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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;
Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.fr/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>Barta et les syndicats</title>
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		<dc:date>2026-02-25T23:04:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Barta</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicalism - le syndicalisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Barta et les syndicats &lt;br class='autobr' /&gt;
Au moment du cinquantenaire de la C.G.T., quelle est la situation de la classe ouvri&#232;re ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Le prol&#233;tariat subit dans les usines, les mines, les fabriques et les chantiers une exploitation forcen&#233;e, sa condition est ramen&#233;e &#224; des dizaines d'ann&#233;es en arri&#232;re. L'arbitraire du patronat est aussi complet qu'au temps o&#249; des organisations syndicales n'existaient pas. La semaine de travail est allong&#233;e sans compensation de salaire. Les pires formes d'exploitation (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique95" rel="directory"&gt;10- SYNDICALISME ET AUTO-ORGANISATION DES TRAVAILLEURS - SYNDICALISM AND SELF-ORGANISATION OF WORKERS &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot91" rel="tag"&gt;Barta&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot110" rel="tag"&gt;Syndicalism - le syndicalisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Barta et les syndicats&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au moment du cinquantenaire de la C.G.T., quelle est la situation de la classe ouvri&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat subit dans les usines, les mines, les fabriques et les chantiers une exploitation forcen&#233;e, sa condition est ramen&#233;e &#224; des dizaines d'ann&#233;es en arri&#232;re. L'arbitraire du patronat est aussi complet qu'au temps o&#249; des organisations syndicales n'existaient pas. La semaine de travail est allong&#233;e sans compensation de salaire. Les pires formes d'exploitation capitalistes sont renforc&#233;es : le travail de nuit, le travail &#224; la cha&#238;ne et au boni . Les conditions minimum d'hygi&#232;ne et de s&#233;curit&#233; sont ignor&#233;es, la garde-chiourme se trouve en permanence sur le dos des ouvriers. On nous signale des ouvriers surmen&#233;s s'effondrant sur leur machine et un accroissement excessif des accidents du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une pareille situation n'est possible que parce que la r&#233;sistance ouvri&#232;re contre l'exploitation patronale est sabot&#233;e par les dirigeants actuels des Syndicats ouvriers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sous le couvert de la formule &#034;produire&#034;, ils ont repris leur politique d'union sacr&#233;e de 1939-40, quand ils se faisaient les auxiliaires de la r&#233;pression anti-ouvri&#232;re. Les staliniens se sont joints &#224; cette politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui fait qu'aujourd'hui, ils agissent comme une garde-chiourme auxiliaire et encore pire que la garde-chiourme patronale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants syndicaux d&#233;shonorent le Syndicat et le d&#233;tournent de son but qui est avant tout de d&#233;fendre les conditions de travail et de salaire de la classe ouvri&#232;re face au patronat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant notre d&#233;fense contre le patronat exige l'existence d'un Syndicat ouvrier. Le probl&#232;me c'est donc de remplacer les dirigeants syndicaux qui trahissent notre cause, d'&#233;duquer de nouveaux cadres conscients des t&#226;ches prol&#233;tariennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition syndicale Lutte de Classes se donne pour but d'&#233;duquer de nouveaux cadres et de permettre la coordination de leur travail. &#034;L'avantage des dirigeants actuels de la C.G.T.&#034;, nous disait un travailleur, &#034;c'est de pouvoir combattre des &#233;l&#233;ments isol&#233;s&#034;. Nous devons leur enlever cet avantage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de militants et de responsables syndicaux de base n'ob&#233;issent aux consignes de leurs chefs que parce qu'il leur manque la conscience de classe et qu'ils sont dup&#233;s par la politique de ces chefs. L'opposition Lutte de Classes se donne pour but de rendre conscients de leurs t&#226;ches les cadres fid&#232;les de la classe ouvri&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Son journal, La Voix des Travailleurs se propose d'&#234;tre le porte-parole des ouvriers. Il le sera dans la mesure o&#249; ceux-ci seront d&#233;cid&#233;s &#224; l'utiliser comme une tribune pour leurs revendications et pour leurs luttes.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;COMMENT LA C.G.T. DOIT-ELLE AGIR ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le refus de De Gaulle de recevoir Jouhaux au sujet de la loi &#233;lectorale et la prise de position de l'actuelle direction de la C.G.T. en faveur du &#034;Oui-Non&#034; ont remis sur le tapis une vieille question : la C.G.T. peut-elle se m&#234;ler de questions politiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partisans de &#034;l'autonomie&#034; syndicale trouvent enfin l'occasion de d&#233;montrer combien la politique est nuisible &#224; la C.G.T. &#034;Car&#034;, pr&#233;tendent-ils, &#034;il y a d&#233;sormais conflit entre les syndiqu&#233;s appartenant &#224; diff&#233;rents partis si leur position n'est pas celle de la direction stalinienne de la C.G.T.. Donc, pas de politique, que De Gaulle se &#034;d&#233;brouille&#034; avec les partis, la C.G.T. doit rester neutre, sans quoi au lieu de l'unit&#233; de tous pour la d&#233;fense des salaires et des droits &#233;l&#233;mentaires, elle se divisera en autant de fractions qu'il y a de partis. Ceci, la direction de la C.G.T. l'admet par ailleurs elle-m&#234;me, puisqu'elle n'ose pas donner l'ordre aux syndiqu&#233;s de voter &#034;Oui-Non&#034;, mais se contente de le recommander en g&#233;n&#233;ral au public&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos &#034;autonomistes&#034; triomphent &#224; tort ! Ils trompent eux-m&#234;mes sciemment les ouvriers. Si la d&#233;cision de la direction stalinienne de la C.G.T. donne prise aux manoeuvres de la bourgeoisie, ce n'est pas parce qu'elle fait de la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 12 f&#233;vrier 1934 , devant l'attaque politique des bandes fascistes, la C.G.T. avait d&#233;cid&#233; de riposter ensemble avec le P.C. et le P.S. par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et par une manifestation de masse. Cette politique juste renfor&#231;a la classe ouvri&#232;re et mena tout droit aux conqu&#234;tes de juin 36.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie voudrait bien que la C.G.T., sous pr&#233;texte d'int&#233;r&#234;ts corporatifs, d&#233;serte la lutte contre ses entreprises d'an&#233;antissement des libert&#233;s et du niveau de vie des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est seulement parce que la politique des dirigeants de la C.G.T. est mauvaise et bureaucratique qu'elle nuit &#224; la d&#233;fense des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi &#233;lectorale de De Gaulle l&#233;sait-elle directement, mat&#233;riellement, chaque travailleur ? Oui ! Parce que dans son syst&#232;me &#233;lectoral, 2 voix ne valent qu'une voix non-ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle devait donc &#234;tre l'attitude de la C.G.T. ? Exiger qu'une voix ouvri&#232;re vaille au moins une voix non-ou-vri&#232;re, c'est-&#224;-dire la re-pr&#233;sentation proportionnelle int&#233;grale, puisqu'il est clair que les questions de salaire d&#233;pendent aussi des droits politiques &#233;l&#233;mentaires des ouvriers. Au besoin, il fallait appuyer cette exigence par la gr&#232;ve, seule arme de la C.G.T., par exemple par une journ&#233;e de gr&#232;ve g&#233;n&#233;-rale comme le 12 f&#233;vrier 1934.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette attitude, loin de dresser les syndiqu&#233;s les uns contre les autres, aurait soud&#233; leurs rangs en une seule volont&#233; de combat, puisque sur cette question tous les ouvriers et tous les partis se r&#233;clamant du prol&#233;tariat sont d'accord. D'autre part, l'opinion publique honn&#234;te aurait soutenu un tel combat, car comment admettre cette hypocrisie de De Gaulle d'une &#034;d&#233;mocratie&#034; dans *LIGNE MANQUANTE*.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ressort donc clairement que l'attitude de la direction actuelle de la C.G.T. n'est pas une riposte &#224; De Gaulle, mais plut&#244;t une manoeuvre pour d&#233;tourner l'attention du fait qu'elle est incapable de combattre (de m&#234;me qu'elle a abandonn&#233; la lutte &#233;conomique des ouvriers) pour les libert&#233;s &#233;l&#233;mentaires et d&#233;mocratiques des travailleurs. C'est pour esquiver la lutte qu'elle a pris une attitude politicienne, car il est bien plus facile de lancer des appels en l'air et controverser dessus entre bureaucrates que de d&#233;-fendre r&#233;ellement les travailleurs dans la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si &#224; la t&#234;te de la C.G.T. il y avait eu une tendance qui d&#233;fende r&#233;ellement chaque par-celle des droits &#233;conomiques et des libert&#233;s des travailleurs, personne n'aurait pu se plaindre de l'immixtion de la politique dans les Syndicats. Tout au contraire, c'est par une politique r&#233;volutionnaire que les droits ouvriers les plus &#233;l&#233;mentaires seraient efficacement d&#233;fendus.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;DEFENSE DE LA MAIN D'OEUVRE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Produire, Produire, Produire. Tel est le ton sur lequel d&#233;clame toute la presse &#034;syndicale&#034;. On explique aux ouvriers qu'il faut intensifier la production par l'utilisation d'une technique plus approfondie mais dans la pratique on les invite &#224; travailler dans un minimum de temps (&#034;crever le plafond&#034;), &#224; faire des heures suppl&#233;mentaires, &#224; travailler le samedi et m&#234;me le dimanche, &#224; abandonner leurs vacances et surtout &#224; ne pas perdre de temps &#224; faire des gr&#232;ves. Pensez-donc, les bonzes syndicaux sont l&#224; pour discuter avec le patron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Augmenter la production par l'emploi d'un mat&#233;riel nouveau et perfectionn&#233;, c'est une solution tr&#232;s all&#233;chante pour le patronat mais le mat&#233;riel co&#251;te cher et la bourgeoisie ne peut tout de m&#234;me pas abandonner ses b&#233;n&#233;fices pour relever l'&#233;conomie du pays que sa rapacit&#233; a contribu&#233; &#224; an&#233;antir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste la main d'oeuvre dont on peut exiger un accroissement du rendement sans autre d&#233;pense que des promesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais o&#249; en est la main d'oeuvre ? D&#233;j&#224; avant la guerre, elle &#233;tait en d&#233;croissance. La population active qui &#233;tait de 21.720.000 personnes en 1921 n'&#233;tait plus que de 20.261.000 en 1936. Parmi cette population active, la main d'oeuvre productive baissait, tandis que la main d'oeuvre improductive augmentait. En 1921, il y avait 19.970.000 productifs pour 1.750.000 improductifs. En 1936, il avait 18.212.000 productifs pour 2.049.000 improductifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre a encore diminu&#233; le nombre de la main d'oeuvre productive.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au moins 200.000 militaires ont &#233;t&#233; tu&#233; au cours des op&#233;rations. Le nombre des civils tu&#233;s au cours des bombardements est &#233;valu&#233; &#224; 90.000, &#224; cela il faut ajouter les hommes et les femmes fusill&#233;s ou morts dans les camps et les prisons de France et d'Alle-magne (75.000 fusill&#233;s rien que pour Paris). Les privations et les maladies, cons&#233;quences de la guerre ont augment&#233; la mortalit&#233; ! C'est certainement de plus d'un million de travailleurs que la guerre a r&#233;duit la population active. D'autre part, le nombre des ouvriers &#233;trangers qui &#233;tait de 1.599.000 en 1931 et tomb&#233; &#224; 1.245.000 en 1936, s'est vu r&#233;duire de plusieurs centaines de mille, beaucoup ayant quitt&#233; la France, rappel&#233;s notamment par la mobilisation. La population productive est r&#233;duite &#224; peine &#224; 19.000.000, soit 2.000.000 de moins qu'avant la guerre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais si la population active a consid&#233;rablement diminu&#233;, le nombre des improductifs a continu&#233; &#224; s'accro&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arm&#233;e, les services administratifs (police, ravitaillement, prisonniers et rapatri&#233;s, etc.) emploient un nombre consid&#233;rable de fonctionnaires. En 1936, il y avait 810.000 fonctionnaires ; aujourd'hui, le nombre des fonctionnaires est de 2 millions. Il reste &#224; peine 16.000.000 de travailleurs pour la production, le commerce et les transports contre 18.262.000 en 1936, alors que toute l'&#233;conomie est &#224; reconstruire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est sur la main d'oeuvre, &#233;l&#233;ment essentiel de la production, et d&#233;j&#224; si terriblement &#233;prouv&#233;e, que la bourgeoisie, avec l'appui des organisations dites ouvri&#232;res, veut faire retomber tout le poids de la reconstruction. Le patronat, qui a profit&#233; de l'absence de mouvement ouvrier pendant la guerre pour diminuer les &#034;temps&#034; et ainsi acc&#233;l&#233;rer la cadence, veut conserver celle-ci. On veut exiger du prol&#233;tariat une cadence plus vive, un nombre d'heures de travail plus consid&#233;rable, alors que la nourriture est nettement insuffisante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut que les ouvriers exigent de leurs dirigeants syndicaux qu'ils prennent leurs responsabilit&#233;s pour l'&#233;laboration d'un plan de production et de ravitaillement qui puisse permettre &#224; la classe ouvri&#232;re de recouvrer ses forces. Il leur faut exiger que ceux-ci les soutiennent effectivement lorsqu'ils entrent en lutte pour la d&#233;fense de leurs revendications.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;LE PREMIER CONGRES DE LA FEDERATION SYNDICALE MONDIALE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La F&#233;d&#233;ration Syndicale &#034;Mondiale&#034; est n&#233;e. Le Peuple nous apprend que l'organisation de la Conf&#233;rence a &#233;t&#233; &#034;parfaite&#034;, que le Palais de Chaillot avait &#233;t&#233; am&#233;nag&#233; d'une fa&#231;on &#034;tr&#232;s heureuse&#034;, etc... Bref, on nous en parle comme s'il s'agissait de la Foire de Paris ou d'une com&#233;die &#224; grand spectacle.&lt;br class='autobr' /&gt;
A qui ces figurants jouent-ils la com&#233;die ? A l'ensemble des syndiqu&#233;s qu'on amuse pour canaliser leur m&#233;contentement. Tout change, soi-disant. Mais pour que tout reste pareil. La F.S.I. de Jouhaux, Schevenels , Citrine , etc... fait place &#224; la F.S.M. de Citrine, Schevenels, Jouhaux, etc... Mais Schevenels justement rappelle que &#034;la faillite des organisations internationales n'est apr&#232;s tout que la somme des faillites nationales&#034;. Ce n'est pas en passant l'&#233;ponge et en recommen&#231;ant la m&#234;me politique avec les m&#234;mes hommes qu'on arrivera &#224; des r&#233;sultats diff&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On nous pr&#233;sente les politesses des autorit&#233;s comme un fait nouveau, la reconnaissance officielle de l'importance et du r&#244;le du syndicalisme. Mais Belin et Cie jouissaient aussi de toutes les faveurs des autorit&#233;s. Si la bourgeoisie se montre si &#034;aimable&#034;, c'est qu'elle y trouve son compte. Elle s'essaye ainsi &#224; domestiquer le mouvement ouvrier, &#224; le lier &#224; sa politique parce que l'action ouvri&#232;re consciente et organis&#233;e, donc ind&#233;pendante de toute influence bourgeoise, est la plus dangereuse pour les classes dominantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que les Syndicats remplissent leur r&#244;le d'organisateurs de la lutte ouvri&#232;re et de d&#233;fenseurs de nos conditions de vie, ils doivent &#234;tre ouverts &#224; tous les travailleurs, quel que soit leur pays. Qu'est-ce que c'est que cette F&#233;d&#233;ration &#034;Mondiale&#034; qui n'accepte que les ouvriers des pays vainqueurs, comme si toutes les classes ouvri&#232;res n'&#233;taient pas d'abord, et au m&#234;me titre les vaincues de la guerre ? La F.S.M. prouve ainsi qu'elle n'est destin&#233;e qu'&#224; mener la politique bourgeoise &#224; la mani&#232;re ouvri&#232;re, et c'est pour cela qu'il n'y a en elle aucune unit&#233; de vue, d&#232;s qu'on quitte les lieux communs. C'est pour cela que, comme la presse bourgeoise elle-m&#234;me Combat le signale, les oppositions s'y retrouvent entre grandes et petites puissances, et entre grandes puissances. Bien s&#251;r : du moment qu'on se place au point de vue de nos exploiteurs nationaux, pas moyen de s'entendre avec l'exploit&#233; d'en face. Et c'est comme &#231;a que le &#034;camarade&#034; Sir Citrine ferme la bouche au d&#233;l&#233;gu&#233; des Syndicats de l'Inde r&#233;clamant l'appui de la F.S.M. pour l'affranchissement de son pays !&lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;occup&#233;s de prouver leur &#034;bonne foi&#034; aux gouvernements, les repr&#233;sentants de la F.S.M. reprennent &#224; leur compte toute la politique dont nous &#233;prouvons chaque jour, dans notre chair, les cons&#233;quences. Ils se r&#233;clament de la Charte des Nations Unies (sic), de la Conf&#233;rence de Potsdam, etc..., mais reconnaissent que jusqu'ici &#034;seul l'appel au travail a retenti partout&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, qu'attend-on pour organiser une action ouvri&#232;re g&#233;n&#233;rale ? En tant que classe opprim&#233;e, les travailleurs ne peuvent prendre la responsabilit&#233; d'aucune action diplomatique bourgeoise, d'aucune &#034;conf&#233;rence de Potsdam&#034; ou d'ailleurs, accomplie en dehors de leur contr&#244;le pr&#233;cis&#233;ment par les fond&#233;s de pouvoir (g&#233;n&#233;raux et politiciens) du grand capital. Les d&#233;cisions des Jouhaux-Frachon etc... ne nous engagent pas plus, car nous n'y avons pas pris part, et elles ne sont que le reflet, dans une mince couche de bureaucrates ouvriers, des d&#233;cisions prises par les diff&#233;rents gouvernements capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Les faits sont t&#234;tus&#034;, dit le proverbe. La lutte de classes, reni&#233;e officiellement dans les pays imp&#233;rialistes, revient au premier plan &#224; l'occasion de la lutte pour l'ind&#233;pendance des peuples coloniaux, malgr&#233; le triage sur le volet des d&#233;l&#233;gu&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;alisation d'une v&#233;ritable centrale syndicale mondiale sera une victoire consid&#233;rable pour les ouvriers. Mais on ne la construira pas dans les discussions diplomatiques o&#249; les m&#233;fiances et les rivalit&#233;s se cachent sous les embrassades. Elle sera le fruit de la lutte g&#233;n&#233;ralis&#233;e que, dans chaque pays, les travailleurs m&#232;neront contre leurs ma&#238;tres. Un peu partout, les ouvriers entrent en lutte et la bureaucratie syndicale ne les y aide gu&#232;re. Ces premiers combats, et la lutte des exploit&#233;s coloniaux, voil&#224; les pr&#233;mices de l'unit&#233; syndicale mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/10/vdt01_100045.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/10/vdt01_100045.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En poursuivant NOTRE BUT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Voix des Travailleurs s'est donn&#233; pour but de remettre au premier plan la d&#233;fense des conditions de vie des travailleurs et de rappeler &#224; ce r&#244;le les Syndicats ouvriers ; car malgr&#233; une technique de plus en plus puissante qui rend l'homme ma&#238;tre de la nature, les conditions d'existence des travailleurs au lieu de progresser, se trouvent ramen&#233;es &#224; des dizaines d'ann&#233;es en arri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants syndicaux passent enti&#232;rement sous silence tout ce qui concerne les conditions de travail qui sont actuellement celles des plus sombres jours de l'exploitation capitaliste : un des aspects en est le manque total d'hygi&#232;ne et de s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les questions d'hygi&#232;ne et de s&#233;curit&#233; ont pourtant une grande importance, car d'elles d&#233;pendent la vie et la sant&#233; des ouvriers. Elles ont du reste toujours occup&#233; une grande place dans la lutte syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quoique en r&#233;gime capitaliste il ne sera jamais mis &#224; la disposition des ouvriers des conditions de travail telles que leur fournirait un r&#233;gime o&#249; l'exploitation de l'homme par l'homme serait abolie, les ouvriers &#233;taient n&#233;anmoins arriv&#233;s &#224; imposer au patronat certaines mesures de protection. A la faveur des ann&#233;es de guerre et actuellement du mot d'ordre produire, la condition prol&#233;tarienne s'est consid&#233;rablement aggrav&#233;e. Le patron s'estime en droit d'exploiter les ouvriers comme s'il s'agissait de b&#234;tes de somme. Sa tendance est toujours &#034;d'&#233;conomiser&#034; aux d&#233;pens de la main d'oeuvre. Ne pas acheter des dispositifs de s&#233;curit&#233; ou ne pas les faire fonctionner, ne pas entretenir ou refaire les b&#226;timents v&#233;tustes, ne pas donner un &#233;clairage suffisant, ne pas fournir des masques ou des v&#234;tements de travail protecteurs, autant d'&#233;conomies r&#233;alis&#233;es aux d&#233;pens de la sant&#233; et de la vie des ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nombre des accidents de travail s'accro&#238;t. M&#234;me l&#224; o&#249; des dispositifs de s&#233;curit&#233; existent, les ouvriers sont emp&#234;ch&#233;s de s'en servir en raison de la cadence du travail qui leur est impos&#233;e. Les ouvri&#232;res travaillent dans les m&#234;mes conditions et leur situation est d'autant plus p&#233;nible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a des dizaines de milliers d'ouvriers pour lesquels ne pas avoir de lait, c'est la maladie &#224; plus ou moins br&#232;ve &#233;ch&#233;ance : c'est le cas des ouvriers des fonderies, des sableries, des produits chimiques, des imprimeries, etc. Personne ne songe pourtant &#224; imposer la fourniture de lait &#224; ces cat&#233;gories d'ouvriers. Des journaux ont bien souvent d&#233;crit les scandales du lait qui va au march&#233; noir, des bo&#238;tes de lait condens&#233; qui ont le m&#234;me sort. Mais aucun moyen n'est envisag&#233; pour mettre &#224; la disposition des ouvriers qui font des travaux malsains le lait qui leur est indispensable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour lutter contre ces abus, il faut commencer par les r&#233;v&#233;ler et les d&#233;noncer. Il faut briser la barri&#232;re de silence qui entoure actuellement les abominables conditions de travail de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous demandons aux ouvriers de nous signaler de partout ces conditions. La Voix des Travailleurs les exposera et m&#232;nera campagne contre les abus capitalistes qui compromettent la sant&#233; des ouvriers et abr&#232;gent leur vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/11/vdt02_110645.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/11/vdt02_110645.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CRISE DU SYNDICALISME ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Congr&#232;s du S.N. des Instituteurs a pris position contre la politique suivie par la C.G.T. Ainsi se sont manifest&#233;s publiquement le manque d'unit&#233; et la crise profonde que traverse le syndicalisme en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Congr&#232;s du S.N. &#034;revendique hautement pour le mouvement syndical le droit de d&#233;terminer d&#233;mocratiquement sa position&#034;. Mais il se garde par ailleurs de pr&#233;ciser concr&#232;tement quelle est sa position. La C.G.T. n'a pas fait ce qu'elle aurait d&#251; faire. Mais qu'aurait-elle d&#251; faire ? Le S.N. s'est content&#233; de reproches formels &#224; l'&#233;gard de la C.G.T. qui &#224; son tour critique formellement les partis politiques. (Editorial du Peuple, 22-12-45).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fond de l'affaire est soigneusement &#233;vit&#233;. Toute cette discussion de principe ne vise, en d&#233;finitive, dans la t&#234;te des dirigeants qu'&#224; masquer les responsabilit&#233;s, et la peur de la lutte qu'ils ont manifest&#233;e dans les faits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au nom du S.N., Bonissel qualifie de &#034;malheureuses&#034; (!) les paroles prononc&#233;es par H. Raynaud au Vel' d'Hiv' le 12-12, se d&#233;clarant oppos&#233; au principe d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qui d&#233;sorganiserait le pays (pourtant, pour ce qui est du d&#233;sordre, le gouvernement des capitalistes ne craint pas de concurrence...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais que dit Neumeyer, secr&#233;taire de la F&#233;d&#233;ration des Fonctionnaires et syndicaliste &#034;pur&#034; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;... Nous aurions d&#251; avoir recours &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale... D&#232;s &#224; pr&#233;sent, nous pouvons dire qu'une seule consid&#233;ration a arr&#234;t&#233; les responsables de l'ordre &#224; donner : la crainte d'engager le pays dans un chaos &#233;conomique sans pr&#233;c&#233;dent qui aurait pu conduire &#224; une v&#233;ritable r&#233;volution, dont l'issue pouvait &#234;tre tr&#232;s dangereuse &#224; bien des points de vue, surtout apr&#232;s les manifestations de dictature gouvernementales dont nous avions &#233;t&#233; t&#233;moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'ayant pas &#233;t&#233; jusqu'&#224; ce stade, nous &#233;tions forc&#233;ment amen&#233;s &#224; subir la position du gouvernement, comme nous avions subi jusqu'&#224; pr&#233;sent l'augmentation du co&#251;t de la vie qu'il avait &#233;t&#233; incapable d'arr&#234;ter. Nous en sommes &#224; peu pr&#232;s l&#224; aujourd'hui.&#034; (Tribune des Fonctionnaires, 25-12-45).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, nous &#233;tions bien loin de la r&#233;volution. Mais les travailleurs r&#233;volutionnaires doivent se rappeler qu'un de leurs propres &#034;chefs&#034; a d&#233;clar&#233; de lui-m&#234;me que c'est la crainte de la r&#233;volution qui a seule emp&#234;ch&#233; de pousser la lutte jusqu'au bout, et que, &#224; d&#233;faut de la pousser jusqu'au bout, il ne reste qu'&#224; subir la volont&#233; du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais alors, toutes les rodomontades de Neumeyer, etc..., sur la reprise de la lutte revendicative ne sont que de la poudre aux yeux des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du stalinien Raynaud au &#034;syndicaliste&#034; Neumeyer, les pr&#233;occupations sont les m&#234;mes.&lt;br class='autobr' /&gt;
S'ils font montre d'une pareille incapacit&#233; et d'une pareille peur de la lutte, c'est qu'ils agissent en d&#233;fenseurs et provocateurs de la politique bourgeoise au sein du mouvement ouvrier. Voil&#224; pourquoi ils sont oblig&#233;s de mentir, et pourquoi il y a un tel &#233;cart entre leurs paroles et leurs actes. Car si cette politique bourgeoise se montrait sous son vrai visage, pas un ouvrier, pas un travailleur ne la supporterait. Cependant, la lutte de classes fait sauter le masque, et sous la pression des circonstances, il arrive m&#234;me qu'un Neumeyer dise la v&#233;rit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps que producteur, le travailleur est &#034;citoyen&#034;. Aussi la lutte anti-capitaliste se m&#232;ne-t-elle sur tout les fronts &#224; la fois, sur le plan politique et sur le plan &#233;conomique. La lutte syndicale &#8211; la r&#233;sistance des masses &#224; l'exploitation &#233;conomique &#8211; n'est qu'un des aspects de la lutte immense qui oppose les exploit&#233;s et les exploiteurs, et elle reste soumise &#224; sa strat&#233;gie g&#233;n&#233;rale : la lutte de classe. Il n'existe pas de politique de syndicalisme. L'impuissance et la servilit&#233; de la C.G.T. ne viennent pas de la p&#233;n&#233;tration politique dans ses rangs mais de la p&#233;n&#233;tration de la politique bourgeoise par l'interm&#233;diaire des partis ouvriers d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;s. Merrheim &#233;crivait d&#233;j&#224; en 1909 que &#034;si les Briand et les Viviani (les Thorez et Tillon de l'&#233;poque) n'avaient pas trouv&#233; de domestiques au sein de la C.G.T. pour y faire leur besogne, tout comme ceux de Millerand en 1900, leurs efforts n'eussent pas abouti &#224; cette d&#233;fiance naturelle qui r&#232;gne dans les milieux syndicaux... Celle-ci (la crise) n'est pas une crise domestique, mais une crise de domestication&#034;. L'&#034;ind&#233;pendance syndicale&#034; n'est qu'un mot d'ordre r&#233;actionnaire si on ne lui donne pas un contenu de classe &#8211; et si on lui donne un contenu de classe, comment les travailleurs pourraient-ils mener leur action syndicale &#034;ind&#233;pendamment&#034; de leur action politique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourraient-ils dire noir et blanc du m&#234;me coup, d&#233;fendre leurs conditions de vie et &#034;gagner la bataille de la production&#034; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au nom de l'&#034;ind&#233;pendance&#034; du mouvement syndical, les &#034;syndicalistes purs&#034; brisent l'unit&#233; du mouvement ouvrier, et par l&#224; font la besogne des capitalistes. C'est pourquoi, devant la crise du syndicalisme, nous voyons des bonzes inv&#233;t&#233;r&#233;s, qui craignent l'&#233;veil de conscience des masses, se raccrocher si vite &#224; la branche pourrie du &#034;syndicalisme pur&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question en fait est la suivante : qui impulse les syndicats, qui exerce son h&#233;g&#233;monie sur eux ? Si c'est la bourgeoisie, nous aurons toute la gamme des syndicats larbins actuels jusqu'aux &#034;syndicats&#034; fascistes. Si c'est le prol&#233;tariat, nous aurons des syndicats de combat, non pas &#034;ind&#233;pendants&#034;, mais intimement li&#233;s &#224; l'ensemble de la lutte ouvri&#232;re. De quoi celle-ci a-t-elle besoin ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement communiste est la forme la plus &#233;volu&#233;e, la plus consciente de la lutte de classe. Il est la th&#233;orie pratique du mouvement ouvrier qu'il repr&#233;sente, dit Marx, en totalit&#233;. Comment alors pourrait-il entrer en contradiction avec un des aspects principaux (le syndicalisme) du mouvement ouvrier ? En fait, au nom de l'ind&#233;pendance syndicale, nous assistons &#224; un r&#232;glement de comptes entre ex-unitaires et ex-conf&#233;d&#233;r&#233;s. Les cliques embourgeois&#233;es et leurs id&#233;ologies divisent et empoisonnent les syndicats. Le r&#244;le des ouvriers r&#233;volutionnaires, communistes, c'est d'unifier les syndicats sur la base de la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La compl&#232;te ind&#233;pendance vis-&#224;-vis de la bourgeoisie, l'h&#233;g&#233;monie prol&#233;tarienne r&#233;alis&#233;e gr&#226;ce au parti r&#233;volutionnaire : voil&#224; comment r&#233;soudre la crise syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/01/ldc57_011446.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/01/ldc57_011446.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Barta contribuait &#224; fonder un syndicat tout en &#233;tant tr&#232;s r&#233;ticent &#224; le faire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7532&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7532&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barta et l'auto-organisation des travailleurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6005&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6005&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Propos du r&#233;volutionnaire Barta</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article8777</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.org/spip.php?article8777</guid>
		<dc:date>2026-01-20T23:37:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Barta</dc:subject>
		<dc:subject>1940</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Propos du r&#233;volutionnaire Barta &lt;br class='autobr' /&gt; Lire sur Barta : &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?page=recherche&amp;recherche=barta &lt;br class='autobr' /&gt;
Barta en 1935 : &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.marxists.org/francais/barta/1935/12/barta_roumanie.htm &lt;br class='autobr' /&gt;
Barta en 1936 : &lt;br class='autobr' /&gt;
LETTRE DE BARTA A TROTSKY &lt;br class='autobr' /&gt;
Bucarest, le 22 Mai 1936 Cher camarade L.D., Notre activit&#233;, malgr&#233; les forces extr&#234;mement faibles dont nous disposons &#224; la formation du groupe B.L. en Roumanie, nous a permis d'arriver &#224; deux r&#233;sultats essentiels : &lt;br class='autobr' /&gt;
Sur cette (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique83" rel="directory"&gt;6- L'organisation du prol&#233;tariat&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot91" rel="tag"&gt;Barta&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot104" rel="tag"&gt;1940&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Propos du r&#233;volutionnaire Barta&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lire sur Barta :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?page=recherche&amp;recherche=barta&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?page=recherche&amp;recherche=barta&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Barta en 1935 :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1935/12/barta_roumanie.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1935/12/barta_roumanie.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Barta en 1936 :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;LETTRE DE BARTA A TROTSKY&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bucarest, le 22 Mai 1936&lt;br class='autobr' /&gt;
Cher camarade L.D.,&lt;br class='autobr' /&gt;
Notre activit&#233;, malgr&#233; les forces extr&#234;mement faibles dont nous disposons &#224; la formation du groupe B.L. en Roumanie, nous a permis d'arriver &#224; deux r&#233;sultats essentiels :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur cette activit&#233; vous avez &#233;t&#233; certainement inform&#233; par le S.I. [1] : travail d'&#233;ducation politique des militants, publication de brochures et ces temps derniers discussions publiques, collage de papillons, etc&#8230; Nous avons certainement commis des fautes, mais elles &#233;taient in&#233;vitables et nous croyons avoir maintenant la clart&#233; n&#233;cessaire pour mener &#224; bien notre lutte. La meilleure preuve de notre maturit&#233; (toute relative, cela va sans dire) c'est qu'on nous craint, qu'on &#233;vite les discussions publiques avec nous (unitaires, stalinistes ou socialistes font le front unique inavou&#233; sur cette question).&lt;br class='autobr' /&gt;
Voici maintenant en quelques mots notre situation par rapport aux autres organisations :&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le P.C. il y a pas mal d'&#233;l&#233;ments r&#233;volutionnaires honn&#234;tes mais &#224; cause des zigzags et de l'inculture totale ils ne sont pas capables de penser. L'ill&#233;galit&#233; est aussi un frein puissant qui emp&#234;che le contact avec eux. A l'heure actuelle notre activit&#233; dans ce parti reste nulle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le P.S. est constitu&#233; d'&#233;l&#233;ments r&#233;actionnaires qui ont plut&#244;t un r&#244;le de policiers que de militants r&#233;formistes. L'influence de ce parti parmi les ouvriers est tr&#232;s r&#233;duite. La seule activit&#233; possible dans le P.S. serait l'activit&#233; ill&#233;gale. Cette activit&#233; nous ne pouvons pas la mener pour le moment, pour plusieurs raisons (nous ne pouvons pas les indiquer ici).&lt;br class='autobr' /&gt;
Le parti unitaire [2] agonise. Inexistant sur tous les terrains, il subsiste encore seulement par l'ambition de deux ou trois intellectuels qui veulent &#234;tre des &#034;chefs&#034; et avoir &#034;leur&#034; parti. Tout ce que l'on pouvait faire dans le parti unitaire (&#224; Bucarest), nous l'avons fait dans les autres localit&#233;s, nous examinerons les possibilit&#233;s. La seule chose qu'on peut encore utiliser c'est leur tribune, d'o&#249; nous les critiquons et faisons des appels pour la 4&#232;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les syndicats nous avons deux &#233;l&#233;ments et nous essaierons de mener une action, qui demande beaucoup d'exp&#233;rience et de prudence.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pourquoi notre effort principal doit &#234;tre dirig&#233; vers les couches fra&#238;ches &#8211; apolitiques &#8211; et commencer le travail d'&#233;ducation par l'ABC &#8211; travail tr&#232;s long et qui demande beaucoup de patience &#8211;.&lt;br class='autobr' /&gt;
En r&#233;sum&#233; : notre t&#226;che principale consiste dans l'&#233;ducation d'&#233;l&#233;ments presque vierges politiquement (cela n'exclut &#233;videmment une activit&#233; pratique assez longue et d&#233;vou&#233;e de leur part, pratique men&#233;e par leurs propres moyens, sans plan et sans coordination). Pour cela nous devons enrichir constamment notre capital politique et imprimer des brochures. Nous en avons d&#233;j&#224; imprim&#233;es. Mais, sauf une (&#034;Front populaire ou front unique prol&#233;taire ?&#034;), toutes &#233;taient sur un plan g&#233;n&#233;ral, valable pour tous les pays. Nous voudrions beaucoup imprimer une brochure sur la Roumanie (une analyse g&#233;n&#233;rale de la situation et des t&#226;ches de l'avant-garde), mais le manque complet de traditions th&#233;oriques ne nous permet pas de le faire par nos propres forces (il s'agit d'&#233;crire une analyse simple pour &#234;tre comprise par les travailleurs &#8211; ce qui demande maturit&#233; compl&#232;te de la pens&#233;e &#8211; et juste).&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme vous voyez, cette lettre n'est pas seulement pour vous informer (si pauvrement d'ailleurs). Elle a plut&#244;t un but &#034;&#233;go&#239;ste&#034;. Nous voudrions &#233;tablir avec vous une liaison (nous l'avons essay&#233; dans le pass&#233;, mais malheureusement votre sant&#233; ne le permettait pas) pour discuter notre travail futur et surtout pour que vous contribuiez directement &#224; ce travail par &#233;crit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si votre temps vous permet de le faire nous vous prions d'envoyer votre r&#233;ponse &#224; Adolphe qui nous l'enverra. Nous attendons vos questions sur la situation d'ici, renseignements qui vous permettront de conna&#238;tre exactement la situation et en tirer les d&#233;ductions n&#233;cessaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Recevez, cher camarade, nos salutations r&#233;volutionnaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
pour le C.C. Barta.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
[1] Secr&#233;tariat International de la IV&#232;me Internationale &lt;br class='autobr' /&gt;
[2] P.S.U. (Partidul socialist unitar) produit de la fusion en ao&#251;t 1933 du P.S.I. (Partidul socialist independent) Parti Socialiste Independant de Roumanie issu d'une scission (septembre 1931) du Parti Socialiste roumain, et du groupe, lui aussi issu de la social-d&#233;mocratie, de Constantin Popovici.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Barta en 1944 :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;PAR OU COMMENCER ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel est l'ouvrier de France qui ne se souvient avec fiert&#233; de la pouss&#233;e r&#233;volutionnaire de juin 1936 ? Quel est celui qui ne se rappelle pas avoir pris part aux meetings, aux manifestations, aux d&#233;fil&#233;s, aux gr&#232;ves ? En ce temps-l&#224; la classe ouvri&#232;re, inqui&#233;t&#233;e par les attaques fascistes et par la menace croissante de la guerre, mettait en &#339;uvre toute son &#233;nergie. Les meilleurs militants, syndicalistes, socialistes, communistes, se prodiguaient constamment, apr&#232;s le travail et le dimanche, dans les r&#233;unions et les meetings de gr&#233;vistes. La vague r&#233;volutionnaire avait soulev&#233; les couches les plus profondes du peuple opprim&#233;, les ouvriers entra&#238;nant les employ&#233;s, la ville entra&#238;nant la campagne. Les partis et les syndicats virent affluer dans leurs rangs de nouveaux membres et de nouveaux sympathisants. Effray&#233; par les occupations d'usine, sentant le revolver sur la tempe, le patronat dut c&#233;der ; une nouvelle vie sembla devoir commencer : ce furent la semaine de 40 heures, les cong&#233;s pay&#233;s, les contrats collectifs, le rel&#232;vement des salaires. A l'usine, l'ouvrier releva la t&#234;te ; au dehors, jouissant de plus de loisirs, il commen&#231;a &#224; vivre plus dignement. L'organisation de classe avait d&#233;termin&#233; la victoire, &#224; son tour, la victoire, par la diminution des heures de travail, permettait &#224; l'ouvrier de consacrer du temps &#224; la lutte organis&#233;e. A toute une vie de d&#233;boires et d'incertitudes l'ouvrier trouvait une issue dans l'action de classe qui, &#224; son tour, d&#233;terminait une am&#233;lioration de ses conditions de vie. L'existence des syndicats, des partis, d'universit&#233;s populaires, de meetings, d'une presse ouvri&#232;re, de brochures, de livres, augmentait la conscience de la classe ouvri&#232;re, ainsi que sa confiance en soi et sa force offensive.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, apr&#232;s les d&#233;faites subies, la situation &#233;conomique des travailleurs est devenue terrible : la journ&#233;e de dix heures, les salaires de famine, le manque complet de vivres, la d&#233;portation en Allemagne, le chantage au d&#233;part pour ceux qui restent, le travail forc&#233;, l'aggravation des conditions de travail (travail aux pi&#232;ces, etc...). La vie politique est presque nulle : et en absence d'une activit&#233; politique propre, les ouvriers manquent de perspectives claires et en sont r&#233;duits &#224; esp&#233;rer une am&#233;lioration de leur situation d'un d&#233;barquement et d'une victoire alli&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le patronat est arriv&#233; &#224; ses fins : il a devant lui un prol&#233;tariat d&#233;sorganis&#233;, d&#233;sorient&#233; et passif ; depuis longtemps les choses n'allaient plus si bien pour lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la classe ouvri&#232;re ne peut tol&#233;rer qu'une telle situation se prolonge ind&#233;finiment : sa passivit&#233; dans des &#233;v&#233;nements qui mettent en jeu le sort du monde, entra&#238;nerait son asservissement pour toute une g&#233;n&#233;ration. Les ouvriers savent que la bourgeoisie n'a jamais rien c&#233;d&#233; sans une action d&#233;cid&#233;e de leur part ; et la puissance de cette action d&#233;pend de leur organisation. La p&#233;riode de la meilleure situation &#233;conomique du prol&#233;tariat fut celle de sa plus grande activit&#233; politique organis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, la situation est difficile : la longueur de la journ&#233;e de travail, la n&#233;cessit&#233; de se ravitailler &#224; la campagne, la police, les mouchards, sont autant d'obstacles sur la voie de l'organisation. Mais c'est justement pour cela qu'il faut renverser la vapeur. L'am&#233;lioration de notre situation ne peut pas venir d'&#233;v&#233;nements militaires qui sous la conduite de la bourgeoisie ont pour but l'&#233;crasement des peuples. Tout au contraire, l'attente passive de la classe ouvri&#232;re est un facteur important qui permet aux imp&#233;rialistes de continuer la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une am&#233;lioration de la situation ne peut provenir que d'un changement dans le rapport de forces entre la classe ouvri&#232;re et la bourgeoisie, c'est-&#224;-dire d'une action de classe d&#233;cid&#233;e, qui suppose auparavant une organisation et une volont&#233; offensive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux ouvriers avanc&#233;s incombe aujourd'hui le devoir de donner l'exemple en faisant le premier pas dans cette voie. Le d&#233;brouillage au jour le jour n'a jamais rien r&#233;solu de grand ; la situation actuelle met en jeu l'avenir m&#234;me du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour permettre &#224; la classe ouvri&#232;re de se regrouper, prendre conscience de sa force et de ses t&#226;ches, il faut commencer le travail sur le terrain de l'usine. Les ouvriers les plus s&#251;rs doivent se r&#233;unir r&#233;guli&#232;rement chez l'un d'entre eux pour envisager en commun les probl&#232;mes de l'usine, pour lire et commenter la litt&#233;rature et les journaux ouvriers clandestins et, dans la mesure du possible, s&#233;lectionner parmi les jeunes les meilleurs &#233;l&#233;ments capables de s'instruire et de trouver dans l'&#233;tude du mouvement ouvrier la volont&#233; et la m&#233;thode qui m&#232;neront &#224; la victoire dans les combats &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers feront ainsi leur propre &#233;ducation d&#233;mocratique, exerceront leur esprit critique et choisiront les meilleurs d'entre eux pour coordonner leur action et multiplier les liaisons sur une &#233;chelle de plus en plus large.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe ouvri&#232;re a pour elle le nombre, la place indispensable qu'elle occupe dans la production et l'incapacit&#233; de la bourgeoisie de faire vivre plus longtemps la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conqu&#234;te du pouvoir politique ne peut pas et ne doit pas se faire par d'autres au nom du prol&#233;tariat ; elle ne peut pas &#234;tre la cons&#233;quence d'un coup de main. &#034;La dictature du prol&#233;tariat qui aura pour t&#226;che la socialisation des moyens de production, ne peut &#234;tre le fait d'une masse men&#233;e par quelques-uns, elle doit &#234;tre et elle sera l'&#339;uvre des prol&#233;taires eux-m&#234;mes, devenus, d&#233;j&#224; en soi et par une longue pratique, une organisation politique.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/02/ldc25_022344.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/02/ldc25_022344.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Barta en 1940 :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;LA LUTTE CONTRE LA DEUXI7ME GUERRE IMPERIALISTE MONDIALE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1940/11/barta_lutte2g.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1940/11/barta_lutte2g.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE LIVRE JAUNE SUR LES ORIGINES DE LA GUERRE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1940/01/ouvrierns_19400115.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1940/01/ouvrierns_19400115.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Barta en 1945 :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;PEUT-ON ALLER DE L'AVANT SI L'ON A PEUR D'ALLER VERS LE SOCIALISME&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/03/ldc45_032045.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/03/ldc45_032045.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Barta en 1946 ;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;LEURS ALLIES ET LES NOTRES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/09/ldc67_091846.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/09/ldc67_091846.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Barta en 1947 :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;LA GREVE DES USINES RENAULT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/05/greve_renault.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/05/greve_renault.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;QUI L'EMPORTERA ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/05/ldc90_051647.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/05/ldc90_051647.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Barta en 1948 :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;RAPPORT SUR LA SITUATION INTERNATIONALE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/10/barta_rapport.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/10/barta_rapport.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Barta en 1949 :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;DEMASQUER LES DIRIGEANTS REFORMISTES PAR UNE POLITIQUE DE FRONT UNIQUE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1949/01/note_010849.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1949/01/note_010849.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les travailleurs de France et d'Alg&#233;rie devant l'imp&#233;rialisme</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article8818</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.org/spip.php?article8818</guid>
		<dc:date>2025-12-24T23:26:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Barta</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#034;Un peuple qui en opprime un autre ne peut pas &#234;tre un peuple libre&#034; (Marx) &lt;br class='autobr' /&gt;
