Matière et Révolution
https://www.matierevolution.org/
Contribution au débat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la matière, de la vie, de l'homme et de la société
Ce site est complémentaire de https://www.matierevolution.fr/frSPIP - www.spip.netMatière et Révolutionhttps://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L144xH69/siteon0-5aeb8-d0407.jpg?1790046653
https://www.matierevolution.org/
69144Les multiples révoltes, rébellions et révolutions des Indiens des Andes
https://www.matierevolution.org/spip.php?article8807
https://www.matierevolution.org/spip.php?article88072025-10-16T22:08:00Ztext/htmlfrRobert ParisRévolutionPérou - PerùRévolteChili ChileBolivie BoliviaAmérindiens
<p>Les multiples révoltes, rébellions et révolutions des Indiens des Andes <br class='autobr' />
Avertissement : cette liste de combats des Indiens des Andes est non exhaustive mais très significative. Les Indiens ne se sont jamais laissés faire, n'ont jamais baissé les bras malgré une répression féroce et sanglante. Leur combat à l'époque moderne est toujours lié à la lutte sociale des ouvriers, des mineurs et des paysans pauvres dont il est inséparable. <br class='autobr' />
Qui sont les Indiens des Andes (…)</p>
-
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique117" rel="directory">14 - TRAVAILLEURS SANS FRONTIERES - WORKERS HAVE NO FRONTIERS AND A WORLD TO CONQUER</a>
/
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag">Révolution</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot127" rel="tag">Pérou - Perù</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot139" rel="tag">Révolte</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot144" rel="tag">Chili Chile</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot154" rel="tag">Bolivie Bolivia</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot292" rel="tag">Amérindiens</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Les multiples révoltes, rébellions et révolutions des Indiens des Andes</h2>
<p>Avertissement : cette liste de combats des Indiens des Andes est non exhaustive mais très significative. Les Indiens ne se sont jamais laissés faire, n'ont jamais baissé les bras malgré une répression féroce et sanglante. Leur combat à l'époque moderne est toujours lié à la lutte sociale des ouvriers, des mineurs et des paysans pauvres dont il est inséparable.</p>
<p>Qui sont les Indiens des Andes</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Peuples_indig%C3%A8nes_d%27Am%C3%A9rique_du_Sud" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Peuples_indig%C3%A8nes_d%27Am%C3%A9rique_du_Sud</a></p>
<p>1536 : rébellion de Manco Capac II</p>
<p>À partir de 1536, Manco Capac, profitant de divisions entre les Espagnols et de leur petit nombre à Cuzco, organise secrètement la première rébellion contre les envahisseurs espagnols à travers tout le pays.</p>
<p>En peu de temps, Manco Capac, qui a quitté Cuzco sous un prétexte religieux, revient à la tête d'une armée parfaitement équipée dont on estime le nombre à environ 30 000 guerriers. Il campe dans la ville fortifiée d'Ollantaytambo d'où il va diriger le siège de Cuzco. Lorsque les Espagnols aperçoivent les troupes de Manco Capac aux abords de Cuzco, c'est une surprise totale : ils n'avaient rien décelé des préparatifs. À leur tour, des groupes de guerriers en armes provenant de toutes les provinces se joignent à l'armée qui déjà encercle la ville. Plus de cinquante mille guerriers assiègent Cuzco. Ce siège sanglant, qui dura huit mois, faillit aboutir à une victoire inca : les renforts envoyés de Lima sont écrasés par les tribus amérindiennes qui ont appris à connaître les Espagnols et soutenaient désormais les Incas. Traqués dans tout le pays, les Espagnols sont poursuivis jusqu'à Lima. Mais l'armée amérindienne, épuisée par un manque de denrées, se voit obligée de rompre le siège de Cuzco et de se replier.</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Manco_Capac_II" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Manco_Capac_II</a></p>
<p>1536 : guerre d'Arauco lors de la première Grande Révolte Mapuche du Chili</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_d%27Arauco" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_d%27Arauco</a></p>
<p>Révolte, dite de Taki Unquy, dans les Andes péruviennes entre 1564 et 1572. Mai 1571, révolte des Indiens au Pérou : l'inca Titu Kusi Yupanqui (1560-1571) meurt peut-être empoisonné entre mars et juin par les révoltés quechuas qui lui reprochent de s'être soumis aux espagnols.</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Taki_Unquy" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Taki_Unquy</a></p>
<p>1572 : révolte de Túpac Amaru au Pérou contre l'empire espagnol.</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/T%C3%BApac_Amaru" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/T%C3%BApac_Amaru</a></p>
<p><a href="https://journals.openedition.org/e-spania/21440" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://journals.openedition.org/e-spania/21440</a></p>
<p><a href="https://www.alterinfos.org/spip.php?article6237" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.alterinfos.org/spip.php?article6237</a></p>
<p><a href="https://www.alterinfos.org/spip.php?article6424" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.alterinfos.org/spip.php?article6424</a></p>
<p><a href="https://www.lalibre.be/2010/07/03/tupac-amaru-figure-des-andes-CRZDUYVJPRDAFBAERY4K3G5ZWE/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lalibre.be/2010/07/03/tupac-amaru-figure-des-andes-CRZDUYVJPRDAFBAERY4K3G5ZWE/</a></p>
<p>La bataille de Curalaba (également connue sous le nom de désastre de Curalaba ou victoire de Curalaba) fut un affrontement militaire majeur entre les forces espagnoles et les Mapuches qui se produisit le 23 décembre 1598.</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Curalaba" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Curalaba</a></p>
<p>Túpac Amaru II, est un chef indien qui prit de 1780 à 1782 la tête d'un mouvement de rébellion indien contre les colons espagnols au Pérou.</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/T%C3%BApac_Amaru_II" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/T%C3%BApac_Amaru_II</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_de_T%C3%BApac_Amaru_II" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_de_T%C3%BApac_Amaru_II</a></p>
<p>Túpac Katari, le leader aymara de la rébellion de 1781</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/T%C3%BApac_Katari" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/T%C3%BApac_Katari</a></p>
<p><a href="https://www.cairn.info/revue-critique-internationale-2012-4-page-23.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.cairn.info/revue-critique-internationale-2012-4-page-23.htm</a></p>
<p>L'occupation de l'Araucanie (ou, anciennement, par euphémisme, pacification de l'Araucanie) était une campagne militaire menée de 1861 à 1883 par l'État chilien et visant à mettre sous sa tutelle intégrale et définitive la portion de territoire sise entre les fleuves Biobío au nord et Toltén au sud, grande d'environ 30 000 km2, et correspondant aux terres ancestrales du peuple autochtone mapuche.</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Occupation_de_l%27Araucanie" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Occupation_de_l%27Araucanie</a></p>
<p>La révolte de Huancané (1866-1868) : les Indiens des Andes sur la scène des préoccupations nationale</p>
<p><a href="https://books.openedition.org/pur/159505?lang=fr" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://books.openedition.org/pur/159505?lang=fr</a></p>
<p>En 1899, l'armée rebelle aymara commandée par Pablo Zarate « Willca » massacra 130 soldats gouvernementaux à Mohoza, près de La Paz.</p>
<p><a href="https://www.geo.fr/voyage/bolivie-el-alto-la-revanche-des-indiens-aymara-169223" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.geo.fr/voyage/bolivie-el-alto-la-revanche-des-indiens-aymara-169223</a></p>
<p>La participation des Indiens à la révolution de 1952 en Bolivie</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1557" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1557</a></p>
<p>En octobre 1997, les communautés mapuches de Pilil Mapu et de Pichi Loncoyan dans la commune de Lumaco, de Huelle Bajo et de Lleu Lleu en Contulmo et Cañete, entamèrent une occupation pacifique de terrains en revendiquant 80 000 hectares des terrains usurpés. Au total, les communautés mapuches revendiquent à l'heure actuelle 400 000 hectares de terres. Le 12 octobre, les communautés décident de paralyser les activités de l'entreprise forestière Arauco et, le 14 octobre 1997, la police intervient brutalement. L'occupation se solde par plus de quarante arrestations et plusieurs blessés, et l'expulsion des communautés. Depuis, tout au long de l'année 1998, les conflits se sont succédés et la situation n'a cessé de se dégrader. La solution proposée par les autorités locales avec le soutien financier des entreprises fut la relocalisation des populations indigènes sur un territoire périphérique plus proche. Ce transfert humain devrait non seulement être une solution au conflit mais permettre que les entreprises forestières disposent d'une main d'œuvre bon marché à portée de la main.</p>
<p><a href="http://mapuche.free.fr/articles/Schartau.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">http://mapuche.free.fr/articles/Schartau.html</a></p>
<p>Équateur en 1993-99 : La révolte des paysans indiens</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article2426" class="spip_url auto" rel="nofollow">https://www.matierevolution.org/spip.php?article2426</a></p>
<p>2000 : Les Indiens d'Equateur abattent le pouvoir puis le reconstituent</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article2426" class="spip_url auto" rel="nofollow">https://www.matierevolution.org/spip.php?article2426</a></p>
<p>La rébellion des Aymaras de 2003</p>
<p><a href="https://www.courrierinternational.com/article/2003/10/23/la-rebellion-de-la-nation-aymara" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.courrierinternational.com/article/2003/10/23/la-rebellion-de-la-nation-aymara</a></p>
<p>Emeute aymara à Sucre (Bolivie) en 2007</p>
<p><a href="https://berthoalain.com/2007/12/12/emeutes-a-sucre-en-bolivie-novembre-2007/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://berthoalain.com/2007/12/12/emeutes-a-sucre-en-bolivie-novembre-2007/</a></p>
<p>Août 2008 : révolte des indiens du Pérou</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article638" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article638</a></p>
<p>Affrontements entre les Mapuches et la police au sud du Chili en 2009</p>
<p><a href="https://berthoalain.com/2009/08/13/affrontements-entre-les-mapuches-et-la-police-au-sud-du-chili-aout-2009/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://berthoalain.com/2009/08/13/affrontements-entre-les-mapuches-et-la-police-au-sud-du-chili-aout-2009/</a></p>
<p><a href="https://berthoalain.com/2009/10/08/affrontements-a-cunco-au-chili-octobre-2009/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://berthoalain.com/2009/10/08/affrontements-a-cunco-au-chili-octobre-2009/</a></p>
<p><a href="https://berthoalain.com/2009/10/21/affrontements-en-pays-mapuche-au-chili-octobre-2009/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://berthoalain.com/2009/10/21/affrontements-en-pays-mapuche-au-chili-octobre-2009/</a></p>
<p>Affrontements en Equateur en 2009</p>
<p>Des affrontements entre la police et des Indiens d'Amazonie qui protestaient mercredi contre des lois sur l'eau, le pétrole et les mines, ont fait causé la mort d'un Indien et blessé au moins 40 policiers et neuf Indiens, ont annoncé les autorités équatoriennes. Deux civils auraient été tués selon les Indien.</p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve118" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve118</a></p>
<p>Révolte Mapuche en 2010</p>
<p><a href="https://berthoalain.com/2010/10/13/mapuches-affrontements-dans-le-sud-de-largentine-octobre-2010/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://berthoalain.com/2010/10/13/mapuches-affrontements-dans-le-sud-de-largentine-octobre-2010/</a></p>
<p>La marche des indiens de Bolivie en 2011</p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?breve278" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">http://www.matierevolution.org/spip.php?breve278</a></p>
<p><a href="https://www.sciencespo.fr/opalc/node/713.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.sciencespo.fr/opalc/node/713.html</a></p>
<p>Révolte mapuche en 2012</p>
<p><a href="https://berthoalain.com/2012/07/31/mapuches-affrontements-a-temuco-araucanie-30-juillet-2012/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://berthoalain.com/2012/07/31/mapuches-affrontements-a-temuco-araucanie-30-juillet-2012/</a></p>
<p>Révolte mapuche en 2013</p>
<p><a href="https://berthoalain.com/2013/10/13/dia-de-la-raza-affrontements-a-santiago-12-octobre-2013/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://berthoalain.com/2013/10/13/dia-de-la-raza-affrontements-a-santiago-12-octobre-2013/</a></p>
<p>2013 : le pouvoir chilien accuse les Mapuches pour les incendies !</p>
<p><a href="https://www.rfi.fr/fr/emission/20130109-chili-incendies-le-sud-pays-le-gouvernement-accuse-mapuches" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.rfi.fr/fr/emission/20130109-chili-incendies-le-sud-pays-le-gouvernement-accuse-mapuches</a></p>
<p><a href="https://www.rfi.fr/fr/ameriques/20180209-chili-indiens-mapuche-police-enquete-preuve-falsification-temuco-justice" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.rfi.fr/fr/ameriques/20180209-chili-indiens-mapuche-police-enquete-preuve-falsification-temuco-justice</a></p>
<p>Manifestants mapuches en 2017</p>
<p><a href="https://berthoalain.com/2017/11/28/mort-dun-manifestant-mapuche-affrontements-a-cordoba-27-novembre-2017/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://berthoalain.com/2017/11/28/mort-dun-manifestant-mapuche-affrontements-a-cordoba-27-novembre-2017/</a></p>
<p><a href="https://berthoalain.com/2017/11/27/mort-dun-manifestant-mapuche-attaque-de-la-casa-de-rio-negro-a-buenos-aires-25-novembre-2017/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://berthoalain.com/2017/11/27/mort-dun-manifestant-mapuche-attaque-de-la-casa-de-rio-negro-a-buenos-aires-25-novembre-2017/</a></p>
<p><a href="https://berthoalain.com/2017/11/26/mort-dun-manifestant-mapuche-emeute-a-bariloche-25-novembre-2017/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://berthoalain.com/2017/11/26/mort-dun-manifestant-mapuche-emeute-a-bariloche-25-novembre-2017/</a></p>
<p>La rébellion des Mapuches du Chili le 18 octobre 2019</p>
<p><a href="https://alencontre.org/ameriques/amelat/chili/chili-deux-ans-apres-le-debut-de-la-rebellion-du-18-octobre-2019-la-lutte-des-mapuches-pour-la-recuperation-de-leurs-territoires-ancestraux-ii.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://alencontre.org/ameriques/amelat/chili/chili-deux-ans-apres-le-debut-de-la-rebellion-du-18-octobre-2019-la-lutte-des-mapuches-pour-la-recuperation-de-leurs-territoires-ancestraux-ii.html</a></p>
<p>Révolte mapuche en 2022</p>
<p><a href="https://www.courrierinternational.com/article/conflit-au-chili-la-poudriere-mapuche-au-bord-de-l-explosion" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.courrierinternational.com/article/conflit-au-chili-la-poudriere-mapuche-au-bord-de-l-explosion</a></p>
<p><a href="https://berthoalain.com/2022/10/11/mapuches-affrontements-a-santiago-10-octobre-2022/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://berthoalain.com/2022/10/11/mapuches-affrontements-a-santiago-10-octobre-2022/</a></p>
<p>2023 : la révolte des indiens Aymaras</p>
<p><a href="https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/un-monde-d-avance/le-perou-bascule-dans-l-instabilite-politique-sur-fond-de-revolte-des-indiens-aymaras_5567670.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/un-monde-d-avance/le-perou-bascule-dans-l-instabilite-politique-sur-fond-de-revolte-des-indiens-aymaras_5567670.html</a></p>
<p><a href="https://www.francetvinfo.fr/monde/ameriques/perou/manifestations-au-perou-comment-les-communautes-indigenes-font-entendre-leur-voix-grace-aux-reseaux-sociaux_5777933.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.francetvinfo.fr/monde/ameriques/perou/manifestations-au-perou-comment-les-communautes-indigenes-font-entendre-leur-voix-grace-aux-reseaux-sociaux_5777933.html</a></p>
<p>Finalement, l'instauration d'un État plurinational par l'indien Evo Morales en Bolivie n'a pas entrainé un plus grand respect des droits ni des territoires des peuples autochtones ni ceux des travailleurs.</p>
<p><a href="https://www.ritimo.org/La-situation-des-peuples-autochtones-dans-la-Bolivie-d-Evo-Morales" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.ritimo.org/La-situation-des-peuples-autochtones-dans-la-Bolivie-d-Evo-Morales</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article639" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article639</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve388" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve388</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve133" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve133</a></p>
<p>Révolte au Pérou en 2023</p>
<p><a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2023/03/03/au-perou-derriere-la-crise-politique-une-explosion-sociale-aux-racines-profondes_6164047_3210.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lemonde.fr/international/article/2023/03/03/au-perou-derriere-la-crise-politique-une-explosion-sociale-aux-racines-profondes_6164047_3210.html</a></p></div>
Le génocide des Amérindiens
https://www.matierevolution.org/spip.php?article8692
https://www.matierevolution.org/spip.php?article86922025-05-14T22:02:00Ztext/htmlfrRobert ParisUSAAmérindiens
<p>Près de 100 millions d'autochtones indiens de l'hémisphère occidental ont été tués ou sont morts prématurément du fait des Européens et de leurs descendants en cinq siècles, affirme l'historien américain et professeur à l'université d'Hawaii, David E. Stannard, dans son ouvrage intitulé "Holocauste américain : Christophe Colomb et la conquête du Nouveau Monde". <br class='autobr' />
La fête nationale de l'Action de grâce (Thanksgiving), célébrée en novembre, remonterait quant à elle aux années 1620. Il semble, (…)</p>
-
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique29" rel="directory">3ème chapitre : Révolutions bourgeoises et populaires</a>
/
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot26" rel="tag">USA</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot292" rel="tag">Amérindiens</a>
<div class='rss_texte'><p>Près de 100 millions d'autochtones indiens de l'hémisphère occidental ont été tués ou sont morts prématurément du fait des Européens et de leurs descendants en cinq siècles, affirme l'historien américain et professeur à l'université d'Hawaii, David E. Stannard, dans son ouvrage intitulé "Holocauste américain : Christophe Colomb et la conquête du Nouveau Monde".</p>
<p>La fête nationale de l'Action de grâce (Thanksgiving), célébrée en novembre, remonterait quant à elle aux années 1620. Il semble, selon certains historiens, qu'elle soit liée à un massacre d'indiens d'Amérique par des colons européens, qui après les avoir invités à un festin pour les remercier de leur aide et de leur accueil, les ont ensuite massacrés et remercié Dieu de leur avoir permis "d'éliminer les sauvages".</p>
<p>Chronologie de la révolte des Indiens des Amériques</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3128" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3128</a></p>
<p>La conquête de l'Amérique par l' « Ancien monde » occidental, un grand crime de masse</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5318" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5318</a></p>
<p>Le génocide colonial français des peuples amérindiens caraïbes des Petites Antilles de 1625-1660</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4110" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4110</a></p>
<p>Lire aussi :</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9nocide_de_peuples_autochtones" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9nocide_de_peuples_autochtones</a></p>
<h2 class="spip">Le génocide des Amérindiens</h2>
<p>Les actes de génocide en Amérique, parfois rassemblés sous le vocable controversé de « génocide de peuples autochtones », désignent certains meurtres collectifs, directs ou indirects, ainsi que d'autres persécutions, perpétrés contre des villages, des tribus ou des ethnies amérindiennes, et qui, sans avoir les modalités des grands génocides du XXe siècle, présentent à tout le moins certains caractères d'un génocide. Ces crimes divers et espacés, commis entre les XVIe et XIXe siècles par des conquérants et colons pour la plupart espagnols ou anglais, puis par des Euro-Américains, ont des causes complexes et ne sont pas la norme coloniale. L'immense majorité des Amérindiens tués depuis 1492 sont les victimes des épidémies, des mauvais traitements infligés sans dessein meurtrier et des guerres internes, européennes, intercoloniales, civiles et d'indépendance (ces causes de mortalité étant par définition exclues de la notion de génocide). L'ethnocide qui, lui, est une constante coloniale même en dehors des Amériques, fait aussi des victimes indirectes.</p>
<p>Les recherches sur ces sujets sont difficiles car le déni et la culpabilité complique la collecte d'information. D'abord, les souffrances de descendants de natifs, qui ne forment plus que des minorités dans leur pays, et le déni des exterminations, même s'il est aujourd'hui en général absent des débats en histoire, entraînent une réaction importante des peuples concernés, au premier plan, puis des partisans de l'indigénisme et de certains militants anticolonialistes. Une des manifestations en est l'irruption, au sein des débats, d'analyses et de théories qui amplifient au détriment des faits la dimension génocidaire de la colonisation. De natures très différentes, ces deux causes des difficultés rencontrées par les historiens se rejoignent malgré tout : La thèse d'un « génocide indien » aux proportions continentales tire en effet ses chiffres énormes des données démographiques les plus difficiles à considérer, compte tenu des falsifications des faits par les différents romans nationaux des colons au fil des siècles. Les peuples autochtones vivant le même retrait d'humanité que les peuples noirs, leur considération par les historiens de l'époque avait un point de vu tronqué et negligent.</p>
<p>L'oppression des Amérindiens en général, les actes de génocide en particulier, ont donc laissé des blessures dans la mémoire collective et des tensions dans les études historiques que celle-ci imprègne. Dans certains pays, leur reconnaissance politique a eu lieu, mais reste souvent hésitante ou réservée, comme en France ou aux États-Unis où le mot « génocide » est pratiquement écarté du débat politique alors que le débat scientifique en fait un usage intensif.<br class='autobr' />
Les faits et leur interprétation</p>
<p>Les premières définitions du génocide datant seulement du milieu du XXe siècle, des historiens se sont interrogés sur la pertinence d'un emploi rétrospectif du terme, par exemple dans des travaux sur la colonisation américaine, phénomène très long, concernant des populations dont le déclin a commencé au début du XVIe siècle, et qui n'est pas, loin de là, seulement meurtrier. Raphael Lemkin, le juriste qui a forgé le terme, n'était pas hostile à cet emploi et travaillait même, peu avant son décès, sur le cas des Indiens d'Amérique1. Certains historiens aujourd'hui usent, souvent avec parcimonie, du mot « génocide », mais ne s'en contentent pas toujours : ils le nuancent parfois, selon les cas l'atténuent plus ou moins en utilisant et si possible en justifiant « des termes proches de meurtres de masse, qui ont des connotations normatives légèrement différentes »2, tels que « génocide partiel », « extermination », « massacre génocidaire » ou « violence quasi génocidaire ». Les expressions juridiques « acte de génocide » et « acte génocidaire » sont souvent employées, par exemple pour qualifier des actions de miliciens où l'intention de tuer plusieurs indigènes pour la raison qu'ils appartiennent à une tribu détestée est manifeste. Toutefois, l'emploi de tels dérivés reste controversé et d'autres historiens les évitent pour travailler avec des notions moins polémiques, comme celle de massacre3.<br class='autobr' />
Les Espagnols et les habitants des Antilles</p>
<p>Aux débuts de la conquête espagnole, les hommes de Christophe Colomb, peu nombreux en 1492 et 1493, sont bien accueillis par les Tainos, des indigènes de langue arawak qui sont majoritaires sur Hispaniola et les îles alentour. Quelques malentendus dus à la barrière des langues mis à part, les deux mondes s'entraident et échangent, et les Tainos laissent les colons installer leurs petites villes fortifiées qui abriteront rapidement les renforts venus d'Espagne. Surviennent les premières épidémies : non immunisés contre les maladies européennes telles que la rougeole, la grippe ou le typhus, des autochtones commencent à mourir sans que, pour l'instant, leurs communautés soient menacées ; la menace pèse en premier lieu sur les colons, qui succombent en grand nombre à des maladies[Lesquelles ?]4.</p>
<p>Les Espagnols espèrent prendre des territoires riches en ressources et surtout soumettre par l'instruction les habitants qui vont produire les richesses. Ceux-ci doivent être évangélisés et protégés, doivent apprendre des techniques de production, travailler comme de bons chrétiens et accepter de donner en retour une partie des profits à l'Espagne. C'est un projet intenable : eurocentré, il entraîne les indigènes vers une déculturation qu'ils vivent souvent mal ; en outre, les hommes cessent d'être des bienfaiteurs quand ils comprennent qu'une fois armés ils peuvent être des maîtres, et les conquistadors ne font pas exception. Colomb et ses successeurs découvrent les réalités de la colonisation et essaient de s'y adapter : les Indiens, qui n'apprécient pas les abus, veulent se débarrasser des nouveaux venus, lesquels doivent les combattre et en faire des esclaves, même si cela irrite le pouvoir en Espagne5,6.</p>
<p>Les guerriers du cacique Caonabo, époux d'Anacaona, intimident les visiteurs devenus envahisseurs, en assassinent certains, assiègent les autres. Mais les Espagnols réussissent une attaque surprise sur un lieu très peuplé en 1495 : cette « bataille de La Vega Real » est un tournant décisif. Durant les années qui suivent, les autochtones qui résistent encore, désunis et affaiblis par les maladies, ne peuvent rien contre des soldats bien équipés qui montent des chevaux et dressent des chiens, et qui ont parfois d'autres indigènes pour alliés4. Après les massacres, c'est le travail forcé de l'encomienda, accompagné d'abus gratuits et de brutalités qui punissent les tentatives de fuite6. Quand la main-d'œuvre vient à manquer, les colons déplacent les tribus des îles voisines : elles subissent le même sort funeste. Les recensements de population alarment les Espagnols qui finalement essaient, mais en vain, de stopper les épidémiesNote 1. On estime la population d'Hispaniola en 1492 à au moins 300 000 individus4, peut-être 500 0007 ou davantageNote 2 ; trente ans plus tard, près de 90 % des Tainos ont déjà disparu, emportés par les maladies principalement, ainsi que par les guerres déséquilibrées et les mauvais traitements8.</p>
<p>La population indigène de l'île principale de Porto Rico, nommée San Juan Bautista par Colomb, chute de peut-être 30 000 en 1508 à 1 148 habitants lors du recensement de 1530 : le décret royal pris entre-temps pour émanciper les Tainos n'empêche pas les colons de poursuivre leur oppression9. Tous les Arawaks des Grandes Antilles sont concernés par la chute démographique, qui se poursuit pendant plusieurs dizaines d'années jusqu'à leur disparition quasi complète. Les Indiens Caraïbes des Petites Antilles connaîtront un déclin plus lent5.</p>
<p>Bien que la plupart des historiens refusent de parler de génocide au plein sens juridique du termeNote 3, cette longue série d'événements est dans la littérature souvent appelée « génocide des Tainos » ou « génocide des Arawaks ». L'anthropologue Christian Duverger, par exemple, estime que l'extinction des Tainos, qui rend exceptionnel cet épisode de la Conquista, est suffisamment probante et qu'« on peut parler de génocide »8. Le militant anticolonialiste Yves Benot imite pour sa part la formule « homicide involontaire » dans son expression « génocide involontaire »5, paradoxale pour qui sait combien l'emploi du mot est justifié par la volonté d'éliminer physiquement un groupe humain : l'extermination des Arawaks, qui représentaient une main-d'œuvre servile précieuse, est de facto et les maladies ont joué un rôle ; les plus hautes autorités en Espagne, malgré leurs préjugés xénophobes, abominaient les meurtres de masse ; mais les premiers colons des Amériques ont répandu la mort, par négligence parfois, par sadisme libéré surtout.</p>
<p>L'historien Ben Kiernan, spécialiste des génocides, rappelle une interprétation non restrictive de la définition juridique, selon laquelle un génocidaire peut viser une population particulière, en sachant que la destruction au moins partielle de celle-ci s'ensuivra, mais sans que cette destruction le motive nécessairement, il peut poursuivre d'autres objectifs ; les formules indépendantes « extermination » et « crime contre l'humanité », dont l'emploi n'exige pas la preuve d'une intention de réduire un groupe (ethnique ou autre) mais celle d'une planification par une puissante autorité, peuvent aussi aider à qualifier les violences et les meurtres de masse, sans être incompatibles avec la notion de génocide10. Dans le cas des Tainos, des conquérants séduits par une idéologie proche de l'agrarianisme et déçus de ne pas trouver assez d'or, se sont entêtés à disloquer et épuiser une ethnie affaiblie par le choc viral, des hommes et des femmes préjugés inaptes à cultiver la terre à la manière des civilisés, à moins d'avoir ces civilisés comme maîtres ; même sans connaissance scientifique sur les épidémies, ils ne pouvaient pas ignorer qu'un tel traitement entraînerait une hécatombe11.</p>
<p>Alexander Hinton (en), anthropologue très engagé dans l'étude et la prévention des génocides, souligne le fait que la Shoah est un génocide « prototype », c'est-à-dire dont l'étude, fondatrice et toujours intensive, affecte la recherche sur tous les événements qu'on veut ranger dans la catégorie du génocide. Il estime qu'il s'agit d'un biais, suggère la possibilité de focaliser sur d'autres prototypes et donne quelques exemples, dont la destruction des Tainos12.<br class='autobr' />
La disparition des empires du continent</p>
<p>Les événements des Antilles marquent les conquistadors de Tierra Firme et des contrées plus lointaines. Si les intellectuels et les observateurs de l'époque sont partagés entre la dénonciation des atrocités coloniales qui mènent à la destruction massive d'êtres humains qui ont des droits (Bartolomé de las Casas) et l'apologie de l'esclavage d'êtres inférieurs à protéger quand ils s'instruisent, à massacrer quand ils guerroient (Juan Ginés de Sepúlveda), les aventuriers au plus près des échanges cordiaux puis des conflits avec les Amérindiens deviennent souvent brutaux en succombant à la fièvre de l'or et à la détestation de certaines tribus jugées dangereuses. Il en est ainsi de Vasco Núñez de Balboa qui, selon Ben Kiernan, « préconise le génocide »13 à Ferdinand le Catholique en 1513 :</p>
<p> « Ces Indiens de Caribana ont mille fois mérité la mort, car c'est une race détestable. Dans d'autres occasions ils ont tué nombre de chrétiens, et même quelques-uns des nôtres, qui, en descendant le fleuve, perdirent un vaisseau. Aussi ce que je propose n'est pas de les faire esclaves, ils sont trop mauvais pour cela, mais de les brûler tous, grands ou petits, pour qu'il ne reste pas trace de si vilaines gens14. »</p>
<p>La question des exterminations se pose pour les colonies espagnoles du continent : leur histoire contient des épisodes génocidaires15 difficiles à recenser, d'autant plus que les faits ne sont pas connus avec précision. Lorsqu'ils pénètrent dans les empires de Mésoamérique et des Andes, les empires aztèque et inca principalement, les Espagnols découvrent des civilisations raffinées et de vastes sociétés, certes en manque d'unité et de cohésion, qui gagnent des guerres et réduisent des peuplades en esclavage. Ces puissances n'ont rien à voir avec les Arawaks des Antilles. Les chercheurs s'accordent à dire que la difficile conquête de ces territoires n'est pas une campagne génocidaire programmée : les petites expéditions espagnoles échouent quelquefois, et d'autres fois doivent leur survie à l'emploi d'une meilleure technologie, aux rivalités entre Amérindiens, aux superstitions de ces derniers. Hernán Cortés, notamment, outrepasse les ordres du gouverneur de Cuba Diego Velázquez, qui enverra d'ailleurs des hommes à sa poursuite, et parvient péniblement à rassurer ses troupes. Son projet et sa vie sont mis en péril durant sa fuite de Mexico-Tenochtitlan. Les batailles acharnées, les massacres, les crimes de guerre et les ruses déloyales ne sont pas pour lui des plaisirs ou des buts mais, tout comme ses alliances avec des chefs indigènes aussi ambitieux que lui, sont les méthodes pour parvenir à soumettre un pays très peuplé16,17. Avant le siège de Tenochtitlan (dont la réussite est facilitée, si ce n'est permise, par l'épidémie de variole qui a affaibli la cité), Cortés évite de tuer des femmes et des enfants quand c'est possible et il repeuple les villes conquises11.</p>
<p>Pourtant, l'étude du phénomène génocidaire colonial s'intéresse à plusieurs massacres de la Conquista, notamment ceux qui impliquent à la fois Cortés, qui comparait les Aztèques à des barbares et à des Maures et faisait parfois référence à la Rome antique et à Jules César quand il s'adressait à ses soldats18, et les Tlaxcaltèques, ennemis de longue date des Aztèques. En septembre 1519, le conquistador combat dans la province de Tlaxcala. La violence s'intensifiant (il s'est résolu à brûler des villages et à massacrer), il demande la paix aux chefs de la cité, qui acceptent finalement. Selon Bernal Díaz del Castillo, les demandes contenaient la menace d'une extermination de la population. En octobre, les Espagnols atteignent Cholula, une des grandes villes de l'Empire aztèque, où bientôt Cortés se sent menacé. Confiant en son nouvel allié tlaxcaltèque qui lui fournit quelques milliers de combattants, il piège et tue des nobles et des chefs de guerre, et ordonne une attaque pour éliminer toute résistance dans Cholula. S'ensuit un ample massacre ; les Tlaxcaltèques saccagent la ville. D'un autre niveau encore, le long siège de Tenochtitlan en 1521 tourne au carnage pour la population civile de la capitale, emportant vraisemblablement des dizaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants. L'empereur Cuauhtémoc est pendu en 1525. Cortés reconstruit la capitale détruite sur un modèle plus européen. Le Mexique connaît alors, et pour de longues années, un système de servitude militariste et agraire11.</p>
<p>Attentif aux récits comparant la prise violente de cités aztèques à la destruction de Troie ou de Carthage, Ben Kiernan pense que Cortés a compris en guerroyant, et aussi grâce à son séjour dans la splendide et puissante Tenochtitlan après le massacre de Cholula, que son entreprise démarrée avec quelques centaines de soldats espagnols ne réussirait pas sans l'aide d'autochtones et sans faire tomber sur la société aztèque un châtiment exemplaire. L'historien parle d'un « génocide au Mexique19,Note 4 » qui n'a cessé que graduellement : fin des massacres, prise de conscience des capacités d'apprentissage des indigènes et du caractère mortifère de l'encomienda, interdiction timide de celle-ci en 1542, déclin du système dans les faitsNote 5. Lecteur de Kiernan, Norman Naimark (en) évoque lui aussi un génocide étendu20 ; il estime en outre que, dans le cadre colonial loin de l'Espagne, Cortés, comme Francisco Pizarro qui s'est perfidement joué de l'empereur inca Atahualpa, comme d'autres conquistadors encore, avait un « état d'esprit pathologique21 », était disposé à s'affranchir de la morale.</p>
<p>La chute des empires est accompagnée par un dépeuplement massif principalement dû à des pandémies dévastatrices : l'effondrement démographique est impossible à chiffrer encore aujourd'hui mais toutes les sources qui ont avancé des estimations évoquent plusieurs millions si ce n'est dizaines de millions d'habitants en moins dans l'Amérique hispanique et portugaise du XVIIe siècle, ce qui pourrait représenter la disparition de 90 % de la population de 1492. Si beaucoup d'Indiens de l'Altiplano, par exemple, ont été épargnés, des côtes densément peuplées ont été presque vidées de leurs habitants22. Il n'est pas prouvé que des colons, comme pris de folie meurtrière alors qu'ils étaient d'habitude inquiets face à la dépopulation, aient un jour utilisé les maladies pour punir des autochtones qu'ils exploitaient ou aient sciemment empoisonné des réserves d'eau, comme cela a pu être soupçonné8.</p>
<p>Selon le philosophe Alain Brossat, qui a en tête le dépeuplement mexicain autant que la disparition des Arawaks, même si le terme « génocide » est « voué à être contesté dans tout contexte où n'est pas attestable une intention exterminatrice tournée contre un groupe humain particulier, demeure dans le cas présent cette notion fondamentale d'un désastre que rien ne viendra jamais sauver » : le cœur biologique et culturel d'une part de l'humanité a été annihilé23.<br class='autobr' />
Les massacres britanniques sur la côte Est</p>
<p>Alors que les Espagnols ont toujours cherché à convertir des âmes au catholicisme, les puritains anglais ont été rapidement découragés dans leurs tentatives d'évangélisation, pas assez fructueuses à leurs yeux. Dès le début de la conquête britannique, les nouveaux venus sur le continent (côte est des actuels États-Unis), qui entretiennent par ailleurs des relations commerciales nécessaires avec les tribus rencontrées, se déterminent à punir collectivement des Indiens, voire à les massacrer, si un seul ou une poignée d'entre eux a menacé la survie ou même seulement l'expansion de la colonie, ou bien si le groupe a refusé de payer tribut et s'est rebellé. Les Powhatans de Virginie et leurs alliés subissent les foudres des colons dès 162224.</p>
<p>La guerre des Pequots, en Nouvelle-Angleterre, est un des événements les plus remarquables de cette période. Frappés par des maladies venues d'Europe, les Pequots ne sont plus que quelques milliers en 1636 lorsqu'éclate la guerre, à la suite d'une mésentente sur le moyen de punir ou de réparer financièrement les meurtres de colons. Une escalade dans la violence et la xénophobie atteint un sommet le 26 mai 1637 : l'anéantissement du grand village pequot de Missituck par le feu et les armes, planifié par un capitaine anglais et permis par son alliance avec des Amérindiens ennemis des Pequots, n'épargne ni les femmes ni les enfants. Il s'apparente à un acte génocidaireNote 6, qui n'est pas isolé puisque les autorités coloniales décident même d'en finir avec la nation pequot, qu'elles fantasment alors comme une entité malfaisante si ce n'est diabolique, en s'assurant, par des primes offertes aux autres tribus contre des scalps, par des réductions en esclavage, que les Pequots survivants dilués dans d'autres peuples ne pourront plus se regrouper.</p>
<p>Un négationnisme historiographique a longtemps fait des excès meurtriers des colons des actes préventifs ou de légitime défense. À partir des années 1970, l'histoire de la guerre des Pequots est révisée et l'intention exterminatrice soulignée : la question du génocide pequot apparaît25. Les auteurs qui argumentent contre la qualification génocidaire, tels Steven T. Katz (en) ou Guenter Lewy, sont souvent des philosophes et des politologues qui se sont spécialisés dans l'étude des génocides mais qui font de la Shoah un archétype ou un étalon nécessaire, alors que les nombreux historiens favorables à la qualification génocidaire se concentrent sur les définitions juridiques et leur évolutionNote 7. D'après Katz, plusieurs éléments font douter que, malgré l'horreur des crimes, les colonies de Nouvelle-Angleterre ont eu l'intention d'éliminer physiquement les Pequots comme tels : ceux-ci ont été craints pour la menace qu'ils représentaient (ils attaquaient les Anglais depuis plusieurs mois) plus que par un racisme anti-indien qui, même s'il existait chez beaucoup de puritains, ne les empêchait pas d'avoir des alliés amérindiens ; après les tueries impitoyables de mai 1637, les femmes et les enfants pequots capturés ont souvent été épargnés, et la disparition de leur nation est culturelle avant d'être physique ; en outre, des survivants pequots se sont à nouveau regroupés quelques années après la guerre et ont même été aidés par les colonies25. Ainsi, Katz théorise un manque de volonté d'exterminer le groupe pequot en tant que tel.</p>
<p>L'historien Benjamin Madley, qui connaît à la fois les arguments de ce philosophe et ceux de ses adversaires, déclare sans hésiter que les Pequots ont subi « un des tout premiers génocides dans ce qui deviendra les États-Unis »26 : quelle que soit l'origine de leur haine, les puritains ont voulu éliminer et ont éliminé une nation particulière, la nation pequot, en partie physiquement, ce qui reste conforme aux définitions juridiques ; il est vain de chercher des degrés dans leur volonté ou de montrer qu'ils l'ont perdue à une époque. Pour Élise Marienstras, l'intention exterminatrice est indubitable : « Les survivants ont été poursuivis jusqu'à la presque complète disparition de la nation pequot, pour le plaisir de Dieu qui se réjouissait, au dire des colons, de la victoire de ses élus »24. Marienstras accepte avec prudence le mot « génocide » : « Si la définition du génocide consiste […] dans la destruction massive de populations désignées à la vindicte par leur qualité de collectivité […] et s'il suffit de décisions d'autorités locales […], alors on peut dire qu'il y eut un génocide à l'encontre des Pequots »27.</p>
<p>La guerre du Roi Philip en 1676 est elle aussi menée à outrance par la confédération de Nouvelle-Angleterre, après les attaques massives des Wampanoags contre ses établissements. Alors que les Amérindiens sont vaincus, les Britanniques s'acharnent, massacrent, vendent des captifs comme esclaves. Par la suite et jusqu'à la guerre d'indépendance des États-Unis, les autorités royales, dont la politique est expansionniste autant que protectrice des sujets anglais et des Indiens, contiennent quelque peu la violence des guerres et des massacres auxquels se livrent aussi bien les premiers que les seconds24. Un des signes de la haine grandissante entre Amérindiens et colons anglais, annonciateur des tragédies du XIXe siècle, est la volonté de plus en plus concrétisée de se débarrasser une fois pour toutes de l'opposant, parfois fantasmé comme un mal objectif. Lors du siège de Fort Pitt en 1763, quelques officiers et dirigeants dont Jeffery Amherst ont l'idée, pourtant difficile à mettre en pratique, de décimer des tribus en provoquant une épidémie de variole. Le capitaine Simeon Ecuyer décide de son propre chef d'offrir des couvertures infectées à des Delawares. On ignore l'efficacité de cet acte, et les critères définissant le génocide n'y sont pas tous manifestes : aucun plan ni aucun ordre d'extermination n'étant venus des autorités, il est difficile de prêter au seul capitaine la volonté et le pouvoir de détruire un groupe en tant que tel. Cependant, comme le note l'historienne Élise Marienstras, l'intentionnalité d'une guerre par diffusion d'un agent biologique est attestée autant chez Amherst le dignitaire que chez Ecuyer le subordonné28.<br class='autobr' />
Guerres et épurations ethniques aux États-Unis</p>
<p>Durant la conquête de l'Ouest, le gouvernement fédéral des États-Unis poursuit une politique expansionniste et doit en théorie protéger les natifs qui en acceptent les principes, mais en pratique il perpétue l'ethnocide3, tarde parfois à découvrir et condamner les spoliations et les meurtres d'Amérindiens, pousse des tribus à un exil douloureux aux conséquences parfois tragiques (épisode de la Piste des Larmes), autant d'événements liés au phénomène génocidaire colonial mais qui ne peuvent pas être appelés « génocide » en raison du manque d'intention de détruire ces tribus29.</p>
<p>La question du génocide apparaît ailleurs. Le gouvernement de chaque nouvel État membre des États-Unis peut contester les vues du gouvernement fédéral, parfois jusqu'à nier les droits des Indiens, par racisme ou parce qu'il les croit destinés à une extinction naturelle : sans solution face aux tensions extrêmes engendrées par les politiques coloniales et, souvent, par l'afflux imprévu de chercheurs d'or, certains États oppriment plus ou moins sévèrement la population autochtone, organisent le nettoyage ethnique ou déclenchent des guerres déséquilibrées3. Le Texas s'est construit entre 1821 et 1845, date de sa première intégration dans l'Union, en alternant, avec les tribus locales, les bons rapports et les pires (expulsions, exterminations)30 ; ses autorités ont longtemps récompensé les scalps d'Indiens, plusieurs années après la réintégration dans l'Union en 1870. Dans le Territoire du Dakota, les Sioux qui résistaient à l'internement dans des réserves pouvaient être tués par des chasseurs de primes31. Plusieurs massacres imputables cette fois-ci à des militaires ou à des miliciens, comme à Sand Creek (Territoire du Colorado, 1864) et à Wounded Knee (Dakota du Sud, 1890), sont perçus par certains historiens comme des actes génocidaires isolés3.</p>
<p>Entre 1846 et 1849, la Californie est un territoire inorganisé pris au Mexique et placé par les États-Unis sous l'autorité d'un gouverneur militaire. Des immigrants américains, étrangers aux pratiques économiques locales, s'installent en nombre et empiètent sur des terres indiennes. Après la découverte d'or se développe une forme de travail forcé dont les indigènes, bientôt submergés par la Ruée vers l'or, sont les premières victimes. Les tensions sont vives et certains mineurs sont déterminés à venger dans le sang toute rébellion. En réaction au meurtre de deux Blancs par des Pomos et des Wappos qu'ils exploitaient près de Clear Lake en décembre 1849, des milices autoproclamées (vigilantes) et l'armée elle-même se livrent à des massacres sans discernement : les autorités ferment les yeux. La législation du nouvel État californien, qui vient de se doter d'une convention, prive rapidement les Indiens de nombreux droits, à tel point que le kidnapping d'enfants ou encore la séparation forcée des hommes et des femmes deviennent des actes courants presque impossibles à punir. Le mot « extermination » se lit dans la presse. Selon le premier gouverneur civil Peter Burnett, pionnier euro-américain hostile à la présence des Noirs et des Chinois en Californie, « une guerre d'extermination entre les races se poursuivra jusqu'à l'extinction de la race indienne32 ». Des opérations des milices anti-indiennes sont financées. Le gouvernement fédéral est impuissant. Des traités signés avec 119 tribus pour les rendre propriétaires de réserves censées les protéger sont rejetés par le Congrès, qui préfère en 1853 autoriser cinq petites « réserves militaires » au statut légal ambigu : les Amérindiens y sont toujours menacés de mort, par la faim et par les crimes racistes. Durant la guerre de Sécession et les années qui suivent, des milliers de Californiens engagés dans l'armée poursuivent l'élimination de groupes d'Indiens hostiles ou supposés tels. La guerre des Modocs de 1872-1873 est leur dernière grande campagne33,34.</p>
<p>On estime qu'environ 150 000 Amérindiens habitaient la Californie en 1846 (ils étaient probablement cinq fois plus à l'arrivée des Espagnols mais les maladies européennes les avaient décimés). Ils n'étaient plus que 30 000 en 1870 ; les recenseurs en enregistrent 16 277 en 188035. On dénombre au moins 10 000 morts violentes pendant cette période de trente ans. Un exemple souvent cité est la quasi-disparition des Yukis : cette tribu, qui comptait entre 7 000 et 11 000 membres en 1850, vivait à Round Valley, une magnifique plaine qui représentait beaucoup aux yeux de ces chasseurs-cueilleurs. L'intrusion des Euro-Américains et de leur bétail cause de graves incidents qui, en 1856, obligent le gouvernement de Californie à isoler les indigènes dans le nord de leur vallée. Certains consentent, d'autres fuient et s'assimilent parfois à des tribus voisines. La faim oblige certains Yukis à retourner dans la vallée sur les propriétés de colons armés qui nient leur humanité et les haïssent. Tout s'enchaîne. Une longue série de meurtres, de viols, d'enlèvements, dans ou hors de la réserve où sévissent angoisse, famine et maladies, détruit la tribu, parfois sous les yeux de militaires et d'employés fédéraux passifs : on ne dénombre plus que 85 hommes et 215 femmes en 1864. Aujourd'hui, une centaine de Yukis vivent dans la nouvelle réserve indienne de Round Valley ; quelques locuteurs de yuki sont encore vivants mais on peut considérer que cette langue est morte36,37.</p>
<p>Dans le cas des Indiens de Californie, de nombreux auteurs reconnaissent un génocide, et parfois un génocide d'État selon les définitions du terme les plus répandues. Plusieurs livres ont été écrits sur le sujet, tels que Genocide and Vendetta : The Indian Wars of Northern California par Lynwood Carranco et Estle Beard, Murder State : California's Native American Genocide, 1846-1873 par Brendan C. Lindsay, et surtout An American Genocide : The United States and the California Indian Catastrophe, 1846-1873 par Benjamin Madley, ouvrage volumineux paru en 2016, pris très au sérieux par l'État de Californie. Dans un article33 où il mentionne les premiers comptes rendus favorables de plusieurs universitaires, Madley résume sa thèse : en installant ou en entretenant les conditions des violences, des fonctionnaires et élus californiens furent « les principaux architectes » d'une « machine à tuer » dont la marche funeste fut ensuite facilitée au niveau fédéral ; la volonté d'exterminer des groupes entiers et pas seulement des combattants est manifeste à maints endroits ; les cinq actes de génocide listés dans la définition juridique internationale (le meurtre, l'atteinte à l'intégrité physique ou psychique, la soumission à des conditions d'existence destructrices, l'entrave des naissances, le transfert forcé d'enfants) sont tous repérables. L'historien Alan Taylor a cependant rédigé une critique où il estime que l'étiquette « génocide », trop appuyée sur une définition juridique récente et convoquant une comparaison avec les génocides du XXe siècle, masque le caractère décentralisé et populiste des crimes californiens : les enlèvements de femmes et d'enfants, les meurtres, massifs, rapides, complets, « presque génocidaires dans leurs conséquences », ne sont toutefois pas imputables à une machine à tuer étatique mais à une pluralité d'acteurs racistes, parfois financés et encouragés, certes, mais aussi parfois contestés et entravés par des autorités faibles et divisées sur leurs objectifs38.<br class='autobr' />
Autres violences, exterminations et massacres</p>
<p> À la fin des années 1640, grâce aux armes à feu qu'ils se sont procurées, les Iroquois lancent des raids meurtriers contre les Hurons, leurs rivaux dans le commerce des fourrures avec les Européens, et font de nombreux captifs et esclaves. En mars 1649, le massacre cruel et impitoyable des habitants de Taenhatentaron, village où s'est établie la mission jésuite Saint-Ignace, précipite la dispersion des Hurons et la fin de leur confédération39,40. Tout en recommandant un emploi extrêmement prudent et parcimonieux du mot « génocide », l'ethno-historien James Axtell (en) note que la destruction des Hurons ressemble au précédent massacre des Pequots dans la méthode et le résultat : c'est une tentative d'annihilation d'une tribu, mais cette fois-ci opérée par d'autres Amérindiens41.<br class='autobr' /> Les autorités coloniales françaises, qui s'efforcent de garantir des rapports commerciaux pacifiques entre Français et Amérindiens, sont pourtant responsables, au début des années 1730, de la destruction de deux tribus qui s'opposent violemment à leurs projets : les Natchez du Mississippi et les Mesquakies (Renards) du Wisconsin. Ces campagnes d'extermination exceptionnelles en Nouvelle-France sont, encore une fois, à rapprocher du massacre des Pequots par les Anglais41. La révolte des Natchez, matée radicalement par le gouverneur de Louisiane Étienne de Perier, est probablement l'événement le plus connu, mais la dernière « guerre » contre les Renards, parfois qualifiée de génocide, a une particularité : le gouverneur général Charles de La Boische fut informé, deux ans auparavant, que le roi Louis XV croyait en la nécessité de détruire la nation des Renards ; peu après le principal massacre, il renvoya en France une lettre triomphante42.<br class='autobr' /> Durant la conquête du Désert en Argentine, la campagne menée entre 1879 et 1881 par le général Julio Argentino Roca en vue de soumettre les Mapuches qui vivent dans le sud du pays et refusent, parfois violemment, d'être assimilés, entraîne des abus haineux meurtriers de la part des militaires. Peu de chercheurs approuvent la revendication récente de certains Mapuches qui voient dans ces actes un génocide. Mais, par exemple, au sein de la théorie du génocide comme pratique sociale de Daniel Feierstein, la qualification de génocide se justifie même quand le but du crime est de constituer une grande nation à laquelle le groupe humain jadis visé pourra finalement appartenir43.<br class='autobr' /> Extermination des Selknam : Dans les années 1880, des chercheurs d'or et des éleveurs de moutons européens colonisent la Terre de Feu. Le gouvernement colonial chilien — tout comme son homologue argentin — entend chasser les Selknams afin de « civiliser » le territoire, d'accorder des propriétés aux éleveurs. S'ensuit une période de violences et de déplacements forcés. Estimant que leurs biens sont menacés, ou parfois par simple jeu, des éleveurs engagent des mercenaires pour assassiner les indigènes, ils les tirent au fusil ou leur envoient des chiens dressés à tuer ; en 1896, ils sont assistés de six soldats envoyés à leur demande pour mater les rébellions. Un gouverneur local juge la méchanceté gratuite et les meurtres infondés et soutient l'initiative de missionnaires d'envoyer les Selknam à l'île de Dawson44. La population selknam, répartie à peu près équitablement en Chili et Argentine, passe de 3 500 ou 4 000 individus en 1880 à 500 en 1905. Les survivants, dans un premier temps concentrés dans des réserves et frappés par des maladies, s'éteignent au cours du XXe siècle45. « Extermination » est le terme souvent employé par les universitaires pour qualifier ces actions contre les Selknams, mais « génocide » est parfois rencontré[réf. nécessaire] étant donné que la responsabilité des autorités coloniales est grandeNote 8.<br class='autobr' /> En 1982 et 1983, la dictature du général Efraín Ríos Montt intensifie la guerre civile guatémaltèque : armée et milices, qui recrutent parmi toutes les ethnies du pays et enrôlent donc des indigènes, rasent des villages entiers et massacrent, souvent avec une cruauté extrême (démembrements, viols, enfants frappés à mort), les « ennemis intérieurs », des dizaines de milliers de civils majoritairement mayas, suspectés ou non de supporter la guérilla, mouvement insurrectionnel marxiste qui recrute principalement parmi les Amérindiens et se livre à des massacres largement moins nombreux46,47. Dans leur ensemble, les crimes de Ríos Montt constituent aux yeux de nombreux observateurs un politicide davantage qu'un génocide : l'appartenance à une ethnie n'apparaît pas comme la principale raison des meurtres collectifs46. Mais un procès est intenté contre l'ancien dictateur, qui est condamné le 10 mai 2013, dans son propre pays, pour divers crimes dont le génocide de 1771 Mayas ixils. Selon Reed Brody, conseiller juridique de Human Rights Watch, les preuves montrent bien l'intention de détruire ces Ixils comme tels, et ces personnes précises (et peut-être d'autres) sont les victimes d'un génocide46. La décision du tribunal est cependant cassée par la Cour constitutionnelle du Guatemala pour vices de forme ; le procès reprend en 201548 mais le décès de Ríos Montt en 2018 le laisse inachevé.</p>
