genou, laiss&#233; plusieurs heures sans soins et qui devait finalement d&#233;c&#233;der ; le cas de Patrick Amossa Waina, un &#171; porteur de th&#233; &#187; de 18 ans qui ne faisait pas partie des preneurs d'otages, retrouv&#233; mort d'une balle dans la t&#234;te alors qu'il &#233;tait vivant &#224; la fin de l'assaut ; de Martin Haiwe qui tentait de s'enfuir avant l'attaque et de Samuel Wamo. Le l&#233;giste ayant pratiqu&#233; les autopsies constatera &#233;galement un nombre anormalement &#233;lev&#233; de victimes tu&#233;es d'une balle dans la t&#234;te : douze sur 19 ont en plus de multiples blessures re&#231;u une balle dans la t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Michel Rocard a d&#233;clar&#233; lors d'une &#233;mission sur France Culture :&lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Il y a eu des bless&#233;s kanaks et deux de ces bless&#233;s ont &#233;t&#233; achev&#233;s &#224; coups de bottes par des militaires fran&#231;ais, dont un officier. &#187; Le gouvernement de Michel Rocard entame des discussions rapidement et boucle le dossier politique le 26 juin 1988, par la signature des accords de Matignon. Lesquels contiennent une loi d'amnistie qui s'applique &#224; tous les faits de cette affaire. Fin de l'enqu&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
LES FAITS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 18 novembre 1984, suite &#224; la formation du FLNKS en remplacement du Front ind&#233;pendantiste et &#224; l'appel au boycott des institutions et des &#233;lections par Jean-Marie Tjibaou, il fracasse une urne d'un coup de hache et d&#233;nonce ainsi le syst&#232;me &#233;lectoral qui selon lui avantagerait les anti-ind&#233;pendantistes. Le 1er d&#233;cembre 1984, Jean-Marie Tjibaou forme un gouvernement provisoire de la R&#233;publique socialiste de Kanaky, et &#201;loi Machoro en devient le ministre de la S&#233;curit&#233; et donc le v&#233;ritable chef de guerre des ind&#233;pendantistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il d&#233;sarme ensuite les gendarmes de Thio et prend le contr&#244;le du village. Les habitants de Thio rapport&#232;rent des humiliations subies pendant le si&#232;ge : des pressions psychologiques, maltraitance physiques ainsi que des viols. Elles furent r&#233;v&#233;l&#233;es sous l'anonymat des victimes mais restent encore &#224; prouver juridiquement. Beaucoup de personnes craignaient des exactions violentes s'ils se pronon&#231;aient contre les ind&#233;pendantistes. Les immigrants d'origine wallisienne et tahitienne ainsi que les m&#233;lan&#233;siens non-ind&#233;pendantistes &#233;taient particuli&#232;rement vuln&#233;rables. Le seul d&#233;c&#232;s mentionn&#233; est celui du boucher de Thio, qui se noya en tentant de s'&#233;chapper par la rivi&#232;re. Apr&#232;s la fin du si&#232;ge, le 12 d&#233;cembre 1984, une vague de r&#233;fugi&#233;s fut &#233;vacu&#233;e vers Noum&#233;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 11 janvier 1985, Yves Tual, fils d'un &#233;leveur europ&#233;en, est tu&#233; par des M&#233;lan&#233;siens. Cet &#233;v&#232;nement d&#233;clenche &#224; Noum&#233;a une &#233;meute nocturne. Le lendemain, le 12 janvier, la gendarmerie d&#233;clenche une op&#233;ration pour lib&#233;rer la maison d'un Europ&#233;en occup&#233; par des militants ind&#233;pendantistes emmen&#233;s par &#201;loi Machoro pr&#232;s de Canala. Les occupants s'enfuient, et se r&#233;fugient dans une autre demeure, de laquelle la gendarmerie finira par donner l'assaut apr&#232;s plusieurs sommations. &#201;loi Machoro et un autre Kanak Marcel Nonnaro sont tu&#233;s pendant l'assaut. La gendarmerie laisse Machoro agoniser durant de longues heures sans lui porter secours, alors qu'il a &#233;t&#233; abattu &#224; distance par un tireur d'&#233;lite. Daniel Cerdan, ancien membre du GIGN, apporte son t&#233;moignage sur la &#171; neutralisation &#187; d'Eloi Machoro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 130 militaires de l'arm&#233;e fran&#231;aise prirent part &#224; l'OPERATION VICTOR, sous les ordres du g&#233;n&#233;ral VIDAL.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le commando d'assaut &#233;tait compos&#233; de 75 hommes dont :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - 34 parachutistes du 11&#232;me CHOC &lt;br class='autobr' /&gt; - 16 du commando HUBERT &lt;br class='autobr' /&gt; - 14 du G.I.G.N. &lt;br class='autobr' /&gt; - 11 de l'E.P.I.G.N.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ce commando d'assaut &#233;tait plac&#233; sous les ordres du lieutenant-colonel DOUCET, en face de nationalistes kanaks civils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Inutile de pr&#233;ciser que les membres de ce commando &#233;taient des hommes d'&#233;lites de l'arm&#233;e fran&#231;aise, arm&#233;e fran&#231;aise utilis&#233;e dans une op&#233;ration de police dans un territoire d'outre-mer fran&#231;ais...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'&#233;tait vraiment une premi&#232;re dans les annales de la cinqui&#232;me r&#233;publique fran&#231;aise !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le 05 mai 1988, date des deux assauts successifs de la grotte de GOSSANAH les personnes ci-dessous occupaient les fonctions suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; FRAN&#199;OIS MITTERAND pr&#233;sident de la r&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; JACQUES CHIRAC premier ministre jusqu'au 10 mai 1988.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; ALBIN CHALANDON ministre de la justice jusqu'au 12 mai 1988.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; CHARLES PASQUA ministre de l'int&#233;rieur jusqu'au 12 mai 1988.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; CLEMENT BOUHIN haut-commissaire de la r&#233;publique en NOUVELLE-CALEDONIE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Il est &#224; noter les dates importantes suivantes :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 22 avril 1988 Attaque de la gendarmerie de FAYAOUE OUVEA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 24 avril 1988 Premier tour des &#233;lections pr&#233;sidentielles fran&#231;aises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; BERNARD PONS arrive en NOUVELLE-CALEDONIE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 28 avril 1988 BERNARD PONS demande la dissolution du F.L.N.K.S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 29 avril 1988 JOSE LAPETITE est abattu dans la r&#233;gion de VOH.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 08 mai 1988 Deuxi&#232;me tour des &#233;lections pr&#233;sidentielles fran&#231;aises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 30 mai 1988 Le nouveau ministre de la justice PIERRE ARPAILLANGE ordonne une information judiciaire contre x dans le cadre de l'affaire d'OUVEA. Le juge d'instruction JOELLE RONDREUX du parquet de NOUMEA est charg&#233; de cette enqu&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Depuis c'est le silence sur les morts survenues apr&#232;s la reddition des nationalistes kanaks.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;HISTORIQUE DES EVENEMENTS PRECEDENTS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1953 : l'UC (union cal&#233;donienne, cr&#233;&#233;e en 1951) remporte la majorit&#233; des si&#232;ges au Conseil G&#233;n&#233;ral &#171; Colons et autochtones unissez-vous &#187;, &#171; l'ann&#233;e du centenaire sera l'ann&#233;e de la lib&#233;ration &#187;. Mouvement d'&#233;mancipation sociale r&#233;clamant une pr&#233;sence kanak dans les institutions mais ne proposant aucune modification du statut colonial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1956 : loi-cadre Defferre, d&#233;centralisation des pouvoirs ; l'UC obtient la majorit&#233; &#224; l'assembl&#233;e territoriale en 1958 ; le Rassemblement Cal&#233;donien, formation de la droite coloniale obtient 37 % aux &#233;lections de 1958.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1963 lois Jacquinot : coup d'arr&#234;t donn&#233; par le r&#233;gime gaulliste &#224; l'&#233;volution du statut politique de la Nouvelle-Cal&#233;donie et r&#233;gression de statut en statut 1963, 1969, 1976, 1979...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Une nouvelle vague de colons vient r&#233;pondre aux nouveaux besoins de l'&#233;conomie locale boost&#233;e par le boom du nickel des ann&#233;es soixante. Dans le m&#234;me temps le retour de France des dipl&#244;m&#233;s confront&#233;s au ch&#244;mage, leur politisation &#224; l'&#233;preuve de mai 68, l'accroissement de la population kanak et la n&#233;cessit&#233; corollaire d'extension des terres, concourent &#224; la radicalisation de la situation politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Cr&#233;ation des Foulards Rouges, arrestation de Niddoish Hnaissilin 2 septembre 1969, apparitions de tract en &#171; langue &#187; (une des 23 langues kanak).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1970 : cr&#233;ation de l'Union Multiraciale (plus tard le FULK) consid&#233;r&#233;e comme le premier parti cr&#233;&#233; par des kanak ; apparition du groupe 1878 dont la revendication principale porte sur la r&#233;cup&#233;ration des terres spoli&#233;es par les colons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es soixante-dix&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles marquent le passage de la revendication d'autonomie &#224; celle d'ind&#233;pendance :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; D'une part, le courant ind&#233;pendantiste avec les foulards rouges et le Groupe 1978 se regroupent pour former le Palika (Parti de la lib&#233;ration kanak) en 1976.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; D'autre part en 1975 les divers courants autonomistes constituent avec les foulards rouges un comit&#233; de coordination pour l'ind&#233;pendance kanak dont l'existence sera &#233;ph&#233;m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Palika repr&#233;sentera alors l'organisation la plus radicale du mouvement ind&#233;pendantiste basant sa revendication fonci&#232;re sur la redistribution &#224; la collectivit&#233; des terres r&#233;cup&#233;r&#233;es (par opposition &#224; l'appropriation priv&#233;e des parcelles). Il envisage &#171; l'ind&#233;pendance kanak populaire et r&#233;volutionnaire &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement l'UC dont la plupart des adh&#233;rents europ&#233;ens se d&#233;tache, se transforme en une organisation nationale kanak et se dirige progressivement vers la revendication ind&#233;pendantiste pour laquelle elle se prononcera en 1978.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant cette p&#233;riode le Palika se trouvera &#224; la pointe des mobilisations en particulier en 1978 dans la gr&#232;ve des ouvriers de la SLN (soci&#233;t&#233; le Nickel, plus de 3 000 employ&#233;s &#224; l'&#233;poque) qui durera 51 jours &#224; l'issue de laquelle un comit&#233; de r&#233;flexion a &#233;t&#233; install&#233; pour introduire le d&#233;bat politique anticolonialiste sur le terrain syndical, en particulier &#224; l'USOENC, principal syndicat, affili&#233; &#224; la CFDT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du FI au FLNKS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1981, &#224; son arriv&#233;e au pouvoir, le PS tente d'appliquer le plan Dijoud de r&#233;forme fonci&#232;re h&#233;rit&#233;e du pr&#233;c&#233;dent gouvernement pour d&#233;samorcer les tensions qui se font sentir : les occupations des terres se multiplient et les attributions de terres se font dans le cadre des principes coutumiers .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PS et le PC revoient &#224; la baisse le principe de la reconnaissance du droit &#224; l'autod&#233;termination inscrite dans le programme d'union de la gauche, se repliant sur une autonomie transitoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan institutionnel, une alliance FI-FNSC (centriste) met en minorit&#233; le RPCR et constitue un gouvernement auquel participent 4 ind&#233;pendantistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ministres des DOM-TOM se succ&#232;dent, Lemoine remplace Emmanuelli ; les statuts se succ&#232;dent : Pisani, Lemoine,...mais ils ne tiennent pas compte du &#171; droit inn&#233; et actif &#224; l'ind&#233;pendance du peuple kanak &#187; inscrit dans la d&#233;claration de Nainville les Roches &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1980 : cr&#233;ation du Comit&#233; de revendication des terres de la c&#244;te ouest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1981 : assassinat de Pierre Declercq, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'UC et cr&#233;ation du STKE devenu USTKE Union des syndicats des travailleurs kanak et des exploit&#233;s l'ann&#233;e suivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Septembre 1984 : Congr&#232;s constitutif du FLNKS, boycott actif des &#233;lections territoriales, qui s'accompagne de barrages, occupations de terres, manifestations, et conduit avec Eloi Machoro au si&#232;ge de Thio, village minier de la c&#244;te Ouest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me mois, cr&#233;ation du gouvernement provisoire de Kanaky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1985 : plan Pisani d'ind&#233;pendance-association Assassinat le 12 janvier d'Eloi Machoro et de Marcel Nonnaro par les gendarmes fran&#231;ais sur ordre de Matignon, en accord avec Mitterand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1987 : Boycott du r&#233;f&#233;rendum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; ao&#251;t 1987, le FLNKS qui a opt&#233; pour la non-violence, voit son sit-in pacifique matraqu&#233; violemment de mani&#232;re impressionnante...