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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;
Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.fr/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>Pourquoi Staline a-t-il vaincu</title>
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		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;LE THERMIDOR SOVIETIQUE &lt;br class='autobr' /&gt;
POURQUOI STALINE A-T-IL VAINCU ? &lt;br class='autobr' /&gt;
L'historien de l'U.R.S.S. ne pourra pas manquer de conclure que la politique de la bureaucratie dirigeante a &#233;t&#233;, dans les grandes questions, contradictoire et faite d'une s&#233;rie de zigzags. L'explication ou la justification de ces zigzags par le &#034;changement des circonstances&#034; est visiblement inconsistante. Gouverner c'est, dans une certaine mesure tout au moins, pr&#233;voir. La fraction Staline n'a pas pr&#233;vu le moins du monde les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;LE THERMIDOR SOVIETIQUE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POURQUOI STALINE A-T-IL VAINCU ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'historien de l'U.R.S.S. ne pourra pas manquer de conclure que la politique de la bureaucratie dirigeante a &#233;t&#233;, dans les grandes questions, contradictoire et faite d'une s&#233;rie de zigzags.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'explication ou la justification de ces zigzags par le &#034;changement des circonstances&#034; est visiblement inconsistante. Gouverner c'est, dans une certaine mesure tout au moins, pr&#233;voir. La fraction Staline n'a pas pr&#233;vu le moins du monde les in&#233;vitables r&#233;sultats du d&#233;veloppement qui l'ont accabl&#233;e &#224; plusieurs reprises. Elle a r&#233;agi par des r&#233;flexes administratifs, cr&#233;ant apr&#232;s coup la th&#233;orie de ses tournants, sans se soucier de ce qu'elle enseignait la veille. Les faits et les documents incontestables obligeront aussi l'historien &#224; conclure que l'opposition de gauche a donn&#233; une analyse infiniment plus juste des &#233;volutions en cours dans le pays et a pr&#233;vu beaucoup mieux leur cours ult&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette affirmation para&#238;t &#224; premi&#232;re vue en contradiction avec le simple fait que la fraction du parti la moins capable de pr&#233;voir remporta d'incessantes victoires, tandis que le groupe plus perspicace alla de d&#233;faite en d&#233;faite. Cette objection, qui se pr&#233;sente d'elle-m&#234;me &#224; l'esprit, n'est convaincante que pour celui qui, appliquant la pens&#233;e rationnelle &#224; la politique, n'y voit qu'un d&#233;bat logique ou une partie d'&#233;checs. Or la lutte politique est au fond celle des int&#233;r&#234;ts et des forces, non des arguments. Les qualit&#233;s des dirigeants n'y sont nullement indiff&#233;rentes &#224; l'issue des combats, mais elles n'en sont pas le seul facteur ni le facteur d&#233;cisif. Les camps adverses exigent d'ailleurs chacun des chefs &#224; leur image.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la r&#233;volution de F&#233;vrier a port&#233; au pouvoir Kerensky et Tseretelli, ce n'est pas qu'ils aient &#233;t&#233; &#034;plus intelligents&#034; ou &#034;plus habiles&#034; que la camarilla gouvernante du tsar, c'est qu'ils repr&#233;sentaient, temporairement tout au moins, les masses populaires r&#233;volutionnaires dress&#233;es contre l'ancien r&#233;gime. Si Kerensky a pu contraindre L&#233;nine &#224; l'ill&#233;galit&#233; et jeter en prison d'autres leaders bolcheviques, ce n'est pas que ses qualit&#233;s personnelles lui aient donn&#233; sur eux la sup&#233;riorit&#233;, c'est que la majorit&#233; des ouvriers et des soldats suivaient encore en ces journ&#233;es la petite bourgeoisie patriote. La &#034;sup&#233;riorit&#233;&#034; personnelle de Kerensky, si ce mot n'est pas d&#233;plac&#233;, &#233;tait pr&#233;cis&#233;ment de ne pas voir plus loin que la grande majorit&#233;. Les bolcheviks vainquirent &#224; leur tour la d&#233;mocratie petite-bourgeoise, non gr&#226;ce &#224; la pr&#233;cellence de leurs chefs, mais gr&#226;ce &#224; un regroupement des forces, le prol&#233;tariat ayant enfin r&#233;ussi &#224; entra&#238;ner contre la bourgeoisie la paysannerie m&#233;contente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La continuit&#233; des &#233;tapes de la grande R&#233;volution fran&#231;aise, &#224; sa mont&#233;e comme &#224; son d&#233;clin, montre de fa&#231;on tout aussi convaincante que la force des &#034;chefs&#034; et des &#034;h&#233;ros&#034; consistait avant tout dans leur accord avec le caract&#232;re des classes et des couches sociales qui les appuyaient ; cette correspondance seule, et non des sup&#233;riorit&#233;s absolues, permit &#224; chacun d'entre eux de marquer de sa personnalit&#233; une certaine p&#233;riode historique. Il y a dans la succession au pouvoir des Mirabeau, Brissot, Robespierre, Barras, Bonaparte, une l&#233;gitimit&#233; objective infiniment plus puissante que les traits particuliers des protagonistes historiques eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait suffisamment que toutes les r&#233;volutions ont jusqu'ici suscit&#233; apr&#232;s elles des r&#233;actions et m&#234;me des contre-r&#233;volutions qui, il est vrai, n'ont jamais r&#233;ussi &#224; ramener la nation jusqu'&#224; son point de d&#233;part, tout en lui ravissant toujours la part du lion de ses conqu&#234;tes. En r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, les pionniers, les initiateurs, les meneurs qui s'&#233;taient trouv&#233;s &#224; la t&#234;te des masses dans la premi&#232;re p&#233;riode sont les victimes de la premi&#232;re vague de r&#233;action, tandis qu'on voit appara&#238;tre au premier plan des hommes du second plan unis aux ennemis d'hier de la r&#233;volution. Les duels dramatiques des grands premiers r&#244;les sur la sc&#232;ne politique masquent des glissements dans les rapports entre les classes et, ce qui n'est pas moins important, de profonds changements dans la psychologie des masses, r&#233;volutionnaires la veille encore...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;pondant a de nombreux camarades qui demandaient avec &#233;tonnement ce qu'&#233;tait devenue l'activit&#233; du parti bolchevique et de la classe ouvri&#232;re, leur initiative r&#233;volutionnaire, leur fiert&#233; pl&#233;b&#233;ienne, d'o&#249; surgissait, &#224; la place de ces qualit&#233;s, tant de vilenie, de l&#226;chet&#233;, de pusillanimit&#233; et d'arrivisme, Rakovsky &#233;voquait les p&#233;rip&#233;ties de la R&#233;volution fran&#231;aise du XVIIIe si&#232;cle et l'exemple de Babeuf qui, sortant de la prison de l'Abbaye, se demandait lui aussi avec stupeur ce qu'&#233;tait devenu le peuple h&#233;ro&#239;que des faubourgs de Paris. La r&#233;volution est une grande d&#233;voreuse d'&#233;nergies individuelles et collectives. Les nerfs n'y tiennent pas, les consciences fl&#233;chissent, les caract&#232;res s'usent. Les &#233;v&#233;nements vont trop vite pour que l'afflux de forces nouvelles puisse compenser les d&#233;perditions. La famine, le ch&#244;mage, la perte des cadres de la r&#233;volution, l'&#233;limination des masses des postes dirigeants avaient amen&#233; une telle an&#233;mie physique et morale des faubourgs qu'il leur fallut plus de trente ans pour se lever de nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affirmation axiomatique des publicistes sovi&#233;tiques, selon laquelle les lois des r&#233;volutions bourgeoises sont &#034;inapplicables&#034; &#224; la r&#233;volution prol&#233;tarienne, est d&#233;pourvue de tout contenu scientifique. Le caract&#232;re prol&#233;tarien de la r&#233;volution d'Octobre r&#233;sulte de la situation mondiale et d'un certain rapport des forces &#224; l'int&#233;rieur. Mais les classes elles-m&#234;mes, en Russie, s'&#233;taient form&#233;es au sein de la barbarie tsariste et d'un capitalisme arri&#233;r&#233;, et n'avaient pas &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;es sur commande &#224; la r&#233;volution socialiste. Bien au contraire : c'est pr&#233;cis&#233;ment parce que le prol&#233;tariat russe, encore arri&#233;r&#233; &#224; bien des &#233;gards, avait fait en quelques mois le saut, sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire, d'une monarchie semi-f&#233;odale &#224; la dictature socialiste, que la r&#233;action devait in&#233;luctablement faire valoir ses droits dans ses propres rangs. Elle grandit au cours des guerres qui suivirent. Les conditions ext&#233;rieures et les &#233;v&#233;nements la nourrirent sans arr&#234;t. Une intervention suivait l'autre. Les pays d'Occident ne donnaient pas d'aide directe. Au lieu du bien-&#234;tre attendu, le pays vit la mis&#232;re s'installer chez lui pour longtemps. Les repr&#233;sentants les plus remarquables de la classe ouvri&#232;re avaient p&#233;ri dans la guerre civile ou, s'&#233;levant de quelques degr&#233;s, s'&#233;taient d&#233;tach&#233;s des masses. Ainsi survint, apr&#232;s une tension prodigieuse des forces, des esp&#233;rances et des illusions, une longue p&#233;riode de fatigue, de d&#233;pression et de d&#233;sillusion. Le reflux de la &#034;fiert&#233; pl&#233;b&#233;ienne&#034; eut pour suite un afflux d'arrivisme et de pusillanimit&#233;. Ces mar&#233;es port&#232;rent au pouvoir une nouvelle couche de dirigeants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mobilisation d'une arm&#233;e rouge de cinq millions d'hommes devait jouer dans la formation de la bureaucratie un r&#244;le consid&#233;rable. Les commandants victorieux prirent les postes importants dans les soviets locaux, dans la production, dans les &#233;coles, et ce fut pour apporter partout, obstin&#233;ment, le r&#233;gime qui leur avait fait gagner la guerre civile. Les masses furent partout peu &#224; peu &#233;limin&#233;es de la participation effective au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ph&#233;nom&#232;ne au sein du prol&#233;tariat fit na&#238;tre de grandes esp&#233;rances et une grande assurance dans la petite bourgeoisie des villes et des campagnes qui, appel&#233;e par la Nep &#224; une vie nouvelle, s'enhardissait de plus en plus. La jeune bureaucratie, form&#233;e au d&#233;but pour servir le prol&#233;tariat, se sentit l'arbitre entre les classes. Elle fut de mois en mois plus autonome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation internationale agissait puissamment dans le m&#234;me sens. La bureaucratie sovi&#233;tique gagnait en assurance au fur et &#224; mesure que la classe ouvri&#232;re internationale subissait de plus lourdes d&#233;faites. Entre ces deux faits, la relation n'est pas seulement chronologique, elle est causale et r&#233;ciproque : la direction bureaucratique du mouvement contribuait aux d&#233;faites ; les d&#233;faites affermissaient la bureaucratie. La d&#233;faite de l'insurrection bulgare et la retraite sans gloire des ouvriers allemands en 1923. l'&#233;chec d'une tentative de soul&#232;vement en Esthonie en 1924, la perfide liquidation de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en Angleterre et la conduite indigne des communistes polonais lors du coup de force de Pilsudsky en 1926, l'effroyable d&#233;faite de la R&#233;volution chinoise en 1927, les d&#233;faites plus graves encore qui suivirent en Allemagne et en Autriche &#8212; telles sont les catastrophes historiques qui ont ruin&#233; la confiance des masses en la r&#233;volution mondiale et permis &#224; la bureaucratie sovi&#233;tique de s'&#233;lever de plus en plus haut comme un phare indiquant la voie du salut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les causes des d&#233;faites du prol&#233;tariat mondial au cours des treize derni&#232;res ann&#233;es, l'auteur se voit contraint de se r&#233;f&#233;rer &#224; ses ouvrages pr&#233;c&#233;dents, dans lesquels il s'est efforc&#233; de faire ressortir le r&#244;le funeste qu'ont jou&#233;, dans le mouvement r&#233;volutionnaire de tous les pays, les dirigeants conservateurs du Kremlin. Ce qui nous int&#233;resse surtout ici, c'est le fait &#233;difiant et incontestable que les d&#233;faites continues de la r&#233;volution en Europe et en Asie, tout en affaiblissant la situation internationale de l'U.R.S.S., ont extraordinairement affermi la bureaucratie sovi&#233;tique. Deux dates surtout sont m&#233;morables dans cette s&#233;rie historique. Dans la seconde moiti&#233; de 1923, l'attention des ouvriers sovi&#233;tiques se concentra avec passion sur l'Allemagne o&#249; le prol&#233;tariat paraissait avancer la main vers le pouvoir ; la retraite panique du Parti communiste allemand fut pour les masses ouvri&#232;res de l'U.R.S.S. une p&#233;nible d&#233;ception. La bureaucratie sovi&#233;tique d&#233;clencha aussit&#244;t sa campagne contre la &#034;r&#233;volution permanente&#034; et infligea &#224; l'opposition de gauche sa premi&#232;re cruelle d&#233;faite. En 1926-27 la population de l'U.R.S.S. eut un nouvel afflux d'espoir ; tous les regards se port&#232;rent cette fois sur l'Orient o&#249; se d&#233;roulait le drame de la R&#233;volution chinoise. L'opposition de gauche se remit de ses revers et recruta de nouveaux militants. A la fin de 1927, la R&#233;volution chinoise fut torpill&#233;e par le bourreau Tchang Kai-chek auquel les dirigeants de l'Internationale communiste avaient litt&#233;ralement livr&#233; les ouvriers et les paysans chinois. Une vague glac&#233;e de d&#233;senchantement passa sur les masses de l'U.R.S.S. Apr&#232;s une campagne fr&#233;n&#233;tique dans la presse et les r&#233;unions, la bureaucratie se d&#233;cida enfin &#224; proc&#233;der &#224; des arrestations en masse d'opposants (1928).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des dizaines de milliers de militants r&#233;volutionnaires s'&#233;taient, il est vrai, rassembl&#233;s sous le drapeau des bolcheviks-l&#233;ninistes. Les ouvriers consid&#233;raient l'opposition avec une sympathie certaine. Mais une sympathie qui restait passive, car on ne croyait d&#233;j&#224; plus pouvoir modifier la situation en luttant. Or la bureaucratie affirmait : &#034;L'opposition se pr&#233;pare &#224; nous jeter dans une guerre r&#233;volutionnaire pour la r&#233;volution internationale. Assez de bouleversements ! Nous avons m&#233;rit&#233; quelque repos. Nous b&#226;tirons chez nous la soci&#233;t&#233; socialiste. Comptez sur nous qui sommes vos chefs !&#034; Cette propagande du repos, cimentant le bloc des fonctionnaires et des militaires, trouvait &#224; n'en pas douter un &#233;cho chez les ouvriers fatigu&#233;s, et plus encore dans les masses paysannes. On se demandait si l'opposition n'&#233;tait pas dispos&#233;e &#224; sacrifier les int&#233;r&#234;ts de l'U.R.S.S. &#224; la &#034;r&#233;volution permanente&#034;. En fait, c'&#233;taient les int&#233;r&#234;ts vitaux de l'U.R.S.S. qui &#233;taient en jeu. En dix ans, la politique erron&#233;e de l'Internationale communiste avait assur&#233; la victoire de Hitler en Allemagne, c'est-&#224;-dire un grave danger de guerre &#224; l'ouest ; une politique non moins erron&#233;e fortifiait l'imp&#233;rialisme japonais et rapprochait au plus haut point le danger &#224; l'est. Mais les p&#233;riodes de r&#233;action sont surtout caract&#233;ris&#233;es par le manque de courage intellectuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition se trouva isol&#233;e. La bureaucratie battait le fer tant qu'il &#233;tait chaud. Exploitant le d&#233;sarroi et la passivit&#233; des travailleurs, dressant les plus arri&#233;r&#233;s contre les plus avanc&#233;s, s'appuyant toujours plus hardiment sur le koulak et de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale sur l'alli&#233; petit-bourgeois, la bureaucratie r&#233;ussit &#224; triompher en quelques ann&#233;es de l'avant-garde r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il serait na&#239;f de croire que Staline, inconnu des masses, sortit tout &#224; coup des coulisses arm&#233; d'un plan strat&#233;gique tout fait. Non. Avant qu'il n'ait lui-m&#234;me entrevu sa voie, la bureaucratie l'avait choisi. Il lui donnait toutes les garanties d&#233;sirables : le prestige d'un vieux-bolchevik, un caract&#232;re ferme, un esprit &#233;troit, une liaison indissoluble avec les bureaux, seule source de son influence personnelle. Staline fut au d&#233;but surpris lui-m&#234;me par son succ&#232;s. C'&#233;tait l'approbation unanime d'une nouvelle couche dirigeante qui cherchait &#224; s'affranchir des vieux principes comme du contr&#244;le des masses et qui avait besoin d'un arbitre s&#251;r dans ses affaires int&#233;rieures. Figure de second plan pour les masses et la r&#233;volution, Staline se r&#233;v&#233;la le chef incontest&#233; de la bureaucratie thermidorienne, le premier d'entre les thermidoriens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il apparut bient&#244;t que la nouvelle couche dirigeante avait ses id&#233;es, ses sentiments et, ce qui importe davantage, ses int&#233;r&#234;ts propres. La tr&#232;s grande majorit&#233; des bureaucrates de la g&#233;n&#233;ration actuelle &#233;taient, pendant la r&#233;volution d'Octobre, de l'autre c&#244;t&#233; de la barricade (c'est le cas, pour ne consid&#233;rer que les diplomates sovi&#233;tiques, de MM. Troyanovski, Mayski, Potemkine, Souritz, Khintchouk et autres...) ou, dans le meilleur des cas, &#224; l'&#233;cart de la lutte. Ceux d'entre les bureaucrates d'aujourd'hui qui, aux jours d'Octobre, &#233;taient avec les bolcheviks, n'avaient pas, pour la plupart, de r&#244;le tant soit peu important. Quant aux jeunes bureaucrates, ils sont form&#233;s et s&#233;lectionn&#233;s par les vieux et souvent dans leur propre prog&#233;niture. Ces hommes n'auraient pas fait la r&#233;volution d'Octobre. Ils se trouv&#232;rent les mieux adapt&#233;s pour l'exploiter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les facteurs individuels n'ont pas &#233;t&#233;, naturellement, sans influence dans cette succession de chapitres historiques. Il est certain que la maladie et la mort de L&#233;nine ont h&#226;t&#233; le d&#233;nouement. Si L&#233;nine avait v&#233;cu plus longtemps, l'avance de la puissance bureaucratique e&#251;t &#233;t&#233; plus lente, tout au moins dans les premi&#232;res ann&#233;es. Mais, d&#232;s 1926, Kroupska&#239;a disait &#224; des opposants de gauche : &#034;Si L&#233;nine &#233;tait vivant, il serait certainement en prison.&#034; Les pr&#233;visions et les appr&#233;hensions de L&#233;nine &#233;taient encore fra&#238;ches dans sa m&#233;moire et elle ne se faisait pas d'illusions sur sa puissance &#224; s'opposer aux vents et aux courants contraires de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bureaucratie n'a pas vaincu la seule opposition de gauche, elle a aussi vaincu le parti bolchevique. Elle a vaincu le programme de L&#233;nine, qui voyait le danger principal dans la transformation des organes de l'Etat &#034;de serviteurs de la soci&#233;t&#233; en ma&#238;tres de la soci&#233;t&#233;&#034;. Elle a vaincu tous ses adversaires &#8212; l'opposition, le parti de L&#233;nine &#8212; non &#224; l'aide d'arguments et d'id&#233;es, mais en les &#233;crasant sous son propre poids social. L'arri&#232;re-train plomb&#233; s'est trouv&#233; plus lourd que la t&#234;te de la r&#233;volution. Telle est l'explication du Thermidor sovi&#233;tique.&lt;br class='autobr' /&gt;
LA DEGENERESCENCE DU PARTI BOLCHEVIQUE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti bolchevique avait pr&#233;par&#233; et remport&#233; la victoire d'Octobre. Il avait b&#226;ti l'Etat sovi&#233;tique en lui donnant une ferme ossature. La d&#233;g&#233;n&#233;rescence du parti fut la cause et la cons&#233;quence de la bureaucratisation de l'Etat. Il importe de montrer tout au moins bri&#232;vement comment les choses se sont pass&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime int&#233;rieur du parti bolchevique est caract&#233;ris&#233; par les m&#233;thodes du centralisme d&#233;mocratique. L'union de ces deux notions n'implique aucune contradiction. Le parti veillait &#224; ce que ses fronti&#232;res fussent toujours strictement d&#233;limit&#233;es, mais il entendait que tous ceux qui p&#233;n&#233;traient &#224; l'int&#233;rieur de ces fronti&#232;res eussent r&#233;ellement le droit de d&#233;terminer l'orientation de sa politique. La libre critique et la lutte des id&#233;es formaient le contenu intangible de la d&#233;mocratie du parti. La doctrine actuelle, qui proclame l'incompatibilit&#233; du bolchevisme avec l'existence des fractions, est en d&#233;saccord avec les faits. C'est un mythe de la d&#233;cadence. L'histoire du bolchevisme est en r&#233;alit&#233; celle de la lutte des fractions. Et comment une organisation authentiquement r&#233;volutionnaire qui se donne pour but de retourner le monde et rassemble sous ses enseignes des n&#233;gateurs, des r&#233;volt&#233;s et des combattants de toute t&#233;m&#233;rit&#233;, pourrait-elle vivre et cro&#238;tre sans conflits id&#233;ologiques, sans groupements, sans formations fractionnelles temporaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La clairvoyance de la direction du parti r&#233;ussit maintes fois &#224; att&#233;nuer et &#224; abr&#233;ger les luttes fractionnelles, mais ne put faire davantage. Le comit&#233; central s'appuyait sur cette base effervescente, il y puisait la hardiesse de d&#233;cider et d'ordonner. La justesse manifeste de ses vues &#224; toutes les &#233;tapes critiques lui conf&#233;rait une haute autorit&#233;, pr&#233;cieux capital moral de la centralisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime du parti bolchevique, surtout avant la prise du pouvoir, &#233;tait donc aux antipodes de celui de l'Internationale communiste actuellement, avec ses &#034;chefs&#034; nomm&#233;s hi&#233;rarchiquement, ses tournants ex&#233;cut&#233;s sur commande, ses bureaux incontr&#244;l&#233;s, son d&#233;dain de la base, sa servilit&#233; envers le Kremlin. Dans les premi&#232;res ann&#233;es qui suivirent la prise du pouvoir, quand le parti commen&#231;ait &#224; se couvrir de la rouille bureaucratique, n'importe quel bolchevik, et Staline comme tout autre, e&#251;t trait&#233; d'inf&#226;me calomniateur quiconque e&#251;t projet&#233; sur l'&#233;cran l'image du parti tel qu'il devait devenir dix ou quinze ans plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine et ses collaborateurs eurent pour invariable premier souci de pr&#233;server les rangs du parti bolchevique des tares du pouvoir. Pourtant, l'&#233;troite connexion et quelquefois la fusion des organes du parti et de l'Etat port&#232;rent d&#232;s les premi&#232;res ann&#233;es un pr&#233;judice certain &#224; la libert&#233; et &#224; l'&#233;lasticit&#233; du r&#233;gime int&#233;rieur du parti. La d&#233;mocratie se r&#233;tr&#233;cissait au fur et &#224; mesure que croissaient les difficult&#233;s. Le parti voulut et esp&#233;ra d'abord conserver dans le cadre des soviets la libert&#233; des luttes politiques. La guerre civile apporta &#224; cet espoir un correctif s&#233;v&#232;re. Les partis d'opposition furent supprim&#233;s l'un apr&#232;s l'autre. Les chefs du bolchevisme voyaient dans ces mesures, en contradiction &#233;vidente avec l'esprit de la d&#233;mocratie sovi&#233;tique, non des d&#233;cisions de principe, mais des n&#233;cessites &#233;pisodiques de la d&#233;fense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rapide croissance du parti gouvernant, en pr&#233;sence de la nouveaut&#233; et de l'immensit&#233; des t&#226;ches, engendrait in&#233;vitablement des divergences de vues. Les courants d'opposition, sous-jacents dans le pays, exer&#231;aient de diverses fa&#231;ons leurs pressions sur le seul parti l&#233;gal, aggravant l'&#226;pret&#233; des luttes fractionnelles. Vers la fin de la guerre civile, cette lutte rev&#234;tit des formes si vives qu'elle mena&#231;a d'&#233;branler le pouvoir. En mars 1921, au moment du soul&#232;vement de Cronstadt, qui entra&#238;na pas mal de bolcheviks, le Xe congr&#232;s du parti se vit contraint de recourir &#224; l'interdiction des fractions, c'est-&#224;-dire d'&#233;tendre &#224; la vie int&#233;rieure du parti dirigeant le r&#233;gime politique de l'Etat. L'interdiction des fractions &#233;tait, r&#233;p&#233;tons-le, con&#231;ue comme une mesure exceptionnelle appel&#233;e &#224; tomber en d&#233;su&#233;tude d&#232;s la premi&#232;re am&#233;lioration s&#233;rieuse de la situation. Le comit&#233; central se montrait d'ailleurs extr&#234;mement circonspect dans l'application de la nouvelle loi, et surtout soucieux de ne pas &#233;touffer la vie int&#233;rieure du parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui n'avait &#233;t&#233; dans les intentions du d&#233;but que le tribut pay&#233; par n&#233;cessit&#233; &#224; de p&#233;nibles circonstances, se trouva fort du go&#251;t de la bureaucratie, qui se mettait &#224; consid&#233;rer la vie int&#233;rieure du parti sous l'angle exclusif de la commodit&#233; des gouvernants. D&#232;s 1922, sa sant&#233; s'&#233;tant momentan&#233;ment am&#233;lior&#233;e, L&#233;nine s'effraya de la croissance mena&#231;ante de la bureaucratie et pr&#233;para une offensive contre la fraction Staline, devenue le pivot de l'appareil du parti avant de s'emparer de celui de l'Etat. La seconde attaque du mal, puis la mort, ne lui donn&#232;rent pas la possibilit&#233; de mesurer ses forces &#224; celles de la r&#233;action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les efforts de Staline, avec lequel marchaient &#224; ce moment Zinoviev et Kamenev, tendirent d&#233;sormais &#224; lib&#233;rer l'appareil du parti du contr&#244;le des membres. Staline fut, dans cette lutte pour la &#034;stabilit&#233;&#034; du comit&#233; central, plus cons&#233;quent et plus ferme que ses alli&#233;s. Il n'avait pas &#224; se d&#233;tourner des probl&#232;mes internationaux dont il ne s'&#233;tait jamais occup&#233;. La mentalit&#233; petite-bourgeoise de la nouvelle couche dirigeante &#233;tait la sienne propre. Il croyait profond&#233;ment que la construction du socialisme &#233;tait d'ordre national et administratif. Il consid&#233;rait l'Internationale communiste comme un mal n&#233;cessaire dont il fallait, autant que faire se pouvait, tirer parti &#224; des fins de politique &#233;trang&#232;re. Le parti n'avait de prix &#224; ses yeux que comme la base ob&#233;issante des bureaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps que la th&#233;orie du socialisme dans un seul pays, une autre th&#233;orie fut formul&#233;e &#224; l'usage de la bureaucratie, selon laquelle, pour le bolchevisme, le comit&#233; central est tout, le parti rien. Cette seconde th&#233;orie fut en tout cas r&#233;alis&#233;e avec plus de succ&#232;s que la premi&#232;re. Mettant &#224; profit la mort de L&#233;nine, la bureaucratie commen&#231;a la campagne de recrutement dite de la &#034;promotion de L&#233;nine&#034;. Les portes du parti, jusqu'alors bien gard&#233;es, s'ouvrirent toutes grandes : les ouvriers, les employ&#233;s, les fonctionnaires s'y engouffr&#232;rent en masse. Politiquement, il s'agissait de r&#233;sorber l'avant-garde r&#233;volutionnaire dans un mat&#233;riel humain d&#233;pourvu d'exp&#233;rience et de personnalit&#233;, mais accoutum&#233; en revanche &#224; ob&#233;ir aux chefs. Ce dessein r&#233;ussit. En lib&#233;rant la bureaucratie du contr&#244;le de l'avant-garde prol&#233;tarienne, la &#034;promotion de L&#233;nine&#034; porta un coup mortel au parti de L&#233;nine. Les bureaux avaient conquis l'ind&#233;pendance qui leur &#233;tait n&#233;cessaire. Le centralisme d&#233;mocratique fit place au centralisme bureaucratique. Les services du parti furent radicalement remani&#233;s du haut en bas. L'ob&#233;issance devint la principale vertu du bolchevik. Sous le drapeau de la lutte contre l'opposition, on se mit &#224; remplacer les r&#233;volutionnaires par des fonctionnaires. L'histoire du parti bolchevique devint celle de sa prompte d&#233;g&#233;n&#233;rescence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La signification politique de la lutte en cours s'obscurcissait pour beaucoup du fait que les dirigeants des trois tendances, la droite, le centre et la gauche, appartenaient &#224; un seul &#233;tat-major, celui du Kremlin, le bureau politique : les esprits superficiels croyaient &#224; des rivalit&#233;s personnelles, &#224; la lutte pour la &#034;succession&#034; de L&#233;nine. Mais, sous une dictature de fer, les antagonismes sociaux ne pouvaient en r&#233;alit&#233; se manifester, au d&#233;but, qu'&#224; travers les institutions du parti gouvernant. Bien des thermidoriens sortirent du parti jacobin dont Bonaparte commen&#231;a par &#234;tre un des adh&#233;rents ; et ce fut parmi les anciens jacobins que le Premier consul et, par la suite, l'empereur des Fran&#231;ais trouva ses serviteurs les plus fid&#232;les. Les temps changent et les jacobins, y compris ceux du XXe si&#232;cle, changent avec les temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du bureau politique du temps de L&#233;nine, il ne reste que Staline : deux de ses membres, Zinoviev et Kamenev, qui furent pendant les longues ann&#233;es d'&#233;migration les collaborateurs les plus intimes de L&#233;nine, purgent, au moment o&#249; j'&#233;cris, une peine de dix ann&#233;es de r&#233;clusion pour un crime qu'ils n'ont pas commis ; trois autres, Rykov, Boukharine et Tomski sont tout &#224; fait &#233;cart&#233;s du pouvoir, bien qu'on ait r&#233;compens&#233; leur r&#233;signation en leur accordant des fonctions de second plan ; enfin, l'auteur de ces lignes est banni. La veuve de L&#233;nine, Kroupska&#239;a, est tenue en suspicion, n'ayant pas su, quels qu'aient &#233;t&#233; ses efforts dans ce sens, s'adapter &#224; Thermidor.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les membres actuels du bureau politique ont occup&#233; dans l'histoire du parti bolchevique des places secondaires. Si quelqu'un avait proph&#233;tis&#233; leur &#233;l&#233;vation dans les premi&#232;res ann&#233;es de la r&#233;volution, ils en eussent &#233;t&#233; stup&#233;faits eux-m&#234;mes. La r&#232;gle selon laquelle le bureau politique a toujours raison, et que personne ne saurait en tout cas avoir raison contre lui, n'en est appliqu&#233;e qu'avec plus de rigueur. Mais le bureau politique lui-m&#234;me ne saurait avoir raison contre Staline qui, ne pouvant se tromper, ne peut par cons&#233;quent avoir raison contre lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La revendication du retour du parti &#224; la d&#233;mocratie fut en son temps la plus obstin&#233;e et la plus d&#233;sesp&#233;r&#233;e des revendications de tous les groupements d'opposition. La plate-forme de l'opposition de gauche de 1927 exigeait l'introduction dans le code p&#233;nal d'un article &#034;punissant comme un crime grave contre l'Etat toute pers&#233;cution directe ou indirecte d'un ouvrier en raison de critiques qu'il aurait formul&#233;es...&#034; On trouva plus tard dans le code p&#233;nal un article &#224; appliquer &#224; l'opposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la d&#233;mocratie du parti, il ne reste que des souvenirs dans la m&#233;moire de la vieille g&#233;n&#233;ration. Avec elle, la d&#233;mocratie des soviets, des syndicats, des coop&#233;ratives, des organisations sportives et culturelles s'est &#233;vanouie. La hi&#233;rarchie des secr&#233;taires domine tout et tous. Le r&#233;gime avait acquis un caract&#232;re totalitaire plusieurs ann&#233;es avant que le terme ne nous vint d'Allemagne. &#034;A l'aide des m&#233;thodes d&#233;moralisantes qui transforment les communistes pensants en automates, tuent la volont&#233;, le caract&#232;re, la dignit&#233; humaine&#034;, &#233;crivait Rakovsky en 1928, &#034;la coterie gouvernante a su devenir une oligarchie inamovible et inviolable ; et elle s'est substitu&#233;e &#224; la classe et au parti.&#034; Depuis que ces lignes indign&#233;es ont et&#233; &#233;crites, la d&#233;g&#233;n&#233;rescence a fait d'immenses progr&#232;s. La Gu&#233;p&#233;ou est devenu le facteur d&#233;cisif de la vie int&#233;rieure du parti. Si Molotov a pu, en mars 1936, se f&#233;liciter devant un journaliste fran&#231;ais de ce que le parti gouvernant ne connaisse plus de luttes fractionnelles, c'est uniquement parce que les divergences de vues y sont d&#233;sormais r&#233;gl&#233;es par l'intervention m&#233;canique de la police politique. Le vieux parti bolchevique est mort, aucune force ne le ressuscitera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement &#224; la d&#233;g&#233;n&#233;rescence politique du parti s'accentuait la corruption d'une bureaucratie &#233;chappant &#224; tout contr&#244;le. Appliqu&#233; au gros fonctionnaire privil&#233;gi&#233;, le mot &#034;sovbour &#034; &#8212; bourgeois sovi&#233;tique &#8212; entra de bonne heure dans le vocabulaire ouvrier. Avec la Nep, les tendances bourgeoises b&#233;n&#233;fici&#232;rent d'un terrain plus favorable. L&#233;nine mettait en garde le XIe congr&#232;s du parti, en mars 1922, contre la corruption des milieux dirigeants. Il est plus d'une fois arriv&#233; dans l'histoire, disait-il, que le vainqueur ait adopt&#233; la civilisation du vaincu, si celle-ci &#233;tait sup&#233;rieure. La culture de la bourgeoisie et de la bureaucratie russes &#233;tait mis&#233;rable, sans doute. Mais, h&#233;las ! les nouvelles couches dirigeantes le c&#232;dent encore &#224; cette culture-l&#224;. &#034;Quatre mille sept cents communistes responsables dirigent &#224; Moscou la machine gouvernementale. Qui dirige et qui est dirig&#233; ? Je doute fort qu'on puisse dire que ce sont les communistes qui dirigent...&#034; L&#233;nine n'eut plus &#224; prendre la parole dans les congr&#232;s du parti. Mais toute sa pens&#233;e, dans les derniers mois de sa vie, fut tendue vers la n&#233;cessit&#233; de pr&#233;munir et d'armer les ouvriers contre l'oppression, l'arbitraire et la corruption bureaucratiques. Il ne lui avait &#233;t&#233; donn&#233; cependant que d'observer les premiers sympt&#244;mes du mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christian Rakovsky, l'ancien pr&#233;sident du Conseil des commissaires du peuple d'Ukraine, qui fut plus tard ambassadeur des Soviets &#224; Londres et &#224; Paris, se trouvant en d&#233;portation, envoya en 1928 &#224; ses amis une courte &#233;tude sur la bureaucratie &#224; laquelle nous avons d&#233;j&#224; emprunt&#233; quelques lignes plus haut, car elle reste ce qui a &#233;t&#233; &#233;crit de mieux sur ce sujet [1]. &#034;Dans l'esprit de L&#233;nine et dans tous nos esprits, &#233;crit Rakovsky, l'objet de la direction du parti &#233;tait pr&#233;cis&#233;ment de pr&#233;server le parti et la classe ouvri&#232;re de l'action dissolvante des privil&#232;ges, des avantages et des faveurs propres au pouvoir, de les pr&#233;server de tout rapprochement avec les restes de l'ancienne noblesse et de l'ancienne petite bourgeoisie, de l'influence d&#233;moralisante de la Nep, de la s&#233;duction des moeurs bourgeoises et de leur id&#233;ologie... Il faut dire franchement, nettement, bien haut, que cette t&#226;che, les bureaux du parti ne l'ont point remplie, qu'ils ont fait preuve dans leur double r&#244;le de pr&#233;servation et d'&#233;ducation d'une incapacit&#233; compl&#232;te, fait banqueroute, manqu&#233; au devoir...&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que Rakovsky, bris&#233; par la r&#233;pression bureaucratique, a par la suite reni&#233; ses critiques. Mais le septuag&#233;naire Galil&#233;e fut contraint, dans les tenailles de la Sainte Inquisition, d'abjurer le syst&#232;me de Copernic, ce qui n'emp&#234;cha pas la terre de tourner. Nous ne croyons pas &#224; l'abjuration du sexag&#233;naire Rakovsky, car il a lui-m&#234;me fait plus d'une fois l'analyse impitoyable d'abjurations de ce genre. Mais sa critique politique a trouv&#233; dans les faits objectifs une base beaucoup plus s&#251;re que dans la fermet&#233; subjective de son auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conqu&#234;te du pouvoir ne modifie pas seulement l'attitude du prol&#233;tariat envers les autres classes, elle change aussi sa structure int&#233;rieure. L'exercice du pouvoir devient la sp&#233;cialit&#233; d'un groupement social d&#233;termin&#233;, qui tend avec d'autant plus d'impatience &#224; trancher sa propre &#034;question sociale&#034; qu'il a une id&#233;e plus haute de sa mission. &#034;Dans l'Etat prol&#233;tarien, o&#249; l'accumulation capitaliste n'est pas permise aux membres du parti dirigeant, la diff&#233;renciation est d'abord fonctionnelle, puis elle devient sociale. Je ne dis pas qu'elle devienne une diff&#233;renciation de classe, je dis qu'elle devient une diff&#233;renciation sociale...&#034; Rakovsky explique : &#034;La position sociale du communiste qui a &#224; sa disposition une auto, un bon logement, des cong&#233;s r&#233;guliers et qui re&#231;oit le maximum d'appointements fix&#233; par le parti diff&#232;re de celle du communiste qui, travaillant dans les houill&#232;res, gagne de 50 &#224; 60 roubles par mois.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enum&#233;rant les causes de la d&#233;g&#233;n&#233;rescence des jacobins au pouvoir, l'enrichissement, les fournitures de l'Etat, etc., Rakovsky cite une curieuse remarque de Babeuf sur le r&#244;le jou&#233; dans cette &#233;volution par les femmes de la noblesse, tr&#232;s recherch&#233;es des jacobins. &#034;Que faites-vous, s'exclame Babeuf, l&#226;ches pl&#233;b&#233;iens ? Elles vous embrassent aujourd'hui, elles vous &#233;gorgeront demain.&#034; Le recensement des &#233;pouses des dirigeants, en U.R.S.S., donnerait un tableau analogue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sosnovsky, journaliste sovi&#233;tique connu, indiquait le r&#244;le du &#034;facteur auto-garage&#034; dans la formation de la bureaucratie. Il est vrai que, avec Rakovsky, Sosnovsky s'est repenti et est revenu de Sib&#233;rie. Les moeurs de la bureaucratie n'en ont pas &#233;t&#233; am&#233;lior&#233;es. Au contraire, le repentir d'un Sosnovsky prouve les progr&#232;s de la d&#233;moralisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vieux articles de Sosnovsky, qui passaient nagu&#232;re de mains en mains &#224; l'&#233;tat de manuscrits, contiennent pr&#233;cis&#233;ment d'inoubliables &#233;pisodes de la vie des nouveaux dirigeants montrant bien &#224; quel point les vainqueurs se sont assimil&#233; les moeurs des vaincus. Sans revenir aux ann&#233;es r&#233;volues &#8212; Sosnovsky ayant en 1934 troqu&#233; d&#233;finitivement son fouet contre une lyre &#8212;, bornons-nous &#224; des exemples r&#233;cents emprunt&#233;s &#224; la presse sovi&#233;tique, en choisissant non les &#034;abus&#034;, mais les faits ordinaires, officiellement admis par l'opinion publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le directeur d'une usine moscovite, communiste connu, se f&#233;licite dans la Pravda du d&#233;veloppement culturel de son entreprise. Un m&#233;canicien lui t&#233;l&#233;phone : &#034;M'ordonnez-vous d'arr&#234;ter le martin ou de patienter ?&#034; &#8212; &#034;Je r&#233;ponds, dit-il, attends un moment...&#034; Le m&#233;canicien lui parle avec d&#233;f&#233;rence, le directeur tutoie le m&#233;canicien. Et ce dialogue indigne, impossible dans un pays capitaliste civilis&#233;, le directeur le relate lui-m&#234;me comme tout &#224; fait banal ! La r&#233;daction n'y fait pas d'objections, ne remarquant rien ; les lecteurs ne protestent pas, ayant l'habitude. Ne nous &#233;tonnons pas non plus : aux audiences solennelles du Kremlin, les &#034;chefs&#034; et les commissaires du peuple tutoient leurs subordonn&#233;s, directeurs d'usines, pr&#233;sidents de kolkhozes, contrema&#238;tres et ouvri&#232;res invit&#233;s pour &#234;tre d&#233;cor&#233;s. Comment ne pas se rappeler que l'un des mots d'ordre r&#233;volutionnaires les plus populaires sous l'ancien r&#233;gime exigeait la fin du tutoiement des subordonn&#233;s par les chefs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etonnants par leur sans-g&#234;ne seigneurial, les dialogues des dirigeants du Kremlin avec le &#034;peuple&#034; attestent sans erreur possible qu'en d&#233;pit de la r&#233;volution d'Octobre, de la nationalisation des moyens de production, de la collectivisation et de la &#034;liquidation des koulaks en tant que classe&#034;, les rapports entre les hommes, et ce, tout au sommet de la pyramide sovi&#233;tique, loin de s'&#233;lever jusqu'au socialisme, n'acc&#232;dent pas encore sous bien des rapports au niveau du capitalisme cultiv&#233;. Un tr&#232;s grand pas en arri&#232;re a &#233;t&#233; fait dans cet important domaine au cours des derni&#232;res ann&#233;es, le Thermidor sovi&#233;tique qui a donn&#233; &#224; une bureaucratie peu cultiv&#233;e une ind&#233;pendance compl&#232;te, soustraite &#224; tout contr&#244;le, et aux masses la fameuse directive du silence et de l'ob&#233;issance, &#233;tant incontestablement la cause des r&#233;cidives de la vieille barbarie russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne songeons pas &#224; opposer &#224; l'abstraction dictature l'abstraction d&#233;mocratie pour peser leurs qualit&#233;s respectives sur les balances de la raison pure. Tout est relatif en ce monde ou il n'est de permanent que le changement. La dictature du parti bolchevique fut dans l'histoire l'un des instruments les plus puissants du progr&#232;s. Mais ici, comme dit le po&#232;te, Vernunft wird Unsinn, wohltat Plage[2]. L'interdiction des partis d'opposition entra&#238;na l'interdiction des fractions ; l'interdiction des fractions aboutit &#224; l'interdiction de penser autrement que le chef infaillible. Le monolithisme policier du parti eut pour cons&#233;quence l'impunit&#233; bureaucratique, qui devint &#224; son tour la cause de toutes les vari&#233;t&#233;s de d&#233;moralisation et de corruption.&lt;br class='autobr' /&gt;
LES CAUSES SOCIALES DE THERMIDOR&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons d&#233;fini le Thermidor sovi&#233;tique comme la victoire de la bureaucratie sur les masses. Nous avons essay&#233; de montrer les conditions historiques de cette victoire. L'avant-garde r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat fut en partie absorb&#233;e par les services de l'Etat et peu &#224; peu d&#233;moralis&#233;e, en partie d&#233;truite dans la guerre civile, en partie &#233;limin&#233;e et &#233;cras&#233;e. Les masses fatigu&#233;es et d&#233;&#231;ues n'avaient qu'indiff&#233;rence pour ce qui se passait dans les milieux dirigeants. Ces conditions, si importantes qu'elles soient, ne suffisent nullement &#224; nous expliquer comment la bureaucratie a r&#233;ussi &#224; s'&#233;lever au-dessus de la soci&#233;t&#233; et &#224; prendre pour longtemps en main les destin&#233;es de celle-ci ; sa seule volont&#233; e&#251;t &#233;t&#233; en tout cas insuffisante ; la formation d'une nouvelle couche dirigeante doit avoir des causes sociales plus profondes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lassitude des masses et la d&#233;moralisation des cadres ont aussi contribu&#233; au XVIIIe si&#232;cle &#224; la victoire des thermidoriens sur les jacobins. Mais un processus organique et historique plus profond s'accomplissait sous ces ph&#233;nom&#232;nes, en r&#233;alit&#233; secondaires. Les jacobins avaient leur appui dans les couches inf&#233;rieures de la petite bourgeoisie, soulev&#233;es par la puissante vague ; or la r&#233;volution du XVIIIe si&#232;cle, r&#233;pondant au d&#233;veloppement des forces productives, ne pouvait manquer d'amener enfin au pouvoir la grande bourgeoisie. Thermidor ne fut qu'une des &#233;tapes de cette &#233;volution in&#233;vitable. Quelle n&#233;cessit&#233; sociale s'exprime donc dans le Thermidor sovi&#233;tique ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons tent&#233; dans un chapitre pr&#233;c&#233;dent de donner une explication pr&#233;alable du triomphe du gendarme. Force nous est de continuer ici l'analyse des conditions du passage du capitalisme au socialisme et du r&#244;le qu'y joue l'Etat. Confrontons une fois de plus la pr&#233;vision th&#233;orique et la r&#233;alit&#233;. &#034;Il est encore n&#233;cessaire de contraindre la bourgeoisie&#034;, &#233;crivait L&#233;nine en 1917, traitant de la p&#233;riode qui devait suivre la conqu&#234;te du pouvoir, &#034;mais l'organe de la contrainte, c'est d&#233;j&#224; la majorit&#233; de la population et non plus la minorit&#233;, comme ce fut toujours le cas jusqu'&#224; pr&#233;sent... En ce sens, l'Etat commence &#224; d&#233;p&#233;rir.&#034; En quoi s'exprime son d&#233;p&#233;rissement ? D'abord en ce qu'au lieu &#034;d'institutions sp&#233;ciales appartenant &#224; la minorit&#233; privil&#233;gi&#233;e&#034; (fonctionnaires privil&#233;gi&#233;s, commandement de l'arm&#233;e permanente), la majorit&#233; peut elle-m&#234;me &#034;remplir&#034; les fonctions de coercition. L&#233;nine formule plus loin une th&#232;se indiscutable sous sa forme axiomatique : &#034;Plus les fonctions du pouvoir deviennent celles du peuple entier et moins ce pouvoir est n&#233;cessaire.&#034; L'abolition de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production &#233;limine la t&#226;che principale de l'Etat form&#233; par l'histoire : la d&#233;fense des privil&#232;ges de propri&#233;t&#233; de la minorit&#233; contre la tr&#232;s grande majorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;p&#233;rissement de l'Etat commence, d'apr&#232;s L&#233;nine, d&#232;s le lendemain de l'expropriation des expropriateurs, c'est-&#224;-dire avant que le nouveau r&#233;gime ait pu aborder ses t&#226;ches &#233;conomiques et culturelles. Chaque succ&#232;s dans l'accomplissement de ces t&#226;ches signifie une nouvelle &#233;tape de la r&#233;sorption de l'Etat dans la soci&#233;t&#233; socialiste. Le degr&#233; de cette r&#233;sorption est le meilleur indice de la profondeur et de l'efficacit&#233; de l'&#233;dification socialiste. On peut formuler le th&#233;or&#232;me sociologique suivant : la contrainte exerc&#233;e par les masses dans l'&#233;tat ouvrier est directement proportionelle aux forces tendant &#224; l'exploitation ou &#224; la restauration capitaliste et inversement proportionnelle &#224; la solidarit&#233; sociale et au d&#233;vouement commun au nouveau r&#233;gime. La bureaucratie &#8212; en d'autres termes, &#034;les fonctionnaires privil&#233;gi&#233;s et le commandement de l'arm&#233;e permanente&#034; &#8212; r&#233;pond &#224; une vari&#233;t&#233; particuli&#232;re de la contrainte que les masses ne peuvent pas ou ne veulent pas appliquer et qui s'exerce d'une fa&#231;on ou d'une autre contre elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les soviets d&#233;mocratiques avaient conserv&#233; jusqu'&#224; ce jour leur force et leur ind&#233;pendance, tout en demeurant tenus de recourir &#224; la coercition dans la m&#234;me mesure qu'au cours des premi&#232;res ann&#233;es, ce fait e&#251;t suffi &#224; nous inqui&#233;ter s&#233;rieusement. Quelle ne doit pas &#234;tre notre inqui&#233;tude en pr&#233;sence d'une situation o&#249; les soviets des masses ont d&#233;finitivement quitt&#233; la sc&#232;ne, c&#233;dant leurs fonctions coercitives &#224; Staline, Iagoda et Cie ! Et quelles fonctions coercitives ! Demandons-nous pour commencer quelle est la cause sociale de cette vitalit&#233; opini&#226;tre de l'Etat et par-dessus tout de sa &#034;gendarmisation&#034;. L'importance de cette question est par elle-m&#234;me &#233;vidente : selon la r&#233;ponse que nous lui donnerons, nous devrons ou r&#233;viser radicalement nos id&#233;es traditionnelles sur la soci&#233;t&#233; socialiste en g&#233;n&#233;ral ou repousser tout aussi radicalement les appr&#233;ciations officielles sur l'U.R.S.S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons dans un num&#233;ro r&#233;cent d'un journal de Moscou la caract&#233;ristique st&#233;r&#233;otyp&#233;e du r&#233;gime sovi&#233;tique actuel, l'une de ces caract&#233;ristiques que l'on r&#233;p&#232;te chaque jour et que les &#233;coliers apprennent par coeur. &#034;Les classes parasites des capitalistes, des propri&#233;taires fonciers et des paysans riches sont &#224; jamais liquid&#233;es en U.R.S.S. o&#249; l'on a de la sorte mis fin pour toujours &#224; l'exploitation de l'homme par l'homme. Toute l'&#233;conomie nationale est devenue socialiste et le mouvement Stakhanov grandissant pr&#233;pare les conditions du passage du socialisme au communisme.&#034; (Pravda, 4 avril 1936). La presse mondiale de l'Internationale communiste ne dit pas autre chose, comme de juste. Mais si l'on a mis fin &#034;pour toujours&#034; &#224; l'exploitation, si le pays est r&#233;ellement engag&#233; dans la voie du communisme, c'est-&#224;-dire dans la phase sup&#233;rieure, il ne reste &#224; la soci&#233;t&#233; qu'&#224; jeter bas, enfin, la camisole de force de l'Etat. Au lieu de quoi &#8212; et c'est l&#224; un contraste &#224; peine concevable ! &#8212; l'Etat sovi&#233;tique prend un aspect bureaucratique et totalitaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
On peut faire ressortir la m&#234;me contradiction fatale en &#233;voquant le sort du parti, La question se formule &#224; peu pr&#232;s ainsi : Pourquoi pouvait-on en 1917-21, quand les anciennes classes dominantes r&#233;sistaient encore les armes &#224; la main, quand les imp&#233;rialistes du monde entier les soutenaient effectivement, quand les koulaks arm&#233;s sabotaient la d&#233;fense et le ravitaillement du pays, discuter librement, sans crainte, dans le parti, de toutes les questions les plus graves de la politique ? Pourquoi ne peut-on pas maintenant, apr&#232;s la fin de l'intervention, la d&#233;faite des classes d'exploiteurs, les succ&#232;s incontestables de l'industrialisation, la collectivisation de la grande majorit&#233; des paysans, admettre la moindre critique &#224; l'adresse de dirigeants inamovibles ? Pourquoi tout bolchevik qui s'aviserait, conform&#233;ment aux statuts du parti, de r&#233;clamer la convocation d'un congr&#232;s serait-il aussit&#244;t exclu ? Tout citoyen qui &#233;mettrait tout haut des doutes sur l'infaillibilit&#233; de Staline serait aussit&#244;t trait&#233; &#224; peu pr&#232;s comme un comploteur terroriste. D'o&#249; vient cette terrible, cette monstrueuse, cette intol&#233;rable puissance de la r&#233;pression et de l'appareil policier ?&lt;br class='autobr' /&gt;
La th&#233;orie n'est pas une lettre de change que l'on puisse &#224; tout moment faire acquitter. Si elle s'est trouv&#233;e en d&#233;faut, il convient de la r&#233;viser ou de combler ses lacunes. D&#233;voilons les forces sociales r&#233;elles qui ont fait na&#238;tre la contradiction entre la r&#233;alit&#233; sovi&#233;tique et le marxisme traditionnel. On ne peut pas, en tout cas, errer dans les t&#233;n&#232;bres en r&#233;p&#233;tant les phrases rituelles, peut-&#234;tre utiles au prestige des chefs, mais qui soufflettent la r&#233;alit&#233; vivante. Nous le verrons &#224; l'instant gr&#226;ce &#224; un exemple convaincant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident du conseil des commissaires du peuple d&#233;clarait en janvier 1936 &#224; l'Ex&#233;cutif : &#034;L'&#233;conomie nationale est devenue socialiste (applaudissements). Sous ce rapport, nous avons r&#233;solu le probl&#232;me de la liquidation des classes (applaudissements)&#034;. Le pass&#233; nous laisse pourtant encore des &#034;&#233;l&#233;ments fonci&#232;rement hostiles&#034;, d&#233;bris des classes autrefois dominantes. On trouve en outre parmi les travailleurs des kolkhozes, les fonctionnaires de l'Etat, parfois m&#234;me parmi les ouvriers, de &#034;minuscules sp&#233;culateurs&#034;, des &#034;dilapidateurs des biens de l'Etat et des kolkhozes&#034;, des &#034;colporteurs de potins antisovi&#233;tiques&#034; etc. De l&#224; la n&#233;cessit&#233; d'affermir encore la dictature. Contrairement &#224; ce qu'attendait Engels, l'Etat ouvrier, au lieu de &#034;s'assoupir&#034; doit devenir de plus en plus vigilant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tableau peint par le chef de l'Etat sovi&#233;tique serait au plus haut point rassurant s'il ne rec&#233;lait une contradiction mortelle. Le socialisme s'est d&#233;finitivement install&#233; dans le pays : &#034;sous ce rapport&#034; les classes sont an&#233;anties (si elles le sont sous ce rapport, elles le sont aussi sous tout autre). Sans doute l'harmonie sociale est-elle &#231;&#224; et l&#224; troubl&#233;e par les scories et d&#233;bris du pass&#233;. On ne peut tout de m&#234;me pas penser que des gens dispers&#233;s, priv&#233;s de pouvoir et de propri&#233;t&#233;, r&#234;vant de la restauration du capitalisme, puissent avec de &#034;minuscules sp&#233;culateurs&#034; (ce ne sont pas m&#234;me des sp&#233;culateurs tout court !) renverser la soci&#233;t&#233; sans classes. Tout est, semble-t-il, pour le mieux. Mais encore une fois, pourquoi dans ce cas la dictature d'airain de la bureaucratie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#234;veurs r&#233;actionnaires disparaissent peu &#224; peu, il faut le croire. Des soviets archid&#233;mocratiques se chargeraient bien de &#034;minuscules sp&#233;culateurs&#034; et de &#034;cancaniers&#034;. &#034;Voyous ne sommes pas des utopistes&#034;, r&#233;pliquait L&#233;nine en 1917 aux th&#233;oriciens bourgeois et r&#233;formistes de l'Etat bureaucratique, &#034;nous ne contestons nullement la possibilit&#233; et l'in&#233;luctabilit&#233; d'exc&#232;s commis par des individus et aussi la n&#233;cessit&#233; de r&#233;primer ces exc&#232;s... Mais point n'est besoin &#224; cette fin d'un appareil sp&#233;cial de r&#233;pression ; le peuple arm&#233; y suffira avec autant d'aisance et de facilit&#233; qu'une foule civilis&#233;e s&#233;pare des hommes en train de se battre ou ne laisse pas insulter une femme.&#034; Ces paroles paraissent avoir &#233;t&#233; destin&#233;es &#224; r&#233;futer les consid&#233;rations de l'un des successeurs de L&#233;nine &#224; la t&#234;te de l'Etat. On &#233;tudie L&#233;nine dans les &#233;coles de l'U.R.S.S., mais visiblement pas au Conseil des commissaires du peuple. Ou bien la d&#233;cision pour laquelle un Molotov emploie sans y r&#233;fl&#233;chir les arguments contre lesquels Lenine dirigeait son arme ac&#233;r&#233;e ne s'expliquerait pas. Flagrante contradiction entre le fondateur et les &#233;pigones ! Alors que L&#233;nine tenait pour possible, sans appareil bureaucratique, la liquidation des classes d'exploiteurs, Molotov, pour justifier apr&#232;s la liquidation des classes l'&#233;touffement de toute initiative populaire par la machine bureaucratique, ne trouve rien de mieux que d'invoquer les &#034;d&#233;bris&#034; des classes liquid&#233;es !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il devient d'autant plus difficile de se nourrir de ces &#034;d&#233;bris&#034; que, de l'aveu des repr&#233;sentants autoris&#233;s de la bureaucratie, les ennemis de classe d'hier sont assimil&#233;s avec succ&#232;s par la soci&#233;t&#233; sovi&#233;tique. Postychev, l'un des secr&#233;taires du comit&#233; central, disait en avril 1936 au congr&#232;s des Jeunesses communistes : &#034;De nombreux saboteurs se sont sinc&#232;rement repentis... et ont rejoint les rangs du peuple sovi&#233;tique...&#034; Vu le succ&#232;s de la collectivisation, &#034;les enfants des koulaks ne doivent pas payer pour leurs parents&#034;. Ce n'est pas tout ; &#034;Le koulak lui-m&#234;me ne croit sans doute plus aujourd'hui pouvoir recouvrer sa situation d'exploiteur au village.&#034; Ce n&#8216;est pas sans raison que le gouvernement a commenc&#233; l'abolition des restrictions l&#233;gales r&#233;sultant des origines sociales ! Mais si les affirmations de Postychev, approuv&#233;es sans r&#233;serve par Molotov, ont un sens, ce ne peut &#234;tre que celui-ci : la bureaucratie est devenue un monstrueux anachronisme et la contrainte &#233;tatique n'a plus d'objet sur la terre des soviets. Ni Molotov ni Postychev n'admettent cependant cette conclusion rigoureusement logique. Ils pr&#233;f&#232;rent garder le pouvoir, f&#251;t-ce en se contredisant.&lt;br class='autobr' /&gt;
En r&#233;alit&#233;, ils ne peuvent pas y renoncer. En termes objectifs : la soci&#233;t&#233; sovi&#233;tique actuelle ne peut pas se passer de l'Etat, et m&#234;me &#8212; dans une certaine mesure &#8212; de la bureaucratie. Et ce ne sont pas les mis&#233;rables restes du pass&#233;, mais les puissantes tendances du pr&#233;sent qui cr&#233;ent cette situation. La justification de l'Etat sovi&#233;tique, consid&#233;r&#233; comme un m&#233;canisme de contrainte, c'est que la p&#233;riode transitoire actuelle est encore pleine de contradictions sociales qui, dans le domaine de la consommation &#8212; le plus familier et le plus sensible &#224; tout le monde &#8212; rev&#234;tent un caract&#232;re extr&#234;mement grave, mena&#231;ant &#224; tout moment de se faire jour dans le domaine de la production. La victoire du socialisme ne peut d&#232;s lors &#234;tre dite ni d&#233;finitive ni assur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autorit&#233; bureaucratique a pour base la pauvret&#233; en articles de consommation et la lutte contre tous qui en r&#233;sulte. Quand il y a assez de marchandises au magasin, les chalands peuvent venir &#224; tout moment. Quand il y a peu de marchandises, les acheteurs sont oblig&#233;s de faire la queue &#224; la porte. Sit&#244;t que la queue devient tr&#232;s longue, la pr&#233;sence d'un agent de police s'impose pour le maintien de l'ordre. Tel est le point de d&#233;part de la bureaucratie sovi&#233;tique. Elle &#034;sait&#034; &#224; qui donner et qui doit patienter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'am&#233;lioration de la situation mat&#233;rielle et culturelle devrait, &#224; premi&#232;re vue, amoindrir la n&#233;cessit&#233; des privil&#232;ges, r&#233;tr&#233;cir le domaine du &#034;droit bourgeois&#034; et par l&#224; m&#234;me d&#233;rober le sol sous les pieds de la bureaucratie, gardienne de ces droits. Mais c'est l'inverse qui s'est produit : l'accroissement des forces productives s'est accompagn&#233; jusqu'ici d'un d&#233;veloppement extr&#234;me de toutes les formes de l'in&#233;galit&#233; et des privil&#232;ges et aussi de la bureaucratie. Et ce n'est pas non plus sans raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime sovietique a incontestablement eu dans sa premi&#232;re p&#233;riode un caract&#232;re beaucoup plus &#233;galitaire et moins bureaucratique qu'aujourd'hui. Mais son &#233;galit&#233; &#233;tait celle de la mis&#232;re commune. Les ressources du pays &#233;taient si restreintes qu'elles ne permettaient pas de d&#233;tacher des masses des milieux tant soit peu privil&#233;gi&#233;s. Le salaire &#034;&#233;galitaire&#034;, en supprimant le stimulant individuel, devenait un obstacle au d&#233;veloppement des forces productives. L'&#233;conomie sovi&#233;tique devait sortir quelque peu de son indigence pour que l'accumulation de ces mati&#232;res grasses que sont les privil&#232;ges devint possible. L'&#233;tat actuel de la production est encore tr&#232;s loin d'assurer &#224; tous le n&#233;cessaire. Mais il permet d&#233;j&#224; d'accorder des avantages importants &#224; la minorit&#233; et de faire de l'in&#233;galit&#233; un aiguillon pour la majorit&#233;. Telle est la raison premi&#232;re pour laquelle l'accroissement de la production a jusqu'ici renforc&#233; les traits bourgeois et non socialistes de l'Etat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette raison n'est pas la seule. A c&#244;t&#233; du facteur &#233;conomique qui commande dans la phase pr&#233;sente de recourir aux m&#233;thodes capitalistes de r&#233;mun&#233;ration du travail, agit le facteur politique incarn&#233; par la bureaucratie elle-m&#234;me. De par sa nature, celle-ci cr&#233;e et d&#233;fend des privil&#232;ges. Elle surgit tout au d&#233;but comme l'organe bourgeois de la classe ouvri&#232;re. Etablissant et maintenant les privil&#232;ges de la minorit&#233;, elle s'attribue naturellement la meilleure part : celui qui distribue les biens ne s'est encore jamais les&#233;. Ainsi nait du besoin de la soci&#233;t&#233; un organe qui, d&#233;passant de beaucoup sa fonction sociale n&#233;cessaire, devient un facteur autonome et en m&#234;me temps la source de grands dangers pour tout l'organisme social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La signification du Thermidor sovi&#233;tique commence &#224; se pr&#233;ciser devant nous. La pauvret&#233; et l'inculture des masses se concr&#233;tisent de nouveau sous les formes mena&#231;antes du chef arm&#233; d'un puissant gourdin. Cong&#233;di&#233;e et fl&#233;trie autrefois, la bureaucratie est, de servante de la soci&#233;t&#233;, devenue ma&#238;tresse. En le devenant, elle s'est, socialement et moralement, &#233;loign&#233;e &#224; tel point des masses qu'elle ne peut plus admettre aucun contr&#244;le sur ses actes et sur ses revenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La peur, mystique au premier abord, de la bureaucratie en pr&#233;sence de &#034;minuscules sp&#233;culateurs, de gens sans scrupules et des cancaniers&#034; trouve l&#224; son explication naturelle. N'&#233;tant pas encore en mesure de satisfaire les besoins &#233;l&#233;mentaires de la population, l'&#233;conomie sovi&#233;tique engendre &#224; chaque pas des tendances &#224; la sp&#233;culation et &#224; la fraude int&#233;ress&#233;e. D'autre part, les privil&#232;ges de la nouvelle aristocratie incitent les masses &#224; pr&#234;ter l'oreille aux &#034;rumeurs antisovi&#233;tiques&#034;, c'est-&#224;-dire &#224; toute critique, serait-elle formul&#233;e &#224; mi-voix, des autorit&#233;s arbitraires et insatiables. Il ne s'agit donc pas des fant&#244;mes du pass&#233;, des restes de ce qui n'est plus, en un mot de la neige de l'an dernier, mais de nouvelles et puissantes tendances, sans cesse renaissantes, &#224; l'accumulation personnelle. Le premier afflux de bien-&#234;tre, fort modeste, a, pr&#233;cis&#233;ment &#224; cause de sa faiblesse, non affaibli mais fortifi&#233; ces tendances centrifuges. Les non-privil&#233;gi&#233;s cependant ont senti s'accro&#238;tre le sourd d&#233;sir de mod&#233;rer sans m&#233;nagement les app&#233;tits des nouveaux notables. La lutte sociale s'aggrave de nouveau. Telles sont les sources de la puissance de la bureaucratie. Ce sont aussi celles des p&#233;rils qui menacent cette puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Reproduite dans Les Bolcheviks contre Staline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] La raison devient folie, le bienfait tourment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/ical/ical.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/ical/ical.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6921&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6921&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qui est Jacob Blumkine ?</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article8915</link>
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		<dc:date>2026-07-16T22:48:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>Trotskisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Qui est Jacob Blumkine ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Neuf secr&#233;taires (c'est-&#224;-dire les collaborateurs les plus proches) de Trotsky ont &#233;t&#233; assassin&#233;s sur ordre de Staline : M. Glazman, G. Boutov, J. Blumkine, N.Sermuks, I. Poznansky, R. Klement, E. Wolf, L&#233;on S&#233;dov et Robert Sheldon Harte. &lt;br class='autobr' /&gt;
Lettre de Trotsky aux &#233;poux Rosmer : &lt;br class='autobr' /&gt;
Chers amis, &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le journal de Milioukov (les Derni&#232;res Nouvelles) du 29 d&#233;cembre, il y a le t&#233;l&#233;gramme suivant : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Blumkine est fusill&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cologne, 28 d&#233;cembre. &#8212; Le correspondant de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique81" rel="directory"&gt;4- Ce qu'est le socialisme et ce qu'il n'est pas&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot283" rel="tag"&gt;Trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qui est Jacob Blumkine ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Neuf secr&#233;taires (c'est-&#224;-dire les collaborateurs les plus proches) de Trotsky ont &#233;t&#233; assassin&#233;s sur ordre de Staline : M. Glazman, G. Boutov, J. Blumkine, N.Sermuks, I. Poznansky, R. Klement, E. Wolf, L&#233;on S&#233;dov et Robert Sheldon Harte.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lettre de Trotsky aux &#233;poux Rosmer :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Chers amis,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le journal de Milioukov (les Derni&#232;res Nouvelles) du 29 d&#233;cembre, il y a le t&#233;l&#233;gramme suivant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Blumkine est fusill&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cologne, 28 d&#233;cembre. &#8212; Le correspondant de Moscou du Journal de Cologne t&#233;l&#233;graphie : Ces jours-ci fut arr&#234;t&#233; sur l'ordre du Gu&#233;p&#233;ou le notoire Blumkine, le meurtrier de Mirbach. Blumkine fut accus&#233; d'entretenir des relations secr&#232;tes avec Trotsky. D'apr&#232;s la sentence du Gu&#233;p&#233;ou, Blumkine fut fusill&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette communication est-elle juste ? je n'en poss&#232;de pas une certitude absolue. Mais tout un encha&#238;nement de circonstances non seulement me permettent, mais me forcent &#224; croire qu'elle est juste. Pour m'exprimer plus exactement : int&#233;rieurement je n'ai aucun doute. Ce qui me manque, c'est une confirmation juridique de l'assassinat de Blumkine par Staline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous savez certainement que, quelque temps apr&#232;s l'insurrection arm&#233;e des socialistes r&#233;volutionnaires de gauche, Blumkine passait aux bolcheviks, prenait une part h&#233;ro&#239;que &#224; la guerre civile et puis travaillait assez longtemps dans mon secr&#233;tariat militaire. Plus tard il restait surtout au service du Gu&#233;p&#233;ou, mais aussi au service militaire et &#224; celui du parti. Il accomplissait dans divers pays des missions de la plus haute importance. Son d&#233;vouement &#224; la R&#233;volution d'octobre et au parti &#233;tait absolu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; la derni&#232;re heure, Blumkine accomplit le travail d'une fonction sovi&#233;tique tr&#232;s importante. Comment a-t-il pu s'y tenir en appartenant &#224; l'opposition ? Cela s'explique par le caract&#232;re de son travail ; celui-ci &#233;tait tout &#224; fait individuel. Blumkine n'avait pas ou presque pas affaire avec les noyaux communistes, la possibilit&#233; de participer &#224; la discussion des questions du parti, etc. Cela ne signifie pas qu'il cachait ses pens&#233;es. Au contraire. A Menjinsky et &#224; Trilisser, l'ancien chef de la section &#233;trang&#232;re du Gu&#233;p&#233;ou, Blumkine avait d&#233;clar&#233; que ses sympathies allaient &#224; l'opposition, mais que naturellement, comme tout autre oppositionnel, il &#233;tait tout &#224; fait pr&#234;t &#224; accomplir sa fonction importante au service de la R&#233;volution d'octobre. Menjinsky et Trilisser consid&#233;raient Blumkine comme irrempla&#231;able, et c'&#233;tait exact. Ils l'ont laiss&#233; &#224; sa besogne, qu'il a accomplie jusqu'au bout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blumkine m'a vraiment visit&#233; &#224; Constantinople. J'ai d&#233;j&#224; mentionn&#233; que Blumkine &#233;tait li&#233; avec moi par les liens &#233;troits du travail dans mon secr&#233;tariat. Il avait pr&#233;par&#233; en particulier un de mes volumes militaires (j'en parle dans la pr&#233;face de ce volume). Blumkine est venu &#224; Constantinople, chez moi, pour s'informer comment j'appr&#233;ciais la situation et pour v&#233;rifier qu'il agissait justement en restant au service du gouvernement qui d&#233;porte, bannit et emprisonne les camarades de sa tendance. Je lui ai r&#233;pondu naturellement qu'il agissait tout &#224; fait justement en accomplissant son devoir r&#233;volutionnaire &#8212; non envers le gouvernement de Staline, qui avait usurp&#233; les droits du parti, mais envers la r&#233;volution d'octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On vous a peut-&#234;tre cit&#233;, d'un des articles d'Iaroslavsky, une all&#233;gation concernant mon entretien pendant l'&#233;t&#233; avec un visiteur, &#224; qui j'aurais pr&#233;dit la perdition in&#233;vitable et proche du gouvernement sovi&#233;tique. Le sycophante mis&#233;rable ment, cela va de soi. Mais par un rapprochement de faits et de dates, je suis certain qu'il s'agit de mon entretien avec Blumkine. A sa question sur la possibilit&#233; de concilier son travail et son appartenance &#224; l'opposition, je lui dis, entre autres, que mon exil, comme l'emprisonnement d'autres camarades, ne changent pas notre ligne fondamentale ; qu'au moment du danger les oppositionnels seront aux postes avanc&#233;s ; qu'aux heures difficiles, Staline sera forc&#233; de leur faire appel, comme Ts&#233;r&#233;telli avait appel&#233; les bolcheviks contre Kornilov. En Liaison avec cela, j'ajoutai : &#171; Mais que ce ne soit pas trop tard. &#187; &#201;videmment Blumkine, apr&#232;s son arrestation, a expos&#233; cet entretien comme une d&#233;monstration des v&#233;ritables &#233;tats d'&#226;me et dispositions de l'opposition : il ne faut pas oublier que je suis exil&#233; sur l'accusation de pr&#233;parer la lutte arm&#233;e contre le pouvoir des Soviets !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Blumkine, je transmis &#224; Moscou pour nos amis une lettre d'information bas&#233;e sur les m&#234;mes id&#233;es que j'ai expos&#233;es dans une s&#233;rie d'articles publi&#233;s : la r&#233;pression des stalinistes contre nous ne signifie pas encore le changement du caract&#232;re de classe de l'&#201;tat, mais pr&#233;pare seulement et facilite un tel changement ; notre voie reste, comme par le pass&#233;, celle de la r&#233;forme et non celle de la r&#233;volution ; la lutte implacable pour nos id&#233;es doit &#234;tre orient&#233;e vers un long d&#233;lai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je re&#231;us ult&#233;rieurement la communication que Blumkine &#233;tait arr&#234;t&#233; et que la lettre transmise par son interm&#233;diaire &#233;tait tomb&#233;e entre les mains de Staline. Je ne sais rien des conditions dans lesquelles Blumkine fut arr&#234;t&#233;. Les gouvernants de Moscou savaient qu'il avait pass&#233; par Constantinople. Ses chefs (Meninsky, Trilisser) connaissaient bien ses id&#233;es oppositionnelles. Il s'est rendu &#224; Moscou de sa propre initiative, dans l'int&#233;r&#234;t du travail qu'il accomplissait. Sur les &#233;v&#233;nements ult&#233;rieurs, je ne sais que ce qui est dit dans le t&#233;l&#233;gramme ci-dessus du Journal de Cologne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'importance de ce fait n'exige pas d'explications. Vous savez, par le fameux proc&#232;s de 1922, qu'on a &#233;vit&#233; de fusiller m&#234;me les socialistes r&#233;volutionnaires qui avaient organis&#233; des attentats contre L&#233;nine, Ouritsky, Volodarsky, moi-m&#234;me et autres. Des socialistes r&#233;volutionnaires de gauche, auxquels avait appartenu en 1918 Blumkine, on n'a fusill&#233;, au moment de leur insurrection, que l'organisateur, Alexandrovitch. Blumkine, un des participants de cette insurrection, est bient&#244;t devenu un bolchevik. Mais si on ne l'a pas fusill&#233; en 1918 pour sa participation dirigeante &#224; l'insurrection arm&#233;e contre le pouvoir des Soviets, on l'a fusill&#233; en 1929 pour cette raison que, en servant courageusement la R&#233;volution d'octobre, il ne partageait pas, sur les questions les plus importantes, les id&#233;es de la fraction stalinienne et consid&#233;rait de son devoir de r&#233;pandre les id&#233;es des bolcheviks-l&#233;ninistes (opposition).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blumkine est fusill&#233; &#8212; je n'en ai pas le moindre doute &#8212; sur l'arr&#234;t du Gu&#233;p&#233;ou. Un fait pareil n'a pu avoir lieu que parce que le Gu&#233;p&#233;ou est devenu l'organe personnel de Staline. Pendant les ann&#233;es de la guerre civile, la Tch&#233;ka accomplissait une besogne s&#233;v&#232;re. Mais ce travail restait sous le contr&#244;le du parti. Des centaines de fois se sont &#233;lev&#233;s, des milieux du parti, des protestations, des d&#233;clarations et des demandes ou exigences d'explications concernant tel ou tel arr&#234;t. A la t&#234;te de la Tch&#233;ka se trouvait Dzerjinsky, un homme d'une force morale sup&#233;rieure. Il restait subordonn&#233; au bureau politique, dont les membres avaient des id&#233;es bien nettes sur chaque question et savaient les d&#233;fendre. Tout cela donnait la garantie que la Tch&#233;ka demeure l'instrument de la dictature r&#233;volutionnaire. Maintenant, le parti est &#233;touff&#233;. Sur l'ex&#233;cution de Blumkine, des milliers et des dizaines de milliers de membres du parti chuchoteront avec horreur dans les coins. A la t&#234;te du Gu&#233;p&#233;ou se trouve Menjinsky, pas un homme, mais l'ombre d'un homme. Le r&#244;le principal dans le Gu&#233;p&#233;ou est jou&#233; par Iagoda, un carri&#233;riste d&#233;testable qui a li&#233; son sort &#224; celui de Staline et qui est pr&#234;t &#224; accomplir sans r&#233;fl&#233;chir et sans discuter n'importe quel ordre de ce dernier. Le bureau politique n'existe pas. Boukharine a racont&#233; que Staline tient dans ses mains les membres du soi-disant bureau politique &#224; l'aide de dossiers accumul&#233;s contre eux par le Gu&#233;p&#233;ou. Dans ces conditions, l'ex&#233;cution de Blumkine est une affaire personnelle de Staline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce crime inou&#239; ne peut passer inaper&#231;u, m&#234;me dans les conditions pr&#233;sentes de l'omnipotence de l'appareil. Staline ne pouvait pas ne pas pressentir ce r&#233;sultat par avance, et le fait que, malgr&#233; sa prudence f&#233;lonne, il s'est d&#233;cid&#233; &#224; tuer Blumkine, d&#233;montre combien est grande la peur de cet homme devant l'opposition de gauche. Il ne peut y avoir aucun doute que Blumkine est tomb&#233; en victime expiatoire, parce que Radek et autres capitulards n'ont pu entra&#238;ner avec eux qu'une petite minorit&#233; de l'opposition, tandis qu'&#224; l'&#233;tranger l'opposition accuse dans diff&#233;rents pays de s&#233;rieux succ&#232;s id&#233;ologiques et d'organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par l'ex&#233;cution de Blumkine, Staline veut dire &#224; l'opposition internationale des bolcheviks-l&#233;ninistes qu'il poss&#232;de &#224; l'int&#233;rieur du pays des centaines et des milliers d'otages qui auront &#224; payer de leur t&#234;te les succ&#232;s du vrai bolchevisme sur l'ar&#232;ne mondiale. En d'autres termes, apr&#232;s les exclusions du parti, apr&#232;s la condamnation de familles &#224; la famine, apr&#232;s les emprisonnements, les d&#233;portations, etc., Staline essaye d'effrayer l'opposition par le dernier moyen qui lui reste entre les mains : le meurtre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut dire avec certitude que les r&#233;sultats seront directement oppos&#233;s au but que Staline se fixe. Une tendance d'id&#233;es historiquement progressive, qui se base sur la logique objective du d&#233;veloppement, ni peut &#234;tre ni effray&#233;e, ni fusill&#233;e. Cependant il est clair que l'opposition ne peut pas, en envisageant seulement la marche objective des &#233;v&#233;nements, se comporter passivement envers la nouvelle, cette fois sanguinaire, &#233;tape des repr&#233;sailles thermidoriennes de Staline. Il faut imm&#233;diatement ouvrir une campagne internationale, dans laquelle chaque oppositionnel doit faire la besogne qui, dans d'autres conditions, se r&#233;partirait sur les &#233;paules de trois, cinq ou dix camarades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment je me repr&#233;sente la marche de cette campagne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant tout il faut porter ce fait &#224; la connaissance de tous les communistes et exiger de la direction officielle du parti la confirmation ou le d&#233;menti du fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autant plus d&#233;cisivement, largement, &#233;nergiquement sera pos&#233;e la question, d'autant plus compl&#232;tement la direction sera prise &#224; l'improviste et d'autant plus vite on pourra d&#233;couvrir les dessous de ce fait. Il faut cr&#233;er une telle atmosph&#232;re que de Paris, Berlin, Vienne, Prague, New York, on exige des explications de Moscou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faut-il pour cela ? Avant tout, il me semble, publier un petit tract sur ce th&#232;me : &#171; Est-il juste que Staline ait tu&#233; le camarade Blumkine ? &#187; Dans ce tract il faut poser aux Cachin, aux Th&#228;lmann et Cie, carr&#233;ment les questions suivantes : connaissent-ils ce fait, prennent-ils sur eux la responsabilit&#233; du meurtre du r&#233;volutionnaire prol&#233;tarien par la clique staliniste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il n'est pas fait de r&#233;ponse &#224; la premi&#232;re question, comme c'est presque certain, il faudra sans tarder publier un second tract d'un caract&#232;re plus offensif et le r&#233;pandre &#224; des dizaines de milliers d'exemplaires par tous les voies et canaux possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est bien possible que Staline essaye, en cas d'une pression dans l'Occident et d'une inqui&#233;tude dans le P.C.R., de lancer quelque version envenim&#233;e dans le genre des connivences avec l'officier wrang&#233;lien &#034;, de la pr&#233;paration de l'insurrection ou d'actes terroristes. A des ignominies pareilles, il faut qu'on soit pr&#234;t. C'est &#224; peine pourtant si de telles explications peuvent produire une impression s&#233;rieuse. Aussi bien parce qu'elles exhalent l'odeur des manigances de la police bonapartiste que, surtout, parce que, dans la lutte avec l'opposition, Staline a d&#233;j&#224; d&#233;pens&#233; les ressources de ce genre. Il n'est pas n&#233;cessaire de rappeler que la position de principe qu'occupait Blumkine avec nous tous excluait, de sa part, l'application dans la lutte de m&#233;thodes aventureuses, quelles qu'elles soient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affaire Blumkine doit devenir l'affaire Sacco-Vanzetti de l'opposition communiste de gauche. La lutte pour le salut de nos amis de l'U.R.S.S. doit devenir en m&#234;me temps la v&#233;rification des rangs de l'opposition dans les pays d'Occident. Apr&#232;s avoir accompli une campagne &#224; la mani&#232;re r&#233;volutionnaire, c'est-&#224;-dire avec la plus haute tension des forces et avec le d&#233;vouement supr&#234;me, l'opposition s'&#233;l&#232;vera d'un coup d'une t&#234;te enti&#232;re. Cela nous donnera le droit de dire que Blumkine n'a pas donn&#233; sa vie en vain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque centre d'opposition devrait &#233;laborer soigneusement les premiers pas de la campagne et les pr&#233;parer minutieusement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la r&#233;alisation pratique des mesures trac&#233;es, le mieux serait peut-&#234;tre de choisir, dans chaque endroit, une &#171; tro&#239;ka &#187; avec des pleins pouvoirs, &#224; laquelle tous les membres de l'opposition devraient &#234;tre subordonn&#233;s au cours de cette campagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas exclu qu'avant m&#234;me que cette lettre vous parvienne la presse ait publi&#233; de telles informations sur le sort de Blumkine qui rendent superflue la question juridique concernant la confirmation du fait. Il ne restera qu'&#224; constater tout simplement le meurtre et &#224; demander au comit&#233; central de chaque parti s'il prend la responsabilit&#233; de ce crime devant la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le danger consiste en ce que l'interpellation devienne un tir &#224; blanc, en se r&#233;duisant &#224; un tract isol&#233;. Il faut trouver le moyen de poser, de nouveau et de nouveau, la question et de jeter sans r&#233;pit cette accusation &#224; la figure des &#171; chefs &#187;. Il faut p&#233;n&#233;trer dans les r&#233;unions du parti, dans les r&#233;unions ouvri&#232;res en g&#233;n&#233;ral, il faut pr&#233;parer des affiches et de petites feuilles volantes de dix lignes, etc., etc&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous enverrai ult&#233;rieurement des mat&#233;riaux suppl&#233;mentaires, et en particulier la caract&#233;ristique de Blumkine dans la forme n&#233;crologique (sic) quand seront &#233;limin&#233;s les derniers doutes purement formels sur son sort. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout &#224; vous, &lt;br class='autobr' /&gt;
L. Trotski&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://wikirouge.net/texts/fr/Lettre_%C3%A0_Alfred_et_Marguerite_Rosmer,_5_janvier_1930&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://wikirouge.net/texts/fr/Lettre_%C3%A0_Alfred_et_Marguerite_Rosmer,_5_janvier_1930&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les plats les plus &#233;pic&#233;s sont encore &#224; venir&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans son article &#171; La lutte pour un issue &#187;, Biulleten Oppositsii n&#176; 49, le camarade Ciliga raconte les tortures inflig&#233;es par le GPU &#224; un marin, afin de l'obliger &#224; avouer sa participation &#224; un imaginaire &#171; complot contre Staline &#187;. Il ne le laissa que quand il &#171; fut devenu &#224; moiti&#233; fou &#187;. Ce fait m&#233;rite qu'on le prenne au s&#233;rieux.&lt;br class='autobr' /&gt;
La succession de proc&#232;s politiques publics en URSS a montr&#233; combien certains inculp&#233;s sont pr&#234;ts &#224; s'accuser de crimes que, de toute &#233;vidence, ils n'ont pas commis. Ces accus&#233;s, qui ont l'air de jouer devant le tribunal un r&#244;le appris par c&#339;ur, s'en tirent avec des peines l&#233;g&#232;res, parfois, de toute &#233;vidence, fictives. C'est pr&#233;cis&#233;ment en &#233;change de cette indulgence de la justice qu'ils ont fait ces &#171; aveux &#187;. Mais pourquoi les autorit&#233;s ont-elles besoin de conspirations fictives ? Parfois pour impliquer une tierce personne, &#233;trang&#232;re &#224; l'affaire, parfois pour dissimuler leurs propres crimes, ainsi que la r&#233;pression sanglante que rien ne justifie, pour cr&#233;er enfin un climat favorable &#224; la dictature bonapartiste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons d&#233;j&#224; d&#233;montr&#233; sur la base des documents officiels que Medved, Iagoda et Staline avaient de toute &#233;vidence jou&#233; un r&#244;le direct dans l'assassinat de Kirov. Il est probable qu'aucun d'eux ne souhaitait la mort de Kirov. Mais tous ont jou&#233; avec sa vie, en essayant, &#224; travers cet acte terroriste, de pr&#233;parer un amalgame &#8211; avec la &#171; participation &#187; de Zinoviev et Trotsky.&lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;position de Zinoviev &#224; son proc&#232;s avait manifestement un caract&#232;re &#233;vasif qui &#233;tait le r&#233;sultat de l'accord conclu au pr&#233;alable entre les accusateurs et les accus&#233;s : ce n'est de toute &#233;vidence qu'&#224; cette condition que Zinoviev s'&#233;tait vu promettre la vie sauve.&lt;br class='autobr' /&gt;
Extorquer aux accus&#233;s des t&#233;moignages fantastiques contre eux-m&#234;mes, afin de les faire ricocher sur d'autres, c'est depuis longtemps le syst&#232;me du GPU, c'est-&#224;-dire de Staline.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais pourquoi fallait-il organiser en 1930 une tentative d'assassinat contre Staline ? Pourquoi avoir impliqu&#233; un marin dans cette affaire ? Nous ne disposons l&#224;-dessus d'aucun renseignement, sauf les quelques lignes de l'article du camarade Ciliga. Nous allons prendre pourtant le risque de formuler une hypoth&#232;se.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'auteur de ces lignes a &#233;t&#233; expuls&#233; en Turquie en 1929. Peu apr&#232;s, il re&#231;ut &#224; Constantinople la visite de Blumkine qui allait payer cela de sa vie. L'ex&#233;cution de Blumkine par Staline &#233;branla &#224; l'&#233;poque bien des communistes, en URSS et ailleurs. C'est &#224; cette &#233;poque que fut organis&#233; &#224; l'&#233;tranger le centre bolchevik-l&#233;niniste et que commen&#231;a la publication de Biulleten et autres organes de presse. Dans ces conditions, Staline avait un besoin pressant d'une &#171; tentative d'assassinat &#187;, surtout d'une tentative d'assassinat dont on aurait tir&#233; les ficelles &#224; l'&#233;tranger et dans laquelle il aurait pu impliquer Blumkine ou tout au moins son fant&#244;me. Un marin faisait l'affaire, surtout s'il avait effectu&#233; des voyages entre un port sovi&#233;tique et Constantinople. Ce marin a pu &#234;tre arr&#234;t&#233; par hasard &#8211; pour des propos imprudents, pour avoir lu de la litt&#233;rature ill&#233;gale, ou simplement pour contrebande : nous ne savons rien de lui. Peut-&#234;tre l'a-t-on menac&#233; de plusieurs ann&#233;es de prison. Mais l'astucieux Iagoda lui promit la libert&#233; et toutes sortes d'autres avantages s'il acceptait de t&#233;moigner que Blumkine, sur ordre de Trotsky, l'avait entra&#238;n&#233; dans un complot contre Staline. Si le coup avait r&#233;ussi, l'exil de Trotsky et l'ex&#233;cution de Blumkine auraient ainsi &#233;t&#233; justifi&#233;es. Mais le malheur c'est que le marin devint &#171; &#224; moiti&#233; fou &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Notre hypoth&#232;se n'est qu'une hypoth&#232;se. Mais elle r&#233;pond parfaitement &#224; la nature morale de Staline et aux m&#233;thodes de sa politique. &#171; Ce cuisinier &#187;, disait L&#233;nine en mettant en garde contre lui, &#171; ne nous pr&#233;pare jamais que des plats &#233;pic&#233;s. &#187; Mais L&#233;nine lui-m&#234;me, quand il pronon&#231;a ces paroles en f&#233;vrier 1922, ne pouvait &#233;videmment avoir pr&#233;vu qu'une cuisine aussi diabolique se dresserait sur les fondements du parti bolchevique&#8230;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous sommes en 1936. Les m&#233;thodes de Staline sont toujours les m&#234;mes. Les dangers politiques qui le menacent se sont aggrav&#233;s. La technique de Staline et Iagoda s'est enrichie de l'exp&#233;rience n&#233;e de plusieurs erreurs. Nous n'avons donc aucune illusion &#224; nous faire : les plats les plus &#233;pic&#233;s sont encore &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3259&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3259&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Moscou, seuls des cercles &#233;troits du parti sont inform&#233;s de ce que Staline a fait &#224; Blumkine. Ils r&#233;pandent syst&#233;matiquement des rumeurs selon lesquelles Blumkine se serait suicid&#233;. Ainsi Staline, jusqu'&#224; pr&#233;sent, n'ose-t-il pas reconna&#238;tre ouvertement qu'il a ex&#233;cut&#233; le &#034;contre-r&#233;volutionnaire&#034; Blumkine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est tout &#224; fait remarquable que la presse capitaliste mondiale ne se soit pas empress&#233;e d'utiliser l'affaire Blumkine. Elle pense &#224; juste titre que la d&#233;fense des communistes de gauche contre les repr&#233;sailles de Staline n'entre pas dans la sph&#232;re de ses int&#233;r&#234;ts. Aussi l'Opposition communiste de gauche est-elle tenue de faire campagne avec d'autant plus de constance et de fermet&#233; pour d&#233;noncer les crimes staliniens.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le dernier num&#233;ro, nous avons dit qu'outre Blumkine, deux oppositionnels suppl&#233;mentaires avaient &#233;t&#233; fusill&#233;s, les camarades Silov et Rabinovich, Ainsi la question rev&#234;t-elle une importance exceptionnelle : seule la publicit&#233; autour de ses crimes parmi les ouvriers progressistes du monde entier peut arr&#234;ter la sanglante violence de Staline contre les bolcheviks r&#233;volutionnaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ex-communiste Souvarine a vol&#233; au secours de Staline, pr&#233;tendant que Blumkine aurait soi-disant ex&#233;cut&#233; dans le G.P.U. les instructions de l'Opposition et que l'existence m&#234;me du G.P.U. lui dicte d'ex&#233;cuter ceux qu'il emploie quand ils le trahissent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Souvarine en conclut que &#034;dans la treizi&#232;me ann&#233;e de la r&#233;volution&#034;, il faut supprimer le G.P.U.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous n'avons aucune raison de nous engager dans un d&#233;bat th&#233;orique avec Souvarine. Nous estimons suffisant de nous limiter &#224; la d&#233;claration suivante.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le camarade Blumkine n'a jamais ex&#233;cut&#233; et, du fait m&#234;me du caract&#232;re de son travail, n'aurait jamais pu ex&#233;cuter dans le G.P.U. ou par lui les instructions de l'Opposition. Il suffit d'indiquer qu'il a pass&#233; le plus gros de la derni&#232;re p&#233;riode en Extr&#234;me-Orient, principalement en Mongolie.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'interdiction faite aux travailleurs du G.P.U. comme de l'arm&#233;e d'avoir d'autres opinions que celles du comit&#233; central aujourd'hui, &#233;quivaut &#224; priver des droits de parti &#233;l&#233;mentaires les communistes qui travaillent dans ces institutions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Seuls des bureaucrates staliniens pourraient d&#233;fendre une mesure aussi abjecte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le G.P.U. est un organe d'autod&#233;fense de la dictature du prol&#233;tariat. Dans la mesure o&#249; la r&#233;volution d'Octobre, m&#234;me dans sa treizi&#232;me ann&#233;e, est entour&#233;e d'un monde d'ennemis, elle ne peut renoncer &#224; de tels organes - la dictature ne peut pas cesser d'&#234;tre une dictature.&lt;br class='autobr' /&gt;
Seuls des lib&#233;raux ou des social-d&#233;mocrates en train de devenir lib&#233;raux pourraient voir cette question d'un point de vue formel. Nous l'examinons d'un point de vue de classe : au nom de qui ces mesures de r&#233;pression sont-elles adopt&#233;es ? Contre qui le sont-elles ? Qui servent-elles et pourquoi ? C'est une question d'efficacit&#233; r&#233;volutionnaire, pas de justice au-dessus des classes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le meurtre de Blumkine et, en g&#233;n&#233;ral, les actes de r&#233;pression contre l'opposition l&#233;niniste affaiblissent l'avant-garde r&#233;volutionnaire, sapent le parti et renforcent les ennemis de classe. Nous menons la bataille contre le meurtre - l&#226;che et tra&#206;tre - de Blumkine par Staline, au nom de la dictature du prol&#233;tariat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Que nos amis et nos ennemis le sachent.&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;on Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1930/05/300500a.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1930/05/300500a.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des oppositionnels fusill&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
Le meurtre de Blumkine n'&#233;tait qu'un commencement. Nous sommes inform&#233;s de l'ex&#233;cution de deux oppositionnels de plus, les camarades Silov et Rabinovicz. De toute &#233;vidence, l'histoire idiote d'oppositionnels participant au sabotage des chemins de fer voulait montrer autre chose, apporter, si l'on veut, une certaine explication pour l'attaque thermidorienne contre les bolcheviks-l&#233;ninistes. Mais les camarades Silov et Rabinovicz n'avaient aucun lien d'aucune sorte ni avec le &#034;sabotage&#034;, ni avec les chemins de fer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait que Staline ait dissimul&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent qu'il avait fusill&#233; Blumkine montre qu'il n'a rien &#224; dire pour justifier ce perfide assassinat. Les motifs de Staline pour ces nouveaux crimes doivent &#234;tre expliqu&#233;s par le d&#233;sir de vengeance et la peur de l'usurpateur.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'assassinat n'intimide pas l'Opposition, ce n'est pas la peine de le dire ; et il n'emp&#234;che pas Staline d'en m&#233;diter d'autres. Nous avons lourdement souffert des crimes de l'appareil stalinien. Mais nous n'identifions pas l'appareil et le parti. Le ch&#226;timent en r&#233;ponse &#224; la politique meurtri&#232;re de Staline, c'est le droit du parti dans son ensemble. Il nous en incombe &#224; nous, qui sommes dans ses rangs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1930/04/300400c.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1930/04/300400c.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Biographie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Jacob Blumkine (1899-1929), socialiste-r&#233;volutionnaire de gauche en 1917-1918, fut l'un des deux ex&#233;cutants de l'attentat contre l'ambassadeur d'Allemagne Mirbach, en juillet 1918. Adh&#233;ra ensuite au Parti bolchevique, entra dans la Tcheka, devint sympathisant de l'Opposition de gauche, rendit visite &#224; Trotsky en 1929 &#224; Constantinople et fut fusill&#233; &#224; son retour sur ordre de Staline, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233;, selon la version la plus courante, par Karl Radek.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Iakov G. Blumkine &#233;tait &#233;tudiant quand il adh&#233;ra au parti socialiste r&#233;volutionnaire de gauche qui le fit entrer dans la tch&#233;ka de Moscou. Quand se produisit la rupture entre ce parti et les bolcheviks, au moment de la paix de Brest Litovsk, Blumkine, sur ordre de son parti, et pour provoquer la reprise de la guerre, abattit &#224; coups de revolver l'ambassadeur d'Allemagne comte von Mirbach. Arr&#234;t&#233;, il fut convaincu par Trotsky dans sa prison, gr&#226;ci&#233; et ult&#233;rieurement admis au parti apr&#232;s avoir servi dans les services de renseignement puis au secr&#233;tariat de Trotsky. Partisan de l'Opposition de gauche, il rendit visite &#224; Trotsky &#224; l'&#233;t&#233; 1929. Il fut fusill&#233; apr&#232;s son retour &#224; Moscou, en d&#233;cembre sans doute, et apr&#232;s avoir obtenu, dit Victor Serge, un sursis de quinze jours pour r&#233;diger ses m&#233;moires, dont le manuscrit serait donc rest&#233; aux mains du G.P.U.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est n&#233; le 8 octobre 1900 &#224; Odessa ou dans le village de Sosnica pr&#232;s de Tchernihiv en 1898. En 1913, il est dipl&#244;m&#233; de l'&#233;cole primaire juive. Il &#233;tudia l'h&#233;breu et le russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juillet 1910 il d&#233;m&#233;nage &#224; Lviv, il &#233;tudie l'allemand. Apr&#232;s la capture de Lviv par les russes en septembre 1914, son p&#232;re Grigory Isaevitch Bloumkine int&#232;gre l'Arm&#233;e imp&#233;riale russe durant la Premi&#232;re Guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1914, il travaille comme &#233;lectricien dans un d&#233;p&#244;t de tram et au th&#233;&#226;tre. Il prend part aux d&#233;tachements d'autod&#233;fense juive contre les pogroms &#224; Odessa. Il rejoint le Parti socialiste-r&#233;volutionnaire en 1916. En octobre 1917, il visite la r&#233;gion de la Volga.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En novembre 1917, Iakov Bloumkine rejoint le d&#233;tachement de marins qui participe aux combats avec l'Ukraine. Au cours des &#233;v&#233;nements r&#233;volutionnaires &#224; Odessa en 1918, il participe &#224; l'expropriation de la propri&#233;t&#233; de la Banque d'&#201;tat. En janvier 1918, il organise la formation &#224; Odessa du 1er r&#233;giment de volontaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'installe &#224; Moscou en mai 1918. Les dirigeants du Parti socialiste-r&#233;volutionnaire et de la Tch&#233;ka l'envoient au d&#233;partement de la lutte contre l'espionnage international. En juin 1918, il dirige le d&#233;partement de contre-espionnage pour surveiller la protection des ambassades et de leurs &#233;ventuelles activit&#233;s criminelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 6 juillet 1918, il participe &#224; l'assassinat de l'ambassadeur d'Allemagne Wilhelm von Mirbach : autour de 14 h 40, il tire plusieurs coups de feu sur l'ambassadeur. En septembre 1918 il est en Ukraine. De d&#233;cembre 1918 &#224; mars 1919, il est secr&#233;taire du comit&#233; politique de Kiev. Il est impliqu&#233; dans l'ex&#233;cution de l'amiral Alexandre Koltchak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1929, il est envoy&#233; &#224; Prinkipo pour assassiner Trotski mais il ne le tue pas et s'allie &#224; lui2. Si l'on en croit les archives d&#233;pos&#233;es &#224; la Houghton Library de Harvard, il semble que Bloumkine ait &#233;t&#233; un contact de Trotski ; c'est ce qu'en conclut Christian Salmon :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#192; la fin de 1929, Trotski avait reconnu publiquement avoir re&#231;u la visite de Blumkine. Selon lui, son fils, Lev Sedov, l'aurait rencontr&#233; dans la rue &#224; Constantinople, venant d'Extr&#234;me-Orient et rentrant en Union sovi&#233;tique. Il l'aurait alors convaincu de venir &#171; &#224; la maison &#187; pour le rencontrer. En r&#233;alit&#233;, un document r&#233;dig&#233; par Blumkine, dat&#233; du 3 avril 1929, d&#233;couvert &#224; Stanford dans les papiers de Lev Sedov, fait appara&#238;tre que les contacts de Trotski avec Blumkine n'ont pas relev&#233; d'une rencontre fortuite mais d'une liaison organis&#233;e avec l'URSS, dans laquelle l'agent secret &#233;tait &#233;videmment une pi&#232;ce ma&#238;tresse. Cette rencontre d&#233;cidera Staline &#224; faire fusiller Blumkine, un bolchevik, &#224; son retour &#224; Moscou. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut pr&#233;ciser que Bloumkine connait bien des secrets de la Tch&#233;ka, notamment sur l'affaire Savinkov : il n'est pas impossible qu'il ait fait partie des quatre personnes ayant pouss&#233; Boris Savinkov du quatri&#232;me &#233;tage de la Loubianka.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1937 Schrubel, ancien tch&#233;kiste, avoua peu avant sa mort au camp de la Kolyma avoir pouss&#233; Savinkov lui-m&#234;me avec l'aide de trois autres tch&#233;kistes3. Bloumkine, ancien socialiste-r&#233;volutionnaire devenu bolchevique et tch&#233;kiste, rendait visite &#224; Savinkov en prison, ce qui supposait un grand nombre d'autorisations. L'objet de ces visites est incompr&#233;hensible si on ne revient pas sur le proc&#232;s de Savinkov : Savinkov revenait de l'&#233;tranger, o&#249; il &#233;tait tr&#232;s populaire ; chez les socialistes allemands tout particuli&#232;rement, mais aussi les socialistes de la tendance Marceau Pivert en France, et des socialistes britanniques. Son proc&#232;s &#233;tait de ce fait suivi de pr&#232;s par des journalistes &#233;trangers, et il ne pouvait pas &#234;tre condamn&#233; &#224; mort comme la majorit&#233; des socialistes-r&#233;volutionnaires4 &#224; l'&#233;poque. La sentence ne fut que de cinq ans, absolument d&#233;risoire pour l'Union sovi&#233;tique. L'objectif &#233;tait toutefois bien de se d&#233;barrasser de lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la mort de Savinkov, une lettre dans laquelle il disait qu'il allait se suicider a &#233;t&#233; retrouv&#233;e dans sa cellule. Son propre fils, Lev Borissovitch Savinkov, a cru &#224; l'authenticit&#233; de la lettre disant : &#171; Ce sont les expressions de mon p&#232;re &#187;. On ignore donc si Bloumkine a lui-m&#234;me pouss&#233; Savinkov, mais les visites quotidiennes de Bloumkine &#224; Savinkov dans sa cellule alors que personne n'avait droit aux visites s'expliquent par le fait que Bloumkine devait &#171; attraper le style de Savinkov &#187; comme il l'a lui-m&#234;me confi&#233; &#224; Iakoubovitch sous le sceau du secret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Iakov Bloumkine fut ex&#233;cut&#233; en 1929 par Stakine en tant que trotskiste.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'affaire Blumkine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En U.R.S.S., des bouleversements sont en cours &#224; la fin de l'ann&#233;e 1929.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pl&#233;num du comit&#233; central (10-17 novembre) a vu la capitulation et I'auto-critique des dirigeants de la droite du parti communiste russe, Boukharine &#233;tant exclu du bureau politique. Du c&#244;t&#233; de l'Opposition de gauche, Smirnov, Bogoulavsky et quelques centaines de d&#233;port&#233;s ont fini par capituler fin octobre. Mais ce n'est pas dans le parti stalinis&#233;, qui ne canalise plus les batailles politiques, que se situe I'enjeu de l'hiver 1929-1930. C'est dans les campagnes, pour la &#171; liquidation des koulaks &#187;, et dans les usines, pour la r&#233;alisation co&#251;te que co&#251;te du plan quinquennal, que l'avenir &#233;conomique et surtout politique de l'U.R.S.S. se joue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Staline semble ma&#238;tre du parti bolchevique puisqu'il contraint les dirigeants &#171; droitiers &#187; &#224; se renier et certains capitulards de gauche &#224; ramper. Mais il n'a pas bris&#233; les forces sociales incarn&#233;es par ses adversaires dans le parti, qu'ils soient de &#171; droite &#187; ou de &#171; gauche &#187;. Bien que l'&#233;crasante majorit&#233; des opposants soit en exil, dans les camps, il n'a pas mis un terme d&#233;finitif au travail clandestin des opposants de gauche russes encore en libert&#233; et n'a pas r&#233;ussi &#224; les isoler, &#224; les priver de tout lien avec le parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La destruction de tout travail oppositionnel rel&#232;ve plus que jamais de la r&#233;pression polici&#232;re. La politique &#233;conomique d'ailleurs ne peut se placer que sous le signe de la coercition qui a marque la collectivisation des campagnes et la r&#233;alisation du premier plan quinquennal. Et cette politique sur une grande &#233;chelle dicte du coup la n&#233;cessit&#233; de d&#233;velopper la r&#233;pression, c'est-&#224;-dire d'en developper les moyens. Le G. P. U. , v&#233;ritable cheville ouvri&#232;re de la collectivisation en lieu et place du parti, est ainsi appel&#233; &#224; des responsabilites de plus en plus larges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte politique, &#233;conomique et social difficile o&#249; le parti de Staline devient v&#233;ritablement le parti de la bureaucratie et le G. P. U., son bras arm&#233;, qu'&#233;clate &#171; I'affaire Blumkine &#187;. Il s'agit de 1'ex&#233;cution &#224; Moscou en d&#233;cembre 1929 d' Iakov Blumkine. L'information qui parait le 29 d&#233;cembre, dans un journal d'&#233;migr&#233;s blancs &#224; Paris, est laconique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ces jours-ci, le l&#233;gendaire Blumkine, le meurtrier de Mirbach a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;. Blumkine a &#233;t&#233; accus&#233; d'entretenir des relations secr&#232;tes avec Trotsky. Conform&#233;ment &#224; la sentence du G. P. U. , Blumkine a &#233;t&#233; fusill&#233; &#187;. (1)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ex&#233;cution d'un heros&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme ainsi ex&#233;cut&#233; &#224; Moscou a eu un destin hors du commun en liaison avec celui de la r&#233;volution russe. N&#233; en 1899 d'une famille bourgeoise, apr&#232;s avoir poursuivi des &#233;tudes sup&#233;rieures, Iakov G. Blumkine est &#224; dix-huit ans &#224; la fois militant du parti socialiste r&#233;volutionnaire de gauche (S.R.) et membre de la Tcheka &#224; Moscou. Il est d&#233;j&#224; appel&#233; &#224; de lourdes responsabilit&#233;s qu'il va pleinement assumer : les S.R. de gauche, souhaitant une reprise des hostilit&#233;s avec l'Allemagne, d&#233;cident de la provoquer en assassinant l'ambassadeur allemand von Mirbach et confient cette t&#226;che &#224; Blumkine et un de ses camarades. L'attentat r&#233;ussit, mais Blumkine est arr&#234;t&#233;, condamn&#233; a mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky le visite dans sa cellule et s'attache &#224; le convaincre. Blumkine, secr&#232;tement graci&#233;, va &#234;tre admis dans les rangs du parti bolchevique qu'il sert dans des &#171; missions impossibles &#187; pour le G.P.U. et le service de renseignements de l'arm&#233;e. Il se couvre de gloire pendant la guerre civile o&#249; il accomplit des missions dans les lignes blanches au compte des bolcheviks puis dans des voyages &#224; des fins militaires au Moyen-Orient et en Mongolie. Il est &#224; la fin de la guerre une figure de l&#233;gende, l'as du contre-espionnage, collaborateur de Trotsky, servant dans son secr&#233;tariat personnel et l'aidant &#224; l'&#233;dition des Ecrits militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Li&#233; &#224; Trotsky et &#224; Radek, Blumkine est partisan de l'Opposition d&#232;s 1923. Ses activit&#233;s professionnelles l'&#233;loignent pourtant du combat et le placent dans une position difficile apres l'exclusion de l'Opposition unifi&#233;e des rangs du parti. Il expose alors &#224; ses sup&#233;rieurs hi&#233;rarchiques, Menjinsky (successeur de Dzerjinsky &#224; la t&#234;te du G.P.U.) et Trilisser (vice-pr&#233;sident du G.P.U.) ses positions favorables &#224; Trotsky et &#224; l'Opposition qui sont d&#233;sormais difficilement conciliables avec ses activit&#233;s au sein du G. P. U., d&#233;j&#224; charg&#233; d'appliquer l'article 58 contre les opposants. Pour les deux responsables du G.P.U., il n'est pas question de perdre Blumkine qu'ils autorisent &#224; conserver son poste dans la mesure o&#249;, du fait de son travail et de ses responsabilit&#233;s, il ne peut avoir aucune activit&#233; en liaison avec l'Opposition. Ses activit&#233;s pass&#233;es au service de la Tcheka lui valent de toute &#233;vidence la confiance de ses sup&#233;rieurs et ses convictions ne sauraient l'alt&#233;rer. Blumkine, bien qu'opposant, est irrempla&#231;able au service de l'Union sovi&#233;tique. Cela reste vrai jusqu'en 1929.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le bannissement de Trotsky, le contact est pris avec Blumkine. Le 2 avril, il est &#224; Prinkipo, r&#233;digeant a la demande de Trotsky une notice n&#233;crologique concernant son camarade Efime Dreitser - jeune intellectuel, oppositionnel d&#232;s 1923, conseiller militaire en Chine, arr&#234;t&#233; &#224; son retour et que l'on croit mort - et la signant du pseudonyme de &#171; Svoj &#187; (2). A l'&#233;t&#233;, revenant d'une mission aux Indes, il est de nouveau chez Trotsky- qui ne reconnaitra que cette visite-l&#224;. A-t-il &#233;t&#233; charg&#233; d'une mission particuli&#232;re dont nous ne savons rien ? N'a-t-il eu &#224; porter que la lettre anodine d'instructions dont la copie se trouve dans les Archives de Trotsky a Harvard (3) ? Selon les affirmations ult&#233;rieures de Trotsky, Blumkine l'aurait interrog&#233; sur la compatibilit&#233; de ses taches au G.P.U. avec ses id&#233;es oppositionnelles, comme il l'avait fait quelques ann&#233;es auparavant aupr&#232;s de ses sup&#233;rieurs. Le G.P.U. d&#233;fendant l'Etat ouvrier et l'Opposition s'&#233;tant prononc&#233;e - notamment&lt;br class='autobr' /&gt;
lors du conflit sino-sovi&#233;tique - pour la d&#233;fense de l'U.R.S.S. contre les agressions imp&#233;rialistes, il n'y a pour Trotsky aucune contradiction ou incompatibilit&#233; et c'est un devoir pour les opposants de tenir leur r&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les circonstances du retour de Blumkine &#224; Moscou sont &#233;videmment mal connues et une controverse s'est d&#233;velopp&#233;e autour des conditions de son arrestation par le G.P.U. Il existe cinq versions diff&#233;rentes des &#233;v&#233;nements qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233;e. Leur d&#233;nominateur commun est Karl Radek. Il est en effet formellement accus&#233; par un opposant clandestin de Moscou (&#171; N. &#187;) d'avoir trahi Blumkine pour prouver &#224; Iaroslavsky et Staline son repentir sinc&#232;re (4).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Victor Serge, lui, affirme que Radek conseilla &#224; Blumkine d'entrer en rapport avec Ordjonikidze, pr&#233;sident de la commission centrale de controle, afin d'exposer sa situation. Seul Deutscher blanchit Radek en reprenant l'hypoth&#232;se avanc&#233;e par d'autres sur le r&#244;le jou&#233; dans l'affaire par une maitresse de Blumkine, agent elle aussi du G.P.U., qui l'aurait d&#233;nonc&#233;. Or cette version est incontestablement la moins d&#233;taill&#233;e mais plus favorable Radek que celle de l'ex-agent du G.P.U., Orlov, dans son livre &#171; The Secret History of Stalin's Crimes &#187; (L'histoire secrete des crimes de Staline), selon laquelle Elena Zubilina - qu'il mentionne comme &#171; Lisa G. &#187; - agent du G.P.U., avait &#233;t&#233; plac&#233;e dans l'entourage de Blumkine pour lui soutirer des informations &#224; la suite de la d&#233;nonciation de Radek. Il est en tout cas difficile de connaitre le r&#244;le exact de ce dernier - dont la culpabilit&#233; n'est pas prouv&#233;e malgr&#233; les fortes pr&#233;somptions convergentes qui p&#232;sent sur lui - et du m&#234;me coup les circonstances exactes de l'arrestation de Blumkine. Relevons seulement que, pour Trotsky, Radek a fait verser le sang de son ami.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Victor Serge, dans &#171; Destin d'une r&#233;volution &#187;, indique que Blumkine, apr&#232;s sa condamnation, aurait demand&#233; et obtenu un sursis pour &#233;crire ses m&#233;moires. Son travail achev&#233;, il est ex&#233;cut&#233; le 25 d&#233;cembre 1929.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 5 janvier 1930, Trotsky &#233;crit une longue lettre aux Rosmer o&#249; il leur fait part de l'ex&#233;cution de Blumkine et s'emploie &#224; donner des faits la version qu'il veut imposer : un seul entretien, suite a une rencontre de &#171; hasard &#187; entre Blumkine et L&#233;on S&#233;dov dans Constantinople.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelant que les auteurs des attentats contre L&#233;nine et les autres dirigeants bolcheviques n'avaient pas &#233;t&#233; ex&#233;cut&#233;s, il &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mais si on ne l'a pas fusill&#233; en 1918 pour sa participation dirigeante a l'insurrection arm&#233;e contre le pouvoir des Soviets, on l'a fusill&#233; en 1929 pour cette raison que, servant courageusement la R&#233;volution d'Octobre, il ne partageait pas sur les questions importantes, les id&#233;es de la fraction stalinienne et considerait de son devoir de repandre les id&#233;es des bolcheviks-l&#233;ninistes (Opposition) &#187;. (5)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky en tire les conclusions politiques suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Blumkine est fusill&#233; (...) sur l'arr&#234;t du G.P.U. Un fait pareil n'a pu avoir lieu que parce que le G.P. U. est devenu l'organe personnel de Staline. (...) Le r&#244;le principal dans le G.P.U. est jou&#233; par Iagoda, un carri&#233;riste d&#233;testable qui a li&#233; son sort &#224; celui de Staline et qui est pr&#234;t a accomplir sans reflechir et sans discuter n'importe quel ordre de ce dernier. (...) Le bureau politique n'existe pas. Boukharine a racont&#233; que Staline tient dans ses mains les membres du soi-disant bureau politique &#224; l' aide de dossiers accumul&#233;s contre eux par le G.P.U. Dans ces conditions, l'ex&#233;cution de Blumkine est une affaire personnelle de Staline &#187;. (6)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soulignant que le meurtre de Blumkine r&#233;v&#232;le la peur de Staline face &#224; l'Opposition de gauche, Trotsky &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Par I'ex&#233;cution de Blumkine, Staline veut dire a l'Opposition internationale des bolcheviks-l&#233;ninistes qu'il poss&#232;de a l'int&#233;rieur du pays des centaines et des milliers d'otages qui auront &#224; payer de leur t&#234;te les succ&#232;s du vrai bolchevisme sur l'ar&#232;ne mondiale. (...) Apr&#232;s les exclusions du parti, apr&#232;s les condamnations de familles &#224; la famine, apr&#232;s les emprisonnements, les d&#233;portations, etc., Staline essaie d'effrayer l'Opposition par le dernier moyen qui lui reste entre les mains : le meurtre &#187;. (7)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NOTES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Cit&#233; par Trotsky dans une lettre aux Rosmer, 5 janvier 1930, in Brou&#233;, Correspondance, op.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Voir l'article de P. Brou&#233; : &#171; Compl&#233;ments sur les trotskystes en U.R.S.S. &#187; n&#176; 24, decembre 1985, P &#8226; 63-72., . .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Trotsky,&#171; Message confi&#233; &#224; Blumkine &#187;, aout 1929, m Cahters Leon Trotsky, n 7/8, op.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. &#171; N. &#187; : &#171; Lettre de Moscou &#187;, 25 d&#233;cembre 1929, m Cahiers L&#233;on Trotsky, n 7 8, op. cit.,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Lettre de Trotsky aux Rosmer, 5 Janvier 1930, Brou&#233;, Correspondance,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Ibidem.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Ibidem.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'Opposition de gauche (trotskiste) en Russie</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Russie</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>Trotskisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;L'opposition de gauche trotskiste de Russie en 1930 (en camp de concentration stalinien) analysait son bilan et ses perspectives &lt;br class='autobr' /&gt;
Tactique et t&#226;ches de l'opposition l&#233;niniste &lt;br class='autobr' /&gt;
I. Le r&#244;le historique et les t&#226;ches de l'opposition l&#233;niniste dans le mouvement ouvrier international &lt;br class='autobr' /&gt;
1. L'opposition l&#233;niniste est avant tout un courant international. Son apparition et son d&#233;veloppement prennent leurs racines dans les changements de toute la situation internationale survenus cons&#233;cutivement &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique83" rel="directory"&gt;6- L'organisation du prol&#233;tariat&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot25" rel="tag"&gt;Russie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot283" rel="tag"&gt;Trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'opposition de gauche trotskiste de Russie en 1930 (en camp de concentration stalinien) analysait son bilan et ses perspectives&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tactique et t&#226;ches de l'opposition l&#233;niniste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I. Le r&#244;le historique et les t&#226;ches de l'opposition l&#233;niniste dans le mouvement ouvrier international&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. L'opposition l&#233;niniste est avant tout un courant international. Son apparition et son d&#233;veloppement prennent leurs racines dans les changements de toute la situation internationale survenus cons&#233;cutivement &#224; la d&#233;faite de la premi&#232;re vague de la r&#233;volution europ&#233;enne en 1921-23.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soi-disant stabilisation du capitalisme a apport&#233; avec elle le renforcement des positions du social r&#233;formisme dans la classe ouvri&#232;re, la d&#233;croissance du mouvement communiste international et le renforcement dans ses rangs des &#233;l&#233;ments centristes et droitiers. L'aile gauche du Komintern [1] a subi une s&#233;rie de d&#233;faites jusqu'&#224; ce qu'elle soit formellement exclue par l'IC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;faite de l'aile gauche du communisme a &#233;t&#233; la cons&#233;quence du changement qui s'est produit dans les relations internationales. Cependant, cette d&#233;faite n'a pas conduit &#224; la liquidation du mouvement oppositionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les contradictions de l'&#233;conomie mondiale sapaient de fait la &#171; stabilisation &#187;, suscitant des r&#233;veils partiels de la lutte de classe prol&#233;tarienne, gr&#226;ce auxquels l'aile gauche se renfor&#231;ait &#224; nouveau et se revivifiait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. La p&#233;riode compl&#232;te rec&#232;le de tr&#232;s grandes possibilit&#233;s r&#233;volutionnaires. Il s'ensuit la n&#233;cessit&#233; br&#251;lante d'un parti mondial du communisme. La conqu&#234;te du Komintern, sa transformation en l'instrument principal de la r&#233;volution prol&#233;tarienne mondiale, telle est la t&#226;che principale de l'opposition de gauche communiste internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa lutte pour le redressement du PC(b)U et de l'IC, l'opposition bolchevik-l&#233;niniste s'oriente vers une r&#233;forme profonde de ces organisations, par le changement de leur direction opportuniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me but, l'opposition donne une base id&#233;ologique aux &#233;l&#233;ments prol&#233;tariens de gauche du mouvement communiste international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul l'accomplissement de cette t&#226;che &#224; l'&#233;tape actuelle, pr&#233;pare la possibilit&#233;, &#224; l'&#233;tape suivante, de conqu&#233;rir les ouvriers communistes &#224; la politique de L&#233;nine et de transformer le Komintern en avant-garde du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire international, &#224; un niveau plus &#233;lev&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
