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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
	<link>https://www.matierevolution.org/</link>
	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;
Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.fr/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>Boucles de r&#233;troaction en g&#233;n&#233;tique</title>
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		<dc:date>2020-09-24T22:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Boucle de r&#233;troaction</dc:subject>
		<dc:subject>Auto-organisation</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ren&#233; Thomas, sp&#233;cialiste en circuits de feedback de la g&#233;n&#233;tique, analyse le r&#244;le des boucles de r&#233;troaction en g&#233;n&#233;tique et leur importance dans le processus de diff&#233;renciation cellulaire. Il d&#233;bute par quelques consid&#233;rations d'analyse math&#233;matique qui montrent qu'il y a une analogie entre des boucles de r&#233;troaction interactives et des syst&#232;mes d'&#233;quations diff&#233;rentielles chaotiques. Rappelons d'abord qu'on a une boucle de r&#233;troaction &#224; chaque fois que part d'un &#233;l&#233;ment une s&#233;rie de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique33" rel="directory"&gt;D&#233;veloppement et g&#233;n&#233;tique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot73" rel="tag"&gt;Boucle de r&#233;troaction&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot84" rel="tag"&gt;Auto-organisation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ren&#233; Thomas, sp&#233;cialiste en circuits de feedback de la g&#233;n&#233;tique, analyse le r&#244;le des boucles de r&#233;troaction en g&#233;n&#233;tique et leur importance dans le processus de diff&#233;renciation cellulaire. Il d&#233;bute par quelques consid&#233;rations d'analyse math&#233;matique qui montrent qu'il y a une analogie entre des boucles de r&#233;troaction interactives et des syst&#232;mes d'&#233;quations diff&#233;rentielles chaotiques. Rappelons d'abord qu'on a une boucle de r&#233;troaction &#224; chaque fois que part d'un &#233;l&#233;ment une s&#233;rie de r&#233;actions qui revient agir sur cet &#233;l&#233;ment. La r&#233;troaction peut &#234;tre positive ou n&#233;gative. Cela signifie que l'action en retour peut favoriser la production de cet &#233;l&#233;ment ou au contraire la freiner ou la bloquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons aussi que les &#233;quations diff&#233;rentielles sont celles qui relient les quantit&#233;s et leur vitesse d'&#233;volution ainsi que l'acc&#233;l&#233;ration de cette &#233;volution. Les lois sont g&#233;n&#233;ralement des &#233;quations diff&#233;rentielles de ce type. Celles qui ont trois param&#232;tres sont capables d'engendrer un attracteur chaotique. Cela signifie que les courbes sont feuillet&#233;es &#224; l'extr&#234;me, chaque courbe se rapprochant infiniment de la suivante. Il en d&#233;coule que la moindre variation d'un param&#232;tre fait sauter d'une courbe &#224; une autre. En d&#233;coule aussi que la suite de l'histoire est chang&#233;e par un tout petit changement. C'est ce que l'on appelle la sensibilit&#233; aux conditions initiales. On est en plein dans le chaos d&#233;terministe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or Ren&#233; Thomas montre que les m&#234;mes conditions qui font que des boucles de r&#233;troaction &#224; trois &#233;l&#233;ments engendrent des situations de type foyer-col font que l'&#233;quation diff&#233;rentielle correspondante m&#232;ne &#224; un attracteur chaotique. En dynamique, l'expression col signifie qu'une position stationnaire peut &#234;tre trouv&#233;e et conserv&#233;e un certain temps. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il peut y avoir un &#233;tat stationnaire instable produit par des interactions entre des boucles de r&#233;troactions lorsqu'il y a une dynamique chaotique. C'est un point tr&#232;s important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On en d&#233;duit que des lois non-lin&#233;aires des g&#232;nes qui r&#233;troagissent peuvent produire des structures &#233;mergentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que les g&#232;nes sont effectivement r&#233;troactifs et constituent avec les prot&#233;ines des boucles positives ou n&#233;gatives qui actionnent, inhibent, acc&#233;l&#232;rent ou ralentissent la production des prot&#233;ines par les g&#232;nes. C'est ainsi que l'ADN qui, seul, est inactif devient la base de l'activit&#233; g&#233;n&#233;tique du vivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mat&#233;riel g&#233;n&#233;tique ne doit donc pas &#234;tre con&#231;u comme porteur &#224; lui seul de la g&#233;n&#233;tique qui est une structure d'auto-organisation des interactions. Chaque g&#232;ne doit donc &#234;tre per&#231;u non comme un individu mais comme une boucle de r&#233;troaction qui interagit avec d'autres boucles. Ces diverses boucles peuvent produire des structures stationnaires instables. Ce sont des r&#233;seaux de r&#233;troactions coupl&#233;s. C'est un ordre g&#233;n&#233;tique. On con&#231;oit ainsi que l'ordre g&#233;n&#233;tique n'est pas programm&#233;, inscrit d'avance mais construit par la dynamique des interaction entre boucles de r&#233;troaction des g&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'esp&#232;ce est con&#231;ue g&#233;n&#233;tiquement comme un ordre &#233;mergent. Chaque individu construit lui-m&#234;me cet ordre en explorant les possibilit&#233;s de la g&#233;n&#233;tique. C'est en interagissant que les boucles de r&#233;troaction des g&#232;nes explorent leurs possibilit&#233;s. Elles n'ont pas de r&#233;ponse faite d'avance. C'est ce qui explique que la vie soit &#224; la fois sujette &#224; la variation et &#224; la reproduction &#224; l'identique, deux propri&#233;t&#233;s apparemment diam&#233;tralement oppos&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'explique Jean-Claude Ameisen dans &#171; La sculpture du vivant &#187;, &#171; l'&#233;conomie de l'univers du vivant ne fait pas exception &#224; l'&#233;conomie de l'univers de la mati&#232;re. &#187; La structure g&#233;n&#233;tique d'une mol&#233;cule d'ADN est fix&#233;e mais elle participe d'un ballet des mol&#233;cules qui viennent se fixer et qui se d&#233;tachent pour actionner ou inhiber les g&#232;nes contenus dans l'ADN. Cette agitation provient du cytoplasme qui a un r&#244;le actif alors que l'ADN est une mol&#233;cule passive. La mol&#233;cule ADN n'est fixe que si on consid&#232;re sa partie codante mais sa partie non codante, elle, change. Elle diminue au fur et &#224; mesure des copies. Or la partie non codante est d&#233;terminante pour les coupages, collages, pliages qui permettent le copiage. C'est l'origine du vieillissement g&#233;n&#233;tique. L&#224; encore, le d&#233;sordre est &#224; la base d'un fonctionnement du vivant et le ph&#233;nom&#232;ne actif provient du d&#233;sordre et non de l'ordre. Cela va jusqu'aux neurones, les cellules qui fondent notre syst&#232;me nerveux et c&#233;r&#233;bral, qui sont li&#233;s par des r&#233;seaux neuronaux fond&#233;s sur un message neuronal d&#233;sordonn&#233;. La soci&#233;t&#233; conna&#238;t &#233;galement ce type de ph&#233;nom&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4694&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Evolution et G&#233;n&#233;tique, model&#233;s par les modifications dans l'organisation des r&#233;troactions des g&#232;nes et des prot&#233;ines&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=4PIUaJZyeNA&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Un exemple : la testost&#233;rone chez l'homme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article570&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qu'est-ce qu'une boucle de r&#233;troaction ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article47&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;troaction de la mort et de la vie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article555&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fonctionnement hi&#233;rarchis&#233; et non-lin&#233;aire des g&#232;nes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article543&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Des cha&#238;nes de r&#233;troaction des g&#232;nes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Des cycles d&#233;sordre-ordre-d&#233;sordre</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article6815</link>
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		<dc:date>2020-02-19T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Dialectic - Dialectique</dc:subject>
		<dc:subject>Boucle de r&#233;troaction</dc:subject>
		<dc:subject>Contradictions</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La mati&#232;re, entre ordre et d&#233;sordre, le film &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Il y a &#171; apparition &#187; d'ordre, diff&#233;renciation structurale, acquisition de fonctions &#224; partir d'un m&#233;lange d&#233;sordonn&#233; de mol&#233;cules individuellement d&#233;pourvues de toute activit&#233;, de toute propri&#233;t&#233; fonctionnelle intrins&#232;que autre que de reconna&#238;tre les partenaires avec lesquels elles vont constituer la structure. &#187; Le biologiste Jacques Monod dans &#171; Le hasard et la n&#233;cessit&#233; &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Une th&#233;orie veut que l'histoire &#233;volue par cycles. Mais, comme (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;Chapter 07 : Dynamical contradictions - Des contradictions dynamiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Dialectic - Dialectique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot73" rel="tag"&gt;Boucle de r&#233;troaction&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot78" rel="tag"&gt;Contradictions&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.canalu.tv/producteurs/universite_de_tous_les_savoirs/dossier_programmes/les_conferences_de_l_annee_2000/les_etats_de_la_matiere_approches_physiques_de_la_complexite/pourquoi_la_matiere_change_t_elle_d_etat_la_competition_entre_ordre_et_desordre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La mati&#232;re, entre ordre et d&#233;sordre, le film&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#171; Il y a &#171; apparition &#187; d'ordre, diff&#233;renciation structurale, acquisition de fonctions &#224; partir d'un m&#233;lange d&#233;sordonn&#233; de mol&#233;cules individuellement d&#233;pourvues de toute activit&#233;, de toute propri&#233;t&#233; fonctionnelle intrins&#232;que autre que de reconna&#238;tre les partenaires avec lesquels elles vont constituer la structure. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le biologiste &lt;strong&gt;Jacques Monod&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
dans &#171; Le hasard et la n&#233;cessit&#233; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Une th&#233;orie veut que l'histoire &#233;volue par cycles. Mais, comme un escalier en colima&#231;on, lorsque le cours des &#233;v&#233;nements humains revient &#224; son point de d&#233;part, il le fait &#224; un niveau diff&#233;rent. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le math&#233;maticien &lt;strong&gt;Ian Stewart&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
dans &#171; Dieu joue-t-il aux d&#233;s &#187;Les scientifiques ont longtemps cherch&#233; un ordre naturel s'opposant au d&#233;sordre, un atome fixe constituant la brique &#233;l&#233;mentaire de l'univers mat&#233;riel, une loi permettant de pr&#233;dire. Pour la vie, l'ordre serait l'ADN pr&#233;programm&#233;, pour la mati&#232;re ce serait la particule, pour la chimie ce serait la mol&#233;cule, pour la biochimie la cellule, etc&#8230; C'est une th&#232;se tr&#232;s bien d&#233;velopp&#233;e et diffus&#233;e au point que certains pensent que ce serait la seule conception scientifique. Le monde serait bien ordonn&#233; et cela permettrait de comprendre que le r&#233;sultat fonctionne. Une telle d&#233;marche est aux antipodes de l'id&#233;e d'une nature instable, d'un ordre au sein duquel les contradictions peuvent sans cesse exploser, d'un ordre &#233;mergent fond&#233; sur le d&#233;sordre, de lois ne permettant pas de pr&#233;dire parce que de petits facteurs peuvent intervenir &#224; grande &#233;chelle. L'agitation du monde se manifeste r&#233;guli&#232;rement : cyclone, tremblement de terre, tsunami, &#233;pid&#233;mie, explosion de biodiversit&#233;, explosion originelle d'une &#233;toile naissante ou absorption d'une galaxie par une autre, crise &#233;conomique ou guerre meurtri&#232;re. L'univers, mat&#233;riel comme vivant ou humain, ne ressemble en rien au calme et &#224; la tranquille continuit&#233; que nous souhaiterions pr&#234;ter au monde qui nous entoure. Ces explosions ne sont pas des accidents qui font exception dans un monde &#171; comme un long fleuve tranquille &#187;. Les tremblements de terre sont incessants mais &#224; des niveaux divers et al&#233;atoires. La terre est sans cesse en mouvement m&#234;me si les montagnes, les mers, les &#233;toiles, les esp&#232;ces vivantes, les objets mat&#233;riels semblent calmes et m&#234;me immuables. L'apparente immobilit&#233; ne r&#233;sulte que de contradictions s'annulant momentan&#233;ment &#224; une certaine &#233;chelle mais se pr&#233;parant &#224; nouveau &#224; se combattre violemment au moment o&#249; on s'y attend le moins. Il en va du volcan momentan&#233;ment au repos comme des mol&#233;cules &#224; l'agitation invisible, de la tectonique des plaques provisoirement insensible comme de la lutte de classe entre la bourgeoisie et le prol&#233;tariat. C'est la soci&#233;t&#233; qui projette ses propres aspirations en imposant une image de s&#233;r&#233;nit&#233; &#224; la nature, en nous pr&#233;sentant des images de continuit&#233; et de stabilit&#233; d'un cosmos qui n'en a pas les propri&#233;t&#233;s. Mais, loin de regretter une intervention sociale en sciences, il nous faut constater que la r&#233;alit&#233; mat&#233;rielle n'est pas si diff&#233;rente de la soci&#233;t&#233; elle-m&#234;me : il y a une esp&#232;ce de vie sociale dans les &#234;tres vivants, y compris dans les unicellulaires qui &#233;changent des informations, se d&#233;placent, vient, meurent et s'organisent en fonction des moyens de subsistance collectifs. Il en va de m&#234;me des cellules vivantes dans un corps pluricellulaires, y compris dans un homme. Ce n'est pas l'ADN qui dit ce que sera la cellule, une cellule nerveuse ou musculaire par exemple. Ce ne serait pas possible puisque l'ADN est le m&#234;me pour deux cellules quelconques d'un m&#234;me individu. C'est l'environnement cellulaire qui envoie des informations &#224; la cellule sur sa vie, sa mort, ses d&#233;placements, don &#233;volution vers la sp&#233;cialisation. Il en va de m&#234;me en ce qui concerne la mati&#232;re dite inerte. Un individu est lui aussi le sujet de multiples interactions avec ses semblables et avec l'environnement. C'est ce qui d&#233;termine son identit&#233;. Elle n'est pas pr&#233;d&#233;finie par les propri&#233;t&#233;s de son corps qui n'indiquent que des potentialit&#233;s. Ce sont les relations qui font de nous des hommes. Les informations qui s'&#233;changent aussi entre particules et antiparticules (r&#233;elles ou virtuelles) indiquent la suite de l'&#233;volution de la particule, les sauts, les transformations d'&#233;tat, les liaisons, les appartenances &#224; des structures de rang plus &#233;lev&#233;, l'auto-organisation.. Or ces interactions, dans la mati&#232;re, dans la vie comme dans la soci&#233;t&#233;, se font au hasard, ou pour parler plus clairement, de fa&#231;on d&#233;sordonn&#233;e. Les mol&#233;cules, les cellules, les particules, les hommes rencontrent tel ou tel voisinage suivant des histoires vari&#233;es et, cependant, le r&#233;sultat final n'est pas compl&#232;tement au hasard. On constate une certaine organisation, un certain ordre. Quel est le lien entre ordre et d&#233;sordre ? Voil&#224; une question qui divise les scientifiques, tout autant que les philosophes, les sociologues ou les historiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e que l'on veut d&#233;velopper ici est celle selon laquelle la science, comme l'histoire des hommes, n'&#233;tudie pas des lois fond&#233;es sur la constance, la r&#233;gularit&#233;, la lin&#233;arit&#233; ni la p&#233;riodicit&#233; mais sur le d&#233;sordre, sur l'agitation comme le pensait la science &#224; ses d&#233;buts. Le d&#233;sordre a ses lois dont l'ordre n'est qu'un aboutissement momentan&#233; &#224; une &#233;chelle donn&#233;e. Dans ces lois du d&#233;sordre, l'agitation port&#233;e &#224; un point critique m&#232;ne &#224; une structure, &#224; une constance, &#224; une durabilit&#233;. Le d&#233;sordre construit l'ordre. Le fugitif b&#226;tit le durable. La structure n'est possible que du fait de l'agitation interne. C'est l'agitation mol&#233;culaire qui b&#226;tit le vivant. Cette id&#233;e n'est pas neuve en philosophie mais elle n'a pu trouver ses marques en sciences que depuis la physique de &lt;strong&gt;Ludwig&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;Boltzmann,&lt;/strong&gt; avec sa physique statistique, et a eu de nombreux d&#233;veloppements r&#233;cents. La r&#233;volution est violente ; elle est un bond d'un &#233;tat &#224; un autre sans interm&#233;diaire. Les scientifiques se posent eux aussi le probl&#232;me du saut qualitatif&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hubert Reeves expose ainsi dans &#171; Patience dans l'azur &#187; : &#171; La mati&#232;re a de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; que repr&#233;sente le changement brutal de structure de la mati&#232;re. Et ils constatent que la dynamique interne du syst&#232;me mat&#233;riel peut mener quasi instantan&#233;ment &#224; une modification radicale de structure. C'est ce que fait le physicien &lt;strong&gt;Max Planck&lt;/strong&gt; (dans le texte cit&#233; plus haut) concernant le ph&#233;nom&#232;ne de la radioactivit&#233;, c'est-&#224;-dire de l'instabilit&#233; du noyau d'un atome lourd. Il constate que le changement de structure n'est pas d&#251; &#224; un choc externe mais au type m&#234;me de la structure, instable et capable de se transformer en de nouvelles structures avec d&#233;gagement d'&#233;nergie. Ce type de situation est fr&#233;quent dans de multiples ph&#233;nom&#232;nes physiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Citons des domaines de la physique parfois peu connus du lecteur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; recouvrant des situations o&#249; une structure est d&#233;molie et une structure nouvelle est construite apr&#232;s un choc d&#233;veloppant une certaine quantit&#233; d'&#233;nergie. Cette &#233;nergie a &#233;t&#233; productrice de d&#233;sordre, dans un syst&#232;me instable contenant un grand nombre de possibilit&#233;s structurelles, mais a produit ensuite un nouvel ordre. L'&#233;nergie est une autre expression de l'agitation du niveau inf&#233;rieur de structure. Une des caract&#233;ristiques de la r&#233;volution est qu'un niveau inf&#233;rieur hi&#233;rarchiquement a produit un changement &#224; un &#233;chelon sup&#233;rieur. Le chaos d&#233;terministe expose ainsi sous le vocable &#171; sensibilit&#233; aux conditions initiales &#187; que sous certaines conditions de seuil une structure peut sauter vers un &#233;tat d&#233;sordonn&#233; puis vers un nouvel ordre. Ce changement peut &#234;tre d&#251; &#224; un tout petit facteur. Il y a un parall&#232;le &#224; d&#233;velopper entre la philosophie des ph&#233;nom&#232;nes non lin&#233;aires et celle des r&#233;volutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;sordre a donn&#233; lieu &#224; beaucoup moins d'&#233;tudes scientifiques, historiques ou philosophiques que l'ordre. Des centaines de fois plus d'ouvrages&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Remarquons cependant que c'est de moins en moins vrai : thermodynamique de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ont &#233;t&#233; &#233;crits sur les phases de conservation et de r&#233;gulation de la mati&#232;re et de la soci&#233;t&#233; que sur leurs phases de transformation brutale. Pourtant, les courts instants (relativement) d'un cataclysme, naturel comme social, marquent infiniment plus le monde que des d&#233;cennies de calme, d'immobilit&#233; ou de r&#233;gularit&#233;. Des r&#233;volutions qui ont dur&#233; quelques ann&#233;es ont influenc&#233; le monde pendant des centaines ou des milliers d'ann&#233;es. Des chocs de l'histoire physique du globe terrestre qui ont dur&#233; des dizaines de milliers d'ann&#233;es l'ont marqu&#233; sur des dizaines de millions d'ann&#233;es. On peut comprendre en partie cette r&#233;ticence intellectuelle envers les cataclysmes par le fait que de telles situations sont d&#233;stabilisantes, y compris pour ceux qui ne les ont pas v&#233;cues. On a affaire &#224; un &#233;v&#233;nement, c'est-&#224;-dire &#224; une discontinuit&#233; de l'Histoire, que ce soit celle de la mati&#232;re, de la vie ou de la soci&#233;t&#233; humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu d'identifier la mati&#232;re &#224; un d&#233;placement d'objets stables et fixes, fond&#233;s sur la loi de conservation de l'&#233;nergie, un petit nombre de scientifiques a soulign&#233; l'importance de la qualit&#233; de l'&#233;nergie, c'est-&#224;-dire du niveau hi&#233;rarchique de l'ordre. Des physiciens comme &lt;strong&gt;Carnot&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Boltzmann&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Brunhes&lt;/strong&gt; ont soulign&#233; que la conservation de l'&#233;nergie ne signifie pas la stabilit&#233; du syst&#232;me car il peut y avoir un changement qualitatif. Comme chacun sait, il y a diff&#233;rentes &#233;chelles de la mati&#232;re qui sont embo&#238;t&#233;es en poup&#233;es russes. Cette structure a un r&#244;le dynamique et non fig&#233; : une diminution de l'&#233;nergie permet une action &#224; plus petite &#233;chelle. C'est le changement qualitatif de l'&#233;nergie qui peut se produire malgr&#233; la constance de l'&#233;nergie globale. D'autre part, la stagnation globale de l'ordre (ph&#233;nom&#232;ne d'entropie) n'emp&#234;che pas une augmentation de l'ordre local pay&#233;e par une augmentation du d&#233;sordre ext&#233;rieur. Cependant la science s'est d'avantage d&#233;velopp&#233;e pour &#233;tudier les &#233;tats stationnaires que les changements brutaux et le d&#233;sordre.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le d&#233;sordre de l'atmosph&#232;re, les variations des populations animales, les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Le physicien &lt;strong&gt;Georges Lochak&lt;/strong&gt; en donnait la raison dans sa pr&#233;face &#224; l'ouvrage fameux &#171; La d&#233;gradation de l'&#233;nergie &#187; de &lt;strong&gt;Bernard Brunhes&lt;/strong&gt; : &#171; &lt;i&gt;La physique moderne, qui est n&#233;e avec Galil&#233;e et Newton, doit son succ&#232;s &#224; l'exp&#233;rience. Or l'indispensable vertu de l'exp&#233;rience est la r&#233;p&#233;tabilit&#233; : une observation unique n'est pas un fait scientifique. D'o&#249; l'importance des &#233;tats stationnaires, qui laissent le temps n&#233;cessaire &#224; l'observation et dont la pr&#233;paration est facilement renouvelable, tandis que les &#233;tats transitoires, les &#233;tats &#233;volutifs, sont plus fugaces et plus difficiles &#224; saisir. La nature se pr&#233;sente &#224; nous comme ces petites mouches des journ&#233;es chaudes d'&#233;t&#233;, que nous voyons presque immobiles, soutenues par un battement d'ailes si vif qu'on le discerne &#224; peine, et qui, soudain changent de place presque instantan&#233;ment, en un vol bref et rapide, pour s'immobiliser un peu plus loin : les &#233;tats stationnaires s'&#233;talent devant nos yeux, mais pour apercevoir des transitoires, il faut les chercher. Peut-&#234;tre par suite d'une harmonie secr&#232;te entre les math&#233;matiques et la physique, ou plus probablement de la demande des physiciens, l'appareil math&#233;matique d&#233;crivant les processus stationnaires est lui aussi plus d&#233;velopp&#233; que celui qui d&#233;crit les processus &#233;volutifs ; si bien qu'un nouveau ph&#233;nom&#232;ne stationnaire trouve aussit&#244;t un cadre conceptuel pr&#234;t &#224; l'accueillir, alors que, pratiquement, tout est &#224; chaque fois &#224; refaire pour un processus &#233;volutif. L'id&#233;e m&#234;me de loi s'identifie, en physique, au concept de r&#233;gularit&#233; et non &#224; celui d'&#233;volution. (...) C'est dans l'optique g&#233;n&#233;rale d'un d&#233;bat sur les lois de conservation et d'&#233;volution et sur l'importance relative des ph&#233;nom&#232;nes stationnaires et des processus transitoires, qu'il est int&#233;ressant de relire &#171; La d&#233;gradation de l'&#233;nergie &#187; de Brunhes. &#187; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt;Bernard Brunhes&lt;/strong&gt; &#233;crivait ainsi &#171; &lt;i&gt;Dans l'entourage et &#224; l'&#233;poque de Carnot, on cherchait et on voulait quelque chose qui se conserv&#226;t. On s'effor&#231;ait d'atteindre le permanent. Lavoisier avait proclam&#233; la conservation de la masse dans les r&#233;actions chimiques. La place avait montr&#233; la stabilit&#233; du syst&#232;me solaire ; Fourier avait c&#233;l&#233;br&#233; un monde '' dispos&#233; pour l'ordre, la perp&#233;tuit&#233; et l'harmonie''. C'est dans cette atmosph&#232;re intellectuelle qu'a surgi, comme par g&#233;n&#233;ration spontan&#233;e, en trois points de l'Europe savante, le principe de conservation de l'&#233;nergie.&lt;/i&gt; &#187; Il revient sur la notion d'entropie en rappelant ce que &lt;strong&gt;Carnot&lt;/strong&gt; relevait d&#233;j&#224;. La constance de l'&#233;nergie globale ne signifie pas l'immobilit&#233;, la qualit&#233; de l'&#233;nergie pouvant se d&#233;grader ce qui suppose un saut qualitatif, c'est-&#224;-dire un passage de niveau d'organisation hi&#233;rarchique de la mati&#232;re. La temp&#233;rature fixe d'un liquide ou d'un gaz est-elle un ordre ou un d&#233;sordre ? Un param&#232;tre en moyenne fixe semble &#234;tre un ordre. Pourtant, la temp&#233;rature est fond&#233;e sur l'agitation mol&#233;culaire qui uniformise le fluide. Il se r&#233;alise donc par une dynamique fond&#233;e sur le d&#233;sordre des interactions mol&#233;culaires, agitation du mouvement brownien elle-m&#234;me fond&#233;e sur l'ordre que repr&#233;sente la mol&#233;cule. Mais l'ordre de la mol&#233;cule est lui-m&#234;me fond&#233; sur l'agitation des atomes et de leurs composants (&#233;lectrons, neutrons, protons). L'ordre de la particule repose &#233;galement sur le d&#233;sordre des fluctuations du vide. Et ainsi de suite&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la nature, ordre et d&#233;sordre s'interp&#233;n&#232;trent ainsi &#224; l'infini. Nous observons autour de nous des quantit&#233;s d'exemples dans lesquels l'ordre est un produit du d&#233;sordre mais, le plus souvent, nous ignorons qu'il en est ainsi. Les t&#226;ches solaires, les saisons, les nuages, les climats, les particules, les &#233;tats de la mati&#232;re (solide, liquide, gaz) sont quelques un des multiples exemples d'un ordre produit du d&#233;sordre. Pour &lt;strong&gt;Ilya&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;Prigogine&lt;/strong&gt;, la notion d'ordre par fluctuation dans un syst&#232;me maintenu en &#233;tat de non-&#233;quilibre est n&#233;cessaire pour comprendre les syst&#232;mes non lin&#233;aires se stabilisant un certain temps alors qu'ils sont loin de la stabilit&#233;. Ce type de syst&#232;me n'est pas un cas marginal dans la nature. Au contraire, la lin&#233;arit&#233; est une approximation qui n'est valable que dans quelques cas tr&#232;s exceptionnels. C'est l'ensemble du cosmos qui appara&#238;t aujourd'hui aux scientifiques comme un syst&#232;me non lin&#233;aire loin de l'&#233;quilibre et qui conna&#238;t des structures durables comme celles de la mati&#232;re corpusculaire ou comme les &#233;toiles et galaxies. On a longtemps cru que l'interpr&#233;tation de la nature par des lois supposait qu'elles m&#232;nent tout syst&#232;me &#224; l'&#233;quilibre (thermodynamique par exemple). Finalement on constate que l'ordre se construisant &#224; partir d'un univers d&#233;sordonn&#233; peut mener &#224; des structures loin de l'&#233;quilibre. Ainsi, un nuage apparemment stable est issu du d&#233;sordre de l'agitation des mol&#233;cules d'eau, d&#233;sordre dont l'&#233;nergie est entretenue par les rayons du soleil. La surface d'eau liquide, apparemment lisse, est un ordre issu du d&#233;sordre puisque les mol&#233;cules d'eau et d'air passent sans cesse la fronti&#232;re. Dans une population d'une esp&#232;ce donn&#233;e, l'ordre g&#233;n&#233;tique est fond&#233; sur un d&#233;sordre puisque les &#233;changes sexuels et les relations entre esp&#232;ces entra&#238;nent un brassage permanent des g&#232;nes. &#171; &lt;i&gt;Certains syst&#232;mes tr&#232;s d&#233;sordonn&#233;s cristallisent spontan&#233;ment en structures ordonn&#233;es&lt;/i&gt; &#187; &#233;crit &lt;strong&gt;Stuart&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;Kauffman&lt;/strong&gt; dans son article &#171; Anti-chaos et adaptation &#187; du dossier &#171; Le chaos &#187; de la revue &#171; Pour la science &#187; &#8211; Janvier 1995. Inversement, certains syst&#232;mes tr&#232;s ordonn&#233;s sont les plus susceptibles de se briser en mille morceaux. On ne peut pas s&#233;parer ordre et d&#233;sordre. Ce sont les p&#244;les d'une m&#234;me dynamique fond&#233;e sur des contradictions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En physique, on s'attendait &#224; trouver &#224; la base une structure ordonn&#233;e fondamentale. En microphysique, loin de constater un ordre, on a d&#233;couvert un m&#233;lange d'ordre et de d&#233;sordre, interp&#233;n&#233;tr&#233;s &#224; l'infini. Les physiciens &lt;strong&gt;Lochak&lt;/strong&gt;,&lt;strong&gt; Diner &lt;/strong&gt;et &lt;strong&gt;Farge &lt;/strong&gt;expliquent que &lt;i&gt;&#171; Les propri&#233;t&#233;s d'ordre et de d&#233;sordre s'imbriquent sans que l'on puisse &#233;tablir le lien logique qui les unit. (...) Il n'y a pourtant pas entre ordre et d&#233;sordre l'antinomie que le bon sens sugg&#232;re. (...) Le d&#233;terminisme ne s'oppose pas au hasard. Bien qu'elle soit une th&#233;orie des syst&#232;mes physiques o&#249; le hasard est irr&#233;ductible, la m&#233;canique quantique n'a pas, de ce fait, le statut de th&#233;orie ind&#233;terministe&lt;/i&gt;. &#187; Agitation et structure sont donc ins&#233;parables, imbriqu&#233;s &#224; toutes les &#233;chelles de l'univers. La dynamique int&#232;gre conservation et transformation. Dans la particule, dans l'atome, dans la mol&#233;cule, on ne constate pas de fixit&#233;. Les &#233;tats stationnaires ne sont pas des situations fixes. Les auteurs pr&#233;c&#233;dents expliquent ainsi : &lt;i&gt;&#171; Les &#233;tats quantiques sont comme les &#233;tats stationnaires d'une onde. La stationnarit&#233; ne signifie nullement que rien ne se passe au cours du temps, mais seulement que certaines grandeurs physiques privil&#233;gi&#233;es ne varient pas quoi qu'il arrive. On dit que ces grandeurs sont conserv&#233;es, ou encore satisfont &#224; une loi de conservation. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Montrons sur un exemple cette interp&#233;n&#233;tration de l'ordre et du d&#233;sordre dans la physique quantique. C'est le cas &#233;tonnant des photons jumeaux sur lequel maints auteurs ont &#233;crit. Ces deux photons ont &#233;t&#233; &#233;mis en m&#234;me temps par une m&#234;me source dans deux directions oppos&#233;es. La physique quantique dira qu'ils ont une histoire commune tant qu'ils n'interagissent pas &#224; nouveau. On le constate en mesurant le spin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'objet quantique &#187; de Lochak, Diner et Farge explique la notion (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; des deux photons. On trouve toujours qu'ils sont &#233;gaux et oppos&#233;s. Pourtant le spin d'un &#233;lectron est al&#233;atoire. Donc les deux particules qui avaient, &#224; la source, un spin total z&#233;ro continuent &#224; avoir un spin total z&#233;ro alors qu'elles s'&#233;loignent au point de ne plus pouvoir communiquer durant le temps de l'exp&#233;rience. Ce ph&#233;nom&#232;ne appel&#233; &#171; intrication &#187; est &#233;trange car les deux valeurs du spin semblent d&#233;sordonn&#233;es et restent toujours &#233;gales et oppos&#233;es sans que les deux photons puissent communiquer. Cela signifie que le spin apparemment au hasard est seulement dans un d&#233;sordre apparent et que cette agitation &#224; laquelle est reli&#233;e la valeur du spin reste d&#233;terministe. Les deux photons jumeaux ob&#233;issent &#224; des lois en liaison avec l'agitation du vide quantique mais ces lois donnent une apparence agit&#233;e. Ordre et d&#233;sordre sont bien imbriqu&#233;s au sein du photon. D&#233;terminisme et hasard apparent ne sont pas logiquement oppos&#233;s.&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Nous analysons la valeur de l'&#233;nergie comme le niveau du passage ordre-d&#233;sordre ou d&#233;sordre-ordre, impliquant des changements brutaux. Ne se contentant pas de la conservation de l'&#233;nergie, l'entropie implique que le ph&#233;nom&#232;ne redonne au milieu le d&#233;sordre qu'elle lui emprunte. Si l'ordre augmente &#224; l'int&#233;rieur d'une structure, c'est que le d&#233;sordre augmente &#224; l'ext&#233;rieur. Mais qui est &#224; l'origine de la dynamique ? L'ordre ou le d&#233;sordre ? Qui cr&#233;&#233; de nouvelles structures ? Est-ce dans un milieu ext&#233;rieur stable qu'apparaissent de nouvelles esp&#232;ces ? Est-ce lors des mouvements lents du milieu que des structures nouvelles sont fond&#233;es ? Non, c'est le choc thermique et les mutations g&#233;n&#233;tiques qui favorisent les changements. La for&#234;t tropicale (milieu biologiquement et physiquement agit&#233; et d&#233;sordonn&#233;) est plus favorable &#224; l'apparition d'esp&#232;ces nouvelles que le d&#233;sert ou le p&#244;le, milieux ordonn&#233;s par la s&#233;lection climatique. Des &#233;nergies apparaissant brutalement suscitent aussi la formation de nouvelles particules. Au niveau de la synapse neuronale, l'agitation d&#233;sordonn&#233;e des mol&#233;cules chimiques (neurotransmetteurs) est connect&#233;e &#224; l'ordre de la r&#233;ponse &#233;lectrique, l'influx nerveux. L'agitation d&#233;sordonn&#233;e des individus produit le fonctionnement du groupe d'&#234;tres vivants. Le d&#233;sordre du message cellulaire des neurones produit l'ordre du cerveau. Le d&#233;sordre des explosions nucl&#233;aires produit l'ordre des noyaux des atomes. Le d&#233;sordre des &#233;missions/absorptions des photons par les particules produit l'ordre de la particule. A chaque fois, le d&#233;sordre est au d&#233;part&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Oui, le d&#233;sordre pr&#233;c&#232;de l'ordre. &#187; &#233;crit Michel Serres en 1974&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et &#224; l'arriv&#233;e du cycle. Dans le domaine de la physico-chimie, &lt;strong&gt;Ilya Prigogine &lt;/strong&gt;et&lt;strong&gt; Isabelle Stengers &lt;/strong&gt;notaient dans &#171; La nouvelle alliance &#187; que &#171; &lt;i&gt;La nature bifurquante est celle o&#249; de petites diff&#233;rences, des fluctuations insignifiantes, peuvent, si elles se produisent dans des circonstances opportunes, envahir tout le syst&#232;me, engendrer un r&#233;gime de fonctionnement nouveau. &#187; &lt;/i&gt;Dans le domaine du vivant, le biologiste &lt;strong&gt;Jacques&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;Monod&lt;/strong&gt; remarquait dans &#171; Le hasard et la n&#233;cessit&#233; &#187; que le d&#233;sordre mol&#233;culaire est &#224; l'origine des r&#233;troactions biochimiques : &lt;i&gt;&#171; Il y a constitution spontan&#233;e d'ordre &#224; partir des mol&#233;cules appartenant &#224; une m&#234;me esp&#232;ce chimique.&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Les quelques cas pass&#233;s ici en revue suffisent cependant &#224; illustrer le processus par lequel des structures complexes, auxquelles sont attach&#233;es des propri&#233;t&#233;s fonctionnelles, sont construites par l'assemblage st&#233;r&#233;osp&#233;cifique, spontan&#233;, de leurs constituants prot&#233;iniques. Il y a &#171; apparition &#187; d'ordre, diff&#233;renciation structurale, acquisition de fonctions &#224; partir d'un m&#233;lange d&#233;sordonn&#233; de mol&#233;cules individuellement d&#233;pourvues de toute activit&#233;, de toute propri&#233;t&#233; fonctionnelle intrins&#232;que autre que de reconna&#238;tre les partenaires avec lesquels elles vont constituer la structure. &#187;&lt;/i&gt; Les rythmes interactifs qui fondent la vie sont fond&#233;s sur le d&#233;sordre. La forme st&#233;r&#233;oscopique des mol&#233;cules, qui d&#233;termine les liaisons des macromol&#233;cules du vivant, est capable de changer &#224; une vitesse consid&#233;rable, modifiant les r&#233;actions biochimiques qui sont catalys&#233;es et donc les processus en cha&#238;ne qui produisent la vie. Un petit facteur agissant rapidement peut modifier toute une structure &#224; grande &#233;chelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Montrons qu'au niveau de la microphysique quantique, les relations entre particules, de mati&#232;re ou de lumi&#232;re, sont du type cycle ordre-d&#233;sordre. Quels sont les rapports entre mati&#232;re-lumi&#232;re et ordre-d&#233;sordre ? Le physicien &lt;strong&gt;Georges&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;Lochak&lt;/strong&gt; explique dans l'article &#171; Louis De Broglie, savant solitaire &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans la &#171; Revue du Palais de la D&#233;couverte &#187; de janvier 1988.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; que les particules de mati&#232;re ont une tendance spontan&#233;e &#224; produire du d&#233;sordre (particules qu'on appelle de Fermi d'o&#249; leur nom de &#171; fermions &#187; dont un exemple est l'&#233;lectron), les particules de lumi&#232;re &#224; produire de l'ordre qu'on appelle de Bose, d'o&#249; leur nom de &#171; boson &#187; dont un exemple est le photon lumineux). : &#171; &lt;i&gt;Les fermions sont (...) &#171; individualistes &#187; et, en particulier, ils ne peuvent pas coexister sur une m&#234;me onde. Cette propri&#233;t&#233; est essentielle pour expliquer la stabilit&#233; de la mati&#232;re, la classification des &#233;l&#233;ments chimiques et les propri&#233;t&#233;s des solides (en particulier les propri&#233;t&#233;s &#233;lectriques). Les bosons au contraire sont &#171; gr&#233;gaires &#187;, ils auront tendance &#224; s'agglutiner dans le m&#234;me &#233;tat ; non seulement ils pourront coexister sur une m&#234;me onde, mais ils auront tendance &#224; y &#171; attirer &#187; d'autres bosons de la m&#234;me esp&#232;ce. &#187; &lt;/i&gt;En l'occurrence, l'ordre consiste en la capacit&#233; de se mettre en phase sur une m&#234;me onde (les bosons) et le d&#233;sordre en la n&#233;cessit&#233; de deux particules proches de se mettre en opposition de phase ou de se repousser. Il semblerait donc que l'ordre s'oppose diam&#233;tralement au d&#233;sordre et pourtant il n'en est rien. Si deux particules de mati&#232;re parviennent &#224; se coupler, elles deviennent une seule particule de lumi&#232;re. C'est le processus appel&#233; BCS (du nom de ses d&#233;couvreurs &lt;strong&gt;Bardeen-Cooper-Schrieffer&lt;/strong&gt;). Cela signifie que d&#233;sordre plus d&#233;sordre donne ordre ! Examinons une autre &#171; addition &#187; curieuse : celle de deux bosons qui se rencontrent. Ils peuvent additionner mutuellement leurs effets ou, au contraire, les d&#233;truire. Donc ordre plus ordre peut donner du d&#233;sordre. C'est l'interf&#233;rence lumineuse. Le d&#233;sordre mat&#233;riel, se changeant en ordre, donne lieu &#224; des ph&#233;nom&#232;nes &#224; notre &#233;chelle : la supraconductivit&#233; (propri&#233;t&#233; d'un mat&#233;riau dont la r&#233;sistance &#233;lectrique s'annule) et la superfluidit&#233; (propri&#233;t&#233; d'un mat&#233;riau dont la force de frottement s'annule). &lt;strong&gt;Lochak&lt;/strong&gt; l'expose ainsi : &#171; &lt;i&gt;La th&#233;orie BCS a montr&#233; qu'on peut l'expliquer par un appariement entre les &#233;lectrons qui se r&#233;unissent dans ce que l'on appelle les paires de Cooper. Or, une telle paire, r&#233;union de deux fermions, se comporte comme une seule particule (...) et elle n'est plus, elle-m&#234;me, un fermion mais un boson. Les paires de Cooper peuvent donc se mettre en phase sur une m&#234;me onde, comme le font les photons sur une onde lumineuse. D&#232;s lors, un courant &#233;lectrique cesse d'&#234;tre un vent dans un gaz d'&#233;lectrons en agitation d&#233;sordonn&#233;e, pour devenir une onde qui se propage sans collisions, donc sans frottement et partant sans r&#233;sistance, dans le r&#233;seau cristallin. &#187; &lt;/i&gt;Pourquoi la mati&#232;re aurait tendance au d&#233;sordre et la lumi&#232;re &#224; l'ordre ? On l'a dit : les particules de mati&#232;res subissent des collisions mat&#233;rielles qui les font rebondir, produisant une agitation d&#233;sordonn&#233;e permanente. Les bosons, inversement, contournent les obstacles. On conna&#238;t cette propri&#233;t&#233; de la lumi&#232;re que l'on appelle la diffraction. Mais la physique quantique, on le sait, a rompu cette opposition ordre/d&#233;sordre entre lumi&#232;re et mati&#232;re, entre onde et corpuscule. Elle a associ&#233; une onde &#224; chaque corpuscule et inversement. Nous avons d&#233;j&#224; eu l'occasion pr&#233;c&#233;demment de faire allusion &#224; la relation mati&#232;re-lumi&#232;re-vide dans laquelle se manifestent les processus &#171; mati&#232;re &#187; et &#171; lumi&#232;re &#187;. Rappelons que le vide est plein de couples fugitifs particule/antiparticule et qu'une particule de mati&#232;re (plus g&#233;n&#233;ralement un fermion) dans le vide, loin de rester toujours identique &#224; elle-m&#234;me,&lt;i&gt; &lt;/i&gt;se couple rapidement &#224; une antiparticule fugitive du vide. Elle lib&#232;re ainsi la particule fugitive qui &#233;tait coupl&#233;e avec elle.&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Le nouveau couple particule/antiparticule se transforme en &#233;nergie par &#233;mission de photons (plus g&#233;n&#233;ralement de bosons). Rappelons &#233;galement qu'un corpuscule lumineux (plus g&#233;n&#233;ralement un boson) se d&#233;compose de fa&#231;on rapide en une particule et une antiparticule (polarisation de la lumi&#232;re). R&#233;sumons : la lumi&#232;re se change en mati&#232;re, la mati&#232;re en lumi&#232;re. L'ordre et le d&#233;sordre n'existent pas s&#233;par&#233;ment mais au sein de cycles de r&#233;troaction. Cela explique que des ph&#233;nom&#232;nes permettent de transformer le d&#233;sordre en ordre comme la supraconductivit&#233;. Cela explique &#233;galement que la localisation de la particule de mati&#232;re se transforme en d&#233;localisation de la lumi&#232;re. Il suffit pour atteindre ce niveau o&#249; la mati&#232;re devient floue de s'approcher suffisamment pr&#232;s d'une particule comme un &#233;lectron. C'est la base de la relation d'ind&#233;termination d'Heisenberg caract&#233;ris&#233;e par la constante de Planck. A l'&#233;chelle de Planck, le temps de transformation de la particule en une autre particule n'est plus n&#233;gligeable (comme il l'est &#224; notre &#233;chelle dite macroscopique). L'ordre int&#233;rieur, structurel, que repr&#233;sente la particule de mati&#232;re (localis&#233;e dans une zone restreinte) n'est possible que par la production de d&#233;sordre entre les particules. L'ordre entre plusieurs photons, repr&#233;sent&#233;e leur mise en phase au sein d'un e m&#234;me onde, n'est rendue possible que par le d&#233;sordre que repr&#233;sente l'extension spatiale inexorable de l'onde. A tous les niveaux, c'est le d&#233;sordre sous-jacent qui conditionne l'ordre et inversement. Tous les processus sont des cycles d&#233;sordre-ordre-d&#233;sordre. La constance, qui n'est r&#233;alis&#233;e qu'entre &#233;tats finaux, s'appelle la constance de l'&#233;nergie. Mais chaque interaction avec le vide quantique rompt cette constance, pour la r&#233;tablir un temps tr&#232;s court apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;strong&gt;L'&#233;nergie est &#224; la base du cycle de base de la mati&#232;re qui est &#233;nergie-mati&#232;re-&#233;nergie. Son niveau quantitatif en indique le rythme. Plus l'&#233;nergie est importante, plus le cycle est court. Une &#233;nergie signifie une disparition d'un ordre, le cassage d'une structure. Pour intervenir &#224; un niveau de structure, il faut agir dans un temps plus court que celui du cycle d&#233;sordre-ordre-d&#233;sordre. C'est un temps-seuil et nous verrons m&#234;me que c'est le seul moyen de d&#233;finir le seuil de taille de la particule &#233;l&#233;mentaire d'une interaction. Les physiciens sont habitu&#233;s &#224; cela en termes de fr&#233;quence d'un rayonnement capable d'agir sur une particule. Les neurobiologistes font la m&#234;me constatation qu'ils expriment en termes de rythme d'influx capable d'agir sur un neurone. Les r&#233;volutions savent que la rapidit&#233; est la clef du succ&#232;s. Le d&#233;sordre peut d&#233;truire l'ordre mais il peut &#233;galement produire de l'ordre. C'est ce que l'on appelle la n&#233;guentropie, c'est-&#224;-dire l'oppos&#233; de l'augmentation d'entropie. Rappelons que cette augmentation d'entropie pr&#233;vue par les lois de la thermodynamique pour tous les syst&#232;mes ferm&#233;s (n'&#233;changeant pas avec l'ext&#233;rieur) signifie une perte de niveau de l'&#233;nergie dans les ordres de la mati&#232;re. Dans l'interaction d'&#233;chelle, l'entropie signifie que le niveau de grain n&#233;cessaire pour d&#233;crire l'interaction devient plus petit. La capacit&#233; de construire de l'ordre est, au contraire, un agraindissement (qui vient du terme &#171; grain &#187;, &#224; ne pas confondre avec un agrandissement qui vient de &#171; grand &#187;). Des niveaux hi&#233;rarchiques plus petits permettant d'intervenir &#224; grande vitesse dans une zone petite peuvent, dans certains cas, atteindre le niveau sup&#233;rieur. La clef de l'&#233;nigme, comme l'expose le physicien &lt;strong&gt;Murray Gell-Mann&lt;/strong&gt;, suivant en cela la th&#232;se du physicien-chimiste &lt;strong&gt;Ilya Prigogine&lt;/strong&gt;, r&#233;side dans la capacit&#233; des syst&#232;mes ouverts consommateurs d'&#233;nergie d'&#234;tre &#171; sensibles aux conditions initiales &#187;. &lt;strong&gt;Maxwell &lt;/strong&gt;demandait quels d&#233;mons pouvaient &#234;tre capables d'intervenir pour ramener l'ordre au sein du d&#233;sordre et gagner des degr&#233;s de structuration. Comme le dit le proverbe, &#171; &lt;i&gt;La diable r&#233;side dans les d&#233;tails&lt;/i&gt; &#187;. Ce sont les petits facteurs qui permettent &#224; une structure d'appara&#238;tre au sein du d&#233;sordre. Une structure n'est donc pas un ordre mais un cycle d&#233;sordre-ordre-d&#233;sordre. Et l'ordre est lui-m&#234;me une destruction, celle de la sym&#233;trie (synonyme de d&#233;sordre). Ce cycle se d&#233;cline sur une infinit&#233; de modes suivant les structures d&#233;sactivation-activation-d&#233;sactivation du neurone ou onde-corpuscule-onde de la particule de mati&#232;re ou encore inhibition-activation-inhibition du g&#232;ne. A l'origine, il y a le d&#233;sordre que les physiciens appellent sym&#233;trie. L'ordre, appel&#233; rupture de sym&#233;trie, a un caract&#232;re d'apparition brutale et de destruction du d&#233;sordre. Par exemple, un sens particulier de rotation appara&#238;t dans un nuage de mati&#232;re qui se concentre sous l'action de la gravitation. C'est le d&#233;sordre des chocs des mol&#233;cules qui ont fini par produire un mouvement d'ensemble et rompre la sym&#233;trie entre les deux sens de rotation qui n'en privil&#233;giait aucun. C'est le d&#233;sordre des productions de neurotransmetteurs qui donne un sens au message &#233;lectrique ordonn&#233; qui n'&#233;tait pas directionnel&#8230; etc, etc, &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ordre construit par le d&#233;sordre ? Peut-on donner des exemples d'un tel paradoxe que certains prendraient volontiers pour un simple jeu de mots sur la dialectique du monde ? Empruntons les d'abord &#224; la physique. La thermodynamique classique croyait que toute &#233;volution allait vers une perte d'ordre irr&#233;m&#233;diable (loi d'entropie du deuxi&#232;me principe) mais, apr&#232;s les travaux de scientifiques comme &lt;strong&gt;Ilya Prigogine&lt;/strong&gt;, les exemples se sont multipli&#233;s de structures dissipatives&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dissipatives signifie qui perdent de l'&#233;nergie et doivent sans cesse en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; fond&#233;es sur le d&#233;s&#233;quilibre et cependant capables de construire de l'ordre. Un nuage bien tranquille dans le ciel en l'absence de vent n'est cependant pas une structure fond&#233;e sur l'immobilit&#233;. L'&#233;nergie du nuage provient des rayons solaires r&#233;fl&#233;chis sur la surface terrestre. Le nuage re&#231;oit sans cesse de nouvelles masses d'eau et en perd &#233;galement sans cesse. L'aspect globalement inchang&#233; du nuage n'est pas fond&#233; sur l'&#233;quilibre mais au contraire sur une agitation interne des mol&#233;cules d'eau qui se d&#233;placent dans le nuage et entre l'ext&#233;rieur et le nuage. Les gouttes d'eau chutent, vaporisent, remontent, se condensent. Des mouvements internes de tourbillons donnent une &#233;nergie consid&#233;rable au nuage. Cette dynamique interne explique que le nuage soit sujet &#224; des transformations brutales caus&#233;es par sa structure instable. Le physicien &lt;strong&gt;Gr&#233;goire Nicolis &lt;/strong&gt;explique ainsi dans la revue &#171; Science et avenir &#187; d'ao&#251;t 2005 que &lt;i&gt;&#171; Dans tout syst&#232;me physique existe en permanence une source de variabilit&#233; intrins&#232;que, les fluctuations. Celles-ci rendent comptent du caract&#232;re chaotique tr&#232;s marqu&#233; de la dynamique des variables macroscopiques des &#233;volutions essentiellement al&#233;atoires. Pour caract&#233;riser une telle &#233;volution, on doit adopter encore un autre niveau de description, o&#249; la grandeur centrale est la distribution de probabilit&#233; de rencontrer les variables macroscopiques dans une certaine gamme de valeurs &#224; un instant donn&#233;. &#187; &lt;/i&gt;On retrouve ces propri&#233;t&#233;s dans toutes les structures fond&#233;es sur des courants de convection. Il en va de m&#234;me du flocon de neige qui peut sauter brutalement d'une structure &#224; une autre (grains fins, grains &#224; face plane, en gobelets, en grains ronds). La constitution de la neige est d&#233;j&#224; une transformation brutale. On remarque d'ailleurs que la structure du flocon est toujours sp&#233;cifique, individuelle m&#234;me s'il y a des grands types de structures. Deux flocons ne sont pas totalement identiques car un peu d'agitation existe en permanence lors de la fondation de la structure. La surface apparemment tranquille d'un liquide est elle aussi le produit d'une grande agitation : des mol&#233;cules d'eau sautent dans l'air et inversement. La surface plane de la mer appara&#238;t telle &#224; nos yeux mais n'est qu'une illusion ou plut&#244;t un ordre global fond&#233; sur le d&#233;sordre. La mati&#232;re solide est elle-m&#234;me sujette &#224; cette agitation qui maintient seulement globalement la m&#234;me structure, les particules &#233;l&#233;mentaires qui la composent pouvant changer et bouger sans cesse. Une surface mat&#233;rielle qui semble immobile est, elle aussi, sujette, &#224; des mouvements permanents de particules qui quittent la surface ou la gagnent. Les particules elles-m&#234;mes ne sont rien d'autre que des structures se fondant sur une autre agitation, celle du vide comme nous tenterons de le montrer par la suite. A grande &#233;chelle, l'espace apparemment calme est le produit d'une agitation. La structure de l'&#233;toile est le produit des multiples explosions nucl&#233;aires du c&#339;ur de l'astre lumineux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est tr&#232;s important de comprendre que l'unit&#233; &#233;l&#233;mentaire n'est pas ou l'ordre ou le d&#233;sordre, entit&#233;s qui seraient diam&#233;tralement oppos&#233;es mais un cycle entre ces situations qui s'opposent dynamiquement et non logiquement. Le caract&#232;re dynamique de cette opposition provient, rappelons le, du fait que l'augmentation de l'ordre &#224; l'int&#233;rieur d'une structure entra&#238;ne une augmentation du d&#233;sordre ext&#233;rieur et inversement. Ce qui rend dynamique le mode de fonctionnement, ce n'est pas la seule existence de structures, c'est qu'il est fond&#233; sur la n&#233;gation, n&#233;gation qui m&#232;ne parfois &#224; la destruction de la structure. La vie tient son dynamisme au jeu permanent d' &#171; accroche-d&#233;croche &#187; de ses mol&#233;cules. La mort est fondamentale dans le fonctionnement de la vie comme le montre le r&#244;le de l'apoptose (suicide cellulaire) dans la cellule. &lt;i&gt;&#171; L'autre condition n&#233;cessaire &#224; la possibilit&#233; m&#234;me d'une &#233;volution, c'est la mort. Non pas la mort venue du dehors comme&lt;/strong&gt; cons&#233;quence de quelque accident. Mais la mort impos&#233;e du dedans, comme une n&#233;cessit&#233; prescrite, d&#232;s l'&#339;uf, par le programme g&#233;n&#233;tique m&#234;me. L'&#233;volution, c'est le r&#233;sultat d'une lutte entre ce qui &#233;tait et ce qui sera, entre le conservateur et le r&#233;volutionnaire, entre l'identit&#233; de la reproduction et la nouveaut&#233; de la variation. &#187; &lt;/i&gt;&#233;crit&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt;Fran&#231;ois Jacob&lt;/strong&gt; dans &#171; La logique du vivant &#187; L'ordre n'est autre que destruction de la destruction. Il est, en effet, deux sortes de mani&#232;res de concevoir la structuration. Si on prend par exemple la sculpture, soit on agglom&#232;re progressivement de la p&#226;te pour constituer la statue, soit on prend un bloc que l'on creuse en supprimant des parties. Cette derni&#232;re m&#233;thode est destructive. Elle supprime tout ce qui est en trop.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La destruction est le m&#233;canisme fondamental de l'organisation de la mati&#232;re. A chaque fois qu'une interaction a lieu, un ou plusieurs corpuscules sont d&#233;truits. La plus &#233;l&#233;mentaire des interactions de la mati&#232;re est l'&#233;lectromagn&#233;tisme dans lequel un photon lumineux est absorb&#233; par une particule mat&#233;rielle. Le photon dispara&#238;t pour que la particule saute d'un &#233;tat &#224; un autre. Au sein du noyau atomique, l'interaction dite faible est le passage d'un proton &#224; un neutron par absorption d'un &#233;lectron. Celui-ci dispara&#238;t. Examinons maintenant l'un des ph&#233;nom&#232;nes fondamentaux de la physique des particules, l'interaction forte, qui maintient le noyau de l'atome malgr&#233; la r&#233;pulsion &#233;lectrique entre protons dont les &#233;lectricit&#233;s positives se repoussent. La rapidit&#233; de l'activation de l'interaction forte par rapport aux autres interactions est la clef de sa capacit&#233; &#224; maintenir la structure du noyau et donc de l'atome. Cela explique &#233;galement le caract&#232;re violent de la rupture du noyau. Rompre la liaison du noyau n&#233;cessite une &#233;nergie et une rapidit&#233; d'action consid&#233;rables qui est &#224; l'origine de l'&#233;nergie des explosions nucl&#233;aires. L'&#233;nergie nucl&#233;aire est le type m&#234;me d'une action &#224; toute petite &#233;chelle spatio-temporelle qui agit brutalement et construit (ou d&#233;truit) une structure &#224; beaucoup plus grande &#233;chelle. C'est une des d&#233;finitions de la r&#233;volution. Elle n'agit que sur un temps tr&#232;s court et, du coup, sur une distance extr&#234;mement petite mais permet la formation d'un atome de taille et de dur&#233;e beaucoup plus importantes. La dur&#233;e de l'interaction forte est moins de 10-23 secondes, soit un cent milli&#232;me de milliard de milliardi&#232;me de seconde alors que le noyau et l'atome sont souvent durables. Cette interaction est l'un des ph&#233;nom&#232;nes les plus rapides et brutaux de la nature. Il est &#233;galement &#224; remarquer que l'interaction forte a un caract&#232;re inhibiteur, c'est-&#224;-dire qui bloque un processus spontan&#233;. Les interactions rapides et de courte port&#233;e sont les b&#226;tisseurs des structures de la mati&#232;re. Voil&#224; encore un exemple de situation o&#249; des petits facteurs ont une influence &#224; grande &#233;chelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mati&#232;re inerte, l'agitation est permanente &#224; tous les niveaux : agitation du vide, agitation des particules, agitation des atomes et des mol&#233;cules. L'ordre qu'est la particule est une barri&#232;re, plus ou moins durable, pour le d&#233;sordre de l'espace vide. Selon la conception de &lt;strong&gt;Max Planck &lt;/strong&gt;expos&#233;e&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;dans l'ouvrage de &lt;strong&gt;L&#233;on Brillouin&lt;/strong&gt;, &#171; La science et la th&#233;orie de l'information &#187;, &#171; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;Planck&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; a d&#233;fini le syst&#232;me atomique &#233;l&#233;mentaire comme une &#171; complexion m&#233;tastable &#187;. De mani&#232;re tr&#232;s g&#233;n&#233;rale, on peut dire que tout syst&#232;me est une &#171; complexion m&#233;tastable &#187;, c'est &#224; dire qu'il repr&#233;sente une permanence dans le temps et l'espace d'un &#233;tat extr&#234;mement peu probable. La &#171; complexion &#187; que repr&#233;sente le syst&#232;me n'est ni plus ni moins probable qu'une autre ; le fait important est qu'elle soit &#171; m&#233;tastable &#187;, c'est &#224; dire qu'il se produit un &#171; saut &#187; (eh oui !) dans la stabilit&#233;, dans la constitution d'une &#171; forme &#187;. Tout syst&#232;me est improbable ; mais, pour &#234;tre plus pr&#233;cis, ce n'est pas l'apparition de la forme sp&#233;cifique du syst&#232;me qui est improbable (elle est aussi probable que n'importe quelle autre forme compos&#233;e des m&#234;mes &#233;l&#233;ments), c'est sa conservation dans le temps, la conservation &#171; syst&#233;matique &#187; de formes primitivement peu probables . (...)Toute forme conserv&#233;e, en tous cas, r&#233;alise un &#233;quilibre entre des &#233;l&#233;ments fortement discrimin&#233;s : c'est ce qu'on appelle &#171; contre entropie &#187;, &#171; n&#233;guentropie &#187; ou &#171; entropie basse &#187;&lt;/i&gt;. &#187; (&lt;strong&gt;Jean-Marc Lepers&lt;/strong&gt; dans &#171; Anthropologie syst&#233;mique &#187;) Dans la mati&#232;re vivante, le d&#233;sordre est constitu&#233; par les interactions au hasard des mol&#233;cules qui produisent toutes les liaisons possibles. C'est la destruction qui produit l'ordre. Des syst&#232;mes comme les lymphocytes du syst&#232;me immunitaire ou les prot&#233;ines chaperons sont charg&#233;s de d&#233;truire tout ce qui menace l'ordre. L'ordre au sein d'un corps, la conservation du &#171; soi &#187;, est le produit de la destruction de multiples mol&#233;cules non d&#233;sir&#233;es. L'ordre qu'est la vie, cette auto-organisation de la mati&#232;re inerte, est le produit de la destruction de la cellule vivante par elle-m&#234;me (autodestruction par apoptose ou n&#233;gation) qui est retard&#233;e (n&#233;gation de la n&#233;gation comme l'appelle lui-m&#234;me le sp&#233;cialiste de l'apoptose &lt;strong&gt;Jean-Claude Ameisen&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire l'ouvrage &#171; La sculpture du vivant &#187; de Jean-Claude Ameisen&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;) si la cellule correspond &#224; une norme collective d&#233;finie par les cellules voisines (participer &#224; la mise en place d'un organe ou d'un tissu). Cela signifie que la destruction (g&#232;ne et prot&#233;ine de mort) provient de l'int&#233;rieur de la cellule et qu'elle existait d&#232;s la naissance de la cellule, que toute la vie de la cellule est une lutte entre g&#232;nes et prot&#233;ines de la vie et de la mort. L'ordre que repr&#233;sentent l'Etat et l'organisation sociale est une structure mise en place pour limiter et combattre la lutte des classes que l'aggravation des in&#233;galit&#233;s sociales aggrave. La lutte des classes est permanente m&#234;me si elle ne devient &#233;vidente (si elle n'explose) qu'en de rares moments et ne triomphe que rarement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e g&#233;n&#233;rale qui en ressort peut grossi&#232;rement &#234;tre r&#233;sum&#233;e ainsi : l'&#233;tat fondamental (de la nature comme de la soci&#233;t&#233; humaine) est l'agitation (agitation des particules, des mol&#233;cules, des actions individuelles). Ce d&#233;sordre (appel&#233; sym&#233;trie en physique) peut &#234;tre plus ou moins d&#233;truit par une action &#233;nergique (appel&#233;e en physique rupture de sym&#233;trie et que nous appellerons philosophiquement la n&#233;gation puisqu'elle d&#233;molit cet &#233;tat). Le changement d'ordre est n&#233;cessairement brutal et est lui aussi une destruction (appel&#233;e en physique transition de phase et que nous appellerons philosophiquement n&#233;gation de la n&#233;gation). Et surtout le d&#233;sordre peut &#234;tre producteur d'un nouvel ordre. Cela signifie qu'il faut changer la conception selon laquelle le d&#233;sordre produit du d&#233;sordre et l'ordre produit l'ordre. L'Etat qui combattait la lutte des classes a produit la r&#233;volution, et la r&#233;volution produit un nouvel Etat. Dans la nature comme dans la soci&#233;t&#233;, le d&#233;sordre peut produire l'ordre et l'ordre peut produire le d&#233;sordre. La mort produit la vie et la vie produit la mort. Le positif produit le n&#233;gatif et le n&#233;gatif produit le positif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mati&#232;re s'agite en tous sens &#224; tous les niveaux (agitation quantique du vide et des particules, vibrations et rotation des atomes, agitation des mol&#233;cules, agitation des grandes quantit&#233;s de mati&#232;re, etc&#8230;). Elle se transforme sans cesse. Les particules apparaissent et disparaissent en permanence par le processus fondamental mat&#233;rialisation/d&#233;mat&#233;rialisation du vide que nous exposerons. Cette transformation qui est &#224; la base des interactions mati&#232;re/mati&#232;re, mati&#232;re/lumi&#232;re et mati&#232;re/vide comme espace/temps se produit en un instant tellement court qu'il nous &#233;chappe. Il n'a &#233;t&#233; mis en &#233;vidence que par la physique quantique &#233;tudiant des instants extr&#234;mement courts. L'origine de l' &#171; ordre &#187; mat&#233;riel c'est le d&#233;sordre du vide (fluctuations d'&#233;nergie). L'origine de l'ordre du vivant, c'est le d&#233;sordre des interactions au hasard entre mol&#233;cules. L'origine de l'ordre du cerveau, c'est le d&#233;sordre du message &#233;lectrique c&#233;r&#233;bral. De nombreuses transformations, aussi brutales que le saut d'un rythme &#224; un autre de notre c&#339;ur ou de notre cerveau, &#233;chappent &#224; notre attention. Il en est de m&#234;me pour la tectonique des plaques, la formation des montagnes, la formation d'&#233;toiles et de galaxies. Ces transformations consid&#233;rables nous sont quasiment insensibles parce qu'elles ont lieu &#224; une &#233;chelle qui ne nous est pas perceptible directement (trop petite ou trop grande) sauf quelques manifestations exceptionnelles (un tremblement de terre par exemple).