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Avril 1988 : A Ouv&#233;a, attaque de la gendarmerie dans le cadre d'une action d&#233;cid&#233;e sur tout le territoire par la direction du FLNKS. Les militants kanaks se r&#233;fugient dans la grotte dont Pons et Chirac, avec l'assentiment de Mitterrand, ordonnent l'assaut : 19 kanaks sont assassin&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Juin 1988 : accords de Matignon-Oudinot, suivis d'un r&#233;f&#233;rendum, qui instituent une autonomie relative et un corps &#233;lectoral particulier en vue d'un futur referendum sur l'avenir du Territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce statut sera revu lors des accords de Noum&#233;a en 1998 accordant un statut de large d'autonomie et de transmission des comp&#233;tences au territoire repoussant la date du r&#233;f&#233;rendum aux calendes grecques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le FLNKS, majoritaire dans les provinces Nord et Iles, s'engage dans un processus de cogestion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avril 1988, la France a v&#233;cu deux ans de cohabitation droite/gauche. En Nouvelle-Cal&#233;donie, en 1984, une embuscade est men&#233;e &#224; Hiengh&#232;ne dans laquelle 10 ind&#233;pendantistes sont tu&#233;s, dont deux fr&#232;res du leader ind&#233;pendantiste Jean-Marie Tjibaou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant ces &#233;v&#233;nements, le gouvernement d&#233;cide de tenter de calmer la r&#233;volte anti-coloniale en la d&#233;tournant par l'annonce d'un r&#233;f&#233;rendum concernant l'ind&#233;pendance &#233;ventuelle de la Nouvelle-Cal&#233;donie ; le 13 septembre 1987, Jacques Chirac &#233;tant Premier ministre de la premi&#232;re cohabitation sous la pr&#233;sidence de Fran&#231;ois Mitterand, a lieu le &#034;r&#233;f&#233;rendum Pons&#034; d'autod&#233;termination : le question pos&#233;e &#224; pr&#232;s de cent cinquante mille habitants de la Grande Terre et des &#206;les Loyaut&#233; (Mar&#233;, Lifou et Ouv&#233;a) est la suivante : &#171; Voulez-vous que la Nouvelle-Cal&#233;donie acc&#232;de &#224; l'ind&#233;pendance ou demeure au sein de la R&#233;publique fran&#231;aise ? &#187;. Si le Front de lib&#233;ration nationale kanak et socialiste (FLNKS) appelle au boycott du scrutin, la participation est de 59 % pour un r&#233;sultat de 98,3 % de voix favorables au maintien de la Nouvelle-Cal&#233;donie dans la R&#233;publique Fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En octobre 1987, un regain de tension se manifeste dans les rangs du FLNKS suite &#224; l'acquittement, par la cour d'assise de Noum&#233;a, des 7 auteurs de l'embuscade men&#233;e en 1984. Les ind&#233;pendantistes manifest&#232;rent leur col&#232;re, conspuant le fait que le jury - tir&#233; au sort parmi les citoyens fran&#231;ais selon les lois de la R&#233;publique - f&#251;t compos&#233; exclusivement d'Europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, l'&#233;lection pr&#233;sidentielle co&#239;ncida avec les &#233;lections r&#233;gionales instaurant un nouveau statut pour le territoire, le controvers&#233; statut Pons. Le FLNKS, qui &#224; l'&#233;poque rassemble la majorit&#233; des mouvements ind&#233;pendantistes, rejette celui-ci et appelle &#224; un &#171; boycott actif &#187; des &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vendredi 22 avril 1988 au matin, &#224; Fayaou&#233;, sur l'&#238;le d'Ouv&#233;a, deux jours avant le premier tour des &#233;lections pr&#233;sidentielles, des ind&#233;pendantistes kanaks et membres du FLNKS, attaquent la gendarmerie, dans le but de l'occuper jusqu'au jour du deuxi&#232;me tour. L'attaque d&#233;g&#233;n&#232;re et quatre gendarmes sont tu&#233;s par balles1 et trois ind&#233;pendantistes bless&#233;s2. Les m&#233;dias de l'&#233;poque relayant les propos du premier ministre Jacques Chirac1 annoncent pourtant que les trois gendarmes ont &#233;t&#233; &#171; massacr&#233;s &#224; l'arme blanche &#187;, ce qui est contest&#233; par les autopsies et les t&#233;moignages des autres gendarmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 27 autres gendarmes, d&#233;sarm&#233;s, sont pris en otage et s&#233;par&#233;s en deux groupes. Le premier groupe, men&#233; par Chanel Kapoeri, se rend dans le sud de l'&#238;le &#224; Mouli, o&#249; les otages sont finalement lib&#233;r&#233;s trois jours plus tard, &#224; la demande des &#171; vieux &#187; et des coutumiers. Le second groupe de 16 otages conduit par Alphonse Dianou est emmen&#233; dans une grotte pr&#232;s de la tribu de Gossanah.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'argent ( du nickel cal&#233;donien ) n'a pas d'odeur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'un mouvement de d&#233;colonisation s'amorce dans les autres colonies fran&#231;aises au d&#233;but des ann&#233;es 1960, le processus conna&#238;t pour la Nouvelle-Cal&#233;donie et les autres territoires fran&#231;ais du Pacifique un brutal coup d'arr&#234;t revenant sur l'essentiel des lois cadres : en 1963 le Conseil de Gouvernement est plac&#233; sous l'autorit&#233; du Gouverneur et en 1968, la loi Billotte retire &#224; l'Assembl&#233;e territoriale de Nouvelle-Cal&#233;donie l'essentiel de ses pouvoirs, entre autres sur le nickel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh oui ! Le nickel est le but de la colonisation du territoire et la raison pour la France de refuser de s'en retirer !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Trop de profit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nickel cal&#233;donien, c'est 30% des r&#233;serves mondiales...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, tr&#232;s peu d'informations, encore moins de recherches, de t&#233;moignages, de publications, sur ce pan de nos forfaits coloniaux en Kanaky. Il faut, souvent, recourir &#224; des travaux d'universit&#233;s australiennes ou n&#233;o-z&#233;landaises pour avoir des documents, des analyses. Seul le folklore Kanak est, &#224; pr&#233;sent, c&#233;l&#233;br&#233; par l'administration coloniale&#8230; Hors folklore : silence !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des europ&#233;ens courageux ont essay&#233; de d&#233;noncer, d'entraver, pareils comportements. Ils ont tous &#233;t&#233; la cible d'attaques et de menaces des milieux colonialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les plus d&#233;termin&#233;s, citons le missionnaire protestant Maurice Leenhardt (7), ainsi qu'un de ses &#233;l&#232;ves, Jean Guiart. Ils n'ont cess&#233; de critiquer l'administration, les milieux colons et l'id&#233;e m&#234;me du colonialisme. Unanimement respect&#233;s par le peuple Kanak et dans le Pacifique. Luttant aux c&#244;t&#233;s des Kanaks, dont l'interdiction de se d&#233;placer librement dans leur propre pays n'a &#233;t&#233; lev&#233;e qu'en 1946 &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux t&#233;moignages :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier, ant&#233;rieur au soul&#232;vement des ann&#233;es 1980, de Rock Pidjot, une des grandes figures de l'ind&#233;pendance Kanak :&#8232;&#8220;&#8230; C'est un pays o&#249; les autochtones, qui repr&#233;sentent la moiti&#233; de la population, sont les seuls &#224; ne pas &#234;tre propri&#233;taires des terres sur lesquelles ils vivent mais o&#249; trois gros propri&#233;taires fonciers poss&#232;dent le tiers des terres donn&#233;es en concession lors de la colonisation fran&#231;aise (90.000 hectares sur 280.000)&#8230;&#8232;La Nouvelle-Cal&#233;donie attend toujours sa d&#233;colonisation. Tous les autres pays du Pacifique sont devenus ind&#233;pendants ou autonomes : Fidji, Samoa, Tonga, Nauru, Nouvelle Guin&#233;e. Il n'y a plus que la France qui conserve, sous de nouvelles d&#233;nominations, de v&#233;ritables colonies&#8230;&#8221; (8)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second, de Marc Coulon :&#8232;&#8220;&#8230; Le 9 mai 1985&#8230; des commandos arm&#233;s, men&#233;s par Henri Morini, chef du service d'ordre du RPCR [ancienne &#233;manation de l'UMP local, NdA], ont attaqu&#233; un paisible meeting Kanak &#224; Noum&#233;a. Cela n'a pas suffi. Une chasse aux Kanaks s'est amplifi&#233;e d&#233;mesur&#233;ment, pendant des heures, dans plusieurs quartiers de la ville ; la droite d&#233;clenchait la guerre ethnique ou plut&#244;t raciste. L'apartheid ne suffisait pas, il leur faut massacrer&#8230;&#8232;Les razzias des garde-mobiles [gendarmerie, NdA] dans les tribus (offensives &#224; la grenade, attaques des femmes et des enfants, saccages des cases, destructions des mat&#233;riels et mobiliers, passage &#224; tabac&#8230;) ; les arrestations nombreuses et durables des militants politiques et leur s&#233;questration dans des conditions sans rapport avec aucun discours sur les droits de l'homme, l'espionnage public et priv&#233; permanent des activit&#233;s des leaders&#8230; &#8221; (9)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#8220;gendarmerie&#8221;, consid&#233;r&#233;e comme une arm&#233;e d'occupation, une milice coloniale au service d'int&#233;r&#234;ts priv&#233;s, et non pas d'un Etat r&#233;publicain, d&#233;mocratique. Honnie, m&#233;pris&#233;e, vomie, par le peuple Kanak&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evidemment, cette f&#233;roce r&#233;pression n'a pas pour finalit&#233; la pr&#233;servation de milliers d'hectares ou la production de tonnes de viande pour le b&#233;n&#233;fice d'une poign&#233;e de colons racistes. Mais, l'appropriation, la spoliation d'une colossale richesse &#224; l'&#233;chelle de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car, la Kanaky est fabuleusement riche : elle d&#233;tient, au minimum, le quart des r&#233;serves mondiales de Nickel, non comprises celles qui se trouveraient offshore&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ressource naturelle exploit&#233;e d&#232;s 1880 par une soci&#233;t&#233; constitu&#233;e &#224; cet effet, Le Nickel, propri&#233;t&#233; de la famille Rothschild qui en fit &#224; la fin des ann&#233;es soixante la maison-m&#232;re de l'ensemble de ses soci&#233;t&#233;s mini&#232;res, la locomotive de son p&#244;le minier&#8230; (10) Apr&#232;s une multitude de tribulations boursi&#232;res et juridiques, in&#233;vitables changements d'actionnaires et restructurations, cette richesse est actuellement exploit&#233;e par le groupe fran&#231;ais &#8220;Eramet&#8221;. Dont le si&#232;ge se trouve, non pas en Nouvelle-Cal&#233;donie, mais dans la Tour Montparnasse, &#224; Paris. (11)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce groupe, organis&#233; en plusieurs filiales, revendique ainsi les titres de 6&#232;me producteur mondial de nickel, et 2&#232;me producteur mondial de ferronickel, alliage utilis&#233; dans l'&#233;laboration des aciers inoxydables, et 1er producteur mondial de chlorure de nickel. Le march&#233; des &#8220;aciers inoxydables et alliages&#8221; repr&#233;sentant 85% de son chiffre d'affaires, en 2010. (12)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde &#233;tant petit, il n'est pas inint&#233;ressant de noter qu'Eramet dans ses actions de diversification a conclu des accords de partenariat avec le groupe Bollor&#233; qui a affich&#233; ses ambitions dans la construction de la voiture &#233;lectrique. En f&#233;vrier 2009, pour : &#171; &#8230; l'extraction et la transformation de lithium pour la fabrication de batteries &#233;lectriques rechargeables pour l'automobile &#187;. En f&#233;vrier 2010, pour : &#171; &#8230; l'exploration assortie d'une option d'achat portant sur des gisements de lithium avec la soci&#233;t&#233; argentine Minera Santa Rita &#187;. (13)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les op&#233;rations d'extraction du minerai (garni&#233;rites) en Nouvelle-Cal&#233;donie, avec 5 centres miniers situ&#233;s dans le Nord et le Sud de l'Ile, s'effectuent sous couvert d'une filiale qui a pour nom Le Nickel-SLN. Avec une usine de transformation du minerai en ferronickel dans l'usine m&#233;tallurgique de Doniambo, &#224; proximit&#233; de Noum&#233;a (80%). Le reste (20 %) est transform&#233; en France, &#224; la raffinerie de Sandouville, sous forme d'une matte de nickel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Curieuse configuration que l'actionnariat d'Eramet, suite &#224; une rocambolesque jonglerie qui fait le charme subtil du Lib&#233;ralisme Economique : aux c&#244;t&#233;s d'actionnaires et &#8220;porteurs&#8221; d'actions priv&#233;s, l'Etat fran&#231;ais se r&#233;serve 27,37 % des actions (dont Areva 26%), la part de la Nouvelle&#8211;Cal&#233;donie ou Kanaky [les 3 provinces regroup&#233;es dans une STCPI] se trouvant r&#233;duite &#224; 4,16 %. (14) Autrement dit, la nation Kanak dont le nickel est &#224; la source de la fortune de ce qui est devenu au fil du temps le groupe Eramet, avec ses cascades d'actionnaires et de filiales, doit se satisfaire d'un bol de pois-chiches&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apartheid et r&#233;voltes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nation Kanak, spoli&#233;e de ses terres et ressources naturelles, ni&#233;e dans son droit &#224; l'autod&#233;termination, marginalis&#233;e dans sa repr&#233;sentation aux postes de responsabilit&#233; (administration, enseignement, professions lib&#233;rales, directions d'entreprises, etc.), maintenue dans la pauvret&#233;, la pr&#233;carit&#233;, l'humiliation, refuse de se voir folkloris&#233;e dans des &#8220;r&#233;serves&#8221; ou des parcs nationaux pour touristes, de voir sa jeunesse sombrer dans le ch&#244;mage, l'alcoolisme, la drogue, la d&#233;linquance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autorisant la puissance coloniale &#224; toutes les r&#233;pressions et les justifications racistes. La population carc&#233;rale est actuellement de 200%, le gouvernement fran&#231;ais planifiant, dans sa strat&#233;gie visionnaire, la construction de nouveaux centres p&#233;nitentiaires et une augmentation des effectifs de police&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, la r&#233;volte ne cesse pas et jamais ne cessera face &#224; ce qui est, dans les faits, un abject apartheid destin&#233; &#224; maintenir la supr&#233;matie des colons europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;v&#232;nement a marqu&#233; l'histoire r&#233;cente, d&#233;form&#233;, caricatur&#233; et enseveli par les m&#233;dias de la d&#233;sinformation :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 5 mai 1988, des troupes sp&#233;ciales fran&#231;aises (15) donnent l'assaut &#224; une grotte, dans l'&#238;le d'Ouv&#233;a (16), o&#249; s'&#233;taient retranch&#233;s des ind&#233;pendantistes Kanaks, avec des gendarmes pris en otages. Point culminant de troubles qui avaient men&#233; le pays au bord d'une guerre civile entre des colons, avec leurs auxiliaires, et des r&#233;sistants d'origine Kanak. (17)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les otages sont lib&#233;r&#233;s. Mais les 19 ind&#233;pendantistes sont tu&#233;s, plusieurs &#8220;&#8230; apr&#232;s la prise de la grotte dans des circonstances d&#233;shonorantes pour l'arm&#233;e fran&#231;aise (18)&#8221;. Michel Rocard, dans une d&#233;claration, d&#233;nonce l'assassinat de deux ind&#233;pendantistes bless&#233;s :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;&#8230; J'ai honte aussi quand deux militaires ont achev&#233; &#224; coups de crosse deux preneurs d'otage &#224; Ouv&#233;a.