isolateur&lt;br class='autobr' /&gt;
II. Les &#233;tapes principales du d&#233;veloppement de la pratique de l'opposition l&#233;niniste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. D'octobre 1923 au 14e congr&#232;s du PC(b)U [2]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La premi&#232;re &#233;tape du mouvement d'opposition repr&#233;sentait une r&#233;action spontan&#233;e des masses du Parti contre la bureaucratisation qui commen&#231;ait &#224; s'y d&#233;velopper. Celle-ci &#233;tait la principale forme de pression exerc&#233;e contre cette r&#233;action spontan&#233;e par les &#233;l&#233;ments petits-bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les erreurs de la direction du parti en mati&#232;re de politique &#233;conomique, qui ont eu de fortes r&#233;percussions sur la situation mat&#233;rielle des masses ouvri&#232;res, et la d&#233;faite de la tactique du Komintern en Allemagne, ont suscit&#233; un m&#233;contentement ouvert dans les rangs du parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. La tactique de l'opposition durant cette p&#233;riode consistait &#224; donner une forme id&#233;ologique &#224; ce m&#233;contentement et &#224; montrer les causes qui ont suscit&#233; les erreurs de la direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, l'opposition n'a pu remplir ce r&#244;le jusqu'au bout, car elle (sa direction) n'avait pas encore totalement pris conscience, de fa&#231;on claire, du fait que le clivage qui s'est esquiss&#233; dans le parti allait devenir le point de d&#233;part de la lutte ult&#233;rieure &#224; l'int&#233;rieur du parti, qui entrainerait un clivage profond du parti selon deux options de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. La d&#233;claration des 46 [3] et le Cours nouveau [4] sont les documents principaux de l'opposition &#224; cette &#233;poque ; ils refl&#233;taient une certaine absence d'explication, principalement en ce qui concerne l'analyse de la politique &#233;conomique du CC et de sa signification sociale, ainsi que du sens politique des dissensions &#224; l'int&#233;rieur du parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette erreur de la direction de l'opposition &#233;tait accompagn&#233;e d'une autre erreur concernant les questions d'organisation. L'absence de forme organisationnelle de l'opposition en 1923 est l'une des causes de sa d&#233;faite &#224; Moscou, malgr&#233; le fait qu'elle disposait d'une majorit&#233; nette dans les rangs de l'organisation moscovite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. La cause objective de toutes ces erreurs tactiques avait pour origine le d&#233;veloppement insuffisant des contradictions de classe durant cette p&#233;riode dans le pays ; de l&#224; &#233;galement r&#233;sultait le retard de la prise de conscience par le parti des t&#226;ches rendue prioritaires par la marche des &#233;v&#233;nements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela explique aussi la presque compl&#232;te liquidation du mouvement oppositionnel jusqu'au 14e congr&#232;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
isolateur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. Du 14e au 15e congr&#232;s [5]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Les principales tendances de classe li&#233;es aux dissensions internes du parti se sont r&#233;v&#233;l&#233;es de fa&#231;on suffisamment claire lors du 14e congr&#232;s. D'un c&#244;t&#233; s'est form&#233; le bloc de centre droit ; de l'autre, un centre gauche qui &#233;tait &#224; la t&#234;te des mouvements oppositionnels du prol&#233;tariat de Leningrad [6].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cette p&#233;riode, apr&#232;s avoir form&#233; un bloc avec l'opposition de Leningrad tout en conservant son ind&#233;pendance id&#233;ologique, la principale t&#226;che tactique de l'opposition de 1923 consistait &#224; obtenir progressivement l'h&#233;g&#233;monie dans ce bloc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette t&#226;che, l'opposition l'a enti&#232;rement accomplie ; les documents principaux de l'&#233;poque en ont &#233;t&#233; l'expression :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La d&#233;claration de 1923 [7],&lt;br class='autobr' /&gt; La d&#233;claration des 83 [8],&lt;br class='autobr' /&gt; La plate-forme des 13 [9].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Dans sa lutte contre le bloc de centre droit, la tactique de l'opposition unifi&#233;e est pass&#233;e par trois &#233;tapes principales :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La p&#233;riode de pr&#233;paration du travail clandestin. Celle-ci s'est r&#233;duite &#224; la cr&#233;ation de la fraction et &#224; la formulation d'une conception id&#233;ologique et organisationnelle. Ensuite, sur cette base, l'opposition unifi&#233;e a conduit &#224; une offensive ouverte et r&#233;solue sous la forme de &#171; si&#232;ge &#187; des &#171; bastilles de l'appareil &#187; (usine des appareils et instruments a&#233;ronautiques, usine Poutilov [10], etc.).&lt;br class='autobr' /&gt; Les le&#231;ons de la premi&#232;re p&#233;riode ont montr&#233; l'insuffisance d'une telle forme de lutte, la force &#233;norme des pr&#233;jug&#233;s dans la masse ouvri&#232;re elle-m&#234;me et la n&#233;cessit&#233; du passage &#224; une nouvelle forme de lutte : une forme plus compr&#233;hensible pour les &#233;l&#233;ments avanc&#233;s des masses, et pr&#233;vue pour donner le temps d'une explication progressive, pers&#233;v&#233;rante et syst&#233;matique des positions de l'opposition, dans le cadre d'interventions publiques et l&#233;gales.&lt;br class='autobr' /&gt; La d&#233;faite du 16 octobre 1926 [11] a ouvert alors une p&#233;riode de recul de l'opposition sur la base de la r&#233;duction de la lutte fractionnelle clandestine et du transfert du centre de gravit&#233; vers le travail l&#233;gal. La 15e conf&#233;rence [12], le pl&#233;num du Comit&#233; ex&#233;cutif de l'IC [13], le pl&#233;num de f&#233;vrier du CC [14] ; telles ont &#233;t&#233; les &#233;tapes de cette nouvelle tactique. Le groupe des CD [15] a quitt&#233; l'opposition durant cette p&#233;riode ; il ne comprenait pas la n&#233;cessit&#233; de nouvelles formes de lutte, sans lesquelles on ne peut pr&#233;parer les conditions pour une nouvelle offensive.&lt;br class='autobr' /&gt; La tactique du recul et des interventions l&#233;gales ouvertes a &#233;t&#233; enti&#232;rement justifi&#233;e &#224; ce moment, quand les dissensions se sont &#224; nouveau attis&#233;es, en relation avec la r&#233;volution chinoise ; elles ont rendu in&#233;vitable l'aggravation de la lutte et le passage &#224; l'offensive. Gr&#226;ce &#224; son travail l&#233;gal, l'opposition a su recevoir un soutien politique fort du parti durant cette p&#233;riode.&lt;br class='autobr' /&gt; La nouvelle tactique offensive, pour la p&#233;riode qui va d'avril 1927 [16] au 15e congr&#232;s, utilisait des m&#233;thodes de lutte l&#233;gales et semi-l&#233;gales, et s'est d&#233;velopp&#233;e de fait &#224; une &#233;chelle plus importante que la lutte de 1926. Une grande campagne de p&#233;tition, des alliances, des manifestations, de pair avec le renforcement du travail fractionnel, &#233;taient des indicateurs du haut niveau de lutte et de la grande participation des masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C. Du 15e congr&#232;s au pl&#233;num de novembre 1928 [17]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La capitulation des centristes de gauche (les zinovi&#233;vistes) et la crise aigu&#235; du bloc de centre droit &#224; l'occasion de la gr&#232;ve du pain des koulaks, qui a port&#233; un coup d&#233;cisif aux illusions de la p&#233;riode de reconstruction, ont cr&#233;&#233; un nouveau rapport de force dans le pays et dans le parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution vers la gauche de la politique des centristes a &#233;t&#233; l'expression de cette nouvelle p&#233;riode de d&#233;veloppement, et a donn&#233; &#224; l'opposition de nouvelles t&#226;ches &#224; accomplir. &#171; Le centrisme &#187;, dit le camarade Trotski, en &#233;valuant les perspectives de la p&#233;riode qui a suivi le congr&#232;s, &#171; est un coup d'arr&#234;t, mais les masses acqui&#232;rent &#233;galement leur propre exp&#233;rience dans la lutte. Nous comptons l&#224;-dessus &#187;. (&#192; une nouvelle &#233;tape) [18]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agitation dans la classe ouvri&#232;re, et le renforcement des &#233;l&#233;ments de gauche du parti, cr&#233;ent les conditions favorables pour le mouvement oppositionnel. Le caract&#232;re hybride du centrisme, son absence de clart&#233;, ses h&#233;sitations, qui se sont exprim&#233;es sous une forme claire aux pl&#233;nums d'avril et de juillet 1928 [19], ont d&#233;masqu&#233; encore plus son incapacit&#233; &#224; faire face &#224; de nouveaux dangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. En d&#233;clarant que notre principale t&#226;che tactique est le soutien, sous une forme critique, des pas faits &#224; gauche par le centrisme, dans le but de d&#233;masquer la direction centriste, l'opposition a trouv&#233; le contact avec les masses du parti. Sur la base de cette tactique, elle a gagn&#233; l'initiative dans la lutte contre la droite et a pris l'offensive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La campagne des conventions collectives de 1928 [20] a &#233;t&#233; le point le plus avanc&#233; de l'offensive de l'opposition. Sous ses coups puissants, les centristes ont &#233;t&#233; oblig&#233;s d'entrer en lutte contre la droite ; cependant, l'opposition n'avait pas assez de forces pour mener &#224; bien la r&#233;forme du parti et remplacer la direction centriste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D. De novembre 1928 &#224; la p&#233;riode actuelle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Malgr&#233; le fait que la direction centriste ait conserv&#233; pleinement tous ses d&#233;saccords strat&#233;giques avec l'opposition, et n'ait pas touch&#233; au r&#233;gime du parti et aux m&#233;thodes bureaucratiques de la construction de l'&#233;conomie, elle s'est &#171; empar&#233;e des slogans de notre arsenal &#187; (Trotski), et prenant le chemin de la lutte administrative avec les koulaks et de l'organisation par en haut des kolkhozes et de l'industrialisation, elle a inculqu&#233; &#224; la classe ouvri&#232;re et au parti des illusions qui n'&#233;taient pas du tout r&#233;volutionnaires, sur les possibilit&#233;s de sortie des contradictions dans de brefs d&#233;lais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Le changement radical de la situation a oblig&#233; l'opposition &#224; changer &#224; nouveau sa tactique, en r&#233;orientant son travail vers l'explication &#233;nergique et syst&#233;matique aux masses de l'incapacit&#233; des centristes &#224; diriger la classe ouvri&#232;re vers une nouvelle voie, et &#224; sortir la dictature prol&#233;tarienne de l'orni&#232;re dans laquelle ils ont mis le pays par leur politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expression de cette nouvelle tactique a &#233;t&#233; la d&#233;claration du 4 octobre 1929 [21] donnant comme principale t&#226;che de cette p&#233;riode la cr&#233;ation d'un front uni par rapport aux masses qui se font des illusions sur &#171; le plan quinquennal &#187;. En analysant la situation, la d&#233;claration avertissait que le plan quinquennal des centristes, mis en place avec des m&#233;thodes rejet&#233;es par la r&#233;volution d'octobre, conduit non au d&#233;veloppement, mais &#224; la r&#233;duction des forces productives ; il n'am&#233;liore pas la situation mat&#233;rielle, politique et culturelle de la classe ouvri&#232;re, mais la d&#233;t&#233;riore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Le passage de la direction centriste &#224; la voie de l'aventure ultra gauche et le premier repli qui a suivi le 15 mars [22] ont d&#233;montr&#233; la compl&#232;te absence de fondement et l'aventurisme de la politique centriste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les rangs de l'opposition, le d&#233;but du d&#233;clin des illusions centristes parmi les masses a permis justement &#224; l'opposition de commencer &#224; se pr&#233;parer &#224; une nouvelle tactique offensive, mettant en avant un nouveau mot d'ordre pour le changement de direction, mot d'ordre qui pouvait devenir &#224; ce moment-l&#224; la conclusion que les masses tiraient de leur propre exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expression du passage &#224; une nouvelle tactique offensive s'est manifest&#233;e dans les documents &#171; des 4 et des 7 &#187; [23], qui ont formul&#233; pour la premi&#232;re fois les principales dissensions, et dans la &#171; carte postale &#187; d'ao&#251;t [24] du camarade Trotski, qui donnait la formulation la plus pr&#233;cise de la nouvelle tactique offensive et de ses principales t&#226;ches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;E. Les principales le&#231;ons de notre lutte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En jetant un regard r&#233;trospectif sur les &#233;tapes pass&#233;es de sa lutte, l'opposition l&#233;niniste doit tenir compte de fa&#231;on sens&#233;e des erreurs qui ont &#233;t&#233; faites, afin d'&#233;viter leur r&#233;p&#233;tition dans le futur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons ici seulement les principales d'entre elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but de la lutte, l'opposition ne se rendait pas compte de la profondeur des dissensions qui la s&#233;paraient de la fraction dominante, et des influences de classe que ces dissensions d&#233;terminaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sous-estimation du travail organisationnel a &#233;t&#233; &#233;galement li&#233;e &#224; cela ; elle a conduit &#224; laisser passer les conditions les plus favorables pour la cr&#233;ation d'une organisation ill&#233;gale qui fonctionne correctement et qui oriente son travail vers une longue p&#233;riode de travail clandestin. La cons&#233;quence des erreurs a &#233;t&#233; justement l'inad&#233;quation entre les exigences mises en avant par la crise politique et les possibilit&#233;s organisationnelles existantes. Une inad&#233;quation qui s'est refl&#233;t&#233;e de fa&#231;on si pr&#233;judiciable sur le travail de masse : il a &#233;t&#233; loin de correspondre &#224; son importance potentielle sur le plan id&#233;ologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les concessions faites aux compagnons de route provisoires dans la lutte ont constitu&#233; un autre d&#233;faut non moins s&#233;rieux de notre travail ; elles ont souvent pris une proportion bien au-del&#224; de ce qu'exigeaient les int&#233;r&#234;ts du mouvement, pris dans sa totalit&#233;. Le r&#233;sultat a &#233;t&#233;, dans nos rangs, de mettre de l'eau dans notre vin, ainsi que d'affaiblir la direction ; ces &#233;l&#233;ments (principalement avec une orientation de centre gauche) nuisaient, dans les moments d&#233;cisifs, aux bases id&#233;ologiques et aux forces organisationnelles de notre mouvement, ils y suscitaient de profondes crises internes. L'influence des compagnons de route se ressentait indubitablement aussi sur la ligne tactique de l'opposition dans une direction qui, selon l'appr&#233;ciation du camarade Trotski, consistait &#224; ce que &#171; nos erreurs &#233;taient toujours dans une bien plus grande mesure des erreurs de droite que des erreurs de gauche par rapport &#224; la ligne juste &#187; (voir sa lettre du 23 mai 1928 &#224; B&#233;loborodov). Ce n'est qu'en se purifiant, au cours de plusieurs processus, des &#233;l&#233;ments les plus nuisibles de centre gauche, que l'opposition l&#233;niniste a pu se donner une orientation claire &#224; sa tactique dans sa lutte implacable avec le centrisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
III. Nos t&#226;ches en lien avec les fondements de la tactique l&#233;niniste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La principale t&#226;che de l'opposition, pour le moment, est l'organisation de la lutte prol&#233;tarienne pour la r&#233;forme du parti, des syndicats, de l'&#201;tat, avec pour principe la d&#233;mocratie ouvri&#232;re, ainsi que la rectification de la ligne strat&#233;gique du parti et son retour dans la voie trac&#233;e par L&#233;nine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette t&#226;che ne peut &#234;tre accomplie que par la mobilisation de toutes les forces r&#233;volutionnaires du parti et de la classe ouvri&#232;re autour de l'opposition l&#233;niniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conditions qui se sont form&#233;es &#224; pr&#233;sent, la crise &#233;conomique et politique qui ne cesse de s'approfondir dans le pays, suscitent la croissance du m&#233;contentement de toutes les classes. Dans cette situation qui &#233;largit indubitablement notre base dans la classe ouvri&#232;re, notre ligne tactique doit se traduire par une offensive politique sur la base d'un travail organisationnel profond dans les masses, bien que grandisse en m&#234;me temps &#233;galement le danger des interventions contre-r&#233;volutionnaires des classes ennemies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La seule possibilit&#233;, dit le camarade Trotski, de conserver et d'augmenter les chances de la voie du d&#233;veloppement r&#233;formiste de la r&#233;volution d'octobre et du parti, r&#233;side dans la mise en place du fonctionnement correct de l'organisation centralis&#233;e des bolcheviks-l&#233;ninistes, disposant de ressources techniques suffisantes pour influer de fa&#231;on syst&#233;matique sur l'opinion du parti atomis&#233;. &#187; (lettre du 08/08/1930) [26]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La qualit&#233; principale de l'opposition l&#233;niniste doit &#234;tre la capacit&#233; &#224; effectuer un brusque changement de tactique pour se r&#233;armer, et &#224; utiliser de nouvelles m&#233;thodes de lutte, en d'autres termes &#224; pratiquer une politique de tournants brusques. Dans les p&#233;riodes de croissance de l'activit&#233; politique des masses et du renforcement, en parall&#232;le, de la pression des classes ennemies, elle doit mettre en pratique une tactique d'offensive d&#233;cid&#233;e et hardie ; dans les p&#233;riodes de recul politique de l'esprit des masses, elle doit passer &#224; une tactique d&#233;fensive et attentiste, mais en tentant, dans ces conditions, de faire preuve, sur la base d'une nouvelle ligne tactique, d'une tr&#232;s grande activit&#233; dans sa lutte pour gagner de l'influence sur les masses. Gardant la maitrise dans les compromis qu'elle passe et les accords forc&#233;s, elle ne doit jamais reculer d'un iota sur les questions de principe devant l'ennemi ou devant un alli&#233; peu s&#251;r.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'analyse politique profonde et les &#233;valuations saines de la r&#233;alit&#233; ont toujours aid&#233; l'opposition &#224; indiquer de fa&#231;on juste la tactique &#224; suivre, en choisissant entre l'offensive et la d&#233;fensive en fonction de la situation objective. C'est pour cette raison qu'elle a toujours &#233;t&#233; &#233;trang&#232;re &#224; l'aventurisme et s'est toujours bas&#233;e uniquement sur la croissance de la conscience des masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seule une &#233;laboration approfondie des mots d'ordre concrets du moment, &#224; partir des orientations programmatiques, qui soit &#233;trang&#232;re &#224; la fois au regard en arri&#232;re conservateur et &#224; la simple r&#233;p&#233;tition non critique des slogans anciens, peut assurer &#224; l'opposition bolchevik-l&#233;niniste une tactique efficace qui corresponde aux buts poursuivis.&lt;br class='autobr' /&gt;
IV. La lutte pour les masses&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la r&#233;volution d'octobre, il n'y a pas eu de changements dans la situation de notre prol&#233;tariat qui conduisent &#224; la liquidation de son r&#244;le r&#233;volutionnaire pass&#233;. Au contraire, il a grandi de fa&#231;on plus sensible sur les plans politique et culturel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; le profond abattement de la classe ouvri&#232;re en ce qui concerne son &#233;tat d'esprit politique, sa passivit&#233;, sa fatigue durant les ann&#233;es qui ont suivi la fin de la guerre civile, malgr&#233; l'exposition de certaines de ses couches &#224; l'influence des pr&#233;jug&#233;s petits-bourgeois qui lui viennent de la campagne et que la bureaucratie entretient consciemment, nous avons pu souvent observer la manifestation de la profonde r&#233;sistance, sourde, de la classe ouvri&#232;re face &#224; la ligne thermidorienne. Et cela permet d'estimer que maintenant, quand les illusions nuisibles parmi les masses s'effondrent rapidement, toute pression des classes ennemies peut cr&#233;er &#224; nouveau dans le parti et la classe ouvri&#232;re un retour vers l'activit&#233; r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique actuelle de la bureaucratie centriste est clairement calcul&#233;e pour brider le prol&#233;tariat, dans le but de lui retirer la possibilit&#233; de se d&#233;fendre. En liaison avec cela, une diff&#233;renciation, sur le plan de la conscience de classe des masses ouvri&#232;res, s'est effectu&#233;e &#224; des niveaux plus ou moins clairement marqu&#233;s. &#192; c&#244;t&#233; d'une aristocratie ouvri&#232;re peu nombreuse et tr&#232;s bien pay&#233;e, qui aspire &#224; une vie tranquille, et un groupe d'ouvriers de choc assez important, mais qui n'est pas encore totalement form&#233;, composant formellement le soutien du r&#233;gime, il y a de nombreuses &#171; recrues &#187;, venues de la petite bourgeoisie de la ville et de la campagne, dont l'&#233;tat d'esprit va des relations de confiance bienveillantes &#224; l'&#233;gard de toutes les fables que les centristes leur comptent, jusqu'&#224; une haine plus consciente du pouvoir sovi&#233;tique, tel qu'il est incarn&#233; par ses repr&#233;sentants actuels. Mais la fraction la plus importante du prol&#233;tariat industriel se lib&#232;re progressivement des illusions pass&#233;es, acquiert une exp&#233;rience politique, et s'imbibe d'un profond m&#233;contentement r&#233;volutionnaire ; elle continue de garder pour le moment une attitude d'attente, dans la mesure o&#249; le r&#233;gime existant ne donne pas la possibilit&#233; aux sentiments des masses de se manifester librement, tant qu'ils n'atteindront pas leur limite sup&#233;rieure, qui correspondrait &#224; l'intensit&#233; de la pression politique qu'ils subissent. Ce noyau principal de la classe ouvri&#232;re, capable d'entrainer &#224; sa suite le reste de la masse de nombreux millions de personnes, cherche maintenant une direction ferme, claire, ayant un programme d'action pr&#233;cis, visant &#224; r&#233;tablir un r&#233;gime normal et une ligne politique juste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principales questions tactiques de notre lutte sont de trouver les voies pour gagner &#224; nous des &#233;l&#233;ments r&#233;volutionnaires d'avant-garde et de la classe ouvri&#232;re et, par eux, gagner &#224; notre influence, &#224; notre direction la majorit&#233; de la classe ouvri&#232;re pour la lutte &#224; venir pour la r&#233;forme. Et pour ce faire, notre premi&#232;re t&#226;che consiste &#224; contrecarrer tous les &#233;l&#233;ments de d&#233;ception, de fatigue et d'apathie qui g&#234;nent l'essor de l'activit&#233; r&#233;volutionnaire des masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, on ne doit pas fermer les yeux sur le fait que la grande masse des ouvriers n'a pas pris conscience jusqu'&#224; pr&#233;sent de la n&#233;cessit&#233; d'une lutte active contre la croissance du danger contre-r&#233;volutionnaire, par la faute de la direction centriste, malgr&#233; le fait que la dictature prol&#233;tarienne rec&#232;le de tr&#232;s grandes forces et possibilit&#233;s de renaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons qu'on ne peut pas vaincre vraiment avec la seule avant-garde. Et pour que toute la classe en arrive &#224; un soutien direct et conscient de l'avant-garde, il est n&#233;cessaire qu'elle acqui&#232;re sa propre exp&#233;rience politique et sache la g&#233;n&#233;raliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cette raison qu'il devrait &#234;tre clair pour nous que la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts vitaux du prol&#233;tariat conduira au r&#233;veil des couches retardataires des masses, seulement quand les buts de la lutte seront &#233;troitement li&#233;s &#224; la situation concr&#232;te et seront compr&#233;hensibles pour les grandes masses. Ce n'est qu'en cr&#233;ant une organisation fortement ramifi&#233;e, li&#233;e &#233;troitement aux masses sur leurs lieux de travail, et grandissant sur la base de la d&#233;fense m&#234;me des int&#233;r&#234;ts quotidiens les plus modestes, que nous pouvons compter sur la r&#233;ussite de notre agitation, et sur le fait que cette masse nous suivra dans la lutte pour la r&#233;forme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En nous pr&#233;occupant avant tout de la classe ouvri&#232;re dans sa globalit&#233;, nous devons mener le travail aussi bien parmi les membres du parti, que parmi les ouvriers sans parti, contrecarrant de toutes les fa&#231;ons possibles les tentatives de cr&#233;er une s&#233;paration entre les uns et les autres. De telles tentatives sont aussi bien le fait de la bureaucratie centriste, qui essaie de semer la discorde entre les diff&#233;rents d&#233;tachements de la classe ouvri&#232;re, que des partis anti-sovi&#233;tiques, qui tentent de dresser les ouvriers sans parti contre le parti et de les d&#233;tourner vers la voie de la contre-r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre directive tactique acquiert de ce fait un sens particulier &#224; l'&#233;gard des diff&#233;rents courants politiques, et avant tout &#224; l'&#233;gard du centrisme lui-m&#234;me, qui &#171; repr&#233;sente le principal danger dans le parti &#187; (L. Trotski).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; l'objectif principal du centrisme est d'&#233;touffer l'activit&#233; du prol&#233;tariat, aussi bien par des m&#233;thodes de terreur administrative et &#233;conomique, que des m&#233;thodes sophistiqu&#233;es de mensonge, notre t&#226;che est un grand travail d'explication, destin&#233; &#224; d&#233;masquer le centrisme, dans le but de relever l'activit&#233; des prol&#233;taires &#224; un niveau o&#249; plus aucune menace n'est capable d'emp&#234;cher l'intervention des masses. En outre, nous devons expliquer avec t&#233;nacit&#233; aux masses que la voie de la r&#233;forme passe par le remplacement de la direction centriste &#171; qui ne peut r&#233;aliser la r&#233;forme pour des raisons organiques &#187; (Rakovski).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le centrisme, qui suscite le d&#233;senchantement et la chute de l'activit&#233; m&#234;me de la partie la plus r&#233;volutionnaire de la classe ouvri&#232;re, facilite l'influence des mencheviks sur les masses. En luttant contre le centrisme, et en montrant au prol&#233;tariat les voies les plus efficaces du sauvetage de son pouvoir (la dictature du prol&#233;tariat), nous paralysons en grande partie aussi l'influence des mencheviks et des autres partis anti-sovi&#233;tiques qui font du travail dans la classe ouvri&#232;re. Il convient &#233;galement de dire la m&#234;me chose sur les anarchistes et les partis qui ont de la m&#234;me fa&#231;on des complices &#224; l'int&#233;rieur de l'officiel PCR(b).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En luttant contre ces courants, nous nous battons contre la division de la classe ouvri&#232;re en sph&#232;res d'influence, en fonction de ses principales cat&#233;gories sociales, contre sa soumission &#224; diff&#233;rentes influences &#233;trang&#232;res de classe, et pour son unit&#233;, son regroupement, avec le mot d'ordre du r&#233;tablissement de la dictature du prol&#233;tariat. Mais cette t&#226;che ne peut pas &#234;tre accomplie par une action ext&#233;rieure, en lan&#231;ant simplement des mots d'ordre ronflants, sans un travail pr&#233;paratoire correspondant dans toutes les organisations ouvri&#232;res de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premier lieu, de ce point de vue, la lutte dans le secteur prol&#233;tarien du parti officiel est l'une des t&#226;ches &#224; accomplir. Mais le travail dans cette direction ne doit en aucun cas masquer la n&#233;cessit&#233; de conqu&#233;rir les organisations prol&#233;tariennes hors du parti, et particuli&#232;rement les syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'en attirant de notre c&#244;t&#233; toute l'aile r&#233;volutionnaire du parti et la majorit&#233; r&#233;volutionnaire de la classe ouvri&#232;re, ainsi qu'en r&#233;tablissant ensuite la confiance &#224; son &#233;gard des couches pauvres et moyennes du village (par la voie de la propagande de mesures &#233;conomiques correspondantes), que nous pourrons r&#233;aliser une r&#233;forme dans toute l'ampleur n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de notre lutte, nous aurons sans doute &#224; faire face &#224; la r&#233;sistance cruelle des forces thermidoriennes et bonapartistes. Et l&#224; se posera au prol&#233;tariat la question des formes que prendra sa lutte avec ces forces, car, celle-ci ne pourra certainement pas se faire sans un &#233;pisode de guerre civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti officiel repr&#233;sente maintenant la cohabitation de deux camps de la guerre civile. (L. F.) [27]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette cohabitation ne peut continuer longtemps. L'un de ces camps doit p&#233;rir, afin de laisser la place au d&#233;veloppement de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pouvons pas, par cons&#233;quent, miser sur le travail en direction du parti officiel, qui n'existe pas comme parti, mais nous devons choisir de nous orienter vers la recr&#233;ation du vieux parti l&#233;niniste avec le secteur r&#233;volutionnaire prol&#233;tarien du parti officiel et les ouvriers actifs, d'avant-garde, consciemment r&#233;volutionnaires, qui se trouvent actuellement hors du parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fraction bolchevik-l&#233;niniste, organis&#233;e et en &#233;tat d'agir, sera la base sur laquelle se fera la cristallisation de ces &#233;l&#233;ments prol&#233;tariens et r&#233;volutionnaires, et la renaissance du parti l&#233;niniste.&lt;br class='autobr' /&gt;
V. Les formes et les m&#233;thodes de lutte pour la r&#233;forme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En nous donnant pour t&#226;che de contribuer &#224; l'organisation des masses ouvri&#232;res, nous devons, en m&#234;me temps, nous rendre compte que le r&#233;gime et la politique centriste conduisent objectivement &#224; ce que, dans le mouvement des masses, une certaine spontan&#233;it&#233; puisse prendre le dessus sur le niveau d'organisation que l'opposition l&#233;niniste peut donner &#224; ce mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cette raison que, dans le cas o&#249; un mouvement se d&#233;clare de fa&#231;on spontan&#233;e, nous ne refuserons pas d'y participer. Car lorsque se pr&#233;sentent les conditions objectives d'une pression r&#233;volutionnaire directe, se mettre au service du mouvement des masses est, comme dit L&#233;nine, &#171; la t&#226;che la plus &#233;lev&#233;e du parti &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, nous ne sommes pas complaisants avec les &#233;l&#233;ments de spontan&#233;it&#233; des mouvements, nous ne nous soumettons pas &#224; eux, nous aspirons de toutes les mani&#232;res possibles &#224; les combattre, &#224; soumettre ces mouvements &#224; notre influence : &#171; aller &#224; la rencontre des masses ne veut pas dire l&#226;cher pied devant la spontan&#233;it&#233; &#187; (L. T.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, alors que la grande masse de la classe ouvri&#232;re (et pas toute son avant-garde) n'est pas encore sortie de son attentisme, il nous faut rejeter cat&#233;goriquement les propositions qui sont dict&#233;es par l'impatience r&#233;volutionnaire et l'absence de maturit&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que cela veut dire que nous appelons &#224; la passivit&#233; et inculquons aux &#233;l&#233;ments d'avant-garde du prol&#233;tariat qu'il faut survivre avec fatalisme, tant que le d&#233;veloppement objectif des &#233;v&#233;nements ne nous apportera pas des r&#233;sultats tout pr&#234;ts &#171; par eux-m&#234;mes &#187; ? Absolument pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela veut seulement dire qu'il ne s'agit pas de lancer des mots d'ordre qui ne peuvent &#234;tre encore compris des masses ouvri&#232;res et qui ne se d&#233;duisent pas de leur propre exp&#233;rience. La principale t&#226;che des ouvriers d'avant-garde et conscients, &#224; l'&#233;tape actuelle de l'offensive politique, doit consister, non &#224; crier des slogans ronflants, mais &#224; r&#233;aliser un travail opini&#226;tre pour cr&#233;er une organisation clandestine extr&#234;mement ramifi&#233;e, afin d'&#234;tre en mesure, gr&#226;ce elle, de se saisir des conflits, particuliers ou plus g&#233;n&#233;raux, des ouvriers avec la bureaucratie, et d'entra&#238;ner de plus en plus de masses d'ouvriers &#224; la lutte pour la r&#233;forme. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, la lutte de la classe ouvri&#232;re contre le r&#233;gime bureaucratique a eu principalement un caract&#232;re individualiste et anarchique. Dans les conditions d'&#233;touffement complet de l'activit&#233; normale des syndicats, qui se sont transform&#233;s d'organes de d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts des ouvriers en organes auxiliaires des gestionnaires, les ouvriers ont recours &#224; des formes de lutte comme les absences injustifi&#233;es, la d&#233;t&#233;rioration des machines, l'assassinat des ouvriers de choc, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition l&#233;niniste ne met pas en avant toute forme de m&#233;contentement &#224; l'&#233;gard du r&#233;gime bureaucratique existant et de sa politique. Sa t&#226;che consiste &#224; pr&#233;parer et &#224; organiser la r&#233;sistance collective et de masse &#224; toute la politique de la bureaucratie stalinienne. Et en ce sens, il y a, &#224; la disposition du prol&#233;tariat, toute une s&#233;rie de m&#233;thodes mises au point par l'exp&#233;rience pass&#233;e du mouvement, en commen&#231;ant par les protestations organis&#233;es et en finissant par des manifestations, des gr&#232;ves, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement, lorsqu'il a atteint une grande force et exerce une grande pression, peut se manifester en exer&#231;ant directement sa propre autorit&#233;, par la d&#233;mocratie ouvri&#232;re, la destitution et l'&#233;lection des fonctionnaires dans le parti, les syndicats, les soviets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fonction du degr&#233; de d&#233;veloppement d'un mouvement ouvrier de masse, la gr&#232;ve acquiert une grande importance en sa qualit&#233; d'instrument traditionnel de lutte de la classe ouvri&#232;re ; son utilisation dans les conditions actuelles est punie avec toute la s&#233;v&#233;rit&#233; de l'arbitraire bureaucratique, bien que du temps de L&#233;nine elle ait &#233;t&#233; reconnue comme moyen de d&#233;fense des ouvriers contre les perversions de l'appareil au pouvoir. Une r&#233;solution connue du 11e congr&#232;s [28] du parti sur les syndicats obligeait les cellules communistes des entreprises &#224; se mettre &#224; la t&#234;te des ouvriers contre les d&#233;formations bureaucratiques des organes &#233;conomiques d'&#201;tat (apr&#232;s &#233;puisement complet des autres moyens d'action).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les conditions actuelles, l'utilisation organis&#233;e des gr&#232;ves peut jouer un grand r&#244;le dans la mobilisation des forces prol&#233;tariennes avec les slogans de r&#233;forme du parti, des syndicats et des soviets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;solution du 11e congr&#232;s nous donne un argument important en faveur du droit de gr&#232;ve contre le r&#233;gime bureaucratique. L'opposition doit montrer aux masses qu'elle est &#224; cet &#233;gard le vrai promoteur de la ligne l&#233;niniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, dans les conditions se rapprochant de la pire des situations, celle qui exige la plus grande tension des forces du prol&#233;tariat, sa lutte peut prendre la forme la plus aigu&#235;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cas d'intervention ouverte des &#233;l&#233;ments bonapartistes, dans le but d'un coup d'&#201;tat contre-r&#233;volutionnaire, le seul moyen de r&#233;tablir la dictature du prol&#233;tariat est l'&#233;crasement arm&#233; de la contre-r&#233;volution, d'o&#249; qu'elle vienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
VI. Conclusion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition bolchevik-l&#233;niniste a toujours consid&#233;r&#233; sa lutte pour la r&#233;forme comme une t&#226;che internationale. La lutte qui a &#233;t&#233; et qui est actuellement men&#233;e par l'opposition contre la direction stalinienne, l'est en lien &#233;troit avec la lutte g&#233;n&#233;rale de l'aile gauche du Komintern contre la domination du centrisme. Sans le remplacement de la direction centriste du Komintern, la pr&#233;paration du facteur subjectif de la r&#233;volution mondiale est impossible, car l'histoire de la direction stalinienne est l'histoire de ses erreurs incessantes et des d&#233;faites du prol&#233;tariat international suscit&#233;es par elles (L. Trotski).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le centrisme stalinien et sa domination au Komintern ont grandi sur la base de la stabilisation relative du capitalisme et d'une s&#233;rie de d&#233;faites du prol&#233;tariat europ&#233;en au cours des huit derni&#232;res ann&#233;es. Les succ&#232;s de la lutte contre l'opportunisme stalinien et pour la renaissance du Komintern seront stimul&#233;s par l'essor du mouvement ouvrier international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'analyse de la situation internationale montre clairement la justesse de l'&#233;valuation g&#233;n&#233;rale du 3e congr&#232;s de l'IC [29] selon laquelle &#171; la courbe du d&#233;veloppement capitaliste est, d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, descendante avec des mouvements passagers de remont&#233;e ; la courbe de la r&#233;volution est, par contre, montante avec quelques fl&#233;chissements &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons, en nous appuyant sur ce fait, attendre en toute certitude un nouvel essor de la r&#233;volution prol&#233;tarienne, qui sapera profond&#233;ment le terrain sous les pieds de la domination de la bureaucratie centriste et cr&#233;era la pouss&#233;e que nous attendons au profit de la classe ouvri&#232;re et de l'aile gauche du Komintern.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est justement pour cette raison que l'opposition l&#233;niniste n'a jamais consid&#233;r&#233; (&#224; la fa&#231;on des zinovi&#233;vistes et des d&#233;cistes qui souffrent de la m&#234;me fa&#231;on du bornage national) sa lutte contre le centrisme en faisant abstraction de sa d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard du d&#233;veloppement de toute la situation internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En menant une lutte opini&#226;tre pour la renaissance du Komintern sur les bases du l&#233;ninisme, nous cr&#233;ons par l&#224; m&#234;me les &#233;l&#233;ments subjectifs de l'essor futur de la lutte prol&#233;tarienne, en pr&#233;parant le lendemain du mouvement communiste international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Komintern : Commounistitch&#233;ski Internatsional (en russe), soit Internationale communiste en fran&#231;ais (IC).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Le 14e congr&#232;s du Parti communiste (bolch&#233;vique) de l'URSS (PC(b)U) s'est tenu &#224; Moscou entre le 18/12/1925 et le 31/12/1925.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] D&#233;claration des 46 : lettre envoy&#233;e par un groupe de 46 dirigeants sovi&#233;tiques au Bureau politique du Comit&#233; central du PC(b)U le 15 octobre 1923, et gard&#233;e secr&#232;te, comme ne concernant que le bureau politique. &#201;crite par 46 dirigeants bolcheviks, dont Pr&#233;obajenski, Antonov-Ovs&#233;&#239;enko, Smirnov, Piatakov&#8230; elle d&#233;crit la situation dans le pays, critique la direction du parti et son manque de d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Cours nouveau de L. Trotski, &#233;crit fin 1923.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Le 15e congr&#232;s du PC(b)U s'est tenu &#224; Moscou entre le 02/12/1927 et le 19/12/1927. Lors de ce congr&#232;s, les dirigeants de &#171; l'opposition unifi&#233;e &#187; sont exclus du parti. (Trotski l'avait &#233;t&#233; avant m&#234;me le congr&#232;s, au mois de novembre). C'est &#233;galement l&#224; qu'ont &#233;t&#233; avanc&#233;es les premi&#232;res r&#233;solutions sur le travail &#224; la campagne et directives pour la mise en place du 1er plan quinquennal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Dans les ann&#233;es 1920, le mouvement oppositionnel &#233;tait anim&#233; par G. Zinoviev &#224; Leningrad, ville o&#249; il avait une grande influence dans le Parti bolch&#233;vique et dont il avait &#233;t&#233; pr&#233;sident du soviet en d&#233;cembre 1917. (Elle s'appelait alors Petrograd, avant qu'on l'affuble du nom de L&#233;nine en 1924, question d'honorer le mort&#8230; et faire, en son nom, le contraire de sa politique. Rebaptis&#233;e depuis 1991 de son nom sous le tsarisme, Saint-P&#233;tersbourg, pour faire oublier son pass&#233; rouge. Mais c'est une autre histoire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] D&#233;claration de 1923 : voir la note 3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] D&#233;claration des 83, r&#233;dig&#233;e par L&#233;on Trotski et envoy&#233;e au Comit&#233; central du PCPR en mai 1927. Th&#232;mes trait&#233;s : &#233;chec en Chine, &#233;chec en Grande-Bretagne, politique int&#233;rieure, danger de la guerre, unit&#233; du parti, d&#233;fense de G. Zinoviev. Elle a &#233;t&#233; sign&#233;e dans un premier temps par 83 bolcheviks de l'opposition (en fait 84), puis par plus de 3 000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Plate-forme des 13 : pr&#233;par&#233;e pour le 15e congr&#232;s du PC(b)U en septembre 1927, elle &#233;tait sign&#233;e &#224; la fois par Kamenev, Zinoviev, Trotski, et plusieurs autres dirigeants de l'opposition trotskyste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Usine Poutilov : usine d'armement construite en 1801 sous le r&#232;gne de Paul 1er &#224; Saint-P&#233;tersbourg. Sa production se diversifie avec le temps (mat&#233;riel ferroviaire, par exemple). En 1900, l'usine occupait la premi&#232;re place dans l'empire russe pour sa production m&#233;tallurgique et de machines. En 1917, 29 000 ouvriers y &#233;taient employ&#233;s. Ils ont jou&#233; un r&#244;le majeur dans les &#233;v&#233;nements. Plus de 10 000 ouvriers ont rejoint les fronts de la guerre civile. Nationalis&#233;e en 1917, l'usine a &#233;t&#233; privatis&#233;e en 1992.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] La d&#233;faite du 16 octobre 1926 : au pl&#233;num du Comit&#233; central du PC(b)U, L. Trotski, G. Zinoviev et L. Kamenev ont &#233;t&#233; exclus du Bureau politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] La 15e conf&#233;rence du PC(b)U s'est tenue &#224; Moscou entre le 26 octobre et le 3 novembre 1926. Elle &#233;tait consacr&#233;e &#224; la situation internationale, &#224; la situation &#233;conomique du pays et aux t&#226;ches du parti et des syndicats, enfin &#224; l'opposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Ce 7e pl&#233;num du Comit&#233; ex&#233;cutif de l'IC s'est tenu &#224; Moscou du 22/11 au 16/12/1926. Il portait sur la situation internationale (en particulier la Grande-Bretagne, la Chine et l'Allemagne), l'action du Comit&#233; ex&#233;cutif de l'IC, les syndicats, et les oppositions &#224; l'int&#233;rieur du parti russe (des exclusions).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] Ce pl&#233;num du Comit&#233; central du parti, tenu le 12 f&#233;vrier 1927, a vot&#233; les r&#233;solutions relatives &#224; l'industrie du b&#226;timent en 1926/1927 et &#224; La baisse des prix de vente et de d&#233;tail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] Le groupe &#171; Centraliste d&#233;mocratique &#187; (abr&#233;g&#233; CD, &#233;galement nomm&#233; D&#233;ciste), s'est form&#233; en tant que tendance dans le parti bolch&#233;vique en mars 1919 au 8e congr&#232;s du PCR. Les dirigeants principaux &#233;taient Val&#233;riane Ossinski, Vladimir Smirnov et Timof&#233;&#239; Sapronov. Ils voulaient revenir &#224; une pratique politique et &#233;conomique initi&#233;e par la base ouvri&#232;re au d&#233;triment de la centralisation et de la bureaucratisation qui s'&#233;taient instaur&#233;es. Ils s'impliqu&#232;rent &#233;galement dans le d&#233;bat sur les syndicats fin 1920, d&#233;but 1921. Le groupe se dissout en mars 1921 suite au 10e congr&#232;s du PCR qui condamne les fractions. Ses membres se li&#232;rent en 1923 avec l'opposition de gauche initi&#233;e par Trotski, puis &#224; l'opposition unifi&#233;e de Trotski avec Kamenev et Zinoviev, et rompirent avec l'opposition trotskiste apr&#232;s la d&#233;faite de cette opposition unifi&#233;e du 16 octobre 1926, dont parle l'article. Certains membres ont fait ensuite d&#233;fection, d'autres sont rest&#233;s fid&#232;les &#224; leurs id&#233;es, mais tous ont subi la r&#233;pression stalinienne (isolateurs, prisons, exils, puis ex&#233;cutions massives &#224; la fin des ann&#233;es trente). Par rapport au r&#233;gime stalinien, ils jugent que &#171; Si chez nous les moyens de production sont nationalis&#233;s et que le pouvoir d'&#201;tat n'est pas entre les mains de la classe ouvri&#232;re, alors l'absence par elle-m&#234;me de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production montre que le sujet de l'exploitation a chang&#233; (le propri&#233;taire), mais pas l'objet (la classe ouvri&#232;re) &#187; [T. Sapronov : L'agonie de la dictature petite-bourgeoise]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils jugent en quelque sorte la contre-r&#233;volution comme achev&#233;e, et ont, dans la p&#233;riode du &#171; Grand tournant &#187; de Staline vers la d&#233;koulakisation, une politique que Trotski juge &#224; la fois gauchiste et en partie d&#233;faitiste. C'est &#224; leur propos que Trotski &#233;crit, fin 1928 : &#171; &#8230; aller au-devant de la masse ne signifie pas se mettre &#224; la t&#234;te des mouvements d&#233;sordonn&#233;s auxquels tendent les &#171; d&#233;cistes &#187;, qui, ou bien se casseront le cou sur une politique d'aventure, ce qui ne serait qu'un demi-malheur, ou bien aideront accidentellement l'ennemi &#224; tordre le cou &#224; la r&#233;volution, ce qui est beaucoup plus grave [&#8230;] &#187; Et estimant n&#233;cessaire de se d&#233;marquer de cette politique, Trotski ajoutait : &#171; Il faut que les flancs et l'arri&#232;re soient pour nous d&#233;limit&#233;s par une ligne claire, afin que la masse sache o&#249; nous sommes et o&#249; nous ne sommes pas. &#187; Cf. (Lettre du 21 octobre 1928). C'est ce point de vue que rappellent ici les r&#233;dacteurs du journal retrouv&#233; de l'isolateur de Verkhn&#233;ouralsk.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] Avril 27 : le 12 avril 1927, le Kuomintang retourne ses armes contre le Parti communiste chinois &#224; Shangha&#239; et y &#233;crase dans le sang la classe ouvri&#232;re, attisant ainsi la confrontation entre l'opposition de gauche et la majorit&#233; du PC(b)U.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] Pl&#233;num de novembre 1928 : le pl&#233;num du Comit&#233; central du PC(b)U s'est tenu &#224; Moscou du 16 au 24 novembre 1928. L'opposition droiti&#232;re y a &#233;t&#233; condamn&#233;e ; celle-ci a cependant vot&#233; cette r&#233;solution avec les partisans de Staline pour pr&#233;server l'unit&#233; du parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[18] &#192; une nouvelle &#233;tape est un texte &#233;crit apr&#232;s le 18 d&#233;cembre 1927. La citation n'y a pas &#233;t&#233; retrouv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[19] Pl&#233;nums d'avril et de juillet 1928 : le premier s'est d&#233;roul&#233; du 6 au 11 avril 1928 &#224; Moscou et r&#233;unissait le Comit&#233; central du PC(b)U et la Commission centrale de contr&#244;le du PC(b)U ; il &#233;tait consacr&#233; &#224; des questions agraire, industrielle, d'organisation du parti. Le second s'est d&#233;roul&#233; du 4 au 12 juillet 1928 &#224; Moscou et r&#233;unissait le Comit&#233; central du PC(b)U ; questions abord&#233;es : Komintern, agriculture, formation de sp&#233;cialistes, nominations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[20] &#171; &#192; la fin de 1928, une campagne pour le renouvellement des conventions collectives s'est ouverte dans tout le pays [&#8230;] &#187;, pr&#233;cise Mikhail Vassiliev dans le num&#233;ro 20 des Cahiers du mouvement ouvrier : &#171; &#201;tant donn&#233; l'aggravation brutale des conditions de vie et de travail de la classe ouvri&#232;re, la hausse des prix sur les marchandises de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;, un mouvement de gr&#232;ve s'est intensifi&#233; dans le pays. &#187; Et il cite un document de l'opposition de gauche &#224; l'&#233;poque qui dit : &#171; Le m&#233;contentement des ouvriers, ne trouvant pas d'issue aupr&#232;s des syndicats, s'amplifie [&#8230;] La gr&#232;ve, c'est le moyen extr&#234;me d'autod&#233;fense de la classe ouvri&#232;re contre les perversions de l'appareil bureaucratique. [&#8230;] les bolcheviks-l&#233;ninistes doivent prendre la t&#234;te du mouvement partout et en se souciant en tout lieu de la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts des travailleurs, luttant sans merci contre les perversions bureaucratiques. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[21] Nous n'avons pas le texte de la d&#233;claration du 4 octobre 1929, r&#233;dig&#233;e par Rakovski, l'un des responsables de l'opposition trotkiste &#224; l'&#233;poque. Mais elle est, semble-t-il, dans la continuit&#233; d'une autre d&#233;claration de Rakovski, cosign&#233;e avec deux autres oppositionnels, Kossior et Okoudjava, datant du 22 ao&#251;t (publi&#233;e notamment par P. Brou&#233; dans Les cahiers L&#233;on Trotsky no 6, p. 78 &#224; 85). &#192; sa fa&#231;on, ce texte du 22 ao&#251;t saluait le tournant &#224; gauche de la direction stalinienne, avec son plan d'industrialisation que les signataires de la d&#233;claration appelaient &#224; soutenir, appelant en m&#234;me temps &#224; la r&#233;int&#233;gration de l'opposition de gauche dans le parti, y compris la r&#233;int&#233;gration de Trotski et son retour d'exil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotski a, &#224; post&#233;riori (fin septembre), approuv&#233; sur le fond ce texte, auquel il apportait sa signature. Dans sa Lettre ouverte aux bolcheviks-l&#233;ninistes signataires de la d&#233;claration du 22 ao&#251;t 1929, il &#233;crivait : &#171; Le fait du tournant &#224; gauche de la direction officielle est patent. Depuis 1926, nous avons plus d'une fois pr&#233;dit qu'il &#233;tait in&#233;vitable sous les coups de la lutte de classe qui avait sans aucune difficult&#233; d&#233;moli le cadre de la politique droite-centre. De m&#234;me il n'est pas n&#233;cessaire de d&#233;montrer ici le fait incontestable que, si la lutte contre notre plate-forme a &#233;t&#233; conduite avec les arguments du groupe de droite actuel, la lutte officielle contre ce dernier a &#233;t&#233; men&#233;e avec des arguments emprunt&#233;s &#224; notre plate-forme. [&#8230;] Vous avez absolument raison de souligner que le plan quinquennal de construction socialiste peut devenir une &#233;tape tr&#232;s importante dans le d&#233;veloppement de la r&#233;volution d'Octobre. Dans des termes mesur&#233;s, mais sans &#233;quivoque, vous soulignez les conditions qui seraient n&#233;cessaires pour cela mais qui n'existent pas encore &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il mettait en garde contre toute illusion sur le cours qu'allait suivre la direction stalinienne, tant sur le plan international que dans sa politique vis-&#224;-vis de la classe ouvri&#232;re et dans le parti : &#171; La direction maintient et m&#234;me renforce la r&#233;pression parce que la co&#239;ncidence de nombre des mesures pratiques extr&#234;mement importantes qu'elle a prises dans sa politique actuelle avec les mots d'ordre et formulations de notre plate-forme, ne fait nullement dispara&#238;tre pour elle la dissemblance des principes th&#233;oriques d'o&#249; la direction et l'Opposition partent pour leur examen des probl&#232;mes de l'heure. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mise en garde semble avoir &#233;t&#233; prise en compte dans la d&#233;claration du 4 octobre, qui &#233;tait devenue, plus que sa premi&#232;re &#233;bauche du 22 ao&#251;t, une r&#233;f&#233;rence pour l'opposition de gauche (dont les r&#233;dacteurs du texte). C'est ce que l'on voit par le r&#233;sum&#233; qu'en donne Rakovski lui-m&#234;me en avril 1930 : &#171; Dans sa d&#233;claration au C.C. et &#224; la C.C.C. du 4 octobre de l'ann&#233;e derni&#232;re, l'Opposition bolchevik-l&#233;niniste s'est &#233;lev&#233;e contre les mesures administratives extraordinaires &#224; la campagne, parce qu'elles entrainent des cons&#233;quences politiques n&#233;gatives. Nous nous sommes &#233;galement &#233;lev&#233;s contre la th&#233;orie tout &#224; fait n&#233;faste de la possibilit&#233; de construction d'une soci&#233;t&#233; socialiste dans un seul pays [&#8230;] &#187;. Cette d&#233;claration d&#233;non&#231;ait &#171; l'application &#8211; en vue de l'accroissement de la discipline du travail et de la rationalisation &#8211; de proc&#233;d&#233;s rejet&#233;s par la r&#233;volution d'Octobre &#187; (d&#233;crets sur la discipline, introduction de la semaine continue, augmentation des normes de production&#8230;). Elle indiquait &#171; la n&#233;cessit&#233; d'une unification de toutes les forces communistes et r&#233;volutionnaires autour du Plan quinquennal d'industrialisation et de la lutte contre le capitalisme agraire et les droitiers. [&#8230;] Dans la mesure cependant o&#249; la r&#233;alisation du mot d'ordre d'unification de toutes les forces communistes signifie la fin de la p&#233;riode du monopole politique du centrisme la bureaucratie centriste va le combattre avec le m&#234;me acharnement que dans le pass&#233; &#187;. (D&#233;claration en vue du xvie congr&#232;s du PCUS, du 12 avril 1930, sign&#233;e de Rakovski, Kossior, Mouralov et Kasparova, publi&#233;e par P. Brou&#233; dans le Cahier L&#233;on Trotsky no 6, p. 90 &#224; 103).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[22] Il s'agit en fait d'une d&#233;cision prise le 14 mars 1930 par le Comit&#233; central du PC(b)U sur La lutte avec les d&#233;viations dans le mouvement kolkhozien par rapport &#224; la ligne du parti. Cette d&#233;cision a fait suite &#224; l'article sign&#233; par Staline dans la Pravda du 2 mars 1930, intitul&#233; Le vertige du succ&#232;s. Devant les difficult&#233;s rencontr&#233;es et la r&#233;sistance des paysans, la campagne de &#171; collectivisation &#187; a &#233;t&#233; stopp&#233;e un temps et un certain nombre de cadres de base ont &#233;t&#233; r&#233;prim&#233;s pour gauchisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[23] Il s'agit vraisemblablement du texte du 12 avril 1930, sign&#233; de Rakovski, Kossior, Mouralov et Kasparova, puis cosign&#233; par quelques autres (Brou&#233; en cite deux autres) dont nous avons parl&#233; dans la note 21.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[24] Nous n'avons pas ce texte. Il semble &#234;tre la lettre de Trotski d'ao&#251;t 1930 dont dit se souvenir Ciliga dans Au pays de mensonge d&#233;concertant (une de ces lettres surnomm&#233;es les &#171; cartes postales &#187; qui parvenaient aux oppositionnels m&#234;me dans les prisons). Ciliga n'en cite pas le texte, mais seulement les longues discussions qu'ont suscit&#233;es au sein des trois tendances des oppositionnels de Verkn&#233;ouralsk l'appr&#233;ciation que Trotsky donnait du stade o&#249; en &#233;tait le &#171; bonapartisme stalinien &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ciliga &#233;crit : &#171; Une de ses phrases : &#8220;La pr&#233;paration du bonapartisme dans le parti est achev&#233;e&#8221;, devint le fondement de tous les raisonnements et de toutes les th&#232;ses de la gauche. Quant aux droites, ils ne lui attribuaient qu'une valeur rh&#233;torique sans importance pour l'attitude d'ensemble adopt&#233;e par Trotski. Les gauches ne voulaient entendre que le jugement n&#233;gatif &#233;mis par Trotski sur la superstructure politique du r&#233;gime, les droites &#8211; que son jugement positif quant &#224; la base sociale : dictature du prol&#233;tariat et caract&#232;re socialiste de l'&#233;conomie &#187; (Ante Ciliga, Dix ans au pays du mensonge d&#233;concertant, p. 181-182 de l'&#233;dition 10/18 de 1977). Mais il ne nous renseigne pas sur les pr&#233;cisions que Trotski donnait sur la nouvelle tactique de l'opposition dont parlent ici les auteurs du texte des oppositionnels emprisonn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[26] Il s'agit vraisemblablement de la m&#234;me &#171; carte postale &#187; d'ao&#251;t 1930 cit&#233;e plus haut (cf note 24)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[27] L. F. : Peut-&#234;tre, sous ces initiales, les auteurs du texte tiennent-ils &#224; citer L. F&#233;dortchenko qui, si l'on en croit la liste des bolcheviks-l&#233;ninistes enferm&#233;s dans l'isolateur de Verkhn&#233;ouralsk, publi&#233;e dans le no 19 de mars 1931 du Bulletin de l'Opposition, y aurait &#233;t&#233; enferm&#233;. S'agirait-il de L&#233;onide F&#233;dortchenko dont a retrouv&#233; mention par ailleurs et qui serait d&#233;c&#233;d&#233; en 1929 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[28] Le 11e congr&#232;s du PC(b)U s'est tenu &#224; Moscou du 27 mars au 2 avril 1922. Dans le projet de r&#233;solution sur Le r&#244;le et les t&#226;ches des syndicats dans les conditions de la Nouvelle politique &#233;conomique, r&#233;dig&#233; par L&#233;nine pour ce congr&#232;s, il &#233;crivait : &#171; Le passage des entreprises d'&#201;tat &#224; l'autonomie financi&#232;re est in&#233;vitablement et indissolublement li&#233; &#224; la nouvelle politique &#233;conomique, et dans un tr&#232;s proche avenir ce type de gestion deviendra immanquablement pr&#233;pond&#233;rant, sinon exclusif. En fait, cela signifie, dans une situation o&#249; la libert&#233; du commerce est autoris&#233;e et se d&#233;veloppe, que les entreprises d'&#201;tat reviennent dans une mesure notable &#224; des bases commerciales capitalistes. Cette constance, jointe &#224; la n&#233;cessit&#233; imp&#233;rieuse d'accro&#238;tre la productivit&#233; du travail, d'obtenir de chaque entreprise d'&#201;tat une gestion non d&#233;ficitaire et m&#234;me b&#233;n&#233;ficiaire, &#224; l'attachement l&#233;gitime ou m&#234;me excessif aux int&#233;r&#234;ts particuliers de l'entreprise, ne peut manquer d'engendrer une certaine contradiction d'int&#233;r&#234;ts entre la masse des ouvriers et les directeurs, les administrateurs des entreprises d'&#201;tat ou les services administratifs dont ils rel&#232;vent. Aussi est-ce le devoir absolu des syndicats, m&#234;me &#224; l'&#233;gard des entreprises d'&#201;tat, de d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts de classe du prol&#233;tariat et des masses travailleuses vis-&#224;-vis de leurs employeurs. &#187; Et un peu plus loin il ajoutait : &#171; C'est pourquoi une des t&#226;ches essentielles des syndicats consiste &#224; d&#233;fendre dans tous les domaines et par tous les moyens les int&#233;r&#234;ts de classe du prol&#233;tariat dans sa lutte contre le capital. Cette t&#226;che doit &#234;tre ouvertement situ&#233;e parmi les toutes premi&#232;res, l'appareil des syndicats doit &#234;tre r&#233;organis&#233;, modifi&#233; ou compl&#233;t&#233; en cons&#233;quence, il faut cr&#233;er, ou plus exactement faire en sorte que s'organisent des fonds de gr&#232;ve, etc. [&#8230;] D'o&#249; il d&#233;coule qu'actuellement nous ne pouvons absolument pas renoncer au recours &#224; la gr&#232;ve, que nous ne pouvons par principe admettre que la loi substitue aux gr&#232;ves l'arbitrage obligatoire de l'&#201;tat. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;solution insistait aussi sur &#171; la diff&#233;rence entre la lutte de classe du prol&#233;tariat dans un &#201;tat qui reconna&#238;t la propri&#233;t&#233; priv&#233;e de la terre, des usines, etc., avec un pouvoir politique aux mains de la classe des capitalistes, et la lutte &#233;conomique du prol&#233;tariat dans un &#201;tat qui ne reconna&#238;t pas la propri&#233;t&#233; priv&#233;e de la terre et de la majorit&#233; des grosses entreprises, dans un &#201;tat dont le pouvoir politique est dans les mains du prol&#233;tariat &#187; en &#233;crivant : &#171; il est &#233;vident que le but final vis&#233; par les gr&#232;ves en r&#233;gime capitaliste est la destruction de l'appareil d'&#201;tat et le renversement de la classe d&#233;tenant actuellement le pouvoir d'&#201;tat. Mais dans un &#201;tat prol&#233;tarien de type transitoire comme l'est le n&#244;tre, le but final vis&#233; par les gr&#232;ves ne peut &#234;tre que le renforcement de l'&#201;tat prol&#233;tarien et du pouvoir d'&#201;tat exerc&#233; par la classe prol&#233;tarienne, au moyen de la lutte contre les d&#233;formations bureaucratiques de cet &#201;tat, contre ses erreurs et ses faiblesses, contre les app&#233;tits de classe des capitalistes &#233;chappant &#224; son contr&#244;le, etc. &#187; (L&#233;nine, &#338;uvres, tome 33, p. 185-196 de l'&#233;dition en fran&#231;ais.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[29] Ce 3e congr&#232;s de l'IC : il s'est tenu &#224; Moscou entre le 22 juin et le 12 juillet 1921. 103 partis et organisations et 605 d&#233;l&#233;gu&#233;s y ont particip&#233;. La citation est extraite des Th&#232;ses sur la situation mondiale et les t&#226;ches de l'Internationale communiste, chapitre VII, Perspectives et t&#226;ches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/urss/1930/08/bl%20tactique%20taches.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/urss/1930/08/bl%20tactique%20taches.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plateforme de l'Opposition de gauche en 1927&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/ogi/1928/07/ogi192807.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/ogi/1928/07/ogi192807.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Correspondances de l'Opposition de gauche&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/ogi/corr_opp/index.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/ogi/corr_opp/index.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trotskystes au camp d'internement stalinien de Vorkouta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/urss/vorkouta.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/urss/vorkouta.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interview d'un de ses sympathisants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/rogovine/works/1994/04/dogart.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/rogovine/works/1994/04/dogart.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Discussion de Trotsky sur l'Opposition de gauche&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/04/lt19390400a.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/04/lt19390400a.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Trotsky en 1927 : &#171; La crise du parti refl&#232;te la crise de la r&#233;volution elle-m&#234;me. &#187;</title>
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		<dc:date>2026-07-10T22:06:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Trotsky</dc:subject>
		<dc:subject>1927</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>Parti r&#233;volutionnaire - Revolutionnary party</dc:subject>
		<dc:subject>Trotskisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;Trotsky en 1927 : &#171; La crise du parti refl&#232;te la crise de la r&#233;volution elle-m&#234;me. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;on Trotsky &lt;br class='autobr' /&gt;
Nouvelle &#233;tape &lt;br class='autobr' /&gt;
Fin d&#233;cembre 1927 &lt;br class='autobr' /&gt;
La crise du parti refl&#232;te la crise de la r&#233;volution elle-m&#234;me. Celle-ci a &#233;t&#233; provoqu&#233;e par la modification des rapports de classe. Le fait que l'Opposition soit en minorit&#233; &#224; l'int&#233;rieur du parti et ait &#224; subir des attaques constantes refl&#232;te la pression de la bourgeoisie russe et de la bourgeoisie mondiale sur l'appareil du gouvernement, de l'appareil (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique185" rel="directory"&gt;8- La contre-r&#233;volution&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot29" rel="tag"&gt;Trotsky&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot56" rel="tag"&gt;1927&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot173" rel="tag"&gt;Parti r&#233;volutionnaire - Revolutionnary party&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot283" rel="tag"&gt;Trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Trotsky en 1927 : &#171; La crise du parti refl&#232;te la crise de la r&#233;volution elle-m&#234;me. &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nouvelle &#233;tape&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin d&#233;cembre 1927&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise du parti refl&#232;te la crise de la r&#233;volution elle-m&#234;me. Celle-ci a &#233;t&#233; provoqu&#233;e par la modification des rapports de classe. Le fait que l'Opposition soit en minorit&#233; &#224; l'int&#233;rieur du parti et ait &#224; subir des attaques constantes refl&#232;te la pression de la bourgeoisie russe et de la bourgeoisie mondiale sur l'appareil du gouvernement, de l'appareil d'&#201;tat sur celui du parti et de l'appareil du parti sur l'aile gauche, prol&#233;tarienne, du parti. L'Opposition est aujourd'hui le point sur lequel se concentrent les plus puissantes pressions contre la r&#233;volution &#224; l'&#233;chelle du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Danger de Thermidor&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dictature prol&#233;tarienne ou Thermidor ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Boukharine pose la question de cette fa&#231;on : si c'est une dictature prol&#233;tarienne, nous devons soutenir inconditionnellement tout ce qui est fait sous son nom. Si c'est Thermidor, alors nous devons mener contre tout cela une lutte sans merci. En fait, les &#233;l&#233;ments de Thermidor &#8211; en liaison avec l'ensemble de la situation internationale &#8211; se sont d&#233;velopp&#233;s dans le pays au cours des derni&#232;res ann&#233;es bien plus vite que les &#233;l&#233;ments de la dictature. La d&#233;fense de la dictature signifie la lutte contre les &#233;l&#233;ments de Thermidor, pas seulement dans le pays tout entier, mais dans l'appareil d'&#201;tat et les couches influentes du parti lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, m&#234;me dans un processus de retour en arri&#232;re, il doit venir un point critique o&#249; la quantit&#233; se change en qualit&#233;, c'est-&#224;-dire le moment o&#249; le pouvoir d'&#201;tat change de nature de classe et devient un pouvoir bourgeois ? Ce point n'est-il pas d&#233;j&#224; atteint ? Un ouvrier, individuellement et tirant les le&#231;ons de sa vie quotidienne, peut en arriver &#224; la conclusion que le pouvoir n'est plus aux mains de la classe ouvri&#232;re : &#224; l'usine, l'autorit&#233; supr&#234;me est le &#171; triangle &#187;, la critique a &#233;t&#233; interdite et, dans le parti, l'appareil est tout-puissant ; dans le dos des organisations sovi&#233;tiques, ce sont des bureaucrates qui donnent les ordres, etc. Mais il suffit d'examiner cette question du point de vue des classes bourgeoises &#224; la ville et &#224; la campagne pour voir tout &#224; fait clairement que le pouvoir n'est pas entre leurs mains. Ce qui est en train de se passer, c'est la concentration du pouvoir entre les mains de ces organes bureaucratiques qui reposent sur la classe ouvri&#232;re, mais qui tendent toujours plus vers les couches sup&#233;rieures de la petite bourgeoisie des villes et des campagnes et se m&#233;langent partiellement avec elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte contre le danger de Thermidor est une lutte de classe. La lutte pour arracher le pouvoir des mains d'une autre classe est une lutte r&#233;volutionnaire. La lutte pour des changements &#8211; parfois d&#233;cisifs, mais toujours sous le r&#232;gne de la m&#234;me classe &#8211; est une lutte r&#233;formiste. Le pouvoir n'a pas encore &#233;t&#233; arrach&#233; des mains du prol&#233;tariat. Il est encore possible de redresser notre ligne politique actuelle, d'&#233;carter les &#233;l&#233;ments de dualit&#233; de pouvoir et de renforcer la dictature par des mesures de type r&#233;formiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;&#233;minence, dans le parti et par cons&#233;quent dans le pays &#233;galement, est aux mains de la fraction de Staline qui poss&#232;de tous les traits du centrisme &#8211; et, qui plus est, d'un centrisme dans une p&#233;riode de recul, pas de mont&#233;e. Cela signifie de petits zigzags &#224; gauche et de grands zigzags &#224; droite. Il n'est pas douteux que le dernier geste &#224; gauche (le manifeste pour l'anniversaire) va obliger &#224; apaiser la droite et ceux qui sont les vraies sources de son soutien dans le pays &#8211; en fait, pas en paroles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les zigzags &#224; gauche ne s'expriment pas seulement par des manifestes b&#226;cl&#233;s d'anniversaire. L'insurrection de Canton est indiscutablement un zigzag aventuriste de l'I.C. &#224; gauche, apr&#232;s qu'aient &#233;t&#233; pleinement r&#233;v&#233;l&#233;es les cons&#233;quences d&#233;sastreuses de la politique menchevique suivie en Chine. L'&#233;pisode de Canton constitue une r&#233;p&#233;tition, en pire et en plus pernicieux du putsch d'Esthonie en 1924, apr&#232;s qu'on e&#251;t laiss&#233; passer la situation r&#233;volutionnaire de 1923 en Allemagne. Le menchevisme plus l'aventurisme bureaucratique ont port&#233; &#224; la r&#233;volution chinoise un double coup : il n'est pas douteux que le prix de l'insurrection de Canton sera un nouveau zigzag, beaucoup plus ample, &#224; droite, dans le domaine de la politique internationale et particuli&#232;rement en Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che objective d'un r&#233;gime thermidorien serait de transf&#233;rer les leviers de commande politiques principaux aux mains de la gauche des nouvelles classes poss&#233;dantes. La condition la plus importante &#8211; mais pas la seule &#8211; de la victoire de Thermidor serait un &#233;crasement de l'Opposition tel qu'il n'y aurait plus &#224; en avoir &#171; peur &#187;. Dans les appareils du parti et de l'&#201;tat, les brasseurs d'affaires qui ont r&#233;ussi, en utilisant tous les fils, &#224; s'unir par toutes sortes de liens avec la soci&#233;t&#233; bourgeoise nouvelle, prendraient le pas sur les politiques purs, les centristes, les gens de l'appareil stalinien qui effraient les ouvriers avec l'opposition, pr&#233;servant ainsi temporairement leur &#171; ind&#233;pendance &#187;. Quant &#224; ce que deviendraient alors les centristes de l'esp&#232;ce stalinienne, c'est une question secondaire. Peut-&#234;tre quelques-uns d'entre eux se d&#233;tacheraient-ils pour se porter &#224; gauche. Le reste, bien plus nombreux, se retirerait purement et simplement du jeu. Une troisi&#232;me cat&#233;gorie renoncerait &#224; l'ind&#233;pendance imaginaire actuelle du centrisme et ses hommes entreraient dans la nouvelle combinaison, purement thermidorienne. Voil&#224; ce que serait la premi&#232;re &#233;tape de la marche au pouvoir de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qui provoque le reflux ? La pression des forces de classe anti-prol&#233;tariennes sur l'&#201;tat sovi&#233;tique pouvait rencontrer une r&#233;sistance organis&#233;e seulement de la part des vieux cadres du parti et de la partie ouvri&#232;re de l'appareil de l'&#201;tat et du parti. Cependant, la partie ouvri&#232;re de l'appareil d'&#201;tat qui, autrefois, se s&#233;parait nettement des cadres des anciens intellectuels bourgeois et n'avait pas confiance en eux, s'est, au cours des derni&#232;res ann&#233;es, d&#233;tach&#233;e toujours plus de la classe ouvri&#232;re, se rapprochant, par ses conditions de vie et d'existence, des couches intellectuelles de la bourgeoisie et de la petite bourgeoisie, et elle est devenue plus complaisante &#224; l'&#233;gard de l'influence des ennemis de classe. D'autre part, le gros du prol&#233;tariat, qui avait donn&#233; son avant-garde &#224; l'appareil bureaucratique de l'&#201;tat, apr&#232;s la formidable tension des premi&#232;res ann&#233;es de la r&#233;volution, a manifest&#233; une grande passivit&#233; politique. Au cours de la p&#233;riode de reconstruction, quand sa situation mat&#233;rielle s'est am&#233;lior&#233;e rapidement, les d&#233;faites de la r&#233;volution au plan international ont pes&#233; lourd dans ce sens. Il faut ajouter l'influence du r&#233;gime du parti. Le prol&#233;tariat charrie encore largement avec lui l'h&#233;ritage du pass&#233; capitaliste. Les premi&#232;res ann&#233;es de la r&#233;volution ont port&#233; au premier plan les &#233;l&#233;ments les plus actifs de la classe, les plus r&#233;volutionnaires, les plus bolcheviques. A l'heure actuelle, ceux qui sont devant, ce sont l'&#233;lite des domestiques, de ceux qui savent courber l'&#233;chine. Les &#233;l&#233;ments &#171; remuants &#187; sont mis &#224; l'&#233;cart et pourchass&#233;s et c'est une source d'affaiblissement du parti et de la classe. Cela les d&#233;sarme devant l'ennemi. Ainsi la pression grandissante des forces bourgeoises sur l'&#201;tat ouvrier s'est-elle jusqu'&#224; pr&#233;sent exerc&#233;e sans se heurter &#224; une r&#233;sistance active de la masse essentielle du prol&#233;tariat. Une telle situation ne peut se prolonger ind&#233;finiment. Il y a tout lieu de penser que l'int&#233;r&#234;t manifest&#233; par les masses des ouvriers sans-parti pour la discussion d'avant le 15e congr&#232;s en liaison avec la campagne des contrats collectifs, montre que de larges masses ouvri&#232;res commencent &#224; s'&#233;veiller et &#224; s'int&#233;resser aux probl&#232;mes politiques fondamentaux d'aujourd'hui en m&#234;me temps que commence &#224; s'emparer d'eux l'inqui&#233;tude pour le sort de la dictature prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fur et &#224; mesure que grandira l'activit&#233; du prol&#233;tariat, la demande adress&#233;e &#224; l'opposition dans les milieux ouvriers grandira &#233;galement. Au cours des ann&#233;es o&#249; elle a lutt&#233; contre le reflux &#224; l'int&#233;rieur du parti (1923-1927), l'Opposition n'a pu que freiner ce processus. On ne peut s&#233;rieusement arr&#234;ter semblable processus autrement que par le d&#233;veloppement de la lutte de classe du prol&#233;tariat, dirig&#233;e contre la nouvelle bourgeoisie, contre les influences non prol&#233;tariennes qui s'exercent sur l'&#201;tat ouvrier, et contre l'imp&#233;rialisme mondial. Le prol&#233;tariat est habitu&#233; &#224; prendre conscience des dangers et &#224; r&#233;agir contre eux par l'interm&#233;diaire de son parti. Le monopole dont le parti jouit depuis 1917 a encore renforc&#233; son r&#244;le. La gravit&#233; de la situation consiste en ce que le r&#233;gime du parti freine et paralyse l'activit&#233; du prol&#233;tariat en m&#234;me temps que la th&#233;orie officielle du parti le tranquillise et l'endort. C'est pour cette raison et dans de telles conditions que l'Opposition porte une grande responsabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oustrialovisme et menchevisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Boukharine op&#232;re un rapprochement entre le point de vue de l'Opposition et celui d'Oustrialov. En quoi est-ce le clou du caract&#232;re charlatanesque de cette th&#233;orie ? Oustrialov parle ouvertement du caract&#232;re in&#233;luctable de Thermidor, &#233;tape du salut dans le d&#233;veloppement national de la r&#233;volution d'Octobre. L'Opposition, elle, parle du danger de Thermidor et montre la voie de la lutte contre ce danger. Comme il glisse vers la droite, le centrisme est oblig&#233; de se fermer les yeux devant le danger et de nier m&#234;me sa possibilit&#233;. Il n'est pas possible de rendre &#224; Thermidor un service plus grand que de nier la r&#233;alit&#233; du danger thermidorien. La tentative de rapprocher le point de vue de l'Opposition sur Thermidor de celui des mencheviks n'est pas moins charlatanesque. Les mencheviks estiment que le danger bonapartiste a sa source essentielle dans le r&#233;gime de la dictature prol&#233;tarienne, que l'erreur principale est de compter sur la r&#233;volution mondiale, qu'une politique juste exige un repli dans les limites &#233;conomiques et politiques de la bourgeoisie et que, pour se sauver de Thermidor et du bonapartisme, il faut revenir &#224; la d&#233;mocratie, c'est-&#224;-dire au r&#233;gime parlementaire bourgeois. L'Opposition, pour sa part, ne nie nullement le danger de Thermidor, mais, bien au contraire, s'efforce de concentrer sur lui l'attention de l'avant-garde prol&#233;tarienne, car elle pense que la source politique principale de ce danger r&#233;side dans le comportement insuffisamment ferme de la dictature prol&#233;tarienne, l'insuffisance des liens avec la r&#233;volution mondiale, un esprit de conciliation excessif &#224; l'&#233;gard de la bourgeoisie, de l'int&#233;rieur comme de l'ext&#233;rieur. La d&#233;mocratie parlementaire n'est pour nous qu'une des formes de la domination du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le menchevisme est thermidorien d'un bout &#224; l'autre. Oustrialov, dans son thermidorianisme, est r&#233;aliste. Le menchevisme est utopique d'un bout &#224; l'autre. Est-il vraisemblable en effet qu'en cas de d&#233;faite de la dictature, celle-ci se transforme en d&#233;mocratie bourgeoise ? Non. C'est la moins vraisemblable de toutes les variantes. Jamais encore dans l'Histoire la dictature r&#233;volutionnaire n'a &#233;t&#233; remplac&#233;e par la d&#233;mocratie. Thermidor, par son essence m&#234;me, est un r&#233;gime de transition de kerenskysme &#224; rebours. Le kerenskysme de 1917 a couvert la dualit&#233; du pouvoir, s'est d&#233;battu dans son cadre et, contre son gr&#233;, a servi au prol&#233;tariat pour arracher le pouvoir des mains de la bourgeoisie. L'av&#232;nement du r&#233;gime thermidorien signifierait d&#233;cr&#233;ter &#224; nouveau la dualit&#233; du pouvoir &#8211; avec pr&#233;pond&#233;rance de la bourgeoisie &#8211; et, de nouveau, ce r&#233;gime, contre son gr&#233;, aiderait la bourgeoisie &#224; arracher le pouvoir des mains du prol&#233;tariat. Le r&#233;gime thermidorien, par nature, ne pourrait durer ind&#233;finiment. Son r&#244;le objectif consisterait &#224; couvrir l'accession au pouvoir de la bourgeoisie &#224; travers les organismes sovi&#233;tiques familiers aux travailleurs. Mais la r&#233;sistance du prol&#233;tariat, ses tentatives de se maintenir ou de regagner les positions perdues, deviendraient in&#233;vitables. Pour venir &#224; bout &#238;le telles tentatives et se renforcer v&#233;ritablement, la bourgeoisie &#233;prouverait d'urgence le besoin, non d'un r&#233;gime thermidorien, mais d'un r&#233;gime bien plus fort, beaucoup plus r&#233;solu, le plus vraisemblablement du bonapartisme, ou, plus actuel, du fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mencheviks, en tant qu'aile gauche de la soci&#233;t&#233; bourgeoise, combattraient sous le bonapartisme pour la l&#233;galit&#233;. Ce faisant, ils serviraient de soupape de s&#251;ret&#233; pour le r&#233;gime bourgeois. Les bolcheviks-l&#233;ninistes, cependant, combattraient pour la conqu&#234;te du pouvoir sous la forme de la dictature du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question du &#171; d&#233;lai &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question g&#233;n&#233;rale du danger thermidorien soul&#232;ve des questions plus concr&#232;tes. Quelle est la proximit&#233; de ce danger ? Thermidor n'a-t-il pas d&#233;j&#224; commenc&#233; ? Quels sont les indices r&#233;els sur son accomplissement ou non ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question du rythme auquel se produisent les divers changements est tr&#232;s importante pour notre tactique. Le rythme des nouveaux alignements politiques &#224; l'int&#233;rieur des classes et entre elles est beaucoup plus difficile &#224; d&#233;terminer que le rythme des processus &#233;conomiques dans le pays. En tout cas, ceux qui s'attendent &#224; ce que le processus de recul se poursuive au rythme actuel pendant des ann&#233;es font une grosse erreur. C'est, de toutes les perspectives, la plus improbable. Dans le processus de d&#233;clin, il pourra y avoir, et il y aura, des mouvements tr&#232;s brusques sous la pression des forces bourgeoisies de l'int&#233;rieur et de l'ext&#233;rieur. Le temps qu'ils prendront, on ne peut le pr&#233;dire. Ce pourrait &#234;tre plus bref que nous le pensons. Ceux qui ne veulent pas s'en rendre compte, qui repoussent cette id&#233;e, seront in&#233;vitablement pris &#224; l'improviste. Il n'est pas besoin de rappeler que la capitulation de Zinoviev et Kamenev les a confront&#233;s, d&#232;s le tout d&#233;but, &#224; la n&#233;cessit&#233; d'enjoliver la situation, de minimiser le danger et d'endormir la gauche du parti. Quelques camarades ont li&#233; la question du rythme de Thermidor avec la question de la composition du C.C. en tant qu'incarnation de l'autorit&#233; du pouvoir et de la r&#233;volution. Aussi longtemps que les Oppositionnels ont &#233;t&#233; tol&#233;r&#233;s au C.C., ils ont jou&#233; le r&#244;le de frein sur ceux qui reculaient et la politique du C.C., selon les termes de Tomsky, n'&#233;tait &#171; ni chair ni poisson &#187;, c'est-&#224;-dire que le recul vers Thermidor rencontrait de la r&#233;sistance &#224; l'int&#233;rieur. L'&#233;limination du C.C. des Oppositionnels &#8211; c'est ce que pensaient les camarades que j'ai mentionn&#233;s &#8211; signifierait que ceux qui op&#232;rent cette retraite ne pouvaient plus collaborer avec les repr&#233;sentants de la ligne prol&#233;tarienne internationale. Cela signifierait donc le d&#233;but officiel de Thermidor. Cette mani&#232;re de poser la question est pour le moins incompl&#232;te et, pour cette raison, ne peut conduire qu'&#224; des conclusions fausses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La force de l'Opposition consiste en ce que, arm&#233;e de la m&#233;thode marxiste, elle peut pr&#233;voir le cours du d&#233;veloppement et mettre en garde. La &#171; force &#187; de la fraction stalinienne consiste dans son abandon de l'orientation marxiste : la fraction stalinienne joue aujourd'hui un r&#244;le que ne peuvent jouer que des gens qui portent des &#339;ill&#232;res, se dispensent de regarder &#224; gauche et &#224; droite et ne regardent pas devant eux les cons&#233;quences &#224; venir. La fraction stalinienne consid&#232;re les pr&#233;dictions marxistes de l'Opposition comme des injures personnelles, des calomnies, etc., r&#233;v&#233;lant en cela les caract&#232;res typiques de son &#233;troitesse d'esprit petite-bourgeoise. Et c'est pourquoi elle attaque l'Opposition avec une fureur redoubl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela signifie-t-il toutefois que l'exclusion et m&#234;me l'amputation de l'Opposition tout enti&#232;re constitue le passage &#224; Thermidor, devenu un fait accompli ? Non, il s'agit seulement de la pr&#233;paration &#224; Thermidor dans le cadre du parti. La fraction stalinienne, en abattant la barri&#232;re prol&#233;tarienne de gauche, est en train, contre son propre gr&#233;, de paver la voie &#224; la marche au pouvoir de la bourgeoisie. Mais ce ph&#233;nom&#232;ne n'est pas encore accompli, ni en politique, ni dans l'&#233;conomie, ni dans la culture, ni dans la vie quotidienne. Pour assurer dans la r&#233;alit&#233; la victoire de Thermidor, il est n&#233;cessaire en premier lieu de supprimer (ou de limiter) le monopole du commerce ext&#233;rieur, de r&#233;viser les instructions &#233;lectorales, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les forces de pression thermidoriennes de m&#234;me que les forces de r&#233;sistance prol&#233;tariennes, pourront seulement se r&#233;v&#233;ler dans le proc&#232;s de la lutte r&#233;elle des classes. C'est pourquoi on ne peut pas consid&#233;rer la mise de l'Opposition hors du parti comme l'accomplissement d&#233;j&#224; effectu&#233; de Thermidor. A vrai dire, une telle appr&#233;ciation pourrait &#234;tre juste si la marche ult&#233;rieure des &#233;v&#233;nements montrait que, de l'int&#233;rieur du parti, il ne peut plus venir de nouveaux &#233;l&#233;ments &#224; l'Opposition et que, dans la classe ouvri&#232;re, il ne saurait surgir de nouvelles forces pour r&#233;sister &#224; l'assaut de la bourgeoisie, et que par suite, l'intervention d'une Opposition peu nombreuse ne serait que le dernier bouillonnement de la vague d'Octobre. On ne peut formuler une telle appr&#233;ciation parce qu'il n'y a pas de causes pour penser que le prol&#233;tariat, en d&#233;pit des ph&#233;nom&#232;nes de passivit&#233; et de luttes avort&#233;es, ph&#233;nom&#232;nes qui se sont manifest&#233;s dans son sein au cours de la p&#233;riode &#233;coul&#233;e, n'est pas capable de &#238;le fendre les conqu&#234;tes d'Octobre contre la bourgeoisie int&#233;rieure et ext&#233;rieure, ce qui signifierait capituler avant la lutte et sans lutte. Il est absolument hors de doute que la pouss&#233;e ult&#233;rieure &#224; droite grossira le flux vers l'Opposition des &#233;l&#233;ments ouvriers du parti, et augmentera l'influence de ses id&#233;es sur la classe ouvri&#232;re. La question du d&#233;lai dans lequel peut se produire Thermidor, et les chances de son succ&#232;s ou de son insucc&#232;s, cela, en g&#233;n&#233;ral, n'est pas et ne peut pas &#234;tre une question de pure analyse th&#233;orique ou de pronostic. Il s'agit de la lutte de forces vives. Le r&#233;sultat doit &#234;tre d&#233;termin&#233; dans l'action elle-m&#234;me. La lutte int&#233;rieure du parti, malgr&#233; toute son acuit&#233;, n'est qu'un pr&#233;lude &#224; l'&#233;poque des combats de classe. Toutes les t&#226;ches sont encore enti&#232;rement devant nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair, qu'en cas de marche plus rapide et plus favorable du mouvement r&#233;volutionnaire en Occident et en Orient, l'Opposition accomplira beaucoup plus facilement sa t&#226;che historique. Mais au cas o&#249; la R&#233;volution mondiale serait diff&#233;r&#233;e, la lutte ne serait nullement sans espoir. L'Opposition ne se chargera certes pas de construire le socialisme dans un seul pays. Si l'on part du fait que l'imp&#233;rialisme demeurera victorieux en Occident et en Orient pendant plusieurs ann&#233;es, ce serait un pur enfantillage de penser que le prol&#233;tariat en U.R.S.S. pourrait garder le pouvoir et construire le socialisme contre l'imp&#233;rialisme mondial victorieux. Mais une telle sorte de perspective mondiale n'est en rien fond&#233;e. Les contradictions de l'&#233;conomie mondiale ne s'adoucissent pas, mais s'aiguisent. Ce ne seront pas les grandes commotions qui manqueront. Cela, l'Opposition l'a pr&#233;cis&#233;ment enseign&#233;, par exemple, lors des &#233;v&#233;nements de Chine, du Comit&#233; anglo-russe etc. Les succ&#232;s dans cette voie sont seulement possibles &#224; condition que soient assur&#233;es la d&#233;fense et la pratique du bolchevisme v&#233;ritable, f&#251;t-ce, pour un temps, &#224; titre de petite minorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, si m&#234;me tout le d&#233;veloppement de la lutte dans la prochaine p&#233;riode se montrait enti&#232;rement d&#233;favorable &#224; la dictature du prol&#233;tariat en U.R.S.S., et aboutissait &#224; sa chute, alors, m&#234;me dans ce cas, le travail de l'Opposition garderait toute son importance. L'ach&#232;vement de Thermidor signifierait in&#233;luctablement la scission du parti. L'Opposition serait l'expression des cadres r&#233;volutionnaires, et dans ce cas formerait, non &#171; un deuxi&#232;me parti &#187;, mais le prolongement historique du parti bolchevique. Le &#171; deuxi&#232;me &#187; parti serait form&#233; par l'union des &#233;l&#233;ments bureaucratiques et propri&#233;taires, poss&#233;dant d&#233;j&#224; leur point d'appui sur le flanc droit. Le deuxi&#232;me parti ne serait, &#224; vrai dire, qu'une &#233;tape pour la bourgeoisie imp&#233;rialiste int&#233;rieure et &#233;trang&#232;re. La t&#226;che du parti bolchevique, apr&#232;s la r&#233;volution bourgeoise, consisterait &#224; pr&#233;parer la deuxi&#232;me r&#233;volution prol&#233;tarienne. Aujourd'hui, toutefois, il s'agit de pr&#233;venir un tel d&#233;veloppement, en ayant recours au noyau prol&#233;tarien du parti et &#224; la classe ouvri&#232;re dans son ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Perspectives&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti une fois formellement amput&#233; de l'Opposition, les classes non prol&#233;tariennes se sentiront beaucoup plus d'assurance. Leur pression se renforcera encore. Les formes et m&#233;thodes de cette pression se feront toujours plus vari&#233;es et plus enveloppantes : depuis la pression du chef d'&#233;quipe sur les ouvriers &#224; l'usine jusqu'&#224; la pression de la bourgeoisie europ&#233;enne et am&#233;ricaine dans la question du monopole du commerce ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si m&#234;me nous prenons comme point de d&#233;part cette supposition que la pression de la bourgeoisie int&#233;rieure et internationale doit se terminer victorieusement, (mais ceci n'est nullement r&#233;solu par avance) alors, m&#234;me en ce cas, il est impossible de s'imaginer que tout va se passer sans heurts, par le moyen d'un glissement acc&#233;l&#233;r&#233;, sans obstacles, sans tentatives de contre-pression prol&#233;tarienne de la part de la gauche. Pr&#233;cis&#233;ment, l'offensive croissante des classes non prol&#233;tariennes doit pousser des couches de plus en plus larges sur la voie de la lutte active. Pour &#171; diriger &#187; la d&#233;fense du noyau ouvrier du parti, aussi bien que de la classe ouvri&#232;re dans son ensemble, elles ont besoin de l'Opposition, m&#234;me en cas de d&#233;veloppement tr&#232;s d&#233;favorable des &#233;v&#233;nements. Il est inutile d'expliquer que le noyau prol&#233;tarien du parti et la classe ouvri&#232;re ne se tourneront vers l'Opposition que si celle-ci sait, dans toutes les questions de la vie et de la lutte des masses, montrer que ses points de vue correspondent aux int&#233;r&#234;ts m&#234;me du prol&#233;tariat. Cela suppose de l'activit&#233; de la part de l'Opposition, son intervention permanente dans tous les proc&#232;s &#233;conomiques, politiques et culturels de la vie ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fraction Staline se trouve non seulement sous la menace de la pression croissante venant de droite, mais aussi de l'in&#233;luctable r&#233;sistance de la gauche. Les stalinistes fulminent contre l'Opposition, esp&#233;rant se rendre eux-m&#234;mes ma&#238;tres de l'in&#233;luctable r&#233;sistance de la gauche contre les forces qui surgissent de droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;l&#233;ments de l'aile droite du parti, de m&#234;me que les &#233;l&#233;ments oustrialovistes de l'appareil d'&#201;tat, comprennent la n&#233;cessit&#233; de certaines man&#339;uvres vers la gauche, mais ils craignent que ces man&#339;uvres puissent aller trop loin. Les d&#233;ments du flanc droit, qui, appartenant ou non au parti, participent &#224; la solution de toutes les questions du parti, sont caract&#233;ris&#233;s par leur liaison organique avec les nouveaux propri&#233;taires. Ils ne peuvent accepter que des man&#339;uvres qui, si elles comportent certains &#171; sacrifices &#187; en faveur du prol&#233;tariat, ne compromettent pas la situation mat&#233;rielle des classes exploiteuses et ne r&#233;tr&#233;cissent pas leur r&#244;le politique. C'est pr&#233;cis&#233;ment de ce point de vue que se pose pour eux la question de la journ&#233;e de sept heures, la question des salaires, l'aide aux pauvres de la campagne, etc. Les man&#339;uvres de gauche ne sauveront pas la politique de Staline. La queue va frapper la t&#234;te. La croissance de l'aile droite s'exprime dans l'imm&#233;diat par la pr&#233;pond&#233;rance croissante de l'appareil de l'&#201;tat sur l'appareil du parti. Il est possible de suivre clairement la croissance de ce proc&#232;s au cours des deux ann&#233;es qui se sont &#233;coul&#233;es entre le 14e et le 15e Congr&#232;s. Le 14e Congr&#232;s du parti fut l'apog&#233;e de l'appareil du parti et en m&#234;me temps de Staline. Le 15e Congr&#232;s a r&#233;v&#233;l&#233; un s&#233;rieux d&#233;placement des forces vers la droite. Les fi&#232;res d&#233;clarations des fonctionnaires de l'appareil centriste, selon lesquelles ils vont d&#233;truire en passant l'aile droite aussi, ne se sont pas r&#233;alis&#233;es. Le bureau politique est demeur&#233; aussi oscillant qu'il l'&#233;tait avant le 15e Congr&#232;s. La composition du nouveau comit&#233; central et de la nouvelle commission centrale de contr&#244;le a introduit de nouvelles figures qui y sont entr&#233;es exclusivement en qualit&#233; de fonctionnaires. Le 15e Congr&#232;s a r&#233;v&#233;l&#233; l'affaiblissement de l'appareil du parti dans le syst&#232;me g&#233;n&#233;ral du r&#233;gime sovi&#233;tique. La lutte Staline-Rykov refl&#232;te dans une large mesure la lutte des deux appareils o&#249; se r&#233;fracte &#224; son tour la lutte de classe. La pression des classes non prol&#233;tariennes, largement et directement, se manifeste &#224; travers l'appareil d'&#201;tat. Cela ne signifie pas, toutefois, qu'elle se meut dans des cadres de classe bien clairs. Dans l'avenir, quand la politique de &#171; sur place &#187;, la politique qui consiste &#224; &#233;luder les questions, &#224; attendre, deviendra impossible, Staline pourra, avec succ&#232;s, enfourcher le cheval de droite et liquider Rykov. Tout simplement se mettre &#224; sa place. Mais m&#234;me cette question ne peut &#234;tre r&#233;solue sans de nouveaux d&#233;placements de forces et sans de profondes secousses dans le parti. Les difficult&#233;s &#233;conomiques s'approchent et menacent avec une force inexorable. L'Opposition a eu raison, aussi bien dans la compr&#233;hension de la situation &#233;conomique du pays que dans ses pr&#233;visions concernant la marche future des &#233;v&#233;nements. Les &#233;checs graves dans la r&#233;quisition de bl&#233; pendant le premier trimestre sont l'indication d'une atteinte s&#233;rieuse &#224; l'&#233;quilibre de toute l'&#233;conomie de l'U.R.S.S. Une entorse s&#233;rieuse a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; faite au plan d'exportation et par suite au plan d'importation. Le manque de produits alimentaires a d&#233;j&#224; contraint des centres ouvriers parmi les plus importants, comme L&#233;ningrad, &#224; passer au syst&#232;me de la carte de rationnement. La cause sp&#233;cifique des difficult&#233;s &#233;conomiques pour l'ann&#233;e 1927-1928 r&#233;side dans l'inflation mon&#233;taire. Celle-ci a aggrav&#233; les difficult&#233;s de notre &#233;conomie qui sont la cons&#233;quence du retard de l'industrie, de la disproportion etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inflation mon&#233;taire a &#233;t&#233; tout d'abord l'expression de ce fait que les d&#233;penses r&#233;elles de l'&#233;conomie d'&#201;tat sont devenues beaucoup plus fortes que ses revenus r&#233;els ; et deuxi&#232;mement qu'une telle situation dans notre pays m&#232;ne in&#233;luctablement &#224; porter atteinte &#224; la liaison entre la ville et la campagne. Il n'est possible d'obtenir les moyens r&#233;els d'industrialiser plus vite le pays qu'en ayant recours &#224; une s&#233;rieuse r&#233;vision de la r&#233;partition des revenus nationaux, r&#233;vision effectu&#233;e au b&#233;n&#233;fice des &#233;l&#233;ments socialistes de notre &#233;conomie. Faute de cela, m&#234;me le plan actuellement en cours d'ex&#233;cution pour les d&#233;penses de capital a d&#233;termin&#233; une situation tr&#232;s tendue des possibilit&#233;s d'&#233;mission de papier-monnaie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte actuellement men&#233;e contre les difficult&#233;s &#233;conomiques (renforcement du ravitaillement des campagnes en marchandises industrielles en privant le march&#233; des villes) peut conduire &#224; des succ&#232;s partiels dans des compartiments s&#233;par&#233;s, au prix de nouvelles difficult&#233;s dans d'autres endroits. Toute la situation &#233;conomique r&#233;v&#232;le la faillite de la politique actuelle qui consiste &#224; trouver des solutions au coup par coup en fonction d'une ligne g&#233;n&#233;rale fausse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plan de l'Opposition a &#233;t&#233; repouss&#233; ; le groupe Staline n'a aucun plan, tandis que les &#233;l&#233;ments de droite ont peur de parler &#224; haute voix de leurs v&#233;ritables intentions : telle est la situation de la direction &#233;conomique en ce moment. Ce qui est le plus vraisemblable, c'est que la situation &#233;conomique ult&#233;rieure devenant plus aigu&#235;, la ligne de la droite triomphera, et cela, la plate-forme de l'Opposition l'a pr&#233;vu d'une mani&#232;re absolument juste. A la base de la crise aigu&#235; qui se manifeste actuellement dans la situation &#233;conomique, il y a, comme racine, la disproportion entre l'&#233;conomie industrielle et l'&#233;conomie paysanne. Il n'est possible de faire dispara&#238;tre cette disproportion que de deux mani&#232;res : soit par les m&#233;thodes de r&#233;gulation du plan et par une politique appropri&#233;e des imp&#244;ts, des prix, des cr&#233;dits, etc., soit par les moyens &#233;l&#233;mentaires du march&#233;, non seulement du march&#233; int&#233;rieur qui, pour cela, est certainement insuffisant, mais aussi par les moyens du march&#233; ext&#233;rieur. La premi&#232;re voie, c'est la voie de la plus juste r&#233;partition des revenus nationaux. La seconde, c'est celle qui consiste &#224; supprimer aussi le monopole du commerce ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cl&#233; de la situation, c'est la question du monopole du commerce ext&#233;rieur. Il est hors de doute que la suppression du monopole du commerce ext&#233;rieur, ou sa limitation, qui toucherait &#224; son essence m&#234;me, m&#232;nerait dans les premiers temps &#224; une augmentation importante des forces productives. Les marchandises deviendraient meilleur march&#233;. Les salaires s'&#233;l&#232;veraient. Le pouvoir d'achat du rouble paysan grandirait. Mais l'ensemble signifierait la marche acc&#233;l&#233;r&#233;e de l'&#233;conomie nationale vers la liaison avec le capital mondial Dans ces conditions, la dictature du prol&#233;tariat ne pourrait &#234;tre maintenue que pendant un court d&#233;lai, ne pouvant pas s'&#233;valuer en ann&#233;es. La restauration de la servitude capitaliste signifierait le partage, direct ou indirect, de la Russie en sph&#232;res d'influences ; elle serait entra&#238;n&#233;e dans la politique des secousses guerri&#232;res de l'imp&#233;rialisme mondial, avec la perspective de la ruine et du d&#233;p&#233;rissement, comme en Chine. Dans la premi&#232;re p&#233;riode, la suppression du monopole du commerce ext&#233;rieur donnerait indubitablement une impulsion aux forces productrices et une &#233;l&#233;vation temporaire du bien-&#234;tre des masses travailleuses. C'est pr&#233;cis&#233;ment dans ce sens qu'exerce sa pression le koulak, qui ne l&#226;che pas son bl&#233;, de m&#234;me que le capitaliste am&#233;ricain ne l&#226;che aucun cr&#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas n&#233;cessaire de penser que la droite lancera le mot d'ordre de la suppression du monopole du commerce ext&#233;rieur. Il y a beaucoup de moyens d&#233;tourn&#233;s et partiels comme l'a montr&#233; l'Histoire, lors des instructions pour les &#233;lections aux soviets. Dans les premiers temps, la pression s'exercera par ces voies d&#233;tourn&#233;es. La revendication de la suppression du monopole du commerce ext&#233;rieur peut &#234;tre assez rapidement pr&#233;sent&#233;e sous sa forme la plus large. On dira aux ouvriers : &#171; Certes, L&#233;nine &#233;tait pour le monopole, mais tout d&#233;pend des conditions de temps et de lieu. Notre doctrine n'est pas un dogme. La situation a chang&#233;. Le d&#233;veloppement des forces productives exige aussi quelque chose d'autre. &#187; La politique actuelle, qui m&#232;ne &#224; une impasse, se prolongeant, il est absolument hors de doute que le mot d'ordre de la suppression par degr&#233;s du monopole du commerce ext&#233;rieur peut entra&#238;ner derri&#232;re lui une partie de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pression de la droite s'exercera simultan&#233;ment dans plusieurs directions. La pr&#233;vision du syst&#232;me des &#233;lections vient de nouveau &#224; l'ordre du jour. La politique fiscale, les droits de l'administration sur les usines et fabriques, la politique des cr&#233;dits, et particuli&#232;rement dans les campagnes, etc., etc., toutes ces questions se poseront de nouveau sous la pression de la droite. Staline et son appareil se heurteront demain &#224; cette pression et r&#233;v&#233;leront leur impuissance devant elle. On peut &#233;carter les rykovistes et pr&#233;parer la destitution de Rykov lui-m&#234;me. Ces plaisanteries bureaucratiques ne r&#233;solvent pas la question. La pression de droite ne se r&#233;fracte pas seulement &#224; travers le groupe Rykov. Cette pression est elle-m&#234;me beaucoup plus profonde que la fraction Rykov. Elle provient des nouveaux poss&#233;dants et des bureaucrates qui lui sont li&#233;s. Il faut, ou bien s'appuyer sur ces nouveaux poss&#233;dants contre les ouvriers, ou bien s'appuyer sur les ouvriers contre leurs pr&#233;tentions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela r&#233;uni signifie que la formation des fractions se fera scion un rythme puissant sur l'aile droite, aussi bien &#224; l'int&#233;rieur du parti qu'en dehors. Le cercle de l'appareil ne viendra pas &#224; bout de la pression de classe. La logique de la situation est telle que le 15e Congr&#232;s, conform&#233;ment &#224; toutes les donn&#233;es, constitue le d&#233;but de la pouss&#233;e fractionnelle de droite du parti. Dans ces conditions, le r&#244;le de l'aile gauche sera d&#233;cisif pour le sort du parti et de la dictature du prol&#233;tariat. La critique de l'opportunisme, une juste orientation de classe, de justes mots d'ordre, l'&#233;ducation des meilleurs &#233;l&#233;ments r&#233;volutionnaires du parti, ce travail est particuli&#232;rement n&#233;cessaire et obligatoire en tout temps et &#224; chaque occasion. La t&#226;che de l'Opposition consiste &#224; assurer la continuit&#233; du parti bolchevique authentique. Pendant une certaine p&#233;riode, cela signifiera aller contre le courant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Opposition et l'Internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;solution du 15e congr&#232;s, d'apr&#232;s le compte rendu du comit&#233; central dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans le moment pr&#233;sent, en Europe, le reflux, d'une faible dur&#233;e, de la vague r&#233;volutionnaire (apr&#232;s la d&#233;faite de la R&#233;volution allemande de 1923) se change de nouveau en une vague montante par l'&#233;l&#233;vation de l'activit&#233; combative du prol&#233;tariat, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons de cette fa&#231;on le premier aveu officiel fait ouvertement de ce qu'apr&#232;s la d&#233;faite de la r&#233;volution allemande en l'ann&#233;e 1923, le mouvement ouvrier a reflu&#233; en Europe &#8211; au moins sur le continent d'Europe &#8211; pendant environ quatre ann&#233;es. Que l'on allait avoir &#224; faire face &#224; ce reflux, cela pouvait et devait &#234;tre pr&#233;vu d&#233;j&#224; en novembre-d&#233;cembre 1923. C'est pr&#233;cis&#233;ment dans cette p&#233;riode que l'Opposition a pr&#233;dit que viendrait in&#233;luctablement une certaine &#171; pacification &#187; dans les rapports capitalistes, qu'on assisterait in&#233;luctablement &#224; une invasion croissante de la part de l'Am&#233;rique dans le domaine de l'&#233;conomie et de la politique europ&#233;enne, et que, parall&#232;lement &#224; cel&#224;, se produirait in&#233;luctablement un renforcement temporaire de la social-d&#233;mocratie au d&#233;triment du communisme. Alors, ce pronostic marxiste fut qualifi&#233; de liquidateur. Le 5e Congr&#232;s de l'Internationale, r&#233;uni en 1924, fut conduit, dans l'ensemble, de ce point de vue que la vague r&#233;volutionnaire continuerait probablement &#224; monter et que de l&#224; d&#233;coulait la t&#226;che d' &#171; organiser &#187; imm&#233;diatement la r&#233;volution. L'insurrection d'Estonie fut l'un des fruits les plus apparents de cette mani&#232;re d'envisager les choses. Ce que l'on a appel&#233; la &#171; bolchevisation &#187; des partis de l'Internationale, proclam&#233; par le 5e Congr&#232;s, en liaison avec la tendance &#224; &#233;carter des &#233;l&#233;ments r&#233;ellement indignes et corrompus, comportait aussi la lutte contre une juste appr&#233;ciation marxiste des phases de l'&#233;poque imp&#233;rialiste et de ses flux et reflux, appr&#233;ciation sans laquelle, d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, la strat&#233;gie r&#233;volutionnaire du bolchevisme est impossible. La position fausse prise par le 5e Congr&#232;s a in&#233;vitablement aliment&#233; les erreurs et les tendances ultra-gauchistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le reflux, au moment o&#249; il se produisit, e&#251;t r&#233;v&#233;l&#233; toute sa profondeur, la nouvelle direction de l'Internationale, devenue sage apr&#232;s coup, frappa les &#233;l&#233;ments de gauche des partis communistes. Le syst&#232;me de la permanence des dirigeants mis en pratique ces derni&#232;res ann&#233;es, n'a cess&#233; de se renforcer dans l'Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che la plus importante du 6e Congr&#232;s est d'appr&#233;cier d'une mani&#232;re juste les erreurs fondamentales de la position prise par le 5e Congr&#232;s et de condamner d'une mani&#232;re d&#233;cisive cette direction dont l'incurie et le suivisme en pr&#233;sence de chaque tournant brusque des &#233;v&#233;nements met sens dessus dessous les comit&#233;s centraux des sections nationales des partis et ainsi ne permet pas de former des cadres dirigeants capables de s'orienter dans le changement des p&#233;riodes de flux et de reflux du mouvement ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la classe ouvri&#232;re d'Europe, on observe indubitablement un d&#233;placement vers la gauche. Il s'exprime par le renforcement de la lutte gr&#233;viste et l'augmentation des voix communistes, mais ce n'est que la premi&#232;re &#233;tape de ce d&#233;veloppement. Le nombre des voix social-d&#233;mocrates augmente parall&#232;lement &#224; celui des voix communistes, distan&#231;ant m&#234;me en partie ces derniers. Si ce processus se d&#233;veloppe et s'approfondit, une seconde phase se produira alors, avec le d&#233;but du d&#233;placement de la social-d&#233;mocratie vers le communisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simultan&#233;ment il faudra renforcer l'organisation des partis communistes, renforcement qu'il n'est pas encore possible de constater aujourd'hui. Un des plus grands obstacles &#224; la croissance et au renforcement des partis communistes, c'est l'orientation politique de l'Internationale et son r&#233;gime interne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La poursuite de l'attaque contre la gauche va entra&#238;ner un nouvel &#233;cart des ciseaux entre le cours droitier du parti et le d&#233;placement &#224; gauche de la classe ouvri&#232;re. Une situation r&#233;volutionnaire peut, dans une des plus prochaines &#233;tapes, se d&#233;clarer ouvertement dans les pays d'Europe avec la m&#234;me force et la m&#234;me acuit&#233; qu'&#224; Vienne. Toute la question r&#233;side dans la force des partis de l'Internationale communiste, dans leur ligne politique, dans leur direction. Les &#233;v&#233;nements r&#233;cents de Canton, compl&#233;ment aventurier de la politique menchevique, montrent que ce serait le plus grand crime de se cr&#233;er &#224; soi-m&#234;me quelque illusion que ce soit sur la ligne politique actuelle de la direction dans les questions internationales. Seule l'Opposition, par un travail syst&#233;matique, opini&#226;tre, pers&#233;v&#233;rant et ininterrompu, est capable d'aider les partis communistes d'Occident et d'Orient &#224; aller sur la voie bolchevique et &#224; se montrer &#224; la hauteur des situations r&#233;volutionnaires qui ne manqueront pas dans les ann&#233;es qui viennent. L'Opposition en U.R.S.S. ne peut remplir sa t&#226;che que comme facteur r&#233;volutionnaire. La rupture de Kamenev et de Zinoviev avec la gauche de l'Internationale n'en est que plus inadmissible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question des deux partis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte officielle contre l'Opposition se m&#232;ne sous deux mots d'ordres essentiels : contre deux partis et contre le &#171; trotskysme &#187;. La pr&#233;tendue lutte de Staline contre deux partis masque la formation d'une dualit&#233; de pouvoir dans le pays et la formation d'un parti bourgeois sur le flanc droit du parti russe et sous le couvert de son drapeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans toute une s&#233;rie d'institutions et dans les bureaux des secr&#233;tariats, ont lieu des conf&#233;rences secr&#232;tes des membres de l'appareil du parti avec les sp&#233;cialistes et les professeurs partisans d'Oustrialov en vue d'&#233;laborer les m&#233;thodes et les mots d'ordre pour lutter contre l'Opposition. &#199;a, c'est la formation clandestine d'un deuxi&#232;me parti qui, par tous les moyens, s'efforce de subordonner, et, partiellement, subordonne le noyau prol&#233;tarien de notre parti en m&#234;me temps qu'il menace son aile gauche. Tout en masquant la formation de ce deuxi&#232;me parti, l'appareil accuse l'Opposition de s'efforcer de cr&#233;er un deuxi&#232;me parti, et cela pr&#233;cis&#233;ment parce que l'Opposition s'efforce de soustraire &#224; la pression croissante de la bourgeoisie le noyau prol&#233;tarien du parti (faute de quoi il serait en g&#233;n&#233;ral impossible de sauver l'unit&#233; du parti bolchevique). Ce serait pure illusion de penser qu'il est possible de maintenir la dictature du prol&#233;tariat, seulement par des adjurations verbales en faveur d'un parti indivisible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question : un ou deux partis &#8211; pos&#233;e d'un point de vue concret, d'un point de vue de classe, et non d'un point de vue d'agitation verbale &#8211; sera r&#233;solue pr&#233;cis&#233;ment par la question de savoir si on r&#233;ussira &#224; &#233;veiller et &#224; mobiliser les forces de r&#233;sistance dans le parti et dans le prol&#233;tariat. L'Opposition ne peut atteindre ce but que si elle ne se laisse pas intimider par l'&#233;pouvantail des deux partis et par le charlatanisme en ce qui concerne le &#171; trotskysme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les th&#232;ses du camarade Zinoviev intitul&#233;es &#171; Bilan du pl&#233;num de juillet &#187;, il est dit ce qui suit &#224; propos de la question de deux partis :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si Staline exclut par paquets les oppositionnels du parti, il peut passer demain &#224; des exclusions bien plus massives. Oui, c'est ainsi. Et n&#233;anmoins, cela ne nous fait en aucun cas aboutir au &#171; mot d'ordre &#187; des &#171; deux partis &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affaire se complique du fait que, sous le r&#233;gime de Staline, il n'est pas possible de lutter pour les id&#233;es de L&#233;nine autrement qu'en courant le risque d'&#234;tre exclu du parti. C'est tout &#224; fait indiscutable. Celui qui n'a pas r&#233;gl&#233; cette question pour lui-m&#234;me et se dit que tout vaut mieux que d'&#234;tre exclu du parti, ne peut, dans les conditions actuelles, combattre v&#233;ritablement pour le l&#233;ninisme ni prendre une position ferme d'&#171; oppositionnel &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il peut tr&#232;s bien arriver que des groupes importants d'Oppositionnels (et au nombre de ceux-ci tous les &#233;l&#233;ments dirigeants de l'Opposition), soient dans quelque temps chass&#233;s du parti. Et cependant, leur t&#226;che sera de continuer leur travail et quoique n'&#233;tant plus formellement membres du parti, de ne pas s'&#233;loigner d'un iota des enseignements de L&#233;nine. Leur t&#226;che sera, dans cette p&#233;riode particuli&#232;rement difficile, non pas de s'orienter vers la formation d'un deuxi&#232;me parti, mais de continuer &#224; s'orienter vers le redressement du parti, vers la correction de la ligne politique. Disons-le sans phrases : il est extr&#234;mement difficile pour un l&#233;niniste exclu du parti de coordonner son travail avec celui des l&#233;ninistes demeur&#233;s dans le parti. Mais faire cela est absolument n&#233;cessaire du point de vue de nos buts essentiels. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et plus loin :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ainsi que l'atteste toute l'exp&#233;rience de la lutte, l'Opposition est unanime &#224; consid&#233;rer que la lutte pour l'unit&#233; du parti sur la base l&#233;niniste ne doit, en aucun cas, se r&#233;duire &#224; se mettre &#224; l'unisson de l'appareil, &#224; att&#233;nuer les divergences et &#224; baisser le ton politiquement. Lorsque les camarades se d&#233;tachent de l'opposition pour aller &#224; droite, ils n'invoquent pas pour expliquer leur d&#233;part, leur propre glissement vers le point de vue de Staline sur les questions int&#233;rieures et internationales, mais ils accusent l'Opposition de s'orienter vers le deuxi&#232;me parti. En d'autres termes, ils ne font que r&#233;p&#233;ter l'accusation lanc&#233;e par Staline afin de masquer leur propre reculade. &#187; (p. 14 et 15)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que nous ne sommes pas maintenant en juillet mais en d&#233;cembre ; ces lignes conservent pourtant aujourd'hui toute leur force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;p&#233;tons-le une fois encore. Si la droite, &#224; l'int&#233;rieur du parti et autour, se rassemblait et gagnait &#224; ses id&#233;es, au cours de la p&#233;riode prochaine, une fraction importante du noyau prol&#233;tarien du parti, la cr&#233;ation d'un second parti deviendrait in&#233;vitable, ce qui signifierait la chute de la dictature et par cons&#233;quent la d&#233;faite des travailleurs. C'est la voie politique de la victoire des oustrialovistes. La voie oppos&#233;e ne peut &#234;tre imagin&#233;e que sous la forme de l'isolement de l'aile droite au moyen de la lutte oppositionnelle contre le centrisme de l'appareil et pour gagner l'influence sur le noyau prol&#233;tarien du parti. La dictature du prol&#233;tariat ne peut pas se maintenir longtemps sur la base de d&#233;faites successives de la gauche prol&#233;tarienne. Au contraire, la dictature, non seulement est compatible avec l'isolement et la liquidation politique de l'aile droite, mais elle exige imp&#233;rieusement une telle liquidation. C'est pourquoi capituler devant le centrisme de l'appareil, au nom d'on ne sait qu'elle unit&#233; du parti, signifierait travailler directement et v&#233;ritablement pour l'existence de deux partis, c'est-&#224;-dire pour l'&#233;croulement de la dictature du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La capitulation de Zinoviev et Kamenev&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'Opposition avait fait au congr&#232;s une d&#233;claration ferme et loyale &#8211; une d&#233;claration et non une demi-douzaine &#8211; si, sur aucune question politique, et en particulier, sur les causes du fractionnisme, elle n'avait agi contre sa conscience, notre situation serait incomparablement plus favorable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les h&#233;sitations dans les rangs de l'Opposition se sont produites, non pas &#224; la base, mais au sommet. La conduite des camarades Zinoviev et Kamenev constitue un fait absolument inou&#239; dans l'histoire du mouvement r&#233;volutionnaire, et m&#234;me, si l'on veut, dans l'histoire de la lutte politique en g&#233;n&#233;ral. Zinoviev et Kamenev ont formellement pris comme point de d&#233;part l'unit&#233; du parti consid&#233;r&#233;e comme le crit&#232;re supr&#234;me et, par leur conduite, ils ont affirm&#233; qu'on ne pouvait obtenir cette unit&#233; en luttant pour ses id&#233;es, mais seulement par une reculade sur le terrain des id&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est pour le parti le bl&#226;me le plus impitoyable qu'on puisse imaginer. Cette conduite en effet contribue non &#224; pr&#233;server l'unit&#233; du parti, mais &#224; le d&#233;moraliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle justifie en quelque sorte les &#233;l&#233;ments de carri&#233;risme, de duplicit&#233;, de poursuite d'int&#233;r&#234;ts personnels. Refuser de d&#233;fendre ses positions revient &#224; justifier en particulier le comportement de cette large couche de membres du parti corrompus et born&#233;s qui pensent comme l'Opposition mais votent comme la majorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La reculade de Zinoviev et de Kamenev r&#233;sulte de cette croyance mensong&#232;re selon laquelle il serait possible, dans n'importe quelle situation historique, de se tirer d'affaire en recourant &#224; d'astucieuses man&#339;uvres, au lieu de se maintenir sur une ligne politique principielle. C'est la pire caricature du l&#233;ninisme. Caract&#233;risant la politique de man&#339;uvre de L&#233;nine, nous disons dans notre plate-forme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; De son temps (du temps de L&#233;nine), le parti a toujours connu les causes de la man&#339;uvre, sa signification, ses limites, la ligne en de&#231;&#224; de laquelle il ne faut pas reculer, et les positions desquelles doit partir &#224; nouveau l'offensive prol&#233;tarienne... Gr&#226;ce &#224; cela, l'arm&#233;e, tout en man&#339;uvrant, a toujours maintenu sa coh&#233;sion, et la conscience de ses buts. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces conditions de la man&#339;uvre l&#233;niniste ont &#233;t&#233; foul&#233;es aux pieds d'une mani&#232;re qui viole tous les principes, par Zinoviev et par Kamenev. Nourrir l'espoir que, dans quelques mois, le document capitulard sera &#171; enfoui &#187; sous de nouveaux &#233;v&#233;nements et sous de nouvelles luttes, c'est se tromper soi-m&#234;me de fa&#231;on pitoyable. Assur&#233;ment, les &#233;l&#233;ments indiff&#233;rents du parti passeront outre &#224; ce document, mais les cadres de la fraction staliniste, de m&#234;me que l'Opposition, ne l'oublieront pas et, au prochain tournant, l'&#233;voqueront devant la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La capitulation politique de Zinoviev et de Kamenev s'explique par la tentative de passer d'une position r&#233;volutionnaire &#224; une position centriste de gauche faisant contrepoids &#224; la position centriste de droite occup&#233;e par Staline. Le centrisme peut se maintenir longtemps dans une &#233;poque de d&#233;veloppement lent (le kautskysme avant la guerre) ; dans les conditions de l'&#233;poque actuelle, le centrisme est oblig&#233; d'abandonner rapidement ses positions et d'aller, soit &#224; gauche, soit &#224; droite. Lors de la mont&#233;e du mouvement ouvrier, il n'est pas rare de voir le centrisme de gauche constituer un pont menant vers la position r&#233;volutionnaire. Lors d'une p&#233;riode de d&#233;pression, comme c'est le cas actuellement, le centrisme de gauche n'est qu'un pont conduisant de l'Opposition vers Staline. Le groupe Zinoviev-Kamenev ne pourra jouer aucun r&#244;le ind&#233;pendant. Sa capitulation est un d&#233;placement de forces au sommet sous l'&#233;norme pression exerc&#233;e de l'int&#233;rieur et de l'ext&#233;rieur sur l'aile r&#233;volutionnaire du parti russe et de l'Internationale. Les &#233;v&#233;nements &#171; enfouiront &#187; la d&#233;claration capitularde du 18 d&#233;cembre en ce sens seulement qu'ils enjamberont le groupe Zinoviev-Kamenev.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le &#171; Trotskysme &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zinoviev et Kamenev, qui ont pris une part dirigeante dans la cr&#233;ation de la l&#233;gende sur le trotskysme au cours des ann&#233;es 1924 et 1925, ont dit dans la d&#233;claration de juillet 1926 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; A l'heure actuelle, personne ne peut plus mettre en doute que le noyau essentiel de l'Opposition de 1923 a justement mis en garde contre le danger d'un &#233;cart hors de la ligne prol&#233;tarienne et contre l'av&#232;nement mena&#231;ant du r&#233;gime de l'appareil. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est absolument clair que si l'Opposition de 1923 a, depuis plus de deux ans, mis en garde contre les dangers essentiels mena&#231;ant le parti et la dictature du prol&#233;tariat, accuser cette Opposition de ce que l'on a nomm&#233; le &#171; trotskysme &#187;, n'a pu que fournir une base pour les erreurs les plus graves dans la mani&#232;re de comprendre la situation ainsi que les t&#226;ches qui en d&#233;coulent. Conjointement avec les dirigeants de l'Opposition de 1923, Zinoviev et Kamenev ont &#233;labor&#233; les documents essentiels de l'Opposition, et parmi eux, le plus important de tous : la plate-forme Il est clair que les accusations de d&#233;viations petites-bourgeoises, de &#171; trotskysme &#187;, etc. se trouvent par l&#224; m&#234;me r&#233;duites en poussi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tentative attard&#233;e de relancer la lutte contre une &#171; rechute &#187; du trotskysme ne repr&#233;sente rien d'autre qu'une lamentable rechute de Zinoviev et Kamenev dans leurs propres erreurs de 1923, erreurs qui ont aid&#233; &#224; d&#233;placer le r&#233;gime du parti de la voie l&#233;niniste sur une voie glissant vers le mar&#233;cage du centrisme et de l'opportunisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bilan du bloc&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La capitulation de Zinoviev et de Kamenev pose de nouveau la question de savoir si le bloc ne fut pas, dans l'ensemble, une erreur. Les divers camarades qui sont enclins &#224; formuler une telle conclusion, ne consid&#232;rent pas l'histoire du bloc dans son ensemble, mais seulement le maillon final de cette histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Opposition de 1923 a pris naissance &#224; Moscou, et celle de 1925-1926 &#224; L&#233;ningrad. L'aile droite du parti poss&#232;de sa base d'appui dans le Caucase du Nord, o&#249; la lutte entre les stalinistes et les rykovistes s'est d&#233;roul&#233;e sous sa forme la plus claire et la plus pr&#233;cise. Cette r&#233;partition des groupes politiques n'est pas due au hasard, et &#224; elle seule, elle explique le bloc entre Moscou et L&#233;ningrad, c'est-&#224;-dire le bloc entre les deux centres prol&#233;tariens les plus importants de notre Union. En d&#233;pit de telles ou telles vacillations se produisant au sommet, le bloc a &#233;t&#233; provoqu&#233; par de profondes pressions de classe. Parler dans ces conditions d'un &#171; bloc &#187; sans principes, c'est de la vulgaire m&#233;disance. Et, sur le plan des id&#233;es, l'Opposition de L&#233;ningrad, pr&#233;cis&#233;ment gr&#226;ce &#224; sa base prol&#233;tarienne hautement qualifi&#233;e, a introduit dans le bloc des &#233;l&#233;ments de tr&#232;s grande valeur. Le rapprochement entre les &#233;l&#233;ments ouvriers d'avant-garde de Moscou et de L&#233;ningrad, continuera, en d&#233;pit du fait que les &#233;l&#233;ments dirigeants de l'Opposition de L&#233;ningrad sont devenus des ren&#233;gats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut dire de m&#234;me en ce qui concerne l'Opposition dans l'Internationale. Les &#233;l&#233;ments les plus r&#233;volutionnaires, apr&#232;s les h&#233;sitations et les oscillations provoqu&#233;es dans une large mesure par les fameuses d&#233;cisions du 5e Congr&#232;s mondial, se trouveront progressivement les uns les autres. Les meilleurs &#233;l&#233;ments de l'Opposition de 1923 et de l'Opposition de 1925-1926 s'uniront &#224; l'&#233;chelle internationale. Le d&#233;part de Zinoviev et de Kamenev n'emp&#234;chera pas ce processus de s'accomplir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appr&#233;ciation de la tactique de l'Opposition&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'histoire du bloc oppositionnel, on peut distinguer trois p&#233;riodes : a) d'avril 1926 au 16 octobre ; b) du 16 octobre 1926 au 8 ao&#251;t 1927 ; c) du 8 ao&#251;t au 15e Congr&#232;s. Chacune de ces p&#233;riodes est caract&#233;ris&#233;e par une mont&#233;e de l'activit&#233; oppositionnelle, puis, lorsque celle-ci atteint un niveau critique, par un ralentissement plus ou moins important accompagn&#233; de d&#233;clarations de refus d'une activit&#233; fractionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &#171; caract&#232;re cyclique &#187; original de la tactique oppositionnelle am&#232;ne &#224; penser qu'il s'agit en l'esp&#232;ce de quelques causes d'ordre g&#233;n&#233;ral. II est n&#233;cessaire de les rechercher d'une part dans les conditions g&#233;n&#233;rales de la dictature prol&#233;tarienne au sein d'un pays o&#249; la paysannerie est nombreuse, et, d'autre part, dans les conditions particuli&#232;res cr&#233;&#233;es par le reflux de la vague r&#233;volutionnaire et sa lutte contre l'aile gauche, l'appareil est arm&#233; de toutes les m&#233;thodes et de tous les moyens de la dictature. L'Opposition ne dispose comme arme que de la propagande. Les discours, l'utilisation du &#171; prestige &#187; des individualit&#233;s, la &#171; soudure &#187; avec les sans-parti, l'occupation de locaux de r&#233;unions, les mots d'ordre lanc&#233;s, ainsi que les pancartes dans les rues, lors du 7 novembre, tout cela, ce sont les formes diverses de la propagande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appareil tente de transformer ces armes de propagande en formes embryonnaires de fraction d'abord, puis de parti et de guerre civile. L'Opposition refuse de s'engager sur cette voie. Elle atteint chaque fois la limite o&#249; l'appareil la place devant la n&#233;cessit&#233; de renoncer aux m&#233;thodes et proc&#233;d&#233;s de propagande qu'elle utilisait. Les trois d&#233;clarations de l'Opposition, 16 octobre, 8 ao&#251;t et celle de novembre-d&#233;cembre, ont eu pour but de montrer encore et toujours &#224; la masse du parti que l'Opposition se fixe comme t&#226;che, non le deuxi&#232;me parti et la guerre civile, mais le redressement de la ligne suivie par le parti et par l'&#201;tat par une r&#233;forme profonde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui critiquent la tactique suivie par l'Opposition, un instant, sur son caract&#232;re de &#171; marche en zig-zag &#187;, raisonnent comme si l'Opposition d&#233;terminait librement sa tactique, et font abstraction de la pression fr&#233;n&#233;tique d'une masse d'ennemis, de l'omnipotence de l'appareil, du glissement politique de la direction, de la passivit&#233; relative des masses ouvri&#232;res etc. Il n'est possible de comprendre la tactique de l'Opposition, avec ses in&#233;luctables contradictions internes, que si l'on n'oublie pas que l'Opposition nage contre le courant, luttant contre les difficult&#233;s et des obstacles jusque-l&#224; inconnus dans l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les cas o&#249; ceux qui critiquent ne se bornent pas &#224; des consid&#233;rations fragmentaires et partielles, parfois fond&#233;es et parfois non fond&#233;es, mais tentent d'opposer &#224; notre tactique, issue des conditions pos&#233;es par la r&#233;alit&#233;, telle autre tactique, ils donnent habituellement et tout simplement un point d'appui pour l'appel &#224; la capitulation. Quant aux v&#233;ritables capitulards, ceux-ci tentent de caract&#233;riser la tactique actuelle de l'Opposition par cette formule : &#171; Ni paix, ni guerre. &#187; Par la &#171; paix &#187;, ils entendent la capitulation ; par la &#171; guerre &#187; ils entendent deux partis. Mais les th&#232;ses de Zinoviev lui-m&#234;me sur le bilan du pl&#233;num de juillet 1927, d'un bout &#224; l'autre, sont impr&#233;gn&#233;es de cette pens&#233;e : Ni capitulation, ni deuxi&#232;me parti. Telle fut toute la ligne suivie par l'Opposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux l&#226;cheurs, il arrive toujours de cracher sur ce qu'ils ont fait la veille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun manuel n'enseigne les moyens de redresser une dictature prol&#233;tarienne plac&#233;e sous le coup de Thermidor. Il faut chercher la m&#233;thode en partant de la situation r&#233;elle. Ces moyens seront trouv&#233;s si l'orientation fondamentale est juste. Quelques conseils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I. &#8211; L'auto-&#233;ducation th&#233;orique est une t&#226;che essentielle pour chaque oppositionnel et l'unique gage s&#233;rieux de sa fermet&#233;. L'&#233;tude du compte-rendu st&#233;nographique du 15e Congr&#232;s du parti &#224; la lumi&#232;re des contre-th&#232;ses de l'Opposition et des faits nouveaux de la vie politique et &#233;conomique doit constituer le contenu principal du travail de tout oppositionnel dans la dispersion qui a succ&#233;d&#233; &#224; la dissolution de la fraction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II. &#8211; Un oppositionnel, ind&#233;pendamment du fait qu'il demeure dans le parti ou en soit exclu, doit militer activement dans toutes les organisations prol&#233;tariennes et sovi&#233;tiques en g&#233;n&#233;ral (parti, syndicats, soviets, clubs, etc.). &#201;tant donn&#233; cela, un oppositionnel ne peut, en aucun cas, limiter son r&#244;le &#224; la critique ; il doit accomplir le travail positif mieux et plus consciencieusement que les fonctionnaires salari&#233;s. C'est seulement sur cette base que la critique faite du point de vue des principes trouvera acc&#232;s dans la conscience des masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III. &#8211; Il est n&#233;cessaire d'en appeler &#224; l'Internationale pour chercher &#224; poser devant le 16e Congr&#232;s la question de l'Opposition dans toute sa pl&#233;nitude.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La guerre des paysans en Chine sous l'&#233;gide du stalinien Mao</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article9084</link>
