<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.matierevolution.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
	<link>https://www.matierevolution.org/</link>
	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;
Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.fr/</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.matierevolution.org/spip.php?id_rubrique=107&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
		<url>https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L144xH69/siteon0-5aeb8-d0407.jpg?1779678251</url>
		<link>https://www.matierevolution.org/</link>
		<height>69</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Les neurosciences r&#233;v&#232;lent le pouvoir de l'inconscient</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article6730</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.org/spip.php?article6730</guid>
		<dc:date>2020-03-17T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Psychanalyse</dc:subject>
		<dc:subject>Freud</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les neurosciences r&#233;v&#232;lent le pouvoir de l'inconscient &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Je pense donc je suis &#187;, disait Descartes. Loin de vouloir mettre &#224; mal la th&#233;orie cart&#233;sienne, force est de constater que la majorit&#233; de nos actions sont inconscientes. Ou plut&#244;t &#171; non conscientes &#187;, tient &#224; pr&#233;ciser Marc Jeannerod, directeur de l'Institut des sciences cognitives 1. &#171; Lorsqu'on freine devant un obstacle en voiture, heureusement qu'il ne s'agit pas d'une action consciente, insiste le chercheur. Le temps de prendre la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique107" rel="directory"&gt;Les neurosciences peuvent-elles nous &#233;clairer sur la validit&#233; de la notion de l'inconscient freudien ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot83" rel="tag"&gt;Psychanalyse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot170" rel="tag"&gt;Freud&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les neurosciences r&#233;v&#232;lent le pouvoir de l'inconscient&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je pense donc je suis &#187;, disait Descartes. Loin de vouloir mettre &#224; mal la th&#233;orie cart&#233;sienne, force est de constater que la majorit&#233; de nos actions sont inconscientes. Ou plut&#244;t &#171; non conscientes &#187;, tient &#224; pr&#233;ciser Marc Jeannerod, directeur de l'Institut des sciences cognitives 1. &#171; Lorsqu'on freine devant un obstacle en voiture, heureusement qu'il ne s'agit pas d'une action consciente, insiste le chercheur. Le temps de prendre la d&#233;cision consciemment, et on l'aurait heurt&#233; ! &#187; Car oui, &#234;tre conscient, cela prend du temps ! Du coup, l'inconscient rev&#234;t une importance dans nos comportements que l'on ne soup&#231;onnait pas. Bien plus qu'un simple appui &#224; la conscience, il aurait une part pr&#233;pond&#233;rante dans tous les processus cognitifs : 90 % de nos op&#233;rations mentales seraient inconscientes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour &#233;noncer de tels propos, encore faut-il en apporter la preuve. Or, traquer l'inconscient, identifier ses bases c&#233;r&#233;brales, concevoir des exp&#233;riences qui mettent en &#233;vidence son importance n'est pas chose ais&#233;e. C'est en effet souvent au niveau du protocole que le b&#226;t blesse dans les exp&#233;rimentations sur la conscience et l'inconscient, et les chercheurs du CNRS en font tous les jours le constat. &#171; La seule chose que l'on puisse demander &#224; une personne, c'est une t&#226;che consciente, souligne &#224; propos Franck Ramus, chercheur au Laboratoire des sciences cognitives et psycholinguistique (LSCP) 2. Nous ne pouvons pas lui demander de faire quelque chose inconsciemment. Il nous revient donc d'inventer des m&#233;thodologies dont les r&#233;sultats ne peuvent &#234;tre interpr&#233;t&#233;s que par la mise en jeu de processus non conscients. &#187; L'effet d'amor&#231;age (voir Article &#171; Freud est-il soluble dans les neuroscience &#187;s / &#171; L'inconscient cognitif &#187;) peut &#234;tre l'un d'eux, et c'est sur ce ph&#233;nom&#232;ne que s'appuient nos chercheurs pour en d&#233;coudre avec la perception inconsciente. Application : l'exp&#233;rimentateur projette sur un &#233;cran une liste de signes graphiques (des mots, des chiffres&#8230;) et demande &#224; un sujet d'en choisir un, au hasard. Pour peu que l'image d'un de ces mots ou d'un de ces chiffres ait &#233;t&#233; pr&#233;alablement diffus&#233;e pendant un laps de temps trop court pour qu'elle soit capt&#233;e consciemment, le &#171; cobaye &#187; choisira de pr&#233;f&#233;rence le mot ou le chiffre correspondant &#224; cette image subliminale. Stanislas Dehaene, directeur de l'unit&#233; Inserm &#171; Neuroimagerie cognitive &#187;, a ainsi mis en &#233;vidence que l'on peut comprendre le sens d'un mot &#233;crit sans m&#234;me avoir eu conscience de le voir. Sur un &#233;cran d'ordinateur, plusieurs informations s'affichent successivement : une s&#233;rie de lettres al&#233;atoire (SJODK, par exemple) ; un premier nombre (&#233;crit en toutes lettres) affich&#233; tr&#232;s bri&#232;vement &#8211; 43 milli&#232;mes de seconde &#8211; donc non per&#231;u consciemment ; une autre s&#233;rie de lettres al&#233;atoires, puis un second nombre, affich&#233; plus longuement que le premier, perceptible donc. Les volontaires doivent indiquer si ce deuxi&#232;me nombre est inf&#233;rieur ou sup&#233;rieur &#224; cinq. &#171; Lorsque le premier et le deuxi&#232;me nombre sont tous deux sup&#233;rieurs ou inf&#233;rieurs &#224; cinq, la r&#233;ponse est plus rapide &#187;, explique Lionel Naccache, neurobiologiste cognitif dans l'unit&#233; de Stanislas Dehaene. Preuve que les volontaires per&#231;oivent bien la valeur du premier chiffre, appel&#233; amorce. &#171; Ce r&#233;sultat confirme l'id&#233;e que les traitements inconscients peuvent &#234;tre de haut niveau cognitif. &#187; Mais les chercheurs sont all&#233;s plus loin. En effet, lors de cette exp&#233;rience, les sujets r&#233;pondent en appuyant sur les touches d'un clavier. Les chercheurs en ont profit&#233; pour enregistrer en parall&#232;le l'activit&#233; &#233;lectrique et les variations de d&#233;bit sanguin dans le cerveau. &#171; Quand le chiffre &#8220;cach&#233;&#8221; s'affiche, nous nous sommes aper&#231;us que la zone corticale motrice de la main qu'ils auraient utilis&#233;e s'ils avaient d&#251; indiquer la position de ce chiffre par rapport &#224; cinq &#233;tait activ&#233;e &#187;, explique le chercheur. La perception subliminale d'un mot peut donc avoir une influence sur l'activit&#233; motrice en plus de son traitement s&#233;mantique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la m&#234;me lign&#233;e, Kimihiro Nakamura, chercheur japonais qui a effectu&#233; son stage postdoctoral au LSCP, a mis en &#233;vidence que l'amor&#231;age subliminal s'affranchit de l'alphabet utilis&#233;. Pour cela, il a utilis&#233; une des particularit&#233;s de la langue japonaise : l'existence de deux syst&#232;mes d'&#233;criture diff&#233;rents. Le chercheur a pr&#233;sent&#233; un mot-amorce, de fa&#231;on subliminale, dans un des deux syst&#232;mes d'&#233;criture, puis le m&#234;me mot (m&#234;me sens) dans l'autre syst&#232;me. Quel que soit le syst&#232;me d'&#233;criture pr&#233;sent&#233; en premier, les volontaires lisent toujours plus rapidement le deuxi&#232;me mot. Preuve que le sens du mot &#171; invisible &#187; a bien &#233;t&#233; per&#231;u et trait&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me laboratoire, Sid Kouider a, lui, montr&#233; que l'amor&#231;age auditif subliminal existait &#233;galement. Le principe g&#233;n&#233;ral de l'exp&#233;rience &#233;tait toujours le m&#234;me : pr&#233;senter un mot de mani&#232;re cach&#233;e et observer son influence sur une t&#226;che ult&#233;rieure. Mais comment &#171; cacher &#187; un mot parl&#233; ? &#171; Nous avons enregistr&#233; un mot, puis l'avons compress&#233; &#224; un tiers de sa dur&#233;e et incorpor&#233; dans un flux de bruits, pour qu'il devienne imperceptible consciemment &#187;, explique le jeune chercheur. Et de poursuivre sur ses r&#233;sultats publi&#233;s r&#233;cemment 3 : &#171; Nous avons fait &#233;couter &#224; des volontaires ce mot &#8220;cach&#233;&#8221;, suivi d'autres sons. Les participants devaient choisir si ces derniers &#233;taient des mots ou pas. Et l'exp&#233;rience a montr&#233; qu'ils d&#233;cident plus vite que le deuxi&#232;me son qu'ils entendent est un mot, si le son &#8220;cach&#233;&#8221; est le m&#234;me mot. Par contre, si les deux sons sont identiques et s'ils ne sont pas des mots, il n'y a pas d'amor&#231;age. Cela prouve qu'un processus lexical, et pas seulement acoustique, se met en place &#224; un stade pr&#233;coce et inconscient de la perception du langage. &#187; Le chercheur continue &#224; &#233;tudier ce processus, &#224; l'aide de l'imagerie par r&#233;sonance magn&#233;tique fonctionnelle (IRMf). Il esp&#232;re localiser ainsi les bases c&#233;r&#233;brales du traitement inconscient de la parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inconscient dans l'apprentissage&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre exemple de traitement inconscient est celui effectu&#233; par les b&#233;b&#233;s pour apprendre le langage : comment le per&#231;oivent-ils ? Comment arrivent-ils &#224; diff&#233;rencier des langues ? C'est sur ces questions que s'est pench&#233; Franck Ramus. &#171; Mes travaux ont mis en &#233;vidence une sensibilit&#233; tr&#232;s pr&#233;coce des nouveau-n&#233;s au rythme du langage. &#187; La fa&#231;on dont sont accentu&#233;s les mots g&#233;n&#232;re de fait un rythme, propre &#224; une langue. Les diff&#233;rentes langues sont ainsi class&#233;es en trois grands types : accentuelles (langues slaves, allemand, anglais&#8230;), syllabiques (langues latines, fran&#231;ais&#8230;) et mora&#239;ques (unit&#233; plus petite que la syllabe, comme dans le japonais). Des nouveau-n&#233;s de quelques jours sont capables de distinguer deux langues, si et seulement si leur rythme diff&#232;re. L'exp&#233;rience men&#233;e par le chercheur consistait &#224; mesurer les diff&#233;rences de succion d'une t&#233;tine alors que les nourrissons &#233;coutaient des phrases de japonais (mora&#239;que) ou de n&#233;erlandais (accentuelle) &#171; retravaill&#233;es &#187; : seules subsistaient en fait les variations de rythme de ces deux langues, les autres diff&#233;rences ayant &#233;t&#233; supprim&#233;es. Lors du passage d'une langue &#224; l'autre, les chercheurs ont mesur&#233; une augmentation de la fr&#233;quence de succion, signe que les nouveau-n&#233;s avaient rep&#233;r&#233; un changement. &#171; Toute l'acquisition du langage est un processus inconscient, insiste Franck Ramus. La capacit&#233; &#224; rep&#233;rer des unit&#233;s dans la parole, &#224; pr&#234;ter attention &#224; ses propres repr&#233;sentations mentales de la parole, ce qu'on appelle la conscience phonologique, &#233;merge seulement vers les quatre &#224; cinq ans. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rep&#233;rer des unit&#233;s dans le langage, c'est bien. Mais comment apprend-on r&#233;ellement ? L'inconscient joue-t-il un r&#244;le important dans l'apprentissage ? &#171; L'apprentissage implicite, explique Pierre Perruchet du Laboratoire d'&#233;tude de l'apprentissage et du d&#233;veloppement (LEAD) de Dijon 4, peut se d&#233;finir comme une situation o&#249; l'on apprend sans en avoir l'intention et o&#249; l'on est incapable d'expliquer clairement ce qu'on a appris. &#187; Le psychologue s'int&#233;resse au processus qui permet de rep&#233;rer des r&#232;gles grammaticales et syntaxiques dans une langue et d'en distinguer les mots. En temps normal, aucune pause dans l'&#233;locution ne permet de scinder le langage en unit&#233;s. &#171; Si on regarde un trac&#233; d'enregistrement, les seules pauses visibles se trouvent devant les consonnes plosives comme k, b ou p, poursuit le chercheur. C'est pourquoi pour notre exp&#233;rience, nous cr&#233;ons de toutes pi&#232;ces un langage artificiel. Et on le fait &#233;couter &#224; des volontaires en leur disant explicitement de ne pas chercher &#224; comprendre, mais d'&#233;couter l'extrait comme un morceau de musique. &#187; Le texte est lu sans pause, sans intonation, les syllabes ont toutes la m&#234;me longueur : aucun &#233;l&#233;ment de prosodie ne permet de rep&#233;rer des unit&#233;s. &#171; &#192; la fin du test, les &#233;tudiants ont cependant per&#231;u des mots et sont capables de retrouver le lexique de ce langage artificiel. &#187; L'hypoth&#232;se de Pierre Perruchet pour expliquer cette capacit&#233; ? &#171; Nous exploitons les r&#233;gularit&#233;s statistiques pr&#233;sentes dans le langage : les syllabes souvent associ&#233;es ont toutes les chances d'appartenir &#224; un m&#234;me mot. &#187; Comment ? &#171; Nous ne le savons pas encore exactement, mais nous sommes convaincus que ce genre d'apprentissage implicite est relativement ind&#233;pendant des capacit&#233;s intellectuelles des sujets &#187;, conclut-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La qu&#234;te de la m&#233;moire implicite&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apprendre, c'est d'abord m&#233;moriser une information. C'est justement &#224; la m&#233;moire implicite que B&#233;reng&#232;re Guillery-Girard, du Laboratoire de psychologie exp&#233;rimentale 5 s'int&#233;resse. Et notamment au fait qu'elle soit pr&#233;serv&#233;e chez des personnes atteintes du syndrome d'amn&#233;sie transitoire. &#171; Ce sont en g&#233;n&#233;ral des patients de plus de cinquante ans, dont le syndrome d'amn&#233;sie est d'origine mal connue et ne dure pas plus de vingt-quatre heures. &#187; La neuropsychologue pr&#233;sente ainsi une phrase au sens relativement incompr&#233;hensible aux patients : &#171; Pour prouver qu'il avait perdu du poids, il montra la photo de ses pieds. &#187; Si le mot &#171; p&#232;se-personne &#187; n'a pas &#233;t&#233; mentionn&#233; auparavant, on ne comprend pas que la photo a &#233;t&#233; prise alors que le personnage se trouvait sur sa balance. &#171; Nous leur fournissons le mot &#8220;p&#232;se-personne&#8221; juste apr&#232;s la phrase. Lorsque nous le leur redemandons 1 h 30 apr&#232;s, alors que les patients ne se souviennent pas de l'exp&#233;rience, ils sont capables de trouver spontan&#233;ment l'explication de cette phrase. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors m&#234;me que le syndrome dont souffrent les patients se d&#233;finit par la difficult&#233; &#224; enregistrer intentionnellement de nouvelles informations, ils conservent en m&#233;moire la signification de la phrase ! Et ce, m&#234;me apr&#232;s leur r&#233;cup&#233;ration. &#171; L'amor&#231;age, avec ces phrases, fonctionne donc bien, il y a m&#234;me eu une r&#233;organisation des connaissances. &#187; Pour B&#233;reng&#232;re Guillery-Girard, la pr&#233;servation de la m&#233;moire implicite mise en &#233;vidence chez ces personnes peut &#234;tre utilis&#233;e chez des enfants amn&#233;siques permanents pour leur faire apprendre de nouveaux mots ou concepts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chercheuse au Laboratoire de neurobiologie des processus adaptatifs (NPA) 6, Susan Sara se penche chez le rat sur un autre aspect de la m&#233;moire implicite. Et plus pr&#233;cis&#233;ment l'influence qu'ont sur elle les neuromodulateurs (mol&#233;cules qui agissent sur les neurones). Ses travaux mettent notamment en &#233;vidence la part &#233;motionnelle de la m&#233;moire implicite. Elle raconte ainsi l'une de ses exp&#233;riences : un rat est plac&#233; dans une cage &#224; deux compartiments. L'un est grand et lumineux, l'autre petit, sombre et &#233;quip&#233; de barreaux. Le comportement spontan&#233; du rat est de se diriger vers le petit compartiment, qui lui convient mieux. Une fois dedans, elle lui applique un petit choc &#233;lectrique sur les pattes. Lorsque le rat est replac&#233; quelques semaines plus tard dans cette cage, il continue &#224; se diriger vers ce compartiment. Mais il pr&#233;sentera alors tous les signes caract&#233;ristiques de la peur : poils h&#233;riss&#233;s, d&#233;jections, activit&#233; &#233;lev&#233;e des neurones noradr&#233;nergiques&#8230; &#171; En fait, le contexte lui fait ressentir une situation n&#233;gative sans qu'il se souvienne consciemment de l'exp&#233;rience douloureuse pr&#233;c&#233;dente. La trace mn&#233;sique, laiss&#233;e par une exp&#233;rience ant&#233;rieure, se d&#233;compose donc en deux aspects : l'un cognitif et l'autre &#233;motionnel. Mais ici, le rat a oubli&#233; l'aspect cognitif. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'influence des &#233;motions&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;motions jouent donc un r&#244;le tr&#232;s important dans les comportements, les influen&#231;ant &#224; notre insu. Paula Niedenthal, chercheuse au laboratoire de psychologie sociale et cognitive (Lapsco) 7 de Clermont-Ferrand, confirme cette id&#233;e. Son quotidien ? Jouer avec les &#233;motions : &#171; Comment influencent-elles la fa&#231;on dont sont class&#233;s nos souvenirs, comment agissent-elles sur notre strat&#233;gie de traitement de l'information ?, s'interroge-t-elle. En g&#233;n&#233;ral, lorsque nous sommes joyeux, nous traitons les informations de fa&#231;on moins approfondie que lorsque nous sommes tristes. &#187; En fait, lors d'&#233;tats &#233;motionnels positifs, nous accordons inconsciemment plus d'importance &#224; un indice, qui peut s'av&#233;rer exact d'ailleurs, pour juger de la pertinence des propos des autres, par exemple : &#171; C'est un expert qui parle, donc il a raison &#187;. Alors que lorsque nous sommes tristes, nous prenons plus en compte les arguments expos&#233;s, sans pr&#233;sumer de leur qualit&#233;. Bien s&#251;r, nous sommes conscients de notre &#233;tat &#233;motionnel, mais pas de la fa&#231;on dont il influence notre mani&#232;re de voir, et donc de faire, les choses. Comment explique-t-on cela ? Pour Paula Niedenthal, c'est une histoire de motivation. Quand nous sommes joyeux, cet &#233;tat nous informe que &#171; tout va bien &#187; et nous avons tendance &#224; ne pas vouloir que cela change. Nous recherchons donc moins des informations susceptibles de changer cet &#233;tat. &#192; l'inverse, en &#233;tant triste, le d&#233;sir inconscient de changer d'&#233;tat &#233;motionnel nous pousse &#224; &#234;tre plus attentif &#224; ce qui pourrait nous y aider.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre exp&#233;rience a &#233;t&#233; men&#233;e par Lionel Naccache sur la perception des &#233;motions de mani&#232;re inconsciente. Profitant du fait que des patients &#233;pileptiques r&#233;fractaires aux m&#233;dicaments devaient subir une implantation d'&#233;lectrodes dans la r&#233;gion de l'amygdale, il a enregistr&#233; la r&#233;ponse de cette zone du cerveau &#224; certains stimulus. &#171; L'amygdale est connue pour jouer un r&#244;le dans les r&#233;actions &#233;motionnelles &#187;, pr&#233;cise le neurobiologiste. Utilisant la technique de l'amor&#231;age subliminal (un mot pr&#233;sent&#233; tr&#232;s bri&#232;vement entre deux autres, plus longuement affich&#233;s), l'&#233;quipe de chercheurs a mis en &#233;vidence que cette r&#233;gion du cerveau r&#233;agissait lorsque le mot &#171; masqu&#233; &#187; recelait une valeur effrayante. Alors m&#234;me que les trois patients test&#233;s n'avaient pas conscience de l'avoir lu. &#171; Il para&#238;t difficile d'imaginer qu'on r&#233;agit de mani&#232;re &#233;motionnelle &#224; un mot si aucun traitement s&#233;mantique n'a eu lieu &#187;, souligne Lionel Naccache. L'exp&#233;rience prouve donc bien que notre cerveau est capable d'analyser une information &#233;motionnelle apr&#232;s avoir effectu&#233; un traitement s&#233;mantique inconscient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vetos de la conscience&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La perception, l'apprentissage, la m&#233;moire ou encore les &#233;motions, fonctionnent donc eux aussi sous la houlette de l'inconscient. &#172;Comment alors mesurer la place de la conscience dans les op&#233;rations mentales ? Ne serait-elle que la partie &#233;merg&#233;e de l'iceberg, une sorte de superviseur &#224; la fonction limit&#233;e, mais &#244; combien importante, de coordonner nos actes, de leur donner du sens ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travaux d'Angela Sirigu apportent peut-&#234;tre un d&#233;but de r&#233;ponse &#224; cette question (voir encadr&#233; &#171; Et a conscience dans tout &#231;a ? &#187; / Article &#171; Freud est-il soluble dans les neurosciences ? &#187;). En effet, la neurobiologiste de l'Institut des sciences cognitives s'int&#233;resse &#224; la perception de nos propres mouvements et de ceux des autres. Dans l'une de ses exp&#233;riences, il est demand&#233; aux sujets d'appuyer sur un bouton d&#232;s qu'ils le veulent, &#224; partir du moment o&#249; l'aiguille a fait le tour d'une horloge. En parall&#232;le, ils doivent dire lorsqu'ils ont l'intention d'effectuer ce geste. L'activit&#233; c&#233;r&#233;brale et l'activit&#233; musculaire sont enregistr&#233;es. Surprise : le potentiel de pr&#233;paration, signe que le syst&#232;me moteur est activ&#233;, surgit avant m&#234;me que le sujet soit conscient qu'il a l'intention de faire un mouvement. Dans une autre exp&#233;rience, les volontaires visionnent deux vid&#233;os : l'une o&#249; une main pos&#233;e pr&#232;s d'un objet vert se d&#233;place et s'en saisit ; l'autre, avec un objet rouge, o&#249; aucun geste de la main n'est effectu&#233;. Lorsque les sujets savent que la main va bouger, l'&#233;quipe de chercheurs a enregistr&#233; un potentiel de pr&#233;paration identique &#224; celui qui aurait eu lieu s'ils avaient eux-m&#234;mes boug&#233; la main ou observ&#233; quelqu'un le faire. Pour Angela Sirigu, cela signifie que &#171; les zones motrices du cerveau fonctionnent par anticipation &#187;. Autrement dit, le cerveau pr&#233;f&#232;re anticiper que r&#233;agir &#224; une situation. Et le r&#244;le de la conscience alors ? Celui d'apposer son veto ! En effet, le choix de ne pas ex&#233;cuter ce mouvement auquel nous nous sommes pr&#233;par&#233;s lui revient !&lt;br class='autobr' /&gt;
Un des grands succ&#232;s des sciences cognitives, nous l'avons vu, est d'avoir r&#233;v&#233;l&#233; l'importance de l'inconscient dans les processus mentaux. La conscience n'en serait donc qu'une infime partie, mais son r&#244;le de superviseur serait de la plus grande importance pour donner du sens &#224; nos actes. Le prochain d&#233;fi ? Montrer comment ces deux entit&#233;s travaillent main dans la main et quels sont exactement leurs r&#244;les respectifs dans l'organisation de toute notre activit&#233; c&#233;r&#233;brale. D&#233;fi d'autant plus grand que le fait que nous ayons conscience d'une partie de nos processus mentaux &#8211; le fameux &#171; je pense donc je suis &#187; &#8211; reste l'un des plus grands myst&#232;res de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Julie Coquart&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> La psychanalyse s'oppose-t-elle &#224; la physiologie des neurosciences ?</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article6523</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.org/spip.php?article6523</guid>
		<dc:date>2019-12-09T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Psychanalyse</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; L'identification d'&#233;v&#233;nements mentaux &#224; des &#233;v&#233;nements physiques ne se pr&#233;sente en aucun cas comme une prise de position id&#233;ologique, mais simplement comme l'hypoth&#232;se de travail la plus raisonnable et surtout la plus fructueuse. &#187; &#233;crit le neurobiologiste Jean-Pierre Changeux dans &#171; L'homme neuronal &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
La premi&#232;re impression peut appara&#238;tre opposer in&#233;vitablement psychanalyse et neurosciences. En effet, chercher la source de la maladie dans la psychologie du malade, dans ses pens&#233;es, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique107" rel="directory"&gt;Les neurosciences peuvent-elles nous &#233;clairer sur la validit&#233; de la notion de l'inconscient freudien ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot83" rel="tag"&gt;Psychanalyse&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'identification d'&#233;v&#233;nements mentaux &#224; des &#233;v&#233;nements physiques ne se pr&#233;sente en aucun cas comme une prise de position id&#233;ologique, mais simplement comme l'hypoth&#232;se de travail la plus raisonnable et surtout la plus fructueuse. &#187;&lt;/i&gt; &#233;crit le neurobiologiste &lt;strong&gt;Jean-Pierre Changeux&lt;/strong&gt; dans &#171; L'homme neuronal &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re impression peut appara&#238;tre opposer in&#233;vitablement psychanalyse et neurosciences. En effet, chercher la source de la maladie dans la psychologie du malade, dans ses pens&#233;es, dans ses fantasmes semble oppos&#233; &#224; la chercher dans le fonctionnement neurologique. Soigner la maladie en parlant au malade pour qu'il prenne conscience des fantasmes qui l'accablent peut sembler une d&#233;marche oppos&#233;e au soin du malade par des m&#233;dicaments et des traitements chirurgicaux. Effectivement, il pourrait sembler logique &#224; premi&#232;re vue que la maladie ait une origine soit psychologique soit neurologique, de fa&#231;on exclusive et que le traitement soit &#233;galement ou psychologique ou physiologique. On peut &#233;galement se dire que s'il y avait un dysfonctionnement d&#233;celable physiquement, on ne pourrait certainement pas le r&#233;soudre en faisant parler le malade chez un psychanalyste. En r&#233;alit&#233;, cette mani&#232;re de voir suppose d'avance que la physiologie et la psychologie soient des domaines s&#233;par&#233;s par une barri&#232;re infranchissable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut d'abord rappeler que les th&#232;ses de Freud n'opposaient nullement psychologie et neurosciences, fondement psychique et fondement mat&#233;riel du cerveau. Freud a re&#231;u une formation approfondie en neurosciences et a m&#234;me commenc&#233; &#224; faire des d&#233;couvertes dans ce domaine au d&#233;but de sa carri&#232;re. Son texte intitul&#233; &#171; Esquisse pour une psychologie scientifique &#187; rappelle ses premi&#232;res &#233;tudes couronn&#233;es de succ&#232;s et