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s des t&#233;moins, beaucoup plus : sommairement ex&#233;cut&#233;s, ou achev&#233;s pour les bless&#233;s. Dont Alphonse Dianou, qu'on retrouvera le visage d&#233;fonc&#233; et les pansements arrach&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 26 juin 1988, sont sign&#233;s les accords de Matignon, mettant un terme provisoire aux d&#233;chirements que vit cette colonie. Accord sign&#233; gr&#226;ce &#224; l'influence mod&#233;ratrice du leader ind&#233;pendantiste, Jean-Marie Tjibaou (19). Un r&#233;f&#233;rendum d'autod&#233;termination est pr&#233;vu &#8220;&#224; partir de 2014&#8221;&#8230; Ce qui, en fait, ne veut rien dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;connu en France, o&#249; la propagande coloniale censure dans ses m&#233;dias le discours et la pr&#233;sence d'une telle personnalit&#233;, il est consid&#233;r&#233; dans la r&#233;gion du Pacifique (20), comme une immense figure historique. Par son intelligence, sa sagesse, sa d&#233;termination, dans la grande lign&#233;e des Gandhi ou des Martin Luther King. De ceux qui ont su redonner la dignit&#233; &#224; leur peuple et exiger le respect de leur identit&#233;, dans l'humanit&#233; &#224; l'&#233;gard des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evidemment&#8230; Un an plus tard Jean-Marie Tjibaou est assassin&#233;, avec son adjoint &#224; la direction du parti ind&#233;pendantiste FLNKS, Yeiw&#233;n&#233;. Il s'y attendait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs de ses lieutenants avaient &#233;t&#233; tu&#233;s par des snipers de la gendarmerie, Eloi Machoro (21) et Marcel Nannoro, pour ne citer que les plus connus. Deux de ses fr&#232;res avaient &#233;t&#233; assassin&#233;s, en 1984, avec huit autres Kanaks, dans une embuscade tendue par des colons. Br&#251;l&#233;s vifs, encore bless&#233;s, dans leurs voitures, cribl&#233;es de balles. Le tristement c&#233;l&#232;bre, dans la r&#233;gion Pacifique, massacre d'Hiengh&#232;ne. En dialecte local, Hiengh&#232;ne : &#8220;Pleurer en marchant&#8221; &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les assassins ont &#233;t&#233; acquitt&#233;s pour &#8220;l&#233;gitime d&#233;fense&#8221;, &#224; la suite d'un simulacre de proc&#232;s, en 1987, analogue &#224; ceux de l'Alabama, de l'Arkansas ou d'autres Etats racistes des USA, du temps de la s&#233;gr&#233;gation raciale. Tous les membres du Jury &#233;taient des colons, les sinistres &#8220;caldoches&#8221;, qui ne d&#233;pareraient pas dans une assembl&#233;e du Ku-Klux-Klan. Il n'y a pas de juge ou d'avocat Kanaks, en Kanaky&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son pressentiment s'est r&#233;alis&#233; le 4 mai 1989. Une balle en pleine t&#234;te, tir&#233;e par un Kanak, &#224; bout portant, lors d'une comm&#233;moration du massacre d'Ouv&#233;a. Comme souvent dans ce genre d'op&#233;rations, l'assassin est imm&#233;diatement abattu, sans sommation, par un policier pr&#233;sent. Pas d'enqu&#234;te, pas de proc&#232;s. Affaire class&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;f&#233;rendum est ainsi repouss&#233; en 2018, par les Accords de Noum&#233;a du 4 mai 1998. Le temps, pour la puissance coloniale, de s'assurer une majorit&#233; contre l'ind&#233;pendance, par un basculement d&#233;mographique. Sch&#233;ma classique, que les USA ont pratiqu&#233; dans l'archipel d'Hawaii.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains hommes politiques fran&#231;ais ont le courage d'avoir honte. Ils sont tr&#232;s rares. Combien ont souscrit aux propos de Michel Rocard ? Il avait d&#233;couvert, il est vrai, le &#8220;Dossier N&#233;o-Cal&#233;donien&#8221; dans tous ses &#8220;d&#233;tails&#8221;, en tant que premier ministre lors de la pr&#233;sidence Mitterrand. Choqu&#233;, atterr&#233;, il s'&#233;tait d&#233;marqu&#233; du cynisme colonial par cette volont&#233; de contrition :&#8232;&#8220;&#8230; La France a fait des choses dont j'ai honte. Quand l'arm&#233;e chassait les tribus de la mer [surnom des M&#233;lan&#233;siens, NdA] &#224; coups de fusil pour faire place aux colons. le grand-p&#232;re de Jean-Marie Tjibaou a couru comme &#231;a en portant un enfant de quatre ans. A c&#244;t&#233; de lui, un proche est tomb&#233; d'une balle dans le dos&#8230;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, la honte ne change pas grand-chose&#8230; L'exploitation, la r&#233;pression continuent, se perp&#233;tuent, dans l'autosatisfaction et l'hypocrisie. Au m&#233;pris des principes &#233;l&#233;mentaires d'une r&#233;publique dite d&#233;mocratique et civilis&#233;e&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les infamies les plus marquantes de ces derni&#232;res ann&#233;es : le 16 janvier 2008. Une manifestation pacifique de militants syndicaux de l'USTKE (Union Syndicale des Travailleurs Kanaks et des Exploit&#233;s), salari&#233;s de l'entreprise de transport en commun Carsud, en conflit avec leur direction (groupe Veolia), est r&#233;prim&#233;e, avec une violence f&#233;roce, par la gendarmerie mobile. (22)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On d&#233;nombre 20 bless&#233;s, dont cinq gri&#232;vement. A cela, s'ajoute arrestations et emprisonnements pr&#233;ventifs, en attente d'un jugement par le tribunal correctionnel de Noum&#233;a. Le 21 avril 2008, ce tribunal rend son jugement : 23 de ces syndicalistes sont condamn&#233;s &#224; des peines de prison ferme, allant de 1 mois &#224; 1 an, associ&#233;es &#224; une privation des droits civiques pendant 3 ans pour les responsable syndicaux&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derni&#232;rement : le 8 ao&#251;t 2011. Oui, le mois dernier. Gravissime &#233;v&#232;nement, totalement &#233;touff&#233; dans nos m&#233;dias, dans le mensonge. L'&#238;le de Mare (Nengone en Kanak), &#224; une demie heure de vol de Noum&#233;a, 4 morts et 30 bless&#233;s dans un conflit avec la soci&#233;t&#233; de transport a&#233;rien desservant l'archipel, Aircal (Air Cal&#233;donie). Devant une augmentation des tarifs inacceptable pour les insulaires, un collectif des usagers et des travailleurs des &#238;les de Nengone (Mare), Drehu, Iaai, et Kunie, occupe pacifiquement piste et a&#233;roport de l'&#238;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une milice patronale, coloniale pour &#234;tre sociologiquement plus pr&#233;cis, comme il y en a tant en Kanaky, surgit, attaque, mitraille, pour tuer et terroriser. Orgie sanguinaire, d'une implacable cruaut&#233;. S'&#233;vanouissant dans la nature et provoquant l'envoi a&#233;roport&#233; des forces de l'ordre. En Kanaky, on ne discute pas : on tire dans le tas&#8230; In&#233;vitablement, parfaitement rod&#233;e, la propagande prend le relais pour d&#233;sinformer : guerre tribale, r&#232;glement de comptes clanique, etc. (23)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous-entendu : &#171; Que voulez-vous chez ces sauvages&#8230; Ils se complaisent dans le sous-d&#233;veloppement&#8230; Passant leur temps &#224; se battre entre eux&#8230; Heureusement que nous sommes l&#224;&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne noyons pas notre t&#234;te dans le sable : un massacre organis&#233; de 4 tu&#233;s et 30 bless&#233;s dans une petite &#238;le, est l'&#233;quivalent de 4.000 tu&#233;s et 30.000 bless&#233;s &#224; la dimension d'un pays. Un crime contre l'humanit&#233;. Les responsables, commanditaires, qui organisent, cautionnent, couvrent, l'action de ces milices ou escadrons de la mort, similaires &#224; ceux qui s&#233;vissent en Colombie et autres pays d'Am&#233;rique latine, m&#233;ritent le Tribunal de La Haye.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kanaky : symbole du pillage colonial, de la sauvagerie pr&#233;datrice, de la terreur raciste, de l'impunit&#233; criminelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En visite au Qu&#233;bec, &#224; Montr&#233;al en 1967, le g&#233;n&#233;ral de Gaulle avait eu le courage, l'audace, de crier devant micros et cam&#233;ras : &#171; Vive le Qu&#233;bec Libre ! &#187;. A Noum&#233;a en vain, j'ai attendu, esp&#233;r&#233;, r&#234;v&#233;, un m&#234;me &#233;lan chevaleresque, Don Quichotesque. Sarkozy, bras lev&#233;s, pin de l'OTAN &#224; la boutonni&#232;re, &#233;pingle &#224; cravate sigl&#233;e ONU, charismatique de panache, christique de grandeur d'&#226;me, rugir face &#224; la foule :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Vive la Libye Kanaky Libre ! &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) In Le Dossier Cal&#233;donien, Jean-Paul Besset, Cahiers Libres, La D&#233;couverte, 1988, p. 75.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) Deckker, Paul &amp; al., ouvrage collectif, Le Peuplement du Pacifique et de la Nouvelle-Cal&#233;donie au XIX&#176; si&#232;cle &#8211; Condamn&#233;s, colons, convicts, chan dang, Actes du Colloque Universitaire International, publi&#233;s sous la direction de Paul de Deckker, Editions l'Harmattan, 1994, p. 318.&#8232;(3) Soussol, Alain, Universit&#233; de Montpellier, in Paul de Deckker, (Op. Cit.), p. 362.&#8232;(4) In Paul de Deckker, (Op. Cit.), p. 363.&#8232;(5) In Paul de Deckker, (Op. Cit.), p. 365.&#8232;(6) Guiart, Jean, La Terre est le sang des Morts &#8211; La Confrontation entre Blancs et Noirs dans le pacifique sud fran&#231;ais, Editions Anthropos, 1983.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(7) Clifford, James, Maurice Leenhardt &#8211; Personne et Mythe en Nouvelle-Cal&#233;donie, Editions Jean-Michel Place, 1987.&#8232;(8) Rollat Alain, Tjibaou le Kanak, (Op. Cit.), p. 149.&#8232;(9) Coulon, Marc, L'Irruption Kanak &#8211; de Cal&#233;donie &#224; Kanaky, Messidor Editions Sociales, 1985 p. 219.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(10) Cf. : Histoire et &#233;volution de la soci&#233;t&#233; sur le site officiel : &lt;a href=&#034;http://www.eramet.fr/fr/Site/Template/T1.aspx?SELECTID=47&amp;ID=54&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.eramet.fr/fr/Site/Template/T1.aspx?SELECTID=47&amp;ID=54&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(11) ERAMET Nickel &#8211; Tour Maine Montparnasse &#8211; 33, avenue du Maine &#8211; 75755 PARIS &#8211; Cedex 15 &#8211; Tel. : 33 1 45 38 42 00 &#8211; 33 1 45 38 73 48&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(12) Cf. : Nos activit&#233;s &#8211; Nickel : Chiffres cl&#233;s &#8211; Chiffre d'affaires par march&#233; en 2010 : &lt;a href=&#034;http://www.eramet.fr/fr/PRODUCTION_GALLERY_CONTENT/DOCUMENTS/Nickel_In_Society_FR.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.eramet.fr/fr/PRODUCTION_GALLERY_CONTENT/DOCUMENTS/Nickel_In_Society_FR.pdf&lt;/a&gt; &amp; Rapport Annuel 2010 (t&#233;l&#233;chargeable), notamment p. 3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(13) Nos activit&#233;s, Op. &amp; site Cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(14) STCPI : Soci&#233;t&#233; Territoriale Cal&#233;donienne de Participation Industrielle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(15) Plenel, Edwy et Rollat, Alain, Mourir &#224; Ouv&#233;a &#8211; Le Tournant Cal&#233;donien, La D&#233;couverte, 1988.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(16) Picard, Gilles, L'affaire d'Ouv&#233;a, Editions du Rocher, 1988.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exemple embl&#233;matique de l'ouvrage de d&#233;sinformation et de propagande, destin&#233; &#224; discr&#233;diter l'aspiration &#224; l'ind&#233;pendance d'un peuple. La presse de l'&#233;poque reprenait, dans sa majorit&#233;, les m&#234;mes clich&#233;s pour anesth&#233;sier l'opinion publique m&#233;tropolitaine. Avec, face &#224; des &#8220;barbares&#8221;, &#8220;l'&#233;lite de l'&#233;lite de l'arm&#233;e&#8221; repr&#233;sentant la d&#233;fense de la civilisation, sans craindre boursouflure et ridicule :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;&#8230; les muscles des maxillaires se sont contract&#233;s&#8230;&#8221; (p. 94).&#8232;(17) Face &#224; la censure du d&#233;bat, en France, sur la situation coloniale en Nouvelle-Cal&#233;donie, saluons le courage de Mathieu Kassovitz pour avoir r&#233;alis&#233; un film sur l'affaire d'Ouv&#233;a. Dans les pires difficult&#233;s. Notamment : refus de l'arm&#233;e et de l'administration de collaborer. Sortie pr&#233;vue : le 16 novembre 2011. Le titre du film est en soi tout un programme : &#171; L'Ordre et la Morale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(18) Spencer, Michael &amp; al., Nouvelle-Cal&#233;donie &#8211; Essai sur le Nationalisme et la D&#233;pendance, Editions L'Harmattan, 1987. p. 299.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(19) Rollat, Alain, Tjibaou le Kanak, Editions La Manufacture, 1989.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(20) Cf. Michael Spencer (Op. Cit.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le et l'influence de Jean-Marie Tjibaou, en Kanaky et dans le Pacifique, syst&#233;matiquement occult&#233;s par la propagande fran&#231;aise (il n'est m&#234;me pas cit&#233; dans l'article fran&#231;ais de Wikipedia sur la Nouvelle-Cal&#233;donie !&#8230;), sont unanimement reconnus chez les chercheurs et responsables de la r&#233;gion Pacifique, notamment anglo-saxons, y compris en Australie et en Nouvelle-Z&#233;lande&#8230;&#8232;(21) La st&#232;le, comm&#233;morant ce crime d'Etat, porte comme mention :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220; Eloi Machoro, combattant de la libert&#233;, victime de l'ordre colonial d'Etat fran&#231;ais, assassin&#233; le 12 janvier 1985 &#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(22) Le groupe Veolia, une fois de plus, fait &#233;talage de son constant souci &#233;thique dans le respect des droits de l'homme et de la dignit&#233; humaine&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(23) Cf. : communiqu&#233; de l'UGTG sur cette tuerie coloniale : Guadeloupe-Kanaky m&#234;me combat, &lt;a href=&#034;http://ugtg.org/article_1557.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://ugtg.org/article_1557.html&lt;/a&gt; &amp; &lt;a href=&#034;http://www.internationalistes13.org/article-guadeloupe-kanaky-meme-combat-communique-de-l-ugtg-81091710.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.internationalistes13.org/article-guadeloupe-kanaky-meme-combat-communique-de-l-ugtg-81091710.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=nouvelle+cal%C3%A9donie+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;btnG=Recherche&amp;meta=&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la suite...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>A la r&#233;volte du peuple de la Nouvelle Cal&#233;donie, l'Etat fran&#231;ais r&#233;pond par la r&#233;pression coloniale</title>