<p>La question du « génocide amérindien »</p>
<p>La violence des actes de génocide se prolonge dans le déni exprimé aux survivants. Le mal-être parfois mortifère de nombreux descendants de natifs, qui se restructurent autour des idées floues de génocide et d'holocauste, est analysé comme une séquelle d'événements honteux mal assimilés par les sociétés américaines49. L'insuffisante reconnaissance politique des injustices du colonialisme et de l'ethnocide poursuivi jusque dans l'ère post-coloniale entraîne, à partir des années 1970, un suremploi du terme « génocide » dans le discours des partisans de l'indigénisme et de l'indianité, et même un « envahissement de l'analyse scientifique par la mémoire », écrit l'américaniste Frédéric Dorel50.</p>
<p>La controverse dite du génocide indien ou amérindien, très vivante dans les années 1990 aux États-Unis, intéresse l'historiographie touchant, d'une part, le dépeuplement amérindien, et d'autre part le « phénomène meurtrier », processus qui amena à plusieurs reprises, dans toutes les Amériques, la population d'immigration et la population autochtone à se dresser l'une contre l'autre, jusqu'aux débordements génocidaires de soldats ou de gouvernants ayant perdu toute mesure. Même la thèse d'un génocide indien sur l'ensemble du continent, pourtant rejetée par l'essentiel des historiens et dénoncée pour ses possibles effets pervers, est susceptible de modifier les études dans tous ces domaines et de faire avancer ou reculer la reconnaissance des exterminations et autres crimes3.<br class='autobr' />
Le prélude de la controverse</p>
<p>Pendant plusieurs siècles, les acteurs, les témoins, puis les historiens du dépeuplement amérindien, incapables de l'expliquer correctement, invoquent la plupart du temps deux thèses qui tarent les indigènes et exonèrent les colons : d'abord la thèse providentialiste par laquelle les puritains fondent la doctrine de la volonté divine d'une extinction ; et plus tard une thèse qui sécularise la première en s'appuyant sur les progrès de l'humanité et le néo-darwinisme51. Parallèlement se répand dans le monde la légende noire espagnole, qui exagère les sévices infligés aux « bons sauvages » par des conquistadors cupides. De nos jours encore, ces théories et représentations persistent chez de nombreux non-spécialistes.</p>
<p>À partir des années 1960, alors que la méthodologie scientifique a considérablement évolué et que la majorité des ethno-historiens, délaissant toute forme de négationnisme, reconnaissent et analysent le phénomène meurtrier mais aussi les premiers contacts amicaux, fructueux entre Indiens et Européens jusqu'à l'acculturation mutuelle et même le métissage, le débat sur la démographie précolombienne s'installe, avec sa dimension épidémiologique51. Dans les années 1970 et 1980 aux États-Unis, l'idée effrayante de holocaust (un francophone dirait plus volontiers hécatombe) fait ponctuellement son apparition, aussi bien dans le célèbre récit historique de Dee Brown, Bury My Heart at Wounded Knee, que dans quelques publications scientifiques49. Ainsi l'anthropologue Russell Thornton (en) nomme holocaust l'effondrement démographique amérindien principalement dû, comme l'expliquaient avant lui d'autres chercheurs, à des destructions physiques qui, pour la plupart, ont des causes naturelles (les maladies involontairement importées d'Europe). Thornton évoque aussi longuement les actes de génocide et l'ethnocide, ainsi que le repeuplement amérindien52.</p>
<p>Durant cette période, la formule « génocide indien », association d'idées de militants, est raillée dans des cercles conservateurs américains, et n'est prise au sérieux par aucun spécialiste. Cependant, des glissements de sens sont observables dans les travaux de certains intellectuels, y compris en dehors des États-Unis. Par exemple, en 1982, dans La Conquête de l'Amérique, livre de morale qui n'est pas à proprement parler une étude historique53,54, Tzvetan Todorov présente ainsi l'hécatombe de dizaines de millions d'indigènes, en Amérique latine principalement, au XVIe siècle : « Si le mot génocide s'est jamais appliqué avec précision à un cas, c'est bien à celui-là. C'est un record, me semble-t-il, non seulement en termes relatifs (une destruction de l'ordre de 90 % et plus), mais aussi absolus, puisqu'on parle d'une diminution de la population estimée à 70 millions d'êtres humains. Aucun des grands massacres du vingtième siècle ne peut être comparé à cette hécatombe55,Note 9. » D'après le sémiologue français, les conquistadors sont plus ou moins responsables selon les causes (il distingue le meurtre direct, les mauvais traitements et le choc microbien), et c'est pourquoi, malgré les objections qu'il anticipe, il s'autorise à parler de « génocide » avec assurance, et néanmoins ambiguïté, laquelle sera, en même temps que sa courte (non-)comparaison avec les tragédies du XXe siècle, instrumentalisée plus tard par les théoriciens du génocide-holocauste continental56.</p>
<p>Autre exemple : le politologue Lyman Legters explique que le gouvernement des États-Unis pouvait difficilement ignorer les mortifications et les décès causés par le « génocide culturel » (ethnocide) qu'il imposait aux descendants des Américains natifs, qui dans leur douleur manifeste ont raison de penser qu'ils sont victimes d'un génocide57. Legters affirme qu'il utilise « génocide » dans son sens premier juridique ; il interprète malgré tout la définition49. Ainsi le concept de génocide, pris au départ dans sa vraie signification, s'étire et devient le temps d'une phrase ou deux épuration, massacre, ethnocide, populicide, esclavagisme ou encore hécatombe. D'autres mots peuvent subir le même sort. Selon l'ethno-historien James Axtell (en), qui s'est penché sur ce problème de « langues fourchues » dans le contexte parfois tendu des justes revendications des droits des Amérindiens, il arrive que des universitaires emploient sans rigueur un vocabulaire chargé idéologiquement et capable de déformer les faits58.<br class='autobr' />
Un génocide aux proportions continentales ?</p>
<p>Le philosophe David Stannard (en), professeur d'études américaines à Hawaï, affilié à la Société américaine d'histoire, publie en 1992, année du 500e anniversaire de la découverte de l'Amérique par Colomb, un essai au titre provocateur : American Holocaust : The Conquest of the New World. Ce lecteur de Todorov, mais aussi de Thornton entre autres, donne à leurs concepts d'holocauste et de génocide le même sens et estime que la destruction de dizaines de millions d'Indiens des Amériques, y compris par des maladies, fut de loin le plus grand génocide de l'histoire59. Pour justifier cette audace, il essaie de montrer que les épidémies, non réfléchies, et les maltraitances et tueries, réfléchies par les conquérants, ont agi dès le premier contact entre l'Ancien et le Nouveau Monde et tout au long des siècles suivants comme deux forces, non pas complémentaires comme le pensent la majorité des historiens, mais interdépendantes, dévastant progressivement les populations indigènes59. Dans certains cas où microbes et virus ont contribué à réduire les possibilités de résistance de celles-ci, Stannard va jusqu'à suggérer que les Européens manipulaient intentionnellement la morbidité60. Notons que l'idée, étirée à l'extrême, d'un génocide faisant des victimes voulues par les meurtriers et des victimes non voulues incite ce chercheur à ranger la traite négrière atlantique dans cette catégorie61.</p>
<p>Succès commercial, American Holocaust est un pavé dans la mare qui éclipse rapidement les autres travaux de son auteur. Certains journalistes et commentateurs y voient un discours engagé fascinant, une réaction presque salutaire à certaines études qui éviteraient les mots fâcheux et décriraient le phénomène meurtrier sous un angle encore trop favorable aux colons62. Pourtant, à la même période, l'anthropologue Gananath Obeyesekere, qui décrit le contact Européens-Indiens en critiquant les approches de Todorov63, le politologue Rudolph Rummel, qui trouve matière à réflexion chez Stannard sans pour autant accepter son concept de génocide64, et d'autres chercheurs publient des travaux qui relativisent American Holocaust. L'historien Richard White (en) répond à Stannard que des cas isolés de génocide ne rendent pas génocidaire toute la politique à l'égard des natifs65. Thornton lui-même juge que le livre fait oublier que les naissances, les décès et les migrations modifient la taille d'une population66. Des analyses plus récentes soulignent les inexactitudes et les biais méthodologiques d'un livre militant qui échoue à convaincre les spécialistes mais encourage tout de même quelques universitaires, parmi lesquels le militant marxiste cherokee Ward Churchill (en)67.</p>
<p>En France, l'avocate d'origine colombienne Rosa Amelia Plumelle-Uribe expose, à propos du génocide indien, des théories proches de celles de Churchill et voit aussi ce qu'elle appelle la « férocité blanche » (c'est-à-dire des suprémacistes blancs) à l'œuvre dans la traite négrière et dans la Shoah68. Il est difficile de savoir si les idées de vaste génocide séduisent beaucoup, en dehors des États-Unis, les personnes préoccupées par le sort des Amérindiens ou de leur culture. Jacques Chirac, alors président de la République française, a explicitement parlé en 2005, dans une conversation privée avec un journaliste, de l'existence — selon lui — d'un génocide amérindien qui aurait été perpétré après les conquêtes espagnoles au XVIe siècle : « Après l'arrivée des hordes hispaniques en Amérique, c'est un des plus grands génocides de l'histoire de l'humanité, qui a été perpétré : 80 millions d'Amérindiens massacrés en un peu plus de cinquante ans, du Mexique à la Terre de Feu, voilà le travail ! Tout ça, au nom de l'or et de la prétendue supériorité de notre religion ! »69,Note 9.<br class='autobr' />
L'analyse historique et sociologique aujourd'hui</p>
<p>Pour Élise Marienstras, spécialiste de l'historiographie touchant les rapports entre populations d'immigration et populations autochtones, envisager la thèse d'un génocide ou de génocides en Amérique nécessite de s'appuyer sur des données démographiques, lesquelles ont été corrigées au cours du XXe siècle. Les théoriciens du génocide continental ne proposant pas les résultats d'une recherche conventionnelle en histoire, leur démarche est contestée par beaucoup. Une des raisons tient aux défauts du procédé utilisé pour qualifier ce « génocide »56 :</p>
<p> dessiner une continuité entre la conquête de Colomb et celle des Français et des Anglais ;<br class='autobr' /> opérer par citations sorties de leur contexte, tronquées ou interprétées ;<br class='autobr' /> extrapoler le désir ultime des colons d'effacer l'Indien de la surface du globe ;<br class='autobr' /> mêler dans la même phrase les causes biologiques de la dépopulation et les massacres ;<br class='autobr' /> avancer sans preuve des faits dont on n'a qu'une connaissance partielle (comme ceux relatifs à la « guerre biologique » qu'auraient menée les Anglais).</p>
<p>Une autre raison est que ces auteurs qui trouvent les mêmes mobiles génocidaires dans la morbidité, l'esclavagisme, les guerres, les déportations, la déculturation ou encore la destruction des ressources (bisons, récoltes) et gonflent ainsi le nombre des victimes, cèdent ensuite à la concurrence des mémoires, s'invitent dans la controverse sur la singularité du génocide juif commis par les nazis, et tiennent alors des « raisonnements à la fois contradictoires, confus et fallacieux par abus d'anachronisme ou de comparaisons impossibles ». Dans ce contexte, lorsqu'ils taxent leurs opposants d'un négationnisme qui perpétue la violence raciste des anciens colons, le risque est ensuite un déplacement absurde et pervers de la responsabilité du malheur des Amérindiens sur la communauté juive56. L'historien Anson Rabinbach estime lui aussi que les joutes sur fond de concurrence victimaire, qui opposent des « exclusivistes » (qui excluent les drames américains du domaine du génocide et défendent l'unicité de la Shoah) aux « inclusivistes » tels que Stannard, ont tendance à obscurcir le débat scientifique70.</p>
<p>Beaucoup d'Amérindiens à la recherche de leur identité, ainsi que de nombreux militants, adoptent aujourd'hui des théories plus légères que celle de Stannard : ils rangent dans le « génocide » les torts que les colons ont causés, et n'y mêlent pas le choc bactériologique qui a ravagé les Amériques. En outre, ils s'efforcent de refuser les comparaisons déraisonnables avec les génocides du XXe siècle. Frédéric Dorel estime néanmoins que ces personnes fragilisées, parfois victimes d'une propagande anti-américaine qui obscurcit les aspects de la colonisation, finissent par se méfier des études historiques méthodiques : « un voile affectif réprime l'observation rationnelle et semble autoriser les descendants d'une communauté opprimée à dénoncer les travaux des chercheurs au nom du martyre enduré, dans une forme de compétition, de guerre de la mémoire et de la souffrance entre une position indigéniste et une position scientifique ». Dorel déplore cette attitude qui n'est pas du tout à la hauteur de la cause qu'ils défendent50.</p>
<p>Alfred Cave (en) estime que les approches de Churchill et de Stannard, bien qu'extrêmes, ne sont pas extérieures au débat scientifique ; il délaisse cependant l'expression « génocide indien » et regroupe dans celle de « génocide en Amériques » différents actes génocidaires et exterminations commanditées par une haute autorité, visant la plupart du temps une ou des tribus spécifiques ; il montre aussi que le racisme anti-indien était répandu chez les colons71. Les travaux récents des historiens témoignent que la controverse du « génocide amérindien », si tant est qu'elle soit bien nommée, n'est pas éteinte. D'ailleurs l'historien Benjamin Madley écrit en 2015 que le débat continue, non seulement pour qualifier des massacres particuliers, mais aussi pour savoir si le colonialisme, la guerre et les maladies ont pu se combiner jusqu'à donner un aspect génocidaire au désastre démographique. Comme la plupart des spécialistes, Madley prône un retour aux études, méthodiques et dépassionnées, de cas restreints tels que la guerre des Pequots ou l'extermination des Indiens de Californie72.<br class='autobr' />
Reconnaissance politique</p>
<p>Une prise de conscience est née dans les années 1970, dans le sillage du mouvement des droits civiques aux États-Unis. Souvent, la lutte des descendants de natifs et des activistes sensibles à leur cause ne fait pas de distinction entre Amériques du Nord, Centrale et du SudNote 10. Les politiciens américains remarquent l'apparition du mot « génocide » dans la littérature, de la plus militante et passionnée à la plus méthodique et savante. En 1992, alors qu'on célèbre l'anniversaire de la découverte de l'Amérique, Lynne Cheney, alors directrice du National Endowment for the Humanities, importante organisation chargée de promouvoir la culture et l'éducation, décide de rejeter tout texte qui comprendra le mot, un refus conforme aux vues du gouvernement républicain de l'époque ; mais la gauche libérale se méfie elle aussi du mot73.</p>
<p>Le 8 septembre 2000 sont célébrés les 175 ans du Bureau des affaires indiennes au secrétariat de l'Intérieur des États-Unis. Le directeur du Bureau, Kevin Gover, un Indien Pawnee, présente les excuses de son administration pour « le racisme et les actes inhumains commis dans le passé » et promet de réparer les torts, dont ceux de « l'épuration ethnique par la propagation délibérée d'épidémies, la destruction des troupeaux de bisons [...], et le meurtre lâche de femmes et d'enfants »74. En 2004, des sénateurs proposent que soient reconnus les déprédations, les violations de traités, les déplacements forcés dans les réserves, les politiques injustes dont le gouvernement fédéral est responsable, mais aussi les affrontements armés sanglants et les massacres, ainsi que les actes violents commis par des citoyens américains contre des natifs. Ce n'est qu'en 2009 que les excuses de la nation sont signées, par le président Barack Obama, bien que ces excuses, notamment, rendent implicites les massacres commis par des militaires et les déplacements forcés75. Le mot « génocide » n'est prononcé à aucun moment, écrit à aucun endroit.</p>
<p>Selon Benjamin Madley, si certains politiciens craignent les conséquences de la reconnaissance d'un génocide, il faut aussi blâmer le débat historique qui n'a pas trouvé d'issue75. Cependant, Robert Przeklasa, chercheur au Centre pour les nations natives de Californie, considère en 2015, un an avant la sortie du livre de Madley An American Genocide, que le déni est scandaleux dans les cas les plus assurés : « Des universitaires ont démontré avec force que le département d'État à l'éducation de Californie est dans l'erreur quand le bureau déclare que les événements entourant la ruée vers l'or en Californie n'étaient pas un génocide. Depuis trop longtemps, le département d'État a ignoré la recherche et fourni à des millions d'écoliers sur plusieurs générations une information trompeuse sur cette période en taisant le génocide. »76 En juin 2019, le gouverneur démocrate de Californie Gavin Newsom présente des excuses devant des représentants des peuples natifs, en déclarant notamment : « C'était un génocide. Il n'y a pas d'autre façon de le décrire. Et cela doit être décrit ainsi dans les livres d'histoire. » Après avoir entendu des témoignages, un « Truth and Healing Council » clarifiera le dossier historique sur la relation entre l'État et les Amérindiens de Californie77,78. Selon Jessica Wolf, agent des relations avec les médias à l'UCLA, le prédécesseur de Newsom, Jerry Brown, fut néanmoins le premier à apprécier le livre de Madley et à évoquer publiquement le génocide79.</p>
<p>L'extermination des Selknams et les meurtres de membres d'une autre peuplade tehuelche, les Aonikenks, sont qualifiés de génocide en 2003 par une commission instituée par le gouvernement chilien : cette « Commission pour la vérité historique et un nouveau traitement des peuples indigènes » demande au gouvernement de prendre des dispositions afin d'éviter que de tels agissements se reproduisent. En 2007, le comité de l'éducation du Sénat chilien propose l'adoption d'une loi reconnaissant officiellement le génocide45,80.</p>
<p>Le 13 mai 2013, Navi Pillay, alors haut-commissaire des Nations unies pour les droits de l'homme, a salué la condamnation de l'ancien dictateur guatémaltèque Efraín Ríos Montt : « Le Guatemala écrit l'histoire, en devenant le premier pays au monde où un ancien chef d'État est condamné pour génocide par une juridiction nationale »46.<br class='autobr' />
Muséographie<br class='autobr' />
Le musée du génocide amérindien</p>
<p>Le musée du génocide amérindien (en) est situé dans la ville de Houston au Texas, État où la persécution des Indiens fut grande. Il se donne pour mission de « mettre en lumière la vérité historique en ayant recours à une pédagogie fondée sur la documentation actuelle à propos des événements liés à la quasi extermination ou, dans certains cas, l'extermination totale de tribus et de cultures natives. C'est un monument commémoratif dédié aux victimes du nettoyage ethnique81. » Le musée possède entre autres une trace écrite, sur les registres comptables de Fort Pitt, d'un don de couvertures infectées par le virus de la variole, destiné à des membres de la tribu des Delawares82.<br class='autobr' />
Autre musée</p>
<p>Le National Museum of the American Indian, créé en 2004 à Washington, est une des principales institutions consacrées à la culture amérindienne, et porte également à la connaissance du public l'oppression dont ces peuples ont été victimes de la part des Européens et des Américains. Dans un article intitulé « La représentation muséale des génocides », R. Greenberg écrit : « Au NMAI [National Museum of the American Indian], les tragédies vécues par les autochtones après le contact sont racontées et commémorées, mais l'accent est placé sur l'enseignement des coutumes et des langues indiennes aux jeunes, l'adaptation à la société contemporaine et la lutte pour l'équité […]. Le musée baigne dans le passé, mais celui-ci est présenté comme une force positive de l'identité autochtone contemporaine83. »<br class='autobr' />
Cas des peuples de l'Arctique</p>
<p>Les cas des peuples de l'Arctique (Inuits, etc.) est particulier dans la mesure où ils ont été mêlés à l'arrivée des Européens, et parfois rapprochés des Amérindiens pour cette raison historique84, mais en négligeant les différences de taille que :</p>
<p> il y a une encore plus grande unité ethnique et culturelle85 ;<br class='autobr' /> il n'y a jamais eu de conflit armé avec les peuples européens ;<br class='autobr' /> ils existent aussi en Eurasie, avec une situation politique très différente ;<br class='autobr' /> ils subissent en revanche tous une lente pression sur leur mode de vie ;<br class='autobr' /> toutefois, leur habitat demeure relativement protégé dû aux conditions climatiques extrêmes.</p>
<p>Malgré tout, on constate les mêmes symptômes sociologiques : toxicomanie86, assistanat87, disparition des valeurs culturelles88.<br class='autobr' />
Bibliographie</p>
<p> Roxanne Dunbar-Ortiz (trad. de l'anglais par Pascal Ménoret), Contre-histoire des États-Unis [« An Indigenous Peoples' History of the United States »], Marseille, Wildproject, coll. « Le Monde qui vient », 2018 (original 2014), 323 p. (ISBN 978-2-918490-68-5 et 2-918490-68-7).<br class='autobr' /> (en) Norman M. Naimark, Genocide : A World History, New York, Oxford University Press, coll. « New Oxford World History », 2017, 192 p. (ISBN 978-0-19-976526-3, lire en ligne [archive]), chap. 3 et 4. Document utilisé pour la rédaction de l'article<br class='autobr' /> (en) Benjamin Madley, An American Genocide : The United States and the California Indian Catastrophe, 1846-1873, Yale University Press, coll. « The Lamar Series in Western History », 2016, 712 p. (ISBN 978-0-300-18136-4, lire en ligne [archive]). Document utilisé pour la rédaction de l'article<br class='autobr' /> (en) Benjamin Madley, « Reexamining the American Genocide Debate : Meaning, Historiography, and New Methods », The American Historical Review, no 120:1, février 2015, p. 98-139 (lire en ligne [archive]). Document utilisé pour la rédaction de l'article<br class='autobr' /> (en) Alexander Laban Hinton, Andrew Woolford et Jeff Benvenuto, Colonial Genocide in Indigenous North America, Duke University Press, 2014, 360 p. (ISBN 978-0822357797).<br class='autobr' /> (en) Brenden Rensink, « Genocide of Native Americans : Historical Facts and Historiographic Debates », dans Samuel Totten et Robert K. Hitchcock, Genocide of Indigenous Peoples, « Genocide : A Critical Bibliographic Review » vol. 8, Transaction Publishers, 2011, p. 15-36.<br class='autobr' /> (en) Donald Bloxham et A. Dirk Moses (dir.), The Oxford Handbook of Genocide Studies, Oxford, Oxford University Press, 2010, 696 p. (ISBN 978-0-19-923211-6, lire en ligne [archive]), chap. 15 et 16. Document utilisé pour la rédaction de l'article<br class='autobr' /> Pierre Chaunu, Conquête et exploitation des nouveaux mondes, Paris, PUF, coll. « Nouvelle Clio », 2010, 6e éd. (1re éd. 1969), 445 p. (ISBN 978-2130582465).<br class='autobr' /> (en) Alfred A. Cave, « Genocide in the Americas », dans Dan Stone (éd.), The Historiography of Genocide, Palgrave Macmillan, 2008, p. 273-296. Document utilisé pour la rédaction de l'article<br class='autobr' /> (en) Ben Kiernan, Blood and Soil : A World History of Genocide and Extermination from Sparta to Darfur, New Haven, Yale University Press, 2007, 724 p. (ISBN 978-0-300-10098-3, lire en ligne [archive]), chap. 2, 6 et 8. Document utilisé pour la rédaction de l'article<br class='autobr' /> Christian Duverger, « Espagnols-Indiens : le choc des civilisations », L'Histoire, no 322, juillet-août 2007, p. 14-21. Document utilisé pour la rédaction de l'article<br class='autobr' /> Frédéric Dorel, « La thèse du « génocide indien » : guerre de position entre science et mémoire », Amnis, revue de civilisation contemporaine Europe/Amérique, no 6, 1er septembre 2006 (lire en ligne [archive], consulté le 1er août 2015). Document utilisé pour la rédaction de l'article<br class='autobr' /> Élise Marienstras, « Guerres, massacres ou génocides ? Réflexions historiographiques sur la question du génocide des Amérindiens », dans David El Kenz (dir.), Le Massacre, objet d'histoire, Gallimard, coll. « Folio histoire », 2005 (ISBN 978-2070306626), p. 275-302. Document utilisé pour la rédaction de l'article<br class='autobr' /> Pap Ndiaye, « L'extermination des Indiens d'Amérique du Nord », dans Marc Ferro (dir.), Le Livre noir du colonialisme (XVIe – XXIe siècle). De l'extermination à la repentance, Paris, Robert Laffont, 2003, p. 53-68.<br class='autobr' /> (en) George Raudzens (éd.), Technology, Disease and Colonial Conquests, Sixteenth to Eighteenth Centuries : Essays Reappraising the Guns and Germs Theories, « History of Warfare » vol. 2, Brill Academic Publishers, 2001, 304 p. (ISBN 978-90-04-11745-7). Document utilisé pour la rédaction de l'article<br class='autobr' /> (en) Noble David Cook, Born to Die : Disease and New World Conquest, 1492–1650, Cambridge, Cambridge University Press, 1998, 264 p. (ISBN 978-0-521-62208-0).<br class='autobr' /> (en) David Stannard, American Holocaust : The Conquest of the New World, Oxford University Press, 1992. Document utilisé pour la rédaction de l'article<br class='autobr' /> (en) Russell Thornton, American Indian Holocaust and Survival : A Population History since 1492, Norman, University of Oklahoma Press, 1990 (1re éd. 1987), 312 p. (ISBN 978-0806122205, lire en ligne [archive]). Document utilisé pour la rédaction de l'article</p>
<p>Notes et références<br class='autobr' />
Notes</p>
<p>Cette préoccupation est propre aux colons espagnols, selon Noble David Cook.<br class='autobr' />
Beaucoup d'auteurs reproduisent l'estimation « au moins 500 000 » en rappelant que Bartolomé de las Casas évoquait plus d'un million d'habitants, un chiffre que les démographes ne tiennent plus pour fiable.<br class='autobr' />
Marienstras, par exemple, retient pour son analyse des grands dépeuplements américains sous le joug colonial le jugement plus général d'Yves Ternon, spécialiste des génocides, dans L'État criminel. Les Génocides au XXe siècle, Seuil, 1995, p. 79 : « La catégorie du génocide n'est pas celle du maximum ; ce ne sont ni le nombre de victimes ni le degré de cruauté dans les pratiques de mise à mort qui désignent comme tel un meurtre collectif, mais le caractère voulu et planifié de ce meurtre et l'identité des victimes. »<br class='autobr' />
Kiernan emploie le mot « génocide » dans le sens donné dans la section précédente de cet article : ce génocide mexicain ou mexica est essentiellement le résultat d'actes non programmés par un État ni motivés par la destruction elle-même ; la société aztèque, comprise par les conquistadors comme une collectivité inférieure, fut intentionnellement détruite jusqu'en son centre biologique, politique et culturel afin que la large population survivante, terrorisée et soumise, rende l'Espagne plus riche.<br class='autobr' />
Les Tlaxcaltèques, notamment, ont échappé à l'encomienda. Les partisans de cette forme d'esclavage firent entendre leur avis encore longtemps ; au Chili, elle ne fut définitivement abolie qu'en 1791.<br class='autobr' />
Même Steven Katz, un auteur opposé à la qualification génocidaire, ne nie pas la pertinence d'une comparaison.<br class='autobr' />
Les méthodes des différents acteurs de la controverse du génocide indien ou bien des débats sur des crimes particuliers tels que le massacre des Pequots sont résumées, par exemple, par Alfred Cave (2008), Brenden Rensink (2011) ou encore Benjamin Madley (2015).<br class='autobr' />
Par exemple, l'anthropologue Jean Jackson utilise indistinctement les deux mots dans ses comptes rendus des célèbres travaux d'Anne Chapman sur les Selknams[réf. nécessaire].<br class='autobr' />
Les chiffres de 70 ou 80 millions de morts sont des exagérations : ils ont bien leur origine dans des travaux démographiques des années 1960, 70 et 80 mais, d'une part, ce sont des travaux parmi d'autres et aujourd'hui la plupart des spécialistes évoquent des chiffres réduits de moitié, et d'autre part une diminution de la population en valeur absolue n'est pas simplement un « nombre de morts », encore moins un « nombre de massacrés ». Voir Cook 1998.</p>
<p> Le Comité de solidarité avec les Indiens des Amériques [archive], créé en 1978 sur la demande de représentants indiens des États-Unis, est une association loi 1901 qui s'efforce de faire connaître et de soutenir les peuples autochtones de toutes les Amériques.</p>
<p>Références</p>
<p>1 (en) Michael A. McDonnell et A. Dirk Moses, « Raphael Lemkin as Historian of Genocide in the Americas », Journal of Genocide Research, vol. 7, no 4, 2005, p. 501-529.</p>
<p>2 Norman Naimark, cité dans (en) Ben Kiernan, « Blood and Soil », The American Historical Review, vol. 113, no 3, juin 2008, p. 773.</p>
<p>3 Marienstras 2005.</p>
<p>4 Raudzens 2001, p. 41-42.</p>
<p>5 Yves Benot, La Modernité de l'esclavage : Essai sur la servitude au cœur du capitalisme, La Découverte, coll. « Textes à l'appui / Histoire contemporaine », 2003, chap. 6, p. 90-98.</p>
<p>6 Naimark 2017, p. 38-39.</p>
<p>7 (en) Karen Anderson Córdova, Hispaniola and Puerto Rico : Indian Acculturation and Heterogeneity, 1492–1550, thèse de doctorat, Ann Arbor, Michigan, University Microfilms International, 1990.</p>
<p>8 Duverger 2007.</p>
<p>9 (en) « Puerto Rico » [archive], sur Genocide Studies Program, l'université Yale.</p>
<p>10 Kiernan 2007, introduction.</p>
<p>11 Kiernan 2007, chap. 2.</p>
<p>12 (en) Alexander Laban Hinton, « Critical Genocide Studies », Genocide Studies and Prevention : An International Journal, vol. 7, no 1, avril 2012, p. 4-15 (lire en ligne [archive]).</p>
<p>13 Kiernan 2007, p. 81.</p>
<p>14 Extrait de la lettre de Núñez de Balboa au roi Ferdinand du 20 janvier 1513, trad. Paul Gaffarel, Núñez de Balboa : La Première Traversée de l'Isthme américain, Paris, Librairie de la Société bibliographique, 1882, p. 52.</p>
<p>15 Naimark 2017, p. 36.</p>
<p>16 Yves Benot, La Modernité de l'esclavage : Essai sur la servitude au cœur du capitalisme, La Découverte, coll. « Textes à l'appui / Histoire contemporaine », 2003, chap. 6, section « Effets de la conquête de la terre ferme par les Espagnols ».</p>
<p>17 Vincent Grégoire, « La conquête du Mexique entre la panique et l'audace », Sens-Dessous, no 15, 2015, p. 65-75 (lire en ligne [archive], consulté le 28 août 2020).</p>
<p>18 Kiernan 2007, p. 73-74.</p>
<p>19 Kiernan 2007, p. 96.</p>
<p>20 Naimark 2017, p. 44.</p>
<p>21 Naimark 2017, p. 47.</p>
<p>22 Nicholas A. Robins, « Colonial Latin America », dans Bloxham et Moses 2010, p. 307-308.</p>
<p>23 Alain Brossat, « Métissage culturel, différend et disparition », Lignes, vol. 3, no 6, 2001, p. 42 (lire en ligne [archive]).</p>
<p>24 Marienstras 2005, p. 292.</p>
<p>25 (en) Steven T. Katz, « The Pequot War Reconsidered », The New England Quarterly, vol. 64, no 2, juin 1991, p. 206-224.</p>
<p>26 Madley 2015, p. 120.</p>
<p>27 Marienstras 2005, p. 301-302.</p>
<p>28 Marienstras 2005, p. 289-290.</p>
<p>29 Naimark 2017, p. 56.</p>
<p>30 Kiernan 2007, chap. 8.</p>
<p>31 Cave 2008, p. 285.</p>
<p>32 Peter H. Burnett, « Governor's Annual Message to the Legislature, January 7, 1851 », dans Journals of the Senate and Assembly of the State of California, at the Second Session of the Legislature, 1851-1852, San Francisco, G. K. Fitch & Co. et V. E. Geiger & Co., State Printers, 1852, p. 15.</p>
<p>33 (en) Benjamin Madley, « Genocide in the Golden State : a response to reviews by William Bauer, Jr., Margaret Jacobs, Karl Jacoby and Jeffrey Ostler », Journal of Genocide Research, no 19:1, 2017, p. 154-163.</p>
<p>34 (en) Richard White, « Naming America's Own Genocide », The Nation, vol. 303, nos 11-12, 2016, p. 30 (lire en ligne [archive], consulté le 19 août 2020).</p>
<p>35 Madley 2016, p. 3.</p>
<p>36 Naimark 2017, p. 56-60.</p>
<p>37 (en) Benjamin Madley, « California's Yuki Indians : Defining Genocide in Native American History », Western Historical Quarterly, vol. 39, no 3, 2008, p. 303-332.</p>
<p>38 (en) Alan Taylor, « An American Genocide, by Benjamin Madley », The New York Times, 27 mai 2016 (lire en ligne [archive], consulté le 1er août 2020).</p>
<p>39 Denys Delâge, Le Pays renversé : Amérindiens et Européens en Amérique du Nord-Est, 1600-1664, Montréal, Éditions du Boréal, 1991, 416 p. (ISBN 978-2890523708), chap. 4.</p>
<p>40 (en) Roger Carpenter, « Making War More Lethal : Iroquois vs. Huron in the Great Lakes Region, 1609 to 1650 », Michigan Historical Review, vol. 27, no 2, 2001, p. 33-51.</p>
<p>41 (en) James Axtell, Beyond 1492 : Encounters in Colonial North America, New York, Oxford University Press, 1992, p. 261.</p>
<p>42 Stephen Jay Fohl, The French and Indian Wars : New France's Situational Indian Policies During the Fox and Natchez Conflicts, 1701-1732 [archive], thèse de maîtrise des arts, Eastern Kentucky University, 2012, p. 23-26.</p>
<p>43 (es) Daniel Feierstein et Pablo Scatizza, « “La dictadura se propuso transformar a toda la sociedad” », 8300 web, 30 juin 2009 (lire en ligne [archive]).</p>
<p>44 (es) Comisionado Presidencial para Asuntos Indígenas, Informe Comisión Verdad Histórica y Nuevo Trato con les pueblos indígenas, 16 octobre 2008, 684 p. (lire en ligne [archive] [PDF]), p. 486-502.</p>
<p>45 (en) Jérémie Gilbert, Nomadic Peoples and Human Rights, Routledge Research in Human Rights Law, 2014, 272 p. (ISBN 978-1-136-02016-2, lire en ligne [archive]), p. 23-24.</p>
<p>46 Paulo A. Paranagua, « Le génocide des Mayas en débat au Guatemala », Le Monde, 14 mai 2013 (lire en ligne [archive]).</p>
<p>47 « Genocide in the Ixil Triangle [archive] », sur Guatemala Human Rights Commission (consulté le 14 janvier 2019).</p>
<p>48 « Guatemala : l'ex-dictateur Rios Montt sera jugé à huis clos pour génocide », Le Monde, 26 août 2015 (lire en ligne [archive]).</p>
<p>49 (en) Maria Yellow Horse Brave Heart et Lemyra M. DeBruyn, « The American Indian Holocaust : Healing Historical Unresolved Grief », Centers for American Indian and Alaska Native Health, Colorado School of Public Health/University of Colorado Anschutz Medical Campus, vol. 8, no 2, 1998, p. 60-82 (lire en ligne [archive] [PDF]).</p>
<p>50 Dorel 2006.</p>
<p>51 Marienstras 2005, p. 283-284.</p>
<p>52 Thornton 1990.</p>
<p>53 Christian Duverger, « Todorov (Tzvetan) La Conquête de l'Amérique. La Question de l'autre », Archives de Sciences Sociales des Religions, vol. 55, no 2, 1983, p. 283-284 (lire en ligne [archive]).</p>
<p>54 Marianne Mahn-Lot, « Tzvetan Todorov, La Conquête de l'Amérique. La Question de l'autre », Annales, vol. 38, no 6, 1983, p. 1279-1280 (lire en ligne [archive]).</p>
<p>55 Tzvetan Todorov, La Conquête de l'Amérique. La Question de l'autre, Éditions du Seuil, 1982, p. 170.</p>
<p>56 Marienstras 2005, p. 287-288.</p>
<p>57 (en) Lyman Legters, « The American genocide », Policy Studies Journal, vol. 16, no 4, 1988, p. 768-777.</p>
<p>58 (en) James Axtell, After Colombus : Essays in the Ethnohistory of Colonial North America, New York, Oxford University Press, 1988, chap. 2.</p>
<p>59 Stannard 1992, p. x-xii.</p>
<p>60 Marienstras 2005, p. 286.</p>
<p>61 Stannard 1992, p. 151.</p>
<p>62 (en) « American Holocaust : Reviews [archive] », Oxford University Press Canada (consulté le 15 janvier 2019).</p>
<p>63 (en) Gananath Obeyesekere, The Apotheosis of Captain Cook : European Mythmaking in the Pacific, Princeton University Press, 1992.</p>
<p>64 (en) Rudolph Rummel, Death by Government, 1994 (lire en ligne [archive]), chap. 3 (« Pre-Twentieth Century Democide »).</p>
<p>65 (en) Richard White, « Morality and Mortality », The New Republic, 18 janvier 1993, p. 33-35.</p>
<p>66 (en) Russell Thornton, « American Holocaust », Journal of American History, vol. 80, no 4, 1994, p. 1428 (lire en ligne [archive]).</p>
<p>67 (en) Guenter Lewy, « Were American Indians the Victims of Genocide ? », Commentary, septembre 2004 (lire en ligne [archive]).</p>
<p>68 Rosa Amelia Plumelle-Uribe, La Férocité blanche : Des Non-Blancs aux Non-Aryens : Génocides occultés de 1492 à nos jours, Paris, Albin Michel, 2001.</p>
<p>69 Jacques Chirac, cité dans Franz-Olivier Giesbert, La Tragédie du président : Scènes de la vie politique, 1986-2006, Paris, éd. Flammarion, 10 mars 2006, 414 p., 24 cm (ISBN 2-08-068948-7, BNF 40133936), chap. 58 (« Quand les masques tombent »), p. 341.</p>
<p>70 Anson Rabinbach (trad. Claire Drevon), « Raphael Lemkin et le concept de génocide », Revue d'histoire de la Shoah, no 189:2, 2008, p. 511-554 (lire en ligne [archive]).</p>
<p>71 Cave 2008.</p>
<p>72 Madley 2015.</p>
<p>73 Marienstras 2005, p. 285.</p>
<p>74 Marienstras 2005, p. 297.</p>
<p>75 Madley 2015, p. 102-103.</p>
<p>76 Compte rendu du symposium Killing California Indians : Genocide in the Gold Rush Era, 2015, p. 15 (lire en ligne [archive] sur le site de l'université de Californie à Riverside).</p>
<p>77 (en) Jill Cowan, « "It's Called Genocide" : Newsom Apologizes to the State's Native Americans », The New York Times, 19 juin 2019 (lire en ligne [archive], consulté le 1er août 2020).</p>
<p>78 (en) Taryn Luna, « Newsom apologizes for California's history of violence against Native Americans », Los Angeles Times, 18 juin 2019 (lire en ligne [archive], consulté le 1er août 2020).</p>
<p>79 (en) Jessica Wolf, « Revealing the history of genocide against California's Native Americans », UCLA Newsroom, 15 août 2017 (lire en ligne [archive]).</p>
<p>80 Les conclusions et recommandations de la Commission relatives au génocide sont dans ce document [archive], p. 619 (p. 39 du pdf) ; voir aussi Steve Anderson, « Slaughter of Chile's Indigenous Was Genocide, Say Legislators » [archive], The Santiago Times, 27 août 2007.</p>
<p>81 Traduction du début du texte « Mission Statement [archive] », sur le site de l'American Indian Genocide Museum.</p>
<p>82 Brenda Norrell, « Remembering Indian Genocide in Texas » [archive], alternet.org, 23 septembre 2004.</p>
<p>83 Reesa Greenberg, « La représentation muséale des génocides : guérison ou traumatisme réactualisé ? », Gradhiva [en ligne] (Revue d'anthropologie et d'histoire des arts), 5 | 2007, mis en ligne le 15 mai 2010, consulté le 01 août 2015. URL : <a href="http://gradhiva.revues.org/758" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">http://gradhiva.revues.org/758</a> [archive].</p>
<p>84 Les familles amérindiennes d'Amérique du Nord [archive]. Pour une raison de commodité, la famille eskimo-aléoute est classée parmi les « familles amérindiennes », même s'il s'agit d'un cas à part.</p>
<p>85 Les peuples dits "arctiques" (Inuit, Sâmes, Évenks, etc.) [archive] Quoique ces peuples soient répartis sur une surface immense, et que leur nombre soit relativement faible, leurs vêtements, leurs outils, leurs techniques, leur organisation sociale, leurs éléments culturels ont une ressemblance frappante, qu'ils soient originaires de Sibérie, du Nord de l'Europe ou de l'Amérique arctique.</p>
<p>86 Les jeunes autochtones durement touchés par l'alcoolisme et la toxicomanie [archive].<br class='autobr' />
Soutien social et santé chez les Inuits de l'Arctique canadien [archive].</p>
<p>87 Écrire l'inuktitut pour éviter qu'il ne disparaisse ? [archive]</p>
<p>source : <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Actes_de_g%C3%A9nocide_en_Am%C3%A9rique" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Actes_de_g%C3%A9nocide_en_Am%C3%A9rique</a></p></div>
Du nouveau sur l'origine des Amérindiens
https://www.matierevolution.org/spip.php?article8453
https://www.matierevolution.org/spip.php?article84532024-10-19T22:05:00Ztext/htmlfrRobert ParisAmérindiens
<p>Du nouveau sur l'origine des Amérindiens <br class='autobr' />
Il y a 40 ans, les chercheurs pensaient que le peuplement des Amériques avait eu lieu de façon plutôt simple. Les Hommes seraient ainsi arrivés sur le continent par le sud, au cours d'une seule vague de migration 13 000 ans plus tôt. Ce qui coïncidait avec la propagation en Amérique du Nord d'outils en pierre particuliers, fabriqués par le peuple de la culture Clovis. Toutefois, grâce à de nouvelles découvertes archéologiques et à des techniques de (…)</p>
-
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique33" rel="directory">Développement et génétique</a>
/
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot292" rel="tag">Amérindiens</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Du nouveau sur l'origine des Amérindiens</h2>
<p>Il y a 40 ans, les chercheurs pensaient que le peuplement des Amériques avait eu lieu de façon plutôt simple. Les Hommes seraient ainsi arrivés sur le continent par le sud, au cours d'une seule vague de migration 13 000 ans plus tôt. Ce qui coïncidait avec la propagation en Amérique du Nord d'outils en pierre particuliers, fabriqués par le peuple de la culture Clovis.<br class='autobr' />
Toutefois, grâce à de nouvelles découvertes archéologiques et à des techniques de datation plus précises, nous savons désormais que les Hommes de la culture Clovis qui façonnaient ces outils n'étaient pas les premiers Américains. Des fouilles archéologiques sur plusieurs sites d'Amérique du Nord et du Sud ont permis aux chercheurs de prouver de manière convaincante que des peuples antérieurs à cette culture étaient arrivés plusieurs siècles avant l'apparition de ces outils.<br class='autobr' />
L'étude d'ADN ancien fournit des informations supplémentaires concernant cette période de l'Histoire : elle a ainsi révélé la présence de groupes génétiquement différents qui n'ont laissé derrière eux aucune trace physique unique. Toutefois, cela n'offre qu'une vision confuse et éloignée de l'Histoire. Après tout, les premiers Amérindiens n'ont pas traversé le continent en une seule fois. Il s'agissait plutôt de petits groupes de chasseurs-cueilleurs qui vagabondaient à travers la région vivant au jour le jour, ramassant de la nourriture, cherchant des abris, fabriquant des vêtements et des outils et rencontrant d'autres peuples.<br class='autobr' />
« Il est facile de tomber dans le piège de la simplification à outrance de ce qui était probablement un processus extrêmement complexe, en le représentant par des flèches orientées vers le sud », souligne Jennifer Raff.</p>
<p><a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2018/11/nouvelles-revelations-sur-lorigine-des-premiers-americains" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2018/11/nouvelles-revelations-sur-lorigine-des-premiers-americains</a></p>
<p>Les spécialistes ont dans un premier temps pensé25 que l'arrivée des premiers humains en Amérique remontait à 12 000 ans environ. Mais certaines données archéologiques indiquent que le premier peuplement de l'Amérique aurait pu avoir lieu pendant le dernier maximum glaciaire (autour de 21 000 ans avant le présent), à l'occasion de l'abaissement des niveaux marins. Venant de Sibérie, ils auraient traversé le détroit de Béring, alors au-dessus de la ligne de rivage maritime en période glaciaire (voir Béringie). Après une période d'habitation en Béringie, et après la disparition des masses glaciaires d'Amérique du Nord, ils auraient pu continuer le peuplement du nouveau continent26. <br class='autobr' />
D'autres théories parlent de peuples océaniens qui auraient traversé l'océan Pacifique (théorie avancée par Paul Rivet), ou encore de peuples européens (hypothèse de l'archéologue Dennis Stanford). Une analyse ADN pourrait confirmer cette dernière hypothèse27. On[Qui ?] estime en effet qu'une peuplade pourrait être venue d'Europe il y a 12 000 à 36 000 ans ; elle correspondrait aujourd'hui à un groupe très restreint d'autochtones : les Ojibwés, les Nuu-Chah-Nulth, les Sioux et les Yakamas. Des études génétiques plus récentes contredisent cependant cette thèse28,29. <br class='autobr' />
Les Amérindiens, s'appuyant sur leur tradition orale, soutiennent que leurs ancêtres ont toujours habité là30. Quoi qu'il en soit, la diversité des milieux naturels du continent a engendré des cultures très différentes.</p>
<p>On notera cependant des découvertes qui remettent en cause le schéma général de la colonisation de l'Amérique par les Amérindiens. Certains spécialistes pensent que le peuplement du continent américain n'a pas une seule origine : <br class='autobr' />
• Les ossements de la femme de Peñon (environ 13 000 ans), découverts près de Mexico présentent aussi des caractéristiques europoïdes.<br class='autobr' />
• Des momies furent exhumées sous plusieurs mètres de dépôts de guano dans la caverne de Lovelock en 1911 par des exploitants-récolteurs. Elles étaient du type europoïde. Elles furent datées d'environ 5 000 ans par l'analyse au radiocarbone 14. D'autres furent découvertes en 1931 de même type non loin de la caverne de Lovelock.<br class='autobr' />
• 250 crânes et squelettes du site de Cerca grande, sont âgés de 9 000 ans à 1 000 ans.<br class='autobr' />
L'autre question problématique est celle de la date du peuplement. Là encore, le travail des archéologues semble repousser l'origine du peuplement à des époques plus anciennes qu'on ne l'a longtemps cru : <br class='autobr' />
• En 2005, dans une ancienne carrière située près du volcan Cerro Toluquilla (Puebla au Mexique), des traces humaines vieilles de 38 000 ans ont été découvertes par une équipe britannique sur une couche de cendres fossilisées.<br class='autobr' />
• En 2020, des chercheurs français et sud-américains datent de 31 000 ans certains artefacts de la grotte de Chiquihuite31,32.<br class='autobr' />
• Sur le territoire des États-Unis, l'homme de Folsom trouvé au Nouveau-Mexique aurait 20 000 ans. En 1997, l'analyse au carbone 14 de fossiles amérindiens trouvés en Virginie les fait remonter à 17 000 ans av. J.-C.[réf. nécessaire]<br class='autobr' />
Les Algonquins seraient apparus il y a 4 500 ans. Des traces de maisons en rondins iroquoises sont attestées pour le Xe siècle av. J.-C. En 2019, des charbons de bois et des ossements de grands mammifères accompagnés de lames de pierre et de pointes de lance, provenant du site de Cooper's Ferry (sur les rives d'une rivière de l'ouest de l'Idaho), sont datés à environ 16 000 ans, plus d'un millénaire avant que la fonte des glaciers n'ait ouvert un corridor sans glace à travers le Canada il y a environ 14 800 ans. Les premiers Paléoaméricains ont donc dû venir par voie maritime, en parcourant rapidement la côte du Pacifique et en remontant les rivières33,34.</p>
<p>Les peuples autochtones d'Amérique d'aujourd'hui sont étroitement liés aux Asiatiques de l'Est. Néanmoins, les chercheurs estiment que 14 à 38 % de l'ascendance amérindienne provient d'une population semblable à celle qui vivait en Sibérie il y a 24 000 ans. L'étude de l'ADN d'un garçon sibérien du Paléolithique supérieur découvert près du village de Mal'ta, le long de la rivière Belaya en Sibérie a montré que certaines parties de son génome se retrouvent aujourd'hui chez les Eurasiens occidentaux, d'autres se retrouvent chez les Amérindiens et sont uniques aux Amérindiens aujourd'hui. L'ADN du garçon est rare ou absent en Asie centrale et en Asie de l'Est. Le scénario le plus probable est celui d'une population telle que celle qui vivait en Sibérie il y a 24 000 ans qui s'est mélangée aux ancêtres des Asiatiques de l'Est. Ainsi, les Amérindiens sont formés par la réunion de deux populations - un groupe est-asiatique et des populations ouest-eurasiennes - sans que l'on sache où ce mélange a eu lieu35. Le 9 mai 2023, une nouvelle étude génétique est publiée dans la revue Cell reports met en lumière que les premiers arrivants étaient partis de Chine lors de deux vagues distinctes, durant la période glaciaire et juste après, selon ses auteurs.La première a débuté il y a 26 000 ans et s'est achevée il y a 19 500 ans, durant la dernière période glaciaire. La couverture de glace était alors à son pic, rendant probablement le climat du nord de la Chine inhospitalier. La deuxième a commencé durant la période de fonte des glaces, il y a 19 000 ans, et a duré jusqu'il y a 11 500 ans36.</p>
<p>25.</p>
<p><a href="https://www.sciencepresse.qc.ca/archives/2003/man080903.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.sciencepresse.qc.ca/archives/2003/man080903.html</a></p>
<p>26.</p>
<p><a href="https://archive.wikiwix.com/cache/index2.php?url=http%3A%2F%2Fwww.sfu.museum%2Fjourney%2Ffr%2F05p_secondary%2Fberingia.php#federation=archive.wikiwix.com&tab=url" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://archive.wikiwix.com/cache/index2.php?url=http%3A%2F%2Fwww.sfu.museum%2Fjourney%2Ffr%2F05p_secondary%2Fberingia.php#federation=archive.wikiwix.com&tab=url</a></p>
<p>27.</p>
<p><a href="https://archive.wikiwix.com/cache/index2.php?url=http%3A%2F%2Fwww.pubmedcentral.nih.gov%2Farticlerender.fcgi%3Fartid%3D1377656#federation=archive.wikiwix.com&tab=url" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://archive.wikiwix.com/cache/index2.php?url=http%3A%2F%2Fwww.pubmedcentral.nih.gov%2Farticlerender.fcgi%3Fartid%3D1377656#federation=archive.wikiwix.com&tab=url</a></p>
<p>28.</p>
<p><a href="https://phys.org/news/2016-01-genetic-ancient-trans-atlantic-migration-professor.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://phys.org/news/2016-01-genetic-ancient-trans-atlantic-migration-professor.html</a></p>
<p>29.</p>
<p>Jennifer A. Raff et Deborah A Bolnick, « Does Mitochondrial Haplogroup X Indicate Ancient Trans-Atlantic Migration to the Americas ? A Critical Re-Evaluation », PaleoAmerica : A Journal of Early Human Migration and Dispersal, vol. 1, no 4, 2015, p. 297–304</p>
<p><a href="https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1179/2055556315Z.00000000040" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1179/2055556315Z.00000000040</a></p>
<p>30.</p>
<p><a href="https://esask.uregina.ca/entry/historians_and_historiography.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://esask.uregina.ca/entry/historians_and_historiography.html</a></p>
<p>31.</p>
<p><a href="https://www.nature.com/articles/s41586-020-2509-0" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.nature.com/articles/s41586-020-2509-0</a></p>
<p>32.</p>
<p><a href="https://www.lefigaro.fr/sciences/au-mexique-l-archeologie-fait-reculer-de-15-000-ans-la-decouverte-de-l-amerique-20200722" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lefigaro.fr/sciences/au-mexique-l-archeologie-fait-reculer-de-15-000-ans-la-decouverte-de-l-amerique-20200722</a></p>
<p>33.</p>
<p><a href="https://www.science.org/doi/10.1126/science.365.6456.848" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.science.org/doi/10.1126/science.365.6456.848</a></p>
<p>34.</p>
<p><a href="https://www.science.org/doi/10.1126/science.aax9830" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.science.org/doi/10.1126/science.aax9830</a></p>
<p>35.</p>
<p><a href="https://www.bbc.com/news/science-environment-25020958" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.bbc.com/news/science-environment-25020958</a></p>
<p>36.</p>
<p><a href="https://www.geo.fr/histoire/certains-des-premiers-humains-des-ameriques-venaient-de-chine-revele-une-etude-214643" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.geo.fr/histoire/certains-des-premiers-humains-des-ameriques-venaient-de-chine-revele-une-etude-214643</a></p>
<p>Source : <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Autochtones_d%27Am%C3%A9rique" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Autochtones_d%27Am%C3%A9rique</a></p>
<p>Les études génétiques du chromosome Y montrent que les premiers Amérindiens sont venus de Sibérie centrale.</p>
<p><a href="https://www.pourlascience.fr/sd/histoire-sciences/l-origine-des-amerindiens-4168.php" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.pourlascience.fr/sd/histoire-sciences/l-origine-des-amerindiens-4168.php</a></p>
<p><a href="https://www.pourlascience.fr/sd/prehistoire/l-origine-beringienne-des-amerindiens-enfin-attestee-12800.php" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.pourlascience.fr/sd/prehistoire/l-origine-beringienne-des-amerindiens-enfin-attestee-12800.php</a></p>
<p>Une analyse de dents bouscule une théorie répandue sur l'origine des premiers Américains</p>
<p><a href="https://www.geo.fr/histoire/une-analyse-de-dents-bouscule-une-theorie-repandue-sur-lorigine-des-amerindiens-206702" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.geo.fr/histoire/une-analyse-de-dents-bouscule-une-theorie-repandue-sur-lorigine-des-amerindiens-206702</a></p>
<p>Une vaste analyse génétique a révélé aux moins deux migrations entre les Amériques, la Chine et le Japon, au cours de la dernière ère glaciaire et de la période de fonte ayant suivi.</p>
<p>Publiés dans la revue Cell Reports, ces travaux ont permis de retracer l'une des lignées fondatrices du peuple amérindien à travers les continents et le temps, via l'examen de séquences d'ADN mitochondrial, transmis par la mère. À partir de quelque 115 000 échantillons, l'équipe a pu identifier 216 individus contemporains et 39 individus anciens qui partageaient la même ascendance, en cartographiant ses ramifications à l'aide de la datation au carbone et en comparant les mutations survenues en cours de route.</p>
<p><a href="https://dailygeekshow.com/origine-amerindiens-adn/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://dailygeekshow.com/origine-amerindiens-adn/</a></p>
<p>Lire encore :</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_d%C3%A9mographique_des_Am%C3%A9rindiens" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_d%C3%A9mographique_des_Am%C3%A9rindiens</a></p>
<p><a href="https://www.ledevoir.com/societe/science/399828/des-geneticiens-confirment-que-les-amerindiens-venaient-d-asie" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.ledevoir.com/societe/science/399828/des-geneticiens-confirment-que-les-amerindiens-venaient-d-asie</a></p>
<p>https://kateyaartamérindien.com/fr/blog/qui-sont-indiens-amerique-du-nord-n9</p>
<p><a href="https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/paleontologie-indiens-amerique-seraient-partie-originaires-europe-50402/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/paleontologie-indiens-amerique-seraient-partie-originaires-europe-50402/</a></p>
<p><a href="https://www.leparisien.fr/culture-loisirs/les-amerindiens-ont-aussi-des-ancetres-europeens-28-11-2013-3356507.php" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.leparisien.fr/culture-loisirs/les-amerindiens-ont-aussi-des-ancetres-europeens-28-11-2013-3356507.php</a></p>
<p><a href="https://www.scienceshumaines.com/amerindiens-une-origine-toujours-en-debat_fr_32117.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.scienceshumaines.com/amerindiens-une-origine-toujours-en-debat_fr_32117.html</a></p>
<p><a href="https://www.lemonde.fr/sciences/article/2014/05/16/un-squelette-vieux-de-13-000-ans-leve-le-voile-sur-l-origine-des-peuples-des-ameriques_4419689_1650684.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lemonde.fr/sciences/article/2014/05/16/un-squelette-vieux-de-13-000-ans-leve-le-voile-sur-l-origine-des-peuples-des-ameriques_4419689_1650684.html</a></p>
<p><a href="https://www.cdpdj.qc.ca/storage/app/media/publications/Mythes-Realites.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.cdpdj.qc.ca/storage/app/media/publications/Mythes-Realites.pdf</a></p></div>
Connaissez-vous le peuple amérindien des Navajos ?