concernant les neurones. Les processus psychiques y sont d&#233;crits comme des &#233;tats fond&#233;s sur la physique des neurones. D'autres travaux ont trait aux propri&#233;t&#233;s anesth&#233;siques de la coca&#239;ne, lorsque Freud &#233;tait interne dans un service psychiatrique &#224; l'H&#244;pital g&#233;n&#233;ral de Vienne, ou encore aux effets psychologiques des l&#233;sions physiologiques du cr&#226;ne. Son texte intitul&#233; &#171; Contribution &#224; la conception des aphasies &#187; (dat&#233;e de 1891) cherche &#224; construire un pont entre neurologie et psychologie. Il n'a jamais c&#233;d&#233; &#224; la propension courante dans le grand public d'opposer physiologie et psychologie. Tr&#232;s longtemps, on a consid&#233;r&#233; que des maladies psychologiques &#233;taient inexistantes et imaginaires. Inversement, on a longtemps consid&#233;r&#233; que les dites &#171; vraies maladies &#187; &#233;taient purement physiques et seulement curables en traitant le corps de l'individu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freud ne d&#233;fend pas l'id&#233;e d'une s&#233;paration entre conscient et inconscient, ni une s&#233;paration psychique ni une s&#233;paration physique. Dans &#171; L'interpr&#233;tation des r&#234;ves &#187;, il &#233;crit : &#171; L'id&#233;e qui nous a &#233;t&#233; offerte est celle d'un lieu psychique. Ecartons aussit&#244;t la notion de localisation anatomique. &#187; Freud le confirme dans &#171; R&#233;sultats, id&#233;es, probl&#232;mes &#187; : &#171; La psychanalyse refuse d'&#233;tablir pour le moment une relation entre cette topique psychique et une localisation anatomique ou avec une structure histologique. &#187; Cela ne signifie absolument pas que Freud oppose la psychanalyse et la neurologie ou tout autre &#233;tude physiologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freud lui-m&#234;me n'a jamais c&#233;d&#233; &#224; ce dualisme qui oppose corps et cerveau, pens&#233;e et constitution physique. Il a toujours insist&#233; sur le fait que son travail sur la psychologie des malades ne signifiait nullement que les processus invoqu&#233;s n'aient aucune base mat&#233;rielle, neurologique, dans le cerveau. Tout au long de ses &#233;tudes, ses conceptions ont &#233;volu&#233; mais ce point est rest&#233; constant. En 1914, Freud &#233;crit dans &#171; La vie sexuelle &#187; : &#171; Toutes nos conceptions provisoires, en psychologie, devront un jour &#234;tre plac&#233;es sur la place de supports organiques. &#187; En 1916, dans &#171; Cinq le&#231;ons sur la psychanalyse &#187;, il affirme : &#171; L'&#233;difice doctrinal de la psychanalyse (&#8230;) est en r&#233;alit&#233; une superstructure qui doit &#234;tre assise un jour sur ses fondations organiques ; mais nous ne les connaissons pas encore. &#187; Dans &#171; R&#233;sultats, id&#233;es, probl&#232;mes &#187;, Freud &#233;crit en 1937 : &#171; Pour le psychique, le biologique joue v&#233;ritablement le r&#244;le de roc d'origine, sous-jacent. &#187; On ne connaissait pas &#224; son &#233;poque les fondements physiques des m&#233;canismes comme l'inhibition, l'oubli, la r&#233;miniscence, le r&#234;ve, la libido, le d&#233;sir, la peur, etc, mais Freud ne doutait pas de leur existence dans les m&#233;canismes neuronaux. Dans la conception de Freud, il n'y a aucune opposition diam&#233;trale entre psychologie et neurologie. Il &#233;crit par exemple dans &#171; Cinq psychanalyses &#187; &#224; propos de la fameuse psychanalyse de Dora encore appel&#233;e &#171; l'amour de Mr K. &#187; : &#171; Ceux d'entre mes confr&#232;res qui ont consid&#233;r&#233; ma th&#233;orie de l'hyst&#233;rie comme &#233;tant purement psychologique et, par cons&#233;quent, a priori inapte &#224; r&#233;soudre un probl&#232;me de pathologie, auraient pu conclure, d'apr&#232;s le pr&#233;sent travail, qu'en me faisant ce reproche, ils transf&#232;rent sans raison un caract&#232;re de la technique &#224; la th&#233;orie. Seule la technique th&#233;rapeutique est purement psychologique ; la th&#233;orie ne n&#233;glige nullement d'indiquer le fondement organique des n&#233;vroses tout en ne le recherchant pas dans des modifications anatomo-pathologiques et tout en rempla&#231;ant provisoirement les modifications chimiques, certes probables, mais actuellement insaisissables, par celles de la fonction organique. Personne ne pourra d&#233;nier &#224; la fonction sexuelle, dans laquelle je vois la cause de l'hyst&#233;rie, ainsi que celle des psychon&#233;vroses en g&#233;n&#233;ral, son caract&#232;re de facteur organique. Une th&#233;orie de la sexualit&#233; ne pourra, je le suppose, se dispenser d'admettre l'action excitante de substances sexuelles d&#233;termin&#233;es. Ce sont les intoxications et les ph&#233;nom&#232;nes dus &#224; l'abstinence de certaines toxiques, chez les toxicomanes qui, parmi tous les tableaux cliniques que nous offre l'observation, se rapprochent le plus des vraies psychon&#233;vroses. &#187;. Dans l' &#171; Esquisse &#187;, les &#233;tats psychiques sont d&#233;crits par Freud comme des &#233;tats des neurones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freud &#233;crit en 1920 : &#034;Les d&#233;fauts de notre analyse pourraient vraisemblablement s'amenuiser si nous &#233;tions d&#233;j&#224; &#224; m&#234;me de pouvoirs remplacer les termes psychologiques par des notions physiologiques voire chimiques.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &#171; Introduction &#224; la psychanalyse &#187;, Freud pourfend &#233;galement ceux qui pr&#233;tendent opposer psychanalyse et psychiatrie : &#171; Eh bien, vous &#234;tes vous aper&#231;us quelque part d'une opposition entre l'une et l'autre ? La psychiatrie n'applique pas les m&#233;thodes techniques de la psychanalyse, elle ne se soucie pas de rattacher quoi que ce soit &#224; l'id&#233;e fixe et se contente de nous montrer dans l'h&#233;r&#233;dit&#233; un facteur &#233;tiologique g&#233;n&#233;ral (&#8230;) Mais y a-t-il l&#224; une contradiction, une opposition ? Ne voyez-vous pas que, loin de se contredire, la psychiatrie et la psychanalyse se compl&#232;tent l'une l'autre. (&#8230;) La psychanalyse est &#224; la psychiatrie &#224; peu pr&#232;s ce que l'histologie est &#224; l'anatomie ; l'une &#233;tudie les formes ext&#233;rieures des organes, l'autre les tissus et les cellules dont ces organes sont faits. Une contradiction entre ces deux ordres d'&#233;tudes dont l'une continue l'autre est inconcevable. (&#8230;) Tout porte cependant &#224; croire que le temps n'est pas loin o&#249; l'on se rendra compte que la psychiatrie vraiment scientifique suppose une bonne connaissance des processus profonds et inconscients de la vie psychique. &#187; Il faut remarquer, dans les contresens concernant la th&#233;orie de Freud, non seulement la fausse opposition entre psychologie et physiologie mais &#233;galement la fausse opposition entre la sexualit&#233; et le reste de comportements humains. Beaucoup traduisent grossi&#232;rement Freud par complexe d'&#338;dipe, c'est-&#224;-dire par la pulsion qui m&#232;nerait chacun &#224; vouloir forcer l'interdit de l'inceste au point de tuer le p&#232;re ou la m&#232;re pour lib&#233;rer la place. Bien entendu, il est exact que Freud consid&#232;re que le refoulement dans la phase infantile de l'amour filial caus&#233; par l'interdit de l'inceste est une cause majeure des n&#233;vroses qui se d&#233;clarent &#224; l'adolescence ou &#224; l'&#226;ge adulte. Cela ne signifie pas que Freud consid&#232;re la sexualit&#233; comme un ph&#233;nom&#232;ne &#224; part ni qu'il parle &#224; propos de sexualit&#233; seulement du passage &#224; l'acte ou de son d&#233;sir. Pour lui, la sexualit&#233; est d'abord un m&#233;canisme du cerveau, caract&#233;ris&#233; par des images, des sentiments, des interpr&#233;tations et des fantasmes. La sexualit&#233;, pour Freud, c'est au moins autant le virtuel, le conscient et l'inconscient que le physique et les deux sont ins&#233;parables comme ils sont ins&#233;parables du reste du fonctionnement c&#233;r&#233;bral, et comme sont indissociables intelligence et &#233;motions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freud &#233;crivait ainsi dans &#171; Cinq psychanalyses &#187;, toujours dans la psychanalyse de Dora : &#171; j'ai tenu &#224; montrer que la sexualit&#233; n'intervient pas d'une fa&#231;on isol&#233;e, comme un deux ex machina, dans l'ensemble des ph&#233;nom&#232;nes caract&#233;ristiques de l'hyst&#233;rie, mais qu'elle est la force motrice de chacun des sympt&#244;mes et de chacune des manifestations d'un sympt&#244;me. &#187; Expliquant que la psychanalyse ne devait pas &#234;tre assimil&#233;e &#224; un pansexualisme du type de celui de Jung, Freud &#233;crit : &#171; C'est Jung et non pas moi qui fait de la libido l'&#233;quivalent de la pouss&#233;e instinctive de toutes les facult&#233;s psychiques et qui combat la nature sexuelle de la libido. &#187; (Lettre de Freud du 16-6-1873).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque j'en suis &#224; pourfendre les mauvaises interpr&#233;tations de Freud, il faut absolument rappeler que Freud ne d&#233;veloppe pas une conception dualiste avec deux mondes, l'un conscient et l'autre inconscient. L'inconscient ne remplace pas l'&#226;me de la religion. Ce n'est pas une voix divine ni situ&#233;e hors du cerveau physique qui nous parle. Le conscient et l'inconscient ne sont pas deux domaines s&#233;par&#233;s par une fronti&#232;re infranchissable dans sa conception. Pour Freud, ce sont, au contraire, deux fonctionnements en permanence imbriqu&#233;s et ins&#233;parables. Freud parle m&#234;me &#224; ce propos de cycles virtuel-r&#233;el-virtuel, le virtuel &#233;tant en l'occurrence l'inconscient. Ce contresens ne devrait pas exister, puisque le but m&#234;me de la pratique psychanalytique consiste &#224; aider le malade &#224; se rem&#233;morer des &#233;v&#233;nements et des sentiments situ&#233;s dans l'inconscient et de les rendre conscients. L'id&#233;e m&#234;me d'une amn&#233;sie d'origine psychanalytique signifie aussi la reconnaissance d'une fonction c&#233;r&#233;brale permettant de faire passer du conscient &#224; l'inconscient. D'autre part, pour Freud ce m&#233;canisme n'a rien de maladif mais est g&#233;n&#233;ral et permanent. Ce ne sont pas seulement les malades qui effacent des &#233;v&#233;nements, des images, des pens&#233;es de leur m&#233;moire ou qui les refoulent, ce sont tous les &#234;tres humains. Ce n'est nullement un m&#233;canisme pathologique ou li&#233; &#224; une n&#233;vrose ou &#224; une hyst&#233;rie. Pour Freud, c'est le m&#233;canisme g&#233;n&#233;ral, et c'est l'une des affirmations que nous chercherons &#224; v&#233;rifier au travers des exp&#233;riences des neurosciences. L&#224; encore, il s'agit de r&#233;parer une erreur classique selon laquelle la psychanalyse ne concernerait que les fous et les d&#233;traqu&#233;s qui auraient des d&#233;sirs pervers !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces opinions fausses, diffus&#233;es g&#233;n&#233;ralement par des gens qui n'ont rien lu ou seulement de courts extraits de Freud, n'ont rien d'&#233;tonnant : il faut rappeler que Freud &#233;tait tr&#232;s en avance sur son temps et peut-&#234;tre m&#234;me sur le n&#244;tre. Il est toujours difficile de parler sereinement sur les relations entre hommes et femmes et sur les pens&#233;es qui les concernent et y compris sur les relations entre parents enfants, particuli&#232;rement en ce qui concerne l'&#233;veil de l'enfant aux pens&#233;es sexuelles. Bien s&#251;r, d'autres id&#233;es plaisent beaucoup plus au grand public comme celle que les r&#234;ves ou que les mots sans suite, que les lapsus r&#233;v&#232;lent l'inconscient. Parmi les affirmations d&#233;rangeantes de Freud, tr&#232;s en avance sur son &#233;poque, citons l'id&#233;e que la s&#233;paration &#233;tanche entre un homme et une femme n'existe pas, l'id&#233;e que tous les &#234;tres humains sont plus ou moins homosexuels, l'id&#233;e que l'intelligence est ins&#233;parable des sentiments et des fantasmes et ne les domine pas, l'id&#233;e que la conscience ne domine pas le m&#233;canisme du cerveau et n'en est que l'une des fonctions. Chacune de ces id&#233;es m&#233;rite d'&#234;tre examin&#233;e &#224; la lueur de nos connaissances actuelles en neurosciences et des exp&#233;riences les concernant ont pu &#234;tre r&#233;alis&#233;es avec succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gravit&#233; de l'erreur du dualisme corps/esprit ne peut &#234;tre sous-estim&#233;e, comme l'a soulign&#233; le neuroscientifique Antonio R. Damasio dans &#171; L'erreur de Descartes &#187; : &#171; Comme vous l'avez vu, j'ai combattu dans ce livre &#224; la fois la conception dualiste de Descartes selon laquelle l'esprit est distinct du cerveau et du corps et ses variantes modernes. Selon l'une de ces derni&#232;res, il existe bien un rapport entre l'esprit et le cerveau, mais seulement dans le sens o&#249; l'esprit est une esp&#232;ce de programme informatique pouvant &#234;tre mis en &#339;uvre dans une sorte d'ordinateur appel&#233; cerveau (&#8230;) Quelle a donc &#233;t&#233; l'erreur de Descartes ? (&#8230;) On pourrait commencer par lui reprocher d'avoir pouss&#233; les biologistes &#224; adopter &#8211; et ceci est encore vrai &#224; notre &#233;poque &#8211; les m&#233;canismes d'horlogerie comme