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		<dc:date>2026-07-08T22:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Chine China</dc:subject>
		<dc:subject>1936</dc:subject>
		<dc:subject>Paysans</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>1940</dc:subject>
		<dc:subject>1933</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La guerre des paysans en Chine sous l'&#233;gide du stalinien Mao &lt;br class='autobr' /&gt;
Trotsky &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1932/09/320922.htm &lt;br class='autobr' /&gt;
http://www.matierevolution.fr/spip.php?article589 &lt;br class='autobr' /&gt;
http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1419 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.marxists.org/archive/trotsky/1932/10/strategy.htm &lt;br class='autobr' /&gt;
Harold Isaacs &lt;br class='autobr' /&gt;
https://translate.google.fr/translate?u=https://www.marxists.org/history/etol/writers/isaacs/1934/05/break.htm (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;4&#232;me chapitre : R&#233;volutions prol&#233;tariennes jusqu'&#224; la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;Chine China&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot43" rel="tag"&gt;1936&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot50" rel="tag"&gt;Paysans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot104" rel="tag"&gt;1940&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot192" rel="tag"&gt;1933&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La guerre des paysans en Chine sous l'&#233;gide du stalinien Mao&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1932/09/320922.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1932/09/320922.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article589&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article589&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1419&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1419&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/archive/trotsky/1932/10/strategy.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/archive/trotsky/1932/10/strategy.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Harold Isaacs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://translate.google.fr/translate?u=https://www.marxists.org/history/etol/writers/isaacs/1934/05/break.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://translate.google.fr/translate?u=https://www.marxists.org/history/etol/writers/isaacs/1934/05/break.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/etol/writers/isaacs/1934/05/break.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/history/etol/writers/isaacs/1934/05/break.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CLR James&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article6584&amp;_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article6584&amp;_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grandizo Munis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve131&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve131&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Frank Glass&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/glass/1935/12/minutes.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/glass/1935/12/minutes.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Li Fu-jen&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/glass/1936/05/dark.html?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/glass/1936/05/dark.html?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/glass/1937/09/defense.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/glass/1937/09/defense.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/glass/1937/10/frameup.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/glass/1937/10/frameup.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lucifer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/glass/1937/11/newline.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/glass/1937/11/newline.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Verre Franck&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/glass/1938/01/clchina.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/glass/1938/01/clchina.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tony Cliff&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article4468&amp;_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article4468&amp;_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loren Goldner&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7108&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7108&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Robert Paris&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1291&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1291&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1602&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1602&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Iakov Blumkine a &#233;t&#233; assassin&#233; par Staline</title>
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		<dc:date>2026-06-21T22:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>Trotskisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;A Moscou, seuls des cercles &#233;troits du parti sont inform&#233;s de ce que Staline a fait &#224; Blumkine. Ils r&#233;pandent syst&#233;matiquement des rumeurs selon lesquelles Blumkine se serait suicid&#233;. Ainsi Staline, jusqu'&#224; pr&#233;sent, n'ose-t-il pas reconna&#238;tre ouvertement qu'il a ex&#233;cut&#233; le &#034;contre-r&#233;volutionnaire&#034; Blumkine. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il est tout &#224; fait remarquable que la presse capitaliste mondiale ne se soit pas empress&#233;e d'utiliser l'affaire Blumkine. Elle pense &#224; juste titre que la d&#233;fense des communistes de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique81" rel="directory"&gt;4- Ce qu'est le socialisme et ce qu'il n'est pas&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot283" rel="tag"&gt;Trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A Moscou, seuls des cercles &#233;troits du parti sont inform&#233;s de ce que Staline a fait &#224; Blumkine. Ils r&#233;pandent syst&#233;matiquement des rumeurs selon lesquelles Blumkine se serait suicid&#233;. Ainsi Staline, jusqu'&#224; pr&#233;sent, n'ose-t-il pas reconna&#238;tre ouvertement qu'il a ex&#233;cut&#233; le &#034;contre-r&#233;volutionnaire&#034; Blumkine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est tout &#224; fait remarquable que la presse capitaliste mondiale ne se soit pas empress&#233;e d'utiliser l'affaire Blumkine. Elle pense &#224; juste titre que la d&#233;fense des communistes de gauche contre les repr&#233;sailles de Staline n'entre pas dans la sph&#232;re de ses int&#233;r&#234;ts. Aussi l'Opposition communiste de gauche est-elle tenue de faire campagne avec d'autant plus de constance et de fermet&#233; pour d&#233;noncer les crimes staliniens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le dernier num&#233;ro, nous avons dit qu'outre Blumkine, deux oppositionnels suppl&#233;mentaires avaient &#233;t&#233; fusill&#233;s, les camarades Silov et Rabinovich, Ainsi la question rev&#234;t-elle une importance exceptionnelle : seule la publicit&#233; autour de ses crimes parmi les ouvriers progressistes du monde entier peut arr&#234;ter la sanglante violence de Staline contre les bolcheviks r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ex-communiste Souvarine a vol&#233; au secours de Staline, pr&#233;tendant que Blumkine aurait soi-disant ex&#233;cut&#233; dans le G.P.U. les instructions de l'Opposition et que l'existence m&#234;me du G.P.U. lui dicte d'ex&#233;cuter ceux qu'il emploie quand ils le trahissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souvarine en conclut que &#034;dans la treizi&#232;me ann&#233;e de la r&#233;volution&#034;, il faut supprimer le G.P.U.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons aucune raison de nous engager dans un d&#233;bat th&#233;orique avec Souvarine. Nous estimons suffisant de nous limiter &#224; la d&#233;claration suivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le camarade Blumkine n'a jamais ex&#233;cut&#233; et, du fait m&#234;me du caract&#232;re de son travail, n'aurait jamais pu ex&#233;cuter dans le G.P.U. ou par lui les instructions de l'Opposition. Il suffit d'indiquer qu'il a pass&#233; le plus gros de la derni&#232;re p&#233;riode en Extr&#234;me-Orient, principalement en Mongolie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'interdiction faite aux travailleurs du G.P.U. comme de l'arm&#233;e d'avoir d'autres opinions que celles du comit&#233; central aujourd'hui, &#233;quivaut &#224; priver des droits de parti &#233;l&#233;mentaires les communistes qui travaillent dans ces institutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seuls des bureaucrates staliniens pourraient d&#233;fendre une mesure aussi abjecte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le G.P.U. est un organe d'autod&#233;fense de la dictature du prol&#233;tariat. Dans la mesure o&#249; la r&#233;volution d'Octobre, m&#234;me dans sa treizi&#232;me ann&#233;e, est entour&#233;e d'un monde d'ennemis, elle ne peut renoncer &#224; de tels organes - la dictature ne peut pas cesser d'&#234;tre une dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seuls des lib&#233;raux ou des social-d&#233;mocrates en train de devenir lib&#233;raux pourraient voir cette question d'un point de vue formel. Nous l'examinons d'un point de vue de classe : au nom de qui ces mesures de r&#233;pression sont-elles adopt&#233;es ? Contre qui le sont-elles ? Qui servent-elles et pourquoi ? C'est une question d'efficacit&#233; r&#233;volutionnaire, pas de justice au-dessus des classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le meurtre de Blumkine et, en g&#233;n&#233;ral, les actes de r&#233;pression contre l'opposition l&#233;niniste affaiblissent l'avant-garde r&#233;volutionnaire, sapent le parti et renforcent les ennemis de classe. Nous menons la bataille contre le meurtre - l&#226;che et tra&#206;tre - de Blumkine par Staline, au nom de la dictature du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que nos amis et nos ennemis le sachent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Note tir&#233;e des &#201;crits de L&#233;on Trotsky :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Jakob Blumkin fusill&#233; par les staliniens. &#187; Biulleten Oppozitsii , num&#233;ro 9, f&#233;vrier-mars 1930. Non sign&#233;. Traduit pour ce volume par Jim Burnett. Des extraits de cet article, dat&#233;s du lendemain, sign&#233;s par Trotsky et r&#233;&#233;crits &#224; la premi&#232;re personne sous forme de lettre &#224; Alfred Rosmer, ont &#233;t&#233; traduits dans The Militant , le 1er mars 1930, sous le titre &#171; L'opposition au service de la r&#233;volution bolchevique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne reste plus aucun doute, m&#234;me pour ceux qui ne voulaient pas le croire : Blumkin a &#233;t&#233; fusill&#233; sous l'accusation d'avoir rendu visite &#224; Trotsky &#224; Constantinople et d'avoir eu une conversation avec lui sur la situation du parti et les t&#226;ches de l'Opposition. [ 1 ]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blumkin a &#233;t&#233; fusill&#233; &#8211; sur d&#233;cision du GPU. [ 2 ] Cela n'a pu se produire que parce que le GPU &#233;tait devenu l'instrument personnel de Staline . Pendant les ann&#233;es de guerre civile, la Tch&#233;ka a accompli un travail macabre. Mais elle le faisait sous le contr&#244;le du parti. Des centaines de fois, des protestations, des d&#233;clarations et des demandes d'explications ont fus&#233; de l'int&#233;rieur du parti. &#192; la t&#234;te de la Tch&#233;ka se trouvait Dzerjinski, [ 3 ] un homme d'une autorit&#233; morale exceptionnelle. Il recevait des ordres du Politburo, [ 4 ] dont les membres connaissaient ses opinions personnelles sur tous les sujets et soutenaient ses positions. Tout cela garantissait que la Tch&#233;ka &#233;tait une arme de la dictature r&#233;volutionnaire. &#192; pr&#233;sent, le parti est &#233;trangl&#233;. Avec l'ex&#233;cution de Blumkin, des milliers, voire des dizaines de milliers de membres du parti, se terrent, murmurant des horreurs. &#192; la t&#234;te du GPU se trouve Menjinski, non pas un homme, mais son ombre. [ 5 ] Au sein du GPU, le r&#244;le principal est jou&#233; par Yagoda, [ 6 ] un carri&#233;riste m&#233;prisable qui a li&#233; son destin &#224; Staline et qui est pr&#234;t &#224; ex&#233;cuter tous les ordres qu'on lui donne, sans r&#233;fl&#233;chir ni poser de questions. Le Politburo n'existe pas. Boukharine a d&#233;j&#224; affirm&#233; que Staline tenait les membres du pr&#233;tendu Politburo entre ses mains, [ 7 ] gr&#226;ce &#224; des documents collect&#233;s par le GPU. Dans ces conditions, l'ex&#233;cution de Blumkine relevait de la responsabilit&#233; personnelle de Staline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce crime inou&#239; n'aurait pu passer inaper&#231;u, m&#234;me dans le contexte actuel d'un appareil tout-puissant. Staline n'aurait pu &#234;tre insensible &#224; cette situation auparavant ; et le fait que, malgr&#233; toutes les pr&#233;cautions prises, il ait d&#233;cid&#233; de faire assassiner Blumkin t&#233;moigne de la profonde crainte que cet homme nourrissait de l'Opposition de gauche. Il n'y a aucun doute : Blumkin a &#233;t&#233; victime d'un assassinat pour payer le fait qu'une infime minorit&#233; de l'Opposition ait suivi Radek [ 8 ] et les autres capitulants, au moment m&#234;me o&#249; l'Opposition &#224; l'&#233;tranger remportait d'importants succ&#232;s id&#233;ologiques et organisationnels dans plusieurs pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En faisant ex&#233;cuter Blumkine, Staline entend avertir l'opposition bolchevique-l&#233;niniste internationale qu'il d&#233;tient &#224; l'int&#233;rieur du pays des centaines, voire des milliers d'otages pr&#234;ts &#224; payer de leur vie pour les succ&#232;s du bolchevisme authentique sur la sc&#232;ne mondiale. Autrement dit, apr&#232;s les exclusions du parti, la perte d'emploi, la famine qui accable les familles, l'emprisonnement, le bannissement et l'exil, Staline tente d'intimider les derniers membres de l'opposition encore sous son contr&#244;le par la m&#233;thode du &#171; fusillage &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut l'affirmer avec certitude : les r&#233;sultats d&#233;montreront exactement le contraire des objectifs que Staline s'est fix&#233;s. La progression d'un courant id&#233;ologique historiquement progressiste, agissant selon la logique du d&#233;veloppement, ne sera ni intimid&#233;e ni r&#233;prim&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu apr&#232;s l'insurrection des SR de gauche &#8211; alors qu'il n'avait que dix-huit ans, il lan&#231;a une bombe &#224; Mirbach [ 9 ] &#8211; Blumkin rejoignit les bolcheviks et joua un r&#244;le h&#233;ro&#239;que dans la guerre civile. Peu apr&#232;s, il travailla au secr&#233;tariat militaire de Trotsky. Par la suite, il travailla principalement pour le GPU, mais aussi pour l'arm&#233;e et le parti. Il accomplit des missions &#224; haute responsabilit&#233;. Son d&#233;vouement &#224; la R&#233;volution d'Octobre et au parti &#233;tait absolu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; ses derniers instants, Blumkin s'est consacr&#233; &#224; des fonctions sovi&#233;tiques importantes. Comment pouvait-il y rester, &#233;tant de l'opposition ? Cela tient &#224; la nature m&#234;me de son travail, qui rev&#234;tait un caract&#232;re tout &#224; fait individuel. Blumkin n'avait rien &#8211; ou presque rien &#8211; &#224; voir avec les cellules du parti ou les discussions sur les probl&#232;mes du parti, etc. Mais cela ne signifiait pas qu'il dissimulait ses opinions. Au contraire, &#224; Menjinski et &#224; Trilisser [ 10 ] &#8211; ancien chef de la section &#233;trang&#232;re du GPU &#8211;, Blumkin a d&#233;clar&#233; que ses sympathies allaient &#224; l'opposition, mais qu'il allait de soi qu'il &#233;tait pr&#234;t &#8211; comme tout opposant &#8211; &#224; accomplir son devoir en faveur de la d&#233;fense de la R&#233;volution d'Octobre. Menjinski et Trilisser consid&#233;raient Blumkin comme irrempla&#231;able, et ils ne se trompaient pas. Ils l'ont maintenu dans ses fonctions, qu'il a poursuivies jusqu'&#224; la fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blumkin a bel et bien cherch&#233; &#224; rencontrer le camarade Trotsky &#224; Constantinople. Comme mentionn&#233; pr&#233;c&#233;demment, Blumkin &#233;tait &#233;troitement li&#233; &#224; Trotsky, ayant travaill&#233; dans son secr&#233;tariat. Il avait notamment pr&#233;par&#233; l'un des ouvrages militaires du camarade Trotsky (dont la pr&#233;face fait mention). Blumkin a donc cherch&#233; &#224; rencontrer Trotsky &#224; Constantinople pour conna&#238;tre son analyse de la situation et v&#233;rifier s'il agissait correctement en restant au service d'un gouvernement qui d&#233;portait, exilait et emprisonnait ses plus proches compagnons de pens&#233;e. Le camarade Trotsky lui a r&#233;pondu qu'il agissait bien s&#251;r parfaitement correctement en accomplissant son devoir r&#233;volutionnaire &#8211; non pas envers le gouvernement stalinien, qui avait usurp&#233; les droits du parti, mais envers la R&#233;volution d'Octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un article de Yaroslavsky [ 11 ], il est fait mention d'une conversation, durant l'&#233;t&#233;, entre le camarade Trotsky et un visiteur, au cours de laquelle ce dernier aurait pr&#233;dit la fin rapide et in&#233;vitable du pouvoir sovi&#233;tique. Il va sans dire que ce flagorneur m&#233;prisable ment. Mais, &#224; la lumi&#232;re de ces propos, nous estimons que cette remarque se rapporte &#224; la conversation du camarade Trotsky avec Blumkin. Interrog&#233; par Blumkin sur le lien entre son travail et son adh&#233;sion &#224; l'Opposition, le camarade Trotsky lui r&#233;pondit, entre autres, que son exil &#224; l'&#233;tranger, comme l'emprisonnement d'autres camarades, ne modifiait en rien notre ligne fondamentale ; qu'au moment du danger, les Oppositionnistes seraient aux premi&#232;res loges ; qu'&#224; l'heure o&#249; Staline rencontrerait des difficult&#233;s, ce dernier ferait appel &#224; eux, comme Tseretelli avait fait appel aux bolcheviks contre Kornilov. [ 12 ] &#192; ce propos, il ajouta : &#171; Pourvu qu'il ne soit pas trop tard pour aider. &#187; Apr&#232;s son arrestation, Blumkin pr&#233;senta &#233;videmment cette conversation comme preuve de la sinc&#233;rit&#233; des sentiments et des intentions de l'Opposition. Il ne faut pas oublier que le camarade Trotsky fut exil&#233;, accus&#233; de pr&#233;parer un soul&#232;vement arm&#233; contre le pouvoir sovi&#233;tique. Par l'interm&#233;diaire de Blumkin, une lettre d'information destin&#233;e aux sympathisants parvint &#224; Moscou. On y lisait essentiellement les id&#233;es expos&#233;es dans plusieurs articles de Trotsky : la r&#233;pression stalinienne &#224; notre encontre ne signifiait pas pour autant une trahison de la nature de classe de l'&#201;tat, mais seulement qu'elle pr&#233;parait et facilitait une telle trahison ; notre voie, comme auparavant, demeure celle de la r&#233;forme, et non celle de la r&#233;volution ; il faut s'attendre &#224; une lutte acharn&#233;e pour nos id&#233;es pendant encore longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a ensuite appris que Blumkin avait &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; et que la lettre envoy&#233;e par son interm&#233;diaire &#233;tait parvenue entre les mains de Staline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blumkin n'a pas &#233;t&#233; fusill&#233; en 1918 pour avoir particip&#233; &#224; une insurrection arm&#233;e contre le pouvoir sovi&#233;tique, mais il l'a &#233;t&#233; en 1929 pour avoir servi avec abn&#233;gation la cause de la R&#233;volution d'Octobre, se d&#233;marquant toutefois sur des questions importantes de la faction stalinienne, et pour avoir consid&#233;r&#233; comme son devoir de diffuser les id&#233;es des bolcheviks-l&#233;ninistes (Opposition).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est tout &#224; fait possible que Staline tente d'utiliser une variante pernicieuse, dans le style associ&#233; &#224; l'&#171; officier Wrangel &#187; [ 13 ] &#8211; pr&#233;parant un soul&#232;vement arm&#233; ou des actes terroristes. Nous devons nous pr&#233;parer &#224; ce genre d'abjection. Une telle explication, cependant, n'aura gu&#232;re d'effets significatifs. D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, elle rappelle trop les m&#233;thodes polici&#232;res bonapartistes [ 14 ] et, en particulier, dans sa lutte contre l'Opposition, Staline a d&#233;j&#224;, de fait, &#233;puis&#233; toutes ses ressources. Il est inutile de rappeler que la position de principe adopt&#233;e par Blumkine en notre nom &#224; tous excluait de sa part toute forme de lutte aventuriste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Blumkin (1899-1929) &#233;tait un terroriste social-r&#233;volutionnaire de gauche devenu communiste et fonctionnaire du GPU. Il travailla un temps au secr&#233;tariat de Trotsky, o&#249; il participa &#224; l'&#233;dition du premier tome de son ouvrage * Comment la r&#233;volution s'est arm&#233;e* . Il fut le premier sympathisant russe de l'Opposition de gauche &#224; rendre visite &#224; Trotsky en exil en Turquie. Portant une lettre de Trotsky &#224; l'Opposition, il fut d&#233;nonc&#233; au GPU et fusill&#233; en d&#233;cembre 1929. L&#233;on Trotsky (1879-1940) devint r&#233;volutionnaire en 1896 et collaborateur de L&#233;nine sur le projet Iskra en 1902. Il rompit avec L&#233;nine l'ann&#233;e suivante en raison de d&#233;saccords sur la nature du parti r&#233;volutionnaire et se rallia aux mencheviks. Il rompit de nouveau avec eux l'ann&#233;e suivante et tenta, durant la d&#233;cennie qui suivit, de r&#233;unir les factions. Lors de la r&#233;volution de 1905, il dirigea le Soviet de Saint-P&#233;tersbourg et d&#233;veloppa la th&#233;orie de la r&#233;volution permanente. En 1915, il r&#233;digea le Manifeste Zimmerwald contre la guerre. Il adh&#233;ra au Parti bolchevique en 1917, fut &#233;lu &#224; son Comit&#233; central et organisa l'insurrection qui rendit possible la cr&#233;ation du nouvel &#201;tat sovi&#233;tique. Son premier poste au sein du gouvernement fut celui de commissaire aux Affaires &#233;trang&#232;res. Puis, en tant que commissaire &#224; la Guerre, il organisa l'Arm&#233;e rouge et la mena &#224; la victoire apr&#232;s trois ann&#233;es de guerre civile et d'intervention imp&#233;rialiste. Il fonda l'Opposition de gauche en 1923 et lutta pendant la d&#233;cennie suivante pour ramener l'Union sovi&#233;tique et le Komintern &#224; l'internationalisme l&#233;niniste et &#224; la d&#233;mocratie prol&#233;tarienne. Vaincu par la faction stalinienne, il fut exclu du Parti communiste et du Komintern, et exil&#233; en Turquie en 1929. En 1933, il cessa ses efforts pour r&#233;former le Komintern et appela &#224; la cr&#233;ation d'une nouvelle Internationale. Il consid&#233;rait son travail au sein de la Quatri&#232;me Internationale comme le plus important de sa carri&#232;re. Le nom de Constantinople a &#233;t&#233; officiellement chang&#233; en Istanbul en 1930, mais beaucoup de gens ont continu&#233; &#224; utiliser l'ancien nom pendant un certain temps apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; GPU &#233;tait l'un des noms abr&#233;g&#233;s de la police politique sovi&#233;tique ; d'autres noms &#233;taient Cheka, NKVD, MVD, KGB, etc., mais GPU est souvent utilis&#233; &#224; leur place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; F&#233;lix Dzerjinski (1877-1926), fondateur du Parti social-d&#233;mocrate polonais, participa activement aux mouvements r&#233;volutionnaires polonais et russe. Apr&#232;s la r&#233;volution russe, il dirigea la Tch&#233;ka d&#232;s sa cr&#233;ation en d&#233;cembre 1917, puis le Conseil supr&#234;me de l'&#233;conomie nationale &#224; partir de 1924.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Sous L&#233;nine, le Politburo &#233;tait un organe subordonn&#233; au Comit&#233; central du Parti communiste russe. Le premier Politburo, &#233;lu en 1919, &#233;tait compos&#233; de L&#233;nine, Trotsky, Kamenev, Krestinsky et Staline. Apr&#232;s le XVIe Congr&#232;s, alors que le Comit&#233; central et le Politburo &#233;taient devenus des chambres d'enregistrement des d&#233;cisions de Staline, le Politburo comprenait Staline, Kaganovitch, Kalinine, Kirov, Kosior, Kou&#239;bychev, Molotov, Roudzoutak, Rykov et Vorochilov. En d&#233;cembre 1930, Rykov fut destitu&#233; et remplac&#233; par Ordjonikidze.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Vyacheslav Menzhinsky (1874-1934) a succ&#233;d&#233; &#224; Dzerzhinsky &#224; la t&#234;te de la police secr&#232;te sovi&#233;tique en 1926, mais il n'en &#233;tait que nominalement responsable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Henry Yagoda (1891-1938) &#233;tait le principal lieutenant de Staline au sein du GPU. Apr&#232;s avoir supervis&#233; l'organisation du proc&#232;s de Moscou de 1936, il fut lui-m&#234;me jug&#233; en 1938, reconnu coupable et ex&#233;cut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Boukharine (1888-1938), pr&#233;sident du Komintern de 1926 &#224; 1929, &#233;tait un vieux bolchevik repr&#233;sentant l'aile droite du Parti communiste, alli&#233; &#224; Staline contre l'aile gauche. La r&#233;pression stalinienne contre les dirigeants de l'Opposition de droite d&#233;buta peu apr&#232;s l'expulsion de l'Opposition de gauche par le XVe Congr&#232;s, fin 1927 ; fin 1929, ces dirigeants capitul&#232;rent face &#224; Staline. Boukharine d&#233;non&#231;a la mainmise de Staline sur le Politburo en 1929, quelques mois avant d'en &#234;tre destitu&#233;. Malgr&#233; sa capitulation, il fut ex&#233;cut&#233; &#224; l'issue du troisi&#232;me proc&#232;s de Moscou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Radek (1885-1939) fut un r&#233;volutionnaire de premier plan en Pologne et en Allemagne avant la Premi&#232;re Guerre mondiale, et un dirigeant du Komintern. Figure de proue de l'opposition de gauche, il fut l'un des premiers &#224; capituler face &#224; Staline apr&#232;s son expulsion et sa d&#233;portation. R&#233;int&#233;gr&#233; au parti en 1930, il travailla comme propagandiste pour Staline jusqu'&#224; son arrestation lors du second proc&#232;s de Moscou, o&#249; il fut condamn&#233; &#224; dix ans de prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les SR de gauche &#233;taient une faction dissidente du Parti social-r&#233;volutionnaire (SR) en 1917. Ils particip&#232;rent bri&#232;vement &#224; une coalition avec les bolcheviks au sein du nouveau gouvernement sovi&#233;tique, mais rejoignirent rapidement l'opposition &#171; par la gauche &#187;. Ils organis&#232;rent une insurrection contre le gouvernement sovi&#233;tique en 1918, apr&#232;s que celui-ci eut vot&#233; l'acceptation des conditions allemandes pour la fin de la guerre. Mirbach (1871-1918), nomm&#233; ambassadeur d'Allemagne &#224; Moscou en avril 1918, fut assassin&#233; en juillet par les SR de gauche, qui souhaitaient faire &#233;chouer le trait&#233; de paix de Brest-Litovsk entre l'Allemagne et la r&#233;publique sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; M.A. Trilisser , un vieux bolchevik, &#233;tait un fonctionnaire du GPU et fut promu &#224; la t&#234;te d'une section sp&#233;ciale du Komintern en 1935, dont la fonction &#233;tait d'&#233;purer le Komintern. Il disparut lors des purges de 1937-1938.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Emelyan Yaroslavsky (1878-1943) &#233;tait un sp&#233;cialiste stalinien de premier plan dans l'extirpation du &#171; trotskisme &#187;, ce qui, cependant, ne l'a pas emp&#234;ch&#233; de tomber en disgr&#226;ce en 1931-32 lorsqu'il n'a pas r&#233;ussi &#224; suivre le rythme exig&#233; par Staline dans la r&#233;&#233;criture de l'histoire sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Iraklii Tseretelli (1882-1959) &#233;tait un ministre menchevik du gouvernement provisoire de coalition, de mars &#224; ao&#251;t 1917. Bien que ce gouvernement ait pers&#233;cut&#233; et emprisonn&#233; les bolcheviks, il les a appel&#233;s &#224; aider &#224; combattre et &#224; vaincre la pouss&#233;e contre-r&#233;volutionnaire contre le gouvernement provisoire men&#233;e par son propre commandant en chef, le g&#233;n&#233;ral tsariste Lavr G. Kornilov (1870-1918).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; le GPU tenta de discr&#233;diter l'Opposition de gauche en pr&#233;tendant qu'un &#171; officier Wrangel &#187; cherchait &#224; entrer en contact avec ses membres. Piotr N. Wrangel (1878-1928) &#233;tait un g&#233;n&#233;ral de la Garde blanche qui avait combattu pour renverser les Soviets pendant la guerre civile. Cette tentative de pr&#233;senter les opposants comme des collaborateurs des contre-r&#233;volutionnaires se retourna contre le GPU, contraint d'admettre que le pr&#233;tendu officier Wrangel &#233;tait en r&#233;alit&#233; un agent du GPU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; bonapartisme est un terme marxiste d&#233;signant une dictature ou un r&#233;gime pr&#233;sentant certaines caract&#233;ristiques d'une dictature, en p&#233;riode de fragilit&#233; de la domination de classe ; il repose sur l'arm&#233;e, la police et la bureaucratie d'&#201;tat, plut&#244;t que sur des partis parlementaires ou un mouvement de masse. Dans les ann&#233;es 1930, Trotsky distinguait deux types de bonapartisme : bourgeois et sovi&#233;tique. Ses &#233;crits les plus importants sur le bonapartisme bourgeois (qu'il distinguait du fascisme) se trouvent dans *La Lutte contre le fascisme en Allemagne* (Pathfinder Press, 1971). Sa conception du bonapartisme sovi&#233;tique trouve sa forme d&#233;finitive dans son essai &#171; L'&#201;tat ouvrier, Thermidor et le bonapartisme &#187;, *&#201;crits*, p. 34-35 .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://wikirouge-net.translate.goog/texts/en/Jakob_Blumkin_Shot_by_the_Stalinists?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://wikirouge-net.translate.goog/texts/en/Jakob_Blumkin_Shot_by_the_Stalinists?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Victor Serge :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre camarade Iakov Gregorievitch Blumkine fut assassin&#233; &#8211; fusill&#233; &#8211; en d&#233;cembre 1929. Nous veillerons &#224; ce que cette puissante figure de combattant ne soit pas oubli&#233;e. Il avait eu une vie &#233;pique. Terroriste socialiste-r&#233;volutionnaire de gauche, il avait ex&#233;cut&#233;, par ordre de son parti, en 1918, le comte Mirbach, ambassadeur d'Allemagne &#224; Moscou. Pass&#233; un peu plus tard au parti communiste, il avait rempli les missions les plus p&#233;rilleuses en Ukra&#239;ne et en &#233;tait revenu couvert de blessures. En Perse, au d&#233;but de 1919, il avait dirig&#233; la tentative r&#233;volutionnaire de Koutchouk Khan dans le Ghilan. Plus tard, organisateur de l'arm&#233;e de la R&#233;publique de Mongolie, collaborateur des Izvestia dans laquelle il donnait des articles remarqu&#233;s sur Joffre et Foch, charg&#233; de missions secr&#232;tes aux Indes, en Egypte, &#224; Constantinople&#8230;. Il vit l&#224; Trotski banni et s'offrit &#224; transmettre un message de lui &#224; des camarades de Moscou. (Cette lettre exposait les tendances de l'opposition &#224; l'&#233;tranger et demandait que l'on tent&#226;t de diffuser en Russie le Bulletin &#233;dit&#233; &#224; Paris. Trahi &#224; son retour &#224; Moscou, il eut un entretien avec Radek qui, d'apr&#232;s mes renseignements personnels, lui aurait conseill&#233; de se rendre chez Ordjonikidz&#233;, &#171; le seul homme qui pourrait te sauver, car le G&#233;orgien (Staline) ne te manquera pas&#8230; &#187; Blumkine, de chez Radek, t&#233;l&#233;phona &#224; Ordjonikidz&#233;, prit rendez-vous avec lui au Kremlin. Mais les t&#233;l&#233;phones &#233;taient surveill&#233;s, il fut arr&#234;t&#233; en sortant et bient&#244;t fusill&#233; sur l'ordre personnel de Staline. Il avait v&#233;cu courageusement, il mourut de m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7380&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7380&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3259&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3259&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://en-wikipedia-org.translate.goog/wiki/Yakov_Blumkin?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://en-wikipedia-org.translate.goog/wiki/Yakov_Blumkin?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://wikirouge.net/texts/fr/Staline_et_son_Agabekov&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://wikirouge.net/texts/fr/Staline_et_son_Agabekov&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Appel des d&#233;port&#233;s &#224; l'Internationale communiste en 1928</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article9047</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.org/spip.php?article9047</guid>
		<dc:date>2026-05-08T22:28:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Russie</dc:subject>
		<dc:subject>Trotsky</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Appel des d&#233;port&#233;s &#224; l'Internationale communiste &lt;br class='autobr' /&gt;
Trotsky &lt;br class='autobr' /&gt;
13 janvier 1928 &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous soussign&#233;s, exclus des rangs du parti communiste de l'Union sovi&#233;tique avant le XV&#176; congr&#232;s de ce parti ou par d&#233;cision de ce congr&#232;s, avons estim&#233; n&#233;cessaire de faire appel en temps utile de cette exclusion aupr&#232;s de l'organe supr&#234;me du mouvement communiste international, &#224; savoir le VI&#176; congr&#232;s du l'Internationale communiste . Cependant, sur ordre du G.P.U. (ou en partie sur r&#233;solution du comit&#233; central du (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique81" rel="directory"&gt;4- Ce qu'est le socialisme et ce qu'il n'est pas&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot25" rel="tag"&gt;Russie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot29" rel="tag"&gt;Trotsky&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Appel des d&#233;port&#233;s &#224; l'Internationale communiste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 janvier 1928&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous soussign&#233;s, exclus des rangs du parti communiste de l'Union sovi&#233;tique avant le XV&#176; congr&#232;s de ce parti ou par d&#233;cision de ce congr&#232;s, avons estim&#233; n&#233;cessaire de faire appel en temps utile de cette exclusion aupr&#232;s de l'organe supr&#234;me du mouvement communiste international, &#224; savoir le VI&#176; congr&#232;s du l'Internationale communiste . Cependant, sur ordre du G.P.U. (ou en partie sur r&#233;solution du comit&#233; central du parti), nous, vieux&#8209;bolcheviks, sommes exil&#233;s dans les r&#233;gions les plus &#233;loign&#233;es d'Union sovi&#233;tique sans qu'aucune accusation soit port&#233;e contre nous, dans le but unique d'emp&#234;cher notre liaison avec Moscou et les autres centres ouvriers, et, par cons&#233;quent, avec le VI&#176; congr&#232;s mondial. Nous estimons donc n&#233;cessaire, &#224; la veille de notre d&#233;part forc&#233; vers des r&#233;gions lointaines de l'Union, d'adresser la d&#233;claration pr&#233;sente au pr&#233;sidium du comit&#233; ex&#233;cutif de l'Internationale communiste, en le priant de le porter &#224; la connaissance des comit&#233;s centraux de tous les partis communistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le G.P.U. nous exile sur la base de l'article 58 du Code criminel, c'est&#8209;&#224;&#173;-dire pour &#171; propagande ou agitation en faveur du renversement, de la sape ou de l'affaiblissement du pouvoir sovi&#233;tique ou pour commettre des actes individuels contre-r&#233;volutionnaires &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt; Avec un calme d&#233;dain, nous rejetons la tentative d'appliquer cet article &#224; des dizaines de bolcheviks&#8209;l&#233;ninistes qui ont beaucoup fait pour &#233;tablir, d&#233;fendre et consolider le pouvoir sovi&#233;tique dans le pass&#233; et, qui, &#224; l'avenir aussi, consacreront toutes leurs forces &#224; d&#233;fendre la dictature du prol&#233;tariat.&lt;br class='autobr' /&gt; La d&#233;portation administrative de vieux militants, sur ordre administratif du G.P.U., est tout simplement un nouveau maillon de la cha&#238;ne des &#233;v&#233;nements qui &#233;branlent le P.C. sovi&#233;tique. Ces &#233;v&#233;nements auront une importance historique immense pour une s&#233;rie d'ann&#233;es. Les divergences de vues actuelles sont parmi les plus importantes de celles que connut l'histoire du mouvement r&#233;volutionnaire international. Il s'agit en substance de savoir comment ne pas mener &#224; sa perte la dictature du prol&#233;tariat qui fut conquise en octobre 1917. La lutte dans le P.C. de l'U.R.S.S. se d&#233;roule dans le dos de l'I.C. ; celle&#173;-ci n'y participe pas, elle l'ignore m&#234;me. Les documents principaux de l'Opposition consacr&#233;s aux grandes questions de notre &#233;poque continuent &#224; &#234;tre inconnus de l'Internationale communiste. Les partis communistes sont toujours plac&#233;s devant le fait accompli et ne font qu'apposer leur estampille sur des d&#233;cisions adopt&#233;es d'avance. Nous estimons qu'une telle situation est issue du r&#233;gime absolument faux en vigueur dans le P.C. de l'U.R.S.S. et dans l'I.C. tout enti&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt; L'&#226;pret&#233; exceptionnelle de la lutte au sein du parti, qui a amen&#233; notre exclusion de celui&#8209;ci (et actuellement notre exil, sans qu'aucun fait nouveau puisse &#234;tre invoqu&#233; pour le motiver), trouve pr&#233;cis&#233;ment sa cause dans notre aspiration &#224; faire conna&#238;tre notre point de vue au parti et &#224; l'I.C. Tant que L&#233;nine &#233;tait l&#224;, une telle activit&#233; &#233;tait consid&#233;r&#233;e comme normale et logique Les discussions se d&#233;veloppaient &#224; cette &#233;poque sur la base de la publication et de l'examen int&#233;gral de tous les documents concernant les questions litigieuses. Faute d'un tel r&#233;gime l'I.C. ne peut devenir ce qu'elle doit &#234;tre. La lutte pour le pouvoir du prol&#233;tariat international contre la bourgeoisie, extr&#234;mement puissante, est encore enti&#232;rement devant lui. Cette lutte pr&#233;suppose, du c&#244;t&#233; des partis communistes, une direction forte, jouissant d'une autorit&#233; morale, et capable d'agir par elle-m&#234;me. Une telle direction ne peut &#234;tre cr&#233;&#233;e qu'au cours de nombreuses ann&#233;es, en s&#233;lectionnant les repr&#233;sentants les plus fermes, les plus aptes &#224; d&#233;terminer leur action d'une fa&#231;on autonome, les plus cons&#233;quents, les plus vaillants de l'avant&#8209;garde du prol&#233;tariat. Dans l'ex&#233;cution de leur t&#226;che, des fonctionnaires, m&#234;me les plus consciencieux, ne peuvent remplacer les guides de la R&#233;volution. La victoire de la r&#233;volution prol&#233;tarienne en Europe et dans le monde entier d&#233;pend, dans une tr&#232;s large mesure, de la solution du probl&#232;me de la direction r&#233;volutionnaire. Le r&#233;gime int&#233;rieur de l'I.C. emp&#234;che de choisir et d'&#233;duquer une pareille direction. Cela se manifeste surtout de fa&#231;on &#233;clatante par l'attitude des partis communistes &#233;trangers en pr&#233;sence des proc&#233;dures internes du P.C. de l'U.R.S.S. dont le sort est intimement li&#233; au destin de l'I.C.&lt;br class='autobr' /&gt; Nous, Oppositionnels, nous avons bris&#233; les normes de la vie du parti. Pourquoi ? Parce que nous avons &#233;t&#233; d&#233;pouill&#233;s ill&#233;galement de la possibilit&#233; d'exercer nos droits normaux de membres du parti. Pour porter notre point de vue &#224; la connaissance du congr&#232;s, nous avons &#233;t&#233; contraints de prendre sur nous d'utiliser une imprimerie d'&#201;tat. Pour r&#233;futer devant la classe ouvri&#232;re la falsification de notre point de vue, et, en particulier, la vile calomnie relative &#224; notre pr&#233;tendue liaison avec un officier de Wrangel [1] et la contre&#8209;r&#233;volution en g&#233;n&#233;ral, nous avons arbor&#233;, &#224; la manifestation du X&#176; anniversaire, des pancartes portant les inscriptions suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Feu &#224; droite, contre les Koulaks, les Nepmen et les Bureaucrates ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; R&#233;alisons les derni&#232;res volont&#233;s de L&#233;nine ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Pour une v&#233;ritable d&#233;mocratie dans le Parti ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ces mots d'ordre, incontestablement bolcheviques, furent d&#233;clar&#233;s non seulement hostiles au parti, mais contre&#8209;r&#233;volutionnaires. De nombreux signes montrent qu'il faut s'attendre &#233;galement, dans l'avenir, &#224; des tentatives de cr&#233;er de toutes pi&#232;ces de pr&#233;tendus liens entre l'Opposition et les organisations de gardes-blancs et de mencheviks dont nous sommes plus &#233;loign&#233;s que quiconque.&lt;br class='autobr' /&gt; Pour forger un tel amalgame, point n'est besoin de donner de motifs, pas plus d'ailleurs que pour nous d&#233;porter.&lt;br class='autobr' /&gt; Dans la d&#233;claration que nous avons adress&#233;e au XV&#176; congr&#232;s, sign&#233;e des camarades Smilga , Mouralov , Rakovsky et Radek , nous avons annonc&#233; notre soumission aux d&#233;cisions du XV&#176; congr&#232;s et notre d&#233;termination &#224; cesser le travail fractionnel. N&#233;anmoins, on nous a exclus et l'on nous d&#233;porte &#224; cause de nos opinions. Mais, par&#8209;dessus tout, nous avons d&#233;clar&#233;, et nous r&#233;p&#233;tons ici, que nous ne pouvons pas renoncer aux opinions exprim&#233;es dans nos th&#232;ses et dans notre plate&#8209;forme, car le cours des &#233;v&#233;nements confirme leur justesse.&lt;br class='autobr' /&gt; La th&#233;orie de la construction du socialisme dans un seul pays conduit in&#233;luctablement &#224; s&#233;parer le sort de l'U.R.S.S. de celui de la r&#233;volution prol&#233;tarienne internationale dans son ensemble. Poser ainsi la question, c'est saper, dans le domaine th&#233;orique et politique, les fondements m&#234;me de l'internationalisme prol&#233;tarien. La lutte contre cette nouvelle th&#233;orie fonci&#232;rement anti&#8209;marxiste, invent&#233;e en 1925 &#8209; c'est&#8209;&#224;&#8209;dire notre lutte pour les int&#233;r&#234;ts fondamentaux de l'I.C.&#8209; c'est ce qui a amen&#233; notre exclusion du parti et notre d&#233;portation administrative.&lt;br class='autobr' /&gt; La r&#233;vision du marxisme et du l&#233;ninisme, dans la question fondamentale du caract&#232;re international de la r&#233;volution prol&#233;tarienne, provient du fait que la p&#233;riode de 1923 &#224; aujourd'hui a &#233;t&#233; marqu&#233;e par de dures d&#233;faites de la r&#233;volution prol&#233;tarienne internationale (1923 en Bulgarie et en Allemagne, 1925 en Estonie, 1926 en Angleterre, 1927 en Chine et en Autriche [2] ). Ces d&#233;faites ont cr&#233;&#233; &#224; elles seules la possibilit&#233; de ce qu'on a nomm&#233; la stabilisation du capitalisme, car elles ont consolid&#233; provisoirement la situation de la bourgeoisie mondiale ; par la pression renforc&#233;e de celle&#8209;ci sur l'U.R.S.S., ces d&#233;faites ont ralenti l'allure de l'&#233;dification socialiste ; elles ont renforc&#233; les positions de notre bourgeoisie &#224; l'int&#233;rieur ; elles ont donn&#233; &#224; celle&#8209;ci la possibilit&#233; de se lier plus fortement &#224; beaucoup d'&#233;l&#233;ments de l'appareil d'&#201;tat sovi&#233;tique ; elles ont accru la pression de cet appareil sur celui du parti, et elles ont conduit &#224; l'affaiblissement de l'aile gauche de notre parti. Au cours de ces m&#234;mes ann&#233;es, il s'est produit en Europe une renaissance provisoire de la social-d&#233;mocratie, un affaiblissement provisoire des partis communistes, et un renforcement de l'aile droite &#224; l'int&#233;rieur de ces derniers. L'Opposition dans le P.C.R., en tant qu'aile gauche ouvri&#232;re, a subi des d&#233;faites en m&#234;me temps que s'affaiblissaient les positions de la r&#233;volution prol&#233;tarienne mondiale.&lt;br class='autobr' /&gt; Si les partis de l'I.C. n'ont eu aucune possibilit&#233; d'appr&#233;cier exactement la signification historique de l'Opposition, la bourgeoisie mondiale, en revanche, a d&#233;j&#224; &#233;mis son jugement sans ambigu&#239;t&#233;. Tous les journaux bourgeois plus ou moins s&#233;rieux, dans tous les pays, consid&#232;rent l'Opposition du P.C.R. comme leur mortelle ennemie et envisagent au contraire la politique de la majorit&#233; actuellement dirigeante comme une transition n&#233;cessaire &#224; l'U.R.S.S. vers le monde &#171; civilis&#233; &#187;, c'est&#8209;&#224;&#8209;dire capitaliste.&lt;br class='autobr' /&gt; Le pr&#233;sidium de l'I.C. devrait, selon nous, rassembler les opinions exprim&#233;es par les chefs politiques et par les organes principaux de la bourgeoisie, en ce qui concerne la lutte int&#233;rieure du P.C.R., afin de permettre au VI&#176; congr&#232;s la possibilit&#233; de tirer les conclusions politiques n&#233;cessaires sur cette question primordiale.&lt;br class='autobr' /&gt; L'issue et les le&#231;ons de la r&#233;volution chinoise, r&#233;volution qui constitue un des plus grands &#233;v&#233;nements de l'histoire mondiale, ont &#233;t&#233; tenus dans l'obscurit&#233;, &#233;cart&#233;s de la discussion, et n'ont pas &#233;t&#233; assimil&#233;s par l'opinion publique de l'avant&#8209;garde prol&#233;tarienne. En r&#233;alit&#233;, le comit&#233; central du P.C.R. a interdit la discussion des questions relatives &#224; la r&#233;volution chinoise. Mais, sans l'&#233;tude des fautes commises, fautes classiques de l'opportunisme, il est impossible de &#173;concevoir dans l'avenir la pr&#233;paration r&#233;volutionnaire des partis prol&#233;tariens d'Europe et d'Asie !&lt;br class='autobr' /&gt; Ind&#233;pendamment de la question de savoir sur qui retombe la responsabilit&#233; imm&#233;diate de la direction des &#233;v&#233;nements de d&#233;cembre &#224; Canton [3] , ces &#233;v&#233;nements fournissent un exemple frappant de putschisme lors du reflux de la vague r&#233;volutionnaire. Dans une p&#233;riode r&#233;volutionnaire, une d&#233;viation vers l'opportunisme est souvent le r&#233;sultat de d&#233;faites dont la cause imm&#233;diate r&#233;side dans une direction opportuniste. L'Internationale communiste ne peut faire aucun nouveau pas en avant sans avoir tir&#233; pr&#233;alablement les le&#231;ons de l'exp&#233;rience de l'insurrection de Canton, en corr&#233;lation avec la marche d'ensemble de la r&#233;volution chinoise. C'est l&#224; une des t&#226;ches essentielles du VI&#176; congr&#232;s mondial. Les mesures de r&#233;pression prises contre l'aile gauche, non seulement ne r&#233;pareront pas les fautes d&#233;j&#224; commises, mais, ce qui est plus grave, n'apprendront rien &#224; personne.&lt;br class='autobr' /&gt; La contradiction la plus flagrante et la plus mena&#231;ante de la politique du P.C.U.S. et de l'I.C. tout enti&#232;re est constitu&#233;e par le fait suivant : apr&#232;s quatre ann&#233;es de processus de stabilisation &#233;quivalant &#224; un renforcement des tendances de droite dans le mouvement ouvrier, le feu continue &#224; &#234;tre, comme auparavant, surtout dirig&#233; contre la Gauche. Dans la p&#233;riode qui vient de s'&#233;couler, nous avons &#233;t&#233; t&#233;moins de fautes et de d&#233;viations opportunistes monstrueuses dans les partis communistes d'Allemagne, d'Angleterre, de France, de Pologne, de Chine, etc. Entre&#8209;temps, l'aile gauche de l'I.C. a &#233;t&#233; l'objet d'un travail d'an&#233;antissement qui se poursuit encore. Il est incontestable qu'actuellement les masses ouvri&#232;res d'Europe s'orientent politiquement vers la gauche, en raison des contradictions inh&#233;rentes au processus de stabilisation. Il est difficile de pr&#233;dire &#224; quelle allure se d&#233;roulera ce d&#233;veloppement vers la gauche et quelle forme il prendra dans le proche avenir. Mais la campagne permanente contre les &#233;l&#233;ments de gauche pr&#233;pare, pour le moment o&#249; s'aggravera la situation r&#233;volutionnaire, une nouvelle crise de direction semblable &#224; celle que nous avons connue ces derni&#232;res ann&#233;es en Bulgarie, en Allemagne, en Angleterre, en Pologne, en Chine, etc., etc. ! Peut&#8209;on exiger que des r&#233;volutionnaires, des l&#233;ninistes, des bolcheviks, se taisent devant de telles perspectives ?&lt;br class='autobr' /&gt; Nous n'estimons pas n&#233;cessaire de r&#233;futer &#224; nouveau l'affirmation absolument fausse que nous nierions le caract&#232;re prol&#233;tarien de notre Etat, la possibilit&#233; de l'&#233;dification socialiste, ou m&#234;me la n&#233;cessit&#233; de la d&#233;fense inconditionnelle de la dictature prol&#233;tarienne contre ses ennemis de classe de l'int&#233;rieur et de l'ext&#233;rieur. Ce n'est pas l&#224;&#8209;dessus que porte la discussion ; elle porte sur l'appr&#233;ciation des dangers qui menacent la dictature du prol&#233;tariat, sur les m&#233;thodes pour combattre ces dangers, et comment distinguer entre les v&#233;ritables et faux amis, les v&#233;ritables et faux ennemis.&lt;br class='autobr' /&gt; Nous affirmons qu'au cours des derni&#232;res ann&#233;es, sous l'influence de causes int&#233;rieures et internationales, le rapport des forces s'est modifi&#233; d'une mani&#232;re d&#233;favorable pour le prol&#233;tariat ; que la place tenue par lui dans l'&#233;conomie, dans la vie politique, &#233;conomique et culturelle du pays, s'est amoindrie au lieu de grandir ; nous affirmons que, dans le pays, les forces de r&#233;action thermidorienne se sont consolid&#233;es, et qu'en sous-estimant les dangers qui en d&#233;coulent, ces dangers s'aggravent dans une proportion extraordinaire. En chassant l'Opposition du parti, l'appareil, inconsciemment, mais avec d'autant plus d'efficacit&#233;, rend service aux classes non prol&#233;tariennes qui ont tendance &#224; se renforcer et &#224; se consolider aux d&#233;pens de la classe ouvri&#232;re. C'est de ce point de vue que nous nous pla&#231;ons pour juger notre d&#233;portation, et nous ne doutons pas que dans un avenir prochain, l'avant&#8209;garde du prol&#233;tariat mondial portera sur cette question le m&#234;me jugement que nous.&lt;br class='autobr' /&gt; Les repr&#233;sailles contre les Oppositionnels co&#239;ncident avec une nouvelle aggravation des difficult&#233;s &#233;conomiques sans pr&#233;c&#233;dent dans les derni&#232;res ann&#233;es. La p&#233;nurie de produits industriels, la perturbation de la collecte des grains apr&#232;s trois bonnes r&#233;coltes, la menace grandissante contre le syst&#232;me mon&#233;taire &#8209; tout cela ralentit le d&#233;veloppement des force productives, affaiblit &#233;videmment les &#233;l&#233;ments socialistes de l'&#233;conomie et emp&#234;che d'am&#233;liorer les conditions de vie du prol&#233;tariat et des paysans pauvres.&lt;br class='autobr' /&gt; Dans les conditions d'une aggravation de la situation en ce qui concerne les biens de consommation sur le march&#233;, les ouvriers repoussent in&#233;vitablement les tentatives de r&#233;viser les conventions collectives dans le sens d'une baisse des salaires.&lt;br class='autobr' /&gt; Le G.P.U. assure que ces &#233;checs colossaux du cours qui pr&#233;vaut actuellement rel&#232;vent de la responsabilit&#233; criminelle des Oppositionnels exil&#233;s, dont le v&#233;ritable crime a &#233;t&#233; de pr&#233;dire &#224; plusieurs reprises, au cours des derni&#232;res ann&#233;es, que toutes les difficult&#233;s actuelles seraient l'in&#233;vitable cons&#233;quence d'un cours &#233;conomique erron&#233;, et d'avoir r&#233;clam&#233; &#224; temps un changement de ce cours.&lt;br class='autobr' /&gt; La pr&#233;paration du XV&#176; congr&#232;s du parti &#8209; convoqu&#233; apr&#232;s un intervalle d'un an et demi, en violation des statuts du parti &#8209; a &#233;t&#233; elle-m&#234;me une manifestation &#233;clatante et grave de la violence croissante de l'appareil, s'appuyant de plus en plus sur des mesures de r&#233;pression gouvernementale. De son c&#244;t&#233;, sans d&#233;lib&#233;ration et en brusquant les d&#233;bats, le XV&#176; congr&#232;s a adopt&#233; une r&#233;solution selon laquelle les congr&#232;s se r&#233;uniront dor&#233;navant tous les deux ans.&lt;br class='autobr' /&gt; Dans un pays de dictature prol&#233;tarienne, dont le parti communiste est l'expression, il est apparu n&#233;cessaire, dix ans apr&#232;s la r&#233;volution d'Octobre, d'arracher au parti son droit &#233;l&#233;mentaire de contr&#244;ler, au moins une fois par an, l'activit&#233; de ses organes et avant tout de son comit&#233; central.&lt;br class='autobr' /&gt; M&#234;me dans les conditions les plus d&#233;favorables cr&#233;&#233;es par la guerre civile et par la famine, les congr&#232;s se r&#233;unissaient parfois deux fois par an, mais jamais moins d'une fois. Alors le parti d&#233;lib&#233;rait et d&#233;cidait r&#233;ellement, sur toutes les questions, ne cessant jamais d'&#234;tre ma&#238;tre de son propre sort. Quelles forces contraignent donc maintenant &#224; consid&#233;rer les congr&#232;s comme un mal n&#233;cessaire qu'on cherche &#224; r&#233;duire au minimum ?&lt;br class='autobr' /&gt; Ces forces ne sont pas celles du prol&#233;tariat. Elles sont la r&#233;sultante d'une pression &#233;trang&#232;re &#224; celui&#8209;ci, exerc&#233;e par son avant&#8209;garde. Cette pression a conduit &#224; l'exclusion de l'Opposition et &#224; la d&#233;portation des Vieux&#173;-bolcheviks en Sib&#233;rie et dans d'autres pays perdus.&lt;br class='autobr' /&gt; Nous repoussons l'accusation d'aspirer &#224; cr&#233;er un nouveau parti. Nous disons par avance que les &#233;l&#233;ments d'un dit deuxi&#232;me parti se rassemblent en r&#233;alit&#233; &#224; l'insu des masses du pli parti et avant tout de leur noyau prol&#233;tarien, au point de rencontre des &#233;l&#233;ments d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;s de l'appareil du parti et de l'Etat et des nouveaux propri&#233;taires. Les pires repr&#233;sentants de la bureaucratie, munis ou non de la carte du parti, n'ayant absolument rien de commun avec la r&#233;volution prol&#233;tarienne internationale, se groupent toujours davantage, cr&#233;ant ainsi des points d'appui pour un deuxi&#232;me parti qui commence &#224; se dessiner et qui, au cours de son d&#233;veloppement, peut devenir l'aile gauche des forces thermidoriennes.&lt;br class='autobr' /&gt; L'accusation selon laquelle, nous, les d&#233;fenseurs de la ligne historique du bolchevisme, aspirerions &#224; cr&#233;er un deuxi&#232;me parti, sert en r&#233;alit&#233; inconsciemment &#224; couvrir le profond travail souterrain des forces historiques hostiles au prol&#233;tariat. En face de ces processus, nous mettons l'I.C. en garde ; t&#244;t ou tard, un jour viendra o&#249; ces processus seront &#233;vidents pour tous, mais chaque jour perdu compromet incontestablement le succ&#232;s de la r&#233;sistance.&lt;br class='autobr' /&gt; Il faut pr&#233;parer le VI&#176; congr&#232;s de l'I.C. selon les voies et moyens selon lesquels les congr&#232;s &#233;taient pr&#233;par&#233;s du temps de L&#233;nine : publier tous les documents principaux se rapportant aux questions litigieuses, en finir avec la pers&#233;cution des communistes coupables seulement d'avoir exerc&#233; leur droit de membres du parti ; dans la discussion d'avant congr&#232;s, poser dans toute son ampleur la question du rapport des forces &#224; l'int&#233;rieur du P.C. R., ainsi que la question de la ligne politique suivie par ce dernier.&lt;br class='autobr' /&gt; Les questions litigieuses ne seront pas r&#233;gl&#233;es par de nouvelles m&#233;thodes de r&#233;pression. De telles mesures peuvent jouer un grand r&#244;le positif lorsqu'elles servent &#224; soutenir une ligne politique juste et &#224; liquider plus facilement les groupements r&#233;actionnaires. En tant que bolcheviks, nous connaissons la valeur des mesures de r&#233;pression r&#233;volutionnaires, et nous les avons appliqu&#233;es &#224; plusieurs reprises contre la bourgeoisie et ses agents, les s.r. et les mencheviks.&lt;br class='autobr' /&gt; Aussi ne pensons&#8209;nous pas un seul instant &#224; renoncer &#224; ces mesures contre les ennemis du prol&#233;tariat. Mais nous nous souvenons avec fermet&#233; que la r&#233;pression dirig&#233;e par les partis ennemis contre les bolcheviks est demeur&#233;e impuissante. En fin de compte, c'est la politique juste qui est d&#233;cisive.&lt;br class='autobr' /&gt; Pour nous, soldats de la r&#233;volution, compagnons d'armes de L&#233;nine, notre d&#233;portation est l'expression la plus claire des changements dans le rapport des forces de classes dans ce pays et de la d&#233;rive opportuniste de la direction. En d&#233;pit de tout cela, nous demeurons fermement convaincus que la base du pouvoir sovi&#233;tique est encore le prol&#233;tariat. Il est encore possible, au moyen d'un changement d&#233;cisif dans la ligne de la direction, en corrigeant les erreurs d&#233;j&#224; commises, par de profondes r&#233;formes, sans un nouveau soul&#232;vement r&#233;volutionnaire, de renforcer et de consolider le syst&#232;me de la dictature prol&#233;tarienne. Cette possibilit&#233; peut devenir r&#233;alit&#233; si l'Internationale communiste intervient de fa&#231;on d&#233;cisive.&lt;br class='autobr' /&gt; Nous en appelons &#224; tous les partis communistes et au VI&#176; congr&#232;s de l'Internationale, demandant avec instance l'examen de toutes ces questions, ouvertement, et avec la participation de tous les membres du parti. Le Testament de L&#233;nine n'a jamais paru plus proph&#233;tique qu'en ce moment. Personne ne sait combien de temps le cours des &#233;v&#233;nements historiques va nous laisser pour corriger les erreurs qui ont &#233;t&#233; commises. Nous soumettant &#224; la force, nous quittons nos postes dans le parti et les soviets pour un exil absurde et futile. Ce faisant, nous ne doutons cependant pas une minute que chacun d'entre nous et nous tous serons encore n&#233;cessaires au parti et qu'il aura besoin de nous, mais encore qu'&#224; l'heure des grandes batailles qui sont devant nous, nous retrouverons tous nos places dans les rangs combattants du parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sur la base de tout ce qui vient d'&#234;tre dit que nous demandons instamment au VI&#176; congr&#232;s de l'Internationale communiste de nous r&#233;int&#233;grer dans le parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Signatures : M . Alsky &#8209; A. Beloborodov &#8209; A. Ichtchenko - L. Trotsky &#8209; K. Radek &#8209; Kh. Rakovsky &#8209; E. A. Pr&#233;obrajensky &#8209; I. N. Smirnov &#8209; L. S&#233;r&#233;briakov &#8209; I. Smilga - L Sosnovsky &#8209; N. I. Mouralov &#8209; G. Valentinov - Nevelson-Man &#8209; V. Eltsine &#8209; V. Vaganian &#8209; V. Maliouta &#8209; V. Kasparova &#8209;S. Kavtaradz&#233; &#8209; Vilenskij (Sibiriakov).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Piotr N. Wrangel (1878&#8209;1928), g&#233;n&#233;ral du tsar, avait &#233;t&#233; le dernier chef de l'arm&#233;e blanche avec le soutien du gouvernement fran&#231;ais en 1920. L'&#233;pisode de &#171; l'officier de Wrangel &#187; s'&#233;tait produit l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente. Un individu pr&#233;tendant se nommer Stroilov s'&#233;tait pr&#233;sent&#233; aux dirigeants de l'Opposition qui cherchaient les moyens d'imprimer la plate&#8209;forme de cette derni&#232;re. Le G.P.U. &#171; r&#233;v&#233;la &#187; que Stroilov &#8209; qui ne fut pas officiellement &#171; retrouv&#233; &#187; &#8209; &#233;tait un ancien officier de l'arm&#233;e Wrangel. Mais l'Opposition d&#233;montre sans r&#233;plique que cet ancien officier de Wrangel &#233;tait aussi agent du G.P.U. en service.&lt;br class='autobr' /&gt;
Selon les services secrets polonais, Stroilov aurait &#233;t&#233; en r&#233;alit&#233; le c&#233;l&#232;bre Oupeninch, dit Opperput, l'homme qui noyauta puis d&#233;capita les organisations d'&#233;migr&#233;s blancs et construisit le Trust. (cf. P. Brou&#233;, &#171; La Main-d'&#339;uvre blanche de Staline &#187;, Cahiers L&#233;on Trotsky n&#176; 24).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Trotsky fait allusion ici &#224; diff&#233;rentes d&#233;faites de l'I.C. ou du mouvement ouvrier, dans lesquelles la responsabilit&#233; des dirigeants de Moscou &#233;tait engag&#233;e diff&#233;remment. En Allemagne, apr&#232;s s'&#234;tre d&#233;cid&#233; tr&#232;s tard &#224; admettre l'existence d'une situation r&#233;volutionnaire, apr&#232;s avoir contribu&#233; &#224; freiner les masses par une politique de &#171; grand soir &#187;, l'I.C. avait sous&#8209;estim&#233; l'ampleur du recul d'Octobre et de la renonciation &#224; l'insurrection. En Bulgarie, elle avait fait pr&#233;parer un putsch qui fut r&#233;prim&#233; dans le sang ; la Lettonie fut aussi le th&#233;&#226;tre d'une insurrection manqu&#233;e en 1925 ; en 1926, la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale britannique fut &#233;cras&#233;e sans que le P.C. de l'U.R.S.S. ait jug&#233; bon de rompre les relations au sein d'un comit&#233; syndical anglo&#8209;russe avec les dirigeants r&#233;formistes qui cautionnaient et avaient la responsabilit&#233; de cet &#233;crasement ; en Chine, Tchiang Ka&#239;&#8209;chek avait massacr&#233; les communistes &#224; partir du &#171; coup de Shanghai &#187; et les forces du gouvernement chr&#233;tien social de Vienne avaient mitraill&#233; en pleine capitale des manifestants ouvriers, faisant plus de trente morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Apr&#232;s avoir port&#233; pendant des mois la responsabilit&#233; de la politique de soutien au Guomindang et d'alliance avec Tchiang Ka&#239;&#8209;chek, et, apr&#232;s le d&#233;but de la r&#233;pression de celui-ci, apr&#232;s avoir continu&#233; cette politique avec ce qu'elle appelait &#171; le Guomindang de gauche &#187;, la direction Staline&#8209;Boukharine avait fait un brutal virage &#224; gauche, sans doute dans la perspective du XV&#176; congr&#232;s et pour &#233;touffer les critiques de l'Opposition. Une fois de plus, son &#171; gauchisme &#187; avait rev&#234;tu la forme du putschisme, les militants communistes, seuls, se soulevant le 11 d&#233;cembre 1927 au nom d'un &#171; soviet de Canton &#187; d&#233;sign&#233; par l'appareil. L'insurrection, priv&#233;e du soutien populaire par sa conception m&#234;me, ne dura que trois jours mais fut suivie d'une r&#233;pression f&#233;roce. Trotsky nuancera plus tard son appr&#233;ciation, comme on le verra dans ce volume, notamment dans sa correspondance avec Pr&#233;obrajensky.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La transition du pouvoir aux travailleurs au socialisme</title>
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		<dc:date>2026-04-06T22:54:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Transition de phase</dc:subject>
		<dc:subject>Socialisme - Socialism</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;Qu'est-ce que la soci&#233;t&#233; de transition, vers le socialisme ? Ni tout &#224; fait capitaliste, ni socialiste&#8230; C'est le pouvoir aux travailleurs mais la dictature de l'ancienne &#233;conomie et de l'ancienne soci&#233;t&#233; n'ont pas disparu par magie. &lt;br class='autobr' /&gt;
NOVACK &lt;br class='autobr' /&gt;
Le probl&#232;me des formations de transition &lt;br class='autobr' /&gt;
Le probl&#232;me des formations transitionnelles rev&#234;t une immense importance m&#233;thodologique tant dans les sciences naturelles que dans les sciences sociales. Il rev&#234;t une importance th&#233;orique et politique (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique81" rel="directory"&gt;4- Ce qu'est le socialisme et ce qu'il n'est pas&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot79" rel="tag"&gt;Transition de phase&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot97" rel="tag"&gt;Socialisme - Socialism&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qu'est-ce que la soci&#233;t&#233; de transition, vers le socialisme ? Ni tout &#224; fait capitaliste, ni socialiste&#8230; C'est le pouvoir aux travailleurs mais la dictature de l'ancienne &#233;conomie et de l'ancienne soci&#233;t&#233; n'ont pas disparu par magie.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;NOVACK&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me des formations de transition&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me des formations transitionnelles rev&#234;t une immense importance m&#233;thodologique tant dans les sciences naturelles que dans les sciences sociales. Il rev&#234;t une importance th&#233;orique et politique particuli&#232;re pour les marxistes contemporains, car le XXe si&#232;cle est avant tout une &#233;poque de transition d'une formation socio-&#233;conomique &#224; une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque &#233;poque du progr&#232;s de l'humanit&#233; a sa forme dominante d'&#233;conomie, de politique et de culture. Aux XVIIIe et XIXe si&#232;cles, c'&#233;tait le syst&#232;me capitaliste dans ses phases d'expansion. La forme g&#233;n&#233;rale distinctive du XXe si&#232;cle est son caract&#232;re transitionnel . Il s'agit d'une p&#233;riode de mouvement rapide et convulsif depuis la domination du capitalisme mondial comme forme ultime de soci&#233;t&#233; de classes jusqu'&#224; l'&#233;tablissement d'&#201;tats postcapitalistes orient&#233;s vers le socialisme, qui &#233;radiqueront tous les vestiges de diff&#233;renciations de classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'ancien qui survit dans le nouveau nous confronte &#224; chaque &#233;tape de la vie, dans la nature comme dans la soci&#233;t&#233; &#187;, observait L&#233;nine dans L'&#201;tat et la R&#233;volution . Il a &#233;crit cela pendant la Premi&#232;re Guerre mondiale et la R&#233;volution russe &#8211; les deux &#233;v&#233;nements cataclysmiques qui ont marqu&#233; le d&#233;but de la nouvelle &#233;poque de l'histoire. Bien que cette &#233;poque ait d&#233;j&#224; 50 ans, elle est loin d'&#234;tre mature et sa prog&#233;niture souffre de nombreuses maladies cong&#233;nitales de l'enfance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le caract&#232;re fondamentalement transitionnel de cette p&#233;riode et la pr&#233;dominance de traits manifestement contradictoires n&#233;cessitent de rechercher la nature essentielle de ce ph&#233;nom&#232;ne. La pr&#233;sence de formations, de types et de p&#233;riodes de transition a &#233;t&#233; not&#233;e empiriquement et leurs caract&#233;ristiques concr&#232;tes analys&#233;es dans les &#233;crits de nombreux marxistes, et pas seulement par eux. Mais le sujet a rarement &#233;t&#233; trait&#233; de mani&#232;re syst&#233;matique. Cette lacune th&#233;orique est regrettable, car une foule de probl&#232;mes sociologiques et politiques embarrassants pourraient &#234;tre &#233;claircis par une compr&#233;hension correcte des particularit&#233;s de cet aspect tr&#232;s r&#233;pandu des choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dualit&#233; exceptionnelle des &#201;tats en transition&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le processus cosmique incessant du devenir et de l'&#234;tre, toutes choses passent d'un &#233;tat &#224; un autre. Cela signifie que les &#233;tats et les formes de transition se retrouvent partout dans le monde physique, dans la soci&#233;t&#233;, dans le d&#233;veloppement intellectuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'antith&#232;se d'une formation transitionnelle est une antith&#232;se fixe et stable avec des caract&#233;ristiques claires qui composent un mod&#232;le d&#233;finitif. La distinction entre les deux est relative, puisque m&#234;me l'entit&#233; la plus durable est sujette au changement et &#224; la transformation en autre chose sur une p&#233;riode de temps suffisamment longue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La polarit&#233; dynamique des formes physiques est illustr&#233;e par un liquide. Il s'agit d'un &#233;tat plus ou moins stable de la mati&#232;re sur terre, interm&#233;diaire entre un solide et un gaz, &#233;tant en partie semblable &#224; l'un et en partie &#224; l'autre, mais essentiellement diff&#233;rent des deux. Un liquide a plus de coh&#233;sion qu'un gaz et plus de mobilit&#233; qu'un solide. Il ressemble &#224; un solide par son volume d&#233;fini mais en diff&#232;re et ressemble &#224; un gaz par l'absence de forme d&#233;finie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les transformations qualitatives de H2O et d'autres compos&#233;s chimiques r&#233;sultent de changements dans la constitution mol&#233;culaire. Un solide est constitu&#233; de mol&#233;cules rigidement verrouill&#233;es. Lorsque celles-ci sont d&#233;sagr&#233;g&#233;es par les changements de temp&#233;rature et de pression, elles passent dans un &#233;tat plus fluide dans lequel les mol&#233;cules maintiennent une certaine proximit&#233; les unes avec les autres tout en acqu&#233;rant plus de mobilit&#233; que dans un solide. Une fois que les mol&#233;cules s'&#233;loignent les unes des autres et sont compl&#232;tement d&#233;tach&#233;es de leurs liaisons mutuelles, elles deviennent gazeuses. L'&#233;tat gazeux est l'&#233;tat de la mati&#232;re le plus diff&#233;rent du solide en ce qui concerne l'imbrication de ses constituants mol&#233;culaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi un liquide est d&#233;fini n&#233;gativement par ses relations &#224; l'&#233;tat solide sur l'une de ses fronti&#232;res et &#224; l'&#233;tat gazeux sur l'autre. Il est positivement d&#233;termin&#233; par son m&#233;lange particulier de coh&#233;sion et de mobilit&#233;. Si la capacit&#233; d'un liquide &#224; se transformer en son contraire &#224; chaque extr&#233;mit&#233; pr&#233;sente son caract&#232;re interm&#233;diaire, la combinaison de propri&#233;t&#233;s contraires fait ressortir la dualit&#233; intrins&#232;que de son &#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais lorsqu'un liquide bout, ces polarit&#233;s de volume d&#233;fini et de forme variable s'accentuent jusqu'&#224; l'extr&#234;me contradiction. &#192; la fois, au sein du syst&#232;me dans son ensemble, il existe &#224; la fois un volume d&#233;fini et ind&#233;fini, ainsi qu'une forme ind&#233;finie. Cette diff&#233;rence est r&#233;partie sur des parties du syst&#232;me, sur diff&#233;rentes mol&#233;cules. Ainsi, l'eau et la vapeur cohabitent ; certaines mol&#233;cules sont &#224; l'&#233;tat gazeux, d'autres &#224; l'&#233;tat liquide. Mais pour le syst&#232;me dans son ensemble, on ne peut dire ni qu'il est exclusivement gazeux, ni exclusivement liquide ; c'est en fait &#224; la fois gazeux et liquide : c'est bouillant. C'est l'&#233;tape de transition entre le liquide et le gaz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes choses ont une double nature, comme le montre un exemple tir&#233; de la g&#233;ographie plut&#244;t que de la chimie. Une plage est d&#233;finie &#224; la fois par l'eau et par la terre. Chacune de ces entit&#233;s physiques oppos&#233;es sont des &#233;l&#233;ments essentiels de sa composition. Enlevez l'un ou l'autre et la plage n'existe plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les formations transitionnelles se distinguent des choses ordinaires par le caract&#232;re exacerb&#233; de leur double constitution. Ils appartiennent &#224; un type particulier de processus, d'&#233;v&#233;nements et de formes dans la nature, la soci&#233;t&#233; et l'exp&#233;rience individuelle qui pr&#233;sentent des traits contradictoires exceptionnellement prononc&#233;s, presque outrageusement. Ils poussent la coexistence des contraires dans un tout unique jusqu'aux limites les plus extr&#234;mes et les plus anormales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces ph&#233;nom&#232;nes sont si contradictoires qu'ils peuvent incarner le passage d'une &#233;tape ou d'une forme d'existence &#224; une autre. Puisque les principales caract&#233;ristiques des formations de transition appartiennent &#224; des stades de d&#233;veloppement cons&#233;cutifs mais qualitativement diff&#233;rents, elles doivent repr&#233;senter une combinaison de l'ancien et du nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le processus de la vie, les premiers produits du d&#233;veloppement ne sont n&#233;cessairement pas r&#233;alis&#233;s de mani&#232;re ad&#233;quate selon leurs propres conditions. Ce qui est nouveau fait sa premi&#232;re apparition dans et &#224; travers des formes sous-d&#233;velopp&#233;es et affirme son existence &#233;mergente dans la coquille de l'ancien. Le nouveau devenir peine &#224; d&#233;passer son mode d'existence ant&#233;rieur. Il passe d'une &#233;tape &#224; l'autre mais n'est pas encore assez mature, puissant ou pr&#233;dominant pour d&#233;truire et rejeter l'apr&#232;s-naissance de son &#233;tat natal et se tenir pleinement et fermement sur ses propres pieds. Comme le f&#339;tus, il reste d&#233;pendant des conditions de sa naissance ou, comme un nourrisson, d&#233;pendant de ses parents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un d&#233;veloppement complet et normal, les formations transitionnelles passent par trois phases. 1. Une &#233;tape pr&#233;natale ou embryonnaire au cours de laquelle les fonctions, structures et caract&#233;ristiques de l'entit&#233; naissante se d&#233;veloppent et s'agitent dans le cadre de la forme d&#233;j&#224; &#233;tablie. 2. La perc&#233;e qualitative de sa p&#233;riode de naissance, lorsque l'ensemble des pouvoirs et des caract&#233;ristiques nouveaux r&#233;ussit &#224; briser l'ancienne forme et &#224; avancer pour son propre compte. &#192; ce stade, la nouvelle cr&#233;ation continue de conserver de nombreux r&#233;sidus appartenant &#224; son &#233;tat pr&#233;c&#233;dent. 3. La p&#233;riode de maturation pendant laquelle les caract&#233;ristiques r&#233;siduelles inadapt&#233;es &#224; son propre mode d'existence sont largement &#233;limin&#233;es et o&#249; la nouvelle entit&#233; se d&#233;veloppe indubitablement, fermement et fortement sur ses fondements distinctifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut du temps pour que les caract&#233;ristiques et fonctions uniques de quelque chose de nouveau manifestent leur potentiel, engendrent le type d'expression le plus appropri&#233; et se stabilisent dans une forme normale ou perfectionn&#233;e. Au d&#233;but de leur carri&#232;re, ils sont entrav&#233;s, souvent m&#234;me d&#233;figur&#233;s, par l'h&#233;ritage du pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces ph&#233;nom&#232;nes limites sont si significatifs &#8211; et d&#233;routants &#8211; parce qu'ils constituent le pont entre les &#233;tapes successives de l'&#233;volution. Leur nature hybride, incarnant des caract&#233;ristiques appartenant &#224; des phases de croissance antith&#233;tiques, &#233;claire &#224; la fois l'ancien et le nouveau, le pass&#233; et le futur. Gr&#226;ce &#224; eux, il est possible de voir comment et o&#249; la carapace de l'ancien est bris&#233;e par des forces antagonistes qui s'efforcent d'&#233;tablir les bases, les conditions de base, pour des formes d'existence sup&#233;rieures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque tournant de l'&#233;volution de la vie a donn&#233; naissance &#224; des esp&#232;ces aux caract&#233;ristiques contradictoires appartenant &#224; des formes s&#233;quentielles diff&#233;rentes. Ceux-ci t&#233;moignent de leur statut de trait d'union entre deux esp&#232;ces distinctes et successives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Probl&#232;mes de classification&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tournant le plus important de l'&#233;volution organique fut le passage du singe &#224; l'homme. Ici, les scientifiques ont trouv&#233; des fossiles autrefois vivants pr&#233;sentant des caract&#233;ristiques oppos&#233;es. Structurellement, l' Australopith&#232;que sud-africain n'est pas tout &#224; fait un singe ni tout &#224; fait un homme ; c'est quelque chose entre les deux. Il se tenait habituellement debout et marchait droit aussi habilement que l'homme et son volume c&#233;r&#233;bral se rapproche de celui de l'homme. Le fait que ces &#234;tres utilisaient des outils, et se livraient ainsi &#224; une activit&#233; de travail pour obtenir leurs moyens d'existence, prouve qu'ils avaient franchi la fronti&#232;re s&#233;parant le singe de l'homme et s'&#233;taient lanc&#233;s dans un nouveau mode d'existence, malgr&#233; les lourds vestiges du primate. pass&#233;, ils les ont support&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;cis&#233;ment en raison de leurs traits hautement contradictoires et inachev&#233;s, les formes transitionnelles pr&#233;sentent des probl&#232;mes extr&#234;mement &#233;pineux de d&#233;finition et de classification pr&#233;cises aux scientifiques et aux universitaires. Ce sont les ph&#233;nom&#232;nes les plus &#233;nigmatiques. Il est souvent difficile, voire impossible, de d&#233;terminer &#224; quel c&#244;t&#233; de la fronti&#232;re ils appartiennent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che consiste &#224; distinguer ce qui est v&#233;ritablement nouveau de ce qui est enracin&#233; dans les conditions d'existence pr&#233;c&#233;dentes, puis &#224; &#233;valuer le poids relatif des traits et des tendances de d&#233;veloppement contradictoires incorpor&#233;s dans le sp&#233;cimen. Les taxonomistes parmi les biologistes, les botanistes et les anthropologues physiques se sont engag&#233;s dans des controverses prolong&#233;es, &#226;pres et parfois peu concluantes sur la question de savoir si un sp&#233;cimen donn&#233; appartient correctement &#224; une cat&#233;gorie ou &#224; une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qui d&#233;termine le lieu de classification ? La simple possession de l'un ou l'autre trait d'un type sup&#233;rieur ou inf&#233;rieur n'est pas consid&#233;r&#233;e comme une preuve concluante. La question est tranch&#233;e d'une mani&#232;re ou d'une autre par l'ensemble des caract&#233;ristiques par rapport &#224; ce qui s'est pass&#233; avant et &#224; ce qui en est ressorti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, les restes fossiles de l'Archaeopteryx pr&#233;sentent de nombreuses caract&#233;ristiques que l'on ne retrouve d&#233;sormais que chez les reptiles ou chez les embryons d'oiseaux : queue reptilienne, m&#226;choires avec des dents et ailes griffues. Pourtant c'est un v&#233;ritable oiseau. Cette classification sup&#233;rieure est justifi&#233;e par la pr&#233;sence de plumes et la structure des pattes et des ailes qui l'&#233;quipent pour le vol. L'Arch&#233;opt&#233;ryx avait franchi les limites de l'&#233;tat de reptile pour devenir la premi&#232;re incarnation d'une forme sup&#233;rieure de cr&#233;ature vivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les difficult&#233;s de classification r&#233;sultant des caract&#233;ristiques contradictoires des ph&#233;nom&#232;nes de transition sont bien illustr&#233;es par la controverse actuelle parmi les autorit&#233;s sur l'homme primitif &#224; propos des nouvelles d&#233;couvertes de fossiles dans les gorges d'Olduvai au Tanganyika. (Voir Current Anthropology , octobre 1965.) Ce site c&#233;l&#232;bre a fourni des preuves d'homino&#239;des utilisant et fabriquant des outils &#224; des niveaux remontant &#224; plus de deux millions d'ann&#233;es - les plus anciens jamais d&#233;couverts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me pos&#233; par les derni&#232;res d&#233;couvertes concerne un groupe de restes fossiles nomm&#233; Homo habilis . Le Code international de nomenclature zoologique (1961) insistait sur la division des Hominid&#233;s en deux genres : Australopith&#232;que et Homo . Il n'autorisait aucun groupe interg&#233;n&#233;rique ou ambig&#233;n&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, Homo habilis ne rentre dans aucune de ces cat&#233;gories oppos&#233;es. Il s'&#233;cartait de l'Australopith&#232;que par son sch&#233;ma morphologique plus humanis&#233; (traits biologiques), mais plus significativement encore parce qu'il avait franchi le pas d&#233;cisif de fabriquer des outils en pierre selon un sch&#233;ma r&#233;gulier et &#233;volutif. Bien que l'Australopith&#232;que utilisait et modifiait des outils et les ait peut-&#234;tre m&#234;me improvis&#233;s &#224; des fins imm&#233;diates, il ne fabriquait pas d'outils selon un mod&#232;le &#233;tabli. D'un autre c&#244;t&#233;, les traits biologiques et culturels d' Homo habilis &#233;taient en de&#231;&#224; du statut d' Homo .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dilemme auquel sont confront&#233;s les classificateurs a &#233;t&#233; formul&#233; comme suit par Phillip V. Tobias, professeur d'anatomie &#224; l'Universit&#233; de Witwatersrand : &#171; Le groupe habilis &#233;tait &#224; bien des &#233;gards interm&#233;diaire entre l'Australopith&#232;que et l'Homo . Devons-nous le consid&#233;rer comme l'esp&#232;ce d' Australopith&#232;que la plus avanc&#233;e ou comme l'esp&#232;ce d' Homo la plus primitive ? &#187; Aucune de ces solutions n'&#233;tait satisfaisante. &#034;Nous &#233;tions confront&#233;s &#224; une faiblesse fondamentale de la proc&#233;dure taxonomique classique : nos syst&#232;mes de classification ne tiennent pas suffisamment compte des formes interm&#233;diaires ou transitionnelles.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment le probl&#232;me a-t-il &#233;t&#233; r&#233;solu ? Tobias et LBJ Leakey ont conclu que, sur la base des preuves concernant ces restes d'hominid&#233;s, il &#233;tait n&#233;cessaire de reconna&#238;tre une nouvelle esp&#232;ce d'homme primitif qu'ils ont d&#233;sign&#233;e comme Homo habilis . Cette esp&#232;ce d'hominid&#233; &#233;tait plus jeune et plus avanc&#233;e que l'Australopith&#232;que, mais plus &#226;g&#233;e et moins mature qu'Homo .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande importance d' Homo habilis en tant que pont entre les Australopith&#232;ques et Homo est qu'il comble la derni&#232;re lacune restante dans la s&#233;quence de la phylog&#233;nie des hominid&#233;s du Pl&#233;istoc&#232;ne. La lign&#233;e de l'&#233;volution humaine comprend d&#233;sormais trois &#233;tapes distinctes : partiellement humanis&#233;e ( Australopith&#232;que ) ; nettement humanis&#233; ( Homo habilis ) ; et pleinement humanis&#233; ( Homo ).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le professeur Tobias conclut : &#171; Il y aura toujours des d&#233;bats sur les noms &#224; donner aux formes transitionnelles (comme Homo habilis ) ; mais la reconnaissance de leur statut interm&#233;diaire crucial est plus importante que le nom donn&#233; au taxon. Il semble que notre proc&#233;dure de nomenclature ne soit pas &#233;quivalente &#224; la d&#233;signation des &#171; cha&#238;nons manquants &#187; alors que les &#233;carts se sont r&#233;tr&#233;cis jusqu'&#224; atteindre des gradations aussi fines que celles qui existent aujourd'hui dans la s&#233;quence des hominid&#233;s du Pl&#233;istoc&#232;ne. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le fait remarquer Tobias en r&#233;ponse aux objections de ses critiques : &#171; Les formes interm&#233;diaires (&#171; cha&#238;nons manquants &#187;) provoquent toujours des probl&#232;mes taxonomiques, m&#234;me si elles ont un bon sens phylog&#233;n&#233;tique. &#187; Une fois qu'il a &#233;t&#233; &#233;tabli qu'Homo habilis n'appartenait pas correctement &#224; l'un ou l'autre groupe, il fallait lui accorder un statut distinct. Ce que cela devrait &#234;tre &#233;tait d&#233;termin&#233; par sa place sp&#233;cifique dans l'ascension &#233;volutive de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'&#233;tait pas un australopith&#232;que car il avait atteint la capacit&#233; de fabriquer des outils &#224; l'aide d'autres outils. Pourtant, il n'avait pas suffisamment progress&#233; sur la voie de l'humanisation pour justifier son inclusion avec Homo . Il n'y avait pas d'autre alternative que de le reconna&#238;tre comme une esp&#232;ce nouvelle et distincte du genre Homo .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tobias sugg&#232;re que le nouveau groupe d'hominid&#233;s aurait pu &#234;tre d&#233;sign&#233; Australopithecus-Homo habilis . Le compromis consistant &#224; en faire une sous-cat&#233;gorie aurait fait ressortir sa position &#233;mergente mais pas sa nature distinctive ni son destin ult&#233;rieur. Il poss&#232;de &#233;videmment suffisamment d'attributs importants pour m&#233;riter un statut ind&#233;pendant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme toutes les formations transitionnelles, la diff&#233;rence qualitative de l'Homo habilis r&#233;sidait dans sa combinaison particuli&#232;re de caract&#233;ristiques, l'une ressemblant &#224; son pr&#233;d&#233;cesseur, l'autre anticipant son successeur. Le poids relatif de ces &#233;l&#233;ments contradictoires a chang&#233; au cours de son &#233;volution. Il s'est &#233;loign&#233; et au-del&#224; du genre ant&#233;c&#233;dent &#224; mesure qu'il s'est rapproch&#233; des premiers membres du stade sup&#233;rieur suivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel a fourni une cl&#233; pour comprendre les formations transitionnelles par les concepts d'&#234;tre d&#233;termin&#233; et de limite analys&#233;s dans la premi&#232;re section de La Logique . Toute chose est ce qu'elle est en vertu des n&#233;gations qui fixent ses limites qualitatives. Ce dont il sort et ce dans quoi il passe sont des &#233;l&#233;ments essentiels de son &#234;tre. Cet &#234;tre est un processus perp&#233;tuel de devenir, de d&#233;termination et de red&#233;termination continuelles &#224; travers l'interaction des forces contradictoires en lui-m&#234;me. Ceux-ci le poussent &#224; devenir quelque chose d'autre qu'il a &#233;t&#233; ou qu'il est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi Homo habilis doit &#234;tre d&#233;sign&#233; comme un &#234;tre d&#233;termin&#233;, c'est-&#224;-dire un groupement qualitativement distinct d&#233;limit&#233; d'un c&#244;t&#233; par l'Australopith&#232;que et de l'autre par Homo . Cette esp&#232;ce transitionnelle est d&#233;limit&#233;e par ses liens organiques avec les &#233;tapes ant&#233;rieures et post&#233;rieures de l'&#233;volution humaine. Son statut particulier d&#233;pend de ses diff&#233;rences qualitatives par rapport &#224; ces d&#233;terminants oppos&#233;s. Dans la mesure o&#249; ces diff&#233;rences s'effacent, elles passent et se confondent avec l'une ou l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La transition de la collecte alimentaire &#224; la production alimentaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les transitions majeures au sein de l'&#233;volution de la soci&#233;t&#233; pr&#233;sentent des traits contradictoires d'une mani&#232;re aussi frappante que le passage du singe &#224; l'homme. D'autres modifications de l'&#233;quipement physique de l'homme perdent de leur importance avec l'apparition de l' Homo sapiens . &#192; partir de ce moment, les lois du d&#233;veloppement social et historique, qui trouvent leur origine dans l'activit&#233; de travail et se fondent sur la croissance des forces productives, ont pris pleinement le contr&#244;le de l'&#233;volution de notre esp&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait possible de parcourir tout le cours de l'histoire sociale, dans la mesure o&#249; elle est connue, et de s&#233;lectionner pour l'&#233;tude une diversit&#233; de formes de transition dans lesquelles le nouveau se m&#234;le &#224; l'ancien et lutte pour le remplacer avec plus ou moins de succ&#232;s. . Nous ne pouvons donner que quelques exemples marquants pour clarifier en termes g&#233;n&#233;raux la nature int&#233;rieurement divis&#233;e des processus de transition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commen&#231;ons par la structure du premier chapitre de l'existence humaine, l'&#226;ge de pierre, qui a dur&#233; des centaines de milliers d'ann&#233;es. Durant toute cette p&#233;riode, aucun changement fondamental ne s'est produit dans les activit&#233;s &#233;conomiques des hommes. Ils acqu&#233;raient leurs moyens de subsistance exclusivement par diff&#233;rents moyens de cueillette de nourriture : la chasse, la p&#234;che (c'est-&#224;-dire la chasse dans l'eau) et la recherche de racines, de noix, de fruits, d'insectes et de petit gibier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;tat primitif de sauvagerie prend fin et le niveau sup&#233;rieur d'existence sociale, la barbarie, commence, avec le remplacement de la cueillette de nourriture par la production alimentaire. Cette nouvelle &#233;tape dans la cr&#233;ation de richesses mat&#233;rielles a &#233;t&#233; provoqu&#233;e il y a 10 &#224; 12 000 ans par la domestication des animaux et l'introduction des cultures c&#233;r&#233;ali&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les arch&#233;ologues, en collaboration avec d'autres sp&#233;cialistes scientifiques, &#233;tendent leurs investigations tant dans l'Ancien Monde que dans le Nouveau Monde pour comprendre comment, pourquoi et plus pr&#233;cis&#233;ment quand et o&#249; s'est produit ce changement d'&#233;poque. a eu lieu. Ils ont mis au jour beaucoup plus de traces des origines de l'agriculture et de l'&#233;levage qu'on n'en connaissait auparavant, de sorte qu'un aper&#231;u pr&#233;cis des &#233;tapes de la grande r&#233;volution productrice de nourriture commence &#224; se dessiner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agriculture est peut-&#234;tre n&#233;e de mani&#232;re ind&#233;pendante dans plusieurs endroits de notre plan&#232;te. Il est apparu presque simultan&#233;ment aux extr&#233;mit&#233;s oppos&#233;es de la terre, au Moyen-Orient et au Mexique, vers 7 000 av. On en sait davantage sur l'origine et la diffusion de l'agriculture gr&#226;ce aux sites arch&#233;ologiques du Moyen-Orient qu'en Am&#233;rique centrale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le premier cas, il semble que la domestication des animaux ait pr&#233;c&#233;d&#233; la culture des plantes. &#192; Zarvi Chemi Shanidan, non loin au nord de Jarmo, dans les collines du nord de l'Irak, des arch&#233;ologues de l'Universit&#233; de Columbia ont trouv&#233; des indications selon lesquelles, en passant de la vie troglodyte aux campements en plein air vers 9 000 avant JC, les habitants, qui chassaient autrefois de nombreuses ch&#232;vres sauvages et parfois des moutons sauvages, avaient apprivois&#233; des moutons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le type d'outils disponibles sur des sites ouverts similaires dans le nord de la Palestine, en Irak et en Iran a montr&#233; que les personnes qui vivaient dans ces camps, lorsqu'elles chassaient et ramassaient la plupart de leur nourriture, poss&#233;daient des faucilles et des mortiers. Si l'on y ajoute les nombreux ossements d'animaux capables de domestication, cela sugg&#232;re qu'ils sont peut-&#234;tre d&#233;j&#224; devenus des producteurs r&#233;guliers de nourriture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le site le plus ancien encore d&#233;couvert d'une communaut&#233; situ&#233;e &#224; la fronti&#232;re entre l'ancien et le nouvel &#226;ge de pierre se trouve &#224; J&#233;richo en Palestine. Il y a neuf mille ans, les habitants de cette oasis du d&#233;sert cultivaient des c&#233;r&#233;ales et &#233;levaient des moutons et des ch&#232;vres, en plus de chasser et collectionner. Cependant, ils ne fabriquaient pas encore de poterie ni n'utilisaient de haches en pierre broy&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc difficile de savoir si les villageois de J&#233;richo I, la plus ancienne colonie, compl&#233;taient simplement leur alimentation par la production alimentaire, ou s'ils &#233;taient all&#233;s jusqu'&#224; faire de la production alimentaire le fondement de leur &#233;conomie. Dans ce cas, ils auraient d&#233;pass&#233; les fronti&#232;res de la sauvagerie et seraient entr&#233;s dans la barbarie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation est plus claire, mais pas encore indubitable, dans le cas du village le plus ancien, Jarmo, au Kurdistan, un village d'environ 30 maisons qui a &#233;t&#233; reconstruit 15 fois apr&#232;s sa fondation. Ses couches les plus profondes remontent &#224; environ 6750 avant JC. Les habitants poss&#233;daient des ch&#232;vres et des moutons domestiqu&#233;s. Non seulement ils cultivaient des c&#233;r&#233;ales comme plantes cultiv&#233;es, ce qui implique une histoire ant&#233;rieure consid&#233;rable, mais ils poss&#233;daient la plupart des &#233;quipements utilis&#233;s par les agriculteurs n&#233;olithiques ult&#233;rieurs pour transformer les c&#233;r&#233;ales en pain. Ils avaient des lames de faucilles en silex, des mortiers ou des quernes pour casser le grain, des fours pour le dess&#233;cher et des bols en pierre pour manger leur bouillie. Dans les niveaux sup&#233;rieurs, la poterie avait commenc&#233; &#224; remplacer certains r&#233;cipients en pierre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela implique que les habitants de Jarmo avaient laiss&#233; derri&#232;re eux la collecte de nourriture et vivaient de ce qu'ils produisaient eux-m&#234;mes. Ils &#233;taient devenus des producteurs alimentaires &#224; part enti&#232;re, de v&#233;ritables villageois et agriculteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;clairage int&#233;ressant sur l'aspect botanique de ce processus de transformation a &#233;t&#233; fourni par les donn&#233;es accumul&#233;es par le botaniste arch&#233;ologique Hans Helbaek du Mus&#233;e national danois. Les changements successifs dans les d&#233;tails des grains carbonis&#233;s et dans les empreintes des parties v&#233;g&#233;tales peuvent en dire autant &#224; un botaniste &#224; l'&#339;il per&#231;ant que les changements successifs dans les outils et les artefacts peuvent en dire &#224; un arch&#233;ologue. Les plantes et les animaux domestiqu&#233;s sont des artefacts vivants, produits des modifications et des manipulations de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le botaniste danois a conclu que le bl&#233; et l'orge Jarmo &#233;taient des vari&#233;t&#233;s pr&#233;coces cultiv&#233;es depuis plusieurs g&#233;n&#233;rations. Leurs producteurs &#233;taient &#224; plusieurs pas des premiers agriculteurs qui auraient pr&#233;lev&#233; les graines de plantes &#224; l'&#233;tat sauvage. Qui &#233;taient donc ces pionniers ? Les creuseurs ont r&#233;cemment d&#233;couvert des caches de c&#233;r&#233;ales sauvages dans des villages de chasseurs et de ramasseurs de graines. Ils ont peut-&#234;tre commenc&#233; &#224; r&#233;colter des c&#233;r&#233;ales sauvages avant de planter intentionnellement le premier bl&#233; et l'orge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, un village de chasseurs d'environ 200 petites maisons en pierre d&#233;couvert &#224; Mureybat, dans le nord de la Syrie, contenait des ossements d'animaux sauvages &#224; chacun des 17 niveaux. Des graines d'orge sauvage et de bl&#233; sont apparues au cinqui&#232;me niveau &#224; partir du bas, ainsi que des lames de faucille, des mortiers, des dalles de pierre plates et de petits foyers sur&#233;lev&#233;s remplis de gros cailloux et de cendres. Mauritz Van Loon, de l'Oriental Institute of Chicago, pense que les cailloux ont &#233;t&#233; chauff&#233;s et utilis&#233;s pour casser les graines sauvages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a fallu environ 2 500 ans pour passer de la chasse &#224; l'agriculture et arriver aux premiers villages agricoles. Selon les indications actuelles, la s&#233;quence d'&#233;tapes de cette r&#233;volution productrice d'aliments a commenc&#233; avec la domestication des animaux vers 10 000 avant JC, s'est poursuivie dans les hameaux de collecteurs de graines et a culmin&#233; avec l'&#233;mergence de communaut&#233;s agricoles vers 7 500 avant JC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce r&#233;cit montre qu'avant de pouvoir se d&#233;barrasser de leur d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard de la cueillette de nourriture, les premiers domestiqu&#233;s de plantes et d'animaux ont d&#251; passer par des &#233;tapes interm&#233;diaires au cours desquelles le mode primitif d'obtention des moyens de subsistance &#233;tait combin&#233; soit &#224; la nourriture, soit &#224; l'&#233;levage, voire m&#234;me &#224; l'&#233;levage. les deux. Dans la premi&#232;re phase, la production alimentaire est rest&#233;e subordonn&#233;e et compl&#233;mentaire &#224; la chasse et &#224; la recherche de nourriture jusqu'&#224; ce que les nouvelles techniques et forces de production deviennent pr&#233;dominantes. Juste avant ce tournant crucial, une p&#233;riode a d&#251; arriver o&#249; les activit&#233;s totales et le produit du travail communal &#233;taient r&#233;partis &#224; peu pr&#232;s &#233;galement entre les deux, et il aurait &#233;t&#233; difficile de dire si le groupe appartenait &#224; une cat&#233;gorie ou &#224; une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette contradiction interne serait r&#233;solue par le d&#233;veloppement ult&#233;rieur de nouvelles forces productives plus dynamiques. Ainsi, lorsque l'alimentation et l'&#233;levage ont &#233;t&#233; introduits dans la culture europ&#233;enne de l'&#226;ge de pierre, moins avanc&#233;e, quelques milliers d'ann&#233;es plus tard, les habitants de Starcevo qui vivaient dans la p&#233;ninsule balkanique ont appris &#224; pratiquer un syst&#232;me de rotation des cultures et des p&#226;turages qui rendait la chasse et la p&#234;che moins difficiles. et moins vital pour leur &#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ambigu&#239;t&#233;s insurmontables de la fronti&#232;re s&#233;parant les cueilleurs et les producteurs de nourriture ont &#233;t&#233; soulign&#233;es dans un r&#233;cent r&#233;cit de l'essor de la civilisation m&#233;sopotamienne. &#171; Avec le mat&#233;riel dont nous disposons, nous ne pouvons pas identifier le passage crucial d'une &#233;conomie de collecte de nourriture &#224; une &#233;conomie de production alimentaire. On peut affirmer que les houes pourraient &#234;tre utilis&#233;es aussi bien pour arracher que pour labourer, les faucilles pour r&#233;colter le bl&#233; naturel ou cultiv&#233;, les quernes et les mortiers pour broyer et piler les graines sauvages ou m&#234;me les pigments min&#233;raux ; et il n'est pas toujours facile de d&#233;cider si les os de mouton ou de b&#233;tail appartenaient &#224; des animaux sauvages ou &#224; des animaux domestiques. Tout bien consid&#233;r&#233;, notre meilleur crit&#232;re est peut-&#234;tre la pr&#233;sence sur un site d'habitations permanentes, car l'agriculture lie l'homme &#224; la terre. Mais l&#224; encore, il est parfois difficile de tracer une ligne nette entre les cabanes en pierre des chasseurs, pour qui l'agriculture &#233;tait une activit&#233; occasionnelle, et les fermes des paysans pleinement s&#233;dentaires. &#187; ( Irak ancien , Georges Roux, 1964. p. 54 .)