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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;
Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.fr/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>La discontinuit&#233; psychologique, la peur humaine dans chacune des phases de l'individu</title>
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		<dc:date>2013-05-27T02:02:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Discontinuit&#233;</dc:subject>

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&lt;p&gt;La confiance est l'une des bases psychologiques indispensables de l'&#234;tre humain mais elle n'est pas aussi positive que nous le croyons souvent. Elle est inhibition des peurs... C'est une n&#233;gation dialectique. &lt;br class='autobr' /&gt;
La discontinuit&#233; psychologique, la peur humaine dans chacune des phases de l'individu &lt;br class='autobr' /&gt;
La peur de mourir, peur de souffrir, peur que les proches disparaissent, peur d'&#234;tre abandonn&#233; sont des souffrances successives de la petite enfance. La peur de ne pas se reconna&#238;tre dans un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot61" rel="tag"&gt;Discontinuit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La confiance est l'une des bases psychologiques indispensables de l'&#234;tre humain mais elle n'est pas aussi positive que nous le croyons souvent. Elle est inhibition des peurs... C'est une n&#233;gation dialectique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La discontinuit&#233; psychologique, la peur humaine dans chacune des phases de l'individu&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La peur de mourir, peur de souffrir, peur que les proches disparaissent, peur d'&#234;tre abandonn&#233; sont des souffrances successives de la petite enfance. La peur de ne pas se reconna&#238;tre dans un miroir, la peur de ne pas se reconna&#238;tre dans ses proches, la peur de ne pas &#234;tre reconnu par ses proches, la peur de la rupture sentimentale, la peur d'&#234;tre rejet&#233; qui peut amener &#224; anticiper soi-m&#234;me le rejet des autres, la peur de changer brutalement, dans les apparences et dans le fond, la peur de ne pas &#234;tre l'enfant de ses parents lui succ&#232;dent vers l'adolescence. Puis l'adulte conna&#238;t la peur de ne pas &#234;tre reconnu &#224; sa valeur, la peur de s'assembler avec un compagnon qui ne lui ressemblerait pas, la peur de reproduire un enfant qui ne lui ressemblerait pas, la peur de ne plus ressentir les m&#234;mes attirances physiques morales, mentales. Puis, l'&#226;ge avan&#231;ant, il y a la peur de ne plus &#234;tre capable physiquement, mentalement, sexuellement, socialement, moralement de ce qu'on pouvait faire autrefois, la peur de vieillir et de changer encore une fois. Lui succ&#232;de la peur de d&#233;railler, la peur de ne plus m&#233;moriser, de ne plus bien entendre, bien voir, bien comprendre les autres. Et on finit pas le d&#233;but : la peur de souffrir, de mourir, que les proches disparaissent. La boucle est boucl&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peur de la discontinuit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peur d'&#234;tre seul, peur d'avoir mal, peur de ne pas savoir quoi faire, peur de ne pas comprendre ou de ne pas &#234;tre compris, peur du noir, du vide, de la discontinuit&#233; du temps et de l'espace, peur du Mal diam&#233;tralement oppos&#233; au Bien. Plus on est stress&#233;, plus on a peur de la discontinuit&#233;, celle o&#249; on ne comprend plus ce que l'on fait, o&#249; on est, qui va nous retrouver, comment on va s'en sortir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux gestes quotidiens n'ont d'autre objectif que de fabriquer de la continuit&#233;, de cr&#233;er des liens de m&#233;moires pour stabiliser, pour rendre continu une histoire faite de discontinuit&#233;s. Tous les changements brutaux sont &#233;valu&#233;s comme dangereux, rupture de rythme, rupture continuit&#233; d'emploi, de relations, de famille, de logement, d'&#233;tat d'esprit, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, de grands efforts sont r&#233;alis&#233;s par l'homme et la soci&#233;t&#233; pour rendre insensibles, invisibles, indolores les diverses discontinuit&#233; in&#233;vitables de la vie individuelle comme sociale. Les fonctions de direction, de r&#233;gularisation, de monotonie, d'illusion, de r&#233;tention d'information, de d&#233;n&#233;gation, de refus d'acc&#232;s &#224; la