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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;
Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.fr/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>Lire ou relire Auguste Blanqui</title>
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		<dc:date>2023-12-17T23:56:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Blanqui</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Auguste Blanqui &lt;br class='autobr' /&gt;
Rapport sur la situation int&#233;rieure et ext&#233;rieure de la France depuis la r&#233;volution de juillet &lt;br class='autobr' /&gt;
(Discours prononc&#233; &#224; la s&#233;ance du 2 f&#233;vrier 1832 de la Soci&#233;t&#233; des Amis du Peuple) &lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne faut pas se dissimuler qu'il y a guerre &#224; mort entre les classes qui composent la nation. Cette v&#233;rit&#233; &#233;tant bien reconnue, le parti vraiment national, celui auquel les patriotes doivent se rallier, c'est le parti des masses. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a eu jusqu'ici trois int&#233;r&#234;ts en France, celui de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique68" rel="directory"&gt;1 - 0 - Le programme r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot88" rel="tag"&gt;Blanqui&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=blanqui+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;btnG=Recherche&amp;meta=&amp;gws_rd=ssl&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Auguste Blanqui&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Rapport sur la situation int&#233;rieure et ext&#233;rieure de la France depuis la r&#233;volution de juillet&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;(Discours prononc&#233; &#224; la s&#233;ance du 2 f&#233;vrier 1832 de la Soci&#233;t&#233; des Amis du Peuple)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas se dissimuler qu'il y a guerre &#224; mort entre les classes qui composent la nation. Cette v&#233;rit&#233; &#233;tant bien reconnue, le parti vraiment national, celui auquel les patriotes doivent se rallier, c'est le parti des masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a eu jusqu'ici trois int&#233;r&#234;ts en France, celui de la classe dite tr&#232;s &#233;lev&#233;e, celui de la classe moyenne ou bourgeoise, enfin celui du peuple. je place le peuple en dernier parce qu'il a toujours &#233;t&#233; le dernier et que je compte sur une prochaine application de la maxime de l'&#233;vangile : les derniers seront les premiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1814 et 1815, la classe bourgeoise fatigu&#233;e de Napol&#233;on, non pas &#224; cause du despotisme (elle se soucie peu de la libert&#233; qui ne vaut pas &#224; ses yeux une livre de bonne cannelle ou un billet bien endoss&#233;), mais parce que, le sang du peuple &#233;puis&#233;, la guerre commen&#231;ait &#224; lui prendre ses enfants, et surtout parce qu'elle nuisait &#224; sa tranquillit&#233; et emp&#234;chait le commerce d'aller, la classe bourgeoise, donc, re&#231;ut les soldats &#233;trangers en lib&#233;rateurs, et les Bourbons comme les envoy&#233;s de Dieu. Ce fut elle qui ouvrit les portes de Paris, qui traita de brigands les soldats de Waterloo, qui encouragea les sanglantes r&#233;actions de 1815 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Louis XVIII l'en r&#233;compensa par la Charte. Cette Charte constituait les hautes classes en aristocratie et donnait aux bourgeois la Chambre des d&#233;put&#233;s, dite Chambre d&#233;mocratique. Par l&#224;, les &#233;migr&#233;s, les nobles et les grands propri&#233;taires, partisans fanatiques des Bourbons, et la classe moyenne qui les acceptait par int&#233;r&#234;t se trouvaient ma&#238;tres, par portions &#233;gales, du gouvernement. Le peuple fut mis de c&#244;t&#233;. Priv&#233; de chefs, d&#233;moralis&#233; par l'invasion &#233;trang&#232;re, n'yant plus foi &#224; la libert&#233;, il se tut et subit le joug, en faisant ses r&#233;serves. Vous savez l'appui constant que la classe bourgeoise a pr&#234;t&#233; &#224; la Restauration jusqu'en 1825. Elle pr&#234;ta les mains aux massacres de 1815 et 1816, aux &#233;chafauds de Borie et de Berton, &#224; la guerre d'Espagne, &#224; l'av&#232;nement de Vill&#232;le et au changement de la loi d'&#233;lection ; elle ne cessa d'envoyer des majorit&#233;s d&#233;vou&#233;es au pouvoir, jusqu'en 1827.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'intervalle de 1825 &#224; 1827, Charles X, voyant que tout lui r&#233;ussissait et se croyant assez fort sans les bourgeois, voulut proc&#233;der &#224; leur exclusion, comme on avait fait pour le peuple en 1815 ; il fit un pas hardi vers l'ancien r&#233;gime et d&#233;clara la guerre &#224; la classe moyenne en proclamant la domination exclusive de la noblesse, et du clerg&#233; sous la banni&#232;re du j&#233;suitisme. La bourgeoisie est essentiellement antispirituelle, elle d&#233;teste les &#233;glises, ne croit qu'aux registres en partie double. Les pr&#234;tres l'irrit&#232;rent ; elle avait bien consenti &#224; opprimer le peuple de moiti&#233; avec les classes sup&#233;rieures, mais voyant son tour venu aussi, pleine de ressentiment et de jalousie contre la haute aristocratie, elle se rallia &#224; cette minorit&#233; de la classe moyenne qui avait combattu les Bourbons depuis 1815 et qu'elle avait sacrifi&#233;e jusque-l&#224;. Alors commen&#231;a cette guerre de journaux et d'&#233;lections men&#233;e avec tant de constance et d'acharnement. Mais les bourgeois combattaient au nom de la Charte, rien que pour la Charte. La Charte, en effet, assurait leur puissance ; fid&#232;lement ex&#233;cut&#233;e, elle leur donnait la supr&#233;matie dans l'&#201;tat. La l&#233;galit&#233; fut invent&#233;e pour repr&#233;senter cet int&#233;r&#234;t de la bourgeoisie et lui servir de drapeau. L'ordre l&#233;gal devint comme une divinit&#233; devant laquelle les opposants constitutionnels br&#251;laient leur encens quotidien. Cette lutte se poursuivit de 1825 &#224; 1830, toujours plus favorable aux bourgeois qui gagnaient rapidement du terrain et qui, ma&#238;tres de la Chambre des d&#233;put&#233;s, menac&#232;rent bient&#244;t le gouvernement d'une compl&#232;te d&#233;faite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faisait cependant le peuple au milieu de ce conflit ? Rien. Il restait spectateur silencieux de la querelle et chacun sait bien que ses int&#233;r&#234;ts ne comptaient pas dans les d&#233;bats survenus entre ses oppresseurs. Certes, les bourgeois se souciaient peu de lui et de sa cause, qu'on regardait comme perdue depuis quinze ans. Vous vous souvenez que les feuilles les plus d&#233;vou&#233;es aux constitutionnels r&#233;p&#233;taient &#224; l'envi que le peuple avait donn&#233; sa d&#233;mission entre les mains des &#233;lecteurs, seuls organes de la France. Ce n'&#233;tait pas seulement le gouvernement qui consid&#233;rait les masses comme indiff&#233;rentes au d&#233;bat ; la classe moyenne les m&#233;prisait peut-&#234;tre plus encore et certainement elle comptait recueillir seule les fruits de la victoire. Cette victoire n'allait pas au-del&#224; de la Charte. Charles X et la Charte avec une bourgeoisie toute-puissante, tel &#233;tait le but des constitutionnels. Oui, mais le peuple entendait autrement la question ; le peuple se moquait de la Charte et ex&#233;crait les Bourbons et, voyant ses ma&#238;tres se disputer, il &#233;piait en silence le moment de s'&#233;lancer sur le champ de bataille et de mettre les partis d'accord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les classes en vinrent &#224; ce point que le gouvernement n'avait plus de ressources que dans le coup d'&#201;tat, et que cette menace d'un coup d'&#201;tat fut suspendue sur la t&#234;te des bourgeois, comme la peur les prit ! Qui ne se rappelle les regrets et les terreurs des 221, apr&#232;s l'ordonnance de dissolution qui r&#233;pondit &#224; leur fameuse adresse ? Charles X parlait de sa ferme r&#233;solution d'avoir recours &#224; la force et la bourgeoisie p&#226;lissait. D&#233;j&#224;, la plupart d&#233;sapprouvaient hautement les pauvres 221 de s'&#234;tre laiss&#233; emporter &#224; des exc&#232;s r&#233;volutionnaires. Les plus hardis mettaient leur espoir dans le refus de l'imp&#244;t qui e&#251;t &#233;t&#233; bel et bien pay&#233;, et dans l'appui des tribunaux qui auraient presque tous et de grand coeur fait l'office de cours pr&#233;v&#244;tales. Si les royalistes montraient tant de confiance et de r&#233;solution, si leurs adversaires laissaient para&#238;tre tant de crainte et d'incertitude, c'est que les uns et les autres regardaient le peuple comme d&#233;missionnaire et s'attendaient &#224; le trouver neutre dans la bataille. Ainsi, d'un c&#244;t&#233;, le gouvernement appuy&#233; sur la noblesse, le clerg&#233; et les grands propri&#233;taires, de l'autre la classe moyenne, pr&#234;ts &#224; en venir aux mains, apr&#232;s avoir pr&#233;lud&#233; cinq ans par une guerre de plume et de boules le peuple silencieux depuis quinze ans et cru d&#233;missionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans cette situation que le combat s'engage. Les ordonnances sont lanc&#233;es, et la police brise les presses des journaux. Je ne vous parlerai pas de notre joie &#224; nous citoyens, qui fr&#233;missions sous le joug et qui assistions enfin &#224; ce r&#233;veil du lion populaire qui avait dormi si longtemps. Le 26 juillet fut le plus beau jour de notre vie. Mais les bourgeois ! jamais crise politique n'offrit le spectacle d'une telle &#233;pouvante, d'une si profonde consternation. P&#226;les, &#233;perdus, ils entendaient les premiers coups de feu comme la premi&#232;re d&#233;charge du piquet qui devait les fusiller l'un apr&#232;s l'autre. Vous avez tous pr&#233;sente &#224; la m&#233;moire la conduite des d&#233;put&#233;s les lundi, mardi et mercredi. Ce que la peur leur laissait de pr&#233;sence d'esprit et de facult&#233;s, ils l'ont employ&#233; &#224; pr&#233;venir, &#224; arr&#234;ter le combat ; dans la pr&#233;occupation de leur propre l&#226;chet&#233;, ils se refusaient &#224; pr&#233;voir une victoire populaire, et tremblaient d&#233;j&#224; sous le couteau de Charles X. Mais, le jeudi, la sc&#232;ne changea. Le peuple est vainqueur. C'est alors une autre terreur qui les saisit, bien autrement profonde et accablante. Adieu, leurs r&#234;ves de charte, de l&#233;galit&#233;, de royaut&#233; constitutionnelle, de domination exclusive de la bourgeoisie ! Ce fant&#244;me impuissant de Charles X s'est &#233;vanoui. Au travers des d&#233;bris, des flammes et de la fum&#233;e, sur le cadavre de la Royaut&#233;, le peuple leur appara&#238;t debout, debout comme un g&#233;ant, le drapeau tricolore &#224; la main ; ils demeurent frapp&#233;s de stupeur. Oh ! c'est alors qu'ils regrettent que la garde nationale n'ait point exist&#233; le 26 juillet, qu'ils accusent l'impr&#233;voyance et la folie de Charles X qui a bris&#233; lui-m&#234;me l'ancre de son salut. Il &#233;tait trop tard pour ces regrets. Vous voyez que pendant ces jours o&#249; le peuple fut si grand les bourgeois ont &#233;t&#233; ballott&#233;s entre deux peurs, celle de Charles X d'abord et celle des ouvriers ensuite. Noble et glorieux r&#244;le pour ces fiers guerriers qui font flotter de si hauts panaches dans les parades du champ de Mars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, citoyens, comment se fait-il qu'une r&#233;v&#233;lation si soudaine et si redoutable de la force des masses soit demeur&#233;e st&#233;rile ? Par quelle fatalit&#233;, cette r&#233;volution faite par le peuple seul et qui devait marquer la fin du r&#233;gime exclusif de la bourgeoisie ainsi que l'av&#232;nement des int&#233;r&#234;ts et de la uissance populaire, n'a-t-elle eu d'autre r&#233;sultat que d'&#233;tablir le despotisme de la classe moyenne, d'aggraver la mis&#232;re des ouvriers et des paysans et de plonger la France un peu plus avant dans la boue ? H&#233;las ! Le peuple, comme cet autre ancien, a su vaincre, mais n'a pas su profiter de la victoire. La faute n'en est pas toute &#224; lui. Le combat fut si court que ses chefs naturels, ceux qui auraient donn&#233; cours &#224; sa victoire, n'eurent pas le temps de sortir de la foule. Il se rallia forc&#233;ment aux chefs qui avaient figur&#233; en t&#234;te de la bourgeoisie dans la lutte parlementaire contre les Bourbons. D'ailleurs, il savait gr&#233; aux classes moyennes de leur petite guerre de cinq ans contre ses ennemis, et vous avez vu quelle bienveillance, je dirai presque quel sentiment de d&#233;f&#233;rence il montrait envers les hommes &#224; habit qu'il rencontrait dans les rues apr&#232;s la bataille. Le cri de &#171; Vive la Charte &#187; dont on a si perfidement abus&#233; n'&#233;tait qu'un cri de ralliement pour prouver son alliance avec ces hommes. Sentait-il d&#233;j&#224;, comme par instinct, qu'il venait de jouer un tour fort d&#233;sagr&#233;able aux bourgeois, et, dans sa g&#233;n&#233;rosit&#233; de vainqueur, voulait-il faire les avances et offrir paix et amiti&#233; &#224; ses futurs adversaires ? Quoi qu'il en soit, les masses n'avaient exprim&#233; formellement aucune volont&#233; politique positive. Ce qui s'agitait en elles, ce qui les avait jet&#233;es sur la place publique, c'&#233;tait la haine des Bourbons, la r&#233;solution ferme de les renverser. Il y avait du bonapartisme et de la R&#233;publique dans les voeux qu'elles formaient pour le gouvernement qui devait sortir des barricades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous savez comment le peuple, dans sa confiance aux chefs qu'il avait accept&#233;s et que leurs anciennes hostilit&#233;s contre Charles X lui faisaient consid&#233;rer comme ennemis aussi implacables que lui-m&#234;me de toute la famille des Bourbons, se retira de la place publique apr&#232;s la bataille termin&#233;e. Alors les bourgeois sortirent de leurs caves et s'&#233;lanc&#232;rent par milliers dans les rues que la retraite des combattants laissait libres. Il n'est personne qui ne se souvienne avec quelle merveilleuse soudainet&#233; la sc&#232;ne changea dans les rues de Paris, comme sur un coup de th&#233;&#226;tre, comment les habits remplacent les vestes en un clin d'oeil, comme si la baguette d'une f&#233;e avait fait dispara&#238;tre les uns et surgir les autres. C'est que les balles ne sifflaient plus. Il ne s'agissait plus d'attraper les coups, mais de ramasser le butin. Chacun son r&#244;le ; les hommes des ateliers s'&#233;taient retir&#233;s, les hommes du comptoir parurent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est alors que les malheureux auxquels la victoire avait &#233;t&#233; remise en d&#233;p&#244;t, apr&#232;s avoir essay&#233; de replacer Charles X sur son tr&#244;ne, sentant qu'il y allait de leur vie, et n'ayant point le courage de braver les dangers d'une telle trahison, s'arr&#234;t&#232;rent &#224; une trahison moins p&#233;rilleuse ; un Bourbon fut proclam&#233; roi ; dix &#224; quinze mille bourgeois install&#233;s &#224; demeure dans les cours du nouveau palais, pendant nombre de jours, salu&#232;rent le ma&#238;tre de leurs cris d'enthousiasme, sous la direction des agents pay&#233;s par l'or royal. Quant au peuple, comme il n'a pas de rentes et n'a pas les moyens de fl&#226;ner sous les fen&#234;tres des palais, il &#233;tait dans ses ateliers. Mais il n'a point &#233;t&#233; complice de cette indigne conspiration qui ne se f&#251;t pas accomplie impun&#233;ment s'il avait trouv&#233; des hommes capables de guider les coups de sa col&#232;re et de sa vengeance. Trahi par ses chefs, abandonn&#233; des &#233;coles, il s'est tu en faisant ses r&#233;serves comme en 1815. Je vous citerai un exemple. Un cocher de cabriolet qui me conduisait samedi dernier, apr&#232;s m'avoir racont&#233; la part qu'il avait prise au combat des trois jours, ajouta : &#171; je rencontrai sur le chemin de la Chambre la procession des d&#233;put&#233;s qui se. dirigeaient vers l'H&#244;tel de Ville. je les suivis pour voir ce qu'ils allaient faire. Alors j'ai vu Lafayette para&#238;tre sur le balcon avec Louis-Philippe et dire : &#171; Fran&#231;ais, voici votre roi ! &#187; Monsieur, quand j'ai entendu ce mot-l&#224;, c'est comme si j'avais re&#231;u un coup de poignard. je n'y voyais plus, je me suis en all&#233;. &#187; Cet homme, c'est le peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle est donc la situation des partis imm&#233;diatement apr&#232;s la r&#233;volution de juillet. La haute classe est &#233;cras&#233;e ; la classe moyenne, qui s'est cach&#233;e pendant le combat et qui l'a d&#233;sapprouv&#233;, montrant autant d'habilet&#233; qu'elle avait montr&#233; de prudence, escamote le fruit de la victoire remport&#233;e malgr&#233; elle. Le peuple, qui a tout fait, reste z&#233;ro comme devant. Mais un fait terrible s'est accompli. Le peuple est entr&#233; brusquement comme un coup de tonnerre sur la sc&#232;ne politique qu'il a enlev&#233;e d'assaut, et, bien que chass&#233; presque au m&#234;me instant, il n'en a pas moins fait acte de ma&#238;tre, il a repris sa d&#233;mission. C'est d&#233;sormais entre la classe moyenne et lui que va se livrer une guerre acharn&#233;e. Ce n'est plus entre les hautes classes et les bourgeois ; ceux-ci auront m&#234;me besoin d'appeler &#224; leur aide leurs anciens ennemis pour mieux lui r&#233;sister.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la bourgeoisie n'a plus longtemps dissimul&#233; sa haine contre le peuple...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que si nous examinons la conduite du gouvernement, il y a dans sa politique la m&#234;me marche, la m&#234;me progression de haine et de violence que dans la bourgeoisie dont il repr&#233;sente les int&#233;r&#234;ts et les passions...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le principe, lorsque les pav&#233;s des barricades jonchaient encore les rues, on ne parlait que du programme de l'H&#244;tel de Ville, des institutions r&#233;publicaines ; les poign&#233;es de main, les proclamations populaires, les grands mots de libert&#233;, d'ind&#233;pendance, de gloire nationale &#233;taient prodigu&#233;s. Puis, quand le pouvoir a tenu &#224; sa disposition une force militaire organis&#233;e, les pr&#233;tentions ont mont&#233;. Toutes les lois, toutes les ordonnances de la Restauration ont &#233;t&#233; invoqu&#233;es et appliqu&#233;es. Plus tard, les poursuites contre la presse, les pers&#233;cutions contre les hommes de Juillet, le peuple sabr&#233; et traqu&#233; &#224; coups de ba&#239;onnette, les imp&#244;ts augment&#233;s et per&#231;us avec une rigueur inou&#239;e sous la Restauration, tout ce d&#233;ploiement de violences, cet appareil de tyrannie ont r&#233;v&#233;l&#233; les haines et les craintes du gouvernement. Mais il sentait bien aussi que le peuple devait lui rendre cette haine et, ne se jugeant pas assez fort avec l'appui de la seule bourgeoisie, il a cherch&#233; &#224; rallier &#224; sa cause les hautes classes, afin qu'&#233;tabli sur cette double base il f&#251;t en &#233;tat de r&#233;sister avec plus de succ&#232;s &#224; l'invasion mena&#231;ante des prol&#233;taires. C'est &#224; cette manoeuvre pour se concilier l'aristocratie qu'il faut rattacher tout le syst&#232;me qu'il a d&#233;velopp&#233; depuis dix-huit mois. C'est la clef de sa politique. Or cette haute classe est presque enti&#232;rement compos&#233;e de royalistes. Pour l'entra&#238;ner, il &#233;tait donc n&#233;cessaire de se rapprocher le plus possible de la Restauration, d&#231; suivre ses errements, de la continuer. C'est ce qu'on a fait. Rien n'a &#233;t&#233; chang&#233;, sauf le nom du roi. On a ni&#233;, foul&#233; aux pieds la souverainet&#233; du peuple, la cour a pris le deuil des princes &#233;trangers, on a copi&#233; la l&#233;gitimit&#233;len tout et partout. Les royalistes ont &#233;t&#233; maintenus dans leurs places et ceux qui avaient d&#251; se retirer dans le premier flot de la r&#233;volution ont tous retrouv&#233; des positions plus lucratives ; la magistrature a &#233;t&#233; conserv&#233;e, de sorte que l'administration enti&#232;re y est aux mains des hommes d&#233;vou&#233;s aux Bourbons a&#238;n&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les provinces o&#249; les patriotes et les royalistes se trouvent en nombre presque &#233;gal, dans le Midi, par exemple, toutes les fois que les deux Partis se sont trouv&#233;s en pr&#233;sence, par suite de la faiblesse et de la trahison du gouvernement, le gouvernement est intervenu contre les patriotes en faveur des carlistes ; aujourd'hui enfin, il ne cherche pas &#224; cacher sa haine pour les uns et sa pr&#233;dilection pour les autres. Il &#233;tait difficile &#224; l'aristocratie de r&#233;sister &#224; de si tendres avances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, une partie de cette haute classe, la partie la plus pourrie, celle qui veut avant tout de l'or et des plaisirs, a daign&#233; promettre sa protection &#224; l'ordre public. Mais l'autre partie, celle que j'appellerai la moins gangren&#233;e, afin de ne pas prononcer le mot honorable, celle qui a le respect d'elle-m&#234;me et foi en ses opinions, qui a vou&#233; un culte &#224; son drapeau et &#224; ses vieux souvenirs, ceux-l&#224; repoussent avec d&#233;go&#251;t les caresses du juste milieu. Ils ont derri&#232;re eux la plus grande partie des hommes du Midi et de l'Ouest ; tous ces paysans de la Vend&#233;e et de la Bretagne qui, demeur&#233;s &#233;trangers au mouvement de la civilisation, conservent une foi ardente dans le catholicisme et qui confondent dans leurs adorations le catholicisme et la l&#233;gitimit&#233; avec grande raison, car ce sont deux choses qui ont v&#233;cu et qui doivent mourir ensemble. Croyez-vous que ces hommes simples et croyants soient accessibles aux s&#233;ductions des banquiers ? Non, citoyens ! Car le peuple, soit que, dans son ignorance, il soit enflamm&#233; du fanatisme de la religion, soit que, plus &#233;clair&#233;, il se laisse emporter par l'enthousiasme de la libert&#233;, le peuple est toujours grand et g&#233;n&#233;reux : il n'ob&#233;it point &#224; des vils int&#233;r&#234;ts d'argent, mais aux plus nobles passions de l'&#226;me, aux inspirations d'une moralit&#233; &#233;lev&#233;e. Eh bien ! la Bretagne et la Vend&#233;e, quelque m&#233;nagement et quelque d&#233;f&#233;rence qu'on garde pour elles, sont encore pr&#234;tes &#224; se lever au cri de &#171; Dieu et le Roi &#187; et menacent le gouvernement de leurs arm&#233;es catholiques et royales dont le premier choc le briserait. Ce n'est pas tout, la fraction des hautes classes qui s'est rattach&#233;e au juste milieu l'abandonnera au premier moment. Tout ce qu'elle a promis, c'est de ne point travailler &#224; le renverser ; pour du d&#233;vouement, vous savez s'il est possible d'en avoir pour des rogneurs d'esp&#232;ces. je dirai plus, la majeure partie des bourgeois qui se pressent, qui se groupent autour du gouvernement, par haine du peuple qu'ils redoutent, par effroi de la guerre quiles &#233;pouvante, puisqu'ils s'imaginent qu'elle leur prendra leurs &#233;cus, ces bourgeois n'aimant que m&#233;diocrement l'ordre actuel, ils le sentent impuissant &#224; les prot&#233;ger : vienne le drapeau blanc qui leur garantira l'oppression du peuple et la s&#233;curit&#233; mat&#233;rielle, et ils sont pr&#234;ts &#224; sacrifier leurs anciennes pr&#233;tentions politiques, car ils se repentent durement d'avoir, par amour-propre, min&#233; le pouvoir des Bourbons et pr&#233;par&#233; leur chute. Ils abdiqueront leur part du pouvoir entre les mains de l'aristocratie, troquant volontiers la tranquillit&#233; contre la servitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car le gouvernement de Louis-Philippe ne les rassure gu&#232;re. Il a beau copier la Restauration, pers&#233;cuter les patriotes, s'appliquer &#224; effacer la tache d'insurrection dont il est souill&#233; aux yeux des adorateurs de l'ordre public : le souvenir de ces terribles trois jours le poursuit, le domine, dix-huit mois d'une guerre faite contre le peuple avec succ&#232;s n'ont pu contre-balancer une seule victoire du peuple ; le champ de bataille est encore &#224; lui et cette victoire d&#233;j&#224; vieille est suspendue sur la t&#234;te du pouvoir comme l'&#233;p&#233;e de Damocl&#232;s ; chacun regarde si le fil ne va pas bient&#244;t se briser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Citoyens, deux principes se partagent la France, le principe de la l&#233;gitimit&#233; et celui de la souverainet&#233; du peuple. Le premier, c'est la vieille organisation du pass&#233;, ce sont les cadres dans lesquels la soci&#233;t&#233; a v&#233;cu quatre cents ans et que les uns veulent conserver par l'instinct de leur propre salut, les autres parce qu'ils craignent que les cadres ne puissent &#234;tre promptement remplac&#233;s et que l'anarchie ne suive leur dissolution. Le principe de la souverainet&#233; du peuple rallie tous les hommes d'avenir, les masses qui, fatigu&#233;es d'&#234;tre exploit&#233;es, cherchent &#224; briser ces cadres dans lesquels elles se sentent &#233;touffer. Il n'y a pas de troisi&#232;me drapeau, de terme moyen. Le juste milieu est une niaiserie, un gouvernement b&#226;tard qui veut se donner des airs de l&#233;gitimit&#233; dont on ne fait que rire. Ainsi, les royalistes, qui comprennent parfaitement cette situation, profitent les m&#233;nagements et des complaisances du pouvoir qui cherche &#224; les amener &#224; lui, pour travailler plus activement &#224; sa perte. Leurs nombreux journaux d&#233;montrent chaque jour qu'il n'y a d'ordre possible qu'avec la l&#233;gitimit&#233;, quel le juste milieu est impuissant &#224; constituer le pays, que, hors de la, l&#233;gitimit&#233;, il n'y a que la r&#233;volution et qu'une fois sorti du premier principe il faut n&#233;cessairement tomber dans le second. Qu'arrivera-t-il de l&#224; ? Les hautes classes n'attendent que le moment de relever le drapeau blanc. Dans la classe moyenne, la grande majorit&#233; compos&#233;e de ces hommes qui n'ont de patrie que leur comptoir ou leur caisse, qui se feraient de grand coeur Russes, Prussiens, Anglais pour gagner deux liards sur une pi&#232;ce de toile ou un quart pour cent de b&#233;n&#233;fice de plus sur un escompte, se rangera infailliblement sous le drapeau blanc ; le seul nom de guerre et de souverainet&#233; du peuple les fait fr&#233;mir. La minorit&#233; de cette classe, form&#233;e des professions intellectuelles et du petit nombre de bourgeois qui aiment le drapeau tricolore, le symbole de l'ind&#233;pendance et de la libert&#233; de la France, prendra parti pour la souverainet&#233; du peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au reste, le moment de la catastrophe approche rapidement. Vous voyez que la Chambre des pairs, la magistrature et la plupart des fonctionnaires publics conspirent ouvertement le retour d'Henri V, en se moquant du juste milieu. Les gazettes l&#233;gitimistes ne cachent plus ni les esp&#233;rances, ni les projets de la contre-r&#233;volution. Les royalistes, &#224; Paris et dans les provinces, rassemblent leurs forces, organisent la Vend&#233;e, leur Bretagne, le Midi, et plantent fi&#232;rement leur banni&#232;re. Ils disent tout haut que la bourgeoisie est pour eux, et ils ne se trompent pas. Ils n'attendent qu'un signal de l'&#233;tranger pour relever le drapeau blanc. Car, sans l'&#233;tranger, ils seraient &#233;cras&#233;s par le peuple, ils le savent, et nous comptons bien, nous, qu'ils seront &#233;cras&#233;s, m&#234;me avec l'appui de l'&#233;tranger&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet appui, soyez-en persuad&#233;s, citoyens, ne leur manquera pas. C'est ici le lieu de jeter un coup d'oeil sur nos relations avec les puissances de l'Europe. Remarquez en effet que la situation ext&#233;rieure s'est d&#233;velopp&#233;e parall&#232;lement &#224; la marche politique du gouvernement &#224; l'int&#233;rieur. La honte du dehors a grandi dans la m&#234;me proportion exactement que le despotisme bourgeois et la mis&#232;re des masses au dedans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au premier bruit de notre r&#233;volution, les rois perdirent la t&#234;te, et, l'&#233;tincelle &#233;lectrique de l'insurrection ayant embras&#233; rapidement la Belgique, la Pologne, l'Italie, ils se crurent sinc&#232;rement &#224; leur dernier jour. Comment imaginer aussi que la r&#233;volution ne serait pas une r&#233;volution, que l'expulsion des Bourbons ne serait pas l'expulsion des Bourbons, que le renversement de la Restauration serait une nouvelle &#233;dition de la Restauration ? Cela ne pouvait entrer dans la t&#234;te la plus folle. Les Cabinets virent dans les trois journ&#233;es le r&#233;veil du peuple fran&#231;ais, et le commencement de sa vengeance contre les oppresseurs des nations. Les nations jug&#232;rent comme les Cabinets. Mais, pour nos amis comme pour nos ennemis, il fut bient&#244;t &#233;vident que la France &#233;tait tomb&#233;e entre les mains de l&#226;ches marchands qui ne demandaient qu'&#224; trafiquer de son ind&#233;pendance et &#224; vendre sa gloire et sa libert&#233; au meilleur prix possible. Tandis que les rois attendaient notre d&#233;claration de guerre, ils re&#231;urent des lettres suppliantes dans lesquelles le gouvernement fran&#231;ais implorait le pardon de sa faute. Le nouveau ma&#238;tre s'excusait d'avoir particip&#233; malgr&#233; lui &#224; la r&#233;volte, protestait de son innocence et de sa haine contre la r&#233;volution, qu'il promettait de dompter, de ch&#226;tier, d'&#233;craser, si ses bons amis les rois voulaient lui promettre leur protection, une petite place dans la Sainte-Alliance dont il serait le tr&#232;s d&#233;vou&#233; serviteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Cabinets &#233;trangers comprirent que le peuple n'&#233;tait pas complice de cette trahison et qu'il ne tarderait pas &#224; en faire justice. Leur parti fut pris. Exterminer les insurrections qui avaient &#233;clat&#233; en Europe, et, quand tout serait rentr&#233; dans l'ordre, r&#233;unir leurs forces contre la France et venir &#233;trangler dans Paris m&#234;me la r&#233;volution et le g&#233;nie r&#233;volutionnaire. Ce plan a &#233;t&#233; suivi avec une constance et une habilet&#233; admirables. Il ne fallait pas aller trop vite, parce que le peuple de Juillet, tout plein encore de son r&#233;cent triomphe, aurait pris l'alarme &#224; une menace trop directe et forc&#233; les mains &#224; son gouvernement. D'ailleurs, il &#233;tait n&#233;cessaire d'accorder un temps au juste milieu pour amortir l'enthousiasme, d&#233;courager les patriotes et jeter la d&#233;fiance et la discorde dans la nation. Il ne fallait pas non plus aller trop lentement, car les masses pouvaient se lasser de la servitude et de la mis&#232;re qui pesaient sur elles au dedans et briser une seconde fois le joug, avant que l'&#233;tranger f&#251;t en mesure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces &#233;cueils ont &#233;t&#233; &#233;vit&#233;s. Les Autrichiens ont envahi l'Italie ; les bourgeois qui nous gouvernent ont cri&#233; : &#171; Bien ! &#187; et se sont inclin&#233;s devant l'Autriche. Les Russes ont extermin&#233; la Pologne. Notre gouvernement a cri&#233; : &#171; Tr&#232;s bien ! &#187; et s'est prostern&#233; devant la Russie. Pendant ce temps, la conf&#233;rence de Londres amusait le tapis avec ses protocoles destin&#233;s &#224; assurer l'ind&#233;pendance de la Belgique. Car une restauration en Belgique aurait fait ouvrir les yeux &#224; la France et elle e&#251;t &#233;t&#233; en mesure de d&#233;fendre son ouvrage. Maintenant, les rois font un pas en avant. Ils ne veulent plus de la Belgique ind&#233;pendante ; c'est la restauration hollandaise qu'ils pr&#233;tendent lui imposer. Les trois cours du Nord, levant le masque, refusent de ratifier le fameux trait&#233; qui a co&#251;t&#233; seize mois de travail &#224; la conf&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh bien ! Le juste milieu va-t-il r&#233;pondre par une d&#233;claration de guerre &#224; cette insolente agression ? La guerre ! Bon Dieu ! Ce mot fait p&#226;lir les bourgeois. Entendez-les ! La guerre, c'est la banqueroute, la guerre, c'est la R&#233;publique ! On ne peut soutenir la guerre qu'avec le sang du peuple ; la bourgeoisie ne s'en m&#234;le pas. Il faudrait donc faire appel &#224; ses int&#233;r&#234;ts, &#224; ses passions, au nom de la libert&#233; et de l'ind&#233;pendance de la patrie ! Il faudrait remettre dans ses mains le pays que lui seul pourrait sauver. Plut&#244;t cent fois voir les Russes &#224; Paris, que de d&#233;chainer les passions de la multitude. Les Russes sont amis de l'ordre au moins ; ils ont r&#233;tabli l'ordre dans Varsovie... Voil&#224; le calcul et le langage du juste milieu...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les royalistes se tiendront pr&#234;ts et, au printemps prochain, les Russes en franchissant la fronti&#232;re trouveront leurs logements pr&#233;par&#233;s jusqu'&#224; Paris. Car soyez persuad&#233;s que, dans le moment m&#234;me, la classe bourgeoise ne se r&#233;soudra pas &#224; la guerre. Sa terreur sera augment&#233;e de toute la crainte que lui inspirera la col&#232;re du peuple trahi et vendu, et vous verrez les marchands arborer la cocarde blanche et recevoir l'ennemi en lib&#233;rateur parce que les cosaques l'effraient moins que la canaille en veste...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; le sort qui nous attend, si le peuple ne retrouve pas son &#233;nergie pour punir les tra&#238;tres. Mais, citoyens, un peuple ne fait pas une r&#233;volution sans un grand motif. Il faut un puissant levier pour le mettre debout ; il n'a recours &#224; l'insurrection qu'au dernier moment, quand le danger est aux portes. Je le dis avec douleur, la Belgique sera restaur&#233;e sans que les masses se mettent en mouvement. Mais j'en ai la ferme confiance, si l'&#233;tranger franchit nos fronti&#232;res, le peuple ne tendra pas les mains aux fers et malheur &#224; nos ennemis !...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France a encore quatorze arm&#233;es &#224; lancer sur l'Europe des rois, et de plus, l'Europe des peuples est de notre c&#244;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Avis au peuple (le toast de Londres) &#8211; 25.2.1851 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quel &#233;cueil menace la r&#233;volution de demain ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cueil o&#249; s'est bris&#233;e celle d'hier : la d&#233;plorable popularit&#233; de bourgeois d&#233;guis&#233;s en tribuns.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ledru-Rollin, Louis Blanc, Cr&#233;mieux, Lamartine, Garnier-Pag&#232;s, Dupont de l'Eure, Flocon, Albert, Arago, Marrast !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Liste fun&#232;bre ! Noms sinistres, &#233;crits en caract&#232;res sanglants sur tous les pav&#233;s de l'Europe d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le gouvernement provisoire qui a tu&#233; la R&#233;volution. C'est sur sa t&#234;te que doit retomber la responsabilit&#233; de tous les d&#233;sastres, le sang de tant de milliers de victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;action n'a fait que son m&#233;tier en &#233;gorgeant la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le crime est aux tra&#238;tres que le peuple confiant avait accept&#233;s pour guides et qui l'ont livr&#233; &#224; la r&#233;action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mis&#233;rable gouvernement ! Malgr&#233; les cris et les pri&#232;res, il lance l'imp&#244;t des 45 centimes qui soul&#232;ve les campagnes d&#233;sesp&#233;r&#233;es, il maintient les &#233;tats-majors royalistes, la magistrature royaliste, les lois royalistes. Trahison !