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Village, ville et ville&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agriculture est la base des &#233;tablissements humains permanents qui ont fourni les principales forces motrices du progr&#232;s depuis l'&#233;poque sauvage. Le village, la ville et la cit&#233; sont les trois sortes de communaut&#233;s qui jalonnent le chemin de la barbarie &#224; la civilisation. L'&#233;volution du village vers la ville met en &#233;vidence le caract&#232;re transitionnel et contradictoire de la ville, deuxi&#232;me maillon de la s&#233;quence des habitations humaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agriculture a consolid&#233; et prolif&#233;r&#233;, voire cr&#233;&#233;, le village. Ce type d'&#233;tablissement durable constitue la cellule, l'unit&#233; de base de toutes les structures sociales enracin&#233;es dans l'agriculture. Il s'agit de formes de soci&#233;t&#233; qui s'&#233;tendent depuis la naissance de la barbarie jusqu'au capitalisme industriel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me des formations transitionnelles se pose avec le plus d'acuit&#233; apr&#232;s l'&#233;mergence de la communaut&#233; agricole par le d&#233;veloppement du village en ville aux d&#233;buts de la civilisation. Bas&#233; sur l'agriculture ou la polyculture avec un artisanat familial, le village est commun &#224; la fois &#224; la barbarie et &#224; la civilisation. Elle est peu nombreuse, autonome, avec une division rudimentaire du travail social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ville est un village agrandi n&#233; de l'expansion des forces productives. C'est une agglom&#233;ration de r&#233;sidents permanents situ&#233;e entre le village et la ville et transitoire entre eux. Il est difficile de tracer une fronti&#232;re nette entre un village et une ville, mais il existe un point pr&#233;cis &#224; partir duquel la ville se transforme en ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ville n'est pas seulement quantitativement mais aussi qualitativement diff&#233;rente d'un village ou d'une ville car elle repose sur un fondement &#233;conomique diff&#233;rent. C'est le r&#233;sultat d'une division du travail bien plus avanc&#233;e entre les habitants ruraux et urbains. Les rois, pr&#234;tres, fonctionnaires, soldats, artisans et marchands des villes ne produisent pas leur propre nourriture. Ils subsistent gr&#226;ce au surplus de nourriture provenant de la production des producteurs directs, agriculteurs ou p&#234;cheurs, qui peuvent dans certains cas habiter dans l'enceinte de la ville mais r&#233;sident pour la plupart dans des communaut&#233;s villageoises en dehors de ses murs ou de ses fronti&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ville est l'expression organis&#233;e, l'incarnation visible d'une soci&#233;t&#233; hautement stratifi&#233;e bas&#233;e sur la division entre les cultivateurs de la terre qui assurent la subsistance et les couches de consommateurs qui produisent d'autres biens et les administrateurs de diverses sortes qui remplissent des fonctions sociales sup&#233;rieures. La ville en vient &#224; dominer le pays et est la force qui civilise les barbares.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ville est d'un c&#244;t&#233; un village envahi par la v&#233;g&#233;tation et de l'autre une ville embryonnaire. Il pr&#233;sente des caract&#233;ristiques communes aux deux types d'habitat sans l'&#234;tre ni l'un ni l'autre. Contrairement au village, il n'est pas enti&#232;rement rural mais est plus grand et plus complexe. En m&#234;me temps, elle est plus petite, moins diversifi&#233;e, moins d&#233;velopp&#233;e, moins centralis&#233;e et moins puissante que la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ni rurale ni urbaine, la ville a un caract&#232;re ind&#233;termin&#233; et une connotation impr&#233;cise et fluctuante. Il n'est pas facile de d&#233;gager l'ensemble des traits positifs qui distinguent la ville du village dont elle est issue ou du statut de ville vers lequel elle pourrait tendre. Cette ambigu&#239;t&#233; est inscrite dans sa constitution en tant que forme interm&#233;diaire d'&#233;tablissement permanent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ville illustre ainsi la fluidit&#233; cong&#233;nitale d'une forme transitionnelle. Sa structure est amorphe ; ses fronti&#232;res sont floues. Cette ind&#233;termination, inh&#233;rente &#224; sa nature m&#234;me, se refl&#232;te dans le concept de &#171; ville &#187;, &#233;galement assombri par un flou insurmontable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA TRANSITION DE L'ESCLAVAGE ROMAIN AU F&#201;UDALISME&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le passage de la cueillette &#224; la production alimentaire, du village &#224; la ville et de la propri&#233;t&#233; communale &#224; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e sont des exemples majeurs de changements fondamentaux dans la vie de l'humanit&#233; sur la voie d'une soci&#233;t&#233; de classes. Alors que la soci&#233;t&#233; de classes passait de l'esclavage au capitalisme, de nombreuses formations hautement anormales sont n&#233;es du remplacement d'un mode de production fondamental par un autre. Un cas qui a suscit&#233; une controverse consid&#233;rable tant parmi les historiens universitaires que parmi les universitaires marxistes concerne la nature de l'organisation sociale en Occident issue de la chute de l'Empire romain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; ouest-europ&#233;enne du IVe au IXe si&#232;cle apr&#232;s J.-C. se situait entre la ruine de l'&#201;tat esclavagiste romain et la naissance de la f&#233;odalit&#233;. Cette formation interm&#233;diaire r&#233;sultait du m&#233;lange d'&#233;l&#233;ments issus de la civilisation romaine d&#233;cadente et de la barbarie germanique en d&#233;sint&#233;gration &#8211; deux soci&#233;t&#233;s &#224; des niveaux de d&#233;veloppement tr&#232;s diff&#233;rents &#8211; en une configuration vari&#233;e qui ne se conformait ni au mode de production esclavagiste ant&#233;rieur ni &#224; la forme f&#233;odale. qui en est sorti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement historique depuis l'Antiquit&#233; esclavagiste jusqu'au f&#233;odalisme europ&#233;en a suivi un chemin plus complexe et plus d&#233;tourn&#233; que le passage du f&#233;odalisme au capitalisme. L'organisation f&#233;odale n'est pas issue directement et imm&#233;diatement de son pr&#233;d&#233;cesseur dans la s&#233;quence des soci&#233;t&#233;s de classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Empire romain ne contenait aucune force sociale capable de remplacer l'ordre d'exploitation obsol&#232;te par une &#233;conomie plus productive. La population esclave s'est r&#233;volt&#233;e &#224; plusieurs reprises mais n'a pas eu acc&#232;s aux conditions &#233;conomiques et sociales n&#233;cessaires &#224; l'&#233;tablissement d'un nouvel ordre. Le syst&#232;me esclavagiste a sombr&#233; dans une impasse qui ne laissait aucune issue &#224; une r&#233;volution sociale et politique progressiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir du IVe si&#232;cle, la civilisation romaine d&#233;cline. Le gouvernement imp&#233;rial fit faillite ; les villes se sont d&#233;labr&#233;es ; le commerce tomba dans des proportions insignifiantes ; les propri&#233;taires fonciers et les masses agraires v&#233;g&#233;taient dans l'isolement rural. Le d&#233;sordre g&#233;n&#233;ral et le d&#233;clin des forces productives ont marqu&#233; le d&#233;but de l'&#226;ge des t&#233;n&#232;bres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces conditions de d&#233;composition ont dur&#233; pr&#232;s de cinq si&#232;cles. Cependant, &#224; cette &#233;poque, une lente revitalisation de la vie &#233;conomique commen&#231;ait &#224; se manifester sous la stagnation superficielle. L'agriculture &#233;tait au centre des processus de r&#233;g&#233;n&#233;ration. Pour jeter les bases d'une forme sup&#233;rieure de production sociale, il fallait reconstituer deux classes. L'une &#233;tait la force de travail des cultivateurs du sol ; l'autre &#233;tait la classe des propri&#233;taires fonciers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le noyau originel de la paysannerie soumise provenait des petits agriculteurs, ou coloni , mais pas comme ils l'&#233;taient sous la domination romaine. Les colons pass&#232;rent de leur statut marginal de semi-serfs sous la domination romaine au statut d'agriculteurs libres organis&#233;s en communaut&#233;s dispers&#233;es jusqu'&#224; ce que, fuyant la faim, la d&#233;tresse et le danger, ils tomb&#232;rent en nombre consid&#233;rable sous la protection et donc sous la domination de la noblesse terrienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leurs ma&#238;tres &#233;taient &#233;galement d'une nouvelle race. Ils &#233;taient compos&#233;s de la noblesse nouvellement cr&#233;&#233;e, de la caste militaire et de la hi&#233;rarchie eccl&#233;siale qui sont devenues une aristocratie agraire distincte et puissante de 500 &#224; 1000 apr&#232;s JC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le si&#232;ge principal de la f&#233;odalit&#233; occidentale n'&#233;tait pas en Italie mais en France et en Allemagne. La transformation des conqu&#233;rants germaniques de Rome de la barbarie au f&#233;odalisme fut plus d&#233;terminante pour l'avenir que leur conversion concomitante au christianisme en raison des contributions indispensables qu'ils apport&#232;rent &#224; l'organisation sociale post-imp&#233;riale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dissolution des liens tribaux et claniques a conduit &#224; des diff&#233;renciations sociales prononc&#233;es entre les Francs et les autres peuples. De membres plus ou moins &#233;galis&#233;s des groupements tribaux, la masse de la population agricole s'est transform&#233;e d'abord en paysans libres, puis en serfs &#224; mesure qu'ils s'appauvrissaient et passaient &#224; la soumission h&#233;r&#233;ditaire &#224; leur seigneur suzerain. Le servage semble s'&#234;tre largement implant&#233; &#224; partir du IXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si la f&#233;odalit&#233; reposait sur de grandes propri&#233;t&#233;s fonci&#232;res comme forme de propri&#233;t&#233;, elle n'&#233;tait pas enracin&#233;e dans une production &#224; grande &#233;chelle. La culture du sol &#233;tait assur&#233;e par de petits producteurs. Quelle que soit l'&#233;tendue du manoir ou du domaine du propri&#233;taire, il &#233;tait exploit&#233; par un groupe de familles de serfs ou de paysans. La transition &#233;conomique de l'esclavage au f&#233;odalisme consistait donc dans le remplacement des latifundia esclaves des propri&#233;taires romains et des m&#233;nages individuels des communaut&#233;s germaniques par un type de petite agriculture plus productif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les envahisseurs ont fourni des ingr&#233;dients importants pour &#233;lever le niveau technique et social du r&#233;gime f&#233;odal naissant. Ils introduisirent de nouvelles cultures comme le seigle, l'avoine, l'&#233;peautre et le houblon, ainsi que le savon et le beurre. La charrue &#224; lourdes roues a permis le d&#233;veloppement du syst&#232;me de labour &#224; trois champs dont d&#233;pendait le manoir m&#233;di&#233;val. Gr&#226;ce &#224; l'&#233;trier, au collier du cheval, au harnais tandem et au fer, les chevaux pouvaient &#234;tre utilis&#233;s &#224; la place des b&#339;ufs pour tirer la charrue ; ils avaient quatre fois la puissance de traction des animaux de trait ant&#233;rieurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre innovation cl&#233; &#233;tait la roue hydraulique, connue depuis l'Antiquit&#233; mais utilis&#233;e uniquement sous sa forme la plus simple. Les moulins &#224; eau m&#233;di&#233;vaux &#233;taient des installations vastes et co&#251;teuses qui appartenaient aux seigneurs f&#233;odaux, mais dans lesquelles leurs d&#233;pendants pouvaient apporter leur grain pour le moudre. La cr&#233;ation d'une technologie agricole plus efficace au cours de l'&#226;ge des t&#233;n&#232;bres a ouvert la voie &#224; une augmentation de la productivit&#233; agricole en Europe du Nord &#224; partir du IXe si&#232;cle. Comme le souligne le professeur Lynn White dans Technology and Invention in the Middle Ages : &#171; En technologie, au moins, l'&#226;ge des t&#233;n&#232;bres marque une avanc&#233;e constante et ininterrompue sur l'Empire romain. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines caract&#233;ristiques h&#233;rit&#233;es du collectivisme tribal ont &#233;galement eu des cons&#233;quences importantes dans la pr&#233;paration de l'av&#232;nement du nouvel ordre. Lorsque les terres conquises par les Allemands furent attribu&#233;es &#224; des m&#233;nages individuels et que la hi&#233;rarchie des subordonn&#233;s et des sup&#233;rieurs s'&#233;tablit, les bois et les p&#226;turages furent r&#233;serv&#233;s &#224; l'usage commun et de nombreuses autres coutumes d'activit&#233; collective furent conserv&#233;es. Ces vestiges de possession commune incorpor&#233;s &#224; l'&#233;conomie agraire renfor&#231;aient la solidarit&#233; communautaire, rendaient les serfs et les vilains moins d&#233;pendants de leurs ma&#238;tres et donnaient &#224; la masse des travailleurs ruraux un certain contr&#244;le sur leurs moyens de subsistance, ce qui att&#233;nuait leur servitude et augmentait leur marge. de libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; qui s'&#233;tendait des empires romains aux empires carolingiens &#233;tait un conglom&#233;rat d'&#233;l&#233;ments englobant l'esclavage, la barbarie, l'agriculture paysanne et les relations f&#233;odales naissantes. La structure f&#233;odale s'est finalement cristallis&#233;e &#224; partir de ce plasma bigarr&#233; lorsque les d&#233;pendants romains et les colons germaniques ont renonc&#233; &#224; leurs positions de paysans libres et sont entr&#233;s dans le servage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cours contradictoire du d&#233;veloppement qui a marqu&#233; la p&#233;riode prolong&#233;e de transition de l'esclavage romain &#224; l'&#233;poque f&#233;odale invalide tout sch&#233;ma rigide d'&#233;volution historique fond&#233; sur une ligne de succession ind&#233;viante d'une forme de production &#224; la suivante. La population indig&#232;ne du monde romano-germanique est tomb&#233;e &#224; un niveau inf&#233;rieur de production et de culture avant de rassembler les conditions d'un mode d'existence sup&#233;rieur. Cette discontinuit&#233; dans la croissance &#233;conomique illustre la nature dialectique des processus concrets d'&#233;volution sociale. Loin de suivre m&#233;caniquement les voies prescrites, les peuples du pass&#233; ont souvent recul&#233; avant de franchir l'&#233;tape suivante du progr&#232;s historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fabrication : le tremplin de l'artisanat &#224; l'industrie des machines&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme a directement supplant&#233; le f&#233;odalisme en Europe occidentale et, ce faisant, a engendr&#233; un ensemble de ph&#233;nom&#232;nes &#233;conomiques de transition. Parmi eux se trouvait l'industrie manufacturi&#232;re qui, en tant que pont entre l'industrie m&#233;di&#233;vale et moderne, fut l'un des d&#233;veloppements essentiels dans l'&#233;mergence de la soci&#233;t&#233; bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les corporations artisanales urbaines, le ma&#238;tre artisan poss&#233;dait tous les moyens de production, depuis les mati&#232;res premi&#232;res jusqu'&#224; l'atelier qui abritait habituellement sa famille et sa main-d'&#339;uvre compos&#233;e d'apprentis et de compagnons. Il vendait le produit fini sur un march&#233; local et r&#233;glement&#233; et empochait les b&#233;n&#233;fices. Cette simple production marchande &#224; petite &#233;chelle &#233;tait extr&#234;mement restreinte, dispers&#233;e, routini&#232;re, statique et monopolistique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me manufacturier a contourn&#233;, d&#233;mantel&#233; et remplac&#233; les associations de corporations, allant au-del&#224; de ce type d'industrie &#224; d'importants &#233;gards. Contrairement au ma&#238;tre de guilde, qui &#233;tait un petit producteur personnel, le fabricant rassemblait sous un m&#234;me toit de nombreux travailleurs sans propri&#233;t&#233;, achetait leur force de travail contre salaire et les soumettait au contr&#244;le du capital. Le travail est ainsi devenu social plut&#244;t qu'individuel. Chaque &#233;l&#233;ment des op&#233;rations de l'entrepreneur &#233;tait &#224; plus grande &#233;chelle : il lui fallait plus d'argent, de plus grandes quantit&#233;s de mati&#232;res premi&#232;res, de vastes ateliers, de meilleurs outils, une subdivision d&#233;taill&#233;e du travail, une supervision intense, des calculs plus minutieux et une planification &#224; plus long terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette croissance quantitative a g&#233;n&#233;r&#233; de nombreuses am&#233;liorations qualitatives dans l'industrie. L'industrie capitaliste &#233;tait bien plus productive, innovante et progressiste que le syst&#232;me des corporations. Pourtant, ses artisans, artisans et contrema&#238;tres utilisaient essentiellement les m&#234;mes m&#233;thodes techniques que leurs pr&#233;d&#233;cesseurs m&#233;di&#233;vaux. Ils disposaient de peu ou pas de puissance m&#233;canique et comptaient exclusivement sur un travail manuel utilisant des outils simples. Dans cette forme rudimentaire d'&#233;conomie capitaliste, les relations de production avanc&#233;es &#233;taient li&#233;es &#224; une technologie ancienne remontant &#224; l'aube de la civilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contradiction interne de ce type transitoire d'activit&#233; capitaliste a &#233;t&#233; bris&#233;e et surmont&#233;e avec l'introduction des machines &#224; vapeur dans l'industrie et les transports. L'industrie m&#233;canique a fa&#231;onn&#233; le prol&#233;tariat moderne ; elle a permis aux capitalistes d'exploiter au maximum le travail salari&#233; en r&#233;duisant la valeur des marchandises et en augmentant ainsi la plus-value produite par les ouvriers et appropri&#233;e par les capitalistes. C'est sur cette base technique que le mode de production capitaliste a pour la premi&#232;re fois pu voler de ses propres ailes et s'est lanc&#233; &#224; la conqu&#234;te du globe. Mais elle n'aurait pu se lancer dans cette carri&#232;re que si l'industrie avait laiss&#233; derri&#232;re elle le syst&#232;me des corporations et pr&#233;par&#233; l'av&#232;nement de la technologie la mieux adapt&#233;e aux besoins de l'accumulation du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;gimes et soci&#233;t&#233;s de transition au XXe si&#232;cle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passons des d&#233;buts du capitalisme &#224; sa phase finale et concentrons-nous sur les principaux probl&#232;mes pos&#233;s par la transformation de la soci&#233;t&#233; au XXe si&#232;cle, qui voit &#224; la fois l'agonie du capitalisme et les affres de l'accouchement du socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus r&#233;volutionnaire contemporain vise &#224; saper et &#224; abolir le pouvoir et la propri&#233;t&#233; des propri&#233;taires capitalistes et des classes privil&#233;gi&#233;es archa&#239;ques qui s'accrochent comme des parasites &#224; leur domination. Le m&#233;canisme politique de cette r&#233;volution sociale consiste dans le transfert du pouvoir d'&#201;tat de ces classes poss&#233;dantes vers les principaux producteurs de richesse, le prol&#233;tariat et ses alli&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;volutionnaires du XXe si&#232;cle doivent op&#233;rer dans trois principaux types de situations transitionnelles. Consid&#233;rons-les dans l'ordre de progression vers les objectifs ultimes de la r&#233;volution socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re s'&#233;tend sur la p&#233;riode de pr&#233;paration au renversement de l'ancien r&#233;gime. Les masses laborieuses passent d'une condition non r&#233;volutionnaire, o&#249; les fondements sociaux et politiques de l'ordre &#233;tabli sont stables et solides, &#224; une p&#233;riode pr&#233;-r&#233;volutionnaire ou, au-del&#224;, vers une confrontation directe avec les d&#233;tenteurs du pouvoir. &#192; ce stade, m&#234;me si la classe dirigeante perd son emprise, les forces destin&#233;es &#224; la d&#233;loger et &#224; la remplacer ne sont pas encore pr&#234;tes ou capables de contester sa supr&#233;matie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le passage d'une situation moins r&#233;volutionnaire &#224; une situation plus r&#233;volutionnaire n&#233;cessite une strat&#233;gie sp&#233;ciale employant un ensemble de revendications qui, d'une part, sont adapt&#233;es aux conditions et &#224; la conscience des masses et, d'autre part, les m&#232;neront vers l'objectif. de la conqu&#234;te du pouvoir. La reconnaissance des caract&#233;ristiques particuli&#232;res de cette p&#233;riode int&#233;rimaire dans le d&#233;veloppement de la lutte des classes &#8211; qui n'est ni totalement non r&#233;volutionnaire ni totalement r&#233;volutionnaire mais va dans cette direction &#8211; est la base objective des revendications transitionnelles incorpor&#233;es dans le programme de la Quatri&#232;me Internationale. adopt&#233;e lors de sa fondation en 1938.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but avou&#233; de ce programme est de promouvoir et de faciliter le passage du prol&#233;tariat du souci de ses besoins imm&#233;diats &#224; la compr&#233;hension de la n&#233;cessit&#233; de diriger sa lutte toujours plus consciemment et &#233;nergiquement contre les bases du r&#233;gime bourgeois. De cette mani&#232;re, un &#201;tat pr&#233;-r&#233;volutionnaire peut se transformer en un &#201;tat r&#233;volutionnaire, &#224; mesure que les masses passent des positions d&#233;fensives &#224; l'action offensive. Un tel pas a &#233;t&#233; franchi, par exemple, lors de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale fran&#231;aise de mai-juin 1968.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus r&#233;volutionnaire de notre &#233;poque a un caract&#232;re permanent. Ainsi, une fois engag&#233;es dans une action r&#233;volutionnaire directe &#224; grande &#233;chelle, les masses entrent dans une deuxi&#232;me sorte de p&#233;riode de transition, plus &#233;lev&#233;e. La classe ascendante, destin&#233;e &#224; exercer la souverainet&#233; &#224; la place des anciens dirigeants, ne peut pas concentrer tout le pouvoir entre ses mains du jour au lendemain. Il est encore moins capable de reconstruire en profondeur les relations sociales dans son propre pays en quelques d&#233;cennies. Ainsi, apr&#232;s que l'alignement pr&#233;c&#233;dent des forces de classe a &#233;t&#233; radicalement boulevers&#233;, il s'ensuit g&#233;n&#233;ralement un intervalle plus ou moins prolong&#233; pendant lequel le r&#233;gime capitaliste ou colonialiste a &#233;t&#233; bris&#233; mais o&#249; un nouveau pouvoir gouvernemental stable, reposant carr&#233;ment sur les forces de classe r&#233;volutionnaires, n'a pas encore &#233;t&#233; mis en place. &#234;tre solidement &#233;tabli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant cette p&#233;riode de transition, o&#249; le pouvoir supr&#234;me est transf&#233;r&#233; des anciens dirigeants aux masses laborieuses, des formes de gouvernement peuvent appara&#238;tre qui sont extr&#234;mement contradictoires, divis&#233;es int&#233;rieurement, instables et &#233;ph&#233;m&#232;res. Le premier exemple d'un tel interr&#232;gne avait un caract&#232;re classique. C'est le gouvernement provisoire qui a tent&#233; en vain de gouverner la Russie entre les r&#233;volutions de f&#233;vrier et d'octobre 1917.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partisans de ce r&#233;gime paralys&#233; cherchaient &#224; imposer &#224; une nation en pleine r&#233;volution une configuration politique interm&#233;diaire entre le tsarisme et le bolchevisme, entre la domination obsol&#232;te de la monarchie et des propri&#233;taires terriens et la domination des ouvriers et des paysans, entre Capitalisme f&#233;odal et socialisme. Ce fut une exp&#233;rience d&#233;sesp&#233;r&#233;e et malheureuse car, dans les circonstances de la guerre mondiale et de la gravit&#233; des conflits de classes, aucun gouvernement hybride de ce type ne pouvait r&#233;soudre les probl&#232;mes urgents de la paix, du pain et de la terre. Le v&#233;ritable choix &#233;tait entre une dictature militaire contre-r&#233;volutionnaire ou la dictature des travailleurs soutenus par la paysannerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement provisoire et les soviets constituaient un double pouvoir dans lequel les camps de classes en conflit se compensaient. Pour sortir de l'impasse, il fallait &#233;craser et &#233;liminer l'un ou l'autre de ces opposants. Dans l'&#233;preuve de force qui s'ensuivit, les soviets sortirent victorieux, gr&#226;ce au type de leadership fourni par les bolcheviks.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1917, des situations analogues de double pouvoir sont apparues dans de nombreuses r&#233;volutions avec des r&#233;sultats vari&#233;s. Cuba et l'Alg&#233;rie ont fourni les exemples les plus r&#233;cents et les plus dramatiques dans les pays coloniaux. &#192; Cuba, gr&#226;ce aux qualifications exceptionnelles de Castro et des dirigeants du 26 juillet, la p&#233;riode de transition du double pouvoir de 1959 &#224; 1961 s'est sold&#233;e par l'&#233;viction des conciliateurs procapitalistes, la consolidation du r&#233;gime r&#233;volutionnaire et l'expropriation des autochtones et des autochtones. propri&#233;taires &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Alg&#233;rie, en revanche, le processus r&#233;volutionnaire n'a pas encore abouti &#224; une conclusion aussi heureuse. Apr&#232;s la conqu&#234;te de l'ind&#233;pendance nationale, la marche vers le socialisme a &#233;t&#233; interrompue par le coup d'&#201;tat contre Ben Bella et a r&#233;gress&#233; sous Boumedienne. L'Alg&#233;rie est le parfait exemple d'une r&#233;volution inachev&#233;e, stopp&#233;e &#224; mi-chemin de sa progression du colonialisme et du capitalisme vers un &#201;tat ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela nous am&#232;ne &#224; la troisi&#232;me et plus haute cat&#233;gorie des p&#233;riodes de transition de notre &#233;poque. Une fois que la question du pouvoir de classe a &#233;t&#233; r&#233;solue de mani&#232;re d&#233;cisive avec la victoire des ouvriers et des paysans et que les bases socio-&#233;conomiques du nouvel ordre ont &#233;t&#233; pos&#233;es par la d&#233;possession des capitalistes et des propri&#233;taires fonciers, une nouvelle formation sociale commence &#224; prendre forme. L'&#201;tat ouvrier a n&#233;cessairement un caract&#232;re transitoire. M&#234;me s'il s'est d&#233;tach&#233; des exploiteurs du travail et s'est engag&#233; sur la voie du socialisme, il lui reste encore &#224; d&#233;velopper les forces productives et &#224; cr&#233;er les relations humaines propres au nouveau syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che historique du pouvoir prol&#233;tarien est de r&#233;aliser les conditions pr&#233;alables au socialisme sur la base des nouveaux rapports de production. Ce serait un travail ardu et prolong&#233; dans les meilleures conditions. Malheureusement, le contexte historique mondial au cours des 50 premi&#232;res ann&#233;es de l'actuelle p&#233;riode de transition du capitalisme vers le socialisme s'est r&#233;v&#233;l&#233; bien plus d&#233;favorable que ne l'avaient pr&#233;vu les fondateurs du marxisme, car les premi&#232;res r&#233;volutions anticapitalistes victorieuses ont eu lieu dans les pays les moins pr&#233;par&#233;s au changement. de nouvelles m&#233;thodes de production et de politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les peuples, de la Russie &#224; Cuba, qui ont chass&#233; les classes poss&#233;dantes et &#233;tabli un pouvoir d'&#201;tat r&#233;volutionnaire de type socialiste, n'avaient pas connu auparavant de r&#233;novation de leurs structures sociales et politiques selon des lignes d&#233;mocratiques bourgeoises. Ils furent donc oblig&#233;s d'entreprendre des t&#226;ches pr&#233;socialistes telles que l'abolition de la f&#233;odalit&#233;, la r&#233;forme agraire, l'ind&#233;pendance et l'unification nationales, la d&#233;mocratisation de leur vie politique ainsi que le renversement de la domination imp&#233;rialiste et des relations capitalistes. Ils &#233;taient surcharg&#233;s par la combinaison colossale de t&#226;ches pr&#233;socialistes et socialistes &#224; la fois. Leur construction d'un nouvel ordre social a &#233;t&#233; rendue encore plus compliqu&#233;e et difficile par les pressions et les ing&#233;rences de l'imp&#233;rialisme et par leur retard &#233;conomique et culturel h&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cons&#233;quence, ces r&#233;gimes transitionnels ont &#233;t&#233; soumis &#224; divers degr&#233;s de d&#233;g&#233;n&#233;rescence ou de d&#233;formation. Ils pr&#233;sentent d'&#233;tranges m&#233;langes de caract&#233;ristiques progressistes et r&#233;gressives, les premi&#232;res appartenant &#224; la nouvelle soci&#233;t&#233; en devenir, les secondes d&#233;coulant des conditions pass&#233;es et des pressions imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, l'Union sovi&#233;tique regorge de contradictions &#224; tous les niveaux de sa vie. Dans cet &#201;tat ouvrier, les travailleurs n'ont aucun pouvoir politique et la libert&#233; d'expression est s&#233;v&#232;rement restreinte. Pour le transport, d'&#233;normes avions &#224; r&#233;action filent &#224; toute vitesse au-dessus des &#233;tendues sauvages sans pistes et des chemins de terre o&#249; les charrettes des paysans grincent dans des orni&#232;res bien us&#233;es, comme elles le font depuis des si&#232;cles. Un pays &#224; l'avant-garde de la technologie, de la science et de l'industrie est faible dans les sciences sociales &#8211; &#233;conomie politique, sociologie, histoire et philosophie &#8211; o&#249; son h&#233;ritage marxiste devrait en faire le plus fort. Le public sovi&#233;tique n'avait acc&#232;s &#224; aucune histoire fiable sur ses origines r&#233;volutionnaires &#224; l'occasion du 50e anniversaire d'octobre. De telles anomalies sont la marque de la structure sociale sovi&#233;tique, fa&#231;onn&#233;e et d&#233;form&#233;e au cours de la premi&#232;re phase de la transition du capitalisme au socialisme. Cependant, les contradictions ne sont pas seulement des stigmates et des pierres d'achoppement, mais aussi des moteurs de discorde et de progr&#232;s. Les &#201;tats ouvriers ne sont pas stagnants mais tr&#232;s mobiles. En derni&#232;re analyse, ils doivent soit revenir en arri&#232;re vers le capitalisme, soit avancer vers le socialisme. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, aucun des peuples qui ont aboli le capitalisme ne l'a r&#233;tabli. &#192; cet &#233;gard, l'histoire du XXe si&#232;cle a &#233;t&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent &#224; sens unique. Ce fait t&#233;moigne de l'immense puissance et de la vitalit&#233; des nouvelles institutions ainsi que de la d&#233;bilit&#233; et de la d&#233;sint&#233;gration du capitalisme mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernements des &#201;tats ouvriers sont &#233;galement en mutation. Ils peuvent soit retomber dans le despotisme bureaucratique, soit progresser vers une plus grande d&#233;mocratie. Les trois &#233;tapes de l'histoire politique de l'Union sovi&#233;tique depuis 1917 d&#233;montrent cette dialectique. Apr&#232;s la d&#233;mocratie bouillonnante des premi&#232;res ann&#233;es r&#233;volutionnaires, le pays a &#233;t&#233; plong&#233; dans les terribles t&#233;n&#232;bres de la tyrannie de Staline pendant trois d&#233;cennies. Depuis lors, trop lentement mais s&#251;rement, on assiste &#224; un tournant vers la d&#233;mocratisation qui doit aboutir &#224; une confrontation entre les bureaucrates et les travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Cuba, depuis le d&#233;but, malgr&#233; la r&#233;sistance et de brefs d&#233;tours en cours de route, la tendance principale a &#233;t&#233; vers une prise de d&#233;cision accrue par les masses. La rupture de la Tch&#233;coslovaquie avec l'autoritarisme et sa marche vers la d&#233;mocratisation en 1968 ont &#233;t&#233; stopp&#233;es et invers&#233;es par l'intervention militaire de Moscou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme de la Quatri&#232;me Internationale contient &#233;galement une s&#233;rie de propositions transitoires pour la lutte contre le bureaucratisme au sein des &#201;tats ouvriers d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;s et d&#233;form&#233;s. Ces revendications sont con&#231;ues pour acc&#233;l&#233;rer et achever le mouvement vers la d&#233;mocratie ouvri&#232;re dans les pays postcapitalistes et l'adoption de politiques et de perspectives socialistes r&#233;volutionnaires qui peuvent att&#233;nuer les affres de l'enfantement de la nouvelle soci&#233;t&#233; et raccourcir l'intervalle entre l'abolition du pouvoir capitaliste et le mouvement priv&#233;. propri&#233;t&#233; et la cr&#233;ation de relations harmonieuses et &#233;gales pour toute l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que les relations &#233;conomiques postcapitalistes et leurs superstructures existent depuis un demi-si&#232;cle, elles n'en sont qu'au stade &#233;l&#233;mentaire de leur processus historique de formation et restent sujettes &#224; toutes les infirmit&#233;s de l'enfance. De plus, ils doivent encore &#234;tre install&#233;s dans l'habitat le plus propice &#224; leur croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque la soci&#233;t&#233; bourgeoise est issue de l'Europe occidentale f&#233;odale, les relations capitalistes n'ont pas pris possession d'un seul coup de l'ensemble de la vie sociale. Ils ont d'abord pr&#233;empt&#233; le domaine du commerce o&#249; s'accumulait la richesse mon&#233;taire. Pendant ce temps, la production de richesses mat&#233;rielles soit se poursuivait selon les anciennes m&#233;thodes, soit, comme dans le cas de l'industrie, passait &#224; une manufacture qui conservait les anciennes techniques artisanales. Les nouvelles lois du d&#233;veloppement capitaliste n'ont pas d&#233;pass&#233; toutes les limites, pris le contr&#244;le total de la vie &#233;conomique et sociale et d&#233;ploy&#233; leur immense puissance jusqu'&#224; la r&#233;volution industrielle du d&#233;but du XIXe si&#232;cle, bas&#233;e sur la machine &#224; vapeur, la grande industrie et l'usine. syst&#232;me, a profond&#233;ment transform&#233; les m&#233;thodes de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une incompl&#233;tude comparable a caract&#233;ris&#233;, et m&#234;me d&#233;figur&#233;, la premi&#232;re p&#233;riode de la transition du capitalisme au socialisme. Depuis 1917, les lois du d&#233;veloppement socio-&#233;conomique li&#233;es au nouveau syst&#232;me de production doivent fonctionner dans les conditions les moins favorables et les plus restrictives. Alors qu'ils n&#233;cessitaient les forces productives les plus avanc&#233;es pour fonctionner efficacement, ils &#233;taient confin&#233;s aux pays les plus pauvres et les plus arri&#233;r&#233;s, o&#249; ils devaient faire face &#224; des r&#233;gimes nationaux incomp&#233;tents et bureaucratis&#233;s ainsi qu'&#224; l'encerclement et &#224; l'hostilit&#233; imp&#233;rialistes &#224; l'&#233;chelle mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me dans des circonstances historiques aussi d&#233;favorables, le nouveau mode de production bas&#233; sur la propri&#233;t&#233; nationalis&#233;e et le principe de planification a r&#233;v&#233;l&#233; son efficacit&#233; et enregistr&#233; des r&#233;alisations colossales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ces succ&#232;s, les m&#233;thodes de d&#233;veloppement socialiste n'ont pas encore eu l'occasion de manifester leur v&#233;ritable potentiel. Implant&#233;s dans un sol pauvre, ils n'ont pas b&#233;n&#233;fici&#233; de la nutrition ni de l'atmosph&#232;re ad&#233;quates pour leur floraison. Comme Marx l'a soulign&#233; il y a longtemps, le socialisme a besoin d'une classe ouvri&#232;re pr&#233;pond&#233;rante et hautement cultiv&#233;e, d'une industrie puissante, d'une &#233;conomie bien &#233;quilibr&#233;e et d'une base internationale. Aucune de ces conditions pr&#233;alables au socialisme n'a pr&#233;valu au cours du premier demi-si&#232;cle de la r&#233;volution anticapitaliste internationale. Ils ont d&#251; &#234;tre cr&#233;&#233;s en grande partie de toutes pi&#232;ces, sous la pression de la conscription forc&#233;e et au prix de sacrifices intol&#233;rables de la part des masses laborieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, les lois de la transition du capitalisme au socialisme ont jusqu'&#224; pr&#233;sent re&#231;u une expression mutil&#233;e et inad&#233;quate. Heureusement, la configuration des conditions historiques responsables de cet &#233;cart n'a pas un caract&#232;re permanent mais temporaire. Les distorsions des &#201;tats ouvriers sont le produit n&#233;faste du confinement du pouvoir prol&#233;tarien dans les pays les moins d&#233;velopp&#233;s et de l'emprise du capitalisme sur les &#233;conomies les plus industrialis&#233;es. Ces handicaps peuvent &#8211; &#8203;&#8203;et seront &#8211; &#234;tre affaiblis et supprim&#233;s une fois que les travailleurs renverseront le r&#233;gime capitaliste dans une ou plusieurs puissances imp&#233;rialistes. Cette avanc&#233;e permettra aux nouvelles lois du d&#233;veloppement social de trouver un espace bien plus appropri&#233; et un champ d'application plus large pour leur expression et leur r&#233;alisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conjoncture historique actuelle pr&#233;sente ce caract&#232;re paradoxal. La p&#233;riode de transition du capitalisme au socialisme a elle-m&#234;me &#233;t&#233; oblig&#233;e, en raison des progr&#232;s in&#233;gaux de la r&#233;volution mondiale, de passer par une situation de transition angoissante dans laquelle les forces du syst&#232;me social naissant ont &#233;t&#233; parqu&#233;es dans une zone la moins adapt&#233;e &#224; leurs capacit&#233;s. . Ces restrictions anormales et &#233;pisodiques &#224; leur croissance peuvent &#234;tre &#233;limin&#233;es &#224; condition que la r&#233;volution socialiste s'&#233;tende &#224; l'Europe occidentale, au Japon et, surtout, &#224; l'Am&#233;rique du Nord. Lorsque les nouvelles tendances du d&#233;veloppement socialiste pourront s'op&#233;rer librement et pleinement dans un environnement favorable, l'humanit&#233; &#233;mancip&#233;e sera &#233;tonn&#233;e des r&#233;sultats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/novack/works/history/ch09.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/novack/works/history/ch09.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TROTSKY&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE REGIME TRANSITOIRE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il vrai, comme l'affirment les autorit&#233;s officielles, que le socialisme soit d&#233;j&#224; r&#233;alis&#233; en U.R.S.S.? Si la r&#233;ponse est n&#233;gative, les succ&#232;s acquis garantissent-ils tout au moins la r&#233;alisation du socialisme dans des fronti&#232;res nationales, ind&#233;pendamment du cours des &#233;v&#233;nements dans le reste du monde ? L'appr&#233;ciation critique des principaux indices de l'&#233;conomie sovi&#233;tique doit nous donner un point de d&#233;part dans la recherche d'une r&#233;ponse juste. Mais nous ne pouvons nous passer d'une remarque th&#233;orique pr&#233;alable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le marxisme proc&#232;de du d&#233;veloppement de la technique, comme du ressort principal du progr&#232;s, et b&#226;tit le programme communiste sur la dynamique des forces de production. A supposer qu'une catastrophe cosmique ravage dans un avenir plus ou moins rapproch&#233; notre plan&#232;te, force nous serait de renoncer &#224; la perspective du communisme comme &#224; bien d'autres choses. Abstraction faite de ce danger, probl&#233;matique pour le moment, nous n'avons pas la moindre raison scientifique d'assigner par avance des limites, quelles qu'elles soient, &#224; nos possibilit&#233;s techniques, industrielles et culturelles. Le marxisme est profond&#233;ment p&#233;n&#233;tr&#233; de l'optimisme du progr&#232;s et cela suffit, soit dit en passant, &#224; l'opposer irr&#233;ductiblement &#224; la religion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La base mat&#233;rielle du communisme doit consister en un d&#233;veloppement de la puissance &#233;conomique de l'homme tel que le travail productif, cessant d'&#234;tre une charge et une peine, n'ait besoin d'aucun aiguillon et la r&#233;partition &#8212; comme aujourd'hui dans une famille ais&#233;e ou une pension &#034;convenable&#034; &#8212; d'autre contr&#244;le que ceux de l'&#233;ducation, de l'habitude, de l'opinion publique. Il faut, pour parler franc, une forte dose de stupidit&#233; pour consid&#233;rer comme utopique une perspective aussi modeste en d&#233;finitive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme a pr&#233;par&#233; les conditions et les forces de la r&#233;volution sociale : la technique, la science, le prol&#233;tariat. La soci&#233;t&#233; communiste ne peut pourtant pas succ&#233;der imm&#233;diatement &#224; la soci&#233;t&#233; bourgeoise ; l'h&#233;ritage mat&#233;riel et culturel du pass&#233; est insuffisant. A ses d&#233;buts, l'Etat ouvrier ne peut encore ni permettre &#224; chacun de travailler &#034;selon ses capacit&#233;s&#034;, en d'autres termes, tant qu'il pourra et voudra, ni r&#233;compenser chacun &#034;selon ses besoins&#034;, ind&#233;pendamment du travail fourni. L'int&#233;r&#234;t de l'accroissement des forces productives oblige &#224; recourir aux normes habituelles du salaire, c'est-&#224;-dire &#224; la r&#233;partition de biens d'apr&#232;s la quantit&#233; et la qualit&#233; du travail individuel.&lt;br class='autobr' /&gt;
Marx appelait cette premi&#232;re &#233;tape de la soci&#233;t&#233; nouvelle &#034;le stade inf&#233;rieur du communisme&#034;, le distinguant du stade sup&#233;rieur o&#249; dispara&#238;t, en m&#234;me temps que le dernier spectre du besoin, l'in&#233;galit&#233; mat&#233;rielle. &#034;Nous n'en sommes naturellement pas encore au communisme complet, dit la doctrine sovi&#233;tique officielle d'aujourd'hui, mais nous avons d&#233;j&#224; r&#233;alis&#233; le socialisme, c'est-&#224;-dire le stade inf&#233;rieur du communisme.&#034; Et d'invoquer &#224; l'appui de cette th&#232;se, la supr&#233;matie des trusts d'Etat dans l'industrie, des kolkhozes dans l'agriculture, des entreprises &#233;tatis&#233;es et coop&#233;ratives dans le commerce. A premi&#232;re vue, la concordance est totale avec le sch&#233;ma a priori &#8212; et partant hypoth&#233;tique &#8212; de Marx. Mais du point de vue du marxisme pr&#233;cis&#233;ment, la question ne concerne pas les seules formes de la propri&#233;t&#233;, ind&#233;pendamment du rendement obtenu du travail. Marx entendait en tout cas par &#034;stade inf&#233;rieur du communisme&#034; celui d'une soci&#233;t&#233; dont le d&#233;veloppement &#233;conomique serait d&#232;s le d&#233;but sup&#233;rieur &#224; celui du capitalisme avanc&#233;. En th&#233;orie, cette fa&#231;on de poser la question est irr&#233;prochable, car le communisme, consid&#233;r&#233; &#224; l'&#233;chelle mondiale, constitue, m&#234;me dans son stade initial, &#224; son point de d&#233;part, un degr&#233; sup&#233;rieur par rapport &#224; la soci&#233;t&#233; bourgeoise. Marx s'attendait d'ailleurs &#224; ce que les Fran&#231;ais commencent la r&#233;volution socialiste, que les Allemands auraient continu&#233;e et les Anglais achev&#233;e. Quant aux Russes, il restaient loin &#224; l'arri&#232;re-garde. La r&#233;alit&#233; a &#233;t&#233; inverse. Et tenter d'appliquer m&#233;caniquement au cas particulier de l'U.R.S.S., dans la phase actuelle de son &#233;volution, la conception historique universelle de Marx, c'est tomber aussit&#244;t dans d'inextricables contradictions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Russie n'&#233;tait pas le cha&#238;non le plus r&#233;sistant mais bien le plus faible du capitalisme. L'U.R.S.S. actuelle ne d&#233;passe pas le niveau de l'&#233;conomie mondiale, elle ne fait que rattraper les pays capitalistes. Si la soci&#233;t&#233; qui devait se former sur la base de la socialisation des forces productives des pays les plus avanc&#233;s du capitalisme &#224; son &#233;poque repr&#233;sentait pour Marx le &#034;stade inf&#233;rieur du communisme&#034;, cette d&#233;finition ne s'applique manifestement pas &#224; l'U.R.S.S. qui reste &#224; ce jour beaucoup plus pauvre, quant &#224; la technique, aux biens et &#224; la culture, que les pays capitalistes. Il est donc plus exact d'appeler le r&#233;gime sovi&#233;tique actuel, avec toutes ses contradictions, non point socialiste mais transitoire entre le capitalisme et le socialisme, ou pr&#233;paratoire au socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce souci d'une juste terminologie n'implique aucun p&#233;dantisme. La force et la stabilit&#233; des r&#233;gimes se d&#233;finissent en dernier lieu par le rendement relatif du travail. Une &#233;conomie socialis&#233;e en train de d&#233;passer, techniquement, le capitalisme, serait r&#233;ellement assur&#233;e d'un d&#233;veloppement socialiste en quelque sorte automatique, ce que l'on ne peut malheureusement dire en aucune fa&#231;on de l'&#233;conomie sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des apologistes vulgaires de l'U.R.S.S. telle qu'elle est sont enclins &#224; raisonner &#224; peu pr&#232;s ainsi : m&#234;me en reconnaissant que le r&#233;gime sovi&#233;tique actuel n'est pas encore socialiste, le d&#233;veloppement ult&#233;rieur des forces productives, sur les bases actuelles, doit t&#244;t ou tard amener le triomphe complet du socialisme. Seul le facteur temps est en ce cas discutable. Est-ce donc la peine de faire tant de bruit ? Si incontestable que paraisse ce raisonnement, il est en r&#233;alit&#233; tr&#232;s superficiel. Le temps n'est nullement un facteur secondaire quand il s'agit d'un processus historique : il est infiniment plus dangereux de confondre le pr&#233;sent et le futur en politique qu'en grammaire. Le d&#233;veloppement ne consiste pas, comme se le repr&#233;sentent les &#233;volutionnistes vulgaires du genre des Webb, en l'accumulation planifi&#233;e et &#034;l'am&#233;lioration&#034; constante de ce qui est. Il comporte des transformations de la quantit&#233; en qualit&#233;, des crises, des bonds en avant et des reculs. Pr&#233;cis&#233;ment parce que l'U.R.S.S. n'en est pas encore au premier stade du socialisme, syst&#232;me &#233;quilibr&#233; de production et de consommation, le d&#233;veloppement n'y est pas harmonieux, mais contradictoire. Les contradictions &#233;conomiques font na&#238;tre les antagonismes sociaux qui d&#233;ploient leur propre logique sans attendre le d&#233;veloppement des forces productives. Nous venons de le voir dans la question du koulak, qui n'a pas consenti &#224; se laisser &#034;assimiler&#034; par le socialisme et a exig&#233; une r&#233;volution compl&#233;mentaire &#224; laquelle les bureaucrates et leurs id&#233;ologues ne s'attendaient pas. La bureaucratie, entre les mains de laquelle se concentrent le pouvoir et la richesse, consentira-t-elle &#224; se laisser assimiler par le socialisme ? Il est permis d'en douter. Il serait en tout cas imprudent de se fier &#224; sa parole. Dans quel sens &#233;voluera, au cours des trois, cinq, dix ann&#233;es &#224; venir le dynamisme des contradictions &#233;conomiques et des antagonismes sociaux de la soci&#233;t&#233; sovi&#233;tique ? Il n'y a pas encore de r&#233;ponse d&#233;finitive et incontestable &#224; cette question. L'issue d&#233;pend de la lutte des forces vives de la soci&#233;t&#233; et pas seulement &#224; l'&#233;chelle nationale, mais aussi &#224; l'&#233;chelle internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque nouvelle &#233;tape nous impose d&#232;s lors l'analyse concr&#232;te des tendances et des rapports r&#233;els, dans leur connexion et leur constante interd&#233;pendance. L'importance d'une analyse de ce genre va ressortir &#224; nos yeux dans la question de l'Etat sovi&#233;tique.&lt;br class='autobr' /&gt;
PROGRAMME ET REALITE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s Marx et Engels, L&#233;nine voit le premier trait distinctif de la r&#233;volution en ce qu'expropriant les exploiteurs elle supprime la n&#233;cessit&#233; d'un appareil bureaucratique dominant la soci&#233;t&#233;, et avant tout de la police et de l'arm&#233;e permanente. &#034;Le prol&#233;tariat a besoin de l'Etat, tous les opportunistes le r&#233;p&#232;tent&#034;, &#233;crivait L&#233;nine en 1917, deux ou trois mois avant la conqu&#234;te du pouvoir, &#034;mais ils oublient d'ajouter que le prol&#233;tariat n'a besoin que d'un Etat d&#233;p&#233;rissant, c'est-&#224;-dire tel qu'il commence aussit&#244;t &#224; d&#233;p&#233;rir et ne puisse pas ne pas d&#233;p&#233;rir&#034; (L'Etat et la r&#233;volution). Cette critique &#233;tait en son temps dirig&#233;e contre les socialistes r&#233;formistes du type des mencheviks russes, des fabiens anglais, etc. ; aujourd'hui, elle se retourne avec une force doubl&#233;e contre les idol&#226;tres sovi&#233;tiques et leur culte de l'Etat bureaucratique qui n'a pas la moindre intention de &#034;d&#233;p&#233;rir&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bureaucratie est socialement requise toutes les fois que d'&#226;pres antagonismes sont en pr&#233;sence et qu'il faut les &#034;att&#233;nuer&#034;, les &#034;accommoder&#034;, les &#034;r&#233;gler&#034; (toujours dans l'int&#233;r&#234;t des privil&#233;gi&#233;s et des poss&#233;dants et toujours &#224; l'avantage de la bureaucratie elle-m&#234;me). L'appareil bureaucratique s'affermit et se perfectionne &#224; travers toutes les r&#233;volutions bourgeoises, si d&#233;mocratiques soient-elles. &#034;Le fonctionnariat et l'arm&#233;e permanente, &#233;crit L&#233;nine, sont des &#034;parasites&#034; sur le corps de la soci&#233;t&#233; bourgeoise, des parasites engendr&#233;s par les contradictions internes qui d&#233;chirent cette soci&#233;t&#233;, mais pr&#233;cis&#233;ment des parasites qui en bouchent les pores...&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
A partir de 1918, c'est-&#224;-dire du moment o&#249; le parti dut consid&#233;rer la prise du pouvoir comme un probl&#232;me pratique, L&#233;nine s'occupa sans cesse de l'&#233;limination de ces &#034;parasites&#034;. Apr&#232;s la subversion des classes d'exploiteurs, explique-t-il et d&#233;montre-t-il dans l'Etat et la r&#233;volution, le prol&#233;tariat brisera la vieille machine bureaucratique et formera son propre appareil d'ouvriers et d'employ&#233;s, en prenant, pour les emp&#234;cher de devenir des bureaucrates, des &#034;mesures &#233;tudi&#233;es en d&#233;tail par Marx et Engels : 1&#176; &#233;ligibilit&#233; et aussi r&#233;vocabilit&#233; &#224; tout moment ; 2&#176; r&#233;tribution non sup&#233;rieure au salaire de l'ouvrier ; 3&#176; passage imm&#233;diat &#224; un &#233;tat de choses dans lequel tous s'acquitteront des fonctions de contr&#244;le et de surveillance, dans lequel tous seront momentan&#233;ment des &#034;bureaucrates&#034;, personne ne pouvant pour cela m&#234;me se bureaucratiser.&#034; On aurait tort de penser qu'il s'agit pour L&#233;nine d'une oeuvre exigeant des dizaines d'ann&#233;es ; non, c'est un premier pas : &#034;On peut et on doit commencer par l&#224; en faisant la r&#233;volution prol&#233;tarienne.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#234;mes vues hardies sur l'Etat de la dictature du prol&#233;tariat trouv&#232;rent, un an et demi apr&#232;s la prise du pouvoir, leur expression achev&#233;e dans le programme du parti bolchevique et notamment dans les paragraphes concernant l'arm&#233;e. Un Etat fort, mais sans mandarins ; une force arm&#233;e, mais sans samoura&#239;s ! La bureaucratie militaire et civile ne r&#233;sulte pas des besoins de la d&#233;fense, mais d'un transfert de la division de la soci&#233;t&#233; en classes dans l'organisation de la d&#233;fense. L'arm&#233;e n'est qu'un produit des rapports sociaux. La lutte contre les p&#233;rils ext&#233;rieurs suppose, cela va de soi dans l'Etat ouvrier, une organisation militaire et technique sp&#233;cialis&#233;e qui ne sera en aucun cas une caste privil&#233;gi&#233;e d'officiers. Le programme bolchevique exige le remplacement de l'arm&#233;e permanente par la nation arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s sa formation, le r&#233;gime de la dictature du prol&#233;tariat cesse de la sorte d'&#234;tre celui d'un &#034;Etat&#034; au vieux sens du mot, c'est-&#224;-dire d'une machine faite pour maintenir dans l'ob&#233;issance la majorit&#233; du peuple. Avec les armes, la force mat&#233;rielle passe directement, imm&#233;diatement, aux organisations des travailleurs telles que les soviets. L'Etat, appareil bureaucratique, commence &#224; d&#233;p&#233;rir d&#232;s le premier jour de la dictature du prol&#233;tariat. Telle est la voix du programme qui n'a pas &#233;t&#233; abrog&#233; &#224; ce jour. Chose &#233;trange, on croirait une voix d'outre-tombe sortant du mausol&#233;e...&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelque interpr&#233;tation que l'on donne de la nature de l'Etat sovi&#233;tique, une chose est incontestable : &#224; la fin de ses vingt premi&#232;res ann&#233;es, il est loin d'avoir &#034;d&#233;p&#233;ri&#034;, il n'a m&#234;me pas commenc&#233; &#224; &#034;d&#233;p&#233;rir&#034; ; pis, il est devenu un appareil de coercition sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire ; la bureaucratie, loin de dispara&#238;tre, est devenue une force incontr&#244;l&#233;e dominant les masses ; l'arm&#233;e, loin d'&#234;tre remplac&#233;e par le peuple en armes, a form&#233; une caste d'officiers privil&#233;gi&#233;s au sommet de laquelle sont apparus des mar&#233;chaux, tandis que le peuple, &#034;exer&#231;ant en armes la dictature&#034;, s'est vu refuser en U.R.S.S. jusqu'&#224; la possession d'une arme blanche. La fantaisie la plus exalt&#233;e concevrait difficilement contraste plus saisissant que celui qui existe entre le sch&#233;ma de l'Etat ouvrier de Marx-Engels-L&#233;nine et l'Etat &#224; la t&#234;te duquel se trouve aujourd'hui Staline. Tout en continuant &#224; r&#233;imprimer les oeuvres de L&#233;nine (en les censurant et en les mutilant, il est vrai), les chefs actuels de l'U.R.S.S. et leurs repr&#233;sentants id&#233;ologiques ne se demandent m&#234;me pas quelles sont les causes d'un &#233;cart aussi flagrant entre le programme et la r&#233;alit&#233;. Effor&#231;ons-nous de le faire &#224; leur place.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE DOUBLE CARACT&#200;RE DE L'ETAT SOVI&#201;TIQUE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dictature du prol&#233;tariat est un pont entre les soci&#233;t&#233;s bourgeoise et socialiste. Son essence m&#234;me lui conf&#232;re donc un caract&#232;re temporaire. L'Etat qui r&#233;alise la dictature a pour t&#226;che d&#233;riv&#233;e, mais tout &#224; fait primordiale, de pr&#233;parer sa propre abolition. Le degr&#233; d'ex&#233;cution de cette t&#226;che &#034;d&#233;riv&#233;e&#034; v&#233;rifie en un certain sens avec quel succ&#232;s s'accomplit l'id&#233;e ma&#238;tresse : la construction d'une soci&#233;t&#233; sans classes et sans contradictions mat&#233;rielles. Le bureaucratisme et l'harmonie sociale sont en proportion inverse l'un de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Engels &#233;crivait dans sa c&#233;l&#232;bre pol&#233;mique contre D&#252;hring : &#034;...Quand dispara&#238;tront en m&#234;me temps que la domination de classe et que la lutte pour l'existence individuelle, engendr&#233;e par l'anarchie actuelle de la production, les heurts et les exc&#232;s qui d&#233;coulent de cette lutte, il n'y aura plus rien &#224; r&#233;primer, le besoin d'une force sp&#233;ciale de r&#233;pression ne se fera plus sentir dans l'Etat.&#034; Le philistin croit &#224; l'&#233;ternit&#233; du gendarme. En r&#233;alit&#233; le gendarme ma&#238;trisera l'homme tant que l'homme n'aura pas suffisamment ma&#238;tris&#233; la nature. Il faut, pour que l'Etat disparaisse, que disparaissent &#034;la domination de classe et la lutte pour l'existence individuelle&#034;. Engels r&#233;unit ces deux conditions en une seule : dans la perspective de la succession des r&#233;gimes sociaux, quelques dizaines d'ann&#233;es ne comptent gu&#232;re. Les g&#233;n&#233;rations qui portent la r&#233;volution sur leurs propres &#233;paules se repr&#233;sentent autrement les choses. Il est exact que la lutte de tous contre tous na&#238;t de l'anarchie capitaliste. Mais la socialisation des moyens de production ne supprime pas automatiquement &#034;la lutte pour l'existence individuelle&#034;. Et c'est le pivot de la question !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat socialiste, m&#234;me en Am&#233;rique, sur les bases du capitalisme le plus avanc&#233;, ne pourrait pas donner &#224; chacun tout ce qu'il lui faut et serait par cons&#233;quent oblig&#233; d'inciter tout le monde &#224; produire le plus possible. La fonction d'excitateur lui revient naturellement dans ces conditions et il ne peut pas ne pas recourir, en les modifiant et en les adoucissant, aux m&#233;thodes de r&#233;tribution du travail &#233;labor&#233;es par le capitalisme. En ce sens pr&#233;cis, Marx &#233;crivait en 1875 que &#034;le droit bourgeois... est in&#233;vitable dans la premi&#232;re phase de la soci&#233;t&#233; communiste sous la forme qu'il rev&#234;t en naissant de la soci&#233;t&#233; capitaliste apr&#232;s de longues douleurs d'enfantement. Le droit ne peut jamais s'&#233;lever au-dessus du r&#233;gime &#233;conomique et du d&#233;veloppement culturel conditionn&#233; par ce r&#233;gime &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine, commentant ces lignes remarquables, ajoute : &#034;Le droit bourgeois en matiere de r&#233;partition des articles de consommation suppose naturellement l'Etat bourgeois, car le droit n'est rien sans un appareil de contrainte imposant ses normes. Il appara&#238;t que le droit bourgeois subsiste pendant un certain temps au sein du communisme, et m&#234;me que subsiste l'Etat bourgeois sans bourgeoisie !&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette conclusion significative, tout &#224; fait ignor&#233;e des th&#233;oriciens officiels d'aujourd'hui, a une importance d&#233;cisive pour l'intelligence de la nature de l'Etat sovi&#233;tique d'aujourd'hui, ou plus exactement pour une premi&#232;re approximation dans ce sens. L'Etat qui se donne pour t&#226;che la transformation socialiste de la soci&#233;t&#233;, &#233;tant oblig&#233; de d&#233;fendre par la contrainte l'in&#233;galit&#233;, c'est-&#224;-dire les privil&#232;ges de la minorit&#233;, demeure dans une certaine mesure un Etat &#034;bourgeois&#034;, bien que sans bourgeoisie. Ces mots n'impliquent ni louange ni bl&#226;me ; ils appellent seulement les choses par leur nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les normes bourgeoises de r&#233;partition, en h&#226;tant la croissance de la puissance mat&#233;rielle, doivent servir &#224; des fins socialistes. Mais l'Etat acquiert imm&#233;diatement un double caract&#232;re : socialiste dans la mesure o&#249; il d&#233;fend la propri&#233;t&#233; collective des moyens de production ; bourgeois dans la mesure o&#249; la r&#233;partition des biens a lieu d'apr&#232;s des &#233;talons capitalistes de valeur, avec toutes les cons&#233;quences d&#233;coulant de ce fait. Une d&#233;finition aussi contradictoire &#233;pouvantera peut-&#234;tre les dogmatiques et les scolastiques ; il ne nous restera qu'&#224; leur en exprimer nos regrets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La physionomie d&#233;finitive de l'Etat ouvrier doit se d&#233;finir par la modification du rapport entre ses tendances bourgeoises et socialistes. La victoire des derni&#232;res doit signifier la suppression irr&#233;vocable du gendarme, en d'autres termes la r&#233;sorption de l'Etat dans une soci&#233;t&#233; s'administrant elle-m&#234;me. Ce qui suffit &#224; faire ressortir l'immense importance du probl&#232;me de la bureaucratie sovi&#233;tique, fait et sympt&#244;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pr&#233;cis&#233;ment parce qu'il donne, de par toute sa formation intellectuelle, &#224; la conception de Marx sa forme la plus accentu&#233;e, que L&#233;nine r&#233;v&#232;le la source des difficult&#233;s &#224; venir, y compris les siennes propres, bien qu'il n'ait pas eu le temps de pousser son analyse &#224; fond. &#034;L'Etat bourgeois sans bourgeoisie&#034; s'est r&#233;v&#233;l&#233; incompatible avec une democratie sovi&#233;tique authentique. La dualit&#233; des fonctions de l'Etat ne pouvait manquer de se manifester dans sa structure. L'exp&#233;rience a montr&#233; ce que la th&#233;orie n'avait pas su pr&#233;voir avec une nettet&#233; suffisante : si &#034;l'Etat des ouvriers arm&#233;s&#034; r&#233;pond pleinement &#224; ses fins quand il s'agit de d&#233;fendre la propri&#233;t&#233; socialis&#233;e contre la contre-r&#233;volution, il en va tout autrement quand il s'agit de r&#233;gler l'in&#233;galit&#233; dans la sph&#232;re de la consommation. Ceux qui sont priv&#233;s de propri&#233;t&#233; ne sont pas enclins &#224; cr&#233;er des privil&#232;ges et &#224; les d&#233;fendre. La majorit&#233; ne peut pas se montrer soucieuse des privil&#232;ges de la minorit&#233;. Pour d&#233;fendre le &#034;droit bourgeois&#034;, l'Etat ouvrier se voit contraint de former un organe du type &#034;bourgeois&#034;, bref de revenir au gendarme, tout en lui donnant un nouvel uniforme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons fait de la sorte le premier pas vers l'intelligence de la contradiction fondamentale entre le programme bolchevique et la r&#233;alit&#233; sovi&#233;tique. Si l'Etat, au lieu de d&#233;p&#233;rir, devient de plus en plus despotique ; si les mandataires de la classe ouvri&#232;re se bureaucratisent, tandis que la bureaucratie s'&#233;rige au-dessus de la soci&#233;t&#233; r&#233;nov&#233;e, ce n'est pas pour des raisons secondaires, telles que les survivances psychologiques du pass&#233;, etc., c'est en vertu de l'inflexible n&#233;cessit&#233; de former et d'entretenir une minorit&#233; privil&#233;gi&#233;e, tant qu'il n'est pas possible d'assurer l'&#233;galit&#233; r&#233;elle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les tendances bureaucratiques qui &#233;touffent le mouvement ouvrier devront aussi se manifester partout apr&#232;s la r&#233;volution prol&#233;tarienne. Mais il est tout &#224; fait &#233;vident que plus est pauvre la soci&#233;t&#233; n&#233;e de la r&#233;volution et plus cette &#034;loi&#034; doit se manifester s&#233;v&#232;rement, sans d&#233;tour ; et plus le bureaucratisme doit rev&#234;tir des formes brutales ; et plus il peut devenir dangereux pour le d&#233;veloppement du socialisme. Ce ne sont pas les &#034;restes&#034;, impuissants en eux-m&#234;mes, des classes autrefois dirigeantes qui emp&#234;chent, comme le d&#233;clare la doctrine purement polici&#232;re de Staline, l'Etat sovi&#233;tique de d&#233;p&#233;rir et m&#234;me de se lib&#233;rer de la bureaucratie parasitaire, ce sont des facteurs infiniment plus puissants, tels que l'indigence mat&#233;rielle, le manque de culture g&#233;n&#233;rale et la domination du &#034;droit bourgeois&#034; qui en d&#233;coule dans le domaine qui int&#233;resse le plus directement et le plus vivement tout homme : celui de sa conservation personnelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
GENDARME ET &#034;BESOIN SOCIALISE&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeune Marx &#233;crivait, deux ans avant le Manifeste communiste : &#034;Le d&#233;veloppement des forces productives est pratiquement la condition premi&#232;re absolument n&#233;cessaire [du communisme] pour cette raison encore que l'on socialiserait sans lui l'indigence et que l'indigence ferait recommencer la lutte pour le n&#233;cessaire et par cons&#233;quent ressusciter tout le vieux fatras...&#034; Cette id&#233;e, Marx ne l'a d&#233;velopp&#233;e nulle part, et ce n'est pas par hasard : il ne pr&#233;voyait pas la victoire de la r&#233;volution dans un pays arri&#233;r&#233;. L&#233;nine ne s'y est pas arr&#234;t&#233; non plus, et ce n'est pas davantage par hasard : il ne pr&#233;voyait pas un si long isolement de l'Etat sovi&#233;tique. Or, le texte que nous venons de citer n'&#233;tant chez Marx qu'une supposition abstraite, un argument par opposition, nous offre une clef th&#233;orique unique pour aborder les difficult&#233;s tout &#224; fait concr&#232;tes et les maux du r&#233;gime sovi&#233;tique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur le terrain historique de la mis&#232;re, aggrav&#233;e par les d&#233;vastations des guerres imp&#233;rialiste et civile, &#034;la lutte pour l'existence individuelle&#034;, loin de dispara&#238;tre au lendemain de la subversion de la bourgeoisie, loin de s'att&#233;nuer dans les ann&#233;es suivantes, a connu par moments un acharnement sans pr&#233;c&#233;dent : faut-il rappeler que des actes de cannibalisme se sont produits par deux fois dans certaines r&#233;gions du pays ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La distance qui s&#233;pare la Russie de l'Occident ne se mesure v&#233;ritablement qu'&#224; pr&#233;sent. Il faudrait &#224; l'U.R.S.S., dans les conditions les plus favorables, c'est-&#224;-dire en l'absence de convulsions int&#233;rieures et de catastrophes ext&#233;rieures, plusieurs lustres pour assimiler compl&#232;tement l'acquis &#233;conomique et &#233;ducatif qui a &#233;t&#233;, pour les premiers n&#233;s de la civilisation capitaliste, le fruit des si&#232;cles. L'application des m&#233;thodes socialistes &#224; des t&#226;ches pr&#233;-socialistes, tel est maintenant le fond du travail &#233;conomique et culturel de l'U.R.S.S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que l'U.R.S.S. d&#233;passe aujourd'hui par ses forces productives les pays les plus avanc&#233;s du temps de Marx. Mais, tout d'abord, dans la comp&#233;tition historique de deux r&#233;gimes, il s'agit bien moins de niveaux absolus que de niveaux relatifs : l'&#233;conomie sovi&#233;tique s'oppose au capitalisme de Hitler, de Baldwin et de Roosevelt et non &#224; celui de Bismarck, de Palmerston et d'Abraham Lincoln ; en second lieu, l'ampleur m&#234;me des besoins de l'homme se modifi&#233; radicalement avec la croissance de la technique mondiale : les contemporains de Marx ne connaissaient ni l'automobile, ni la T. S. F., ni l'avion. Or la soci&#233;t&#233; socialiste serait inconcevable de notre temps sans le libre usage de tous ces biens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Le stade inf&#233;rieur du communisme&#034;, pour employer le terme de Marx, commence &#224; un niveau dont le capitalisme le plus avanc&#233; s'est rapproch&#233;. Or le programme r&#233;el des prochaines p&#233;riodes quinquennales des r&#233;publiques sovi&#233;tiques consiste &#224; &#034;rattraper l'Europe et l'Am&#233;rique&#034;. Pour cr&#233;er un r&#233;seau de routes goudronn&#233;es et d'autoroutes dans les vastes espaces de l'U.R.S.S., il faut beaucoup plus de temps et de moyens que pour importer d'Am&#233;rique des fabriques d'automobiles toutes pr&#234;tes et m&#234;me pour s'approprier leur technique. Combien d'ann&#233;es faudra-t-il pour donner &#224; tout citoyen la possibilit&#233; d'user d'une automobile dans toutes les directions sans rencontrer de difficult&#233;s de ravitaillement en essence ? Dans la soci&#233;t&#233; barbare, le pi&#233;ton et le cavalier formaient deux classes. L'auto ne diff&#233;rencie pas moins la soci&#233;t&#233; que le cheval de selle. Tant que la modeste Ford demeure le privil&#232;ge d'une minorit&#233;, tous les rapports et toutes les habitudes propres &#224; la soci&#233;t&#233; bourgeoise survivent. Avec eux subsiste l'Etat, gardien de l'in&#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proc&#233;dant uniquement de la th&#233;orie marxiste de la dictature du prol&#233;tariat, L&#233;nine n'a pu, ni dans son ouvrage capital sur la question (L'Etat et la r&#233;volution), ni dans le programme du parti, faire, concernant le caract&#232;re de l'Etat, toutes les d&#233;ductions impos&#233;es par la condition arri&#233;r&#233;e et l'isolement du pays. Expliquant les r&#233;surgences de la bureaucratie par l'inexp&#233;rience administrative des masses et les difficult&#233;s n&#233;es de la guerre, le programme du parti prescrit des mesures purement politiques pour surmonter les &#034;d&#233;formations bureaucratiques&#034; : &#233;ligibilit&#233; et r&#233;vocabilit&#233; &#224; tout moment de tous les mandataires, suppression des privil&#232;ges mat&#233;riels, contr&#244;le actif des masses. On pensait que, sur cette voie, le fonctionnaire cesserait d'&#234;tre un chef pour devenir un simple agent technique, d'ailleurs provisoire, tandis que l'Etat quitterait peu &#224; peu, sans bruit, la sc&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette sous-estimation manifeste des difficult&#233;s futures s'explique par le fait que le programme se fondait enti&#232;rement, sans r&#233;serves, sur une perspective internationale. &#034;La r&#233;volution d'Octobre a r&#233;alis&#233; en Russie la dictature du prol&#233;tariat... L'&#232;re de la r&#233;volution prol&#233;tarienne communiste universelle s'est ouverte.&#034; Telles sont les premi&#232;res lignes du programme. Les auteurs de ce document ne se donnaient pas uniquement pour but l'&#233;dification du &#034;socialisme dans un seul pays&#034; &#8212; cette id&#233;e ne venait alors &#224; personne et &#224; Staline moins qu'&#224; tout autre &#8212; et ils ne se demandaient pas quel caract&#232;re prendrait l'Etat sovi&#233;tique s'il lui fallait accomplir seul pendant vingt ans les t&#226;ches &#233;conomiques et culturelles depuis longtemps accomplies par le capitalisme avanc&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La crise r&#233;volutionnaire d'apr&#232;s-guerre n'a cependant pas amen&#233; la victoire du socialisme en Europe : la social-d&#233;mocratie a sauv&#233; la bourgeoisie. La p&#233;riode qui paraissait &#224; L&#233;nine et &#224; ses compagnons d'armes devoir &#234;tre une courte &#034;tr&#234;ve&#034; est devenue toute une &#233;poque de l'histoire. La structure sociale contradictoire de l'U.R.S.S. et le caract&#232;re ultra-bureaucratique de l'Etat sovi&#233;tique sont les cons&#233;quences directes de cette singuli&#232;re &#034;difficult&#233;&#034; historique impr&#233;vue, qui a en m&#234;me temps amen&#233; les pays capitalistes au fascisme ou &#224; la r&#233;action pr&#233;fasciste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si la tentative du d&#233;but &#8212; cr&#233;er un Etat d&#233;barrass&#233; du bureaucratisme &#8212; s'est avant tout heurt&#233;e &#224; l'inexp&#233;rience des masses en mati&#232;re d'auto-administration, au manque de travailleurs qualifi&#233;s d&#233;vou&#233;s au socialisme, etc., d'autres difficult&#233;s n'allaient pas tarder &#224; se faire sentir. La r&#233;duction de l'Etat &#224; des fonctions &#034;de recensement et de contr&#244;le&#034;, les fonctions de coercition s'amoindrissant sans cesse, comme l'exige le programme, supposait un certain bien-&#234;tre. Cette condition n&#233;cessaire faisait d&#233;faut. Le secours de l'Occident n'arrivait pas. Le pouvoir des soviets d&#233;mocratiques se r&#233;v&#233;lait g&#234;nant et m&#234;me intol&#233;rable quand il s'agissait de favoriser les groupes privil&#233;gi&#233;s les plus indispensables &#224; la d&#233;fense, &#224; l'industrie, &#224; la technique, &#224; la science. Une puissante caste de sp&#233;cialistes de la r&#233;partition se forma et se fortifia gr&#226;ce &#224; l'op&#233;ration nullement socialiste qui consistait &#224; prendre &#224; dix personnes pour donner &#224; une seule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment et pourquoi les immenses succ&#232;s &#233;conomiques des derniers temps, au lieu d'amener un adoucissement de l'in&#233;galit&#233;, l'ont-ils aggrav&#233;e en accroissant encore la bureaucratie qui, de &#034;d&#233;formation&#034;, est devenue syst&#232;me de gouvernement ? Avant de tenter de r&#233;pondre &#224; cette question, &#233;coutons ce que les chefs les plus autoris&#233;s de la bureaucratie sovi&#233;tique disent de leur propre r&#233;gime.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;LA VICTOIRE COMPLETE DU SOCIALISME&lt;br class='autobr' /&gt;
ET &#034;L'AFFERMISSEMENT DE LA DICTATURE&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La victoire compl&#232;te du socialisme a plusieurs fois &#233;t&#233; annonc&#233;e en U.R.S.S., et sous une forme particuli&#232;rement cat&#233;gorique &#224; la suite de la &#034;liquidation des koulaks en tant que classe&#034;. Le 30 janvier 1931, la Pravda, commentant un discours de Staline, &#233;crivait : &#034;Le deuxi&#232;me plan quinquennal liquidera les derniers vestiges des &#233;l&#233;ments capitalistes de notre &#233;conomie&#034; (soulign&#233; par nous). De ce point de vue, l'Etat devrait dispara&#238;tre sans retour dans le m&#234;me laps de temps, car il n'a plus rien &#224; faire l&#224; o&#249; les &#034;derniers vestiges&#034; du capitalisme sont liquid&#233;s. &#034;Le pouvoir des soviets, d&#233;clare &#224; ce sujet le programme du parti bolchevique, reconna&#238;t hautement l'in&#233;luctable caract&#232;re de classe de tout Etat, tant que n'a pas enti&#232;rement disparu la division de la soci&#233;t&#233; en classes et, avec elle, toute autorit&#233; gouvernementale.&#034; Mais sit&#244;t que d'imprudents th&#233;oriciens moscovites eurent tent&#233; de d&#233;duire de la liquidation des &#034;derniers vestiges du capitalisme&#034; &#8212; admise par eux comme une r&#233;alit&#233; &#8212; le d&#233;p&#233;rissement de l'Etat, la bureaucratie d&#233;clara leurs th&#233;ories &#034;contre-r&#233;volutionnaires&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'erreur th&#233;orique de la bureaucratie est-elle donc dans la proposition principale ou dans la d&#233;duction ? Dans les deux. L'opposition objectait aux premi&#232;res d&#233;clarations sur la &#034;victoire totale&#034; qu'on ne peut pas se borner &#224; consid&#233;rer les seules formes juridico-sociales des rapports, d'ailleurs encore contradictoires et manquant de maturit&#233; dans l'agriculture, en faisant abstraction du crit&#232;re principal : le niveau atteint par le rendement du travail. Les formes juridiques elles-m&#234;mes ont un contenu social qui varie profond&#233;ment selon le degr&#233; de d&#233;veloppement de la technique : &#034;Le droit ne peut jamais s'&#233;lever au-dessus du r&#233;gime &#233;conomique et du d&#233;veloppement culturel de la soci&#233;t&#233; conditionn&#233; par ce r&#233;gime&#034; (Marx). Les formes sovi&#233;tiques de la propri&#233;t&#233; fond&#233;es sur les acquisitions les plus r&#233;centes de la technique am&#233;ricaine et &#233;tendues &#224; toutes les branches de l'&#233;conomie donneraient d&#233;j&#224; le premier stade du socialisme. Les formes sovi&#233;tiques, en pr&#233;sence du bas rendement du travail, ne signifient qu'un r&#233;gime transitoire dont les destin&#233;es ne sont pas encore d&#233;finitivement pes&#233;es par l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;N'est-ce pas monstrueux &#8212; &#233;crivions-nous en mars 1932 &#8212;, le pays ne sort pas de la p&#233;nurie de marchandises, le ravitaillement s'interrompt &#224; chaque instant, les enfants manquent de lait et les oracles officiels proclament que &#034;le pays est entre dans la p&#233;riode socialiste&#034;. Peut-on compromettre plus f&#226;cheusement le socialisme ?&#034; Karl Radek, aujourd'hui l'un des publicistes en vue des milieux sovi&#233;tiques dirigeants, r&#233;pliquait &#224; cette objection dans un num&#233;ro sp&#233;cial du Berliner Tageblatt consacr&#233; &#224; l'U.R.S.S. (mai 1932) dans les termes suivants, dignes d'&#234;tre conserv&#233;s &#224; la post&#233;rit&#233; : &#034;Le lait est le produit de la vache et non du socialisme, et il faut vraiment confondre le socialisme avec l'image du pays o&#249; coulent des fleuves de lait pour ne pas comprendre qu'un pays peut s'&#233;lever &#224; un degr&#233; sup&#233;rieur de d&#233;veloppement sans que, momentan&#233;ment, la situation mat&#233;rielle des masses populaires en soit sensiblement am&#233;lior&#233;e.&#034; Ces lignes ont &#233;t&#233; &#233;crites &#224; un moment o&#249; le pays &#233;tait en proie &#224; une terrible famine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le socialisme est le r&#233;gime de la production planifi&#233;e pour la satisfaction la meilleure des besoins de l'homme, faute de quoi il ne m&#233;rite pas son nom. Si les vaches sont d&#233;clar&#233;es propri&#233;t&#233; collective, mais s'il y en a trop peu ou si leurs pis sont trop maigres, des conflits commencent par suite du manque de lait : entre la ville et les campagnes. entre les kolkhozes et les cultivateurs ind&#233;pendants, entre les diverses couches du prol&#233;tariat, entre la bureaucratie et l'ensemble des travailleurs. C'est pr&#233;cis&#233;ment la socialisation des vaches qui les fit abattre en masses par les paysans. Les conflits sociaux engendr&#233;s par l'indigence peuvent &#224; leur tour amener le retour &#224; &#034;tout l'ancien fatras&#034;. Telle fut notre r&#233;ponse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa r&#233;solution du 20 ao&#251;t 1935, le VIIe congr&#232;s de l'Internationale communiste certifie solennellement que &#034;la victoire d&#233;finitive et irr&#233;vocable du socialisme et l'affermissement &#224; tous &#233;gards de l'Etat de la dictature du prol&#233;tariat&#034; sont en U.R.S.S. les r&#233;sultats des succ&#232;s de l'industrie nationalis&#233;e, de l'&#233;limination des &#233;l&#233;ments capitalistes et de la liquidation des koulaks en tant que classe. En d&#233;pit de son apparence cat&#233;gorique, l'attestation de l'Internationale communiste est profond&#233;ment contradictoire : si le socialisme a vaincu &#034;d&#233;finitivement et irr&#233;vocablement&#034;, non comme principe, mais comme vivante organisation sociale, le nouvel &#034;affermissement&#034; de la dictature est une absurdit&#233; &#233;vidente. Et, inversement, si l'affermissement de la dictature r&#233;pond aux besoins r&#233;els du r&#233;gime, c'est que nous sommes encore loin de la victoire du socialisme. Tout politique r&#233;aliste, pour ne pas dire marxiste, doit comprendre que la n&#233;cessit&#233; m&#234;me d'&#034;affermir&#034; la dictature, c'est-&#224;-dire la contrainte gouvernementale, prouve non le triomphe d'une harmonie sociale sans classes, mais la croissance de nouveaux antagonismes sociaux. Quelle est leur base ? La p&#233;nurie des moyens d'existence, qui est le r&#233;sultat du bas rendement du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine donna un jour du socialisme la d&#233;finition suivante : &#034;le pouvoir des soviets, plus l'&#233;lectrification&#034;. Cette d&#233;finition en forme d'&#233;pigramme, dont l'&#233;troitesse r&#233;pondait &#224; des fins de propagande, supposait en tout cas, comme point de d&#233;part minimum, le niveau capitaliste de l'&#233;lectrification. Mais aujourd'hui encore l'U.R.S.S. dispose, par t&#234;te d'habitant, de trois fois moins d'&#233;nergie &#233;lectrique que les pays capitalistes avanc&#233;s. Tenant compte du fait que les soviets ont entre-temps c&#233;d&#233; la place &#224; un appareil ind&#233;pendant des masses, il ne reste &#224; l'Internationale communiste qu'&#224; proclamer que le socialisme c'est &#034;le pouvoir de la bureaucratie, plus le tiers de l'&#233;lectrification capitaliste&#034;. Cette d&#233;finition sera d'une exactitude photographique, mais le socialisme y tiendra peu de place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son discours aux stakhanovistes, en novembre 1935, Staline, se conformant &#224; la fin empirique de cette conf&#233;rence, d&#233;clara brusquement : &#034;Pourquoi le socialisme peut-il, doit-il vaincre et vaincra-t-il n&#233;cessairement le syst&#232;me capitaliste ? Parce qu'il peut et doit donner... un rendement plus &#233;lev&#233; du travail.&#034; R&#233;futant incidemment la r&#233;solution de l'Internationale communiste adopt&#233;e trois mois auparavant, et aussi ses propres d&#233;clarations r&#233;it&#233;r&#233;es sur ce sujet, Staline parle cette fois de la &#034;victoire&#034; au futur : le socialisme vaincra le syst&#232;me capitaliste quand il le d&#233;passera dans le rendement du travail. On le voit, les temps du verbe ne sont pas seuls &#224; changer avec les circonstances, les crit&#232;res sociaux &#233;voluent aussi. Et il n'est assur&#233;ment pas facile au citoyen sovi&#233;tique de suivre la &#034;ligne g&#233;n&#233;rale&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1er mars 1936, enfin, dans son entretien avec M. Roy Howard, Staline donne une nouvelle d&#233;finition du r&#233;gime sovi&#233;tique : &#034;L'organisation sociale que nous avons cr&#233;&#233;e peut &#234;tre appel&#233;e sovi&#233;tique, socialiste, elle n'est pas compl&#232;tement achev&#233;e, mais elle est au fond une organisation socialiste de la soci&#233;t&#233;.&#034; Cette d&#233;finition intentionnellement confuse renferme presque autant de contradictions que de mots. L'organisation sociale y est qualifi&#233;e &#034;sovi&#233;tique, socialiste&#034;. Mais les soviets repr&#233;sentent une forme d'Etat et le socialisme un r&#233;gime social. Loin d'&#234;tre identiques, ces termes, du point de vue qui nous occupe, sont oppos&#233;s ; les soviets devraient dispara&#238;tre dans la mesure o&#249; l organisation sociale deviendrait socialiste, comme les &#233;chafaudages sont enlev&#233;s quand la b&#226;tisse est construite, Staline apporte un correctif : &#034;Le socialisme n'est pas compl&#232;tement achev&#233;.&#034; Que veut dire ce &#034;pas compl&#232;tement&#034; ? S'en faut-il de 5%, ou de 75% ? On ne nous le dit pas, de m&#234;me qu'on s'abstient de nous dire ce qu'il faut entendre par le &#034;fond&#034; de l'organisation socialiste de la soci&#233;t&#233; ? Les formes de la propri&#233;t&#233; ou la technique ? L'obscurit&#233; m&#234;me de cette d&#233;finition signifie un recul par rapport aux formules infiniment plus cat&#233;goriques de 1931 et de 1935. Un pas de plus dans cette voie et il faudrait reconna&#238;tre que la racine de toute organisation sociale est dans les forces productives, et que la racine sovi&#233;tique est pr&#233;cis&#233;ment trop faible encore pour la plante socialiste et le bonheur humain qui en est le couronnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/revtrahie/frodcp3.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/revtrahie/frodcp3.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1925/11/vers.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1925/11/vers.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/trans/tran17.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/trans/tran17.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1922/12/lt19221201a.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1922/12/lt19221201a.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1922/11/lt19221114.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1922/11/lt19221114.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5763&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5763&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3533&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3533&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/trans/tran17.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/trans/tran17.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1442&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1442&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BOUKHARINE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/boukharine/works/1920/boukh_trans_prs.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/boukharine/works/1920/boukh_trans_prs.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/boukharine/works/1920/boukh_trans_04.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/boukharine/works/1920/boukh_trans_04.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/boukharine/works/1926/00/boukharine_19260000.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/boukharine/works/1926/00/boukharine_19260000.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/boukharine/works/1926/07/remarques.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/boukharine/works/1926/07/remarques.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LENINE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/08/er5.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/08/er5.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1918/04/vil19180428.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1918/04/vil19180428.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1921/04/vil19210421.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1921/04/vil19210421.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1921/03/d10c/vil19210300-06c10.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1921/03/d10c/vil19210300-06c10.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1925/11/lt19251107.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1925/11/lt19251107.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2936&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2936&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1918/04/vil19180428.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1918/04/vil19180428.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;OPPOSITION DE GAUCHE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6390&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6390&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CASTORIADIS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/general/castoriadis/works/1952/chaulieu_19520700.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/general/castoriadis/works/1952/chaulieu_19520700.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA VERSION DE STALINE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article267&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article267&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3446&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3446&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7423&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7423&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire encore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article37007&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article37007&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.openedition.org/editionsmsh/6255?lang=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://books.openedition.org/editionsmsh/6255?lang=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.contretemps.eu/lenine-trotsky-transition-socialisme/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.contretemps.eu/lenine-trotsky-transition-socialisme/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>1945 : le PCF au gouvernement : pas une victoire ouvri&#232;re ni communiste !</title>
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		<dc:date>2026-03-21T23:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;1945 : le PCF au gouvernement : pas une victoire ouvri&#232;re ni communiste ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Les nationalisations source d'inflation &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme les nouvelles &#034;nationalisations&#034; annonc&#233;es, malgr&#233; la pr&#233;sence de beaucoup de ministres staliniens au gouvernement, ressemblent aux anciennes &#034;nationalisations&#034;, Herv&#233; dans L'Humanit&#233; du 23-11, dit en mani&#232;re d'excuse : &#034;Nous ne dirons jamais que ce que nous faisons aujourd'hui c'est du socialisme, mais...&#034; Mais est-ce une raison pour se faire les valets de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique45" rel="directory"&gt;0- Le point de vue du r&#233;volutionnaire Barta sur la guerre et l'apr&#232;s-guerre&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1945 : le PCF au gouvernement : pas une victoire ouvri&#232;re ni communiste !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les nationalisations source d'inflation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme les nouvelles &#034;nationalisations&#034; annonc&#233;es, malgr&#233; la pr&#233;sence de beaucoup de ministres staliniens au gouvernement, ressemblent aux anciennes &#034;nationalisations&#034;, Herv&#233; dans L'Humanit&#233; du 23-11, dit en mani&#232;re d'excuse : &#034;Nous ne dirons jamais que ce que nous faisons aujourd'hui c'est du socialisme, mais...&#034; Mais est-ce une raison pour se faire les valets de la bourgeoisie ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Car ces gens ont la m&#233;moire vraiment courte : bien avant qu'ils n'envoient leur &#034;secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral&#034; si&#233;ger dans le nouveau gouvernement, c'est Pleven, l'agent du Grand Capital, qui avait &#233;t&#233; le promoteur des &#034;nationalisations&#034; actuellement projet&#233;es ; et c'est lui encore qui aujourd'hui &#233;tablit le plan de &#034;nationalisation&#034; du cr&#233;dit. Bien avant que Thorez n'entre au gouvernement, L'Humanit&#233; d&#233;non&#231;ait ce genre de nationalisations, effectu&#233;es d&#233;j&#224; dans certains secteurs miniers et industriels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, les indemnit&#233;s vers&#233;es aux capitalistes constituent une charge &#233;crasante pour les contribuables ; exemple : &#034;les gros actionnaires des mines continuent &#224; toucher des sommes consid&#233;rables (238 millions par an), tandis qu'incombent &#224; l'Etat les difficult&#233;s d'exploitation et le renouvellement de l'outillage&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement : la direction continue &#224; &#234;tre assur&#233;e par les capitalistes ; exemple : c'est un repr&#233;sentant des 200 familles qui assume la direction de l'usine Renault &#034;nationalis&#233;e&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour illustrer ces fausses nationalisations, L'Humanit&#233; donnait aussi l'exemple de la S.N.C.F. au budget d&#233;ficitaire, &#034;nationalis&#233;e&#034; en 1937, et dont les actionnaires continuent &#224; toucher des dizaines de millions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie se fait un m&#233;rite de proc&#233;der &#224; de nouvelles &#034;nationalisations&#034;. Le Monde (27-11) approuve celle du cr&#233;dit, car &#034;le financement de la reconstruction pose de nouveaux probl&#232;mes... un immense effort de r&#233;&#233;quipement s'impose aujourd'hui..., les besoins de capitaux seront tels que le cr&#233;dit devra &#234;tre n&#233;cessairement contingent&#233; pour alimenter par priorit&#233; les secteurs essentiels&#034;, et il donne &#224; l'appui l'exemple de l'Angleterre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233; le journal bourgeois anglais The Economist d&#233;montre que la &#034;nationalisation&#034; de la Banque d'Angleterre est destin&#233;e &#224; r&#233;glementer les investissements de capitaux ; d'autre part, pour l'industrie &#034;un tr&#232;s large programme de d&#233;penses est n&#233;cessaire et c'est seulement l'Etat qui peut trouver l'argent. La n&#233;cessit&#233; des nationalisations est g&#233;n&#233;ralement accept&#233;e&#034;... pour que ce soient les contribuables qui paient les frais de r&#233;&#233;quipement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel bon pr&#233;texte donc que ces soi-disant nationalisations pour pr&#233;lever de nouveaux milliards sur le revenu national ! De pareilles nationalisations Hitler et Mussolini en ont pratiqu&#233;. &#034;Le Gouvernement de Franco nationalise les gisements d'uranium&#034;, informe Le Populaire du 6-10-45. Toute la nation est mise en coupe r&#233;gl&#233;e pour les besoins des magnats du Capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des mesures de sauvetage &#224; l'&#233;gard de certains secteurs capitalistes, des mesures de contr&#244;le bureaucratique et r&#233;actionnaire auxquelles l'Etat de la bourgeoisie est oblig&#233; de recourir dans le propre int&#233;r&#234;t de celle-ci, on les baptise &#034;nationalisations&#034;, pour mieux en faire supporter les frais aux masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cela aussi que le but des &#034;nationalisations&#034; est faussement d&#233;sign&#233; comme &#233;tant la &#034;reconstruction &#233;conomique&#034;. En r&#233;alit&#233; rien n'est pr&#233;vu pour cette reconstruction (agriculture, b&#226;timents pour les sinistr&#233;s, etc.). Si l'Etat bourgeois proc&#232;de &#224; la mobilisation des capitaux et des richesses, ce n'est pas pour la reconstruction &#233;conomique, mais pour la reconstruction d'un potentiel de guerre. &#034;La France continue ses commandes en Am&#233;rique en vue de poursuivre sans interruption le r&#233;armement de l'arm&#233;e&#034; (&#034;Le Monde, 2-9). Rien que pour l'occupation de l'Indochine du Nord, les frais sont d'un milliard par mois (Le Monde, 25-11). En France, Renault fabrique des tanks, les usines d'aviation des bombardiers, d'autres des canons, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend ainsi que &#034;nationaliser&#034; le cr&#233;dit (&#233;tablir un contr&#244;le de l'Etat capitaliste), est une mesure n&#233;cessaire &#224; la bourgeoisie imp&#233;rialiste, non pas en faveur des masses, mais contre elles.&lt;br class='autobr' /&gt;
La &#034;D&#233;l&#233;gation des gauches avait d&#233;j&#224; reconnu que les d&#233;penses militaires sont le principal facteur de l'inflation. Mais de 167 milliards pour 1945, les demandes de cr&#233;dits militaires sont de 250 milliards pour 1946. Si &#224; ces milliards s'ajoutent les nouveaux milliards d'int&#233;r&#234;ts &#224; payer aux capitalistes &#034;nationalis&#233;s&#034;, o&#249; cela m&#232;nera-t-il ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Nous ne voulons ni de d&#233;magogie socialiste, ni de pseudo nationalisations qui consacreraient le r&#232;gne des f&#233;odalit&#233;s&#034;, proclame Herv&#233; dans L'Humanit&#233; du 29-11.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour ne pas &#234;tre un d&#233;magogue et pour prendre des mesures r&#233;elles contre les monopoleurs capitalistes, IL NE FAUT ACCORDER A CEUX-CI NI RACHAT NI INDEMNITES pr&#233;lev&#233;s sur le travail du peuple et aggravant sa mis&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut abolir le secret commercial paravent des sp&#233;culations financi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut proc&#233;der &#224; la publication des bilans et &#224; l'ouverture des livres de compte de la bourgeoisie (comme l'exigent &#224; l'heure actuelle en Am&#233;rique les gr&#233;vistes m&#233;tallurgistes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut que les Syndicats ouvriers &#233;tablissent le plan d'une production d'objets de consommation pour les masses, de r&#233;&#233;quipement de l'agriculture et du b&#226;timent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut organiser les ouvriers et les employ&#233;s pour le contr&#244;le ouvrier sur la production et la comptabilit&#233; des industries et des banques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parler de nationalisations, sans parler en m&#234;me temps de toutes ces mesures essentiellement d&#233;mocratiques et seules efficaces, c'est se faire le valet de la bourgeoisie et agir en d&#233;magogue, comme Herv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faute de combattre pour ces mesures, les &#034;nationalisations&#034; ne s'av&#233;reront qu'une nouvelle cause d'inflation, de spoliation du peuple et d'accroissement de sa mis&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie honore les ren&#233;gats, la classe ouvri&#232;re les rejettera !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;L'accession de 5 communistes au Gouvernement est un honneur pour la classe ouvri&#232;re tout enti&#232;re&#034; et la place qu'occupe dans le Gouvernement le P.C.F. &#034;avec notre secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral comme ministre d'Etat&#034; montre que &#034;l'on ne peut gouverner sans la classe ouvri&#232;re&#034;. Suivant ces d&#233;clarations de Herv&#233; et de Duclos, les travailleurs exerceraient dor&#233;navant le pouvoir gouvernemental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, pour justifier d'avance le travail anti-ouvrier du nouveau Gouvernement, Herv&#233; &#233;crit dans L'Humanit&#233; du 22-11 que &#034;ce ne sera pas de la faute des communistes si ce gouvernement doit ne rien innover&#034; (ne rien apporter de nouveau) car, ajoute-t-il le 29-11, pour &#034;ceux qui n'ont pas perdu tout bon sens, en France en 1945 le prol&#233;tariat, &#224; notre connaissance, ne s'est pas encore empar&#233; de la puissance publique&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais alors, Thorez, Billoux, Tillon, Croizat, Paul, si vous n'avez pas pris le pouvoir, vous n'avez donc pris que des portefeuilles minist&#233;riels ! Cela n'est pas le moins du monde un fait nouveau dans l'histoire de la classe ouvri&#232;re. Pourquoi vous en faites-vous un honneur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si maintenant le &#034;communiste&#034; Thorez occupe le poste &#034;&#233;minent&#034; de ministre d'Etat (qu'il partage avec 3 autres), en 1936 d&#233;j&#224;, le &#034;socialiste&#034; Blum (se r&#233;clamant aussi de la classe ouvri&#232;re) &#233;tait Premier Ministre. (Lui aussi affirme que ce n'est pas de sa faute si son gouvernement &#034;n'a rien innov&#233;&#034;). Quand Blum, Dormoy, Auriol accept&#232;rent de servir de paravent au gouvernement bourgeois, le minist&#233;rialisme des Viviani, Millerand, Albert Thomas, Briand avait d&#233;j&#224; fait entrer ceux-ci d&#233;finitivement dans l'histoire de la classe ouvri&#232;re sous le nom de ren&#233;gats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marcher sur les traces des ren&#233;gats et consid&#233;rer cela comme un honneur !... Faut-il regarder ces gens comme des nouveaux-n&#233;s en politique qui ne savent ce qu'ils font, ou l'abondance de sin&#233;cures de ministres, de sous-secr&#233;taires d'Etat, de chefs de cabinet, etc... a-t-elle le don de les frapper d'un aveuglement particulier, &#034;politique&#034; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le minist&#233;rialisme bourgeois des repr&#233;sentants de la classe ouvri&#232;re a toujours &#233;t&#233; une faillite, une source de trahison, &#224; commencer par l'exp&#233;rience de Louis Blanc en 1848. Car la &#034;puissance publique&#034; dont parle Herv&#233;, le pouvoir, ce ne sont pas les ministres qui le d&#233;tiennent, mais l'Etat, c'est-&#224;-dire la machine bureaucratique et militaire de la bourgeoisie, d&#233;pendant d'elle dans tous les domaines (arm&#233;e permanente, police, bureaucratie, clerg&#233;, magistrature).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a 10 mois encore, Thorez disait dans son discours d'Ivry (le 21-1-45) : &#034;Les Bureaux ! ce n'est pas seulement le sommet de la hi&#233;rarchie administrative. C'est aussi et surtout la mainmise de certains cercles privil&#233;gi&#233;s sur les leviers de commande&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la m&#234;me &#233;poque, le &#034;socialiste&#034; Le Troquer se &#034;plaignait&#034; que les dispositions prises par lui au moment o&#249; il &#233;tait ministre de la Guerre &#233;taient appliqu&#233;es ou non au bon plaisir des &#034;Bureaux&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Jusqu'&#224; Laval qui s'est am&#232;rement exclam&#233; &#224; son proc&#232;s : &#034;Un premier ministre, c'est moins qu'un procureur g&#233;n&#233;ral !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les minist&#232;res de coalition les repr&#233;sentants ouvriers, m&#234;me s'ils &#233;taient de bonne foi, n'ont servi que de paravent au Gouvernement bourgeois, de paratonnerre contre l'indignation populaire, d'instrument de duperie des masses, pour endormir leur conscience en leur cachant par leur pr&#233;sence, la v&#233;ritable nature de l'Etat bourgeois. Pour le reste ils sont impuissants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la grande vague ouvri&#232;re de 1936, le bourgeois Sarraut a d&#233;sign&#233; l'alliance avec les chefs &#034;communistes&#034; et &#034;socialistes&#034; (le Front Populaire) comme une &#034;soupape de s&#251;ret&#233; du r&#233;gime&#034;, une soupape de s&#251;ret&#233; contre le mouvement de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui la bourgeoisie attend des chefs &#034;ouvriers&#034; de nombreux services. Le Parisien Lib&#233;r&#233; &#233;crit (22-11) : &#034;Le Parti communiste se trouve d&#233;tenir les principaux leviers de commande de l'&#233;conomie fran&#231;aise... L'effort auquel il s'est livr&#233; depuis des mois, et non sans succ&#232;s, aupr&#232;s des travailleurs pour augmenter le rendement pourra s'exercer &#224; plein&#034;. Et La Voix de Paris (23-11) : &#034;La remise aux Communistes des grands portefeuilles &#233;conomiques suscite des esp&#233;rances, ceux-ci s'&#233;tant toujours montr&#233;s ardents partisans de la formule &#034;remettre la France au travail&#034;. La bourgeoisie attend de la part des chefs staliniens l'utilisation de leur influence pour rejeter comme jusqu'&#224; maintenant sur la classe ouvri&#232;re le fardeau de la mis&#232;re et du travail de for&#231;ats au compte des capitalistes sous le pr&#233;texte de la reconstruction. Les chefs du P.C.F. s'&#233;l&#232;vent-ils contre ces affirmations ? Tout au contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant la Chambre des D&#233;put&#233;s, le 19-11, Duclos donne ses &#233;tats de service : &#034;Nous avons redonn&#233; &#224; la classe ouvri&#232;re le sens national... nous avons men&#233; campagne pour le d&#233;sarmement des groupes arm&#233;s (ouvriers) et pour la production&#034;. Et le 23-11 il se r&#233;jouissait de la formation du nouveau gouvernement, car &#034;ceux qui ont &#233;t&#233; &#224; la pointe du combat pour lib&#233;rer la patrie sont indispensables &#224; sa reconstruction... Hier, le devoir &#233;tait de combattre, aujourd'hui il est de travailler, travailler et encore travailler&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; ce que la bourgeoisie attend des repr&#233;sentants tra&#238;tres de la classe ouvri&#232;re. A ce prix ils auront des Minist&#232;res, des portefeuilles, des sin&#233;cures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si ces repr&#233;sentants &#034;ouvriers&#034; voulaient porter la moindre atteinte aux privil&#232;ges des capitalistes ou de leur Etat, s'ils essayaient de le faire, la collaboration gouvernementale deviendrait du coup impossible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment de la crise, Herv&#233; n'&#233;crivait-il pas dans L'Humanit&#233; du 19-11 que De Gaulle, &#034;g&#233;n&#233;ral &#233;lev&#233; par les j&#233;suites&#034;, n'avait &#034;abandonn&#233; aucun de ses pr&#233;jug&#233;s&#034;, c'est-&#224;-dire de sa haine contre les masses travailleuses, &#034;ni aucune de ses solidarit&#233;s&#034;, c'est-&#224;-dire de sa solidarit&#233; avec la classe des riches ? Si les repr&#233;sentants ouvriers voulaient porter la moindre atteinte aux privil&#232;ges de nos exploiteurs afin de soulager nos mis&#232;res, ils seraient oblig&#233;s d'entrer dans une lutte ouverte contre eux et leur Etat. En collaborant avec les ennemis de la classe ouvri&#232;re, ils ne font donc que la tromper et la trahir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais puisque ces repr&#233;sentants &#034;ouvriers&#034; agissent en ren&#233;gats et ne veulent pas se d&#233;tacher de la bourgeoisie, c'est les travailleurs qui se d&#233;tacheront d'eux pour se tourner vers les ouvriers r&#233;volutionnaires. Si les ouvriers r&#233;volutionnaires ne sont pas aujourd'hui repr&#233;sent&#233;s dans le Parlement bourgeois, ils le sont dans les usines et les chantiers o&#249; ils luttent pour la cause des exploit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enseignement des &#233;v&#233;nements que nous vivons depuis le mouvement ouvrier bris&#233; par Thorez en 1936, la d&#233;faite de la r&#233;volution espagnole et la deuxi&#232;me guerre mondiale, montre que les masses laborieuses ne pourront s'arracher &#224; l'&#233;treinte de la mis&#232;re, aux d&#233;solations de la guerre capitaliste toujours renaissante, au joug de nos exploiteurs, qu'&#224; la condition de prendre conscience du r&#244;le de trahison jou&#233; par les ren&#233;gats de la classe ouvri&#232;re, de repousser toute conciliation avec la bourgeoisie et de passer aux c&#244;t&#233;s des ouvriers r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seuls les ouvriers r&#233;volutionnaires soutenus par la lutte des masses travailleuses, pourront r&#233;aliser la main-mise du peuple sur les richesses &#233;conomiques et les leviers de commande pour les faire fonctionner au profit de tous, r&#233;aliser les r&#233;formes indispensables &#224; la vie &#233;conomique, garantir la libert&#233;, et pr&#233;server l'humanit&#233; de nouvelles guerres en brisant le pouvoir des capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;LA CRISE GOUVERNEMENTALE ET SES ENSEIGNEMENTS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Maintenant nous allons combattre&#034;, s'est exclam&#233; une ouvri&#232;re membre du P.C.F., quand &#233;clata le conflit entre De Gaulle et les chefs staliniens au sujet de la r&#233;partition des portefeuilles minist&#233;riels.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;La crise de gouvernement... pourrait, si l'on n'y prenait garde, se transformer ais&#233;ment en crise de r&#233;gime&#034;, disait au m&#234;me moment Le Monde (18-11) en parlant au nom de la bourgeoisie. Mais &#034;il est encore possible de recoudre, de former, sous la m&#234;me direction, que nous estimons irrempla&#231;able, un gouvernement efficace et homog&#232;ne&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas l'attente de l'ouvri&#232;re, qui exprimait le sentiment de la majorit&#233; des travailleurs qui avaient vot&#233; &#224; gauche, mais le voeu de la bourgeoisie qu'ont satisfait les Thorez et les Duclos.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;j&#224; avant la crise, nous &#233;crivions : &#034;Malgr&#233; leurs vantardises (au sujet d'un gouvernement &#224; majorit&#233; socialiste et communiste), les chefs du P.C.F. ne pourront qu'entrer dans le gouvernement De Gaulle et plier l'&#233;chine&#034; (Lutte de Classes 14-11).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#034;conflit&#034; entre Thorez et De Gaulle a pleinement confirm&#233; la d&#233;pendance des chefs staliniens vis-&#224;-vis de celui-ci. Malgr&#233; &#034;d'exigeantes&#034; imp&#233;ratives concernant l'Int&#233;rieur, la Diplomatie ou la Guerre, ils sont entr&#233;s dans un minist&#232;re De Gaulle pour y occuper les places que la bourgeoisie en ce moment a grand int&#233;r&#234;t &#224; voir occuper par des &#034;repr&#233;sentants ouvriers&#034; : Economie Nationale, Production Industrielle, Travail, Armement. Autant de postes de contrema&#238;tres pour pousser &#224; la production.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les repr&#233;sentants de la bourgeoisie ont accept&#233; de &#034;recoudre&#034; en faisant de Thorez un des 4 ministres d'Etat, et les bureaucrates staliniens ont pli&#233; l'&#233;chine, pour les m&#234;mes raisons : &#034;En m&#234;me temps que les ouvriers se montrent de plus en plus d&#233;cid&#233;s &#224; opposer leurs propres partis et leurs propres solutions &#224; la bourgeoisie, la r&#233;action bourgeoise s'est &#233;galement renforc&#233;e, et ce renforcement des tendances extr&#234;mes &#8211; prol&#233;tarienne et r&#233;actionnaire &#8211; ne peut que h&#226;ter le conflit entre les deux camps. C'est pour retarder &#224; tout prix ce d&#233;nouement, que les bureaucrates ouvriers se r&#233;fugient derri&#232;re l'arbitrage de De Gaulle&#034; (Lutte de Classes 14-11).&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais ce refuge pour l'imm&#233;diat n'est qu'un pi&#232;ge pour l'avenir&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la crise, la &#034;Constituante&#034; quoique r&#233;guli&#232;rement &#233;lue, s'est av&#233;r&#233;e aussi d&#233;nu&#233;e de pouvoirs que la pr&#233;c&#233;dente &#034;Consultative&#034; choisie par De Gaulle. C'est la police et l'arm&#233;e qui sont entr&#233;es en sc&#232;ne pour paralyser la classe ouvri&#232;re et faire pression sur les chefs staliniens ; ce sont les bandes fascistes qui ont manifest&#233; et qui depuis ont commenc&#233; &#224; s'attaquer aux meetings de gauche. De Gaulle lui-m&#234;me, en d&#233;clarant que la police est la sauvegarde de la politique ext&#233;rieure, a fait ouvertement l'apologie d'un Etat purement policier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise n'est qu'ajourn&#233;e par la soumission des chefs staliniens. Mais que nous enseigne un pass&#233; dont on peut encore se rappeler la le&#231;on ? Il a suffi qu'en septembre 1939 le Parti stalinien d&#233;clare ouvertement son opposition &#224; la politique ext&#233;rieure de Daladier (au moment du pacte germano-sovi&#233;tique et de la guerre franco-allemande), pour que le Parti stalinien, alors d&#233;j&#224; grand parti de masse, animateur d'un &#034;Front populaire&#034; o&#249; participait le m&#234;me Daladier, se trouve du jour au lendemain en butte &#224; une r&#233;pression sauvage uniquement au moyen de l'Etat dont disposait Daladier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si la politique ext&#233;rieure (&#034;bloc occidental&#034;) ou int&#233;rieure de la bourgeoisie exigeait que les chefs staliniens soient chass&#233;s du Gouvernement et poursuivis, ce ne sont pas les 5 millions de votes qui pourraient l'emp&#234;cher. En Allemagne aussi les Partis &#034;socialiste&#034; et &#034;communiste&#034; avaient eu la majorit&#233; des votes dans le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique des chefs staliniens nous m&#232;ne &#224; la catastrophe, comme leur politique du &#034;Front populaire&#034; nous avait men&#233;s &#224; la catastrophe en 1939.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui les fascistes manifestent &#224; la Concorde et au Quartier Latin, ils s'attaquent d&#233;j&#224; aux vendeurs des journaux d'extr&#234;me-gauche (attaque contre les vendeurs anarchistes &#224; St-Lazare), demain ils viendront attaquer les usines lors des gr&#232;ves et les locaux ouvriers. La t&#226;che principale est donc de faire l'unit&#233; prol&#233;tarienne contre le fascisme et organiser des groupes de d&#233;fense prol&#233;tariens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut forger l'unit&#233; prol&#233;tarienne dans des &#034;parlements&#034; de classe d'usines et de quartiers, &#233;lus par tous les travailleurs en lutte contre le fascisme. C'est ainsi que les ouvriers pourront &#233;prouver sous leurs yeux chaque Parti, chaque tendance prol&#233;tarienne, chaque fraction. C'est ainsi qu'ils pourront trouver de nouveaux &#233;l&#233;ments d&#233;vou&#233;s &#224; leur classe et qu'ils commenceront la lutte pour un gouvernement ouvrier et paysan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/12/ldc55_120145.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/12/ldc55_120145.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;UN C.C. D'UNION SACREE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Comit&#233; Central du Parti Communiste Fran&#231;ais s'est r&#233;uni le 21 janvier en pr&#233;sence des &#034;notabilit&#233;s&#034; et des &#034;hauts&#034; fonctionnaires du Parti. Le but de cette r&#233;union appara&#238;t clairement dans l'intervention de Monsieur Thorez (que nous appelons ainsi suivant la consigne du Parti de ne plus tutoyer les &#034;grands&#034; camarades) : en finir une fois pour toutes avec les illusions d&#233;mocratiques qui subsistent encore parmi les militants communistes et dans la masse de ceux qui sympathisent avec le Parti, qui croient encore que le Parti lutte sur les deux fronts &#224; la fois, la guerre contre le fascisme &#224; l'ext&#233;rieur, la lutte pour la d&#233;mocratisation du r&#233;gime &#224; l'int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car ces illusions cr&#233;ent des difficult&#233;s au gouvernement qui, tout en pr&#233;tendant mener &#224; l'ext&#233;rieur une guerre antifasciste, m&#232;ne &#224; l'int&#233;rieur une action tout &#224; fait anti-d&#233;mocratique. Il exige des chefs staliniens un soutien sans conditions (c'est-&#224;-dire une capitulation compl&#232;te). Ceux-ci, en soutenant la guerre du gouvernement, ne peuvent pas ne pas se soumettre &#224; toutes ses exigences. C'est pourquoi Thorez ne pouvait pas parler autrement qu'il l'a fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1937, r&#233;pondant aux staliniens qui pr&#233;paraient alors leur union sacr&#233;e pour la pr&#233;sente guerre, sous pr&#233;texte de d&#233;fendre la &#034;d&#233;mocratie&#034; contre le fascisme en r&#233;gime capitaliste, Trotsky avertissait : &#034;une victoire de la France... sur l'Allemagne... pourrait signifier... la transformation de la France en un Etat fasciste, parce que pour &#234;tre victorieux d'Hitler il est n&#233;cessaire d'avoir une machine militaire monstrueuse et les tendances fascistes en France sont maintenant puissantes. Une victoire pourrait signifier la destruction du fascisme en Allemagne et l'&#233;tablissement du fascisme en France&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Tout pour la guerre&#034;, lan&#231;ait l'autre jour Thorez, et il ajoutait comme conclusion absolument n&#233;cessaire : &#034;la s&#233;curit&#233; publique doit &#234;tre assur&#233;e par les forces r&#233;guli&#232;res de police constitu&#233;es &#224; cet effet. Les gardes civiques et d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, tous les groupes arm&#233;s irr&#233;guliers, ne doivent pas &#234;tre maintenus plus longtemps&#034;. C'est la condamnation par le responsable du Parti, des groupements form&#233;s sous l'occupation et qui, dans l'esprit des travailleurs, devaient pr&#233;cis&#233;ment non seulement vaincre l'occupant, mais surtout, par leur structure d&#233;mocratique, &#233;manciper le peuple des vieilles puissances d'oppression qui seules ont provoqu&#233; les malheurs qui se sont abattus sur la France depuis 1939. C'est la condamnation de ces milices dont le d&#233;sarmement, il y a quelques semaines seulement, avait &#233;t&#233; qualifi&#233; par Duclos (autre &#034;grand&#034; camarade du PC) de &#034;coup de force gouvernemental&#034;. Et cette police charg&#233;e de la &#034;s&#233;curit&#233; publique&#034; c'est toujours celle qu'&#224; plusieurs reprises l'Humanit&#233; elle-m&#234;me a d&#233;j&#224; d&#233;nonc&#233;e comme &#233;tant compos&#233;e pour 95% d'&#233;l&#233;ments vichyssois, c'est-&#224;-dire r&#233;actionnaires et pro-fascistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;p&#233;tant De Gaulle, Thorez dit : &#034;Nous ne manquons pas d'officiers de valeur, y compris ceux qui ont pu se laisser abuser un certain temps par P&#233;tain&#034;. Quelques jours apr&#232;s ce discours, la direction des FFI aupr&#232;s du Minist&#232;re de la Guerre est cong&#233;di&#233;e... Pourquoi l'Humanit&#233; s'indigne-t-elle ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi cette guerre soi-disant d&#233;mocratique &#224; l'ext&#233;rieur, se traduit &#224; l'int&#233;rieur par l'abandon de tout le pouvoir au vieil Etat oppresseur, l'Etat des 200 familles qui se sert de Thorez pour paralyser les masses au nom de la &#034;d&#233;fense nationale&#034;. On comprend donc que &#034;les journaux de diverses nuances louent volontiers la sagesse, le sens politique... du porte-parole du PC&#034; comme dit Cachin dans l'Huma du 25/1 ; seulement le journal qui manifeste le plus son accord avec Thorez, c'est Le Monde, justement d&#233;nonc&#233; par l'Huma comme la reconstitution du Temps, organe du Comit&#233; des Forges. On a les amis que l'on m&#233;rite !&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Comme tous ses pr&#233;d&#233;cesseurs, Thorez, pour masquer sa trahison, joue au r&#233;aliste. Il affirme que ce qui le pr&#233;occupe c'est &#034;gagner la guerre au plus vite&#034; (cette guerre de 30 ans !), &#034;faire en sorte que revienne bient&#244;t... le lait pour nos petits, le pain pour nos vieux, le verre de vin pour tous&#034;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette promesse &#233;lectorale du verre de vin pour tous rel&#232;ve de la plus basse d&#233;magogie. Car tous les politiciens promettent le bonheur au peuple ; mais par quels moyens, par quelles mesures pr&#233;cises l'obtenir ? Thorez condamne la r&#233;volution. Mais que pr&#233;conise-t-il ? &#034;La confiscation des biens des tra&#238;tres&#034;. Mais ce n'est l&#224; qu'une phrase d&#233;magogique, parce qu'adress&#233;e au gouvernement de la bourgeoisie ; de m&#234;me que la &#034;punition des coupables&#034;. M&#234;me si cette mesure &#233;tait appliqu&#233;e (mais elle ne peut pas l'&#234;tre), elle ne changerait en rien l'&#233;tat des choses. Le peuple a &#233;t&#233; marchand&#233;, exploit&#233;, saign&#233; pendant cinq ans par toute la bourgeoisie, sous Daladier, sous l'occupation et maintenant. Sans l'expropriation de celle-ci, les b&#233;b&#233;s continueront &#224; mourir de froid dans les maternit&#233;s...