La situation g&#233;ographique de l'Alg&#233;rie, ainsi que ses ressources &#233;conomiques et militaires, lui conf&#232;rent, dans un prochain avenir, un r&#244;le de tout premier ordre. Sa situation strat&#233;gique &#8211; permettant la jonction des possessions de l'Afrique avec la m&#233;tropole &#8211; la chair &#224; canon qu'elle peut fournir et ses mati&#232;res premi&#232;res en font une pi&#232;ce ma&#238;tresse du syst&#232;me imp&#233;rialiste fran&#231;ais. Objet de conqu&#234;te, elle sera (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique117" rel="directory"&gt;14 - TRAVAILLEURS SANS FRONTIERES - WORKERS HAVE NO FRONTIERS AND A WORLD TO CONQUER&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot91" rel="tag"&gt;Barta&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot138" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#034;Un peuple qui en opprime un autre ne peut pas &#234;tre un peuple libre&#034; (Marx)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation g&#233;ographique de l'Alg&#233;rie, ainsi que ses ressources &#233;conomiques et militaires, lui conf&#232;rent, dans un prochain avenir, un r&#244;le de tout premier ordre. Sa situation strat&#233;gique &#8211; permettant la jonction des possessions de l'Afrique avec la m&#233;tropole &#8211; la chair &#224; canon qu'elle peut fournir et ses mati&#232;res premi&#232;res en font une pi&#232;ce ma&#238;tresse du syst&#232;me imp&#233;rialiste fran&#231;ais. Objet de conqu&#234;te, elle sera utilis&#233;e comme moyen de rapine dans le prochain carnage, tout comme en 1914.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thorez, et apr&#232;s lui Jouhaux, y ont entrepris r&#233;cemment des voyages de propagande. Dans le but d'y poursuivre une agitation sociale contre l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais ? H&#233;las ! Les coryph&#233;es du &#034;Front populaire&#034; y sont all&#233;s pour &#034;resserrer l'union entre les peuples d'Alg&#233;rie et la M&#233;tropole&#034;. Apr&#232;s Daladier, parlant officiellement et ouvertement au nom de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, Thorez est parti faire &#339;uvre de dupeur, parler &#034;d&#233;mocratie&#034;, &#034;union contre le fascisme hitl&#233;rien&#034;, etc&#8230; Les compte-rendus de L'Humanit&#233; nous disent les nombreuses d&#233;l&#233;gations dont il re&#231;ut la visite, les cadeaux qui lui ont &#233;t&#233; offerts ; il re&#231;oit des fleurs en souriant ; des photos le montrent embrassant une indig&#232;ne, en un mot, tout se d&#233;roule selon la technique que le &#034;p&#232;re des peuples&#034; met en &#339;uvre en U.R.S.S. Pas un mot sur les revendications des travailleurs et des paysans alg&#233;riens. Il parle bien de la n&#233;cessit&#233; de s'unir &#034;contre le fascisme hitl&#233;rien&#034;, mais passe sous silence la lutte par des m&#233;thodes de classe contre le fascisme EN ALGERIE. Devant son auditoire, il d&#233;nonce le P.S.F. et le P.P.F. alg&#233;rien comme agents de l'&#233;tranger, mais bien s&#251;r pas comme ceux du capitalisme fran&#231;ais. La M&#233;tropole, voyez-vous, n'a que des repr&#233;sentants &#034;honn&#234;tes&#034; comme M. Thorez. Les fascistes qui s'en revendiquent, ce sont des agents camoufl&#233;s de Hitler. C'est ainsi qu'il r&#233;alise &#034;l'union fran&#231;aise&#034; ! Du moment que le P.S.F. et le P.P.F. sont des agents de Hitler, et non pas mercenaires de la m&#233;tropole, la lutte contre eux n'est plus la t&#226;che des masses travailleuses luttant contre l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, mais une simple t&#226;che de police. Thorez r&#233;clamera que celle-ci les emprisonne ; mais en attendant, ce sont ses propres meetings qui sont interdits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Alg&#233;rie est appel&#233;e &#224; jouer un r&#244;le important, non seulement dans la prochaine guerre, mais elle peut devenir, elle devient une place d'armes du fascisme fran&#231;ais. Les Doriot, les de La Rocque ont profit&#233; de la politique du &#034;Front populaire&#034; &#224; l'&#233;gard des masses travailleuses pour augmenter leur influence. De m&#234;me que, sous la pression de Blum, les repr&#233;sentants du &#034;Front populaire&#034; espagnol ont refus&#233; d'accorder satisfaction aux Marocains &#8211; auxquels Franco a accord&#233; des droits d&#233;magogiquement, en paroles, pour pouvoir les utiliser contre les ouvriers espagnols &#8211; de m&#234;me les repr&#233;sentants du &#034;Front populaire&#034; au pouvoir en France ont donn&#233; les gages exig&#233;s par l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. Ils ont permis un renforcement de la r&#233;pression contre les luttes surgies en Alg&#233;rie sous l'impulsion des gr&#232;ves fran&#231;aises. Lozeray ment quand il &#233;crit, dans L'Humanit&#233; [1], que les salaires des ouvriers indig&#232;nes ont augment&#233;. Ils ont diminu&#233; par suite de la d&#233;valuation. Le &#034;Front populaire&#034; a laiss&#233; les masses indig&#232;nes aussi d&#233;nu&#233;es de droits qu'avant 1936. Le droit d'adh&#233;sion aux organisations syndicales est tout bonnement th&#233;orique. Car celles-ci sont un moyen de d&#233;fense des ouvriers alg&#233;ro-europ&#233;ens qui, du point de vue &#233;conomique et politique, repr&#233;sentent une couche de beaucoup sup&#233;rieure &#224; l'&#233;l&#233;ment indig&#232;ne. Ce dernier, compos&#233; de travailleurs non qualifi&#233;s, &#8211; man&#339;uvres &#224; tout faire, travailleurs agricoles, mineurs &#8211; manque d'esprit corporatif et est dans l'impossibilit&#233; de payer une cotisation qui d&#233;passe compl&#232;tement ses possibilit&#233;s. Avant de pouvoir s'organiser dans une organisation commune avec les ouvriers alg&#233;ro-europ&#233;ens, les travailleurs indig&#232;nes doivent pr&#233;alablement conqu&#233;rir l'&#233;galit&#233; &#233;conomique et politique, s'&#233;lever &#224; leur niveau. Le moyen qui leur permettrait de l'atteindre, c'est une lutte autonome adapt&#233;e &#224; leur situation. Le Front populaire n'a rien apport&#233; aux masses travailleuses de l'Alg&#233;rie, il a aggrav&#233; leur situation. Voil&#224; la v&#233;rit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux yeux des masses indig&#232;nes, Blum &#034;repr&#233;sentait&#034; les ouvriers fran&#231;ais ; elles ont &#233;t&#233; habilement travaill&#233;es par le P.S.F. et le P.P.F. et dress&#233;es contre les ouvriers m&#233;tropolitains, tenus &#034;responsables&#034; de cette politique. Aujourd'hui le danger est grand de voir l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais s'en servir pour an&#233;antir les conqu&#234;tes politiques et sociales des ouvriers fran&#231;ais et instaurer le fascisme en France avec leur aide, comme Franco en Espagne avec celle des Marocains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;solution du B.P. du P.C.F. [2] , prise au retour de Thorez, donne un coup de chapeau &#224; la n&#233;cessit&#233; (du point de vue de la s&#233;curit&#233; fran&#231;aise bien entendu) &#034;de faire droit aux aspirations l&#233;gitimes d'ordre &#233;conomique, social, culturel, religieux et politique qu'exposent notamment les repr&#233;sentants des populations arabes et berb&#232;res musulmanes&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quelle est la mesure pratique envisag&#233;e ? La r&#233;solution rappelle &#034;que le projet Blum-Violette... n'est toujours pas vot&#233;&#034; ! La politique de collaboration de classe du Parti communiste fran&#231;ais, sur le plan colonial, remplace l'agitation parmi les masses exploit&#233;es et la lutte autonome de ces masses par des m&#233;thodes de classe contre l'imp&#233;rialisme, par des exhortations adress&#233;es &#224; la m&#233;tropole, c'est-&#224;-dire aux capitalistes fran&#231;ais. Le projet, en effet, n'a rien de dangereux pour la &#034;s&#233;curit&#233; fran&#231;aise&#034;. S'il r&#233;pond aux aspirations &#034;qu'exposent notamment les repr&#233;sentants&#034; (c'est-&#224;-dire les exploitants indig&#232;nes, il ne donne aucune satisfaction aux millions d'ouvriers et paysans d'Alg&#233;rie (approximativement 5.000.000). Donner des droits &#224; une infime minorit&#233; de 20.000 privil&#233;gi&#233;s indig&#232;nes, comme le pr&#233;voit le projet, c'est, en r&#233;alit&#233;, augmenter l'in&#233;galit&#233; et &#233;largir la base sociale de l'imp&#233;rialisme qui s'attacherait encore plus fortement cette mince couche et renforcerait par cons&#233;quent, sa domination : &#034;L'&#233;quilibre social recherch&#233; par l'imp&#233;rialisme consiste &#224; d&#233;placer certaines couches indig&#232;nes pour les lier &#224; l'&#233;l&#233;ment exploiteur d'une part, et d'autre part, &#224; diviser l'ensemble des masses travailleuses en deux couches distinctes&#034; [3]. C'est ce que Thorez explique &#224; mots couverts &#224; l'adresse des dirigeants fran&#231;ais de ce pays, au meeting de Wagram, et il a l'impudence de donner l'exemple de l'U.R.S.S. !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la droite de la Chambre fran&#231;aise s'oppose &#224; l'adoption de ce projet, ce n'est pas parce qu'il repr&#233;sente une concession aux masses travailleuses, mais pour ne pas d&#233;placer le poids respectif des exploiteurs indig&#232;nes par rapport aux exploiteurs alg&#233;ro-europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thorez &#233;crit [4] : &#034;A l'heure actuelle, l'int&#233;r&#234;t sup&#233;rieur du mouvement ouvrier fran&#231;ais et du mouvement ouvrier international &#8211; prol&#233;taires allemands en premier lieu &#8211; c'est de faire &#233;chec partout au fascisme hitl&#233;rien, de lui refuser partout de nouveaux moyens de puissance et de domination. L'int&#233;r&#234;t non moins &#233;vident des peuples des colonies fran&#231;aises &#8211; consid&#233;r&#233; sous l'angle de leur &#233;mancipation nationale et sociale &#8211; c'est de rester unis &#224; un peuple chez lequel subsistent encore heureusement les notions de libert&#233; et d'&#233;galit&#233; des races.&#034; Voil&#224; par quel tour de passe-passe Thorez r&#233;concilie l'int&#233;r&#234;t social et national des peuples coloniaux et du prol&#233;tariat m&#233;tropolitain avec l'int&#233;r&#234;t de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. Le traquenard, c'est sa soi-disant croisade anti-fasciste... command&#233;e par Gamelin-Franco, qui instaurera la dictature de son &#233;tat-major militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;r&#234;t social et national des peuples coloniaux est de s'&#233;manciper de l'imp&#233;rialisme. En tant que ph&#233;nom&#232;ne &#233;conomique, celui-ci asservit les peuples arri&#233;r&#233;s, les surexploite et les maintient dans l'esclavage. Ses m&#233;thodes de domination &#8211; sociales, militaires, politiques &#8211; d&#233;pendent des conditions concr&#232;tes du pays exploit&#233; et non pas des formes politiques de la M&#233;tropole. G&#233;n&#233;ralement, les exploiteurs s'appuient sur l'&#233;l&#233;ment social le plus arri&#233;r&#233;, comme c'est le cas pour l'Alg&#233;rie. La domination de la &#034;d&#233;mocratique&#034; Angleterre aux Indes ou sur les peuples arabes s'appuie sur les f&#233;odaux. L'&#233;pop&#233;e sanglante que repr&#233;sentent les conqu&#234;tes coloniales de l'Angleterre et de la France en premier lieu, sont les plus noires des temps modernes [5]. Politiquement, les masses travailleuses n'ont aucun droit, &#224; quelque imp&#233;rialisme qu'elles appartiennent. Leur pire ennemi, c'est leur propre imp&#233;rialisme, en l'occurrence l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux ouvriers fran&#231;ais, leur int&#233;r&#234;t le plus &#233;vident, le premier est celui-ci : ne pas fournir &#224; leurs propres capitalistes &#8211; fran&#231;ais &#8211; les moyens pour r&#233;primer leurs luttes. L'imp&#233;rialisme fran&#231;ais tire pr&#233;cis&#233;ment le plus clair de sa force de l'exploitation coloniale. Le soutien des luttes des opprim&#233;s de l'Empire fran&#231;ais contre la M&#233;tropole par les ouvriers fran&#231;ais c'est la condition m&#234;me de leur victoire : &#034;La victoire de la classe ouvri&#232;re dans les pays avanc&#233;s et la lib&#233;ration des peuples opprim&#233;s de l'imp&#233;rialisme sont impossibles sans la formation et la consolidation d'un front r&#233;volutionnaire commun&#034;. (Th&#232;ses de L&#233;nine sur la question nationale et coloniale) [6].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on examine de plus pr&#232;s le &#034;raisonnement&#034; de Thorez, on constate qu'en r&#233;alit&#233; il nie la possibilit&#233; et le droit des peuples opprim&#233;s de d&#233;terminer librement leur sort puisqu'il feint de [ligne manquante] &#8230;mination de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais ou domination de l'imp&#233;rialisme hitl&#233;rien. Mais le prol&#233;tariat et l'avant-garde ne doivent pas oublier la le&#231;on r&#233;cente de l'Espagne &#8211; si ch&#232;rement pay&#233;e &#8211; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour emp&#234;cher les indig&#232;nes &#8211; et surtout ceux de l'Afrique du Nord &#8211; de devenir les instruments de la r&#233;pression capitaliste contre eux, les ouvriers fran&#231;ais doivent montrer aux peuples coloniaux leur v&#233;ritable figure, c'est-&#224;-dire celle d'opprim&#233;s luttant contre l'imp&#233;rialisme et l'exploitation coloniale et non pas celle de soutien des exploiteurs. Le prol&#233;tariat fran&#231;ais doit aider tout d'abord par tous les moyens &#224; la cr&#233;ation de partis r&#233;volutionnaires dans les colonies, ayant pour t&#226;che la lutte de lib&#233;ration sociale et nationale. Ces partis doivent conserver leur autonomie vis-&#224;-vis du parti r&#233;volutionnaire de la m&#233;tropole, car ils luttent dans des conditions diff&#233;rentes &#8211; et aussi pour que la trahison des &#034;chefs&#034; m&#233;tropolitains n'entra&#238;ne pas automatiquement la subordination de ces partis &#224; l'imp&#233;rialisme &#8211; mais ils doivent rester en liaison &#233;troite avec celui-ci sur le plan de la lutte d'ensemble contre l'imp&#233;rialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thorez pr&#233;sente toute lutte pour la lib&#233;ration sociale et nationale des colonies comme l'&#339;uvre de Hitler. Il sp&#233;cule sur les sentiments de haine que les ouvriers fran&#231;ais &#233;prouvent contre le bourreau des ouvriers allemands, pour les encha&#238;ner au char de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. Chez celui-ci &#034;subsistent encore&#034;, para&#238;t-il, des notions d&#233;mocratiques, c'est-&#224;-dire qu'il trouve avantageux de se servir encore de ses laquais &#034;d&#233;mocrates&#034; &#8211; Blum, Thorez, Jouhaux &#8211; avant d'utiliser exclusivement Doriot ou de La Rocque. Antifasciste ? Non. Agent de l'imp&#233;rialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'imp&#233;rialisme qui est le fait dominant de notre &#233;poque, c'est lui la principale force de stagnation et de mis&#232;re, de fascisme et de guerre. En soutenant les luttes de coloniaux contre celui-ci, le prol&#233;tariat fran&#231;ais aura le plus puissant alli&#233; &#224; sa propre lutte en la personne des 60.000.000 d'esclaves de l'Empire fran&#231;ais, dont Thorez est devenu un des principaux garde-chiourme. Les Etats-Unis socialistes du Monde sauveront la civilisation de la barbarie qui la menace et jetteront les bases d'une humanit&#233; meilleure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] 24 f&#233;vrier 1939.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] L'Humanit&#233;, 19 f&#233;vrier 1939&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Jean Martin, &#034;Les probl&#232;mes r&#233;volutionnaires de l'Alg&#233;rie&#034; dans Lutte de Classes n&#186; 50&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Avant-Garde, num&#233;ro 797&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Voir &#224; ce sujet les excellents articles publi&#233;s par Juin 36, (n&#186;34 &#224; 39)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Cit&#233; par Staline, Les questions du L&#233;ninisme, page 120&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>En savoir plus sur le r&#233;volutionnaire Barta</title>
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&lt;p&gt;En savoir plus sur le r&#233;volutionnaire Barta &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Maitron &#233;crit sur Barta &lt;br class='autobr' /&gt;
David Korner adh&#233;ra au Parti communiste roumain en 1932 et participa &#224; la cr&#233;ation d'un groupe trotskyste en avril 1933, le mouvement ouvrier &#233;tant r&#233;duit &#224; vivre dans la clandestinit&#233; en Roumanie. &#201;tudiant, il fit de courts s&#233;jours &#224; Paris, en 1933 et en 1934, o&#249; il v&#233;cut les journ&#233;es de f&#233;vrier. Il y &#233;tablit le contact avec le secr&#233;tariat international de la Ligue communiste internationaliste et, par son (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;En savoir plus sur le r&#233;volutionnaire Barta&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le Maitron &#233;crit sur Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;David Korner adh&#233;ra au Parti communiste roumain en 1932 et participa &#224; la cr&#233;ation d'un groupe trotskyste en avril 1933, le mouvement ouvrier &#233;tant r&#233;duit &#224; vivre dans la clandestinit&#233; en Roumanie. &#201;tudiant, il fit de courts s&#233;jours &#224; Paris, en 1933 et en 1934, o&#249; il v&#233;cut les journ&#233;es de f&#233;vrier. Il y &#233;tablit le contact avec le secr&#233;tariat international de la Ligue communiste internationaliste et, par son interm&#233;diaire, avec Trotsky. Il adressa directement deux lettres &#224; Trotsky, en janvier et mars 1936 pour l'informer des activit&#233;s de son groupe et obtenir des conseils et, si possible, des articles consacr&#233;s &#224; la Roumanie. Korner vint en France, en octobre 1936, dans l'intention premi&#232;re de se rendre en Espagne, mais ses camarades fran&#231;ais l'en dissuad&#232;rent et il se joignit d&#232;s lors au Parti ouvrier internationaliste. Dans le d&#233;bat int&#233;rieur du POI, fin 1938, il se pronon&#231;a en faveur de l'adh&#233;sion collective au Parti socialiste ouvrier et paysan de Marceau Pivert et adh&#233;ra &#224; ce parti en f&#233;vrier 1939 avec une minorit&#233; regroup&#233;e autour de Jean Rous et d'Yvan Craipeau. David Korner fit partie du comit&#233; de r&#233;daction de la revue, La Voie de L&#233;nine, qu'&#233;dita ce groupe d'avril &#224; juin 1939 et y &#233;crivit quelques articles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les premiers jours de septembre 1939, Korner quitta ce groupe, &#224; la suite d'un incident mineur, et mena par la suite une action politique distincte. Il eut, sans doute, d'autres motifs d'insatisfaction touchant le mode d'organisation des trotskistes fran&#231;ais. David Korner publia, d'octobre 1939 &#224; janvier 1940, une feuille polycopi&#233;e, l'Ouvrier, &#171; organe marxiste-l&#233;niniste &#187;. Il travailla, depuis f&#233;vrier 1940, comme ajusteur &#224; l'usine Hispano-Suiza. Apr&#232;s l'effondrement militaire fran&#231;ais et l'occupation de la France par l'arm&#233;e allemande, il &#233;crivit la brochure, La lutte contre la deuxi&#232;me guerre imp&#233;rialiste mondiale (novembre 1940) dans laquelle il analysa les perspectives du conflit et d&#233;fendit les principes internationalistes contre les &#171; d&#233;viations nationalistes &#187; de certains trotskistes. Cette brochure consacra, &#224; ses yeux, la rupture politique avec des groupes &#171; petits-bourgeois, qui n'ont pas su r&#233;sister id&#233;ologiquement &#224; l'&#233;preuve des &#233;v&#233;nements &#187;. Elle eut en tout, &#224; l'&#233;poque, quatre jeunes lecteurs. C'est &#224; partir de ce noyau que David Korner s'effor&#231;a, dans les ann&#233;es &#224; venir, de construire une organisation dont il exposa les t&#226;ches et les m&#233;thodes dans son &#171; Rapport sur l'organisation &#187; de juillet 1943.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir d'octobre 1942, David Korner publia r&#233;guli&#232;rement La Lutte de classes &#171; organe du Groupe communiste &#187; (IVe Internationale) puis de &#171; l'Union communiste &#187; (IVe Internationale) tout en continuant le travail d'&#233;ducation et de recrutement dans les conditions de la clandestinit&#233; sous l'Occupation. En tout, trente num&#233;ros de cette feuille sortirent polycopi&#233;s, jusqu'en ao&#251;t 1944. On y trouve la d&#233;nonciation des vis&#233;es des imp&#233;rialistes alli&#233;s, du r&#244;le du g&#233;n&#233;ral de Gaulle, et la d&#233;fense de l'internationalisme prol&#233;tarien. Dans deux Cahiers du militant (d&#233;cembre 1942 et f&#233;vrier 1944), David Korner critiqua &#224; nouveau la &#171; politique nationaliste &#187; du POI. Mais les divergences les plus importantes apparurent, pour lui, &#224; la Lib&#233;ration, notamment l'orientation de l'organisation trotskyste unifi&#233;e, le Parti communiste internationaliste (PCI), vis-&#224;-vis du PCF et de la CGT. L'un des principaux &#233;l&#233;ments du petit groupe, Mathieu Bucholz, fut assassin&#233; en septembre 1944 et David Korner en attribua la responsabilit&#233; aux FTP communistes. Malgr&#233; cette perte tragique, la dizaine de militants et militantes r&#233;unis autour de lui entam&#232;rent un intense travail de propagande qui visa &#224; imposer le droit de parole contre le monopole des &#171; staliniens &#187; et &#224; combattre leur politique de &#171; produire d'abord, revendiquer ensuite &#187;. En 1945 et 1946, malgr&#233; les violences staliniennes, les militants de l'UC diffus&#232;rent des tracts et vendirent aux portes des usines La Lutte de classes, journal trotskyste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette action culmina dans la gr&#232;ve Renault d'avril-mai 1947, d&#233;clench&#233;e en opposition avec l'appareil syndical. Le 30 avril, le comit&#233; de gr&#232;ve lan&#231;a un appel en faveur de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#224; tous les ouvriers de la m&#233;tallurgie dans un tract, r&#233;dig&#233; par David Korner, imprim&#233; gratuitement par les ouvriers du Livre et diffus&#233; &#224; cent mille exemplaires. Le PCF, oblig&#233; de passer dans l'opposition, coiffa le mouvement pour mieux emp&#234;cher la g&#233;n&#233;ralisation de la vague gr&#233;viste. &#171; &#192; l'&#233;chelle d'une exp&#233;rience de laboratoire, &#233;crivit ult&#233;rieurement David Korner, l'Union communiste a apport&#233; la preuve de la possibilit&#233; d'infliger des coups au totalitarisme stalinien et &#224; la collaboration de classe. &#187; L'animateur de la gr&#232;ve Renault, dans l'usine, fut Pierre Bois, un militant de l'UC form&#233; sous l'Occupation. David Korner, connu alors sous le nom d'Albert, inspira l'activit&#233; du groupe (qui compta une demi-douzaine de militants en usine et autant &#224; l'ext&#233;rieur, mobilis&#233;s en permanence) pour la d&#233;fense des revendications, pour l'&#233;lection d&#233;mocratique des d&#233;l&#233;gu&#233;s, pour la reconnaissance l&#233;gale du Syndicat d&#233;mocratique Renault (SDR), pour l'unit&#233; d'action dans un cartel de toutes les organisations syndicales. La cr&#233;ation du SDR apr&#232;s la gr&#232;ve se posa aux yeux de David Korner en ces termes : &#171; abandonner les ouvriers qui nous avaient suivi aux appareils syndicaux, ou cr&#233;er le syndicat pour les aider &#224; poursuivre la lutte &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;David Korner &#233;crivit de nombreux articles, sign&#233;s A. Mathieu et, le plus souvent, non sign&#233;s, dans La Lutte de classes (jusqu'en 1947), puis dans la Voix des Travailleurs-Renault et la Voix des travailleurs, &#171; organe de lutte de classes &#187; (1947-1949). Ces articles trait&#232;rent, en particulier, de sujets tels que le bonapartisme et les r&#233;f&#233;rendums pl&#233;biscitaires gaullistes (o&#249; contrairement aux autres trotskistes, il pr&#233;conisa le boycott), les nationalisations, la situation du mouvement ouvrier, la lutte anti colonialiste, le danger de la troisi&#232;me guerre mondiale. La publication de La Lutte de classes reprit pour quelques num&#233;ros en 1949 et d&#233;but 1950 (jusqu'au n&#176; 9 du 30 mars). L'UC cessa &#224; ce moment son activit&#233;. David Korner expliqua la disparition de l'organisation - trois ans apr&#232;s la gr&#232;ve Renault - par son &#171; premier succ&#232;s d&#233;cisif &#187;. &#171; Le d&#233;s&#233;quilibre &#233;tait trop grand entre nos t&#226;ches... et l'inexp&#233;rience de nos jeunes militants &#187;, conclut David Korner en ao&#251;t 1972 dans une &#171; mise au point &#187; envoy&#233;e &#224; Ren&#233; Lefeuvre en r&#233;ponse au livre de J. Roussel, Les enfants du proph&#232;te. Il en tira cette philosophie : &#171; ... nos forces, de la gr&#232;ve &#224; la disparition de l'organisation, ne se sont ni augment&#233;es, ni renouvel&#233;es : l'arbre prol&#233;tarien rejetait en fin de compte la greffe r&#233;volutionnaire. Ce qui, &#224; terme, &#233;tait une condamnation... &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
David Korner mourut le 6 septembre 1976.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait le mari de Louise Korner dite Ir&#232;ne (1920-2017) qui partagea son militantisme. Le couple eut un fils, Mathieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article15797&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article15797&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article138214&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article138214&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le t&#233;moignage de Louise-Ir&#232;ne Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1997/05/louise.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1997/05/louise.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ir&#232;ne, la compagne de Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4496&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4496&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail politique de Barta et de son groupe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/index.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/index.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui &#233;tait Barta ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article576&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article576&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/clt/1991-1995/CLT49-Jan-1993.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/clt/1991-1995/CLT49-Jan-1993.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Documents de Barta sur la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article62&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article62&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tracts &#171; Lutte des classes &#187;, Union communiste (1942-1946) &#8211; groupe trotskiste Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5776&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5776&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barta (David K&#246;rner) et l'auto-organisation des travailleurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6005&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6005&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des lettres entre Barta et Natalia Sedova-Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6700&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6700&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point de vue du r&#233;volutionnaire Barta sur la guerre et l'apr&#232;s-guerre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique45&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique45&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://archive.wikiwix.com/cache/index2.php?url=https%3A%2F%2Fwww.marxists.org%2Ffrancais%2Fbarta%2F1940%2F11%2Fbarta_lutte2g.htm#federation=archive.wikiwix.com&amp;tab=url&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://archive.wikiwix.com/cache/index2.php?url=https%3A%2F%2Fwww.marxists.org%2Ffrancais%2Fbarta%2F1940%2F11%2Fbarta_lutte2g.htm#federation=archive.wikiwix.com&amp;tab=url&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opportunisme des groupes trotskistes fran&#231;ais pendant la guerre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5814&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5814&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appel aux ouvriers communistes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3597&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3597&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT, police politique anti-ouvri&#232;re dans l'entreprise en 1944-1946&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6938&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6938&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui a assassin&#233; Mathieu Bucholz, militant du groupe de Barta ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1438&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1438&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle lutte contre le fascisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2993&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2993&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme fran&#231;ais en Indochine &#224; la &#034;Lib&#233;ration&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article465&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article465&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve de Renault en 1947 anim&#233;e par Pierre Bois (militant du groupe de Barta)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/05/ldc90_051647.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/05/ldc90_051647.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/04/spec_043047.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/04/spec_043047.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/05/greve_renault.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/05/greve_renault.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/05/vdt06_052047.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/05/vdt06_052047.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/04/VDT43_042148.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/04/VDT43_042148.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/04/ldc89_042647.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/04/ldc89_042647.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vraie et fausse histoire de la gr&#232;ve Renault de 1947&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3452&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3452&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire du Syndicat D&#233;mocratique de Renault (SDR) anim&#233; par Pierre Bois (militant du groupe de Barta)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7532&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7532&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Bois, notre camarade&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2203&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2203&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6606&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6606&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe Lutte ouvri&#232;re de Barcia-Arlette-Arthaud n'est pas le successeur politique du groupe de Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2582&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2582&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3452&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3452&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1215&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1215&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Mise au point de Barta</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article8886</link>
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		<dc:date>2025-11-27T23:43:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Barta</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;MISE AU POINT concernant l'Histoire du Mouvement trotskiste en France adress&#233;e au directeur de &#034;Spartacus&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Paris, ao&#251;t 1972 &lt;br class='autobr' /&gt;
Cher Camarade Lefeuvre, &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans sa brochure &#034;Les enfants du Proph&#232;te&#034; que tu as publi&#233;e, Jacques Roussel pr&#233;sente mon action d'une mani&#232;re tellement &#233;loign&#233;e de la r&#233;alit&#233;, que je suis oblig&#233; de rompre un silence que j'aurais pr&#233;f&#233;r&#233; continuer de garder. D'autant plus que, sous la plume de Roussel, transpara&#238;t une version du pass&#233; qui est celle des dirigeants de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique113" rel="directory"&gt;12 - QUOI DE NEUF DANS LES ORGANISATIONS REVOLUTIONNAIRES - WHAT'S NEW UPON REVOLUTIONNARY ORGANISATIONS&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot91" rel="tag"&gt;Barta&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;MISE AU POINT concernant l'Histoire du Mouvement trotskiste en France adress&#233;e au directeur de &#034;Spartacus&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris, ao&#251;t 1972&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cher Camarade Lefeuvre,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa brochure &#034;Les enfants du Proph&#232;te&#034; que tu as publi&#233;e, Jacques Roussel pr&#233;sente mon action d'une mani&#232;re tellement &#233;loign&#233;e de la r&#233;alit&#233;, que je suis oblig&#233; de rompre un silence que j'aurais pr&#233;f&#233;r&#233; continuer de garder. D'autant plus que, sous la plume de Roussel, transpara&#238;t une version du pass&#233; qui est celle des dirigeants de &#034;Lutte Ouvri&#232;re&#034;, qui pr&#233;tendent continuer sans Barta (tout en s'appropriant ses actions et ses &#233;crits) ce que Barta leur a soi-disant enseign&#233;. Je me bornerai &#224; l'essentiel malgr&#233; les nombreuses inexactitudes de fait qui demanderaient pour &#234;tre rectifi&#233;es, une r&#233;ponse beaucoup plus longue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Roussel &#233;crit : &#034;Que devient le groupe Barta durant la m&#234;me p&#233;riode (1945-50) ? Il publie un journal &#034;Lutte de Classes&#034;. La poign&#233;e de militants qui le compose s'est attel&#233;e &#224; un obscur et patient travail dans certaines usines de la r&#233;gion parisienne, notamment chez Citro&#235;n et chez Renault... Il entend par son action faire la d&#233;monstration de la justesse de ses conceptions organisationnelles, de sa pratique, et provoquer ainsi une prise de conscience chez les &#233;l&#233;ments r&#233;volutionnaires militant au P.C.I.&#034; Mais &#034;contrairement &#224; ce que le groupe avait esp&#233;r&#233; la &#034;d&#233;monstration&#034; ainsi faite (la gr&#232;ve Renault) n'eut aucun effet sur les militants du P.C.I.&#034; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi dans une p&#233;riode o&#249; nous pensions que le principal danger &#233;tait l'instauration d'un pouvoir fort gaulliste (&#034;Sous pr&#233;texte d'une Constitution, De Gaulle s'exerce au coup d'Etat&#034; dans &#034;La Lutte de Classes&#034; du 11-6-1945), &#224; une &#233;poque o&#249; nous esp&#233;rions que la lutte anticolonialiste jouerait un r&#244;le d&#233;cisif dans la chute du capitalisme mondial (&#034;Le soleil luit de l'Orient&#034; dans &#034;La Lutte de Classes&#034; du 24-10-1945) et o&#249; nous &#233;tions convaincus que, sans r&#233;volution socialiste, une troisi&#232;me guerre mondiale &#233;tait in&#233;vitable &#224; plus ou moins bref d&#233;lai, notre action n'aurait eu pour but que de faire une d&#233;monstration de &#034;travail ouvrier&#034; &#224; l'usage des autres organisations trotskystes ! Des poissons pilotes : il est vraiment difficile de pr&#233;senter les choses de fa&#231;on plus na&#239;ve !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, si nous nous sommes trouv&#233;s &#224; la t&#234;te de la gr&#232;ve Renault d'avril 1947, c'est que l'ensemble de notre orientation (syndicale et politique) nous y avait men&#233;s. D&#232;s octobre 1945, en effet, nous interpellions ainsi le P.C.I. : &#034;il s'agit de savoir... si le P.C.I.... est d&#233;cid&#233; &#224; mettre &#224; l'ordre du jour la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale (politique contre De Gaulle)... pour la d&#233;fense des libert&#233;s ouvri&#232;res... ce qui sera d'autant plus facile que la situation &#233;conomique, par l'autre bout, met elle aussi &#224; l'ordre du jour le m&#234;me moyen de lutte&#034; (Lutte de Classes du 24-10-1945). Mais le P.C.I., bien que poss&#233;dant un plus grand nombre de militants que nous dans les usines (et pas seulement dans la r&#233;gion parisienne), &#233;tait incapable de mener des luttes gr&#233;vistes en opposition avec les dirigeants staliniens de la C.G.T. De m&#234;me qu'il avait embo&#238;t&#233; le pas au P.S. et au P.C. en pr&#233;conisant comme eux la participation au r&#233;f&#233;rendum pl&#233;biscitaire de De Gaulle, de m&#234;me il avait compl&#232;tement capitul&#233; devant l'appareil de la C.G.T. qui, &#224; l'&#233;poque, &#233;tait le principal garde-chiourme dans les usines et s'opposait avec acharnement &#224; toute revendication (&#034;Produire d'abord, revendiquer ensuite&#034; dixit Thorez). Et pendant que nous appelions les ouvriers &#224; se soulever contre l'appareil c&#233;g&#233;tiste pour d&#233;fendre leur droit &#224; la vie, le P.C.I. se contentait d'une &#034;opposition int&#233;rieure&#034; dans le but de convaincre l'appareil (ou une partie de l'appareil) de passer du c&#244;t&#233; des ouvriers &#224; une &#233;poque o&#249; P.C. et P.S. participaient au pouvoir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour bien comprendre &#224; quel point la version de Roussel (c'est-&#224;-dire de &#034;Lutte Ouvri&#232;re&#034;) est invraisemblable, il suffit de rappeler comment nous avons men&#233; la gr&#232;ve Renault. Nous l'avons consid&#233;r&#233;e comme le d&#233;but d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Aussit&#244;t la gr&#232;ve &#233;tendue &#224; toute l'usine (le 29 avril), j'ai r&#233;dig&#233; (le 30 avril) un tract, au nom du Comit&#233; de gr&#232;ve, appelant les travailleurs de toute la m&#233;tallurgie &#224; suivre l'exemple de Renault. Et, dans cette perspective, j'y posai une revendication nouvelle : l'&#233;chelle mobile des salaires, b&#234;te noire &#224; l'&#233;poque de la C.G.T. et du gouvernement. Car, pour nous, tout &#233;largissement de la gr&#232;ve devait se traduire par un approfondissement des revendications. [1] Ainsi, &#224; travers leurs propres luttes, les travailleurs devaient acqu&#233;rir une conscience de plus en plus large qui, dans le cas d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, aurait atteint le niveau politique sans lequel, pensions-nous, rien de d&#233;cisif ne pouvait &#234;tre fait par eux. Mais nos efforts vers Citro&#235;n, o&#249; nous n'avions plus de militants, furent enray&#233;s par l'appareil de la C.G.T. et la gr&#232;ve Renault resta provisoirement isol&#233;e. Provisoirement, car si les staliniens furent assez forts pour fractionner la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, celle-ci &#233;clata tout de m&#234;me au cours des mois qui suivirent dans les secteurs d&#233;cisifs (S.N.C.F. notamment), prouvant ainsi le s&#233;rieux de notre orientation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'esp&#232;re que cette br&#232;ve analyse incitera &#224; r&#233;fl&#233;chir ceux pour qui agir c'est comprendre. Dans tout ce que nous entreprenions, nous ne regardions nullement le nombril des organisations se r&#233;clamant du trotskysme, mais seulement les grands probl&#232;mes nationaux et internationaux : nous nous efforcions d'agir au niveau de l'histoire. Et l'histoire, &#224; cette &#233;poque-l&#224;, faisait de la R&#233;volution non pas un motif d'exaltation dans les meetings et les f&#234;tes champ&#234;tres mais une question de vie ou de mort non seulement pour l'Asie, l'Afrique et l'Am&#233;rique latine mais aussi pour toute l'Europe, y compris occidentale, o&#249; la situation de l'&#233;crasante majorit&#233; des travailleurs &#233;tait mis&#233;rable et sans espoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Roussel (c'est-&#224;-dire L.O.) donne &#233;galement une fausse version lorsqu'il &#233;crit que la conduite de la gr&#232;ve &#034;fut un v&#233;ritable chef-d'oeuvre d'organisation&#034;. En r&#233;alit&#233; nous avons commis &#8211; j'ai commis &#8211; la lourde faute d'accepter, apr&#232;s deux semaines de gr&#232;ve, un second vote demand&#233; par la C.G.T. alors qu'une semaine auparavant les ouvriers avaient vot&#233; &#224; une tr&#232;s forte majorit&#233; la poursuite du mouvement jusqu'&#224; satisfaction de leur principale revendication : 10 F de l'heure pour tous.&lt;br class='autobr' /&gt; Naturellement ce second vote avait donn&#233; une majorit&#233; pour la cessation de la gr&#232;ve. Et ce sont les ouvriers des d&#233;partements 6 et 18 qui, non pas &#224; notre appel mais spontan&#233;ment, refus&#232;rent de reprendre le travail et remport&#232;rent ainsi le grand succ&#232;s que fut le paiement des heures de gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre l'action du S.D.R., sur laquelle Roussel ne dit rien, fut, elle, men&#233;e de main de ma&#238;tre. Pendant trois ans le S.D.R. a &#233;t&#233; le facteur d&#233;cisif dans l'usine : nous avons impos&#233; la libert&#233; d'expression face au totalitarisme des dirigeants de la C.G.T. ; nous avons impos&#233; &#224; la direction et &#224; l'inspection du travail la reconnaissance l&#233;gale du S.D.R. ; nous avons emp&#234;ch&#233; la C.G.T. de d&#233;clencher une gr&#232;ve uniquement pour son prestige et &#8211; couronnement de tout &#8211; nous avons impos&#233; aux staliniens une unit&#233; d'action sans pr&#233;c&#233;dent : un meeting commun o&#249; chaque organisation a exprim&#233; librement, &#224; la m&#234;me tribune, son point de vue sur la gr&#232;ve en cours. Ceci le 24 novembre 1949, en plein stalinisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le S.D.R. n'a pas succomb&#233; [2] &#8211; comme l'&#233;crit innocemment Roussel selon la l&#233;gende r&#233;pandue par L.O. &#8211; parce que l'&#233;preuve &#233;tait au-dessus de nos forces, parce que nous &#233;tions d&#233;courag&#233;s : il a disparu par suite d'une scission provoqu&#233;e par Pierre Bois. Le d&#233;s&#233;quilibre &#233;tait beaucoup trop grand entre nos t&#226;ches dans une situation politique extr&#234;mement complexe et l'inexp&#233;rience de nos jeunes militants. La politique qui &#233;tait la n&#244;tre de 1945 &#224; 1950 exigeait beaucoup plus que le courage et le d&#233;vouement dont Pierre Bois et les autres membres de l'Organisation ont fait preuve avant et pendant la gr&#232;ve. Cette politique exigeait une largeur de vue &#224; l'&#233;chelle nationale et internationale et leur horizon et leur exp&#233;rience ne d&#233;passaient pas le cadre de l'usine. Il faut noter (car cela &#233;claire la situation mieux que tout) que notre travail ouvrier n'a pas &#233;t&#233; &#233;labor&#233; par les membres de l'organisation qui travaillaient en usine mais cr&#233;&#233; et orient&#233; par Barta, intellectuel d'origine petite-bourgeoise ! D'ailleurs aucun des militants qui agissaient dans les usines n'&#233;tait &#224; l'origine ouvrier, Pierre Bois le premier.&lt;br class='autobr' /&gt; Et quand, par-dessus le march&#233;, les n&#233;cessit&#233;s de la lutte m'ont oblig&#233; &#224; signer des articles &#034;Pierre Bois&#034;, nom qui &#233;tait devenu pour les ouvriers le symbole de l'Organisation (les ouvriers du rang personnalisent toujours l'action) et que le rythme rapide et changeant des &#233;v&#233;nements m'ont oblig&#233; &#224; prendre des d&#233;cisions qui n'&#233;taient pas toujours comprises (je ne pouvais &#233;videmment pas limiter notre action &#224; ce qui &#233;tait compris ou non par Pierre Bois [3]), cela a cr&#233;&#233; &#224; la longue une situation intenable pour lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r l'insuffisance des individus n'emp&#234;che pas une organisation de se d&#233;velopper et d'accomplir son r&#244;le historique si ses efforts trouvent aupr&#232;s de ceux &#224; qui elle s'adresse une r&#233;ponse favorable. De nouveaux militants remplacent ceux qui sont d&#233;pass&#233;s par les &#233;v&#233;nements. Mais &#224; aucun moment de notre action les travailleurs n'ont montr&#233; qu'ils avaient la moindre volont&#233; de jouer le r&#244;le historique que nous attendions d'eux. Le contraste &#233;tait complet entre l'audience consid&#233;rable que rencontraient nos mots d'ordre quand il s'agissait de salaires et de revendications et l'indiff&#233;rence, sinon l'hostilit&#233;, quand il s'agissait de notre politique antiraciste, anticolonialiste, internationaliste. Voil&#224; la raison essentielle pour laquelle nos forces, de la gr&#232;ve &#224; la disparition de l'organisation, ne se sont ni augment&#233;es ni renouvel&#233;es : l'arbre prol&#233;tarien rejetait en fin de compte la greffe r&#233;volutionnaire. Ce qui, &#224; terme, &#233;tait une condamnation, nonobstant l'attitude de tel ou tel militant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si depuis 1951 Barta est rest&#233; compl&#232;tement isol&#233; malgr&#233; ses tentatives r&#233;p&#233;t&#233;es dans toutes les directions, c'est tout simplement parce que les diff&#233;rentes organisations trotskystes et autres n'ont jamais manifest&#233; le moindre int&#233;r&#234;t pour les id&#233;es et l'exp&#233;rience dont il &#233;tait porteur, &#034;Lutte Ouvri&#232;re&#034; - les continuateurs !!! - pas plus que les autres. Possesseurs de recettes r&#233;volutionnaires salvatrices, les dirigeants de ces groupes agissent en dehors de l'histoire (Mai 1968 l'a bien confirm&#233;) selon des formules et des orientations qui, valables il y a trente ans, le seront encore en l'an 2000 : quand la R&#233;volution est tarie &#224; la source, son ombre n'est plus refl&#233;t&#233;e que par des simulacres r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien amicalement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BARTA (A. MATHIEU)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes de Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Inversement, quand, au bout de deux semaines, la gr&#232;ve Renault s'est trouv&#233;e r&#233;duite aux d&#233;partements 6 et 18, j'ai limit&#233; son objectif au paiement des heures de gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Le S.D.R. c'&#233;tait en fait l'Union communiste (trotskyste). Nous avons d&#251; renoncer &#224; toute autre activit&#233; (publications, etc.) pour faire face aux t&#226;ches qui ont surgi apr&#232;s la gr&#232;ve Renault. C'est pour cela que la disparition du S.D.R. fut en r&#233;alit&#233; la disparition de l'organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Dans sa r&#233;cente brochure consacr&#233;e &#224; la gr&#232;ve Renault de 1947, P. Bois [*] montre qu'il n'est pas plus avanc&#233; qu'&#224; l'&#233;poque dans la compr&#233;hension des &#233;v&#233;nements d'alors. Il falsifie -et pas seulement par omission !- la v&#233;ritable histoire de cette gr&#232;ve. Et si rien n'est plus pu&#233;ril que de s'attribuer une clairvoyance qu'on n'a pas eue, rien n'est plus stupide que de vouloir faire croire &#224; de jeunes militants d&#233;vou&#233;s et d&#233;sint&#233;ress&#233;s que des d&#233;cisions strat&#233;giques et tactiques du plus haut niveau auraient pu &#234;tre prises par un jeune ouvrier sans aucune exp&#233;rience politique f&#251;t-il d'une autre envergure que Pierre Bois !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[*] Au sujet de cette note voir la lettre de Barta &#224; JP.B. (30.06.1975)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Louise Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;mai 1997&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Responsable du Centro Studi Pietro Tresso, Paolo Casciola vient de publier la &#034;Contribution &#224; l'Histoire de l'Union Communiste&#034; de Jacques Ramboz. Dans les trois tomes des publications de l'U.C. &#233;dit&#233;s par La Br&#232;che, les introductions sign&#233;es Richard Moyon pr&#233;sentent de leur c&#244;t&#233; un historique de l'activit&#233; de l'U.C. De la m&#234;me fa&#231;on que j'ai r&#233;dig&#233; quelques lignes en avant-propos &#224; ces textes, je me crois un devoir de m'exprimer &#224; propos de la &#034;Contribution&#034; de Jacques Ramboz. Ayant &#233;t&#233; avec Barta &#224; l'origine de l'U.C. et milit&#233; jusqu'&#224; la fin sans &#233;clipse, je ne me reconnais nullement dans l'interpr&#233;tation donn&#233;e &#224; nos actes et intentions dans ces pages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte de Ramboz n'est pas une &#233;tude politique, mais se veut un apport &#224; la connaissance historique ; il s'appuie sur de nombreux extraits de textes de l'U.C., cependant largement accompagn&#233;s (contrairement &#224; ce qu'il pr&#233;tend dans son introduction) de commentaires qui en faussent le sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but l'auteur nous attribue une &#034;sous-estimation de la destructuration id&#233;ologique et morale r&#233;alis&#233;e par le stalinisme dans les milieux communistes&#034;, notre erreur &#233;tant due au fait que : &#034;&#224; l'automne 1940 nous vivions &#224; l'heure de novembre 1917&#034;. N'est-ce pas un &#034;commentaire&#034; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le &#034;Rapport d'organisation&#034; de 1943, auquel Ramboz se r&#233;f&#232;re, Barta &#233;crivait : &#034;le P.C. avait des militants ouvriers communistes... c'est cette orientation qui a permis notre existence en tant que groupe autonome&#034;. Nous n'avions pourtant pas connaissance &#224; l'&#233;poque de l'entretien de Trotsky, en juin 40, avec un camarade am&#233;ricain : &#034;en France les staliniens manifestent du courage contre le gouvernement. C'est Octobre qui les inspire encore. C'est une s&#233;lection d'&#233;l&#233;ments r&#233;volutionnaires abus&#233;s par Moscou, mais honn&#234;tes&#034;. (&#338;uvres compl&#232;tes, t.24 p. 166). Quasiment tous nos militants &#233;taient issus de familles ouvri&#232;res communistes, certains avaient &#233;t&#233; aux JC, &#224; Goussainville, &#224; Antony, &#224; Calais, ou ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin 41 les arm&#233;es allemandes envahissent l'URSS et notre groupe diffuse un tract &#034;Vive l'Arm&#233;e rouge des ouvriers et des paysans&#034;. Ramboz &#233;crit ce commentaire : &#034;cette proclamation s'explique si elle ne se justifie pas&#034;. Pourquoi, selon lui, ne se justifiait-elle pas ? Il attribue &#224; Barta &#034;un attachement qu'il faut bien appeler dogmatique aux th&#232;ses d&#233;fendues par Trotsky dans les ann&#233;es 30&#034;. C'est une ritournelle bien connue. J'ai milit&#233; avec Barta de 1936 &#224; 1950, je n'ai jamais per&#231;u chez lui une &#034;pens&#233;e dogmatique&#034;. Quand en 1947 Barta a pens&#233; que la cr&#233;ation d'un syndicat chez Renault (SDR) &#233;tait n&#233;cessaire dans le combat contre le stalinisme, d'autres l'ont accus&#233; d'aventurisme. Mais la propagande et l'action de l'U.C. n'&#233;taient ni dogmatiques ni aventuristes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nouveau commentaire : &#034;il semble que le Groupe communiste ait surestim&#233; l'&#233;cho que cette dissolution (du Komintern) pourrait &#233;veiller parmi les militants du PCF &#224; qui il lance un appel&#034;. Que signifie &#034;surestimer&#034; ? Avions-nous tort de dire que &#034;la 4&#232;me Internationale ne fait que continuer les v&#233;ritables traditions de la 3&#232;me Internationale du vivant de L&#233;nine&#034; ? Et rappeler aux militants que l'id&#233;e communiste n'&#233;tait pas morte ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Albert parlait ainsi sans h&#233;siter au nom de la classe ouvri&#232;re, lui attribuant une conscience de classe politique qu'elle &#233;tait loin d'avoir&#034;. Ce commentaire p&#233;remptoire accompagne un extrait de l'article de la Lutte de Classes (f&#233;vrier 1944) qui prend la d&#233;fense des &#034;terroristes&#034; assassin&#233;s du groupe Manouchian, stigmatise la lutte sous le drapeau tricolore, appelle, au nom de la 4&#232;me Internationale, les meilleurs militants de la classe ouvri&#232;re &#224; serrer leurs rangs autour du drapeau rouge communiste. Et on se demande si c'est vraiment un communiste qui s'exprime, quand Ramboz ajoute : &#034;la tradition bolchevique, dont Albert entendait &#234;tre un exemple vivant, portait naturellement l'avant-garde non seulement &#224; parler au nom de la classe ouvri&#232;re, mais &#224; lui assigner ses volont&#233;s et ses buts, &#233;ventuellement &#224; se substituer &#224; elle&#034;. Barta avait derri&#232;re lui une pl&#233;iade de pr&#233;d&#233;cesseurs prestigieux, L&#233;nine, Trotsky, ou Rosa Luxembourg, qui eux aussi voulaient assigner soi-disant &#224; la classe ouvri&#232;re ses volont&#233;s et ses buts, ou plut&#244;t voulaient apporter &#224; la classe ouvri&#232;re une pens&#233;e et une id&#233;ologie de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A propos de la brochure &#034;Socialisme et Barbarie&#034; &#233;dit&#233;e en f&#233;vrier 1944, Ramboz &#233;crit : &#034;le but assign&#233; &#224; la brochure explique sans doute que, &#224; notre connaissance, elle ne fut pas discut&#233;e dans l'organisation, ni par la suite par ses militants&#034;. Il est heureux que dans son commentaire Ramboz pr&#233;cise &#034;&#224; ma connaissance&#034;. Quand on conna&#238;t mal, mieux vaut se taire, car la brochure &#233;tait non seulement lue mais &#233;tudi&#233;e. &#034;Toujours convaincue que la classe ouvri&#232;re aspire &#224; renverser la bourgeoisie, 'patriote' ou 'collaboratrice', elle (l'organisation) lance des consignes, bien que pratiquement elle n'ait aucune prise sur le d&#233;roulement des &#233;v&#233;nements&#034;. Quelles &#233;taient ces &#034;consignes&#034; ? Le regroupement des &#233;l&#233;ments communistes internationalistes, pour la lutte contre la politique nationaliste et bourgeoise au sein de la classe ouvri&#232;re. Faut-il pour cela avoir &#034;prise sur le d&#233;roulement des &#233;v&#233;nements&#034; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la &#034;concentration de la r&#233;flexion et du pouvoir entre les mains d'un seul&#034;, comment Ramboz peut-il se permettre d'insinuer que nos camarades ne r&#233;fl&#233;chissaient pas, &#233;taient en quelque sorte manipul&#233;s ? Ramboz ajoute cependant que notre camarade Pamp &#034;assurait pratiquement la direction du groupe avec Albert&#034;. A la &#034;lib&#233;ration&#034; de Paris, Pamp (Bucholz) est tomb&#233; victime du stalinisme, assassin&#233;, &#224; 21 ans, par les FTP. Ramboz ne parle pas des deux fr&#232;res Pierre et Jean Bois, arr&#234;t&#233;s dans des conditions analogues, qui ont &#233;chapp&#233; de justesse au m&#234;me sort. S'il y avait effectivement un &#233;cart entre l'exp&#233;rience et les capacit&#233;s politiques de Barta et celles de nos tout jeunes camarades, on peut en dire autant de l'&#233;cart entre un &#233;l&#232;ve de CM2 et un autre de Terminale, ou de l'&#233;cart qu'il y avait entre Pierre Naville et le jeune militant Barta au POI. Cela n'a rien &#224; voir avec &#034;la concentration de la r&#233;flexion et du pouvoir (!) entre les mains d'un seul&#034;. Ramboz r&#233;cidive en affirmant que &#034;Albert entend d&#233;finir la politique que les militants ouvriers de l'U.C. appliquent sur le terrain&#034;. Il se trouve que nos camarades, quand ils affrontaient les bonzes syndicaux, ou M. Lefaucheux, n'avaient pas de t&#233;l&#233;phone portable pour interroger Barta ; leur culture et leur conscience leur suffisaient. Et personne ne pensait que le syndicat &#233;tait &#034;un levier plong&#233; dans une classe ouvri&#232;re aspirant spontan&#233;ment &#224; renverser le capitalisme&#034;, pens&#233;e que nous attribue Ramboz. Selon lui le travail syndical donnait ind&#233;pendamment de la volont&#233; des militants &#034;une orientation &#233;conomique &#224; leur action avec l'illusion de s'int&#233;grer &#224; la classe ouvri&#232;re&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi nous militions et vivions avec des illusions, et ainsi se trouve occult&#233; tout l'acquis de ce travail sur toute une p&#233;riode. Oubli&#233;e, dans ce texte, notre propagande pour l'&#233;lection libre et d&#233;mocratique des d&#233;l&#233;gu&#233;s d'atelier, contre le monopole syndical institu&#233; par la loi Croizat en 1945. Oubli&#233;e l'intervention de nos militants, sp&#233;cifique et personnelle, dans chaque atelier et d&#233;partement o&#249; ils travaillaient. On retient &#034;l'enlisement de la gr&#232;ve Renault et la cr&#233;ation du SDR qui en r&#233;sulte&#034;. Le terme enlisement est-il un malheureux lapsus ? Alors que la cr&#233;ation du SDR &#233;tait au contraire le r&#233;sultat de notre succ&#232;s. Quand les bonzes de la CGT refusent de reconna&#238;tre la nouvelle CE au d&#233;partement Collas, ce sont les ouvriers, non pas &#233;clair&#233;s par le saint esprit, mais sur la proposition de leur dirigeant Bois, qui d&#233;cident de cr&#233;er leur syndicat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le chapitre &#034;L'activit&#233; ouvri&#232;re&#034; il faut r&#233;parer un oubli : le 1er mai 1946, notre camarade Rival qui travaillait &#224; la Thomson et publiait le bulletin &#034;La Thomson Syndicale&#034;, portait seul dans le cort&#232;ge de la manifestation, prot&#233;g&#233; par quelques camarades de l'usine, une pancarte avec la revendication &#034;Echelle mobile des salaires&#034;, mot-d'ordre interdit et banni par la CGT, en pleine hyst&#233;rie stalinienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant cette m&#234;me p&#233;riode quelque cent mille tracts ont &#233;t&#233; diffus&#233;s dans les diverses usines o&#249; nous avions des contacts ou des militants (Thomson, Citro&#235;n, Hispano, LMT). Le regroupement de nos militants dans la forteresse ouvri&#232;re Renault s'est fait pour des raisons tactiques. Des ann&#233;es plus tard Barta s'exprimait ainsi dans une lettre &#224; un jeune camarade : &#034;Qu'&#233;tions-nous face &#224; l'appareil stalinien chez Renault en mars-avril 47 ? Une poign&#233;e. Mais nous avons mis&#233;, pr&#233;vu et pr&#233;par&#233; activement la r&#233;volte des travailleurs contre l'union sacr&#233;e pour la production. Bois joue le r&#244;le principal dans l'usine, mais c'est l'U.C. dans son ensemble qui seule rend possible cette action&#034;. Que cette gr&#232;ve commune &#224; tous les ouvriers, contre le patronat et par-dessus la t&#234;te de la direction syndicale, n'ait pas tenu les promesses que nous esp&#233;rions n'a rien &#224; voir avec de quelconques &#034;illusions&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Trotsky avait mis de grands espoirs dans les gr&#232;ves avec occupation de juin 36, et certains n'ont pas manqu&#233; de lui reprocher d'avoir &#233;crit &#034;La r&#233;volution fran&#231;aise a commenc&#233;&#034;. Les marxistes ne sont pas sans savoir que &#034;la mentalit&#233; humaine est l'&#233;l&#233;ment le plus conservateur de la soci&#233;t&#233;&#034; et qu'&#034;avec une politique juste on peut aussi &#234;tre victime d'un rapport de forces d&#233;favorable&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quel droit Ramboz se permet-il d'affirmer : &#034;quant aux militants, leur activit&#233; concr&#232;te s'exer&#231;ait &#224; l'&#233;chelle locale et ne leur laissait gu&#232;re le temps et les moyens d'acqu&#233;rir 'la largeur de vues &#224; l'&#233;chelle nationale et internationale' qu'Albert exigeait d'eux&#034;. Notre groupe avait depuis toujours, dans la meilleure tradition, attach&#233; une importance capitale &#224; la culture. Si dans une certaine p&#233;riode les circonstances nous ont amen&#233;s &#224; militer &#034;24 heures sur 24&#034;, ce n'&#233;tait pas un choix artificiel, pour jouer aux petits soldats, mais parce que le combat nous l'imposait. Aucun d'entre nous n'avait &#233;t&#233; &#233;duqu&#233; dans la discipline des t&#234;tes carr&#233;es, et Ramboz ne se souvient sans doute pas que &#034;m&#234;me&#034; les militants travaillant en usine (Bois, Gel&#233;, et d'autres) avaient leur carte &#224; la Biblioth&#232;que Nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les contradictions ne manquent pas dans le texte de Ramboz. Alors qu'il nous accuse d'assigner &#224; la classe ouvri&#232;re un r&#244;le messianique, on lit par ailleurs que nos militants &#034;ont enfin rendu manifeste la permanence, chez les ouvriers, dune aspiration profonde &#224; une soci&#233;t&#233; lib&#233;r&#233;e du capitalisme&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Suivant une citation reproduite du bulletin de l'Opposition syndicale Lutte de Classe de janvier 46, &#034;il faut informer les ouvriers, r&#233;fl&#233;chir avec eux... trouver avec eux la solution&#034;. Que devient alors la pr&#233;tendue substitution de l'avant-garde &#224; la classe ouvri&#232;re ? Pour les militants de l'U.C. rappelle Ramboz, &#034;il ne s'agissait pas de s'autoproclamer Comit&#233; de lutte (pr&#233;conis&#233; par le PCI chez Renault), mais d'aider les ouvriers &#224; constituer leur propre comit&#233; et par la suite se soumettre &#224; leur d&#233;cision collective.&#034; Comment concilier ceci avec l'autoritarisme, le dogmatisme, la rigidit&#233;, la soumission, l'autocratie, le messianisme et autre bolchevisme dont Ramboz nous gratifie &#224; longueur de pages ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au chapitre &#034;Remarques&#034;, l'auteur exprime en toute libert&#233; sa philosophie. Je prends moi aussi la libert&#233; de &#034;remarquer&#034; (en recommandant en m&#234;me temps la lecture des textes de l'U.C.) &#224; quel point sont loin de toute r&#233;alit&#233; des affirmations comme : &#034;la division s'instaure entre ceux qui 'savent' et les autres, entre ceux qui d&#233;cident et ceux qui doivent ex&#233;cuter&#034;, ou &#034;la mythique classe ouvri&#232;re &#224; laquelle les r&#233;volutionnaires assignent une mission historique&#034;, ou encore &#034;la rigidit&#233; doctrinale de l'U.C. frappe sa strat&#233;gie de st&#233;rilit&#233;&#034;, et &#034;l'invocation &#224; la 'fraternit&#233;', &#224; la 'confiance entre r&#233;volutionnaires' ne faisait que masquer le caract&#232;re essentiel : la soumission&#034;. Moi qui &#233;tais une insurg&#233;e (comme mes camarades), me voil&#224; une soumise ! Et bien d'autres poncifs &#034;critiques&#034; : &#034;Trotsky a contribu&#233; malgr&#233; lui &#224; la mise en place d'un pouvoir oppresseur qu'il a combattu jusqu'&#224; la mort&#034;. Quelle g&#233;n&#233;reuse concession Ramboz fait &#224; Trotsky, en lui accordant le &#034;malgr&#233; lui&#034; ! &#034;L'U.C, luttait pour la d&#233;mocratie &#224; l'ext&#233;rieur, mais l'autocratie s'&#233;tablissait &#224; l'int&#233;rieur&#034;, affirme Ramboz qui revient encore et toujours sur la tendance de Barta &#224; &#034;remplacer l'analyse des &#233;v&#233;nements de fa&#231;on &#224; agir dans et sur eux par une interpr&#233;tation scolastique&#034;. N'en jetez plus, piti&#233; pour les illumin&#233;s que nous &#233;tions, et que vous d&#233;couvrez dans votre clairvoyance anti-bolchevique cinquante ans plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'engage les militants et tous ceux qui s'int&#233;ressent &#224; l'histoire de l'U.C. de lire les Introductions et les textes de l'U.C. publi&#233;s par La Br&#232;che, ainsi que la brochure consacr&#233;e &#224; Barta publi&#233;e dans le n&#176; 49 des Cahiers L&#233;on Trotsky. Je finirai sur ces quelques lignes extraites d'une lettre de Barta, adress&#233;e &#224; un jeune camarade en 1976 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Il faut reconstruire le pass&#233; &#224; partir des probl&#232;mes, de la situation, des buts et des espoirs (aussi) des protagonistes au moment historique o&#249; ils agissaient. ... En histoire les facteurs qui interviennent sont non seulement d'une infinie complexit&#233; (int&#233;r&#234;ts, id&#233;ologie, &#233;tats d'&#226;me, impostures, etc.) mais chaque facteur peut jouer un r&#244;le d&#233;cisif ou insignifiant selon l'ensemble des circonstances. Et on ne peut pas les diss&#233;quer ; il faut les reconstituer dynamiquement, c'est-&#224;-dire en mouvement&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut encore moins s'atteler &#224; cette t&#226;che avec des sch&#233;mas moralistes pr&#233;con&#231;us, anti&#173;bolcheviques ou autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Louise (Ir&#232;ne)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;mai 1997&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire encore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7566&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7566&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matierevolution.fr/spip.php?breve1215&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://matierevolution.fr/spip.php?breve1215&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Que disait Barta en 1943 ?</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article8831</link>