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		<dc:date>2011-08-12T05:59:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Nouvelle Cal&#233;donie -Kanaky</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;A lire sur la Nouvelle Cal&#233;donie et la lutte du peuple kanak &lt;br class='autobr' /&gt;
A la r&#233;volte du peuple de la Nouvelle Cal&#233;donie, l'Etat fran&#231;ais r&#233;pond par la r&#233;pression coloniale et en s'appuyant sur des chefs coutumiers vendus et des chefs religieux &lt;br class='autobr' /&gt; En Nouvelle-Cal&#233;donie, des milices patronales ont tu&#233; des personnes et en ont bless&#233; bien d'autres. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce conflit social est pr&#233;sent&#233; par les autorit&#233;s coloniales sur place et par la m&#233;tropole comme un conflit tribal. &lt;br class='autobr' /&gt;
Parfaite lecture coloniale de la part (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- LUTTE DES CLASSES - CLASS STRUGGLE &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot286" rel="tag"&gt;Nouvelle Cal&#233;donie -Kanaky&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=nouvelle+cal%C3%A9donie+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;btnG=Recherche&amp;meta=&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;A lire sur la Nouvelle Cal&#233;donie et la lutte du peuple kanak&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;A la r&#233;volte du peuple de la Nouvelle Cal&#233;donie, l'Etat fran&#231;ais r&#233;pond par la r&#233;pression coloniale et en s'appuyant sur des chefs coutumiers vendus et des chefs religieux
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En Nouvelle-Cal&#233;donie, des milices patronales ont tu&#233; des personnes et en ont bless&#233; bien d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce conflit social est pr&#233;sent&#233; par les autorit&#233;s coloniales sur place et par la m&#233;tropole comme un conflit tribal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfaite lecture coloniale de la part du gouvernement Fillon, il charge les autorit&#233;s religieuses d'une m&#233;diation !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Silence presque total des medias toxiques en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imagine-t-on un instant quelle serait la r&#233;action si une milice priv&#233;e aux ordres du patronat assassinait 4 manifestants en France ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 8 personnes sont mortes et 23 personnes ont &#233;t&#233; bless&#233;es lors d'affrontements &#224; l'a&#233;rodrome de La Roche en Nouvelle-Cal&#233;donie samedi dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des usagers m&#233;contents suite &#224; la hausse des prix des billets d'Air Cal&#233;donie bloquaient l'acc&#232;s &#224; l'a&#233;rodrome depuis le 22 juillets dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les usagers il y aurait des proches du syndicat ind&#233;pendantiste USTKE et de son antenne politique, le Parti travailliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conflit avec la compagnie a&#233;rienne locale AirCal pour la r&#233;int&#233;gration d'une employ&#233;e, plusieurs militants de l'Union Syndicale des Travailleurs Kanaks et des Exploit&#233;s (USTKE), dont notamment son secr&#233;taire, ont &#233;t&#233; jet&#233;s en prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Nouvelle-Cal&#233;donie, la cour d'appel de Noum&#233;a a d&#233;cid&#233; le maintien en d&#233;tention du pr&#233;sident du syndicat ind&#233;pendantiste USTKE G&#233;rard Jodar, apr&#232;s l'avoir condamn&#233; &#224; neuf mois d'emprisonnement ferme pour &#171; entrave &#224; la circulation d'un a&#233;ronef &#187;. Si la cour d'appel n'a pas suivi le parquet qui avait requis quinze mois de prison ferme, elle maintient toutefois le syndicaliste en d&#233;tention, ainsi que cinq autres militants de l'USTKE incarc&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur crime ? Le 28 mai dernier, plusieurs centaines de militants de l'USTKE avaient envahi le tarmac de l'a&#233;roport Magenta de Noum&#233;a pour soutenir une employ&#233;e dont le licenciement &#233;tait jug&#233; abusif, et certains d'entre eux, pour se prot&#233;ger de l'intervention brutale des policiers, s'&#233;taient r&#233;fugi&#233;s &#224; bord de deux appareils de la compagnie Aircal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la premi&#232;re fois que le patronat et les autorit&#233;s locales s'en prennent violemment &#224; des syndicalistes, notamment &#224; ceux de l'USTKE. G&#233;rard Jodar avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; douze mois de prison, dont trois fermes, pour des affrontements aux abords de l'entreprise de transport Carsud, en janvier 2008. Il se pourrait d'ailleurs que le sursis de neuf mois dont il avait b&#233;n&#233;fici&#233; dans cette affaire soit r&#233;voqu&#233; en raison de sa nouvelle condamnation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 21 avril 2008, en Nouvelle-Cal&#233;donie, le tribunal correctionnel de Noum&#233;a a rendu son jugement contre les militants de l'Union syndicale des travailleurs kanaks et des exploit&#233;s (USTKE), poursuivis pour &#171; attroupement arm&#233;, violences aggrav&#233;es et destruction de biens publics et priv&#233;s &#187;. Ils ont tous &#233;t&#233; condamn&#233;s &#224; des peines de prison allant de un mois &#224; un an ferme. Bien qu'absent au moment des faits, le pr&#233;sident de l'USTKE G&#233;rard Jodar a pour sa part &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; douze mois de prison dont six ferme et &#224; trois ans de privation de droits civiques pour &#171; provocation &#224; attroupement arm&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affaire remonte aux heurts qui ont oppos&#233; durant une douzaine d'heures, les 16 et 17 janvier 2008, 200 gendarmes et policiers &#224; des syndicalistes venus manifester aux abords de la soci&#233;t&#233; de transport urbain Carsud, une filiale de Veolia. Ces manifestations faisaient suite au renvoi d'un chauffeur, d&#233;l&#233;gu&#233; syndical de l'USTKE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon des t&#233;moins et comme le montrent des vid&#233;os prises lors de ces manifestations, les forces de l'ordre ont fait preuve d'une violence particuli&#232;re contre les membres de l'USTKE (usage de balles en caoutchouc, tirs tendus de grenades lacrymog&#232;nes, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces faits et les peines inflig&#233;es aux vingt-trois syndicalistes poursuivis prouvent l'extr&#234;me tension qui r&#232;gne en Nouvelle-Cal&#233;donie o&#249; le patronat local, soutenu par le haut commissaire de la R&#233;publique repr&#233;sentant l'&#201;tat fran&#231;ais, a engag&#233; un bras de fer avec l'USTKE, le premier syndicat ind&#233;pendantiste de l'archipel, qui revendique 5 000 adh&#233;rents ainsi que 25 % des voix aux &#233;lections professionnelles. Les gr&#232;ves et les manifestations ouvri&#232;res organis&#233;es par ce syndicat sont syst&#233;matiquement d&#233;clar&#233;es ill&#233;gitimes par les juges, et le haut commissaire fait r&#233;guli&#232;rement intervenir la police contre les gr&#233;vistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le conflit semble d'ailleurs d&#233;passer la question du droit de gr&#232;ve et des libert&#233;s syndicales. En effet l'USTKE est &#224; l'origine du Parti Travailliste, cr&#233;&#233; en novembre 2007, formation politique qui a obtenu un certain succ&#232;s aux derni&#232;res &#233;lections municipales, notamment dans la province du Nord, &#224; majorit&#233; kanak. De quoi inqui&#233;ter les autorit&#233;s fran&#231;aises ainsi que les partis traditionnels, de droite comme de gauche, alors que se profilent les &#233;lections territoriales de mai 2009 et, au-del&#224;, le r&#233;f&#233;rendum qui doit se prononcer sur l'avenir de l'archipel en 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La section STKE de la province des Iles apporte son soutien total aux collectifs des usagers des Iles (DREHU, NENGONE, IAAI, KUNIE) contre la nouvelle politique tarifaire d'Air Cal&#233;donie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et d&#233;nonce le manque de consid&#233;ration de la part des &#233;lus politiques de la province des Iles ainsi que le gouvernement vis-&#224;-vis de la population des Iles.&lt;br class='autobr' /&gt;
La politique des tarifs &#224; Air Cal&#233;donie doit r&#233;ellement prendre en compte le d&#233;veloppement &#233;conomique et le pouvoir d'achat des usagers des &#238;les.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que travailleurs vivant aux &#238;les nous sommes concern&#233;s au premier plan par la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette occasion nous r&#233;affirmons la devise de l'USTKE qui est : Usine-Tribu M&#234;me Combat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la section STKE P.I.L&lt;br class='autobr' /&gt;
Le SG Mr Robert Xowi&#233; NYIPIE&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avril 2008, l'USTKE avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; la cible des attaques du gouvernement et du patronat. G&#233;rard Jodar avait &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; un an de prison, dont six ferme, et &#224; trois ans de privation de droits civiques pour &#171; provocation &#224; attroupement arm&#233; &#187;. Il avait d&#233;j&#224; eu le tort de protester contre le licenciement d'un chauffeur d'une soci&#233;t&#233; de transport urbain, Carsud, qui &#233;tait aussi d&#233;l&#233;gu&#233; syndical de l'USTKE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Des affrontements ont oppos&#233; lundi 3 ao&#251;t 2009 la police &#224; de nombreux manifestants dans les rues de Noum&#233;a. Mardi 4 ao&#251;t de nouvelles manifestations dans les zones industrielles de l'&#238;le ont amen&#233; l'arrestation de onze manifestants. Ceux-ci protestaient contre la r&#233;pression qui frappe des militants du syndicat USTKE (Union syndicale des travailleurs kanaks et des exploit&#233;s), dont le pr&#233;sident G&#233;rard Jodar, condamn&#233; fin juin &#224; un an de prison ferme. Avec lui vingt-huit militants avaient &#233;t&#233; poursuivis et six condamn&#233;s &#224; des peines de prison allant de quatre &#224; douze mois ferme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syndicat a en outre d&#233;nonc&#233; l'envol&#233;e incessante des prix (+ 2,7% sur les 12 derniers mois) et la stagnation des salaires malgr&#233; une d&#233;cennie de croissance &#233;conomique soutenue en Nouvelle-Cal&#233;donie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lors du d&#233;fil&#233; du 1er mai, le deuxi&#232;me syndicat cal&#233;donien a aussi mis l'accent sur &#034;l'&#233;chec scolaire et l'exclusion, qui frappe en priorit&#233; la jeunesse kanak. Des chiffres viennent de r&#233;v&#233;ler que 40% des jeunes sortent du syst&#232;me scolaire sans formation. Ils sont dans une situation de r&#233;volte, qui un jour va exploser car ce pays est pour d'autres un Eldorado&#034;, a d&#233;clar&#233; Marie-Pierre Goyetche, pr&#233;sidente de l'USTKE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, aucun des probl&#232;mes &#233;conomiques et sociaux qui avaient pouss&#233; une partie de la population kanake &#224; se r&#233;volter en 1988 n'a &#233;t&#233; r&#233;solu &#224; ce jour. La Nouvelle-Cal&#233;donie est un territoire potentiellement riche, qui rec&#232;le pas moins de 30% des r&#233;serves mondiales de nickel, mais elle reste socialement coup&#233;e en deux entre le Sud plus prosp&#232;re, majoritairement peupl&#233; de Blancs descendants des colons, et le Nord kanak bien plus pauvre. Et les Kanaks savent bien, par exp&#233;rience, que l'exploitation du nickel ne profitera pas &#224; la population pauvre de l'&#238;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arm&#233;e fran&#231;aise s'&#233;tait violemment empar&#233;e de cette &#238;le, en se heurtant &#224; ses habitants kanaks &#224; partir de 1853, cr&#233;ant l&#224;-bas un bagne, entre autres pour les Communards de 1871. La &#171; civilisation &#187; fran&#231;aise de l'&#233;poque a montr&#233; alors toute son inhumanit&#233; : la t&#234;te du chef kanak rebelle a &#233;t&#233; conserv&#233;e dans un bocal envoy&#233; &#224; Paris. Quelques d&#233;cennies plus tard, on exhibait des Kanaks pr&#233;sent&#233;s comme de