mod&#232;le explicatif pour les processus biologiques. Mais peut-&#234;tre cela ne serait-il pas tout &#224; fait &#233;quitable ; aussi vaut-il mieux se tourner vers le &#171; Je pense, donc je suis &#187;. (&#8230;) Prise &#224; la lettre, cette formule illustre pr&#233;cis&#233;ment le contraire de ce que je crois &#234;tre la v&#233;rit&#233; concernant l'origine de l'esprit et les rapports entre esprit et corps. Elle sugg&#232;re que penser, et la conscience de penser, sont les fondements r&#233;els de l'&#234;tre. Et, puisque nous savons que Descartes estimait que la pens&#233;e &#233;tait une activit&#233; compl&#232;tement s&#233;par&#233;e du corps, sa formule consacre la s&#233;paration de l'esprit, la &#171; chose pensante &#187;, et du corps non pensant qui est caract&#233;ris&#233; par son &#171; &#233;tendue &#187; et des organes m&#233;caniques. (&#8230;) A mes yeux, le fait d'exister a pr&#233;c&#233;d&#233; celui de penser. Ceci est d'ailleurs vrai pour chacun de nous : tandis que nous venons au monde et nous d&#233;veloppons, nous commen&#231;ons par exister et, seulement plus tard, nous pensons. (&#8230;) C'est l&#224; qu'est l'erreur de Descartes. Il a instaur&#233; une s&#233;paration cat&#233;gorique entre le corps, fait de mati&#232;re, dot&#233; de dimensions, m&#251; par des m&#233;canismes, d'un c&#244;t&#233;, et l'esprit, non mat&#233;riel, sans dimensions et exempt de tout m&#233;canisme, de l'autre. (&#8230;) Et sp&#233;cifiquement, il a pos&#233; que les op&#233;rations de l'esprit les plus d&#233;licates n'avaient rien &#224; voir avec l'organisation et le fonctionnement d'un organisme biologique. (&#8230;) Dans le probl&#232;me de l'esprit, du corps et du cerveau, l'erreur de Descartes continue &#224; exercer une grande influence. (&#8230;) En fait, si l'on peut consid&#233;rer l'esprit s&#233;par&#233;ment du corps, on peut peut-&#234;tre m&#234;me essayer de le comprendre sans faire appel &#224; la neurobiologie, sans avoir besoin de tenir compte des connaissances de neuro-anatomie, de neurophysiologie et de neurochimie. (&#8230;) On peut aussi voir un certain dualisme cart&#233;sien (posant une s&#233;paration entre le cerveau et le corps) dans l'attitude des sp&#233;cialistes des neurosciences qui pensent que les processus mentaux peuvent &#234;tre expliqu&#233;s seulement en termes de ph&#233;nom&#232;nes c&#233;r&#233;braux, en laissant de c&#244;t&#233; le reste de l'organisme, ainsi que l'environnement physique et social (&#8230;) L'id&#233;e d'un esprit s&#233;par&#233; du corps a semble-t-il &#233;galement orient&#233; la fa&#231;on dont la m&#233;decine occidentale s'est attaqu&#233;e &#224; l'&#233;tude et au traitement des maladies. (&#8230;) Le ph&#233;nom&#232;ne mental n'a gu&#232;re pr&#233;occup&#233; la m&#233;decine classique et, en fait, n'a pas constitu&#233; un centre d'int&#233;r&#234;t prioritaire pour la sp&#233;cialit&#233; m&#233;dicale consacr&#233;e &#224; l'&#233;tude des maladies du cerveau : la neurologie. (&#8230;) Depuis trois si&#232;cles, le but des &#233;tudes biologiques et m&#233;dicales est de comprendre la physiologie et la pathologie du corps proprement dit. L'esprit a &#233;t&#233; mis de c&#244;t&#233;, pour &#234;tre surtout pris en compte par la philosophie et la religion, et m&#234;me apr&#232;s qu'il est devenu l'objet d'une discipline sp&#233;cifique, la psychologie, il n'a commenc&#233; &#224; &#234;tre envisag&#233; en biologie et en m&#233;decine que r&#233;cemment. (&#8230;) La cons&#233;quence de tout cela a &#233;t&#233; l'amoindrissement de la notion d'homme telle qu'elle est prise en compte par la m&#233;decine dans le cadre de son travail. Il ne faut pas s'&#233;tonner que l'impact des maladies du corps sur la psychologie ne soit consid&#233;r&#233; que de fa&#231;on annexe ou pas du tout. (&#8230;) On commence enfin &#224; accepter l'id&#233;e que les troubles psychologiques, graves ou l&#233;gers, peuvent d&#233;terminer des maladies du corps proprement dit (&#8230;) La mise &#224; l'&#233;cart des ph&#233;nom&#232;nes mentaux par la biologie et la m&#233;decine occidentales, par suite d'une vision cart&#233;sienne de l'homme, a entra&#238;n&#233; deux grandes cons&#233;quences n&#233;gatives. La premi&#232;re concerne le domaine de la science. La tentative de comprendre le fonctionnement mental en termes biologiques g&#233;n&#233;raux a &#233;t&#233; retard&#233;e de plusieurs d&#233;cennies, et il faut honn&#234;tement reconna&#238;tre qu'elle a &#224; peine commenc&#233;. Mieux vaut tard que jamais, bien s&#251;r, mais cela veut dire tout de m&#234;me que les probl&#232;mes humains n'ont jusqu'ici pas pu b&#233;n&#233;ficier des lumi&#232;res qu'aurait pu leur apporter une compr&#233;hension profonde de la biologie des processus mentaux. La seconde cons&#233;quence n&#233;gative concerne le diagnostic et le traitement efficace des maladies humaines. (&#8230;) Une conception fauss&#233;e de l'organisme humain, combin&#233;e &#224; l'inflation des connaissances et &#224; une tendance accrue &#224; la sp&#233;cialisation, concourent &#224; diminuer la qualit&#233; de la m&#233;decine actuelle plut&#244;t qu'&#224; l'augmenter. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les neurosciences sont en train de franchir ce qui &#233;tait consid&#233;r&#233; comme la barri&#232;re, absolue, entre l'homme et les sciences naturelles. Dans une publication du CNRS, l'&#233;pist&#233;mologue Bernard Andrieu concluait dans &#171; Le laboratoire du cerveau psychologique &#187; : &#171; Entre la neurologie et la psychologie, nombre de philosophes, de m&#233;decins, de psychanalystes n'ont de cesse de mod&#233;liser les liens de l'esprit et du cerveau. (...) Le cerveau psychologique inventait d&#233;j&#224; un dialogue entre les sciences exactes et les sciences humaines (...) &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, nombre de neuroscientifiques, contrairement &#224; Damasio et &#224; Freud, coninuent opposer physiologie et psychologie, m&#234;me s'ils ne sont pas fondamentalement oppos&#233;s &#224; la psychologie ou &#224; la psychanalyse. Ils tirent argument de l'efficacit&#233; des actions chimiques sur la maladie pour pr&#233;tendre que le fondement de la maladie est physique. Inversement, certains psychologues ou certains psychanalystes tirent argument de l'efficacit&#233; des traitements analytiques pour se d&#233;tourner de l'&#233;tude neurologique dans le traitement des pathologies nerveuses. Les deux d&#233;marches t&#233;moignent d'erreurs d'interpr&#233;tations. Les auteurs sont victimes d'une philosophie qui oppose comme deux domaines s&#233;par&#233;s la physiologie et la psychologie, alors qu'il n'y a pas de sentiments sans appui sur un fonctionnement physique et il n'y a pas de fonctionnement physique dans le cerveau qui ne soit pas reli&#233; &#224; des images c&#233;r&#233;brales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons un exemple de ce type de d&#233;marche : celui de Rita Carter et de son ouvrage &#171; Atlas du cerveau &#187;, &#233;crit en collaboration avec le professeur Christopher Frith. Rita Carter prend l'exemple de la maladie de Tourette dont elle d&#233;crit ainsi les manifestations : &#171; Leurs gesticulations, les tics qui rongent leur visage, le flot d'aboiements, d'incoh&#233;rences et d'obsc&#233;nit&#233;s qui sortent de leur bouche suscitent quelques regards indign&#233;s (&#8230;) La plupart sont d'un niveau intellectuel normal. (&#8230;) Les psychanalystes ont vu dans cette maladie l'illustration m&#234;me des cons&#233;quences du refoulement de la col&#232;re. Le traitement consista donc &#224; rechercher les &#171; racines &#187; de cette hypoth&#233;tique col&#232;re ou &#224; encourager le patient &#224; l'exprimer plus ouvertement. La th&#233;orie &#224; la base de cette th&#233;rapie se trouva irr&#233;m&#233;diablement &#233;branl&#233;e par l'invention, dans les ann&#233;es 60, d'un m&#233;dicament qui att&#233;nuait consid&#233;rablement les sympt&#244;mes de cette maladie, et, dans certains cas, les supprimait totalement. Ce m&#233;dicament se fixait sur les r&#233;cepteurs de la dopamine. Lorsque cette &#171; &#233;cran chimique &#187; se plaquait &#224; la surface des cellules, celles-ci ne pouvaient &#234;tre activ&#233;es par la dopamine. Les neurones n'&#233;tant pas stimul&#233;s, les tics s'arr&#234;tent. Aujourd'hui, le syndrome de Tourette est de plus en plus consid&#233;r&#233; comme l'un des multiples d&#233;sordres mentaux associ&#233;s aux dysfonctionnements des processus chimiques sophistiqu&#233;s qui garantissent la bonne prise en compte de nos pulsions vitales. &#187; Opposer interpr&#233;tation et soins physiologiques ou psychologiques est plus que courant. Pourtant, les deux sont ins&#233;parables. Des circuits neuronaux interagissent s'ils sont parcourus suffisamment longtemps par un courant et dans ce cas, ils sont une image mentale, qu'elle soit consciente ou non. Le physique et le psychologique ne sont donc pas s&#233;parables, pas plus qu'&#233;motions et pens&#233;es, que r&#233;el et virtuel. Rita Carter tire argument de l'efficacit&#233; des m&#233;dicaments pour affirmer que, dans ce cas, il ne peut &#234;tre question de cause psychologique de la maladie. C'est comme si on disait qu'un mal de t&#234;te d&#251; &#224; une f&#226;cherie familiale ne pouvait &#234;tre soign&#233; par un cachet d'aspirine. D'autre part, les psychanalystes ne cherchent pas &#224; trouver &#171; les racines &#187; du mal mais &#224; aider le malade &#224; rendre conscientes les images inconscientes. Le psychanalyste ne va pas expliquer au malade la cause de sa maladie. Rita Carter explique pourtant elle-m&#234;me que le fonctionnement neurologique justifie cette d&#233;marche : &#171; Dans certaines circonstances, la psychoth&#233;rapie donne de bons r&#233;sultats. Mais c'est probablement moins parce qu'elle lib&#232;re nos &#233;motions que parce qu'elle nous permet de les remonter dans le cortex o&#249; elles peuvent &#234;tre trait&#233;es de mani&#232;re consciente. (&#8230;) Parler, r&#233;fl&#233;chir sur nos &#233;motions nous permet de les contr&#244;ler, de nous d&#233;faire de leur emprise. &#187; Rita Carter examine notamment les m&#233;canismes c&#233;r&#233;braux des peurs irrationnelles : &#171; Selon Freud, ces peurs irrationnelles apparaissent parce que l'objet de phobie se substitue de mani&#232;re symbolique &#224; une entit&#233; r&#233;ellement effrayante, mais qui est, pour une raison ou une autre, trop g&#234;nante ou trop horrible pour &#234;tre reconnue. (&#8230;) Afin de mieux comprendre ce ph&#233;nom&#232;ne, nous allons examiner le parcours d'une information potentiellement effrayante lorsqu'elle p&#233;n&#232;tre dans le cerveau. (&#8230;) Toutes les information sensorielles parviennent d'abord au thalamus (&#8230;) Dans le cas des stimuli &#233;motionnels, (&#8230;) l'information est conduite &#224; l'amygdale (syst&#232;me d'alarme du cerveau et g&#233;n&#233;rateur de r&#233;ponses &#233;motionnelles). L'itin&#233;raire num&#233;ro un conduit &#224; l'arri&#232;re du cerveau, au cortex visuel qui analyse l'information et transmet ses conclusions. (&#8230;) Cet itin&#233;raire num&#233;ro un est long, sinueux et implique de nombreux arr&#234;ts. (&#8230;) C'est ici qu'intervient l'itin&#233;raire num&#233;ro deux. Le thalamus se situe pr&#232;s de l'amygdale, &#224; laquelle il est reli&#233; par un &#233;pais faisceau de neurones. L'amygdale, &#224; son tour, est &#233;troitement reli&#233;e &#224; l'hypothalamus qui contr&#244;le la r&#233;ponse corporelle &#8211; affrontement ou fuite. (&#8230;) L'information circule des yeux au corps en quelques milli&#232;mes de secondes. &#187; De ces remarques de Rita Carter, nous d&#233;duisons d'abord qu'il existe des circuits c&#233;r&#233;braux conscients qui passent pas le cortex et des circuits c&#233;r&#233;braux non conscients qui n'y passent pas. Nous remarquons ensuite que les diff&#233;rents circuits fonctionnent g&#233;n&#233;ralement en m&#234;me temps. Le conscient ne s'oppose pas au non-conscient. Enfin, nous remarquons que le circuit non-conscient est de loin le plus rapide. Enfin, une derni&#232;re remarque qui est tout aussi g&#233;n&#233;rale : le non-conscient li&#233; &#224; un m&#233;canisme de refoulement freudien implique g&#233;n&#233;ralement l'amygdale. Rita Carter rapporte ainsi : &#171; Des recherches r&#233;centes indiquent que les souvenirs inconscients seraient conserv&#233;s dans l'amygdale &#8211; une aire c&#233;r&#233;brale dont jamais, jusqu'alors, on n'avait imagin&#233; qu'elle pouvait &#234;tre un lieu de stockage de m&#233;moire. Selon LeDoux, l'amygdale enregistrerait les souvenirs inconscients de la m&#234;me mani&#232;re que l'hippocampe enregistre les souvenirs conscients. (&#8230;) Si le souvenir activ&#233; par l'amygdale est suffisamment intense, il peut devenir incontr&#244;lable et d&#233;clencher des r&#233;actions corporelles si spectaculaires que la personne revit le traumatisme r&#233;el avec toutes ses manifestations sensorielles. Cet &#233;tat psychique &#8211; un d&#233;sordre posttraumatique &#8211; est manifestement li&#233; &#224; une exp&#233;rience particuli&#232;rement terrifiante. Il arrive toutefois que ces souvenirs inconscients &#233;mergent de l'amygdale sans que surgissent simultan&#233;ment les souvenirs conscients qui pourraient les associer &#224; un &#233;v&#233;nement particulier. La peur irrationnelle alors ressentie peut rester vague &#8211; et g&#233;n&#233;rer une simple angoisse diffuse &#8211; ou exploser soudainement &#8211; et donner une crise de panique. Si le sentiment est provoqu&#233; par un stimulus conscient, il peut se r&#233;v&#233;ler &#234;tre une phobie. Les souvenirs inconscients se forment plus facilement lors d'&#233;v&#233;nements particuli&#232;rement stressants, car les hormones et les neurotransmetteurs qui se lib&#232;rent alors excitent l'amygdale &#8211; et affectent &#233;galement le traitement des souvenirs conscients. (&#8230;) LeDoux a montr&#233; &#8211; du moins, chez le rat &#8211; qu'un stimulus conditionn&#233; (g&#233;n&#233;rateur de peur) n'est pas n&#233;cessairement enregistr&#233; au niveau conscient. &#187; Rita Carter cite l'ouvrage du neurologue Joseph LeDoux intitul&#233; &#171; Le cerveau &#233;motionnel &#187; : &#171; Le sentiment conscient d'une &#233;motion n'est certainement pas indispensable au fonctionnement des syst&#232;mes &#233;motionnels. La plupart des r&#233;actions &#233;motionnelles sont g&#233;n&#233;r&#233;es inconsciemment. Freud avait parfaitement raison de comparer la conscience avec la partie immerg&#233;e de l'iceberg mental. (&#8230;) Les connexions reliant les syst&#232;mes &#233;motionnels aux syst&#232;mes cognitifs sont plus puissants que celles allant en sens inverse. &#187; Comme on le constate, il n'est pas exact que les &#233;tudes neurologiques iraient n&#233;cessairement a contrario de toutes les approches psychologiques, en particulier de celle de la psychanalyse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tudes des zones d'activit&#233; c&#233;r&#233;brales nous donnent des informations sur les maladies nerveuses, nous permettant par exemple d'examiner quelles zones, quels circuits sont concern&#233;s. Rita Carter rapporte ainsi dans l'ouvrage pr&#233;c&#233;demment cit&#233; : &#171; Certaines aires d'un cerveau d&#233;pressif manifestent une hyperactivit&#233;. C'est le cas du bord ext&#233;rieur du lobe pr&#233;frontal. Michael Posner et Marcus Raichle, qui exercent &#233;galement &#224; l'Ecole de m&#233;decine de l'universit&#233; de Washington, ont d&#233;couvert que chez les gens normaux, cette zone s'active lors de tests sollicitant la m&#233;moire &#224; long terme ou lors de la rem&#233;moration d'&#233;pisodes tristes de la vie. Son r&#244;le semble donc &#234;tre de conserver dans la conscience les souvenirs &#224; long terme. Les autres r&#233;gions hyperactives sont l'amygdale et le cortex cingulaire ant&#233;rieur ; cette zone, qui s'&#233;veille lorsque nous faisons un effort de concentration, est particuli&#232;rement active lorsque nous enregistrons des r&#233;actions &#8211; par exemple, la douleur &#8211; g&#233;n&#233;r&#233;es &#224; l'int&#233;rieur de notre cerveau. Toutes ces r&#233;gions sont interconnect&#233;es &#8211; l'activation de l'une entra&#238;ne la stimulation des autres. Selon Posner, les &#233;tats d&#233;pressifs seraient caus&#233;s par l'activation d'un circuit par lequel l'amygdale injecte des sentiments n&#233;gatifs dans la conscience ; le lobe pr&#233;frontal extrait alors des souvenirs &#224; long terme correspondant &#224; ces sentiments, le cortex cingulaire ant&#233;rieur s'empare de ces sentiments et emp&#234;che l'attention de se porter sur des &#233;l&#233;ments positifs, le thalamus maintenant l'activit&#233; du circuit tout entier. Si cette interpr&#233;tation est correcte, elle rend compte de nombreux aspects d&#233;routants des &#233;tats d&#233;pressifs. L'action du cortex cingulaire ant&#233;rieur explique pourquoi les rem&#232;des habituels &#224; la tristesse sont inop&#233;rants. (&#8230;) L'implication de l'amygdale explique la tristesse apparemment gratuite associ&#233;e &#224; cet &#233;tat. Nous l'avons vu, l'amygdale ne g&#233;n&#232;re pas de concepts et produit seulement des &#233;motions. Elle explique &#233;galement l'efficacit&#233; des m&#233;dicaments qui augmentent la concentration des neurotransmetteurs : ils activent les aires qui doivent &#234;tre activ&#233;es et d&#233;sactivent celles qui doivent &#234;tre d&#233;sactiv&#233;es. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tudes en neurosciences expliquent donc &#224; la fois l'efficacit&#233; des m&#233;thodes psychanalytiques et celles des m&#233;dicaments. Elles n'opposent pas le niveau psychologique et le niveau physiologique. Les neurosciences justifient l'id&#233;e que laisser la pens&#233;e se promener sans &#234;tre guid&#233;e par la r&#233;flexion permet d'&#233;voquer d'anciens souvenirs qui nous d&#233;rangent et dont on ne se rappelle plus. Rita Carter rappelle ainsi que &#171; Les r&#233;miniscences cach&#233;es induisant des sentiments de peur sont vraisemblablement stock&#233;es dans l'amygdale plut&#244;t que dans le cortex. Inutile d'y penser car l'activit&#233; corticale tend &#224; r&#233;duire l'activation de l'amygdale. Voil&#224; sans doute pourquoi les souvenirs de traumatismes enregistr&#233;s dans l'amygdale semblent resurgir dans la conscience lorsque nous nous relaxons et laissons notre esprit vagabonder, comme dans la technique psychanalytique d'association libre. &#187; Loin d'opposer psychisme et fonctionnement mat&#233;riel du cerveau, les &#233;tudes r&#233;centes en neurosciences, coupl&#233;es &#224; la psychologie cognitive, semblent donner une base mat&#233;rielle &#224; la fois au processus conscient de l'intelligence et au processus inconscient. Le monde fictionnel (inconscient) a une base mat&#233;rielle aussi solide que la conscience. Il semble m&#234;me &#234;tre l'univers sur lequel se fonde la conscience, un univers agit&#233; qui serait la base, par un processus permanent d'auto-organisation, de toutes les pens&#233;es conscientes. Les pens&#233;es inconscientes auraient une capacit&#233; &#224; s'autod&#233;truire &#224; grande vitesse et la pens&#233;e consciente serait l'inhibition de cette autodestruction. La r&#233;alit&#233; de l'effet de pens&#233;es fictionnelles sur notre cerveau est bien connue, puisque nous pouvons les produire nous-m&#234;mes. C'est la source de l'effet que produisent sur nous les images fictions de la t&#233;l&#233; ou les sons de la radio. Ces images et ces sons s'adressent au moins autant &#224; notre conscience qu'&#224; notre inconscient.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Faites vous plaisir&#8230; en lisant sur le plaisir&#8230;</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article5657</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.org/spip.php?article5657</guid>
		<dc:date>2018-02-28T00:57:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Faites vous plaisir&#8230; en lisant sur le plaisir&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Article &#171; plaisir &#187; de l'Encyclop&#233;die de Diderot &lt;br class='autobr' /&gt;
Freud, Au-del&#224; du principe de plaisir &lt;br class='autobr' /&gt;
Plaisir et motivation, dans les neurosciences &lt;br class='autobr' /&gt;
La dialectique du plaisir &lt;br class='autobr' /&gt;
Thomas d'Aquin, le plaisir et la sexualit&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le point de vue du philosophe Alain &lt;br class='autobr' /&gt;
La crise du plaisir &lt;br class='autobr' /&gt;
La f&#234;lure du plaisir &lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#233;nigmes du plaisir &lt;br class='autobr' /&gt;
Platon, philosophe du plaisir &lt;br class='autobr' /&gt;
Le plaisir dans le cerveau &lt;br class='autobr' /&gt;
Le cerveau du plaisir &lt;br class='autobr' /&gt;
Raison et plaisir &lt;br class='autobr' /&gt;
Plaisir alimentaire (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique107" rel="directory"&gt;Les neurosciences peuvent-elles nous &#233;clairer sur la validit&#233; de la notion de l'inconscient freudien ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Faites vous plaisir&#8230; en lisant sur le plaisir&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://encyclop&#233;die.eu/index.php/logique/823092813-synonyme/705553790-PLAISIR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Article &#171; plaisir &#187; de l'Encyclop&#233;die de Diderot&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://classiques.uqac.ca/classiques/freud_sigmund/essais_de_psychanalyse/Essai_1_au_dela/Au_dela_principe_plaisir.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Freud, Au-del&#224; du principe de plaisir&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikibooks.org/wiki/Neurosciences/Le_plaisir_et_la_motivation&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Plaisir et motivation, dans les neurosciences&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=w1VQS176bfMC&amp;printsec=frontcover&amp;dq=plaisir&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;q=plaisir&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La dialectique du plaisir&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://classiques.uqac.ca/contemporains/blais_martin/thomas_aquin_plaisir_sexualite/thomas_aquin_plaisir_sexualite.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Thomas d'Aquin, le plaisir et la sexualit&#233;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://classiques.uqac.ca/classiques/Alain/propos_sur_le_bonheur/propos_sur_le_bonheur.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le point de vue du philosophe Alain&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=9mqtLZjEresC&amp;printsec=frontcover&amp;dq=plaisir&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;q=plaisir&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La crise du plaisir&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=ju82muVt570C&amp;printsec=frontcover&amp;dq=plaisir&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;q=plaisir&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La f&#234;lure du plaisir&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=-B2yFJnrL4oC&amp;pg=PA206&amp;dq=plaisir&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;q=plaisir&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les &#233;nigmes du plaisir&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=LPs0COzVx5IC&amp;printsec=frontcover&amp;dq=plaisir&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;q=plaisir&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Platon, philosophe du plaisir&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=J9XAAgAAQBAJ&amp;pg=PA54&amp;dq=plaisir+et+cerveau&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;q=plaisir%20et%20cerveau&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le plaisir dans le cerveau&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=UR7XCwAAQBAJ&amp;pg=PT70&amp;dq=plaisir+et+cerveau&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;q=plaisir%20et%20cerveau&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le cerveau du plaisir&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=v31rDyU7gOAC&amp;printsec=frontcover&amp;dq=plaisir+et+cerveau&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;q=plaisir%20et%20cerveau&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Raison et plaisir&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.canal-u.tv/video/chaire_anca/attentes_et_plaisir_alimentaire.20054&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Plaisir alimentaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.canal-u.tv/video/ehess/5_se_droguer_pour_le_plaisir.32663&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Drogue et plaisir&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Plaisir_du_beau_et_le_plaisir_du_jeu_d%E2%80%99apr%C3%A8s_l%E2%80%99%C3%A9cole_de_l%E2%80%99%C3%A9volution&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Plaisir du beau et le plaisir du jeu&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Nouvelle_Th%C3%A9orie_des_plaisirs&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Th&#233;orie des plaisirs&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/La_Haine_du_plaisir_dans_le_puritanisme_anglais&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le puritanisme contre le plaisir&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Plaisirs_vicieux&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Plaisirs vicieux&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=SSOX0DMdoq4C&amp;printsec=frontcover&amp;dq=plaisir&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;q=plaisir&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire encore sur le plaisir&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La preuve de l'inconscient freudien par l'hypnose</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article4369</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.org/spip.php?article4369</guid>
		<dc:date>2014-09-03T01:40:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Psychanalyse</dc:subject>