https://www.matierevolution.org/spip.php?article8452
https://www.matierevolution.org/spip.php?article84522023-12-18T23:47:00Ztext/htmlfrRobert ParisUSAAmérindiens
<p>Connaissez-vous le peuple amérindien des Navajos ? <br class='autobr' />
Hymne navajo à la beauté : <br class='autobr' />
« Les montagnes, j'en deviens une partie... Les herbes, les plantes vertes, j'en fais aussi partie. La brume matinale, les nuages, les eaux qui se rassemblent, j'en deviens une partie. Les gouttes de rosée, le pollen, j'en fais partie aussi. » <br class='autobr' />
Franz de Waal dans « Le singe en nous » : « Dans ces populations égalitaristes, la notion même de monarchie est choquante. Je parle des Indiens Navajos, des Hottentots, (…)</p>
-
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique29" rel="directory">3ème chapitre : Révolutions bourgeoises et populaires</a>
/
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot26" rel="tag">USA</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot292" rel="tag">Amérindiens</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Connaissez-vous le peuple amérindien des Navajos ?</h2>
<p>Hymne navajo à la beauté :</p>
<p>« Les montagnes, j'en deviens une partie... Les herbes, les plantes vertes, j'en fais aussi partie. La brume matinale, les nuages, les eaux qui se rassemblent, j'en deviens une partie. Les gouttes de rosée, le pollen, j'en fais partie aussi. »</p>
<p>Franz de Waal dans « Le singe en nous » :<br class='autobr' />
« Dans ces populations égalitaristes, la notion même de monarchie est choquante. Je parle des Indiens Navajos, des Hottentots, des Pygmées Mbuti, des !Kung San, des Inuit, et j'en passe. Des communautés de chasseurs-cueilleurs à celles qui cultivent le sol, ces sociétés à petite échelle ont la réputation d'éliminer totalement les distinctions – autres que celles entre les sexes ou entre parents et enfants – liées à la richesse, au pouvoir et au statut. L'égalité et le partage priment. On pense communément que nos ancêtres immédiats vécurent ainsi pendant des millions d'années. »</p>
<p>Retracer le passé des tribus amérindiennes est un véritable défi pour les historiens. En effet, leur culture repose sur la transmission orale. Contrairement aux Mayas ou aux Aztèques, les peuples d'Amérique du Nord n'utilisent aucun système d'écriture à l'époque précolombienne et demeurent par conséquent dans la protohistoire. Il existe cependant de nombreux sites avec des pétroglyphes ou les wiigwaasabak (dessins sur des feuilles de bouleaux) qui témoignent d'une riche illustration. Influencés par les Européens, certains peuples développent toutefois un système d'écriture syllabaire (Cherokees, Pieds-Noirs, Innus, Cris, Inuits) ou alphabétique pour une trentaine de peuples (Cheyennes, Micmacs, Navajos).<br class='autobr' />
Pour autant, écrire une histoire des Amérindiens n'est pas totalement impossible. Il faut pour cela croiser les sources archéologiques et artistiques. L'étude des scènes et des calendriers peints sur les peaux d'animaux ou celle des pétroglyphes du Sud-Ouest américain ou du Nord des Grands Lacs est souvent utilisée par les spécialistes.<br class='autobr' />
L'histoire des peuples amérindiens peut également être en partie reconstituée grâce aux récits des Européens ayant établi les premiers contacts. Missionnaires, explorateurs, officiers, coureurs des bois donnent des informations intéressantes sur les indigènes. Par exemple, le mémorialiste de l'expédition de Pánfilo de Narváez, Álvar Núñez Cabeza de Vaca a consigné ses observations ethnographiques sur les peuples indigènes du golfe du Mexique, publiées en 1555 sous le titre de Naufragios (Naufrages). Ces témoignages sont toutefois d'une nature bien particulière ; ce sont ceux des conquérants qui redoutent les autochtones, les méprisent ou les décrivent comme des sauvages. Certains écrits de captifs, faits prisonniers des Amérindiens à la suite de raids, présentent des informations intéressantes sur les différentes peuples d'Amérique du Nord. Réduits en esclavage, ces prisonniers vivent au sein des tribus, et ont parfois livré des descriptions précieuses pour les anthropologues.<br class='autobr' />
Les civilisations disparues avant l'arrivée des Européens se répartissent en deux régions principales. L'une se trouve à l'est du Mississippi, où s'épanouissent successivement les Mound Builders, les Adenas, les Hopewells et les civilisations du Mississippi ; l'autre occupe le Sud-Ouest des États-Unis actuels, où se côtoient les Mogollons, les Hohokams et les Anasazis.<br class='autobr' />
Ces civilisations présentent un haut degré de développement marqué par un certain niveau d'urbanisation (Cahokia, Chaco Canyon), une agriculture efficace (irriguée dans le Sud-Ouest) et diversifiée (courge, maïs, haricot et coton dans le Sud-Ouest), un artisanat raffiné (travail du cuivre) et des lieux de culte monumentaux (tertres en terre des Mound Builders, kivas des Anasazis). Les causes de leur effondrement avant le XVIe siècle sont contestées.</p>
<p>Ils sont où ?</p>
<p><a href="https://www.jeanavuplus.org/nation-navajo-vers-page?locale=fr" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.jeanavuplus.org/nation-navajo-vers-page?locale=fr</a></p>
<p>Quelques images</p>
<p><a href="https://www.alamyimages.fr/photos-images/nation-navajo-nouveau-mexique.html?sortBy=relevant" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.alamyimages.fr/photos-images/nation-navajo-nouveau-mexique.html?sortBy=relevant</a></p>
<p>Comment les USA ont tenté de détruire le peuple navajo</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=UGqWRyBCHhw" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=UGqWRyBCHhw</a></p>
<p>Les USA ont empoisonné le pays navajo</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=ETPogv1zq08" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=ETPogv1zq08</a></p>
<p>Tuer l'indien au coeur de l'enfant</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=hus1qfSXllo" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=hus1qfSXllo</a></p>
<p>L'histoire de la plus grande tribu d'Amérique</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=DCZkJ9XcP8Y" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=DCZkJ9XcP8Y</a></p>
<p>La crise de l'eau pour les Navajos</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=InxHnLrDOKI" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=InxHnLrDOKI</a></p>
<p>Le génocide d'un peuple</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=wSEADfWh9To" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=wSEADfWh9To</a></p>
<p>Manifestation navajo</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=KLNfgy2HhqQ" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=KLNfgy2HhqQ</a></p>
<p>Anciennes cités navajos</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=DRnn7bQh6Zg" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=DRnn7bQh6Zg</a></p>
<p>La démocratie des Navajos</p>
<p><a href="https://photo.geo.fr/l-etonnante-democratie-des-navajos-14585" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://photo.geo.fr/l-etonnante-democratie-des-navajos-14585</a></p>
<p>Une vague féministe s'empare de la tribu des Navajos. Ce peuple amérindien, longtemps pourchassé, bénéficie aujourd'hui, en plus de ses terres ancestrales à cheval entre l'Arizona et le Nouveau-Mexique, de son propre système politique. Une démocratie qui n'a rien à envier à celle des Etats-Unis en matière de parité puisque dans la Navajo Nation Council, il n'y a pas une, mais deux femmes à sa tête.</p>
<p><a href="https://www.sogoodstories.com/actualites/deux-femmes-a-la-tete-de-la-plus-grande-tribu-damerique-du-nord/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.sogoodstories.com/actualites/deux-femmes-a-la-tete-de-la-plus-grande-tribu-damerique-du-nord/</a></p>
<p>Les indiens Navajos luttent à mort contre le coronavirus mais sont oubliés par le pouvoir américain</p>
<p><a href="https://fr.euronews.com/2020/04/27/les-indiens-navajos-luttent-a-mort-contre-le-coronavirus-mais-oublies-par-le-pouvoir-ameri" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.euronews.com/2020/04/27/les-indiens-navajos-luttent-a-mort-contre-le-coronavirus-mais-oublies-par-le-pouvoir-ameri</a></p>
<p>Qui sont les Navajos</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Navajos" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Navajos</a></p>
<p>Les Anasazis et les Navajos</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2314" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2314</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=0Ey5worZ3EQ" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=0Ey5worZ3EQ</a></p>
<p>Les Navajos racontent leur histoire</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=A0vquIx9YeE" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=A0vquIx9YeE</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=TstDOO7gFEc" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=TstDOO7gFEc</a></p>
<p>Qui sont les Navajos</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=Clg8B0c2DNU" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=Clg8B0c2DNU</a></p>
<p>Un site sur les Navajos</p>
<p><a href="https://archive.wikiwix.com/cache/index2.php?url=http%3A%2F%2Fwww.medecine-et-navajo.fr%2Fwordpress%2F#federation=archive.wikiwix.com&tab=url" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://archive.wikiwix.com/cache/index2.php?url=http%3A%2F%2Fwww.medecine-et-navajo.fr%2Fwordpress%2F#federation=archive.wikiwix.com&tab=url</a></p>
<p>En 1864, il y a tout juste cent cinquante ans, le peuple navajo fut décimé lors de la « longue marche », connue comme la première déportation de l'Histoire. Aujourd'hui, cette tribu amérindienne vit encore dans la plus grande réserve des Etats-Unis . Un peuple qui tente de concilier son ouverture au monde extérieur et la sauvegarde de ses traditions.Les Navajos à La Gacilly</p>
<p><a href="https://www.lefigaro.fr/international/2014/07/04/01003-20140704ARTFIG00116-navajos-la-renaissance-d-une-nation.php" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lefigaro.fr/international/2014/07/04/01003-20140704ARTFIG00116-navajos-la-renaissance-d-une-nation.php</a></p>
<p>Matriarcat Navajo</p>
<p><a href="https://matricien.wordpress.com/geo-hist-matriarcat/amerique-nord/navajo/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://matricien.wordpress.com/geo-hist-matriarcat/amerique-nord/navajo/</a></p>
<p>Les Navajos relèvent la tête</p>
<p><a href="https://www.geo.fr/voyage/ouest-americain-les-espoirs-retrouves-de-la-nation-navajo-207721" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.geo.fr/voyage/ouest-americain-les-espoirs-retrouves-de-la-nation-navajo-207721</a></p>
<p>L'habitation navajo</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Hogan_(habitation" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Hogan_(habitation</a>)</p>
<p>Une association navajo en France</p>
<p><a href="https://navajo-france.com/qui-sommes-nous/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://navajo-france.com/qui-sommes-nous/</a></p>
<p>Un reportage</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=aj4_tBee7vQ" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=aj4_tBee7vQ</a></p>
<p>Un documentaire</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=7dWYIZD8jQw" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=7dWYIZD8jQw</a></p>
<p>Le sacré navajo</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=EnlEB7uPCXg" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=EnlEB7uPCXg</a></p>
<p>L'Etat navajo</p>
<p><a href="https://www.geo.fr/voyage/video-la-nation-navajo-un-etat-dans-l-etat-159348" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.geo.fr/voyage/video-la-nation-navajo-un-etat-dans-l-etat-159348</a></p>
<p>La vie difficile des Navajos</p>
<p><a href="https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/etats-unis-le-calvaire-des-gestes-barrieres-dans-une-reserve-navajo_3986895.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/etats-unis-le-calvaire-des-gestes-barrieres-dans-une-reserve-navajo_3986895.html</a></p>
<p>Le territoire navajo</p>
<p><a href="https://www.dailymotion.com/video/x7q54ua" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.dailymotion.com/video/x7q54ua</a></p>
<p>Guerre Navajo (1860-1864)<br class='autobr' />
• À la suite d'accrochages divers dans le Territoire du Nouveau-Mexique entre les Navajos et les troupes fédérales, les Navajos se rendent à Kit Carson, qui fait détruire leurs biens et les déporte jusqu'à Bosque Redondo, en Arizona. C'est la Longue marche des Navajos : 8 000 Navajos font 620 km à pied. Au bout de quatre ans de sous-nutrition, ils sont autorisés à revenir sur leurs terres.</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerres_indiennes" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerres_indiennes</a></p>
<p>Langue navajo</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Navajo_(langue" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Navajo_(langue</a>)</p>
<p>Navajo, film de Norman Foster</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=5KCFffuVYj4" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=5KCFffuVYj4</a></p>
<p>Navajo, un documentaire</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=PMA64HHQxdc" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=PMA64HHQxdc</a></p>
<p>Les indiens navajos</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=yHjVLVqBPRg" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=yHjVLVqBPRg</a></p>
<p>L'eau des Navajos</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=hk8Rm9EsET4" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=hk8Rm9EsET4</a></p>
<p>Le pays navajo, ce n'est pas tout à fait les USA</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=J5PLyYVIEpg" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=J5PLyYVIEpg</a></p>
<p>La terre volée des Navajos</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=cvrUJOcx2eA" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=cvrUJOcx2eA</a></p>
<p>Un peuple assassiné et dont les femmes sont régulièrement enlevées</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=0JZEQ6QiRis" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=0JZEQ6QiRis</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=jl5s-JkK1M4" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=jl5s-JkK1M4</a></p></div>
Covid, classes possédantes et gouvernement contre les autochtones amérindiens du Canada
https://www.matierevolution.org/spip.php?article7008
https://www.matierevolution.org/spip.php?article70082020-08-13T22:05:00Ztext/htmlfrRobert ParisCanadaManifestationRévolteLutte de classes - Class struggleAmérindiens
<p>Plus d'un tiers des autochtones canadiens ont du mal à payer les produits de première nécessité pendant la pandémie <br class='autobr' />
Un rapport récemment publié par Statistique Canada a révélé que plus d'un tiers des populations autochtones du Canada ont du mal à payer les produits de première nécessité pendant la pandémie. Le rapport, intitulé « Impact économique de la COVID-19 chez les populations autochtones », fait partie d'une série de quatre études publiées par Statscan ces derniers mois qui (…)</p>
-
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique99" rel="directory">08- LUTTE DES CLASSES - CLASS STRUGGLE </a>
/
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot27" rel="tag">Canada</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot95" rel="tag">Manifestation</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot139" rel="tag">Révolte</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot278" rel="tag">Lutte de classes - Class struggle</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot292" rel="tag">Amérindiens</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Plus d'un tiers des autochtones canadiens ont du mal à payer les produits de première nécessité pendant la pandémie</h2>
<p>Un rapport récemment publié par Statistique Canada a révélé que plus d'un tiers des populations autochtones du Canada ont du mal à payer les produits de première nécessité pendant la pandémie. Le rapport, intitulé « Impact économique de la COVID-19 chez les populations autochtones », fait partie d'une série de quatre études publiées par Statscan ces derniers mois qui examinent comment les Canadiens autochtones ont été touchés par les crises sociales, économiques et sanitaires provoquées par la COVID-19.</p>
<p>Ces rapports cherchent à englober les éléments suivants : les effets sur la santé et les conditions sociales des peuples autochtones dans les communautés rurales ; les vulnérabilités auxquelles ils sont confrontés dans les zones urbaines face aux impacts socio-économiques de la COVID-19 ; l'impact de la pandémie sur leur santé mentale ; et l'étude susmentionnée de l'effet de la COVID-19 sur leur bien-être économique.</p>
<p>Publiés entre le 17 avril et le 14 juillet, les quatre rapports montrent que plus de 36 % des autochtones sondés ont déclaré que la pandémie avait eu un impact « fort ou modéré » sur leur capacité à payer les produits de première nécessité, contre 25 % des Canadiens non autochtones qui ont déclaré avoir été touchés de la même manière.</p>
<p>Les rapports ont également révélé que par rapport au reste de la population, des pourcentages plus élevés d'autochtones disent avoir des difficultés financières, se méfier des capacités décisionnelles du gouvernement fédéral et avoir demandé une aide fédérale au revenu.</p>
<p>Les résultats de récents sondages réalisés par d'autres groupes, comme l'Association des femmes autochtones du Canada, confirment cette évidence. Leurs conclusions suggèrent que les femmes autochtones, en particulier, connaissent de plus grandes difficultés financières que beaucoup d'autres Canadiens, ainsi qu'une augmentation des taux de violence domestique qui est directement liée à ces difficultés financières.</p>
<p>En fait, les chiffres présentés par Statistique Canada sous-estiment les horribles conditions sociales auxquelles est confrontée cette partie très opprimée de la population.</p>
<p>Les conclusions des rapports ont été recueillies à l'aide d'une méthode de collecte de données connue sous le nom de crowdsourcing. Le crowdsourcing est le processus qui consiste à obtenir des informations et des opinions d'un grand groupe de personnes qui soumettent leurs données via l'internet. Dans ce cas, Statscan a fait participer les personnes interrogées à un questionnaire en ligne. Cette méthode exclut automatiquement un grand nombre d'autochtones qui n'ont pas ou très peu accès à l'internet en raison de la pauvreté et de l'itinérance.</p>
<p>Une petite note de bas de page dans le dernier rapport de la série contient un avertissement à cet effet, déclarant : « Il est important de noter que les autochtones sont souvent surreprésentés parmi les personnes en situation de logement précaire ou d'itinérance. Ces populations peuvent ne pas être représentées par ces données. »</p>
<p>La méthode utilisée pour mesurer la pauvreté dans le rapport est également dépassée. Le seuil de pauvreté officiel du Canada, la MPC ou mesure du panier de consommation, est basé sur le coût d'un « panier » spécifique de biens et de services représentant un niveau de vie modeste et de base. Il comprend le coût de la nourriture, des vêtements, du logement et du transport, ainsi que d'autres articles considérés comme nécessaires pour qu'une famille puisse vivre dans le Canada d'aujourd'hui.</p>
<p>La dernière mise à jour de la MPC en vigueur au moment où ces études récentes ont été entreprises a eu lieu entre 2008 et 2010. Une mise à jour de cette MPC a été lancée en 2018, mais n'a pas été achevée avant juin 2020 ; les études récentes ont été publiées d'avril à juillet, et donc pour certains rapports, sinon tous, l'indicateur de pauvreté de référence utilisé était dépassé de plus d'une décennie. Le Canada a connu un taux d'inflation national de 19,89 % de 2008 à 2020, ce qui signifie que le coût de la vie est certainement beaucoup plus élevé qu'il y a 12 ans.</p>
<p>Le deuxième rapport de la série indique qu'environ 24 % des autochtones vivant dans les zones urbaines vivent dans la pauvreté ; en comparaison, 13 % de la population non autochtone des zones urbaines vivent dans la pauvreté. Cependant, ces données excluent complètement ceux qui vivent dans les territoires et dans les communautés des réserves, même si ces dernières répondent absolument aux propres normes de classification géographique de Statistique Canada pour ce qui constitue une « zone urbaine » ; un exemple frappant de désinformation.</p>
<p>Statistique Canada justifie cette exclusion en disant qu'elle est due à un « contexte différent ». Pourtant, il est fort à parier que si les données recueillies auprès des peuples autochtones résidant dans les territoires et les réserves étaient incluses dans leurs rapports, les résultats mettraient en évidence une crise beaucoup plus aiguë.</p>
<p>Le Nunavut, par exemple, a le taux le plus élevé d'insécurité alimentaire au Canada, avec d'immenses inégalités de salaires et des prix alimentaires criminellement élevés qui font que 57 % de la population du territoire connaît une grave insécurité alimentaire. Le dernier recensement du Nunavut a montré que 83,8 % de la population s'identifie comme Inuit.</p>
<p>Il est particulièrement important de prendre en compte les communautés des réserves confrontées à la menace de la COVID-19 lorsqu'on tente de comprendre les effets de la pandémie sur les populations autochtones. Par exemple, 55 réserves des Premières Nations dans tout le pays ont des avis d'ébullition de l'eau, mais six autres ont des avis de « ne pas consommer ». Toute personne vivant dans ce type d'environnement trouvera pratiquement impossible de respecter les recommandations en matière de lavage des mains et d'hygiène visant à limiter la propagation de la pandémie.</p>
<p>Si les chiffres officiels indiquent que les réserves des Premières Nations ont relativement bien réussi à empêcher la propagation de la COVID-19 jusqu'à présent, cela peut être largement attribué à leur isolement relatif et à la décision des autorités locales de les isoler en grande partie de la zone environnante. De plus, le manque d'infrastructures sanitaires fait qu'il est probable que les niveaux de dépistage soient plus faibles parmi les populations des réserves.</p>
<p>La pauvreté endémique et la misère sociale auxquelles est confrontée la grande majorité des peuples autochtones sont le produit direct du capitalisme canadien. Après avoir détruit les formes de propriété collective des peuples autochtones au cours du 19e siècle pour établir les bases de l'expansion capitaliste d'un océan à l'autre, l'élite dirigeante canadienne a chassé les autochtones dans des réserves, a cherché à éliminer leurs cultures et a fait mourir de faim des milliers de personnes. Plus récemment, la volonté de l'élite dirigeante d'accéder aux terres qui restent sous contrôle autochtone s'est intensifiée grâce à la dépendance du capitalisme canadien à l'égard des industries d'extraction des ressources, notamment le pétrole, le gaz et les pipelines nécessaires à l'exportation de ces produits sur le marché.</p>
<p>C'est dans la poursuite de cette politique que le gouvernement Trudeau a annoncé en grande pompe une politique de « réconciliation » de « nation à nation » avec la population autochtone du Canada. En réalité, cette politique équivaut à un effort pour « réconcilier » la population autochtone de plus en plus agitée avec l'exploitation capitaliste. À cette fin, les libéraux ont travaillé depuis leur retour au pouvoir en octobre 2015 à cultiver une élite autochtone restreinte mais privilégiée, représentée par l'Assemblée des Premières Nations et d'autres groupes avec lesquels elle peut faire des affaires. Le fait que les horribles niveaux de pauvreté et de misère sociale révélés dans les rapports de Statistique Canada persistent constitue une réfutation accablante de l'affirmation des libéraux selon laquelle ils travaillent à l'amélioration des conditions de vie de la majorité des autochtones.</p>
<p>Depuis le début de la pandémie, le gouvernement fédéral n'a fourni qu'une aide supplémentaire dérisoire aux autochtones canadiens : 303 millions de dollars pour aider les communautés autochtones à se préparer au virus en mars, et 285 millions de dollars supplémentaires en mai pour « soutenir la réponse de santé publique ». C'est une goutte d'eau dans l'océan, étant donné que les gouvernements libéraux et conservateurs successifs ont systématiquement sous-financé les soins de santé et autres services sociaux essentiels pour les communautés autochtones, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des réserves.</p>
<p>La classe ouvrière doit se mobiliser en tant que force politique indépendante dans la lutte pour l'égalité sociale et pour un gouvernement ouvrier qui réorganisera l'économie selon des bases socialistes pour répondre aux besoins sociaux de tous, mettant ainsi fin à l'oppression systématique des populations autochtones, à leurs mauvais traitements et à la violation de leurs droits.</p>
<h2 class="spip">Le premier ministre canadien proclame que « les barricades doivent maintenant être levées »</h2>
<p>Lors d'une conférence de presse vendredi après-midi, le premier ministre canadien Justin Trudeau a exigé que les blocus autochtones qui ont paralysé le système ferroviaire canadien ces deux dernières semaines « doivent maintenant être levés ».</p>
<p>En ordonnant à la GRC, à la Police provinciale de l'Ontario et à la Sureté du Québec d'enlever de force les barricades, le premier ministre libéral exécute les diktats des grandes entreprises, qui ont fait pression avec une frénésie croissante au cours des deux dernières semaines pour que les manifestations soient réprimées.</p>
<p>Quelques minutes après que Trudeau eut terminé son allocution, la Sureté du Québec est intervenue pour démolir un barrage mis en place à Saint-Lambert, au sud de Montréal. Le premier ministre québécois populiste de droite, François Legault, demandait depuis des jours à Trudeau d'ordonner une action policière coordonnée à travers le Canada pour mettre fin aux blocus.</p>
<p>La conférence de presse de Trudeau s'est tenue alors que la clameur de la classe dirigeante pour la fin forcée de la campagne de deux semaines de manifestations de solidarité en faveur de la campagne menée par les chefs héréditaires Wet'suwet'en contre le gazoduc Coastal Gas Link (CGL) eut atteint un point culminant.</p>
<p>Les 6 et 7 février, des agents armés de la GRC ont perpétré une violente agression sur un blocus d'une route isolée du nord-est de la Colombie-Britannique qui avait été mis en place par les chefs héréditaires Wet'suwet'en pour protester contre les plans de CGL de traverser leurs terres traditionnelles. Après l'arrestation par la GRC d'une vingtaine de militants Wet'suwet'en, des blocus de solidarité de lignes ferroviaires ont été mis en place à plusieurs endroits du pays, notamment en Ontario et au Québec.</p>
<p>Bien que Trudeau ait cherché à plusieurs reprises à adopter une attitude conciliante au cours des deux dernières semaines, notamment en insistant sur le fait qu'il souhaitait une solution « pacifique », son message de vendredi n'aurait pas pu être plus clair. « Les injonctions doivent être respectées et la loi doit être respectée », a-t-il déclaré lors de la conférence de presse qui a suivi une réunion du groupe secret d'intervention en cas d'incident, un organe composé de membres du cabinet et de hauts fonctionnaires qui se réunit lors d'une « crise nationale. »</p>
<p>L'invocation de l'« État de droit » par Trudeau et tous ceux qui, au sein de l'élite économique et politique, ont exigé qu'il lâche la police sur les manifestants est une imposture hypocrite. Pendant plusieurs siècles, l'élite dirigeante du Canada a systématiquement ignoré, manipulé et réécrit la loi pour saisir les terres des autochtones et nier leurs droits fondamentaux. De plus, le canard de la défense de l'« État de droit » est régulièrement invoqué par les gouvernements de toutes tendances politiques pour justifier la criminalisation des grèves des travailleurs.</p>
<p>Alors même que Trudeau sanctionnait publiquement une attaque policière contre les blocus, il cherchait cyniquement à absoudre son gouvernement de tout blâme pour une décision qui pourrait facilement entraîner une violence sanglante ou pire, comme le montre l'issue fatale des affrontements d'Oka et d'Ipperwash dans les années 1990. « Toutes les tentatives de dialogue ont été faites », a-t-il déclaré avec arrogance, avant d'informer les « dirigeants autochtones » que « c'est sûr eux que repose le fardeau. »</p>
<p>L'exigence de Trudeau d'une répression d'État justifie pleinement les avertissements répétés du World Socialist Web Site depuis le début des protestations. Comme nous l'écrivions le 19 février, « La convocation de l'IRG par le gouvernement – en fait une déclaration selon laquelle les blocages constituent une “crise nationale” – et ses engagements répétés à faire respecter “l'État de droit” sont des signes indéniables qu'il prépare la violence d'État s'il ne parvient pas à convaincre les manifestants autochtones de démanteler leurs barricades. »</p>
<p>Ces derniers jours, les grandes entreprises canadiennes ont clairement fait savoir qu'elles ne toléreraient plus les protestations. Une lettre ouverte conjointe des dirigeants du Conseil canadien des entreprises, de la Chambre de commerce du Canada, de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante et des Manufacturiers et exportateurs du Canada a dénoncé les manifestations comme des « perturbations illégales » et a affirmé que « les dommages infligés à l'économie canadienne et au bien-être de tous nos citoyens augmentent d'heure en heure. »</p>
<p>Dans ses remarques de vendredi, Trudeau a clairement indiqué qu'il partageait l'avis des chefs d'entreprise selon lequel les protestations étaient illégitimes. Il a affirmé qu'il existe deux types de protestations : celles motivées par de véritables « torts historiques » qui cherchent à promouvoir la « réconciliation » entre les autochtones et le Canada ; et celles, dans ce qui était une référence incontestable aux blocus, lancées par des personnes qui « s'attachent » à une question « pour faire avancer un point de vue particulier. »</p>
<p>En d'autres termes, le gouvernement libéral est prêt à tolérer des activités conformes à son faux programme de « réconciliation », qui vise à cultiver une minuscule élite privilégiée au sein de la population autochtone pour fournir à la bourgeoisie canadienne une « licence sociale » pour les grands projets d'énergie et de ressources naturelles. Toutefois, les protestations qui remettent en cause les intérêts économiques fondamentaux immédiats du capitalisme canadien seront traitées de façon impitoyable.</p>
<p>Le fait que le gouvernement Trudeau ordonne la répression par l'État va renforcer les forces politiques de droite les plus réactionnaires, qui ont créé un climat politique toxique ces derniers jours contre les protestations.</p>
<p>Mardi, le chef du Parti conservateur Andrew Scheer a dénoncé les « actions illégales » des « activistes radicaux » et a exhorté Trudeau à prendre rapidement des mesures pour faire respecter « l'État de droit. » Il s'est également posé avec cynisme en défenseur des travailleurs, dénonçant Trudeau pour ne pas avoir agi lorsque les compagnies de chemin de fer CN et CP ont procédé à des licenciements temporaires de leurs employés. Cette campagne frauduleuse a été amplifiée par les médias d'entreprise, qui ont choisi d'ignorer le fait gênant que le CN licencie des travailleurs depuis l'année dernière.</p>
<p>Erin O'Toole, l'un des principaux candidats pour remplacer Scheer dans la prochaine course à la direction du Parti conservateur, a déclaré qu'en tant que premier ministre, il promulguerait une loi pour criminaliser le blocus des « infrastructures nationales essentielles » et lui imposer de sévères sanctions. Une telle législation, a-t-il souligné, permettrait à la police de démanteler les barricades sans avoir à obtenir une injonction du tribunal.</p>
<p>Marilyn Gladu, une autre candidate à la direction, a déclaré que l'armée devrait être appelée si Trudeau craignait que la police soit incapable d'enlever les barricades.</p>
<p>L'intervention la plus importante sur le plan politique a sans doute été celle de Peter McKay, un autre candidat à la direction du Parti conservateur, qui a explicitement fait l'éloge des actions de la milice autoproclamée de United We Roll:un groupe d'extrême droite de camionneurs indépendants en Alberta. United We Roll a répondu mercredi à un petit blocus de solidarité dans l'ouest d'Edmonton en le démolissant et en emportant les barricades dans un camion. « Heureux de voir que quelques Albertains avec une camionnette peuvent faire plus pour notre économie en un après-midi que Justin Trudeau ne pourrait le faire en quatre ans », a dit McKay sur Twitter. Après une réaction publique négative, il a supprimé le tweet. Cependant, vendredi, il a clairement indiqué que sa remarque avait été bien réfléchie lorsqu'il a déclaré que les militants de United We Roll étaient de « bons samaritains. »</p>
<p>En vérité, le groupe, qui a organisé un convoi de l'Alberta à Ottawa l'année dernière pour protester contre ce qu'il percevait comme une réglementation abusive du secteur pétrolier et gazier, est un refuge pour les forces racistes et carrément fascistes. Les protestations du convoi sur la colline du Parlement en février 2019 ont été dominées par des insignes d'extrême droite et comprenaient des demandes pour mettre fin à l'immigration au Canada. Le mouvement a été salué par le site web d'extrême droite Rebel Media, qui est connu pour son soutien au fasciste britannique Tommy Robinson.</p>
<p>Le groupe United We Roll s'est senti capable de se faire lui-même justice parce qu'il est activement promu par des sections de l'élite dirigeante canadienne. Scheer a pris la parole lors du rassemblement de protestation du groupe à Ottawa l'année dernière. Au cours du lock-out en cours de 750 travailleurs de la raffinerie de pétrole Federated Cooperatives Ltd. en Saskatchewan, les militants de United We Roll, ouvertement encouragés par le directeur général de FCL Scott Banda et le premier ministre de droite de la Saskatchewan Scott Moe, ont brisé un piquet de grève secondaire établi par des travailleurs affiliés à Unifor sur un site de FCL en Alberta.</p>
<p>Les dirigeants de United We Roll sont bien conscients du rôle que certaines sections de l'élite dirigeante les encouragent à jouer dans la répression de l'opposition populaire, quelle que soit la forme qu'elle prend. Le leader Glen Carritt a établi un parallèle direct entre la violation du piquet de grève de FCL et le démantèlement du blocus d'Edmonton, en lançant un avertissement inquiétant : « L'Alberta ne va pas tolérer cela. Nous avons eu la même chose à Carseland avec le blocus d'UNIFOR et nous allons continuer à nous battre. »</p>
<p>Comme on pouvait s'y attendre, l'aile « gauche » officielle de l'élite dirigeante du Canada a resserré les rangs autour de la répression des manifestations. Les néo-démocrates, qui dirigent un gouvernement minoritaire en Colombie-Britannique soutenu par les Verts, ont approuvé la répression initiale de la GRC contre le camp de Wet'suwet'en comme une opération visant à faire respecter « l'État de droit ». Dans sa conférence de presse de vendredi, Trudeau a fait spécifiquement référence au premier ministre néo-démocrate John Horgan, soulignant le contact étroit qu'il avait maintenu avec son collègue du NPD depuis le début des blocus. Pour sa part, le chef fédéral du NPD, Jagmeet Singh, a offert une couverture « progressiste » aux préparatifs de Trudeau pour la violente répression des blocus en participant à une réunion à huis clos avec le premier ministre mardi pour discuter de la manière dont les protestations pourraient prendre fin.</p>
<h2 class="spip">Malgré ses promesses de dialogue, Trudeau prépare un assaut de l'État canadien contre les manifestations autochtones</h2>
<p>À la consternation des grandes entreprises et des médias, une grande partie du réseau ferroviaire canadien reste paralysée par les blocages mis en place par les Premières Nations pour soutenir l'opposition du chef héréditaire Wet'suwet'en au gazoduc Coastal GasLink (CGL).</p>
<p>Il y a près de deux semaines, la GRC, lourdement armée, a démantelé une barricade sur une route d'accès à un chantier de CGL sur les terres traditionnelles des Wet'suwet'en dans le nord-est de la Colombie-Britannique et a arrêté deux douzaines de manifestants. Des manifestations de solidarité ont suivi dans tout le Canada.</p>
<p>Le premier ministre Justin Trudeau a convoqué lundi une réunion du groupe secret d'intervention en cas d'incident (IRG) du gouvernement. Créé en 2018, l'IRG est officiellement décrit comme un « comité d'urgence spécialisé qui se réunira en cas de crise nationale ou d'incidents ayant des implications majeures pour le Canada ».</p>
<p>Lors d'une brève interaction avec les journalistes à la fin de la réunion, Trudeau a déclaré : « Je comprends combien cette situation est inquiétante pour de nombreux Canadiens et difficile pour de nombreuses personnes et familles à travers le pays. Nous allons continuer à nous concentrer sur la résolution rapide et pacifique de cette situation ».</p>
<p>Les grandes entreprises sont furieuses que Trudeau n'ait pas donné suite à la demande du chef du parti conservateur Andrew Scheer d'ordonner immédiatement à la police de démanteler les barricades « illégales », qui en sont maintenant à leur treizième jour.</p>
<p>Les dirigeants du Conseil canadien des entreprises, de la Chambre de commerce du Canada, de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante et des Manufacturiers et exportateurs du Canada ont adressé une lettre commune à Trudeau hier après-midi pour lui demander d'agir immédiatement. « Les dommages infligés à l'économie canadienne et au bien-être de tous nos citoyens augmentent chaque heure où l'on permet à ces perturbations illégales de se poursuivre », peut-on lire dans la lettre.</p>
<p>La plupart des premiers ministres provinciaux, dont le Québécois François Legault et l'Ontarien Doug Ford, font également pression publiquement sur le gouvernement libéral fédéral pour qu'il déploie immédiatement la police contre les manifestants. Qualifiant les blocages des voies ferrées d'« inacceptables », le premier ministre du Québec a déclaré lundi qu'« il doit y avoir des limites » aux négociations.</p>
<p>Personne ne doit avoir foi en les promesses de dialogue du gouvernement libéral. Il a également affirmé son engagement envers le « droit de négociation collective » des travailleurs, tout en préparant une loi pour interdire la grève des postiers à l'automne 2018.</p>
<p>La convocation de l'IRG par le gouvernement – en fait une déclaration selon laquelle les blocages constituent une « crise nationale » – et ses engagements répétés à faire respecter « l'État de droit » sont des signes indéniables qu'il prépare la violence d'État s'il ne parvient pas à convaincre les manifestants autochtones de démanteler leurs barricades.</p>
<p>Trudeau n'a pas encore lancé d'ultimatum ni déclaré publiquement une date après laquelle il ordonnera une intervention de la police. Mais suite à la réunion de l'IRG de lundi, ses assistants ont suggéré aux journalistes que le gouvernement a une date limite secrète prévue à la fin de cette semaine.</p>
<p>CN Rail a obtenu de multiples injonctions des tribunaux contre les barricades, mais pour la plupart, la police n'y a pas donné suite. La raison en est qu'ils craignent, eux et surtout leurs maîtres politiques, que la répression violente par l'État d'une nouvelle manifestation autochtone n'enflamme les relations déjà tendues entre la population autochtone largement appauvrie et l'État canadien.</p>
<p>Un affrontement violent, potentiellement fatal, avec les manifestants des Premières Nations serait particulièrement préjudiciable politiquement au gouvernement libéral minoritaire. Il briserait toute crédibilité populaire qui subsisterait pour le programme de « réconciliation avec les autochtones » tant vanté par les libéraux. Bien qu'il se couvre de la rhétorique de la justice sociale, ce programme a été conçu dès le départ pour faire avancer les intérêts des grandes entreprises canadiennes. Au nom de l'établissement d'une relation « de nation à nation » entre l'État canadien et les peuples autochtones, il cherche à promouvoir une élite autochtone petite-bourgeoise qui peut fournir une « licence sociale » pour les projets d'extraction d'énergie et d'autres ressources sur les terres autochtones traditionnelles, et être utilisée pour désamorcer l'opposition sociale croissante parmi les travailleurs et les jeunes autochtones.</p>
<p>Plus généralement, le recours à la violence d'État saperait les efforts des libéraux, fortement encouragés par les syndicats et le NPD, qui tentent de se présenter comme une alternative progressiste aux conservateurs de droite. Il radicaliserait également les travailleurs alors qu'un nombre croissant d'entre eux entrent en lutte, comme les 200.000 enseignants et employés de soutien scolaire de l'Ontario qui vont organiser une grève d'une journée vendredi dans toute la province.</p>
<p>La vérité est que les libéraux utilisent leur relation corporatiste avec les syndicats, la politique identitaire et une rhétorique creuse sur l'inégalité sociale comme un écran de fumée pour mettre en œuvre une politique de droite contre la classe ouvrière.</p>
<p>Il est particulièrement remarquable de voir comment le gouvernement libéral, soi-disant pro-dialogue, « féministe » et « pacifique », poursuit impitoyablement les intérêts de l'impérialisme canadien sur la scène mondiale. Sous Trudeau, le Canada mène un programme de réarmement massif, dépensant des dizaines de milliards de dollars en nouveaux navires de guerre et en avions de chasse. En outre, le Canada est de plus en plus profondément intégré dans les offensives militaires stratégiques de Washington contre la Chine et la Russie, qui sont dotées de l'arme nucléaire, au Moyen-Orient, riche en pétrole, ainsi que dans ses intrigues de changement de régime en Amérique latine.</p>
<p>La fausse politique de « réconciliation autochtone » des libéraux est liée à leur volonté d'augmenter les exportations canadiennes de pétrole et de gaz naturel et à leur prise de position hypocrite sur le changement climatique.</p>
<p>Le gazoduc CGL, qui doit transporter le gaz naturel du nord-est de la Colombie-Britannique jusqu'au port de Kitimat sur la côte du Pacifique, est essentiel à la réalisation des plans des gouvernements libéraux fédéraux et néo-démocrates de Colombie-Britannique visant à faire du Canada un grand exportateur de gaz naturel liquéfié (GNL) vers l'Asie. Trudeau s'est vanté à plusieurs reprises que le projet de GNL de Kitimat, d'un montant de 40 milliards de dollars, serait le plus gros investissement jamais réalisé au Canada.</p>
<p>Prenant la parole au Parlement hier, Trudeau a lancé un avertissement contre « ceux qui voudraient que nous agissions à la hâte », appelant en fait la classe dirigeante à donner à son gouvernement plus de temps pour enrôler les dirigeants de l'Assemblée des Premières Nations et d'autres groupes autochtones reconnus par le gouvernement dans le démantèlement des barricades.</p>
<p>Scheer, en réponse, se moqua de Trudeau, qualifiant son discours de « réponse la plus faible à une crise nationale historique du Canada ». Il a dénoncé Trudeau pour ne pas avoir condamné les actions « illégales » des « activistes radicaux », et a accusé « le premier ministre d'avoir encouragé ce genre de comportement ».</p>
<p>Comme la direction de CN Rail, Scheer a tenté de façon démagogique de rallier le soutien à l'action de la police en invoquant les difficultés auxquelles sont confrontés les travailleurs que le CN et d'autres entreprises licencient en raison de l'effondrement du trafic de marchandises.</p>
<p>Pour sa part, le NPD a appelé lundi à un débat d'urgence de la Chambre des communes sur les blocages. « Le refus du premier ministre de prendre des mesures plus substantielles et plus rapides a permis aux tensions de monter, d'exercer une pression importante sur l'économie canadienne et de menacer les emplois dans tout le pays », a écrit le leader parlementaire du NPD, Peter Julian, dans sa demande.</p>
<p>Hier, le chef du NPD, Jagmeet Singh, a rejoint les chefs du Bloc Québécois et des Verts lors d'une réunion à huis clos avec Trudeau pour discuter de la manière de mettre fin aux protestations.</p>
<p>Les sociaux-démocrates du Canada, sous la forme du premier ministre de la Colombie-Britannique John Horgan, ont cautionné la première répression violente de la police sur la barricade de Wet'suwet'en les 6 et 7 février, affirmant qu'elle était nécessaire pour maintenir « l'État de droit ».</p>
<p>Le nombre de participants aux blocus et autres manifestations de solidarité est relativement faible. Néanmoins, la population éprouve une grande sympathie pour les manifestants, car il est largement reconnu que l'État canadien a perpétré de nombreuses injustices dans l'histoire à l'encontre des peuples autochtones. Il existe également une forte hostilité à l'égard de la politique bidon des libéraux en matière de changement climatique, sans parler de l'opposition croissante à l'égard de l'élite dirigeante dans son ensemble, dans un contexte de lutte croissante de la classe ouvrière contre l'austérité, les réductions d'emplois et de salaires et les attaques contre les pensions et autres droits sociaux.</p>
<p>Lorsque les politiciens et les médias invoquent l'« État de droit » pour justifier leurs demandes que la police intervienne pour réprimer la contestation autochtone, c'est le comble de l'hypocrisie. L'élite dirigeante du Canada a réécrit et carrément violé la loi à d'innombrables reprises pour saisir les terres des peuples autochtones et les condamner à la pauvreté et à la misère.</p>
<p>Avec sa rhétorique de la « loi et l'ordre », l'élite dirigeante attise les forces politiques les plus réactionnaires. Un commentaire de la presse a exhorté Trudeau à s'inspirer de Margaret Thatcher quand elle a eu recours à la violence policière de masse pour briser la grève des mineurs de charbon britanniques de 1984-85 et de son propre père, Pierre Eliot Trudeau, qui a imposé la loi martiale au Québec à l'automne 1970 sous le prétexte que deux enlèvements perpétrés par le Front de libération du Québec constituaient une « insurrection appréhendée ».</p>
<p>Les travailleurs doivent s'opposer énergiquement à toute tentative d'écraser violemment les barricades des autochtones. Une telle évolution ne représenterait pas seulement une attaque frontale contre les droits démocratiques. Elle créerait un dangereux précédent pour la répression violente par l'État des protestations de masse et d'autres formes d'opposition de toutes les sections de la classe ouvrière.</p>
<p>Cela étant dit, la politique des protestataires, basée sur une perspective nationaliste autochtone qui cherche à assurer l'« autonomie » au sein de l'État capitaliste canadien sur la base d'appels à l'établissement d'une « relation de nation à nation », n'offre aucune voie d'avenir. Si une telle initiative devait se concrétiser, elle aboutirait à la consolidation d'une minuscule élite politique privilégiée au sein de la population autochtone, chargée de maintenir l'ordre auprès des travailleurs et des jeunes autochtones appauvris, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des réserves.</p>
<p>L'oppression historique des peuples autochtones et la myriade de maux sociaux qu'elle a engendrés ne peuvent être vaincus que par la mobilisation de l'ensemble de la classe ouvrière, autochtone et non autochtone, dans la lutte pour mettre fin au capitalisme et établir l'égalité sociale pour tous.</p>
<p>Les articles qui précèdent publié par le Comité international de la Quatrième Internationale (CIQI)</p></div>
L'étonnante civilisation de Nazca et sa chute brutale suivie d'une complète disparition
https://www.matierevolution.org/spip.php?article6360
https://www.matierevolution.org/spip.php?article63602020-08-01T22:05:00Ztext/htmlfrRobert ParisRévolutionGuerre WarEsclaves SlavesPérou - PerùAmérique du sud America del surAmérindiens
<p>Les Nazca sont surtout connus pour leurs géoglyphes <br class='autobr' />
Les regards installés par les Nazca le long des canalisations souterraines La connaissance et l'utilisation des failles dans les montagnes pour canaliser les eaux <br class='autobr' />
D'innombrables vases Nazca en céramique ou en terre cuite représentent des soldats Nazca, décapitant des ennemis ou des peuples soumis, et portant leurs têtes en guise de trophées guerriers <br class='autobr' />
Les coupeurs de têtes <br class='autobr' />
Les deux chutes de la civilisation péruvienne Nazca, en 350 (…)</p>
-
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique27" rel="directory">2eme chapitre : Révolutions de la Préhistoire et de l'Antiquité</a>
/
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag">Révolution</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot48" rel="tag">Guerre War</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot53" rel="tag">Esclaves Slaves</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot127" rel="tag">Pérou - Perù</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot143" rel="tag">Amérique du sud America del sur</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot292" rel="tag">Amérindiens</a>
<div class='rss_texte'><div class='spip_document_11984 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/uf-enigme-nascalines.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/uf-enigme-nascalines-24af3.jpg?1790088660' width='500' height='375' alt='' /></a>
</figure>
</div>
<p>Les Nazca sont surtout connus pour leurs géoglyphes</p>
<div class='spip_document_11970 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/geogly_758x569-af783.jpg?1790088660' width='500' height='375' alt='' />
</figure>
</div>
<p>Les regards installés par les Nazca le long des canalisations souterraines</p>
<div class='spip_document_11969 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/ob_5faadb_20140118-aqueduc-de-cantallo-6.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH333/ob_5faadb_20140118-aqueduc-de-cantallo-6-58f43.jpg?1790088660' width='500' height='333' alt='' /></a>
</figure>
</div>
<p>La connaissance et l'utilisation des failles dans les montagnes pour canaliser les eaux</p>
<div class='spip_document_11971 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH363/photgrammetric-of-nazca-karsten-lambersgeoglyph-3df33.jpg?1790055262' width='500' height='363' alt='' />
</figure>
</div>
<p>D'innombrables vases Nazca en céramique ou en terre cuite représentent des soldats Nazca, décapitant des ennemis ou des peuples soumis, et portant leurs têtes en guise de trophées guerriers</p>
<div class='spip_document_11983 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH424/017f3b281cce369f836439b40edfa9f1-44118.jpg?1790088660' width='500' height='424' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_11982 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/3-2.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH620/3-2-e9649.jpg?1790088660' width='500' height='620' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_11981 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH426/68f5eda903a090d14637c74dacfd343a-f0171.jpg?1790088660' width='500' height='426' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_11980 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH416/e4a275e707cd72a94b521eb43e76b9e2-0a19a.jpg?1790055262' width='500' height='416' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_11979 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/11360471904_d9153b8778_k-e1509833194810.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH570/11360471904_d9153b8778_k-e1509833194810-db5ab.jpg?1790088660' width='500' height='570' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_11978 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/11076535675_6fcb9f5933_k-e1509833185775.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH493/11076535675_6fcb9f5933_k-e1509833185775-48eb8.jpg?1790088660' width='500' height='493' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_11977 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L271xH384/5163e7427025c2a07ec509a82f7f5055-b2c65.jpg?1790055262' width='271' height='384' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_11976 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L236xH312/c1b005ef42aa7ef6ede9c3069b109f27--mesoamerican-peru-b450a.jpg?1790055262' width='236' height='312' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_11975 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/3_2.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH605/3_2-afbc9.jpg?1790088660' width='500' height='605' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_11974 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/d2e9a1dfbfa7ac78f17258d48754c286.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH757/d2e9a1dfbfa7ac78f17258d48754c286-ba245.jpg?1790088661' width='500' height='757' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_11973 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH612/2596_10502114_0-680f3.jpg?1790088661' width='500' height='612' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_11972 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L357xH462/nazcapoterie3_thumb-14486.jpg?1790055262' width='357' height='462' alt='' />
</figure>
</div>
<p>Les coupeurs de têtes</p>
<div class='spip_document_11968 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L261xH320/A113639_1-e7985.jpg?1790055262' width='261' height='320' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_11967 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L220xH252/220px-Cabeza_reducida_Jibaro__M-_America__Madrid__01-02ab4.jpg?1790055262' width='220' height='252' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_11966 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L350xH350/a78711c4654f2f36ca205dcc4e813d29-fcff2.jpg?1790055262' width='350' height='350' alt='' />
</figure>
</div><h2 class="spip">Les deux chutes de la civilisation péruvienne Nazca, en 350 et 600 de notre ère</h2>
<p><i>Avertissement : Nous ne nous étendrons pas sur les thèses extraterrestres à propos des Nazca, ni sur les prétendus Aliens, ni à propos des interprétations fantasmagoriques des géoglyphes, ni à propos des momies qui ne seraient pas humaines (il n'y a rien de surnaturel à des crânes allongés produits par des bandelettes attachées au crâne du bébé, ni à des déformations osseuses provoquées par des tortures et des lanières et momifications de corps), ni sur Nazca et l'Atlantide et j'en passe…Tant pis si l'extraordinaire dans l'histoire des Nazca n'est pas ce que l'on croit ! Il ne nous semble pas que toute l'histoire de la civilisation Nazca s'explique par des mythes, des légendes, des croyances, des théories du type de celles que défendaient les Nazca eux-mêmes ! Nous croyons, au contraire, que la société Nazca s'explique de la même manière que les sociétés modernes, par des nécessités économico-sociales et par les méthodes politiques qui en découlaient pour gérer la société, ce qui signifie l'apparition d'un surproduit, la division du travail et son exploitation, l'apparition de la société de classes et de l'Etat. Mais aussi l'apparition de la lutte des classes et de la révolution sociale.</i></p>
<p>Etonnante et effrayante civilisation Nazca : des spécialistes de sismologie et d'hydraulique, connaissant parfaitement les Andes, leurs sources, leurs failles, leurs structures, des astrologues en même temps céramistes et tisserands, mais surtout des guerriers féroces, tortionnaires, coupeurs et retrécisseurs de têtes, oppresseurs et exploiteurs de tous les peuples voisins !!!</p>
<p>Les Nazca (ou Nasca, nom qui a été donné à cette civilisation sans écriture, sans que le nom qu'ils se donnaient soit connu), connue pour ses géoglyphes immenses tracés (des dessins seulement visibles du ciel !) dans le désert du Pérou, qui s'est développé parallèlement à la civilisation Mochica, ont chuté en 350 de notre ère, se sont reconstruits ensuite, pour finalement chuter et leur civilisation a définitivement disparu en 600 après J.-C.</p>
<p>Le plus étonnant, même si tout le monde trouve les géoglyphes les plus étonnants, c'est que cette civilisation s'est construite… en pleine région désertique !!!Nous avons affaire à de grands spécialistes des techniques d'irrigation, d'hydraulique, de fabrication de canalisations qui ont permis de conserver de l'eau et de transformer le désert en champs…Ils allaient parfois chercher l'eau dans la montagne et l'amenaient par des canalisations parfois souterraines ! Ces canalisations nécessitaient des techniques très perfectionnées, prévoyant même des aérations pour purifier l'eau ! Les aqueducs nazca fonctionnent encore aujourd'hui pour irriguer des terres !!!</p>
<p>Des rivières (Rio Ica, Rio Nazca, Rio Grande et ses sources, Rio Pince, Rio Acari, etc.), ils détournaient une partie de l'eau dans des canaux pour ensuite irriguer des terres fertiles chargées d'éléments riches déposés par les vents et les rivières. L'eau détournée en amont suit alors la pente la plus douce pour s'écarter au plus loin de la source. Puis, par gravité, des canaux secondaires et tertiaires sont construits et creusés pour amener l'eau directement dans chaque parcelle. Rien de bien original au début. Mais cela ne permettait que d'irriguer de faibles zones à basse altitude. L'essentiel de l'agriculture se fait donc plus à l'est, plus en Altitude entre 400 et 2000 mètres d'altitudes. Au dessus de 800 mètres, ont commencés à se développer des systèmes irrigués, là où le flux d'eau est presque constant toute l'année. Date difficile à élaborer aujourd'hui, le développement démographique des populations Nazca a probablement provoqué une pression de plus en plus forte à la colonisation de ces terres. L'état central Nazca, déjà bien développé afin d'entretenir la cosmogonie de cette civilisation tout en organisant efficacement de grands domaines irrigués, a commencé progressivement à proposer des solutions pour étendre les terres à ces altitudes plus basses où l'eau fait défaut, et ainsi répondre à la croissance démographique de sa population. On sait aujourd'hui que les élites Nazca avaient une connaissance très précise de la géologie, de la sismologie et de l'hydrologie de la zone. Qu'elle ait été acquise à cette occasion pour répondre aux besoins de la population, où qu'elle était déjà postérieure et a été facilement mobilisée au moment voulu, n'a pas plus d'importance que de savoir qui de l'œuf ou de la poule est apparu en premier. Quoi qu'il en soit, l'élite Nazca a analysé cette partie de son territoire, et pour résoudre le problème d'eau a décidé de creuser à l'horizontal depuis une altitude plus basse afin d'atteindre les nappes phréatiques où de grands quantité d'eau s'infiltrent naturellement, et ceci du à la nature très poreuses de certaines couches géologiques de la région. Ces tunnels sont appelés Puquios et s'enfoncent souvent très profondément dans les entrailles de la terre afin d'en ramener l'eau nécessaire à l'agriculture. Des puits sont régulièrement creusés le long de l'aqueduc souterrain ou Puquios. Ces puits où ojas, servent à la fois pour entretenir le canal souterrain et de source d'eau pour les populations adjacentes. Ces aqueducs forment non pas des unités séparées, mais constituent bien un réseau complexe, où les jeux de failles, fréquentes dans cette région sismique, provoquent des passages d'eau souterrains qui resurgissent en surface parfois des centaines de mètres plus loin. Notre ignorance partielle sur ces puquios montrent l'extrême ingéniosité et connaissance de ces Nazca qui ont su domestiquer une région parmi les plus arides du monde pour un faire un véritable jardin cultivé.</p>
<p>On ne connaît pas de villes du peuple Nazca, mais il a été découvert par contre un gigantesque centre religieux encore peu exploré, la cité de Cahuachi.</p>
<p>Leur civilisation éclot vers 200 av. J.-C., autour des oasis fluviales d'une région aride au sud du Pérou. Ils y développent une agriculture prospère, entre la côte et les hautes terres, y cultivent de la patate douce, du maïs, des haricots, du piment, des goyaves, des lucumas, du coton, des cannes à sucre, y élèvent des lamas et des alpagas, pêchent des mollusques et des poissons.</p>
<p>Les Nazca se sentaient intimement liés à la nature qui leur donnait toutes leurs ressources. L'eau y était rare et sacrée. La vie tenait aux fils des fleuves qui descendaient de la montagne, aux largesses de la pluie qui les remplissait. Un monde sans eau était un monde mort. Il fallait parler aux dieux pour que le ciel ne s'épuise jamais. Les Nazca les sollicitaient en langage symbolique du dessin et de la musique, mais aussi, de manière plus directe, en état de transe.</p>
<p>Les tâches imposées la société Nazca étaient monumentales, non seulement pour leurs constructions, leur irrigation (un travail considérable), leurs cultures agraires, mais aussi les porteries et surtout le tissage qui atteignait des quantités invraisemblables, sans parler du travail pour dessiner et conserver les géoglyphes… Tout cela supposait une surexploitation violente des populations locales et même de l'esclavage ainsi qu'un système politique de terreur. D'où les têtes collectionnées, retrécies et présentées « artistiquement » pour prouver la violence de la société militaire Nazca. Nous allons voir que cela n'est pas étranger à la manière, violente et brutale, avec laquelle cette civilisation a disparu.</p>
<p>Une fois encore, pour comprendre une chute de civilisation d'Amérique précolombienne, on a fait appel aux catastrophes, soit naturelles (pluies diluviennes, sécheresses, vent de sable) ou humaines (surexploitation des richesses, déforestation, etc.), mais il est évident qu'elles n'ont été que le prélude et l'incitateur de révolte sociale renversant un régime d'exploitation et d'oppression honni.</p>
<p>Nombre d'auteurs présentent la chute de cette civilisation comme une « catastrophe écologique » : <a href="https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/homme-disparition-civilisation-nazca-catastrophe-ecologique-21216/" class="spip_out" rel="external">voir ici</a></p>
<p><a href="https://www.dailymotion.com/video/x50nwc2" class="spip_out" rel="external">Voici un film qui présente cette thèse</a></p>
<p>Pour eux, il ne peut s'agir d'une action sociale des opprimés se soulevant contre une société d'oppression et d'exploitation !</p>
<p>Ils parlent seulement d'inondation catastrophique ou d'épuisement des ressources.</p>
<p>Wikistrike offre une autre version :</p>
<p>« Ces figurines surgies du passé ne doivent cependant pas faire oublier l'effondrement brutal de la civilisation Nazca, il y a 1700 ans, après plus de 6 siècles d'une domination sans partage sur cette partie du monde. Que s'est-il passé pour que Cahuachi sombre aussi rapidement dans l'oubli, comme enterrée vivante ? Giuseppe Orefici évoque deux événements importants qui se sont déroulés entre l'an 300 et l'an 350 de notre ère. Tout d'abord une inondation particulièrement violente, dont les traces ont été retrouvées partout sur le site au cours des fouilles. Ensuite, un tremblement de terre qui détruisit les temples de Cahuachi, comme en atteste la découverte de squelettes broyés sous des pans de murs effondrés. L'anéantissement de ces centres cérémoniels a très certainement joué un rôle crucial dans l'abandon de la cité : privée de ses lieux de culte, la religion des Nazcas ne pouvait plus fonctionner correctement. Dévastée, Cahuachi fut donc abandonnée aux sables du désert. Giuseppe Orefici émet l'hypothèse que les Nazcas auraient eux-mêmes enseveli la cité à des fins rituelles. Sa théorie repose sur l'observation des édifices, qui sont recouverts d'une couche d'argile qui n'a pu être transportée là que par des hommes.</p>
<p>Les Nazcas, quant à eux, ne survivront que deux ou trois siècles à l'ensevelissement de leur grande cité cérémonielle, finissant par être absorbés par la civilisation des Huaris, une autre peuplade venue des Andes avec laquelle ils avaient des relations commerciales. Plus tard encore viendra l'empire Inca, mais à cette époque le nom même des Nazcas aura disparu, et Cahuachi ne sera plus qu'un souvenir lointain dormant sous les sables du désert. »</p>
<p><a href="http://www.wikistrike.com/article-la-civilisation-disparue-des-nazcas-91090315.html" class="spip_out" rel="external">source</a></p>
<p>Il est visible que les conditions climatiques comme causes principales de la chute sont un a priori et non une observation. Par exemple, certains affirment que c'est une sécheresse et d'autres des pluies diluviennes. Ils les situent d'ailleurs à des dates qui ne sont pas celles de la chute de cette civilisation.</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=peLfcuHP0nA" class="spip_out" rel="external">Voici par exemple un auteur qui explique qu'une sécheresse exceptionnelle a frappé la région entre 800 et 900 après J.-C. : difficile d'expliquer ainsi le déclin de 350 après J.-C., ni la fin spectaculaire et brutale de 600 après J.-C. !</a></p>
<p>Cette fois, même Wikipedia est capable de concevoir qu'il puisse s'agir d'une révolution sociale :</p>
<p>« Après environ six siècles d'existence, la civilisation Nazca décline brutalement vers 350. L'explication semble être une perte de foi due à la conjonction entre une inondation et un séisme. Cette inondation aurait été plus catastrophique que les autres (elles étaient fréquentes) à cause de l'agriculture intensive. Ces événements auraient provoqué une perte de confiance des Nazcas en leurs dieux et donc, en leurs prêtres. »</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Nazca_(civilisation)" class="spip_out" rel="external">source</a></p>
<p>« Les céramiques sont parmi les aspects les plus originaux et le mieux connu de la civilisation Nazca, à cause de leur sophistication technique et du symbolisme de ces motifs. Il s'agit surtout de bols, de gobelets, de vases et de récipients à double goulot. Peu colorées durant la période Nazca initiale, elles sont d'une grande richesse polychrome par la suite, durant les périodes Nazca moyen et Nazca tardif. Les couleurs les plus employées sont des teintes chaudes comme le rouge, le marron, le jaune, le violet, ainsi que le noir et le blanc</p>
<p>Les Nazcas vivaient de l'agriculture intensive qu'ils pratiquaient dans les étroites vallées des affluents du Rio Grande de Nazca ainsi que dans la vallée d'Ica, Ils avaient fortement développé l'irrigation pour pallier le manque d'eau chronique dans cette région aride en construisant des puits profonds de plusieurs mètres reliés par un réseau d'aqueducs souterrains. Ces aqueducs sont encore utilisés de nos jours. <br class='autobr' />
Ils vivaient dans des huttes recouvertes de chaume situées à l'extérieur de la zone cultivable, c'est-à-dire à la limite du désert, de manière à maximiser la surface cultivable. Ces huttes étaient regroupées en bourgades autour d'une pyramide en adobe servant de sanctuaire.<br class='autobr' />
Le site central était Cahuachi (durant les cinq premiers siècles de l'ère chrétienne), à 6 km de la ville actuelle de Nazca. C'était un centre exclusivement cérémoniel (les fouilles n'ont révélé aucune trace d'activité de vie quotidienne) qui comprenait plus de quarante buttes pyramidales surmontées de structures en adobe. La plus grande de ces pyramides comportait six terrasses superposées dépassant 20 m de hauteur. Lors de cérémonies religieuses, des têtes humaines (d'ennemis) étaient coupées et préparées comme trophées puis enfouies. On a également trouvé des têtes humaines au front percé, permettant ainsi de les suspendre à l'aide d'une corde pourvue d'un nœud, passée dans l'orifice. <br class='autobr' />
Les Nazcas pratiquaient aussi la déformation crânienne. On faisait porter un déformateur en cuir aux nouveau-nés, pendant un an, ce qui contraignait la croissance du crâne vers le haut. Le but était vraisemblablement esthétique. »</p>
<p>En fait d'esthétique, il s'agissait probablement d'une manière de faire en sorte que la classe dirigeante, noble et guerrière, se distingue des simples paysans et artisans et les domine y compris par l'apsect extérieur.</p>
<p>Les Nazca avaient développé une société théocratique et militaire avec une politique guerrière expansive, écrasant les peuples voisins. La conquête des terres a été faite à la recherche de plus grandes ressources qui était rendue nécessaire par leur confrontation avec le désert. L'utilisation de têtes de trophée est connue comme un mécanisme permettant de contrôler par la terreur les populations voisines traitées en ennemies. Les chefs Nazca avaient en effet l'habitude de suspendre la tête de leurs ennemis morts en trophées. Max Uhle, découvreur de la civilisatio Nazca, a inventé le terme "tête de trophée".</p>
<p>Dans cette société dominée par guerriers et prêtres, dans cet État théocratique militariste, paysans artisanaux et pêcheurs constituaient la main-d'œuvre.</p>
<p>N'oublions pas que l'antique nom de « Nazca » signifiait la mise à mal ou la torture… Nazca aurait été une prison des peuples qui expliquerait la masse incroyable de travaux titanesques réalisés par cette « civilisation » de l'exploitation de l'homme… Et peut-être aussi sa chute dès que des conditions naturelles plus défavorables se sont produites et ont engendré une perte de confiance ou de soumission à cet Etat oppressif…</p>
<p>L'élite nazca vivait dans les constructions pyramidales. La vie civile est dirigée par une élite sacerdotale. Le pouvoir d'Etat était noble et guerrier. Les exploités étaient pêcheurs ou paysans. Les Nazca organisaient aussi le grand commerce, notamment avec les Huarpa et Tiahuanaco.</p>
<p>Si cela ne peut pas être une armée d'un Etat voisin qui ait attaqué cette civilisation, cela peut, par contre, être une révolte d'esclaves, de l'un des peuples voisins, soutenue de l'intérieur par des esclaves issus de ce peuple. Et, dans ce cas, il faut parler non de guerre mais de révolution sociale, d'explosion contre la surexploitation et contre l'oppression, d'autant qu'alors c'est l'ensemble du mode de production qui est détruit et pas seulement l'édifice politique, les anciens peuples esclavagisés retrouvant leur liberté et retournant à leur ancien mode de production et d'existence, soit de chasseurs-cueilleurs, soit de petite production de cultivateurs indépendants.</p>
<p><a href="http://cocomagnanville.over-blog.com/2019/02/cahuachi-centre-rituel-nazca-en-adobe.html" class="spip_out" rel="external">Cahuachi, centre rituel Nazca</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5261" class="spip_out" rel="external">Quelques idées fausses sur les Indiens des Amériques</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5342" class="spip_out" rel="external">Luttes de classes dans les sociétés amérindiennes précolombiennes</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5336" class="spip_out" rel="external">La disparition des civilisations précolombiennes est-elle un mystère ?</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d%27ouvrages_sur_l%27Am%C3%A9rique_pr%C3%A9colombienne_class%C3%A9s_par_th%C3%A8me" class="spip_out" rel="external">Bibliographie Amérique précolombienne</a></p></div>
L'histoire de la conquête du Brésil par les Occidentaux, racontée par Lévi-Strauss
https://www.matierevolution.org/spip.php?article6060
https://www.matierevolution.org/spip.php?article60602019-10-09T22:05:00Ztext/htmlfrRobert ParisBrésil BrazilAmérindiens
<p>L'histoire de la conquête du Brésil par les Occidentaux, racontée par Lévi-Strauss <br class='autobr' />
« J'avais été l'élève de Georges Dumas à l'époque du « traité de psychologie »… J'ai toujours regretté de ne pas l'avoir connu en pleine jeunesse, quand, brun et basané à l'image d'un conquistador et tout frémissant des perspectives scientifiques qu'ouvrait la psychologie du XIXe siècle, il était parti à la conquête spirituelle du Nouveau Monde. Dans cette espèce de coup de foudre qui allait se produire (…)</p>
-
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique29" rel="directory">3ème chapitre : Révolutions bourgeoises et populaires</a>
/
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot147" rel="tag">Brésil Brazil</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot292" rel="tag">Amérindiens</a>
<div class='rss_texte'><div class='spip_document_13578 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L311xH415/carte_bresil-26104.jpg?1790088661' width='311' height='415' alt='' />
</figure>
</div>
<div class='spip_document_13579 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L210xH351/41CNAMWK7CL-_SX210_-508ab.jpg?1790088661' width='210' height='351' alt='' />
</figure>
</div><h2 class="spip">L'histoire de la conquête du Brésil par les Occidentaux, racontée par Lévi-Strauss </h2>
<p>« J'avais été l'élève de Georges Dumas à l'époque du « traité de psychologie »… J'ai toujours regretté de ne pas l'avoir connu en pleine jeunesse, quand, brun et basané à l'image d'un conquistador et tout frémissant des perspectives scientifiques qu'ouvrait la psychologie du XIXe siècle, il était parti à la conquête spirituelle du Nouveau Monde. Dans cette espèce de coup de foudre qui allait se produire entre lui et la société brésilienne s'est certainement manifesté un phénomène mystérieux, quand deux fragments d'une Europe vieille de quatre cents ans – dont certains éléments essentiels s'étaient conservés, d'une part dans une famille protestante méridionale, de l'autre, dans une bourgeoisie très raffinée et un peu décadente, vivant au ralenti sous les tropiques – se sont rencontrés , reconnus et presque ressoudés.</p>
<p>L'erreur de Georges Dumas est de n'avoir jamais pris conscience du caractère véritablement archéologique de cette conjoncture. Le seul Brésil qu'il avait su séduire (et auquel un bref passage au pouvoir allait donner l'illusion d'être le vrai), c'était celui de ces propriétaires fonciers déplaçant progressivement leurs capitaux vers des investissements industriels à participation étrangère, et qui cherchaient une couverture idéologique dans un parlementarisme de bonne compagnie, ceux-là mêmes que nos étudiants, issus d'immigrants récents ou de hobereaux liés à la terre et ruinés par les fluctuations du commerce mondial, appelaient avec raison le « gran fino », le grand fin, c'est-à-dire le dessus du panier. Chose curieuse : la fondation de l'Université de São Paulo, grande œuvre dans la vie de Georges Dumas, devait permettre à ces classes modestes de commencer leur ascension en obtenant des diplômes qui leur ouvraient des positions administratives, si bien que notre mission universitaire a contribué à former une élite nouvelle, laquelle allait se détacher de nous… même si elle s'attelait à la tâche de déboulonner une féodalité qui nous avait, certes, introduits au Brésil , mais pour lui servir en partie de caution et pour l'autre de passe-temps….</p>
<p>Ma carrière s'est jouée un dimanche de l'automne 1934, à 9 heures du matin, sur un coup de téléphone. C'était Célestin Bouglé, alors directeur de l'Ecole normale supérieure… Il me demanda abruptement : « Avez-vous toujours le désir de faire de l'ethnographie ? – Certes ! – Alors, posez votre candidature comme professeur de sociologie à l'Université de São Paulo. Les faubourgs sont remplis d'Indiens, vous leur consacrerez vos weeks-ends… » A ce moment, l'extravagante promesse de Bouglé relative aux Indiens me posait problème. D'où avait-il tiré la croyance que São Paulo était une ville indigène, au moins par sa banlieue ? Sans doute d'une confusion avec Mexico ou Tegucigalpa. Ce philosophe qui avait jadis écrit un ouvrage sur « le Régime des castes » dans l'inde, sans se demander un seul instant s'il n'eût pas mieux valu, d'abord, y aller voir (« dans le flux des événements, ce sont les institutions qui surnagent », proclamait-il avec hauteur dans sa préface de 1927), ne pensait pas que la condition des indigènes dût avoir un sérieux retentissement sur l'enquête ethnographique…</p>
<p>Quoi qu'il en soit, j'étais trop ignorant moi-même pour ne pas accueillir des illusions si favorables à mon dessein, d'autant que Georges Dumas avait sur la question des notions également imprécises : il avait connu le Brésil méridional à une époque où l'extermination des populations indigènes n'était pas encore parvenue à son terme, et surtout, la société de dictateurs, de féodaux et de mécènes dans laquelle il se plaisait ne lui avait guère fourni de lumières sur ce sujet.</p>
<p>Je fus donc bien étonné quand, au cours d'un déjeuner où m'avait amené Victor Marguerite, j'entendis de la bouche de l'ambassadeur du Brésil à Paris le son de cloche officiel : « Des Indiens ? Hélas, mon cher Monsieur, mais voici des lustres qu'ils ont tous disparu. Oh, c'est là une page bien triste, bien honteuse, dans l'histoire de mon pays. Mais les colons portugais du XVIe siècle étaient des hommes avides et brutaux. Comment leur reprocher d'avoir participé à la rudesse générale des mœurs ? Ils se saisissaient des Indiens, les attachaient à la bouche des canons et les déchiquetaient vivants à coups de boulets. C'est ainsi qu'on les a eus, jusqu'au dernier. Vous allez, comme sociologue, découvrir au Brésil des choses passionnantes, mais les Indiens n'y songez plus, vous n'en trouverez plus un seul… »</p>
<p>Quand j'évoque aujourd'hui ces propos, ils me paraissent incroyables, même dans la bouche d'un « gran fino » de 1934 et me souvenant à quel point l'élite brésilienne d'alors (heureusement, elle a changé depuis) avait horreur de toute allusion aux indigènes et plus généralement aux conditions primitives de l'intérieur, sinon pour admettre – et même suggérer – qu'une arrière-grand-mère indienne était à l'origine d'une physionomie imperceptiblement exotique, et non pas de ces quelques gouttes, ou litres, de sang noir qu'il devenait déjà de bon ton d'essayer de faire oublier. Pourtant, chez Luis de Souza-Dantas, l'ascendance indienne n'était pas douteuse et il eût pu aisément s'en glorifier. Mais, Brésilien d'exportation qui avait depuis l'adolescence adopté la France, il avait perdu jusqu'à la connaissance de l'état réel de son pays, à quoi s'était substitué dans sa mémoire une sorte de poncif officiel et distingué.</p>
<p>Dans la mesure où certains souvenirs lui étaient restés, il préférait aussi, j'imagine, ternir les Brésiliens du XVIe siècle pour détourner l'attention du passe-temps favori qui avait été celui des hommes de la génération de ses parents et même encore du temps de sa jeunesse : à savoir, recueillir dans les hôpitaux les vêtements infectés des victimes de la variole, pour aller les accrocher avec d'autres présents le long des sentiers encore fréquentés par les tribus. Grâce à quoi fut obtenu ce brillant résultat : l'Etat de São Paulo, aussi grand que la France, que les cartes de 1918 indiquaient encore aux deux tiers « territoire inconnu habité seulement par les indiens », ne comptait, quand j'arrivai en 1935, plus un seul indigène, sinon un groupe de quelques familles localisées sur la côte qui venaient vendre le dimanche, sur les plages de Santos, de prétendues curiosités. Heureusement, à défaut des faubourgs de São Paulo, à trois mille kilomètres dans l'intérieur, les Indiens étaient encore là…</p>
<p>Pour mesurer le caractère absolu, total, intransigeant des dilemmes dans lesquels l'humanité du XVIe siècle se sentait enfermée, il faut se rappeler quelques incidents. Dans l'Hispaniola (aujourd'hui Haïti et Saint-Domingue) où les indigènes, au nombre de cent mille environ en 1492, n'étaient plus que deux cents un siècle après, mourant d'horreur et de dégoût pour la civilisation européenne plus encore que sous la variole et les coups, les colonisateurs envoyaient commission sur commission afin de déterminer la nature des indigènes… On n'était même pas sûr que ce fussent des hommes, et non point des créatures diaboliques ou des animaux… Et comme conclusion unanime : « Il vaut mieux pour les Indiens devenir des hommes esclaves que de rester des animaux libres… » (…)</p>
<p>Dans ce Rio qui m'est maintenant donné en pâture, je devais deviner l'histoire… à la faveur d'une excursion archéologique… Dans une sablière, des paysans avaient récemment mis à jour des fragments de poterie. Je palpe cette céramique épaisse, d'une facture incontestablement tupi par son engobe blanc bordé de rouge et le fin lacis de traits noirs, labyrinthe destiné, dit-on, à égarer les mauvais esprits en quête des ossements humains jadis préservés dans ces urnes…</p>
<p>Rio de Janeiro n'est pas construite comme une ville ordinaire. Etablie d'abord sur la zone plate et marécageuse qui borde la baie, elle s'est introduite entre les mornes abrupts qui l'enserrent de toutes parts, à la façon des doigts dans un gant trop étroit. Des tentacules urbains, longs parfois de vingt ou trente kilomètres, glissent au bas de formations granitiques dont la pente est si raide que nulle végétation ne peut s'y accrocher… Cette ville si prodigue en collines les traite avec un mépris qu'explique en partie le manque d'eau au sommet… En 1935, à Rio, la place occupée par chacun dans la hiérarchie sociale se mesurait à l'altimètre : d'autant plus basse que le domicile était haut. Les miséreux vivaient perchés sur les mornes, dans les favellas où une population de noirs, vêtus de loques bien lessivées, inventaient sur la guitare ces mélodies alertes qui, au temps du carnaval, descendraient des hauteurs et envahiraient la ville avec eux.</p>
<p>Dès qu'on s'engage sur une de ces pistes urbaines qui enfoncent leurs méandres entre les collines, l'aspect devient très vite faubourien. Botafogo, au bout de l'avenue Rio-Branco, c'est encore la ville de luxe, mais, après Flamengo, on se croirait à Neuilly…</p>
<p>Le rivage entre Rio et Santos propose encore des tropiques de rêve… Des petits ports, distants l'un de l'autre d'une centaine de kilomètres, abritent les pêcheurs dans des demeures du XVIIIe siècle, maintenant en ruine et que jadis construisirent en pierres noblement taillées des armateurs, capitaines et vice-gouverneurs. Angra-dos-Reis, Ubatuba, Parati, São Sebastão, Villa-Bella, autant de points où l'or, les diamants, les topazes et les chrysolithes extraits dans les Minas Gerais, les « mines générales » du royaume, aboutissaient après des semaines de voyage à travers la montagne, transportés à dos de mulet… Bougainville a raconté les précautions entourant l'exploitation et le transport. A peine extrait, l'or devait être remis à des Maisons des Fondations situées dans chaque district : Rio-das-Mortes, Sabara, Serro-Frio. On y percevait les droits de la couronne, et ce qui revenait aux exploitants leur était remis en barres marquées de leur poids, leur titre, leur numéro et des armes du roi…</p>
<p>Pour les diamants, le système était plus strict encore. Les entrepreneurs, raconte Bougainville, « sont obligés de donner un compte exact des diamants trouvés et de les remettre entre les mains de l'intendant préposé par le roi à cet effet. Cet intendant les dépose aussitôt dans une cassette cerclée de fer et fermée avec trois serrures… Le vice-roi n'a pas le pouvoir de visiter ce qu'elle renferme. Il consigne seulement le tout à un troisième coffre-fort qu'il envoie à Lisbonne, après avoir apposé son cachet sur la serrure. L'ouverture se fait en présence du roi, qui choisit les diamants qu'il veut, et en paye le prix aux entrepreneurs sur le pied d'un tarif réglé par leur traité. »</p>
<p>De cette intense activité qui, pour la seule année 1762, avait porté sur le transport, le contrôle, la frappe et l'expédition d cent dix-neuf arrobes d'or, c'est-à-dire plus d'une tonne et demie, rien ne subsiste au long de cette côte rendue à l'Eden, sinon quelques façades majestueuses et solitaires au fond de leur crique, murailles battues par les flots au pied desquelles abordaient les galions…</p>
<p>Après s'être repu d'or, le monde eut faim de sucre, mais le sucre consommait lui-même des esclaves. L'épuisement des mines – précédé d'ailleurs par la dévastation des forêts donnant le combustible aux creusets – l'abolition de l'esclavage, enfin une demande mondiale croissante orientent São Paulo et son port Santos vers le café. De jaune, puis blanc, l'or est devenu noir…</p>
<p>On a d'abord défriché pour cultiver ; mais au bout de quelques années, le sol épuisé et lavé par les pluies s'est dérobé aux caféiers. Et les plantations se sont transportées plus loin, là où la terre était encore vierge et fertile… Une agriculture de rapine s'est saisie d'une richesse gisante et puis s'en est allée ailleurs, après avoir arraché quelques profits… En cent ans, la flambée agricole a traversé l'Etat de São Paulo. Allumée au milieu du XIXe siècle par les mineiros délaissant leurs filons taris, elle s'est déplacée d'est en ouest et j'allais bientôt la rattraper de l'autre côté du fleuve Parana s'ouvrant un passage à travers une foule confuse de troncs abattus et de familles déracinées…</p>
<p>En 1935, les Paulistes se vantaient qu'on construisit dans leur ville, en moyenne, une maison par heure. Il s'agissait alors de villas ; on m'assure que le rythme est resté le même, mais pour les immeubles. La ville se développe à une telle vitesse qu'il est impossible de s'en procurer un plan : chaque semaine demanderait une nouvelle édition…</p>
<p>On dépeignait alors São Paulo comme une ville laide. Sans doute, les immeubles du centre étaient pompeux et démodés ; la prétentieuse indigence de leur ornementation se trouvait encore aggravée par la pauvreté du gros œuvre… Et pourtant, São Paulo n'a jamais paru laide : c'était une ville sauvage… Construite à l'origine sur une terrasse en forme d'éperon pointant vers le nord, au confluent de deux petites rivières, les rios Anhangabahu et Tamanduatehy qui se jettent un peu plus bas dans le Rio Tiete, affluent du Parana, ce fut une simple « réduction d'Indiens » : centre missionnaire autour duquel les jésuites portugais s'efforcèrent, dès le XVIe siècle, de grouper les sauvages et de les initier aux vertus de la civilisation. ...</p>
<p>A l'abri de cette faune pierreuse, l'élite pauliste, pareille à ses orchidées favorites, formait une flore nonchalante et plus exotique qu'elle ne croyait. Les botanistes enseignent que les espèces tropicales comprennent des variétés plus nombreuses que celles des zones tempérées bien que chacune soit, en revanche, constituée par un nombre par un nombre parfois très petit d'individus. Le « gran fino » local avait poussé à l'extrême cette spécialisation.</p>
<p>Une société restreinte s'était réparti les rôles. Toutes les occupations, tous les goûts, les curiosités justiciables de la civilisation contemporaine s'y rencontraient, mais chacune figurée par un seul représentant. Nos amis n'étaient pas des personnes, mais plutôt des fonctions dont l'importance intrinsèque, moins que leur disponibilité, semblait avoir déterminé la liste. Il y avait ainsi le catholique, le libéral, le légitimiste, le communiste ; ou, sur un autre plan, le gastronome, le bibliophile, l'amateur de chiens (ou de chevaux) de race, de peinture ancienne, de peinture moderne ; et aussi l'érudit local, le poète surréaliste, le musicologue, le peintre… Il faut bien reconnaître que certains rôles étaient tenus avec un brio extraordinaire, dû à la combinaison de la fortune héritée, du charme inné et de la roublardise acquise, qui rendaient si délicieuse et si décevante en même temps la fréquentation des salons…</p>
<p>Dans ce Brésil qui avait connu quelques éclatantes réussites individuelles, mais rares : Euclides da Cunha, Oswaldo Cruz, Chagas, Villa-Lobos, la culture était restée, jusqu'à une époque récente, un jouet pour les riches. Et c'est parce que cette oligarchie avait besoin d'une opinion publique d'inspiration civile et laïque, pour faire pièce à l'influence traditionnelle de l'Eglise et de l'armée ainsi qu'au pouvoir personnel, qu'en créant l'Université de São Paulo, elle entreprit d'ouvrir la culture à une plus large clientèle…</p>
<p>Au cours des XIXe et XXe siècles, l'anneau mouvant de la frange pionnière s'était lentement déplacé d'est en ouest et du sud vers le nord. En1836, seule la Norte, c'est-à-dire la région entre Rio et São Paulo était solidement occupée, et le mouvement gagnait la zone centrale de l'Etat. Vingt ans plus tard, la colonisation mordait au nord-est sur la Mogiana et la Paulista ; en 1886, elle entamait l'Araquara, l'Alta Sorocabana et la Noroeste. Dans ces dernières zones, en 1935 encore, la courbe de croissance de la population épousait celle de la production du café tandis que, dans les vieilles terres du Nord, l'effondrement de l'une anticipait d'un demi-siècle le déclin de l'autre : la chute démographique commence à s'y faire sentir à partir de 1920, alors que, dès 1854, les terres épuisées tombent à l'abandon… C'est seulement dans les grandes villes de la côte – Rio et São Paulo – que l'expansion urbaine semblait avoir une base assez solide pour paraître irréversible : São Paulo comptait 240 000 habitants en 1900, 580 000 en 1920, passait le million en 1928 et double ce cap aujourd'hui. Mais, à l'intérieur, les espèces urbaines naissaient et disparaissaient, en même temps qu'elle se peuplait, la province se dépeuplait…</p>
<p>Dès qu'on quittait la côte, il ne fallait pas perdre de vue que, depuis un siècle, le Brésil s'était transformé plus qu'il ne s'était développé.</p>
<p>A l'époque impériale, l'occupation humaine était faible, mais relativement bien répartie. Si les villes littorales ou voisines restaient petites, celles de l'intérieur avaient une vitalité plus grande qu'aujourd'hui. Par un paradoxe historique qu'on a trop souvent tendance à oublier, l'insuffisance générale des moyens de communication favorisait les plus mauvais ; quand on n'avait d'autre ressource que d'aller à cheval, on éprouvait moins de répugnance à prolonger de tels voyages pendant des mois plutôt que des jours ou des semaines, et à s'enfoncer là où le mulet seul pouvait se risquer. L'intérieur du Brésil vivait solidairement d'une vie lente sans doute, mais continue… Si l'on excepte les régions les plus reculées, l'abandon dans lequel était tombé le Brésil central au début du XXe siècle ne reflétait nullement une situation primitive : il était le prix payé pour l'intensification du peuplement et des échanges dans les régions côtières, en raison des conditions de vie modernes qui s'y instauraient ; tandis que l'intérieur, parce que le progrès y était trop difficile, régressait au lieu de suivre le mouvement au rythme ralenti qui lui appartient…</p>
<p>L'Etat de São Paulo évoque aussi d'autres événements : la lutte qui, dès le XVIe siècle, opposa les jésuites et les planteurs, chacun défendant une autre forme de peuplement. Avec les réductions, les premiers voulaient arracher les Indiens à la vie sauvage et les grouper sous leur direction dans un genre de vie communal… Les planteurs, fazendeiros, jalousaient le pouvoir temporel des missions qui freinait leurs exactions et les privait aussi de main d'œuvre servile. Ils lançaient des expéditions punitives à la suite desquelles prêtres et Indiens se débandaient. Ainsi s'explique ce trait singulier de la démographie brésilienne que la vie de village, héritière des aldeias, se soit maintenue dans les régions les plus pauvres, tandis qu'ailleurs, là où une terre riche était âprement convoitée, la population n'avait d'autre choix que de se grouper autour de la maison du maître, dans les cahutes de paille ou de torchis toutes semblables, où le propriétaire pouvait garder l'œil sur les colons…</p>
<p>Puis un jour, sur quelques milliers d'hectares reçus en concession, un « colonel » - titre libéralement distribué aux gros propriétaires et aux agents politiques – cherche à se bâtir une influence ; il recrute, il embauche, il rabat une population flottante…</p>
<p>En 1935, deux types de villes conservaient un aspect traditionnel tout en restant vivantes. C'étaient les pousos, villages de carrefour, et les bocas de sertão, « bouches de la brousse », à l'aboutissement des pistes. Déjà le camion commençait à se substituer aux anciens moyens de transport : caravanes de mules ou chars à bœufs, empruntant les mêmes pistes, contraint par leur état précaire à rouler en première ou en seconde sur des centaines de kilomètres, réduit au même rythme de marche que les bêtes de somme et astreint aux mêmes étapes où se cotoyaient les chauffeurs en salopettes huileuses et les tropeiros harnachés de cuir…</p>
<p>A l'époque de la découverte, toute la zone sud du Brésil servait d'habitat à des groupements parents par la langue et par la culture et que l'on confondait naguère sous le nom de Gé. Ils avaient été vraisemblablement refoulés par des envahisseurs récents de langue tupi qui occupaient déjà toute la bande côtière et contre lesquels ils luttaient. Protégés par leur repli dans des zones d'accès difficile, les Gé du sud du Brésil ont survécu pendant quelques siècles aux Tupi, vite liquidés par les colonisateurs. Dans les forêts des Etats méridionaux : Parana et Santa Catarina, des petites bandes sauvages se sont maintenues jusqu'au XXe siècle ; il en subsistait peut-être quelques-unes en 1935, si férocement persécutées au cours des cent dernières années qu'elles se rendaient invisibles ; mais la plupart avaient été réduites et fixées par le gouvernement brésilien, aux environs de 1914, dans plusieurs centres. Au début, on s'efforça de les intégrer à la vie moderne… Vingt ans plus tard, ces tentatives étaient abandonnées. En laissant les Indiens à leurs ressources, le Service de Protection témoignait de l'indifférence dont il était devenu l'objet de la part des pouvoirs publics…</p>
<p>Un des exemples de société indienne est celle des Mbaya-Guaicuru dont, avec les Toba et les Pilaga du Paraguay, les Caduveo du Brésil sont aujourd'hui les derniers représentants… Nobles hommes et nobles dames se divertissaient aux tournois ; ils étaient déchargés des travaux subalternes par une population plus anciennement installée, différente par la langue et la culture, les Guana. Les Tereno, qui sont leurs derniers représentants, vivent dans une réserve gouvernementale, non loin de la petite ville de Miranda où je suis allé les visiter. Ces Guana cultivaient la terre et payaient un tribut de produits agricoles aux seigneurs mbaya en échange de leur protection, entendez pour se préserver du pillage et des déprédations exercées par les bandes de cavaliers armés…</p>
<p>Les Mbaya étaient organisés en castes : au sommet de l'échelle sociale, les nobles divisés en deux ordres, grands nobles héréditaires et anoblis individuels, généralement pour sanctionner la coïncidence de leur naissance avec celle d'un enfant de haut rang. Les grands nobles se distinguaient au surplus entre branches aînées et branches cadettes. Ensuite venaient les guerriers, parmi lesquels les meilleurs étaient admis, après initiation, dans une confrérie qui donnait droit au port de noms spéciaux et à l'emploi d'une langue artificielle formée par l'adjonction d'un suffixe à chaque mot, comme dans certains argots. Les esclaves chamacoco ou d'autre extraction et les serfs guana constituaient la plèbe, bien que ces dernier aient adopté, pour leurs besoins propres, une division en trois castes imitée de leurs maîtres…</p>
<p>Quand Rondon annonça qu'il allait ouvrir à la civilisation la région du nord-ouest, des souvenirs se ranimèrent… Vers 1900, le plateau septentrional était resté une région mythique, où l'on affirmait même que se trouvait une chaîne de montagnes, la Sera do Norte, que la plupart des cartes continuent de mentionner.</p>
<p>Cette ignorance, combinée avec les récits de la pénétration, récente encore, du Far West américain et de la ruée vers l'or, inspira de folles espérances à la population du Mato Grosso et même à celle de la côte. A la suite des hommes de Rondon posant leur fil télégraphique, un flot d'émigrants allait envahir des territoires aux ressources insoupçonnées, y bâtir quelque Chicago brésilienne. Il fallut déchanter : à l'image du nord-est où sont les terres maudites du Brésil dépeintes par Euclides da Cunha dans « Os Sertões », la Sera do Norte allait se révéler savane semi désertique et l'une des zones les plus ingrates du continent…</p>
<p>En 1931, le poste télégraphique de Paressi, situé dans une région relativement fréquentée à trois cents kilomètres au nord de Cuiba et à quatre-vingts kilomètres de Diamantino seulement avait été attaqué et détruit par des Indiens inconnus, sortis de la vallée du Rio do Sangue qu'on croyait inhabitée. Ces sauvages avaient été baptisés beiços de pau, museau de bois, en raison des disques qu'ils portaient enchâssés dans la lèvre inférieure et les lobes des oreilles. Depuis lors, leurs sorties s'étaient répétées à intervalles irréguliers, de sorte qu'il avait fallu déplacer la piste d'environ quatre-vingts kilomètres vers le sud. Quant aux Nambikwara, nomades qui fréquentaient par intermittence les postes depuis 1909, leurs relations avec les blancs avaient été marquées par des fortunes diverses. Assez bonnes au début, elles empirèrent progressivement jusqu'en 1925, date à laquelle sept travailleurs furent conviés par les indigènes à visiter leurs villages où ils disparurent. A partir de ce moment, Nambikwara et les gens de la ligne s'évitèrent. En 1933, une mission protestante vint s'installer non loin du poste de Juruena ; il semble que les rapports s'aigrirent vite, les indigènes ayant été mécontents des présents – insuffisants dit-on – par lesquels les missionnaires reconnurent leur aide pour la construction de la maison et la plantation du jardin. Quelques mois plus tard, un Indien fiévreux se présenta à la mission et reçut publiquement deux comprimés d'aspirine qu'il absorba après quoi il s'en alla prendre un bain de rivière, eut une congestion et mourut. Comme les Nambikwara sont des empoisonneurs experts, ils conclurent que leur compagnon avait été assassiné : une attaque de représailles eut lieu, au cours de laquelle les six membres de la mission furent massacrés….</p>
<p>Comment l'incident responsable du massacre avait-il pu se produire ? Je m'en rendis compte moi-même à l'occasion d'une maladresse qui faillit me coûter cher. Les Nambikwara ont des connaissances toxicologiques. Ils fabriquent du curare pour leurs flèches à partir d'une infusion de la pellicule rouge revêtant la racine de certains strychos, qu'ils font évaporer au feu jusqu'à ce que le mélange ait acquis une consistance pâteuse et ils emploient d'autres poisons végétaux que chacun transporte avec soi sous forme de poudres enfermées dans des tubes de plume ou de bambou, entourés de fils de coton ou d'écorce.</p>
<p>Ces poisons servent aux vengeances commerciales ou amoureuses…</p>
<p>Outre ces poisons de caractère scientifique, que les indigènes préparent ouvertement sans aucune de ces précautions et complications magiques qui accompagnent, plus au nord, la fabrication du curare, les Nambikwara en ont d'autres dont la nature est mystérieuse. Dans des tubes identiques à ceux contenant les poisons vrais, ils recueillent des particules de résine exsudée par une arbre du genre bombax, au tronc renflé dans sa partie moyenne ; ils croient qu'en projetant une particule sur un adversaire, ils provoqueront une condition physique semblable à celle de l'arbre : la victime enflera et mourra…</p>
<p>Ces explications étaient nécessaires pour comprendre ce qui suit. J'avais emporté dans mes bagages quelques-uns de ces grands ballons multicolores en papier de soie qu'on emplit d'air chaud en suspendant à leur base une petite torche, et qu'on lance par centaines, au Brésil, à l'occasion de la fête de la Saint-Jean ; l'idée malencontreuse me vint un soir d'en offrir le spectacle aux indigènes… Mais la gaieté du début avait fait place à d'autres sentiments, les hommes regardaient avec attention et hostilité, et les femmes, tête enfouie entre les bras et blotties l'une contre l'autre, étaient terrifiées…</p>
<p>Pourtant, cet incident et d'autres que je conterai par la suite, n'ont rien enlevé à l'amitié que seule pouvait inspirer une intimité prolongée avec les Nambikwara. Aussi ai-je été bouleversé en lisant récemment, dans une publication d'un collègue étranger, la relation de sa rencontre avec la même bande indigène dont, dix ans avant qu'il ne la visitât, j'avais partagé l'existence à Utiarity...</p>
<p>Notre auteur s'exprime comme suit :</p>
<p>« De tous les Indiens que j'ai vus au Mato Grosso, cette bande rassemblait les plus misérables… Les Nambikwara sont hargeux et impolis jusqu'à la grossiereté. Quand je rendais visite à Julio à son campement, il arrivait souvent que je le trouve couché près du feu ; mais en me voyant approcher il me tournait le dos en déclarant qu'il ne désirait pas me parler. Les missionnaires m'ont raconté qu'un Nambikwara demandera plusieurs fois qu'on lui donne un objet, mais qu'en cas de refus, il essayera de s'en emparer… Il n'est pas nécessaire de rester longtemps chez les Nambikwara pour prendre conscience de leurs sentiments profonds de haine, de méfiance et de désespoir qui suscitent chez l'observateur un état de dépression dont la sympathie n'est pas complètement exclue. » (extrait de K. Oberg, « Indian Tribes of Northern Mato Grosso, Brazil »)</p>
<p>Pour moi, qui les ai connus à une époque où les maladies introduites par l'homme blanc les avaient déjà décimés, mais où – depuis les tentative toujours humaines de Rondon – nul n'avait entrepris de les soumettre, je voudrais oublier cette description navrante et ne rien conserver dans la mémoire, que ce tableau repris de mes carnets de notes où je griffonnai une nuit à la lueur de ma lampe de poche :</p>
<p>« (…) On devine chez tous une immense gentillesse, une profonde insouciance, une naïve et charmante satisfaction animale, et, rassemblant ces sentiments divers, quelque chose comme l'expression la plus émouvante et la plus véridique de la tendresse humaine. » (…)</p>
<p>Si peu connus que fussent les Indiens du Pimenta-Bueno, je ne pouvais attendre d'eux le choc ressenti par les grands auteurs : Léry, Staden, Thevet, qui, il y a quatre cents ans, mirent le pied sur le territoire brésilien. Ce qu'ils virent alors, nos yeux ne l'apercevront jamais plus. Les civilisations qu'ils furent les premiers à considérer s'étaient développées selon d'autres lignes que les nôtres, elles n'en avaient pas moins atteint toute la plénitude et toute la perfection compatibles avec leur nature, tandis que les sociétés que nous pouvons étudier aujourd'hui – dans des conditions qu'il serait illusoire de comparer à celles prévalant il y a quatre siècles – ne sont plus que des corps débiles et des formes mutilées. Malgré d'énormes distances et toutes sortes d'intermédiaires (d'une bizarrerie souvent déconcertante quand on parvient à en reconnaître la chaîne), elles ont été foudroyées par ce monstrueux et incompréhensible cataclysme que fut, pour une si large et si innocente fraction de l'humanité, le développement de la civilisation occidentale ; celle-ci aurait bien tort d'oublier qu'il lui fait un second visage, pas moins véridique et indélébile que l'autre… Si l'Occident a produit des ethnographes, c'est qu'un bien puissant remords devait le tourmenter, l'obligeant à confronter son image à celle de sociétés différentes dans l'espoir qu'elles réfléchiront les mêmes tares ou l'aideront à expliquer comment les siennes se sont développées dans son sein…</p>
<p>L'étude de ces sauvages apporte autre chose que la révélation d'un état de nature utopique, ou la découverte de la société parfaite au cœur des forêts, elle nous aide à bâtir un modèle théorique de la société humaine, qui ne correspond à aucune réalité observable, mais à l'aide duquel nous parviendrons à démêler ce qu'il y a d'originaire et d'artificiel dans la nature actuelle de l'homme et à bien connaître un état qui n'existe plus, qui peut-être n'a point existé, qui probablement n'existera jamais, et dont il est pourtant nécessaire d'avoir des notions justes pour bien juger de notre état présent…</p>
<p>Puisque être homme signifie, pour chacun de nous, appartenir à une classe, à une société, à un pays, à un continent et à une civilisation ; et que pour nous, Européens et terriens, l'aventure au cœur du Nouveau Monde signifie d'abord qu'il ne fut pas le nôtre, et que nous portons le crime de sa destruction ; et ensuite, qu'il n'y en aura pas d'autres : ramenés à nous-mêmes par cette confrontation, sachons au moins l'exprimer dans ses termes premiers – en premier lieu, et nous rapportant à un temps où notre monde a perdu la chance qui lui était offerte de choisir entre ses missions. »</p>
<p>Extraits de « Tristes tropiques » (1955) de Claude Lévi-Strauss</p>
<h2 class="spip">Lire aussi :</h2>
<p><a href="https://books.google.fr/books?id=2VSUCwAAQBAJ&pg=PT349&dq=gallica+l%C3%A9vi-strauss&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjOsZvp0tHcAhWHyIUKHbG8BU8Q6AEIOTAD#v=onepage&q=gallica%20l%C3%A9vi-strauss&f=false" class="spip_out" rel="external">Une histoire du Brésil</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Br%C3%A9sil_et_la_Colonisation/01" class="spip_out" rel="external">« Le Brésil et la colonisation », par Elisée Reclus</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Br%C3%A9sil_et_la_Colonisation/02" class="spip_out" rel="external">« Le Brésil et la colonisation », deuxième partie, par Elisée Reclus</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Voyages_dans_l%E2%80%99int%C3%A9rieur_du_Br%C3%A9sil" class="spip_out" rel="external">« Voyages dans l'intérieur du Brésil », par M. de Saint-Hilaire</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Histoire_d%E2%80%99un_voyage_faict_en_la_terre_du_Br%C3%A9sil/Texte_entier" class="spip_out" rel="external">« Histoire d'un voyage fait en terre du Brésil » par Jean de Léry</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99Empire_du_Br%C3%A9sil_et_la_soci%C3%A9t%C3%A9_br%C3%A9silienne_en_1850" class="spip_out" rel="external">« L'empire du Brésil et la société brésilienne en 1850 », par Emile Adet</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Br%C3%A9sil_en_1844/1" class="spip_out" rel="external">« Le Brésil en 1844 »</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Br%C3%A9sil_en_1844/2" class="spip_out" rel="external">« Le Brésil en 1844 », deuxième partie</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Br%C3%A9sil_en_1858_sous_l%E2%80%99empereur_dom_Pedro_II" class="spip_out" rel="external">« Le Brésil sous l'empereur Dom Pedro II</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Br%C3%A9sil_et_la_Soci%C3%A9t%C3%A9_br%C3%A9silienne/01" class="spip_out" rel="external">« Le Brésil et la Société brésilienne », première partie</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Br%C3%A9sil_et_la_Soci%C3%A9t%C3%A9_br%C3%A9silienne/02" class="spip_out" rel="external">« Le Brésil et la Société brésilienne », deuxième partie</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Br%C3%A9sil_et_la_Soci%C3%A9t%C3%A9_br%C3%A9silienne/03" class="spip_out" rel="external">« Le Brésil et la Société brésilienne », troisième partie</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Un_souvenir_du_Br%C3%A9sil" class="spip_out" rel="external">« Un souvenir du Brésil »</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Voyages_d%E2%80%99exploration_d%E2%80%99un_docteur_allemand_dans_le_Br%C3%A9sil_central" class="spip_out" rel="external">« Les voyages d'exploration d'un docteur allemand dans le Brésil central »</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_du_Br%C3%A9sil" class="spip_out" rel="external">Petite histoire du Brésil</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Bella-Union_%E2%80%93_Destruction_r%C3%A9cente_des_Indiens_Guaranis" class="spip_out" rel="external">« Bella-Union – Destruction récente des Indiens Guaranis »</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Indiens_de_la_Pampas" class="spip_out" rel="external">« Les Indiens de la Pampa »</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99Amazonie" class="spip_out" rel="external">L'Amazonie</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Yanomami" class="spip_out" rel="external">Les Yanomami</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Peuples_indig%C3%A8nes_du_Br%C3%A9sil" class="spip_out" rel="external">Les peuples indigènes du Brésil</a></p>
<p><a href="https://www.survivalinternational.fr/peuples/bresil" class="spip_out" rel="external">Les Indiens menacés de mort dans le Brésil actuel</a></p>
<p><a href="https://www.survivalinternational.fr/actu/9195" class="spip_out" rel="external">Un rapport sur le génocide des Indiens du Brésil sort de l'ombre</a></p>
<p><a href="https://www.google.fr/search?hl=fr&q=indiens+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&btnG=Recherche&meta=" class="spip_out" rel="external">Lire encore</a></p></div>
Qu'était la société des indiens Iroquois ?