primitifs cannibales lors de l'Exposition coloniale de 1931. Les colons venus d'Europe se sont empar&#233;s des meilleures terres. Apr&#232;s la Deuxi&#232;me Guerre mondiale les &#233;normes ressources de nickel du pays ont beaucoup rapport&#233; aux colonisateurs. Aujourd'hui le nickel rapporte toujours beaucoup mais pas &#224; la population kanak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avril 1988, lors de la campagne pr&#233;sidentielle en France, une fraction du parti ind&#233;pendantiste FLNKS (Front de lib&#233;ration nationale kanak et socialiste) avait attaqu&#233; une gendarmerie, tu&#233; quatre militaires fran&#231;ais et pris vingt-sept autres en otages. Les otages avaient &#233;t&#233; emmen&#233;s dans une grotte de l'&#238;le d'Ouv&#233;a. Les preneurs d'otages exigeaient, en &#233;change de la lib&#233;ration des prisonniers, le retrait des forces de l'ordre fran&#231;aises du secteur et la nomination d'un m&#233;diateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'assaut fut donn&#233; le 5 mai 1988, par des dizaines d'hommes du GIGN et des militaires du 11e Choc, une unit&#233; habitu&#233;e &#224; effectuer toutes les sales besognes coloniales. Ce jour-l&#224;, la &#171; barbarie &#187; et la &#171; sauvagerie &#187; furent dans le camp des militaires fran&#231;ais. L'assaut se solda par un v&#233;ritable massacre : tous les preneurs d'otages, au nombre de 19, furent tu&#233;s, dans des circonstances plus que troubles, puisqu'il semble que certains militants furent abattus apr&#232;s s'&#234;tre rendus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;300 personnes dirig&#233;es par le Chef Nidoish Naisseline (pr&#233;sident de la compagnie Air Cal&#233;donie) sont venus pour les d&#233;loger et apr&#232;s des &#233;changes de jet de pierre, des coups de feu ont &#233;t&#233; tir&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quatre jeunes cal&#233;doniens sont morts samedi durant ces affrontements dont un neveu de Nidoish Naisseline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon la secr&#233;taire d'&#233;tat &#224; l'outre-mer, Marie-Luce Penchard, l'origine du conflit est plus profonde car un diff&#233;rend foncier oppose plusieurs clans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les barrages routiers ont &#233;t&#233; lev&#233;s autour de l'a&#233;roport et les gendarmes ont pu &#224; nouveau y avoir acc&#232;s ce lundi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La compagnie Air Cal&#233;donie serait proche du d&#233;p&#244;t de bilan selon ses dirigeants. C'est un chantage &#224; la fermeture !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre jeunes ont &#233;t&#233; tu&#233;s par balle samedi, sur fond de blocage d'un a&#233;rodrome. Lundi, les barrages routiers sur l'&#238;le de Mar&#233; ont &#233;t&#233; lev&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Journ&#233;e de deuil &#224; Mar&#233;, une des quatre &#238;les Loyaut&#233; qui d&#233;pendent de la Nouvelle-Cal&#233;donie, apr&#232;s l'explosion de violence de samedi dernier. Quatre jeunes gens ont trouv&#233; la mort et 23 personnes ont &#233;t&#233; bless&#233;es lors d'un affrontement qui a d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; en fusillade sur l'&#238;le situ&#233;e &#224; 200 km au large de la Grande Terre et peupl&#233;e par quelque 6000 habitants. Dimanche, le climat restait tendu &#224; Mar&#233;, selon le haut-commissaire Albert Dupuy, repr&#233;sentant du gouvernement dans cette collectivit&#233; d'outre-mer. &#171; La situation s'est stabilis&#233;e &#187;, rassure Marie-Luce Penchard, ministre de l'Outre-Mer.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'origine des heurts meurtriers de ce week-end : le blocage, depuis plusieurs semaines, de l'a&#233;rodrome de La Roche par un collectif d'usagers qui protestent contre la hausse du prix des billets d'Air Cal&#233;donie, dite &#171; Aircal &#187;. Cette compagnie int&#233;rieure, pour la majeure partie propri&#233;t&#233; des trois provinces de Cal&#233;donie et du gouvernement local, se dit proche du d&#233;p&#244;t de bilan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samedi, des centaines d'habitants du district de Ghuama, dont le grand chef, Nidoish Naisseline, pr&#233;sident d'Aircal, ont affront&#233; le collectif d'usagers en col&#232;re. Ce dernier, men&#233; par d'autres chefs coutumiers de l'&#238;le, compterait dans ses rangs des proches du syndicat ind&#233;pendantiste USTKE et de son antenne politique, le Parti travailliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ministre a annonc&#233; que les chefs coutumiers kanaks avaient accept&#233; une m&#233;diation des autorit&#233;s religieuses avec un pr&#234;tre et un repr&#233;sentant de l'&#201;glise &#233;vang&#233;lique &#171; pour renouer le fil du dialogue &#187;. Lundi, les barrages routiers sur l'&#238;le de Mar&#233; ont ainsi &#233;t&#233; demantel&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une centaine de gendarmes ont &#233;t&#233; d&#233;ploy&#233;s &#224; Mar&#233; apr&#232;s l'&#233;pisode sanglant de samedi. Ces &#233;v&#233;nements ne remettent pas en cause le voyage de Nicolas Sarkozy en Nouvelle-Cal&#233;donie, du 26 au 28 ao&#251;t, &#224; l'occasion des Jeux du Pacifique, avance-t-on enfin au minist&#232;re de l'Outre-Mer. Le PS d&#233;nonce de son c&#244;t&#233; des &#171; retards dramatiques &#187; dans la mise en &#339;uvre du volet &#233;conomique et social de l'accord de Noum&#233;a - qui pr&#233;voit un r&#233;f&#233;rendum d'autod&#233;termination - et appelle &#224; des mesures urgentes de soutien. &#171; Le processus de l'accord de Noum&#233;a a &#233;t&#233; relanc&#233; &#187; et de &#171; nombreuses avanc&#233;es ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;es depuis quatre ans &#187;, se d&#233;fend Marie-Luce Penchard. Un r&#233;f&#233;rendum d'autod&#233;termination doit &#234;tre organis&#233; dans l'archipel entre 2014 et 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le conflit survenu sur l'a&#233;rodrome de l'&#238;le de Mar&#233;, l'une des quatre &#238;les Loyaut&#233;, est li&#233; &#224; un diff&#233;rend sur le prix des billets de la compagnie a&#233;rienne Air Cal&#233;donie. &#171; Il faut absolument une voie qui permettra d'&#233;tablir le dialogue pour faire en sorte que le calme s'installe &#224; l'&#238;le de Mar&#233;. C'est la raison pour laquelle nous avons propos&#233; une m&#233;diation des autorit&#233;s religieuses &#187;, a dit Marie-Luce Penchard apr&#232;s une r&#233;union &#224; son minist&#232;re. Le principe a &#233;t&#233; accept&#233; par les deux camps et la m&#233;diation devrait commencer tr&#232;s prochainement, selon elle. La ministre assure aussi avoir obtenu la lev&#233;e des barrages &#233;rig&#233;s autour de l'a&#233;rodrome de La Roche afin que les gendarmes puissent prendre position aujourd'hui et lib&#233;rer l'acc&#232;s aux pistes. La ministre pense que le conflit est en fait un diff&#233;rend &#171; plus profond, li&#233; &#224; la r&#233;partition des terres &#187; et veut ouvrir un dialogue &#233;galement sur ce point. Le haut-commissaire de la R&#233;publique de Nouvelle-Cal&#233;donie, Albert Dupuy, est sur place, mais, pour le moment, la ministre ne pense pas se d&#233;placer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les affrontements de samedi sont survenus lorsque 300 personnes, originaires du district de Guahma du grand chef Nidoish Naisseline, par ailleurs pr&#233;sident de la compagnie Air Cal&#233;donie, ont gagn&#233; l'a&#233;rodrome de La Roche pour d&#233;loger les membres du collectif des usagers qui en bloquaient l'acc&#232;s depuis une dizaine de jours. Les usagers protestaient contre la hausse du prix des billets d'Air Cal&#233;donie, commun&#233;ment appel&#233;e Aircal. Apr&#232;s un &#233;change de jets de pierres, les affrontements ont d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; dans l'apr&#232;s-midi et des coups de feu ont &#233;t&#233; tir&#233;s. Quatre jeunes ont &#233;t&#233; tu&#233;s, dont un neveu de Nidoish Naisseline. &#171; Mar&#233; a v&#233;cu une journ&#233;e de cauchemar. C'est un r&#233;sultat dramatique &#187;, a d&#233;clar&#233; Albert Dupuy. L'a&#233;roport de Mar&#233;, tout comme ceux de Lifou et de l'&#238;le des Pins, sont bloqu&#233;s depuis le 22 juillet par le collectif des usagers de la compagnie Aircal qui r&#233;clament une forte r&#233;duction du prix des billets d'avion. Avec des pertes estim&#233;es &#224; 1,2 million d'euros depuis le d&#233;but du conflit, Aircal affirme &#234;tre au bord du d&#233;p&#244;t de bilan. Le pr&#233;sident Nicolas Sarkozy est attendu fin ao&#251;t en Nouvelle-Cal&#233;donie. Territoire fran&#231;ais situ&#233; dans le Pacifique, la province a v&#233;cu d&#233;j&#224; de violents conflits dans les ann&#233;es 1980, temporairement r&#233;gl&#233;s par un accord en 1988 modifiant la r&#233;partition des pouvoirs avec la m&#233;tropole. Un r&#233;f&#233;rendum sur l'autod&#233;termination doit &#234;tre tenu entre 2014 et 2019.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1604 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH291/actu-monde-nouvelle-caledonie_articlephoto-94e70.jpg?1777491028' width='500' height='291' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; En ao&#251;t 2009
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une trentaine de bless&#233;s dont deux graves. C'est le bilan humain, tr&#232;s important, des affrontements qui ont oppos&#233; les forces de l'ordre aux manifestants d'un syndicat ind&#233;pendantiste, l'USTKE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des billes de fer, des boulons et des pierres. Dimanche et lundi, de violents affrontements ont oppos&#233; les gendarmes stationn&#233;s en Nouvelle-Cal&#233;donie &#224; des manifestants li&#233;s &#224; l'Union syndicale des travailleurs kanaks et des exploit&#233;s (USTKE). Le syndicat ind&#233;pendantiste avait lanc&#233; la semaine derni&#232;re un appel au blocage de l'&#238;le suite &#224; un conflit social qui s'&#233;ternise au sein d'une compagnie a&#233;rienne locale, l'Aircal. Les manifestants r&#233;clament notamment la libr&#233;ation d'un de leurs leaders historiques, G&#233;rard Jodar, condamn&#233; &#224; un an de prison ferme pour des violences lors d'un conflit social. &#171; Sur deux jours, 28 gendarmes ont &#233;t&#233; bless&#233;s par des jets de pierres et de billes d'acier &#224; l'aide de frondes &#187;, a d&#233;clar&#233; une porte-parole de la direction de la gendarmerie. &#171; Deux ont &#233;t&#233; gravement bless&#233;s, l'un ayant eu la jambe cass&#233;e &#187;, a-t-elle ajout&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars dernier, une employ&#233;e de la compagnie Aircal a d&#233;nonc&#233; &#224; sa m&#232;re les agissements adult&#233;rins de son p&#232;re, qui voyageait sur un vol avec sa ma&#238;tresse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour avoir bris&#233; le secret professionnel, l'employ&#233;e a &#233;t&#233; licenci&#233;e par la compagnie a&#233;rienne dont le pr&#233;sident est un chef influent sur l'&#238;le de Mar&#233;, dont est originaire la famille en question. Une premi&#232;re gr&#232;ve a &#233;t&#233; prononc&#233;e. Pour obtenir la r&#233;int&#233;gration de l'employ&#233;e licenci&#233;e, l'UTSKE s'est mobilis&#233; au mois de mai dernier. C'est &#224; ce moment-l&#224; que G&#233;rard Jodar a &#233;t&#233; emprisonn&#233;, apr&#232;s avoir emp&#234;ch&#233; le d&#233;collage d'un a&#233;ronef. En juin, un accord avait semble-t-il &#233;tait trouv&#233; mais le pr&#233;sident d'Aircal, Nidoish Naisseline a refus&#233; de le signer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si les &#233;v&#232;nements r&#233;cents ne mobilisent jusqu'&#224; pr&#233;sent qu'une faible partie de la population, les &#233;lus locaux craignent un embrasement de l'&#238;le, sur le mod&#232;le guadeloup&#233;en de f&#233;vrier dernier. Les accords de Noum&#233;a, sign&#233;s en mai 1998, pr&#233;voient un transfert de souverainet&#233; en 2018, avec une ind&#233;pendance relative (la d&#233;fense, la s&#233;curit&#233;, la justice et la monnaie resteraient des comp&#233;tences de la R&#233;publique fran&#231;aise). Lundi, une contre-manifestation a &#233;t&#233; organis&#233;e par des chefs d'entreprises install&#233;s en Nouvelle-Cal&#233;donie, qui protestent contre la prise en otage de l'&#233;conomie de l'&#238;le.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Comment le gouvernement fran&#231;ais a fait ent&#233;riner par les leaders nationalistes kanaks la prolongation du statut colonial&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La Nouvelle-Cal&#233;donie, l'un des derniers vestiges de l'empire colonial fran&#231;ais, est un petit archipel dont l'&#238;le principale, &#171; la Grande Terre &#187;, s'&#233;tend sur 400 km de long et 42 km de large dans l'Oc&#233;an Pacifique, &#224; 1 500 km de l'Australie... et 22 000 km de la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'archipel n'a que 150 000 habitants (l'&#233;quivalent d'une ville de province fran&#231;aise de taille &#224; peine moyenne) qui se partagent aujourd'hui ainsi : 70 000 M&#233;lan&#233;siens (les &#171; Kanaks &#187;, le vieux terme p&#233;joratif des premiers colons &#224; l'&#233;gard des Noirs autochtones que ces derniers reprirent ensuite par d&#233;fi), qui pour la plupart sont toujours cantonn&#233;s dans la brousse, dans les petites &#238;les ou les r&#233;serves du fond des vall&#233;es de la Grande Terre, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; chass&#233;s des meilleures terres par les colons fran&#231;ais ; 55 000 Blancs, dont 30 000 &#171; Caldoches &#187; (descendants des premiers colons, l&#224; aussi le terme &#224; l'origine p&#233;joratif employ&#233; cette fois par les M&#233;lan&#233;siens &#224; l'&#233;gard des colons est pass&#233; depuis dans le langage courant) ; et 25 000 &#171; m&#233;tropolitains &#187;, fonctionnaires en tous genres et affairistes venus de France s'enrichir r&#233;cemment dans l'&#238;le. Aujourd'hui, la plupart des Caldoches ont d&#233;sert&#233; la brousse. 