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il court sus aux ouvriers de Paris ; le 15 avril, il emprisonne ceux de Limoges, il mitraille ceux de Rouen le 27 ; il d&#233;cha&#238;ne tous leurs bourreaux, il berne et traque tous les sinc&#232;res r&#233;publicains. Trahison ! Trahison !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A lui seul, le fardeau terrible de toutes les calamit&#233;s qui ont presque an&#233;anti la R&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oh ! Ce sont l&#224; de grands coupables et entre tous les plus coupables, ceux en qui le peuple tromp&#233; par des phrases de tribun voyait son &#233;p&#233;e et son bouclier ; ceux qu'il proclamait avec enthousiasme, arbitres de son avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheur &#224; nous, si, au jour du prochain triomphe populaire, l'indulgence oublieuse des masses laissait monter au pouvoir un de ces hommes qui ont forfait &#224; leur mandat ! Une seconde fois, c'en serait fait de la R&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que les travailleurs aient sans cesse devant les yeux cette liste de noms maudits ! Et si un seul apparaissait jamais dans un gouvernement sorti de l'insurrection, qu'ils crient tous, d'une voix : trahison !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Discours, sermons, programmes ne seraient encore que piperies et mensonges ; les m&#234;mes jongleurs ne reviendraient que pour ex&#233;cuter le m&#234;me tour, avec la m&#234;me gibeci&#232;re ; ils formeraient le premier anneau d'une cha&#238;ne nouvelle de r&#233;action plus furieuse !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur eux, anath&#232;me, s'ils osaient jamais repara&#238;tre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Honte et piti&#233; sur la foule imb&#233;cile qui retomberait encore dans leurs filets !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas assez que les escamoteurs de F&#233;vrier soient &#224; jamais repouss&#233;s de l'H&#244;tel de Ville, il faut se pr&#233;munir contre de nouveaux tra&#238;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tra&#238;tres seraient les gouvernements qui, &#233;lev&#233;s sur les pavois prol&#233;taires, ne feraient pas op&#233;rer &#224; l'instant m&#234;me :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176; - Le d&#233;sarmement des gardes bourgeoises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176; - L'armement et l'organisation en milice nationale de tous les ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute, il est bien d'autres mesures indispensables, mais elles sortiraient naturellement de ce premier acte qui est la garantie pr&#233;alable, l'unique gage de s&#233;curit&#233; pour le peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne doit pas rester un fusil aux mains de la bourgeoisie. Hors de l&#224;, point de salut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les doctrines diverses qui se disputent aujourd'hui les sympathies des masses, pourront un jour r&#233;aliser leurs promesses d'am&#233;lioration et de bien-&#234;tre, mais &#224; la condition de ne pas abandonner la proie pour l'ombre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les armes et l'organisation, voil&#224; l'&#233;l&#233;ment d&#233;cisif de progr&#232;s, le moyen s&#233;rieux d'en finir avec la mis&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui a du fer, a du pain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se prosterne devant les ba&#239;onnettes, on balaye les cohues d&#233;sarm&#233;es. La France h&#233;riss&#233;e de travailleurs en armes, c'est l'av&#232;nement du socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En pr&#233;sence des prol&#233;taires arm&#233;s, obstacles, r&#233;sistances, impossibilit&#233;s, tout dispara&#238;tra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, pour les prol&#233;taires qui se laissent amuser par des promenades ridicules dans les rues, par des plantations d'arbres de la libert&#233;, par des phrases sonores d'avocat, il y aura de l'eau b&#233;nite d'abord, des injures ensuite, enfin de la mitraille, de la mis&#232;re toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que le peuple choisisse !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;fense du Citoyen Louis Auguste Blanqui devant la Cour d'Assises&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Blanqui&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis devant vous, MM. les jur&#233;s, et ce n'est pas &#224; vous que je parle, c'est &#224; la France, la seule haute-cour de justice que je connaisse et dont les arr&#234;ts ne sont pas susceptibles de cassation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; le cri de ce tribunal supreme arrive de tous les points du territoire, c'est un cri de surprise contre l'accusation dont nous sommes l'objet, c'est un cri de piti&#233; pour les hommes contre lesquels la haine ne s'assouvit jamais ; cette grande voix, de l'opinion publique est la seule dont &#224; nos yeux le verdict puisse &#234;tre l&#233;gitime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sans doute pour y &#233;chapper qu'on s'est lanc&#233; dans cette voie des pers&#233;cutions ; c'est pour se d&#233;rober au cri de la conscience, qu'au m&#233;pris des principes les plus respectables du droit, on soutient ici une accusation qui, devant nos pairs, serait tomb&#233;e au grand jour de la discussion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. le Pr&#233;sident. &#8212; Accus&#233;, dans votre int&#233;r&#234;t m&#234;me, je vous engage &#224; vous abstenir de semblables consid&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blanqui. &#8212; On nous a traduit devant la haute-cour...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. le Pr&#233;sident. &#8212; La qualification des faits qui sont attribu&#233;s justifie la juridiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blanqui. &#8212; Mais il n'y a pas de charges, et plus l'accusation est grave, plus la faiblesse des charges est &#233;vidente ; une commission sp&#233;ciale, la r&#233;troactivit&#233; appliqu&#233;e, une haute-cour constitu&#233;e en vue d'un proc&#232;s, voil&#224; ce qu'on nous a fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne s'arr&#234;te pas l&#224;, ce n'est pas assez d'avoir viol&#233; les r&#232;gles de la jurisprudence, on nous am&#232;ne ici, nous, hommes politiques, pour y voir proclamer, non pas un jugement de justice, mais un jugement de n&#233;cessit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. le Pr&#233;sident. &#8212; Accus&#233;, je ne puis vous permettre de continuer ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blanqui. &#8212; Remarquez, M. le Pr&#233;sident...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. le Pr&#233;sident. &#8212; Remarquez vous-m&#234;me qu'il y a deux choses que vous devez respecter, d'abord le d&#233;cret de l'Assembl&#233;e nationale, et ensuite l'arr&#234;t de la haute-cour sur la comp&#233;tence... Dans l'int&#233;r&#234;t de la justice, dans le v&#244;tre, je vous engage...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blanqui. &#8212; Mon int&#233;r&#234;t est ce qui me touche le moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. le Pr&#233;sident. &#8212; Nous, nous devons nous en inqui&#233;ter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blanqui. &#8212; Permettez-moi de vous dire que je suis le meilleur juge de mon int&#233;r&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. le Pr&#233;sident. &#8212; Sans doute, tant que vous ne d&#233;passerez pas les bornes que je dois vous assigner par respect pour la loi. Je vous engage &#224; continuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blanqui. &#8212; Je ne puis continuer, M. le Pr&#233;sident, si vous ne m'accordez la parole pour me d&#233;fendre contre les charges port&#233;es contre moi. Ce qu'on me fait, je l'ai dit vingt fois d&#233;j&#224;, c'est un proc&#232;s de tendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. le Pr&#233;sident. &#8212; Je vous r&#233;p&#232;te que vous devez respecter deux choses : le d&#233;cret de l'Assembl&#233;e nationale et la haute-cour devant laquelle vous &#234;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blanqui. &#8212; Nous avons, d&#232;s l'abord, combattu votre comp&#233;tence ; souffrez que nous puissions plaider de nouveau que vous n'&#234;tes pas comp&#233;tents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. le Pr&#233;sident. &#8212; La haute-cour ne peut souffrir que vous mettiez de nouveau en question ce qu'elle a r&#233;solu par un arr&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blanqui. &#8212; D&#232;s lors il est inutile que je continue ; je ne serai pas d&#233;fendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. le Pr&#233;sident. &#8212; Je vous engage &#224; vous d&#233;fendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blanqui. &#8212; Nous sommes traduits devant la cour comme des hommes politiques ; il faut donc que nous nous d&#233;fendions comme des hommes politiques. En ce qui concerne l'attentat du 15 mai, il a &#233;t&#233; &#224; peine question de moi. L'accusation contre moi n'a repos&#233; que sur les faits qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; le 15 mai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. le Pr&#233;sident. &#8212; D&#233;fendez-vous sur les faits relatifs au 15 mai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blanqui. &#8212; On attaque en moi l'homme politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. le Pr&#233;sident. &#8212; Eh bien ! d&#233;fendez l'homme politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blanqui. &#8212; Lorsque je me d&#233;fends, vous m'arr&#234;tez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. le Pr&#233;sident. &#8212; Je vous impose uniquement la loi de respecter le d&#233;cret de l'Assembl&#233;e nationale et l'arr&#234;t de la haute-cour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blanqui. &#8212; Je ne reviendrai pas d'une mani&#232;re absolue sur ce qui a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; par l'arr&#234;t de la haute-cour ; au surplus, si vous ne voulez pas me laisser parler, je m'arr&#234;terai ; le public jugera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. le Pr&#233;sident. &#8212; C'est &#224; vous de juger si ce que vous avez &#224; dire a le caract&#232;re de ce que je viens de vous indiquer ; dans le cas contraire, vous feriez mieux de vous asseoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blanqui. &#8212; J'ai parl&#233; de la mani&#232;re dont l'accusation a agi &#224; notre &#233;gard ; j'ai parl&#233; de condescendances qu'on a eues pour elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. le Pr&#233;sident. &#8212; De quelles condescendances voulez-vous parler ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blanqui. &#8212; Je veux dire que l'accusation a eu toutes facilit&#233;s qui nous ont &#233;t&#233; refus&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. le Pr&#233;sident. &#8212; Est-ce que la d&#233;fense n'a pas &#233;t&#233; libre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blanqui. &#8212; On croirait qu'il y a un parti pris...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. le Pr&#233;sident. &#8212; Qu'entendez-vous par ces mots ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blanqui. &#8212; Ainsi, j'ai remarqu&#233; que mon co-accus&#233; Raspail a &#233;t&#233; interrompu et oblig&#233; de passer une partie de son discours, au moment qu'il traitait un point que Me Bethmont a pu traiter sans &#234;tre interrompu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. le Pr&#233;sident. &#8212; Vous dites qu'il y a parti pris de la part de la cour ; oui, il y a un parti pris d'emp&#234;cher qu'on ne professe ici des doctrines subversives ; oui, il y a un parti pris d'emp&#234;cher un accus&#233; de se nuire &#224; lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Me Bethmont n'a pas &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;, c'est qu'il s'est renferm&#233; dans les limites qu'une d&#233;fense ne doit pas d&#233;passer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blanqui. &#8212; Vous venez de parler de doctrines et vous ne permettez pas de les &#233;noncer ; cela me suffit, cela prouve que l'accusation a seule la parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accusation a discut&#233;, elle, les doctrines ; si donc, nous nous renfermons dans les faits mat&#233;riels, il est &#233;vident qu'on nous interdit la d&#233;fense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. le Pr&#233;sident. &#8212; Toutes les fois que vous &#233;tablirez que les doctrines ne sont pas anti-sociales, qu'elles ne sont pas contraires aux principes &#233;tablis, vous aurez la parole ; mais si vous avez l'intention de proclamer des principes qui soient contraires aux int&#233;r&#234;ts de la soci&#233;t&#233;, je vous interdirai la parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blanqui. &#8212; Si nous avons adopt&#233; ces doctrines, c'est que nous les croyons bonnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. le Pr&#233;sident. &#8212; D&#233;montrez qu'elles ne peuvent pas nuire aux int&#233;r&#234;ts de la soci&#233;t&#233;. Si vous voulez vous consulter avec vos d&#233;fenseurs, vous pouvez le faire pendant que la cour va entendre le d&#233;fenseur de l'accus&#233; Villain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Leclancher, conseil de Villain, se l&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. le Pr&#233;sident. &#8212; L'accus&#233; Blanqui a-t-il quelque chose &#224; ajouter &#224; sa d&#233;fense ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blanqui. &#8212; Les faits du 15 mai [1848] ayant &#233;t&#233; commis avant le vote de la Constitution, nous devrions &#234;tre jug&#233;s par la cour d'Assises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes devant un tribunal exceptionnel ; si on veut nous &#233;trangler dans un d&#233;fil&#233;, cela frappera davantage cette institution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas d'attentat ; nous sommes devant un tribunal cr&#233;&#233; expr&#232;s pour nous : je pr&#233;tends attaquer l'instruction secr&#232;te entach&#233;e, suivant moi, de la partialit&#233; la plus bl&#226;mable ; je l'attaque non seulement en ce qui me concerne, mais, en th&#232;se g&#233;n&#233;rale, comme fatale &#224; la justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me propose, enfin, de dire que nous avons &#233;t&#233; l'objet d'&#233;normit&#233;s de la part de l'accusation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la cour veut m'accorder la parole sur ces deux points, je suis pr&#234;t &#224; lire ma d&#233;fense &#233;crite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. le Pr&#233;sident. &#8212; Si vous n'attaquez ni la Constitution ni les lois, vous pouvez continuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blanqui. &#8212; &#171; Je ferai remarquer avec quel d&#233;dain on a affect&#233; ici de repousser du pied les d&#233;positions orales qui doivent &#234;tre le seul fondement de la conviction du jury ; on a mis la v&#233;rit&#233; sur le lit de Procuste, on s'est efforc&#233; de faire pr&#233;valoir sur la d&#233;position orale la confidence faite au juge dans le coin obscur d'un greffe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je n'ai pas vu cela &#187;, disait l'artilleur Saint-Aubin ; et cependant c'&#233;tait &#233;crit. &#171; J'ai commis une erreur &#187;, disent M. Lebreton et M. Demontry ; n'importe, l'accusation retient l'erreur et en sature l'auditoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On invoque contre moi une d&#233;nonciation ; je demande qu'on produise le d&#233;nonciateur. Est-il mort ? Est-il malade ? Non ; mais on refuse de l'appeler au d&#233;bat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a l&#224; un accus&#233;, Flotte, dont le seul crime est d'&#234;tre mon ami ; il a vu d&#233;filer l'accusation sans que son nom fut prononc&#233;. Sa place serait plut&#244;t dans les tribunes publiques que sur ces bancs, et cependant M. l'avocat g&#233;n&#233;ral lui a consacr&#233; une heure de sa discussion, invoquant contre lui des faits in&#233;dits, et l'en frappant comme d'une dague de mis&#233;ricorde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour une homme en &#233;tat d'ivresse se pr&#233;sente &#224; l'H&#244;tel de Ville, il b&#233;gaie des menaces contre M. Marrast ; on pr&#233;tend qu'il a voulu assassiner le maire de Paris... Quel est cet homme ? Nul ne le sait. Mais Flotte est d&#233;test&#233;, car il est mon ami, et au bout d'un mois un repr&#233;sentant ose dire &#224; la tribune que Flotte a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; pour tentative d'assassinat, et M. l'avocat g&#233;n&#233;ral a &#233;t&#233; ramasser cette calomnie. Est-ce moral ? Je ne le crois pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un accus&#233; essaie de lire une lettre venue inopin&#233;ment &#224; l'appui de sa d&#233;fense, et on lui en interdit la lecture ; mais on ne se fait pas faute d'invoquer contre Flotte des faits non articul&#233;s jusqu'ici. Il n'y a pas l&#224; d'impartialit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai rien &#224; dire, si ce n'est que les tribunaux exceptionnels subissent fatalement les n&#233;cessit&#233;s de leur nature ; c'est pour cela que les tribunaux exceptionnels ont un nom d&#233;test&#233; dans l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; moi, peu soucieux du d&#233;nouement que nul ne peut pr&#233;voir, j'accepte le d&#233;bat, non sur les faits, mais sur les doctrines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pr&#233;tend &#233;craser en moi le conspirateur monomane, c'est-&#224;-dire l'homme qui, &#224; travers les &#233;volutions des partis, poursuit, sans ambition personnelle, le triomphe d'une id&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me heurte d'abord du pied &#224; la proc&#233;dure secr&#232;te, qui est une tache [sic] pour nous couler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant le magistrat instructeur, le t&#233;moin n'a pas toute sa libert&#233; ; la r&#233;daction de la d&#233;position n'est qu'une traduction, souvent infid&#232;le, des paroles du t&#233;moin ; elle concentre ordinairement les charges et fait &#233;vanouir tout ce qui viendrait &#224; la d&#233;charge de l'accus&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La torture a &#233;t&#233; abolie, mais un tron&#231;on de cette arme empoisonn&#233;e est rest&#233; attach&#233; comme un boulet aux pieds de la justice ; pourquoi n'a-t-elle pas repouss&#233; ce d&#233;bris des temps f&#233;odaux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans les interminables d&#233;lais de cette instruction, le proc&#232;s aurait pu &#234;tre jug&#233; il y a longtemps, mais il fallait bien le temps de construire ce tribunal auquel on voulait nous livrer. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accus&#233; examine les faits qui lui sont attribu&#233;s par le minist&#232;re public et s'attache &#224; prouver que la tr&#232;s grande partie de ces faits n'a pas re&#231;u la moindre confirmation aux d&#233;bats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il en est de m&#234;me des charges graves articul&#233;es contre Flotte, on n'a pas entendu ce qu'il a dit &#224; la tribune de l'Assembl&#233;e nationale, mais la charge grave, c'est qu'il est l'ami intime de Blanqui. Quant &#224; Lacambre, &#233;galement ami de Blanqui [ami qui a eu le bon esprit de prendre la cl&#233; des champs pour &#233;chapper aux conseils de guerre] il a d&#251;, dit-on, organiser le mouvement, mais il n'existe pas de charges contre lui. Sur ce terrain de la calomnie on d&#233;vore bien vite l'espace ; l'histoire de mon martyre sur le chevalet de la calomnie est douloureuse, laissez-moi vous en raconter un &#233;pisode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; le 26 mai 1848 au soir, et le lendemain, 27, le Constitutionnel ou le Droit a publi&#233; l'article suivant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On nous communique une lettre qui a &#233;t&#233; saisie au domicile de Blanqui et qui fait partie du dossier de l'instruction. (C'&#233;tait un mensonge, car la lettre avait &#233;t&#233; saisie &#224; la poste avant d'avoir &#233;t&#233; port&#233;e &#224; mon domicile). Cette lettre contient les passages suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La bourgeoisie l'emporte ; bient&#244;t Ledru-Rollin, Blanqui et les clubs rentreront sous terre. Pauvres socialistes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le moyen de d&#233;jouer les projets de la bourgeoisie, c'est de semer des inqui&#233;tudes continuelles parmi elle ; la chute de la Banque, du 5 et du 3 % serait son Waterloo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour y arriver, il faut, par des inqui&#233;tudes continuelles, emp&#234;cher le commerce de rena&#238;tre. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
* * *&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;... Nous tendons les bras avec effusion &#224; nos ennemis qui se rel&#232;vent et nous frappent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que les moeurs des partis sont les fruits de leurs doctrines. Les uns, anim&#233;s du sentiment profond de la fraternit&#233;, savent porter dans le malheur la fiert&#233; et le courage, l'oubli et la compatissance dans le triomphe ; les autres froidement &#233;go&#239;stes se montrent rampants dans la d&#233;faite, cruels, impitoyables dans le succ&#232;s : nous sommes des premiers, gr&#226;ce en soient rendues &#224; ces principes fl&#233;tris de tant d'excommunication, et bient&#244;t nous serons les ma&#238;tres du monde. Doctrines subversives, dit-on ! Doctrines anti-sociales ! Nous les connaissons ces mots, ils sont presque aussi vieux sur la terre que les hommes : c'&#233;tait le vocabulaire de l'inquisition ! C'&#233;tait celui du paganisme mettant &#224; mort les premiers chr&#233;tiens, c'est le langage des mondes qui s'en vont.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'au seizi&#232;me si&#232;cle la r&#233;forme &#233;clata en Europe &#224; l'appel de Luther et de Calvin, quel fut le cri de cette tourbe perdue de vices, et dont les d&#233;bordements &#233;taient la cause premi&#232;re de cette puissante r&#233;volte de la pens&#233;e ? Ce cri, ce m&#234;me cri que nous entendons rugir aujourd'hui contre les id&#233;es nouvelles : doctrines impies, th&#233;ories perverses ! Et, en avant, contre les ennemis de Dieu et de la soci&#233;t&#233; : les tortures, l'&#233;chafaud, les b&#251;chers ! A quoi ces r&#233;pressions ont-elles abouti ? A une guerre civile qui a rempli cent ans l'Europe de sang et de carnage, et qui s'est termin&#233;e en d&#233;finitive par le triomphe du principe contest&#233;, la libert&#233; de conscience. Les organes du minist&#232;re public sont venus, eux aussi, fulminer &#224; tour de r&#244;le l'anath&#232;me de rigueur contre les utopies impossibles et coupables, contre les th&#233;ories destructives de l'ordre social. J'avais entendu d&#233;j&#224; ces noires philippiques, modul&#233;es en termes tout semblables par les r&#233;quisitoires de la monarchie, et j'ai vu en outre d&#233;filer bien souvent devant moi ce vieux bagage des objurgations conservatrices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La presse, la tribune, la chaire, le tr&#244;ne en fabriquent quotidiennement d'innombrables &#233;chantillons. En voici deux. &#8212; Proclamation du g&#233;n&#233;ral autrichien Haynau, apr&#232;s la prise de Chavienna (Valteline). &#8212; &#171; Les troupes ont combattu et dispers&#233; les insurg&#233;s ; elles ont br&#251;l&#233; leurs repaires. Il ne reste plus qu'&#224; soumettre cette ville au ch&#226;timent m&#233;rit&#233;. Puissent cette nouvelle tentative avort&#233;e et cette exp&#233;dition r&#233;volutionnaire criminelle ouvrir les yeux aux hommes &#233;gar&#233;s et les faire renoncer &#224; l'ex&#233;cution de th&#233;ories insens&#233;es et impraticables. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lettre de l'empereur Nicolas au ban Jellachich, en lui envoyant l'ordre de Saint-Vladimir. &#171; G&#233;n&#233;ral, vos nobles efforts pour pr&#233;server d'un naufrage les principes de l'ordre social, foul&#233;s aux pieds par un parti anarchique, vous ont donn&#233; de justes droits &#224; mon estime. &#187; Vous le voyez, c'est absolument la m&#234;me r&#233;thorique. Qui est coupable ici de plagiat ? Les g&#233;n&#233;raux autrichiens, l'empereur Nicolas ou les r&#233;quisitoires ? Je vous le demande. Quelquefois aussi les beaux esprits, ou, si vous le voulez, les bons esprits se rencontrent M. Les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts, les m&#234;mes col&#232;res auront plac&#233; dans des bouches diverses ce langage uniforme ; c'est une confraternit&#233; comme une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Utopie ! Impossibilit&#233; ! Mots foudroyants clou&#233;s par nos ennemis &#224; notre front et qui veut dire meurtrier ! Appel homicide &#224; l'&#233;go&#239;sme de la g&#233;n&#233;ration vivante, qui n'entend pas &#234;tre abattue en fleur et enfouie pour l'engraissement des g&#233;n&#233;rations futures, &#224; supposer m&#234;me que le sacrifice de la moisson du jour ne d&#251;t point st&#233;riliser les moissons &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette arme est terrible, nous en savons quelque chose ; mais elle est d&#233;loyale. Il n'y a point d'utopistes, dans l'acception outr&#233;e du mot ; il y a des penseurs qui r&#234;vent une soci&#233;t&#233; plus fraternelle et cherchent &#224; d&#233;couvrir leur terre promise dans les brumes mouvantes de l'horizon. Mais l'insens&#233; qui voudrait s'&#233;lancer d'un bond vers le point inconnu se pr&#233;cipiterait dans le vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ces penseurs, les uns, comme Mo&#239;se, restent immobiles, ab&#238;m&#233;s dans la contemplation de cette terre lointaine qui trompe &#233;ternellement leurs regards de ses mirages fantastiques, les autres disent : Marchons, voici la route ! elle traverse des contr&#233;es ignor&#233;es. Nous suivrons, en frayant la voie, en suivant les ondulations du sol, l'oeil toujours fix&#233; sur l'&#233;toile qui nous guide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux-l&#224; ne cheminent point &#224; travers l'espace. Ils s'avancent sur le terrain d'un pas rapide ou lent, selon les obstacles, mais continu, ne reculent jamais, ne tournent pas la t&#234;te. Le 24 f&#233;vrier [1848], ils ont franchi d'un bond une crevasse entre deux rochers. Quelquefois, si le foss&#233; est trop large ou l'&#233;lan trop court, la chute est terrible ; beaucoup restent au fond de l'ab&#238;me ; la masse remonte et poursuit. Sur cette route, la prison n'est qu'un repos pour les bless&#233;s, que de nouveaux compagnons remplacent au travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis un de ces voyageurs ; ils s'appelaient hier des r&#233;volutionnaires, aujourd'hui des socialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant leur marche infatigable la distance s'efface, l'horizon soul&#232;ve peu &#224; peu son voile et d&#233;coupe la silhouette de la terre promise. Nous avan&#231;ons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle magnifique perspective apr&#232;s f&#233;vrier [1848] ! et sit&#244;t &#233;vanouie ! La route se montrait au loin si belle et si large, et l'ineptie nous a pr&#233;cipit&#233;s dans d'horribles fondri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma voix a essay&#233; de s'&#233;lever contre les perfides ; ils l'ont &#233;touff&#233;e sous la calomnie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon utopie leur d&#233;plaisait, et je n'en crois pas d'autre possible, c'est la cl&#233; qui doit ouvrir la porte du temple inconnu ; il est vrai que ce n'est pas la cl&#233; d'or. Il y a des probl&#232;mes bien simples qui semblent insolubles parce qu'ils sont mal pos&#233;s. La r&#233;volution de 1848 voulait d&#233;tr&#244;ner la corruption, y a-t-elle r&#233;ussi ? Non. Eh bien ! l'assaut recommencera. La corruption mine la France, tous les partis en sont malades, les dix-huit ans du dernier r&#232;gne ont inocul&#233; le virus jusqu'aux derniers ramuscules du corps social. Traiter par des moyens mat&#233;riels cette maladie toute morale, c'est une erreur d&#233;sastreuse ; on ne fera que l'aggraver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir a caus&#233; le mal, lui seul peut le gu&#233;rir ; qu'il ait au moins cette ressemblance avec la lance d'Achille. Surtout qu'il abandonne la m&#233;thode hom&#233;opathique, elle lui a mal r&#233;ussi jusqu'&#224; ce jour (sourires).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cure doit &#234;tre morale : th&#233;ories &#233;conomiques, sociales ou financi&#232;res, utopies et routines &#233;choueraient mis&#233;rablement contre le fl&#233;au qui ravage les &#226;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France est &#224; la fois pervertie par l'exemple de la corruption, et ulc&#233;r&#233;e du spectacle de cette corruption, elle ne voit plus dans les hommes d'Etat qu'une tourbe cupide, sans pudeur et sans loi (mouvements).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;publique, empire, royaut&#233; lui inspirent &#233;galement m&#233;pris et m&#233;fiance. Tromp&#233;e, ruin&#233;e, d&#233;moralis&#233;e, elle ne croit plus &#224; rien, se d&#233;sesp&#232;re et se tord sur son lit de douleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;publique lui avait promis all&#233;gement et probit&#233;, ce qui se traduit par l'imp&#244;t des 45 centimes et les concussions. La pr&#233;sidence avait promis des remboursements : elle envoie des garnisaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Gouvernement provisoire acceptait trois mois de mis&#232;re des ouvriers en offrande sur l'autel de la patrie et adjugeait 200 francs par jour &#224; chacun de ses membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tromperies, malversations, immoralit&#233;s partout et toujours. Aussi, les cr&#233;dulit&#233;s et les patiences sont &#224; bout ; il ne reste plus que des app&#233;tits surexcit&#233;s, des mis&#232;res d&#233;vorantes, des consciences mortes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une dissolution g&#233;n&#233;rale ; bient&#244;t le chaos !... Sans une r&#233;forme radicale la soci&#233;t&#233; va sombrer. On peut lui crier comme Jonas : &#171; Encore quarante jours et Ninive sera d&#233;truite ! &#187; Que Ninive fasse donc p&#233;nitence, c'est la seule chance de salut. Si le pouvoir, par une brusque conversion, balayait &#224; coups de fouet les rapacit&#233;s qui encombrent toutes les hi&#233;rarchies ; s'il faisait succ&#233;der au cynisme de la cupidit&#233; l'ardeur du d&#233;sint&#233;ressement ; si la corruption faisait place partout, chez les fonctionnaires, au d&#233;vouement et &#224; la probit&#233; ; si les emplois publics, au lieu d'offrir le spectacle d'une cur&#233;e d&#233;go&#251;tante, n'&#233;taient plus qu'un devoir, un sacrifice, quelle soudaine et profonde r&#233;volution &#233;claterait dans les esprits ! &#8212; L'exemple d'en haut est toujours irr&#233;sistible ; l'aust&#233;rit&#233; serait aussi contagieuse que la corruption ; elle s'imposerait &#224; toutes les classes par l'ascendant du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dira-t-on, le cr&#233;dit, le travail, la circulation sont affaires de science et non de sentiment. Je ne sais, mais la foi et l'enthousiasme sont des leviers qui soul&#232;vent le monde. Commen&#231;ons par l&#224;, tout le reste suivra. Alexandre, dans le d&#233;sert de G&#233;drosie, r&#233;pand sur le sable les quelques gouttes d'eau qu'on lui apporte dans un casque et s'&#233;crie : Tous ou personne !... Cette abn&#233;gation de son chef &#233;lectrise et sauve l'arm&#233;e mac&#233;donienne qui allait p&#233;rir. Quand le peuple est &#224; jeun personne ne doit manger. Voil&#224; mon utopie, r&#234;v&#233;e au lendemain de f&#233;vrier [1848]. Que d'ennemis implacables elle m'a suscit&#233;s ! Ils ne songeaient qu'&#224; d&#233;cha&#238;ner les int&#233;r&#234;ts ; je voulais passionner les consciences, il ne s'agissait point cependant de ressusciter une r&#233;publique de Spartiates, mais de fonder une r&#233;publique sans ilotes. Peut-&#234;tre mon utopie para&#238;tra la plus folle et la plus impossible de toutes. Alors Dieu sauve la France ! J'ai termin&#233; la premi&#232;re partie de mon discours. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il examine ensuite la manifestation du 17 mars [1848] ; il s'&#233;tend d'abord sur la manifestation de la garde nationale du 16 mars [1848]. Selon lui, ce jour-l&#224;, la partie de la garde nationale qui, sous pr&#233;texte d'une question d'uniforme, s'est rendue &#224; l'H&#244;tel de Ville, avait le projet arr&#234;t&#233; de renverser le Gouvernement provisoire. Et cependant personne n'a &#233;t&#233; poursuivi pour ce fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;monstration du 17 mars, dans laquelle ont figur&#233; 200 000 hommes, avait pour but de demander l'ajournement des &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'&#233;tais convaincu, dit l'accus&#233;, qu'il &#233;tait indispensable d'ajourner les &#233;lections ; en effet, dix-huit ans d'oppression de la presse et de corruption avait emp&#234;ch&#233; le peuple de s'&#233;clairer ; des hommes des campagnes, qui le matin prennent leur pioche ou leur hoyau et qui rentrent le soir apr&#232;s quatorze heures d'un rude labeur, n'avaient aucune lumi&#232;re politique ; ils entendent dire qu'il n'y a plus de roi, qu'il y a une R&#233;publique, et ils se demandent ce que c'est que cela. Il fallait, avant d'appeler ce peuple dans les comices, il fallait l'&#233;clairer, faire son &#233;ducation politique ; c'est pour cela que je voulais l'ajournement ind&#233;fini des &#233;lections. Le matin du 17 mars, il fut r&#233;solu qu'on en demanderait l'ajournement jusqu'au 31 mai ; d&#232;s lors la question n'avait plus pour moi aucun int&#233;r&#234;t, c'est pour cela que je n'ai pas pris la parole le 17 mars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, par cela m&#234;me que je voulais des &#233;lections &#233;clair&#233;es, j'avais une haute opinion du produit futur du suffrage universel, et il est impossible de supposer que j'ai eu la pens&#233;e de violer l'Assembl&#233;e nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'on en ait dit, Paris exerce une dictature v&#233;ritable sur la France enti&#232;re, non pas cette dictature brutale que Rome imposait aux autres parties de l'empire, mais une dictature morale. Paris est en quelque sorte la repr&#233;sentation de la France enti&#232;re ; on trouve de tout &#224; Paris, except&#233; des Parisiens ; ouvriers, commer&#231;ants, hommes de lettres, la plupart de ceux qui sont &#224; Paris viennent des d&#233;partements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Violer l'Assembl&#233;e nationale, c'&#233;tait abdiquer pour Paris cette dictature morale dont je parlais tout &#224; l'heure. Aussi, dans mon club, me suis-je toujours oppos&#233; &#224; ce qu'on discut&#226;t la question du renversement &#233;ventuel de l'Assembl&#233;e nationale, dans le cas o&#249; elle ne marcherait pas dans telle ou telle voie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est moi qui, en grande partie, ai organis&#233; la manifestation du 17 mars, mais je n'ai pris aucune part &#224; celle du 16 avril. Pourquoi aurais-je voulu renverser le Gouvernement provisoire ? Au profit de qui ? Au profit de M. Ledru-Rollin ? Mais vous avez pu voir, lors de sa d&#233;position, qu'il n'&#233;tait pas mon cousin ; il &#233;tait, de tous les membres du Gouvernement provisoire, celui qui m'en voulait le plus ; je ne sais pas pourquoi, ou plut&#244;t je sais bien pourquoi : ses opinions &#233;taient plus rapproch&#233;es de la mienne que celles de ses coll&#232;gues, et, dans les discordes civiles ou religieuses, les opinions les plus voisines sont celles qui se d&#233;testent le plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, je ne lui en veux pas ; je lui pardonne volontiers : il a march&#233;, march&#233; ; il est all&#233; en avant sans savoir ce qu'il faisait ; il a tr&#233;buch&#233;, il s'est cass&#233; le nez ; ce n'est pas ma faute ; il doit bien s'apercevoir maintenant qu'il se trompait. C'est lui qui, avec sa police, me faisait surveiller le 16 avril. Sa police lui a dit ce qu'il voulait qu'elle lui dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, M. Ledru-Rollin est rentr&#233; dans notre parti, je lui donne amnistie pleine et enti&#232;re pour tout ce qu'il a fait, pour tout ce qu'il a dit. Il s'est tromp&#233;, voil&#224; tout. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Blanqui, arrivant aux journ&#233;es qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; le 15 mai [1848], explique qu'apr&#232;s avoir r&#233;sist&#233; &#224; la manifestation, il fut forc&#233; de la subir et de s'y joindre. &#171; C'est que, dit-il, quand on manie l'&#233;l&#233;ment populaire, ce n'est pas comme un r&#233;giment qui attend, l'arme au pied, auquel on dit : marche, et il marche ; arr&#234;te, et il s'arr&#234;te. Non, messieurs, il n'en est pas ainsi, et j'ai d&#251; subir cette invasion populaire en faveur de la Pologne ; j'y suis donc all&#233;, ainsi que vous le savez. Je ne veux pas r&#233;tracter [sic] les &#233;v&#233;nements du 15 mai dont je suis rassasi&#233; ; je vous suppose log&#233; &#224; la m&#234;me enseigne que moi. Pourtant, je dois dire ceci : M. le procureur g&#233;n&#233;ral m'a repr&#233;sent&#233; comme entrant malgr&#233; moi dans la salle des Pas-Perdus [de l'Assembl&#233;e nationale], malgr&#233; moi dans la salle, malgr&#233; moi &#224; la tribune, et enfin pronon&#231;ant malgr&#233; moi un discours. C'est un peu bouffon, un peu grotesque, je le veux bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est bien vrai que j'&#233;tais venu malgr&#233; moi, en haussant les &#233;paules, et que pourtant j'ai prononc&#233; un discours avec sang-froid. C'est qu'un homme politique se retrouve toujours. Une fois sur mes pieds dans la tribune, je me suis retrouv&#233;, et je n'ai pas pens&#233; qu'il fallait dire des sottises parce que des sottises &#233;taient faites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon discours n'est point violent, MM. les jur&#233;s pourront le lire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous avions voulu renverser l'Assembl&#233;e nationale, je vous prie de croire que nous nous y serions pris tout autrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons quelque habitude des insurrections et des conspirations, et je vous assure qu'on ne reste pas trois heures &#224; bavarder dans une Assembl&#233;e qu'on veut renverser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici comment on s'y prend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En arrivant devant une grille ferm&#233;e avec une masse populaire, on brise la grille, et c'est facile en pareil cas ; si on ne la brise pas on l'escalade, on passe &#224; droite, on passe &#224; gauche, et puis une fois entr&#233; on jette les repr&#233;sentants par les fen&#234;tres sans plus de forme de proc&#232;s ; on profite du moment o&#249; tous les factieux sont l&#224; pr&#232;s de vous, on se d&#233;p&#234;che et on ne bavarde pas trois heures. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir d&#233;plor&#233; la parole insens&#233;e qui a prononc&#233; la dissolution de l'Assembl&#233;e nationale dans un int&#233;r&#234;t qui ne pouvait &#234;tre celui des hommes aujourd'hui accus&#233;s M. Blanqui parle du gouvernement de contrebande qu'on a substitu&#233; au gouvernement &#233;tabli, et dit : &#171; Il n'avait pas pour soutien l'opinion publique, et il pouvait au plus durer pendant quelques heures &#187;, puis il ajoute :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le r&#233;quisitoire a tir&#233; parti de l'itin&#233;raire suivi par moi &#224; la sortie de l'Assembl&#233;e. J'avais deux domiciles, l'un &#224; la barri&#232;re du Tr&#244;ne, l'autre rue Boucher : pour gagner l'un ou l'autre, je devais suivre les quais. Le r&#233;quisitoire m'accompagne avec complaisance, parce qu'il esp&#232;re me saisir &#224; l'H&#244;tel de Ville. Tant que je poursuis la ligne des quais, je suis un brave et bon conspirateur ; mais, arriv&#233; au quai de la M&#233;gisserie, j'ai l'impertinence de planter l&#224; le r&#233;quisitoire : je deviens un indigne conspirateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le l&#226;che ! s'&#233;crie le r&#233;quisitoire, il ne va pas jusqu'&#224; l'H&#244;tel de ville, il s'enfonce dans les rues transversales. S'il &#233;tait seulement mont&#233; chez son ami Crousse, on aurait pu dire qu'il &#233;tait mont&#233; l&#224; pour braquer du haut de la mansarde de Crousse la double lorgnette du g&#233;n&#233;ral regardant l'H&#244;tel de Ville et l'Assembl&#233;e en m&#234;me temps, observant les mouvements &#224; droite et &#224; gauche, et faisant mouvoir ses bataillons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais non, j'ai fauss&#233; tout &#224; fait compagnie au r&#233;quisitoire, j'ai &#233;t&#233; sans piti&#233; pour lui, je l'ai laiss&#233; dans l'embarras ; je ne suis pas all&#233; jusqu'&#224; l'H&#244;tel de Ville ; j'avais d&#233;j&#224; fait une assez grande b&#234;tise en allant &#224; l'Assembl&#233;e ; entrer dans l'H&#244;tel de Ville, c'e&#251;t &#233;t&#233; piquer une t&#234;te du haut des tours Notre-Dame sur le pav&#233; ; je n'ai pas piqu&#233; cette t&#234;te. Je r&#233;serve ma t&#234;te pour une meilleure occasion. C'est tr&#232;s malheureux, mais que voulez-vous que j'y fasse ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons &#233;t&#233; dans cette journ&#233;e, nous, hommes politiques, des enfants que le peuple m&#232;ne par le bout du nez ; nous avons fait une faute que nous payons bien cher ; nous avons eu le temps de m&#251;rir et de renouveler nos r&#233;flexions sur les &#233;v&#233;nements du 15 mai. S'il vous convient de nous faire recommencer ces r&#233;flexions, vous en &#234;tes bien les ma&#238;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce ne serait pas l&#224; la v&#233;ritable justice. Si vous voulez vous renfermer dans le domaine des faits, il n'y en a pas ; si vous avez affaire &#224; des hommes politiques que vous regardez comme des &#234;tres dangereux qu'il faut s&#233;parer de la soci&#233;t&#233; ; si vous dites : il faut enfermer ces &#234;tres-l&#224; dans une m&#233;nagerie, comme les animaux du jardin des Plantes, parce qu'ils d&#233;voreraient tout si on les l&#226;chait dans Paris, il faut les garder comme le lion d'Afrique ou l'ours des mers glaciales ; si vous faites des r&#233;flexions comme celles-l&#224;, je pr&#233;vois ce qui nous arrivera, et ce ne sera pas de la haute justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous devez songer non seulement au pr&#233;sent, mais encore &#224; l'avenir. Si les d&#233;tails de cette affaire sont plaisants, le fond en est tr&#232;s s&#233;rieux. Je vous ai dit, et je vous r&#233;p&#232;te, que l'opinion publique a d&#233;j&#224; donn&#233; son avis, et vous qui vivez au milieu de l'opinion publique, vous devez savoir que les vrais coupables ne sont pas sur ces bancs. Si, malgr&#233; cette opinion unanime, une condamnation intervenait, ce serait, je crois, une chose f&#226;cheuse pour tout le monde, et la haute-cour de justice laisserait dans l'histoire, d&#232;s son apparition, une trace malheureuse et ineffa&#231;able. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'audience est suspendue &#224; 2 heures et demie et reprise &#224; 3 heures et demie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. le procureur g&#233;n&#233;ral Baroche a la parole (...).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Appel du Comit&#233; de la Soci&#233;t&#233; des Saisons
&lt;p&gt;12 mai 1839&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aux armes, citoyens !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'heure fatale a sonn&#233; pour les oppresseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le l&#226;che tyran des Tuileries se rit de la faim qui d&#233;chire les entrailles du peuple ; mais la mesure de ses crimes est comble. Ils vont enfin recevoir leur ch&#226;timent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France trahie, le sang de nos fr&#232;res &#233;gorg&#233;s, crie vers vous, et demande vengeance ; qu'elle soit terrible, car elle a trop tard&#233;. P&#233;risse enfin l'exploitation, et que l'&#233;galit&#233; s'asseye triomphante sur les d&#233;bris confondus de la royaut&#233; et de l'aristocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement provisoire a choisi des chefs militaires pour diriger le combat ; ces chefs sortent de vos rangs, suivez-les ! ils vous m&#232;nent &#224; la victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sont nomm&#233;s :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auguste Blanqui, commandant en chef, Barb&#232;s, Martin-Bernard, Quignot, Meillard, N&#233;tr&#233;, commandants des divisions de l'arm&#233;e r&#233;publicaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peuple, l&#232;ve-toi ! et tes ennemis dispara&#238;tront comme la poussi&#232;re devant l'ouragan. Frappe, extermine sans piti&#233; les vils satellites, complices volontaires de la tyrannie ; mais tends la main &#224; ces soldats sortis de ton sein, et qui ne tourneront point contre toi des armes parricides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avant ! Vive la R&#233;publique ! Les membres du gouvernement provisoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barb&#232;s, Voyer d'Argenson, Auguste Blanqui, Lamennais, Martin-Bernard, Dubosc, Laponeraye&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris, le 12 mai 1839&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qui fait la soupe doit la manger
&lt;p&gt;1834&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; La richesse na&#238;t de l'intelligence et du travail, l'&#226;me et la vie de l'humanit&#233;. Mais ces deux forces ne peuvent agir qu'&#224; l'aide d'un &#233;l&#233;ment passif, le sol, qu'elles mettent en oeuvre par leurs efforts combin&#233;s. Il semble donc que cet instrument indispensable devrait appartenir &#224; tous les hommes. Il n'en est rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des individus se sont empar&#233;s par ruse ou par violence de la terre commune, et, s'en d&#233;clarant les possesseurs, ils ont &#233;tabli par des lois qu'elle serait &#224; jamais leur &#233;t&#233;, et que ce droit de propri&#233;t&#233; deviendrait la base de la constitution sociale, c'est-&#224;-dire qu'il primerait et au besoin pourrait absorber tous les droits humains, m&#234;me celui de vivre, s'il avait le malheur de se trouver en conflit avec le privil&#232;ge du petit nombre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce droit de propri&#233;t&#233; s'est &#233;tendu, par d&#233;duction logique, du sol &#224; d'autres instruments, produits accumul&#233;s du travail, d&#233;sign&#233;s par le nom g&#233;n&#233;rique de capitaux. Or, comme les capitaux, st&#233;riles d'eux-m&#234;mes, ne fructifient que par la main-d'oeuvre, et que, d'un autre c&#244;t&#233;, ils sont n&#233;cessairement la mati&#232;re premi&#232;re ouvr&#233;e par les forces sociales, la majorit&#233;, exclue de leur possession, se trouve condamn&#233;e aux travaux forc&#233;s, au profit de la minorit&#233; poss&#233;dante. Les instruments ni les fruits du travail n'appartiennent pas aux travailleurs, mais aux oisifs. Les branches gourmandes absorbent la s&#232;ve de l'arbre, au d&#233;triment des rameaux fertiles. Les frelons d&#233;vorent le miel cr&#233;&#233; par les abeilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel est notre ordre social, fond&#233; par la conqu&#234;te, qui a divis&#233; les populations en vainqueurs et en vaincus. La cons&#233;quence logique d'une telle organisation, c'est l'esclavage. Il ne s'est pas fait attendre. En effet, le sol ne tirant sa valeur que de la culture, les privil&#233;gies ont conclu, du droit de poss&#233;der le sol, celui de poss&#233;der aussi le b&#233;tail humain qui le f&#233;conde. Ils l'ont consid&#233;r&#233; d'abord comme le compl&#233;ment de leur domaine, puis, en derni&#232;re analyse, comme une propri&#233;t&#233; personnelle, ind&#233;pendante du sol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant le principe d'&#233;galit&#233;, grav&#233; au fond du coeur, et qui conspire, avec les si&#232;cles, &#224; d&#233;truire, sous toutes ses formes, l'exploitation de l'homme par l'homme, porta le premier coup au droit sacril&#232;ge de propri&#233;t&#233;, en brisant l'esclavage domestique. Le privil&#232;ge dut se r&#233;duire &#224; poss&#233;der les hommes, non plus &#224; titre de meuble, mais d'immeuble annexe et ins&#233;parable de l'immeuble territorial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au XVI&#232;me si&#232;cle, une recrudescence meurtri&#232;re de l'oppression am&#232;ne l'esclavage des noirs, et aujourd'hui encore les habitants d'une terre r&#233;put&#233;e fran&#231;aise poss&#232;dent des hommes au m&#234;me titre que des habits et des chevaux. Il y a du reste moins de diff&#233;rence qu'il ne para&#238;t d'abord entre l'&#233;tat social des colonies et le n&#244;tre. Ce n'est pas apr&#232;s dix-huit si&#232;cles de guerre entre le privil&#232;ge et &#233;galit&#233; que le pays, th&#233;&#226;tre et champion principal de cette lutte, pourrait supporter l'esclavage dans sa nudit&#233; brutale. Mais le fait existe sans le nom, et le droit de propri&#233;t&#233;, pour &#234;tre plus hypocrite &#224; Paris qu'&#224; la Martinique, n'y est ni moins intraitable, ni moins oppresseur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La servitude, en effet, ne consiste pas seulement &#224; &#234;tre la chose de l'homme ou le serf de la gl&#232;be. Celui-l&#224; n'est pas libre qui, priv&#233; des instruments de travail, demeure &#224; la merci des privil&#233;gi&#233;s qui en sont d&#233;tenteurs. C'est cet &#233;tat qui alimente la r&#233;volte. Pour conjurer le p&#233;ril, on essaie de r&#233;concilier Ca&#239;n avec Abel. De la n&#233;cessit&#233; du capital comme instrument de travail, on s'&#233;vertue &#224; conclure la communaut&#233; d'int&#233;r&#234;ts, et par la suite la solidarit&#233; entre le capitaliste et le travailleur. Que de phrases artistement brod&#233;es sur ce canevas fraternel ! La brebis n'est tondue que pour le bien de sa sant&#233;. Elle redoit des remerciements. Nos Esculapes savent dorer la pilule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces hom&#233;lies trouvent encore des dupes, mais peu. Chaque jour fait plus vive la lumi&#232;re sur cette pr&#233;tendue association du parasite et de sa victime. Les faits ont leur &#233;loquence ; ils prouvent le duel, le duel &#224; mort entre le revenu et le salaire. Qui succombera ? Question de justice et de bon sens. Examinons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Point de soci&#233;t&#233; sans travail ! partant point d'oisifs qui n'aient besoin des travailleurs. Mais quel besoin les travailleurs ont-ils des oisifs ? Le capital n'est-il productif entre leurs mains, qu'&#224; la condition de ne pas leur appartenir ? Je suppose que le prol&#233;tariat, d&#233;sertant en masse, aille porter ses p&#233;nates et ses labeurs dans quelque lointain parage. Mourrait-il par hasard de l'absence de ses ma&#238;tres ? La soci&#233;t&#233; nouvelle ne pourrait-elle se constituer qu'en cr&#233;ant des seigneurs du sol et du capital, en livrant &#224; une caste d'oisifs la possession de tous les instruments de travail ? N'y a-t-il de m&#233;canisme social possible que cette division de propri&#233;taires et de salari&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, combien serait curieuse &#224; voir la mine de nos fiers suzerains, abandonn&#233;s par leurs esclaves ! Que faire de leurs palais, de leurs ateliers, de leurs champs d&#233;serts ? Mourir de faim au milieu de ces richesses, ou mettre habit bas, prendre la pioche et suer humblement &#224; leur tour sur quelque lopin de terre. Combien en cultiveraient-ils &#224; eux tous ? J'imagine que ces messieurs seraient au large dans une sous-pr&#233;fecture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais un peuple de trente-deux millions d'&#226;mes ne se retire plus sur le Mont Aventin. Prenons donc l'hypoth&#232;se inverse, plus r&#233;alisable. Un beau matin, les oisifs, nouveaux Bias, &#233;vacuent le sol de France, qui reste aux mains laborieuses. jour de bonheur et de triomphe ! Quel immense soulagement pour tant de millions de poitrines, d&#233;barrass&#233;es du poids qui les &#233;crase ! Comme cette multitude respire &#224; plein poumon ! Citoyens, entonnez en ch&#339;ur le cantique de la d&#233;livrance !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Axiome : la nation s'appauvrit de la perte d'un travailleur ; elle s'enrichit de celle d'un oisif. La mort d'un riche est un bienfait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui ! Le droit de propri&#233;t&#233; d&#233;cline. Les esprits g&#233;n&#233;reux proph&#233;tisent et appellent sa chute. Le principe ess&#233;nien de R&#233;alit&#233; le mine lentement depuis dix-huit si&#232;cles par l'abolition successive des servitudes qui formaient les assises de sa puissance. Il dispara&#238;tra un jour avec les derniers privil&#232;ges qui lui servent de refuge et de r&#233;duit. Le pr&#233;sent et le pass&#233; nous garantissent ce d&#233;nouement. Car l'humanit&#233; n'est jamais stationnaire. Elle avance ou recule. Sa marche progressive la conduit &#224; l'&#233;galit&#233;. Sa marche r&#233;trograde remonte, par tous les degr&#233;s du privil&#232;ge, jusqu'&#224; l'esclavage personnel, dernier mot du droit de la propri&#233;t&#233;. Avant d'en retourner l&#224;, certes, la civilisation europ&#233;enne aurait p&#233;ri Mais par quel cataclysme ? Une invasion russe ? C'est le Nord, au contraire, qui sera lui-m&#234;me envahi par le principe d'&#233;galit&#233; que les Fran&#231;ais m&#232;nent &#224; la conqu&#234;te des nations. L'avenir n'est pas douteux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Disons tout de suite que l'&#233;galit&#233; n'est pas le partage agaire. Le morcellement infini du sol ne changerait rien, dans le fond, au droit de propri&#233;t&#233;. La richesse provenant de la possession des instruments de travail plut&#244;t que du travail lui-m&#234;me, le g&#233;nie de l'exploitation, rest&#233; debout, saurait bient&#244;t, par la reconstruction des grandes fortunes, restaurer l'in&#233;galit&#233; sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'association, substitu&#233;e &#224; la propri&#233;t&#233; individuelle, fondera seule le r&#232;gne de la justice par l'&#233;galit&#233;. De l&#224; cette ardeur croissante des hommes d'avenir &#224; d&#233;gager et mettre en lumi&#232;re les &#233;l&#233;ments de l'association. Peut-&#234;tre apporterons-nous aussi notre contingent &#224; l'oeuvre commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire encore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://cras31.info/IMG/pdf/blanqui-textes-choisis-2.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://cras31.info/IMG/pdf/blanqui-textes-choisis-2.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/blanqui/index.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/blanqui/index.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qui fait la soupe&#8230; doit la manger - Auguste Blanqui</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article5378</link>
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		<dc:date>2017-02-16T00:26:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Blanqui</dc:subject>
		<dc:subject>Parti r&#233;volutionnaire - Revolutionnary party</dc:subject>
		<dc:subject>communisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Qui fait la soupe&#8230; doit la manger !!! &lt;br class='autobr' /&gt;
Auguste Blanqui 1834 &lt;br class='autobr' /&gt;
Qui fait la soupe doit la manger &lt;br class='autobr' /&gt;
La richesse na&#238;t de l'intelligence et du travail, l'&#226;me et la vie de l'humanit&#233;. Mais ces deux forces ne peuvent agir qu'&#224; l'aide d'un &#233;l&#233;ment passif, le sol, qu'elles mettent en oeuvre par leurs efforts combin&#233;s. Il semble donc que cet instrument indispensable devrait appartenir &#224; tous les hommes. Il n'en est rien. &lt;br class='autobr' /&gt;
Des individus se sont empar&#233;s par ruse ou par violence de la terre commune, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique68" rel="directory"&gt;1 - 0 - Le programme r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot88" rel="tag"&gt;Blanqui&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot173" rel="tag"&gt;Parti r&#233;volutionnaire - Revolutionnary party&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot229" rel="tag"&gt;communisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qui fait la soupe&#8230; doit la manger !!!&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Auguste Blanqui 1834&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui fait la soupe doit la manger&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La richesse na&#238;t de l'intelligence et du travail, l'&#226;me et la vie de l'humanit&#233;. Mais ces deux forces ne peuvent agir qu'&#224; l'aide d'un &#233;l&#233;ment passif, le sol, qu'elles mettent en oeuvre par leurs efforts combin&#233;s. Il semble donc que cet instrument indispensable devrait appartenir &#224; tous les hommes. Il n'en est rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des individus se sont empar&#233;s par ruse ou par violence de la terre commune, et, s'en d&#233;clarant les possesseurs, ils ont &#233;tabli par des lois qu'elle serait &#224; jamais leur &#233;t&#233;, et que ce droit de propri&#233;t&#233; deviendrait la base de la constitution sociale, c'est-&#224;-dire qu'il primerait et au besoin pourrait absorber tous les droits humains, m&#234;me celui de vivre, s'il avait le malheur de se trouver en conflit avec le privil&#232;ge du petit nombre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce droit de propri&#233;t&#233; s'est &#233;tendu, par d&#233;duction logique, du sol &#224; d'autres instruments, produits accumul&#233;s du travail, d&#233;sign&#233;s par le nom g&#233;n&#233;rique de capitaux. Or, comme les capitaux, st&#233;riles d'eux-m&#234;mes, ne fructifient que par la main-d'oeuvre, et que, d'un autre c&#244;t&#233;, ils sont n&#233;cessairement la mati&#232;re premi&#232;re ouvr&#233;e par les forces sociales, la majorit&#233;, exclue de leur possession, se trouve condamn&#233;e aux travaux forc&#233;s, au profit de la minorit&#233; poss&#233;dante. Les instruments ni les fruits du travail n'appartiennent pas aux travailleurs, mais aux oisifs. Les branches gourmandes absorbent la s&#232;ve de l'arbre, au d&#233;triment des rameaux fertiles. Les frelons d&#233;vorent le miel cr&#233;&#233; par les abeilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel est notre ordre social, fond&#233; par la conqu&#234;te, qui a divis&#233; les populations en vainqueurs et en vaincus. La cons&#233;quence logique d'une telle organisation, c'est l'esclavage. Il ne s'est pas fait attendre. En effet, le sol ne tirant sa valeur que de la culture, les privil&#233;gies ont conclu, du droit de poss&#233;der le sol, celui de poss&#233;der aussi le b&#233;tail humain qui le f&#233;conde. Ils l'ont consid&#233;r&#233; d'abord comme le compl&#233;ment de leur domaine, puis, en derni&#232;re analyse, comme une propri&#233;t&#233; personnelle, ind&#233;pendante du sol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant le principe d'&#233;galit&#233;, grav&#233; au fond du coeur, et qui conspire, avec les si&#232;cles, &#224; d&#233;truire, sous toutes ses formes, l'exploitation de l'homme par l'homme, porta le premier coup au droit sacril&#232;ge de propri&#233;t&#233;, en brisant l'esclavage domestique. Le privil&#232;ge dut se r&#233;duire &#224; poss&#233;der les hommes, non plus &#224; titre de meuble, mais d'immeuble annexe et ins&#233;parable de l'immeuble territorial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au XVI&#232;me si&#232;cle, une recrudescence meurtri&#232;re de l'oppression am&#232;ne l'esclavage des noirs, et aujourd'hui encore les habitants d'une terre r&#233;put&#233;e fran&#231;aise poss&#232;dent des hommes au m&#234;me titre que des habits et des chevaux. Il y a du reste moins de diff&#233;rence qu'il ne para&#238;t d'abord entre l'&#233;tat social des colonies et le n&#244;tre. Ce n'est pas apr&#232;s dix-huit si&#232;cles de guerre entre le privil&#232;ge et &#233;galit&#233; que le pays, th&#233;&#226;tre et champion principal de cette lutte, pourrait supporter l'esclavage dans sa nudit&#233; brutale. Mais le fait existe sans le nom, et le droit de propri&#233;t&#233;, pour &#234;tre plus hypocrite &#224; Paris qu'&#224; la Martinique, n'y est ni moins intraitable, ni moins oppresseur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La servitude, en effet, ne consiste pas seulement &#224; &#234;tre la chose de l'homme ou le serf de la gl&#232;be. Celui-l&#224; n'est pas libre qui, priv&#233; des instruments de travail, demeure &#224; la merci des privil&#233;gi&#233;s qui en sont d&#233;tenteurs. C'est cet &#233;tat qui alimente la r&#233;volte. Pour conjurer le p&#233;ril, on essaie de r&#233;concilier Ca&#239;n avec Abel. De la n&#233;cessit&#233; du capital comme instrument de travail, on s'&#233;vertue &#224; conclure la communaut&#233; d'int&#233;r&#234;ts, et par la suite la solidarit&#233; entre le capitaliste et le travailleur. Que de phrases artistement brod&#233;es sur ce canevas fraternel ! La brebis n'est tondue que pour le bien de sa sant&#233;. Elle redoit des remerciements. Nos Esculapes savent dorer la pilule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces hom&#233;lies trouvent encore des dupes, mais peu. Chaque jour fait plus vive la lumi&#232;re sur cette pr&#233;tendue association du parasite et de sa victime. Les faits ont leur &#233;loquence ; ils prouvent le duel, le duel &#224; mort entre le revenu et le salaire. Qui succombera ? Question de justice et de bon sens. Examinons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Point de soci&#233;t&#233; sans travail ! partant point d'oisifs qui n'aient besoin des travailleurs. Mais quel besoin les travailleurs ont-ils des oisifs ? Le capital n'est-il productif entre leurs mains, qu'&#224; la condition de ne pas leur appartenir ? Je suppose que le prol&#233;tariat, d&#233;sertant en masse, aille porter ses p&#233;nates et ses labeurs dans quelque lointain parage. Mourrait-il par hasard de l'absence de ses ma&#238;tres ? La soci&#233;t&#233; nouvelle ne pourrait-elle se constituer qu'en cr&#233;ant des seigneurs du sol et du capital, en livrant &#224; une caste d'oisifs la possession de tous les instruments de travail ? N'y a-t-il de m&#233;canisme social possible que cette division de propri&#233;taires et de salari&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, combien serait curieuse &#224; voir la mine de nos fiers suzerains, abandonn&#233;s par leurs esclaves ! Que faire de leurs palais, de leurs ateliers, de leurs champs d&#233;serts ? Mourir de faim au milieu de ces richesses, ou mettre habit bas, prendre la pioche et suer humblement &#224; leur tour sur quelque lopin de terre. Combien en cultiveraient-ils &#224; eux tous ? J'imagine que ces messieurs seraient au large dans une sous-pr&#233;fecture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais un peuple de trente-deux millions d'&#226;mes ne se retire plus sur le Mont Aventin. Prenons donc l'hypoth&#232;se inverse, plus r&#233;alisable. Un beau matin, les oisifs, nouveaux Bias, &#233;vacuent le sol de France, qui reste aux mains laborieuses. jour de bonheur et de triomphe ! Quel immense soulagement pour tant de millions de poitrines, d&#233;barrass&#233;es du poids qui les &#233;crase ! Comme cette multitude respire &#224; plein poumon ! Citoyens, entonnez en choeur le cantique de la d&#233;livrance !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Axiome : la nation s'appauvrit de la perte d'un travailleur ; elle s'enrichit de celle d'un oisif. La mort d'un riche est un bienfait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui ! Le droit de propri&#233;t&#233; d&#233;cline. Les esprits g&#233;n&#233;reux proph&#233;tisent et appellent sa chute. Le principe ess&#233;nien de R&#233;alit&#233; le mine lentement depuis dix-huit si&#232;cles par l'abolition successive des servitudes qui formaient les assises de sa puissance. Il dispara&#238;tra un jour avec les derniers privil&#232;ges qui lui servent de refuge et de r&#233;duit. Le pr&#233;sent et le pass&#233; nous garantissent ce d&#233;nouement. Car l'humanit&#233; n'est jamais stationnaire. Elle avance ou recule. Sa marche progressive la conduit &#224; l'&#233;galit&#233;. Sa marche r&#233;trograde remonte, par tous les degr&#233;s du privil&#232;ge, jusqu'&#224; l'esclavage personnel, dernier mot du droit de la propri&#233;t&#233;. Avant d'en retourner l&#224;, certes, la civilisation europ&#233;enne aurait p&#233;ri Mais par quel cataclysme ? Une invasion russe ? C'est le Nord, au contraire, qui sera lui-m&#234;me envahi par le principe d'&#233;galit&#233; que les Fran&#231;ais m&#232;nent &#224; la conqu&#234;te des nations. L'avenir n'est pas douteux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Disons tout de suite que l'&#233;galit&#233; n'est pas le partage agaire. Le morcellement infini du sol ne changerait rien, dans le fond, au droit de propri&#233;t&#233;. La richesse provenant de la possession des instruments de travail plut&#244;t que du travail lui-m&#234;me, le g&#233;nie de l'exploitation, rest&#233; debout, saurait bient&#244;t, par la reconstruction des grandes fortunes, restaurer l'in&#233;galit&#233; sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'association, substitu&#233;e &#224; la propri&#234;t&#233; individuelle, fondera seule le r&#232;gne de la justice par l'&#233;galit&#233;. De l&#224; cette ardeur croissante des hommes d'avenir &#224; d&#233;gager et mettre en lumi&#232;re les &#233;l&#233;ments de l'association. Peut-&#234;tre apporterons-nous aussi notre contingent &#224; l'oeuvre commune.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; Instructions pour une prise d'armes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce programme est purement militaire et laisse enti&#232;rement de c&#244;t&#233; la question politique et sociale, dont ce n'est point ici la place : il va sans dire d'ailleurs, que la r&#233;volution doit se faire au profit du travail contre la tyrannie du capital, et reconstituer la soci&#233;t&#233; sur la base de la justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une insurrection parisienne, d'apr&#232;s les vieux errements, n'a plus aujourd'hui aucune chance de succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1830, le seul &#233;lan populaire a pu suffire &#224; jeter bas un pouvoir surpris et terrifi&#233; par une prise d'armes, &#233;v&#233;nement inou&#239;, qui &#233;tait &#224; mille lieux de ses pr&#233;visions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela &#233;tait bon une fois. La le&#231;on a profit&#233; au gouvernement, rest&#233; monarchique et contre-r&#233;volutionnaire, bien que sorti d'une R&#233;volution. Il s'est mis &#224; &#233;tudier la guerre des rues, et il y a repris bient&#244;t la sup&#233;riorit&#233; naturelle de l'art et de la discipline sur l'inexp&#233;rience et la confusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, dira-t-on, le peuple en 1848, a vaincu par la m&#233;thode de 1830. Soit. Mais point d'illusions ! La victoire de f&#233;vrier n'est qu'un raccroc. Si Louis-Philippe s'&#233;tait s&#233;rieusement d&#233;fendu, force serait rest&#233;e aux uniformes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A preuve les journ&#233;es de juin. C'est l&#224; qu'on a pu voir combien est funeste la tactique, ou plut&#244;t l'absence de tactique de l'insurrection. Jamais elle n'avait eu la partie aussi belle : dix chances contre une.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233;, le Gouvernement en pleine anarchie, les troupes demoralis&#233;es : de l'autre, tous les travailleurs debout et presque certains du succ&#232;s. Comment ont-ils succomb&#233; ? Par d&#233;faut d'organisation. Pour se rendre compte de leur d&#233;faite, il suffit d'analyser leur strat&#233;gie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soul&#232;vement &#233;clate. Aussit&#244;t, dans les quartiers du travail, les barricades s'&#233;l&#232;vent &#231;a et l&#224;, &#224; l'aventure, sur une multitude de points.