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mati&#232;re inerte n'est pas moins agit&#233;e que la vie, pas moins capable de produire de la nouveaut&#233;. La vie n'est que qu'une des formes dynamiques de la mati&#232;re et m&#234;me pas la plus &#233;tonnante&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Par exemple, on est toujours sans explication de la rotation &#224; vitesse (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'astronomie est n&#233;e de l'astrologie c'est-&#224;-dire de l'id&#233;e que le ciel &#233;tait stable et donc du domaine des dieux alors que la terre, domaine des hommes, &#233;tait agit&#233;e de fa&#231;on difficilement pr&#233;dictible. Depuis, le ciel apparemment si calme s'est r&#233;v&#233;l&#233; &#234;tre le si&#232;ge des explosions de supernovae, des trous noirs qui &#171; d&#233;vorent &#187; des galaxies, des galaxies qui d&#233;vorent des grands nuages de gaz et produisent de nouvelles &#233;toiles, des sursauts gamma qui le parcourent. Les plan&#232;tes suivent des trajectoires chaotiques qui peuvent brutalement les amener &#224; quitter l'attraction solaire ou &#224; tomber sur le soleil. L'espace vide s'av&#232;re lui aussi agit&#233;, discontinu et d'un fonctionnement non lin&#233;aire aussi complexe que la mati&#232;re. Les particules simples sont le si&#232;ge d'autant de ph&#233;nom&#232;nes multiples qu'une &#233;toile. La mati&#232;re dite &#171; inerte &#187; a produit les nouveaut&#233;s renversantes que sont les &#233;toiles, les galaxies ou la vie et la suite de l'histoire est impr&#233;dictible bien qu'ob&#233;issant &#224; des lois. Comment la mati&#232;re inerte a bien pu produire la vie est la question la plus intrigante et la plus passionnante que l'homme s'est pos&#233;e. La d&#233;couverte que la mati&#232;re (particules, rayonnement et vide) n'a rien d'inerte et est au contraire sans cesse producteur de nouveaut&#233; change consid&#233;rablement les termes du probl&#232;me. Cela signifie que les nouveaut&#233;s structurelles n'ont pas attendu la vie pour &#234;tre produites par la mati&#232;re qui contient en son sein toutes les propri&#233;t&#233;s d'auto-organisation bien avant d'avoir construit la vie. Le combat entre tendances oppos&#233;es qui pr&#233;side en permanence &#224; l'agitation du vide s'est transport&#233; dans la mati&#232;re/lumi&#232;re et dans les mol&#233;cules qui ont donn&#233; naissance au ph&#233;nom&#232;ne de la vie.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Le vivant n'est pas exempt du m&#234;me type de ph&#233;nom&#232;ne fond&#233; sur le d&#233;sordre, ou, plus exactement sur une imbrication de d&#233;sordre et d'ordre en cycles. On retrouve ces cycles ordre/d&#233;sordre dans tout le fonctionnement physiologique. Donnons en un exemple pris dans le syst&#232;me nerveux : la liaison entre synapses et neurones. Alors que la synapse fonctionne par &lt;i&gt;&#171; bouff&#233;es explosives de neurotransmetteurs &#187;&lt;/i&gt;, cette agitation chaotique se coordonne avec la r&#233;ponse r&#233;guli&#232;re du neurone. Le fonctionnement stochastique de la synapse enclenche le fonctionnement uniforme du neurone.&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Comme l'explique &lt;strong&gt;Jean-Claude Ameisen&lt;/strong&gt; dans &#171; La sculpture du vivant &#187;, &#171; &lt;i&gt;l'&#233;conomie de l'univers du vivant ne fait pas exception &#224; l'&#233;conomie de l'univers de la mati&#232;re. &#187; &lt;/i&gt;La structure g&#233;n&#233;tique d'une mol&#233;cule d'ADN est fix&#233;e mais elle participe d'un ballet des mol&#233;cules qui viennent se fixer et qui se d&#233;tachent pour actionner ou inhiber les g&#232;nes contenus dans l'ADN. Cette agitation provient du cytoplasme qui a un r&#244;le actif alors que l'ADN est une mol&#233;cule passive. La mol&#233;cule ADN n'est fixe que si on consid&#232;re sa partie codante mais sa partie non codante, elle, change. Elle diminue au fur et &#224; mesure des copies. Or la partie non codante est d&#233;terminante pour les coupages, collages, pliages qui permettent le copiage. C'est l'origine du vieillissement g&#233;n&#233;tique. L&#224; encore, le d&#233;sordre est &#224; la base d'un fonctionnement du vivant et le ph&#233;nom&#232;ne actif provient du d&#233;sordre et non de l'ordre. Cela va jusqu'aux neurones, les cellules qui fondent notre syst&#232;me nerveux et c&#233;r&#233;bral, qui sont li&#233;s par des r&#233;seaux neuronaux fond&#233;s sur un message neuronal d&#233;sordonn&#233;. La soci&#233;t&#233; conna&#238;t &#233;galement ce type de ph&#233;nom&#232;ne. Citons simplement la structure d'une ville&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Claude L&#233;vi-Strauss &#233;crit &#224; propos des villes br&#233;siliennes dans &#171; Tristes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui peut &#234;tre examin&#233;e comme une fourmili&#232;re d'o&#249; les hommes entrent et sortent sans cesse. Rappelons nous que la ville a &#233;t&#233; l'une des structures r&#233;volutionnaires qui ont d&#233;stabilis&#233; l'ancien ordre. On a parl&#233; de villes comme Ur ou Babylone comme de &#171; folies &#187;, de d&#233;veloppements incroyables et explosifs. En Am&#233;rique latine et centrale &#233;galement, les villes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;San Lorenzo capitale des Olm&#232;ques de 1200 avant JC &#224; 900 avant JC Monte (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sont la base m&#234;me de la plus grande r&#233;volution sociale. La r&#233;volution urbaine ne doit pas &#234;tre comprise uniquement comme un changement radical du mode de vie mais aussi comme l'apparition de nouvelles r&#233;volutions sociales mena&#231;antes pour les classes dirigeantes et l'Etat. Nous verrons &#233;galement que l'Etat lui-m&#234;me est une structure issue du d&#233;sordre. Aucune structure, ni naturelle, ni sociale, n'est &#233;ternelle, incassable, immuable. Cela provient du fait que ces structures sont issues du d&#233;sordre et peuvent y retourner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le physicien-chimiste &lt;strong&gt;Ilya Prigogine&lt;/strong&gt; consid&#232;re justement la ville comme structure issue du d&#233;sordre. Dans &#171; Temps &#224; devenir &#187;, il expose : &#171; &lt;i&gt;Des concepts comme l'auto-organisation loin de l'&#233;quilibre, ou de structure dissipative (...) sont appliqu&#233;es dans des domaines nombreux, non seulement de la physique, mais de la sociologie, de l'&#233;conomie et jusqu'&#224; l'anthropologie et &#224; la linguistique. Pour comprendre ce que cela signifie, il suffit &#8211; je donne toujours cet exemple &#8211; de penser &#224; une ville, une ville par opposition &#224; un cristal. Un cristal, c'est une structure ordonn&#233;e Le cristal une fois form&#233;, il faut le laisser tranquille sinon il peut fondre, il peut casser mais la ville, il ne faut pas la laisser tranquille. Il faut qu'elle r&#233;agisse avec ce qui l'entoure. Et c'est cette r&#233;action avec ce qui l'entoure qui va lui donner sa permanence. (...) Et ce sont ces interactions avec le monde ext&#233;rieur qui lui donnent sa stabilit&#233; et sa signification. &#187; &lt;/i&gt;Le d&#233;sordre, le non-&#233;quilibre, source d'un certain type d'ordre (les structures dissipatives), voil&#224; la grande d&#233;couverte de &lt;strong&gt;Prigogine&lt;/strong&gt; qui explique dans &#171; Temps &#224; devenir &#187; que &#171; &lt;i&gt;Le non-&#233;quilibre, ce n'est pas du tout les tasses qui cassent ; le non-&#233;quilibre, c'est la voie la plus extraordinaire que la nature ait invent&#233;e pour coordonner les ph&#233;nom&#232;nes, (...) Les ph&#233;nom&#232;nes irr&#233;versibles, loin d'&#234;tre (...) le chemin vers le d&#233;sordre, ont au contraire un r&#244;le constructif extraordinaire. (...) La nature aussi invente. La nature cr&#233;&#233;e aussi des &#233;v&#233;nements La nature pr&#233;sente des instabilit&#233;s. &#187;&lt;/i&gt;. &lt;i&gt; &lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
Beaucoup d'agitation casse la structure mais un peu d'agitation en assure la stabilit&#233;, comme le montre l'instabilit&#233; des dictatures par rapport aux d&#233;mocraties. Il faut un certain niveau de d&#233;sordre pour assurer la conservation. C'est ce qui se produit avec le mat&#233;riel g&#233;n&#233;tique qui contient un ordre avec le message de l'ADN mais aussi un d&#233;sordre avec les parties non codantes de l'ADN. Ces parties diminuent, du fait des coupures et recollage, quand l'&#234;tre vivant vieillit. Le vieillissement est synonyme de plus de rigidit&#233;, de moins de souplesse, d'une perte d'agitation, d'un manque de stress, d'une perte d'agitation &#224; tous les niveaux. Elle correspond &#224; la diminution de la capacit&#233; de trier et d&#233;truire les mol&#233;cules ind&#233;sirables. Dans un &#234;tre vivant, un tr&#232;s grand nombre de m&#233;canismes ont pour but de supprimer les erreurs et les mutations. Plus un &#234;tre vivant est &#226;g&#233;, plus les erreurs g&#233;n&#233;tiques non supprim&#233;es se multiplient. La dur&#233;e de l'&#234;tre vivant se paie en perte d'ordre obtenu par les m&#233;canismes de contr&#244;le du d&#233;sordre. Par exemple, une cellule qui supprime son m&#233;canisme d'autodestruction devient canc&#233;reuse. Ce n'est pas seulement l'individu dont la durabilit&#233; se paie en diminution de l'inhibition du d&#233;sordre ; c'est &#233;galement vrai pour l'esp&#232;ce. Le vivant est fond&#233; sur la r&#233;gulation de ce stress mais pas sur sa suppression ni sa diminution. Le stress cr&#233;e l'esp&#232;ce et la baisse du niveau de stress diminue la capacit&#233; &#224; construire des structures nouvelles, la biodiversit&#233;. Des chocs violents sont responsables des grands embranchements de l' &#171; &#233;volution &#187; du vivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;L'id&#233;e d&#233;fendue dans ce texte, selon laquelle l'histoire et les sciences ob&#233;issent aux lois de la r&#233;volution, a de quoi choquer le lecteur. Ce dernier accepterait ais&#233;ment l'affirmation selon laquelle le monde serait soumis aux lois de l'&#233;volution. C'est dans cette version qu'est g&#233;n&#233;ralement admis le darwinisme sous le nom d' &#171; &#233;volution des esp&#232;ces &#187;. Evolution, cela donne un petit air tranquille, r&#233;gulier, pr&#233;dictible, logique et sans surprise. C'est une th&#232;se rassurante car elle int&#232;gre la notion de progr&#232;s graduel, la s&#233;lection &#233;tant suppos&#233;e choisir les &#171; plus aptes &#187;. Malheureusement, personne n'a jamais su dire aptes &#224; quoi dans un univers changeant sans cesse, ni en d&#233;duire quelles seraient les &#233;volutions &#224; venir, ni comment la loi en question pouvait produire de la nouveaut&#233; puisqu'elle se contente de s&#233;lectionner. Et surtout, ce qu'on constate n'a rien d'aussi progressif et continu : le principal &#233;v&#233;nement de cette &#171; &#233;volution &#187; est appel&#233; significativement &#171; l'explosion du Cambrien &#187;, il y a 543 millions d'ann&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au Cambrien, on passe de trois phylums du r&#232;gne animal &#224; 16 phylums, contre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; On peut parler de la r&#233;volution des &#234;tres vivants a&#233;robies (vivant dans l'oxyg&#232;ne), de la r&#233;volution des pluricellulaires, de la r&#233;volution de la sexualit&#233;, de la r&#233;volution des plantes &#224; fleur, etc... Impossible de concevoir l'apparition de nouvelles structures du vivant par un m&#233;canisme graduel. On con&#231;oit &#224; quel point les deux conceptions, &#233;volution ou r&#233;volution, divergent. L'&#233;volution (ou la r&#233;forme), dont il ne s'agit pas de nier l'existence et parfois l'importance, vise en effet &#224; la conservation globale de la structure, alors que la transformation brutale (ou r&#233;volution) vise &#224; la renverser, &#224; la casser, lib&#233;rant brutalement des &#233;nergies qui &#233;touffaient en son sein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le rappelle le g&#233;ologue et &#233;volutionniste &lt;strong&gt;Stephen Jay Gould&lt;/strong&gt; dans &#171; Le pouce du panda &#187;, &#171; De nouvelles esp&#232;ces apparaissent presque toujours soudainement sans que les fossiles d&#233;couverts pr&#233;sentent des maillons interm&#233;diaires (...) La th&#233;orie moderne de l'&#233;volution n'a pas besoin d'un changement progressif. (...) C'est le gradualisme qu'il nous faut rejeter, et non le darwinisme. &#187; Le physicien &lt;strong&gt;Murray&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;Gell-Mann&lt;/strong&gt; fait remarquer dans &#171; Le quark et le jaguar &#187; : &#171; L'&#233;volution ne proc&#232;de d'ordinaire pas selon un mode plus ou moins graduel, comme l'imaginaient certains sp&#233;cialistes. Au lieu de cela, elle manifeste souvent le ph&#233;nom&#232;ne d' &#171; &#233;quilibre ponctu&#233; &#187;, dans lequel une esp&#232;ce (et des regroupements de rang plus &#233;lev&#233;) demeure relativement inchang&#233;e, du moins au niveau ph&#233;notypique, durant de longues p&#233;riodes de temps, pour ensuite passer par un changement relativement rapide sur une courte p&#233;riode (th&#232;se de Gould). (...) Des &#233;v&#233;nements biologiques spectaculaires sont parfois responsables d'exemples d &#8216;&#233;quilibre ponctu&#233; en l'absence de changement radical dans le milieu physico-chimique. &lt;strong&gt;Harold&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;Morowitz&lt;/strong&gt; insiste sur la grande importance de perc&#233;es ou &#233;v&#233;nements-seuils ouvrant la voie &#224; des domaines de possibilit&#233; enti&#232;rement nouveaux, qui impliquent parfois des niveaux d'organisation ou des types de fonctionnement plus &#233;lev&#233;. &#187; Toute l'histoire du vivant est ponctu&#233;e de changements brutaux dus &#224; des chocs ayant diverses causes (changement climatique, biologique, g&#233;n&#233;tique ou &#233;cologique, rayonnement cosmique, tectonique des plaques, volcanisme, chutes d'ast&#233;ro&#239;des, mouvement des p&#244;les g&#233;omagn&#233;tiques, modifications du rayonnement solaire). La cause externe varie mais l'effet qu'elle produit est li&#233; fondamentalement au type de fonctionnement interne. Le choc est le r&#233;v&#233;lateur de la capacit&#233; qu'a en permanence la vie pour produire de nombreuses vari&#233;t&#233;s. Le choc ne cr&#233;e pas la diversit&#233; ; il inhibe le m&#233;canisme &#171; chaperon &#187; charg&#233; de supprimer les vari&#233;t&#233;s non d&#233;sir&#233;es qui sont toujours produites, m&#234;me en p&#233;riode de calme. Pas d'&#233;volution des &#234;tres unicellulaires pendant un milliard d'ann&#233;es et brusquement apparition des &#234;tres pluricellulaires. Puis encore rien pendant 530 millions d'ann&#233;es et d'un seul coup, une v&#233;ritable explosion de la diversit&#233;. On a eu ainsi cinq grandes extinctions qui ont permis les grandes explosions de la biodiversit&#233;. &lt;strong&gt;Roger Lewin &lt;/strong&gt;et&lt;strong&gt; Richard Leakey&lt;/strong&gt; observent dans &#171; La sixi&#232;me extinction &#187; : &#171; L'histoire de la vie sur Terre est ponctu&#233;e par de soudaines pouss&#233;es d'extinction, certaines sont mod&#233;r&#233;es, d'autres sont catastrophiques. (...) Dans le temps, on ne consid&#233;rait ces extinctions de masse que comme de simples arr&#234;ts du flot de la vie. (...) Il est clair aujourd'hui que, durant ces p&#233;riodes, des r&#232;gles diff&#233;rentes se sont appliqu&#233;es, qui mettent de c&#244;t&#233;, temporairement, la comp&#233;tition au sens darwinien. Ces &#233;pisodes mettent en jeu des forces auxquelles les esp&#232;ces ne sont pas pr&#233;par&#233;es, et, de fait, on ne voit pas comment elles le seraient. (...) Les extinctions cr&#233;ent la structure du vivant. Jablonski l'a dit en ces termes : &#171; L'alternance de phases normales et de grandes extinctions conditionne la structure &#233;volutive &#224; grande &#233;chelle de l'histoire de la vie. &#187; (...) Ainsi, les extinctions de masse restructurent la biosph&#232;re. &#187; Lorsqu'un choc climatique ou environnemental d&#233;truit un grand nombre d'&#234;tres vivants, il provoque la formation de nouvelles esp&#232;ces. Ainsi l'explosion de biodiversit&#233;, dite de Burgess, qui a produit tous les embranchements du vivant, qui s'est d&#233;roul&#233;e &#224; l'&#233;poque appel&#233;e le Cambrien, a suivi la disparition des animaux de l'&#233;poque appel&#233;e Ediacara. C'est le point le plus &#233;tonnant. La destruction est un &#233;l&#233;ment fondateur des lois de la nature et de la soci&#233;t&#233;. Cela va de la destruction du message neuronal indispensable &#224; la compr&#233;hension du fonctionnement c&#233;r&#233;bral &#224; la destruction de la particule indispensable &#224; sa conservation en passant par la destruction de la cellule indispensable &#224; son d&#233;doublement ainsi qu'&#224; la construction du corps de l'embryon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La destruction constructrice de la nature et de l'histoire n'est souvent consid&#233;r&#233;e qu'&#224; titre d'accident qui d&#233;truit un ordre alors qu'elle r&#233;v&#232;le au contraire que l'ensemble du fonctionnement se produit par bonds. Tel est le mode de fonctionnement de la mati&#232;re, une dynamique (que l'on peut appeler r&#233;volution) dans laquelle une structure est brutalement transform&#233;e qualitativement et o&#249;, d'un seul coup, un niveau inf&#233;rieur intervient &#224; l'&#233;chelon sup&#233;rieur. Souvenons nous que la principale innovation de la th&#233;orie de &lt;strong&gt;Charles&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;Darwin&lt;/strong&gt; n'est pas d'avoir d&#233;couvert l'&#233;volution des esp&#232;ces ni la capacit&#233; de la nature d'en faire dispara&#238;tre (grandes extinctions). Son originalit&#233; est d'avoir affirm&#233; que le moteur de la construction d'une structure qu'est l'esp&#232;ce est la destruction d'un tr&#232;s grand nombre d'individus (la s&#233;lection naturelle). La m&#233;thode de la nature est brutale et radicale. Elle n'est pas constructive mais destructive. C'est ce qui distingue principalement &lt;strong&gt;Darwin&lt;/strong&gt; de &lt;strong&gt;Lamarck. &lt;/strong&gt;Pour ce dernier le positif proviendrait du positif, l'ordre de l'ordre et le d&#233;sordre ne produirait que du d&#233;sordre. Un caract&#232;re nouveau serait le produit d'effort positif des parents en ce sens. &lt;strong&gt;Darwin&lt;/strong&gt; propose, au contraire, un m&#233;canisme selon lequel seraient d&#233;truits tous les &#234;tres qui ne poss&#232;dent pas cette particularit&#233;. C'est la destruction qui est constructrice. De m&#234;me, avec la g&#233;n&#233;tique mol&#233;culaire, la base du vivant n'est pas &#224; rechercher dans un ordre g&#233;n&#233;tique fig&#233; mais dans une agitation mol&#233;culaire. Et c'est une destruction apr&#232;s coup qui structure. Sans cette agitation et ces liaisons multiples avec des bouts d'ADN, la fameuse mol&#233;cule du vivant ne serait rien d'autre qu'un cristal ap&#233;riodique inerte qui ne piloterait aucun fonctionnement. Pour chaque g&#232;ne contenu dans l'ADN, il existe un g&#232;ne inhibiteur qui le bloque. Pour que ce g&#232;ne soit activ&#233;, il faut d'abord d&#233;truire cet ordre de l'ADN dans lequel l'activation des g&#232;nes est bloqu&#233;e. Il faut que le g&#232;ne inhibiteur de l'ADN soit lui-m&#234;me inhib&#233; par une prot&#233;ine. Les relations entre cellules sont &#233;galement fond&#233;es sur une agitation, celle des messages entre cellules. L&#224; encore, c'est un processus li&#233; &#224; une destruction. Si la cellule ne convient pas &#224; l'environnement du tissu, elle se tue. Selon ce m&#233;canisme d'apoptose, ou suicide de la cellule, tel qu'il est &#233;tudi&#233; et expos&#233; par l'immunologiste &lt;strong&gt;Jean-Claude Ameisen&lt;/strong&gt;, la destruction est le pilote de la construction du corps dans l'embryogen&#232;se. Que ce soit pour l'apoptose, pour l'inhibition des g&#232;nes, pour la destruction par les lymphocytes immunitaire, pour les interactions entre cellules, les m&#233;canismes de destruction sont internes au syst&#232;me, existent d&#232;s sa formation et provoquent sa mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ordre et d&#233;sordre sont ins&#233;parables, interagissent sans cesse mais quelle en est l'origine, d'o&#249; vient cette interaction, cette r&#233;troaction ? Nous montrerons dans des exemples tir&#233;s de l'histoire comme des sciences que la raison provient de la nature m&#234;me de l'ordre qui est une structuration, r&#233;alis&#233;e sans cesse et non une fois pour toutes, en niveaux interactifs de l'agitation. Le seul contenu de chaque structure est donc de l'agitation. Cela explique que, lorsque la structure se d&#233;fait, apparaisse de l'agitation (en physique de l'&#233;nergie). Cela explique &#233;galement qu'il y ait un seuil d'&#233;nergie au del&#224; duquel une structure se d&#233;fait. Quant aux crises et aux r&#233;volutions, elles t&#233;moignent que l'agitation atteint un seuil o&#249; tous les niveaux interagissent. Privil&#233;gier l'ordre, le consid&#233;rer comme un &#233;l&#233;ment ind&#233;pendant de l'agitation, c'est se condamner &#224; ne pas le comprendre. Il est caract&#233;ristique qu'aucune loi de conservation (loi qui privil&#233;gie l'ordre, la constance, la r&#233;gularit&#233;) ne permette d'interpr&#233;ter&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;John Barrow le rappelle dans &#171; Les constantes de la nature &#187; : &#171; Nous (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; les valeurs de constantes (masse du proton, charge de l'&#233;lectron, vitesse de la lumi&#232;re, constante de Planck h, constante gravitationnelle G, alphabet de la structure de la mol&#233;cule d'ADN, etc&#8230;). Car ce qui est constant n'est pas fig&#233; et pr&#233;existant mais est le produit de ce qui change. On ne peut imager un monde dynamique par une repr&#233;sentation fig&#233;e. Une seule loi ne permet pas de pr&#233;voir sa propre limite. Par exemple, la masse des particules ne peut sortir des &#233;quations de chacune des quatre grandes interactions de la mati&#232;re (gravitation, &#233;lectromagn&#233;tique, faible et forte). En effet, cette masse-seuil n'est pas d&#233;finie par la seule loi (lente) mais &#233;galement par le choc (rapide) qui est imbriqu&#233; dans le ph&#233;nom&#232;ne lent. L'instant du choc est al&#233;atoire mais le niveau physique de celui-ci est d&#233;fini par l'intrication des deux lois&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Par exemple, le seuil de formation de l'&#233;toile est fond&#233; sur la r&#233;troaction (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Comme le remarque le physicien &lt;strong&gt;Murray Gell-Mann&lt;/strong&gt;, &#171; &lt;i&gt;si on consid&#232;re l'approximation dans laquelle toutes les particules consid&#233;r&#233;es ont une masse nulle, ce qui veut dire qu'elles se d&#233;placent &#224; la vitesse de la lumi&#232;re, la similitude des trois interactions (&#233;lectromagn&#233;tique, faible et forte) devient patente.&lt;/i&gt; &#187; Ce qui diff&#233;rencie les quatre interactions fondamentales est seulement la masse des particules &#233;l&#233;mentaires relativement &#224; ces interactions. Or cette masse est proportionnelle &#224; l'&#233;nergie et inversement proportionnelle au temps caract&#233;ristique de l'interaction. Les interactions sont en r&#233;troaction et leurs limites sont les fronti&#232;res de deux lois (une relativement lente et l'autre plus rapide). Nous remarquons &#233;galement que les seuils ne sont, pas des &#233;tats fixes mais d&#233;finissent un passage d&#233;sordre-ordre-d&#233;sordre.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Hubert Reeves expose ainsi dans &#171; Patience dans l'azur &#187; : &#171; La mati&#232;re a de formidables capacit&#233;s d'adaptation. (...) Au sein des &#233;toiles, la gravit&#233; vient au secours de l'&#233;volution nucl&#233;aire et reprend avec succ&#232;s l'exp&#233;rience rat&#233;e des premi&#232;re secondes. &#187; L'astrophysicien expose ainsi que les &#233;toiles r&#233;alisent la nucl&#233;osynth&#232;se des noyaux atomiques lourds qui n'ont pas pu &#234;tre synth&#233;tis&#233;s dans les explosions des premi&#232;res r&#233;volutions de l'histoire du cosmos. Les &#233;toiles repr&#233;sentent les sauts compl&#233;mentaires des r&#233;volutions de la mati&#232;re pour atteindre les niveaux de noyaux les plus &#233;lev&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Citons des domaines de la physique parfois peu connus du lecteur non-physicien. Il ne s'agit pas &#224; ce stade de d&#233;velopper l'explication de chacun d'entre eux mais de montrer que la notion de discontinuit&#233;, de changement brutal et d'interaction d'&#233;chelle est effectivement courante en physique. Ce sont les ph&#233;nom&#232;nes faisant appel aux ph&#233;nom&#232;nes de &#171; rupture de sym&#233;trie &#187;, de &#171; transition de phase &#187;, de &#171; seuil de percolation &#187;, de &#171; n&#233;guentropie &#187;, d' &#171; augmentation de degr&#233; de la complexit&#233; &#187;, d' &#171; interaction d'&#233;chelle &#187;, de &#171; bifurcation d'un syst&#232;me critique &#187;, de &#171; saut quantique &#187;, d' &#171; &#233;mergence de structure &#187;, de &#171; mat&#233;rialisation/d&#233;mat&#233;rialisation ou choc provoquant la cr&#233;ation/destruction de particules mat&#233;rielles dans le vide &#187;, de &#171; singularit&#233; du champ &#187;, de &#171; changement d'&#233;tat &#187;, de &#171; th&#233;orie des catastrophes &#187;, de &#171; sensibilit&#233; aux conditions initiales &#187;, de &#171; dynamique non-lin&#233;aire &#187;, de &#171; thermodynamique dissipative de l'irr&#233;versible &#187;, de &#171; chaos d&#233;terministe &#187;, de &#171; variable discr&#232;te &#187;, de &#171; processus fractal &#187; ou d'&#171; auto-organisation &#187; de la mati&#232;re, etc... Citons des domaines de la physique, dont les noms sont parfois peu connus du lecteur non-physicien, pour montrer que la notion de discontinuit&#233;, de changement brutal et d'interaction d'&#233;chelle est effectivement courant en physique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Remarquons cependant que c'est de moins en moins vrai : thermodynamique de l'irr&#233;versible, th&#233;orie de l'&#233;volution, th&#233;orie &#233;conomique du capitalisme, th&#233;orie de l'immunologie, th&#233;orie de la physique du vide et bien d'autres red&#233;couvrent la destruction constructrice.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Le d&#233;sordre de l'atmosph&#232;re, les variations des populations animales, les oscillations du c&#339;ur et du cerveau, l'aspect irr&#233;gulier de la nature, discontinu et d&#233;sordonn&#233;, tout cela est rest&#233; une &#233;nigme ou, pire, a &#233;t&#233; per&#231;u comme une monstruosit&#233;. &#187; &#233;crivait James Gleick, vulgarisateur de la th&#232;se du &#171; chaos d&#233;terministe &#187;, dans &#171; La th&#233;orie du chaos &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; L'objet quantique &#187; de Lochak, Diner et Farge explique la notion contre-intuitive de spin : &#171; Une autre propri&#233;t&#233; des particules jouera ici un r&#244;le fondamental, le spin. &#171; To spin &#187; signifie en anglais &#171; tourner &#187; et le spin consiste en ce que, de m&#234;me que la Terre et les autres plan&#232;tes tournent sur elles-m&#234;mes comme de gigantesques toupies, les &#233;lectrons et presque toutes les autres particules en font autant, encore qu'il faille, ici encore, temp&#233;rer le sens de cette phrase parce que, en r&#233;alit&#233;, personne n'est vraiment capable de d&#233;crire cette &#171; rotation &#187; de la particule. Tout ce qu'on peut affirmer, c'est que les particules poss&#232;dent des lois de sym&#233;trie et un certain nombre de comportements physiques qui permettent de les assimiler &#224; des petites toupies. Mais on ne voit pas vraiment tourner la toupie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Oui, le d&#233;sordre pr&#233;c&#232;de l'ordre. &#187; &#233;crit Michel Serres en 1974&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans la &#171; Revue du Palais de la D&#233;couverte &#187; de janvier 1988.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dissipatives signifie qui perdent de l'&#233;nergie et doivent sans cesse en recevoir de l'ext&#233;rieur. Ces structures contredisent la loi thermodynamique de l'entropie qui ne s'applique qu'&#224; des syst&#232;mes en &#233;quilibre et isol&#233;s &#233;nerg&#233;tiquement de l'ext&#233;rieur. En fait, il s'av&#232;re que des structures isol&#233;es &#224; l'&#233;quilibre ne sont pas r&#233;elles dans la nature et ne sont que des &#233;tats abstraits. Dans une structure fond&#233;e sur le d&#233;s&#233;quilibre, la durabilit&#233; est fond&#233;e sur la dynamique et non sur la conservation. Les t&#226;ches solaires, les saisons, la t&#226;che de Saturne, les &#233;tats de la mati&#232;re, les mouvements de convection sont quelques exemples d'un ordre produit du d&#233;sordre. Pour Ilya Prigogine, la notion d'ordre par fluctuation est n&#233;cessaire pour comprendre les syst&#232;mes non-lin&#233;aires se stabilisant un certain temps alors qu'ils sont loin de l'&#233;quilibre. Ce type de syst&#232;me n'est pas un cas marginal. C'est l'ensemble du cosmos qui appara&#238;t aujourd'hui aux scientifiques comme un syst&#232;me non-lin&#233;aire loin de l'&#233;quilibre et qui conna&#238;t des structures durables comme celles de la mati&#232;re corpusculaire ou comme les &#233;toiles et galaxies.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire l'ouvrage &#171; La sculpture du vivant &#187; de Jean-Claude Ameisen&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Par exemple, on est toujours sans explication de la rotation &#224; vitesse constante des galaxies de toutes formes et de toutes tailles. La galaxie est sujette &#224; une &#171; respiration &#187; avec aspiration et &#233;jection de grandes masses de mati&#232;res gazeuses qui d&#233;termineraient l'&#233;quilibre global. L'image d'une galaxie toujours identique &#224; elle-m&#234;me est aussi abandonn&#233;e et remplac&#233;e par une dynamique sujette &#224; des changements brutaux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Claude L&#233;vi-Strauss &#233;crit &#224; propos des villes br&#233;siliennes dans &#171; Tristes tropiques &#187; : &#171; il &#233;tait plus passionnant encore de s'attacher (...) aux formes singuli&#232;res que favorisait une soci&#233;t&#233; en gestation. (...) qu'on voyait na&#238;tre. Les agglom&#233;rations qui surgissaient n'&#233;taient pas comme les villes d'aujourd'hui &#8211; si us&#233;es qu'il devient difficile d'y d&#233;couvrir la marque de leur histoire particuli&#232;re &#8211; confondues dans une forme de plus en plus homog&#232;ne o&#249; s'affirment seulement les distinctions administratives. Au contraire, on pouvait scruter les villes comme un botaniste les plantes, reconnaissant au nom, &#224; l'aspect et &#224; la structure de chacune son appartenance &#224; telle ou telle grande famille d'un r&#232;gne ajout&#233; par l'homme &#224; la nature : le r&#232;gne urbain. (...) Bien qu'elle repr&#233;sente la forme la plus complexe et la plus raffin&#233;e de la civilisation, par l'exceptionnelle concentration humaine qu'elle r&#233;alise sur un petit espace et par la dur&#233;e de son cycle, elle pr&#233;cipite dans son creuset des attitudes inconscientes chacune infinit&#233;simale mais qui, en raison du nombre d'individus qui les manifestent au m&#234;me titre et de la m&#234;me mani&#232;re, deviennent capables d'engendrer de grands effets. Telle est la croissance des villes (...). &#187; De mani&#232;re convergente, le scientifique Jo&#235;l de Rosnay &#233;crit dans &#171; Le macroscope &#187; : &#171; La ville est-elle un organisme vivant ? (...) La ville appara&#238;t comme un organisme autor&#233;gul&#233; qui contr&#244;le l'&#233;quilibre des flux des individus entre son centre et sa p&#233;riph&#233;rie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;- San Lorenzo capitale des Olm&#232;ques de 1200 avant JC &#224; 900 avant JC