conscience de tout ce qui pourrait rompre l'impression imaginaire de continuit&#233;. L'&#234;tre humain adulte fait cela de mani&#232;re automatique alors que l'enfant et le vieillard s'aper&#231;oivent des ruptures et en souffrent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la conscience humaine, elle qui produit justement l'illusion du continu, elle-m&#234;me est discr&#232;te. &#171; Le flux de notre conscience n'est donc pas &#224; envisager comme un changement continu permanent mais plut&#244;t comme une succession d'&#233;tats stables. (&#8230;) De nombreuses donn&#233;es de la psychologie exp&#233;rimentale et de la neurophysiologie humaine sont en faveur de cet aspect &#171; quantique &#187; de nos &#233;tats conscients : Donchin et Coles, 1998 ; Raymond et al, 1992 ; VanRullen et Koch, 2003 et 2005. &#187; &#233;crit Lionel Naccache dans &#034;Le nouvel inconscient&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La a discontinuit&#233; naturelle la plus reconnue est celle de la mort, mais la naissance en est une autre aussi importante. La vie et la mort sont coupl&#233;es en permanence. Notre vie commence par la naissance et se termine par la mort, deux discontinuit&#233;s fondamentales, deux transitions de phase, d&#233;terminantes de notre existence. Ce ne sont pas des ph&#233;nom&#232;nes individuels mais le r&#233;sultat de l'action collective de quantit&#233; de mol&#233;cules et d'organes, m&#234;me si c'est l'individu qui meurt comme un tout. Naissance et vie sont fond&#233;s sur des couplages de contraires. La naissance est un ph&#233;nom&#232;ne aussi brutal que la mort, m&#234;me s'il ne se d&#233;roule pas en un instant. Les physiologistes parlent du &#171; cataclysme physiologique qui provoque la naissance &#187;. Et pourtant, comme le remarquait Jean-Claude Ameisen dans &#171; Qu'est-ce que mourir &#187;, par les rites de la mort, par notre m&#233;moire de leur pr&#233;sence, nous cherchons &#171; &#224; construire jour apr&#232;s jour, une continuit&#233; toujours nouvelle, qui les int&#232;gre (...) &#187;. Ce besoin de continuit&#233; de la psychologie humaine est une constante de notre comportement. Nous ne cessons pas de transformer intellectuellement du discontinu, naturel, en continu, pens&#233;. Notre cerveau nous pr&#233;sente des images apparemment continues, un temps et un espace qui semblent aussi l'&#234;tre, et nos repr&#233;sentations sont entach&#233;es par cet a priori. En r&#233;alit&#233;, cette croyance dans le continu est le produit de notre &#233;ducation et de notre vie sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre mode de pens&#233;e sur le monde n'est pas aussi rationnel que nous voudrions bien le croire. Il correspond &#224; une r&#233;alit&#233; qui n'est pas celle de la mati&#232;re mais celle de nos besoins psychologiques&#8230; Il est fond&#233; sur des croyances comme la continuit&#233; du monde qui sont impos&#233;es &#224; nos observations et non d&#233;coulant d'elles&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La psychologie humaine, et son fondement, la conscience, bas&#233; sur l'auto-organisation des flashs du cerveau, est d&#233;j&#224; une transformation du discontinu brutal en illusion de continuit&#233; puisque nous croyons rester contin&#251;ment conscients. La vision, l'audition, le toucher contribuent &#224; ces illusions et le cerveau, au travers de ces sensations, transforme encore le discontinu en apparent continu. La m&#233;moire est elle-m&#234;me un ph&#233;nom&#232;ne discontinu et dynamique et non une conservation de faits &#224; l'identique, contrairement &#224; ce que l'on croit trop souvent. Notre m&#233;moire est &#171; &#224; trous &#187; comme notre vision, notre audition ou notre toucher, notre conscience&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La psychologie humaine n'est pas aussi &#233;loign&#233;e que l'on veut bien se le dire du fonctionnement g&#233;n&#233;ral de l'univers. Elle ob&#233;it fondamentalement aux m&#234;mes n&#233;cessit&#233;s. Elle n'est pas stable, se transforme sans cesse, m&#234;me si notre conscience est &#224; la recherche de certitudes, de rationalit&#233;s plus ordonn&#233;es. Comme la mati&#232;re et la soci&#233;t&#233;, elle ob&#233;it &#224; un m&#233;lange contradictoire d'ordre et de d&#233;sordre. Le go&#251;t d'ordre et de rationalit&#233; est plus ou moins prononc&#233; chez les individus. Mais la recherche d'un ordre absolu est aussi folle que la poursuite du