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinq, dix, vingt, trente, cinquante hommes, r&#233;unis par hasard, la plupart sans armes, commencent &#224; renverser des voitures, l&#232;vent et entassent des pav&#233;s pour barrer la voie publique, tant&#244;t au milieu des rues, plus souvent &#224; leur intersection. Quantit&#233; de ces barrages seraient &#224; peine un obstacle au passage de la cavalerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois, apr&#232;s une grossi&#232;re &#233;bauche de retranchement, les constructeurs s'&#233;loignent pour aller &#224; la recherche de fusils et de munitions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin, on a compt&#233; plus de six cents barricades, une trentaine au plus ont fait &#224; elles seules tous les frais de la bataille. Les autres, dix-neuf sur vingt, n'ont pas br&#251;l&#233; une amorce. De l&#224;, ces glorieux bulletins qui racontaient avec fracas l'enl&#232;vement de cinquante barricades, o&#249; il ne se trouvait pas une &#226;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis qu'on d&#233;pave ainsi les rues, d'autres petites bandes vont d&#233;sarmer les corps de garde ou saisir la poudre et les armes chez les arquebusiers. Tout cela se fait, sans concert ni direction, au gr&#233; de la fantaisie individuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu &#224; peu, cependant, un certain nombre de barricades, plus hautes, plus fortes, mieux construites, attirent de pr&#233;f&#233;rence les d&#233;fenseurs qui s'y concentrent. Ce n'est point le calcul, mais le hasard qui d&#233;termine l'emplacement de ces fortifications principales. Quelques-unes seulement, par une sorte d'inspiration militaire assez concevable, occupent les grands d&#233;bouch&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant cette premi&#232;re p&#233;riode de l'insurrection, les troupes, de leur c&#244;t&#233;, se sont r&#233;unies. Les g&#233;n&#233;raux re&#231;oivent et &#233;tudient les rapports de police. Ils se gardent bien d'aventurer leurs d&#233;tachements sans donn&#233;es certaines, au risque d'un &#233;chec qui d&#233;moraliserait le soldat. D&#232;s qu'ils connaissent bien les positions des insurg&#233;s, ils massent les r&#233;giments sur divers points qui constitueront d&#233;sormais la base des op&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les arm&#233;es sont en pr&#233;sence. Voyons leurs manoeuvres. Ici va se montrer &#224; nu le vice de la tactique populaire, cause certaine des d&#233;sastres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Point de direction ni de commandement g&#233;n&#233;ral, pas m&#234;me de concert entre les combattants. Chaque barricade a son groupe particulier, plus ou moins nombreux, mais toujours isol&#233;. Qu'il compte dix ou cent hommes, il n'entretient aucune communication avec les autres postes. Souvent il n'y a pas m&#234;me un chef pour diriger la d&#233;fense, et s'il y en a, son influence est &#224; peu pr&#232;s nulle. Les soldats n'en font qu'&#224; leur t&#234;te. Ils restent, ils partent, ils reviennent, suivant leur bon plaisir. Le soir, ils vont se coucher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par suite de ces all&#233;es et venues continuelles, on voit le nombre des citoyens pr&#233;sents varier rapidement, du tiers, de moiti&#233;, quelquefois des trois quarts. Personne ne peut compter sur personne. De l&#224; d&#233;fiance du succ&#232;s et d&#233;couragement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce qui se passe ailleurs on ne sait rien et on ne s'embarrasse pas davantage. Les canards circulent, tant&#244;t noirs, tant&#244;t roses. On &#233;coute paisiblement le canon et la fusillade, en buvant sur le comptoir du marchand de vins. Quant &#224; porter secours aux positions assaillies, on n'en a pas m&#234;me l'id&#233;e. &#171; Que chacun d&#233;fende son poste, et tout ira bien &#187;, disent les plus solides. Ce singulier raisonnement tient &#224; ce que la plupart des insurg&#233;s se battent dans leur propre quartier, faute capitale qui a des cons&#233;quences d&#233;sastreuses, notamment les d&#233;nonciations des voisins, apr&#232;s la d&#233;faite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car, avec un pareil syst&#232;me, la d&#233;faite ne peut manquer. Elle arrive &#224; la fin dans la personne de deux ou trois r&#233;giments qui tombent sur la barricade et en &#233;crasent les quelques d&#233;fenseurs. Toute la bataille n'est que la r&#233;p&#233;tition monotone de cette manoeuvre invariable. Tandis que les insurg&#233;s fument leur pipe derri&#232;re les tas de pav&#233;s, l'ennemi porte successivement toutes ses forces sur un point, puis sur un second, un troisi&#232;me, un quatri&#232;me, et il extermine ainsi en d&#233;tail l'insurrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le populaire n'a garde de contrarier cette commode besogne. Chaque groupe attend philosophiquement son tour et ne s'aviserait pas de courir &#224; l'aide du voisin en danger. Non &#171; il d&#233;fend son poste, il ne peut pas abandonner son poste. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et voil&#224; comme on p&#233;rit par l'absurde !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque, gr&#226;ce &#224; une si lourde faute, la grande r&#233;volte Parisienne de 1848 a &#233;t&#233; bris&#233;e comme verre par le plus pitoyable des gouvernements, quelle catastrophe n'aurait-on pas &#224; redouter, si on recommen&#231;ait la m&#234;me sottise devant un militarisme farouche, qui a maintenant &#224; son service les r&#233;centes conqu&#234;tes de la science et de l'art, les chemins de fer, le t&#233;l&#233;graphe &#233;lectrique, les canons ray&#233;s, le fusil Chassepot ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, ce qu'il ne faut pas compter comme un des nouveaux avantages de l'ennemi, ce sont les voies strat&#233;giques qui sillonnent maintenant la ville dans tous les sens. On les craint, on a tort. Il n'y a pas &#224; s'en inqui&#233;ter. Loin d'avoir cr&#233;&#233; un danger de plus &#224; l'insurrection, comme on se l'imagine, elles offrent au contraire un m&#233;lange d'inconv&#233;nients et d'avantages pour les deux partis. Si la troupe y circule avec plus d'aisance, par contre elle y est expos&#233;e fort &#224; d&#233;couvert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De telles rues sont impraticables sous la fusillade. En outre, les balcons, bastions en miniature, fournissent des feux de flanc que ne comportent point les fen&#234;tres ordinaires. Enfin, ces longues avenues en ligne droite m&#233;ritent parfaitement le nom de boulevards qu'on leur a donn&#233;. Ce sont en effet de v&#233;ritables boulevards qui constituent des fronts naturels d'une tr&#232;s grande force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arme par excellence dans la guerre des rues, c'est le fusil. Le canon fait plus de bruit que de besogne. L'artillerie ne pourrait agir s&#233;rieusement que par l'incendie. Mais une telle atrocit&#233;, employ&#233;e en grand et comme syst&#232;me, tournerait bient&#244;t contre ses auteurs et ferait leur perte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grenade, qu'on a pris la mauvaise habitude d'appeler bombe, est un moyen secondaire, sujet d'ailleurs &#224; une foule d'inconv&#233;nients ; elle consomme beaucoup de poudre pour peu d'effet, est d'un maniement tr&#232;s dangereux, n'a aucune port&#233;e et ne peut agir que des fen&#234;tres. Les pav&#233;s font presque autant de mal et ne co&#251;tent pas si cher. Les ouvriers n'ont pas d'argent &#224; perdre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'int&#233;rieur des maisons, le revolver et l'arme blanche, ba&#239;onnette, &#233;p&#233;e, sabre et poignard. Dans un abordage la pique ou la pertuisane de huit pieds triompherait de la ba&#239;onnette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arm&#233;e n'a sur le peuple que deux grands avantages, le fusil Chassepot et l'organisation. Ce dernier surtout est immense, irr&#233;sistible. Heureusement on peut le lui &#244;ter, et dans ce cas, l'ascendant passe du c&#244;t&#233; de l'insurrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les luttes civiles, les soldats sauf de rares exceptions, ne marchent qu'avec r&#233;pugnance, par contrainte et par eau-de-vie. Ils voudraient bien &#234;tre ailleurs et regardent plus volontiers derri&#232;re que devant eux. Mais une main de fer les retient esclaves et victimes d'une discipline impitoyable ; sans affection pour le pouvoir, ils n'ob&#233;issent qu'&#224; la crainte et sont incapables de la moindre initiative. Un d&#233;tachement coup&#233; est un d&#233;tachement perdu. Les chefs ne l'ignorent pas, s'inqui&#232;tent avant tout de maintenir les communications entre tous leurs corps. Cette n&#233;cessit&#233; annule une partie de leur effectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les rangs populaires, rien de semblable. L&#224; on se bat pour une id&#233;e. L&#224; on ne trouve que des volontaires, et leur mobile est l'enthousiasme, non la peur. Sup&#233;rieurs &#224; l'adversaire par le d&#233;vouement, ils le sont bien plus encore par l'intelligence. Ils l'emportent sur lui dans l'ordre moral et m&#234;me physique, par la conviction, la vigueur, la fertilit&#233; des ressources, la vivacit&#233; de corps et d'esprit, ils ont la t&#234;te et le coeur. Nulle troupe au monde n'&#233;gale ces hommes d'&#233;lite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que leur manque-t-il donc pour vaincre ? Il leur manque l'unit&#233; et l'ensemble qui f&#233;condent, en les faisant concourir au m&#234;me but, toutes ces qualit&#233;s que l'isolement frappe d'impuissance. Il leur manque l'organisation. Sans elle, aucune chance. L'organisation, c'est la victoire ; l'&#233;parpillement, c'est la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juin 1848 a mis cette v&#233;rit&#233; hors de conteste. Que serait-ce donc aujourd'hui ? Avec les vieux proc&#233;d&#233;s, le peuple tout entier succomberait si la troupe voulait tenir, et elle tiendra tant qu'elle ne verra devant elle que des forces irr&#233;guli&#232;res, sans direction. Au contraire, l'aspect d'une arm&#233;e parisienne en bon ordre manoeuvrant selon les r&#232;gles de la tactique frappera les soldats de stupeur et fera tomber leur r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une organisation militaire, surtout quand il faut l'improviser sur le champ de bataille, n'est pas une petite affaire pour notre parti. Elle suppose un commandement en chef et, jusqu'&#224; un certain point, la s&#233;rie habituelle des officiers de tous grades. O&#249; prendre ce personnel ? Les bourgeois r&#233;volutionnaires et socialistes sont rares et le peu qu'il y en a ne fait que la guerre de plume. Ces messieurs s'imaginent bouleverser le monde avec leurs livres et leurs journaux, et depuis seize ans ils barbouillent du papier &#224; perte de vue, sans se fatiguer de leurs d&#233;boires, ils souffrent avec une patience chevaline le mors, la selle, la cravache, et ne l&#226;cheraient pas une ruade. Fi donc ! Rendre les coups ! C'est bon pour des goujats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces h&#233;ros de l'&#233;critoire professent pour l'&#233;p&#233;e le m&#234;me d&#233;dain que l'&#233;pauletier pour leurs tartines. Ils ne semblent pas se douter que la force est la seule garantie de la libert&#233;, qu'un pays est esclave o&#249; les citoyens ignorent le m&#233;tier des armes et en abandonnent le privil&#232;ge &#224; une caste ou a une corporation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les r&#233;publiques de l'antiquit&#233;, chez les Grecs et les Romains, tout le monde savait et pratiquait l'art de la guerre. Le militaire de profession &#233;tait une esp&#232;ce inconnue. Cic&#233;ron &#233;tait g&#233;n&#233;ral, C&#233;sar avocat. En quittant la toge pour l'uniforme, le premier venu se trouvait colonel ou capitaine et ferr&#233; &#224; glace sur l'article. Tant qu'il n'en sera pas de m&#234;me en France, nous resterons les P&#233;kins taill&#233;s &#224; merci par les tra&#238;neurs de sabre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des milliers de jeunes gens instruits, ouvriers et bourgeois, fr&#233;missent sous un joug abhorr&#233;. Pour le briser, songent-ils &#224; prendre l'&#233;p&#233;e ? Non ! la plume, toujours la plume, rien que la plume. Pourquoi donc pas l'une et l'autre, comme l'exige le devoir d'un R&#233;publicain ? En temps de tyrannie, &#233;crire est bien, combattre est mieux, quand la plume esclave demeure impuissante. Eh bien ! point ! On fait un journal, on va en prison, et nul ne songe &#224; ouvrir un livre de manoeuvres, pour y apprendre en vingt-quatre heures le m&#233;tier qui fait toute la force de nos oppresseurs, et qui nous mettrait dans la main notre revanche et leur ch&#226;timent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; quoi bon ces plaintes ? C'est la sotte habitude de notre temps de se lamenter au lieu de r&#233;agir. La mode est aux j&#233;r&#233;miades. J&#233;r&#233;mie pose dans toutes les attitudes, il pleure, flagelle, il dogmatise, il r&#233;gente, il tonne, fl&#233;au lui-m&#234;me entre tous les fl&#233;aux. Laissons ces bob&#232;ches de l'&#233;l&#233;gie, fossoyeurs de la libert&#233; ! Le devoir d'un r&#233;volutionnaire, c'est la lutte toujours, la lutte quand m&#234;me, la lutte jusqu'&#224; extinction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cadres manquent pour former une arm&#233;e ? Eh bien ! Il faut en improviser sur le terrain m&#234;me, pendant l'action. Le peuple de Paris fournira les &#233;l&#233;ments, anciens soldats, ex-gardes nationaux. Leur raret&#233; obligera de r&#233;duire &#224; un minimum le chiffre des officiers et sous-officiers. Il n'importe. Le z&#232;le, l'ardeur, l'intelligence des volontaires, compenseront ce d&#233;ficit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essentiel, c'est de s'organiser. Plus de ces soul&#232;vements tumultueux, &#224; dix mille t&#234;tes isol&#233;es, agissant au hasard, en d&#233;sordre, sans nulle pens&#233;e d'ensemble, chacun dans son coin et selon sa fantaisie ! Plus de ces barricades &#224; tort et &#224; travers, qui gaspillent le temps, encombrent les rues, et entravent la circulation, n&#233;cessaire &#224; un parti comme &#224; l'autre. Le R&#233;publicain doit avoir la libert&#233; de ses mouvements aussi bien que les troupes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Point de courses inutiles, de tohu-bohu, de clameurs ! Les minutes et les pas sont &#233;galement pr&#233;cieux. Surtout ne pas se claquemurer dans son quartier ainsi que les insurg&#233;s n'ont jamais manqu&#233; de le faire, &#224; leur grande dommage. Cette manie, apr&#232;s avoir caus&#233; la d&#233;faite, a facilit&#233; les proscriptions. Il faut s'en gu&#233;rir, sous peine de catastrophe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces pr&#233;liminaires pos&#233;s, indiquons le mode d'organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'unit&#233; principale est le bataillon. Il se compose de huit compagnies ou pelotons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque compagnie compte un lieutenant, quatre sergents, cinquantesix soldats ; en tout soixante et un hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux compagnies forment une division command&#233;e par un capitaine. Le bataillon pr&#233;sente par cons&#233;quent treize officiers, savoir : un commandant, quatre capitaines, huit lieutenants, plus 32 sergents, 448 soldats et le porte-drapeau, total : 494 hommes. Les tambours sont en sus, si on en trouve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raret&#233; pr&#233;vue de l'&#233;l&#233;ment qui forme les cadres, oblige de supprimer dans chaque compagnie deux officiers, le capitaine et le sous-lieutenant, deux sous-officiers, le sergent-major et le fourrier, enfin les huit caporaux. L'&#233;tat-major de la compagnie se trouve ainsi r&#233;duit de seize &#224; cinq individus. Il est vrai qu'elle est moins nombreuse que dans l'arm&#233;e, o&#249; elle compte 90 hommes sur pied de guerre. Proportion gard&#233;e, c'est une diff&#233;rence d'&#233;tat-major de cinq &#224; onze.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chiffre de la compagnie est faible, afin de faciliter les manoeuvres tant du peloton que du bataillon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitaine, au lieu de commander un peloton comme dans la troupe, en commande deux, c'est-&#224;-dire une division. Cependant les manoeuvres par division n'auront presque jamais lieu. A peu pr&#232;s impraticables dans Paris, elles ne peuvent servir qu'&#224; plier le bataillon en masse Par divisions, sur une place ou une grande voie. Mais il importe de donner un chef sp&#233;cial &#224; la division, soit qu'elle occupe une, deux ou quatre barricades. Dans le premier cas, la barricade est importante par le nombre de ses d&#233;fenseurs. Dans les deux autres, il est essentiel de ne pas laisser dans une direction sup&#233;rieure les deux ou quatre petits postes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Organisation du peloton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peloton se divise en deux sections, chacune de 28 soldats et de deux sous-officiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La section se subdivise en deux demi-sections, chacune de 14 soldats et un sous-officier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Place des officiers et sous-officiers dans le peloton en bataille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lieutenant &#224; la droite de son peloton, au premier rang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier sergent derri&#232;re le lieutenant, au second rang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me sergent, &#224; la gauche de la section de droite, au premier rang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me sergent, derri&#232;re le deuxi&#232;me, &#224; la droite de la section de gauche, au second rang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le quatri&#232;me sergent, &#224; la gauche de la section de gauche et du peloton, au premier rang.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des guides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier sergent est guide de droit du peloton et de la section de droite. Il est guide de droite et de gauche de la premi&#232;re demi-section de droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me sergent est guide de gauche de la section de droite. Il est guide de droite et de gauche de la seconde demi-section de droite. Il est porte-fanion du peloton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me sergent est guide de droite de la section de gauche. Il est guide de droite et de gauche de la premi&#232;re demi-section de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le quatri&#232;me sergent est guide de gauche du peloton et de la section de gauche. Il est guide de droite et de gauche de la seconde demi-section de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Placer les officiers et sous-officiers, quand le bataillon est en colonne, la droite ou la gauche en t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176; En colonne, par pelotons, le lieutenant se tient &#224; droite du peloton. Le premier, deuxi&#232;me et quatri&#232;me sergents, au premier rang, le troisi&#232;me au second rang, derri&#232;re le deuxi&#232;me ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176; En colonne par sections, le lieutenant se tient &#224; droite de la section de t&#234;te. Les quatre sergents &#224; droite et &#224; gauche de leurs sections respectives au premier rang ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176; En colonne par demi-sections le lieutenant se tient &#224; la droite de la demi-section de t&#234;te. Les quatre sergents, &#233;tant guides de droite et de gauche de leurs demi-sections, sont tant&#244;t &#224; droite, tant&#244;t &#224; gauche, selon le commandement, toujours au premier rang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux sergents qui se trouvent aux extr&#233;mit&#233;s du bataillon en bataille, en sont guides de droite et de gauche et se tiennent au premier rang. Le lieutenant du peloton de droite, s'&#233;carte &#224; droite, pour faire place au guide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Place des capitaines, en bataille et en colonne :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bataillon &#233;tant en bataille, les capitaines se tiennent &#224; quelques pas en arri&#232;re du centre de leurs divisions respectives. Le bataillon &#233;tant en colonne, chaque capitaine se tient sur le flanc gauche de sa division.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chef de bataillon n'a point de place fixe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nota. - Les quatre sous-officiers restent constamment dans les rangs qu'ils encadrent. Ils ne sont jamais en serre-file comme dans la troupe. Les ouvriers Parisiens, volontaires au service de la libert&#233;, n'ont pas besoin de sergents pousseculs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Place du porte-drapeau, en bataille et en colonne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176; en bataille, le porte-drapeau est &#224; la gauche du quatri&#232;me peloton, au premier rang ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176; en colonne, par divisions, le porte-drapeau est au centre, &#224; &#233;gale distance entre la seconde et la troisi&#232;me divisions ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176; en colonne, par pelotons, le porte-drapeau est &#224; gauche, dans l'alignement des guides, &#224; &#233;gale distance entre le quatri&#232;me et le cinqui&#232;me peloton ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&#176; en colonne par sections, ou par demi-sections, le porte-drapeau est au centre, &#224;. &#233;gale distance entre le quatri&#232;me et le cinqui&#232;me peloton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le drapeau est rouge, - chaque compagnie a son fanion ou guidon de couleur particuli&#232;re :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176; peloton-fanion rouge ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176; peloton-fanion violet ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176; peloton-fanion verd (sic) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&#176; peloton-fanion jaune ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5&#176; peloton-fanion bleu ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6&#176; peloton-fanion rose ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7&#176; peloton-fanion orange ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8&#176; peloton-fanion noir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les officiers et sous-officiers porteront, comme insignes, un ruban de couleur du guidon de leur compagnie, les lieutenants au bras gauche, entre l'&#233;paule et le coude, les sergents au poignet gauche. Le ruban de la 8e compagnie sera noir &#224; double lisere rouge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les capitaines porteront entre l'&#233;paule et le coude un ruban de la couleur de chacune des deux compagnies formant leur division, au bras droit du peloton impair, au bras gauche celui du peloton pair. Le ruban noir du 4e capitaine aura double liser&#233; rouge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chef de bataillon porte au bras gauche, entre l'&#233;paule et le coude, un large ruban rouge, &#224; frange pendante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le num&#233;ro de chaque. bataillon sera inscrit au haut de la hampe du fanion de ses huit compagnies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les diverses couleurs tant des fanions que des officiers et sous-officiers, ont pour but de faire reconna&#238;tre a premi&#232;re vue dans la m&#234;l&#233;e les diff&#233;rentes compagnies et d'op&#233;rer un prompt ralliement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque homme occupant deux pieds dans le rang, la demi-section a cinq m&#232;tres de front, la section dix, le peloton, vingt, la division, quarante, le bataillon, cent soixante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut toujours manoeuvrer avec 70 ou 75 centim&#232;tres de distance entre les deux rangs, afin que le second rang ne soit pas oblig&#233; d'embo&#238;ter le pas, chose tr&#232;s incommode pour des novices. Si on doit faire feu, le deuxi&#232;me rang serre le premier, afin de passer les fusils entre les t&#234;tes des hommes du premier rang.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des manoeuvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les officiers doivent conna&#238;tre parfaitement l'&#233;cole de peloton et l'&#233;cole de bataillon. Pour savoir le moins, il est bon de savoir le plus. N&#233;anmoins, il est &#233;vident qu'il n'y aura lieu d'employer qu'un petit nombre des mouvements d&#233;crits dans l'une et l'autre &#233;cole. Il est donc essentiel d'&#233;tudier ceux-l&#224; de pr&#233;f&#233;rence. Ils ont surtout pour but de r&#233;gulariser la formation en bataille.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voici les principaux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176; Le bataillon &#233;tant en bataille rompre &#224; droite ou &#224; gauche soit par pelotons, soit par sections, soit par demi-sections ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176; Le bataillon &#233;tant en bataille, rompre en arri&#232;re &#224; droite ou &#224; gauche, soit par pelotons, soit par sections, soit par demi-sections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nota-bene. - Dans ce dernier mouvement, faire par le flanc sans d&#233;doubler. - Du reste, l'autre mani&#232;re de rompre est pr&#233;f&#233;rable ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176; Le bataillon marchant en colonne par pelotons, rompre les pelotons ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&#176; Le bataillon marchant en colonne par sections, rompre les sections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nota-bene. - Ces deux derniers mouvements doivent s'ex&#233;cuter au pas de gymnastique, afin de ne pas perdre de temps ni de terrain ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5&#176; Le bataillon marchant en colonne par demi-sections, former les sections ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6&#176; Le bataillon marchant en colonne par sections, former les pelotons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nota-bene. - Les pelotons ayant vingt m&#232;tres de front, le bataillon ne pourra marcher en colonne par pelotons que sur les plus larges chauss&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La marche la plus habituelle sera en colonne par sections qui n'occupe que onze de front.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On rompra les sections, avant d'entrer dans une rue ayant moins de douze m&#232;tres de large ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7&#176; Le bataillon marchant en colonne par pelotons, ou par sections, ou par demi-sections, le former &#224; droite ou &#224; gauche en bataille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nota-bene. - Cette formation en bataille &#233;tant la plus prompte, est la meilleure. Mais elle pr&#233;sente des difficult&#233;s. On ne peut former r&#233;guli&#232;rement la colonne &#224; droite ou &#224; gauche en bataille, que si les pelotons, ou les sections ou les demi-sections ont exactement conserv&#233; leurs distances, c'est-&#224;-dire si la distance qui les s&#233;pare est &#233;gale &#224; leur front. Si elle est plus grande, il reste des vides dans le bataillon form&#233; en bataille. Si, au contraire, la distance est moindre que le front, les fractions du bataillon, en arrivant &#224; l'alignement, se heurtent et s'entassent les unes sur les autres, faute de place ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8&#176; La colonne &#233;tant en marche par pelotons, par sections ou par demi-sections, la former sur la droite ou sur la gauche en bataille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nota-bene. - Ce mouvement n'a pas les inconv&#233;nients du pr&#233;c&#233;dent, et devant l'ennemi, il a l'avantage d'ouvrir le feu d&#232;s le d&#233;but de la formation. Mais, pour mettre simplement la colonne en bataille, il est d'une extr&#234;me lenteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement de flanc, par d&#233;doublement, a le tr&#232;s grand avantage de former instantan&#233;ment le bataillon en colonne, s'il est en bataille, ou en bataille, s'il est en colonne. Mais il a cet inconv&#233;nient qu'il est impossible de serrer la colonne. En outre, les deux mouvements : faire par le flanc, et faire front, sont difficiles pour des hommes qui n'ont jamais &#233;t&#233; exerc&#233;s. N&#233;anmoins il sera utile d'enseigner cette manoeuvre au bataillon, aussit&#244;t qu'il sera organis&#233;. L'intelligence des ouvriers Parisiens leur en fera comprendre le m&#233;canisme en quelques minutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'un bataillon en marche doit faire t&#234;te de colonne &#224; droite ou &#224; gauche, pour entrer dans une rue lat&#233;rale, il faut employer le mouvement &#171; tournez &#224; droite &#187;, ou &#171; tournez &#224; gauche &#187;, pr&#233;f&#233;rable &#224; la conversion r&#233;guli&#232;re qui est plus lente et plus difficile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les changements de direction de la colonne doivent se faire par ce m&#234;me mouvement &#171; tournez &#224; droite ou &#224; gauche &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bataillon devra toujours marcher et manoeuvrer au pas de route, c'est-&#224;-dire les deux rangs &#224; distance de 70 ou 75 centim&#232;tres, afin que le second rang ne soit pas oblig&#233; d'embo&#238;ter le pas, et marche en libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les mouvements devront &#234;tre ex&#233;cut&#233;s avec rapidit&#233;, sans se piquer de pr&#233;cision ni d'&#233;l&#233;gance. La promptitude avant tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le port d'armes en sous-officier, le fusil dans la main droite, le bras allong&#233; le long de la cuisse, la sous-garde tourn&#233;e en avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudra faire appel aux hommes qui savent battre la caisse. Les tambours sont de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; pour les commandements.&lt;br class='autobr' /&gt;
Manoeuvres par divisions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manoeuvres par divisions ne peuvent &#234;tre que fort rares dans Paris. Il importe n&#233;anmoins d'&#233;tudier les suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176; Le bataillon &#233;tant en colonne par pelotons, serr&#233;s en masse, ou &#224; demi-distance ou &#224; distance enti&#232;re, former les divisions ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176; Le bataillon &#233;tant en bataille, le ployer en colonne serr&#233;e par division sur l'une quelconque des quatre divisions, la droite ou la gauche en t&#234;te ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176; Le bataillon &#233;tant en colonne serr&#233;e par divisions, en marche ou de pied ferme, le d&#233;ployer sur l'une quelconque des quatre divisions. La colonne par peloton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Esquisse de la marche &#224; suivre dans une prise d'armes &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les hommes qui prennent l'initiative du mouvement, ont choisi d'avance un commandant en chef et un certain nombre d'officiers, dont les fonctions commencent avec l'insurrection elle-m&#234;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mani&#232;re d'organiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussit&#244;t que des citoyens accourent, &#224; la vue du soul&#232;vement, les faire mettre en bataille sur deux rangs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les engager au silence et au calme, leur adresser une br&#232;ve allocution. Leur annoncer ensuite que tout citoyen marchant sous le drapeau de la R&#233;publique, recevra des vivres et cinq francs par jour, en indemnit&#233; de salaire, pendant la dur&#233;e de la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inviter tous ceux qui ont servi dans l'arm&#233;e ou fait partie de la garde nationale, &#224; sortir des rangs et &#224; se pr&#233;senter sur le front de la ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les classer en officiers, sous-officiers et simples soldats. Mettre en r&#233;serve les premiers comme officiers sup&#233;rieurs, choisir les sous-officiers pour lieutenants, chefs de pelotons, les simples soldats pour sergents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Distribuer aux lieutenants et aux sergents un imprim&#233; qui leur explique l'organisation de l'arm&#233;e populaire et les diverses mesures &#224; prendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les caser &#224; leurs places respectives comme-officiers et sous-officiers et encadrer entre eux les soldats de chaque peloton, et former ainsi les compagnies jusqu'&#224; &#233;puisement du personnel pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il n'y a pas assez d'hommes pour compl&#233;ter un bataillon, ranger a la suite des pelotons constitu&#233;s, les cadres de ceux qui restent &#224; former, cadres pr&#234;ts &#224; recevoir les volontaires nouveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, au contraire, c'est le personnel des cadres qui est insuffisant, faire appel aux hommes qui se sentent assez d'intelligence pour commander, leur assigner les fonctions de lieutenant et de sergents, et leur donner l'imprim&#233; qui les mettra au courant de l'organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nombre des pelotons ainsi form&#233;s restant inf&#233;rieur &#224; huit, d&#233;clarer n&#233;anmoins le bataillon constitu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il est sup&#233;rieur &#224; huit, constituer avec l'exc&#233;dent un deuxi&#232;me bataillon, qui se compl&#233;tera par l'adjonction de nouveaux volontaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Distribuer aux lieutenants et aux sergents les rubans de diverses couleurs qu'ils doivent porter comme insignes ; d&#233;ployer le drapeau du bataillon, ainsi que les fanions des compagnies qui seront confi&#233;s aux deuxi&#232;mes sergents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussit&#244;t le drapeau d&#233;ploy&#233;, faire pr&#234;ter aux officiers, sous-officiers et soldats le serment ci-apr&#232;s :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je jure de combattre jusqu'&#224; la mort pour la R&#233;publique, d'ob&#233;ir aux ordres des chefs, et de ne pas m'&#233;carter un seul instant du drapeau, ni de jour ni de nuit, avant que la bataille soit termin&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Distribuer les armes disponibles aux compagnons et aux bataillons, dans l'ordre chronologique de leur formation ; premiers organis&#233;s, premiers arm&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il n'existe que quelques fusils, les donner aux sergents porte-fanions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les officiers et sous-officiers feront constamment aux soldats les recommandations suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ne jamais perdre une seconde - rester en ordre - observer le silence (sauf le cri de Vive la R&#233;publique pouss&#233; seulement &#224; un signal donn&#233;) - marcher d'un pas rapide. Dans le cas d'un engagement, n'agir que d'apr&#232;s le commandement. Si on a le dessous, se rallier vite et sans tumulte au drapeau et aux fanions. - Si on a le dessus, garder les rangs, sans bruit, ni cri, pr&#234;ts &#224; marcher. - Ex&#233;cuter tous les ordres avec rapidit&#233; et si on doit s'&#233;loigner du drapeau pour les remplir, le rallier vivement, aussit&#244;t l'ordre accompli. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cri de Vive la R&#233;publique ne doit &#234;tre pouss&#233; qu'au signal des chefs, parce qu'une marche silencieuse est souvent de la plus imp&#233;rieuse n&#233;cessit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'on soit en marche ou en halte, organiser aussit&#244;t tous les ouvriers qui se rencontreront sur le passage de la colonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il y a des cadres en exc&#233;dent, ils marcheront &#224; la queue de la colonne, dans l'ordre des num&#233;ros de leurs compagnies, incorporant en chemin, sans s'arr&#234;ter, tous les hommes de bonne volont&#233; trouv&#233;s sur la route.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les officiers et sous-officiers des pelotons ainsi form&#233;s pendant la marche, demandent imm&#233;diatement aux citoyens incorpor&#233;s s'ils ont servi dans l'arm&#233;e ou appartenu &#224; la garde nationale ; et ils font sortir sur le flanc de la colonne ceux qui se trouvent dans ce cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des officiers d'&#233;tat-major accompagnent la colonne afin de constituer avec ces nouveaux &#233;l&#233;ments des cadres de compagnies et de bataillons, en assignant les grades d'apr&#232;s la r&#232;gle indiqu&#233;e plus haut. Ils distribuent les rubans servant d'insignes, font d&#233;ployer les fanions et les drapeaux des nouveaux corps qui se mettent &#224; la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organisation des nouveaux bataillons continuera ainsi sans &#238;nterruption, pendant la dur&#233;e de la lutte. Toute colonne en marche ralliera les ouvriers rencontr&#233;s sur son chemin et les formera en compagnies et en bataillons d'apr&#232;s les proc&#233;d&#233;s ci-dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussit&#244;t que le nombre des bataillons d&#233;passera neuf, ils pourront &#234;tre r&#233;unis par r&#233;giments et par brigades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but de l'insurrection, des citoyens d&#233;vou&#233;s seront charg&#233;s de couper les fils t&#233;l&#233;graphiques et de d&#233;truire les communications du gouvernement avec la province.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mesures insurrectionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussit&#244;t que la chose sera possible, le commandant en chef &#233;tablira des commissions d'armement, de vivres et de s&#251;ret&#233; publique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Commission d'armement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La commission d'armement fera rechercher, soit dans les magasins et fabriques d'arquebuserie, soit chez les particuliers, toutes les armes disponibles, fusils de guerre et de chasse, pistolets, revolvers, sabres et &#233;p&#233;es, ainsi que les poudres entrepos&#233;es chez les d&#233;bitants ou r&#233;unies en d&#233;p&#244;t, notamment chez les artificiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle requerra le plomb en existence chez les plombiers, les moules &#224; balles de tous calibres chez les quincailliers, fera fabriquer des mandrins par les tourneurs, des mesures &#224; poudre, installera des ateliers o&#249; les femmes et les enfants seront employ&#233;s moyennant salaire &#224; la fonte des balles et &#224; la confection des cartouches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle fera pr&#233;parer des fanions, des drapeaux et des rubans pour insignes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle requerra chez les fabricants de produits chimiques, les mati&#232;res qui entrent dans les diverses sortes de poudres notamment l'acide sulfurique et l'acide nitrique anhydres ou concentr&#233;s, &#233;l&#233;ments du fulmicoton. On mettra en r&#233;quisition pour ces travaux les &#233;l&#232;ves en pharmacie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Commission des vivres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La commission des vivres requerra chez les boulangers, bouchers et dans les entrep&#244;ts de liquides, le pain, la viande, les vins et liqueurs n&#233;cessaires &#224; la consommation de l'arm&#233;e R&#233;publicaine, Elle mettra en r&#233;quisition les traiteurs, restaurateurs et autres &#233;tablissements de ce genre pour la pr&#233;paration des vivres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y aura, par chaque bataillon, un commissaire des vivres charg&#233; de veiller &#224; la distribution et de faire conna&#238;tre &#224; la commission les besoins du bataillon.&lt;br class='autobr' /&gt;