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thorez s'&#233;l&#232;ve contre &#034;ceux qui ont constamment &#224; la bouche le mot de r&#233;volution&#034;. C'est ce que les socialistes de trahison (de la II&#232;me Internationale) reprochaient pr&#233;cis&#233;ment aux communistes apr&#232;s la scission de Tours en 1921. Mais peut-&#234;tre Thorez, plus heureux que ses pr&#233;d&#233;cesseurs, serait-il en train d'obtenir des r&#233;formes am&#233;liorant le sort des masses dans le cadre du r&#233;gime capitaliste, r&#233;formes que les exc&#232;s r&#233;volutionnaires (de langage !) risqueraient de mettre en danger ? Pas plus que les socialistes de trahison de la II&#232;me Internationale, Thorez n'a le moindre programme de r&#233;formes pour am&#233;liorer la situation des classes laborieuses en face d'une bourgeoisie gorg&#233;e de profits. Pour son malheur, ce sont au contraire les r&#233;volutionnaires qui, en m&#234;me temps qu'ils expliquent inlassablement aux travailleurs que sans r&#233;volution ils sont vou&#233;s &#224; l'&#233;crasement complet par les capitalistes, d&#233;fendent aussi inlassablement les travailleurs sur le terrain &#233;conomique &#224; l'usine (en opposant au &#034;travailler d'abord, revendiquer ensuite&#034; des chefs staliniens la lutte pour l'augmentation des salaires, la r&#233;glementation de la journ&#233;e de travail, le contr&#244;le ouvrier, etc...) et luttent pour les droits d&#233;mocratiques les plus &#233;l&#233;mentaires (droits politiques pour le soldat, libert&#233; de la presse par la suppression de l'autorisation pr&#233;alable, la r&#233;partition du papier &#224; chaque groupe de citoyens constitu&#233;, etc...) Contrairement &#224; ce qu'affirme Thorez, seule la lutte r&#233;volutionnaire peut produire des r&#233;sultats pratiques, m&#234;me partiels. Comme les socialistes-jaunes, Thorez s'&#233;l&#232;ve contre la R&#233;volution pour masquer l'appui total qu'il donne aux capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les directives de Thorez ont produit dans la masse communiste (militants, jeunesses, sympathisants) des r&#233;actions dont la moindre est &#034;l'&#233;tonnement&#034;. Mais il n'y a rien d'&#233;tonnant dans la politique de Thorez. C'est au contraire la seule attitude logique, car qui veut la fin veut les moyens. Si on pr&#234;che la guerre sous la domination des 200 familles, il faut leur donner l'assurance qu'il ne sera pas touch&#233; &#224; leurs privil&#232;ges. Les 200 familles ne se contentent pas d'assurances verbales : il leur faut la certitude mat&#233;rielle, la disposition &#224; l'int&#233;rieur d'instruments qui garantissent leur domination, la police, l'administration, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thorez reconna&#238;t dans son discours (il ne peut faire autrement) que le ma&#238;tre du pays ce sont les Bureaux (&#034;les bureaux ! Ce n'est pas seulement le sommet de la hi&#233;rarchie administrative. C'est aussi et surtout la mainmise de certains cercles privil&#233;gi&#233;s sur les leviers de commande&#034;). Il ajoute cependant que personne, m&#234;me pas les Comit&#233;s de Lib&#233;ration, ne doit s'immiscer dans leur sph&#232;re d'action. C'est seulement &#224; ce prix que la bourgeoisie consent &#224; l'union sacr&#233;e, c'est-&#224;-dire accepte les services des bureaucrates ouvriers pour la d&#233;fense de ses coffres-forts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces bureaucrates savent que la bourgeoisie t&#244;t ou tard se d&#233;barrassera d'eux. Mais que faire ? On ne peut pas &#224; l'infini faire semblant d'avoir une politique r&#233;volutionnaire tout en freinant la r&#233;volution. Car &#224; la longue les masses passeraient outre et les bureaucrates seraient d&#233;bord&#233;s. Or la r&#233;volution signifie pour eux la perte de leurs positions dirigeantes, car, engraiss&#233;s, styl&#233;s, pommad&#233;s, dress&#233;s, ils sont &#224; mille lieues de la mentalit&#233; des masses et seraient rejet&#233;s par leur mouvement d&#233;ferlant pour construire un monde nouveau. L'union sacr&#233;e assure aux bureaucrates des postes minist&#233;riels et politiques dans l'appareil de la bourgeoisie et ils esp&#232;rent durer aussi longtemps que la patience des masses supportera le r&#233;gime d'exploitation capitaliste ; ces bureaucrates infatu&#233;s sont convaincus, dans leur haute sagesse, que &#034;le peuple est b&#234;te&#034; et qu'il patientera longtemps, pour leur plus grand bonheur &#224; eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les masses comprennent maintenant tr&#232;s rapidement la situation. Elles ont la terrible exp&#233;rience de cinq ann&#233;es de guerre. La nouvelle union sacr&#233;e ne les encha&#238;ne plus sans r&#233;sistance au service de la bourgeoisie. L'appel aux sacrifices de la part de bureaucrates chauff&#233;s qui donnent en exemple L&#233;ningrad (L&#233;ningrad o&#249; en 1917 les ouvriers ont renvers&#233; les capitalistes !), les laisse compl&#232;tement froids, si on peut s'exprimer ainsi. Les masses sont pr&#234;tes &#224; r&#233;pondre &#224; l'appel de d&#233;fenseurs hardis, r&#233;volutionnaires, capables de les guider effectivement dans la situation terrible o&#249; elles se trouvent et de trouver une issue. Ces d&#233;fenseurs, les r&#233;volutionnaires, augmentent tous les jours en nombre. Car la lutte des militants de la IV&#232;me Internationale pour rassembler en un Parti capable de conduire les travailleurs vers la lib&#233;ration de classe, rencontre un grand &#233;cho dans la masse communiste trahie par ses chefs bureaucrates. C'est pourquoi Marty met en garde le Parti contre &#034;les infiltrations id&#233;ologiques ennemies&#034;. Mais quelle id&#233;ologie peut s'infiltrer et trouver acc&#232;s aupr&#232;s des militants communistes, sinon le trotskysme, car le trotskysme c'est le communisme v&#233;ritable. Et dans le PCF d'union sacr&#233;e, le communisme ne s'est pas encore effac&#233; du c&#339;ur de tous les militants. Si des chefs &#224; la Cachin, qui d'ailleurs continue sa besogne de 14-18, n'ont plus de communiste que le nom, la masse du Parti, les militants de base restent communistes. Voil&#224; pourquoi les chefs staliniens sont oblig&#233;s de lutter constamment contre les &#034;infiltrations&#034; id&#233;ologiques, c'est-&#224;-dire le communisme des militants de base du PCF. Effray&#233;s par cet &#233;tat d'esprit, les chefs staliniens utilisent dans la lutte contre le trotskysme, c'est-&#224;-dire le communisme, toutes les m&#233;thodes, qui commencent &#224; la calomnie et finissent par le crime. Et pourtant les chefs de l'union sacr&#233;e n'arr&#234;teront pas pour cela leur chute. Maintenant que la roue de l'histoire tourne autrement, maintenant que la conscience r&#233;volutionnaire des militants honn&#234;tes et des masses se d&#233;veloppe &#224; un rythme acc&#233;l&#233;r&#233;, ces m&#233;thodes ne feront que pr&#233;cipiter leur chute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par une promesse d'unit&#233; entre le PC et le PS les bureaucrates pensent pouvoir cacher leur faillite. Mais les bureaucrates du PC, de m&#234;me que ceux du PS, si nombreux qu'ils soient par rapport aux r&#233;volutionnaires, ne repr&#233;sentent que les int&#233;r&#234;ts d'une tr&#232;s &#233;troite couche dans le prol&#233;tariat : l'aristocratie ouvri&#232;re. Par contre, les militants de la IV&#232;me Internationale repr&#233;sentent les int&#233;r&#234;ts de classe de l'&#233;crasante majorit&#233; non seulement des ouvriers, mais de tous les exploit&#233;s et opprim&#233;s en France. Les ouvriers prennent conscience de plus en plus vite de ce fait, et, que nous ayons ou pas une union des bureaucrates, nous marchons d&#233;j&#224; vers une nouvelle scission de Tours, c'est-&#224;-dire la s&#233;paration de tous les communistes et socialistes v&#233;ritables du PC et du PS C'est seulement cette scission qui permettra aux masses travailleuses d'avoir enfin un instrument de d&#233;fense et de victoire sur les exploiteurs, c'est-&#224;-dire le Parti Communiste, section fran&#231;aise de la IV&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/01/ldc43_013045.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/01/ldc43_013045.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment les ouvriers doivent-ils r&#233;pondre au mot d'ordre : &#034;PRODUIRE&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Humanit&#233; vante l'enthousiasme des ouvriers pour le mot d'ordre &#034;produire&#034; : ceux-ci renoncent aux vacances, acceptent de travailler 12 heures par jour, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Humanit&#233; laisse ainsi croire qu'&#224; l'heure actuelle la production est fonction de l'effort des ouvriers, et d&#233;forme la r&#233;alit&#233; que tout ouvrier conna&#238;t du reste : &#224; savoir qu'&#224; l'abri du mot d'ordre produire ; lanc&#233; par nos social-chauvins, le patronat sape et sabote la production &#224; travers son principal &#233;l&#233;ment : la main d'&#339;uvre. Le r&#233;gime de surveillance et de surexploitation instaur&#233; (on nous signale des cas d'ouvriers s'effondrant sur leur machine au milieu du travail) ram&#232;ne la classe ouvri&#232;re, malgr&#233; l'existence de &#034;lois sociales&#034; et de la C.G.T., au moins 100 ans en arri&#232;re. A une conf&#233;rence syndicale des usines Citro&#235;n du 15-9, un d&#233;l&#233;gu&#233; ouvrier s'est exprim&#233; ainsi : &#034;Produire ? Aux ouvriers qui avaient fait le maximum, la direction a fait descendre le chronom&#233;treur, et a diminu&#233; les temps (c'est-&#224;-dire le prix du temps n&#233;cessaire &#224; la fabrication d'une pi&#232;ce) ; produire cela nous laisse sceptiques.&#034; Un autre d&#233;clare : &#034;Il n'y a pas de production &#224; cause du nombre de parasites&#034;. Et encore : &#034;Tout en travaillant honn&#234;tement, il est impossible de gagner sa vie&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en tenant compte de cette situation que les ouvriers de l'opposition syndicale (Citro&#235;n), avec l'approbation de tous les ouvriers du rang, ont pos&#233; de la mani&#232;re suivante, la seule r&#233;aliste et conforme aux int&#233;r&#234;ts du pays, le probl&#232;me de la production :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;1&#176; Le journal de la section syndicale officielle affirme que nous travaillons pour produire des ambulances, des cars pour le transport, des camions pour le ravitaillement. Qu'on nous dise : combien d'ambulances sont sorties de chez Citro&#235;n dans le dernier exercice, combien de cars et quelles lignes ont &#233;t&#233; r&#233;tablies gr&#226;ce &#224; l'effort de notre usine ? Dans quelle mesure avons-nous contribu&#233; &#224; l'am&#233;lioration du ravitaillement, et en particulier au ravitaillement de la C.A.P.U.C. qui nous int&#233;resse directement ? Quel est le plan de production de la firme Citro&#235;n ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Car nous savons que jusqu'&#224; ce jour, nous avons surtout travaill&#233; &#224; r&#233;nover des moteurs am&#233;ricains et que les autres commandes sont destin&#233;es &#224; l'arm&#233;e. La Vie Ouvri&#232;re nous indique que 850 camions et 400 tractions-avant pour militaires sont pr&#233;vus pour septembre. D'autre part le programme de fabrication de Citro&#235;n porte sur la voiture touriste dont on &#233;tudie les prototypes actuellement. Nous voudrions conna&#238;tre exactement le r&#244;le de cette voiture dans le rel&#232;vement national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;2&#176; Le journal syndical pr&#233;tend que nous ne travaillons pas pour les profits de M. Boulanger. Nous demandons &#224; la section syndicale, qui par l'interm&#233;diaire du comit&#233; d'entreprise nous dit avoir contact avec tous les groupements de l'automobile, qu'elle nous donne une statistique, ne f&#251;t-ce qu'officielle, des b&#233;n&#233;fices de la firme Citro&#235;n. Qu'elle nous prouve que l'augmentation de notre rendement ne se fera pas au profit de Boulanger !...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Car si les b&#233;n&#233;fices des capitalistes n'augmentent pas, comment expliquer la baisse du standard de vie des ouvriers, l'augmentation des prix du lait, du beurre, du vin, de l'&#233;lectricit&#233;, etc...&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;3&#176; Puisqu'on reproche aux ouvriers les 5+5+5 minutes de perdues dans la journ&#233;e, nous demandons pourquoi il existe dans la r&#233;gion parisienne 75% d'improductifs pour 25% d'ouvriers productifs ? Comment est faite entre les ouvriers existants, la r&#233;partition des heures de travail, et pourquoi demande-t-on aux ouvriers de faire 54 heures pendant qu'il y a encore des ch&#244;meurs ?&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce sont l&#224; des questions pr&#233;cises que les ouvriers peuvent poser pour toutes les branches de production, dans toutes les usines. C'est le meilleur moyen de mettre au pied du mur les fonctionnaires syndicaux bureaucratis&#233;s, les socialo-staliniens, et de d&#233;masquer leur politique anti-ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/09/ldc52_092745.htm#comment&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/09/ldc52_092745.htm#comment&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA CLASSE OUVRIERE SANS DIRECTION REVOLUTIONNAIRE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Affubl&#233; d'une peau de lion, un personnage d'une pi&#232;ce de Shakespeare dit aux spectateurs : &#034;...sous cette peau de lion ce n'est que moi, Snug, le menuisier ; car si j'&#233;tais venu comme un lion irrit&#233; dans ce lieu, ma vie courrait de grands dangers&#034;. Le na&#239;f artisan, qui joue pour la premi&#232;re fois la com&#233;die, craint que son d&#233;guisement ne le mette en danger !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chefs du P.C.F., quoique vieux com&#233;diens nullement na&#239;fs, habitu&#233;s &#224; tromper le public, montrent cependant la m&#234;me crainte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la campagne &#233;lectorale, ils avaient &#8211; en paroles &#8211; rev&#234;tu la peau du lion populaire pour combattre le nouveau Bonaparte et le M.R.P., supp&#244;t de la r&#233;action capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A peine les &#233;lections finies, ils se sont mis &#224; braire, avec leurs &#034;adversaires&#034; de la veille, leur amour pour &#034;du neuf et du raisonnable&#034; cher &#224; De Gaulle, au Monde, au Figaro, et leur reconnaissance au g&#233;n&#233;ral (dans L'Huma du 4 novembre, les &#233;lus staliniens du Conseil g&#233;n&#233;ral de la Seine &#034;renouvellent l'expression de leur confiance et de leur gratitude au g&#233;n&#233;ral De Gaulle&#034;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chefs du P.C.F. ont une peur mortelle que les masses laborieuses, ayant pr&#233;sents &#224; l'esprit non pas leurs reniements r&#233;p&#233;t&#233;s, mais leurs paroles de la veille, les contraignent &#224; lutter effectivement &#034;en lion irrit&#233;&#034; contre Badinguet-De Gaulle, contre le M.R.P., pour la refonte de l'&#233;conomie au service des classes laborieuses, lutte dans laquelle leurs postes, leur tranquillit&#233; de bureaucrates engraiss&#233;s, plus m&#234;me que leur vie, &#034;courraient de grands dangers&#034; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les craintes de Snug sont imaginaires, celles de Thorez ne sont que trop fond&#233;es, car :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; d'une part, la grosse majorit&#233; des 5 millions de votants n'ayant pas encore &#034;compris&#034; les manoeuvres des chefs du P.C.F., patiente actuellement, mais entend voir les actes suivre les paroles ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; d'autre part, un grand nombre d'ouvriers n'ont vot&#233; pour le P.C.F. que pour ne pas voter pour le M.R.P. ou le P.S. ; mais ils sont d&#233;j&#224; conscients qu'ils sont trahis et cherchent une nouvelle direction prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela semble contredit par le fait qu'un Parti qui s'est pr&#233;sent&#233; comme cette nouvelle direction prol&#233;tarienne, le Parti Communiste Internationaliste, n'a recueilli que 8.200 voix dans le premier secteur de Paris. Mais ce Parti est apparu plut&#244;t comme du stalinisme incons&#233;quent, que r&#233;volutionnaire cons&#233;quent. Car, comme le P.C.F., il a particip&#233; au pl&#233;biscite p&#233;tainiste en votant Oui-Non, au lieu d'appeler les ouvriers &#224; le boycotter pour se mobiliser contre le complot de De Gaulle ; comme les chefs du P.C.F., ses dirigeants ont sem&#233; les pires illusions au sujet du Parlement bourgeois en faisant croire que cet instrument d'oppression bourgeois peut &#234;tre transform&#233; en un organe d&#233;mocratique pour les travailleurs ; tout comme les chefs du P.C.F., ils ont dit aux ouvriers que ceux-ci pouvaient contr&#244;ler le Parlement de la bourgeoisie, et comme eux &#233;galement ils ont r&#233;clam&#233; la r&#233;vocabilit&#233; des d&#233;put&#233;s &#233;lus par le suffrage universel, alors que des d&#233;put&#233;s r&#233;vocables &#224; tout instant ne sont possibles que dans un syst&#232;me sovi&#233;tique, celui des Comit&#233;s &#233;lus par les masses en lutte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or, pour dire cela, le &#034;secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral&#034; Thorez a infiniment plus de poids que le &#034;secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral&#034; Demazi&#232;re , du P.C.I. !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peu de voix qui sont all&#233;es au P.C.I. ne d&#233;ment en rien le d&#233;go&#251;t de larges masses prol&#233;tariennes pour la politique du P.C.F. Cela montre seulement que la classe ouvri&#232;re n'a pas encore de nouvelle direction r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;GOUVERNEMENT P.C.F.-P.S.-C.G.T.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'exp&#233;rience &#233;lectorale n'a rien appris au P.C.I.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son organe La V&#233;rit&#233; (le 9-11) appelle &#224; la formation d'un &#034;gouvernement P.C.F., P.S., C.G.T., sans De Gaulle, sans M.R.P., sans Radicaux&#034;, car aux derni&#232;res &#233;lections &#034;le peuple leur a donn&#233; le pouvoir, tout le pouvoir&#034;. Et La V&#233;rit&#233; s'indigne que Thorez et Blum &#034;s'appr&#234;tent &#224; le partager&#034; avec De Gaulle, avec le M.R.P., avec les Radicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le simple bon sens manque &#224; La V&#233;rit&#233; ! Car si on se base sur les derni&#232;res &#233;lections, le M.R.P. a obtenu presque autant de voix que le P.C.F., et, d'autre part, c'est De Gaulle que le pl&#233;biscite a d&#233;sign&#233; comme futur chef du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, pour tout homme dot&#233; de bon sens, c'est chose claire, pour nos &#233;minents tacticiens de La V&#233;rit&#233;, cela para&#238;t trop simple pour &#234;tre vrai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le P.C.I., voulant &#224; tout prix d&#233;guiser de simples &#233;lections parlementaires (qui d&#233;cident seulement &#034;quels seront les repr&#233;sentants des classes poss&#233;dantes qui repr&#233;senteront et opprimeront le peuple au Parlement&#034; -L&#233;nine-) en action &#034;r&#233;volutionnaire&#034;, dit des b&#234;tises : car du r&#233;sultat des derni&#232;res &#233;lections on ne peut tirer d'autres conclusions &#034;radicales&#034; que celles de Thorez : &#034;Il faut tenir compte des volont&#233;s du peuple qui a vot&#233; &#224; gauche, former un gouvernement &#224; majorit&#233; socialiste et communiste&#034;. Et l'exp&#233;rience &#233;lectorale des masses donne raison &#224; Thorez et non &#224; La V&#233;rit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le r&#233;sultat de ces fantaisies est non seulement que les travailleurs n'y comprennent rien, mais, fait aussi grave, elles conduisent aux pires reniements des v&#233;rit&#233;s &#233;l&#233;mentaires du marxisme : &#034;Le peuple leur a donn&#233; le pouvoir (le 21 octobre)&#034; ! Mais pour cela, il faudrait que le peuple poss&#232;de le pouvoir. Serions-nous d&#233;j&#224;, par hasard, sans nous en &#234;tre aper&#231;us en r&#233;gime prol&#233;tarien ? Comme la bourgeoisie, La V&#233;rit&#233; fait passer les &#233;lections du 21 octobre pour l'expression de la &#034;souverainet&#233; du peuple&#034; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, l'appareil &#233;tatique actuel, m&#234;me coiff&#233; de ministres communistes et socialistes, ne peut fonctionner que contre le peuple : exemple le gouvernement Blum soutenu &#034;sans &#233;clipse&#034; par Thorez.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'enseignement principal du marxisme est bas&#233; sur l'exp&#233;rience de la Commune de Paris qui a montr&#233; que le peuple ne peut pas s'emparer du pouvoir en mettant des pr&#233;fets et des ministres &#034;socialistes&#034; &#224; la t&#234;te des organes bureaucratiques de l'Etat bourgeois. Les r&#233;volutions de 1905 et de 1917 en Russie ont fait surgir pour la premi&#232;re fois la nouvelle forme &#233;tatique du pouvoir des masses ouvri&#232;res : les Comit&#233;s (Soviets), &#034;un pouvoir nouveau &#224; la fois centralis&#233; et pleinement d&#233;mocratique, appuy&#233; sur la lutte directe et sur l'immense force des masses travailleuses&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si &#034;le peuple&#034;, en la personne de la classe ouvri&#232;re, concentrait ce pouvoir effectif entre ses mains en face de la puissance bourgeoise (police, corps d'officiers, Parlement, Bourse, etc.), si, &#233;lus comme gouvernement du pouvoir ouvrier des Comit&#233;s, les Thorez et les Blum partageaient ce pouvoir ouvrier avec des bourgeois, dans ce cas, leur dire : prenez tout le pouvoir ! ce serait les mettre au pied du mur et d&#233;montrer aux ouvriers qu'ils livrent &#224; la bourgeoisie le pouvoir que les ouvriers lui ont arrach&#233;. Les ouvriers chercheraient alors des repr&#233;sentants plus d&#233;cid&#233;s, pour maintenir leurs conqu&#234;tes et construire la nouvelle soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, pousser les Partis se r&#233;clamant de la classe ouvri&#232;re dans la gal&#232;re du gouvernement bourgeois, cela ne servirait qu'&#224; r&#233;p&#233;ter l'exp&#233;rience Blum, qui s'est retourn&#233;e contre la classe ouvri&#232;re au profit de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on veut lutter pour un gouvernement ouvrier, il ne faut pas mettre les boeufs derri&#232;re la charrue, c'est-&#224;-dire les Socialistes, les communistes et la C.G.T. derri&#232;re la machine de r&#233;pression de la bourgeoisie. Car en r&#233;gime capitaliste, c'est &#224; elle que les masses ont toujours affaire, quel que soit le gouvernement (&#034;le gouvernement passe, la police reste&#034;) ; mais il faut mettre les boeufs devant la charrue, c'est-&#224;-dire atteler les Partis ouvriers au nouveau pouvoir des Comit&#233;s ouvriers. Cela s'appelle Gouvernement des Comit&#233;s ouvriers et paysans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soi-disant mot-d'ordre &#034;P.C., P.S., C.G.T. au pouvoir&#034; sur la base d'&#233;lections contr&#244;l&#233;es par la bourgeoisie n'est qu'un coup de sabre dans l'eau.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;QUE VEULENT LES OUVRIERS ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manier des mots d'ordre sans contr&#244;ler les sentiments v&#233;ritables de la classe ouvri&#232;re, faire appel aux &#233;tiquettes jaunies du P.C.F., du P.S. et de la C.G.T. pour mobiliser celle-ci, c'est faire montre d'un manque complet de liaison avec les masses ouvri&#232;res : les ouvriers n'ont plus confiance ni dans les &#233;tiquettes, ni dans les promesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons le mot d'ordre de &#034;nationalisation&#034; ; l&#224; o&#249; on n'a pas expliqu&#233; aux ouvriers que les nationalisations actuelles ne sont qu'un mensonge, les ouvriers craignent les &#034;nationalisations&#034;, car ils ont constat&#233; que dans les usines &#034;nationalis&#233;es&#034;, le seul changement, c'est qu'ils ont en plus de la garde-chiourme habituelle les dirigeants syndicaux sur leur dos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; leur attitude vis-&#224;-vis des Partis, la conclusion la plus r&#233;pandue est celle-ci : &#034;Tous trahissent ! Ceux qui sont fid&#232;les &#233;tant en minorit&#233;, trahiront quand ils deviendront eux-m&#234;mes des dirigeants.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Que doit-on r&#233;pondre, sans aucun embellissement de la v&#233;rit&#233;, aux travailleurs qui commencent &#224; perdre tout espoir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;En effet, il est toujours possible que des d&#233;put&#233;s &#034;ouvriers&#034;, une fois &#233;lus au Parlement bourgeois, trahissent ceux qui les ont &#233;lus. Mais si les travailleurs organisent leur propre &#034;Parlement ouvrier ;, c'est-&#224;-dire un Conseil de d&#233;put&#233;s ouvriers, paysans, soldats, d'usine, de quartiers, de village et de r&#233;giment, ils peuvent exercer un contr&#244;le permanent sur leurs &#233;lus et remplacer imm&#233;diatement ceux dont les actes ne correspondent pas &#224; leurs paroles. Les Comit&#233;s ; leur donneraient le moyen non seulement de mettre &#224; l'&#233;preuve les Partis, mais de choisir de nou-veaux repr&#233;sentants qui se r&#233;v&#233;leraient dans la lutte ouvri&#232;re comme les plus clairvoyants et les plus d&#233;vou&#233;s. Les Comit&#233;s ; aboutiraient ainsi non seulement au contr&#244;le, mais &#224; un renouvellement total du personnel politique ouvrier qui, actuellement, sabote la lutte ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela signifie-t-il de la part des ouvriers un effort mille fois plus grand que pendant les &#233;lections, et de tous les jours ? Oui ! Mais les travailleurs ne peuvent pas renoncer &#224; lutter sans se condamner &#224; une existence de plus en plus mis&#233;rable. Et ne font-ils pas au service de la bourgeoisie des sacrifices infiniment plus grands que ceux exig&#233;s pour leur &#233;mancipation politique et sociale ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cette lutte, la conscience de millions de prol&#233;taires s'&#233;l&#232;vera au niveau des t&#226;ches &#224; r&#233;soudre. Et sur la base de ses conqu&#234;tes, le prol&#233;tariat sovi&#233;tique de France et du monde sera d&#233;finitivement ma&#238;tre de son destin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs conscients profiteront de toutes les luttes ouvri&#232;res pour d&#233;montrer ces v&#233;rit&#233;s aux ouvriers et sur la base d'une exp&#233;rience nouvelle qu'ils feront acqu&#233;rir &#224; tous les travailleurs ils les conduiront VERS LE GOUVERNEMENT DES COMITES D'OUVRIERS ET DE PAYSANS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/11/ldc54_111445.htm#gouvernement&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/11/ldc54_111445.htm#gouvernement&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Plus de deux cent ans de trahisons syndicales...</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article9440</link>
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		<dc:date>2026-02-28T23:39:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karob, Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ve Strike</dc:subject>
		<dc:subject>Manifestation</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicalism - le syndicalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Cheminots</dc:subject>
		<dc:subject>SNCF</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte de classes - Class struggle</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes, Auto-organisation, Comit&#233;s, Conseils ouvriers, Coordinations, Assembl&#233;es interprofessionnelles, Soviet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les directions syndicales : conciliation, n&#233;gociation, compromission, manipulation, trahison, complicit&#233; avec l'ennemi, fausses d&#233;clarations de victoire, accord avec patrons et gouvernements capitalistes dans le dos des gr&#233;vistes et des salari&#233;s, refus de toute d&#233;cision d&#233;mocratique dans les luttes, rejet de toute auto-organisation des travailleurs, d&#233;tournement de r&#233;volutions, mille et une formes de la collaboration entre classes sociales aux int&#233;r&#234;ts oppos&#233;s... &lt;br class='autobr' /&gt;
1914 &lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle victoire de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique95" rel="directory"&gt;10- SYNDICALISME ET AUTO-ORGANISATION DES TRAVAILLEURS - SYNDICALISM AND SELF-ORGANISATION OF WORKERS &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve Strike&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Manifestation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot110" rel="tag"&gt;Syndicalism - le syndicalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot224" rel="tag"&gt;Cheminots&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot232" rel="tag"&gt;SNCF&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot278" rel="tag"&gt;Lutte de classes - Class struggle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot280" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, Auto-organisation, Comit&#233;s, Conseils ouvriers, Coordinations, Assembl&#233;es interprofessionnelles, Soviet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les directions syndicales : conciliation, n&#233;gociation, compromission, manipulation, trahison, complicit&#233; avec l'ennemi, fausses d&#233;clarations de victoire, accord avec patrons et gouvernements capitalistes dans le dos des gr&#233;vistes et des salari&#233;s, refus de toute d&#233;cision d&#233;mocratique dans les luttes, rejet de toute auto-organisation des travailleurs, d&#233;tournement de r&#233;volutions, mille et une formes de la collaboration entre classes sociales aux int&#233;r&#234;ts oppos&#233;s...&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1914&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quelle victoire de la gauche politique et syndicale ! En 1914, d&#232;s la d&#233;claration de guerre, la CGT (avec le parti socialiste) a int&#233;gr&#233; l'union sacr&#233;e au nom du patriotisme et de la d&#233;fense du territoire contre l'agression militaire allemande. Et c'est sur ce mensonge de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, que l'ancien syndicat r&#233;volutionnaire d'action directe et antimilitariste est pass&#233; dans le camp de la bourgeoisie, contribuant &#224; envoyer sans difficult&#233; le peuple travailleur aller mourir en masse dans la pire boucherie de la premi&#232;re guerre inter-imp&#233;rialiste, tuant d'embl&#233;e le caract&#232;re de classe, prol&#233;tarien et anti-collaboration du syndicalisme en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'union sacr&#233;e en 1914&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17164 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH282/union-sacree-carte-postale-image-02701.jpg?1785034927' width='500' height='282' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17166 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/4-novembre-1915-1500x965.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH322/4-novembre-1915-1500x965-9c21e.jpg?1785034927' width='500' height='322' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17169 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/unionsacree-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH713/unionsacree-2-76670.jpg?1785034927' width='500' height='713' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17174 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH325/668px-union-sacree-carte-postale-4942d.jpg?1785034927' width='500' height='325' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La CGT fait siens les buts de guerre de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17170 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH661/la_bataille_syndicaliste___quotidienne__bpt6k67646122-8571a-34708-6e0e3.jpg?1785034927' width='500' height='661' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17171 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/la_bataille_syndicaliste___quotidienne__bpt6k67646263-4b2ca.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH682/la_bataille_syndicaliste___quotidienne__bpt6k67646263-4b2ca-549e3.jpg?1785034927' width='500' height='682' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Jouhaux, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT, signe l'union sacr&#233;e...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17165 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/71x3lob6dql__ac_uf894_1000_ql80_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH754/71x3lob6dql__ac_uf894_1000_ql80_-13776.jpg?1785034927' width='500' height='754' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17167 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH378/274492_0-8548a.jpg?1785034927' width='500' height='378' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17168 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L268xH188/sans_titre-19-835f1.jpg?1785034927' width='268' height='188' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1936&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quelle victoire de la gauche politique et syndicale parvenue au gouvernement en pleine mont&#233;e des luttes sociales et antifascistes ! Ils ont r&#233;ussi &#224; bloquer une gr&#232;ve ouvri&#232;re spontan&#233;e massive qui s'&#233;tait d&#233;clench&#233;e sans eux, qu'ils &#233;taient parvenus &#224; bloquer dans le secteur public o&#249; ils &#233;taient le plus forts. Ils ont fait reprendre le travail apr&#232;s des accords &#224; Matignon avec patrons et gouvernement. Les occupations d'usine sont termin&#233;es. Le grand capital est sauv&#233; ! L'Etat capitaliste aussi et il va pouvoir reprendre sa marche vers le fascisme et la guerre, momentan&#233;ment interrompue par l'offensive ouvri&#232;re. Il y a vraiment de quoi f&#233;liciter le front populaire des partis de gauche et des syndicats&#8230; du moins pour la grande bourgeoisie !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17151 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/cb1f0aa7a90865eca2611f6dab3eca.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH281/cb1f0aa7a90865eca2611f6dab3eca-6170e.jpg?1785034927' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_17149 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/page_18_journal.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH333/page_18_journal-4cace.jpg?1785034927' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17154 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH355/victoiresurlamisere-9ac5a.jpg?1785034927' width='500' height='355' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17150 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/le_populaire_journal-revue_hebdomadaire__parti_socialiste_bpt6k8223221_1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH342/le_populaire_journal-revue_hebdomadaire__parti_socialiste_bpt6k8223221_1-902ce.jpg?1785034928' width='500' height='342' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1945&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quelle victoire de la gauche politique et syndicale ! Apr&#232;s avoir cautionn&#233; les massacres imp&#233;rialistes de la deuxi&#232;me guerre mondiale, du c&#244;t&#233; des imp&#233;rialismes &#171; alli&#233;s &#187;, ils ont pu participer au gouvernement pour y imposer la paix imp&#233;rialiste contre tout risque r&#233;volutionnaire, imposer aussi tous les sacrifices pour le peuple travailleur trimant pour gagner une mis&#232;re, en reconstruisant le grand capital au nom de la reconstruction de la France ! Le syndicalisme ainsi transform&#233; devient le principal ennemi des gr&#232;ves et la chiourme des travailleurs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17160 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L302xH163/frachon_krasu-d8225.jpg?1785034928' width='302' height='163' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17162 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L250xH197/benoit_frachon__la_bataille_de_la_production__1946-c87d7.jpg?1785034928' width='250' height='197' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17161 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/particommuniste1945.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH331/particommuniste1945-44d47.jpg?1785034928' width='500' height='331' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17173 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/webp/p27-croizat_ven-2.webp' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/webp&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/IMG/webp/p27-croizat_ven-2.webp?1768831119' width=&#034;1200&#034; height=&#034;763&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1968&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quelle victoire de la gauche politique et syndicale ! La CGT, qui a tout fait pour freiner la mont&#233;e des luttes, est contrainte de prendre le train en marche et d'organiser sans la vouloir, sans y appeler m&#234;me, une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. C'est pour mieux la trahir en signant les accords de Grenelle avec patronat et gouvernement et en imposant la reprise du travail. La gauche politique et syndicale a pr&#233;tendu ainsi arriver &#224; la victoire par les urnes mais c'est le contraire qui s'est produit&#8230; Les syndicats, par la suite, vont continuer &#224; faire croire que c'est par les &#233;lections bourgeoises que l'on peut changer la politique gouvernementale, pas par la lutte des classes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17153 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L350xH246/06_questions_sociales_image-06d08-7be90-8e4e0-e7230.jpg?1785034928' width='350' height='246' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17155 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/rv-133967-9jpg.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH486/rv-133967-9jpg-b9228.jpg?1785034928' width='500' height='486' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_17175 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH331/50628_-_georges-seguy-re_sultats-ne_gociations-grenelle-travailleurs-renault-boulogne-billancourt-27-mai-1968-98d02.jpg?1785034928' width='500' height='331' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Georges S&#233;guy, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT siffl&#233; par les ouvriers de Renault &#224; Billancourt parce qu'il appelle &#224; la reprise du travail...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1981&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quelle victoire de la gauche politique et syndicale ! C'est r&#233;ussi. Elle arrive au gouvernement par les &#233;lections, pas par la lutte sociale. Et elle y g&#232;re les affaires de la bourgeoisie, en d&#233;truisant les luttes ouvri&#232;res avec une efficacit&#233; accrue par le soutien (au pouvoir) des syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17177 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L277xH182/sans_titres-5-458bf.jpg?1785034928' width='277' height='182' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17176 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L275xH183/sans_titredj-54385.jpg?1785034928' width='275' height='183' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17178 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/png/9-illust6-gourguechon-1981-la-gauche-au-pouvoir-et-le-syndicalisme-qui-assiste-ou-regarde-1024x759.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH371/9-illust6-gourguechon-1981-la-gauche-au-pouvoir-et-le-syndicalisme-qui-assiste-ou-regarde-1024x759-4c580.jpg?1785034928' width='500' height='371' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Et ensuite... collaboration, n&#233;gociation, trahison, syndicalisme de participation...&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quelle victoire de la gauche politique et syndicale ! Depuis, les syndicats ont men&#233; de nombreuses luttes, notamment des grandes gr&#232;ves, qu'elles soient nationales comme les retraites ou concernent seulement les cheminots ou d'autres cat&#233;gories professionnelles. Toutes ont &#233;t&#233; tromp&#233;es, d&#233;tourn&#233;es, us&#233;es et finalement&#8230; perdues. Pendant ce temps, les syndicats ont men&#233; une lutte permanente et acharn&#233;e pour&#8230; combattre l'auto-organisation des travailleurs, combattant tout particuli&#232;rement la tentative des Gilets jaunes et aussi celle du 10 septembre 2025&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17122 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/cul_et_chemise_004-0ffa6-2-1b6d1-efa59.jpg?1785034928' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17123 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L298xH191/sarkozy_thibault-1-52adf-3-321b6-0b325.jpg?1785034928' width='298' height='191' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17124 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L265xH190/images-126-09942.jpg?1785034928' width='265' height='190' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17157 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/090875142764-web-tete.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH281/090875142764-web-tete-a1841.jpg?1785034928' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17158 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/png/1507623696-screenshot-2017-10-10-10-18-18-1-4.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH663/1507623696-screenshot-2017-10-10-10-18-18-1-4-3d8dd.jpg?1785034928' width='500' height='663' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17159 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/png/1507623703-screenshot-2017-10-10-10-18-21-1-5.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH778/1507623703-screenshot-2017-10-10-10-18-21-1-5-70b3c.jpg?1785034928' width='500' height='778' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17134 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/321698475_865467117878631_7546873617227031164_n.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH500/321698475_865467117878631_7546873617227031164_n-0d3e8.jpg?1785034928' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17125 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/539229764_1092464929738680_1717173425606584843_n-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/539229764_1092464929738680_1717173425606584843_n-2-d46d8.jpg?1785034928' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17126 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/547217144_1103976761920830_8138205808295781835_n-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/547217144_1103976761920830_8138205808295781835_n-2-7d5ad.jpg?1785034928' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17127 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/549248454_1107245154927324_3720546162781874810_n.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/549248454_1107245154927324_3720546162781874810_n-52286.jpg?1785034928' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17129 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/png/1000017165-2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000017165-2-3efdb.jpg?1785034928' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17130 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/img_histoire_cfdt2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH277/img_histoire_cfdt2-d1419.jpg?1785034928' width='500' height='277' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17135 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/maxresdefault-30.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH281/maxresdefault-30-00cb9.jpg?1785034928' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17136 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/maxresdefaults-3.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH281/maxresdefaults-3-809a3.jpg?1785034928' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17137 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/544635924_1100115078973665_4310104698810230531_n-59ca4.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/544635924_1100115078973665_4310104698810230531_n-59ca4-2dec3.jpg?1785034928' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17138 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/544761756_1100071218978051_8605648764075740576_n-ca1c0.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/544761756_1100071218978051_8605648764075740576_n-ca1c0-52357.jpg?1785034928' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17139 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/1000017085-326b3.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000017085-326b3-5b842.jpg?1785034928' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17140 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/1000017165-f27a3.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000017165-f27a3-82313.jpg?1785034928' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17141 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/1000017166-fbd2a.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000017166-fbd2a-44384.jpg?1785034928' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17144 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/1000017500-7779c.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000017500-7779c-56771.jpg?1785034928' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17145 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/affiche_politique_de_mobilisation_enthousiaste-2-fd26d.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/affiche_politique_de_mobilisation_enthousiaste-2-fd26d-6226a.jpg?1785034928' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Autrefois... avant 1914... il existait des syndicats r&#233;volutionnaires de la CGT qui pratiquaient l'action directe et se proposaient de renverser le capitalisme...&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_17131 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L336xH500/ew3g9qdxkaktaqu-1-d82b2.jpg?1785034928' width='336' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17132 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/web_syndicat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH315/web_syndicat-9c4c1.jpg?1785034928' width='500' height='315' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17133 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L400xH594/r320102103-2-f1c8a.jpg?1785034928' width='400' height='594' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Plus de deux cent ans de trahisons syndicales&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_17121 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH705/upload_2016-5-14_2-14-8-eb8ef-8b4cc-4f42d.jpg?1785034928' width='500' height='705' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat : il n'y a plus de vrais syndicats mais des bureaucraties d'Etat qui d&#233;tournent de la lutte de classes une partie des forces militantes du prol&#233;tariat...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17120 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH568/de2169_c6ee9e805a064e16b31897b2b260c755_mv2-f16f5.jpg?1785034928' width='500' height='568' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17156 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/webp/6481d6a6-les-syndicats-depeuplent-s-enrichissent.webp' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/webp&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/IMG/webp/6481d6a6-les-syndicats-depeuplent-s-enrichissent.webp?1768713389' width=&#034;1760&#034; height=&#034;1200&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats n'ont plus vraiment besoin des cotisations des salari&#233;s pour fonctionner : l'argent de l'Etat et des grandes entreprises leur suffit largement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17146 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L300xH303/26c420e2-1cea-11e1-a535-80face76c131-d1dc4-e3e2f.jpg?1785034928' width='300' height='303' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17147 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH404/6472584_1-af31f-a07e1.jpg?1785034929' width='500' height='404' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17148 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L350xH283/4ea7588e-1cec-11e1-a535-80face76c131-2c5f3-5d500.jpg?1785034929' width='350' height='283' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quelle victoire de la gauche politique et syndicale ! Les syndicats ne d&#233;pendent plus des salari&#233;s pour faire vivre leurs appareils bureaucratiques. Ce sont les grands patrons et l'Etat qui les financent. Sauf que, s'ils ne parviennent pas &#224; encadrer les luttes, si le mouvement de la base s'auto-organise en assembl&#233;es souveraines, d&#233;cisionnelles, si elles &#233;lisent des comit&#233;s, si ceux-ci se f&#233;d&#232;rent, alors leur r&#244;le est fini et patrons et Etat cesseront de les financer&#8230; C'est pour cela qu'ils font de temps en temps semblant de suivre la radicalisation des salari&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1914-2025 : 210 ans de trahison des directions syndicales en France et notamment de la CGT&#8230; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avertissement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article ne contient que des critiques des directions syndicales, ce qui ne signifie pas un m&#233;pris du syndicalisme ni des syndicalistes. A Voix des Travailleurs, nous sommes pour le syndicalisme mais pas n'importe lequel : le syndicalisme r&#233;volutionnaire d'action directe et qui s'impose de ne diriger des actions des salari&#233;s que si elles sont d&#233;cid&#233;es par les travailleurs eux-m&#234;mes, si ce sont eux qui en ont d&#233;cid&#233; les buts, les m&#233;thodes, les moyens et les perspectives, qui ont tent&#233; de se doter non seulement d'assembl&#233;es d&#233;cisionnelles mais aussi ont &#233;lu des comit&#233;s ou des conseils pour diriger leurs luttes. Nous sommes pour un syndicalisme de lutte de classes, ce qui signifie non seulement le refus du syndicalisme de concertation, de compromissions, de n&#233;gociations, de participations aux organismes d'Etat, de complicit&#233; avec les grands patrons et les gouvernants, mais aussi le refus du nationalisme pro-imp&#233;rialiste, pro-colonial et le d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire face &#224; la mont&#233;e guerri&#232;re. Les militants syndicalistes qui respectent cela sont nos camarades et nous esp&#233;rons construire l'avenir prol&#233;tarien avec eux. Les dirigeants syndicaux, qui prennent leurs d&#233;cisions en dehors des travailleurs et s'en servent pour pactiser avec nos ennemis, font partie de nos adversaires. Tout le r&#233;cit qui suit rapporte comment ils ont maintes fois menti, propos&#233; de fausses perspectives, tromp&#233; les travailleurs et sauv&#233; les patrons et leurs gouvernements. Militants syndicalistes honn&#234;tes, tirez des le&#231;ons du pass&#233; et cessez de confier l'avenir des luttes &#224; ceux qui les ont fait &#233;chouer, rompez avec les bureaucrates syndicaux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, il ne suffit pas de dire que les directions syndicales trahissent pour comprendre comment les travailleurs ont pu &#234;tre tromp&#233;s et les luttes battues. Il faut dire aussi que les organisations politiques de la gauche, de la gauche de la gauche, social-d&#233;mocrates ou staliniennes et m&#234;me la fausse extr&#234;me gauche opportuniste ont contribu&#233; &#224; les tromper. Il faut dire aussi que la classe ouvri&#232;re a ses propres faiblesses, ses d&#233;fauts, ses divisions. Et aussi qu'une fraction de celle-ci, dite aristocratie ouvri&#232;re, est la base des appareils syndicaux et cautionne leurs tromperies.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1914 : la m&#232;re de toutes les guerres et de toutes les&#8230; trahisons &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re guerre mondiale, c'est la pire trahison de toute l'histoire du mouvement ouvrier&#8230; C'est la base de toutes les autres. La CGT antimilitariste et r&#233;volutionnaire est pass&#233;e de l'autre c&#244;t&#233; de la barricade et de la tranch&#233;e sociale, du c&#244;t&#233; des exploiteurs et des massacreurs, comme le parti socialiste. Il faut cependant pr&#233;ciser que ni l'un ni l'autre, ni le syndicat, ni le parti, n'avaient jamais d&#233;fendu la v&#233;ritable position r&#233;volutionnaire prol&#233;tarienne face &#224; la guerre : la strat&#233;gie du d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire selon laquelle le prol&#233;tariat des pays imp&#233;rialiste doit lutter pour&#8230; la d&#233;faite de &#171; son &#187; propre pays, de &#171; sa &#187; classe dirigeante, de &#171; son &#187; Etat, de &#171; son &#187; arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats participent &#224; l'union sacr&#233;e des classes poss&#233;dantes pour imposer la boucherie de la premi&#232;re guerre mondiale&#8230; Le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT L&#233;on Jouhaux, affirme qu'il hait la guerre, qu'elle est meurtri&#232;re et imp&#233;rialiste, mais&#8230; qu'il participera &#224; l'union sacr&#233;e et qu'il soutiendra &#224; fond la mobilisation et l'arm&#233;e fran&#231;aise du moment que la guerre est d&#233;clar&#233;e. Il affirme qu'il fera tout pour convaincre le peuple travailleur de la faire ! Il fait voter la direction de la CGT dans le m&#234;me sens. En &#233;change de quoi, le gouvernement suspend la menace d'arrestation contre les militants syndicalistes de la CGT (carnet B) et n'envoie pas les dirigeants mod&#233;r&#233;s au front. Les plus antimilitaristes seront imm&#233;diatement envoy&#233;s au front pour y mourir de mort &#171; naturelle &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s l'envoi par le ministre de l'Int&#233;rieur d'un t&#233;l&#233;gramme aux pr&#233;fets les engageant &#224; se pr&#233;parer &#224; l'arrestation des militants d&#233;sign&#233;s dans le &#171; carnet B &#187;, le comit&#233; conf&#233;d&#233;ral national de la CGT renia ses engagements. Le lendemain 1er ao&#251;t, il affirma que la conf&#233;d&#233;ration devait &#171; n&#233;gliger toutes ses d&#233;cisions contre la guerre &#187;. Ce n'est pas le moment, expliquaient ses dirigeants, &#171; d'effrayer par des d&#233;clarations incendiaires tous ceux qui sont partisans de la paix (...) Il faut remiser les d&#233;cisions antimilitaristes des congr&#232;s conf&#233;d&#233;raux et signer toutes les d&#233;clarations du Parti socialiste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#233;change de cet immense service rendu, les socialistes Marcel Sembat et Jules Guesde entr&#232;rent dans le gouvernement d'&#171; Union sacr&#233;e &#187;. Un troisi&#232;me, Albert Thomas, fut peu apr&#232;s ministre de l'Armement. L&#233;on Blum devint chef de cabinet dans un minist&#232;re. D'autres re&#231;urent des responsabilit&#233;s dans l'appareil d'&#201;tat, loin de l'enfer des tranch&#233;es de Verdun et des obus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie avait besoin de ces dirigeants et de leurs appareils pour encha&#238;ner les masses ouvri&#232;res &#224; sa guerre, car elle savait ce que celle-ci signifierait en termes d'aggravation des conditions de travail et de vie pour ceux qui resteraient &#224; l'arri&#232;re, et de morts pour ceux qui iraient au front. Il fallait &#244;ter au prol&#233;tariat tous les moyens de relever la t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Petit historique de cette capitulation syndicale devant la guerre imp&#233;rialiste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1909&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Victor Griffuehles, secr&#233;taire de&lt;br class='autobr' /&gt;
la CGT syndicaliste r&#233;volutionnaire depuis 1901, est victime d'une machination. Accus&#233; de mauvaise gestion, il d&#233;missionne en juillet 1909. Le passage au r&#233;formisme se pr&#233;pare&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1912&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#232;ve &#171; contre la guerre &#187; men&#233;e par la CGT en France&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1913&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Episode aujourd'hui oubli&#233;, les casernes fran&#231;aises ont &#233;t&#233; touch&#233;es, en mai 1913, par une forte agitation. En cause : le refus de la loi de trois ans de service militaire, pi&#232;ce ma&#238;tresse de la militarisation du pays &#224; la veille de la Grande Guerre. L'&#233;v&#233;nement va provoquer une r&#233;pression furieuse contre les mutins, mais aussi contre les syndicalistes r&#233;volutionnaires et les anarchistes, accus&#233;s d'avoir foment&#233; les troubles. C'est &#233;galement le point de d&#233;part d'une crise ouverte &#224; la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1914&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 janvier. Cr&#233;ation de la f&#233;d&#233;ration des gauches &#224; l'initiative de Briand, Barthou, Jean Dupuy, Klotz, Millerand pour rassembler la gauche mod&#233;r&#233; en vue des prochaines &#233;lections. Briand en est &#233;lu pr&#233;sident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25-28 janvier. XIe congr&#232;s national du PS-SFIO tenu &#224; Amiens (tactique &#233;lectorale).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27 f&#233;vrier. Manifestation contre la guerre &#224; Paris, &#224; l'appel de l'UD de la Seine de la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 juin. Ren&#233; Viviani, socialiste ind&#233;pendant, devient pr&#233;sident du Conseil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14-16 juillet. Congr&#232;s extraordinaire du PS-SFIO (ch&#244;mage, vie ch&#232;re, gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale contre la guerre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au congr&#232;s de Paris (juillet 1914), contre Jean Jaur&#232;s et Vaillant, Gustave Herv&#233; repoussa avec Jules Guesde l'id&#233;e de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale contre la guerre. &#171; Lorsque j'ai d&#233;fendu l'insurrection, d&#233;clara-t-il, je pensais pouvoir compter sur des insurrectionnels, et je me suis aper&#231;u qu'il n'y en aurait point le jour d'une d&#233;claration de guerre. &#187; (Les F&#233;d&#233;rations socialistes III, p. 301).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27 juillet. A l'appel de l'Union des syndicats de la Seine, les ouvriers manifestent contre la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30 juillet. Manifestations ouvri&#232;res dans de nombreuses villes fran&#231;aises. Heurts avec la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;31 juillet. Assassinat de Jean Jaur&#232;s par Raoul Villain. Le lendemain, l'ordre de mobilisation g&#233;n&#233;rale est proclam&#233; : la Premi&#232;re Guerre mondiale commence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 ao&#251;t. Obs&#232;ques de Jean Jaur&#232;s. Dans son discours, L&#233;on Jouhaux annonce le ralliement de la CGT &#224; l'Union sacr&#233;e. Le groupe parlementaire socialiste vote &#224; l'unanimit&#233; les cr&#233;dits de guerre et l'&#233;tat de si&#232;ge restreignant les libert&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alfred Rosmer rapporte :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le 4 ao&#251;t 1914, on pouvait lire sur les murs de Paris une belle affiche blanche annon&#231;ant l'initiative du gouvernement du &#171; secours national &#187;. Jusque l&#224; rien d'extraordinaire. Mais ce qui l'&#233;tait, c'&#233;tait la collection de noms composant le Comit&#233; charg&#233; d'administrer ce Secours National : tous les hauts dignitaires de la bourgeoisie, archev&#234;que, grand-rabbin, acad&#233;miciens, industriels, banquiers&#8230; puis L&#233;on Jouhaux, secr&#233;taire de la CGT et Bled, secr&#233;taire de l'Union des Syndicats de la Seine. Il y avait encore L&#233;pine, l'ancien pr&#233;fet de police, matraqueur d'ouvriers et Charles Maurras, un des vrais responsables de l'assassinat de Jaur&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 4 ao&#251;t 1914, L&#233;on Jouhaux, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT ex-anarchosyndicaliste, sur la tombe de Jean Jaur&#232;s, pr&#233;tend exprimer le sentiment de &#171; la classe ouvri&#232;re au c&#339;ur meurtri &#187; en rejetant la responsabilit&#233; de la guerre sur les empereurs et les aristocraties d'Allemagne et d'Autriche-Hongrie. Les ouvriers deviennent des &#171; soldats de la libert&#233; &#187; appel&#233;s &#224; d&#233;fendre la patrie o&#249; naquit l'id&#233;al r&#233;volutionnaire. Jouhaux, secr&#233;taire autrefois &#171; r&#233;volutionnaire &#187; de la CGT d&#233;clare &#224; l'enterrement de Jaur&#232;s que &#171; ce n'est pas la haine du peuple allemand qui nous poussera sur les champs de bataille, c'est la haine de l'imp&#233;rialisme allemand ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La Bataille syndicaliste &#187;, organe de la CGT, &#233;crit en ao&#251;t 1914 : &#171; contre le droit du poing, contre le militarisme germanique, il faut sauver la tradition d&#233;mocratique et r&#233;volutionnaire de la France.&#8221; &#8220;Partez sans regret, camarades ouvriers qu'on appelle aux fronti&#232;res pour d&#233;fendre la terre fran&#231;aise. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 14 ao&#251;t, l'article de Jouhaux affirme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Profitons-en&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &#8230;L'Allemagne est pr&#233;sentement bloqu&#233;e, son commerce maritime s'est en partie arr&#234;t&#233; ! Pourquoi notre marine marchande, coop&#233;rant avec celle de l'Angleterre, ne reprendraient-elles pas &#224; leur profit une partie du travail allemand qui ne se fait plus ? Ce serait une premi&#232;re victoire, et d'une importance qui ne peut &#233;chapper &#224; personne&#8230; Il faut profiter de toutes les situations&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 16 ao&#251;t, dans Bataille Syndicaliste, Jouhaux &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il convient de louer sans r&#233;serves la classe ouvri&#232;re de notre pays pour l'admirable force de volont&#233; dont elle fait preuve pr&#233;sentement. Avec une ma&#238;trise incomparable d'elle-m&#234;me, elle refoule int&#233;rieurement les douleurs et les angoisses qui &#233;treignent sa chair meurtrie pour ne laisser apercevoir au monde &#233;tonn&#233; qu'un inalt&#233;rable sang-froid&#8230; Assur&#233; du lendemain, ne souffrant pas dans sa dignit&#233; d'hommes, le travailleur est capable de supporter sto&#239;quement les plus grands chocs moraux. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le dimanche 23 ao&#251;t, Jouhaux crie victoire : il est rejoint dans son patriotisme guerrier par le syndicaliste r&#233;volutionnaire italien Alceste de Ambris alors que le peuple italien refuse massivement l'entr&#233;e en guerre :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Un r&#233;confort nous vient &#224; l'heure m&#234;me o&#249; commence &#224; se jouer le plus formidable drame guerrier que l'esprit humain ait jamais pu concevoir. D'apr&#232;s un communiqu&#233; qu'on lira plus bas, notre ami De Ambris s'est courageusement affirm&#233; en notre faveur&#8230; Notre geste a &#233;t&#233; compris par nos amis r&#233;volutionnaires de tous les pays&#8230; Nous avons le droit de souhaiter ardemment la victoire&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 25 ao&#251;t, l'&#233;ditorial de Jouhaux de Bataille Syndicaliste :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les trois int&#233;r&#234;ts principaux du moment : national, patronal et ouvrier. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me jour, le m&#234;me journal &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le Matin insinue que le recul de nos troupes en Lorraine serait le fait d'excitations antimilitaristes. Sur quoi s'appuie Le Matin pour faire semblable insinuation ? Aucun fait, aucun document officiel ne vient appuyer son affirmation mensong&#232;re&#8230; Les organis&#233;s n'ont jamais fait preuve de l&#226;chet&#233;. En toutes occasions, ils ont su montrer un courage qui &#233;merveillait leurs adversaires&#8230; Courageux hier, les r&#233;volutionnaires le restent aujourd'hui. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 ao&#251;t. Les socialistes Jules Guesde et Marcel Sembat entrent dans le gouvernement Viviani d'Union sacr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9 septembre. Cr&#233;ation d'un Comit&#233; d'action entre le PS-SFIO et la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;cembre. Pierre Monatte d&#233;missionne du CCN de la CGT pour protester contre l'orientation de la direction conf&#233;d&#233;rale. Il imprime et diffuse sa lettre de d&#233;mission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6831&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6831&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7207&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7207&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7354&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7354&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8176&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8176&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3109&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3109&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1914-1915&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La minorit&#233; r&#233;volutionnaire de la CGT ne se rallie pas &#224; la guerre imp&#233;rialiste d&#233;nonce l'union sacr&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1914/12/monatte_19141200.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1914/12/monatte_19141200.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/cgt/works/1915/08/cgt_19150815c.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/cgt/works/1915/08/cgt_19150815c.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1917-1919 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats ne d&#233;noncent pas les offensives meurtri&#232;res et les fusill&#233;s pour l'exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ne se rallient pas &#224; la r&#233;volution russe d'Octobre et &#224; la r&#233;volution prol&#233;tarienne en Europe, laissant les travailleurs russes isol&#233;s face aux imp&#233;rialismes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, ils trahissent la mont&#233;e r&#233;volutionnaire en France &#224; l'apr&#232;s-guerre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4831&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4831&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8387&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8387&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1919/09/monatte_19190917.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1919/09/monatte_19190917.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1920&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats trahissent la gr&#232;ve des cheminots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.unioncommunistelibertaire.org/Fevrier-1920-La-grande-greve-du-rail-ebranle-la-CGT&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.unioncommunistelibertaire.org/Fevrier-1920-La-grande-greve-du-rail-ebranle-la-CGT&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La minorit&#233; r&#233;volutionnaire des syndicats est un peu h&#233;sitante &#224; faire de la politique r&#233;volutionnaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1920/07/lt19200731.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1920/07/lt19200731.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1921 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les syndicalistes r&#233;volutionnaires sont encore minoritaires &#224; la CGT&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6049&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6049&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/rosmer/works/1921/10/lille.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/rosmer/works/1921/10/lille.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1922&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve du Havre est trahie...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve341&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve341&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PC (pas encore PCF mais section fran&#231;aise de l'Internationale Communiste SFIC) n'est pas pour autant un parti r&#233;volutionnaire de combat de classe et sa politique syndicale n'est pas non plus r&#233;volutionnaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1922/12/lt19221202.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1922/12/lt19221202.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1923&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;CGT et CGTU scissionnent en se disant pour ou contre la Russie des soviets&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/lozovsky/1923/04/cgt-cgtu.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/lozovsky/1923/04/cgt-cgtu.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1923/00/monatte_19230000.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1923/00/monatte_19230000.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1925&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Direction du PCF et de la CGTU s'affichent seulement r&#233;volutionnaires en fa&#231;ade&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/ogi/1925/10/ogi_19251025.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/ogi/1925/10/ogi_19251025.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1927-1930&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La stalinisation du PCF et de la CGTU et la chasse aux oppositionnels, trotskistes ou autres, commence&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3263&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3263&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1934 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La classe ouvri&#232;re se mobilise pour donner un coup d'arr&#234;t &#224; la mont&#233;e fasciste en France mais les syndicats la freinent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7538&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7538&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve190&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve190&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1935&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La CGT propose son plan &#224;&#8230; la bourgeoisie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1935/04/lt19350405.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1935/04/lt19350405.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mensonges du plan de la CGT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article152&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article152&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1936 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le front populaire, dont les syndicats font partie, cassent la mont&#233;e vers la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qui a &#233;clat&#233; spontan&#233;ment, emp&#234;chent les fonctionnaires de s'y joindre, font reprendre le travail, arr&#234;ter les occupations d'usines et brisent la perspective r&#233;volutionnaire, ouvrant la porte &#224; la marche &#224; la guerre et au fascisme. Il faut savoir terminer une gr&#232;ve clament PCF et CGT qui appuient le gouvernement de front populaire contre la menace de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1351&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1351&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article525&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article525&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article622&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article622&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article795&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article795&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1003&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1003&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1349&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1349&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7814&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7814&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7670&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7670&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7751&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7751&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT signe les accords Matignon avec le patronat et le gouvernement pour arr&#234;ter la gr&#232;ve ouvri&#232;re avec occupation des usines qui menace de se transformer en r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i04281854/benoit-frachon-et-lambert-ribot-sur-les-accords-de-matignon-de-1936&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i04281854/benoit-frachon-et-lambert-ribot-sur-les-accords-de-matignon-de-1936&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 14 mai, les ouvriers m&#233;tallurgistes de l'usine Bloch se mettent en gr&#232;ve. Ils occupent l'usine nuit et jour. Les gens du voisinage leur apportent vivres et encouragements. La direction de l'usine c&#232;de d&#232;s le lendemain, accordant aux gr&#233;vistes une augmentation de salaire et des cong&#233;s pay&#233;s. Dans les jours qui suivent, d'autres mouvements de gr&#232;ve se produisent dans le pays, et obtiennent, eux aussi, gain de cause. Ces premi&#232;res victoires captent l'attention de l'ensemble de la classe ouvri&#232;re. Blum, qui s'efforce de rassurer les milieux capitalistes quant &#224; la &#171; mod&#233;ration &#187; de ses intentions, est effray&#233; par l'ampleur que prend le mouvement. Il appelle les travailleurs &#224; la patience, c'est-&#224;-dire &#224; l'inaction. En vain. Le 26 mai, toutes les usines du secteur automobile &#8211; dont les 35 000 ouvriers de l'usine Renault &#8211; et de l'aviation du d&#233;partement de la Seine se mettent en gr&#232;ve. La direction de la CGT, r&#233;unifi&#233;e depuis le mois de mars, sous la direction de L&#233;on Jouhaux, n'est pour rien dans le d&#233;clenchement du mouvement, qui s'&#233;tend rapidement aux autres industries, y compris aux ouvriers du b&#226;timent qui travaillent sur les chantiers de l'Exposition Internationale. Jouhaux incite les travailleurs &#224; reprendre le travail, mais ne parvient pas &#224; emp&#234;cher l'extension du mouvement. Au-del&#224; des travailleurs industriels, le mouvement de gr&#232;ve gagne des couches de la classe ouvri&#232;re jusqu'alors inorganis&#233;es et inertes, mais souvent tr&#232;s durement exploit&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les signes du r&#233;veil r&#233;volutionnaire de la classe ouvri&#232;re se multiplient. Le 24 mai, lors de la manifestation traditionnelle de comm&#233;moration de la Commune de Paris, au P&#232;re Lachaise, le nombre de manifestants &#8211; qui ne d&#233;passait pas, ordinairement, quelques centaines &#8211; avoisine les 600 000 ! Des militaires venus d'une caserne de Versailles portaient une banderole o&#249; &#233;tait &#233;crit : &#171; La soldatesque versaillaise de 1871 assassina la Commune. Les soldats de Versailles de 1936 la vengeront ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs r&#233;clament des garanties de salaire minimum, la semaine de 40 heures (au lieu de 48), la majoration des heures suppl&#233;mentaires et des cong&#233;s pay&#233;s. Nuit et jour, ils occupent les lieux du travail, tiennent des piquets de gr&#232;ve, cr&#233;ent des comit&#233;s veillant &#224; l'application des d&#233;cisions collectives et &#224; la protection de l'outil de travail contre des actes de sabotage ou de malveillance. Le 31 mai, Le Temps, porte-parole de la classe capitaliste, constate avec horreur &#171; l'ordre qui r&#232;gne dans les usines &#187;. Les travailleurs se comportent, dit le journal, &#171; comme si les usines leur appartenaient d&#233;j&#224; &#187;. Le 4 juin, &#224; la veille de l'entr&#233;e en fonction du nouveau gouvernement, les gr&#232;ves s'&#233;tendent &#224; pratiquement toutes les industries, et commencent &#224; paralyser l'&#233;conomie nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e comme celle de 1936 porte la lutte des classes &#224; un niveau qui pose directement la question du pouvoir. Comme le disait Trotsky : &#171; C'est clairement l'union des opprim&#233;s contre leurs oppresseurs &#187;. Par sa nature m&#234;me, la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale oblige la classe ouvri&#232;re &#224; instaurer son contr&#244;le direct des moyens de production et &#224; assumer progressivement les fonctions de l'Etat. Par l'action vigoureuse des travailleurs, une situation r&#233;volutionnaire se cr&#233;e dans laquelle prend corps &#8211; sous une forme embryonnaire &#8211; le futur Etat socialiste. Cette menace contre l'existence m&#234;me du capitalisme &#233;tait en contradiction compl&#232;te avec la collaboration de classe incarn&#233;e par le Front Populaire. La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale effrayait non seulement la classe capitaliste et ses repr&#233;sentants &#224; la t&#234;te du Parti Radical, mais aussi les architectes &#171; socialistes &#187; et &#171; communistes &#187; du Front Populaire. Thorez avait insist&#233; pour qu'aucune atteinte ne soit pas port&#233;e &#224; la propri&#233;t&#233; capitaliste &#8211; et voil&#224; que les ouvriers s'emparaient directement de cette propri&#233;t&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les appels au calme, &#224; la mod&#233;ration et &#224; la reprise du travail, de la part des dirigeants de la CGT, de Blum et de Thorez, restent d'abord sans effet. Thorez insiste sur le fait que la situation &#171; n'est pas r&#233;volutionnaire &#187;, et met les travailleurs en garde contre le danger de &#171; jouer le jeu du fascisme &#187;. Mais les travailleurs ne tiennent pas compte des consignes de leurs &#171; dirigeants &#187;. Lorsque Blum envoie le dirigeant syndical communiste Henri Reynaud, accompagn&#233; de Jules Moch (secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du gouvernement), pour obtenir des gr&#233;vistes une livraison de mazout n&#233;cessaire aux boulangers de la capitale, ils reviennent les mains vides, les ouvriers n'ayant m&#234;me pas voulu leur ouvrir la porte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 6 juin, le nombre de gr&#233;vistes s'&#233;l&#232;ve &#224; plus de 500 000. Le 7 juin, il s'approche du million. Le patronat craint que la poursuite du mouvement de gr&#232;ve n'aboutisse &#224; une r&#233;volution et &#224; la fin de la propri&#233;t&#233; capitaliste. Pris de panique, et pour aider les dirigeants de la CGT &#224; mettre un terme au mouvement, le gouvernement Blum organise des n&#233;gociations &#224; l'H&#244;tel Matignon, le 7 juin. Quand ils sont sous la menace de tout perdre, les capitalistes font toujours de concessions, quitte &#224; les reprendre plus tard, lorsque la menace est &#233;cart&#233;e. C'est dans cet &#233;tat d'esprit que le patronat, repr&#233;sent&#233; par la CGPF, aborde les n&#233;gociations de Matignon. Blum tente de limiter les concessions faites en mati&#232;re salariale, qui sont finalement de l'ordre de 7 &#224; 12% dans le secteur priv&#233;. Le patronat conc&#232;de &#233;galement la semaine de 40 heures et 2 semaines de cong&#233;s pay&#233;s, ainsi que le principe des accords collectifs et de nouveaux droits syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son discours &#224; la Chambre des D&#233;put&#233;s, Blum se dit &#171; fier &#187; des accords de Matignon, mais souligne ce que tout le monde sait d&#233;j&#224; : &#171; La crise n'est pas termin&#233;e &#187;. Il faut rapidement promulguer les lois concernant les r&#233;formes promises. &#171; Nous sommes, vous le savez, Messieurs, dans des circonstances o&#249; chaque heure compte. &#187; En effet, les accords de Matignon ne mettent pas fin au mouvement de gr&#232;ve, et ne permettent pas de r&#233;tablir l'autorit&#233; des dirigeants socialistes, communistes et syndicaux. Bien au contraire, les gr&#232;ves redoublent d'intensit&#233;. La CGT a vu le nombre de ses adh&#233;rents s'accro&#238;tre dans des proportions in&#233;dites : elle passe d'un million &#224; 5 300 000. Les m&#233;tallurgistes de la r&#233;gion parisienne refusent les accords et votent la poursuite de la gr&#232;ve. Le nombre de gr&#233;vistes augmente non seulement dans l'industrie et le commerce, mais aussi en milieu rural, o&#249; des milliers d'ouvriers agricoles occupent les grandes fermes. A Paris et dans de nombreuses villes de province, des caf&#233;s, des h&#244;tels et des restaurants sont occup&#233;s par les salari&#233;s. Ici et l&#224; commencent &#224; &#233;merger des organisations comparables aux soviets de la r&#233;volution russe. Par exemple, le 8 juin, dans l'usine Hotchkiss, &#224; Levallois, dans la banlieue nord-ouest de Paris, une assembl&#233;e regroupant les d&#233;l&#233;gu&#233;s de 33 usines des environs vote une r&#233;solution demandant l'&#233;lection d'un &#171; comit&#233; central de gr&#232;ve &#187; Le 11 juin, toutes les principales industries de Paris et du d&#233;partement de la Seine sont en gr&#232;ve, et une nouvelle assembl&#233;e de 587 d&#233;l&#233;gu&#233;s repr&#233;sentant 243 usines de la r&#233;gion parisienne se tient dans la capitale. Le nombre total de gr&#233;vistes, m&#234;me selon les chiffres du gouvernement, s'approche de 1 200 000. Blum met des troupes et des gardes mobiles en alerte, pr&#234;ts &#224; marcher sur Paris pour r&#233;primer la gr&#232;ve, et ne cesse de r&#233;p&#233;ter que son gouvernement fera respecter &#171; l'ordre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs se heurtent sans cesse aux directions de leurs propres organisations, qui veulent toutes d&#233;fendre la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et faire en sorte que cesse le mouvement de gr&#232;ve. Le 11 juin, Thorez s'adresse aux m&#233;tallurgistes. Il les met en garde contre le risque, selon lui, d'effrayer la petite bourgeoisie et de briser le Front Populaire, en &#171; aggravant le d&#233;sordre &#187;. &#171; Il faut savoir consentir aux transactions, il faut savoir terminer une gr&#232;ve &#187;, dit-il, car &#171; l'heure de la r&#233;volution n'est pas venue. &#187; De nouveaux secteurs de la classe ouvri&#232;re, comme par exemple les employ&#233;es des grands magasins de Paris, se lancent dans la lutte au lendemain de l'intervention de Thorez qui, pourtant, cherchait &#224; y mettre un terme. Cependant, au cours des deux semaines suivantes, du fait du comportement tra&#238;tre des dirigeants des organisations syndicales et politiques des travailleurs, le mouvement de gr&#232;ve finit par s'&#233;puiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1003&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1003&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est la gr&#232;ve, c'est le rassemblement au grand jour des opprim&#233;s contre les oppresseurs, c'est le d&#233;but classique de la r&#233;volution &#187; a &#233;crit Trotsky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des milliers d'ouvriers &#171; anonymes &#187; sortent du rang, &#233;lus par leurs camarades, ils se font organisateurs, orateurs, parlent haut et fort au patron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En quelques jours, tout a chang&#233; : les opprim&#233;s prennent conscience de leur force, de la puissance de l'unit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la gr&#232;ve est aussi pleine d'illusions : illusions dans les dirigeants ouvriers, illusions dans le fait que la puissance du mouvement, l'occupation des usines, suffisent... La victoire est au bout, contre les patrons et leur gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La C.G.T. s'efforce de reprendre le contr&#244;le du mouvement. Elle appelle &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale l&#224; o&#249; elle est d&#233;j&#224; d&#233;clench&#233;e : dans les mines du Nord et du Pas-de-Calais ; dans le b&#226;timent. Les dirigeants de la C.G.T. courent apr&#232;s le mouvement pour tenter de le &#171; coiffer &#187;, de le canaliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en ces termes que le comit&#233; r&#233;gional du Nord et du Pas-de-Calais des mineurs appelle &#224; la gr&#232;ve : &#171; Pour maintenir l'ordre et le calme, et faciliter la t&#226;che du gouvernement... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement ? Quel gouvernement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;galement, le gouvernement Sarraut doit continuer son &#171; action &#187; jusqu'&#224; ce que la Chambre ait accord&#233; l'investiture au gouvernement que doit former L&#233;on Blum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 4 juin, Sarraut remet sa d&#233;mission au pr&#233;sident de la R&#233;publique, Lebrun, qui imm&#233;diatement supplie L&#233;on Blum de constituer son gouvernement pour se mettre au travail. Blum proteste : il faut respecter les usages et la Constitution, et convoquer la Chambre pour obtenir l'investiture...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Lebrun insiste : l'heure n'est pas &#224; ce l&#233;galisme. Le 4 juin &#224; 18 h 15, le minist&#232;re Blum est constitu&#233;. Salengro, ministre de l'Int&#233;rieur, et Lebas, ministre du Travail, entrent imm&#233;diatement en fonctions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; A ce moment, dans la bourgeoisie et en particulier dans le monde patronal, on me consid&#233;rait, on m'attendait comme un sauveur. Les circonstances &#233;taient si angoissantes, on &#233;tait si pr&#232;s de quelque chose qui ressemblait &#224; la guerre civile, qu'on n'esp&#233;rait plus que dans une sorte d'intervention providentielle, je veux dire l'arriv&#233;e au pouvoir de l'homme auquel on attribuait sur la classe ouvri&#232;re un pouvoir suffisant de persuasion pour qu'il lui f&#238;t entendre raison et qu'il la d&#233;cid&#226;t &#224; ne pas user, &#224; ne pas abuser de sa force. &#187; (L&#233;on Blum au proc&#232;s de Riom.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s la pr&#233;sentation du gouvernement, Lebrun entra&#238;ne L&#233;on Blum &#224; l'&#233;cart et lui demande d'intervenir imm&#233;diatement &#224; la radio : &#171; Dites-leur que le Parlement va se r&#233;unir, que d&#232;s qu'il sera r&#233;uni vous allez lui demander le vote rapide et sans d&#233;lai de lois sociales... Ils vous croiront et alors peut-&#234;tre le mouvement s'arr&#234;tera-t-il ? &#187; (L&#233;on Blum au proc&#232;s de Riom.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 5 juin, Blum s'adresse par trois fois aux gr&#233;vistes : le gouvernement n'a toujours pas &#171; eu le temps &#187; d'obtenir l'investiture de la Chambre. C'est l'ill&#233;galit&#233; au service des int&#233;r&#234;ts de... la l&#233;galit&#233; du profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 6 et 7 juin, la gr&#232;ve gagne la plupart des villes de province, les &#171; cols blancs &#187; se joignent aux travailleurs manuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La panique du grand patronat est directement proportionnelle avec l'ampleur du mouvement ; oui, Trotsky a raison : la r&#233;volution fran&#231;aise a commenc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce point, Lebrun, Blum, Thorez, Daladier, Jouhaux, sont d'accord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc enrayer le processus, faire rentrer la gr&#232;ve, faire accepter &#224; la classe ouvri&#232;re qu'elle reprenne la vie quotidienne, respecte la propri&#233;t&#233;, la l&#233;galit&#233;, l'ordre bourgeois. En un mot, c&#233;der quelque chose pour &#233;viter le pire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les accords Matignon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Conf&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale de la production fran&#231;aise (anc&#234;tre du C.N.P.F.) n'y va pas par quatre chemins. Vendredi 5 au matin, Alexandre Lambert-Ribot, d&#233;l&#233;gu&#233; g&#233;n&#233;ral du Comit&#233; des Forges, coll&#232;gue de Blum au Conseil d'Etat, le fait pr&#233;venir qu'il souhaite lui parler. Lambert-Ribot d&#233;clare au chef du gouvernement que la C.G.P.F. d&#233;sire que &#171; sans perdre une minute &#187; soit organis&#233;e une rencontre entre repr&#233;sentants des syndicats et ceux du patronat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout va aller tr&#232;s vite. Le 7 juin, &#224; 15 heures, L&#233;on Blum, Jouhaux, Frachon, Belin, Serrat, Cordier, Milain pour la C.G.T. Duchemin, Richemond, Dalbonge, Lambert-Ribot pour la C.G.P.F. s'assoient &#224; la table des n&#233;gociations...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re discussion dure jusqu'&#224; 20 heures. Puis reprend &#224; 23 heures. A 0h40, l' &#171; accord Matignon &#187; est sign&#233; et communiqu&#233; &#224; la presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ils ont c&#233;d&#233; sur tous les points &#187;, dira Frachon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non. Mais pour maintenir la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production, pour maintenir l'ETAT, pour &#233;viter l'explosion, l'affrontement direct &#224; un niveau sup&#233;rieur entre les masses ouvri&#232;res et le grand capital, le patronat &#171; l&#226;che &#187; en cette journ&#233;e plus qu'en trente ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats sont loin d'&#234;tre n&#233;gligeables :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#233;tablissement imm&#233;diat de contrats collectifs de travail ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;reconnaissance du droit de se syndiquer - majoration des salaires de 7 &#224; 15 %&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les revendications arrach&#233;es n'ont rien de commun avec les formules creuses du programme de Front populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le patronat conc&#232;de des revendications consid&#233;rables pour conserver l'essentiel : la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production. Les tendances fondamentales du mouvement des masses vont vers l'appropriation des moyens de production. Spontan&#233;es mais confuses, elles trouvent &#231;&#224; et l&#224; une expression plus claire. Les m&#233;tallos sont &#224; l'avant-garde du mouvement. C'est eux qui d&#233;gagent le plus clairement la tendance du mouvement. Un d&#233;l&#233;gu&#233; de Rateau d&#233;clare : &#171; Les camarades sauront bien organiser le travail sans les patrons. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers de l'a&#233;ronautique proposent &#224; Cot, ministre de l'Air, de nationaliser les usines d'armement et d'en prendre le contr&#244;le direct.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#233;vistes se tournent vers &#171; leurs &#187; ministres du Front populaire en disant : &#171; Nous sommes pr&#234;ts ! Donnez les consignes, les directives, nous agirons. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Usines occup&#233;es, grands magasins, banques, compagnies d'assurances, le temple du profit, la Bourse elle-m&#234;me, est menac&#233;e par la gr&#232;ve...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Signe de la profondeur de la crise : la police est atteinte dans son &#171; moral &#187;. L'Etat bourgeois dont elle est une composante va-t-il tenir ? Comme toujours en ces cas-l&#224;, elle perd sa superbe, son assurance, sa certitude d'&#234;tre la force, donc le droit. Elle se sent &#171; plus pr&#232;s du peuple &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les accords Matignon sont salu&#233;s par la presse des organisations et partis ouvriers comme une formidable victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Humanit&#233; titre : &#171; La victoire est acquise. &#187; Le Populaire &#233;crit : &#171; Victoire ! Victoire ! Les patrons ont capitul&#233; !... Les patrons ? Quels patrons ? Tous ! [...] Victorieux, les ouvriers peuvent reprendre le travail... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 8, Jouhaux d&#233;clare &#224; la radio, apr&#232;s avoir analys&#233; la port&#233;e des &#171; accords &#187; : &#171; Dans chaque entreprise la gr&#232;ve doit cesser si le patron d&#233;clare adh&#233;rer &#224; l'accord du 7 juin [...]. La C.G.T. s'est formellement engag&#233;e &#224; favoriser ce processus d'apaisement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs en gr&#232;ve comprennent que ce que le patronat l&#226;che t&#233;moigne de sa peur de perdre beaucoup plus, sinon tout. Mais les accords Matignon sont l'accord de la trahison, le n&#339;ud coulant que l'on veut passer autour de la gorge de la classe ouvri&#232;re pour faire cesser la gr&#232;ve. Les travailleurs en ont l'intuition : ils refusent de cesser la gr&#232;ve, de reprendre le travail, la vie quotidienne de l'exploitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement la gr&#232;ve ne cesse pas, mais de nouvelles corporations vont entre le 7 et le 12 juin entrer dans l'action, encourag&#233;es par les accords sign&#233;s &#224; Matignon. Dans le Nord, le Midi, en Afrique du Nord, des centaines de milliers de prol&#233;taires faites passent &#224; l'action, &#171; relevant &#187; ceux qui rentrent dans la r&#233;gion parisienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la banlieue, les m&#233;tallos ren&#226;clent. Confus&#233;ment, la classe ouvri&#232;re sent qu'elle peut aller plus loin. Le mardi 9 juin, 700 d&#233;l&#233;gu&#233;s des usines en gr&#232;ve se r&#233;unissent salle Mathurin-Moreau. Les dirigeants de la C.G.T. demandent aux travailleurs de se prononcer sur la fin de la gr&#232;ve : les d&#233;l&#233;gu&#233;s interviennent et exigent que toutes leurs revendications - d&#233;passant l'accord de Matignon - soient honor&#233;es !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;tallos ne reprendront pas le travail : la C.G.T. s'incline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 10 juin, apr&#232;s avoir enregistr&#233; le refus de, patrons, la C.G.T. fait son compte rendu devant une nouvelle assembl&#233;e de d&#233;l&#233;gu&#233;s : la col&#232;re gronde et les travailleurs commencent &#224; envisager une manifestation de rue...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils d&#233;cident de continuer la gr&#232;ve : la CGT s'incline &#224; nouveau...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 11, apr&#232;s de nouvelles n&#233;gociations, o&#249; le patronat recule, nouvelle assembl&#233;e pr&#233;sid&#233;e par Frachon. Malgr&#233; les concessions enregistr&#233;es, les d&#233;l&#233;gu&#233;s exigent au nom de leurs camarades que toutes les traites soient pay&#233;es. Les m&#233;tallos ne c&#232;dent pas, malgr&#233; les appels de Frachon et d'Henaff. Certains d&#233;l&#233;gu&#233;s reprennent les propositions d'organiser une manifestation pour &#171; descendre sur Paris &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 12, le patronat c&#232;de sur tous les points.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, malgr&#233; les illusions, les incertitudes de la classe ouvri&#232;re, Trotsky a-t-il raison d'&#233;crire : &#171; La r&#233;volution fran&#231;aise a commenc&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thorez : &#171; Il faut savoir terminer une gr&#232;ve &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis sa fondation en 1921, le parti communiste fran&#231;ais a connu jusqu'en 1934 bien des vicissitudes, Au moment de la scission, il &#233;tait largement majoritaire et comptait plus de 100 000 membres. En revanche, la C.G.T.U., n&#233;e de la scission que l'appareil r&#233;formiste avait impos&#233;e afin le courant r&#233;volutionnaire ne devienne majoritaire, &#233;tait rest&#233;e minoritaire. La politique tour &#224; tour opportuniste, puis sectaire et aventuriste, que l'I.C. stalinis&#233;e devait imposer jusqu'en 1934 au P.C.F. l'avait r&#233;duit &#224; quelque dix &#224; vingt mille adh&#233;rents en 1933, la C.G.T.U. n'&#233;tant plus qu'un squelette. 1934 va voir se modifier cette tendance. Si la grande masse des travailleurs regarde du c&#244;t&#233; de la S.F.I.O., si celle-ci voit cro&#238;tre ses effectifs, si par milliers les ouvriers d'avant-garde y entrent et cherchent &#224; se constituer en courant r&#233;volutionnaire, aux yeux des masses l'U.R.S.S. reste le pays de la r&#233;volution d'Octobre, l'I.C. et le P.C.F. ses repr&#233;sentants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fur et &#224; mesure o&#249; de 1934 &#224; 1936 s'affirme la marche &#224; la crise r&#233;volutionnaire, les masses et les militants se tournent de plus en plus nombreux vers le parti qui leur semble &#234;tre celui de la r&#233;volution. De 1934 &#224; 1936, le P.C.F. reconstitue son cadre militant. Il reste minoritaire par rapport au P.S., mais ce sont d&#233;j&#224; plusieurs dizaines de milliers de militants qui le rejoignent. Ils vont &#234;tre les cadres organisateurs des couches profondes et d&#233;cisives du prol&#233;tariat en mouvement en juin 1936.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Lefranc, les effectifs du P.S. et du P.C.F. &#233;voluent de la fa&#231;on suivante : &#171; En avril 1936, les effectifs de la S.F.I.O. d&#233;passent ceux de la S.F.I.C. (114 000 contre 106 000). En mai 1936, la S.F.I.O. est distanc&#233; : elle compte 127 000 adh&#233;rents contre 131 000 au parti communiste. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les mois suivants, la S.F.I.O. atteindra 200 000 adh&#233;rents environ. Au comit&#233; central du 22 f&#233;vrier 1937, la direction du P.C.F. affirme son parti est pass&#233; de 80 000 adh&#233;rents au congr&#232;s de Villeurbanne en janvier 1936 &#224; 220 000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une grande masse de travailleurs adh&#232;rent &#224; la section fran&#231;aise de la III&#176; Internationale, voyant dans le P.C.F. le parti h&#233;ritier de la r&#233;volution d'Octobre, de L&#233;nine, du combat pour le socialisme. Les masses le chargent de leurs espoirs, de leurs esp&#233;rances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nature du P.C.F. n'est pas identique &#224; celle de la S.F.I.O. L'un et l'autre sont des partis ouvriers. bourgeois contre-r&#233;volutionnaires. Mais la S.F.I.O. est directement li&#233;e &#224; sa bourgeoisie, au syst&#232;me imp&#233;rialiste. Le P.C.F. d&#233;pend enti&#232;rement de la bureaucratie du Kremlin : il est un rouage de son appareil international, et c'est par sa m&#233;diation qu'il est li&#233; &#224; l'imp&#233;rialisme au maintien du capitalisme, de l'ordre bourgeois international. Les masses, malgr&#233; sa politique, sentent que ce parti n'est pas identique &#224; la vieille S.F.I.O.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le P.C.F. ne participe pas au gouvernement de L&#233;on Blum, il se borne a le soutenir. Ce qui contribue &#224; le faire appara&#238;tre comme un parti &#171; diff&#233;rent &#187; de la S.F.I.O. pass&#233;e depuis 1914 du c&#244;t&#233; de l'ordre bourgeois avec toute la social-d&#233;mocractie internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, en r&#233;alit&#233;, c'est le P.C.F. qui va en 1936 s'opposer le plus f&#233;rocement, le plus directement, et d&#233;j&#224; le plus efficacement, au mouvement des masses, &#224; leurs aspirations r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thorez prononce en 1936 toute une s&#233;rie de discours au cours desquels il &#171; tend la main aux catholiques et aux Croix-de-Feu &#187;. Le 6 ao&#251;t, il concr&#233;tise au cours d'un discours au gymnase Huyghens ce que cela signifie, il appelle &#224; la &#171; consti&#172;tution du Front des Fran&#231;ais &#187; de Thorez &#224; Paul Reynaud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Malheureusement, nos partenaires du Front populaire n'accept&#232;rent pas nos propositions du Front des Fran&#231;ais, et il fallut les retirer &#187;, &#233;crit Jacques Duclos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est encore Thorez qui m&#232;ne l'offensive, au premier rang, contre le processus r&#233;volutionnaire en cours ; c'est que la pouss&#233;e des masses place les militants du P.C.F. dans les entreprises dans une situation contradictoire : suivre le bureau politique qui freine les gr&#232;ves et les occupations, ou les masses qui combattent et cherchent une direction, et se tournent naturellement vers les militants du P.C.F., consid&#233;r&#233;s comme des militants d'un parti r&#233;volutionnaire. A. Ferrat, ancien dirigeant des J.C., membre du C.C., proteste contre la politique suivie depuis le pacte d'unit&#233; d'action de 1934 et propose au C.C. que le P.C.F. prenne la t&#234;te des mouvements pour d&#233;passer le Front populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ferrat ne fait qu'exprimer de mani&#232;re assez confuse la position de nombreux militants du rang qui esp&#232;rent que le processus r&#233;volutionnaire engag&#233; par des millions d'ouvriers ira jusqu'&#224; son terme : la prise du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. Ferrat est imm&#233;diatement exclu du P.C.F. Thorez, Duclos, Frachon, Gitton, ne badinent pas avec la d&#233;fense de l' &#171; ordre social &#187;, c'est-&#224;-dire l'ordre du profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;ponse au c&#233;l&#232;bre article de Marceau Pivert &#171; Tout est possible &#187;, Marcel Gitton &#233;crit dans L'Humanit&#233; du 26 mai : &#171; Tout n'est pas possible [...]. Il n'est nullement question de chambardement ni d'anarchie [...]. Non ! Non ! Marceau Pivert, il n'est pas question pour le gouvernement de demain d' &#034;op&#233;rations chirurgicales&#034;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les positions sont claires, la puissance du mouvement, le d&#233;bordement de la C.G.T. conduisent Maurice Thorez, lors du rassemblement des militants du P.C.F. au gymnase Jean-Jaur&#232;s &#224; Paris, &#224; pr&#233;ciser la politique contre-r&#233;volutionnaire dict&#233;e par Moscou : &#171; Notre but reste le pouvoir des soviets, mais ce n'est pas pour ce soir, ni pour demain matin [...]. Alors, il faut savoir terminer une gr&#232;ve d&#232;s que satisfaction a &#233;t&#233; obtenue. Il faut m&#234;me savoir consentir un compromis si toutes les revendications n'ont pas encore &#233;t&#233; accept&#233;es, mais que l'on a obtenu la victoire sur les plus essentielles des revendications. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reprenant &#171; en main &#187; les militants qui se laissent aller aux &#171; tendances gauchistes &#187;, Thorez prend l'exemple des m&#233;tallos parisiens. Il jette toute la force du P.C.F., aur&#233;ol&#233; de la gloire du parti de la r&#233;volution victorieuse en U.R.S.S. dans la lutte contre la r&#233;volution montante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le lendemain de ce c&#233;l&#232;bre discours, un mot d'ordre, revient dans tous les discours, toutes les interventions des dirigeants du P.C.F. : &#171; Il faut savoir terminer une gr&#232;ve... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'offensive contre les masses est men&#233;e par les dirigeants du P.C.F., en liaison avec le gouverne. ment de Front populaire, qui le 12 juin au soir fait saisir &#224; l'imprimerie le journal des trotskystes Lutte ouvri&#232;re qui titre : &#171; Dans les usines et dans les rues, le pouvoir aux ouvriers. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 12 juin, le groupe parlementaire radical fait savoir par Daladier qu'il est &#171; tr&#232;s inquiet &#187; devant les &#233;v&#233;nements. Le gouvernement enregistre, et engage des poursuites contre les dirigeants trotskystes. Salengro affirme que le cas &#233;ch&#233;ant, l'ordre sera maintenu par la force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7814&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7814&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;En pr&#244;nant la &#034;paix sociale&#034;, l'unit&#233; fran&#231;aise&#034;, les Blum, les Thorez, les Jouhaux, chacun &#224; sa fa&#231;on et tous ensemble, ont d&#233;sarm&#233; la classe ouvri&#232;re. Ils l'ont livr&#233;e, pieds et poings li&#233;s, &#224; un adversaire impatient de prendre sa revanche. (...) le plus n&#233;faste a &#233;t&#233; de faire accroitre aux travailleurs que le gouvernement de Front Populaire &#224; direction socialiste et active participation radicale &#233;tait, en quelque sorte, leur gouvernement. Comme l'a soulign&#233; Trotsky, les ouvriers furent incapables de reconna&#238;tre l'ennemi, car on l'avait d&#233;guis&#233; en ami. leurs chefs entour&#232;rent le pouvoir bourgeois d'un &#233;cran qui dissimula sa v&#233;ritable nature, le rendit m&#233;connaissable, donc invuln&#233;rable. (...) Ce gouvernement providentiel sera, en r&#233;alit&#233;, un gouvernement d&#233;bile. &#201;cartel&#233; entre des masses encore relativement turbulentes (malgr&#233; tous les appels &#224; la &#034;concorde&#034; lanc&#233;s &#224; leur seule adresse) et un patronat d&#233;cid&#233; &#224; sabrer les conqu&#234;tes sociales, il ne disposera d'aucun appui vraiment stable, et il en sera r&#233;duit &#224; pratiquer un perp&#233;tuel jeu de bascule : maintenir le contact avec les masses, tout en freinant leur &#233;lan ; rechercher le soutien des groupes capitalistes les moins r&#233;actionnaires, mais en subissant leurs conditions (...) La retraite op&#233;r&#233;e sous le drapeau du front Populaire s'ach&#232;vera en une &#233;crasante d&#233;faite. Mais, la dialectique des luttes sociales &#233;tant complexe, cette &#233;volution ne sera ni rectiligne ni unilat&#233;rale. Pendant toute une p&#233;riode, la classe ouvri&#232;re continuera, dans une certaine mesure, &#224; aller de l'avant. Elle se d&#233;mystifiera. Elle consolidera son organisation, ses points d'appui, ses syst&#232;mes de solidarit&#233;. elle poursuivra son recrutement, atteignant le chiffre record de cinq millions de syndiqu&#233;s. Elle r&#233;agira avec vigueur contre les coups que lui porteront, tant&#244;t la r&#233;action, tant&#244;t les fascistes. Elle n'h&#233;sitera pas &#224; recourir, en maintes occasions, le plus souvent malgr&#233; ses mauvais bergers, &#224; l'arme de la &#034;gr&#232;ve sur le tas&#034;. (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ordre lanc&#233; par Maurice Thorez, le 11 juin, d'en terminer avec les gr&#232;ves n'avait &#233;t&#233; que tr&#232;s incompl&#232;tement suivi. Pendant la seconde quinzaine de juin et tout le mois de juillet, les &#034;gr&#232;ves sur le tas&#034; continu&#232;rent &#224; faire boule de neige. Apr&#232;s l'accalmie du mois d'ao&#251;t, pendant lequel l'application des cong&#233;s pay&#233;s provoqua, pour la premi&#232;re fois, la fermeture de nombreuses entreprises, les &#034;occupations&#034; reprirent de plus belle. (...) le ministre de l'Int&#233;rieur, le socialiste Salengro, avait jur&#233; d'y mettre un terme &#034;par tous les moyens appropri&#233;s&#034;. (...) Le 7 octobre, Blum passa des g&#233;missements aux actes : deux cent cinquante gardiens de la paix forc&#232;rent la porte de la Chocolaterie des Gourmets, rue Violet, &#224; paris, et, apr&#232;s une dure bagarre, en expuls&#232;rent les &#034;occupants&#034;. (...) Au d&#233;but de juin 1937, la crise financi&#232;re s'est aggrav&#233;e (...) ,Blum annonce soudain qu'il d&#233;missionne et passe la main au radical Camille Chautemps. (...) Le 2&#034; d&#233;cembre 1937, &#224; Colombes, la gigantesque usine Goodrich fut occup&#233;e par son tr&#232;s nombreux personnel. (...) Le 30, &#224; l'aube, le camarade Max Dormoy, toujours ministre de l'Int&#233;rieur, fit encercler l'entreprise par six cents gardes mobiles, avec mission de d&#233;loger les gr&#233;vistes. (...) En fin de journ&#233;e, quelque trente mille ouvriers, accourus, entouraient le &#034;fort&#034; Goodrich. (...) les sbires de Dormoy durent battre en retraite. Mais les staliniens de l'Union des Syndicats de la r&#233;gion parisienne, Eug&#232;ne H&#233;naff en t&#234;te, exig&#232;rent, le 9 janvier, le respect d'une sentence arbitrale de compromis, qui &#233;quivalait &#224; une capitulation.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daniel Gu&#233;rin dans &#034;Le Front Populaire, r&#233;volution manqu&#233;e&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1530&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1530&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'en 1940, la politique capitularde des syndicats&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1360&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1360&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1938&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Trahison syndicale de la gr&#232;ve Goodrich&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1326&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1326&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation est pr&#233;r&#233;volutionnaire ou pr&#233;contre-r&#233;volutionnaire en France, mais les syndicats n'essaient nullement &#224; la faire basculer vers la lutte prol&#233;tarienne. Les dirigeants syndicaux ont aussi peur d'une nouvelle mont&#233;e vers la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale que les bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7076&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7076&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1939&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La CGTU stalinienne, aux c&#244;t&#233;s du PCF, soutient le pacte germano-sovi&#233;tique. Les militants qui sortaient de la politique d'alliance avec la bourgeoisie nationale au nom de l'anti-fascisme, sont d&#233;moralis&#233;s et d&#233;boussol&#233;s. La bourgeoisie en profite pour r&#233;primer les militants ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3681&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3681&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/09/lt04091939.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/09/lt04091939.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1939&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;PCF et CGT reconnaissent les int&#233;r&#234;ts imp&#233;rialistes de la France aux colonies&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1939/04/barta_vl1.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1939/04/barta_vl1.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1940&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La marche &#224; la guerre et au fascisme ne radicalise pas la CGT vers la gauche. En France, il n'y avait pas de place pour une existence ind&#233;pendante des syndicats staliniens. Ils s'unirent aux soi-disant anarcho-syndicalistes sous la direction de Jouhaux et, comme r&#233;sultat de cette unification, il y eut un d&#233;placement g&#233;n&#233;ral du mouvement syndical, non vers la gauche, mais vers la droite. La direction de la CGT est l'agence la plus directe et la plus ouverte du capitalisme imp&#233;rialiste fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6775&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6775&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie du mouvement syndical passe directement au p&#233;tainisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.le-blog-de-roger-colombier.com/article-la-reunification-de-la-cgt-dans-la-resis-115390183.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.le-blog-de-roger-colombier.com/article-la-reunification-de-la-cgt-dans-la-resis-115390183.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7751&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7751&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1941&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avec la guerre et le p&#233;tainisme, la CGT, r&#233;prim&#233;e, passe dans la clandestinit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la rupture du pacte garmano-sovi&#233;tique et la guerre d'Hitler contre l'URSS, les pactes se font entre stalinisme et imp&#233;rialisme occidental et les staliniens peuvent &#224; nouveau marier nationalisme fran&#231;ais et soutien de la bureaucratie du Kremlin (mensong&#232;rement appel&#233; &#171; communisme &#187; ou &#171; soviets &#187;). Les militants ouvriers staliniens, momentan&#233;ment alli&#233;s des nazis, deviennent &#224; nouveau les plus fervents d&#233;fenseurs de la d&#233;mocratie occidentale et de la nation fran&#231;aise, des combattants contre le fascisme, et blabla et blabla&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2993&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2993&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1943&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une partie du mouvement syndical passe &#224; la &#171; r&#233;sistance &#187;, mouvement sous l'&#233;gide du g&#233;n&#233;ral De Gaulle et des imp&#233;rialismes anglo-am&#233;ricain mais aussi du PCF stalinien. La r&#233;sistance n'est absolument pas un mouvement &#224; caract&#232;re de classe prol&#233;tarien mais une alliance de classe affich&#233;e et assum&#233;e au nom du nationalisme et de la lutte anti-fasciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6675&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6675&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1944&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La classe ouvri&#232;re, elle, fait confiance au PC, au PS et &#224; la CGT et compte sur eux pour arracher &#224; De Gaulle des r&#233;formes substantielles en faveur de la d&#233;mocratie et des travailleurs !&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette &#034;confiance&#034; g&#233;n&#233;rale cache en r&#233;alit&#233; un conflit in&#233;vitable. En l'absence d'une am&#233;lioration &#233;conomique et diplomatique consid&#233;rable et imm&#233;diate &#8211; ce qui est chose exclue &#8211; que se passera-t-il ? Les travailleurs patienteront sous la pression des organisations social-patriotes, mais ne pourront pas cesser d'exiger des am&#233;liorations constantes, ce qui les poussera de plus en plus loin dans la voie de la lutte anti-capitaliste et pour leur propre pouvoir. &lt;br class='autobr' /&gt;
En France depuis le pacte Staline-Laval (1935) les chefs staliniens ont gliss&#233; progressivement vers la d&#233;magogie nationaliste. Ayant repris le mot-d'ordre de &#034;la France aux Fran&#231;ais&#034; &#224; l'Action Fran&#231;aise, ils en sont arriv&#233;s &#224; reprendre &#034;la Marseillaise&#034; aux trusts (Duclos) !&lt;br class='autobr' /&gt;
Les chefs staliniens expliquent aux militants de la base que tout cela n'est que de la &#034;tactique&#034;, que l'internationalisme doctrinal est difficile &#224; faire rentrer dans la t&#234;te des masses et qu'en gagnant les masses &#224; eux avec des mots-d'ordre qui &#034;prennent&#034;, ils nous conduiront eux, les chefs, vers le communisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6937&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6937&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1945&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avec le d&#233;barquement alli&#233; (c'est-&#224;-dire la victoire des imp&#233;rialismes anglais et am&#233;ricain sur l'imp&#233;rialisme allemand), le gaullisme alli&#233; &#224; la r&#233;sistance int&#233;rieure c'est-&#224;-dire surtout au stalinisme (politique et syndical), arrive au pouvoir. Les alli&#233;s renoncent &#224; gouverner directement la France comme un pays vaincu (comme Italie et Allemagne) et la consid&#232;rent comme un alli&#233;&#8230; Il s'agit d'&#233;viter tous risques r&#233;volutionnaires prol&#233;tariens en France. Les staliniens (politiques et syndicaux) sont particuli&#232;rement en charge de ce volet contre-r&#233;volutionnaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