d&#233;sordre absolu. Le fonctionnement naturel est une intermittence, une r&#233;troaction, un mixage d'ordre et de d&#233;sordre. Il en r&#233;sulte la possibilit&#233; de changements brutaux. Les accidents de la psychologie humaine en t&#233;moignent autant que les accidents brutaux de la m&#233;t&#233;orologie ou que ceux de la soci&#233;t&#233;. Notre attitude apeur&#233;e vis-&#224;-vis de la discontinuit&#233; nous am&#232;ne &#224; voir partout de la continuit&#233; alors que nos observations r&#233;fl&#233;chies devraient nous dire le contraire : dans les surfaces, dans les &#233;coulements mat&#233;riels, dans la lumi&#232;re, dans le mouvement, dans les formes, dans l'&#233;coulement du temps, dans la transmission d'&#233;nergie, etc&#8230;En se heurtant aux pr&#233;jug&#233;s contre la discontinuit&#233;, le philosophe grec Z&#233;non avait enfonc&#233; un coin dans les apriori de la philosophie indiscut&#233;e des hommes et ses id&#233;es ont encore du mal &#224; &#234;tre admises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le commun des mortels, le monde ne change pas ou peu, car, tous les matins, la terre semble la m&#234;me et le m&#234;me soleil se l&#232;ve dans un ciel identique, mais le soleil change &#224; de nombreuses &#233;chelles. A chaque seconde pour ce qui concerne les fusions radioactives, &#224; l'&#233;chelle de dizaines d'ann&#233;es pour les mouvements de la couche externe, &#224; plus grande &#233;chelle encore en ce qui concerne les mouvements d'interaction entre les couches concentriques de l'astre. En tant qu'individu, nous sommes aussi sujets de transformations &#224; plusieurs &#233;chelles successives : changements mol&#233;culaires en dessous du milli&#232;me de seconde, changements biologiques chaque seconde, changements m&#233;taboliques chaque jour, etc&#8230; Cependant, nous t&#226;chons de nous convaincre de la continuit&#233; de notre conscience et de nous persuader que tous ces chocs ne font pas de nous, &#224; chaque fois, un autre homme. Tous les jours, nous nous r&#233;veillons en nous assurant que nous sommes le m&#234;me homme et que nous allons rencontrer les m&#234;mes proches, dans un environnement inchang&#233;. Cette construction psychologique n'est pas une &#233;vidence. Il nous a fallu les longs mois de notre petite enfance pour mettre en place cette confiance dans le lendemain et en nous-m&#234;mes. Le sentiment de la permanence de notre &#171; moi &#187; a &#233;t&#233; le produit de tout un travail de notre cerveau et n'est pas acquis d&#232;s la naissance. Ce n'est pas un gain d&#233;finitif. Il peut facilement &#234;tre remis en cause du fait d'exp&#233;riences individuelles douloureuses. Par exemple, les attaques hormonales de l'adolescence, de la sexualit&#233; et de la croissance produisent une d&#233;stabilisation de la confiance en soi, due notamment &#224; une discontinuit&#233; dans les r&#233;actions personnelles et, parfois, dans l'apparence physique. L'&#233;quilibre, la s&#251;ret&#233; de soi, la confiance, la stabilit&#233;, la ma&#238;trise du stress sont des conqu&#234;tes de tous les jours, jamais d&#233;finitivement acquises, comme le montrent les maladies dites psychologiques &#8211; en fait la psychologie est ins&#233;parable du reste du fonctionnement. Tant qu'il n'y a pas de choc, nous nous contentons de la croyance en la fixit&#233; de notre moi, comme un fait indiscutable et qui ne n&#233;cessite pas d'explication. Nous le v&#233;rifions cependant r&#233;guli&#232;rement dans notre miroir physique et aussi dans notre miroir mental. C'est ce que nous appelons la conscience. En ce sens, la continuit&#233; est un besoin de notre moi, mais la discontinuit&#233;, r&#233;elle, est la plus forte. Il en va de m&#234;me de la stabilit&#233; de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le fonctionnement c&#233;r&#233;bral comme celui d'autres organes est discontinu dans le temps. &#187; Le biochimiste Ladislas Robert dans &#171; Les temps de la vie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La vie psychique dans son ensemble est frapp&#233;e de discontinuit&#233;. &#187; &#233;crivent les Pragier dans &#171; Repenser la psychanalyse avec les sciences &#187; qui notent que Didier Anzieu parle de &#171; quantit&#233;s pulsionnelles discontinues &#187;. Ils rel&#232;vent que &#171; Freud affirmait dans le commentaire d'un tr&#232;s court fragment du r&#234;ve &#171; Irma &#187; que la conscience des repr&#233;sentations oniriques est