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		<dc:date>2025-11-13T23:24:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Barta</dc:subject>
		<dc:subject>IV&#176; Internationale</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>
		<dc:subject>Parti r&#233;volutionnaire - Revolutionnary party</dc:subject>
		<dc:subject>Trotskisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Que disait le r&#233;volutionnaire trotskiste Barta en 1943 ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Rapport sur l'organisation &lt;br class='autobr' /&gt;
La composition petite-bourgeoise des groupements de la IV&#232;me Internationale en France a &#233;t&#233; prouv&#233;e par l'attitude qu'ils ont prise apr&#232;s Juin 1940 devant l'occupation imp&#233;rialiste du pays. La grande majorit&#233; de ces &#233;l&#233;ments group&#233;s dans les &#171; Comit&#233;s fran&#231;ais de la IV&#232;me Internationale &#187; (actuellement POI) ont alors abandonn&#233; la position internationaliste en faveur d'un &#171; front commun avec tous les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique45" rel="directory"&gt;0- Le point de vue du r&#233;volutionnaire Barta sur la guerre et l'apr&#232;s-guerre&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot91" rel="tag"&gt;Barta&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot105" rel="tag"&gt;IV&#176; Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot173" rel="tag"&gt;Parti r&#233;volutionnaire - Revolutionnary party&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot283" rel="tag"&gt;Trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Que disait le r&#233;volutionnaire trotskiste Barta en 1943 ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Rapport sur l'organisation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La composition petite-bourgeoise des groupements de la IV&#232;me Internationale en France a &#233;t&#233; prouv&#233;e par l'attitude qu'ils ont prise apr&#232;s Juin 1940 devant l'occupation imp&#233;rialiste du pays. La grande majorit&#233; de ces &#233;l&#233;ments group&#233;s dans les &#171; Comit&#233;s fran&#231;ais de la IV&#232;me Internationale &#187; (actuellement POI) ont alors abandonn&#233; la position internationaliste en faveur d'un &#171; front commun avec tous les &#233;l&#233;ments pensant fran&#231;ais &#187; . D'autre part certains membres en vue sont pass&#233;s &#224; des positions nettement fascistes. Ainsi se justifie d&#233;finitivement la rupture avec tous ces &#233;l&#233;ments, rupture que nous avons accomplie en octobre 1939 pour nous d&#233;limiter d'un milieu petit bourgeois, dont les pratiques organisationnelles &#233;taient social-d&#233;mocratiques et non communistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation d&#233;sastreuse du mouvement de la IV&#232;me en France s'explique de la mani&#232;re suivante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les id&#233;es de l'Opposition russe, qui furent la base de la naissance du courant de la IV&#232;me Internationale, n'ont pas pu p&#233;n&#233;trer dans un milieu ouvrier en France. Le prol&#233;tariat se trouvait dans ce pays sous l'emprise de deux partis prol&#233;tariens opportunistes, dont l'un, le PC, se parait du prestige de la r&#233;volution d'Octobre. Le fait que ces id&#233;es ont &#233;t&#233; adopt&#233;es surtout par des intellectuels manquant de v&#233;ritables traditions communistes, qui pendant des ann&#233;es (de 1928 &#224; 1933) n'ont pas eu la possibilit&#233; de militer sur le terrain des luttes ouvri&#232;res, a conf&#233;r&#233; &#224; l'Opposition communiste en France un caract&#232;re petit-bourgeois qui a rendu al&#233;atoire tout d&#233;veloppement ult&#233;rieur du mouvement de la IV&#232;me Internationale en France au moment o&#249; la situation objective (les luttes prol&#233;tariennes de 1934 &#224; 1939) fournissait une base solide &#224; la propagation des id&#233;es de la IV&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous sommes engag&#233;s depuis le d&#233;but de la guerre, dans la cr&#233;ation d'une organisation de type r&#233;volutionnaire bolchevik. Le bolchevisme implique, avec une politique juste (qui pour nous est celle d&#233;finie dans &#171; La IV&#232;me et la guerre &#187; et &#171; le Programme de transition &#187; qui continuent la ligne des 4 premiers Congr&#232;s de l'I.C.), un contact r&#233;el et &#233;tendu avec la classe ouvri&#232;re, la participation quotidienne &#224; ses luttes ; il s'inspire des int&#233;r&#234;ts quotidiens et permanents de la classe ouvri&#232;re. Pour se dire parti bolchevik il faut avoir un certain poids organisationnel qui permette la conduite de la lutte de classes dans tout le pays, il faut des traditions de luttes ouvri&#232;res. Il faut avoir un bilan de lutte POLITIQUE favorable. Dans ce sens la question du parti ne peut et ne pouvait &#234;tre r&#233;solue par nos propres forces de A &#224; Z et en 1943 la question du parti reste ouverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais notre travail a &#233;t&#233; con&#231;u comme un travail en direction d'un parti bolchevik. Pour cela notre ind&#233;pendance nous &#233;tait et nous est vitale. Car on ne peut pas commencer la formation de militants communistes (qui le deviennent r&#233;ellement par la pratique de la lutte de classes) dans un milieu petit-bourgeois opportuniste. Nous voulions et nous voulons au moyen de militants instruits et d'une politique cons&#233;quente, affirmer devant les autres organisations prol&#233;tariennes une conception r&#233;volutionnaire. Notre r&#233;ussite dans cette t&#226;che, si nous discernons dans la classe ouvri&#232;re les forces capables de former avec nous le parti, peut d&#233;clencher ou pr&#233;cipiter un regroupement sur la base communiste de tous les militants vraiment r&#233;volutionnaires de la classe ouvri&#232;re fran&#231;aise. Dans ce sens la s&#233;lection que nous op&#233;rons actuellement en tant qu'organisation oppos&#233;e aux autres, fera place demain &#224; une nouvelle s&#233;lection des &#233;l&#233;ments r&#233;ellement r&#233;volutionnaires &#224; l'int&#233;rieur d'une seule et m&#234;me organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans quel milieu trouvons-nous ce type de militant r&#233;volutionnaire ? Depuis le d&#233;but de la guerre nous avons orient&#233; nos efforts surtout en direction des militants du PC. Le PC avait des militants ouvriers communistes. Notre faiblesse num&#233;rique extr&#234;me ne nous a permis de tirer que peu de fruits de cette orientation d'un point de vue num&#233;rique. Mais proportionnellement &#224; nos forces les r&#233;sultats n'ont pas &#233;t&#233; n&#233;gligeables. C'est cette orientation qui a permis notre existence en tant que groupe autonome. Mais les efforts de la bourgeoisie en emprisonnant ou en enfermant dans des camps des milliers de militants communistes de la base, et la d&#233;portation en Allemagne de 2.000.000 d'ouvriers dont une partie d'ouvriers communistes, rend le travail dans cette direction tr&#232;s difficile. Cependant pour l'avenir (r&#233;cup&#233;ration des prisonniers et des d&#233;port&#233;s, lib&#233;ration des emprisonn&#233;s), en ce qui concerne le recrutement, le travail dans cette direction reste le travail essentiel ; dans la situation actuelle il doit &#234;tre dirig&#233; notamment vers les tr&#232;s jeunes (16-18 ans) avec ou sans traditions politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le camp des groupes se r&#233;clamant de la IV&#232;me la situation a quelque peu chang&#233; par une certaine activit&#233; d'usine. Cela est d&#251; au fait qu'il existe en France un courant d'id&#233;es de la IV&#232;me Internationale dans certains milieux politiques et ouvriers. L'exp&#233;rience de la guerre et les tournants staliniens ont contraint certains &#233;l&#233;ments ouvriers &#224; se grouper dans le POI malgr&#233; l'incapacit&#233; de celui-ci de les organiser et de les conduire efficacement. Le POI a b&#233;n&#233;fici&#233; de ce courant d'id&#233;es, malgr&#233; sa politique opportuniste, en tant qu'organisation num&#233;riquement la plus forte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre t&#226;che est de d&#233;montrer &#224; ces &#233;l&#233;ments ouvriers l'opportunisme des dirigeants du POI et leur pr&#233;senter une organisation et surtout des m&#233;thodes organisationnelles qui inspirent confiance. Pour aboutir &#224; cette organisation et &#224; ces m&#233;thodes organisationnelles justes il faut que, dans le travail r&#233;volutionnaire et politique, chaque membre de notre groupe perde ce qu'il a d'individuel et agisse en tant que membre d'une organisation. C'est seulement ainsi que nous acquerrons la coh&#233;sion interne n&#233;cessaire au travail de regroupement r&#233;volutionnaire, travail pouvant prendre de multiples formes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est cette organisation et quelles sont les m&#233;thodes que nous voulons faire pr&#233;valoir ? Nous voulons faire pr&#233;valoir l'organisation et les m&#233;thodes de travail bolcheviks. Du point de vue organisationnel le bolchevisme implique un centralisme rigoureux qui prend tout son sens dans le contr&#244;le politique SOUVERAIN du parti : structure organisationnelle que l'on a appel&#233;e le &#171; centralisme d&#233;mocratique &#187; . La structure centraliste du parti d&#233;coule des t&#226;ches qui incombent &#224; celui-ci &#224; l'&#233;poque imp&#233;rialiste : &#171; toute institution a sa structure naturellement et in&#233;vitablement d&#233;termin&#233;e par le contenu de son action &#187; (L&#233;nine, Que Faire ?). Le contenu de l'action r&#233;volutionnaire du parti est double : en tant que contenant le but socialiste, le parti repr&#233;sente une forme sup&#233;rieure d'association humaine, le concours effectif de tous dans l'&#233;laboration de la politique et de l'id&#233;ologie du parti. En tant qu'instrument de lutte contre la soci&#233;t&#233; capitaliste actuelle, le parti est adapt&#233; en vue de cette lutte, qui n'est pas possible sans l'organisation centraliste. Car nous vivons &#224; l'&#233;poque imp&#233;rialiste o&#249; une petite minorit&#233; de gros capitalistes concentrent entre leurs mains les moyens &#233;conomiques, techniques, politiques, culturels, etc... de peuples entiers, auxquels on ne peut opposer qu'une lutte prol&#233;tarienne rigoureusement centralis&#233;e. Une lutte prol&#233;tarienne rigoureusement centralis&#233;e implique un parti r&#233;volutionnaire rigoureusement centralis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le contr&#244;le d&#233;mocratique et la structure centralis&#233;e du parti d&#233;coulent de son contenu socialiste et r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conception bolcheviste a &#233;t&#233; consacr&#233;e par la victoire de la r&#233;volution d'Octobre 1917. Mais la d&#233;g&#233;n&#233;rescence de la r&#233;volution d'Octobre, a remis en question la conception m&#234;me du parti. Impuissants &#224; s'expliquer le stalinisme comme le produit de la marche r&#233;elle de la lutte de classes (qui a abouti &#224; une situation dans laquelle le prol&#233;tariat ayant pris le pouvoir et remplac&#233; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e par l'&#233;conomie planifi&#233;e est &#233;cart&#233; du pouvoir politique par une bureaucratie qui, tout en se maintenant sur la base des rapports &#233;tablis par la r&#233;volution, repr&#233;sente au point de vue politique, social, moral, etc... la n&#233;gation m&#234;me du bolchevisme), de nombreux &#171; critiques &#187; en viennent &#224; accuser le bolchevisme lui-m&#234;me comme non d&#233;mocratique, etc... et donc comme responsable du stalinisme. Mais aucun de ces critiques n'a r&#233;ussi &#224; inventer quelque chose de nouveau qui puisse emp&#234;cher le parti, qui est un moyen, de se briser dans l'accomplissement de sa t&#226;che, soit &#224; cause de son contenu mat&#233;riel et id&#233;ologique insuffisant (comme divers partis naissants de la III&#232;me Internationale), soit apr&#232;s l'&#233;puisement de ce contenu dans l'accomplissement de la t&#226;che r&#233;volutionnaire : tel fut le sort du parti bolchevik en Russie. Ces &#171; critiques &#187; ont d'ailleurs fini &#224; l'&#233;cart de la lutte r&#233;volutionnaire et sont revenus &#224; des conceptions bourgeoises. LES MEFAITS DU STALINISME NE PEUVENT PAS ETRE IMPUTES AU BOLCHEVISME, DONT IL N'EST PAS LA CONTINUATION, MAIS LA NEGATION.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mocratie n'est pas une panac&#233;e, c'est une forme dont le contenu peut varier. L'exp&#233;rience de la d&#233;mocratie bourgeoise nous montre d'abord qu'elle cache une dictature : celle du capital sur les exploit&#233;s. Le mod&#232;le de la d&#233;mocratie formelle reste cependant la social-d&#233;mocratie dans laquelle la d&#233;mocratie compl&#232;te (libert&#233; compl&#232;te de discussion) cachait en r&#233;alit&#233; la dictature politique d'un nombre restreint de politiciens sur les ouvriers social-d&#233;mocrates. Cela s'explique par le double contenu petit-bourgeois (la majorit&#233;) et prol&#233;tarien (la minorit&#233;) des partis social-d&#233;mocratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dictature de ces politiciens professionnels ne pouvait pas &#234;tre menac&#233;e par la libert&#233; de parole, etc..., tant que le parti &#233;tait divis&#233; par des int&#233;r&#234;ts de classes diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, la d&#233;mocratie r&#233;elle, vivante, s'&#233;tablit spontan&#233;ment entre des gens visant au m&#234;me but, porteurs d'une m&#234;me flamme. Elle se manifeste dans toutes les r&#233;volutions populaires. C'est dans ce sens que L&#233;nine affirme pour le parti : &#171; AVEC CES QUALITES (secret rigoureux, choix minutieux des membres, pr&#233;paration de r&#233;volutionnaires professionnels), nous aurons QUELQUE CHOSE DE PLUS QUE LA &#171; DEMOCRATIE &#187; : UNE CONFIANCE FRATERNELLE ENTRE REVOLUTIONNAIRES &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la d&#233;mocratie a donc deux aspects : d'une part, dans tout groupement renfermant des contradictions de classe, la d&#233;mocratie permet la libre expression des opinions de la minorit&#233;. La majorit&#233; peut la supprimer au nom des int&#233;r&#234;ts de classe qu'elle repr&#233;sente. Ainsi, quand la critique de la minorit&#233; r&#233;volutionnaire devint g&#234;nante pour la bureaucratie SFIO, elle chassa du parti cette minorit&#233;. Le sens r&#233;actionnaire de cette mesure r&#233;sulte non pas abstraitement de la suppression de la d&#233;mocratie pour les r&#233;volutionnaires, mais du fait qu'elle servait &#224; la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts de la petite bourgeoisie r&#233;formiste. Le parti bolchevik qui fut un des partis les plus d&#233;mocratiques qu'ait connu l'histoire, supprime lui aussi certains droits d&#233;mocratiques (droit de fraction, etc...) en l'ann&#233;e de p&#233;ril 1920. Cependant, dans ce cas, la suppression des droits &#171; d&#233;mocratiques &#187; fut une mesure r&#233;volutionnaire : il fallait, dans les conditions sp&#233;ciales d'alors, emp&#234;cher la pression des classes petites-bourgeoises de se manifester &#224; l'int&#233;rieur du parti bolchevik. D'autre part, dans un groupement ne renfermant pas de contradictions de classe et ayant un contenu r&#233;volutionnaire, la d&#233;mocratie n'est pas une simple libert&#233; de critiquer, de s'exprimer, c'est quelque chose d'infiniment plus, c'est une &#171; confiance fraternelle compl&#232;te entre r&#233;volutionnaires &#187; qui par les efforts conscients de chacun d&#233;termine la direction g&#233;n&#233;rale, c'est un m&#234;me effort opini&#226;tre pour rendre efficace le travail du parti, obtenir le meilleur rendement de la part de chaque membre, mettre chacun &#224; sa place (l'homme qu'il faut &#224; la place qu'il faut), redresser les fautes politiques, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'ill&#233;galit&#233;, le contr&#244;le d&#233;mocratique qui tend dans cette derni&#232;re direction, est beaucoup plus difficile que dans la l&#233;galit&#233;, mais il peut &#234;tre aussi efficace. Il s'agit avant tout de trouver les moyens les plus propres &#224; assurer un &#233;change s&#233;rieux de haut en bas et de bas en haut entre les membres de l'organisation. Le cloisonnement de l'ill&#233;galit&#233; trouble donc la d&#233;mocratie de l'organisation, c'est-&#224;-dire l'&#233;change politique et organisationnel facile et rapide entre tous les rouages du parti. Avec des avantages pour l'organisation (s&#233;lection plus rigoureuse des membres), l'ill&#233;galit&#233; comporte de graves d&#233;savantages pour le progr&#232;s politique de l'organisation. Dans ces conditions, c'est la pr&#233;paration s&#233;rieuse de chaque membre, la qualit&#233; r&#233;elle de la direction, qui peuvent rem&#233;dier partiellement &#224; cette situation. Si bien que dans un groupement r&#233;volutionnaire ayant un contenu de classe prol&#233;tarien, d&#233;mocratie implique centralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La condition la plus importante de l'instauration de la v&#233;ritable d&#233;mocratie, c'est la conscience socialiste &#233;lev&#233;e des responsables. Chaque responsable doit &#234;tre convaincu organiquement que sans la d&#233;mocratie, c'est-&#224;-dire sans la participation active de tous, non seulement au travail pratique mais &#233;galement &#224; l'&#233;laboration de la politique de l'organisation, il ne peut pas y avoir de parti r&#233;volutionnaire, donc de victoire du prol&#233;tariat sur la bourgeoisie. Seule la mobilisation totale de toutes les possibilit&#233;s politiques et pratiques que renferme chaque militant permet &#224; une petite organisation de se d&#233;velopper, &#224; une grande organisation de conqu&#233;rir des sympathisants, &#224; une organisation ayant des sympathisants d'influencer les masses, et &#224; une organisation avec sympathisants appuy&#233;e sur les masses de battre la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti n'est pas la simple somme de ses membres. Il est une qualit&#233; nouvelle et ce n'est que par les liens de parti que chaque membre s'&#233;l&#232;ve bien au-dessus de ses forces individuelles, devient un militant. Le militant est le produit &#224; la fois de sa propre activit&#233; individuelle et de celle encore plus importante, collective du parti. La subordination de toutes ses ressources morales, intellectuelles et mat&#233;rielles &#224; cette vie collective du parti est donc le devoir supr&#234;me du militant, en premier lieu vis-&#224;-vis de lui-m&#234;me. Le parti d'autre part, contrairement &#224; la mani&#232;re stalinienne, ne consid&#232;re pas ses membres comme des unit&#233;s sans importance, mais au contraire se retrouve dans chaque membre dans ce qu'il a de plus &#233;lev&#233; et de plus pr&#233;cieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan moral, la premi&#232;re exigence du bolchevisme est la rupture compl&#232;te de tous les liens avec la morale bourgeoise. On ne peut pas retenir les objections de ceux qui accusent le bolchevisme d'avoir produit l'amoralisme stalinien. La morale bourgeoise dans ses exigences les plus cach&#233;es est un des freins les plus puissants de la r&#233;volution prol&#233;tarienne. La morale du militant qui a rompu compl&#232;tement, radicalement, avec la morale bourgeoise, est r&#233;volutionnaire l&#224; o&#249; le parti est appuy&#233; sur le prol&#233;tariat, li&#233; au mouvement des masses, l&#224; o&#249; le contr&#244;le organisationnel et politique du parti sur les membres a comme condition le contr&#244;le du prol&#233;tariat sur le parti par la confiance que celui-ci lui accorde. Et cette morale r&#233;volutionnaire conf&#232;re au militant un comportement, une honn&#234;tet&#233; sans pareils dans la soci&#233;t&#233; bourgeoise. Cette morale n'est pas une base abstraite (des r&#232;gles sur ce qui est bien en g&#233;n&#233;ral, sur ce qui est mal en g&#233;n&#233;ral, ce qui est honn&#234;te, ce qui est malhonn&#234;te), elle a une base scientifique d&#233;duite, &#224; l'aide de la m&#233;thode marxiste, de la lutte de classes. Les crit&#232;res varient quand il s'agit d'ennemis directs, d'alli&#233;s temporaires ou du mouvement ouvrier. Le parti est d'autant plus sain que chacun de ses militants est plus instruit et pratiquement li&#233; aux masses. Seule l'organisation centraliste bolchevik permet l'&#233;ducation dirig&#233;e des membres qui rem&#233;die le plus aux in&#233;galit&#233;s culturelles et th&#233;oriques en rehaussant au maximum les capacit&#233;s culturelles et th&#233;oriques de chacun. Seule une organisation centraliste bolchevik permet le maximum d'efficacit&#233; dans le travail des membres vis-&#224;-vis des masses (transfert des membres sur le terrain le plus ad&#233;quat &#224; leurs capacit&#233;s de travail pratique, m&#233;lange d'ouvriers et d'intellectuels pour obtenir le maximum dans le travail).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne le professionnalisme des militants, celui-ci n'implique pas l'abandon de tout lien avec la production ou les diff&#233;rentes sph&#232;res d'activit&#233; sociale. A part une petite minorit&#233; s&#233;lectionn&#233;e, s&#251;re, qui sous le contr&#244;le du parti accomplit des t&#226;ches permanentes (politiques ou techniques), le parti doit &#234;tre li&#233; &#224; l'ensemble de la vie sociale. Le professionnalisme implique que chaque militant est &#224; l'enti&#232;re disposition du parti qui l'utilise comme il l'entend au mieux des int&#233;r&#234;ts de la classe, dans ou hors la production. Nous luttons pour la victoire de formes sociales plus &#233;lev&#233;es, socialistes, et le parti doit disposer du concours le plus large possible d'intellectuels, d'ing&#233;nieurs, d'administrateurs, etc... Dans ce sens il est li&#233; et t&#226;che de se lier en s'y cr&#233;ant des sympathisants, avec tous ces milieux. Mais le professionnel est membre du parti avant d'&#234;tre ing&#233;nieur, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, nous voulons d&#233;gager un type de r&#233;volutionnaire oppos&#233; au monde bourgeois et pour y r&#233;ussir, une discipline parfaite dans l'organisation est absolument n&#233;cessaire. Il faut tendre de plus en plus &#224; organiser le travail d'une fa&#231;on responsable et &#233;tablir des liens de travail politiques et organisationnels entre les militants. Tout notre effort d&#232;s le d&#233;but a &#233;t&#233; dans cette direction, le plus grand danger pour une organisation &#233;tant l'habitude de travailler en suivant les liens personnels (&#171; amiti&#233; &#187;, fa&#231;on de vivre, etc...) qui donne naissance &#224; des petits groupes ou cliques et non pas &#224; un ensemble de rapports r&#233;sultant du travail organisationnel pratique et th&#233;orique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour proc&#233;der &#224; la mise en place de tous les rouages, il est n&#233;cessaire de savoir quels sont les membres qui se sentent capables d'&#234;tre &#171; militants professionnels &#187;, soumis &#224; la discipline absolue de l'organisation et d&#233;terminant par leur vote le cours de notre travail. Ceux qui ne s'en sentent pas encore capables, c'est-&#224;-dire qui ne trouvent pas encore une base suffisante dans le pass&#233; et le pr&#233;sent de l'organisation, continueront &#224; militer comme jusqu'&#224; pr&#233;sent, mais ne pourront pas d&#233;terminer les voies politiques de notre organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne connaissons maintenant que les c&#244;t&#233;s difficiles et p&#233;nibles de cette vie, mais notre d&#233;veloppement et la lutte des masses transformeront cette situation de professionnel en privil&#232;ge en faisant appara&#238;tre tout ce qu'une telle vie contient de fort et de profond&#233;ment humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui caract&#233;rise le r&#233;volutionnaire, c'est qu'il n'attend de son activit&#233; qu'une seule r&#233;compense, c'est la reconnaissance t&#244;t ou tard que celle-ci a &#233;t&#233; conforme aux int&#233;r&#234;ts v&#233;ritables de l'humanit&#233;. C'est pourquoi il peut r&#233;sister &#224; toutes les &#233;preuves : s'il est relativement facile de donner sa vie d'un seul coup, il faut savoir aussi la donner peu &#224; peu dans la lutte opini&#226;tre que n&#233;cessite le renversement de la bourgeoisie. Ce type d'individu n'est pas rare. Le parti d&#233;gage ce sentiment de sacrifice total, de dignit&#233; et, si l'on veut de f&#233;licit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Extraits de &#171; Que faire ? &#187; de L&#233;nine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'exp&#233;rience r&#233;volutionnaire et l'habilet&#233; organisatrice sont choses qui s'acqui&#232;rent. Il suffit qu'on veuille d&#233;velopper en soi les qualit&#233;s n&#233;cessaires. Il suffit qu'on ait conscience de ses fautes, conscience qui en mati&#232;re r&#233;volutionnaire, &#233;quivaut &#224; une demi-r&#233;paration. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; ...Sans une &#171; dizaine &#187; de chefs de talent (les talents ne surgissent pas par centaines) &#233;prouv&#233;s et professionnellement pr&#233;par&#233;s et instruits par une longue pratique, bien d'accord entre eux, aucune classe de la soci&#233;t&#233; contemporaine ne peut mener la lutte &#187; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le seul principe s&#233;rieux d'organisation pour les militants de notre mouvement doit &#234;tre : secret rigoureux, choix minutieux des membres, pr&#233;paration de r&#233;volutionnaires professionnels. Avec ces qualit&#233;s, nous aurons quelque chose de plus que la &#171; d&#233;mocratie &#187; : une confiance fraternelle compl&#232;te entre r&#233;volutionnaires &#187; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On a vu se v&#233;rifier une fois de plus la bonne remarque de Parvus, qu'il est difficile de saisir un opportuniste avec une simple formule : il signera ais&#233;ment n'importe quelle formule et s'en d&#233;gagera non moins ais&#233;ment, car l'opportunisme consiste pr&#233;cis&#233;ment dans l'absence de tout principe d&#233;termin&#233; et ferme &#187; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/07/barta_rapp43.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/07/barta_rapp43.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A LA NOUVELLE VICTOIRE POLITIQUE DE L'IMPERIALISME ANGLO-SAXON :&lt;br class='autobr' /&gt;
LA DISSOLUTION DE LA TROISIEME INTERNATIONALE,&lt;br class='autobr' /&gt;
LE PROLETARIAT REPONDRA PAR LA LUTTE REVOLUTIONNAIRE&lt;br class='autobr' /&gt;
SOUS LE DRAPEAU DE LA QUATRIEME INTERNATIONALE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; la guerre imp&#233;rialiste mondiale entre dans sa phase d&#233;cisive, une &#034;nouvelle sensationnelle&#034; diffus&#233;e depuis 48 heures par toutes les radios et dans toute la presse du globe y compris les radios et la presse de l'URSS, remplit de stup&#233;faction et d'embarras les prol&#233;tariats de tous les pays : Staline dissout l'Internationale Communiste et recommande &#224; ses membres de subordonner leur action &#224; l'action des Gouvernements &#034;alli&#233;s&#034; dans la lutte contre Hitler !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tandis que la propagande de l'Axe s'empresse de qualifier la nouvelle de &#034;bluff&#034; et de &#034;man&#339;uvre grotesque&#034;, la propagande &#034;alli&#233;e&#034; exalte &#034;l'importance historique&#034; de l'&#233;v&#233;nement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DE QUOI DONC S'AGIT-IL ? PRESSION ET VICTOIRE DE L'IMPERIALISME ANGLO-AMERICAIN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Staline dissout l'Internationale de L&#233;nine c&#233;dant ainsi &#224; la pression de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain et anglais. La nouvelle de la dissolution du Komintern a &#233;t&#233; annonc&#233;e tout de suite apr&#232;s la visite du repr&#233;sentant de Roosevelt, Davies, &#224; Staline, et avant la fin des travaux de la conf&#233;rence politico-militaire des Anglo-Am&#233;ricains &#224; Washington.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre imp&#233;rialiste &#233;tant arriv&#233;e &#224; sa phase d&#233;cisive, et le rapport de forces des bellig&#233;rants s'&#233;tant profond&#233;ment modifi&#233; au cours de la derni&#232;re ann&#233;e en faveur du camp anglo-am&#233;ricain &#224; la suite des d&#233;faites de l'Axe en Russie, en Afrique et dans les airs, l'imp&#233;rialisme anglo-am&#233;ricain est aujourd'hui sur le point de fixer ses plans d&#233;finitifs pour la liquidation de la guerre. Mais avant d'agir sur le terrain militaire en Europe, ayant tir&#233; l'exp&#233;rience am&#232;re de la crise r&#233;volutionnaire qui a suivi la fin de la guerre de 14-18 et qui a menac&#233; jusqu'aux tr&#233;fonds l'&#233;difice capitaliste, il veut s'assurer d'avance la liquidation capitaliste et sans risques pour le r&#233;gime des classes poss&#233;dantes, de cette guerre. L'imp&#233;rialisme subordonne ainsi l'action militaire imm&#233;diate aux consid&#233;rations politiques qui visent &#224; cr&#233;er le climat n&#233;cessaire en Europe, dans lequel aucune crise r&#233;volutionnaire s&#233;rieuse ne serait possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cette raison que l'imp&#233;rialisme anglo-am&#233;ricain neutralise d'abord la III&#232;me Internationale qui, malgr&#233; sa d&#233;g&#233;n&#233;rescence bureaucratique croissante pendant toutes ces derni&#232;res ann&#233;es, repr&#233;sentait encore gr&#226;ce &#224; ses traditions et sa liaison avec l'URSS un cadre dans lequel se canalisait l'activit&#233; r&#233;volutionnaire spontan&#233;e des masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POURQUOI STALINE CEDE-T-IL ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Staline a c&#233;d&#233; &#224; la pression des imp&#233;rialistes &#034;alli&#233;s&#034; parce que, malgr&#233; les derni&#232;res victoires de l'Arm&#233;e Rouge, malgr&#233; la d&#233;faite en perspective de l'Axe, l'URSS est sur le plan mondial plus faible que jamais. Faible d'abord parce que la guerre a consomm&#233; et d&#233;truit une masse &#233;norme de richesses naturelles du pays, de r&#233;alisations techniques, de mat&#233;riel et d'hommes. Faible ensuite parce que la force principale de l'URSS en tant que pays qui voulait &#233;riger une soci&#233;t&#233; socialiste bas&#233;e sur un syst&#232;me d'&#233;conomie planifi&#233;e et sans les entraves du r&#233;gime capitaliste de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, r&#233;side dans le soutien actif du prol&#233;tariat mondial, dans le progr&#232;s de son mouvement r&#233;volutionnaire et dans l'&#233;largissement de la r&#233;volution socialiste commenc&#233;e il y a 25 ans en URSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ni mat&#233;riellement en fait, ni politiquement, l'URSS ne pouvait soutenir longtemps la lutte avec son entourage capitaliste. Mais le mouvement r&#233;volutionnaire sous la direction stalinienne n'a accumul&#233; jusqu'&#224; maintenant que des d&#233;faites, qui ont rendu la situation de l'URSS &#224; la longue, et surtout pendant la guerre actuelle, extr&#234;mement pr&#233;caire et &#224; la merci des pressions et des chantages de l'imp&#233;rialisme mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MAIS S'IL NE S'AGIT QUE D'UNE MAN&#338;UVRE ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La propagande de l'Axe qui par le succ&#232;s politique de l'imp&#233;rialisme anglo-saxon a perdu un atout d'argumentation en faveur de la croisade &#034;anti-communiste&#034;, d&#233;nonce la liquidation du Komintern comme une &#034;man&#339;uvre&#034;, et les bureaucrates qui dirigent les partis communistes, embarrass&#233;s par l'ampleur et la vitesse de la d&#233;cision du Kremlin, ne tarderont pas de donner aux ouvriers la m&#234;me explication facile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est une s&#233;rie de telles man&#339;uvres qui pendant toutes ces derni&#232;res ann&#233;es ont amen&#233; la liquidation pratique du mouvement communiste, et dont l'aboutissement n&#233;cessaire est la liquidation aussi du Komintern. C'est la &#034;man&#339;uvre&#034; du Front Populaire qui a &#233;limin&#233; de la sc&#232;ne politique la physionomie ind&#233;pendante des partis communistes et qui a favoris&#233; ainsi la pr&#233;paration id&#233;ologique de la guerre par la &#034;sainte alliance&#034; des partis bourgeois et &#034;ouvriers&#034;. C'est la &#034;man&#339;uvre&#034; de la subordination du mouvement ouvrier pendant la pr&#233;sente guerre aux mouvements bourgeois nationaux des diff&#233;rents De Gaulle et Giraud dans les camps des pays &#034;alli&#233;s&#034; qui fait &#233;voluer jusqu'&#224; maintenant la guerre selon les d&#233;sirs de l'imp&#233;rialisme mondial et qui pr&#233;pare sa victoire accompagn&#233;e de l'&#233;touffement de toute crise r&#233;volutionnaire et de l'&#233;crasement de ce qui reste encore vivant de la r&#233;volution d'Octobre en URSS. Ce n'est pas la bourgeoisie qui a &#233;t&#233; tromp&#233;e par ces &#034;man&#339;uvres&#034;, c'est le prol&#233;tariat au contraire qui a servi d'instrument docile aux buts r&#233;actionnaires. Il n'y a que des bureaucrates pourris, des coquins ou des imb&#233;ciles qui peuvent faire vanter au prol&#233;tariat les avantages d'une &#034;ing&#233;nieuse&#034; politique de man&#339;uvre et lui d&#233;former ainsi son crit&#232;re de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique prol&#233;tarienne, pour qu'elle soit vraiment r&#233;volutionnaire, c'est-&#224;-dire pour qu'elle fasse avancer la conscience, l'&#233;ducation politique et l'organisation des masses laborieuses, doit &#234;tre telle qu'elle a toujours &#233;t&#233; d&#233;finie par Marx, par L&#233;nine et par Trotsky : franche, audacieuse, avec son propre drapeau, expliquant toujours ce qui est et ce qu'elle veut, au lieu de s'adapter mis&#233;rablement aux dispositions de telle ou telle bourgeoisie &#034;amie&#034; ou &#034;alli&#233;e&#034; de l'URSS. Parce que c'est pr&#233;cis&#233;ment la politique ext&#233;rieure de l'URSS qui conditionne et qui explique toute la politique opportuniste des partis communistes pendant les derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La III&#232;me Internationale &#233;tait devenue aux mains de la bureaucratie stalinienne un simple accessoire de sa politique ext&#233;rieure, qui au lieu d'&#234;tre appuy&#233;e sur l'action r&#233;volutionnaire des masses, les seuls alli&#233;s naturels de l'URSS, a &#233;t&#233; orient&#233;e exclusivement dans la voie des &#034;combines&#034; et des &#034;man&#339;uvres&#034; avec les diff&#233;rents pays imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la bande de bureaucrates qui d'une main aussi l&#233;g&#232;re, sur un geste des ma&#238;tres du Kremlin, dissout maintenant en pleine guerre imp&#233;rialiste l'organisation supr&#234;me du prol&#233;tariat mondial, montre pour une derni&#232;re fois le mis&#233;rable sort que le stalinisme a r&#233;serv&#233; &#224; l'Internationale de L&#233;nine : devenir un simple moyen de marchandage avec les bandits imp&#233;rialistes internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA CONCESSION DE STALINE NE SERA PAS LA DERNIERE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus on prive le prol&#233;tariat de ses armes id&#233;ologiques et organisationnelles pour sa lutte de classe contre la bourgeoisie, plus la position internationale de cette derni&#232;re se renforce et plus elle devient insatiable et agressive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La liquidation du Komintern par Staline ne peut pas &#234;tre la derni&#232;re de ses concessions &#224; l'imp&#233;rialisme arm&#233; des &#034;alli&#233;s&#034;. Sur la voie d'une d&#233;sorganisation et d'une passivit&#233; progressive du prol&#233;tariat mondial, l'existence de l'URSS avec tout ce qui reste encore debout de la R&#233;volution d'octobre dans ce pays, nationalisation de la propri&#233;t&#233;, &#233;conomie planifi&#233;e, commerce ext&#233;rieur &#233;tatis&#233;, ne pourra pas subsister encore pour longtemps. Le rapport des forces changera chaque jour davantage en faveur du capitalisme, aussi bien &#224; l'int&#233;rieur de l'URSS que sur l'&#233;chelle mondiale et provoquera l'effondrement brusque de toutes les conqu&#234;tes socialistes qui subsistent encore en URSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme international, d'accord avec les tendances r&#233;actionnaires renforc&#233;es dans certains milieux de la bureaucratie sovi&#233;tique, exercera pendant cette guerre tout son pouvoir pour arracher d'autres concessions substantielles dans le domaine de l'&#233;conomie planifi&#233;e de l'URSS pour la ramener finalement dans le cycle de l'&#233;conomie anarchique du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SURPRISE ? NON, SUITE LOGIQUE DE TOUTE LA POLITIQUE STALINIENNE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous marxistes, nourris de la pens&#233;e et de l'&#339;uvre pratique de Marx, de L&#233;nine, de Trotsky, un fait est l'aboutissement n&#233;cessaire de son &#233;volution ant&#233;rieure. Que Staline dissolve le Komintern, arme supr&#234;me du prol&#233;tariat combattant, &#224; la veille de la phase d&#233;cisive de la guerre imp&#233;rialiste mondiale, ne nous surprend pas. Il y a en fait 15 ans que nous avons commenc&#233; &#224; prouver aux militants de l'avant-garde r&#233;volutionnaire que la politique stalinienne conduisait pratiquement &#224; la liquidation du mouvement communiste. Et il y a plus de 9 ans qu'ayant tir&#233; de l'exp&#233;rience pratique la certitude qu'aucune r&#233;forme ne serait plus possible &#224; l'int&#233;rieur de la III&#232;me Internationale, nous avons proclam&#233; devant le prol&#233;tariat mondial, dans la mesure de nos forces, la n&#233;cessit&#233; historique de la IV&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne verserons pas de larmes inutiles devant la d&#233;pouille de celle qui fut jadis l'Internationale h&#233;ro&#239;que de L&#233;nine et de Trotsky. Nous ne perdrons pas non plus notre courage devant les difficult&#233;s immenses de notre &#339;uvre et notre foi in&#233;branlable dans la justice prol&#233;tarienne et le triomphe certain de notre cause. Nous savons avec Marx que les succ&#232;s faciles ne sont pas propres &#224; la r&#233;volution prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons au contraire que &#034;les r&#233;volutions prol&#233;tariennes se critiquent elles-m&#234;mes constamment, interrompent &#224; chaque instant leur propre cours, reviennent sur ce qui semble d&#233;j&#224; &#234;tre accompli, pour le recommencer &#224; nouveau, raillent impitoyablement les h&#233;sitations, les faiblesses et les mis&#232;res de leurs premi&#232;res tentatives, paraissent n'abattre leur adversaire que pour lui permettre de puiser de nouvelles forces de la terre et se redresser &#224; nouveau formidable en face d'elles, reculent constamment &#224; nouveau devant l'immensit&#233; infinie de leurs propres buts, jusqu'&#224; ce que soit enfin cr&#233;&#233;e la situation qui rende impossible tout retour en arri&#232;re, et que les circonstances elles-m&#234;mes crient : ...c'est ici qu'il faut sauter !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prol&#233;taires ! Camarades !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laissons les morts enterrer leurs morts. Aussi p&#233;nible que cela puisse &#234;tre pour des milliers d'entre vous de constater que l'Internationale sous le drapeau de laquelle d'innombrables militants de notre cause ont trouv&#233; la mort et ont souffert dans les ge&#244;les de la bourgeoisie les pires martyrs moyen&#226;geux, vous abandonne au moment le plus critique de la lutte contre l'imp&#233;rialisme qui, une fois de plus, a plong&#233; l'humanit&#233; enti&#232;re dans une mer immense de sang, de d&#233;tresse et de souffrance, ne vous d&#233;couragez pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme europ&#233;en sortira de cette guerre mortellement affaibli. Dans une s&#233;rie de pays tels que l'Allemagne, l'Italie, la Roumanie, etc... l'effondrement risque d'&#234;tre total et le chaos &#233;conomique et politique indescriptible. Dans les autres pays la guerre n'a pas fait moins de ravages et le d&#233;sordre g&#233;n&#233;ral qui accompagnera sa fin provoquera des explosions gigantesques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#232;re de guerres civiles et de r&#233;volutions commencera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la d&#233;sorganisation et la confusion dans les rangs des r&#233;volutionnaires peuvent permettre de nouveau une stabilisation &#233;ph&#233;m&#232;re du capitalisme. Dans ce cas la mis&#232;re atroce et l'esclavage politique seraient pour une certaine p&#233;riode notre sort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme europ&#233;en ne peut en fait se survivre apr&#232;s cette guerre qu'en rabaissant le niveau de vie &#224; ses extr&#234;mes limites et en instaurant un ordre politique dictatorial. Crises &#233;conomiques plus longues et plus profondes que toutes celles que nous avons jusqu'&#224; maintenant connues, ch&#244;mage massif et permanent, salaires bas, vie ch&#232;re, esclavage politique, voil&#224; les perspectives d'apr&#232;s&#173;guerre si nous accordons au capitalisme encore un d&#233;lai d'existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Forgeons d&#232;s maintenant dans la lutte nos armes nouvelles : les nouveaux partis r&#233;volutionnaires, la nouvelle Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la pens&#233;e de Marx, de L&#233;nine et de Trotsky soit notre guide et notre drapeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POUR LE TRIOMPHE DE LA REVOLUTION SOCIALISTE MONDIALE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POUR LES ETATS-UNIS SOCIALISTES D'EUROPE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le gouvernement r&#233;volutionnaire des Comit&#233;s ouvriers et paysans !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la d&#233;fense des conqu&#234;tes socialistes de l'URSS contre les nouveaux assauts de l'imp&#233;rialisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la paix, le pain et la libert&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VIVE LA QUATRIEME INTERNATIONALE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/05/ldc13s_052443.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/05/ldc13s_052443.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; APPEL AUX OUVRIERS COMMUNISTES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En pleine guerre imp&#233;rialiste et sous la pression des capitalistes de Londres et de Washington, Staline, qui depuis longtemps avait transform&#233; la III&#232;me Internationale d'instrument de la r&#233;volution mondiale socialiste en objet de marchandages diplomatiques, d&#233;savoue l'Internationale elle-m&#234;me en tant qu'instrument d'&#233;mancipation de l'humanit&#233; de la guerre et de l'oppression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grande est la joie dans le camp de l'imp&#233;rialisme &#034;d&#233;mocratique&#034; qui proclame la faillite de l'internationalisme prol&#233;tarien et exalte la patrie &#034;&#233;ternelle&#034; (capitaliste). Et Staline s'empresse de d&#233;clarer au correspondant de l'agence Reuter &#224; Moscou que la &#034;dissolution de l'Internationale... pr&#233;pare les voies pour l'association des peuples bas&#233;e sur l'&#233;galit&#233;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mensonges impudents que les pr&#233;tention des imp&#233;rialistes &#034;d&#233;mocratiques&#034; et de leur valet Staline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel est l'ouvrier qui ne sache pas que l'Internationale a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e pr&#233;cis&#233;ment non seulement pour l'&#233;mancipation du prol&#233;tariat de la bourgeoisie, mais aussi, en vue de cette &#233;mancipation, pour r&#233;aliser l'&#233;galit&#233; entre toutes les nations ? Quel est le militant communiste qui ne sache pas que le fondement du l&#233;ninisme c'est pr&#233;cis&#233;ment l'incompatibilit&#233; du capitalisme actuel (le capitalisme imp&#233;rialiste des monopoles) avec une &#034;association des peuples bas&#233;s sur l'&#233;galit&#233;&#034; ? La guerre imp&#233;rialiste de 14-18 et la pr&#233;sente guerre imp&#233;rialiste n'ont-elles pas d&#233;montr&#233; pratiquement cette incompatibilit&#233; ? La victoire d'un camp imp&#233;rialiste sur l'autre (victoire alli&#233;e en 1918, victoire de Hitler en 1940) peut-elle &#234;tre autre chose qu'une exploitation renforc&#233;e du prol&#233;tariat et une oppression des nations les plus faibles par la bourgeoisie des pays imp&#233;rialistes les plus forts ? Toute notre lutte jusqu'&#224; maintenant n'a-t-elle pas &#233;t&#233; pr&#233;cis&#233;ment de d&#233;montrer que seul l'internationalisme prol&#233;tarien dont l'instrument est l'Internationale peut permettre &#224; chaque exploit&#233; d'avoir r&#233;ellement une patrie &#224; lui ? Que la patrie o&#249; l'ouvrier est exploit&#233; par le capital et o&#249; il peut crever de faim, c'est la patrie du capitaliste et non la sienne propre ? Que la seule base de l'union fraternelle des peuples ce sont les Etats-Unis socialistes d'Europe et du Monde et non pas des &#034;patries&#034; capitalistes isol&#233;es et ennemies ? En dissolvant la III&#232;me Internationale soi-disant pour d&#233;montrer que le &#034;bolch&#233;visme&#034; ne s'immisce pas dans les affaires des nations, Staline ne passe-t-il pas ainsi dans le camp des calomniateurs de l'internationalisme prol&#233;tarien ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les brigands imp&#233;rialistes chantent trop t&#244;t victoire. Comme aux si&#232;cles pass&#233;s la monarchie, de nos jours l'internationalisme ne meurt jamais, car la lutte de classes ne s'arr&#234;te jamais. A LA III&#232;me INTERNATIONALE MORTE SUCCEDE LA IV&#232;me INTERNATIONALE .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du sein m&#234;me de la III&#232;me Internationale, en s'opposant &#224; la direction officielle dans toutes les questions o&#249; celle-ci s'&#233;loignait des int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re, est n&#233;e depuis 1924 le courant internationaliste qui constitua en 1928 l'Opposition communiste de gauche (&#034;trotskyste&#034;). Quand en 1933 la faillite de la III&#232;me Internationale sous la direction de Staline devint &#233;vidente par la catastrophe allemande, l'opposition de gauche proclama la n&#233;cessit&#233; de la cr&#233;ation de la nouvelle Internationale, la Quatri&#232;me. Car la lutte de classe, base de la soci&#233;t&#233; capitaliste, rend n&#233;cessaire &#224; chaque instant au prol&#233;tariat l'existence d'un Parti prol&#233;tarien sans lequel ses luttes sont vou&#233;es &#224; l'&#233;chec. La IV&#232;me Internationale ne fait que continuer les v&#233;ritables traditions de la III&#232;me Internationale du vivant de L&#233;nine. Sa base politique est constitu&#233;e par les Th&#232;ses et les R&#233;solutions des quatre premiers Congr&#232;s de l'I.C.(1919-20-21-22). Que chaque communiste digne de ce nom &#233;tudie ces th&#232;ses et les compare avec les bases programmatiques de la IV&#232;me Internationale ; il deviendra alors &#233;vident que celle-ci continue celle-l&#224;, que depuis 1933 la IV&#232;me Internationale repr&#233;sente la continuit&#233; r&#233;volutionnaire de la lutte de classes et que le communisme &#224; jamais vivant aux c&#339;urs des exploit&#233;s poss&#232;de contre la bourgeoisie le drapeau sans t&#226;che aucune de l'Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par leur concert de man&#339;uvres, de marchandages et de com&#233;dies diplomatiques sur le dos des peuples, les imp&#233;rialismes anglais, am&#233;ricain, allemand, italien et la bureaucratie conservatrice sovi&#233;tique, essaient d'emp&#234;cher que la voix de la IV&#232;me Internationale arrive aux ouvriers et aux opprim&#233;s de tous les pays. Car la IV&#232;me Internationale est la n&#233;gation m&#234;me de ces pratiques issues de la soci&#233;t&#233; de classe, elle lutte pour le renversement du vieux monde pourri et pour l'av&#232;nement de la nouvelle soci&#233;t&#233; socialiste, sans diplomatie, sans marchandages, et sans les &#034;com&#233;dies&#034; sanglantes de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si au cours m&#234;me de cette guerre le prol&#233;tariat n'intervient pas lui-m&#234;me dans la lutte avec ses buts et son v&#233;ritable drapeau, le drapeau du communisme, alors l'imp&#233;rialisme ira plus loin dans son &#339;uvre contre-r&#233;volutionnaire et contraindra la bureaucratie de mettre fin &#233;galement &#224; l'&#233;conomie planifi&#233;e de l'URSS, d&#233;truisant ainsi l'&#339;uvre fondamentale de la r&#233;volution d'Octobre 17.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le devoir vis-&#224;-vis de la classe ouvri&#232;re est le devoir supr&#234;me de tout militant ouvrier. Quand il devient &#233;vident que la Parti auquel on &#233;tait attach&#233; par toutes ses fibres et auquel on &#233;tait pr&#234;t &#224; sacrifier &#224; chaque instant sa vie renonce aux buts permanents de la classe ouvri&#232;re (sous quelque pr&#233;texte que ce soit), alors on ne peut plus continuer &#224; fermer les yeux, &#224; s'endormir avec des &#034;raisonnements&#034;. Il faut imm&#233;diatement tirer la conclusion pratique fondamentale : la rupture avec l'opportunisme, pour l'orientation imm&#233;diate vers la recherche th&#233;orique et pratique d'un milieu r&#233;volutionnaire nouveau, sous peine de trahir le prol&#233;tariat, sous peine de trahir sa propre vie de communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous disions en novembre 1940 : tout militant honn&#234;te qui ne veut pas rester impuissant devant la guerre et le fascisme (dont les m&#233;thodes se sont &#233;tendues &#224; tous les pays capitalistes), doit adopter les principes th&#233;oriques de la IV&#232;me Internationale, h&#233;riti&#232;re des meilleures traditions r&#233;volutionnaires des trois pr&#233;c&#233;dentes Internationales. Nous disions aussi qu'il y aurait en France un Parti r&#233;volutionnaire seulement quand des centaines et des milliers d'entre vous prendront conscience du r&#244;le politique du stalinisme et deviendront les champions de la nouvelle Internationale. La III&#232;me Internationale est morte depuis longtemps. Le d&#233;saveu formel de Staline sous la pression de l'imp&#233;rialisme est le dernier coup donn&#233; aux masses de tous les pays pour lesquelles la III&#232;me Internationale restait encore le symbole de la solidarit&#233; des ouvriers de tous les pays. Reconstruisons ensemble le v&#233;ritable Parti prol&#233;tarien, qui bannissant de son sein le r&#233;formisme et le stalinisme, sera le guide r&#233;volutionnaire de la classe ouvri&#232;re. R&#233;veillons d'abord sur le terrain de l'usine l'activit&#233; des meilleurs &#233;l&#233;ments de la classe ouvri&#232;re en vue de l'organisation de celle-ci pour les luttes qui approchent, luttes qui secoueront de fond en comble le vieil &#233;difice capitaliste et qui, en r&#233;veillant la classe ouvri&#232;re &#224; une activit&#233; r&#233;volutionnaire nouvelle, balaieront de la sc&#232;ne politique les &#233;l&#233;ments pourris de ce qui reste de la II&#232;me et de la III&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avant pour le nouveau parti r&#233;volutionnaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vivent les Etats-Unis socialistes d'Europe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vive la Quatri&#232;me Internationale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1er Juin 1943&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Groupe Communiste (IV&#232;me Internationale)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/06/ldc13_060143.