https://www.matierevolution.org/spip.php?article6342
https://www.matierevolution.org/spip.php?article63422019-09-09T22:05:00Ztext/htmlfrRobert ParisUSACanadaGuerre WarAmérindiens
<p>Qu'était la société des indiens Iroquois ? <br class='autobr' />
« Des monts Adirondacks jusqu'aux Grands Lacs, sur le territoire actuel de la Pennsylvanie et du nord de l'Etat de New York, vivait le plus puissant groupe de population du Nord-Est américain : la confédération iroquoise, qui réunissait les Mohawks, les Oneidas, les Onondagas, les Cayugas et les Senecas. Des milliers de gens unis par une langue commune : l'iroquois. <br class='autobr' />
Dans la vision du chef mohawk, Hiawatha, le légendaire Dekanawida s'adressait (…)</p>
-
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique29" rel="directory">3ème chapitre : Révolutions bourgeoises et populaires</a>
/
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot26" rel="tag">USA</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot27" rel="tag">Canada</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot48" rel="tag">Guerre War</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot292" rel="tag">Amérindiens</a>
<div class='rss_texte'><div class='spip_document_11874 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L336xH336/Nlle-France-Iroquois-3b425.gif?1790077848' width='336' height='336' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_11873 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH364/29e14f0d3163e165b5246f2ef89e58b6-cd433.jpg?1790088661' width='500' height='364' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_11872 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L398xH302/artfichier_724134_1656658_201301115049305-545cb.jpg?1790077848' width='398' height='302' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_11871 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://www.matierevolution.org/IMG/png/Defaite_des_Yroquois_au_Lac_de_Champlain.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH321/Defaite_des_Yroquois_au_Lac_de_Champlain-48435.jpg?1790088661' width='500' height='321' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_11870 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/er.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH320/er-4d1ad.jpg?1790088661' width='500' height='320' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_11869 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/attaques_iroquoises_320x240-34d60.jpg?1790088661' width='500' height='375' alt='' />
</figure>
</div><h2 class="spip">Qu'était la société des indiens Iroquois ?</h2>
<p>« Des monts Adirondacks jusqu'aux Grands Lacs, sur le territoire actuel de la Pennsylvanie et du nord de l'Etat de New York, vivait le plus puissant groupe de population du Nord-Est américain : la confédération iroquoise, qui réunissait les Mohawks, les Oneidas, les Onondagas, les Cayugas et les Senecas. Des milliers de gens unis par une langue commune : l'iroquois.</p>
<p>Dans la vision du chef mohawk, Hiawatha, le légendaire Dekanawida s'adressait aux Iroquois en ces termes : « nous sommes unis, tous ensemble, par le grand cercle que forment nos mains. Un cercle si fort que, si un arbre venait à tomber dessus, il ne tremblerait ni ne se romprait. Ainsi, notre peuple et nos petits-enfants resteront dans le cercle en parfaite sécurité, dans la paix et le bonheur. »</p>
<p>Dans les villages iroquois, la terre était détenue et travaillée en commun. La chasse se faisait en groupe et les prises étaient partagées entre les membres du village. Les habitations étaient considérées comme des propriétés communes et abritaient plusieurs familles. La notion de propriété privée des terres et des habitations étaient parfaitement étrangères aux Iroquois.</p>
<p>Un père jésuite français qui les rencontra en 1650 écrivait :</p>
<p>« Nul besoin d'hospices chez eux car ils ne connaissant pas plus la mendicité que la pauvreté. (…) Leur gentillesse, leur humanité et leur courtoisie les rendent non seulement libéraux en ce qui concerne les possessions mais font qu'ils ne possèdent pratiquement rien qui n'appartienne également aux autres. »</p>
<p>Les femmes jouaient un rôle important et avaient un statut respecté dans la société iroquoise. En effet, le lignage s'organisait autour de ses membres féminins dont les maris venaient rejoindre la famille. Chaque famille élargie vivait dans la « grande maison » et lorsqu'une femme désirait se séparer de son mari elle déposait simplement les affaires de ce dernier devant la porte.</p>
<p>Les familles formaient des clans et une douzaine ou plus de clans pouvaient former un village. Les femmes les plus âgées du village désignaient les hommes habilités à représenter le clan aux conseils de village et de tribu.</p>
<p>Elles désignaient également les quarante-neuf chefs qui composaient le grand conseil de la Confédération des cinq nations iroquoises. Elles assistaient aux réunions de clans, se tenaient derrière le cercle formé par les hommes qui discutaient et votaient les décisions. Si ces derniers allaient dans un sens trop éloigné de celui qu'elles souhaitaient, elles pouvaient les démettre et les remplacer.</p>
<p>Les femmes surveillaient également les récoltes et s »occupaient de l'administration générale du village tant que les hommes étaient à la chasse ou à la pêche. En outre, comme elles fournissaient les mocassins et la nourriture pour les expéditions guerrières, elles avaient également un certain contrôle sur les affaires militaires.</p>
<p>Comme le fait remarquer Gary B. Nash dans son fascinant ouvrage sur les premières années de l'Amérique, « Red, Blacks and Whites », « le pouvoir était donc bien l'affaire des deux sexes, et l'idée européenne d'une domination masculine et d'une sujétion féminine en toutes choses était remarquablement étrangère à la société iroquoise ».</p>
<p>On enseignait aux enfants iroquois aussi bien l'héritage culturel de leur peuple et la nécessaire solidarité entre tribus que le devoir de ne pas plier devant un quelconque abus d'autorité. On leur enseignait aussi l'égalité des statuts et le partage des possessions.</p>
<p>Les Iroquois ne punissaient jamais cruellement les enfants. Le sevrage et la toilette n'étaient pas imposés autoritairement et les enfants étaient autorisés à franchir graduellement et de façon autonome ces étapes de leur éducation.</p>
<p>Tout cela, bien sûr, jurait parfaitement avec les valeurs européennes que les premiers colons apportèrent avec eux : une société divisée en pauvres et riches, contrôlée par les prêtres, par les gouverneurs, et par les hommes en ce qui concernait la vie familiale.</p>
<p>Par exemple, le pasteur de la colonie des Pères Pèlerins, John Robinson, donnait à ses paroissiens les conseils suivants sur l'éducation des enfants :</p>
<p>« Assurément, il y a en chaque enfant une obstination, une intrépidité d'esprit, fruits d'une fierté naturelle qu'il faut absolument rabattre et briser. Ainsi, les fondements de l'éducation étant assimilés avec humilité et docilité, d'autres vertus pourront venir, en leur temps, s'y adjoindre. »</p>
<p>Guy Nash dépeint ainsi la culture iroquoise :</p>
<p>« Nulle loi ni ordonnance, ni shérifs ni gendarmes ni juges ni jurys ni cours de justice ni prisons – tout ce qui compose l'appareil autoritaire des sociétés européennes -, rien de tout cela n'existait dans les forêts du Nord-Est américain avant l'arrivée des Européens. Pourtant, les limites du comportement acceptable y étaient clairement déterminées. Bien que mettant en avant la notion d'individu autonome, les Iroquois n'en avaient pas moins un sens aigu du bien et du mal. (…) Celui qui volait de la nourriture ou se conduisait lâchement au combat était « couvert de honte » par son peuple et mis à l'écart de la communauté jusqu'à ce qu'il eût expié sa faute par ses actes et apporté la preuve, à la plus grande satisfaction de ses congénères, qu'il s'était moralement purifié de lui-même. »</p>
<p><a href="https://jugurtha.noblogs.org/files/2018/05/HowardZinn-HistoirepopulairedesEtats-Unis.pdf" class="spip_out" rel="external">source</a></p>
<p>La plupart des écrits français sur les Iroquois ne s'intéressent qu'à la guerre de conquête de la France contre les Indiens et les Anglais, dans laquelle les Iroquois jouaient un rôle central et ont provoqué une violente défaite de la France. Cependant, les Iroquois ont un tout autre intérêt, en tant que civilisation, et cela bien avant qu'Anglais et Français ne débarquent pour coloniser…</p>
<p>Le site « Peuples amérindiens » écrit :</p>
<p>« Les Iroquois (encore appelés « Haudenosaunee » ou « peuple des maisons longues ») connus aussi par l'expression « Cinq-Nations » comprennent effectivement cinq et puis plus tard six nations amérindiennes de langues iroquoises vivant historiquement dans le nord de l'État de New York aux États-Unis au sud du lac Ontario et du fleuve Saint-Laurent. La plupart des quelques 125 000 Iroquois vivent aujourd'hui en Ontario au Canada et dans l'État de New York. D'autres vivent au Wisconsin, au Québec et en Oklahoma. Seule une petite minorité des Iroquois parle aujourd'hui une des langues iroquoises dont notamment près de 1 500 locuteurs du mohawk dans le village Kahnawake, au sud de Montréal.</p>
<p>Ces nations indiennes unies de la confédération iroquoise sont les Senecas, les Cayugas, les Onondagas, les Oneida, les Mohawks, les Tuscaroras. »</p>
<p><a href="http://www.peuplesamerindiens.com/pages/amerindiens-du-canada/les-iroquois.html" class="spip_out" rel="external">source</a></p>
<h2 class="spip">Howard Zinn décrit ainsi la société iroquoise dans « Une histoire populaire des Etats-Unis » :</h2>
<p>« Aux environs de l'an 500 de notre ère, tandis que cette culture des Moudbuilders (vallée de l'Ohio) commençait à décliner, une autre civilisation se développait plus à l'ouest, dans la vallée du Mississipi, centrée sur l'actuelle région de Saint Louis. Cette civilisation avait développé une agriculture sophistiquée et réunissait des milliers de villages, édifiant également près d'une métropole indienne qui semble avoir abrité quelque trente mille personnes, de grands tumulus de terre qui faisaient office de sépultures ou de lieux cérémoniels. le plus grand de ces édifices avait 300 mètres de haut et une base plus grande que celle de la Grande Pyramide d'Egypte. Dans cette cité, appelée Cahokia, on trouvait fabricants d'outils, tanneurs, potiers, bijoutiers, tisserands, saliniers, graveurs sur cuivre ainsi que de talentueux céramistes. On y a également découvert un suaire funéraire composé de douze mille perles de coquillages.</p>
<p>Des monts Adirondacks jusqu'aux Grands Lacs, sur le territoire actuel de la Pennsylvanie et du nord de l'Etat de New York, vivait le plus puissant groupe de population du Nord-Est américain : la Confédération iroquoise, qui réunissait les Mohawks (« le peuple du Silex »), les Oneidas (« le peuple de la Pierre »), les Onondagas (« le peuple de la Montagne »), les Cayugas (« le peuple de la Terre ») et les Senecas (« le peuple de la Grande Colline »). Des milliers de gens unis par une langue commune : l'iroquois.</p>
<p>Dans la vision du chef mohawk, Hiawatha, le légendaire Dekanawida s'adressait aux Iroquois en ces termes : « Nous sommes unis, tous ensemble, par le grand cercle que forment nos mains. Un cercle si fort que si un arbre venait à tomber dessus il ne tremblerait ni ne se romprait. Ainsi, notre peuple et nos petits-enfants resteront dans le cercle en parfaite sécurité, dans la paix et le bonheur. »</p>
<p>Dans les villages iroquois, la terre était détenue et travaillée en commun. La chasse se faisait en groupe et les prises étaient partagées entre les membres du village. Les habitations étaient considérées comme des propriétés communes et abritaient plusieurs familles. La notion de propriété privée des terres et des habitations étaient parfaitement étrangère aux Iroquois….</p>
<p>Les femmes jouaient un rôle important et avaient un statut respecté dans la société iroquoise. En effet, le lignage s'organisait autour de ses membres féminins dont les maris venaient rejoindre la famille. Chaque famille élargie vivait dans la « grande maison » et lorsqu'une femme désirait se séparer de son mari elle déposait simplement les affaires de ce dernier devant la porte.</p>
<p>Les familles formaient des clans et une douzaine ou plus de clans pouvaient former un village. Les femmes les plus âgées du village désignaient les hommes habilités à représenter le clan aux conseils de village et de tribu. Elles désignaient également les quarante-neuf chefs qui composaient le grand conseil de la Confédération des cinq nations iroquoises. Elles assistaient aux réunions de clans, se tenaient derrière le cercle formé par les hommes qui discutaient et votaient les décisions. Si ces derniers allaient dans un sens trop éloigné de celui qu'elles souhaitaient, elles pouvaient les démettre et les remplacer.</p>
<p>Les femmes surveillaient également les récoltes et s'occupaient de l'administration générale du village tant que les hommes étaient à la chasse ou à la pèche. En outre, comme elles fournissaient les mocassins et la nourriture pour les expéditions guerrières, elles avaient également un certain contrôle sur les affaires militaires…</p>
<p>On enseignait aux enfants iroquois aussi bien l'héritage culturel de leur peuple et la nécessaire solidarité entre tribus que le devoir de ne pas plier devant un quelconque abus d'autorité. On leur enseignait aussi l'égalité des statuts et le partage des possessions. Les Iroquois ne punissaient jamais cruellement leurs enfants. Le sevrage et la toilette n'étaient pas imposés autoritairement et les enfants étaient autorisés à franchir graduellement et de façon autonome ces étapes de leur éducation…</p>
<p>Gary Nash dépeint ainsi la culture iroquoise : « Nulle loi, ni ordonnance, ni shérifs, ni gendarmes, ni juges, ni jurys, ni cours de justice, ni prisons – tout ce qui compose l'appareil autoritaire des sociétés européennes -, rien de tout cela n'existait dans les forêts du Nord-Est américain avant l'arrivée des Européens. »</p>
<h2 class="spip">Friedrich Engels dans « L'origine de la famille, de la propriété privée et de l'Etat » :</h2>
<p>« Nous en venons maintenant à une autre découverte de Morgan, d'une importance au moins égale à celle de la reconstitution des formes primitives de la famille en partant des systèmes de parenté. Morgan a prouvé que les groupes de consanguins, désignés par des noms d'animaux à l'intérieur d'une tribu d'Indiens américains, sont essentiellement identiques aux genea des Grecs, aux gentes des Romains ; que la forme américaine est la forme originelle, tandis que la forme gréco-romaine est la forme ultérieure, dérivée ; que toute l'organisation sociale des Grecs et des Romains des temps primitifs en gens, phratrie et tribu a son parallèle exact dans l'organisation sociale américano-indienne ; que la gens (autant que nos sources nous permettent jusqu'ici d'en juger) est une institution commune à tous les barbares jusqu'à leur entrée dans la civilisation, et même plus tard encore. Et cette preuve a, d'un seul coup, élucidé les parties les plus difficiles de l'histoire grecque et romaine la plus ancienne et nous a donné en même temps des éclaircissements insoupçonnés sur les traits fondamentaux du régime social des temps primitifs, – avant l'instauration de l'État. Pour si simple que paraisse la chose une fois qu'on la connaît, Morgan ne l'a pourtant découverte que récemment ; dans son ouvrage précédent, paru en 1871 [1], il n'avait pas encore percé le mystère dont la révélation a depuis réduit [pour un temps] au plus complet silence les préhistoriens anglais, généralement si pleins d'assurance.</p>
<p>Le mot latin gens, que Morgan emploie d'une façon générale pour désigner ce groupe de consanguins, vient, tout comme le mot grec correspondant genos, de la racine aryenne commune gan (en germanique où, d'après la règle, k remplace le g aryen, kan) qui signifie engendrer. Gens, genos, en sanscrit dianas, en gothique (selon la règle précitée) kuni, en norois et en anglo-saxon kyn, en anglais kin, en moyen haut-allemand künne veulent uniformément dire race, lignée. Mais gens en latin, genos en grec s'appliquent spécialement au groupe consanguin qui se vante d'une descendance commune (ici, d'un ancêtre commun de la tribu), et qui est uni par certaines institutions sociales et religieuses en une communauté particulière, mais dont l'origine et la nature étaient cependant restées obscures jusqu'ici pour tous nos historiens.</p>
<p>Nous avons déjà vu précédemment, à propos de la famille punaluenne, quelle est, dans sa forme primitive, la composition d'une gens. Elle se compose de toutes les personnes qui, par le mariage punaluen et d'après les conceptions qui y règnent nécessairement, forment la descendance reconnue d'une même aïeule bien déterminée, fondatrice de la gens. Comme la paternité est douteuse dans cette forme de famille, seule compte la filiation féminine. Comme les frères n'ont pas le droit d'épouser leurs sœurs, mais seulement des femmes d'une autre lignée, les enfants procréés avec ces femmes étrangères tomberont donc, en vertu du droit maternel, en dehors de la gens. Par conséquent, seuls les descendants des filles de chaque génération resteront dans le groupe ; les descendants des fils passeront aux gentes de leurs mères. Qu'adviendra-t-il maintenant de ce groupe consanguin, dès qu'il se constituera comme groupe particulier, en face de groupes semblables, au sein d'une même tribu ?</p>
<p>Comme forme classique de cette gens primitive, Morgan prend la gens des Iroquois, et plus spécialement celle de la tribu des Senecas. Dans cette tribu, il y a huit gentes qui portent des noms d'animaux : 1. Loup ; 2. Ours ; 3. Tortue ; 4. Castor ; 5. Cerf ; 6. Bécasse ; 7. Héron ; 8. Faucon. Dans chaque gens règnent les coutumes suivantes :</p>
<p>1º La gens élit son sachem (chef du temps de paix) et son chef (commandant militaire). Il fallait que le sachem fût choisi dans la gens même, et ses fonctions y étaient héréditaires en ce sens qu'il devait immédiatement y être pourvu à nouveau en cas de vacance ; le commandant militaire pouvait être choisi même en dehors de la gens, et faire même totalement défaut pour un temps. On n'élisait jamais sachem le fils du sachem précédent, parce que, le droit maternel régnant chez les Iroquois, le fils appartenait à une autre gens ; mais on pouvait élire, et l'on élisait souvent, le frère du sachem ou le fils de sa sœur. Tous, hommes et femmes, participaient à cette élection. Mais le choix devait être ratifié par les sept autres gentes, et c'est alors seulement que l'élu était solennellement intronisé par le conseil commun de toute la fédération iroquoise. Nous verrons, par la suite, toute l'importance de ce fait. Le pouvoir du sachem à l'intérieur de la gens était paternel, de caractère purement moral ; le sachem n'avait aucun moyen de coercition. Il était, en outre, et d'office, membre du Conseil de tribu des Senecas et du Conseil fédéral de l'ensemble des Iroquois. Le chef militaire n'avait d'ordres à donner que dans les expéditions guerrières.</p>
<p>2º La gens révoque à son gré le sachem et le chef militaire. Ceci encore est décidé par l'ensemble des hommes et des femmes. Les dignitaires destitués sont ensuite de simples guerriers comme les autres, des particuliers. D'ailleurs, le Conseil de tribu peut également révoquer des sachems, et même contre la volonté de la gens.</p>
<p>3º Aucun membre n'a le droit de se marier dans le sein de la gens. Telle est la règle fondamentale de la gens, le lien qui la maintient unie ; c'est l'expression négative de la très positive parenté consanguine, qui seule fait que les individus qu'elle comprend deviennent une gens. Par la découverte de ce simple fait, Morgan a dévoilé pour la première fois la nature de la gens. Combien la gens avait été peu comprise jusqu'alors, c'est ce que prouvent les récits antérieurs sur les sauvages et les barbares, dans lesquels les différents groupements qui composent l'ordre gentilice sont confondus pêle-mêle, sans qu'on les ait compris, ni distingués, sous les noms de tribus, de clans, de thum, etc., et où l'on prétend de temps à autre que le mariage serait interdit dans le sein de telle ou telle de ces corporations. C'est ainsi que fut créé l'irréparable brouillamini dans lequel Mac Lennan put intervenir comme un autre Napoléon, afin d'y mettre bon ordre par un arrêt souverain : toutes les tribus se partagent en tribus au sein desquelles le mariage est interdit (exogames) et en tribus au sein desquelles le mariage est permis (endogames). Et, après avoir ainsi conduit irrémédiablement cette affaire dans une impasse, il put s'adonner aux recherches les plus profondes pour découvrir laquelle de ces deux classes absurdes était la plus ancienne : l'exogame ou l'endogame. Cette insanité cessa d'elle-même avec la découverte de la gens fondée sur la parenté consanguine et de l'impossibilité qui en résultait pour ses membres de se marier entre eux. Il va de soi qu'au stade où nous trouvons les Iroquois, l'interdiction du mariage au sein de la gens est inviolablement maintenue.</p>
<p>4º Le bien des morts revenait aux autres gentiles, il devait rester dans la gens. Étant donné l'insignifiance de ce que pouvait léguer un Iroquois, l'héritage était partagé entre les parents gentilices les plus proches : si le défunt était un homme, entre ses frères et sœurs utérins et le frère de sa mère ; si c'était une femme, entre ses enfants et ses sœurs utérines, à l'exclusion de ses frères. C'est pour la même raison que le mari et la femme ne pouvaient pas hériter l'un de l'autre, non plus que les enfants ne pouvaient hériter de leur père.</p>
<p>5º Les gentiles se devaient mutuellement aide, protection et en particulier assistance pour venger une injure faite par des étrangers. Chaque individu s'en remettait, pour sa sécurité personnelle, à la protection de la gens, et il pouvait le faire ; celui qui l'offensait, offensait la gens tout entière, C'est de ces liens du sang dans la gens que résultait l'obligation de la vendetta, reconnue sans réserves par les Iroquois. Si un étranger à la gens tuait un de ses membres, toute la gens de la victime était tenue de venger ce meurtre. D'abord, on cherchait une conciliation ; la gens du meurtrier tenait conseil et faisait des propositions d'arrangement au Conseil de la gens de la victime, lui offrant la plupart du temps l'expression de ses regrets et des présents considérables. Si on les agréait, l'affaire était liquidée. Dans le cas contraire, la gens offensée nommait un ou plusieurs vengeurs, qui avaient l'obligation de poursuivre et de mettre à mort le meurtrier. Si cela se produisait, la gens de l'homme exécuté n'avait pas le droit de se plaindre ; le cas était réglé.</p>
<p>6º La gens a des noms déterminés, ou des séries de noms que seule de toute la tribu elle a le droit d'employer, si bien que le nom de chaque individu exprime en même temps à quelle gens il appartient. Un nom gentilice implique d'emblée des droits gentilices.</p>
<p>7º La gens peut adopter des étrangers et, de ce fait, les admettre dans la tribu tout entière. Les prisonniers de guerre qu'on ne tuait pas devenaient ainsi, par adoption dans une gens, membres de la tribu des Senecas et recevaient de ce fait tous les droits de gens et de tribu. L'adoption avait lieu sur la proposition individuelle de certains gentiles, d'hommes qui acceptaient l'étranger pour frère ou pour sœur, de femmes qui l'adoptaient comme enfant ; la réception solennelle dans la gens était nécessaire à la ratification. Souvent, des gentes isolées, exceptionnellement réduites, étaient ainsi renforcées par l'adoption massive de membres d'une autre gens, avec l'agrément de celle-ci. Chez les Iroquois, la réception solennelle dans la gens avait lieu en séance publique du Conseil de tribu, ce qui en faisait véritablement une cérémonie religieuse.</p>
<p>8º Il est difficile de prouver qu'il y ait des cérémonies religieuses spéciales dans les gentes indiennes ; mais les cérémonies religieuses des Indiens se rattachent plus ou moins aux gentes. Aux six fêtes religieuses annuelles des Iroquois, les sachems et les chefs militaires de chaque gens comptaient, en raison de leur charge, parmi les « gardiens de la foi » et avaient des fonctions sacerdotales.</p>
<p>9º La gens a un cimetière commun. Celui-ci a maintenant disparu ; les Iroquois de l'État de New York sont enterrés parmi les Blancs ; mais il existait autrefois. Chez d'autres Indiens il existe encore ; ainsi chez les Tuscaroras, proches parents des Iroquois : bien que chrétiens, ils ont au cimetière une rangée déterminée pour chaque gens, de sorte que la mère y est bien enterrée dans la même rangée que les enfants, mais non le père. Et chez les Iroquois aussi, toute la gens va à l'enterrement du défunt, s'occupe de la tombe, des discours funèbres, etc.</p>
<p>10º La gens a un conseil, assemblée démocratique de tous les gentiles adultes, hommes et femmes, qui tous ont le même droit de vote. Ce conseil élisait les sachems et les chefs militaires, et il les révoquait ; de même pour les autres « gardiens de la foi ». Le Conseil décidait des dons expiatoires (wergeld, prix du sang) ou de la vendetta pour le meurtre de gentiles ; il adoptait des étrangers dans la gens. Bref, il était dans la gens le pouvoir souverain.</p>
<p>Telles sont les attributions d'une gens indienne typique.</p>
<p>« Tous ses membres sont des hommes libres, tenus de protéger leur mutuelle liberté, égaux en droits personnels, – ni les sachems, ni les chefs militaires ne revendiquent de prérogatives quelconques ; ils forment une collectivité fraternelle, unie par les liens du sang. Liberté, égalité, fraternité, sans avoir été jamais formulés, étaient. les principes fondamentaux de la gens, et celle-ci, à son tour, était l'unité de tout un système social, la base de la société indienne organisée. Ceci explique l'indomptable esprit d'indépendance et la dignité de l'attitude personnelle que chacun reconnaît aux Indiens [2]. »</p>
<p>A l'époque de la découverte, les Indiens de toute l'Amérique du Nord étaient organisés en gentes, selon le droit maternel. Dans quelques tribus seulement, comme celle des Dakotas, les gentes avaient disparu, et dans quelques autres, chez les Ojibwas, les Omahas, elles étaient organisées selon le droit paternel.</p>
<p>Dans un très grand nombre de tribus indiennes comptant plus de cinq ou six gentes, nous en trouvons trois, quatre, ou davantage encore, réunies en un groupe particulier que Morgan, traduisant fidèlement le nom indien, appelle phratrie (fraternité), d'après son pendant grec. C'est ainsi que les Senecas ont deux phratries : la première comprend les gentes 1 à 4, la deuxième, les gentes 5 à 8. Une étude plus poussée montre que ces phratries représentent presque toujours les gentes primitives, premières subdivisions de la tribu à son origine ; car chaque tribu, pour pouvoir subsister de façon autonome, devait nécessairement englober au moins deux gentes, le mariage étant interdit au sein de la gens. A mesure que la tribu s'accroissait, chaque gens se scindait à nouveau en deux, ou en plus de deux tronçons, dont chacun apparaît alors comme une gens particulière, tandis que la gens originelle, qui englobe toutes les gentes-filles, subsiste en tant que phratrie. Chez les Senecas et la plupart des autres Indiens, les gentes d'une des phratries sont entre elles des gentes-sœurs, tandis que celles de l'autre phratrie sont leurs gentes-cousines, – termes qui, nous l'avons vu, ont un sens très réel et très expressif dans le système de parenté américain. A l'origine, aucun Seneca n'avait le droit de se marier au sein de sa phratrie, mais cette coutume est, depuis fort longtemps, tombée en désuétude et se limite à la gens. Chez les Senecas, la tradition voulait que l'Ours et le Cerf fussent les deux gentes initiales à partir desquelles les autres s'étaient ramifiées. Une fois que cette nouvelle organisation se fut enracinée, on la modifia selon les besoins ; si des gentes d'une phratrie dépérissaient, on y faisait parfois passer, par compensation, des gentes entières d'autres phratries. C'est pourquoi nous trouvons, dans différentes tribus, les gentes de même nom diversement groupées dans les phratries.</p>
<p>Les fonctions de la phratrie chez les Iroquois sont en partie sociales en partie religieuses. 1º Les phratries jouent au ballon l'une contre l'autre ; chacune délègue ses meilleurs joueurs, les autres regardent le jeu, chaque phratrie ayant sa place particulière, et les spectateurs parient entre eux sur la victoire des leurs. 2º Au Conseil de tribu, les sachems et les chefs militaires de chaque phratrie siègent ensemble, les deux groupes se faisant face, et chaque orateur s'adresse aux représentants de chaque phratrie comme à un corps particulier. 3º Si un meurtre s'était produit dans la tribu, sans que le meurtrier et la victime appartinssent à la même phratrie, la gens offensée en appelait souvent à ses gentes-sœurs ; celles-ci tenaient un Conseil de phratrie et s'adressaient à l'autre phratrie prise comme collectivité, afin que celle-ci réunît également un Conseil pour arranger l'affaire. Ici donc, la phratrie réapparaît comme gens primitive, et avec plus de chances de succès que la gens isolée et plus faible, sa fille. 4º En cas de décès de personnages éminents, la phratrie opposée se chargeait d'organiser l'inhumation et les funérailles, tandis que la phratrie du défunt conduisait le deuil. Un sachem venait-il à mourir, la phratrie opposée annonçait la vacance de la charge au Conseil fédéral des Iroquois. 5º Lors de l'élection d'un sachem, le Conseil de phratrie intervenait également. On considérait comme allant presque toujours de soi la ratification par les gentes-sœurs ; mais les gentes de l'autre phratrie pouvaient faire opposition. Dans ce cas, le Conseil de cette phratrie se réunissait ; s'il maintenait son opposition, l'élection restait sans effet. 6º jadis, les Iroquois avaient des mystères religieux particuliers, appelés par les Blancs medecine-lodges. Ces mystères étaient célébrés chez les Senecas par deux confréries religieuses, avec une initiation en règle pour les nouveaux adeptes ; à chacune des deux phratries, était rattachée une de ces confréries. 7º Si, comme il est à peu près certain, les quatre linages (lignages) qui habitaient les quatre quartiers de Tlaxcala [3] au temps de la conquête, étaient quatre phratries, cela prouve du même coup que les phratries, tout comme chez les Grecs et dans d'autres groupements consanguins analogues chez les Germains, étaient en même temps des unités militaires ; chacun de ces quatre lignages marchait au combat formée en une troupe particulière avec son propre uniforme, avec son propre drapeau et sous le commandement de son chef propre.</p>
<p>De même que plusieurs gentes constituent une phratrie, de même, dans la forme classique, plusieurs phratries constituent une tribu ; en certains cas, dans des tribus sérieusement affaiblies, le chaînon intermédiaire, la phratrie, fait défaut. Qu'est-ce donc qui caractérise une tribu indienne en Amérique ?</p>
<p>1º Un territoire propre et un nom particulier. Chaque tribu possédait encore, en dehors de l'emplacement de son établissement effectif, un territoire considérable pour la chasse et la pêche. Au-delà de ce territoire s'étendait un large espace neutre qui allait jusqu'au territoire de la tribu la plus voisine, et qui était plus étroit entre tribus de langues apparentées, plus large entre tribus de langues différentes. C'est le Grenzwald (la forêt-frontière) des Germains, le désert que les Suèves de César créent autour de leur territoire, l'îsarnholt (en danois, jarnved, limes danicus) entre Danois et Germains, le Sachsenwald et le branibor (en slave : forêt protectrice ; d'où le nom de Brandenbourg) entre les Germains et les Slaves. Ce territoire ainsi délimité par des frontières incertaines était le pays commun de la tribu, reconnu tel par les tribus voisines et défendu par la tribu même contre tout empiètement. La plupart du temps, l'incertitude des frontières ne devenait fâcheuse, dans la pratique, que lorsque la population s'était considérablement accrue. – Il semble que les noms de tribus soient dus le plus souvent au hasard, plutôt qu'intentionnellement choisis ; avec le temps, il arriva fréquemment qu'une tribu fût désignée par les tribus voisines sous un nom autre que celui qu'elle employait elle-même ; de même que les Allemands reçurent des Celtes le premier nom collectif qu'ils portent dans l'histoire, le nom de Germains.</p>
<p>2º Un dialecte particulier, propre à cette seule tribu. En fait tribu et dialecte coïncident ; la formation nouvelle de tribus et de dialectes par suite de scissions se produisait encore récemment en Amérique et sans doute n'a-t-elle pas encore cessé complètement. Là où deux tribus affaiblies ont fusionné, il arrive exceptionnellement qu'on parle dans la même tribu deux dialectes fortement apparentés. L'importance numérique moyenne des tribus américaines reste au-dessous de 2 000 membres ; les Cherokees, pourtant, sont au nombre de 26 000, le plus fort chiffre d'Indiens des États-Unis parlant le même dialecte.</p>
<p>3º Le droit d'investir solennellement de leur autorité les sachems et les chefs militaires élus par les gentes.</p>
<p>4º Le droit de les destituer, même contre la volonté de leur gens. Comme les sachems et les chefs militaires sont membres du Conseil de tribu, ces droits qu'a sur eux la tribu s'expliquent d'eux-mêmes. Là où s'était formée une fédération de tribus, etoù la totalité des tribus était représentée dans un Conseil fédéral, les droits précités passaient à ce Conseil fédéral</p>
<p>5º Un lot de représentations religieuses communes (mythologie) et de cérémonies du culte. « À leur façon barbare, les Indiens étaient un peuple religieux [4]. » Leur mythologie n'a pas encore été l'objet d'une étude critique ; ils imaginaient déjà sous une forme humaine les incarnations de leurs représentations religieuses, – esprits de toutes sortes, – mais le stade inférieur de la barbarie, auquel ils en étaient alors, ne connaît pas encore les figurations plastiques, qu'on appelle des idoles. C'est un culte de la nature et des éléments qui évolue vers le polythéisme. Ces différentes tribus avaient leurs fêtes régulières, avec certaines formes de culte bien déterminées, en particulier la danse et les jeux ; la danse principalement était un élément essentiel de toutes les solennités religieuses ; chaque tribu célébrait les siennes en particulier.</p>
<p>6º Un Conseil de tribu pour les affaires communes. Il était composé de tous les sachems et de tous les chefs militaires des différentes gentes, leurs représentants véritables puisqu'ils pouvaient toujours être destitués ; il délibérait publiquement, entouré des autres membres de la tribu qui avaient le droit d'intervenir et de faire entendre leur opinion ; le Conseil décidait. Dans la règle, tout assistant était entendu s'il le désirait ; les femmes, elles aussi, pouvaient faire exposer leur point de vue par un orateur de leur choix. Chez les Iroquois, la décision finale devait être prise à l'unanimité, comme c'était également le cas pour certaines résolutions dans les communautés de marche germaniques. Il incombait en particulier au Conseil de tribu de régler les relations avec les tribus étrangères ; il recevait et envoyait les ambassades ; il déclarait la guerre et concluait, la paix. Si la guerre éclatait, elle était faite généralement par des volontaires. En principe, chaque tribu était considérée comme en état de guerre avec toute autre tribu, si un traité de paix n'avait pas été expressément conclu entre elles. Des expéditions contre les ennemis de ce genre étaient, pour la plupart, organisées à titre individuel par des guerriers éminents ; ils donnaient une danse guerrière ; ceux qui s'y joignaient exprimaient du même coup qu'ils participaient à l'expédition. La colonne était aussitôt formée et se mettait en marche. De même, la défense du territoire de la tribu attaquée était assurée, la plupart du temps, par des levées de volontaires. Le départ et le retour de ces colonnes donnaient toujours lieu à des réjouissances publiques. L'autorisation du Conseil de tribu n'était pas nécessaire pour des expéditions de ce genre et elle n'était ni sollicitée, ni donnée. C'est tout à fait les expéditions particulières des suites armées germaniques, telles que Tacite nous les décrit, à cette différence près que chez les Germains les suites ont pris un caractère plus permanent, forment un noyau solide, organisé dès le temps de paix et autour duquel les autres volontaires se groupent en cas de guerre. Ces colonnes guerrières étaient rarement nombreuses ; les expéditions les plus importantes des Indiens, même à de grandes distances, étaient accomplies par des forces militaires insignifiantes. Quand plusieurs de ces suites se réunissaient pour une grande entreprise, chacune d'elles n'obéissait qu'à son propre chef ; l'unité du plan de campagne était assurée, tant bien que mal, par un Conseil de ces chefs. C'est de cette façon que les Alamans faisaient la guerre sur le Haut-Rhin, au ive siècle, comme nous en trouvons la description dans Ammien Marcellin.</p>
<p>7º Nous trouvons, dans quelques tribus, un chef suprême, dont les pouvoirs sont pourtant fort réduits. C'est l'un des sachems qui, dans les cas qui exigent une action rapide, doit prendre des mesures provisoires jusqu'au moment où le Conseil peut se réunir et statuer définitivement. C'est, à un stade très rudimentaire, une tentative restée presque toujours stérile dans la suite du développement pour investir un fonctionnaire du pouvoir exécutif ; comme nous le verrons par la suite, ce fonctionnaire aura, dans la plupart des cas, sinon toujours, pour origine le chef militaire suprême.</p>
<p>La grande majorité des Indiens américains n'alla pas au-delà du groupement en tribu. Leurs tribus peu nombreuses, séparées les unes des autres par de vastes zones frontières, affaiblies par des guerres incessantes, occupaient avec peu de gens un immense territoire. Çà et là se constituaient des alliances entre tribus apparentées, sous le coup d'un danger momentané, et elles se dissolvaient avec lui. Mais, dans quelques régions, des tribus originairement parentes, après s'être disloquées, s'étaient regroupées de nouveau en fédérations permanentes, faisant ainsi le premier pas vers la constitution de nations [5]. Aux États-Unis, nous trouvons chez les Iroquois la forme la plus développée d'une fédération de ce genre. Abandonnant leurs territoires à l'ouest du Mississipi, où ils formaient probablement une branche de la grande famille des Dakotas, ils s'établirent après de longues pérégrinations dans l'État actuel de New York et se répartirent en cinq tribus : les Senecas, les Cayougas, les Onondagas, les Oneidas et les Mohawks. Ils vivaient de poisson, de gibier et de jardinage rudimentaire, habitaient des villages qui étaient presque toujours protégés par des palissades. Ne dépassant jamais le chiffre de 20 000, ils avaient dans les cinq tribus un certain nombre de gentes communes, parlaient des dialectes très apparentés d'une même langue et occupaient un territoire d'un seul tenant, partagé entre les cinq tribus. Comme ce territoire avait été récemment conquis, l'union, créée par l'habitude, des tribus victorieuses contre la population refoulée subsistait naturellement ; elle se développa, au plus tard vers le début du XV° siècle, jusqu'à constituer une « confédération éternelle », confédération qui d'ailleurs, sentant ses nouvelles forces, prit aussitôt un caractère agressif. A l'apogée de sa puissance, vers 1675, elle avait conquis alentour de vastes territoires dont elle avait en partie chassé, en partie rendu tributaires les habitants. La confédération des Iroquois présente l'organisation sociale la plus avancée à laquelle soient parvenus les Indiens quand ils n'ont pas dépassé le stade inférieur de la barbarie (à l'exception, par conséquent, des Indiens du Mexique, du Nouveau-Mexique et du Pérou). Voici quelles étaient les règles fondamentales de la confédération :</p>
<p>1º Confédération éternelle des cinq tribus consanguines, sur la base d'une égalité et d'une indépendance complètes dans toutes les affaires intérieures de la tribu. Cette consanguinité formait le véritable fondement de la confédération. Sur les cinq tribus, trois s'appelaient tribus-mères et elles étaient sœurs entre elles, comme l'étaient également les deux autres, qui s'appelaient tribus-filles. Trois gentes – les plus anciennes – étaient encore vivaces et représentées dans toutes les cinq tribus ; trois autres gentes étaient représentées dans trois tribus ; les membres de chacune de ces gentes étaient tous frères entre eux à travers l'ensemble des cinq tribus. La langue commune, avec de simples variantes dialectales, était l'expression et la preuve de la commune origine.</p>
<p>2º L'organe de la confédération était un Conseil fédéral de cinquante sachems, tous égaux par le rang et le prestige ; ce Conseil décidait en dernier ressort dans toutes les affaires de la confédération.</p>
<p>3º Lors de la fondation de la confédération, ces cinquante sachems avaient été répartis entre les tribus et les gentes comme dignitaires de charges nouvelles, expressément créées pour les fins de la confédération. Ils étaient réélus par les gentes intéressées à chaque nouvelle vacance et pouvaient toujours être révoqués par elles ; mais le droit de les investir de leurs fonctions appartenait au Conseil fédéral.</p>
<p>4º Ces sachems fédéraux étaient également sachems dans leurs tribus respectives et avaient siège et voix dans le Conseil de tribu.</p>
<p>5º Toutes les décisions du Conseil fédéral devaient être prises à l'unanimité.</p>
<p>6º Le vote s'effectuait par tribu, de telle façon que chaque tribu et, dans chacune d'elles, tous les membres du Conseil devaient exprimer leur accord pour qu'une décision valable pût être prise.</p>
<p>7º Chacun des cinq Conseils de tribu pouvait convoquer le Conseil fédéral, mais celui-ci ne pouvait se convoquer de lui-même.</p>
<p>8º Les séances avaient lieu devant le peuple assemblé ; chaque Iroquois pouvait y prendre la parole ; le Conseil seul décidait.</p>
<p>9º Personne n'était placé à la tête de la confédération, elle n'avait pas de chef du pouvoir exécutif.</p>
<p>10º Par contre, elle avait deux chefs de guerre suprêmes, avec mêmes attributions et même pouvoir (les deux trois » des Spartiates, les deux consuls à Rome).</p>
<p>C'est là toute la constitution publique sous laquelle les Iroquois vécurent et vivent encore depuis plus de quatre cents ans. je l'ai retracée en détail, d'après Morgan, parce que nous avons ici l'occasion d'étudier l'organisation d'une société qui ne connaît pas encore l'État. L'État suppose un pouvoir public particulier, séparé de l'ensemble des citoyens qui le composent, et Maurer, qui reconnaît avec un sûr instinct la constitution de la marche (Mark) germanique comme une institution purement sociale de nature, essentiellement différente de l'État, bien qu'elle soit appelée à en fournir plus tard la base principale, – Maurer étudie en conséquence, dans tous ses écrits, la formation progressive du pouvoir public à partir et à côté des constitutions primitives des marches, des villages, des seigneuries et des villes. Nous voyons, chez les Indiens de l'Amérique du Nord, comment une peuplade, unie à l'origine, se répand peu à peu sur un immense continent ; comment des tribus, en se scindant, deviennent des peuples, des groupes entiers de tribus ; comment les langues se transforment non seulement jusqu'à devenir incompréhensibles entre elles, mais aussi jusqu'à ce que disparaisse presque toute trace de leur unité primitive ; comment, par ailleurs, au sein des tribus, les différentes gentes se scindent en plusieurs tronçons, les gentes-mères se maintiennent en tant que phratries, et comment les noms de ces plus anciennes gentes se perpétuent dans des tribus fort éloignées les unes des autres et depuis longtemps séparées, – le Loup et l'Ours sont encore des noms gentilices dans la majorité des tribus indiennes. Et la constitution précédemment décrite s'applique en général à toutes ces tribus, – à cette différence près que beaucoup d'entre elles ne sont pas arrivées jusqu'à la confédération entre tribus parentes.</p>
<p>Mais nous voyons aussi à quel point, une fois la gens donnée comme unité sociale, toute la constitution des gentes, des phratries et de la tribu se développe à partir de cette unité avec une nécessité presque inéluctable – parce que naturelle. Toutes trois sont des groupes de consanguinité à des degrés différents, chacun formant un tout et réglant ses propres affaires, mais chacun complétant aussi l'autre. Et le cercle des affaires qui leur incombent englobe l'ensemble des affaires publiques du barbare appartenant au stade inférieur. Donc, partout où nous trouvons chez un peuple la gens comme unité sociale, nous pourrons également chercher une organisation de la tribu semblable à celle que nous avons décrite ; et si nous disposons de sources suffisantes, comme chez les Grecs et les Romains, non seulement nous trouverons cette organisation, mais aussi nous nous convaincrons que, là où les sources nous font défaut, la comparaison avec la constitution sociale américaine nous aide à démêler les doutes et les énigmes les plus difficiles.</p>
<p>Et avec toute son ingénuité et sa simplicité, quelle admirable constitution que cette organisation gentilice ! Sans soldats, gendarmes ni policiers, sans noblesse, sans rois ni gouverneurs, sans préfets ni juges, sans prisons, sans procès, tout va son train régulier. Toutes les querelles et toutes les disputes sont tranchées par la collectivité de ceux que cela concerne, la gens ou la tribu, ou les différentes gentes entre elles, – c'est seulement comme moyen extrême, et rarement appliqué, qu'intervient la menace de vendetta, dont notre peine de mort n'est d'ailleurs que la forme civilisée, nantie de tous les avantages et de tous les inconvénients de la civilisation. Bien que les affaires communes soient en nombre beaucoup plus grand que de nos jours, – l'économie domestique est commune et communiste dans une série de familles, le sol est propriété de la tribu, seuls les petits jardins sont assignés provisoirement aux ménages, – on n'a quand même nul besoin de notre appareil administratif, vaste et compliqué. Les intéressés décident et, dans la plupart des cas, un usage séculaire a tout réglé préalablement. Il ne peut y avoir de pauvres et de nécessiteux – l'économie domestique communiste et la gens connaissent leurs obligations envers les vieillards, les malades, les invalides de guerre. Tous sont égaux et libres – y compris les femmes. Il n'y a pas encore place pour des esclaves, pas plus qu'en général pour l'asservissement de tribus étrangères. Quand. les Iroquois, vers 1651, eurent vaincu les Ériés et la « Nation neutre [6] », ils leur offrirent d'entrer avec des droits égaux dans la confédération ; c'est seulement quand les vaincus s'y refusèrent qu'ils furent chassés de leur territoire. Et quels hommes, quelles femmes produit une pareille société, tous les Blancs qui connurent des Indiens non corrompus en témoignent par leur admiration pour la dignité personnelle, la droiture, la force de caractère et la vaillance de ces barbares.</p>
<p>Quant à cette bravoure, l'Afrique nous en a fourni des exemples tout récents. Les Zoulous, il y a quelques années, les Nubiens [7], – deux tribus chez lesquelles les institutions gentilices ne sont pas encore mortes -, ont fait, il y a quelques mois, ce que ne peut faire aucune armée européenne. Armés seulement de lances et de javelots, sans armes à feu, sous la pluie de balles des fusils à tir rapide de l'infanterie britannique – reconnue la première du monde dans la bataille rangée -, ils se sont avancés jusqu'à ses baïonnettes et l'ont plus d'une fois bousculée et même repoussée, malgré l'énorme disproportion des armes, et bien qu'ils ignorent le service militaire et ne sachent pas ce que c'est que faire l'exercice. Ce qu'ils peuvent endurer et accomplir, les Anglais eux-mêmes en témoignent lorsqu'ils se plaignent qu'un Cafre puisse, en vingt-quatre heures, parcourir plus vite qu'un cheval un plus long chemin ; le plus petit muscle fait saillie, dur et tendu comme une lanière de fouet, dit un peintre anglais.</p>
<p>Voilà ce qu'étaient les hommes et la société humaine, avant que s'effectuât la division en différentes classes. Et si nous comparons leur situation à celle de l'immense majorité des civilisés de nos jours, la distance est énorme entre le prolétaire ou le petit paysan d'aujourd'hui et l'ancien membre libre de la gens.</p>
<p>C'est un des côtés de la chose. Mais n'oublions pas que cette organisation était vouée à la ruine. Elle n'alla pas au delà de la tribu ; la confédération des tribus marque déjà le commencement de leur décadence, comme on le verra plus tard, et comme on l'a déjà vu dans les tentatives d'assujettissement faites par les Iroquois. Ce qui était en dehors de la tribu était en dehors du droit. Là où n'existait pas expressément un traité de, paix, la guerre régnait de tribu à tribu, et la guerre était menée avec la cruauté qui distingue les hommes des autres animaux et qui fut seulement tempérée plus tard par l'intérêt. La constitution gentilice à son apogée, telle que nous l'avons vue en Amérique, impliquait une production tout à fait embryonnaire et, par suite, une population extrêmement clairsemée sur un vaste territoire, donc un asservissement presque complet de l'homme à la nature extérieure qui se dresse devant lui en étrangère et qu'il ne comprend pas, asservissement qui se reflète dans ses puériles représentations religieuses. La tribu restait pour l'homme la limite, aussi bien en face de l'étranger que vis-à-vis de soi-même : la tribu, la gens et leurs institutions étaient sacrées et intangibles, constituaient un pouvoir supérieur donné par la nature, auquel l'individu restait totalement soumis dans ses sentiments, ses pensées et ses actes. Autant les hommes de cette époque nous paraissaient imposants, autant ils sont indifférenciés les uns des autres, ils tiennent encore, comme dit Marx, au cordon ombilical de la communauté primitive. La puissance de cette communauté primitive devait être brisée – elle le fut. Mais elle fut brisée par des influences qui nous apparaissent de prime abord comme une dégradation, comme une chute originelle du haut de la candeur et de la moralité de la vieille société gentilice. Ce sont les plus vils intérêts – rapacité vulgaire, brutal appétit de jouissance, avarice sordide, pillage égoïste de la propriété commune -qui inaugurent la nouvelle société civilisée, la société de classes ; ce sont les moyens les plus honteux – vol, violence, perfidie, trahison – qui sapent l'ancienne société gentilice sans classe, et qui amènent sa chute. Et la société nouvelle elle-même, pendant les deux mille cinq cents ans de son existence, n'a jamais été autre chose que le développement de la petite minorité aux frais de la grande majorité des exploités et des opprimés, et c'est ce qu'elle est de nos jours, plus que jamais.</p>
<p>Notes</p>
<p>[1] MORGAN : Systems of consanguinity and affinity of the human family. Washington, 1871.</p>
<p>[2] MORGAN, op. cit., pp. 85-86.</p>
<p>[3] La ville la plus florissante du Mexique, à l'époque de la conquête, capitale des Téochichimèques. Les quartiers étaient à l'origine des villages (pueblos) qui avaient grandi et dont la réunion avait été le fondement de la citadelle de Tlaxcala.</p>
<p>[4] MORGAN, op. cit., p.113.</p>
<p>[5] Le mot nation n'est pas employé ici dans son sens moderne, mais au sens du latin natio… c'est-à-dire « peuplade, peuple ».</p>
<p>[6] On appelait au XVIIe siècle « Nation neutre » la confédération militaire créée par quelques tribus indiennes apparentées aux Iroquois et vivant sur la rive nord du lac Érié. Ce sont les colonisateurs français qui lui donnèrent ce nom à cause de la neutralité qu'ils observèrent dans les guerres entre tribus iroquoises et huronnes.</p>
<p>[7] Allusion à l'héroïque résistance que les Zoulous opposèrent en 1879 et les Nubiens (sous la direction du mahdi Mohammed Ahmed) en 1881-1883 aux armées de l'Empire britannique.</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/engels/works/1884/00/fe18840000i.htm" class="spip_out" rel="external">source</a></p>
<h2 class="spip">Traven décrit ainsi la démocratie indienne des Indiens Tzeltales du Chiapas :</h2>
<p>« Administration indienne et démocratie directe</p>
<p>« A l'occasion de la fête d'investiture, pendant que les cloches sonnent, on fait brûler des feux d'artifice. Il y a de la musique, les gens dansent dans un vacarme joyeux. Le nouveau chef élu est, devant le portail du cabildo, présenté par les délégués de sa tribu au chef sortant et à ses conseillers. Avec cette présentation est terminé l'examen des documents électoraux.</p>
<p>Le chef sortant fait un discours, rédigé sous forme de poésie, en langue indienne vraisemblablement très ancienne. Le nouveau chef y répond avec modestie et courtoisie. Son discours est également formulé en langue indienne et utilise des rimes qui ont très probablement été prévues pour ce genre de cérémonie il y a mille ans ou davantage.</p>
<p>Quand après de nombreux cérémonials le bâton lui est enfin remis, on apporte une chaise. Cette chaise est basse. Elle est faite d'un bois aux entrelacs multiples, ressemblant à du raphia. Le siège est percé à la dimension d'un postérieur d'homme.</p>
<p>Au milieu des rires, des joyeux quolibets et des plaisanteries grivoises des hommes qui assistent en foule à la cérémonie, le nouveau chef abaisse à demi son pantalon de coton blanc et pose son derrière dénudé sur l'ouverture de la chaise. Il tient dans sa dextre le bâton d'ébène à pommeau d'argent représentatif de sa fonction et siège, plein de dignité, le visage tourné vers les hommes de la nation rassemblés devant lui.</p>
<p>Il est assis, sérieux, majestueux, comme s'il allait procéder solennellement à son premier acte officiel.</p>
<p>Les plaisanteries et les rires des hommes qui l'entourent se taisent un instant. On a l'impression que tous veulent écouter avec recueillement les premières paroles importantes de leur nouveau chef. A ce moment arrivent trois hommes envoyés à cette fête par la tribu qui aura à élire le cacique l'année suivante. Ces hommes portent un pot de terre dont les flancs sont percés de nombreux évents. Le pot est empli de braises qui rougeoient avec vivacité, attisées par le moindre souffle d'air.</p>
<p>Dans un discours en langue indienne, dit en vers, l'un des hommes explique le but de l'acte qu'il va accomplir. Dès qu'il a terminé son discours, il place le pot plein de braises sous le postérieur dénudé du nouveau chef. Dans son discours, il a expliqué que ce feu placé sous le derrière du chef dignement assis sur son siège officiel doit lui rappeler qu'il n'y est pas installé pour s'y reposer, mais pour travailler pour le peuple. Il doit demeurer vif et zélé même lorsqu'il est installé officiellement. En outre, il ne doit pas oublier qui a glissé ce feu sous son séant, c'est-à-dire la tribu qui désignera le cacique de l'année à venir, et ceci pour lui mettre en mémoire qu'il ne doit pas se cramponner à sa place, mais la céder dès que son mandat sera écoulé, afin d'éviter un règne à vie ou une dictature qui serait néfaste au bien du peuple. S'il venait jamais à s'accrocher à son poste, on lui mettrait sous les fesses un feu si grand et si long qu'il ne resterait rien de lui ni du siège.</p>
<p>Dès que le pot empli de braises ardentes a été glissé sous le siège, des maximes rimées sont dites par un homme de la tribu dont l'élu se retire, un homme de la tribu qui élira le jefe l'année suivante et un homme de la tribu dont est issu le cacique nouvellement investi. Tant que la récitation des sentences n'est pas terminée, le nouveau chef ne doit pas se lever de son siège. La durée de l'épreuve dépendra de la popularité ou de l'impopularité de l'élu parmi ses frères de race. Les récitants pourront soit psalmodier les rimes lentement et précautionneusement, ou bien les dire avec toute la hâte permise sans trahir ouvertement leur intention. Lorsque l'homme qui doit parler à son tour a l'impression que ceux qui l'ont précédé ont été trop rapides, il a le droit de réparer le dommage très largement par une lenteur redoublée de son discours.</p>
<p>Le chef, quelles que soient ses sensations, ne doit manifester d'aucune manière, grimace ou geste, les effets de la chaleur sur sa personne. Bien au contraire, lorsque tous les aphorismes ont été récités, il ne se relève pas immédiatement, heureux d'en avoir terminé avec la séance de réchauffage ; il reste au contraire assis un bon moment pour bien montrer qu'il n'a pas l'intention de fuir devant les peines que l'exercice de ses fonctions pourraient lui préparer. Assez souvent il se met même à plaisanter, ce qui augmente la gaieté des hommes qui le regardent et attendent avec impatience qu'il laisse apparaître son inconfort pour pouvoir se moquer de lui. Mais plus les plaisanteries sont alertes, plus longtemps il reste assis et plus le respect et la confiance qu'il inspire grandissent.</p>
<p>Il cherche à reporter le ridicule sur les autres. Il dit à l'un : « Alors, gringalet, tu n'as pas de poumons, comment veux-tu donner à ta femme les moyens de faire une bonne soupe si tu es trop faible pour souffler sur le feu sous mon cul pour que je me réchauffe un peu. Hé ! toi, Eliseo, viens ici gratter la glace qui se dépose sur mon derrière. » Les braises sont à peu près éteintes. Le chef se lève lentement. La glace dont il parlait n'est cependant pas tout à fait inoffensive. La peau est couverte de grosses cloques et, en de nombreux endroits, de plaques noirâtres que l'on peut sentir de loin. Un ami s'approche de lui, lui enduit les fesses d'huile et lui applique un pansement de feuilles écrasées tandis qu'un autre lui offre de grands verres de tequila.</p>
<p>Pendant de longues semaines, le nouveau chef n'oubliera pas sur quoi il est assis. Pendant les premiers mois qui suivent son entrée en fonction, cela l'aide considérablement à gouverner selon les désirs exprimés par la nation au cours de son élection.</p>
<p>Dans presque tous les cas, il reste suffisamment de cicatrices sur cette partie cachée de son individu pour qu'il puisse prouver jusqu'à l'âge le plus avancé, grâce à un document inaltérable, qu'il a eu l'honneur d'être élu une fois chef de sa nation, mais aussi pour le soustraire à la tentation de se faire élire à ce poste une seconde fois, ce qui serait contraire aux mœurs de son peuple.</p>
<p>On pourrait très sérieusement conseiller aux prolétaires de mettre en application cette méthode d'élection indienne éprouvée, en particulier à l'égard des fonctionnaires de leurs organisations syndicales et politiques. Pas seulement en Russie, où c'est le plus nécessaire, mais aussi dans tous les pays où Marx et Lénine sont les saints qu'on honore. Les prolétaires en lutte pourraient obtenir des résultats utiles avec bien plus de certitude en mettant chaque année sous les fesses de leurs dirigeants un feu bien attisé.</p>
<p>Aucun chef n'est irremplaçable. Et plus rapidement les nouveaux dirigeants se succèdent sur le siège ardent, plus vivant reste le mouvement.</p>
<p>Ne sois pas timoré, prolétaire. Et encore moins sentimental. »</p>
<h2 class="spip">Matricien, « Les femmes garantes de la première démocratie américaine » :</h2>
<p>Les Iroquois (ou Haudenosaunee) connus aussi par l'expression Cinq-Nations comprennent effectivement cinq et puis plus tard six nationsamérindiennes de langues iroquoises vivant historiquement dans le nord de l'État de New York aux États-Unis au sud du lac Ontario et du fleuve Saint-Laurent. La plupart des quelques 125 000 Iroquois vivent aujourd'hui en Ontario au Canada et dans l'État de New York. D'autres vivent au Wisconsin, au Québec et en Oklahoma. Seule une petite minorité des Iroquois parle aujourd'hui une des langues iroquoises dont notamment près de 1 500 locuteurs du mohawk dans le village Kahnawake, au sud de Montréal.</p>
<p>Les Iroquois croyaient en une femme-ciel, une déesse-mère qu'ils appelaient Ataensic. Ils disaient qu'un de ses fils jumeaux avait créé le monde avec le corps de sa mère décédée. Ils croyaient que la nature (les animaux, les plantes, etc.) était animée par des esprits.</p>
<p>Les Iroquois sont ceux qui se rapprochent probablement le plus de l'état matriarcal. Le jésuite Joseph-François Lafitau qualifie les sociétés iroquoiennes d'« empire de femmes ». Elles se comportent parfois en véritables guerrières amazones. Les femmes, surtout celles qui sont âgées, sont reconnues pour leur sagesse. Chez ces Indiens, c'étaient les femmes qui arrangeaient les mariages et qui, possédaient maisons et terres. Quelques-unes des plus importantes organisations cérémonielles étaient en bonne partie constituées et dirigées par les femmes et c'était dans leurs rangs qu'on choisissait trois sur six des fonctionnaires rituels de chaque clan. Les femmes nommaient leur candidat lors d'une vacance au conseil des chefs et avaient le droit de désapprouver et même d'empêcher l'élection d'un chef qu'elles jugeaient indigne. Néanmoins, c'est un fait certain que, même parmi les Iroquois, les femmes n'entraient pas dans le conseil suprême de la Ligue.</p>
<p>Les Iroquois vivaient dans des villages de 2000 habitants et plus et étaient jardiniers ou chasseurs. Les deux sexes travaillaient ensemble à la construction des longues-maisons permanentes, habitées par environ vingt-cinq familles. Les familles qui y vivaient en face l'une de l'autre utilisaient le même feu et des séparations délimitaient les zones de sommeil de chaque famille. Comme la plupart des peuplades natives nord américaines, les iroquois furent relativement matriarcaux. Au temps des premiers contacts (autour de 1650), la femme occupe une position sociale enviable si on la compare à celle qui s'impose dans les sociétés occidentales. La fonction procréatrice y est valorisée, les mères exercent une forte autorité sur leurs filles et fils, la femme occupe une place centrale dans le discours religieux, ses connaissances en matière médicale sont reconnues et elle détient souvent un droit de vie ou de mort sur les prisonniers de guerre. La terre est propriété des femmes. Elles ont un droit de véto sur toutes les décisions des hommes. Ce rôle leur donnait même le pouvoir d'inciter les chefs de guerre à organiser des expéditions pour venger la mort des membres de leur famille ou de la même lignée.</p>
<p>Article 44 de la constitution iroquoise : « La descendance se fait par le lien maternel. Les femmes sont la source de la Nation, elles possèdent le pays et sa terre. Les hommes et les femmes sont d'un rang inférieur à celui des mères ».</p>