avant tout discontinue. &#187; C'est au point que la comparaison avec la physique quantique a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e par Simon-Daniel Kipman dans &#171; La rigueur de l'intuition &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sylvie et Georges Pragier &#233;crivent dans l'ouvrage d&#233;j&#224; cit&#233; : &#171; La possibilit&#233; d'apparition de changements, li&#233;s aux processus auto-organisateurs, repr&#233;sente donc une coupure radicale avec la conception d'une &#233;volution d&#233;terministe continue. Le d&#233;veloppement de l'organisme s'effectue au contraire sur un mode discontinu, avec des paliers. (&#8230;) L'organisation appara&#238;t finalement comme un processus discontinu de d&#233;sorganisation-r&#233;organisation. &#187; Les discontinuit&#233;s des &#233;tats psychiques sont des transitions de phase.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les neurosciences avaient d&#233;j&#224; montr&#233; que la vision fonctionne par coupage et recollage, en partageant les &#233;l&#233;ments d'une sc&#232;ne en &#233;l&#233;ments trait&#233;s diversement et s&#233;par&#233;ment avant de les recomposer. R&#233;cemment, les travaux du neuroscientifique Stanislas Dehaene ont montr&#233; que la lecture des &#233;crits est tout aussi discontinue. Elle d&#233;coupe en morceaux le mot et les analyse s&#233;par&#233;ment avant d'en recomposer l'interpr&#233;tation. Dans &#171; Les neurones et la lecture &#187;, ce chercheur montre que le mot est d&#233;compos&#233; en milliers de fragments envoy&#233;s &#224; des neurones diff&#233;rents. Une fois encore, c'est l'IRM a qui a permis ce pas en avant dans la compr&#233;hension du fonctionnement du cerveau. Et cela ne signifie pas que la lecture d&#233;compose le compliqu&#233; en simple et attribue le simple &#224; zone sp&#233;cifique. Bien au contraire, les zones attribu&#233;es effectuent bien d'autres fonctions. Les circuits de la reconnaissance des lettres sont capables aussi de reconna&#238;tre des objets ou des visages. La fonction lecture de texte a r&#233;utilis&#233; des circuits d&#233;j&#224; existants chez l'homme qui ne savait pas lire et les a r&#233;arrang&#233;s. C'est encore une fois le bricolage cr&#233;atif que nous appelons aussi auto-organisation ou pilotage du chaos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La discontinuit&#233; est un produit du mode d'organisation de la vie (et m&#234;me de la mati&#232;re) qui est de nature quantique : par sauts quantiques. Les &#171; &#233;l&#233;ments &#187; sont organis&#233;s un par un et non par quantit&#233;s d&#233;cimales ou &#171; r&#233;elles &#187; (des nombres r&#233;els). Les &#233;l&#233;ments r&#233;els, par exemple des images psychiques, sont produites par l'&#233;mergence, ph&#233;nom&#232;ne brutal qui arrive &#224; un seuil. Les &#233;l&#233;ments ne sont pas fixes ni fig&#233;s mais produits du d&#233;sordre virtuel. Ils sont quantiques parce qu'ils sont d&#233;termin&#233;s par un seuil. Leur apparente fixit&#233; provient de la constance de ce seuil. Mais ils ne sont pas d&#233;crits par cette constance. Ils ne peuvent &#234;tre compris que comme &#233;ph&#233;m&#232;r es produits de la dynamique et non objets fixes marqu&#233;s par la constance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le caract&#232;re du psychisme est fondamentalement discontinu parce que les pens&#233;es, les images mentales, ont pour propri&#233;t&#233; de s'autod&#233;truire rapidement sans donner naissance g&#233;n&#233;ralement &#224; des images plus durables. C'est seulement l'inhibition de ce processus d'autodestruction qui entra&#238;ne l'existence d'une m&#233;moire qui singe la continuit&#233; mais n'est elle-m&#234;me qu'un processus pouvant &#234;tre inhib&#233;. La discontinuit&#233; n'est pas n&#233;cessairement la mort puisque l'inhibition est capable de d&#233;structurer la pens&#233;e. Mais cette discontinuit&#233; a un caract&#232;re dialectique puisqu'il peut lui-m&#234;me &#234;tre contredit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &#171; Le sentiment m&#234;me de soi &#187;, le neuroscientifique Antonio R. Damasio montre que son &#233;tude de la conscience est celle d'une transition : &#171; J'&#233;cris sur le sentiment de soi et sur la transition qui va de l'innocence et de l'ignorance &#224; l'&#233;tat de connaissance : mon but sp&#233;cifique est d'examiner les circonstances biologiques qui permettent cette transition cruciale. (&#8230;) Il