La &#171; lib&#233;ration &#187; n'est pas celle des prol&#233;taires !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article93&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article93&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7101&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7101&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7616&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7616&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais, les gr&#232;ves ouvri&#232;res, c'est seulement contre l'occupant allemand !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i04280767/benoit-frachon-sur-l-entree-de-ministres-cegetistes-au-gouvernement-de-1945&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i04280767/benoit-frachon-sur-l-entree-de-ministres-cegetistes-au-gouvernement-de-1945&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le stalinisme est en vainqueur en France et il impose, par l'action du PCF et de la CGT r&#233;unifi&#233;e, aux ouvriers de &#171; retrousser les manches pour reconstruire la France &#187; (c'est la France des capitalistes !). Produire devient un devoir de classe, d&#233;clare la CGT comme le PCF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7101&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7101&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT entre au gouvernement capitaliste !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i04280767/benoit-frachon-sur-l-entree-de-ministres-cegetistes-au-gouvernement-de-1945&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i04280767/benoit-frachon-sur-l-entree-de-ministres-cegetistes-au-gouvernement-de-1945&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT, police politique anti-ouvri&#232;re dans l'entreprise en 1944-1946&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6938&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6938&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Benoit Frachon, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT, est partout sur le front des gr&#232;ves pour lutter CONTRE la lutte de classe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7800&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7800&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Frachon n'est que la copie syndicale de Maurice Thorez qui d&#233;clare &#224; Waziers, aux mineurs de charbon, le 21 juillet 1945 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; C'est en 1934, que nous avons propos&#233;, lanc&#233; et fait triompher l'id&#233;e du Front populaire pour la libert&#233;. (&#8230;) Nous avons propos&#233; le Front fran&#231;ais, l'union de tous les Fran&#231;ais. (&#8230;) Les deux cent familles, les trusts (&#8230;) se mirent &#224; saboter l'&#233;conomie nationale, &#224; provoquer les gr&#232;ves comme le rappelait tout &#224; l'heure Martel. C'est vrai que nous seuls, les communistes, avons eu assez d'autorit&#233; pour pouvoir, en juin 1936, mettre en terme aux gr&#232;ves, que nous seuls pouvions avoir assez d'autorit&#233; pour dire, il y a cinq mois : il faut en finir avec jeux de guerre civile (&#8230;) La v&#233;rit&#233; sur 1939 : vous vous souvenez encore de ces journaux, chers camarades : la trahison de Staline, la trahison russe, la trahison des communistes ? (&#8230;) En v&#233;rit&#233;, c'est un traquenard que l'on tendait &#224; l'Union sovi&#233;tique. On pr&#233;tendait engager la guerre, une guerre o&#249; la Pologne devait s'effondrer rapidement, comme ce fut le cas, et ainsi les arm&#233;es hitl&#233;riennes pourraient d&#233;ferler rapidement &#224; travers toute l'Union sovi&#233;tique. L'Arm&#233;e rouge avait &#233;t&#233; mise dans l'impossibilit&#233; de pr&#233;parer sa mobilisation, l'Arm&#233;e rouge &#233;tait dans l'impossibilit&#233; de faire face &#224; l'agression. (&#8230;) De Londres, le g&#233;n&#233;ral De Gaulle lan&#231;ait son appel, organisait les &#171; Forces fran&#231;aises libres &#187;. Nous menions la bataille de la R&#233;sistance &#224; l'int&#233;rieur de notre pays (&#8230;) Aujourd'hui, chers camarades, de graves p&#233;rils nous menacent dans le domaine de la production. On ne le sait pas assez. (&#8230;) Le probl&#232;me d&#233;cisif de l'heure, c'est le probl&#232;me de la production. Vous le savez d&#233;j&#224;, chers camarades, c'est ce qui m'a amen&#233; &#224; Waziers, c'est pourquoi le Bureau politique m'a envoy&#233; vous parler, &#224; vous, les mineurs. J'aborde ici une partie importante de mon rapport, la question du charbon. (&#8230;) Je voudrais &#233;tablir un fait pour montrer l'effort des mineurs. En janvier, la production brute s'&#233;tait &#233;lev&#233;e &#224; 2.700.000 tonnes contre, en 1936, une production mensuelle de 3.400.000 tonnes, c'est-&#224;-dire 80% de la production. (&#8230;) Il est vrai qu'il s'est produit un fl&#233;chissement &#224; partir d'avril, fl&#233;chissement dans la production et fl&#233;chissement dans le rendement. Il y a diverses causes &#224; cela : ravitaillement d&#233;fectueux, manque de v&#234;tements, et en raison d'un m&#233;contentement plus ou moins justifi&#233; contre l'insuffisance de l'&#233;puration. Il y a aussi des gr&#232;ves, tr&#232;s peu justifi&#233;es. (&#8230;) Tout cela entra&#238;ne, dans un m&#233;tier comme le m&#233;tier de mineur, une certaine d&#233;sorganisation. (&#8230;) Il faut donner aux ouvriers mineurs de fond un certain salaire (&#8230;) Le prix &#224; la t&#226;che. On a accord&#233; la possibilit&#233; d'une majoration qui peut aller jusqu'&#224; 60% (&#8230;) L'essentiel est d'obtenir du charbon et, pour obtenir du charbon, il faut payer les sommes fix&#233;es. (&#8230;) Il faut ici, chers camarades, saluer le sacrifice de vos camarades de la m&#233;tallurgie qui viennent de renoncer &#224; leurs vacances pay&#233;es pour vous fabriquer des marteaux-piqueurs. Ce sont les m&#234;mes camarades qui, l'hiver dernier, aux Forges et Ateliers de Meudon, manquant de courant &#233;lectrique dans le jour, avaient demand&#233; et obtenu de leur direction, de travailler la nuit par un froid rigoureux sans suppl&#233;ment de salaire pour pouvoir produire pour vous. (&#8230;) A propos de la coupe &#224; terre, pourquoi ne pas g&#233;n&#233;raliser les 3X8 : deux postes au charbon, le troisi&#232;me au remblai ? (&#8230;) Nous savons que les avis des ouvriers peuvent bien souvent influencer d'une fa&#231;on tr&#232;s favorable les d&#233;cisions des ing&#233;nieurs. Je pense qu'en d&#233;finitive la d&#233;cision reste &#224; l'ing&#233;nieur et qu'une d&#233;cision doit &#234;tre appliqu&#233;e sur l'ordre de l'ing&#233;nieur et qu'une d&#233;cision doit &#234;tre appliqu&#233;e sur l'ordre de l'ing&#233;nieur, autrement il n'y a pas d'autorit&#233; possible, d'exploitation possible. (&#8230;) Il y a d'autres raisons de la crise du charbon sur lesquelles je voudrais m'expliquer aussi ouvertement et aussi franchement. Ce sont celles qui tiennent &#224; l'effort insuffisant des mineurs eux-m&#234;mes, &#224; votre effort &#224; vous. (&#8230;) Il y a des causes de m&#233;contentement, mais ce n'est pas une raison pour ralentir l'effort. Il faut au contraire le d&#233;velopper et briser tous les obstacles. Vous croyez que les camarades de la Loire sont contents quand on leur envoie comme directeur l'ancien directeur &#233;pur&#233; des Mines de Dourges ? Ils ne sont pas contents non plus et vous croyez qu'ils ont dit pour cela : nous faisons la gr&#232;ve ? Non. Martel a eu raison tout &#224; l'heure de stigmatiser de telles attitudes. Ils n'ont pas c&#233;d&#233; au courant public de d&#233;magogie et de vaine popularit&#233;. Comme disait le camarade Staline, nous ne craignons pas les difficult&#233;s, nous sommes faits pour surmonter les difficult&#233;s et nous les surmonterons. (&#8230;) Il y a pas mal d'exemples de mineurs qui pr&#233;tendent ne pas forcer &#224; la production, ne pas pousser &#224; la production et pas seulement parce qu'ils ont crainte de voir baisser les prix &#224; la t&#226;che. (&#8230;) Ils ne veulent pas para&#238;tre pour des macas. (&#8230;) Les macas, chers camarades, c'&#233;taient ceux qui for&#231;aient &#224; la production pour le profit du patron au d&#233;triment de leurs fr&#232;res, les ouvriers mineurs. (&#8230;) Il y a des camarades qui disent : &#171; Mais si je travaille davantage, je donne davantage aux actionnaires puisqu'il reste des actionnaires. &#187; C'est une erreur, chers camarades. (&#8230;) Si vous produisez beaucoup, c'est seulement dans l'int&#233;r&#234;t du pays, et c'est dans votre propre int&#233;r&#234;t. Et puis, je veux revenir sur la question des absences. On parle, on donne beaucoup de raisons, de pr&#233;textes, &#224; ce propos. Je dois vous dire, chers camarades, que je ne suis pas tout &#224; fait convaincu des raisons qu'on donne pour justifier les absences. (&#8230;) On s'absente trop facilement, pour un oui, pour un non et un mineur qui a le go&#251;t de son m&#233;tier sait tr&#232;s bien que tant d'absences entra&#238;nent une d&#233;sorganisation compl&#232;te du travail. Les camarades pr&#233;sents sont les premiers &#224; en souffrir. L'absence est justifi&#233;e ou n'est pas justifi&#233;e. Au lieu de produire, on d&#233;sorganise la production, on fait tort &#224; ses camarades et pour quelle raison ? Parfois pour un oui, pour un non, pour une &#233;gratignure. Je dis que c'est un scandale. Je ne peux pas comprendre, par exemple, que des d&#233;l&#233;gu&#233;s &#224; la Caisse de secours puissent donner des billets de malade sans journ&#233;e de malade. (&#8230;) Chers camarades, celui qui a le billet de malade sans journ&#233;e de malade, il a aussi son ravitaillement ; il a aussi les litres de vin, il a aussi la viande ; il mange la part de ses camarades. Ce n'est pas possible, on ne peut pas continuer comme cela. Il faut avoir plus de conscience. Je vais vous dire, mes chers camarades, que, dans le bassin de la Loire, la m&#234;me question s'est pos&#233;e pendant l'hiver, quand il y a eu tant de grippes, quand il y a eu tant de difficult&#233;s alimentaires. Le syndicat a r&#233;uni les d&#233;l&#233;gu&#233;s des Caisses de secours et leur a dit : &#171; Epluchez les billets de malade et discutez avec les m&#233;decins &#187; et on leur a dit : &#171; Ces m&#233;decins, pour la plupart, ne sont pas vos amis. Ces m&#233;decins, ils donnent facilement les billets. (&#8230;) Ils poussent &#224; la d&#233;sorganisation. &#187; Il va y avoir des &#233;lections &#224; la Caisse de secours. Le syndicat doit demander que ces questions soient pos&#233;es largement, et dire aux d&#233;l&#233;gu&#233;s des Caisses de secours que vous allez &#233;lire : &#171; Il faut &#234;tre intransigeant ; c'en est fini avec de telles m&#233;thodes, parce que c'est de l'anarchie, un encouragement &#224; la paresse. &#187; Voici un autre cas. On m'a signal&#233; l'autre jour que dans un puits, le puits de l'Escarpelle, une quinzaine de jeunes gens, des galibots, ont demand&#233; de partir &#224; six heures pour aller au bal. Je dis que c'est inadmissible. (&#8230;) Ici, chers camarades, je le dis en toute responsabilit&#233;, au nom du Comit&#233; central, au nom des d&#233;cisions du Congr&#232;s du Parti, je le dis franchement : il est impossible d'approuver la moindre gr&#232;ve, surtout lorsqu'elle &#233;clate comme la semaine derni&#232;re, aux mines de B&#233;thune, en dehors du syndicat et contre le syndicat. On a pris des sanctions. Sur quatre porions, on en a r&#233;int&#233;gr&#233; deux, en les r&#233;trogradant d'ailleurs. (&#8230;) Je le dis tout net : si nous n'appliquons pas les d&#233;cisions de notre propre syndicat (&#8230;) nous allons &#224; l'anarchie, nous faciliterons les provocations contre les mineurs, contre la classe ouvri&#232;re et contre la R&#233;publique. Eh bien ! quelques camarades s'insurgent, ils d&#233;clenchent la gr&#232;ve au n&#176;2 et dans toute la concession, si bien que nous avons perdu 30.000 tonnes de charbon au moins en une p&#233;riode o&#249; le pays a besoin de la moindre gaillette, &#224; l'heure o&#249; nous fermons des usines, &#224; l'heure o&#249;, dans la r&#233;gion parisienne, on arr&#234;te des entreprises faute de charbon et ces ouvriers dont on arr&#234;te les usines apprennent que dans un des trous essentiels du bassin minier du Pas-de-Calais, on fait gr&#232;ve parce que le nez du porion ne revient pas au d&#233;l&#233;gu&#233;. C'est un scandale, c'est une honte, c'est une faute tr&#232;s grave contre le syndicat et l'int&#233;r&#234;t des mineurs. Des sanctions ont &#233;t&#233; prises, peut-&#234;tre pas dans les formes o&#249; elles devaient l'&#234;tre contre le d&#233;l&#233;gu&#233; mineur et son suppl&#233;ant qui avaient couru les autres puits pour d&#233;clencher la gr&#232;ve. Je dis que le mal, ce n'est pas la sanction, le mal c'est que des communistes et des militants du syndicat des mineurs se soient expos&#233;s &#224; de telles sanctions. Et, sous pr&#233;texte que l'on a sanctionn&#233; les d&#233;l&#233;gu&#233; mineur, on recommence la gr&#232;ve jusqu'&#224; jeudi soir et on a eu de la peine hier &#224; faire reprendre le travail, bien que le ministre de la Production ait rapport&#233; la sanction prise par le commissaire r&#233;gional. Ce n'est pas ainsi qu'on travaille pour le pays. (&#8230;) Chers camarades, alors on veut &#224; chaque fois faire la gr&#232;ve pour &#233;purer ou pour soutenir. On pourrait au fond en d&#233;finir le seul but : faire gr&#232;ve, pourvu qu'on ait un pr&#233;texte. (&#8230;) L'autre jour, on m'a parl&#233; d'une gr&#232;ve possible des m&#233;caniciens d'extraction. J'ai beaucoup de sympathie pour la m&#233;canique d'extraction. C'est vraiment un travail qui comporte une lourde responsabilit&#233; et on trouve chez les m&#233;caniciens d'extraction une grande conscience professionnelle. Je pense qu'il faut leur assurer les meilleures conditions de salaire et de travail. Mais, l&#224; encore, pas par la gr&#232;ve. (&#8230;) Je voudrais que ce que nous pensons au Comit&#233; central puisse passer dans la t&#234;te,dans le c&#339;ur de chacun de vous d'abord puis chez tous les mineurs, que produire, produire et encore produire, faire du charbon, c'est aujourd'hui la forme la plus &#233;lev&#233;e de votre devoir de classe, de votre devoir de Fran&#231;ais. (&#8230;) La grande t&#226;che des organisations communistes du Pas-de-Calais, c'est d'aller dans toutes les concessions de B&#233;thune, il faut aller &#224; B&#233;thune, il faut r&#233;unir toutes les sections communistes, discuter avec chaque camarade et amener les d&#233;l&#233;gu&#233;s mineurs &#224; reconna&#238;tre qu'ils ont commis une grande erreur, qu'ils doivent comprendre cette erreur et qu'ils ne doivent plus recommencer cette erreur. (&#8230;) Nous exigerons de chaque camarade le respect des d&#233;cisions du 10e Congr&#232;s du Parti et le 10e Congr&#232;s du Parti a dit : &#171; Il faut produire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1946&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le stalinisme (PCF et CGT), qui participe au pouvoir, m&#232;ne la lutte contre les gr&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3750&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3750&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la gr&#232;ve des postiers, les manifestations de Cherbourg, Nantes, Dijon, etc., les travailleurs entrent en r&#233;bellion ouverte contre l'ancienne direction du mouvement ouvrier, alli&#233;e au gouvernement et au patronat, et essaient de se donner dans l'&#233;preuve de l'action une direction nouvelle. La CGT, li&#233;e au PCF qui participe au gouvernement, est hostile &#224; la gr&#232;ve des postiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4616&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4616&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1947&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats cassent la remont&#233;e des gr&#232;ves. La CGT est le principal syndicat jaune de la p&#233;riode. Elle casse en particulier la grande gr&#232;ve de Renault qui a &#233;clat&#233; en se battant contre le patron et contre la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7595&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7595&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7540&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7540&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;contentement ouvrier est tel que l'appareil syndical peut &#234;tre contest&#233; l&#224; m&#234;me o&#249; il &#233;tait h&#233;g&#233;monique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7532&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7532&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche et les syndicats nous ont servi pendant de longues ann&#233;es le mythe de l'apr&#232;s-deuxi&#232;me guerre mondiale, entour&#233; des noms faussement prestigieux de &#171; Lib&#233;ration &#187;, &#171; R&#233;sistance &#187;, &#171; CNR &#187; notamment, et selon lequel le grand m&#233;rite de ceux-ci serait d'avoir fond&#233; le secteur d'&#233;conomie publique d'Etat sous la houlette des staliniens Maurice Thorez et Marcel Paul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8245&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8245&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1948 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un syndicalisme toujours enlis&#233; entre r&#233;formisme et stalinisme&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1948/01/monatte_19480100.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1948/01/monatte_19480100.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve des mineurs est trahie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/12/vdt52_120148.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/12/vdt52_120148.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://wikirouge.net/Gr%C3%A8ve_des_mineurs_de_1948&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://wikirouge.net/Gr%C3%A8ve_des_mineurs_de_1948&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autres luttes ouvri&#232;res aussi&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8701&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8701&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1949 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au nom de la recherche de l'unit&#233; syndicale, la CGT fait poireauter les luttes ouvri&#232;res&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1949/09/sdr41_091549.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1949/09/sdr41_091549.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT ne propose que des gr&#232;ves de 24 heures&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1949/11/sdr45_112249.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1949/11/sdr45_112249.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul objectif de la CGT est de soutenir la bureaucratie russe&#8230; Depuis la fin de 1947 jusqu'au 4 juin 1952, l'appareil stalinien a utilis&#233; l'&#233;norme potentiel r&#233;volutionnaire accumul&#233; dans les profondeurs du mouvement ouvrier fran&#231;ais pour faire pression sur la bourgeoisie fran&#231;aise qu'il s'effor&#231;ait de d&#233;tacher de l'alliance atlantique. Les mouvements qu'il d&#233;clenchait devaient r&#233;pondre &#224; deux conditions : avoir une puissance suffisante pour &#233;branler la bourgeoisie, &#234;tre limit&#233;s et soigneusement contr&#244;l&#233;s pour ne pas mettre en cause le r&#233;gime capitaliste lui-m&#234;me, pour ne pas risquer que la classe ouvri&#232;re prenne conscience de sa force et d&#233;borde l'appareil. Les gr&#232;ves de novembre-d&#233;cembre 1947 mettront en action, mais par vagues successives &#224; objectifs limit&#233;s et souvent particularis&#233;s, les forces les plus importantes du prol&#233;tariat. La gr&#232;ve des mineurs d'octobre-novembre 1948 sera strictement limit&#233;e &#224; cette corporation ; mais de v&#233;ritables batailles rang&#233;es mettront aux prises, dans les r&#233;gions mini&#232;res, les forces de r&#233;pression, se comptant par dizaines de milliers, et les mineurs. D'autres gr&#232;ves de moindre envergure eurent lieu, en 1950 et 1951. Enfin, le 28 mai 1952, &#224; l'occasion de la prise de commandement du S.H.A.P.E. par le g&#233;n&#233;ral Ridgway, ancien commandant des troupes am&#233;ricaines en Cor&#233;e, le P.C.F., sous l'&#233;gide du &#171; Mouvement de la paix &#187; , mobilisa 50000 militants ouvriers pour une manifestation &#171; dure &#187; . La manifestation pr&#233;sentait un caract&#232;re aventuriste certain. Elle &#233;tait pr&#233;par&#233;e sur la ligne de la guerre froide, qui fait passer &#224; l'int&#233;rieur de la classe ouvri&#232;re une d&#233;limitation selon la division du monde en &#171; blocs &#187; . Elle s'inscrivait dans une politique qui n'ouvrait aucune autre perspective &#224; la classe ouvri&#232;re que de contraindre la bourgeoisie fran&#231;aise &#224; collaborer avec le Kremlin, plut&#244;t qu'avec Washington. Malgr&#233; tout, contre des dizaines de milliers de policiers et de C.R.S., pendant des heures, les manifestants tiendront la rue, au prix de sanglants affrontements. Et le gouvernement ayant arr&#234;t&#233; pour quelques jours Jacques Duclos (sous le pr&#233;texte d'un complot, le &#171; complot du pigeon voyageur &#187; ), la C.G.T. d&#233;clencha le 4 juin une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de protestation &#224; laquelle particip&#232;rent presque exclusivement les militants du P.C.F., et qui souligna l'isolement o&#249; la politique de l'appareil les avait conduits.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;nergie r&#233;volutionnaire dilapid&#233;e au cours de ces quelques ann&#233;es est incalculable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des derniers mois de 1952 et des premiers mois de 1953, la bourgeoisie fran&#231;aise se crut assez forte pour esquisser une offensive contre la classe ouvri&#232;re. Elle proc&#233;da &#224; l'arrestation de militants de la C.G.T. et du P.C.F. : Le L&#233;ap fut incarc&#233;r&#233;, Frachon poursuivi, d'autres encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/just/ddt1/ddt1_7_1.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/just/ddt1/ddt1_7_1.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1952 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La CGT fran&#231;aise ne fait pas campagne pour soutenir les travailleurs violemment r&#233;prim&#233;s de la colonie de Guadeloupe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1137&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1137&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1209&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1209&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1953 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Staline meurt mais pas&#8230; le stalinisme toujours h&#233;g&#233;monique dans la CGT !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve642&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve642&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 1953, c'est la tentative du gouvernement de remettre en question les retraites, tentative d&#233;jou&#233;e et cass&#233;e par une gr&#232;ve des fonctionnaires et aussi d'une partie du secteur priv&#233;. Mais la CGT n'est nullement en t&#234;te du radicalisme&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7649&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7649&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin juillet 1953, ce furent les d&#233;crets Laniel qui portaient atteinte aux r&#233;gimes de maladie et de retraite des fonctionnaires et des travailleurs des services publics. Pr&#232;s de cinq millions de travailleurs r&#233;pliqu&#232;rent par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale spontan&#233;e, en passant par-dessus les appareils syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'initiative partit de postiers F.O. de Bordeaux. Ils transform&#232;rent un &#171; mouvement de protestation &#187; d&#233;cid&#233; par les syndicats en une gr&#232;ve totale. Ils utilis&#232;rent le central t&#233;l&#233;phonique pour appeler les postiers de la France enti&#232;re &#224; la gr&#232;ve. Ce fut une tra&#238;n&#233;e de poudre. Non seulement les postiers d&#233;bray&#232;rent, mais le gaz, l'&#233;lectricit&#233;, la S.N.C.F., la R.A.T.P., les mineurs, etc... En huit jours, c'&#233;tait la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de tous les services publics et de la fonction publique. A une assembl&#233;e de d&#233;l&#233;gu&#233;s F.O. de la R.A.T.P. un d&#233;l&#233;gu&#233; du d&#233;p&#244;t de Montrouge disait : &#171; Les bus rentraient, impossible de s'y opposer, les gars nous auraient roul&#233; dessus. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6540&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6540&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; l'initia&#172;tive des postiers de Bordeaux qu'a d&#233;marr&#233; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Le 5 ao&#251;t, la F&#233;d&#233;ration postale F.O. lan&#231;ait le mot d'ordre de gr&#232;ve g&#233;n&#233;&#172;rale illimit&#233;e de la corporation. La f&#233;d&#233;ration C.G.T., elle, appuyait le mouvement, mais sans lancer le mot d'ordre de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, bien que ses militants le lui aient demand&#233;. A la R.A.T.P., un premier d&#233;brayage &#233;tait impos&#233; par les travailleurs le vendredi 7 ao&#251;t. Alors que de TOUS les d&#233;p&#244;ts, terminus, ateliers, etc.... depuis le matin 8 heures, l'ordre de gr&#232;ve &#233;tait r&#233;clam&#233; &#224; TOUS les syndicats - le premier qui donnera l'ordre de gr&#232;ve sera suivi par TOUT le personnel - il faudra attendre 11 h 20 pour que, ensemble, ils donnent l'ordre de gr&#232;ve. L'enthousiasme &#233;tait incroyable, bient&#244;t suivi d'amertume et de col&#232;re : l'ordre de gr&#232;ve &#233;tait limit&#233; jusqu'au soir minuit. La gr&#232;ve s'&#233;tendait comme une tra&#238;n&#233;e de poudre : &#233;lectriciens, gaziers, cheminots, travailleurs de la R.A.T.P., etc..., d&#233;brayaient spontan&#233;ment au cours de la journ&#233;e du mardi 11 ao&#251;t ; alors les organisations syndicales, sur proposition de la C.G.T., donn&#232;rent un ordre de gr&#232;ve de 24 heures pour le lendemain mercredi, qu'ils renouvelleront le jeudi, et ainsi de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de la phase ascendante du mouvement, l'appareil de la C.G.T. fut, &#224; tous les niveaux, le poids lourd de la gr&#232;ve. Il lui aurait suffi de prendre la t&#234;te, de proposer un programme g&#233;n&#233;ral de la gr&#232;ve, d'appeler partout &#224; la formation de Comit&#233;s de gr&#232;ve, jusqu'au comit&#233; central de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, de donner l'ordre de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, d'appeler la gr&#232;ve &#224; prendre possession de la rue, de l'unifier en coulant dans une puissante manifestation de masse toutes les corporations en lutte pour en faire la classe en marche. &#171; Gauchisme ? &#187; Qui ne se rend pas compte de ce que signifient cinq millions de travailleurs se mettant en gr&#232;ve spontan&#233;ment, par leurs propres moyens, n'a jamais particip&#233; &#224; une gr&#232;ve ou est imperm&#233;able &#224; la compr&#233;hension de la lutte des classes. Les revendications mises en avant par les travailleurs eux-m&#234;mes ? Il suffisait, dans la p&#233;riode ascendante du mouvement, de prononcer &#224; une tribune : &#171; A bas Laniel ! &#187;, pour &#234;tre applaudi fr&#233;n&#233;tiquement. En portant atteinte aux r&#233;gimes de maladie et de retraite, le gouvernement fournissait - par une faute de calcul tactique - le mot d'ordre unificateur, commun, qui permettait, apr&#232;s des ann&#233;es de mouvements partiellis&#233;s, le combat &#171; tous ensemble &#187; . Les travailleurs l'utilisaient - &#224; d&#233;faut d'autres, que se refusaient &#224; lancer les directions ouvri&#232;res. Voil&#224; ce que prouvaient la gr&#232;ve et la fa&#231;on dont elle s'&#233;tait r&#233;alis&#233;e. Non seulement la classe ouvri&#232;re &#233;tait pr&#234;te &#224; reprendre toute revendication au niveau le plus &#233;lev&#233;, mais le mouvement en avait besoin pour garder son unit&#233; et cro&#238;tre en puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/just/ddt1/ddt1_7_4.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/just/ddt1/ddt1_7_4.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1956&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;PCF et CGT cautionnent la gauche au pouvoir et celle-ci lance la guerre d'Alg&#233;rie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1551&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1551&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1957&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;PCF et CGT refusent de faire le lien entre lutte ouvri&#232;res en France et lutte anticoloniale du peuple alg&#233;rien&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1957/01/ldc5_010857.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1957/01/ldc5_010857.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve des banques de 1957 : la CGT qui ne veut pas de l'extension des gr&#232;ves est d&#233;bord&#233;e par les employ&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/eemans/works/1957/11/eemans_57.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/eemans/works/1957/11/eemans_57.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1958 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;PCF et CGT ne prennent pas clairement parti pour le peuple alg&#233;rien et se laissent faire lors du coup d'&#233;tat des g&#233;n&#233;raux d'Alg&#233;rie puis de celui de De Gaulle&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/fln/works/1958/04/pcf.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/fln/works/1958/04/pcf.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De 1958 &#224; 1963&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;, aucune lutte syndicale s&#233;rieuse contre le gaullisme, le stalinisme le pr&#233;sentant comme un &#171; pouvoir fort &#187; que les travailleurs qui s'engageraient contre lui paieraient dans le sang&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/just/synd_1985/sj_syndicat%201985.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/just/synd_1985/sj_syndicat%201985.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1963 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Trahison de la gr&#232;ve des mineurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6541&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6541&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1966 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Naissance de l'unit&#233; d'inaction CGT-CFDT&#8230; qui n'a rien &#224; voir avec l'unit&#233; de classe des travailleurs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7156&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7156&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1968 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1967, s'affirme une reprise massive de la combativit&#233; ouvri&#232;re en France. D'embl&#233;e, le parti stalinien et son appendice syndical la CGT sont en premi&#232;re ligne pour s'opposer r&#233;solu&#172;ment, contrecarrer et saboter ce d&#233;veloppement spontan&#233; des luttes ouvri&#232;res. Ils font tout pour canaliser les d&#233;brayages et les gr&#232;ves &#034;sauvages&#034; dans le cadre des occupations d'usine pour les isoler et emp&#234;cher leur extension, provoquant &#233;galement des affrontements st&#233;riles avec les forces de police venues les d&#233;loger. Conjointe&#172;ment, PCF et CGT organisent des journ&#233;es ville-morte, multiplient des occupations de b&#226;timents publics pour d&#233;fouler la combativit&#233; ouvri&#232;re accumul&#233;e depuis des ann&#233;es. Cepen&#172;dant, d'embl&#233;e ces gr&#232;ves rencontrent une soli&#172;darit&#233; active de la population et tendent &#224; s'&#233;tendre &#224; plusieurs usines d'une m&#234;me ville. Quant &#224; la r&#233;pression polici&#232;re &#224; laquelle elles se heurtent, elle contribue &#224; exacerber la col&#232;re des ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mai 68&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai 1968, le PCF, fer-de-lance de la contre-r&#233;volution depuis des d&#233;cennies, allait se retrou&#172;ver rapidement face &#224; pr&#232;s de dix millions de gr&#233;vistes (2). Avec son auxiliaire c&#233;g&#233;tiste, c'est lui qui r&#233;agit le plus rapidement, pass&#233;s la surprise et l'affolement g&#233;n&#233;ral de toute la bour&#172;geoisie. Nous ne reviendrons pas sur le d&#233;rou&#172;lement des faits largement repris dans notre presse . Le parti stalinien intervient sans cesse contre la plus grande gr&#232;ve de l'histoire de la classe ouvri&#232;re mondiale pour tenter de l'en&#172;rayer &#224; plusieurs niveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le reste de la bourgeoisie, le PCF et la CGT sont d'abord pris de court par la gr&#232;ve sauvage de l'usine Sud-Aviation pr&#232;s de Nantes le matin du 14 mai, suivie le 15 par les chantiers navals de Bordeaux et par le d&#233;brayage spontan&#233; de l'usine Renault-Cl&#233;on pr&#232;s de Rouen qui envoie une d&#233;l&#233;gation pour &#233;tendre la gr&#232;ve dans les autres usines de la R&#233;gie. Le 16, c'est l'usine de Renault-Flins pr&#232;s du Mans qui se met &#224; son tour en gr&#232;ve et une d&#233;l&#233;gation ouvri&#232;re de Cl&#233;on et de Flins pousse &#224; son tour ceux de Billancourt &#224; propager la lutte, atelier par atelier. Cette gr&#232;ve au c&#339;ur de la plus importante concentration ouvri&#232;re du pays et phare pour l'ensemble de la classe ouvri&#232;re, encourage des millions d'ouvriers &#224; se lancer &#224; leur tour dans la lutte. Deux heures plus tard, en accord avec le PCF, pour reprendre le contr&#244;le d'un mouvement ouvrier qui lui &#233;chappe totalement, qui s'est d&#233;clench&#233; contre sa volont&#233; et qu'elle est incapable d'endiguer, la CGT, prenant le train en marche, lance elle-m&#234;me un &#034;appel &#224; la lutte&#034;, bient&#244;t imit&#233;e par les autres syndicats et d&#233;cide de participer &#224; l'occu&#172;pation de Billancourt. Pour les syndicats et le PCF, il s'agit, au nom &#034;de la protection de l'outil de travail&#034; d'instaurer dans les gr&#232;ves ouvri&#232;res un esprit-forteresse. Ce &#034;cordon sanitaire&#034; cor&#172;poratiste, en apparence contre les &#034;provoca&#172;teurs gauchistes&#034; qui auraient &#034;infiltr&#233;&#034; les &#233;tu&#172;diants, visait en r&#233;alit&#233; &#224; permettre aux syndi&#172;cats de reprendre le contr&#244;le de la situation. Ceux-ci mirent en &#339;uvre tout un travail de division, isolant entre eux les diff&#233;rents secteurs de la classe ouvri&#232;re, chacun dans son coin, pour emp&#234;cher celle-ci de se constituer en une force unie qui repr&#233;senterait un danger bien plus important pour la bourgeoisie et serait bien plus difficile &#224; vaincre par cette derni&#232;re. Les ouvriers qui tentaient de briser l'isolement syndical se voyaient d&#233;nonc&#233;s comme &#233;tant des provoca&#172;teurs ext&#233;rieurs &#224; l'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans L'Humanit&#233; du 3 mai 68 l'&#233;ditorial de Georges Marchais intitul&#233; &#034;De faux r&#233;volution&#172;naires &#224; d&#233;masquer&#034;, accuse le Mouvement du 22 Mars &#034;dirig&#233; par l'anarchiste allemand Cohn-Bendit&#034; d'aller &#224; l'encontre des int&#233;r&#234;ts de la masse des &#233;tudiants et de favoriser les provoca&#172;tions fascistes. Il d&#233;nonce &#034;leur malfaisante besogne (des &#034;gauchistes&#034;) qui tente de semer le trouble, le doute, le scepticisme parmi les tra&#172;vailleurs et, notamment les jeunes&#034;. Le 23 mai, la CGT approuve la d&#233;cision d'interdiction de s&#233;jour du pouvoir gaulliste prise &#224; l'encontre de Cohn-Bendit. Suite au c&#233;l&#232;bre &#034;non &#224; la chien&#172;lit !&#034;, prononc&#233; par De Gaulle, et apr&#232;s les violences des 24 et 25 mai au Quartier latin, alors que le ministre de l'Int&#233;rieur incrimine &#034;la p&#232;gre qui sort des bas-fonds de Paris dans la rue&#034;, L'Humanit&#233; renvoie le m&#234;me &#233;cho en d&#233;non&#231;ant les agissements de &#034;la lie de la soci&#233;t&#233;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Waldeck Rochet retrouve les accents chau&#172;vins de Thorez lors d'un meeting parisien le 1er juin : &#034;Nous avons dit et nous disons : (...) le drapeau des luttes de la classe ouvri&#232;re, dans le monde moderne, (...) c'est tout &#224; la fois le drapeau rouge du socialisme et le drapeau tricolore de la grande R&#233;volution fran&#231;aise, le drapeau de la nation. (...) Le seul parti r&#233;volu&#172;tionnaire (...), c'est le parti communiste fran&#231;ais servant efficacement les int&#233;r&#234;ts des travailleurs, du peuple et du pays. A l'inverse, les pseudo&#172; r&#233;volutionnaires (...) visent &#224; diviser la classe ouvri&#232;re, &#224; d&#233;figurer le mouvement r&#233;volution&#172;naire et la d&#233;mocratie. Ils font le jeu du pouvoir gaulliste. Nous ne permettrons pas que la gesticulation et l'aventurisme compromettent le succ&#232;s de la lutte pour la d&#233;mocratie et pour le socialisme.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s une entrevue secr&#232;te entre Krasucki, alors num&#233;ro 2 de la CGT et membre du comit&#233; central du PCF, et Chirac, secr&#233;taire d'Etat &#224; l'emploi, les syndicats appellent &#224; l'ouverture de n&#233;gociations avec le patronat que le gouver&#172;nement Pompidou s'empresse d'accepter. Les n&#233;gociations commencent le 25 mai. D&#232;s le premier jour, le leader de la CGT, S&#233;guy et le gouvernement s'entendent en coulisses sur le montant de l'augmentation du salaire minimum garanti qu'ils vont faire semblant de n&#233;gocier. Mais d'entr&#233;e, le patronat, qui ignore cet accord secret, accepte sans tergiverser le montant maximum lanc&#233; par les syndicats. Le 27 au matin, apr&#232;s la signature des accords de Gre&#172;nelle, S&#233;guy confie &#224; un journaliste son soulage&#172;ment : &#034;La reprise ne saurait tarder&#034;. Dans la foul&#233;e, il se rend &#224; l'usine de Billancourt pour pr&#233;senter les accords et appeler &#224; la reprise du travail. Il est copieusement siffl&#233; par les ouvriers pour qui les 10% d'augmentation de salaires promis apparaissent comme une vaste masca-rade. S&#233;guy est contraint de d&#233;savouer les ac&#172;cords qu'il venait de parapher. Partout, les ouvriers refusent la reprise dans ces conditions et le mouvement de gr&#232;ves s'&#233;largit encore. La bourgeoisie devra l&#226;cher d'autres concessions pour pouvoir amorcer une reprise du travail, alors que la CGT pousse aux c&#244;t&#233;s du gouverne&#172;ment &#224; n&#233;gocier les accords secteur par secteur, branche par branche. Apr&#232;s l'annonce de la dissolution de l'Assembl&#233;e nationale le 30 mai, le PCF et la CGT multiplient leurs appels &#224; la reprise pour que les &#233;lections, pr&#233;sent&#233;es comme &#034;un pas de plus vers la victoire des ouvriers&#034;, puissent se tenir. Le PCF et la CGT ont syst&#233;&#172;matiquement recours au mensonge et &#224; l'intimi&#172;dation pour casser la dynamique de la lutte ouvri&#232;re. Ainsi, &#224; la RATP, ils font courir la fausse information d'une reprise dans certains d&#233;p&#244;ts. Et L'Humanit&#233; titre &#224; l'avance dans sa &#034;une&#034; d&#233;but juin : &#034;Forts de leur victoire, des millions de travailleurs reprennent le travail&#034;. Malgr&#233; tous les efforts des staliniens pour faire reprendre le travail rapidement, conjointement avec les violentes &#233;vacuations polici&#232;res des usines, ils ne parviendront &#224; leurs fins qu'apr&#232;s la mi-juin dans la plupart des cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8322&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8322&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;bord&#233;s chez les &#233;tudiants, face &#224; la mont&#233;e spontan&#233;e des gr&#232;ves qu'ils n'ont pas initi&#233;es ni control&#233;es, PCF et CGT choisissent d'en prendre la t&#234;te, quitte &#224; emp&#234;cher les travailleurs d'occuper l'usine en&#8230; fermant les portes pour mieux maitriser la situation et pouvoir faire reprendre le travail quand ils auront fait semblant d'avoir gagn&#233;. La gr&#232;ve est g&#233;n&#233;rale mais jamais la CGT n'appellera formellement &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7053&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7053&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2641&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2641&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3162&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3162&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7975&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7975&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1972 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La CGT approuve la signature du Programme commun de gouvernement par les partis de gauche (communiste, socialiste et mouvement des radicaux de gauche). Depuis plusieurs ann&#233;es, la CGT d&#233;fendait l'id&#233;e de ce programme &#224; l'&#233;laboration duquel elle &#233;tait pr&#234;te &#224; participer, ce que le refus des autres organisations syndicales ne permit pas. Elle devait soutenir ensuite ce programme politique, ali&#233;nant ainsi une part de son autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; le cuisant recul de la gauche aux &#233;lec&#172;tions du 30 juin 1968 et le refus oppos&#233; par la FGDS &#224; l'appel du PCF pour une candidature commune de la gauche aux pr&#233;sidentielles de juin 69, le parti stalinien va enfourcher de plus belle son nouveau cheval de bataille : la conqu&#234;te du pouvoir par l'union de la gauche &#224; travers un programme &#034;de d&#233;mocratie avanc&#233;e&#034; qui &#034;ouvre la voie au socialisme &#224; la fran&#231;aise&#034;. Ce cheval de bataille est exclusivement dirig&#233; contre la reprise des combats de la classe ouvri&#232;re &#224; l'&#233;chelle mondiale, dont mai 68 a &#233;t&#233; la premi&#232;re et la plus &#233;clatante manifestation. Il est encou&#172;rag&#233; par les plus de 20% recueillis par Duclos aux pr&#233;sidentielles de 69, alors que l'&#233;chec de la candidature Defferre, qui se traduit par le pire score &#233;lectoral jamais enregistr&#233; par la social-d&#233;mocratie en France, pousse aussi le parti de Mitterrand &#224; adopter une &#034;nouvelle strat&#233;gie&#034; pour ravaler sa fa&#231;ade.&lt;br class='autobr' /&gt;
En d&#233;cembre 1969, c'est la reprise des discus&#172;sions entre le PCF et la FGDS. Au 19e congr&#232;s du PCF en f&#233;vrier 70, est officialis&#233; &#034;l'engage&#172;ment du parti dans la voie du programme commun&#034;. Dans lem&#234;me temps, Georges Mar&#172;chais est promu &#034;secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral adjoint&#034; et prend les r&#234;nes du parti &#224; la faveur de la maladie de Waldeck Rochet. Il sera officiellement intro&#172;nis&#233; au congr&#232;s suivant, en 1972. L'accord de d&#233;sistements r&#233;ciproques aux municipales de juin 1971 entre sociaux-d&#233;mocrates et staliniens permet au PCF de gagner plusieurs municipali&#172;t&#233;s importantes. Le 9 octobre de la m&#234;me ann&#233;e, le &#034;programme&#034; du PCF est publi&#233; sous le titre &#034;Changer de cap, programme pour un gouver&#172;nement d&#233;mocratique d'union populaire&#034; avec en vedette une liste de nationalisations, d&#233;finies comme &#034;l'instrument d&#233;terminant du pro&#172;gramme de changement d&#233;mocratique&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti stalinien va d&#233;sormais, &#224; partir de 1970, et pendant toute une d&#233;cennie, avec l'aide de son appendice syndical c&#233;g&#233;tiste, mobiliser massivement les prol&#233;taires avec la mystifica&#172;tion de l'application du &#034;programme commun&#034; et syst&#233;matiquement pi&#233;ger, d&#233;voyer toutes les luttes ouvri&#232;res derri&#232;re la perspective d'un gouvernement de gauche, sur le terrain &#233;lectoral. Ce programme commun de gouvernement est sign&#233; le 27 juin 1972 par les deux grands partis bourgeois de gauche auquel le Mouvement des radicaux de gauche ne tarde pas &#224; se rallier. Lors du comit&#233; central du 29, Marchais s'en f&#233;licite et souligne dans son rapport : &#034;L'essentiel, c'est que le programme commun (...) fournit un point d'appui tr&#232;s positif &#224; un d&#233;veloppement consi&#172;d&#233;rable de l'action unie des travailleurs, (...) permettant de cr&#233;er les conditions les plus favorables pour mettre les masses en mouve&#172;ment sur nos id&#233;es, nos solutions, nos objectifs&#034;. Ainsi, gr&#226;ce au projet en grande partie d&#251; &#224; son initiative, et &#224; sa capacit&#233; &#224; mystifier de cette mani&#232;re la classe ouvri&#232;re, le parti stalinien aura puissamment contribu&#233; &#224; rassurer la classe dominante et &#224; &#233;loigner &#224; nouveau le spectre de la r&#233;volution prol&#233;tarienne qui, en ressurgissant brusquement en mai 1968, venait de tant ef&#172;frayer l'ensemble de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2020&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2020&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1973 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve des LIP est une gr&#232;ve contre des licenciements et une fermeture d'usine programm&#233;e. Mais, contrairement &#224; de nombreuses gr&#232;ves de ce type, c'est une action auto-organis&#233;e par les salari&#233;s, refusant les limites habituellement impos&#233;es par les centrales syndicales : localisme, l&#233;galisme, d&#233;fensive, divisions, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;but&#233;e au d&#233;but des ann&#233;es 1970, la lutte a dur&#233; jusqu'au milieu de l'ann&#233;e 1976 et mobilis&#233; des dizaines de milliers de personnes &#224; travers la France et l'Europe enti&#232;re, notamment lors de la grande marche Lip du 29 septembre 1973 qui r&#233;unit dans une ville morte plus de 100 000 manifestants. D'autres &#233;l&#233;ments ont &#233;galement particip&#233; &#224; l'ampleur de ce combat ouvrier, comme le mode de gr&#232;ve qui comprend pour la premi&#232;re fois de l'histoire, dans une entreprise, une &#171; auto-organisation &#187; et un d&#233;passement de la loi bourgeoise, les salari&#233;s prenant possession du capital, des machines et des produits fabriqu&#233;s et les ouvriers gr&#233;vistes travaillant &#224; leur propre compte et produisant des montres dans leurs usine, avant de les &#233;couler lors de &#171; ventes sauvages &#187; ; mais aussi &#224; cause de l'aspect politique de l'affaire qui prend un tournant national quand le gouvernement de l'&#233;poque n'a d'autre choix que la mise &#224; mort de l'entreprise afin d'&#233;viter une &#171; flamb&#233;e ouvri&#232;re et syndicale &#187; au niveau national. Il s'agissait d'&#233;viter que se tire une le&#231;on d&#233;terminante : comment lutter contre des licenciements sans s'isoler dans une usine ou sur un site, en mettant toute la classe ouvri&#232;re dans le coup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4702&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4702&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1974 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La CGT est d&#233;bord&#233;e par la gr&#232;ve des banques et celle des PTT&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#232;ve des PTT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve des PTT de l'automne 1974 est sans doute l'une des plus importantes dans l'histoire sociale de ce secteur professionnel. D&#233;marr&#233;e dans les centres de tri, elle s'&#233;tend &#224; l'ensemble des services postaux mais aussi des t&#233;l&#233;coms (alors rassembl&#233;s dans un m&#234;me service public, les PTT). Parti le 17&#8200;octobre du centre de tri de gare de Lyon, c'est dans ce type d'&#233;tablissement que la gr&#232;ve, qui va s'&#233;tendre jusqu'au 2 d&#233;cembre, sera suivie avec le plus d'intensit&#233;. Le 23&#8200;octobre, la premi&#232;re manifestation organis&#233;e dans les rues de Paris rassemble pr&#232;s de 10&#8200;000 gr&#233;vistes. Le 15&#8200;novembre, un mois apr&#232;s le lancement des hostilit&#233;s, 91% des personnels des centres de tri sont encore en gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mont&#233;e du m&#233;contentement, que traduisent les chiffres des journ&#233;es de gr&#232;ve, se conjugue &#224; l'automne 1974 avec une situation politique particuli&#232;re. Val&#233;ry Giscard d'Estaing est &#233;lu au mois de mai 1974 Pr&#233;sident de la R&#233;publique avec un faible diff&#233;rentiel de voix sur Fran&#231;ois Mitterrand, le candidat de l'union de la gauche. Le programme commun de la gauche a l'appui des syndicats CGT et CFDT. Or les premi&#232;res rumeurs concernant les projets &#034;giscardiens&#034; sur les PTT renvoient des bruits de cr&#233;ation d'un office des postes et t&#233;l&#233;communications. C'est interpr&#233;t&#233; par les agents des PTT comme une privatisation et un d&#233;mant&#232;lement du service public. Depuis plusieurs ann&#233;es ces th&#232;mes agitent la profession, qui craint de perdre un statut, protecteur du ch&#244;mage et garantissant une certaine carri&#232;re. Ces inqui&#233;tudes, se lient aux traditionnelles revendications salariales, que le gouvernement r&#233;sout, &#224; minima, en concluant au niveau de la fonction publique des accords minoritaires avec FO, la FEN et la CFTC, en laissant de c&#244;t&#233; CGT et CFDT. Elles se m&#233;langent aussi avec des conditions de travail et des processus de management archa&#239;ques, face &#224; une population jeune et qui aspire &#224; la reconnaissance professionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 17 octobre 1974, lors d'une semaine d'action syndicale CGT-CFDT, un incident mineur &#224; la suite d'une Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale du personnel employ&#233; au tri postal du PLM (Gare de Lyon) provoque la cessation du travail &#034;pour une dur&#233;e illimit&#233;e&#034;, au bureau du PLM, puis en cascade dans tous les Bureaux-gares parisiens, qui sont centres de tri et centres de transit pour l'essentiel des &#233;changes postaux entre Paris et le reste de la France&#8230; Chaque bureau-gare parisien (PLM, gare d'Austerlitz, gare de Paris-Montparnasse, gare Saint-Lazare, gare du Nord, gare de Paris-Est) est en effet &#034;t&#234;te de ligne&#034; des divers services ambulants ferroviaires, qui drainent et trient le courrier de leur zone de &#034;route&#034;. &#192; ces bureaux-gares se rattache Paris-Brune, un centre plus r&#233;cent, traitant essentiellement du courrier d'entreprise et celui de banlieue parisienne D&#232;s le 22 octobre, la gr&#232;ve y est g&#233;n&#233;rale. Elle paralyse le pays progressivement, tant l'&#233;conomie moderne est tributaire des &#233;changes. Tous les secteurs de la Poste, guichets, distribution, Ch&#232;ques postaux suivent le mouvement. Il emporte les services des t&#233;l&#233;communications, les premiers menac&#233;s par une privatisation &#233;ventuelle et le d&#233;mant&#232;lement des PTT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4616&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4616&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#232;ve des banques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/doc_uc/1974/greve_CL.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/doc_uc/1974/greve_CL.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1977-1979 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au printemps 1977, il ne s'oppose plus &#224; l'&#233;lection au suffrage universel du Parlement europ&#233;en qu'il avait vivement combattue au nom de la d&#233;fense de la &#034;souverainet&#233; nationale&#034;. Et sur&#172;tout, en mai de la m&#234;me ann&#233;e, il renonce &#224; sa traditionnelle opposition &#034;pacifiste&#034; (en fait au b&#233;n&#233;fice de l'URSS) &#224; l'armement nucl&#233;aire. Mais au fur et &#224; mesure qu'il transige avec le PS et qu'il s'&#233;loigne de la tutelle du bloc russe, il manifeste de plus en plus clairement ses craintes de se faire phagocyter par le PS. Il redoute de subir une usure rapide de cr&#233;dit en cas de participation au gouvernement, alors qu'il ne dispose plus d'une marge de man&#339;uvre et de moyens suffisants pour mener sa propre poli&#172;tique capitaliste d'Etat. Bref, il craint de devenir le dindon de la farce et, une fois au pouvoir, de perdre son emprise sur la classe ouvri&#232;re. C'est pourquoi en prenant l'initiative de la rupture du programme commun en septembre 1977, le PCF r&#233;affirme la sp&#233;cificit&#233; de son programme stalinien et, sous pr&#233;texte de ses d&#233;saccords avec le PS, il se pr&#233;pare &#224; mieux disposer de ses forces dans l'opposition, contre le d&#233;veloppe&#172;ment de la lutte de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir entra&#238;n&#233; les ouvriers pendant des ann&#233;es et d&#233;voy&#233; leurs luttes derri&#232;re la pers&#172;pective mystificatrice de la gauche au gouverne&#172;ment, le PCF prend l'initiative de la rupture du Programme commun en septembre 1977. A court terme, l'objectif fondamental de cette rupture est pour lui ne pas se faire avaler par le PS et de pr&#233;server la sp&#233;cificit&#233; de son pro&#172;gramme stalinien. Mais cette mise dans l'oppo&#172;sition d&#233;lib&#233;r&#233;e lui permetet aussi de disposer de l'int&#233;gralit&#233; de sa force d'encadrement id&#233;olo&#172;gique contre le d&#233;veloppement de la lutte de classe et de satisfaire ainsi aux int&#233;r&#234;ts g&#233;n&#233;raux de la bourgeoisie. C'est donc, en derni&#232;re instance, la raison essentielle de ce changement de strat&#233;gie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, face au nouveau d&#233;veloppement de la lutte de classe qui s'amorce &#224; partir de 1978, se traduisant notamment en France par la lutte des sid&#233;rurgistes en 1979, et surtout face au discr&#233;dit croissant et aux tentatives de d&#233;borde&#172;ments de l'appareil d'encadrement syndical dans ces luttes, la bourgeoisie se dispose &#224; mettre en place une nouvelle orientation dans les princi&#172;paux Etats capitalistes occidentaux : le retour de fractions significatives de gauche dans l'oppo&#172;sition pour mieux contrer et contr&#244;ler le d&#233;ve&#172;loppement de cette vague internationale de luttes ouvri&#232;res. Le retour des travaillistes dans l'opposition en Grande-Bretagne en 1979, pre&#172;mi&#232;re manifestation de cette r&#233;orientation, est suivi par le retour dans l'opposition du parti d&#233;mocrate aux Etats-Unis en 1980 et par celui de la social-d&#233;mocratie allemande en 1982. Dans ce cadre, l'arriv&#233;e de la gauche au pouvoir en France en 1981 (entra&#238;nant dans son sillage la participation du PCF au gouvernement) a bien un caract&#232;re &#034;accidentel&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au long de la p&#233;riode qui suit la rupture du Programme Commun, le PC se raidit et redouble ses attaques contre le gouvernement et le &#034;plan Barre&#034; accus&#233; de &#034;brader et de casser l'&#233;conomie nationale&#034; tout en d&#233;cha&#238;nant tout autant ses harangues contre le PS, d&#233;sormais qualifi&#233; de &#034;fid&#232;le alli&#233; du capitalisme et de l'imp&#233;rialisme&#034;. Le parti stalinien pr&#233;conise d&#233;sormais &#034;l'union &#224; la base&#034; et radicalise son discours. La d&#233;fense inconditionnelle des natio&#172;nalisations rejoint chez lui le nationalisme le plus exacerb&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ao&#251;t 1978, il lance une grande campagne contre l'&#233;largissement du march&#233; commun et, sous pr&#233;texte de d&#233;fendre une politique d'ind&#233;&#172;pendance nationale, contre une Europe &#224; la fois &#034;pro-atlantiste&#034; et &#034;pan-germanique&#034;, il ne tarde gu&#232;re, face &#224; l'accentuation des plans de licencie&#172;ments, &#224; mettre le paquet pour tenter d'entra&#238;ner les ouvriers sur le terrain hyper-nationaliste. Au nom du &#034;travailler fran&#231;ais&#034;, il organise des actions-commandos contre le minerai &#034;allemand&#034; et exige le refus d'embauche de main-d'oeuvre &#034;&#233;trang&#232;re&#034; (notamment lors de la gr&#232;ve des marins, en novembre 78). Faisant de la suren&#172;ch&#232;re sur les mesures anti-immigr&#233;s adopt&#233;es par le ministre Stoleru, il r&#233;clame carr&#233;ment au gouvernement Giscard &#034;l'arr&#234;t de la politique d'immigration&#034; et pousse aux expulsions d'im&#172;migr&#233;s dans les communes qu'il dirige en r&#233;cla&#172;mant la fixation d'un &#034;quota d'immigr&#233;s&#034;. Le chauvinisme du parti stalinien passe par des campagnes racistes et x&#233;nophobes qui n'ont rien &#224; envier &#224; ce que mettra bient&#244;t en avant &#224; son tour le Front National. Ainsi, plusieurs maires staliniens de la r&#233;gion parisienne prennent des initiatives contre l'augmentation du nombre d'immigr&#233;s dans leur commune.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 24 d&#233;cembre 1980, les &#233;lus PC de Vitry saccagent &#224; coups de bulldozer un foyer de travailleurs immigr&#233;s maliens et, en f&#233;vrier 1981, le si &#034;d&#233;mocrate&#034; et &#034;d&#233;bonnaire&#034; secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral actuel, Robert Hue organise une mani&#172;festation dans sa commune de Montigny-l&#232;s-Cormeilles pour faire expulser une famille ma&#172;rocaine sur laquelle il a fait courir la fausse rumeur qu'elle se livrait &#224; du trafic de drogue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette virulente propagande x&#233;nophobe allait dans les ann&#233;es suivantes, pousser nombre de ses militants et de ses &#233;lecteurs, &#034;d&#233;&#231;us par la gauche&#034;, dans les bras du Front National.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la mont&#233;e des luttes, le PC radicalise son discours id&#233;ologique. Pour tenter de mieux du&#172;per la classe ouvri&#232;re, le parti stalinien parle m&#234;me de &#034;R&#233;volution&#034;. C'est d'ailleurs le nom qu'il donne &#224; son nouvel hebdomadaire, produit de la fusion entre La Nouvelle Critique et France Nouvelle, tandis que les Jeunesses Communis&#172;tes publient un manifeste lui aussi intitul&#233; &#034;Vive la R&#233;volution !&#034;. Ne cherchant plus &#224; paralyser les luttes en rabattant les ouvriers uniquement sur le terrain &#233;lectoral, il les encourage en s'ap&#172;pliquant &#224; les saboter pour les faire d&#233;railler. Devant un public d'intellectuels d&#233;but 1980 Marchais explique que &#034;le parti n'a pas chang&#233; mais qu'il a d&#251; s'adapter au d&#233;veloppement des luttes&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il pousse les ouvriers dans des gr&#232;ves dures, longues, et surtout bien isol&#233;es, ax&#233;es sur la d&#233;fense corporatiste de l'entreprise, comme l'entreprise d'industrie navale Terrin dans la r&#233;gion marseillaise ou la manufacture d'armes Manufrance &#224; Saint-Etienne, dont le maire PC avait pouss&#233; les ouvriers &#224; accepter certains licenciements pour &#034;sauver l'entreprise&#034; (avant d'avaliser sa fermeture d&#233;finitive). Tout cela au nom du &#034;fabriquons fran&#231;ais&#034;, entra&#238;nant les ouvriers &#224; s'identifier avec leur entreprise (le PC et la CGT ne parlent alors que de la lutte &#034;des Terrin&#034;, &#034;des Renault&#034; ou &#034;des Manu&#034;) et &#224; se mobiliser en permanence &#034;contre la casse de l'&#233;conomie nationale&#034; derri&#232;re le mot d'ordre &#034;vivre et travailler au pays&#034;. C'est l'&#233;poque du d&#233;but des vastes plans de restructuration dans les secteurs majeurs de l'&#233;conomie fran&#231;aise regroupant les plus importantes concentra&#172;tions ouvri&#232;res : la sid&#233;rurgie, la construction navale, les mines, le textile. Les annonces de licenciements pleuvent, la combativit&#233; ouvri&#232;re se r&#233;veille et, avec elle, la m&#233;fiance envers les syndicats qui sabotent les tentatives d'exten&#172;sion des luttes. Le PCF pare au plus press&#233; et vole en priorit&#233; au secours du syndicalisme en g&#233;n&#233;ral et de la CGT en particulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conjointement avec son auxiliaire syndical, le parti stalinien lance tous azimuts sa propa&#172;gande &#034;vivre et travailler au pays&#034;. Contre la tendance grandissante vers l'extension des lut&#172;tes, il multiplie les op&#233;rations &#034;villes mortes&#034; pour enfermer les ouvriers derri&#232;re la d&#233;fense de l'usine, de l'entreprise, de la corporation, de la r&#233;gion, de la nation. A Longwy, &#224; Denain, &#224; Dunkerque, le PC est en premi&#232;re ligne, avec la CGT, au printemps 1979 pour saboter l'exten&#172;sion de la lutte et les tentatives de prise en charge des ouvriers eux-m&#234;mes dans les AG. Il s'af&#172;fronte alors directement aux ouvriers qui tentent de d&#233;border l'appareil d'encadrement syndical. Le 23 mars 1979, lors de la manifestation organis&#233;e &#224; Paris sous la pression des ouvriers, le service d'ordre de la CGT et tous les gros bras staliniens pr&#234;tent main-forte aux forces de po&#172;lice officielles de l'Etat qui chargent violemment et pourchassent jusque dans les trains les sid&#233;&#172;rurgistes, d&#233;non&#231;ant et faisant arr&#234;ter les ouvriers les plus combatifs en les faisant passer pour des &#034;casseurs&#034; et des &#034;autonomes irresponsables&#034;. Le PCF aura rendu un fier service &#224; l'Etat bourgeois en lui permettant ainsi de pratiquer les coupes claires les plus importantes dans les secteurs les plus concentr&#233;s du prol&#233;tariat en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7226&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7226&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1981 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;PCF et CGT militent &#224; fond pour&#8230; Mitterrand !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7150&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7150&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; un soutien confirm&#233; du PCF et de la CGT qui participent au pouvoir, Mitterrand m&#232;ne une politique anti-ouvri&#232;re&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous les deux pr&#233;sidences de Mitterrand, de 1981 &#224; 1995, les attaques n'ont pas manqu&#233; contre la classe ouvri&#232;re. D&#232;s 1982, le gouvernement Mauroy a organis&#233; le blocage des salaires et interdit d'indexer ceux-ci sur le co&#251;t de la vie. Pendant ce temps-l&#224;, l'imp&#244;t sur les b&#233;n&#233;fices des soci&#233;t&#233;s, qui &#233;tait de 50% sous Giscard, passait &#224; 45% en 1986, avant que le gouvernement Jospin-Fabius ne d&#233;cide de le ramener &#224; 33% en 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique men&#233;e par les socialistes sous Mitterrand d&#233;&#231;ut &#224; tel point l'&#233;lectorat populaire que la majorit&#233; &#233;lue en 1981 fut battue aux &#233;lections l&#233;gislatives de 1986, comme celle issue des urnes apr&#232;s la r&#233;&#233;lection de Mitterrand en 1988 fut lamin&#233;e aux &#233;lections l&#233;gislatives de 1993. &#192; chaque fois la gauche pr&#233;para le terrain pour un retour de la droite, qui elle-m&#234;me, par son cynisme et sa morgue envers le monde du travail, permit au PS de se refaire une virginit&#233;. C'est ce que les commentateurs appellent &#171; l'alternance &#187;, mais une alternance dans laquelle ce sont toujours les poss&#233;dants qui sont les gagnants, et les classes populaires les perdantes.&lt;br class='autobr' /&gt;
La gauche a fait ce que la droite n'avait pas os&#233; : lever le tabou de la privatisation des services publics, en vendant de larges parts de France Telecom et d'Air France, cette derni&#232;re sous l'&#233;gide du ministre communiste Gayssot. Le gouvernement a d'ailleurs franchi une premi&#232;re &#233;tape, en faisant voter par l'assembl&#233;e, en f&#233;vrier 1999, l'ouverture du march&#233; de l'&#233;lectricit&#233;. Le gouvernement Jospin a mis La Poste et la SNCF sur la m&#234;me voie de &#171; l'ouverture du march&#233; &#187; et de la rentabilisation par secteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bradage pass&#233; de France Telecom et &#224; venir d'EDF n'&#233;tait pas simplement destin&#233; &#224; donner &#224; des bourgeois fran&#231;ais de nouvelles opportunit&#233;s de profits, il doit aider &#224; faire de ces groupes des g&#233;ants capitalistes mondiaux. EDF, qui r&#233;alise d&#233;j&#224; presque le quart de son chiffre d'affaires &#224; l'&#233;tranger veut faire passer cette part &#224; 50 % d'ici 2004/2005. Pour cela l'entreprise souhaite justement l'ouverture du march&#233; europ&#233;en pour conqu&#233;rir de nouvelles positions &#224; l'ext&#233;rieur et l'ouverture de son capital pour mobiliser des fonds sur les march&#233;s financiers et n&#233;gocier des fusions-acquisitions. Sous la tutelle de la gauche, EDF et GDF n'ont pas attendu leur privatisation pour se lancer dans la sp&#233;culation sur le march&#233; international de l'&#233;nergie. Elles ont mont&#233; leur propre filiale de trading (le m&#233;tier d'Enron, la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine dont la faillite fait actuellement scandale), EDF-trading (en collaboration avec Vivendi) et Gaselys (avec la Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale). Mais pour grossir &#224; l'&#233;tranger et devenir des num&#233;ros un mondiaux, ces entreprises doivent bien pr&#233;senter la facture &#224; quelqu'un. Ce sera leurs salari&#233;s, dont les conditions de travail se d&#233;gradent, et les usagers, qui ont vu le gouvernement augmenter plusieurs fois les tarifs du gaz et de l'&#233;lectricit&#233;. L'avenir est programm&#233; : comme France Telecom, EDF et GDF tenteront de plus en plus de se lib&#233;rer des contraintes du service public, au profit de la rentabilit&#233; imm&#233;diate ...aux d&#233;pens des salari&#233;s comme des usagers. Tout en faisant passer au priv&#233; les secteurs les plus rentables du secteur public, il a soumis le reste &#224; une di&#232;te de 5 ans. D&#232;s 1997, il a proclam&#233; le &#171; gel de l'emploi public &#187;. Le plan Jupp&#233; de 1995 a &#233;t&#233; prolong&#233;. Les h&#244;pitaux ont continu&#233; d'&#234;tre rationn&#233;s en effectifs et en moyens. Dans la premi&#232;re moiti&#233; des ann&#233;es 1990, les d&#233;penses du secteur hospitalier avaient augment&#233; de 7 % par an, ce qui &#233;tait d&#233;j&#224; insuffisant pour suivre le d&#233;veloppement de l'activit&#233;. Mais entre 1995 et 2000, cette augmentation a &#233;t&#233; de 7 % au total ! Un lit sur 15 a &#233;t&#233; supprim&#233; de 1994 &#224; 1999. En 2002, alors que le passage aux 35 heures aurait n&#233;cessit&#233; la cr&#233;ation d'au moins 80 000 postes, le gouvernement n'en promet que 40 000, et les hospitaliers exasp&#233;r&#233;s multiplient les gr&#232;ves. Gel de l'embauche, surcharge de travail, p&#233;nurie de moyens : le m&#234;me traitement a &#233;t&#233; r&#233;serv&#233; aux transports, &#224; la poste ou encore &#224; l'&#233;ducation nationale. Le gouvernement &#034;de gauche&#034; a continu&#233; d'&#233;tendre la pr&#233;carit&#233; : sur 3,4 millions de salari&#233;s des trois fonctions publiques, il y a aujourd'hui 960 000 non titulaires et plus de 300 000 &#171; contrats aid&#233;s &#187; (CES, emplois-jeunes, contrats de ville&#8230;). De quoi donner envie de voir Jospin go&#251;ter &#224; son tour &#224; la pr&#233;carit&#233; de l'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche au gouvernement a bien s&#251;r mis en place de nouvelles lois, comme les 35 heures, pris des mesures budg&#233;taires, comme les emplois-jeunes, et avalis&#233; des r&#232;gles nouvelles, comme le PARE imposant aux ch&#244;meurs de nouvelles contraintes pour leur faire accepter n'importe quel travail &#224; n'importe quel prix. Mais si ces mesures ont eu des cons&#233;quences certaines sur les conditions de vie de bon nombre de salari&#233;s, leurs effets r&#233;els sur l'emploi sont, eux, tout &#224; fait incertains. Pour les 35 heures il n'a ainsi jamais &#233;t&#233; vraiment possible d'en &#233;valuer les effets sur l'emploi. Le gouvernement a pr&#233;tendu que l'application de la loi avait permis la cr&#233;ation de plusieurs centaines de milliers de postes. Mais personne n'a jamais pu savoir quelle &#233;tait dans ces chiffres la part des embauches en compensation de la r&#233;duction du temps de travail, et celle de &#171; l'effet d'aubaine &#187;, permettant aux patrons de rafler les cadeaux en mati&#232;re de charges sociales, pour des embauches qu'ils auraient de toutes fa&#231;ons &#233;t&#233; amen&#233;s &#224; r&#233;aliser. Ce qui est par contre parfaitement palpable (surtout pour ceux qui les touchent), ce sont les milliards sous forme de baisses de charges sociales r&#233;cup&#233;r&#233;es par le patronat au titre de la pr&#233;tendue r&#233;duction du temps de travail. Et c'est aussi que cette loi concoct&#233;e et vot&#233;e par la gauche, a ouvert la porte &#224; une g&#233;n&#233;ralisation de la flexibilit&#233; et dans bien des cas d&#233;t&#233;rior&#233; les conditions de travail des salari&#233;s, en m&#234;me temps que donn&#233; lieu &#224; des r&#233;ductions de salaires ou de primes. Autre certitude, l'application des 35 heures a provoqu&#233; de tr&#232;s nombreux mouvements de gr&#232;ve et protestations &#8211; jusqu'&#224; aujourd'hui &#8211; r&#233;v&#233;lateurs de l'appr&#233;ciation des salari&#233;s concern&#233;s sur les pr&#233;tendus bienfaits de la loi. Quant aux emplois-jeunes, la gauche qui en avait promis 700 000 n'en a r&#233;alis&#233;s sur la l&#233;gislature qu'un peu moins de la moiti&#233;, cr&#233;&#233;s par les seuls secteurs public et associatif. Ces emplois ont certes &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;s comme un d&#233;pannage bienvenu par une partie des jeunes concern&#233;s, en fin de scolarit&#233; ou d&#233;j&#224; au ch&#244;mage, ou encore salari&#233;s depuis peu et saisissant l'occasion de changer de patron. Mais ces emplois, sous forme de contrats de cinq ans, financ&#233;s &#224; 80 % par l'Etat, ont inaugur&#233; une nouvelle forme de pr&#233;carit&#233; et de salaire au rabais. Embauch&#233;s dans l'enseignement, dans la police, dans les transports en commun, dans les municipalit&#233;s, etc., les jeunes en question se sont souvent retrouv&#233;s &#224; boucher des trous dans des administrations qui ont ainsi pourvu les postes manquants en les payant en dessous du tarif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Augmentation de la pr&#233;carit&#233; et de l'ins&#233;curit&#233; au travail&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien n'a &#233;t&#233; fait par ailleurs par le gouvernement de gauche contre la pr&#233;carit&#233; en g&#233;n&#233;ral. Sauf &#224; consid&#233;rer que la disposition de la derni&#232;re loi dite &#171; de modernisation sociale &#187;, passant de 6 % &#224; 10 % la prime de pr&#233;carit&#233; des CDD pour l'aligner sur celle des int&#233;rimaires, puisse constituer une r&#233;elle pression sur les patrons. La progression de la pr&#233;carit&#233; a au contraire accompagn&#233; la cr&#233;ation des nouveaux emplois, avec pour corollaire l'ins&#233;curit&#233; au travail. Entre 1999 et 2000 le nombre d'accidents du travail a ainsi progress&#233; de 4,6 % selon les chiffres du minist&#232;re de l'emploi qui pr&#233;cise que le secteur de l'int&#233;rim est particuli&#232;rement touch&#233; et que la pr&#233;carit&#233; et la flexibilit&#233; des horaires en sont les principales causes. Quant aux licenciements collectifs pour motif dit &#233;conomique, ils se sont mis &#224; grimper &#224; nouveau brutalement avec la rafale des plans sociaux au printemps dernier. En un an, de novembre 2000 &#224; novembre 2001, leur nombre a progress&#233; de 39,8 % pendant que le ch&#244;mage lui progressait de 12,7 %. Pour faire croire qu'il se pr&#233;occupait des licenciements &#233;conomiques, le gouvernement a propos&#233; un dispositif, toujours dans le cadre de cette loi de &#171; modernisation sociale &#187;, suscitant une longue discussion parlementaire. Le texte n'est finalement qu'une collection de dispositions l&#233;gales d&#233;j&#224; existantes et de vagues recommandations. Et de plus la d&#233;finition du licenciement &#233;conomique &#8211; fruit de concessions de Jospin au PCF mais qui ne pouvait tout au plus que permettre de retarder de quelques jours la mise en application des licenciements &#8211; a &#233;t&#233; retoqu&#233;e par le Conseil Constitutionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion : le point essentiel est que la gauche a fait passer dans le mouvement ouvrier (traduisez avec l'appui de toutes les bureaucraties syndicales) l'id&#233;e de la r&#233;forme... id&#233;e reprise ensuite par Sarkozy et ses successeurs de gauche, de droite et du centre pour casser tous les droits sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve383&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve383&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1984 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement de gauche de Mitterrand soutenu par le PCF et la CGT trahit les ouvriers de la sid&#233;rurgie lorraine&#8230; La CGT fait mine de mener des actions spectaculaires pour occuper les gr&#233;vistes de la sid&#233;rurgie mais ne fait aucun pas pour que l'ensemble des travailleurs du pays se sentent concern&#233;s et agissent avec les sid&#233;rurgistes. Le faux radicalisme des syndicats avait pour but de continuer &#224; garder le contr&#244;le de la lutte pour faire en sorte qu'elle ne leur &#233;chappe pas. Les syndicats se sont dit que la classe ouvri&#232;re voulait en jouer et qu'il fallait faire semblant sous peine d'&#234;tre d&#233;barqu&#233;s et que les travailleurs se passent de leurs chefs syndicaux. Mais ce n'&#233;tait qu'une tactique conjoncturelle. On a bien vu ensuite que ces centrales ne s'&#233;taient pas r&#233;ellement radicalis&#233;es et elles ont repris leur train-train de mouvements tournants, de luttes locales, de luttes partielles, de luttes &#233;miett&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1543&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1543&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La trahison par PCF et CGT de la gr&#232;ve Talbot, les staliniens soutenant le gouvernement de gauche, entrainera la division durable entre travailleurs fran&#231;ais et immigr&#233;s, ces derniers s'estimant l&#226;ch&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6442&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6442&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1984, dans l'entreprise Talbot, un atelier de 3000 salari&#233;s (sur les 14 000 que comptent l'usine) se met en gr&#232;ve contre des licenciements, c'est la CFDT qui m&#232;ne la lutte. Ce conflit intervient apr&#232;s une s&#233;rie de revers partiels dans ce secteur automobile. Sur le plan local et national, la CGT va se conduire &#224; nouveau en briseur de gr&#232;ve, quant &#224; la direction de la CFDT elle ne fera rien pour briser l'isolement de cette gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une d&#233;faite locale, dans l'isolement, mais qui marque la fin de la combativit&#233; dans ce secteur, le seul o&#249; elle s'&#233;tait maintenue. La d&#233;faite dans l'automobile est aussi importante que celle de la sid&#233;rurgie en 1979.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement annonce d'ailleurs des dizaines de milliers de licenciements dans la sid&#233;rurgie, la direction de Renault programme 20 000 licenciements avant la fin de 86. Il y a peu de r&#233;actions. En 1983, le nombre de ch&#244;meurs atteint les deux millions. Si dans la fonction publique les gr&#232;ves se multiplient entre 1983-84, contre l'aust&#233;rit&#233;, elles ne peuvent inverser la tendance. Le rapport de force est en faveur du gouvernement et du patronat qui ont les mains libres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1984, il y a encore des &#233;lections, cette fois pour les Europ&#233;ennes, sur fond de forte abstention. Le Front National fait presque jeu &#233;gal avec le PCF qui recueille 11 % des votes, il a obtenu deux millions de voix. Cette perc&#233;e des fascistes va se confirmer dans les ann&#233;es suivantes. Par son audience et son id&#233;ologie, le FN va tirer tout l'&#233;chiquier &#224; droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PS va se lancer dans la surench&#232;re, ainsi lors d'un d&#233;bat &#224; l'assembl&#233;e, G. Dufois se targue d'avoir organis&#233; 12 000 expulsions d'immigr&#233;s clandestins. En mati&#232;re de s&#233;curit&#233; comme de politique de l'immigration, la gauche veut prouver qu'elle peut faire aussi bien que la droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fabius, pour d&#233;signer la politique qu'il m&#232;ne, parle de &#034;sale boulot&#034;. Mais cette politique, orthodoxie budg&#233;taire et gestionnaire, n'est pas neutre au niveau social. Les milieux gouvernementaux en viennent &#224; pourchasser l'esprit de protestation et de lutte avec lequel la gauche s'identifiait plus ou moins avant 1981.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, dans le programme de 1981 les socialistes promettent d'accorder le droit de vote aux immigr&#233;s. Une fois au pouvoir, ils r&#233;gularisent 300 000 sans-papiers, mais le ministre de l'Int&#233;rieur, G. Deferre, maintient les contr&#244;les d'identit&#233; (au faci&#232;s) et les expulsions. En 1983, Maire de Marseille, il m&#232;ne campagne et sur ses affiches on peut lire : &#034;La droite, 20 ans d'immigration sauvage. Avec la gauche, enfin un contr&#244;le vigilant dont on mesure les effets.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mont&#233;e du FN est spectaculaire, il passe de 0,1 % aux l&#233;gislatives &#224; 10 % en 1984. En 1986, aux &#233;lections l&#233;gislatives du scrutin proportionnel, le Front confirme son score et entre &#224; l'assembl&#233;e avec une trentaine de d&#233;put&#233;s. Mais cette moyenne cache des r&#233;sultats qui localement sont inqui&#233;tants. Ainsi &#224; Marseille, le FN obtient 24 %, et 22 % dans le d&#233;partement des Bouches-du-Rh&#244;ne. Quelle est la part de d&#233;magogie de la politique Deferre dans cette ascension ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche porte une lourde responsabilit&#233; dans ce retour du fascisme. Sa politique a d&#233;moralis&#233; les salari&#233;s, des r&#233;gions enti&#232;res ont &#233;t&#233; d&#233;sindustrialis&#233;es. Elle a non seulement g&#233;r&#233; le syst&#232;me dans le sens des int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie, mais a aussi jou&#233; la carte raciste, &#034;diviser pour mieux r&#233;gner&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ministre PC des Transports Fiterman l&#226;che les flics de l'Etat contre les gr&#233;vistes de la gare St. Lazare en juin 1984, en les traitant de &#034;provocateurs manipul&#233;s par l'extr&#234;me-droite&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, le PC vote sans h&#233;siter l'augmenta&#172;tion des cr&#233;dits militaires et approuve l'inter&#172;vention fran&#231;aise au Liban et au Tchad. Ce qui n'emp&#234;che nullement que, depuis sa rupture du Programme Commun, on assiste au r&#233;alignement complet du PCF sur la politique imp&#233;rialiste de l'URSS. Ainsi, le PCF avait apport&#233; d&#232;s le d&#233;but son soutien &#224; l'intervention russe en Afghanistan, d'abord avec prudence fin d&#233;cembre 1979, puis tout &#224; fait r&#233;solument &#224; partir de la rencontre entre Marchais et Brejnev &#224; Moscou le 11 janvier 1980. Comme au d&#233;but de la &#034;guerre froide&#034; dans les ann&#233;es cinquante, il se lance dans une vaste campagne &#034;pacifiste&#034; contre le projet d'installation des fus&#233;es Pershing par l'OTAN en Europe occidentale, d'abord en r&#233;activant le vieux &#034;Mouvement pour la Paix&#034;, puis une fois au gouvernement, il est &#224; l'initiative de &#034;l'Appel des Cent&#034; qui lui permet de s'abriter derri&#232;re des &#034;personnalit&#233;s&#034; sans remettre en cause pour autant sa participation active et directe au budget de la &#034;d&#233;fense nationale&#034; (en hausse de 17,6% en 1982) et de voter en 1983 la loi de programmation militaire pour les cinq ans &#224; venir. Cependant, toutes les manifesta&#172;tions anim&#233;es ou soutenues par le PCF d&#233;si-gnent et condamnent unilat&#233;ralement le seul &#034;imp&#233;rialisme am&#233;ricain&#034; comme &#034;fauteur de guerre&#034; et toutes apportent leur soutien &#224; la pseudo-&#034;politique de paix&#034; de l'URSS, y com&#172;pris le d&#233;ploiement des SS-20, &#034;facteur d'&#233;qui&#172;libre dans la coexistence pacifique.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PCF d&#233;cide pourtant de quitter le gouver&#172;nement en juillet 1984. La cause fondamentale de ce d&#233;part est que la bourgeoisie a besoin d'une fraction de gauche dans l'opposition pour enca&#172;drer les r&#233;actions de la classe ouvri&#232;re, en par&#172;ticulier &#224; la veille de proc&#233;der &#224; des licenciements massifs au c&#339;ur m&#234;me du bastion majeur et le plus sensible de la classe ouvri&#232;re, les usines Renault et de passer &#224; des &#034;r&#233;formes&#034; d'enver&#172;gure passant par une &#233;norme suppression d'ef&#172;fectifs dans le secteur public (postes, t&#233;l&#233;com&#172;munications, SNCF,...). Cette d&#233;cision m&#251;re&#172;ment r&#233;fl&#233;chie va &#234;tre suivie par des actions &#034;dures&#034; et spectaculaires de la CGT : occupa&#172;tion de l'usine d&#233;saffect&#233;e SKF &#224; Vitry en 1985, entra&#238;nement d'une minorit&#233; d'ouvriers dans des actions-commandos &#224; r&#233;p&#233;tition chez Renault pendant tout l'&#233;t&#233;, notamment en baladant les ouvriers dans les &#034;beaux quartiers&#034; (blocage des Champs-Elys&#233;es lors de l'&#233;t&#233; 1987).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1986-1987 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve des cheminots de l'hiver est lanc&#233;e malgr&#233; l'opposition de la CGT et dirig&#233;e par des assembl&#233;es souveraines, des comit&#233;s de gr&#232;ve et des coordinations&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La remise en cause des syndicats par la base va culminer avec les gr&#232;ves &#224; la SNCF de l'hiver 86, obligeant la bourgeoisie &#224; recourir &#224; des coordi&#172;nations anim&#233;es par des syndicalistes de base et des gauchistes pour r&#233;cup&#233;rer le contr&#244;le de la lutte. Le PC, rel&#233;gu&#233; au second plan, est con&#172;traint de rester prudemment dans l'ombre de la CGT. Celle-ci, pendant les trois premiers jours d'une gr&#232;ve qui, avec une rapidit&#233; foudroyante, avait entra&#238;n&#233; derri&#232;re elle 98% des agents de conduite et en plusieurs endroits d'autres cat&#233;&#172;gories et autres secteurs de la SNCF, s'oppose ouvertement au mouvement. Dans certains d&#233;&#172;p&#244;ts de la r&#233;gion parisienne, elle appelle &#224; la reprise du travail, dans d'autres (Paris-Austerlirz ou Miramas sur le r&#233;seau Sud-Est), elle va jusqu'&#224; organiser des &#034;piquets de travail&#034;. Une fois la lutte enferm&#233;e sur un terrain corporatiste, elle va faire un retour en force en assurant une fausse extension pour &#233;largir la d&#233;faite au sein de la classe ouvri&#232;re. Cependant, au cours de toute cette p&#233;riode, le PCF fait l'exp&#233;rience de l'am&#172;pleur de son discr&#233;dit. Il paie au prix fort ses trois ans de politique antiouvri&#232;re au gouvernement. Cette d&#233;saffection se traduit imm&#233;diatement sur le plan &#233;lectoral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les l&#233;gislatives de mars 1986 sont catastro&#172;phiques pour le PC qui passe sous la barre des 10%. On commence &#224; assister au transfert de ses voix vers le FN, notamment dans ses fiefs traditionnels de la &#034;ceinture rouge&#034;. Mais la d&#233;gringolade n'est pas termin&#233;e. Voulant &#233;viter une humiliation personnelle, Marchais fait d&#233;&#172;signer un candidat minable, sans personnalit&#233;, Lajoinie comme candidat aux pr&#233;sidentielles de 1988. La d&#233;faite est cuisante, avec 6,7% des votants, c'est le pire r&#233;sultat jamais enregistr&#233; par le PC, qui aura perdu en 20 ans les 3/4 de son &#233;lectorat. Aux l&#233;gislatives suivantes, il remonte &#224; 11,1%, mais &#233;tant donn&#233; le fort taux d'abstention dans l'&#233;lectorat de gauche, cela ne repr&#233;sente plus que 7,2% des inscrits. M&#234;me s'il se maintient mieux aux &#233;lections municipa&#172;les de 1989, il n'en perd pas moins pr&#232;s de 300 communes (ne g&#233;rant plus que 2,6% des com&#172;munes en m&#233;tropole) et ne conserve notam&#172;ment plus qu'une commune de plus de 100 000 habitants (Le Havre). Ayant du mal &#224; appara&#238;&#172;tre comme force d'opposition cr&#233;dible, le parti de Marchais est pour la premi&#232;re fois de son histoire de parti bourgeois confront&#233; &#224; une crise ouverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats ont r&#233;ussi &#224; arr&#234;ter la gr&#232;ve&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout de trois semaines, la gr&#232;ve n'avait pas encore faibli. Le lundi 5 janvier, apr&#232;s le pont du Premier de l'An, de nombreux cheminots qui avaient &#233;t&#233; en cong&#233; pour quelques jours, rejoignaient de nouveau les gr&#233;vistes, et partout les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales &#233;taient plus nombreuses. Malgr&#233; l'attitude de la FGAAC, poussant ostensiblement &#224; la reprise apr&#232;s les f&#234;tes bien qu'elle n'os&#226;t pas prononcer le mot, le nombre des agents de conduite qui avaient abandonn&#233; &#233;tait infime. De nouvelles n&#233;gociations jeudi 8 janvier n'amen&#232;rent que des miettes qui furent jug&#233;es telles par les gr&#233;vistes, et le soir la gr&#232;ve tenait toujours aussi bon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intox &#224; la reprise battait son plein. Celle-ci &#233;tait annonc&#233;e chaque jour. Pourtant chaque jour, c'&#233;tait le m&#234;me pourcentage de trains qui roulaient, pas plus. A partir du vendredi 9, il y eut la pr&#233;tendue mobilisation des usagers, c'est-&#224;-dire des patrons et des partis de droite. Mais tout cela n'impressionna gu&#232;re les gr&#233;vistes, au plus, cela accrut la col&#232;re de quelques-uns.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceux qui ont arr&#234;t&#233; la gr&#232;ve, ce sont les syndicats : la CFDT et la CGT, puisque les autres soit n'avaient jamais &#233;t&#233; dans la gr&#232;ve, soit comme la FGAAC l'avait d&#233;j&#224; abandonn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La manoeuvre pour arr&#234;ter une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#224; la SNCF alors que les gr&#233;vistes eux-m&#234;mes ne sont nullement pr&#234;ts &#224; abandonner, n'est pas une nouveaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'a d&#233;j&#224; vue se r&#233;p&#233;ter en 1968, en 1971, en 1976, bref &#224; chaque fois qu'une gr&#232;ve impliquant des dizaines de milliers de cheminots aux quatre coins du territoire est devenue pesante ou g&#234;nante pour les organisations syndicales. Cette manoeuvre consiste &#224; pousser &#224; la reprise les secteurs les plus faibles au lieu de les conforter en montrant que la grosse majorit&#233; tient ferme. Puis, en se servant de leur exemple, &#224; souffler aux autres que le vent est &#224; la reprise, et ainsi les d&#233;courager et les d&#233;moraliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fois-ci, l&#224; encore, c'est la CFDT qui s'est avanc&#233;e la premi&#232;re. D&#232;s la fin des n&#233;gociations jeudi 8 au soir, la F&#233;d&#233;ration faisait savoir que, bien s&#251;r sans se prononcer pour la reprise, elle estimait que les gr&#233;vistes ne pourraient de toute fa&#231;on rien obtenir de plus. A part cela, elle les laissait libres de se prononcer pour ou contre la continuation de la gr&#232;ve. Un peu plus tard, c'est Edmond Maire lui-m&#234;me qui en rajoutait en conseillant ouvertement &#171; l'apaisement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et sur le terrain, les responsables, d&#232;s vendredi, encourageaient plus ou moins discr&#232;tement les premiers secteurs o&#249; la gr&#232;ve &#233;tait minoritaire &#224; reprendre le travail imm&#233;diatement, sans attendre de conna&#238;tre l'opinion de la majorit&#233; des autres secteurs. En fait, dans certains endroits ils encourageaient la minorit&#233; qui votait pour la reprise &#224; reprendre le travail. C'est ainsi qu'une gr&#232;ve est &#233;miett&#233;e, bris&#233;e, et qu'est cr&#233;&#233; le courant pour la reprise. Il est significatif d'ailleurs que les communiqu&#233;s de la F&#233;d&#233;ration ne disaient pas que, le vendredi 9 au soir il y avait toujours 79 d&#233;p&#244;ts sur 94 qui avaient d&#233;cid&#233; de poursuivre le mouvement. Ils disaient que quinze d&#233;p&#244;ts avaient d&#233;cid&#233; d'arr&#234;ter la gr&#232;ve. C'est ainsi qu'on cr&#233;e un climat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT, elle, a tenu plus longtemps. D'abord elle avait plus que la CFDT &#224; se faire pardonner son opposition du d&#233;but de la gr&#232;ve. Et puis, puisque la CFDT lui donnait l'occasion d'appara&#238;tre plus ferme, elle ne devait pas la rater. Elle a donc tenu deux jours de plus en se pronon&#231;ant officiellement pour la continuation. Et puis Edmond Maire ayant abattu ouvertement son jeu, la CGT se d&#233;clara tout &#224; la fois &#171; aux c&#244;t&#233;s de ceux qui ont d&#233;cid&#233; de continuer la lutte et aux c&#244;t&#233;s de ceux qui ont d&#233;cid&#233; de reprendre &#187;. Et voil&#224;. Ce n'est pas encore aujourd'hui que les j&#233;suites de la CFDT pourront donner des le&#231;ons &#224; ceux de la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6743&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6743&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1988 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve &#224; la SNECMA d&#233;montre que, sans la mainmise sur les luttes de la CGT et autres appareils syndicaux, les travailleurs sont capables d'organiser la lutte et de l'&#233;tendre d'eux-m&#234;mes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5624&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5624&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1994 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1994 : le g&#233;nocide rwandais&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel rapport avec le syndicalisme en France me direz-vous ? Justement, aucun !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France capitaliste organise un g&#233;nocide au Rwanda et le mouvement syndical reste sourd et muet&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les centrales syndicales n'ont jamais estim&#233; de leur r&#244;le de d&#233;noncer les crimes de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, faisant de leur silence une v&#233;ritable complicit&#233;. L'exemple particuli&#232;rement criminel et sanglant d'un pr&#233;sident de gauche avec un gouvernement de droite, armant et organisant une contre-r&#233;volution fasciste en est une illustration particuli&#232;rement scandaleuse. Cela continue bien s&#251;r aujourd'hui avec l'absence de toute d&#233;nonciation de l'intervention militaire des grandes puissances en Ha&#239;ti. Les centrales syndicales dans un pays riche comme la France sont partie int&#233;grante de l'ordre imp&#233;rialiste.&lt;br class='autobr' /&gt;
La m&#234;me ann&#233;e, le CIP, ou &#034;SMIC jeune&#034; de Balladur, est renvoy&#233; &#224; la poubelle par la mobilisation de la jeunesse : un mois de manifestations massives dans tout le pays. Les syndicats n'interviennent qu'en ponctuant la mobilisation par des &#034;journ&#233;es&#034; de manifestations massivement suivies. Elles n'ont nullement voulu ce mouvement et n'ont fait que le suivre de loin.... Elles chercheront encore moins &#224; en faire un point d'appui des luttes ouvri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article134&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article134&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2513&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2513&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1995 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement social de l'automne 1995, que certains ont souvent cru r&#233;duit &#224; la seule gr&#232;ve des transports publics, SNCF et RATP notamment, tr&#232;s visible et fortement m&#233;diatis&#233;, a &#233;galement entrain&#233;, dans le refus du plan Jupp&#233;, le gros secteur de la fonction publique qu'est La Poste. La gr&#232;ve des postiers n'a pas beaucoup &#233;t&#233; remarqu&#233;e ni m&#233;diatis&#233;e. Cependant, avec un taux moyen sup&#233;rieur &#224; 3,5 jours par an et par agent, les chiffres de l'ann&#233;e 1995 se r&#233;v&#232;lent &#234;tre les plus hauts depuis 1974. Ils t&#233;moignent de la forte r&#233;sonance qu'ont, au sein de la profession posti&#232;re, la th&#233;matique des retraites et celle de la S&#233;curit&#233; sociale. Et combien le &#171; tous ensemble &#187; a emport&#233; l'adh&#233;sion, m&#234;me si la reprise impos&#233;e par Bernard Thibaut aux cheminots a &#233;galement entra&#238;n&#233; la reprise des autres secteurs, de la RATP &#224; la Poste. Les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales interprofessionnelles de la gr&#232;ve 1995, m&#234;me si elles n'ont pas &#233;t&#233; r&#233;&#233;dit&#233;es ensuite, pas plus que la gr&#232;ve interprofessionnelle, ont marqu&#233; le mouvement ouvrier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1995 : les cheminots entra&#238;nent le secteur public et sont arr&#234;t&#233;s par la CGT d&#232;s que le secteur priv&#233; menace d'entrer en lutte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1995, on oublie souvent qu'il y a eu s&#233;par&#233;ment une gr&#232;ve se g&#233;n&#233;ralisant dans le priv&#233; (par exemple Renault, Thomson, SNECMA, Danone, etc..., au printemps 1995) et une gr&#232;ve se g&#233;n&#233;ralisant aussi dans le public en octobre. Les syndicats, apr&#232;s avoir approuv&#233; les mesures pr&#233;vues par Jupp&#233;, ont &#339;uvr&#233; consciemment et efficacement &#224; diviser et affaiblir. Au d&#233;but, elles ne pr&#233;voyaient m&#234;me pas une v&#233;ritable r&#233;action. Par exemple, Jean-Paul Roux, le dirigeant du syndicat ind&#233;pendant l'UNSA, d&#233;clarait : &#034;On ne peut pas faire la gr&#232;ve du si&#232;cle tous les mois, beaucoup de fonctionnaires ne peuvent se permettre de perdre 2 jours de salaire &#224; 6 semaines d'intervalle &#224; l'approche de No&#235;l&#034;. Gr&#226;ce aux syndicats, le gouvernement a pu se contenter d'un petit recul alors qu'il faisait face &#224; une remont&#233;e des luttes sociales. Certains syndicats comme la CGT et FO se sont port&#233;s &#224; la t&#234;te de la lutte des salari&#233;s du public alors qu'ils avaient sign&#233; les projets de r&#233;forme de Jupp&#233; qui s'est suffisamment plaint de leur retournement. Alors que Nicole Notat et la CFDT se rangeaient aux c&#244;t&#233;s du gouvernement Jupp&#233; contre les cheminots et les postiers), en d&#233;cembre 1995, Bernard Thibault avait lui-m&#234;me brad&#233; la gr&#232;ve dont il apparaissait comme le principal leader, en appelant &#224; la reprise, sans consulter aucun gr&#233;viste, d&#232;s la signature d'un accord avec le ministre des transports de l'&#233;poque. Cette gr&#232;ve, de la part des dirigeants de la CGT comme de Marc Blondel qui dirigeait FO, &#233;tait surtout une fa&#231;on de s'imposer comme interlocuteurs au gouvernement Jupp&#233;-Chirac, &#224; qui ils d&#233;montraient, en s'appuyant sur la col&#232;re des cheminots, que ce n'&#233;tait pas en collaborant avec la seule CFDT que l'on pouvait marchander le calme social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cheminots, dont le syst&#232;me de retraite et le statut de l'entreprise, via le projet de contrat de plan, sont remis en cause, occupent une grande place dans le mouvement. La gr&#232;ve de novembre-d&#233;cembre 1995 montre que la gr&#232;ve des cheminots peut gagner, faire reculer un projet antisocial, faire chuter un ministre, en entra&#238;nant les autres secteurs, en organisant des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales interprofessionnelles et en passant dans les autres secteurs les entra&#238;ner &#224; la gr&#232;ve. En sortant du minist&#232;re, Bernard Thibaut secr&#233;taire de la CGT des cheminots annonce, sans consultation des cheminots en gr&#232;ve et sans concertation avec les travailleurs de la RATP qui ont suivi la gr&#232;ve SNCF, que la gr&#232;ve est finie. C'est le d&#233;but d'une politique de trahison ouverte men&#233;e par celui qui va vite devenir le dirigeant de la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si 1995 a marqu&#233; une remont&#233;e de la lutte, un recul du gouvernement et une accentuation de la confiance des travailleurs, les travailleurs y sont apparus comme suivants les syndicats nationaux contrairement aux ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes et elle a &#233;t&#233; aussi un tournant vers une plus grande collaboration entre syndicats et gouvernement et avec le patronat qui sera soulign&#233; par le choix que fera la CGT de venir un syndicat qui n&#233;gocie, qui propose, qui est &#034;positif&#034;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que Nicole Notat et la CFDT se rangeaient aux c&#244;t&#233;s du gouvernement Jupp&#233; contre les cheminots et les postiers), en d&#233;cembre 1995, Bernard Thibault avait lui-m&#234;me brad&#233; la gr&#232;ve dont il apparaissait comme le principal leader, en appelant &#224; la reprise, sans consulter aucun gr&#233;viste, d&#232;s la signature d'un accord avec le ministre des transports de l'&#233;poque. Cette gr&#232;ve, de la part des dirigeants de la CGT comme de Marc Blondel qui dirigeait FO, &#233;tait surtout une fa&#231;on de s'imposer comme interlocuteurs au gouvernement Jupp&#233;-Chirac, &#224; qui ils d&#233;montraient, en s'appuyant sur la col&#232;re des cheminots, que ce n'&#233;tait pas en collaborant avec la seule CFDT que l'on pouvait marchander le calme social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7491&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7491&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/2580_1&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/2580_1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; Nouvel Observateur &#187; de d&#233;but d&#233;cembre 2009 &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Sarkozy, au moins, il a des c&#8230; Il d&#233;fend l'industrie fran&#231;aise ! (&#8230;) Cet &#233;loge &#233;mane d'un tr&#232;s proche de &#8230; Bernard Thibaut qui, lui-m&#234;me d&#233;clare &#171; Pour Sarko, tous les sujets passent par des relations personnelles. (&#8230;) Souvenez-vous de la gr&#232;ve des cheminots, &#224; l'automne 2007. Le pr&#233;sident Sarkozy d&#233;cide de r&#233;former les r&#233;gimes sp&#233;ciaux de retraite de la SNCF, de la RATP et des &#233;lectriciens-gaziers. Il veut, en 2002, faire passer de 40 &#224; 41 le nombre d'ann&#233;es de cotisations. La gr&#232;ve &#233;clate &#224; la mi-octobre. Pr&#233;vue pour 24 heures, elle dure. Le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT ne sait pas comment arr&#234;ter ses troupes. (&#8230;) Thibaut dit &#224; Sarkozy : &#171; Donnez moi quatre jours, je vous promets la reprise du travail. &#187; (&#8230;) Le num&#233;ro un de la CGT vient d'entrer d&#233;finitivement dans le clan des r&#233;formistes ! (&#8230;) Plus r&#233;cemment, le choix d'Henri Proglio, le pr&#233;sident de Veolia, pour remplacer Pierre Gadonneix &#224; la t&#234;te d'EDF s'est fait avec l'appui de Bernard Thibaut. (&#8230;) Ce pragmatisme est davantage dans les g&#232;nes de l'autre centrale, la CFDT. (&#8230;) &#171; Le syndicalisme &#224; la &#171; Conti &#187; n'est pas le n&#244;tre &#187;, explique le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral. (&#8230;) Depuis quelques temps, on voit souvent Thibaut et Ch&#233;r&#232;que bras dessus, bras dessous. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1996 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 23 ao&#251;t 1996, la police &#233;vacuait l'&#201;glise Saint Bernard, d&#233;fon&#231;ant &#224; coups de hache la porte d'entr&#233;e sous'&#339;il des cam&#233;ras pour d&#233;loger des familles qui y campaient depuis plus de 50 jours. Cette journ&#233;e marquera le d&#233;but d'une lutte acharn&#233;e pour obtenir la r&#233;gularisation de tous les sans-papiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin d'&#234;tre &#224; l'initiative ou m&#234;me en soutien, les centrales syndicales ont laiss&#233; les sans-papiers &#171; de Saint-Bernard &#187; mener seuls leur lutte jusqu'&#224; l'occupation du gymnase Japy puis de l'&#233;glise Saint-Bernard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1996-1997, les syndicats mettent la p&#233;dale douce sur les gr&#232;ves&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lesechos.fr/1999/01/en-1997-les-greves-sont-restees-peu-nombreuses-dans-le-prive-et-ont-diminue-dans-la-fonction-publique-761607&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lesechos.fr/1999/01/en-1997-les-greves-sont-restees-peu-nombreuses-dans-le-prive-et-ont-diminue-dans-la-fonction-publique-761607&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1999&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves remontent en 1999. Depuis novembre 1999, se sont trouv&#233;s en gr&#232;ve, entre autres, le personnel hospitalier, celui des grands magasins parisiens, les employ&#233;s des banques, ceux de la Poste, du transport public, du service de nettoyage du m&#233;tro, les journalistes, les pompiers, les agents des imp&#244;ts, les employ&#233;s des caisses d'assurance tout comme les salari&#233;s de Disneyland Paris. M&#234;me les chercheurs, les enseignants et les cadres ont d&#233;bray&#233;. Les gr&#232;ves se dirigent &#224; la fois contre la mani&#232;re dont l'introduction des 35 heures a lieu mais aussi pour appuyer une r&#233;elle r&#233;duction du temps de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les routiers eux ont d'autant plus de raisons de protester vu que le gouvernement a c&#233;d&#233; aux pressions de leurs patrons. Le 10 janvier, les patrons-routiers avaient organis&#233; un barrage routier et avaient ainsi r&#233;ussi &#224; faire passer un d&#233;cret unilat&#233;ral par le ministre des transports Gayssot (PCF) leur garantissant une application taill&#233;e sur mesure de la loi des 35 heures. Les patrons ont, de ce fait, la possibilit&#233; de faire travailler leur personnel pendant 208 heures par mois, ce qui &#233;quivaut &#224; plus de 50 heures par semaine. Ce projet de d&#233;cret renferme &#233;galement une r&#233;glementation tout &#224; fait ridicule en cas de &#171; double &#233;quipage &#187; des conducteurs longue distance et qui fait que le temps du chauffeur qui ne conduit pas n'est pas reconnu comme &#171; temps effectif de travail &#187; car &#233;tant cens&#233; pouvoir &#171; vaquer librement &#224; ses occupations &#187;. Les chauffeurs d&#233;plorent aussi que les acquis de la gr&#232;ve de 1995 en ce qui concerne le salaire et le temps de travail soient r&#233;duits &#224; n&#233;ant cinq ans plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le journal L'Express &#233;crivait le 3 f&#233;vrier : &#171; Dans les services publics - transports, poste, etc. - 'l'ambiance 35 heures' est synonyme de tensions nouvelles. L'affaire des routiers en est un symbole. En trois semaines, les m&#234;mes camions ont bloqu&#233; les m&#234;mes routes pour la m&#234;me raison : les 35 heures. Seuls ceux qui tenaient le volant ont chang&#233;. Les 35 heures sont une r&#233;forme populaire qui produit du conflit social. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La complexit&#233; du probl&#232;me ressort tout particuli&#232;rement dans la gr&#232;ve du personnel hospitalier qui cumule toutes les difficult&#233;s : il s'agit l&#224; aussi bien du secteur public que priv&#233;, et l'Etat, en tant d'employeur, a affaire aux secteurs d'activit&#233;s les plus divers. Le 28 janvier avait lieu &#224; Paris la plus importante manifestation que les personnels hospitaliers aient connu ces dix derni&#232;res ann&#233;es et &#224; laquelle ne participaient pas seulement les personnels soignants, mais aussi les m&#233;decins, les urgentistes, les psychiatres, les pharmaciens d'h&#244;pitaux, les agents techniques et d'entretien, tous rassembl&#233;s sous le slogan &#171; Assez de la rigueur - on veut de la sant&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#224; noter par ailleurs que certains syndicats s'efforcent f&#233;brilement de jouer au mieux, lors de la signature des accords sur le temps de travail, leur r&#244;le de partenaire des entreprises et du gouvernement. La CFDT par exemple est pr&#234;te &#224; d&#233;bourser pr&#232;s de 5 millions de francs dans le lancement d'une campagne d'information sur les 35 heures, en d&#233;pit de l'avis de la secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale, Nicole Notat, que seule une minorit&#233; d&#233;croissante &#233;met encore des r&#233;serves. La moiti&#233; des accords conclus ayant eu lieu dans des entreprises d&#233;pourvues de syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/francais/News/2000/fevrier00/15fev00_35hrsfr.shtml&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/francais/News/2000/fevrier00/15fev00_35hrsfr.shtml&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la gr&#232;ve des cheminots de ce d&#233;but du mois de mai, la politique de collaboration des directions syndicales et du gouvernement pour imposer aux travailleurs, sous couvert de la loi d'am&#233;nagement du temps de travail, cette plus grande flexibilit&#233; que souhaite le patronat, a rencontr&#233; sa plus s&#233;rieuse difficult&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;marr&#233;e le 27 avril &#224; l'appel d'un seul syndicat, corporatiste, la f&#233;d&#233;ration autonome des agents de conduite, la FGAAC, appel rapidement relay&#233; par des militants de tous bords, la gr&#232;ve a dur&#233; plus de dix jours. Elle est certes rest&#233;e minoritaire et cat&#233;gorielle, limit&#233;e essentiellement aux agents de conduite, peu &#233;tendue aux s&#233;dentaires. Mais elle a paralys&#233; une partie du trafic et finalement contraint la direction de la SNCF &#224; prendre la mesure du peu de popularit&#233; de son projet et du peu d'efficacit&#233; des grands appareils syndicaux &#224; le faire passer pour &#034;constructif&#034;. Cette gr&#232;ve aura probablement d'abord surpris les grandes f&#233;d&#233;rations qui s'appr&#234;taient &#224; signer tranquillement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la caract&#233;ristique de cette gr&#232;ve des cheminots, c'est qu'elle n'est pas rest&#233;e la gr&#232;ve cat&#233;gorielle des agents de conduite telle que la FGAAC l'aurait s&#251;rement voulu. Elle n'a certes pas &#233;t&#233; la lame de fond, l'explosion qui bouscule sans peine tous les barrages syndicaux. Loin s'en faut. Elle est rest&#233;e dans la plupart des endroits limit&#233;e aux seuls agents de conduite, et m&#234;me parmi eux, elle est rest&#233;e tout au long du conflit minoritaire. Mais elle a tenu et s'est en partie &#233;tendue alors qu'elle &#233;tait combattue par les plus influentes des f&#233;d&#233;rations syndicales de cheminots, la f&#233;d&#233;ration CGT et la f&#233;d&#233;ration CFDT (dont le responsable s'est illustr&#233; par des propos &#224; la grande presse contre ces &#034;2,5 % de gr&#233;vistes&#034; qui auraient bloqu&#233; l'application d'un bon accord !). Quant au syndicat SUD-Rail qui a fini, avec un temps de retard, par d&#233;poser un pr&#233;avis de gr&#232;ve, par crainte lui aussi de voir sa base partir et lui &#233;chapper, il a tout fait pour que son pr&#233;avis ne soit pas vraiment suivi. Et ce qui a donn&#233;, malgr&#233; toutes ces oppositions, &#224; la gr&#232;ve un dynamisme et une port&#233;e qui d&#233;passaient les intentions et les possibilit&#233;s de la f&#233;d&#233;ration autonome qui l'avait d&#233;clench&#233;e, c'est qu'un peu partout des travailleurs du rang mais surtout des militants et adh&#233;rents de tous les syndicats &#224; commencer par des militants et des sections syndicales enti&#232;res, de la CGT ont saisi l'occasion de l'appel de la FGAAC pour agir et appeler &#224; la gr&#232;ve, contre l'avis de leurs propres f&#233;d&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve, contre les appareils, dont celui de la CGT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve a donc d&#233;marr&#233; et vite pris de l'ampleur. Surtout l&#224; o&#249; des militants se sont mis en avant pour l'organiser. Assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales dans des d&#233;p&#244;ts d'agents de conduite de la banlieue parisienne, mais aussi des r&#233;gions Nord, Picardie, Champagne-Ardenne, Alsace, Lorraine, Normandie, Provence-C&#244;te d'Azur, etc. 19 %, puis 30 %, puis 40 % de gr&#233;vistes, selon la direction, en r&#233;alit&#233; plus de 50 % dans quelques d&#233;p&#244;ts, surtout l&#224; o&#249; localement, la CGT avait appel&#233; &#224; cesser le travail. Quelques secteurs de s&#233;dentaires ont rejoint la lutte comme &#224; Rouen (Mat&#233;riel, Transport et Commercial), &#224; St-Lazare (Transport et Commercial), &#224; Marseille (tous services), etc. Souvent &#224; l'appel des conducteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais partout, se sont vite produites les m&#234;mes sc&#232;nes et les m&#234;mes discussions entre partisans de la gr&#232;ve et certains responsables c&#233;g&#233;tistes oppos&#233;s &#224; celle-ci, servant partout les m&#234;mes phrases et les m&#234;mes arguties, selon lesquelles le d&#233;clenchement du mouvement aurait &#233;t&#233; pr&#233;cipit&#233;, &#224; l'appel d'une FGAAC pr&#233;occup&#233;e surtout de ses int&#233;r&#234;ts corporatistes, qu'il faudrait aux cheminots le temps de comprendre, de d&#233;battre, de se forger leur propre opinion, qu'il faudrait les consulter par un grand r&#233;f&#233;rendum pour lequel la direction avait offert son soutien logistique. En attendant, la gr&#232;ve &#233;tait pr&#233;matur&#233;e, expliquait l'appareil CGT, qui a mis tout son poids, contre une partie de ses propres militants, pour batailler contre elle, faire voter et revoter contre la gr&#232;ve. D'o&#249; la col&#232;re, des discussions vives, des engueulades... qui n'ont pas entam&#233; la d&#233;termination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ultime manoeuvre, tandis qu'entrait en vigueur, mardi 4 mai, le pr&#233;avis d&#233;pos&#233; par SUD-Rail, pour lequel les dirigeants de ce syndicat se gardaient bien de militer dans les chantiers, la f&#233;d&#233;ration CGT d&#233;posait elle aussi un pr&#233;avis de gr&#232;ve, mais &#224; partir du dimanche 9 mai au soir, soit pr&#232;s d'une semaine plus tard, et seulement pour 36 heures, faisant all&#232;grement fi de la gr&#232;ve en cours ! Une partie des responsables CGT qui jusque-l&#224; n'avaient pas os&#233; s'opposer ouvertement &#224; la gr&#232;ve, avaient enfin, vis-&#224;-vis de leurs propres militants, l'argument de poids : forts du pr&#233;avis d&#233;pos&#233; par leur f&#233;d&#233;ration, ils appel&#232;rent &#224; partir du mardi 4 mai &#224; suspendre la gr&#232;ve sous pr&#233;texte qu'elle aurait &#233;t&#233; presque exclusivement celle des agents de conduite et donc corporatiste et qu'il fallait en d&#233;marrer s&#233;rieusement une autre, intercat&#233;gorielle... la semaine suivante, une fois que tout serait fini !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait &#233;tudi&#233; pour permettre &#224; la direction d'organiser &#224; nouveau des rencontres et palabres avec les appareils syndicaux et leur donner quelques broutilles &#224; se mettre sous la dent pour justifier les appels &#224; la reprise. C'&#233;tait destin&#233; &#224; d&#233;courager les gr&#233;vistes, tuer le mouvement et se pr&#233;parer &#224; aller tranquillement vers cette grande consultation pr&#233;tendument d&#233;mocratique qui pourrait avoir lieu &#224; la fin mai. On ne sait pas si, au bout du compte, la CGT signera ou pas, mais il reste surtout qu'elle a mis tout son poids pour faire passer pour globalement positif un catalogue de mesures contre les cheminots, et tout son poids pour emp&#234;cher la gr&#232;ve contre ces mesures, gr&#232;ve o&#249; pourtant ses propres militants s'&#233;taient engag&#233;s. Le r&#233;f&#233;rendum, pourtant, a eu lieu : c'est cette gr&#232;ve de dix jours qui a tenu malgr&#233; l'opposition au mouvement des plus influentes des directions syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mercredi 5 mai, le mouvement commen&#231;ait &#224; faiblir. Ou plus exactement il &#233;tait de bon ton de le dire dans les milieux syndicaux qui lui &#233;taient hostiles. Voire d'en rajouter. Car &#224; Marseille, par exemple, s'il est vrai que des cheminots gr&#233;vistes avaient &#034;suspendu&#034; leur gr&#232;ve &#224; l'appel de la CGT, il restait malgr&#233; tout 60 % des roulants en lutte, et 80 % &#224; Miramas. Dans la soir&#233;e, les directions syndicales qui avaient cru jusque-l&#224; l'affaire ficel&#233;e, grima&#231;aient devant les petites concessions que Gallois venait de faire aux gr&#233;vistes. Et le jeudi 6 mai s'amor&#231;ait la reprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Belles manoeuvres des f&#233;d&#233;rations CGT et CFDT, la main dans la main comme Thibault et Notat &#224; leurs congr&#232;s respectifs, pour tenter de sauver la mise du gouvernement de la gauche plurielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la direction de la SNCF, avec &#224; la rescousse celles des centrales syndicales, n'est pas au bout de ses peines pour faire avaler aux cheminots la r&#233;organisation du temps de travail, sans compter la r&#233;forme du syst&#232;me des retraites, qu'elle leur concocte. Une &#233;ventuelle signature du projet d'accord, que les concessions de derni&#232;re minute faites pour enrayer la gr&#232;ve n'ont pas chang&#233; sur le fond, pourrait co&#251;ter cher &#224; la direction de la CGT cheminote. Et le conflit pourrait bien rebondir, pas seulement chez les conducteurs, mais aussi chez les autres roulants ou chez les s&#233;dentaires lorsque tomberont les mesures concr&#232;tes pr&#233;vues dans le projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Si j'&#233;tais cheminot, je ne me mettrais pas gr&#232;ve...&#034; c'est le dirigeant du PC qui vous le dit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2092&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2092&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 46e congr&#232;s de la CGT a &#233;t&#233; l'occasion de faire des gestes en direction du patronat. Ce n'&#233;taient pas les premiers. Le congr&#232;s pr&#233;c&#233;dent avait ent&#233;rin&#233; la suppression des statuts de la CGT de toute r&#233;f&#233;rence &#224; la lutte de classe. Il ne s'agissait plus, il est vrai, que d'une r&#233;f&#233;rence toute formelle, mais les symboles servent &#224; annoncer la couleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arriv&#233;e, inesp&#233;r&#233;e, au gouvernement de la &#171; gauche plurielle &#187; en 1997 s'est r&#233;v&#233;l&#233;e une occasion pour la CGT de tenter de rattraper le temps perdu. Qu'attendent le patronat et le gouvernement de la CGT dans la p&#233;riode qui vient ? Des engagements dans des directions toutes balis&#233;es : l'annualisation et la flexibilit&#233;, la mise au rancart des conventions collectives, l'extension du travail pr&#233;caire dans la fonction publique apr&#232;s sa g&#233;n&#233;ralisation dans le secteur priv&#233;, les privatisations &#224; tout va, la diminution des retraites et l'institutionnalisation des fonds de pension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur l'annualisation et la flexibilit&#233;, la CGT a d&#233;j&#224; multipli&#233; les gages, en ayant sign&#233; &#224; ce jour plus de 20 % des accords. Au congr&#232;s, Maryse Dumas comme Bernard Thibault ont &#233;voqu&#233; les &#171; propositions &#187; de la CGT concernant la r&#233;daction de la future loi sur les 35 heures, en se gardant de s'opposer &#224; l'annualisation &#8211; Maryse Dumas tenant m&#234;me &#224; s'incliner devant le fait accompli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est de la Fonction publique, Christian Laroze, secr&#233;taire de la f&#233;d&#233;ration CGT du Textile, a annonc&#233; de la tribune du congr&#232;s (cit&#233; par Le Monde du 6 f&#233;vrier) les intentions de la CGT : &#171; les salari&#233;s du public vont bient&#244;t d&#233;couvrir, avec les 35 heures, la flexibilit&#233; intense telle qu'on la subit, dans l'industrie, depuis dix ans. (...) Pendant qu'ils g&#233;raient les &#233;volutions de carri&#232;re et les augmentations salariales, nous subissions, nous, les licenciements massifs et les d&#233;localisations. Aujourd'hui, ils esp&#232;rent avoir les 35 heures sans perte de salaire et sans flexibilit&#233;. Faut pas r&#234;ver ! &#187; Voil&#224; le gouvernement pr&#233;venu lorsqu'il d&#233;cidera d'engager les batailles d&#233;j&#224; annonc&#233;es par la publication du rapport sur le temps de travail dans la Fonction publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ligne de mire, la question du mode de calcul de la retraite des fonctionnaires et le d&#233;gagement des capitaux consid&#233;rables repr&#233;sent&#233;s par ces retraites actuellement g&#233;r&#233;es par la Caisse des d&#233;p&#244;ts et consignations. Mais, l&#224;-dessus, les d&#233;clarations de Viannet sur les fonds de pension valent pratiquement engagement de la part de la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/46eme-congres-de-la-CGT-offres-de-services?archive=1&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/46eme-congres-de-la-CGT-offres-de-services?archive=1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2000&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Gr&#232;ves &#224; la poste, aux imp&#244;ts, dans les h&#244;pitaux (manifestations r&#233;ussies dans tout le pays le 28 janvier), mobilisation impressionnante des instituteurs, professeurs et parents d'&#233;l&#232;ves dans le midi (12 000 manifestants &#224; Montpellier, 15 000 &#224; N&#238;mes), mais aussi en Bretagne, en Auvergne, en Normandie... Gr&#232;ves &#224; la S&#233;curit&#233; sociale et aux caisses d'allocations familiales. Tout cela pour ne parler que des mouvements dans la fonction publique de ces derni&#232;res semaines. Partout, les m&#234;mes probl&#232;mes d'effectifs, les m&#234;mes revendications : cr&#233;ations de postes d'enseignants, d'hospitaliers, de postiers, refus du gel des effectifs, embauche des pr&#233;caires. En r&#233;alit&#233;, cela fait des mois que les gr&#232;ves et manifestations se succ&#232;dent en ordre dispers&#233; dans le secteur public comme priv&#233; sur la question des 35 heures, des licenciements ou du manque d'effectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les diff&#233;rents mouvements, m&#234;me isol&#233;s, sectoriels, sont populaires. La jonction des parents d'&#233;l&#232;ves aux enseignants (qui avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; notable lors des mouvements de l'an dernier), simple exemple, t&#233;moigne du caract&#232;re g&#233;n&#233;ral du m&#233;contentement, du sentiment de solidarit&#233; au sein du monde du travail. En d&#233;pit de l'&#233;miettement des mouvements, il est remarquable que les diff&#233;rentes luttes qui se relaient n'aient aucun caract&#232;re corporatiste. Chacun se reconna&#238;t dans le chauffeur routier tenant un barrage, dans l'instit qui conteste la carte scolaire, l'infirmi&#232;re, l'aide-soignante ou le brancardier qui manifestent, l'employ&#233;e de la S&#233;cu d&#233;bord&#233;e, le pompier en col&#232;re, et m&#234;me l'employ&#233; des imp&#244;ts qui proteste contre la fermeture des petites perceptions ! Rarement les salari&#233;s de ce pays ont eu &#224; ce point le sentiment d'&#234;tre confront&#233;s aux m&#234;mes probl&#232;mes, au m&#234;me scandale social qui veut que les entreprises qui font des b&#233;n&#233;fices licencient et que le gouvernement &#171; g&#232;le &#187; les effectifs des services publics tout en parlant de croissance et de retour &#224; la prosp&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la conscience sociale, ni m&#234;me politique qui manque aujourd'hui aux salari&#233;s. La combativit&#233; ? Les travailleurs n'h&#233;sitent pas &#224; r&#233;pondre pr&#233;sents aux appels syndicaux, quand appels il y a, parfois au-del&#224; des esp&#233;rances des appareils nationaux (comme chez les instits, profs des coll&#232;ges, de l'enseignement professionnel et les parents d'&#233;l&#232;ves du Gard et de l'H&#233;rault ces derniers jours).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas non plus l'unit&#233; syndicale qui fait d&#233;faut. Oh non ! Les directions des conf&#233;d&#233;rations entretiennent aujourd'hui des rapports parfaitement cordiaux. Elles se concertent, elles s'accordent. La question est de savoir sur quoi. Elles ne s'accordent pas sur une strat&#233;gie syndicale visant &#224; coordonner les diff&#233;rentes luttes en vue d'un mouvement d'ensemble. Surtout pas. Les mouvements existants, elles les accompagnent, les chevauchent, mais s'accordent tacitement pour ne surtout pas les coordonner. En revanche, elles s'entendent parfaitement sur un programme et un calendrier de n&#233;gociations avec le Medef sur &#171; l'approfondissement de la n&#233;gociation collective &#187; et l'avenir de la protection sociale, et avec le gouvernement sur l'application des 35 heures dans la fonction publique, en attendant les n&#233;gociations sur les retraites. Le plan, la strat&#233;gie des conf&#233;d&#233;rations syndicales, ce sont le Medef et Martine Aubry qui pour l'heure les leur dictent. Le Medef par son coup d'&#233;clat en mena&#231;ant de quitter les organismes g&#233;r&#233;s paritairement (S&#233;cu, Unedic...) d'ici la fin de l'ann&#233;e ; Martine Aubry en d&#233;cidant du calendrier de n&#233;gociation d'une &#171; loi cadre &#187; sur la r&#233;duction du temps de temps travail dans la fonction publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exemple : apr&#232;s le succ&#232;s de la manifestation du personnel des h&#244;pitaux du 28 janvier (10 000 &#224; Paris, 7000 &#224; Toulouse, 6000 &#224; Marseille, 3000 &#224; Lyon, 7000 &#224; Rennes, etc.), toutes les conditions &#233;taient r&#233;unies pour que les f&#233;d&#233;rations appellent &#224; la poursuite de la mobilisation, &#224; la coordination des gr&#232;ves touchant bon nombre de grands h&#244;pitaux un peu partout dans le pays, en chiffrant &#224; l'&#233;chelle nationale le nombre de cr&#233;ations de postes indispensables pour permettre non seulement un passage r&#233;el aux 35 heures mais combler le manque actuel d'effectifs (combien d'embauches d'infirmi&#232;res, d'aide-soignantes, de brancardiers, de personnels d'entretien... 50 000, 60 000, 100 000 ?). Tout le monde conna&#238;t l'&#233;tat des services d'urgences, de g&#233;riatrie, la surcharge de travail dans la plupart des services d'un c&#244;t&#233; et les plans de restructuration hospitali&#232;re de l'autre. Il &#233;tait simple, trop simple sans doute, de s'appuyer sur les quelque 100 000 manifestants du 28 janvier pour formuler des exigences unitaires et claires face &#224; Aubry, pour que le personnel hospitalier se sente fort, s&#251;r de lui, et d'appeler les semaines suivantes &#224; l'amplification de la mobilisation du personnel hospitalier sur des revendications claires pour tout le monde. Mais non. Martine Aubry annonce l'ouverture des n&#233;gociations avec toutes les organisations syndicales du secteur hospitalier pour trois semaines, et les principales f&#233;d&#233;rations du secteur se contentent de repousser au 14 mars, un mois et demi plus tard, une &#171; &#233;ventuelle &#187; journ&#233;e nationale de gr&#232;ve. Que les h&#244;pitaux d&#233;j&#224; en gr&#232;ve prennent patience. C'est qu'elles &#171; n&#233;gocient &#187; &#224; partir des &#171; donn&#233;es &#187; de Martine Aubry, qui n'envisage aucunement de revenir sur l'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire. La mobilisation devra s'adapter au calendrier de n&#233;gociation de la ministre. Cela fait des semaines que toute une s&#233;rie de grands h&#244;pitaux votent la gr&#232;ve reconductible, mais c'est le gouvernement qui impose son rythme et sa cadence aux syndicats et les met en situation de &#171; d&#233;battre &#187; sur les miettes qu'il leur conc&#233;dera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Des-confederations-syndicales-tres-respectueuses&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Des-confederations-syndicales-tres-respectueuses&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2001&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 2001, une tentative de g&#233;n&#233;ralisation de la lutte contre les licenciements qui n'est pas soutenue par les centrales syndicales&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves de Lu-Danone et de Marks &amp; Spencer notamment tentent de trouver un prolongement dans d'autres entreprises comme AOM-Air Libert&#233;-Air Littoral, et au travers de manifestations communes mais les centrales syndicales font la sourde oreille... Leur appel aboutit pourtant le 9 juin 2001 &#224; une manifestation de plus de 20 000 personnes &#224; Paris d&#233;montrant la volont&#233; et la n&#233;cessit&#233; de construire des courants unitaires et combatifs &#224; la base.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2002 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la menace antisociale du gouvernement, la CGT reste l'arme au pied&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fillon annonce son projet d&#233;finitif vendredi prochain. Entre temps, il a pris soin de &#8220; consulter &#8221; les repr&#233;sentants des diff&#233;rentes organisations syndicales. Ils ont d&#233;fil&#233; dans son bureau les uns apr&#232;s les autres. Qu'y ont-ils d&#233;fendu ? Blondel, de FO, a &#233;t&#233; content de la r&#233;ception, puisqu'il s'est f&#233;licit&#233; de la reprise d'un &#8220;dialogue correct, direct et constructif &#8221;. Ch&#233;r&#232;que, de la CFDT, est d'accord pour une r&#233;forme de la loi sur les 35 heures&#8230; Et Thibault de la CGT, s'est content&#233; d'affirmer que &#8220; la CGT se mobilisera si le projet reste en l'&#233;tat &#8221;. Ils ne sont pas press&#233;s de pr&#233;parer les travailleurs &#224; utiliser leur force pour faire ravaler ces projets &#224; leurs auteurs. Ils se pr&#233;parent plus s&#251;rement &#224; n&#233;gocier les conditions de d&#233;passement des 35 heures branche par branche. Autant dire &#224; n&#233;gocier les reculs, et non pas &#224; s'y opposer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FO appelle seule &#224; la gr&#232;ve &#224; la SNCF&#8230; et signe un accord bidon avec les patrons du transport routier, sabotant ainsi d'avance le mouvement des chauffeurs. Avec la CGT ou la CFDT qui lancent le mouvement chez les routiers&#8230; mais font pression sur les syndicats cheminots pour qu'il n'y ait surtout pas de gr&#232;ve le 26 novembre, avec les transports a&#233;riens ou urbains, de La Poste, de la Sant&#233; ou de l'Education nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2003 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;2003 : les syndicats emp&#234;chent une mobilisation sur les retraites, sujet pourtant explosif&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2003 est un pic des gr&#232;ves en France contre le projet Fillon de retarder les d&#233;parts en retraite de tous les salari&#233;s (vers les 42 ans et plus d'ann&#233;es de cotisation). mais cela ne m&#232;ne &#224; rien !&lt;br class='autobr' /&gt;
