Matière et Révolution
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Contribution au débat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la matière, de la vie, de l'homme et de la société
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69144La dialectique d'Héraclite
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https://www.matierevolution.org/spip.php?article94842026-05-01T22:10:00Ztext/htmlfrRobert Paris, Tiekoura Levi HamedDialectic - DialectiqueContradictions
<p>Héraclite disait : « On ne se baigne jamais dans le même fleuve », « Il faut connaître que toutes choses naissent selon discorde et nécessité. » et « Les contraires s'accordent. » <br class='autobr' />
Héraclite, présenté comme un dialecticien abstrait, a surtout analysé des phénomènes concrets dans lesquels on trouve en même temps deux forces contradictoires, comme dans les sels formant dans les eaux des cristaux les effets contraires de la dissolution et de la cristallisation. C'est de là qu'il tirait son « (…)</p>
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<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Héraclite disait : « On ne se baigne jamais dans le même fleuve », « Il faut connaître que toutes choses naissent selon discorde et nécessité. » et « Les contraires s'accordent. »</h2>
<p>Héraclite, présenté comme un dialecticien abstrait, a surtout analysé des phénomènes concrets dans lesquels on trouve en même temps deux forces contradictoires, comme dans les sels formant dans les eaux des cristaux les effets contraires de la dissolution et de la cristallisation. C'est de là qu'il tirait son « la nature se réjouit des contraires, elle sait en tirer l'harmonie ».</p>
<p>Son seul ouvrage connu (même si on n'en a que des bribes ou des citations par d'autres auteurs) est « De la nature ».</p>
<p>Pour Héraclite, c'est une vision fausse des choses qui efface la dialectique réelle : « La route montante ou descendante est la même. C'est notre parcours qui sépare et oppose les deux. »</p>
<p>Héraclite voit des contradictions dialectiques entre le mortel et l'immortel, entre l'être et le non-être, entre le jour et la nuit, entre la terre et le feu, on dira aujourd'hui entre la matière et l'énergie.</p>
<p>« C'est la discorde qui produit toutes les choses. » affirme Héraclite cité par Aristote <br class='autobr' />
dans « Ethique à Nicomaque ».</p>
<p>La dialectique d'Héraclite est reprise par Socrate : « Aucune chose ne pourrait naître que de son contraire. (…) De tout ce que nous appelons se décomposer, se combiner, se refroidir et se réchauffer, c'est toujours une nécessité que les contraires naissent les uns des autres. (…) le contraire de la vie, c'est la mort. Et elles naissent l'une de l'autre. (…) Les contraires abstraits s'excluent les uns les autres, mais toutes les choses contiennent toujours les contraires de ces choses-là, contraire qui est en elles, les amène à périr ou à céder la place. » affirme Socrate cité par Platon dans « Phédon ».</p>
<p>Platon écrit dans le Cratyle : « Héraclite dit quelque part que tout passe et rien ne demeure, et, comparant les choses au courant d'un fleuve, il ajoute qu'on ne saurait entrer deux fois dans le même fleuve. »</p>
<p>« Ils ne comprennent pas comment ce qui lutte avec soi-même peut s'accorder. L'harmonie du monde est par tensions opposées, comme la lyre et l'arc. (...) Le conflit est le père de toutes choses, roi de toutes choses. (...) Une route vers le haut et une vers le bas. (...) Les immortels sont mortels et les mortels immortels ; la vie des uns est la mort des autres, la mort des uns la vie des autres. » affirmait le philosophe grec de l'Antiquité, Héraclite, cité par Hippolyte dans « Réfutation de toutes les hérésies ».</p>
<p>Pour Héraclite, la dialectique des opposés est la source même du changement et du mouvement de la matière, de toute la nature comme de la société humaine. Et ce n'est pas tout : Héraclite explique la matière par son caractère intimement dialectique : un composé contradictoire de matière inerte et de mouvement, ce dernier qu'il appelle « le feu » et que les scientifiques modernes appelleront l'énergie. Pour Héraclite, dialecticien sans pareil, ces deux notions s'opposent et se composent en même temps : pas de matière sans énergie et pas d'énergie sans matière. Et cependant, la matière résiste au mouvement (c'est la masse inerte) et le mouvement s'exerce pour forcer cette masse à se déplacer. C'est la pensée d'Héraclite qui a inspiré Parménide et Zénon pour développer l'idée de l'unité du monde contre tous ceux qui prétendaient le diviser en parties séparées, en domaines qui ne se mêlaient nullement, comme ils séparaient et opposaient, diamétralement et non dialectiquement, matière et vide ou matière et énergie.</p>
<p>Coup de chapeau à Héraclite pour avoir transformé radicalement le sujet même du débat sur ce qu'est le monde en introduisant la notion du « devenir » et montrant que c'est cette notion qui était au centre de l'étude du monde. Pour Héraclite, tout est sans cesse en devenir et c'est le développement dynamique qui explique l'existence même de l'univers. Et il trouve la source de cette dynamique dans le développement des contradictions dialectiques, un combat incessant dont les guerriers sont des forces opposées de la nature, se contredisant sans cesse mais, en même temps, faisant de leurs heurts un système unique qui contient en même temps ces forces contradictoires.</p>
<p>Héraclite : « Il faut connaître que toutes choses naissent selon discorde et nécessité. »</p>
<h2 class="spip">La Physique donne raison à Héraclite</h2>
<p>Le physicien quantique Werner Heisenberg dans « Physique et réalité » écrit que « La physique moderne est à un certain point très proche des doctrines d'Héraclite. »<br class='autobr' />
Le physicien Simon Diner dans « Les voies du chaos dans l'école russe », tiré de l'ouvrage collectif « Chaos et déterminisme », travail dirigé par Dahan Dalmedico :</p>
<p>« Dans les oscillations non-linéaires, l'ordre et le désordre se côtoient, se relaient, se confortent, voilà la surprise. (…) C'est l'instauration d'une véritable conception dialectique de l'ordre et du désordre qui n'a pas fini de nous étonner. »</p>
<p>Ce que prolonge Dahan Dalmedico dans « Retour sur l'histoire de la philosophie » du même ouvrage :<br class='autobr' />
« L'étude des systèmes dynamiques chaotiques exige une véritable dialectique entre l'instabilité d'un système dynamique chaotique et sa stabilité structurelle. »</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2879" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2879</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7629" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7629</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article659" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article659</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article4957" class="spip_url auto" rel="nofollow">https://www.matierevolution.org/spip.php?article4957</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2710" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2710</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article8838" class="spip_url auto" rel="nofollow">https://www.matierevolution.org/spip.php?article8838</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2340" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2340</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article44" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article44</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article567" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article567</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2453" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2453</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5053" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5053</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2424" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2424</a></p>
<h2 class="spip">Citations d'Héraclite :</h2>
<p>« Ce monde, aucun dieu ni aucun homme ne l'a créé, mais il fut, il est et il sera un feu éternellement vivant qui s'allume et qui s'éteint selon des lois. »</p>
<p>« Rien n'est permanent sauf le changement. »</p>
<p>« On ne se baigne jamais dans le même fleuve. »</p>
<p>« Les contraires s'accordent. »</p>
<p>« Le Soleil est nouveau tous les jours. »</p>
<p>« Les hommes dans leur sommeil travaillent au devenir du monde. »</p>
<p>« Le rien existe aussi bien que le quelque chose. »</p>
<p>« Les hommes éveillés n'ont qu'un monde, mais les hommes endormis ont chacun leur monde. »</p>
<p>« Le plus bel arrangement est semblable à un tas d'ordures rassemblées au hasard. »</p>
<p>« Les hommes se livrent à des mystères qui n'ont rien de sacré. »</p>
<p>« S'il n'y avait pas d'injustice, on ignorerait jusqu'au mot de justice. »</p>
<p>« C'est la maladie qui rend agréable et bonne la santé, la faim la satiété, la fatigue le repos. »</p>
<p>« Ce qui est taillé en sens contraire s'assemble ; de ce qui diffère naît la plus belle harmonie ; tout devient par discorde. »</p>
<p>« La mer, eau la plus pure et la plus impure : pour les poissons elle est bonne à boire et cause de vie, pour les hommes imbuvable et cause de mort. »</p>
<p>« Ceux-là adressent leurs prières à des images, et ils ne savent même pas si ce sont des dieux ou des héros (des humains mortels). »</p>
<p>« Adresser des prières à des images, sans savoir ce que sont les dieux et les héros, autant vaut parler à des pierres ! »</p>
<p>« Le monde n'a été fait ni par un des dieux, ni par un des hommes ; il a toujours été, il est et il sera ; c'est le feu toujours vivant qui s'allume régulièrement et qui s'éteint régulièrement. »</p>
<p>« Mariages des contraires : le tout et le non-tout, le convergent et le divergent, l'assonant et le dissonant, de toutes choses l'un et de l'un toutes choses. »</p>
<p> « Ce monde a toujours été et il est et il sera un feu toujours vivant, s'alimentant avec mesure et s'éteignant avec mesure. Ce feu se transforme en se raréfiant ou en devenant plus dense, suivant des fluctuations périodiques qui suivent le destin. Ainsi le monde est-il éternel, mais créé et détruit selon un retour éternel. C'est ce cycle perpétuel d'ascension et de descentes qui entretient le monde., »</p>
<p>« L'arc de la lyre est vie, l'arc de la flèche est mort. »</p>
<p>« Ils ne comprennent pas comme ce qui est différent est homologue à soi-même : l'accord de tension inverse comme dans l'arc et la lyre. »<br class='autobr' />
Citation de Philon sur Héraclite :</p>
<p>« Car l'un est ce qui se compose de deux contraires, de sorte qu'une fois coupé en deux, ces contraires apparaissent. N'est-ce pas ce principe que d'après les Hellènes, leur grand et célèbre Héraclite plaçait en tête de sa philosophie et dont il s'enorgueillissait comme d'une découverte nouvelle ? (...) De la même façon les parties de l'univers sont opposées en deux et opposées réciproquement : la terre — en montagne et en plaine, l'eau - en douce et en salée ... de la même façon l'atmosphère en hiver et en été et aussi en printemps et automne). »<br class='autobr' />
« Ce qui est contraire est utile ; ce qui lutte forme la plus belle harmonie ; tout se fait par discorde. »<br class='autobr' />
« Joignez ce qui est complet et ce qui ne l'est pas, ce qui concorde et ce qui discorde, ce qui est en harmonie et en désaccord ; de toutes choses une et d'une, toutes choses. »</p>
<p>Encore Philon sur Héraclite : « Car l'un est ce qui se compose de deux contraires, de sorte qu'une fois coupé en deux, ces contraires apparaissent. N'est-ce pas ce principe que d'après les Hellènes, leur grand et célèbre Héraclite plaçait en tête de sa philosophie et dont il s'enorgueillissait comme d'une découverte nouvelle ? (...) De la même façon les parties de l'univers sont opposées en deux et opposées réciproquement : la terre — en montagne et en plaine, l'eau - en douce et en salée ... de la même façon l'atmosphère en hiver et en été et aussi en printemps et automne) ».</p>
<p>Héraclite rapporté par Aristote dans "Ethique à Nicomaque" et dans "Traité du monde"<br class='autobr' />
« On ne peut entrer deux fois dans le même fleuve ».</p>
<p>Paradoxe d'Héraclite : « Il y a deux fois plus de nombres entiers que de nombres pairs et il y a autant de nombres entiers que de nombres pairs. »</p>
<p>Hegel écrit : « La philosophie d'Héraclite, le « Philosophe noir », a été engendrée par la réaction de l'aristocratie contre les aspirations révolutionnaires du prolétariat grec. Selon cette philosophie, l'égalité universelle est impossible, car la nature elle-même a rendu les hommes inégaux. Chaque homme devrait se contenter de son sort. Ce n'est pas le renversement de l'ordre existant qui devrait être aspiré dans l'État, mais l'élimination de l'usage arbitraire du pouvoir, qui est possible à la fois sous le régime de quelques - uns et sous le régime des masses. Le pouvoir devrait appartenir à la loi, qui est une expression de la loi divine. La loi divine n'interdit pas l'unité, mais l'unité qui est en accord avec celle-ci est une unité d'opposés. La mise en œuvre des plans de Xénophane serait une violation de la loi divine. En développant et en étayant cette idée, Héraclite a créé sa doctrine dialectique de Devenir. »</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5572" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5572</a></p>
<h2 class="spip">L'antithèse de la pensée d'Héraclite est celle d'Aristote…</h2>
<p>Aristote :<br class='autobr' />
« Les contraires ne peuvent actuellement coïncider en un même sujet. »</p>
<p>C'est la thèse anti-dialectique par excellence !<br class='autobr' />
Aristote affirme le principe de la continuité du monde, fondé sur la continuité divine…</p>
<p>« L'un est le continu. (...) Telles sont les différentes significations de l'Un : le continu naturel, le tout, l'individu et l'universel. (...) Est contigu tout ce qui, étant consécutif, est en contact (...) On dit qu'il y a continuité quand les limites par lesquelles deux choses se touchent, et se continuent, deviennent une seule et même limite. (...) Si les points sont susceptibles d'être en contact, les unités ne le sont pas : il n'y a, pour elles, que la succession ; enfin il existe un intermédiaire entre deux points, mais non entre deux unités. (...) Il est impossible que le mouvement ait commencé ou qu'il finisse, car il est, disons-nous, éternel. Et il en est de même pour le temps, car il ne pourrait y avoir ni l'avant ni l'après si le temps n'existait pas. Le mouvement est, par suite, continu, lui aussi de la même façon que le temps, puisque le temps est lui-même, ou identique au mouvement, ou une détermination du mouvement. (...) Aussi appelons-nous DIEU un vivant éternel rayon parfait ; la vie et la durée continue et éternelle appartiennent donc à DIEU, car c'est même cela qui est DIEU. (...) On pourrait se poser encore la difficulté suivante. Etant donné qu'il n'y a pas de contact dans le nombres, mais simple consécution, est-ce les unités entre lesquelles il n'existe pas d'intermédiaire (...) Les mêmes difficultés se présentent pour (...) la ligne, la surface et le solide (...) La même question pourrait se poser au sujet du point. (...) Ces points ne viennent certes pas d'un certain intervalle. » <br class='autobr' />
« La Métaphysique » d'Aristote est une charge contre les dialecticiens :<br class='autobr' />
« Il y a, dans les êtres, un principe au sujet duquel on ne peut pas se tromper (...) : c'est qu'il n'est pas possible que la même chose, en un seul et même temps, soit et ne soit pas, et il e est de même pour tout couple semblable d'opposés. (...) On ne peut donc pas être dans la vérité en adoptant les doctrines d'Héraclite ou celles d'Anaxagore ; sans quoi il s'ensuivrait que les contraires sont affirmés du même sujet. (...) Les arguments d'Héraclite les persuadèrent que toutes les choses sensibles sont dans un flux perpétuel. (...) Il n'y a pas de science de ce qui est en perpétuel écoulement. »<br class='autobr' />
« Une proposition dialectique est une question face à laquelle il est possible de répondre par oui ou par non. »<br class='autobr' />
Aristote, dans « Les topiques »<br class='autobr' />
« Nous en avons assez dit pour établir que la plus ferme de toutes les croyances, c'est que les propositions opposées ne sont pas vraies en même temps (…). Mais, puisqu'il est impossible que les contradictoires soient vraies, en même temps, du même sujet, il est évident qu'il n'est pas possible non plus que les contraires coexistent dans le même sujet. En effet, des deux contraires l'un est privation non moins que contraire, à savoir privation de l'essence ; or la privation est une négation de quelque chose dans un genre déterminé. Si donc il est impossible que l'affirmation et la négation soient vraies en même temps, il est impossible aussi que les contraires coexistent dans le même sujet, à moins qu'ils ne soient affirmés, l'un et l'autre, d'une certaine manière, ou encore que l'un ne soit affirmé que d'une certaine manière, et l'autre, absolument. »<br class='autobr' />
Aristote, dans « Métaphysique »<br class='autobr' />
« Si la vérité n'est pas autre chose que d'affirmer le vrai et de nier le faux, il est dès lors impossible que tout soit faux, puisqu'il y a nécessité absolue pour que l'une des deux parties de la contradiction soit vraie. »<br class='autobr' />
Aristote, dans Métaphysique<br class='autobr' />
La continuité à laquelle Aristote tient en premier est le mouvement et la relation de cause à effet : « Dans l'ordre du temps, un acte est toujours préexistant à un autre acte. (...) Ce qui constitue l'unité de tous les êtres, c'est l'indivisibilité du mouvement. (...) Le mouvement local continu est le mouvement circulaire. »<br class='autobr' />
Il combat toute forme de matérialisme :<br class='autobr' />
« L'Intelligence suprême se pense donc elle-même… et sa Pensée est pensée de pensée. » (Métaphysique)<br class='autobr' />
Et son mode de pensée est la logique formelle :<br class='autobr' />
« Par démonstration j'entends le syllogisme scientifique, et j'appelle scientifique un syllogisme dont la possession même constitue pour nous la science. »</p>
<p>Aristote, Organon<br class='autobr' />
Principe de non contradiction, principe du tiers exclus, développement de la logique formelle, dieu comme réalité fondamentale, le bonhaur par la vie contemplative, la morale de l'obéissance aux intérêts de la cité, et de celle-ci aux intérêts des classes dirigeantes, voilà quelques uns des principes idéologiques de base d'Aristote !<br class='autobr' />
Pour Aristote, le mode de raisonnement et de réflexion par excellence est le sillogisme. C'est le modèle du raisonnement mathématique qui le fonde, avec des définitions, des axiomes, des conséquences logiques, etc.<br class='autobr' />
Aristote est un adversaire de la dialectique, celle d'Héraclite comme celle de Socrate et même de Platon.<br class='autobr' />
« Ainsi que nous l'avons dit, il y a des philosophes qui prétendent qu'il est possible que la même chose soit et ne soit pas, et que l'esprit peut avoir la pensée simultanée des contraires. Bon nombre de Physiciens aussi admettent cette possibilité. Mais, quant à nous, nous affirmons qu'il ne se peut jamais qu'en même temps une même chose soit et ne soit pas ; et c'est en vertu de cette conviction que nous avons déclaré ce principe le plus incontestable de tous les principes. »<br class='autobr' />
Aristote, dans « Métaphysique » (Livre IV)<br class='autobr' />
La démarche d'Aristote est classificatrice ce qui signifie qu'elle estime comme point essentiel de ranger chaque chose dans sa catégorie… Par exemple, il s'agit de ranger les animaux en genres et en espèces. Classifier, c'est regrouper et aussi opposer. Par exemple opposer le mouvement et le repos, l'animal et la plante, l'homme et la nature, la terre et le ciel, etc. Il oppose également matériel et immatériel :<br class='autobr' />
« […] s'il n'y avait pas d'autre substance que celles qui sont constituées par la nature, la physique serait science première. Mais s'il existe une substance immobile, la science de cette substance doit être antérieure et doit être la philosophie première ».<br class='autobr' />
Cette dernière affirmation pose donc comme apriori un dualisme : d'un côté la physique et de l'autre la métaphysique…<br class='autobr' />
C'est sa manière de s'opposer en même temps à l'idéalisme de Platon et au matérialisme.<br class='autobr' />
"Puisqu'en effet parmi les êtres les uns sont éternels et divins tandis que les autres peuvent aussi bien exister ou non et participent au pire comme du meilleur ; comme l'âme est meilleure que le corps matériel, l'animé meilleur que l'inanimé parce qu'il a une âme, comme être est meilleur que ne pas être et vivre que ne pas vivre, pour toutes ces raisons il y a génération des animaux. Puisqu'il est impossible que la nature de ce genre d'être soit éternelle, c'est seulement dans une certaine mesure que ce qui naît est éternel. Individuellement, il ne le peut pas. Mais il peut l'être du point de vue de l'espèce. Voilà pourquoi il existe perpétuellement un genre des hommes, des animaux, des végétaux."<br class='autobr' />
Aristote, « Génération des animaux », II,1,731b)<br class='autobr' />
Opposition diamétrale de l'âme et du corps :<br class='autobr' />
« Voici par contre une absurdité qu'on relève dans la plupart des doctrines sur l'âme. On rattache l'âme à un corps et on l'introduit en lui, sans aucunement définir la cause de cette union ni l'état du corps en question. Il semblerait pourtant que ce fût indispensable. C'est en effet grâce à un élément commun qu'un terme agit en quelque manière et que l'autre pâtit, que l'un est mû et que l'autre meut, et aucun de ces rapports mutuels ne s'établit entre des termes pris au hasard. Or nos théoriciens s'efforcent seulement de déterminer quelle sorte d'être est l'âme, mais pour le corps qui doit la recevoir ils n'apportent plus aucune détermination ; comme s'il se ne pouvait, conformément aux mythes pythagoriciens, que n'importe quelle âme pénètre dans n'importe quel corps ! (opinion absurde), car il semble que chaque corps possède une forme et une figure particulières. Leur théorie revient donc à peu près à dire que l'art du charpentier descend dans les flûtes. Il faut en effet que l'art se serve de ses instruments, et l'âme de son corps. »<br class='autobr' />
« De l'âme » - Aristote<br class='autobr' />
L'opposition entre l'homme est l'animal est souvent affirmée : « Le rire est le propre de l'homme. »<br class='autobr' />
« L'homme est le seul animal qui ait la faculté de rire »<br class='autobr' />
Aristote, « Parties des animaux »<br class='autobr' />
Le but de la science pour Aristote n'est pas de transformer le monde mais de le contempler…<br class='autobr' />
Car le principe numéro un d'Aristote est que le monde est bien fait : « La nature ne fait rien en vain ni rien de superflu ».<br class='autobr' />
L'essentiel de la philosophie pour Aristote est le divin et la morale.<br class='autobr' />
Au plan politique et social, Aristote est un défenseur de l'ordre établi, notamment du régime politique et du système d'esclavage.<br class='autobr' />
« Il est évident qu'il y a par nature des gens qui sont libres, d'autres qui sont esclaves et que, pour ces derniers, demeurer dans l'esclavage est à la fois bienfaisant et juste. »<br class='autobr' />
(Aristote, "La Politique")<br class='autobr' />
« Ainsi, l'homme libre commande à l'esclave tout autrement que l'époux à la femme, et le père, à l'enfant ; et pourtant les éléments essentiels de l'âme existent dans tous ces êtres ; mais ils y sont à des degrés bien divers. L'esclave est absolument privé de volonté ; la femme en a une, mais en sous-ordre ; l'enfant n'en a qu'une incomplète. » (Aristote, dans « La Politique »)<br class='autobr' />
« Ceux qui sont aussi éloignés des hommes libres que le corps l'est de l'âme, ou la bête de l'homme (et sont ainsi faits ceux dont l'activité consiste à se servir de leur corps, et dont c'est le meilleur parti qu'on puisse tirer), ceux-là sont par nature des esclaves ; et pour eux, être commandés par un maître est une bonne chose, si ce que nous avons dit plus haut est vrai. Est en effet esclave par nature celui qui est destiné à être à un autre. »<br class='autobr' />
Aristote, dans « La Politique »<br class='autobr' />
Il place dans une classe inférieure les laboureurs, artisans, commerçants, marins ou pêcheurs, et tous « les gens de fortune trop médiocre pour vivre sans travailler ».<br class='autobr' />
Pour qu'il puisse s'épanouir, il faut que la cité soit bien gouvernée. Une cité heureuse est celle qui est régie par une bonne constitution, « la constitution étant définie par l'organisation des différentes magistratures…<br class='autobr' />
Pour Aristote, la Cité n'est pas une construction artificielle et arbitraire des hommes, mais au contraire un être "naturel".<br class='autobr' />
Pour Aristote, la stabilité est l'essentielle et elle est obtenue par le « bon gouvernement » et par la bonne constitution mais aussi par une base solide fondée sur une classe moyenne nombreuse et prospère. « Il est donc clair aussi que la meilleure communauté politique est celle qui est constituée par des gens moyens, et que les cités qui peuvent être bien gouvernées sont celles dans lesquelles la classe moyenne est nombreuse et au mieux plus forte que les deux autres, ou au moins que l'une des deux, car son concours fait pencher la balance et empêche les excès contraires. »<br class='autobr' />
Le physicien Max Planck dans « Initiation à la physique »<br class='autobr' />
L'adversaire classique des discontinuités est Aristote. Il affirme nettement que la nature ne fait pas de bonds. Il se fait ouvertement le défenseur de la classe dirigeante et de l'ordre social, dans son ouvrage « Politique ». Il a fait ce choix en connaissance de cause puisque les philosophes grecques avaient posé ce problème avant même qu'Aristote ne débute son œuvre. Zénon d'Elée notamment avait développé ses "paradoxes" qui montraient les contradictions de la conception du temps et de l'espace continus. Comme le montraient les prises de positions révolutionnaires des partisans de la discontinuité comme Zénon ou Socrate, la question dépassait celle de l'examen de la nature. Dans la société athénienne menacée par la révolution sociale, la question de la discontinuité dépassait déjà une simple question de sciences et de philosophie. Elle devenait une question politique. Les condamnations à mort de Zénon et de Socrate le montrent pleinement. Philosophie du discontinu signifiait déjà conception révolutionnaire.<br class='autobr' />
En fait l'affirmation fameuse d'Aristote est bien plus philosophique que scientifique.<br class='autobr' />
« Qu'il faille que les gouvernés diffèrent des gouvernants, c'est incontestable. » (dans « Politique » d'Aristote)<br class='autobr' />
Aristote n'a pas trop d'idée sur la manière dont est faite la nature mais il en a plein sur la manière de conserver la société et de préserver les classes dirigeantes, et c'est ce qui lui détermine sa philosophie, laquelle détermine sa conception de la nature et notamment du changement et du mouvement. Et les classes dirigeantes qu'Aristote défendait avaient d'abord « horreur du vide » politique et étatique qui pouvait se produire dans les transitions entre deux formes de sociétés fréquentes dans les villes grecques de l'époque…<br class='autobr' />
Aristote assimilait la nature à des lois figées, justifiant ainsi un ordre social fixe dans lequel l'esclavage serait naturel. Un objet au repos semblait ne se mouvoir que du fait d'une force extérieure. L'existence d'une agitation spontanée de la matière restait insoupçonnée et celle d'une agitation du vide était inconnue. On sait aujourd'hui que la matière et le vide sont toujours agités sans subir aucune action extérieure.<br class='autobr' />
« Pour Aristote, la nature est une activité adéquate à une fin » dit Hegel dans sa Préface à « La phénoménologie de l'esprit ». Eh oui, bien des gens croient encore que les plumes, c'est pour voler, les jambes c'est pour marcher et le cerveau c'est pour penser. Et on continue à questionner le zèbre : les rayures c'est POUR quoi ? La réponse de la science n'est pas de donner un but mais un fonctionnement du vivant. Par exemple en disant que le zèbre est un cheval noir, les bandes blanches correspondant à des inhibitions de couleur, comme pour la ventre de la plupart des animaux. « Aristote fut pendant longtemps responsable d'une autre grave méprise. Il avait admis que l'état de repos d'un corps – celui qu'il conserve lorsqu'aucune influence ne s'exerce sur lui – est l'arrêt. S'il bouge, c'est qu'il subit une force. » rappelle Albert Jacquard dans « La légende de la vie ».</p>
<h2 class="spip">Qui était Héraclite ?</h2>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9raclite" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9raclite</a></p>
<p>Des films aussi…</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=rbgWLqDwEjs" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=rbgWLqDwEjs</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=i2mKSUxz-bM" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=i2mKSUxz-bM</a></p>
<p>Des fragments de la philosophie d'Héraclite…</p>
<p><a href="http://palimpsestes.fr/morale/heraclite_fragments.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">http://palimpsestes.fr/morale/heraclite_fragments.html</a></p>
<p>Ce que dit Diogène Laërte d'Héraclite…</p>
<p><a href="https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/laerce/9heraclite1.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/laerce/9heraclite1.htm</a></p>
<p> Ce que dit Lucien d'Héraclite…</p>
<p> SECTES A L'ENCAN<br class='autobr' />
De Lucien de Samosate (120-180)</p>
<p>JUPITER<br class='autobr' />
Allons, toi, dispose les sièges, prépare la salle pour les arrivants : toi, fais ranger par ordre les différentes sectes ; mais aie soin d'abord de les parer, afin qu'elles aient bonne mine et attirent beaucoup d'acheteurs. Toi, Mercure, fais l'office de crieur, appelle les chalands, et qu'une bonne chance les fasse arriver au marché ! Nous allons vendre à la criée des sectes philosophiques de tout genre et de toute espèce. Ceux qui ne pourront pas payer comptant, payeront l'année prochaine, en donnant caution.<br class='autobr' />
MERCURE<br class='autobr' />
La foule arrive : il ne faut pas tarder, ni les faire attendre davantage.<br class='autobr' />
JUPITER<br class='autobr' />
Eh bien, vendons !<br class='autobr' />
MERCURE<br class='autobr' />
Qui veux-tu que nous mettions le premier en vente ?<br class='autobr' />
JUPITER<br class='autobr' />
Cet Ionien aux longs cheveux ; il m'a l'air d'un homme respectable.<br class='autobr' />
MERCURE<br class='autobr' />
Hé ! le Pythagoricien, descends et fais-toi voir par ceux qui sont ici réunis.<br class='autobr' />
JUPITER<br class='autobr' />
Allons, mets en criée !<br class='autobr' />
MERCURE<br class='autobr' />
Je vends la vie parfaite, la vie sainte et vénérable. Qui est-ce qui achète ? Qui veut être au-dessus de l'homme ? Qui veut connaître l'harmonie de l'univers, et revivre après sa mort ?<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Il n'a pas mauvais air : que sait-il ?<br class='autobr' />
MERCURE<br class='autobr' />
L'arithmétique, l'astronomie, la magie, la géométrie, la musique, la fourberie. Tu vois là un excellent devin.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Est-il permis de l'interroger ?<br class='autobr' />
MERCURE<br class='autobr' />
Interroge, et bonne chance !<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
D'où es-tu ?<br class='autobr' />
PYTHAGORE<br class='autobr' />
De Samos.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Où as-tu été instruit ?<br class='autobr' />
PYTHAGORE<br class='autobr' />
En Égypte, chez les sages du pays.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Voyons, si je t'achète, que m'enseigneras-tu ?<br class='autobr' />
PYTHAGORE<br class='autobr' />
Je ne t'enseignerai rien ; je te ferai ressouvenir.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Comment me feras-tu ressouvenir ?<br class='autobr' />
PYTHAGORE. En purifiant d'abord ton âme, et en la nettoyant de ses ordures.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Eh bien ! imagine qu'elle est purifiée ; comment me donneras-tu la réminiscence ?<br class='autobr' />
PYTHAGORE<br class='autobr' />
En commençant par t'imposer un calme parfait, le mutisme absolu de cinq années.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Va-t'en, mon cher, instruire le fils de Crésus : je veux être un homme qui parle, et non une statue. Mais enfin, après ce silence de cinq ans, que ferai-je ?<br class='autobr' />
PYTHAGORE<br class='autobr' />
Tu t'exerceras à la musique et à la géométrie.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Tu es charmant ; il faut commencer par être musicien pour devenir sage.<br class='autobr' />
PYTHAGORE<br class='autobr' />
Ensuite tu apprendras à compter.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Je sais compter.<br class='autobr' />
PYTHAGORE<br class='autobr' />
Comment comptes-tu ?<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Un, deux, trois, quatre.<br class='autobr' />
PYTHAGORE<br class='autobr' />
Attention ! ce que tu crois être quatre, c'est dix, c'est le triangle parfait, c'est notre serment !<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
J'en jure par quatre, le grand serment, je n'ai jamais ouï langage plus divin et plus sacré !<br class='autobr' />
PYTHAGORE<br class='autobr' />
Ensuite, étranger, tu sauras ce que c'est que la terre, l'air, l'eau et le feu ; quelle est leur forme, leur mouvement naturel, et comment ils se meuvent.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Quoi ! le feu, l'air et l'eau ont donc une forme ?<br class='autobr' />
PYTHAGORE<br class='autobr' />
Certainement, et très visible ; autrement, sans forme et sans apparence, ils ne pourraient pas se mouvoir. De plus, tu sauras que la divinité est un nombre et une harmonie.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Voila qui est étonnant.<br class='autobr' />
PYTHAGORE<br class='autobr' />
Et quand je t'aurai expliqué tout cela, tu sauras que tu n'es pas un, comme tu le penses, mais un autre que celui que tu crois être et que tu parais.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Que dis-tu là ? Je suis un autre, et ce n'est pas moi-même qui converse avec toi ?<br class='autobr' />
PYTHAGORE<br class='autobr' />
Actuellement c'est toi-même, mais autrefois tu as paru dans un autre corps et sous un autre nom : par la suite, tu passeras encore dans un autre être.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Tu veux dire que je serai immortel, passant ainsi de forme en forme ? Mais en voilà assez sur ce propos.<br class='autobr' />
Passons à ta manière de vivre : quelle est-elle ?<br class='autobr' />
PYTHAGORE<br class='autobr' />
Je ne mange rien qui ait eu vie ; tout le reste m'est permis, sauf les fèves.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Pourquoi cela ? ne les aimes-tu pas ?<br class='autobr' />
PYTHAGORE<br class='autobr' />
Je les aime ; mais elles sont sacrées, et leur nature est merveilleuse. Et d'abord elles sont toute génération. Ôte la peau à des fèves vertes, tu verras qu'elles ressemblent beaucoup aux testicules de l'homme : fais-les cuire et expose-les pendant un certain nombre de nuits aux rayons de la lune, elles donneront du sang. Mais ma plus forte raison, c'est que les Athéniens s'en servent pour élire leurs magistrats.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Tu parles bien, et comme un oracle ; mais ôte ta robe, je veux te voir nu. Par Hercule ! il a une cuisse d'or : c'est un dieu : il n'a rien d'un homme : il faut absolument que je l'achète. Quelle est la mise à prix ?<br class='autobr' />
MERCURE<br class='autobr' />
Dix mines.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Les voici. Je le prends à ce compte.<br class='autobr' />
JUPITER<br class='autobr' />
Mais le nom de l'acheteur et sa patrie ?<br class='autobr' />
MERCURE<br class='autobr' />
C'est, je pense, quelque Italien, Jupiter ; un habitant de Crotone, de Tarente ou de la Grande-Grèce. Mais il n'est pas seul, ils sont au moins trois cents qui l'ont acheté en commun.<br class='autobr' />
JUPITER<br class='autobr' />
Qu'ils l'emmènent, et qu'on leur en fasse voir un autre !<br class='autobr' />
MERCURE<br class='autobr' />
Veux-tu cet homme malpropre, né dans le Pont ?<br class='autobr' />
JUPITER<br class='autobr' />
Justement.<br class='autobr' />
MERCURE<br class='autobr' />
Hé ! l'homme à la besace et à la tunique sans manches, viens ici, fais le tour de la salle ! A vendre une vie mâle et courageuse, une vie libre ! Qui est-ce qui achète ?<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Que dis-tu, crieur ? Tu vends une vie libre ?<br class='autobr' />
MERCURE<br class='autobr' />
Oui...<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Tu ne crains pas qu'il ne t'accuse de commerce frauduleux, et qu'il ne te cite devant l'Aréopage ?<br class='autobr' />
MERCURE<br class='autobr' />
Il se soucie peu d'être mis en vente : il n'en pense pas moins être libre.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
A quoi peut servir un être aussi crasseux, aussi misérablement vêtu ? On n'en peut faire qu'un terrassier ou un porteur d'eau.<br class='autobr' />
MERCURE<br class='autobr' />
Oui, mais, autre chose encore : fais-en un portier, il te gardera mieux qu'un chien : d'ailleurs il est déjà chien par son nom...<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Et quelle est sa patrie, sa profession ?<br class='autobr' />
MERCURE<br class='autobr' />
Interroge-le toi-même : c'est ce qu'il y a de mieux<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
J'ai peur, à voir cette figure sombre et farouche, qu'il n'aboie après moi, si je l'approche, et, ma foi, qu'il ne me morde. Ne vois-tu pas comme il lève son bâton, fronce les sourcils, et lance des regards menaçants et furieux ?<br class='autobr' />
MERCURE<br class='autobr' />
N'aie pas peur ; il est apprivoisé.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
D'abord, mon ami, dis-moi d'où tu es.<br class='autobr' />
DIOGÈNE. De partout.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Que veux-tu dire ?<br class='autobr' />
DIOGÈNE<br class='autobr' />
Tu vois un citoyen du monde.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Qui donc imites-tu ?<br class='autobr' />
DIOGÈNE<br class='autobr' />
Hercule.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Pourquoi, alors, n'es-tu pas vêtu de la peau de lion ? Ton bâton te donne déjà un air de ressemblance.<br class='autobr' />
DIOGÈNE<br class='autobr' />
Ma peau de lion, c'est ce manteau : comme Hercule je fais la guerre aux voluptés, non par ordre, mais de moi-même ; j'ai entrepris de nettoyer la vie humaine.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Belle entreprise ! Mais en quoi donc es-tu le plus habile ? quel est ton métier ?<br class='autobr' />
DIOGÈNE<br class='autobr' />
Je suis libérateur des hommes et médecin des passions ; en un mot, je veux être l'interprète de la vérité et de la franchise.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
A merveille, mon cher interprète ! Si je t'achète, comment m'instruiras-tu ?<br class='autobr' />
DIOGÈNE<br class='autobr' />
En te prenant pour disciple, je commencerai par te dépouiller de ton bien-être, je t'enfermerai dans l'indigence, je te revêtirai d'un manteau : ensuite je te forcerai à peiner et à travailler, dormant par terre, buvant de l'eau, ne mangeant que ce qui te tombera sous la main. Si tu as des richesses, fidèle à mes leçons, tu les jetteras dans la mer ; tu ne te soucieras plus de femme, d'enfants, de patrie : tout cela pour toi ne sera que fadaises. Tu abandonneras la maison paternelle, pour habiter un tombeau, quelque tour abandonnée, ou bien un tonneau. Tu auras une besace pleine de lupins, de livres écrits sur les deux pages, et dans cette condition, tu te vanteras d'être plus heureux que le grand roi. Si l'on te donne des coups de fouet, si l'on te met à la question, tu ne croiras pas que ce soit un mal.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Que dis-tu là ? Je n'éprouverai point de douleur si l'on me fouette ? Je n'ai pas une carapace de tortue ou de crabe.<br class='autobr' />
DIOGÈNE<br class='autobr' />
Tu suivras la maxime d'Euripide, avec une légère variante.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Laquelle ?<br class='autobr' />
DIOGÈNE<br class='autobr' />
L'âme pourra souffrir, mais la langue, non pas.<br class='autobr' />
Voici maintenant les qualités que je veux te voir acquérir. Sois d'abord effronté, impudent, insolent avec tout le monde, rois et particuliers : cela te fera regarder et passer pour un homme de cœur. Que ton langage soit barbare, ta voix rauque et semblable à celle d'un chien ; que ta mine soit renfrognée, et ta démarche répondant à ta mine ; en un mot, que tout, chez toi, soit farouche et sauvage. Loin de toi la pudeur, la douceur, la modération ! Efface de ton front toute rougeur de honte ; recherche les endroits les plus populeux ; et là , seul, au milieu de la foule, ne te lie avec personne ; fuis toute espèce d'hôte ou d'ami : les liens de société sont la mort de ton empire. Fais hardiment, aux yeux de tous, ce qu'on rougirait de faire tout seul : affecte en amour les postures les plus risibles. Enfin, quand tu le voudras, mange un polype cru ou une sépia, et meurs. Voilà le bonheur que nous vous promettons.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Fi donc ! Tout cela est hideux et indigne d'un homme.<br class='autobr' />
DIOGÈNE<br class='autobr' />
C'est du moins bien aisé, mon cher, et facile à mettre en pratique : tu n'auras pas besoin, pour cela, d'instruction, de livres et autres sornettes ; tu arriveras, par le plus court chemin à la gloire. Et, quand tu serais un homme ordinaire, un savetier, un marchand de chair salée, un charpentier ou un publicain, rien ne t'empêchera de devenir un grand personnage, pour peu que tu aies de l'impudence, de l'audace et la langue affilée, pour l'insulte.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Je n'ai pas besoin de toi pour cela. Cependant tu, pourrais peut-être me servir, à l'occasion, de matelot ou de jardinier ; et si le crieur consent à te donner pour deux oboles, au plus.<br class='autobr' />
MERCURE<br class='autobr' />
Prends-le pour cette somme. Nous ne sommes pas fâchés de nous en débarrasser ; c'est un braillard, qui insulte tout le monde à chaque instant, et qui n'a que de vilains mots à la bouche.<br class='autobr' />
JUPITER<br class='autobr' />
A un autre ! Appelle ce Cyrénéen, vêtu de pourpre et couronné de fleurs.<br class='autobr' />
MERCURE<br class='autobr' />
Allons ! attention, tout le monde ! C'est un article magnifique, et qui demande un riche acheteur. C'est la vie suave, la vie trois fois heureuse ! Qui est-ce qui veut de la Volupté ? Qui est-ce qui achète cet être délicat ?<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Viens ici, et dis-nous ce que tu sais faire. Je t'achèterai, si tu peux m'être utile.<br class='autobr' />
MERCURE<br class='autobr' />
Ne l'importune pas, mon cher ; ne lui demande rien : il est ivre, et ne pourrait pas répondre : tu vois comme il bégaye !<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Alors, quel homme de bon sens voudrait acheter un esclave si corrompu, si dépravé ? Comme il exhale une odeur de parfums ! Comme sa marche est chancelante et mal assurée ! Mais toi, Mercure, dis-moi quels sont ses talents, ce qu'il sait faire.<br class='autobr' />
MERCURE. Une seule chose : il est bon convive, sachant boire en compagnie, et festiner avec une joueuse de flûte, chez un maître amoureux et débauché. Il sait, en outre, parfaitement faire les gâteaux ; c'est un cuisinier fort habile. Enfin, il est passé maître en fait de voluptés. Élevé à Athènes, il a servi en Sicile les tyrans, qui l'ont tenu en grande estime. Le point sommaire de sa philosophie, c'est de mépriser toutes choses, d'user de tout, et de chercher en tout le plaisir.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Tu es libre de jeter les yeux sur d'autres acheteurs, riches et opulents ; pour moi, je ne suis pas en état d'acheter sa joyeuse vie.<br class='autobr' />
MERCURE<br class='autobr' />
Celui-là, Jupiter, me fait l'effet de ne pas trouver d'acquéreur, et de nous rester.<br class='autobr' />
JUPITER<br class='autobr' />
Fais-le retirer, produis-en un autre, ou plutôt ces deux à la fois, le rieur d'Abdère et le pleureur d'Éphèse : je veux les vendre ensemble.<br class='autobr' />
MERCURE<br class='autobr' />
Avancez au milieu. A vendre deux bonnes vies ! Je mets en criée les deux plus sages des hommes.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Par Jupiter ! quel contraste ! L'un ne cesse de rire ; l'autre a l'air d'assister à un enterrement, il ne cesse de pleurer. Hé ! l'ami ! qu'as-tu donc à rire ?<br class='autobr' />
DÉMOCRITE<br class='autobr' />
Tu le demandes ? Tout ce que vous faites me semble risible, et vous par-dessus le marché.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Que dis-tu là ? Tu te moques de nous tous, et tu n'estimes rien de tout ce que nous faisons ?<br class='autobr' />
DÉMOCRITE<br class='autobr' />
C'est cela même ! Il n'y a rien de sérieux au monde : tout est vide, concours d'atomes, infini !<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Tu te trompes ; il n'y a que toi de vide, et d'infiniment sot. Voyez, l'insolence ! ne cesseras-tu pas de rire ?<br class='autobr' />
Et toi, mon cher, pourquoi pleures-tu, car je préfère causer avec toi ?<br class='autobr' />
HÉRACLITE<br class='autobr' />
Je regarde toutes les choses humaines, ô étranger, comme tristes et lamentables, et rien qui n'y soit soumis au destin : voilà pourquoi je les prends en pitié ,pourquoi je pleure, Le présent me semble bien peu de chose, l'avenir désolant : je vois l'embrasement et la ruine de l'univers : je gémis sur l'instabilité des choses ; tout y flotte comme dans un breuvage en mixture ; amalgame de plaisir et de peine, de science et d'ignorance, de grandeur et de petitesse : le haut et le bas s'y confondent et alternent dans le jeu du siècle.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Et qu'est-ce que le siècle ?<br class='autobr' />
HÉRACLITE<br class='autobr' />
Un enfant qui joue, qui jette des dés, qui saute à l'aventure.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Et les hommes, qui sont-ils ?<br class='autobr' />
HÉRACLITE<br class='autobr' />
Des dieux mortels.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Et les dieux ?<br class='autobr' />
HÉRACLITE<br class='autobr' />
Des hommes immortels.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Tes discours sont des énigmes, mon cher, de vrais logogriphes : probablement, ainsi que Loxias tu ne dis rien de clair.<br class='autobr' />
HÉRACLITE<br class='autobr' />
Je me soucie peu de vous.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Aussi faudrait-il être bien sot pour te prendre.<br class='autobr' />
HÉRACLITE<br class='autobr' />
Moi, je vous ordonne à tous de pleurer à chaudes larmes, petits et grands, acheteurs ou non.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Son mal se rapproche beaucoup de l'humeur noire ; je n'achèterai ni l'un ni l'autre.<br class='autobr' />
MERCURE<br class='autobr' />
En voilà deux encore qui nous restent au magasin !<br class='autobr' />
JUPITER<br class='autobr' />
Mets-en un autre en vente.<br class='autobr' />
MERCURE<br class='autobr' />
Veux-tu ce bouffon athénien ?<br class='autobr' />
JUPITER<br class='autobr' />
Oui.<br class='autobr' />
MERCURE<br class='autobr' />
Viens ici, toi. Bonne vie à vendre, homme de bon sens ! Qui veut acheter cet excellent personnage ?<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Dis-moi, que sais-tu faire ?<br class='autobr' />
SOCRATE<br class='autobr' />
J'aime les garçons, et je sais à fond tout ce qui concerne l'amour.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Comment pourrais-je t'acheter ? j'ai besoin d'un pédagogue pour mon fils, qui est un joli garçon.<br class='autobr' />
SOCRATE<br class='autobr' />
Qui serait mieux fait que moi pour vivre avec un beau jeune homme ? Ce n'est pas du corps que je suis amoureux, c'est de la beauté de l'âme. Sois sans crainte ; de tous ceux qui pourraient reposer avec moi sous la même couverture, tu n'entendras aucun se plaindre que je me sois mal conduit.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Tu es incroyable qu'un homme qui aime les garçons n'ait souci que de l'âme, quand il a toute liberté, couché sous la même couverture.<br class='autobr' />
SOCRATE<br class='autobr' />
Je jure par le Chien et par le Platane qu'il en est ainsi !<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Par Hercule ! les singuliers dieux que voilà !<br class='autobr' />
SOCRATE<br class='autobr' />
Quoi donc ? Le Chien ne te parait donc pas être un dieu ? Ne vois-tu pas l'Anubis d'Égypte sous cette figure ? ne connais-tu pas Sirius au ciel et Cerbère aux enfers ?<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Tu as raison ; je me trompais. Mais comment vis-tu ?<br class='autobr' />
SOCRATE<br class='autobr' />
J'habite une ville que je ma suis faite à moi-même : j'ai une république d'un nouveau genre, où je dicte mes propres lois.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Je voudrais bien en connaître quelqu'une.<br class='autobr' />
SOCRATE. Écoute la plus importante, celle qui est relative aux femmes : aucune d'entre elles ne doit être à un seul exclusivement, mais à quiconque voudra l'épouser.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Que dis-tu ? tu as donc abrogé les lois sur l'adultère ?<br class='autobr' />
SOCRATE<br class='autobr' />
Oui, par Jupiter, et toutes les petites formalités de cette espèce.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Quant aux beaux garçons, qu'as-tu décidé ?<br class='autobr' />
SOCRATE<br class='autobr' />
Leurs baisers seront la récompense des gens vertueux et de tous ceux qui se seront distingués par un brillant exploit.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Oh ! le beau présent ! Mais quel est pour toi l'essentiel de la sagesse ?<br class='autobr' />
SOCRATE<br class='autobr' />