80 % des Blancs avec la plupart des 25 000 Polyn&#233;siens et Asiatiques qu'ils ont fait venir comme main-d'oeuvre, sont concentr&#233;s dans la ville de Noum&#233;a et ses environs. Avec la chute des cours mondiaux du nickel, &#224; partir de 1972, conjugu&#233;e &#224; la qualit&#233; m&#233;diocre du minerai de Nouvelle-Cal&#233;donie, l'exploitation des mines de nickel revient aujourd'hui plus cher au gouvernement fran&#231;ais qu'elle ne lui rapporte, et les industriels priv&#233;s qui y ont fait fortune ont plac&#233; l'essentiel de leurs capitaux ailleurs (en particulier en Australie ou en Nouvelle-Z&#233;lande).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la Nouvelle-Cal&#233;donie, c'est d'un c&#244;t&#233; Noum&#233;a, la ville blanche parasitaire, avec ses commerces de luxe, ses night-clubs, ses bateaux de plaisance et ses grands h&#244;tels, vivant artificiellement des subventions du gouvernement fran&#231;ais, sans autre activit&#233; productrice que la sp&#233;culation immobili&#232;re, le commerce de distribution aliment&#233; par les importations de luxe, et le trafic sur l'import. De l'autre, la brousse sous-d&#233;velopp&#233;e, dont la population m&#233;lan&#233;sienne consomme pour l'essentiel ce qu'elle produit dans les villages, et ne b&#233;n&#233;ficie en aucune fa&#231;on de la prosp&#233;rit&#233; factice de Noum&#233;a.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les colonisations de la nouvelle-caledonie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de la colonisation de la Nouvelle-Cal&#233;donie remonte &#224; 135 ans. Elle a &#233;t&#233; une des plus f&#233;roces qui soient : spoliation des terres, constitution de r&#233;serves pour indig&#232;nes chass&#233;s de tous leurs villages de la c&#244;te Ouest, r&#233;coltes indig&#232;nes d&#233;vast&#233;es par le b&#233;tail des colons, incendies des cases par les gendarmes, r&#233;quisition des hommes pour les travaux forc&#233;s, enr&#244;lement forc&#233; enfin, pour les tranch&#233;es de la guerre 14-18. Au 19&#232;me si&#232;cle, plusieurs r&#233;voltes embras&#232;rent la brousse, en 1858, 1860, en 1864 aussi quand les tribus regroup&#233;es autour du chef Ata&#239; tinrent en &#233;chec plusieurs mois 5 000 soldats arm&#233;s de chassepots, et qui se termina par le massacre de 1 200 indig&#232;nes et la d&#233;portation d'autant au bagne. Les r&#233;voltes continu&#232;rent pour culminer en 1917 apr&#232;s le refus de certains Kanaks de s'enr&#244;ler pour la guerre en Europe. Aux exactions permanentes, s'ajout&#232;rent les maladies inconnues, l'alcool, la sous-alimentation dans les r&#233;serves trop petites. Estim&#233;e entre 60 000 et 100 000 personnes lors de la prise de possession fran&#231;aise en 1853, la population autochtone n'&#233;tait plus que de 20 000 en 1920. Les Kanaks ont &#233;chapp&#233; de justesse &#224; un g&#233;nocide d&#233;finitif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Constitution de 1946 fit des Kanaks des citoyens fran&#231;ais. Mais ce n'est qu'en 1957 que le droit de vote est acquis &#224; tous (depuis 1945, seuls les anciens combattants, les pasteurs et les grands chefs pouvaient voter... malgr&#233; la gauche au gouvernement &#224; l'&#233;poque !). Mais &#224; partir des ann&#233;es 60, les Kanaks sont en passe de redevenir majoritaires dans la population de l'&#238;le. Les petits notables kanaks, aux c&#244;t&#233;s des Blancs, commencent &#224; militer dans &#171; l'Union Cal&#233;donienne &#187; favorable &#224; l'autonomie du territoire, sous le slogan &#171; deux couleurs, un seul peuple &#187;. Les colons, eux, commencent &#224; s'inqui&#233;ter. Le maire de Noum&#233;a, Roger Laroque, lance en 1970 le slogan &#171; il faut faire du Blanc &#187;. En 1972, le premier ministre fran&#231;ais de l'&#233;poque, Pierre Messmer, &#233;crit &#224; son secr&#233;taire d'&#201;tat aux DOM-TOM (d&#233;partements et territoires d'outre-mer) : &#171; i A court et &#224; moyen terme, l'&#233;migration massive de citoyens fran&#231;ais devrait permettre d'&#233;viter le danger de revendication ind&#233;pendantiste en maintenant et en am&#233;liorant le rapport num&#233;rique des communaut&#233;i s &#187; . En m&#233;tropole, le gouvernement fait des campagnes publicitaires vantant le &#171; paradis cal&#233;donien &#187;. Et &#224; raison de multiples avantages fiscaux, de primes d'installation et de pr&#234;ts &#224; bas taux, effectivement, on &#171; va planter du Blanc &#187;. Le boom du nickel (quand le march&#233; mondial conna&#238;t un temps une p&#233;nurie), de 1969 &#224; 1972, va acc&#233;l&#233;rer les choses. La production de nickel augmente de 63 % en 1971. Des fortunes se b&#226;tissent en quelques semaines. Des milliers d'immigrants arrivent de France, vivement encourag&#233;s : entre 15 et 20 000 de 1969 &#224; 1976. Au recensement de 1976, un quart de la population est n&#233;e hors du territoire mais peut y exercer son droit de vote. Le peuple indig&#232;ne est redevenu minoritaire. La colonisation &#171; d&#233;mocratique &#187; est faite !&lt;br class='autobr' /&gt;
La naissance du mouvement independantiste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Kanaks n'ont pas profit&#233; du boom du nickel. De toute fa&#231;on, les colons ont pr&#233;f&#233;r&#233; importer de la main-d'oeuvre de Polyn&#233;sie, principalement des Wallisiens, qu'ils estimaient plus dociles. En 1970, un quart du personnel minier est polyn&#233;sien et il n'y a que 6 % de Kanaks. Mais les jeunes, m&#234;me peu nombreux, qui sont all&#233;s tenter leur chance dans les mines et reviennent dans leur village (on appelle les villages kanaks, les &#171; tribus &#187; ), sont plus r&#233;tifs, plus impatients. Ils ont appris &#224; se d&#233;fendre sur les chantiers, ils s'irritent &#224; pr&#233;sent de la passivit&#233; des vieux. Ils n'admettent plus qu'il n'y ait plus d'espace dans les &#171; tribus &#187; tandis que dans les vall&#233;es, certains Blancs ont tant d'espace qu'ils le laissent en friche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, les rares &#233;tudiants kanaks qui ont pu faire leurs &#233;tudes en France, ont connu Mai 68 &#224; la Sorbonne. Ils en reviennent avec de nouvelles id&#233;es. Ils cr&#233;ent un groupe &#171; extr&#233;miste &#187;, les &#171; foulards rouges &#187;, qui parle de nation kanake. Les Blancs qui faisaient partie de l'Union Cal&#233;donienne, la quittent pour la plupart pour suivre Jacques Lafleur, le blanc le plus riche de l'&#238;le, &#224; la t&#234;te du &#171; parti de la fid&#233;lit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seuls les Blancs se sont enrichis du boom du nickel de 1969-1972. Les M&#233;lan&#233;siens n'y ont m&#234;me pas vraiment trouv&#233; d'emplois. Apr&#232;s le boom, l'amertume de la population m&#233;lan&#233;sienne s'accro&#238;t. les tensions sociales aussi. C'est dans ce contexte, entre 1975 et 1979, que le mouvement ind&#233;pendantiste sort de son &#233;tat groupusculaire : juin 1975, cr&#233;ation d'un comit&#233; de coordination pour l'ind&#233;pendance canaque ; mai 1976, cr&#233;ation du Parti de Lib&#233;ration Kanake (PALIKA, qui reprend la vieille orthographe du mot kanak) ; 1977, ralliement de l'Union Cal&#233;donienne, dont Jean-Marie Tjibaou et Eloi Machoro viennent d'acc&#233;der &#224; la direction, &#224; la revendication d'ind&#233;pendance ; 1979, fusion de la m&#234;me Union Cal&#233;donienne dans un &#171; Front ind&#233;pendantiste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement fran&#231;ais, sous la pr&#233;sidence de Giscard d'Estaing, octroie un plan de r&#233;formes et un nouveau statut accordant &#224; l'&#238;le une autonomie contr&#244;l&#233;e. Les r&#233;formes promises font partie d'un &#171; plan de d&#233;veloppement &#233;conomique et social &#224; long terme pour la Nouvelle-Cal&#233;donie &#187; . Le plan de Rocard soumis au dernier r&#233;f&#233;rendum est tout &#224; fait semblable &#224; celui de Giscard d'Estaing en 1976 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelque temps, le gouvernement fran&#231;ais se pr&#233;occupe de &#171; promotion m&#233;lan&#233;sienne &#187;. Rocard n'a rien invent&#233;. L'administration fran&#231;aise attribue quelques fonds pour l'hygi&#232;ne, la scolarisation, la desserte des tribus, puis songe &#224; promouvoir une &#171; culture m&#233;lan&#233;sienne &#187;. Un homme est tout trouv&#233; pour cela, Jean-Marie Tjibaou qui a abandonn&#233; la carri&#232;re de pr&#234;tre en 1970 pour devenir animateur culturel et se consacrer &#224; la &#171; jeunesse et aux sports &#187; dans l'administration territoriale. Il organise avec l'aide de l'administration, et le secr&#233;taire d'&#201;tat aux DOM-TOM, Olivier Stirn, un festival culturel m&#233;lan&#233;sien : &#171; Melanesia 2 000 &#187;, pr&#233;vu pour septembre 1975. A cette &#233;poque, l'ancien pr&#234;tre se fait d'abord insulter par les siens. Les militants de l'Union Cal&#233;donienne, dont il est membre, condamnent l'op&#233;ration : &#171; du pain et des jeux pour distraire les canaques de leurs probl&#232;mes &#187; . On accuse Tjibaou d'&#234;tre &#171; vendu au pouvoir colonial &#187; qui moyennant ce festival, s'assure tranquillit&#233; et bonne conscience. L'op&#233;ration fut un succ&#232;s : 50 000 entr&#233;es. C'&#233;tait le temps o&#249; la &#171; culture kanake &#187; ne faisait pas encore partie de l'id&#233;ologie ind&#233;pendantiste, mais n'&#233;tait qu'une fa&#231;on de donner le change de la part de l'administration fran&#231;aise... qui avait trouv&#233; en Tjibaou, d&#233;j&#224;, un interlocuteur privil&#233;gi&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les premiers projets de reformes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque, sous Giscard donc, le gouvernement fran&#231;ais va m&#234;me plus loin. Le boom du nickel n'aura pas dur&#233; tr&#232;s longtemps. Mais il aura suffi &#224; enrichir encore plus les colons fran&#231;ais qui commencent &#224; vouloir faire fortune ailleurs. Parall&#232;lement, cela fait beau temps que les terres des colons ne rapportent plus grand-chose. les quelques grandes familles fran&#231;aises de Nouvelle-Cal&#233;donie, les plus gros propri&#233;taires terriens de l'&#238;le, qui ont investi, apr&#232;s le nickel, dans l'immobilier, dans l'import ou ailleurs, vendraient volontiers leurs terres &#224; l'&#201;tat en &#233;change de confortables indemnit&#233;s. C'est l'&#233;poque o&#249; le gouvernement de droite de Giscard d'Estaing envisage une sorte de d&#233;colonisation douce du territoire, en r&#233;troc&#233;dant aux M&#233;lan&#233;siens une partie des terres qui leur ont &#233;t&#233; confisqu&#233;es. On pr&#233;pare &#224; Paris la premi&#232;re r&#233;forme fonci&#232;re de la Cal&#233;donie. Oh, il ne s'agit pas de rendre aux Kanaks tout ce qu'on leur a pris, ni de partager avec eux la richesse accumul&#233;e en un si&#232;cle de spoliation. Il s'agit seulement de calmer la mont&#233;e des m&#233;contentements chez les Kanaks en leur r&#233;troc&#233;dant chichement des terres qui n'int&#233;ressent plus vraiment les colons, tout en les cantonnant ainsi &#224; la brousse de plus en plus d&#233;sert&#233;e par ceux qui ont le choix de s'installer ailleurs. En r&#233;alit&#233;, cette promesse de r&#233;forme fonci&#232;re va susciter beaucoup d'espoir chez les paysans kanaks. De l'espoir, puis au fil des ann&#233;es qui suivent de plus en plus d'impatience. En 1980-81, les chefs des tribus s'exasp&#232;rent et veulent savoir quand ils vont acc&#233;der aux nouvelles terres promises. Car l'inventaire a &#233;t&#233; fait des &#171; terres claniques &#187; qui doivent leur &#234;tre rendues. Des hommes, des gendarmes m&#234;me, d&#233;p&#234;ch&#233;s par l'administration m&#233;tropolitaine, sont venus, revenus, pour pr&#233;ciser, ajuster, n&#233;gocier avec les Kanaks. Mais au bout du compte rien n'est venu. Les terres ne sont toujours pas distribu&#233;es. Comme toujours en Nouvelle-Cal&#233;donie, l'administration se trouve paralys&#233;e quelque part, d&#232;s qu'une mesure est envisag&#233;e en faveur des Kanaks. Une sourde col&#232;re commence &#224; na&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fil des mois, ce n'est plus 120 000 hectares, mais 200 000, puis 270 000, au titre de terres claniques, que les chefs kanaks revendiquent. Et puis, vient un autre espoir : Fran&#231;ois Mitterrand est &#233;lu pr&#233;sident de la R&#233;publique en mai 1981. La gauche revient au gouvernement apr&#232;s en avoir &#233;t&#233; &#233;cart&#233;e pendant 23 ans. L'Union Cal&#233;donienne a appel&#233; &#224; voter pour lui parce que ses dirigeants, dont Tjibaou, ont re&#231;u, en priv&#233;, des assurances de Mitterrand. En 1979, le Parti socialiste avait affirm&#233; sa &#171; pleine solidarit&#233; au Front ind&#233;pendantiste dans la lutte qu'il m&#232;ne contre la politique de la droite, et il a r&#233;affirm&#233; sa volont&#233; de soutenir et de garantir le droit du peuple kanak &#224; d&#233;cider de son avenir &#187; ... Une promesse d'ind&#233;pendance en quelque sorte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement socialiste cr&#233;e un &#171; office foncier &#187; charg&#233; de restituer les terres revendiqu&#233;es. En 1982, Jean-Marie Tjibaou succ&#232;de au RPCR Dick Ukeiw&#233; (un notable kanak ralli&#233; &#224; Jacques Lafleur, maire de Noum&#233;a) &#224; la t&#234;te de l'Assembl&#233;e territoriale, gr&#226;ce &#224; une coalition avec les centristes. Tjibaou, en tant que vice-pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e territoriale (le pr&#233;sident en est le &#171; haut-commissaire de la R&#233;publique &#187;, repr&#233;sentant le pouvoir central de la m&#233;tropole) a d&#233;sormais sous son autorit&#233; un conseil de gouvernement de la Nouvelle-Cal&#233;donie compos&#233; de six ministres. Il tient alors &#224; prouver aux Noirs, comme aux Blancs, qu'il est capable de gouverner. Il croit l'ind&#233;pendance &#224; port&#233;e de la main, confiant dans les assurances qu'il a re&#231;ues de