<p>L'usage d'un objet entraînant sa possession chez les nations sauvages, la Mère, qui a charge de la demeure et de ses provisions, est maîtresse de la maison et de ce qu'elle renferme ; l'homme ne possède que ses armes et ses instruments de pêche et de chasse. Les enfants appartiennent à la mère, qui les a engendrés, nourris, élevés et logés ; la fille lorsqu'elle se marie, ne quitte pas la demeure maternelle ; le mari est un hôte, qui doit lui procurer des vivres. Le foyer servant à la préparation des aliments est propriété de la Mère et de sa fille aînée, quand elle meurt. Les matrones de la longue-maison contrôlaient la répartition de la nourriture et des autres marchandises qui assuraient le bien-être du groupe.</p>
<p>« Parmi les Iroquois…les enfants sont de la tribu de la mère, dans la majorité des nations ; mais la règle, même si elle était universelle depuis l'antiquité, ne l'est plus aujourd'hui. Quand la descendance de la lignée maternelle prévalait, elle était suivie par d'importants résultats, dont le plus remarquable était que la lignée paternelle était constamment déshéritée. Puisque tous les titres ainsi que les propriétés descendaient de la lignée maternelle, et étaient héréditaires, strictement, dans la tribu elle mêle, un fils ne pouvait jamais succéder au titre de son père en tant que Sachem, ni hériter de sa médaille ou de son tomahawk » – McLennan 1970 [1865]:51</p>
<p>Les Iroquois avaient un système similaire de distribution des terres. La tribu possédait toutes les terres, mais attribuait des territoires aux différents clans qui les répartissaient à leur tour entre les ménages pour les cultiver. Le terrain était régulièrement redistribué entre les ménages, au bout de quelques années. Un clan pouvait demander une réaffectation des territoires lors des réunions du Conseil des Mères de clan. Les clans coupables d'abus de terrain ou de négliger celui qui leur était alloué, recevaient un avertissement du Conseil des Mères. La pire punition était l'attribution de leur territoire à un autre clan. La propriété de la terre était l'affaire des femmes, de même que la culture du sol pour la nourriture était leur travail. Le Conseil des Mères réservait aussi certaines portions de terrain pour être travaillées en commun par les femmes de tous les clans. La nourriture produite sur ces terres, appelée kěndiǔ »gwǎ'ge' hodi'yěn'tho, était consommée lors des fêtes et des grands rassemblements.</p>
<p>La contribution importante des femmes dans l'économie domestique leur faisait accéder à une autonomie importante même si la division socio-sexuée des tâches était très forte et que sa transgression impliquait une mise à l'écart. Femmes et hommes en nombre égal occupaient les fonctions de “gardiens de la foi”, personnes d'influence qui admonestaient les autres pour les infractions morale. Le rôle déterminant dans l'exercice du pouvoir appartenait aux aînés des deux sexes. Ce n'était pas une “gynécocratie” mais une “gérontocratie”. La division sexuelle des rôles était stricte, mais relativement égalitaire ; l'économie ne reposait pas sur l'exploitation d'un groupe par un autre, mais sur la coopération entre les familles et les sexes. La division du travail reflétait le clivage dualiste caractéristique de la culture iroquoise, où les dieux jumeaux Hahgwehdiyu, Jeune Arbre (Est) et Hahgwehdaetgah, Silex (Ouest) personnifiaient la séparation fondamentale entre deux moitiés complémentaires. Le dualisme appliqué au travail attribuait à chaque sexe un rôle clairement défini qui complétait celui de l'autre. Les femmes accomplissaient les tâches liées aux champs et les hommes, celles attachées à la forêt, y compris le défrichement et le travail du bois. Les hommes se chargeaient principalement de la chasse, de la pêche, du commerce et du combat, alors que les femmes s'occupaient de l'agriculture, de la cueillette et des tâches ménagères. Les activités artisanales étaient réparties également entre les sexes. Les hommes réalisaient les constructions et l'essentiel des équipements, y compris les outils utilisés par les femmes pour les travaux des champs, tandis que les femmes assuraient la fabrication du petit matériel de piégeage, des poteries et de la plus grande part des ustensiles ménagers, de l'ameublement, des articles textiles et des vêtements. Cette spécialisation par sexe était la principale façon de diviser le travail dans la société iroquoise. À l'époque de la rencontre avec les Européens, les Iroquoises produisaient environ 65% des biens et les hommes 35%24. En combinant des productions alimentaires différentes et réparties sur presque toute l'année, ce système mixte réduisait les risques de disette et de famine.</p>
<p>« La société iroquoise présente tous les aspects d'une démocratie matrilinéaire, essentiellement orientée vers la culture du maïs (15 qualités), de la courge et du haricot (60 variétés). Tandis que les hommes chassent et pêchent dans les rivières et sur les lacs, les femmes se consacrent aux activités agricoles. De longues « maisons communes » construites en écorce abritent plusieurs familles dont chacune est dotée d'un emblème distinctif (totem)… » – T.C. McLuhan, Pieds nus sur la terre sacrée.</p>
<p>Selon Bruce Johansen (1999), les premiers colons européens ont souvent envié les performances de la production vivrière iroquoise. L'organisation du travail des Iroquois était cohérente avec leur système de propriété du sol : à propriété commune, travail en commun. Pour les tâches difficiles, les femmes constituaient de grands groupes et allaient de champ en champ en s'entraidant pour travailler leurs terres. Pour les semailles menées en commun, une « maîtresse des champs » distribuait à chacune une quantité donnée de semence. Dans chaque groupe, les Iroquoises confiaient à l'une d'entre elles, ancienne, mais active, le rôle de chef des travaux pour l'année à venir, et s'engageaient à suivre ses directives. Les femmes coopéraient aussi en d'autres occasions. Ainsi, elles coupaient elles-mêmes leur bois, mais leur chef en supervisait le transport collectif jusqu'au village. Les clans de femmes assuraient encore de nombreuses tâches et selon Mary Jemison, une blanche qui s'était assimilée à la société indienne, l'effort collectif évitait « toute jalousie entre celles qui en auraient fait plus ou moins que les autres ».</p>
<p>La structure sociale était fondée sur le matriarcat. La cellule de base était matrilinéaire, se composant des descendants, par les femmes, d'une seule d'entre elles. Les femmes vivaient avec leur mari (qui appartenait à une autre cellule matriarcale) dans une seule longue maison. Un village pouvait ne contenir que quelques petites habitations de ce type ou en compter jusqu'à 50. La base de l'organisation sociale était le lignage dont les membres cohabitaient dans une maison longue autour d'une femme âgée. Un village typique comprend un grand nombre de maisons longues en écorce d'orme ou de cèdre. Chaque maison longue abrite plusieurs familles apparentées. Au moment de prendre résidence, le couple observe une tradition matrilocale. Après son mariage, le mari vit dans la maison longue de son épouse. De même, la filiation, le patrimoine et l'héritage suivent un ordre matrilinéaire. Un ou plusieurs ménages forment une matrilinéarité. Plusieurs lignées constituent un clan exogame représenté par un emblème totémique particulier. Les tribus sont formées de 3 à 10 clans dont les membres sont dispersés dans plusieurs villages. Chez certains groupes, les clans sont divisés en deux catégories ou moitiés. Les membres d'un clan et même d'une tribu, chez les Iroquois des Cinq-Nations, se considèrent comme frères et sœurs, indépendamment de leur village.</p>
<p>Les femmes, libres de disposer de leur corps et de leur sexualité, n'étaient pas l'objet d'un échange. La plupart, les Iroquoiens laissaient les femmes maîtresses de leurs relations sexuelles et de leurs sentiments, ne connaissaient pas le viol, s'adonnaient très rarement à la violence conjugale et ne réprouvaient pas le divorce. Ils favorisaient, de plus, une pédagogie de la conviction plutôt qu'une approche répressive pour l'éducation de leurs enfants.</p>
<p>Article 43 de la constitution iroquoise : » les membres d'un clan devront reconnaître comme leurs parents tous les autres membres de ce clan quelle que soit leur nationalité. Les hommes et les femmes d'un même clan ne pourront jamais s'unir ».<br class='autobr' />
Plusieurs matriarcats formaient le clan matriarcal qui, en dehors de son importance symbolique et cérémoniale, servait à fixer les règles du mariage. Il était interdit de se marier entre membres d'un clan. La femme demeure dans sa maison ou dans celle de son clan, et jamais dans celle de son mari. L'observation suivante, citée par Morgan, d'après un pasteur protestant qui vécut pendant des années au milieu des Iroquois-Seneca, est typique :<br class='autobr' />
« Du temps qu'ils habitaient dans leurs longues maisons (qui pouvaient contenir plusieurs centaines d'individus), un clan prédominait : mais les femmes y introduisaient leurs maris appartenant à d'autres clans. Il était d'usage que les femmes gouvernassent la maison ; les provisions étaient mises en commun : mais malheur au mari ou à l'amant trop paresseux ou trop maladroit pour ne pas contribuer pour sa part aux provisions de la communauté. Quel que fut le nombre de ses enfants et la quantité de biens apportés dans le ménage, il devait s'attendre à recevoir l'ordre de plier sa couverture et de déloger : il serait pour lui dangereux de désobéir. La maison deviendrait trop chaude. Il ne lui restait que de retourner dans son propre clan, ou, ce qui arrivait le plus souvent, il allait chercher un nouveau ménage dans un autre clan. Les femmes étaient le grand pouvoir des clans. Elles n'hésitaient pas, lorsque la circonstance le requérait, à faire sauter les cornes (le signe du commandement) de la tête des chefs et à les faire rentrer dans les rangs des simples guerriers. L'élection des chefs dépendait toujours d'elles ».</p>
<p>“Dans les villages iroquois, la terre était possédée en commun et travaillée en commun. La chasse était faite ensemble, et les prises étaient divisées entre tous les membres du village. Les maisons étaient considérées comme étant propriété commune et étaient partagées par plusieurs familles. Le concept de propriété privée de terrain ou de maison était complètement étranger aux Iroquois… Les femmes étaient très importantes dans la société iroquoise. Les familles suivaient une descendance matrilinéaire, c'est à dire que la lignée familiale descendait par rapport aux femmes, dont les maris rejoignaient les familles, tandis que les fils rejoignaient les familles de leurs épouses lorsqu'ils se mariaient. Les familles vivaient dans les ‘longues maisons' et lorsqu'une femme voulait divorcer, elle mettait les affaires de son mari sur le pas de la porte.” – Howard Zinn, “Une histoire populaire des Etats-Unis”, 1980</p>
<p>Le jésuite Joseph-François Lafitau présente la société iroquoienne comme un véritable matriarcat :<br class='autobr' />
« C'est dans les femmes que consiste la Nation, la Noblesse du sang, et de la conservation des familles. C'est en elles que réside toute l'autorité réelle. Le pays, les champs et toute leur récolte leur appartiennent. Elles sont l'âme des conseils, les arbitres de la paix et de la guerre. Elles conservent le fisc ou le trésor public. C'est à elles qu'on donne les esclaves. […] Les hommes au contraire sont entièrement isolés et bornés à eux-mêmes. »<br class='autobr' />
La société iroquoise était organisée en confédération tribale, gérée par des conseils démocratiques. Selon leur constitution, le pouvoir ultime de trancher et le pouvoir de veto sur les décisions votées à l'unanimité est accordé aux Mères de clans, les royaneh femmes, les « citoyennes » les plus influentes de la Confédération. Elles détiennent aussi le pouvoir de nommer de nouveaux chefs ou de les destituer. Le titre de sachem (chef civil) était par défaut transmis par la mère.<br class='autobr' />
Article 36 : » les femmes sont les héritières des titres des chefs confédérés, aussi bien que de ceux des chefs de guerre « <br class='autobr' />
Les femmes les plus sages ou les plus âgées peuvent ainsi casser un chef politique, en cas de défaut de confiance, d'erreur politique ou d'injustice sociale. Le vol, le mensonge, l'irrespect des lois et l'accumulation de richesses étaient durement réprimés. Un bon politique, c'est à dire un bon chef, était nommé à vie pour sa générosité, son intelligence, son bon sens, sa rhétorique et sa probité.<br class='autobr' />
Article 39 : » Un chef de guerre qui agit contrairement aux lois de la Grande Paix peut être déposé par les femmes et par les hommes de sa nation, séparément ou conjointement. Après cela les femmes, détentrices des titres, choisiront le candidat. »<br class='autobr' />
L'article 53 stipule : » Lorsque les femmes royaneh, détentrices du titre de chef, choisissent un de leurs fils comme candidat, elles doivent en choisir un qui inspire une confiance totale, qui est bienveillant et honnête, qui sait s'occuper de ses propres affaires, qui soutient sa famille et qui a obtenu la confiance de sa nation ».<br class='autobr' />
Article 95 : » Les femmes de chaque clan doivent avoir un Feu du Conseil constamment allumé et prêt à accueillir une assemblée. Si, selon elles, il est nécessaire pour le peuple de tenir un conseil, alors il sera tenu et la décision qui en découlera sera transmise au Conseil de la Confédération par le Chef de Guerre. »<br class='autobr' />
Les mères sont les détentrices du pouvoir réel et les gardiennes du feu. Il n'y a pas ici la stricte égalité du bulletin de vote qui d'ailleurs ne veut rien dire sur le plan de l'égalité entre hommes et femmes. Mais il y a un équilibre, une égalité dans la répartition des responsabilités politiques, économiques et sociales entre hommes et femmes. Pour départager un conflit politique, le pouvoir de trancher et de départager n'est pas attribué à une institution supérieure qui couvre les autres et dont les membres seraient sélectionnés parmi les citoyens par des procédés toujours et forcément contestables, peu démocratiques. Au contraire, ce pouvoir de trancher appartient à la communauté des mères, à celles qui exercent ou ont exercé la responsabilité humaine de donner la vie. Comme chez les gaulois et les celtes, ce sont donc elles qui vont décider en dernier lieu si leurs hommes, leurs enfants vont partir ou non à la guerre. Les querelles intestines entre petits chefs désirants devenir de grands chefs n'existent pas car les institutions ne le permettent pas et d'autre part parce que les mères ont le pouvoir de casser un chef mauvais ou belliqueux.</p>
<h2 class="spip">Pierre Bouchard, « La planète des hommes » :</h2>
<p>« D'autres sociétés, comme les Iroquois, ont constitué des systèmes où les enfants appartiennent à la mère et portent le nom de la mère. Les enfants portent le nom de la mère, qui elle-même porte le nom de sa mère. Autour de ce noyau s'organise une société où la femme a plus d'importance dans la lignée. La lignée devient une référence pour le clan qui lui-même est un groupe de lignées.</p>
<p>Il y avait trois clans principaux chez les Iroquoiens : l'ours, le loup et la tortue. La plus vieille mère, la plus vieille ourse, la plus vieille louve ou la plus vieille tortue devient la mère du clan. Cette femme devient une référence pour le clan. Ensemble, les mères de clans vont nommer les chefs, orienter la politique et jouer des jeux politiques déterminants. Ce sont elles qui décident, mais d'une manière secrète, cachée.</p>
<p>Dans une société où les femmes contrôlent à la fois les enfants, les récoltes et donc l'économie, la reproduction, la politique, il reste un problème : comme la femme ne peut déléguer le pouvoir d'avoir des enfants, elle doit toujours rester près de sa progéniture, c'est-à-dire du foyer. Comment rester au foyer et dominer la vie sociale en même temps ? Voilà la grande question à laquelle toutes les sociétés matriarcales du monde ont eu à répondre. Pour contrôler les enfants et la maison, il leur a fallu éloigner le géniteur, dévaloriser le père biologique.</p>
<p>Mais en même temps, il a fallu chercher un autre homme pour prendre la responsabilité des enfants, un homme moins dangereux, qui appartient à la famille. Il faut dire que chez les Iroquois, on n'épouse pas une personne de son propre clan : une femme ourse n'épousera pas un homme ours, c'est interdit. Il lui faut trouver un homme loup ou tortue. L'autre homme responsable des enfants sera donc le frère de la femme. Il n'est pas dangereux : il est de la famille. Le frère va donc s'occuper des enfants de sa sœur. Ce père est un père culturel et il est plus important que le père biologique. Bien sûr, le père biologique aime ses enfants, mais il apprend à aimer ceux que sa culture lui impose, les humains sont des êtres culturels. Voilà comment les femmes iroquoises protégeaient leur pouvoir domestique et politique.</p>
<p>L'autre façon de protéger ce pouvoir est d'éloigner les géniteurs et les hommes de façon générale. Les femmes faisaient les enfants, mais elles étaient aussi gardiennes des graines et des semences. Elles connaissaient l'agriculture. La relation entre les femmes et l'agriculture est très ancienne ; faire de l'agriculture, c'est aussi faire de la reproduction. Il a donc fallu inventer un rôle pour les hommes. On en a fait des voyageurs, des commerçants. A eux de faire des échanges commerciaux ! A cette fonction économique s'est ajoutée une fonction politique, celle de faire la guerre. Les guerriers sont de plus en plus rentrés dans un rituel d'égalisation : les autres ont tué quelqu'un de chez nous, il faut tuer quelqu'un de chez eux. De plus, il faut protéger le territoire, établir des routes pour le commerce et les protéger. Résultat ? L'homme est pratiquement toujours absent. Il revient pour se reproduire, mais la plupart du temps, il est au loin. Ce monde est divisé en deux : un monde de femmes, établi dans la continuité, dans la « longue maison », et un monde d'hommes en voyage. (…)</p>
<p>L'homme iroquoien avait une femme qui était sa femme, ils se mariaient. Selon les ethnographies de la vie quotidienne, les hommes étaient très actifs, souvent en voyage et peu « à la maison ». L'univers domestique n'était pas celui de la famille nucléaire que nous connaissons, avec papa-maman-enfants. Il était construit autour de maisons communales, de maisons claniques. Le père était avec son clan, en voyage, pour le commerce et la guerre. Et quand il rentrait chez lui, il habitait dans la maison de son clan, qui n'était pas la maison de sa femme, puisqu'elle appartenait à un clan différent. Il vivait donc dans la maison de sa sœur, la maison de sa mère. Mais pour la reproduction, les rencontres étaient très rapides, il n'y avait pas d'intimité prolongée pour faire des enfants. Les rituels de reproduction n'étaient pas très sophistiqués, ils étaient rapides et pouvaient se pratiquer n'importe où. Dans les sociétés iroquoiennes d'il y a 300 ou 500 ans, on ne pouvait imaginer une vie quotidienne en face-à-face constant. Du temps des « longues maisons », ces maisons vraiment claniques, ces foyers féminins où l'on vivait entre femmes du même clan, les hommes ne pouvaient pas entrer à l'improviste. Ils n'étaient pas chez eux. »</p>
<p><a href="http://cdarmangeat.blogspot.com/2013/11/le-collectivisme-iroquois.html" class="spip_out" rel="external">Darmangeat, en théoricien en anthropologie de l'anticommunisme, essaie de contredire les faits sur le collectivisme iroquois !!!!</a></p>
<p><a href="https://matricien.wordpress.com/geo-hist-matriarcat/amerique-nord/iroquois/" class="spip_out" rel="external">Matriarcat iroquois</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4925" class="spip_out" rel="external">Quand les tribus Iroquoises se battaient contre la colonisation française de l'Amérique</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/reference/archive/morgan-lewis/ancient-society/index.htm" class="spip_out" rel="external">The Iroquois Ancient Society, Lewis H. Morgan</a></p>
<p><a href="https://books.google.fr/books?id=_MXob9Clj68C&printsec=frontcover&dq=Lewis+Morgan+++Iroquois&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiO-Y375sDgAhW0BWMBHbNmAu8Q6AEIKzAA#v=onepage&q=Lewis%20Morgan%20%20%20Iroquois&f=false" class="spip_out" rel="external">Elisabeth Tooker, ”Lewis H. Morgan on Iroquois Material Culture”</a></p>
<p><a href="https://books.google.fr/books?id=stZYGVYDPCAC&printsec=frontcover&dq=Iroquois&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjxnrOm58DgAhXq2OAKHaY_CK8Q6AEIKDAA#v=onepage&q=Iroquois&f=false" class="spip_out" rel="external">“The Iroquois”</a></p>
<p><a href="https://books.google.fr/books?id=f2oODgAAQBAJ&printsec=frontcover&dq=Iroquois&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjxnrOm58DgAhXq2OAKHaY_CK8Q6AEIMDAB#v=onepage&q=Iroquois&f=false" class="spip_out" rel="external">“The Iroquois, the Six Nations Confederacy”</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Iroquois" class="spip_out" rel="external">Les Iroquois pour wikipedia</a></p>
<p><a href="https://matricien.wordpress.com/societes-gentilices/confederalisme-iroquois/" class="spip_out" rel="external">Le modèle démocratique et matriarcal iroquois</a></p>
<p><a href="http://cdarmangeat.blogspot.com/2013/11/le-collectivisme-iroquois.html" class="spip_out" rel="external">Le « collectiviste Darmangeat de LO ironise sur le « collectivisme iroquois »</a></p>
<p><a href="http://www.alterinfo.net/La-confederation-des-6-nations-iroquoises-Ontario-New-York-1ere-democratie-americaine-source-d-inspiration-pour-la_a81745.html" class="spip_out" rel="external">La confédération des 6 nations iroquoises</a></p></div>
Pourquoi l'empire aztèque (civilisation Mexica) a-t-il été aussi facile à abattre pour une poignée de conquérants espagnols ?
https://www.matierevolution.org/spip.php?article6343
https://www.matierevolution.org/spip.php?article63432019-08-16T22:05:00Ztext/htmlfrRobert ParisAntiquitéRévolutionBourgeoisRévolution bourgeoiseMexiqueAmérindiens
<p>Jacques Soustelle, dans « Les Aztèques » : <br class='autobr' />
« L'effondrement brutal d'un Etat qui pouvait compter sur d'aussi valeureux défenseurs est apparu aux contemporains comme une catastrophe inexplicable ou comme un miracle. Cependant ses causes se laissent apercevoir. » Pourquoi l'empire aztèque a-t-il été aussi facile à abattre pour une poignée de conquérants espagnols ? <br class='autobr' />
On a beaucoup écrit sur la facilité apparente avec laquelle une petite bande d'aventuriers armés occidentaux, les Cortès et (…)</p>
-
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique27" rel="directory">2eme chapitre : Révolutions de la Préhistoire et de l'Antiquité</a>
/
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot36" rel="tag">Antiquité</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag">Révolution</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot51" rel="tag">Bourgeois</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot112" rel="tag">Révolution bourgeoise</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot128" rel="tag">Mexique</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot292" rel="tag">Amérindiens</a>
<div class='rss_texte'><div class='spip_document_12745 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH625/aztec_maya_inca_map_lg-3-11741.gif?1790086541' width='500' height='625' alt='' />
</figure>
</div>
<p>Jacques Soustelle, dans « Les Aztèques » :</p>
<p>« L'effondrement brutal d'un Etat qui pouvait compter sur d'aussi valeureux défenseurs est apparu aux contemporains comme une catastrophe inexplicable ou comme un miracle. Cependant ses causes se laissent apercevoir. »</p>
<div class='spip_document_12298 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L498xH294/U-EmpireAztq-93276-6e51f.jpg?1790086541' width='498' height='294' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_12297 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L299xH223/006-43935-a55f5.jpg?1790086541' width='299' height='223' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_11883 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH332/image-8-36cff.jpg?1790088661' width='500' height='332' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_11882 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L299xH223/006-a7d9d.jpg?1790086541' width='299' height='223' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_11881 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L260xH195/260px-Murales_Rivera_-_Markt_in_Tlatelolco_3-f8e59.jpg?1790086541' width='260' height='195' alt='' />
</figure>
</div> <div class='spip_document_11884 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/cover-r4x3w1000-58abffb9c877c-Illustration_du_19e_siecle_illustrant_rencontre_Cortez_Moctezuma_Credit_Bettmann_Getty.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH376/cover-r4x3w1000-58abffb9c877c-Illustration_du_19e_siecle_illustrant_rencontre_Cortez_Moctezuma_Credit_Bettmann_Getty-11ac5.jpg?1790088661' width='500' height='376' alt='' /></a>
</figure>
</div><h2 class="spip">Pourquoi l'empire aztèque a-t-il été aussi facile à abattre pour une poignée de conquérants espagnols ?</h2>
<p>On a beaucoup écrit sur la facilité apparente avec laquelle une petite bande d'aventuriers armés occidentaux, les Cortès et Pizarre, ont pu tromper, diviser puis écraser les forces des empires aztèque (régnant sur 5 millions de personnes), incas (régnant sur 7 millions de personnes) et maya (régnant sur dix millions de personnes), des forces pourtant apparemment incomparablement plus importantes. Il faut cependant remarquer que les civilisations des Amériques ont eu une tâche difficile et même impossible, en rencontrant les colons occidentaux, celle d'apprécier, avec ce qu'ils voyaient, ce que pouvait être la société qui leur envoyait des hommes et quel danger ils pouvaient bien représenter. Ils ignoraient de quels moyens techniques, matériels mais surtout sociaux, organisationnels disposaient ces sociétés qui colonisaient. Ils étaient trompés par les images qu'ils avaient des arrivées passées d'habitants des autres continents. La tradition leur parlait de telles arrivées périodiques provenant des océans Atlantique et Pacifique qui leur apportaient des forces nouvelles, des techniques nouvelles, des idées nouvelles. Jamais ces arrivées n'avaient représenté une menace mortelle pour l'ensemble des sociétés indiennes.</p>
<p>La défaite de l'empire aztèque face à Cortès et à sa bande d'aventuriers et de guerriers espagnols est à la fois un événement historique considérable et un accident de l'Histoire. Cortès a bénéficié de plusieurs concours de circonstances favorables qui ne doivent rien à une quelconque supériorité sociale, organisationnelle, économique ou militaire occidentale. Il a eu la chance de tomber sur un empire qui était en pleine construction et donc était entouré de très nombreux peuples révoltés et non pas sur un empire déjà stabilisé et reconnu. Il a également bénéficié de l'absence totale d'informations des Indiens sur la société qui les envahissait, sur son niveau de dangerosité, sur son niveau social, sur la signification de cette colonisation étrangère, sur la nécessité d'unir les peuples indiens en face d'elle.</p>
<p>Bien entendu, les défenseurs de la domination occidentale sur le monde ont cru voir dans cette victoire de Cortès et cette défaite de Moctezuma (ou Montezuma) la justification de leur idéologie. C'est omettre le fait que l'Espagne victorieuse des Aztèques ou d'autres peuples indiens, n'a pas tiré le bénéfice de cette victoire en s'en servant pour dominer l'Europe mais, au contraire, a détruit ainsi sa propre économie et s'est rendue dépendante de la bourgeoisie nord-ouest européenne (Angleterre, France, Allemagne). Ensuite, la capacité de détruire une grande civilisation n'est pas forcément un signe d'une quelconque supériorité : Rome a battu la Grèce par exemple. Toute l'Europe et l'Asie sont pleins d'exemples de grands empires détruits par quelques bandes armées sans que cela signifie une supériorité civilisationnelle des vainqueurs. On pense ainsi à la destruction des empires grec, parthe, mède, perse et bien d'autres.</p>
<p>La victoire de Cortès allait se terminer en défaite sans l'épidémie de variole apportée par les colonisateurs !</p>
<p>Mais la meilleure preuve que la victoire espagnole contre les Aztèques n'est ne rien une supériorité de civilisation, c'est que des tribus indiennes à des niveaux civilisationnels, considérés à tort comme bien inférieurs aux Aztèques, allaient tenir face aux Espagnols alors que l'empire, lui, s'est effondré !</p>
<div class='spip_document_11875 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/20171026_133105.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH281/20171026_133105-9cb93.jpg?1790088662' width='500' height='281' alt='' /></a>
</figure>
</div><h2 class="spip">Peterson rapporte la société aztèque, des origines à l'empire, dans « Le Mexique précolombien » :</h2>
<p>« A une époque très reculée de l'histoire, les Aztèques n'étaient que l'une des nombreuses tribus errantes et ils ne comptaient sans doute pas plus de mille âmes. Quand le groupe devenait trop important, une fraction de ses membres s'en séparait…</p>
<p>Il nous est impossible de retrouver la trace des migrations aztèques jusqu'au moment où ce peuple atteignit Tula, l'ancienne capitale des Toltèques. A partir de cette époque les relations sont plus concrètes. Après la destruction définitive de Tula, les Aztèques se déplacèrent ; ils ne restaient jamais longtemps au même endroit, mais ils allaient d'établir sur les terres d'autres peuplades, passant cinq ans ici, quatre ans là, et vingt ans ailleurs… Les Aztèques restèrent à Chapultepec d'environ 1250 à 1298 et y bâtirent même un petit temple. Ils se firent beaucoup d'ennemis à cause de l'habitude qu'ils avaient de prendre la femme de leur voisin et aussi à cause de leurs sacrifices humains révoltants…</p>
<p>Les Aztèques s'établirent alors dans les îles marécageuses et inhabitées du lac Texoco… Après s'être établis sur ces îles boueuses, les Aztèques tombèrent sous la domination du vieux roi Tépanèque Tezozomoc d'Azcapatzulco pour lequel ils s'étaient battus qui leur adjoignit pour chacune de leurs villes, Tenochtitlan et Tlatelolco, des gouverneurs d'origine de l'ancienne lignée toltèque…</p>
<p>Les Aztèques commencèrent à organiser le soulèvement de tous les peuples voisins contre les Tépanèques. La révolte qui débuta en soulèvement confus, puis prit de l'ampleur grâce aux forces armées de Huexotzingo, se termina par la défaite et la destruction des Tépanèques. Pour cette victoire d'Itzcoatl et de Tenochtitlan, d'autres secours importants vinrent de Tlaxcala, Xaltocan, Texcoco, Tlatelolco et Tacuba, mais les historiens aztèques minimisèrent l'aide apportée par ces alliés…</p>
<p>La triple alliance victorieuse comportait les camps des trois villes de Tacuba, Texcoco et Tenochtitlan… Les Aztèques qui avaient seulement voulu se rendre indépendants des Tépanèques se trouvèrent possesseurs d'un empire. A mesure qu'arrivaient en masse les tributs payés par les diverses villes assujetties, ils se rendirent compte des profits qu'ils pouvaient tirer de leurs conquêtes.</p>
<p>La caste militaire, encore à ses débuts, découvrit que le prestige, les premières places et la fortune devenaient à leur portée.</p>
<p>Les Aztèques apprirent comment choisir leurs alliances et comment former et administrer un empire. Le vieil empire Tépanèque fut scindé : Tlacopan prit à son compte la région ouest de la vallée et eut les Tépanèques sous son autorité. Tenochtitlan-Tlatelolco eurent tout le territoire nahua du nord et du sud, et Texcoco reprit son ancienne région de l'est de la Vallée. La triple alliance, qui devait gouverner le Mexique pendant plusieurs générations, commença à étendre sa domination dans toutes les directions. Itzcoatl poursuivit ses conquêtes comme chef suprême des forces alliées et s'empara de presque toute la vallée de Mexico et d'une partie de l'Etat actuel de Morelos, mais il mourut en 1440, avant d'avoir pu réaliser ses autres projets.</p>
<p>Moctezuma Ilhuicamina, successeur d'Itzcoatl, témoigna d'une activité encore plus grande vis-à-vis de l'extension de l'empire aztèque. Il conquit une autre partie de Morelos, la région mixtèque et le grand territoire en forme de croissant qui est au nord et à l'est de la vallée s'étendant de Xilotepec dans l'Etat actuel d'Hidalgo, jusqu'à Cosamaloapan dans le Vera-Cruz.</p>
<p>C'est avec lui que prirent naissance la fureur impérialiste et l'arrogance extraordinaire des Aztèques. La façon hautaine dont il traita Tlatelolco, Texcoco et Tlaxcala, fit que leurs relations se détériorèrent. Il s'appropria certaines possessions de Texcoco et une guerre ouverte éclata avec Tlaxcala.</p>
<p>Le roi Nezahualcoyotl de Texcoco évita bien des occasions de guerre avec les Aztèques. A sa mort la guerre civile éclata entre Tenochtitlan et Tlatelolco.</p>
<p>Vers 1450 se produisirent de terribles famines et des guerres religieuses eurent lieu entre les Aztèques, Huexotzingo, Tlaxcala, Chalco et d'autres voisins…</p>
<p>Par toute une série de batailles, Moctezuma envahit le pays des Mixtèques. Il prit Coixtlahuaca…</p>
<p>Les trois plus puissants souverains de la vallée moururent à quelques années les uns des autres. Cuauhtlatoa, de Tlatelolco, mourut en 1467. Moctezuma de Tenochtitlan en 1486 et Nezahualcoyotl en 1472. Leurs successeurs ne sympathisèrent guère et oublièrent les liens amicaux qui avaient été forgés par la défaite des Tépanèques…</p>
<p>A cette époque, il y avait des garnisons disséminées dans plusieurs points de l'empire aztèque et les peuples soumis étaient l'objet de déportations massives destinées à prévenir toute rébellion. Les Aztèques imposaient habituellement les fonctionnaires ou les gouverneurs de leur choix aux populations conquises et envoyaient des collecteurs d'impôts pour s'assurer le paiement du tribut…</p>
<p>Le chef aztèque Axayacatl, à cause d'un soulèvement, dû reconquérir une partie du territoire déjà conquis par ses prédécesseurs… Il envahit la vallée de Toluca et vainquit le peuple Matlatzinca vers 1470… Il attaqua les Tarasques qui venaient de se réunir sous l'autorité d'un chef puissant et étendit de nouveau sa ligne de conquêtes jusqu'à Tlaximaloyan et à Michoacan, où il subit une sérieuse défaite… Axayacatl consacra ses dernières années à conquérir le pays qui entoure l'Etat de Tlaxcala, et il réussit à investir complètement cet Etat ; si bien que lors de l'arrivée des Espagnols, c'était encore un îlot de résistance farouche…</p>
<p>Avant de mourir en 1481, Axayacalt battit encore Tlatelolco mais il lui a fallu pour cela plusieurs années de guerre…</p>
<p>Moctezuma II était le fils d'Axayacalt. Sa mère était originaire de Tula et descendait de la maison royale toltèque. Il avait un frère qui était plus en faveur que lui en ce qui concerne la succession royale, qui était plus porté à la guerre que lui, et qui aurait dû régner, mais qui fut tué prés du Popocatapetl au cours d'une des nombreuses batailles livrées contre Huexotzingo.</p>
<p>Ainsi Moctezuma qui s'était d'abord consacré au service des dieux, dut guerroyer et se distingua par sa bravoure. Il prit quarante-trois villes, principalement dans le coeur de l'Oaxaca, atteignit Tlappan (Guerrero) et était sur le point d'entreprendre des campagnes dans l'isthme de Tehuantepec lorsque Cortès mit un terme à ses projets.</p>
<p>Il conquit quelques villes mixtèques ou zapotèques, dans des lieux si élevés qu'il dut utiliser des échelles de siège pour y atteindre. Quand les espagnols arrivèrent, les Aztèques avaient conquis à peu près la moitié de la partie mexicaine de la région mésoaméricaine. Moctezuma imprima à son empire un caractère nahua…</p>
<p>Une grande partie de ce qui est maintenant la République mexicaine était indépendante des Aztèques ; au nord, des tribus non sédentaires erraient dans des régions semi-désertiques, dont les Aztèques se souciaient peu, et il existait aussi les sauvages Tarasques, qui avaient deux fois triomphé de ceux qui prétendaient les conquérir. Au sud, dans l'Etat de Guerrero, se trouvait un territoire libre occupé par un peuple à présent éteint, les Yope, territoire appelé Yopetzinco. Au sud-est, le long des côtes du Pacifique, s'étendait une étroite région que Moctezuma aurait probablement attaquée sans délai.</p>
<p>Les Aztèques laissèrent les Maya à peu près tranquilles. Ceux-ci, malgré leurs dissensions intérieures, étaient encore un peuple puissant ; de plus, leur pays était éloigné et, à cause de ses montagnes et de ses marécages, il était d'un accès difficile. L'Etat de Tlaxcala resta indépendant et un mur colossal fut élevé tout autour. Enfin, dans la région nord-est du Mexique était située la province libre de Metztitlan qui avait repoussé plusieurs attaques aztèques avec l'aide de ses alliés huaxtèques et chichimèques.</p>
<p>Il est difficile de dire où se serait arrêté l'empire aztèque si les Espagnols n'étaient pas venus. Sans doute y aurait-il eu des luttes très vives avec les Maya ; les Mixtèques et les Zapotèques d'Oaxaca s'étaient alliés, et on a de bonnes raisons de penser que des tribus voisines, telles que les Mixe et les Chimantèques, auraient pu se joindre à eux et former une coalition des peuples du Mexique méridional qui se serait opposée aux Aztèques.</p>
<p>Les peuples du nord et de l'ouest étaient très dangereux et auraient pu se joindre aux autres contre les Aztèques. Bien des peuples de l'empire n'étaient soumis qu'en apparence et maugréaient contre le tribut à payer. Les nations conquises attendaient anxieusement qu'une occasion se présentât de porter un coup fatal à l'empire qui aurait pu aussi bien tomber par son propre poids, comme l'avaient fait auparavant les empires maya, totomaque, toltèque et celui de Teotihuacan…</p>
<p>L'empire de Moctezuma était formé d'environ trente provinces, chacune ayant une ville centrale pour la perception des impôts et beaucoup étant dotées de gouverneurs imposés pour leur exploitation. L'organisation politique et sociale, qui, à l'origine, comportait une sorte de démocratie paysanne, évolua en théocratie militaire aux traditions qui s'établissaient de plus en plus solidement et où se constituait une noblesse héréditaire.</p>
<p>Cinquante ans de plus se seraient passés, qu'on aurait vu y croître une société de type féodal, avec en bas de l'échelle sociale des péons qui n'auraient pas pu quitter les terres qu'ils ne possédaient pas, et au niveau supérieur une noblesse bien établie qui aurait possédé et les terres et les esclaves.</p>
<p>L'esclavage était si répandu dans l'empire aztèque que les nobles mexicains écrivaient à Charles-Quint : « Nous avons autant besoin de nos esclaves que vous des vôtres. » (…)</p>
<p>La capitale aztèque, Tenochtitlan, située au milieu du lac Texcoco, était, en 1520, l'une des plus belles villes du monde. Tous les écrivains espagnols du temps de la conquête témoignent de sa splendeur et de son luxe. Les pyramides à gradins, dont une vingtaine au moins s'élevaient sur le lac même, étaient revêtues de stuc et peintes de teintes vives. Sur les plazas immenses, disséminées à travers la ville, des milliers de danseurs participaient à des cérémonies pleines de couleur. Des idoles en pierre et des stèles commémoratives se voyaient à chaque pas. Les énormes greniers de l'Etat, les édifices du Trésor, les arsenaux, se dressaient au centre de la ville. Des bas-reliefs représentant des serpents et des guerriers ornaient les murs qui entouraient la cour centrale. Les maisons étaient blanchies à la chaux et polies, si bien qu'on les eût dites faites en argent. Les jardins botaniques et zoologiques apportaient à la ville une note de verdure et de couleur exotique. Les arbres et les fleurs poussaient partout en abondance. Les nobles personnages passaient, vêtus de somptueux costumes aux brillants coloris, parés de bijoux de jade et de plumes rares. On apercevait, au hasard de leur course, les messagers impériaux, occupés à quelque mission…</p>
<p>L'éducation de l'enfant commençait dès sa naissance avec les longs discours prononcés par ses parents et sa famille où l'on annonçait le destin du nouveau-né… Les enfants aztèques entendaient constamment leurs parents discourir à leur profit sur leur destin, leurs devoirs, les mœurs, la morale…</p>
<p>Les collèges perpétuaient les distinctions sociales et étaient de deux types différents : tous les garçons étaient obligés d'aller à l'un ou à l'autre de ces collèges. Celui appelé Telpochcalli (Maison de la Jeunesse) faisait des garçons des classes moyennes de bons citoyens et des soldats zélés. Les élèves nobles y étaient l'exception. Il existait un Telpochcalli dans chaque calpulli ou clan et ce collège était rattaché au temple. Les Telpochcalli préparaient les jeunes gens à la guerre, mais leur donnaient aussi une stricte discipline morale et leur enseignaient la religion, l'histoire, les anciennes coutumes, le chant, la danse, la musique, en mettant un accent spécial sur les devoirs du citoyen.</p>
<p>Dans les collèges, un dur travail et des châtiments sévères étaient la règle acceptée… Dans chaque Telpochcalli, celui qui ne rentrait pas au collège pour dormir était puni, quoique les élèves aient été autorisés à rentrer dans leur foyer pour prendre leur repas. Ils allaient tous ensemble au travail : ils fabriquaient des briques d'argile, édifiaient des maisons, travaillaient la terre, creusaient des fossés et ainsi de suite…</p>
<p>Tout jeune homme qui prenait plusieurs fois part à une bataille sans faire de prisonnier était tourné en dérision et mis en disgrâce. Il pouvait quitter le collège, mais ne pourrait jamais porter de beaux vêtements, ni de bijoux, ni avoir aucune situation importante dans la communauté…</p>
<p>L'autre type de collège appelé Calmecac (« Rangée de Maisons »), du niveau des études élémentaires, avait pour but de préparer les garçons les mieux doués à la prêtrise ou en vue de situations élevées aussi bien militaires que politiques et on n'y acceptait que les fils soigneusement choisis des familles nobles et les enfants les plus intelligents d'autres classes sociales…</p>
<p>Les jeunes filles aztèques connaissaient, elles aussi, une discipline très stricte…. Les femmes étaient censées avoir les oreilles bouchées et les bouches closes… Parler à table leur était défendu et elles devaient rester silencieuses pendant de longues heures…</p>
<p>Les Aztèques avaient débuté par une organisation purement tribale, basée sur les liens de parenté et sur un type de démocratie paysanne dirigée par de sages Anciens au prestige reconnu, qu'il fût d'origine militaire ou religieuse. Cependant, une théocratie militaire ne tarda pas à se former, théocratie où se distinguaient des classes et des castes au pouvoir et à la fortune héréditaires qui rompirent avec l'ordre établi. Des groupements privilégiés se constituèrent qui se perpétuaient eux-mêmes, et un groupe spécial fut chargé d'établir les conditions du statut impérial, statut qui devait affecter l'organisation sociale tout entière.</p>
<p>Les Aztèques, qui avaient été des soldats laboureurs, se transformèrent en prêtres guerriers dont le seul but était de remplir une mission sacrée et d'accumuler les honneurs, le prestige et le rang…</p>
<p>Les Aztèques, à une époque ancienne, avaient été absolument dominés par le « calpulli ». C'était là un groupe culturel basé à la fois sur la parenté par le sang et sur le territoire occupé… Ce clan était représenté par un animal totémique considéré comme ancêtre du clan… Le calpulli avait un nom bien à lui, un dieu particulier, une école et un gouvernement propres. Il avait la charge, pour le groupe, des terres communales ou corporatives. Le calpulli était gouverné par un conseil formé des chefs de groupes, habituellement plus âgés du calpulli…</p>
<p>Les Aztèques avaient appris toutes leurs méthodes de guerre et de politique du vieux souverain des Tépanèques d'Azcapotzalco, Tezozomoc, lorsqu'ils lui servirent de mercenaires. Leurs conquêtes débutèrent avec la défaite infligée à Maxtla, fils de Tezozomoc, par la triple alliance conclue entre Tenochtitlan, Texcoco et Tlacopan, victoire pour les Aztèques qui leur servit de tremplin pour se lancer sur le chemin de l'empire…</p>
<p>Lorsque la société aztèque cessa d'être tribale et connut les distinctions de classes, le conseil perdit de son autorité et dut souvent prendre les ordres de la noblesse…</p>
<p>Lorsque les Aztèques, conduits par Itzcoatl, gagnèrent leur indépendance, les distinctions de classes apparurent. Itzcoatl fonda une sorte de bureaucratie qui concentrait le pouvoir économique entre les mains de guerriers favorisés ; quant au système politique, il était en partie régi par la noblesse, noblesse qui a existé depuis l'époque de Teotihuacan et qui, par l'intermédiaire des Nonoalca, avait subsisté parmi les Toltèques.</p>
<p>Lorsque les Aztèques entrèrent dans la vallée de Mexico, ils firent de grandes concessions pour obtenir que les plus chers d'entre leurs fils puissent entrer par le mariage dans des familles toltèques ou tépanèques, établissant ainsi des parentés par le sang avec leurs prédécesseurs et pouvant par la suite revendiquer les privilèges dus au « sang bleu » et une ascendance divine…</p>
<p>Moctezuma, le souverain aztèque qui régnait lorsque vinrent les Espagnols, était en train de perdre contact avec son peuple, à cause de son prestige extraordinaire, de la divination dont il s'était lui-même paré, du cérémonial compliqué qui l'entourait, de la rigide étiquette de cour qui l'élevait bien au-dessus de la noblesse elle-même…</p>
<p>Au moment de l'invasion espagnole, la société aztèque était partagée de façon rigide et compliquée en classes diverses. Les honneurs gagnés au combat ou dans les charges administratives avaient amené la formation d'une classe noble favorisée par le souverain qui lui accordait les privilèges du rang et du pouvoir économique, avec la fortune sous forme de propriétés et de droits à la main d'œuvre. La société aztèque était de la sorte séparée en deux classes principales : les Pilli (les nobles) et les Macehualli (les roturiers)… Un groupe social intermédiaire et particulier se trouvait en formation et avait une origine professionnelle. Il s'agissait des marchands (pochteca) qui s'étaient constitués en superguilde, ayant leurs propres fonctionnaires, leurs tribunaux et qui probablement possédaient leurs propres terres…</p>
<p>En dessous des roturiers se trouvaient les mayèques (fermiers étrangers ou « gens sous la main ») qui étaient attachés au sol mais n'étaient pas considérés comme des esclaves. Ils ne pouvaient pas quitter les terres qui leur étaient attribuées, et avaient le statut de serf…</p>
<p>Tout en bas de l'échelle sociale aztèque se trouvaient les esclaves. Ceux-ci se composaient le plus souvent d'étrangers emmenés en captivité au cours des guerres, mais beaucoup étaient des gens qui s'étaient endettés sans espoir ou qui avaient subi une condamnation criminelle…</p>
<p>Tenochtitlan, la fantastique capitale des Aztèques, gît à bien des pieds sous terre sous la ville moderne de Mexico et chaque fois qu'on creuse le sol au cœur de la cité, les ouvriers rencontrent les restes de la splendeur aztèque.</p>
<p>Tenochtitlan était en plein essor lorsque vint la conquête espagnole. Nous connaissons son aspect, avant la grande destruction, par les rapports écrits par Bernal Diaz et Fernand Cortès. Ils ne cessaient de s'émerveiller et de s'étonner devant les réalisations de Tenochtitlan et à chaque page leur émerveillement se transmet à nous.</p>
<p>Voici ce qu'écrit Bernal Diaz : « Lorsque nous vîmes tant de cités bâties dans l'eau, et d'autres grandes villes construites sur la terre ferme et cette longue chaussée qui mène vers Tenochtitlan, nous fûmes stupéfaits et nous disions que cela ressemblait aux enchantements dont il est question dans la légende d'Amadis. Et certains de nos soldats demandèrent si ce que nous contemplions n'était pas un songe ! »</p>
<p>« Puis lorsque nous entrâmes à Ixtapalapa, quel n'était pas l'aspect des palais dans lesquels on nous logea ! Qu'ils étaient donc spacieux et bien aménagés, faits de belles pierres et de bois de cèdre et du bois d'autres arbres aux odeurs suaves avec de vastes salles et des cours couvertes par des toiles de coton, tout cela merveilleux à contempler…</p>
<p>Je répète que je restai à contempler tout cela en me disant que jamais au monde on ne découvrirait d'autres pays comme celui-là. Et toutes ces merveilles que j'ai contemplées, aujourd'hui sont toutes bouleversées et perdues, rien n'est resté debout ! »</p>
<div class='spip_document_11876 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://www.matierevolution.org/IMG/png/chac-mol.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH322/chac-mol-fe605.jpg?1790088662' width='500' height='322' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_11877 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L300xH240/xipetotec-rios27_-9695f.jpg?1790086542' width='300' height='240' alt='' />
</figure>
</div><h2 class="spip">La conquête d'Hernàn Cortès contre l'empire aztèque</h2>
<p>1er mai 1518, Amérique : l'espagnol Juan de Grijalva, neveu de Diego Velázquez de Cuéllar, gouverneur de Cuba, explore la péninsule du Yucatan. Il suit les côtes nord et ouest du golfe du Mexique jusqu'au Río Pánuco et découvre l'existence de l'empire aztèque.</p>
<p>23 octobre 1518 : Cortès persuade Velázquez, gouverneur de Cuba, de le nommer commandant d'une expédition au Mexique.</p>
<p>10 février 1519 : L'armada de Cortès quitte Santiago de Cuba pour de bon vers la côte continentale. Elle comprend 11 navires, 800 hommes (marins, soldats, indigènes antillais), 15 chevaux et 10 canons de bronze</p>
<p>5 mars 1519 : Hernán Cortés débarque au Yucatán (Mexique). Début de la conquête de l'Empire aztèque (fin en 1521). 31 août 1519 - 23 septembre 1519 : Cortés est victorieux du royaume de Tlaxcala dont il se fait un allié contre les Aztèques.</p>
<p>1er septembre 1519 : premiers engagements armés contre les Tlaxcaltèques.</p>
<p>23 septembre 1519 : après une résistance acharnée, Cortés entre dans Tlaxcala.</p>
<p>10 octobre 1519 : Cortès et ses alliés indigènes se dirigent tous vers la vallée centrale, malgré les émissaires de Moctezuma qui tentent de le dissuader de se rendre dans leur capitale. Arrivé à Cholula, ville alliée des Aztèques, Cortés y apprend que ses habitants conspirent contre lui : il fait massacrer des milliers d'hommes et de femmes et détruire les idoles.</p>
<p>8 novembre 1519 : Cortés gagne Tenochtitlán, la capitale aztèque où l'empereur Moctezuma II (1466-1520) l'accueille en grande pompe et reconnaît la suzeraineté de Charles Quint.</p>
<p>10 novembre 1519 : Les Espagnols s'installent alors dans l'ancien palais d'Axayacatl.</p>
<p>14 novembre 1519 : Moctezuma est fait prisonnier par ses invités espagnols. Cortés, qui avait appris que plusieurs de ses hommes avaient été tués au cours d'un engagement avec des troupes aztèques à Nauhtla sur la côte, se saisit de l'incident comme prétexte pour s'assurer de la personne de Moctezuma. Ce dernier nia toute responsabilité dans l'attaque contre la garnison de Villa Rica et refusa d'abord d'accompagner les Espagnols. Comme les capitaines de Cortés menaçaient de le tuer, il finit par céder. Cet événement sans précédent laissa les Aztèques stupéfiés et sans réaction</p>
<p>Le massacre de Cholula est une attaque réalisée fin 1519 par les forces militaires du conquistador espagnol Hernán Cortés lors de sa marche vers la ville de Mexico-Tenochtitlan. Il en résulta la mort de 5 000 à 6 000 Cholultèques, des civils désarmés pour la plupart, en moins de six heures. Après cette action militaire, les Cholultèques, qui avaient été jusqu'alors de fidèles tributaires des Aztèques Mexicas, se soumirent et s'allièrent aux conquistadors espagnols.</p>
<p>2 juin 1520, Tenochtitlán : Pedro de Alvarado ordonne le massacre de la noblesse aztèque réunie devant le Templo Mayor pour la fête de Toxcatl. Les Aztèques entrent immédiatement en rébellion et assiègent les Espagnols.</p>
<p>24 juin 1520 : Cortés rentre à Tenochtitlán.</p>
<p>26 - 30 juin 1520 : insurrection aztèque à Tenochtitlán contre l'empereur et ses alliés espagnols. Moctezuma II, qui essayait de calmer ses sujets révoltés contre les Espagnols, est touché mortellement par un jet de pierre le 27 juin.</p>
<p>30 juin-1er juillet 1520 : « Noche Triste » (elle n'est pas triste pour tout le monde, cette nuit-là !!), Hernán Cortés s'enfuit, chassé de Tenochtitlán par les Aztèques. Les Espagnols se replient à Tlaxcala. Ils ont perdu de nombreux hommes dans l'insurrection.</p>
<p>7 juillet 1520 : victoire de Cortés sur les Aztèques à la bataille d'Otumba. Le général aztèque a été assassiné par les Espagnols.</p>
<p>7 septembre 1520 : Cuitláhuac succède à Moctezuma II comme tlatoani de l'empire aztèque. Il meurt le 25 novembre de la petite vérole alors qu'il essayait de rallier les Tlaxcalans sous couvert d'une fédération. Cuauhtémoc, instigateur de la révolte contre les Espagnols, lui succède (29 janvier 1521).</p>
<p>Octobre 1520 : La principale arme de guerre (involontaire) des Espagnols contre les Aztèque commence à frapper : la variole atteint Tenochtitlan puis toute sa région et décime les Aztèques.</p>
<p>Avril 1521, Mexique : le chef tlaxcalan Xicohténcatl entreprend de déserter après la mort de Maxixcatl, emporté par l'épidémie de variole (décembre 1520). Cortés le fait exécuter.</p>
<p>28 avril 1521 : Cortés lance ses brigantins sur le lac de Texcoco.</p>
<p>26 mai 1521 : début du siège de Tenochtitlan par Hernán Cortés.</p>
<p>31 mai 1521 : Tenochtitlan est encerclée par les forces espagnoles ; début du siège.</p>
<p>30 juin 1521 : nouvelle « journée noire » pour les Espagnols : ils perdent une soixantaine d'hommes.</p>
<p>13 août 1521 : Hernán Cortés parvient à reprendre Tenochtitlan (Mexico), la capitale aztèque, après trois mois de siège, qui ont laissé la ville en ruines. Cortès et sa troupe s'emparent de Mexico-Tenochtitlan. L'empereur Cuauhtemoc est capturé et soumis à la torture pour dévoiler l'emplacement du trésor aztèque de Moctezuma mais il ne parle pas. Le Mexique devient la Nouvelle Espagne.</p>
<p>15 octobre 1522, Valladolid : Hernán Cortés est nommé par Charles Quint gouverneur général de la Nouvelle-Espagne. Il administre le Mexique de manière autoritaire.</p>
<p>12 octobre 1524 : Cortès monte une expédition punitive au Honduras. Le dernier empereur Aztèque Cuauhtémoc, soupçonné de vouloir soulever les Indiens, est pendu par Cortés au cours de l'expédition (28 février 1525). Cortés atteint Nito (San Gil de Buena Vista), puis s'embarque pour Trujillo, qu'il quitte par la mer le 25 avril 1526 pour rejoindre Mexico, en proie aux intrigues et aux conspirations.</p>
<p>28 février 1525 : Le souverain aztèque Cuauhtémoc, accusé de tramer un soulèvement contre Cortés, est pendu à Tabasco.</p>
<p>15 juillet 1530 : Hernán Cortés, de retour au Mexique comme marquis de la Vallée d'Oaxaca, s'installe à Cuernavaca. Il exploite la région par des plantations (mûrier, chanvre, lin, canne à sucre), l'élevage (mérinos et bovins), et l'exploitation de mines d'or (Tehuantepec) et d'argent (Zacatecas).</p>
<p>26 octobre 1541 : Une tempête détruit une grande partie de la flotte de Charles Quint (dont l'embarcation de Cortès qui regagne la cote à la nage).</p>
<p>2 décembre 1547 : Le conquistador Hernán Cortés meurt de la dysenterie à Castilleja de la Cuesta.</p>
<div class='spip_document_11878 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH581/huitzilopochtli-codex-telleriano-remensis-page-52-d3311.jpg?1790088662' width='500' height='581' alt='' />
</figure>
</div>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3795" class="spip_out" rel="external">Cortès face à Montezuma</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3799" class="spip_out" rel="external">Montezuma, par Italo Calvino</a></p>
<p><a href="https://books.google.fr/books?id=GEW5621Uk54C&pg=PA944&dq=cort%C3%A8s+contre+Moctezuma&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiQ7riksr7gAhWpyoUKHYoXAg0Q6AEIWDAI#v=onepage&q=cort%C3%A8s%20contre%20Moctezuma&f=false" class="spip_out" rel="external">Rapport de Bernal Diaz</a></p>
<p><a href="https://books.google.fr/books?id=OQFHAAAAcAAJ&printsec=frontcover&dq=hern%C3%A0n+cort%C3%A8s&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiMl732sr7gAhWjzoUKHUIaChsQ6AEINDAB#v=onepage&q=hern%C3%A0n%20cort%C3%A8s&f=false" class="spip_out" rel="external">Lettres de Hernàn Cortès à Charles Quint</a></p>
<p>Lire aussi :</p>
<p><a href="https://books.google.fr/books?id=UsItBgAAQBAJ&printsec=frontcover&dq=Carolo+Coccioli,+%C2%AB+L%E2%80%99aigle+azt%C3%A8que+est+tomb%C3%A9+%C2%BB&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwi_2sLxo77gAhUP16QKHTCeCZsQ6AEIKjAA#v=onepage&q=Carolo%20Coccioli%2C%20%C2%AB%20L%E2%80%99aigle%20azt%C3%A8que%20est%20tomb%C3%A9%20%C2%BB&f=false" class="spip_out" rel="external">Carolo Coccioli, « L'aigle aztèque est tombé »</a></p>
<div class='spip_document_11879 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L150xH238/150px-Lombards_Museum_163-6606c.jpg?1790086542' width='150' height='238' alt='' />
</figure>
</div><h2 class="spip">Quand la bourgeoisie aztèque commençait sa montée en force et contestait la féodalité par des luttes de classes</h2>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5262" class="spip_out" rel="external">Dans l'ancien empire aztèque, « un groupe social intermédiaire et particulier se trouvait en formation et avait une origine professionnelle. Il s'agissait des marchands (pochteca) qui s'étaient constitués en superguilde, ayant leurs propres fonctionnaires, leurs tribunaux et qui probablement possédaient leurs propres terres… »</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5247" class="spip_out" rel="external">Grand commerce chez les Toltèques</a></p>
<p>On signale également la montée de la bourgeoisie commerçante à Teotihuacan, ville de vieille civilisation mésoaméricaine :</p>
<p>« Teotihuacàn se situe dans la plaine bien irriguée du nord-est du bassin de Mexico, près de la ville moderne du même nom. La rivière San Juan et ses affluents se jettent dans le lac Texcoco ; d'éternels printemps et une irrigation intensive permettent de faire vivre une nombreuse population, raison pour laquelle, peut-être, les agriculteurs de la période de formation récente se réunirent dans cette région et établirent progressivement des relations commerciales avec les autres régions de Méso-Amérique. (...)</p>
<p>Teotihuacan s'effondra au cours du 8ème siècle. Comme ses principaux édifices ont été brûlés et détruits, on pense que les plus pauvres s'étaient soulevé contre la hiérarchie. (...)<br class='autobr' />
Une insurrection civile fait tomber Teotihuacàn. (...) Survint un événement dramatique. Des découvertes archéologiques ont mis en évidence l'existence de combats féroces qui se seraient déroulés dans le centre de la cité, des monuments abattus et détruits, des temples profanés. (...)</p>
<p>La totalité du centre de Teotihuacàn fut incendiée. (...) Le déclin de l'architecture et des arts implique une catastrophe qui aurait mis fin au fonctionnement interne de la cité. Il est aussi possible que l'importance du commerce de Teotihuacàn ait minimisé le pouvoir des prêtres, la ville devenant alors plus un lieu de négoce qu'un centre rituel. Il est peut-être significatif que les combats les plus violents aient eu lieu au cœur même du centre cérémoniel. C'est là que se trouvent les signes de destruction délibérés, de profanation et d'incendie. Bien qu'il se fût agi d'une enceinte sacrée, c'est dans cette partie de Teotihuacàn que vivaient les notables et les prêtres et que se situaient les bâtiments administratifs importants. On ne trouve aucune trace de combat ou d'incendie dans les quartiers des artisans ou dans les faubourgs où habitait la plus grande partie de la population. Ces données archéologiques ont permis d'avancer que Teotihuacàn avait été le siège d'une brève mais désastreuse insurrection civile. (...)</p>
<p>Alors que le commerce augmentait et, avec lui, le pouvoir que détenaient marchands et artisans, un ressentiment avait pu s'élever contre l'augmentation des impôts nécessitée par le financement des ambitieux programmes des notables, des prêtres et de la bureaucratie. L'arrêt des programmes de construction dans les dernières années de Teotihuacàn peut simplement être une conséquence de la volonté des commerçants d'exercer leurs droits et de refuser de répondre aux levées d'impôts. »</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5238" class="spip_out" rel="external">source</a></p>
<p>F. A. Peterson dans « Le Mexique précolombien » :</p>
<p>« Les villes indiennes se spécialisaient dans certaines marchandises, comme des poteries, des étoffes, des objets de métal et autres articles d'artisanat et les échanges commerciaux entre les villes étaient extrêmement actifs. Même entre des villes distantes de plusieurs centaines de kilomètres, un commerce régulier s'effectuait. Des fouilles archéologiques ont montré que des objets trouvés en un endroit avaient leur lieu d'origine à plus de cinq cents kilomètres. Les marchandises qu'on transportait ainsi à de grandes distances étaient généralement des articles de luxe, tels que le jade, mais des matières ordinaires comme l'obsidienne, le quartz et le quartzite étaient apportées à des gens qui vivaient dans un pays de calcaire où la pierre était souvent introuvable…</p>
<p>Dans les régions mésoaméricaines, le commerce était généralement l'apanage des « Pochtecas », marchands voyageurs ou négociants qui formaient une superguilde où les participations étaient héréditaires et qu'on nommait Pochtecatini. Ce n'est que par permission royale que les autres pouvaient devenir des Pochteca. Ils avaient leurs juges, leurs dieux, leur rang, leurs privilèges, leur niveau social particulier.</p>
<p>Duran écrit à leur sujet : « Une des façons de s'assurer la renommée et la fortune était de s'occuper d'achats et de ventes ; ainsi des marchands indiens qui possédaient déjà des terres et avaient des esclaves pour les sacrifier à leur dieu, comptaient parmi les grands de la nation. »</p>
<p>Sahagun nous donne des détails précis : « Ces marchands parcouraient tout le pays afin de mener à bien leurs affaires, achetant ici et vendant là. Il n'existe pas de lieu où ils ne recherchent quelque objet propre à être vendu ou acheté, et peu importe pour cela qu'il fasse chaud ou froid, ou que la santé soit plus ou moins bonne. Ils sont assez audacieux pour s'en aller même en pays ennemi et ils se montrent très rusés lorsqu'ils ont affaire à des étrangers ; ils apprennent leur langage et les traitent avec bienveillance afin de s'attirer leur clientèle. Ils savent aussi où trouver des peaux d'animaux rares et où les vendre au meilleur prix. »</p>