Les idées et les modèles des êtres. Tout ce que tu vois, la terre et de qu'elle porte, la mer et le ciel, ont des images invisibles qui existent hors de l'univers.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Où existent-elles alors ?<br class='autobr' />
SOCRATE<br class='autobr' />
Nulle part : car si elles existaient quelque part, elles n'existeraient pas.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Mais je ne vois pas ces modèles dont tu parles.<br class='autobr' />
SOCRATE<br class='autobr' />
Naturellement : tu es aveugle des yeux de l'âme ; mais moi, je vois les images de tous les êtres, je vois un autre toi invisible, un autre moi-même ; en un mot, je vois tout double.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Ma foi ! il faut que je t'achète ; tu es un sage, et tu as bonne vue. Voyons, crieur, que me demandes-tu pour celui-la ?<br class='autobr' />
MERCURE<br class='autobr' />
Deux talents.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Marché conclu ! seulement je te payerai plus tard.<br class='autobr' />
MERCURE<br class='autobr' />
Quel est ton nom ?<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Dion de Syracuse.<br class='autobr' />
MERCURE<br class='autobr' />
Prends, et bonne chance ! Maintenant c'est au tour d'Épicure. Qui veut l'acheter ? C'est le disciple de ce rieur et de cet ivrogne que j'ai mis en criée tout à l'heure ; mais il a un avantage sur eux, il est plus impie : c'est d'ailleurs un délicat, un ami des bons morceaux.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Quel est le prix ?<br class='autobr' />
MERCURE<br class='autobr' />
Deux mines.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Les voici ; mais dis-moi quels sont les mets qu'il préfère.<br class='autobr' />
MERCURE<br class='autobr' />
Ceux qui sont doux et mielleux, particulièrement les figues.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Il ne sera pas difficile de lui en donner : je lui achèterai des paniers de figues grasses.<br class='autobr' />
JUPITER<br class='autobr' />
Fais-en venir un autre ; l'homme a la peau rasée, ce renfrogné du Portique.<br class='autobr' />
MERCURE<br class='autobr' />
Tu as raison : beaucoup de ceux qui sont venus à la vente semblent l'attendre. À vendre la vertu même, une vie parfaite ! Qui est-ce qui veut seul tout savoir ?<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Que dis-tu ?<br class='autobr' />
MERCURE<br class='autobr' />
Cet homme est le seul sage, le seul beau, le seul juste, le seul brave, le seul roi, le seul orateur, le seul riche, le seul législateur, et ainsi pour tout le reste.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Il est donc aussi, mon cher, le seul bon cuisinier, et, ma foi ! le seul savetier, le seul charpentier, et ainsi pour tout le reste.<br class='autobr' />
MERCURE<br class='autobr' />
Mais oui.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Viens ici, mon brave, et me dis, comme à ton acquéreur, qui tu es, en commençant par m'avouer si tu es fâché ou non d'être mis en vente et de servir.<br class='autobr' />
CHRYSIPPE<br class='autobr' />
Pas du tout : cela ne dépend pas de nous, et ce qui ne dépend pas de nous est indifférent.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Je ne te comprends pas.<br class='autobr' />
CHRYSIPPE<br class='autobr' />
Comment ? Tu ne sais pas qu'il y a des choses proposées et des choses rejetées ?<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Je n'en ai jamais entendu parler.<br class='autobr' />
CHRYSIPPE<br class='autobr' />
Cela n'est pas étonnant, tu n'es pas accoutumé à nos termes, et tu n'as pas l'imagination compréhensive. Mais celui qui a étudié avec attention la théorie du raisonnement, ne sait pas seulement ces choses-là ; il connaît l'accident et le sur accident, avec toutes leurs différences.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Au nom de la Sagesse, fais-moi le plaisir de m'expliquer ce que c'est que l'accident et le suraccident : car, je ne sais comment, j'ai été frappé de la douce harmonie de ces expressions.<br class='autobr' />
CHRYSIPPE<br class='autobr' />
Très volontiers. Lorsqu'un homme est boiteux, et qu'en heurtant son pied boiteux contre une pierre, il vient à se blesser, l'infirmité qui le fait boiter est l'accident, et la blessure le suraccident<br class='autobr' />
.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
O la finesse ! Qu'est-ce que tu connais encore à fond ?<br class='autobr' />
CHRYSIPPE<br class='autobr' />
Les filets du langage, dans lesquels je prends mes interlocuteurs : je leur clos la bouche, je leur mets un bâillon, et je les réduis au silence : et le nom de cette invention puissante, c'est le fameux syllogisme.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Par Hercule ! Voilà une arme terrible et violente !<br class='autobr' />
CHRYSIPPE<br class='autobr' />
Tu vas en juger. As-tu un fils ?<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Pourquoi cela ?<br class='autobr' />
CHRYSIPPE<br class='autobr' />
Supposons qu'un crocodile l'ait enlevé, lorsqu'il errait sur le bord d'un fleuve, et qu'ensuite il t'ait promis de te le rendre, à condition que tu lui dirais au juste s'il est dans l'intention de te le rendre ou non ; quelle est, à ton avis, la résolution du crocodile ?<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Il n'est pas facile de répondre à ta question, et je ne sais pas trop ce que je dois dire pour recouvrer mon fils : par Jupiter ! réponds pour moi, et sauve-le vite, de peur que le crocodile ne l'avale avant ta réponse.<br class='autobr' />
CHRYSIPPE<br class='autobr' />
Sois tranquille. Je t'en apprendrai d'autres bien plus admirables.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Lesquels ?<br class='autobr' />
CHRYSIPPE<br class='autobr' />
Le Moissonnant, le Dominant, l'Électre qui les vaut tous, et le Voilé.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Qu'est-ce que ce Voilé et cette Électre ?<br class='autobr' />
CHRYSIPPE<br class='autobr' />
C'est la fameuse Électre, fille d'Agamemnon, qui, en même temps, sait une chose et ne la sait pas. Quand Oreste se présente inconnu devant elle, elle sait qu'Oreste est son frère, mais elle ne sait pas que cet inconnu est Oreste. Voici maintenant le Voilé : tu vas entendre là une invention admirable. Réponds-moi. Connais-tu ton père ?<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Oui.<br class='autobr' />
CHRYSIPPE<br class='autobr' />
Eh bien ! Si, en te présentant un homme voilé, je te disais : "Connais-tu cet homme ?" que répondrais-tu ?<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Je ne le connais pas.<br class='autobr' />
CHRYSIPPE<br class='autobr' />
Cependant cet homme voilé était ton père, donc, si tu as dit ne le pas connaître, il est clair que tu ne connais pas ton père.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Pas du tout : je n'ai qu'à lui ôter son voile, je saurai bien ce qui en est. Enfin quel est début de ta sagesse, ou que feras-tu quand tu seras arrivé au sommet de la Vertu ?<br class='autobr' />
CHRYSIPPE<br class='autobr' />
Je posséderai alors les premiers dons de la nature, je veux dire la richesse, la santé, et autres choses semblables. Mais, avant d'y arriver, il faut beaucoup travailler, coller ses yeux sur de gros volumes d'une écriture très-fine, entasser les scolies, se farcir de solécismes et de termes absurdes ; mais le point capital, c'est qu'il n'est pas possible de devenir sage, si l'on n'a pas pris trois fois de suite de l'ellébore.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Voilà de beaux principes et dignes d'un grand cœur ! Pourtant être un Gniphon, un usurier (car je sais que c'est aussi là une de tes qualités), est-ce bien digne d'un homme qui a bu de l'ellébore, et de parfaite vertu ?<br class='autobr' />
CHRYSIPPE<br class='autobr' />
Oui. Seul, le sage a le droit de prêter à usure, puisque seul il fait des syllogismes ; car prêter à usure et calculer les intérêts, c'est à peu près la même chose que de faire des syllogismes ; et l'un, comme l'autre, appartient exclusivement au sage. Seulement, il ne doit pas, comme la plupart des usuriers, exiger simplement les intérêts, mais encore les intérêts des intérêts. En effet, ne sais-tu pas que des premiers intérêts naissent les seconds, qui en sont, pour ainsi dire, engendrés ? Tu peux voir que c'est là un syllogisme en forme. Si le sage touche les premiers intérêts, il doit aussi toucher les seconds ; or, il touche les premiers, donc il doit toucher les seconds.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Dirons-nous aussi la même chose de l'argent que tu reçois des jeunes gens pour payer tes leçons de sa gesse ? Est-il évident qu'il ne convient qu'au seul sage de se faire payer ses leçons de vertu ?<br class='autobr' />
CHRYSIPPE<br class='autobr' />
Tu saisis : ce n'est pas pour moi que je prends, c'est pour celui qui donne ; puisque l'un verse, l'autre doit recevoir. Je m'apprends à recevoir, et mon disciple à verser.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Mais tu disais le contraire : que c'était le jeune homme qui recevait, et que toi, le seul riche, tu versais.<br class='autobr' />
CHRYSIPPE<br class='autobr' />
Tu veux rire, mon ami ; mais prends garde que je ne te décoche un syllogisme indémontrable.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Et quel mal ce trait me ferait-il ?<br class='autobr' />
CHRYSIPPE<br class='autobr' />
La perplexité, le silence, le bouleversement de l'esprit.<br class='autobr' />
Mais ce qu'il, y a de plus fort, c'est que, si je veux, je puis à l'instant te changer en pierre.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Comment, en pierre ? Tu ne me parais pas un Persée, mon cher.<br class='autobr' />
CHRYSIPPE<br class='autobr' />
Voici comment. La pierre est-elle un corps ?<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Oui.<br class='autobr' />
CHRYSIPPE<br class='autobr' />
Eh bien ! un animal n'est-il pas un corps ?<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Oui.<br class='autobr' />
CHRYSIPPE<br class='autobr' />
Et toi, n'es-tu pas un animal ?<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Je le crois.<br class='autobr' />
CHRYSIPPE<br class='autobr' />
Donc tu es une pierre, puisque tu es un corps.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Pas du tout. Mais, voyons, par Jupiter ! tire-moi de peine, et fais-moi redevenir homme comme devant.<br class='autobr' />
CHRYSIPPE<br class='autobr' />
C'est facile, tu vas redevenir homme ; réponds. Tout corps est-il un animal ?<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Non.<br class='autobr' />
CHRYSIPPE<br class='autobr' />
Eh bien ! une pierre est-elle un animal ?<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Non.<br class='autobr' />
CHRYSIPPE<br class='autobr' />
Toi, tu es un corps ?<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Oui.<br class='autobr' />
CHRYSIPPE<br class='autobr' />
Étant un corps, tu es un animal ?<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Oui.<br class='autobr' />
CHRYSIPPE<br class='autobr' />
Donc tu n'es pas une pierre, puisque tu es un animal.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Tu m'as rendu un grand service. Déjà mes jambes se refroidissaient comme celles de Niobé, et commençaient à se raidir. Allons, je vais t'acheter. Combien en veut-on ?<br class='autobr' />
MERCURE<br class='autobr' />
Douze mines.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Tiens.<br class='autobr' />
MERCURE<br class='autobr' />
L'as-tu acheté tout seul ?<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Non vraiment, mais en société de tous ceux que tu vois ici.<br class='autobr' />
MERCURE<br class='autobr' />
Ils sont nombreux ; ils ont les épaules fortes et sont taillés pour le Moissonnant.<br class='autobr' />
JUPITER<br class='autobr' />
Ne perdons pas de temps ; à un autre !<br class='autobr' />
MERCURE<br class='autobr' />
Viens ici, Péripatéticien, le beau, le riche ! Achetez-moi le plus éclairé de tous, le savant universel !<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Quelles sont ses qualités ?<br class='autobr' />
MERCURE<br class='autobr' />
Il est modéré, doux, accommodant, et, qui plus est, double.<br class='autobr' />
LE MARCHAND. Que veux-tu dire ?<br class='autobr' />
MERCURE<br class='autobr' />
Il est en dedans autrement qu'en dehors. Si tu l'achètes, n'oublie pas de distinguer en lui l'ésotérique et l'exotérique.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Et que sait-il le mieux ?<br class='autobr' />
MERCURE<br class='autobr' />
Qu'il y a trois sortes de biens : ceux de l'âme, ceux du corps et ceux de la fortune.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Sa morale est humaine. Combien vaut-il ?<br class='autobr' />
MERCURE<br class='autobr' />
Cinq mines.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
C'est cher.<br class='autobr' />
MERCURE<br class='autobr' />
Non, mon ami ; car il parait avoir lui-même de l'argent ; ainsi dépêche-toi de l'acheter. D'ailleurs, il t'apprendra tout de suite combien de temps vit un ciron, à quelle profondeur de la mer descendent les rayons du soleil, de quelle nature est l'âme des huîtres.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Par Hercule ! voilà une science minutieuse !<br class='autobr' />
MERCURE<br class='autobr' />
Que sera-ce, quand tu lui entendras dire des choses encore plus subtiles au sujet de la procréation et de la génération, de la formation de l'embryon dans le ventre de la mère ; soutenir que l'homme est un animal ridicule, et non pas l'âne, qui ne construit point de maison et ne navigue point ?<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Voilà des enseignements admirables et d'une haute utilité. Je l'achète vingt mines.<br class='autobr' />
MERCURE<br class='autobr' />
Soit. Voyons, nous en reste-t-il quelque autre ? Ah ! ce sceptique. Ici, Pyrrhias ; viens, que nous te mettions aussitôt en criée. On commence déjà à s'en aller ; les acquéreurs vont être en petit nombre. Allons ! Qui est-ce qui achète celui-là ?<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Moi ! Mais, d'abord, dis-moi ce que tu sais.<br class='autobr' />
LE PHILOSOPHE<br class='autobr' />
Rien.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Que veux-tu dire par là ?<br class='autobr' />
LE PHILOSOPHE<br class='autobr' />
Que je ne crois à l'existence de rien.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Mais nous, que sommes-nous donc ?<br class='autobr' />
LE PHILOSOPHE<br class='autobr' />
Je n'en sais rien.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Et toi, qu'es-tu ?<br class='autobr' />
LE PHILOSOPHE<br class='autobr' />
Je n'en sais absolument rien.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Voilà un doute ! Que veulent dire ces balances ?<br class='autobr' />
LE PHILOSOPHE<br class='autobr' />
Elles me servent à peser les raisons, et à juger de leur égalité. Quand j'ai vu qu'elles sont pareilles et au même niveau, alors je ne sais laquelle est la plus vraie.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Pour le reste, que sais-tu faire ?<br class='autobr' />
LE PHILOSOPHE<br class='autobr' />
Tout, excepté poursuivre un esclave fugitif.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Et pourquoi cela ne t'est-il pas possible ?<br class='autobr' />
LE PHILOSOPHE<br class='autobr' />
Parce que, mon ami, je ne puis le saisir.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Je le crois : tu me parais un garçon lourd et stupide. Mais enfin quel est le but de ta science ?<br class='autobr' />
LE PHILOSOPHE<br class='autobr' />
L'ignorance ; je ne sais ni entendre ni voir.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Tu es donc sourd et aveugle ?<br class='autobr' />
LE PHILOSOPHE<br class='autobr' />
Oui ; et, par là-dessus, dénué de sens et de jugement, en un mot, je diffère peu d'un ver.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Je veux t'acheter à cause de cela. Combien vaut-il ?<br class='autobr' />
MERCURE<br class='autobr' />
Une mine attique.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
La voici. Eh bien ! que dis-tu ? T'ai -je acheté ?<br class='autobr' />
LE PHILOSOPHE<br class='autobr' />
Je n'en sais rien.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
C'est sûr, pourtant ; je t'ai acheté et j'ai payé.<br class='autobr' />
LE PHILOSOPHE<br class='autobr' />
Je m'abstiens et ne décide pas la question.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Malgré cela, suis-moi ; car tu es mon esclave.<br class='autobr' />
LE PHILOSOPHE<br class='autobr' />
Qui sait si tu dis vrai ?<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Le crieur , l'argent et le monde qui est ici.<br class='autobr' />
LE PHILOSOPHE<br class='autobr' />
Y a-t-il du monde ici ?<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Je vais tout à l'heure te conduire au moulin, et te faire voir que je suis ton maître, grâce au raisonnement qui fait gagner la mauvaise cause.<br class='autobr' />
LE PHILOSOPHE<br class='autobr' />
Je ne décide pas la question.<br class='autobr' />
LE MARCHAND<br class='autobr' />
Et moi, par Jupiter, je la tranche !<br class='autobr' />
MERCURE<br class='autobr' />
Allons ! cesse de t'entêter, et suis ton acquéreur. Vous autres, nous vous invitons pour demain matin. Nous mettrons en vente les sectes ignorantes, ouvrières et de vil prix.<br class='autobr' />
L'INCRÉDULE<br class='autobr' />
de Lucien de Samosate (120-180)<br class='autobr' />
TYCHIADE<br class='autobr' />
Pourrais-tu me dire, Philoclès, quel est cet attrait qui porte la plupart des hommes à aimer le mensonge. Ils s'y complaisent au point de dire des choses qui n'ont pas le sens commun, et d'écouter ceux qui en débitent de semblables.<br class='autobr' />
PHILOCLÈS<br class='autobr' />
Il y a beaucoup de raisons, Tychiade, capables d'engager à mentir certains hommes, qui n'ont en vue que leur intérêt.<br class='autobr' />
TYCHIADE<br class='autobr' />
Ce n'est pas là la question, comme on dit, et je ne te parle pas de ceux qui mentent en vue de leur utilité : ils sont excusables ; quelques-uns même sont dignes de louanges, lorsqu'ils ont trompé des ennemis, ou que, dans un moment critique, ils ont employé ce remède comme un moyen de salut : c'est ainsi qu'a souvent agi Ulysse pour ménager sa vie et le retour de ses compagnons. Mais je parle, mon cher, des gens qui, sans besoin qu'il en soit, préfèrent de beaucoup le mensonge à la vérité, s'y plaisent et s'en font une occupation sans aucun motif plausible. Je voudrais savoir pourquoi ils agissent de la sorte.<br class='autobr' />
PHILOCLÈS<br class='autobr' />
Est-ce que tu as connu des gens de cette espèce, qui avaient un penchant inné pour le mensonge ?<br class='autobr' />
TYCHIADE<br class='autobr' />
Certainement, et beaucoup.<br class='autobr' />
PHILOCLÈS<br class='autobr' />
Quelle autre raison en donner qu'une aberration d'esprit, qui leur fait haïr la vérité et préférer ce qui est pire à ce qui est excellent ?<br class='autobr' />
TYCHIADE<br class='autobr' />
Ce n'est pas cela ; car je pourrais te citer un grand nombre d'hommes, d'ailleurs très sensés, et qu'on admire pour leur jugement, qui sont néanmoins, je ne sais pourquoi, les esclaves de ce vice ; ils aiment à mentir : et il me fâche de voir des personnages, éminents du reste, s'amuser à se tromper eux-mêmes et à tromper ceux qui conversent avec eux. Tu sais assurément mieux que moi que les anciens, Hérodote, Ctésias de Cnide, et avant eux les poètes, Homère en tête, gens d'ailleurs fort respectables, ont employé le mensonge écrit, si bien que non seulement ils ont trompé ceux qui les écoutaient de leur temps, mais que leurs mensonges sont parvenus jusqu'à nous comme une succession gardée en dépôt dans leurs vers admirables. Souvent, je l'avoue, il m'arrive de rougir pour eux, lorsqu'ils racontent la mutilation d'Uranus, l'enchaînement de Prométhée, la révolte des Géants et toute la tragédie des Enfers ; lorsqu'ils nous disent que, par amour, Jupiter est devenu cygne ou taureau, qu'une femme a été métamorphosée en oiseau ou en ours : ajoutez les Pégases, les Chimères, les Gorgones, les Cyclopes, et toutes les légendes de même espèce, fables étranges, récits absurdes, faits pour amuser les enfants qui ont encore peur de Mormo et de Lamia.<br class='autobr' />
Cependant ces fictions poétiques se tolèrent encore. Mais le moyen de ne pas rire en voyant des villes et des peuples entiers se livrer à des mensonges publics ? Les Crétois ne rougissent pas de montrer le tombeau de Jupiter ; les Athéniens font sortir Érichthon du sein de la terre, et pousser les premiers hommes du sol de L'Attique, absolument comme des légumes : origine d'ailleurs plus respectable que celle des Thébains qui racontent que des dents semées d'un serpent il germa des hommes. Cependant, celui qui ne tiendrait pas pour vrais ces contes ridicules et qui, les soumettant à un examen sérieux, croirait qu'il n'appartient qu'à un Corèbe ou à un Margités, de se figurer que Triptolème a traversé les airs sur un char attelé de dragons ailés, que Pan est venu, du fond de l'Arcadie, au secours des Athéniens à Marathon, qu'Orithyie a été enlevée par Borée, celui-là, dis-je, passerait pour un impie, un insensé, de refuser sa créance à des faits. si authentiques et si avérés. Telle est la puissance du mensonge.<br class='autobr' />
PHILOCLÈS<br class='autobr' />
Mais pourtant, Tychiade, les poètes et les villes sont excusables. Les premiers mêlent à leurs écrits le charme attrayant de la fable, dont ils ont grand besoin pour captiver leurs auditeurs. Les Athéniens, les Thébains, et les autres peuples, s'il en est, rendent leur patrie plus vénérable au moyen de ces fictions. Si l'on ôtait de la Grèce toutes les curiosités fabuleuses, rien n'empêcherait ceux qui les montrent de mourir de faim, car les étrangers ne voudraient pas entendre la vérité, même gratis. Seulement, les hommes qui, sans avoir de pareils motifs, se plaisent dans le mensonge, passeront, à juste titre, pour des êtres dignes d'être bafoués par tous.<br class='autobr' />
TYCHIADE<br class='autobr' />
Tu as raison, et je sors à l'instant de chez Eucrate, où j'ai entendu tant de récits fabuleux et incroyables, que, ne pouvant plus supporter l'excès de ses mensonges, je suis sorti tout courant, et j'ai pris la fuite, comme si les Furies étaient à mes trousses, le laissant débiter une foule de prodiges absurdes.<br class='autobr' />
PHILOCLÈS<br class='autobr' />
Cependant, Tychiade, Eucrate est un homme digne de foi ; personne n'est mieux fait pour inspirer la confiance que lui, avec sa longue barbe, ses soixante ans et son goût prononcé pour la philosophie. Il ne souffrirait pas qu'on dît en sa présence la moindre fausseté, loin de l'oser lui-même.<br class='autobr' />
TYCHIADE<br class='autobr' />
C'est que tu ne sais pas, mon cher, tout ce qu'il nous a raconté, en nous recommandant d'y croire ; il fallait le voir affirmer les faits par serment, en jurer même sur la tête de ses enfants, de sorte qu'en le regardant, il me venait mille pensées à l'esprit : ou bien je le croyais fou, hors de son état naturel, ou je le regardais comme un charlatan, un singe ridicule caché depuis longtemps, à mon insu, sous la peau d'un lion, tant ses récits étaient absurdes.<br class='autobr' />
PHILOCLÈS<br class='autobr' />
Et que disait-il ? par Vesta, mon cher Tychiade, je suis curieux de savoir combien il dissimule de hâblerie sous une aussi belle barbe.<br class='autobr' />
TYCHIADE<br class='autobr' />
C'était mon habitude, Philoclès, d'aller chez Eucrate en d'autres occasions, lorsque je n'avais absolument rien à faire. Aujourd'hui que j'avais besoin de parler à Léontichus, un de mes amis intimes, tu sais, j'appris de son valet qu'il était allé, dès le matin, faire, visite à Eucrate, un peu malade. Le double motif et de rencontrer Léontichus, et de visiter Eucrate, dont j'ignorais l'indisposition, me conduisit chez ce dernier. Je ne trouve plus Léontichus ; il venait de sortir, me dit-on, depuis un instant ; mais je vis une nombreuse compagnie au milieu de laquelle j'aperçus Cléodème le péripatéticien, Dinomaque le stoïcien et Ion. Tu connais cet homme qui veut qu'on l'admire, quand il parle des écrits de Platon, comme étant le seul capable de pénétrer intimement les pensées du philosophe et de les expliquer aux autres : tu vois de quels personnages je te parle, tout confits en sagesse et en vertu, la fleur de chaque secte, tous infiniment respectables et d'une physionomie presque effrayante. Il y avait aussi là le médecin Antigonus, appelé, je crois, pour la maladie : Eucrate paraissait se porter mieux ; sa maladie était de celles qu'on nourrit avec soi : l'humeur était de nouveau descendue dans les pieds. Il m'invita à m'asseoir auprès de lui, sur son lit, en donnant à sa voix une intonation de malade, aussitôt qu'il m'aperçut ; mais, en entrant, je l'avais entendu crier et discuter d'un ton sonore. J'eus grand soin de ne pas lui toucher les pieds ; puis ; m'excusant, comme il est d'usage en pareil cas, d'avoir ignoré son indisposition, et ajoutant que j'étais accouru pour le voir dès que je l'avais apprise, je pris place à ses côtés.<br class='autobr' />
Avant mon arrivée, on avait déjà beaucoup disserté sur la maladie d'Eucrate, on en parlait encore, et chacun indiquait un remède. Alors Cléodème : "Si donc on enlève de terre avec la main gauche la dent d'une belette tuée de la manière que je vous ai dite, si on la lie dans une peau de lion nouvellement écorché, et qu'ensuite on l'attache autour de la jambe, la douleur s'apaise tout à coup. - Pas dans une peau de lion, reprit Dinomaque, mais dans une peau de biche vierge et qui n'ait point encore été saillie. La chose est bien plus croyable de cette manière : la biche est un animal léger dont toute la force est dans les pieds. Le lion, il est vrai, est vigoureux ; sa graisse, sa patte droite de devant, et les poils roides de sa crinière ont une grande vertu, quand on sait s'en servir avec les enchantements propres à chaque partie ; mais elles ne guérissent pas du tout les pieds. - Je croyais aussi comme vous, répondit Cléodème, que c'était de la peau de biche qu'il fallait se servir ; mais dernièrement un homme de Libye, savant dans ces secrets, m'a fait changer de façon de penser en me disant que les lions étaient plus vites que les biches, puisque évidemment ils les prennent à la chasse." Tout le monde approuva le Libyen comme ayant parlé avec justesse.<br class='autobr' />
Je pris alors la parole. "Eh quoi ! leur dis-je, vous croyez que des douleurs dont la cause est interne peuvent s'apaiser par des enchantements ou par des remèdes appliqués à l'extérieur ?" A ce discours, ils se moquèrent de moi ; il était évident qu'ils m'accusaient tous d'ignorance, de ne pas savoir des choses aussi manifestes, et que nul homme sensé ne saurait contredire. Cependant le médecin Antigonus parut bien aise que j'eusse fait cette question. Depuis longtemps, je crois, on lui battait un peu froid, parce qu'il persistait à traiter Eucrate avec les secours de son art, lui ordonnant de ne plus boire de vin, de se nourrir de légumes, en un mot, de se détendre les fibres. Cléodème se mettant donc à sourire : "Que dites-vous, Tychiade ? s'écria-t-il. Vous parait-il incroyable qu'on puisse tirer quelque utilité de ces sortes de remèdes dans les maladies ? - Cela me paraît incroyable, lui répondis-je : autrement je n'aurais pas le nez bien fin, si je me mettais dans la tête que des remèdes externes, sans communication immédiate avec les causes intérieures des maladies, peuvent agir au moyen de quelques paroles, comme vous dites, ou de certains enchantements, et qu'en attachant ces remèdes au malade, ils lui rendront la santé. Jamais cela n'aura lieu, quand vous lieriez seize belettes entières dans la peau du lion de Némée. Pour ma part, j'ai souvent vu le lion lui-même boiter de douleur dans sa peau tout entière.<br class='autobr' />
Vous êtes bien simple, reprit Dinomaque, d'avoir négligé d'apprendre ces sortes de remèdes, et comment il faut les appliquer pour en tirer quelque utilité contre les maladies. Vous me semblez ne pas admettre non plus les faits si généralement connus, les guérisons de fièvres périodiques et de tumeurs inguinales, les enchantements de reptiles et les autres merveilles que les vieilles opèrent tous les jours. Si tout cela se fait, pourquoi ne pas croire que celles dont nous parlons ont lieu par des moyens semblables ? - Votre conclusion, Dinomaque, lui répondis-je, n'est pas tout à fait juste, et, comme on dit, vous chassez un clou avec l'autre. En effet, il n'est pas prouvé que les merveilles en question soient opérés par une pareille puissance. Si donc vous ne commencez pas par me convaincre que ces faits sont dans l'ordre de la nature, que la fièvre ou la tumeur a peur d'un nom divin, d'un mot barbare et s'enfuit de l'aine, ce que vous dites n'est pour moi que des contes de bonnes femmes.<br class='autobr' />
Je juge à votre discours, répondit Dinomaque, que vous ne croyez pas à l'existence des dieux, puisque vous ne pensez pas qu'il soit possible d'opérer des guérisons avec des mots sacrés. - Ne dites pas cela, mon cher, repartis-je ; rien n'empêche que les dieux existent et que ces prodiges ne soient faux. Quant à moi, je respecte les dieux, je vois les guérisons qu'ils opèrent, le bien qu'ils font aux malades et comment il les rétablissent à l'aide des remèdes et de la médecine. En effet, Esculape lui-même et ses enfants guérissaient les malades en leur appliquant des drogues bénignes, et non pas en leur attachant des lions et des belettes.<br class='autobr' />
Laissez là ce discours, dit alors Ion, je vais vous raconter un fait prodigieux. J'étais encore jeune garçon, à l'âge d'environ quatorze ans. On vint dire à mon père que Midas, son vigneron, valet robuste du reste et bon travailleur, avait été mordu par une vipère, à l'heure où la place publique est pleine de monde. Il était couché, disait-on, et la gangrène se mettait dans la jambe. Pendant qu'il attachait la vigne aux échalas, la vipère s'était glissée, lui avait mordu l'orteil et s'était aussitôt replongée dans son trou : le malheureux jetait les hauts cris et se mourait de douleur. Voilà ce qu'on nous annonce : nous allons voir Midas que ses camarades portaient sur une civière ; il était tout enflé et livide, paraissait déjà décomposé et respirait à peine. Mon père était désolé. Un de ses amis, qui se trouvait là : "Soyez tranquille, lui dit-il, je vais quérir à l'instant un Babylonien, de ceux qu'on appelle Chaldéens, et il va vous guérir cet homme tout de suite. En effet, pour abréger, le Babylonien arrive et rétablit Midas, en chassant au moyen d'un enchantement le poison répandu dans son corps, et en suspendant au pied du malade une pierre prise à la colonne, funéraire d'une jeune fille. C'est peu de chose, pensez-vous : cependant Midas, prenant sur son dos la civière sur laquelle on l'avait apporté, s'en retourne aux champs. Voilà quelle fut la puissance d'un enchantement et d'une pierre sépulcrale.<br class='autobr' />
Le Babylonien fit, en outre d'autres prodiges vraiment divins ; s'étant rendu dès le matin dans la campagne, il prononça sept mots sacramentels tirés d'un vieux livre, purifia le lieu avec du soufre et un flambeau, en en faisant trois fois le tour, et chassa ainsi tous les reptiles qui étaient dans le pays. On vit alors arriver, attirés par la force du charme, serpents, aspics, vipères, cérastes, acontias, crapauds mâles et femelles.<br class='autobr' />
Un vieux dragon manquait à rappel : il n'avait pu, je crois, vu son grand âge, ramper hors de son trou et obéir à l'ordre du magicien. Celui-ci dit que tous les reptiles n'étaient pas là ; et, dépêchant un jeune serpent, il l'envoya comme ambassadeur auprès du vieux dragon, qui se décida bientôt à venir. Quand ils furent rassemblés, le Babylonien souffla dessus, et tous furent à l'instant même consumés par ce souffle. Nous étions dans l'admiration.<br class='autobr' />
Dites-moi, Ion, repris-je, le jeune serpent, dépêché comme ambassadeur, donnait-il la main à ce dragon accablé, dites-vous, par l'âge, ou bien celui-ci s'appuyait-il sur un bâton ? - Vous plaisantez, dit Cléodème ; moi aussi, j'ai été autrefois plus incrédule que vous sur ces sortes de prodiges ; je ne pensais pas, en effet, qu'on pût, en aucune manière, y ajouter foi. Cependant, en voyant voler en l'air un barbare des pays hyperboréens, c'est le nom qu'il se donnait lui-même, j'ai cru, et, après une longue résistance, j'ai été forcé de me rendre. Que fallait-il faire, quand je le voyais, en plein jour, se soutenir en l'air, marcher sur l'eau, passer à travers le feu, tranquillement et pas à pas ? - Vous avez vu cela, lui dis-je, un Hyperboréen qui volait et marchait sur l'eau ? - Certainement, me répondit-il, et même il portait une chaussure de peau, suivant l'usage de ces peuples. Mais ce n'est rien. Comment vous dire tout ce qu'il nous a fait voir de prodiges, inspirant des amours, évoquant des démons, ressuscitant des morts en putréfaction, faisant venir Hécate elle-même sous une forme visible et forçant la lune à descendre sur la terre ?<br class='autobr' />
Je vais vous raconter ce que j'ai vu faire chez Glaucias, fils d'Alexiclès. Glaucias venait d'hériter de son père, mort depuis peu, lorsqu'il devint amoureux de Chrysis, fille de Démépète. J'étais alors son maître de philosophie, et, si l'amour ne lui eût fait perdre son temps, il saurait maintenant toute la doctrine du péripatétisme. A dix-huit ans, il savait déjà user de l'analyse, et avait suivi un cours complet de physique. Ne sachant plus que devenir avec sa passion, il vint me conter sa peine ; moi je crus, étant son maître, devoir mener chez lui notre mage hyperboréen, auquel il donna tout de suite quatre mines (il fallait bien quelques avances pour les sacrifices), en lui en promettant seize autres, s'il le faisait jouir de Chrysis. Le mage attend la pleine lune, époque où ces sortes de charmes ont le plus d'effet, creuse une fosse dans la cour de la maison, et au milieu de la nuit commence par évoquer, nous présents, Alexiclès, père de Glaucias, mort depuis plus de sept mois. Le vieillard, irrité de la passion de son fils, commence par entrer dans une grande colère, mais il finit par consentir à cette inclination. Le mage fait alors venir Hécate, suivie de Cerbère, puis il force la lune à descendre ; spectacle aux mille formes, aux figures les plus variées, qui nous représente d'abord une femme, ensuite un bœuf magnifique, et enfin un chien de chasse. En dernier lieu, l'Hyperboréen ayant façonné un petit Amour avec de la boue :"Pars, lui dit-il, et amène-nous Chrysis !"Le morceau de boue s'envole ; un instant après la jeune fille frappe à la porte, entre, se jette au cou de Glaucias, comme une amoureuse folle, et couche avec lui jusqu'au chant du coq. Alors la lune remonte au ciel, Hécate redescend sous terre, tous les fantômes disparaissent, et nous reconduisons Chrysis chez elle, au point du jour.<br class='autobr' />
Si vous aviez vu tout cela, Tychiade, vous ne douteriez pas que les enchantements ne puissent être fort utiles. - Vous avez raison, lui répondis-je, je croirais tout cela, si je l'avais vu. Mais, pour le moment, excusez-moi de n'être pas aussi clairvoyant que vous. Je connais, d'ailleurs, la susdite Chrysis ; c'est une femme galante et facile. Je ne vois pas pourquoi vous avez eu besoin d'employer avec elle un messager de boue, un mage hyperboréen et la lune en personne, puisque, pour vingt drachmes, vous la mèneriez chez les Hyperboréens mêmes : c'est une femme à ne pas résister à un enchantement de cette nature, et elle fait tout le contraire des fantômes. Ceux-ci prennent la fuite, dès qu'ils entendent le son de l'airain ou du fer, c'est du moins ce que vous dites ; mais lorsque Chrysis entend le son de l'argent, elle arrive au bruit du métal - J'admire aussi beaucoup votre mage, qui, pouvant se faire aimer des plus belles femmes, et en recevoir des talents entiers, consent, pour quatre mines, l'avare ! à rendre une Chrysis aimable. -Vous vous rendez ridicule, me dit-on, en refusant de croire à tous ces faits.<br class='autobr' />
Je vous demanderais volontiers alors ce que vous pensez de ceux qui délivrent les démoniaques de leurs terreurs, et qui conjurent publiquement les fantômes. Je n'ai pas besoin d'en citer des exemples : tout le monde connaît le Syrien de Palestine, si expert en ces sortes de cures, qui, rencontrant sur son passage, à certaines époques de la lune, des gens qui tombent en épilepsie, roulent des yeux égarés, et ont la bouche pleine d'écume, les relève, et les renvoie, moyennant un salaire considérable,, délivrés de leur infirmité. Lorsqu'il est auprès des malades, il leur demande comment le démon leur est entré dans le corps : le patient garde le silence, mais le démon répond, en grec ou en barbare, et dit quel il est, d'où il vient, et comment il est entré dans le corps de cet homme : c'est le moment qu'il choisit pour l'adjurer de sortir ; s'il résiste, il le menace et finit par le chasser. J'en ai vu moi-même sortir un tout noir et à la peau enfumée. - Il n'est pas extraordinaire, Ion, lui dis-je, que vous ayez vu cela, vous qui découvrez les idées dont Platon, votre père, vous enseigne que la perception est très obscure, à cause de la faiblesse de nos yeux.<br class='autobr' />
Ion, dit alors Eucrate, est-il le seul qui ait vu de pareilles scènes ? Une foule de personnes n'ont-elles pas rencontré des démons, les unes pendant la nuit, les autres en plein jour ? Pour moi, j'en ai vu, non pas une fois, mais dix mille. J'ai commencé par en être fort effrayé : maintenant, j'y suis tellement accoutumé, qu'il ne me semble plus voir rien d'extraordinaire, surtout depuis qu'un Arabe m'a fait présent d'un anneau fabriqué avec du fer pris à des croix, et m'a enseigné un enchantement composé de beaucoup de mots ; mais peut-être ne me croirez-vous pas, Tychiade ? - Comment, lui répondis-je, ne pas croire Eucrate, fils de Dinon, qui a le renom de sage, et qui, chez lui, dit avec une liberté et une autorité complètes tout ce que bon lui semble ?<br class='autobr' />
Eh bien ! reprit Eucrate, vous pourrez apprendre, non pas de moi seul, mais de tous les miens, l'histoire de la statue qui se fait voir, chaque nuit, à tous les gens de la maison, enfants, jeunes gens, vieillards. - De quelle statue voulez-vous donc parler ? lui dis-je. - N'avez-vous pas vu, reprit-il, dans la cour, en entrant, cette belle statue, ouvrage du sculpteur Démétrius ? - N'est-ce pas cet homme qui tient un disque, et qu'on voit courbé dans l'attitude de le lancer ? Il a le visage tourné du côté de la main qui porte le disque, et, ployant doucement le genou, il semble prêt à se relever dès qu'il l'aura jeté. - Ce n'est pas celui-là ; le discobole dont vous voulez parler est une oeuvre de Myron. Ce n'est pas non plus le beau garçon qui est auprès, et dont la tête est ceinte d'une bandelette : il est de Polyclète. Laissez toutes les statues qui sont à droite, quand vous entrez, et parmi lesquelles se trouvent aussi les Tyrannicides de Critias et de Nestoclès. Avez-vous remarqué, près du jet d'eau, un personnage qui a le ventre saillant et la tête chauve ? Il est à moitié nu ; le vent semble agiter quelques poils de sa barbe, il a les veines fortement accusées ; on dirait d'un homme, tant la ressemblance est parfaite : c'est de lui que je parle, et je crois que c'est Pélichus, général des Corinthièns.<br class='autobr' />
Par Jupiter ! repris-je, j'ai effectivement remarqué cette statue, à la droite de Saturne : elle avait des bandelettes, des couronnes sèches, et la poitrine couverte de feuilles d'or. - C'est moi, répondit Eucrate, qui la lui ai dorée ainsi, pour m'avoir guéri en trois jours d'une fièvre lente qui me minait. - Eh quoi ! le brave Pélichus est-il donc aussi médecin ? - Certainement, et ne raillez pas, ou bien il ne tardera pas à se venger de vous. Je sais, par expérience, tout ce que peut cette statue dont vous vous moquez. Ne croyez-vous pas que, s'il est capable de guérir la fièvre, il puisse aussi l'envoyer à qui bon lui semble ? - Que cette statue, dis-je alors, qui ressemble tant à un homme, nous soit donc bienveillante et propice ! Mais quelle est donc cette chose que vous lui voyez faire, vous et tous les gens de votre maison ? - Aussitôt, me dit Eucrate, que là nuit arrive, il descend de la base sur laquelle-il est debout, et fait sa ronde dans le logis. Tout le monde le rencontre, parfois en train de chanter ; mais il n'a jamais fait de mal à personne ; il faut seulement se détourner de sa route, et il passe, sans gêner ceux qui le regardent. Souvent même, il se baigne et folâtre toute la nuit, au point qu'on peut entendre le bruit de l'eau. - Prenez garde, repris-je : cette statue n'est sans doute pas celle de Pélichus ; c'est plutôt Talus le Crétois, fils de Minos, homme d'airain, qui faisait le tour de la Crète ; et quoique le vôtre, Eucrate, ne soit pas d'airain, mais de bois, rien n'empêche que ce ne soit pas l'oeuvre de Démétrius, mais une invention de Dédale : d'autant plus qu'il s'enfuit aussi, dites-vous, de dessus sa base.<br class='autobr' />
Craignez, Tychiade, me répondit-il, d'avoir à vous repentir, par la suite, de votre plaisanterie. Je sais ce qu'a souffert celui qui lui avait volé les oboles que nous lui offrons à chaque néoménie. - Le châtiment a dû être bien terrible, reprit Ion ; car c'était un sacrilège. - Comment la statue s'est-elle donc vengée, Eucrate ? Je voudrais bien le savoir, malgré l'incrédulité probable de Tychiade. - Il y avait, aux pieds de cette statue, continua Eucrate, une grande quantité d'oboles, plusieurs autres pièces d'argent collées à sa cuisse avec de la cire et quelques feuilles du même métal, offrandes payées par ceux que son pouvoir avait délivrés de la fièvre. Nous avions en ce moment un esclave libyen, mauvais sujet, qui soignait les chevaux. Il entreprit de dérober, pendant la nuit, les dons faits à la statue, et, pour exécuter son vol, il attendit le moment où elle était descendue de sa base. A son retour, Pélichus s'aperçut qu'on l'avait volé, et voyez comme il se vengea et fit prendre le Libyen en flagrant délit. Le malheureux se mit à errer le reste de la nuit par toute la cour, comme enfermé dans un labyrinthe ; le jour parut, et il fut pris, ayant encore sur lui les pièces qu'il avait prises. Convaincu de vol, il reçut une rude bastonnade, et, après avoir vécu quelque temps encore, le misérable périt misérablement, fustigé, disait-il, toutes les nuits, et si vigoureusement, que le lendemain on voyait son corps couvert de meurtrissures. Après cela, Tychiade, moquez-vous de Pélichus et de moi-même, comme d'un vieillard du temps de Minos, qui commence à radoter. - Ma foi, Eucrate, lui répondis-je, ce qui est d'airain est d'airain, et cette statue reste l'œuvre de Démétrius d'Alopéce, faiseur d'hommes et non pas de dieux : je n'aurai donc pas peur de votre statue de Pélichus, dont je n'aurais pas beaucoup, de son vivant, redouté les menaces."<br class='autobr' />
Après cette histoire, le médecin Antigonus prit la parole : "J'avais aussi, dit-il à Eucrate, un Hippocrate d'airain, haut environ d'une coudée. Dès que la mèche de la lampe était éteinte, il parcourait toute la maison avec grand bruit, renversant les boites, bouleversant les drogues, poussant les portes, surtout si nous différions de lui offrir le sacrifice que nous lui faisons chaque année. -Ainsi, repris-je, le médecin Hippocrate exige qu'on lui fasse un sacrifice, et il se fâche, si au temps prescrit on ne le régale pas de victimes accomplies ! Il me semble qu'il devrait être content de quelque cérémonie funèbre, d'une libation de lait et de miel, ou d'une couronne posée sur sa tête.<br class='autobr' />
Écoutez, dit Eucrate, une chose, que j'ai vue, il y a cinq ans, et que je garantis sur témoins. On était dans la saison des vendanges ; vers le milieu du jour, je laisse mes vendangeurs dans ma vigne et m'en vais seul, méditant et réfléchissant, me promener dans un bois. Arrivé à un endroit touffu, j'entends aboyer des chiens. Je pense d'abord que, suivant son habitude, Mnason, mon fils, pour se divertir à la chasse, s'est enfoncé dans le fourré avec ses compagnons. Mais ce n'était pas cela du tout : quelques instants après, la terre tremble, une voix de tonnerre se fait entendre, et je vois une femme d'un aspect effrayant s'avancer vers moi. Sa taille était haute de près d'un demi-stade : elle tenait un flambeau de la main gauche, et de la droite une épée, longue d'environ vingt coudées. Par le bas, elle avait les pieds faits en serpents, et par en haut elle ressemblait à une Gorgone, c'est-à-dire qu'elle avait un regard terrible, à faire frémir ; qu'au lieu de cheveux des dragons pendaient en grappes ou se roulaient en spirales sur son cou et sur ses épaules. Voyez, mes amis, ajouta-t-il, comme, au seul récit, j'en frissonne de frayeur." Et, en disant ces mots, Eucrate montrait à toute l'assemblée les poils de son bras hérissés par la terreur.<br class='autobr' />
Cependant Ion, Dinomaque et Cléodème l'écoutaient, la bouche ouverte et l'œil fixe ; ces vieillards, qu'Eucrate menait par le nez, semblaient prêts à adorer ce colosse incroyable, cette femme d'un demi-stade, cette espèce d'épouvantail gigantesque. Je me dis alors en moi-même que ces hommes, qui enseignent la sagesse aux jeunes gens et qu'admire tant la multitude, ne diffèrent des enfants au maillot que par leur barbe et leurs cheveux gris ; plus faciles d'ailleurs à se laisser prendre aux mensonges.<br class='autobr' />
Dinomaque, prenant alors la parole : "Dites-moi donc, Eucrate, de quelle taille étaient les chiens de cette déesse. - Ils étaient, dit Eucrate, plus hauts que des éléphants indiens, noirs comme eux, velus, couverts d'un poil sale et dégoûtant. Dès que j'aperçus ce fantôme, je m'arrêtai, et tournai en dedans le chaton de la bague dont l'oracle m'avait fait présent. Alors Hécate, frappant la terre de son pied de serpent, produisit une ouverture énorme, aussi large que le Tartare, se plongea aussitôt dans ce gouffre et disparut. Remis de ma frayeur, je me penchai en me tenant à un arbre, de peur que, pris de vertige, je ne vinsse à tomber la tête la première. Je vis alors tout ce qu'il y a dans les Enfers, le Pyriphlégéthon, le lac, Cerbère, les morts, au point même d'en reconnaître quelques-uns. Ainsi, je distinguai parfaitement mon père, encore couvert des mêmes vêtements dans lesquels nous l'avions enseveli. - Et que faisaient les âmes ? dit alors Ion. - Que voulez-vous qu'elles fissent ? Rangées par tribus et par phratries elles passent leur temps, couchées sur les prés d'asphodèle avec leurs amis et leurs parents. - Que les Épicuriens, reprit Ion, viennent donc à présent contredire le divin Platon et sa doctrine sur les âmes. Mais avez-vous vu Socrate et Platon parmi les morts ? -J'ai vu Socrate, répondit Eucrate, mais pas très nettement : j'ai seulement jugé que c'était lui, à son gros ventre et à sa tête chauve. Quant à Platon, je ne l'ai pas reconnu, car il ne faut pas mentir avec les amis. Lorsque j'eus considéré tout avec attention, le gouffre se ferma. Quelques-uns de mes esclaves, qui me cherchaient, et parmi eux Pyrrhias que voici, arrivèrent avant qu'il fût totalement fermé. Pyrrhias ! est-ce bien la vérité ? - Oh ! oui, par Jupiter ; j'ai même entendu des aboiements sortir du gouffre, et il m'a semblé voir la lueur d'un flambeau." Je ne pus m'empêcher de rire, en entendant ce témoin ajouter la lueur du flambeau et les aboiements.<br class='autobr' />
Ce fut le tour de Cléodème : " Ce que vous avez vu, Eucrate, dit-il, n'est pas nouveau, et d'autres, comme vous, l'ont pu voir, puisque moi-même, étant malade, j'eus, il y a peu de temps, un spectacle pareil. Antigonus, que voici, me faisait visite et me soignait. Le septième jour, la fièvre était devenue plus chaude qu'un incendie. On m'avait laissé seul ; la porte de ma chambre était fermée, et mes domestiques attendaient dehors. Vous l'aviez ainsi prescrit, Antigonus, pour qu'il me fût possible de dormir. Alors un jeune homme, d'une rare beauté, vêtu de blanc, se présente à mes yeux bien éveillés ; il m'ordonne de me lever, et me conduit dans les Enfers à travers un gouffre profond. A peine entré, je reconnais Tantale, Tityus et Sisyphe. Que vous dirai-je ? J'arrivai au tribunal : là se tenaient Éaque, Charon, les Parques et les Furies : une espèce de roi. Pluton apparemment, était assis sur un trône : il prononça les noms de ceux qui devaient bientôt mourir et qui étaient restés dans le monde au delà du terme prescrit. Le jeune homme, me prenant aussitôt la main, me présente à Pluton, qui, se fâchant contre mon conducteur : "Son fil n'est pas encore complètement employé," s'écrie-t-il : "qu'il s'en aille ; mais amène-moi le forgeron Démyle ; il vit plus que ne le comporte son fuseau." Je m'enfuis à l'instant, plein de joie ; la fièvre m'avait quitté. J'annonçai à tout le monde que Démyle était sur le point de mourir. Il demeurait dans notre voisinage. On me dit qu'il était malade, et quelque temps après nous entendîmes les lamentations de ceux qui le pleuraient.<br class='autobr' />
Qu'y a-t-il d'étonnant à cela ? dit alors Antigonus. Je connais bien un homme qui est ressuscité vingt jours après qu'on l'eut enterré. Je l'ai soigné avant sa mort, et depuis qu'il est revenu à la vie. - Et comment, lui dis-je, son corps n'a-t-il pas pourri pendant ces vingt jours, et n'est-il pas mort de faim, à moins que vous n'ayez soigné là un autre Epiménide ?"<br class='autobr' />
Sur ces entrefaites, les fils d'Eucrate rentrèrent de la palestre :l'un était déjà un grand jeune homme, l'autre avait à peu près quinze ans. Après nous avoir salués, ils s'assirent si le lit auprès de leur père, et l'on m'apporta un siège. Alors Eucrate, comme si la vue de ses fils lui eût rappelé quelque souvenir : "Puissé-je, dit-il en étendant la main sur eux, être aussi heureux par ces enfants que ce que je vais vous dire, Tychiade est véritable ! Personne n'ignore combien je chérissais leur mère, ma femme, d'heureuse mémoire. J'en ai donné des preuves par tout ce que j'ai fait pour elle de son vivant et depuis qu'elle n'est plus. A sa mort, je brûlai sur son bûcher toutes les parures, tous les vêtements qu'elle se plaisait à porter durant sa vie. Sept jours après son décès, j'étais couché sur ce lit, comme aujourd'hui, cherchant quelque consolation à ma douleur, et lisant silencieusement le Traité de Platon sur l'immortalité de l'âme. Tout à coup Déménète elle-même entre et vient s'asseoir auprès de moi, dans l'attitude où vous voyez à présent Eucratide." Il montrait en même temps le plus jeune de ses fils, qui se mit à frissonner comme un enfant et devint tout pâle à ce récit. "Pour moi, reprit Eucrate, dès que je la vois, je la serre entre mes bras et je fonds en larmes. Mais elle, interrompant mes plaintes, m'adresse des reproches de ce que lui ayant fait une offrande de tout ce qui lui avait appartenu, je n'avais pas jeté dans le feu l'une de ses deux pantoufles, qui étaient d'étoffe d'or. Elle me dit que cette pantoufle était tombée derrière un coffre ; et, en effet, comme nous ne l'avions pas trouvée, nous nous étions contentés de brûler l'autre. Nous parlions- encore, lorsqu'une misérable petite chienne de Mélite, qui était sous le lit, se mit à aboyer, et ma femme disparut. Cependant la pantoufle fut trouvée sous le coffre, et on la brûla le lendemain.<br class='autobr' />