Commision de s&#251;ret&#233; publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La commission de s&#251;ret&#233; publique a pour mission de, d&#233;jouer les trames de la police et les manoeuvres des contre-r&#233;volutionnaires, de faire imprimer, distribuer et afficher les proclamations ou arr&#234;t&#233;s du Commandant en chef, de surveiller les t&#233;l&#233;graphes, les chemins de fer, les &#233;tablissements imp&#233;riaux, en un mot, de dissoudre les moyens d'action de l'ennemi, d'organiser et d'assurer ceux de la R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fonds n&#233;cessaires pour le service de ces trois commissions et pour le paiement de l'indemnit&#233; quotidienne de cinq francs, allou&#233;e aux citoyens pr&#233;sents sous les drapeaux, seront pr&#233;lev&#233;es sur les caisses publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il sera d&#233;livr&#233; aux marchands et industriels, r&#233;c&#233;piss&#233; r&#233;gulier des livraisons de marchandises quelconques par eux fournies, sur r&#233;quisition. Ces fournitures seront sold&#233;es par le gouvernement r&#233;publicain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trois commissions rendront compte de leurs travaux, d'heure en heure au commandant en chef et ex&#233;cuteront ses ordres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il sera form&#233; un service sp&#233;cial pour les ambulances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun mouvement militaire ne devant avoir lieu que d'apr&#232;s l'ordre du commandant en chef, il ne sera &#233;lev&#233; de barricades que sur les emplacements d&#233;sign&#233;s par lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous peine d'une prompte d&#233;b&#226;cle, les barricades ne peuvent plus &#234;tre aujourd'hui une oeuvre comme en 1830 et 1848, confuse et d&#233;sordonn&#233;e. Elles doivent faire partie d'un plan d'op&#233;ration, arr&#234;t&#233; d'avance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce syst&#232;me, chaque retranchement est occupe par une garnison qu'on abandonne point &#224; elle-m&#234;me, qui reste en communication suivie avec les r&#233;serves et en re&#231;oit constamment des renforts proportionn&#233;s aux dangers de l'attaque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tohu-bohu et l'&#233;parpillement ne constituaient pas le seul vice des anciennes barricades. Leur construction n'&#233;tait pas moins d&#233;fectueuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Amas informe de pav&#233;s, entrem&#234;l&#233;s de voitures sur le flanc, de poutres et de planches, ce mauvais barrage n'&#233;tait pas un obstacle pour l'infanterie qui l'enlevait au pas de course. Quelques gros retranchements peut-&#234;tre, faisaient exception. Encore pas un seul n'&#233;tait &#224; l'abri de l'escalade. Ils servaient eux-m&#234;mes d'&#233;chelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arr&#234;ter les troupes, les contraindre &#224; un si&#232;ge, r&#233;sister m&#234;me assez longtemps au canon, telle est. la destination d'une barricade. Il faut donc la construire d'apr&#232;s ces donn&#233;es, pour qu'elle atteigne son triple but. Jusqu'ici, elle n'y a pas satisfait le moins du monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Croquis de barricade&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Profil de la barricade compl&#232;te, rempart et contre-garde avec glacis. Le rempart et le mur interne de la contre-garde sont ma&#231;onn&#233;s en pl&#226;tre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'&#233;tat actuel de Paris, malgr&#233; l'invasion du macadam, le pav&#233; reste toujours le v&#233;ritable &#233;l&#233;ment de la fortification passag&#232;re, &#224; condition toutefois d'en faire un usage plus s&#233;rieux que par le pass&#233;. C'est une affaire de bon sens et de calcul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ancien pav&#233;, qui tapisse encore la majeure partie de la voie publique est un cube de 25 centim&#232;tres de c&#244;t&#233;. On peut, d&#232;s lors, supputer par avance le nombre de ces blocs qui sera mis en oeuvre pour b&#226;tir un mur, dont les trois dimensions, longueur, largeur et hauteur sont d&#233;termin&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Barricade r&#233;guli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La barricade compl&#232;te consiste dans un rempart et sa contre-garde ou couvre-face.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rempart est en pav&#233;s ma&#231;onn&#233;s au pl&#226;tre, large d'un m&#232;tre, haut de trois, encastr&#233; par des extr&#233;mit&#233;s dans les murs de fa&#231;ade des maisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contre-garde, plac&#233;e &#224; six m&#232;tres en avant du rempart se compose de deux parties attenantes l'une &#224; l'autre, savoir : un mur interne de m&#234;mes dimensions et constructions que le rempart, et un glacis en pav&#233;s secs amoncel&#233;s s'&#233;tendant sur une longueur de quatre m&#232;tres jusqu'&#224; l'entr&#233;e de la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un m&#232;tre cube contient 64 pav&#233;s de 25 centim&#232;tres de c&#244;t&#233;. Le rempart ainsi que le mur interne de la contre-garde ont toujours deux facteurs fixes, la hauteur 3 m&#232;tres, la largeur ou &#233;paisseur un m&#232;tre. La longueur seule varie. Elle d&#233;pend de la largeur de la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En supposant ici la rue de 12 m&#232;tres, et par cons&#233;quent, le chiffre 12, facteur commun pour le rempart, le mur interne ma&#231;onn&#233; du glacis, et le glacis lui-m&#234;me, on aura :&lt;br class='autobr' /&gt;
Le rempart = 3 &#215; 1 &#215; 12	= 36&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mur interne du glacis = 3 &#215; 1 &#215; 12	= 36&lt;br class='autobr' /&gt;
Le glacis = 3 &#215; 4 &#215; 12	= 72&lt;br class='autobr' /&gt; 2&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cube total de la barricade et de sa contre-garde sera de 144 m&#232;tres qui, &#224; 64 pav&#233;s par m&#232;tre cube, donnent 9186 pav&#233;s, repr&#233;sentant 191 rang&#233;es &#224; 4 &#215; 12 ou 48 par rang&#233;es. Ces 192 rang&#233;es occupent 48 m&#232;tres de long. Ainsi la rue serait d&#233;pav&#233;e dans une longueur de 48 m&#232;tres, pour fournir les mat&#233;riaux du retranchement complet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le calcul n'ayant pas tenu compte de la place occup&#233;e par le pl&#226;tre dans le rempart et le mur interne de la contre-garde le nombre de pav&#233;s serait diminu&#233; d'autant. Il serait moindre encore dans le glacis, par suite des vides existant entre les pav&#233;s entass&#233;s en d&#233;sordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les petits pav&#233;s rectangulaires qui ont remplac&#233; en partie le macadam des grandes voies, pourraient servir &#233;galement &#224; l'&#233;rection des barricades. Mais le travail des parties ma&#231;onn&#233;es serait plus long et consommerait plus de pl&#226;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les cas, il est bien &#233;vident qu'un pareil retranchement ne serait pas b&#226;cl&#233; dans une heure. Or, il importe de se mettre en d&#233;fense le plus promptement possible. On peut parer &#224; cette difficult&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;tachement charg&#233; de construire et d'occuper la barricade doit se rendre sur le terrain avec une voiture de sacs de pl&#226;tre, plus des brouettes, des voitures &#224; bras, des leviers, des pics, des pelles, des pioches, des marteaux, des ciseaux &#224; froid, des truelles, des seaux, des auges. Les r&#233;quisitions de tous ces objets seront faites chez les marchands respectifs dont les adresses se trouvent dans l'Almanach du Commerce. On choisira les plus voisins du point de d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois sur le terrain, le chef du poste fait commencer le rempart &#224; 15 m&#232;tres environ du d&#233;bouch&#233; de la rue, et au lieu de trois m&#232;tres de hauteur, ne lui en donne que la moiti&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mur de quatre pieds et demi a pr&#233;cis&#233;ment la hauteur normale pour le tir d'un fantassin debout. On peut l'escalader sans doute, mais l'op&#233;ration n'est pas commode. C'est d&#233;j&#224; un obstacle respectable. Or, ce massif n'a que 18 m&#232;tres cubes ou 1152 pav&#233;s, qui repr&#233;sente 24 rang&#233;es ou 6 m&#232;tres de longueur &#224; d&#233;paver. Cela peut se faire assez rapidement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ach&#232;ve ensuite le rempart jusqu'&#224; trois m&#232;tres &#224; mi-hauteur (1 m 1/2), c'est-&#224;-dire &#224; un m&#232;tre et demi, on laisse, de distance en distance, des trous destin&#233;s &#224; recevoir des solives, sur lesquelles on posera des planches formant banquette pour le tir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dessus du mur interne de la contre-garde doit &#234;tre plan, sans inclinaison ni en dedans ni en dehors afin de ne pas donner prise au boulet qui &#233;cr&#234;terait la partie la plus haute amincie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dessus du rempart peut &#234;tre inclin&#233; l&#233;g&#232;rement, afin de m&#233;nager au tir une certaine plong&#233;e. Il sera cr&#233;pi et liss&#233; &#224; la truelle, ainsi que la paroi faisant face &#224; la contre-garde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trous pratiqu&#233;s &#224; mi-hauteur pour l'&#233;chafaudage de construction, tant au mur de la contre-garde qu'au rempart seront bouch&#233;s avec soin. Les parois du rempart et de la contre-garde qui se font face, devront &#234;tre liss&#233;es &#224; la truelle, et n'offrir aucune asp&#233;rit&#233; favorisant l'escalade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rang&#233;es de pav&#233;s de chaque assise de deux murs seront pos&#233;es en &#233;chiquier, ainsi que les assises elles-m&#234;mes, par rapport l'une &#224; l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le rempart d&#233;passait en hauteur le mur de la contre-garde, les boulets d&#233;moliraient la partie saillante. Dans le cas cependant o&#249; du rempart on voudrait tirer au loin sur l'ennemi, il suffirait d'y placer des sacs &#224; pl&#226;tre remplis de terre. Les combattants se hausseraient eux-m&#234;mes au moyen de pav&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du reste, le retranchement est plut&#244;t une barri&#232;re qu'un champ d'action. C'est aux fen&#234;tres que se trouve le v&#233;ritable poste de combat. De l&#224;, des centaines de tirailleurs peuvent diriger dans tous les sens un feu meurtrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'officier charg&#233; de d&#233;fendre le d&#233;bouch&#233; d'une rue, fait occuper, en arrivant, les maisons des deux angles par le tiers de son monde, les hommes les mieux arm&#233;s, d&#233;tache en avant quelques vedettes pour &#233;clairer les rues et pr&#233;venir une surprise, et commence les travaux du retranchement avec les pr&#233;cautions et dans l'ordre indiqu&#233;s plus haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si une attaque survient avant l'ach&#232;vement du mur simple, d'un m&#232;tre et demi de haut, l'officier se retire avec tout son monde dans les maisons des deux angles, apr&#232;s avoir mis en s&#251;ret&#233; dans une cour int&#233;rieure, voiture, chevaux, mat&#233;riel de toute esp&#232;ce. Il se d&#233;fend par les feux des fen&#234;tres et les pav&#233;s lanc&#233;s des &#233;tages sup&#233;rieurs. Les petits pav&#233;s rectangulaires des grandes voies macadamis&#233;es sont excellents pour cet usage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attaque repouss&#233;e, il reprend et presse sans rel&#226;che la construction de la barricade en d&#233;pit des interruptions. Au besoin des renforts arrivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette besogne termin&#233;e, on se met en communication avec les deux barricades lat&#233;rales, en per&#231;ant les gros murs qui s&#233;parent les maisons situ&#233;es sur le front de d&#233;fense. La m&#234;me op&#233;ration s'ex&#233;cute simultan&#233;ment, dans les maisons des deux c&#244;t&#233;s de la rue barricad&#233;e jusqu'&#224; son extr&#233;mit&#233;, puis en retour &#224; droite et &#224; gauche, le long de la rue parall&#232;le au front de d&#233;fense, en arri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvertures sont pratiqu&#233;es au premier et au dernier &#233;tage, afin d'avoir deux routes ; le travail se poursuit &#224; la fois dans quatre directions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les &#238;lots ou p&#226;t&#233;s de maisons appartenant aux rues barricad&#233;es, doivent &#234;tre perc&#233;s dans leur pourtour, de mani&#232;re que les combattants puissent entrer et sortir par la rue parall&#232;le de derri&#232;re, hors de la vue et de la port&#233;e de l'ennemi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce travail, la garnison de chaque barricade doit se rencontrer &#224; mi-chemin, tant sur le front de d&#233;fense que dans la rue de derri&#232;re avec les deux garnisons des deux barricades voisines, de droite et de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le boulevard S&#233;bastopol &#233;tant suppos&#233; front de d&#233;fense, on a pris sur ce front une &#233;tendue d'environ 140 m&#232;tres, qui comprend les d&#233;bouch&#233;s de trois rues et un peu au-del&#224;, savoir les rues Aubry-le-Boucher, de la Reynie, et des Lombards.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trois rues sont ferm&#233;es &#224; leur issue sur le boulevard, par des barricades avec contre-gardes. Les dimensions et les distances sont rigoureusement exactes sur le plan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La garnison du retranchement La Reynie, apr&#232;s avoir compl&#233;t&#233; les constructions de la rue et simultan&#233;ment m&#234;me perc&#233; des maisons le long du boulevard, vers la rue Aubry-le-Boucher, &#224; droite, et vers la rue des Lombards, &#224; gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle fait la m&#234;me op&#233;ration des deux c&#244;t&#233;s de la rue de la Reynie, en gagnant la rue des Cinq-Diamants, et parvenue &#224; l'extr&#233;mit&#233;, tourne &#224; gauche, vers la rue Aubry-le-Boucher, &#224; droite vers la rue des Lombards, en continuant son travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De leur c&#244;t&#233;, les garnisons des barricades Aubry-le-Boucher et Lombards vont &#224; la rencontre des travailleurs La Reynie, d'apr&#232;s la m&#234;me m&#233;thode, et la jonction s'op&#232;re &#224; mi-chemin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les maisons ont &#233;t&#233; indiqu&#233;es au hasard sur le boulevard S&#233;bastopol, mais dans les rues de La Reynie, Aubry-le-Boucher, des Lombards et des Cinq-Diamants, le nombre des maisons ou plut&#244;t des gros murs qui les s&#233;parent a &#233;t&#233; relev&#233; avec exactitude sur un ancien plan tr&#232;s d&#233;taill&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Garnison La Reynie aurait donc &#224; percer, entre la moiti&#233; des maisons du boulevard, entre les deux rues lat&#233;rales, douze murs dans la rue de La Reynie, cinq d'un c&#244;t&#233;, sept de l'autre, plus sept autres dans la rue des Cinq-Diamants, cinq &#224; droite, deux &#224; gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En admettant dix maisons sur le front S&#233;bastopol, ce qui ne donne &#224; chacune que neuf m&#232;tres de fa&#231;ade, il y aurait donc en tout 24 murs &#224; percer, six pour chaque escouade de travailleurs, puisqu'on proc&#233;derait dans quatre directions &#224; la fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du reste, si on est en nombre, on peut percer en m&#234;me temps toutes les maisons de la rue barricad&#233;e et de la rue de derri&#232;re, puisqu'on a ses communications libres, en arri&#232;re du retranchement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;rieur des &#238;lots consiste g&#233;n&#233;ralement en cours et jardins. On pourrait ouvrir des communications &#224; travers ces espaces, s&#233;par&#233;s d'ordinaire par de faibles murs. La chose sera m&#234;me indispensable sur les points que leur importance ou leur situation sp&#233;ciale exposent aux attaques les plus s&#233;rieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il sera donc utile d'organiser des compagnies d'ouvriers non-combattants, ma&#231;ons, charpentiers, etc., pour ex&#233;cuter les travaux conjointement avec l'infanterie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque sur le front de d&#233;fense, une maison est plus particuli&#232;rement menac&#233;e, on d&#233;molit l'escalier du rez-de-chauss&#233;e, et l'on pratique des ouvertures dans les planchers des diverses chambres du premier &#233;tage, afin de tirer sur les soldats qui envahiraient le rez-de-chauss&#233;e pour y attacher des p&#233;tards. L'eau bouillante jouerait aussi un r&#244;le utile dans cette circonstance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'attaque embrasse une grande &#233;tendue de front, on coupe les escaliers, et on perce les planchers dans toutes les maisons exposes. En r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, lorsque le temps et les autres travaux de d&#233;fense plus urgents le permettent, il faut d&#233;truire l'escalier du rez-de-chauss&#233;e dans toutes les maisons de l'&#238;lot, sauf une, &#224; l'endroit de la rue derri&#232;re le moins expos&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troupe enl&#232;ve toujours assez facilement les barricades, &#224; cause du petit nombre de leurs d&#233;fenseurs, de l'isolement o&#249; on les abandonne, et du d&#233;faut de confiance mutuelle d&#251; &#224; l'absence d'organisation et de commandement. Les choses prendraient une toute autre face, avec une direction &#233;nergique et l'envoi successif de puissants renforts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'ici dans les luttes parisiennes, les insurg&#233;s sont toujours demeur&#233;s inactifs derri&#232;re leur semblant de barricades, oisivet&#233; fatale chez des combattants tr&#232;s mal arm&#233;s, sans artillerie, presque sans munitions. La bravoure seule ne suffit pas &#224; compenser tous les d&#233;savantages mat&#233;riels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers Parisiens semblent ignorer leur principale force, la sup&#233;riorit&#233; de l'intelligence et de l'adresse. In&#233;puisables en ressources, ingenieux, tenaces, initi&#233;s &#224; toutes les puissances de l'industrie, il leur serait facile d'improviser en peu d'heures tout un mat&#233;riel de guerre. Charpentiers, menuisiers, m&#233;caniciens, fondeurs, tourneurs, ma&#231;ons, ils peuvent suffire &#224; tout, et opposer &#224; l'ennemi cent sapeurs du g&#233;nie pour un.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut pour cela une activit&#233; incessante. Pas un seul homme ne doit rester inoccup&#233;. Quand une besogne est finie, on en commence une autre, il y a toujours quelque chose &#224; faire. En voici quelques-unes qui ont leur importance : Emmancher droites sur des hampes de sept pieds des lames de faux dont on a redress&#233; au feu le crochet de la base et coup&#233; le bourrelet formant dos, on fait tourner les hampes chez le tourneur le plus proche. Les lames de faux se trouvent en quantit&#233; chez les quincailliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enlever les portes des appartements ou prendre des planches dans les magasins, les percer d'&#233;troites meurtri&#232;res, longues de dix centim&#232;tres, les doubler d'&#233;paisses feuilles des t&#244;les perc&#233;es de la m&#234;me fa&#231;on, et garnir de ces volets mobiles l'ouverture des fen&#234;tres, le devant et les c&#244;t&#233;s des balcons pour diriger des feux de flanc dans la longueur des rues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Amonceler des pav&#233;s &#224; tous les &#233;tages, les plus petits au quatri&#232;me, au cinqui&#232;me, aux mansardes, les plus gros au second et au troisi&#232;me. En munir surtout les chambres situ&#233;es au-dessus du retranchement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout chef de barricade fera prendre chez les marchands les plus proches, les mat&#233;riaux ou engins utiles &#224; la d&#233;fense, il mettra en r&#233;quisition les industriels, tels que tourneurs, menuisiers, serruriers, etc..., pour le confectionnement des objets que les soldats de la garnison ne seraient pas en mesure de fabriquer eux-m&#234;mes. Il d&#233;livrera en &#233;change des r&#233;c&#233;piss&#233;s r&#233;guliers, valant factures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les commandants de barricades ne retiendront pas aupr&#232;s d'eux les recrues qui viendraient les rejoindre. Ils les adresseront &#224; leur sup&#233;rieur imm&#233;diat, les lieutenants au capitaine, les capitaines au chef de bataillon, afin que ces hommes soient dirig&#233;s sur la r&#233;serve o&#249; s'op&#232;rent l'organisation des nouveaux corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#232;gle est dict&#233;e par des motifs imp&#233;rieux : 1&#176; l'indemnit&#233; ne peut &#234;tre allou&#233;e aux volontaires que sur constatation officielle de leur pr&#233;sence sous le drapeau, avec date pr&#233;cise ; 2&#176; le commandant en chef doit toujours conna&#238;tre le chiffre exact des forces de chaque retranchement ; 3&#176; le bon ordre exige que l'effectif des compagnies et des bataillons demeure &#224; peu pr&#232;s uniforme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les commandants de barricade adresseront des rapports fr&#233;quents &#224; leurs sup&#233;rieurs qui les feront tenir au quartier g&#233;n&#233;ral.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;fense des barricades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En supposant que l'arm&#233;e tienne pied et s'acharne &#224; la lutte, il est ais&#233; de pressentir sa m&#233;thode d'attaque contre les positions r&#233;publicaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, des d&#233;tachements plus ou moins nombreux tirant aux fen&#234;tres pendant leur marche, s'avanceront pour enlever une barricade. S'ils sont repouss&#233;s, et peut-&#234;tre m&#234;me sans avoir couru cette chance, ils perceront les maisons des &#238;lots qui font face aux insurg&#233;s, et arriveront ainsi par l'int&#233;rieur sur le front de d&#233;fense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux parties n'&#233;tant plus alors s&#233;par&#233;es que par la largeur de la rue, les soldats dirigeront un feu violent sur les fen&#234;tres en face, pour chasser les d&#233;fenseurs. Il faut s'attendre aussi que la troupe, en cas de r&#233;sistance un peu longue, am&#232;nera du canon &#224; travers l'&#238;lot quelle occupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle le mettra en batterie sous une porte coch&#232;re, vis-&#224;-vis une des maisons du front de d&#233;fense, puis ouvrant soudainement la porte, canonnera les murs &#224; bout portant, pour jeter bas l'&#233;difice. Il ne tombera pas aux premiers coups, il faut un certain temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s que le canon sera d&#233;masqu&#233;, les R&#233;publicains tireront sur les artilleurs par les ouvertures du rez-de-chauss&#233;e, soupiraux, portes et balcons ayant vue sur l'all&#233;e de la porte coch&#232;re. On percera rapidement des meurtri&#232;res vis-&#224;-vis, afin de multiplier les feux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#232;gle g&#233;n&#233;rale : il est inutile de riposter aux soldats qui fusillent des fen&#234;tres. C'est perdre sa poudre. L'ennemi en a de reste. Elle est rare chez les insurg&#233;s. Il est donc indispensable de la m&#233;nager. On se garantira des balles au moyen des volets doubl&#233;s de t&#244;le qui garnissent les fen&#234;tres des balcons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La garnison, d&#233;daignant le feu des crois&#233;es, surveillera la rue pour emp&#234;cher l'ennemi de la traverser. D&#232;s qu'il tentera le passage, il faut le fusiller &#224; outrance, l'accabler de pierres et de pav&#233;s, du haut des maisons. En m&#234;me temps, on se tiendra pr&#234;t &#224; la fusiller, &#224; l'arroser d'eau bouillante par le plancher du premier &#233;tage, s'il p&#233;n&#233;trait dans le rez-de-chauss&#233;e, malgr&#233; le barricadement des portes et des fen&#234;tres. Durant le combat, veiller avec soin &#224; ce qu'il ne puisse attacher des p&#233;tards. Ne pas m&#233;nager les pav&#233;s, les bouteilles pleines d'eau, m&#234;me les meubles, &#224; d&#233;faut d'autres projectiles. Oter les volets en t&#244;le des hauts &#233;tages, pour lancer les pierres, en &#233;vitant les balles d'en face.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au retranchement, il ne sera pas facile d'en avoir raison. Le boulet ne pourrait atteindre le rempart que par le tir &#224; ricochet, et le faible intervalle de six m&#232;tres, qui le s&#233;pare de la contre-garde, rendrait ce tir inefficace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'obus sera &#233;galement impuissant. il viendra faire explosion en avant ou en arri&#232;re ou dans l'intervalle des deux ouvrages, et ses &#233;clats &#233;corcheront le pl&#226;tre des murailles, rien de plus. Car il ne trouvera l&#224; personne. La barricade sera d&#233;fendue par les fen&#234;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'assaut serait tr&#232;s meurtrier pour les assaillants. Il faudrait essuyer la fusillade jusqu'au pied du glacis, et &#224; partir de ce point, braver un p&#233;ril plus redoutable encore, il ne serait possible de descendre du mur interne, puis de franchir le rempart qu'avec des &#233;chelles de huit pieds, bagage incommode, et sous une gr&#234;le de pav&#233;s et de balles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, en construisant la barricade, on a pu enfermer une ou deux portes coch&#232;res, dans l'intervalle de six m&#232;tres, entre le rempart et sa contregarde, des pelotons de faucheurs mass&#233;s derri&#232;re les battants de la porte qui s'ouvrira tout &#224; coup, se jetteront sur les soldats qui seraient descendus de la contre-garde et les mettront en pi&#232;ces dans cette sourici&#232;re car leurs ba&#239;onnettes ne seront pas de longueur contre leurs pertuisanes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il n'existe point de porte coch&#232;re, les faucheurs se masseront au rez-de-chauss&#233;e afin de s'&#233;lancer par les portes d'all&#233;es ainsi que par les fen&#234;tres basses. Au pr&#233;alable, le commandant aura fait cesser la pluie de balles et de pav&#233;s, ce que la troupe pourra prendre pour un signe de d&#233;faite, m&#233;prise qui lui deviendrait fatale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'ennemi est rebut&#233; par la longue r&#233;sistance d'une ou de plusieurs barricades, il recourra peut-&#234;tre &#224; l'incendie des maisons par les obus. Eteindre le feu sera difficile. Si on n'y r&#233;ussit pas, la retraite deviendra in&#233;vitable. Il faudra se replier de maison en maison sur une deuxi&#232;me ligne de d&#233;fense. Les troupes ne joueraient pas longtemps ce jeu-l&#224;. On ne fera pas de Paris une seconde Saragosse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte des barricades fournira au commandant en chef l'occasion de prendre &#224; son tour l'offensive et de jeter des colonnes d'attaque sur les flancs et les derri&#232;res des assaillants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bless&#233;s seront &#233;vacu&#233;s sur les ambulances, d&#233;sign&#233;es aux chefs de corps ; les morts seront transport&#233;s aux h&#244;pitaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des mines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les troupes pourraient avoir recours &#224; la mine pour forcer un front de d&#233;fense trop tenace. C'est un moyen puissant, mais assez peu probable. L'ennemi n'en usera certainement pas au d&#233;but. Ce moyen est long et d&#233;note d'ailleurs une certaine timidit&#233;, qui &#233;branlerait l'esprit du soldat en lui montrant l'insurrection tr&#232;s redoutable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant il se peut que la n&#233;cessit&#233; fasse passer par-dessus cet inconv&#233;nient. Dans ce cas, le syst&#232;me d'&#233;gouts prend une grande importance. Dans toutes les rues o&#249; il s'en trouve, ils deviendraient le point de d&#233;part des galeries de mines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ennemi a un plan d&#233;taill&#233; des &#233;gouts de Paris. Ils sont de plusieurs dimensions. La carte des plus grands, dit &#233;gouts collecteurs, est connue de tout le monde. On la trouve dans le second volume de Paris-Guide. Mais ceux-l&#224; ne forment que le tr&#232;s petit nombre. La masse des canaux moyens et des rigoles demeure inconnue. Il serait utile de s'en enqu&#233;rir aupr&#232;s des ouvriers &#233;goutiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant le combat, il sera indispensable de faire reconna&#238;tre ces voies souterraines, par de nombreux d&#233;tachements, auxquels on tracera un itin&#233;raire. Ils seront munis d'&#233;chelles pour remonter &#224; volont&#233; par tous les regards.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On barricadera les embranchements qui aboutissent aux collecteurs eux-m&#234;mes, d'apr&#232;s un plan r&#233;gl&#233; sur celui des op&#233;rations &#224; ciel ouvert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute rue servant de d&#233;fense peut &#234;tre travers&#233;e par une galerie de mine, il faudra donc s'assurer si elle recouvre un &#233;gout, et dans ce cas, occuper l'&#233;gout par des barricades, lorsque le front de d&#233;fense sera attaqu&#233; avec vigueur par l'ennemi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des sentinelles le parcourront &#224; pas de loup, posant l'oreille contre la paroi du c&#244;t&#233; des troupes, afin d'entendre le bruit de la sape et avertir aussit&#244;t. Du reste, l'ennemi ne tenterait de p&#233;n&#233;trer dans l'&#233;gout par la sape que s'il ne pouvait y arriver par la voie naturelle des embranchements, sa rencontre dans ses d&#233;tours souterrains serait donc l'indice de ses projets de mine. Ces rencontres viendraient accro&#238;tre les difficult&#233;s de l'op&#233;ration et la rendre moins probable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les rues sans &#233;gouts, s'il en existe, la galerie serait creus&#233;e directement, &#224; partir d'une cave, pour traverser la rue jusqu'&#224; la maison vis-&#224;-vis. Ce travail serait plus difficile &#224; d&#233;couvrir et &#224; surprendre que celui des &#233;gouts. Des sentinelles devront coller l'oreille au mur de la cave bordant la rue, afin d'&#233;couter le bruit des mineurs. La garnison, pr&#233;venue, les attendrait &#224; l'issue pour leur faire un mauvais parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Somme toute, la guerre de mine est peu probable ; celle d'&#233;gout l'est davantage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des habitants des maisons occup&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les habitants des maisons occup&#233;es par les r&#233;publicains seront invit&#233;s dans leur propre int&#233;r&#234;t, &#224; se retirer avec leur num&#233;raire, leurs valeurs quelconques et leur argenterie, apr&#232;s avoir ferm&#233; tous les meubles. On leur rappellera, d'apr&#232;s l'exemple du 2 d&#233;cembre, que les soldats de Bonaparte, en p&#233;n&#233;trant dans toute maison d'o&#249; il est parti un coup de feu, &#233;gorgent sans distinction hommes et femmes, vieillards au lit et enfants &#224; la mamelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les vieillards, les femmes et les enfants se retirent, les hommes devront les suivre. On ne les laissera pas demeurer seuls au logis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'on aura perc&#233; les murs de toutes les maisons d'un &#238;lot, on pourra faire retirer les familles qui habitent le front de d&#233;fense, dans la partie de derri&#232;re de l'&#238;lot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas o&#249;, par suite de communications intercept&#233;es, les vivres viendraient &#224; leur manquer, les R&#233;publicains leur en donneront, en pr&#233;venant du fait les commissaires de bataillon pour qu'ils approvisionnent en cons&#233;quence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut encore le r&#233;p&#233;ter : la condition sine qua non de la victoire, c'est l'organisation, l'ensemble, l'ordre et la discipline. Il est douteux que les troupes r&#233;sistent longtemps &#224; une insurrection organis&#233;e et agissant avec tout l'appareil d'une force gouvernementale. L'h&#233;sitation les gagnera, puis le trouble, puis le d&#233;couragement, enfin la d&#233;b&#226;cle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qu'est-ce que la guerre civile r&#233;volutionnaire ?</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article4522</link>