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/06/ldc13_060143.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE VRAI VISAGE DU &#034;COMITE FRANCAIS DE LIBERATION NATIONALE&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s de longs et p&#233;nibles marchandages, qui ont dur&#233; plus de six mois, les &#233;migr&#233;s gaullistes &#224; Londres et les g&#233;n&#233;raux de la d&#233;faite et du syst&#232;me vichyssois en Afrique du Nord sont arriv&#233;s &#224; un compromis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Giraud et son &#233;quipe parmi laquelle on comptait jusqu'hier encore en service actif les Peyrouton, les Nogu&#232;s, les Boisson, les Pucheu, etc... repr&#233;sentent sur le terrain politique la tendance la plus r&#233;actionnaire de la bourgeoisie fran&#231;aise de la M&#233;tropole et des colonies. La fraction Giraudiste par son pass&#233; et sa mentalit&#233; est enti&#232;rement dans la ligne de la politique de la &#034;r&#233;volution nationale&#034; vichyssoise, avec laquelle par ailleurs elle n'a rompu qu'au moment o&#249; l'&#233;volution de la guerre mettait toutes les chances du c&#244;t&#233; de l'imp&#233;rialisme anglo-saxon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fraction gaulliste repr&#233;sente l'autre c&#244;t&#233; de la m&#233;daille, la tendance &#034;d&#233;mocratique&#034; de la bourgeoisie fran&#231;aise, qui tente de gagner la guerre et la paix capitalistes en faisant &#034;miroiter&#034; aux masses laborieuses de France la r&#233;surrection de feu la III&#232;me R&#233;publique sur une base constitutionnelle et parlementaire. Elle est la fraction politique du capitalisme fran&#231;ais la plus habile, la plus d&#233;magogique et par cons&#233;quent la plus dangereuse. Ayant exploit&#233; &#224; fond les sentiments d'indignation, de col&#232;re et le d&#233;sir ardent de libert&#233; suscit&#233;s par l'occupation brutale du pays qui souffre et qui saigne sous la botte de l'imp&#233;rialisme allemand, le &#034;Gaullisme&#034; veut regrouper les classes laborieuses fran&#231;aises, en d&#233;guisant sa physionomie capitaliste sous le masque trompeur du &#034;lib&#233;rateur national&#034;. Il est devenu ainsi, gr&#226;ce surtout &#224; la complicit&#233; criminelle des dirigeants staliniens, le principal courant politique en France qui cherche &#224; substituer &#224; la lutte de classes l'&#034;union sacr&#233;e&#034; contre l'ennemi ext&#233;rieur : les &#034;Boches&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Gaulle, dans ses pourparlers avec Giraud, se montra plusieurs fois intransigeant, sachant bien les sentiments qui animent les classes laborieuses de France envers les g&#233;n&#233;raux et les politiciens qui jusqu'&#224; hier d&#233;fendaient en Afrique du Nord la politique r&#233;actionnaire de Vichy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La composition d&#233;finitive du &#034;Comit&#233; fran&#231;ais de lib&#233;ration nationale&#034; et les remplacements qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; et suivi sa constitution (renvoi de Peyrouton, Nogu&#232;s, etc...) marquent dans les cadres du compromis une premi&#232;re victoire gaulliste. Pour qu'elle soit cependant compl&#232;te, elle doit &#234;tre couronn&#233;e par la main-mise gaulliste sur l'arm&#233;e en Afrique du Nord qui constitue pour le moment la force essentielle de la fraction Giraudiste, et qui tranchera aussi en d&#233;finitif la question de l'influence politique pr&#233;pond&#233;rante. En tout cas, les n&#233;cessit&#233;s impos&#233;es par la guerre, emp&#234;cheront tr&#232;s probablement une aggravation de la crise et maintiendront l'&#233;quilibre &#233;tabli sur la base du compromis entre les deux g&#233;n&#233;raux. Par ailleurs, la pression de l'imp&#233;rialisme anglo-saxon s'exerce dans la m&#234;me direction actuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les patriotes g&#233;n&#233;raux et politiciens de Londres et de l'Afrique du Nord multiplient leurs appels, leurs promesses et leurs encouragements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patientons, &#034;ils&#034; viendront bient&#244;t. Mais c'est la partie du capitalisme fran&#231;ais li&#233;e &#233;conomiquement avec l'imp&#233;rialisme anglo-saxon qui se pr&#233;pare &#224; venir, et c'est pour restaurer l'ordre bourgeois d'avant-guerre sur une base mat&#233;rielle et politique infiniment plus restreinte pour les prol&#233;taires de France. Derri&#232;re le drapeau national du &#034;Comit&#233;&#034; fran&#231;ais , derri&#232;re son arm&#233;e et les arm&#233;es &#034;alli&#233;es&#034; de l'imp&#233;rialisme anglo-saxon, viendra la capitalisme et seulement le capitalisme, fr&#232;re siamois du r&#233;gime social de Vichy. Les prol&#233;taires de France, comme par ailleurs les prol&#233;taires de tout le continent, ne changeront que de ma&#238;tres par l'arriv&#233;e des &#034;alli&#233;s&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les prol&#233;taires et les couches pauvres de paysans et de petits-bourgeois des villes aspirent &#224; un changement radical de la situation, qui devient de plus en plus intenable sous le r&#233;gime capitaliste. Mais r&#234;ver le retour de la &#034;belle vie&#034; de jadis avec les Daladier, les Blum, les Herriot, et les autres marionnettes &#034;d&#233;mocratiques&#034; du capitalisme fran&#231;ais qui se sont vant&#233;s &#224; Riom d'avoir bris&#233; le mouvement prol&#233;tarien de 34 &#224; 1939 et qui ont pr&#233;par&#233; la guerre, c'est oublier que la situation d'aujourd'hui est le r&#233;sultat de toute la politique du capitalisme fran&#231;ais sous la III&#232;me R&#233;publique. Le retour aux m&#234;me conditions, que nous promet maintenant le &#034;Comit&#233; fran&#231;ais de lib&#233;ration nationale&#034;, signifiera le retour aux m&#234;mes causes organiques qui, &#224; travers une attaque frontale du capitalisme contre les positions &#233;conomiques et politiques du prol&#233;tariat fran&#231;ais ont provoqu&#233; la pr&#233;sente guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La volont&#233; des masses est autre, DOIT &#234;tre autre : faire la R&#233;volution socialiste, qui est la seule solution radicale, la seule issue, la seule chance de salut pour le prol&#233;tariat et les autres couches exploit&#233;es du pays. Face aux pr&#233;paratifs f&#233;briles des g&#233;n&#233;raux et politiciens au service de l'imp&#233;rialisme, qui oppriment l'Afrique du Nord et s'en font un tremplin pour r&#233;tablir la position privil&#233;gi&#233;e du capitalisme fran&#231;ais face au drapeau tricolore des exploiteurs, le prol&#233;tariat activera sa lutte de classe et S'APPRETERA A HISSER SON DRAPEAU ROUGE DE LA REVOLUTION SOCIALISTE. En tendant la main aux ouvriers d'Allemagne, d'Italie et des Balkans, les ouvriers fran&#231;ais lib&#233;reront d'un seul coup le pays de ses ennemis capitalistes int&#233;rieurs et ext&#233;rieurs, en &#233;difiant en commun l'ordre socialiste bas&#233; sur l'union fraternelle des peuples du continent, LES ETATS-UNIS SOCIALISTES D'EUROPE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/06/ldc14_061343.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/06/ldc14_061343.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CONTRE LA GUERRE IMPERIALISTE, VIVE LA GUERRE CIVILE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nouvelles op&#233;rations entam&#233;es par l'imp&#233;rialisme allemand &#224; l'Est et le d&#233;barquement des imp&#233;rialistes alli&#233;s en Sicile, &#233;treignent &#224; nouveau l'Europe dans un &#233;tau de feu et de sang. Que d'&#233;preuves ont d&#251; subir les masses prol&#233;tariennes et les peuples europ&#233;ens depuis 1939, pour que la perspective d'une Europe &#224; nouveau champ de bataille, puisse leur appara&#238;tre comme l'unique solution, comme une perspective de &#034;lib&#233;ration&#034;. Combien grands ont &#233;t&#233; les crimes de l'imp&#233;rialisme allemand, soutenu par les bourgeoisies des pays occup&#233;s, pour que les masses d&#233;sesp&#233;r&#233;es, tromp&#233;es par les agents imp&#233;rialistes alli&#233;s (et par les partis &#034;communistes&#034;), se r&#233;signent &#224; une telle perspective de &#034;lib&#233;ration&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si tout se passait suivant le programme des imp&#233;rialistes alli&#233;s, m&#234;me si toutes leurs entreprises contre l'imp&#233;rialisme allemand r&#233;ussissaient, un sort terrible attend le prol&#233;tariat et les masses populaires d'Europe. Nous ne pouvons nous attendre &#224; un effondrement brusque des arm&#233;es de l'imp&#233;rialisme allemand, tant que les soldats allemands seront entre l'enclume hitl&#233;rienne et le marteau alli&#233;. Sans perspective de r&#233;volution prol&#233;tarienne qui leur donnerait l'appui des masses prol&#233;tariennes d'Europe contre leur propre bourgeoisie allemande, ils seront oblig&#233;s de tenir bon, tant qu'ils auront &#224; leur disposition les ressources accumul&#233;es par l'imp&#233;rialisme allemand pendant la p&#233;riode de succ&#232;s de 1936 &#224; 1942. La &#034;d&#233;livrance&#034; imp&#233;rialiste de l'Europe n&#233;cessitera une lutte longue, acharn&#233;e et provoquerait les m&#234;mes destructions et les m&#234;mes d&#233;serts que la guerre en a provoqu&#233; en URSS. Les villes de France et d'Europe subiront, comme en Italie et en Allemagne, des bombardements toujours plus destructeurs. En serons-nous consol&#233;s si Radio-Londres nous explique que &#034;mourir sous les bombes alli&#233;es, c'est la plus belle de toutes les morts&#034; ? Accompagn&#233;e sur les arri&#232;res par de v&#233;ritables guerres civiles entre les partisans arm&#233;s de l'imp&#233;rialisme allemand, appuy&#233;s sur l'Etat collaborationniste respectif, et les partisans arm&#233;s de la &#034;lib&#233;ration&#034;, la guerre n'&#233;pargnera aux masses civiles aucune des souffrances que la guerre imp&#233;rialiste inflige sur les champs de bataille aux combattants. En un mot, les imp&#233;rialistes qui nous apportent le m&#234;me joug que nous fait subir l'imp&#233;rialisme allemand uni aux capitalistes fran&#231;ais ne peuvent le faire que par notre aide d&#233;cisive, que par le sang que nous aurons vers&#233; pour eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les perspectives mirobolantes des alli&#233;s pour &#034;apr&#232;s la victoire&#034; sont illustr&#233;es on ne peut mieux par l'entente Giraud-Roosevelt en vertu de laquelle Roosevelt s'engage &#224; armer 300.000 soldats de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais &#224; condition que cette arm&#233;e continue &#224; se battre pour la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts imp&#233;rialistes en Extr&#234;me-Orient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comprenant que les alli&#233;s ne repr&#233;sentent pas un moindre mal, le prol&#233;tariat peut renverser la situation et transformer le lent &#233;tranglement des masses par la guerre imp&#233;rialiste, en une lutte pour des objectifs propres, prol&#233;tariens, en une lutte pour la r&#233;volution socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le tumulte des &#233;v&#233;nements militaires qui viennent il est d&#233;cisif pour l'issue du conflit et pour le sort des peuples que le prol&#233;tariat garde une conscience de classe et qu'il intervienne dans la lutte sous son propre drapeau. Il doit opposer aux diff&#233;rents drapeaux des exploiteurs (le drapeau &#224; la croix gamm&#233;e, le drapeau tricolore, etc...) le drapeau des exploit&#233;s du monde entier, LE DRAPEAU ROUGE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les ouvriers se laissent guider dans les mois qui viennent par la pens&#233;e socialiste, ils peuvent trouver des armes et des alli&#233;s chez le soldat rev&#234;tu de l'uniforme allemand, qui, &#224; une certaine &#233;tape des hostilit&#233;s, se trouvera forc&#233;ment en lutte directe contre son propre &#233;tat-major imp&#233;rialiste, contre ses propres officiers. Il ne faut plus que, comme en juin 1940, les ouvriers restent le jouet des &#233;v&#233;nements, et que la cause des exploit&#233;s soit oubli&#233;e. Il ne faut surtout pas que le prol&#233;tariat commette le crime de repousser &#233;ventuellement une alliance r&#233;volutionnaire avec nos fr&#232;res allemands ouvriers et paysans et participe &#224; la chasse aux &#034;Boches&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che historique de la classe ouvri&#232;re en Europe dans la p&#233;riode qui s'ouvre, c'est de mettre &#224; profit les embarras et les d&#233;faites militaires de l'imp&#233;rialisme allemand pour r&#233;aliser l'armement du prol&#233;tariat, couvrir le pays de ses organes de classe, former des Conseils (Soviets) ouvriers et paysans, conqu&#233;rir les libert&#233;s d&#233;mocratiques (droit de r&#233;union, de presse, amnistie politique, droit de gr&#232;ve, etc...), cr&#233;er un gouvernement ouvrier et paysan appuy&#233; sur les Conseils par une politique de classe et d'union avec tous les exploit&#233;s d'Europe. Cette lutte, c'est la lutte pour les Etats-Unis socialistes d'Europe, qui seule peut arr&#234;ter la d&#233;cadence du continent et sa transformation en une sph&#232;re d'influence am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a dans le pass&#233; r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat fran&#231;ais suffisamment de traditions pour nous donner l'espoir que tel sera le comportement de la classe ouvri&#232;re fran&#231;aise dans les commotions militaires et sociales qui approchent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Aux man&#339;uvres de la bourgeoisie pour diviser et d&#233;sunir les ouvriers au moyen d'hypocrites appels &#224; la &#034;d&#233;fense nationale&#034; les ouvriers conscients r&#233;pondront par des efforts toujours nouveaux et r&#233;p&#233;t&#233;s pour cr&#233;er l'unit&#233; des ouvriers de toutes les nations dans la lutte contre la domination de la bourgeoisie de toutes nations&#034;. (L&#233;nine)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOCIALISME DE CLASSE ET &#034;SOCIALISME&#034; GOUVERNEMENTAL&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les aspirations de l'humanit&#233; pour un ordre social harmonieux, bas&#233; sur la fraternit&#233; de tous et assurant &#224; tous une vie digne et la participation &#224; tous les biens &#233;conomiques produits par le g&#233;nie de l'homme, se sont cristallis&#233;es au XIX&#232;me si&#232;cle dans le socialisme. Aux yeux des masses opprim&#233;es, socialisme est devenu le synonyme d'une soci&#233;t&#233; humaine nouvelle appel&#233;e &#224; remplacer l'actuelle soci&#233;t&#233; de classe, la soci&#233;t&#233; capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant que l'humanit&#233; put faire des progr&#232;s sur des bases capitalistes, non d'ailleurs sans infliger de tr&#232;s grandes souffrances aux masses, la bourgeoisie d&#233;fendit ouvertement le capitalisme et condamna le socialisme comme une id&#233;ologie d'esclaves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seulement, avec le capitalisme imp&#233;rialiste (grandes banques, monopoles), le syst&#232;me bourgeois est entr&#233; d&#233;finitivement dans une phase d'impasses et de d&#233;cadence. Dans cette derni&#232;re phase du capitalisme de mis&#232;re et de guerres, le socialisme devint v&#233;ritablement la seule solution non seulement pour am&#233;liorer la vie humaine, mais avant tout pour emp&#234;cher l'humanit&#233; de p&#233;rir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, la d&#233;fense ouverte du syst&#232;me capitaliste devint de plus en plus difficile pour les hommes politiques au service de la bourgeoisie. Et l'on vit peu &#224; peu des partis bourgeois d'extr&#234;me-droite s'intituler &#034;socialistes&#034;, des hommes d'Etat bourgeois mettre en avant des plans &#034;socialistes&#034; pour la reconstruction de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le trait commun de tous ces pr&#233;tendus &#034;socialistes&#034; et qui montre qu'ils sont les d&#233;fenseurs des capitalistes, c'est qu'ils pr&#233;tendent construire leur &#034;socialisme&#034; ou imposer des r&#233;formes &#034;socialistes&#034; sur la base de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production, c'est-&#224;-dire en maintenant le syst&#232;me capitaliste. Nous avons pu exp&#233;rimenter en quoi consiste le &#034;socialisme&#034; des partis fascistes qui ne se privent pas de faire de la d&#233;magogie contre tel ou tel capitaliste, pour d'autant mieux sauver les autres et d&#233;tourner la col&#232;re des masses. Quant aux plans des aristocrates anglais, ministres de Sa majest&#233;, et des ap&#244;tres de la &#034;d&#233;mocratie&#034; genre Roosevelt, ils pr&#233;tendent &#034;am&#233;liorer&#034; les rapports entre les exploiteurs et les exploit&#233;s. En fait, il s'agit d'un ensemble de mesures ou de concessions id&#233;ologiques destin&#233; &#224; masquer la lutte des classes, &#224; voiler les contradictions de la soci&#233;t&#233; qui sans cela deviendraient intol&#233;rables, &#224; &#233;garer l'esprit des ouvriers et &#224; retarder la formation de leur conscience de classe &#8211; c'est-&#224;-dire la juste connaissance des rapports sociaux et de la mission historique du prol&#233;tariat. En fait il s'agit de cr&#233;er une ar&#232;ne o&#249; l'&#233;nergie ouvri&#232;re cesse d'&#234;tre dangereuse pour la domination bourgeoise, o&#249; elle va se perdre dans les proc&#233;dures comme un fleuve dans le d&#233;sert. Tels sont par exemple l'arbitrage obligatoire (qui implique un terrain commun entre patrons et ouvriers), le &#034;socialisme municipal&#034;, les mesures (vacances, assurances, etc...) destin&#233;es &#224; sauvegarder la force de travail des ouvriers, source de richesse pour le capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais malgr&#233; tout ce &#034;socialisme&#034; bourgeois, la lutte des classes gagne en acuit&#233; et en profondeur et la condition ouvri&#232;re, loin de s'am&#233;liorer, empire chaque jour. La bourgeoisie n'arrive pas &#224; adoucir son exploitation brutale de la classe ouvri&#232;re et sa domination politique dictatoriale et sanglante. Et les diff&#233;rents &#034;plans&#034; disparaissent sans laisser de trace, ce qui reste, c'est le matraquage des gr&#233;vistes, la mobilisation des ouvriers. Le &#034;socialisme national&#034; de la bourgeoisie c'est un royaume &#034;qui n'est pas de ce monde&#034; et qui sert seulement &#224; d&#233;tourner les ouvriers de leur mission historique socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul le prol&#233;tariat peut r&#233;aliser le socialisme. La soci&#233;t&#233; capitaliste, bas&#233;e sur la production de marchandises (o&#249; le travailleur lui-m&#234;me est une marchandise) aboutit automatiquement &#224; la monopolisation de tous les moyens de production dont d&#233;pend la vie de la soci&#233;t&#233; : usines, b&#226;timents, le sol et le sous-sol sont entre les mains d'un petit nombre de capitalistes. Seul le prol&#233;tariat, qui ne poss&#232;de rien, est capable, politiquement et &#233;conomiquement, d'exproprier la classe capitaliste, et de s'emparer des leviers de commande de l'&#233;conomie, c'est-&#224;-dire des banques, des industries-cl&#233;, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; une &#233;poque o&#249; les forces productives &#233;touffent dans le cadre &#034;national&#034; cr&#233;&#233; par le capitalisme &#224; ses d&#233;buts, cette expropriation n'est pas possible &#224; l'int&#233;rieur d'un seul pays. En Europe, cette expropriation n'est possible que dans le cadre de plusieurs pays capitalistes avanc&#233;s, France, Allemagne, Italie, les Balkans, etc. pratiquement dans le cadre europ&#233;en ; c'est pr&#233;cis&#233;ment ce qui est formul&#233; dans les &#034;Etats-Unis socialistes d'Europe&#034;. Ainsi compris, le socialisme conduit vers de nouvelles formes, sup&#233;rieures, de soci&#233;t&#233;, o&#249; les besoins l&#233;gitimes et les aspirations progressives des travailleurs de chaque nationalit&#233; seront pour la premi&#232;re fois satisfaits dans l'unit&#233; internationale, apr&#232;s l'abolition des barri&#232;res nationales actuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'anarchie capitaliste, bas&#233;e sur &#034;l'initiative&#034; (c'est-&#224;-dire sur le profit) du capitaliste individuel, succ&#233;dera la production socialiste, bas&#233;e sur le plan, qui assurera la marche de la production des biens, ainsi que celle de leur r&#233;partition, suivant les int&#233;r&#234;ts des v&#233;ritables producteurs, les ouvriers et les paysans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Politiquement, socialisme signifie avant tout l'&#233;veil &#224; la conscience de leur r&#244;le historique des larges masses exploit&#233;es &#8211; notamment des couches les plus d&#233;favoris&#233;es : femmes et jeunes. C'est leur irruption violente sur la sc&#232;ne politique, la prise de leurs destin&#233;es en leurs propres mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela exige le bouleversement jusqu'au fondement (c'est-&#224;-dire jusqu'&#224; la structure &#233;conomique, jusqu'aux rapports de propri&#233;t&#233;) de la vieille soci&#233;t&#233; de classes. Cela exige la destruction compl&#232;te du vieil Etat, qui est le &#034;talon de fer&#034; que la bourgeoisie fait peser sur le prol&#233;tariat. Cela exige, contre les tentatives d&#233;sesp&#233;r&#233;es de la bourgeoisie de r&#233;tablir sa dictature, la construction d'un nouvel appareil d'Etat, outil de la domination de la majorit&#233; contre la minorit&#233; exploitrice hier encore, dictature impitoyable pour les oppresseurs &#8211; plus large d&#233;mocratie possible pour les opprim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces conditions, le prol&#233;tariat les r&#233;alise au moyen de sa dictature, du POUVOIR DES SOVIETS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'instrument de cette dictature, du r&#233;veil des travailleurs, c'est le Parti r&#233;volutionnaire, groupant les &#233;l&#233;ments les plus conscients, les plus d&#233;vou&#233;s, les plus r&#233;solus de la classe ouvri&#232;re. Il la repr&#233;sente en entier, car &#224; travers les flux et les reflux de la lutte sociale, il en exprime les int&#233;r&#234;ts permanents. Il est l'outil, l'arme intelligente par quoi la th&#233;orie marxiste passe dans la vie, rendant capable la transformation du monde. Tel fut le Parti de L&#233;nine, puisant sa discipline dans le d&#233;vouement &#224; la r&#233;volution, dans les rapports &#233;troits avec le prol&#233;tariat et des larges masses exploit&#233;es, dans la claire vision des buts &#224; atteindre. La t&#226;che qui se pose devant les ouvriers d'avant-garde aujourd'hui, sur tous les champs de bataille, c'est de construire un tel Parti. De leur r&#233;ussite ou de leur &#233;chec d&#233;pend leur sort dans les prochaines d&#233;cades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/07/ldc15_071243.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/07/ldc15_071243.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; UN NOUVEAU &#034;FRONT POPULAIRE&#034; CONTRE... LE PEUPLE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partis qui ont d&#233;termin&#233; &#224; Alger la nouvelle physionomie du &#034;comit&#233; de la lib&#233;ration nationale&#034; sont les m&#234;mes qui devaient, par leur alliance en 1935, vaincre le fascisme et la guerre et all&#233;ger la situation du peuple. Le nom en moins c'est bel et bien le &#034;Front Populaire&#034; qui rena&#238;t &#224; Alger, un nouveau front politicien contre... le peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, cette fois il ne s'agit plus, en apparence, d'entente sur un programme d&#233;fini de politique int&#233;rieure mais d'une lutte pour la lib&#233;ration de la &#034;patrie&#034; ; il ne s'agit plus d'un pacte &#233;lectoral pour emp&#234;cher l'entr&#233;e au Parlement de d&#233;put&#233;s hostiles au cartel ; mais de &#034;l'union sacr&#233;e&#034; pour rendre au peuple fran&#231;ais sa SOUVERAINETE afin qu'il d&#233;cide lui-m&#234;me ensuite de son propre sort. Mais, pour &#234;tre plus &#034;d&#233;sint&#233;ress&#233;&#034;, ce programme n'est que plus dangereux pour l'avenir du prol&#233;tariat et, par cons&#233;quent, de la libert&#233; (&#034;souverainet&#233;&#034;) du peuple fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel est en effet le caract&#232;re essentiel de la politique du comit&#233; d'Alger ? Sa lutte pour la &#034;lib&#233;ration du sol de la patrie&#034;, trouve son compl&#233;ment n&#233;cessaire dans la lutte pour l'asservissement du sol de la patrie d'autres peuples : les Libanais qui viennent de tomber sous les balles des soldats de De Gaulle, r&#233;inscrivent de leur sang la marque &#034;esclavagistes&#034; sur le front des politiciens d'Alger. C'est cette politique de rapines que les pr&#233;tendus socialistes et communistes ont fait leur, bafouant ainsi le drapeau prol&#233;tarien qui porte la devise &#034;UN PEUPLE QUI EN OPPRIME UN AUTRE, N'EST PAS UN PEUPLE LIBRE&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, politique ext&#233;rieure et politique int&#233;rieure d'un gouvernement ne sont que l'avers et le revers d'une m&#234;me m&#233;daille. Alors que, dans les relations entre les peuples, l'action du comit&#233; d'Alger s'efforce de maintenir l'exploitation de la bourgeoisie sur des esclaves coloniaux, quels rapports int&#233;rieurs pourraient na&#238;tre en France d'une victoire d'Alger ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La lib&#233;ration du sol de la patrie&#034; par De Gaulle et Cie, signifierait que plus que jamais le sol, le sous-sol et tout ce qui recouvre le sol de la France, resterait la propri&#233;t&#233; des capitalistes ou soumis &#224; leur exploitation indirecte (la petite propri&#233;t&#233; paysanne, commerciale, etc...) Or, le maintien du r&#233;gime capitaliste dans un pays appauvri par la guerre et qui a perdu sa position de grand brigand (&#034;grande puissance&#034;), signifie non seulement le maintien de l'esclavage salari&#233;, mais aussi son aggravation, avec les bas salaires et le ch&#244;mage comme principaux moyens de la bourgeoisie fran&#231;aise pour maintenir son exploitation. Si bien que le soutien du comit&#233; d'Alger par les pr&#233;tendus socialistes et communistes, en reniant le programme socialiste de L'EXPROPRIATION DES EXPROPRIATEURS, doit mener le peuple fran&#231;ais &#224; une nouvelle s&#233;rie de souffrances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#034;lib&#233;rer la patrie&#034; (c'est-&#224;-dire pour que les capitalistes fran&#231;ais puissent retrouver leur position privil&#233;gi&#233;e pour l'exploitation du peuple fran&#231;ais et d'autres peuples), il faut reconstituer une arm&#233;e imp&#233;rialiste, plac&#233;e sous le commandement du corps des officiers. Les &#233;purations d'Alger, qui ont &#233;limin&#233; un certain nombre d'officiers, loin d'&#234;tre un gage pour le peuple fran&#231;ais, ne visent pr&#233;cis&#233;ment qu'&#224; donner une plus grande coh&#233;sion au corps des officiers, des g&#233;n&#233;raux Giraud et De Gaulle. En soutenant la formation d'une telle arm&#233;e, les pr&#233;tendus socialistes et communistes renient ouvertement la strat&#233;gie prol&#233;tarienne : NOS BALLES SONT POUR NOS PROPRES GENERAUX.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour op&#233;rer la concentration de toutes les &#034;forces fran&#231;aises&#034;, le comit&#233; d'Alger est oblig&#233; de sacrifier &#224; l'idole &#034;R&#233;publique&#034; et au dieu &#034;d&#233;mocratie&#034;. C'est ce qui constitue une ombre de justification pour les pr&#233;tendus socialistes et communistes de la nouvelle union sacr&#233;e (tout comme dans l'ancienne d'ailleurs). Mais qu'y-a-t-il derri&#232;re de si beaux mots ? La R&#233;publique d&#233;mocratique n'a jamais &#233;t&#233; qu'une forme de domination des capitalistes. M&#234;me la premi&#232;re R&#233;publique (1792), qui, elle nettoya la France du f&#233;odalisme et donna naissance &#224; la nouvelle soci&#233;t&#233; bourgeoise, interdit sous peine de mort toute association ouvri&#232;re sous quelque forme que ce fut (loi Le Chapelier).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me R&#233;publique (1848), apr&#232;s avoir noy&#233; dans le sang les aspirations du prol&#233;tariat qui voulait des institutions sociales, succomba mis&#233;rablement sous le sabre de bois de Louis Bonaparte (Napol&#233;on III).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me R&#233;publique (septembre 1870) &#233;trangla la Commune de Paris (&#034;l'aube de la r&#233;volution prol&#233;tarienne&#034;) et assassina, apr&#232;s le d&#233;sarmement des ouvriers, 30.000 de nos grand-p&#232;res. La III&#232;me R&#233;publique fut l'&#339;uvre de l'Assembl&#233;e des Ruraux, royaliste, mais qui ne put s'entendre, divis&#233;e qu'elle &#233;tait par des int&#233;r&#234;ts de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re et capitaliste, sur le choix d'un roi. La R&#233;publique parlementaire permettait &#224; la bourgeoisie de r&#233;gler ses conflits par la machine &#233;lectorale. D'autre part, l'essor &#233;conomique et les pillages coloniaux lui permirent de former une aristocratie ouvri&#232;re hautement pay&#233;e, gr&#226;ce &#224; laquelle elle put s'assurer du prol&#233;tariat. En effet, dans les heures graves, celle-ci se rangeait &#224; ses c&#244;t&#233;s, notamment en 1914. La bourgeoisie avait d'ailleurs en r&#233;serve des moyens d'action plus directs, comme l'arm&#233;e, la police, la garde-mobile, qui intervenaient de fa&#231;on presque permanente contre les ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette r&#233;publique d&#233;mocratique est morte avec les conditions qui l'ont fait na&#238;tre. L'&#233;conomie capitaliste de libre concurrence s'est transform&#233;e en &#233;conomie imp&#233;rialiste dans laquelle une &#233;troite poign&#233;e de capitalistes, les 200 familles, dirige toute l'&#233;conomie et domine les groupes bourgeois plus petits. La guerre de 1914 fut une explosion de ce syst&#232;me &#233;conomique, qui faisait de tous les vieux pays capitalistes des pays r&#233;actionnaires, ind&#233;pendamment de leur forme politique. C'est pourquoi le prol&#233;tariat, suivant les d&#233;cisions de la II&#232;me Internationale (socialiste) et plus tard la III&#232;me Internationale (communiste), rejeta la d&#233;fense &#034;nationale&#034;, qui n'est qu'un masque dont se pare la bourgeoisie pour mener &#224; bien ses brigandages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En invoquant de nouveau le pr&#233;texte de la d&#233;mocratie pour appuyer la politique imp&#233;rialiste du comit&#233; d'Alger, les pr&#233;tendus socialistes et communistes trompent le prol&#233;tariat, qui lutte en effet pour les libert&#233;s d&#233;mocratiques (droit de gr&#232;ve, de presse, de r&#233;union, amnistie pour tous les militants ouvriers), mais pour renverser la bourgeoisie et &#233;tablir la DICTATURE DU PROLETARIAT, alors qu'eux visent &#224; r&#233;tablir le parlementarisme bourgeois, organe politique de la dictature des capitalistes. Mais dans les conditions d'une &#233;conomie capitaliste de plus en plus pourrie et d'&#233;v&#233;nements politiques et militaires semblables &#224; ceux qui se sont d&#233;roul&#233;s depuis f&#233;vrier 34, derri&#232;re la pompeuse &#233;tiquette &#034;r&#233;publique d&#233;mocratique&#034;, il n'y aurait m&#234;me pas un syst&#232;me parlementaire &#224; fonctionnement &#034;normal&#034; (&#034;paix sociale&#034; relative), mais une dictature militaire polici&#232;re avec des dehors &#034;d&#233;mocratiques&#034;, un ersatz r&#233;publicain de fabrication bonapartiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous restons fid&#232;les au mot-d'ordre : LES SOVIETS PARTOUT !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela est bien vrai, nous dira un ouvrier qui n'a pas perdu son sens critique et qui reste attach&#233; aux meilleures traditions de la classe ouvri&#232;re. Comme Daladier et P&#233;tain, De Gaulle n'est que l'agent de la bourgeoisie et la bourgeoisie, &#224; travers toutes les p&#233;rip&#233;ties de la guerre, de sa guerre, poursuit des buts de classe visant au renforcement de l'exploitation des travailleurs. Pour cela tous les moyens sont bons : la &#034;d&#233;mocratie&#034; sert d'app&#226;t pour jeter le pays dans la guerre (&#034;contre le fascisme&#034;), la d&#233;fense nationale de Daladier sert de pr&#233;texte &#224; l'&#233;puration et &#224; la domestication des organisations ouvri&#232;res, la d&#233;faite met en avant P&#233;tain le &#034;vainqueur&#034; du militarisme prussien en 1918, pour qu'il impose au pays la grande p&#233;nitence. Et comme r&#233;serve &#034;d&#233;mocratique&#034; (bonapartiste), De Gaulle doit r&#233;ussir par d'autres moyens l&#224; o&#249; la r&#233;action ouverte a &#233;chou&#233;. Au-dessus de tous les politiciens de la bourgeoisie, se tiennent les 200 familles qui exploitent la France. Les travailleurs n'auront quelque chose &#224; d&#233;fendre qu'en renversant la bourgeoisie, qu'en expropriant les 200 familles au profit de la v&#233;ritable nation fran&#231;aise, les ouvriers et les paysans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette lutte pour le renversement du capitalisme est-elle possible quand tout le pays (et chaque prol&#233;tariat doit faire la r&#233;volution dans son propre pays) est occup&#233; par une arm&#233;e imp&#233;rialiste &#233;trang&#232;re, et que par dessus le march&#233; il s'agit de l'arm&#233;e imp&#233;rialiste d'un pays fasciste (la pire oppression contre la classe ouvri&#232;re) ? En ce qui concerne la premi&#232;re objection, nous rappelons que la II&#232;me et la III&#232;me Internationale ont eu comme fondement de leur action la solidarit&#233; essentielle des ouvriers de tous les pays. Et ce, non pas comme simple phrase, mais comme terrain sur lequel elles ont agi effectivement, la II&#232;me Internationale de 1889 &#224; 1914, la III&#232;me de 1919 &#224; 1933. Le crime de la II&#232;me Internationale reconnu ouvertement par tous les ouvriers conscients depuis 1914, a &#233;t&#233; de renier cette solidarit&#233; des travailleurs en faveur de la &#034;d&#233;fense nationale&#034;. Sous d'autres pr&#233;textes, la III&#232;me Internationale &#8211; reni&#233;e ouvertement par Staline &#8211; agit actuellement de la m&#234;me fa&#231;on ignominieuse que la II&#232;me Internationale en 1914 : en &#233;levant un mur de mensonges, de pr&#233;jug&#233;s, de haine contre les &#034;Boches&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, si l'arm&#233;e allemande est une arm&#233;e imp&#233;rialiste, c'est pour les m&#234;mes raisons que l'arm&#233;e anglaise, am&#233;ricaine ou celle de De Gaulle : ouvriers et paysans allemands sous l'uniforme sont soumis au commandement du corps des officiers au service de la bourgeoisie. La t&#226;che des v&#233;ritables militants ouvriers, qui luttent pour un avenir meilleur pour les exploit&#233;s, c'est d'utiliser toutes les circonstances de la guerre pour rendre consciente dans les cerveaux des exploit&#233;s fran&#231;ais et allemands cette solidarit&#233; essentielle de leurs int&#233;r&#234;ts, afin qu'ils se retournent chacun, en s'aidant fraternellement, contre leurs propres exploiteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le fascisme ? Pendant des ann&#233;es le fascisme a &#233;t&#233; l'&#233;pouvantail justifiant les volte-face des pr&#233;tendus communistes. Mais depuis la chute de Mussolini, non seulement les ouvriers avanc&#233;s, mais n'importe quel exploit&#233;, a vu clairement que le fascisme n'a pas le don d'abolir la lutte des classes et de soumettre irr&#233;m&#233;diablement les exploit&#233;s &#224; leurs exploiteurs. Hitler ne maintient plus sa dictature sur le peuple allemand que parce que, devant la politique de Staline associ&#233;e &#224; celle des imp&#233;rialistes, il peut aussi dire au peuple allemand (articles de Goebbels) : m&#234;me si vous n'&#234;tes pas contents de nous, il n'y a pas de troisi&#232;me voie ; ou une victoire ou la mort du peuple allemand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette troisi&#232;me voie existe. C'est la voie de la r&#233;volution prol&#233;tarienne, par l'union entre les exploit&#233;s de France et d'Allemagne contre leur bourgeoisie. C'est la seule voie permettant l'effondrement du fascisme au profit du peuple de France et d'Allemagne et non pas au profit des imp&#233;rialistes alli&#233;s. Plus t&#244;t les ouvriers s'engageront en rangs serr&#233;s dans cette voie, en renouant avec la solidarit&#233; internationale des travailleurs, plus t&#244;t cesseront les souffrances de l'humanit&#233;, plus t&#244;t gu&#233;riront ses plaies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CETTE VOIE, C'EST CELLE DES ETATS-UNIS SOCIALISTES D'EUROPE, LA VOIE DE LA QUATRIEME INTERNATIONALE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/11/ldc20_112143.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/11/ldc20_112143.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AU SEUIL DE L'ANNEE SANGLANTE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fois &#231;a y est. Les grandes arm&#233;es de la lib&#233;ration ont re&#231;u leurs derni&#232;res cartouches ; les p&#233;niches de d&#233;barquement am&#233;ricaines sortent &#224; un rythme vertigineux des usines des USA, les grands g&#233;n&#233;raux de la victoire sont d&#233;j&#224; nomm&#233;s, ils tiennent le devant de la sc&#232;ne. Tout est pr&#234;t. On n'attend plus que le signal qui jettera sur le continent des millions d'hommes arm&#233;s de pied en cap des plus grandes inventions de mort, on n'attend plus que le signal pour que les prol&#233;taires d'Europe, d'Am&#233;rique et les soldats amen&#233;s des quatre coins du globe s'empoignent dans une derni&#232;re &#233;treinte mortelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison humaine vacille quand elle t&#226;che de saisir l'immensit&#233; du crime, l'horreur des convulsions qui se pr&#233;parent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que la &#034;lib&#233;ration&#034; f&#251;t d&#233;j&#224; proche en novembre 1942, &#224; la No&#235;l 1943 la v&#233;n&#233;rable &#233;pouse du pr&#233;sident des Etats-Unis nous promet un No&#235;l 1944 &#034;victorieux&#034;. Victorieux ? Nous disons et nous r&#233;p&#233;tons inlassablement aux travailleurs : sans R&#233;volution prol&#233;tarienne, transformant la guerre imp&#233;rialiste en guerre civile victorieuse sur la bourgeoisie, No&#235;l 1944 sera un No&#235;l encore plus terrible que celui que nous venons de passer. Car alors l'Europe enti&#232;re aura &#233;t&#233; mortellement atteinte par la bataille gigantesque qui mettra aux prises les arm&#233;es allemandes et alli&#233;es. Cette terrible m&#234;l&#233;e, m&#234;me si elle n'est pas suivie imm&#233;diatement par d'autres conflits gigantesques (entre l'URSS et les Alli&#233;s) ou de conflits secondaires entre petites puissances, ne sera cependant pas la fin du conflit mondial. La guerre en Extr&#234;me-Orient continuerait longtemps &#224; maintenir dans une situation insupportable les masses exploit&#233;es du monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi en sommes-nous l&#224; ? Parce qu'&#224; nouveau depuis 1914 et malgr&#233; les le&#231;ons de la premi&#232;re guerre imp&#233;rialiste, la bourgeoisie mondiale, aid&#233;e par les social-patriotes, a r&#233;ussi &#224; s&#233;parer les ouvriers d'un pays des ouvriers du pays d'en face, parce qu'elle a r&#233;ussi &#224; cacher ses crimes derri&#232;re de pr&#233;tendus conflits id&#233;ologiques ou nationaux (d&#233;mocratie contre fascisme, lib&#233;ration des peuples, espace vital, etc...), parce qu'elle a r&#233;ussi &#224; d&#233;truire ou &#224; domestiquer les organisations ouvri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les &#233;v&#233;nements militaires qui se pr&#233;parent ouvriront encore, comme ce fut le cas pour l'Italie, des crises dans lesquelles la faillite des dirigeants capitalistes pourra &#234;tre utilis&#233;e par le prol&#233;tariat pour renverser la bourgeoisie et ouvrir &#224; l'humanit&#233; enti&#232;re la voie d'un redressement socialiste. Cependant cela ne sera possible que par une politique ind&#233;pendante de classe, par une politique de fraternisation et d'entente entre les ouvriers et les paysans sous quelque uniforme qu'ils soient, en rejetant la politique d'union avec sa propre bourgeoisie, en hissant haut et ferme le drapeau rouge de l'insurrection prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cela il faut d&#232;s maintenant se pr&#233;parer &#224; d&#233;fendre l'avenir des exploit&#233;s et des opprim&#233;s par une claire compr&#233;hension de la nature des &#233;v&#233;nements qui viennent. La classe ouvri&#232;re n'a pas &#224; se sacrifier dans l'int&#233;r&#234;t de l'imp&#233;rialisme, m&#234;me s'il se pare de masques trompeurs. Mais elle doit &#234;tre capable de verser jusqu'&#224; la derni&#232;re goutte de son sang pour SA PROPRE CAUSE. Il faut que le r&#233;veil de la conscience prol&#233;tarienne et l'activit&#233; croissante des meilleurs &#233;l&#233;ments ouvriers parviennent &#224; reconstituer les organisations de d&#233;fense des ouvriers : (syndicats, etc...), obligent les partis qui se disent prol&#233;tariens &#224; rompre avec la bourgeoisie, et pr&#233;parent &#8211; &#224; travers l'armement du prol&#233;tariat &#8211; la conqu&#234;te des libert&#233;s ouvri&#232;res indispensables &#224; l'&#233;mancipation prol&#233;tarienne : droit de r&#233;union, de presse, ouverture des prisons et des camps de concentration, droit de gr&#232;ve, etc... A travers ces luttes pour les objectifs imm&#233;diats, la classe ouvri&#232;re doit cr&#233;er les organes de son gouvernement, les Conseils ouvriers et paysans (Soviets) qui seuls assurent le gouvernement du peuple par le peuple lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che historique du prol&#233;tariat en Europe est de b&#226;tir les Etats-Unis socialistes d'Europe et non pas de tracer avec leur sang des fronti&#232;res pour les capitalistes. 1944 doit sonner le glas du capitalisme en Europe et dans le monde. Les ouvriers fran&#231;ais ne peuvent pas, apr&#232;s plus d'un si&#232;cle de luttes pour leur &#233;mancipation, se livrer &#224; un moment d&#233;cisif de l'histoire mondiale, &#224; leur ennemi mortel, la bourgeoisie fran&#231;aise charg&#233;e de crimes et d'infamies contre les ouvriers. Forts de la tradition h&#233;ro&#239;que de 1848, de la Commune de 1871, des luttes d'avant 1914 pour la conqu&#234;te d'une vie digne et supportable, des luttes de 1920 &#224; 1940 enfin, les ouvriers fran&#231;ais arm&#233;s de l'exp&#233;rience historique de la classe ouvri&#232;re de tous les pays (Russie 1917, Allemagne, Espagne, etc...) prendront dans leurs mains le destin de toute la nation et en renversant le capitalisme, d&#233;livreront pour toujours l'humanit&#233; de la guerre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GUERRE CIVILE EN ALLEMAGNE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On entend souvent des ouvriers, pas toujours de mauvaise foi, dire en parlant des ouvriers allemands : &#034;Pourquoi ne se r&#233;voltent-ils pas ? Ils ont l'ob&#233;issance dans le sang c'est une nation militariste, etc...&#034; Ces insanit&#233;s sont assez habituelles dans la bouche des ouvriers qui, bon gr&#233; mal gr&#233;, veulent justifier la politique d'union sacr&#233;e avec les exploiteurs fran&#231;ais et &#034;alli&#233;s&#034;. Ceux qui parlent ainsi oublient facilement que le m&#234;me &#034;reproche&#034; pourrait &#234;tre adress&#233; par exemple aux ouvriers espagnols et fran&#231;ais qui subissent eux aussi le m&#234;me joug que les ouvriers allemands, le r&#233;gime totalitaire de Franco et de P&#233;tain. La classe ouvri&#232;re allemande a derri&#232;re elle un pass&#233; de luttes aussi riche que les prol&#233;tariats espagnol et fran&#231;ais. De 1918 &#224; 1933, avec une certaine att&#233;nuation de 1924 &#224; 1928, une dure guerre civile mit aux prises la classe ouvri&#232;re allemande et ses exploiteurs, lutte dont l'issue devait d&#233;cider du sort de l'Allemagne et du monde : vers le socialisme par la victoire du prol&#233;tariat allemand, ou vers une deuxi&#232;me guerre imp&#233;rialiste mondiale, par la victoire de la bourgeoisie allemande. La trahison de la social-d&#233;mocratie et la bureaucratisation du parti communiste provoqu&#232;rent la d&#233;faite des ouvriers et rendirent les mains libres aux imp&#233;rialistes allemands.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise r&#233;volutionnaire &#233;clata en Allemagne &#224; la suite de l'&#233;chec d&#233;finitif des plans militaires de l'imp&#233;rialisme allemand (&#233;chec des offensives d'&#233;t&#233; 1918). Le 5 novembre 1918, 20.000 matelots se mutin&#232;rent &#224; Kiel, hissant le drapeau rouge et &#233;tendant leur mouvement aux principales villes avec pour mots-d'ordre : d&#233;mission du Kaiser, amnistie, armistice, paix, droits d&#233;mocratiques. Partout surgirent des Conseils (Soviets) d'ouvriers et de soldats. La r&#233;volution gagna l'Allemagne, le Kaiser fut renvers&#233;, et l'armistice sign&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution mit fin &#224; la guerre, mais le pouvoir, enti&#232;rement entre les mains des Comit&#233;s, fut utilis&#233; par les sociaux-d&#233;mocrates conciliateurs, qui y occupaient une place pr&#233;pond&#233;rante, pour maintenir intact l'ancien ordre bourgeois monarchiste. La guerre civile &#233;clata entre le gouvernement social-d&#233;mocrate d'Ebert et Scheidemann et les fractions avanc&#233;es du prol&#233;tariat (dirig&#233;es par les Ind&#233;pendants d'une part, et les Spartakistes avec Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht d'autre part). Le 6 janvier 1919 le prol&#233;tariat de Berlin tenait entre ses mains la capitale. Mais la direction des Ind&#233;pendants h&#233;sita, atermoya et n'osa pas arr&#234;ter le gouvernement ; les Spartakistes &#233;taient trop faibles et manquaient d'exp&#233;rience bolch&#233;vique. Le mouvement reflua et le gouvernement social-d&#233;mocrate ayant fait appel au &#034;chien sanguinaire&#034; Noske, le bourreau de Kiel, (lui aussi social-d&#233;mocrate), proc&#233;da avec l'aide des g&#233;n&#233;raux monarchistes, au d&#233;sarmement des Spartakistes. Le 15 janvier tomb&#232;rent, l&#226;chement assassin&#233;s, les plus grands martyrs de la classe ouvri&#232;re allemande, Rosa Luxembourg, et Karl Liebknecht et de nombreux autres chefs spartakistes. Etouff&#233; &#224; Berlin, le mouvement se poursuivit sporadiquement en province, provoquant partout des rencontres sanglantes et de graves pertes du c&#244;t&#233; ouvrier, faute d'une direction g&#233;n&#233;rale r&#233;volutionnaire. De novembre 1916 jusqu'en 1923, la guerre civile, les gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales, &#233;touff&#233;es ici, &#233;clatant l&#224;, sans cesse r&#233;prim&#233;es pour rena&#238;tre ailleurs, caus&#232;rent des dizaines de milliers de victimes, mais la victoire resta du c&#244;t&#233; de la bourgeoisie, gr&#226;ce &#224; la trahison de la social-d&#233;mocratie, qui joua, en grand, le m&#234;me r&#244;le de bourreau que le &#034;socialiste&#034; fran&#231;ais Dormoy, le fusilleur de Clichy en 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette lutte contre les ouvriers, la bourgeoisie allemande a &#233;t&#233; puissamment aid&#233;e mat&#233;riellement par la Commission d'armistice alli&#233;e qui lui fit toutes les concessions n&#233;cessaires en ce qui concerne les armes et les forces arm&#233;es destin&#233;es &#224; la r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En automne 1923 une crise r&#233;volutionnaire, d&#233;clench&#233;e par les ouvriers, exceptionnellement favorable pour une insurrection, ne fut pas utilis&#233;e par la direction inexp&#233;riment&#233;e du jeune parti communiste allemand. Et en 1924, d&#233;but d'une certaine stabilisation &#233;conomique au capitalisme allemand, la premi&#232;re vague r&#233;volutionnaire d'apr&#232;s-guerre refluait en Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand en 1925-29 commen&#231;a la grande crise &#233;conomique, particuli&#232;rement terrible en Allemagne, o&#249; elle pr&#233;cipita dans la faillite des dizaines de milliers de petits commer&#231;ants, jetant sur le pav&#233; de nombreux millions de ch&#244;meurs, et provoquant le d&#233;sespoir des petits paysans, le prol&#233;tariat allemand se trouva encore moins que par le pass&#233; en possession d'une direction r&#233;volutionnaire. La bureaucratisation de l'Internationale communiste &#224; partir de 1924 avait transform&#233; le PC allemand en un parti incapable de mener au combat des masses d&#233;cisives du prol&#233;tariat allemand. A droite les chefs social-d&#233;mocrates vendus &#224; la bourgeoisie, &#224; gauche les chefs staliniens ob&#233;issant non pas &#224; la marche de la lutte de classes en Allemagne, mais aux ordres de la bureaucratie sovi&#233;tique, voil&#224; le &#034;secret&#034; de la victoire de Hitler contre les ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique stalinienne devant la mont&#233;e de Hitler bas&#233;e sur l'exasp&#233;ration de la petite-bourgeoisie sacrifi&#233;e par la crise capitaliste, est caract&#233;ris&#233;e :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement par la tactique dite du &#034;social-fascisme&#034; qui opposa les ouvriers communistes aux ouvriers social-d&#233;mocrates, au lieu d'unir la classe ouvri&#232;re sur la base d'un programme minimum de lutte contre le fascisme (front unique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, par l'utilisation d'une certaine d&#233;magogie nationaliste pour faire &#034;concurrence&#034; &#224; Hitler et lui enlever la sympathie des couches petites-bourgeoises (mot d'ordre : &#034;lib&#233;ration nationale du Trait&#233; de Versailles&#034;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or la petite bourgeoisie ne s'&#233;tait pas tourn&#233;e vers Hitler par amour de son nationalisme d&#233;vergond&#233;, mais parce qu'elle cherchait une issue &#224; la crise qui l'&#233;treignait mortellement. Devant l'impuissance des partis prol&#233;tariens &#224; lui offrir cette issue par une action r&#233;ellement efficace, la petite bourgeoisie se tourna vers Hitler, de m&#234;me qu'un homme dont les v&#234;tements ont pris feu se jette dans l'eau qui l'engloutira. En mettant en avant le mot d'ordre &#034;lib&#233;ration nationale&#034; par la destruction du trait&#233; de Versailles, avant d'avoir arrach&#233; aux capitalistes allemands la possession de l'Allemagne, le PCA a pouss&#233; le peuple allemand dans la voie de Hitler. En effet, si tous les maux dont souffrait l'Allemagne provenaient en premier lieu du trait&#233; de Versailles, dont l'abolition &#233;tait mise au premier plan par le P.C. lui-m&#234;me, alors le choix des masses, d&#233;tourn&#233;es de la v&#233;ritable cause de leurs souffrances, le capitalisme allemand, ne pouvait se diriger que vers Hitler, qui sur ce terrain &#233;tait tout &#224; fait cons&#233;quent, et allait jusqu'au bout de ses &#034;raisonnements&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; l'attitude des deux grands partis ouvriers qui conduisaient infailliblement les ouvriers allemands sous la botte de Hitler, les prol&#233;tariats allemand et autrichien men&#232;rent leur lutte avec acharnement contre les bandes fascistes, versant partout leur sang dans des rencontres in&#233;gales parce que mal dirig&#233;es. Apr&#232;s que Hitler e&#251;t pris le pouvoir (1933), des centaines de milliers de militants ouvriers et des ouvriers sans parti tomb&#232;rent sous les balles fascistes, peupl&#232;rent les prisons et remplirent les camps de concentration. En f&#233;vrier 1934 &#224; Vienne, les ouvriers autrichiens lutt&#232;rent &#224; main arm&#233;e contre le bourreau Dollfuss qui fit canonner les quartiers ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte des ouvriers allemands contre leurs bourgeoisie n'a pas cess&#233; apr&#232;s 1933, mais a &#233;t&#233; consid&#233;rablement affaiblie par les succ&#232;s ext&#233;rieurs de Hitler. Les ouvriers qui reviennent d'Allemagne ont pu se rendre compte de la lutte que m&#232;ne aujourd'hui le prol&#233;tariat allemand, lutte qui ne tardera pas &#224; &#233;clater au grand jour &#224; la faveur des d&#233;faites de Hitler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux-l&#224; sont les agents de la bourgeoisie qui osent affirmer que les ouvriers allemands &#034;ne sont pas des hommes comme nous&#034;. Si une communaut&#233; compl&#232;te d'int&#233;r&#234;ts et des aspirations communes n'existaient pas entre les classes ouvri&#232;res fran&#231;aise et allemande, entre le peuple allemand et le peuple fran&#231;ais exploit&#233;s par les capitalistes, alors c'&#233;tait un crime de baser l'activit&#233; de toutes les organisations ouvri&#232;res d'avant 1914 et celle des internationalistes depuis 1914 (au premier chef du parti communiste) sur la pratique d'une solidarit&#233; avec les travailleurs d'outre&#173;Rhin. C'est donner raison &#224; notre bourgeoisie qui a conduit le pays de d&#233;sastre en d&#233;sastre, et qui accuse la classe ouvri&#232;re d'avoir men&#233; le pays &#224; la ruine par son &#034;utopisme criminel&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, les ouvriers allemands, par leurs traditions de lutte, par leur nombre et leur coh&#233;sion, par la place qu'ils tiennent dans la production europ&#233;enne, par leur haute qualification, occupent dans la lutte anticapitaliste une place de premier ordre. Et sans leur participation d&#233;cisive &#224; cette lutte contre la bourgeoisie, les ouvriers d'Europe ne peuvent m&#234;me pas songer &#224; l'&#233;dification des Etats-Unis socialistes d'Europe, qui seuls assurent la libert&#233; et la prosp&#233;rit&#233; des peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les imp&#233;rialistes savent bien reconna&#238;tre leurs vrais ennemis. L'effort de Hitler pour briser la solidarit&#233; des ouvriers de tous les pays en encha&#238;nant les ouvriers allemands au char de sa guerre imp&#233;rialiste a lamentablement &#233;chou&#233;, en m&#234;me temps que ses plans et ses vis&#233;es capitalistes. Aujourd'hui c'est au tour des imp&#233;rialistes &#034;alli&#233;s&#034; de montrer leur hideuse figure ; en voulant faire de l'Europe un march&#233; pour leurs produits, ils d&#233;truisent les usines et les moyens de production ; par leurs bombardements sauvages et inhumains ils veulent ruiner et frapper &#224; mort la population laborieuse d'Allemagne (de m&#234;me que les ouvriers de tous les pays qui s'y trouvent) pour &#233;puiser leurs forces et les rendre incapables de lutter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour commettre impun&#233;ment leurs crimes, les imp&#233;rialistes d&#233;cha&#238;nent leur propagande chauvine afin d'entraver la solidarit&#233; internationale des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En faisant &#233;chec &#224; cette propagande capitaliste criminelle, la Quatri&#232;me Internationale scellera d&#233;finitivement l'union entre les travailleurs d'Europe, en premier lieu entre les travailleurs fran&#231;ais et allemands et, &#224; travers la lutte contre la guerre imp&#233;rialiste, pour le renversement des capitalistes, les m&#232;nera &#224; la paix, &#224; la libert&#233; et &#224; une vie meilleure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/12/ldc22_123143.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/12/ldc22_123143.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>O&#249; va la France en 1944, par Barta</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Barta</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>