Croyez-vous encore, Tychiade, que l'on doive refuser sa créance à des visions aussi claires, et qui se reproduisent tous les jours ? - Non, par Jupiter, lui répondis-je ; ceux qui ne voudraient pas y croire, et qui s'armeraient d'une telle impudence contre la vérité, mériteraient bien, comme les enfants, de recevoir des coups de pantoufle dorée sur les fesses."<br class='autobr' />
En ce moment arrive Arignotus le Pythagoricien, aux longs cheveux, à l'air respectable. Tu te connais ; c'est un personnage renommé par sa sagesse et qu'on a surnommé le divin. En le voyant, je respirai ; je pensais, en effet, qu'il venait comme une hache pour saper tant de mensonges. "Ce sage, me disais-je en moi-même, va clore la bouche à tous ces conteurs de prodiges ; il me fait l'effet d'un dieu qui roule ici, comme on dit, sur sa machine : c'est la fortune qui l'envoie." Il s'assied, et Cléodème lui fait place : il demande d'abord des nouvelles du malade, et, apprenant d'Eucrate même qu'il se sentait mieux : " De quoi donc, dit-il, vous entreteniez-vous tout à l'heure ? En entrant, je vous ai entendu parler, et il m'a semblé que la conversation était parfaitement établie. - Que faire autre chose, reprit Eucrate, que de persuader à cet homme de diamant (il me montrait) qu'il y a des démons, des fantômes, des âmes des morts qui reviennent sur la terre, et se montrent à ceux qui le veulent ?" Ce discours me fit rougir, et je baissai la tête par déférence pour Arignotus. "Prenez garde, Eucrate, reprit-il, Tychiade, veut peut-être dire qu'on voit seulement errer les âmes de ceux qui sont morts d'une manière violente : par exemple, si un homme s'est pendu, s'il a eu la tête tranchée, s'il a été empalé, ou qu'il soit mort par tout autre moyen pareil ; mais qu'à l'égard des âmes de ceux qui sont morts naturellement, il n'en est point ainsi. Si c'est là ce qu'il dit, on ne doit pas tout à fait le rejeter. - Par Jupiter ! s'écrie Dinomaque, ce n'est pas cela du tout : il nie complètement ces faits et soutient que rien de tel ne s'est jamais vu.<br class='autobr' />
Que dites-vous ? reprit Arignotus en me regardant de travers. Vous prétendez que rien de cela n'est possible, quand tout le monde, pour ainsi dire, atteste l'avoir vu ! - Vous plaidez ici ma cause, répondis-je ; si je ne crois pas, c'est que, seul entre tous, je n'ai pas vu ; si je voyais, je croirais comme vous. - Eh bien, reprit-il, si jamais vous allez à Corinthe, demandez où est la maison d'Eubatide, et, quand on vous l'aura montrée, près du Cranium, entrez-y, et dites au portier Tibius que vous voulez voir l'endroit d'où le philosophe pythagoricien Arignotus a chassé un démon, en faisant creuser une fosse, et savoir comment il a rendu la maison pour toujours habitable.<br class='autobr' />
Qu'était-ce donc, Arignotus ? demanda Eucrate. - Cette maison, continua-t-il, était abandonnée depuis longtemps, à cause des frayeurs qu'elle inspirait. Si l'on venait s'y installer, on était frappé de coups, et forcé de s'enfuir, poursuivi par un fantôme effrayant et épouvantable. Elle tombait donc en ruine ; le toit était défoncé, et il ne se trouvait absolument personne qui eût le courage d'y demeurer. Aussitôt que j'en eus entendu parler, je prends quelques livres (j'en ai un grand nombre d'égyptiens, composés sur ces matières), et je me rends à cette maison, vers l'heure du premier sommeil, malgré les instances de mon hôte, qui, ayant appris mon dessein, s'efforçait de m'en détourner et me retenait presque par mes habits pour m'empêcher de courir à une perte qu'il croyait certaine. Pour moi, je me saisis d'une lampe, j'entre seul, je pose ma lumière dans la plus grande chambre, et je me mets tranquillement à lire, assis par terre. Bientôt le démon arrive, me prenant sans doute pour un homme comme un autre, et se flattant de m'effrayer aussi : il était sale, avec de longs cheveux, et plus noir que les ténèbres. Il se place devant moi, cherche de tous côtés à m'assaillir, afin de me vaincre, et se change successivement en chien, en taureau et en lion. J'emploie de mon côté le plus terrible de mes enchantements, je lui parle égyptien ; et, par la force de mon art, je le repousse dans le coin le plus obscur de la chambre ; puis, après avoir remarqué l'endroit où il avait disparu, je me repose le reste de la nuit. Le lendemain matin, lorsque tout le monde, désespéré, s'attendait à me trouver mort, ainsi que tous les autres, on fut on ne peut plus surpris en me voyant sortir. J'allai chez Eubatide lui annoncer la bonne nouvelle, qu'il pourrait désormais habiter sans crainte sa maison purifiée. Je le pris ensuite avec moi, et, suivi d'une foule de personnes attirées par cette aventure extraordinaire, je le menai à l'endroit même où j'avais vu le spectre s'abîmer. Je l'engageai à faire prendre à ses gens des bêches et des hoyaux, et à se mettre à fouiller. On le fit, et l'on découvrit à une brasse de profondeur un cadavre déjà ancien et qui n'avait plus que les os. Nous lui donnâmes la sépulture, et, depuis lors, la maison cessa d'être infestée par des fantômes."<br class='autobr' />
Lorsque Arignotus, cet homme d'une sagesse divine, ce philosophe que tout le monde révère, eut raconté cette histoire, il n'y eut plus personne dans la compagnie quine m'accusât de la démence la plus complète, de ne vouloir pas croire à de pareils phénomènes, attestés par un Arignotus. Pour moi, sans redouter sa chevelure ni l'opinion qu'on avait de lui : "Eh quoi ! lui dis-je, Arignotus, êtes-vous donc aussi de ces hommes qui n'offrent que la seule espérance de la vérité, et qui sont pleins de fumée et de visions fantastiques ? Vous vérifiez ce proverbe : "Notre trésor n'est pas du charbon." - Eh bien, reprit-il, puisque vous ne croyez ni à mes discours ni à ceux de Dinomaque, de Cléodème et d'Eucrate, citez-nous donc un homme plus digne de foi sur cette matière et qui nous contredise complètement. Par Jupiter, lui répondis-je ; je vous citerai l'illustre citoyen d'Abdère, le fameux Démocrite : il était si fortement convaincu qu'il ne peut exister rien de semblable, que, s'étant enfermé dans un tombeau situé hors des portes de la ville, il y restait nuit et jour, travaillant à composer et à écrire ses ouvrages. Alors des jeunes gens, qui voulaient l'effrayer et rire à ses dépens, s'affublèrent de vêtements noirs, comme des morts, se mirent sur la figure des masques qui ressemblaient à des crânes, et vinrent danser en rond autour de lui, en faisant mille gambades. Mais le philosophe, sans se laisser intimider par leur déguisement, sans même lever les yeux sur eux, et continuant toujours d'écrire : "Trêve à vos plaisanteries," leur dit-il, tant il était fermement persuadé que nos âmes ne sont plus rien quand elles sont hors de nos corps. - Ce que vous dites là, reprit Eucrate, prouve que Démocrite était un homme sans jugement, s'il a pensé de cette manière.<br class='autobr' />
Moi, je vais vous raconter un fait qui m'est arrivé, et que je ne tiens pas d'un autre. Peut-être, en l'entendant, Tychiade, serez-vous forcé de rendre hommage à la vérité de mon récit. Lorsque, dans ma jeunesse, je vivais en Égypte, où mon père m'avait envoyé pour m'instruire dans les sciences, il me prit envie de remonter le Nil jusqu'à Coptos, et d'aller de là voir la statue de Memnon, afin d'entendre ce son merveilleux qu'elle rend aux premiers rayons du soleil levant. Je l'entendis, non pas, comme le commun des hommes, rendre un son inarticulé ; Memnon lui-même ouvrit la bouche pour moi et me rendit un oracle en sept vers, qu'il serait inutile de vous réciter.<br class='autobr' />
En remontant le fleuve, il se trouva parmi nous un citoyen de Memphis, l'un des scribes sacrés, homme admirable par son savoir et versé dans toute la doctrine des Égyptiens. On me dit même qu'il était resté pendant vingt-trois ans dans les sanctuaires souterrains, où Isis l'avait initié aux mystères de la magie. - Vous voulez parler de Pancratès, mon maître, dit Arignotus, un homme divin, rasé, vêtu de lin, toujours en méditation, parlant très purement le grec, fort grand, camus, les lèvres épaisses, et les jambes grêles ? - C'est bien lui, reprit Eucrate, c'est Pancratès ! D'abord j'ignorais quel il pouvait être ; mais, en le voyant, toutes les fois que le navire relâchait, faire une infinité de prodiges, monter à cheval sur les crocodiles, nager au milieu des bêtes farouches, qui s'inclinaient devant lui et le caressaient de leur queue, je reconnus que c'était un mortel sacré, je cherchai à me faire bien venir auprès de lui, et je parvins à m'insinuer dans son amitié au point qu'il me communiqua tous ses secrets. A la fin, il m'engage à laisser mes esclaves à Memphis et à le suivre seul, me disant que nous ne manquerions pas de serviteurs. En effet, voici ce que nous faisions.<br class='autobr' />
Lorsque nous arrivions dans une hôtellerie, mon homme, saisissant la barre de la porte, un balai ou un pilon, lui mettait un habit, et, prononçant sur lui une formule magique, le faisait marcher et prendre par tout le monde pour un homme. Ce domestique allait nous puiser de l'eau, faisait la cuisine, rangeait les meubles et se montrait en tout serviteur intelligent et actif. Lorsque ensuite Pancratès n'avait plus besoin de ses services, par un second enchantement, il le rendait de nouveau balai, s'il avait été balai ; pilon, s'il avait été pilon. Quelque désir que j'eusse d'apprendre ce secret, je ne pus l'obtenir de l'Égyptien. Il s'en montrait, fort jaloux, quoique, dans. tout le reste, il en usât avec moi sans réserve. Un jour, cependant, caché dans un coin obscur, j'entendis, à son insu, la formule, magique. C'était un mot composé de trois syllabes. Pancratès sortit pour se rendre à la place publique, après avoir commandé au pilon ce qu'il avait à faire.<br class='autobr' />
Le lendemain, pendant que mon Égyptien était occupé sur la place publique, je prends le pilon, je l'habille, je prononce les trois syllabes magiques. et je lui ordonne d'aller puiser de l'eau. Il m'en apporte une amphore toute pleine. "En voilà assez,"lui dis-je, "n'apporte plus d'eau, redeviens pilon." Mais le voilà qui refuse de m'obéir ; il continue d'apporter de l'eau et en remplit toute la maison. Je ne savais que faire : je craignais que Pancratès ne se fâchât à son retour, ce qui arriva, en effet. Je saisis donc une hache, et je coupe le pilon en deux. Aussitôt chaque morceau de bois prend une amphore et va puiser de l'eau. Au lieu d'un domestique, j'en avais deux. Sur ces entrefaites Pancratès revient, devine aisément ce qui s'est passé, et change en bois mes porteurs d'eau, comme ils étaient avant l'enchantement. Seulement, quelques jours après, il me laisse là sans que je m'en aperçoive et sans que j'aie pu savoir ce qu'il était devenu. - Et maintenant encore :, s'écria Dinomaque, vous savez donc encore faire un homme d'un pilon ? - Oui, vraiment, par Jupiter, dit Eucrate, ou du moins à moitié, car je ne pourrais pas le rappeler à la première forme, et, si j'en faisais un porteur d'eau, je courrais risque de voir ma maison inondée.<br class='autobr' />
Ne cesserez-vous pas, dis-je alors, de raconter des absurdités pareilles, vous, des vieillards ? Si vous y tenez, remettez au moins à un autre temps, par égard pour les jeunes gens que voici, le récit de vos histoires incroyables ou effrayantes. Prenez garde de leur remplir la tête, sans le vouloir, de frayeurs et de fables étranges. Ménagez la jeunesse, et ne l'accoutumez pas à de semblables aventures, dont l'impression troublerait, pour tout le reste de la vie, la tranquillité de son âme et la rendrait pusillanime et superstitieuse.<br class='autobr' />
A propos de superstition, dit Eucrate, vous me rappelez tout à point un trait singulier. Mais que vous semble, Tychiade, des oracles, des prophéties, de ces vers que récitent à grands cris des hommes inspirés par un dieu, de ceux que l'on entend sortir du fond du sanctuaire, ou que prononce la prêtresse pour révéler l'avenir ? Il est probable que vous n'y croyez pas davantage ? Eh bien, moi, je possède un anneau sacré, dont la pierre gravée représente un Apollon, et cet Apollon me parle ; mais je ne vous dirai pas cela, pour ne pas avoir l'air de me vanter de choses incroyables. Je me contente de vous raconter ce que j'ai entendu et vu dans le temple d'Amphiloque, à Malle, où la statue de ce héros a réellement conversé avec moi et m'a donné des conseils sur mes affaires ; puis, je vous rapporterai ce que j'ai vu à Pergame et entendu à Patare. Lorsque je revenais d'Égypte dans ma patrie, on me dit que l'oracle de Malle était le plus célèbre et le plus véridique, qu'il répondait clairement, mot pour mot, à ce qu'on écrivait sur des tablettes remises entre les mains du prophète ; je crus donc n'avoir rien de mieux à faire que d'éprouver l'oracle et de consulter le dieu de l'avenir."<br class='autobr' />
Eucrate en était là, lorsque, voyant où il allait en arriver, et que ce n'était pas pour rien qu'il avait fait un si long prologue de tragédie sur les oracles, ne voulant pas d'ailleurs jouer le personnage d'un éternel contradicteur, je le laissai naviguant encore d'Égypte à Malle. Je sentais, du reste, que la présence d'un adversaire, qui réfutait tous leurs mensonges, ne leur était point agréable : "Je sors, leur dis-je, pour aller retrouver Léontichus, auquel j'ai quelque chose de pressant à communiquer. Pour vous, que les choses humaines ne peuvent satisfaire, priez les dieux de vous aider à raconter vos prodiges." Cela dit, je sortis. Je ne doute pas que, profitant de la liberté que leur laissait mon départ, ils ne se soient remis à leur régal et ne s'en soient donné à cœur joie de leurs mensonges. Voilà, mon cher Philoclès, ce que je viens d'entendre chez. Eucrate. Par Jupiter, je suis comme les gens qui ont bu trop de vin doux ; j'ai l'estomac chargé, et j'ai besoin de vomir. Je payerais volontiers fort cher un médicament qui eût la vertu de me faire oublier tous ces récits : je crains que ce souvenir, en séjournant dans ma mémoire, ne me joue quelque mauvais tour. Déjà je ne vois plus que fantômes, spectres, démons, Hécates.<br class='autobr' />
PHILOCLÈS<br class='autobr' />
C'est aussi, Tychiade, l'effet que m'a produit ta narration. Ceux qui sont mordus par des chiens enragés ne sont pas, dit-on, les seuls qui enragent et deviennent hydrophobes ; si celui qui a été mordu mord quelqu'un à son tour, cette morsure a le même effet que celle du chien et cause également l'hydrophobie. Tu as été mordu chez Eucrate par une foule de mensonges, et tu m'as communiqué ta morsure : tu m'as rempli l'âme de démons.<br class='autobr' />
TYCHIADE<br class='autobr' />
Rassurons-nous, mon doux ami ; nous avons un puissant antidote contre cette maladie ; c'est la vérité et la droite raison. Usons-en, et nous ne serons troublés par aucun de ces vains et ridicules mensonges.</p></div>
Engels sur la dialectique de la nature
https://www.matierevolution.org/spip.php?article8751
https://www.matierevolution.org/spip.php?article87512026-03-30T22:55:00Ztext/htmlfrRobert ParisEngelsDialectic - Dialectique
<p>Le texte de Engels : <br class='autobr' />
https://www.marxists.org/francais/engels/works/1883/00/engels_dialectique_nature.pdf <br class='autobr' />
Introduction <br class='autobr' />
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4546 <br class='autobr' />
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article35 <br class='autobr' />
Lire aussi : <br class='autobr' />
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6947 <br class='autobr' />
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6 <br class='autobr' />
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article308 <br class='autobr' />
George Novack : "Engels sur la dialectique de la nature" <br class='autobr' />
Le développement idéologique de (…)</p>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique15" rel="directory">Chapter 10 : Natural and social dialectic - Dialectique naturelle et sociale</a>
/
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot41" rel="tag">Engels</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot60" rel="tag">Dialectic - Dialectique</a>
<div class='rss_texte'><p>Le texte de Engels :</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/engels/works/1883/00/engels_dialectique_nature.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/engels/works/1883/00/engels_dialectique_nature.pdf</a></p>
<p>Introduction</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4546" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4546</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article35" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article35</a></p>
<p>Lire aussi :</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6947" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6947</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article308" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article308</a></p>
<h2 class="spip">George Novack : "Engels sur la dialectique de la nature"</h2>
<p>Le développement idéologique de tout mouvement social a suivi le cours déterminé par les conditions matérielles de son existence. L'évolution de la pensée scientifique sous les auspices prolétariens a été à l'opposé de celle sous les auspices bourgeois. Cette différence de développement est née des différentes nécessités sociales auxquelles les deux classes révolutionnaires ont été confrontées au début de leur carrière.</p>
<p>La ligne principale de la pensée bourgeoise s'est étendue des sciences naturelles aux sciences sociales. Les premiers philosophes bourgeois se préoccupaient avant tout de promouvoir la connaissance de la nature par l'homme après le long sommeil du Moyen Âge. Ils n'avaient aucun intérêt à réformer la société selon des principes bourgeois. Ils ont conçu de nouvelles méthodes intellectuelles pour accroître le pouvoir de l'homme sur la nature plutôt que pour diminuer le pouvoir de l'homme sur l'homme.</p>
<p>Lord Bacon, l'ancêtre de l'empirisme anglais, a délibérément tourné le dos aux controverses religieuses, dans lesquelles se sont alors manifestées pour la première fois de grandes luttes politiques, pour enquêter sur le fonctionnement de la nature. Descartes, fondateur du rationalisme moderne, opposait à la stérile philosophie « spéculative » des scolastiques sa propre « philosophie pratique », qui ferait de l'homme « maître et possesseur de la nature » et lui permettrait de « jouir sans peine des fruits de la nature ». la terre et tout son confort. Newton a donné une forme classique à la physique un siècle et demi avant que Ricardo n'effectue la même tâche pour l'économie bourgeoise.</p>
<p>Causes matérielles de l'évolution intellectuelle</p>
<p>Cet ordre de développement n'était pas accidentel. La tâche principale de la bourgeoisie à cette époque était d'augmenter les forces productives, augmentant ainsi sa propre richesse et son pouvoir. La pensée scientifique du mouvement prolétarien, en revanche, a progressé des sciences sociales vers les sciences naturelles. Cela non plus n'était pas sans raison suffisante. La tâche urgente du prolétariat sous domination capitaliste consistait moins à accroître les forces productives de la société, comme la bourgeoisie était obligée de le faire sous le régime féodal, qu'à libérer les forces productives déjà très développées de la main morte de la propriété et du contrôle capitalistes.</p>
<p>Ceci explique pourquoi le marxisme, la méthode scientifique du mouvement prolétarien révolutionnaire, a concentré son attention, dans la première phase de son activité, sur la solution des problèmes historiques, sociaux et économiques. La nécessité pratique exigeait que les problèmes théoriques les plus urgents dans le domaine des phénomènes sociaux soient résolus en premier. Bien que la théorie du matérialisme dialectique soit essentiellement un système de pensée universel, englobant à la fois la nature et la société, son application détaillée aux problèmes théoriques des sciences naturelles a dû être reportée à un examen ultérieur.</p>
<p>Marx, Engels et les sciences naturelles</p>
<p>Les créateurs du matérialisme dialectique étaient parfaitement conscients des lacunes de leur travail théorique. Marx espérait écrire un manuel de dialectique après avoir achevé Le Capital . Dans les dernières années de sa vie, Engels a réalisé une étude approfondie des mathématiques et des sciences naturelles en reconstruisant leurs fondements théoriques à l'aide de la dialectique matérialiste, tout comme lui et Marx avaient auparavant révolutionné les sciences sociales.</p>
<p>« Marx et moi », écrivait-il dans la deuxième préface d' Anti-Duehring , « étions à peu près les seuls à avoir sauvé la dialectique consciente de la philosophie idéaliste allemande et à l'appliquer dans la conception matérialiste de la nature et de l'histoire. Mais la connaissance des mathématiques et des sciences naturelles est essentielle à une conception de la nature à la fois dialectique et matérialiste. Marx connaissait bien les mathématiques, mais nous ne parvenions que partiellement, par intermittence et sporadiquement, à suivre le rythme des sciences naturelles. C'est pourquoi, lorsque j'ai pris ma retraite des affaires et que j'ai transféré ma maison à Londres, me permettant ainsi d'y consacrer le temps nécessaire, j'ai subi une « mue » aussi complète que possible, comme l'appelle Liebig, en mathématiques et en sciences naturelles. , et j'y ai passé la majeure partie de huit ans.</p>
<p>L'Anti-Dühring fut le premier fruit de ce travail ; Dialectique de la nature la dernière. Si l'Anti-Duehring reste le meilleur exposé de la philosophie du matérialisme dialectique, la Dialectique de la nature , malgré son caractère fragmentaire, doit désormais être lue comme son complément indispensable. Engels n'a pas pu terminer ce travail en raison du travail énorme qu'exigeait l'édition et la publication du Capital (voici une preuve directe de l'interférence des sciences sociales dans le progrès des sciences naturelles !) et d'autres tâches liées au mouvement révolutionnaire. Le présent volume se compose de six chapitres plus ou moins complétés ainsi que d'une liasse de notes isolées et d'articles séparés.</p>
<p>Bien qu'il ait fallu plus de soixante ans pour que le manuscrit d'Engels paraisse en anglais, il arrive à un moment opportun. Voici un moyen supplémentaire d'éduquer les étudiants qui ont ressenti le besoin d'approfondir les bases théoriques du marxisme et de répondre aux critiques qui ont demandé de savoir comment les doctrines et les méthodes du matérialisme dialectique peuvent être appliquées aux problèmes des sciences naturelles. . Sans aucun doute, la nouvelle école des révisionnistes petits-bourgeois, dont le mépris pour la théorie marxiste n'est surpassé que par son ignorance de celle-ci, n'attachera guère plus de valeur positive à ces écrits que ne l'avait fait son prédécesseur, Edward Bernstein, qui a conservé le manuscrit pendant plusieurs décennies après la mort d'Engels sans voir la nécessité de la publier. Mais tout étudiant sérieux de la pensée marxiste se réjouira que ces clés de compréhension de la dialectique matérialiste soient enfin devenues accessibles.</p>
<p>Ce qu'Engels cherche à démontrer</p>
<p>Dans la Dialectique de la nature, Engels visait à démontrer que les processus naturels obéissent aux mêmes lois générales du mouvement que les processus sociaux et intellectuels. Comme il l'écrit dans Anti-Duehring , Engels a étudié les mathématiques et les sciences naturelles pour se convaincre « que, parmi le fouillis des innombrables changements qui se produisent dans la nature, les mêmes lois dialectiques sont à l'œuvre que celles qui, dans l'histoire, régissent l'apparente fortuite des événements ; les mêmes lois que celles qui, de la même manière, forment le fil conducteur de l'histoire du développement de la pensée humaine et qui s'élèvent progressivement vers la conscience dans l'esprit de l'homme… » et qui ont été formulées pour la première fois par Hegel sous une forme mystique avant que Marx et Engels ne les refaçonnent. dans la dialectique matérialiste.</p>
<p>Dans l' introduction , Engels présente une revue critique du développement des sciences naturelles du point de vue théorique. Il explique comment et pourquoi cette première période de la renaissance de la connaissance naturelle a été dominée par le point de vue de l'immuabilité absolue de la nature. Les étoiles fixes et notre propre système solaire, la terre, sa faune et sa flore étaient considérées comme éternellement identiques. Dans un tel schéma de choses, l'idée d'une évolution universelle n'avait pas sa place.</p>
<p>Cette vision, qui prévalait dans toutes les branches des sciences naturelles jusqu'au XIXe siècle, commença à être ébranlée d'une science après l'autre par le développement interne des sciences elles-mêmes. En astronomie, par l'hypothèse de Kant-Laplace de l'évolution du système solaire à partir d'une nébuleuse ; en géologie, par la conception de Lyell des transformations successives de la surface terrestre ; en physique, par la formulation de la théorie mécanique de la chaleur et par la loi de la conservation de l'énergie ; en chimie, par la découverte par Mendeleyeff de la disposition périodique des éléments ; et en biologie par la théorie de Darwin sur l'origine des espèces. Cette série de découvertes a donné naissance à une nouvelle conception scientifique de la nature, la théorie de l'évolution universelle, « l'idée selon laquelle la nature tout entière, du plus petit élément au plus grand, des grains de sable aux soleils, des protistes aux hommes, a son existence dans une création et une disparition éternelles, dans un flux incessant, dans un mouvement et un changement incessants.</p>
<p>Les conséquences de ces développements révolutionnaires dans les différentes sciences, qui ont brisé l'ancienne image d'une nature immuable, ont mis du temps à se réaliser dans la pensée consciente des naturalistes individuels et dans la théorie scientifique géniale. Les scientifiques en exercice, qui acceptaient les résultats et poursuivaient les méthodes du point de vue évolutionniste dans leur domaine d'activité spécial, s'accrochaient aux anciennes façons de penser métaphysiques dans d'autres domaines de pensée et dans leurs conceptions générales.</p>
<p>La théorie dialectique de l'évolution</p>
<p>Pendant ce temps, le stade nouveau et plus élevé de la connaissance naturelle exigeait un système théorique et une méthode de pensée qui lui étaient propres. L'ancien système mécanique de la nature, avec ses lois et ses éléments immuables et son mode de pensée métaphysique fonctionnant avec des catégories inflexibles et exclusives, ne suffisait plus.</p>
<p>C'est un philosophe plutôt qu'un scientifique qui a fourni aux sciences naturelles les moyens intellectuels nécessaires pour s'émanciper de l'ancienne vision et pour en construire une nouvelle. Tout comme Descartes avait esquissé le système mécanique de la nature, Hegel a formulé la première conception systématique de l'ensemble du monde naturel, social et spirituel comme un processus continu de développement.</p>
<p>Dans sa logique dialectique, Hegel a tenté de donner une forme rationnelle et de développer une méthode rationnelle à partir des processus multiformes et contradictoires de l'évolution. Les lois de sa dialectique ne sont rien d'autre que les lois les plus générales du mouvement et du changement dans la nature, la société et la pensée humaine. Ces lois ont été conçues à l'origine par Hegel de façon idéaliste comme de simples lois de la pensée. Mais, comme Marx et Engels l'ont démontré par la suite dans leur version matérialiste de la logique dialectique, les lois dialectiques sont des formulations conceptuelles de réalités matérielles objectives.</p>
<p>Trois lois de la dialectique</p>
<p>Engels discute trois lois principales de la dialectique : la loi de la transformation de la quantité en qualité, et vice versa ; la loi de l'interpénétration des contraires ; et la loi de la négation de la négation. Il prend les résultats expérimentaux des sciences individuelles, les passe au crible et les synthétise, pour montrer que ces lois dialectiques sont en réalité des lois du développement de la nature et sont donc valables pour les sciences naturelles théoriques.</p>
<p>La première loi signifie que « dans la nature, d'une manière exactement fixée pour chaque cas individuel, des changements qualitatifs ne peuvent se produire que par l'addition ou la soustraction quantitative de matière ou de mouvement (ce qu'on appelle l'énergie) ». Dans le deuxième chapitre, Engels indique précisément comment cette loi fonctionne à l'aide de nombreux exemples tirés des sciences exactes de la mécanique, de la physique et de la chimie, où des variations quantitatives précisément mesurables et traçables sont directement liées à la production de différences qualitatives. En physique, on a constaté depuis qu'il existe une série continue de rayons depuis les rayons radio jusqu'aux rayons cosmiques dans lesquels les variations quantitatives de longueur d'onde se manifestent par des différences qualitatives déterminables. Cette même loi est également clairement observable en chimie où les propriétés des corps sont modifiées en concordance avec leur composition quantitative modifiée. Engels cite les formes allotropiques des éléments, les composés d'oxyde d'azote, les séries homologues de composés carbonés et la disposition périodique des éléments en fonction de leur poids atomique ; les chimistes modernes pourraient ajouter bien d'autres exemples.</p>
<p>La deuxième loi de la dialectique affirme que toute chose a un caractère contradictoire, contenant en elle son propre contraire. L'essence bipolaire de toutes choses se manifeste par le changement, qui est un processus d' altération ou de transformation de quelque chose de son état original à travers une série de variations intermédiaires vers son opposé. Engels présente cette loi de l'interpénétration des contraires dans le troisième chapitre où il étudie le plus important des problèmes scientifiques, les formes fondamentales du mouvement.</p>
<p>La nature du mouvement</p>
<p>Toute connaissance naturelle est basée sur l'étude des mouvements matériels d'une sorte ou d'une autre. Une conception correcte du mouvement est donc absolument indispensable aux sciences naturelles. Qu'est-ce que le mouvement ? Le mouvement, dit Engels, est une combinaison contradictoire d'attraction et de répulsion. Toutes les différentes formes de mouvement naissent de l'interaction entre ces deux phases opposées de son être. Partout et à chaque fois qu'un mouvement se produit dans la nature, ces pôles opposés se retrouveront inséparablement unis. Cette définition dialectique du mouvement contient déjà implicitement la loi physique découverte empiriquement de la conservation de l'énergie. Car si chaque attraction individuelle est compensée par une répulsion correspondante ailleurs, alors la somme de toutes les attractions de l'univers doit être égale à la somme de toutes les répulsions.</p>
<p>Le mouvement consiste en l'unité concrète de l'attraction et de la répulsion. Grâce à leur interaction les uns avec les autres et leur transmutation les uns dans les autres, les divers modes de mouvement dans la nature sont produits. L'interaction universelle de l'attraction et de la répulsion peut être vue dans le type de mouvement le plus simple, le mouvement mécanique, qui consiste en un changement de place de la part d'un corps quelconque. Le mouvement étant toujours relatif, le changement de lieu nécessite l'interaction d'au moins deux corps pour se manifester. Lorsque deux corps agissent l'un sur l'autre de telle sorte qu'il en résulte un changement de place de l'un ou des deux, ce changement de place ne peut consister qu'en un rapprochement ou une séparation. Mais le mouvement d'un corps vers un autre implique le dépassement de la répulsion qui les sépare, et vice-versa. De plus, l'attraction d'un corps vers un autre implique sa répulsion par rapport à un troisième corps. Ainsi tout changement de lieu entraîne nécessairement l'action réciproque d'attraction et de répulsion et leur remplacement l'un par l'autre.</p>
<p>Les mouvements mécaniques des masses à la surface de la Terre peuvent être résolus en force centripète de gravitation et en forces centrifuges antagonistes. La même interpénétration d'attraction et de répulsion se manifeste dans les mouvements mutuels des corps célestes, comme dans l'équilibre dynamique maintenu entre la terre et le soleil. Si la Terre n'était pas liée au soleil par attraction, elle quitterait le système solaire et s'envolerait dans l'espace. Si le soleil, au contraire, n'exerçait pas une répulsion constante sous forme d'énergie rayonnante sur la terre et ne la maintenait pas à distance, cette planète serait depuis longtemps tombée dans sa masse enflammée et aurait été absorbée.</p>
<p>Chaque mode de mouvement dans la nature, du plus bas au plus élevé, du simple mouvement mécanique au comportement organique complexe, embrasse et découle de l'action et de la réaction simultanées d'attraction et de répulsion. Le mouvement n'est en fait rien d'autre que l'expression la plus générale de la série multiple de formes dans lesquelles se manifestent ces pôles opposés.</p>
<p>La définition dialectique du mouvement</p>
<p>Engels utilise cette définition dialectique, bilatérale et complète du mouvement pour critiquer et corriger les conceptions unilatérales de la nature du mouvement qui prévalent dans la physique newtonienne. Les Newtoniens ont commis une erreur en faisant de l'attraction, ou gravitation, la forme fondamentale du mouvement dans la nature. Ils méconnaissaient ainsi le rôle tout aussi important de son contraire, la répulsion, négligeant notamment les transformations d'une phase du mouvement en l'autre. Engels entreprend une analyse des concepts de force, d'énergie et de travail dans les écrits de Helmholtz, le grand physicien allemand du XIXe siècle, pour démontrer comment cette négligence du caractère essentiellement bipolaire du mouvement a introduit la confusion et perpétué les erreurs dans la théorie physique.</p>
<p>Depuis qu'Engels a écrit, le fait que le mouvement englobe à la fois l'attraction et la répulsion a été vérifié de manière frappante par la théorie électronique de la matière, la théorie physique de la relativité et, comme le souligne Haldane, par les développements récents de la théorie astronomique des nébuleuses spirales. Dans les principes de la nouvelle « mécanique ondulatoire », la loi dialectique de l'interpénétration des contraires vient de remporter une grande victoire sur les anciennes conceptions mécaniques.</p>
<p>Ce triomphe est d'autant plus définitif que les physiciens eux-mêmes ont résisté si longtemps et consciemment. Lorsqu'ils découvrirent pour la première fois que les phénomènes électroniques présentaient à la fois les propriétés des ondes et des particules, ils furent profondément perplexes face à cette contradiction, qui ne pouvait être conciliée ni expliquée par les catégories divisées de la théorie mécanique. La théorie subatomique est tombée dans l'impasse. Après mûre réflexion, les physiciens les plus audacieux ont enfin conclu que dans le monde subatomique, les ondes et les particules ne peuvent plus être considérées comme des opposés absolus ; qu'ils peuvent être réunis en une seule entité ; qu'ils peuvent posséder les mêmes propriétés ; et que, sous certaines conditions, ils peuvent se transformer l'un dans l'autre.</p>
<p>La négation de la négation</p>
<p>La loi de la négation de la négation, que Hegel a utilisée comme loi fondamentale pour la construction de tout son système de pensée, a un domaine d'application bien plus large dans le système naturel. Cette loi exprime réellement la forme fondamentale du développement de la nature.</p>
<p>Les forces opposées à l'œuvre dans chaque chose entraînent des changements constants dans sa constitution. Ces changements s'accumulent en quantité jusqu'à ce que, à un certain stade déterminé du processus de développement, une transformation qualitative distincte ou un saut se produise. La chose perd son identité originelle et passe dans son contraire.</p>
<p>Mais le processus évolutif ne s'arrête pas à la simple négation. La nouvelle forme d'existence matérielle n'est pas moins contradictoire que l'ancienne et est sujette à la même inquiétude intérieure. La première négation subit à son tour une auto-différenciation et une division jusqu'à ce qu'elle passe elle aussi dans son propre contraire et soit ainsi niée. Le résultat final de ce processus s'appelle la négation de la négation, une unité synthétique qui a écarté les formes transitionnelles mais a conservé en elle le contenu essentiel des deux côtés de l'ensemble contradictoire.</p>
<p>Toutes les transformations du mouvement matériel étudiées par les sciences naturelles illustrent le fonctionnement de cette loi de la négation de la négation dans la réalité physique. Engels utilise la loi pour clarifier les interconnexions entre le mouvement mécanique et moléculaire, ou la chaleur.</p>
<p>Mécanique en mouvement moléculaire</p>
<p>Toutes les formes de mouvement sont générées, comme nous l'avons dit, par le jeu de l'attraction et de la répulsion et par leur conversion l'une dans l'autre. Mais dans chaque mode spécifique de mouvement, l'un ou l'autre extrême prédomine. Le mouvement mécanique pur est essentiellement une forme d'attraction. Bien que la répulsion soit nécessairement présente dans tous les cas de mouvement mécanique, elle existe dans un état négatif ou passif. Le rôle actif est joué par l'attraction.</p>
<p>En tant que forme d'attraction, le mouvement mécanique est la négation de la répulsion. Mais il contient en lui la possibilité de se transformer en son contraire. Ce développement dialectique se produit en réalité dans la nature par le contact ou la collision d'un corps avec un autre. Dans le frottement ou l'impact qui en résulte, une partie du mouvement mécanique pur des masses est détruite et réapparaît sous la forme de mouvement moléculaire interne, ou de chaleur. La chaleur produite par le freinage est un exemple quotidien de ce phénomène.</p>
<p>Mais la chaleur, qui agite et sépare les molécules des corps solides, est une forme de répulsion. Dans le cas de la chaleur, la répulsion apparaît comme le côté actif, et l'attraction recule dans le côté passif du processus matériel. La conversion du mouvement mécanique en chaleur est donc une négation de la négation, un retour du mouvement matériel à l'état originel de répulsion, mais à un niveau de développement supérieur.</p>
<p>Dialectique de la découverte scientifique</p>
<p>La loi de la négation de la négation se manifeste non seulement dans le processus physique de conversion du mouvement mécanique en chaleur, mais aussi dans l'histoire de sa découverte. Il y a bien longtemps, l'humanité a converti le mouvement mécanique en chaleur, d'abord par l'acte instinctif de frotter le corps avec les mains pour le garder au chaud, puis en allumant le feu à partir de la friction. Mais cette négation de la forme positive originelle du mouvement mécanique n'était que la première étape dans la dialectique du processus. Pour achever ce développement, l'humanité a dû inverser le processus et convertir la chaleur en mouvement mécanique.</p>
<p>Cette deuxième étape, la négation de la négation, n'a été réalisée qu'après plusieurs milliers d'années grâce à l'invention de la machine à vapeur, qui est un appareil permettant de convertir la chaleur en un mouvement mécanique utilisable. Dans ce cas, la pratique humaine historique dans le domaine de la technologie fournit la preuve de la loi logique de la négation de la négation.</p>
<p>Voilà aussi la preuve que « la dialectique du cerveau n'est que le reflet de la forme du mouvement du monde réel, tant dans la nature que dans l'histoire ». La loi de la négation de la négation n'aurait pas pénétré la pensée consciente si elle n'avait pas déjà été à l'œuvre dans les processus physiques et dans la vie sociale.</p>
<p>Mécanique contre dialectique</p>
<p>Pourtant, comme le souligne Engels, même après que le problème de la conversion du mouvement mécanique en chaleur et de la chaleur en mouvement mécanique ait été résolu dans la pratique humaine, les naturalistes n'ont pas réussi à formuler ce fait d'une manière théorique tout à fait correcte ou complète. Au début, ils considéraient la chaleur, comme l'électricité, comme un type particulier de substance impondérable plutôt que comme un mode de mouvement matériel. Puis, lorsqu'ils reconnurent la chaleur comme mode de mouvement, tant dans la loi restreinte de l'équivalent mécanique de la chaleur que dans la loi générale de la conservation de l'énergie, ils exprimèrent les relations entre ces deux modes de mouvement exclusivement à partir de l'une. point de vue bilatéral de la quantité.</p>
<p>Mais les mouvements mécaniques et moléculaires ne sont pas seulement liés quantitativement mais qualitativement. Ce sont des formes différentes du même mouvement matériel. Le matérialisme dialectique montre sa supériorité sur le point de vue mécanique car, en plus de comprendre l'identité quantitative entre les deux formes de mouvement, formulée par la loi de l'équivalence quantitative du mouvement à travers tous ses changements de forme, il explique aussi leur diversité qualitative et la manière de leurs métamorphoses mutuelles.</p>
<p>Le matérialisme dialectique a une conception différente de la tâche principale des sciences naturelles que celle des représentants de l'école mécanique dont les idées ont prévalu dans la pensée des sciences naturelles depuis Descartes et Newton. Les mécaniciens, préoccupés par l'étude des lois du passage des corps dans l'espace, croyaient que le but de la science était de réduire toutes les autres formes de mouvement matériel à la forme élémentaire du mouvement mécanique, de résoudre les modes de mouvement supérieurs en la forme élémentaire du mouvement mécanique. plus bas, plus le complexe devient simple. Ainsi, dans l'introduction de ses Principia , Newton écrit :</p>
<p>« Il serait désirable de déduire des éléments de la mécanique les autres phénomènes de la nature. »</p>
<p>Cette conception du but ultime des sciences naturelles coïncidait avec ce niveau relativement primitif de technologie et d'industrie qui se préoccupait principalement d'utiliser et d'exploiter des machines dans lesquelles un aspect du mouvement mécanique (énergie potentielle) était transformé en un autre (énergie cinétique). La pensée scientifique évoluait dans le même cercle étroit que la pratique scientifique, généralisant les changements au sein d'une seule forme simple de mouvement, la transposition mécanique.</p>
<p>Parallèlement aux progrès considérables de la technologie et de l'industrie à grande échelle au cours des deux derniers siècles, les scientifiques ont découvert, étudié et mis en œuvre de nombreux autres types de mouvements matériels, thermiques, électromagnétiques, chimiques, etc. Ils se sont particulièrement appliqués à étudier les interconnexions et les transformations de ces modes de mouvement les uns dans les autres. Les scientifiques savent désormais que, si ces autres formes de mouvement sont toujours liées au mouvement mécanique réel, elles ne peuvent s'y réduire sans effacer leurs caractéristiques spécifiques. Les lois de la physiologie, de la société ou de la pensée, bien que fondées sur les lois fondamentales de la nature, ne peuvent pas être simplement « déduites des éléments de la mécanique », comme l'avait prévu Newton.</p>
<p>De tous côtés, on voit que les lois qui régissent le mouvement mécanique ont leurs limites ; ils ont perdu leur statut souverain. [1] L'expansion de la pratique technique, industrielle et purement scientifique a élargi l'horizon théorique de la science bien au-delà du vieil idéal mécanique, présentant une vision immensément plus large de sa tâche que le matérialisme dialectique a non seulement reconnu mais mieux formulé.</p>
<p>La conception dialectique de la science</p>
<p>Cette nouvelle conception fait époque. Contrairement au point de vue mécanique, le matérialisme dialectique considère que la tâche de la science n'est pas la réduction de tous les modes de mouvement en un seul, mais l'étude des principales formes de mouvement matériel dans leur séquence naturelle, leurs interconnexions dialectiques et leurs transformations en un seul. un autre.</p>
<p>Les formes de mouvement vont du mouvement mécanique brut des masses à l'activité complexe de la pensée dans le cerveau humain. Au cours de l'évolution matérielle, tous ces différents modes de mouvement, mécanique, moléculaire, atomique, électronique, chimique, thermique, organique, social et intellectuel, se sont développés les uns à partir des autres à travers le jeu de l'attraction et de la répulsion, l'idée contradictoire originelle. essence du mouvement. Ils constituent une série hiérarchique interdépendante, dont chacune est naturellement liée aux autres et capable, dans des conditions matérielles appropriées, de se transformer les unes dans les autres.</p>
<p>Cette conception fournit pour la première fois une base matérielle solide pour la classification systématique des sciences. Chaque science analyse soit une forme distincte de mouvement (chimie), soit les interconnexions entre plusieurs formes de mouvement (électrochimie). L'ordre essentiel des sciences correspond à l'ordre de génération des diverses formes de mouvement dans la nature et à leur transition dialectique les unes dans les autres. Ainsi le matérialisme dialectique introduit un nouveau principe d'ordre pour remplacer la confusion et l'anarchie qui règnent dans la pensée scientifique depuis la faillite de l'ancien système mécanique. Tous les divers départements de la connaissance humaine, de l'astronomie à la logique, sont corrélés en une vaste synthèse.</p>
<p>Une partie du matériel de la Dialectique de la nature , comme de tout traité sur la connaissance naturelle écrit il y a plus de soixante ans, a été rendu obsolète par les progrès ultérieurs des sciences physiques. Cela est particulièrement vrai du chapitre sur l'électricité dans lequel les plus grands progrès ont été réalisés au cours du dernier demi-siècle. Pourtant, il y a remarquablement peu de plaisanteries dans ces pages. Les observations d'Engels allaient dans la bonne direction et ont été confirmées dans de nombreux cas par des recherches ultérieures en sciences physiques. Chaque discussion sur une question spécifique a une valeur durable en tant qu'exemple de la manière d'utiliser les concepts de la dialectique matérialiste comme instruments de pensée critique dans les sciences naturelles et sociales.</p>
<p>La tâche qui nous attend</p>
<p>La tâche de définir le caractère dialectique des événements naturels, qu'Engels s'était fixée et n'a pas réussi à achever, attend encore d'être accomplie. Malgré la richesse des matériaux fournis par les récents développements révolutionnaires des sciences naturelles, cette tâche en est à peu près au point où Engels l'avait laissée. Les théoriciens de la période post-marxienne – Bernstein, Kautsky, Adler, etc. – possédant la même hostilité ou indifférence à l'égard de la philosophie du matérialisme dialectique que nos anti-dialectiques contemporains, n'avaient ni l'équipement ni la motivation pour faire quoi que ce soit dans ce sens. Le Matérialisme et la Critique empirique de Lénine et ses cahiers sur la logique de Hegel ont rendu possible une renaissance de la philosophie du marxisme et ont ouvert la voie à l'extension de ses idées et de ses méthodes aux problèmes auxquels sont confrontées les sciences physiques.</p>
<p>Il fallait espérer que, lorsque les bolcheviks auraient pris le pouvoir en Russie, leurs dirigeants scientifiques et leurs académies entreprendraient cette tâche sur une base collective aussi bien qu'individuelle. Sous le patronage de Lénine, des débuts prometteurs furent réalisés. Mais celles-ci ont été interrompues par la réaction. On ne pouvait guère s'attendre à ce que la pensée marxiste pure, bannie de la politique, étende ses racines dans le sous-sol de la nature ou s'épanouisse librement pendant un certain temps sous l'ombre funeste du régime de Staline. Par conséquent, le marxisme est passé d'un mouvement idéologique en pleine croissance à une scolastique stérile.</p>
<p>Les staliniens pourraient préserver certaines reliques de la pensée marxiste passée comme les scolastiques médiévaux préservaient les écrits d'Aristote ou comme ils momifiaient eux-mêmes le corps de Lénine : pour exhiber les gloires décadentes du passé tout en violant leur esprit dans le présent. C'est pourquoi nous leur devons la publication de la Dialectique de la nature . Dans la science comme dans la société, des vestiges de l'héritage de la Révolution d'Octobre sont ici et là ancrés dans le stalinisme ; du bien peut encore émaner de cette abomination : contradiction qui horrifiera sans doute les anti-dialectiques. Mais sous les auspices staliniens, il ne peut y avoir de développement cohérent et fructueux de la science du matérialisme dialectique.</p>
<p>Dans ce domaine de la pensée, comme dans tous les autres, les forces de la Quatrième Internationale sont obligées de poursuivre les tâches laissées inachevées par leurs prédécesseurs marxistes. Dans les œuvres philosophiques de Marx et d'Engels, et maintenant dans la Dialectique de la nature , ils retrouveront les principales voies déjà tracées pour eux.</p>
<p>note de bas de page</p>
<p>1. Voir, par exemple, The Evolution of Physics d'Einstein et Infeld, en particulier la section sur The Decline of the Mechanical View .</p></div>
Seul un choc peut transformer qualitativement le monde...