l'Elys&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interlocuteur privil&#233;gi&#233; de Giscard en ce qui concerne la promotion culturelle m&#233;lan&#233;sienne, il devient sous Mitterrand, pendant deux ans, le plus haut fonctionnaire kanak du territoire. Il se voit sans doute d&#233;j&#224; futur chef d'un gouvernement ind&#233;pendant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seulement, les socialistes ne tiennent pas leurs promesses, pas plus &#224; l'&#233;gard des ind&#233;pendantistes kanaks qu'en m&#233;tropole ils ne tiennent leurs promesses sociales. La droite m&#233;tropolitaine, elle, ne veut surtout pas faire cadeau aux socialistes d'une d&#233;colonisation sans histoire en Nouvelle-Cal&#233;donie, m&#234;me s'il n'a jamais &#233;t&#233; question de toucher en quoi que ce soit aux privil&#232;ges et aux pr&#233;bendes des colons de Noum&#233;a. Le RPR en France t&#233;l&#233;guide au travers de la droite cal&#233;donienne du RPCR de Jacques Lafleur, toute une campagne de plus en plus hyst&#233;rique contre les ind&#233;pendantistes et les r&#233;formes promises. Mitterrand c&#232;de sur la Nouvelle-Cal&#233;donie comme il a c&#233;d&#233; sur l'&#233;cole priv&#233;e en m&#233;tropole et sur bien d'autres choses. Les mois passent. Les r&#233;formes restent lettre morte, comme sous Giscard, et le gouvernement fran&#231;ais ne parle plus d'ind&#233;pendance. Quant aux pouvoirs de Tjibaou sur l'Assembl&#233;e territoriale, ils sont aussi symboliques que ceux de ses pr&#233;d&#233;cesseurs face au puissant lobby colonialiste de l'&#238;le. Un nouveau statut du territoire est adopt&#233; en mai 1984, qui doit pr&#233;parer un scrutin d'autod&#233;termination dans un d&#233;lai de cinq ans, sans changer quoi que ce soit au corps &#233;lectoral de Nouvelle-Cal&#233;donie comprenant outre les Caldoches, tous ceux qui sont arriv&#233;s depuis peu en Nouvelle-Cal&#233;donie. Toutes les promesses d'autod&#233;termination deviennent dans ces conditions une simple escroquerie, les Kanaks &#233;tant d&#233;sormais &#233;lectoralement minoritaires dans leur propre pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le FLNk.s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se sentant flou&#233;es, les diff&#233;rentes organisations ind&#233;pendantistes se mettent d'accord pour boycotter les &#233;lections territoriales de novembre 1984, et d&#233;cident d'exercer une pression sur le terrain en organisant des barrages en brousse d&#232;s l'&#233;t&#233; 84. Le Front ind&#233;pendantistes se transforme en FLNKS (Front de Lib&#233;ration Kanake Socialiste) en septembre 1984, regroupant la plupart des tendances ind&#233;pendantistes, y compris la principale, l'Union Cal&#233;donienne, celle de Tjibaou et Machoro). Le nouveau Front se charge d'organiser le boycott des &#233;lections de novembre 84. A Thio, Eloi Machoro (l'un des dirigeants les plus populaires du FLNKS) brise &#224; coups de hache une urne devant les photographes, et les ind&#233;pendantistes installent des barrages un peu partout en brousse, pour bloquer la circulation des colons isol&#233;s et les emp&#234;cher d'aller voter. Dans la cit&#233; mini&#232;re de Thio, Machoro fait occuper un temps la gendarmerie, puis d&#233;sarme les colons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, m&#234;me en 1984, il n'y a eu jamais ni v&#233;ritable insurrection, ni lutte arm&#233;e de la population kanake pour obtenir son droit &#224; l'ind&#233;pendance. Mais il a suffi que les chefs ind&#233;pendantistes mobilisent largement la population sur le terrain et boycottent activement un scrutin, pour que l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, revenant aux bonnes vieilles m&#233;thodes coloniales, d&#233;cr&#232;te l'&#233;tat d'urgence sur le territoire et envoie un corps exp&#233;ditionnaire en Nouvelle-Cal&#233;donie : gendarmes mobiles, CRS et forces militaires vont quadriller le pays presque sans interruption pendant les quatre ann&#233;es qui vont suivre. Le 12 janvier 85, alors m&#234;me que Mitterrand par l'interm&#233;diaire de Pisani a entam&#233; des n&#233;gociations avec Tjibaou, il donne le feu vert aux gendarmes du GIGN (le corps d'&#233;lite de la gendarmerie fran&#231;aise) pour liquider Eloi Machoro et l'un de ses lieutenants qui entouraient avec une cinquantaine d'hommes arm&#233;s la ferme d'un colon europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais, on verra, apr&#232;s chaque vague r&#233;pressive, le gouvernement &#171; renouer le dialogue &#187; &#224; ses conditions avec Jean-Marie Tjibaou. En janvier 85, Pisani au nom de Mitterrand, propose &#224; Tjibaou une &#171; ind&#233;pendance association &#187; sous forme d'un d&#233;coupage de l'&#238;le en plusieurs r&#233;gions. Tjibaou accepte, apr&#232;s avoir laiss&#233; tuer Eloi Machoro, qui apparaissait alors comme le leader le plus radical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La droite revient au gouvernement au printemps 1986. En 1987, le gouvernement Chirac d&#233;cide un scrutin d'autod&#233;termination en Nouvelle-Cal&#233;donie auquel pourront participer tous les r&#233;sidents depuis plus de trois ans sur le territoire, ce qui laisse toujours les Kanaks minoritaires dans le corps &#233;lectoral. Les chefs ind&#233;pendantistes cette fois, d&#233;cident de boycotter le scrutin &#171; pacifiquement &#187;. La population kanake suivra tr&#232;s largement les consignes de boycott, les abstentions sont massives du c&#244;t&#233; de la population kanake, m&#234;me si le r&#233;sultat donne un vote &#233;crasant en faveur du maintien de l'archipel au sein de la R&#233;publique Fran&#231;aise. La droite coloniale, quant &#224; elle, fait preuve de plus en plus d'arrogance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre temps, les militaires fran&#231;ais sur le territoire se comportent comme toute arm&#233;e d'occupation, l'encadrement retrouvant par la m&#234;me occasion certaines pratiques de la guerre d'Alg&#233;rie. La gendarmerie passe sur le territoire par escadrons entiers. &#171; A Kon&#233;, dans le courant de l'ann&#233;e 1987, apr&#232;s que deux gendarmes eurent &#233;t&#233; tu&#233;s, plusieurs tribus durent vivre un v&#233;ritable enfer pour qu'elles d&#233;noncent les meurtriers : confiscation des outils, privation de nourriture, saccage des habitations, des &#233;coles, d&#233;vastation des cultures, interdiction de libre circulation, longues expositions au soleil, accomplissement des besoins naturels sous surveillance, pi&#232;ges constitu&#233;s de grenades offensives plac&#233;es dans des r&#233;cipients emplis de grenaille et dissimul&#233;s sur les chemins alentour... jeunes embarqu&#233;s en h&#233;licopt&#232;re et menac&#233;s d'&#234;tre jet&#233;s dans le vide s'ils ne parlaient pas... Ces m&#233;thodes hallucinantes ont &#233;t&#233; utilis&#233;es pendant de longues semaines contre les populations tribales de la r&#233;gion &#187; ( &#171; Le dossier cal&#233;donien &#187; de Jean-Paul Bessel - Ed. &#171; La D&#233;couverte &#187; ).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le summum va &#234;tre atteint entre les deux tours des &#233;lections pr&#233;sidentielles fran&#231;aises, en avril 1988, quand le FLNKS avait d&#233;cid&#233; &#224; nouveau un boycott actif de l'&#233;lection en Nouvelle-Cal&#233;donie. Le gouvernement Chirac avait quadrill&#233; l'&#238;le de 11 000 soldats (un soldat pour 7 Kanaks, femmes et enfants compris), plus encore que pour le r&#233;f&#233;rendum d'autod&#233;termination de d&#233;cembre 87. Dans la petite &#238;le d'Ouv&#233;a, le comit&#233; de lutte local du FLNKS prend des gendarmes en otages &#224; Fayaou&#233;. Il y a quatre morts chez les militaires apr&#232;s un &#233;change de coups de feu, et les ind&#233;pendantistes se r&#233;fugient avec leurs otages dans la grotte d'Ouv&#233;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'&#238;le, c'est alors l'&#233;tat de guerre : interrogatoires muscl&#233;s, br&#251;lures par cigarettes, tortures &#224; la matraque &#233;lectrique, simulacres d'ex&#233;cution. Le g&#233;n&#233;ral Vidal, commandant en chef des forces arm&#233;es en Nouvelle-Cal&#233;donie &#171; d&#233;clare la guerre au peuple kanak &#187; selon sa propre expression. Pendant plus d'une semaine, l'&#238;le d'Ouv&#233;a est transform&#233;e en champ de bataille : investissement de villages au petit matin avec v&#233;hicules blind&#233;s, grenades lacrymog&#232;nes lanc&#233;es dans les cases, saccages des magasins...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grotte finit par &#234;tre localis&#233;e par l'arm&#233;e. Le 3 mai, Jacques Chirac donne son accord pour un assaut, alors m&#234;me que des n&#233;gociations sont entam&#233;es avec les preneurs d'otages. Trois jours avant le second tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, l'assaut est donn&#233; par des commandos d'&#233;lite de l'arm&#233;e : 19 morts parmi les ind&#233;pendantistes dont au moins trois ex&#233;cutions sommaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc seulement 7 mois, l'arm&#233;e fran&#231;aise quadrillait encore la Nouvelle-Cal&#233;donie, et y pratiquait selon la vieille tradition colonialiste des ratissages, regroupements de populations, hommes, femmes et enfants m&#234;l&#233;s, s&#233;vices et tortures, et y faisait barouder ses unit&#233;s d'&#233;lite. Jacques Chirac parlait des &#171; sauvages &#187;. Jacques Lafleur du &#171; terroriste Tjibaou &#187;... Mitterrand, pr&#233;sident de la R&#233;publique avait laiss&#233; faire, pour le moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mois apr&#232;s la r&#233;&#233;lection de Mitterrand, changement de d&#233;cor, du c&#244;t&#233; francais. Le gouvernement Rocard fait venir &#224; Paris Tjibaou et Jacques Lafleur, le chef de la droite colonialiste de Noum&#233;a, et obtient leur r&#233;conciliation spectaculaire. Tjibaou et Lafleur se serrent la main devant les cam&#233;ras le 26 juin. On ne parle plus que de paix et de r&#233;conciliation en Nouvelle-Cal&#233;donie...&lt;br class='autobr' /&gt;
Les accords matignon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est Rocard, le Premier ministre de Mitterrand, qui est l'auteur de ce petit miracle. En fait, dans ces semaines qui ont suivi la r&#233;&#233;lection de Mitterrand et la d&#233;faite de la droite aux l&#233;gislatives, le nouveau gouvernement socialiste cherche &#224; convaincre des hommes de droite d'entrer dans son gouvernement. C'est l'heure de &#171; l'ouverture &#187;, l'ouverture &#224; droite &#233;videmment. Le premier terrain d'essai va &#234;tre la Nouvelle-Cal&#233;donie, o&#249; Rocard va proposer une politique pleinement acceptable par la droite, tout en se portant garant de la sagesse des ind&#233;pendantistes. Il aura le soutien de Raymond Barre dans l'op&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; ind&#233;pendantiste, les espoirs reprennent apr&#232;s la r&#233;&#233;lection de Mitterrand. Une mission de dialogue est mise sur pied avec le gouvernement socialiste, et le bureau politique du FLNKS, le 15 juin, pose &#171; ses conditions &#187; : au cas o&#249; le gouvernement fran&#231;ais proposerait un nouveau statut, il faudrait que celui-ci &#171; d&#233;bouche ouvertement sur l'accession &#224; l'ind&#233;pendance &#187;, que sa dur&#233;e ne d&#233;passe pas 1992, et qu'il emp&#234;che la partition future &#233;ventuelle du pays qui pourrait tout &#224; fait convenir aux colons, transformant les r&#233;gions kanakes &#171; ind&#233;pendantes &#187; en simples r&#233;serves. Le bureau politique ajoute que le d&#233;dommagement du peuple kanak &#171; ne doit pas servir de pr&#233;texte &#224; un retardement de l'accession &#224; l'ind&#233;pendance &#187;, &#171; le meilleur d&#233;dommagement, c'est lui donner sa souverainet&#233; &#187;. En outre, s'il &#233;tait pr&#233;vu un r&#233;f&#233;rendum national sur l'ind&#233;pendance de la Nouvelle-Cal&#233;donie, le Front demanderait la consultation &#224; part du peuple kanak (cit&#233; dans &#171; Nouvelle-Cal&#233;donie, les sentiers de l'espoir &#187; de Claude Gabriel et Vincent Kermel, &#233;d. La Br&#232;che). Tjibaou lui-m&#234;me d&#233;clare qu'il part &#224; Paris avec la perspective de l'ind&#233;pendance. Voil&#224; sur quelles bases la direction du FLNKS d&#233;clare engager des n&#233;gociations avec le nouveau gouvernement socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune des conditions de d&#233;part propos&#233;e par la direction du FLNKS n'est retenue dans l'accord sign&#233; le 26 juin par Tjibaou et Lafleur convoqu&#233;s presque secr&#232;tement par Rocard. D'ind&#233;pendance, point n'est question. L'accord ne pr&#233;voit un scrutin d'autod&#233;termination... que dans dix ans ! Dix ans de r&#233;pit suppl&#233;mentaire pour le colonialisme fran&#231;ais. Quant au corps &#233;lectoral dans dix ans, il est pr&#233;vu qu'il sera le m&#234;me que celui d'aujourd'hui, plus bien s&#251;r ceux acc&#233;dant sur le territoire &#224; leur majorit&#233; &#233;lectorale. Apr&#232;s estimation, les organisations ind&#233;pendantistes devront bien reconna&#238;tre que les Kanaks courent le risque d'y &#234;tre toujours minoritaires... Emp&#234;cher la partition future du pays ? Il en est encore moins question. Le nouveau statut qui sera appliqu&#233; pendant ces dix ans, est la division de l'archipel en trois r&#233;gions, la r&#233;gion sud autour de Noum&#233;a &#224; majorit&#233; blanche d'un c&#244;t&#233;, puis deux r&#233;gions kanakes. Voil&#224; comment Jacques Lafleur, tr&#232;s satisfait de l'accord quant &#224; lui, l'interpr&#232;te : &#171; chacun va d&#233;montrer dans sa r&#233;gion ce qu'il est capable de faire dans une esp&#232;ce de comp&#233;tition. Nous, nous allons, je l'esp&#232;re, transformer notre r&#233;gion en une sorte de paradis &#233;conomique et social, culturel et humain. Nous avons d'immenses projets pour faire en dix ans de notre r&#233;gion la vraie vitrine de la France dans le Pacifique de l'an 2000 &#187;. Ce qui veut dire qu'on peut tr&#232;s bien aboutir en 1998 &#224; une r&#233;gion Sud prosp&#232;re qui, ayant b&#233;n&#233;fici&#233; tout comme auparavant des largesses financi&#232;res de la m&#233;tropole (sous le gouvernement Chirac, les trois r&#233;gions &#224; majorit&#233; kanake ont re&#231;u un peu moins de trois millions de francs fran&#231;ais ; la r&#233;gion Sud, o&#249; sont concentr&#233;s les Europ&#233;ens, a eu droit &#224; elle seule &#224; plus de trois milliards et demi de francs fran&#231;ais !), pourrait d&#233;cider de rester &#171; fran&#231;aise &#187;, face aux autres, les plus d&#233;munies, &#224; qui on laisserait la possibilit&#233; de devenir &#171; ind&#233;pendantes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tjibaou, Rocard et Lafleur se mettent ensuite d'accord pour faire ratifier cette &#233;ni&#232;me r&#233;&#233;dition du statut colonial de la Nouvelle-Cal&#233;donie par un r&#233;f&#233;rendum national sur l'ensemble du projet, avant la fin de l'ann&#233;e 88. Rocard esp&#232;re en retirer un consensus personnel aupr&#232;s de la droite m&#233;tropolitaine, malgr&#233; le fort taux d'abstention pr&#233;visible. Ce qui va s'av&#233;rer un mauvais calcul, la droite, au fil des mois, se d&#233;solidarisant plus ou mois hypocritement du r&#233;f&#233;rendum, le RPR allant jusqu'&#224; appeler &#224; l'abstention, alors que Chirac dans un premier temps s'&#233;tait d&#233;clar&#233; satisfait de l'accord.