Le succ&#232;s de la journ&#233;e d'action du 13 mai (deux millions de manifestants) a, comme on dit poliment, &#171; d&#233;pass&#233; les espoirs &#187; des directions syndicales, en particulier du fait de la bonne participation des travailleurs du secteur priv&#233;. L'empressement de Ch&#233;r&#232;que &#224; signer une version &#224; peine am&#233;lior&#233;e du projet de Fillon semble dict&#233; par la volont&#233; de briser au plus vite l'&#233;lan d'un mouvement dont l'&#233;norme potentiel s'est clairement manifest&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux secteurs ont reconduit la gr&#232;ve du 13 mai sans r&#233;el soutien des dirigeants syndicaux, comme par exemple &#224; la RATP. Le soir du 13 mai, Bernard Thibault a d&#233;clar&#233; &#171; comprendre l'&#233;motion &#187; des cheminots qui venaient de d&#233;cider de reconduire la gr&#232;ve pour le 14 mai. Apr&#232;s quoi ceux-ci ont &#233;t&#233; abandonn&#233;s &#224; leur propre sort, c'est-&#224;-dire sans que leur soient donn&#233;es de perspectives sur une g&#233;n&#233;ralisation du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 25 mai, la CGT cl&#244;turait le ban par une manifestation imposante mais con&#231;ue comme une fin... Plus exactement, elle avait d&#233;cid&#233; que c'&#233;tait fini. Ce qui ne l'emp&#234;chait pas de faire crier aux manifestants : &#034;Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale&#034; !!!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 13 mai, dans de nombreux centres SNCF les cheminots indiquaient leur intention de s'engager dans la gr&#232;ve en votant la reconduction. Il en &#233;tait de m&#234;me dans les bus et m&#233;tros parisiens, dans les transports en commun de plusieurs villes de province. Certes, les gr&#233;vistes restaient minoritaires. Bien moins cependant que ne l'&#233;taient au d&#233;but les enseignants, et surtout ils n'&#233;taient pas seuls. A La Poste, dans plusieurs h&#244;pitaux, &#224; la DDE, chez les &#233;boueurs, les &#171; territoriaux &#187;, des gr&#232;ves commen&#231;aient aussi. Mais les directions syndicales ne voulaient pas d'une g&#233;n&#233;ralisation. En deux jours, dans les transports, pour tout le monde le secteur cl&#233; pour l'extension du mouvement, elles cassaient la gr&#232;ve au pr&#233;texte de mieux la pr&#233;parer. Et de reprendre la routine : nouvelle journ&#233;e d'action le 19 mai, manifestation nationale &#224; Paris le dimanche 25.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT pesait de tout son poids pour faire reprendre le travail &#224; ceux des cheminots qui avaient continu&#233; la gr&#232;ve apr&#232;s la journ&#233;e d'action du 3 juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tournant de la CGT&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 47e congr&#232;s de la CGT, qui s'est tenu &#224; Montpellier du 24 au 28 mars, avait &#224; se prononcer sur quatre textes propos&#233;s par la direction sortante. Finalement, trois seulement furent soumis au vote des congressistes. Le quatri&#232;me, concernant la centralisation de la perception et la gestion des cotisations des syndiqu&#233;s, a &#233;t&#233; &#233;cart&#233; de la consultation au dernier moment, les responsables constatant l'opposition de nombre de d&#233;l&#233;gu&#233;s &#224; cette proposition lesquels estimaient, &#224; juste titre, que cette proc&#233;dure comportait le risque pour les organisations de base d'&#234;tre dessaisies du contr&#244;le de leurs activit&#233;s, et que cela accroisse du m&#234;me coup l'emprise des instances dirigeantes. Un signe de m&#233;fiance que la direction conf&#233;d&#233;rale a d&#251; prendre en compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le report du vote sur cette question n'a rien chang&#233; au reste, c'est-&#224;-dire &#224; l'essentiel. Certes, on a pu noter que le nombre des votes contre les textes propos&#233;s par la direction &#233;tait sensiblement plus important que lors des congr&#232;s pr&#233;c&#233;dents : 74,65 % approuvant les rapports de la direction sortante, 12,36 % votant contre et 12,99 % s'abstenant. Ces chiffres traduisent l&#224; encore les r&#233;ticences de syndiqu&#233;s qui acceptent mal l'&#233;volution toujours plus marqu&#233;e de leur conf&#233;d&#233;ration vers ce syndicalisme que l'on pr&#233;tend &#171; de concertation et de proposition &#187; dont leurs dirigeants se font les ardents champions. Il est toutefois bien difficile de mesurer, &#224; travers ces chiffres, l'ampleur et surtout la profondeur de ces r&#233;ticences. Mais on a pu constater qu'elles existent. Et pas seulement au niveau du congr&#232;s. Ces pourcentages, tout comme les comptes-rendus des d&#233;bats, tout comme le congr&#232;s, donnent forc&#233;ment un reflet d&#233;form&#233; de ce qui se passe au sein de la CGT, par le fait m&#234;me que la repr&#233;sentation par d&#233;l&#233;gations a contribu&#233; &#224; gommer les oppositions. A cela s'ajoute le fait que, cette fois encore, la s&#233;lection des d&#233;l&#233;gu&#233;s par les diff&#233;rentes instances a abouti &#224; la mise &#224; l'&#233;cart de d&#233;l&#233;gu&#233;s qui n'&#233;taient pas, ou qu'on soup&#231;onnait ne pas &#234;tre, dans la ligne de la direction en place. On en a eu plusieurs exemples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1995 &#224; 2003, la CGT construit son image de syndicat responsable, &#171; de proposition et de concertation &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve184&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve184&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2004 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La CGT signe un accord de pr&#233;vention des gr&#232;ves, une premi&#232;re historique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un accord historique et prometteur &#187;, a d&#233;clar&#233; le ministre des transports De Robien, se r&#233;jouissant de la signature, le 28 octobre, par six syndicats, et surtout par la CGT, de l'accord imposant de nouvelles restrictions au droit de gr&#232;ve &#224; la SNCF, accord dit d' &#171; am&#233;lioration du dialogue social et pr&#233;vention des conflits &#187;. Historique ? Le terme est exag&#233;r&#233; : l'histoire syndicale (celle de la CGT comme des autres) est truff&#233;e d'autres accords, sign&#233;s par des syndicats en &#233;change de la reconnaissance de leur r&#244;le d'interlocuteurs privil&#233;gi&#233;s, du renforcement de leur monopole de repr&#233;sentation des travailleurs ou de quelques si&#232;ges dans des commissions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais la signature d'un tel accord anti-gr&#232;ve de la part de la CGT est, tout de m&#234;me, une premi&#232;re. C'est de la part de Bernard Thibault un geste politique vis-&#224;-vis du gouvernement et du Medef, dont le ministre a toutes les raisons de se f&#233;liciter. Car il s'accompagne de l'affirmation que le &#171; dialogue social &#187; serait pr&#233;f&#233;rable au conflit, au moment m&#234;me o&#249; &#224; la SNCF comme &#224; la Poste, sur fond de ce pr&#233;tendu &#171; dialogue &#187; avec les bonzes syndicaux, les suppressions de postes tombent &#224; tour de bras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Un-syndicalisme-de-prevention-des-conflits&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Un-syndicalisme-de-prevention-des-conflits&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Perrier 2004 : un autre exemple des politiques syndicales...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve162&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve162&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2005&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 2005, un nouveau pic de gr&#232;ves est atteint notamment par les appels intersyndicaux &#224; des journ&#233;es de mobilisation sur les questions g&#233;n&#233;rales du pouvoir d'achat, du service public et des conditions de travail. Ces journ&#233;es sont l'occasion de fortes manifes&#172;tations (1 million le 10 mars et le 10 octobre). Mais la strat&#233;gie de la multiplication des journ&#233;es d'action par les directions syndicales s'essouffle &#224; chaque fois. Plus exactement, la strat&#233;gie syndicale r&#233;ussit parfaitement &#224; permettre des l&#226;chers de vapeur et n&#233;gocier ainsi leur r&#244;le de tampon social avec l'Etat et les patrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats qui n'ont rien fait pour qu'une liaison entre le mouvement ouvrier et les jeunes de banlieue se r&#233;alis&#233; d&#233;couvrent la &#034;violence des banlieues&#034; et Bernard Thibaut affirme que &#034;rien ne se r&#233;soudra dans la violence&#034;. A chacun d'interpr&#233;ter s'il s'agit de la violence de la mis&#232;re et de l'absence d'avenir ou celle des voitures br&#251;l&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard Thibault affirme sans rire qu'on ne voit pas la r&#233;volte des jeunes de banlieues arborer de banderoles syndicales. Mais quel effort les syndicats ont-ils fait pour d&#233;noncer la situation des jeunes de banlieues sans emploi et sans avenir ? Aucun ! Mais quel mod&#232;le de combativit&#233; donne le syndicalisme &#224; ces jeunes qui ont le sentiment de n'avoir rien &#224; perdre ? Ne parlons m&#234;me pas du mod&#232;le de syndicalisme &#224; la Fran&#231;ois Ch&#233;r&#232;que (alors que se pr&#233;pare une gr&#232;ve reconductible &#224; la SNCF, &#224; l'appel de la CGT, FO, SUD-rail et FGAAC, la CFDT-cheminots vient de publier un brillant communiqu&#233; intitul&#233; Gr&#232;ve &#224; la SNCF : la CFDT se prononce contre). Mais Bernard Thibault lui-m&#234;me ? Qui marchande en direct avec Sarkozy (du temps o&#249; il &#233;tait au minist&#232;re des finances), par-dessus la t&#234;te des ouvriers de Perrier en lutte, la reddition de la CGT et son renoncement &#224; s'opposer au plan de restructuration de l'entreprise et &#224; des centaines de licenciements ? Quel mod&#232;le de d&#233;termination donne-t-il quand il tente de n&#233;gocier avec Villepin un adoucissement du plan de privatisation de la SNCM, et que la CGT appelle les marins &#224; la reprise, apr&#232;s 23 jours de gr&#232;ve, d&#232;s que le Premier ministre tape du poing sur la table en brandissant la menace de liquidation ? Et quelle preuve d'efficacit&#233; quand, en permettant au gouvernement de boucler sans dommage la gr&#232;ve de la SNCM, il lui permet de passer tranquillement &#224; l'op&#233;ration suivante, la privatisation d'EDF ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les conf&#233;d&#233;rations syndicales, y compris celle qui appara&#238;t la plus combattive, la CGT, laissent isol&#233;e chacune des luttes qui &#233;clatent. Elles meublent le calendrier syndical d'actions par cat&#233;gories ou secteurs savamment &#233;chelonn&#233;es dans le temps. Et elles se gardent bien de donner une suite quand une journ&#233;e d'action nationale, comme celle du 4 octobre, peut appara&#238;tre comme un succ&#232;s qui pourrait donner confiance aux travailleurs en leur force et ouvrir la perspective d'une mobilisation d'ensemble du monde du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'objectif des conf&#233;d&#233;rations n'est que de montrer, au travers de telles journ&#233;es, leurs &#171; repr&#233;sentativit&#233;s &#187; respectives pour s'asseoir aux tables des n&#233;gociations... auxquelles le gouvernement de Villepin, comme son pr&#233;d&#233;cesseur Raffarin, les invite sans trop de r&#233;ticence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trahison de la gr&#232;ve SNCM&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choix de la CGT de la SNCM, la direction nationale ayant pes&#233; de tout son poids, de cesser la gr&#232;ve a &#233;t&#233; assez soudain pour surprendre de nombreux gr&#233;vistes, qui &#233;taient d&#233;cid&#233;s &#224; tenir malgr&#233; le chantage au d&#233;p&#244;t de bilan et aux licenciements, fait par le gouvernement sous le couvert de lois pr&#233;sent&#233;es comme inexorables. C'est la CGT qui a organis&#233; le vote de reprise du travail. Deux piles de bulletins furent pos&#233;s sur l'estrade o&#249; se tenaient les dirigeants syndicaux. Ils avaient &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;s de fa&#231;on tr&#232;s particuli&#232;re puisque l'un des bulletins portait &#171; Oui &#224; la reprise de l'activit&#233;. Pour &#233;viter le d&#233;p&#244;t de bilan &#187; et l'autre &#171; Non &#224; la reprise de l'activit&#233; = d&#233;p&#244;t de bilan &#187; !. Ainsi celui qui votait &#171; non &#187; &#224; la reprise du travail avait le sentiment qu'il votait pour le d&#233;p&#244;t de bilan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Paul Isra&#235;l, dirigeant CGT de la SNCM : &#034;Face aux ministres, on pouvait se battre mais face &#224; la justice, nous aurions pris des risques. Pour continuer &#224; exister, il fallait lever le pied mais cela ne veut pas dire que le combat en restera l&#224;.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve163&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve163&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2006 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nouveau tournant &#224;&#8230; droite de la CGT&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/francais/News/2006/avril06/290406_FrCgt.shtml&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/francais/News/2006/avril06/290406_FrCgt.shtml&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2007 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cheminots : trahison syndicale de la lutte des cheminots sur les &#171; r&#233;gimes sp&#233;ciaux &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats ont r&#233;ussi &#224; isoler et trahir la gr&#232;ve des cheminots pour la d&#233;fense des r&#233;gimes sp&#233;ciaux de retraite. Apr&#232;s dix jours, sans aucune perspective sur laquelle se baser pour battre le gouvernement du pr&#233;sident Nicolas Sarkozy, les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales qui se sont tenues dans toute la France ont vot&#233; pour la reprise du travail. De larges poches de r&#233;sistance, quelque 10 pour cent, soit pr&#232;s de 14 000 cheminots, &#233;taient encore en gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 18 et 19 octobre d&#233;marre une gr&#232;ve pour d&#233;fendre la retraite des cheminots. Loin de chercher &#224; l'appuyer, moins encore &#224; l'&#233;tendre, elle est bris&#233;e par les syndicats dont la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la Gare de Lyon, bastion de la CGT, deux des trois assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales ont vot&#233; pour la poursuite de la gr&#232;ve, &#171; au grand dam des d&#233;l&#233;gu&#233;s CGT &#187;, rapporte Lib&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs venus faire pression sur la r&#233;union entre les syndicats de la RATP, la direction et le gouvernement, mercredi dernier, &#233;taient furieux. Lib&#233;ration rapporte, &#171; Des sifflets. Puis des hu&#233;es. Dans le hall du si&#232;ge de la RATP, hier en fin de matin&#233;e, le responsable de la CGT redescendu de la n&#233;gociation tripartite, a du mal &#224; terminer son compte-rendu. &#034;Trahison !&#034;, &#034;Vendu !&#034;, lance une grande partie de l'assembl&#233;e, pourtant compos&#233;e en majorit&#233; de c&#233;g&#233;tistes. L'ambiance est &#233;lectrique. De petits groupes se forment, s'engueulent. Assis &#224; l'&#233;cart, Jean-Pierre a &#034;envie de vomir&#034;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut lire dans la presse : &#034;Bernard Thibault, Didier Le Reste (cheminots), Fr&#233;d&#233;ric Imbrecht (&#233;nergie) et G&#233;rard Leboeuf (RATP) s'expliquent ouvertement. Il faut entendre Didier Le Reste expliquer qu'il n'avait jamais &#233;t&#233; question de contester le passage aux 40 ans ! Il faut entendre Fr&#233;d&#233;ric Imbrecht expliquer qu'en tant qu'organisation majoritaire (et responsable) il fallait engranger des r&#233;sultats pour &#234;tre cr&#233;dible&#8230; Il a l'air malin, &#224; l'heure o&#249; les n&#233;gociations sont suspendues faute de r&#233;sultat dans le domaine de l'&#233;nergie ! Il faut entendre Bernard Thibault assurer que le mouvement a d&#233;stabilis&#233; les projets gouvernementaux !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2007-2008, le capitalisme s'effondre et est incapable de se redresser autrement que de mani&#232;re compl&#232;tement artificielle, en se faisant enti&#232;rement financer sur fonds des Etats et des banques centrales. Mais les syndicats ne veulent pas savoir que le capitalisme est mort&#8230; Pas &#233;tonnant : ce serait reconnaitre que le r&#233;formisme syndical est mort lui aussi !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Bien des travailleurs, bien des gens de milieu populaire aussi, se demandent pourquoi toutes les luttes sociales conduites par les syndicats sont vaincues depuis la crise de 2007-2008 et r&#233;pondent que c'est parce que les gouvernants sont les mauvais, que les r&#233;formes ne sont pas les bonnes, ou que les riches sont trop gourmands. Ils se demandent aussi pourquoi le pouvoir n'a pas recul&#233; toutes ces ann&#233;es devant des luttes syndicales et s'est senti contraint de reculer devant les gilets jaunes ! Et ils ignorent que la r&#233;ponse aux deux questions est exactement la m&#234;me !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse est pourtant simple : la crise actuelle du capitalisme de 2007-2008 n'est pas conjoncturelle mais r&#233;volutionnaire, ce qui signifie qu'elle ne peut se r&#233;soudre que par la mort, soit celle du grand capital, soit celle de la d&#233;mocratie capitaliste, la fin de l'&#233;poque du r&#233;formisme. Si le r&#233;formisme n'a pas plus cours dans cette situation, ce n'est pas du fait de particularit&#233;s n&#233;gatives des gouvernants, que ce soit Macron, Hollande ou Sarkozy. Ce n'est m&#234;me pas du fait de particularit&#233;s des organisations r&#233;formistes elles-m&#234;mes, qu'elles soient syndicales, politiques ou associatives. C'est bel et bien le r&#233;formisme en g&#233;n&#233;ral qui est devenu incapable d'agir de mani&#232;re positive sur la soci&#233;t&#233; capitaliste, sur ses classes dirigeantes et poss&#233;dantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand nous disons &#171; le r&#233;formisme &#187;, nous ne voulons pas parler seulement des appareils r&#233;formistes, des partis, des associations et des syndicats r&#233;formistes et du r&#244;le compl&#232;tement n&#233;gatif que jouent ces organisations par rapport aux capacit&#233;s de s'organiser, de se mobiliser et de se battre des exploit&#233;s. Il ne sert &#224; rien de se plaindre de leur r&#233;formisme : ils ne peuvent pas changer, quelle que soit la pression, la r&#233;volte et m&#234;me la r&#233;volution des exploit&#233;s et des opprim&#233;s, rien ne leur permettra de changer de nature. M&#234;me s'ils &#233;taient persuad&#233;s eux aussi qu'on ne peut rien r&#233;former, ils resteraient r&#233;formistes. Si notre avenir d&#233;pendait du fait que les appareils en question soient r&#233;formistes ou pas, nous n'aurions aucun avenir, nous serions d'avance foutus !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisations qui pr&#233;tendent r&#233;former&#8230; les r&#233;formistes sont des menteurs, y compris et surtout celles qui se disent r&#233;volutionnaires ! Elles affirment que des r&#233;formistes combatifs seraient meilleurs, qu'ils pourraient &#234;tre plus d&#233;mocratiques ou plus offensifs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5778&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5778&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que l'effondrement de 2007-2008 signifie fondamentalement : les forces productives humaines ont d&#233;pass&#233; le cadre &#233;troit des rapports de production fond&#233;s sur la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production&lt;br class='autobr' /&gt;
Certes, les d&#233;fenseurs du syst&#232;me d'exploitation capitaliste ne cessent de vouloir faire croire que 2007 n'a &#233;t&#233; qu'un accident, qu'une maladie provisoire, soignable, qu'un cycle de recul qui sera suivi d'un cycle de remont&#233;e, qu'un ph&#233;nom&#232;ne conjoncturel, que le produit d'un petit dysfonctionnement qui sera rapidement r&#233;gl&#233; si les d&#233;cideurs se&#8230; d&#233;cident &#224; r&#233;guler tout &#231;a !&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout est fait pour nous amener &#224; minimiser ce qui s'est produit en 2007 et aussi pour nous faire croire que maintenant nous sommes dans d'autres types de probl&#232;mes. Mais cela est faux : le monde capitaliste a bloqu&#233; son horloge sur la date de 2007 et ne peut plus avancer. Et encore, s'il ne s'est pas compl&#232;tement effondr&#233; en 2008 et depuis, c'est uniquement du fait de l'intervention financi&#232;re massive des Etats et des banques centrales et pas d'une quelconque reprise &#233;conomique des investissements priv&#233;s capitalistes qui aurait relanc&#233; la machine. Et tous les investissements priv&#233;s qui continuent de fonctionner ne le font qu'&#224; condition que l'Etat s'engage et &#224; leur fournir des profits sur la base de fonds publics et pas sur la base de la confiance retrouv&#233;e dans les march&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme meurt d'avoir... trop bien r&#233;ussi &#224; accumuler du capital&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation actuelle du capitalisme, celle des ann&#233;es 2000, est caract&#233;ris&#233;e par une suraccumulation du capital. Suraccumulation signifie qu'il y a eu relativement trop d'accumulation. L'accumulation signifie que le capital s'investit et produit plus de capital. Le capitalisme peut distribue plus de capital &#224; des pr&#234;teurs mais ce n'est pas dans cette sph&#232;re que le capital s'accroit r&#233;ellement. C'est seulement dans la sph&#232;re de transformation des marchandises que l'on peut int&#233;grer la plus-value extraite du travail humain dans la valeur et produire du profit qui sera ensuite distribu&#233; dans toutes les sph&#232;res de l'&#233;conomie. En somme, si le capital se retire de la production de mani&#232;re massive, il se retire aussi de la sph&#232;re qui produit un accroissement de capital, de la sph&#232;re o&#249; est produite l'accumulation. C'est donc bel et bien d'un trop plein de capital qu'il s'agit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car c'est au plus haut niveau de la productivit&#233; du travail que le grand capital bloque. C'est aussi au plus haut niveau des &#233;changes mondiaux. C'est encore au plus haut niveau des capacit&#233;s technologiques nouvelles. C'est enfin au plus haut niveau de la croissance : la croissance du PIB qui a mis 140 ans met actuellement six ans&#8230; Non, c'est ce succ&#232;s que le capitalisme est incapable d'assumer, c'est-&#224;-dire de consid&#233;rer comme suffisamment rentable &#224; court terme pour lui car il est beaucoup plus rentable &#224; court terme de sp&#233;culer que d'investir. Il y a beaucoup trop de capital, il a beaucoup trop accumul&#233;, pour qu'il y ait assez d'accroissement des investissements productifs rentables pour l'absorber. Du coup, ce capital en trop devient du capital nocif qui cr&#233;e un p&#244;le attracteur massif pour tous les capitaux en dehors de la sph&#232;re productive. Le capitalisme a atteint ses limites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne sert &#224; rien de nous dire que le capital financier ait toujours exist&#233;, qu'il n'est m&#234;me pas diff&#233;rent en terme de propri&#233;taire du capital productif, tout cela est certes exact mais cela ne change rien &#224; un fait tr&#232;s important : le capital financier a pris dans les ann&#233;es 1990 une importance qu'il n'avait jamais connu au cours de toute l'histoire du capitalisme, devenant bien plus attractif que l'investissement productif&#8230; Cette tendance, loin d'&#234;tre combattue, a &#233;t&#233; favoris&#233;e par les gouvernants mondiaux car cela permettait momentan&#233;ment de d&#233;passer les limites des capacit&#233;s d'investissements en cr&#233;ant des nouveaux investissements improductifs. Les dividendes s'en sont encore accrus, le capital aussi et au d&#233;but des ann&#233;es 2000 on avait d&#233;j&#224; d&#233;pass&#233; le niveau de suraccumulation que l'on a ensuite tent&#233; de forcer par des moyens d'accumulation financi&#232;re exag&#233;r&#233;e (comme la titrisation des dettes) comme les subprimes ou les LBO&#8230; La &#171; crise &#187; de 2007 n'est est pas une car elle n'est pas le d&#233;but des difficult&#233;s mais la fin des possibilit&#233;s du syst&#232;me. Depuis, on vit uniquement de subterfuges. Sans les masses de milliards de capitaux fournis par les Etats et banques centrales, on ne parlerait d&#233;j&#224; plus du capitalisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela montre aussi que la m&#233;thode actuellement choisie par les Etats, introduire dans les march&#233;s financiers des masses de capitaux publics, ne peut pas du tout r&#233;soudre la crise, m&#234;me si elle permet de pallier le retrait des capitaux priv&#233;s dans les investissements. Cela ne peut ni &#234;tre une solution ni &#234;tre durable. Cela signifie que les capitalistes n'utilisent actuellement que des moyens palliatifs et non des soins de la crise, qu'ils n'esp&#232;rent donc nullement juguler. Cela signifie qu'ils comptent seulement faire un peu durer la situation, au bord du gouffre, pour faire en sorte que la catastrophe ne se transforme pas en offensive g&#233;n&#233;rale des exploit&#233;s contre les exploiteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En gagnant du temps, les capitalistes et leurs Etats, pr&#233;parent les r&#233;ponses politiques possibles pour sauver les classes dirigeantes : d&#233;veloppement des fascismes, des dictatures et des guerres allant vers la guerre mondiale. La situation n'est pas celle de sacrifices limit&#233;s pour les classes populaires en attendant une reprise, mais celle de socialisme ou barbarie. Ce qui se pose aux travailleurs, c'est la question de la r&#233;volution sociale et pas seulement de luttes d&#233;fensives sur le seul terrain &#233;conomique. Ce qui est n&#233;cessaire, c'est l'organisation des masses sur le terrain politique. Ce n'est pas seulement la lutte syndicale. Ce sont les comit&#233;s de travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2008 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La CGT combat&#8230; contre les sans-papiers de Viry-Chatillon&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1148&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1148&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT ne se bat pas contre la fin des 35 heures d&#233;cr&#233;t&#233;e par Sarkozy&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/francais/News/2008/jui08/35hr-j29.shtml&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/francais/News/2008/jui08/35hr-j29.shtml&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore une tromperie syndicale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le 7 mai, le ministre du Travail Xavier Bertrand a confirm&#233; son projet de faire passer de 40 &#224; 41 ann&#233;es la dur&#233;e de cotisation ouvrant droit &#224; une retraite compl&#232;te, les syndicats n'ont pas appel&#233; les autres travailleurs touch&#233;s par cette mesure, dont les cheminots, les travailleurs du transport a&#233;rien, de l'&#233;nergie, de Telecom et de la poste, &#224; rejoindre l'action du 15 mai, mais ont plut&#244;t appel&#233; &#224; une journ&#233;e d'action s&#233;par&#233;e le 22 mai. Durant la manifestation du 15 mai, plus de 300 000 personnes ont d&#233;fil&#233; et un million de travailleurs ont fait gr&#232;ve ; cela a &#233;t&#233; suivi par la manifestation pour les droits &#224; la retraite le 22 mai o&#249; 700 000 personnes ont d&#233;fil&#233; dans tout le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour suivant, les syndicats signaient un accord sur le &#171; dialogue social &#187; et les conditions d'emploi dans le service public. En signant un accord que les gr&#232;ves des travailleurs du secteur public avaient pour but d'emp&#234;cher, les syndicats ont, dans les faits, torpill&#233; la mobilisation des travailleurs du secteur public. Le 24 mai, une manifestation contre les suppressions d'emplois dans l'&#233;ducation n'a r&#233;uni que 7000 personnes &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment des gr&#232;ves croissantes des marins-p&#234;cheurs les 26 et 27 mai sur la question du prix des carburants, les syndicats ont d&#233;cid&#233; de ne pas appeler &#224; d'autres gr&#232;ves contre les suppressions de postes dans l'&#233;ducation, au motif qu'il &#233;tait n&#233;cessaire de laisser lyc&#233;ens et enseignants travailler pour les examens de fin d'ann&#233;e. Une d&#233;claration commune des syndicats de l'&#233;ducation des diff&#233;rentes conf&#233;d&#233;rations syndicales d&#233;clarait qu'elles &#171; renvoyaient la question d'une suite &#224; leur mouvement apr&#232;s les vacances d'&#233;t&#233; &#187;. Le 10 juin, la mobilisation des fonctionnaires et des cheminots contre les suppressions de postes, la r&#233;forme des retraites et la r&#233;forme du fret &#224; la SNCF a eu lieu alors que se d&#233;roulaient des gr&#232;ves de travailleurs dans les ports commerciaux strat&#233;giques contre la privatisation, ainsi que des gr&#232;ves de p&#234;cheurs, de transporteurs routiers et d'ambulanciers et fermiers contre la hausse des prix du gazole. Mais les syndicats n'ont aucunement cherch&#233; &#224; organiser une gr&#232;ve plus large du secteur des transports contre la privatisation et la hausse du prix des carburants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 11 juin, les syndicats ont sign&#233; un accord sur &#171; seize points de convergence &#187; avec le ministre de l'Education nationale Xavier Darcos, torpillant la relance du mouvement des lyc&#233;ens apr&#232;s les grandes vacances ce qu'ils avaient faussement sugg&#233;r&#233; &#234;tre en train d'envisager le 27 mai. Les 12 et 13 juin, le parlement votait des lois de r&#233;forme et de d&#233;r&#233;glementation du march&#233; du travail, la pr&#233;c&#233;dente ayant &#233;t&#233; sign&#233;e par les syndicats en janvier. Ces actes montrent de plus en plus clairement aux travailleurs que les syndicats ne s'opposent pas s&#233;rieusement au gouvernement, lequel n'a aucune intention de c&#233;der devant des gr&#232;ves isol&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2009 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 2009 a &#233;t&#233; marqu&#233;e par le caract&#232;re particulier des luttes. On a constat&#233; que certaines luttes locales ont &#233;t&#233; massives et radicales, qu'il s'agisse de combats contre des licenciements ou des fermetures, comme dans le cas des sous-traitants de l'Automobile (Molex, Caterpillar ou Continental notamment), contre la d&#233;gradation des services publics (SNCF, La Poste, P&#244;le emploi ou les h&#244;pitaux) ou encore pour les salaires (EDF, RER, secteur priv&#233;, ...). Enfin, il y a eu les journ&#233;es d'action syndicales. C'est donc une ann&#233;e o&#249; les travailleurs ont particip&#233; &#224; un nombre important de luttes et pourtant le suss&#232;ce n'est pas au rendez-vous. une fois de plus les salaires, les emplois et les conditions de travail ont gravement recul&#233; en 2009. Certes, la crise y est pour quelque chose, mais elle n'a pas emp&#234;ch&#233; les profits des boursicoteurs du CAC40 et les revenus des grands patrons des trusts et des banques de grimper en fl&#232;che ! C'est donc les travailleurs qui sont les seuls &#224; payer et on n'a pas eu en 2009 le rapport de forces permettant de faire reculer nos adversaires du patronat et du gouvernement. Pourquoi des luttes radicales et massives n'ont pas permis de gagner sinon parce qu'actuellement nous avons &#224; faire &#224; une attaque g&#233;n&#233;rale qui ne peut se combattre que tous ensemble et non secteur par secteur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les centrales syndicales d&#233;tournent les travailleurs de s'organiser eux-m&#234;mes en comit&#233;s en vue de faire le bilan et de mettre au point la riposte n&#233;cessaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce devrait &#234;tre aux travailleurs de d&#233;cider des suites &#224; donner &#224; la lutte. Au lieu de cela, les conf&#233;d&#233;rations syndicales occupent le terrain avec des propositions qui divisent, qui affaiblissent et qui emp&#234;chent les travailleurs de se faire eux-m&#234;mes d'autres propositions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par exemple, il y a du m&#233;contentement en cette rentr&#233;e. Les conf&#233;d&#233;rations d&#233;cident alors de le d&#233;tourner par des luttes divis&#233;es. En 2010, les journ&#233;es d'action de 2009 continuent mais, quel progr&#232;s !, elles sont sectoris&#233;es&#8230; La fonction publique est appel&#233;e &#224; la gr&#232;ve le 21 janvier, les infirmi&#232;res et personnels de sant&#233; le 26 janvier, France T&#233;l&#233;vision le 28 janvier, l'Education le 30 janvier. Les ports et docks avaient &#233;t&#233; appel&#233;s le 4 janvier. La Guadeloupe le 9 janvier. L'aviation civile les 13 et 14 janvier. M&#233;t&#233;o France le 12 janvier. Et, dans le priv&#233;, c'est plut&#244;t entreprise par entreprise, etc, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1547&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1547&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la Guadeloupe est d&#233;j&#224; en gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale depuis 9 jours, les syndicats organisent une journ&#233;e d'action le 29 janvier mais ne font aucun lien avec la situation qui monte Outremer. Plus tard, Bernard Thibaut expliquera que cela n'a rien &#224; voir et qu'il n'est pas question d'appeler &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en France ....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nouvel Observateur de mars 2009 : Le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT Bernard Thibault ne croit pas &#224; une contagion de la situation antillaise en m&#233;tropole car elle &#034;n'est pas comparable&#034;, selon lui. Les conflits sociaux qui touchent l'outremer ne sont pas transposables en m&#233;tropole, car la situation n'est pas comparable, estime le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT Bernard Thibault dans un entretien au Parisien publi&#233; mardi 10 mars. &#034;Le conflit n'est pas transposable&#034;, affirme Bernard Thibault. &#034;La situation n'est pas comparable. Les Antilles sont gangren&#233;es par un taux de ch&#244;mage de 20%, les prix y sont deux ou trois fois plus &#233;lev&#233;s et les salaires de 15% inf&#233;rieurs &#224; ceux de la m&#233;tropole&#034;, explique-t-il. Concernant la journ&#233;e d'action du 19 mars, Bernard Thibault, faisant r&#233;f&#233;rence au succ&#232;s du 29 janvier, &#034;attend au moins autant de personnes que la derni&#232;re fois&#034; dans la rue. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le Monde &#187; &#233;crivait en janvier 2009 : &#171; A l'Elys&#233;e comme au Parti socialiste, dans les syndicats comme dans les milieux patronaux, tout le monde redoute une explosion du chaudron social. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et en mars 2009 ? Qui a refus&#233; de donner une suite &#224; la journ&#233;e nationale d'action du 19 mars 2009 ? Tous les appareils syndicaux unis en l'occurrence !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De janvier &#224; juin 2009, se d&#233;roule le mouvement des enseignants-chercheurs dans lequel les syndicats sont rest&#233;s en marge sans &#234;tre capables ni de le diriger, ni de l'arr&#234;ter, ni de s'en d&#233;solidariser ouvertement....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le journal &#233;conomique les Echos du 10 avril 2009 titre : &#034;L'ex&#233;cutif cherche &#224; associer les syndicats &#224; la gestion de la crise&#034;. &#034;Fran&#231;ois Fillon revient sur le paritarisme mais aussi &#171; la consolidation de la place de la repr&#233;sentation du personnel dans l'entreprise &#187;. Il reprend &#233;galement le sujet de la &#171; gouvernance des entreprises &#187;, avec une &#171; meilleure association des repr&#233;sentants des salari&#233;s en amont des op&#233;rations de restructuration et &#224; la strat&#233;gie &#233;conomique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier mai 2009, de nombreux travailleurs &#233;taient dans la rue mais on ne pouvait remarquer que la suite des journ&#233;es de gr&#232;ve &#233;tait une journ&#233;e f&#233;ri&#233;e ! Pour faire reculer l'Etat et les patrons, ce n'&#233;tait pas exactement &#224; la mesure ... Thibaut affirmait qu'il n'est pas possible de demander aux travailleurs de faire gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale vu qu'ils ont de grosses difficult&#233;s financi&#232;res&#8230; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite n'allait pas &#234;tre plus brillante ! Le 13 juin 2009, l'&#233;teignoir syndical des promenades &#233;tal&#233;es dans le temps avait fini de produire ses effets. Alain Minc, proche conseiller de Nicolas Sarkozy d&#233;clare dans &#034;Le Parisien Dimanche&#034; : &#034;Je constate que ce printemps 2009, leur (des syndicats) sens de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral a &#233;t&#233; impressionnant pour canaliser le m&#233;contentement. L'automne a &#233;t&#233; d'un calme absolu. Je dis : chapeau bas, les syndicats !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'&#233;t&#233; 2009, se multiplient les mouvements localis&#233;s comme Continental et New Fabris o&#249; les salari&#233;s d'une entreprise luttent seuls face &#224; un patron qui licencie. Le cas est fr&#233;quent chez les sous-traitants de l'Automobile. Les salari&#233;s en col&#232;re bloquent leur patron ou leurs cadres dirigeants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats ont refus&#233; de tenter de centraliser les luttes contre les licenciements du priv&#233; sans parler de les lier &#224; celles contre les suppressions d'emplois du public. Du coup, les entreprises du type Continental, Caterpillar et autres se retrouvent dos au mur, les salari&#233;s &#233;tant contraints d'accepter d'&#234;tre jet&#233;s &#224; la rue contre une petite somme (toute petite) et les syndicats locaux criant victoire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour compl&#233;ter, les bureaucraties syndicales, depuis la rentr&#233;e, ont multipli&#233; des initiatives dispers&#233;es pour &#171; &#233;viter que les expressions de radicalit&#233; fassent t&#226;che d'huile &#187; : &#224; partir du 1er octobre, un mouvement limit&#233; aux travailleurs immigr&#233;s sans papiers (les syndicats ne s'adressent pas &#224; leurs coll&#232;gues de travail qui ont la nationalit&#233; fran&#231;aise ou des titres de s&#233;jour) ; une journ&#233;e d'action limit&#233;e aux &#171; entreprises qui licencient &#187;, le 17 septembre, au Palais Brongniart (qui n'h&#233;berge plus la Bourse de Paris depuis&#8230; 1980) ; &#224; la Poste, le 22 septembre et le 24 novembre ; aux h&#244;pitaux le 30 septembre, le 20 octobre et le 15 d&#233;cembre ; &#224; la SNCF, le 20 octobre ; &#224; l'&#201;ducation nationale, le 24 novembre ; &#224; la fonction publique territoriale, le 18 novembre ; au P&#244;le Emploi, le 20 octobre, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de d&#233;fendre le service public de La Poste par une lutte ou une gr&#232;ve, il a &#233;t&#233; mis en place une com&#233;die en octobre 2009, c'est la &#034;votation citoyenne&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 2 novembre 2009, la collaboration de classe battait son plein et l'entente entre les dirigeants syndicaux et Sarkozy. Ce dernier installait un &#171; comit&#233; organisateur des &#233;tats g&#233;n&#233;raux pour une politique industrielle &#187; pr&#233;sid&#233; par un patron de Sanofi-Aventis, comprenant Bernard Thibault, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT, Fran&#231;ois Ch&#233;r&#232;que, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CFDT, Jean-Claude Mailly, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de FO, des repr&#233;sentants du patronat fran&#231;ais, des parlementaires UMP, PS&#8230; La d&#233;fense de &#171; l'industrie fran&#231;aise &#187; d&#233;signe comme ennemi commun l'&#233;tranger (inclus les travailleurs des autres pays), elle d&#233;bouche fatalement sur des concessions des producteurs aux exploiteurs (pour assurer l'avenir des entreprises nationales).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des sans-papiers, on assiste de la part de la CGT &#224; la r&#233;cup&#233;ration de la lutte des sans-papiers, au travers de gr&#232;ves des sans-papiers et de constitution de dossiers, pour obtenir en accord avec Sarkozy &#224; une reconnaissance de la CGT comme seul interlocuteur charg&#233; par les pr&#233;fectures de filtrer les dossiers suivant des crit&#232;res inf&#233;rieurs &#224; ceux en vigueur dans les pr&#233;fectures jusque l&#224;. Il en d&#233;coule une occupation de la Bourse du Travail de Paris par des sans-papiers rejet&#233;s par la CGT, elle-m&#234;me achev&#233;e par une intervention muscl&#233;e du service d'ordre le CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT a en effet men&#233; une politique dans cette gr&#232;ve qui d&#233;molit le rapport de force qui avait &#233;t&#233; construit &#224; partir de la lutte des Saint-Bernard. Il collabore avec le pouvoir et nous ram&#232;ne au &#034;cas par cas&#034; rejet&#233; d&#233;finitivement par le mouvement des sans-papiers !&lt;br class='autobr' /&gt;
2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT de Renault qui ne signait traditionnellement que rarement les accords avec le patron, qui avait refus&#233; de signer le Contrat Social de Crise, plan d'aust&#233;rit&#233; pr&#233;voyant notamment du ch&#244;mage partiel et couvrant d'autres licenciements chez les sous-traitants et pr&#233;caires, n'avait pas &#233;t&#233; sign&#233; par la CGT en 2009. Ce syndicat le signe en 2010 ! Et, pour faire bonne mesure, il ne vote pas contre les fermetures de sites de Renault : CTR (Rueil), Robinson, Boulogne. La plupart des autres syndicats ont vot&#233; contre : un comble !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2010 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Attaque sur les retraites, sur les services publics, col&#232;re des salari&#233;s, des retrait&#233;s, des ch&#244;meurs, des jeunes, des femmes, des cheminots : tout semble concourir &#224; faire de 2010 un mouvement massif de lutte de classes allant vers la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Tout sauf les dirigeants syndicaux&#8230; Ils m&#232;nent toutes les gr&#232;ves de mani&#232;re &#224; ce qu'elles soient dispers&#233;es&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve342&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve342&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Les Echos&#034;, un journal patronal &#233;crit : les syndicats ont peur de la gr&#232;ve reconductible&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve331&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve331&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'il suffise de rappeler les d&#233;clarations de 2010, lors du mouvement des retraites, qui a men&#233; dans le mur, celles du dirigeant CGT Bernard Thibaut qui affirmait qu'un appel &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale n'&#233;tait pas possible, n'&#233;tait pas souhaitable ou encore qu'il serait absurde et que les autres dirigeants syndicaux disaient des choses pires encore&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 5 octobre 2010, le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT Bernard Thibaut d&#233;clare &#224; l'AFP : &#171; Personne ne peut pr&#233;tendre faire participer sous la m&#234;me forme plusieurs dizaines de millions de personnes, de la signature d'une p&#233;tition &#224; la participation &#224; une multitude d'initiatives locales, voire aux manifestations lors des journ&#233;es interprofessionnelles. Qui dit mouvement social dit de multiples formes pour y participer &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard Thibaut le 7 octobre 2010 sur RTL : '&#171; Cela ( la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale) n'a jamais &#233;t&#233; pratiqu&#233; dans l'histoire sociale de notre pays (...) C'est un slogan pour moi tout &#224; fait abstrait, abscons. Cela ne correspond pas aux pratiques par lesquelles on parvient &#224; &#233;lever le niveau du rapport de forces. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CFDT : &#171; La CFDT et l'intersyndicale n'ont jamais pr&#244;n&#233; de gr&#232;ve reconductible. (&#8230;) Le risque d'embrasement est r&#233;el sans que les organisations syndicales ne ma&#238;trisent le syst&#232;me. (&#8230;) L'absence de dialogue risque de former un jour des positions jusqu'auboutistes. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas &#233;tonnant, la CFDT, qui s'&#233;tait distingu&#233;e bien des fois par son amiti&#233; pour le MEDEF et le gouvernement y compris sur les retraites, est une jusqu'auboutiste du soutien du capitalisme. Elle s'est d'ailleurs empress&#233;e d'aller se jeter dans de nouvelles n&#233;gociations avec ses petits copains du MEDEF. Mais elle a dit une v&#233;rit&#233; : l'unit&#233; syndicale n'a fait qu'emp&#234;cher les travailleurs de mener eux-m&#234;mes la lutte de mani&#232;re plus radicale... Tout cela avec une grande aide : celle de la CGT !&lt;br class='autobr' /&gt;
CGT :&lt;br class='autobr' /&gt;
Bernard Thibault l'a dit : &#034;la CGT va continuer &#224; conjuguer mobilisation, proposition, contestation lorsqu'il le faut, et n&#233;gociation.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais n&#233;gocier quoi ? Avec qui ? Dans quel but ? Il ne le dit pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard Thibault (CGT) estime qu'&#034;il n'est pas surprenant que le d&#233;bat s'amplifie dans les entreprises en raison de la surdit&#233; du gouvernement, et appelle &#224; des assembl&#233;es des personnels sur les formes d'action. Pour l'heure toutefois, il serait &#034;irresponsable&#034; de lancer un mot d'ordre de gr&#232;ve reconductible, les entreprises o&#249; les salari&#233;s y sont pr&#234;ts restant tr&#232;s, tr&#232;s minoritaires&#034;, juge-t-il.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bernard Thibaut lui-m&#234;me participait &#224; un club de la bourgeoisie, secret aussi et du m&#234;me type intitul&#233; &#171; Le Si&#232;cle &#187;&#8230; Bien entendu, m&#234;me en pleine lutte des retraites, Thibaut s'est bien gard&#233; de rompre la solidarit&#233; et le secret de cet organisme patronal !&lt;br class='autobr' /&gt;
La derni&#232;re intervention forte de Bernard Thibaut, alors secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT, n'&#233;tait-t-elle pas celle du mouvement des retraites quand il affirmait que la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ne devait surtout pas &#234;tre la perspective de cette lutte car la tradition du mouvement ouvrier fran&#231;ais excluait, selon lui, ce type d'action !!! Pendant ce temps, sous pr&#233;texte de maintenir &#224; tout prix &#171; l'unit&#233; intersyndicale &#187;, il fallait laisser seuls les gr&#233;vistes des raffineries p&#233;troli&#232;res, en allant jusqu'&#224; pr&#233;tendre qu'&#224; elles seules elles allaient gagner la bataille des retraites&#8230; Au m&#234;me moment, alors que les travailleurs &#233;taient pr&#233;tendument mobilis&#233;s, les syndicats laissaient se battre seuls les ouvriers des sous-traitants de l'Automobile licenci&#233;s et des hospitaliers en gr&#232;ve.&lt;br class='autobr' /&gt;
Thibaut ne rompait ainsi en rien avec ses propres prises de position qui, contrairement &#224; ce que croient bien des militants, n'ont jamais rien eu de radical, en tout cas pas aux c&#244;t&#233;s de travailleurs. On rappellera son intervention pour faire c&#233;der les syndicalistes locaux face au patronat de choc de P&#233;rier&#8230; Il avait ainsi cass&#233; la gr&#232;ve des fonctionnaires de 1995, ayant r&#233;alis&#233; des n&#233;gociations s&#233;par&#233;es pour les cheminots avec le minist&#232;re du travail et &#233;tait sorti de ces n&#233;gociations en rendant publique un appel de fin de gr&#232;ve, sans consulter les assembl&#233;es interprofessionnelles, en l&#226;chant les autres cat&#233;gories de fonctionnaires qui avaient rejoint les cheminots, en particulier les travailleurs de la RATP, lesquels n'ont plus jamais fait gr&#232;ve avec les cheminots ! La division des travailleurs, la CGT en avait d'ailleurs donn&#233; la d&#233;monstration cette ann&#233;e-l&#224;, celle du fameux &#171; tous ensemble &#187; des syndicats en laissant isol&#233;s les mouvements des travailleurs du priv&#233;, de Renault &#224; Thomson ou &#224; l'A&#233;rospatiale, quelques mois auparavant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; des mobilisations parfois r&#233;ussies, les attaques patronales et gouvernementales de ces derni&#232;res ann&#233;es ont toutes &#233;t&#233; des succ&#232;s. Les entreprises qui licencient, comme New Fabris ou Continental, ont connu des gr&#232;ves (gr&#232;ves massives avec occupation et parfois des cadres et dirigeants s&#233;questr&#233;s et menaces de faire exploser l'entreprise &#233;ventuellement), mais, au final, les salari&#233;s sont licenci&#233;s, et les sous qu'ils ont gagn&#233; durement ne sont rien face au co&#251;t de la vie et rien face aux profits des capitalistes. Certains syndicats parlent de victoire et certains des salari&#233;s qui ont men&#233; ces luttes ressentent honn&#234;tement une victoire mais elle est bien am&#232;re... Pour le reste, le r&#233;sultat de la strat&#233;gie de journ&#233;es d'action suivies de n&#233;gociations avec l'Etat et les patrons est un recul sur toute la ligne. Les services publics sont progressivement attaqu&#233;s et privatis&#233;s. Le ch&#244;mage et la mis&#232;re augmentent. Les retraites, la sant&#233;, la s&#233;cu sont mis en cause. Et la crise est loin d'&#234;tre finie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un exemple : la lutte des salari&#233;s de Continental contre les licenciements.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les dirigeants syndicaux les appellent &#224; reprendre le travail :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Il faut que la reprise se fasse, mais pas dans n'importe quelles conditions&#034;, avait d&#233;clar&#233; devant les salari&#233;s Xavier Mathieu, d&#233;l&#233;gu&#233; CGT, en pointe dans le mouvement depuis l'annonce de la fermeture d'ici 2010 du site qui emploie 1.120 personnes, la plus importante en France depuis le d&#233;but de la crise.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;On va reprendre le travail, mais la lutte continue, elle sera m&#234;me plus facile, parce qu'on n'aura plus le souci de ne pas &#234;tre pay&#233;&#034;, avait-il ajout&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;C'est clair qu'il faut reprendre, vos familles ont besoin de cet argent&#034;, avait d&#233;clar&#233; aux salari&#233;s pr&#233;sents Antonio Da Costa, secr&#233;taire CFTC du CE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement des retraites de 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2010, les journ&#233;es d'action de 2009 &#233;tal&#233;es continuent mais, quel progr&#232;s !, elles sont sectoris&#233;es&#8230; Les ports et docks sont appel&#233;s &#224; la gr&#232;ve le 4 janvier, la Guadeloupe le 9 janvier, l'aviation civile les 13 et 14 janvier, la fonction publique le 21 janvier, les infirmi&#232;res et personnels de sant&#233; le 26 janvier, France T&#233;l&#233;vision le 28 janvier, l'Education le 30 janvier. Lorsque, par hasard, les hospitaliers &#233;taient appel&#233;s en m&#234;me temps que les enseignants, les conf&#233;d&#233;rations leur ont donn&#233; des rendez-vous diff&#233;rents pour manifester !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats nous appellent &#224; une journ&#233;e nationale et de manifestations le 23 mars 2010. Cela serait bien entendu indispensable et important vu l'ampleur des attaques qui menacent nos retraites. Le gouvernement vide les caisses, amplifie les suppressions d'emplois en supprimant des emplois dans le public et en organisant les suppressions d'emplois des prestataires de l'Automobile par exemple. Il pr&#233;voit, soi-disant pour renflouer les caisses, d'imposer des retraites sous-pay&#233;es, des cotisations salariales en hausse et une retraite &#224; 60, 61 ans ou plus&#8230; Mais, le texte m&#234;me des appels syndicaux en dit long sur leur absence de combativit&#233; sur le fond. Au lieu d'&#233;crire tout simplement : pas touche aux r&#233;gimes de retraites, ils &#233;crivent : &#171; pas de r&#233;forme sans un d&#233;bat national &#187;. Mais on sait que ces fameuses &#171; r&#233;formes &#187; sont des destructions ! Pas besoin d'en d&#233;battre ! Ou encore, ils &#233;crivent &#171; Reconnaissance de la p&#233;nibilit&#233; d'abord &#187;. Pas d'accord ! Ne commen&#231;ons pas par &#233;dicter des exceptions mais la r&#232;gle : 60 ans pour tous sans aucune r&#233;duction de pension ! Et qu'on ne nous refasse pas le coup des retraites de 2003&#8230;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec la soi-disant gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des raffineries de fin f&#233;vrier 2010, on assiste &#224; une de raffinerie...dans la tactique pour renouveler le jeu patron/Etat/syndicat qui commen&#231;ait &#224; s'user.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour en dire plus, il faut rentrer dans bien des d&#233;tails scabreux...&lt;br class='autobr' /&gt;
Les travailleurs de cette raffinerie sont v&#233;ritablement pris en otage, leur site menac&#233; leur dit-on de fermeture puis on leur dit non puis oui, puis pas tout de suite puis pas avant cinq ans, puis toutes les raffineries sont menac&#233;es, puis le gouvernement affirme qu'aucune ne l'est, puis le dirigeant de Total, nullement ind&#233;pendant du pouvoir, d&#233;clare qu'il verra, qu'il tentera de sauver des emplois, de proposer des alternatives, puis, puis, ...&lt;br class='autobr' /&gt;
Visiblement d&#233;j&#224; tout ce petit monde joue un jeu. Lequel ? Ils veulent provoquer une lutte ou quoi ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis la lutte d&#233;marre. Ou du moins ce qui est pr&#233;sent&#233; comme tel.&lt;br class='autobr' /&gt;
Contre qui lutte-on devrait-on demander dans chaque lutte. Et ici plus que jamais !&lt;br class='autobr' /&gt;
Total, c'est la m&#234;me chose que le gouvernement et ils ne disent jamais la m&#234;me chose tout en faisant semblant de se concerter. Vous avez dit bizarre...&lt;br class='autobr' /&gt;
Les syndicats jouent un autre jeu, tout aussi compliqu&#233;. ils appellent une raffinerie, tout Total, toutes les raffineries, plus aucune, de nouveau Total, de nouveau plus aucune, finalement la seule para&#238;t-il menac&#233;e. Oulala ! &#231;a donne mal &#224; la t&#234;te aux concern&#233;s, aux gr&#233;vistes, aux non-gr&#233;vistes qui ne savent pas si on les appelle encore ou non...&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle impression cherche-t-on &#224; donner ? Que les syndicats ont men&#233; une lutte alors qu'il y avait arrangement d&#232;s le d&#233;part, cela y ressemble bien.&lt;br class='autobr' /&gt;
G&#233;n&#233;raliser les luttes n'entre pas dans la strat&#233;gie de ces centrales. Quand elles font semblant, c'est assez d&#233;sordonn&#233; et peu convaincant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour finir, la CGT annonce que la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des raffineries est finie avant d'avoir commenc&#233;, sans consulter ni les sections syndicales, ni les travailleurs, sans que les travailleurs de la raffinerie en question n'aient obtenu de r&#233;elles garanties, sans rien... Chapeau bas, la CGT : pour les raffineries dans les manipulations, c'est fort...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT a estim&#233;, mardi 23 f&#233;vrier, que les conditions d'une suspension de la gr&#232;ve dans le groupe Total, qui dure depuis mercredi dernier, &#233;taient r&#233;unies. &#034;La CGT consid&#232;re que des avanc&#233;es significatives obtenues par la mobilisation des salari&#233;s cr&#233;e les conditions d'une suspension&#034;, a d&#233;clar&#233; &#224; la presse Charles Foulard, coordinateur de la CGT pour le groupe Total. De m&#234;me, FO appelle &#224; la suspension du mouvement, a indiqu&#233; son n&#233;gociateur, Claude Maghue. La direction et les syndicats, apr&#232;s neuf heures de n&#233;gociations, sont arriv&#233;s &#224; un &#034;relev&#233; de conclusions&#034; qui &#034;sera soumis &#224; la signature des organisations syndicales&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le 11 mars, on peut lire dans Le Figaro :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La CGT du groupe Total a indiqu&#233; jeudi qu'elle ne reprendrait pas d'&#233;ventuelle gr&#232;ve en soutien aux salari&#233;s de la raffinerie de Dunkerque (Nord) avant le jugement d'un recours du comit&#233; central d'entreprise (CCE) contre sa fermeture. Le d&#233;p&#244;t de ce recours est &#034;en cours&#034; et la CGT esp&#232;re une d&#233;cision de justice &#034;dans une quinzaine de jours&#034;, a d&#233;clar&#233; &#224; l'AFP Charles Foulard, coordinateur CGT pour le groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Nous poursuivons la suspension du mouvement de gr&#232;ve nationale jusqu'au jugement en r&#233;f&#233;r&#233;, qui sera un point d'appui&#034;, a-t-il indiqu&#233;, apr&#232;s une gr&#232;ve tr&#232;s suivie d'une semaine fin f&#233;vrier qui avait menac&#233; les approvisionnements des stations-services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT de la branche p&#233;trole a d&#233;j&#224; appel&#233; &#224; la gr&#232;ve les salari&#233;s des 13 raffineries fran&#231;aises (dont 6 poss&#233;d&#233;es par Total) le 15 avril, date d'une table ronde nationale sur l'avenir du raffinage en France. Selon Sud, majoritaire &#224; la raffinerie de Dunkerque, cet appel n'&#233;tait &#034;pas l'urgence&#034; alors que les salari&#233;s de l'&#233;tablissement sont en gr&#232;ve depuis deux mois, mais le syndicat a dit vouloir &#234;tre &#034;constructif&#034; avec la CGT, majoritaire dans le groupe p&#233;trolier. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, trahison des salari&#233;s sur toute la ligne...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article1605&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article1605&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les formes d'organisation, il est clair que les centrales - toutes de mani&#232;re unanime - sont contre des formes d'organisation et de d&#233;cision &#224; la base, des comit&#233;s, des conseils, des collectifs, des coordinations, quelle que soit la mani&#232;re dont on les appelle : comit&#233;s de gr&#232;ve, comit&#233;s de lutte, comit&#233;s d'action, comit&#233;s de quartier, comit&#233;s inter-entreprises, comit&#233;s interprofessionnels...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organisation de classe, en comit&#233;s qui interf&#232;rent de plus en plus dans la soci&#233;t&#233; jusqu'&#224; la prise du pouvoir, menace l'ordre existant et r&#233;v&#232;le aux travailleurs eux-m&#234;mes leur capacit&#233; &#224; diriger la soci&#233;t&#233; et le sens dans lequel ils souhaitent la diriger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute forme d'organisation de classe, m&#234;me embryonnaire, remet en question l'ordre social dont les appareils syndicaux sont un des piliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les centrales syndicales visent &#224; convaincre les travailleurs qu'elles feront tout tr&#232;s bien &#224; leur place, comme avocats, comme assurance, comme s&#233;curit&#233;, comme n&#233;gociateurs, comme d&#233;cideurs des des rythmes et moyens de lutte... Elles trouvent les revendications, les d&#233;cident et les discutent avec patronat et Etat, tout cela sans consulter les travailleurs et m&#234;me pas leurs militants ! Par exemple, la CGT a sign&#233; le &#034;Contrat social de crise&#034; qui pr&#233;voit comment Renault sacrifie les salari&#233;s sans que leurs militants en aient &#233;t&#233; inform&#233;s ! Ils avaient bien fait des consultations mais toutes disaient que la signature &#233;tait minoritaire...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'oppos&#233;, le but num&#233;ro un des comit&#233;s, c'est que les travailleurs d&#233;cident, discutent de tout devant tout le monde, en se soumettant au maximum au choix des travailleurs. Pas par go&#251;t des r&#233;unions sans fin mais parce que c'est ainsi que les travailleurs renforcent leur capacit&#233; de lute et de changement social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ils combattent f&#233;rocement toute tentative de les mettre en place, pr&#233;tendant qu'il suffit d'assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales dans lesquelles les propositions viennent seulement des syndicats, c'est-&#224;-dire de leur direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Centrales syndicales et classe ouvri&#232;re ne d&#233;fendent m&#234;me pas les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts. Il suffit pour le montrer de voir que les centrales s'estiment victorieuses du dernier conflit et que les travailleurs ont &#233;t&#233; battus. L'int&#233;r&#234;t des centrales est d'obtenir la reconnaissance des patrons et de l'Etat ce qui les oblige r&#233;guli&#232;rement &#224; s'appuyer sur la force de la classe ouvri&#232;re afin de contraindre leurs interlocuteurs &#224; ne pas trop baisser les prix pay&#233;s aux syndicats pour leurs services. Une petite d&#233;monstrations ans danger de temps en temps suffit....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1765&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1765&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1764&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1764&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article391&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article391&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1723&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1723&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1753&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1753&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2011-2013&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La CGT et la gr&#232;ve de PSA Aulnay&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le site de PSA (Aulnay) est menac&#233; de fermeture. Les traavailleurs vont &#234;tre licenci&#233;s massivement. Ils seraient une force potentielle &#233;norme pour soulever tout le secteur automobile lui aussi menac&#233; et toute la classe ouvri&#232;re qui l'est &#233;galement, si la lutte d'Aulnay allait dans ce sens&#8230; Ce ne sera pas la politique des syndicats &#224; Aulnay ni ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dirigeant de la CGT Aulnay : &#171; nous allons &#234;tre le cauchemar du patron &#187;, &#171; nous allons transformer Aulnay en forteresse ouvri&#232;re &#187;. Aulnay en forteresse, voil&#224; qui signifiait que les travailleurs d'Aulnay d&#233;fendaient seulement leur site alors qu'il y avait encore plus de licenciements dans l'ensemble des autres sites qu'&#224; Aulnay seule et qu'ils se gardaient d'appeler &#224; la lutte de l'ensemble du trust, unit&#233; absolument indispensable dans une attaque d'ensemble, unit&#233; que la conf&#233;d&#233;ration syndicale ne voulait surtout pas organiser. Le discours du chef syndical CGT d'Aulnay ne risquait pas pr&#233;parer une lutte d'ensemble puisqu'il ne mobilisait que derri&#232;re une banderole &#171; non &#224; la fermeture d'Aulnay &#187; et jamais derri&#232;re un &#171; non aux licenciements &#224; Peugeot &#187; ! Et, d'autre part, l'objectif donn&#233; aux salari&#233;s &#233;tait de r&#233;partir les productions entre les sites, ce qui sous-entendait qu'il fallait lutter pour produire &#224; Aulnay.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants syndicaux ont fait attendre des mois apr&#232;s l'annonce de la fermeture par le patron ensuite pour que les travailleurs d'Aulnay qui avaient d&#233;j&#224; vu leur moral cass&#233; par des mois et des ann&#233;es pendant lesquelles la CGT s'&#233;tait charg&#233;e par avance d'annoncer le projet de fermeture du patron. Quand on vous serine pendant des mois &#224; longueur de d&#233;claration du chef CGT que &#171; le site d'Aulnay va fermer &#187;, sans autre d&#233;veloppement de perspective de lutte, sans montrer en quoi cela concernait le reste de la classe ouvri&#232;re ou le reste des ouvriers de PSA, on ne peut pas dire que vous ayez le moral en entendant les chefs syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicalistes r&#233;formistes veulent absolument faire croire que la crise est factice et n'est qu'un pr&#233;texte &#224; des sacrifices pour les travailleurs. Ils veulent affirmer que la crise ne pourrait provenir que d'une baisse des ventes. Ils ne veulent pas admettre que le capitalisme ait pu atteindre ses limites, car alors leur r&#244;le aurait aussi atteint le sien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela signifie que leurs seuls crit&#232;res sont les ventes et les profits. Mais le crit&#232;re de la crise actuelle est la fin de l'accumulation priv&#233;e du capital. Les riches ont beaucoup d'argent, mais ne veulent plus l'investir dans la production et le commerce. Ils sp&#233;culent. Et plus ils sp&#233;culent, plus la sp&#233;culation devient plus int&#233;ressante &#224; court terme que l'investissement. C'est donc devant une spirale destructrice que se retrouve le syst&#232;me. Son seul moyen de tenir momentan&#233;ment a &#233;t&#233; l'investissement massif des Etats qui a men&#233; &#224; leur faillite actuelle... A PSA et Renault, l'Etat a donn&#233; et n'arr&#234;te pas de donner des milliards et cela ne peut suffire &#224; pallier les investissements des trusts.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela signifie que tous les capitalistes, que PSA, que Renault, que le B&#226;timent sp&#233;culent. Cela signifie aussi qu'ils estiment la sp&#233;culation sur les fonds souverains par exemple bien plus profitable que de produire des voitures&#8230; Avec des risques : ils viennent de perdre beaucoup d'argent en jouant sur les dettes souveraines de la Gr&#232;ce, de l'Espagne, de l'Italie. Et ils vont en avoir perdu encore bien plus sur les dettes souveraines&#8230; de la France ! D'o&#249; les suppressions d'emplois et les licenciements en pr&#233;vision&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les suppressions d'emploi &#224; PSA ne sont pas plus caus&#233;es par le manque des v&#233;hicules vendus que les licenciements &#224; la Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale ou &#224; la BNP le seraient par le manque de comptes de particuliers ouverts, ni les licenciements du B&#226;timent par le manque d'acheteurs d'appartements.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tous ces licenciements ont exactement la m&#234;me cause : les capitalistes se retirent massivement de leurs investissements, ils misent plut&#244;t sur des sp&#233;culations financi&#232;res, les capitalistes n'investissent plus, les banques ne pr&#234;tent plus, les capitalistes misent sur la chute des monnaies, des Etats, des bourses, des &#233;conomies car cela rapporte plus. Et les entreprises automobile font de m&#234;me...&lt;br class='autobr' /&gt;
Soulignons le mode de raisonnement d&#233;velopp&#233; dans les m&#233;dia par les dirigeants syndicalistes dont nombre de militants r&#233;volutionnaires : le patron gagne de l'argent donc il ne devrait pas supprimer des emplois ; les profits sont l&#224; et les travailleurs n'en b&#233;n&#233;ficient pas ; Le groupe choisit de faire travailler en Chine ou au Br&#233;sil alors que c'est un trust fran&#231;ais aid&#233; par l'Etat fran&#231;ais ; PSA a annonc&#233; s'&#234;tre tir&#233; de la crise avec des profits records et le trust ne devrait pas faire payer les travailleurs, etc, etc... Ce n'est pas juste. Ce n'est pas moral. Ce n'est pas l'int&#233;r&#234;t de l'entreprise. Ce n'est pas social. ce ne devrait pas &#234;tre accept&#233; par l'Etat fran&#231;ais qui a pay&#233; pour emp&#234;cher les suppressions d'emplois. etc, etc...&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien entendu, nous comprenons tr&#232;s bien ce que veut dire ce discours : la crise est un pr&#233;texte, une entreprise qui profite ne devrait pas licencier, ni m&#234;me supprimer des emplois, on se mobilise avec le droit moral pour nous...&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela semble l&#233;gitime, non, tout cela ? Et pourtant, ce n'est qu'un moyen d'aller direct dans le mur, m&#234;me si les salari&#233;s de PSA se mobilisent...&lt;br class='autobr' /&gt;
Et d'abord parce que cela repose sur une analyse fausse de la situation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien entendu, nous ne pr&#233;tendons en rien l&#233;gitimer la politique de suppressions d'emplois de PSA, mais seulement comprendre la logique patronale pour mieux la combattre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le raisonnement pr&#233;c&#233;dent sous-entend qu'il s'agit simplement de d&#233;localisations en vue d'augmenter les profits et que la racine de cette politique n'a rien &#224; voir avec la crise que connait le syst&#232;me mondial. C'est faux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette mani&#232;re de raisonner laisse entendre que les suppressions d'emplois ne sont pas li&#233;es aux d&#233;sordres financiers, boursiers, mon&#233;taires et &#233;conomiques du syst&#232;me mondial. Et c'est faux.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une mani&#232;re de dire que le patron de PSA m&#232;ne une politique particuli&#232;re qui est particuli&#232;rement hostile aux travailleurs et qu'il suffirait que les travailleurs de PSA se mobilisent contre ce plan pour le faire reculer. Et c'est faux.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est faux parce que l'offensive contre les travailleurs n'est nullement cantonn&#233;e &#224; PSA. La premi&#232;re des choses &#224; faire pour &#233;lever le niveau de conscience et le rapport des forces serait de montrer aux travailleurs de PSA qui veulent se mobiliser que la lutte doit &#234;tre g&#233;n&#233;rale et qu'il est vital de se mobiliser &#224; des niveaux plus important qu'un site comme Citro&#235;n Aulnay et m&#234;me qu'un groupe comme PSA. Il va falloir entra&#238;ner toute l'Automobile et m&#234;me toute la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2225&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2225&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2709&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2709&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2144&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2144&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2388&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2388&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve402&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve402&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2468&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2468&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2629&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2629&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3364&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3364&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2012&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve de l'h&#244;pital Saint Antoine est battue par... les syndicats...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2199&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2199&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve PSA Aulnay, men&#233;e de mani&#232;re r&#233;formiste par la CGT, a accouch&#233; d'une souris&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#233;change des dix milliards que le gouvernement donne en cadeau et sans condition &#224; la banque financi&#232;re PSA en faillite, il a obtenu du patron de PSA d'organiser un simulacre de n&#233;gociations o&#249; ne seraient pas remis en cause le plan de licenciements massif mais seulement ren&#233;goci&#233; leur accompagnement. Les syndicats d'Aulnay crient victoire et d&#233;clarent que c'est leur lutte qui a obtenu la victoire et quelle est cette victoire ? Mercier, dirigeant CGT l'exprime ainsi : un calendrier de n&#233;gociations !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des milliers de salari&#233;s vont perdre leur emploi et ce n'est nullement remis en question m&#234;me quand l'Etat d&#233;bourse dix milliards d'euros et la victoire c'est qu'il n'y ait ni gr&#232;ve ni occupation des sites vis&#233;s et qu'on obtienne un calendrier de blabla mensongers autour du tapis vert et celui qui dit cela se pr&#233;tend communiste r&#233;volutionnaire de Lutte Ouvri&#232;re. Il faut se pincer pour y croire !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;On a bloqu&#233; la direction qui voulait nous imposer ses conditions sans n&#233;gocier sur les mobilit&#233;s&#034;, s'est f&#233;licit&#233; Jean-Pierre Mercier (CGT).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est un succ&#232;s de l'unit&#233; des salari&#233;s d'Aulnay &#187; dit Marcier &#224; la t&#233;l&#233;vision. Ce qu'il appelle unit&#233; des salari&#233;s, c'est l'unit&#233; des syndicats avec le syndicat patronal et jaune le SIA et l'unit&#233; pour ne pas entrer en gr&#232;ve, pour ne pas occuper, pour ne pas d&#233;ranger les pr&#233;tendues n&#233;gociations, pour ne pas mener la lutte des classes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le journal L'Humanit&#233; du 25 octobre &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est un premier succ&#232;s pour les syndicats de PSA Peugeot-Citro&#235;n. Ceux-ci sont parvenus &#224; imposer ce jeudi que la direction du groupe automobile ouvre des n&#233;gociations sur les conditions de l'ensemble du plan social annonc&#233; &#224; Aulnay et Rennes,, dans le cadre de son plan de restructuration qui pr&#233;voit plus de 8.000 suppressions d'emploi et la fermeture du site de Seine-Saint-Denis. Ces n&#233;gociations d&#233;buteront le 7 novembre. Jean-Pierre Mercier, repr&#233;sentant CGT de PSA Aulnay, raconte &#224; la sortie du comit&#233; central d'entreprise qui se tenait ce matin : &#034;La direction de Peugeot voulait ce matin faire passer en force une partie de son plan en imposant les mutations internes. Elle cherchait ainsi &#224; vider l'usine (d'Aulnay) le plus vite possible. C'est un premier succ&#232;s.&#034; Selon les syndicats, les conditions de d&#233;part des salari&#233;s sur Poissy ou d'autres sites du groupe devront d&#233;sormais faire l'objet de n&#233;gociations pr&#233;alables. Un calendrier de discussions sera mis en place sur l'ensemble des mesures d'accompagnement - formations, indemnisations - destin&#233;es &#224; ceux qui refusent d'&#234;tre transf&#233;r&#233;s et &#224; tous les autres salari&#233;s concern&#233;s par la r&#233;duction de la capacit&#233; de Rennes ou par la fermeture du site d'Aulnay. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Cela fait 17 mois que l'on demande l'ouverture de ces n&#233;gociations. La direction voulait nous diviser elle n'a pas r&#233;ussi&#034;, explique Jean-Pierre Mercier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis de nuancer : &#034;On a obtenu un calendrier de n&#233;gociations pour nos revendications. Mais on ne peut pas faire confiance &#224; la direction de PSA. Nous attendons qu'Arnaud Montebourg appose signature en bas du document&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu'on peut faire confiance &#224; Montebourg et &#224; l'Etat bourgeois ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la sortie de l'entrevue entre Montebourg et les syndicats, le ministre a assur&#233; que le &#171; gouvernement et le pr&#233;sident de la R&#233;publique partageaient l'inqui&#233;tude des salari&#233;s &#187; de PSA et promis que la r&#233;union &#224; venir serait l'occasion de &#171; r&#233;duire reformater, rediscuter le plan social &#187;. S'il a reconnu implicitement que les suppressions de postes &#233;taient un mal n&#233;cessaire pour permettre &#224; Peugeot, en difficult&#233;, de se remettre sur de bons rails, il a n&#233;anmoins assur&#233; que le plan social devait &#234;tre &#171; strictement proportionn&#233; aux n&#233;cessit&#233;s de la relance de Peugeot. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat a demand&#233; &#171; le reformatage du plan &#187; qui pr&#233;voit 8.000 suppressions de postes, a r&#233;p&#233;t&#233; le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg &#224; l'issue d'une r&#233;union tripartite &#224; Bercy. Mais il n'a obtenu aucun engagement du groupe automobile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est la n&#233;gociation avec les partenaires sociaux qui va nous permettre de voir l'effectivit&#233; de ces efforts &#187;, a dit le ministre. Et c'est tout ! Alors que l'Etat a quand m&#234;me d&#233;bours&#233; sans discuter dix milliards d'euros !!!! C'est cher pay&#233; de n&#233;gocier autour du tapis vert ! Voil&#224; tout ce qu'obtient un gouvernement de gauche pour dix milliards&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2484&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2484&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un bureaucrate collaboration de classe succ&#232;de &#224; un autre &#224; la t&#234;te de la CGT et de mani&#232;re tout &#224; fait bureaucratique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard Thibault a annonc&#233; ce mardi &#224; l'AFP que la commission ex&#233;cutive de la CGT a choisi, sur sa proposition, Thierry Lepaon, pour lui succ&#233;der comme secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut voir qui est Lepaon pour comprendre tout le sel de cette succession sans heurt apparent&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2479&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2479&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lepaon, futur secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT, a pr&#233;par&#233; la privatisation de la SNCF !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 27 juin 2012 : Le futur secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT fait un rapport d'Etat au CESE en faveur de la privatisation des TER&lt;br class='autobr' /&gt;
Le &#171; Rapport Lepaon &#187; au CESE du 27/06/2012 en faveur de l'ouverture &#224; la concurrence du secteur ferroviaire sera sign&#233; des organisations patronales et &#233;tatiques (sous gouvernement de droite de Sarkozy) comme des pires organisations syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En voici des extraits :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce texte pr&#233;sente une grande unit&#233; de ton r&#233;v&#233;latrice d'un consensus assez fort sur le sens que devrait avoir une exp&#233;rimentation (de privatisation de la SNCF), si l'Etat le d&#233;cide, et sur les principes que doivent inspirer sa conduite pour concourir &#224; son succ&#232;s. J'ai employ&#233; &#224; dessein le mot consensus et je souhaite maintenant dissiper toute erreur d'appr&#233;ciation sur ce terme. Il n'aura &#233;chapp&#233; &#224; personne dans cette assembl&#233;e que la locution &#171; ouverture &#224; la concurrence &#187; appliqu&#233;e &#224; un noyau dur du service public peut agir imm&#233;diatement comme un chiffon rouge. Dans le monde ferroviaire, agiter un chiffon rouge est justement le moyen le plus ancien, mais toujours en vigueur, pour signifier l'arr&#234;t d'urgence notamment lorsqu'il s'agit d'une man&#339;uvre. &#171; Je dois dire que j'ai personnellement consid&#233;r&#233; comme un challenge de faire la preuve qu'il &#233;tait possible, et m&#234;me utile, de d&#233;passer le stade de la r&#233;action allergique afin de clarifier les id&#233;es en affrontant la r&#233;alit&#233;. Affronter la r&#233;alit&#233;, c'est toujours confronter les points de vue, polir ses arguments en les frottant, souvent vigoureusement, &#224; ceux des autres. (&#8230;) &lt;br class='autobr' /&gt;
Le th&#232;me de l'ouverture &#224; la concurrence du transport ferroviaire r&#233;gional de voyageurs s'inscrit dans le cadre d'une orientation prise au niveau europ&#233;en. D&#232;s lors, la responsabilit&#233; d'une telle initiative appartient &#224; l'Etat et &#224; lui seul. Il doit &#234;tre clair que la question de l'ouverture &#224; la concurrence ne peut pas se r&#233;soudre par la voie d'une discussion, d'une n&#233;gociation, d'une concertation entre la direction et les syndicats de l'entreprise publique auquel ce service est d&#233;di&#233; par la loi. &lt;br class='autobr' /&gt;
La SNCF appartient &#224; la nation et ce sera donc aux &#233;lus de la nation, &#224; l'issue d'un d&#233;bat public associant les citoyens et les usagers, de prendre leurs responsabilit&#233;s et de l'assumer, le cas &#233;ch&#233;ant, devant leurs &#233;lecteurs. (&#8230;) &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour aller &#224; l'essentiel, je voudrais maintenant pr&#233;senter la m&#233;thode et le calendrier l&#233;gislatif et social que nous pr&#233;conisons. J'insiste bien sur le fait que nous proposons d'abord une m&#233;thode car nous avons voulu mettre l'accent sur le &#171; comment faire &#187; et pas seulement sur le &#171; quoi faire &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette m&#233;thode se d&#233;cline en six recommandations qui tracent un chemin, c'est-&#224;-dire un cap, une succession d'&#233;tapes et une m&#233;thode permettant de conduire &#224; terme une telle exp&#233;rimentation (en vue de la privatisation de la SNCF), si elle &#233;tait d&#233;cid&#233;e, et d'en tirer les enseignements. C'est ensuite &#224; son heure que viendra le moment de la d&#233;cision. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je l'ai dit, le th&#232;me de l'ouverture &#224; la concurrence du transport ferroviaire r&#233;gional de voyageurs a donn&#233; lieu &#224; de nombreuses initiales ayant produit des &#233;tudes et des rapports. Pour autant, notre contribution ne constitue pas une synth&#232;se au sens de la compilation condens&#233;e et plus ou moins hi&#233;rarchis&#233;e des pr&#233;conisations des rapports pr&#233;cit&#233;s, et ce, malgr&#233; leur qualit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons extrait de ce corpus ce qui nous a sembl&#233; le plus &#233;labor&#233; et le plus coh&#233;rent pour inventer l'avenir. Pour cela, il nous faut d'abord bien comprendre les sp&#233;cificit&#233;s du cadre social des cheminots, sp&#233;cificit&#233;s du cadre social des cheminots, sp&#233;cificit&#233;s qui d&#233;coulent du statut m&#234;me de l'entreprise SNCF, qui s'est vue confier des missions de service public. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ensuite, nous avons imagin&#233; des &#233;volutions possibles au plan social dans la perspective d'une ouverture &#224; concurrence qui semble se dessiner. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette id&#233;e prenant progressivement corps, elle s'est traduite en quelques sc&#233;narios descriptifs assez pr&#233;cis pour que l'on comprenne le sens de l'histoire qui pourrait s'&#233;crire et suffisamment ouvert pour laisser toute sa place et sa cr&#233;ativit&#233; au dialogue social. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'en suis, mes Chers Coll&#232;gues, pleinement convaincu : rien ne pourra aboutir sans le dialogue social et il s'agit l&#224; d'une premi&#232;re recommandation. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout le monde conna&#238;t la combativit&#233; des cheminots, mais peu de gens ont une id&#233;e du r&#244;le des relations collectives au sein de l'entreprise pour que ce grand syst&#232;me industriel de service puisse fonctionner. Lorsqu'on a compris que c'est le statut de l'entreprise qui a d&#233;fini le statut des cheminots et non l'inverse, on comprend alors beaucoup d'autres choses. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est en fonction de certaines obligations de r&#233;sultat, notamment en mati&#232;re de s&#233;curit&#233;, qu'ont &#233;t&#233; d&#233;finies l'organisation du travail, le r&#233;gime du travail, y compris le r&#233;gime de retraite. (&#8230;) &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme le dit le projet d'avis, si l'on veut que l'exp&#233;rimentation d'une ouverture &#224; la concurrence soit r&#233;ussie, il convient de faire en sorte que l'op&#233;rateur historique et ses salari&#233;s s'y reconnaissent. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une autre recommandation &#8211; la deuxi&#232;me &#8211; qui s'est impos&#233;e porte sur la n&#233;cessit&#233; d'une &#233;valuation pr&#233;alable des r&#233;sultats des exp&#233;rimentations r&#233;gionales avant de mettre en place un cadre social harmonis&#233;, c'est-&#224;-dire un socle commun en mati&#232;re de dur&#233;e et d'organisation du travail. (&#8230;) &lt;br class='autobr' /&gt;
Je voudrais aussi &#233;voquer une autre question essentielle, celle du devenir des personnels en cas de changement d'op&#233;rateur. Ce projet d'avis se distingue des rapports d'experts, puisqu'il pr&#233;conise le reclassement interne &#224; la SNCF avant d'envisager un &#233;ventuel transfert de personnels. (&#8230;) &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
On aura compris que tout l'effort de Lepaon consiste &#224; faire passer sans lev&#233;e de drapeau rouge de la part des cheminots&#8230; la privatisation de la SNCF !!!!&lt;br class='autobr' /&gt;
Il rajoute :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le Transport Express R&#233;gional de voyageurs (TER) a connu gr&#226;ce &#224; la r&#233;gionalisation un essor remarquable. Mais son co&#251;t tend &#224; s'accro&#238;tre et son d&#233;veloppement para&#238;t sous contrainte, alors que l'Union europ&#233;enne a engag&#233; une lib&#233;ralisation progressive des transports ferroviaires. Dans ce contexte, le Premier ministre a demand&#233; l'avis du CESE sur l'ouverture &#224; la concurrence des transports r&#233;gionaux de voyageurs, en particulier quant au p&#233;rim&#232;tre g&#233;ographique, &#224; la propri&#233;t&#233; du mat&#233;riel roulant, aux relations contractuelles entre r&#233;gion et exploitant, ainsi qu'&#224; sa dimension sociale. Pour le CESE, la d&#233;cision d'ouvrir, m&#234;me &#224; titre exp&#233;rimental, les TER &#224; la concurrence est politique et rel&#232;ve du gouvernement. Dans cet esprit, l'avis esquisse un chemin de r&#233;forme qui permette, via une exp&#233;rimentation ma&#238;tris&#233;e, d'avancer prudemment sur ce dossier sensible, en associant l'ensemble des parties prenantes. L'enjeu est en effet de maintenir, voire d'amplifier le succ&#232;s de la r&#233;gionalisation des TER, afin de favoriser la comp&#233;titivit&#233; et l'accessibilit&#233; des territoires, la mobilit&#233; des personnes, la pr&#233;servation de l'environnement et le d&#233;veloppement de la fili&#232;re ferroviaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tromperie syndicale Arcelor-Mittal&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats d'ArcelorMittal crient &#224; la trahison du gouvernement apr&#232;s le retrait de la proposition de nationalisation alors qu'ils &#233;taient fiers, la veille, d'avoir bu le caf&#233; avec le ministre qui avait &#233;t&#233; gentil avec eux !!! Quelques mois ou ann&#233;es avant, ils avaient &#233;t&#233; fiers de leurs n&#233;gociations avec Mittal et des promesses de ce dernier ! C'est un manque complet de conscience de qui sont les amis et les ennemis...&lt;br class='autobr' /&gt;
Les syndicats se disent trahis par les patrons et les gouvernements. C'est normal : ils ont consid&#233;r&#233; qu'ils &#233;taient du m&#234;me bord, &#224; d&#233;fendre l'entreprise, &#224; d&#233;fendre la r&#233;gion, &#224; d&#233;fendre le pays, etc. Mais ils ne sont pas de notre bord : &#224; d&#233;fendre les prol&#233;taires f&#251;t-ce aux d&#233;pens des patrons. Les patrons, eux, ne craignent pas de d&#233;fendre leurs profits, f&#251;t-ce en nous assassinant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La strat&#233;gie syndicale reste : les cheminots luttent seuls, les salari&#233;s de Petroplus luttent seuls, les PSA Aulnay ne sont m&#234;me pas en lutte avec ceux de Rennes sans parler des autres sites, les salari&#233;s d'Arcelor luttent seuls, les salari&#233;s de chaque banque comme la banque de France r&#233;cemment luttent seuls, etc&#8230; Tout au plus une petite journ&#233;e syndicale d'inaction par ci par l&#224;. Cette strat&#233;gie n'est pas contest&#233;e par les dirigeants syndicaux locaux des entreprises qui licencient qui pr&#233;tendent que leur lutte locale est cens&#233;e suffire pour faire reculer le patron au moment o&#249; l'offensive patronale de licenciements est g&#233;n&#233;rale et non locale, globale et non conjoncturelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car leur discours consiste surtout &#224; n&#233;gocier et pas &#224; lutter. La lutte n'est rien d'autre pour elles que la derni&#232;re roue du carrosse des n&#233;gociations ! Et, de n&#233;gociation en n&#233;gociation, elles n'ont fait que reculer, reculer, reculer, abandonner les emplois, abandonner les conditions de travail et les salaires&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2558&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2558&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mr Thierry Lepaon,membre du Conseil Economique, Social et Environnemental, le CESE, a &#233;mis un rapport sur la mani&#232;re de privatiser la SNCF sans faire de vagues intitul&#233; rapport sur &#171; l'ouverture &#224; la concurrence des services ferroviaires r&#233;gionaux de voyageurs &#187;, s&#233;ance du 27 juin 2012 o&#249; il d&#233;clare notamment : &#171; Il n'aura &#233;chapp&#233; &#224; personne dans cette assembl&#233;e que la locution &#171; ouverture &#224; la concurrence &#187; appliqu&#233;e &#224; un noyau dur du service public peut agir imm&#233;diatement comme un chiffon rouge. Dans le monde ferroviaire, agiter un chiffon rouge est justement le moyen le plus ancien, mais toujours en vigueur, pour signifier l'arr&#234;t d'urgence notamment lorsqu'il s'agit d'une man&#339;uvre. (&#8230;) Nous avons imagin&#233; des &#233;volutions possibles au plan social dans la perspective d'une ouverture &#224; concurrence qui semble se dessiner. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Donc Lepaon veut &#233;viter qu'on agite le chiffon rouge contre la privatisation de la SNCF et inscrit dans celle-ci et souhaite la dessiner&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2564&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2564&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2013&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Alors que l'attaque des retraites par le gouvernement Hollande se profile, la CGT propose de pi&#233;ger &#224; nouveau la riposte ouvri&#232;re qui vient dans la fausse unit&#233; intersyndicale avec les syndicats qui viennent de signer, au nom de la comp&#233;titivit&#233; des capitalistes fran&#231;ais, l'accord de destruction du contrat de travail&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin d'entrer en guerre contre les classes dirigeantes, &#224; mesure que celles-ci d&#233;montrent leur volont&#233; de d&#233;truire les classes travailleuses, les dirigeants syndicaux manifestent&#8230; leur d&#233;sir de s'en tenir &#224; des protestations platoniques qui ne frappent pas la bourgeoisie au c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le monde entier, le Capital est en train de d&#233;truire le Travail et ces adeptes hypocrites du capitalisme que sont la gauche et les syndicats pr&#233;tendent qu'il faut nous d&#233;fendre pays par pays, quand ce n'est pas entreprise par entreprise, corporation par corporation et m&#234;me site par site. Ils s'&#233;tonnent que les PSA Aulnay aient beau faire gr&#232;ve dans une seule entreprise et ne parviennent pas plus &#224; faire reculer leur patron que n'y sont parvenus ceux de General Motors, de Goodyear, de Petroplus ou d'ArcelorMitall Florange, eux aussi condamn&#233;s &#224; lutter dans une seule entreprise alors que tous les trusts licencient massivement. Parce que, malgr&#233; des gr&#232;ves et des manifestations, les centrales syndicales se contentent d'accompagner les attaques en maugr&#233;ant mais en participant aux fausses n&#233;gociations qui couvrent les attaques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et surtout, les centrales se gardent bien de relier entre eux toutes les attaques subies par les salari&#233;s et tous les combats men&#233;s. Pourtant, on assiste bel et bien &#224; une offensive d'ensemble contre le monde du travail. On ne peut pas s&#233;parer l'ensemble des &#171; r&#233;formes &#187; antisociales des gouvernements, sur les retraites sur le code du travail, sur l'emploi, sur les retraites, sur les allocations familiales, sur la privatisation de la SNCF, sur la fin de la recherche publique, de la sant&#233; publique, sur l'allocation ch&#244;mage et on en passe. Les licenciements des trusts priv&#233;s ont &#233;t&#233; une attaque concert&#233;e dont PSA n'a &#233;t&#233; que le signe avant-coureur. Les centrales syndicales refusent cat&#233;goriquement de pr&#233;parer une riposte coordonn&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un geste significatif de cette volont&#233; de s'allonger devant les attaques sur les retraites a &#233;t&#233; le discours du dirigeant de la CGT Lepaon qui, au lendemain des manifestations s&#233;par&#233;es et clairsem&#233;es du premier mai, a d&#233;clar&#233; que, malgr&#233; sa signature de l'accord ANI de &#171; flexi-s&#233;curit&#233; de l'emploi &#187;, il voulait l'unit&#233; avec la CFDT et estimait les d&#233;saccords limit&#233;s et sans gravit&#233; ! Bien la peine d'avoir manifest&#233; contre l'accord ANI et d&#233;clar&#233; que c'&#233;tait l'un des pires reculs depuis des d&#233;cennies sur le contrat de travail pour ensuite minimiser la participation de syndicats &#224; cette pantalonnade syndicale&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela en dit long en tout cas sur la mani&#232;re dont la CGT compte promener les salari&#233;s pour soi-disant d&#233;fendre les retraites, dans la m&#234;me lanc&#233;e de pr&#233;tendue &#171; unit&#233; &#187; qui a d&#233;j&#224; men&#233; &#224; l'&#233;chec face &#224; Sarkozy-Fillon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que ces centrales syndicales qui se disaient &#171; unies pour d&#233;fendre les retraites &#187; &#233;taient surtout unies contre l'id&#233;e d'appeler &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, Bernard Thibaut, dirigeant de l'&#233;poque de la CGT, affirmant que ce n'&#233;tait nullement une m&#233;thode dans la tradition du mouvement ouvrier en France !!! Elles &#233;taient unies pour que le jour d'action ne soit pas un jour de gr&#232;ve comme le premier mai ou comme un week-end ! Elles &#233;taient unies pour laisser seuls en gr&#232;ve les travailleurs du secteur des raffineries p&#233;troli&#232;res, allant jusqu'&#224; faire croire qu'on allait &#171; faire reculer Sarkozy &#187; par ce seul blocage p&#233;trolier. Ensuite, elles ont-elles-m&#234;mes d&#233;mobilis&#233; les manifestants en affirmant qu'on ne gagnerait pas tant que Sarkozy gouvernerait et qu'il n'y avait qu'&#224; voter &#224; gauche. On voit &#224; quel point elles ont menti puisque la gauche reprend exactement de la m&#234;me mani&#232;re le travail de destruction de Sarkozy. La gauche de la gauche qui s'en indigne a cautionn&#233; l'op&#233;ration et se revendique encore d'avoir aid&#233; Hollande- ce Sarkozy-bis &#224; venir au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3419&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3419&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retraites : &#224; nouveau une intersyndicale qui va diriger le mouvement&#8230; vers le mur ?!!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3477&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3477&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat pourri des n&#233;gociations entre la gauche gouvernementale et les syndicats&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1769&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1769&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2604&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2604&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Syndicalisme de classe, oui, mais de quelle classe ? La bourgeoisie ou le prol&#233;tariat ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2616&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2616&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;actions des dirigeants syndicalistes qui ont cru au discours du patron et s'estiment tromp&#233;s alors qu'ils ont &#233;t&#233; les relais de la tromperie aupr&#232;s des travailleurs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2742&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2742&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats &#224; PSA : des m&#233;thodes qui n'ont rien &#224; voir avec des m&#233;thodes de classe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2709&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2709&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiques syndicales en 2013&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3361&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3361&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2014&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans la nouvelle gr&#232;ve des cheminots, la CGT a dit soutenir la gr&#232;ve jusqu'au bout. Mais il y a beaucoup &#224; redire sur ce point. Premi&#232;rement, c'est la direction de la CGT qui a initi&#233; la r&#233;forme qui m&#232;ne &#224; la privatisation puisque le rapport du Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE) sur la privatisation vot&#233; &#224; l'unanimit&#233; des repr&#233;sentants de l'Etat, des patrons et des salari&#233;s, a &#233;t&#233; &#233;crit par Lepaon, repr&#233;sentant CGT, qui allait devenir plus tard secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT. Ensuite, la loi contre laquelle les cheminots ont eu &#224; se battre a &#233;t&#233; sign&#233;e par les repr&#233;sentants CGT, Lepaon pour la centrale et Garel pour la CGT cheminots, avant que la gr&#232;ve ne commence. Ensuite, il a &#233;t&#233; convenu entre le gouvernement et la CGT que l'int&#233;r&#234;t commun &#233;tait de mettre en place un dispositif par lequel la CGT prendrait l'initiative d'une protestation des cheminots, suite &#224; laquelle le Front de Gauche repr&#233;sent&#233; par Chassaigne, proposerait des amendements que Hollande-Valls allaient accepter. Les cheminots ont &#233;t&#233; tellement en col&#232;re contre le projet de loi que le mouvement qui avait &#233;t&#233; envisag&#233; a d&#251; &#234;tre transform&#233; d'action limit&#233;e en gr&#232;ve durable. Garel et Lepaon se sont alors partag&#233;s les r&#244;les, le premier faisant mine de soutenir la gr&#232;ve et le second d'appeler par les m&#233;dias &#224; la reprise du travail, mais ils sont rest&#233;s de bout en bout la main dans la main et Garel y a perdu son cr&#233;dit dans la CGT Cheminots, ce qui s'est vu par la suite&#8230; De tout cela, le syndicat SUD a fait mine de ne rien voir, tout attach&#233; &#224; sa pr&#233;tendue unit&#233; de lutte, &#224; laquelle il continue aujourd'hui &#224; s'accrocher. A aucun moment, le syndicat SUD n'avait voulu s'apercevoir de l'existence du rapport Lepaon, de la signature de la loi Hollande-Valls avant la gr&#232;ve, ni du caract&#232;re double des d&#233;clarations de la CGT au cours de la gr&#232;ve. Les groupes d'extr&#234;me gauche qui ont un r&#244;le important au sein de SUD, &#224; savoir NPA et Alternative Libertaire, ont camoufl&#233; tout cela tant qu'ils ont pu. Mais surtout, ils se sont gard&#233;s, de m&#234;me que Lutte ouvri&#232;re au sein de la CGT, de d&#233;fendre une autre perspective au sein de la gr&#232;ve, combattant m&#234;me l'id&#233;e des comit&#233;s de gr&#232;ve, l'extension de la lutte par exemple &#224; la RATP. Ils se sont gard&#233;s de critiquer la participation aux n&#233;gociations bidon. Ils se sont gard&#233;s de d&#233;masquer le double jeu des centrales syndicales. Ils se sont gard&#233;s de proposer la perspective d'une lutte d'ensemble des services publics qui subissent une attaque conjointe, par exemple une liaison avec la sant&#233; qui conna&#238;t plusieurs gr&#232;ves au m&#234;me moment et tente de les faire converger contre les appareils syndicaux. Le bilan du groupe Alternative Libertaire est particuli&#232;rement instructif, sachant le r&#244;le que joue ce groupe au sein de Sud Cheminots. On peut y lire qu'il faut combattre les militants d'extr&#234;me gauche qui militent pour des comit&#233;s de gr&#232;ve. Oui, l'extr&#234;me gauche cautionne &#224; fond les politiques de trahison des appareils syndicaux, permettant &#224; ces politiques de passer discr&#232;tement sans que la majorit&#233; des travailleurs ne voient la tromperie. Inutile de dire que ces groupes d'extr&#234;me gauche, tout comme la gauche et les syndicats, se sont gard&#233;s de souligner la trahison du rapport Lepaon au CESE et de la signature du projet de loi SNCF d'Hollande-Valls avant la gr&#232;ve, se refusant &#224; pr&#233;venir les cheminots que ceux qui allaient diriger leur gr&#232;ve en &#233;taient les ennemis cach&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re gr&#232;ve n'est pas un succ&#232;s m&#234;me si certains se satisfont de minimes amendement &#224; la loi. Celle-ci reste une loi en vue de la privatisation du transport ferroviaire et elle n'a en rien fondamentalement chang&#233;e. D'autres affirment que, nous cheminots, aurions fait gr&#232;ve pour l'honneur, pour faire une d&#233;monstration. Mis &#224; part le fait que de telles d&#233;monstrations co&#251;tent cher et ne rapportent pas grand-chose &#224; part la satisfaction de quelques dirigeants syndicaux, il convient de se demander ce que ces derniers cherchaient exactement au travers de la gr&#232;ve. En effet, Lepaon comme Garrel avaient sign&#233; le projet de loi (non amend&#233;) avant de se mettre &#224; la t&#234;te de la gr&#232;ve. Cela pose question : la direction CGT ne voulait-elle pas simplement se blanchir d'avoir ent&#233;rin&#233; un grave recul social. En faisant gr&#232;ve, en prenant parti pour et contre les cheminots, ces dirigeants ne nous ont-ils pas tromp&#233;. Si les dirigeants syndicaux qui ont condamn&#233; la gr&#232;ve sont bel et bien dans le camp de la privatisation, ceux qui ont pris la t&#234;te de la gr&#232;ve ne valent pas beaucoup plus cher. On se souvient que le principal organisme d'Etat en la mati&#232;re, le Conseil Economique Social et Environnemental (CESE) avait adopt&#233; un rapport en vue de la privatisation. Ce rapport, adopt&#233; par les patrons, l'Etat et presque tous (solidaires n'avait pas sign&#233;) les syndicats dans le cadre du CESE, &#233;tait sign&#233; Lepaon, actuel secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bilan, ce n'est pas l'inutilit&#233; de faire gr&#232;ve mais l'inutilit&#233; de choisir comme direction des gr&#232;ves des dirigeants qui en fait sont contre et se d&#233;brouillent pour nous faire reprendre le travail sans avoir rien obtenu et sans s'&#234;tre donn&#233; les moyens d'obtenir quelque chose. On aura par exemple remarqu&#233; que, durant la gr&#232;ve, la CGT &#233;tait contre de bloquer les RER de Paris-centre. Ce qui aurait donn&#233; davantage de force &#224; la gr&#232;ve. Contre aussi l'extension de la gr&#232;ve &#224; la RATP. Contre encore son extension &#224; l'EDF pourtant elle-m&#234;me menac&#233;e selon les propos de Lepaon lui-m&#234;me. Contre toute liaison avec les h&#244;pitaux en gr&#232;ve ou tout autre domaine du secteur public. Quand on fait gr&#232;ve, on le paie nous-m&#234;mes de notre poche. Quand on &#233;choue, on le paie nous-m&#234;mes de reculs sociaux importants, et ce n'est pas les bureaucrates des appareils syndicaux qui en font les frais. Eh bien, il faut aussi qu'on d&#233;cide des orientations de la gr&#232;ve par nous-m&#234;mes !!! On n'a pas besoin de dirigeants qui nous disent, maintenant, que ce n'est pas grave si on a perdu puisque c'&#233;tait pour l'honneur, pour la beaut&#233; du geste ou pour le principe&#8230; Si on veut gagner dans nos luttes, dirigeons-les par nous-m&#234;mes. C'est de comit&#233;s de gr&#232;ve qu'on manque dans les mouvements &#224; la SNCF comme, plus largement, dans toute la classe ouvri&#232;re en ce moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3430&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3430&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;clarations de Lepaon, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la radio France Inter ce matin : &#171; Le fait que la gr&#232;ve se prolonge n'est pas bon ni pour les usagers ni pour les agents de la SNCF &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce jour, il a &#233;galement d&#233;clar&#233; : &#171; Le gouvernement semble tenir compte du rapport de forces qui s'est instaur&#233; avec les cheminots. &#187; Mais il s'est bien gard&#233; de montrer en quoi Valls-Hollande reculaient !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a par contre reconnu, face aux journalistes de France Inter, qu'avant la gr&#232;ve, la CGT faisait partie des syndicats qui avaient sign&#233; leur accord avec le projet gouvernemental&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela vient se rajouter &#224; ses d&#233;clarations pr&#233;c&#233;dentes comme &#171; d'accord avec la loi mais pas avec son contenu &#187; ou encore souhaitant que le travail reprenne&#8230; dimanche dernier et parlant de &#171; sortie de crise ce week-end &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lepaon a expos&#233; clairement comment il s'appr&#234;te &#224; l&#226;cher le mouvement si des petits mots sont chang&#233;s dans le texte de loi&#8230; sans rien changer du fond :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Gr&#226;ce &#224; notre action, des amendements ont &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;s et il semblerait &#224; l'heure qu'il est que le gouvernement tienne compte de ce rapport de forces qui s'est instaur&#233;&#034;, a d&#233;clar&#233; M. Lepaon sur France Inter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Maintenant, il faut que les amendements soient &#233;crits de mani&#232;re pr&#233;cise, qu'ils soient d&#233;battus &#224; l'Assembl&#233;e nationale et qu'ils soient vot&#233;s&#034;, a-t-il poursuivi.&lt;br class='autobr' /&gt;