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&lt;p&gt;O&#249; va la France en 1944, par Barta &lt;br class='autobr' /&gt;
DE LA &#034;REVOLUTION NATIONALE&#034; A L'&#034;INSURRECTION NATIONALE&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Sous l'enseigne de l'&#034;insurrection nationale&#034;, nous avons assist&#233; depuis le 15 ao&#251;t (jour o&#249; la police est pass&#233;e des ordres de Laval et de la Gestapo aux ordres de De Gaulle, des G-Men et de l'Intelligence Service) &#224; la m&#234;me escroquerie politique que nous avions subie en juillet 1940 sous le couvert de la &#034;r&#233;volution nationale&#034; de P&#233;tain. &lt;br class='autobr' /&gt;
Voyons donc le v&#233;ritable sens de ces deux op&#233;rations. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique45" rel="directory"&gt;0- Le point de vue du r&#233;volutionnaire Barta sur la guerre et l'apr&#232;s-guerre&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot91" rel="tag"&gt;Barta&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;O&#249; va la France en 1944, par Barta&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;DE LA &#034;REVOLUTION NATIONALE&#034; A L'&#034;INSURRECTION NATIONALE&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous l'enseigne de l'&#034;insurrection nationale&#034;, nous avons assist&#233; depuis le 15 ao&#251;t (jour o&#249; la police est pass&#233;e des ordres de Laval et de la Gestapo aux ordres de De Gaulle, des G-Men et de l'Intelligence Service) &#224; la m&#234;me escroquerie politique que nous avions subie en juillet 1940 sous le couvert de la &#034;r&#233;volution nationale&#034; de P&#233;tain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons donc le v&#233;ritable sens de ces deux op&#233;rations. Une r&#233;volution (ou insurrection) signifie avant tout un d&#233;placement du pouvoir des mains de la classe exploiteuse aux mains de la classe exploit&#233;e. Or en juin-juillet 1940 l'escroquerie politique consista en ceci qu'on appela &#034;r&#233;volution&#034; une op&#233;ration qui loin d'&#234;tre dirig&#233;e contre l'Etat bourgeois, aboutit au contraire &#224; la domination directe de toute la vie du pays par les organes de l'Etat, c'est-&#224;-dire la police, la bureaucratie et le corps des officiers (devenu ma&#238;tre direct du pays). De septembre 1939 &#224; juin 1940 les masses avaient d&#233;couvert enti&#232;rement que l'Etat n'est pas le d&#233;fenseur de la nation, mais un ensemble d'organismes destin&#233;s uniquement &#224; sauver, par la force et le mensonge, la domination de la bourgeoisie. Le d&#233;go&#251;t et la haine des masses pour ce r&#233;gime mettaient la bourgeoisie en danger. Mais la pr&#233;sence sur le sol fran&#231;ais d'une arm&#233;e capitaliste qui voulait avant tout l'ordre n&#233;cessaire &#224; la continuation de ses propres pillages permit aux militaires, &#224; la haute bureaucratie, &#224; la police, etc, agents des 200 familles, de se maintenir au pouvoir, et ils essay&#232;rent de camoufler leur propre responsabilit&#233; devant les masses par l'annonce de la &#034;r&#233;volution nationale&#034;, d'un &#034;ordre nouveau&#034; et de la &#034;punition des coupables&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais derri&#232;re la d&#233;magogie sociale, &#233;conomique et politique de &#034;l'ordre nouveau&#034; (&#034;communaut&#233; nationale&#034;, lutte contre les trusts &#034;juifs&#034; &#8211; pour mieux sauver les trusts en g&#233;n&#233;ral &#8211;, un r&#233;gime &#034;fort et rajeuni&#034;, etc...) se poursuivit le travail commenc&#233; et m&#234;me accompli quant &#224; l'essentiel par Daladier et Reynaud : la transformation de la III&#232;me R&#233;publique en un r&#233;gime bonapartiste, c'est-&#224;-dire la domination directe de la vie de la nation par l'Etat, la police, le corps des officiers et la haute bureaucratie. Ce n'est pas depuis l'occupation et P&#233;tain que la France a &#233;t&#233; livr&#233;e aux tribunaux militaires et &#224; une censure dictatoriale et s'est couverte de camps de concentration ; que des dizaines de milliers de travailleurs ont &#233;t&#233; emprisonn&#233;s et tortur&#233;s, que la peine de mort a &#233;t&#233; d&#233;cr&#233;t&#233;e contre la propagande communiste ; que la chasse aux &#034;M&#233;t&#232;ques&#034; a pr&#233;lud&#233; la chasse aux Juifs : c'est depuis le d&#233;but de la guerre &#034;r&#233;publicaine&#034;, de la &#034;d&#233;mocratie contre le fascisme&#034; ! Ce r&#233;gime est n&#233; de la guerre et du militarisme. Les d&#233;placements des fronts et les changements diplomatiques et politiques n'ont pas un instant touch&#233; &#224; sa fonction fondamentale : opprimer les masses par l'Etat pour la guerre, &#233;craser la grande majorit&#233; des travailleurs au b&#233;n&#233;fice d'une petite minorit&#233; de parasites imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et maintenant, &#034;l'insurrection nationale&#034; a-t-elle touch&#233; &#224; l'Etat tel qu'il a &#233;volu&#233; (jusqu'&#224; devenir monstrueux) pendant cinq ann&#233;es de guerre ? Il y a-t-il eu un d&#233;placement du pouvoir des mains de la classe exploiteuse aux mains de la classe exploit&#233;e ? Le combat sur les barricades contre les &#034;Boches&#034; par les pseudo-milices a bien suscit&#233; au d&#233;but quelque illusion dans ce sens. Mais depuis, les travailleurs ont &#233;t&#233; ou d&#233;sarm&#233;s ou incorpor&#233;s dans l'arm&#233;e permanente, c'est-&#224;-dire qu'ils sont retomb&#233;s sous le joug du corps des officiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi l'effort des ouvriers pour s'arracher au b&#226;illon de l'Etat bourgeois n'a abouti une fois de plus qu'&#224; tirer les marrons du feu pour leur ennemi, la bourgeoisie. La police, qui pendant cinq ans avait martyris&#233; la classe ouvri&#232;re, redore son blason &#224; l'avant-garde de &#034;l'insurrection nationale&#034;. L'arm&#233;e permanente imp&#233;rialiste de la bourgeoisie fran&#231;aise qui s'&#233;tait bris&#233;e dans les &#233;v&#233;nements se reconstitue par un nouvel afflux de chair &#224; canon : les travailleurs dup&#233;s. Les &#034;comp&#233;tences&#034;, c'est-&#224;-dire la haute bureaucratie qui a organis&#233; savamment la famine pour les masses et le march&#233; noir pour la bourgeoisie, restent en place sous pr&#233;texte d'organiser le ravitaillement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment cela fut-il possible ? Cette tromperie nouvelle fut possible parce qu'&#224; la rescousse de la bourgeoisie vol&#232;rent les social-patriotes, notamment les &#034;Communistes&#034;. Ces plats valets de l'imp&#233;rialisme ont suscit&#233; le mirage des alli&#233;s et du r&#233;gime gaulliste ; ils ont pouss&#233; les travailleurs &#224; renoncer &#224; leur propre lutte, pour r&#233;aliser le front national (l'union avec la bourgeoisie) ; ils ont pouss&#233; &#224; la haine entre les exploit&#233;s de France et d'Allemagne, faisant ainsi non seulement le jeu de la bourgeoisie fran&#231;aise, mais aussi celui de Hitler. Mais deux semaines sont &#224; peine pass&#233;es depuis l'installation du &#034;nouveau&#034; r&#233;gime, que l'Humanit&#233; se plaint d&#233;j&#224; que dans tous les domaines tout se passe comme sous Vichy...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Humanit&#233; demande &#034;l'&#233;puration&#034; de l'Etat. Mais n'avait-elle pas d&#233;j&#224; exig&#233; et entrepris ce travail d'&#233;puration sous le Front Populaire ? Y-a-t-il eu un r&#233;sultat ? Aucun ! Et il n'y a rien d'&#233;tonnant &#224; cela : depuis la Commune de Paris il avait &#233;t&#233; d&#233;montr&#233; que les travailleurs ne peuvent pas se saisir de l'Etat bourgeois et le faire fonctionner pour leurs propres fins. Et Marx en tira cet enseignement fondamental pour les ouvriers : pour abolir l'oppression de la grande majorit&#233; des travailleurs par une minorit&#233; de bourgeois, il faut DETRUIRE les organes de l'Etat bourgeois, police, bureaucratie, arm&#233;e, et les remplacer par les travailleurs en armes (milices ouvri&#232;res) et la participation de tout le peuple aux fonctions administratives, en un mot instaurer la DICTATURE DU PROLETARIAT. Mais les plats valets de l'Humanit&#233; ont depuis longtemps abandonn&#233; le marxisme et avec lui la classe ouvri&#232;re. Ils ne peuvent que prier leurs ma&#238;tres bourgeois d'&#234;tre &#034;compr&#233;hensifs&#034;. Mais cette pri&#232;re les social-d&#233;mocrates allemands l'avaient adress&#233;e jadis &#224; leur bourgeoisie pour les sauver de Hitler, sans que celle-ci en tienne le moindre compte. A la premi&#232;re occasion favorable pour la bourgeoisie, les staliniens verront en quoi consiste la &#034;reconnaissance&#034; des exploiteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'op&#233;ration de &#034;l'insurrection nationale&#034; de De Gaulle est en tous points semblable &#224; la &#034;r&#233;volution nationale&#034; de P&#233;tain. Elle n'a abouti qu'&#224; un changement de cliques au pouvoir et au remplacement de l'occupant allemand par l'occupant anglo-am&#233;ricain. La remise du contr&#244;le de Paris aux autorit&#233;s fran&#231;aises est en tous points semblable au contr&#244;le de Vichy sur l'ancienne zone libre : &#034;les forces am&#233;ricaines resteront dans la ville et aux environs et seront &#224; m&#234;me de venir en aide (lisez intervenir) au g&#233;n&#233;ral Koenig s'il en &#233;tait besoin&#034; (Le Populaire, 30/8). Les 200 familles (en attendant que l'Etat fran&#231;ais se fortifie suffisamment) tirent autant de s&#233;curit&#233; des arm&#233;es imp&#233;rialistes anglo-am&#233;ricaines qu'auparavant de la pr&#233;sence des arm&#233;es imp&#233;rialistes allemandes. Le m&#234;me probl&#232;me surgit devant les travailleurs : pour lutter avec succ&#232;s contre leur propre bourgeoisie il faut se lier aux soldats anglo-am&#233;ricains, il faut fraterniser avec eux contre la guerre, contre l'imp&#233;rialisme. Et ce travail, comme nous en avions averti les travailleurs, est beaucoup plus difficile dans une arm&#233;e imp&#233;rialiste triomphante, qu'il ne l'&#233;tait dans l'arm&#233;e imp&#233;rialiste allemande, &#224; la coh&#233;sion morale fortement entam&#233;e, depuis novembre 1942, par les d&#233;faites militaires. Mais ce qu'on n'a pas voulu accomplir hier, il faudra l'accomplir aujourd'hui ou demain. Car pour en finir avec la guerre et l'exploitation, il n'y a pas d'autre issue pour les travailleurs que l'union internationale des travailleurs en toutes circonstances et en tout lieu. C'est pour avoir m&#233;connu cette v&#233;rit&#233; hier, qu'aujourd'hui tout est &#224; recommencer. Mais les travailleurs trouveront finalement la v&#233;ritable voie pour ne pas &#234;tre &#233;cras&#233;s une fois de plus sous le talon de fer des capitalistes, c'est-&#224;-dire l'Etat bourgeois !&lt;br class='autobr' /&gt;
APRES LA &#034;LIBERATION&#034; ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Pour le prol&#233;tariat la &#034;lib&#233;ration&#034; signifie le retour &#224; un niveau de vie sup&#233;rieur et aux libert&#233;s politiques. Pour la bourgeoisie, la &#034;lib&#233;ration de la France&#034; signifie le retour &#224; une position privil&#233;gi&#233;e dans l'exploitation des masses travailleuses fran&#231;aises et la RECONQUETE DE SES BASES POLITIQUES NECESSAIRES A LA POURSUITE DE BRIGANDAGES INTERNATIONAUX&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A QUI APPARTIENT LE POUVOIR ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons montr&#233; comment l'op&#233;ration appel&#233;e &#034;insurrection nationale&#034; n'&#233;tait qu'une escroquerie politique qui, comme la &#034;r&#233;volution nationale&#034; de P&#233;tain, devait faire croire aux travailleurs que ce n'est pas l'Etat bourgeois dans son ensemble et en tant qu'instrument de domination de la classe capitaliste qui est l'ennemi num&#233;ro un des masses travailleuses !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P&#233;tain s'en prit &#224; la forme parlementaire de l'Etat, ex&#233;cr&#233;e par les masses de plus en plus et ha&#239;e &#224; partir de septembre 1939, et la rendit responsable de tous les d&#233;sastres qui se sont abattus sur la France, y compris l'effondrement g&#233;n&#233;ral de juin 1940. Il appela astucieusement DEMOCRATIE la dictature parlementaire des cliques politiques bourgeoises, pour pouvoir ainsi pr&#233;senter son pouvoir personnel comme un ordre &#034;nouveau&#034;. La R&#233;sistance s'en prit &#224; la dictature de P&#233;tain, pour mieux sauver les instruments de la dictature de la bourgeoisie sur le prol&#233;tariat : la police, l'arm&#233;e permanente, la bureaucratie, etc... Et si le chef du gouvernement, De Gaulle, se camoufle actuellement derri&#232;re des phrases &#034;r&#233;publicaines&#034; (comme le fit en son temps un certain Louis Bonaparte pour arriver &#224; l'Empire) c'est uniquement pour tromper les masses jusqu'au moment o&#249; la situation aura &#034;&#233;volu&#233;&#034;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici quatre semaines &#224; peine que le r&#233;gime &#034;r&#233;publicain&#034; a remplac&#233; celui de &#034;l'Etat c'est moi&#034;, les fum&#233;es se dissipent et les choses commencent &#224; montrer leur v&#233;ritable aspect. De Gaulle affirme s'appuyer sur les lois de la R&#233;publique : mais ces lois de la &#034;R&#233;publique&#034;, ce sont les lois sc&#233;l&#233;rates vot&#233;es depuis 1938 et surtout en 1939-1940 par le Parlement, lois f&#233;roces anti-communistes et anti-prol&#233;tariennes qui donnent un pouvoir DICTATORIAL au gouvernement bourgeois. En vain l'Humanit&#233; (qui fournit au gouvernement de la chair &#224; canon patriotique) se lamente-t-elle sur le manque de d&#233;mocratie v&#233;ritable. Comme nous n'avons cess&#233; de l'expliquer, &#224; notre &#233;poque de guerres imp&#233;rialistes et de guerre civile, quand le capitalisme pourrit toute la soci&#233;t&#233;, ce n'est pas la forme de l'Etat qui d&#233;cide de la d&#233;mocratie, mais &#224; qui appartient le pouvoir : &#224; la bourgeoisie, par des organes &#233;loign&#233;s des masses, au-dessus et contre elles (police, etc...), ou aux travailleurs, par des organes non distincts de la masse, qui sont leur &#233;manation directe : les Conseils ouvriers et paysans, organisations du pouvoir des masses en lutte. Gr&#226;ce aux staliniens, le pouvoir n'a pas un instant cess&#233; d'&#234;tre enti&#232;rement entre les mains de la bourgeoisie, car les masses ne disposent d'aucun organe du pouvoir qui soit leur &#233;manation et leur instrument exclusif contre les entreprises de la bourgeoisie (milices ouvri&#232;res, comit&#233;s d'usine et de quartier, etc...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Gaulle r&#233;ussira-t-il mieux que P&#233;tain ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, l'appareil bureaucratico-militaire, en pr&#233;sence d'une crise profonde politique et &#233;conomique et des bouleversements militaires, ne suffit pas &#224; la bourgeoisie pour mater compl&#232;tement la classe ouvri&#232;re. L'&#233;chec de P&#233;tain n'est pas d&#251; au retrait des troupes allemandes &#8211; il aurait trouv&#233; l'appui am&#233;ricain s'il avait pu se maintenir, ce fait est actuellement notoire &#8211; mais P&#233;tain est rest&#233; &#034;suspendu en l'air&#034; parce qu'il n'avait aucun appui du c&#244;t&#233; des masses. L'appareil bureaucratico-policier n'e&#251;t rien de plus press&#233; &#224; faire que de passer du c&#244;t&#233; de De Gaulle pour se refaire une &#034;popularit&#233;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mater compl&#232;tement le prol&#233;tariat, cela seules les troupes fascistes auraient pu le faire. Le fascisme fait plus que r&#233;duire le mouvement ouvrier &#224; l'ill&#233;galit&#233;. Il dissout toute activit&#233; des organisations ouvri&#232;res quelles qu'elles soient, de telle fa&#231;on que le mouvement ne peut plus s'organiser, m&#234;me ill&#233;galement, hormis de petits groupes isol&#233;s de la classe. Car le fascisme est lui-m&#234;me un mouvement de masses, de la petite-bourgeoisie en particulier, qui, exasp&#233;r&#233;e par la crise, est habilement jet&#233;e contre les organisations ouvri&#232;res par les capitalistes cach&#233;s derri&#232;re un sauveur &#034;socialiste&#034; et &#034;national&#034; genre Mussolini ou Hitler. Mais la bourgeoisie n'a pas encore r&#233;ussi &#224; d&#233;velopper en France un mouvement fasciste d'importance d&#233;cisive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Gaulle est en pr&#233;sence de la m&#234;me t&#226;che que P&#233;tain : instaurer &#034;l'ordre&#034; dans une situation command&#233;e par la guerre et l'&#233;puisement &#233;conomique, physique et moral de la nation. Ce qui signifie rejeter toutes les difficult&#233;s de cette situation sur les masses travailleuses et pauvres : sans attendre, la bourgeoisie s'oppose d&#233;j&#224; &#224; la reprise du travail dans des conditions qu'elle n'aurait pas elle-m&#234;me d&#233;termin&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; P&#233;tain, De Gaulle a incontestablement les masses populaires derri&#232;re lui. Mais de quoi est faite cette confiance ? Les petits-bourgeois lui font confiance en tant que repr&#233;sentant de leurs aspirations patriotico-chauvines, capable en m&#234;me temps de s'opposer aux exigences de la classe ouvri&#232;re et de mater le communisme. La classe ouvri&#232;re, elle, fait confiance au PC, au PS et &#224; la CGT et compte sur eux pour arracher &#224; De Gaulle des r&#233;formes substantielles en faveur de la d&#233;mocratie et des travailleurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#034;confiance&#034; g&#233;n&#233;rale cache en r&#233;alit&#233; un conflit in&#233;vitable. En l'absence d'une am&#233;lioration &#233;conomique et diplomatique consid&#233;rable et imm&#233;diate &#8211; ce qui est chose exclue &#8211; que se passera-t-il ? Les travailleurs patienteront sous la pression des organisations social-patriotes, mais ne pourront pas cesser d'exiger des am&#233;liorations constantes, ce qui les poussera de plus en plus loin dans la voie de la lutte anti-capitaliste et pour leur propre pouvoir. De leur c&#244;t&#233;, les petits-bourgeois, que les capitalistes trompent en attribuant leur mis&#232;re aux revendications ouvri&#232;res, s'exasp&#233;reront. Ne sachant plus &#224; quel saint se vouer, ils seront de plus en plus travaill&#233;s par les cadres fascistes, constituant non plus comme avant la guerre des groupes isol&#233;s, mais d&#232;s aujourd'hui, &#224; l'&#233;chelle nationale, la base d'un parti fasciste puissant &#224; qui ne manque plus que la sympathie des masses. Ainsi la situation ne peut se d&#233;velopper que vers des solutions extr&#234;mes : ou la dictature du prol&#233;tariat et l'expropriation de la bourgeoisie (solution progressive de la crise), ou l'&#233;crasement du prol&#233;tariat par le fascisme, rejet de toute la soci&#233;t&#233; vers la barbarie pour le maintien du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Gaulle ne repr&#233;sente qu'un r&#233;gime de transition de plus ou moins longue dur&#233;e, un essai de dictature bonapartiste voulant maintenir l'&#233;quilibre entre les classes. Mais, de m&#234;me qu'en Allemagne, en Espagne, etc..., seul le heurt d&#233;cisif entre le prol&#233;tariat et les organisations fascistes et bureaucratico-militaires de la bourgeoisie d&#233;cidera de l'issue de la situation.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE BONAPARTISME DE GAUCHE, FOURRIER DU FASCISME.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoique la fonction fondamentale du gouvernement de De Gaulle reste celle du gouvernement P&#233;tain (dictature de la bourgeoisie) cependant, du point de vue dynamique (l'&#233;volution du rapport de forces entre les classes), il repr&#233;sente une nouvelle phase de la lutte de classes en France. La d&#233;composition de l'appareil &#233;tatique, en tant qu'instrument centralis&#233; et ob&#233;issant normalement au seul gouvernement l&#233;gal (d&#233;composition due &#224; la pression contradictoire des imp&#233;rialistes alli&#233;s et allemand sur l'Etat fran&#231;ais ainsi qu'&#224; la r&#233;sistance des masses contre celui-ci), rend n&#233;cessaire au gouvernement l'appui des organisations ouvri&#232;res social-patriotes. En pr&#233;sence des souffrances inou&#239;es inflig&#233;es aux travailleurs par cinq ann&#233;es de guerre et des innombrables preuves de banditisme de la part des classes dirigeantes vis-&#224;-vis des travailleurs fran&#231;ais seule la rentr&#233;e en sc&#232;ne des bureaucrates ouvriers social-patriotes peut maintenir pour un certain temps les masses dans &#034;l'ordre&#034; bourgeois et obtenir leur appui pour la continuation de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, d'autre part, se maintenir &#224; l'aide des organisations ouvri&#232;res conciliatrices, cela implique une certaine l&#233;galit&#233; de l'action ouvri&#232;re. C'est par l&#224; que le bonapartisme (dictature bureaucratico-polici&#232;re) de gauche de De Gaulle se diff&#233;rencie du bonapartisme de droite de P&#233;tain : non par ce qu'il repr&#233;sente de donn&#233; &#224; la classe ouvri&#232;re, mais par ce que la classe ouvri&#232;re peut conqu&#233;rir, si elle se soustrait &#224; l'influence social-patriote et adopte une politique r&#233;volutionnaire intransigeante vis-&#224;-vis de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans une politique r&#233;volutionnaire, sans une action jusqu'au bout de la classe ouvri&#232;re contre la bourgeoisie prenant comme point de d&#233;part la l&#233;galit&#233; de fait, le r&#233;gime actuel ne serait que le fourrier du fascisme. Agissant tout comme celui de P&#233;tain en faveur de la bourgeoisie (chose d&#233;j&#224; &#233;vidente six semaines &#224; peine apr&#232;s son installation), le gouvernement bonapartiste &#034;de gauche&#034; fait endosser, aux yeux des larges couches exploit&#233;es, la responsabilit&#233; de sa politique aux organisations ouvri&#232;res dont il a l'alliance ; ce n'est plus l'Etat bourgeois qui appara&#238;t comme le responsable de la nouvelle faillite, mais le socialisme, le communisme, la classe ouvri&#232;re... C'est ainsi que P&#233;tain put, en 1940, rendre responsable la classe ouvri&#232;re de la politique bourgeoise du Front Populaire, non seulement aux yeux des ennemis de toujours du prol&#233;tariat, mais aussi aux yeux des couches pauvres de la population (paysans, petits rentiers, petits commer&#231;ants, etc...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En absence d'une politique r&#233;volutionnaire qui dresse les ouvriers contre l'Etat bourgeois (surtout quand il se camoufle &#034;&#224; gauche&#034;) le bonapartisme appuy&#233; sur les sommets bureaucratiques de la classe ouvri&#232;re ne repr&#233;sente qu'une oscillation dans le rapport des forces entre les camps bourgeois et prol&#233;tarien et pr&#233;pare encore plus s&#251;rement que le bonapartisme de droite (P&#233;tain) la r&#233;volte des masses petites-bourgeoises contre le &#034;communisme&#034;, &#034;l'anarchie&#034;. En effet, la lutte des classes entre les ouvriers et la bourgeoisie appelle une solution d&#233;cisive pour savoir qui est ma&#238;tre dans la maison, de l'ouvrier ou du patron. Leurs int&#233;r&#234;ts ne peuvent pas &#234;tre concili&#233;s, on ne le voit que trop depuis 1934. Si c'est l'ouvrier, il faut que les travailleurs instaurent leur dictature pour en finir avec le sabotage et le banditisme patronal ; mais si les travailleurs ne vont pas jusqu'au bout de la lutte, s'ils cherchent des solutions &#034;moyennes&#034; (qui en fait signifient la paralysie de l'&#233;conomie), alors ce sont les patrons qui lancent les bandes fascistes &#224; l'attaque en mobilisant la petite-bourgeoisie contre &#034;l'anarchie&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Allemagne, avant la victoire d&#233;finitive de Hitler (1933) il y eut de semblables oscillations du pouvoir &#233;tatique de droite &#224; &#034;gauche&#034; et de &#034;gauche&#034; &#224; droite, de m&#234;me qu'en France, depuis f&#233;vrier 1934, nous avons connu des oscillations allant du r&#233;actionnaire Doumergue vers le &#034;socialiste&#034; Blum (1936) et de Blum vers Daladier (1938-1939) et vers P&#233;tain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les masses ont successivement exp&#233;riment&#233; le r&#233;gime bureaucratico-militaire sous toutes ses formes, sous la pression des souffrances inou&#239;es que leur inflige le capitalisme (crises, ch&#244;mage, guerres), elles sont pr&#234;tes &#224; adopter une solution extr&#234;me : dictature du prol&#233;tariat ou &#034;r&#233;volution&#034; fasciste. C'est &#224; ce choix in&#233;vitable que nous conduit le gouvernement actuel. Voil&#224; pourquoi, si les organisations social-patriotes maintiennent la classe ouvri&#232;re dans le sillage de De Gaulle au lieu de la mobiliser pour la dictature du prol&#233;tariat, elles pr&#233;parent pour demain la victoire du fascisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
LES SOURCES &#034;IDEOLOGIQUES&#034; DU FASCISME&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'existence d'un grave danger fasciste, malgr&#233; la d&#233;faite militaire de l'imp&#233;rialisme allemand en France, nous ne l'inventons pas. Quotidiennement l'Humanit&#233; d&#233;nonce l'action anti-ouvri&#232;re et anti-d&#233;mocratique (cette derni&#232;re provenant directement de l'activit&#233; du gouvernement et de l'administration) qui se renforce &#224; une allure de plus en plus rapide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir essay&#233; d'attribuer cette action r&#233;actionnaire de grande envergure aux &#034;&#238;lots hitl&#233;riens&#034; encore subsistant &#224; l'arri&#232;re, l'Humanit&#233; est oblig&#233;e d'avouer : &#034;mais l'&#233;crasement militaire de l'Allemagne NE SERVIRAIT DE RIEN &#224; la longue si, PARTOUT (donc en France) le fascisme ne subissait pas un &#233;crasement moral et politique complet&#034; (22/10/44). Ainsi l'Humanit&#233; est finalement contrainte d'avouer l'&#233;tendue du danger. La classe ouvri&#232;re n'est pas simplement devant une t&#226;che militaire (lutte physique) contre des &#034;&#238;lots hitl&#233;riens&#034;. La classe ouvri&#232;re se trouve devant une t&#226;che politique et morale d&#233;cisive, pour emp&#234;cher les &#233;l&#233;ments du peuple d&#233;sesp&#233;r&#233;s ou &#233;gar&#233;s (ch&#244;meurs, petits-bourgeois ruin&#233;s des villes, paysans) de se laisser attirer dans le camp fasciste et de transformer celui-ci en une force de masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment les chefs staliniens &#034;&#233;crasent&#034; politiquement le fascisme, nous l'avons vu dans le pr&#233;c&#233;dent num&#233;ro : ils soutiennent De Gaulle, c'est-&#224;-dire la bourgeoisie. En faisant endosser aux organisations ouvri&#232;res les responsabilit&#233;s de la politique gouvernementale dans une situation catastrophique pour les masses, ils portent de l'eau au moulin fasciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les chefs staliniens ont la pr&#233;tention d'&#233;craser aussi moralement le fascisme, c'est-&#224;-dire son id&#233;ologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que l'id&#233;ologie fasciste ? La caract&#233;ristique fondamentale du fascisme, c'est l'exasp&#233;ration du nationalisme. Pourquoi le nationalisme est-il devenu le moyen fondamental de la r&#233;action et du fascisme pour la bourgeoisie, contre les masses exploit&#233;es ? C'est parce qu'&#224; notre &#233;poque le capitalisme, en cr&#233;ant une &#233;conomie mondiale, a d&#233;truit toute possibilit&#233; de vie &#233;conomique ind&#233;pendante (nationale) ; dans ces conditions le nationalisme n'est plus une doctrine d'&#233;mancipation des peuples, mais une doctrine d'asservissement. Pour les vieilles nations capitalistes (Angleterre, France, Allemagne, Etats-Unis, etc&#8230;), le nationalisme n'est pas l'affirmation du droit de ces peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes, mais de la volont&#233; d'opprimer des peuples plus faibles (Empire pour la France, &#034;espace vital&#034; pour l'Allemagne, etc.). Dans ces conditions, l'exasp&#233;ration du sentiment nationaliste pousse infailliblement les classes sociales opprim&#233;es de ces pays capitalistes (petits-bourgeois et ouvriers) dans les bras de la bourgeoisie, pour une politique imp&#233;rialiste de domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette fa&#231;on, le nationalisme d&#233;tourne les classes exploit&#233;es de leur propre lutte contre la bourgeoisie (lutte de classes) en leur faisant croire que leurs souffrances inou&#239;es ne sont pas dues au r&#233;gime capitaliste, que la t&#226;che principale n'est pas de renverser leurs propres exploiteurs bourgeois ; il les d&#233;tourne vers la lutte ext&#233;rieure pour les &#034;conqu&#234;tes civilisatrices&#034;, pour la main-mise sur les positions &#233;conomiques et strat&#233;giques n&#233;cessaires &#224; la &#034;mission&#034; sp&#233;ciale de la nation : images derri&#232;re lesquelles se cachent les capitalistes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contre-poison de &#034;l'id&#233;ologie&#034; nationaliste ne peut &#234;tre que l'internationalisme. Il exprime non pas &#034;un vague r&#234;ve de solidarit&#233;&#034; entre les hommes, mais les int&#233;r&#234;ts d&#233;cisifs de toute la population du globe terrestre (en dehors des cliques capitalistes qui dirigent les peuples), il repr&#233;sente l'alliance r&#233;elle entre tous les opprim&#233;s et exploit&#233;s contre leurs capitalistes. La victoire de l'id&#233;ologie nationaliste ou de l'id&#233;ologie internationaliste au sein de la classe ouvri&#232;re n'est pas une affaire de &#034;sentiments&#034;, mais d&#233;cide de la guerre ou de la paix dans le monde, de la barbare oppression fasciste et militariste ou de la libert&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que font les chefs staliniens pour vaincre l'id&#233;ologie du fascisme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont pr&#233;tendu &#233;craser le fascisme avec ses propres armes id&#233;ologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi qu'en Allemagne le PCA voulut concurrencer Hitler, pour le supplanter aupr&#232;s des masses, sur le terrain nationaliste, et lan&#231;a lui aussi des mots-d'ordre de &#034;lib&#233;ration nationale&#034; (avant 1933) et de &#034;la lutte contre l'&#233;tranger&#034; (contre le trait&#233; de Versailles).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France depuis le pacte Staline-Laval (1935) les chefs staliniens ont gliss&#233; progressivement vers la d&#233;magogie nationaliste. Ayant repris le mot-d'ordre de &#034;la France aux Fran&#231;ais&#034; &#224; l'Action Fran&#231;aise, ils en sont arriv&#233;s &#224; reprendre &#034;la Marseillaise&#034; aux trusts (Duclos) !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chefs staliniens expliquent aux militants de la base que tout cela n'est que de la &#034;tactique&#034;, que l'internationalisme doctrinal est difficile &#224; faire rentrer dans la t&#234;te des masses et qu'en gagnant les masses &#224; eux avec des mots-d'ordre qui &#034;prennent&#034;, ils nous conduiront eux, les chefs, vers le communisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le communisme ou le fascisme ne d&#233;pendent pas de la volont&#233; des chefs. Ils d&#233;pendent du choix final que les masses feront entre le Parti ouvrier ou le Parti de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment est d&#233;termin&#233; ce choix ? Par la d&#233;magogie des Partis en pr&#233;sence ? Non. Mais par la capacit&#233; du Parti ouvrier &#224; attaquer la base m&#234;me de l'exploitation capitaliste, par sa capacit&#233; de renverser la bourgeoisie, chose qui n'est possible qu'&#224; l'aide d'une id&#233;ologie internationaliste de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le terrain de la d&#233;magogie et du nationalisme, c'est le Parti bourgeois qui doit avoir le dessus. La solution prol&#233;tarienne (internationaliste) n'&#233;tant pas offerte aux masses pour en finir avec un r&#233;gime qui les &#233;touffe, celles-ci ne se consoleront pas avec des raisonnements sur la tactique, mais se tourneront infailliblement vers les Partis qui sur le terrain du nationalisme et de la d&#233;magogie vont jusqu'au bout, c'est-&#224;-dire qui ont la possibilit&#233; r&#233;elle &#8211; parce qu'agents de la bourgeoisie &#8211; d'offrir, par des aventures militaires &#224; l'ext&#233;rieur, une issue pratique au nationalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le terrain nationaliste et de la d&#233;magogie chauvine, le Parti ouvrier ne peut devenir un Parti dirigeant du pays. Il ne peut &#234;tre qu'un Parti donnant des conseils au gouvernement, t&#226;chant de se montrer plus nationaliste que les autres, mais qui ne sera jamais ma&#238;tre dans la maison. Sur le terrain du nationalisme, c'est toujours les Partis bourgeois qui vaincront ; en abandonnant l'id&#233;ologie internationaliste, les Partis ouvriers pr&#233;parent la victoire du fascisme. Voil&#224; pourquoi en Allemagne, quand la question fut pos&#233;e sur le terrain nationaliste aussi bien par Thaelmann (communiste) que par Hitler, les masses choisirent Hitler, car sur ce terrain c'&#233;tait Hitler seulement qui pouvait aller jusqu'au bout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voyons aujourd'hui &#224; quelles catastrophes l'abandon de l'internationalisme par le PCA a conduit le peuple allemand. Nous sommes en France, aujourd'hui, en pr&#233;sence d'un danger aussi grand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le terrain de la pr&#233;paration des esprits, les moyens &#034;id&#233;ologiques&#034; des staliniens rendent un service d&#233;cisif aux fascistes. La ligne politique peut &#234;tre redress&#233;e rapidement et les d&#233;faites surmont&#233;es par la simple volont&#233; de tenir compte des le&#231;ons des faits. Mais il en est tout autrement dans le domaine moral de la pr&#233;paration id&#233;ologique. Le poison nationaliste r&#233;pandu dans les masses ne peut pas &#234;tre &#233;limin&#233; du jour au lendemain. Il y faut de longues ann&#233;es. Car ce poison est engendr&#233; constamment par la propagande bourgeoise et ce n'est qu'apr&#232;s un travail d'ann&#233;es que le Parti communiste peut habituer l'avant-garde ouvri&#232;re &#224; une pens&#233;e conforme &#224; ses propres int&#233;r&#234;ts, c'est-&#224;-dire la pens&#233;e internationaliste. Dans le domaine de la pr&#233;paration id&#233;ologique les chefs staliniens font donc depuis 1935 tout ce qu'ils peuvent pour pr&#233;parer la victoire du fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais heureusement, la base du Parti, comme en t&#233;moigne le m&#233;contentement croissant parmi les militants du PC, reste fid&#232;le au communisme et chaque fois que se manifeste sur eux l'influence directe du &#034;trotskysme&#034; (communisme v&#233;ritable) ils se montrent tels qu'ils sont, c'est-&#224;-dire internationalistes.&lt;br class='autobr' /&gt; C'est cette fid&#233;lit&#233; au communisme, qui subsiste dans l'avant-garde de la classe ouvri&#232;re malgr&#233; le poison id&#233;ologique stalinien, qui est le gage d'avenir le plus pr&#233;cieux.&lt;br class='autobr' /&gt;
LA LUTTE OUVERTE CONTRE LE FASCISME&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'en ayant exactement compris la v&#233;ritable nature du fascisme que l'avant-garde ouvri&#232;re saura lutter contre cette pire r&#233;action de la soci&#233;t&#233; bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fascisme surgit constamment de la pourriture et de la d&#233;cadence de la soci&#233;t&#233; capitaliste. Il repr&#233;sente un syst&#232;me de dictature auquel la classe capitaliste a recours pour sauvegarder sa domination menac&#233;e, en instaurant le r&#233;gime politique qui correspond le mieux &#224; sa dictature &#233;conomique incontr&#244;l&#233;e sur la nation. Comment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me de production bas&#233; sur le profit et l'appropriation priv&#233;e capitaliste ayant abouti &#224; la concentration de toutes les richesses entre les mains d'une poign&#233;e de monopoleurs capitalistes, a d&#233;finitivement vou&#233; &#224; la ruine et &#224; la pauvret&#233; les classes interm&#233;diaires, la petite-bourgeoisie. Celle-ci est pass&#233;e, &#224; notre &#233;poque imp&#233;rialiste, de la tranquillit&#233; sociale caract&#233;ristique au petit-bourgeois qui en faisait un appui de la d&#233;mocratie, &#224; la r&#233;volte permanente contre l'ordre existant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte de la petite-bourgeoisie contre l'ordre existant n'est pas par sa nature dirig&#233;e contre la classe ouvri&#232;re ; elle est de tendance anti-capitaliste. Mais le petit bourgeois ruin&#233; (rentier, petit commer&#231;ant, petit paysan, etc...) n'a pas la m&#234;me position de classe vis-&#224;-vis du capitaliste que l'ouvrier ; celui-ci, tout naturellement, s'oppose sur le lieu de travail &#224; son exploiteur, &#224; son patron, &#224; son capitaliste ; ce qui fait que l'ensemble des ouvriers s'oppose &#224; l'ensemble des capitalistes. Contrairement &#224; la classe ouvri&#232;re, la petite-bourgeoisie n'a pas une id&#233;e concr&#232;te de ce que c'est que le capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en tenant compte de cette situation que la bourgeoisie, pour sauver l'ensemble de sa domination, organise par l'interm&#233;diaire des politiciens fascistes, une &#034;lutte anti-capitaliste&#034; dirig&#233;e d&#233;magogiquement contre des capitalistes isol&#233;s : &#034;banquiers juifs&#034;, &#034;patrons anti-sociaux&#034;, etc... Le fascisme les prend comme boucs &#233;missaires de la crise &#233;conomique, des louches combinaisons financi&#232;res, etc... Sur le plan politique il s'en prend &#224; la &#034;d&#233;mocratie&#034;, au syst&#232;me parlementaire, &#224; l'impuissance de ce r&#233;gime devant la mis&#232;re des masses (impuissance qui est due au fait que ce r&#233;gime ne camoufle que la dictature de la bourgeoisie). Mais l&#224; o&#249; se d&#233;voile la nature du fascisme, c'est qu'il identifie la dictature bourgeoise parlementaire &#224; l'existence des partis ouvriers, des organisations autonomes, politiques ou professionnelles de la classe ouvri&#232;re, maudit le &#034;communisme&#034; et &#034;l'anarchie&#034; et sous pr&#233;texte de lutter contre le r&#233;gime pourri, lance ses troupes &#224; l'assaut des organisations de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fascisme, instrument politique de la grande bourgeoisie, et qui peut prendre n'importe quelle &#233;tiquette et n'importe quel masque, utilise donc la r&#233;volte des couches exploit&#233;es de la petite-bourgeoisie en les attirant par sa d&#233;magogie anti-capitaliste et son apparence de force et d'intransigeance. Mais comme solution aux maux dont souffre la petite-bourgeoisie et l'ensemble des masses exploit&#233;es, il ne peut offrir que les aventures guerri&#232;res : c'est pourquoi le petit-bourgeois devenu fasciste ressemble &#224; l'homme dont les v&#234;tements ont pris feu et qui se jette dans l'eau qui l'engloutira. Cependant cela permet aux capitalistes de prolonger leur domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le prol&#233;tariat peut lui aussi utiliser la r&#233;volte des masses exploit&#233;es petites-bourgeoises et les emp&#234;cher de se tourner vers le fascisme ; et il emp&#234;che par l&#224;-m&#234;me non seulement son propre &#233;crasement mais aussi celui de toute la nation sous la botte de la dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe ouvri&#232;re le peut parce qu'elle est la seule force politique et sociale dans la nation qui est r&#233;ellement capable d'abolir le capitalisme avec ses maux, sa corruption, sa mis&#232;re. Mais il faut aussi que les autres couches opprim&#233;es de la nation puissent s'en rendre compte. Pour cela l'action de la classe ouvri&#232;re doit &#234;tre dirig&#233;e contre l'existence m&#234;me du r&#233;gime capitaliste, contre les fondements de l'ordre existant, c'est-&#224;-dire l'exploitation capitaliste par la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production. Seule l'expropriation du Capital fera na&#238;tre une soci&#233;t&#233; dans laquelle le petit paysan, le petit rentier, le petit commer&#231;ant, etc... seront lib&#233;r&#233;s par l'ouvrier, par le Gouvernement ouvrier et paysan, des maux engendr&#233;s par le capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une classe ouvri&#232;re prisonni&#232;re de la politique bourgeoise (Front Populaire, R&#233;sistance, etc...) qui pr&#233;tend lutter contre le fascisme dans le cadre du r&#233;gime capitaliste ne peut pas attirer &#224; elle les couches exploit&#233;es de la petite-bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiciens bourgeois et social-tra&#238;tres pr&#233;tendent que pour lutter contre le fascisme, il faut abandonner le programme r&#233;volutionnaire et faire front avec la bourgeoisie et la petite-bourgeoisie pour la d&#233;fense de la &#034;d&#233;mocratie&#034;. Mais ce qui int&#233;resse les couches exploit&#233;es de la petite-bourgeoisie ce n'est pas tant la &#034;d&#233;mocratie&#034;, qu'une issue &#224; leurs conditions de vie intol&#233;rables. Quant aux ouvriers, la d&#233;mocratie c'est le droit d'association, de presse, de gr&#232;ve, etc... pour mieux se d&#233;fendre contre les capitalistes. Or le syst&#232;me bourgeois &#034;d&#233;mocratique&#034; et ses politiciens maintiennent pour les petits-bourgeois aussi bien que pour les ouvriers l'exploitation et la mis&#232;re, tandis qu'ils s'efforcent le plus possible de limiter les v&#233;ritables droits d&#233;mocratiques. Si bien qu'&#224; la longue les couches exploit&#233;es de la petite-bourgeoisie cherchent une issue hors du r&#233;gime &#034;d&#233;mocratique&#034; (capitaliste) ; mais cette issue elles ne peuvent pas la trouver du c&#244;t&#233; du prol&#233;tariat si celui-ci, &#224; cause de la politique de ses dirigeants, est cramponn&#233; aux &#034;d&#233;mocrates&#034; c'est-&#224;-dire aux repr&#233;sentants de &#034;g&#244;che&#034; du capitalisme ; elles la chercheront alors du c&#244;t&#233; fasciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tout ceci il r&#233;sulte que le principe fondamental de la lutte contre le fascisme est le suivant : pas d'union avec la bourgeoisie de &#034;gauche&#034; sur un programme &#034;d&#233;mocratique&#034; capitaliste, mais union de tous les d&#233;mocrates v&#233;ritables autour de la lutte prol&#233;tarienne contre la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La petite-bourgeoisie craint-elle cette action, comme le disent les bureaucrates ouvriers ? Rappelons seulement qu'entre le 12 f&#233;vrier 1934 et juin 1936, la classe ouvri&#232;re, ayant fait montre d'une grande d&#233;cision d'action qui laissait esp&#233;rer &#224; l'ensemble de la population laborieuse la lutte d&#233;cisive pour un r&#233;gime nouveau, la petite-bourgeoisie fit bloc (surtout dans la lutte) autour de l'action ouvri&#232;re. Ce n'est qu'&#224; partir du &#034;il faut savoir finir une gr&#232;ve&#034; de Thorez, pendant les gr&#232;ves de juin 1936, que l'espoir des masses fut d&#233;&#231;u. Les bureaucrates ouvriers ayant trahi le Front Unique prol&#233;tarien en faveur d'un front avec Daladier (Front Populaire), ce &#034;front&#034; sombra dans le marasme parlementaire et la d&#233;sillusion des masses ouvrit la voie &#224; la r&#233;action &#224; partir de 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;ritable lutte contre le fascisme est seulement la lutte anti-capitaliste. C'est donc, comme nous le disions au d&#233;but, par leur position de classe que les ouvriers se trouvent &#234;tre les vrais champions de la lutte anti-fasciste. Mais pour que la classe ouvri&#232;re constitue pour les couches exploit&#233;es petites-bourgeoises un p&#244;le d'attraction dans cette lutte, elle doit r&#233;aliser son unit&#233; de combat, pour devenir assez forte pour renverser la bourgeoisie. D'autre part elle doit pouvoir d&#233;fendre un programme capable de satisfaire les revendications de la petite-bourgeoisie, sur le terrain de la lutte r&#233;volutionnaire. Comment r&#233;aliser cette unit&#233;, quel est ce programme qui peut d&#233;terminer la petite-bourgeoisie &#224; appuyer une classe ouvri&#232;re r&#233;volutionnaire ? C'est ce que nous nous proposons d'&#233;tudier dans le prochain num&#233;ro.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'UNITE DE COMBAT DE LA CLASSE OUVRIERE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte contre le fascisme a donc comme premi&#232;re condition l'unit&#233; de combat de la classe ouvri&#232;re. Mais la classe ouvri&#232;re ne poss&#232;de pas d'organisation politique unique. Elle est dirig&#233;e par des partis et des fractions ayant des principes et des m&#233;thodes d'action diff&#233;rents et pr&#233;tendant chacun d&#233;tenir seul le secret de la d&#233;livrance. Les principales tendances dans le camp ouvrier sont le r&#233;formisme et la tendance r&#233;volutionnaire, entre lesquelles se situent des nuances interm&#233;diaires. Dans les moments de &#034;calme&#034;, ces derni&#232;res s'efforcent de r&#233;aliser une &#034;synth&#232;se&#034; des deux tendances, mais dans les moments de crise, elles se situent le plus souvent dans le camp r&#233;formiste. La tendance r&#233;formiste et la tendance r&#233;volutionnaire se combattent avec acharnement, s'accusant r&#233;ciproquement des fautes commises et des &#233;checs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute une cat&#233;gorie d'ouvriers ayant le sain d&#233;sir de l'unit&#233; se laisse tromper par le mirage suscit&#233; sur l'unit&#233; organique des partis ouvriers, qui permettrait &#224; la classe ouvri&#232;re de n'&#233;couter qu'un seul guide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant r&#233;formisme et r&#233;volution n'expriment pas deux m&#233;thodes diff&#233;rentes pour arriver au m&#234;me but, mais l'opposition irr&#233;conciliable entre les int&#233;r&#234;ts de classe des millions d'exploit&#233;s et d'opprim&#233;s, et les int&#233;r&#234;ts d'une minorit&#233; ouvri&#232;re relativement bien pay&#233;e et de mentalit&#233; profond&#233;ment embourgeois&#233;e. D&#233;tenant un grand nombre de postes de responsables dans les organisations ouvri&#232;res ou dans l'administration bourgeoise (syndicats, partis politiques, mairies, si&#232;ges de d&#233;put&#233;s, etc&#8230;) cette couche domine habituellement l'action ouvri&#232;re, l'emp&#234;chant, la brisant quand elle menace de bouleverser le syst&#232;me qui leur permet de s'&#233;lever au-dessus de leur classe : c'est ainsi qu'en juin 1936 l'aristocratie ouvri&#232;re, repr&#233;sent&#233;e par la bureaucratie syndicale et politique, parvint &#224; arr&#234;ter la pouss&#233;e des millions d'ouvriers les plus exploit&#233;s. Le r&#233;formisme, en s'effor&#231;ant de sauvegarder les int&#233;r&#234;ts de l'aristocratie ouvri&#232;re &#233;lev&#233;e au-dessus de la masse, d&#233;fend donc l'ordre bourgeois (qui &#224; son tour engendre le fascisme). L'unit&#233; envisag&#233;e par le PS et le PC ne serait qu'une assurance suppl&#233;mentaire de la bureaucratie contre la r&#233;volution des masses. La r&#233;volution seule permet &#224; ces derni&#232;res de renverser le capitalisme et couper ainsi la racine m&#234;me du fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque la division en partis de la classe ouvri&#232;re provient de la diff&#233;rence d'int&#233;r&#234;ts existant en son sein et que ce n'est pas cette division en partis qui cr&#233;e la diff&#233;rence d'int&#233;r&#234;ts, seule une forme d'organisation englobant directement toute la masse en lutte (et non pas seulement les militants des diff&#233;rents partis) peut unifier l'action de la classe ouvri&#232;re. Cette forme d'organisation, ce sont les Comit&#233;s. Dans les usines et dans les quartiers, les travailleurs, dans des Assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales ou de masse, &#233;lisent des d&#233;l&#233;gu&#233;s, r&#233;vocables &#224; chaque instant, charg&#233;s d'ex&#233;cuter les mesures vot&#233;es par les assembl&#233;es. Ces comit&#233;s ex&#233;cutifs locaux envoient des d&#233;l&#233;gu&#233;s &#224; la r&#233;gion, qui &#224; leur tour d&#233;l&#232;guent des responsables nationaux. Ainsi se trouve cr&#233;&#233; un organisme groupant dans son sein les millions d'exploit&#233;s en lutte sans nuire &#224; l'unit&#233; d'action ; car ce sont les travailleurs eux-m&#234;mes qui d&#233;terminent d&#233;mocratiquement (&#224; la majorit&#233;) la politique &#224; suivre dans chaque question donn&#233;e. Chaque parti politique peut ainsi faire la preuve de ce que valent pratiquement ses m&#233;thodes d'action. Il ne s'agit plus d'&#233;tiquette (&#034;r&#233;formiste&#034; ou &#034;r&#233;volutionnaire&#034;), mais de l'attitude devant des faits que les masses touchent du doigt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas &#224; tort qu'on a appel&#233; les Comit&#233;s (ou Conseils) ouvriers des &#034;Parlements ouvriers&#034;. Chaque parti garde son enti&#232;re libert&#233; d'agitation et de propagande parmi les masses, mais dans l'action pratique il doit faire approuver sa politique par les masses group&#233;es dans les Comit&#233;s. Mais les Comit&#233;s ne sont pas un organisme seulement l&#233;gif&#233;rant, ils sont &#224; la fois d&#233;lib&#233;ratifs, l&#233;gislatifs et ex&#233;cutifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Comit&#233;s n'ont pas de vertu en soi. C'est selon la politique qui triomphera en leur sein que se d&#233;cidera le sort de la classe ouvri&#232;re. En voici deux exemples : en Russie en 1917, avec le triomphe dans les masses sovi&#233;tiques de la politique bolch&#233;vique (r&#233;volutionnaire) sur la politique mench&#233;vique (r&#233;formiste), les Soviets (nom russe des &#034;Comit&#233;s&#034;) prirent en main tout le pouvoir et les capitalistes furent renvers&#233;s. En Allemagne en 1918, ce fut la politique r&#233;formiste qui triompha dans les Conseils, gr&#226;ce &#224; la faiblesse politique de la fraction r&#233;volutionnaire ; les r&#233;formistes s'unirent en un Front populaire avec la bourgeoisie, transmirent tout le pouvoir des Conseils &#224; la bourgeoisie et men&#232;rent finalement &#224; leur liquidation. Le sort de l'Allemagne fut d&#233;cid&#233; dans le sens fasciste gr&#226;ce &#224; la trahison r&#233;formiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous exposerons donc la prochaine fois le programme politique que la IV&#232;me Internationale propose aux travailleurs r&#233;volutionnaires, pour qu'ils puissent soulever les masses ouvri&#232;res et populaires contre la bourgeoisie, les unifier r&#233;ellement dans des Comit&#233;s d'action et concentrer tout le pouvoir, par la dictature du prol&#233;tariat, entre les mains de la classe ouvri&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE PROGRAMME TRANSITOIRE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus important c'est de comprendre les rapports objectifs qui existent entre la lutte r&#233;volutionnaire des travailleurs et les int&#233;r&#234;ts des autres couches exploit&#233;es et opprim&#233;es de la population. Quand le prol&#233;tariat soutient les autres couches exploit&#233;es contre leurs exploiteurs, ce n'est pas l&#224; de sa part une &#034;ruse&#034; destin&#233;e &#224; se faire des alli&#233;s temporaires pour mettre la main sur le pouvoir et le concentrer d&#233;finitivement entre ses mains vis-&#224;-vis d'elles ; la dictature du prol&#233;tariat ne peut pas repr&#233;senter un nouveau pouvoir oppresseur. Le soutien par le prol&#233;tariat des autres exploit&#233;s (quelle que soit la forme de cette exploitation), d&#233;coule tout naturellement de la nature des int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re elle-m&#234;me. Celle-ci ne peut pas lutter contre sa propre exploitation sans affranchir en m&#234;me temps &#224; tout jamais l'humanit&#233; enti&#232;re de toute exploitation et de toute oppression. La classe ouvri&#232;re ne lutte pas pour s'emparer pour elle seulement des moyens de production et donc exploiter par ce moyen la soci&#233;t&#233;. En luttant pour l'expropriation de la bourgeoisie, elle n'arrache les moyens de production &#224; celle-ci que pour effectuer leur retour &#224; la soci&#233;t&#233; enti&#232;re. La dictature du prol&#233;tariat n'est qu'une forme politique de lutte contre la bourgeoisie d&#233;poss&#233;d&#233;e, c'est un organe de la majorit&#233; des travailleurs contre la minorit&#233; d'exploiteurs, c'est un organe qui se dissout de lui-m&#234;me au fur et &#224; mesure que la soci&#233;t&#233; devient harmonieuse par la disparition des classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Luttant pour leurs revendications, les travailleurs s'affirment donc tout naturellement les champions de tous les exploit&#233;s et opprim&#233;s. C'est eux qui repr&#233;sentent la nation en face d'une minorit&#233; de rapaces exploiteurs, si par nation l'on entend les travailleurs des villes et des campagnes sans le sommet exploiteur. Mais le prol&#233;tariat &#224; notre &#233;poque imp&#233;rialiste ne peut pas faire pr&#233;valoir effectivement les int&#233;r&#234;ts de la v&#233;ritable nation travailleuse dans le cadre des fronti&#232;res capitalistes. Ce n'est que par le renversement de la bourgeoisie dans tous les pays, par les Etats-Unis Socialistes du Monde, que pourront &#234;tre &#233;mancip&#233;s les exploit&#233;s de chaque pays, donc de France. Voil&#224; le point fondamental du programme politique de la classe ouvri&#232;re. Dans la pratique bien entendu, ce point du programme ne sera que l'aboutissement final de toute une s&#233;rie d'objectifs &#233;conomiques et politiques TRANSITOIRES.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici les principaux de ces objectifs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mobiliser en premier lieu la classe ouvri&#232;re, il faut lutter pour du travail et une existence digne pour tous, c'est-&#224;-dire l'&#233;chelle mobile des salaires, l'&#233;chelle mobile des heures de travail (pas de travail excessif d'un c&#244;t&#233; et le ch&#244;mage de l'autre, mais r&#233;partition du travail existant entre tous les travailleurs), un salaire minimum r&#233;ellement vital. L'exp&#233;rience propre des travailleurs leur montrera que le capitalisme ne peut en aucun cas les laisser vivre et ils comprendront la n&#233;cessit&#233; de s'organiser non seulement dans les Syndicats mais aussi dans les Comit&#233;s d'usine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux-ci exigeront : l'abolition du secret commercial (qui constitue le droit divin du patron) et le contr&#244;le ouvrier sur l'industrie dans le but de comprendre d'o&#249; viennent les maux qui accablent les travailleurs et que les capitalistes attribuent &#224; la pluie et au beau temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expropriation de certains groupes de capitalistes, comme le M&#233;tro, les chemins de fer, les mines, la production d'&#233;nergie, la grosse industrie, l'industrie de guerre. Cet objectif s'impose tellement &#224; l'heure actuelle que le gouvernement capitaliste d&#233;pense beaucoup d'encre et proc&#232;de &#224; beaucoup de mise en sc&#232;ne (&#034;nationalisations&#034;, etc...) pour sauver les trusts et les monopoleurs : c'est au prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire de montrer que seul il est capable de r&#233;aliser cette expropriation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La confiscation de tous les b&#233;n&#233;fices de guerre, l'expropriation des banques et l'&#233;tatisation du syst&#232;me de cr&#233;dit. Les op&#233;rations financi&#232;res du gouvernement tombent lourdement sur toutes les couches pauvres (avant tout sur les petits rentiers) ; la confiscation des b&#233;n&#233;fices de guerre r&#233;soudrait les difficult&#233;s financi&#232;res sans accabler la population laborieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La petite bourgeoisie, c'est-&#224;-dire les petites gens des villes et les paysans, est aussi imm&#233;diatement int&#233;ress&#233;e &#224; ces mesures. Enfin les paysans ne seraient plus les &#233;ternelles victimes des banques et des sp&#233;culateurs de la Bourse. L'alliance entre la ville et la campagne deviendra possible par la suppression des interm&#233;diaires capitalistes qui grugent les paysans et affament les villes. L'&#233;change direct entre les travailleurs producteurs de produits industriels et les paysans rendra la prosp&#233;rit&#233; aux uns comme aux autres, par le soutien des paysans pauvres (cr&#233;dit &#224; bon march&#233;), l'abolition des hypoth&#232;ques qui ont remis aux banques la propri&#233;t&#233; des paysans, le soutien d'un programme de revendications pour les prol&#233;taires agricoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mobiliser les femmes et la jeunesse travailleuses, il faut exiger : A travail &#233;gal, salaire &#233;gal ! Droits politiques int&#233;graux pour les femmes, les jeunes et les soldats !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soutien des travailleurs immigr&#233;s et coloniaux, en premier lieu par la revendication du Statut l&#233;gal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Droits d&#233;mocratiques &#233;l&#233;mentaires pour tous, comme le droit de gr&#232;ve, d'association, d'expression. Libert&#233; de la presse par la suppression de l'autorisation pr&#233;alable, de la censure, du monopole des trusts et la r&#233;partition proportionnelle du papier par chaque groupe de citoyens constitu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces revendications permettront la mobilisation de toutes les couches exploit&#233;es et opprim&#233;es autour du prol&#233;tariat ; mais elle se heurtera &#224; la r&#233;sistance du pouvoir de la bourgeoisie, c'est-&#224;-dire de son Etat. Pour lutter contre cet Etat, les r&#233;volutionnaires appelleront les masses en lutte &#224; cr&#233;er leurs propres organes du pouvoir, les Conseils ; par les Milices ouvri&#232;res et l'armement du prol&#233;tariat, ils lutteront pour le Gouvernement ouvrier et paysan, expression directe et exclusive de ces Conseils. L'ancien appareil &#233;tatique de la bourgeoisie ne peut pas &#234;tre utilis&#233; par les travailleurs. La destruction de la police, de la bureaucratie, etc..., organes de la bourgeoisie qui &#233;crase les masses, enl&#232;vera &#224; celle-ci ses moyens de domination politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce programme est-il possible ? demandera le sceptique. N'est-il pas trop radical ? Ne pourrait-on se contenter de solutions plus &#034;raisonnables&#034; ? Par ces questions, le sceptique (imbu d'esprit petit-bourgeois) montre qu'il n'a rien compris &#224; notre &#233;poque qui est celle des monopoles capitalistes, de l'imp&#233;rialisme &#233;conomique. Il faut &#233;videmment une grande &#233;nergie r&#233;volutionnaire aux masses pour que la r&#233;alisation d'un tel programme soit possible. Et les sceptiques voient seulement que les 9/10&#232;me du temps les masses ne d&#233;ploient pas d'&#233;nergie r&#233;volutionnaire. Mais c'est seulement parce que la r&#233;volution est l'aboutissement historique d'une foule de processus cach&#233;s en temps &#034;normal&#034;, &#034;pacifique&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre imp&#233;rialiste a men&#233; la soci&#233;t&#233; &#224; un point o&#249; il n'est plus possible de vivre comme par le pass&#233;. Les masses sont de plus en plus contraintes par la situation objective de trouver en elles l'&#233;nergie n&#233;cessaire pour se mettre en mouvement. Si les r&#233;volutionnaires ont &#034;tort&#034; les 9/10&#232;me du temps, c'est seulement pour avoir raison au moment de la r&#233;volution. Celle-ci d&#233;veloppe son rythme imp&#233;tueux en un temps relativement court. Mais cette p&#233;riode suffit pour &#233;manciper &#224; tout jamais l'humanit&#233; enti&#232;re. Voil&#224; pourquoi travailler minutieusement et attendre patiemment son heure sont les qualit&#233;s les plus pr&#233;cieuses d'un r&#233;volutionnaire. Voil&#224; pourquoi aussi, quand la r&#233;volution prol&#233;tarienne en France les appellera &#224; l'action directe, les partisans de la IV&#232;me Internationale seront arm&#233;s de pied en cap id&#233;ologiquement et mat&#233;riellement pour vaincre l'ennemi capitaliste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La r&#233;sistance nationale en France</title>