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		<dc:date>2016-02-01T01:55:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>prol&#233;taires</dc:subject>
		<dc:subject>Blanqui</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Qu'est-ce que la guerre civile r&#233;volutionnaire ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Trois classes ou la guerre civile &lt;br class='autobr' /&gt;
La guerre de classe plut&#244;t que le pacifisme &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a guerre &#224; mort entre les classes qui composent la nation, d'apr&#232;s Auguste Blanqui &lt;br class='autobr' /&gt;
La guerre civile en France par Karl Marx &lt;br class='autobr' /&gt;
La guerre civile aux Etats-Unis par Marx et Engels &lt;br class='autobr' /&gt;
La guerre des paysans en Allemagne &lt;br class='autobr' /&gt;
Guerre civile et r&#233;volution par L&#233;on Trotsky &lt;br class='autobr' /&gt;
La guerre civile signifie que l'ennemi principal est dans notre pays ! par Liebknecht (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique80" rel="directory"&gt;3- L'objectif de la dictature du prol&#233;tariat&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot88" rel="tag"&gt;Blanqui&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qu'est-ce que la guerre civile r&#233;volutionnaire ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3051&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Trois classes ou la guerre civile&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3400&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La guerre de classe plut&#244;t que le pacifisme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/blanqui/1832/rapport.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Il y a guerre &#224; mort entre les classes qui composent la nation, d'apr&#232;s Auguste Blanqui&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/ait/1871/05/km18710530.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La guerre civile en France par Karl Marx&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/00/gcus/gcus.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La guerre civile aux Etats-Unis par Marx et Engels&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1850/00/fe1850.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La guerre des paysans en Allemagne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1924/07/lt19240729.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Guerre civile et r&#233;volution par L&#233;on Trotsky&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/liebknec/1915/liebknecht_19150500.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La guerre civile signifie que l'ennemi principal est dans notre pays ! par Liebknecht&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/luxembur/works/1917/08/alternative.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'alternative : guerre ou guerre civile par Rosa Luxemburg&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/connolly/works/1914/08/connolly_15081914.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Si ces hommes doivent mourir, ne vaudrait-il pas mieux qu'ils meurent dans leur pays en combattant pour la libert&#233; de leur classe, et pour l'abolition de la guerre, que d'aller dans des pays &#233;trangers mourir en massacrant et massacr&#233; par ses fr&#232;res pour que puissent vivre des tyrans et des profiteurs ? par James Connolly&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1852/00/17.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'insurrection par Engels&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1940/11/barta_lutte2g.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Guerre de classe contre guerre imp&#233;rialiste par Barta&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1915/08/vil19150800b.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Guerre de classe contre guerre imp&#233;rialiste par L&#233;nine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lafargue/works/1882/01/flandre.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La guerre civile en Flandre de 1336-1348 et de 1379-1385&lt;br class='autobr' /&gt; par Lafargue&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/martov/works/1918/00/martov_19180000.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La guerre civile r&#233;volutionnaire doit mener &#224; la dictature du prol&#233;tariat par Martov&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/morrow/espagne/morrow_table.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Guerre civile en Espagne par Felix Morrow&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Blanqui, le r&#233;volutionnaire, le communiste, l'organisateur prol&#233;tarien, le penseur, le visionnaire</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article4750</link>
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		<dc:date>2015-06-06T23:44:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Blanqui</dc:subject>
		<dc:subject>Parti r&#233;volutionnaire - Revolutionnary party</dc:subject>
		<dc:subject>communisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Oui, Messieurs, c'est la guerre entre les riches et les pauvres : les riches l'ont voulu ainsi ; ils sont en effet les agresseurs. Seulement ils consid&#232;rent comme une action n&#233;faste le fait que les pauvres opposent une r&#233;sistance. Ils diraient volontiers, en parlant du peuple : cet animal est si f&#233;roce qu'il se d&#233;fend quand il est attaqu&#233; ! &#187; &#171; Les armes et l'organisation, voil&#224; l'&#233;l&#233;ment d&#233;cisif de progr&#232;s, le moyen s&#233;rieux d'en finir avec la mis&#232;re. Qui a du fer a du pain. &#187; &#171; Les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique82" rel="directory"&gt;5- La formation de la conscience de classe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot88" rel="tag"&gt;Blanqui&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot173" rel="tag"&gt;Parti r&#233;volutionnaire - Revolutionnary party&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot229" rel="tag"&gt;communisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt; &#171; Oui, Messieurs, c'est la guerre entre les riches et les pauvres : les riches l'ont voulu ainsi ; ils sont en effet les agresseurs. Seulement ils consid&#232;rent comme une action n&#233;faste le fait que les pauvres opposent une r&#233;sistance. Ils diraient volontiers, en parlant du peuple : cet animal est si f&#233;roce qu'il se d&#233;fend quand il est attaqu&#233; ! &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6292 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/-1370.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH614/-1370-aef4c.jpg?1779661070' width='500' height='614' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Les armes et l'organisation, voil&#224; l'&#233;l&#233;ment d&#233;cisif de progr&#232;s, le moyen s&#233;rieux d'en finir avec la mis&#232;re. Qui a du fer a du pain. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6291 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L400xH600/-1369-3a0f3.jpg?1779661070' width='400' height='600' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Les instruments ni les fruits du travail n'appartiennent pas aux travailleurs, mais aux oisifs. Les branches gourmandes absorbent la s&#232;ve de l'arbre, au d&#233;triment des rameaux fertiles. Les frelons d&#233;vorent le miel cr&#233;&#233; par les abeilles. Tel est notre ordre social, fond&#233; par la conqu&#234;te, qui a divis&#233; les populations en vainqueurs et en vaincus. La cons&#233;quence logique d'une telle organisation, c'est l'esclavage. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Blanqui, le r&#233;volutionnaire, le communiste, l'organisateur prol&#233;tarien, le penseur, le visionnaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article113&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le &#034;toast de Londres&#034;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article127&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Instruction pour une prise d'armes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/blanqui/1832/rapport.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rapport sur la situation int&#233;rieure et ext&#233;rieure de la France depuis la r&#233;volution de juillet&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/blanqui/1830/appel-etudiants.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Appel de Blanqui aux &#233;tudiants&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/blanqui/1830/formulaire.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Formulaire de r&#233;ception &#224; la Soci&#233;t&#233; des Saisons&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/blanqui/1834/liberateur.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qui fait la soupe doit la manger&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/blanqui/1839/appel.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Appel du Comit&#233; de la Soci&#233;t&#233; des Saisons&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/blanqui/1849/audience.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Accus&#233;s du 15 mai 1848 devant la Haute Cour de Bourges&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/blanqui/1851/a%20propos.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;A propos des clameurs contre l'avis au peuple&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/blanqui/1866/proclamation-armee.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Proclamation &#224; l'arm&#233;e&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/blanqui/1866/proclamation-parisiens.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Proclamation aux Parisiens&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/blanqui/1866/proclamation-20-fevrier.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Proclamation du 20 f&#233;vrier 1866&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/blanqui/1869/positivism.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Contre le positivisme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/blanqui/1872/astres.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#233;ternit&#233; par les astres&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/blanqui/1880/conscription.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'arm&#233;e esclave et opprim&#233;e&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/blanqui/1869/usure.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'usure&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/blanqui/1869/communism.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le communisme, avenir de la soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k853278q/f17.image.r=Auguste%20Blanqui.langFR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Capital et Travail (tome un)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k853647j/f17.image.r=Auguste%20Blanqui.langFR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Capital et Travail (tome deux)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k819846/f4.image.r=Auguste%20Blanqui.langFR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Science et foi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k213910k.r=Auguste+Blanqui.langFR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La patrie en danger&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/blanqui/1832/defense.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sa d&#233;fense devant la Cour d'Assises&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5606746q.r=Auguste+Blanqui.langFR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Banquet des travaileurs socialistes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article561&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qui &#233;tait Auguste Blanqui ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/blanqui/bio/index.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Une biographie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/blanqui/1849/toast.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Toast &#224; Auguste Blanqui, d&#233;tenu &#224; Vincennes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/blanqui/images/index.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Portraits de Blanqui&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?page=article_impr&amp;id_article=1269&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Auguste Blanqui, communiste&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/reference/archive/blanqui/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Writings of Blanqui (in english)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/reference/archive/blanqui/1833/democratic-propaganda.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Democratic Propaganda&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/archive/riazanov/1928/xx/blanqui.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;David Riazanov, The Relations of Marx with Blanqui&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/luxembur/works/1906/rl19060600.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Blanquisme et social-d&#233;mocratie, par Rosa Luxemburg&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=ADh3uUMpUf8C&amp;printsec=frontcover&amp;dq=La+r%C3%A9volution+permanente+de+Blanqui&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ei=IqdxVdT7EIT8UraKgrgP&amp;ved=0CCEQ6AEwAA#v=onepage&amp;q=La%20r%C3%A9volution%20permanente%20de%20Blanqui&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volution permanente de Blanqui&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://classiques.uqac.ca/classiques/blanqui_louis_auguste/textes_choisis/textes_choisis_idees.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les id&#233;es politiques et sociales de Blanqui, par V. P. Volguine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://bataillesocialiste.wordpress.com/2009/08/06/blanquisme-et-marxisme-dommanget-1924/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Blanquisme et marxisme, de Dommanget&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Auguste_Blanqui&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Wikipedia&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/blanqui/bio/manach.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Blanqui et Rimbaud&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.wikirouge.net/Auguste_Blanqui&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Wikirouge&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tra&#238;tres seraient les gouvernements qui, &#233;lev&#233;s sur les pavois prol&#233;taires, ne feraient pas op&#233;rer &#224; l'instant m&#234;me :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176; - Le d&#233;sarmement des gardes bourgeoises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176; - L'armement et l'organisation en milice nationale de tous les ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#8230;) Qui a du fer, a du pain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se prosterne devant les ba&#239;onnettes, on balaye les cohues d&#233;sarm&#233;es. La France h&#233;riss&#233;e de travailleurs en armes, c'est l'av&#232;nement du socialisme. En pr&#233;sence des prol&#233;taires arm&#233;s, obstacles, r&#233;sistances, impossibilit&#233;s, tout dispara&#238;tra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, pour les prol&#233;taires qui se laissent amuser par des promenades ridicules dans les rues, par des plantations d'arbres de la libert&#233;, par des phrases sonores d'avocat, il y aura de l'eau b&#233;nite d'abord, des injures ensuite, enfin de la mitraille, de la mis&#232;re toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que le peuple choisisse ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le toast de Londres&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="en">
		<title>Blanqui : Speech before the Society of the Friends of the People</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article2967</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.org/spip.php?article2967</guid>
		<dc:date>2013-01-08T03:31:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>en</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Blanqui</dc:subject>
		<dc:subject>Socialisme - Socialism</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Blanqui : Speech before the Society of the Friends of the People&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique81" rel="directory"&gt;4- Ce qu'est le socialisme et ce qu'il n'est pas&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot88" rel="tag"&gt;Blanqui&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot97" rel="tag"&gt;Socialisme - Socialism&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/reference/archive/blanqui/1832/speech.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Blanqui : Speech before the Society of the Friends of the People&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Introduction du site</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article1</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.org/spip.php?article1</guid>
		<dc:date>2009-04-05T14:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed</dc:creator>


		<dc:subject>Trotsky</dc:subject>
		<dc:subject>Karl Marx</dc:subject>
		<dc:subject>Engels</dc:subject>
		<dc:subject>Blanqui</dc:subject>
		<dc:subject>Rosa Luxemburg</dc:subject>
		<dc:subject>Barta</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Prol&#233;taires du monde, sauvons nous nous-m&#234;mes ! Ne comptons ni sur les Etats bourgeois, ni sur les partis r&#233;formistes, ni sur les &#233;lections, ni sur les bureaucrates syndicaux, ni sur les chefs militaires radicaux ! Organisons nos propres conseils de travailleurs et prenons le pouvoir sur nos luttes comme sur toute la soci&#233;t&#233; ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Les derniers commentaires et les derni&#232;res br&#232;ves sont tout en bas... &lt;br class='autobr' /&gt;
Editoriaux &lt;br class='autobr' /&gt; . &lt;br class='autobr' /&gt;
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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot29" rel="tag"&gt;Trotsky&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot30" rel="tag"&gt;Karl Marx&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;Engels&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot88" rel="tag"&gt;Blanqui&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot89" rel="tag"&gt;Rosa Luxemburg&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot91" rel="tag"&gt;Barta&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;strong&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Prol&#233;taires du monde, sauvons nous nous-m&#234;mes ! &lt;div class='spip_document_1193 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L300xH450/937339-2-9ecb6.jpg?1779661070' width='300' height='450' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Ne comptons ni sur les Etats bourgeois, ni sur les partis r&#233;formistes, ni sur les &#233;lections, ni sur les bureaucrates syndicaux, ni sur les chefs militaires radicaux ! Organisons nos propres conseils de travailleurs et prenons le pouvoir sur nos luttes comme sur toute la soci&#233;t&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les derniers commentaires et les derni&#232;res br&#232;ves sont tout en bas...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique150&#034;&gt;Editoriaux&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2026&#034;&gt;Lire ici les derniers articles de 2026&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2025&#034;&gt;Lire ici les derniers articles de 2025&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2024&#034;&gt;Lire ici les derniers articles de 2024&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2023&#034;&gt;Lire ici les derniers articles de 2023&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?mot199&#034;&gt;Les diverses rubriques du site&lt;/a&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article842&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ce que nous voulons et ... ce dont nous ne voulons plus&lt;/a&gt;
&lt;br&gt;.&lt;br&gt;
&lt;p&gt;.&lt;br&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique144&#034;&gt;Sommaire par mati&#232;res&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique
du mode de formation et de transformation
de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le travail que nous diffusons ici est incomplet et inachev&#233;, dans sa conception comme dans sa r&#233;daction. Cependant, l'ampleur du sujet, la longueur du travail n&#233;cessaire, justifie de mettre ce texte en circulation sans tarder. Il sera progressivement compl&#233;t&#233; et corrig&#233;. Le sujet, la r&#233;volution, n'est pas un th&#232;me si courant, y compris dans le pays souvent pr&#233;sent&#233; comme celui de la R&#233;volution fran&#231;aise. Depuis le stalinisme, le mao&#239;sme et les diverses &#171; versions &#187; pr&#233;tendues du socialisme et du communisme, la signification de la r&#233;volution sociale s'est perdue ou a &#233;t&#233; fauss&#233;e. Si, pour bien des travailleurs, leur classe se bat pour l'emploi ou le salaire, ils ne se voient pas comme la classe opprim&#233;e la plus puissante de l'Histoire, capable, &#224; l'&#233;chelle internationale, de lib&#233;rer l'humanit&#233; de l'oppression et de l'exploitation. Il ne faut pas concevoir ce mouvement de la conscience de classe comme un recul lin&#233;aire. De m&#234;me qu'il ne faut pas interpr&#233;ter le mouvement qui s'est manifest&#233; de Marx &#224; L&#233;nine et Trotsky, ou de la Commune de Paris de 1871 &#224; la r&#233;volution en Russie en 1917 et en Europe en 1918-1920, comme une mont&#233;e continue. Le mouvement de l'Histoire, celui des luttes, celui de la conscience de classe, celui de l'organisation de classe, ces trois mouvements qui ne sont d'ailleurs pas similaires, ne suivent pas un cours graduel, mais connaissent des sauts brutaux. Et, parfois aussi, des chutes brutales. Aujourd'hui, suite au recul des illusions dans la social-d&#233;mocratie (au service du grand capital depuis la premi&#232;re guerre mondiale), dans le stalinisme (principale force anti-communiste depuis 1925), et dans les nationalismes du tiers-monde (venus au pouvoir depuis la deuxi&#232;me guerre mondiale), un nouveau cycle semble se profiler. Les illusions sur le capitalisme sont &#233;galement retomb&#233;es (m&#234;me dans les Pays de l'Est), et un nouvel anticapitalisme semble en train de rena&#238;tre dans une nouvelle g&#233;n&#233;ration de la classe ouvri&#232;re mondiale. Cela ne veut pas dire qu'une nouvelle compr&#233;hension du monde na&#238;tra directement et spontan&#233;ment, car de nouvelles tromperies peuvent tr&#232;s bien remplacer les anciennes. L'anticapitalisme, &#224; la mode aujourd'hui, est un mouvement composite qui ne d&#233;veloppe pas une conscience claire de la n&#233;cessit&#233; de renverser d&#233;finitivement le capitalisme et de le remplacer par le pouvoir des travailleurs. Ce courant ne permet pas non plus une avanc&#233;e dans la compr&#233;hension du r&#244;le de l'Etat bourgeois, &#233;tant donn&#233; qu'il professe une d&#233;fense de la d&#233;mocratie citoyenne qui reste dans le cadre bourgeois. Pas question par exemple pour les anticapitalistes, et encore moins pour les altermondialistes, de destruction de l'Etat bourgeois, et surtout pas d'id&#233;e de mise en place d'un pouvoir aux travailleurs. La question de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des grands moyens de production n'est nullement envisag&#233;e. On constate ainsi que, sous de nouvelles couleurs et de nouvelles formes, il est tr&#232;s possible de donner &#224; la critique du capitalisme un caract&#232;re fondamentalement r&#233;formiste, c'est-&#224;-dire visant au sauvetage du capitalisme en le rendant acceptable aux masses opprim&#233;es. Les id&#233;es de &#171; d&#233;veloppement durable &#187;, d'altermondialisme, de &#171; d&#233;croissance &#187;, de &#171; d&#233;fense de la plan&#232;te &#187; sont de nouveaux moyens de d&#233;tourner de la lutte des classes en pr&#233;tendant que tous les hommes sont responsables des destructions, caus&#233;es par le grand capital. Le capitalisme &#171; &#233;thique &#187;, &#171; durable &#187;, &#171; &#233;cologique &#187;, &#171; solidaire &#187;, &#171; r&#233;gul&#233; &#187;, l'alter-capitalisme en somme, n'est qu'une nouvelle forme de l'illusion r&#233;formiste qui refuse de prendre en compte le fondement de classe du capitalisme et sa cons&#233;quence : la n&#233;cessit&#233; pour les exploit&#233;s de renverser ce syst&#232;me. De nouveaux types de r&#233;formismes, de nationalismes, de stalinismes, d'int&#233;grismes religieux ou d'autres id&#233;ologies r&#233;actionnaires peuvent appara&#238;tre, d&#233;tournant &#224; nouveau les mouvements sociaux. Il n'y aura pas de naissance purement spontan&#233;e d'une nouvelle analyse critique du syst&#232;me. Et cela se d&#233;roule &#224; un moment o&#249; une nouvelle crise du capitalisme se profile &#224; l'horizon, grosse de nouveaux sacrifices pour les opprim&#233;s mais grosse aussi de nouvelles r&#233;volutions, c'est-&#224;-dire de nouvelles potentialit&#233;s d'en finir d&#233;finitivement avec l'exploitation de l'homme par l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est d'autant plus important de repenser (c'est-&#224;-dire de reconstruire) ce que signifient v&#233;ritablement le socialisme et la r&#233;volution, dans le monde d'aujourd'hui. Pendant de trop longues ann&#233;es, les r&#233;volutionnaires eux-m&#234;mes, en panne de r&#233;volutions, se sont tourn&#233;s vers des luttes arm&#233;es (gu&#233;rillas n'ayant rien &#224; voir avec l'action du prol&#233;tariat), vers des formes non classistes de contestation (altermondialisme, &#233;cologisme), ou vers des formes d'accommodation critique au syst&#232;me (syndicalisme, &#233;lectoralisme). Dans tout cela, la r&#233;volution (et d'abord la destruction de l'Etat bourgeois et de l'ordre &#233;conomique du capital) est bien oubli&#233;e. La question n'est m&#234;me plus &#233;tudi&#233;e, ni discut&#233;e publiquement, que ce soit au nom d'un esp&#232;ce de r&#233;alisme (la r&#233;volution n'est pas &#224; l'ordre du jour), ou d'un renoncement plus ouvert &#224; cette perspective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette &#233;tude, on appellera r&#233;volution la situation de crise dans laquelle les opprim&#233;s cessent de suivre les id&#233;es et les organisations de la classe dirigeante, commencent eux-m&#234;mes &#224; s'organiser, d'une mani&#232;re totalement nouvelle et &#233;mergente, en vue de leurs propres int&#233;r&#234;ts de classe et, surtout, appliquent leurs propres d&#233;cisions, cr&#233;ant une situation de double pouvoir porteuse de la possibilit&#233; de changement radical du cours de l'Histoire, vers un pouvoir aux travailleurs. Cette d&#233;finition ne consid&#232;re pas la violence (la fameuse lutte arm&#233;e) comme le crit&#232;re fondamental, mais souligne plut&#244;t le caract&#232;re radical du contenu social et politique donn&#233; par les opprim&#233;s eux-m&#234;mes, et la destruction rapide des bases r&#233;elles de l'ancien ordre. Au sens large, scientifique, nous appellerons &#171; r&#233;volution &#187; tout &#233;tat transitoire dans lequel l'ordre &#233;tabli peut basculer qualitativement et brutalement. Mais, surtout, nous appellerons r&#233;volution une situation qui m&#232;ne &#224; l'&#233;mergence brutale d'une structure, qualitativement nouvelle, issue de l'agitation et des contradictions &#224; l'&#233;chelon hi&#233;rarchique inf&#233;rieur, encore appel&#233;e auto-organisation. Du coup, ce processus concerne aussi bien les diff&#233;rents domaines des sciences. La politique est particuli&#232;rement concern&#233;e par la question de l'auto-organisation des prol&#233;taires. Rappelons l'expression qu'en donnait Karl Marx : &#171; Le socialisme sera l'&#339;uvre des travailleurs eux-m&#234;mes. &#187; Pour se pr&#233;parer &#224; devenir un nouveau pouvoir, les exploit&#233;s ont besoin de retrouver le sens de l'organisation collective et la confiance dans leurs propres forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte tente de tirer des le&#231;ons g&#233;n&#233;rales, philosophiques, des travaux r&#233;cents des sciences, naturelles, historiques, &#233;conomiques, et sociales. Les avanc&#233;es scientifiques, qui font progresser nos connaissances et nos comp&#233;tences techniques, influencent notre philosophie du monde. Du moins, elles devraient le faire. La vulgarisation scientifique touche un large public, mais la philosophie tir&#233;e des sciences est peu diffus&#233;e. La pens&#233;e scientifique a profond&#233;ment chang&#233;, m&#234;me si le grand public, inond&#233; d'informations techniques, l'ignore souvent. La science actuelle n'est plus fond&#233;e sur des objets fixes, ni sur un ordre fig&#233;, mais sur l'organisation spontan&#233;e du d&#233;sordre d'un grand nombre d'&#233;l&#233;ments interagissant. La mati&#232;re n'est plus con&#231;ue comme une masse inerte, mais comme le produit d'une dynamique collective extraordinairement agit&#233;e. Renversement brutal des structures, la r&#233;volution est un processus de construction, par l'organisation spontan&#233;e des agitations sous-jacentes, de structures nouvelles, dites &#233;mergentes. La compr&#233;hension de ce m&#233;canisme r&#233;volutionnaire, qui caract&#233;rise les ph&#233;nom&#232;nes historiques, n'est pas &#233;vidente, ne d&#233;coule pas directement de l'observation, et n&#233;cessite un effort de conceptualisation philosophique. Les anciennes oppositions diam&#233;trales entre mati&#232;re inerte et vivante, entre vie et mort, entre ordre et d&#233;sordre, entre destruction et construction, entre hasard et n&#233;cessit&#233;, sont d&#233;sormais caduques. D&#233;passant ces anciennes dichotomies, la nouvelle philosophie scientifique reconna&#238;t l'interp&#233;n&#233;tration entre d&#233;terminisme et contingence, entre lois et d&#233;sordre, entre singularit&#233;s et universalit&#233;, entre atomisme et vitalisme, et entre mat&#233;rialisme et cr&#233;ation. Concevoir la dynamique, la t&#226;che est rude, mais les &#233;l&#233;ments sont fournis par les sciences elles-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;flexion sur le processus actif de la nature, sur les rythmes de son mouvement historique, est porteuse d'un mode de pens&#233;e qui est indispensable, autant en sciences que pour l'&#233;tude de la soci&#233;t&#233; humaine. La capacit&#233; des opprim&#233;s de construire leur pouvoir d&#233;pend avant tout de leur exp&#233;rience politique, de leur participation, active, organis&#233;e et consciente &#224; leurs propres luttes. Une classe n'est pas seulement constitu&#233;e d'hommes ayant des int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels. C'est d'abord une conscience, faite d'&#233;checs, d'espoirs, de tentatives, de virtualit&#233;s, d'id&#233;es et de potentialit&#233;s. Le m&#233;canisme d'&#233;mergence de la conscience de classe et le fonctionnement dynamique de la mati&#232;re, sans cesse transform&#233;e par l'interaction entre virtuel et r&#233;el, entre destruction et construction, en permanence en r&#233;volution, sont du m&#234;me type.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La compr&#233;hension de la r&#233;volution est d'une importance capitale pour la pens&#233;e scientifique comme pour l'action politique et sociale. Elle est particuli&#232;rement n&#233;cessaire au mouvement ouvrier, victime des id&#233;ologies de l'ordre et de la r&#233;forme, d&#233;fenseurs de la continuit&#233; de l'Etat. L'a priori du continu, pr&#233;jug&#233; opposant progr&#232;s et changement brutal, est largement propag&#233;, par les scientifiques comme par les courants politiques et sociaux, sociaux-d&#233;mocrates, associatifs, &#233;cologistes, alter-mondialistes, syndicalistes ou staliniens. L'id&#233;e du r&#244;le central de la classe travailleuse pour changer radicalement le cours de la soci&#233;t&#233; humaine est fortement combattue. La conscience de la classe opprim&#233;e d&#233;pend en premier de sa compr&#233;hension de ses capacit&#233;s &#224; transformer le monde. La signification de la soci&#233;t&#233; &#224; construire est aujourd'hui alt&#233;r&#233;e. La r&#233;volution, incomprise, est souvent rejet&#233;e. La rencontre des id&#233;es communistes vivantes et du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire reste le principal danger mortel pour les exploiteurs et la seule perspective d'avenir pour les exploit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte est soumis &#224; la r&#233;flexion, &#224; la critique de tous. Il peut &#234;tre librement cit&#233;, &#233;dit&#233; et traduit. Aucun copyright pour aucun pays. Envoyez toute observation et critique aux auteurs Robert Paris et Tiekoura Levi hamed.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La Commune de Paris (1871) est la premi&#232;re tentative de la r&#233;volution prol&#233;tarienne pour briser la machine d'Etat bourgeoise. Elle est la forme politique enfin trouv&#233;e par quoi l'on peut et l'on doit remplacer ce qui a &#233;t&#233; bris&#233;.