https://www.matierevolution.org/spip.php?article9441
https://www.matierevolution.org/spip.php?article94412026-03-08T23:07:00Ztext/htmlfrRobert Paris, Tiekoura Levi HamedRévolutionDialectic - DialectiqueDiscontinuitéContradictions
<p>Les nouvelles structures ne naissent pas dans la continuité des anciennes, pas plus dans la nature que dans la société… <br class='autobr' />
Il faut un choc pour construire une nouvelle espèce vivante, un nouveau genre, une nouvelle famille, un nouvel ordre, une nouvelle classe, un nouveau phylum (embranchement), un nouveau règne d'êtres vivants. <br class='autobr' />
Il faut un choc pour bâtir de nouvelles formes de la propriété. <br class='autobr' />
Il faut un choc pour bâtir un nouveau mode de production et c'est toujours un saut qualitatif (…)</p>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique15" rel="directory">Chapter 10 : Natural and social dialectic - Dialectique naturelle et sociale</a>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot61" rel="tag">Discontinuité</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot78" rel="tag">Contradictions</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Les nouvelles structures ne naissent pas dans la continuité des anciennes, pas plus dans la nature que dans la société…</h2>
<p>Il faut un choc pour construire une nouvelle espèce vivante, un nouveau genre, une nouvelle famille, un nouvel ordre, une nouvelle classe, un nouveau phylum (embranchement), un nouveau règne d'êtres vivants.</p>
<p>Il faut un choc pour bâtir de nouvelles formes de la propriété.</p>
<p>Il faut un choc pour bâtir un nouveau mode de production et c'est toujours un saut qualitatif brutal.</p>
<p>Il faut un choc pour bâtir une nouvelle forme d'habitat (nomadisme, sédentarité en villages, en villes).</p>
<p>Il faut un choc pour bâtir des classes sociales d'un type nouveau.</p>
<p>Il faut un choc pour bâtir l'Etat dans la société qui ne le connaissait pas, puis des Etats de type nouveau.</p>
<p>Et c'est toujours un saut qualitatif brutal, même si certains éléments nécessitent une progression graduelle. L'évolution mène à un seuil où il y a besoin d'un saut que l'on ne franchit pas sans un choc.</p>
<p>Ainsi, on ne trouve pas du tout des structures intermédiaires en quantité ni en nombre infini comme le nécessiterait une continuité historique.</p>
<p>Par exemple, il n'y a pas de structure intermédiaire entre la matière éphémère du vide dites « virtuelles » et celle des particules dites élémentaires appelées matières « réelles ». Il n'y a pas de structures intermédiaires entre la sédentarité et le village ni entre le village et la ville. Il n'y a pas de structures intermédiaires entre la société des cueilleurs et celle des cultivateurs. On ne trouve pas non plus de structure intermédiaire entre la vie sans cellule et la cellule. On ne trouve pas une quantité et encore moins une infinité (que nécessiterait la continuité) de structures intermédiaires entre une espèce et une autre. Rien par exemple entre l'homme et les singes ni des espèces de singes entre eux. Donc il faut en conclure que le mode de transformation n'opère nullement sur le mode de la transformation graduelle et continue. Pas plus qu'il n'y quantité de stades intermédiaires entre la vie et la mort. Le changement est brutal même entre les générations !</p>
<p>L'histoire évolutive ne peut être retracée qu'en indiquant des bonds. Voici par exemple l'évolution de la Terre :</p>
<p>• −4,54 milliards d'années : formation de la Terre.<br class='autobr' />
• −4,51 milliards d'années : formation de la Lune.<br class='autobr' />
• −4,4 milliards d'années : formation de l'hydrosphère et de la croûte terrestre[1].<br class='autobr' />
• −3,8 milliards d'années : premières cellules procaryotes dont on ait des fossiles, alors que la température de surface est comprise entre 40 et 80 °C[2],[3].<br class='autobr' />
• −3,7 à −3,45 milliards d'années (absence de consensus scientifique) : apparition des premiers stromatolithes et de la photosynthèse anoxygénique[4],[5],[6].<br class='autobr' />
• −2,45 milliards d'années : apparition de la photosynthèse oxygénique.<br class='autobr' />
• −2,4 milliards d'années : Grande Oxydation et début de la glaciation huronienne.<br class='autobr' />
• −2,2 milliards d'années : transition procaryote-eucaryote (apparition des Grypania).<br class='autobr' />
• −2,1 milliards d'années : apparition des premiers organismes multicellulaires (Gabonionta)[7].<br class='autobr' />
• −1,6 milliard d'années : apparition des premiers eucaryotes multicellulaires (Qingshania magnifica)[8].<br class='autobr' />
• −1,5 milliard d'années : apparition de la sexualité[9].<br class='autobr' />
• −575 millions d'années : explosion de l'Édiacarien.<br class='autobr' />
• −500 millions d'années : apparition des chordés.<br class='autobr' />
• −480 millions d'années : apparition des plantes terrestres.<br class='autobr' />
• −445 millions d'années : extinction Ordovicien-Silurien.<br class='autobr' />
• −400 millions d'années : apparition des insectes, des graines et des sarcoptérygiens (poumons).<br class='autobr' />
• −370 millions d'années : extinction du Dévonien.<br class='autobr' />
• −365 millions d'années : apparition des tétrapodes.<br class='autobr' />
• −360 millions d'années : début de la glaciation du Karoo et apparition des amphibiens.<br class='autobr' />
• −330 millions d'années : apparition des amniotes.<br class='autobr' />
• −252 millions d'années : extinction Permien-Trias.<br class='autobr' />
• −230 millions d'années : apparition des dinosaures.<br class='autobr' />
• −220 millions d'années : extinction "mineure" du Trias, apparition des mammifères.<br class='autobr' />
• −200 millions d'années : extinction Trias-Jurassique.<br class='autobr' />
• −160 millions d'années : apparition des euthériens.<br class='autobr' />
• −150 millions d'années : apparition des oiseaux.<br class='autobr' />
• −135 millions d'années : apparition des plantes à fleurs.<br class='autobr' />
• −66 millions d'années : extinction Crétacé-Paléogène.</p>
<p> Voici la chronologie de l'histoire des principales révolutions de la Terre porteuse d'un tel changement massif, brutal et radical :<br class='autobr' /> 4,6 milliards d'années : formation de la Terre au sein du système solaire, planète chaude sans matière froides en surface<br class='autobr' /> 4,5 milliards d'années : bombardement massif de météorites porteuses d'eau donnant une planète entièrement couverte d'océans<br class='autobr' /> 4,3 milliards d'années : formation de l'atmosphère terrestre et formation des roches sédimentaires les plus anciennes<br class='autobr' /> 4 milliards d'années : début de la tectonique des plaques et formation des roches magmatiques ; la température terrestre passe en dessous de 100°, ce qui permet la formation de macromolécules<br class='autobr' /> 3,8 milliards d'années : « bombardement tardif » qui efface toutes les traces précédentes, supprimant tout enregistrement historique antécédent<br class='autobr' /> date inconnue : apparition des ARN<br class='autobr' /> date inconnue : apparition des protéines<br class='autobr' /> date inconnue : apparition de l'ADN<br class='autobr' /> 3,5 milliards d'années : apparition de la vie cellulaire ; apparition des premiers stromatolithes<br class='autobr' /> 3,2 milliards d'années : apparition des premiers acritarches<br class='autobr' /> 3 milliards d'années : apparition de la photosynthèse<br class='autobr' /> 2,9 milliards d'années : accrétion des continents (première fois que l'on trouve de vastes zones continentales)<br class='autobr' /> 2,7 milliards d'années : première cellules eurcaryotes<br class='autobr' /> 2,45 à 2,2 milliards d'années : « grand événement » d'apparition de l'oxygène avec, comme conséquence, l'effondrement du méthane et la destruction massive de formes de vie pour lesquelles l'oxygène est un poison<br class='autobr' /> 2,2 milliards d'années : première augmentation de l'énergie solaire (plus 10%)<br class='autobr' /> 2,1 milliards d'années : apparition des algues rouges<br class='autobr' /> 2 milliards d'années : émergence de la sexualité des bactéries ; apparition des pluricellulaires<br class='autobr' /> 1,56 milliards d'années : formation de cellules eucaryotes complètes<br class='autobr' /> 1 milliard d'année : terre en boule de neige et explosion des cellules eucaryotes<br class='autobr' /> 800 millions d'années : l'énergie solaire augmente considérablement (jusque là, elle était 30% plus faible)<br class='autobr' /> 720 millions d'années : glaciation globale de la Terre<br class='autobr' /> 635 millions d'années : glaciation globale de la Terre et explosion d'Ediacara<br class='autobr' /> 540 millions d'années : explosion de diversité « cambrienne » du vivant<br class='autobr' /> 500 millions d'années : apparition des chordés ainsi que des animaux à coquille<br class='autobr' /> 480 millions d'années : grande extinction du vivant ; apparition des plantes terrestres ; grand refroidissement global et des variations du niveau marin (dites glacio-eustatiques) ; le supercontinent Gondwana, alors placé au pôle Sud, porte une immense calotte glaciaire (inlandsis). Cette glaciation qui mobilisa d'énormes quantités d'eau, a fait baisser le niveau des mers<br class='autobr' /> 450 millions d'années : apparition des vertébrés<br class='autobr' /> 410 millions d'années : apparition des poissons à mâchoires<br class='autobr' /> 400 millions d'années : apparition des insectes, des graines et des sarcoptérygiens (poumons)<br class='autobr' /> 373 millions d'années : colonisation des continents par les plantes<br class='autobr' /> 370 millions d'années : grande extinction<br class='autobr' /> 365 millions d'années : apparition des tétrapodes<br class='autobr' /> 360 millions d'années : apparition des amphibiens<br class='autobr' /> 340 millions d'années : apparition des reptiles<br class='autobr' /> 320 à 270 millions d'années : glaciation<br class='autobr' /> 251 millions d'années : extinction ; grands trapps de Sibérie<br class='autobr' /> 210 millions d'années : éclatement du supercontinent qui agglomérait toutes les terres émergées<br class='autobr' /> 220 millions d'années : apparition des dinosaures<br class='autobr' /> 200 millions d'années : extinction<br class='autobr' /> 150 millions d'années : apparition des oiseaux<br class='autobr' /> 135 millions d'années : apparition des fleurs<br class='autobr' /> 115 millions d'années : apparition des euthériens<br class='autobr' />
En même temps, la vie subit une nouvelle révolution générale et profonde.<br class='autobr' />
A la fin du crétacé se développe un nouveau groupe de mammifères : les cuspides, comme Zalambdalestes. Ces petits animaux ressemblaient aux petits rongeurs actuels. Toutefois, sur terre, et depuis déjà 100 millions d'années, les dinosaures prospèrent et se diversifient. Notamment avec les Hadrosaures, qui furent certainement les dinosaures les plus communs de leur époque. Semblables aux Iguanodontidés mais plus évolués, on les distinguait en deux parties : les Hadrosaurinés, qui ne possédaient pas de crête, et les Lambéosaurinés, qui en avaient une. Leur caractéristique la plus frappante est leur bec de canard contenant plus d'un millier de dents capables de broyer les végétaux, même les plus costauds. Un autre groupe d'herbivores prospérait durant le Crétacé : les Ceratopsiens. Ils possédaient souvent plusieurs cornes faciales ; à part quelques exceptions comme Pachyrhinosaurus qui possédaient des excroissances à la place de la corne ; ainsi qu'une crête ornementale qui devait jouer un rôle pendant la parade nuptiale ou pour se défendre quand l'animal était attaqué. Enfin, les carnivores eurent de nouveaux et très célèbres représentants durant le Crétacé : les Tyrannosauridés. Ces grands prédateurs étaient munis de pattes arrière extrêmement puissante et d'une gueule aux mâchoires elles aussi d'une puissance phénoménale. Cependant leurs membres avant se sont atrophiés, et la cause reste encore dure à déterminer.<br class='autobr' />
Dans les eaux, la vie subit une véritable révolution elle aussi. Les invertébrés se rapprochèrent peu à peu de nos crustacés actuels, ainsi que des gastéropodes et des oursins. Les poissons osseux (téléostéens) se diversifièrent énormément grâce à l'apparition d'animaux proches de nos anguilles, des carpes et des perches. Enfin, des reptiles marins comme les Mosasaures apparurent avec les tortues marines et les premiers oiseaux aquatiques.<br class='autobr' />
Enfin, au Crétacé, les restes de la Pangée se divisent et forment le Gondwana (au sud) et la Laurasie (au nord). Ceux-ci se disloquaient et les continents actuels prenaient peu à peu forme. Madagascar et l'Inde se séparèrent du Gondwana afin de prendre leurs places actuelles. Bientôt un effroyable cataclysme allait tout bouleverser et tout remettre en cause : l'extinction Crétacé-Tertiaire, il y a 65 millions d'années !<br class='autobr' /> 65 millions d'années : grands trapps du Deccan et trapps de la province ignée nord-atlantique ; disparition des dinosaures et grande extinction de quantité d'autres espèces<br class='autobr' /> 40 millions d'années : trapps d'Ethiopie<br class='autobr' /> 34 millions d'années : glaciation<br class='autobr' /> 17 millions d'années : embellie climatique du Miocène qui va durer deux millions d'années ; première sortie d'Afrique par nos ancêtres grands singes<br class='autobr' />
La Terre n'avait pas connu de calotte de glace importante et durable depuis le permo-carbonifère, il y a 300 millions d'années, pendant près de 250 millions d'années. Les dinosaures, par exemple, dont le règne démarre il y a 220 millions d'années et s'achève il y a 65 millions d'années, n'ont quasiment pas vu l'ombre d'une calotte de glace ! Alors que de Toumaï à aujourd'hui, les hominidés puis les hommes ont évolué, depuis 7 millions d'années, dans un monde plus froid… Les résultats concernant le CO² (pour l'optimum de température du Miocène qui dure deux millions d'années de 17 millions à 15 millions) ont été un peu inattendus… Le taux le plus élevé, 700 ppmv, conduisait à nouveau à un refroidissement très marqué…<br class='autobr' /> 14 millions d'années : trapps d'Ethiopie ; extinction<br class='autobr' /> 10 millions d'années : début de la bifurcation entre hominoïdes et autres grands singes<br class='autobr' /> 7 millions d'années : naissance du genre homo au Tchad<br class='autobr' /> 5 millions d'années : naissance de la bipédie<br class='autobr' /> de 3 millions d'années à 1,5 millions d'années : homo habilis<br class='autobr' /> de 2 millions d'années à 100.000 ans : homo erectus<br class='autobr' /> 2,7 millions d'années : glaciation<br class='autobr' /> 150.000 ans : sortie d'homo sapiens de son Afrique natale<br class='autobr' /> de 300.000 ans à 40.000 ans : homo néanderthalensis<br class='autobr' /> de 150.000 ans à aujourd'hui : homo sapiens<br class='autobr' /> 21.000 ans : glaciation<br class='autobr' />
La Terre n'est pas la seule à être un produit des révolutions de son Histoire. C'est le cas de tous les éléments inertes comme vivants qui s'y trouvent : ils ont eu une apparition brutale.<br class='autobr' />
Comme chaque être vivant, l'homme est un produit de l'histoire (et pas seulement de l'histoire de son cerveau). En effet, tous les éléments qui caractérisent notre physiologie sont nés à des époques diverses (apparus chez divers ancêtres de l'homme). Prenons simplement quelques éléments de son squelette :<br class='autobr' />
a – la formule dentaire de base il y a 3,5 millions d'années<br class='autobr' />
b – le bassin il y a 3,5 millions d'années<br class='autobr' />
c – l'extrémité du scrotum il y a 2,5 millions d'années<br class='autobr' />
d – le genou et le pied il y a 1,8 millions d'années<br class='autobr' />
e – le coude il y a 1,5 millions d'années<br class='autobr' />
f – la position du crâne par rapport à la colonne il y a 250.000 ans<br class='autobr' />
g – le poignet et la forme sphérique du crâne il y a 100.000 ans qui est la dernière évolution importante du squelette.<br class='autobr' />
Citons plus en détails ce patchwork historique qu'est un homme issu d'une succession de révolutions qui n'ont rien d'une progression continue ni linéaire :<br class='autobr' /> 15 milliards d'années, les particules qui constituent notre corps<br class='autobr' /> peu avant 3,5 milliards d'années, la vie, les protéines, l'ARN et l'ADN<br class='autobr' /> 2,8 milliards d'années, la vie utilisant l'oxygène<br class='autobr' /> 2,2 milliards d'années, notre noyau cellulaire<br class='autobr' /> 1 milliard d'années, la sexualité<br class='autobr' /> 670 millions, notre fonctionnement pluricellulaire<br class='autobr' /> 500 millions d'années, la vie hors de l'eau<br class='autobr' /> 450 millions d'années, les débuts de notre système vertébral<br class='autobr' /> 400 millions d'années, notre vie terrestre et formation de la mâchoire<br class='autobr' /> 200 millions d'années, notre fonctionnement de mammifères avec notamment l'invention de la mamelle<br class='autobr' /> 100 millions d'années, le placenta<br class='autobr' /> 60 millions d'années, vision trichromatique des primates<br class='autobr' /> environ 10 millions d'années, ancêtre commun des primates et des hominidés<br class='autobr' /> 6 millions d'années, notre apparition en Afrique en tant qu'être ressemblant à l'homme (australopithèque)<br class='autobr' /> 5 millions d'années, notre bipédie<br class='autobr' /> 3,8 millions d'années, notre voûte plantaire<br class='autobr' /> 3,5 millions d'années, notre formule dentaire de base et notre bassin<br class='autobr' /> 3 millions d'années, notre utilisation des outils<br class='autobr' /> 2,5 millions d'années, notre scrotum<br class='autobr' /> 2 millions d'années, notre fonctionnement chromosomique et la grande phase de céphalisation<br class='autobr' /> environ 2 millions d'années, notre pharynx notre larynx et nos zones du cerveau permettant le prélangage (lallation) puis le langage<br class='autobr' /> 1,8 millions d'années, de nouvelles étapes vers notre configuration actuelle : face plus aplatie, front relevé, incisives et canines plus développées, molaires et prémolaires plus petites, bourrelet au dessus des yeux disparu, agrandissement du cerveau (homo habilis)<br class='autobr' /> plus d'un million d'années, libération du front des muscles qui retenaient le crâne<br class='autobr' /> 1,8 millions d'années, nos os du pied et notre genou<br class='autobr' /> 1,5 millions d'années, notre coude<br class='autobr' /> 400.000 ans, notre os sphénoïde du crâne<br class='autobr' /> 338.000 ans, une génétique très proche de celle de l'homme actuel<br class='autobr' /> 250.000 ans, notre trou occipital dans le prolongement de la colonne vertébrale<br class='autobr' /> 200.000 ans, le premier homo sapiens en Afrique<br class='autobr' /> 100.000 ans, la forme sphérique du crâne et le poignet ; c'est-à-dire homo sapiens sapiens (moderne)<br class='autobr' /> 10.000 ans, l'homme agriculteur Les datations précédentes sont indiquées à titre tout à fait indicatif et seulement pour montrer combien l'homme est fait de briques de toutes époques….<br class='autobr' />
La vie, elle-même, n'est pas née en une fois mais par toute une série de révolutions qui ne se sont pas déroulées régulièrement mais ont été séparées de longues périodes historiques.<br class='autobr' />
Dans son ouvrage « Singularités » De Duve imagine les singularités suivantes du vivant :<br class='autobr' />
1- formation des premières molécules (éventuellement dans l'espace) : chimie abiotique produisant des acides aminés, les pyrophosphates et thioesters<br class='autobr' />
2- production de l'ATP et autres molécules porteuses de l'énergie des interactions du vivant<br class='autobr' />
3- formation des bases U, A, G et C, les mononucléotides NMP et leurs dérivés pyrophosphatés les NTP, qui sont les briques du futur ARN (mais aussi de l'ADN qui n'apparaît que beaucoup plus tard semble-t-il) et appariement des bases. Apparition d'un protométabolisme.<br class='autobr' />
4- apparition de l'ARN (acide ribonucléique) que De Duve appelle « événement charnière » car l'ARN est à l'origine des protéines et des métabolismes. Mais cela ne signifie pas une seule naissance car d'emblée apparaissent de multiples ARN.<br class='autobr' />
5- réplication et transformation de l'ARN par lui-même. Formation des ARN auto-catalytique (l'ARNr ribosomial est la première molécule catalytique, avant les enzymes), ARN messager (ARNm) et de l'ARN de transfert (ARNt). Invention de la variation en même temps que la réplication. L'ARN est à la fois porteur de la mémoire génétique, dépositaire réplicable et agent de cette réplication (ce qui ne sera plus vrai avec l'apparition de l'ADN avec lequel la transcription sera complètement dissociée de la réplication). Début du mécanisme de sélection. Allongement des brins d'ARN. Développement des enzymes et du métabolisme.<br class='autobr' />
6- production des protéines par l'interaction entre diverses sortes de molécules ARN (ARNm, ARNt et ARNr), traduction du langage nucléique en langage protéique, que De Duve nomme la « vraie révolution », « l'événement clef par lequel l'information est entrée dans la vie émergente ».<br class='autobr' />
7- formation de la membrane cellulaire par des protéines membranaires<br class='autobr' />
8- naissance de la cellule vivante (son apparition est particulièrement difficile à situer dans le temps) avec apparition de la croissance et de la multiplication par division.<br class='autobr' />
9- apparition du code génétique : langage de transcription (général au vivant utilisant l'ADN) entre les bases de l'ARN (les NTP) couplées par trois (formant un codon) et les acides aminés (un acide correspondant de façon unique à un codon). Formation de la base thymine T par méthilisation de l'uracile U.<br class='autobr' />
10- apparition de l'ADN (acide désoxyribonucléique), la fameuse double hélice et du double processus de réplication (un brin répliqué d'un seul coup et l'autre par segments reconstitués ensuite) puis revérification par des enzymes correcteurs. L'ordre de l'ADN est issu du désordre et des interactions des ARN qui ne disparaissent pas ensuite mais sont intégrés au processus… Les microARN (non codants) servent à réguler l'expression des gènes.<br class='autobr' />
11- naissance de l'être procaryote (cellule sans noyau) puis eucaryote (cellule à noyau par l'intégration par symbiose à un procaryote d'autre procaryotes constituant mitochondries et chloroplastes). Naissent les familles de procaryotes, les bacteria et les archaea, puis les eucarya (ou eucaryotes, parmi lesquels apparaîtront notamment les animaux, les plantes et les éponges).<br class='autobr' />
12- apparition des êtres pluricellulaires.</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_%C3%A9volutive_du_vivant" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_%C3%A9volutive_du_vivant</a></p>
<p>L'apparition des civilisations est aussi peu graduelle et continue que leur disparition…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2078" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2078</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5228" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5228</a></p>
<p>Les révolutions sociales sont tout aussi brutales…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6209" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6209</a></p>
<p>Contre le gradualisme dans les transformations sociales, y compris celles de la Préhistoire et l'Antiquité</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5525" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5525</a></p>
<p>L'émergence de structures nouvelles suppose non seulement une discontinuité, un saut, mais, de plus, un tel changement qualitatif tel que la nouvelle structure n'est pas une simple somme des propriétés ni des éléments de l'ancienne ou des anciennes.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5131" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5131</a></p>
<p>Comment les interactions physiques font-elles émerger les niveaux hiérarchiques des structures matérielles ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3403" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3403</a></p>
<p>La matière, émergence de structure au sein du vide</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article37" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article37</a></p>
<p>La matière dite inerte, ce ne sont pas des structures fixes mais émergentes.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article26" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article26</a></p>
<p>Pourquoi la matière s'organise spontanément et de manière stable ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article4840" class="spip_url auto" rel="nofollow">https://www.matierevolution.org/spip.php?article4840</a></p>
<p>Notre cerveau aussi a évolué par sauts, même si c'est avec retard sur notre mode de vie…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3364" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3364</a></p>
<p>La quantité se transforme en qualité</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3895" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3895</a></p>
<p>Le quanta ou la mort programmée du continu en physique</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article16" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article16</a></p>
<p>Discontinuité de l'univers et structures hiérarchiques</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article20" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article20</a></p>
<p>Discontinuité de l'histoire du Vivant</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article14" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article14</a></p>
<p>Qu'est-ce que la continuité et la discontinuité ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article11" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article11</a></p>
<p>La nature fait des sauts (ou le règne universel de la discontinuité)</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article10" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article10</a></p>
<p>Le fonctionnement neuronal est saltatoire…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1194" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1194</a></p>
<p>Discontinuité de la nature : une question philosophique</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article10" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article10</a></p>
<p>Sauts, chocs, transitions, nouvelle organisation en Physique quantique</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5112" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5112</a></p>
<p>Les sauts de toute évolution proviennent de la dialectique de l'ordre et du désordre…</p>
<p><a href="https://www.google.fr/search?hl=fr&q=ordre+d%C3%A9sorre+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&btnG=Recherche&meta=&gws_rd=ssl&sei=2gxvadaGNq2skdUP9uno4Ao#hl=fr&q=ordre+d%C3%A9sordre+site:http://www.matierevolution.fr+OR+site:http://www.matierevolution.org" class="spip_out" rel="external">Lire ici</a></p>
<p>Les structures nouvelles sont issues du non-équilibre…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2079" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2079</a></p>
<p>La nouveauté apparaît, au sein du vivant, ponctuellement, dans le temps comme dans l'espace</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3019" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3019</a></p>
<p>C'est le choc qui crée la structure nouvelle dans le Vivant…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7821" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7821</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5151" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5151</a></p>
<p>Le stress (effet de choc en biologie moléculaire) crée l'espèce : le rôle des protéines de choc thermique et des chaperons…</p>
<p><a href="https://www.medecinesciences.org/en/articles/medsci/full_html/2002/10/medsci20021812p1200/medsci20021812p1200.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.medecinesciences.org/en/articles/medsci/full_html/2002/10/medsci20021812p1200/medsci20021812p1200.html</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Prot%C3%A9ine_de_choc_thermique" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Prot%C3%A9ine_de_choc_thermique</a></p>
<p><a href="https://blog.icp-texinfine.com/hsp-proteines-choc-thermique/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://blog.icp-texinfine.com/hsp-proteines-choc-thermique/</a></p>
<p><a href="https://www.futura-sciences.com/sante/definitions/biologie-proteine-choc-thermique-16741/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.futura-sciences.com/sante/definitions/biologie-proteine-choc-thermique-16741/</a></p>
<p>Encore et à nouveau sur Hsp90 et les liens du développement et de l'évolution</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article8416" class="spip_url auto" rel="nofollow">https://www.matierevolution.org/spip.php?article8416</a></p>
<p>Des gènes homéotiques à l'apoptose, de l'architecte au sculpteur</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article6444" class="spip_url auto" rel="nofollow">https://www.matierevolution.org/spip.php?article6444</a></p>
<p>Comment naissent les nouvelles espèces vivantes ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article6227" class="spip_url auto" rel="nofollow">https://www.matierevolution.org/spip.php?article6227</a></p>
<p><a href="https://www.salamandre.org/article/comment-apparait-une-nouvelle-espece-dans-la-nature-%E2%80%89/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.salamandre.org/article/comment-apparait-une-nouvelle-espece-dans-la-nature-%E2%80%89/</a></p>
<p><a href="https://www.simplyscience.ch/fr/enfants/decouvre/comment-apparait-une-nouvelle-espece" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.simplyscience.ch/fr/enfants/decouvre/comment-apparait-une-nouvelle-espece</a></p>
<p>Le choc thermique crée la nouveauté dans le Vivant…</p>
<p><a href="https://www.pourlascience.fr/sd/biologie-moleculaire/les-chaperonnes-des-proteines-a-tout-faire-3649.php" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.pourlascience.fr/sd/biologie-moleculaire/les-chaperonnes-des-proteines-a-tout-faire-3649.php</a></p>
<p><a href="https://pepite-depot.univ-lille.fr/LIBRE/EDSMRE/2014/50376-2014-Sivery.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://pepite-depot.univ-lille.fr/LIBRE/EDSMRE/2014/50376-2014-Sivery.pdf</a></p>
<p>L'évolution du Vivant a un caractère dialectique</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5673" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5673</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2964" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2964</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5491" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5491</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4315" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4315</a></p>
<p>Le passage d'une espèce à une autre est une révolution et pas une évolution…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article50" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article50</a></p>
<p>La sélection naturelle des espèces, ou transformation darwinienne du vivant, est-elle évolutive, adaptative, prédictible, productrice de progrès, de complexification ou d'amélioration ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4002" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4002</a></p>
<p>La transformation macroévolutive des espèces est une révolution : l'apparition est issue d'une extinction, la destruction est constructrice, le nouveau n'est pas seulement une progression mais aussi une régression (il est construit à partir de l'ancien, jeune et non développé) et le changement est discontinu, non-linéaire et brutal. Un exemple vient d'en être donné : le passage brutal des dinosaures aux oiseaux.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3545" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3545</a></p>
<p>En cherchant des « chaînons manquants » nécessaires pour croire qu'il n'y avait pas eu révolution mais évolution, les scientifiques ont montré que la grdualité et la continuité n'existaient pas dans la transformation du Vivant.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4303" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4303</a></p>
<p>L'évolution des espèces se fait par sauts…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7307" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7307</a></p>
<p>L'être humain, lui aussi, s'est transformé sur le mode révolutionnaire…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3908" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3908</a></p>
<p>Mais peut-on vraiment dire que la matière connait des révolutions ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5637" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5637</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2849" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2849</a></p>
<p>Et la matière est aussi une histoire des révolutions…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article5012" class="spip_url auto" rel="nofollow">https://www.matierevolution.org/spip.php?article5012</a></p>
<p>L'histoire de la Terre et de la Vie, marqués par les phénomènes brutaux des volcans géants, les trapps et les grandes explosions volcaniques…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5400" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5400</a></p>
<p>La discontinuité de la vie : de la création d'espèces à la création de l'homme et à la création humaine et des civilisations</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article211" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article211</a></p>
<p>L'erreur de base de la compréhension du mécanisme de la vie comme de celui de la société est la philosophie non-dialectique, celle qui oppose de manière diamétrale le hasard et la nécessité, la vie et la mort, l'homme et l'animal, la conscience et son absence, le corps et l'esprit....</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2972" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2972</a></p>
<p>Le fonctionnement révolutionnaire du vivant</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article2343" class="spip_url auto" rel="nofollow">https://www.matierevolution.org/spip.php?article2343</a></p>
<p>Comment l'évolution des espèces peut faire des sauts ou les gènes homéotiques de plan d'organisation…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article6444" class="spip_url auto" rel="nofollow">https://www.matierevolution.org/spip.php?article6444</a></p>
<p>On a longtemps cru que la réalité physique était décrite par des objets, les molécules, les atomes ou les particules ou, pour le vivant, les cellules et les gènes. Il s'agissait de « choses », c'est-à-dire d'éléments fixes qui étaient caractérisés par des paramètres constants. On parlait de charge de l'électron, de masse de l'atome ou de trajectoire (vitesse et position) d'une particule. Tout cela a dû être abandonné devant les découvertes de la physique quantique et de l'épigénétique. Quelle image ressort finalement de ce grand chambardement ? Aucune dirons certains. A « Matière et révolution », ce n'est pas notre point de vue.</p>
<p>Il s'avère que les paramètres et les structures qui apparaissent doivent leur durabilité à une dynamique extraordinairement animée et fondée sur des chocs. Les attributs qui semblaient attachés à chaque corpuscule ne sont pas des propriétés appartenant en fixe à celui-ci. Tout corpuscule peut changer brutalement de nature et le fait sans cesse. Si on conserve un certain type de corpuscule dans une zone donnée, ce n'est pas dû à une conservation individuelle de chaque corpuscule. Le nombre d'un certain type de corpuscules peut même changer.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article26" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article26</a></p>
<p>L'auto-organisation ou le nouvel ordre spontanément issu du désordre…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article449" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article449</a></p>
<p>Le rôle de la violence dans la dynamique</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article24" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article24</a></p>
<p>Construction et déconstruction : la dialectique du vivant</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article624" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article624</a></p>
<p>L'être humain est dialectique dans tous les domaines et à tous les niveaux</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8452" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8452</a></p>
<p>Mobile et immobile, localisé et dispersé, à l'équilibre ou au non-équilibre, en conservation et en changement, quelles oppositions et quels liens ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6440" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6440</a></p>
<h2 class="spip">Conclusion :
<p>Le saut qualitatif est une loi de la dialectique générale et universelle, qu'il s'agisse de matière inerte ou vivante, de l'homme ou de la société…</p>
<p>Les structures apparemment stables qui travaillent à la conservation de l'ordre ne peuvent être déstabilisées et cassées que par un choc et c'est encore un cho qui construit de nouvelles structures.</p>
<p>Le débat réforme ou révolution est lui aussi dans cette question du gradualisme et du continuisme…</p>
</h2><h2 class="spip">Seul un choc peut changer le monde…</h2>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8434" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8434</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5216" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5216</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5033" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5033</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4595" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4595</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1619" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1619</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1987" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1987</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1987" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1987</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2475" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2475</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3979" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3979</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5127" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5127</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6616" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6616</a></p></div>
Éléments du matérialisme dialectique
https://www.matierevolution.org/spip.php?article8829
https://www.matierevolution.org/spip.php?article88292026-02-10T23:10:00Ztext/htmlfrRobert ParisDialectic - DialectiqueMatérialisme
<p>Éléments du matérialisme dialectique <br class='autobr' />
Le marxisme est la théorie scientifique du mouvement prolétarien révolutionnaire qui vise à renverser le système capitaliste dépassé et à ériger à sa place un nouvel ordre socialiste. Le matérialisme dialectique est le fondement philosophique du marxisme. <br class='autobr' />
La portée du matérialisme dialectique <br class='autobr' />
À maintes reprises dans l'histoire du mouvement ouvrier, les porte-parole capitalistes ont cherché à limiter les activités des travailleurs dans des limites (…)</p>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique15" rel="directory">Chapter 10 : Natural and social dialectic - Dialectique naturelle et sociale</a>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot60" rel="tag">Dialectic - Dialectique</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot281" rel="tag">Matérialisme</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Éléments du matérialisme dialectique</h2>
<p>Le marxisme est la théorie scientifique du mouvement prolétarien révolutionnaire qui vise à renverser le système capitaliste dépassé et à ériger à sa place un nouvel ordre socialiste. Le matérialisme dialectique est le fondement philosophique du marxisme.</p>
<p>La portée du matérialisme dialectique</p>
<p>À maintes reprises dans l'histoire du mouvement ouvrier, les porte-parole capitalistes ont cherché à limiter les activités des travailleurs dans des limites étroites. Il est conseillé aux travailleurs de limiter leurs activités à une usine ou une industrie particulière ou à l'intérieur des frontières d'un pays. Les organisations syndicales sont mises en garde contre l'entrée en politique et, une fois devenues une force indépendante dans la vie politique, elles sont mises en garde contre la prise du pouvoir d'État pour leur propre compte. Ces panneaux « Interdit d'entrer » sont installés dans un seul but : empêcher les travailleurs d'envahir ces quartiers privilégiés afin que les forces réactionnaires puissent jouir de leur possession incontestée.</p>
<p>Nous rencontrons un phénomène analogue dans la vie intellectuelle. Ici, les ennemis bourgeois purs et simples du marxisme s'efforcent d'enfermer la pensée socialiste révolutionnaire dans les limites les plus étroites : le domaine de l'esprit humain. Le marxisme, affirment-ils, est faux ; le matérialisme dialectique est une absurdité intellectuelle. Les réviseurs petits-bourgeois du marxisme, moins audacieux et moins cohérents dans leur opposition, cherchent à circonscrire son application d'une autre manière. Le marxisme, disent-ils, est à moitié vrai, ou n'est vrai que pour la moitié du monde. Elle s'applique aux phénomènes sociaux mais n'a aucun rapport avec les phénomènes purement physiques. La théorie du matérialisme dialectique est une relique de la religion ou de l'idéalisme hégélien. Les deux écoles de critique, bourgeoise et petite-bourgeoise, s'accordent pour exclure le matérialisme dialectique de la nature.</p>
<p>Le matérialisme dialectique n'admet pas de telles barrières dans son champ d'opérations. Il a un caractère universel. Il prend toute la réalité pour sa province. La dialectique matérialiste s'applique à tous les phénomènes depuis les nébuleuses les plus lointaines et les temps les plus reculés jusqu'aux sentiments les plus intimes et aux pensées les plus élevées de l'homme.</p>
<p>Tout comme le prolétariat révolutionnaire vise à conquérir la terre pour le socialisme, le matérialisme dialectique, qui est l'expression philosophique de ce mouvement, cherche à étendre son emprise sur tous les domaines du savoir, contestant le droit des idéologies rivales de les gouverner. Il s'agit d'une philosophie révolutionnaire militante, résolument critique, qui vise à remodeler le vieux monde de pensée aussi radicalement que le prolétariat révolutionnaire aspire à reconstruire l'ordre social existant.</p>
<p>L'unité du marxisme</p>
<p>Le marxisme doit repousser toute tentative visant à limiter la portée de son application car il s'agit d'une vision moniste de l'univers. Les philosophies dualistes et pluralistes divisent la réalité en catégories d'êtres radicalement différentes, absolument opposées les unes aux autres. L'esprit est opposé à la matière ; l'individu contre la société, la société contre la nature. Les théories basées sur la disjonction et l'opposition absolues des divers aspects de la réalité souffrent de contradictions incurables. La désunion inhérente à leurs conceptions du monde ne peut être surmontée.</p>
<p>Le matérialisme dialectique considère cependant la réalité comme un processus historique unique de développement matériel. Ce processus est unifié par sa constitution matérielle et ses connexions. En même temps, cet univers matériel s'est diversifié quantitativement et qualitativement au cours de son évolution, de sorte que les segments et aspects individuels peuvent être distingués et traités comme des unités distinctes. Mais aussi isolées qu'elles soient, ces subdivisions de l'existence continuent d'entretenir des relations essentielles entre elles et avec le processus historique dans son ensemble.</p>
<p>En conséquence, le matérialisme dialectique ne peut reconnaître aucun clivage absolu entre les parties composantes de l'univers. La nature, la société et l'esprit humain sont trois créations et constituants qualitativement différents mais organiquement liés d'un même processus historique. La nature est le produit principal de l'évolution matérielle ; la société s'est développée à partir de la nature et la conscience à partir de la société.</p>
<p>La théorie du matérialisme dialectique présente la même unité intérieure, les mêmes interconnexions organiques et le même caractère systématique que les diverses subdivisions de la réalité matérielle qu'elle représente dans la pensée. Ses idées sont issues d'une étude approfondie des processus et relations naturels, sociaux et intellectuels.</p>
<p>Les conceptions fondamentales du matérialisme dialectique ont en premier lieu été tirées de la nature, et non imposées arbitrairement, comme le prétendent des critiques malveillants. Ils ont été extraits de la nature selon les meilleures méthodes de pensée scientifique et modèles de pratique scientifique. Ces idées reflètent des processus, des forces et des relations qui existent réellement et opèrent dans la réalité objective avant d'avoir été formulées par la pensée dialectique, comme le radium est présent et actif dans le minerai de brai blende avant son extraction sous forme pure par fusion. Ces principes sont ensuite utilisés pour approfondir l'étude des phénomènes naturels et pour le bien-être humain, les rayons X étant utilisés à des fins expérimentales dans les laboratoires ou pour traiter certains types de maladies.</p>
<p>Bien qu'elle diffère du reste de la nature à d'importants égards, la société humaine est une partie intrinsèque du monde matériel, une extension et une progéniture de celui-ci. Le matérialisme historique résulte de l'application des lois du matérialisme dialectique à cette partie particulière de la réalité matérielle, la société humaine dans ses multiples processus de développement. C'est une forme particulière de la théorie plus générale, tout comme la société est une forme particulière d'existence matérielle.</p>
<p>Les mêmes lois générales qui régissent les innombrables modes de mouvement et de transformation dans la nature s'appliquent également à cette partie du monde matériel composée d'êtres humains associés que nous appelons la société. Mais la société humaine possède, outre les lois naturelles qu'elle partage avec d'autres formations matérielles, ses propres lois particulières de développement, qui ont dû être découvertes avant que l'humanité puisse acquérir une connaissance scientifique de la société. Dans la théorie et la méthode du matérialisme historique, Marx a donné pour la première fois au monde la clé de la compréhension des lois qui régissent l'évolution de la société.</p>
<p>De même que chaque phase de l'évolution de la nature, jusqu'à son produit le plus élevé, l'humanité associée, a ses propres lois spécifiques de développement, de même chaque étape de l'évolution de la société sur cette planète a eu son propre type d'organisation matérielle et ses lois spéciales. de développement. Le socialisme scientifique est le fruit de l'application du matérialisme historique au capitalisme et de sa transition vers l'étape supérieure suivante, l'organisation socialiste de la société. Chacune de ces trois divisions du système marxiste reflète une part particulière de la réalité dans son processus de réalisation historique. Le matérialisme dialectique couvre l'univers dans son ensemble, le matérialisme historique, la société humaine et le socialisme scientifique, la société humaine dans sa phase actuelle et prospective d'existence.</p>
<p>Ces trois parties de la théorie marxiste se déroulent l'une à partir de l'autre, le spécifique à partir du général, le concret à partir de l'abstrait. Ils sont si organiquement liés qu'ils ne peuvent pas vraiment être dissociés, bien qu'ils puissent être considérés séparément à des fins de réflexion.</p>
<p>Outre la nature et la société, la réalité possède une troisième dimension, la conscience humaine. La conscience naît dans l'espèce humaine au seuil de son émergence de l'état animal en tant qu'expression et expansion de la vie sociale. Les hommes ont commencé à concevoir des idées sur leurs activités et leur environnement en conjonction avec la production des moyens matériels de leur existence sociale. Chaque étape ultérieure du développement social a eu une organisation intellectuelle, des formes de conscience et des méthodes de pensée correspondant à ses pouvoirs productifs et à son niveau matériel. Plus le niveau de développement social est élevé, plus grande est la compréhension de la réalité puisque chaque étape successive du progrès de la connaissance humaine se fonde sur les acquisitions matérielles et intellectuelles de ses prédécesseurs.</p>
<p>En tant que système scientifique du mouvement socialiste, tendance la plus avancée du développement historique, le marxisme a atteint de nouveaux sommets dans la compréhension des processus intellectuels ainsi que naturels et sociaux. Elle a créé une théorie particulière sur la nature et les activités de la vie mentale, sa propre méthode de pensée, sa logique individuelle. La méthode de pensée marxiste est la dialectique matérialiste. La méthode dialectique de raisonnement sur la réalité matérielle est la forme la plus élevée de pensée consciente.</p>
<p>La cohérence de la théorie marxiste est enracinée dans l'unité matérielle du processus historique. Les lois générales du développement de ce processus constituent le contenu de la dialectique matérialiste. La dialectique matérialiste n'est pas seulement un instrument d'analyse de la pensée mais aussi d'exploration en profondeur des phénomènes sociaux et naturels. Jusqu'à présent, ses plus grandes réalisations ont été dans le domaine de la sociologie mais, correctement utilisée, la méthode matérialiste dialectique peut être d'une immense aide à la recherche scientifique dans tous les domaines de la connaissance.</p>
<p>La base matérialiste du marxisme</p>
<p>La pensée marxiste est avant tout matérialiste. Il conçoit l'univers dans toutes ses manifestations comme étant constitué de matière en mouvement. La matière ne doit pas être décrite comme inerte, sans caractère et plombée, comme elle est souvent présentée à tort par les opposants au matérialisme. Au contraire, la substance matérielle s'est avérée électriquement énergétique, infiniment plastique et, chez les êtres organiques, elle peut même devenir sensible, vivante et intelligente.</p>
<p>La matière, au cours de son développement, a revêtu les formes les plus diverses. Un rayon lumineux et un pou, un rêve et un système solaire sont autant de manifestations de l'existence matérielle. Les modes de mouvement matériel sont aussi infiniment variés que ses formations réelles et potentielles. Le réseau de pulsations électroniques dans le monde subatomique, la course des planètes à travers l'espace, les migrations d'animaux, les activités de la société et les circuits complexes du système nerveux et du cerveau humain sont autant de combinaisons de mouvements matériels dans un sens inférieur ou supérieur. degré de développement.</p>
<p>Les propriétés de la matière sont illimitées et de nouvelles apparaissent constamment. L'électromagnétisme, qui est aujourd'hui considéré comme la forme fondamentale de l'énergie matérielle et qui devient rapidement la principale force motrice de la technologie moderne, n'a été découvert, étudié et mis en pratique qu'au cours du siècle dernier. De nombreux modes de son activité restent obscurs ou inconnus. Quels autres pouvoirs et propriétés la réalité matérielle détient en elle-même, cachés à notre perception, nous ne pouvons même pas le deviner.</p>
<p>Le monde physique existait avant l'apparition de l'humanité ou de tout être vivant sur cette terre. Il se maintient indépendamment de l'existence, de la perception ou de la pensée de l'homme. Ni Dieu ni l'humanité n'ont créé le monde ; le monde a donné naissance à l'homme et l'homme a créé l'idée de Dieu.</p>
<p>La théorie matérialiste de la connaissance</p>
<p>Si, comme le prétend le matérialisme, tout dans l'univers est constitué de matière en mouvement, alors l'esprit humain doit également être un phénomène matériel. Le matérialisme dialectique ne recule pas devant cette conclusion mais l'adhère sans réserve. En accord avec la pratique de la science moderne, elle considère l'esprit comme une excroissance naturelle et le produit le plus élevé de l'évolution universelle.</p>
<p>Les différentes sciences, de l'astronomie à la psychologie sociale, étudient les principaux maillons de la chaîne du développement matériel qui a abouti à l'émergence de l'intelligence humaine. Outre les preuves abondantes de la recherche scientifique, les origines matérielles des pouvoirs psychiques peuvent être observées dans la croissance de chaque être humain, depuis un spermatozoïde complètement absorbé dans l'utérus maternel jusqu'à une existence indépendante et un contrôle intelligent de ses activités corporelles. Le cycle de vie de l'individu reproduit dans une version condensée l'évolution historique de l'espèce.</p>
<p>Si l'intelligence collective de l'humanité s'est développée à partir de la nature et de la société, l'esprit de l'individu n'existe et ne peut exister qu'en fonction de son cerveau et de son corps. La croissance progressive de l'intelligence, les effets du manque de nourriture, des stupéfiants ou d'un coup dur à la tête porté sur sa propre conscience, la disparition de l'intelligence à la mort témoignent de la dépendance de l'esprit à l'égard de ses bases matérielles.</p>
<p>Le fonctionnement mental est un processus organique tout à fait naturel. Les opérations de l'esprit humain, se souvenir, rêver, apprendre, raisonner, parler, etc., ont le même caractère matériel que les fonctions de l'appareil digestif comme avaler, mâcher, digérer et excréter. De nombreuses écoles de pensée font de l'esprit un mystère, le traitant comme un pouvoir surnaturel. Bien que les activités du processus de pensée aient leurs caractéristiques particulières et leurs lois particulières qui ne peuvent être découvertes que par une analyse directe, elles ne sont pas en elles-mêmes plus énigmatiques que d'autres types de comportement organique. Les êtres humains pensent aussi spontanément qu'ils travaillent, mangent et se reproduisent. Grâce au cerveau et au système nerveux, l'esprit est connecté au corps, le corps à la société et la société au reste de la nature. Ces sphères d'existence fournissent à l'esprit les matériaux et les motifs de ses activités, tout comme elles fournissent à l'estomac la nourriture nécessaire à son assimilation. Tout esprit humain reste en permanence ancré à ces fondements matériels. Les spéculations de pensée les plus extravagantes, les rêves les plus fous, les idées les plus raffinées ne peuvent transcender les frontières de la suggestion matérielle ni trouver de sources de matière pour leurs productions en dehors de celles fournies par les formes et les forces matérielles qui entourent l'homme de tous côtés. La nature est la mère de toutes choses et de toutes les idées, et c'est à elle qu'elles finissent par revenir.</p>
<p>De ce point de vue matérialiste, il n'est pas difficile de résoudre le problème qui a contrarié tant de penseurs et conduit à de nombreuses idées fausses et fantaisistes : « Comment pouvons-nous connaître le monde qui nous entoure ? » Le matérialiste répond immédiatement au philosophe sceptique qui doute de notre capacité à connaître le monde extérieur : « Pourquoi ne pourrions-nous pas le connaître ? » Nous sommes sortis du ventre de ce monde ; nous sommes faits de la même étoffe ; nous en faisons partie tout au long de la vie ; et s'y dissoudre à la mort. Est-il plus extraordinaire que l'esprit humain reflète le monde qui l'entoure que la mer reflète le ciel ? Si un corps peut se déplacer dans l'espace, pourquoi l'esprit ne peut-il pas pénétrer activement la réalité ? Si la main humaine peut saisir des objets et que les outils fabriqués par l'homme peuvent les remodeler, pourquoi l'esprit humain ne peut-il pas également saisir et remodeler les objets ?</p>
<p>En fait, l'activité mentale transforme les sensations physiques en idées et en systèmes de pensée particuliers, tout comme le travail physique transforme la canne à sucre en sucre pur. L'esprit, une sorte d'énergie organique, absorbe et modifie ses matériaux comme tout autre agent naturel en quelque chose portant sa propre empreinte et caractéristique de son propre mode de production.</p>
<p>Bien entendu, la réflexion humaine, la pénétration intellectuelle et la conception philosophique sont des modes de fonctionnement organique bien plus complexes et hautement développés que les processus naturels et sociaux plus simples cités ci-dessus. Mais pour le matérialiste, pour le penseur scientifique, il n'existe pas de barrières infranchissables entre ces diverses catégories de phénomènes. Tous illustrent la capacité d'une partie et d'un processus de la nature à réagir et à agir sur une autre, à la représenter et à la transformer, à la séparer, à la recombiner et à exprimer ses qualités essentielles.</p>
<p>La deuxième énigme avancée par les sceptiques : « Comment l'esprit peut-il connaître la vérité sur le monde extérieur ? » peut être résolue de la même manière. Les gens n'ont pas commencé à raisonner et ne continuent pas à raisonner pour le pur plaisir de penser. Les hommes pensent à des fins pratiques, afin d'agir correctement et d'atteindre leurs objectifs. Les capacités intellectuelles de l'homme ; les idées et les philosophies se sont développées parallèlement et à partir de la lutte sociale de l'homme contre la nature et de sa maîtrise croissante sur celle-ci. Si leur pensée ne représentait pas plus ou moins correctement la réalité objective, si elle ne les aidait pas à fonctionner plus efficacement, si elle ne forçait pas la nature à servir les fins de l'homme et ainsi à satisfaire ses besoins vitaux, les hommes auraient depuis longtemps cessé de pour cultiver leurs pouvoirs mentaux. Ceux-ci auraient dépéri ou diminué en importance comme l'appendice caudal ou l'odorat.</p>
<p>Le test de la capacité de l'homme à connaître véritablement le monde extérieur se trouve dans la pratique. Malgré les revers et la stagnation, la compréhension intellectuelle du monde de l'homme n'a cessé de croître, parallèlement à sa maîtrise pratique de la nature. Chaque amélioration de la situation matérielle et des capacités de production de l'homme s'est accompagnée d'un progrès de ses capacités mentales. Puisque nous ne voyons aucune limite insurmontable aux capacités productives matérielles de la société, nous ne pouvons imposer aucune limite au progrès des capacités intellectuelles de l'humanité.</p>
<p>Il existe une illustration intéressante de ce fait dans Anti-Duehring. Engels y exprime des doutes quant à la possibilité d'explorer et de connaître directement le monde subatomique grâce à l'interférence des rayons lumineux. Récemment, cependant, des scientifiques ont mis au point un microscope électronique qui évite les interférences des rayons lumineux et permet aux physiciens de pénétrer beaucoup plus profondément dans la constitution de la matière qu'on ne l'aurait cru possible il y a seulement quelques années.</p>
<p>Matérialisme contre idéalisme</p>
<p>La question des relations entre l'esprit et la matière a divisé les philosophes en deux grandes écoles de pensée. Les matérialistes considèrent la matière comme la réalité primaire, considérant la sensation, la conscience et le raisonnement comme des qualités secondaires et dérivées. Les idéalistes ont une conception totalement différente de leurs relations mutuelles. Si l'on admet qu'elle existe, la matière est considérée comme une forme d'existence inférieure et dégradée, dérivée et dépendante de l'esprit, ou de Dieu, l'auteur de l'esprit.</p>
<p>La théorie matérialiste de la connaissance et de la nature de l'esprit entre en conflit avec la vision idéaliste sur tous les points importants. Là où le matérialiste affirme que l'esprit est un produit de l'évolution naturelle, l'idéaliste affirme ou laisse entendre qu'il possède une sorte de pouvoir surnaturel. Ce pouvoir, selon l'idéaliste Platon, émanait de l'accès de l'esprit à un domaine d'idées éternelles préexistantes ; selon la philosophie chrétienne, elle provient de sources divines.</p>
<p>Le matérialiste considère les opérations mentales comme des fonctions et des formes de comportement organique. L'idéalisme sépare la raison du reste de l'activité humaine et lui confère un statut unique et des pouvoirs catégoriquement différents. Grâce aux mystérieux pouvoirs transcendantaux de l'intuition ou de la révélation, l'idéalisme déclare que l'esprit a un aperçu de domaines particuliers de l'être, en dehors du monde matériel grossier et inaccessible aux gens ordinaires. Cela prend sa forme la plus grossière dans la croyance en la communication avec les âmes des mortels défunts ou avec les fantômes. Il prend une forme religieuse dans la croyance que des individus supérieurs ou des membres favorisés de sectes religieuses, prophètes, mystiques, saints, prêtres et papes, peuvent communiquer avec Dieu.</p>
<p>Là où l'idéalisme doute ou nie la capacité de l'homme à connaître le monde extérieur ou à en connaître les caractéristiques les plus intimes, le matérialisme s'en tient à la conviction inébranlable, confirmée par le progrès intellectuel de l'humanité, par la connaissance scientifique et par l'expérience quotidienne, que le monde autour de nous est soumis à une pénétration et une compréhension intellectuelles dans une mesure toujours croissante. Là où l'idéalisme limite la connaissance de l'homme, le matérialisme voit la voie libre pour son progrès. Aussi imparfaites, partielles et approximatives que soient nécessairement nos idées sur la réalité à un moment donné, le matérialisme, contrairement aux théories religieuses ou idéalistes de la connaissance, refuse de s'idolâtrer et de se prosterner devant l'ignorance actuelle de l'homme. Notre connaissance de la nature, de la société et de nous-mêmes s'est absolument accrue sous nos yeux. Loin d'être proche de la fin de ses acquisitions et de ses capacités intellectuelles, l'humanité n'en est aujourd'hui qu'au début.</p>
<p>On a souvent objecté que, puisque l'esprit conçoit beaucoup de choses qui ne se trouvent pas dans la réalité, l'esprit doit être essentiellement différent du reste de la réalité. Une fausse conclusion a été tirée ici d'un fait exact. Le fait qu'une partie de la réalité matérielle, l'esprit, possède des propriétés et des produits qu'on ne trouve pas ailleurs n'est pas propre à l'esprit. C'est une caractéristique universelle de la réalité. Tout comme il y a beaucoup de choses dans l'esprit qui ne peuvent pas être et ne seront jamais présentes dans d'autres parties de la nature, de même il y a beaucoup de choses dans le reste de la nature qui n'ont pas encore et ne seront jamais possédées par l'esprit. L'imagination de l'humanité est encore dépassée par son ignorance.</p>