<p>Les Pochteca vivaient dans des quartiers spéciaux de la ville ; la plus fameuse cité marchande était Tlatelolco, qui représentait le centre des institutions commerciales du Mexique.</p>
<p>Les Pochteca se divisaient en deux groupes : les Pochteca Tlatoque étaient des marchands âgés et retirés des affaires et des fonctionnaires de la guilde qui ne voyageaient plus, mais qui fournissaient les jeunes commerçants de toutes les marchandises nécessaires ; les Nahualoztomeca étaient les marchands-voyageurs.</p>
<p>Sahagun écrit : « Le fonctionnaire le plus important parmi ces marchands se nomme pochtecatlaitlac, ce qui équivalait à l'appeler « Gouverneur des marchands » et il tient presque lieu de père et de mère à tous les autres. »</p>
<p>En temps de guerre, les marchands élisaient leur propre commandant en chef appelé Quauhpoyohualtzin, et ils combattaient sous leur propre étendard. Ils avaient leurs juges particuliers, pochtecatecuhtin, qui siégeaient pour juger toutes les questions concernant le commerce et les litiges commerciaux et qui pouvaient constituer une législation particulière.</p>
<p>Pour bien montrer les privilèges dont jouissaient les marchands, Zurita nous dit : « Ils n'étaient tenus à aucun service personnel, ni pour les travaux publics, sauf en cas de nécessité, ni pour le travail des terres qui étaient entretenues au profit de la noblesse. » …</p>
<p>Et Peterson cite les dieux spécifiques des marchands : Yacatecutli pour les Aztèques, Xaman Ek pour les Mayas, Ek Chuah pour les marchands du cacao, Xochiquetzal et Quetzalcoatl à Cholula, etc…</p>
<p>Il poursuit : « Le marché le plus important de l'ancien Mexique était celui de Tlatelolco, ville jumelle de Tenochtitlan qui en éprouvait de la jalousie ; une des raisons de la guerre civile, qui dura de 1469 à 1473, fut une rivalité commerciale. Tenochtitlan voulut imposer son autorité et mit un impôt sur les ventes faites au marché. Lorsque les espagnols entrèrent dans Tenochtitlan, Moctezuma les emmena voir Tlatelolco et le gigantesque marché fit une vive impression sur Cortès comme sur Bernal Diaz. »</p>
<p>Bernal Diaz nous rend compte de son premier aperçu du marché : « Lorsque nous arrivâmes sur ce grand marché qu'on appelle Tlatelolco, nous fûmes étonnés d'y voir tant de monde et une si grande quantité de marchandises ; nous fûmes également surpris de constater le bon ordre qui y régnait et la discipline qu'on y maintenait, car nous n'avions jamais vu un tel spectacle… »</p>
<p><a href="https://books.google.fr/books?id=uKT2DQAAQBAJ&pg=PA36&lpg=PA36&dq=bourgeoisie+pochteca&source=bl&ots=qeyvcPkZ4m&sig=ACfU3U3fPIy6par3AKeTUkVgeVR56bfjCQ&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwjC4OP2tv_gAhUK2OAKHTRoC_IQ6AEwCHoECAAQAQ#v=onepage&q=bourgeoisie%20pochteca&f=false" class="spip_out" rel="external">Lire encore sur la bourgeoisie des grands commerçant et négociants des pochtecas de mésoamérique</a></p>
<p>POUR CONCLURE :</p>
<p>Nombre d'auteurs ont relevé que les « conquistators » espagnols avaient bénéficié, dans leur lutte contre l'empire aztèque, du soutien militaire actif de nombre de peuples opprimés, mais ils ont beaucoup moins souligné que la conquête coloniale avait bénéficié des contradictions sociales extrêmes que manifestait cet empire, en particulier la lutte de classes entre les classes bourgeoises et les classes guerrières et féodales. Pourtant, le régime de Moctezuma II auquel se heurtait Cortès était justement celui qui avait porté à l'extrême ces contradictions.</p>
<p>A ses débuts, l'empire s'était développé sur la base de la triple alliance de Tenochtitlan, Texcoco et Tlatelolco et était à cette époque engagée dans une phase d'expansion de type impérial et colonial, soutenue par le commerce de ses marchands qui se rendaient aux confins de l'empire afin d'y négocier les matières premières nécessaires à la vie de la capitale, si besoin avec l'aide des guerriers de ses deux alliés.</p>
<p>Si la montée de l'empire Mexica-Aztèque avait bénéficié du double soutien des féodaux et des bourgeois, menant à la constitution de villes bourgeoises et de villes royales, et notamment des deux principales, la ville royale Tenochtitlan et la ville bourgeoise Tlatelolco, les rois qui ont précédé Moctezuma II ont commencé à vouloir rogner les ailes de cette bourgeoisie des Pochteca (grands commerçants internationaux, diplomates et négociants) alliée aux grands artisans et artistes, aux petits commerçants, à toutes les petites professions des villes. Et l'affrontement a été ouvert et violent.</p>
<p>Peu avant que commence l'invasion espagnole, les intérêts de l'empire et ceux de la bourgeoisie aztèque ont commencé de diverger gravement. La divergence entre les intérêts des guerriers-féodaux de l'empire et ceux des pochtecas est devenue de plus en plus grande, les guerres permanentes pour conquérir des territoires de plus en plus lointains coûtant trop cher et rapportant de moins en moins pour les bourgeois alors qu'elles étaient de plus en plus nécessaires pour constituer le tribut dont vivaient les grands seigneurs de l'empire. Dans l'une de ces guerres, Moctezuma avait écrasé en 1458 la grande ville commerçante de Coixtlahuaca avec laquelle les pochtecas entretenaient des relations commerciales actives puisque cette ville était non seulement un marché important mais de plus l'ouverture de la route vers tous les marchés du Guatemala et au-delà ! Cela démontre que l'empereur aztèque, devenu un potentat complètement coupé des réalités, ne tenait plus aucun cas de ses diplomates-explorateurs-négociants, les Pochtecas, contrairement à ce qui se pratiquait auparavant.</p>
<p>Un des signes de la gravité de la crise sociale de l'empire aztèque a été l'insurrection sociale de la ville commerçante de Tlatelolco, le plus grand marché de l'empire. Elle a éclaté en 1473 quand cette ville s'est révoltée contre sa voisine, la ville seigneuriale et impériale de Tenochtitlan-Mexico. Le seigneur Axayàcotl, loin de chercher la conciliation, a décidé d'envoyer ses troupes armées saccager la ville de Tlatelolco en guise de punition.</p>
<p>Un autre signe de l'aggravation de la lutte des classes entre la bourgeoisie commerçante et artisanale et l'empire aztèque, devenant de plus en plus exclusivement féodal et tributaire, était l'évolution du régime impérial, dans lequel pour la première fois avec Moctezuma II, l'empereur était devenu monarque absolu et le monopole du pouvoir de la noblesse guerrière s'était aggravé considérablement, toutes ces évolutions se réalisant aux dépens du pouvoir des marchands, considéré comme exagéré et dangereux par l'empire.</p>
<p>Il faut également remarquer que, parmi les soutiens indigènes armés dont ont bénéficié les colonisateurs espagnols dans leurs guerres contre l'empire aztèque, on trouve le soutien des peuples où le commerce jouait un rôle central et notamment de la république améridienne, interethnique, à la fois guerrière et bourgeoise, de Tlaxcallan qui était la première démocratie politique du continent. En 1521, 30 000 guerriers tlaxcaltèques participèrent à la destruction de Tenochtitlan lors du siège mené par Cortès.</p>
<p> Lire en espagnol le détail des luttes de classes entre nobles guerriers et pochtecas, quand la noblesse estima que la bourgeoisie devenait plus riche qu'elle et plus puissante :</p>
<div class='spip_document_12426 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner">
<a href='https://www.matierevolution.org/IMG/pdf/Dialnet-ElSistemaDeControlEnElImperioAzteca-981673.pdf' class=" spip_doc_lien" title='PDF - 472.5 kio' type="application/pdf"><img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1790046053' width='64' height='64' alt='' /></a>
</figure>
</div>
<p>Nous conclurons donc avec K. Marx dans « Le Manifeste communiste » :</p>
<p>« Oppresseurs et opprimés, en opposition constante, ont mené une guerre ininterrompue, tantôt ouverte, tantôt dissimulée, une guerre qui finissait toujours soit par une transformation révolutionnaire de la société tout entière, soit par la destruction des deux classes en lutte... L'histoire de toute société jusqu'à nos jours a été l'histoire de luttes de classes. »</p>
<h2 class="spip">LIRE AUSSI :</h2>
<p><a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6533962c.r=jacques%20soustelle%20azt%C3%A8ques?rk=64378;0" class="spip_out" rel="external">Images des Aztèques</a></p>
<p><a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5440934z.r=azt%C3%A8ques?rk=85837;2" class="spip_out" rel="external">Poèmes aztèques</a></p>
<p><a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3380134n.r=azt%C3%A8ques%20soustelle?rk=236052;4" class="spip_out" rel="external">Traditions et mythes des Amérindiens</a></p>
<p> <a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5235" class="spip_out" rel="external">Pourquoi et comment l'empire Olmèque a-t-il disparu ?</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5238" class="spip_out" rel="external">La révolution sociale qui a renversé la civilisation de Teotihuacán</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5243" class="spip_out" rel="external">La chute de la civilisation maya sous les coups de la révolution sociale</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2314" class="spip_out" rel="external">La disparition soudaine de la civilisation des Anasazis</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5247" class="spip_out" rel="external">La chute de Tula et des Toltèques</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5276" class="spip_out" rel="external">La civilisation des Indiens du Mississippi, disparue à l'issue d'une guerre civile, avant le début de la colonisation européenne</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3128" class="spip_out" rel="external">La révolte des Indiens d'Amérique</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article227" class="spip_out" rel="external">Révolutions en Méso-Amérique antique</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_peuples_indig%C3%A8nes_des_Am%C3%A9riques" class="spip_out" rel="external">Liste des peuples indigènes des Amériques</a></p>
<p><a href="https://bataillesocialiste.wordpress.com/documents-historiques/1884-la-gens-iroquoise-engels/" class="spip_out" rel="external">La gens iroquoise</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Constitution_de_la_nation_iroquoise" class="spip_out" rel="external">La grande fédération iroquoise</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2986" class="spip_out" rel="external">Démocratie indienne</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9d%C3%A9ration_des_Sept_Feux" class="spip_out" rel="external">La Fédération des Sept Feux</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4925" class="spip_out" rel="external">Quand la France colonisait les Indiens des Amériques</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4199" class="spip_out" rel="external">L'élimination des Indiens de la forêt amazonienne</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article6242">Le massacre des peuples indiens du Guatemala</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5262" class="spip_out" rel="external">Pourquoi l'empire aztèque a-t-il été aussi facile à abattre pour une poignée de conquérants espagnols ?</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5253" class="spip_out" rel="external">L'empire incas, naissance et mort</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4925" class="spip_out" rel="external">Quand la France colonisait les Indiens des Amériques</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4199" class="spip_out" rel="external">L'élimination des Indiens de la forêt amazonienne</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4182" class="spip_out" rel="external">L'élimination des Inuits</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4110" class="spip_out" rel="external">Le génocide colonial français des peuples amérindiens caraïbes des Petites Antilles de 1625-1660</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve616" class="spip_out" rel="external">Le massacre des Indiens d'Amérique entre 1800 et 1830</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article3004" class="spip_out" rel="external">"Tuez-nous et enterrez-nous ici" : un appel désespéré d'Indiens menacés d'expulsion</a></p>
<p> <a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5168" class="spip_out" rel="external">Le massacre des Indiens du Guatemala par le pouvoir militaire</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2986" class="spip_out" rel="external">Administration indienne et démocratie directe</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4973" class="spip_out" rel="external">L'histoire de la conquête du Brésil par les Occidentaux</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5278" class="spip_out" rel="external">L'effondrement de la civilisation Mochica (dite aussi Moche)</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5307" class="spip_out" rel="external">La chute de l'empire Tiahuacano-Huari</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5288" class="spip_out" rel="external">Comment a disparu la civilisation Chavín en 200 avant notre ère ?</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5283" class="spip_out" rel="external">L'étonnante civilisation de Nazca et sa chute brutale suivie d'une complète disparition</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5263" class="spip_out" rel="external">Pourquoi la civilisation de Caral (Pérou) a brutalement et totalement disparu en 1500 avant notre ère ?</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5282" class="spip_out" rel="external">Les trois chutes (et la disparition finale), en 750, en 1100, en 1300 de notre ère, de la civilisation péruvienne Lambayèque (ou Sicàn)</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5286" class="spip_out" rel="external">La caída de las antiguas civilizaciones de los Indios de las Americas y su relación con la revolución social</a></p>
<p><a href="https://issuu.com/cliptik1719/docs/mexico-from-the-olmecs-to-the-aztec" class="spip_out" rel="external">Mexico : From the Olmecs to the Aztecs (Ancient Peoples and Places), Michael D. Coe</a></p>
<div class='spip_document_12679 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH500/giphy_aztec-7a6a3.gif?1790086542' width='500' height='500' alt='' />
</figure>
</div><h2 class="spip">« La conquête du Mexique », Hugh Thomas :</h2>
<p>« L'invasion espagnole du Mexique fut un prolongement des conquêtes ayant commencé en 1492, avec le premier voyage de Colomb, Hernàn Cortés, le commandant espagnol, avait vécu à Hispaniola comme à Cuba. Tous les membres de son expédition avaient séjourné quelque temps dans ces îles. un petit nombre s'était rendu ailleurs sur le continent, près de Panama, avant d'entrer dans ce qu'on appelle aujourd'hui le Mexique.</p>
<p>En 1519, les peuples du Mexique étaient régis par une monarchie plus complexe que ne l'étaient les principules des Caraïbes avant Colomb. Les Aztèques – ou Mexicas comme on préfèrera les appeler – avaient maintes qualités. Ils étaient bien organisés. L'ancien Mexique ressemblait beaucoup à un Etat. Un conquistador jugea leurs demeures supérieures à celles des Espagnols. Les Mexica des classes supérieures portaient des habits brodés. Leurs orfèvres fabriquaient des joyaux qui stupéfièrent les Européens. Majoritairement citadins, ils dispensaient une instruction quasiment générale, à tout le moins aux garçonnets n'étant pas issus ni des serfs, ni des esclaves.</p>
<p>Au XVIe siècle, les Espagnols continuaient d'utiliser la numération romaine, y compris ses fractions, au lieu du système décimal plus pratique introduit par les Arabes, grâce aux Hindous, bien des années plus tôt. Les Mexica, eux, se servaient d'une méthode vigésimale, ainsi que du zéro, qui permettaient des calculs beaucoup plus précis qu'on ne les pratiquait en Europe.</p>
<p>Dès avant la découverte du Mexique, on s'interrogeait sur l'éthique de la mission impérialiste espagnole : on devait cet examen de conscience à plusieurs religieux dominicains, témoins des débuts aux Caraïbes… Il n'est aucun autre empire européen, qu'il s'agisse de Rome, de la France ou de l'Angleterre, qui ait ainsi mis en cause les buts de son expansion. La controverse se poursuivit.</p>
<p>En 1770, le marquis de Moncada envoyait à un ami français un bel ouvrage, ancien et illustré, probablement venu de Puebla, aujourd'hui connu sous le nom de « Mappe Quinatzin ». Il écrivait :</p>
<p>« Vous jugerez par vous-mêmes s'ils (les Mexica) étaient des barbares à l'époque où leur pays, leurs biens et leurs mines leur furent dérobés ; ou si c'est nous qui le fûmes. »</p>
<p>La morale des Mexica nous est suggérée par un passage du « Codex florentin » : il y est montré qu'au moins en théorie ils admiraient bien des choses que les gentilshommes chrétiens étaient censés admirer en Europe : « l'économie, la compassion, la sincérité, le soin, l'ordre, l'énergie, l'attention, l'ardeur, l'obéissance, l'humilité, la grâce, la discrétion, une bonne mémoire, la modestie, le courage et la résolution » ; tandis qu'ils méprisaient « la paresse, la négligence, le manque de compassion, le manque de fiabilité, de sincérité, la morosité, la bêtise, la malhonnêteté, la tromperie, le pillage », et même « l'agitation, l'irrespect et la traîtrise »…</p>
<p>Les Mexica succédaient à divers peuples belliqueux ayant régné sur la Vallée du Mexique. Ils avaient instauré leur propre empire par les armes. Leurs adversaires espagnols, dans le lutte contre l'ancien Mexique, reçurent l'appoint décisif d'alliés indiens qui détestaient les Mexica. Il va de soi que les Espagnols étaient des conquérants, comme l'avaient été naguère les Vikings, les Goths, les Romains (qu'ils admiraient), les Arabes, les Macédoniens ou les Perses, pour ne mentionner qu'un petit nombre de leurs prédécesseurs ; ou les Anglais, les Hollandais, les Français, les Allemands ou les Russes, pour citer quelques-uns de ceux qui les suivirent…</p>
<p>Les Espagnols nourrissaient une confiance illimitée dans leurs propres qualités, dans la sagesse politique de leur mission impériale, enfin dans la supériorité spirituelle de l'Eglise catholique :</p>
<p>« Quelle grande bonne fortune pour les Indiens, cette arrivée des Espagnols, puisqu'ils sont passés de ce malheur à leur présent état de bénédiction. » s'écrierait l'historien Cervantès de Salazar en 1554.</p>
<p>« Ô l'étrange bestialité de ces gens ; à bien des égards, ils ont une bonne discipline, un bon gouvernement, une bonne compréhension, des aptitudes et du savoir-vivre, mais à d'autres une bestialité et une cécité monstrueuses. » écrivait le religieux dominicain Duràn, vers la fin du siècle…</p>
<p>« Le mode de vie (au Mexique) est presque le même qu'en Espagne, et respire tout autant l'ordre et l'harmonie. » écrivait Hernan Cortés à Charles Quint en 1521.</p>
<p>L'admirable situation de la capitale mexicaine, Tenochtitlan, n'aurait guère pu être meilleure. La ville se dressait à plus de 2300 mètres d'altitude, sur une île lacustre peu éloignée du littoral occidental (320 kilomètres) ou oriental (240 kilomètres). Le lac se trouvait au centre d'une vaste vallée bornée de magnifiques montagnes dont deux étaient des volcans. Tous deux étaient couverts de neiges éternelles…</p>
<p>Comme à Venise, à laquelle on la comparerait souvent, plusieurs générations avaient œuvré à construire Tenochtitlan. La minuscule île naturelle en formant le centre avait été agrandie, au moyen de pieux, de boue et de rochers, jusqu'à recouvrir un millier d'hectares. Tenochtitlan arborait fièrement une trentaine de beaux palais, construits dans une pierre volcanique rougeâtre et poreuse. Les maisons ordinaires, de plain-pied, où vivaient la plupart des 250.000 habitants, étaient en pisé ordinairement peint en blanc. Beaucoup étaient juchées sur des plates-formes pour prévenir les inondations. Le lac était parcouru de toutes sortes d'embarcations apportant tributs et marchandises. De petites villes bien construites, vassales de la grande cité, parsemaient les rives du lac.</p>
<p>Au centre de Tenochtitlan, on trouvait une enceinte sacrée renfermant plusieurs bâtisses saintes et des pyramides couronnées de temples. Rues et canaux quittaient l'enceinte aux quatre points cardinaux. Non loin se dressait le palais de l'empereur. On découvrait plusieurs petites pyramides dans la ville, soutenant chacune un temple dédié aux différents dieux : ces pyramides, édifices religieux typiques de la région, étaient un hommage humain à la splendeur des volcans environnants.</p>
<p>Tenochtitlan semblait inexpugnable. La ville n'avait jamais été attaquée. Les Mexicains n'avaient qu'à lever les Ponts-levis des trois chaussées reliant la capitale à la terre ferme pour échapper à tout ennemi imaginable.</p>
<p>Un poème s'interrogeait :</p>
<p>« Qui pourrait conquérir Tenochtitlan ?</p>
<p>Qui pourrait ébranler la fondation du Ciel… ? »</p>
<p>(Miguel Leon-Portilla, « Precombian Litteratures of Mexico »)</p>
<p>La sécurité de la ville avait été renforcée pendant quatre-vingt-dix ans par une alliance avec deux autres cités situées respectivement sur les rives ouest et est du lac, Tacuba et Texcoco. Toutes deux étaient des satellites de Tenochtitlan, bien que Texcoco, capitale culturelle, fût remarquable par elle-même : on y parlait une version élégante de la langue de la Vallée, le nahuatl…</p>
<p>Ces alliés concouraient au développement d'une économie lacustre mutuellement profitable à une cinquantaine de cités-Etats de taille réduite, dont la plupart étaient en vue les unes des autres et dont aucune ne vivait en autarcie…</p>
<p>Les empereurs du Mexique ne dominaient pas seulement la Vallée du Mexique. Au-delà des volcans, ils avaient établi leur autorité vers l'orient, jusqu'au golfe du Mexique. Leur mainmise s'étendait loin sur la côte pacifique au sud, jusqu'à Xoconocho, la meilleure source d'approvisionnement en plumes vertes, si appréciées, de l'oiseau quetzal. A l'est, ils avaient conduit des conquêtes éloignées dans des forêts pluviales à un mois de marche. Tenochtitlan contrôlait ainsi trois zones distinctes : les tropiques, près des océans ; une zone tempérée, au-delà des volcans ; et la proche région montagneuse. D'où la variété des produits offerts à la vente dans la capitale impériale.</p>
<p>Le cœur de l'empire, la Vallée du Mexique, faisait 120 kilomètres du nord au sud, 65 kilomètres d'est en ouest, soit quelques 7800 kilomètres carrés, mais l'empire lui-même s'étendait sur 325.000 kilomètres carrés.</p>
<p>La capitale aurait dû être sûre d'elle. Il n'existait pas de plus grande cité, plus puissante ou plus riche au sein du monde dont le peuple de la Vallée avait connaissance. Elle attirait des milliers d'immigrés dont certains savaient que leur savoir-faire y serait apprécié : tels les lapidaires de Xochimilco. La même famille régnait sur la ville depuis près d'un siècle. Une « mosaïque » de près de 400 villes au total, chacune régie par son propre roi, envoyait à l'empereur des tributs réguliers, constitués de maïs (l'aliment de base du pays) et d haricots, des manteaux de coton et d'autres vêtements, ainsi que divers types de costumes de guerre (les tuniques de guerre souvent emplumées, arrivaient de trente des trente-huit provinces). Les tributs comprenaient aussi des matières premières et des marchandises semi-finies (de l'or battu mais pas travaillé), ainsi que des biens manufacturés (dont les labrets d'ambre et de cristal, et des colliers de perles de jade ou de turquoise).</p>
<p>Le pouvoir des Mexica en l'an 1518, ou comme ils l'appelaient, l'année 13-Lapin, semblait reposer sur de solides fondations. Les échanges commerciaux étaient bien réglés. Fèves de cacao, manteaux, parfois canoës, haches de cuivre et plumes remplies de poussière d'or servaient de monnaie d'échange… Mais on payait ordinairement les services en services.</p>
<p>On trouvait des marchés dans tous les quartiers : l'un d'eux, celui de la ville de Tlateloloco, désormais vaste faubourg de Tenochtitlan, était le plus important marché des Amériques, le bazar de toute la région. On y échangeait même des marchandises venues du lointain Guatemala. Pendant ce temps, presque tout le monde commerçait à petite échelle dans l'ancien Mexique, car vendre le produit de la maisonnée était la principale activité de la famille…</p>
<p>L'empereur du Mexique représentait l'empire et gérait ses relations extérieures. Les affaires intérieures étaient en dernier ressort décidées par un empereur adjoint, un cousin, le « cihuacoatl », titre qu'il partageait avec celui d'une grande déesse, et dont la traduction littérale était « femme-serpent », l'associait au versant féminin de la divinité…</p>
<p> (Remarque de M et R : ceci était sans doute un reste d'une époque où les femmes gouvernaient la vie civile et les hommes la guerre et où la déesse avait autant de poids sinon plus que les dieux)</p>
<p>La vie, à Tenochtitlan, était stable. Elle était gérée, en pratique, par un réseau étroit tenant du clan, de la guilde et du district, le « calpulli »… entité autonome qui détenait des terres n'appartenant pas en propre à ses membres, mais qu'ils exploitaient. Il s'agissait sans doute d'une association de familles apparentées au sens large. Dans plusieurs calputin (au pluriel), les familles exerçaient la même profession. Ainsi, les plumassiers résidaient-ils surtout à Amantlan, quartier qui avait probablement été un village indépendant…</p>
<p>La plus puissante des guildes se trouvait dans le faubourg nommé Cuepan, où résidaient les marchands dits « à longue distance », les « pochteca ». Ils avaient mauvaise réputation chez les Mexica : ils semblaient être « les cupides, les repus, les envieux, les avares qui aspiraient à la richesse ». Mais on les louait officiellement « en hommes qui, lorsqu'ils guidaient les caravanes de porteurs, agrandissaient l'Etat mexicain ». Conscients qu'on les jalousait, ils cultivaient le mystère. Ils servaient d'espions aux Mexica ; ils informaient l'empereur des forces, des faiblesses et des richesses des endroits qu'ils visitaient durant leurs voyages.</p>
<p>L'organisation de ces négociants, qui importaient à Tenochtitlan les matières premières, ainsi que les marchandises de luxe venues de la région tempérée comme des tropiques, était chronologiquement antérieure à celle de l'empire…</p>
<p>(Remarque de M et R : comment ne pas souligner de trois traits rouges cette note de l'auteur. La société commerciale et artisanale a certainement préexisté aux royautés et à l'empire qui, lui, repose sur les nobles et les guerriers, très hostiles aux pochteca, grands négociants ayant un pouvoir important, une religion et des droits sociaux et politiques indépendants, notamment une gestion civile et une justice ainsi qu'un accès direct à l'empereur, chargés du grand commerce et des produits rares et de luxe, ainsi que de la connaissance du monde extérieur et des ambassades étrangères !!!! L'empire ne vit qu'en sangsue de l'activité économique et commerciale et ne lui sert qu'à assurer une certaine sécurité sur un territoire fixe et une clientèle pour les produits de luxe. L'hostilité entre ces deux classes sociales, seigneurs de guerre et grande bourgeoisie, n'était pas seulement permanente et ancienne, elle avait considérablement augmenté vues les prétentions croissantes de cet empire surpuissant à réduire la part de la grande bourgeoisie, prétention particulièrement incarnée par Montezuma II et ses réformes radicales des droits des diverses classes sociales.)</p>
<p>L'essentiel de la tâche des pochteca consistait à échanger des biens manufacturés contre des matières premières : un manteau brodé contre du jade ; ou un bijou d'or contre de l'écaille (utilisée pour les cuillers destinées au chocolat). Ces grands marchands vivaient discrètement, s'habillaient mal et portaient les cheveux longs jusqu'à la taille. Pourtant, ils possédaient de nombreux biens. L'empereur les appelait ses « oncles » ; leurs filles étaient parfois les concubines des monarques.</p>
<p>(Remarque de M et R : ces « oncles » de l'empereur avaient beaucoup perdu de poids social et politique récemment et particulièrement avec l'avènement de Montezuma 1er, qui cultivait davantage les nobles et les rois que les pochteca, oublieux que la grande fortune de l'empire reposait sur une activité économique, notamment la transformation industrielle des produits premiers et leur échange avec des sociétés alentours plus archaïques donnant en échange une grande quantité de produits de base et il tentait de croire qu'il suffisait désormais de conquérir de nouveaux territoires et de leur imposer le paiement du tribut pour que la société mexica s'enrichisse sans cesse. En même temps, la haine des nobles seigneurs de la guerre envers la fortune cachée des pochteca grandissait sans cesse. Elle allait devenir ouverte avec la guerre entre Tlatelolco, la ville des commerçants, et Tenochtilan, la capitale impériale, capitale des seigneurs de guerre. Tout cela signifie que l'empire reposait bel et bien sur une lutte de classes, avec une classe noble, une classe bourgeoise et une classe exploitée.)</p>
<p>Hugh Thomas poursuit :</p>
<p> « Quelle que soit l'importance de ces négociants, c'étaient les soldats qui avaient assuré au Mexica la suprématie dans la Vallée et au-delà. Ces guerriers étaient tout à la fois bien organisés et nombreux : on disait que les rois avaient attendu que leur population fût assez importante pour défier les Tépanèques, dont ils étaient naguère sujets, en 1428. Les garçonnets, au Mexique, étaient préparés à la guerre dès la naissance, tels des Spartiates ou des Prussiens… L'appartenance aux ordres chevaleresques, les « jaguars » et les « aigles » était une distinction suprême obtenue par les braves…</p>
<p>L'époque mexicaine de conquête ininterrompue avait commencé vers 1430. Ses instigateurs étaient le premier empereur Itzcoatl, et son étrange neveu-général, Tlacaelel, qui était aussi « cihuacoatl »….</p>
<p>(Remarque de M et R : bien des commentateurs présentent souvent la civilisation mexicaine comme un produit de l'impérialisme et ne décrivent alors que la toute dernière phase de cette société, non ses bases fondamentales ni les facteurs de sa réussite précédente et de son échec ensuite, la perte de poids de son commerce et la croissance du poids économique et social de l'impérialisme guerrier, purement prédateur de l'activité économique. Notamment, le fossé entre l'accroissement démographique et la réduction de l'activité économique productive intérieure propre s'accroissait. Comme ailleurs dans le monde, l'Etat est venu ponctionner les richesses produites par une société déjà prospère sans lui depuis longtemps, même si elle a prétendu lui assurer la sécurité et la prospérité durables. Mais l'Etat lui-même est devenu une source de revenus de pillage et a commencé à nuire à l'activité économique interne et à combattre ses fondateurs. Le caractère de sangsue de la classe noble et guerrière a commencé à saper les bases de la société mexica.)</p>
<p>Hugh Thomas :</p>
<p>« Une grave difficulté de l'empire était la place croissante des tributs dans l'économie de la cité. Le dernier siècle avait vu une augmentation considérable de la population. Le maïs local se faisait de plus en plus rare. En même temps, une proportion substantielle de la population de Tenochtitlan se consacrait aux services et à l'artisanat : à fabriquer des sandales, vendre du combustible, tisser des nattes, transporter des objets ou confectionner des céramiques… C'est pourquoi les apports supplémentaires procurés par le tribut apparaissaient de plus en plus nécessaires.</p>
<p>Mais y avait plus grave. Les classes supérieures, gâtées par le luxe, jugeaient indispensables de disposer de fruits tropicaux et de cacao. Les nobles ne pouvaient se passer de leurs 15.000 jarres de miel annuelles, pour ne rien dire des fournitures régulières de plus de 200.000 manteaux de coton de tailles différentes. L'empereur lui aussi avait besoin d'une partie de ces objets, dans une société ignorant l'argent et fonctionnant par troc, pour payer les fonctionnaires de leurs services. Au début, ces paiements étaient faits en terrains. Mais ceux-ci venaient à manquer. Les fêtes, elles aussi, toujours plus grandioses, réclamaient plus de luxe, pour les présents des dieux et pour les ornements de l'assistance… Même pour conduire les guerres, il fallait importer des tributs de tuniques de guerre et d'armes…</p>
<p>Bien que les villes importantes dussent supporter un intendant mexicain (calpixqui), bien qu'il y eût ici ou là des garnisons, le système des tributs évitait les dépenses écrasantes d'un empire centralisé. Pourvu que la ville désignée envoyât les produits appropriés au moment approprié, elle avait toute latitude pour s'administrer. Pourtant, bien des territoires assujettis jugeaient ces exigences pesantes. Plusieurs cités étaient impatientes et rancunières. Quelques-unes étaient prêtes à se rebeller.</p>
<p>Autre source d'inquiétude possible, une stratification croissante de la société mexicaine. Au début, la plupart des chefs de famille semblent avoir été concernés par l'élection d'un monarque. Désormais, le collège électoral ne comprenait que les plus grands seigneurs… Ces dirigeants devaient venir incognito, car « ils ne souhaitaient pas que le commun soupçonne les alliances des rois et des dirigeants, et que les accords et les amitiés qu'ils nouaient se faisaient aux dépens de la vie de l'homme ordinaire ». (Duràn, volume 2, p. 339) (…)</p>
<p>Le XVe siècle avait vu créer délibérément une classe de nobles, les « pipitlin », dont la plupart descendaient du roi Acampichtli. Plusieurs rois ultérieurs avaient engendré une nombreuse descendance grâce à plusieurs épouses. Sans doute, les chroniqueurs exagéraient-ils en déclarant que Nezahualpilli, roi de Texcoco, mort en 1515, avait laissé cent quarante-quatre enfants… La puissance de ces nobles à demi royaux avait grandi du fait de la distribution de terres conquises ; on leur avait aussi donné les hommes qui les mettaient en valeur, ce qui permettait à leur fidélité de contourner les clans traditionnels de Tenochtitlan, les « calpultin ». Peut-être se raidissaient-ils au contact des peuples conquis : en mettant à prix la tête de Nezahualcoyotl, de Texcoco, alors en fuite, le roi Maxtla d'Azcapotzalco proposa des terres à quiconque le capturerait, « même s'il était un plébéien ».</p>
<p>L'empereur de la décennie 1460, Montezuma 1er, renforça la stratification sociale en publiant une série de règles de conduite, des « étincelles de feu divin », selon son étrange formule, pour obtenir que « tous vivraient conformément à leur statut ». Ces règles instaurèrent des frontières entre monarques et seigneurs, seigneurs et hauts fonctionnaires, hauts et petits fonctionnaires, petits fonctionnaires et peuple ordinaire. On distinguait entre une classe supérieure de puissants seigneurs et une classe inférieure de moindres seigneurs. On accentua les différences de costume et de protocole.</p>
<p>Les nobles portaient désormais des manteaux et des pagnes de coton brodé, des sandales dorées, des boucles d'oreilles et des labrets. Les gens du commun ne pouvaient porter de coton et devaient se contenter d'habits faits en fibres d'agave. Leurs manteaux s'arrêtaient au genou. Ils ne pouvaient porter de sandales en présence de supérieurs. Seuls les nobles pouvaient construire des maisons ayant deux niveaux : eux seuls pouvaient boire du chocolat ; les familles ordinaires devaient utiliser de la vaisselle de terre cuite, ni peinte, ni vernissée…. En outre, toute famille ne descendant pas directement des Toltèques (via Acampichtli) ne pouvait être incorporée dans la classe supérieure. La mobilité, de quelque sorte qu'elle soit, était condamnée : « Là où on vécu le père d'un homme et ses ancêtres, là il doit vivre et mourir. »</p>
<p>L'empereur Montezuma II renforça encore ces discriminations. Tous les fonctionnaires, et même tous les prêtres, devraient désormais sortir de la plus haute classe – en pratique, de la famille royale au sens le plus large. Au sein même de cette grande famille, les charges tendaient à devenir héréditaires. Très logiquement, Montezuma réserva les écoles supérieures, les « calmécac », aux enfants de haute naissance. Précédemment, les garçons prometteurs d'humble naissance pouvaient aspirer à la prêtrise et donc fréquenter l'une de ces austères institutions.</p>
<p>En conséquence, la structure sociale, en 1518, était plus rigide que jamais… L'isolement de l'empereur, en 1518, était plus intense que jamais. Montezuma avait plus de courtisans, de gardes, de jongleurs, d'acrobates, de bouffons et de danseurs que ses prédécesseurs. Après lui venaient, par ordre de préséance, les principaux conseillers, le premier cercle de la famille royale, les grands administrateurs et la noblesse, la « pipiltin », dont les vingt et une familles les plus illustres portaient des titres impressionnants. Les nobles avaient de splendides palais où ils donnaient des fêtes… Ils vivaient du produit de terres situées en dehors de la capitale. Leurs ancêtres avaient construit la grande cité, ou l'avaient inspirée. Ils s'en remettaient à sa taille et à ses immenses édifices pour écraser psychologiquement les visiteurs des autres cités comme les plus pauvres de leurs compatriotes.</p>
<p>La principale distinction au sein de l'ancien Mexique (qui, en cela, ressemblait singulièrement à l'Europe) opposait les payeurs et les exemptés du tribut. Cette dernière catégorie incluait la noblesse, les prêtres et les enfants, les administrateurs mineurs et locaux et les enseignants. Elle incluait également les chefs des « capultin » et les roturiers qui, grâce à leurs prouesses militaires, avaient commencé de gravir le mât graisseux du progrès social. En faisaient partie les artisans, les marchands et quelques agriculteurs…</p>
<p>On trouvait également des catégories différentes parmi les masses s'acquittant de tribut et de taxes : d'abord les laboureurs, « macehualtin », qui participaient aux « calpultin »… Les macehualtin constituaient le gros de la société mexicaine…</p>
<p>Moins différenciée était la classe des « mayeques », comparables aux serfs européens. Ils n'étaient ni esclaves ni libres. C'étaient des hommes, ou des familles, qui travaillaient sur les terres d'autrui, en particulier celles des nobles…</p>
<p>Enfin, dans la classification de ces anciens Mexicains, on trouvait quelques véritables esclaves, les « tlatlacotin », plus favorisés en un sens que leurs équivalents européens puisqu'ils pouvaient posséder des biens, se racheter, épouser des femmes ou hommes libres. Leurs enfants naissaient libres…</p>
<p>Le contraste entre la pauvreté et la richesse, aux deux extrêmes de la société mexicaine, semble avoir été plus remarquable d'année en année. Les témoins déclarèrent au père Sahagùn que le palais de l'empereur, le « tecpan », était un « endroit terrible, un lieu de peur… de vantardise… d'arrogance, d'enivrement, de flatterie, de perversion. » Les chevaliers de l'aigle et du jaguar s'y pavanent. Pendant ce temps-là, les pauvres mangent sans doute moins bien qu'ils ne l'avaient jamais fait…</p>
<p>Aggravant la division des classes, il y avait la perte de pouvoir des calputin, ces clans qui avaient géré la société civile dans les premiers temps. Y appartenir avait permis aux hommes et aux femmes ordinaires de faire partie de la collectivité… Calputin et gouvernement étaient en conflit, dans la mesure où l'empereur accordait de plus en plus souvent les terres, alors que les calputin considéraient que celles-ci appartenaient à leur autorité, par tradition…</p>
<p>Quarante ans plus tôt, Tlatelolco (« la butte de terre »), alors ville commerçante, semi-indépendante, à deux kilomètres au nord, sise sur une île reliée à la capitale par plusieurs larges chaussées, dont la population était aussi mexicaine mais qui avait connu une lignée distincte de monarques, avait tenté de recouvrer sa pleine indépendance. L'apogée de la crise intervint lors d'une de ces querelles qui, en Europe, provoquaient les guerres… Tlatelolco fut envahie et vaincue… La ville et les villes vassales furent incorporées à Tenochtitlan en tant que « cinquième quartier ». Ses habitants, bien qu'ils fussent parents des Mexica, durent désormais payer tribut à un « gouverneur militaire », Itzquauhtzin, frère de l'empereur, toujours en poste en 1518. Les vainqueurs se disputèrent le célèbre marché. Les Tlatelolco étaient amers. Ils s'enchantaient, fût-ce en secret, de toute déconvenue essuyée par Tenochtitlan…</p>
<p>L'empire mexicain semblait avoir atteint ses limites. Les monarques successifs avaient repoussé les frontières, en partie mus par la nécessité de garantir les ressources venues des régions chaudes ou tempérées, en partie pour la raison connue de la plupart des empires : il est difficile de mettre un terme à l'habitude d'agresser. Mais envisager davantage de grandes guerres devenait problématique…</p>
<p>En 1504, les Tlaxcaltèques vainquirent les Mexica dans une guerre…. Les Mexica ripostèrent en imposant des sanctions à Tlaxcala : il n'y aurait plus d'échange de coton ni de sel. La menace était sérieuse, dans la mesure où les Mexica avaient vassalisé tous les territoires entourant Tlaxcala, y compris les terres tropicales à l'est. Les Tlaxcaltèques, sous l'égide de vieux seigneurs expérimentés, tinrent bon… Les Tlaxcaltèques étaient pleins de ressort. Ils étaient cernés par l'Empire mexicain, mais se persuadaient qu'ils restaient libres. Leur façon de cultiver la terre n'était pas sans évoquer l'Europe : la plus grande partie était travaillée par des laboureurs versant un loyer en nature aux seigneurs qui, à leur tour, conservaient les droits naturels de base, dont celui sur l'eau et les forêts. Les Tlaxcaltèques avaient résisté plusieurs fois aux armées mexicaines, toujours beaucoup plus importantes que celles qu'ils pouvaient lever. Non seulement ils étaient libres, mais ils avaient pris l'habitude de consulter les villes de leur territoire, usage qui incita le conquistador, non sans extravagance, à les comparer aux républiques libres de Gênes ou de Venise… Tlaxcala n'était pas le seul territoire à portée de Tenochtitlan qui eût préservé son indépendance. Il y avait aussi la petite république de Yopi sur la côte pacifique dans l'Etat actuel de Guerrero. Il y avait Metztitlan dans les montagnes au nord-est ; il y avait les Chinantla, peuple montagnard dans la chaîne séparant la Vallée du Mexique et Oaxaca. Mais les Tlaxcaltèques étaient de loin les plus importants et les seuls capables de nuire profondément aux Mexica….</p>
<p>Les Tlaxcaltèques furent les premiers à combattre militairement les Castillans… Cortès lui-même prétend avoir été attaqué par 149.000 hommes… Après une victoire due aux épées, à l'élimination physique des victimes indiennes, aux canons, Cortès lança une expédition punitive, en brûlant dix villes, dont l'une comptait plus de trois mille personnes, et en massacrant beaucoup d'Indiens. Une fois de plus, il semble avoir voulu terroriser les populations pour les obliger à se rendre… Cortès et son expédition pénétrèrent à Tlaxcala le 18 septembre 1519… Il en résulta une alliance durable entre les chefs de Tlaxcala et Cortès qui allaient permettre la conquête de Tenochtitlan et sa destruction.</p>
<p>Les Espagnols, ayant vaincu puis mis de leur côté les Tlaxtaltèques, étaient à cent kilomètres de Tenochtitlan et l'empereur n'était pas encore décidé à les recevoir en hôtes ou à les détruire militairement. L'empereur et sa ville étaient envahis par la panique. Le petit peuple était tout agité. « Les désordes se multipliaient. On eût dit que la Terre tremblait, comme si la surface de la terre tournait dans le tumulte. » peut on lire dans le Codex florentin…</p>
<p>Deux ou trois jours après son arrivée dans la capitale, le « Caudillo » visita le marché de Tlatalolco dont il avait sans doute beaucoup entendu parler par ceux de ses hommes qui l'avaient déjà vu.</p>
<p>L'importance en était stupéfiante. Cortés estimait que le grand espace clos d'arches où se trouvait ce marché faisait deux fois la grand-place de Salamanque. D'autres conquistadors, qui affirmaient avoir vu Constantinople et toute l'Italie dont Rome déclarèrent n'avoir jamais rien vu de tel…</p>
<p>Tlatelolco était le centre du commerce mexicain et le plus grand centre d'échanges des Amériques… C'est là qu'avait commencé le commerce du beau drap de coton, comme de bien d'autres articles. Là aussi s'étaient produits plusieurs incidents ayant débouché sur les guerres de 1475, désastreuses pour les Tlatelolca opposés aux Mexica. A la suite de leur victoire, les empereurs de Mexico avaient fermé le grand temple de Tlatelolco sans oser ni souhaiter s'en prendre au marché…</p>
<p>(Remarque de M et R : nous avons là, très rapidement résumé, une petite idée des luttes de classes entre seigneurs féodaux guerriers mexica et commerçant et bourgeois, ceux de Tlatelolco n'étant que les plus fortunés et les plus fiers d'eux-mêmes et revendiquant leurs droits sociaux et politiques face aux nobles et à l'empire qui s'appuyait de plus en plus sur les guerriers et de moins en moins sur les commerçants et négociants.)</p>
<p>Le marché comprenait une cinquantaine de secteurs réservés aux métaux précieux, à la vaisselle, aux vêtements, à la nourriture, à la coutellerie, aux pierres, aux matériaux de construction comme les nattes, la chaux et même les toîts. On vendait séparément les produits manufacturés et les matières premières. Les marchands professionnels et au long cours échangeaient des articles de luxe, et d'innombrables petites familles, accaparées par les soins de leurs fermes, vendaient des gâteaux de maïs (tamales) ou de la bouillie de maïs. Des étals étaient dévolus aux oiseaux, à d'autres animaux, aux peaux. Le sel et les manteaux de coton étaient les articles les plus récherchés… Cortés déclare qu'il existait une zone du marché où l'on trouvait plus de coton que de soie sur le marché de soie de Grenade…</p>
<p>Après la guerre de 1470 qui avait opposé seigneurs de Tenochtitlan et bourgeoisie de Tlatelolco, suite à laquelle la pyramide et le temple de Huitzilopochtli qui la courronnait et dominait le marché de Tlatelolco avaient été abandonnés, Montezuma avait décidé d'essayer de se réconcilier avec les marchands (pochteca), dont le quartier général se trouvait à Tlatelolco. Il leur conféra même l'honneur de partir en guerre au nom de la Triple Alliance. Ils devaient toujours verser un tribut comme s'ils étaient conquis. Ils subissaient aussi un gouverneur militaire (cuauhtlatoani) nommé par l'empereur et non un monarque indépendant…</p>
<p>Niant que les Mexica soient des êtres humains comme les espagnols, Ginès de Sepùlveda écrivait dans « Democrates Alter » (1544) :</p>
<p>« Le simple fait que les Mexica réalisent de beaux objets n'est pas un signe de leur beauté morale. Certaines petites espèces comme les abeilles et les araignées font des œuvres d'art qu'aucun être humain ne peut faire de façon comparable… Le fait que les Mexica aient des rues, des maisons, des rois, etc., ne prouve rien de plus… Mais d'un autre côté, personne ne fait rien par soi-même… c'est le signe évident du tempérament servile. »</p>
<p>(…)</p>
<p>Au début de 1520, l'expédition procéda à un inventaire financier. La valeur de l'or recueilli, offert ou confisqué, fut estimée à 160.000 pesos. Le cinquième royal fut donc évalué à 32.000 pesos. C'était sans compter les bijoux d'or et d'argent qui devaient valoir, d'après le Caudillo, 75.000 pesos au moins…. On contesta ultérieurement le chiffre du butin. Les ennemis de Cortés l'évaluèrent à 700.000 au moins. Lors d'un procès, en 1529, on prétendit même que Cortés avait reçu de Montezuma de l'or, de objets en plumes, des draps et de l'argent pour un total de 800.000 pesos…</p>
<p>Découvrant le trésor amené à Charles Quint par les émissaires de Cortés, Pierre Martyr écrivit au pape Léon X :</p>
<p>« S'il est arrivé que des artistes de ce genre aient touché au génie, alors c'est le cas de ces indigènes. Ce n'est pas tant l'or ou les pierres précieuses que j'admire que l'intelligence des artistes et leur savoir-faire qui doit dépasser la valeur des matériaux employés… Selon moi, je n'ai jamais rien vu dont la beauté puisse davantage enchanter l'œil. »</p>
<p>La lettre de Martyr fut publiée sans doute avant la fin de 1520…</p>
<p>Hélas nous ignorons tout de ce que les Indiens (totonaques) débarquant en Espagne pensèrent de leurs hôtes. Montaigne, dans son essai sur les cannibales, rapporte une conversation par le truchement d'interprètes avec quelques Indiens venus du Brésil en 1562. Ils s'étonnèrent que des hommes aussi solides que les Suisses de la garde royale aient accepté de servir un enfant aussi chétif que le roi de France du moment, Charles IX ; ils furent également choqués de l'inégalité de la société française… »</p></div>
Oppositions de classes chez les Mixtèques - Oposiciones de clases entre los Mixtecos
https://www.matierevolution.org/spip.php?article6466
https://www.matierevolution.org/spip.php?article64662019-08-10T22:05:00Ztext/htmlesRobert ParisEsclaves SlavesMexiqueEspagnolAmérindiens
<p>Oppositions de classes chez les Mixtèques - Oposiciones de clases entre los Mixtecos <br class='autobr' />
Avertissement : textes en français et en espagnol alternent. <br class='autobr' />
Se alternan textos en francés y en español. <br class='autobr' />
Les origines de la civilisation mixtèque, Andrew K. Balkansky, Felipe de Jesús Nava Rivera et María Teresa Palomares Rodríguez: <br class='autobr' />
« La culture de la Mixteca Alta, dans l'Etat actuel d'Oaxaca, au Mexique, est connue pour son développement au cours de l'ère postclassique; Cependant, des études (…)</p>
-
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique27" rel="directory">2eme chapitre : Révolutions de la Préhistoire et de l'Antiquité</a>
/
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot53" rel="tag">Esclaves Slaves</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot128" rel="tag">Mexique</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot184" rel="tag">Espagnol</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot292" rel="tag">Amérindiens</a>
<div class='rss_texte'><div class='spip_document_12861 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://www.matierevolution.org/IMG/png/Mixtecs.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH367/Mixtecs-f09b8.jpg?1790088662' width='500' height='367' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_12852 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/organizacion-politica-mixteca-304d8.jpg?1790088662' width='500' height='375' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_12853 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH281/organizacion-social-mixteca-estratificacion-88032.jpg?1790088662' width='500' height='281' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_12854 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH286/cultura-mixteca-10-115b4.jpg?1790088662' width='500' height='286' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_12855 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L400xH284/Sociedad-Mixteca-rey-4ca12.jpg?1790088662' width='400' height='284' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_12856 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/cultura-mixteca-9.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH334/cultura-mixteca-9-ed870.jpg?1790088662' width='500' height='334' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_12857 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH445/organizacion-social-mixteca-desarrollo-f5b18.jpg?1790088662' width='500' height='445' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_12858 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH324/Sociedad-Mixteca-06d59.jpg?1790088662' width='500' height='324' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_12859 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH421/Codice_Vindobonensis-6aeb8.jpg?1790088662' width='500' height='421' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_12860 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH385/organizacion-social-mixteca4-911ee.jpg?1790088662' width='500' height='385' alt='' />
</figure>
</div><h2 class="spip">Oppositions de classes chez les Mixtèques - Oposiciones de clases entre los Mixtecos </h2>
<p>Avertissement : textes en français et en espagnol alternent.</p>
<p>Se alternan textos en francés y en español.</p>
<h2 class="spip">Les origines de la civilisation mixtèque, Andrew K. Balkansky, Felipe de Jesús Nava Rivera et
María Teresa Palomares Rodríguez:</h2>
<p>« La culture de la Mixteca Alta, dans l'Etat actuel d'Oaxaca, au Mexique, est connue pour son développement au cours de l'ère postclassique; Cependant, des études récentes ont abordé ses origines dans les sites de Fonnativo Early, Middle et Late, fournissant un excellent éventail de données sur les débuts de l'une des plus importantes civilisations de la Méso-Amérique. Les premières sociétés possédaient déjà des caractéristiques culturelles et une identité uniques, mais ils présentaient également des caractéristiques similaires à celles des premiers sites d'autres régions, ce qui les plaçait dans une dynamique culturelle régionale et interrégionale. L'étude sur les changements culturels d'une organisation villageoise en un centre urbain ou une ville est analysée à travers deux sites du Mixteca Alta: Huamelulpan et Tayata. L'évidence d'importants changements structurels sur le site de Tayata au cours de la période du Fonnativo moyen a été mise en relation avec le développement de nouveaux centres politiques dans la région de Mixteca Alta, semblables à un État urbain, comme ce fut le cas pour Huamelulpan.</p>
<p>Ces événements se sont produits parallèlement à l'émergence de sociétés complexes dans la vallée d'Oaxaca, telles que la relation San José Mogote-Monte Albán. Grâce à l'étude de ces processus culturels, de nouvelles données peuvent être produites pour mieux analyser et comprendre les origines et le développement de la civilisation Mixtèque, ainsi que les relations avec le reste de l'Oaxaca et de la Méso-Amérique depuis les temps les plus reculés.</p>
<p>C'est au cours de la période de formation que les premières sociétés villageoises se sont transformées en États urbains en Méso-Amérique (de 1500 à 200 av. J.-C.).</p>
<p> Nous connaissons l'émergence de civilisations grâce aux études archéologiques globales menées dans tout le Mexique. Cependant, à ce jour, nous ne connaissons pas beaucoup d'aspects concernant l'ancienne Mixteca, principalement avant le développement spectaculaire de sa cité-état de la période postclassique, comme l'indiquent les codex et les archives historiques Mixtec du XVIe siècle (Spores 2007).</p>
<p>En comparaison, les origines de la civilisation zapotèque dans la vallée d'Oaxaca sont étudiées depuis plusieurs décennies. Des archéologues mexicains, tels que Alfonso Caso, Ignacio Bernal et Jorge R. Acosta, ont fouillé la ville antique de Monte Albán, recueillant des informations.<br class='autobr' />
sur le système d'écriture, le calendrier et différents aspects liés à l'histoire du peuple zapotèque (Bernal 1965; Caso, Bernal et Acosta 1967). De leur côté, des archéologues nord-américains tels que Kent Flannery et Joyce Marcus ont distingué les débuts de l'ère pré-urbaine dans la civilisation zapotèque, ainsi que la séquence de développement des villages anciens tels que San José Mogote (Etla, Oaxaca) jusqu'à l'urbanisation de Monte Albán. (Flannery et Marcus 1983; Marcus et Flannery 1996). De plus, nous connaissons la succession de changements culturels, qui se manifestent dans le schéma de peuplement de toute la vallée de Oaxaca et des régions voisines (Blanton et al., 1999). En outre, les récentes contributions qui ont accru les connaissances sur la culture zapotèque sont le résultat de recherches interdisciplinaires (voir Marcus 2008, Robles 2001, hiver 1994).</p>
<p>Cependant, ce sont Caso et Acosta qui ont dirigé les premières études pionnières réalisées dans l'ancien Mixteca, dans les années trente, au sommet du site de Monte Negro, à Tilantongo, à Oaxaca (Acosta et Romero 1992). Récemment, lorsque les archéologues ont fourni de nombreuses informations sur la période de formation qui traitait de l'origine de la civilisation Mixtèque, principalement à partir d'études scientifiques sur le modèle de peuplement et de fouilles approfondies, informations pouvant être utilisées pour:<br class='autobr' />
Études comparatives avec la vallée de Oaxaca (Spores 1972, 1983a, 1983b, Zarate 1987, Blomster 2004). Le but de cet article est de fournir au lecteur des données récentes sur les études archéologiques sur les premières mixtées (par exemple, Balkansky et al., 2000, Balkansky et al., 2009, Duncan et al., 2008), mettant en évidence l'existence de changements culturels similaires et même connu dans la société zapotèque qui habitait San José Mogote et qui était un élément fondamental de la transition qui a conduit à la fondation de Monte Albán dans le<br class='autobr' />
Vallée d'Oaxaca.</p>
<p>Le projet « Formativo en la Mixteca Alta », que nous réalisons actuellement, teste l'hypothèse selon laquelle la vieille ville située à proximité des communautés actuelles de Santa Cruz et de Santa Catarina Tayata a subi un important changement structurel, entraînant un abandon partiel du site autour de à partir du 4ème siècle avant JC C; En conséquence, de nouveaux centres politiques ont émergé, l'un d'entre eux étant Huamelulpan, un site présentant les caractéristiques d'un État urbain (Balkansky 1998, Gaxiola 1984). Ces événements se sont produits parallèlement à l'émergence de sociétés complexes dans la vallée d'Oaxaca, ce qui suggère que la solution du problème des origines de la civilisation mésoaméricaine réside dans la réalisation d'études traitant des interactions et des interconnexions au niveau macro-régional. Interrégional. »</p>
<h2 class="spip">Los orígenes de la civilización mixteca, Andrew K. Balkansky, Felipe de Jesús Nava Rivera y María Teresa Palomares Rodríguez :</h2>
<p>« La cultura de la Mixteca Alta, en el actual estado de Oaxaca, México, es conocida por su desarrollo durante la época del Posclásico; no obstante estudios recientes han abordado sus orígenes en sitios del <br class='autobr' />
Fonnativo Temprano, Medio y Tardío, aportando una gran <br class='autobr' />
gama de datos sobre los inicios de una de las civilizaciones más importantes de Mesoamérica. Los primeros mixtéeos ya presentaban características culturales singulares y de identidad, sin embargo también contaban con rasgos similares a sitios tempranos de otras regiones, lo cual los ubica como parte de una dinámica cultural regional e interregional. El estudio sobre los cambios culturales de una organización aldeana a un centro urbano o ciudad, es analizado a través de dos sitios de la Mixteca Alta: Huamelulpan y Tayata. La evidencia de cambios structurales importantes en el sitio Tayata, durante el Fonnativo Medio, la hemos relacionado con el desarrollo de nuevos centros políticos en la Mixteca Alta, asimilables a un estado urbano, como lo fue Huamelulpan.</p>
<p>Estos acontecimientos se produjeron paralelamente a la aparición de sociedades complejas en el Valle de Oaxaca, como la relación San José Mogote-Monte Albán. A través del estudio de estos procesos culturales, se podrán producir nuevos datos para conocer y entender de una mejor manera los orígenes y desarrollo de la civilización mixteca, así como la relación con el resto de Oaxaca y Mesoamérica desde tiempos tempranos.</p>
<p>Fue durante el periodo Formativo cuando las sociedades aldeanas tempranas se desarrollaron convirtiéndose en estados urbanos en Mesoamérica (1500 a. C. al 200 d. C.).</p>
<p> Sabemos sobre el surgimiento de civilizaciones gracias a estudios arqueológicos globales en todo México, sin embargo hasta la fecha desconocemos muchos aspectos sobre la antigua Mixteca, principalmente antes del espectacular desarrollo de sus ciudades-estado del periodo Posclásico, según consta en códices mixtéeos y archivos históricos del siglo XVI (Spores 2007).</p>
<p>En comparación, los orígenes de la civilización zapoteca en el valle de Oaxaca han sido estudiados durante varias décadas. Arqueólogos mexicanos como Alfonso Caso, Ignacio Bernal y Jorge R. Acosta excavaron la antigua ciudad de Monte Albán, recabando información <br class='autobr' />
sobre el sistema de escritura, calendario y diferentes aspectos vinculados con la historia del pueblo zapoteca (Bernal 1965; Caso, Bernal y Acosta 1967). Por su parte, arqueólogos norteamericanos como Kent Flannery y Joyce Marcus distinguieron los comienzos de la era preurbana en la civilización zapoteca, así como la secuencia del desarrollo desde aldeas tempranas, como San José Mogote (Etla, Oaxaca), hasta la urbanización de Monte Albán (Flannery y Marcus 1983; Marcus y Flannery <br class='autobr' />
1996). Además, conocemos la sucesión de los cambios culturales, manifiesta en el patrón de asentamiento de todo el valle de Oaxaca y regiones vecinas (Blanton et al.1999). Asimismo, contribuciones recientes que han aumentado el conocimiento sobre la cultura Zapoteca son resultado de investigaciones interdisciplinarias (v. g. Marcus 2008, Robles 2001, Winter 1994).</p>
<p>No obstante, fueron Caso y Acosta quienes dirigieron los primeros estudios pioneros en la antigua Mixteca, llevados a cabo en la década de los años treinta en la cima del sitio Monte Negro, Tilantongo, Oaxaca (Acosta y Romero 1992), pero será en años recientes cuando los arqueólogos generen una amplia información sobre el periodo Formativo abordando el origen de la civilización Mixteca, basándose principalmente en estudios científicos del patrón de asentamiento y realizando excavaciones extensivas, información que puede ser utilizada en <br class='autobr' />
estudios comparativos con el valle de Oaxaca (Spores 1972, 1983a, 1983b; Zarate 1987; Blomster 2004). Este artículo tiene como objetivo brindar al lector datos recientes de estudios arqueológicos sobre los primeros mixtéeos (v. g. Balkansky et al. 2000, Balkansky et al. 2009, Duncan et al. 2008), evidenciando la existencia de cambios culturales semejantes e inclusive paralelos a los conocidos en la sociedad zapoteca que habitó San José Mogote, y que constituyeron parte fundamental en la transición que dio pie a la fundación de Monte Albán en el <br class='autobr' />
valle de Oaxaca.</p>