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous voulez v&#233;rifier que la Commune de Paris n'&#233;tait pas un pouvoir politique comme les autres. Alors, lisez cette affiche :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Texte de l'affiche appos&#233;e avant l'&#233;lection de la Commune de Paris :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Citoyens,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne perdez pas de vue que les hommes qui vous serviront le mieux sont ceux que vous choisirez parmi vous, vivant votre vie, souffrant des m&#234;mes maux. D&#233;fiez-vous autant des ambitieux que des parvenus ; les uns comme les autres ne consultent que leur propre int&#233;r&#234;t et finissent toujours par se consid&#233;rer comme indispensables. D&#233;fiez-vous &#233;galement des parleurs, incapables de passer &#224; l'action ; ils sacrifieront tout &#224; un beau discours, &#224; un effet oratoire ou &#224; mot spirituel. Evitez &#233;galement ceux que la fortune a trop favoris&#233;s, car trop rarement celui qui poss&#232;de la fortune est dispos&#233; &#224; regarder le travailleur comme un fr&#232;re. Enfin, cherchez des hommes aux convictions sinc&#232;res, des hommes du peuple, r&#233;solus, actifs, ayant un sens droit et une honn&#234;tet&#233; reconnue. Portez vos pr&#233;f&#233;rences sur ceux qui ne brigueront pas vos suffrages ; le v&#233;ritable m&#233;rite est modeste, et c'est aux &#233;lecteurs &#224; choisir leurs hommes, et non &#224; ceux-ci de se pr&#233;senter. Citoyens, Nous sommes convaincus que si vous tenez compte de ces observations, vous aurez enfin inaugur&#233; la v&#233;ritable repr&#233;sentation populaire, vous aurez trouv&#233; des mandataires qui ne se consid&#232;rent jamais comme vos ma&#238;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Comit&#233; Central de la Garde Nationale &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Comit&#233; central de la Garde nationale, install&#233; &#224; l'H&#244;tel de Ville depuis la soir&#233;e du 18 mars, pr&#233;cise, dans son appel du 22 mars aux &#233;lecteurs, sa conception de la d&#233;mocratie : &#8221; Les membres de l'assembl&#233;e municipale, sans cesse contr&#244;l&#233;s, surveill&#233;s, discut&#233;s par l'opinion, sont r&#233;vocables, comptables et responsables. &#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce que confirme la Commune &#233;lue dans son Journal officiel du 21 mars 1871 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#8221; Les prol&#233;taires de la capitale, au milieu des d&#233;faillances et des trahisons des classes gouvernantes, ont compris que l'heure &#233;tait arriv&#233;e pour eux de sauver la situation en prenant en main la direction des affaires publiques. &#8221;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Friedrich Engels &#233;crivait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le philistin social-d&#233;mocrate a une fois de plus &#233;t&#233; envahi par une terrible frayeur &#224; la prononciation des mots &#168;dictature du prol&#233;tariat&#168;. Eh bien, messieurs, voulez-vous savoir &#224; quoi ressemble cette dictature ? Regardez la Commune de Paris, c'&#233;tait cela la dictature du prol&#233;tariat. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ce que nous voulons et ... ce dont nous ne voulons plus&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Les ouvriers n'ont pas de patrie. (...) Abolissez l'exploitation de l'homme par l'homme, et vous abolirez l'exploitation d'une nation par une autre nation. (...) Que les classes dominantes tremblent devant une r&#233;volution communiste. Les prol&#233;taires n'ont rien &#224; y perdre que leurs cha&#238;nes. Ils ont un monde &#224; gagner. Prol&#233;taires de tous les pays, unissez-vous !&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx (1848), Le Manifeste communiste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Nous nous assignons comme but final la suppression de l'&#201;tat, c'est-&#224;-dire de toute violence organis&#233;e et syst&#233;matique, de toute violence exerc&#233;e sur les hommes, en g&#233;n&#233;ral. Nous n'attendons pas l'av&#232;nement d'un ordre social o&#249; le principe de la soumission de la minorit&#233; &#224; la majorit&#233; ne serait pas observ&#233;. Mais, aspirant au socialisme, nous sommes convaincus que dans son &#233;volution il aboutira au communisme et que, par suite, dispara&#238;tra toute n&#233;cessit&#233; de recourir en g&#233;n&#233;ral &#224; la violence contre les hommes, toute n&#233;cessit&#233; de la soumission d'un homme &#224; un autre, d'une partie de la population &#224; une autre ; car les hommes s'habitueront &#224; observer les conditions &#233;l&#233;mentaires de la vie en soci&#233;t&#233;, sans violence et sans soumission.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat et la R&#233;volution (1917), L&#233;nine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Comprendre clairement la nature sociale de la soci&#233;t&#233; moderne, de son Etat, de son droit, de son id&#233;ologie constitue le fondement th&#233;orique de la politique r&#233;volutionnaire. La bourgeoisie op&#232;re par abstraction (&#171; nation &#187;, &#171; patrie &#187;, &#171; d&#233;mocratie &#187;) pour camoufler l'exploitation qui est &#224; la base de sa domination. (&#8230;) Le premier acte de la politique r&#233;volutionnaire consiste &#224; d&#233;masquer les fictions bourgeoises qui intoxiquent les masses populaires. Ces fictions deviennent particuli&#232;rement malfaisantes quand elles s'amalgament avec les id&#233;es de &#171; socialisme &#187; et de &#171; r&#233;volution &#187;. Aujourd'hui plus qu'&#224; n'importe quel moment, ce sont les fabricants de ce genre d'amalgames qui donnent le ton dans les organisations ouvri&#232;res fran&#231;aises. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extraits de L&#233;on Trotsky dans &#171; La France &#224; un tournant &#187; (28 mars 1936)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'oppos&#233; de tous les responsables politiques, dirigeants religieux, chefs militaires et autres d&#233;magogues qui veulent cacher leur engagement aux c&#244;t&#233;s des classes exploiteuses et du syst&#232;me d'exploitation sous un verbiage mensonger, nous ne revendiquons jamais la neutralit&#233;, la pr&#233;tendue objectivit&#233;, l'&#233;galit&#233; des points de vue, la pr&#233;tention mensong&#232;re de trouver un terrain d'entente entre des classes, oppresseurs et opprim&#233;s, qui ont des int&#233;r&#234;ts diam&#233;tralement oppos&#233;s. La classe dont nous nous revendiquons est celle des opprim&#233;s, c'est-&#224;-dire des ouvriers, des salari&#233;s, des travailleurs des villes et des champs, y compris les ch&#244;meurs, les petits boulots, les m&#233;nag&#232;res, les jeunes r&#233;volt&#233;s par le syst&#232;me. Nous l'appelons le prol&#233;tariat. C'est, selon nous, la classe qui est amen&#233;e &#224; remplacer &#224; la t&#234;te du monde la classe capitaliste dont le r&#232;gne est termin&#233;. Clart&#233; et courage, voil&#224; o&#249; se situent l'audace de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CE QUE NOUS VOULONS :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ORGANISATION DE LA SOCI&#201;T&#201; PAR LES EXPLOITES EUX-M&#202;MES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que nous voulons :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Nous instruire des luttes du pass&#233; afin que ces combats des opprim&#233;s n'aient pas eu lieu inutilement et pour que ceux de demain ne tombent pas dans les m&#234;mes pi&#232;ges ou les m&#234;mes erreurs. Notre &#233;tude de l'histoire n'a rien de scolaire. Nous consid&#233;rons que ces combats sont les n&#244;tres m&#234;me s'ils n'ont pas eu lieu dans &#034;notre&#034; pays ni &#224; notre &#233;poque : qu'il s'agisse des travailleurs de la Commune de Paris en 1871, des travailleurs r&#233;volutionnaires russes de 1917, des travailleurs chinois de 1925-27, ou, plus pr&#232;s de nous, des travailleurs alg&#233;riens de 1945, des travailleurs vietnamiens de 1946, des travailleurs malgaches de 1947, des &#034;bouts de bois de dieu&#034; africains de 1947, des travailleurs boliviens de 1952, des travailleurs hongrois de 1956, des noirs am&#233;ricains de 1964, des travailleurs tch&#233;coslovaques de 1968, des travailleurs chiliens de 1973, des travailleurs libanais de 1975, des travailleurs iraniens de 1979, etc, etc ... Ce pass&#233; de luttes r&#233;volutionnaires de la classe ouvri&#232;re et de tous les prol&#233;taires doit &#233;clairer notre chemin. La classe ouvri&#232;re vit et se bat tous les jours et ces luttes ne sont pas &#224; minimiser, mais il ne faut pas non plus effacer les &#233;clairs impressionnants que sont les soul&#232;vements r&#233;volutionnaires des masses, &#233;pisodes rares mais tr&#232;s &#233;clairants des capacit&#233;s des opprim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; D&#233;velopper la compr&#233;hension des causes des oppressions que conna&#238;t la plan&#232;te et de la situation de plus en plus catastrophique actuelle pour les masses populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Rendre clair que la base premi&#232;re du maintien de l'oppression sous toutes ses formes et dans toutes les r&#233;gions du monde est la division entre une classe d'exploiteurs poss&#233;dant tous les moyens de production et tous les capitaux et une classe d'exploit&#233;s n'en poss&#233;dant aucun, la mainmise des exploiteurs sur la totalit&#233; du pouvoir politique et sur les Etats (arm&#233;e, police, justice, gouvernement, administration, diplomatie, parlements, etc). Enfin, la mainmise de la bourgeoisie la plus riche sur l'ensemble du monde par des moyens &#233;conomiques, financiers, politiques et militaires : l'imp&#233;rialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Soutenir tous les efforts permettant de faire progresser la conscience des exploit&#233;s et de tous ceux qui se consid&#232;rent dans leur camp contre l'exploitation et en particulier la conscience de leurs int&#233;r&#234;ts communs et de leur capacit&#233; &#224; diriger le monde de demain. Cette conscience n&#233;cessite le combat contre toutes les formes de division, de m&#233;pris, de rejet qu'ils soient fond&#233;s sur le sexe, la nationalit&#233;, la r&#233;gion, l'ethnie, la religion, les origines, la race, la couleur de la peau, l'&#226;ge&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Faire en sorte que la lutte des opprim&#233;s et des exploit&#233;s m&#232;ne &#224; des succ&#232;s et permette &#224; ces derniers de prendre confiance en leurs capacit&#233; de s'unir, de s'organiser et, demain, de d&#233;finir de nouvelles bases &#224; la soci&#233;t&#233; en la dirigeant par eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Combattre les illusions r&#233;formistes qui cherchent &#224; faire croire en la possibilit&#233; d'am&#233;liorer le monde actuel sans changement radical dans lequel les opprim&#233;s enl&#232;vent le pouvoir &#224; la classe dominante pour le prendre eux-m&#234;mes en mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Refuser toutes les id&#233;ologies fatalistes selon lesquelles l'homme est fait pour souffrir sur la terre et la classe dominante est faite pour dominer, la classe opprim&#233;e faite pour &#234;tre exploit&#233;e, et aussi tous les fatalismes sociaux selon lesquels les exploit&#233;s sont incapables de savoir diriger la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; R&#233;cuser l'id&#233;e fausse selon laquelle le monde capitaliste est le seul monde possible et qui pr&#233;tend que l'effondrement du stalinisme aurait d&#233;montr&#233; l'impossibilit&#233; du pouvoir communiste des travailleurs. Rappeler ainsi que le stalinisme ne s'est pas d&#233;velopp&#233; contre le capitalisme mais, au contraire, sur la base de l'&#233;chec de la tentative r&#233;volutionnaire et audacieuse des travailleurs russes et europ&#233;ens en 1917-1920.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Permettre aux travailleurs, aux jeunes, &#224; tous ceux qui se placent aux c&#244;t&#233;s de la r&#233;volution d'acc&#233;der aux connaissances indispensables &#224; la r&#233;volution, sur tous les plans : politique, social, &#233;conomique, philosophique et scientifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Aider &#224; la construction d'organisations des travailleurs communistes et r&#233;volutionnaires, qui soient regroup&#233;es pour mener le combat dans le monde entier, qui se donnent comme objectif la fin d&#233;finitive du syst&#232;me d'exploitation &#224; l'&#233;chelle mondiale et son remplacement par une soci&#233;t&#233; fond&#233;e sur la satisfaction des besoins individuels et collectifs des peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Rendre clair le fait que ces objectifs socialistes et communistes n'ont rien &#224; voir avec les caricatures anti-ouvri&#232;res que sont et qu'ont &#233;t&#233; les partis social-d&#233;mocrates et staliniens et les r&#233;gimes qu'ils dirigent et ont dirig&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Faire en sorte qu'au cours de leurs luttes actuelles, m&#234;me celles qui ont une ampleur et des objectifs limit&#233;e, les exploit&#233;s, les salari&#233;s, les prol&#233;taires et les jeunes acqui&#232;rent le maximum de conscience des n&#233;cessit&#233;s de la soci&#233;t&#233; et de leur capacit&#233; &#224; s'organiser en vue d'atteindre leurs objectifs. Apprendre des luttes n&#233;cessite que les exploit&#233;s et les jeunes s'organisent eux-m&#234;mes ce que la plupart des bureaucraties syndicales et des directions politiques ne souhaitent pas, d&#233;sirant garder la mainmise sur les mouvements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#338;uvrer afin que les travailleurs les plus conscients comprennent que la lutte des classes est le moteur de l'histoire de la soci&#233;t&#233; humaine et qu'ils ne doivent pas craindre de d&#233;fendre des int&#233;r&#234;ts de classe car la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts des opprim&#233;s rejoint les int&#233;r&#234;ts de toute l'humanit&#233;. Instruire les travailleurs de leurs t&#226;ches visant &#224; la lib&#233;ration de l'ensemble de l'humanit&#233; n&#233;cessite que la conscience de classe se d&#233;tache du magma que constitue l'opinion : esprit dit &#171; citoyen &#187;, conscience nationale, ethnique, culturelle, traditions, int&#233;r&#234;ts corporatifs, conceptions r&#233;gionales, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Nous efforcer que les travailleurs soient instruits du r&#244;le de l'Etat bourgeois au service de la classe dirigeante. M&#234;me quand cet Etat semble respecter quelques r&#232;gles d&#233;mocratiques, il n'est rien d'autre qu'un instrument de guerre au service de la classe dirigeante et contre les exploit&#233;s. La d&#233;mocratisation de cet Etat ne peut qu'&#234;tre une tromperie. L'existence d'&#233;lections, leur soi-disant transparence, le droit de vote g&#233;n&#233;ral, ne change rien &#224; un fait fondamental : tant que le pouvoir &#233;conomique appartient &#224; quelques personnes d'une seule classe dominante, tant que les travailleurs ne sont pas organis&#233;s afin de prendre les d&#233;cisions, aucun pouvoir d'Etat ne peut &#234;tre autre chose qu'un mode de domination politique de la classe dirigeante. L'objectif de toute lutte radicale des opprim&#233;s doit &#234;tre clairement la destruction d&#233;finitive et compl&#232;te de l'Etat bourgeois et tout particuli&#232;rement son arm&#233;e, sa police, sa justice, ses assembl&#233;es bourgeoises, son administration. l'Etat que mettront en place les travailleurs, les prol&#233;taires avec la population pauvre n'aura rien &#224; voir avec l'ancien Etat bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Faire en sorte que les travailleurs aient conscience que les horreurs des guerres, des guerres civiles, des conflits ethniques ou religieux sont directement dues au fait que des dirigeants bourgeois et petits-bourgeois ont pris la t&#234;te des m&#233;contentements des milieux populaires. C'est aux travailleurs de prendre la t&#234;te de toutes les couches sociales opprim&#233;es car eux et eux seuls sont capable de donner une orientation &#224; la lutte vers la fondation d'une soci&#233;t&#233; d'o&#249; sera bannie d&#233;finitivement l'exploitation de l'homme par l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Agir afin que les travailleurs suscitent en leur propre sein la formation de militants et de dirigeants capables de donner cette orientation &#224; leur combat et de le mener &#224; la victoire en s'instruisant soigneusement des lois sociales et politiques. Ces militants devront viser &#224; former une organisation qui ne cherche pas &#224; d&#233;fendre ses propres int&#233;r&#234;ts de groupe mais les int&#233;r&#234;ts g&#233;n&#233;raux des opprim&#233;s. Elle ne vise pas &#224; prendre une place dans l'ordre social existant. Elle ne cherche pas &#224; remplacer les gouvernements en place par des hommes &#224; elle. Elle vise au renversement par les travailleurs eux-m&#234;mes de tout l'ordre social et politique. Elle est donc bien diff&#233;rente de la plupart des organisations politiques et syndicales qui ne veulent que gagner des positions au sein de la soci&#233;t&#233; actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Faire en sorte que les travailleurs ne se laissent pas tromper par des politiciens bourgeois professionnels tenant un langage de gauche, par des d&#233;magogues, militaires ou religieux, apparemment radicaux. Ils ne doivent donner aucune confiance &#224; tous ceux qui pr&#233;tendent que les travailleurs ne devraient pas s'organiser eux-m&#234;mes, sous pr&#233;texte de ne pas diviser la lutte. Ils ne doivent nullement accorder leur confiance &#224; tous ceux qui disent &#234;tre capables d'am&#233;liorer la situation sans l'intervention des travailleurs par la lutte de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Agir pour que les travailleurs et les jeunes aient conscience que leur combat d&#233;passe les fronti&#232;res nationales et que les luttes de leurs fr&#232;res du reste du monde font partie du m&#234;me combat que le leur. Ceux qui leur disent que leur combat est national, que tous les nationaux sont leurs fr&#232;res, qu'ils ne doivent pas &#233;tudier les luttes des autres pays car ce ne serait pas la m&#234;me situation, sont de faux fr&#232;res. Il n'y a qu'une plan&#232;te. Il n'y a qu'un syst&#232;me capitaliste qui domine le monde, m&#234;me si celui-ci a produit des situations sociales et politiques tr&#232;s diverses du fait notamment du partage mondial du travail par les imp&#233;rialistes. Nous ne pourrons gagner qu'en abattant le capitalisme et l'imp&#233;rialisme et cela n'est possible qu'&#224; l'&#233;chelle internationale. C'est indispensable si nous ne voulons pas retomber dans les travers des nationalismes, les illusions des ind&#233;pendances, les tromperies du r&#233;formisme et celles du stalinisme. Dans les fronti&#232;res nationales, il n'est pas possible de b&#226;tir une soci&#233;t&#233; plus juste que le capitalisme. La crise du capitalisme ne fait que rappeler que c'est &#224; l'&#233;chelle mondiale que se pose le probl&#232;me et que c'est &#224; cette &#233;chelle qu'il faut le r&#233;soudre. La seule classe qui existe partout dans le monde, qui a la possibilit&#233; de s'unir au niveau international, c'est la classe des travailleurs, des ch&#244;meurs et de tous les opprim&#233;s. Il faut qu'au cours de la lutte, elle prenne le pouvoir en d&#233;truisant le pouvoir des classes dirigeantes. Pour cela, elle devra d&#233;truire tous les organismes que les classes dirigeantes ont mis en place pour opprimer la majorit&#233; de la population et, en particulier, il faut qu'elle d&#233;sarme les classes dominantes, en enlevant aux officiers la mainmise sur les soldats. Le pouvoir aux travailleurs est indispensable pour &#244;ter aux exploiteurs leur capacit&#233; de tuer, de soumettre et donc de maintenir le r&#233;gime d'exploitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Faire savoir que la soci&#233;t&#233; capitaliste est arriv&#233;e &#224; une limite qu'elle ne pourra franchir , qu'elle est incapable de se r&#233;former et que les travailleurs devront en finir avec ce syst&#232;me pour lib&#233;rer tous les opprim&#233;s. Quand l'Histoire arrive &#224; un point o&#249; les oppresseurs eux-m&#234;mes ne voient plus comment diriger la soci&#233;t&#233; il arrive ce qui s'est pass&#233; en 1789 en France : la r&#233;volution sociale et le renversement de l'ancienne classe dirigeante. C'est la seule mani&#232;re de d&#233;passer la crise actuelle en faisant en sorte que l'Humanit&#233; continue d'aller de l'avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Faire connaitre les id&#233;es v&#233;ritablement socialistes et communistes que certains militants ont d&#233;fendu durant toute leur existence : des r&#233;volutionnaires comme Auguste Blanqui, Karl Marx, Friedrich Engels, L&#233;nine, Rosa Luxemburg et L&#233;on Trotsky. Mettre en avant leur combat et &#233;tudier leurs &#233;crits ne signifie pas, contrairement &#224; la m&#233;thode stalinienne ou mao&#239;ste, fabriquer une id&#233;ologie de type religieux mais &#233;tudier le monde de mani&#232;re scientifique en vue de le comprendre et de le transformer. Nous ne renions pas les id&#233;es r&#233;volutionnaires sous pr&#233;texte qu'elles seraient anciennes, mais nous ne les consid&#233;rons pas comme des &#233;crits bibliques et nous ne consid&#233;rons pas les anciens dirigeants r&#233;volutionnaires comme des proph&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Construire une organisation, capable de donner un point de vue prol&#233;tarien sur les situations, d'intervenir dans les gr&#232;ves et des mouvements sociaux, de leur donner un caract&#232;re de classe et non corporatiste contrairement &#224; ce que font en ce moment les syndicats, d'aider les travailleurs &#224; mettre en place des formes d'organisation ind&#233;pendantes des travailleurs, doit rester une pr&#233;occupation centrale des militants r&#233;volutionnaires. Effectivement, nous n'avons pas d'int&#233;r&#234;ts de boutique &#224; d&#233;fendre, ni &#224; d&#233;velopper un esprit ferm&#233; de groupe, mais seulement &#224; regrouper des travailleurs et des jeunes sur ma base des id&#233;es communistes, r&#233;volutionnaires, et internationalistes ! La concurrence de boutique entre les diff&#233;rents groupes d'extr&#234;me gauche existants reste l'un des obstacles &#224; franchir. Mais le principal obstacle reste le manque d'audace r&#233;volutionnaire de ces groupes qui pr&#233;f&#232;rent accompagner les illusions des travailleurs ou de la population, craignant de s'en isoler, au lieu de se faire les portes-voix d'un prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire pour le moment tr&#232;s minoritaire mais qui a des perspectives claires &#224; offrir. Bien s&#251;r, le d&#233;bat avec les militants de ces groupes doit continuer mais la divergence sur le r&#244;le des organisations et sur la capacit&#233; de la classe ouvri&#232;re est fondamentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EN R&#201;SUME, NOUS VOULONS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; que les opprim&#233;s n'aient confiance qu'en leur propre force et en leur capacit&#233; de diriger la soci&#233;t&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; que les travailleurs et tous les exploit&#233;s m&#232;nent une r&#233;volution socialiste pour en finir avec la dictature des capitalistes sur le monde&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; que la r&#233;volution socialiste l'emporte sur la barbarie capitaliste et m&#232;ne au pouvoir aux travailleurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;L'&#233;mancipation des ouvriers ne peut &#234;tre l'oeuvre que des ouvriers eux-m&#234;mes. Il n'y a donc pas de plus grand crime que de tromper les masses, de faire passer des d&#233;faites pour des victoires, des amis pour des ennemis, d'acheter des chefs, de fabriquer des l&#233;gendes, de monter des proc&#232;s d'imposture, &#8212; de faire en un mot ce que font les staliniens. Ces moyens ne peuvent servir qu'&#224; une fin : prolonger la domination d'une coterie d&#233;j&#224; condamn&#233;e par l'histoire. Ils ne peuvent pas servir &#224; l'&#233;mancipation des masses. Voil&#224; pourquoi la IVe Internationale soutient contre le stalinisme une lutte &#224; mort.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky dans &#034;Leur morale et la n&#244;tre&#034;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ce dont nous ne voulons plus :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Qu'une classe exploiteuse monopolise les moyens de production, les capitaux et impose au reste de la population de se faire exploiter pour vivre, que cette classe dominante se permette de s'arroger le droit de d&#233;cider de la vie et de la mort du reste de la population en la jetant dans la mis&#232;re, en la r&#233;primant ou en la licenciant, parce qu'elle d&#233;tient en plus le monopole du pouvoir politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Que le capitalisme soit pr&#233;sent&#233; comme le seul moyen de d&#233;velopper l'&#233;conomie, d'enrichir un pays, alors qu'aujourd'hui l'&#233;poque o&#249; le capitalisme d&#233;veloppait le monde est depuis longtemps r&#233;volue. M&#234;me aux USA, le capitalisme ne d&#233;veloppe plus que la mis&#232;re. Nous ne voulons plus qu'on nous affirme qu'une autre soci&#233;t&#233; n'est pas possible. Il y a eu bien de soci&#233;t&#233;s humaines avant le capitalisme et il y en aura d'autres apr&#232;s. Les travailleurs sont indispensables au capitalisme et il craint leurs r&#233;volutions mais le capitalisme n'est pas indispensable aux travailleurs. Ils peuvent fonder, sur la base des techniques modernes, une soci&#233;t&#233; bien plus humaine fond&#233;e sur la satisfaction des besoins des hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Que la classe exploit&#233;e se voie refuser ce qui est n&#233;cessaire pour vivre correctement et aussi le droit de s'organiser politiquement, syndicalement et localement pour d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts et ceux de la population des quartiers populaires, que les travailleurs, la jeunesse et les milieux pauvres se voient interdire de donner leurs avis sur tous les sujets qui concernent la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Que la classe exploit&#233;e soit opprim&#233;e &#233;galement de mille mani&#232;res, en fonction du sexe, de la r&#233;gion, de la religion, des origines ou de la couleur de la peau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Que l'Etat soit au service des exploiteurs, de toutes les mani&#232;res possibles, en faisant intervenir ses forces de l'ordre (police, arm&#233;e, justice, administration) contre les travailleurs et pour les exploiteurs, qu'il prenne toutes les d&#233;cisions en fonction des seuls int&#233;r&#234;ts des riches et des puissants, en servant le syst&#232;me qui domine le monde, le syst&#232;me capitaliste, lui-m&#234;me enti&#232;rement d&#233;termin&#233; par les int&#233;r&#234;ts du grand capital qui ne s'enrichit que de l'exploitation des travailleurs du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Que la d&#233;mocratie soit confondue avec la pseudo-d&#233;mocratie bourgeoise. La d&#233;mocratie dont les travailleurs et les peuples ont besoin n&#233;cessite qu'ils puissent se r&#233;unir librement pour discuter de leurs probl&#232;mes et se donner les moyens de les r&#233;soudre, notamment en organisant des luttes, mais aussi en d&#233;cidant d&#233;finitivement d'organiser eux-m&#234;mes le fonctionnement social en le retirant des mains des exploiteurs. Il ne s'agit pas du seul droit de vote dans les institutions bourgeoises (parlements, pr&#233;sidence) mais du droit de d&#233;cider des choix &#224; tous les niveau : local, r&#233;gional, national, aussi bien au plan &#233;conomique, social et politique. Il s'agit de retirer aux forces arm&#233;es leurs armes et leur organisation et donc la possibilit&#233; de prendre le pouvoir &#224; tout moment en faisant un coup d'&#233;tat ou d'intervenir pour &#233;craser les mobilisations des masses. Il s'agit de retirer aux classes poss&#233;dantes leur mainmise sur toute l'organisation de la soci&#233;t&#233; en ne leur permettant plus de garder pour elles le pouvoir social, politique, m&#233;diatique, militaire ou juridique. Il n'y aura jamais de d&#233;mocratie l&#224; o&#249; les besoins des masses populaires ne sont pas satisfaits. Il n'y aura jamais de d&#233;mocratie l&#224; o&#249; un patron peut jeter &#224; la rue mille salari&#233;s. Il n'y aura jamais de d&#233;mocratie l&#224; o&#249; une arm&#233;e peut prendre en otage une population en instaurant la dictature. Il n'y aura jamais de d&#233;mocratie l&#224; o&#249; les g&#233;n&#233;raux, les commissaires, les patrons, les hauts fonctionnaires n'ont aucun compte &#224; rendre &#224; la population. Il n'y aura jamais de d&#233;mocratie tant que les travailleurs n'auront pas pris le pouvoir politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Que le socialisme et le communisme, repr&#233;sent&#233;s notamment par les efforts des travailleurs fran&#231;ais en 1871 lors de la Commune de Paris et par ceux des travailleurs russes et europ&#233;ens lors de la r&#233;volution de 1917-1920, soient confondus avec des r&#233;gimes dictatoriaux sous l'&#233;gide de Staline, Mao, Castro, Kim Il Sung, et autres Pol Pot. Il n'y a pas plus de communisme dans le stalinisme, qui a &#233;t&#233; le principal soutien de l'imp&#233;rialisme en l'aidant &#224; &#233;craser les r&#233;volutions prol&#233;tariennes, que de socialisme dans l'indien Nehru, dans la social-d&#233;mocratie de Mitterrand, Blair et Schroeder. Le parti unique, le syndicat unique, le &#171; socialisme dans un seul pays &#187;, le r&#233;gime policier o&#249; les travailleurs n'ont aucun droit, n'ont rien &#224; voir avec l'Etat-Commune comme l'appelait L&#233;nine et que d&#233;fendait Trotsky contre les staliniens. Le socialisme et le communisme, soci&#233;t&#233;s o&#249; les plus larges masses ont un acc&#232;s direct &#224; toutes les d&#233;cisions, &#224; tous les niveaux, n'a rien de commun avec le centralisme policier du stalinisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Que le r&#233;formisme soit confondu avec la transformation n&#233;cessaire de la soci&#233;t&#233;. Il ne fait que diffuser des mensonges en cherchant &#224; faire croire que l'on peut &#233;viter la r&#233;volution sociale. Il est indispensable qu'il soit clairement dit que sont des menteurs dangereux tous les dirigeants politiques qui pr&#233;tendent que l'on peut arranger ensemble l'int&#233;r&#234;t des exploiteurs et celui des exploit&#233;s, que la lutte des classes est due &#224; une incompr&#233;hension qui peut se r&#233;soudre dans un dialogue, que les riches et les pauvres d'un m&#234;me pays sont du m&#234;me camp, que le nationalisme d&#233;fend les int&#233;r&#234;ts des peuples, que le capitalisme ne doit pas &#234;tre renvers&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Que la d&#233;mocratie soit pr&#233;sent&#233;e comme une solution suffisante parce qu'il y a des d&#233;mocraties bourgeoises et des d&#233;mocraties prol&#233;tariennes, ce qui est tr&#232;s diff&#233;rent. Nous ne d&#233;fendons qu'une seule sorte de d&#233;mocratie : le pouvoir de tous ceux qui ne vivent que de leur travail sans exploiter personne. Nous ne d&#233;fendons qu'une seule soci&#233;t&#233; d'avenir : celle o&#249; il n'y aura plus de classes, plus d'exploiteurs, plus d'oppression et plus d'Etat parce qu'il n'y aura plus besoin de diviser les peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'acceptons pas la logique destructrice du capitalisme en crise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patrons et gouvernants nous baratinent. Les chefs d'Etat pr&#233;tendent nous sortir de la crise en inondant le monde de milliers de milliards qu'ils tirent des caisses des Etats et des banques centrales. Chaque mois, ils en balancent d'autres. Sarkozy annonce encore dix milliards et demi pour les banques et d'autres milliards pour les capitalistes, notamment ceux de l'Automobile. Malgr&#233; cela, le capital priv&#233; refuse de reprendre ses investissements. Les banques refusent de reprendre leurs cr&#233;dits. Les industriels, comme ceux de l'Automobile, d&#233;clarent manquer de capital et d&#233;sinvestissent, supprimant massivement des emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le grand capital refuse de croire &#224; l'avenir du capitalisme. Pourquoi les travailleurs devraient-ils &#234;tre les seuls &#224; se fier au syst&#232;me, &#224; en accepter les r&#232;gles ? Pourquoi accepteraient-ils le chantage : pas de travail &#233;gale pas d'emploi ? Pourquoi accepteraient-ils d'&#234;tre licenci&#233;s comme les mille int&#233;rimaires de Renault-Flins, les 900 de PSA Sochaux, ou les 1200 prestataires renvoy&#233;s de Renault-Guyancourt ? Pourquoi devraient-ils attendre comme une catastrophe in&#233;vitable des fermetures et des licenciements comme &#224; Renault et PSA ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, comment se d&#233;fendre s'il s'agit d'une crise mondiale, demandent les salari&#233;s ? C'est comme si une fatalit&#233; s'abattait sur nous, disent-ils. C'est comme le froid : il faut attendre que &#231;a passe en se prot&#233;geant tant bien que mal. C'est faux. Le printemps ne suivra pas l'hiver du capitalisme. Car il ne s'agit pas d'un refroidissement passager. Les milliers de milliards jet&#233;s par les Etats ne peuvent pas restaurer la rentabilit&#233; du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme a atteint ses limites. Ses capitalistes n'ont jamais &#233;t&#233; aussi riches. Mais, justement, c'est l&#224; qu'est la cause de la crise. Le capitalisme, ne trouvant pas assez d'investissements rentables, ne peut que s'effondrer. Et nous, travailleurs, n'avons pas int&#233;r&#234;t &#224; rester les bras ballants dans une maison qui s'effondre. Les d&#233;penses mirifiques des Etats ne peuvent, en retardant un peu cet effondrement, qu'aggraver la situation des travailleurs. Ils m&#232;nent notamment &#224; la suppression des emplois publics, &#224; la d&#233;gradation de l'h&#244;pital public, des chemins de fer, de la poste et de l'&#233;lectricit&#233;. Les subsides d'Etat n'emp&#234;cheront pas les entreprises b&#233;n&#233;ficiaires de ces sommes de licencier ou d'imposer du ch&#244;mage partiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il n'y a rien de bon &#224; attendre des Etats et des patrons, les travailleurs ne doivent s'en remettre qu'&#224; eux-m&#234;mes pour se d&#233;fendre dans la crise. Pour cela, il ne faut plus accepter la logique et les lois d'un capitalisme qui se propose de d&#233;truire nos emplois, nos logements, notre sant&#233;, nos vies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus question d'admettre qu'un patron d&#233;clare que les caisses de l'entreprise sont vides. Il faut prendre sur ses revenus et biens personnels. Plus question d'admettre qu'un patron nous dise qu'il n'y a plus de travail. Du boulot ou pas, c'est une question de choix du grand capital en fonction de la rentabilit&#233;. Ce n'est pas notre probl&#232;me. Nous exigeons, dans tous les cas, d'&#234;tre pay&#233;s. Plus question d'allocations ch&#244;mage impay&#233;es. Plus question d'&#233;lectricit&#233; coup&#233;e, de t&#233;l&#233;phone coup&#233;, de cr&#233;dits coup&#233;s, de compte ferm&#233;, d'emplois supprim&#233;s. Quand un capitaliste, un banquier, une assurance sont en difficult&#233;, la soci&#233;t&#233; trouve des milliards pour le sauver. Imposons qu'il en soit de m&#234;me quand il s'agit des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aussi en finir avec la logique des directions des centrales syndicales qui qu&#233;mandent des petits accommodements, signent des contre-r&#233;formes, divisent les luttes, les l&#226;chent en cours de route et organisent des journ&#233;es d'action sans lendemain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut unir les travailleurs pr&#233;caires, les ch&#244;meurs et ceux qui ont un emploi, les travailleurs du public et du priv&#233;, les travailleurs de l'Automobile et ceux de l'Audiovisuel, ceux de la Recherche et ceux de la Construction, ceux de l'Enseignement et ceux des grands magasins. C'est &#224; nous de d&#233;fendre notre avenir. Personne ne le fera &#224; notre place ! Il ne s'agit pas de d&#233;fendre chacun notre entreprise mais de d&#233;fendre collectivement le sort de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs, s'ils ne veulent pas subir de plein fouet le ch&#244;mage, la mis&#232;re, et aussi les dictatures et les guerres, cons&#233;quences in&#233;vitables de la crise, comme le fascisme et la guerre mondiale ont &#233;t&#233; des cons&#233;quences de la crise de 1929, doivent diriger eux-m&#234;mes leurs luttes aujourd'hui et devront diriger demain la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lectures sur la pand&#233;mie covid-19&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5943&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;A qui profite le crime Covid ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5984&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Covid-19 a bon dos !