La CGT veut notamment que le &#034;besoin d'un service public ferroviaire&#034; soit inscrit dans la loi. Sur ce point, M. Lepaon observe des avanc&#233;es entre &#034;le premier projet de loi et celui qui est d&#233;battu&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la question du &#034;statut des personnels&#034;, &#034;c'est une d&#233;cision qui est inscrite aujourd'hui dans le projet de loi&#034; mais &#034;il faut que la loi soit extr&#234;mement pr&#233;cise&#034; pour &#233;viter des interpr&#233;tations lors de la &#034;mise en oeuvre&#034;, a-t-il estim&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2015&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La trahison syndicale de la lutte des personnels des h&#244;pitaux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le dernier mouvement des personnels de l'h&#244;pital public de mai-juin dernier, la principale revendication des personnels en gr&#232;ve et en manifestation a &#233;t&#233; : pas touche aux RTT, retrait du projet Hirsch en totalit&#233;, sans amendement ni discussion, pas de n&#233;gociation. &#171; Ni amendable, ni n&#233;gociable &#187; a &#233;t&#233; un slogan de tous les h&#244;pitaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas question de suppression de nos RTT ! Pas question d'imposer la fin des 35 heures &#224; l'h&#244;pital ! Pas question de modifier les horaires ! Pas question d'une baisse de la masse salariale pour combler les trous financiers dont nous ne sommes nullement les responsables ! Pas question d'accepter de faire des efforts suppl&#233;mentaires ni en temps de travail, ni en personnels en moins ni d'aucune mani&#232;re ! Pas question de sauver aucun point de la pr&#233;tendue &#171; r&#233;forme &#187; de Hirsch ! Aucun plan d'&#233;conomie pour l'h&#244;pital public aux d&#233;pens des malades et des personnels !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats qui disent nous repr&#233;senter ont tous r&#233;p&#233;t&#233; avec nous : pas amendable et pas n&#233;gociable tout en passant leur temps &#224;&#8230; essayer d'amender et de n&#233;gocier !!! S'ils ont fini, en juillet, admettre tous avoir &#233;chou&#233; et s'&#234;tre retir&#233;s de la table des n&#233;gociations, SUD et CFDT &#233;tant les derniers &#224; le faire, ils n'ont rien admis sur le fond et sont pr&#234;ts &#224; recommencer &#224; n&#233;gocier sur une pr&#233;tendue &#171; bonne r&#233;forme &#187; ! Ils refusent d'admettre que, l'Etat fran&#231;ais &#233;tant en faillite, toute r&#233;forme voudra dire des attaques sur les salaires, sur les emplois, sur les conditions de travail, sur les horaires, sur les repos, sur les primes, sur l'organisation du travail, sur tout ! Et pourtant, les dirigeants r&#233;formistes des syndicats sont toujours partisans de n&#233;gocier des r&#233;formes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;part, on avait compris qu'Hirsch voulait nous attaquer sur toute la ligne : horaires, RTT, primes, &#233;quipe, organisation du travail 35 heures et on en passe&#8230; Mais l'intersyndicale n'a jamais voulu le comprendre. Elle ne peut qu'esp&#233;rer &#224; nouveau&#8230;n&#233;gocier apr&#232;s la journ&#233;e d'action&#8230; Ils font la m&#234;me chose partout : &#224; Radio France, &#224; France T&#233;l&#233;visions, &#224; l'AFP, &#224; la SNCF : des journ&#233;es d'action suivies de n&#233;gociations bidon ! C'est comme cela que l'intersyndicale avait lantern&#233; le mouvement des retraites de 2010, jusqu'&#224; le faire &#233;chouer ! Et ils font partout comme si chaque entreprise publique &#233;tait un cas &#224; part alors que, dans chacune, les PDG pr&#233;tendent que les comptes sont dans le rouge pour faire passer des attaques en r&#232;gle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au long de la lutte des personnels de l'h&#244;pital public comme de Radio France ou de la SNCF, l'intersyndicale a pris toutes les d&#233;cisions en ne tenant nullement compte des avis des personnels mobilis&#233;s et c'est toujours &#224; reculons qu'elle a &#233;t&#233; contrainte de se retirer des n&#233;gociations alors que les personnels exigeaient sans cesse qu'on n'y participe pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains syndicats ont m&#234;me men&#233; des n&#233;gociations secr&#232;tes avec Hirsch en cachant leurs lieux de r&#233;unions pour ne pas &#234;tre d&#233;rang&#233;s, en refusant de transmettre des comptes-rendus de celles-ci et les autres syndicats ont toujours refus&#233; de d&#233;noncer ces discussions en catimini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mercredi 17 juin, on nous annon&#231;ait encore qu' &#171; un dialogue approfondi entre la direction et les syndicats avait repris pendant sept heures (jusqu'&#224; une heure du matin). Un nouveau calendrier a &#233;t&#233; propos&#233;, sur un ton plus apais&#233; et constructif et sur de nouvelles bases. &#187; &#171; C'est une avanc&#233;e &#187;, d&#233;clarait Rose May Rousseau, secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale de la CGT. &#171; Nous avons progress&#233; sur la feuille de route qu'on pourra modifier, les revendications du personnel ont &#233;t&#233; prises en compte. On esp&#232;re trouver une issue &#224; ce conflit &#187;, pr&#233;cisait-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 17 juin, la CFDT, apr&#232;s avoir adopt&#233; un texte de Hirsch intitul&#233; &#171; Relev&#233; de conclusions &#187;, texte &#233;galement soutenu &#233;galement par SUD Sant&#233;, d&#233;clarait : &#171; Cette r&#233;union du 17 juin a r&#233;uni, l'intersyndicale (CGT/ SUD-Sant&#233; / CFDT / FO et UNSA) et Martin Hirsh et a dur&#233; 7 heures. Elle a donn&#233; lieu &#224; la r&#233;daction d'un document de sortie de crise intitul&#233; &#171; relev&#233; de conclusions &#187;, qui devrait servir de m&#233;thode aux &#233;changes de terrains, entre les &#233;quipes soignantes et leurs responsables (cadres et m&#233;decins)... Le conseil du syndicat CFDT AP-HP a valid&#233; ce &#171; Relev&#233; de conclusions &#187; qui marque sa volont&#233; d'entrer dans une phase de dialogue social authentique &#224; l'AP-HP. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syndicat SUD &#233;crit dans un tract, intitul&#233; &#034;Pour en finir avec le fantasme de la trahison&#034;, qu'il serait inadmissible de parler de &#171; trahison &#187; de l'intersyndicale ou des syndicats mais toute son attitude d&#233;montre le contraire. Le 24 juin, dans son communiqu&#233;, Sud Sant&#233; affirmait que, dans le &#171; relev&#233; de conclusions &#187; de Hirsch soutenu par CFDT et SUD, Hirsch aurait &#171; reconnu l'ampleur du mouvement social dans l'institution, et l'intersyndicale comme interlocuteur &#187;. SUD consid&#233;rait seulement qu'elle doit &#171; ouvrir encore plus le texte &#187; qu'elle a convenu avec Hirsch, le fameux &#171; relev&#233; de conclusions &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; SUD Sant&#233; souhaite ouvrir plus encore le texte, d&#233;finir le calendrier de la premi&#232;re phase, coucher sur papier les crit&#232;res de choix des services en difficult&#233;, d&#233;finir plus pr&#233;cis&#233;ment l'&#233;tude d'impact... Si les avanc&#233;es sont r&#233;elles, beaucoup reste &#224; pr&#233;ciser... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Contraint de revoir sa copie sous la pression de la rue, Hirsch propose un relev&#233; de conclusions o&#249; il reconna&#238;t l'ampleur du mouvement social dans l'institution, et l'intersyndicale comme interlocuteur. Il est surtout pouss&#233; &#224; reconsid&#233;rer son calendrier et dans le meilleur des cas ouvrir des n&#233;gociations au plus t&#244;t en octobre prochain. &#187; &#233;crivait SUD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous sommes pr&#234;ts &#224; discuter d'une v&#233;ritable r&#233;duction du temps de travail avec des embauches &#187; et &#171; n&#233;gocier sur la base de nos revendications, pas sur celles de M. Hirsch &#187;, a d&#233;clar&#233; la dirigeante CGT Sant&#233; Rose May Rousseau. Le 18 juin, Sud Sant&#233; &#233;crivait : &#171; Nous SUD Sant&#233; sommes pr&#234;ts &#224; discuter avec lui (Hirsch). &#187; En tout cas, les manifestants refusaient de n&#233;gocier et tous les syndicats ainsi que l'intersyndicale n'avaient &#224; la bouche que le mot de n&#233;gocier !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le jeudi 18 juin, les syndicats rejoignaient encore Hirsch pour&#8230; reprendre les n&#233;gociations !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats et l'intersyndicale n&#233;gociaient et n'arr&#234;taient pas de n&#233;gocier comme le constataient les manifestants rassembl&#233;s &#224; la place Victoria qui se sont retrouv&#233;s en train d'attendre&#8230; tr&#232;s longtemps, trop longtemps, les responsables syndicaux en train de n&#233;gocier pendant des heures avec Hirsch alors que les manifestants leur criaient leur r&#233;volte : &#171; Pas la peine d'y rester des heures pour dire &#224; Hirsch qu'on ne veut pas de sa r&#233;forme ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attente continuant malgr&#233; les hu&#233;es et les responsables syndicaux poursuivant leurs blabla avec Hirsch, le slogan de &#171; Intersyndicale trahison ! &#187; ou &#171; n&#233;gociations, trahison ! &#187; a &#233;t&#233; lanc&#233; par les manifestants ! Ils n'en sont pas moins rest&#233;s &#224; bavarder avec Hirsch !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas parce que l'intersyndicale regroupe les syndicats CGT, CFDT, FO, Sud, Unsa, CFE-CGC, qu'elle a le droit de d&#233;cider &#224; notre place, de n&#233;gocier &#224; notre place, de c&#233;der sur ce qu'on ne veut pas c&#233;der, de parler en notre nom sans nous consulter !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3775&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3775&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'ann&#233;e 2015 est marqu&#233;e aussi par la destitution de Lepaon comme secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT et la nomination de Martinez &#224; sa place. Sur Lepaon, nous avons eu l'occasion de commenter. Voici pour Martinez&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philippe Martinez, secr&#233;taire de la CGT, le mythe de l'homme de la lutte des classes et la r&#233;alit&#233; de l'ascension d'un bureaucrate&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6131&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6131&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2016&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est une ann&#233;e d'attaques antisociales avec notamment la loi El Khomri que les syndicats vont faire semblant de contester dans la rue&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hollande et Valls fustigent Martinez, qui r&#233;plique, et on nous pr&#233;sente de tous c&#244;t&#233;s (m&#233;dia, hommes politiques, syndicats) la situation sociale en France comme celle d'un bras de fer entre la direction des syndicats, et en particulier de la CGT, d'un c&#244;t&#233; et le gouvernement de l'autre. Au point d'oublier presque qu'en r&#233;alit&#233; il y a les travailleurs et les jeunes, ainsi que les milieux populaires et de l'autre la classe capitaliste et son gouvernement &#171; de gauche &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains parlent m&#234;me d'affrontement entre deux personnes : Martinez et Valls, comme si on devait seulement choisir entre eux. La r&#233;alit&#233; est tout autre : c'est un combat de classe qui se d&#233;roule et dans celui-ci l'opposition frontale entre les gouvernants et les directions syndicales est loin d'&#234;tre &#233;vident. Les syndicats les moins &#171; radicaux &#187; comme la CFDT font carr&#233;ment partie du gouvernement et ceux qui passent pour plut&#244;t d'opposition &#224; la politique sociale du gouvernement, comme la CGT et FO, viennent de voir deux de leurs anciens dirigeants nomm&#233;s par Hollande &#224; des postes de hauts fonctionnaires, respectivement un poste de dirigeant de l'Agence contre illettrisme et d'Inspection des Affaires sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Curieuses ces hautes nominations pour des dirigeants syndicaux qui ne joueraient qu'un r&#244;le d'adversaires du gouvernement de gauche, d'autant que les syndicats ont tous contribu&#233; ouvertement et publiquement &#224; faire &#233;lire Hollande, m&#234;me s'ils disent ne pas aimer la politique de Valls. D'autant plus curieux que Martinez est le successeur de Lepaon, nomm&#233; par celui-ci et connu comme son second et en accord avec son orientation r&#233;formiste et collaborationniste. D'autant plus curieux que cette orientation de Lepaon l'avait amen&#233; &#224; signer le rapport d'Etat pour les Conseil Economique Social et Environnementale charg&#233; d'organiser la privatisation de la SNCF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Martinez, comme l'intersyndicale qui appelle aux journ&#233;es d'action a suivi les jeunes et les travailleurs en passant d'une demande de modification du texte d&#233;but mars &#224; un retrait complet du texte. Cela ne l'emp&#234;che pas aujourd'hui de d&#233;clarer, dans un coup de fil avec Valls, qu'il lui suffirait d'une suspension de d&#233;cision de la part du gouvernement pour appeler &#224; suspendre le mouvement social ! Et ce &#171; leader syndical &#187; &#233;tudie avec Valls &#171; les solutions pour arr&#234;ter les blocages et les manifestations &#187; !!! Le voil&#224; celui qui est pr&#233;sent&#233; le leader qui radicalise la lutte sociale en France !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc une contradiction entre ces faits et l'apparence que l'on voudrait nous donner des &#233;v&#233;nements et des luttes actuelles en France, apparence selon laquelle la direction de la CGT pousserait &#224; radicaliser la lutte, m&#232;nerait un combat jusqu'auboutiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; est toute autre qu'un affrontement entre deux dirigeants, Valls et Martinez, ou entre deux organisations, CGT et PS par exemple, et la population en prend conscience puisqu'un sondage affirme qu'une majorit&#233; admet qu'il y a en r&#233;alit&#233; une lutte de classe dans lequel le gouvernement est du c&#244;t&#233; de la classe capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste &#224; savoir de quel c&#244;t&#233;, dans quelle classe sociale, sont vraiment les directions syndicales, elles qui se pr&#233;sentent comme mobilis&#233;es pour faire reculer le gouvernement et pr&#234;tes &#224; &#171; aller jusqu'au bout &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel est le bout que les dirigeants syndicaux ne comptent pas d&#233;passer, telle est effectivement la question. Est-ce que le bout n'est pas justement la limite o&#249; ils se d&#233;voilent comme de faux dirigeants de la classe ouvri&#232;re et l'autre limite o&#249; ils risquent de nuire aux int&#233;r&#234;ts fondamentaux de la classe capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, si on prend les discours de Martinez au mot, on peut croire qu'il appelle l'ensemble de la classe ouvri&#232;re &#224; la lutte, qu'il lance successivement les salari&#233;s du transport, de l'&#233;nergie, des routiers, des p&#233;troliers, de la chimie, du nucl&#233;aire, puis lancera d'autres secteurs, qu'il ne reculera pas, qu'il se donnera, et donnera ainsi &#224; la classe ouvri&#232;re, les moyens de g&#233;n&#233;raliser progressivement la lutte et de faire ainsi reculer le gouvernement et le patronat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il en va autrement quand on y regarde de plus pr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appeler toute la classe ouvri&#232;re &#224; lutter ensemble, o&#249; et quand la CGT l'aurait-elle r&#233;ellement fait ? Pas une fois au cours de ces neuf journ&#233;es d'action d&#233;j&#224; programm&#233;es ! Il n'y a jamais &#233;t&#233; question de mettre en liaison les diff&#233;rents secteurs en lutte. Il n'y a jamais &#233;t&#233; question d'assembl&#233;es interprofessionnelles contrairement &#224; la gr&#232;ve de 1995 ou aux luttes des cheminots ou des infirmi&#232;res avec les coordinations. L'appel &#224; la gr&#232;ve pour l'ensemble de la classe ouvri&#232;re de Martinez est une posture m&#233;diatique qui ne se retrouve pas du tout dans les appels syndicaux dans les entreprises, dans le secteur priv&#233; ou public. Pas d'appel &#224; rejoindre le mouvement de gr&#232;ve reconductible de l'Automobile &#224; La Poste ou &#224; l'h&#244;pital public ! Pas d'appel &#224; voter la gr&#232;ve dans les services publics ni dans le secteur priv&#233;. Le pr&#233;tendu bras de fer n'est l&#224; que pour donner une image combative &#224; Martinez ou &#224; l'intersyndicale mais pas &#224; construire r&#233;ellement un rapport de forces capable de faire reculer nos adversaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le 9 mars quand les jeunes appelaient &#224; la gr&#232;ve, que 71% de l'opinion disait soutenir les syndicats et que SNCF et RATP &#233;taient par hasard appel&#233;s &#224; faire gr&#232;ve le m&#234;me jour pour des raisons apparemment diff&#233;rentes. Mais la loi El Khomri qui attaque le code du travail n'est en rien s&#233;par&#233;e des attaques contre les services publics de transport ou le service public hospitalier ou La Poste ou d'autres attaques contre les retraites, la s&#233;cu, les aides sociales et on en passe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le 9 mars, quand la SNCF &#233;tait appel&#233;e &#224; la gr&#232;ve par la CGT, ce n'&#233;tait pas contre la loi El Khomri, ce n'&#233;tait m&#234;me pas pour s'opposer &#224; la privatisation du rail, consid&#233;r&#233;e comme acquise par ce syndicat puisqu'elle participe &#224; des n&#233;gociations sur les horaires des travailleurs du rail, priv&#233; et public, dont elle conteste le contenu mais pas le principe. Et depuis, les syndicats qui ont appel&#233; les cheminots &#224; faire gr&#232;ve, y compris &#224; la fois contre El Khomri et la r&#233;forme du rail ne contestent pas du tout la partie privatisation de cette r&#233;forme. Ils n'en parlent m&#234;me plus. Le voil&#224; le radicalisme pr&#233;tendu des dirigeants syndicaux !!! Il fut un temps o&#249; on aurait cru impensable que les centrales syndicales s'inclinent devant la privatisation des chemins de fer !!! Elles affirment qu'on n'y peut plus rien puisqu'il a &#233;t&#233; adopt&#233; par l'Etat mais disent exactement le contraire pour la loi El Khomri, affirmant qu'on peut faire annuler une loi mal vot&#233;e ! Une fois de plus un double discours qui cache tr&#232;s mal que ces directions syndicales trahissent la lutte qu'elles pr&#233;tendent mener de mani&#232;re radicale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Martinez peut bien se montrer aux m&#233;dia en train de jeter un pneu &#224; br&#251;ler aux c&#244;t&#233;s des p&#233;troliers gr&#233;vistes, cela ne signifie pas qu'il propose autre chose que le faux radicalisme des blocages de l'essence. La force des travailleurs n'est pas le mythe de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et des bras crois&#233;s qui bloquent l'&#233;conomie. La vraie force des travailleurs, c'est d'&#234;tre capables de s'unir et de s'organiser collectivement, en comit&#233; de travailleurs, f&#233;d&#233;r&#233;s en coordination, discutant ensemble dans des assembl&#233;es interprofessionnelles. C'est cette force-l&#224; que refusait Bernard Thibaut lors du mouvement des retraites de 2010 et c'est cette force-l&#224; dont Martinez n'est nullement le leader dans le mouvement actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il affirme en m&#234;me temps : &#034;Quand on se bat, on peut gagner, et on ira jusqu'au retrait de la loi Travail !&#034; ou encore &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Les cheminots remettent &#231;a la semaine prochaine. Mais il faut g&#233;n&#233;raliser &#224; la m&#233;tallurgie, au commerce. Il faut que le gouvernement sache qu'on ne l&#226;chera rien.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Martinez romperait-il avec le syndicalisme de collaboration ? Pas du tout ! &#171; On veut commencer &#224; discuter &#187;, r&#233;affirme Philippe Martinez, patron de la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bout que ne d&#233;passe pas Martinez, ce sont les journ&#233;es d'action successives : &#171; Pour la premi&#232;re fois, nous appelons &#224; trois dates de gr&#232;ve, dans une &#233;ch&#233;ance tr&#232;s resserr&#233;e. Ce qui off re la possibilit&#233; aux salari&#233;s en gr&#232;ve mardi de continuer leur action jusqu'au jeudi. &#187; a dit Martinez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, dans ces journ&#233;es successives qui ont &#233;t&#233; la clef de la d&#233;faite du mouvement des retraites de 2010, d&#233;j&#224; agr&#233;ment&#233;es &#224; l'&#233;poque par des blocages p&#233;troliers, le fait d'arr&#234;ter puis de repartir caract&#233;rise les l&#226;chers de vapeur des directions syndicales qui ne m&#232;nent qu'&#224; &#233;puiser le mouvement et non &#224; le lancer&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de son dernier congr&#232;s, la direction de la CGT a refus&#233; de valider un appel &#224; la &#034;gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale reconductible&#034; que r&#233;clamaient certains de ses adh&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Cela ne peut pas &#234;tre une conf&#233;d&#233;ration nationale qui appuie sur un bouton pour mettre en gr&#232;ve des salari&#233;s&#034;, pr&#233;vient Jean-Claude Mailly, le patron de Force Ouvri&#232;re, dans un entretien publi&#233; sur le site de Paris-Match.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh oui, des directions syndicales dignes de ce nom auraient commenc&#233; par proposer &#224; la classe ouvri&#232;re de se r&#233;unir dans toutes les entreprises d&#232;s le 9 mars pour d&#233;cider elles-m&#234;mes de leurs modes d'action et d'organisation. Mais les centrales syndicales ne sont nullement de telles directions de la classe ouvri&#232;re. Elles participent en fait au fonctionnement de l'Etat bourgeois et en recueillent les fonds publics de r&#233;mun&#233;ration de leur r&#244;le de conservation sociale. Il n'y a donc aucun regret &#224; avoir de constater que les directions syndicales jouent un r&#244;le bourgeois. Elles ne peuvent pas trahir leur classe, qui est la classe capitaliste. C'est aux travailleurs de tirer la le&#231;on et d'entra&#238;ner les militants syndicalistes de base dans des organisations ind&#233;pendantes de nos adversaires, des comit&#233;s de gr&#232;ve et des coordinations &#233;lu&#233;es et r&#233;vocables qui assument la totalit&#233; des d&#233;cisions de nos luttes. C'est seulement ainsi que nous, travailleurs, pouvons agir dans le sens de nos int&#233;r&#234;ts de classe, int&#233;r&#234;ts qui sont diam&#233;tralement oppos&#233;s &#224; ceux de la classe capitaliste, opposition radicale qui n'est nullement n&#233;gociable et moins que jamais depuis l'effondrement historique du capitalisme mondial de 2007-2008 !&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4077&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4077&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nouvelle trahison des luttes des cheminots&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve organis&#233;e par les syndicats a lieu en ordre dispers&#233;. Reconductible pour SUD quand la CGT n'appelle qu'&#224; des journ&#233;es d'action. Quand les gr&#233;vistes SUD sont &#233;puis&#233;s, la CGT annonce qu'elle d&#233;marrera dans des semaines&#8230; une gr&#232;ve reconductible !!! D'autre part, les deux syndicats ont exclus de leurs revendications la lutte contre la privatisation de la SNCF, revendiquant m&#234;me explicitement &#171; le m&#234;me RH pour tous &#187;, ce qui veut dire pour le secteur privatis&#233; et le secteur public, ce qui signifie clairement accepter la privatisation. Ces trahisons ne permettent pas au mouvement de faire reculer la direction et le gouvernement sur aucun point !!! On peut voir, deux ans &#224; l'avance, que les syndicats consid&#233;r&#233;s comme les plus radicaux ne comptent pas lutter contre la privatisation mais feront seulement semblant pour &#233;viter que les cheminots n'agissent de mani&#232;re autonome&#8230; On remarquera que, tout du long, ces syndicats, comme les autres, non gr&#233;vistes, ont accept&#233; de participer &#224; des n&#233;gociations dont l'objectif &#233;taient clairement un recul social intitul&#233; &#171; augmenter la productivit&#233; du travail des cheminots &#187; !!!&lt;br class='autobr' /&gt;
N&#233;gocier le d&#233;cret socle m&#234;me si la revendication est &#034; d&#233;cret socle = RH0077 &#034;, ce n'est pas le retrait c'est &#224; dire le retrait de la r&#233;forme de juin 2014 qui ent&#233;rine la s&#233;paration en trois EPIC de la SNCF. Bref, aller n&#233;gocier le d&#233;cret socle, c'est accepter la privatisation, et c'est accepter de n&#233;gocier l'augmentation de l'exploitation...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4195&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4195&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant que les personnels de l'h&#244;pital public ont &#233;t&#233; battus et que le plan Hirsch est pass&#233;, maintenant que le gouvernement a fait passer la loi El Khomri, fait passer aussi la loi Macron ou la loi Sapin, la loi sur l'Etat d'urgence aussi, eh bien c'est le bon moment pour mener une lutte s&#233;par&#233;e, isol&#233;e de tout cela, pour les cheminots et, d'un seul coup, le syndicat CGT se retrouve un radicalisme oubli&#233; pour appeler &#224; un grand mouvement de gr&#232;ve &#224; la SNCF, avec des journ&#233;es d'action programm&#233;es tous les mercredi et tous les jeudis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une gr&#232;ve reconductible, il y a un moment que la CGT s'y refusait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les cheminots auraient pu rejoindre les enseignants en lutte, les Radio France en lutte, les hospitaliers en lutte, les France Television, les postiers, les Areva et les EDF et on en passe, eh bien l&#224; justement il n'&#233;tait pas question de gr&#232;ve reconductible ni d'une action commune avec d'autres cat&#233;gories de salari&#233;s&#8230; Quand la loi El Khomri r&#233;voltait toute l'opinion populaire, l&#224; non plus pas question !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand P&#233;py annon&#231;ait la privatisation du Rail, pas question de relier cette question avec la privatisation qui se d&#233;veloppe partout dans les services publics en m&#234;me temps que l'aust&#233;rit&#233; les frappe tous, de l'enseignement &#224; la recherche, de la sant&#233; aux transports en passant par la poste&#8230; Aucune strat&#233;gie syndicale de convergence des luttes : au contraire, une strat&#233;gie de dispersion dont le prochain mouvement SNCF est encore l'illustration !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, toute la le&#231;on des luttes s&#233;par&#233;es, divis&#233;es, saucissonn&#233;es, est qu'elles &#233;chouent mais cela n'arr&#234;te pas &#171; nos &#187; dirigeants syndicaux. Sont-ils vraiment les n&#244;tres ou ceux du patronat et du gouvernement ?!!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment l'ancien secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT, Lepaon, aurait-il re&#231;u r&#233;cemment un poste de haut fonctionnaire de la part du gouvernement si ce dernier ne tenait pas &#224; le remercier d'avoir &#233;t&#233; le rapporteur au Conseil Economique, Social et Environnemental pour la CGT, rapport qui pr&#233;conisait et pr&#233;parait la privatisation de la SNCF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et justement, qu'est-ce qui frappe dans la prochaine gr&#232;ve soi-disant tr&#232;s radicale de la CGT : c'est qu'elle ne d&#233;nonce pas cette privatisation et attaque tout autre chose !!!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me chose, c'est la m&#233;thode : deux jours de gr&#232;ve en milieu de semaine puis deux jours la semaine suivante. Pas la gr&#232;ve reconductible jour par jour. Pas une m&#233;thode de lutte qui peut faire craindre &#224; la bourgeoisie qu'elle s'&#233;tende &#224; d'autres secteurs. D'ailleurs, la revendication n'a rien qui permette cette extension&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, ce qui frappe, c'est qu'il ne s'agit pas d'annuler un plan gouvernemental mais de le n&#233;gocier. Le recul syndical est d&#233;j&#224; inscrit dans la d&#233;marche. On n'y dit pas qu'on refuse de n&#233;gocier un recul du service public, encore un ! Non, on annonce &#224; l'avance qu'on va le n&#233;gocier !!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT, comme les autres syndicats, acceptent d'entrer dans une n&#233;gociation sur les r&#232;gles qui devraient concerner, en commun, un secteur public du rail et un secteur priv&#233; du rail. Quelle meilleure mani&#232;re de reconna&#238;tre qu'ils admettent que le rail soit privatis&#233; !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs la lutte contre la privatisation ne figure plus du tout dans les tracts syndicaux alors qu'auparavant, c'&#233;tait consid&#233;r&#233; comme une base indiscutable !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve791&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve791&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2017&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tous les syndicats fran&#231;ais ont d&#233;clar&#233; vouloir d'un &#171; v&#233;ritable dialogue social &#187; avec le nouveau pr&#233;sident Macron, alors que celui-ci n'a pas cach&#233; l'&#233;norme recul social qu'il pr&#233;tend n&#233;gocier. Ils continuent tous, y compris la CGT et SUD, &#224; avoir une posture de syndicat r&#233;formiste, qui propose, qui discute, qui signe des accords.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, le pass&#233; a prouv&#233; qu'aucune n&#233;gociation n'a apport&#233; une avanc&#233;e quelconque et au contraire de multiples reculs, qu'il s'agisse des retraites, du code du travail, des agents de l'h&#244;pital public, des cheminots, toutes les pr&#233;tendues r&#233;formes ont &#233;t&#233; des reculs d'ampleur et la m&#233;thode des n&#233;gociations-journ&#233;es d'action a &#233;t&#233; un &#233;chec complet et cuisant, le dernier en date &#233;tant celui de la loi El Khomri, en r&#233;alit&#233; une loi Macron2 que Macron estimait n'&#234;tre pas suffisamment d&#233;velopp&#233;e. Il est donc en train de concocter Macron3 et la posture de n&#233;gociation est &#224; l'&#233;vidence purement formelle, la m&#233;thode consistant &#224; l&#233;gif&#233;rer par ordonnances le d&#233;montrant pleinement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi tous les syndicats tiennent-ils &#224; ces n&#233;gociations, au fait que les pouvoirs publics les consultent, et pourquoi viennent-ils le doigt sur la couture du pantalon d&#232;s qu'on les sonne, alors qu'ils savent pertinemment qu'ils n'y gagneront rien, et qu'ils sont m&#234;me capables parfois de le d&#233;clarer eux-m&#234;mes d'avance comme l'a fait Martinez avant d'&#234;tre re&#231;u par Macron ? Parce que le r&#233;formisme est, pour eux, bien plus fondamental que le r&#233;sultat de la lutte. C'est un a priori qui n'est pas discutable et qui tient &#224; leur nature d'interm&#233;diaire entre les travailleurs et les patrons, ainsi que l'Etat des patrons. Et avec Macron, le gouvernement des patrons est plus clair que jamais : le pr&#233;sident des banques, le premier ministre du nucl&#233;aire, la ministre des trusts pharmaceutiques, la ministre de l'industrie du livre, le ministre des g&#233;n&#233;raux, et on en passe&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les choix de Macron sont des choix de classe assum&#233;s, le choix de d&#233;fendre ouvertement la classe capitaliste. Le choix des syndicats est bien plus contradictoire : s'ils pr&#233;tendent d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts des travailleurs, ils affirment aussi d&#233;fendre &#171; l'int&#233;r&#234;t des entreprises &#187; et aussi &#171; l'int&#233;r&#234;t de l'&#233;conomie nationale &#187; et m&#234;me tous les &#171; int&#233;r&#234;ts nationaux &#187;, qui sont pourtant exclusivement des int&#233;r&#234;ts du grand capital en r&#233;alit&#233;. Et surtout, ils d&#233;fendent un fonctionnement de la soci&#233;t&#233; bourgeoise dans lequel les syndicats sont des interm&#233;diaires reconnus, respect&#233;s, consult&#233;s, soutenus, financ&#233;s par l'Etat, par les trusts, par les banques, par toute la soci&#233;t&#233; bourgeoise et par toutes ses institutions, dont les grands syndicats sont d'ailleurs un des &#233;l&#233;ments. C'est la d&#233;mocratie bourgeoise qui fonctionne ainsi et pr&#233;tend tenir compte des demandes des appareils syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que, depuis la crise historique du capitalisme de 2007-2008, il n'y a plus de place pour le r&#233;formisme et tr&#232;s peu de place encore pour la d&#233;mocratie bourgeoise, grignot&#233;e tous les jours par la chute des investissements productifs, par la hausse du ch&#244;mage, par la mont&#233;e de la mis&#232;re et des r&#233;voltes sociales, par la d&#233;rive dictatoriale des d&#233;mocraties, sous pr&#233;texte d'antiterrorisme ou de crise migratoire ou encore de crise des banlieues ou de la jeunesse pauvre&#8230; Du coup, les gouvernants font sans cesse planer la menace de supprimer cet attribut de la d&#233;mocratie, la consultation des syndicats, et ces derniers y sont d'autant plus attach&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi le rapport de forces se d&#233;grade de plus en plus, au fur et &#224; mesure des n&#233;gociations-affrontements ? Pourquoi le mouvement des retraites de 2010, tr&#232;s massif, a &#233;t&#233; suivi d'attaques accentu&#233;es ? Pourquoi les syndicats ont-ils tir&#233; comme bilan de leur impuissance &#224; faire reculer le gouvernement Sarkozy que la seule solution consistait &#224; appeler &#224; voter Hollande ? Pourquoi sont-ils rest&#233;s muets quand Hollande a davantage attaqu&#233; les retraites au lieu d'annuler les attaques de Sarkozy ? Pourquoi les cheminots ressortent affaiblis de leurs luttes, pourtant bien suivies, et toujours men&#233;es par les appareils syndicaux ? Pourquoi, les syndicats ont d'abord combattu contre la privatisation du rail et ont finalement men&#233; des luttes qui reconnaissaient celle-ci ? Pourquoi les syndicats ont-ils tromp&#233; les agents de l'h&#244;pital public, pr&#233;tendant admettre l'exigence des personnels : on ne n&#233;gocie pas les plans de Hirsch et ont finalement particip&#233; quand m&#234;me aux n&#233;gociations, et cautionn&#233; ainsi sa pr&#233;tendue r&#233;forme qui casse l'h&#244;pital public et ses personnels, leurs temps de repos, leurs emplois, leurs horaires, leurs charges de travail, leurs salaires et leurs conditions de travail ! Et une mobilisation tr&#232;s importante n'a pas permis de faire reculer Hirsch et le gouvernement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement les salari&#233;s ne sont pas sentis renforc&#233;s lors des mobilisations pour les retraites, contre la privatisation du rail, contre la loi El Khomri et bien d'autres, mais ils ont &#233;t&#233; affaiblis au point que les directions des entreprises priv&#233;es comme des services publics ont eu les moyens, &#224; la fin de ces &#171; mobilisations syndicales &#187;, de s'attaquer aux salari&#233;s combatifs, de licencier ou de sanctionner les plus combatifs, de les isoler ou de les attaquer. On l'a bien vu lors des luttes &#224; Air France, dans les raffineries, dans les h&#244;pitaux, etc&#8230; Cela montre que les m&#233;thodes des centrales syndicales, loin de renforcer les travailleurs, avaient renforc&#233; leurs adversaires patronaux comme gouvernementaux. Plus remarquable encore le fait que les centrales syndicales aient elles-m&#234;mes fait la chasse aux militants ouvriers les plus radicaux, montrant que leur convergence avec les classes poss&#233;dantes et les gouvernants qui provient de leur r&#233;formisme fait des r&#233;volutionnaires et des travailleurs combatifs des ennemis bien plus craints que les patrons et leurs soutiens gouvernementaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, les dirigeants syndicaux craignent des d&#233;bordements de col&#232;re des travailleurs. Cela ne veut pas dire qu'ils craignent en soi la violence ou qu'ils craignent que des travailleurs se radicalisent, comme cela a &#233;t&#233; le cas &#224; Air France ou dans les entreprises qui licencient ou ferment. Non, ils sont m&#234;me capables de prendre l'initiative de tels d&#233;bordements pour conserver la direction de la lutte mais ce qu'ils craignent c'est que la col&#232;re ouvri&#232;re am&#232;ne les travailleurs &#224; s'auto-organiser, &#224; ne plus se contenter de suivre les appareils r&#233;formistes, qu'ils prennent eux-m&#234;mes les d&#233;cisions concernant leurs luttes, leurs revendications, leurs moyens d'action, leurs liaisons interentreprises, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les appareils syndicaux ont tout aussi peur des coups de col&#232;re brutaux et violents des prol&#233;taires qu'en ont peur les capitalistes et les gouvernants, et ce n'est pas sans cons&#233;quence sur les choix que font parfois ces appareils syndicaux, &#233;pousant parfois des luttes qu'ils n'auraient pas souhait&#233;, qu'ils ne voulaient pas du tout initier, qu'ils auraient voulu m&#234;me emp&#234;cher, mais dans lesquelles ils craignent surtout que les travailleurs se donnent eux-m&#234;mes une direction autonome et des perspectives propres et de classe, ce qui est exactement le contraire de la mani&#232;re dont ces directions syndicales m&#232;nent les luttes : sans auto-organisation, sans liaison inter-entreprise, sans perspective commune des travailleurs d&#233;cid&#233;e en commun, sans renforcement politique au social de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4472&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4472&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2018&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sous pr&#233;texte de barrer la route &#224; l'extr&#234;me droite, la CGT soutient ouvertement Macron&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve969&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve969&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trahison syndicale de la gr&#232;ve des cheminots&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A mort la SNCF !!! d&#233;clare en substance Spinetta, dans son rapport command&#233; par Macron-Philippe !!! Fini le service public : vers une soci&#233;t&#233; anonyme ! Et pas une seule soci&#233;t&#233; anonyme mais plusieurs diff&#233;rentes !!! Fini le statut de cheminot (qui n'est pas &#224; proprement parler un statut de fonctionnaire) et les nouveaux seront des contractuels ! Finies les petites lignes de province ! Vente &#224; des op&#233;rateurs priv&#233;s des lignes TER !!! Transfert des personnels SNCF vers les op&#233;rateurs priv&#233;s !!! Fini le statut de cheminot !!! Finies les toutes petites lignes qui n'ont pas assez de passagers ! Il se donne vingt ans pour moderniser le r&#233;seau (vingt ans avec des blocages type Montparnasse et aussi vingt ans avec des Br&#233;tigny...) !!! Il voudrait aussi supprimer la retraite des cheminots ainsi que le type de contrats et on en passe...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette attaque anti-sociale de grande ampleur, une lutte de classe clairement et nettement men&#233;e par la classe poss&#233;dante et son Etat signifie que les exploiteurs ne craignent pas les fausses r&#233;actions syndicales. Il suffit de voir que ceux-ci proposent aux cheminots de lutter s&#233;par&#233;ment (le m&#234;me jour mais &#224; part des autres fonctionnaires !) pour voir &#224; quel point une attaque d'ensemble n'a en face d'elle que des ripostes partielles, localis&#233;es ou corporalis&#233;es, par journ&#233;es ou par secteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule r&#233;ponse qui ferait reculer les capitalistes et le gouvernement serait de couvrir le Rail (tout : les gares, les technicentres, les conducteurs, l'entretien, le nettoyage, les guichets, toutes les EPIC !) de comit&#233;s de gr&#232;ve &#233;lus et r&#233;vocables, au sein d'assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, coordonn&#233;s nationalement et proposant &#224; toute la classe ouvri&#232;re du pays, public et priv&#233;, y compris les ch&#244;meurs d'en faire autant. Rien que &#231;a !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, les centrales syndicales ont aussi peur de cette perspective que le gouvernement et le patronat. c'est cette peur qui va dicter leur tactique &#171; de lutte &#187; consistant &#224; &#233;viter une vraie lutte !&lt;br class='autobr' /&gt;
On aurait pu s'attendre qu'au lendemain du rapport Spinetta, les cheminots soient r&#233;unis partout en assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales. Eh bien, non ! Les syndicats ne l'ont pas voulu, la gauche de la gauche ou l'extr&#234;me gauche officielle non plus !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cheminots n'ont pas &#233;t&#233; r&#233;unis &#171; &#224; chaud &#187;, au moment o&#249; ils &#233;taient massivement indign&#233;s par l'annonce d'attaques d'ampleur contenue dans le rapport Spinetta commandit&#233; par le gouvernement. A ce moment-l&#224;, les syndicats ne demandaient pas aux cheminots de se rassembler, de discuter, mais d'attendre la r&#233;union au sommet de l'intersyndicale, annon&#231;ant que l'unit&#233; serait le produit d'une telle entente entre dirigeants des appareils bureaucratiques, y compris ceux qui s'&#233;taient d&#233;clar&#233;s favorables &#224; la nouvelle politique incarn&#233;e par Macron !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 mars 2018 : R&#233;union de l'intersyndicale qui, &#224; la surprise g&#233;n&#233;rale des cheminots, y compris les militants syndicalistes eux-m&#234;mes, annonce que la gr&#232;ve des cheminots se fera&#8230; sans gr&#232;ve reconductible !!! Une gr&#232;ve est pourtant obligatoirement reconductible, sinon cela s'appelle seulement des journ&#233;es d'action !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intersyndicale CGT-Unsa-Sud-CFDT de la SNCF a annonc&#233; ce jeudi 15 mars une gr&#232;ve sur le rythme de &#034;deux jours sur cinq&#034;, &#224; partir du mardi 3 avril et jusqu'au jeudi 28 juin, pour protester contre la r&#233;forme du rail en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intersyndicale pr&#233;tend que sa strat&#233;gie permettra de g&#234;ner plus longtemps la circulation des trains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme si g&#234;ner la circulation des trains, c'&#233;tait cela que craignaient gouvernants et capitalistes !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4926&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4926&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement des Gilets jaunes va d&#233;masquer le refus des appareils syndicaux de toute lutte de classes offensive et auto-organis&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que les luttes syndicales n'avaient pas apport&#233;, ce que les organisations politiques fussent-elles d'extr&#234;me gauche n'avaient pas apport&#233;, le mouvement actuel l'am&#232;ne : les travailleurs discutent comme jamais dans toutes les entreprises, ils discutent en m&#234;me temps et non profession par profession, corporation par corporation, ils discutent parce que l'&#233;l&#233;ment politique principal est devenu leur propre action et leur propre organisation : quand ils discutent ils d&#233;cident !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contradiction, c'est que les organisations qui se r&#233;clament de la classe ouvri&#232;re ne se reconnaissent nullement dans ce mouvement, sous le pr&#233;texte que l'explosion secoue tout, fait tout remonter et pas seulement des bonnes id&#233;es, des bons courants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces gens-l&#224;, soi disant tr&#232;s organis&#233;s, n'aiment pas l'explosion, n'aiment pas l'insurrection, n'aiment pas la r&#233;volution, y compris quand ils ne cessent d'en parler !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte des classes, ces encadreurs des travailleurs, ne sont pas pour quand les opprim&#233;s la m&#232;nent vraiment !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve1128&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve1128&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principal slogan des gilets jaunes &#171; Y'en a marre de la mis&#232;re ! &#187; nous le dit : ce sont ceux qui commencent &#224; ne plus supporter de devoir vivre dans le d&#233;nuement&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est d'ores et d&#233;j&#224; une insurrection des mis&#233;rables, des opprim&#233;s, des exploit&#233;s !&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est la r&#233;volution sociale qui est &#171; en marche &#187; !!!&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, les Gilets jaunes sont globalement d'accord sur un point : il faut &#233;radiquer d&#233;finitivement la mis&#232;re, l'interdire, la supprimer, et &#233;radiquer aussi toutes ses causes, tous ses b&#233;n&#233;ficiaires, et imposer le droit de tous &#224; disposer des moyens mat&#233;riels de vivre correctement. Mais ils r&#233;clament cela justement au moment o&#249; la soci&#233;t&#233; capitaliste, ayant atteint ses limites, a pour projet d'accro&#238;tre massivement la mis&#232;re du plus grand nombre et serait bien incapable de faire autrement ! Ce n'est pas seulement tel ou tel gouvernant, tel ou tel parti politique qui aurait besoin de radicaliser les attaques antisociales, c'est toute la classe poss&#233;dante ! D&#232;s lors, les r&#233;volt&#233;s ne s'attaquent pas seulement &#224; un chef d'Etat, &#224; son gouvernement, &#224; sa politique mais &#224; toute la classe poss&#233;dante, &#224; tout le syst&#232;me et en prennent conscience au cours des &#233;v&#233;nements, si ceux-ci durent parce que le pouvoir n'a pas les moyens d'en arr&#234;ter le cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, en refusant de n&#233;gocier avec un pouvoir, en le mena&#231;ant, en affirmant ouvertement vouloir le faire chuter, les Gilets jaunes ont contraint le pouvoir &#224; payer dix milliards alors que les partis de gauche et les syndicats qui ont dirig&#233; le mouvement des retraites (inutilement comme bien d'autres gr&#232;ves) ont tir&#233; de cette lutte&#8230; z&#233;ro euro et z&#233;ro centime, seulement des avantages pour les appareils syndicaux&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun dirigeant politique ou syndical, de la gauche r&#233;formiste n'a jamais port&#233; le gilet jaune. Et quand ils ont fait semblant de ne pas &#234;tre des ennemis du mouvment, cela a &#233;t&#233; pire encore. Il n'y avait que du jaune des gilets dans les manifestations et les rassemblements, mais, au fur et &#224; mesure que les organisations faussement amies, en fait les pires ennemis, ont pr&#233;tendu y participer, on a trouv&#233; du rouge de l'orange du bleu. Et tous les Martinez ou Laguiller ont affirm&#233; qu'ils n'&#233;taient pas en jaune ! Ils ont fait croire cependant &#224; un rapprochement entre gilets jaunes et syndicats pour mieux faire p&#226;lir le drapeau des gilets jaunes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principal slogan des gilets jaunes &#171; Y'en a marre de la mis&#232;re ! &#187; nous le dit : ce sont ceux qui commencent &#224; ne plus supporter de devoir vivre dans le d&#233;nuement&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est d'ores et d&#233;j&#224; une insurrection des mis&#233;rables, des opprim&#233;s, des exploit&#233;s !&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est la r&#233;volution sociale qui est &#171; en marche &#187; !!!&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, les Gilets jaunes sont globalement d'accord sur un point : il faut &#233;radiquer d&#233;finitivement la mis&#232;re, l'interdire, la supprimer, et &#233;radiquer aussi toutes ses causes, tous ses b&#233;n&#233;ficiaires, et imposer le droit de tous &#224; disposer des moyens mat&#233;riels de vivre correctement. Mais ils r&#233;clament cela justement au moment o&#249; la soci&#233;t&#233; capitaliste, ayant atteint ses limites, a pour projet d'accro&#238;tre massivement la mis&#232;re du plus grand nombre et serait bien incapable de faire autrement ! Ce n'est pas seulement tel ou tel gouvernant, tel ou tel parti politique qui aurait besoin de radicaliser les attaques antisociales, c'est toute la classe poss&#233;dante ! D&#232;s lors, les r&#233;volt&#233;s ne s'attaquent pas seulement &#224; un chef d'Etat, &#224; son gouvernement, &#224; sa politique mais &#224; toute la classe poss&#233;dante, &#224; tout le syst&#232;me et en prennent conscience au cours des &#233;v&#233;nements, si ceux-ci durent parce que le pouvoir n'a pas les moyens d'en arr&#234;ter le cours.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et, en refusant de n&#233;gocier avec un pouvoir, en le mena&#231;ant, en affirmant ouvertement vouloir le faire chuter, les Gilets jaunes ont contraint le pouvoir &#224; payer dix milliards alors que les partis de gauche et les syndicats qui ont dirig&#233; le mouvement des retraites (inutilement comme bien d'autres gr&#232;ves) ont tir&#233; de cette lutte&#8230; z&#233;ro euro et z&#233;ro centime, seulement des avantages pour les appareils syndicaux&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Aucun dirigeant politique ou syndical, de la gauche r&#233;formiste n'a jamais port&#233; le gilet jaune. Et quand ils ont fait semblant de ne pas &#234;tre des ennemis du mouvment, cela a &#233;t&#233; pire encore. Il n'y avait que du jaune des gilets dans les manifestations et les rassemblements, mais, au fur et &#224; mesure que les organisations faussement amies, en fait les pires ennemis, ont pr&#233;tendu y participer, on a trouv&#233; du rouge de l'orange du bleu. Et tous les Martinez ou Laguiller ont affirm&#233; qu'ils n'&#233;taient pas en jaune ! Ils ont fait croire cependant &#224; un rapprochement entre gilets jaunes et syndicats pour mieux faire p&#226;lir le drapeau des gilets jaunes !&lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait le plus remarquable est l'influence que le mouvement Gilets jaunes exerce encore dans les esprits malgr&#233; de tr&#232;s grands efforts des gouvernants, des m&#233;dia, des partis et des syndicaux pour en effacer l'influence. Plus de quatre ans apr&#232;s, il marque toujours la situation sociale en France et sert de r&#233;f&#233;rence pour ses amis comme pour ses ennemis. Il continue m&#234;me un peu partout &#224; exister et &#224; se manifester, m&#234;me si c'est avec beaucoup moins de force qu'&#224; ses d&#233;buts. Il reste une menace permanente pour les classes dirigeantes qui doivent calculer avec lui et notamment qui doivent cr&#233;diter davantage les syndicats pour le contrer. Il a en effet d&#233;montr&#233; une efficacit&#233; consid&#233;rablement plus grande que tous les mouvements syndicaux, m&#234;me quand ces derniers &#233;taient plus suivis. En effet, les classes poss&#233;dantes ont plus peur des mouvements auto-organis&#233;s qui ne sont pas controlables ni ais&#233;ment trompables et ils craignent de n'avoir personne avec qui n&#233;gocier comme cela a &#233;t&#233; le cas avec les Gilets jaunes. Le dernier &#233;chec total du mouvement syndical et politique des retraites soutenu par tous les syndicats et partis de gauche souligne encore le relatif succ&#232;s des Gilets jaunes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les nombreuses tentatives pour l'&#233;craser par la r&#233;pression sanglante (la pire violence d'Etata contre des manifestants d&#233;sarm&#233;s depuis des d&#233;cennies) et par la calomnie massive. L'&#233;chec des tentatives de r&#233;cup&#233;ration et des tentatives de le discr&#233;diter, notamment avec les accusations de fascisme, de complotisme et d'antis&#233;mitisme a &#233;t&#233; d'autant plus remarquable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ses d&#233;buts, quand il &#233;tait le plus massif, il a touch&#233; toutes les r&#233;gions de France, jusqu'aux coins les plus recul&#233;s et s'est implant&#233; partout &#224; la base, parmi les plus d&#233;munis, dans le prol&#233;tariat et dans les couches mis&#233;rables de la population, unissant le peuple travailleur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il aurait certainement essaim&#233; dans les entreprises sans le tir de barrage des syndicats qui, pour se prot&#233;ger, ont men&#233; campagne en le traitant d'alliance avec la petite bourgeoisie, avec les d&#233;&#231;us du macronisme, d'alliance avec le fascisme et l'antis&#233;mitisme, de compltisme et autres balivernes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7369&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7369&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT va militer d'embl&#233;e contre le mouvement des Gilets jaunes qu'il pr&#233;tendra inf&#233;od&#233;s &#224; l'extr&#234;me droite, antis&#233;mites, de petits patrons, antisyndical et on en passe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.parismatch.com/Actu/Politique/Gilets-jaunes-Pour-Martinez-il-est-impossible-d-imaginer-la-CGT-defiler-a-cote-du-Front-national-1588335&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.parismatch.com/Actu/Politique/Gilets-jaunes-Pour-Martinez-il-est-impossible-d-imaginer-la-CGT-defiler-a-cote-du-Front-national-1588335&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autres syndicats ne feront pas mieux&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.franceinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/gilets-jaunes-le-nouveau-patron-de-fo-n-appelle-pas-a-manifester-samedi-a-paris-mais-demande-des-augmentations-des-salaires_3048145.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.franceinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/gilets-jaunes-le-nouveau-patron-de-fo-n-appelle-pas-a-manifester-samedi-a-paris-mais-demande-des-augmentations-des-salaires_3048145.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lefigaro.fr/flash-eco/2018/11/26/97002-20181126FILWWW00042-gilets-jaunes-la-cfdt-on-va-faire-des-propositions-concretes.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lefigaro.fr/flash-eco/2018/11/26/97002-20181126FILWWW00042-gilets-jaunes-la-cfdt-on-va-faire-des-propositions-concretes.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui distingue la lutte des gilets jaunes de tous les mouvements r&#233;formistes, par exemple le dernier mouvement syndical contre la r&#233;forme des retraites, c'est que c'&#233;tait un mouvement r&#233;volutionnaire et pas un mouvement r&#233;formiste. C'est ce qui a pouss&#233; le gouvernement de Macron pourtant le plus offensif contre les exploit&#233;s de ces derni&#232;res ann&#233;es, &#224; reculer sur bien des points, craignant que l'ensemble de la classe ouvri&#232;re soit entra&#238;n&#233;e par lui vers la r&#233;volution sociale&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les gilets jaunes sont le premier mouvement depuis de longues ann&#233;es qui ait affirm&#233; en France la n&#233;cessit&#233; d'en finir non seulement avec telle ou telle politique du capital et de son gouvernement mais avec le pouvoir capitaliste lui-m&#234;me, avec la mainmise capitaliste sur toutes les richesses, avec la mainmise &#233;galement du capital sur le pouvoir d'Etat, un mouvement qui ait refus&#233; r&#233;ellement tout dialogue avec le pouvoir capitaliste, toute n&#233;gociation avec lui, toute tentative d'arrangement, de compromis, d'entente, exactement &#224; l'inverse des r&#233;formistes qui ne r&#233;clament que cela !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, redisons-le une fois encore, ce qui permet aux appareils r&#233;formistes de mener leurs man&#339;uvres grandes et petites, c'est qu'elles peuvent s'adresser &#224; la population travailleuse ou au moins &#224; une majorit&#233; de celle-ci et lui dire : &#171; Vous aussi, vous ne voulez pas autre chose qu'une bonne r&#233;forme et vous ne souhaitez pas tout r&#233;volutionner &#187;. Et pour le moment cela reste vrai. C'est seulement dans le mouvement des gilets jaunes que l'on n'avait pas trouv&#233; une majorit&#233; pour c&#233;der &#224; ce type de discours&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte a &#233;t&#233; si profonde et radicale, le foss&#233; si large entre riches et pauvres, entre les capitalistes et les plus d&#233;munis, les provocations du pouvoir si insupportables que les gilets jaunes se sont le plus souvent proclam&#233;s ouvertement r&#233;volutionnaires, r&#233;solus &#224; refuser les compromis et les fausses n&#233;gociations, et &#224; d&#233;clarer qu'ils ne voulaient rien r&#233;former mais tout changer radicalement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, ils sont nombreux ceux qui n'ont pas confiance dans les appareils r&#233;formistes, nombreux y compris au sein de ces organisations, m&#234;me parmi les militants de celles-ci, &#224; dire qu'elles ne sont pas assez radicales, qu'elles font trop de cadeaux &#224; nos ennemis, qu'elles ne proposent pas des strat&#233;gies de lutte suffisantes pour am&#233;liorer le rapport de forces. Mais ces critiques, y compris celles de la gauche de la gauche ou de l'extr&#234;me gauche opportuniste, ne touchent nullement au fond de la question, celle du r&#233;formisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cela n'a rien &#224; voir avec une particularit&#233; fran&#231;aise. Partout dans le monde, le r&#233;formisme n'est plus capable que de soutenir ou d'aider des contre-r&#233;formes qui d&#233;truisent les services publiques, les aides sociales, la sant&#233;, l'&#233;ducation, le niveau de vie des travailleurs, des ch&#244;meurs, des mis&#233;rables. Au plan social et politique, ces r&#233;formistes ne font que sauver les gouvernants, les capitalistes et de d&#233;fendre le syst&#232;me capitaliste lui-m&#234;me. Ainsi, ils ne font que donner cr&#233;dit aux d&#233;magogies des extr&#234;mes droites fascistes qui peuvent se cr&#233;diter de d&#233;noncer plus radicalement le syst&#232;me !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;formistes essaient de se recr&#233;diter &#224; partir des attaques antisociales et ils font de m&#234;me avec la menace que repr&#233;sentent les fascistes, mais, en fait, ils ne servent &#224; rien pour combattre ces deux menaces. Au contraire, ils emp&#234;chent toute riposte, emp&#234;chent les travailleurs et les d&#233;munis de s'organiser pour riposter, et ils permettent &#224; nos ennemis de faire croire &#224; leur force et de faire croire que les exploit&#233;s, eux, ne disposent ni de forces ni de perspectives&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La base m&#234;me des th&#232;ses r&#233;formistes, c'est justement que l'&#171; on ne peut pas changer le syst&#232;me, il faut seulement l'adapter &#187;. Les m&#234;mes affirment ne pas vouloir s'en prendre aux capitalistes mais seulement amoindrir le foss&#233; social. Ils affirment ne pas combattre pour supprimer la possession priv&#233;e du grand capital mais permettre au plus grand nombre d'acc&#233;der au droit de r&#233;ussir, au droit d'entreprendre, au droit de s'enrichir. La r&#233;alit&#233; montre qu'ils mentent : partout dans le monde, on ne permet au plus grand nombre que de devenir plus pauvres, plus pr&#233;caires, plus d&#233;munis, plus menac&#233;s, plus attaqu&#233;s, plus &#233;touff&#233;s. Y compris quand ces pr&#233;tendus r&#233;formistes gouvernent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terme m&#234;me de r&#233;formistes est mensonger car ces pr&#233;tendues &#171; gauches &#187; ou &#171; centres gauches &#187; ou &#171; gauches de la gauche &#187;, une fois au gouvernement, s'attaquent autant aux exploit&#233;s que les pr&#233;tendues droites et m&#234;me s'unissent parfois &#224; elles ou aux extr&#234;mes droites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En p&#233;riode de crise r&#233;volutionnaire du monde capitaliste, toutes les colorations politiques de la grande bourgeoisie convergent vers l'attaque violente contre les exploit&#233;s, vers la r&#233;pression violente des actions de ces derniers, vers l'&#233;crasement violent des opprim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les r&#233;formistes, ou pr&#233;tendus tels, ne r&#233;forment rien du tout. Parce que le pouvoir capitaliste, depuis sa crise r&#233;volutionnaire, n'est plus, depuis 2007-2008, capable d'autre chose que de casser les droits, les revenus, la vie de tous les exploit&#233;s. Malgr&#233; la profondeur ce cette crise &#233;conomique, le capitalisme n'a rien pu r&#233;former du tout et il en est incapable parce que ce qui est cause de son effondrement c'est justement le droit des propri&#233;taires priv&#233;s &#224; miser sur ce qui est le plus profitable, y compris quand c'est de miser sur l'effondrement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5778&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5778&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2019 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve des Urgences des h&#244;pitaux a d&#233;marr&#233; sans les syndicats par une organisation des personnels par eux-m&#234;mes &#224; l'h&#244;pital Saint-Antoine, l'Inter-Urgences, qui a r&#233;ussi &#224; g&#233;n&#233;raliser la gr&#232;ve &#224; tous le pays !!! Syndicalistes et gauches jusqu'&#224; l'extr&#234;me gauche essaient d'effacer cette ind&#233;pendance par rapport aux appareils syndicaux en faisant comme si ces gr&#232;ves auto-organis&#233;es sont l&#224; pour pr&#233;parer la &#034;journ&#233;e&#034; de gr&#232;ve syndicale du 5 d&#233;cembre, pas du tout auto-organis&#233;e, ce qui n'est absolument pas le cas...&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mouvement national des urgences en lutte et de nombreux h&#244;pitaux est promen&#233; par les syndicats et affaibli par eux puis arr&#234;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5524&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5524&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5360&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5360&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5479&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5479&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6335&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6335&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 5 d&#233;cembre 2019, les directions syndicales font seulement semblant de prendre la t&#234;te d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale reconductible et interprofessionnelle&#8230; Mais c'est faux, bien entendu !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains croient que la CGT appelle toutes les cat&#233;gories &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale reconductible&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la r&#233;alit&#233; est tout autre. Voici ce qu'elle &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le 14 novembre pour la d&#233;fense de l'H&#244;pital public et des Finances Publiques&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 17 novembre contre l'ouverture des magasins le dimanche sans caissi&#232;re et en soir&#233;e jusqu'&#224; minuit (non r&#233;mun&#233;r&#233; comme des heures de nuit de 21h &#224; 24h)&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 20 Novembre Mobilisation des Accompagnants d'El&#232;ves en Situation d'Handicap (AESH, AVS)&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 23 novembre contre les violences faites aux femmes&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 5 d&#233;cembre pour nos salaires et nos emplois, contre le projet de r&#233;forme des retraites Delevoye/Macron&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 7 d&#233;cembre contre la r&#233;forme de l'assurance ch&#244;mage&lt;br class='autobr' /&gt;
Et apr&#232;s nous d&#233;ciderons ensemble des suites &#224; donner &#224; nos luttes : gr&#232;ves, manifestations, rassemblements&#8230;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, les appareils syndicaux veulent seulement diriger le mouvement pour le limiter, pour le contr&#244;ler, pour &#233;viter que la classe ouvri&#232;re ne s'auto-organise et pour ensuite la trahir en la vendant au pouvoir et au grand capital&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut m&#234;me dire que, d&#232;s maintenant, en n&#233;gociant par petits bouts, par secteur, avec Macron, ils vendent et trahissent d&#233;j&#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 5 d&#233;cembre qui, d'ailleurs, si elle se g&#233;n&#233;ralise petit &#224; petit, secteur par secteur, n'est nullement appel&#233;e comme une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale interprofessionnelle reconductible de tous les travailleurs et ch&#244;meurs, du moins par les appareils syndicaux de toutes sortes. En effet, secteur par secteur, ce n'est que les travailleurs que les syndicats organisent pour pr&#233;parer la journ&#233;e du 5 d&#233;cembre et les suivantes, non, c'est les n&#233;gociations avec le pouvoir qu'elles mettent en place ! Et on le voit dans tous les secteurs, dans toutes les cat&#233;gories, pour tous les syndicats. Tous sont re&#231;us. Tous n&#233;gocient dans le dos des travailleurs. Tous trahissent d&#232;s maintenant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment comprendre autrement que ces appareils bureaucratiques, qui se sont toujours dits hostiles &#224; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e de tous les travailleurs, se pr&#233;tendent aujourd'hui &#224; son initiative ? En fait, tous les signaux sociaux en France se mettent de plus en plus au rouge et les appareils syndicaux ne veulent pas que chez les cheminots, chez les hospitaliers, chez les pompiers, chez les enseignants, chez les ouvriers de l'Automobile, dans l'Energie, &#224; la RATP, chez les employ&#233;s de banque, les travailleurs se lancent dans une &#171; gr&#232;ve sauvage &#187; comme viennent de la faire les urgentistes, et deux fois de suite les cheminots ! Rien n'inqui&#232;te autant, &#224; la fois les dirigeants syndicaux et les dirigeants gouvernementaux, que le fait que les travailleurs s'auto-organisent, d&#233;cident eux-m&#234;mes du moment de leur action, de ses buts, des moyens engag&#233;s, de leur mode d'action et d'organisation !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 5 d&#233;cembre, le mot d'ordre qui est souvent rappel&#233; est celui de la &#171; gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e &#187; mais ce qu'en disent les appareils bureaucratiques des syndicats n'a rien de rassurant sur sa signification pour eux &#233;tant donn&#233; que le caract&#232;re &#171; illimit&#233; &#187; ne signifient pas qu'ils appellent &#224; faire gr&#232;ve apr&#232;s le 5 et m&#234;me pas le 6 d&#233;cembre et que le caract&#232;re &#171; g&#233;n&#233;ral &#187; de l'appel &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ne signifie pas non plus qu'ils appellent vraiment tous les secteurs de la classe ouvri&#232;re &#224; agir ensemble !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, une v&#233;ritable action de masse des travailleurs ne peut avoir lieu que si, &#224; la base, les travailleurs s'organisent par eux-m&#234;mes en comit&#233;s, en collectifs, en conseils, en assembl&#233;es, et se coordonnent localement, r&#233;gionalement et nationalement comme sont en train de le faire les gilets jaunes, comme l'ont fait aussi les urgences des h&#244;pitaux publics dans les collectifs de l'InterUrgences et m&#234;me dans tout l'h&#244;pital public dans les collectifs de l'InterH&#244;pitaux et comme l'ont fait les cheminots du technicentre de Ch&#226;tillon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, les m&#233;dias ont parl&#233; de &#171; convergence &#187; entre syndicats et gilets jaunes auto-organis&#233;s, mais ce n'est pas au point que les syndicats reconnaissent le droit aux salari&#233;s de d&#233;cider eux-m&#234;mes, pas plus le 5 d&#233;cembre que pour d'autres actions, des revendications, des modes d'action, des n&#233;gociations, des objectifs, de la strat&#233;gie. Ce que les gilets jaunes, les urgences ou les cheminots du technicentre de Ch&#226;tillon, c'est-&#224;-dire l'auto-organisation de la lutte, ont impos&#233; n'est toujours pas admis dans les entreprises. Et c'est pourtant ce qui permettrait non seulement d'assurer le contr&#244;le par les travailleurs de leur propre lutte, d'&#234;tre s&#251;r de ne reprendre le travail notamment que quand on l'a d&#233;cid&#233; et aux conditions que l'on a voulues, mais aussi de pouvoir se faire craindre des classes poss&#233;dantes et des gouvernants. Il est &#233;vident aujourd'hui que ceux-ci ne craignent nullement les appareils syndicaux car ils les tiennent aux bourses !!! C'est en effet l'Etat et les grands trusts qui financent les syndicats&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gilets jaunes veulent converger avec les salari&#233;s, pas &#234;tre r&#233;cup&#233;r&#233;s par les syndicats !!!! Des participants syndicalistes mais pas de banderoles ni d'encadrement syndical...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6313&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6313&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1031&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1031&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1036&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1036&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mouvement des retraites&#8230; Les syndicats sont unis pour battre en retraite ensemble apr&#232;s avoir lantern&#233; ensemble&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse syndicale &#224; de nouvelles attaques d'ampleur sur les retraites aurait d&#251; &#234;tre un mouvement g&#233;n&#233;ral des salari&#233;s, une v&#233;ritable explosion de r&#233;volte, relan&#231;ant le mouvement des gilets jaunes. Ne comptez pas sur les appareils r&#233;formistes pour cela !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vendredi de la semaine derni&#232;re, les syndicats appelaient &#224; une journ&#233;e de gr&#232;ve de la RATP. Elle &#233;tait tr&#232;s suivie, mais &#224; quoi sert une seule journ&#233;e de gr&#232;ve d'une seule corporation m&#234;me si elle est tr&#232;s suivie ? Sinon &#224; faire en sorte que la col&#232;re ouvri&#232;re ne m&#232;ne &#224; rien !!! Les agents du m&#233;tro &#233;taient suivis par bien d'autres professions du public et du priv&#233;. Comment ne pas unir tous les salari&#233;s contre la r&#233;forme des retraites ? Les syndicats ont la r&#233;ponse : la RATP c'est juste un jour le 13 septembre. Puis c'est EDF le 19 septembre. Seulement un jour. Puis c'est FO tout seule le 21 septembre. Puis c'est la SNCF le 24 septembre. Une seule journ&#233;e d'inaction et d &#171; inefficacit&#233;,. etc. etc... Devant une telle strat&#233;gie de la division, le patronat et le gouvernement ne tremblent pas !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps que les Urgences se battent, seules, que l'h&#244;pital public se d&#233;fend seul, la psychiatrie seule, les EPHAD seules, les salari&#233;s d'EDF contre le d&#233;mant&#232;lement seuls, les a&#233;roports seuls contre la privatisation, les attaquent, elles, sont g&#233;n&#233;rales, mettent en cause les retraites de tous, les emplois de tous, les services publics de tous !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, ce n'est pas demain que les appareils syndicaux lanceront la lutte des classes !!! Il faudra le faire nous-m&#234;mes comme les Gilets jaunes !!! Les appareils syndicaux ne se contentent pas d'appeler &#224; des journ&#233;es d'inaction alors que celles-ci ont d&#233;montr&#233; que les classes dirigeantes ne les craignent pas. Ils ne se contentent pas de diviser les luttes et m&#234;me de les saucissonner. Ils font plus : ils combattent de mani&#232;re active et militante contre&#8230; l'auto-organisation des travailleurs ! Les assembl&#233;es interprofessionnelles (qu'ils avaient accept&#233;es contraints et forc&#233;s en 1995) ou toute autre forme de coordination inter-entreprises et inter-secteurs (comme celle des Urgences), ils sont virulemment contre. Les comit&#233;s de gr&#232;ve, les conseils de travailleurs ou toute forme de d&#233;cision ne passant pas par les syndicats, ils affirment qu'elles seront manipul&#233;es par les patrons et le gouvernement, ou par l'extr&#234;me droite ou par l'extr&#234;me gauche. En tout cas, ils restent persuad&#233;s, ces appareils bureaucratiques, d'&#234;tre la seule existence possible d'une organisation des travailleurs. Mais il y a belle lurette qu'ils ne le sont plus. Leurs dirigeants passent leur vie dans des r&#233;unions d'organismes d'Etat, avec les patrons et les gouvernants et ne parlent jamais aux travailleurs du rang. Cela ne les emp&#234;che pas de d&#233;cider, &#224; la place des travailleurs, ce qui est n&#233;gociable et ce qui ne l'est pas. C'est cela, entre autres, que le mouvement des gilets jaunes a contest&#233; en s'organisant par lui-m&#234;me en comit&#233;s de ronds-points, en assembl&#233;e de discussions et de d&#233;cisions. Que les travailleurs en lutte ou en r&#233;volte d&#233;cident d'&#233;lire eux-m&#234;mes des d&#233;l&#233;gu&#233;s ou des repr&#233;sentants dans le feu de l'action, contr&#244;lables et r&#233;vocables, ils sont ouvertement contre. Que les travailleurs eux-m&#234;mes puissent d&#233;cider ce qui est n&#233;gociable et ce qui ne l'est pas, comme avaient tent&#233; de l'imposer les personnels de l'h&#244;pital public en lutte, ils se dressent contre et on les a vus n&#233;gocier avec Hirsch alors que les personnels manifestaient que &#171; ce n'est pas n&#233;gociable &#187; !!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les attaques contre les salari&#233;s d&#233;passent largement le secteur public, l'unit&#233; public/priv&#233; n'est pas r&#233;alis&#233;e par les appareils syndicaux. Les travailleurs de toute l'Automobile se menac&#233;s en cette rentr&#233;e : Renault, Nissan, PSA ou Ford et bien d'autres s'appr&#234;tent &#224; attaquer mais aucun plan d'ensemble n'est propos&#233; pour lutter alors que des travailleurs am&#233;ricains de l'Automobile ont commenc&#233; la lutte, y compris en s'organisant de mani&#232;re ind&#233;pendante des appareils syndicaux bureaucratiques et corrompus des USA. Les enseignants am&#233;ricains en font de m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle attaque contre les retraites n'a pas amen&#233; ces appareils r&#233;formistes &#224; proposer une lutte g&#233;n&#233;rale ni une forme nouvelle d'organisation des travailleurs par eux-m&#234;mes. Si le gouvernement y va prudemment sur la question des retraites, c'est parce qu'il craint non pas les r&#233;actions des directions syndicales mais celles des travailleurs eux-m&#234;mes : les gilets jaunes n'ont pas d&#233;sarm&#233; et il suffit de peu de chose pour que toutes les col&#232;res fusionnent en une large r&#233;volte, avec aussi la perspective de hausse des carburants, avec la crise financi&#232;re et bancaire &#233;galement mena&#231;ante pour tous les travailleurs et les milieux populaires. C'est bel et bien une r&#233;volte du type des gilets jaunes que les gouvernants craignent sur la question des retraites, de l'h&#244;pital public, de l'Automobile, d'EDF, des A&#233;roports et on en passe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matierevolution.fr/spip.php?article5522&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://matierevolution.fr/spip.php?article5522&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2021/01/14/cgtp-j14.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2021/01/14/cgtp-j14.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1036&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1036&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On en est &#224; la cinqui&#232;me journ&#233;e d'action de l'intersyndicale des retraites mais on ne les compte plus tant le gouvernement s'en moque ! On ne compte plus les promenades dans les rues non plus tant les classes poss&#233;dantes s'en moquent. Et &#231;a se voit !! Et &#224; chaque fois que le gouvernement sonne ses &#171; partenaires sociaux &#187;, ils r&#233;pondent pr&#233;sent, ils accourent comme des toutous !!! Une fois de plus, les strat&#232;ges syndicaux ont endormi la lutte des classes qui mena&#231;ait de donner une suite massive &#224; l'explosion sociale des gilets jaunes. Des promenades avec musique et merguez ! Pas de prises de parole de r&#233;volte, pas d'organisation de la lutte par les participants, pas de relations dynamiques avec les entreprises, pas d'assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales interprofessionnelles, aucun d&#233;bordement mettant en cause l'organisation de la soci&#233;t&#233; civile bourgeoise ! En somme, quelques journ&#233;es syndicales ont pr&#233;tendu effacer des mois et des mois de soul&#232;vement des gilets jaunes en France !&lt;br class='autobr' /&gt;
La CGT fait une fois de plus semblant que la lutte des raffineries peut suffire &#224; faire reculer le gouvernement et c'est TOTALEMENT faux !&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la lutte des retraites, les raffineries ne peuvent remplacer le secteur priv&#233; dont l'industrie !&lt;br class='autobr' /&gt;
M&#234;me les ports n'ont pas suivi parce que la strat&#233;gie des syndicats les maintenait &#224; l'&#233;cart !!!&lt;br class='autobr' /&gt;
Les syndicats n'ont rien fait pour entra&#238;ner dans le mouvement les ch&#244;meurs, les femmes, les jeunes, les paysans, etc, etc&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils ont tout fait pour &#233;viter de menacer le pouvoir d'un soul&#232;vement social !!!&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est donc un mouvement exactement inverse de celui des gilets jaunes&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le gouvernement, conduit par ces appareils syndicaux &#224; penser que les travailleurs ne vont pas d&#233;border, se cramponne sur ses positions et se contente d'annoncer que la SNCF et la RATP roulent de mieux en mieux ! Alors que les syndicats nous annon&#231;aient avoir adopt&#233; non une gr&#232;ve des transports mais une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale interprofessionnelle illimit&#233;e et reconductible par les AG, ils n'ont jamais m&#234;me fait r&#233;ellement semblant de la lancer !!! Seuls ceux qui voulaient croire aux syndicats pouvaient se l'imaginer : on savait bien avant que &#231;a commence qu'il n'en serait rien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui, la lutte des retraites pouvait donner un nouveau souffle au mouvement des gilets jaunes. Non, les appareils syndicaux, eux, ne pouvaient au contraire que l'&#233;touffer et c'est ce qu'ils font.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5678&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5678&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Covid-19 et les syndicats&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les patrons veulent co&#251;te que co&#251;te maintenir leur production et les syndicats ne veulent pas les en emp&#234;cher !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1061&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1061&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que les syndicats ne mettront pas en avant pas plus que les autres institutions de la bourgeoisie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8455&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8455&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que les syndicats ne diront jamais sur covid, pas plus que les partis politiques&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6896&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6896&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2019, les syndicats orchestrent une fausse convergence avec les Gilets jaunes apr&#232;s en avoir dit pis que pendre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but du mouvement, les gilets jaunes n'ont jamais &#233;t&#233; hostiles aux syndicalistes qui, en tant qu'individus, participent sans probl&#232;me &#224; la lutte des gilets jaunes. Ce dont ils ne veulent pas ce sont les m&#233;thodes des directions syndicales et leur fausse d&#233;mocratie. Ce qui caract&#233;rise les gilets jaunes, ils n'ont cess&#233; de l'affirmer : &#171; On ne veut pas imiter le mode d'organisation de la soci&#233;t&#233;, de l'Etat, des partis et des syndicats &#187;. On veut mettre en place une d&#233;mocratie d'un genre nouveau, le pouvoir r&#233;el des participants sur leur propre lutte, la recherche collective de perspectives sans &#234;tre enferm&#233;s par des logiques d'organisation et surtout pas par la logique des classes dominantes ! C'est la fameuse d&#233;mocratie des ronds-points et des assembl&#233;es !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, la liaison avec les entreprises est une n&#233;cessit&#233; et un &#233;l&#233;ment important dans les perspectives du mouvement mais ce n'est pas des syndicats qu'il d&#233;pend. Mais il y a aussi la n&#233;cessit&#233; de la liaison avec les banlieues, de la liaison avec les ch&#244;meurs, avec les pr&#233;caires, avec tous ceux qui sont opprim&#233;s et exploit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains parlent de &#171; la convergence des gilets jaunes avec la CGT &#187;, qu'il s'agisse de M&#233;lenchon, des Insoumis, d'une certaine extr&#234;me gauche type NPA ou LO, ou de certains dirigeants de la CGT. En fait, la CGT, dans sa direction nationale, ne converge qu'avec ses propres m&#233;thodes et appelle &#224; nouveau &#224; d'inutiles journ&#233;es d'action, cette fois le 5 f&#233;vrier, la derni&#232;re fois le 14 d&#233;cembre. M&#233;thode &#233;cul&#233;e, les journ&#233;es d'inaction ont men&#233; dans le mur tous les mouvements depuis des ann&#233;es, de la lutte pour les retraites &#224; celle des cheminots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour qu'il y ait une vraie convergence, il faudrait que les le&#231;ons de ces &#233;checs cuisants, malgr&#233; des participations massives des travailleurs, soient tir&#233;es. Le succ&#232;s des gilets jaunes n'a pas davantage servi de le&#231;on aux directions syndicales. Ce n'est pas une question d'id&#233;e mais de type d'organisation. Les syndicats sont int&#233;gr&#233;s en fait &#224; l'appareil d'Etat et leur fonctionnement est largement d&#233;termin&#233; par celui-ci, &#224; commencer par le financement. Une lutte s'en prenant directement au pouvoir d'Etat n'est pas dans leurs capacit&#233;s. L'action directe n'est plus leur conception. La lutte intercat&#233;gorielle a depuis longtemps &#233;t&#233; abandonn&#233;e par ces appareils. L'auto-organisation leur apparait sans cesse comme une remise en cause de leur r&#244;le. Ils ne s'estiment pas comme une force de proposition aux luttes des salari&#233;s mais comme une direction de la lutte, incontestable, non &#233;lue, non r&#233;vocable. Il n'y a aucune convergence possible sur de telles bases !!! Sinon, ce serait un reniement des bases m&#234;mes du mouvement des gilets jaunes, celles qui ont fait trembler les classes poss&#233;dantes depuis plus de deux mois&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5246&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5246&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gauches politiques et syndicales pr&#233;tendent renforcer le mouvement des Gilets jaunes mais ne font que l'affaiblir, lui enlever sa signification profonde&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le mouvement a pris, &#224; ses d&#233;buts, un cours inattendu, massif et explosif, de type r&#233;volutionnaire, qui a fait peur aux classes poss&#233;dantes et oblig&#233; le gouvernement &#224; de premiers reculs, ce n'est nullement gr&#226;ce &#224; de quelconques strat&#233;gies de leaders autoproclam&#233;s mais parce que la r&#233;volte prenait largement dans la population la plus d&#233;munie de ce pays et que ces derniers n'avaient pas du tout pu, ces derni&#232;res ann&#233;es, exprimer cette r&#233;volte qui d&#233;bordait ainsi. Le caract&#232;re r&#233;volutionnaire de cette lutte tient &#233;galement au fait que les Gilets Jaunes ont refus&#233; le cadre faussement d&#233;mocratique de la r&#233;publique des milliardaires en ne d&#233;clarant pas leurs manifestations, actions et en n'ayant pas peur de la police des grandes fortunes, un des derniers remparts aujourd'hui de la dictature ouverte des capitalistes et des trusts et multinationales. Cette lutte a mis en avant &#224; la fois des revendications &#233;conomiques devant mettre fin aux in&#233;galit&#233;s sociales, &#224; la mis&#232;re et des revendications politiques sur la d&#233;mocratie et le pouvoir du peuple qui pourraient &#234;tre r&#233;sum&#233;es &#224; ces deux mots d'ordre : &#171; Nous, n'avons rien, Nous voulons tout ! &#187;, &#171; Nous ne d&#233;cidons de rien, nous voulons d&#233;cider de tout ! Tout le pouvoir au peuple travailleur ! &#187;. Dans ces fondements, on le voit, ce mouvement d'une des parties les plus pr&#233;caires du peuple travailleur ne cherchait nullement &#224; d&#233;battre avec l'&#201;tat des grandes fortunes, ou &#224; attendre quelque chose de lui, contrairement aux organisations syndicales qui pratiquent la collaboration avec l'ennemi, et il repr&#233;sentait, d&#232;s lors, un r&#233;el danger pour les grandes fortunes s'il avait entrain&#233; les salari&#233;s des grandes entreprises et le reste des milieux populaires dans son sillage. Mais tel n'a pas &#233;t&#233; le cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est justement lorsqu'ils ont laiss&#233; croire &#224; la &#171; convergence syndicats-gilets jaunes &#187; que le cr&#233;dit des Gilets jaunes est tomb&#233; et les craintes des classes poss&#233;dantes aussi ! En effet, personne ne craint les syndicats. Du moment qu'ils peuvent encadrer les luttes sociales, celles-ci en restent &#224; une fausse contestation sans risque, &#224; des journ&#233;es d'action, &#224; des fausses propositions, &#224; une caution des gouvernants. Et nous le constatons aujourd'hui. Alors que le gouvernement se met en ordre de marche pour imposer une s&#233;rie d'attaque sans pr&#233;c&#233;dent, les directions syndicales continuent de se r&#233;unir, de se concerter avec les fossoyeurs de nos droits et &#233;parpillent les luttes, les gr&#232;ves, les journ&#233;es d'action &#233;vitant tout lien r&#233;el entre les salari&#233;s et le reste de la population dans des assembl&#233;es de lutte dans les entreprises, dans les quartiers, les villes, les villages au travers desquelles le peuple pourrait contr&#244;ler et diriger lui-m&#234;me ses luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'unit&#233; du peuple travailleur n'est pas l'unit&#233; des organisations de la gauche politique ou syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fameuse convergence des appareils syndicaux avec les Gilets Jaunes n'est une convergence de convenance. Ils ne reconnaissent toujours pas ce qui a fait la force du mouvement de lutte &#224; savoir son auto-organisation, son refus des autorit&#233;s, son refus de demander des autorisations de manifester ou de s'assembler. Jamais ils n'ont &#233;t&#233; influenc&#233;s par ses aspirations politiques et sociales m&#234;l&#233;es, par le fait de lier revendications sociales, d&#233;mocratiques et politiques. De la convergence, il n'est donc rest&#233; que le fait que les syndicats pr&#233;tendaient d'un c&#244;t&#233; continuer &#224; calomnier la lutte et de l'autre faire semblant qu'ils y &#233;taient associ&#233;s, du moins lors de leurs sempiternelles &#171; journ&#233;es d'action syndicales &#187; !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5508&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5508&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous, agents gr&#233;vistes du mat&#233;riel au Technicentre de Ch&#226;tillon, sur le r&#233;seau TGV Atlantique, avons cess&#233; le travail massivement depuis lundi 21 octobre au soir, sans se concerter ou &#234;tre encadr&#233;s par les syndicats. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cho &#233;norme d'une gr&#232;ve locale &#224; dur&#233;e illimit&#233;e, d&#233;cid&#233;e par les travailleurs eux-m&#234;mes sans les syndicats, vient de montrer que l'action directe a un tout autre poids que les journ&#233;es syndicales mobilisant un nombre &#233;norme de travailleurs sans faire aucun effet ou les gr&#232;ves programm&#233;es par les centrales &#224; dates pr&#233;par&#233;es &#224; l'avance, comme celle contre la privatisation du rail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux fois de suite, les cheminots SNCF viennent de nous montrer l'exemple de la &#171; gr&#232;ve sauvage &#187;. La premi&#232;re fois, conducteurs et contr&#244;leurs SNCF exer&#231;ant leur &#171; droit de retrait &#187; par une &#171; gr&#232;ve surprise &#187;, ill&#233;gale dit la direction, car sans d&#233;poser l&#233;galement de demande de gr&#232;ve avec pr&#233;avis par les syndicats apr&#232;s n&#233;gociation, &#224; la suite d'un accident apr&#232;s la collision mercredi soir entre un TER reliant Charleville-M&#233;zi&#232;res &#224; Reims et un convoi routier exceptionnel coinc&#233; sur un passage &#224; niveau (accident qui a fait 11 bless&#233;s, dont le conducteur - seul agent SNCF &#224; bord du train) et o&#249; les cheminots estiment que la pr&#233;sence d'un seul cheminot par train a &#233;t&#233; une cause de risque et donc que le risque est maintenu du fait des conditions de fonctionnement qui restent impos&#233;es par la direction. La deuxi&#232;me fois, ce sont les agents du Technicentre SNCF de Ch&#226;tillon qui viennent de faire une gr&#232;ve reconductible sans direction syndicale, sans pr&#233;avis, sans n&#233;gociation, en prenant les d&#233;cisions seuls. La direction a voulu passer en force dans ce technicentre en imposant une modification des conditions de travail avec notamment des suppressions de cong&#233;s alors que les conditions de travail sont tr&#232;s dures (cadences soutenues, pression des d&#233;lais, les TGV contr&#244;l&#233;s devant repartir tr&#232;s vite et le temps de contr&#244;ler est plus que court) et les salaires tr&#232;s bas. A l'origine de ce mouvement spontan&#233;, la volont&#233; de la direction de Ch&#226;tillon de mettre fin &#224; un accord local, vieux de plusieurs ann&#233;es, qui offrait aux cheminots douze jours de repos suppl&#233;mentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5568&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5568&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'une vague mondiale de r&#233;volte et r&#233;volutions parcourt le monde, la France incluse, les syndicats de France ne se sentent nullement concern&#233;s. Ils ne font de projets sur rien de tout cela. Ce n'est pas leurs oignons. Ils ne sont solidaires de rien. Ils ne se voient de responsabilit&#233; dans rien, ils n'ont en rien &#224; leur donner des perspectives, alors que &#171; leur &#187; imp&#233;rialisme fran&#231;ais, lui, se consid&#232;re comme responsable de la r&#233;pression de ces luttes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7640&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7640&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5569&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5569&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8166&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8166&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8381&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8381&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2020 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2021 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au lieu d'y voir une atteinte inacceptable &#224; la libert&#233; et &#224; la sant&#233;, les syndicats n'ont pas boug&#233; le petit doigt lorsque ces attaques ont commenc&#233; &#224; se profiler et ont attendu qu'elles soient pleinement d&#233;velopp&#233;es et que des r&#233;actions spontan&#233;es et auto-organis&#233;es menacent pour avoir une petit d&#233;but de r&#233;action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces m&#234;mes syndicats ont refus&#233; de participer aux manifestations contre la politique sanitaire, affirmant, comme Macron, que les manifestants &#233;taient manipul&#233;s par l'extr&#234;me droite !! Comme pour d&#233;nigrer les manifestations des gilets jaunes, il leur suffisait de trouver un militant d'extr&#234;me droite qui se joignait &#224; une manifestation nullement organis&#233;e par des fascistes pour l'affirmer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, des syndicats (pas les conf&#233;d&#233;rations qui elles, de fait, soutiennent Macron) appellent &#224; la gr&#232;ve mais ils se gardent d'appeler d'abord &#224; des assembl&#233;es du personnel qui d&#233;ciderait ainsi lui-m&#234;me des modes d'action, des buts, des revendications, des modes d'organisation et de la liaison avec d'autres secteurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, le pouvoir de Macron serait aujourd'hui extr&#234;mement faible si les appareils bureaucratiques des syndicats ne le soutenaient pas de toutes leurs forces. Cette situation emp&#234;che le d&#233;veloppement des gr&#232;ves ou le limite. Car bien des gr&#232;ves ont lieu contre l'obligation vaccinale, actuellement dans les h&#244;pitaux. Et, si la vaccination obligatoire se g&#233;n&#233;ralisait, cette attitude des syndicats emp&#234;cherait aussi que les gr&#232;ves se d&#233;veloppent dans les EPHAD, les biblioth&#232;ques, les transports, les &#233;coles, l'universit&#233;, les postes, ou tout autre secteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Macron est oblig&#233; de s'engager &#224; ne pas imposer le pass sanitaire dans les maternelles, &#233;coles, coll&#232;ges, lyc&#233;es et jusqu'&#224; l'universit&#233;, c'est pour &#233;viter la jonction des gr&#232;ves de tous les secteurs vers une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale contre la dictature du pouvoir ! Mais les syndicats se gardent de dire aux personnels non soignants que, si on laisse les soignants se battre seuls, le pass s'&#233;largira et la dictature avec, m&#234;me s'il est scientifiquement prouv&#233; que cela ne bloque nullement la pand&#233;mie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6345&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6345&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT pendant la pand&#233;mie covid&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2021/01/14/cgtp-j14.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2021/01/14/cgtp-j14.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la pand&#233;mie et aux politiques gouvernementales soi-disant sanitaires, on ne peut pas du tout compter sur les syndicats !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6341&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6341&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus que jamais, patronat et syndicats, CGT en t&#234;te, font, conjointement ou s&#233;par&#233;ment, la police dans la classe ouvri&#232;re...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6305&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6305&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des Antilles n'est pas soutenue par les syndicats de la m&#233;tropole coloniale...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_de_2021-2022_dans_les_Antilles_fran%C3%A7aises&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_de_2021-2022_dans_les_Antilles_fran%C3%A7aises&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6581&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6581&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6582&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6582&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2022 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats refusent d'exprimer leur solidarit&#233; active avec le peuple iranien soulev&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les appareils bureaucratiques appellent &#224; la &#171; gr&#232;ve &#187; le 29, il n'est nullement question pour eux d'exprimer notre solidarit&#233; avec l'insurrection en Iran men&#233;e par les femmes en appelant &#224; leur emboiter le pas, ici, en France contre la R&#233;publique des milliardaires et l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais ! Gr&#232;ve ouvri&#232;re g&#233;n&#233;rale de solidarit&#233; avec Mahsa ! &#171; Bas les voiles &#187;, en Iran comme en France, pour reprendre le slogan de la militante f&#233;ministe iranienne Chahdortt Djavann. A bas les violences polici&#232;res contres toutes les femmes qui prennent la t&#234;te des r&#233;voltes, de l'Iran, au Soudan, &#224; l'Inde comme aux USA (contre les noirs) ou en France (mutilation cibl&#233;e de Gilets Jaunes). Le &#171; refus d'obtemp&#233;rer &#187; est pour toutes les polices du monde la justification de leurs crimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan &#233;conomique, Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale expropriatrice du grand capital, qui, seule, peut nous assurer de quoi vivre, d'avoir une retraite, de sauver les services publics et de combattre la mont&#233;e vers guerre. Aucun de ces objectifs &#233;l&#233;mentaires n'est propos&#233; par la gauche ou l'extr&#234;me gauche. Aucune manifestation contre les guerres de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais qui pourraient &#234;tre coordonn&#233;es avec celles men&#233;e en Russie contre l'imp&#233;rialisme russe.Ce sont ces perspectives qui uniraient les luttes partielles engag&#233;es dans en France comme dans le monde entier. Et jamais une telle perspective ne sera d&#233;fendue par les r&#233;formistes (de gauche ou faussement d'extr&#234;me gauche).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6946&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6946&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve qui dure dans les raffineries et d&#233;p&#244;ts de p&#233;trole, son efficacit&#233; &#224; bloquer les stations d'essence, et les h&#233;sitations du pouvoir et des patrons de TotalEnergies et de Esso-ExxonMobil &#224; son &#233;gard, laissent croire que les syndicats sont en train de bouger, de se faire craindre, de se mobiliser, de se lancer contre nos ennemis. Pourtant, rien de plus faux. Les syndicats des raffineries de p&#233;trole, qui ne visent pas du tout &#224; changer le rapport de forces au sein de l'ensemble de la classe ouvri&#232;re, ont commenc&#233; &#224; reculer sur leurs propres revendications en admettant que les patrons refusent de n&#233;gocier sur les embauches et les investissements. Ils n'ont pas g&#233;n&#233;ralis&#233; la gr&#232;ve &#224; toutes les raffineries et tous les d&#233;p&#244;ts de p&#233;trole. Ils se sont bien gard&#233;s de la g&#233;n&#233;raliser &#224; l'ensemble du secteur de l'Energie, &#224; commencer par les centrales nucl&#233;aires. Ils ont refus&#233; d'organiser dans toutes les entreprises des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales d&#233;cisionnelles pour que les travailleurs d&#233;cident si l'affrontement sur le pouvoir d'achat de la classe ouvri&#232;re doit se g&#233;n&#233;raliser. Dans les raffineries et les d&#233;p&#244;ts en gr&#232;ve, les appareils syndicaux se sont juste un peu laiss&#233; pousser par la base, les syndicats au d&#233;part ne voulant que trois jours d'action et les salari&#233;s souhaitant la gr&#232;ve reconductible. Il &#233;tait difficile pour les syndicats de refuser car il est &#233;vident que les entreprises du secteur font des b&#233;n&#233;fices fabuleux alors que les salaires s'effritent face &#224; l'inflation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seulement trois des six raffineries fran&#231;aises sont bloqu&#233;es sans que les syndicats expliquent pourquoi&#8230; Par exemple, aucun mouvement de gr&#232;ve n'a &#233;t&#233; relay&#233; &#224; la raffinerie de Lav&#233;ra de P&#233;troineos, situ&#233;e &#224; Martigues dans les Bouches-du-Rh&#244;ne. &#192; la raffinerie Petroineos de Lavera (13), pour la CGT, le temps n'est pas non plus &#224; la gr&#232;ve, la centrale syndicale expliquant que les salari&#233;s ont d&#233;j&#224; obtenu des augmentations salariales jug&#233;es satisfaisantes. &#171; Les r&#233;sultats sont tellement bons en ce moment que c'&#233;tait bien normal &#187;, assure S&#233;bastien Varagnol de la CGT du site. Les raffineurs ont ainsi rafl&#233; une augmentation de salaire plancher de 200&#8364; ainsi qu'une hausse de 20% de la prime de d&#233;placement. &#171; Partir en gr&#232;ve (&#224; Lavera) pour les salaires des camarades de Total ne para&#238;t pas envisageable aujourd'hui malheureusement &#187;, affirme le dirigeant c&#233;g&#233;tiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin la coordination CGT Total, qui regroupe des syndicats CGT parmi les 200 filiales de Total en France (comme la SAFT, sp&#233;cialis&#233;e dans la conception de batteries &#224; usage industriel, Hutchinson connue pour ses pneus ou encore Argedis, qui g&#232;re les stations-services) et qui s'&#233;tait mise en lutte de mani&#232;re in&#233;dite en juin dernier, ne semble pas repartie pour un tour. &#171; Les salari&#233;s ne sont pas au rendez-vous &#187;, regrette &#201;ric Sellini. &#171; Il faut faire un travail de fourmi dans les syndicats, dans les f&#233;d&#233;rations et &#224; la conf&#233;d&#233;ration pour faire en sorte que &#231;a prenne. &#187; Une date de gr&#232;ve dans les entreprises du caoutchouc (Hutchinson, Michelin&#8230;) &#233;tait d'ailleurs envisag&#233;e pour le 18 octobre. Elle a finalement &#233;t&#233; remplac&#233;e par un appel de la FNIC &#224; la mobilisation aux c&#244;t&#233;s des raffineurs, sur les piquets de gr&#232;ves, le 11 octobre. &#192; la conf&#233;d&#233;ration, on r&#233;fl&#233;chirait &#224; une nouvelle date de gr&#232;ve interprofessionnelle dans la semaine du 18 octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les revendications salariales des syndicats du p&#233;trole sont modestes comme ils le soulignent eux-m&#234;mes. &#171; Le p&#233;rim&#232;tre p&#233;trole a une masse salariale de 1,5 milliard d'euros, affirme Eric Sellini, coordinateur CGT chez TotalEnergies, cit&#233; par le journal patronal Les Echos. A 10 %, ce serait un effort d'&#224; peine 150 millions d'euros pour la direction, &#224; comparer aux plus de 18 milliards de profits au premier semestre. La direction a &#233;t&#233; beaucoup plus r&#233;active pour r&#233;compenser les actionnaires. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au plan national, les centrales syndicales (celles qui appellent &#224; des journ&#233;es de gr&#232;ves, car les autres ne le font m&#234;me pas) poursuivent leur strat&#233;gie catastrophique de type n&#233;gociation/journ&#233;e d'action. La journ&#233;e d'action du 22 septembre n'a servi &#224; rien et la journ&#233;e d'action du 29 septembre non plus. Cette derni&#232;re a &#233;t&#233; sans lendemain&#8230; La premi&#232;re ne posait que le probl&#232;me de la sant&#233; et la deuxi&#232;me que celui des salaires. Aucune ne globalisait sur l'attaque antisociale d'ensemble que subit le monde du travail&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6980&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6980&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Martinez, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT est pour la &#034;vaccination&#034; de masse capitaliste des labos ! Ce qui fait que, m&#234;me s'il se pr&#233;tend contre le pass, il refuse de participer aux manifestations contre le pass et cautionne ainsi le r&#233;gime policier d'apartheid sanitaire et social du pass-vaccinal !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que l'Espagne classe COVID-19 grippe saisonni&#232;re, Martinez appuie la vaccination de masse et l'obligation vaccinale pour les travailleurs ! On rappellera &#224; Martinez que les &#034;Vaccins&#034; contre Covid ne fonctionnent pas comme des vaccins traditionnels malgr&#233; l'appellation plus que trompeuse ! Les vaccins doivent prot&#233;ger de la propagation et de la maladie et, pour le deux, ce n'est pas le cas ! Le virus continue de circuler malgr&#233; tout ! En soutenant l'obligation vaccinale et la vaccination de masse, Martinez soutient, de fait le pass vaccinale comme il soutenait, en r&#233;alit&#233; le pass sanitaire ! Voil&#224; pourquoi il soutient la suspension ou le licenciement de dizaines de milliers de travailleurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais rien d'&#233;tonnant &#224; ce que Martinez qui a fait &#233;lire Macron pour faire soi-disant barrage &#224; Le Pen, soutienne la mise en place d'un r&#233;gime policier sur le peuple et les travailleurs sous pr&#233;texte de lutte sanitaire ! Le syndicalisme bureaucratique de collaboration de classe est d&#233;j&#224; un r&#233;gime policier, au sein du monde du travail, issus du stalinisme, qui faut-il le rappeler a d&#233;cim&#233; les r&#233;volutionnaires et sabot&#233; les r&#233;volutions sociales dans le monde entier ! La direction CGT a gard&#233; de son pass&#233; contre-r&#233;volutionnaire une politique de garde chiourme pour que le prol&#233;tariat n'emprunte surtout pas le chemin de la lutte de classe, aille sur un terrain politique et renverse le capitalisme pour asseoir la souverainet&#233; du peuple travailleur en abolissant le r&#233;gime de la propri&#233;t&#233; priv&#233; des moyens de productions !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend mieux pourquoi la CGT ne d&#233;fend pas les personnels suspendus pour avoir refus&#233; l'injonction &#224; l'injection d'un produit exp&#233;rimental qui n'est en rien un vaccin ! Les collabos du capital se cachent derri&#232;re le scientisme pour soutenir le capitalisme et les labos ! On comprend encore mieux aussi pourquoi Martinez et la CGT laisse faire la r&#233;pression aux Antilles et ne veulent surtout pas emboiter le pas &#224; l'insurrection populaire qui, pour l'instant, a &#233;t&#233; la seule &#224; faire reculer le gouvernement des classes dirigeantes ! Martinez comme le reste des directions syndicales deviennent de plus en plus ouvertement contre insurrectionnel contre l'auto-organisation du peuple et des travailleurs, oppos&#233;e &#224; toutes luttes sur un terrain politique.... Les directions syndicales, habitu&#233;es &#224; la collaboration de classe et une pseudo opposition anticapitaliste, roulent pour la contre-r&#233;volution ! Toute leur politique est de lutter contre la r&#233;volution ! Et lutter contre la r&#233;volution qui monte c'est d&#233;fendre le capitalisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1177&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1177&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2023 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats sont absolument incapables de mener une lutte victorieuse sur les retraites ou sur n'importe quoi&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, c'est le mouvement des gilets jaunes qu'il faut relancer dans les entreprises, en unissant secteur public et priv&#233;, face &#224; la pr&#233;tendue r&#233;forme des retraites et pas des d&#233;fil&#233;s inoffensifs des syndicats !&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces syndicats ont n&#233;goci&#233; avec le pouvoir qui nous vole et nous tue comme si c'&#233;tait pour nous rendre service. Mais ces bureaucraties syndicales sont pay&#233;es par ce m&#234;me Etat au service des milliardaires !&lt;br class='autobr' /&gt;
Les syndicats se pr&#233;tendent pour le maintien des r&#233;gimes de retraites par r&#233;partition ? Mais alors que font alors les directions syndicales au conseil d'administration de deux fonds de pensions publics ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Et que font les syndicats dans le Conseil d'Orientation des Retraites, le COR &#224; l'origine de bien des attaques contre le r&#233;gime de retraites ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces syndicats se sont faits les soutiens du pouvoir actuel et ce n'est certainement pas sur eux qu'il faut compter pour gagner une lutte pour la d&#233;fense des retraites !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1208&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1208&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2024 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La France de Macron se d&#233;clare en pr&#233;paration de guerre. Les syndicats s'en plaignent. Ils peuvent m&#234;me faire une promenade dans les rues en faveur de la paix, contre l'exc&#232;s de d&#233;penses d'armement, la &#171; budget de guerre &#187;. Mais jamais, au grand jamais, ils ne sont contre l'arm&#233;e fran&#231;aise, ses guerres imp&#233;rialistes, ses guerres coloniales m&#234;me. Jamais ils ne sont compl&#232;tement contre l'industrie de guerre, le budget de guerre dans son principe m&#234;me, le nationalisme, la pr&#233;tention de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais &#224; &#234;tre la patrie des travailleurs. Au contraire, comme en 1914, ils sont &#224; fond pour !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2025 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les appels pour le 10 septembre incitaient au combat contre la soci&#233;t&#233; capitaliste, ceux du 18 &#233;taient l'oeuvre de ses d&#233;fenseurs, les r&#233;formistes qui veulent aider &#224; son fonctionnement. La convergence entre ces courants est impossible, elle est &#224; combattre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si des Gilets jaunes partisans du 10 septembre ont voulu croire que se voir rejoindre par les syndicats le 18 ne pouvait qu'amplifier le mouvement, au pire n'avoir aucun effet, la d&#233;monstration est faite que les appels des directions syndicales ont &#233;t&#233; nocifs. Les particpants du mouvement du 10, qu'ils soient ou pas anciens Gilets jaunes, n'ont pu que constater que les cort&#232;ges syndicaux &#233;taient tout sauf faits pour inciter &#224; la lutte, pour donner de l'&#233;lan, pour faire avancer la motivation et la conscience des enjeux, des moyens et des buts. Rien de plus plat que des cort&#232;ges organis&#233;s par l'intersyndicale. Il y a de quoi s'endormir sur place !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Syndicats et partis de gauche, quand ils ont fait mine de participer au mouvement du 10 septembre, c'est seulement pour le d&#233;mobiliser, le diviser, le d&#233;sar&#231;onner, le tromper, le freiner, changer ses buts et ses perspectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles &#233;taient les perspectives du mouvement du 10 septembre des Gilets Jaunes, contre le pouvoir des milliardaires, ses dettes, ses sacrifices antisociaux, sa dictature, son organisation sociale et politique, ses forces de r&#233;pression, ses guerres, sa fausse d&#233;mocratie...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8328&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8328&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10 septembre ! Quel objectif num&#233;ro un pour le mouvement des Gilets jaunes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8338&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8338&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 10 septembre 2025 se pr&#233;pare&#8230; et terrorise d&#233;j&#224; les gouvernants, les poss&#233;dants, les m&#233;dias et&#8230; les syndicats !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8367&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8367&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La trahison syndicale du mouvement du 10 septembre s'annonce avant le mouvement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8358&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8358&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8366&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8366&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les faux &#171; militants de la base &#187; qui noyautent le mouvement d&#233;but&#233; le 10 septembre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8427&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8427&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le 10 septembre et le contre-feu du 18, quelle perspective pour le mouvement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8391&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8391&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles le&#231;ons tirer du 10 septembre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8390&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8390&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement de la base est &#171; suspendu &#187; mais il continue de planer au-dessus des classes poss&#233;dantes dont le pouvoir est d&#233;sormais suspendu lui aussi devant une situation pr&#233;r&#233;volutionnaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8449&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8449&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat fran&#231;ais annonce son entr&#233;e en guerre et le sacrifice des enfants&#8230; Les syndicats osent &#224; peine murmurer&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8542&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8542&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8529&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8529&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8473&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8473&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici ce que ne diront jamais les appareils syndicaux contre la guerre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8249&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8249&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7636&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7636&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que les syndicats ne peuvent pas dire aux jeunes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8195&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8195&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que les syndicats ne peuvent pas dire aux femmes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6903&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6903&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les petits paysans sont &#233;trangl&#233;s et se battent&#8230; Mais sans le moindre geste de la classe ouvri&#232;re, musel&#233;e par les syndicats&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que les syndicats ne peuvent pas dire aux paysans :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8535&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8535&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que les syndicats ne peuvent pas dire aux Gilets jaunes ni faire avec eux :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7369&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7369&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2570&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2570&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7645&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7645&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4236&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4236&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve110&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve110&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1591&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1591&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7440&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7440&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1639&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1639&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/L-exemple-de-Renault-Flins-25-ans-d-histoire-syndicale-ou-l-evolution-parallele?archive=1&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/L-exemple-de-Renault-Flins-25-ans-d-histoire-syndicale-ou-l-evolution-parallele?archive=1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7465&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7465&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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