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les reticences kanakes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; donc ce qui a &#233;t&#233; sign&#233; derri&#232;re le dos des Kanaks, et m&#234;me derri&#232;re le dos, apparemment, d'une partie de la d&#233;l&#233;gation du FLNKS partie pour Paris ! L&#233;opold Jor&#233;di&#233;, membre de la d&#233;l&#233;gation du FLNKS &#224; Paris, remet fin juin au journal Le Monde une lettre de bilan tr&#232;s critique des accords dits de Matignon (du nom de l'H&#244;tel Matignon &#224; Paris, si&#232;ge des services du Premier ministre) : &#171; l'accord a &#233;t&#233; symbolis&#233; par une poign&#233;e de mains montr&#233;e &#224; la t&#233;l&#233;vision comme l'un des produits exotiques du bon vieux temps des exp&#233;ditions de la marine &#224; voile... Comme un produit ramen&#233; des antipodes, cette fois, pour &#234;tre vendu aux centristes fran&#231;ais &#171; ... &#171; Apr&#232;s tant de souffrance, d'humiliation, d'inconsid&#233;ration et de sang vers&#233; pour un droit reconnu par les Fran&#231;ais eux-m&#234;mes, jamais nous n'aurions pens&#233; un seul instant que ce serait au cours d'une nuit de juin 1988, &#224; Matignon, que le m&#233;pris du peuple kanak atteindrait son paroxysme. Car avoir r&#233;ussi &#224; convaincre l'esclave d'accepter de serrer la main de son ma&#238;tre pour r&#233;concilier les Fran&#231;ais, cela constitue &#233;videmment un exploit sans pr&#233;c&#233;dent... &#187; (cit&#233; dans le livre de C. Gabriel et V. Kermel, p. 173).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;opold Jor&#233;di&#233;, l'un des principaux membres de la direction du FLNKS proteste contre Tjibaou (en fait comme la plupart des autres dirigeants du FLNKS) mais finira comme eux par s'incliner devant les accords et paiera lui aussi de sa personne pour les faire passer aupr&#232;s des militants de Nouvelle-Cal&#233;donie, tout comme pour faire passer la consigne du oui au r&#233;f&#233;rendum dans les r&#233;gions kanakes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, en ces jours de juin et juillet, il reste &#224; Tjibaou &#224; &#171; faire passer les accords &#187; aupr&#232;s des militants comme d'ailleurs des autres dirigeants du FLNKS Car c'est devenu une esp&#232;ce de tradition entre Tjibaou et les diff&#233;rents repr&#233;sentants successifs des gouvernements fran&#231;ais : les n&#233;gociations, les tractations entre les deux parties sont toujours secr&#232;tes, pr&#233;c&#233;d&#233;es ou suivies de pourparlers &#171; priv&#233;s &#187; (comme Mitterrand en 81 avait donn&#233; des assurances &#171; priv&#233;es &#187; aux dirigeants ind&#233;pendantistes). C'est ce qui s'&#233;tait pass&#233; avec Pisani, en 1984 et 1985. C'est ce qui a &#233;t&#233; r&#233;&#233;dit&#233; en 1988, apr&#232;s le massacre d'Ouv&#233;a. La direction du FLNKS s'employant ensuite &#171; &#224; convaincre la base &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une lettre &#224; Rocard, Tjibaou demande un d&#233;lai de trois semaines &#224; un mois, pour faire passer les accords aupr&#232;s du reste du FLNKS Dans un premier temps, les diff&#233;rentes tendances du FLNKS, y compris l'Union Cal&#233;donienne &#224; laquelle appartiennent Tjibaou et Jor&#233;di&#233;, n'acceptent pas l'accord, et &#233;voquent m&#234;me la possibilit&#233; d'un possible boycott du r&#233;f&#233;rendum. A la premi&#232;re Convention Nationale du Front, &#224; Thio, le 16 juillet, en pr&#233;sence de 500 d&#233;l&#233;gu&#233;s, tous les groupes pr&#233;sents se d&#233;clarent hostiles aux accords de Matignon. Devant les r&#233;ticences du FLNKS, le ministre des DOM-TOM s'impatiente : l'accord n'est pas amendable, il ne saurait y avoir de ren&#233;gociation... et menace de revenir au statut en vigueur sous Chirac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le FLNKS se r&#233;unit alors pour une seconde convention nationale, le 24 juillet, &#224; Ouv&#233;a cette fois. Chacun affirme les m&#234;mes d&#233;saccords, mais tous finissent par s'entendre sur une motion finale qui dit entre autres : &#171; consid&#233;rant que la volont&#233; unanime des militants est de sauvegarder l'unit&#233; du FLNKS..Le FLNKS est dispos&#233; &#224; s'engager plus en avant dans le processus ouvert par les accords de Matignon d&#232;s lors que le cadre du plan Rocard n'est pas fig&#233; et est susceptible d'am&#233;nagements sur des questions de fond... &#187;. On n'a plus entendu parler par la suite de &#171; ces am&#233;nagements sur les questions de fond &#187;, et le projet de loi soumis au r&#233;f&#233;rendum n'y fait aucune allusion ! Tjibaou se f&#233;licitera du document final en disant : &#171; ce qui est prioritaire, c'est le FLNKS, c'est l'unit&#233; de notre peuple. Et ce minimum d'accord sauvegarde l'unit&#233; de notre peuple... &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le succes de tjibaou&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tjibaou aura donc r&#233;ussi le tour de force de n&#233;gocier un accord avec l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais et la droite colonialiste qui recueille l'indignation de pratiquement toutes les tendances du FLNKS, puis de faire accepter cet accord aux m&#234;mes tendances du FLNKS au nom... de &#171; l'unit&#233; du FLNKS &#187; ! En ao&#251;t, Tjibaou peaufine son coup de force sur le reste du mouvement, en emmenant avec lui une d&#233;l&#233;gation pour Paris qui comprend cette fois deux membres du PALIKA (Parti de Lib&#233;ration Kanake) et un membre de USTKE (Union des Travailleurs kanaks et exploit&#233;s), deux tendances qui se disent marxisantes dans le FLNKS et qui avaient refus&#233; de participer au premier voyage de juin. C'est le ministre des DOM-TOM qui tire la le&#231;on de l'histoire en d&#233;clarant &#224; l'intention de la nouvelle d&#233;l&#233;gation : &#171; nous n'avons... pas &#224; d&#233;faire ce qui a &#233;t&#233; bien fait, mais &#224; expliquer ou &#224; expliciter &#187;. Le PALIKA et l'USTKE se feront tout &#171; expliciter &#187; et finiront par rentrer en Nouvelle-Cal&#233;donie en essayant de se convaincre eux-m&#234;mes qu'ils &#171; entendent faire des dix ann&#233;es de transition une r&#233;elle p&#233;riode de pr&#233;paration &#224; l'ind&#233;pendance &#187;, selon la formule de Tjibaou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En septembre, une nouvelle convention du FLNKS ent&#233;rine la signature des accords (mais 18 comit&#233;s sur trente-deux sont pr&#233;sents seulement) et appellent &#224; voter OUI au r&#233;f&#233;rendum. Seul le FULK, tendance tr&#232;s minoritaire, d&#233;clare maintenir sa position de refus et appelle le premier octobre &#224; voter NON au r&#233;f&#233;rendum. Le FULK (Front Uni de Lib&#233;ration Kanak), dirig&#233; par Yann C&#233;l&#233;n&#233; Ur&#233;gue&#239;, a l'habitude de prendre certaines positions plus radicales, tout en pr&#244;nant un &#171; parti unique &#187; pour les Kanaks sur le mod&#232;le du FLN alg&#233;rien...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, la quasi-totalit&#233; des dirigeants nationalistes composant le FLNKS vont finalement capituler devant les marchandages secrets de Tjibaou et de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. On r&#233;glera les comptes &#171; en famille &#187;, au sein des &#171; groupes de pression &#187; qui constituent la direction du FLNKS (comme les ind&#233;pendantistes nomment eux-m&#234;mes leurs diff&#233;rentes tendances), pour finalement adopter une position unique, derri&#232;re Tjibaou, devant la base et l'ensemble du peuple kanak. Mis &#224; part le FULK qui a appel&#233; &#224; voter NON au dernier moment, l'acte le plus audacieux des autres dirigeants du FLNKS aura &#233;t&#233; la lettre de Jor&#233;di&#233; au Monde, en juin dernier. Mais les Kanaks de la brousse de Nouvelle-Cal&#233;donie ne lisent sans doute pas Le Monde. Et Jor&#233;di&#233; lui-m&#234;me est vite rentr&#233; dans le rang. Car voil&#224; en quoi consiste la conception d&#233;mocratique des dirigeants nationalistes, la conception de leurs liens avec le peuple kanak : au nom de &#171; l'unit&#233; du peuple kanak &#187;, ne jamais mettre le peuple kanak en garde contre ceux de ses dirigeants qui le trahiraient, et passeraient des accords derri&#232;re son dos avec l'adversaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cela la force d'un Tjibaou, ce notable kanak qui depuis quinze ans n'a jamais manqu&#233; une occasion d'acc&#233;der aux postes de responsabilit&#233; que pouvait lui offrir l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais : pouvoir &#234;tre s&#251;r, que quoi qu'il fasse derri&#232;re le dos des masses et des militants, l'immense majorit&#233; des chefs des autres tendances se garderaient bien de d&#233;noncer ses actes publiquement, privil&#233;giant leur solidarit&#233; de future &#233;quipe gouvernementale par rapport &#224; leur solidarit&#233; avec le peuple kanak qu'ils ont eux-m&#234;mes mobilis&#233; et engag&#233; dans des formes d'actions qui demandent pourtant bien des sacrifices et parfois m&#234;me des morts...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, les diff&#233;rentes tendances du mouvement nationaliste kanak sont d'accord sur le fond : il s'agit de n&#233;gocier avec l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, dans des limites acceptables pour lui, une voie d'acc&#232;s au pouvoir... m&#234;me si ce pouvoir doit &#234;tre limit&#233; et en fait rester subordonn&#233; &#224; l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. Quand les promesses ne sont pas tenues, les diff&#233;rents dirigeants du FLNKS, Tjibaou y compris, n'h&#233;sitent pas &#224; mobiliser la population kanake, et &#224; s'en servir comme moyen de pression, y compris sous des formes &#171; muscl&#233;es &#187; pour reprendre une expression de Tjibaou. La r&#233;pression par les troupes fran&#231;aises n'emp&#234;che pas les m&#234;mes nationalistes d'accepter de n&#233;gocier ensuite dans les pires conditions, quitte &#224; ce que la base ait le sentiment d'avoir laiss&#233; des morts sur le terrain pour rien. Pour excuse, des gens comme Tjibaou invoquent le rapport des forces &#233;crasant en faveur de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, et la n&#233;cessit&#233; de se contenter, alors, de &#171; petites &#233;tapes &#187; vers l'&#233;mancipation kanake. C'est d'ailleurs bien pour cela que bon gr&#233;, mal gr&#233;, les autres composantes nationalistes du FLNKS finissent par se ranger derri&#232;re Tjibaou, le leader nationaliste le plus en cour aupr&#232;s des autorit&#233;s fran&#231;aises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et dans la mesure o&#249; ses diff&#233;rents dirigeants apportent leur caution finale au dirigeant envers lequel ils auraient des raisons d'&#234;tre m&#233;fiants, le peuple kanak lui-m&#234;me s'incline, faute de dirigeants de rechange, avec sans doute cette sorte de r&#233;signation et de d&#233;moralisation qui consiste &#224; penser qu'il n'a gu&#232;re le choix, et que cela est d&#251; &#224; sa seule faiblesse. C'est ainsi qu'en Nouvelle-Cal&#233;donie, dans les r&#233;gions &#224; majorit&#233; Kanake, la consigne pour le OUI a &#233;t&#233; g&#233;n&#233;ralement suivie, sauf toutefois dans quelques r&#233;gions comme les &#238;les Loyaut&#233; o&#249; la proportion des abstentions a &#233;t&#233; beaucoup plus importante qu'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, la faiblesse num&#233;rique du peuple kanak, l'&#233;crasante disproportion des forces en faveur de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, font que la recherche d'un accord et d'un compromis semble la seule politique r&#233;aliste pour aller sur la voie de l'ind&#233;pendance et de la libert&#233; kanakes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est sans doute vrai. Car cr&#233;er un autre rapport de forces en faveur du petit peuple kanak, supposerait une tout autre perspective, qui lui ferait chercher des alli&#233;s, pour commencer parmi les autres Noirs pauvres de l'Oc&#233;an Pacifique, y compris ceux qui subissent la dictature de l'imp&#233;rialisme au travers de micros-&#201;tats ind&#233;pendants. Les 70 000 Kanaks de Nouvelle-Cal&#233;donie formeraient alors les premiers bataillons de la r&#233;volution en Oc&#233;anie, le porte-parole et le flambeau de la r&#233;volution prol&#233;tarienne dans cette partie du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette perspective-l&#224;, &#233;videmment, elle ne peut &#234;tre apport&#233;e au peuple kanak que par des internationalistes, pas par des nationalistes de quelque nuance que ce soit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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