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Monte Alban (20.000 habitants) capitale des Zapot&#232;ques entre 600 avant JC et 100 avant JC
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Teotihuacan, ville centre d'une civilisation artisanale et commer&#231;ante fond&#233;e sur de nombreuses villes-relais avant de devenir un centre religieux et politique. Entre 100 avant JC et le premier si&#232;cle apr&#232;s JC, cette capitale a un d&#233;veloppement incroyable : pr&#232;s de la moiti&#233; de la population du bassin de Mexico s'y trouvait concentr&#233;e, selon &#171; Atlas historique de la M&#233;so-Am&#233;rique &#187; de Norman Bancroft Hunt.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; El Tajin, ville totomaque &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Tikal (40.000 &#224; 70.000 habitants et 3000 &#233;difices en pierre sur 1600 hectares), centre principal des Mayas date entre le 1er si&#232;cle avant JC et le 9&#232;me si&#232;cle apr&#232;s JC et si&#232;ge d'un grand &#233;difice de march&#233;. El Mirador &#233;tait une autre de ces grandes villes s'occupant du grand commerce maya. La civilisation maya n'a pas d&#233;but&#233; par un Etat mais par des villes commer&#231;antes et ind&#233;pendantes, comme celle de Teotihuac&#224;n. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Tula, capitale de l'Empire Tolt&#232;que (dans l'Etat mexicain d'Hidalgo), est l'une des grandes m&#233;tropoles commerciale, politique et religieuse de M&#233;so-Am&#233;rique.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Tenochtitlan, capitale de l'empire azt&#232;que, fond&#233;e sur une s&#233;rie d'&#238;les et de canaux, comprenant environ 200.000 habitants, &#233;tait &#224; la fois capitale administrative, religieuse, politique et commerciale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Au Cambrien, on passe de trois phylums du r&#232;gne animal &#224; 16 phylums, contre 31 aujourd'hui. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Il n'en demeure pas moins : l'apparition et surtout la diversit&#233; de nombreux grands groupes zoologiques &#224; l'aube du Cambrien restent ce que Darwin appelait d&#233;j&#224; &#171; une s&#233;rieuse difficult&#233; &#187; dans l'histoire de l'&#233;volution. Darwin expliquait cet &#171; &#233;v&#233;nement &#187; pal&#233;ontologique par le fait que le registre fossile &#233;tait incomplet, mais cet argument tient de moins en moins et l'on conna&#238;t maintenant des s&#233;ries g&#233;ologiques compl&#232;tes montrant le passage du Pr&#233;cambrien sup&#233;rieur au Cambrien (544 millions d'ann&#233;es) et, toujours, on constate cette apparition soudaine des faunes. &#187; (Dans l'article &#171; Les premiers animaux &#187; de la revue &#171; Pour la science &#187;, Octobre 2002).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;John Barrow le rappelle dans &#171; Les constantes de la nature &#187; : &#171; Nous n'avons jamais pu donner la raison de la valeur num&#233;rique d'une quelconque constante naturelle. (...) Pourquoi ces valeurs sont ainsi et pas autrement reste un profond myst&#232;re. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Par exemple, le seuil de formation de l'&#233;toile est fond&#233; sur la r&#233;troaction de la gravitation et de la pression du rayonnement &#233;lectromagn&#233;tique. Ou encore, le seuil de vitesse (la vitesse de la lumi&#232;re c) est la limite entre la vitesse de la mati&#232;re et la vitesse des particules virtuelles du vide. En Histoire, on traduit cette propri&#233;t&#233; selon laquelle le seuil est d&#233;fini par l'interaction est &#233;mise par sous la forme : &#171; on ne comprend bien un empire qu'&#224; ses marges &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

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		<title>Qu'est-ce que le climat ?</title>
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		<dc:date>2020-01-18T23:10:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Boucle de r&#233;troaction</dc:subject>
		<dc:subject>Auto-organisation</dc:subject>
		<dc:subject>Climat</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Qu'est-ce que le climat ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette question est devenue non seulement une question scientifique mais sociale, politique et m&#234;me morale, &#233;thique, civique et on en passe, m&#234;me quasiment religieuse, de l'ordre de la croyance et m&#234;me de l'int&#233;grisme violent. Des g&#233;n&#233;rations enti&#232;res de jeunes sont &#233;duqu&#233;s tr&#232;s t&#244;t &#224; penser que la plan&#232;te meurt par son climat et qu'ils sont les nouveaux chevaliers de la d&#233;fense du climat, pr&#234;ts &#224; se croiser et &#224; rompre des lances pour cet objectif moral et social (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique38" rel="directory"&gt;G&#233;odynamique et climatologie de la Terre - Sauvegarde de la plan&#232;te&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot73" rel="tag"&gt;Boucle de r&#233;troaction&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot84" rel="tag"&gt;Auto-organisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot285" rel="tag"&gt;Climat&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_13053 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L453xH255/FGWeather-40740.gif?1776673837' width='453' height='255' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_13054 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L249xH255/ventanime-2a880.gif?1776673837' width='249' height='255' alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12994 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH281/3281519952_1_7_s9wzz5ya-eb4d2.gif?1776673837' width='500' height='281' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12995 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L474xH281/Planet-Earth-84974-6ad78.gif?1776673837' width='474' height='281' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12996 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L280xH210/ObviousWholeAegeancat-max-1mb-02500.gif?1776673837' width='280' height='210' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12997 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH358/courbe_T_milanko-24e70.jpg?1776673837' width='500' height='358' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12998 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/excentricite-800000-ans.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH336/excentricite-800000-ans-b3ba5.jpg?1776673837' width='500' height='336' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12999 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH349/evolutiontemperature-8139e.jpg?1776673837' width='500' height='349' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_13000 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/png/resultante-5.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH420/resultante-5-596d9.jpg?1776673837' width='500' height='420' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_13001 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L450xH280/oscillations-oceaniques-fig01-90709.gif?1776673837' width='450' height='280' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12992 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH207/-147-16ef8-ec155.gif?1776673837' width='500' height='207' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12993 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L220xH197/220px-Typhoon_Mawar_2005_computer_simulation_thumbnail-e98fa.gif?1776673837' width='220' height='197' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qu'est-ce que le climat ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette question est devenue non seulement une question scientifique mais sociale, politique et m&#234;me morale, &#233;thique, civique et on en passe, m&#234;me quasiment religieuse, de l'ordre de la croyance et m&#234;me de l'int&#233;grisme violent. Des g&#233;n&#233;rations enti&#232;res de jeunes sont &#233;duqu&#233;s tr&#232;s t&#244;t &#224; penser que la plan&#232;te meurt par son climat et qu'ils sont les nouveaux chevaliers de la d&#233;fense du climat, pr&#234;ts &#224; se croiser et &#224; rompre des lances pour cet objectif moral et social contre tous leurs adversaires, les sceptiques. Et cela ne signifie pas n&#233;cessairement que l'on ait cherch&#233; r&#233;ellement &#224; leur faire &#233;tudier les m&#233;canismes naturels de la physique du climat, avant de mettre en avant les mal&#233;fices r&#233;els ou invent&#233;s de l'homme sur le climat. Bien des gens ont d'ailleurs des id&#233;es compl&#232;tement fausses sur ce point, croyant que les m&#233;canismes climatiques comme El Ni&#241;o ou La Ni&#241;a dateraient de l'activit&#233; industrielle de l'homme et de la pollution des villes, ou encore croyant que l'activit&#233; humaine a essentiellement un effet de r&#233;chauffement alors qu'elle a aussi un effet de refroidissement (a&#233;rosols, fum&#233;es, poussi&#232;res, divers pollutions atmosph&#233;riques, etc.), croyant enfin que tout ce qui va mal dans la pollution d'origine humaine serait essentiellement le CO&#178; produisant le r&#233;chauffement. Au point que bien des gens estiment que le CO&#178; est directement nuisible &#224; la sant&#233;. On se demande alors que viennent faire les estivants se promenant sous les falaises de craie de Normandie qui inhalent sans cesse du CO&#178; en masse provenant de l'action de la pluie sur les falaises de craie&#8230; Et aussi pourquoi les gens ont-ils tant de plaisir l'hiver &#224; se tenir pr&#234;t d'un feu de chemin&#233;e o&#249; ils inhalent sans masque des quantit&#233;s de CO&#178; ? Certes, le CO est dangereux mais pas le CO&#178; ! Le CO&#178; n'est pas nuisible au vivant : c'est la source m&#234;me du vivant !!! Et ce ne sont l&#224; que quelques exemples illustrant combien le climat, s'il fait la une de l'actualit&#233; tous les jours, n'en est pas mieux scientifiquement connu pour autant&#8230; On entend tous les jours qu'il faut se mobiliser pour &#171; sauver le climat &#187; et c'est m&#234;me le refrain le plus commun actuellement, y compris de la part des pire pollueur des trusts industriels et des gouvernants proches d'eux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de se demander s'il est vrai que &#171; le climat est menac&#233; &#187;, encore faudrait-il savoir ce qu'est le climat !!! Et on ne peut m&#234;me plus poser simplement cette question sans se retrouver avec de la propagande r&#233;chauffiste-alarmiste-catastrophiste-anthropiste-n&#233;gativiste qui affirme que l'homme, en g&#233;n&#233;ral, et surtout pas le capitalisme, serait responsable de la d&#233;gradation de la plan&#232;te, et devrait se sacrifier, en r&#233;duisant son train de vie, pour &#171; sauver la plan&#232;te &#187; en sauvant d'abord le climat !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien des gens sont maintenant persuad&#233;s que le r&#233;chauffement global anthropique n'est pas une hypoth&#232;se mais un fait &#233;tabli. Et ils ont tort ! Ce n'est qu'une projection des pr&#233;visionnistes et elle n'est absolument pas prouv&#233;e. A contraire m&#234;me puisque nous sommes dans une phase de d&#233;croissance de l'&#233;nergie solaire &#233;mise par notre &#233;toile et re&#231;ue par la Terre, donc en phase d'approche d'une glaciation. M&#234;me si l'activit&#233; humaine devait augmenter l&#233;g&#232;rement la temp&#233;rature de la Terre, cela ne ferait que retarder un peu la glaciation in&#233;vitable et cela ne serait pas un grand mal, au contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin d'&#234;tre d'abord d'origine humaine, l'effet de serre est d'abord naturel. Loin d'&#234;tre seulement nocif, il est la raison de notre existence et de celle du vivant. Sans lui, pas de vie terrestre ! De m&#234;me que sans le CO&#178;, pas de vie terrestre !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie humaine, et la vie tout court sur la plan&#232;te, sont bien plus menac&#233;s par la glaciation que par le r&#233;chauffement !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La connaissance m&#234;me du climat est actuellement occult&#233;e par les discours r&#233;chauffistes : on en vient &#224; croire que le seul facteur du climat serait la temp&#233;rature globale, alors que les param&#232;tres essentiels sont la pression, le vent, le sel marin, la vapeur d'eau dans l'air, les types de nuages, les courants marins, la formation des &#234;tres vivants en particulier des planctons, les courants marins et on en passe&#8230; On en vient &#224; croire que le point principal de l'&#233;volution du climat terrestre serait le CO&#178; atmosph&#233;rique alors que l'essentiel largement du CO&#178; est dissous dans l'eau, dans les masses de craie, dans les animaux marins&#8230; Et surtout que ce n'est pas le CO&#178; qui prime dans le climat mais l'&#233;mission de rayonnement solaire !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien des gens sont persuad&#233;s que, si le syst&#232;me n'est plus p&#233;renne, c'est &#224; cause du climat, alors que c'est &#224; cause de ses fondements sociaux et &#233;conomiques, essentiellement de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e par une infime minorit&#233; de l'essentiel des richesses et du foss&#233; gigantesque entre possesseurs des capitaux et ceux qui ne vivent de plus en plus durement que de leur travail. Et ce n'est pas le climat qui est menac&#233; de mort mais le capitalisme qui a atteint ses limites et s'effondre in&#233;luctablement&#8230; C'est cela qu'il s'agit d'occulter avec la propagande climatique, m&#234;me si la plupart des d&#233;fenseurs du climat croient au contraire agir pour imposer aux capitalistes et aux gouvernants de cesser de polluer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains se diront qu'il est impossible que tous les m&#233;dia, la plupart des gouvernants et une bonne partie des scientifiques eux-m&#234;mes proclament l'existence d'un r&#233;chauffement global anthropique et&#8230; que ce soit faux ! Eh bien, ils manquent de m&#233;moire : les m&#234;mes avaient affirm&#233; que la d&#233;mographie &#233;tait exponentielle et que les ressources en &#233;nergie seraient &#233;puis&#233;es au d&#233;but des ann&#233;es 2000 !!! Ils avaient affirm&#233; qu'aujourd'hui il n'y aurait plus glaciers &#224; l'Himalaya. Et c'&#233;tait faux ! Ils se contredisent d'ailleurs entre eux : certains affirment par exemple que l'Antarctique fond et d'autres que c'est le r&#233;chauffement qui explique que les glaces s'accroissent au p&#244;le sud antarctique en m&#234;me temps que la temp&#233;rature y baisse !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une remarque tr&#232;s importante sur la fonte des glaces des p&#244;les : elle fond par la surface quand c'est d&#251; &#224; l'augmentation de chaleur r&#233;gionale et elle fond par en dessous quand c'est d&#251; au volcanisme sous-jacent. Bien entendu, les partisans acharn&#233;s du r&#233;chauffement climatique global anthropique se refusent &#224; distinguer les deux cas et les additionnent afin d'augmenter le bilan du r&#233;chauffement, mais cela est une arnaque de plus. Si on enl&#232;ve par exemple la fonte des glaces due aux volcans en Antarctique, il reste une augmentation massive des glaces du p&#244;le sud !!! M&#234;me en Arctique, retirer la fonte due aux volcans change compl&#232;tement les r&#233;sultats !!! Or, les r&#233;gions couvertes de glace ont tr&#232;s souvent des volcans en dessous : non seulement des zones polaires ou sous-polaires, mais aussi l'Islande, le sud du Chili, ou le Kamtchatka notamment&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc si on pr&#233;tend d&#233;duire le r&#233;chauffement global de la mont&#233;e des eaux due &#224; la fonte des glaces, on ne peut que se tromper gravement en pr&#233;tendant oublier que les glaces fondent du fgfait des volcans sous-jacents !!!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t que de faire confiance aveugl&#233;ment &#224; cette propagande r&#233;chauffiste globale anthropique, qu'elle soit honn&#234;te ou malhonn&#234;te, et avant de dire si le climat est ou pas menac&#233;, demandons &#224; des scientifiques ce qu'est le climat terrestre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; expliquer le r&#244;le du CO&#178;, il faudrait, plut&#244;t que de faire croire que c'est le principal danger pour la vie sur Terre, rappeler que sans le CO&#178; il n'y aurait pas de plancton et pas de vie !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut redire que les pires pollutions humaines, loin de produire un r&#233;chauffement, produisent un refroidissement. Ce sont les a&#233;rosols et ils sont r&#233;ellement mortels pour le vivant, causant de nombreuses maladies graves, et bloquent les rayons solaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; rappeler le r&#244;le de l'effet de serre, il faudrait, plut&#244;t que de faire croire que c'est le principal danger pour la vie, rappeler que sans l'effet de serre naturel il n'y aurait pas de vie sur Terre ! Et aussi que l'apport &#233;nerg&#233;tique de l'effet de serre humain ne compense pas la perte d'&#233;nergie &#233;mise par le Soleil !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et surtout rappeler qu'aucun r&#233;chauffement ne peut d&#233;truire la vie mais qu'une glaciation le peut tout &#224; fait. Or, nous sommes entr&#233;s dans une phase o&#249; la glaciation peut tout &#224; fait nous menacer&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t que de faire confiance aveugl&#233;ment &#224; cette propagande r&#233;chauffiste globale anthropique, qu'elle soit honn&#234;te ou malhonn&#234;te, et avant de dire si le climat est ou pas menac&#233;, demandons &#224; des scientifiques ce qu'est le climat terrestre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conf&#233;rence pour l'Universit&#233; de tous les savoirs de Robert Sadourny :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Qu'est-ce que le climat ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; (&#8230;) Quand nous parlons de climat, de quel syst&#232;me physique parlons-nous ? Le &#171; syst&#232;me climatique &#187; inclut naturellement les basses couches de l'atmosph&#232;re o&#249; nous vivons, et les couches plus &#233;lev&#233;es dont le comportement est &#233;troitement li&#233; &#224; celles-ci&#8230; Ce syst&#232;me inclut aussi les oc&#233;ans et les couches superficielles des terres &#233;merg&#233;es, qui &#233;changent de l'eau et de la chaleur avec l'atmosph&#232;re, et bien s&#251;r, les glaces de terre et de mer. Mais l'&#233;tude du climat ne se r&#233;duit pas &#224; celle d'un syst&#232;me physique. Le climat interagit tr&#232;s fortement avec la chimie de l'atmosph&#232;re et de l'oc&#233;an, et aussi avec la biosph&#232;re, c'est-&#224;-dire l'ensemble des &#234;tres vivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etudier le climat, c'est non seulement observer contin&#251;ment, sur l'ensemble du globe et durant de longues p&#233;riodes, le comportement de l'atmosph&#232;re, de l'oc&#233;an, des glaces et des terres &#233;merg&#233;es, mais aussi mod&#233;liser l'ensemble des m&#233;canismes du syst&#232;me pour simuler son &#233;volution. C'est en comparant le climat simul&#233; au climat observ&#233; que nous mesurons notre niveau de compr&#233;hension des m&#233;canismes, et donc nos capacit&#233;s &#224; pr&#233;dire les &#233;volutions futures&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux mod&#232;les de climat, ce sont bien s&#251;r des mod&#232;les pronostiques, qui d&#233;crivent une &#233;volution dans le temps &#224; partir d'une situation initiale donn&#233;e, comme les mod&#232;les de pr&#233;vision m&#233;t&#233;orologique. Mais ils doivent inclure, en plus de l'atmosph&#232;re, des oc&#233;ans et des glaces de mer interactifs, ainsi que les couverts v&#233;g&#233;taux et l'hydrologie des terres &#233;merg&#233;es. Ces mod&#232;les simulent en particulier le cycle de l'eau dans on ensemble, la formation des divers types de nuages, la formation des glaces de mer ; ils commencent aujourd'hui &#224; inclure une v&#233;g&#233;tation interactive et certains cycles chimiques comme le cycle du carbone et celui de l'ozone stratosph&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le co&#251;t de calcul est tel que, dans la pratique, la dur&#233;e d'une simulation d&#233;passe rarement le si&#232;cle ; pour des simulations plus longues, il faut user de mod&#232;les simplifi&#233;s. Le r&#233;sultat d'une simulation est une &#233;volution, c'est-&#224;-dire une succession d'&#233;tats. C'est d'ailleurs bien parce que le climat est un probl&#232;me statistique que nous pouvons prolonger nos simulations bien au-del&#224; de la limite de pr&#233;visibilit&#233; de l'atmosph&#232;re (une douzaine de jours au plus) : on ne s'int&#233;resse plus, comme dans la pr&#233;vision du temps, aux perturbations individuelles, mais &#224; leurs probabilit&#233;s d'occurrence&#8230; Il suffit par exemple de perturber tr&#232;s l&#233;g&#232;rement les &#233;tats initiaux : &#224; cause des instabilit&#233;s du syst&#232;me, deux solutions initialement tr&#232;s proches deviennent totalement d&#233;corr&#233;l&#233;es d&#232;s qu'on atteint la limite de pr&#233;visibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le climat est d'abord une affaire d'&#233;nergie. L'apport d'&#233;nergie vient presque exclusivement du soleil ; il se r&#233;partit dans l'espace et dans le temps en fonction du mouvement orbital de la Terre, de la rotation de celle-ci sur elle-m&#234;me, et des variations dans le temps de la puissance solaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fa&#231;on dont cette &#233;nergie solaire incidente traverse l'atmosph&#232;re, p&#233;n&#232;tre &#224; la surface, se transforme en d'autres types d'&#233;nergie comme l'&#233;nergie latente ou l'&#233;nergie potentielle, puis est r&#233;&#233;mise vers l'espace &#224; travers l'atmosph&#232;re sous forme d'&#233;nergie infrarouge, d&#233;pend de la composition physico-chimique de l'atmosph&#232;re, du cycle de l'eau, des propri&#233;t&#233;s optiques de l'oc&#233;an, de l'&#233;tat des surfaces &#233;merg&#233;es et de leur couvert v&#233;g&#233;tal, et enfin du transport d'&#233;nergie d'un endroit &#224; l'autre de la plan&#232;te par les mouvements de l'atmosph&#232;re et de l'oc&#233;an. L'ensemble du syst&#232;me peut d'interpr&#233;ter comme une sorte d'&#233;norme machine thermique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La luminosit&#233; solaire actuelle correspond &#224; un flux incident d'&#233;nergie solaire d'environ 1368 Watt par m&#232;tre-carr&#233; (pour comparer, le doublement du CO&#178; atmosph&#233;rique produit par l'activit&#233; humaine produit seulement un exc&#232;s de 4 W/m&#178; selon Herv&#233; Le Treut dans la conf&#233;rence pour l'universit&#233; de tous les savoirs intitul&#233;e &#171; L'action de l'homme sur le climat &#187; - note M et R) ; si nous r&#233;partissons ce flux sur l'ensemble de la surface terrestre (soit quatre fois la section du cylindre intercept&#233; par la Terre), nous obtenons une valeur moyenne de 343 W/m&#178;. De ce flux incident, environ 30%, soit 102 W/m&#178;, est r&#233;fl&#233;chi ou r&#233;trodiffus&#233; vers l'espace par les nuages, les a&#233;rosols, la neige et les parties les plus r&#233;fl&#233;chissantes de la surface, notamment les d&#233;serts. Restent donc 240 W/m&#178; qui sont r&#233;ellement absorb&#233;s par le syst&#232;me : environ 65 par l'atmosph&#232;re, le reste, environ 175, servant &#224; chauffer la surface. Le fait que presque les trois quarts de l'&#233;nergie solaire absorb&#233;e le soit au niveau de la surface entra&#238;ne naturellement que la temp&#233;rature de l'air d&#233;cro&#238;t quand on s'&#233;l&#232;ve ; mais l'effet de serre accentue tr&#232;s fortement cette d&#233;croissance. En effet, la surface chauff&#233;e par le rayonnement solaire restitue son &#233;nergie &#224; l'espace principalement sous forme de rayonnement infrarouge, dont une partie est absorb&#233;e et r&#233;&#233;mise vers le bas par l'&#233;cran des gaz &#224; effet de serre (vapeur d'eau, CO&#178;, m&#233;thane, N&#178;O, ozone, halocarbures) ainsi que par les nuages. Cet effet de serre pi&#232;ge ainsi une grande quantit&#233; de chaleur dans les basses couches, dont il contribue &#224; &#233;lever encore la temp&#233;rature. le rayonnement intercept&#233; par l'effet de serre est de l'ordre de 155 W/m&#178; ; cette valeur est une mesure de l'effet de serre total. Une autre mesure possible de l'effet de serre est le r&#233;chauffement qu'il entra&#238;ne pour la surface : 33&#176;C, calcul&#233; comme la diff&#233;rence entre la temp&#233;rature moyenne de la surface et la temp&#233;rature de la Terre vue de l'espace &#224; travers l'atmosph&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les radiom&#232;tres &#224; bandes larges comme ScaRaB (CNRS-CNES), qui mesurent le bilan radiatif depuis l'espace, nous renseignent sur les flux nets de rayonnement solaire et infrarouge irradi&#233;s par la Terre vers l'espace. Combin&#233;s avec les mesures de surface, les donn&#233;es de ces instruments permettent par exemple d'&#233;tudier la modulation de l'effet de serre par la temp&#233;rature de surface, par la vapeur d'eau (le plus abondant des gaz &#224; effet de serre) et par les nuages. D'apr&#232;s ScaRaB, la contribution des nuages &#224; effet de serre global est d'environ 30 W/m&#178;, alors qu'ils augmentent la r&#233;flectivit&#233; de la plan&#232;te de 48 W/m&#178; : l'effet radiatif net des nuages va donc dans le sens d'un refroidissement du climat par 18 W/m&#178;. Bien s&#251;r, il s'agit l&#224; d'une valeur moyenne : l'effet radiatif varie selon les types de nuages, et se r&#233;partit diversement en fonction des lieux et des saisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En moyenne sur le globe et dans le temps, le bilan d'&#233;nergie de la plan&#232;te Terre est &#224; peu pr&#232;s &#233;quilibr&#233; : la Terre irradie vers l'espace dans l'infrarouge une &#233;nergie sensiblement &#233;gale &#224; celle qu'elle re&#231;oit du soleil. Mais il est &#233;vident que cet &#233;quilibre ne peut &#234;tre qu'approch&#233;, &#224; cause des oscillations permanentes &#8211; diurnes, saisonni&#232;res et autres &#8211; du syst&#232;me climatique, et aussi, aujourd'hui, de la perturbation faible mais significative due &#224; l'activit&#233; plan&#233;taire des hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, en un point donn&#233; de la Terre, le bilan des &#233;changes d'&#233;nergie avec l'espace est loin d'&#234;tre &#233;quilibr&#233;. Dans les tropiques, la Terre re&#231;oit plus d'&#233;nergie solaire qu'elle n'&#233;met de rayonnement infrarouge ; dans les r&#233;gions polaires, c'est l'inverse&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La distribution du bilan net, ou flux net d'&#233;nergie entre la Terre et l'espace, nous renseigne sur les mouvements de l'atmosph&#232;re et de l'oc&#233;an. En effet, ce sera le r&#244;le de ces deux fluides de transporter l'exc&#232;s d'&#233;nergie re&#231;ue ici ou l&#224; vers les r&#233;gions o&#249; le d&#233;ficit domine. En particulier, l'oc&#233;an et l'atmosph&#232;re vont transporter l'&#233;nergie de la bande tropicale vers les moyennes et les hautes latitudes, plus particuli&#232;rement du c&#244;t&#233; de l'h&#233;misph&#232;re d'hiver&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment l'atmosph&#232;re et l'oc&#233;an peuvent-ils transporter l'&#233;nergie d'un endroit &#224; l'autre de la plan&#232;te ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un premier m&#233;canisme est le m&#233;lange horizontal des masses d'air. Il est surtout efficace dans l'atmosph&#232;re, aux latitudes moyennes et pendant l'hiver, l&#224; o&#249; la temp&#233;rature varie tr&#232;s rapidement avec la latitude. L'instabilit&#233; de l'&#233;coulement atmosph&#233;rique cr&#233;e des perturbations (basses pressions autour desquelles l'air tourne &#224; peu pr&#232;s horizontalement dans le sens inverse des aiguilles d'une montre) qui brassent l'air chaud et souvent humide venant des subtropiques, avec l'air froid et plut&#244;t sec venant des hautes latitudes. Cet &#233;change se traduit par un flux de chaleur et d'&#233;nergie latente (ou vapeur d'eau) allant des subtropiques vers les hautes latitudes. Le brassage par les perturbations n'est efficace pour transporter l'&#233;nergie que parce qu'il m&#233;lange des masses d'air subtropical tr&#232;s &#233;nerg&#233;tique, avec des masses d'air subpolaire qui le sont beaucoup moins&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'atmosph&#232;re et l'oc&#233;an sont des fluides presque partout stratifi&#233;s en densit&#233;, en pression et en temp&#233;rature : la densit&#233;, la pression et la temp&#233;rature varient beaucoup plus vite (par plusieurs ordres de grandeur) suivant la verticale que suivant l'horizontale. L'origine de la stratification en temp&#233;rature est, on l'a vu, le chauffage par la surface et l'effet de serre ; quant &#224; l'oc&#233;an, il est aussi chauff&#233; par la surface et la temp&#233;rature d&#233;cro&#238;t naturellement quand on s'enfonce. Il va de soi que, partout o&#249; ces stratifications sont &#233;tablies, elles sont stables, c'est-&#224;-dire que le fluide l&#233;ger est situ&#233; au-dessus du fluide plus lourd ; les mouvements sont quasi hydrostatiques. On d&#233;montre qu'une stratification est stable si l'&#233;nergie cro&#238;t quand on s'&#233;l&#232;ve&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'oc&#233;an, c'est la d&#233;perdition d'&#233;nergie &#224; la surface, aux hautes latitudes, qui tend &#224; violer la condition de stabilit&#233; et d&#233;clenche la convection. Celle-ci se produit surtout dans les mers de Norv&#232;ge et du Labrador, et, pr&#232;s de l'Antarctique, dans la mer de Weddell, o&#249; l'eau lourde, froide et sal&#233;e plonge et alimente la circulation abyssale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vapeur d'eau dans l'atmosph&#232;re, le sel dans l'oc&#233;an sont tous deux des facteurs d&#233;stabilisant pour la stratification. Les seules sources de la vapeur d'eau atmosph&#233;rique (ou &#233;nergie latente) se trouvent &#224; la surface : c'est l'&#233;vaporation sur l'oc&#233;an, les surfaces d'eau ou les sols humides, ou l'&#233;vapotranspiration des couverts v&#233;g&#233;taux. De plus, la pression de vapeur saturante d&#233;cro&#238;t exponentiellement quand la temp&#233;rature s'abaisse : un air tr&#232;s froid ne peut absorber que tr&#232;s peu de