<p>George Novack</p>
<p><a href="https://www-marxists-org.translate.goog/archive/novack/works/1940/aug/x01.htm?_x_tr_sl=auto&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www-marxists-org.translate.goog/archive/novack/works/1940/aug/x01.htm?_x_tr_sl=auto&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr</a></p>
<p>George Novack</p>
<p>Le développement idéologique de tout mouvement social a suivi le cours déterminé par les conditions matérielles de son existence. L'évolution de la pensée scientifique sous les auspices prolétariens a été à l'opposé de celle sous les auspices bourgeois. Cette différence de développement est née des différentes nécessités sociales auxquelles les deux classes révolutionnaires ont été confrontées au début de leur carrière.</p>
<p>La ligne principale de la pensée bourgeoise s'est étendue des sciences naturelles aux sciences sociales. Les premiers philosophes bourgeois se préoccupaient avant tout de promouvoir la connaissance de la nature par l'homme après le long sommeil du Moyen Âge. Ils n'avaient aucun intérêt à réformer la société selon des principes bourgeois. Ils ont conçu de nouvelles méthodes intellectuelles pour accroître le pouvoir de l'homme sur la nature plutôt que pour diminuer le pouvoir de l'homme sur l'homme.</p>
<p>Lord Bacon, l'ancêtre de l'empirisme anglais, a délibérément tourné le dos aux controverses religieuses, dans lesquelles se sont alors manifestées pour la première fois de grandes luttes politiques, pour enquêter sur le fonctionnement de la nature. Descartes, fondateur du rationalisme moderne, opposait à la stérile philosophie « spéculative » des scolastiques sa propre « philosophie pratique », qui ferait de l'homme « maître et possesseur de la nature » et lui permettrait de « jouir sans peine des fruits de la nature ». la terre et tout son confort. Newton a donné une forme classique à la physique un siècle et demi avant que Ricardo n'effectue la même tâche pour l'économie bourgeoise.</p>
<p>Causes matérielles de l'évolution intellectuelle</p>
<p>Cet ordre de développement n'était pas accidentel. La tâche principale de la bourgeoisie à cette époque était d'augmenter les forces productives, augmentant ainsi sa propre richesse et son pouvoir. La pensée scientifique du mouvement prolétarien, en revanche, a progressé des sciences sociales vers les sciences naturelles. Cela non plus n'était pas sans raison suffisante. La tâche urgente du prolétariat sous domination capitaliste consistait moins à accroître les forces productives de la société, comme la bourgeoisie était obligée de le faire sous le régime féodal, qu'à libérer les forces productives déjà très développées de la main morte de la propriété et du contrôle capitalistes.</p>
<p>Ceci explique pourquoi le marxisme, la méthode scientifique du mouvement prolétarien révolutionnaire, a concentré son attention, dans la première phase de son activité, sur la solution des problèmes historiques, sociaux et économiques. La nécessité pratique exigeait que les problèmes théoriques les plus urgents dans le domaine des phénomènes sociaux soient résolus en premier. Bien que la théorie du matérialisme dialectique soit essentiellement un système de pensée universel, englobant à la fois la nature et la société, son application détaillée aux problèmes théoriques des sciences naturelles a dû être reportée à un examen ultérieur.</p>
<p>Marx, Engels et les sciences naturelles</p>
<p>Les créateurs du matérialisme dialectique étaient parfaitement conscients des lacunes de leur travail théorique. Marx espérait écrire un manuel de dialectique après avoir achevé Le Capital . Dans les dernières années de sa vie, Engels a réalisé une étude approfondie des mathématiques et des sciences naturelles en reconstruisant leurs fondements théoriques à l'aide de la dialectique matérialiste, tout comme lui et Marx avaient auparavant révolutionné les sciences sociales.</p>
<p>« Marx et moi », écrivait-il dans la deuxième préface d' Anti-Duehring , « étions à peu près les seuls à avoir sauvé la dialectique consciente de la philosophie idéaliste allemande et à l'appliquer dans la conception matérialiste de la nature et de l'histoire. Mais la connaissance des mathématiques et des sciences naturelles est essentielle à une conception de la nature à la fois dialectique et matérialiste. Marx connaissait bien les mathématiques, mais nous ne parvenions que partiellement, par intermittence et sporadiquement, à suivre le rythme des sciences naturelles. C'est pourquoi, lorsque j'ai pris ma retraite des affaires et que j'ai transféré ma maison à Londres, me permettant ainsi d'y consacrer le temps nécessaire, j'ai subi une « mue » aussi complète que possible, comme l'appelle Liebig, en mathématiques et en sciences naturelles. , et j'y ai passé la majeure partie de huit ans.</p>
<p>L'Anti-Dühring fut le premier fruit de ce travail ; Dialectique de la nature la dernière. Si l'Anti-Duehring reste le meilleur exposé de la philosophie du matérialisme dialectique, la Dialectique de la nature , malgré son caractère fragmentaire, doit désormais être lue comme son complément indispensable. Engels n'a pas pu terminer ce travail en raison du travail énorme qu'exigeait l'édition et la publication du Capital (voici une preuve directe de l'interférence des sciences sociales dans le progrès des sciences naturelles !) et d'autres tâches liées au mouvement révolutionnaire. Le présent volume se compose de six chapitres plus ou moins complétés ainsi que d'une liasse de notes isolées et d'articles séparés.</p>
<p>Bien qu'il ait fallu plus de soixante ans pour que le manuscrit d'Engels paraisse en anglais, il arrive à un moment opportun. Voici un moyen supplémentaire d'éduquer les étudiants qui ont ressenti le besoin d'approfondir les bases théoriques du marxisme et de répondre aux critiques qui ont demandé de savoir comment les doctrines et les méthodes du matérialisme dialectique peuvent être appliquées aux problèmes des sciences naturelles. . Sans aucun doute, la nouvelle école des révisionnistes petits-bourgeois, dont le mépris pour la théorie marxiste n'est surpassé que par son ignorance de celle-ci, n'attachera guère plus de valeur positive à ces écrits que ne l'avait fait son prédécesseur, Edward Bernstein, qui a conservé le manuscrit pendant plusieurs décennies après la mort d'Engels sans voir la nécessité de la publier. Mais tout étudiant sérieux de la pensée marxiste se réjouira que ces clés de compréhension de la dialectique matérialiste soient enfin devenues accessibles.</p>
<p>Ce qu'Engels cherche à démontrer</p>
<p>Dans la Dialectique de la nature, Engels visait à démontrer que les processus naturels obéissent aux mêmes lois générales du mouvement que les processus sociaux et intellectuels. Comme il l'écrit dans Anti-Duehring , Engels a étudié les mathématiques et les sciences naturelles pour se convaincre « que, parmi le fouillis des innombrables changements qui se produisent dans la nature, les mêmes lois dialectiques sont à l'œuvre que celles qui, dans l'histoire, régissent l'apparente fortuite des événements ; les mêmes lois que celles qui, de la même manière, forment le fil conducteur de l'histoire du développement de la pensée humaine et qui s'élèvent progressivement vers la conscience dans l'esprit de l'homme… » et qui ont été formulées pour la première fois par Hegel sous une forme mystique avant que Marx et Engels ne les refaçonnent. dans la dialectique matérialiste.</p>
<p>Dans l' introduction , Engels présente une revue critique du développement des sciences naturelles du point de vue théorique. Il explique comment et pourquoi cette première période de la renaissance de la connaissance naturelle a été dominée par le point de vue de l'immuabilité absolue de la nature. Les étoiles fixes et notre propre système solaire, la terre, sa faune et sa flore étaient considérées comme éternellement identiques. Dans un tel schéma de choses, l'idée d'une évolution universelle n'avait pas sa place.</p>
<p>Cette vision, qui a prévalu dans toutes les branches des sciences naturelles jusqu'au début du XIXe siècle, a commencé à être minée d'une science à l'autre par le développement interne des sciences elles-mêmes. En astronomie, par l'hypothèse de Kant-Laplace de l'évolution du système solaire à partir d'une nébuleuse ; en géologie, par la conception de Lyell des transformations successives de la surface terrestre ; en physique, par la formulation de la théorie mécanique de la chaleur et par la loi de la conservation de l'énergie ; en chimie, par la découverte par Mendeleyeff de la disposition périodique des éléments ; et en biologie par la théorie de Darwin sur l'origine des espèces. Cette série de découvertes a donné naissance à une nouvelle conception scientifique de la nature, la théorie de l'évolution universelle, « l'idée selon laquelle la nature tout entière, du plus petit élément au plus grand, des grains de sable aux soleils, des protistes aux hommes, a son existence dans une création et une disparition éternelles, dans un flux incessant, dans un mouvement et un changement incessants.</p>
<p>Les conséquences de ces développements révolutionnaires dans les différentes sciences, qui ont brisé l'ancienne image d'une nature immuable, ont mis du temps à se réaliser dans la pensée consciente des naturalistes individuels et dans la théorie scientifique géniale. Les scientifiques en exercice, qui acceptaient les résultats et poursuivaient les méthodes du point de vue évolutionniste dans leur domaine d'activité spécial, s'accrochaient aux anciennes façons de penser métaphysiques dans d'autres domaines de pensée et dans leurs conceptions générales.</p>
<p>La théorie dialectique de l'évolution</p>
<p>Pendant ce temps, le stade nouveau et plus élevé de la connaissance naturelle exigeait un système théorique et une méthode de pensée qui lui étaient propres. L'ancien système mécanique de la nature, avec ses lois et ses éléments immuables et son mode de pensée métaphysique fonctionnant avec des catégories inflexibles et exclusives, ne suffisait plus.</p>
<p>C'est un philosophe plutôt qu'un scientifique qui a fourni aux sciences naturelles les moyens intellectuels nécessaires pour s'émanciper de l'ancienne vision et pour en construire une nouvelle. Tout comme Descartes avait esquissé le système mécanique de la nature, Hegel a formulé la première conception systématique de l'ensemble du monde naturel, social et spirituel comme un processus continu de développement.</p>
<p>Dans sa logique dialectique, Hegel a tenté de donner une forme rationnelle et de développer une méthode rationnelle à partir des processus multiformes et contradictoires de l'évolution. Les lois de sa dialectique ne sont rien d'autre que les lois les plus générales du mouvement et du changement dans la nature, la société et la pensée humaine. Ces lois ont été conçues à l'origine par Hegel de façon idéaliste comme de simples lois de la pensée. Mais, comme Marx et Engels l'ont démontré par la suite dans leur version matérialiste de la logique dialectique, les lois dialectiques sont des formulations conceptuelles de réalités matérielles objectives.</p>
<p>Trois lois de la dialectique</p>
<p>Engels discute trois lois principales de la dialectique : la loi de la transformation de la quantité en qualité, et vice versa ; la loi de l'interpénétration des contraires ; et la loi de la négation de la négation. Il prend les résultats expérimentaux des sciences individuelles, les passe au crible et les synthétise, pour montrer que ces lois dialectiques sont en réalité des lois du développement de la nature et sont donc valables pour les sciences naturelles théoriques.</p>
<p>La première loi signifie que « dans la nature, d'une manière exactement fixée pour chaque cas individuel, des changements qualitatifs ne peuvent se produire que par l'addition ou la soustraction quantitative de matière ou de mouvement (ce qu'on appelle l'énergie) ». Dans le deuxième chapitre, Engels indique précisément comment cette loi fonctionne à l'aide de nombreux exemples tirés des sciences exactes de la mécanique, de la physique et de la chimie, où des variations quantitatives précisément mesurables et traçables sont directement liées à la production de différences qualitatives. En physique, on a constaté depuis qu'il existe une série continue de rayons depuis les rayons radio jusqu'aux rayons cosmiques dans lesquels les variations quantitatives de longueur d'onde se manifestent par des différences qualitatives déterminables. Cette même loi est également clairement observable en chimie où les propriétés des corps sont modifiées en concordance avec leur composition quantitative modifiée. Engels cite les formes allotropiques des éléments, les composés d'oxyde d'azote, les séries homologues de composés carbonés et la disposition périodique des éléments en fonction de leur poids atomique ; les chimistes modernes pourraient ajouter bien d'autres exemples.</p>
<p>La deuxième loi de la dialectique affirme que toute chose a un caractère contradictoire, contenant en elle son propre contraire. L'essence bipolaire de toutes choses se manifeste par le changement, qui est un processus d' altération ou de transformation de quelque chose de son état original à travers une série de variations intermédiaires vers son opposé. Engels présente cette loi de l'interpénétration des contraires dans le troisième chapitre où il étudie le plus important des problèmes scientifiques, les formes fondamentales du mouvement.</p>
<p>La nature du mouvement</p>
<p>Toute connaissance naturelle est basée sur l'étude des mouvements matériels d'une sorte ou d'une autre. Une conception correcte du mouvement est donc absolument indispensable aux sciences naturelles. Qu'est-ce que le mouvement ? Le mouvement, dit Engels, est une combinaison contradictoire d'attraction et de répulsion. Toutes les différentes formes de mouvement naissent de l'interaction entre ces deux phases opposées de son être. Partout et à chaque fois qu'un mouvement se produit dans la nature, ces pôles opposés se retrouveront inséparablement unis. Cette définition dialectique du mouvement contient déjà implicitement la loi physique découverte empiriquement de la conservation de l'énergie. Car si chaque attraction individuelle est compensée par une répulsion correspondante ailleurs, alors la somme de toutes les attractions de l'univers doit être égale à la somme de toutes les répulsions.</p>
<p>Le mouvement consiste en l'unité concrète de l'attraction et de la répulsion. Grâce à leur interaction les uns avec les autres et leur transmutation les uns dans les autres, les divers modes de mouvement dans la nature sont produits. L'interaction universelle de l'attraction et de la répulsion peut être vue dans le type de mouvement le plus simple, le mouvement mécanique, qui consiste en un changement de place de la part d'un corps quelconque. Le mouvement étant toujours relatif, le changement de lieu nécessite l'interaction d'au moins deux corps pour se manifester. Lorsque deux corps agissent l'un sur l'autre de telle sorte qu'il en résulte un changement de place de l'un ou des deux, ce changement de place ne peut consister qu'en un rapprochement ou une séparation. Mais le mouvement d'un corps vers un autre implique le dépassement de la répulsion qui les sépare, et vice-versa. De plus, l'attraction d'un corps vers un autre implique sa répulsion par rapport à un troisième corps. Ainsi tout changement de lieu entraîne nécessairement l'action réciproque d'attraction et de répulsion et leur remplacement l'un par l'autre.</p>
<p>Les mouvements mécaniques des masses à la surface de la Terre peuvent être résolus en force centripète de gravitation et en forces centrifuges antagonistes. La même interpénétration d'attraction et de répulsion se manifeste dans les mouvements mutuels des corps célestes, comme dans l'équilibre dynamique maintenu entre la terre et le soleil. Si la Terre n'était pas liée au soleil par attraction, elle quitterait le système solaire et s'envolerait dans l'espace. Si le soleil, au contraire, n'exerçait pas une répulsion constante sous forme d'énergie rayonnante sur la terre et ne la maintenait pas à distance, cette planète serait depuis longtemps tombée dans sa masse enflammée et aurait été absorbée.</p>
<p>Chaque mode de mouvement dans la nature, du plus bas au plus élevé, du simple mouvement mécanique au comportement organique complexe, embrasse et découle de l'action et de la réaction simultanées d'attraction et de répulsion. Le mouvement n'est en fait rien d'autre que l'expression la plus générale de la série multiple de formes dans lesquelles se manifestent ces pôles opposés.</p>
<p>La définition dialectique du mouvement</p>
<p>Engels utilise cette définition dialectique, bilatérale et complète du mouvement pour critiquer et corriger les conceptions unilatérales de la nature du mouvement qui prévalent dans la physique newtonienne. Les Newtoniens ont commis une erreur en faisant de l'attraction, ou gravitation, la forme fondamentale du mouvement dans la nature. Ils méconnaissaient ainsi le rôle tout aussi important de son contraire, la répulsion, négligeant notamment les transformations d'une phase du mouvement en l'autre. Engels entreprend une analyse des concepts de force, d'énergie et de travail dans les écrits de Helmholtz, le grand physicien allemand du XIXe siècle, pour démontrer comment cette négligence du caractère essentiellement bipolaire du mouvement a introduit la confusion et perpétué les erreurs dans la théorie physique.</p>
<p>Depuis qu'Engels a écrit, le fait que le mouvement englobe à la fois l'attraction et la répulsion a été vérifié de manière frappante par la théorie électronique de la matière, la théorie physique de la relativité et, comme le souligne Haldane, par les développements récents de la théorie astronomique des nébuleuses spirales. Dans les principes de la nouvelle « mécanique ondulatoire », la loi dialectique de l'interpénétration des contraires vient de remporter une grande victoire sur les anciennes conceptions mécaniques.</p>
<p>Ce triomphe est d'autant plus définitif que les physiciens eux-mêmes ont résisté si longtemps et consciemment. Lorsqu'ils découvrirent pour la première fois que les phénomènes électroniques présentaient à la fois les propriétés des ondes et des particules, ils furent profondément perplexes face à cette contradiction, qui ne pouvait être conciliée ni expliquée par les catégories divisées de la théorie mécanique. La théorie subatomique est dans l'impasse. Après mûre réflexion, les physiciens les plus audacieux ont enfin conclu que dans le monde subatomique, les ondes et les particules ne peuvent plus être considérées comme des opposés absolus ; qu'ils peuvent être réunis en une seule entité ; qu'ils peuvent posséder les mêmes propriétés ; et que, sous certaines conditions, ils peuvent se transformer l'un dans l'autre.</p>
<p>La négation de la négation</p>
<p>La loi de la négation de la négation, que Hegel a utilisée comme loi fondamentale pour la construction de tout son système de pensée, a un domaine d'application bien plus large dans le système naturel. Cette loi exprime réellement la forme fondamentale du développement de la nature.</p>
<p>Les forces opposées à l'œuvre dans chaque chose entraînent des changements constants dans sa constitution. Ces changements s'accumulent en quantité jusqu'à ce que, à un certain stade déterminé du processus de développement, une transformation qualitative distincte ou un saut se produise. La chose perd son identité originelle et passe dans son contraire.</p>
<p>Mais le processus évolutif ne s'arrête pas à la simple négation. La nouvelle forme d'existence matérielle n'est pas moins contradictoire que l'ancienne et est sujette à la même inquiétude intérieure. La première négation subit à son tour une auto-différenciation et une division jusqu'à ce qu'elle passe elle aussi dans son propre contraire et soit ainsi niée. Le résultat final de ce processus s'appelle la négation de la négation, une unité synthétique qui a écarté les formes transitionnelles mais a conservé en elle le contenu essentiel des deux côtés de l'ensemble contradictoire.</p>
<p>Toutes les transformations du mouvement matériel étudiées par les sciences naturelles illustrent le fonctionnement de cette loi de la négation de la négation dans la réalité physique. Engels utilise la loi pour clarifier les interconnexions entre le mouvement mécanique et moléculaire, ou la chaleur.</p>
<p>Mécanique en mouvement moléculaire</p>
<p>Toutes les formes de mouvement sont générées, comme nous l'avons dit, par le jeu de l'attraction et de la répulsion et par leur conversion l'une dans l'autre. Mais dans chaque mode spécifique de mouvement, l'un ou l'autre extrême prédomine. Le mouvement mécanique pur est essentiellement une forme d'attraction. Bien que la répulsion soit nécessairement présente dans tous les cas de mouvement mécanique, elle existe dans un état négatif ou passif. Le rôle actif est joué par l'attraction.</p>
<p>En tant que forme d'attraction, le mouvement mécanique est la négation de la répulsion. Mais il contient en lui la possibilité de se transformer en son contraire. Ce développement dialectique se produit en réalité dans la nature par le contact ou la collision d'un corps avec un autre. Dans le frottement ou l'impact qui en résulte, une partie du mouvement mécanique pur des masses est détruite et réapparaît sous forme de mouvement moléculaire interne, ou chaleur. La chaleur produite par le freinage est un exemple quotidien de ce phénomène.</p>
<p>Mais la chaleur, qui agite et sépare les molécules des corps solides, est une forme de répulsion. Dans le cas de la chaleur, la répulsion apparaît comme le côté actif, et l'attraction recule dans le côté passif du processus matériel. La conversion du mouvement mécanique en chaleur est donc une négation de la négation, un retour du mouvement matériel à l'état originel de répulsion, mais à un niveau de développement supérieur.</p>
<p>Dialectique de la découverte scientifique</p>
<p>La loi de la négation de la négation se manifeste non seulement dans le processus physique de conversion du mouvement mécanique en chaleur, mais aussi dans l'histoire de sa découverte. Il y a bien longtemps, l'humanité a converti le mouvement mécanique en chaleur, d'abord par l'acte instinctif de frotter le corps avec les mains pour le garder au chaud, puis en allumant le feu à partir de la friction. Mais cette négation de la forme positive originelle du mouvement mécanique n'était que la première étape dans la dialectique du processus. Pour achever ce développement, l'humanité a dû inverser le processus et convertir la chaleur en mouvement mécanique.</p>
<p>Cette deuxième étape, la négation de la négation, n'a été réalisée qu'après plusieurs milliers d'années grâce à l'invention de la machine à vapeur, qui est un appareil permettant de convertir la chaleur en un mouvement mécanique utilisable. Dans ce cas, la pratique humaine historique dans le domaine de la technologie fournit la preuve de la loi logique de la négation de la négation.</p>
<p>Voilà aussi la preuve que « la dialectique du cerveau n'est que le reflet de la forme du mouvement du monde réel, tant dans la nature que dans l'histoire ». La loi de la négation de la négation n'aurait pas pénétré la pensée consciente si elle n'avait pas déjà été à l'œuvre dans les processus physiques et dans la vie sociale.</p>
<p>Mécanique contre dialectique</p>
<p>Pourtant, comme le souligne Engels, même après que le problème de la conversion du mouvement mécanique en chaleur et de la chaleur en mouvement mécanique ait été résolu dans la pratique humaine, les naturalistes n'ont pas réussi à formuler ce fait d'une manière théorique tout à fait correcte ou complète. Au début, ils considéraient la chaleur, comme l'électricité, comme un type particulier de substance impondérable plutôt que comme un mode de mouvement matériel. Puis, lorsqu'ils reconnurent la chaleur comme mode de mouvement, tant dans la loi restreinte de l'équivalent mécanique de la chaleur que dans la loi générale de la conservation de l'énergie, ils exprimèrent les relations entre ces deux modes de mouvement exclusivement à partir de l'une. point de vue bilatéral de la quantité.</p>
<p>Mais les mouvements mécaniques et moléculaires ne sont pas seulement liés quantitativement mais qualitativement. Ce sont des formes différentes du même mouvement matériel. Le matérialisme dialectique montre sa supériorité sur le point de vue mécanique car, en plus de comprendre l'identité quantitative entre les deux formes de mouvement, formulée par la loi de l'équivalence quantitative du mouvement à travers tous ses changements de forme, il explique aussi leur diversité qualitative et la manière de leurs métamorphoses mutuelles.</p>
<p>Le matérialisme dialectique a une conception différente de la tâche principale des sciences naturelles que celle des représentants de l'école mécanique dont les idées ont prévalu dans la pensée des sciences naturelles depuis Descartes et Newton. Les mécaniciens, préoccupés par l'étude des lois du passage des corps dans l'espace, croyaient que le but de la science était de réduire toutes les autres formes de mouvement matériel à la forme élémentaire du mouvement mécanique, de résoudre les modes de mouvement supérieurs en la forme élémentaire du mouvement mécanique. plus bas, plus le complexe devient simple. Ainsi, dans l'introduction de ses Principia , Newton écrit :</p>
<p>« Il serait désirable de déduire des éléments de la mécanique les autres phénomènes de la nature. »</p>
<p>Cette conception du but ultime des sciences naturelles coïncidait avec ce niveau relativement primitif de technologie et d'industrie qui se préoccupait principalement d'utiliser et d'exploiter des machines dans lesquelles un aspect du mouvement mécanique (énergie potentielle) était transformé en un autre (énergie cinétique). La pensée scientifique évoluait dans le même cercle étroit que la pratique scientifique, généralisant les changements au sein d'une seule forme simple de mouvement, la transposition mécanique.</p>
<p>Parallèlement aux progrès considérables de la technologie et de l'industrie à grande échelle au cours des deux derniers siècles, les scientifiques ont découvert, étudié et mis en œuvre de nombreux autres types de mouvements matériels, thermiques, électromagnétiques, chimiques, etc. Ils se sont particulièrement appliqués à étudier les interconnexions et les transformations de ces modes de mouvement les uns dans les autres. Les scientifiques savent désormais que, si ces autres formes de mouvement sont toujours liées au mouvement mécanique réel, elles ne peuvent s'y réduire sans effacer leurs caractéristiques spécifiques. Les lois de la physiologie, de la société ou de la pensée, bien que fondées sur les lois fondamentales de la nature, ne peuvent pas être simplement « déduites des éléments de la mécanique », comme l'avait prévu Newton.</p>
<p>De tous côtés, on voit que les lois qui régissent le mouvement mécanique ont leurs limites ; ils ont perdu leur statut souverain. [1] L'expansion de la pratique technique, industrielle et purement scientifique a élargi l'horizon théorique de la science bien au-delà du vieil idéal mécanique, présentant une vision immensément plus large de sa tâche que le matérialisme dialectique a non seulement reconnu mais mieux formulé.</p>
<p>La conception dialectique de la science</p>
<p>Cette nouvelle conception fait époque. Contrairement au point de vue mécanique, le matérialisme dialectique considère que la tâche de la science n'est pas la réduction de tous les modes de mouvement en un seul, mais l'étude des principales formes de mouvement matériel dans leur séquence naturelle, leurs interconnexions dialectiques et leurs transformations en un seul. un autre.</p>
<p>Les formes de mouvement vont du mouvement mécanique brut des masses à l'activité complexe de la pensée dans le cerveau humain. Au cours de l'évolution matérielle, tous ces différents modes de mouvement, mécanique, moléculaire, atomique, électronique, chimique, thermique, organique, social et intellectuel, se sont développés les uns à partir des autres à travers le jeu de l'attraction et de la répulsion, l'idée contradictoire originelle. essence du mouvement. Ils constituent une série hiérarchique interdépendante, dont chacune est naturellement liée aux autres et capable, dans des conditions matérielles appropriées, de se transformer les unes dans les autres.</p>
<p>Cette conception fournit pour la première fois une base matérielle solide pour la classification systématique des sciences. Chaque science analyse soit une forme distincte de mouvement (chimie), soit les interconnexions entre plusieurs formes de mouvement (électrochimie). L'ordre essentiel des sciences correspond à l'ordre de génération des diverses formes de mouvement dans la nature et à leur transition dialectique les unes dans les autres. Ainsi le matérialisme dialectique introduit un nouveau principe d'ordre pour remplacer la confusion et l'anarchie qui règnent dans la pensée scientifique depuis la faillite de l'ancien système mécanique. Tous les divers départements de la connaissance humaine, de l'astronomie à la logique, sont corrélés en une vaste synthèse.</p>
<p>Une partie du matériel de la Dialectique de la nature , comme de tout traité sur la connaissance naturelle écrit il y a plus de soixante ans, a été rendu obsolète par les progrès ultérieurs des sciences physiques. Cela est particulièrement vrai du chapitre sur l'électricité dans lequel les plus grands progrès ont été réalisés au cours du dernier demi-siècle. Pourtant, il y a remarquablement peu de plaisanteries dans ces pages. Les observations d'Engels allaient dans la bonne direction et ont été confirmées dans de nombreux cas par des recherches ultérieures en sciences physiques. Chaque discussion sur une question spécifique a une valeur durable en tant qu'exemple de la manière d'utiliser les concepts de la dialectique matérialiste comme instruments de pensée critique dans les sciences naturelles et sociales.</p>
<p>La tâche qui nous attend</p>
<p>La tâche de définir le caractère dialectique des événements naturels, qu'Engels s'était fixée et n'a pas réussi à achever, attend encore d'être accomplie. Malgré la richesse des matériaux fournis par les récents développements révolutionnaires des sciences naturelles, cette tâche en est à peu près au point où Engels l'avait laissée. Les théoriciens de la période post-marxienne – Bernstein, Kautsky, Adler, etc. – possédant la même hostilité ou indifférence à l'égard de la philosophie du matérialisme dialectique que nos anti-dialectiques contemporains, n'avaient ni l'équipement ni la motivation pour faire quoi que ce soit dans ce sens. Le Matérialisme et la Critique empirique de Lénine et ses cahiers sur la logique de Hegel ont rendu possible une renaissance de la philosophie du marxisme et ont ouvert la voie à l'extension de ses idées et de ses méthodes aux problèmes auxquels sont confrontées les sciences physiques.</p>
<p>Il fallait espérer que, lorsque les bolcheviks auraient pris le pouvoir en Russie, leurs dirigeants scientifiques et leurs académies entreprendraient cette tâche sur une base collective aussi bien qu'individuelle. Sous le patronage de Lénine, des débuts prometteurs furent réalisés. Mais celles-ci ont été interrompues par la réaction. On ne pouvait guère s'attendre à ce que la pensée marxiste pure, bannie de la politique, s'enracine dans le sous-sol de la nature ou s'épanouisse librement pendant un certain temps sous l'ombre funeste du régime de Staline. Par conséquent, le marxisme est passé d'un mouvement idéologique en pleine croissance à une scolastique stérile.</p>
<p>Les staliniens pourraient préserver certaines reliques de la pensée marxiste passée comme les scolastiques médiévaux préservaient les écrits d'Aristote ou comme ils momifiaient eux-mêmes le corps de Lénine : pour exhiber les gloires décadentes du passé tout en violant leur esprit dans le présent. C'est pourquoi nous leur devons la publication de la Dialectique de la nature . Dans la science comme dans la société, des vestiges de l'héritage de la Révolution d'Octobre sont ici et là ancrés dans le stalinisme ; du bien peut encore émaner de cette abomination : contradiction qui horrifiera sans doute les anti-dialectiques. Mais sous les auspices staliniens, il ne peut y avoir de développement cohérent et fructueux de la science du matérialisme dialectique.</p>
<p>Dans ce domaine de la pensée, comme dans tous les autres, les forces de la Quatrième Internationale sont obligées de poursuivre les tâches laissées inachevées par leurs prédécesseurs marxistes. Dans les œuvres philosophiques de Marx et d'Engels, et maintenant dans la Dialectique de la nature , ils retrouveront les principales voies déjà tracées pour eux.</p>
<p>note de bas de page</p>
<p>1. Voir, par exemple, The Evolution of Physics d'Einstein et Infeld, en particulier la section sur The Decline of the Mechanical View .</p>
<p><a href="https://www-marxists-org.translate.goog/archive/novack/1940/12/dialnat.htm?_x_tr_sl=auto&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www-marxists-org.translate.goog/archive/novack/1940/12/dialnat.htm?_x_tr_sl=auto&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr</a></p>
<p>Lire aussi :</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4920" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4920</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4043" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4043</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article30" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article30</a></p></div>
Discutons sur l'étrange relation (ou plutôt absence de relation) entre Lutte ouvrière et la dialectique de la nature
https://www.matierevolution.org/spip.php?article9349
https://www.matierevolution.org/spip.php?article93492025-12-05T23:13:00Ztext/htmlfrRobert ParisDialectic - DialectiqueSciences
<p>« Question » de science. Discutons sur l'étrange relation entre Lutte ouvrière et la dialectique de la nature <br class='autobr' />
Tout d'abord, il faut relever que l'organisation Lutte ouvrière est connue par sa fête annuelle de Presles et celle-ci invite largement des scientifiques et auteurs d'ouvrages de vulgarisation scientifique à mettre en débat leurs idées sur tous les domaines des sciences. Elle y expose un « carrousel scientifique » à la gloire du progrès technique et scientifique. Marx lui-même n'en (…)</p>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique15" rel="directory">Chapter 10 : Natural and social dialectic - Dialectique naturelle et sociale</a>
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</div><h2 class="spip">Question » de science. Discutons sur l'étrange relation entre Lutte ouvrière et la dialectique de la nature</h2>
<p>Tout d'abord, il faut relever que l'organisation Lutte ouvrière est connue par sa fête annuelle de Presles et celle-ci invite largement des scientifiques et auteurs d'ouvrages de vulgarisation scientifique à mettre en débat leurs idées sur tous les domaines des sciences. Elle y expose un « carrousel scientifique » à la gloire du progrès technique et scientifique. Marx lui-même n'en faisait-il pas autant, affirmant que le socialisme se construirait sur la base des progrès des capacités de l'homme réalisées d'abord par le capitalisme mais ensuite utilisées au service de l'humanité par le socialisme ? Il y a d'ailleurs un certain nombre de militants et dirigeants de LO qui ont fait des études scientifiques ou même font de la recherche scientifique. On peut citer par exemple Marc Peschanski et Christophe Darmangeat. Le fondateur lui-même, Hardy, n'a-t-il pas fait quelques études de médecine ? Et on ne peut manquer de citer tous les éloges de la science, de la technique, du progrès technologique dans les discours de LO, accusant seulement le capitalisme de détourner cette science, de l'utiliser non au service de l'humanité mais pour l'exploiter, la polluer, la terroriser… Et c'est juste dans l'ensemble.</p>
<p>Voyons tout cela plus en détails…</p>
<p>Une organisation marxiste révolutionnaire se doit de prendre des positions sur la science et pas seulement de la glorifier. Elle doit défendre des points de vue prolétariens et communistes sur le nucléaire, sur le réchauffement climatique, sur l'industrie d'armements, sur la pandémie covid, sur les vaccins ARN, sur l'industrie pharmaceutique. Nous allons voir que les positions prises par Lutte ouvrière dans tous ces domaines n'ont rien de scientifique…</p>
<p>Commentaires antiscientifiques de LO sur le nucléaire, sur le climat, sur covid, sur les vzccins :</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6202" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6202</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article1882" class="spip_url auto" rel="nofollow">https://www.matierevolution.org/spip.php?article1882</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1025" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1025</a></p>
<p><a href="https://www.lutte-ouvriere.org/portail/cercle-leon-trotsky/publications-brochures-le-rechauffement-climatique-un-revelateur-de-lirresponsabilite-du-capitalisme-64428.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lutte-ouvriere.org/portail/cercle-leon-trotsky/publications-brochures-le-rechauffement-climatique-un-revelateur-de-lirresponsabilite-du-capitalisme-64428.html</a></p>
<p><a href="https://www.lutte-ouvriere.org/mensuel/article/relance-nucleaire-177949.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lutte-ouvriere.org/mensuel/article/relance-nucleaire-177949.html</a></p>
<p>Une organisation communiste révolutionnaire se doit d'étudier sérieusement les domaines sur lesquels elle prend position publique comme cela a été le cas plusieurs années à la fête de Lutte ouvrière où elle traitait la théorie du chaos déterministe de « fausse science ». Elle a aussi traité tous ceux qui se méfiaient des vaccins covid d'arriérés anti-science et de complotistes ! Elle diffuse tranquillement les mensonges anti-scientifiques du GIEC, annexe des gouvernements capitalistes sur le prétendu réchauffement climatique causé par le gaz carbonique CO², comme elle diffuse les mensonges intergouvernementaux de l'OMS sur la santé dans le monde, sur les virus et sur les vaccins. Jamais LO n'a combattu les vaccinations de l'OMS qui ont servi à stériliser des populations du tiers monde pendant des années. Jamais LO n'a combattu les mensonges de la science du nucléaire, bien au contraire. A la fête de Presles, elle a animé des débats où elle soutenait cette industrie ultra-dangereuse et nuisible à l'humanité !</p>
<p>On pourrait penser que le but de l'étude d'une organisation qui se dit marxiste en parlant de science, en donnant la parole à des cientifiques et en diffusant des thèses scientifiques serait de défendre à leur égard comme à celui du grand public la thèse marxiste sur la science à savoir la « dialectique de la nature », comme l'appelaient Marx et Engels, mais ce n'est pas du tout le cas.</p>
<p>Citons une preuve très visible. Dans le site de débats animé par des dirigeants de l'organisation Lutte ouvrière et appelé « forum des amis de Lutte ouvrière », un invité avait déposé un commentaire à débattre sur « la dialectique de la nature », mais son texte et les commentaires qui ont suivi ont été curieusement effacés du site et il n'en reste plus trace sans que LO ait remplacé ce texte par un qui lui convienne mieux.</p>
<p>Vérifiez vous-mêmes que, dans le forum des amis de LO en sciences, l'article « dialectique de la nature » a été opportunément… supprimé !</p>
<p><a href="https://forumamislo.net/viewtopic.php?f=19&t=3296" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://forumamislo.net/viewtopic.php?f=19&t=3296</a></p>
<p>Mais sans doute que nous allons trouver dans le site de Lutte Ouvrière qui comprend un tellement grand nombre d'articles sur une si longue période au moins un article intitulé « dialectique de la nature » ? Ou, au moins, un commentaire actualisé par la connaissance de tellement de sciences que LO montre tous les ans à sa fête ? Pas du tout ! Il n'y a rien de tout cela !</p>
<p>En tout cas, on peut lire un article de Lutte ouvrière qui commente le lien entre les développements des sciences et le marxisme. Le voici et nous allons le commenter ensuite :</p>
<p><a href="https://www.lutte-ouvriere.org/clt/documents-archives-cercle-leon-trotsky-article-developpement-des-sciences-et.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lutte-ouvriere.org/clt/documents-archives-cercle-leon-trotsky-article-developpement-des-sciences-et.html</a></p>
<p>On ne peut que soutenir le but affiché par cet article : « Revenir sur ce qu'est le matérialisme dialectique, sur la façon dont il s'est enrichi des nouvelles découvertes scientifiques, et donc sur les fondements contemporains de nos idées communistes révolutionnaires, voilà notre propos. » Mais examinons ce qui est fait en réalité…</p>
<p>Une première remarque : pour aucune découverte scientifique citée par l'article, il n'est fait la moindre allusion à la manière dont elle renforce la conception dialectique du monde… Quel lien entre physique quantique et dialectique, évolution des espèces et dialectique, relativité et dialectique, etc…</p>
<p>Deuxième remarque : on n'y trouve aucune des grandes révolutions scientifiques récentes, ni chaos déterministe, ni particules et antiparticules virtuelles, ni vide quantique, ni théorie des champs, ni fractales, ni évolutionnisme de Stephen Jay Gould (pas étonnant : Hardy le récusait et l‘article n'en fait pas mention), ni anthropologie des femmes du palolithqiue, ni psychanalyse (que Trotsky appréciait mais pas LO… et elle n'en fait pas mention), etc… En Physique, LO ne mentionne ni spin, ni superposition d'états, ni interaction virtuel/réel, ni interaction lumière/matière, ni rupture de symétrie, ni intrication, ni décohérence, ni réduction du paquet d'ondes, ni fluctuations d'énergie du vide, ni inégalités d'Heisenberg, ni expérience d'Aspect, ni supraconductivité, ni changement de sens du temps, ni effet tunnel, etc.</p>
<p>Troisième remarque : ce que remarque ce texte en termes de progrès récents des sciences est une vision très ancienne de la matière et de la vie. Par exemple, cet article réussit à parler de physique des atomes et des particules sans rien dire des grandes avancées de la physique quantique (nuage de probabilité de présence, fentes de Young, caractère dialectique de l'onde/corpuscule, boson de Higgs, etc.) La dialectique de l'évolution des espèces lui est tout aussi inconnue.</p>
<p>Oui, il y a un lien entre dialectique et sciences mais LO ne le connait pas et ne défend pas…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5126" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5126</a></p>
<p>Par exemple, un lien entre dialectique et physique quantique :</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7629" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7629</a><br class='autobr' />
Le lien entre dialectique et relativité est tout aussi étranger à Lutte ouvrière :</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3039" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3039</a></p>
<p>Et ne parlons pas du lien entre dialectique et pensée humaine :</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7976" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7976</a></p>
<p>Ou encore la dialectique de l'être humain est absente dans cet article :</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8452" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8452</a></p>
<p>Tout comme la dialectique du croisement d'espèces vivantes :</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7114" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7114</a></p>
<p>Toutes les avancées scientifiques fondamentales nécessitent une pensée dialectique…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7360" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7360</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2424" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2424</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7848" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7848</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7360" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7360</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4937" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4937</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2175" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2175</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article3617" class="spip_url auto" rel="nofollow">https://www.matierevolution.org/spip.php?article3617</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7976" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7976</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5126" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5126</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5025" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5025</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5310" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5310</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4791" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4791</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4033" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4033</a></p>
<p>Marc Peschanski, dirigeant et représentant politique et scientifique de Lutte ouvrière, est le plus grand défenseur de l'industrie médicale de la technologie des cellules embryonnaires dites sources.</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=R9O6-_KoaSY" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=R9O6-_KoaSY</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=QlVvcp3Mt5Y" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=QlVvcp3Mt5Y</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=g_0r_ntz89w" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=g_0r_ntz89w</a></p>
<p>Darmangeat, voici un autre dirigeant de LO et représentant scientifique de Lutte ouvrière qui, vous le constaterez, affirme que les femmes étaient fortes avant le patriarcat ou que c'est un mythe…</p>
<p><a href="https://www.lutte-ouvriere.org/journal/article/2023-05-03-aux-chapiteaux-marx-et-engels_645670.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lutte-ouvriere.org/journal/article/2023-05-03-aux-chapiteaux-marx-et-engels_645670.html</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=6d8SS_GpW4w" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=6d8SS_GpW4w</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=UV_1dLkKFXw" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=UV_1dLkKFXw</a></p>
<p>Darmangeat veut s'attaquer à des thèses importantes du marxisme sur l'anthropologie et l'évolution des sociétés humaines en subissant l'influence des anthropologues machistes (pas marxistes !).</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=IAUL4Q7JLFY" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=IAUL4Q7JLFY</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=Lp9NnnAu-2c" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=Lp9NnnAu-2c</a></p>
<p>« Aux origines de l'oppression des femmes » : Christophe Darmangeat est militant de « Lutte Ouvrière ». Cette organisation n'a pas voulu se mouiller en publiant dans sa propre maison d'éditions (Les Bons Caractères) un ouvrage critiquant Engels ; mais elle ne l'a cependant pas non plus condamné.</p>
<p><a href="https://www.pcint.org/04_PC/107/107_06_communisme-primitif.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.pcint.org/04_PC/107/107_06_communisme-primitif.htm</a></p>
<p>Quand LO et Darmangeat tordent le baton de l'anthropologie</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8371" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8371</a></p>
<p>Qu'est-ce que la thèse marxiste de la « dialectique de la nature » et qu'est-ce que sa défense au travers des nouvelles connaissances de sciences ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article308" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article308</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6947" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6947</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4546" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4546</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2424" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2424</a></p>
<p>Examinez vous-mêmes si vous trouvez un tout petit peu de marxisme dans les conférences scientifiques à la fête de Lutte ouvrière. Il n'y a rien du tout !</p>
<p>La présentation des conférences par LO ne contient pas le mot « dialectique » :</p>
<p><a href="https://fete.lutte-ouvriere.org/archives/2016" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fete.lutte-ouvriere.org/archives/2016</a></p>
<p><a href="https://lo-argenteuil.blogspot.com/2017/05/sciences-et-fete-de-lutte-ouvriere-de.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://lo-argenteuil.blogspot.com/2017/05/sciences-et-fete-de-lutte-ouvriere-de.html</a></p>
<p>Aucun article de Lutte ouvrière n'est centré sur la dialectique de Hegel-Marx-Engels-Lénine-Trotsky ! On y trouve plutôt le matérialisme détaché de la dialectique (avec tout au plus une référence polie à cette dernière sans la moindre illustration).</p>
<p>Jamais, au grand jamais, un article ou une conférence de Lutte ouvrière ne fait allusion aux multiples propriétés qui sont caractéristiques de la dialectique : interpénétration des contraires, interdépendance des contraires, négation de la négation transformant le négatif en positif, le tout n'est pas la somme des parties, la discontinuité fondamentale du monde, pas d'un côté matière et de l'autre le vide, pas d'un côté l'ordre et de l'autre le désordre, rôle dynamique de la contradiction, interdépendance du localisé et du délocalisé, de la cause et de l'effet, de la vie et de la mort, les bonds dans la nature, l'unité des contraires, etc… La dialectique s'oppose au gradualisme, au moralisme, au matérialisme vulgaire et bourgeois, au progressisme, au réformisme en philosophie, au continuisme, aux oppositions diamétrales entre le bon et le mauvais, entre le positif et le négatif, entre la révolution et la contre-révolution, toutes sortes de pensées que LO adore… LO diffuse une pensée politique dualiste, gradualiste, moraliste (du bien opposé diamétralement au mal, du progrès opposé diamétralement à la réaction, de la classe opposée diamétralement à l'alliance de classes, etc).</p>
<p>Pour Lutte ouvrière, la dialectique n'est qu'une pensée (une pensée marxiste) et pas une réalité. Mais telle n'était justement pas… la pensée marxiste véritable !</p>
<p>« La dialectique dite objective règne dans toute la nature et la dialectique subjective, la pensée dialectique, ne fait que refléter le règne de la nature entière, du mouvement par opposition des contraires qui, par leur conflit constant et par leur conversion finale l'un en l'autre ou en des formes supérieures, conditionnent précisément la vie de la nature. »</p>
<p>Engels, « Dialectique de la nature »</p>
<p>Friedrich Engels dans un courrier à Conrad Schmidt du 27 octobre 1890 : "Ce qui manque à tous ces messieurs, c'est la dialectique. Ils ne voient toujours ici que la cause, là que l'effet. Que c'est une abstraction vide, que dans le monde réel pareils antagonismes polaires métaphysiques n'existent que dans les crises, mais que tout le grand cours des choses se produit sous la forme d'action et de réaction de forces, sans doute, très inégales, — dont le mouvement économique est de beaucoup la force la plus puissante, la plus initiale, la plus décisive, qu'il n'y a rien ici d'absolu et que tout est relatif, tout cela, que voulez-vous, ils ne le voient pas ; pour eux Hegel n'a pas existé…"</p>
<p>Cette remarque vaut pour Lutte ouvrière qui rechigne même à citer Hegel, que tous les grands révolutionnaires reconnaissaient comme la base indispensable de toute philosophie révolutionnaire !</p>
<p>Mais LO estime qu'elle n'a pas besoin de philosophie. Sa conception moraliste scientiste progressiste bourgeoise serait gênée par la pensée hégélienne !</p>
<p>Le journal Lutte ouvrière à la demande « sciences » sur son moteur de recherche, répond essentiellement par la fête de Lutte ouvrière (cité des sciences et chapiteau scientifique), mais le chapiteau, les exposés et les débats de cette fêtte ne parlent jamais de dialectique de la nature et LO ne la remet pas sur le tapis lors de ces débats :</p>
<p>Un chapiteau scientifique : « des idées pour comprendre le monde », nous dit Lutte ouvrière. Des connaissances, voilà ce que diffuse LO mais pas une compréhension marxiste du monde…</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=11VdVtRFuTY" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=11VdVtRFuTY</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=L8dK3qWpi04" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=L8dK3qWpi04</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=0EgI5nFcUwc" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=0EgI5nFcUwc</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=Vhs3DaysifM" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=Vhs3DaysifM</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=esU6PK3u4vE" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=esU6PK3u4vE</a></p>
<p>Mais, pour transformer le monde, certes il faut l'étudier scientifiquement mais aussi le comprendre philosophiquement. Et là, on est complètement dans le noir avec Lutte ouvrière. Rien de ce que Hegel, Marx, Engels, Lénine et Trotsky nous ont appris en philosophie leur a échappé complètement. Ils en restent à la philosophie de la société dominante, certes celle de beaucoup de scientifiques comme de la population mais surtout celle de la classe dirigeante.</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=ChraM3LNP5k&list=PLbhc9_VLqG9SIbJLF8H86nQGHOIvgcVcx" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=ChraM3LNP5k&list=PLbhc9_VLqG9SIbJLF8H86nQGHOIvgcVcx</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=IQ0CJG3ulAc" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=IQ0CJG3ulAc</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=cHXQ3r8ye-Q" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=cHXQ3r8ye-Q</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=Sfh4fkFPMks" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=Sfh4fkFPMks</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=xovJ4y8GDkk" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=xovJ4y8GDkk</a></p>
<p>Voici comment le forum des amis de Lutte ouvrière discute de sciences et vous n'y trouverez pas de dialectique marxiste :</p>
<p><a href="https://forumamislo.net/viewforum.php?f=19&sid=97c20b5cf8e6418f8bcd0dd5d1cf33b7" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://forumamislo.net/viewforum.php?f=19&sid=97c20b5cf8e6418f8bcd0dd5d1cf33b7</a></p>
<p>Lutte ouvrière ne risque pas de défendre partout dans les discussions scientifiques la thèse de la « dialectique de la nature », car elle ne s'occupe pas du tout de dialectique…</p>
<p> <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article4406" class="spip_url auto" rel="nofollow">https://www.matierevolution.org/spip.php?article4406</a></p>
<p>Oui, la philosophie est indispensable en sciences, même si LO l'ignore…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5025" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5025</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7080" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7080</a></p>
<p>Le marxisme a-t-il raison de se prétendre scientifique ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3223" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3223</a></p>
<p>Oui, des révolutionnaires authentiques se doivent d'employer la dialectique et pas seulement en sciences…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1699" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1699</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8300" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8300</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2828" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2828</a></p>
<p>Lénine dans « La portée du matérialisme militant » :</p>
<p>"Nous devons comprendre qu'à défaut d'un solide fondement philosophique, il n'est point de science de la valeur, point de matérialisme qui pussent soutenir la lutte contre les pressions des idées bourgeoises et la restauration de la conception bourgeoise du monde. Pour soutenir cette lutte et la mener à terme avec un entier succès, le spécialiste des sciences de la nature doit être un matérialiste moderne, un partisan conscient du matérialisme tel que l'a présenté Marx, c'est-à-dire que son matérialisme doit être dialectique. (...) Nous pouvons et devons élaborer cette dialectique dans tous ses aspects, publier des extraits des principales œuvres de Hegel, les interpréter dans un esprit matérialiste. (...) Les spécialistes modernes des sciences de la nature trouveront (s'ils cherchent et si nous apprenons à les aider) dans la dialectique de Hegel interprétée de manière matérialiste un bon nombre de réponses aux questions philosophiques que pose la révolution dans la science. Faute de cela, les grands savants seront aussi souvent que par le passé impuissants dans leurs conclusions et généralisations philosophiques. Car les sciences de la nature progressent si vite, traversent une période de bouleversements révolutionnaires dans tous les domaines, si profonde, qu'elles ne pourront se passer en aucun cas de conclusions philosophiques."</p>
<p>Voici exprimée par Lénine l'idée de Marx que LO ne soutient pas : « la dialectique de Marx est la science des lois générales du mouvement, tant du monde extérieur que de la pensée humaine".</p>
<div class='spip_document_16898 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/a_lo_2.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/a_lo_2-0cfa8.jpg?1792910754' width='500' height='750' alt='' /></a>
</figure>
</div></div>
La dialectique, arme de combat de la Révolution française
https://www.matierevolution.org/spip.php?article9340
https://www.matierevolution.org/spip.php?article93402025-11-20T23:31:00Ztext/htmlfrRobert Paris, Tiekoura Levi HamedFranceRévolutionDialectic - DialectiqueRévolution bourgeoise
<p>La dialectique, arme de combat de la Révolution française <br class='autobr' />
Dans le texte qui suit nous ne voulons pas juste rapporter des remarques historiques sur une révolution, celle qui s'est déroulée en France en 1789-1795. Notre but est bien plus général. Nous voulons faire remarquer que lorsque le peuple travailleur sort de ses gonds au point de cesser de s'auto-censurer, de cesser de se taire, de quitter passivité, pessimisme, fatalisme et soumission, il exprime la nécessité historique, le besoin (…)</p>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique15" rel="directory">Chapter 10 : Natural and social dialectic - Dialectique naturelle et sociale</a>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot42" rel="tag">France</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag">Révolution</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot60" rel="tag">Dialectic - Dialectique</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot112" rel="tag">Révolution bourgeoise</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">La dialectique, arme de combat de la Révolution française</h2>
<p>Dans le texte qui suit nous ne voulons pas juste rapporter des remarques historiques sur une révolution, celle qui s'est déroulée en France en 1789-1795. Notre but est bien plus général. Nous voulons faire remarquer que lorsque le peuple travailleur sort de ses gonds au point de cesser de s'auto-censurer, de cesser de se taire, de quitter passivité, pessimisme, fatalisme et soumission, il exprime la nécessité historique, le besoin profond de toute la société humaine, c'est-à-dire quelque chose de philosophique et c'est cela qui est la signification de la dynamique radicale de transformation des sociétés, qui en est la dialectique et que l'on appelle « la révolution ». Souvent les historiens reconnaissent la révolution française, la révolution russe ou la révolution espagnole mais « la révolution » comme phénomène profond, philosophique, leur est étrangère et les classes possédantes, ainsi que leurs gouvernants, tiennent à en ignorer l'existence. Des millions d'hommes, de femmes et d'enfants s'emparant d'une idée de changement radical, la transformant en force, la mettant en pratique, et voilà que la dynamique d'une société qui semblait vouée à l'immobilisme apparaît, les capacités des opprimés et des exploités qui n'étaient pas encore apparues aux concernés deviennent évidentes pour tous. Ce qui semblait ordre immuable apparaît une simple absurdité et que l'on l'ait accepté si longtemps parait incroyable. Oui, la révolution, c'est des millions d'êtres humains qui se mettent à faire ensemble… de la philosophie, et même à écrire une page nouvelle de la philosophie de l'Histoire !</p>
<p>Dès ses débuts, la Révolution française a été l'union des contraires, des hommes et des femmes, des pauvres et des riches, des bras nus et des bourgeois, de la liberté et de la dictature, de la guerre et de la paix, de la force et du droit, des jeunes et des vieux, des possédants et des démunis, du nationalisme et de l'internationalisme, de l'amour et de la haine, du pouvoir institutionnel et des comités de base du peuple travailleur en dehors de toute institution, de l'ordre et du chaos, etc.</p>