		<dc:subject>Freud</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Avertissement : il ne s'agit nullement dans ce texte de dresser une identit&#233; entre hypnose et psychanalyse, ni pour leurs proc&#233;d&#233;s th&#233;rapeutiques, ni pour leur analyse de l'inconscient, ni pour leur mani&#232;re de rendre conscientes les pens&#233;es inconscientes. Cependant, nous tenterons de montrer que les deux domaines s'appuient mutuellement et ont en commun l'existence objective d'un inconscient du m&#234;me type et du m&#234;me type de relations entre conscience et inconscient.&#171; Vous savez beaucoup plus (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique107" rel="directory"&gt;Les neurosciences peuvent-elles nous &#233;clairer sur la validit&#233; de la notion de l'inconscient freudien ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot83" rel="tag"&gt;Psychanalyse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot170" rel="tag"&gt;Freud&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Avertissement : il ne s'agit nullement dans ce texte de dresser une identit&#233; entre hypnose et psychanalyse, ni pour leurs proc&#233;d&#233;s th&#233;rapeutiques, ni pour leur analyse de l'inconscient, ni pour leur mani&#232;re de rendre conscientes les pens&#233;es inconscientes. Cependant, nous tenterons de montrer que les deux domaines s'appuient mutuellement et ont en commun l'existence objective d'un inconscient du m&#234;me type et du m&#234;me type de relations entre conscience et inconscient.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4514 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L440xH327/masques-b31c8.jpg?1779689359' width='440' height='327' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Vous savez beaucoup plus de choses que vous savez que vous ne savez. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Milton H.Erickson&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La preuve de l'inconscient freudien par l'hypnose&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'hypnose fait clairement appel &#224; la notion d'inconscient et &#224; l'effort pour faire venir au niveau conscient des sentiments et des faits rest&#233;s inconscients. Quelle que soit la technique d'hypnose adopt&#233;e, il s'agit de mettre un patient dans un &#233;tat o&#249; sa parole, ses r&#233;ponses &#224; l'hypnotiseur, permettront de mettre &#224; jour ces sentiments ou ces faits jusque l&#224; ignor&#233;s. La question pos&#233;e est donc : est-ce qu'il s'agit du m&#234;me concept d' &#171; inconscient &#187; que dans la th&#232;se freudienne de la psychanalyse ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sygmund Freud n'a pas &#233;tudi&#233; l'hypnose, m&#234;me s'il lui arriv&#233;, &#233;tant jeune, de travailler avec des sp&#233;cialistes de l'&#233;poque de ce domaine. Il a certainement vu la connexion entre les ph&#233;nom&#232;nes se produisant sous hypnose et la psychanalyse mais il n'a pas trop d&#233;velopp&#233; cette question. Il tenait &#224; d&#233;velopper un domaine scientifique d'&#233;tude des maladies n&#233;vrotiques, totalement ind&#233;pendante d'autres domaines de la m&#233;decine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un premier point commun frappe : les deux ont pour but de faire revenir &#224; la surface des pens&#233;es et sentiments enfouis ou inhib&#233;s. Un autre point commun d'importance : les deux sont fond&#233;s sur la parole du malade. Un troisi&#232;me point commun : les deux supposent une histoire perturb&#233;e qui continue &#224; agir sur la personne, de mani&#232;re cach&#233;e et la n&#233;cessit&#233; de la mettre &#224; jour, de la rendre consciente pour se soigner. Dans les deux cas, il s'agit d'une science, d'une th&#233;rapie, d'une conception m&#233;dicale, et non d'une mystique, ni d'une magie, ni d'une recherche de force du mal ou de forces du bien&#8230; Les deux domaines sont reconnus aujourd'hui par la m&#233;decine et n'ont plus l'odeur de soufre d'autrefois. De nombreux m&#233;decins sont psychanalystes (souvent &#224; la fois psychiatres et psychanalystes). Les h&#244;pitaux utilisent l'hypnose pour op&#233;rer des malades que l'on ne peut pas anesth&#233;sier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme lors de l'analyse psychanalitique, la personne conserve sa conscience mais sa parole d&#233;passe sa pens&#233;e consciente, inhib&#233;e, dirig&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freud a tr&#232;s peu pratiqu&#233; l'hypnose puis l'a d&#233;finitivement abandonn&#233;e, estimant que la technique employ&#233;e n'&#233;tait pas encore assez au point. Cependant, il areconnu un lien avec ses &#233;tudes psychanalytiques suivantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freud le rappelle lui-m&#234;me ses liens avec l'hypnose dans son &#171; Introduction &#224; la psychanalyse &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Dans notre technique, nous avons seulement abandonn&#233; l'hypnose pour red&#233;couvrir la suggestion sous la forme du transfert. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas un hasard si la notion clef de Milton H. Erickson, l'un des plus grands sp&#233;cialistes de l'hypnose, est celle de l'inconscient. Il d&#233;finit l'hypnose comme un dialogue du patient avec lui-m&#234;me dans lequel le patient peut acc&#233;der &#224; des niveaux inconscients de sa propre personnalit&#233;, niveaux auxquels il doit acc&#233;der pour soigner sa pathologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;thode d'Erickson est fond&#233;e, comme celle de Freud, sur le langage, sur les mots, sur les analogies, sur les images verbales&#8230; Dans les deux cas, la technique est celle de la narration du patient. Dans les deux cas, c'est le patient qui parle et pas, pour l'essentiel, le th&#233;rapeute, le psychologue. Dans les deux cas, l'hypnose d'Erikson et la psychanalyse de Freud, la sexualit&#233; est consid&#233;r&#233;e comme le centre des pr&#233;occupations individuelles. Dans les deux cas, la suggestion est le m&#233;canisme psychologique auquel il est fait appel. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le th&#233;rapeute n'est pas cens&#233; soigner en d&#233;finissant la maladie de mani&#232;re m&#233;dicale mais en permettant au malade d'explorer celle-ci librement avec ses propres termes et selon son propre rythme ou son propre mode. Dans les deux cas, le patient r&#233;alise un voyage dans son propre pass&#233;, pass&#233; qu'il r&#233;actualise par son appr&#233;ciation actuelle. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les deux cas, il ne s'agit nullement d'un interrogatoire mais d'une libre parole o&#249; le patient raconte ce qui lui plait et o&#249; le th&#233;rapeute respecte les silences que le patient tient &#224; pr&#233;server sur certaines questions. Dans les deux cas aussi, le patient doit &#234;tre bien install&#233;, allong&#233; dans un fauteuil, sans risque de perturbation ext&#233;rieure. Dans les deux cas, l'association d'id&#233;es, les r&#233;ponses automatiques, les fautes d'inattention, la parole libre, la m&#233;moire sont sollicit&#233;es pour permettre &#224; l'inconscient de s'exprimer. Dans les deux cas, il y a une m&#233;moire inconsciente ou du moins dont on ignore qu'elle peut acc&#233;der &#224; la conscience. Dans les deux cas, il ne s'agit nullement de &#171; dons &#187; du th&#233;rapeute, de &#171; pouvoirs &#187;, de &#171; magie &#187;, d'appel &#224; des esprits, &#224; des d&#233;mons ni &#224; des dieux. Il s'agit dans les deux cas d'une m&#233;thode qui s'enseigne, qui n'a rien &#224; cacher, qui n'a pas besoin de camouflages, qui s'expose et s'explique m&#234;me si, dans les deux cas, on ne conna&#238;t pas exactement les m&#233;canismes neuronaux qui fonctionnent. Dans les deux cas, la relation entre le patient et le th&#233;rapeute est personnelle. On peut &#233;chouer une psychanalyse avec un psychanalyste et la r&#233;ussir avec un autre comme on peut r&#233;ussir une hypnose avec un hypnotiseur et la r&#233;ussir avec un autre. Dans les deux cas, il s'agit d'un processus dans lequel le principe actif vient du patient mais o&#249; le th&#233;rapeute ext&#233;rieur est indispensable, ne peut pas &#234;tre le patient ni un proche. Dans les deux cas, il faut beaucoup d'attention, de patience et une grande &#233;coute du th&#233;rapeute&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; d'autres m&#233;thodes m&#233;dicales, le but n'est pas que le sp&#233;cialiste sp&#233;cifie un nom de maladie et un rem&#232;de mais que le malade trouve sa voie et que cela lui serve de rem&#232;de.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la psychanalyse comme dans l'hypnose, on dispose d'une th&#233;rapie fond&#233;e sur des m&#233;canismes spontan&#233;s du cerveau. C'est en effet spontan&#233;ment que les hommes repassent leur pass&#233; dans leurs r&#232;ves qu'au matin, ils analysent leurs r&#232;ves, et parfois en parlent avec des proches. C'est &#233;galement spontan&#233;ment que le cerveau passe par des &#233;tats d'hypnose en plein &#233;veil. Ce sont tous les stades o&#249; l'homme est dans une activit&#233; automatique, comme lorsqu'il conduit un v&#233;hicule, marche, court, &#233;coute ou joue de la musique, etc&#8230; Il se rend souvent compte brutalement qu'il ne pensait plus &#224; rien, qu'il &#233;tait dans un &#233;tat second, qu'il ne contr&#244;lait plus consciemment. D'o&#249; un sentiment brutal du conducteur de r&#233;aliser d'un seul coup qu'il ne sait plus s'il est sur la bonne route ou du joeur de musique celui de se demander s'il va se rappeler de la suite de la partition, ou encore du coureur de se demander o&#249; il en est de son circuit. En &#233;tat d'hypnose, l'homme a des r&#233;actions parfaitement correctes. Un automobiliste conduira correctement, s'il sait bien conduire mais sa conscience est dans un &#233;tat de quasi repos. Son inconscient, par contre, est en pleine activit&#233;. Bien des gens ignorent pourquoi conduire un v&#233;hicule, courir, &#233;couter ou jouer de la musique leur fait temps de bien : c'est parce que leur conscience, trop possessive en temps normal, laisse enfin leur inconscient travailler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La comparaison des deux th&#233;rapies n'est donc pas gratuite&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les deux cas, psychanalyse et hypnose, l'&#233;tude neurologique du cerveau a montr&#233; l'activation accentu&#233;e d'une zone appel&#233;e ACC ou Cortex Cingulaire Ant&#233;rieur. Or, dans les deux cas, on fait appel &#224; des processus inconscients qui semblent activer les m&#234;mes zones du cerveau ou du moins des zones communes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, hypnose et psychanalyse soignent le m&#234;me type de maladies neurologiques et psychologiques (d&#233;pression, phobie, douleur psychique, n&#233;vrose, deuil,&#8230;). La th&#233;rapie cherche &#224; faire venir &#224; la surface le pass&#233; et les sentiments inconscients qu'il rec&#232;le ou provoque. L'efficacit&#233; de l'hypnose est prouv&#233;e par l'utilisation en h&#244;pital pour les hypnoses rempla&#231;ant l'anesth&#233;sie g&#233;n&#233;rale avant op&#233;ration chirurgicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux th&#233;rapies ont encore en commun de ne pas chercher &#224; soigner les causes mais &#224; s'accommoder avec elles, &#224; les accepter, &#224; les comprendre, &#224; les supporter ou &#224; les analyser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enseignement de la th&#233;rapie ne n&#233;cessite, dans les deux cas, aucun pouvoir particulier de l'apprenti th&#233;rapeute mais un travail, un enseignement, une formation professionnelle. Il ne s'agit ni d'un rituel, ni d'un pouvoir, ni d'un don, ni d'une capacit&#233; personnelle. La m&#233;thode n'est pas pr&#233;sent&#233;e par les vrais th&#233;rapeutes comme une panac&#233;e ni comme une m&#233;thode qui donne n&#233;cessairement ni la v&#233;rit&#233; ni le soin recherch&#233;. Cela n'a aucun caract&#232;re magique ni religieux ni mystique. Bien s&#251;r, dans ce domaine comme dans d'autres, il y a des arnaques possibles. Mais la m&#233;decine n'a pas moins ses profiteurs, ses charlatans et ses imitateurs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme pour la psychanalyse, l'hypnose est confirm&#233;e par des &#233;tudes neurologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est ce que l'&#233;tat de &#171; transe hypnotique &#187; du point de vue neuronal ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau c&#233;r&#233;bral, les travaux des neurosciences ont permis de mesurer diff&#233;rents &#171; &#233;tats &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ondes delta : de 0,5 &#224; 4 Hz, celles du sommeil profond, sans r&#234;ves.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ondes th&#234;ta : de 4 &#224; 7 Hz, celles de la relaxation profonde, en plein &#233;veil, atteinte notamment par les m&#233;ditants exp&#233;riment&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ondes alpha : de 8 &#224; 13 Hz, celles de la relaxation l&#233;g&#232;re et de l'&#233;veil calme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ondes b&#234;ta : 14 Hz et plus, celles des activit&#233;s courantes. &#201;trangement, les ondes c&#233;r&#233;brales passent au b&#234;ta pendant les courtes p&#233;riodes de sommeil avec r&#234;ve (sommeil paradoxal), comme si les activit&#233;s du r&#234;ve &#233;taient des activit&#233;s &#171; courantes &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les ondes Alpha de 8 &#224; 13 Hz sont les ondes de la transe hypnotique. Lorsque vous fermez les yeux et que vous vous installez confortablement allong&#233;, cet &#233;tat de calme ou de relaxation l&#233;g&#232;re favorise la diminution de la fr&#233;quence des ondes du cerveau. Vous avez une meilleure perception de tous vos sens et vous devenez beaucoup plus &#224; l'&#233;coute de votre intuition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;veloppons maintenant le rapport entre le transfert psychanalytique et l'hypnose&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;http://www.psychaanalyse.com/pdf/Hypnose_psychanalyse_questions.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le nouvel ouvrage de Nathan Tobie, une critique de l'interpr&#233;tation des r&#234;ves de Freud par l'ethnopsychiatrie</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article3534</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.org/spip.php?article3534</guid>