<p>El proyecto Formativo en la Mixteca Alta, que llevamos a cabo actualmente, está poniendo a prueba la hipótesis de que el antiguo pueblo cercano a las actuales comunidades de Santa Cruz y Santa Catarina Tayata sufrió un cambio estructural importante, provocando un abandono parcial del sitio alrededor del siglo IV a. C; como resultado, emergieron nuevos centros políticos, siendo uno de ellos Huamelulpan, sitio con características de un estado urbano (Balkansky 1998, Gaxiola 1984). Estos acontecimientos se produjeron paralelamente a la aparición de sociedades complejas en el valle de Oaxaca, lo cual sugiere que la solución al rompecabezas sobre los orígenes de la civilización mesoamericana se encuentra en la realización de estudios que manejen contecimientos e interconexiones a nivel macro-regional e interregional. »</p>
<p><a href="https://archive.org/stream/arqueologia_iberoamericana_02/AI02_djvu.txt" class="spip_out" rel="external">Leer aqui</a></p>
<h2 class="spip">Comment était l'organisation sociale des Mixtèques ?</h2>
<p>L'organisation sociale des Mixtecos se faisait par un système de hiérarchies. Celles-ci ont été constituées sous la forme de castes qui, finalement, sont entrées en conflit.</p>
<p>Les peuples mixtèques sont l'un des plus importants de la Méso-Amérique; sa profondeur culturelle et sa persistance dans l'histoire le rendent différent.</p>
<p>Les Mixtèques sont à l'origine de plusieurs des plus importants codices préhispaniques connus dans l'histoire indigène de l'Amérique, avant la colonisation.</p>
<p>Ils constituent la plus grande tribu après les Nahua, les Maya et les Zapotèques. Dans leur langue, ils s'appelaient Ñuu Savi, ce qui en espagnol signifie "Pueblo de la lluvia" ou peuple de la pluie.</p>
<p>La civilisation Mixtèque a habité les territoires de la Méso-Amérique pendant une période de plus de 2 000 ans, entre 1 500 ans av. J.-C. et le début du XVIe siècle, lorsque la conquête espagnole a mis un terme violent à la continuité de ces cultures.</p>
<p>Bien qu'ils fussent une civilisation avancée en termes de savoir et de qualité extraordinaire de leur art, les Mixtèques n'étaient pas un peuple organisé en ce qui concerne l'établissement de classes sociales et leur organisation politico-territoriale.</p>
<p>Les Mixtèques cessaient d'être un peuple nomade et commençaient à s'installer dans les territoires connus aujourd'hui sous le nom de La Mixteca (Ñuu Dzahui, dans l'ancien Mixtec), une région montagneuse qui comprend les États mexicains de Puebla, Oaxaca et Guerrero.</p>
<p>Organisation interne<br class='autobr' />
Les Mixtèques, avant même d'être colonisés, avaient une organisation sociale identique à celle des Européens; c'est-à-dire qu'ils avaient mis en place un système féodal et vivaient sous un régime monarchique. Ils avaient rois, noblesse, seigneuries, hommes libres et servitude.</p>
<p>Bien que les chroniques espagnoles représentent de nombreuses couches sociales dans l'organisation mixtèque, en gros, l'ordre social des Mixtèques était divisé, hiérarchiquement, comme suit:</p>
<p>En premier lieu, il y avait un gouverneur, un roi ou un "seigneur" de chaque cacicazgo, appelé "yya", pour chaque royaume ou ville mixtèque.</p>
<p>Par contre, la noblesse était chargée de répondre aux demandes du roi et était appelée "dzayya yya". Ils formaient la même catégorie avec le roi.</p>
<p>Le prochain article de la pyramide correspondait à des peuples libres, également appelés artisans et marchands, connus sous le nom de "tay ñuu", qui possédaient leur propre commerce.</p>
<p>Les rois étaient les plus grands dirigeants et exerçaient leur pouvoir par les villes: dans chaque ville, selon le peuple Mixtèque, il existait un dictateur qui exerçait son pouvoir auprès des seigneurs sujets responsables des processus pénibles, tels que le paiement de taxes et l'offre, la vente et le stockage. échanger des soldats quand il y avait la guerre</p>
<p>Chaque peuple mixtèque avait un cacicazgo qui variait selon le territoire. Chaque cacique était entouré d'un groupe de nobles chargés de remplir les fonctions mineures du gouvernement.</p>
<p>Ensuite, il y avait les Indiens sans terre, les paysans, les agriculteurs, les assistants ou "terrazgueros" des artisans, connus sous le nom de "tay situndayu".</p>
<p>Il y avait aussi les serfs Mixtèques, appelés "tay sinoquachi" et, enfin, les esclaves Mixteco, un groupe appelé "dahasaha".</p>
<p>Bien que, pendant la période préhispanique, les Mixtecos se caractérisaient par une hiérarchie stricte, les différences se sont manifestées au cours du développement de la société.</p>
<p>Cela découle de la sédentarisation et de la naissance des processus politiques, historiques, économiques et culturels intervenus depuis le XVIe siècle.</p>
<p>Curiosités sur l'organisation sociale des Mixtecs</p>
<p>Il n'y avait aucune possibilité d'ascension sociale</p>
<p>La possibilité d'un statut social ascendant n'existait pas. Les mariages entre les "dzayya yya" impliquaient que leur groupe serait conservé tant qu'ils seraient reproduits.</p>
<p>À un moment donné, ils ont pratiqué la consanguinité pour que cela se produise, ce qui a généré un royaume et des alliances beaucoup plus forts, ce qui a accru les inégalités sociales.</p>
<p>Les gens libres vivaient dans les villes</p>
<p>Les peuples libres étaient souvent des habitants des villes. Ils ont recruté les travailleurs de la terre et leur ont permis, en fonction de leur travail, d'améliorer leur qualité de vie.</p>
<p>Ce n'était pas le cas pour les serviteurs et les esclaves, condamnés à appartenir à un autre royaume, puisqu'ils venaient presque toujours des captures lors de luttes contre d'autres tribus.</p>
<p>Les tay ñuu, en tant que peuple libre, étaient propriétaires de leur volonté, de leur propriété et de ce qu'ils produisaient sur leur propriété.</p>
<p>Un autre groupe, appelé les terrazgueros, était composé de personnes qui avaient perdu le pouvoir sur le produit de leurs efforts, car elles devaient rendre hommage aux nobles à cause de la guerre.</p>
<p>Le "gnou" en tant que groupe dominant</p>
<p>Au début, le "yucuñudahui" a remplacé le "yucuita" en tant que groupe dominant. Cependant, plus tard, la figure du "ñuu" a été établie, qui est aujourd'hui connue comme la majorité des peuples Mixtèques.<br class='autobr' />
Les "gnous" se sont concentrés sur la structure du mariage, pour établir des unions plus fortes entre eux et pour développer un pouvoir leur permettant de combattre d'autres peuples voisins, même s'ils étaient mixtèques.</p>
<p>Aspects politiques et économiques de l'organisation sociale</p>
<p>En ce qui concerne leur organisation politique, comme mentionné ci-dessus, les Mixtecs n'étaient pas très organisés.</p>
<p>Ils n'avaient pas de gouvernement "parapluie" pour centraliser leur mandat et unifier les royaumes ou les tribus du même peuple. Au contraire, les peuples Mixtèques étaient divisés en plusieurs tribus qui, à plusieurs reprises, entretenaient des conflits internes.</p>
<p>L'un des principaux facteurs de son système politique préhispanique est lié à la fragmentation de nombreux États sur de petits territoires, qui se sont souvent affrontés.</p>
<p>En ce qui concerne son infrastructure communautaire, il est structuré (notamment à Oaxaca) par des groupes appelés "tequios".</p>
<p>Ils sont également divisés hiérarchiquement, de même que l'organisation sociale susmentionnée: d'abord les dirigeants, ensuite la noblesse et enfin les agriculteurs et les esclaves.</p>
<p>Le Mixteca a une géographie peu adaptée à l'agriculture. Les ancêtres se sont installés sur un immense territoire qui comprenait le nord-ouest d'Oaxaca, l'extrémité sud de l'état de Puebla et une partie à l'est de l'état de Guerrero.</p>
<p>Pour cette raison, les Mixtecs ont développé des systèmes d'irrigation et des terrasses pour la conservation optimale de leurs cultures.</p>
<p>Références</p>
<p>1. Alfonso, C. (1996). Rois et Royaumes de la Mixteca. Mexico, D.F.: Fondo de Cultura Económica.</p>
<p>2. Austin, A. L. et Luján, L. L. (1999). Mythe et réalité de Zuyuá. Mexico, D.F: FCE.</p>
<p>3. Jáuregui, J., & Esponda, V. M. (1982). Bibliographie chronologique et onomastique. New Anthropology, 251-300.</p>
<p>4. Ravicz, R. (1980). Organisation sociale des Mixtèques. Anthropologie sociale</p>
<p>5. Terraciano, K. (2001). Les Mixtèques d'Oaxaca coloniale: histoire des Nudzahui du XVIe au XVIIIe siècles. Stanford: Presses universitaires de Stanford<br class='autobr' />
¿Cómo era la Organización Social de los Mixtecos?</p>
<p>La organización social de los mixtecos fue a través de un sistema de jerarquías. Éstos se constituían en forma de castas que, eventualmente, entraron en conflicto.</p>
<p>El pueblo mixteco es uno de los más importantes de Mesoamérica; su profundidad cultural y su persistencia en la historia lo hacen diferente.</p>
<p>Los mixtecos son la fuente de muchos de los códices prehispánicos más importantes de los que se tiene conocimiento en la historia indígena de América, antes de la colonización.</p>
<p>Son la tribu más grande después de los nahuas, los mayas y los zapotecos. En su idioma se llamaban Ñuu Savi, lo que en español significa “Pueblo de la lluvia”.</p>
<p>La civilización mixteca habitó los territorios de Mesoamérica por un período mayor a los 2.000 años, entre 1.500 a.C. e inicios del siglo XVI, cuando la conquista española trajo un violento final a la continuidad de estas culturas.</p>
<p>A pesar de que fueron una civilización avanzada en cuanto al conocimiento y la extraordinaria calidad de su arte, los mixtecos no fueron un pueblo organizado con respecto al establecimiento de las clases sociales y su organización político-territorial.</p>
<p>Los mixtecos fueron dejando de ser un pueblo nómada y se empezaron a establecer en los territorios que hoy se conocen como La Mixteca (Ñuu Dzahui, en mixteco antiguo), una región montañosa que comprende a los estados mexicanos de Puebla, Oaxaca y Guerrero.</p>
<p>Organización interna<br class='autobr' />
Los mixtecos, incluso antes de ser colonizados, tenían una organización social exactamente igual a la europea; es decir, tenían establecido un sistema feudal y vivían bajo un régimen monárquico. Tenían reyes, nobleza, señoríos, hombres libres y servidumbre.</p>
<p>Aunque las crónicas españolas dan cuenta sobre numerosos estratos sociales en la organización mixteca, básicamente el orden social de los mixtecos se dividía, jerárquicamente, de la siguiente manera:</p>
<p>En primer lugar había un gobernador, rey o “señor” de cada cacicazgo, al que se le llamaba “yya”, para cada reino o pueblo mixteco.</p>
<p>Por otro lado se encontraba la nobleza, que se encargaban de cumplir las peticiones del rey y eran llamados “dzayya yya”. Ellos formaban una misma categoría con el rey.</p>
<p>El próximo puesto de la pirámide correspondía a las personas libres, llamadas también artesanos y comerciantes, conocidos como “tay ñuu”, quienes tenían sus propios negocios.</p>
<p>Los reyes eran los máximos mandatarios y ejercían su poder por ciudades: en cada ciudad, dependiendo del pueblo mixteco, había un dictador que ejercía su poder con señoríos sujetados que se encargaban de los procesos molestos, tales como pagar los tributos y ofrecer, vender e intercambiar soldados cuando había guerra.</p>
<p>Cada pueblo mixteco tenía un cacicazgo que variaba según el territorio. A cada cacique lo rodeaba un grupo de nobles, que se encargaban de cumplir las funciones menores del gobierno.</p>
<p>Luego estaban los indios sin tierras, campesinos, agricultores, ayudantes o “terrazgueros” de los artesanos, a quienes se les conocía como “tay situndayu”.</p>
<p>También existían los siervos mixtecos, a los que se les decía “tay sinoquachi” y, finalmente, estaban los esclavos mixtecos, grupo llamado “dahasaha”.</p>
<p>A pesar de que, durante el período prehispánico, los mixtecos se caracterizaron por tener una jerarquización estricta, las diferencias se hicieron visibles durante el desarrollo de la sociedad.</p>
<p>Esto derivó de la sedentarización y del nacimiento de los procesos políticos, históricos, económicos y culturales que ocurrieron desde el siglo XVI.</p>
<p>Curiosidades sobre la organización social de los mixtecos</p>
<p>No había posibilidad de ascenso social</p>
<p>La posibilidad de ascender de categoría social no existía. Los casamientos entre los «dzayya yya» implicaba que su grupo se conservaría siempre y cuando se reprodujeran.</p>
<p>En un momento practicaron la endogamia para que eso sucediera, cosa que generó un reino y alianzas mucho más fuertes, que aumentaba la desigualdad social.</p>
<p>Gente libre vivía en las ciudades</p>
<p>La gente libre era, con frecuencia, habitante de las ciudades. Ellos reclutaban a los trabajadores de la tierra y les permitían, según su trabajo, subir de calidad de vida.</p>
<p>Esto no era así para los sirvientes y esclavos, quienes estaban condenados por ser de otro reino, ya que provenían, casi siempre, de capturas en luchas contra otras tribus.</p>
<p>Los tay ñuu, como gente libre, eran dueños de su voluntad, de su propiedad y de lo que producían en su propiedad.</p>
<p>Otro grupo, llamado los terrazgueros, eran personas que habían perdido la potestad sobre el producto de su esfuerzo, porque tenían que pagar tributos a los nobles a causa de la guerra.</p>
<p>Los «ñuus» como grupo dominante</p>
<p>En un principio, los «yucuñudahui» sustituyeron a los «yucuita» como grupo dominante. Sin embargo, más adelante se estableció la figura de los «ñuu», que hoy se conoce como la mayoría de los pueblos mixtecos.<br class='autobr' />
Los «ñuus» se enfocaron en la estructura del matrimonio, para establecer uniones más fuertes entre ellos y poder desarrollar un poder que les permitiera combatir a otros pueblos vecinos, aun siendo mixtecos.</p>
<p>Aspectos políticos y económicos de la organización social</p>
<p>En cuanto a su organización política, como se mencionó anteriormente, los mixtecos no fueron muy organizados.</p>
<p>No tenían un gobierno «paraguas» que centralizara su mandato y unificara los reinos o tribus de los mismo mixtecos. Contrariamente, el pueblo mixteco se dividía en muchas tribus que, en varias ocasiones, mantuvieron conflictos internos.</p>
<p>Uno de los factores principales de su sistema político prehispánico tiene que ver con la fragmentación de muchos estados en pequeños territorios y que, muchas veces, se encontraban en conflictos entre ellos mismos.</p>
<p>Respecto a su infraestructura comunitaria, es estructurada (especialmente en Oaxaca) por grupos llamados «tequios».</p>
<p>También se dividen de manera jerárquica, al igual que la organización social mencionada anteriormente: en primer lugar los gobernantes, después la nobleza y finalmente los agricultores y esclavos.</p>
<p>La mixteca tiene una geografía poco acorde para la agricultura. Los antepasados se radicaron en un enorme territorio que abarcaba el noroeste de Oaxaca, el extremo sur del estado de Puebla y un pedazo en el oriente del estado Guerrero.</p>
<p>Por esta razón, los mixtecos desarrollaron sistemas de riego y terrazas para la óptima preservación de sus siembras.</p>
<p>Referencias</p>
<p>1. Alfonso, C. (1996). Reyes y Reinos de la Mixteca. México, D.F.: Fondo de Cultura Económica.</p>
<p>2. Austin, A. L., & Luján, L. L. (1999). Mito y realidad de Zuyuá. México, D.F.: FCE.</p>
<p>3. Jáuregui, J., & Esponda, V. M. (1982). Bibliografía cronológica y onomástica. Nueva Antropología, 251-300.</p>
<p>4. Ravicz, R. (1980). Organización social de los mixtecos. Antropología Social.</p>
<p>5. Terraciano, K. (2001). The Mixtecs of colonial Oaxaca: Nudzahui history, sixteenth through eighteenth centuries . Stanford: Stanford University Press.</p>
<p><a href="https://www.lifeder.com/organizacion-social-mixtecos/" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<h2 class="spip">Les Mixtèques</h2>
<p>« 1- Économie</p>
<p>"Quant à l'aspect économique, les Mixtèques étaient basés sur l'agriculture. Parmi les graines qu'ils ont plantées, il y avait du maïs, du piment, des haricots et des courges. En outre, ils cultivaient le cacao et le coton, en particulier dans les climats tropicaux de la région Mixteca Baja (au nord-ouest de Oaxaca et au sud-ouest de Puebla). Dans une moindre mesure, cette civilisation a également eu recours à la pêche, à la cueillette de fruits sauvages et à la chasse.</p>
<p>Cette civilisation était également dédiée au bétail. Elle a réussi à domestiquer un grand nombre d'espèces animales, dont le guajolote ou meleagris, dinde aux caractéristiques domestiques.</p>
<p>2. Organisation sociale</p>
<p>Ayant une économie basée sur la chasse et la cueillette, cette civilisation s'est établie dans des villages.</p>
<p>Cette société était constituée en strates ou hiérarchies. Au sommet de cette pyramide hiérarchique se trouvaient le cacique et le gouverneur de chaque région Mixtèque. Ensuite, il y avait les nobles, qui étaient en charge de l'administration. Les marchands, les artisans et les paysans étaient sur une marche inférieure. Dans cette hiérarchie se trouvaient aussi des serviteurs et des esclaves.</p>
<p>3. Organisation politique</p>
<p>Étant donné que les peuples mésoaméricains étaient des peuples dotés d'une grande organisation militaire, leur organisation politique a établi des seigneuries de manière indépendante dans chaque région. Néanmoins, ils ont maintenu un dialogue fluide avec les autres cultures mésoaméricaines et établi différentes alliances militaires avec elles.</p>
<p>Ces alliances comprenaient également la conclusion de mariages entre les peuples mésoaméricains et des pactes commerciaux. Ils ont également procédé à des échanges d'objets précieux et manufacturés. En bref, la culture mixtèque a fondé son organisation sur des termes d'échanges commerciaux et militaires.</p>
<h2 class="spip">Los Mixtecas</h2>
<p>« 1- Economía</p>
<p>« En cuanto al aspecto económico, los Mixtecas se basaban en la agricultura. Entre los granos que sembraron se encontraba el maíz, el chile, el frijol y la calabaza. Además cultivaban cacao y algodón, específicamente en los climas tropicales que se encontraban en la mixteca baja. También en menor medida esta civilización recurrió a la pesca, la recolección de frutos silvestres y a la cacería.</p>
<p>Esta civilización se dedicó además a la ganadería. Logró domesticar gran cantidad de especies animales, entre ellos se destacó el Guajolote o Meleagris, pavo de características domésticas.</p>
<p>2. Organización social</p>
<p>Dado que tenían una economía basada en la cacería y la recolección, esta civilización se estableció en aldeas.</p>
<p>Esta sociedad estaba constituida en estratos o jerarquías. En la cúspide de esta pirámide jerárquica se encontraba el cacique y el gobernador de cada región mixteca. Luego se encontraban los nobles, estos se encargaban de la administración. En un escalón inferior se hallaban los comerciantes, artesanos y campesinos. Más abajo en esta jerarquía estaban los siervos y esclavos.</p>
<p>3. Organización política</p>
<p>Dado que los pueblos mesoamericanos eran pueblos con una gran organización militar, su organización política estableció señoríos de forma independiente en cada región. No obstante mantuvieron un diálogo fluido entre las otras culturas mesoamericanas y entablaron diferentes alianzas militares entre ellos.</p>
<p>Estas alianzas también incluían el arreglo de matrimonios entre los pueblos mesoamericanos y pactos comerciales. También realizaban intercambios de elementos preciosos y manufacturados. En pocas palabras, la cultura mixteca basó su organización en términos de intercambio comercial y militar.</p>
<p><a href="https://es.wikipedia.org/wiki/Cultura_mixteca" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<h2 class="spip">Le postclassique: l'âge d'or du monde Mixtèque</h2>
<p>L'apogée et le point culminant de la culture préhispanique mixtèque ont eu lieu entre 950 et 1520 de notre ère, au cours de l'appel postclassique (phase de la Nativité). À cette époque, les grandes réalisations du ñu dzahui sont beaucoup plus visibles et reconnues.</p>
<p>Les éléments les plus importants de la culture mixtèque sont notamment: l'organisation politique; le système de stratification en trois grandes classes sociales: les rois (yya tnuhu ou yya toniñe), les nobles (tay toho) et les gens ordinaires (tay ñuu ou tay yucu, y compris terrazgueros ou tay situndayu); l'écriture incorporée dans des manuscrits, des objets, des monuments, ainsi que des éléments architecturaux gravés ou peints; science astronomique et calendriers; une religion avancée qui met en valeur les croyances, les offrandes et les sacrifices, ainsi que d'autres rituels centrés sur la fertilité et les forces de la nature, la vénération des ancêtres et la permanence de l'univers; un art délicat incarné dans la peinture, les bijoux, la pierre, le bois, la céramique et la coquille miniature; une technologie agricole remarquable, qui comprend l'expansion et l'utilisation du système de grandes terrasses coo-yuu; la structure économique des marchés régionaux et, enfin, le commerce à longue distance.</p>
<p>Au cours de la période postclassique, la plus grande colonie du Mixteca est apparue et l'une des plus grandes villes d'Amérique centrale: Inguiterria-Coixtlahuaca. Cette ville est soudainement apparue des deux côtés du Rio Grande de Coixtlahuaca, au même endroit que San Juan Bautista Coixtlahuaca serait assis pendant la colonie, sur la colline d'Inguiterria. La zone urbaine d'origine mesurait environ 6 km dans le sens nord-sud et 3 km dans l'est-ouest, soit 18 km2 ou 180 000 ha. Bien que très vaste et diversifié, il n'était pas aussi monumental que les grandes villes du centre du Mexique. Le centre civique et cérémonial ne couvrait pas plus de 10 hectares et le reste de la ville comptait des milliers de maisons du peuple, des maisons occasionnelles des nobles représentants des rois, des places ouvertes, des chemins agricoles et des terrasses. On estime que cette ville est née et s'est développée à partir de 1250; À un moment donné, ce fut une réception hommage à l'empire Culhuamexica. Les autres centres urbains de la Mixteca étaient: Tututepec, dans la Mixteca de la Costa; San Juan Laguna de Putla, Teposcolula, Tamazulapan, Yanhuitlan, Achiutla, Barrière de San Pedro de Tlaxiaco et Tilantongo, dans le Mixteca Alta; et Santiago Huaxolotitlan, dans la Mixteca Baja. Tututepec et San Juan Laguna étaient de grandes villes et étaient très importantes politiquement et économiquement pendant le postclassique.</p>
<p>Bien que la ville de Yucundaa (Teposcolula), récemment fouillée, soit plus petite (environ 500 ha) que Coixtlahuaca, Tututepec et la lagune de San Juan, elle était plus monumentale et diversifiée.</p>
<p>Il convient de noter que, du début de la période classique au postclassique et à l'arrivée des Européens, il existait dans l'urbanisme Mixteca et un système politique de villes, villages et "rancherias", intégrés par des alliances matrimoniales, des traités politiques, des annexions, commerce et un modèle bien établi de pèlerinage et de rituels religieux et sociaux.</p>
<p>Entre 950 après JC et la conquête espagnole a produit une révolution culturelle et artistique. C'est l'âge d'or des États-señoríos, des rois et des reines comme M. 8 Deer ou Mme 9 Zacate; de la grande convergence de la philosophie, de la religion, de la politique, de la technologie et de la sensibilité esthétique, qui a donné naissance à "l'art mixtèque" des codex, de la céramique polychrome, de l'os gravé de figures et de textes fins, de l'art lapidaire, des bijoux les plus impressionnants de La Méso-Amérique et, en outre, l'art mural presque inconnu de la région.</p>
<p>Tiré de Ronald Spores, "La Mixteca et les Mixtecos. Trois mille ans d'adaptation culturelle ", Arqueología Mexicana, Núm. 90, pp. 28-33.</p>
<p>El Posclásico: La época dorada de la Mixteca</p>
<p>El apogeo y la culminación de la cultura mixteca prehispánica tuvo lugar entre 950 y 1520 d.C., durante el llamado Posclásico (fase Natividad). En esta época son mucho más visibles y reconocidos los grandes logros de los ñu dzahui.</p>
<p>Entre otros, los elementos más importantes de la cultura mixteca son: la organización política; el sistema de estratificación en tres grandes clases sociales: reyes (yya tnuhu o yya toniñe), nobles (tay toho) y gente común (tay ñuu o tay yucu, incluidos terrazgueros o tay situndayu); la escritura plasmada en manuscritos, objetos, monumentos, así como elementos arquitectónicos grabados o pintados; la ciencia astronómica y los calendarios; una religión avanzada que pone de relieve creencias, ofrendas y sacrificios, así como otros rituales enfocados a la fertilidad y las fuerzas de la naturaleza, la veneración de los ancestros y la permanencia del universo; un arte delicado plasmado en pintura, alhajas, piedra, madera, cerámica y concha en miniatura; una notable tecnología agrícola, que incluye la ampliación y uso del gran sistema de terrazas coo-yuu; un patrón económico de mercados regionales y, por último, el comercio a larga distancia.</p>
<p>Durante el Posclásico surgió el asentamiento más grande de la Mixteca y una de las ciudades mayores de Mesoamérica: Inguiterria-Coixtlahuaca. Esta ciudad apareció repentinamente a ambos lados del río Grande de Coixtlahuaca, en el mismo sitio en donde estaría asentado San Juan Bautista Coixtlahuaca durante la Colonia, en la loma grande de Inguiterria. El área urbana original medía aproximadamente 6 km en dirección norte-sur y 3 km en la este-oeste, 18 km2 o 180 000 ha. Aunque muy grande y diversificada, no era tan monumental como las grandes ciudades del Centro de México. El centro cívico-ceremonial cubría no más de 10 ha y el resto de la ciudad tenía miles de casas de la gente común, una que otra casa de los nobles representantes de los reyes, plazas abiertas, caminos y terrazas agrícolas. Se calcula que esta ciudad surgió y se desarrolló a partir de 1250 d.C.; en algún momento fue puesto de recepción de tributo para el imperio culhuamexica. Otros centros urbanos de la Mixteca fueron: Tututepec, en la Mixteca de la Costa; San Juan Laguna de Putla, Teposcolula, Tamazulapan, Yanhuitlán, Achiutla, Loma del Barrio San Pedro de Tlaxiaco y Tilantongo, en la Mixteca Alta; y Santiago Huaxolotitlan, en la Mixteca Baja. Tututepec y San Juan Laguna fueron ciudades grandes y política y económicamente muy importantes durante el Posclásico.</p>
<p>Aunque la recién excavada ciudad de Yucundaa (Teposcolula) era más pequeña (más o menos 500 ha) que Coixtlahuaca, Tututepec y San Juan Laguna, era más monumental y diversificada.</p>
<p>Debe destacarse que desde el Clásico Temprano hasta el Posclásico y la llegada de los europeos, existía en la Mixteca el urbanismo y un sistema político de ciudades, pueblos, aldeas y “rancherías”, integrado por medio de alianzas matrimoniales, tratados políticos, anexiones, comercio y un patrón bien establecido de peregrinación y rituales religiosos y sociales.</p>
<p>Entre 950 d.C. y la conquista española ocurrió una revolución cultural y artística. Es la época dorada de los señoríos- Estados, de reyes y reinas como el señor 8 Venado o la señora 9 Zacate; de la gran convergencia de filosofía, religión, política, tecnología y sensibilidad estética, que dio lugar al “arte mixteco” de los códices, la cerámica policromada, el hueso grabado con figuras y textos finos, el arte lapidario, la joyería más impresionante de Mesoamérica y, además, el casi desconocido arte mural de la región.</p>
<p>Tomado de Ronald Spores, “La Mixteca y los mixtecos. Tres mil años de adaptación cultural ”, Arqueología Mexicana, Núm. 90, pp. 28-33.</p>
<p><a href="https://arqueologiamexicana.mx/mexico-antiguo/el-posclasico-la-epoca-dorada-de-la-mixteca" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<h2 class="spip">Wikipedia :</h2>
<p>« À l'époque préhispanique, la société mixtèque se caractérisait par son niveau élevé. Cependant, les différences sociales n'apparaissent pas immédiatement. Le processus de stratification a été parallèle au développement de la société Mixtèque. Les couches de la société mixtèque trouvent leur origine dans la sédentarisation de la société et l'ubanisation et ont été influencées par les processus politiques, historiques, économiques et culturels qui se sont déroulés dans la société Mixtèque à partir du XVIe siècle avant J.-C. Au début, les populations mixtèques avaient une stratification naissante. Les vestiges des populations préclassiques et moyennes tardives ne montrent pas de grandes différences sociales lorsque l'on compare certaines habitations à d'autres, et l'utilisation des constructions de ces établissements ne semble pas trop spécialisée. Les biens que les Mixtèques possédaient au cours de ces siècles semblent avoir été limités, et rien ne permet de distinguer clairement les zones habitables de l'élite du reste de la population, bien qu'il soit possible d'admettre l'existence d'une gradation dans les niveaux de bien-être parmi les habitants de la même localité.</p>
<p>La transition vers la période classique marque le développement de la vie urbaine dans cette région et dans la majeure partie du territoire mésoaméricain. La consolidation des organisations étatiques au sein de la société Mixtèque impliquait un processus de différenciation accrue qui tendait à être légitimé par le recours à une idéologie et à des alliances au niveau de l'élite dans le but de reproduire les inégalités entre les couches de la société. L'émergence du style ñuiñe dans la Mixteca Baja - la région la plus prospère de la société Mixtèque dans la période classique - est un signe de la volonté des groupes au pouvoir de clarifier leurs différences avec le reste de la population. Les chroniques coloniales espagnoles parlent de nombreuses couches de la société mixtèque, cependant, toutes peuvent être réduites aux grands groupes suivants :</p>
<p>• yya est le titre reçu par le seigneur de chaque cacicazgo mixtèque ;</p>
<p>• dzayya yya était le groupe constitué par la noblesse mixtèque, ils formaient la même catégorie avec le roi ;</p>
<p>• tay ñuu, peuple libre ;</p>
<p>• tay situndayu, fermiers louant la terre ;</p>
<p>• tay sinoquachi et dahasaha, serfs et esclaves respectivement.</p>
<p>En général, il n'y avait pas beaucoup de possibilités de gravir les échelons sociaux. Les mariages entre les dzayya et les yya impliquaient que ce groupe conserverait toujours sa position privilégiée et sa progéniture en hériterait. Les nobles de différents peuples mixtèques pratiquaient la consanguinité, ce qui générait également un réseau compliqué d'alliances au niveau de l'élite, qui permettait de reproduire les inégalités sociales tout en maintenant l'ordre dans la région. Les gens libres, tay ñuu, étaient leurs propres propriétaires et le produit de leur travail sur la terre, dont la propriété était commune. Les terrazgueros, en revanche, étaient des personnes qui, à cause de la guerre, avaient perdu le pouvoir sur le produit de leur travail et devaient rendre un hommage à la noblesse. Les derniers groupes de la classe sociale des Mixtèques possédaient moins de droits que les autres et leur vie pouvait être organisée par la noblesse aux fins nécessaires.</p>
<p>Organisation politique</p>
<p>L'une des caractéristiques les plus accentuées du système politique des Mixtèques précolombiens était la fragmentation en de nombreux États qui dominaient de petits territoires et qui ont été à plusieurs reprises en conflit les uns avec les autres. À partir du préclassique moyen, une structure hiérarchique apparaît parmi les populations appartenant au même État. La place que chaque communauté occupe dans cette structure se manifeste dans le nombre de constructions monumentales qu'elle a eues. En revanche, le pouvoir de chaque petite ville n'est pas statique, il est constamment en jeu dans la compétition entre les différents centres de population. De cette manière, on peut comprendre que lors du passage du préclassique au classique, certaines populations ont conféré leur position privilégiée à d'autres, comme ce fut le cas avec le Yucuita, remplacé par le Yucuñudahui.</p>
<p>Les ñuu (Mixteco: peuple, communauté) étaient la principale unité de relations politiques entre les Mixtèques post-classiques. Un gnou peut être ou ne pas être le chef d'un État. La vie politique des États Mixtèques s'est développée dans un réseau appelé yuhuitayu (le siège, le tapis). Cette unité politique consistait en l'union dynastique de deux lignages locaux issus du mariage d'un yya toniñe (noble seigneur) et d'une yya dzehe toniñe (noble dame). Les élites dirigeantes ont eu recours à de nombreuses stratégies pour conserver leur pouvoir. L'une d'elles était l'établissement d'alliances entre personnes d'élite. Les alliances étaient généralement scellées par des mariages entre membres des nobles lignages, qui impliquaient souvent des mariages incestueux. L'établissement des affinités de parenté s'effectuait dans le but de se rapporter aux lignages les plus prestigieux de la nation Mixtèque et même à la noblesse étrangère, comme en témoignent les mariages récurrents entre membres de la royauté Mixtèque et Zapotèque au fil des ans des vingt siècles d'histoire préhispanique de ces peuples.</p>
<p>Le militarisme</p>
<p>Les Mixtèques développèrent leurs propres arts de la guerre, inventèrent leurs propres armes et firent leurs propres conquêtes, tout en défendant leur territoire contre tous les envahisseurs. Leurs conflits et leurs alliances se situaient principalement entre les villes mixtèques et les villages zapotèques. Le héros le plus remarquable de l'histoire des Mixtèques est Venado, souverain de Tututepec et conquérant; ses exploits sont racontés dans le Codex Nuttal.</p>
<p>Les codexs nous donnent un aperçu des armes et des uniformes utilisés par les Mixtèques:</p>
<p>• Armes d'attaque à distance: Parmi les armes d'attaque à distance utilisées par les Mixtèques, il y avait les arcs et les flèches typiques, dont les points auraient dû être en obsidienne, en silex ou en silex. L'utilisation de álatl, une arme commune dans toutes les peuples mésoaméricains, était également présente.</p>
<p>• Armes d'attaque en mêlée: Parmi les armes d'attaque en mêlée, les Mixtèques se sont battus avec une variété de bâtons et de lances, dont certaines ressemblaient à Mexica tepoztopilli, mais de taille plus petite. Il s'agit d'une arme qui apparaît fréquemment dans les codex. Il s'agit d'un bâton de bois courbé à 90 °, avec des feuilles de pierre (silex, silex ou obsidienne) au sommet. Cette arme semble avoir été d'usage fréquent dans la région des Mixtèques et des Zapotèques.</p>
<p>• Vêtements militaires: les guerriers sont représentés dans les codex vêtus de costumes zoomorphes, allant des peaux de jaguar aux casques en forme de tête d'aigle en passant par les peaux de daim. Les uniformes zoomorphes étaient courants en Méso-Amérique, les exemples les plus représentatifs étant les ordres Mexica des guerriers « aigle » et « jaguar ».</p>
<p>Dans la culture mixtèque, la période classique couvre approximativement le laps de temps qui sépare les siècles I à VIII / IX, avec quelques variations en fonction de l'histoire locale de chaque zone culturelle. Dans toute la Méso-Amérique, il existe des villes de taille et de population considérables, avec une nette spécialisation dans l'utilisation de l'espace et une différenciation sociale qui se reflète dans les diverses caractéristiques des vestiges des bâtiments. L'influence culturelle de Teotihuacan se fait sentir dans toute la région, bien que la domination politique et militaire de cette métropole n'ait été démontrée que dans certains endroits. Les liens commerciaux se sont resserrés entre les différents peuples déjà spécialisés dans la production de certains biens de subsistance et de luxe.</p>
<p>Comme pour la période préclassique, l'histoire du peuple mixtèque dans cette phase d'urbanisation et d'émergence des grands États de la Méso-Amérique est peu connue. La période classique de la région Mixtèque est marquée par un processus de remplacement des centres de pouvoir politique dans toute la région. Certaines caractéristiques des États préclassiques Mixtèques ont été héritées de leurs successeurs, parmi lesquelles la fragmentation du contrôle sur le territoire entre de nombreuses populations organisées de manière hiérarchique. À la Mixteca Alta (nord-est de Guerrero et ouest de Oaxaca), Yucuita a été remplacée par Yucuñudahui en tant que siège du pouvoir politique dans la vallée de Nochixtlán; dans d'autres régions de la Mixteca Alta, telles que la vallée de Huamelulpan, ce remplacement n'a pas eu lieu et Huamelulpan, qui était l'une des principales populations de la période du Ramos tardif, s'est effondré et a perdu une partie importante de sa population, bien que l'occupation de la ville était continue jusqu'au Postclassique. Dans toute la région de Mixteca Alta, la densité de population a augmenté, ce qui a entraîné l'apparition de nouveaux centres urbains dans les vallées et les montagnes de la région. Parmi ceux-ci figurent Monte Negro, Diquiyú, Cerro Jazmín au centre; et le bassin de la rivière Poblano dans la vallée de Coixtlahuaca.</p>
<p>Bien que, pendant la période préclassique, le processus d'urbanisation de région Mixtèque et de Los Valles ait des caractéristiques similaires, la situation est différente pour la période classique. Dans certaines études, on voudrait voir dans le Yucuñudahui un équivalent mixtèque de Monte Alban. Cependant, contrairement à la société zapotèque, avec une seule capitale à Monte Albán, les Mixtèques étaient organisés dans de petites cités-états dépassant rarement 12 000 habitants. Selon Spores, le Yucuñudahui n'était qu'un des nombreux États basés dans la vallée de Nochixtlán. D'autre part, dans certains cas, la densité de population dans la région de la région Mixtèque était supérieure à celle dans les vallées, comme le montre l'étude des modèles de peuplement dans la région de Mixteca Alta. Au cours de la période Classique Mixtèque, des échantillons d'une société clairement stratifiée apparaissent et les caractéristiques de la religion mixtèque se renforcent, parmi lesquelles le culte de la pluie et de la foudre, condensé dans la divinisation de Dzahui.</p>
<p>D'autre part, dans la Mixteca Baja est venu un complexe culturel avec des caractéristiques qui se propagent dans toute la région et l'État est de Guerrero. Le Cerro de las Minas (au nord de Huajuapan de León), dont les origines remontent à la période préclassique tardive, a été le centre principal de cette culture, appelé ñuiñe par Paddock « pour la différencier de la culture mixtèque », fut Cerro de las Minas. Il présente des caractéristiques urbaines similaires à celles des villes de la Mixteca Alta. Il a été construit autour d'un ensemble de plusieurs petites places autour desquelles le reste de la population a été réparti - c'est l'une des différences de l'urbanisme mixtèque par rapport à celui d'autres villes méso-américaines dont les villes étaient organisées autour d'une seule et même grande ville. L'espace sur lequel il a été construit a été modifié par la construction de terrasses, appelée coo Yuu (pension de lama), de sorte que la ville a de nombreuses étapes. Cerro de las Minas était orné de nombreux reliefs contenant des inscriptions dans un système d'écriture peu connu à ce jour, appelé ñuiñe. Les similitudes entre ces inscriptions et les Zapotèques de Monte Alban sur des stèles suggèrent une relation forte entre les vallées et la Mixteca Baja au cours de la période Classique.</p>
<p>San Pedro et San Pablo Tequixtepec, la grotte de Tonalá et le pont Colosal à Oaxaca ont également retrouvé des traces de la culture ñuiñe dans la Mixteca Baja. Acatlán de Osorio, Hermengildo Galeana et San Pablo Anicano (Puebla); et de nombreux sites Guerrero Mountain, comme Copanatoyac, Malinaltepec, Zoyatlan, Metlatónoc et Huamuxtitlán. Dans de nombreux cas, il s'agit d'échantillons en céramique de caractéristiques similaires à celles produites à Cerro de las Minas: fragments de récipients peu ou pas décorés, fabriqués avec une pâte orange brunâtre dont la composition est semblable à celle de la céramique Orange Delgado produite à Ixcaquixtla (Puebla), à la frontière nord de la Mixteca Baja. Parmi les autres éléments caractéristiques de la culture ñuiñe, on peut citer les têtes dites colossales, de petites sculptures en pierre représentant des têtes anthropomorphes - dont certaines sont des objets de culte de la part des communautés autochtones de la Mixteca guerrero (sur la côte) -; ainsi que certaines urnes représentant le dieu du feu et une version locale de Dzahui, dont les caractéristiques étaient similaires aux effigies contemporaines de Pitao Cocijo, produites par les zapotèques de Los Valles.</p>
<p>Au cours de la période classique, la Mixteca Baja était le siège des principaux centres politiques de la société Mixtèque. Le remplacement des États de la Mixteca Alta semble s'être traduit par une série d'événements qui ont déstabilisé la région sur le plan politique, de sorte que l'une des caractéristiques principales des villes de Ñuiñe est leur localisation à des points stratégiques facilitant leur défense. De la même manière que Huamelulpan et ses satellites à la fin du préclassique; Cerro de las Minas, Diquiyú et d'autres villes de la Mixteca Baja avaient des fortifications et leurs bâtiments administratifs et religieux ont été construits sur les pentes des collines, tandis que les zones habitables ont été surélevées dans des zones relativement plus faciles d'accès. La guerre dans la Mixteca Baja pendant la Classique aurait pu être causée non seulement par la concurrence entre les États de la région, il est également probable que la rivalité avec les Zapotèques de Los Valles ait été une cause de conflits dans la zone. Il faut ajouter à cela que l'activité guerrière aurait également pu être liée au ritualisme du sacrifice humain et au jeu de balle.</p>
<p>Au septième siècle de l'ère chrétienne, la plupart des peuples mésoaméricains se trouvaient confrontés à de graves crises qui avaient entraîné le déclin de plusieurs des États les plus puissants, dont Teotihuacan et Monte Albán. Les États Mixtèques ont également été confrontés à ces perturbations généralisées. Dans la Mixteca Baja, la culture ñuiñe a disparu vers la fin de la période classique et plusieurs des villes les plus importantes ont été partiellement ou totalement abandonnées, à la fois dans la Mixteca Baja et dans la Mixteca Alta. Cependant, peu de villes telles que Cerro Jazmín et Tilantongo ont eu une occupation continue dans la transition du classique au postclassique.</p>
<p>La période Postclassique est de loin la période la plus connue de l'histoire mixtèque préhispanique, grâce à la préservation de l'histoire orale dans les documents coloniaux, mais aussi aux codex qui ont survécu à la destruction après l'arrivée des Espagnols chez les Mixtèques. En Méso-Amérique, la période post-classique est marquée par l'épanouissement des États militaristes. Cela ne veut pas dire que les sociétés des stades précédents n'avaient pas connu la guerre, car les cités-États de la région Mixtèque étaient protégées par des murs datant du premier millénaire avant l'ère chrétienne. Ce qui se passe, c'est qu'au cours de cette période, l'activité militaire semble avoir gagné en importance, comme en témoigne la prolifération des accessoires associés à la guerre et au culte des divinités guerrières dans toute la région.</p>
<p>À la fin du VIIIe siècle, le style ñuiñe a commencé à décliner dans la Mixteca Baja jusqu'à ce qu'il soit progressivement remplacé par le style iconographique des codex Mixtèques. L'apparition d'un nouveau style artistique, accompagnée d'autres changements culturels tels que l'enracinement de la vénération du Serpent à plumes et la construction d'alliances interethniques n'est pas exclusive au Mixtèque postclassique ancien et a ses antécédents dans les changements politiques et sociaux de la fin de la classique au centre du Mexique. Dans l'ensemble de la ville de Mixteca, la population a commencé à augmenter de façon spectaculaire, bien que les changements démographiques les plus importants se produisent dans la région de Mixteca Alta. Selon les recherches archéologiques, dans le Mixteca Alta, le nombre de localités correspondant à la phase de la Nativité (X-XVIe siècle de notre ère) aurait doublé par rapport à celles de la phase précédente, à savoir la phase de Las Flores. De la même manière, la surface occupée par ces localités a considérablement augmenté pour atteindre 10 450 hectares d'urbain. Ces populations étaient organisées dans de petits États hostiles les uns aux autres, chacun dirigé par une ville de première importance qui régnait sur les autres villes soumises à son autorité. La construction d'une structure hiérarchique dans les relations entre les sources des seigneurs mixtèques - appelés ñuu - et leurs satellites - appelés siqui- est constante dans l'histoire des Mixtèques, même si à cette période elle est accentuée en raison de l'augmentation de la population et des stratégies politiques des élites dirigeantes.</p>
<p>Depuis le postclassique, les Mixtèques ont eu des contacts plus larges avec d'autres peuples qu'aujourd'hui à Oaxaca, même en dépit des différences linguistiques et ethniques. Le cas des relations entre Mixtèques et Zapotèques, présentes dans les temps anciens mais maintenant plus intenses, est spécial. Ces relations n'étaient pas seulement le résultat de leur voisinage dans la même région, elles avaient des objectifs économiques et politiques. L'existence d'un réseau dense d'alliances matrimoniales au niveau des élites mixtèques et zapotèques a été documentée. Par exemple, le Codex Nuttall raconte le mariage de Tres Lagarto avec un noble zapotèque de Zaachila, dont le mariage est né Cocijoeza, futur seigneur de cette ville qui a forgé une armée combinée de Mixtèques et de Zapotèques et a entrepris une campagne d'expansion dans les Vallées. Central d'Oaxaca. De nombreuses villes de Los Valles montrent des signes de la présence de Mixtec, y compris Monte Albán même, où Alfonso Caso a sauvé le trésor de Tomb 7. L'existence d'œuvres d'influence Mixtec à Los Valles a été une source de spéculation de la part des spécialistes. Pour certains, cela témoigne d'un expansionnisme mixtèque, de sorte que les zapotèques de Los Valles auraient été dominés politiquement par les Mixtèques. Cependant, il est également plausible que les alliances matrimoniales et politiques entre Mixtèques et Zapotèques aient favorisé la diffusion de l'art mixtèque sur le territoire zapotèque, art utilisé comme élément de prestige par l'élite des villes zapotèques. Outre Monte Albán, les autres villes de Los Valles présentant des objets archéologiques de fabrication ou d'influence Mixtèque sont Mitla, Lambityeco, Yagul, Cuilapan et Zaachila; cette dernière était la plus importante des villes zapotèques jusqu'à sa conquête par les Mexica au XVe siècle.</p>
<p>Colonisation de La Costa (costa Chica)</p>
<p>Depuis le préclassique, la côte d'Oaxaca était occupée par des peuples de langue zapotèque. Selon les analyses glottochronologiques (technique visant à calculer la distance temporelle ou la divergence entre deux langues que l'on suppose apparentées), la séparation entre la langue chatino et le reste des langues du groupe zapotèque devrait avoir eu lieu autour du Ve siècle avant J.-C. En revanche, les variétés côtières du monde Mixtèque semblent avoir été séparées du reste du groupe Mixteca Alta vers le dixième ou onzième siècle de l'ère chrétienne, d'où il est déduit que la présence des Mixtèques sur la côte est relativement tardive. À la lumière de ces données et de l'analyse des objets archéologiques trouvés dans la région, il est probable que l'identité linguistique des habitants de la vallée du Bas-Verde pendant les périodes préclassique et classique était Zapotèque, déplacée du centre d'Oaxaca. Bien que les relations entre la vallée du bas Rio Verde et la Mixteca Alta ne soient pas complètement exclues en raison de la proximité géographique, la présence des Mixtèques dans la région de La Costa est le produit d'une colonisation tardive.</p>
<p>Le mouvement massif des Mixtèques vers les populations de La Costa a provoqué un changement des relations de pouvoir dans ces communautés. Les peuples zapotèques, comme les Chatinos, sont passés sous le contrôle politique des élites mixtèques. Les chefferies mixtèques de La Costa possédaient donc une population multiethnique, comme dans le cas de Tututepec. Bien que cette localité fût occupée avant le postclassique, elle montre des signes d'une croissance démographique spectaculaire entre le IXe et le Xe siècle, précisément liée à la migration des Mixtèques depuis les hauts plateaux. À partir du XIe siècle, Tututepec jouerait un rôle fondamental dans l'histoire des Mixtèques, étant le premier quartier général d'Ocho Venado, seigneur Mixtèque, qui dominera un territoire de plus de 40 000 kilomètres carrés après avoir unifié de nombreux États hostiles et les gagner militairement, établissant déjà des alliances politiques avec eux.</p>
<p>Reigne des caciques à Ocho Venado (Huit Cerf)</p>
<p>La fragmentation politique du peuple mixtèque à l'époque préhispanique fut une constante qui transcenda les siècles. Cependant, entre les XIe et XIIe siècles de notre ère, de nombreux seigneurs dans les trois zones Mixtèques formèrent une unité sous le contrôle de Ocho Venado – Guara de Jaguar (en mixtèque, Iya Naacua Teyusi Ñaña, Tilantongo, 1063-1115). Ce personnage est fondamental dans l'histoire post-classique de la Méso-Amérique, non seulement à cause du pouvoir qu'il a acquis dans la société Mixtèque, mais aussi à cause des relations qu'il a établies avec d'autres peuples, notamment les Nahuatlacas du centre du Mexique…</p>
<p>L'alliance entre Ocho Venado et Quatre Jaguar a permis de légitimer l'arrivée du premier sur le trône de Tilantongo après le décès de Deux Pluies, cacique du lieu. Pour éviter les revendications probables des descendants de Dos Lluvia, Ocho Venado les élimina tous et devint l'unique héritier de la seigneurie. La conquête de la place du vrac de Xipe, où se trouvait une branche de la lignée royale du Tilantongo, revêtait une importance particulière. En rouge et blanc Bundle dirigé Eleven Wind-Jaguar Sangriento, marié à six Lagartija-Jade Fan (demi-soeur de Huit Cerfs) et Guerre des Six Mono-quexquemitl (héritier du trône de Jaltepec). Le 12ème jour de la 11ème maison (1101), Ocho Venado a défait les défenseurs de la Place du Bundle de Xipe. On ignore comment Six Monkey et Eleven Wind sont morts. Leurs enfants Dix Chien-Aigle de Burning Tobacco et Six House-String de Pedernales ont été sacrifiés, le premier par sacrifice gladiateur et le second par flèche rituelle. De cette manière, Ocho Venado a ajouté les importantes seigneuries de Jaltepec et de Lugar del Bulto de Xipe aux territoires sous leur contrôle.</p>
<p>Pendant son règne à Tilantongo, Ocho Venado a réussi à conquérir une centaine de seigneuries Mixtèques. En outre, il a établi un important réseau d'alliances par le biais de leurs mariages. Les épouses étaient, entre autres, les dames Treize serpent-serpent aux fleurs, fille du premier mariage du onzième vent de la place des Ardennes de Xipe (annee 13, 1103); Six Eagle-Jaguar Cobweb et dix Zopilote-Quexquémitl de coquillages. Son premier fils est né dans la 6ème maison (1109) de son mariage avec Six Eagle et héritier du trône de Tilantongo. Huit Cerfs sont morts, sacrifiés en 1115, après avoir été vaincus par une coalition de seigneurs rebelles sous son règne. L'alliance des rebelles était dirigée par Cuatro Viento, le seul fils de Once Viento et Six Mono qui avait échappé à la mort après la chute de Xipe's of Bulk. Les restes de huit chevreuils ont probablement été déposés dans la grotte royale de Chalcatongo. À sa mort, le royaume mixtèque fut dispersé en de nombreux États, mettant ainsi fin à la seule période d'unité politique de l'histoire préhispanique de la région.</p>
<p>Conquête par les Mexica</p>
<p>À la mort d'Ocho Venado, ses fils ont hérité de certains des plus importantes seigneuries faisant partie du royaume sous le règne de Tilantongo. Dans d'autres villes de la zone Mixtèque, les anciennes élites locales ont retrouvé leur pouvoir. La restauration de l'ancien système d'organisation politique en petits États a entraîné la renaissance de conflits entre certains d'entre eux ou la création d'alliances ou de confédérations. À cette époque, la région Mixtèque - et en particulier la Mixteca Alta - était l'une des régions les plus prospères de la Méso-Amérique. Elle exporta des articles de grand luxe vers d'autres régions, telles que la poterie polychrome, l'art des plumes, l'orfèvrerie, les sculptures en cristal de roche, en os et en bois; ainsi que des produits de subsistance typiques des régions tropicales et des zones tempérées.</p>
<p>Le région Mixtèque est stratégiquement situé entre la partie centrale du Mexique et le sud-est mésoaméricain. Ainsi, au cours de la période expansionniste de la Triple Alliance formée par Mexico-Tenochtitlan, Tetzcoco et la confédération Tlacopan appelée Excan Tlatoloyan-, les Mexicas et leurs alliés dans le bassin du lac Texcoco. Vers la seconde moitié du XVe siècle, une grande partie de la région Mixtèque était sous le pouvoir politique et militaire de Tenochtitlan. Certaines des villes les plus importantes de la région ont été converties en centres de concentration pour le tribut exigé par les conquérants, parmi lesquels Coixtlahuaca, qui était devenue l'une des plus grandes villes de la Méso-Amérique avant la conquête de Mexica. L'avancée des Mexica dans la Mixteca Alta leur a permis de dominer également les vallées centrales d'Oaxaca, soucieuses de leur prédominance sur les routes commerciales entre les hauts plateaux mexicains et la côte pacifique du Guatemala et du Chiapas. Les Mexicas ont également tenté de conquérir la côte Mixtèque et l'isthme de Tehuantepec, mais ont été vaincus par une alliance entre les Zapotèques et les Mixtèques dans leurs campagnes contre Tututepec, qui dominait à l'époque un territoire d'environ 25 000 kilomètres carrés sur la Costa Chica. Oaxaca- comme dans ceux fabriqués dans l'isthme. La victoire de l'alliance Mixtèque-Zapotèque à Guiengola, une forteresse où les Mexicas ont été définitivement vaincus par les défenseurs de l'isthme de Tehuantepec, a été particulièrement importante</p>
<p>Wikipedia en español :</p>
<p>« Durante la época prehispánica, la sociedad mixteca se caracterizó por su alta jerarquización. Sin embargo, las diferencias no aparecieron espontáneamente. El proceso de estratificación fue paralelo al desarrollo de la sociedad mixteca. Los estratos de la sociedad mixteca tienen su origen en la sedentarización de este pueblo y fueron influidos por los procesos políticos, históricos, económicos y culturales que ocurrieron en la Mixteca desde el siglo XVI antes C. En su inicio, las poblaciones mixtecas contaban con una incipiente estratificación. Los restos de las poblaciones del Preclásico Tardío y Medio no presentan grandes diferencias cuando se comparan unas viviendas con otras, y el uso de las construcciones de estos asentamientos no parece ser demasiado especializado. Los bienes de los que disponían los mixtecos en aquellos siglos parecen haber sido limitados, y no hay evidencia que permita distinguir claramente las zonas habitables de la élite con respecto al resto de la población, aunque sí es posible admitir la existencia de una gradación en los niveles de bienestar entre los habitantes de una misma localidad.</p>
<p>La transición al Clásico marca el desarrollo de la vida urbana plena en esta región y en la mayoría del territorio mesoamericano. La consolidación de las organizaciones estatales en la Mixteca implicó un proceso de mayor diferenciación que tendió a legitimarse por medio del uso de la ideología y de las alianzas a nivel de la élite con el propósito de reproducir las desigualdades entre los estratos de la sociedad. El surgimiento del estilo ñuiñe en la Mixteca Baja —la zona más próspera de la Mixteca en el Clásico— es una muestra de la voluntad de los grupos gobernantes de hacer patentes las diferencias entre ellos y el resto del pueblo Las crónicas españolas coloniales hablan de numerosos estratos de la sociedad mixteca, sin embargo, todos ellos pueden ser reducidos a los siguientes grandes grupos:</p>
<p>• yya es el título que recibía el señor de cada cacicazgo mixteco;</p>
<p>• dzayya yya era el grupo constituido por la nobleza mixteca, formaban una misma categoría con el rey;</p>
<p>• tay ñuu, la gente libre;</p>
<p>• tay situndayu, terrazgueros;</p>
<p>• tay sinoquachi y dahasaha, sirvientes y esclavos respectivamente.</p>
<p>En general, no había demasiadas posibilidades de ascender de categoría en la escala social. Los matrimonios entre los dzayya yya implicaban que este grupo conservaría siempre su posición privilegiada y la heredaría a su descendencia. Los nobles de distintos pueblos mixtecos practicaban la endogamia, lo que además generó una complicada red de alianzas a nivel de la élite que servía como medio de reproducción de la desigualdad social así como para mantener el orden en la región. La gente libre, los tay ñuu, eran dueños de sí mismos y del producto de su trabajo en la tierra, cuya propiedad era comunal. Los terrazgueros, por su parte, eran personas que, a causa de la guerra, habían perdido la potestad sobre el producto de su trabajo y debían pagar tributo a los nobles. Los últimos grupos en la escala social de los mixtecos poseían menos derechos que los otros y sus vidas podían ser dispuestas por la nobleza para el fin que fuese necesario.</p>
<p>Organización política</p>
<p>Una de las características más acentuadas del sistema político de los mixtecos precolombinos era la fragmentación en numerosos estados que dominaban pequeños territorios y que en varias ocasiones se encontraban en conflicto entre sí. Desde el Preclásico Medio aparece una estructura jerárquica entre las poblaciones que formaban parte de un mismo Estado. El lugar que cada comunidad ocupaba en esta estructura se manifiesta en el número de construcciones monumentales que cada una de ellas poseía. Por otra parte, el poder de cada pequeña urbe o pueblo no era estático, sino que se encontraba en juego constante ante la competencia entre los diferentes centros de población. De este modo, puede entenderse que en la transición del Preclásico al Clásico algunas poblaciones cedieran su posición de privilegio a otras, tal como ocurrió con Yucuita, reemplazada por Yucuñudahui.</p>
<p>Los ñuu (mixteco: pueblo, comunidad) eran la unidad primaria de las relaciones políticas entre los mixtecos del posclásico. Un ñuu podía ser o no la cabecera de un Estado. La vida política de los Estados mixtecos se desenvolvía en una red conocida como yuhuitayu (el asiento, el petate). Esta unidad política consistía en la unión dinástica de dos linajes locales a través del matrimonio de un yya toniñe (noble señor) y una yya dzehe toniñe (noble señora). Las élites gobernantes recurrían a numerosas estrategias con el propósito de mantener su poder. Una de ellas era el establecimiento de alianzas de élite. Las alianzas se solían sellar mediante el matrimonio entre los miembros de los linajes nobles, lo que con frecuencia implicaba casamientos incestuosos. El establecimiento de afinidades de parentesco solía realizarse con el propósito de relacionarse con los linajes más prestigiosos de la nación mixteca e, incluso, con la nobleza extranjera, como muestran los recurrentes casamientos entre miembros de la realeza mixteca y zapoteca a lo largo de los más de veinte siglos de historia prehispánica de estos pueblos.</p>
<p>Militarismo</p>
<p>Los mixtecos desarrollaron sus propias artes de guerra, inventaron sus propias armas y realizaron sus propias conquistas, así como defendieron sus territorios de cualquier invasor. Sus conflictos y alianzas fueron principalmente entre ciudades de la mixteca y pueblos zapotecos. El héroe más destacado en la historia mixteca fue Venado, gobernante de Tututepec y conquistador; sus hazañas son relatadas en el Códice Nuttal.</p>
<p>Los códices nos dan un vistazo de las armas y uniformes que usaron los mixtecos:</p>
<p>• Armas de ataque a distancia: Entre las armas de ataque a distancia que los mixtecos usaron estaban los típicos arcos y flechas, cuyas puntas debieron haber sido de obsidiana, pedernal o sílex. También estuvo presente el uso del átlatl, arma común en toda Mesoamérica.</p>
<p>• Armas de ataque cuerpo a cuerpo: Entre las armas de ataque cuerpo a cuerpo, los mixtecos pelearon con una variedad de garrotes y lanzas, algunas semejantes al tepoztopilli mexica, pero de menor tamaño. Llama la atención un arma que aparece con frecuencia en los códices, se trata de un palo de madera doblado en un ángulo de 90°, con hojas de piedra (ya haya sido sílex, pedernal u obsidiana) en la parte superior; esta arma parece haber sido representativa del área mixteca y zapoteca.</p>
<p>• Vestimenta militar: Los guerreros son representados en los códices vistiendo trajes zoomorfos, desde pieles de jaguar, a yelmos en forma de cabeza de águila, hasta pieles de venado. Los uniformes zoomorfos eran comunes en Mesoamérica, los ejemplos más representativos fueron las órdenes mexicas de los guerreros águila y jaguar.</p>
<p>En la cultura mixteca, el Período Clásico abarca aproximadamente el lapso de tiempo comprendido entre los siglos I y VIII/IX, con algunas variaciones según la historia local de cada área cultural. En toda Mesoamérica aparecen ciudades de dimensiones y poblaciones considerables, con una clara especialización en el uso del espacio y una diferenciación social que se refleja en las características diversas de los restos de las construcciones. La influencia cultural teotihuacana se hace sentir en toda la región, aunque sólo en algunas localidades se ha probado la dominación política y militar de esta metrópoli. Los lazos comerciales se hicieron más fuertes entre los distintos pueblos, ya de por sí especializados en la producción de ciertos bienes de subsistencia y de uso suntuario.</p>
<p>Al igual que ocurre con el período Preclásico, la historia del pueblo mixteco en esta fase de urbanización y emergencia de los grandes Estados en Mesoamérica es poco conocida. El período Clásico en la Mixteca está marcado por un proceso de sustitución de los centros del poder político en toda la región. Algunas características de los Estados mixtecos del Preclásico fueron heredadas a sus sucesores, entre ellos la fragmentación del control sobre el territorio entre numerosas poblaciones organizadas de manera jerárquica. En la Mixteca Alta, Yucuita fue reemplazada por Yucuñudahui como sede del poder político en el valle de Nochixtlán; en otras zonas de la Mixteca Alta, como el valle de Huamelulpan, no ocurrió este reemplazo, y Huamelulpan, que fuera una de las principales poblaciones durante la fase Ramos Tardía, se colapsó y perdió una parte importante de su población, aunque la ocupación de la ciudad fue continua hasta el Posclásico. En toda la Mixteca Alta, la densidad de población aumentó, lo que provocó la aparición de nuevas localidades urbanas en los valles y montañas de la zona. Entre estas se encuentran Monte Negro, Diquiyú, Cerro Jazmín en el centro; y la cuenca del río Poblano en el valle de Coixtlahuaca.</p>