y a trente-deux ans de cela, un homme se trouvait l&#224; assis en face de moi (&#8230;) Brusquement, l'homme s'est arr&#234;t&#233; au beau milieu d'une phrase, son visage a cess&#233; de s'animer, sa bouche s'est fig&#233;e, encore ouverte, et son visage s'est mis &#224; fixer, dans le vide, un poit du mur derri&#232;re moi. Pendant quelques secondes, il est rest&#233; sans bouger. J'ai prononc&#233; son nom, mais aucune r&#233;ponse n'est venue. (&#8230;) Pendant un court instant, qui m'a paru des si&#232;cles, cet homme a souffert d'une d&#233;t&#233;rioration de la conscience. Neurologiquement parlant, il a &#233;t&#233; pris d'un acc&#232;s d'absence suivi d'un automatisme d'absence, deux des manifestations de l'&#233;pilepsie, affection caus&#233;e par un dysfonctionnement c&#233;r&#233;bral. (&#8230;) Le souvenir de cet &#233;pisode ne m'a pas quitt&#233;, et ce fut un jour faste que celui o&#249; j'ai senti que je pouvais en interpr&#233;ter le sens. J'ignorais alors, chose que je sais &#224; pr&#233;sent, que j'avais &#233;t&#233; t&#233;moin de la transition, tranchante comme le rasoir, entre un esprit pleinement conscient et un esprit priv&#233; du sentiment de soi. (&#8230;) L'&#233;veil et la conscience ont tendance &#224; aller de pair, m&#234;me si cette association peut s'interrompre en deux circonstances exceptionnelles. L'une de ces exceptions est celle o&#249; nous sommes dans l'&#233;tat de sommeil onirique. A l'&#233;vidence, nous ne sommes pas &#233;veill&#233;s durant le sommeil onirique, et pourtant nous avons quelque conscience des &#233;v&#233;nements qui se d&#233;roulent dans l'esprit. (&#8230;) Un autre renversement spectaculaire de l'association habituelle peut aussi se produire : nous pouvons &#234;tre &#233;veill&#233;s tout en &#233;tant priv&#233;s de conscience. (&#8230;) L'absence d'attention manifeste vers un objet ext&#233;rieur n'est pas n&#233;cessairement une d&#233;n&#233;gation de la pr&#233;sence de la conscience et peut plut&#244;t indiquer que l'attention est dirig&#233;e vers un objet interne. (&#8230;) Il s'agit d'un &#233;tat extr&#234;mement transitoire. (&#8230;) Les crises d'absence sont l'une des principales vari&#233;t&#233;s d'&#233;pilepsie, dans laquelle la conscience est momentan&#233;ment suspendue ainsi que l'&#233;motion, l'attention et le comportement ad&#233;quat. Le trouble s'accompagne d'une anomalie &#233;lectrique qui appara&#238;t de mani&#232;re caract&#233;ristique dans l'&#233;lectroenc&#233;phalogramme. Les crises d'absence sont tr&#232;s instructives pour qui &#233;tudie la conscience, et la crise d'absence type est en fait l'un des plus purs exemples de perte de conscience (&#8230;) Brusquement, (&#8230;) le patient s'interrompt au beau milieu d'une phrase, se fige dans tel ou tel mouvement qu'il &#233;tait en train d'accomplir et se met &#224; regarder fixement dans le vide. (&#8230;) En sortant de son &#233;tat fig&#233;, le patient regarde autour de lui (&#8230;) La conscience s'en est revenue aussi brusquement qu'elle s'en &#233;tait all&#233;e (&#8230;) Dans l'intervalle, le patient n'a aucune esp&#232;ce de souvenir. (&#8230;) La suspension de l'&#233;motion est un signe important dans les crises d'absence et dans les automatismes d'absence. (&#8230;) La d&#233;couverte de d&#233;t&#233;riorations parall&#232;les dans la conscience et dans l'&#233;motion para&#238;tra d'autant plus remarquable que (&#8230;) les &#233;motions peuvent &#234;tre d&#233;clench&#233;es de fa&#231;on non conscientes, &#224; partir de pens&#233;es auxquelles on ne pr&#234;te pas attention, aussi bien qu'&#224; partir d'aspects de nos &#233;tats corporels qui sont impossibles &#224; percevoir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.societe-psychanalytique-de-paris.net/wp/?p=2448&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Psychisme et discontinuit&#233;</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article1597</link>
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		<dc:subject>Psychanalyse</dc:subject>

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&lt;p&gt;Lire ici - Read here&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique109" rel="directory"&gt;Psychisme et discontinuit&#233;&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article192&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire ici - Read here&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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