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		<dc:date>2025-10-04T22:09:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Barta</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>

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&lt;p&gt;L'ARMEE PERMANENTE ET L'ARMEE POPULAIRE &lt;br class='autobr' /&gt;
Parce que le maquis est compos&#233; en grande partie d'ouvriers et de paysans qui n'ont pas voulu partir en Allemagne, et parce qu'il est en lutte contre Vichy et l'arm&#233;e allemande, on voudrait nous le pr&#233;senter comme une arm&#233;e v&#233;ritablement d&#233;mocratique, comme une &#034;arm&#233;e du peuple&#034;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais pour savoir si une arm&#233;e est v&#233;ritablement une arm&#233;e du peuple, il ne suffit pas qu'elle soit compos&#233;e d'ouvriers et de paysans. En effet, toutes les arm&#233;es modernes, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique117" rel="directory"&gt;14 - TRAVAILLEURS SANS FRONTIERES - WORKERS HAVE NO FRONTIERS AND A WORLD TO CONQUER&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot91" rel="tag"&gt;Barta&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'ARMEE PERMANENTE ET L'ARMEE POPULAIRE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que le maquis est compos&#233; en grande partie d'ouvriers et de paysans qui n'ont pas voulu partir en Allemagne, et parce qu'il est en lutte contre Vichy et l'arm&#233;e allemande, on voudrait nous le pr&#233;senter comme une arm&#233;e v&#233;ritablement d&#233;mocratique, comme une &#034;arm&#233;e du peuple&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour savoir si une arm&#233;e est v&#233;ritablement une arm&#233;e du peuple, il ne suffit pas qu'elle soit compos&#233;e d'ouvriers et de paysans. En effet, toutes les arm&#233;es modernes, quelles qu'elles soient, sont des arm&#233;es populaires si on les envisage &#224; ce point de vue. Car le perfectionnement des armements a depuis longtemps oblig&#233; la bourgeoisie &#224; mobiliser tout &#034;son&#034; peuple pour mener les guerres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut examiner &#224; quoi a abouti le maquis, quelle est sa base de classe. Or, s'il est possible qu'au d&#233;but les travailleurs du maquis, guid&#233;s par leur m&#233;fiance instinctive, aient tent&#233; de s'organiser sur une base de classe et aient manifest&#233; leur hostilit&#233; &#224; l'&#233;gard du vieux corps des officiers cagoulards, depuis, sous le commandement des De Gaulle, Giraud, Catroux et Koenig &#8211; qui vient d'&#234;tre nomm&#233; commandant des Forces Fran&#231;aises de l'Int&#233;rieur &#8211; c'est le vieux corps des officiers de Daladier qui s'est impos&#233; au maquis : c'est l'ancienne arm&#233;e imp&#233;rialiste fran&#231;aise qui s'est reconstitu&#233;e. Ce qu'on voudrait nous pr&#233;senter comme une arm&#233;e du peuple, n'est qu'une nouvelle ARMEE PERMANENTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arm&#233;e permanente enl&#232;ve tous les ans des centaines de milliers de jeunes gens &#224; leurs familles et &#224; leur production, pour les enfermer pendant des ann&#233;es dans des casernes sous pr&#233;texte de formation militaire. Mais la formation militaire d'un soldat n'exige pas des ann&#233;es puisqu'en temps de guerre la bourgeoisie envoie au front des jeunes de 18 ans apr&#232;s quatre ou six mois d'instruction. Le service militaire consiste principalement &#224; soumettre les hommes &#224; qui l'on enseigne le maniement des armes &#224; la pression exclusive de la discipline militaire repr&#233;sent&#233;e par le corps des officiers et sous-officiers de carri&#232;re li&#233;s &#224; la bourgeoisie, et qui n'ont aucune fonction productive dans la soci&#233;t&#233; : comme les pr&#234;tres, ils sont sp&#233;cialis&#233;s dans le &#034;dressage&#034; de &#034;la troupe&#034;, leurs m&#233;thodes &#8211; les brimades d&#233;gradantes et l'abrutissement syst&#233;matique &#8211; ont pour but de fa&#231;onner une nouvelle mentalit&#233; &#224; leurs hommes, de s&#233;parer les fils d'ouvriers et de paysans de leur classe et d'en faire des instruments dociles pour la r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce sont les masses laborieuses qui, sous forme d'imp&#244;ts &#233;crasants, supportent la charge de cette arm&#233;e d'hommes que l'on a retir&#233;s de la production, et payent la construction et l'entretien des casernes et la solde des g&#233;n&#233;raux et officiers de carri&#232;re grassement appoint&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi qu'en cas de guerre la bourgeoisie peut rapidement, par la mobilisation g&#233;n&#233;rale, mettre en ligne des millions d'hommes sachant manier les armes, et sur lesquels les officiers n'ont aucun mal &#224; reprendre leur emprise une fois qu'ils ont &#233;t&#233; happ&#233;s par l'engrenage de l'arm&#233;e permanente aid&#233;e de la gendarmerie et de la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le voit donc, une telle arm&#233;e, fond&#233;e sur l'exploitation du peuple et sur son utilisation comme chair &#224; canon n'a rien de populaire. Elle est au contraire l'instrument principal de la bourgeoisie contre le peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe ouvri&#232;re ne peut pas s'&#233;manciper sans briser l'arm&#233;e permanente. Le principal moyen d'y arriver, c'est qu'elle organise tout d'abord ses propres milices ouvri&#232;res. En soutenant la lutte des travailleurs-soldats contre la conscription, le service militaire prolong&#233;, les Cours martiales et le r&#233;gime des casernes, et en s'armant elle-m&#234;me, la classe ouvri&#232;re facilite aux soldats leur &#233;mancipation de l'arm&#233;e permanente et les lie &#224; la cause des exploit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La milice ouvri&#232;re est l'organisation des travailleurs en armes pour la d&#233;fense sur place de l'usine, du chantier, de la mine ou du village contre la bourgeoisie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le peuple en armes n'a besoin ni de casernes, ni d'officiers de m&#233;tier ; il ne retire pas de la production toute une partie de la population : l'entra&#238;nement militaire se fait en dehors des heures de travail et les chefs sont &#233;lus par les combattants parmi les plus d&#233;vou&#233;s et les plus qualifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La victoire ouvri&#232;re et la chute de la bourgeoisie supprimeront pour la classe ouvri&#232;re la n&#233;cessit&#233; d'&#234;tre en armes ; c'est donc seulement en s'organisant en milice ouvri&#232;re que les masses parviendront &#224; briser les arm&#233;es permanentes, que la bourgeoisie entretient constamment pour la d&#233;fense de ses int&#233;r&#234;ts imp&#233;rialistes, contre les masses et sur leur dos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que l'arm&#233;e permanente est un chancre qui ronge toute la soci&#233;t&#233;, et l'instrument de l'asservissement du peuple par la bourgeoisie, la MILICE OUVRIERE, organisation des travailleurs en armes, est l'instrument de leur &#233;mancipation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/07/ldc32_070844.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/07/ldc32_070844.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi sur la r&#233;sistance en France&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6675&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6675&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir ici le j&#233;suitisme du pr&#233;tendu courant officiel trotskyste qui s'est ralli&#233; &#224; la d&#233;fense nationale de la r&#233;sistance derri&#232;re le PCF et De Gaulle et aux c&#244;t&#233;s de l'imp&#233;rialisme anglo-am&#233;ricain :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le mouvement des partisans &lt;br class='autobr' /&gt;
Devant le caract&#232;re, en partie spontan&#233;, du mouvement des partisans, expression de la r&#233;volte ouverte et in&#233;vitable des larges couches travailleuses contre l'imp&#233;rialisme allemand et contre l'ordre et l'&#201;tat de la bourgeoisie indig&#232;ne qui personnifient &#224; leurs yeux les responsables de leur mis&#232;re et de leurs souffrances actuelles, les B.L. sont oblig&#233;s de prendre en consid&#233;ration cette volont&#233; de lutte des masses et de t&#226;cher, malgr&#233; les multiples dangers cons&#233;cutifs aux formes nationalistes que rev&#234;t cette lutte, de l'orienter vers des buts de classe. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire ici la pr&#233;tendue &#171; IV&#232;me internatioanle &#187; en 1944 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/1944/01/4int_19440100.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/1944/01/4int_19440100.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/mandel/works/1976/00/em19760000.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/mandel/works/1976/00/em19760000.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.contretemps.eu/wp-content/uploads/14-044-00025-155-165.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.contretemps.eu/wp-content/uploads/14-044-00025-155-165.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://lanticapitaliste.org/videos/une-resistance-ouvriere-et-internationaliste-face-la-barbarie-nazie-entretien-avec-robert&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://lanticapitaliste.org/videos/une-resistance-ouvriere-et-internationaliste-face-la-barbarie-nazie-entretien-avec-robert&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Barta sur &#171; la r&#233;sistance &#187; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; Barta en 1944 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; AUTO-DEFENSE OUVRIERE CONTRE LES BANDES FASCISTES !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que la milice de Darnand et les bandes de Bucard, D&#233;at et Doriot sont officiellement mobilis&#233;es en vue de maintenir &#034;l'ordre&#034;, c'est-&#224;-dire le r&#233;gime de terreur polici&#232;re et &#233;conomique qui &#233;crase la classe ouvri&#232;re, dans le maquis, sous pr&#233;texte de &#034;lib&#233;rer la France&#034;, se pr&#233;parent sous les ordres des De Gaulle, Giraud et autres g&#233;n&#233;raux et officiers cagoulards, des troupes s&#233;lectionn&#233;es pour r&#233;primer par la force toute tentative ouvri&#232;re de r&#233;aliser concr&#232;tement les belles promesses &#034;d&#233;mocratiques&#034; de Radio-Londres. Radio-Londres, inqui&#233;t&#233;e de la pr&#233;sence de certains &#233;l&#233;ments extr&#233;mistes, appelle inlassablement gendarmes, gardes-mobiles et policiers &#224; rejoindre le maquis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous des &#233;tiquettes diff&#233;rentes, la bourgeoisie pr&#233;pare donc d&#232;s maintenant ses bandes arm&#233;es destin&#233;es &#224; r&#233;primer dans le sang toute demande ouvri&#232;re. Voil&#224; le danger dont tout ouvrier conscient doit se rendre compte aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est temps, si l'on veut &#233;viter le pire, de perdre toute illusion sur la bourgeoisie gaulliste et alli&#233;e. La bourgeoisie n'a jamais donn&#233; d'armes aux ouvriers : elle s'en est toujours servi contre eux. Mais aux bandes arm&#233;es de la bourgeoisie, nous pouvons opposer nos MILICES OUVRIERES. C'est aux ouvriers conscients, organis&#233;s ou non, qui ont compris le danger, qui ont compris que sans armes la classe ouvri&#232;re non seulement ne sortira jamais de l'impasse actuelle, mais aura encore &#224; subir des coups plus terribles, de prendre dans chaque usine, dans chaque quartier l'initiative et de constituer des embryons de milice ouvri&#232;re, en se r&#233;unissant en petits groupes clandestins qui &#233;liront par en bas leurs responsables et se procureront des armes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comment se procurer des armes ? Ces petits groupes compos&#233;s des &#233;l&#233;ments les plus aptes &#224; la lutte physique peuvent s'entra&#238;ner progressivement &#224; attaquer &#224; plusieurs les policiers, gardes-mobiles, gendarmes ou fascistes isol&#233;s en vue de s'emparer de leurs armes et de se constituer ainsi un armement &#233;l&#233;mentaire. De plus, les d&#233;serteurs de l'arm&#233;e allemande, dont le nombre ne cesse d'augmenter, peuvent nous &#234;tre de grande utilit&#233; non seulement en nous c&#233;dant leurs propres armes, mais encore en nous indiquant des d&#233;p&#244;ts dont il serait facile de s'emparer, si nous savons leur inspirer confiance en les accueillant comme des fr&#232;res de classe et en leur montrant que nous sommes des exploit&#233;s comme eux, dont les int&#233;r&#234;ts communs sont contre la bourgeoisie allemande et contre la bourgeoisie alli&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, il ne faut pas oublier que ces armes dont la bourgeoisie se sert contre nous, c'est nous qui les fabriquons : il ne tient donc qu'&#224; nous, &#224; notre entente avec les camarades des arsenaux et des cartoucheries, &#224; la coh&#233;sion politique de la classe ouvri&#232;re, pour que ces munitions, au lieu de se retourner contre nous-m&#234;mes, deviennent les instruments de notre affranchissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais n'est-ce vouloir s'armer trop t&#244;t, n'est-ce pas aller &#224; la guerre civile ? La guerre civile ne d&#233;pend pas de notre volont&#233; : elle existe d&#233;j&#224; ; la bourgeoisie la m&#232;ne ouvertement depuis longtemps et se pr&#233;pare &#224; nous &#233;craser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seule la milice ouvri&#232;re, seule la volont&#233; in&#233;branlable des ouvriers de se d&#233;fendre jusqu'au bout, peuvent briser l'attaque de la bourgeoisie ou m&#234;me l'emp&#234;cher. Seule la milice ouvri&#232;re pourra assurer le succ&#232;s de nos gr&#232;ves futures en les prot&#233;geant contre la troupe et les briseurs de gr&#232;ve. C'est seulement par les armes que le prol&#233;tariat regagnera ses conqu&#234;tes &#233;conomiques et ses libert&#233;s de juin 1936. La place de tout ouvrier conscient est dans la milice du peuple : c'est l&#224; seulement qu'il peut lutter vraiment pour lui-m&#234;me et pour sa classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la milice aussi et surtout se trouve la place de tous les jeunes ouvriers. Pour eux se pose la question de savoir s'ils se laisseront mobiliser par la bourgeoisie pour lui servir de chair &#224; canon, ou s'ils se mobiliseront eux-m&#234;mes au service de leur propre classe dans sa lutte pour le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que tout opprim&#233; fasse sienne la devise de Blanqui, qui r&#233;sume ainsi l'exp&#233;rience de toute sa vie militante au service de la classe ouvri&#232;re : &#034;QUI A DU FER, A DU PAIN&#034; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais//barta/1944/06/ldc31_062244.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais//barta/1944/06/ldc31_062244.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barta en 1944 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;QUI L'EMPORTERA ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de lutte de classes, union de tous les patriotes pour la lib&#233;ration du territoire&#034;, pr&#234;chent depuis juin 1941 les chefs ouvriers social-patriotes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais que repr&#233;sentent les patriotes qui sont &#224; la t&#234;te de la R&#233;sistance, ceux qui d&#233;cident de tout et qui commandent &#224; tous ? Les g&#233;n&#233;raux et les politiciens d'Alger (radicaux, &#034;socialistes&#034;, r&#233;actionnaires, fascistes) sont les serviteurs de la bourgeoisie, les serviteurs des 200 familles. La participation des &#034;communistes&#034; au gouvernement de la bourgeoisie form&#233; par De Gaulle, n'en change pas le caract&#232;re, de m&#234;me que la participation des &#034;communistes&#034; au &#034;front populaire&#034; n'a pas emp&#234;ch&#233; les gouvernements successifs, issus de la Chambre &#034;populaire&#034; &#233;lue en 1936, de lutter pour reprendre au prol&#233;tariat les conqu&#234;tes de juin 1936 et accomplir tous les desseins de la bourgeoisie. Non seulement le Daladier de 1939 &#233;tait tout ce qu'il y avait de plus &#034;front populaire&#034;, mais il ne faut pas oublier que P&#233;tain lui-m&#234;me a &#233;t&#233; &#233;lu chef de l'Etat fran&#231;ais par une majorit&#233; parlementaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui comme demain, les int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie, repr&#233;sent&#233;s par n'importe quel gouvernement si &#034;d&#233;mocratique&#034; soit-il, sont inconciliables avec les int&#233;r&#234;ts du prol&#233;tariat. Par l'interm&#233;diaire de toutes ses fractions politiques &#8211; collaborationnistes ou r&#233;sistantes, de droite ou de gauche &#8211; la bourgeoisie assure son maintien en tant que classe imp&#233;rialiste qui exploite les ressources &#233;conomiques et militaires de la France pour participer au brigandage colonial. Or, dans les conditions d'une &#233;conomie mondiale d&#233;cadente accompagn&#233;e d'une extr&#234;me aggravation de la concurrence entre capitalistes des diverses nations, la domination de la bourgeoisie fran&#231;aise n'est possible que par l'emploi permanent de la force pour imposer &#224; la classe ouvri&#232;re des salaires de famine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En lan&#231;ant le pays dans la guerre aux c&#244;t&#233;s des imp&#233;rialistes alli&#233;s, en l'int&#233;grant ensuite dans la guerre de l'imp&#233;rialisme allemand, en saignant le peuple &#224; blanc pour s'assurer sa part de b&#233;n&#233;fices de guerre, la bourgeoisie fran&#231;aise s'est d&#233;masqu&#233;e devant les masses comme leur ennemi num&#233;ro un ; De Gaulle, en tant que champion de la nation &#034;d&#233;mocratique&#034;, etc... doit lui permettre de maintenir sa domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs au contraire n'envisageaient et n'envisagent la lib&#233;ration, que comme un retour &#224; un niveau de vie sup&#233;rieur et &#224; leurs libert&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet antagonisme complet entre les int&#233;r&#234;ts vitaux de la bourgeoisie et les int&#233;r&#234;ts vitaux du prol&#233;tariat devrait ouvrir les yeux de tous les travailleurs qui se donnent la peine de r&#233;fl&#233;chir sur leur avenir. Si la &#034;lib&#233;ration nationale&#034; devait satisfaire ne serait-ce qu'un quart des revendications des travailleurs, y aurait-il un seul bourgeois pour appuyer le gouvernement De Gaulle ? Or, &#034;Aujourd'hui nous avons la preuve qu'ils (le Comit&#233; des Forges) poursuivent activement leurs men&#233;es souterraines et qu'ils r&#233;ussissent parfois &#224; glisser leurs hommes &#224; des postes o&#249; ne devraient si&#233;ger que des patriotes sinc&#232;res et &#233;prouv&#233;s&#034;. (La Vie Ouvri&#232;re du 8 janvier 1944). La Vie Ouvri&#232;re s'&#233;tant fait l'organe de la &#034;r&#233;sistance&#034; ne peut pas avouer aux travailleurs la domination des 200 familles sur la r&#233;sistance. Elle pr&#233;sente ce fait plut&#244;t comme une exception. Mais les &#034;repr&#233;sentants&#034; ouvriers participant au Front Populaire, notamment le parti &#034;communiste&#034;, agissaient de m&#234;me quand ils couvraient la domination de la bourgeoisie dans cette coalition politique. Ceux qui d&#233;non&#231;aient alors cette domination des politiciens bourgeois sur le Front Populaire &#233;taient trait&#233;s de &#034;Trotskystes tra&#238;tres&#034;. Une fois de plus, les Trotskystes avertissent les travailleurs : la r&#233;sistance est un organe politique de la bourgeoisie dirig&#233; autant que l'Etat fran&#231;ais de P&#233;tain contre les travailleurs. Une premi&#232;re preuve de cette identit&#233; fondamentale vient de se produire. Le 1er R&#233;giment de France form&#233; par des canailles anti-prol&#233;tariennes s&#233;lectionn&#233;es par P&#233;tain vient de se rallier (Radio-Londres) &#224; la r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Les chefs staliniens promettent de reprendre la lutte contre la bourgeoisie et pour le socialisme apr&#232;s la &#034;lib&#233;ration&#034;. Mais les travailleurs savent ce que vaut cette promesse. Les tristes h&#233;ros du PS et de la II&#232;me Internationale promirent eux aussi pendant la guerre de 14-18 que leur collaboration avec la bourgeoisie devait assurer l'int&#233;grit&#233; du territoire et la lib&#233;ration de l'Alsace-Lorraine et qu'apr&#232;s cela ils reprendraient leur lutte pour la victoire des travailleurs. Ils aid&#232;rent ainsi dans tous les pays la bourgeoisie &#224; mener &#224; bonne fin son entreprise de brigandage et, la paix venue, ils continu&#232;rent encore &#224; servir la bourgeoisie, devenant m&#234;me les policiers et les bourreaux de la classe ouvri&#232;re. Rappelons qu'en 1937, ce fut le &#034;socialiste&#034; Dormoy, ministre de l'Int&#233;rieur du gouvernement Front Populaire. qui fit tirer sur les ouvriers d&#233;sarm&#233;s de Clichy...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; quel sera le r&#244;le des chefs staliniens, si les travailleurs communistes ne les obligent pas &#224; rompre l'Union sacr&#233;e au profit de la bourgeoisie, &#224; quitter leurs minist&#232;res et &#224; reprendre une activit&#233; ouvri&#232;re autonome ind&#233;pendante de la bourgeoisie et contre elle. Les masses qui les ont &#233;lus, qui leur font confiance et qui les suivent, leur ont donn&#233; un mandat prol&#233;tarien : il faut les contraindre &#224; le remplir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une lutte mortelle, implacable, a commenc&#233; le 6 f&#233;vrier 1934 entre la bourgeoisie, qui veut plonger le pays dans la nuit d'oppression du pass&#233; afin de maintenir sa domination, et le prol&#233;tariat qui veut s'&#233;manciper du joug de la bourgeoisie afin de pr&#233;server le pays de la barbarie capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de savoir qui de la bourgeoisie ou du prol&#233;tariat l'emportera, se r&#233;sume &#224; celle-ci : QUI L'EMPORTERA DU CHAUVINISME OU DE L'INTERNATIONALISME ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La parole est aux travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais//barta/1944/06/ldc31_062244.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais//barta/1944/06/ldc31_062244.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barta en 1944 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A L'ACTION !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Partis de la &#034;r&#233;sistance&#034; ont inaugur&#233; leur arriv&#233;e au pouvoir par une s&#233;rie de promesses &#224; la classe ouvri&#232;re : les 40 heures, augmentation de 40% sur les salaires, stabilisation des prix. A les entendre, on pouvait &#234;tre persuad&#233; que les ouvriers n'avaient qu'&#224; s'en remettre aux nouveaux gouvernants pour l'inauguration d'une politique &#233;conomique et sociale nouvelle : un nouveau juin 1936, r&#233;alis&#233; non par la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale contre le patronat, mais issu du patriotisme national des partis group&#233;s dans la &#034;r&#233;sistance&#034; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que les d&#233;clarations officielles t&#233;moignaient aussi du d&#233;sir de ne l&#233;ser en rien le patronat : on parlait des 40 heures, mais aussi de larges d&#233;rogations, de l'augmentation des salaires, mais sans toucher au profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Accorder soi-disant des satisfactions &#224; la classe ouvri&#232;re sans les prendre sur le compte du patronat &#8211; c'&#233;tait la politique impraticable de la conciliation de la ch&#232;vre et du chou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il s'av&#232;re aujourd'hui, en absence d'une pression des masses ouvri&#232;res, et l'ordre de la reprise du travail ayant &#233;t&#233; donn&#233;, que toutes ces promesses n'&#233;taient que des projets pour tromper l'attente des ouvriers, que les d&#233;cisions minist&#233;rielles ne sont pas encore connues, que rien n'est s&#251;r. La direction de la CGT, &#224; plat ventre devant la bourgeoisie, demande timidement une majoration &#034;substantielle&#034; des salaires, sans en pr&#233;ciser le taux. Encore une fois, ce sont les patrons qui imposent leur volont&#233;. Ainsi se trouve &#224; nouveau d&#233;montr&#233; ce que les militants honn&#234;tes ont r&#233;p&#233;t&#233; tant de fois aux ouvriers : les travailleurs n'obtiennent des patrons et de leur gouvernement que ce qu'ils peuvent leur imposer par une attitude r&#233;solue et au besoin par la lutte. Si nous voulons arracher aux patrons nos l&#233;gitimes revendications, la gr&#232;ve avec occupation doit &#234;tre men&#233;e jusqu'&#224; leur satisfaction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ces cinq ann&#233;es de guerre, tous les capitalistes, avant ou sous l'occupation, ont fait des profits gigantesques. Le nouveau r&#233;gime leur en promet d'autres, gr&#226;ce &#224; l'organisation de l'industrie de guerre, l'&#233;quipement de la nouvelle arm&#233;e, etc... Pour les patrons les profits, pour la classe ouvri&#232;re la fatigue, la mis&#232;re, les longues journ&#233;es de travail, les salaires de famine. Il est temps que la classe ouvri&#232;re impose au patronat des revendications qui mettent un frein &#224; cette exploitation &#233;hont&#233;e :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1)	RELEVEMENT IMMEDIAT DES SALAIRES, avec une augmentation minima de 50% pour les cat&#233;gories d'ouvriers et d'employ&#233;s les plus mal pay&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
2)	&lt;br class='autobr' /&gt;
2) ECHELLE MOBILE DES SALAIRES, les contrats collectifs devant assurer l'augmentation automatique des salaires en liaison avec la mont&#233;e des prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) LES 40 HEURES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) ECHELLE MOBILE DES HEURES DE TRAVAIL. Pendant que le patronat entend faire travailler une partie des ouvriers pendant 60 heures, d'autres continueront &#224; v&#233;g&#233;ter dans le ch&#244;mage. La longueur de la semaine de travail doit &#234;tre d&#233;termin&#233;e par la r&#233;partition du travail existant entre toutes les mains ouvri&#232;res disponibles, le salaire de chaque ouvrier restant le m&#234;me qu'avec l'ancienne semaine de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5) A l'&#233;poque actuelle de crise du capitalisme, aucune mesure ne pourra &#234;tre impos&#233;e d'une fa&#231;on durable au patronat sans le CONTROLE OUVRIER sur la production et la comptabilit&#233; des entreprises, exerc&#233; par des comit&#233;s d'usine &#233;lus et r&#233;vocables par les ouvriers. Tout en menant la lutte dans les syndicats, les ouvriers doivent &#233;lire de pareils comit&#233;s et lutter pour leur droit au contr&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6) En d&#233;pit des phrases et des promesses, c'est chose connue que le patronat organise et a d&#233;j&#224; organis&#233; des bandes arm&#233;es du type fasciste en vue de la r&#233;pression contre les ouvriers, au sein m&#234;me des groupements de la &#034;r&#233;sistance&#034;. Pour d&#233;fendre son droit &#224; la vie, la classe ouvri&#232;re doit organiser non pas des milices patriotiques, mais des DETACHEMENTS OUVRIERS D'AUTO-DEFENSE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/09/ldc35_090244.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/09/ldc35_090244.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barta en 1945 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; est le reniement du trotskysme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour vous d&#233;fendre contre la calomnie, vous revendiquez pour vous le titre de &#034;premiers r&#233;sistants&#034;. Or vous-m&#234;mes, dans le num&#233;ro 23 (7/4) de La V&#233;rit&#233;, &#233;crivez &#034; la r&#233;sistance elle-m&#234;me est bas&#233;e sur une duperie : la duperie de la collaboration de classes &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; sous le Front Populaire, la politique trotskyste consistait &#224; expliquer aux ouvriers la duperie de cette collaboration de classe, dont le prol&#233;tariat faisait les frais, et pour laquelle une partie de la bourgeoisie imp&#233;rialiste s'&#233;tait d&#233;guis&#233;e en &#034; d&#233;mocrate &#034;. Le Front Populaire pr&#233;tendait mener une politique en faveur des masses et avait comme mot-d'ordre d&#233;magogique la lutte contre les trusts. Pour les r&#233;volutionnaires ce mot-d'ordre &#233;tait un but r&#233;el ; mais la similitude des formules permettait-elle &#224; l'organisation r&#233;volutionnaire de se r&#233;clamer du Front Populaire, dans le but par exemple de ne pas se couper des masses ? C'e&#251;t &#233;t&#233; contribuer &#224; les duper. La politique trotskyste a consist&#233; &#224; se d&#233;limiter du front populaire et &#224; le combattre, malgr&#233; les calomnies staliniennes qui pr&#233;sentaient tous les adversaires du front populaire, surtout ceux de gauche (les trotskystes) comme des fascistes. Nous n'avons pas plus pr&#233;tendu &#224; l'&#233;poque &#234;tre les meilleurs ou les premiers &#034; front populaire &#034;, du fait que nous avons &#233;t&#233; les premiers &#224; pr&#233;coniser le front unique socialiste-communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 1940, les r&#233;volutionnaires devaient mener une politique de r&#233;sistance (c'est&#172;&#224;-dire de d&#233;fense des masses) vis-&#224;-vis de l'occupation imp&#233;rialiste allemande. Mais ils continuaient en m&#234;me temps l'opposition r&#233;volutionnaire vis-&#224;-vis de leur propre bourgeoisie et tenaient compte des int&#233;r&#234;ts du prol&#233;tariat fran&#231;ais aussi bien que des int&#233;r&#234;ts du prol&#233;tariat allemand, en ne renfor&#231;ant pas, comme la r&#233;sistance officielle, la domination de Hitler par le d&#233;cha&#238;nement chauvin. Cela ne nous emp&#234;chait pas de prendre &#034;les pommes de terre&#034; de l'imp&#233;rialisme anglo-saxon et de la bourgeoisie gaulliste, comme l'ont fait les bolch&#233;viks en 1918 dans la lutte contre l'imp&#233;rialisme allemand, en acceptant l'aide technique de la bourgeoisie de l'Entente. Mais il fallait par-dessus tout affirmer &#224; la face du monde entier que notre base politique restait la lutte de classe men&#233;e jusqu'au bout dans toutes les directions et que nous ne consid&#233;rions pas l'imp&#233;rialisme anglo-saxon comme un moindre mal par rapport &#224; l'imp&#233;rialisme fasciste, raisonnement stali&#172;nien qui entra&#238;nait automatiquement l'abandon de la lutte de classe en faveur de la lutte commune contre l'occupant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, internationalistes, &#233;tions les seuls d&#233;fenseurs des int&#233;r&#234;ts des masses tout au long de cette guerre, avant et apr&#232;s l'occupation. Par contre, pour la bourgeoisie la r&#233;sis&#172;tance n'&#233;tait que l'opposition au capitalisme allemand ; elle lui a servi de mise sur le ta&#172;bleau imp&#233;rialiste anglo-am&#233;ricain ; par l'interm&#233;diaire des social-chauvins la bourgeoi&#172;sie a &#233;galement r&#233;alis&#233;, &#224; travers la &#034;r&#233;sistance&#034;, l'union sacr&#233;e et a prolong&#233; sa domi&#172;nation de classe. Comme le d&#233;non&#231;ait LaV&#233;rit&#233; elle-m&#234;me en 1943 et 44, la r&#233;sistance servait de camouflage m&#234;me aux organisations d'extr&#234;me-droite et aux partis fascistes. La r&#233;sistance, d'apr&#232;s le sens qu'a pris ce terme &#224; travers les &#233;v&#233;nements, est une organisation politique de la bourgeoisie imp&#233;rialiste. Le parti r&#233;volutionnaire peut-il s'en r&#233;clamer ? L'absurdit&#233; d'une r&#233;ponse affirmative saute aux yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En luttant pour votre l&#233;galisation, vous cherchez la cons&#233;cration de votre titre de &#034; r&#233;sistants &#034; par l'obtention d'un certificat public de la R&#233;sistance (personnifi&#233;e par les Bayet, Saillant, Frenay, Bidault, etc...). Au moment m&#234;me o&#249; les querelles entre l'Angle&#172;terre et la France montrent aux masses la vraie nature imp&#233;rialiste des alli&#233;s, au moment o&#249; les ouvriers ont d&#233;j&#224; eu le temps de se rendre compte que la r&#233;sistance s'est termin&#233;e par l'arriv&#233;e au pouvoir d'un gouvernement des trusts, au lieu de pouvoir en ce moment rehaus&#172;ser notre propre autorit&#233; morale pour avoir d&#233;nonc&#233; &#224; temps la duperie de la r&#233;sis&#172;tance, vous cherchez &#224; vous camoufler sous son masque r&#233;pugnant ! Une pareille l&#233;galisa&#172;tion ne serait pas une victoire remport&#233;e sur notre propre terrain, celui de l'internationa&#172;lisme et de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la lettre &#224; Bayet (18/9/44) le Comit&#233; central dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Il s'agit de savoir si la IV&#232;me R&#233;publique naissante reprendra l&#224; o&#249; avait sombr&#233; la III&#232;me R&#233;publique glissant vers l'autoritarisme r&#233;actionnaire de P&#233;tain, o&#249; si elle sera effectivement d&#233;mo&#172;cratique &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui pense-t-on tromper par un pareil raisonnement ? C'est la besogne des staliniens et des r&#233;formistes de vouloir faire croire aux masses que nous sommes encore de&#172;vant la perspective : IV&#232;me R&#233;publique d&#233;mocratique ou r&#233;actionnaire. La t&#226;che des r&#233;volu&#172;tionnaires est de montrer aux ouvriers que, les social-chauvins les ayant illusionn&#233;s sur l'&#233;puration &#034;, ils ont laiss&#233; subsister les organes de l'&#201;tat gangren&#233; de la III&#232;me R&#233;publique qui a servi avec succ&#232;s &#224; Daladier aussi bien qu'&#224; P&#233;tain, et que nous nous trouvons sous de Gaulle en pleine dictature bureaucratico-polici&#232;re. Au moment o&#249; l'Humanit&#233; elle-m&#234;me d&#233;nonce le r&#233;gime dictatorial subi par la presse, pouvons-nous faire croire que la l&#233;galisation de La V&#233;rit&#233; serait le crit&#232;re d'une &#034;d&#233;mocratie effective&#034; ? La t&#226;che des r&#233;volutionnaires, enseignait Trotsky, est de nommer les choses par leur nom, et non de se faire les auxiliaires des &#034; d&#233;mocrates &#034; pourris qui s&#232;ment des illusions dans les masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La V&#233;rit&#233;, en s'adressant aux r&#233;formistes et aux stalinistes, use constamment du terme &#034; camarade &#034;. Il suffit pourtant de se r&#233;f&#233;rer &#224; un texte de Trotsky pour d&#233;couvrir ce qu'il y a derri&#232;re cette terminologie. L.T. &#233;crit dans La r&#233;volution allemande et la bureaucratie stalinienne (Et Maintenant) (page 36) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; L&#233;on Blum, le d&#233;fenseur des r&#233;parations, le comp&#232;re socialiste du banquier Oustric, est trait&#233; de &#034; camarade &#034; dans les pages des journaux de Seydewitz. Est-ce de la politesse ? Non, c'est un manque de principes, de caract&#232;re, de fermet&#233;. &#034; Des chicanes &#034;, dira un quelconque savant de cabinet. Non, dans ces chicanes, le fond politique se manifeste avec beaucoup plus de v&#233;rit&#233; et de clart&#233;, que dans la reconnaissance abstraite des soviets, non &#233;tay&#233;e par l'exp&#233;rience r&#233;volutionnaire. Il est inutile d'appeler Blum &#034;fasciste&#034;, en se rendant ridicule. Mais celui qui ne ressent pas du m&#233;pris et de la haine pour cette esp&#232;ce de politiciens, celui-l&#224; n'est pas un r&#233;volutionnaire &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La V&#233;rit&#233; a pris maintenant l'habitude de parler &#224; chaque pas des &#034; d&#233;mocrates sinc&#232;res et honn&#234;tes &#034; et, &#224; l'occasion, des &#034;d&#233;mocrates apeur&#233;s&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; sous la monarchie tsariste, les bolch&#233;viks (ils faisaient partie de la social-d&#233;mocratie), pour se distinguer l&#233;galement des autres d&#233;mocrates, mettaient souvent l'accent sur le fait qu'ils constituaient, en tant que parti du prol&#233;tariat, les seuls d&#233;mocrates cons&#233;quents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1934 Trotsky enseignait que dans les conditions de la d&#233;cadence capitaliste et de l'exacerbation de la lutte de classe la d&#233;mocratie bourgeoise &#233;tait d&#233;finitivement morte en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici ce qu'&#233;crivait Trotsky dans O&#249; va la France (pages 16-17) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; La soci&#233;t&#233; contemporaine se compose de trois classes : la grande bourgeoisie, la prol&#233;tariat et les &#034; classes moyennes &#034; ou petite-bourgeoisie. Les relations entre ces trois classes d&#233;terminent en fin de compte la situation politique dans le pays. Les classes fondamentales de la soci&#233;t&#233; sont la grande bourgeoisie et le prol&#233;tariat. Seules ces deux classes peuvent avoir une politique ind&#233;pendante, claire et cons&#233;quente. La petite bourgeoisie se distingue par sa d&#233;pendance &#233;conomique et son h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; sociale. Sa couche sup&#233;rieure touche imm&#233;diatement la grande bourgeoisie. La couche inf&#233;rieure se fond avec le prol&#233;tariat et tombe m&#234;me &#224; l'&#233;tat de lumpen-prol&#233;tariat. Conform&#233;ment &#224; sa situation &#233;conomique, la petite-bourgeoisie ne peut avoir de politique ind&#233;pendante. Elle oscille toujours entre les capitalistes et les ouvriers. Sa propre couche sup&#233;rieure la pousse &#224; droite ; ses couches inf&#233;rieures, opprim&#233;es et exploit&#233;es, sont capables, dans certaines conditions, de tourner brusquement &#224; gauche. C'est par ces relations contradic&#172;toires des diff&#233;rentes couches des &#034; classes moyennes &#034; qu'a toujours &#233;t&#233; d&#233;termin&#233;e la politique confuse et absolument inconsistante des radicaux, leurs h&#233;sitations entre le car&#172;tel avec les socialistes, pour calmer la base, et le bloc national avec la r&#233;action capitaliste, pour sauver la bourgeoisie. LA D&#201;COMPOSITION D&#201;FINITIVE DU RADICALISME COMMENCE AU MOMENT OU LA GRANDE BOURGEOISIE, ELLE-M&#202;ME DANS L'IMPASSE, NE LUI PERMET PLUS D'OSCILLER. &#034; (Soulign&#233; par nous.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;composition du r&#233;gime capitaliste met fin &#224; la d&#233;mocratie bourgeoise. Les repr&#233;sentants &#034; d&#233;mocratiques &#034; de la bourgeoisie n'ont plus qu'une phras&#233;ologie &#224; offrir. Dans ces conditions m&#234;me un de Gaulle arrive &#224; se pr&#233;tendre d&#233;mocrate. La t&#226;che n'est donc pas de chercher &#224; distinguer, par quelque introspection, les d&#233;mocrates honn&#234;tes et malhonn&#234;tes, mais de poser devant les ouvriers la question : qui donnera le ton ? La bourgeoisie par l'interm&#233;diaire de ses fascistes, r&#233;actionnaires, cur&#233;s, professeurs, d&#233;mocrates, ou le prol&#233;tariat qui en se d&#233;tachant de la bourgeoisie et de ses agents ralliera &#224; lui les autres couches opprim&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que, dans Et Maintenant, Trotsky &#233;tait le plus acharn&#233; d&#233;fenseur du front unique, mais m&#233;prisait ceux qui traitaient Blum de camarade, nous rappelons que dans la r&#233;volution espagnole nous d&#233;fendions les libert&#233;s d&#233;mocratiques des ouvriers contre le fascisme les armes &#224; la main, mais il ne serait venu &#224; l'id&#233;e d'aucun trotskyste d'analyser l'honn&#234;tet&#233; d'Azana ou de Negrin. Ils analysaient leur nature de classe et les qualifiaient d'agents de la bourgeoisie, par&#233;s du masque de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En donnant les &#233;tats de service des camarades du Comit&#233; directeur, La V&#233;rit&#233; dit de Demazi&#232;re : &#034; Il milite ill&#233;galement dans les rangs du PCI jusqu'&#224; la lib&#233;ration &#034;. Et de Baufr&#232;re : &#034; Il sait que la lutte ne s'arr&#234;te pas &#224; la chute de Hitler &#034;. Encore une fois, pouvons-nous, sous pr&#233;texte de nous d&#233;fendre, bafouer notre propre id&#233;ologie ? La V&#233;rit&#233; du 22/6/44 sous le titre &#034; Ils se valent &#034;, &#233;crivait : &#034; refuse de te faire mobiliser dans &#034; l'arm&#233;e de la lib&#233;ration &#034;. En mai 1944, un num&#233;ro sp&#233;cial de La V&#233;rit&#233; disait : &#034; Pas de lib&#233;ration possible sans les prol&#233;taires allemands et contre eux &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais puisqu'il s'agit de d&#233;fendre les principes trotskystes, laissons la parole &#224; Trotsky lui-m&#234;me. Dans son &#233;tude Apr&#232;s la &#034;paix&#034; imp&#233;rialiste de Munich &#8211; une le&#231;on toute fra&#238;che, il &#233;crivait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Dans tous les cas o&#249; les forces contre-r&#233;volutionnaires tentent de revenir de &#034; l'&#201;tat d&#233;mocratique &#034; pourrissant, en arri&#232;re vers le particularisme provincial, vers la monarchie, la dic&#172;tature militaire, le fascisme, le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire, sans prendre sur lui la moindre responsabilit&#233; pour la &#034; d&#233;fense de la d&#233;mocratie &#034; (elle n'est pas d&#233;fendable !), opposera &#224; ces forces contre&#172;r&#233;volutionnaires une r&#233;sistance arm&#233;e, pour en cas de succ&#232;s, diriger son offensive contre la &#034; d&#233;mocratie &#034; imp&#233;rialiste. Cette politique n'est applicable, cependant, que pour ce qui concerne les conflits int&#233;rieurs, c'est-&#224;-dire dans le cas o&#249; l'enjeu de la lutte est v&#233;ritablement la question du r&#233;gime politique : c'est ainsi, par exemple, que s'est pr&#233;sent&#233;e la question en Espagne. La participation des ouvriers espagnols &#224; la lutte contre Franco &#233;tait leur devoir &#233;l&#233;mentaire. Mais c'est pr&#233;cis&#233;ment et uniquement parce que les ouvriers n'ont pas r&#233;ussi &#224; remplacer &#224; temps le pouvoir de la d&#233;mocratie bourgeoise par leur propre pouvoir, que la &#034;d&#233;mocratie&#034; a fait place au fascisme. Cependant, c'est pure tromperie et charlatanisme que de transporter m&#233;caniquement les lois et les r&#232;gles de la lutte des diff&#233;rentes classes d'une seule et m&#234;me nation dans la guerre imp&#233;rialiste, c'est-&#224;-dire la lutte d'une seule et m&#234;me classe de diff&#233;rentes nations. Actuellement, il n'est, semble-t-il, pas besoin de d&#233;montrer que les imp&#233;rialistes luttent l'un contre l'autre non pour des principes politiques, mais pour la domination sur le monde, sous le couvert des principes qui leur semblent bons &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on pr&#233;sente la d&#233;faite d'Hitler comme une premi&#232;re &#233;tape gagn&#233;e dans la lutte (&#034; la lutte ne s'arr&#234;te pas l&#224; &#034;), on utilise un raisonnement purement stalinien : &#034; la lutte contre le fascisme ext&#233;rieur et ses prolongements &#224; l'int&#233;rieur &#034;. La d&#233;faite de Hitler venant &#224; la suite de la victoire d'un camp imp&#233;rialiste sur l'autre, n'a pas &#233;t&#233; une victoire du prol&#233;tariat allemand, fran&#231;ais, ou autre. Encore dans Apr&#232;s Munich Trotsky dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; La question du sort des Tch&#232;ques, des Belges, des Fran&#231;ais, des Allemands, en tant que nations, nous ne la relions pas &#224; des d&#233;placements conjoncturels des fronts militaires lors d'une nou&#172;velle m&#234;l&#233;e des imp&#233;rialistes, mais &#224; l'insurrection du prol&#233;tariat et &#224; sa victoire sur tous les imp&#233;rialistes &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le drapeau de la lutte imp&#233;rialiste la chute de Hitler n'a &#233;t&#233; qu'un d&#233;placement conjoncturel des fronts militaires. De m&#234;me que la d&#233;faite de 1940 de la bourgeoisie fran&#172;&#231;aise n'a pas &#233;t&#233; la victoire du prol&#233;tariat uniquement parce que cette d&#233;faite n'a pas &#233;t&#233; acquise par l'activit&#233; r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat. Le langage communiste e&#251;t &#233;t&#233; de dire je continue la lutte parce que plus que jamais les masses se trouvent &#233;cras&#233;es par l'imp&#233;rialisme. Plus que jamais la lutte entre les brigands imp&#233;rialistes se poursuit sur le dos des masses. Imagine-t-on, en 1918, l'IC disant :&#034; La lutte ne s'arr&#234;te pas &#224; la chute du Kaiser ? &#034; La d&#233;faite de l'imp&#233;rialisme allemand &#233;tait-elle une &#233;tape dans la lutte prol&#233;tarienne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie r&#233;volutionnaire est l'expression et la garantie supr&#234;me de la nature de la direction d'une tendance prol&#233;tarienne. La fausse terminologie d&#233;veloppe le confusionnisme, rabaisse le niveau des cadres r&#233;volutionnaires et ouvre une br&#232;che &#224; l'id&#233;ologie en&#172;nemie [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici ce que dit encore Trotsky (IV&#232;me tome de la R&#233;volution Russe, page 229) : &#034; Les distances indispensables &#224; l'&#233;gard de l'id&#233;ologie bourgeoise &#233;taient maintenues dans le Parti par une vigilante intransigeance dont l'inspirateur &#233;tait L&#233;nine. Il ne cessait de travailler du scalpel, tranchant les liens que l'entourage petit-bourgeois cr&#233;ait entre le Parti et l'opinion publique offi&#172;cielle. En m&#234;me temps, L&#233;nine apprenait au Parti &#224; former sa propre opinion publique, s'appuyant sur la pens&#233;e et les sentiments de la classe qui montait. Ainsi, par s&#233;lection et &#233;ducation, dans une lutte continuelle, le Parti bolch&#233;vik cr&#233;e son milieu non seulement politique mais aussi moral, ind&#233;pen&#172;dant de l'opinion publique bourgeoise et irr&#233;ductiblement oppos&#233; &#224; celle-ci. C'est seulement cela qui permit aux bolch&#233;viks de surmonter les h&#233;sitations dans leurs propres rangs et de manifester la virile r&#233;solution sans laquelle la victoire d'Octobre e&#251;t &#233;t&#233; impossible. &#034;Comment se d&#233;fendre contre la calomnie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec raison, La V&#233;rit&#233; dit que le but de la bourgeoisie est de nous &#233;touffer. Mais en m&#234;me temps (num&#233;ro du 4/6) elle met en demeure de Gaulle de choisir entre le camp fas&#172;ciste qui &#233;touffe les trotskistes, et le camp d&#233;mocratique (Angleterre, etc...) qui ne les &#233;touffe pas. Mesurez la hauteur de ce raisonnement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La calomnie contre-r&#233;volutionnaire, comme l'antis&#233;mitisme et autres manifestations empoisonn&#233;es, &#233;lev&#233;es &#224; une &#233;chelle politique, font partie de la lutte de classe et ne s'&#233;l&#232;vent pas au-dessus d'elle. C'est pour cela que notre premi&#232;re t&#226;che, pour combattre la calomnie, c'est une offensive politique &#233;nergique men&#233;e en direction des masses pour d&#233;masquer politiquement les calomniateurs, afin que celles-ci puissent se convaincre que ceux qui nous calomnient ne sont pas leurs amis mais bien leurs ennemis. Il faut ensuite un travail suivi d'&#233;ducation socialiste dans les rangs ouvriers (&#233;dition de brochures populaires).