vapeur d'eau&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'oc&#233;an, l'&#233;vaporation &#224; la surface alourdit l'eau superficielle en la chargeant en sel. Aux hautes latitudes, la formation de glace de mer est une source additionnelle de sel ; le sel expuls&#233; par la glace vient alourdir l'eau de surface, favorisant l'apparition de chemin&#233;es convectives, o&#249; se forme l'eau profonde&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'atmosph&#232;re et l'oc&#233;an nous apparaissent ainsi comme les deux acteurs principaux du grand jeu climatique. Le dialogue entre ces deux acteurs joue un r&#244;le central : les vents entra&#238;nent les eaux superficielles de l'oc&#233;an ; en retour le mouvement des masses d'eau transporte de grandes quantit&#233;s de chaleur qui r&#233;chauffent &#224; leur tour l'atmosph&#232;re, modifiant ainsi le r&#233;gime des vents qui vont &#224; leur tour entra&#238;ner l'oc&#233;an. Les interactions de ce type, ou r&#233;troactions, sont monnaie courante dans le syst&#232;me climatique ; elles engendrent les instabilit&#233;s et les oscillations naturelles qui dominent le comportement du syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les oscillations li&#233;es aux interactions oc&#233;an-atmosph&#232;re, la plus connue est le ph&#233;nom&#232;ne portant les noms d'El Ni&#241;o (pour sa partie oc&#233;anique) et d'Oscillation australe (pour sa partie atmosph&#233;rique)&#8230; El Ni&#241;o est une oscillation interannuelle, avec une pseudo-p&#233;riode de l'ordre deux &#224; quatre ans. Il existe aussi dans les tropiques des oscillations intrasaisonni&#232;res, dont les p&#233;riodes sont de l'ordre de quelques d&#233;cades ; elles sont caract&#233;ris&#233;es par la propagation d'amas convectifs vers l'est, de l'ouest de l'oc&#233;an Indien vers le Pacifique &#233;quatorial&#8230; Plus proche de nous, il faut citer l'Oscillation Nord-atlantique, qui se traduit par des modulations d'intensit&#233; du contraste entre les basses pressions d'Islande et les hautes pressions des A&#231;ores&#8230; Une autre oscillation interne, &#224; des &#233;chelles de temps beaucoup plus longues, est la possibilit&#233; de modulation de la circulation thermohaline, donc du flux de chaleur oc&#233;anique et de la formation d'eau profonde dans l'Atlantique nord&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me climatique nous appara&#238;t donc comme un oscillateur assez complexe. Cet oscillateur a ses modes d'oscillation propres&#8230; La d&#233;rive des continents, &#224; l'&#233;chelle de quelques dizaines de millions d'ann&#233;es, change du tout au tout les climats r&#233;gionaux et modifie m&#234;me le climat global, par exemple en &#233;rigeant des montagnes, ou en limitant, voire en supprimant la possibilit&#233; de formation de calottes glaciaires&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A des &#233;chelles de temps moins longues, quelques dizaines de milliers d'ann&#233;es, la variabilit&#233; climatique a pour source principale les variations lentes de la distribution de l'insolation, due aux irr&#233;gularit&#233;s du mouvement orbital de la Terre. Le mouvement de la Terre autour du Soleil est en effet perturb&#233; par l'attraction des autres plan&#232;tes du syst&#232;me solaire&#8230; Les variations correspondantes de l'insolation sont enti&#232;rement d&#233;finies par la variation dans le temps de trois param&#232;tres : l'excentricit&#233; de l'ellipse, qui module le contraste entre une saison chaude globale o&#249; la Terre est proche du Soleil, et une saison froide globale o&#249; elle est &#233;loign&#233;e du Soleil ; l'obliquit&#233; de l'&#233;quateur terrestre sur l'&#233;cliptique, qui module le contraste entre l'h&#233;misph&#232;re d'&#233;t&#233; et l'h&#233;misph&#232;re d'hiver ; et enfin, la pr&#233;cession, qui d&#233;finit le d&#233;phasage entre la saison chaude globale et l'hiver ou l'&#233;t&#233; de l'un ou l'autre des deux h&#233;misph&#232;res&#8230; Il est aujourd'hui universellement admis que les grandes variations du climat qui ont domin&#233; les deux derniers millions d'ann&#233;es sont dues &#224; ces variations orbitales et aux variations d'insolation qui en d&#233;coulent. Les ph&#233;nom&#232;nes les plus marquants sont les alternances d'&#233;poques glaciaires et interglaciaires, rythm&#233;es par la lente accumulation, puis la disparition relativement rapide d'&#233;normes calottes de glace sur l'Am&#233;rique du Nord et le nord de l'Europe&#8230; L'accumulation de glace sur les p&#244;les est toujours lente, car il faut beaucoup de temps &#224; l'atmosph&#232;re pour transporter de la vapeur d'eau en quantit&#233; suffisante aux hautes latitudes o&#249; l'air est froid et peu porteur d'humidit&#233;. Le retour &#224; l'interglaciaire par fonte ou d&#233;stabilisation des calottes est beaucoup plus rapide. Nous nous situons aujourd'hui &#224; la fin d'une p&#233;riode interglaciaire qui a d&#233;but&#233; il y a environ 10 000 ans. Le dernier maximum glaciaire, c'est-&#224;-dire l'&#233;poque o&#249; le climat a &#233;t&#233; le plus froid et o&#249; les calottes glaciaires ont atteint leur extension maximale, s'est produit il y a environ 20 000 ans. A cette &#233;poque, le Canada et le nord des Etats-Unis &#233;taient recouverts par plus de 3,5 km de glace, et le nord de l'Europe et de la Russie, par plus de 2 km de glace ! La temp&#233;rature moyenne du globe &#233;tait de 5 &#224; 6&#176; plus basse qu'aujourd'hui, et les p&#244;les &#233;taient plus froids d'environ dix degr&#233;s. Juste apr&#232;s le retour &#224; l'interglaciaire, il y a 6 &#224; 10 000 mille ans, le climat &#233;tait l&#233;g&#232;rement plus chaud qu'aujourd'hui : la pr&#233;cession &#233;tait telle que la Terre &#233;tait proche du soleil durant l'&#233;t&#233; bor&#233;al (c'est le contraire actuellement) : les &#233;t&#233;s de l'h&#233;misph&#232;re nord &#233;taient donc plus chauds, les moussons africaines et asiatiques &#233;taient plus intenses et p&#233;n&#233;traient plus au nord dans les deux continents : le sud de ce qui est aujourd'hui le d&#233;sert saharien &#233;tait relativement verdoyant et peupl&#233; d'animaux et de pasteurs, comme le rappelaient les fresques du Tassili&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que nous disent les archives de l'&#233;volution du climat que sont les calottes glaciaires et les mod&#233;lisations que l'on peut faire de l'&#233;volution du climat sur ces p&#233;riodes de temps, c'est que le syst&#232;me climatique se comporte comme un amplificateur des impulsions orbitales, gr&#226;ce aux multiples r&#233;troactions dues par exemple au cycle de l'eau : la formation de calottes glaciaires et l'accroissement du manteau neigeux, en renvoyant davantage d'&#233;nergie solaire vers l'espace, intensifient le refroidissement ; ou encore, dues au dioxyde de carbone et au m&#233;thane. La teneur de ces gaz d&#233;pend de l'activit&#233; biologique et diminue lors des baisses d'insolation, avec pour cons&#233;quence un affaiblissement de l'effet de serre et donc un refroidissement suppl&#233;mentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre cause naturelle, externe, de variations climatiques est l'activit&#233; m&#234;me du soleil. La &#171; dynamo &#187; solaire est modul&#233;e par des cycles de 22 ans ; la luminosit&#233; varie, elle, suivant des cycles de 11 ans, car elle ne d&#233;pend pas du signe du champ magn&#233;tique. Les p&#233;riodes d'activit&#233; maximale du soleil se manifestent par la multiplication de taches solaires (surcompens&#233;es par des &#171; facules &#187; ou plages extr&#234;mement brillantes). Nous disposons d'observations quantitatives de l'&#233;volution de l'activit&#233; solaire depuis la fondation de l'Observatoire de Paris dans la deuxi&#232;me moiti&#233; du XVIIe si&#232;cle (apparition, disparition, nombre de taches, variations du diam&#232;tre du soleil qui varie en raison inverse de son activit&#233;). Nous savons ainsi que la deuxi&#232;me moiti&#233; du XVIIe si&#232;cle a &#233;t&#233; une p&#233;riode d'activit&#233; solaire particuli&#232;rement faible, allant jusqu'&#224; une disparition totale des taches durant des p&#233;riodes de plusieurs ann&#233;es&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On notera qu'il faut replacer les effets climatiques de l'effet de serre anthropique (avec leurs propres constantes de temps de quelques d&#233;cennies &#224; plusieurs si&#232;cles) dans le cadre des variations naturelles du climat, auxquelles elles se superposent et avec lesquelles elles peuvent interagir. Par exemple, nous nous dirigeons aujourd'hui naturellement vers une nouvelle glaciation qui devrait se d&#233;velopper progressivement dans les 100 000 ans qui viennent. Certaines &#233;tudes montrent que la modification de cette &#233;volution naturelle par le r&#233;chauffement climatique d&#251; aux hommes pourrait perdurer sur plusieurs milliers d'ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons au pr&#233;sent ou &#224; un avenir plus proche. L'effet de serre n'est pas, et de loin, la seule perturbation d'origine anthropique. Les divers types de combustion, dont les soci&#233;t&#233;s modernes font un si grand usage, injectent aussi dans l'atmosph&#232;re, &#224; doses plus ou moins grandes, des pollutions visibles sous forme d'a&#233;rosols, petites particules en suspension dans l'air, &#224; base de carbone suie, de carbone organique, de dioxyde de soufre, etc. Beaucoup de ces particules ont des tailles de l'ordre des longueurs d'onde du rayonnement solaire. Elles interceptent une partie de ce rayonnement et l'emp&#234;chent d'atteindre la surface, soit en le renvoyant vers l'espace, soit en l'absorbant. Dans une atmosph&#232;re tr&#232;s pollu&#233;e, la couche des a&#233;rosols peut &#234;tre assez dense pour masquer compl&#232;tement le soleil un jour de beau temps. A l'oppos&#233; de l'effet de serre, les a&#233;rosols tendent ainsi &#224; refroidir la surface, et donc le climat. Le fait que certains a&#233;rosols, les a&#233;rosols soufr&#233;s, sont hygroscopiques les rend aptes &#224; jouer en plus le r&#244;le de noyaux de condensation : &#224; quantit&#233; donn&#233;e de vapeur d'eau, la pr&#233;sence d'une grande quantit&#233; d'a&#233;rosols soufr&#233;s multiplie donc le nombre de gouttelettes ; les gouttelettes qui se forment sont plus petites, elles se forment donc en plus grandes quantit&#233;s et restent en suspension plus longtemps : un m&#234;me volume de gouttes d'eau offre ainsi une surface r&#233;fl&#233;chissante plus grande et plus persistante. Cet effet refroidisseur suppl&#233;mentaire est ce que l'on appelle l'effet indirect des a&#233;rosols soufr&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Gros temps sur la plan&#232;te &#187; de Jean-Claude Duplessy et Pierre Morel :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &#171; Les grandes reconstitutions pal&#233;oclimatiques, tant marines que glaciologiques, sugg&#232;rent que le m&#233;canisme de Milankovitch (qui calcule les variations d'insolation terrestre &#224; partir de trois param&#232;tres li&#233;s &#224; l'orbite de la Terre, excentricit&#233;, inclinaison et pr&#233;cession des &#233;quinoxes note M et R) explique une grande partie des fluctuations &#224; long terme du climat de la Terre. Cependant, tant que nous n'aurons pas compris la circulation de l'atmosph&#232;re et celle de l'oc&#233;an au point de conna&#238;tre leur r&#233;ponse aux variations de l'insolation, toute tentative de pr&#233;vision des climats du futur restera essentiellement dans le domaine de la sp&#233;culation, bien que l'insolation elle-m&#234;me soit parfaitement calculable &#224; longue &#233;ch&#233;ance&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La circulation de l'atmosph&#232;re terrestre autour de la plan&#232;te est donc finalement d&#233;termin&#233;e par la rotation de la Terre autour de l'axe des p&#244;les et par le contraste de temp&#233;rature entre les r&#233;gions polaires froides et la zone intertropicale chaude (&#224; un niveau donn&#233; de pression ou d'altitude). En outre, si on envisage la Terre comme une vaste centrifugeuse, on se rend compte que la situation o&#249; l'air relativement froid et dense se trouve pr&#232;s de l'axe de rotation et l'air chaud relativement l&#233;ger sur la p&#233;riph&#233;rie ne peut pas &#234;tre stable. Il faudrait que l'air froid et dense au niveau de la mer migre vers l'&#233;quateur tandis que l'air chaud &#233;quatorial s'&#233;l&#232;verait et remonterait vers les p&#244;les. C'est bien ce que l'on observe effectivement dans la zone intertropicale : une convergence g&#233;n&#233;rale des vents aliz&#233;s vers l'&#233;quateur au niveau de la mer et une circulation g&#233;n&#233;ralement divergente qui s'&#233;carte de l'&#233;quateur &#224; haute altitude (10 &#224; 12 km). Ce ph&#233;nom&#232;ne, connu sous le nom de circulation m&#233;ridionale de Hadley, se manifeste plus ou moins fortement tout autour de la Terre et appara&#238;t constamment dans les donn&#233;es climatologiques moyennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En raison de son caract&#232;re permanent et plut&#244;t stable, la circulation de Haley imprime une marque &#233;vidente sur les climats terrestres. Sous sa branche ascendante localis&#233;e au voisinage de l'&#233;quateur, la convergence &#224; basse altitude se manifeste par une forte activit&#233; convective et des pluies intenses qui permettent le d&#233;veloppement d'une v&#233;g&#233;tation luxuriante, la for&#234;t tropicale ou &#171; rain-forest &#187; en anglais. Sur les grands bassins oc&#233;aniques, particuli&#232;rement l'oc&#233;an Pacifique, les nuages convectifs s'organisent suivant une bande longitudinale &#233;troite d'une centaine de kilom&#232;tres de large, la zone de convergence intertropicale, o&#249; sont concentr&#233;s les orages et la pluie. Le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne se manifeste, d'une mani&#232;re peut-&#234;tre un peu moins nette, sur l'Atlantique tropical entre 5 et 10&#176; de latitude Nord. C'est le &#171; pot-au-noir &#187; qui fut la terreur des pionniers de l'A&#233;ropostale et qui inqui&#232;te encore les pilotes actuels parce qu'ils craignent d'y rencontrer des cellules convectives (cumulo-nimbus) dont le sommet d&#233;passe l'altitude pourtant &#233;lev&#233;e des avions &#224; r&#233;action modernes. Au-dessus du &#171; continent maritime &#187; constitu&#233; par l'archipel indon&#233;sien et sur la r&#233;gion oc&#233;anique environnante dont les eaux sont les plus chaudes du monde, la circulation ascendante et l'activit&#233; convective prennent une ampleur exceptionnelle : il n'est pas rare que les cumulo-nimbus y culminent &#224; plus de 18 kilom&#232;tres d'altitude et qu'on y enregistre des pr&#233;cipitations cumul&#233;es annuelles correspondant &#224; une lame d'eau de pluie de 3 &#224; 6 m&#232;tres d'&#233;paisseur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous les branches descendantes de la circulation de Hadley, au contraire, l'air venant des couches sup&#233;rieures est dess&#233;ch&#233;, et la &#171; subsidence &#187; quasiment permanente de l'atmosph&#232;re s'oppose au d&#233;veloppement de la convection : la pluie y est exceptionnelle, le r&#233;gime climatique aride et le paysage d&#233;sertique. Effectivement, les grands d&#233;serts du monde s'&#233;tendent entre 15 et 30&#176; de latitude Nord ou Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La circulation m&#233;ridionale de Hadley r&#233;alise, &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire, un cycle thermodynamique qui constitue la principale source d'&#233;nergie m&#233;canique alimentant la machine atmosph&#233;rique. Le fluide thermodynamique est &#233;videmment l'air, charg&#233; d'humidit&#233; au niveau de la mer et sec en haute altitude. la source chaude est la branche ascendante de la circulation de Hadley o&#249; l'air re&#231;oit une vaste quantit&#233; de chaleur d&#233;gag&#233;e par la condensation et la pr&#233;cipitation d'une &#233;norme masse d'eau, &#224; un taux correspondant &#224; une puissance moyenne de mille millions de m&#233;gawatts&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, les actions et r&#233;actions mutuelles de l'oc&#233;an et de l'atmosph&#232;re sont les agents d'une dynamique fort active, qui engendre une large gamme de variations naturelles du r&#233;gime climatique, ind&#233;pendamment de toute influence ext&#233;rieure&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tableau dynamique que nous venons de peindre du fonctionnement de l'environnement terrestre a pour &#233;l&#233;ment central la circulation de l'atmosph&#232;re globale qui r&#233;alise un cycle thermodynamique moteur et produit ainsi l'&#233;nergie m&#233;canique n&#233;cessaire pour s'entretenir elle-m&#234;me et entra&#238;ner le reste du syst&#232;me : cycle hydrologique, circulation oc&#233;anique&#8230; Le r&#233;gime de cette machine complexe est, en fin de compte, d&#233;termin&#233; par le contraste de temp&#233;rature entre hautes et basses latitudes qui r&#233;sulte de la comp&#233;tition autor&#233;gulatrice entre le chauffage diff&#233;rentiel de la Terre par le rayonnement par le rayonnement solaire et l'effet compensatoire des transports de chaleur par l'oc&#233;an et l'atmosph&#232;re&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces processus peuvent s'organiser en cha&#238;ne formant une boucle ferm&#233;e, dite boucle de r&#233;troaction, dont le r&#233;sultat final est d'agir sur la cause m&#234;me de la perturbation qui sollicite le syst&#232;me, pour s'y opposer ou au contraire pour l'amplifier. Dans le premier cas, on a affaire &#224; une boucle de r&#233;troaction n&#233;gative (stabilisante) et dans le second cas &#224; une boucle de r&#233;troaction positive (d&#233;stabilisante).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Historiquement, le m&#233;canisme le plus anciennement reconnu parmi ces encha&#238;nements d'actions et de r&#233;actions est la boucle temp&#233;rature-neige-albedo qui a &#233;t&#233; avanc&#233;e comme une explication possible des transitions relativement brutales et difficilement r&#233;versibles entre le r&#233;gime climatique glaciaire et un r&#233;gime chaud comme le r&#233;gime actuel&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre processus, tr&#232;s important celui-l&#224;, est la boucle de r&#233;troaction temp&#233;rature-vapeur d'eau- effet de serre. Une &#233;l&#233;vation de temp&#233;rature de l'atmosph&#232;re favorise l'augmentation du contenu en vapeur d'eau de l'air, comme on peut ais&#233;ment s'en rendre compte en visitant les Tropiques. Or, la vapeur d'eau est une des esp&#232;ces chimiques qui absorbent le rayonnement infrarouge &#233;mis par la surface et, compte tenu de la quantit&#233; pr&#233;sente dans une colonne d'air, le principal contributeur &#224; l'effet de serre est l'atmosph&#232;re. L'augmentation de l'humidit&#233; atmosph&#233;rique entra&#238;ne donc un r&#233;chauffement suppl&#233;mentaire de la surface : c'est un processus de r&#233;troaction positive, c'est-&#224;-dire d&#233;stabilisant&#8230;. Suivant les circonstances, la saison, la latitude&#8230;, les nuages peuvent aussi bien amplifier qu'att&#233;nuer l'effet direct d'un r&#233;chauffement impos&#233; &#224; l'atmosph&#232;re par une cause externe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce niveau, l'ensemble des processus atmosph&#233;riques, oc&#233;aniques et terrestres qui d&#233;terminent le climat constitue un syst&#232;me dynamique essentiellement non lin&#233;aire dont le comportement n'est nullement pr&#233;visible sur la base d'une extrapolation de la tendance constat&#233;e pendant une p&#233;riode particuli&#232;re&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle que soit la comp&#233;tence &#8211; indiscutable &#8211; des &#233;quipes scientifiques, si puissants que soient les codes num&#233;riques et les moyens de calcul, toute pr&#233;vision climatique demeure entach&#233;e d'une s&#233;rieuse marge d'incertitude, ceci d'autant plus que l'on s'&#233;carte des conditions actuelles. Le lecteur est pri&#233; de croire que cette affirmation ne refl&#232;te pas un jugement n&#233;gatif sur la qualit&#233; des travaux les plus s&#233;rieux publi&#233;s sur ce sujet, mais une appr&#233;ciation r&#233;aliste de l'extr&#234;me difficult&#233; du probl&#232;me&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trop rapide pour que le syst&#232;me climatique ait le temps de s'ajuster compl&#232;tement, le changement li&#233; &#224; la hausse de l'effet de serre caus&#233; par la croissance des activit&#233;s humaines est cependant assez lent pour que la circulation et la thermodynamique de l'oc&#233;an global aient le temps d'intervenir de mani&#232;re significative, &#224; l'&#233;ch&#233;ance de quelques dizaines d'ann&#233;es&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la lumi&#232;re des r&#233;sultats th&#233;oriques r&#233;cents (l'ouvrage est &#233;dit&#233; en 1990 &#8211; note M et R), et compte tenu aussi de l'amplitude encore relativement faible du r&#233;chauffement constat&#233; depuis un demi-si&#232;cle, il est admis aujourd'hui que la sensibilit&#233; de la r&#233;ponse climatique &#224; une perturbation donn&#233;e est probablement plus petite que le donnaient &#224; penser les premi&#232;res simulations du r&#233;chauffement global : de l'ordre de 2,5&#176;C au lieu de 4 ou 5, pour un doublement du gaz carbonique (IPCC, 1990). Cependant, la marge d'incertitude demeure tr&#232;s large, peut-&#234;tre un facteur 2 en plus ou en moins&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si on doit s'attendre au doublement (effectif) de la teneur en gaz carbonique, &#224; &#233;ch&#233;ance d'une cinquantaine d'ann&#233;es, il est faux de penser que le r&#233;chauffement moyen de la Terre atteindra alors 2 &#224; 4&#176;C, comme on pourrait l'imaginer en appliquant brutalement les r&#233;sultats publi&#233;s sur la sensibilit&#233; de la composante atmosph&#233;rique seule. Le changement sera en r&#233;alit&#233; frein&#233; par l'inertie thermique de la composante lente du syst&#232;me climatique plan&#233;taire, l'oc&#233;an et les glaces polaires&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelques ann&#233;es, l'Agence (am&#233;ricaine) pour la Protection de l'Environnement a obtenu un beau succ&#232;s m&#233;diatique, &#224; d&#233;faut du respect des scientifiques, en annon&#231;ant que le niveau g&#233;n&#233;ral des mers allait s'&#233;lever de deux m&#232;tres d'ici &#224; l'an 2100&#8230; Nous verrons cependant que le ph&#233;nom&#232;ne ne peut avoir l'ampleur catastrophique annonc&#233;e par l'Environment Protection Agency, du moins &#224; l'&#233;ch&#233;ance d'un si&#232;cle&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes profond&#233;ment convaincus que l'image catastrophique que les m&#233;dias, principalement occidentaux, donnent de l'effet de serre du gaz carbonique et l'accent mis par les autorit&#233;s politiques sur la pr&#233;vention de cette catastrophe reposent sur une vision erron&#233;e du ph&#233;nom&#232;ne&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut gu&#232;re s'attendre du c&#244;t&#233; de la calotte glaciaire antarctique &#224; un accroissement notable des rejets d'icebergs dans l'oc&#233;an austral. Par ailleurs, les mod&#232;les climatiques indiquent qu'un r&#233;chauffement important de l'atmosph&#232;re apportera davantage de pr&#233;cipitations neigeuses sur l'Antarctique ; celles-ci s'accumuleront sur la glace en place dont le volume aura plut&#244;t tendance &#224; augmenter, ce qui aura plut&#244;t pour effet de faire baisser le niveau g&#233;n&#233;ral des mers. La remont&#233;e du niveau marin par la fonte de la calotte glaciaire antarctique de l'Est ne constitue donc pas une &#233;ventualit&#233; vraisemblable pour le troisi&#232;me mill&#233;naire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?hl=fr&amp;ei=eXv_XPXOAY-EacmlpKAE&amp;q=climat+r%C3%A9chauffement+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;oq=climat+r%C3%A9chauffement+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;gs_l=psy-ab.3...27603.30851..31425...0.0..0.55.646.14......0....1..gws-wiz.......0i71.O1LB8NwPRFo&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire encore&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3898&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;ponses &#224; quelques questions simples sur le climat&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Entropie et Dialectique</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article5474</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.org/spip.php?article5474</guid>
		<dc:date>2017-05-16T23:47:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Dialectic - Dialectique</dc:subject>
		<dc:subject>Discontinuit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Boucle de r&#233;troaction</dc:subject>
		<dc:subject>Contradictions</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Clausius, &#171; L'entropie est transformation &#187; et caract&#233;rise le degr&#233; de d&#233;sorganisation ou de manque d'information d'un syst&#232;me. &lt;br class='autobr' /&gt;
Boltzmann : &#171; L'entropie est le degr&#233; de d&#233;sordre du syst&#232;me. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Shannon : &#171; L'entropie, c'est l'information perdue. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Entropie et Dialectique &lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; deux notions qu'on ne marie pas fr&#233;quemment ensemble et pourtant&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant, d&#232;s qu'on se pose la question de la relation entre ordre et d&#233;sordre dans la mati&#232;re, qui est justement la question pos&#233;e par la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique15" rel="directory"&gt;Chapter 10 : Natural and social dialectic - Dialectique naturelle et sociale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Dialectic - Dialectique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot61" rel="tag"&gt;Discontinuit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot73" rel="tag"&gt;Boucle de r&#233;troaction&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot78" rel="tag"&gt;Contradictions&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Clausius, &lt;i&gt;&#171; L'entropie est transformation &#187;&lt;/i&gt; et caract&#233;rise le degr&#233; de d&#233;sorganisation ou de manque d'information d'un syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Boltzmann : &lt;i&gt;&#171; L'entropie est le degr&#233; de d&#233;sordre du syst&#232;me. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Shannon : &lt;i&gt;&#171; L'entropie, c'est l'information perdue. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Entropie et Dialectique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; deux notions qu'on ne marie pas fr&#233;quemment ensemble et pourtant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, d&#232;s qu'on se pose la question de la relation entre ordre et d&#233;sordre dans la mati&#232;re, qui est justement la question pos&#233;e par la notion d'entropie, on constate &#224; l'&#233;vidence qu'on se situe dans une situation o&#249; des contradictions dialectiques sont d&#233;velopp&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On con&#231;oit ais&#233;ment qu'ordre et d&#233;sordre soient des notions contradictoires mais on les imagine &#224; tort plut&#244;t contradictoires diam&#233;tralement et pas dialectiquement ! C'est seulement parce que la dialectique n'a pas pignon sur rue et qu'elle n'est nullement largement diffus&#233;e, m&#234;me pas parmi les scientifiques et les philosophes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, on peut remarquer que l'ordre et le d&#233;sordre sont plus imbriqu&#233;s qu'antinomiques, qu'un grand d&#233;sordre peut produire un nouvel ordre, que l'ordre &#233;merge d'une base d&#233;sordonn&#233;e permanente, que le d&#233;sordre lui-m&#234;me ne se con&#231;oit pas sans un ordre sous-jacent qui s'agite, que les niveaux hi&#233;rarchiques de la mati&#232;re ne peuvent &#234;tre interactifs que parce qu'il y a un d&#233;sordre aux transitions entre deux ordres, que ni l'ordre ni le d&#233;sordre ne caract&#233;risent un &#233;tat permanent d'une mati&#232;re donn&#233;e mais que chaque mati&#232;re, &#224; chaque niveau, passe sans cesse de l'ordre au d&#233;sordre et &#224; un nouvel ordre, sautant d'un &#233;tat &#224; un autre, que l'agitation ne s'oppose pas diam&#233;tralement au repos, que la stabilit&#233; ne s'oppose pas diam&#233;tralement &#224; l'instabilit&#233;, &#233;tant donn&#233;e que les &#233;tats structurellement stables sont fond&#233;s sur des substrats sans cesse changeants. Et on en passe des quantit&#233;s de remarques dialectiques que l'on peut faire sur l'ordre et le d&#233;sordre de la mati&#232;re/lumi&#232;re/vide, donc de l'univers &#224; toutes les &#233;chelles, dans lesquelles les interactions d'&#233;chelle qui sont non-lin&#233;aires et brutales ne sont pas celles qui suscitent le moins de telles remarques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un d&#233;sordre g&#233;n&#233;ral est encore un type d'ordre, comme le verre ou le gaz. Un ordre g&#233;n&#233;ral est encore un d&#233;sordre, comme le r&#233;seau cristallin avec ses vibrations, des mouvements d'atomes, ses &#233;changes d'&#233;lectrons, etc&#8230; La physique quantique a manifest&#233; ce couplage dialectique entre l'ordre et le d&#233;sordre, entre le hasard et la n&#233;cessit&#233;, une n&#233;cessit&#233; fond&#233;e sur le hasard et un hasard fond&#233; sur la n&#233;cessit&#233; ! Voil&#224; ce qui a d&#233;sar&#231;onn&#233; Einstein ! Les corpuscules arrivent sur les &#233;crans au hasard, apr&#232;s passage dans les fentes de Young du fait de la diffraction et pourtant un grand nombre d'impacts sur les &#233;crans reconstituent des figures d'interf&#233;rences qui sont n&#233;cessaires et pr&#233;dictibles, et ob&#233;issent &#224; des lois. Les in&#233;galit&#233;s d'Heisenberg t&#233;moignent de ce m&#233;lange de hasard et de n&#233;cessit&#233;, d'ordre et de d&#233;sordre non seulement coexistants mais interd&#233;pendants. Un param&#232;tre ne peut en effet &#234;tre bien connu que si l'autre param&#232;tre l'est moins bien ! Plus on a de l'ordre &#224; un niveau et plus on a du d&#233;sordre &#224; un autre. L'absence de connaissance totalement pr&#233;cise d'un seul param&#232;tre signifie qu'au sens du plus grand ordre, il y a toujours un d&#233;sordre. Jamais la mati&#232;re n'est totalement ondulatoire ni totalement corpusculaire et les deux contraires, apparemment diam&#233;traux, sont en fait dialectiques. Jamais le continu ne l'emporte d&#233;finitivement sur le discontinu, le local sur le non-local, l'&#233;tendu sur le non-&#233;tendu. Il n'y a pas d'exp&#233;rience totalement ondulatoire ou totalement corpusculaire. On ne peut augmenter l'ordre &#224; un p&#244;le ou &#224; un niveau qu'en augmentant le d&#233;sordre &#224; un autre p&#244;le ou &#224; un autre niveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La physique quantique est loin d'&#234;tre la seule &#224; manifester ce caract&#232;re dialectique de l'interaction et de l'interp&#233;n&#233;tration de l'ordre et du d&#233;sordre et notamment du fait que l'ordre se change en d&#233;sordre et le d&#233;sordre en ordre. La physique de Prigogine en est aussi la d&#233;monstration. C'est loin de l'&#233;quilibre que se fonde l'ordre &#233;mergent. Ce sont des tructures globalement stables fond&#233;es sur des &#233;l&#233;ments mat&#233;riels qui, eux, changent sans cesse. L'agitation sous-jacente y est indispensable &#224; la formation de structures