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5978&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Si Covid n'existait pas, ils l'auraient invent&#233; !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5951&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dix pr&#233;conisations cach&#233;es des gouvernants&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5880&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pand&#233;mie et effondrement &#233;conomique, lequel est la cause de l'autre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5871&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Une pand&#233;mie mondialement mortelle, est-ce bien le moment de parler de r&#233;volution et de renversement du capitalisme ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5854&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La pand&#233;mie, et apr&#232;s ?&#8230;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5826&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Que demandons-nous aux gouvernants et aux poss&#233;dants capitalistes pour faire face au coronavirus et &#224; l'effondrement &#233;conomique et financier ? Rien !!!&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5806&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le coronavirus Covid-19, grain de sable fatal &#224; la machine capitaliste ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6106&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'humanit&#233; frapp&#233;e mortellement mais c'est le grand capital qui est en soins palliatifs&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6101&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;En quelles couleurs repeindre le vaisseau qui coule, voil&#224; toute la pr&#233;occupation des r&#233;formistes politiques et syndicaux&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6092&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La mesure la plus importante face &#224; covid et &#224; l'effondrement &#233;conomique et social mondial&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6084&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La politique des classes dirigeantes gr&#226;ce &#224; Covid : faire changer la peur de camp en l'inoculant au monde du travail&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5932&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Covid : vous avez dit bizarre ?!!&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6001&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sur Covid-19, les gouvernants mentent sans arr&#234;t, ils manipulent, ils trafiquent. Oui mais pourquoi ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5995&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La surmortalit&#233; dans le monde, ce n'est pas seulement Covid mais l'effondrement du capitalisme qui d&#233;bute en 2007 !!!&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1099&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vaccins Covid, mode d'emploi pour profiter, pas pour soigner&#8230;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1065&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La s&#233;rie des dix &#171; hasards &#187; de la crise du Covid-19 alli&#233;e &#224; l'effondrement capitaliste, cela fait-il une preuve ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1103&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La politique d' &#171; immunit&#233; collective &#187;, ou tant pis pour les peuples, que les &#171; meilleurs &#187; survivent et surtout que survive la domination des capitalistes !!!&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6036&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'ordre sanitaire ne se pr&#233;occupe que de la sant&#233; du grand capital&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6014&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La confiance est morte&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6004&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pour se prot&#233;ger, le monde du travail doit gouverner lui-m&#234;me !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6011&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sous pr&#233;texte de pand&#233;mie, la d&#233;mocratie capitaliste converge, de plus en plus, avec sa dictature violente&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5986&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Covid &#224; l'h&#244;pital public&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1077&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ils pr&#233;tendent que c'est la pand&#233;mie qui licencie les travailleurs !!!&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6116&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ce n'est pas covid qui ferme Renault !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ann&#233;es 2019-2020-2021-2022-2023&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2019-01&#034;&gt;Articles, br&#232;ves et commentaires du mois de janvier 2019&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2019-02&#034;&gt;Articles, br&#232;ves et commentaires du mois de f&#233;vrier 2019&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2019-03&#034;&gt;Articles, br&#232;ves et commentaires du mois de mars 2019&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2022-04&#034;&gt;Articles, br&#232;ves et commentaires du mois d'avril 2019&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2019-05&#034;&gt;Articles, br&#232;ves et commentaires du mois de mai 2019&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2019-06&#034;&gt;Articles, br&#232;ves et commentaires du mois de juin 2019&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2019-07&#034;&gt;Articles, br&#232;ves et commentaires du mois de juillet 2019&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2019-08&#034;&gt;Articles, br&#232;ves et commentaires du mois d'ao&#251;t 2019&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2019-09&#034;&gt;Articles, br&#232;ves et commentaires du mois de septembre 2019&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2019-10&#034;&gt;Articles, br&#232;ves et commentaires du mois d'octobre 2019&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2019-11&#034;&gt;Articles, br&#232;ves et commentaires du mois de novembre 2019&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2019-12&#034;&gt;Articles, br&#232;ves et commentaires du mois de d&#233;cembre 2019&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2020-01&#034;&gt;Articles, br&#232;ves et commentaires du mois de janvier 2020&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2020-02&#034;&gt;Articles, br&#232;ves et commentaires du mois de f&#233;vrier 2020&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2020-03&#034;&gt;Articles, br&#232;ves et commentaires du mois de mars 2020&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2020-04&#034;&gt;Articles, br&#232;ves et commentaires du mois d'avril 2020&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2020-05&#034;&gt;Articles, br&#232;ves et commentaires du mois de mai 2020&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2020-06&#034;&gt;Articles, br&#232;ves et commentaires du mois de juin 2020&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2020-07&#034;&gt;Articles, br&#232;ves et commentaires du mois de juillet 2020&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2020-08&#034;&gt;Articles, br&#232;ves et commentaires du mois d'ao&#251;t 2020&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2020-09&#034;&gt;Articles, br&#232;ves et commentaires du mois de septembre 2020&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2020-10&#034;&gt;Articles, br&#232;ves et commentaires du mois d'octobre 2020&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2020-11&#034;&gt;Articles, br&#232;ves et commentaires du mois de novembre 2020&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2020-12&#034;&gt;Articles, br&#232;ves et commentaires du mois de d&#233;cembre 2020&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2021-01&#034;&gt;Articles, br&#232;ves et commentaires du mois de janvier 2021&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2021-02&#034;&gt;Articles, br&#232;ves et commentaires du mois de f&#233;vrier 2021&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2021-03&#034;&gt;Articles, br&#232;ves et commentaires du mois de mars 2021&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2021-04&#034;&gt;Articles, br&#232;ves et commentaires du mois d'avril 2021&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2021-05&#034;&gt;Articles, br&#232;ves et commentaires du mois de mai 2021&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2021-06&#034;&gt;Articles, br&#232;ves et commentaires du mois de juin 2021&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2021-07&#034;&gt;Articles, br&#232;ves et commentaires du mois de juillet 2021&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2021-08&#034;&gt;Articles, br&#232;ves et commentaires du mois d'ao&#251;t 2021&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2021-09&#034;&gt;Articles, br&#232;ves et commentaires du mois de septembre 2021&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2021-10&#034;&gt;Articles, br&#232;ves et commentaires du mois d'octobre 2021&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2021-11&#034;&gt;Articles, br&#232;ves et commentaires du mois de novembre 2021&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2021-12&#034;&gt;Articles, br&#232;ves et commentaires du mois de d&#233;cembre 2021&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2022-03&#034;&gt;Articles, br&#232;ves et commentaires du mois de mars 2022&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2022-04&#034;&gt;Articles, br&#232;ves et commentaires du mois d'avril 2022&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2022-05&#034;&gt;Articles, br&#232;ves et commentaires du mois de mai 2022&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2022-06&#034;&gt;Articles, br&#232;ves et commentaires du mois de juin 2022&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2022-07&#034;&gt;Articles, br&#232;ves et commentaires du mois de juillet 2022&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2022-08&#034;&gt;Articles, br&#232;ves et commentaires du mois de ao&#251;t 2022&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?page=calendrier&amp;archives=2022-09&#034;&gt;Articles, br&#232;ves et commentaires du mois de septembre 2022&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article5601&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Vive la giletjaunisation du monde&lt;/a&gt;
&lt;/h2&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6977&#034;&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Face aux r&#233;actions violentes contre la police raciste de Minneapolis, Trump lance une guerre civile&lt;/a&gt;
&lt;/h2&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=police+usa+noirs+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;btnG=Recherche&amp;meta=&amp;gws_rd=ssl&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lire aussi sur les USA et les Noirs am&#233;ricains : ce n'est pas seulement du racisme mais une politique de classe&lt;/a&gt;
&lt;/h2&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=mouvement+noir+usa+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;btnG=Recherche&amp;meta=&amp;gws_rd=ssl&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le mouvement noir aux USA a toujours fait partie de la lutte des classes, tout comme le racisme et le supr&#233;macisme fait partie de la r&#233;action de la classe dirigeante&lt;/a&gt;
&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_14486 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/B9723586801Z-1_20200529082112_000_GQFG33I65-2-0.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH361/B9723586801Z-1_20200529082112_000_GQFG33I65-2-0-418c0.jpg?1779661070' width='500' height='361' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le capitalisme est mort ! Ce n'est pas le coronavirus qui le tue mais ses propres contradictions et son incapacit&#233; &#224; d&#233;velopper davantage les forces productives. Les d&#233;versements massifs de milliers de milliards ne vont que retarder l'&#233;ch&#233;ance tout en augmentant l'ampleur de la chute. Si on ne se d&#233;barrasse pas rapidement de l'ancien syst&#232;me d'exploitation tout pourri, il nous enterrera avec lui, par le coronavirus comme par la guerre et le fascisme, et nous fera entrer dans un enfer sanglant moyen&#226;geux ! L'humanit&#233; a bien d'autres perspectives &#224; condition de se d&#233;barrasser d&#233;finitivement de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production et de l'Etat capitaliste ! Et d'abord de d&#233;barrasser les consciences du r&#233;formisme et de l'opportunisme qui nous mentent, qui nous poussent dans les bras de nos pires ennemis et qui nous emp&#234;chent de regarder l'avenir avec courage et d&#233;termination et de nous contacter et nous organiser pour pr&#233;parer une perspective historique nouvelle ! L'avenir est &#224; l'auto-organisation du peuple travailleur du monde et &#224; sa prise de pouvoir sur toute la soci&#233;t&#233; et sur toutes les richesses ! Le coronavirus, loin de retarder cette &#233;ch&#233;ance, en n&#233;cessite l'acc&#233;l&#233;ration ! Vive la r&#233;volution prol&#233;tarienne mondiale, seule chance des peuples pour se d&#233;fendre de toutes les menaces, la pand&#233;mie comme l'effondrement &#233;conomique et sociale et la dictature politique, polici&#232;re et militaire ! Contre l'union sacr&#233;e, d&#233;veloppons la lutte des classes r&#233;volutionnaire ! Serrons les rangs, camarades, pr&#233;parons le nouveau parti r&#233;volutionnaire comme boussole de notre analyse, de notre organisation et de notre action. Plus que jamais, le seul activisme syndical ou politique n'est pas la voie : nous avons besoin d'&#233;tudier et de comprendre ce qui est en train d'advenir et pas de faire semblant d'agir. Quant &#224; r&#233;clamer et revendiquer, c'est carr&#233;ment d&#233;pass&#233; : on ne demande rien aux classes poss&#233;dantes quand elles s'arment du couteau des assassins ! On se pr&#233;pare seulement &#224; les renverser ! L'appel &#224; l'unit&#233;, y compris l'unit&#233; prol&#233;tarienne, ne doit pas cacher ni supprimer les divergences, et surtout pas repousser l&#226;chement les pol&#233;miques. Se pr&#233;parer, c'est d'abord discuter, m&#234;me quand il est plus difficile de le faire physiquement en face &#224; face. C'est des id&#233;es r&#233;volutionnaires prol&#233;tariennes que l'on a maintenant urgemment besoin ! Nous entrons dans une p&#233;riode o&#249; les id&#233;es peuvent devenir des forces r&#233;elles car elles peuvent demain trouver le chemin des masses exploit&#233;es ! D&#233;battons, chers amis et camarades, et c'est ainsi que nous pr&#233;parons d&#233;j&#224; un monde meilleur, une soci&#233;t&#233; v&#233;ritablement humaine, sans exploiteurs et exploit&#233;s, sans dirigeants et dirig&#233;s, sans poss&#233;dants et non-poss&#233;dants, sans classes sociales et sans oppression d'Etat. Puisque les capitalistes nous jettent dans leur effondrement, faisons en sorte que l'humanit&#233; en tire sa libert&#233; et son &#233;mancipation !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;LA VOIX DES TRAVAILLEURS&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=mort+capitalisme+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;btnG=Recherche&amp;meta=&amp;gws_rd=ssl&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire sur la mort du capitalisme&lt;/a&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=effondrement+syst%C3%A8me++site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;btnG=Recherche&amp;meta=&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire sur les causes de l'effondrement de l'ancien syst&#232;me dominant&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot309&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;A lire sur l'&#233;pid&#233;mie de coronavirus, ses causes et ses cons&#233;quences sanitaires, sociales et politiques&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Attention ! Des conseils &#034;de d&#233;fense&#034; pour la guerre de classes pr&#233;parent la dictature militaire et polici&#232;re sous pr&#233;texte sanitaire qui se met en place...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_14075 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/maxbestof057444_0_1399_835.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH298/maxbestof057444_0_1399_835-f4876.jpg?1779661070' width='500' height='298' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_document_14076 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH333/ESSDfZvXUAE63z4-6b5d5.jpg?1779661070' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; !!!&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_14074 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/sciopero-generale-dipendenti-pubblici.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH333/sciopero-generale-dipendenti-pubblici-8e27f.jpg?1779661070' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;VIVE LA GR&#201;VE SAUVAGE G&#201;N&#201;RALE ET ILLIMIT&#201;E DES OUVRIERS DES USINES ITALIENNES POUR EXIGER DE NE PAS TRAVAILLER SOUS CORONAVIRUS !!!!&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=syndicats+et+retraites+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;btnG=Recherche&amp;meta=&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire aussi sur syndicats et retraites&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_11691 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH347/ob_a4b396_gilet-jaune-daffame-pauvres-36492-2-d055c.jpg?1779661070' width='500' height='347' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?mot280&#034;&gt;R&#201;VOLUTION SOCIALE DES GILETS JAUNES :&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5702&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Gr&#232;ves r&#233;formistes ou action r&#233;volutionnaire, il faut choisir&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5598&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Gilets jaunes face au pouvoir des milliardaires : Qui sont les bandits ? Qui sont les voyous ? Qui sont les casseurs ? Qui d&#233;truit toute la soci&#233;t&#233; et pourquoi ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6689&#034;&gt;Chronologie de un an de lutte des Gilets jaunes&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6688&#034;&gt;Les Gilets Jaunes communiquent&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve1185&#034;&gt;Les gilets jaunes et le 5 d&#233;cembre&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5582&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Points de vue et d&#233;bats des gilets jaunes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6601&#034;&gt;Les mille et un moyens d'affaiblir les Gilets jaunes en pr&#233;tendant les renforcer&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6554&#034;&gt;C'est la mafia qui r&#232;gne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5410&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Gilets jaunes et luttes de classes en France : ce n'est qu'un d&#233;but, le combat continue !&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6490&#034;&gt;La lutte des classes, en France comme dans le monde, est lanc&#233;e et ne peut &#234;tre retard&#233;e ni d&#233;lay&#233;e&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6482&#034;&gt;Pourquoi les partis politiques et toutes les institutions bourgeoises sont-ils aussi radicalement et profond&#233;ment discr&#233;dit&#233;s ?&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6427&#034;&gt;La d&#233;mocratie, ce n'est pas de voter au sein d'un syst&#232;me antid&#233;mocratique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6426&#034;&gt;Quand les femmes s'insurgent, en t&#234;te des exploit&#233;s et des opprim&#233;s&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6417&#034;&gt;Les gilets jaunes affichent leurs buts de classe et leur caract&#232;re internationaliste&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6416&#034;&gt;Ce que nous devons aux Gilets jaunes&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6415&#034;&gt;L'Etat n'est s&#233;rieux que quand il d&#233;fend, les armes &#224; la main, les classes poss&#233;dantes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6407&#034;&gt;La radicalisation&#8230; des luttes de classes en France et dans le monde&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6393&#034;&gt;Le peuple travailleur veut gouverner lui-m&#234;me !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6381&#034;&gt;Le mouvement des Gilets jaunes doit-il &#234;tre qualifi&#233; de r&#233;volution ?&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6380&#034;&gt;Les d&#233;rives fascistes de la r&#233;pression en France&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6374&#034;&gt;D&#233;clarations des Gilets jaunes&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve1145&#034;&gt;Les classes poss&#233;dantes nous ont d&#233;clar&#233; la guerre !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6368&#034;&gt;L'antiterrorisme, arme de guerre contre les Gilets jaunes !&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve1145&#034;&gt;Les classes poss&#233;dantes nous ont d&#233;clar&#233; la guerre !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6358&#034;&gt;Pourquoi on a compar&#233; le mouvement des Gilets jaunes &#224; la R&#233;volution fran&#231;aise ?&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve1112&#034;&gt;Les extr&#234;me gauche &#171; puristes &#187; et moralistes contre les Gilets jaunes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6351&#034;&gt;Forces, faiblesses et perspectives des Gilets jaunes&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve1133&#034;&gt;La liaison des gilets jaunes et des salari&#233;s des entreprises&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6350&#034;&gt;Gilets jaunes : quand les classes poss&#233;dantes craignent la r&#233;volution sociale, elles poussent au fascisme !&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve1144&#034;&gt;Anarcho-syndicalisme et Gilets jaunes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6347&#034;&gt;Antis&#233;mitisme ? Ils calomnient les Gilets jaunes parce que le mouvement, trois mois apr&#232;s, est toujours vivant&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6345&#034;&gt;Macron et les classes poss&#233;dantes ont des amis... dans les syndicats et paient assez pour cela&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6339&#034;&gt;Comment Macron travaille &#224; relancer&#8230; le mouvement des gilets jaunes&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve1143&#034;&gt;Les tracts de Gilets Jaunes &#224; lire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6333&#034;&gt;Les fake news du pouvoir contre les Gilets jaunes&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6335&#034;&gt;L'h&#244;pital public et les Gilets jaunes...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6334&#034;&gt;La bourgeoisie mondiale ne dit pas merci &#224; Macron pour les gilets jaunes&#8230;&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve1142&#034;&gt;Les gilets jaunes communiquent...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6330&#034;&gt;Apeur&#233;e par la mont&#233;e de l'insurrection du peuple travailleur, la bourgeoisie capitaliste d&#233;terre la hache de guerre&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve1141&#034;&gt;Zineb Redouane, tu&#233;e par la police en pleine r&#233;pression des gilets jaunes !!! Ne l'oublions pas !!!&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6329&#034;&gt;Il est revenu, le temps des insurrections&#8230;&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6328&#034;&gt;Tracts des Gilets jaunes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6326&#034;&gt;N'en d&#233;plaise aux gauches et extr&#234;mes gauches opportunistes, la convergence des gilets jaunes et des salari&#233;s des entreprises, ce n'est pas se remettre derri&#232;re les bureaucraties syndicales !!!&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6325&#034;&gt;Les actes d'agression caract&#233;ris&#233;e des forces de r&#233;pression contre les gilets jaunes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6323&#034;&gt;Les principales le&#231;ons du mouvement des Gilets jaunes&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve1138&#034;&gt;Appel de l'assembl&#233;e des assembl&#233;es&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6317&#034;&gt;Commercy : un &#233;v&#233;nement marquant dans le mouvement des Gilets jaunes&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=extr%C3%AAme+gauche+et+gilets+jaunes+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;btnG=Recherche&amp;meta=&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'extr&#234;me gauche officielle et les gilets jaunes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6316&#034;&gt;Les m&#233;dias agissent ouvertement en organes du pouvoir des milliardaires contre les gilets jaunes&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://legiletjauneinsurge.wordpress.com/journaux-et-tracts-telecharger/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire en ligne le journal &#171; Le Gilet Jaune Insurg&#233; &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6313&#034;&gt;Pourquoi les gilets jaunes ne peuvent que vaincre ou &#234;tre vaincus, mais pas &#234;tre entendus du pouvoir, ni se concilier avec les classes poss&#233;dantes&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve1129&#034;&gt;Deuxi&#232;me appel de Commercy : l'assembl&#233;e des assembl&#233;es !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6312&#034;&gt;Deux mois de gilets jaunes : premier bilan&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve1134&#034;&gt;Quand la presse d&#233;crit les violences polici&#232;res contre les gilets jaunes trait&#233;s pire que des terroristes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6310&#034;&gt;Appel aux personnels de l'H&#244;pital Public&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve1133&#034;&gt;La liaison des gilets jaunes et des salari&#233;s des entreprises&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6308&#034;&gt;D&#233;mocratie capitaliste et d&#233;mocratie directe des gilets jaunes : deux voies incompatibles&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve1128&#034;&gt;Ces organisations politiques et syndicales qui se disent du c&#244;t&#233; des travailleurs et sont contre les Gilets jaunes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6307&#034;&gt;Le mouvement des gilets jaunes grandit et choisit ses orientations&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6303&#034;&gt;Notre revendication la plus modeste : nous voulons TOUT !!!&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6302&#034;&gt;La r&#233;volution fran&#231;aise a commenc&#233; le 17 novembre 2018...&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve1131&#034;&gt;Gilets jaunes, les banques nous bloquent, bloquons les banques !!!&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6300&#034;&gt;Le mouvement social doit-il &#234;tre pacifique ?&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6298&#034;&gt;Le monde de demain ne sera pas celui d'hier&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6297&#034;&gt;Les Gilets jaunes d&#233;montrent que nous entrons &#224; nouveau dans l'&#232;re des r&#233;volutions prol&#233;tariennes&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6296&#034;&gt;Les pi&#232;ges qui guettent les gilets jaunes&#8230;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6292&#034;&gt;Face aux gilets jaunes, l'Etat capitaliste entra&#238;ne ses forces de r&#233;pression &#224; la guerre civile&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6291&#034;&gt;A la racine de l'explosion sociale et politique des gilets jaunes, il y a l'explosion des in&#233;galit&#233;s sociales entre le Travail et le Capital !!!&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6288&#034;&gt;Les Gilets jaunes s'en prennent au pouvoir des milliardaires&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6279&#034;&gt;Gilets Jaunes : les murs donnent la parole au peuple travailleur !!&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6284&#034;&gt;Ceux qui n'aiment pas les Gilets jaunes : vraies et fausses raisons...&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6275&#034;&gt;Quelle suite pour le mouvement des gilets jaunes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6271&#034;&gt;Travailleurs, organisons nous-m&#234;mes luttes, gr&#232;ves et insurrection !!!&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6268&#034;&gt;Le RIC de Macron-Philippe : encore une fake new du pouvoir des milliardaires&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6266&#034;&gt;L'insurrection des gilets jaunes s'approfondit et d&#233;veloppe ses buts sociaux et politiques&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6264&#034;&gt;Pas de tr&#234;ve... dans les attaques contre les gilets jaunes !!!&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6261&#034;&gt;Assez de la mis&#232;re ! Assez du m&#233;pris ! Assez de payer pour les milliardaires !&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6258&#034;&gt;Gilets jaunes apr&#232;s le blabla de Macron : nous ne sommes rien, soyons tout !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6257&#034;&gt;Gilets jaunes : la r&#233;volution sociale a des racines profondes&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6256&#034;&gt;Gilets jaunes : la peur change de camp&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article6255&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Face aux gilets jaunes : non &#224; la dictature polici&#232;re et militaire du pouvoir du Capital contre le Travail !&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6252&#034;&gt;Les sombres projets des gouvernants contre la r&#233;volte des gilets jaunes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6250&#034;&gt;Gilets jaunes : ce n'est qu'un d&#233;but, l'insurrection continue !&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6249&#034;&gt;Finies, d&#233;pass&#233;es, impossibles, les r&#233;volutions sociales, disiez-vous ?!!!&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6234&#034;&gt;Ce qui g&#234;ne vraiment le pouvoir d'Etat et les classes poss&#233;dantes dans le mouvement des gilets jaunes&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6223&#034;&gt;Gilets jaunes : des comit&#233;s de travailleurs partout !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6241&#034;&gt;C'est pas Macron, c'est la rue qui change le climat&#8230;&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6220&#034;&gt;Une revendication juste que seule la classe ouvri&#232;re peut porter dans la protestation des &#034;gilets jaunes&#034; : Abolition de tous les imp&#244;ts indirects !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article3854&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;LA VOIX DES TRAVAILLEURS FAIT ICI LE BILAN DE LA R&#201;UNION PUBLIQUE QU'IL A COORGANIS&#201;E AVEC DES GROUPES DE L'EXTR&#202;ME GAUCHE R&#201;VOLUTIONNAIRE LE SAMEDI 12 OCTOBRE DE 14H A 17H A LA BOURSE DU TRAVAIL DE PARIS&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2140&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Derniers articles et articles &#224; para&#238;tre ...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=bulletins+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;btnG=Recherche&amp;meta=&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les bulletins de La Voix des Travailleurs&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique150&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les &#233;ditoriaux de La Voix des Travailleurs&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?page=plan&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Plan de la premi&#232;re partie du site Mati&#232;re et r&#233;volution&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?page=plan&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Plan de la deuxi&#232;me partie du site Mati&#232;re et r&#233;volution&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;AUTEURS :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?auteur2&#034;&gt;Robert Paris&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?auteur3&#034;&gt;Tiekoura Levi Hamed&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?auteur7&#034;&gt;Alex&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?auteur4&#034;&gt;Faber Sperber&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?auteur8&#034;&gt;Max&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?auteur13&#034;&gt;Abacar&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?auteur12&#034;&gt;Karob&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?auteur17&#034;&gt;Ephra&#239;m&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?auteur14&#034;&gt;Kletz&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?auteur5&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Waraa&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?auteur9&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Abdel&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?auteur15&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ramata&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?auteur10&#034;&gt;DD&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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