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aussi une lutte directe contre le gangst&#233;risme staliniste ; nous avions fourni en automne dernier &#224; votre direction une occasion pr&#233;cise d'une action &#224; entreprendre pour le d&#233;masquer publiquement [2]. Votre direction s'y est d&#233;rob&#233;e. Apr&#232;s avoir fui le combat, quel est le s&#233;rieux des d&#233;fis lanc&#233;s par La V&#233;rit&#233; invitant les staliniens &#224; des commissions compos&#233;es &#034; de toutes les tendances du mouvement ouvrier et de la r&#233;sistance &#034; ? Nous sommes pr&#234;ts &#224; fournir &#224; une commission de contr&#244;le de votre parti tous les d&#233;tails de cette affaire et de l'attitude criminelle de votre direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne l'&#233;ducation socialiste, t&#226;che fondamentale de travail commu&#172;niste, vous semblez l'ignorer. Dans les contacts que nos camarades ont pu avoir avec vous, il semble que m&#234;me pour les membres de l'organisation ce travail passe au troisi&#232;me plan (&#034; la r&#233;volution est l&#224;, ce n'est pas le moment de lire Marx &#034;). Comment voulez vous combattre l'obscurantisme et les pr&#233;jug&#233;s, si vous ne remplissez pas votre r&#244;le d'&#233;ducateurs socialistes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan politique, les efforts de l&#233;galisation se sont transform&#233;s en pi&#232;ge pour votre organisation. Voici deux mois que La V&#233;rit&#233; a abandonn&#233; toute propagande r&#233;volu&#172;tionnaire et qu'elle ne se fait plus le d&#233;fenseur des masses devant les mesures r&#233;actionnaires du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous vous &#234;tes r&#233;fugi&#233;s dans des justifications vis-&#224;-vis de la bourgeoisie et les appels aux &#034; d&#233;mocrates &#034;. Ainsi La V&#233;rit&#233; du 4/6 dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Nous ne sommes pas un groupe de conspirateurs... Nos t&#226;ches sont : &#233;clairer en &#233;duquant, guider en expliquant. Notre arme : c'est la propagande r&#233;volutionnaire, et rien d'autre&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mensonge la bourgeoisie ne le croira pas et aux travailleurs nous n'avons pas le droit de mentir. Des centaines de fois L&#233;nine a expliqu&#233; aux militants : la r&#233;volution est une guerre. Une guerre se fait-elle seulement &#224; l'aide de la propagande ? Trotsky a &#233;crit un livre intitul&#233; : D&#233;fense du Terrorisme. Nous avons &#233;t&#233; les premiers et continuons &#224; &#234;tre les seuls d&#233;fenseurs des Milices ouvri&#232;res et de l'armement du prol&#233;tariat. Nous ap&#172;prouvons la devise de Blanqui : qui a du fer a du pain. Comment peut-on avec une pareille doctrine pr&#233;senter les r&#233;volutionnaires comme des pr&#234;cheurs et ap&#244;tres d'une propagande &#034; de la v&#233;rit&#233; et du progr&#232;s social &#034; (V&#233;rit&#233; 4/6). L&#233;nine a enseign&#233; au Parti r&#233;volution&#172;naire la plus grande m&#233;fiance envers tout gouvernement bourgeois, m&#234;me le plus d&#233;mocratique. Une partie de l'appareil de l'organisation doit toujours rester dans l'ill&#233;galit&#233; pour parer &#224; toute mesure arbitraire de la part du gouvernement bourgeois. Vous-m&#234;mes ne pr&#233;tendez pas livrer toute l'organisation &#224; la l&#233;galit&#233;, quelles que soient les mesures de l&#233;galisation dont vous ferez l'objet. N'est-ce pas dans ce cas renforcer la calomnie contre nous que d'affirmer : &#034; Nous ne sommes pas des conspirateurs &#034; ? Au moment o&#249; le rapport de forces nous impose la lutte clandestine pour pouvoir exprimer des id&#233;es r&#233;volutionnaires en faveur des masses, le raisonnement l&#233;niniste ne serait-il pas plut&#244;t de dire aux travailleurs : &#034; la bourgeoisie conspire, couverte de sa propre l&#233;galit&#233;, contre le niveau de vie et la vie m&#234;me des masses ? Nous, r&#233;volutionnaires, appelons les travailleurs conscients &#224; se pr&#233;parer, clandestinement s'il le faut, au renversement de la bourgeoisie. La propa&#172;gande ouverte n'est qu'une partie de notre travail. Demander aux ouvriers de cacher des armes, aux soldats de se r&#233;unir en cellules de caserne, aux ouvriers d'usine d'&#233;diter des organes d'opposition sans adresse et sans nom, tout cela, n'est-ce pas un travail de conspirateurs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est inutile, nous l'esp&#233;rons, d'ajouter que cela n'a rien de commun avec le terrorisme anarchiste, lutte individuelle contre des repr&#233;sentants isol&#233;s de la classe capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juillet 1917, le rapport de forces entre le prol&#233;tariat et la bourgeoisie a ouvert la voie &#224; la calomnie capitaliste et social-chauvine contre les bolch&#233;viks. Le regroupement des masses a fait sauter en l'air la calomnie quelques mois apr&#232;s. Combien r&#233;confortant pour les r&#233;volutionnaires est le raisonnement de ce soldat russe, que rapporte Kroupska&#239;a dans sa brochure de Souvenirs sur L&#233;nine : &#034; Sais-tu que ton L&#233;nine est un espion allemand ? dit un Monsieur instruit au soldat en faction. Non, je ne le sais pas, r&#233;pond celui-ci, je n'ai pas assez d'instruction pour &#231;a, mais ce que je sais, c'est que tout ce que L&#233;nine dit sur la terre est juste &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais faut-il seulement s'en r&#233;f&#233;rer &#224; 1917 ? Les camarades voudront bien r&#233;fl&#233;chir &#224; des exemples plus r&#233;cents, que nous leur soumettons. A la fin du mois de mai, quand le gouvernement rejette les revendications pr&#233;sent&#233;es par la CGT &#224; la suite des mouvements de gr&#232;ve, les social-chauvins n'osent bien entendu pas r&#233;futer les arguments de la bourgeoisie dirig&#233;s contre les ouvriers. Notre organisation r&#233;pand quelques milliers de tracts, sign&#233;s par les trotskystes, par la IV&#232;me Internationale, pour prendre la d&#233;fense des ouvriers, d&#233;masquer les bureaucrates et indiquer nos solutions. De multiples endroits nous parvient l'&#233;cho d'ouvriers du rang, qui constituent la grande masse, approuvant le tract et le faisant circuler, sans s'inqui&#233;ter de la signature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une usine importante de la r&#233;gion parisienne, des camarades ouvriers entreprennent un travail d'opposition syndicale enti&#232;rement sur des bases communistes et r&#233;volutionnaires [3]. La bureaucratie social-chauvine r&#233;pand imm&#233;diatement le bruit qu'il s'agit de la 5&#232;me colonne. Ne c&#233;dant pas &#224; la pression des adversaires, le travail de l'opposi&#172;tion continue conspirativement, pour ne pas donner prise &#224; la r&#233;pression. N'est-ce pas &#224; nous de tenir bon, de d&#233;montrer aux ouvriers les n&#233;cessit&#233;s qui nous sont impos&#233;es par la lutte, ne s'apercevront-ils pas que ceux qui nous accusent les trahissent, mais que nous ne cesserons de les d&#233;fendre ? Le journal de l'opposition est le seul qui dans toutes les occasions prend intelligemment et avec continuit&#233; la d&#233;fense des ouvriers. Aussi le font-ils circuler, sans s'inqui&#233;ter des accusations des bureaucrates. Nos camarades organisent quelques ouvriers plus avanc&#233;s en noyau de l'opposition syndicale ; ils adoptent la conspiration comme une n&#233;cessit&#233; faisant partie de notre travail. L'opposition arrive &#224; imposer politiquement sa l&#233;galit&#233; : le repr&#233;sentant de la direction syndicale prend l'engagement de ne pas faire arr&#234;ter les repr&#233;sentants de l'opposition si ceux-ci se d&#233;masquent. Mais cette invitation manque son effet, car l'opposition ce n'est plus seulement un noyau isol&#233;, c'est un courant politique dans l'usine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes-nous r&#233;clam&#233;s pour ce travail de la r&#233;sistance ? Notre propagande est-elle tendancieuse dans le sens des pr&#233;jug&#233;s existants ? Nullement. En voici un exemple : un camarade qui fait un travail syndical d'usine avec notre concours, &#233;crit dans son projet de journal : la guerre &#233;tant finie rien ne s'oppose plus &#224; nos revendications. Notre camarade lui explique que cette fa&#231;on de s'exprimer peut laisser entendre aux ouvriers que la politique des bureaucrates ayant frein&#233; les ouvriers &#224; cause de la guerre (des capitalistes) pouvait se justifier. Or il ne faut en aucun cas utiliser de pareilles &#233;quivoques, parce que ce qui importe par dessus tout c'est d'&#233;lever la conscience des ouvriers. Notre camarade sympathisant convient de la justesse de ce raisonnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais voici que le raisonnement ci-dessus &#233;cart&#233; d'un journal d'usine, nous le retrouvons dans l'organe central du PCI. La V&#233;rit&#233; du 4/6 dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Aujourd'hui la guerre est finie. Nous attendons du ministre l'autorisation de pa&#172;ra&#238;tre l&#233;galement. Rien ne justifie plus les mesures d'exception qui nous frappent &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre justifiait-elle donc les mesures d'exception ? Pendant la guerre la bourgeoisie prenait le pr&#233;texte de la &#034; d&#233;fense nationale &#034;. Mais aujourd'hui la bourgeoisie dit par la voix des social-chauvins et de tous ses partis : &#034; Nous avons gagn&#233; la premi&#232;re manche par tant de sacrifices, allons-nous maintenant tout compromettre ? Notre union qui &#233;tait n&#233;cessaire contre l'ennemi est n&#233;cessaire maintenant pour refaire la France &#034;. C'est &#224; l'aide de cette argumentation que les Thorez et Cie veulent imposer &#224; la classe ouvri&#232;re la politique du produire, produire, produire... Notre t&#226;che ce n'est pas de passer l'&#233;ponge sur le pass&#233; et l'opposer au pr&#233;sent, car pour sa politique actuelle la bour&#172;geoisie tire justement argument du pass&#233;. Si des mesures contre nous &#233;taient justifi&#233;es pendant la guerre, elles le sont encore aujourd'hui, parce que la guerre et la paix ne sont que la continuation de la politique de la bourgeoisie imp&#233;rialiste, axiome que Trotsky a si souvent rappel&#233; et que vous oubliez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons voulu par ces quelques exemples d&#233;montrer aux camarades que pour combattre nos adversaires il ne faut pas se laisser imposer leur tactique et leur argumentation. C'est par une id&#233;ologie et une argumentation radicalement contraire &#224; celle de nos ennemis que nous pouvons imposer notre point de vue prol&#233;tarien, et non pas en acceptant les pr&#233;misses du raisonnement de la bourgeoisie, pour en tirer d'autres conclusions. Si nous engageons la lutte contre la calomnie sur le terrain de nos adversaires, nous sommes battus d'avance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi vous brandissez actuellement comme principal argument les morts de la r&#233;sistance. Mais le PC se r&#233;clame de ses dizaines de milliers de morts pour la r&#233;sis&#172;tance, connus dans tout le pays. C'est au nom de ces morts qu'il nous accuse et nous pourchasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui fait notre force, c'est notre politique &#233;nergique de d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts des masses, poursuivie sans h&#233;sitation et sans &#233;quivoque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au lieu de cette intransigeance vous l&#226;chez prise dans chaque occasion grave, vous c&#233;dez &#224; la pression ennemie au moment o&#249; il faudrait le plus y r&#233;sister. Le 10 juin 1944 La V&#233;rit&#233; &#233;crivait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Les forteresses volantes et les tanks d'Eisenhower n'apporteront pas la lib&#233;ration des travailleurs de l'Europe. A la place de l'imp&#233;rialisme allemand qui s'&#233;croule, ils viennent imposer la domination du capital financier yankee et anglais &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux mois apr&#232;s, au moment du plus grand d&#233;cha&#238;nement chauvin et du d&#233;ferlement de la &#034; lib&#233;ration &#034;, La V&#233;rit&#233; &#233;crit (le 11 Ao&#251;t) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Hitler s'effondre. Les Am&#233;ricains approchent de Paris. La classe ouvri&#232;re doit mettre &#224; profit la situation... &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La V&#233;rit&#233; est-elle assez na&#239;ve pour croire qu'on pouvait transformer en insurrection prol&#233;tarienne une situation dont tout le cours ant&#233;rieur avait pr&#233;par&#233; les masses &#224; la &#034; lib&#233;ration nationale &#034;, notamment du fait du monopole d'influence des social-chauvins ? En r&#233;alit&#233;, La V&#233;rit&#233; a ploy&#233; sous la pression des &#233;v&#233;nements et le PCI a engag&#233; ses militants &#224; participer &#224; &#034; l'&#233;puration &#034;, duperie monstrueuse qui a permis &#224; l'&#201;tat bourgeois de traverser indemne les &#233;v&#233;nements (rappelons-nous &#034; l'insurrection &#034; de la police).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la m&#234;me fa&#231;on, La V&#233;rit&#233; a d&#233;nonc&#233; sous l'occupation la r&#233;sistance d'union sacr&#233;e, mais l&#226;che prise maintenant devant l'opinion publique petite-bourgeoise et en arrive &#224; se r&#233;clamer de la r&#233;sistance !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous, le levier pour le renversement de la situation, n'est pas dans des discussions avec &#034; l'opinion publique &#034;. Il est dans une politique r&#233;volutionnaire, hardie : &#224; l'&#172;heure o&#249; les masses voient qu'elles sont trahies de toutes parts, &#224; l'heure o&#249; l'offensive gouvernementale se poursuit contre elles et que les chefs &#034; ouvriers &#034; se perdent en discours, les trotskistes doivent montrer aux masses que, ne s'effrayant ni de la calomnie ni des menaces, ils restent seuls &#224; prendre la d&#233;fense de leurs int&#233;r&#234;ts. Les ouvriers sont fatigu&#233;s d'ann&#233;es de souffrances et de privations. Ils arrivent &#224; ex&#233;crer les chefs tra&#238;tres qui d&#233;tiennent actuellement dans les usines le r&#244;le de premiers garde-chiourme. Dans ces conditions, deux ouvriers r&#233;volutionnaires, par un travail clandestin et intelligent, tiennent en &#233;chec toute une direction syndicale, parce que les ouvriers ont pu se rendre compte qu'il y avait quelqu'un pour prendre leur d&#233;fense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de mener son offensive, La V&#233;rit&#233; se perd en discussions et en disputes avec &#034; l'opinion publique &#233;clair&#233;e &#034;, avec les &#034;d&#233;mocrates sinc&#232;res&#034;. Et les ouvriers assis&#172;tent &#224; ces pleurnicheries, au lieu de rencontrer dans La V&#233;rit&#233; un organe de combat et une r&#233;ponse &#224; leurs propres pr&#233;occupations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une interview de 1937, Trotsky a dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Je suis s&#251;r que dix ouvriers qui comprennent tr&#232;s bien la situation... gagneront une centaine d'ouvriers, et les cent ouvriers un millier de soldats. Ils seront victorieux &#224; la fin de la guerre ; &#231;a me semble tr&#232;s simple, mais je pense que c'est une bonne id&#233;e &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; se r&#233;sument tous les probl&#232;mes de notre travail. Comment faire bien comprendre la situation &#224; une centaine d'ouvriers, les gagner corps et &#226;me &#224; la politique r&#233;volutionnaire, en faire des cadres de la classe ouvri&#232;re et du trotskisme ; c'est par eux que nous pourrons appara&#238;tre aux masses comme leurs seuls d&#233;fenseurs, dans ce monde o&#249; elles n'ont que des ennemis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont l&#224; les probl&#232;mes de la construction du parti et de sa prol&#233;tarisation, de l'attitude envers les questions th&#233;oriques, du lien entre la th&#233;orie et la pratique. Ces probl&#232;mes il faut les poser devant l'ensemble du mouvement et &#224; l'aide d'une discussion approfondie, &#224; la lumi&#232;re de l'exp&#233;rience, poser un premier jalon dans la voie du redressement th&#233;orique et pratique du mouvement trotskiste en France. Hors de l&#224; un sort pire que celui du POUM attend notre mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La discussion du bilan de nos deux organisations ne serait pas &#224; l'heure actuelle une concession de votre part, mais le devoir le plus &#233;l&#233;mentaire de notre travail r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;juillet 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;UNION COMMUNISTE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(IV&#232;me Internationale)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/07/barta_19450702.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/07/barta_19450702.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On reprend les m&#234;mes et on recommence :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Sous-officiers et Officiers, quelle qu'ait &#233;t&#233; votre attitude depuis l'armistice, rejoignez la r&#233;sistance&#034;. (Radio-Londres).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand tous les militaires, les pr&#233;fets, les juges, les policiers auront rejoint la r&#233;sistance, il ne restera plus comme coupables &#224; punir que... &#034;les meneurs&#034; ouvriers !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 1940, les r&#233;volutionnaires devaient mener une politique de r&#233;sistance (c'est&#172;&#224;-dire de d&#233;fense des masses) vis-&#224;-vis de l'occupation imp&#233;rialiste allemande. Mais ils continuaient en m&#234;me temps l'opposition r&#233;volutionnaire vis-&#224;-vis de leur propre bourgeoisie et tenaient compte des int&#233;r&#234;ts du prol&#233;tariat fran&#231;ais aussi bien que des int&#233;r&#234;ts du prol&#233;tariat allemand, en ne renfor&#231;ant pas, comme la r&#233;sistance officielle, la domination d'Hitler par le d&#233;cha&#238;nement chauvin. Cela ne nous emp&#234;chait pas de prendre &#034;les pommes de terre&#034; de l'imp&#233;rialisme anglo-saxon et de la bourgeoisie gaulliste, comme l'ont fait les bolch&#233;viks en 1918 dans la lutte contre l'imp&#233;rialisme allemand, en acceptant l'aide technique de la bourgeoisie de l'Entente. Mais il fallait par-dessus tout affirmer &#224; la face du monde entier que notre base politique restait la lutte de classe men&#233;e jusqu'au bout dans toutes les directions et que nous ne consid&#233;rions pas l'imp&#233;rialisme anglo-saxon comme un moindre mal par rapport &#224; l'imp&#233;rialisme fasciste, raisonnement stali&#172;nien qui entra&#238;nait automatiquement l'abandon de la lutte de classe en faveur de la lutte commune contre l'occupant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous, internationalistes, &#233;tions les seuls d&#233;fenseurs des int&#233;r&#234;ts des masses tout au long de cette guerre, avant et apr&#232;s l'occupation. Par contre, pour la bourgeoisie la r&#233;sis&#172;tance n'&#233;tait que l'opposition au capitalisme allemand ; elle lui a servi de mise sur le ta&#172;bleau imp&#233;rialiste anglo-am&#233;ricain ; par l'interm&#233;diaire des social-chauvins la bourgeoi&#172;sie a &#233;galement r&#233;alis&#233;, &#224; travers la &#034;r&#233;sistance&#034;, l'union sacr&#233;e et a prolong&#233; sa domi&#172;nation de classe. Comme le d&#233;non&#231;ait LaV&#233;rit&#233; elle-m&#234;me en 1943 et 44, la r&#233;sistance servait de camouflage m&#234;me aux organisations d'extr&#234;me-droite et aux partis fascistes. La r&#233;sistance, d'apr&#232;s le sens qu'a pris ce terme &#224; travers les &#233;v&#233;nements, est une organisation politique de la bourgeoisie imp&#233;rialiste. Le parti r&#233;volutionnaire peut-il s'en r&#233;clamer ? L'absurdit&#233; d'une r&#233;ponse affirmative saute aux yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/07/barta_19450702.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/07/barta_19450702.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; - -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Front Populaire pr&#233;tendait mener une politique en faveur des masses et avait comme mot-d'ordre d&#233;magogique la lutte contre les trusts. Pour les r&#233;volutionnaires ce mot-d'ordre &#233;tait un but r&#233;el ; mais la similitude des formules permettait-elle &#224; l'organisation r&#233;volutionnaire de se r&#233;clamer du Front Populaire, dans le but par exemple de ne pas se couper des masses ? C'e&#251;t &#233;t&#233; contribuer &#224; les duper. La politique trotskyste a consist&#233; &#224; se d&#233;limiter du front populaire et &#224; le combattre, malgr&#233; les calomnies staliniennes qui pr&#233;sentaient tous les adversaires du front populaire, surtout ceux de gauche (les trotskystes) comme des fascistes. Nous n'avons pas plus pr&#233;tendu &#224; l'&#233;poque &#234;tre les meilleurs ou les premiers &#034; front populaire &#034;, du fait que nous avons &#233;t&#233; les premiers &#224; pr&#233;coniser le front unique socialiste-communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barta en 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/07/barta_19450702.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/07/barta_19450702.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; - - -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PAR OU COMMENCER ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel est l'ouvrier de France qui ne se souvient avec fiert&#233; de la pouss&#233;e r&#233;volutionnaire de juin 1936 ? Quel est celui qui ne se rappelle pas avoir pris part aux meetings, aux manifestations, aux d&#233;fil&#233;s, aux gr&#232;ves ? En ce temps-l&#224; la classe ouvri&#232;re, inqui&#233;t&#233;e par les attaques fascistes et par la menace croissante de la guerre, mettait en &#339;uvre toute son &#233;nergie. Les meilleurs militants, syndicalistes, socialistes, communistes, se prodiguaient constamment, apr&#232;s le travail et le dimanche, dans les r&#233;unions et les meetings de gr&#233;vistes. La vague r&#233;volutionnaire avait soulev&#233; les couches les plus profondes du peuple opprim&#233;, les ouvriers entra&#238;nant les employ&#233;s, la ville entra&#238;nant la campagne. Les partis et les syndicats virent affluer dans leurs rangs de nouveaux membres et de nouveaux sympathisants. Effray&#233; par les occupations d'usine, sentant le revolver sur la tempe, le patronat dut c&#233;der ; une nouvelle vie sembla devoir commencer : ce furent la semaine de 40 heures, les cong&#233;s pay&#233;s, les contrats collectifs, le rel&#232;vement des salaires. A l'usine, l'ouvrier releva la t&#234;te ; au dehors, jouissant de plus de loisirs, il commen&#231;a &#224; vivre plus dignement. L'organisation de classe avait d&#233;termin&#233; la victoire, &#224; son tour, la victoire, par la diminution des heures de travail, permettait &#224; l'ouvrier de consacrer du temps &#224; la lutte organis&#233;e. A toute une vie de d&#233;boires et d'incertitudes l'ouvrier trouvait une issue dans l'action de classe qui, &#224; son tour, d&#233;terminait une am&#233;lioration de ses conditions de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux ouvriers avanc&#233;s incombe aujourd'hui le devoir de donner l'exemple en faisant le premier pas dans cette voie. Le d&#233;brouillage au jour le jour n'a jamais rien r&#233;solu de grand ; la situation actuelle met en jeu l'avenir m&#234;me du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour permettre &#224; la classe ouvri&#232;re de se regrouper, prendre conscience de sa force et de ses t&#226;ches, il faut commencer le travail sur le terrain de l'usine. Les ouvriers les plus s&#251;rs doivent se r&#233;unir r&#233;guli&#232;rement chez l'un d'entre eux pour envisager en commun les probl&#232;mes de l'usine, pour lire et commenter la litt&#233;rature et les journaux ouvriers clandestins et, dans la mesure du possible, s&#233;lectionner parmi les jeunes les meilleurs &#233;l&#233;ments capables de s'instruire et de trouver dans l'&#233;tude du mouvement ouvrier la volont&#233; et la m&#233;thode qui m&#232;neront &#224; la victoire dans les combats &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers feront ainsi leur propre &#233;ducation d&#233;mocratique, exerceront leur esprit critique et choisiront les meilleurs d'entre eux pour coordonner leur action et multiplier les liaisons sur une &#233;chelle de plus en plus large.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe ouvri&#232;re a pour elle le nombre, la place indispensable qu'elle occupe dans la production et l'incapacit&#233; de la bourgeoisie de faire vivre plus longtemps la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conqu&#234;te du pouvoir politique ne peut pas et ne doit pas se faire par d'autres au nom du prol&#233;tariat ; elle ne peut pas &#234;tre la cons&#233;quence d'un coup de main. &#034;La dictature du prol&#233;tariat qui aura pour t&#226;che la socialisation des moyens de production, ne peut &#234;tre le fait d'une masse men&#233;e par quelques-uns, elle doit &#234;tre et elle sera l'&#339;uvre des prol&#233;taires eux-m&#234;mes, devenus, d&#233;j&#224; en soi et par une longue pratique, une organisation politique.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/02/ldc25_022344.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/02/ldc25_022344.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Barta et la question Isra&#235;l/Palestine</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article8514</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.org/spip.php?article8514</guid>
		<dc:date>2025-05-07T22:49:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Barta</dc:subject>
		<dc:subject>Palestine</dc:subject>
		<dc:subject>Isra&#235;l</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Barta et la question Isra&#235;l/Palestine &lt;br class='autobr' /&gt;
Barta &lt;br class='autobr' /&gt;
12 janvier 1949 &lt;br class='autobr' /&gt;
L'intervention militaire anglaise en Palestine &lt;br class='autobr' /&gt;
POURQUOI SE GENERALIZATIONS ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Au moment o&#249;, pr&#233;lude &#224; la paix g&#233;n&#233;rale en Palestine, des conversations s'engageaient entre Isra&#235;l et l'Egypte, les dirigeants imp&#233;rialistes de Londres ont suscit&#233; le traditionnel incident pour justifier leur intervention arm&#233;e. Cinq avions anglais ayant &#233;t&#233; abattus au-dessus du champ de bataille &#233;gypto-isra&#233;lien, le cabinet de Londres en a (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique45" rel="directory"&gt;0- Le point de vue du r&#233;volutionnaire Barta sur la guerre et l'apr&#232;s-guerre&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot91" rel="tag"&gt;Barta&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot121" rel="tag"&gt;Palestine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot122" rel="tag"&gt;Isra&#235;l&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Barta et la question Isra&#235;l/Palestine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12 janvier 1949&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intervention militaire anglaise en Palestine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POURQUOI SE GENERALIZATIONS ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249;, pr&#233;lude &#224; la paix g&#233;n&#233;rale en Palestine, des conversations s'engageaient entre Isra&#235;l et l'Egypte, les dirigeants imp&#233;rialistes de Londres ont suscit&#233; le traditionnel incident pour justifier leur intervention arm&#233;e. Cinq avions anglais ayant &#233;t&#233; abattus au-dessus du champ de bataille &#233;gypto-isra&#233;lien, le cabinet de Londres en a aussit&#244;t pris pr&#233;texte pour mettre en place son dispositif de bataille : mobilisation de la flotte, d&#233;barquement de troupes, campagne de presse.&lt;br class='autobr' /&gt;
On voit, une fois de plus, que La Fontaine n'a rien invent&#233; dans sa fable Le Loup et l'Agneau. &#034;Isra&#235;l trouble ma s&#233;curit&#233;&#034;, pr&#233;tend Bevin qui voudrait que les avions de Sa Majest&#233; soient consid&#233;r&#233;s comme tabous m&#234;me au-dessus d'un champ de bataille !&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais le cynisme de l'intervention anglaise ne s'arr&#234;te pas l&#224;. L'Egypte a, en effet, refus&#233; &#034;l'aide&#034; anglaise, pr&#233;f&#233;rant engager des n&#233;gociations directes avec Isra&#235;l. Impliqu&#233; dans un conflit qui ne pouvait profiter qu'&#224; l'Angleterre, ce pays, &#224; deux doigts d'une catastrophe int&#233;rieure (comme l'a montr&#233; l'assassinat de Nokrachy Pacha), pr&#233;f&#232;re, semble-t-il, actuellement une &#034;mauvaise paix&#034; avec Isra&#235;l &#224; un &#034;bon trait&#233;&#034; avec l'Angleterre. Et c'est la bonne voie, car ce sont les troupes anglaises qui stationnent autour du Canal de Suez et c'est l'Angleterre, comme les journaux l'ont r&#233;v&#233;l&#233;, qui veut occuper le N&#233;guev. Mais qu'&#224; cela ne tienne ! L'Angleterre entend atteindre ses buts strat&#233;giques co&#251;te que co&#251;te. Et si les Arabes ne veulent pas de son &#034;aide&#034;, elle les aidera malgr&#233; eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi, en effet, les Anglais se g&#234;neraient-ils ? Les Hollandais ne viennent-ils pas de d&#233;clencher, sans l'ombre d'un pr&#233;texte et en violation de leurs propres engagements, la guerre contre les R&#233;publiques Indon&#233;siennes ? La France ne guerroie-t-elle pas depuis plus de trois ans en Indochine ? Les Etats-Unis n'arment-ils pas partout leurs mercenaires et n'occupent-ils pas les principales positions militaires du monde, du Japon &#224; l'Allemagne ? La Russie, sous la conduite des satrapes de Staline, n'est-elle pas redevenue une vaste prison des peuples ? L'O.N.U., comme feu la S.D.N., sert-elle &#224; autre chose qu'&#224; CAMOUFLER le brigandage des grandes puissances ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La morale de tout ceci, c'est que dans un monde livr&#233; aux agissements de brigands militaristes, arm&#233;s de pied en cap, l'indignation, &#224; elle seule, ne sert de rien. Quand il s'agit des int&#233;r&#234;ts vitaux de ces grands brigands, l'opinion publique ne joue qu'un faible r&#244;le. Ainsi, la grande majorit&#233; de la population fran&#231;aise est contre la guerre d'Indochine. Mais cela ne change rien &#224; la conduite de nos capitalistes et de nos gouvernants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte pour la paix exige autre chose que de bons sentiments, de bonnes paroles et des pr&#234;ches pour de soi-disant gouvernements mondiaux. Pour arriver &#224; un v&#233;ritable gouvernement mondial et &#224; la paix universelle, il faut que, dans chaque pays, la classe ouvri&#232;re, appuy&#233;e sur les masses populaires et leur servant de guide, balaie les capitalistes et leur Etat militariste. Faute de quoi, les d&#233;sirs et les lamentations des populations laborieuses au sujet de la paix ressembleront fort aux b&#234;lements de moutons qu'on se pr&#233;pare &#224; &#233;gorger !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 mars 1957&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ILS NE REGNERONT PAS TOUJOURS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#233;dant a la pression conjugu&#233;e de l'O.N.U. et de l'&#034;opinion mondiale&#034; dont, comme chacun sait, le D&#233;partement d'Etat am&#233;ricain est l'expression la plus l&#233;gitime, ISRAEL retire ses troupes de Gaza et d'Akaba. Ce n'est malheureusement que le dernier &#233;pisode et non la fin de la lutte que les grandes, moyennes et petites puissances m&#232;nent dans cette partie du monde autour de tout ce qui touche &#224; la production et au transport du p&#233;trole. Car, nul ne l'ignore &#224; pr&#233;sent, c'est une question de domination &#233;conomique qui anima les conf&#233;rences diplomatiques et non l'int&#233;r&#234;t des peuples.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'attitude de la diplomate am&#233;ricaine &#224; l'&#233;gard d'Isra&#235;l en est une nouvelle illustration. Elle ne fait qui suivre en cela le &#034;diviser pour r&#233;gner &#034; qui a force de loi pour la politique coloniale anglaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme ils avaient dress&#233;s aux Indes, Musulmans contre Hindous, les hommes du Foreign Office avaient, en Palestine, fait de l'hostilit&#233; des Arabes contre les Juifs une bonne haine bien tenace, la ranimant artificiellement chaque fois qu'elle mena&#231;ait da faiblir. Ils avaient pouss&#233; au plus haut point l'art de m&#233;contenter &#233;galement, de la m&#234;me mesure, les deux populations. Ils n'accordaient pas les m&#234;mes droits aux uns et aux autres. Ils ne permettaient pas l'immigration massive r&#233;clam&#233;e par les Juifs mais la contingentaient, de fa&#231;on &#224; dresser continuellement les Arabes contre les nouveaux arrivants, A cette &#233;poque cette doctrine politique permettait &#224; l'Angleterre d'&#233;conomiser bien des troupes d'occupation en ne jouant, en somme, que le r&#244;le d'arbitre impartial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, &#224; la fin de la deuxi&#232;me guerre mondiale, le Sionisme qui jusque l&#224; n'avait trouv&#233; que peu d'&#233;chos est devenu le seul espoir pour les Juifs europ&#233;ens qui avaient pu r&#233;chapper des fours cr&#233;matoires. L'int&#233;gration n'avait pas &#233;t&#233; possible pour eux, il ne leur restait que l'Etat Juif comme perspective. Et ce furent les d&#233;parts massifs vers la Palestine, les convois clandestins for&#231;ant les barrages anglais ; ce fut l'&#233;poque de l'&#034;Exodus&#034; dont le nom est un symbole. Ces immigr&#233;s clandestins s'arm&#232;rent et s'attaqu&#232;rent &#224; la fois aux Arabes et aux troupes anglaises. Ils vainquirent les deux. Cela, avec le soutien, sinon d&#233;terminant, du moins quasi-officiel, des &#201;tats-Unis fort aises de contribuer &#224; cr&#233;er des ennuis &#224; leur &#034;alli&#233;&#034; anglais dans cette partie du monde. Et c'est ainsi que naquit en 1948 l'Etat d'Isra&#235;l. Depuis, les Juifs pris au pi&#232;ge de cet Etat artificiel n'ont cess&#233; de vivre les armes &#224; la main. L'Angleterre s'est servie d'eux lors du &#034;coup de Suez&#034; en les jetant contre l'&#201;gypte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, la diplomatie am&#233;ricaine qui a repris &#224; son compte les int&#233;r&#234;ts, les responsabilit&#233;s et les m&#233;thodes de l'Angleterre, continuent &#224; pratiquer le &#034;diviser pour r&#233;gner&#034;. Agr&#232;s avoir aid&#233; &#224; l'accouchement d'Isra&#235;l, les U.S.A. soutiennent maintenant les Etats arabes contre lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les peuples ne se dresseront pas &#233;ternellement les uns contre les autres au b&#233;n&#233;fice de quelques commanditaires. Les haines nationales se retournent maintenant contre les colonialistes et les dirigeants du monde se trouvent d&#233;pass&#233;s par les forces qu'ils ont fait na&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 mai 1948&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POURQUOI LE SANG COULE-T-IL EN PALESTINE ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis plus de deux semaines, les journaux commentent largement la guerre de Palestine, mais n'en &#233;clairent pas le sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les Anglo-Am&#233;ricains soutiennent la Ligue arabe, l'opinion officielle en France s'est montr&#233;e plut&#244;t favorable aux sionistes. De quel c&#244;t&#233; se trouve la &#034;cause juste&#034; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour les centaines de milliers de Juifs qui cherchent un &#034;foyer&#034; : c'est-&#224;-dire la s&#233;curit&#233;, l'Etat-nain de Palestine n'est pas une solution. Mais si les nationalistes juifs, en se basant sur les traditions de l'histoire, ont fait de ce morceau de terre l'objet de tous leurs espoirs, ce sont pr&#233;cis&#233;ment les imp&#233;rialistes anglais, les combattant aujourd'hui &#224; mort, qui avaient d&#232;s 1917 (d&#233;claration Balfour), promis aux sionistes cette terre se trouvant sous leur domination. Ils n'ont pas tard&#233; &#224; mentir &#224; leurs promesses, car pour eux l'immigration juive, organis&#233;e au compte-goutte n'&#233;tait qu'une machination destin&#233;e &#224; introduire un nouvel &#233;l&#233;ment de trouble et de division dans le monde arabe, suivant la formule &#034;diviser pour r&#233;gner&#034;. Cependant que des milliers de jeunes juifs donnaient le meilleur de leurs forces pour fertiliser cette terre, l'occupant anglais jouait, au mieux de ses propres int&#233;r&#234;ts, tant&#244;t les Arabes contre les Juifs, tant&#244;t contre les Arabes, les quelques Juifs qui avaient pu immigrer au prix des plus grands efforts.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s la guerre de 1940, avec les milliers d'hommes et de femmes traqu&#233;s et sans foyer, le probl&#232;me palestinien prit une acuit&#233; encore plus grande. Devant les conflits croissant, la Grande-bretagne annon&#231;a brusquement son intention de se retirer de Palestine... mais y resta. Car cette &#034;menace&#034; de se retirer n'&#233;tait en r&#233;alit&#233;, pour des raisons strat&#233;giques, qu'un biais permettant l'immixtion des &#034;Nations Unies&#034;, c'est-&#224;-dire de l'Am&#233;rique. Celle-ci se d&#233;clara favorable au d&#233;coupage de l'Etat palestinien en deux : un morceau pour les Juifs, l'autre pour les Arabes. Mais cette d&#233;cision, qui aggrava les conflits jud&#233;o-arabes, n'eut m&#234;me pas le temps d'&#234;tre appliqu&#233;e, que l'on vit brusquement les Etats-Unis faire des d&#233;clarations en faveur de la Ligue arabe. Washington veut renforcer ces derniers de fa&#231;on &#224; constituer, avec la Gr&#232;ce, la Turquie et l'Iran, un bloc pour contenir ce qu'il est convenu d'appeler l'expansion sovi&#233;tique, &#233;crivait le 15 avril, le journal capitaliste fran&#231;ais Le Monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair que &#034;les grandes puissances&#034; ne sont pas intervenues en m&#233;diateurs dans le conflit palestinien ; ce sont elles les v&#233;ritables instigateurs des troubles : soutenant tant&#244;t l'un tant&#244;t l'autre, suivant les exigences du moment de leur politique ext&#233;rieure, abusant tout &#224; tour les peuples juif et arabe de leurs promesses (qu'elles ne tiennent jamais), attisant les haines et entretenant un foyer permanent de luttes intestines. N'est-ce pas ainsi qu'&#224; travers toutes les man&#339;uvres, la &#034;d&#233;cision&#034; de l'Angleterre de se retirer de Palestine a abouti aujourd'hui &#224; un d&#233;barquement en force de troupes et de tanks.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi de ce m&#234;me point de vue imp&#233;rialiste, qui n'a rien d'id&#233;aliste, que s'explique l'attitude de &#034;d&#233;fense&#034; des Juifs par les capitalistes fran&#231;ais : si les Anglo-Am&#233;ricains soutiennent les seigneurs arabes dans leur expansion nationaliste, n'est-ce pas l&#224; un danger qui peut donner le branle &#224; tout le monde musulman, &#224; cette Afrique du Nord o&#249; &#034;l'ordre&#034; est si p&#233;niblement maintenu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, face &#224; cette guerre de Palestine qui constitue l'un des foyers de la 3&#232;me guerre mondiale, jamais aucun des journaux capitalistes n'a relat&#233;, et pour cause, que les peuples &#8211; le v&#233;ritable peuple ouvrier et paysan &#8211; les peuples juif et arabe, ont montr&#233; qu'ils pouvaient s'entendre. Le mouvement de pacification est sorti du sein de la classe ouvri&#232;re. Les syndicats ouvriers juifs et arabes conclurent des ententes et organis&#232;rent la fraternisation dans des gr&#232;ves communes. Ce sont les imp&#233;rialistes, entretenant leurs agents dans les deux camps nationalistes, qui ont fait assassiner dans la seule ann&#233;e 1947 (comme nous l'avions relat&#233; dans La Voix, n&#176; 21) 13 leaders des syndicats arabes travaillant pour le rapprochement entre les deux peuples.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les imp&#233;rialistes, aid&#233;s en cela par les agents nationalistes des deux camps, font tout ce qui est en leur pouvoir pour emp&#234;cher l'union entre les ouvriers et les paysans juifs et arabes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#034;c'est l'essence du mouvement ouvrier lui-m&#234;me, pour d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts, de d&#233;fendre aussi la fraternit&#233; entre les peuples. En luttant contre les excitateurs de guerre qui entretiennent la division entre les peuples, le mouvement ouvrier lutte pour la paix&#034;. (La Voix, n&#176; 21).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, vis-&#224;-vis de la guerre de Palestine, les ouvriers de tous les pays n'ont qu'une position &#224; prendre : appuyer le mouvement d'union et de fraternit&#233; des ouvriers juifs et arabes contre l'imp&#233;rialisme. Ils lutteront ainsi contre les provocateurs de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1er octobre 1947&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA LUTTE OUVRIERE ET L'UNION DES PEUPLES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me palestinien est un des nombreux probl&#232;mes &#034;insolubles&#034; qui enveniment la situation internationale, au point que l'Angleterre, devant l'impossibilit&#233; de &#034;concilier les th&#232;ses juive et arabe&#034; (entre lesquelles, en r&#233;alit&#233;, elle n'a cess&#233; d'entretenir la discorde), d&#233;clare vouloir &#034;renoncer&#034; &#224; son mandat. Mais ce n'est l&#224; qu'une manoeuvre pour lui permettre de d&#233;gager ses responsabilit&#233;s du chaos dans lequel elle a plong&#233; le pays, comme elle l'a d&#233;j&#224; fait pour l'Inde. Manoeuvre aussi pour justifier l'intervention de l'O.N.U., c'est-&#224;-dire des Etats-Unis, dans cette partie du monde, en vue de la troisi&#232;me guerre imp&#233;rialiste mondiale contre l'U.R.S.S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quotidiennement, les journaux relatent les actes de terrorisme et les luttes sanglantes qui d&#233;chirent le pays. Mais tandis qu'ils insistent longuement sur les antagonismes irr&#233;ductibles qui opposent nationalistes juifs et arabes, ce n'est qu'incidemment qu'on apprend, &#224; propos de l'activit&#233; des nationalistes chauvins, qu'un chef syndicaliste arabe vient d'&#234;tre abattu par ces derniers pour avoir travaill&#233; au rapprochement entre ouvriers juifs et arabes (d'apr&#232;s Le Monde du 26-9). Il s'agit du treizi&#232;me chef syndicaliste arabe assassin&#233;, dans l'ann&#233;e, pour les m&#234;mes raisons !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien qu'&#224; l'importance de cette sanglante r&#233;pression on peut mesurer l'ampleur du mouvement ouvrier et l'&#233;nergie qu'il d&#233;ploie pour opposer &#224; la guerre fratricide, entretenue par les exploiteurs, l'entente et la fraternit&#233; entre exploit&#233;s. Et malgr&#233; cette r&#233;pression, le mouvement ouvrier a d&#233;j&#224; r&#233;ussi &#224; unir, dans d'importantes gr&#232;ves communes, ouvriers juifs et arabes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement ouvrier arabe et juif sait que la seule opposition r&#233;elle &#224; la guerre, la seule solution possible au probl&#232;me palestinien, c'est l'union des ouvriers juifs et arabes contre l'imp&#233;rialisme et contre tous leurs exploiteurs communs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me exemple nous est donn&#233; aux Indes o&#249; Gandhi, jadis ap&#244;tre de la non-violence, pr&#234;che la &#034;guerre sainte&#034; contre le Pakistan, alors que le mouvement ouvrier, unissant dans la m&#234;me lutte contre leurs exploiteurs, ouvriers hindous et musulmans, s'efforce d'apporter la paix entre les peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'essence du mouvement ouvrier lui-m&#234;me, pour d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts, de d&#233;fendre aussi la fraternit&#233; entre les peuples. En luttant contre les excitateurs de guerre qui entretiennent la division entre les peuples, le mouvement ouvrier lutte pour la paix.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>O&#249; va la France en septembre 1944 ?</title>
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		<dc:date>2024-09-07T22:53:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Barta</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>

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&lt;p&gt;OU VA LA FRANCE ? &lt;br class='autobr' /&gt;
A QUI APPARTIENT LE POUVOIR ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans notre dernier num&#233;ro nous avons montr&#233; comment l'op&#233;ration appel&#233;e &#034;insurrection nationale&#034; n'&#233;tait qu'une escroquerie politique qui, comme la &#034;r&#233;volution nationale&#034; de P&#233;tain, devait faire croire aux travailleurs que ce n'est pas l'Etat bourgeois dans son ensemble et en tant qu'instrument de domination de la classe capitaliste qui est l'ennemi num&#233;ro un des masses travailleuses ! &lt;br class='autobr' /&gt;
P&#233;tain s'en prit &#224; la forme parlementaire de l'Etat, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique45" rel="directory"&gt;0- Le point de vue du r&#233;volutionnaire Barta sur la guerre et l'apr&#232;s-guerre&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot91" rel="tag"&gt;Barta&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;OU VA LA FRANCE ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A QUI APPARTIENT LE POUVOIR ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre dernier num&#233;ro nous avons montr&#233; comment l'op&#233;ration appel&#233;e &#034;insurrection nationale&#034; n'&#233;tait qu'une escroquerie politique qui, comme la &#034;r&#233;volution nationale&#034; de P&#233;tain, devait faire croire aux travailleurs que ce n'est pas l'Etat bourgeois dans son ensemble et en tant qu'instrument de domination de la classe capitaliste qui est l'ennemi num&#233;ro un des masses travailleuses !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P&#233;tain s'en prit &#224; la forme parlementaire de l'Etat, ex&#233;cr&#233;e par les masses de plus en plus et ha&#239;e &#224; partir de septembre 1939, et la rendit responsable de tous les d&#233;sastres qui se sont abattus sur la France, y compris l'effondrement g&#233;n&#233;ral de juin 1940. Il appela astucieusement DEMOCRATIE la dictature parlementaire des cliques politiques bourgeoises, pour pouvoir ainsi pr&#233;senter son pouvoir personnel comme un ordre &#034;nouveau&#034;. La R&#233;sistance s'en prit &#224; la dictature de P&#233;tain, pour mieux sauver les instruments de la dictature de la bourgeoisie sur le prol&#233;tariat : la police, l'arm&#233;e permanente, la bureaucratie, etc... Et si le chef du gouvernement, De Gaulle, se camoufle actuellement derri&#232;re des phrases &#034;r&#233;publicaines&#034; (comme le fit en son temps un certain Louis Bonaparte pour arriver &#224; l'Empire) c'est uniquement pour tromper les masses jusqu'au moment o&#249; la situation aura &#034;&#233;volu&#233;&#034;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici quatre semaines &#224; peine que le r&#233;gime &#034;r&#233;publicain&#034; a remplac&#233; celui de &#034;l'Etat c'est moi&#034;, les fum&#233;es se dissipent et les choses commencent &#224; montrer leur v&#233;ritable aspect. De Gaulle affirme s'appuyer sur les lois de la R&#233;publique : mais ces lois de la &#034;R&#233;publique&#034;, ce sont les lois sc&#233;l&#233;rates vot&#233;es depuis 1938 et surtout en 1939-1940 par le Parlement, lois f&#233;roces anti-communistes et anti-prol&#233;tariennes qui donnent un pouvoir DICTATORIAL au gouvernement bourgeois. En vain l'Humanit&#233; (qui fournit au gouvernement de la chair &#224; canon patriotique) se lamente-t-elle sur le manque de d&#233;mocratie v&#233;ritable. Comme nous n'avons cess&#233; de l'expliquer, &#224; notre &#233;poque de guerres imp&#233;rialistes et de guerre civile, quand le capitalisme pourrit toute la soci&#233;t&#233;, ce n'est pas la forme de l'Etat qui d&#233;cide de la d&#233;mocratie, mais &#224; qui appartient le pouvoir : &#224; la bourgeoisie, par des organes &#233;loign&#233;s des masses, au-dessus et contre elles (police, etc...), ou aux travailleurs, par des organes non distincts de la masse, qui sont leur &#233;manation directe : les Conseils ouvriers et paysans, organisations du pouvoir des masses en lutte. Gr&#226;ce aux staliniens, le pouvoir n'a pas un instant cess&#233; d'&#234;tre enti&#232;rement entre les mains de la bourgeoisie, car les masses ne disposent d'aucun organe du pouvoir qui soit leur &#233;manation et leur instrument exclusif contre les entreprises de la bourgeoisie (milices ouvri&#232;res, comit&#233;s d'usine et de quartier, etc...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Gaulle r&#233;ussira-t-il mieux que P&#233;tain ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, l'appareil bureaucratico-militaire, en pr&#233;sence d'une crise profonde politique et &#233;conomique et des bouleversements militaires, ne suffit pas &#224; la bourgeoisie pour mater compl&#232;tement la classe ouvri&#232;re. L'&#233;chec de P&#233;tain n'est pas d&#251; au retrait des troupes allemandes &#8211; il aurait trouv&#233; l'appui am&#233;ricain s'il avait pu se maintenir, ce fait est actuellement notoire &#8211; mais P&#233;tain est rest&#233; &#034;suspendu en l'air&#034; parce qu'il n'avait aucun appui du c&#244;t&#233; des masses. L'appareil bureaucratico-policier n'e&#251;t rien de plus press&#233; &#224; faire que de passer du c&#244;t&#233; de De Gaulle pour se refaire une &#034;popularit&#233;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mater compl&#232;tement le prol&#233;tariat, cela seules les troupes fascistes auraient pu le faire. Le fascisme fait plus que r&#233;duire le mouvement ouvrier &#224; l'ill&#233;galit&#233;. Il dissout toute activit&#233; des organisations ouvri&#232;res quelles qu'elles soient, de telle fa&#231;on que le mouvement ne peut plus s'organiser, m&#234;me ill&#233;galement, hormis de petits groupes isol&#233;s de la classe. Car le fascisme est lui-m&#234;me un mouvement de masses, de la petite-bourgeoisie en particulier, qui, exasp&#233;r&#233;e par la crise, est habilement jet&#233;e contre les organisations ouvri&#232;res par les capitalistes cach&#233;s derri&#232;re un sauveur &#034;socialiste&#034; et &#034;national&#034; genre Mussolini ou Hitler. Mais la bourgeoisie n'a pas encore r&#233;ussi &#224; d&#233;velopper en France un mouvement fasciste d'importance d&#233;cisive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Gaulle est en pr&#233;sence de la m&#234;me t&#226;che que P&#233;tain : instaurer &#034;l'ordre&#034; dans une situation command&#233;e par la guerre et l'&#233;puisement &#233;conomique, physique et moral de la nation. Ce qui signifie rejeter toutes les difficult&#233;s de cette situation sur les masses travailleuses et pauvres : sans attendre, la bourgeoisie s'oppose d&#233;j&#224; &#224; la reprise du travail dans des conditions qu'elle n'aurait pas elle-m&#234;me d&#233;termin&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; P&#233;tain, De Gaulle a incontestablement les masses populaires derri&#232;re lui. Mais de quoi est faite cette confiance ? Les petits-bourgeois lui font confiance en tant que repr&#233;sentant de leurs aspirations patriotico-chauvines, capable en m&#234;me temps de s'opposer aux exigences de la classe ouvri&#232;re et de mater le communisme. La classe ouvri&#232;re, elle, fait confiance au PC, au PS et &#224; la CGT et compte sur eux pour arracher &#224; De Gaulle des r&#233;formes substantielles en faveur de la d&#233;mocratie et des travailleurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#034;confiance&#034; g&#233;n&#233;rale cache en r&#233;alit&#233; un conflit in&#233;vitable. En l'absence d'une am&#233;lioration &#233;conomique et diplomatique consid&#233;rable et imm&#233;diate &#8211; ce qui est chose exclue &#8211; que se passera-t-il ? Les travailleurs patienteront sous la pression des organisations social-patriotes, mais ne pourront pas cesser d'exiger des am&#233;liorations constantes, ce qui les poussera de plus en plus loin dans la voie de la lutte anti-capitaliste et pour leur propre pouvoir. De leur c&#244;t&#233;, les petits-bourgeois, que les capitalistes trompent en attribuant leur mis&#232;re aux revendications ouvri&#232;res, s'exasp&#233;reront. Ne sachant plus &#224; quel saint se vouer, ils seront de plus en plus travaill&#233;s par les cadres fascistes, constituant non plus comme avant la guerre des groupes isol&#233;s, mais d&#232;s aujourd'hui, &#224; l'&#233;chelle nationale, la base d'un parti fasciste puissant &#224; qui ne manque plus que la sympathie des masses. Ainsi la situation ne peut se d&#233;velopper que vers des solutions extr&#234;mes : ou la dictature du prol&#233;tariat et l'expropriation de la bourgeoisie (solution progressive de la crise), ou l'&#233;crasement du prol&#233;tariat par le fascisme, rejet de toute la soci&#233;t&#233; vers la barbarie pour le maintien du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Gaulle ne repr&#233;sente qu'un r&#233;gime de transition de plus ou moins longue dur&#233;e, un essai de dictature bonapartiste voulant maintenir l'&#233;quilibre entre les classes. Mais, de m&#234;me qu'en Allemagne, en Espagne, etc..., seul le heurt d&#233;cisif entre le prol&#233;tariat et les organisations fascistes et bureaucratico-militaires de la bourgeoisie d&#233;cidera de l'issue de la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE BONAPARTISME DE GAUCHE, FOURRIER DU FASCISME.