<p>Aunque durante el período Preclásico el proceso de urbanización en la Mixteca y Los Valles tuvo características similares, para el período Clásico la situación es diferente. En algunos trabajos se quiere ver en Yucuñudahui un homólogo mixteco de Monte Albán. Sin embargo, a diferencia de la sociedad zapoteca, con una sola capital en Monte Albán; los mixtecos estaban organizados en pequeñas ciudades estado que pocas veces rebasaron los doce mil habitantes. De acuerdo con Spores, Yucuñudahui sólo fue uno de los muchos estados que tuvieron su sede en el valle de Nochixtlán. Por otro lado, en algunos casos la densidad de población en la Mixteca era mayor que en los valles, como demuestra el estudio de los patrones de asentamiento en la Mixteca Alta. Durante el Clásico mixteco aparecen muestras de una sociedad claramente estratificada y se consolidan los rasgos característicos de la religión mixteca, entre ellos, el del culto a la lluvia y el relámpago, condensados en la divinización de Dzahui.</p>
<p>Por otro lado, en la Mixteca Baja apareció un complejo cultural de características propias que se difundió por esa zona y el oriente del actual estado de Guerrero. El principal centro de esta cultura —que Paddock llamó ñuiñe para diferenciarla de la cultura mixteca — fue Cerro de las Minas (al norte de Huajuapan de León), población cuyos inicios se remontan al Preclásico Tardío, pero cuyo florecimiento ocurrió a partir del segundo siglo de la era cristiana. Cerro de las Minas posee características urbanas similares a las ciudades de la Mixteca Alta. Fue construida en torno a un conjunto de varias plazas pequeñas alrededor de las cuales se distribuía el resto de la población — y es esta una de las diferencias del urbanismo mixteco en comparación con otros pueblos mesoamericanas cuyas ciudades se organizaban en torno a una sola y gran plaza principal —. El espacio sobre el que se construyó fue modificado mediante la construcción de terrazas, llamadas coo yuu (lama-bordo), por lo que la ciudad cuenta con numerosas escalinatas. Cerro de las Minas fue embellecida con numerosos relieves que contienen inscripciones en un sistema de escritura poco conocido hasta la fecha, llamado ñuiñe. Las similitudes entre estas inscripciones y las de las estelas zapotecas de Monte Albán sugieren una relación muy fuerte entre Los Valles y la Mixteca Baja durante el Clásico.</p>
<p>Otros sitios en los que se han encontrado vestigios de la cultura ñuiñe en la Mixteca Baja son San Pedro y San Pablo Tequixtepec, la cueva de Tonalá y el Puente Colosal en Oaxaca; Acatlán de Osorio, Hermengildo Galeana y San Pablo Anicano (Puebla); y en numerosos sitios de La Montaña de Guerrero, como Copanatoyac, Malinaltepec, Zoyatlán, Metlatónoc y Huamuxtitlán. En muchos casos se trata de muestras de cerámica de características similares a la producida en Cerro de las Minas: fragmentos de vasijas con escasa o nula decoración, confeccionadas con una pasta de color anaranjado parduzco cuya composición es similar a la cerámica Anaranjado Delgado producida en Ixcaquixtla (Puebla), en la frontera norte de la Mixteca Baja. Otros elementos característicos de la cultura ñuiñe son las llamadas cabecitas colosales, pequeñas esculturas de piedra que representan cabezas antropomorfas —algunas de las cuales son objeto de culto por parte de las comunidades indígenas de la Mixteca guerrerense—; así como ciertas urnas que representan al dios del fuego y a una versión local de Dzahui, cuyas características eran similares a las efigies contemporáneas de Pitao Cocijo producidas por los zapotecos de Los Valles.</p>
<p>Durante el período Clásico, la Mixteca Baja fue sede de los principales centros políticos de la Mixteca. El relevo de los estados de la Mixteca Alta parece haber implicado una serie de eventos que desestabilizaron políticamente a la región, de modo que una de las principales características de las ciudades en Ñuiñe es su ubicación en puntos estratégicos que facilitaban su defensa. Del mismo modo que Huamelulpan y sus satélites durante el Preclásico Tardío; Cerro de las Minas, Diquiyú y otras ciudades de la Mixteca Baja contaban con fortificaciones y sus edificios administrativos y religiosos fueron construidos en las laderas de los cerros, mientras que las zonas habitables se levantaron en zonas de acceso relativamente más fácil. La guerra en la Mixteca Baja durante el Clásico pudo haber sido ocasionada no sólo por la competencia entre los estados de la región, también es probable que la rivalidad con los zapotecos de Los Valles haya sido motivo de conflictos en la zona de to. A ello se le debe sumar que la actividad bélica también podría haber estado relacionada con el ritualismo de los sacrificios humanos y el juego de pelota.</p>
<p>Hacia el siglo VII de la era cristiana, la mayor parte de los pueblos mesoamericanos se enfrentaron a graves crisis que llevaron al declive a varios de los Estados más poderosos, entre ellos Teotihuacan y Monte Albán. Los Estados mixtecos también se enfrentaron a estas perturbaciones generalizadas. En la Mixteca Baja, la cultura ñuiñe desapareció hacia el final del período Clásico y varias de las ciudades más importantes fueron parcial o completamente abandonadas, tanto en la Mixteca Baja como en la Mixteca Alta. Sin embargo, no fueron pocas las ciudades que como Cerro Jazmín y Tilantongo tuvieron una ocupación continua en la transición del Clásico y el Posclásico.</p>
<p>El Posclásico es, con diferencia, el período mejor conocido de la historia mixteca prehispánica, gracias a la conservación de la historia oral en documentos coloniales, pero también a los códices que sobrevivieron a la destrucción y al tiempo posterior a la llegada de los españoles a la Mixteca. En Mesoamérica, el posclásico está marcado por el florecimiento de los Estados militaristas. Ello no quiere decir que las sociedades de las etapas anteriores hubiesen desconocido la guerra, pues las ciudades-Estado de la Mixteca estaban protegidas por muros desde el primer milenio antes de la era cristiana. Lo que ocurre es que en este período, la actividad militar parece haber cobrado una importancia mayor, como demuestra la proliferación de la parafernalia asociada con la guerra y el culto a las divinidades guerreras en toda la región.</p>
<p>Para el final del siglo VIII, el estilo ñuiñe comenzaba a declinar en la Mixteca Baja, hasta que fue suplido paulatinamente por el estilo iconográfico propio de los códices mixtecos. La aparición de un nuevo estilo artístico, acompañado de otros cambios culturales como el arraigo de la veneración a la Serpiente Emplumada y la construcción de alianzas interétnicas no es privativo de los mixtecos del Posclásico Temprano y tiene sus antecedentes en los cambios políticos y sociales del final del Clásico en el centro de México. En toda la Mixteca la población comenzó a aumentar dramáticamente, aunque los cambios demográficos más importantes tienen lugar en la Mixteca Alta. De acuerdo con las investigaciones arqueológicas, en la Mixteca Alta el número de localidades correspondientes a la fase Natividad (siglo X-XVI d. C.) se duplicó con respecto a los existentes en la fase anterior, es decir, la fase Las Flores. De la misma manera, la superficie ocupada por estas localidades se incrementó de modo importante, alcanzando las 10 mil 450 hectáreas de superficie urbana. Estas poblaciones estaban organizadas en pequeños Estados hostiles entre sí, encabezados cada uno por una ciudad de primera importancia que regía sobre otros poblados sujetos a su autoridad. La construcción de una estructura jerárquica en las relaciones entre las cabeceras de los señoríos mixtecos —llamadas ñuu— y sus satélites —llamados siqui— es constante en la historia mixteca, aunque en este período se acentúa debido al aumento de la población y a las estrategias políticas de las élites gobernantes.</p>
<p>A partir del Posclásico, los mixtecos tuvieron contactos más amplios con otros pueblos de lo que hoy es Oaxaca, incluso a pesar de las diferencias lingüísticas y étnicas. Es especial el caso de las relaciones entre mixtecos y zapotecos, presente en épocas anteriores pero ahora más intensa. Estas relaciones no eran solamente resultado de su vecindad en la misma región, tenían propósitos económicos y políticos. Se ha documentado la existencia de una densa red de alianzas matrimoniales a nivel de las élites mixtecas y zapotecas. Por ejemplo, en el Códice Nuttall se da cuenta del casamiento de Tres Lagarto con una noble zapoteca de Zaachila, de cuyo matrimonio nació Cocijoeza, futuro señor de esa ciudad que forjó un ejército combinado de mixtecos y zapotecos y emprendió una campaña expansionista en los Valles Centrales de Oaxaca. Son numerosas las ciudades de Los Valles que muestran indicios de la presencia mixteca, incluida la misma Monte Albán, donde Alfonso Caso rescató el tesoro de la Tumba 7. La existencia de obras de influencia mixteca en Los Valles ha sido motivo de especulación por parte de los especialistas. Para algunos, es evidencia del expansionismo mixteco, de modo que los zapotecos de Los Valles habrían sido dominados políticamente por los mixtecos. Sin embargo, es plausible también que las alianzas matrimoniales y políticas entre mixtecos y zapotecos hayan favorecido la difusión del arte mixteco en el territorio zapoteca, arte que fue empleado como elemento de prestigio por la élite de las ciudades zapotecas. Además de Monte Albán, otras ciudades de Los Valles que muestran objetos arqueológicos de manufactura o influencia mixteca son Mitla, Lambityeco, Yagul, Cuilapan y Zaachila; esta última fue la más importante de las urbes zapotecas hasta su conquista por parte de los mexicas en el siglo XV.</p>
<p>Colonización de La Costa</p>
<p>Desde el Preclásico, la costa de Oaxaca estuvo ocupada por pueblos de habla zapotecana. De acuerdo con análisis glotocronológicos, la separación entre el idioma chatino y el resto de las lenguas del grupo zapotecano debió ocurrir alrededor del siglo V antes C. En contraste, las variedades costeñas del mixteco parecen haberse separado del resto de las hablas de la Mixteca Alta hacia el siglo X u XI de la era cristiana, de donde se infiere que la presencia de los mixtecos en la costa es relativamente tardía. A la luz de estos datos y del análisis de los objetos arqueológicos encontrados en la región, es probable que la identidad lingüística de los habitantes del valle del bajo río Verde durante el Preclásico y el Clásico haya sido zapotecana, desplazados desde el centro de Oaxaca. Si bien las relaciones entre el valle del bajo río Verde y la Mixteca Alta no están completamente descartadas por cuestiones de vecindad geográfica, la presencia de los mixtecos en la región de La Costa es producto de una colonización tardía.</p>
<p>El movimiento masivo de los mixtecos a las poblaciones de La Costa ocasionó un cambio en las relaciones de poder en estas comunidades. Los pueblos zapotecanos, como los chatinos, quedaron bajo el dominio político de las élites mixtecas. Los cacicazgos mixtecos de La Costa poseían, por ello mismo, una población multiétnica como el caso de Tututepec. Si bien esta localidad tuvo ocupación anterior al Posclásico, presenta indicios de un crecimiento demográfico espectacular entre los siglos IX y X, relacionado precisamente con la migración mixteca desde las tierras altas. A partir del siglo XI, Tututepec jugaría un papel fundamental en la historia mixteca, al ser la primera sede de Ocho Venado, señor mixteco que habría de dominar un territorio de más de 40 mil kilómetros cuadrados después de unificar numerosos estados hostiles, ya venciéndolos militarmente, ya estableciendo alianzas políticas con ellos.</p>
<p>Cacicazgo de Ocho Venado</p>
<p>La fragmentación política del pueblo mixteco en la época prehispánica fue una constante que trascendió los siglos. Sin embargo, entre los siglos XI y XII de la era común, numerosos señoríos en las tres Mixtecas forman una unidad bajo el dominio de Ocho Venado-Garra de Jaguar (en mixteco, Iya Naacua Teyusi Ñaña; Tilantongo, 1063-1115). Este personaje es fundamental en la historia posclásica de Mesoamérica, no sólo por el poder que adquirió en la Mixteca, sino por las relaciones que estableció con otros pueblos, especialmente con los nahuatlacas del centro de México.</p>
<p>Ocho Venado nació del segundo matrimonio de Cinco Lagarto-Dzahui Ndicahndíí, sacerdote del Templo del Cielo que se encontraba en Tilantongo (en mixteco, Ñuu Tnoo Huahi Andehui). Se encontraba, por tanto, fuera de la línea sucesoria al trono del señorío de Tilantongo. Gracias al prestigio obtenido en las campañas militares —de acuerdo con el Códice Nuttall, la primera de ellas ocurrió en 1071, cuando Ocho Venado tenía ocho años de edad—, Ocho Venado ocupó en 1083 el trono de Tututepec (mixteco: Yucudzáa), en el valle del bajo río Verde, cerca de la costa del Pacífico. Posteriormente, Ocho Venado selló una alianza con los toltecas, de quienes recibió el rango de tecuhtli en Ñuu Cohyo. El día 13 lagarto del año 7 casa (1097), Ocho Venado se entrevistó con Cuatro Jaguar que fue un importante aliado en su ascenso al poder.</p>
<p>La alianza entre Ocho Venado y Cuatro Jaguar ayudó a legitimar la llegada del primero al trono de Tilantongo después de la muerte del señor Dos Lluvia, cacique del lugar. Para evitar las probables reclamaciones de los descendientes de Dos Lluvia, Ocho Venado los eliminó a todos y se convirtió en el único heredero del señorío. De especial importancia fue la conquista de Lugar del Bulto de Xipe, donde radicaba una rama del linaje real de Tilantongo. En Lugar del Bulto de Xipe regía Once Viento-Jaguar Sangriento, casado con Seis Lagartija-Abanico de Jade (media hermana de Ocho Venado) y con Seis Mono-Quexquémitl de Guerra (heredera del trono de Jaltepec). El día 12 mono de 11 casa (1101), Ocho Venado derrotó a los defensores de Lugar del Bulto de Xipe. Se desconoce como murieron Seis Mono y Once Viento. Sus hijos Diez Perro-Águila de Tabaco Ardiendo y Seis Casa-Sarta de Pedernales fueron sacrificados, el primero mediante sacrificio gladiatorio y el segundo mediante flechamiento ritual. De este modo, Ocho Venado sumó los importantes señoríos de Jaltepec y Lugar del Bulto de Xipe a los territorios bajo su dominio.</p>
<p>Durante su reinado en Tilantongo, Ocho Venado logró conquistar alrededor de cien señoríos mixtecos. Además, estableció una importante red de alianzas por medio de sus matrimonios. Entre otras, fueron esposas suyas las señoras Trece Serpiente-Serpiente de Flores, hija del primer matrimonio del Once Viento del Lugar del Bulto de Xipe (año 13 caña, 1103); Seis Águila-Jaguar Telaraña y Diez Zopilote-Quexquémitl de Conchas. Su primer hijo nació en el año 6 casa (1109) de su matrimonio con Seis Águila y fue heredero al trono de Tilantongo. Ocho Venado murió sacrificado en 1115, después de ser derrotado por una coalición de señores rebeldes que se hallaban bajo su dominio. La alianza rebelde era encabezada por Cuatro Viento, el único hijo de Once Viento y Seis Mono que se había librado de la muerte después de la caída de Lugar de Bulto de Xipe. Los restos de Ocho Venado probablemente fueron depositados en la gruta real de Chalcatongo. A su muerte, el reino mixteco se disolvió en numerosos estados, lo que puso fin al único período de unidad política en la historia prehispánica de la región.</p>
<p>Conquista mexica</p>
<p>A la muerte de Ocho Venado, sus hijos heredaron algunos de los más importantes señoríos que formaban parte del reino bajo el dominio de Tilantongo. En otras ciudades de la Mixteca, las antiguas élites locales recobraron su poder. El restablecimiento del antiguo sistema de organización política en pequeños estados implicó el renacimiento de los conflictos entre algunos de ellos o el establecimiento de alianzas o confederaciones. Por esta época, la Mixteca —y en especial la Mixteca Alta— era una de las regiones más prósperas de Mesoamérica. Exportaba artículos de gran lujo a otras regiones, como la cerámica policroma, arte plumario, orfebrería, tallas en cristal de roca, hueso y madera; así como bienes de subsistencia propios de las regiones tropicales y las zonas de clima templado.</p>
<p>La Mixteca se encuentra estratégicamente entre la parte central de México y el sureste Mesoamericano, por lo que en la época de expansionismo de la Triple Alianza formada por México-Tenochtitlan, Tetzcoco y Tlacopan —confederación llamada Excan Tlatoloyan—, rápidamente despertó los intereses de los mexicas y sus aliados de la cuenca del lago de Texcoco. Hacia la segunda mitad del siglo XV, una gran parte de la Mixteca estaba bajo el poder político, así como militar de Tenochtitlan. Algunas de las ciudades más importantes de la región fueron convertidas en centros concentradores del tributo exigido por los conquistadores, entre ellos Coixtlahuaca, que hasta antes de la conquista mexica se había convertido en una de las mayores urbes de Mesoamérica. El avance de los mexicas en la Mixteca Alta les permitió dominar también los Valles Centrales de Oaxaca, en su afán por asegurar su predominio en las rutas comerciales entre el altiplano mexicano y la costa del Pacífico de Guatemala y Chiapas. Los mexicas intentaron conquistar también la costa mixteca y el istmo de Tehuantepec, pero fueron derrotados por una alianza entre los zapotecos y mixtecos tanto en sus campañas contra Tututepec —que por la época dominaba un territorio de aproximadamente 25 mil kilómetros cuadrados en la Costa Chica de Oaxaca— como en las realizadas en el istmo. De especial importancia resultó la victoria mixteco-zapoteca en Guiengola, una fortaleza donde los mexicas fueron definitivamente derrotados por los defensores del istmo de Tehuantepec.</p>
<p><a href="https://arqueologiamexicana.mx/mexico-antiguo/la-guerra-entre-los-zapotecos" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>«Les archéologues ont proposé un large éventail de théories pour expliquer l'origine des États mésoaméricains. Pour eux, la guerre est considérée comme fondamentale, car ils croient qu'elle s'est développée avec les premières chefferies de la région, durant la période préclassique (de 1500 à 200 avant J.-C.). Les nombreuses recherches menées à Oaxaca révèlent que la guerre était un facteur essentiel pour que les premiers teritoires aux mains des caciques (cacicazgo) deviennent des États, comme dans le cas de Monte Albán. À mesure que la population augmentait et que l'agriculture devenait intensive dans la vallée d'Oaxaca, les terres fertiles se raréfiaient. Les caciques zapotèques ont alors commencé à organiser leurs hommes les plus forts pour faire des raids et s'emparer des terres des voisins. Les peuples vaincus sont devenus une source importante de main-d'œuvre et les chefs les plus puissants ont réclamé un tribut, sous forme de biens ou de services, en échange de ne pas exercer plus de violence. Cela a conduit à une intensification de la guerre, alors que de nouvelles défenses et de nouvelles méthodes de combat ont été construites pour les désactiver.</p>
<p>Les groupes dirigeants qui ont réussi à dominer la vallée d'Oaxaca ont commencé à s'étendre dans d'autres vallées et les vainqueurs ont formé les premiers États de la Méso-Amérique. Ce processus de développement est illustré graphiquement dans les monuments de Monte Albán. Parmi les célèbres "danseurs" figurent des portraits de captifs du cacicazgos ennemi, vaincu et sacrifié rituellement. Plus tard, la défaite de communautés entières a été proclamée en enregistrant son nom de lieu avec la tête décapitée du chef vaincu. Au fur et à mesure que les patrons devenaient plus puissants et que les sociétés se stratifiaient davantage, des armées à plein temps apparaissaient, ce qui entraînait l'émergence d'États militaristes, toujours prêts au combat. Au cours de la période classique, entre 200 et 700 après J.-C. environ, les seigneurs de Monte Albán dominèrent les affaires politiques de la majeure partie de l'actuel Oaxaca, atteignant même la Mixteca Alta au nord et Teotihuacan par la vallée de Tehuacán. .</p>
<p>Vers 1500 après J.-C., l'organisation politique des Zapotèques était très différente de celle qu'ils avaient lors de la période classique. Monte Albán, en tant que capitale, avait été abandonnée vers 800 après J.-C. et les Zapotèques s'étaient organisés en plusieurs petits États gouvernés par plusieurs rois et reines reconnus comme liés les uns aux autres, descendants des diverses maisons multiethniques régnantes qui existaient à Oaxaca. Les mariages entre les Zapotèques de Zaachila et les Mixtecos de Tilantongo ont été considérés parmi les plus prestigieux. Le terrain en activité était considéré comme un bien précieux dans un terrain aussi escarpé. Les nobles de rang inférieur rendaient toutes sortes d'hommages aux grands seigneurs : de la nourriture à l'or en passant par l'aide militaire. Les mariages parmi les élites étaient donc un moyen d'acquérir le statut et étaient fréquemment pratiqués pour avoir accès à plus de biens et à de meilleures terres.</p>
<p>La guerre concernait presque toujours les maisons dirigeantes : les paysans y participaient, forcés par leur condition de servitude, et seuls des adultes forts d'un certain âge étaient recrutés. Des armées d'un millier d'hommes au maximum ont été recrutées et organisées en sept unités, dirigées par des nobles de haut rang. La guerre était souvent officiellement déclarée et un champ de bataille était fixé, généralement aux limites des deux royaumes. Comme la guerre était presque toujours due à des conflits de terres ou d'héritage, le roi (ou la reine) attaqué préférait confier ses conseillers de guerre face à l'agresseur. Une fois les fronts déterminés, les meilleurs guerriers d'un royaume choisissaient des ennemis de rang similaire, souvent liés à eux; les plébéiens se font face.</p>
<p>Pohl, John M.D., "La guerre entre les Zapotèques", archéologie mexicaine no. 84, pp. 48-53.</p>
<p>• John M.D. Pohl. Peter Jay Sharp, conservateur et conférencier, expose l'art des Amériques anciennes au Museum of Art de l'Université de Princeton. C'est l'une des principales autorités à déchiffrer les codex Mixtèque et le groupe Borgia.</p>
<p>« Los arqueólogos han propuesto un amplio abanico de teorías para explicar el origen de los estados mesoamericanos; en ellas se considera fundamental la guerra, pues creen que se desarrolló a la par de los primeros cacicazgos de la región, durante el periodo Preclásico (1500 a.C.-200 d.C.). La abundante investigación en Oaxaca nos revela que la guerra fue un factor esencial para que los primeros cacicazgos se convirtieran en estados, como en el caso de Monte Albán. Conforme aumentó la población y la agricultura se hizo intensiva en el Valle de Oaxaca, la tierra fértil se volvió más escasa; los caciques zapotecos comenzaron entonces a organizar a sus hombres más fuertes para hacer incursiones y apoderarse de las tierras de los vecinos. Los pueblos derrotados se convirtieron en una importante fuente de mano de obra, y los jefes más poderosos les exigieron tributo, en bienes o servicios, a cambio de no ejercer más violencia. Esto llevó a una intensificación de la guerra, pues se construyeron nuevas defensas y nuevos métodos de combate para inutilizar estas defensas.</p>
<p>Los grupos gobernantes que lograron dominar el Valle de Oaxaca comenzaron a expandirse hacia otros valles, y los vencedores formaron los primeros estados de Mesoamérica. Este proceso de desarrollo se muestra gráficamente en los monumentos de Monte Albán. Entre los afamados “danzantes” hay retratos de cautivos de los cacicazgos enemigos, derrotados y sacrificados ritualmente. Más adelante, la derrota de comunidades enteras se proclamó grabando su topónimo con la cabeza decapitada del dirigente derrotado colocada hacia abajo. En la medida que los jefes se volvieron más poderosos y las sociedades más estratificadas, aparecieron ejércitos de tiempo completo, que propiciaron el surgimiento de estados militaristas, siempre listos para el combate. Durante el Clásico, aproximadamente entre 200 y 700 d.C., los señores de Monte Albán dominaron los asuntos políticos de gran parte de lo que ahora es Oaxaca, llegando incluso hasta la Mixteca Alta, por el norte, y hasta Teotihuacan, por el valle de Tehuacán.</p>
<p>Hacia 1500 d.C. la organización política de los zapotecos era muy distinta de la que tuvieron durante el Clásico. Monte Albán, como capital, había sido abandonada alrededor de 800 d.C. y los zapotecos se habían organizado en múltiples estados pequeños, regidos por múltiples reyes y reinas que se reconocían como emparentados entre sí, descendientes de las diversas casas reinantes, multiétnicas, que había en Oaxaca. Los matrimonios entre los zapotecos de Zaachila y los mixtecos de Tilantongo se consideraban entre los más prestigiosos. La tierra laborable era vista como una valiosa mercancía en tan escarpados terrenos. Los nobles de menor rango pagaban toda clase de tributos a los grandes señores: desde alimentos hasta oro, e incluso con ayuda militar. Los matrimonios entre las elites, por tanto, eran una forma de adquirir estatus y se practicaban con frecuencia para tener acceso a más bienes y mejores tierras.</p>
<p>La guerra era exclusiva, casi siempre, de las casas gobernantes: los campesinos participaban en ellas obligados por su condición de servidumbre y sólo se reclutaba a adultos fuertes de cierta edad. Se reclutaban ejércitos de hasta mil hombres y se organizaban en siete unidades, encabezadas por alguno de los nobles de alto rango. Con frecuencia se declaraba la guerra formalmente y se fijaba un campo de batalla, por lo general en los linderos de los dos reinos. Ya que la guerra se debía casi siempre a disputas sobre tierras o sobre herencias, el rey (o reina) que era atacado prefería encomendar a sus consejeros de guerra el enfrentar al agresor. Una vez determinados los frentes, los mejores guerreros de un reino elegían a enemigos de rango similar, muchas veces emparentados con ellos; los plebeyos se enfrentaban entre sí.</p>
<p>Pohl, John M.D., “La guerra entre los zapotecos”, Arqueología Mexicana núm. 84, pp. 48-53.</p>
<p>• John M.D. Pohl. Curador y conferencista Peter Jay Sharp en el arte de las antiguas Américas en el Museo de Arte de la Universidad de Princeton. Es una de las principales autoridades en el desciframiento de los códices mixtecos y del grupo Borgia.</p>
<p><a href="http://raices.com.mx/tienda/revistas-la-guerra-en-mesoamerica--AM084" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>« Selon les chroniques espagnoles, la culture mixtèque comportait de nombreuses couches sociales mais, fondamentalement, l'organisation sociale était dirigée par le gouverneur ou yya de chaque royaume, à côté de la noblesse ou dzayya yya, qui comprenait d'abord les parents, puis des personnes partageant les mêmes idées et un petit groupe de spécialistes formés de marchands, de prêtres, de bureaucrates et de chefs de guerre, qui servaient directement à l'administration des services économiques, politiques et religieux du palais.</p>
<p>Ensuite, dans l'organisation sociale Mixteca, il y avait les gens libres ou tay ñuu, qui, ayant leurs propres terres, des entreprises d'artisanat ou des entreprises, recrutaient des travailleurs appelés Indiens sans terres ou tay situndayu, qui intégraient la production, comme les paysans, pêcheurs et agriculteurs.</p>
<p>De plus, les assistants des artisans ou terrazgueros, ayant perdu le pouvoir sur le produit de leur travail, ont dû rendre des hommages aux nobles participant également aux guerres. D'autre part, il y avait les serviteurs ou tay sinoquachi et les esclaves ou dahasaha, qui venaient des captures lors des luttes contre d'autres populations.</p>
<p>Ainsi, l'organisation sociale mixtèque se caractérisait par une stricte hiérarchie dans chacun des manoirs, qui, par leur richesse ou leurs forces militaires, avaient réussi à rassembler une série de populations soumises à la fidélité et au service du pouvoir monarchique. »</p>
<p>« Según las crónicas españolas, la cultura mixteca contaba con numerosos estratos sociales, pero fundamentalmente la organización social la encabezaba el gobernador o yya de cada reino, junto a la nobleza o dzayya yya, que incluía en primer lugar a los parientes, luego, a las personas afines y a un pequeño grupo de especialistas formado por mercaderes, sacerdotes, burócratas y jefes guerreros, quienes servían directamente en la administración de los servicios económicos, políticos y religiosos del palacio.</p>
<p>Seguidamente, en la organización social mixteca estaban las personas libres o tay ñuu, quienes teniendo sus propias tierras, negocios de artesanía o comercios, reclutaban a los trabajadores llamados indios sin tierras o tay situndayu, que integraban la fuerza de producción, tales como los campesinos, los pescadores y los agricultores.</p>
<p>Además, los ayudantes de los artesanos o terrazgueros, habiendo perdido la potestad sobre el producto de su trabajo, debían pagarle tributos a los nobles participando también en las guerras. Por otra parte, existían los siervos o tay sinoquachi y los esclavos o dahasaha, quienes provenían de las capturas en las luchas contra otras poblaciones.</p>
<p>De esta manera, la organización social mixteca se caracterizó por tener una jerarquización estricta en cada uno de los señoríos, que por medio de sus riquezas o fuerzas militares, habían logrado aglutinar una serie de poblaciones sujetas a guardar fidelidad y servicio al poderío monárquico. »</p>
<p><a href="https://www.cultura10.org/mixteca/organizacion-social/" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>« Cependant, à la fin de l'ère préhispanique, les paysans et les seles étaient désignés par tayyuco camo," les hommes de la montagne "et aussi par tayfluhu," les hommes de la terre ", ce qui signifie également" les hommes du peuple ", et il fait référence à la fois à son activité agricole et à sa classe sociale, ainsi qu'à sa qualité ethnique (selon les anciens mythes, les Mixtèques ont laissé le nombril de la terre). Ils vivaient dans des maisons éparpillées sur la montagne, tandis que les nobles qui contrôlaient la terre résidaient de préférence dans les centres cérémoniels situés au pied de la montagne (Pohly Byland -1990). Les nobles s'appelaient yya ou toho. »</p>
<p>« Sin embargo, al final de la época prehispanica, a los campesinos ya seles designaba camo tayyuco, "los hombres dei monte " y también como tayfluhu, " los hombres de la tierra ", la que significa ademas "hombres dei puebla ", y se refiere tanto a su actividad agricola y a su clase social, coma a su cualidad étnica (segun los mitos antiguos, los mixtecos salieron dei ombligo de la tierra). Ellos vivian en casas dispersas en el monte, mientras que los nobles, quienes tenian el control de la tierra, residian de preferencia en los centros ceremoniales, ubicados en el pie de monte (Pohly Byland -1990). A los nobles, se les llamaba yya ou toho. »</p>
<p><a href="http://horizon.documentation.ird.fr/exl-doc/pleins_textes/divers17-06/010028838.pdf" class="spip_out" rel="external">Source : « De los mixtecos : medio ambiente y grupos sociales », Esther Katz</a></p>
<h2 class="spip">La (ou les) société mixtèque : un récit de la complexité</h2>
<p>En bref, dans le cas de la région Mixtèque, la littérature suggère que depuis la domination espagnole se vérifie une situation de crise socioécologique - crise double et simultanée -, ainsi que la structure de domination de type cacique et également environnementale en vertu de la forme d'appropriation de l'environnement naturel. Enfin, tout un corpus culturel original qui a résisté à l'imposition de la culture espagnole et qui subsiste jusqu'à aujourd'hui, même sous forme d'iconographie ou de codex (Hermann, 2009).</p>
<p>Cependant, comment se situe le caractère culturel de cette région du Mexique dont la solidité a pu rester sous domination coloniale et à l'époque de la modernisation du pays ?</p>
<p>Vision du monde d'origine</p>
<p>En termes simples, dans la région Mixtèque, il existe une tradition orale forte en tant que moyen de reproduction culturelle des connaissances ancestrales et des pratiques traditionnelles, qui a été transmise de génération en génération à travers des histoires, des légendes et des histoires (López Castro & Ruiz Medrano, 2012) et cela, entre autres choses, a permis la reproduction de la vision du monde originale.<br class='autobr' />
Ainsi, la force culturelle mixtèque a un impact quotidien, par exemple sur la configuration de l'identité socio-ethnique des professionnels de la région, où, qu'il s'agisse de métis ou d'origine, l'auto-identification en tant que Ñuu Savi est plus importante que celle de Mexicaine (Ramos, 2010). ).</p>
<p>En effet, les représentations sociales étudiées dans le Ñuu Savi semblent montrer un noyau identitaire solide, non pas avec la région, mais avec leur propre ethnie (Kearney, 1992). Il en résulte que l'identité elle-même est construite par l'origine même de la communauté et par opposition aux communautés environnantes, comme s'il s'agissait d'une identité en conflit, pour ainsi dire. Mais cela se traduit concrètement par une série de luttes et de revendications allant des conflits contre les cacicazgos et en faveur de l'organisation paysanne à la mobilisation syndicale des enseignants et des travailleurs urbains, en passant par le militantisme des étudiants. , la participation aux organisations de gauche et la conformation de collectifs populaires de banlieue.</p>
<p>De manière plus générale, la vision du monde Mixtec est donc imprégnée dans les domaines les plus reconduits de la conformation du sujet social dans la région du même nom.</p>
<p>«Dans le Mexique préhispanique, l'enregistrement rigoureux du mouvement des corps stellaires était à la base de la connaissance mathématique, qui étayait l'idéologie" religieuse "(León-Portilla, 1985), qui servait à son tour à l'agriculture. , médecine (Cook, 1988), architecture (Broda, 1991), administration et politique (Graulich, 1998) (...) En tant que pilier fondamental de l'idéologie "religieuse", était la conception de la nature en tant qu'entité vivante et sacrée, puisque de là viennent nourriture, abri, vêtement et essence même de la culture (Alarcón-Cháires, 2003) "(Hernández, Mariaca, Vázquez et Eroza, 2009, p.17).</p>
<p>Puis, étant une région à forte biodiversité, le processus de co-évolution entre les cultures indigènes et la nature, fait de La Mixteca un territoire hautement privilégié en termes bioculturels.</p>
<p>"La combinaison de la méga-diversité biologique et culturelle engendre une connaissance, une utilisation et une gestion étendues des ressources naturelles; par exemple, on estime qu'environ 3 000 espèces de plantes sont utilisées à Oaxaca "(Vázquez-Dávila, 2010, p. 311).</p>
<p>La cosmovision et l'héritage bioculturel d'origine des peuples Ñuu Savi sont liés au savoir ancestral et aux méthodes traditionnelles de gestion de leur environnement. Une action collective fondamentale contestataire dans la région consiste à revendiquer l'exclusion de ces connaissances et pratiques en tant que stratégies de gestion durable des écosystèmes (Kleiche & Waast, 2015).</p>
<p>Mais si la vision du monde de Ñuu Savi a un contenu bioculturel et socioécologique élevé dans ses connaissances et ses pratiques, comment le processus de désertification de La Mixteca a-t-il été vérifié ?</p>
<p>Désertification et anthropogenèse</p>
<p>Lorsque la végétation qui pousse sur le sol et aide à la réparer est réduite, l'érosion causée par la pluie et le vent augmente. Cela se produit lors de la destruction des forêts, du travail du sol inapproprié et du piétinement excessif du bétail (surpâturage). Déjà, lorsque les pluies intenses et les pentes ont entraîné un ralentissement de la couche plus fertile, il est apparu que l'eau n'arrivait pas à s'infiltrer et coulait à la surface, entraînant ainsi le peu de sol restant. Ensuite, apparaissent des rainures de quelques centimètres de profondeur, dont le compactage empêche la filtration de l'eau pour recharger les aquifères, tel a été le phénomène à La Mixteca, où près de 50% de la région montre des signes d'érosion modérée et grave (Valdez, Badii et Acuña, 2015).</p>
<p>Bien qu'on ait déjà prévu qu'au cours de la colonie espagnole un processus de déforestation ait été observé à La Mixteca, on ne voit pas comment cela pourrait conduire à des zones aussi vastes et désertifiées, dans un contexte socioculturel et cosmogonique hautement bioculturel et d'une telle richesse socioécologique.</p>
<p>Dans Chapela (2012), on signale la grave situation des forêts au Mexique, dont les chiffres n'ont pas de place pour se reproduire ici. Cependant, il est évident que la déforestation et la mauvaise gestion forestière répondent à un réseau complexe de causes et d'effets impliquant les désaccords des différents niveaux de gouvernement, le démantèlement des programmes de promotion du développement rural, le marché concurrentiel. la foresterie, l'inexpérience des entreprises forestières, le malentendu dans la gestion et la compréhension des écosystèmes forestiers, entre autres. C'est-à-dire qu'il s'agit d'un ensemble de problèmes aux multiples facettes dans lesquels la gestion des forêts doit être abordée de manière multidimensionnelle et dans lesquels la participation des gouvernements, des entreprises et des communautés est fondamentale.</p>
<p>Cependant, la bibliographie met en évidence les défaillances d'un acteur important en la matière, l'État (Ruíz, Tamariz, Calderón, Ticante et Cruz, 1998). Principalement parce que dans le souci de générer de la croissance économique, par la promotion du développement rural, en particulier par le biais de l'élevage, des subventions ont été accordées à des projets ruraux qui ne tenaient pas compte des conséquences environnementales de l'abattage immodéré de la forêt, de la perte de la couche la végétation, le surpâturage et l'érosion et la perte de sources qui en résultent.</p>
<p>De leur côté, les communautés rurales, désireuses d'obtenir des subventions et des ressources monétaires pour surmonter leur sous-développement, ont ignoré les conséquences d'une gestion inadéquate de leur environnement, ce qui a pour conséquence que les populations se sont maintenant installées dans des zones désertifiées, avec des sols érodés et non labourés, sources d'eau, et avec une pauvreté et une marginalisation plus grandes que celles qu'ils avaient subies à l'origine; ainsi, nous avons que les pressions vers les forêts et les zones de haute biodiversité s'accentuent avec</p>
<p>«Avancement de la frontière agricole dans les municipalités où les incitations ou les dissuasions de consacrer les terres à des activités agricoles semblent être plus importantes que celles qui existent pour en tirer parti aux fins de la foresterie, de la production de bois ou non; L'avancement des prairies, qui pourrait être associé à des processus entraînant des défaillances chroniques dans la régénération de la végétation boisée, associé à des pâturages mal gérés ou à la répétition d'incendies (...) et à la désertification dans certaines municipalités de Zacatecas et de Mixteca Poblana »(Chapela, 2009, p.10).</p>
<p>Et, s'il est relativement facile de connaître les causes immédiates des processus de dégradation des écosystèmes, il est plus compliqué de comprendre la dynamique sociale qui les crée; en partie parce que cela implique de prendre des responsabilités et aussi parce que, étant donné que le problème immédiat est de nature technique, forestière et écologique, on suppose cependant que la solution doit également être de cette nature.</p>
<p>Le moyen le plus direct d'atteindre ce relancement d'une stratégie de développement forestier semble être la création d'espaces de coordination des actions aux niveaux local ou régional pour l'utilisation durable à long terme des ressources forestières, par le biais de processus de décentralisation démocratique dans le pays que le concours des divers acteurs soit recherché en faveur d'un développement humain authentique, légitime et durable (Chapela, 2009, p.16).</p>
<p>Nous voyons ainsi un problème multidimensionnel et proposons une solution en soi très complexe, car elle suppose une convergence d'intérêts et une dynamique institutionnelle et communautaire, c'est-à-dire</p>
<p>"Au Mexique, la question de la gouvernance environnementale est liée à celle du développement social et économique par la souveraineté alimentaire et cela de manière complexe (...) la gouvernance environnementale nécessite une analyse à la fois synchronique et diachronique de la structure de la La production agricole mexicaine dans son ensemble, ainsi que la structure du monde paysan "traditionnel" et du monde rural autochtone. »(Kleiche & Waast, 2015, p.124).</p>
<p>En dépit de tout ce qui précède, nous continuons à nous interroger sur le sujet communautaire, ses pratiques et la situation de dégradation de l'environnement à La Mixteca. Que s'est-il passé dans la vie des populations rurales et des communautés d'origine de Ñuu Savi qui ont "oublié" leurs connaissances socioécologiques et ont dilapidé leur patrimoine bioculturel ?</p>
<p>Modernisation rurale: émigration et reproduction sociale</p>
<p>Nous avons déjà appris que les processus de modernisation rurale ont transformé la dynamique de la reproduction sociale dans le secteur rural au Mexique et que ces changements sont de nature hégémonique, tandis que les modes de vie traditionnels et les moyens de subsistance ancestraux sont préservés de manière subalterne et durable résilient (Espinosa S., 2014). À La Mixteca, le cas n'est pas différent de celui des affaires Michoacán, Querétaro, Hidalgo ou Jalisco.</p>
<p>Un phénomène fondamental est l'émigration de Ñuu Savi vers d'autres régions du Mexique ou des États-Unis et, partant, ou parallèlement, la conformation de ce que (Meneses & Angeles, 2014) appelle la néoindianité, à savoir l'émergence d'un sujet. Collectif bilingue, à forte mobilité migratoire, installé dans des villes en dehors de La Mixteca, qui considère l'éducation comme une alternative au développement personnel et communautaire, et qui s'identifie fortement avec sa langue et sa communauté d'origine.</p>
<p>En dépit de la forte charge ethnique du ventre de la famille Ñuu Savi, ce sujet social original devient un contexte de modernisation et s'est approprié certaines valeurs et pratiques modernes, en tant que synthèse. En définitive, bien que la tradition pointe vers une certaine pratique, la modernisation dominante en implique une autre et, pour survivre, il est nécessaire de recourir aux comportements appropriés, selon le cas.</p>
<p>«Le mouvement des mixtecos implique également le mouvement de leur culture, de leur langue, de leurs liens personnels et familiaux, de leur sentiment d'appartenance à une communauté, qui, ensemble, deviennent des mécanismes qui ont permis la reproduction sociale du groupe ethnique. »(Anguiano, 1991, p.67).</p>
<p>Ainsi, ce n'est pas une perte de sa cosmogonie holistique nature-humanité, mais dans les communautés de La Mixteca, il y a une reformulation de son noyau culturel, qui a eu pour résultat l'appropriation de la tendance à la modernisation rurale - monocultures, mécanisation agricole, exploitation forêts, élevage d'activités paysannes, etc., avec certains accents dans sa matrice culturelle, mais ayant pour but la subsistance de la famille.</p>
<p>En d'autres termes, bien que l'on sache que l'exploitation forestière immodérée et le surpâturage causent des dommages écologiques qui rendront éventuellement l'activité - foresterie ou élevage - non viable, l'urgence d'obtenir des ressources monétaires pour la subsistance quotidienne de la famille finit par neutraliser la conscience écologique. et le savoir traditionnel Ñuu Savi. L'immédiateté d'assurer la survie de la famille semble être un élément clé du désintérêt apparent vis-à-vis de la dévastation écologique à La Mixteca, comme dans d'autres régions du Mexique (Espinosa S., 2014).</p>
<p>À la recherche de ce revenu économique pour la survie de la famille, un phénomène possible est l'émigration qui implique l'abandon des terres de la famille ou de leur revenu - éventuellement leur vente - permettant ainsi d'accroître la capacité de consommation de biens et de services (Salgado , González, Infante, Márquez, Pelcastre et Serván, 2010); souvent avec le coût de souffrir de conditions de travail très pénibles (Garduño, 1991).</p>
<p>En raison de ce qui précède, l'émigration vers les villes - au Mexique ou aux États-Unis - a eu un impact sur la dynamique des communautés ethniques à La Mixteca et sur la construction d'une territorialité de Ñuu Savi dans d'autres villes, comme décrit (Gissi, 2012). pour le cas de l'Union des colons de San Miguel Teotongo dans la banlieue de Mexico. Ceci pourrait expliquer l'abandon des terres héritées, malgré leur dégradation écologique ou peut-être de ce fait, en raison d'un intérêt croissant pour l'amélioration de leur nouveau territoire urbain et de leur recherche d'une plus grande intégration sociale.</p>
<p>Cependant, les processus actuels de reproduction sociale à La Mixteca ne tiennent pas seulement compte de la subsistance familiale et communautaire, mais également du redressement de la détérioration écologique de la région et de la gestion durable du territoire, comme le montrent les analyses de (Rojas, Martínez). , Ocampo et Cruz, 2010) pour le cas des produits artisanaux et de leurs intrants sauvages, de (Núñez, Fuente et Venegas, 2012) dans la conservation et la gestion bioculturelle de (Hernández, Franco, Villareal, Camacho et Pedraza, 2011) dans la production caprine, de (Mendoza, 2002) à la gestion du bétail communal, de (Rivera & Marin, 2013) pour diverses entreprises commerciales et de (León, 2015) dans la production de sel, entre autres.</p>
<p>Comme il a été possible d'analyser les cas dans d'autres régions du Mexique, la dévastation écologique et la perturbation environnementale de certains biomes dépassent de loin, en ampleur et en dimension, les processus ou projets de restauration des forêts et des sols (de Bauer, 1998) ou de toute autre nature qui pointe vers la durabilité dans les meilleurs délais.</p>
<p>Dans le cas de La Mixteca, divers projets ont été entrepris - intervention communautaire ou recherche - pour améliorer la situation<br class='autobr' />
la situation d'épuisement écologique de la région et de réduire son impact sur la qualité de vie des familles et de leurs communautés (tableau 1)</p>
<p>La(s) Mixteca(s): una geonarrativa de las complejidades</p>
<p>En definitiva, para el caso de La Mixteca, la literatura sugiere que desde la dominación española se verifica una situación de crisis socioecológica –crisis doble y simultánea-, social en tanto la estructura de dominación de tipo caciquil y también ambiental en virtud de la forma de apropiación del entorno natural. Finalmente, todo un corpus cultural originario que resistió la imposición de la cultura española y que subsiste hasta hoy, inclusive bajo la forma de iconografía o códices (Hermann, 2009).</p>
<p>Sin embargo, ¿cómo es el carácter cultural que reside en esta región de México cuya solidez ha sido capaz de permanecer aún bajo la dominación colonial y en los tiempos de la modernización del país?</p>
<p>Cosmovisión originaria</p>
<p>Dicho de manera extremadamente sencilla, en la región Mixteca existe una fuerte tradición oral como medio de reproducción cultural, de los saberes ancestrales y de las prácticas tradicionales, lo que se ha transmitido de generación en generación mediante cuentos, leyendas e historias (López Castro & Ruíz Medrano, 2012) y que, entre otras cosas, permitió la reproducción de la cosmovisión originaria.</p>
<p>Así, la fuerza cultural mixteca tiene impacto cotidiano, por ejemplo, en la configuración de la identidad socioétnica de profesionistas oriundos de la región, en donde, sean mestizos u originarios la autoadscripción como Ñuu Savi es más importante que la de mexicano (Ramos, 2010).</p>
<p>En efecto, las representaciones sociales estudiadas en los Ñuu Savi parecieran mostrar un sólido núcleo identitario no con la región sino con la etnicidad propia (Kearney, 1992). Esto redunda en que la identidad propia se construye por el origen comunitario propio y en oposición a las comunidades circundantes, como si fuera una identidad en-conflicto, por decirlo así. Pero que, en la práctica, se traduce en una serie de luchas y demandas que van desde las disputas en contra de los cacicazgos y a favor de la organización campesina, hasta la movilización sindical del magisterio y de los trabajadores urbanos, pasando por el activismo estudiantil, la participación en organizaciones de izquierda y la conformación de colectivos populares suburbanos.</p>
<p>En términos más amplios, entonces, la cosmovisión mixteca se encuentra impregnada en los más recónditos ámbitos de la conformación del sujeto social en la región del mismo nombre</p>
<p>« En el México prehispánico, el riguroso registro del movimiento de los cuerpos estelares fue la base del conocimiento matemático, en el que se sustentaba la ideología “religiosa” (León-Portilla, 1985), que servía, a su vez, a la agricultura, la medicina (Cook, 1988), la arquitectura (Broda, 1991), la administración y la política (Graulich, 1998) (…) Como pilar fundamental de la ideología “religiosa”, se encontraba la concepción de la naturaleza como una entidad viva y sagrada, dado que de ésta provienen el alimento, el refugio, el vestido, y la esencia misma de la cultura (Alarcón-Cháires, 2003) » (Hernández, Mariaca, Vázquez, & Eroza, 2009, p. 17).<br class='autobr' />
Entonces, siendo una región altamente biodiversa, el proceso co-evolutivo entre las culturas originarias y la naturaleza, hacen de La Mixteca un territorio altamente privilegiado en términos bioculturales</p>
<p>« La conjunción de la megadiversidad biológica y cultural resulta en un amplio conocimiento, uso y manejo de los recursos naturales; por ejemplo, se estima en cerca de 3,000 las especies vegetales a las que se les otorga algún uso en Oaxaca » (Vázquez-Dávila, 2010, p. 311).</p>
<p>La cosmovisión originaria y al patrimonio biocultural de los pueblos Ñuu Savi se encuentran consignados en los saberes ancestrales y las formas tradicionales de manejo de su medioambiente. Una acción colectiva contestataria fundamental en la región consiste en el reclamo de la exclusión de tales conocimientos y prácticas como estrategias para el manejo sustentable de los ecosistemas (Kleiche & Waast, 2015).</p>
<p>Pero si la cosmovisión Ñuu Savi tiene un alto contenido biocultural y socioecológico, en sus saberes y prácticas, ¿cómo se ha verificado el proceso de desertificación de La Mixteca?</p>
<p>Desertificación y antropogénesis</p>
<p>Cuando se reduce la vegetación que crece en el suelo y que ayuda a fijarlo, aumenta la erosión causada por la lluvia y el viento. Esto sucede con la destrucción de los bosques, la labranza inapropiada y el pisoteo excesivo del ganado (sobrepastoreo). Ya cuando se obtiene un arrastre de la capa fértil mayor con las lluvias intensas y en las laderas, resulta que el agua no alcanza a infiltrarse y fluye por la superficie arrastrando el poco suelo que aún queda. Luego, aparecen surcos de pocos centímetros de profundidad cuya compactación impide la filtración del agua para que se recarguen los mantos acuíferos, este ha sido el fenómeno en La Mixteca, en donde casi el 50% de la región muestra signos de erosión moderada y grave (Valdez, Badii, & Acuña, 2015).</p>
<p>Si bien ya se anticipó que durante la colonia española se verificó un proceso de deforestación en La Mixteca, no es claro cómo pudo ello resultar en áreas desertificadas tan vastas, en un contexto sociocultural y cosmogónico altamente biocultural y de tal riqueza socioecológica.</p>
<p>En Chapela (2012) se da cuenta de la grave situación de los bosques en México, cuya numeralia no tiene caso reproducir aquí. Sin embargo, se evidencia que la deforestación y mal manejo de los bosques responde a una compleja red de causas y efectos en donde están implicados los desencuentros de los diversos niveles de gobierno, la desarticulación de los programas de fomento al desarrollo rural, el competitivo mercado forestal, la inexperiencia de las empresas forestales, el desacierto en el manejo y comprensión de los ecosistemas forestales, entre otros. Esto es, un clúster de problemas con muchas aristas en donde la gestión forestal tiene que ser abordada de manera multidimensional y en el que la concurrencia gubernamental, empresarial y comunitaria es fundamental.</p>
<p>No obstante, la bibliografía apunta hacia los desaciertos de un actor relevante en la materia, el Estado (Ruíz, Tamariz, Calderón, Ticante, & Cruz, 1998). Principalmente porque en el afán de generar crecimiento económico, a través del fomento al desarrollo rural, en particular mediante la ganadería, se han otorgado subsidios a proyectos rurales que no contemplaban las consecuencias ambientales de la tala inmoderada del bosque, de la pérdida de la capa vegetal, del sobrepastoreo y la consecuente erosión y pérdida de manantiales.</p>
<p>Por su parte, las comunidades rurales, en su afán de obtener subsidios y recursos monetarios para superar su subdesarrollo, hicieron caso omiso de las implicaciones de un manejo inadecuado de su medioambiente, resultando en poblaciones ahora asentadas en áreas desertificadas, con suelos erosionados y sin fuentes de agua, y con mayor pobreza y marginación que la que originalmente padecían; así, tenemos que las presiones hacia los bosques y zonas de alta biodiversidad se ven acentuadas con el</p>
<p>« Avance de la frontera agropecuaria en municipios donde los incentivos o desincentivos para dedicar la tierra a actividades agropecuarias, parecen ser mayores a los que existen para aprovecharla con fines de producción forestal, maderable o no maderable; Avance de pastizales, lo cual podría estar asociado a procesos en donde hay fallas crónicas en la regeneración de la vegetación arbolada, asociadas a un pastoreo mal manejado o la ocurrencia recurrente de fuego (…) y Desertificación en algunos municipios de Zacatecas y de la Mixteca Poblana » (Chapela, 2009, p. 10).</p>
<p>Y, mientras que es relativamente sencillo conocer las causas inmediatas de los procesos de degradación de los ecosistemas, más complicado es entender las dinámicas sociales que las originan; en parte porque implica asumir responsabilidades y también porque, dado que el problema inmediato es de carácter técnico-forestal-ecológico, se supone que la solución también debe ser de esa índole, sin embargo.</p>
<p>La manera más directa de lograr este relanzamiento de una estrategia de Desarrollo Forestal, parece ser el establecimiento de espacios para la concertación a niveles local o regional de acciones para el aprovechamiento sostenible de largo plazo de los recursos forestales, mediante procesos de descentralización democrática en los que se busque la concurrencia de los diversos actores a favor de un desarrollo humano genuino, legítimo y sostenible (Chapela, 2009, p. 16).</p>
<p>De tal forma, se advierte un problema multidimensional y se propone una ruta de solución que es, en sí misma, harto compleja porque supone concurrencia de intereses y dinámicas institucionales y comunitarias, esto es que</p>
<p>« En México la cuestión de la gobernanza ambiental se relaciona con la cuestión del desarrollo social y económico a través de la soberanía alimentaria y ello de manera compleja (…) la gobernanza ambiental necesita un análisis a la vez sincrónico y diacrónico de la estructura de la producción agrícola mexicana en conjunto, así como de la estructura del mundo rural “tradicional” campesino y autóctono. » (Kleiche & Waast, 2015, p. 124).</p>
<p>A pesar de todo lo anterior, seguimos preguntándonos acerca de el sujeto comunitario, sus prácticas y la situación de degradación ambiental en La Mixteca. ¿Qué ha sucedido en la vida de las poblaciones rurales y de las comunidades originarias Ñuu Savi que han “olvidado” sus saberes socioecológicos y derrochado su patrimonio biocultural?</p>
<p>Modernización rural: emigración y reproducción social</p>
<p>Ya hemos conocido que los procesos de modernización rural han venido transformado la dinámica de reproducción social en el sector rural en México y que dichos cambios son de carácter hegemónico, mientras que los modos de vida tradicional y medios de vida ancestral se conservan de manera subalterna y resiliente (Espinosa S., 2014). En La Mixteca, no es diferente a los casos en Michoacán, Querétaro, Hidalgo o Jalisco que hemos abordado.</p>
<p>Un fenómeno fundamental es la emigración Ñuu Savi, a otras regiones de México o a los Estados Unidos y –por ello o paralelamente a ello, la conformación de lo que (Meneses & Angeles, 2014) denominan neoindianidad, o sea, la emergencia de un sujeto colectivo bilingüe, de alta movilidad migratoria, asentados en ciudades fuera de La Mixteca, que considera a la educación como una alternativa de crecimiento personal y comunitario, y que se autoidentifican fuertemente con su lengua originaria y comunidad.</p>
<p>A pesar de la fuerte carga étnica del seno familiar Ñuu Savi, este sujeto social originario deviene en un contexto de modernización y se ha apropiado de algunos valores y prácticas modernos, a manera de síntesis. En última instancia, aunque la tradición señale cierta práctica, la modernización dominante implica otra y, para subsistir, necesariamente hay que recurrir a las conductas pertinentes según el caso</p>
<p>« el movimiento de los mixtecos supone también el movimiento de su cultura, de su idioma, de sus lazos personales y familiares, de su sentimiento de pertenencia a una comunidad, que en conjunto se transforman en mecanismos que han permitido la reproducción social del grupo étnico » (Anguiano, 1991, p. 67).</p>
<p>Así, no es una pérdida de su cosmogonía holística naturaleza-humanidad, sino que en las comunidades de La Mixteca existe una reformulación de su núcleo cultural cuyo resultado ha sido la apropiación de la tendencia hacia la modernización rural –monocultivos, mecanización agrícola, explotación de bosques, ganaderización de la actividad campesina, etc.-, con ciertos acentos en su matriz cultural, pero cuya finalidad es la subsistencia familiar.</p>
<p>Dicho de otro modo, aunque existe entendimiento de que la tala inmoderada y el sobrepastoreo causa estragos ecológicos que, eventualmente, harán inviable la actividad –forestal o pecuaria-, la urgencia por obtener recursos monetarios para la subsistencia familiar cotidiana termina por neutralizar la conciencia ecológica y los saberes tradicionales Ñuu Savi. La inmediatez por lograr la sobrevivencia familiar parece ser pieza clave en el aparente desinterés hacia la devastación ecológica en La Mixteca, como lo ha sido en otras regiones de México (Espinosa S., 2014).</p>
<p>En la búsqueda de estos ingresos económicos para la sobrevivencia familiar, un fenómeno posibilitador de ello es la emigración que implica el abandono de las tierras familiares o su renta –eventualmente, su venta- logrando así tener mayor capacidad de consumo de bienes y servicios (Salgado, González, Infante, Márquez, Pelcastre, & Serván, 2010); frecuentemente con el coste de sufrir condiciones de trabajo muy arduas (Garduño, 1991).</p>
<p>Por lo anterior, la emigración hacia las ciudades –en México o en los EEUU- ha repercutido en un trastocamiento de las dinámicas étnico-comunitarias en La Mixteca y en la construcción de una territorialidad Ñuu Savi en otras ciudades como describe (Gissi, 2012) para el caso de la Unión de colonos de San Miguel Teotongo en la periferia de la Ciudad de México. Lo anterior, podría explicar el abandono de las tierras heredadas –a pesar de su situación de deterioro ecológico o quizás por ello- por un creciente interés hacia la mejoría de su nuevo territorio urbano y su búsqueda de mayor integración social.</p>
<p>Sin embargo, los procesos actuales de reproducción social en La Mixteca no sólo consideran la subsistencia familiar y comunitaria, si no también la recuperación del deterioro ecológico de la región y el manejo sustentable del territorio, como se aprecia en los análisis de (Rojas, Martínez, Ocampo, & Cruz, 2010) para el caso de las artesanías y sus insumos silvestres, de (Núñez, Fuente, & Venegas, 2012) en la conservación y manejo biocultural, de (Hernández, Franco, Villareal, Camacho, & Pedraza, 2011) en la producción caprina, de (Mendoza, 2002) en el manejo del ganado comunal, de (Rivera & Marin, 2013) para diversos emprendimientos comerciales, y de (León, 2015) en la producción de la sal, entre otros.</p>
<p>Como se ha podido analizar para los casos en otras regiones de México, la devastación ecológica y la disrupción medioambiental de ciertos biomas, superan por mucho, en magnitud y dimensión, a los procesos o proyectos de restauración forestal y del suelo (de Bauer, 1998) o de cualquier otra índole que apunte hacia la sustentabilidad de forma puntual.</p>
<p>Para el caso de La Mixteca, se han emprendido diversos proyectos –de intervención comunitaria o investigación- para mejorar la situación de agotamiento ecológico de la región y reducir su impacto en la calidad de vida de las familias y sus comunidades (Tabla 1).</p>
<p><a href="https://manuelantonioespinosa.wordpress.com/2016/07/25/las-mixtecas-una-geonarrativa-de-las-complejidades/" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<div class='spip_document_12851 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L415xH447/cocijo-38b9b.jpg?1790088662' width='415' height='447' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_12850 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L260xH363/260px-Pectoral-ed858.gif?1790088663' width='260' height='363' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_12849 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/cultura-mixteca-22.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH333/cultura-mixteca-22-5b0a9.jpg?1790088663' width='500' height='333' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_12848 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/slide-15-1024.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/slide-15-1024-5472a.jpg?1790088663' width='500' height='375' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_12847 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L350xH372/Pectoral-64c6d.jpg?1790088663' width='350' height='372' alt='' />
</figure>
</div></div>