<p>La dialectique s'est manifestée de mille manières au cours de la Révolution française (1789-1794) : contradictions dialectiques internes de la France de l'Ancien Régime, contradictions dialectiques du camp révolutionnaire, contradictions dialectiques de la République, la révolution comme la contre-révolution s'appuyant sur des forces politiques et des classes aux intérêts contraires, sur des intérêts nationaux et étrangers contradictoires, caractère dialectique de la dynamique révolutionnaire transformant le négatif en positif (la guerre en contre-révolution puis en révolution, puis à nouveau en contre-révolution), dialectique du passage entre révolution (et contre-révolution) politique et révolution (et contre-révolution) sociale, nombreux passages de la quantité à la qualité notamment lors des deux grandes offensives révolutionnaires, dialectique de l'interaction des trois Etats de l'Ancien Régime, dialectique de la lutte des classes au sein de la révolution et au sein de la contre-révolution, dialectique de la relation entre religion et politique, entre social et politique, entre guerre et paix, coexistence et combat du négatif et du positif(qui est négation de la négation) , dialectique de la dualité de pouvoir (notamment dualité oyauté/République et dualité pouvoir bourgeois/pouvoir populaire), dialectique comme arme de guerre de la révolution qui transforme chaque arme de la réaction en arme de la révolution (et inversement pour la contre-révolution populaire), dialectique entre la réalité historique et la conscience des dirigeants et du peuple, dialectique entre les pensées féodale, bourgeoise et populaire, dialectique entre les dirigeants et les masses, etc. Sans la dialectique, jamais la Révolution française n'aurait pu être capable de transformations idéologiques, sociales et politiques aussi radicales, aussi profondes, en un temps aussi court, transformant en un très petit nombre de transitions rapides et brutales un peuple écrasé, dominé, divisé, exploité, opprimé, inorganisé, sans conscience en sa propre force, soumis, apeuré et plutôt respectueux devant le pouvoir royal et nobiliaire en l'exact contraire. La Révolution française est la manifestation la plus probante de l'affirmation dialectique de Hegel que tout ce qui existe mérite de périr, parce que rien de ce qu'elle a combattu, qu'elle a détruit ou qu'elle a construit n'a été éternel. Plus dur avait été l'oppression subie et ressentie par le peuple, plus forte, plus profonde, plus durable a été l'élan révolutionnaire des masses. La transformation qu'elles ont réalisée, alors qu'elles ont dû combattre une résistance contre-révolutionnaire terrible, est quasiment incroyable. Bien sûr, l'effort des classes possédantes dans les années qui ont suivi a été d'effacer cette leçon afin que les peuples ne recommencent plus jamais.</p>
<p>Ou trouve-t-on la fameuse négation de la négation de la dialectique ? Les dettes de la France, la guerre européenne, la religion, la misère, tout s'est transformé de manière ultra-rapide de moyen de nier la révolution en moyen de nier la contre-révolution et inversement.</p>
<p>L'Ancien Régime niait le droit des individus pour donner tout le pouvoir aux rois et aux féodaux. La Révolution s'en est servi pour magnifier le droit des peuples en niant le droit des rois.</p>
<p>L'Ancien Régime divisait le peuple en petites unités régionales, les provinces, sans droit commun, sans langue commune, sans intérêt commun. La Révolution a fait l'inverse, unifiant par un élan extraordinairement rapide, le peuple en une unité nationale fondée sur une idéologie des intérêts populaires, le bien commun du peuple, qu'aucune réaction contre-révolutionnaire, même victorieuse, ne pourra anéantir.</p>
<p>En se liant à toutes les dictatures royales et féodales d'Europe, l'Ancien Régime s'était donné des défenseurs étrangers très puissants et dont les armées devaient écraser la révolution. Cette dernière s'en est servi pour accuser la royauté et la noblesse de trahison nationale et les traiter en criminels.</p>
<p>La royauté a poussé la France des débuts de la révolution à la guerre en Europe afin de détruire la force révolutionnaire du peuple. Cette dernière a retourné le défit : elle a vaincu les armées européennes de la réaction unies aux nobles de France ! La guerre, loin de tuer la révolution, lui a donné un élan extraordinaire et a poussé la révolution à déraciner complètement la noblesse en France.</p>
<p>Mais c'est dés le tout début de la révolution française qu'elle a retourné les armes de la royauté contre elle. Le roi prétendait utiliser les dettes de l'Etat français pour faire reculer le Tiers Etat et le forcer à payer. Au lieu de pleurnicher, de négocier des amendements, une diminution des sacrifices, au lieu de céder sur le fond, le Tiers Etat a choisi non de nier l'importance des dettes, non de nier l'importance des sacrifices nécessaires mais de nier la royauté elle-même, son droit à décider, son droit à gérer, son droit à dominer, son droit à gouverner. Vous êtes en faillite, tirez-vous ! C'était là l'acte révolutionnaire premier ! Et c'est toute l'arme dialectique de la négation de la négation : détruire en utilisant l'arme qui a chargée de vous détruire, qu'il s'agisse des dettes, de la guerre, de la religion, de la misère, de la terreur même ! Il faut retourner les armes de l'ennemi au lieu de pleurnicher de manière défensive !</p>
<p>Eh oui ! C'est une grande leçon pour le monde d'aujourd'hui ! Le peuple travailleur de 1789 a retourné contre le pouvoir des exploiteurs et des oppresseurs l'arme des dettes ! Il a transformé la constatation de faillite en acte d'accusation du pouvoir. Il a transformé le peuple de victime en vainqueur. Il a transformé le roi en accusé et en condamné. Il n'a pas détruit qu'un roi. Il a détruit le principe même de la royauté. Il a fait du peuple le seul roi, le seul gouvernement, le seul législateur, le seul dominant. Oui, c'est une négation de la négation puisque la royauté et la féodalité niait les droits du peuple, les droits des individus, les droits des manants.</p>
<p>Oui, l'auto-organisation est une arme de négation de la négation. Dès le premier pas, en refusant de se laisser dissoudre par le roi, l'assemblée du Tiers Etat a nié le droit du pouvoir de d'autoriser ou de ne pas autoriser le peuple à s'assembler. Et cet acte allait mener à toutes les formes d'auto-organisation du peuple jusqu'aux plus pauvres, jusqu'aux comités de piques, jusqu'aux bras nus, jusqu'aux sections populaires.</p>
<p>En prenant la tête d'une guerre révolutionnaire en Europe, le peuple travailleur n'a pas fait que défendre la nation, il a appelé tous les peuples à la lutte pour la liberté. Il venait à peine de construire, d'inventer l'union nationale et il l'a niée dialectiquement, il l'a dépassée en fondant l'union des peuples d'Europe !</p>
<p>En prenant la tête de la lutte des déchristinisateurs, le peuple opprimé a nié le lien entre le pouvoir et l'Eglise. En cautionnant le pouvoir royal et l'ordre féodal, la religion catholique de France niait les droits du peuple à n'obéir à aucune idéologie d'Etat, à ne suivre que ses propres croyances individuelles ou familliales. Le peuple a nié cet ordre qui niait ses propres droits. Il a détruit l'ordre catholique qui prétendait renforcer l'ordre royal et féodal. Cette négation de la négation a radicalisé la révolution française. Le peuple a saisi les biens de l'Eglise qui avaient été accumulés sur son dos ! Il a interdit l'exercice de la religion aux prêtres qui ne reconnaissaient pas sa République !</p>
<p>Il est triste de constater que non seulement les classes possédantes et leurs historiens ne savent plus rien sur la force révolutionnaire de la dialectique, mais que les faux révolutionnaires, opportunistes et réformistes en réalité, n'en connaissent pas non plus le premier mot…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4937" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4937</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2828" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2828</a></p>
<p>La dialectique est inséparable de la révolution sociale.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4774" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4774</a></p>
<p>Pourtant, aujourd'hui encore, la stratégie du prolétariat ne peut se passer de la dialectique !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8300" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8300</a></p>
<p>Il faut en effet, par une négation de la négation, transformer les dettes, les guerres, la misère, l'oppression religieuse, les oppressions nationales, raciales, de genre, d'âge, toutes les armes de l'ennemi en armes de la révolution, en niant radicalement (à la racine) tout droit au pouvoir capitaliste, à la propriété capitaliste, à la morale capitaliste, à l'appareil d'Etat capitaliste et à l'ordre capitaliste mondial, à l'impérialisme.<br class='autobr' />
Les gouvernants, les classes possédantes et les auteurs ont beau cacher cette réalité : il n'y a pas de force supérieure à la dialectique de la révolution sociale des masses auto-organisées. Elles ont renversé toutes les bastilles de la réaction, elles ont battu à plates coutures à coups d'enthousiasme révolutionnaire de la noblesse et des armées régulières de toute l'Europe, supérieurement organisées et armées, elles ont détruit des siècles d'embrumissement des consciences par l'Eglise, elles ont changé la peur de camp, elles ont transformé des esclaves en hommes libres, des sans voix en porte-paroles de tous les peuples de la terre. Il n'y a pas changement plus radical que la révolution sociale. Sa dynamique est presque incroyable et, en même temps, parfaitement naturelle. La relation entre la résistance au changement est tout aussi dialectique : la révolution n'a pas pu construire la liberté qu'en détruisant la liberté, n'a pu démolir la royauté qu'en recréant une royauté, n'a pu supprimer des lois inégalitaires qu'en construisant de nouvelles lois inégalitaires et pourtant, la France d'après la Révolution française ne pourra jamais revenir sur les transformations profondes réalisées, ne pourra rétablir la féodalité, la noblesse, l'ancien mode de production, les anciennes lois, l'Ancien Régime. Le monde entier n'est plus le même après la Révolution française et les plus grands esprits du monde de l'époque l'ont reconnu.</p>
<p>Goethe, émerveillé par la victoire de 1792 de l'armée des volontaires révolutionnaires français à Valmy contre l'armée prussienne, l'armée de métier plus forte d'Europe, à laquelle il avait assisté du côté allemand et qui allait être le début des victoires de la Révolution française contre la réaction féodale et royale européenne :</p>
<p>« D'aujourd'hui et de ce lieu date une ère nouvelle dans l'histoire du monde ! »</p>
<p>Hegel dans « La Raison dans l'Histoire » :</p>
<p>« Aucune puissance ne peut détruire l'esprit d'un peuple, soit du dehors, soit du dedans, s'il n'est déjà lui-même sans vie, s'il n'a déjà péri. »</p>
<p>« Aux alentours de la Révolution française, il semblait que 1'univers se fût soudainement élargi à l'infini : par-delà l'œuvre émancipatrice accomplie par les Lumières, un nouveau monde se découvrait qui débordait : telle une crue printanière, le paysage formé et arrangé comme le jardin de l'humanisme traditionnel. »</p>
<p>Dans une lettre à Schelling de 1795, Hegel faisait ce bilan de la Révolution française : « Au lieu de quémander leurs droits foulés aux pieds, les peuples se les approprieront. »</p>
<p>Rappelons que la dialectique est la loi du changement au travers du développement des contradictions et des sauts de la dynamique, une loi dans laquelle les contraires se combinent et se transforment l'un dans l'autre, le négatif en positif qui est une négation de la négation. Négatif et Positif ne sont pas les seuls possibles ; les deux peuvent construire de nombreuses combinaisons en se liant et en interagissant. Pour Hegel, le positif n'est rien d'autre que la négation de la négation.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5126" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5126</a></p>
<p>Hegel dans son « Cours d'histoire de la philosophie » :</p>
<p>« Il faut rendre justice à l'aspect négatif… On doit reconnaître la contradiction présente dans l'existence. Les vieilles institutions qui n'avaient plus de place dans le sentiment développé de la liberté consciente de soi et de l'humanité, qui avaient leur base et leur appui dans l'apathie… de la conscience, qui ne correspondaient plus à l'Esprit qui les avait établies, et qui pourtant malgré la nouvelle culture scientifique continuaient à passer pour sacrées et justes devant la raison, les philosophes français l'ont abattu… Cet aspect se comporta destructivement contre ce qui était détruit en soi… La révolution française a été rendue inévitable par le rigide entêtement des préjugés, de l'orgueil, la totale absence de pensée, l'avidité. Les philosophes n'ont eu que des pensées générales, une idée abstraite de ce qui devait être… »</p>
<p>Hegel, dans « Science de la Logique » :</p>
<p>« La seule chose nécessaire pour obtenir la progression scientifique, et vers la compréhension de laquelle il faut essentiellement s'efforcer, - c'est la connaissance de cette proposition logique : le négatif est également positif, ce qui est contredit ne se résout pas en zéro, en néant abstrait, mais essentiellement en la négation de son contenu particulier (…) Elle est un concept nouveau, mais plus élevé, plus riche que le précédent, car elle s'est enrichie de sa négation, autrement dit de son opposé ; elle le contient donc, mais aussi plus que lui, elle est l'unité d'elle-même et de son opposé. »</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article567" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article567</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3895" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3895</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2175" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2175</a></p>
<p>La dialectique de Hegel (puis de Marx) est apte à comprendre les révolutions car c'est une pensée révolutionnaire.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4912" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4912</a></p>
<p>Hegel, contrairement à nombre d'intellectuels modernes, sait que la révolution est porteuse de nouveauté, que le monde change radicalement, qualitativement, que ce qui nous semble éternel n'est qu'une illusion, que la force du changement n'est pas à chercher à l'extérieur mais au sein même de l'ancienne société. Et c'est cela qui est le plus étonnant, donc le plus révolutionnaire dans la pensée d'Hegel car l'existence de forces révolutionnaires au sein d'un ordre qui semble solide, stable et durable. Même une roche ne l'est pas et pas davantage la société humaine. C'est le principal message d'Hegel : le changement radical existe potentiellement au sein de l'ordre apparemment le plus solide.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4912" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4912</a></p>
<p>Hegel dans ses « Leçons sur la philosophie de l'Histoire » :</p>
<p>« La pensée, le concept de droit se fit tout d'un coup valoir et le vieil édifice d'iniquité ne put lui résister. Dans la pensée du droit, on construisit alors une constitution, tout devant reposer sur cette base… C'était un superbe lever du soleil. Tous les êtres pensants ont célébré cette époque. Une émotion sublime a régné en ce temps-là, l'enthousiasme de l'esprit a fait frissonner le monde... »</p>
<p>Evoquant l'œuvre des révolutionnaires français, Hegel écrit dans « Encyclopédie des sciences philosophiques » :</p>
<p>« En pleine tempête révolutionnaire, leur entendement s'est manifesté dans la fermeté avec laquelle ils ont réussi à faire naître l'ordre éthique du monde nouveau contre la puissante alliance des partisans de l'ordre ancien ; dans la fermeté avec laquelle ils ont réalisé, l'un après l'autre, et dans leur détermination et leur opposition les plus extrêmes, tous les moments constitutifs du développement de la nouvelle vie politique. C'est précisément en menant chacun de ces moments jusqu'à la pointe extrême de son unilatéralité, en poussant chaque principe unilatéral jusqu'à ses dernières conséquences, qu'ils ont été conduits par la dialectique de la raison historique mondiale à une situation politique dans laquelle toutes les unilatéralités antérieures de la vie politique paraissent levées. »</p>
<p>« ...conduits par la dialectique de la raison historique mondiale… » voilà ce que remarque de manière géniale Hegel sur la révolution française qui conduit à la révolution mondiale !</p>
<p>Une dialectique productrice de nouveauté créatrice, voilà ce que constate Hegel, réalisant que chaque jour en France apporte des nouveautés renversantes, au point qu'on ne peut pas imaginer ce qui va encore arriver. Il répond à ceux qui demandent ce qui va maintenant se passer en France : « Attendez pour le savoir que j'aie reçu la dernière gazette. Il est impossible de l'imaginer tant cela peut être à nouveau un fait incroyable. »</p>
<p>Le journal « Les révolutions de Paris » écrit au lendemain de la proclamation de la République : « Nous sommes les premiers et les seuls qui donnons à notre révolution pour bases les saintes lois de l'égalité, en cela d'un avis différent de la charte anglaise qui admet un roi, une noblesse et deux Chambres, haute et basse. »</p>
<p>Un révolutionnaire de cette époque affirme fièrement : « Nous créons ce qui n'a pas existé. »</p>
<p>Rien de plus dialectique que les révolutions et parmi celles-ci que la Révolution française (ou plutôt les deux révolutions de 1789 et1793).</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4774" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4774</a></p>
<p>En effet, la révolution est un bel exemple du fait que « tout ordre devra céder place au désordre menant à un nouvel ordre » et que « tout ce qui est mérite de disparaitre et de mourir ».</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4176" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4176</a></p>
<p>Oui, la révolution dévoile d'un seul coup que l'ancien ordre social est brusquement devenu irréel, fondé sur des mensonges, et cette situation est une découverte brutale pour tous les dominants comme pour les dominés. L'ordre ancien est brutalement coupé de la réalité économique et sociale.</p>
<p>Engels dans « Ludwig Feuerbach » :</p>
<p>« Or, la réalité n'est aucunement, d'après Hegel, un attribut qui revient de droit en toutes circonstances et en tout temps à un état de choses social ou politique donné. Tout au contraire. La République romaine était réelle, mais l'Empire romain qui la supplanta ne l'était pas moins. La monarchie française de 1789 était devenue si irréelle, c'est-à-dire si dénuée de toute nécessité, si irrationnelle, qu'elle dut être nécessairement abolie par la grande Révolution dont Hegel parle toujours avec le plus grand enthousiasme. Ici la monarchie était par conséquent l'irréel et la Révolution le réel. Et ainsi, au cours du développement, tout ce qui précédemment était réel devient irréel, perd sa nécessité, son droit à l'existence, son caractère rationnel ; à la réalité mourante se substitue une réalité nouvelle et viable, d'une manière pacifique, si l'ancien état de choses est assez raisonnable pour mourir sans résistance, violente s'il se regimbe contre cette nécessité. Et ainsi la thèse de Hegel se tourne, par le jeu de la dialectique hégélienne elle-même, en son contraire : tout ce qui est réel dans le domaine de l'histoire humaine devient, avec le temps, irrationnel, est donc déjà par destination irrationnel, entaché d'avance d'irrationalité : et tout ce qui est rationnel dans la tête des hommes est destiné à devenir réel, aussi en contradiction que cela puisse être avec la réalité apparemment existante. La thèse de la rationalité de tout le réel se résout, selon toutes les règles de la dialectique hégélienne, en cette autre : Tout ce qui existe mérite de périr. »</p>
<p>La première des contradictions dialectiques est celle de l'Ancien Régime. Il est là pour empêcher tout changement en défaveur de la noblesse et la première classe sociale qui va le déstabiliser, avant la bourgeoisie, avant le petit peuple, c'est… la noblesse ! La contre-révolution nobiliaire est le début de la période pré-révolutionnaire.</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9r%C3%A9volution_fran%C3%A7aise" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9r%C3%A9volution_fran%C3%A7aise</a></p>
<p>Les contradictions de l'Ancien Régime :</p>
<p><a href="https://www.gauchemip.org/spip.php?article4071" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.gauchemip.org/spip.php?article4071</a></p>
<p>Jacques d'Hondt écrit : « La Révolution française est l'éclatement des contradictions économiques, sociales, politiques. C'est parce que le régime était empêtré dans ses contradictions et ne savait plus comment « s'en sortir », que Louis XVI a convoqué les Etats Généraux. Entre autres, est alors apparue une contradiction politique évidente : c'est parce qu'il se sentait impuissant dans une situation difficile, et d'abord parce qu'il ne savait plus où et comment trouver de l'argent pour résoudre la crise financière que Louis XVI a reconnu, de facto, sa dépendance de l'Assemblée des Etats. Il se présentait devant elle, à cet égard, en solliciteur. Et en même temps, contradictoirement, il prétendait lui parler en maître ! (…)<br class='autobr' />
Ce qui paraissait d'abord cruellement négatif se mue en facteur positif pour qui sait s'en servir. Le déficit financier qui accable la nation, en 1789, et que l'on veut faire endosser au Tiers-Etat, devient pour celui-ci une arme terrible contre la Monarchie absolue. (…)</p>
<p>En 1789, Hegel en tire la leçon : « Comme sont aveugles ceux qui peuvent croire que des institutions, des constitutions, des lois qui ne s'accordent plus avec les mœurs, les besoins et l'opinion des gens, que l'esprit a quitté en fuyant, peuvent continuer à se maintenir.</p>
<p>Les institutions, dit Hegel, ne s'accordent plus avec les mœurs ; donc auparavant elles s'accordaient avec elles. Là où il n'y avait pas de contradiction, une contradiction est peu à peu apparue. C'est cela la contradiction vivante et active, le devenir contradictoire, la naissance, l'aiguisement puis l'éclatement et la résolution de la contradiction dans les choses et dans les idées.</p>
<p>Et c'est cela que les interprètes dogmatiques de la logique classique ne peuvent ni comprendre ni admettre. Aussi ne parviennent-ils ni à comprendre ni à admettre une révolution. Pour eux, ce qui est, est : ce qui n'est pas, n'est pas – et il ne peut y avoir de troisième terme. Or, entre la féodalité et le capitalisme, entre la monarchie et la république, il fuat bien qu'il y ait un passage. Et c'est ce passage qui est révolutionnaire. (…)</p>
<p>Dans la révolution, tout sans cesse, devient. Et c'est ce devenir, cette fluidité qu'il faut saisir et si possible contrôler. Comme le dit Hegel, « Tout est, et aussi n'est pas. Car tout coule, est en perpétuel changement. »</p>
<p>Source :</p>
<p><a href="https://www.persee.fr/doc/cafon_0395-8418_1991_num_63_1_1565" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.persee.fr/doc/cafon_0395-8418_1991_num_63_1_1565</a></p>
<p>La Révolution française a démontré qu'un ordre apparemment solide comme le roc peut casser brutalement… comme le roc. Le pays qui était l'un des plus solides piliers de la réaction féodale en Europe, une royauté apparemment irrémédiablement attachée au nom de France a tellement cassé que la royauté y est morte, que la féodalité a disparu en une nuit, que le pays s'est transformé en le plus formidable ennemi de la féodalité en Europe, chassant à la pointe des baïonnettes de ses soldats volontaires la plus solide des armées européennes, celle de la Prusse, présumée invincible pour des armées de métier entrainées et contraignant les chefs d'Etat européens à reconnaitre le nouveau pouvoir révolutionnaire alors que ces chefs d'Etat avaient proclamé leur volonté d'écraser dans le sang cette révolution et de remettre en selle le roi de France et la noblesse de France. Du droit absolu du monarque on passe directement au droit absolu du peuple. De la monarchie absolue on passe à la République absolue. De la lettre de cachet au droit du peuple à disposer de lui-même. Du règne de l'Eglise catholique à la laïcité républicaine. Des droits féodaux au droit individuel et à la liberté individuelle. L'Univers cesse d'un seul coup de tourner autour du Roi Soleil et le centre est partout ! Un renversement de l'ordre absolu apparent… et la création de toutes pièces d'un ordre nouveau. De la France impensable sans sa royauté à la France nouvelle impensable avec une royauté, il n'y a eu qu'un pas.</p>
<p>Le passage dialectique de l'ordre au désordre puis à un nouvel ordre est avéré et ce n'est pas, loin de là, la seule manifestation dialectique de la Révolution française.</p>
<p>Eh oui ! C'est la dialectique de l'ordre et du désordre que l'on retrouve à bien d'autres niveaux et dans d'autres domaines…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article6814" class="spip_url auto" rel="nofollow">https://www.matierevolution.org/spip.php?article6814</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5028" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5028</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article25" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article25</a></p>
<p>Ainsi, la révolution française est à la fois bourgeoise et prolétaire (au sens des comités et sections de bras nus), à la fois libertaire et autoritaire, à la fois anti-étatique et constructrice d'un nouvel Etat, à la fois</p>
<p><a href="https://shs.cairn.info/revue-annales-historiques-de-la-revolution-francaise-2015-3-page-254?lang=fr" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://shs.cairn.info/revue-annales-historiques-de-la-revolution-francaise-2015-3-page-254?lang=fr</a></p>
<p><a href="https://journals.openedition.org/chrhc/13302" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://journals.openedition.org/chrhc/13302</a></p>
<p>Au sein de la Révolution française, toutes les remarques historiques que l'on peut faire ont un caractère éminemment dialectique. L'imbrication des contraires mène à une dynamique extraordinairement novatrice et entrainant l'émergence de nouveautés.</p>
<p>Ainsi est la contradiction entre le caractère spontané et tumultueux de l'auto-organisation et le caractère structuré et manipulé par en haut du pouvoir au cours de la révolution.</p>
<p>L'auto-organisation se manifeste sans cesse dans la Révolution française, même si c'est toujours en contradiction, en dualité de pouvoir avec l'Etat : assemblées électorales locales des cahiers de doléance et des Etats généraux refusant de se dissoudre en 1789, sections s'érigeant en permanence en 1792, clubs, mouvement sans culotte, sociétés populaires en 1793, enragés, légions des volontaires, comités de surveillance, organisations révolutionnaires, comités de piques, associations de femmes, comités révolutionnaires, communes insurrectionnelles en 1794, etc. La bourgeoisie jacobine a plus ou moins accompagné, encadré, manipulé ce mouvement de masse mais elle ne l'a jamais réellement soutenu et elle a sans cesse œuvré pour la remise en place d'un Etat bourgeois fort, le contraire du pouvoir populaire.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5794" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5794</a></p>
<p>Sont en contradiction dynamique au sein de la révolution française la démocratie bourgeoise et la dictature des masses populaires…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article244" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article244</a></p>
<p>Se mêlent au sein de la révolution et de manière contradictoire la collaboration de classe entre bourgeois et exploités et aussi la lutte radicale entre eux.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1082" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1082</a></p>
<p>En fait, il y a une révolution bourgeoise au sein de la révolution des plus démunis, des bras nus et une révolution quasi prolétarienne au sein de la révolution bourgeoise. Rien de plus dialectique que la révolution permanente qui pousse sans cesse plus loin sa radicalité sociale.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1398" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1398</a></p>
<p>Ces contradictions internes dialectiques et violentes expliquent que le changement soit aussi brutal et impressionnant. Encore aujourd'hui, on est saisis d'étonnement par la rapidité et de la radicalité de la transformation. Le roi qui était adulé et admiré par le peuple est décapité et sa descendance déchue. La royauté est déracinée et la féodalité supprimée en une nuit. Les propriétés féodales et religieuses sont vendues.</p>
<p>D'une France extrêmement divisée, qui était une juxtaposition de provinces, de régions, d'entités administratives aux règles diverses, de dialectes, de pouvoirs locaux, de règles et lois régionales, de peuples d'origines diverses, la révolution a fait en un temps record une nation unifiée, consciente d'elle-même, de Paris à Marseille et parlant politiquement et socialement d'une seule voix.</p>
<p>D'un pays soumis de longue date au féodalisme et à la royauté, il fait exactement l'inverse, le peuple devenant brutalement un ennemi de tout ce qui représente noblesse et pouvoir royal.</p>
<p>D'un pays très divisé socialement et politiquement, la révolution a cimenté un peuple. Mais ce peuple qui se croyait uni continuait à contenir des contradictions en son sein.</p>
<p>Daniel Guérin dans « La lutte des classes sous la première république » :</p>
<p>« Dans un article de janvier 1849, Engels indiqua la « révolution permanente » comme un des traits caractéristiques de la « glorieuse année 1793 ». Le premier, Marx aperçut qu'en France, en pleine révolution bourgeoise, les enragés, puis les babouvistes avaient introduit un embryon de révolution prolétarienne. Dès 1845, donc avant Michelet, Marx observait, dans « La sainte famille », que « le mouvement révolutionnaire, qui eut comme représentants principaux, au milieu de son évolution, Leclerc et Roux et finit par succomber un instant avec la conspiration de Babeuf, avait fait éclore l'idée communiste (…) » Et, deux ans plus tard, à propos des babouvistes, il soulignait que « la première apparition d'un parti communiste réellement agissant se produit dans le cadre de la révolution bourgeoise ».(…) Engels ajoutait : « Lorsque, plus tard, je lus le livre de Bougeart sur Marat, je constatai qu'à plus d'un égard, nous n'avions fait qu'imiter inconsciemment le grand modèle authentique de l'Ami du Peuple (…) et que celui-ci, comme nous, refusait de considérer la Révolution comme terminée, voulant qu'elle soit déclarée permanente. »<br class='autobr' />
Marx et Engels, en effet, s'inspirèrent de cette conception historique de la révolution permanente pour en faire une règle de conduite pour les révolutions futures. (…) C'est ainsi qu'en mars 1850 (…), ils écrivirent à la Ligue des communistes : « Il est de notre intérêt et de notre devoir de rendre la révolution permanente, jusqu'à ce que toutes les classes plus ou moins possédantes aient été chassées du pouvoir, que le prolétariat ait conquis le pouvoir public (…) ». Et ils terminaient leur appel en lançant ce « cri de guerre » : la révolution en permanence ! En avril de la même année, Marx et Engels fondèrent avec les blanquistes une Société universelle des communistes révolutionnaires dont l'article premier s'engageait à maintenir « la révolution en permanence jusqu'à la réalisation du communisme ». C'est dans le même sens que Lénine – qui savait la circulaire de mars 1850 pour ainsi dire par cœur et la citait fréquemment – écrira en 1905 : « Nous sommes pour la révolution ininterrompue ».<br class='autobr' />
Trotsky, qui a approfondi et développé sur ce point la pensée marxiste, écrit : « L'idée de la révolution permanente fut mise en avant par les grands communistes de la première moitié du 19ème siècle, Marx et ses disciples, pour faire pièce à l'idéologie bourgeoise qui, comme on le sait, prétend qu'après l'établissement d'un Etat « rationnel » ou démocratique, toutes les questions pourraient être résolues par la voie pacifique de l'évolution et des réformes. (…) La Révolution permanente, au sens que Marx avait attribué à cette conception, signifie une révolution qui ne veut transiger avec aucune forme de domination de classe, qui ne s'arrête pas au stade démocratique, mais passe aux mesures socialistes et à la guerre contre la réaction extérieure, une révolution dont chaque étape est contenue en germe dans l'étape précédente, une révolution qui ne finit qu'avec la liquidation totale de la société de classe. » (dans « La révolution permanente »)<br class='autobr' />
(…) Comme l'écrivait Trotsky : « La distinction entre révolution bourgeoise et révolution prolétarienne, c'est l'alphabet. Mais, après avoir appris l'alphabet, on apprend les syllabes qui sont formées de lettres. L'histoire a réuni les lettres les plus importantes de l'alphabet bourgeois avec les premières lettres de l'alphabet socialiste » (…) Dès 1905, il écrivait en effet : « Une définition sociologique générale, « révolution bourgeoise », ne résout nullement les problèmes de politique et de tactique, les antagonismes et les difficultés que pose le mécanisme même de cette révolution bourgeoise. Dans les cadres de la révolution bourgeoise de la fin du 18ème siècle, qui avait pour but objectif la domination du capital, la dictature des sans-culottes se trouva possible. Dans la révolution du début du 20ème siècle, qui s'avère également bourgeoise par ses objectifs immédiats, on voit se dessiner en toute proche perspective l'inéluctabilité ou du moins la probabilité de la domination politique du prolétariat. » (dans « Histoire de la révolution russe »)<br class='autobr' />
(…) Les deux points de vue desquels doit être considérée la Révolution française, l'un ayant trait aux conditions objectives de l'époque (révolution bourgeoise), et l'autre au mécanisme interne du mouvement révolutionnaire (révolution permanente), ne sont contradictoires qu'en apparence. Je vais maintenant expliquer pourquoi.<br class='autobr' />
Le fait qu'au cours même d'une révolution bourgeoise la dynamique interne de la Révolution conduise le prolétariat à prendre plus ou moins conscience de ses intérêts propres de classe et à chercher, plus ou moins confusément, à s'emparer du pouvoir ne contredit pas la conception matérialiste de l'histoire selon laquelle les rapports matériels conditionnent de façon impérieuse l'évolution des sociétés. Il ne justifie pas une thèse « volontariste » qui, négligeant ce qui est objectivement possible, s'imaginerait qu'il suffit de vouloir pour pouvoir. La théorie de la révolution permanente reste sur le terrain solide du matérialisme historique. Elle explique la tentative de dépasser la révolution bourgeoise, non par des raisons d'ordre psychologique, non par l'intervention « idéaliste » de la volonté humaine, mais par certaines circonstances d'ordre purement « matériel ». Voilà comment. Une société, et par conséquent les rapports matériels existant au sein de celle-ci, n'est jamais homogène parce que tout le processus historique est fondé sur la loi du développement inégal des forces productives. Lénine a fait ressortir un aspect de cette loi lorsque, dans son analyse de l'impérialisme, il souligne la « disproportion dans la rapidité du développement des différents pays », les « différences entre la rapidité du développement des différents éléments de l'économie mondiale » et qu'il énonce : « Il ne peut y avoir, en régime capitaliste, de développement égal des entreprises, des trusts, des branches d'industrie, des pays. »<br class='autobr' />
Trotsky a montré que « de cette loi universelle d'inégalité des rythmes découle une autre loi que, faute d'une appellation plus appropriée, l'on peut dénommer loi du développement combiné », en ce sens qu'une société en cours d'évolution est « une combinaison originale des diverses phases du processus historique », « des éléments retardataires avec des facteurs des plus modernes ». L'auteur de l' « Histoire de la Révolution russe » a illustré de façon très frappante cette loi en l'appliquant à la Russie du début du 20ème siècle. Mais elle a une portée beaucoup plus générale. Elle s'applique à toutes les sociétés modernes. Déjà Marx, en 1847, en avait fait l'application à l'Allemagne. Il avait observé que « dans ce pays, où la misère politique de la monarchie absolue existe encore avec toute sa séquelle de castes et de conditions mi-féodales en décomposition, il existe déjà d'autre part partiellement, conséquence du développement industriel et de la dépendance de l'Allemagne du marché mondial, les oppositions modernes entre la bourgeoisie et la classe ouvrière avec la lutte qui en résulte ». Et il fondait sur « cette situation contradictoire » sa conception de la révolution permanente : « La bourgeoisie allemande se trouve donc déjà, elle aussi, en opposition avec le prolétariat, même avant de s'être politiquement constituée comme classe. » Trotsky ne fait qu'approfondir la pensée de Marx lorsqu'il souligne que la « théorie de la révolution permanente était fondée sur cette loi (…) de l'inégalité de l'évolution historique ».<br class='autobr' />
L'application de la loi du développement combiné à la Révolution française nous permet de comprendre pourquoi la grande Révolution revêtit le double caractère d'une révolution bourgeoise et d'une révolution permanente. Elle nous explique pourquoi, malgré le fait que les conditions objectives de l'époque ne permettaient encore que la victoire de la bourgeoisie, la révolution bourgeoise portait déjà dans ses flancs un embryon de révolution prolétarienne. C'est que la France de 1793 était, du point de vue de l'évolution des formes de production et de propriété, une combinaison hétéroclite d'éléments rétrogrades et d'éléments modernes, de facteurs qui retardaient sur la révolution bourgeoise et d'autres qui tendaient à enjamber la révolution bourgeoise. Les conditions archaïques de l'appropriation et de la culture du sol dans certaines régions comme la Vendée et la Bretagne avaient contribué à maintenir ces provinces dans la nuit de la servitude. Par contre, le progrès de la technique, les débuts de la révolution industrielle, l'évolution économique qui avait concentré dans les villes, et surtout dans la capitale, face à une bourgeoisie déjà riche et puissante, une masse déjà considérable de travailleurs, avaient fait prendre aux sans-culottes (et notamment aux sans-culottes parisiens) sur les paysans de l'Ouest et du Midi une avance de plusieurs siècles. Paris comptait déjà, en 1793, plus de 700.000 habitants.<br class='autobr' />
(…) Deux mondes chevauchaient l'un sur l'autre : dans la voiture même qui conduisait Louis, roi par la grâce de Dieu, à l'échafaud, avait pris place, en tant que représentant de la Commune parisienne, l'enragé Jacques Roux, pionnier (encore balbutiant) de la révolution prolétarienne.<br class='autobr' />
Existait-il un prolétariat ?<br class='autobr' />
Penchons-nous un instant sur les sans-culottes de l'an II : nous serons frappés par le caractère composite de leurs traits. Eux-mêmes sont le produit du développement combiné Si l'on posait la question sous la forme simpliste : existait-il un prolétariat en 1793, il faudrait répondre à la fois par non et par oui. Sans doute n'existait-il pas de prolétariat au sens que ce mot a pris au 19ème siècle, c'est-à-dire de larges masses de travailleurs ayant perdu la propriété de leurs moyens de production et concentrés dans de vastes entreprises. (…) Par ailleurs, la différenciation au sein du tiers état était déjà accentuée et ne cessa, pendant les cinq années de la Révolution, de s'approfondir. Le bourgeois de 1789 était déjà un personnage considérable. Propriétaire terrien, gros négociant, industriel, titulaire d'une charge (office de justice, de finances, etc…), son genre de vie, ses manières, son costume même l'apparentaient bien davantage à la classe aristocratique qu'à celle des travailleurs manuels. L'inflation, la vie chère, d'un côté, et de l'autre les fructueuses acquisitions de biens nationaux, les énormes bénéfices réalisés sur les fournitures de guerre creusèrent un début de scission entre bourgeois et sans-culottes. Le pauvre se paupérisa davantage, tandis que la richesse du riche se fit plus insolente.<br class='autobr' />
La différenciation existait déjà, bien qu'à un degré moindre, entre la petite bourgeoisie et les travailleurs manuels. Englober, comme on le fait parfois, sous le vocable « petite bourgeoisie » ou de « démocratie » toutes les couches sociales qui constituaient l'aile avancée de la Révolution est, à mon avis, trop simpliste. La petite bourgeoisie de cette époque jouait déjà, bien que d'une façon encore embryonnaire, un rôle intermédiaire entre la bourgeoisie et les ouvriers. (…) Le parti jacobin, à la fois petit-bourgeois à la tête et populaire à la base, reflétait cette contradiction. (…) Ainsi la manifestation du 4 septembre 1793 fut spécifiquement ouvrière ; elle réunit presque exclusivement des compagnons, et les petits bourgeois semblent bien avoir éprouvé quelque inquiétude : l'incident entre Chaumette et l'ouvrier Tiger est, à cet égard, significatif. Les grèves de l'hiver et du printemps 1794 furent également, et par leur nature même, des mouvements spécifiquement prolétariens dont les petits bourgeois jacobins se désolidarisèrent et qu'ils calomnièrent en les traitant de « contre-révolutionnaires ». Enfin, au cours des journées de Prairial (mai 1795), nous verrons les petits patrons du faubourg Saint-Antoine jouer un rôle nettement distinct de leurs compagnons : alors que ces derniers, de leur propre mouvement, eussent continué la lutte, les premiers, effrayés par le caractère de classe que celle-ci avait prise, poussèrent à une transaction avec la bourgeoisie thermidorienne (transaction qui fut fatale aux insurgés). (…) Désirant employer un vocable qui marque, sans l'exagérer, la différenciation relative existant entre petits bourgeois et travailleurs, j'ai emprunté à Michelet le terme expressif de bras nus. L'historien observe que, si la défense de Nantes contre les Vendéens eût été bourgeoise seulement, Nantes était perdue. « Il fallait, écrit-il, que les bras nus, les hommes rudes, les travailleurs prissent violemment parti contre les brigands ». (…) Le caractère composite de la « sans-culotterie » de 1793 ne doit jamais être perdu de vue si l'on veut comprendre le mécanisme complexe de la dernière phase de la Révolution. (…)<br class='autobr' />
Marx a montré dans « La question juive » comment le mouvement révolutionnaire, « en déclarant la révolution à l'état permanent », s'était mis « en contradiction violente » avec les conditions objectives de la révolution bourgeoise, ce qui eut pour conséquence finale « la restauration de la religion, de la propriété privée, de tous les éléments de la société bourgeoise ».<br class='autobr' />
Engels a donné de ce reflux, commun à toutes les révolutions de type ancien (c'est-à-dire des époques où la révolution prolétarienne était encore objectivement impossible), diverses analyses. Après avoir montré comment un embryon de prolétariat groupé autour de Thomas Münzer, en Allemagne, au début du 16ème siècle, formula les rudiments de revendications communistes, il écrit : « Mais, en même temps, cette anticipation, par-delà non seulement le présent, mais même l'avenir (…) devait, au premier essai d'application pratique, retomber dans les limites bornées que permettaient seules les conditions de l'époque ». « Ce n'était pas seulement le mouvement d'alors, c'était tout son siècle qui n'était pas mûr pour la réalisation des idées que lui-même n'avait commencé d'entrevoir que très obscurément. La classe qu'il représentait, bien loin d'être complètement développée et capable de soumettre et de transformer la société tout entière, était juste en train de naître. Le bouleversement social qui se présentait vaguement à son imagination avait encore si peu de fondements dans les conditions matérielles existantes que celles-ci préparaient même un ordre social qui était absolument l'opposé de l'ordre social rêvé par lui. » Il fut donc aisé à la bourgeoisie, conduite par Luther, de briser le mouvement. (…) Ailleurs, à propos des révolutions de Paris, Engels décrit ainsi le reflux : « Le prolétariat, qui achetait de son sang la victoire, apparaissait après la victoire avec ses revendications propres. Ces revendications étaient plus ou moins obscures et même confuses, selon le degré correspondant de développement des ouvriers parisiens, mais, en définitive, elles tendaient à la suppression de l'antagonisme de classe entre capitalistes et ouvriers. (…) Mais la revendication même, si indéterminée qu'elle fût encore dans sa forme, contenait un danger pour l'ordre social établi ; les ouvriers qui la posaient étaient encore armés ; pour les bourgeois qui se trouvaient au gouvernail de l'Etat, le désarmement des ouvriers était donc le premier devoir. D'où, après chaque révolution où les ouvriers avaient été vainqueurs, une nouvelle lutte, qui se termine par la défaite des ouvriers. »<br class='autobr' />
Et, dans un autre texte, Engels développe : « Après le premier grand succès, c'était la règle que la minorité victorieuse se scindât en deux : une des moitiés était contente du résultat obtenu, l'autre voulait encore aller plus loin, posait de nouvelles revendications. (…) Ces revendications plus radicales s'imposaient bien dans certains cas, mais fréquemment pour un instant seulement : le parti le plus modéré reprenait la suprématie, les dernières acquisitions étaient perdues à nouveau en totalité ou partiellement ; les vaincus criaient alors à la trahison ou rejetaient la défaite sur le hasard. Mais en réalité, la chose était le plus souvent ainsi : les conquêtes de la première victoire n'étaient assurées que par la deuxième victoire du parti plus radical ; une fois ceci acquis, c'est-à-dire ce qui était momentanément nécessaire, les éléments radicaux disparaissaient à nouveau du théâtre des opérations et leur succès aussi. Toutes les grandes révolutions des temps modernes, à commencer par la grande Révolution anglaise du 17ème siècle, accusèrent ces traits qui paraissaient inséparables de toute lutte révolutionnaire. »<br class='autobr' />
(…) Le point exact où la Révolution atteint son apogée et où le reflux commence (…) je le place dès la fin de novembre 1793. (…) Depuis 1789 jusqu'à la date qui vient d'être proposée, le mouvement révolutionnaire, je le montrerai, est allé, par bonds successifs, constamment de l'avant parce que les limites objectives de la révolution bourgeoise n'avaient pas encore été atteintes. (…)<br class='autobr' />
La théorie de la révolution permanente comporte un corollaire que, pour la clarté de mon analyse, je n'ai fait qu'effleurer dans l'exposé qui précède. Du fait même que la révolution est permanente, c'est-à-dire que le problème de la révolution prolétarienne se pose déjà (bien que d'une façon encore plus ou moins embryonnaire) au cours de la révolution bourgeoise, la bourgeoisie révolutionnaire, de son côté, n'est pas occupée uniquement par le souci de liquider la classe dont elle prend la succession ; elle s'inquiète aussi de ce qui se passe à sa gauche ; elle s'alarme en constatant que les masses laborieuses, dont le concours actif lui est indispensable pour en finir avec l'ancien régime, et entre les mains desquelles elle a dû mettre des armes, essaient de profiter des circonstances pour obtenir la satisfaction de leur revendications propres. La peur que lui inspire l'avant-garde populaire la fait renoncer à porter des coups trop rapides et trop brutaux à la contre-révolution. Elle hésite à chaque instant entre la solidarité qui l'unit au peuple contre l'aristocratie et celle qui unit l'ensemble des possédants contre les non-possédants. Cette pusillanimité la rend incapable d'accomplir jusqu'au bout les tâches historiques de la révolution bourgeoise.<br class='autobr' />
Il faut donc que l'avant-garde populaire lui force la main, la pousse en avant, lui arrache littéralement les mesures radicales, dont elle sent bien la nécessité mais qui l'effraient. (…)<br class='autobr' />
A la veille de 1789, la bourgeoisie, répétons-le, n'était plus que très partiellement une classe inférieure. Elle était liée assez étroitement avec l'absolutisme royal et la classe des grands propriétaires fonciers. Elle détenait déjà une part considérable du pouvoir économique. En outre, elle avait été admise à ramasser les miettes du festin féodal (beaucoup de bourgeois avaient reçu des titres de noblesse, jouissaient de rentes féodales, avaient des charges, portaient culotte et bas comme les nobles). (…) La violence avec laquelle les masses populaires s'attaquèrent à l'ancien régime effraya, dès le début, les bourgeois.<br class='autobr' />
Georges Lefebvre observe, dans sa « Grande peur de 1789 » : « Exaspéré par la faim, le paysan menaçait l'aristocratie d'un assaut irrésistible. Mais la bourgeoisie, elle-même, n'était pas à l'abri. Elle ne payait pas non plus sa part d'impôts ; elle possédait maintes seigneuries : c'était elle qui fournissait aux seigneurs leurs juges et leurs intendants ; c'était des bourgeois qui prenaient à ferme la perception des droits féodaux. » (…)<br class='autobr' />
Sur le plan purement politique, on note la même hésitation de la bourgeoisie devant l'accomplissement de ses tâches historiques. C'est ainsi que, le 14 juillet 1789, elle eut littéralement la main forcée. (…) « Ainsi, le signal de la conquête violente de la Bastille ne fut pas donné par la bourgeoisie. Ce fut malgré les efforts de conciliation de celle-ci que le peuple s'empara de la vieille geôle. Si les sans-culottes n'avaient pas forcé la main à la bourgeoisie, l'Assemblée nationale aurait fini par succomber dans sa rébellion contre les baïonnettes royales. De même, sans la marche sur Versailles, le 5 octobre, des bras nus affamés et sans leur irruption dans l'enceinte de l'Assemblée, la Déclaration des droits de l'homme n'eût pas été sanctionnée. Sans la vague de fond du 10 août 1792, la bourgeoisie eût reculé devant la République et devant le suffrage universel.<br class='autobr' />
Au début de 1793, nous verrons l'aile la plus importante et la plus riche de la bourgeoisie (la Gironde) lâcher pied par peur et par haine des sans-culottes, hésiter devant les mesures radicales qui seules pouvaient permettre de sauver la Révolution et, finalement, glisser vers le royalisme. Nous verrons ensuite la fraction la plus audacieuse de la bourgeoisie (la Montagne) qui supplanta celle qui avait trahi la cause de la Révolution, hésiter à son tour à pousser la lutte jusqu'au bout. Il faudra l'intervention des faubourgs pour qu'elle se décide à châtier les chefs de la Gironde, à débarrasser l'armée des officiers réactionnaires. (…) Ainsi, pour que la société fût entièrement purifiée des défroques féodales et absolutistes, fallait-il déjà, à la fin du 18ème siècle, l'intervention propre du « prolétariat ». La révolution bourgeoise n'aurait pas été menée jusqu'à son terme si elle ne s'était accompagnée d'un embryon de révolution prolétarienne. (…) Engels tire de l'étude comparée des révolutions anglaise et française la conclusion que « sans l'élément plébéien des villes, la bourgeoisie seule n'aurait jamais mené la bataille jusqu'à la décision » et il ajoute : « il semble que ce soit là, en fait, une des lois de l'évolution de la société bourgeoise. »<br class='autobr' />
Nous allons considérer maintenant la Révolution française du point de vue des formes du pouvoir populaire. La théorie de la révolution permanente nous aidera à en découvrir certains aspects qui, trop souvent, ont échappé aux historiens républicains. Ceux-ci se sont contentés de nous présenter la grande Révolution comme le berceau de la démocratie parlementaire. Ils n'ont pas aperçu (ou voulu apercevoir) que, du fait même qu'elle fût, en même temps qu'une révolution bourgeoise, un embryon de révolution prolétarienne, elle portait en elle le germe d'une nouvelle forme de pouvoir révolutionnaire dont les traits s'accuseront au cours des révolutions prolétariennes de la fin du 19ème siècle et du 20ème siècle. Ils n'ont pas marqué suffisamment la filiations historique qui, de la Commune de 1793, mène à celle de 1871, et encore moins, bien entendu, celle qui de la Commune de 1793 et de 1871 mène aux soviets (conseils) de 1905 et 1917. Ils n'ont pas vu que les données essentielles du problème du pouvoir tel qu'il s'est posé au prolétariat au cours de la Révolution russe (dualité de pouvoirs, contrainte révolutionnaire du prolétariat) se manifestent déjà, bien que sous une forme encore embryonnaire, au cours de la Révolution française, et notamment, dans sa dernière phase.<br class='autobr' />
(…) Nous voyons les premiers symptômes de dualité de pouvoirs dès juillet 1789. A l'orée de la Révolution, il y a dualité de pouvoirs non seulement entre le roi et l'Assemblée nationale, mais déjà entre l'Assemblée nationale, interprète des volontés de la haute bourgeoisie, et la Commune de Paris, cette dernière s'appuyant sur les couches inférieures du tiers état de la capitale. (…) La dualité de pouvoirs se manifesta d'une façon beaucoup plus accusée à l'occasion de l'insurrection du 10 août 1792. Dès la seconde quinzaine de juillet, les sections avaient nommé des délégués qui s'étaient réunis à l'Hôtel de Ville. (…) Le 10 août, l'assemblée des sections se substitua à la Commune légale et se constitua en Commune révolutionnaire. Celle-ci se présenta face à l'Assemblée bourgeoise comme l'organe de la volonté populaire. (…) Mais la dualité de pouvoirs est un fait révolutionnaire et non constitutionnel. Elle peut durer un certain temps, mais pas très longtemps. (…) Tôt ou tard, l'un des pouvoirs finit par éliminer l'autre. (…) « La dualité de pouvoirs est, en son essence, un régime de crise sociale : marquant un extrême fractionnement de la nation, elle comporte, en potentiel ou bien ouvertement, la guerre civile. » Au lendemain du 10 août, les pouvoirs de la Commune révolutionnaire de Paris et ceux de l'Assemblée s'équilibrèrent un instant. Cette situation qui provoqua une crise politique aiguë, ne dura que quelques semaines. L'un des deux pouvoirs dut finalement s'effacer devant l'autre, et ce fut la Commune.<br class='autobr' />
Le 31 mai 1793, la dualité de pouvoirs prit de nouveau une forme ouverte. Comme au 10 août, une Commune révolutionnaire s'était substituée à la Commune légale et, face à la Convention et à son Comité de Salut public, elle avait fait figure de nouveau pouvoir. Mais la dualité ne dura, cette fois, que l'espace d'un matin. Le pouvoir officiel s'empressa, nous le verrons, de faire rentrer dans le néant la Commune insurrectionnelle.<br class='autobr' />
Après la chute des Girondins, la lutte entre la Convention et la Commune, entre le pouvoir bourgeois et le pouvoir des masses, continua sourdement. (…) La lutte prit, à nouveau, un caractère aigu, en novembre 1793, lorsque la Commune, se substituant à la Convention, entraîna le pays dans la campagne de déchristianisation et imposa à l'Assemblée le culte de la Raison. La bourgeoisie riposta en rognant les pouvoirs de la Commune qui, par le décret du 4 décembre, fut étroitement subordonnée au pouvoir central.<br class='autobr' />
En février-mars 1794, la lutte se raviva encore une fois entre les deux pouvoirs. Au cours de cette dernière phase, le pouvoir des masses, nous le verrons, était davantage représenté par les sociétés populaires des sections, groupées en un comité central, que par la Commune elle-même. Mais les dirigeants de cette dernière, poussés par le mouvement des masses, eurent des velléités de coup d'Etat. Ce fut le suprême épisode de la dualité de pouvoirs. La bourgeoisie accusa les partisans de la Commune de vouloir « avilir la représentation nationale » et elle brisa le pouvoir populaire, donnant ainsi le coup de grâce à la Révolution. »</p>
<p>Lire encore :</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4728" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4728</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4708" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4708</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3033" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3033</a></p>
<p><a href="https://www.persee.fr/doc/cafon_0395-8418_1991_num_63_1_1565" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.persee.fr/doc/cafon_0395-8418_1991_num_63_1_1565</a></p>
<p>Et la terreur ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article6636" class="spip_url auto" rel="nofollow">https://www.matierevolution.org/spip.php?article6636</a></p>
<p>Le caractère dialectique de la stratégie du prolétariat révolutionnaire</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8300" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8300</a></p>
<p>Pourquoi on a comparé le mouvement des Gilets jaunes à la Révolution française ? Parce que ce mouvement ne se contentait pas de revendiquer, de combattre, de dénoncer le gouvernement, qu'il niait tout le pouvoir politique et social des exploiteurs, leur direction de l'Etat et de la société. Et la révolution française leur démontrait que le peuple travailleur peut décider de nier dialectiquement le droit à l'exploitation et le droit à l'oppression. Si les circonstances sont là, leur seule décision change la réalité.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5281" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5281</a></p>
<p>Que vient faire la philosophie dialectique dans la politique des révolutionnaires ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article3617" class="spip_url auto" rel="nofollow">https://www.matierevolution.org/spip.php?article3617</a></p>
<h2 class="spip">
Exproprier les expropriateurs, se servir des guerres et des dettes comme de toutes les oppressions pour les retourner contre les guerriers capitalistes et les impérialistes oppresseurs, annihiler ceux qui veulent éradiquer l'humanité, déclarer la guerre aux bellicistes, mettre la main sur les finances de ceux qui nous coupent les robinets financiers, supprimer tous les droits politiques de ceux qui nous refusent no droits politiques, casser les organisations de ceux qui veulent nous interdire de nous organiser, tirer sur les généraux qui nous tirent dessus, réquisitionner les trusts qui nous envoient la faillite à la gueule, fermer la gueule des prêtres liés au pouvoir et manipulateurs pédophiles des enfants, licencier les licencieurs, supprimer le droit de polluer l'opinion aux médias qui refusent de diffuser nos opinions, refuser le droit de participer à notre démocratie aux exploiteurs qui nous refusent nos droits démocratiques, désarmer les armées capitalistes et armer le peuple travailleur, mettre les internationalistes à la tête des peuples qui subissent une oppression nationale et la retourner contre l'impérialisme, décapitaliser les accumulateurs de capitaux, c'est bel et bien cela, la négation de la négation révolutionnaire !</h2></div>
L'être humain est dialectique dans tous les domaines et à tous les niveaux
https://www.matierevolution.org/spip.php?article9330
https://www.matierevolution.org/spip.php?article93302025-11-08T23:05:00Ztext/htmlfrRobert Paris
<p>L'être humain est dialectique dans tous les domaines et à tous les niveaux ! <br class='autobr' />
Origines <br class='autobr' />
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7884 <br class='autobr' />
Croisement <br class='autobr' />
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5760 <br class='autobr' />
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6599 <br class='autobr' />
Evolution <br class='autobr' />
https://matierevolution.fr/spip.php?article6322 <br class='autobr' />
Espèce <br class='autobr' />
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3908 <br class='autobr' />
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2911 <br class='autobr' />
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2981</p>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique15" rel="directory">Chapter 10 : Natural and social dialectic - Dialectique naturelle et sociale</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">L'être humain est dialectique dans tous les domaines et à tous les niveaux !</h2>
<p>Origines</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7884" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7884</a></p>
<p>Croisement</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5760" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5760</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6599" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6599</a></p>
<p>Evolution</p>
<p><a href="https://matierevolution.fr/spip.php?article6322" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://matierevolution.fr/spip.php?article6322</a></p>
<p>Espèce</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3908" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3908</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2911" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2911</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2981" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2981</a></p>
<p>Hominisation</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article56" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article56</a></p>
<p>Sexualité</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4130" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4130</a></p>
<p>Pensée</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7976" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7976</a></p>
<p>Cerveau</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2143" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2143</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3189" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3189</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3364" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3364</a></p>
<p><a href="https://matierevolution.fr/spip.php?article4905" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://matierevolution.fr/spip.php?article4905</a></p>
<p>Intelligence</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1510" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1510</a></p>
<p>Génétique</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5143" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5143</a></p>
<p>Abstraction</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5053" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5053</a></p>
<p>Fable</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5225" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5225</a></p>
<p>Imagination</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4929" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4929</a></p>
<p>Rêve</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2700" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2700</a></p>
<p>Inconscient</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article193" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article193</a></p>
<p>Communauté</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3219" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3219</a></p>
<p>Société</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4963" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4963</a></p>
<p>Economie</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3210" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3210</a></p>
<p>Système</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8041" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8041</a></p>
<p>Histoire</p>
<p><a href="https://matierevolution.org/spip.php?article5952" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://matierevolution.org/spip.php?article5952</a></p>
<p>Révolution</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4774" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4774</a></p></div>
La nature est-elle dialectique ?