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoique la fonction fondamentale du gouvernement de De Gaulle reste celle du gouvernement P&#233;tain (dictature de la bourgeoisie) cependant, du point de vue dynamique (l'&#233;volution du rapport de forces entre les classes), il repr&#233;sente une nouvelle phase de la lutte de classes en France. La d&#233;composition de l'appareil &#233;tatique, en tant qu'instrument centralis&#233; et ob&#233;issant normalement au seul gouvernement l&#233;gal (d&#233;composition due &#224; la pression contradictoire des imp&#233;rialistes alli&#233;s et allemand sur l'Etat fran&#231;ais ainsi qu'&#224; la r&#233;sistance des masses contre celui-ci), rend n&#233;cessaire au gouvernement l'appui des organisations ouvri&#232;res social-patriotes. En pr&#233;sence des souffrances inou&#239;es inflig&#233;es aux travailleurs par cinq ann&#233;es de guerre et des innombrables preuves de banditisme de la part des classes dirigeantes vis-&#224;-vis des travailleurs fran&#231;ais seule la rentr&#233;e en sc&#232;ne des bureaucrates ouvriers social-patriotes peut maintenir pour un certain temps les masses dans &#034;l'ordre&#034; bourgeois et obtenir leur appui pour la continuation de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, d'autre part, se maintenir &#224; l'aide des organisations ouvri&#232;res conciliatrices, cela implique une certaine l&#233;galit&#233; de l'action ouvri&#232;re. C'est par l&#224; que le bonapartisme (dictature bureaucratico-polici&#232;re) de gauche de De Gaulle se diff&#233;rencie du bonapartisme de droite de P&#233;tain : non par ce qu'il repr&#233;sente de donn&#233; &#224; la classe ouvri&#232;re, mais par ce que la classe ouvri&#232;re peut conqu&#233;rir, si elle se soustrait &#224; l'influence social-patriote et adopte une politique r&#233;volutionnaire intransigeante vis-&#224;-vis de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans une politique r&#233;volutionnaire, sans une action jusqu'au bout de la classe ouvri&#232;re contre la bourgeoisie prenant comme point de d&#233;part la l&#233;galit&#233; de fait, le r&#233;gime actuel ne serait que le fourrier du fascisme. Agissant tout comme celui de P&#233;tain en faveur de la bourgeoisie (chose d&#233;j&#224; &#233;vidente six semaines &#224; peine apr&#232;s son installation), le gouvernement bonapartiste &#034;de gauche&#034; fait endosser, aux yeux des larges couches exploit&#233;es, la responsabilit&#233; de sa politique aux organisations ouvri&#232;res dont il a l'alliance ; ce n'est plus l'Etat bourgeois qui appara&#238;t comme le responsable de la nouvelle faillite, mais le socialisme, le communisme, la classe ouvri&#232;re... C'est ainsi que P&#233;tain put, en 1940, rendre responsable la classe ouvri&#232;re de la politique bourgeoise du Front Populaire, non seulement aux yeux des ennemis de toujours du prol&#233;tariat, mais aussi aux yeux des couches pauvres de la population (paysans, petits rentiers, petits commer&#231;ants, etc...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En absence d'une politique r&#233;volutionnaire qui dresse les ouvriers contre l'Etat bourgeois (surtout quand il se camoufle &#034;&#224; gauche&#034;) le bonapartisme appuy&#233; sur les sommets bureaucratiques de la classe ouvri&#232;re ne repr&#233;sente qu'une oscillation dans le rapport des forces entre les camps bourgeois et prol&#233;tarien et pr&#233;pare encore plus s&#251;rement que le bonapartisme de droite (P&#233;tain) la r&#233;volte des masses petites-bourgeoises contre le &#034;communisme&#034;, &#034;l'anarchie&#034;. En effet, la lutte des classes entre les ouvriers et la bourgeoisie appelle une solution d&#233;cisive pour savoir qui est ma&#238;tre dans la maison, de l'ouvrier ou du patron. Leurs int&#233;r&#234;ts ne peuvent pas &#234;tre concili&#233;s, on ne le voit que trop depuis 1934. Si c'est l'ouvrier, il faut que les travailleurs instaurent leur dictature pour en finir avec le sabotage et le banditisme patronal ; mais si les travailleurs ne vont pas jusqu'au bout de la lutte, s'ils cherchent des solutions &#034;moyennes&#034; (qui en fait signifient la paralysie de l'&#233;conomie), alors ce sont les patrons qui lancent les bandes fascistes &#224; l'attaque en mobilisant la petite-bourgeoisie contre &#034;l'anarchie&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Allemagne, avant la victoire d&#233;finitive de Hitler (1933) il y eut de semblables oscillations du pouvoir &#233;tatique de droite &#224; &#034;gauche&#034; et de &#034;gauche&#034; &#224; droite, de m&#234;me qu'en France, depuis f&#233;vrier 1934, nous avons connu des oscillations allant du r&#233;actionnaire Doumergue vers le &#034;socialiste&#034; Blum (1936) et de Blum vers Daladier (1938-1939) et vers P&#233;tain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les masses ont successivement exp&#233;riment&#233; le r&#233;gime bureaucratico-militaire sous toutes ses formes, sous la pression des souffrances inou&#239;es que leur inflige le capitalisme (crises, ch&#244;mage, guerres), elles sont pr&#234;tes &#224; adopter une solution extr&#234;me : dictature du prol&#233;tariat ou &#034;r&#233;volution&#034; fasciste. C'est &#224; ce choix in&#233;vitable que nous conduit le gouvernement actuel. Voil&#224; pourquoi, si les organisations social-patriotes maintiennent la classe ouvri&#232;re dans le sillage de De Gaulle au lieu de la mobiliser pour la dictature du prol&#233;tariat, elles pr&#233;parent pour demain la victoire du fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LES SOURCES &#034;IDEOLOGIQUES&#034; DU FASCISME&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'existence d'un grave danger fasciste, malgr&#233; la d&#233;faite militaire de l'imp&#233;rialisme allemand en France, nous ne l'inventons pas. Quotidiennement l'Humanit&#233; d&#233;nonce l'action anti-ouvri&#232;re et anti-d&#233;mocratique (cette derni&#232;re provenant directement de l'activit&#233; du gouvernement et de l'administration) qui se renforce &#224; une allure de plus en plus rapide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir essay&#233; d'attribuer cette action r&#233;actionnaire de grande envergure aux &#034;&#238;lots hitl&#233;riens&#034; encore subsistant &#224; l'arri&#232;re, l'Humanit&#233; est oblig&#233;e d'avouer : &#034;mais l'&#233;crasement militaire de l'Allemagne NE SERVIRAIT DE RIEN &#224; la longue si, PARTOUT (donc en France) le fascisme ne subissait pas un &#233;crasement moral et politique complet&#034; (22/10/44). Ainsi l'Humanit&#233; est finalement contrainte d'avouer l'&#233;tendue du danger. La classe ouvri&#232;re n'est pas simplement devant une t&#226;che militaire (lutte physique) contre des &#034;&#238;lots hitl&#233;riens&#034;. La classe ouvri&#232;re se trouve devant une t&#226;che politique et morale d&#233;cisive, pour emp&#234;cher les &#233;l&#233;ments du peuple d&#233;sesp&#233;r&#233;s ou &#233;gar&#233;s (ch&#244;meurs, petits-bourgeois ruin&#233;s des villes, paysans) de se laisser attirer dans le camp fasciste et de transformer celui-ci en une force de masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment les chefs staliniens &#034;&#233;crasent&#034; politiquement le fascisme, nous l'avons vu dans le pr&#233;c&#233;dent num&#233;ro : ils soutiennent De Gaulle, c'est-&#224;-dire la bourgeoisie. En faisant endosser aux organisations ouvri&#232;res les responsabilit&#233;s de la politique gouvernementale dans une situation catastrophique pour les masses, ils portent de l'eau au moulin fasciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les chefs staliniens ont la pr&#233;tention d'&#233;craser aussi moralement le fascisme, c'est-&#224;-dire son id&#233;ologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que l'id&#233;ologie fasciste ? La caract&#233;ristique fondamentale du fascisme, c'est l'exasp&#233;ration du nationalisme. Pourquoi le nationalisme est-il devenu le moyen fondamental de la r&#233;action et du fascisme pour la bourgeoisie, contre les masses exploit&#233;es ? C'est parce qu'&#224; notre &#233;poque le capitalisme, en cr&#233;ant une &#233;conomie mondiale, a d&#233;truit toute possibilit&#233; de vie &#233;conomique ind&#233;pendante (nationale) ; dans ces conditions le nationalisme n'est plus une doctrine d'&#233;mancipation des peuples, mais une doctrine d'asservissement. Pour les vieilles nations capitalistes (Angleterre, France, Allemagne, Etats-Unis, etc&#8230;), le nationalisme n'est pas l'affirmation du droit de ces peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes, mais de la volont&#233; d'opprimer des peuples plus faibles (Empire pour la France, &#034;espace vital&#034; pour l'Allemagne, etc.). Dans ces conditions, l'exasp&#233;ration du sentiment nationaliste pousse infailliblement les classes sociales opprim&#233;es de ces pays capitalistes (petits-bourgeois et ouvriers) dans les bras de la bourgeoisie, pour une politique imp&#233;rialiste de domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette fa&#231;on, le nationalisme d&#233;tourne les classes exploit&#233;es de leur propre lutte contre la bourgeoisie (lutte de classes) en leur faisant croire que leurs souffrances inou&#239;es ne sont pas dues au r&#233;gime capitaliste, que la t&#226;che principale n'est pas de renverser leurs propres exploiteurs bourgeois ; il les d&#233;tourne vers la lutte ext&#233;rieure pour les &#034;conqu&#234;tes civilisatrices&#034;, pour la main-mise sur les positions &#233;conomiques et strat&#233;giques n&#233;cessaires &#224; la &#034;mission&#034; sp&#233;ciale de la nation : images derri&#232;re lesquelles se cachent les capitalistes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contre-poison de &#034;l'id&#233;ologie&#034; nationaliste ne peut &#234;tre que l'internationalisme. Il exprime non pas &#034;un vague r&#234;ve de solidarit&#233;&#034; entre les hommes, mais les int&#233;r&#234;ts d&#233;cisifs de toute la population du globe terrestre (en dehors des cliques capitalistes qui dirigent les peuples), il repr&#233;sente l'alliance r&#233;elle entre tous les opprim&#233;s et exploit&#233;s contre leurs capitalistes. La victoire de l'id&#233;ologie nationaliste ou de l'id&#233;ologie internationaliste au sein de la classe ouvri&#232;re n'est pas une affaire de &#034;sentiments&#034;, mais d&#233;cide de la guerre ou de la paix dans le monde, de la barbare oppression fasciste et militariste ou de la libert&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que font les chefs staliniens pour vaincre l'id&#233;ologie du fascisme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont pr&#233;tendu &#233;craser le fascisme avec ses propres armes id&#233;ologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi qu'en Allemagne le PCA voulut concurrencer Hitler, pour le supplanter aupr&#232;s des masses, sur le terrain nationaliste, et lan&#231;a lui aussi des mots-d'ordre de &#034;lib&#233;ration nationale&#034; (avant 1933) et de &#034;la lutte contre l'&#233;tranger&#034; (contre le trait&#233; de Versailles).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France depuis le pacte Staline-Laval (1935) les chefs staliniens ont gliss&#233; progressivement vers la d&#233;magogie nationaliste. Ayant repris le mot-d'ordre de &#034;la France aux Fran&#231;ais&#034; &#224; l'Action Fran&#231;aise, ils en sont arriv&#233;s &#224; reprendre &#034;la Marseillaise&#034; aux trusts (Duclos) !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chefs staliniens expliquent aux militants de la base que tout cela n'est que de la &#034;tactique&#034;, que l'internationalisme doctrinal est difficile &#224; faire rentrer dans la t&#234;te des masses et qu'en gagnant les masses &#224; eux avec des mots-d'ordre qui &#034;prennent&#034;, ils nous conduiront eux, les chefs, vers le communisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le communisme ou le fascisme ne d&#233;pendent pas de la volont&#233; des chefs. Ils d&#233;pendent du choix final que les masses feront entre le Parti ouvrier ou le Parti de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment est d&#233;termin&#233; ce choix ? Par la d&#233;magogie des Partis en pr&#233;sence ? Non. Mais par la capacit&#233; du Parti ouvrier &#224; attaquer la base m&#234;me de l'exploitation capitaliste, par sa capacit&#233; de renverser la bourgeoisie, chose qui n'est possible qu'&#224; l'aide d'une id&#233;ologie internationaliste de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le terrain de la d&#233;magogie et du nationalisme, c'est le Parti bourgeois qui doit avoir le dessus. La solution prol&#233;tarienne (internationaliste) n'&#233;tant pas offerte aux masses pour en finir avec un r&#233;gime qui les &#233;touffe, celles-ci ne se consoleront pas avec des raisonnements sur la tactique, mais se tourneront infailliblement vers les Partis qui sur le terrain du nationalisme et de la d&#233;magogie vont jusqu'au bout, c'est-&#224;-dire qui ont la possibilit&#233; r&#233;elle &#8211; parce qu'agents de la bourgeoisie &#8211; d'offrir, par des aventures militaires &#224; l'ext&#233;rieur, une issue pratique au nationalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le terrain nationaliste et de la d&#233;magogie chauvine, le Parti ouvrier ne peut devenir un Parti dirigeant du pays. Il ne peut &#234;tre qu'un Parti donnant des conseils au gouvernement, t&#226;chant de se montrer plus nationaliste que les autres, mais qui ne sera jamais ma&#238;tre dans la maison. Sur le terrain du nationalisme, c'est toujours les Partis bourgeois qui vaincront ; en abandonnant l'id&#233;ologie internationaliste, les Partis ouvriers pr&#233;parent la victoire du fascisme. Voil&#224; pourquoi en Allemagne, quand la question fut pos&#233;e sur le terrain nationaliste aussi bien par Thaelmann (communiste) que par Hitler, les masses choisirent Hitler, car sur ce terrain c'&#233;tait Hitler seulement qui pouvait aller jusqu'au bout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voyons aujourd'hui &#224; quelles catastrophes l'abandon de l'internationalisme par le PCA a conduit le peuple allemand. Nous sommes en France, aujourd'hui, en pr&#233;sence d'un danger aussi grand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le terrain de la pr&#233;paration des esprits, les moyens &#034;id&#233;ologiques&#034; des staliniens rendent un service d&#233;cisif aux fascistes. La ligne politique peut &#234;tre redress&#233;e rapidement et les d&#233;faites surmont&#233;es par la simple volont&#233; de tenir compte des le&#231;ons des faits. Mais il en est tout autrement dans le domaine moral de la pr&#233;paration id&#233;ologique. Le poison nationaliste r&#233;pandu dans les masses ne peut pas &#234;tre &#233;limin&#233; du jour au lendemain. Il y faut de longues ann&#233;es. Car ce poison est engendr&#233; constamment par la propagande bourgeoise et ce n'est qu'apr&#232;s un travail d'ann&#233;es que le Parti communiste peut habituer l'avant-garde ouvri&#232;re &#224; une pens&#233;e conforme &#224; ses propres int&#233;r&#234;ts, c'est-&#224;-dire la pens&#233;e internationaliste. Dans le domaine de la pr&#233;paration id&#233;ologique les chefs staliniens font donc depuis 1935 tout ce qu'ils peuvent pour pr&#233;parer la victoire du fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais heureusement, la base du Parti, comme en t&#233;moigne le m&#233;contentement croissant parmi les militants du PC, reste fid&#232;le au communisme et chaque fois que se manifeste sur eux l'influence directe du &#034;trotskysme&#034; (communisme v&#233;ritable) ils se montrent tels qu'ils sont, c'est-&#224;-dire internationalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est cette fid&#233;lit&#233; au communisme, qui subsiste dans l'avant-garde de la classe ouvri&#232;re malgr&#233; le poison id&#233;ologique stalinien, qui est le gage d'avenir le plus pr&#233;cieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA LUTTE OUVERTE CONTRE LE FASCISME&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'en ayant exactement compris la v&#233;ritable nature du fascisme que l'avant-garde ouvri&#232;re saura lutter contre cette pire r&#233;action de la soci&#233;t&#233; bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fascisme surgit constamment de la pourriture et de la d&#233;cadence de la soci&#233;t&#233; capitaliste. Il repr&#233;sente un syst&#232;me de dictature auquel la classe capitaliste a recours pour sauvegarder sa domination menac&#233;e, en instaurant le r&#233;gime politique qui correspond le mieux &#224; sa dictature &#233;conomique incontr&#244;l&#233;e sur la nation. Comment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me de production bas&#233; sur le profit et l'appropriation priv&#233;e capitaliste ayant abouti &#224; la concentration de toutes les richesses entre les mains d'une poign&#233;e de monopoleurs capitalistes, a d&#233;finitivement vou&#233; &#224; la ruine et &#224; la pauvret&#233; les classes interm&#233;diaires, la petite-bourgeoisie. Celle-ci est pass&#233;e, &#224; notre &#233;poque imp&#233;rialiste, de la tranquillit&#233; sociale caract&#233;ristique au petit-bourgeois qui en faisait un appui de la d&#233;mocratie, &#224; la r&#233;volte permanente contre l'ordre existant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte de la petite-bourgeoisie contre l'ordre existant n'est pas par sa nature dirig&#233;e contre la classe ouvri&#232;re ; elle est de tendance anti-capitaliste. Mais le petit bourgeois ruin&#233; (rentier, petit commer&#231;ant, petit paysan, etc...) n'a pas la m&#234;me position de classe vis-&#224;-vis du capitaliste que l'ouvrier ; celui-ci, tout naturellement, s'oppose sur le lieu de travail &#224; son exploiteur, &#224; son patron, &#224; son capitaliste ; ce qui fait que l'ensemble des ouvriers s'oppose &#224; l'ensemble des capitalistes. Contrairement &#224; la classe ouvri&#232;re, la petite-bourgeoisie n'a pas une id&#233;e concr&#232;te de ce que c'est que le capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en tenant compte de cette situation que la bourgeoisie, pour sauver l'ensemble de sa domination, organise par l'interm&#233;diaire des politiciens fascistes, une &#034;lutte anti-capitaliste&#034; dirig&#233;e d&#233;magogiquement contre des capitalistes isol&#233;s : &#034;banquiers juifs&#034;, &#034;patrons anti-sociaux&#034;, etc... Le fascisme les prend comme boucs &#233;missaires de la crise &#233;conomique, des louches combinaisons financi&#232;res, etc... Sur le plan politique il s'en prend &#224; la &#034;d&#233;mocratie&#034;, au syst&#232;me parlementaire, &#224; l'impuissance de ce r&#233;gime devant la mis&#232;re des masses (impuissance qui est due au fait que ce r&#233;gime ne camoufle que la dictature de la bourgeoisie). Mais l&#224; o&#249; se d&#233;voile la nature du fascisme, c'est qu'il identifie la dictature bourgeoise parlementaire &#224; l'existence des partis ouvriers, des organisations autonomes, politiques ou professionnelles de la classe ouvri&#232;re, maudit le &#034;communisme&#034; et &#034;l'anarchie&#034; et sous pr&#233;texte de lutter contre le r&#233;gime pourri, lance ses troupes &#224; l'assaut des organisations de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fascisme, instrument politique de la grande bourgeoisie, et qui peut prendre n'importe quelle &#233;tiquette et n'importe quel masque, utilise donc la r&#233;volte des couches exploit&#233;es de la petite-bourgeoisie en les attirant par sa d&#233;magogie anti-capitaliste et son apparence de force et d'intransigeance. Mais comme solution aux maux dont souffre la petite-bourgeoisie et l'ensemble des masses exploit&#233;es, il ne peut offrir que les aventures guerri&#232;res : c'est pourquoi le petit-bourgeois devenu fasciste ressemble &#224; l'homme dont les v&#234;tements ont pris feu et qui se jette dans l'eau qui l'engloutira. Cependant cela permet aux capitalistes de prolonger leur domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le prol&#233;tariat peut lui aussi utiliser la r&#233;volte des masses exploit&#233;es petites-bourgeoises et les emp&#234;cher de se tourner vers le fascisme ; et il emp&#234;che par l&#224;-m&#234;me non seulement son propre &#233;crasement mais aussi celui de toute la nation sous la botte de la dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe ouvri&#232;re le peut parce qu'elle est la seule force politique et sociale dans la nation qui est r&#233;ellement capable d'abolir le capitalisme avec ses maux, sa corruption, sa mis&#232;re. Mais il faut aussi que les autres couches opprim&#233;es de la nation puissent s'en rendre compte. Pour cela l'action de la classe ouvri&#232;re doit &#234;tre dirig&#233;e contre l'existence m&#234;me du r&#233;gime capitaliste, contre les fondements de l'ordre existant, c'est-&#224;-dire l'exploitation capitaliste par la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production. Seule l'expropriation du Capital fera na&#238;tre une soci&#233;t&#233; dans laquelle le petit paysan, le petit rentier, le petit commer&#231;ant, etc... seront lib&#233;r&#233;s par l'ouvrier, par le Gouvernement ouvrier et paysan, des maux engendr&#233;s par le capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une classe ouvri&#232;re prisonni&#232;re de la politique bourgeoise (Front Populaire, R&#233;sistance, etc...) qui pr&#233;tend lutter contre le fascisme dans le cadre du r&#233;gime capitaliste ne peut pas attirer &#224; elle les couches exploit&#233;es de la petite-bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiciens bourgeois et social-tra&#238;tres pr&#233;tendent que pour lutter contre le fascisme, il faut abandonner le programme r&#233;volutionnaire et faire front avec la bourgeoisie et la petite-bourgeoisie pour la d&#233;fense de la &#034;d&#233;mocratie&#034;. Mais ce qui int&#233;resse les couches exploit&#233;es de la petite-bourgeoisie ce n'est pas tant la &#034;d&#233;mocratie&#034;, qu'une issue &#224; leurs conditions de vie intol&#233;rables. Quant aux ouvriers, la d&#233;mocratie c'est le droit d'association, de presse, de gr&#232;ve, etc... pour mieux se d&#233;fendre contre les capitalistes. Or le syst&#232;me bourgeois &#034;d&#233;mocratique&#034; et ses politiciens maintiennent pour les petits-bourgeois aussi bien que pour les ouvriers l'exploitation et la mis&#232;re, tandis qu'ils s'efforcent le plus possible de limiter les v&#233;ritables droits d&#233;mocratiques. Si bien qu'&#224; la longue les couches exploit&#233;es de la petite-bourgeoisie cherchent une issue hors du r&#233;gime &#034;d&#233;mocratique&#034; (capitaliste) ; mais cette issue elles ne peuvent pas la trouver du c&#244;t&#233; du prol&#233;tariat si celui-ci, &#224; cause de la politique de ses dirigeants, est cramponn&#233; aux &#034;d&#233;mocrates&#034; c'est-&#224;-dire aux repr&#233;sentants de &#034;g&#244;che&#034; du capitalisme ; elles la chercheront alors du c&#244;t&#233; fasciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tout ceci il r&#233;sulte que le principe fondamental de la lutte contre le fascisme est le suivant : pas d'union avec la bourgeoisie de &#034;gauche&#034; sur un programme &#034;d&#233;mocratique&#034; capitaliste, mais union de tous les d&#233;mocrates v&#233;ritables autour de la lutte prol&#233;tarienne contre la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La petite-bourgeoisie craint-elle cette action, comme le disent les bureaucrates ouvriers ? Rappelons seulement qu'entre le 12 f&#233;vrier 1934 et juin 1936, la classe ouvri&#232;re, ayant fait montre d'une grande d&#233;cision d'action qui laissait esp&#233;rer &#224; l'ensemble de la population laborieuse la lutte d&#233;cisive pour un r&#233;gime nouveau, la petite-bourgeoisie fit bloc (surtout dans la lutte) autour de l'action ouvri&#232;re. Ce n'est qu'&#224; partir du &#034;il faut savoir finir une gr&#232;ve&#034; de Thorez, pendant les gr&#232;ves de juin 1936, que l'espoir des masses fut d&#233;&#231;u. Les bureaucrates ouvriers ayant trahi le Front Unique prol&#233;tarien en faveur d'un front avec Daladier (Front Populaire), ce &#034;front&#034; sombra dans le marasme parlementaire et la d&#233;sillusion des masses ouvrit la voie &#224; la r&#233;action &#224; partir de 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;ritable lutte contre le fascisme est seulement la lutte anti-capitaliste. C'est donc, comme nous le disions au d&#233;but, par leur position de classe que les ouvriers se trouvent &#234;tre les vrais champions de la lutte anti-fasciste. Mais pour que la classe ouvri&#232;re constitue pour les couches exploit&#233;es petites-bourgeoises un p&#244;le d'attraction dans cette lutte, elle doit r&#233;aliser son unit&#233; de combat, pour devenir assez forte pour renverser la bourgeoisie. D'autre part elle doit pouvoir d&#233;fendre un programme capable de satisfaire les revendications de la petite-bourgeoisie, sur le terrain de la lutte r&#233;volutionnaire. Comment r&#233;aliser cette unit&#233;, quel est ce programme qui peut d&#233;terminer la petite-bourgeoisie &#224; appuyer une classe ouvri&#232;re r&#233;volutionnaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'UNITE DE COMBAT DE LA CLASSE OUVRIERE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte contre le fascisme a donc comme premi&#232;re condition l'unit&#233; de combat de la classe ouvri&#232;re. Mais la classe ouvri&#232;re ne poss&#232;de pas d'organisation politique unique. Elle est dirig&#233;e par des partis et des fractions ayant des principes et des m&#233;thodes d'action diff&#233;rents et pr&#233;tendant chacun d&#233;tenir seul le secret de la d&#233;livrance. Les principales tendances dans le camp ouvrier sont le r&#233;formisme et la tendance r&#233;volutionnaire, entre lesquelles se situent des nuances interm&#233;diaires. Dans les moments de &#034;calme&#034;, ces derni&#232;res s'efforcent de r&#233;aliser une &#034;synth&#232;se&#034; des deux tendances, mais dans les moments de crise, elles se situent le plus souvent dans le camp r&#233;formiste. La tendance r&#233;formiste et la tendance r&#233;volutionnaire se combattent avec acharnement, s'accusant r&#233;ciproquement des fautes commises et des &#233;checs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute une cat&#233;gorie d'ouvriers ayant le sain d&#233;sir de l'unit&#233; se laisse tromper par le mirage suscit&#233; sur l'unit&#233; organique des partis ouvriers, qui permettrait &#224; la classe ouvri&#232;re de n'&#233;couter qu'un seul guide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant r&#233;formisme et r&#233;volution n'expriment pas deux m&#233;thodes diff&#233;rentes pour arriver au m&#234;me but, mais l'opposition irr&#233;conciliable entre les int&#233;r&#234;ts de classe des millions d'exploit&#233;s et d'opprim&#233;s, et les int&#233;r&#234;ts d'une minorit&#233; ouvri&#232;re relativement bien pay&#233;e et de mentalit&#233; profond&#233;ment embourgeois&#233;e. D&#233;tenant un grand nombre de postes de responsables dans les organisations ouvri&#232;res ou dans l'administration bourgeoise (syndicats, partis politiques, mairies, si&#232;ges de d&#233;put&#233;s, etc&#8230;) cette couche domine habituellement l'action ouvri&#232;re, l'emp&#234;chant, la brisant quand elle menace de bouleverser le syst&#232;me qui leur permet de s'&#233;lever au-dessus de leur classe : c'est ainsi qu'en juin 1936 l'aristocratie ouvri&#232;re, repr&#233;sent&#233;e par la bureaucratie syndicale et politique, parvint &#224; arr&#234;ter la pouss&#233;e des millions d'ouvriers les plus exploit&#233;s. Le r&#233;formisme, en s'effor&#231;ant de sauvegarder les int&#233;r&#234;ts de l'aristocratie ouvri&#232;re &#233;lev&#233;e au-dessus de la masse, d&#233;fend donc l'ordre bourgeois (qui &#224; son tour engendre le fascisme). L'unit&#233; envisag&#233;e par le PS et le PC ne serait qu'une assurance suppl&#233;mentaire de la bureaucratie contre la r&#233;volution des masses. La r&#233;volution seule permet &#224; ces derni&#232;res de renverser le capitalisme et couper ainsi la racine m&#234;me du fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque la division en partis de la classe ouvri&#232;re provient de la diff&#233;rence d'int&#233;r&#234;ts existant en son sein et que ce n'est pas cette division en partis qui cr&#233;e la diff&#233;rence d'int&#233;r&#234;ts, seule une forme d'organisation englobant directement toute la masse en lutte (et non pas seulement les militants des diff&#233;rents partis) peut unifier l'action de la classe ouvri&#232;re. Cette forme d'organisation, ce sont les Comit&#233;s. Dans les usines et dans les quartiers, les travailleurs, dans des Assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales ou de masse, &#233;lisent des d&#233;l&#233;gu&#233;s, r&#233;vocables &#224; chaque instant, charg&#233;s d'ex&#233;cuter les mesures vot&#233;es par les assembl&#233;es. Ces comit&#233;s ex&#233;cutifs locaux envoient des d&#233;l&#233;gu&#233;s &#224; la r&#233;gion, qui &#224; leur tour d&#233;l&#232;guent des responsables nationaux. Ainsi se trouve cr&#233;&#233; un organisme groupant dans son sein les millions d'exploit&#233;s en lutte sans nuire &#224; l'unit&#233; d'action ; car ce sont les travailleurs eux-m&#234;mes qui d&#233;terminent d&#233;mocratiquement (&#224; la majorit&#233;) la politique &#224; suivre dans chaque question donn&#233;e. Chaque parti politique peut ainsi faire la preuve de ce que valent pratiquement ses m&#233;thodes d'action. Il ne s'agit plus d'&#233;tiquette (&#034;r&#233;formiste&#034; ou &#034;r&#233;volutionnaire&#034;), mais de l'attitude devant des faits que les masses touchent du doigt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas &#224; tort qu'on a appel&#233; les Comit&#233;s (ou Conseils) ouvriers des &#034;Parlements ouvriers&#034;. Chaque parti garde son enti&#232;re libert&#233; d'agitation et de propagande parmi les masses, mais dans l'action pratique il doit faire approuver sa politique par les masses group&#233;es dans les Comit&#233;s. Mais les Comit&#233;s ne sont pas un organisme seulement l&#233;gif&#233;rant, ils sont &#224; la fois d&#233;lib&#233;ratifs, l&#233;gislatifs et ex&#233;cutifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Comit&#233;s n'ont pas de vertu en soi. C'est selon la politique qui triomphera en leur sein que se d&#233;cidera le sort de la classe ouvri&#232;re. En voici deux exemples : en Russie en 1917, avec le triomphe dans les masses sovi&#233;tiques de la politique bolch&#233;vique (r&#233;volutionnaire) sur la politique mench&#233;vique (r&#233;formiste), les Soviets (nom russe des &#034;Comit&#233;s&#034;) prirent en main tout le pouvoir et les capitalistes furent renvers&#233;s. En Allemagne en 1918, ce fut la politique r&#233;formiste qui triompha dans les Conseils, gr&#226;ce &#224; la faiblesse politique de la fraction r&#233;volutionnaire ; les r&#233;formistes s'unirent en un Front populaire avec la bourgeoisie, transmirent tout le pouvoir des Conseils &#224; la bourgeoisie et men&#232;rent finalement &#224; leur liquidation. Le sort de l'Allemagne fut d&#233;cid&#233; dans le sens fasciste gr&#226;ce &#224; la trahison r&#233;formiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous exposerons donc la prochaine fois le programme politique que la IV&#232;me Internationale propose aux travailleurs r&#233;volutionnaires, pour qu'ils puissent soulever les masses ouvri&#232;res et populaires contre la bourgeoisie, les unifier r&#233;ellement dans des Comit&#233;s d'action et concentrer tout le pouvoir, par la dictature du prol&#233;tariat, entre les mains de la classe ouvri&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE PROGRAMME TRANSITOIRE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus important c'est de comprendre les rapports objectifs qui existent entre la lutte r&#233;volutionnaire des travailleurs et les int&#233;r&#234;ts des autres couches exploit&#233;es et opprim&#233;es de la population. Quand le prol&#233;tariat soutient les autres couches exploit&#233;es contre leurs exploiteurs, ce n'est pas l&#224; de sa part une &#034;ruse&#034; destin&#233;e &#224; se faire des alli&#233;s temporaires pour mettre la main sur le pouvoir et le concentrer d&#233;finitivement entre ses mains vis-&#224;-vis d'elles ; la dictature du prol&#233;tariat ne peut pas repr&#233;senter un nouveau pouvoir oppresseur. Le soutien par le prol&#233;tariat des autres exploit&#233;s (quelle que soit la forme de cette exploitation), d&#233;coule tout naturellement de la nature des int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re elle-m&#234;me. Celle-ci ne peut pas lutter contre sa propre exploitation sans affranchir en m&#234;me temps &#224; tout jamais l'humanit&#233; enti&#232;re de toute exploitation et de toute oppression. La classe ouvri&#232;re ne lutte pas pour s'emparer pour elle seulement des moyens de production et donc exploiter par ce moyen la soci&#233;t&#233;. En luttant pour l'expropriation de la bourgeoisie, elle n'arrache les moyens de production &#224; celle-ci que pour effectuer leur retour &#224; la soci&#233;t&#233; enti&#232;re. La dictature du prol&#233;tariat n'est qu'une forme politique de lutte contre la bourgeoisie d&#233;poss&#233;d&#233;e, c'est un organe de la majorit&#233; des travailleurs contre la minorit&#233; d'exploiteurs, c'est un organe qui se dissout de lui-m&#234;me au fur et &#224; mesure que la soci&#233;t&#233; devient harmonieuse par la disparition des classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Luttant pour leurs revendications, les travailleurs s'affirment donc tout naturellement les champions de tous les exploit&#233;s et opprim&#233;s. C'est eux qui repr&#233;sentent la nation en face d'une minorit&#233; de rapaces exploiteurs, si par nation l'on entend les travailleurs des villes et des campagnes sans le sommet exploiteur. Mais le prol&#233;tariat &#224; notre &#233;poque imp&#233;rialiste ne peut pas faire pr&#233;valoir effectivement les int&#233;r&#234;ts de la v&#233;ritable nation travailleuse dans le cadre des fronti&#232;res capitalistes. Ce n'est que par le renversement de la bourgeoisie dans tous les pays, par les Etats-Unis Socialistes du Monde, que pourront &#234;tre &#233;mancip&#233;s les exploit&#233;s de chaque pays, donc de France. Voil&#224; le point fondamental du programme politique de la classe ouvri&#232;re. Dans la pratique bien entendu, ce point du programme ne sera que l'aboutissement final de toute une s&#233;rie d'objectifs &#233;conomiques et politiques TRANSITOIRES.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici les principaux de ces objectifs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mobiliser en premier lieu la classe ouvri&#232;re, il faut lutter pour du travail et une existence digne pour tous, c'est-&#224;-dire l'&#233;chelle mobile des salaires, l'&#233;chelle mobile des heures de travail (pas de travail excessif d'un c&#244;t&#233; et le ch&#244;mage de l'autre, mais r&#233;partition du travail existant entre tous les travailleurs), un salaire minimum r&#233;ellement vital. L'exp&#233;rience propre des travailleurs leur montrera que le capitalisme ne peut en aucun cas les laisser vivre et ils comprendront la n&#233;cessit&#233; de s'organiser non seulement dans les Syndicats mais aussi dans les Comit&#233;s d'usine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux-ci exigeront : l'abolition du secret commercial (qui constitue le droit divin du patron) et le contr&#244;le ouvrier sur l'industrie dans le but de comprendre d'o&#249; viennent les maux qui accablent les travailleurs et que les capitalistes attribuent &#224; la pluie et au beau temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expropriation de certains groupes de capitalistes, comme le M&#233;tro, les chemins de fer, les mines, la production d'&#233;nergie, la grosse industrie, l'industrie de guerre. Cet objectif s'impose tellement &#224; l'heure actuelle que le gouvernement capitaliste d&#233;pense beaucoup d'encre et proc&#232;de &#224; beaucoup de mise en sc&#232;ne (&#034;nationalisations&#034;, etc...) pour sauver les trusts et les monopoleurs : c'est au prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire de montrer que seul il est capable de r&#233;aliser cette expropriation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La confiscation de tous les b&#233;n&#233;fices de guerre, l'expropriation des banques et l'&#233;tatisation du syst&#232;me de cr&#233;dit. Les op&#233;rations financi&#232;res du gouvernement tombent lourdement sur toutes les couches pauvres (avant tout sur les petits rentiers) ; la confiscation des b&#233;n&#233;fices de guerre r&#233;soudrait les difficult&#233;s financi&#232;res sans accabler la population laborieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La petite bourgeoisie, c'est-&#224;-dire les petites gens des villes et les paysans, est aussi imm&#233;diatement int&#233;ress&#233;e &#224; ces mesures. Enfin les paysans ne seraient plus les &#233;ternelles victimes des banques et des sp&#233;culateurs de la Bourse. L'alliance entre la ville et la campagne deviendra possible par la suppression des interm&#233;diaires capitalistes qui grugent les paysans et affament les villes. L'&#233;change direct entre les travailleurs producteurs de produits industriels et les paysans rendra la prosp&#233;rit&#233; aux uns comme aux autres, par le soutien des paysans pauvres (cr&#233;dit &#224; bon march&#233;), l'abolition des hypoth&#232;ques qui ont remis aux banques la propri&#233;t&#233; des paysans, le soutien d'un programme de revendications pour les prol&#233;taires agricoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mobiliser les femmes et la jeunesse travailleuses, il faut exiger : A travail &#233;gal, salaire &#233;gal ! Droits politiques int&#233;graux pour les femmes, les jeunes et les soldats !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soutien des travailleurs immigr&#233;s et coloniaux, en premier lieu par la revendication du Statut l&#233;gal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Droits d&#233;mocratiques &#233;l&#233;mentaires pour tous, comme le droit de gr&#232;ve, d'association, d'expression. Libert&#233; de la presse par la suppression de l'autorisation pr&#233;alable, de la censure, du monopole des trusts et la r&#233;partition proportionnelle du papier par chaque groupe de citoyens constitu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces revendications permettront la mobilisation de toutes les couches exploit&#233;es et opprim&#233;es autour du prol&#233;tariat ; mais elle se heurtera &#224; la r&#233;sistance du pouvoir de la bourgeoisie, c'est-&#224;-dire de son Etat. Pour lutter contre cet Etat, les r&#233;volutionnaires appelleront les masses en lutte &#224; cr&#233;er leurs propres organes du pouvoir, les Conseils ; par les Milices ouvri&#232;res et l'armement du prol&#233;tariat, ils lutteront pour le Gouvernement ouvrier et paysan, expression directe et exclusive de ces Conseils. L'ancien appareil &#233;tatique de la bourgeoisie ne peut pas &#234;tre utilis&#233; par les travailleurs. La destruction de la police, de la bureaucratie, etc..., organes de la bourgeoisie qui &#233;crase les masses, enl&#232;vera &#224; celle-ci ses moyens de domination politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce programme est-il possible ? demandera le sceptique. N'est-il pas trop radical ? Ne pourrait-on se contenter de solutions plus &#034;raisonnables&#034; ? Par ces questions, le sceptique (imbu d'esprit petit-bourgeois) montre qu'il n'a rien compris &#224; notre &#233;poque qui est celle des monopoles capitalistes, de l'imp&#233;rialisme &#233;conomique. Il faut &#233;videmment une grande &#233;nergie r&#233;volutionnaire aux masses pour que la r&#233;alisation d'un tel programme soit possible. Et les sceptiques voient seulement que les 9/10&#232;me du temps les masses ne d&#233;ploient pas d'&#233;nergie r&#233;volutionnaire. Mais c'est seulement parce que la r&#233;volution est l'aboutissement historique d'une foule de processus cach&#233;s en temps &#034;normal&#034;, &#034;pacifique&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre imp&#233;rialiste a men&#233; la soci&#233;t&#233; &#224; un point o&#249; il n'est plus possible de vivre comme par le pass&#233;. Les masses sont de plus en plus contraintes par la situation objective de trouver en elles l'&#233;nergie n&#233;cessaire pour se mettre en mouvement. Si les r&#233;volutionnaires ont &#034;tort&#034; les 9/10&#232;me du temps, c'est seulement pour avoir raison au moment de la r&#233;volution. Celle-ci d&#233;veloppe son rythme imp&#233;tueux en un temps relativement court. Mais cette p&#233;riode suffit pour &#233;manciper &#224; tout jamais l'humanit&#233; enti&#232;re. Voil&#224; pourquoi travailler minutieusement et attendre patiemment son heure sont les qualit&#233;s les plus pr&#233;cieuses d'un r&#233;volutionnaire. Voil&#224; pourquoi aussi, quand la r&#233;volution prol&#233;tarienne en France les appellera &#224; l'action directe, les partisans de la IV&#232;me Internationale seront arm&#233;s de pied en cap id&#233;ologiquement et mat&#233;riellement pour vaincre l'ennemi capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CONTRE LE COURANT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La continuation de la parution clandestine de notre journal au moment o&#249; la CGT, le PC et le PS sont &#034;reconnus&#034; par le nouveau gouvernement, pourrait &#233;tonner les travailleurs qui ont conserv&#233; la foi dans la &#034;l&#233;galit&#233; r&#233;publicaine&#034;. Rappelons &#224; ces travailleurs, les plus nombreux, que le r&#233;gime &#034;r&#233;publicain&#034; couronn&#233; par les d&#233;crets-lois sc&#233;l&#233;rats de 1939-1940 &#8211; toujours en vigueur &#8211; soumet la presse &#224; un contr&#244;le qui rend impossible toute expression vraiment libre et r&#233;prime f&#233;rocement tout mouvement ouvrier anti-militariste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La clandestinit&#233; ne date pas de l'occupation allemande. En 1939-1940, malgr&#233; la l&#233;galit&#233; d'une CGT et d'un PS social-patriotes, le PC, qui combattait alors la politique de guerre des gouvernements Daladier et Reynaud, n'&#233;tait-il pas dans la plus stricte ill&#233;galit&#233; ? Ses militants n'&#233;taient-ils pas traqu&#233;s, emprisonn&#233;s, tortur&#233;s par milliers ? La mise &#224; mort pour activit&#233; communiste n'avait-elle pas commenc&#233;e sous le r&#233;gime r&#233;publicain dont se r&#233;clame De Gaulle ? Si aujourd'hui le PC est redevenu l&#233;gal, c'est uniquement parce que, comme la CGT et le PS, il livre les travailleurs &#224; la bourgeoisie comme chair &#224; canon pour la poursuite de la guerre imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous &#233;tions aussi, nous Trotskystes, ill&#233;gaux d&#232;s septembre 1939, parce qu'il nous fallait conserver notre enti&#232;re libert&#233; de mouvement pour combattre la guerre de brigandage imp&#233;rialiste que notre bourgeoisie avait d&#233;cid&#233; de mener, guerre qui ne pouvait conduire les peuples de France et de tous les pays qu'aux catastrophes sans nombre dont aujourd'hui encore on ne voit pas la fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cette ind&#233;pendance du contr&#244;le bourgeois, c'est-&#224;-dire la clandestinit&#233;, nous est comme avant n&#233;cessaire, car nous restons fid&#232;les &#224; notre t&#226;che. Ce n'est pas au nom d'un soi-disant &#034;int&#233;r&#234;t commun&#034;, &#034;national&#034;, des masses travailleuses fran&#231;aises avec la bourgeoisie, que nous avons combattu Hitler et sa machine de guerre imp&#233;rialiste. C'est au nom de la solidarit&#233; internationale des travailleurs que nous avons combattu et la bourgeoisie fran&#231;aise, et l'imp&#233;rialisme allemand. Nous continuons aujourd'hui, quelles que soient les difficult&#233;s et les h&#233;sitations, quelle que soit l'&#233;ventuelle incompr&#233;hension de certains ouvriers arri&#233;r&#233;s. Les &#233;v&#233;nements montreront que nous ne faisons que remplir notre devoir envers la classe ouvri&#232;re internationale et en premier lieu envers la classe ouvri&#232;re fran&#231;aise. Car, sans la transformation de la guerre imp&#233;rialiste en guerre civile, sans le renversement de la bourgeoisie, cette guerre sera suivie &#224; bref d&#233;lai d'autres guerres. (L&#233;nine).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie essaie aujourd'hui de man&#339;uvrer le mouvement de la IV&#232;me Internationale en France en accordant l'autorisation de para&#238;tre l&#233;galement &#224; un journal qui s'en r&#233;clame. Cette man&#339;uvre, nous la d&#233;non&#231;ons et nous d&#233;non&#231;ons aussi la compromission de ceux qui croient lutter r&#233;ellement contre la guerre imp&#233;rialiste avec l'autorisation et sous le contr&#244;le de la censure bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car on ne peut lutter vraiment contre la guerre sans appeler les choses par leur v&#233;ritable nom : la guerre, imp&#233;rialiste (m&#234;me faite avec l'appui des social-patriotes) ; nos g&#233;n&#233;raux, des cannibales (comme le dit &#034;l'Inter&#034;) ; les gouvernements imp&#233;rialistes, fran&#231;ais allemand, anglais, etc..., les ennemis n&#186; 1 de leurs peuples. Et au moment o&#249; la tuerie imp&#233;rialiste et le chauvinisme d&#233;cha&#238;n&#233; font des ravages terribles, nous ne pouvons pas un instant cesser d'appeler, AVANT TOUT, les soldats des pays bellig&#233;rants &#224; faire entre nous, travailleurs, la tr&#234;ve, et la guerre aux tyrans !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous utiliserons toutes les possibilit&#233;s qu'offre la l&#233;galit&#233; des organisations ouvri&#232;res social-patriotes pour renforcer notre mouvement et atteindre les couches les plus larges des travailleurs. Mais si la Lutte de Classes continue, elle, &#224; para&#238;tre clandestinement, ce sera jusqu'au moment o&#249; les masses ouvri&#232;res, convaincues par les faits de l'impossibilit&#233; de supporter plus longtemps un r&#233;gime d'oppression, de mis&#232;re et de guerre, dresseront devant le pouvoir de la bourgeoisie leur propre pouvoir, le pouvoir des Conseils d'ouvriers et de paysans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ALORS SEULEMENT LES TRAVAILLEURS POURRONT TROUVER DANS LA PRESSE LEGALE LEUR PROPRE PRESSE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;NATIONALISATION&#034; OU EXPROPRIATION ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tous les c&#244;t&#233;s les hommes des trusts se posent en champions de l'&#233;limination des monopoles et des trusts. Mais quand on y regarde de plus pr&#232;s, on s'aper&#231;oit qu'ici, comme dans tous les autres domaines, la d&#233;magogie des hommes des trusts cache leurs intentions d'oppression et d'exploitation du peuple. Ainsi, le programme du C.N.R. approuv&#233; par De Gaulle, ne demande, en tant que mesure contre les trusts, que &#034;l'&#233;tablissement d'un imp&#244;t progressif sur les b&#233;n&#233;fices de guerre et plus g&#233;n&#233;ralement sur les gains r&#233;alis&#233;s au d&#233;triment du peuple et de la nation pendant la p&#233;riode d'occupation&#034;. En outre, &#034;le retour &#224; la nation &#8211; mais il n'est pas indiqu&#233; comment &#8211; des grands moyens de production monopolis&#233;s (sources d'&#233;nergie, richesses du sous-sol, compagnies d'assurances, grandes banques)&#034;. Mais par ailleurs une voix autoris&#233;e d&#233;clare : &#034;les nationalisations seront des cas d'esp&#232;ce&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde se rappelle encore la com&#233;die des nationalisations de 1936. Encore moins qu'alors les hommes des trusts veulent &#233;liminer leurs ma&#238;tres. Si la classe ouvri&#232;re veut chasser ceux qui ont men&#233; l'humanit&#233; &#224; la catastrophe, elle doit imposer L'EXPROPRIATION SANS RACHAT des grandes compagnies monopoleuses. Pour cette t&#226;che les ouvriers ne doivent faire foi &#224; aucune promesse d&#233;magogique, tendant surtout &#224; les &#233;liminer de l'action. L'Humanit&#233; &#233;crit : &#034;de la police, en particulier, les milieux nationaux attendent qu'elle sache d&#233;jouer toutes les provocations du Comit&#233; des Forges&#034; (7/9/44). Quelle d&#233;rision ! Ce n'est pas &#224; la police, corps sp&#233;cialement entretenu par la bourgeoisie pour sa d&#233;fense, c'est aux ouvriers, dans les usines, les mines et sur les chantiers d'imposer leur contr&#244;le aux capitalistes, en vue de l'expropriation sans rachat ! VIVE LE CONTROLE OUVRIER !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE CHOIX QU'IL FAUT FAIRE ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La France aussi DOIT occuper l'Allemagne... la France y a un droit particulier&#034; ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que quotidiennement l'Humanit&#233; revendique pour la France le droit &#224; l'occupation de l'Allemagne. Les staliniens d'aujourd'hui ne peuvent pas plus brutalement et plus cyniquement renier le communisme de la p&#233;riode h&#233;ro&#239;que, quand, en 1923, la bourgeoisie poursuivait comme criminels l'Humanit&#233; pour ses campagnes de presse et les militants du PC pour leurs manifestations contre l'occupation de la Ruhr !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, le r&#233;dacteur de l'Humanit&#233; se &#034;plaint&#034; par ailleurs et &#034;d&#233;nonce&#034; avec une grande vigueur certains projets anglais et am&#233;ricains visant &#224; faire des pays d'Europe occidentale, et de la France en particulier, une &#034;t&#234;te de pont&#034; de l'Angleterre et des Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#034;politique&#034; ext&#233;rieure de Magnien a de quoi satisfaire les aspirations les plus profondes du petit-bourgeois obtus : opprimer soi-m&#234;me au nom de la &#034;Justice&#034;, et crier &#224; l'injustice si LES MEMES exigences imp&#233;rialistes le touchent lui-m&#234;me. Car il est &#233;vident que l'occupation de l'Allemagne par les Anglo-Am&#233;ricains, avec ou sans la coop&#233;ration de la France, implique le contr&#244;le de la France. C'est uniquement en contr&#244;lant la France, la Belgique et la Hollande que les Anglo-Am&#233;ricains peuvent &#233;tablir politiquement et techniquement leur contr&#244;le sur l'Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, le capitalisme &#224; son stade imp&#233;rialiste a non seulement s&#233;par&#233; le monde en pays exploiteurs et pays exploit&#233;s (peuples coloniaux, etc...), mais aussi a soumis les imp&#233;rialistes plus faibles (Hollande, Belgique, Italie, France, etc...) &#224; la puissance imp&#233;rialiste mondiale que sont les Etats-Unis. Et Magnien lui-m&#234;me le reconna&#238;t quand il &#233;crit : &#034;on sait qu'elle-m&#234;me (l'Angleterre, qui doit contr&#244;ler l'Occident europ&#233;en) sera dans une certaine mesure dans la d&#233;pendance de l'Am&#233;rique&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, la grande question agit&#233;e par la presse patriote, c'est le droit pour la France de d&#233;cider avec les alli&#233;s dans les n&#233;gociations de paix. A cela on r&#233;pond : &#034;ayez une force mat&#233;rielle &#224; la hauteur de vos revendications, et apr&#232;s nous verrons...&#034; Ainsi, la R&#233;sistance nous avait tromp&#233;s quand elle pr&#233;tendait qu'en &#034;se lib&#233;rant elle-m&#234;me&#034; la France acqu&#233;rait des droits et retrouverait une place pr&#233;dominante dans le camp alli&#233;. Cela n'&#233;tait qu'un d&#233;but. Le pays appauvri, ruin&#233;, saign&#233; par cinq ann&#233;es de guerre aura une place non pas en raison des sacrifices apport&#233;s &#224; la cause alli&#233;e, mais &#034;SUIVANT LE RAPPORT DE FORCES&#034; (L&#233;nine), comme cela se passe entre brigands pour partager le butin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et voil&#224; pourquoi &#224; nouveau du sang doit &#234;tre vers&#233; non seulement en Europe, mais aussi en Extr&#234;me-Orient et partout o&#249; l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais voudra imposer ses &#034;droits&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est donc qu'en s'arrachant aux combinaisons imp&#233;rialistes, ce n'est qu'en renon&#231;ant &#224; se faire l'instrument de la politique imp&#233;rialiste, ce n'est qu'en renon&#231;ant &#224; vouloir opprimer d'autres peuples, que la classe ouvri&#232;re arrachera la France &#224; de telles combinaisons et aux maux qui s'en suivent. Si la France doit occuper un jour une place d'honneur dans la grande famille des nations du globe, ce n'est plus en tant que puissance imp&#233;rialiste, mais par la contribution importante qu'elle aura apport&#233;e &#224; la lib&#233;ration d&#233;finitive du genre humain, &#224; l'&#233;tablissement de la soci&#233;t&#233; socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'alliance avec les imp&#233;rialistes, substituons l'alliance entre tous les opprim&#233;s : A BAS LES SOCIAL-IMPERIALISTES ! VIVENT LES ETATS-UNIS SOCIALISTES D'EUROPE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POUR UNE VERITABLE DEMOCRATIE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'Humanit&#233; du 7/9 Marty avoue : La 5&#232;me colonne est enti&#232;rement ma&#238;tresse des postes d&#233;cisifs en Afrique du Nord... La 5&#232;me colonne est en majorit&#233; dans tous les postes dirigeants de la production industrielle et agricole, des transports par mer et par terre, des administrations. Elle influence m&#234;me l'arm&#233;e et la marine. Elle se renforce journellement&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 9/9 Marty d&#233;clare : &#034;nous ne voulons pas voir ici ce qui se passe en Corse, o&#249;, un an apr&#232;s la lib&#233;ration du territoire, rien ne s'est am&#233;lior&#233; dans aucun domaine&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il s'adresse au gouvernement &#8211; le m&#234;me, celui de De Gaulle &#8211; avec cette demande : &#034;l'&#233;puration doit &#234;tre men&#233;e sans faiblesse ici, &#224; Paris, et sans attendre. Demain, il serait trop tard&#034; (l'Humanit&#233;, 7/9).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant &#224; Paris et dans la M&#233;tropole :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#186; L'&#034;&#233;puration&#034;, du ressort des cours de justice bourgeoises, n'a aucun caract&#232;re de r&#233;pression vis-&#224;-vis des capitalistes. Mais par ailleurs L'AMNISTIE N'EST PAS ACCORDEE POUR LES DELITS DE 1939-1940 qui marquent encore, pour la justice, seule l&#233;gale, de la bourgeoisie, des dizaines de milliers de travailleurs communistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#186; TOUS les leviers de commande &#233;conomiques (donc politiques) restent aux mains des capitalistes. La situation des masses travailleuses d&#233;pend enti&#232;rement de leurs d&#233;cisions. Les &#034;nationalisations&#034; ne sont qu'une phrase.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#186; L'&#233;tat de si&#232;ge est maintenu et confirm&#233;. En cons&#233;quence L'AUTORITE MILITAIRE d&#233;cide en fait du droit de presse et de r&#233;union. La censure subsiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&#186; La loi du 18 avril 1938 interdisant le port d'armes aux citoyens est confirm&#233;e. Cette mesure n'est pas dirig&#233;e contre les fascistes, mais contre les ouvriers, car :&lt;br class='autobr' /&gt;
a) des attaques &#224; main arm&#233;e contre les mairies de gauche des XVII&#232;me et XIX&#232;me arrondissements, et des tentatives de d&#233;sarmement des FTP ont &#233;t&#233; dirig&#233;es par les forces officielles de l'ordre, police, garde-mobile (l'Humanit&#233;, 15/9).&lt;br class='autobr' /&gt;
b) des troupes d'assaut sp&#233;ciales sont mises sur pied contre les organisations ouvri&#232;res (l'Humanit&#233; 15/9) sans que le gouvernement s'en &#233;meuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, tandis que l'Humanit&#233; envoie les travailleurs mourir pour les capitalistes sur les champs de bataille, la bourgeoisie pr&#233;pare son attaque contre la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DRESSONS NOS MILICES OUVRIERES D'USINE ET DE QUARTIER CONTRE LES TENTATIVES DE LA BOURGEOISIE. ARMONS-NOUS ! AYONS NOS PROPRES DEPOTS D'ARMES ! Forgeons le front unique prol&#233;tarien pour la d&#233;fense des exploit&#233;s, pour la conqu&#234;te de la v&#233;ritable libert&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A BAS LA CENSURE ! A BAS L'ETAT DE SIEGE ! A BAS LES COURS MARTIALES ANTI-PROLETARIENNES ! A BAS LES DECRETS-LOIS SCELERATS DE 1938-1940 !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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