ordonn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en va de m&#234;me dans la physique du vide quantique ou dans l'astrophysique de la formation des &#233;toiles et galaxies, qui sont des ordres fond&#233;s sur le d&#233;sordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question pos&#233;e par Boltzmann dans sa thermodynamique probabiliste n'est pas seulement celle de l'ordre et du d&#233;sordre. Elle questionne la capacit&#233; de la mati&#232;re d'agir comme &#171; un d&#233;mon &#187;, c'est-&#224;-dire de &#171; tout savoir &#187; avant d'interagir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la r&#233;versibilit&#233; et de l'irr&#233;versibilit&#233; des transformations induites par les interactions a effectivement pos&#233; le probl&#232;me des bases sur lesquelles la mati&#232;re se fonde pour r&#233;agir. Chaque mati&#232;re int&#232;gre-t-elle la totalit&#233; des informations disponibles sur toutes les mati&#232;res alentour ou seulement une partie d'entre elles, limit&#233;e dans le temps, dans les niveaux d'&#233;nergie, dans l'espace ? L'entropie suppose en fait que la mati&#232;re minimise la quantit&#233; d'&#233;nergie n&#233;cessaire &#224; collecter ces informations et donc aussi la quantit&#233; d'informations n&#233;cessaires pour r&#233;troagir. Supposons que, pour interagir, chaque mati&#232;re doive savoir tout sur tout ce qui l'entoure, m&#234;me &#224; longue distance et &#224; tous les niveaux d'&#233;nergie de transmission, et avec un niveau infini de pr&#233;cision, cela signifierait un nombre trop grand de collecte d'information avant chaque r&#233;action et donc une &#233;nergie quasi infinie et un temps d'interaction beaucoup trop grand. Si chaque instant &#233;t&#233; consacr&#233; &#224; collecter ces informations pour chaque mati&#232;re, celle-ci ne pourrait ni se mouvoir ni changer, en vertu du paradoxe de Z&#233;non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une interaction n&#233;cessite en effet un temps de perception, un temps d'action et temps de relaxation, avant redevenir apte &#224; une nouvelle interaction. C'est la base de la discontinuit&#233; de toutes les interactions et cela fait que la mati&#232;re ne peut pas collecter toutes les informations &#233;mises. Il en r&#233;sulte que la mati&#232;re se contente d'une petite partie des informations sur son environnement pour d&#233;terminer ses mouvements et ses changements. La mati&#232;re minimise ses d&#233;penses d'&#233;nergie en se contentant de r&#233;troagir &#224; partir d'une petite partie de ces informations, limit&#233;es dans les niveaux d'&#233;nergie, dans le temps et dans l'espace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entropie, qui a souvent &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;e comme le nombre d'&#233;tats possibles d'un syst&#232;me et donc comme la mesure de l'extension du d&#233;sordre, est ce ph&#233;nom&#232;ne de limitation de l'information capt&#233;e par chaque mati&#232;re/lumi&#232;re/vide pour r&#233;troagir. Ce n'est pas une mesure de l'information mais de la restriction des informations n&#233;cessaires. Cette restriction permet de limiter l'&#233;nergie d&#233;pens&#233;e, de laisser vacant les temps de perception d'action et de relaxation. Elle est d'autant plus n&#233;cessaire que le ph&#233;nom&#232;ne mati&#232;re/lumi&#232;re/vide est enti&#232;rement fond&#233; sur des structures &#233;mergentes issues de l'agitation des antiparticules et particules &#233;ph&#233;m&#232;res dites virtuelles qui ne cessent d'appara&#238;tre et de dispara&#238;tre dans le vide quantique. Les particules durables, dites r&#233;elles, ne sont que des structures qui sont fond&#233;es sur des particules virtuelles sans cesses diff&#233;rentes. Il ne peut, du coup, &#234;tre question d'une m&#233;moire des interactions pr&#233;c&#233;dentes, des positions et des vitesses, ni des &#233;nergies ou des impulsions du monde alentour, ni d'aucune m&#233;moire du pass&#233; de ces interactions puisque la base r&#233;elle de ces particules appara&#238;t et dispara&#238;t sans cesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit donc que l'entropie d'un syst&#232;me mesure sa capacit&#233;, tout en interagissant avec le monde alentour, &#224; se passer d'une grande partie des informations et non d'en accumuler le maximum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entropie est l'interm&#233;diaire entre &#233;nergie et organisation. L'entropie, ce n'est pas juste des questions de temp&#233;rature ou de transmission de chaleur en thermodynamique, ni seulement des questions de perte d'organisation (entropie) et de son contraire dialectique, l'auto-organisation (n&#233;guentropie) : l'entropie est le d&#233;terminant pour chaque mati&#232;re de l'efficacit&#233; de toute structure organisationnelle, par la capacit&#233; de filtrage de l'information qui est indispensable aux interactions, comme &#224; toute m&#233;moire ou &#224; toute perception. L'entropie est une tendance de la mati&#232;re &#224; minimaliser ses efforts pour r&#233;aliser les interactions. C'est un principe d'efficacit&#233; maximale mais qui a comme effet que le monde est flou et que sa rationalit&#233; est contradictoire&#8230; Le caract&#232;re flou est reli&#233; au caract&#232;re impr&#233;dictible du syst&#232;me. Le caract&#232;re contradictoire est reli&#233; au caract&#232;re dynamique des transformations de la mati&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2615&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ordre et d&#233;sordre de la mati&#232;re, deux r&#233;alit&#233;s compl&#232;tement et dialectiquement imbriqu&#233;es&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3906&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article871&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le rapport avec l'irr&#233;versibilit&#233;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=ordre+d%C3%A9sordre+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;btnG=Recherche&amp;meta=&amp;gws_rd=ssl#hl=fr&amp;q=ordre+d%C3%A9sordre+site:http://www.matierevolution.fr+OR+site:http://www.matierevolution.org+&amp;*&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ordre et d&#233;sordre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article871&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qu'est-ce que l'irr&#233;versibilit&#233; ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qu'est-ce que la th&#233;orie de la complexit&#233;</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article5352</link>
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		<dc:date>2017-01-18T00:54:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Deterministic chaos - Chaos d&#233;terministe</dc:subject>
		<dc:subject>Physique quantique</dc:subject>
		<dc:subject>Atome</dc:subject>
		<dc:subject>Emergence</dc:subject>
		<dc:subject>Boucle de r&#233;troaction</dc:subject>
		<dc:subject>Auto-organisation</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Qu'est-ce que la th&#233;orie de la complexit&#233; ? &lt;br class='autobr' /&gt;
What is Complexity Theory &lt;br class='autobr' /&gt;
Avertissement : si nous d&#233;butons les citations sur la complexit&#233; par des auteurs favorables &#224; la th&#232;se de la complexit&#233; croissante, afin de mieux l'exposer, nous n'y sommes pas pour autant favorables, comme on pourra le lire dans la suite de l'article, pas plus que nous n'approuvons la &#171; th&#233;orie de l'information &#187; ni la &#171; th&#233;orie des syst&#232;mes &#187; dont elle fait partie, alors que nous approuvons cependant certaines (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;Chapter 03 : Revolution : the great organizer - La r&#233;volution ou le grand organisateur&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot59" rel="tag"&gt;Deterministic chaos - Chaos d&#233;terministe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot62" rel="tag"&gt;Physique quantique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot64" rel="tag"&gt;Atome&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot71" rel="tag"&gt;Emergence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot73" rel="tag"&gt;Boucle de r&#233;troaction&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot84" rel="tag"&gt;Auto-organisation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qu'est-ce que la th&#233;orie de la complexit&#233; ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.slideshare.net/johncleveland/complexity-theory-basic-concepts&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;What is Complexity Theory&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Avertissement : si nous d&#233;butons les citations sur la complexit&#233; par des auteurs favorables &#224; la th&#232;se de la complexit&#233; croissante, afin de mieux l'exposer, nous n'y sommes pas pour autant favorables, comme on pourra le lire dans la suite de l'article, pas plus que nous n'approuvons la &#171; th&#233;orie de l'information &#187; ni la &#171; th&#233;orie des syst&#232;mes &#187; dont elle fait partie, alors que nous approuvons cependant certaines parties de ce qu'elle consid&#232;re comme ses bases th&#233;oriques, &#224; savoir l'histoire de la mati&#232;re, l'auto-organisation, le chaos d&#233;terministe, le holisme et l'&#233;mergence.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez bien des auteurs, la tentation est grande de passer de la notion de mati&#232;re historique, de chaos d&#233;terministe, d'auto-organisation, de n&#233;guentropie, d'&#233;mergence, &#224; celle de th&#233;orie de la &#171; complexit&#233; &#187;, c'est-&#224;-dire &#224; l'id&#233;e que la mati&#232;re va in&#233;luctablement vers une croissance de la structuration en niveaux et en interactions, fond&#233;e sur une organisation de plus en plus d&#233;velopp&#233;e. Ce n'est pas la m&#234;me notion que l'on emploie lorsqu'on dit qu'une question est compliqu&#233;e, difficile &#224; comprendre, car la complexit&#233; peut tr&#232;s bien provenir de lois extr&#234;mement simples &#224; comprendre et &#224; formuler. Il suffit que ces structures s'auto-produisent en boucle et fondent des niveaux successifs interactifs. Mais ce que nous r&#233;cusons dans cet article, c'est le caract&#232;re de progr&#232;s que la th&#233;orie en question attribue &#224; la complexit&#233;, le sens de l'Histoire de la mati&#232;re qu'elle croie d&#233;celer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que l'on observe la capacit&#233; spontan&#233;e de la mati&#232;re de se structurer, de fonder diff&#233;rents niveaux d'organisation : du vide quantique (avec ses particules et antiparticules dites virtuelles parce qu'&#233;ph&#233;m&#232;res mais qui sont la v&#233;ritable r&#233;alit&#233; fondamentale) aux particules dites &#171; r&#233;elles &#187; parce qu'elles sont durables (m&#234;me si on ne peut pas les suivre contin&#251;ment sur une trajectoire), des particules aux noyaux atomiques de plus en plus gros (agglom&#233;rant neutrons et protons ainsi que les particules d'interaction pour les attacher), des noyaux aux atomes (entour&#233;s d'&#233;lectrons), des atomes aux mol&#233;cules et aux macromol&#233;cules, puis &#224; la vie cellulaire, unicellulaire puis pluricellulaire, int&#233;grant des organismes en son sein, aux organismes vivant de plus en plus complexes, puis &#224; la vie humaine, avec son syst&#232;me nerveux plus d&#233;velopp&#233; et son cerveau aux connexions complexes. Il est clair que l'on a le sentiment d'une mont&#233;e graduelle et continue de la complexit&#233; au cours de cette grande histoire de la mati&#232;re et pourtant ce n'est pas aussi simple&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons tenter de montrer ici que de cette histoire de la mati&#232;re, appuy&#233;e &#224; juste titre sur la th&#233;orie du chaos d&#233;terministe, sur la th&#233;orie de l'auto-organisation, sur celle de l'&#233;mergence, sur la th&#233;orie de l'&#233;volution ponctu&#233;e, eh bien, elle ne parvient pas &#224; la th&#233;orie de la complexit&#233;, qui suppose un progr&#232;s structurel croissant et graduel et un sens univoque de cette &#233;volution historique. En somme, la mati&#232;re ne va pas sans cesse vers le &#171; toujours plus complexe &#187;, quel que soit le sens que l'on donne &#224; cette notion de &#171; complexit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes le vide quantique (fond&#233; sur une mati&#232;re et une antimati&#232;re &#233;ph&#233;m&#232;re) produit sans cesse de la mati&#232;re durable et dite r&#233;elle (parce que, contrairmeent &#224; la mati&#232;re virtuelle &#233;ph&#233;m&#232;re, nous pouvons la d&#233;tecter avec nos instruments). Mais cela ne signifie pas que le vide quantique laisse place &#224; la mati&#232;re r&#233;elle qui la remplacerait graduellement. Au contraire, le vide quantique emplit la mati&#232;re &#224; toutes les &#233;chelles. Quand l'Univers grandit, ce sont les bulles de vide qui augmentent de taille (expansion de l'Univers) et pas les galaxies, ni les &#233;toiles, ni les atomes, ni les particules. Il y a certes une structuration du vide qui explique la formation de la mati&#232;re et de ses diff&#233;rents niveaux mais ce n'est pas un processus &#224; sens unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vide construit la mati&#232;re mais il la d&#233;truit aussi. Il donne sa masse &#224; une particule virtuelle, la rendant r&#233;elle, au travers du boson de Higgs, mais, peu apr&#232;s, il lui retire sa masse, la donnant &#224; une autre particule virtuelle proche, et ainsi de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette premi&#232;re &#233;tape de l'histoire de la mati&#232;re qui fait passer du vide quantique &#224; la mati&#232;re durable, dite r&#233;elle, il n'y a &#224; proprement parler de complexification. Ce sont exactement les m&#234;mes particules qui existent au niveau virtuel qu'au niveau r&#233;el. On trouve les &#233;lectrons virtuels comme les protons ou neutrons virtuels ainsi que toutes les autres particules. Cette premi&#232;re &#233;tape de la mati&#232;re n'est pas une complexification, m&#234;me si la particule virtuelle est remplac&#233;e par un nuage de particules et d'antiparticules virtuelles qui est structur&#233;, qui poss&#232;de par exemple un spin ou moment de rotation. De m&#234;me, la lumi&#232;re qui est fond&#233;e sur des couples particule/antiparticules virtuels est aussi une structuration du vide quantique mais pas &#224; proprement parler une complexification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et surtout, le passage du virtuel au r&#233;el, mat&#233;riel (on entend ici par mati&#232;re l'ensemble des particules dites fermions) ou lumineux (on entend ici par lumi&#232;re l'ensemble des particules dites d'interaction ou bosons) n'est pas &#224; sens unique, c'est-&#224;-dire que l'un ne remplace pas l'autre graduellement, ils coexistent et interagissent. Le vide quantique, loin de dispara&#238;tre, est la base, indispensable et sans cesse pr&#233;sente, de la mati&#232;re et de la lumi&#232;re. Et mati&#232;re comme lumi&#232;re retournent toujours au vide quantique. C'est m&#234;me ce processus de retour au vide quantique qui leur donne leurs propri&#233;t&#233;s, leur rythme, leur &#233;nergie, leur p&#233;riodicit&#233;, leur masse, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'interaction mati&#232;re/lumi&#232;re est &#233;galement fond&#233;e sur les propri&#233;t&#233;s du vide quantique et inconcevable sans elles. Quand la mati&#232;re &#233;met de la lumi&#232;re, c'est-&#224;-dire des photons, elle ne les tire pas de sa propre structure car la particule mat&#233;rielle ne contient pas de photons. Quand la particule absorbe des photons, elle ne les int&#232;gre pas non plus &#224; sa propre structure qui n'en contient pas. Absorption et &#233;mission de lumi&#232;re par la mati&#232;re ne sont concevables que par des interactions avec le nuage qui entoure la particule r&#233;elle, c'est-&#224;-dire par le vide quantique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On constate effectivement la formation de nouvelles structures puisque la particule n'est pas un individu isol&#233; mais fait partie d'une structuration collective des particules et antiparticules du vide quantique qui s'appelle le nuage de polarisation et entoure la particule mais ces nouvelles structures ne remplacent pas les anciennes. Il y a bien formation de structures mais la mati&#232;re durable n'est pas plus complexe que la mati&#232;re virtuelle. On constate par exemple que le vide quantique contient lui-m&#234;me des niveaux de structures comme le niveau sous-jacent dit &#171; virtuel de virtuel &#187;. Et ce niveau est indispensable et permanent et coexiste avec le niveau virtuel. L&#224; aussi, les structures ne se succ&#232;dent pas, ne se remplacent pas mutuellement au cours de leur histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la mati&#232;re dite r&#233;elle, plus durable, on n'a pas vu appara&#238;tre de nouveaux objets qui succ&#232;deraient aux pr&#233;c&#233;dents, mais seulement des modes d'organisation nouveaux. Tous les niveaux de la mati&#232;re que nous allons successivement &#233;voquer ne sont rien d'autre que des structurations du vide quantique et n'existeraient pas sans les propri&#233;t&#233;s du vide quantique, du plus petit niveau de la particule au plus grand niveau de l'&#233;toile, de la galaxie, de l'amas de galaxie et de l'amas d'amas&#8230; Tous n'ont pas d'autre fondement que le vide structur&#233; et les &#171; objets &#187; que l'on croit toucher, palper, travailler &#224; notre &#233;chelle ne sont que&#8230; du vide structur&#233; !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a d'abord la formation des noyaux, puis des atomes, puis des mol&#233;cules puis des mat&#233;riaux macroscopiques et, au cours de ces passages d'un niveau &#224; un autre, les niveaux pr&#233;c&#233;dents ne disparaissent jamais et sont sans cesse pr&#233;sents. Il faut comprendre les particules, les noyaux, les atomes et les mol&#233;cules pour comprendre y compris les &#233;toiles et les galaxies ! Le vide est indispensable &#224; la compr&#233;hension de la formation de la mati&#232;re, aux limites entre les bulles de vide et jusqu'&#224; l'expansion de l'Univers qui est une extension des bulles de vide&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a ainsi la formation de l'atome d'hydrog&#232;ne, le premier historiquement puisqu'il agglom&#232;re simplement et durablement un proton et un &#233;lectron. L&#224; encore il s'agit davantage d'une structure que d'un objet au sens que nous donnons &#224; ce terme &#224; notre &#233;chelle. Cela signifie que les particules qui composent les atomes ne sont pas toujours les m&#234;mes et que, comme la tr&#232;s vieille barque du p&#234;cheur, on a pu changer une &#224; une toutes ses planches &#224; condition de conserver la structure d'ensemble et les propri&#233;t&#233;s de la barque comme l'&#233;tanch&#233;it&#233;, la rapidit&#233;, la forme, etc. Les particules qui composent l'atome conservent elles aussi leurs propri&#233;t&#233;s, leurs caract&#233;ristiques propres, ce qui ne signifient pas que ce sont les m&#234;mes qui se poursuivent contin&#251;ment. On ne peut pas suivre m&#234;me une seule particule r&#233;elle de mani&#232;re continue puisque le vide quantique ne cesse de la faire appara&#238;tre et dispara&#238;tre !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-on dire que l'atome d'hydrog&#232;ne soit plus complexe que le proton et l'&#233;lectron qu'elle organise par des liaisons fond&#233;es sur des interactions ? Tout d'abord l'atome n'invente pas ces interactions qui existent d&#233;j&#224; au sein du vide. Ensuite, la liaison proton/&#233;lectron est sans cesse cass&#233;e et reconstruite et non pas permanente, m&#234;me si l'ensemble atomique, en tant que structure, est durable : a des propri&#233;t&#233;s et des caract&#233;ristiques fixes, un comportement d&#233;termin&#233; qui semble continuel. On ne peut pas parler de progr&#232;s de la particule &#224; l'atome mais seulement de structure &#233;mergente et d'auto-organisation. L'atome ne cr&#233;e rien de plus qui n'existe pas d&#233;j&#224; au sein du vide, il permet des propri&#233;t&#233;s nouvelles, &#233;mergentes, mais elles proviennent des particules et antiparticules du vide quantique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que l'on a augment&#233; quelque chose qui pourrait s'appeler &#171; la complexit&#233; &#187; en passant des particules aux noyaux, des noyaux aux atomes de plus en plus gros, int&#233;grant un plus grand nombre de neutrons et de protons ? On peut dire qu'on a plusieurs niveaux de structures qui s'ajoutent et qui interagissent mais on ne peut pas parler de progr&#232;s, de sens de l'&#233;volution, car cette action n'est pas &#224; sens unique, vers l'ordre, vers le structur&#233;. On ne peut augmenter l'ordre qu'en augmentant le d&#233;sordre qui l'entoure, c'est-&#224;-dire les agitations et les communications d'&#233;nergie du vide que n&#233;cessitent la formation des structures de la mati&#232;re. L'entourage d'une particule ou d'un atome est un vide extraordinairement agit&#233; avec sans cesse des couples particule/antiparticule qui se rompent pour c&#233;der une particule virtuelle qui va devenir r&#233;elle. On ne peut gagner localement en ordre qu'en augmentant le d&#233;sordre alentour. On ne peut gagner en durabilit&#233; que gr&#226;ce &#224; l'aide des &#233;ph&#233;m&#232;res que sont les particules virtuelles du vide quantique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il y a des m&#233;canismes spontan&#233;s dans le monde mat&#233;riel qui vont vers la structuration spontan&#233;e, ou auto-organisation, cela ne signifie pas que l'ordre de l'univers augmente mais seulement qu'il augmente localement et augmente aussi le d&#233;sordre du reste de l'Univers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela est vrai &#224; toutes les &#233;chelles. La formation des &#233;toiles et des galaxies et amas de galaxies est compens&#233;e par l'accroissement de la taille des immenses bulles de vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;canisme de la construction de structures n'existe que parce qu'existe aussi celui de leur destructuration. Construction et destruction font partie d'un m&#234;me m&#233;canisme d'ensemble, sont des contraires dialectiques et non des contraires diam&#233;traux. Aucun m&#233;canisme de passage d'une particule virtuelle &#224; une particule virtuelle sans un m&#233;canisme inverse, par exemple. De m&#234;me, la structuration des &#233;toiles qui suppose la concentration gravitationnelle de grandes masses de gaz et de poussi&#232;res n'est possible que gr&#226;ce au rayonnement qui distribue dans l'espace des quantit&#233;s d'&#233;nergie, c'est-&#224;-dire augmentent l'agitation de l'espace qui entoure ces &#233;toiles. Ordre et d&#233;sordre sont imbriqu&#233;s et ce sont ces interactions contradictoires ordre/d&#233;sordre qui fondent des structures nouvelles et pas une tendance unique vers l'ordre qui s'intitulerait &#171; complexit&#233; &#187; ou autre chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;toile, elle-m&#234;me, n'est pas en soi plus &#171; complexe &#187; que les immenses de poussi&#232;res et de gaz qui l'ont form&#233; par concentration. Au sein des &#233;toiles, les temp&#233;ratures et pressions tr&#232;s &#233;lev&#233;es entretiennent des explosions nucl&#233;aires, permettant de fonder, par fusion des noyaux atomiques, de nouveaux noyaux plus &#171; lourds &#187;, comprenant plus de protons et de neutrons, et ces noyaux vont ensuite ensemencer l'univers, permettant de fonder l'ensemble des atomes puis des mol&#233;cules et des &#233;l&#233;ments chimiques. On passe dans les &#233;toiles de l'hydrog&#232;ne &#224; l'h&#233;lium, et ainsi de suite jusqu'au noyau de fer. Ce qui caract&#233;rise les noyaux atomiques form&#233;s par les explosions nucl&#233;aires au sein du c&#339;ur des &#233;toiles, ce n'est pas la tendance &#224; la complexit&#233; mais la tendance vers la stabilit&#233;. Le fer est le plus stable des noyaux atomiques. Cela explique qu'une fois parvenue &#224; la formation du fer au sein du c&#339;ur de l'&#233;toile, celle-ci entre dans une nouvelle phase de sa &#171; vie &#187; d'&#233;toile, allant soit vers sa mort soit vers son explosion en supernovae, explosion qui d&#233;gagera une quantit&#233; d'&#233;nergie (de d&#233;sordre) suffisante pour permettre la formation des noyaux plus gros et plus lourds que le fer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la minimisation de l'&#233;nergie interne, et non une complexification, qui guide toute cette &#233;volution des noyaux atomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque noyau contenant un nombre d&#233;termin&#233; de neutrons et de protons, m&#234;me si l'agitation dynamique interne impose que les protons deviennent des neutrons et r&#233;ciproquement, et m&#234;me si les protons et les neutrons doivent sans cesse sauter d'un &#233;tat &#224; un autre, doivent aussi sans cesse interagir, &#233;changer des &#233;nergies et des particules d'interactions, le nombre de protons (charg&#233;s &#233;lectriquement de mani&#232;re positive) va imposer le nombre d'&#233;lectrons (charg&#233;s n&#233;gativement) qui va pouvoir se structurer au sein du vide quantique entourant le noyau et cette structuration va fonder l'atome. Les &#233;lectrons apparaissent et disparaissant au sein de zones particuli&#232;res appel&#233;es par la physique quantique des &#171; zones de probabilit&#233; de pr&#233;sence &#187;. Cela ne signifie nullement que ce sont toujours les m&#234;mes particules &#171; &#233;lectron &#187; qui sont pr&#233;sentes autour du noyau ni qu'elles se d&#233;placeraient contin&#251;ment comme le feraient des objets, tels qu'on les con&#231;oit &#224; notre &#233;chelle, macroscopique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La galaxie n'est pas non plus un ordre plus complexe que les niveaux pr&#233;c&#233;dents. Ainsi, les &#233;toiles qui participent des structures &#171; galaxie &#187; ne sont pas diff&#233;rentes de nature des autres &#233;toiles qui appartiennent seulement &#224; des amas globulaires ou qui gravitent isol&#233;ment ou en couple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la mati&#232;re et l'Univers, dont nous examinons les premi&#232;res &#233;tapes historiques, avaient pr&#233;sent&#233; une &#171; tendance vers la complexit&#233; &#187;, cela supposerait que les phases &#171; moins complexes &#187; c&#232;dent la place aux phases &#171; plus complexes &#187;, ce qui n'est nullement le cas. On verra, en ce qui concerne le vivant, qu'il en sera de m&#234;me : un niveau suppl&#233;mentaire ne signifie pas la disparition des niveaux dits inf&#233;rieurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas plus que le vide ne dispara&#238;t par la formation de la mati&#232;re/lumi&#232;re durable, les quanta et les charges du vide se retrouvant &#224; l'identique dans la mati&#232;re et la lumi&#232;re, les particules ne disparaissent pas &#224; la formation des atomes, ni les atomes &#224; la formation des mol&#233;cules ou des macromol&#233;cules du vivant, les esp&#232;ces anciennes ne disparaissent pas &#224; la formation des nouvelles esp&#232;ces vivantes, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, pas plus que n'appara&#238;t une complexit&#233; nouvelle, ce n'est pas non plus une forme qui se constitue aux d&#233;pens du fond, c'est-&#224;-dire de la mat&#233;rialit&#233; du monde, ce n'est pas une nouvelle th&#233;orie de l'information qui remplacerait la th&#233;orie de la mati&#232;re, comme la th&#233;orie de la complexit&#233; le laisse souvent entendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution des esp&#232;ces vivantes n'est pas davantage une prime &#224; la complexit&#233;. Les esp&#232;ces qui disparaissent ne sont ni plus complexes ni moins complexes que celles qui de conservent. Les anciennes esp&#232;ces disparues ne sont pas moins complexes que les esp&#232;ces qui sont toujours l&#224;. Les plantes, les animaux, les champignons ne sont pas moins complexes les uns que les autres. L'&#233;volution n'est pas la lutte pour la complexit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La g&#233;n&#233;tique peut informer sur l'existence d'un nombre plus ou moins grand de g&#232;nes dans l'ADN mais cela n'indique pas une complexit&#233; plus ou moins grande de l'&#234;tre vivant car l'essentiel est ailleurs, dans l'organisation des interactions de ces g&#232;nes entre eux et m&#234;me l'organisation des interactions ne dit pas tout car une grande part est &#233;pig&#233;n&#233;tique. La dialectique du hasard et de la n&#233;cessit&#233; n'est pas r&#233;sum&#233;e par &#171; vers le plus complexe &#187; et ce n'est m&#234;me pas une loi de l'&#233;volution car l'esp&#232;ce descendante n'est pas plus complexe que celle qui lui a donn&#233; naissance. On ne peut pas &#233;tablir d'&#233;chelle de complexit&#233; entre des singes ou entre des arbres et des animaux, ni entre deux esp&#232;ces, deux genres, deux individus. La notion d'information g&#233;n&#233;tique n'est pas suffisante pour comparer des esp&#232;ces vivantes ou pour comprendre les m&#233;canismes de l'&#233;volution ou du d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fameuse tendance &#224; la complexit&#233; ne peut pas davantage &#234;tre retenue pour la mati&#232;re dite inerte. Un noyau plus lourd ne peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme plus complexe qu'un noyau l&#233;ger et il n'existe pas seulement une tendance &#224; former des noyaux lourds (fusion), il y a aussi une tendance &#224; scissionner des noyaux lourds en plusieurs noyaux l&#233;gers (fission).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mati&#232;re vivante n'est m&#234;me pas plus complexe que la mati&#232;re dite inerte. La taille des mol&#233;cules n'est pas le seul crit&#232;re de la vie. Il y a des macromol&#233;cules aussi bien dans le vivant que dans le non vivant. Cela d&#233;pend par exemple du sens de rotation des mol&#233;cules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'apparition de la vie, puis dans le passage de l'unicellulaire au pluricellulaire, dans la sp&#233;cialisation des organismes, pouvons-nous parler de complexification ? Ce serait &#233;tablir une &#233;chelle depuis des &#234;tres inf&#233;rieurs aux &#234;tres sup&#233;rieurs, ce qui est oppos&#233; &#224; la notion darwinienne de l'&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on veut dire que les unicellulaires seraient des &#234;tres plus simples, en tout cas, on ne peut absolument pas dire alors qu'il y a une tendance vers le complexe puisque les &#234;tres unicellulaires n'ont absolument pas disparu, &#233;limin&#233;s par les pluricellulaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me le cerveau humain n'est pas plus complexe que celui d'un singe. M&#234;me s'il l'&#233;tait, cela n'&#233;tablirait pas une tendance &#224; la complexit&#233; parce que nous NE sommes pas un aboutissement des singes et nous ne les avons pas remplac&#233;s, m&#234;me si nous avons tendance parfois &#224; les &#233;liminer, en supprimant les for&#234;ts, ce n'est pas un produit de notre sup&#233;riorit&#233; !!! En tout cas, on ne peut pas dire que toutes les esp&#232;ces r&#233;centes d&#233;veloppent des cerveaux n&#233;cessairement plus complexes que les esp&#232;ces pr&#233;c&#233;dentes et ce n'est donc nullement une tendance g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne reconnaissons donc aucune loi de la tendance &#224; aller vers le plus complexe, m&#234;me si nous acceptons parfaitement que la mati&#232;re a une histoire, qu'au cours de cette histoire, la mati&#232;re d&#233;veloppe des capacit&#233;s spontan&#233;es &#224; cr&#233;er des formes d'organisation, des structures nouvelles, et des structurations nouvelles aussi de leurs interactions, que des r&#233;volutions changent m&#234;me radicalement les modes d'organisation, que les sauts d'organisation peuvent &#234;tre des sauts qualitatifs avec de nouveaux param&#232;tres, avec des niveaux suppl&#233;mentaires d'organisation, ce n'est cependant pas des processus &#224; sens unique et il existe conjointement le processus inverse et nous ne pouvons nullement &#233;tablir un crit&#232;re comme &#171; la complexit&#233; &#187; comme une propri&#233;t&#233; qui guiderait l'&#233;volution historique dans un sens toujours identique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; TEXTES EN FAVEUR DE LA THEORIE DE LA COMPLEXITE :&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; A la recherche du complexe &#187;, Gr&#233;goire Nicolis et Ilya Prigogine :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Une cellule de B&#233;nard simple comporte quelques 1021 mol&#233;cules. Qu'un nombre aussi &#233;norme de particules puisse adopter un d&#233;placement coh&#233;rent en d&#233;pit du mouvement thermique al&#233;atoire de chacune d'elles est la manifestation d'une des propri&#233;t&#233;s essentielles qui caract&#233;rise l'&#233;mergence du mouvement complexe (...) Cette complexit&#233; &#171; organis&#233;e &#187; &#233;merge par le jeu r&#233;ciproque du mouvement thermique d&#233;sordonn&#233; des mol&#233;cules individuelles et de l'action des contraintes du non-&#233;quilibre. (...) La possibilit&#233; de d&#233;crire &#224; travers ces concepts primordiaux &#224; la fois le comportement des &#234;tres vivants et celui des syst&#232;mes physiques, aussi simples soient-ils, marque une avanc&#233;e essentielle que la Science n'aurait jamais pu pr&#233;voir quelques ann&#233;es auparavant. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syst&#232;mes complexes sont d&#233;finis, selon les cas et selon les auteurs, par leur structure, par l'existence d'interactions non-lin&#233;aires, par l'&#233;mergence de niveaux d'organisation diff&#233;rents, ou par leurs comportements collectifs non triviaux (multistationnarit&#233;, chaos, bifurcations, auto-organisation, &#233;mergence, boucles de r&#233;troaction). Certains, partant du grand nombre d'entit&#233;s, insistent sur la structure, l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; et la pr&#233;sence de niveaux d'organisation, aux propri&#233;t&#233;s &#233;mergentes. D'autres insistent au contraire sur la non-lin&#233;arit&#233; et la dynamique. Cette multiplicit&#233; des d&#233;finitions a des causes objectives li&#233;es &#224; l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; des objets regroup&#233;s sous le terme de syst&#232;mes complexes, qui vont de syst&#232;me naturels, (des mol&#233;cules aux soci&#233;t&#233;s humaines), jusqu'aux syst&#232;mes artificiels comme le web. Cela correspond obligatoirement &#224; une multiplicit&#233; de points de vue, qui se recoupent tous partiellement, bien s&#251;r, mais o&#249; l'accent n'est pas mis sur les m&#234;mes propri&#233;t&#233;s. Ces diff&#233;rences sont aussi li&#233;es &#224; des crit&#232;res id&#233;ologiques ou philosophiques, particuli&#232;rement importants dans ces domaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un syst&#232;me est un ensemble coh&#233;rent de composants en interaction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un syst&#232;me complexe est un syst&#232;me compos&#233; d'un grand nombre d'entit&#233;s en interaction locale et simultan&#233;e. On exige le plus souvent que le syst&#232;me pr&#233;sente de plus les caract&#233;ristiques suivantes (ce qui montre qu'il n'existe pas de d&#233;finition formelle largement accept&#233;e de ce qu'est un syst&#232;me complexe) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	le graphe d'interaction est non trivial : ce n'est pas simplement tout le monde qui interagit avec tout le monde (il y a au moins des liens privil&#233;gi&#233;s) ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	les interactions sont locales, de m&#234;me que la plupart des informations, il y a peu d'organisation centrale ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	il y a des boucles de r&#233;troaction (en anglais feedback) : l'&#233;tat d'une entit&#233; a une influence sur son &#233;tat futur via l'&#233;tat d'autres entit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On constate le plus souvent que le syst&#232;me complexe pr&#233;sente la majorit&#233; des caract&#233;ristiques suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Les interactions des composants entre eux forment des &#171; groupes &#187; de composants fortement li&#233;s, chaque &#171; groupe &#187; &#233;tant en interaction avec les autres, ce qui permet de mod&#233;liser le syst&#232;me complexe par niveaux : chaque composant interagit &#171; localement &#187; avec un nombre limit&#233; de composants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Les boucles de r&#233;tro-action, aussi appel&#233;es interactions r&#233;flexives, (c'est-&#224;-dire le fait qu'un composant interagisse avec lui-m&#234;me, soit directement, soit indirectement &#224; travers la cha&#238;ne d'interactions avec les autres composants) sont une des raisons de la non-lin&#233;arit&#233; du comportement du syst&#232;me : &#171; emballement &#187;, &#171; relaxation &#187; ou &#171; oscillation autour du point fixe &#187; dans le cas &#171; simple &#187; de l'interaction r&#233;flexive d'un composant ; comportement difficilement pr&#233;dictible dans les cas r&#233;els d'interactions entre de nombreuses entit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Les composants peuvent &#234;tre eux-m&#234;mes des syst&#232;mes complexes (&#171; niveaux &#187;) : une soci&#233;t&#233; peut &#234;tre vue comme un syst&#232;me compos&#233; d'individus en interaction, chaque individu peut &#234;tre vu comme un syst&#232;me compos&#233; d'organes en interaction, chaque organe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Le syst&#232;me agit sur son environnement ; on dit que le syst&#232;me est ouvert ; dans le syst&#232;me &#171; entrent &#187; de la mati&#232;re, de l'&#233;nergie ou des informations, du syst&#232;me &#171; sortent &#187; de la mati&#232;re, de l'&#233;nergie ou des informations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;action chimique, comme la dissolution d'un grain de sucre dans du caf&#233;, est simple car on conna&#238;t &#224; l'avance le r&#233;sultat : quelques &#233;quations permettent non seulement de d&#233;crire les processus d'&#233;volution, mais les &#233;tats futurs ou final du syst&#232;me. En r&#233;alit&#233;, il n'est pas n&#233;cessaire d'assister au ph&#233;nom&#232;ne concret ou de r&#233;aliser une exp&#233;rience pour savoir ce qui va se produire et ce qui va en r&#233;sulter. Au contraire, les cellules nerveuses de notre cerveau, une colonie de fourmis ou les agents qui peuplent un march&#233; &#233;conomique sont autant de syst&#232;mes complexes car le seul moyen de conna&#238;tre l'&#233;volution du syst&#232;me est de faire l'exp&#233;rience, &#233;ventuellement sur un mod&#232;le r&#233;duit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d'autres termes, lorsque l'on veut mod&#233;liser un syst&#232;me, on con&#231;oit un certain nombre de r&#232;gles d'&#233;volution, puis l'on simule le syst&#232;me en it&#233;rant ces r&#232;gles jusqu'&#224; obtenir un r&#233;sultat structur&#233;. Un syst&#232;me est dit complexe si le r&#233;sultat final n'est pas pr&#233;dictible directement en connaissant les r&#232;gles qui disent comment le syst&#232;me change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du fait de la diversit&#233; des syst&#232;mes complexes, leur &#233;tude est interdisciplinaire. Deux approches compl&#233;mentaires sont utilis&#233;es : certaines disciplines &#233;tudient les syst&#232;mes complexes dans un domaine particulier, d'autres cherchent des m&#233;thodes, sch&#233;mas et principes g&#233;n&#233;raux applicables &#224; de nombreux types de syst&#232;mes diff&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syst&#232;mes complexes sont un contre-exemple au r&#233;ductionnisme, &#224; la r&#233;duction analytique : malgr&#233; une connaissance parfaite des composants &#233;l&#233;mentaires d'un syst&#232;me, voire de leurs interactions, il n'est pas possible m&#234;me en th&#233;orie de pr&#233;voir son comportement autrement que par l'exp&#233;rience ou la simulation. Cet &#233;cueil ne vient pas n&#233;cessairement de nos limites de calcul, il est au contraire li&#233; &#224; la nature m&#234;me des syst&#232;mes complexes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela se traduit au niveau math&#233;matique par l'impossibilit&#233; de mod&#233;liser le syst&#232;me par des &#233;quations pr&#233;dictives solvables. Ce qui est primordial est non pas tant le nombre de facteurs ou dimensions (param&#232;tres, variables), mais le fait que chacun d'entre eux influence indirectement les autres, qui eux-m&#234;mes l'influencent en retour, faisant du comportement du syst&#232;me une globalit&#233; irr&#233;ductible. Pour pr&#233;voir ce comportement, il est n&#233;cessaire de tous les prendre en compte, ce qui revient &#224; effectuer une simulation du syst&#232;me &#233;tudi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tymologiquement, compliqu&#233; (du latin cum plicare, plier ensemble) signifie qu'il faut du temps et du talent pour comprendre l'objet d'&#233;tude, complexe (du latin cum plexus, tiss&#233; ensemble) signifie qu'il y a beaucoup d'intrications, que &#171; tout est li&#233; &#187; ; que l'on ne peut &#233;tudier une petite partie du syst&#232;me de fa&#231;on isol&#233;e et encore moins inf&#233;rer l'ensemble &#224; partir des composants. Les syst&#232;mes complexes sont g&#233;n&#233;ralement compliqu&#233;s, mais le contraire n'est pas vrai i.e. que les syst&#232;mes compliqu&#233;s ne sont pas g&#233;n&#233;ralement complexes&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &#171; Le quark et le jaguar &#187;, Murray Gell-Mann :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Qu'entend-on r&#233;ellement par les termes oppos&#233;s de simplicit&#233; et de complexit&#233; ? En quel sens la gravitation einsteinienne est-elle simple alors qu'un poisson rouge est complexe ? Ce ne sont pas l&#224; des questions faciles &#8211; d&#233;finir &#171; simple &#187; n'est pas simple. Il est probable qu'aucun concept unique de complexit&#233; puisse &#224; lui seul saisir les notions intuitives de ce que devrait signifier le mot. (&#8230;) Quels sont les cas o&#249; se pose la question d'une d&#233;finition de la complexit&#233; ? Il y a le souci de l'informaticien quant au temps que demande un ordinateur pour r&#233;soudre un type donn&#233; de probl&#232;me. Afin d'&#233;viter que ce temps demeure sous la d&#233;pendance de l'ing&#233;niosit&#233; du programmeur, les scientifiques se concentrent sur le temps de r&#233;solution le plus court possible, ce que l'on d&#233;signe souvent sous le nom de &#171; complexit&#233; calculatoire &#187; du probl&#232;me. Cependant, ce temps minimal d&#233;pend encore du choix de l'ordinateur. Et cette &#171; d&#233;pendance du contexte &#187; est un obstacle permanent aux efforts pour d&#233;finir les diff&#233;rentes sortes de complexit&#233;. Mais l'informaticien s'int&#233;resse particuli&#232;rement &#224; ce qui se passe dans un ensemble de probl&#232;mes qui ne diff&#232;rent que par la taille ; en outre, sa pr&#233;occupation premi&#232;re est ce qui arrive &#224; la complexit&#233; calculatoire lorsque la taille du probl&#232;me ne cesse de cro&#238;tre, sans limite. Comment le temps de solution minimal peut-il d&#233;pendre de la taille quand celle-ci tend vers l'infini ? La r&#233;ponse &#224; ce genre de question peut &#234;tre ind&#233;pendante des d&#233;tails de l'ordinateur. La notion de complexit&#233; calculatoire a fait la preuve de son utilit&#233;, mais elle ne correspond pas &#233;troitement &#224; ce que nous entendons habituellement lorsque nous employons le mot complexe, dans des expressions comme &#171; l'intrigue hautement complexe d'un r&#233;cit &#187; ou &#171; la structure complexe d'une organisation &#187;. Dans ces contextes, nous serions plus int&#233;ress&#233;s par la longueur du message qu'exigerait la description de certaines propri&#233;t&#233;s du syst&#232;me en question que par le temps que mettrait un ordinateur pour r&#233;soudre un probl&#232;me donn&#233;. (&#8230;) Mais jusqu'&#224; quel niveau de d&#233;tail faut-il compter ? (&#8230;) Lorsque l'on d&#233;finit la complexit&#233;, il est toujours n&#233;cessaire de sp&#233;cifier un niveau de d&#233;tail o&#249; l'on s'arr&#234;te dans la description du syst&#232;me, ignorant les d&#233;tails les plus fins. Les physiciens appellent cela l' &#171; agraindissement &#187;. L'image qui a inspir&#233; cette expression est probablement celle du grain en photographie. Lorsque le d&#233;tail d'une photographie est si petit qu'il n&#233;cessite un tr&#232;s fort agrandissement pour &#234;tre identifi&#233;, l'agrandissement peut faire appara&#238;tre les grains individuels qui composent la photographie. Au lieu d'une image claire du d&#233;tail, on ne verra que quelques points n'en donnant qu'une repr&#233;sentation grossi&#232;re. (&#8230;) Une fois &#233;tablie l'importance de l'agraindissement, nous restons confront&#233;s &#224; la question de savoir comment d&#233;finir la complexit&#233; du syst&#232;me &#224; l'&#233;tude. (&#8230;) Au moins une mani&#232;re de d&#233;finir la complexit&#233; d'un syst&#232;me revient &#224; utiliser la longueur de sa description. (&#8230;) Si l'on d&#233;finit la complexit&#233; en termes de longueur de description, ce n'est pas alors une propri&#233;t&#233; intrins&#232;que de la chose d&#233;crite. La longueur d'une description peut &#224; l'&#233;vidence d&#233;pendre de qui (ou de ce qui) fait la description. (&#8230;) La longueur de la description variera en fonction du langage utilis&#233;, et &#233;galement de la connaissance et de la compr&#233;hension du monde que partagent les correspondants. (&#8230;) Et si la description est inutilement longue du seul fait d'un gaspillage de mots ? (&#8230;) Dans notre d&#233;finition de la complexit&#233;, nous allons par cons&#233;quen nous int&#233;resser &#224; la longueur du plus court message possible d&#233;crivant un syst&#232;me. Tous ces points peuvent &#234;tre inclus dans ce que l'on pourrait appeler &#171; complexit&#233; brute &#187; : la longueur du plus court message possible d&#233;crivant un syst&#232;me, &#224; un niveau donn&#233; d'agraindissement, &#224; quelqu'un d'&#233;loign&#233;, au moyen d'un langage, d'une connaissance et d'une compr&#233;hension que les deux parties partagent (et qu'elles savent partager) au pr&#233;alable. Il y a des mani&#232;res famili&#232;res de d&#233;crire un syst&#232;me qui ne sont en rien le plus court message possible. Si nous d&#233;crivons par exemple s&#233;par&#233;ment les parties d'un syst&#232;me et que nous disons &#233;galement comment le tout est compos&#233; de parties, nous aurons ignor&#233; de nombreuses occasions de compresser le message ; comme d'utiliser les similitudes entre parties. Ainsi, la plupart des cellules d'un corps humain partagent les m&#234;mes g&#232;nes et peuvent avoir bien d'autres traits en commun, tandis que les cellules d'un tissu donn&#233; peuvent pr&#233;senter davantage de similitudes encore. C'est l&#224; quelque chose dont la plus courte description devrait tenir compte. Certains sp&#233;cialistes de la th&#233;orie de l'information utilisent une quantit&#233; qui ressemble beaucoup &#224; la complexit&#233; brute, m&#234;me si leur d&#233;finition est plus technique et fait &#233;videmment intervenir les ordinateurs. Ils envisagent une description &#224; un niveau donn&#233; d'agraindissement, exprim&#233;e dans un langage donn&#233;, qu'ils encodent ensuite au moyen d'une proc&#233;dure standard de codage en une cha&#238;ne de 1 et de 0. Tout choix d'un 1 ou d'un 0 s'appelle un &#171; bit &#187;. (&#8230;) C'est une cha&#238;ne de bits ou cha&#238;ne-message qui les int&#233;resse. La quantit&#233; qu'ils d&#233;finissent se nomme &#171; complexit&#233; algorithmique &#187; ou &#171; al&#233;atoire algorithmique &#187;. Ce mot d' &#171; algorithme &#187; d&#233;signe aujourd'hui une r&#232;gle, et par extension un programme, pour calculer quelque chose. Le contenu d'information algorithmique renvoie, comme nous allons le voir, &#224; la longueur d'un programme informatique. (&#8230;) Le contenu d'information algorithmique (CIA) a &#233;t&#233; introduit dans les ann&#233;es 1960 par trois auteurs travaillant ind&#233;pendamment : le grand math&#233;maticien russe Andrei N. Kolmogorov, un Am&#233;ricain, Gregory Chaitin, &#226;g&#233; de quinze ans seulement &#224; l'&#233;poque, et un autre Am&#233;ricain, Ray Solomonoff. Tous trois pr&#233;supposent un ordinateur universel id&#233;al, consid&#233;r&#233; essentiellement comme ayant une capacit&#233; de stockage infinie (ou bien finie, mais susceptible d'acqu&#233;rir autant de capacit&#233; suppl&#233;mentaire que n&#233;cessaire). L'ordinateur est &#233;quip&#233; d'un mat&#233;riel et d'un logiciel pr&#233;cis. On consid&#232;re ensuite une cha&#238;ne-message particuli&#232;re, et l'on demande alors quels programmes auront pour effet que l'ordinateur imprime ce message pour cesser de calculer aussit&#244;t apr&#232;s. La longueur du plus court de ces programmes est la CIA de la cha&#238;ne. Nous avons vu que la subjectivit&#233; ou l'arbitraire sont inh&#233;rents &#224; la d&#233;finition de la complexit&#233; brute, ayant comme source l'agraindissement et le langage utilis&#233;s pour d&#233;crire le syst&#232;me. Dans le cas du CIA, de nouvelles sources d'arbitraire ont &#233;t&#233; introduites, &#224; savoir la proc&#233;dure particuli&#232;re de codage qui transforme la description du syst&#232;me en une cha&#238;ne de bits, ainsi que le mat&#233;riel et le logiciel associ&#233;s &#224; l'ordinateur. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; Henri Atlan dans &#171; La fin du tout-g&#233;n&#233;tique &#187; :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &#171; Apparaissent des processus d'auto-organisation de la mati&#232;re (...) que Prigogine et Nicolis adaptaient &#224; la thermodynamique en les rebaptisant ''ordre par fluctuations''. ( ..) Les erreurs aboutissent &#224; une prot&#233;ine dont la structure n'est pas une reproduction &#224; l'identique de l'ADN (...) source de l'augmentation progressive de la diversit&#233; et de la complexit&#233; des &#234;tres vivants. (...) La cr&#233;ation par le bruit de complexit&#233; fonctionnelle &#8211; c'est-&#224;-dire signifiante &#8211; fonctionne &#224; la fa&#231;on d'une double n&#233;gation. (...) L'effet du bruit est une dimension de l'information port&#233;e par la prot&#233;ine, par rapport &#224; ce qu'elle aurait &#233;t&#233; si la transmission avait &#233;t&#233; exacte, c'est-&#224;-dire si la prot&#233;ine correspondait rigoureusement &#224; l'ADN. (...) Les g&#232;nes du d&#233;veloppement, g&#232;nes dont les mutations produisent des catastrophes globales au niveau du d&#233;veloppement embryonnaire. (...) Il existe des exemples non biologiques d'organisation par le bruit. Ils sont fournis par des syst&#232;mes physiques qui sont d&#233;crits par des syst&#232;mes dynamiques (...) comportant plusieurs minima locaux. Un tel syst&#232;me peut, &#224; un moment, se &#171; coincer &#187; dans un de ces minima ; mais s'il existe une quantit&#233; optimum de bruit, en l'occurrence de temp&#233;rature, cette agitation emp&#234;che le syst&#232;me de rester durablement dans cet &#233;tat, elle lui permet d'en sortir et d'aller vers un autre minimum. (...) Ce mod&#232;le est utilis&#233; par des physiciens. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ilya Prigogine et Isabelle Stengers dans &#171; La nouvelle alliance &#187; :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La thermodynamique des processus irr&#233;versibles a d&#233;couvert que les flux qui traversent certains syst&#232;mes physico-chimiques et les &#233;loignent de l'&#233;quilibre, peuvent nourrir des ph&#233;nom&#232;nes d'auto-organisation spontan&#233;e, des ruptures de sym&#233;trie, des &#233;volutions vers une complexit&#233; et une diversit&#233; croissantes. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ilya Prigogine dans &#171; Temps &#224; devenir &#187; :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Donc, loin d'&#234;tre simplement un effet du hasard, les ph&#233;nom&#232;nes de non-&#233;quilibre sont notre acc&#232;s vers la complexit&#233;. Et des concepts comme l'auto-organisation loin de l'&#233;quilibre, ou de structure dissipative, sont aujourd'hui des lieux communs qui sont appliqu&#233;s dans des domaines nombreux, non seulement de la physique, mais de la sociologie, de l'&#233;conomie, et jusqu'&#224; l'anthropologie et la linguistique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Edgar Morin, &#171; Le paradigme perdu &#187; :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Plus un syst&#232;me vivant est autonome, plus il est d&#233;pendant &#224; l'&#233;gard de l'&#233;cosyst&#232;me ; en effet, l'autonomie suppose la complexit&#233;, laquelle suppose une tr&#232;s grande richesse de relations de toutes sortes avec l'environnement, c'est-&#224;-dire d&#233;pend d'interrelations, lesquelles constituent tr&#232;s exactement les d&#233;pendances qui sont les conditions de la relative ind&#233;pendance&#8230;. la fleur de l'hypercomplexit&#233;, c'est-&#224;-dire la conscience. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Jo&#235;l de Rosnay, &#171; Le carrefour du futur &#187; :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Les sciences de la complexit&#233; d&#233;bouchent sur une nouvelle vision des processus d'auto-organisation. Mais la th&#233;orie du chaos qui se consacre &#224; de tels processus &#233;voque, par son appellation, son contraire. La g&#233;n&#233;ration d'ordre &#224; partir du d&#233;sordre ne permet pas de se repr&#233;senter de mani&#232;re claire et synth&#233;tique la g&#233;n&#233;ralit&#233; des ph&#233;nom&#232;nes consid&#233;r&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
De nombreux auteurs ont cherch&#233; &#224; faire la synth&#232;se des grands courants de pens&#233;e sur l'&#233;volution, l'organisation et la complexit&#233; croissante. Certains avaient not&#233; la diff&#233;rence profonde entre les deux grandes d&#233;rives de la mati&#232;re vers la vie et l'entropie. D'autres, comme Teilhard de Chardin, ont cherch&#233; &#224; expliquer par une loi de &#034;complexit&#233; / conscience&#034; l'&#233;mergence de la vie, de la pens&#233;e et de la conscience r&#233;fl&#233;chie. D'autres encore comme Francesco Varela, Jean Piaget, Edgard Morin, ont mis en avant les conditions d'autonomie d'un syst&#232;me complexe au cours de son &#233;volution cr&#233;atrice. Je voudrais tenter d'enrichir ces approches en leur int&#233;grant l'apport de la th&#233;orie du chaos et des sciences de la complexit&#233;. Ces diff&#233;rents domaines pourraient &#234;tre rassembl&#233;s dans le cadre d'une th&#233;orie unifi&#233;e. Elle se fonderait notamment sur l'&#233;tude des organisations complexes et la simulation informatique de leur comportement dans le temps. Je propose de l'appeler : th&#233;orie unifi&#233;e de l'auto-organisation et de la dynamique des syst&#232;mes complexes. Mais cette d&#233;nomination, qui en r&#233;sume pourtant l'essentiel, est longue et d'un emploi d&#233;licat. De mani&#232;re plus concise, je propose le terme de symbionomie pour d&#233;crire l'ensemble des ph&#233;nom&#232;nes couverts par cette th&#233;orie unifi&#233;e. Je d&#233;finis la symbionomie comme l'&#233;tude de l'&#233;mergence des syst&#232;mes complexes par auto-organisation, autos&#233;lection, co&#233;volution et symbiose. Je parlerai ainsi, dans la suite de ce livre, de processus ou d'&#233;volution symbionomique pour d&#233;crire les ph&#233;nom&#232;nes li&#233;s &#224; l'&#233;mergence de la complexit&#233; organis&#233;e, comme ceux que l'on peut observer dans des syst&#232;mes mol&#233;culaires (dans le cadre, par exemple, de l'origine de la vie), les soci&#233;t&#233;s d'insectes (fourmili&#232;res, ruches), les syst&#232;mes soci&#233;taux (entreprises, march&#233;s, &#233;conomies) ou les &#233;cosyst&#232;mes. Une des voies privil&#233;gi&#233;es de l'&#233;volution symbionomique est la symbiose. Cette notion s'applique g&#233;n&#233;ralement &#224; des organismes vivants, mais plusieurs auteurs l'on &#233;tendue &#224; des associations entre l'homme et des syst&#232;mes non vivants. Sans entrer dans la discussion sur l'existence ou l'absence de fronti&#232;re entre le &#034;naturel&#034; et &#034;l'artificiel&#034; (j'en traiterai dans les chapitres suivants), et par simple commodit&#233; de langage, je consid&#232;re indistinctement des symbioses se r&#233;alisant dans le monde &#034;naturel&#034;, avant l'intervention de l'homme et des symbioses intervenant depuis son apparition, dans le monde dit &#034;artificiel&#034;, celui des machines, des organisations, des r&#233;seaux ou des villes. Je continuerai donc &#224; employer le terme de symbiose pour qualifier aussi bien les liens entre l'homme et ses artefacts (avec les ordinateurs, par exemple) qu'entre l'homme et l'&#233;cosyst&#232;me. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Edgar Morin, &#171; &#201;duquer pour l'&#232;re plan&#233;taire &#187; :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; On dit de plus en plus souvent &#171; c'est complexe &#187; pour &#233;viter d'expliquer. Ici il faut faire un v&#233;ritable renversement et montrer que la complexit&#233; est un d&#233;fi que l'esprit doit et peut relever. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; Th&#233;orie de l'auto-organisation critique - Damienne Provitolo :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La th&#233;orie de l'auto-organisation critique est une th&#233;orie de la complexit&#233; qui permet d'&#233;tudier les changements brutaux du comportement d'un syst&#232;me. Cette th&#233;orie enseigne que certains syst&#232;mes, compos&#233;s d'un nombre important d'&#233;l&#233;ments en interaction dynamique, &#233;voluent vers un &#233;tat critique, sans intervention ext&#233;rieure et sans param&#232;tre de contr&#244;le. L'amplification d'une petite fluctuation interne peut mener &#224; un &#233;tat critique et provoquer une r&#233;action en cha&#238;ne menant &#224; une catastrophe (au sens de changement de comportement d'un syst&#232;me). Cette th&#233;orie est bas&#233;e sur deux concepts clefs : l'auto organisation et la criticalit&#233;. Le terme d'auto organisation d&#233;signe la capacit&#233; des &#233;l&#233;ments d'un syst&#232;me &#224; produire et maintenir une structure &#224; l'&#233;chelle du syst&#232;me sans que cette structure apparaisse au niveau des composantes (J.L. Deneubourg, 2002) et sans qu'elle r&#233;sulte de l'intervention d'un agent ext&#233;rieur. Le pr&#233;fixe auto modifie le sens couramment accord&#233; au terme d'organisation. L'auto organisation est un processus d'organisation &#233;mergent (R-A. Thietart, 2000). Mais elle se diff&#233;rencie de l'organisation en ce sens o&#249; l'organisation &#233;mergeante ne provient pas de forces ext&#233;rieures (m&#234;me si le syst&#232;me reste ouvert sur son environnement) mais de l'interaction de ses &#233;l&#233;ments. Si on applique ce concept &#224; l'&#233;tude des soci&#233;t&#233;s, cela signifie qu'en plus du principe r&#233;gulateur, il n'y a ni leader, ni centre organisateur, ni programmation au niveau individuel d'un projet global. Ces ph&#233;nom&#232;nes d'auto organisation s'observent par exemple aussi bien dans les soci&#233;t&#233;s animales (organisation de fourmili&#232;re, de vols d'oiseaux) que dans les soci&#233;t&#233;s humaines (applaudissement, panique collective, intention de vote) ou les syst&#232;mes g&#233;ographiques (les r&#233;seaux urbains). Dans les groupes humains par exemple, et plus particuli&#232;rement dans le cas de l'&#233;mergence de la propagation de rumeur ou de panique dans les foules (D. Provitolo, 2007), l'auto organisation n'est pas le fruit d'une intention pr&#233;d&#233;termin&#233;e. Des agents ou des entit&#233;s en interaction, sans but commun pr&#233;alablement d&#233;fini, vont cr&#233;er, sans le savoir et par imitation, une forme particuli&#232;re d'organisation. Ce qui caract&#233;rise donc les syst&#232;mes auto organis&#233;s c'est l'&#233;mergence et le maintien d'un ordre global sans qu'il y ait un chef d'orchestre. Cette auto organisation signifie que l'on ne peut observer les m&#234;mes propri&#233;t&#233;s aux niveaux micro et macroscopiques. Quant &#224; la criticalit&#233;, elle caract&#233;rise les syst&#232;mes qui changent de phase, par exemple le passage de l'eau &#224; la glace, de la panique individuelle &#224; la panique collective. En fait, le syst&#232;me devient critique quand tous les &#233;l&#233;ments s'influencent mutuellement. Lorsque cet &#233;tat critique est atteint, le syst&#232;me peut bifurquer, c'est-&#224;-dire qu'il change brutalement de comportement pour passer d'un attracteur &#224; un autre. Cet &#233;tat critique est un attracteur du syst&#232;me dynamique atteint &#224; partir de conditions initiales diff&#233;rentes. Cet &#233;tat critique est dit auto organis&#233; car l'&#233;tat du syst&#232;me r&#233;sulte des interactions dynamiques entres ses composantes et non d'une perturbation externe. L'auto-organisation est donc un processus qui passe par des &#233;tats critiques. La notion de criticalit&#233; auto-organis&#233;e a &#233;t&#233; propos&#233;e par Per Bak, Chao Tang et Kurt Wiesenfeld en 1987. Dans son livre intitul&#233; How Nature Works - The science of self-organized criticality, Per Bak applique cette th&#233;orie &#224; de nombreux ph&#233;nom&#232;nes complexes, notamment &#224; l'&#233;volution phylog&#233;nique des esp&#232;ces vivantes, aux m&#233;canismes d&#233;clenchant des tremblements de terre, des avalanches, des embouteillages et, pour prendre un dernier exemple, aux krachs boursiers. Pour illustrer cette th&#233;orie, P. Bak et al. utilisent un mod&#232;le simple : le tas de sable. L'exp&#233;rience consiste &#224; ajouter r&#233;guli&#232;rement des grains &#224; un tas de sable. Petit &#224; petit le sable forme un tas dont la pente, en augmentant lentement, am&#232;ne le tas de sable vers un &#233;tat critique. L'ajout d'un grain peut alors provoquer une avalanche de toute taille, ce qui signifie qu'une petite perturbation interne n'implique pas forc&#233;ment de petits effets. Dans un syst&#232;me non lin&#233;aire, une petite cause peut en effet avoir une grande port&#233;e. Les avalanches connaissent donc diff&#233;rentes amplitudes qui sont toutes g&#233;n&#233;r&#233;es par une m&#234;me perturbation initiale (un grain de sable suppl&#233;mentaire). S'il n'est pas possible de pr&#233;dire la taille et le moment de l'avalanche, en revanche cette th&#233;orie nous renseigne sur l'ensemble des r&#233;ponses du syst&#232;me lorsqu'il atteint l'&#233;tat critique. L'&#233;tat critique auto organis&#233; d'un syst&#232;me est donc un &#233;tat ou le syst&#232;me est globalement m&#233;tastable tout en &#233;tant localement instable. Cette instabilit&#233; locale (de petites avalanches dans le mod&#232;le du tas de sable) peut g&#233;n&#233;rer une instabilit&#233; globale (de grosses avalanches entra&#238;nant l'effondrement du tas) qui ram&#232;ne ensuite le syst&#232;me vers un nouvel &#233;tat m&#233;tastable : le tas de sable conna&#238;t une nouvelle base. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Auto-organisation et &#233;mergence dans les sciences de la vie &#187;, Bernard Feltz, Marc Crommelinck et Philippe Goujon :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le concept d'&#233;mergence renvoie &#224; l'apparition de propri&#233;t&#233;s nouvelles li&#233;es &#224; la complexit&#233; d'une organisation. L'ordre &#224; partir du chaos mis en &#233;vidence par les mod&#232;les auto-organisationnels est souvent interpr&#233;t&#233; en termes d'&#233;mergence, de surgissement d'un niveau d'organisation sup&#233;rieur. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Per Bak, &#171; Quand la nature s'organise &#187; :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La &#171; criticalit&#233; auto-organis&#233;e &#187; est un regard nouveau port&#233; sur la nature. Celle-ci est en permanence hors d'&#233;quilibre, mais organis&#233;e dans un &#233;tat suspendu &#8211; l'&#233;tat critique &#8211; o&#249; tout peut arriver selon des lois statistiques bien d&#233;finies. Le but de la science de la criticalit&#233; auto-organis&#233;e est d'&#233;clairer la question fondamentale suivante : pourquoi la nature est-elle complexe et non simple, comme les lois de la physique pourraient le laisser supposer ? Comment l'univers a-t-il pu commencer avec un si faible nombre de types de particules &#233;l&#233;mentaires &#224; l'&#233;poque du big bang et d&#233;boucher sur la vie, l'histoire, l'&#233;conomie et la litt&#233;rature ? La th&#232;se pr&#233;sent&#233;e est que l'existence de ces comportements complexes dans la nature refl&#232;te la tendance des grands syst&#232;mes comportant un grand nombre de composants &#224; &#233;voluer vers un &#233;tat interm&#233;diaire &#171; critique &#187;, loin de l'&#233;quilibre, et pour lequel des perturbations mineures peuvent d&#233;clencher des &#233;v&#233;nements de toutes tailles, appel&#233;s &#171; avalanches &#187;. En fait, la plupart des changements se produisent au cours de ces &#233;v&#233;nements catastrophiques plut&#244;t qu'en suivant un chemin graduel et r&#233;gulier. Cet &#233;tat extr&#234;mement d&#233;licat &#233;volue sans intervention d'agent ext&#233;rieur et n'est d&#233;termin&#233; que par les interactions dynamiques entre les constituants du syst&#232;me : on dit alors que l'&#233;tat critique est &#171; auto-organis&#233; &#187;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ilya Prigogine dans &#171; Temps &#224; devenir &#187; : &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le non-&#233;quilibre, c'est la voie la plus extraordinaire que la nature ait invent&#233;e pour coordonner les ph&#233;nom&#232;nes, pour rendre possibles des ph&#233;nom&#232;nes complexes. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; La Fin des Certitudes &#187;, Ilya Prigogine :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La sup&#233;riorit&#233; des syst&#232;mes auto-organisateurs est illustr&#233;e par les syst&#232;mes biologiques o&#249; des produits complexes sont form&#233;s avec une pr&#233;cision, une efficacit&#233;, une vitesse sans &#233;gale. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://lefur.jean.free.fr/1jean/thesauru/complexite/NotesLectureBenkirane.JLF.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Extraits choisis du livre : La complexit&#233;, vertiges et promesses &#8211; entretiens avec E.Morin, I.Prigogine, F.Varela, &#8230;par R&#233;da Benkirane&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;CONTRE LA THEORIE DE LA COMPLEXITE&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &#171; La vie est belle &#187; (1989), Stephen Jay Gould :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'histoire de la vie ressemble &#224; un gigantesque &#233;lagage ne laissant survivre qu'un petit nombre de lign&#233;es, lesquelles peuvent ensuite subir une diff&#233;renciation ; mais elle ne ressemble pas &#224; cette mont&#233;e r&#233;guli&#232;re de l'existence, de la complexit&#233; et de la diversit&#233;, comme on le raconte traditionnellement&#8230; Pour les sp&#233;cialistes, l'&#233;volution est une adaptation aux conditions changeantes de l'environnement et non pas un progr&#232;s&#8230; L'&#233;volution de la vie &#224; la surface de la plan&#232;te est conforme au mod&#232;le du buisson touffu dot&#233; d'innombrables branches et continuellement &#233;lagu&#233; par le sinistre s&#233;cateur de l'extinction. Elle ne peut du tout &#234;tre repr&#233;sent&#233;e par l'&#233;chelle d'une in&#233;vitable progr&#232;s. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; Entretiens de Stephen Jay Gould avec Jean-Claude Oliva - 1er octobre 1997 :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Certains d&#233;finissent l'&#233;volution comme la croissance de la complexit&#233;, bien s&#251;r. Mais cette d&#233;finition ne correspond pas &#224; la r&#233;alit&#233;. Pour la complexit&#233;, il y a plusieurs d&#233;finitions : le nombre de parties diff&#233;rentes, l'int&#233;gration des parties, la complexit&#233; de forme de chaque partie. Au travers de ces d&#233;finitions un peu diff&#233;rentes, nous avons en t&#234;te la m&#234;me id&#233;e : il y a des choses simples qui n'ont pas beaucoup de parties et on va vers des choses plus complexes&#8230; Notre objectif, pour &#233;tudier ce sujet de fa&#231;on scientifique, c'est de pr&#233;ciser ce que l'on veut dire par complexit&#233;. J'ai discut&#233;, par exemple, les travaux de Dan McShea sur la complexit&#233; &#224; travers les temps g&#233;ologiques des mammif&#232;res et aussi de Boyajian sur les ammonites et, dans les deux cas, il n'y a pas de tendance g&#233;n&#233;rale vers la complexit&#233;. Chacune de ces &#233;tudes fait appel &#224; une d&#233;finition de la complexit&#233;. Mais le probl&#232;me est r&#233;el : il n'y a pas une d&#233;finition que tout le monde accepte&#8230; Pour un pal&#233;ontologue, la diversit&#233;, c'est &#224; la fois le nombre d'esp&#232;ces diff&#233;rentes et la diversit&#233; de leurs anatomies. S'il y avait seulement un million d'esp&#232;ces d'insectes et rien de plus, il y aurait moins de diversit&#233; qu'avec deux millions d'esp&#232;ces et des insectes, des plantes, des champignons, des bact&#233;ries, etc. C'est le nombre d'esp&#232;ces car chaque esp&#232;ce est une population s&#233;par&#233;e, une entit&#233; biologique. La moyenne ne veut rien dire. Qu'est-ce que la complexit&#233; moyenne de la vie quand nous avons des bact&#233;ries, des insectes et des hommes ? Il n'y a que la diversit&#233; de la vie. L'histoire de la vie, c'est &#034; l'&#233;ventail du vivant &#034; (en anglais &#034; the full house &#034;, la maison pleine, un terme du jeu de poker). Il vaut mieux traiter l'histoire de la vie comme l'histoire de sa diversit&#233; qui cro&#238;t - pas toujours car il y a aussi de grandes extinctions - qui cro&#238;t donc et qui baisse. Le sens de la vie, c'est la diversit&#233;, pas la complexit&#233;. Tout d&#233;pend de ce que l'on entend par &#171; complexe &#187;. D'un point de vue neurologique le cerveau humain est plus complexe qu'aucun autre, mais par exemple du point de vue de l'architecture des os du cr&#226;ne, on trouve plus compliqu&#233; chez d'autres mammif&#232;res, et plus compliqu&#233; encore chez les t&#233;l&#233;ostes*. Le mot &#171; complexit&#233; &#187; a plusieurs sens dans le langage courant, qui se contredisent les uns les autres. Si l'on veut mesurer empiriquement la complexit&#233;, la quantifier, il nous faut une d&#233;finition op&#233;rationnelle de la complexit&#233;. Il faut chaque fois d&#233;cider de ce dont on parle. Certains chercheurs l'ont fait, par exemple pour les ammonites. On a pu d&#233;montrer que pour un caract&#232;re essentiel, les ammonites ne sont pas devenues de plus en plus complexes avec le temps. Le fait que le cerveau humain soit l'objet neurologique le plus complexe de la plan&#232;te ne signifie pas que l'homme soit l'&#234;tre le plus complexe. Le cerveau n'est pas tout, il y a bien d'autres structures complexes. Il n'est pas juste d'adopter une vue de l'&#233;volution centr&#233;e sur le cerveau. Il n'existe pas de tendance g&#233;n&#233;rale de l'&#233;volution vers des cerveaux plus grands. Il y a beaucoup plus d'esp&#232;ces de bact&#233;ries que d'animaux multicellulaires et plus de 80 % des esp&#232;ces de multicellulaires sont des insectes. Sur les quelque 4 000 esp&#232;ces de mammif&#232;res il n'y en a qu'une qui soit consciente d'elle-m&#234;me. On ne peut pas dire que l'accroissement de la complexit&#233; mentale caract&#233;rise l'&#233;volution. L'effet de l'&#233;mergence de la conscience a &#233;t&#233; consid&#233;rable ; mais ce n'est pas une d&#233;finition de la complexit&#233;. La bombe atomique a eu un &#233;norme effet, ce n'est pas plus complexe que certains explosifs chimiques. L'invention de la conscience a eu plus d'impact peut-&#234;tre qu'aucune autre invention. Mais cela ne d&#233;finit aucunement la complexit&#233; de la structure de l'objet en question. Et par ailleurs, si l'on se place cette fois du point de vue de l'&#233;volution &#224; venir, on ne voit pas clairement vers quoi nous allons. Il est possible que nous n'existions plus dans deux cents ans, parce que nous nous serons ray&#233;s de la carte. L'humanit&#233; n'appara&#238;tra plus alors que comme une exp&#233;rience momentan&#233;e de l'histoire de la vie. L'exercice consistant &#224; prendre en compte tout l'&#233;ventail des variations nous oblige &#224; repenser la nature des tendances de l'&#233;volution et l'histoire des syst&#232;mes naturels. C'est parce que nous n'avons pas appliqu&#233; ce principe que nous en sommes venus &#224; ignorer le fait pourtant incontestable que nous sommes encore et sans doute pour toujours &#224; l'&#232;re des bact&#233;ries. Nous aimerions croire que l'histoire de la vie est celle d'une marche vers la complexit&#233;. C'est bien s&#251;r vrai en ce sens que les &#234;tres les plus complexes ont eu tendance &#224; se complexifier davantage : mais ce n'est pas l'histoire de la vie, c'est l'histoire des &#234;tres les plus complexes... Nous voudrions croire que l'aspect le plus fondamental de l'arbre de la vie est cette tendance &#224; la complexification, mais ce n'est pas le cas. Pour moi le trait le plus fondamental de l'arbre de la vie est la constance du mode bact&#233;rien. Mon livre n'est qu'un plaidoyer pour consid&#233;rer tout l'&#233;ventail de la variation&#8230; On ne peut parler du progr&#232;s comme d'une tendance forte de l'&#233;volution. Je ne nie pas que les cr&#233;atures les plus complexes soient devenues plus complexes au cours du temps. Mais ce n'est pas une indication que le syst&#232;me s'est &#233;loign&#233; d'une marche au hasard. Cela se serait produit de toute mani&#232;re dans n'importe quel syst&#232;me dirig&#233; par le hasard et d&#233;butant &#224; proximit&#233; d'une limite infranchissable &#224; gauche de la courbe de distribution. Je propose une analogie avec la marche de l'ivrogne qui sort d'un bar. Il se retrouve avec un mur &#224; gauche et le trottoir &#224; droite. A gauche il va heurter le mur, &#224; droite il va finir par tomber dans le caniveau&#8230; Je ne dis pas qu'il ne se produit pas des &#233;v&#233;nements de complexification, je dis que si l'on regarde l'ensemble de l'histoire, l'ensemble des variations effectives, la maison au complet avec tous ses habitants, on ne d&#233;c&#232;le pas de pr&#233;f&#233;rence pour la complexit&#233;. Le fait que l'homme soit plus complexe que les trilobites, qui sont plus complexes que les algues, qui sont plus complexes que les bact&#233;ries, ce fait-l&#224;, que je ne nie pas, est mineur au regard de l'histoire du vivant prise dans sa totalit&#233;&#8230; Bien s&#251;r il doit exister un m&#233;canisme par lequel a &#233;merg&#233; par exemple la multicellularit&#233;, et ainsi de suite. Mon propos est de d&#233;terminer si de tels m&#233;canismes s'inscrivent ou non dans une directionnalit&#233;, s'ils r&#233;pondent &#224; une n&#233;cessit&#233; - et la r&#233;ponse est non. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &#171; Cette vision de la vie &#187; de Stephen Jay Gould :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'&#233;volution exprime un &#233;quilibre entre les caract&#233;ristiques internes des organismes et le vecteur externe du changement environnemental. Ces forces interne et externe incluent toutes deux des composantes al&#233;atoires, ce qui &#233;carte encore plus toute id&#233;e de tension vers l'union et l'harmonie. La force interne des mutations g&#233;n&#233;tiques, source premi&#232;re des variations &#233;volutives, fonctionne de mani&#232;re al&#233;atoire par rapport &#224; la direction de la s&#233;lection naturelle. La force externe du chagement environnemental se modifie capricieusement par rapport au progr&#232;s et &#224; la complexit&#233; des organismes&#8230; Je regrette &#233;galement l'hypoth&#232;se excessivement adaptationniste qui affirme que tout trait &#233;volutif d&#233;pourvu d'int&#233;r&#234;t dans notre vie actuelle est probablement apparu autrefois pour de bonnes raisons, li&#233;es &#224; des conditions pass&#233;es qui ont depuis &#233;volu&#233;. Dans notre monde impitoyable, complexe et partiellement al&#233;atoire, nombre de traits n'ont tout simplement aucun sens fonctionnel. Point final&#8230;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Stephen Jay Gould &#233;crit ainsi dans &#171; Le renard et le h&#233;risson &#187; :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Les propri&#233;t&#233;s qui apparaissent dans un syst&#232;me complexe sous l'effet des interactions non lin&#233;aires de ses composants sont dites &#233;mergentes &#8211; puisqu'elles n'apparaissent pas &#224; un autre niveau et ne sont r&#233;v&#233;l&#233;es qu'&#224; ce niveau de complexit&#233;. (...) L'&#233;mergence n'est donc pas un principe mystique ou anti-scientifique, ni une notion susceptible d'avoir des &#233;chos dans le champ religieux (...) C'est une affirmation scientifique sur la nature des syst&#232;mes complexes. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Agn&#232;s Lenoire, Science&amp;Vie de d&#233;cembre 2005 :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'id&#233;e d'une ascension vers l'homme, d'une graduation vers le plus abouti s'estompe et est destin&#233;e &#224; mourir. En effet, le &#171; complexe &#187; n'est pas l'&#233;quivalent du &#171; plus &#233;volu&#233; &#187;. Un simple recul par rapport &#224; l'histoire du monde permet de d&#233;busquer l'illusion. La marche vers la complexit&#233;, qui donne une direction &#224; l'&#233;volution est donc caduque. Pourtant, &#224; peine ce concept, qui replace l'homme au sein d'un foisonnement et non plus au sommet d'une pyramide, est-il bien compris et vulgaris&#233;, que d&#233;j&#224; on l'attaque sur un front sensible, parce qu'affectif : comment la complexit&#233; peut-elle &#234;tre due au hasard ? Certes chacun d'entre nous est troubl&#233; devant la somme de co&#239;ncidences n&#233;cessaires &#224; l'apparition de la vie et &#224; son explosion. Mais pass&#233;e la premi&#232;re impression, la r&#233;flexion, fond&#233;e sur le darwinisme, explique bien des myst&#232;res. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Que se passe-t-il &#224; l'interface entre deux milieux ?</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article1857</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.org/spip.php?article1857</guid>
		<dc:date>2011-06-07T08:45:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Boucle de r&#233;troaction</dc:subject>
		<dc:subject>Contradictions</dc:subject>
		<dc:subject>Auto-organisation</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un exemple bien connu : le nuage est une structure dynamique &#224; l'interface air chaud / air froid &lt;br class='autobr' /&gt;
L'interface est la s&#233;paration entre deux (ou trois...) milieux (deux &#233;tats d'une m&#234;me mol&#233;cule ou deux mol&#233;cules diff&#233;rentes). Si ces deux milieux ont des propri&#233;t&#233;s diff&#233;rentes ou ob&#233;issent &#224; des lois diff&#233;rentes, l'interface est un milieu &#224; part, qui n'est ni l'un ni l'autre, ni la somme des deux... &lt;br class='autobr' /&gt;
Fronti&#232;re fractale d'un front de diffusion &lt;br class='autobr' /&gt;
L'interface n'est pas une simple fronti&#232;re sans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique20" rel="directory"&gt;Atome : La r&#233;troaction de la mati&#232;re/lumi&#232;re et du vide (de la microphysique &#224; l'astrophysique) - Atom : laws of physics or the feedback of matter/light/ void (from microphysics to astrophysics)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot73" rel="tag"&gt;Boucle de r&#233;troaction&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot78" rel="tag"&gt;Contradictions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot84" rel="tag"&gt;Auto-organisation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un exemple bien connu : le nuage est une structure dynamique &#224; l'interface air chaud / air froid&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12589 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L341xH148/indexdf-236a0.jpg?1776673837' width='341' height='148' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_1253 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/bulles-11f87.jpg?1776673837' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'interface est la s&#233;paration entre deux (ou trois...) milieux (deux &#233;tats d'une m&#234;me mol&#233;cule ou deux mol&#233;cules diff&#233;rentes). Si ces deux milieux ont des propri&#233;t&#233;s diff&#233;rentes ou ob&#233;issent &#224; des lois diff&#233;rentes, l'interface est un milieu &#224; part, qui n'est ni l'un ni l'autre, ni la somme des deux...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_95 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH369/image-2-18d8f.jpg?1776673837' width='500' height='369' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Fronti&#232;re fractale d'un front de diffusion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'interface n'est pas une simple fronti&#232;re sans importance servant seulement &#224; s&#233;parer les milieux. elle a une importance fondamentale dans les propri&#233;t&#233;s des deux milieux. Il s'y passe des choses importantes (fractales, chaos d&#233;terministe, tension superficielle, capillarit&#233;, &#233;mergence, bulles, formation de structures comme les nuages, convection, ....&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1251 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH361/0h85euzm-f7e4d.jpg?1776673837' width='500' height='361' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Liquide/Gaz
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au sein d'un fluide (liquide ou gaz), les mol&#233;cules exercent entre elles des forces d'attraction ou de r&#233;pulsion : force de Van der Waals (attraction), force &#233;lectrostatique (attraction ou r&#233;pulsion). On parle de &#171; forces intermol&#233;culaires &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on consid&#232;re un corps pur liquide, compos&#233; d'un seul type de mol&#233;cules, les mol&#233;cules s'attirent (sinon, elles ne formeraient pas une phase). Au sein du liquide, chaque mol&#233;cule est tir&#233;e dans toutes les directions par les mol&#233;cules voisines de liquide : la r&#233;sultante des forces est nulle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le vide, une mol&#233;cule n'est, par contre, attir&#233;e par rien. Donc, &#224; la fronti&#232;re liquide/vide, les mol&#233;cules sont attir&#233;es c&#244;t&#233; liquide mais pas c&#244;t&#233; vide ; la r&#233;sultante des forces s'exer&#231;ant sur les mol&#233;cules de la surface est donc dirig&#233;e vers l'int&#233;rieur du liquide. Ceci tend la surface.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans le cas d'une interface liquide/vide, c'est donc un effet au sein d'un liquide qui am&#232;ne la surface &#224; se d&#233;former comme une membrane &#233;lastique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on sait que soumis au vide, une partie du liquide s'&#233;vapore (voir l'article Pression de vapeur saturante). Si cette pression de gaz est faible, le liquide est soumis &#224; une faible compression, et les mol&#233;cules de la surface sont &#233;galement soumises &#224; une faible attraction de la part de leurs paires de la phase gazeuse ; mais la densit&#233; du gaz &#233;tant tr&#232;s inf&#233;rieure &#224; celle du liquide, cette attraction est n&#233;gligeable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si maintenant il y a un autre gaz au-dessus (par exemple de l'air), le ph&#233;nom&#232;ne est similaire. Le liquide est soumis &#224; la pression du gaz, et les mol&#233;cules &#224; la surface du liquide sont soumises &#224; l'attraction ou &#224; la r&#233;pulsion de la part des mol&#233;cules du gaz. Du fait de la faible densit&#233; du gaz par rapport au liquide, on n&#233;glige en g&#233;n&#233;ral cette derni&#232;re contribution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La forme de la surface r&#233;sulte donc de l'&#233;quilibre entre la pression du gaz, l'attraction par l'int&#233;rieur du liquide, et le poids si l'on est en pr&#233;sence de pesanteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le liquide peut &#234;tre sous la forme d'une pellicule ; cette pellicule est alors soumise &#224; la pression du gaz des deux c&#244;t&#233;s. Si les forces d'attraction au sein du liquide sont faibles, la pellicule ne tient pas. &#192; l'inverse, si ces forces sont fortes, la pellicule tient bien et a un comportement &#233;lastique (bulle de savon).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1252 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/730.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH335/730-11296.jpg?1776673837' width='500' height='335' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Liquide/liquide&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; Lorsque deux liquides A et B sont miscibles, ils forment une seule phase. Par contre, s'ils sont non miscibles, ils forment deux phases distinctes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'ils sont non miscibles, c'est que les mol&#233;cules se repoussent. Les mol&#233;cules situ&#233;es &#224; l'interface sont donc soumises :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * pour les mol&#233;cules de A :&lt;br class='autobr' /&gt; o &#224; une attraction vers l'int&#233;rieur du liquide A ;&lt;br class='autobr' /&gt; o &#224; une r&#233;pulsion de la part des mol&#233;cules de B ;&lt;br class='autobr' /&gt; * pour les mol&#233;cules de B :&lt;br class='autobr' /&gt; o &#224; une attraction vers l'int&#233;rieur du liquide B ;&lt;br class='autobr' /&gt; o &#224; une r&#233;pulsion de la part des mol&#233;cules de A.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit donc que la r&#233;sultante des forces est situ&#233;e vers l'int&#233;rieur de chacun des liquides dans tous les cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La forme de l'interface est donc d&#233;termin&#233;e par&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * les forces d'attraction au sein des liquides, A/A et B/B ;&lt;br class='autobr' /&gt; * la force de r&#233;pulsion entre A et B ;&lt;br class='autobr' /&gt; * la pesanteur le cas &#233;ch&#233;ant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le cas de l'eau et de l'huile, de la vinaigrette :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * soit l'huile forme une couche au-dessus de l'eau ;&lt;br class='autobr' /&gt; * soit l'huile forme des gouttelettes au sein de l'eau (&#233;mulsion).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La capillarit&#233; est l'&#233;tude des interfaces entre deux liquides non miscibles, entre un liquide et l'air ou entre un liquide et une surface. Elle est mise en &#339;uvre lorsque les buvards aspirent l'encre, ou quand les &#233;ponges s'imbibent d'eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est plus connue par l'effet d'un liquide &#224; forte tension superficielle remontant contre la gravit&#233; dans un tube tr&#232;s fin, dit tube capillaire. La tension superficielle est proportionnelle &#224; la force de coh&#233;sion intermol&#233;culaire du liquide concern&#233;. Plus les mol&#233;cules du liquide ont une coh&#233;sion forte, plus le liquide est susceptible d'&#234;tre transport&#233; par capillarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'eau poss&#232;de une forte coh&#233;sion entre ses mol&#233;cules : elle adh&#232;re aux surfaces du tube, puis ses mol&#233;cules sont attir&#233;es sur la partie de la surface du tube imm&#233;diatement au-del&#224;, et par r&#233;p&#233;tition de ce ph&#233;nom&#232;ne l'eau monte ainsi le long du tube comme repr&#233;sent&#233; sur la figure (H2O). &#192; l'inverse, l'air descend dans le tube en repoussant le mercure (Hg). L'article tension superficielle d&#233;crit comment calculer la hauteur &#224; laquelle monte ou descend le liquide dans un tube capillaire gr&#226;ce &#224; la loi de Jurin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur du verre tr&#232;s propre, l'eau forme un film plut&#244;t que des gouttes car les forces d'adh&#233;sion entre le verre et l'eau sont plus fortes que celles de coh&#233;sion de l'eau.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Solide/liquide/gaz&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On est souvent en pr&#233;sence de la ligne o&#249; se joignent trois interfaces, &#224; la jonction de trois phases, par exemple solide/liquide/gaz. On appelle ligne triple cette jonction. Dans le cas o&#249; l'une des phases est solide, on appelle angle de contact l'angle entre l'interface fluide/fluide et la surface solide. Cet angle de contact est donn&#233; par la Loi de Young-Dupr&#233;. Une ligne triple s'observe couramment, par exemple dans les situations suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * goutte pos&#233;e sur un solide ;&lt;br class='autobr' /&gt; * goutte suspendue &#224; un solide ;&lt;br class='autobr' /&gt; * bord d'un verre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1256 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH166/AFM-f91bb.jpg?1776673837' width='500' height='166' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Interface entre un cristal liquide et un monocristal (compos&#233; cristal liquide 8CB sur un monocristal inorganique MoS2)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les interactions liquide/gaz ont &#233;t&#233; d&#233;crites ci-dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, les mol&#233;cules du liquide peuvent &#234;tre attir&#233;es ou repouss&#233;es par les mol&#233;cules du solide. La forme de l'interface au niveau du point triple va donc &#234;tre d&#233;termin&#233;e par :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * la force d'attraction au sein du liquide ;&lt;br class='autobr' /&gt; * l'attraction ou la r&#233;pulsion de la part du solide ;&lt;br class='autobr' /&gt; * la pression du gaz, et &#233;ventuellement l'attraction ou la r&#233;pulsion par le gaz ;&lt;br class='autobr' /&gt; * la gravit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1250 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L251xH200/images-11-098b4.jpg?1776673837' width='251' height='200' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une gouttelette d'aluminium liquide en contact avec le saphir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il y a attraction entre le liquide et le solide :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * la goutte pos&#233;e sur le solide va avoir tendance &#224; s'&#233;taler ;&lt;br class='autobr' /&gt; * la goutte suspendue va &#234;tre retenue ;&lt;br class='autobr' /&gt; * le liquide va remonter le long du verre (m&#233;nisque, capillarit&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il y a r&#233;pulsion entre le liquide et le solide :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * la goutte pos&#233;e sur le solide va avoir tendance &#224; &#171; se regrouper &#187;, &#224; prendre une forme sph&#233;rique ;&lt;br class='autobr' /&gt; * la goutte suspendue va tomber ;&lt;br class='autobr' /&gt; * le liquide va s'incurver vers le haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des compos&#233;s permettent de diminuer la tension superficielle, ce sont des tensioactifs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Solide/solide&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; Lorsqu'on approche deux solides l'un de l'autre, ils subissent des forces d'attraction de diff&#233;rentes natures :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Des forces &#224; moyenne port&#233;e, qui correspondent &#224; des interactions de type van der Waals (quelques nm).
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Des forces &#224; courte port&#233;e, qui correspondent aux liaisons chimiques de type intramol&#233;culaire ( ionique, covalente, m&#233;tallique ) de l'ordre de 0,1- 0,2nm.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Des forces &#224; longue port&#233;e, d'origine &#233;lectrostatique, qui sont reli&#233;es aux m&#233;canismes de polarisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces forces deviennent mesurables &#224; partir d'une distance d'environ 0,2 microm&#232;tre. Quand le contact est r&#233;alis&#233; sous une charge ext&#233;rieure P, ces forces d'attraction agissent dans et autour des zones de contact et viennent s'ajouter &#224; cette charge P, de sorte que tout se passe comme si les deux solides &#233;taient press&#233;s l'un contre l'autre par une force effective P1. La diff&#233;rence P'= P1-P repr&#233;sente la force d'adh&#233;sion ; elle d&#233;pend de la charge appliqu&#233;e et des propri&#233;t&#233;s m&#233;caniques et g&#233;om&#233;triques des deux solides. La force d'adh&#233;sion ainsi d&#233;finie n'est pas directement mesurable.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1254 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L400xH400/det1_99-54ddc.jpg?1776673837' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Interface entre deux cristaux&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1255 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH176/31372484-425a8.jpg?1776673837' width='500' height='176' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Interface au sein d'un cristal&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est mesurable exp&#233;rimentalement, c'est la force n&#233;cessaire pour s&#233;parer les deux solides, c'est &#224; dire leur adh&#233;rence. Cette force est g&#233;n&#233;ralement plus mal d&#233;finie que la pr&#233;c&#233;dente, et sa valeur d&#233;pend beaucoup des conditions exp&#233;rimentales choisies( type d'&#233;prouvette, vitesse, propri&#233;t&#233;s des mat&#233;riaux en pr&#233;sence etc...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les forces &#224; courte port&#233;e pouvant &#234;tre &#233;crant&#233;es &#224; la surface des solides par les impuret&#233;s adsorb&#233;es, l'adh&#233;sion des solides a souvent &#233;t&#233; attribu&#233;e aux forces de van der Waals . Mais dans le cas des assemblages c&#233;ramique - m&#233;tal, l'&#233;laboration se fait &#224; haute temp&#233;rature, ce qui va permettre aux forces &#224; courte distance de jouer un r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12588 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L280xH299/d68a37a2d4cb59e8d869318b908c8ef6-84cd7.gif?1776673837' width='280' height='299' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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