https://www.matierevolution.org/spip.php?article8754
https://www.matierevolution.org/spip.php?article87542025-09-03T22:16:00Ztext/htmlfrRobert ParisDialectic - DialectiqueSciences
<p>Pourquoi parler de dialectique de la nature ? <br class='autobr' />
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6947 <br class='autobr' />
Une dialectique est bel et bien à l'oeuvre dans la nature... <br class='autobr' />
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6 <br class='autobr' />
Engels avait fondamentalement raison <br class='autobr' />
https://www.marxists.org/francais/engels/works/1883/00/engels_dialectique_nature.pdf <br class='autobr' />
Introduction à la dialectique de la nature <br class='autobr' />
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article35 <br class='autobr' />
La dialectique de la nature est-elle nécessaire en (…)</p>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique15" rel="directory">Chapter 10 : Natural and social dialectic - Dialectique naturelle et sociale</a>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot60" rel="tag">Dialectic - Dialectique</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot245" rel="tag">Sciences</a>
<div class='rss_texte'><p>Pourquoi parler de dialectique de la nature ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6947" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6947</a></p>
<p>Une dialectique est bel et bien à l'oeuvre dans la nature...</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6</a></p>
<p>Engels avait fondamentalement raison</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/engels/works/1883/00/engels_dialectique_nature.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/engels/works/1883/00/engels_dialectique_nature.pdf</a></p>
<p>Introduction à la dialectique de la nature</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article35" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article35</a></p>
<p>La dialectique de la nature est-elle nécessaire en sciences ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2424" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2424</a></p>
<p>Encore et à nouveau sur la pensée dialectique de Friedrich Hegel</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6083" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6083</a></p>
<p>La matière est elle-même intrinsèquement dialectique</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5017" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5017</a></p>
<p>Philosophie dialectique et science moderne</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4659" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4659</a></p>
<p>Le matérialisme dialectique, c'est quoi ? De la fausse pensée stalinienne ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4178" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4178</a></p>
<p>La dialectique, un simple mode de pensée ?</p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article3777" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">http://www.matierevolution.org/spip.php?article3777</a></p>
<h2 class="spip">La nature est-elle dialectique ?</h2>
<p>George Novack</p>
<p>Le 7 décembre 1961, 6 000 jeunes se sont réunis dans un auditorium parisien pour écouter un débat sur la dialectique animé par quatre éminents savants français. [1] Une telle rencontre serait aussi improbable à New York que les récitals en plein air que donnent les poètes devant de grandes foules à Moscou. Différents pays, différentes coutumes et différents niveaux de développement culturel et intellectuel.</p>
<p>Les participants au symposium représentaient les deux philosophies les plus discutées de notre époque : l'existentialisme et le marxisme. Ni l'un ni l'autre courant de pensée n'a aux États-Unis ce que le premier a en Europe occidentale ou le second dans les pays communistes. La vie idéologique américaine est provinciale et est loin derrière les mouvements les plus avancés ailleurs.</p>
<p>Jean-Paul Sartre, peut-être l'homme de lettres vivant le plus influent, et Jean Hyppolite, professeur à la Sorbonne et érudit hégélien, ont soutenu le point de vue existentialiste. Roger Garaudy, du Bureau politique du Parti communiste français, directeur de son Centre d'études et de recherches marxistes et auteur de nombreux ouvrages philosophiques, et Jean-Pierre Vigier, l'un des principaux physiciens théoriciens français, ont parlé au nom du marxisme. Leur sujet était : « La dialectique est-elle uniquement une loi de l'histoire ou est-elle aussi une loi de la nature ? »</p>
<p>Il est possible d'adopter l'une des trois positions principales sur cette question. La première est que la dialectique est une pure métaphysique, un vestige de la théologie, une aberration de la logique, un verbiage dénué de sens qui n'a aucune référence à la réalité et qui est inutile à la pensée scientifique dans quelque domaine que ce soit. C'est l'opinion de presque tous les universitaires, scientifiques et ceux qu'ils ont formés dans les universités des États-Unis et d'Angleterre, où règnent l'empirisme, le positivisme et le pragmatisme.</p>
<p>Une autre est que la dialectique est valable dans certains domaines mais pas dans d'autres. Les adeptes de la dialectique partielle soutiennent généralement que ses lois s'appliquent aux processus mentaux ou sociaux mais pas à la nature. Pour eux, une dialectique de la nature appartient à l'idéalisme hégélien et non à un matérialisme cohérent. Cette position a été défendue par un certain nombre de marxistes et semi-marxistes. C'est le point de vue des existentialistes Sartre et Hyppolite.</p>
<p>La troisième position est que le matérialisme dialectique traite de l'univers tout entier et que sa logique s'applique à tous les secteurs constitutifs de la réalité qui entrent dans l'expérience humaine : la nature, la société et la pensée. Les lois de la dialectique, nées de l'étude des processus universels de devenir et des modes d'être, s'appliquent à tous les phénomènes. Bien que chaque niveau d'être ait ses propres lois spécifiques, celles-ci se confondent avec des lois générales couvrant toutes les sphères de l'existence et du développement, qui constituent le contenu et façonnent la méthode de la dialectique matérialiste. Cette vision, défendue par les créateurs du socialisme scientifique et leurs authentiques disciples, a été défendue dans le débat par Garaudy, Vigier et le président Jean Orcel, professeur de minéralogie au Muséum national d'histoire naturelle.</p>
<p>Un Américain trouverait étrange que la controverse sur cette question n'ait lieu qu'entre deux écoles de dialecticiens, l'une fragmentaire, l'autre approfondie. Aujourd'hui, très peu de gens aux États-Unis sont convaincus que la logique dialectique, quelle qu'elle soit, mérite d'être sérieusement prise en considération.</p>
<p>Un large éventail d'attitudes à l'égard du marxisme se manifeste en Union soviétique, aux États-Unis et en France. Aux États-Unis, où le capitalisme règne en maître, tout ce qui est associé au socialisme et au communisme est déprécié, voire tabou. Le marxisme est considéré comme obsolète et sa philosophie fausse.</p>
<p>En Union soviétique, où la révolution socialiste a aboli le capitalisme il y a plusieurs décennies, le matérialisme dialectique est la philosophie d'État. Sous Staline, en effet, elle s'est scolastique et sclérosée, comme l'admet Vigier et comme en témoigne Hyppolite. Ce dernier raconte comment, lors d'une récente visite, l'Académie soviétique des sciences a réussi à le faire parler aux étudiants de mécanisme au lieu d'existentialisme, comme il le souhaitait. Cependant, toutes les questions qui ont suivi sa conférence concernaient l'existentialisme. « Il me semble que la jeunesse était fortement intéressée par la philosophie existentielle de Sartre », observe-t-il sèchement.</p>
<p>Le climat intellectuel et politique de la France se situe entre celui des principaux adversaires de la guerre froide. Il existe une tension vive et des échanges continus entre les courants de pensée marxistes et non marxistes, et en particulier entre les existentialistes athées politiquement orientés tels que Sartre et divers représentants du marxisme. Sartre et C. Wright Mills reflètent les différences idéologiques entre leurs deux pays. Mills occupait une place parmi les intellectuels radicaux dans le monde anglophone comme celle de Sartre en Europe. Pourtant, dans son dernier ouvrage, Les Marxistes , Mills rejetait les lois de la dialectique comme quelque chose de « mystérieux, que Marx n'explique jamais clairement mais que ses disciples prétendent utiliser ». En fait, même cette référence en note de bas de page a été ajoutée après coup à son manuscrit original par respect pour les critiques amicales.</p>
<p>Un tel black-out de la dialectique serait impensable pour Sartre. Il a fait ses études et vit dans un environnement où les philosophies hégélienne et marxiste sont prises au sérieux, sur un continent où le socialisme scientifique a influencé la vie intellectuelle et publique depuis près d'un siècle, et dans un pays où le Parti communiste obtient un quart des voix et a l'allégeance d'une grande partie de la classe ouvrière. Il a développé ses propres idées au contact et en compétition avec le marxisme, depuis le moment où il a proposé la philosophie de l'existence comme sa rivale jusqu'au stade actuel où il conçoit l'existentialisme comme une idéologie subordonnée au marxisme qui aspire à le rénover et à l'enrichir.</p>
<p>Mills n'a retenu du marxisme que les éléments qui convenaient à sa sociologie empirique et à son orientation vers la Nouvelle Gauche. Il a coupé le cœur dialectique de la méthode de pensée marxiste et a présenté ce qui restait comme l'organisme tout entier. Sartre a une plus grande estime pour la dialectique. Mais comme nous le verrons, lui aussi n'accepte que ce qui peut s'adapter à son existentialisme marxisé.</p>
<p>La transcription de ce débat parisien entre existentialistes et marxistes mérite d'être examinée en détail car bon nombre des principales objections à la dialectique matérialiste ont été posées et répondues à la lumière des développements scientifiques actuels.</p>
<p>La position de Sartre contre une dialectique de la nature est tout à fait différente de celle d'un pragmatiste ou d'un positiviste américain. Ses arguments sont typiquement existentialistes.</p>
<p>Il reconnaît que l'histoire et la connaissance sont des processus dialectiques parce qu'ils sont créés par l'humanité et que l'humanité participe à leur développement. Il existe un matérialisme historique mais pas de matérialisme dialectique. La dialectique est interne à l'histoire. Le domaine de la dialectique ne peut pas dépasser la pratique humaine. Il est illégitime d'étendre les lois dialectiques à des phénomènes non historiques et non humains. Sartre présente trois raisons principales pour cette restriction :</p>
<p>1. La dialectique ne traite que de totalités concrètes que les êtres humains eux-mêmes ont « totalisées » par la pratique. L'histoire et la société sont telles. La nature, en revanche, ne constitue pas un tout intégré. La nature peut être infinie, voire contenir une infinité d'infinis. Mais il s'agit de totalités fragmentées qui n'ont aucune unité intérieure, aucune interconnexion universelle et nécessaire. La désunion de la nature interdit toute dialectique universelle.</p>
<p>2. Les contradictions qui opèrent dans l'histoire ne peuvent pas être les mêmes que les antagonismes de la nature. Les contradictions sociales reposent sur le conditionnement réciproque et l'interpénétration organique de leurs camps opposés par la médiation humaine. Les forces opposées à l'intérieur d'un système physico-chimique ne sont pas ainsi interactives et interdépendantes. La matière brute, la « pratico-inerte », est disjointe, dispersée, résistante au mouvement dialectique.</p>
<p>3. Nous pouvons connaître la société et l'histoire de l'intérieur, telles qu'elles sont réellement, car elles sont l'œuvre de l'humanité, le résultat de notre décision et de notre action. Leurs liens dialectiques se révèlent à travers l'interaction contradictoire du sujet et de la situation. Mais les phénomènes physiques restent extérieurs à nous et aux autres objets. Ils sont opaques à notre vision. Nous ne pouvons pas pénétrer dans leur véritable nature intérieure et saisir leur essence.</p>
<p>En résumé, la nature doit être non dialectique en raison de sa désunion, de son absence de contradiction, de son externalité et de son inertie insurmontables. Le seul matérialisme dialectique possible est le matérialisme historique, qui considère notre établissement de relations avec le reste de la réalité du point de vue de notre action sur elle.</p>
<p>Les marxistes orthodoxes reviennent à la théologie et à la métaphysique, dit Sartre, en étendant les lois dialectiques sur la nature sur des bases purement philosophiques ou méthodologiques. Il admet cependant que les lois dialectiques peuvent, à un moment donné, s'avérer applicables à la nature. Mais seulement par analogie. Cela implique actuellement une extrapolation risquée, qui doit attendre d'être vérifiée par de nouvelles découvertes par les naturalistes. Et même s'ils découvraient que les processus physiques ressemblent au type dialectique et commençaient à utiliser des modèles dialectiques dans leurs recherches, cela ne fournirait aucun aperçu de la nature de la nature, aucune véritable connaissance de ses caractéristiques essentielles.</p>
<p>Ainsi l'existentialiste Sartre se révèle être un positiviste dans son dernier mot sur les relations possibles de la dialectique avec le monde physique. Pour lui, les idées de cette logique ne peuvent être que des hypothèses pratiques sous forme métaphorique qui peuvent aider les scientifiques à ordonner et à clarifier leurs données mais ne peuvent pas refléter le contenu de la nature.</p>
<p>Sartre n'est pas cohérent dans ses efforts pour emprisonner la dialectique dans le monde social et la supprimer des phénomènes préhumains et non humains. Ses arguments contre la dialectique de la nature sont exposés plus en détail dans son ouvrage philosophique de 755 pages de 1960, Critique de la raison dialectique , dont la première partie a été publiée ici en 1963 sous le titre Recherche d'une méthode . Il y admet que la matière vivante, au moins, peut se développer dialectiquement. Sartre écrit : « L'organisme engendre le négatif comme ce qui rompt son unité ; la désassimilation et l'excrétion sont encore des formes opaques et biologiques de négation dans la mesure où elles sont un mouvement orienté vers le rejet. » Cette exception ouvre une brèche dans sa position. Garaudy observe à juste titre qu'une fois que Sartre aura reconnu que la négation et la totalisation existent dans l'état préhumain, il sera difficile de s'arrêter à mi-chemin et de confiner la dialectique à la biologie sans étendre sa juridiction au reste de la nature.</p>
<p>Dans sa réponse à Sartre, qui souhaite ne voir dans la nature que des unités partielles ou des totalités spécifiques, Vigier souligne que la nature est un tout composé de myriades de parties. La réalité de l'univers dans lequel nous habitons est à la fois matérielle et dialectique. Son unité s'exprime dans une série infinie de niveaux d'existence. Chacun des domaines spécifiques de l'être qui constituent collectivement l'univers matériel est fini, partiel ; il n'incorpore qu'un aspect limité de l'ensemble.</p>
<p>En elle-même, la nature est infinie et inépuisable. Il génère sans cesse de nouvelles propriétés, modes et champs d'existence. Il n'y a aucune limite à ce qu'elle a été, à ce qu'elle est aujourd'hui, à ce qu'elle peut devenir. L'une des erreurs majeures de la pensée mécanique et métaphysique sur la nature, dit Vigier, est l'idée qu'elle repose sur des éléments ultimes à partir desquels tout le reste découle et avec lesquels le reste de la réalité peut être construit. Cette conception, qui remonte aux atomistes grecs, a été reprise par les naturalistes qui croyaient que les molécules, les atomes, puis les particules « élémentaires » étaient les éléments de base de l'univers tout entier.</p>
<p>En réalité, la science s'est développée selon des axes différents, tant en ce qui concerne l'univers dans son ensemble (le macrocosme) que le domaine subatomique (le microcosme). Il n'y a pas de fin prévisible aux phénomènes astronomiques ni à leur découverte, comme l'indiquent les « trous noirs » récemment découverts. Ce qui semble immobile à un niveau est en réalité en mouvement à un autre niveau. Il n'existe en principe aucun élément irréductible ou immuable dans la nature. Cela vient d'être confirmé à nouveau par la reconnaissance du fait que les particules dites élémentaires ne peuvent plus être considérées comme les objets ultimes de la microphysique. De nouvelles microparticules apparaissent sans cesse, révélant des mouvements et des antagonismes plus profonds.</p>
<p>L'histoire et la pratique des sciences démontrent que diverses totalités existent dans la nature ainsi que dans l'histoire humaine. Vigier souligne que les organismes vivants sont des totalités qui peuvent être décomposées en totalités plus fines comme les molécules géantes. Plus loin, la Terre, le système solaire, notre galaxie et tous les systèmes galactiques pris ensemble peuvent être abordés et analysés comme des totalités sans tenir compte de leurs fluctuations détaillées. Les totalités distinctes que l'on trouve tout autour de nous dans la nature sont relatives, partielles et limitées. Pourtant, loin de nier l'unité de la nature, ils la constituent et la confirment.</p>
<p>Les expériences montrent que, quelle que soit la complexité de la biochimie de la vie, ses processus sont fondamentalement les mêmes, depuis les algues jusqu'à l'organisme humain. Nous sommes nous-mêmes constitués de stars. Il a été établi que l'univers possède une chimie commune, tout comme toutes les formes de vie sur Terre partagent des lois biologiques similaires. Les mêmes éléments qui composent la Terre et ses habitants sont présents dans les régions stellaires les plus reculées.</p>
<p>L'unité substantielle de la nature s'affirme non seulement dans ses composantes structurelles, mais aussi dans ses étapes et ses modes de développement. La science remplit rapidement un vaste panorama de progrès cosmiques. On ne sait pas avec certitude comment l'univers observable est né, voire pas du tout. Mais il a certainement évolué – depuis la création des éléments, la constitution des galaxies stellaires et d'autres phénomènes célestes jusqu'à la naissance de notre système solaire et la formation de la croûte terrestre et de l'atmosphère. Puis il s'est passé aux conditions chimiques nécessaires aux réactions primaires conduisant aux premières formes de vie, en passant par les transformations des espèces organiques, jusqu'à l'avènement de l'humanité. Tout cela a atteint son paroxysme avec la naissance et le progrès de la société au cours des derniers millions d'années.</p>
<p>Ce processus unifié de développement est la véritable base de l'universalité de la dialectique, qui soutient que tout est lié et interactif, en mouvement et en changement continus, et que ce changement est le résultat des conflits de forces opposées au sein de la nature ainsi que du tout ce qu'on y trouve.</p>
<p>Affirmer que tout est en dernière analyse lié à tout le reste n'annule pas l'autonomie relative des formations spécifiques et des choses singulières. Mais la séparation d'une chose d'une autre, ses distinctions qualitatives d'avec tout le reste, s'effondrent à un certain moment dans le temps et dans l'espace. Tant que les forces opposées sont en équilibre, la totalité apparaît stable, harmonieuse, au repos – et elle l'est réellement. Mais c'est une condition transitoire. Tôt ou tard, des altérations dans le rapport interne des forces et des interactions avec d'autres processus de l'environnement perturbent l'équilibre atteint, génèrent une instabilité et peuvent aboutir à la perturbation et à la destruction des formations les plus dures et rapides. La dialectique est fondamentalement la manière la plus cohérente de penser les interconnexions universelles des choses dans l'ensemble de leur développement.</p>
<p>III</p>
<p>En plus de nier l'unité de la nature, Sartre tente d'ériger des barrières infranchissables entre les différents ordres d'existence en séparant la nature de l'histoire humaine. Est-ce justifié par les faits ? Il y a eu une interruption profonde dans la continuité de l'évolution naturelle, un saut qualitatif, lorsque l'humanité s'est élevée au-dessus des autres primates grâce au processus de travail. Il existe des différences fondamentales entre la nature et la société ; ils ont des lois de développement différentes. Mais il n'y a pas de fossé infranchissable entre eux.</p>
<p>Tout comme l'inorganique a donné naissance à l'organique, qui à son tour et avec le temps a engendré la vie sociale, champ distinctif de l'action humaine. Mais les trois secteurs de la réalité restent en communion la plus étroite. Les éléments chimiques (azote, carbone, hydrogène, oxygène) qui entrent dans le métabolisme total des organismes par la consommation alimentaire, l'inhalation, l'expiration, l'utilisation et la dégradation internes, l'excrétion et l'élimination, retournent dans l'atmosphère, la terre et l'eau pour être réutilisés. Notre économie ainsi que notre physiologie présentent l'unité incassable des divers niveaux d'être. L'agriculteur qui laboure le sol avec une charrue tirée par des animaux et l'ensemence, rassemble les forces minérales, botaniques, zoologiques et humaines dans le processus unifié de production alimentaire.</p>
<p>L'inanimé, l'animé et le social appartiennent à un seul courant d'existence matérielle et d'évolution aux courants sans fin.</p>
<p>Les oppositions dans la nature sont-elles si radicalement différentes des contradictions dans la vie de l'humanité, comme le prétend Sartre ? Les contradictions à tous les niveaux de l'existence ont leurs caractéristiques particulières, qui doivent être découvertes au cours de l'expérience pratique et formulées dans la recherche scientifique. La loi sociologique selon laquelle, à mesure que la technologie se développe, les forces productives de l'humanité tendent à dépasser et à entrer en conflit avec les relations de production et les formes de propriété dans lesquelles elles sont enfermées, est très différente des lois du mouvement d'Isaac Newton.</p>
<p>Cela signifie-t-il que les processus physiques et sociaux n'ont pas de dénominateurs communs ? Le marxisme soutient qu'il existe des lois générales de l'être et du devenir qui tiennent compte à la fois des identités et des différences, persistantes et changeantes, dans le monde réel. Ils englobent à la fois la nature et la vie humaine et peuvent s'exprimer sous forme de lois de la pensée logique. Dans l'inventaire des lois de la dialectique figurent l'interpénétration des contraires, le passage de la quantité à la qualité, la négation de la négation, le conflit de la forme et du contenu, et bien d'autres. Ils sont aussi pertinents pour la nature que pour la société car ils sont enracinés dans le monde objectif.</p>
<p>Vigier observe que « les antagonismes internes (c'est-à-dire l'assemblage de forces qui évoluent nécessairement dans des sens contraires) illustrent la nature de la contradiction ». L'unité des contraires s'entend comme l'unité des éléments sur un même plan qui engendre les phénomènes de contradiction. un niveau supérieur. La transformation de la quantité en qualité est interprétée comme la rupture brutale de l'équilibre au sein d'un système (par exemple la destruction d'une des forces antagonistes), qui modifie l'équilibre et donne naissance à un phénomène qualitativement nouveau au milieu duquel de nouvelles contradictions apparaître.</p>
<p>Vigier cite les progrès de la physique moderne comme preuve des propriétés intrinsèquement contradictoires des systèmes analysés, qui contiennent à la fois simplicité et complexité, inertie et mouvement violent. « Les éléments matériels considérés comme inertes à un certain niveau, par exemple les corps macroscopiques décrits par la physique classique, se révèlent à l'analyse prodigieusement complexes et mobiles à mesure que les connaissances scientifiques progressent. A notre échelle cette table peut me paraître inerte, mais on sait qu'elle est composée de molécules en mouvement extrêmement complexe et violent. Ces molécules elles-mêmes peuvent être décomposées en atomes mobiles lorsque je pousse l'analyse beaucoup plus loin. Enfin, les atomes eux-mêmes se divisent en « particules élémentaires » qui à leur tour révèlent des structures internes tout aussi mobiles et complexes. »</p>
<p>Le mouvement traité dans la microphysique contemporaine n'est pas considéré comme le simple déplacement d'un élément inerte d'un point à un autre mais plutôt comme un mouvement oscillatoire violent qui se développe en un point au point de se détruire dans la position immédiatement précédente. Chaque côté de ce double processus d'annihilation et de création conditionne réciproquement l'autre.</p>
<p>Le nouveau émerge de l'ancien dans la nature par voie de contradiction, c'est-à-dire en niant les propriétés essentielles de la forme d'être antérieure et en absorbant ses éléments reconstitués dans une synthèse supérieure. Les sauts majeurs d'un état qualitatif à un autre ont lieu aux frontières de l'évolution, là où un état de la matière passe à un autre.</p>
<p>Les biochimistes cherchent désormais à connaître et à dupliquer les étapes successives par lesquelles des réactions purement chimiques ont produit les premiers mécanismes biochimiques. Bien que l'inorganique soit la matrice, la mère de la vie, la vie sur terre est quelque chose de radicalement nouveau. Dans son ensemble, c'est autre chose et plus qu'un processus chimique ; il possède des structures, des propriétés et des pouvoirs qui vont bien au-delà de son prédécesseur. "Il faut chercher dans le minéral l'origine des processus et des matériaux du monde organique", dit JD Bernal, physicien britannique, "mais la vie elle-même représente une étape capitale dans l'évolution de la matière : le confinement de la matière". des processus chimiques continus dans un volume limité.</p>
<p>La logique formelle, qui repose sur une identité abstraite ou simple (A est égal à A), est trop unilatérale pour expliquer cette négation d'un état de la matière et sa transformation en son contraire, en l'occurrence le sans vie en vivant, car elle exclut de ses prémisses la différence et la contradiction réelles, qui sont le développement extrême de la différence. Mais l'unité des opposés (A égale non-A), qui rend la contradiction explicite et intelligible, peut expliquer cette transition, qui s'est réellement produite sur terre. L'émergence de la vie à partir du non-vivant confirme à son tour le fondement objectif dans la nature de cette loi de contradiction concrète, pierre angulaire de la logique dialectique.</p>
<p>Selon Sartre, nous ne pouvons connaître l'intérieur de la nature parce que ce n'est pas l'œuvre de l'humanité. Les phénomènes physico-chimiques nous sont-ils inaccessibles parce que nous n'avons pas avec eux un contact aussi direct qu'avec l'histoire ? Certes, remarque Vigier, il faut fabriquer et employer des dispositifs expérimentaux pour aller au plus profond des choses. Mais grâce à ces instruments, nous découvrons leurs propriétés réelles et leurs relations internes.</p>
<p>Comment pouvons-nous être sûrs que nos idées correspondent réellement à ce qu'est la nature « en elle-même » ? Cette question n'est pas nouvelle pour la philosophie, et le marxisme a développé une théorie de la connaissance pour y répondre. Sartre, comme Emmanuel Kant, fonde son agnosticisme sur le caractère prétendument impénétrable de la matérialité. Garaudy souligne que si les relations entre le sujet et l'objet, entre l'humain et le non-humain, peuvent être initialement opaques, elles peuvent être rendues de plus en plus transparentes par la pratique et la théorie.</p>
<p>La preuve que nous savons ce que sont réellement les choses vient d'une pratique utile. Des masses solaires aux particules subatomiques, nous manipulons les matériaux et dirigeons les opérations de la nature pour nos objectifs sociaux.</p>
<p>Si nous projetons par l'action une idée ou une hypothèse scientifique sur le monde matériel ou une partie de celui-ci, nous recevons une réponse, négative ou affirmative. Soit l'idée correspond à la situation, soit elle ne le fait pas. Les deux réponses nous permettent de traiter, et finalement de comprendre, les caractéristiques et les fonctions de la nature. Ils révèlent non seulement le mouvement mais aussi la structure de la réalité.</p>
<p>Une nouvelle hypothèse ne détruit pas simplement l'ancienne, conduisant à des résultats nuls dans l'histoire de la pensée. L'hypothèse supérieure qui remplace l'hypothèse la plus grossière et la plus étroite contient en elle tout ce qui reste valable et précieux dans son prédécesseur dépassé et abandonné, comme une cisaille automatique conserve le tranchant de la pierre ébréchée et que la théorie de la relativité d'Albert Einstein inclut et explique ce qui est vrai. et utile en physique newtonienne. La connaissance progresse et s'accumule de cette manière dialectique. Il est ainsi possible d'approfondir notre compréhension et d'étendre notre contrôle. Même si nous n'apprenons jamais tout sur la nature, les connaissances vérifiées acquises grâce à des recherches sans fin nous permettent de sonder toujours plus profondément ses recoins.</p>
<p>La question en litige est de savoir si la structure et le mouvement de la nature révélés par la science et l'expérience sont tels que seule une méthode de pensée dialectique rend les phénomènes intelligibles et gérables. Sartre élude une réponse définitive à cette question en enfermant la nature dans une externalité infranchissable, sans fenêtres par lesquelles nous pouvons regarder et atteindre. Il rejette la conception marxiste selon laquelle la connaissance humaine reflète la réalité objective.</p>
<p>Garaudy est obligé de dissiper deux malentendus courants à propos de cette théorie sur laquelle Sartre joue. Le terme « réflexion » ne signifie pas que la connaissance est un phénomène passif qui se contente de dupliquer l'objet, comme une image dans un miroir, ou de le reproduire mécaniquement, comme une machine à tamponner. Le processus de conception est plus complexe et actif. Né du travail et de la pratique quotidienne, stimulé par les difficultés de la vie, l'esprit humain invente des idées et des hypothèses et essaie divers moyens pour les vérifier. De plus, la connaissance ne dérive pas simplement de la sensation – qui donne un contact immédiat avec le monde extérieur – comme l'enseignaient les premiers empiristes. Elle est essentiellement historique, produit d'une pratique sociale prolongée et de modifications complexes de la pensée dans ses ajustements à la réalité, qui restent à jamais incomplètes.</p>
<p>Cela est également vrai pour la dialectique de la nature. Elle n'est pas imposée a priori ou volontairement à la nature, comme le prétend Sartre. Il représente les conclusions vérifiées, les formulations systématiques de l'expérience pratique, de l'investigation scientifique et de la pensée critique s'étendant d'Héraclite à Hegel. Comme d'autres acquisitions théoriques, elle est projetée dans le futur comme guide pour une enquête plus approfondie sur la réalité concrète.</p>
<p>Mais si le marxisme a rejeté les versions passives, simplistes et non évolutionnistes du processus de pensée des écoles matérialistes précédentes, depuis Épicure jusqu'aux sensationnalistes du XVIIIe siècle, il affirme avec elles que la réflexion conceptuelle fait ressortir et définit les qualités et les relations essentielles des des choses. La nature est antérieure à la conscience. Il existe un lien interne entre ce qui existe et ce qui est connu – et même la manière dont cela est connu. L'ordre des idées, comme le disait Benoît Spinoza, correspond effectivement à l'ordre des choses.</p>
<p>Hyppolite formule deux accusations contre l'interprétation marxiste de la dialectique. D'une part, il vise à rendre la nature historique en y important des lois dialectiques, et d'autre part, il tente de « naturiser » l'histoire en la soumettant aux mêmes lois que le monde physique. Il souhaite garder l'histoire et la nature dans des compartiments totalement séparés.</p>
<p>Ceci est étranger à la réalité. La nature est de part en part historique. Vigier souligne comment, « à partir de l'histoire de la biologie et des sciences humaines, l'idée d'évolution a progressivement envahi l'ensemble des sciences : après l'astronomie elle fait aujourd'hui irruption dans la chimie et la physique ». L'évolution, l'analyse en termes de développement est pour nous précisément la racine logique profonde de la dialectique de la nature. On peut même dire que, d'une certaine manière, tout progrès scientifique s'effectue dans la ligne de l'abandon des descriptions statiques au profit d'analyses dynamiques combinant les propriétés intrinsèques des phénomènes analysés. Pour nous, la science progresse de Cuvier à Darwin, du statique au dynamique, de la logique formelle à la logique dialectique.</p>
<p>La nature et la société forment deux parties d'un même processus historique. Mais ce sont des éléments fondamentalement différents et contradictoires. D'autres êtres vivants ont une histoire faite pour eux ; nous créons notre propre histoire.</p>
<p>Les animaux dépendent de la nourriture disponible et d'autres caractéristiques de leur environnement pour survivre ; ils ne peuvent pas modifier ou abandonner leurs organes spécialisés et leur mode de vie pour faire face à des changements soudains. Des espèces entières peuvent périr lorsque leurs habitats changent trop rapidement et trop radicalement. Les humains, en revanche, ne sont soumis à aucun environnement ni mode d'adaptation particulier. Nous pouvons nous adapter aux nouvelles conditions, faire face aux changements et même les instaurer en inventant de nouveaux outils et techniques et en produisant ce dont nous avons besoin.</p>
<p>Jusqu'à présent, le développement social a repris certains traits du développement naturel parce qu'il s'est déroulé dans l'ensemble de manière inconsciente et incontrôlée. Le cours de la société a été déterminé non par les objectifs humains, mais par les résultats involontaires du fonctionnement des forces productives. Mais l'histoire humaine a atteint le point où elle peut abandonner son automatisme aveugle et s'engager dans un type de développement entièrement différent. En découvrant les lois du développement social et en agissant collectivement en conséquence, nous pouvons prendre le contrôle de la société et planifier consciemment sa croissance future.</p>
<p>III</p>
<p>Hyppolite et Sartre accusent le marxisme d'instituer un nouveau dogmatisme en présentant un système de pensée figé et achevé sur le monde. Les derniers mots d'Hyppolite dans le débat sont : « Vous risquez de nous donner une sorte de dialectique, sous prétexte de dialectique de la nature, qui serait une pensée spéculative (c'est-à-dire idéaliste), à certains égards une pensée théologique, voire théologique. bien que vous niiez une telle intention. » Sartre soutient que la dialectique marxiste est un système figé basé sur un nombre limité de lois, les trois mentionnées par Engels dans Dialectique de la nature .</p>
<p>Sartre a raison de dire que les lois de la logique ne sont pas limitées. Mais il en va de même pour le véritable marxisme, même si certains doctrinaires de l'école stalinienne ont cherché à les limiter. Le philosophe français Henri Lefebvre a ridiculisé un responsable du Parti communiste français qui lui avait déclaré d'un air suffisant : « La maison [de la pensée dialectique] est terminée ; il ne reste plus qu'à poser les tapisseries.</p>
<p>"Il n'existe pas de liste fermée, achevée et définitive des lois dialectiques", dit Garaudy. "Les lois actuellement connues constituent un bilan provisoire de nos connaissances. D'autres pratiques sociales et expériences scientifiques nous permettront de les enrichir et de les étendre." Bien que les lois dialectiques découvertes et formulées jusqu'à présent aient un contenu défini et une portée universelle, ils ne sont ni achevés ni immuables. Le nombre et la nature des lois de la logique ont changé au cours des 2 500 dernières années. Ils continueront à se transformer au fur et à mesure du développement de la nature, de la société et des connaissances.</p>
<p>Sartre s'efforce d'assurer une base objective à la dialectique en la situant exclusivement dans la pratique humaine. "Si nous refusons de voir le mouvement dialectique originel dans l'individu et dans son entreprise de produire sa vie, de s'objectiver, alors il faudra renoncer à la dialectique ou bien en faire la loi immanente de l'histoire", écrit-il. dans Rechercher une méthode . Il s'agit d'une description très trompeuse du mouvement dialectique, même au sein de l'histoire humaine. Le développement dialectique de la société procède non de l'action et de la décision de l'individu isolé dans une situation concrète, mais du travail du groupe, d'abord dans la lutte contre la nature, puis dans le conflit des classes. Les composantes subjectives du tout – comme la psychologie individuelle – qui préoccupent tant les existentialistes, sont des éléments intégraux et subordonnés de ce processus historique objectif et en tirent leur validité et leur signification.</p>
<p>Dans la relation réciproque par laquelle la pratique humaine transforme et maîtrise l'environnement, la nature conserve la priorité existentielle, même si cela heurte la subjectivité du philosophe existentialiste.</p>
<p>L'origine même de la pratique humaine nécessite une explication. Les activités distinctives qui ont séparé l'humanité de la condition animale ont pour origine l'utilisation et la fabrication d'outils et d'armes pour obtenir les moyens de subsistance. Mais ce nouveau type d'activité, qui est à la base de la société, est né de processus naturels antérieurs de plusieurs milliards d'années aux pratiques humaines.</p>
<p>À l'échelle de l'évolution, l'activité animale a précédé la pratique humaine, qui en était une émanation qualitativement nouvelle. Lorsque les premiers poissons ont développé des poumons, sont venus vivre sur la terre ferme et se sont transformés en amphibiens, il s'agissait d'un changement dialectique dans la nature organique. Par les mécanismes naturels de l'évolution des espèces, le poisson, pour reprendre le langage de Sartre, « s'est objectivé » en autre chose.</p>
<p>La dialectique de l'histoire humaine est née de cette dialectique de la nature. Elle trouve son origine dans la conversion des premiers primates en humains, le plus significatif de tous les développements contradictoires de la matière. L'élévation de l'humanité au-dessus de l'animalité a été la plus grande rupture dans la continuité de l'évolution de la nature. La disjonction qualitative entre nous et les autres espèces est si profonde que Sartre s'en sert pour exclure la dialectique de la nature.</p>
<p>Il est ici déconcerté par une véritable contradiction. Les êtres humains sont à la fois des créatures de la nature et une rupture avec celle-ci. Lorsque l'humain est considéré comme un animal de haut niveau, différent en degré mais pas en nature des autres êtres vivants, la nature essentielle et distinctive de l'humanité est effacée. La vie humaine, qui découle de la production de moyens de subsistance par des outils et des armes, est quelque chose de radicalement nouveau par rapport à l'animal en quête de nourriture. Le processus de travail est le début de la société et fournit la plate-forme au mouvement dialectique de l'histoire. Des changements fondamentaux dans l'organisation de ce processus de travail constituent des étapes décisives dans le progrès ultérieur de l'humanité.</p>
<p>Mais les processus qui ont humanisé nos ancêtres primates étaient à la fois un prolongement de la nature brute et un niveau au-dessus et au-delà d'elle. Tout comme il y a à la fois continuité et discontinuité dans la transition du singe à l'humain, de même il existe une continuité et une discontinuité comparables entre la dialectique de la nature et celle de l'histoire. La dialectique de la nature a des formes différentes et procède selon des lois différentes de celles de la dialectique de l'évolution sociale. C'est la préhistoire de la dialectique humaine, sa condition préalable. L'un passe à l'autre à mesure que l'humanité a créé ses propres caractéristiques qui se distinguent du reste de la nature.</p>
<p>L'évolution de la vie humaine à travers la pratique sociale n'est que le chapitre culminant de l'évolution de la matière. La dialectique de l'histoire humaine, qui est pour Sartre l'aboutissement de la dialectique, est le dernier épisode de la dialectique universelle.</p>
<p>La conception subjectiviste et anthropocentrique de Sartre du mouvement dialectique est démentie par les dernières découvertes de la science moderne. Les scientifiques affirment désormais que des milliards de planètes sont propices à la création de la vie et qu'elles pourraient très probablement être peuplées d'organismes intelligents. Il y a 100 millions de planètes éligibles rien que dans notre galaxie ! L'humanité n'est qu'une manifestation de la vie, habitant une petite planète d'un système solaire aux confins d'une galaxie ordinaire dans un univers explorable de milliards de galaxies contenant d'autres spécimens de vie – et dans certains cas plus élevés.</p>
<p>Cet ajout remarquable à nos connaissances n'enlève rien à la valeur et à l'importance de la vie sur terre pour nous. Après tout, l'amélioration de notre propre pratique et théorie scientifiques nous a conduit à cette idée. Mais cela devrait servir à placer notre existence dans des proportions et une perspective cosmiques appropriées. La dialectique ne peut pas plus être limitée aux habitants de notre planète que la vie et l'intelligence.</p>
<p>L'existentialiste ressent et rejette le rationalisme et l'objectivité de la science. Cela nous éloignerait soi-disant de l'être réel, qui doit être perpétuellement recherché, sans toutefois jamais être atteint, grâce à l'effort toujours renouvelé et toujours déjoué de la conscience individuelle pour dépasser notre condition humaine. Le destin terrible du genre humain est comme « le désir du papillon pour l'étoile/la nuit pour le lendemain/la dévotion à quelque chose de lointain/de la sphère de notre douleur ».</p>
<p>Ainsi, Sartre, existentialiste exaspéré, lance comme atout contre la dialectique de la nature la crise actuelle de la science. "Il n'y a jamais eu, je crois, de crise aussi grave que celle actuelle dans la science", crie-t-il à Vigier. " Alors, quand vous viendrez nous parler de votre science achevée, formée, solide et que vous voudrez nous y dissoudre, vous comprendrez notre réserve. "</p>
<p>Vigier répond calmement : « La science progresse par crises de la même manière que l'histoire ; c'est ce que nous appelons le progrès. Les crises sont le fondement même du progrès. » Et il conclut : « La pratique même de la science, son progrès, la manière même dont elle passe aujourd'hui d'une analyse statique à une analyse dynamique du monde, voilà précisément ce qui est en cause. élaborant progressivement sous nos yeux la dialectique de la nature – La dialectique de la nature est tout simplement l'effort de la philosophie de notre temps – de la philosophie la plus encyclopédique, c'est-à-dire le marxisme, pour appréhender le monde et le changer.</p>
<p>Cette affirmation retentissante paraîtra bizarre aux scientifiques anglo-américains qui pourraient respecter Vigier pour son travail de physicien. Ils disqualifient sommairement la logique dialectique au motif que, quel que soit son intérêt philosophique ou politique, elle n'a aucune valeur pour promouvoir une quelconque entreprise de sciences naturelles. Si la méthode est valide, disent les antidialecticiens, alors une application ciblée par ses partisans devrait se révéler capable de produire de nouvelles théories importantes et des résultats pratiques dans des domaines autres que le social. Les marxistes sont mis au défi de citer des cas où la méthode dialectique a effectivement conduit à de nouvelles découvertes et n'a pas simplement démontré après coup que des découvertes scientifiques spécifiques sont conformes aux généralisations de la logique dialectique.</p>
<p>La contribution la plus remarquable de ce type au cours des dernières décennies a été les théories d'Oparin sur l'origine de la vie, qui sont largement acceptées et ont stimulé des travaux fructueux sur les problèmes de la biogenèse et de la génétique. La théorie du scientifique soviétique repose sur l'hypothèse selon laquelle la formation aléatoire et l'interaction de molécules de plus en plus complexes ont donné naissance aux formes les plus simples de matière vivante, qui ont ensuite commencé à se reproduire aux dépens de la matière organique environnante.</p>
<p>Oparin a consciemment utilisé des principes de dialectique matérialiste tels que la transformation de la quantité en qualité, l'interruption de la continuité (évolution par sauts) et la conversion des fluctuations fortuites en processus réguliers et propriétés définies de la matière, pour initier une nouvelle ligne d'approche efficace vers l'un des problèmes centraux de la science : comment la nature inanimée a-t-elle généré la vie sur terre ? De tels cas se multiplieraient sans aucun doute si davantage de scientifiques praticiens étaient mieux informés sur la méthode de pensée marxiste.</p>
<p>III</p>
<p>La crise de la méthode au sein de la science n'est qu'un aspect de la crise plus générale de la civilisation moderne. Cela est devenu des plus atroces dans les conséquences mortelles de la science physique sous les auspices capitalistes. La dialectique de la nature manifestée dans la fission et la fusion des atomes a fusionné avec la dialectique de l'histoire dans la plus monstrueuse et la plus capitale de toutes les contradictions auxquelles l'humanité est confrontée : la menace d'autodestruction par guerre nucléaire.</p>
<p>Pourquoi les immenses progrès en matière de connaissances physiques et de technologies conçues pour servir l'humanité sont-ils devenus une menace intolérable pour notre survie ? La bombe H illustre la loi sociologique selon laquelle les forces de production en expansion rapide ont dépassé les relations capitalistes et se battent contre elles pour obtenir leur libération. Utilisée pour le bien ou le mal, l'énergie nucléaire, la plus grande source d'énergie à notre disposition, s'avère incompatible avec la propriété privée de l'économie et le contrôle capitaliste sur le gouvernement.</p>
<p>La conclusion politique impérative est qu'il faut empêcher les représentants du pouvoir financier aux États-Unis d'appuyer sur le bouton qui peut nous condamner tous, comme cela a failli être le cas lors de la crise des missiles sur Cuba en 1962. Le capitalisme est la dernière forme d'organisation socio-économique dominée par des lois qui fonctionnent de manière ingouvernable, comme les lois de la nature. Le but du socialisme scientifique, la tâche de la révolution prolétarienne mondiale, est de maîtriser toutes les forces anarchiques liées au capitalisme qui génèrent l'insécurité et le chaos dans notre société. Les pulsions aveugles de la société de classes ont poussé l'humanité au bord de l'extinction. La compréhension consciente et l'application des lois dialectiques de l'évolution – et de la révolution – peuvent nous sauver.</p>
<p>Ce n'est qu'à travers la propriété publique, le fonctionnement de l'économie et la direction démocratique de la politique de l'État que les travailleurs pourront introduire la lumière scientifique dans les fondements matériels de la vie, renverser les derniers retranchements de l'automatisme dans l'évolution sociale et ouvrir la voie à la primauté de la raison dans tous les domaines. affaires humaines.</p>
<p>UN COMMENTAIRE ET UNE RÉPONSE</p>
<p>Je viens de lire votre article, « La nature est-elle dialectique ? » dans le numéro d'été 1964 de l' International Socialist Review , et j'en ai été très impressionné.</p>
<p>Même si je dois plaider coupable en raison d'une connaissance plutôt superficielle du marxisme, je suis très intéressé par l'œuvre de Hegel. Au cours de mon étude de Hegel, je suis parvenu à la conclusion que la question de la philosophie de la nature est cruciale. À mon avis, la philosophie de Hegel s'effondre dans un dualisme esprit-matière au lieu d'être la synthèse qu'il souhaitait simplement à cause de l'échec de sa philosophie de la nature.</p>
<p>Cet échec n'est pas, à mon avis, un échec de la méthode dialectique, mais le résultat du manque de connaissances scientifiques suffisantes à l'époque de Hegel et de l'insistance de Hegel à intégrer les connaissances insuffisantes qu'il possédait dans son système philosophique. C'est ce dernier défaut qui fait paraître aujourd'hui sa philosophie de la nature carrément idiote ; mais ce n'est qu'aujourd'hui que nous commençons à acquérir la connaissance scientifique qui fait qu'une vision dialectique des faits est la seule raisonnable.</p>
<p>Cette partie de la philosophie de Hegel a été largement négligée, mais je la considère aujourd'hui comme vitale pour une réflexion sérieuse sur sa pensée. Par conséquent, votre article sur la dialectique de la nature a été pour moi un texte très apprécié. Dans l'ensemble, je suis d'accord avec votre position : les lois de la dialectique s'appliquent aussi bien à la nature qu'à l'humanité.</p>
<p>Les connaissances scientifiques disponibles aujourd'hui ne peuvent être comprises de manière approfondie que par le recours à la dialectique. Cela apparaît de manière plus évidente dans le domaine de l'évolution et de la biologie en général, mais l'interrelation de tous les aspects de notre monde signifie que cela s'applique également aux autres sciences.</p>
<p>La position existentialiste créerait une aliénation totale entre l'homme et le monde, et détruirait l'objectivité de nos connaissances et donc notre capacité d'agir. La position de Sartre, telle que décrite dans votre article – selon laquelle les humains ne peuvent jamais atteindre la « réalité » des choses, que notre connaissance et les lois de notre logique (dialectique) ne s'appliquent qu'à l'humanité et à la société, etc. » cela ressemble à celui d'un Kant ressuscité.</p>
<p>Cela ne peut que conduire à une vision divisée du monde, à un déni de la possibilité d'une véritable connaissance et, en fin de compte, à des excès de subjectivité plutôt que d'activité créatrice. Les existentialistes peuvent commencer leur enquête philosophique du point de vue de l'individu, mais cela ne signifie pas qu'ils peuvent s'arrêter là sans perdre de vue l'essentiel : que nous sommes dans le monde et dans le monde.</p>
<p>Les arguments avancés par Vigier et Garaudy constituaient, à mon avis, une excellente réfutation de Sartre et d'Hyppolite. Il y a cependant un point dans votre article avec lequel je serais quelque peu en désaccord. C'est alors que vous argumentez contre les antidialecticiens en soulignant les progrès réalisés dans la science, notamment par Oparin, grâce à l'utilisation de la méthode dialectique. La logique dialectique peut aider le scientifique à formuler des hypothèses utiles pour des investigations ultérieures, mais ce n'est pas le point essentiel ici.</p>
<p>Il me semble que la méthode ou les moyens par lesquels les découvertes scientifiques sont faites sont secondaires dans cet argument. Ce qui est réellement vital est le fait que seule une vision dialectique de la nature peut fournir un cadre adéquat dans lequel ces nouvelles découvertes peuvent être considérées dans leur relation globale. Autrement dit, la façon dont on parvient à la découverte n'est pas aussi importante que la prise de conscience que ce nouveau « fait » ne peut être expliqué en profondeur et mis en relation avec le reste de nos connaissances que par un point de vue dialectique.</p>
<p>Il y a un autre point qui semble approprié à cette discussion : j'ai lu récemment que Roger Garaudy devait écrire une introduction à une traduction russe du Phénomène humain de Pierre Teilhard de Chardin . Or, Teilhard n'est certainement pas un matérialiste dialectique dans aucun sens du terme. Cependant, sous la partie théologique de sa pensée, on trouve une vision de l'évolution qui est certainement dialectique – dans un sens hégélien, sinon marxiste. Et le travail de Teilhard semble avoir été un peu trop « matérialiste » pour l'Église catholique romaine.</p>
<p>L'œuvre de Teilhard mérite en elle-même d'être étudiée, mais simplement en relation avec la question de la dialectique de la nature, il me semble qu'elle peut être le signe que l'on se rapproche d'une synthèse supérieure de la pensée. Les conceptions statiques de « l'idéalisme » et du « matérialisme » peuvent céder la place à une prise de conscience plus récente et plus adéquate de leur interdépendance dans toute la sphère de la nature. Cela ne peut être réalisé que si nous reconnaissons le caractère objectif de la dialectique – qu'elle s'applique aussi bien à la nature qu'à l'histoire. La perpétuation de l'aliénation entre « l'esprit » et la « matière », l'humanité et le monde, la nature et l'histoire, ne peut servir à rien, mais ne conduit qu'à la fragmentation et à la confusion dans la philosophie et l'action.</p>
<p>La dialectique, de par sa nature, doit être un système « ouvert » qui permet non seulement l'ajout de nouvelles connaissances, mais admet également notre liberté et notre capacité à façonner l'histoire. La reconnaissance de la nature comme dialectique est la seule voie vers une vision globale du monde qui inclut l'humanité dans le monde tout en reconnaissant notre position unique et nous libère du contrôle de notre propre avenir. Votre article est un excellent exposé des questions et de leur importance, et j'espère qu'il suscitera dans ce pays une meilleure compréhension du problème et un large débat à son sujet.</p>
<p>Yvonne Groseil</p>
<p>Voici quelques commentaires sur les principales questions d'intérêt théorique soulevées par ce commentaire amical.</p>
<p>1. La connaissance de la méthode de la dialectique matérialiste, basée sur les lois les plus générales de l'être et du devenir, aiderait-elle les physiciens dans leurs recherches sur la nature ?</p>
<p>Jusqu'à présent, presque tous les scientifiques ont poursuivi leurs travaux sans comprendre consciemment les lois dialectiques du développement universel, tout comme la plupart des gens parlent très bien sans connaître l'histoire ou la grammaire de leur langue, respirent sans avoir conscience des processus physiologiques de la respiration et acquérir les nécessités de la vie sans comprendre les principes de l'économie politique.</p>
<p>Les philosophes et les scientifiques occidentaux croient presque unanimement que la vision dialectique de la nature est fausse, non pertinente et même carrément nuisible à la théorie et à la pratique de la science. Ce préjugé, enraciné dans nos traditions intellectuelles essentiellement empiriques et positivistes, a été renforcé par l'ingérence arbitraire et ignorante des bureaucrates staliniens dans la théorie scientifique, ainsi que par leur interprétation étroitement schématique, déformée et dogmatique de la méthode marxiste.</p>
<p>Ce correspondant a une attitude plus favorable à l'égard de la conception dialectique de la nature. Mais elle suggère que cela pourrait être beaucoup moins important pour faciliter le progrès des sciences physiques que pour expliquer et corréler les découvertes une fois qu'elles ont été faites.</p>
<p>Une telle accentuation unilatérale risque de tomber dans le dualisme kantien qu'elle critique à juste titre dans le cas des existentialistes. Ce qui est ici en jeu, ce sont les liens organiques entre l'unité de la réalité, la somme totale de nos connaissances, et la recherche scientifique qui passe de l'une à l'autre. Si la méthode dialectique peut être utile pour clarifier les relations entre la connaissance de la nature une fois acquise, pourquoi ne pourrait-elle pas être tout aussi utile pour aider les scientifiques à parvenir à des résultats vérifiés ? Après tout, les caractéristiques dialectiques qui se révèlent dans l'ensemble des faits connus doivent déjà avoir existé et être efficaces dans les réalités objectives dont elles sont issues.</p>
<p>Si les scientifiques doivent aborder les problèmes pour lesquels ils cherchent des solutions dans leurs domaines particuliers avec une compréhension éclairée des traits fondamentaux du développement formulés dans les lois de la logique dialectique, pourquoi ceux-ci ne pourraient-ils pas servir de guide méthodologique général dans leurs recherches concrètes ?</p>
<p>En fait, les scientifiques les plus créatifs ont supposé la vérité de telle ou telle règle de la logique dialectique dans la conduite de leurs travaux, bien qu'ils l'aient fait de manière fragmentaire, aléatoire et semi-consciente. Sans nous référer à des exemples passés, prenons l'exemple des nombreux scientifiques non marxistes du monde entier qui coopèrent avec Oparin pour étudier les étapes spécifiques par lesquelles les processus et mécanismes les plus élémentaires de la vie ont émergé de la matière inanimée. Contrairement à lui, ils ne prêtent pas attention au fait que la transition du sans vie vers le vivant illustre au moins deux lois de la logique dialectique.</p>
<p>L'une est l'unité des opposés, qui stipule que A est égal à non-A ; l'autre est la transformation de la quantité en qualité. C'est-à-dire qu'un agrégat suffisant de réactions chimiques d'un type spécial a donné naissance à de nouvelles propriétés appropriées à un état nouveau et plus élevé d'existence matérielle sur cette planète, le niveau biochimique, dont les humains sont l'incarnation la plus complexe et la plus avancée.</p>
<p>Tout comme les opinions religieuses de Teilhard de Chardin ne l'ont pas empêché de participer à la découverte de l'Homme de Pékin en 1929 et d'enrichir ainsi notre connaissance des origines humaines, de même les physiciens, chimistes et biologistes en exercice peuvent promouvoir leurs sciences sans aucune contrainte. des notions claires de la logique qui sous-tend leurs investigations, voire des idées erronées du monde. Mais le travail des scientifiques individuels ne bénéficierait-il pas – autant que la science dans son ensemble – s'ils pouvaient débarrasser leur esprit des erreurs et des incohérences qui vont à l'encontre d'une vision scientifique, et amener ainsi leurs idées générales sur l'univers et leur logique théorie en accord plus étroit avec leur pratique expérimentale et les exigences de la science elle-même ?</p>
<p>C'est pourquoi les marxistes soutiennent qu'une compréhension globale de la logique du matérialisme dialectique non seulement clarifierait ce que la science a déjà accompli, mais permettrait également aux scientifiques contemporains de promouvoir et d'améliorer leurs travaux. La science en est encore à ses balbutiements et n'est appliquée à grande échelle que maintenant. Il y a aujourd'hui plus de scientifiques dans le monde que dans toute l'histoire précédente. Cette augmentation soudaine et brutale du nombre de scientifiques et des moyens dont ils disposent exige une expansion correspondante de leur compréhension de la logique de l'évolution, qui jusqu'à présent a été mieux assurée par l'école du matérialisme dialectique.</p>
<p>2. Les travaux du Père Teilhard de Chardin peuvent éclairer ce sujet, mais pas tout à fait dans le sens souhaité par notre correspondant. Si Chardin est un dialecticien incohérent, il n'est pas du tout matérialiste dans sa philosophie et sa démarche. L'un des biologistes les plus éminents au monde, George Gaylord Simpson, qui était un ami de Chardin et qui a lu ses manuscrits publiés et non publiés, partage ce jugement dans son livre This View of Life . Là, dans un chapitre intitulé « Théologie évolutionniste : le nouveau mysticisme », Simpson déclare que les idées de Chardin sont mystiques et non scientifiques à deux égards majeurs. Premièrement, il divise toute énergie en deux sortes distinctes qui ne peuvent être vérifiées : une énergie matérielle « tangentielle » et une énergie spirituelle « radiale ». Deuxièmement, il préconise l'orthogenèse comme principal mécanisme d'évolution. Contrairement à la sélection naturelle, qui repose sur des tendances d'évolution aléatoires et multidirectionnelles, l'orthogenèse soutient que l'évolution se déroule de manière unidirectionnelle, prédéterminée et même intentionnelle.</p>
<p>Simpson blâme sévèrement Chardin pour son « double discours » spiritualiste, qui n'a vraiment rien à voir avec la science. Il écrit que « Teilhard était avant tout un mystique chrétien et seulement secondairement un scientifique ».</p>
<p>Roger Garaudy traite également de Chardin dans son livre Perspectives de l'homme . Ironiquement, cet éminent philosophe communiste français est bien plus conciliant à l'égard des vues du père jésuite que ne l'est le biologiste américain Simpson. Le livre de Garaudy entreprend une analyse critique des principaux courants de la pensée française contemporaine : l'existentialisme, le catholicisme et le marxisme. Il affirme que tous trois sont engagés dans un effort commun pour saisir « l'homme dans sa totalité », et il cherche à souligner leurs « convergences possibles ». Il conclut que les existentialistes radicaux, les catholiques libéraux et les communistes peuvent coopérer « non pas en tant qu'adversaires mais en tant qu'explorateurs dans une entreprise commune » qui avance par des chemins différents vers le même objectif.</p>
<p>Cette position théorique est à l'opposé de celle adoptée par Garaudy à l'époque de Staline-Jdanov. Il est motivé par le désir d'un rapprochement philosophique entre ces écoles de pensée incompatibles pour accompagner la quête du PC d'une alliance politique de toutes les forces « démocratiques, progressistes et épris de paix », comme le prescrit la politique de « paix pacifique ». coexistence ».</p>
<p>Les aspects peu orthodoxes de la pensée de Chardin, qui scandalisent ses supérieurs dans l'ordre des Jésuites et dans l'Église mais attirent les catholiques libéraux, se prêtent à cet objectif. Il est vrai, comme le souligne Garaudy, que Chardin reconnaissait certains caractères dialectiques dans le processus d'évolution, comme l'interconnexion universelle et l'action réciproque de toutes choses, la transformation de la quantité en qualité en relation avec la biogenèse (mais pas dans le passage de biologique à la vie sociale), et la transmutation de la matière dans une série ascendante de formes supérieures.</p>
<p>Mais le « finalisme » et le « vitalisme » qui imprègnent sa pensée – fondés sur la supposition que l'évolution ne va que dans une seule direction, vers une plus grande « centro-complexité », vers le point Oméga où l'humanité fusionnera avec Dieu – sont inconciliables non seulement avec le matérialisme dialectique mais, comme le souligne Simpson, avec toute approche scientifique acceptable de l'évolution universelle.</p>