		<dc:date>2013-07-02T02:43:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Psychanalyse</dc:subject>
		<dc:subject>Freud</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le nouvel ouvrage de Nathan Tobie, une critique de l'interpr&#233;tation des r&#234;ves de Freud par l'ethnopsychiatrie &lt;br class='autobr' /&gt;
Le grand public a tendance &#224; confondre dans un m&#234;me ensemble les trois courants que sont la psychologie, la psychiatrie et la psychanalyse. Ceux qui se plongent davantage dans les th&#232;ses de ces trois grands ensembles parviennent g&#233;n&#233;ralement &#224; la th&#232;se selon laquelle ces disciplines s'opposent entre elles. Cela n'est pas &#233;tonnant : l'essentiel des auteurs les opposent (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique107" rel="directory"&gt;Les neurosciences peuvent-elles nous &#233;clairer sur la validit&#233; de la notion de l'inconscient freudien ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot83" rel="tag"&gt;Psychanalyse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot170" rel="tag"&gt;Freud&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3918 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L270xH270/la-nouvelle-interpretation-des-reves-de-christophe-andre-936804238_ML-a2b84.jpg?1779689359' width='270' height='270' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le nouvel ouvrage de Nathan Tobie, une critique de l'interpr&#233;tation des r&#234;ves de Freud par l'ethnopsychiatrie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le grand public a tendance &#224; confondre dans un m&#234;me ensemble les trois courants que sont la psychologie, la psychiatrie et la psychanalyse. Ceux qui se plongent davantage dans les th&#232;ses de ces trois grands ensembles parviennent g&#233;n&#233;ralement &#224; la th&#232;se selon laquelle ces disciplines s'opposent entre elles. Cela n'est pas &#233;tonnant : l'essentiel des auteurs les opposent effectivement. Mais, en sciences, on constate souvent de telles inimiti&#233;s entre disciplines : les chimistes n'aiment pas les physiciens et r&#233;ciproquement, les chercheurs fondamentaux n'aiment pas les exp&#233;rimentateurs et r&#233;ciproquement, les sp&#233;cialistes de physique des solides n'aiment pas ceux de la physique des particules et les uns et les autres n'aiment pas les sp&#233;cialistes de l'astrophysique et r&#233;ciproquement, les pal&#233;ontologues n'aiment pas les sp&#233;cialistes de la biologie du d&#233;veloppement et j'en passe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fort heureusement, il y a des exceptions ! Et des auteurs qui n'opposent pas les diff&#233;rentes d&#233;marches et qui s'aper&#231;oivent qu'elles ne posent tout simplement pas les m&#234;mes questions au monde et ne risquent pas de donner les m&#234;mes r&#233;ponses. Ce qui n'emp&#234;che pas l'unit&#233; du monde ni la validit&#233; des diverses recherches dans leur domaine d'application&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas une mani&#232;re unique de soigner une paralysie d'un membre. Il y a au contraire de multiples mani&#232;res suivant la cause de cette maladie. Cela peut &#234;tre un probl&#232;me moteur, un probl&#232;me neurologique, un probl&#232;me psychologique, psychiatrique, psychanalytique, etc&#8230; C'est le contexte particulier qui peut r&#233;pondre &#224; cette question et pas l'affirmation selon laquelle une des disciplines pr&#233;vaudrait sur les autres. L'&#234;tre humain est une unit&#233; au sein de laquelle corps et esprit ne peuvent nullement se s&#233;parer et n'ont jamais &#233;t&#233; s&#233;par&#233;s. On ne peut jamais exclure des causes psy ou des causes physiologiques et souvent les deux sont li&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Psychiatrie, psychologie et psychanalyse n'ont ni les m&#234;mes m&#233;thodes ni les m&#234;mes buts. La psychiatrie est m&#233;decine et recherche une action m&#233;dicale sur la maladie. En particulier, le psychiatre donnera des m&#233;dicaments au malade qui est dans une phase aigu&#235; et qui en a absolument besoin. Le psychologue et le psychiatre ne sont g&#233;n&#233;ralement pas des m&#233;decins et ne donnent pas des m&#233;dicaments. La psychologie cherche &#224; ce que la personne r&#233;fl&#233;chisse sur les difficult&#233;s qu'il constate afin d'en supporter les effets, qu'elle s'adapte &#224; son environnement ou essaie de trouver une mani&#232;re de vivre avec. La psychanalyse affirme que nous refusons une fraction inconsciente de nous-m&#234;mes d'acc&#233;der &#224; la conscience et que cette inhibition est devenue trop douloureuse pour pouvoir continuer ainsi. Mais la venue de l'inconscient &#224; la conscience n'est pas faite spontan&#233;ment. Il faut une aide qui est le fait de parler &#224; une personne compl&#232;tement ext&#233;rieure et anonyme qui ne servira pas &#224; vous expliquer votre inhibition mais seulement &#224; vous permettre de l'exposer. Le fait d'ext&#233;rioriser l'inhibition suffira &#224; en d&#233;samorcer l'agressivit&#233; interne contre le malade. Il faut donc retenir que nous avons l&#224; trois disciplines diff&#233;rentes &#224; rajouter &#224; la neurophysiologie et que ces disciplines ne se contredisent pas autant que leurs auteurs le pr&#233;tendent. Il n'est nullement n&#233;cessaire de donner raison &#224; l'une contre les autres puisqu'elles ne se posent pas les m&#234;mes probl&#232;mes et traitent en r&#233;alit&#233; de maladies diff&#233;rentes ou &#224; un stade diff&#233;rent. Il peut arriver qu'un malade ait besoin &#224; la fois de deux ou plus de ces disciplines ou, au contraire, qu'il n'est besoin que de l'une d'elles. Cela ne dit pas que les autres soient toujours inutiles&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouvrage que nous voulons commenter ici, &#171; La nouvelle interpr&#233;tation des r&#234;ves &#187; de Nathan Tobie fait partie de la th&#232;se de la psychiatrie, dans une de ses parties appel&#233;e ethnopsychiatrie et se croit classiquement oblig&#233;e de s'opposer &#224; la psychanalyse de Freud. Classiquement car la plupart des psychiatres sont hostiles aux th&#232;ses de Freud. C'est en partie obligatoire que ce qui s'intitule &#171; une nouvelle th&#232;se &#187; sur les r&#234;ves contredise Freud, dans la mesure o&#249; les th&#232;ses de Freud sur le r&#234;ve sont parmi les plus connues, sinon reconnues, et tr&#232;s cit&#233;es parmi les &#233;tudes sur ce domaine. Mais on trouve aussi la n&#233;cessit&#233; pour une &#233;tude psychiatrique de d&#233;molir la th&#232;se de Freud pour mieux affirmer l'appartenance &#224; la famille psychiatrique, ce qui est bien plus une affirmation de clan que de conviction, surtout quand les accusations contre les th&#233;ories freudiennes sont de simple affirmations peu argument&#233;es. Et pour cela de dresser une caricature de la th&#232;se de Freud. Par exemple, celle consistant &#224; dire que son interpr&#233;tation des r&#234;ves n'aurait rien &#224; voir avec l'individu, avec son existence particuli&#232;re, singuli&#232;re, individuelle ou encore que Freud ne proposerait aucune forme de th&#233;rapie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend cependant que la psychiatrie insiste sur l'action puisque, contrairement &#224; la psychologie et &#224; la psychanalyse, elle est du domaine de la m&#233;decine, du soin, du m&#233;dicament, du traitement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend aussi que l'ethnopsychiatrie qui remet en selle l'importance du substrat religieux, mythique, ethnique, culturel, critique la th&#232;se de Freud, accus&#233;e de d&#233;barrasser l'interpr&#233;tation des r&#234;ves de ses explications diaboliques, d'interventions de sorci&#232;res, de mauvais sorts, et autres explications d&#233;velopp&#233;es par les anciennes soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Tobie ne se contente pas de cela. Il d&#233;fend contre Freud la n&#233;cessit&#233; des religions alors que Freud combattait les religions. Il ne s'agit donc pas seulement d'un d&#233;bat sur l'interpr&#233;tation des r&#234;ves. Tout l'ouvrage de Tobie est &#233;loge parfaitement enthousiaste et subjectif de l'Ancien Testament des Juifs et particuli&#232;rement du Talmud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, Tobie cite Freud :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Un homme qui a soign&#233; son p&#232;re malade et qui a beaucoup souffert de sa mort fait, peu de temps apr&#232;s cette mort, le r&#234;ve absurde suivant : son p&#232;re &#233;tait de nouveau en vie et lui parlait. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tobie donne l'interpr&#233;tation suivante :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; A la diff&#233;rence de Freud, j'aurais interpr&#233;t&#233; ce r&#234;ve comme signe de l'absence de rituel accompli par cet homme lors des fun&#233;railles de son p&#232;re. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Tobie, les morts reviennent sur terre et nous parlent, modifient nos vies, agissent sur notre avenir. Il est en pleine interpr&#233;tation mystique, magique, religieuse et son ethnopsychiatrie consiste &#224; nous faire revenir vers les conceptions antiques du diable et de dieu&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tobie nous fait revenir au caract&#232;re diabolique des cauchemars. Son ethnopsychiatrie nous permet un retour en arri&#232;re de plusieurs centaines d'ann&#233;es et m&#234;me milliers d'ann&#233;es de la pens&#233;e ! Il nous ram&#232;ne aux sorciers, aux diables, au pouvoir du jeteurs de sorts et autre balivernes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Tobie, l'interpr&#232;te cr&#233;e le r&#234;ve et le r&#234;ve est une pr&#233;diction. Il retire tout caract&#232;re objectif au r&#234;ve, tout caract&#232;re mat&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici sa critique de Freud :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; La psychanalyse &#233;tait persuad&#233;e qu'elle &#233;tait parvenue &#224; chasser des r&#234;ves les d&#233;mons visiteurs en se r&#233;f&#233;rant au d&#233;sir du sujet. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Tobie d'&#233;radiquer les d&#233;sirs du sujet de l'interpr&#233;tation pour ramener l'intervention des d&#233;mons visiteurs !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Curieusement, en m&#234;me temps, il pr&#233;tend donner une signification biologique au r&#234;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, il s'appuie sur la th&#232;se de Michel Jouvet sur la nature du sommeil paradoxal, cette fraction du sommeil durant laquelle les r&#234;ves se produisent. &lt;br class='autobr' /&gt;
Citons Tobie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Qui souhaite penser l'interpr&#233;tation du r&#234;ve se trouve devant l'obligation de respecter la dynamique principale du sommeil paradoxal, consistant, nous venons de le rappeler, &#224; confirmer l'individu biologique dans sa sp&#233;cificit&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc le r&#234;ve aurait une fonction biologique de conservation ? Etonnante interpr&#233;tation due &#224; Michel Jouvet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tobie explique ainsi la th&#232;se de ce dernier :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Selon Michel Jouvet, le sommeil paradoxal permettrait au cerveau de se reprogrammer selon le sch&#233;ma initial inclus dans son code g&#233;n&#233;tique. Cette th&#233;orie expliquerait pourquoi certains animaux &#8211; les mammif&#232;res et les oiseaux &#8211; auraient besoin de cette fonction puisque, &#224; la diff&#233;rence des autres cellules de leur organisme, les cellules de leur cerveau sont priv&#233;es de la capacit&#233; de se r&#233;g&#233;n&#233;rer. De ce fait, ces cellules risquent de se faire prendre dans des organisations, des syst&#232;mes contraires &#224; la programmation g&#233;n&#233;tique de l'individu. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; quotidienne du r&#234;ve, qui permet aux cellules nerveuses de redevenir elles-m&#234;mes, pour ainsi dire, de venir se recaler sur leur programmation g&#233;n&#233;tique initiale. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; donc la g&#233;n&#233;tique venant au secours des religions, des croyances et mysticismes divers !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tobie en conclue :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le r&#234;ve est une machinerie biologique permettant aux individus de se restructurer chaque nuit selon leur programmation originelle et donc de se r&#233;initialiser en tant qu'individus g&#233;n&#233;tiquement uniques, malgr&#233; une socialisation maximale. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc l'individu devrait lutter contre la socialisation maximale pour revenir &#224; sa &#171; programmation originelle &#187;. Il n'y a plus qu'&#224; relier cette originalit&#233; &#224; l'origine ethnique de chaque personne et la boucle est boucl&#233;e. C'est exactement ce que fait Tobie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce que Tobie appelle tirer des conclusions des &#233;tudes en neurophysiologie qu'il appelle &#171; un rapide survol des d&#233;couvertes de la neurophysiologie moderne &#187; dont il aura pr&#233;alablement pr&#233;cis&#233; qu'elles contredisent les th&#232;ses de Freud sans dire pr&#233;cis&#233;ment pourquoi en en quoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, Tobie conclue encore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Nous retiendrons &#233;galement que, selon l'hypoth&#232;se de Jouvet, le r&#234;ve constitue un temps o&#249; la personne dialogue avec sa programmation g&#233;n&#233;tique initiale, c'est-&#224;-dire, d'une certaines mani&#232;re, avec son &#171; cr&#233;ateur &#187;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprendra que Tobie consid&#232;re que les r&#234;ves soient dus &#224; l'absence de pri&#232;res pour la mort des disparus, au retour des anc&#234;tres dont l'&#226;me vient d&#233;ranger les vivants et autres balivernes religieuses&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pr&#233;tendues d&#233;couvertes neurobiologiques qui sont cens&#233;es justifier ce &#171; retour &#187; au religieux, &#224; l'ethnique, au mystique, au spiritualisme sont tout &#224; fait inattendues et curieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A lire Tobie, on pourrait croire que toute la neurophysiologie s'est d&#233;termin&#233;e &#224; penser comme Jouvet mais c'est faux. Toute la neurophysiologie ne rejette pas Freud. Elle n'est pas enti&#232;rement d'accord que le r&#234;ve soit tout entier dans le sommeil paradoxal. La th&#233;orie actuelle de Jean Paul Tassin, au Coll&#232;ge de France, est que le sommeil paradoxal sert &#224; incorporer dans la m&#233;moire du cerveau les &#233;v&#233;nements de la veille. Selon J.P. Tassin et ses collaborateurs, le r&#234;ve aurait lieu durant le temps infime qui suit l'&#233;v&#233;nement qui a provoqu&#233; le r&#233;veil. Durant le sommeil, la conscience s'&#233;vanouit, les neurones s&#233;rotoninergiques et noradr&#233;nergiques cessent de fonctionner, l'information nerveuse ne peut &#234;tre maintenue au-del&#224; de quelques millisecondes dans le cerveau. Sans l'activation de ces neurones, la vision du paysage et les &#233;motions associ&#233;es &#224; cette exp&#233;rience sont tellement &#233;ph&#233;m&#232;res qu'elles ne peuvent &#234;tre per&#231;ues de mani&#232;re consciente, ce sont des images subliminales inclues dans le r&#234;ve. Seulement pour qu'il y ait r&#234;ve, il faut qu'il y ait conscience, et m&#234;me si le cerveau est actif, il n'y a ni conscience ni r&#234;ve&#8230; Mais alors comment expliquer l'impression que l'on a tous d'avoir r&#234;v&#233; durant la nuit ? Lors d'une nuit de sommeil classique, on peut se r&#233;veiller plus de dix fois. Ce sont des micro-r&#233;veils, le cerveau est en &#233;tat d'&#233;veil durant un tr&#232;s court instant, si court qu'il est rare de s'en rappeler au matin. Nous pourrions alors nous souvenir d'un r&#234;ve sans avoir le souvenir de nous &#234;tre &#233;veill&#233;. Pour J. P. Tassin, le r&#234;ve appara&#238;trait donc dans ces phases de micro-r&#233;veil, il serait finalement d&#233;pendant du sommeil puisqu'il faut qu'il y ait eu sommeil pour qu'il y ait r&#233;veil. Et Freud dans tout &#231;a ? Le cerveau est capable de produire des dizaines d'images en moins d'une seconde, et cette dizaine d'images trait&#233;e consciemment suffit &#224; raconter une histoire paraissant durer quelques minutes. Mais qu'en est-il de la coh&#233;rence de cette histoire ? Le r&#234;ve entre en jeu, cr&#233;ant des sc&#233;narii irr&#233;el et illogiques, mais aussi &#171; non censur&#233;s &#187; comme l'a not&#233; Freud. Ces r&#233;cits viennent de l'exp&#233;rience diurne du r&#234;veur, suscitant des images inconscientes qui seraient remises bout &#224; bout pendant les quelques micro-r&#233;veils de la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors &#224; quoi servirait la phase paradoxale ? Durant cette phase, les ondes c&#233;r&#233;brales issues du cerveau profond se propagent dans le cortex frontal, r&#233;activant ce que nous avons appris dans la journ&#233;e, et consolidant souvenirs et gestes. Tout ceci est inconscient, et le r&#234;ve serait au plus, la prise de conscience fugace de ces m&#233;canismes. Le chat c&#233;r&#233;brol&#233;s&#233; par M. Jouvet ne faisait que reproduire les gestes appris dans la journ&#233;e, peux-t-on r&#233;ellement affirmer qu'il r&#234;vait ? Ce qui permet de les r&#233;activer, de les faire revenir &#224; la conscience lors du r&#233;veil. En stimulant ces traces biologiques lors du r&#233;veil cr&#233;pusculaire, au moment o&#249; l'on sort graduellement du sommeil profond pour revenir &#224; l'&#233;tat d'&#233;veil, l'&#233;lectricit&#233; c&#233;r&#233;brale donne des moments de r&#234;ve semi-conscients. &#171; Cela veut dire que le r&#234;ve se fabrique durant tous les stades du sommeil, sommeil paradoxal et sommeil lent, mais avec des natures de r&#234;ves diff&#233;rentes, analyse Boris Cyrulnik. L'&#233;lectrophysiologie confirme la th&#233;orie freudienne sans exclure celle de Michel Jouvet. &#187; Il y a encore bien d'autres neurophysiologistes qui confirment Freud&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique92&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Nous rappelons ici que les neurosciences n'ont nullement infirm&#233; Freud&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul argument de Michel Jouvet consiste &#224; avoir d&#233;truit, chez les chats, une zone du cerveau inhibant les activit&#233;s motrices durant le sommeil et montr&#233; l'agitation des chats durant le r&#234;ve ce qui n'est nullement une preuve de la fameuse hypoth&#232;se anti-freudienne de Jouvet&#8230;Tobie r&#233;p&#232;te &#224; l'envi la th&#232;se de Jouvet dans son livre mais il n'y rajoute ni une preuve ni m&#234;me le moindre argument de raisonnement, ni un exemple !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien dans les exp&#233;riences de Jouvet n'est une preuve directe contre la psychanalyse de Freud contrairement &#224; ce qu'affirment ensemble Jouvet et Tobie. Que les chats agissent selon leurs pulsions apr&#232;s avoir d&#233;truit leur centre inhibiteur des activit&#233;s motrices n'est nullement une preuve contre la th&#232;se de Freud selon laquelle le r&#234;ve est l'expression de processus n&#233;vrotiques &#224; la fronti&#232;re du conscient et de l'inconscient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article3283&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Nous rappelons ici la th&#232;se de Freud sur les r&#234;ves&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'explique Andr&#233; Lussier de l'Universit&#233; de Montr&#233;al :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Jouvet d&#233;clare : &#171; Freud ne postule &#224; aucun&lt;br class='autobr' /&gt;
endroit des syst&#232;mes de neurones automatiquement actifs ou r&#233;gul&#233;s. La conclusion qui s'impose est que la th&#233;orie de Freud doit &#234;tre abandonn&#233;e&#8230; Aucun des facteurs postul&#233;s par Freud (&#233;nergie des d&#233;sirs inconscients) n'est un facteur causal&#8230; &#187; Mais comment le sait-il ? Il vient d'affirmer, quelques pages auparavant, que le neurologue ne conna&#238;t&lt;br class='autobr' /&gt;
encore rien du pourquoi de l'activit&#233; onirique ! Dogmatisme gratuit. Chasse aux sorci&#232;res. Le pourquoi neuronal va d&#233;loger la recherche du sens.&lt;br class='autobr' /&gt;
Recul de l'histoire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Jouvet croit finalement toucher le coeur du sujet et pouvoir donner le coup de gr&#226;ce &#224; Freud : &#171; La force agissante est une activation biologique des cellules du pont et non pas un d&#233;sir r&#233;prim&#233;&#8230; Ainsi, la motivation&lt;br class='autobr' /&gt;
premi&#232;re du langage du r&#234;ve ne peut pas &#234;tre d&#233;guis&#233;e&#8230; puisqu'elle n'est ni un instinct ni un d&#233;sir &#187;. La confusion des sc&#232;nes d'op&#233;ration et des syst&#232;mes de causalit&#233; est totale. Le psychique, dirait Andr&#233; Green, est &#171; d&#233;psychis&#233; &#187;. Le d&#233;guisement, lui, s'il existe, ne serait qu'un accident&lt;br class='autobr' /&gt;
secondaire de parcours, en surface. Tout est dans les cellules neuronales du pont. Les neurones m&#233;ritent toute notre admiration si c'est &#224; eux que les quadrapl&#233;giques doivent de r&#234;ver qu'ils courent. Je me permets de&lt;br class='autobr' /&gt;
signaler que des chercheurs en neurophysiologie du r&#234;ve viennent de prouver la fausset&#233; du r&#244;le attribu&#233; par Jouvet aux cellules du pont. Au cours de la minute accord&#233;e &#224; Freud, Jouvet y est all&#233; d'une v&#233;rit&#233; retentissante avec un calme olympien : les d&#233;couvertes des neurosciences sur le r&#234;ve classent Freud d&#233;sormais parmi les folkloristes, les conteurs d'histoires de grands-m&#232;res, les cr&#233;ateurs de science-fiction. C'est la notori&#233;t&#233; du conf&#233;rencier qui me fait m&#233;diter sur de telles affirmations, car, par ailleurs, depuis un si&#232;cle, la mort de Freud a &#233;t&#233; annonc&#233;e cent fois par des psychiatres et des psychologues ne disposant que de peu de connaissances de l'oeuvre de Freud. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tobie est ethnopsychiatre parce qu'il consid&#232;re qu'on doit relier un homme &#224; son ethnie. Cela signifie, selon lui, aux traditions, aux mystiques, aux croyances, aux traits raciaux, &#224; l'id&#233;ologie ancestrale, aux histoires lointaines qui devraient continuer &#224; peser sur les hommes. Et il pr&#233;conise de faire appel aux sorciers locaux, aux religieux ou plut&#244;t &#224; leur id&#233;ologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;crit ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le r&#234;ve est le terrain privil&#233;gi&#233; des morts&#8230; Pourquoi reviennent-ils ainsi investir les vivants ? Qu'est-ce qui du monde des vivants les int&#233;resse encore ? La r&#233;ponse est cette fois imm&#233;diate : les morts viennent exiger le r&#233;tablissement d'un ordre dont ils attendent leur progression dans le monde des morts&#8230; Nos organisations les plus accomplies nous viennent des morts&#8230; Alors, lorsqu'un mort revient en r&#234;ve, nous savons qu'il s'agit de restaurer un ordre : dans la gestion de son h&#233;ritage bien s&#251;r, mais aussi une dette impay&#233;e, une injustice manifeste qui perdure, une erreur dans la perception de la famille, de la lign&#233;e, de la descendance. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, bien entendu, ces balivernes sont justifi&#233;es par des d&#233;couvertes des neurosciences ?!!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conclusions de Tobie sont talmudiques :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le r&#234;ve te permet de recevoir les messages qui ne sont pas dans le monde&#8230; Rappelle-toi la phrase du talmudiste : &#171; Un r&#234;ve qui n'est pas interpr&#233;t&#233; est comme une lettre qui n'a pas &#233;t&#233; lue. &#187; (&#8230;) Mais, prends garde, aucun r&#234;ve ne peut &#234;tre interpr&#233;t&#233; par le r&#234;veur ; il ne parviendrait alors qu'&#224; produire un nouveau r&#234;ve, qui appellera encore plus un interpr&#232;te&#8230;. Car le r&#234;ve se r&#233;alisera &#224; partir de la parole de l'interpr&#232;te. (&#8230;) Tel est celui &#224; qui tu le raconteras, tel se r&#233;alisera ton r&#234;ve. (&#8230;) L'interpr&#233;tation est toujours une pr&#233;diction. (&#8230;) L'interpr&#233;tation annonce l'avenir. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc pr&#233;dictions, annonciations, exorcismes, mysticisme, messages ou vengeances des morts, la nouvelle interpr&#233;tation des r&#234;ves de Tobie est tr&#232;s loin (en arri&#232;re) de celle de Freud !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article206&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Comment Freud d&#233;molissait les religions&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les neurosciences peuvent-elles nous &#233;clairer sur la notion d'inconscient freudien ? </title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article1601</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.org/spip.php?article1601</guid>
		<dc:date>2010-08-24T08:50:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Psychanalyse</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lire ici - Read here&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique107" rel="directory"&gt;Les neurosciences peuvent-elles nous &#233;clairer sur la validit&#233; de la notion de l'inconscient freudien ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot83" rel="tag"&gt;Psychanalyse&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique107&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire ici - Read here&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