<p>3. Un peu dans l'esprit de Chardin, Yvonne Groseil laisse entendre que « les conceptions statiques de « l'idéalisme » et du « matérialisme » peuvent céder la place à une réalisation plus récente et plus adéquate de leur interdépendance dans toute la sphère de la société. nature. » Un marxiste ne peut pas être d'accord avec cela pour de nombreuses raisons.</p>
<p>Premièrement, il n'y a rien de « statique » dans une vision systématiquement dialectique et matérialiste de la nature, basée sur la proposition selon laquelle tout est en mouvement à cause des forces opposées à l'œuvre en son sein et dans l'univers. La dialectique matérialiste est dynamique, mobile, évolutive de part en part.</p>
<p>Deuxièmement, les contributions valables et précieuses apportées au savoir humain par les grands idéalistes du passé (comme la logique dialectique elle-même) ont été – ou devraient être – incorporées dans la structure du matérialisme dialectique sans abandonner ni compromettre ses fondements fondamentaux. positions : que la réalité est constituée de matière en mouvement, et que la vie sociale et l'intellectualité sont les manifestations les plus élevées du développement de la matière.</p>
<p>L'idéalisme, quant à lui, fait des forces spirituelles, surnaturelles, idéologiques ou personnelles l'essence de la réalité. Une philosophie aussi fondamentalement fausse doit être rejetée dans son intégralité.</p>
<p>Ces deux conceptions opposées du monde et de son évolution ne peuvent pas non plus être fusionnées en une synthèse supérieure combinant de manière éclectique les « meilleurs traits des deux », comme Sartre tente de le faire avec son existentialisme néo-marxiste et le Père de Chardin dans son mélange de mysticisme religieux. et l'évolutionnisme.</p>
<p>La pensée et la science modernes peuvent progresser le plus efficacement par un rejet ferme de toutes les notions religieuses, mystiques et idéalistes et par l'adoption, l'application et le développement conscients du matérialisme dialectique. En travaillant en partenariat égal, la logique marxiste et les sciences peuvent nous permettre de pénétrer plus sûrement et plus profondément dans la nature du monde dans lequel nous vivons.</p>
<p>III</p>
<p>Après avoir terminé cette réponse, j'ai lu par hasard « The Emergence of Evolutionary Novelties » d'Ernst Mayr, professeur Agassiz de zoologie à Harvard, dans The Evolution of Life . Il aborde le problème clé de l'explication de l'origine de phénomènes biologiques entièrement nouveaux sur la base de variations aléatoires.</p>
<p>Mayr souligne que « la définition exacte d'une « nouveauté évolutive » se heurte à la même difficulté insurmontable que la définition de l'espèce. Tant que nous croyons en une évolution graduelle, nous devons être prêts à rencontrer des étapes évolutives intermédiaires. Des cas équivalents aux cas dans lesquels il est impossible de décider si une population n'est pas encore une espèce ou déjà une espèce, seront des cas de doute quant à savoir si une population est déjà ou non une nouveauté évolutive. L'étude de cette transition difficile du quantitatif au qualitatif est précisément l'un des objets de cet article.</p>
<p>Mayr constate qu'il existe trois principaux types de nouveautés évolutives : les innovations biochimiques cellulaires (le métabolisme de l'acide urique et des graisses de l'œuf cléidoïque des vertébrés terrestres) ; nouvelles structures (yeux, ailes, dards) ; et de nouvelles habitudes ou modèles de comportement (le passage de l'eau à la terre ou de la terre à l'air).</p>
<p>Les saltationnistes et mutationnistes de diverses écoles opposaient aux sélectionnistes naturels que de nouvelles structures n'auraient pu apparaître que soudainement et toutes prêtes à être utilisées avantageusement, tandis que Charles Darwin soutenait qu'elles devraient être formées par de nombreuses, successives et légères modifications de structures préexistantes. organes. "Le problème de l'émergence de nouveautés évolutives", écrit Mayr, "consiste alors à expliquer comment un nombre suffisant de petites mutations génétiques peuvent être accumulées jusqu'à ce que la nouvelle structure devienne suffisamment grande pour avoir une valeur sélective." appelle cela le « problème du seuil ».</p>
<p>Son article entreprend de démontrer la manière dont différents organismes ont effectivement effectué le passage d'une structure à une autre au cours du processus évolutif. Le traitement de Mayr est très pertinent pour notre propre discussion sur la méthode logique en science car il montre comment un biologiste préoccupé par le problème fondamental de l'évolution a été poussé à invoquer la loi dialectique de la transformation de la quantité en qualité afin d'expliquer le phénomène. génération de nouveauté chez les êtres vivants.</p>
<p>En effet, comment serait-il possible de comprendre comment le simple empilement de variations quantitatives pourrait donner lieu à quelque chose de radicalement différent de ses antécédents, à moins que cette loi ne soit opérante ?</p>
<p>On peut objecter que Mayr n'a pas utilisé cette loi pour découvrir quelque chose de nouveau mais seulement pour clarifier comment de nouveaux phénomènes biologiques naissent. Mais, comme en témoignent la théorie atomique des éléments chimiques de John Dalton, la théorie de l'évolution de Darwin et la théorie quantique de Max Planck, la découverte des lois générales à l'œuvre, des caractéristiques fondamentales et des relations essentielles dans tout domaine de la réalité, est la plus haute expression de l'activité scientifique. Une conception correcte et globale de la production de nouveauté dans l'évolution organique est plus importante pour l'avancement et le renforcement de la science biologique que la découverte d'un nouvel aspect de l'adaptation fonctionnelle à un habitat par un groupe particulier de faune.</p>
<p>Mayr est l'un des biologistes américains contemporains les plus éminents. On peut supposer qu'il n'est ni marxiste ni adepte du matérialisme dialectique. Il a eu recours empiriquement à l'une des lois majeures de la dialectique, sans avoir pleinement conscience du type de pensée logique qu'il appliquait, tout comme un autre naturaliste de moindre stature pourrait explorer un nouveau type d'adaptation d'un groupe d'organismes sans se soucier de lui-même. une explication générale de la nouveauté évolutive comme l'avait fait Mayr.</p>
<p>La reconnaissance par Mayr du caractère indispensable de cette loi de la dialectique pour résoudre le problème de l'émergence de nouveautés évolutionnistes fournit un témoignage involontaire et puissant de sa valeur pour les naturalistes.<br class='autobr' />
Notes de fin</p>
<p>[1] La sténographie de ce débat a été publiée sous le titre Marxisme et Existentialisme (Bibliothèque Plon : Paris, 1962).</p></div>
C.L.R. James - Notes sur la dialectique
https://www.matierevolution.org/spip.php?article8540
https://www.matierevolution.org/spip.php?article85402025-06-30T22:30:00Ztext/htmlfrRobert ParisDialectic - DialectiqueHegelC. L. R. James
<p>C.L.R. James <br class='autobr' />
Notes sur la dialectique <br class='autobr' />
La doctrine de l'être <br class='autobr' />
Avertissement : cette traduction, pleine d'erreurs, donne seulement une petite idée du texte et nécessite de se référer au document d'origine en anglais : <br class='autobr' />
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1019 <br class='autobr' />
EXERCICES PRÉLIMINAIRES <br class='autobr' />
Alors que je me propose de commencer « La Logique » de Hegel proprement dite, je ressens un léger frisson. <br class='autobr' />
Harris, qui a finalement écrit un très bel ouvrage sur la logique hégélienne, était (…)</p>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique15" rel="directory">Chapter 10 : Natural and social dialectic - Dialectique naturelle et sociale</a>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot60" rel="tag">Dialectic - Dialectique</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot169" rel="tag">Hegel</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot198" rel="tag">C. L. R. James</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">C.L.R. James
<p>Notes sur la dialectique</p>
</h2><h2 class="spip">La doctrine de l'être</h2>
<p>Avertissement : cette traduction, pleine d'erreurs, donne seulement une petite idée du texte et nécessite de se référer au document d'origine en anglais :</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1019" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1019</a></p>
<p>EXERCICES PRÉLIMINAIRES</p>
<p>Alors que je me propose de commencer « La Logique » de Hegel proprement dite, je ressens un léger frisson.</p>
<p>Harris, qui a finalement écrit un très bel ouvrage sur la logique hégélienne, était professeur de philosophie et conférencier sur Hegel de seconde main. Brockmeyer, gouverneur du Missouri, a fait une traduction de la « Grande Logique » et quelqu'un l'a donnée à Harris. Harris dit qu'il a copié la chose de sa propre main, le tout, et quand il a terminé, il n'a pas compris une ligne, pas une ligne. Je sais exactement ce qu'il ressentait.</p>
<p>Ce que je propose de faire, c'est d'utiliser la « Doctrine de l'Être » comme moyen de mettre en pratique le style et la méthode de Hegel. « La Grande Logique » est le livre le plus difficile que je connaisse. « La Critique de la raison pure » de Kant est un jeu d'enfant par rapport à la « Logique ». Mais nous devons être capables de gérer cette difficulté. Ainsi, pendant que nous obtiendrons les points principaux de la « Doctrine de l'Être », considérons cela comme une sorte d'entraînement de base, avant de nous attarder dans la « Doctrine de l'Essence ». Je ne donne pas un résumé de la « Logique ». Je ne l'étends pas en tant que doctrine. Je l'utilise et montre comment commencer à la connaître et à l'utiliser.</p>
<p>Pensez au monde des êtres humains, près de deux milliards, plus que cela peut-être. Quelle est la chose la plus simple que vous puissiez dire à leur sujet ? Ils existent. Deux milliards de personnes existent. Et alors ! Dire cela, c'est dire… rien. Dire quelque chose d'aussi large, d'aussi complet, d'aussi abstrait, c'est ne rien dire. Quelque chose doit arriver, doit sortir de cette abstraction. Je dis : certains de ces hommes travaillent. L'abstraction précédente est maintenant devenue quelque chose. Certains hommes travaillent. Regardons les hommes qui travaillent. Ils créent aussitôt, en se distinguant, une autre catégorie, les personnes qui ne travaillent pas. Vous ne pouvez pas isoler une catégorie sans en créer une autre. Créer une catégorie, c'est « déterminer » quelque chose. Mais chaque fois que vous déterminez quelque chose, vous niez quelque chose d'autre. À chaque fois. En choisissant de déterminer les hommes qui travaillent, nous les nions en tant qu'hommes qui existent simplement, mais nous nions aussi les hommes qui ne travaillent pas. Ce ne sont plus des hommes qui simplement existent. C'est fini. Ce sont des hommes qui ne travaillent pas. Chaque fois que vous faites quelque chose, il y a autre chose vous ne faites pas en même temps. Une pièce d'argent sur une table verte a annulé la couverture verte à l'endroit particulier où elle repose. Elle crée l'endroit où se trouve la pièce et l'endroit où la pièce n'est pas.</p>
<p>Maintenant, nous avons des hommes qui travaillent. C'est la qualité qui les distingue. Quand quelque chose "devient" hors de la masse, il apparaît une "qualité". La qualité que nous prenons ici, c'est le travail. Des cow-boys, des ingénieurs. La liste est interminable. Certains travaillent bien, d'autres mal. Certains travaillent bien mais restent à la maison tous les matins. On se retrouve vite concerné par plus que la qualité, mais la quantité de travail. Le souci de la qualité nous a conduits à la quantité. Mais la quantité, elle aussi, est limitée. Plus vous la contemplez, plus vous la traitez, plus vous constatez qu'il est impossible de garder un œil sur la quantité de travail des tailleurs, des cuisiniers, des plongeurs sous-marins en mesurant le travail dans l'abstrait. Vous devez obtenir une mesure commune. Les trois divisions de la « doctrine de l'être » sont la qualité, la quantité et la mesure.</p>
<p>C'est un exemple grossier, mais à mon avis tout à fait adéquat, de la méthode de Hegel. C'est ce que je recherche. Kant et les autres connaîtraient et utiliseraient aussi « Qualité, Quantité et Mesure ». Ce sur quoi Hegel a insisté, c'est que ces concepts sont indissolublement liés, que l'un se développe à partir de l'autre. La quantité est venue à un certain moment parce que la qualité sur la qualité ne continue pas à être la qualité mais, à un certain stade, devient quelque chose de nouveau. Hegel prend « la Qualité » et « la Quantité » comme des abstractions pour représenter les processus présents dans tous les aspects de la nature, de la société et de la pensée. L'eau est une qualité, un petit ruisseau annihile les terres environnantes. C'est un ruisseau parce que ce n'est plus une terre. S'il grandit et grandit encore, il devient un fleuve, et un certain nombre de fleuves se rejoignant en un seul endroit peuvent devenir une mer intérieure.</p>
<p>Les catégories propres à Hegel sont bien sûr beaucoup plus profondes. Il dit : quand on dit « un être », ne pensez pas aux hommes, mais à tout ce qui existe, qui a un "être". Ne pensez pas au monde entier comme aux hommes, à la terre, au ciel, aux chevaux, à l'air, aux bâtiments. Pensez au pur « Être absolu ». Bien. Mais quand vous pensez cela, vous pensez à… rien. « Être pur » – c'est un rien pur. Quelque chose n'est pas seulement, il émerge, il « devient » et vous avez « un être déterminé ». Il a une qualité. Mais une pièce sur une table annule une partie de la table. De sorte que « l'être déterminé » est être-pour-soi mais aussi être-pour-autrui. Les hommes qui travaillent sont un être, l'être-pour-soi, mais ils sont aussi automatiquement l'être-pour-un autre, pour des hommes-qui-ne-travaillent pas. La qualité signifie qu'une limite est imposée, une barrière entre elle-même et son autre, son contraire.</p>
<p>Si l'on regarde de plus près ce qu'implique une limite, on la voit impliquer en elle-même une contradiction, et ainsi manifester sa nature dialectique. D'un côté, la limite fait la réalité d'une chose ; de l'autre, c'est sa négation. Mais, encore une fois, la limite, en tant que négation de quelque chose, n'est pas un rien abstrait mais un rien qui est – ce que nous appelons un « autre ». l'autre n'est pas non plus d'une nature telle qu'on puisse penser quelque chose en dehors de lui, un quelque chose est implicitement l'autre de soi, et le quelque peu voit sa limite devenir objective pour lui dans l'autre. Si nous demandons maintenant la différence entre quelque chose et une autre chose, il s'avère qu'ils sont identiques : une similitude, qui s'exprime en latin en appelant le couple « alia-aliud », par opposition au quelque chose, est elle-même un quelque chose, et donc nous disons quelque autre, ou quelque chose d'autre ; et ainsi d'autre part le premier quelque chose opposé à l'autre, défini aussi comme quelque chose, est lui-même un autre. Quand nous disons « autre chose », notre première impression est que quelque chose pris séparément n'est que quelque chose, et que la qualité d'être autre ne s'y attache que par des considérations extérieures. Ainsi, nous supposons que la lune, étant autre chose que le soleil, pourrait très bien exister sans le soleil. Mais en réalité, la lune, en tant que quelque chose, a son autre nature implicite en elle. Platon dit : Dieu a fait le monde de la nature de l'"un" et de l'"autre" : les ayant réunis, il en a formé un troisième, qui est de la nature de l'"un" et de l'"autre".En ces termes, nous avons en termes généraux un énoncé de la nature du fini, qui, comme quelque chose, ne rencontre pas la nature de l'autre comme s'il n'avait aucune affinité avec elle, mais, étant implicitement l'autre de lui-même, subit ainsi altération. L'altération présente ainsi la contradiction inhérente qui s'attache originellement à l'être déterminé, et qui le force à sortir de ses propres limites.</p>
<p>… Mais le fait est que la mutabilité réside dans le concept d'existence, et le changement n'est que la manifestation de ce qu'elle est implicitement. Les vivants meurent, simplement parce qu'en tant que vivants ils portent en eux le germe de la mort.</p>
<p>C'est le cœur de la « Doctrine de l'Être » de Hegel. Quelque chose implique immédiatement une chose contraire. Continuez avec quelque chose comme la qualité, et son autre, la quantité, prendra forme. Un quelque chose de complètement abstrait est comme rien, c'est-à-dire son contraire. Quelque chose « devient » à partir de rien. Il a toujours sa limite, sa barrière. Et cette limite, la barrière, est franchie, à un certain stade, pour établir l'autre, son contraire. Tout cela se passe dans la sphère de l'être déterminé.</p>
<p>Prenons un exemple de ce que signifie la méthode de la « Logique » de Hegel. Le prolétariat politiquement est un corps sans distinction de type de prolétaires. Quelque chose « devient ». Certains d'entre eux forment un parti. Du coup le prolétariat n'est plus parti d'un côté et prolétaires de l'autre. Le prolétariat est devenu parti et sans-parti, ou comme on dit, parti et masse. Le parti crée son contraire, la masse. Mais vous pouvez avoir un, deux, trois, quatre partis. Une façon évidente de distinguer est par la taille. Ce n'est cependant pas suffisant. À des fins politiques, nous pouvons juger par le "soutien", une forme de quantité. Mais le support change. À partir du soutien, nous pouvons arriver à ce qui, en dernière analyse, a décidé du soutien – la politique. C'est une forme de « Mesure ». Chaque fois que vous examinez un objet, vous pouvez commencer par rechercher sa qualité distinctive évidente, la quantité de cette qualité et la mesure de celle-ci.</p>
<p>(…) Pour nous la « Doctrine de l'Être » est un chemin de pratique pour se familiariser avec la méthode, la méthode concrète, la méthode pour traiter le contenu et la méthode du conception de Hegel. Ne vous laissez pas tromper par l'extrait que je vous donne de la « Petite Logique ». Là, il est amical, attentionné et gentil. Dans la « Grande Logique », il est impitoyable. Il formule l'idée la plus difficile et la plus compliquée dans une proposition de trois mots. Il crée des termes, trois, quatre, cinq, et les utilise comme s'il s'agissait de lettres de l'alphabet. Utilisons donc cet intermède comme entraînement. Maintenant pour cette qualité dans les affaires de quantité. Hegel utilise « l'Un et le Multiple » comme illustration.</p>
<p>Le bon sens pense que l'un est seul, et ici présent, et que plusieurs sont certains d'être plusieurs, et séparés. En d'autres termes. L'« Un » a une qualité spéciale d'être à part, et les « plusieurs » commencent en étant ensemble et le restent. Hegel dit non. Sa philosophie nous dit que l'Un présuppose le Multiple. Au moment où je dis « Un », j'ai ainsi créé la catégorie « Multiple ». En fait, c'est l'existence du « Multiple » qui rend possible l' « Un ». S'il n'y avait pas plusieurs, Un serait ce que vous voulez mais ce ne serait pas « Un », signifiant celui-ci, contrairement à de « multiples » autres. L'Un est donc répulsif. Être, il repousse le Multiple. C'est exclusif, mais ce n'est pas tranquille. Il repousse activement le Multiple, sinon sa qualité spécifique d'Un serait perdue. C'est la Répulsion. Mais, tous les autres Uns qui constituent le Multiple ont une relation de connexion avec lui. Ils ont ainsi une relation de connexion les uns avec les autres ; l'un, en les retenant tous, les fait tous s'unir contre lui. Mais chacun d'eux est aussi un. Ainsi l'Un commence par Répulsion mais crée dans tout autre Un une attraction. Ainsi, l'Un quand vous commencez avec elle est une Qualité, mais en examinant d'abord et en suivant ce qui est impliqué jusqu'à la fin, vous vous retrouvez avec une nouvelle catégorie, la Quantité, avec la Qualité originelle pure et simple supprimée et remplacée.</p>
<p>Voici l'extrait complet :</p>
<p>« L'Un, comme on l'a déjà remarqué, n'est que l'auto-exclusion et la mise explicite en tant que Multiple. Chacun des Multiples est cependant lui-même un « Un », et, en raison de son comportement, cette répulsion totale est d'un seul coup convertie en son contraire – l'Attraction. »</p>
<p>Ce sur quoi Hegel insiste, ce n'est pas de refuser de voir l'Un comme fixe, fini, limité, isolé. Il est un parce qu'il y en a plusieurs, et à cause de cela, la catégorie originale de l'Un commence à prendre de nouvelles facettes et soudain, elles sont tout à l'opposé de ce avec quoi vous avez commencé. Comme Hegel le sait et le dit, vous pouvez (si vous le souhaitez) faire beaucoup de blagues sur ces transitions. Sa réponse fondamentale est que vous devez l'accompagner et voir où vous arrivez et ce que vous obtenez. Quiconque a suivi un cours sur le Capital sait qu'il existe certains types qui en contestent passionnément chaque phrase, chaque déduction. Finalement, ils se retrouvent toujours dans le camp bourgeois. C'est la révolution qu'ils combattent. Les catégories hégéliennes offrent des possibilités infinies de ce type. Cependant, nous n'avons pas seulement nos traditions passées. Nous avons eu une introduction très substantielle ici, et on peut se permettre de le suivre. En fait, peu de gens remettent en cause les grandes divisions de la « Doctrine de l'Être ». J'ai vu ces prémisses de base contestées, mais l'auteur de cette contestation a dit ensuite que si vous admettiez ces prémisses, vous ne pourriez pas vous y opposer sérieusement à la suite du raisonnement.</p>
<p>Maintenant laissons Hegel lui-même parler. Je donne quelques longs extraits de « La petite Logique » :</p>
<p>« Le passage de la Qualité à la Quantité, indiqué dans le paragraphe précédent, ne se retrouve pas dans notre mode de pensée ordinaire qui considère que chacune de ces catégories existe indépendamment, l'une à côté de l'autre. Nous avons coutume de dire que les choses ne sont pas seulement définies qualitativement, mais aussi quantitativement ; mais d'où proviennent ces catégories et comment sont-elles liées les unes aux autres, voilà des questions qui ne sont souvent pas examinées plus avant. Le fait est que quantité signifie simplement une qualité dépassée et absorbée : et c'est par la dialectique de la qualité examinée ici que ce dépassement s'effectue. Tout d'abord, nous avons eu l'Etre : comme vérité de l'Etre, est venu le Devenir : qui a formé le passage à l'Être Déterminé : et la vérité de cela, nous l'avons trouvée être l'Altération. Et dans son résultat, l'Altération s'est montrée être-pour-soi, exempt d'implication d'autrui et de passage dans l'autre ; qu'être-pour-soi finalement dans les deux faces de son processus, la répulsion et l'attraction, s'annulait nettement, et par là même annulerait la qualité dans la totalité de ses étapes. Pourtant cette qualité dépassée et absorbée n'est ni un rien abstrait, ni un être également abstrait et sans traits : ce n'est qu'être aussi indifférent à la déterminité ou au caractère. Cet aspect de l'être est aussi ce qui apparaît comme quantité dans nos conceptions ordinaires. Nous observons les choses, d'abord, avec un œil sur leur qualité – que nous prenons pour le caractère identique à l'être de la chose. Si nous procédons à la considération de leur quantité, nous obtenons la conception d'un caractère ou d'un mode indifférent et extérieur, de telle sorte qu'une chose reste ce qu'elle est bien que sa quantité soit altérée, et la chose devient plus ou moins grande. »</p>
<p>Puis Hegel travaille sur la Quantité et arrive à la Mesure. Celles-ci, il les résume à présent :</p>
<p>« Ainsi la quantité par le mouvement dialectique étudié jusqu'ici à travers ses différentes étapes, s'avère être un retour à la qualité. Le premier concept de quantité qui nous est présentée est celle de qualité abrogée et absorbée. C'est-à-dire que la quantité semblait un caractère extérieur non identique à l'être, auquel elle serait tout à fait indifférente. Ce concept, comme nous l'avons vu, sous-tend la définition mathématique de la grandeur comme ce qui peut être augmenté ou diminué. A première vue, cette définition peut donner l'impression que la quantité est simplement tout ce qui peut être modifié - augmentation et diminution impliquant de la même manière la détermination de la grandeur autrement - et peut tendre à la confondre avec l'être déterminé, le deuxième stade de la qualité, qui dans sa conception est de même conçu comme altérable. On peut cependant compléter la définition en ajoutant, qu'en quantité nous avons un altérable qui, malgré les altérations, reste le même. Il s'avère donc que la quantité implique une contradiction inhérente. Cette contradiction est ce qui forme la dialectique de la quantité. Le résultat de la dialectique cependant n'est pas un simple retour à la qualité, comme si c'était la vraie, et comme si la quantité était le faux concept, mais un progrès vers l'unité et la vérité des deux, vers la quantité qualitative, ou la Mesure.</p>
<p>Cela mérite réflexion, mais ce n'est pas trop difficile. Là, Hegel dit quelque chose qu'il répète souvent, comme je l'ai déjà montré. Les hommes, sur cette question, pourraient être aussi stupides aujourd'hui qu'à l'époque. Il parle de la Nature où l'être simple et déterminé, la qualité, abonde. La mesure est un stade très bas de la logique dialectique. Et Hegel dit :</p>
<p>« Il peut donc être bon à ce stade d'observer que chaque fois que dans notre étude du monde objectif nous sommes engagés dans des déterminations quantitatives, c'est dans tous les cas la Mesure que nous avons en vue, comme le but de nos opérations. En termes de langage, lorsque la constatation de caractéristiques et de relations quantitatives, elle est appelée « Mesure ». »</p>
<p>Voici maintenant deux exemples splendides de la relation dialectique entre qualité, quantité et mesure :</p>
<p>« On mesure par exemple la longueur de la progression de différents accords qui ont été mis en état de vibration, en tenant compte de la différence qualitative des tons provoquée par leur vibration, correspondant à cette différence de longueur. De même, en chimie, on cherche à connaître la quantité des matières mises en combinaison, afin de connaître les mesures ou proportions conditionnant cette combinaison, c'est-à-dire les quantités qui donnent naissance à des qualités définies. »</p>
<p>Vient ensuite un passage vraiment superbe dans lequel vous voyez ce que la Logique signifiait pour lui et comment il l'utilisait. Elle est très longue. Mais c'est en quelque sorte une anthologie et je la voudrais en :</p>
<p>« L'identité entre quantité et qualité, que l'on retrouve dans la Mesure, n'est d'abord qu'implicite, et pas encore explicitement réalisée. Autrement dit, ces deux catégories, qui s'unissent dans la Mesure, revendiquent chacune une autorité indépendante. D'une part, les caractéristiques quantitatives de l'existence peuvent être altérées, sans affecter sa qualité. D'autre part, cette augmentation et cette diminution, si immatérielles qu'elles soient, ont leur limite, en dépassant laquelle la qualité subit un changement. Ainsi la température de l'eau est, en premier lieu, un point sans conséquence quant à sa liquidité : toujours avec l'augmentation ou la diminution de la température de l'eau liquide, il arrive un point où cet état de cohésion subit un changement qualitatif. , et l'eau est convertie en vapeur ou en glace. Un changement quantitatif a lieu, apparemment sans autre signification : mais il y a quelque chose qui se cache derrière, et un changement de quantité apparemment innocent agit comme une sorte de piège, pour attraper la qualité. L'antinomie de la mesure que cela implique a été illustrée sous plus d'un costume chez les Grecs. On a demandé, par exemple, si un seul grain fait un tas de blé, ou s'il fait une queue chauve pour arracher un seul cheveu de la queue du cheval. D'abord sans doute, considérant la nature de la quantité comme un caractère indifférent et extérieur de l'être, nous sommes disposés à répondre à ces questions par la négative. Et cependant, comme il faut l'admettre, cette augmentation et cette diminution indifférentes ont leur limite : un point est enfin atteint, où un seul grain supplémentaire fait un tas de blé ; et la queue chauve est produite, si nous continuons à arracher des poils simples.Ces exemples trouvent un parallèle dans l'histoire du paysan qui, tandis que son âne marchait gaiement, continuait d'ajouter once après once à son chargement, jusqu'à ce qu'il finisse par sombrer sous le fardeau insupportable. Ce serait une erreur de traiter ces exemples comme une futilité pédante ; ils tournent vraiment sur des pensées, dont la connaissance est d'une grande importance dans la vie pratique, en particulier dans l'éthique. Ainsi, en matière de dépenses, il y a une certaine latitude dans laquelle un plus ou moins n'a pas d'importance ; mais lorsque la mesure, imposée par les circonstances individuelles du cas particulier, est dépassée d'un côté ou de l'autre, la nature qualitative de la mesure (comme dans les exemples ci-dessus de la température différente de l'eau) se fait sentir, et un cours , qui un instant auparavant était tenue pour bonne économie, se transforme en avarice ou en prodigalité.Les mêmes principes peuvent être appliqués en politique, lorsqu'il faut considérer la constitution d'un État comme indépendante, au moins comme dépendante de l'étendue de son territoire, du nombre de ses habitants et d'autres points quantitatifs du même type. Si nous regardons, par exemple, un État avec un territoire de dix mille milles carrés et une population de quatre millions d'habitants, nous devrions, sans hésitation, admettre que quelques milles carrés de terre ou quelques milliers d'habitants plus ou moins ne pourraient exercer aucune influence essentielle sur le caractère de sa constitution. Mais d'autre part, il ne faut pas oublier que par l'augmentation ou la diminution continuelle d'un état, on arrive enfin à un point où, en dehors de toutes autres circonstances, cette seule altération quantitative entraîne nécessairement avec elle une altération de la qualité de la Constitution.La constitution d'un petit canton suisse ne convient pas à un grand royaume ; et, de même, la constitution de la république romaine ne convenait pas lorsqu'elle était transférée aux petites villes impériales d'Allemagne. »</p>
<p>C'est à peu près tout ce dont nous avons besoin.</p>
<p>Maintenant, une petite récapitulation et un tremplin vers l'Essence. Être signifie qualité, être déterminé. Cela sort de Rien. Il traite des catégories d'autres êtres déterminés qu'un être déterminé crée automatiquement. Mais la Mesure comme dernière étape d'un tel Être qui en crée d'autres là-bas. La dialectique de la Mesure la conduit à l'Essence, où l'être n'est plus simplement déterminé. Cela se reflète. Nous commençons maintenant à voir un objet dont les parties sont séparées par la pensée. Une partie en crée une autre, c'est vrai, mais l'autre est inhérente à l'objet lui-même, pas un objet ici et un autre là-bas, mais l'objet se divise en catégories connexes qui sont toutes deux contenues dans l'objet lui-même.</p>
<p>Cela a été très doux, très facile. La « Petite Logique » vaut la peine d'être lue sur la « Doctrine de l'Être » en particulier. J'ai volontairement gardé le ton léger. Il suffit de lire et de faire connaissance. Car après cela, nous allons commencer à nous déplacer et ça va être mouvementé.</p>
<h2 class="spip">La Doctrine de l'Essence </h2>
<p>L'ESSENCE EST UN MOUVEMENT DE NÉGATION</p>
<p>Ici va donc, droit au cœur de celui-ci, et prenez le pire en premier. Préparez vous :</p>
<p>« Devenir dans l'Essence – son mouvement réflexif – est donc le mouvement du Rien vers le Rien et par le Rien vers lui-même. Le passage ou le Devenir se transcende dans son passage : cet Autre qui surgit au cours de ce passage n'est pas le Non-être d'un Être, mais le Rien d'un Rien – qui constitue l'Etre – l'Etre n'existe que comme mouvement du Rien vers Rien, et ainsi est l'Essence ; et l'Essence ne contient pas ce mouvement en elle-même mais est ce mouvement, Spectacle absolu et négativité pure, qui n'a rien sans lui qui puisse le nier, mais ne nie que sa propre négativité, qui n'est que dans cette négation. »</p>
<p>C'est un passage aussi difficile que possible. Pourtant, nous pouvons lui casser le dos. Essayez juste de vous souvenir. Hegel doit écrire ainsi. S'il disait, comme nous, le mouvement ouvrier ceci et cela, ou l'énergie atomique, ou la théorie de l'État, il se limiterait aussitôt. Le lecteur y penserait comme de la politique ou quoi que ce soit que Hegel ait choisi. Le mouvement serait de la politique à autre chose, puis à autre chose, et ainsi de suite à l'infini. D'ailleurs cela limiterait, j'en suis sûr, sa liberté d'analyse. Il examine au contraire une infinité de processus, étudie la relation entre les étapes, et extrait, abstrait le mouvement essentiel. D'ailleurs, en le lisant, j'ai l'impression que par l'étude des phénomènes et les méthodes d'autres philosophes, il avait appris à manier ces abstractions par elles-mêmes, et comme un homme le fait en mathématiques, les pousser plus loin par leur propre mouvement. Ils doivent donc être acceptés comme valides.</p>
<p>Nous devons prendre ce passage dans tous les sens, l'inquiéter comme un chien. Quelle est l'idée centrale ? Ce que je veux que vous remarquiez, c'est là où il dit que l'Essence ne contient pas de mouvement, mais c'est ce mouvement.</p>
<p>Imaginez un esprit, un génie Ariel, un être désincarné flottant dans le vide spirituel. Il ne sait pas qui il est ni ce qu'il est. Mais il veut le découvrir et on lui a dit qu'à l'intérieur de sa constellation spirituelle se trouvent un certain nombre d'éléments qui explosent périodiquement en un objet, une pierre, une fleur, un cheval, un singe, un homme, etc. c'est vrai. Mais il saura si c'est vrai ou non. Si au bout d'un moment il sent que ce n'est pas la vraie chose, il la dissout et il revient dans un esprit pur. Sa seule façon de savoir quoi que ce soit sur lui-même est de devenir l'une des choses qui sont en lui. Le jour où il devient quelque chose et sait, sent que c'est ça, alors il est enfin quelque chose de nouveau. Il a, peut-on dire, une idée de son vrai moi enfin. Mais, sauf comme quelque chose qui est devenu quelque chose pendant un certain temps, lui-même est un pur esprit, abstrait, attendant dans ces régions froides.</p>
<p>L'essence est le fait que quelque chose devient continuellement autre chose et le nie parce que ce n'est pas ce que la chose qui devient veut être. Cet « être » qu'il devient, nous le savons de la Doctrine de l'Être, est « devenu » du Néant. Tout être immédiat sort du Néant et peut revenir au néant. La différence avec Essence est qu'elle crée beaucoup d'êtres différents ; ils reviennent à rien, mais l'essence continue d'essayer, car le pauvre Essence est le fait qu'il doit continuer à essayer. C'est une sorte d'être qui ne se contente pas de devenir rien mais de par sa nature même doit continuer à essayer et à essayer encore. Nous pouvons maintenant revenir au passage et nous concentrer sur certaines choses.</p>
<p>Maintenant, nous pouvons faire une paraphrase lâche. (Pour l'Essence, le devenir est l'être, c'est-à-dire qu'il part du néant, reste un temps comme étant et revient au néant, mais par là revient à lui-même, ce qui est l'impérieuse nécessité de " devenir » une fois de plus.) L'être ordinaire est le mouvement du rien vers l'être-pour-autrui et continue, ou peut-être, simplement devenir et disparaître, et c'est tout. Mais Essence essaie à nouveau. Si bien que l'être dans lequel l'Essence essaie de se retrouver est pur Spectacle ; cela ne devient pas une qualité, qui devient une quantité, qui devient une mesure, etc. Non, monsieur. Spectacle pur. Négativité absolue. Montrez n ° 1. Pas bon. Nié. Montrez le n ° 2. Pas ce que je recherche - avec ça dans les limbes. Montrez le n° 3. Pas bon. Niez-le. Niez-les tous.Un jour on y arrivera (et on verra plein de choses qu'on ne pouvait pas voir avant). Mais pour le moment, Essence peut vraiment dire : « Moi ! Je sais ce que je suis maintenant. Je ne suis que la négativité, je deviens quelque chose et je la nie. Je suis un mouvement, moi. Oui c'est ça. Je suis mouvement de négation. Mais ce n'est pas tout de moi. Un jour, je le saurai. Essence bien sûr ne sait pas qu'il y a une logique à sa négativité. Un philosophe, un philosophe hégélien, qui l'observait au microscope atomique dirait : d'abord il était une pierre, puis il était une fleur, puis il était un cheval, puis il était un singe, puis il était un homme. La pauvre abstraction ne le sait pas, mais je pense qu'un jour il sera un ange. C'est ce que toute cette agitation et cette négativité doivent signifier. Mais cela bien sûr ne nous concerne pas ici.Je sais ce que je suis maintenant. Je ne suis que la négativité, je deviens quelque chose et je la nie. Je suis un mouvement, moi. Oui c'est ça. Je suis mouvement de négation. Mais ce n'est pas tout de moi. Un jour, je le saurai. Essence bien sûr ne sait pas qu'il y a une logique à sa négativité. Un philosophe, un philosophe hégélien, qui l'observait au microscope atomique dirait : d'abord il était une pierre, puis il était une fleur, puis il était un cheval, puis il était un singe, puis il était un homme. La pauvre abstraction ne le sait pas, mais je pense qu'un jour il sera un ange. C'est ce que toute cette agitation et cette négativité doivent signifier. Mais cela bien sûr ne nous concerne pas ici.Je sais ce que je suis maintenant. Je ne suis que la négativité, je deviens quelque chose et je la nie. Je suis un mouvement, moi. Oui c'est ça. Je suis mouvement de négation. Mais ce n'est pas tout de moi. Un jour, je le saurai. Essence bien sûr ne sait pas qu'il y a une logique à sa négativité. Un philosophe, un philosophe hégélien, qui l'observait au microscope atomique dirait : d'abord il était une pierre, puis il était une fleur, puis il était un cheval, puis il était un singe, puis il était un homme. La pauvre abstraction ne le sait pas, mais je pense qu'un jour il sera un ange. C'est ce que toute cette agitation et cette négativité doivent signifier. Mais cela bien sûr ne nous concerne pas ici. » Essence ne sait bien sûr pas qu'il y a une logique à sa négativité. Un philosophe, un philosophe hégélien, qui l'observait au microscope atomique dirait : d'abord il était une pierre, puis il était une fleur, puis il était un cheval, puis il était un singe, puis il était un homme. La pauvre abstraction ne le sait pas, mais je pense qu'un jour il sera un ange. C'est ce que toute cette agitation et cette négativité doivent signifier. Mais cela bien sûr ne nous concerne pas ici. » Essence ne sait bien sûr pas qu'il y a une logique à sa négativité. Un philosophe, un philosophe hégélien, qui l'observait au microscope atomique dirait : d'abord il était une pierre, puis il était une fleur, puis il était un cheval, puis il était un singe, puis il était un homme. La pauvre abstraction ne le sait pas, mais je pense qu'un jour il sera un ange. C'est ce que toute cette agitation et cette négativité doivent signifier. Mais cela bien sûr ne nous concerne pas ici.C'est ce que toute cette agitation et cette négativité doivent signifier. Mais cela bien sûr ne nous concerne pas ici.C'est ce que toute cette agitation et cette négativité doivent signifier. Mais cela bien sûr ne nous concerne pas ici.</p>
<p>Maintenant de là dans le mouvement ouvrier.</p>
<p>Nous savons ce qu'est le mouvement syndical. C'était à une époque les révolutions de 1848, dont le chartisme, 1839-48. Elle a pris la forme de la Première Internationale. Elle a pris la forme de la IIe Internationale à son apogée. Les syndicats étaient également organisés. Il y a des ânes qui diraient : la Commune, par exemple, a eu lieu dans une ville, comment peut-on dire que c'était une forme de tout le mouvement ouvrier ? Pensez à tous les millions et millions qui n'avaient aucun lien avec la Commune. Des imbéciles. Depuis 1917, le mouvement ouvrier, pays après pays, a tenté à plusieurs reprises d'imiter la Commune. L'Europe et l'Asie bouillonnent de futurs communards.Il est donc évident que la Commune (dans une seule ville) montrait le modèle de l'avenir - aux millions et millions dans les centaines et milliers de villes qui ne prêtaient peut-être que peu d'attention à la Commune - qui était une forme de rien en particulier. La Commune les représentait.</p>
<p>Ces formulaires montrent donc que le mouvement syndical va quelque part. Mais les révolutions de 1848, elles allaient et venaient, la Commune allait et venait. La Première Internationale allait et venait. La IIe Internationale demeure, mais est une relique. Regardez-le en France – la Troisième Force. C'est une blague. En France, les deux forces sont De Gaulle et la Troisième Internationale. Qui choisit de se préoccuper de la IIe Internationale et des ouvriers catholiques est dans la même position que ceux qui n'ont pas compris que c'était la Commune et non les millions apparemment inertes qui était décisive pour l'avenir de l'Europe. Marx s'est jeté dessus.</p>
<p>Mais, comme je l'ai dit, ces formes disparaissent. Mais le mouvement prolétarien continue. Ils ont un être extérieur, et ceux-ci s'évanouissent, les nouvelles formes extérieures apparaissent. Nous pouvons toujours, si nous sommes marxistes, voir la forme et ce que nous appellerons pour le moment l'Essence. Mais l'Essence n'est pas une chose qui change. Non, la forme était la Première Internationale ; l'essence était le mouvement ouvrier, prolétarien, révolutionnaire de 1871, qui était différent de celui de 1848. Et nous avons établi que le mouvement révolutionnaire d'aujourd'hui, les ouvriers qui suivent le stalinisme, ne sont pas les mêmes qui ont suivi le menchévisme. Ils sont encore plus avancés qualitativement, encore plus avancés sur la route de leur but ultime.</p>
<p>La Commune donc, la Première Internationale, les luttes de 1905 n'étaient qu'Etre, elles n'étaient Rien. Ils n'existaient pas, ils existaient, ils n'existaient plus. Ils étaient de rien et sont revenus à rien. Mais leur expérience, ce qu'ils représentaient était accumulé. Ce n'était pas perdu. L'essence est un mouvement mais un mouvement de l'être emmagasiné. Les ouvriers sous le stalinisme ont l'expérience du léninisme. « L'Essence peut certainement être considérée comme un être passé, en nous rappelant cependant que le passé n'est pas totalement nié, mais seulement mis de côté et ainsi en même temps préservé.</p>
<p>La Troisième Internationale réactionnaire a emmagasiné en elle le passé du léninisme qui n'est plus – il n'existe plus. Les philosophes, les marxistes, doivent retracer cela.</p>
<p>Mais ce qui continue de bouger, c'est le mouvement ouvrier, le mouvement révolutionnaire lui-même. Il emmagasine l'expérience des folies et des faiblesses du proudhonisme et du bakouninisme. Il a appris la valeur de l'organisation. Elle a accumulé l'expérience du parlementarisme, de la défense nationale, etc. Elle s'est enrichie de plus en plus. (Il a organisé les idées aussi, mais toujours à la suite du mouvement objectif, changeant, développant le capitalisme.)</p>
<p>A un moment donné, ce mouvement prolétarien ressemble à la Première Internationale ou à la Commune ou 1917-20. Et si vous vous arrêtez, regardez, et soyez précis, comme il faut le faire (souvenez-vous que vous ne pouvez penser que si vous avez des déterminations fixes et précises), alors vous voyez que le mouvement essentiel se reflète dans la forme. La Première Internationale l'a reflété, 1915 l'a reflété, etc. Les reflets disparaissent. Ce qu'ils réfléchissaient est emmagasiné et fait partie du nouveau prolétariat. Ce processus, la disparition du reflet, et le nouveau prolétariat avec son expérience du reflet emmagasiné en lui, repartant, ce processus est l'Essence. L'essence d'une chose est qu'elle doit se mouvoir, se réfléchir, nier le reflet qui n'était rien, devenir être, puis redevenir rien, tandis que la chose elle-même doit avancer parce que c'est sa nature de le faire. Qu'il doive se déplacer, la direction cohérente dans laquelle il se déplace, sa nécessité de nier ses réflexions, de les stocker et de poursuivre vers un but ultime, c'est son Essence. L'essence du prolétariat est son mouvement pour incorporer en lui-même l'expérience des maux du capitalisme jusqu'à ce qu'il surmonte le capitalisme lui-même. L'essence du prolétariat n'est pas qu'il soit révolutionnaire et essaie de nombreux partis différents et les rejette parce qu'ils échouent. Ce n'est pas « un substrat existant ». Il nie non seulement son reflet, il fait plus que cela, il nie davantage ses propres expériences et les emmagasine, il est donc toujours plus loin qu'il ne l'était auparavant dans son propre but spécial. Cela ne nie pas non plus en général. (La citation s'affichera.). Et maintenant, phrase par phrase.</p>
<p>Devenir dans l'Essence – son moment de réflexion – est donc le mouvement du Rien vers le Rien et par le Rien vers lui-même.</p>
<p>Évident. Commune, Première Internationale, Léninisme, tout, en tant qu'entités existantes, tout être pur. Le prolétariat avait un être, un certain sentiment, des idées, des impulsions, des désirs, une volonté. Elle les a acquises dans son expérience, expérience objective avec le capitalisme, avec son passé emmagasiné. C'était l'être abstrait, l'être prolétaire abstrait. Mais l'être abstrait n'est rien. La Nature de l'être doit devenir déterminée. De même que la pensée organise les impulsions, le désir, la volonté, etc., le parti prolétarien s'organise, se détermine dans Lénine, Boukharine, Trotsky, Rakovsky, le Parti bolchevik, la IIIe Internationale, être déterminé.</p>
<p>Le léninisme, donc, la Troisième Internationale, est une cristallisation de l'être abstrait, qui n'est rien. Le léninisme nie ce rien en devenant quelque chose. Ensuite, il est remplacé par le stalinisme. Mais le fait que cela se produise est l'essence du prolétariat. Ses désirs, sa volonté, ses pulsions, ses besoins (essentiellement implantés en lui par sa position vis-à-vis du capitalisme) sont toujours d'abord un être abstrait, c'est-à-dire rien, puis prennent une forme déterminée, puis ceux-ci s'évanouissent dans le néant, mais leur essence est stockée en haut. Le prolétariat, par essence, a un Autre, son reflet, mais celui-ci va et vient.</p>
<p>Le passage ou le Devenir se transcende dans son passage : cet Autre qui surgit au cours de ce passage n'est pas le Non-être d'un Être, mais le Rien d'un Rien ; et c'est cela – le fait qu'il soit la négation d'un Rien – qui constitue l'être.</p>
<p>C'est un exercice de développement des idées de la Doctrine de l'Être. Ce passage contient la clé. Lisez-le lentement et obtenez-le :</p>
<p>« L'être n'existe que comme mouvement du Rien vers le Rien, et ainsi est l'Essence- et l'Essence ne contient pas ce mouvement en soi mais est ce mouvement, Spectacle absolu et pure négativité, qui n'a rien sans lui qui puisse le nier, mais nie seulement sa propre négativité, qui n'est que dans cette négation. »</p>
<p>Alors qu'en regardant en arrière, nous pouvons voir que nous avions une sorte d'être en qualité, l'être immédiat, qui a suivi son propre chemin. Maintenant nous avons une autre sorte d'être, l'Essence, qui a sa manière, la négativité constante du Spectacle, dans laquelle elle doit se retrouver. Le reste d'Essence est de retracer le développement dialectique de ce Spectacle, et le mouvement qui le nie sans cesse. (Je ne garantis pas ces interprétations. Le fait est qu'une fois qu'elles sont en panne, nous commençons à parier quelque part. Je n'ai pas peur des erreurs.)</p>
<p>Alors maintenant, nous avons Essence. C'est une forme de Réflexion. Comme Hegel le décrit dans la plus petite Logique :</p>
<p>« Ce mot « réflexion » est appliqué à l'origine lorsqu'un rayon de lumière en ligne droite frappant la surface d'un miroir en est renvoyé. Dans ce phénomène nous avons deux choses, d'abord un fait immédiat qui est, et deuxièmement la phase déléguée, dérivée ou transmise du même. Quelque chose de ce genre se produit lorsque nous réfléchissons ou pensons à un objet ; car ici nous voulons connaître l'objet, non dans son immédiateté, mais comme dérivé ou médiatisé. »</p>
<p>Médiatisé. Un joli mot. Serre-le contre ta poitrine. Je dis, nous disons que la conscience des gens est une chose, l'immédiateté, une entité dont nous pouvons dire qu'elle a une « qualité ». Mais en tant que marxistes, nous savons que la conscience est par essence le reflet de l'environnement économique et politique, c'est-à-dire social. L'arrière-plan social est donc médiatisé par la conscience. Dans la doctrine de l'Être, la qualité était, si l'on veut, médiatisée en quantité. Dans la Doctrine de l'Essence, la qualité est, ou plutôt serait une manifestation de quelque chose qui se reflète à travers la qualité. Hegel poursuit :</p>
<p>« Le problème ou le but de la philosophie est souvent représenté comme la constatation de l'essence des choses : une phrase qui signifie seulement que les choses, au lieu d'être laissées dans leur immédiateté, doivent être montrées comme médiatisées ou basées sur quelque chose d'autre. L'Etre immédiat des choses est ainsi conçu sous l'image d'une écorce ou d'un rideau derrière lequel se cache l'Essence. »</p>
<p>Le maestro y va doucement. « Tout, dit-on, a une Essence ; c'est-à-dire que les choses ne sont pas vraiment ce qu'elles se montrent immédiatement. Il y a autre chose à faire que de simplement vagabonder d'une qualité à une autre, et simplement d'avancer du qualitatif au quantitatif et vice versa : il y a un permanent dans les choses et ce permanent est en premier lieu leur Essence.</p>
<p>C'est assez simple. Pourquoi n'ai-je pas commencé par ça ? Non. Parce que cette simple phrase « en premier lieu » couvre beaucoup de choses et cela nous aurait causé beaucoup de problèmes. Vous auriez cru comprendre quelque chose que vous ne compreniez pas. L'essence de la conscience est l'environnement social. Mais vous obtenez là une impression qui est statique. C'est seulement parce que la conscience est une sorte de spectacle, qui doit refléter l'environnement, et l'environnement doit continuer à s'exprimer, toujours à la recherche, que nous pouvons l'appeler Essence. L'importance de cela ne peut pas être surestimée. Si vous ne voyez pas cela clairement, vous avez l'idée d'essayer ceci, d'essayer cela, d'essayer l'autre. Vous dites vite : il semble ne jamais apprendre, car « il » est statique. Alors votre essence devient une chose. Mais quand vous voyez l'Essence comme le mouvement, et le mouvement qui emmagasine l'être dépassé, mais pourtant vous êtes poussé à continuer, alors vous avez l'Essence en vérité et en fait.<br class='autobr' />
Or, savoir que l'Essence est un mouvement qui se reflète dans un Spectacle (qui est rejeté) puis repart, le savoir, c'est seulement connaître l'Essence en général. C'est le début de l'Essence. L'essence, un mouvement, avance dialectiquement. Le reflet et la chose reflétée ont leur vie propre ; ils se développent en différentes choses et nous les traçons, et voyons comment à chaque étape ils se transforment en quelque chose d'autre. Hegel appelle leur forme la plus importante les Réflexions des Déterminations. Souvenez-vous que pendant longtemps ce sont des créations de la pensée. Par exemple, lorsque vous regardez la conscience, vous ne la voyez pas divisée en conscience et existence, pour reprendre le mot de Marx. La conscience est la conscience. Mais la pensée fait cette séparation, ces déterminations de l'objet, en ses parties composantes.</p>
<p>Nous voyons le léninisme comme une détermination qui reflète un certain stade de développement du mouvement perpétuel. Mais le léninisme est une détermination de la pensée. Il y a le prolétariat, dans la société capitaliste, à un certain stade de développement. Isoler ce que nous appelons le léninisme est une détermination de la pensée. L'isoler comme un fait et lui donner une vie indépendante, ah ! Jésus, c'est quelque chose qui apporte un terrible châtiment. Écoutez Hegel avant même qu'il ne commence à développer les Déterminations de la réflexion, nous disant comment certaines personnes se bloquent :</p>
<p>« . . . les déterminations réfléchies sont d'un genre différent des déterminations simplement immédiates de l'être. De ces derniers, il est facile d'admettre qu'ils sont transitoires et simplement relatifs, liés à quelque chose d'autre, tandis que les déterminations réfléchies ont la forme d'être-en-et-pour-soi. Ils s'affirment donc comme essentiels, et au lieu de passer dans leurs contraires, ils apparaissent plutôt comme absolus, libres et indifférents les uns aux autres. Ils résistent donc obstinément à leur mouvement : leur Être est leur identité à soi dans leur déterminité, selon laquelle, tout en se présupposant l'un l'autre, ils se conservent pourtant comme absolument séparés dans ce rapport. »</p>
<p>Le léninisme est le léninisme et le stalinisme est le stalinisme ; la Quatrième Internationale est la Quatrième Internationale. C'est leur donner la forme de l'être-en-et-pour-soi. L'extrait ci-dessus pose problème. Il n'est pas nécessaire de tout prendre phrase par phrase. Une interprétation plus lâche est indiquée ici. (Et Hegel chantera cette chanson pendant près de cinq cents pages.) Si vous regardez les déterminations « immédiates » de l'être, vous voyez le léninisme, et vous dites : ça passera ; les choses vont et viennent. Je me souviens du consul de France dans une île où j'ai séjourné qui m'a dit que l'homme politique français Briand était un socialiste dans sa jeunesse, mais il y a toujours des gens plus à gauche que vous, ce qui vous pousse à droite. Cette idée semble avoir du mouvement, mais elle prend Briand et ceux « plus à gauche » que lui comme « immédiats » - La réflexion est extérieure.</p>
<p>Et Hegel (dans l'extrait complet – j'ai omis une partie du paragraphe) dit qu'il est facile pour les penseurs sérieux de mettre de côté ces déterminations externes. Mais quand on réfléchit sérieusement, qu'on voit l'être apparent comme de simples reflets de l'essence, alors ces déterminations deviennent elles-mêmes essentielles. La Commune, la IIe Internationale, le léninisme, le stalinisme, etc., deviennent « libres ». Ils deviennent indépendants de la vie. Ils vivent après leur mort, et ce qui vit est mort – pour la Compréhension. Vous voyez, vous savez que vous êtes un penseur supérieur. Ces déterminations que vous avez tracées à leurs racines. Ils se « présupposent » l'un l'autre « bien sûr ». Le léninisme est « en quelque sorte » lié au menchévisme, et le stalinisme vient du léninisme. Ils sont indissociables du capitalisme en développement et du prolétariat en développement. "Bien sûr bien sûr",mais pourtant ils sont maintenus "séparés". Le penseur individuel, après avoir travaillé dur, surmonté le sens commun vulgaire et les a établis, s'y accroche fermement. Son énergie créatrice est épuisée. Ou bien son énergie d'organisation des choses concrètes est telle qu'il se lance dans l'organisation à l'intérieur de ces catégories. Il ferait normalement peu de mal. Mais lorsque ces nouvelles catégories merveilleuses ont été établies, elles sont venues des impulsions, de la volonté, du désir, etc., des gens. Et il y a toujours des gens qui, pour des raisons objectives, souhaitent rester sur place. Ils s'emparent de cet individu et en font un héros. La Logique de la Compréhension a une base.Ou bien son énergie d'organisation des choses concrètes est telle qu'il se lance dans l'organisation à l'intérieur de ces catégories. Il ferait normalement peu de mal. Mais lorsque ces nouvelles catégories merveilleuses ont été établies, elles sont venues des impulsions, de la volonté, du désir, etc., des gens. Et il y a toujours des gens qui, pour des raisons objectives, souhaitent rester sur place. Ils s'emparent de cet individu et en font un héros. La Logique de la Compréhension a une base.Ou bien son énergie d'organisation des choses concrètes est telle qu'il se lance dans l'organisation à l'intérieur de ces catégories. Il ferait normalement peu de mal. Mais lorsque ces nouvelles catégories merveilleuses ont été établies, elles sont venues des impulsions, de la volonté, du désir, etc., des gens. Et il y a toujours des gens qui, pour des raisons objectives, souhaitent rester sur place. Ils s'emparent de cet individu et en font un héros. La Logique de la Compréhension a une base.La Logique de la Compréhension a une base.La Logique de la Compréhension a une base.</p>
<p>Mais il y a des cas encore plus pathétiques, et en y repensant, je suis ému aux larmes. Il y a l'intellect et l'esprit puissants qui se déplacent dans des catégories qui, autrefois puissantes en leur temps, n'ont maintenant aucune base objective. Quel effort gaspillé ! Quels vains sacrifices ! Hegel savait. Il n'arrête pas de dire : « C'est l'ennemi, pensant dans les catégories qui étaient précises, mais acquièrent une vie indépendante et ne bougent pas. Il va nous parler des contraires et de la transition. C'est le contenu principal d'Essence. Mais avant de commencer, il dit que ce type de pensée Compréhension peut nous étrangler avant que nous puissions commencer. Identité, différence et contradiction, en particulier contradiction.</p>
<p>Nous approchons maintenant du noyau du système de Hegel, dans les trois notés ci-dessus. Il ne faut cependant pas oublier que le plus grand Logic fait neuf cents pages en tout. Prenons par exemple la question de Ground qui suit ces trois. Le sol, dit Hegel, est la véritable auto-médiation de l'Essence. D'ACCORD. Et puis il est parti. Le Terrain Absolu qui est ensuite déterminé en Terrain Déterminé, qu'il analyse plus avant en Terrain Formel et Terrain Réel, qui se termine finalement en Terrain Complet. Mais les seules subdivisions du Fond absolu sont (a) Forme et Essence, (b) Forme et Matière, (c) Forme et Contenu. Il fait trente-quatre pages en tout. Que diable pouvons-nous faire avec ça ? Et pourtant, il contient des éléments aussi cruciaux que la forme et le contenu, l'existence, l'apparence, la substance, etc. Vous le lirez par vous-mêmes. Mes sélections sont arbitraires. Nous prenons des morceaux.Mais en réalité, il n'y a pas de sélections arbitraires. Mon but, ma connaissance de la Logique, ma connaissance du mouvement ouvrier, ma connaissance de mes lecteurs probables, sont tous à l'œuvre pour décider quels morceaux je vais prendre. Si mes connaissances ne sont pas trop superficielles et mon objectif pas trop étroit, un vrai aperçu de la Logique sera donné et un vrai aperçu du mouvement ouvrier aussi. Mais nous devons connaître les limites de ce que nous faisons. On se fait une idée de la chose, c'est tout. Cependant, quand il s'agit d'Identité, de Différence et de Contradiction, je pense que nous devrions essayer de suivre sa méthode abstraite, comme nous l'avons fait dans une certaine mesure dans la Doctrine de l'Être. Ils sont, comme je l'ai dit, le noyau.sont tous au travail pour décider quels morceaux je vais prendre. Si mes connaissances ne sont pas trop superficielles et mon objectif pas trop étroit, un vrai aperçu de la Logique sera donné et un vrai aperçu du mouvement ouvrier aussi. Mais nous devons connaître les limites de ce que nous faisons. On se fait une idée de la chose, c'est tout. Cependant, quand il s'agit d'Identité, de Différence et de Contradiction, je pense que nous devrions essayer de suivre sa méthode abstraite, comme nous l'avons fait dans une certaine mesure dans la Doctrine de l'Être. Ils sont, comme je l'ai dit, le noyau.sont tous au travail pour décider quels morceaux je vais prendre. Si mes connaissances ne sont pas trop superficielles et mon objectif pas trop étroit, un vrai aperçu de la Logique sera donné et un vrai aperçu du mouvement ouvrier aussi. Mais nous devons connaître les limites de ce que nous faisons. On se fait une idée de la chose, c'est tout. Cependant, quand il s'agit d'Identité, de Différence et de Contradiction, je pense que nous devrions essayer de suivre sa méthode abstraite, comme nous l'avons fait dans une certaine mesure dans la Doctrine de l'Être. Ils sont, comme je l'ai dit, le noyau.quand il s'agit d'Identité, de Différence et de Contradiction, je pense que nous devrions essayer de suivre sa méthode abstraite, comme nous l'avons fait dans une certaine mesure dans la Doctrine de l'Être. Ils sont, comme je l'ai dit, le noyau.quand il s'agit d'Identité, de Différence et de Contradiction, je pense que nous devrions essayer de suivre sa méthode abstraite, comme nous l'avons fait dans une certaine mesure dans la Doctrine de l'Être. Ils sont, comme je l'ai dit, le noyau.</p>
<p>Le traitement de l'Identité dans la plus petite Logique est l'une des choses les plus déconcertantes et les plus irritantes de Hegel. Je soupçonne qu'une connaissance approfondie de la logique à l'ancienne serait utile. En tout cas, Hegel semble dire quelque chose comme ceci : « Vous voyez cette nappe ? C'est plus qu'une nappe ; une connaissance approfondie maintenant d'une nappe est absolument nécessaire pour comprendre la logique ; passons maintenant à la section suivante.</p>
<p>Mon explication, comme beaucoup de mes explications, commettra sans aucun doute des violations. Mais vous en apprendrez probablement quelque chose. J'ai lu nombre de brèves explications de Hegel et de la Logique en particulier, qui n'expliquaient rien. C'est pourquoi j'utilise ma propre méthode. Comme le disent très franchement les traducteurs de la Logique plus large : « Nous n'avons aucun doute que nous n'avons pas réussi à comprendre la pensée dans de nombreux endroits. « Moi aussi, je sais à quel point il est facile de mal interpréter. Mais cela ne doit pas nous décourager. Maintenant - Je regarde quelque chose et à mon avis j'en ai une image (comment je pourrais déchirer cette formulation en morceaux !) – livre, pierre, cheval, maison, mouvement ouvrier, théorie scientifique, plat de glace. Je me le définis : j'établis son identité. Je peux être assez précis. Je dis : cette maison, je l'ai conçue. Je l'ai construit. J'y vis. Je sais tout à ce sujet. Je peux le décrire, peut-être faire un inventaire. Cette maison est cette maison. Ce que j'écris sur le papier, les plans, les photographies, les souvenirs, etc., tout correspond à cette maison. Mais le conception – cette maison, que je crois avoir si clairement établie, m'échappe au moment même où je l'établis. La maison change. (Je change aussi, mais oubliez ça, ou plutôt mettez ça de côté pour le moment.) Dans deux ans cette maison sera une autre maison : peinture disparue, trous dans le toit, meubles gorgés d'eau, herbe poussant dans le patio.Au lieu que cette maison soit dans la classe A, cette maison a dégénéré en classe C. Cela s'est produit en deux ans, mais en réalité, cela se produisait tout le temps. Toute l'existence de la maison est une lutte contre précisément une telle dégénérescence. Or Hegel dit, et c'est le premier (large) énoncé de sa méthode hégélienne particulière, il dit : moi qui sais cela, quand je regarde la maison, je dois dire - cette maison est, mais en même temps elle n'est pas, ou pour être plus précis, c'est et ce n'est pas ce que c'est, c'est aussi autre chose. Vous le trouvez dans les livres car A n'est pas égal à A. Cette formule est la formule la plus trompeuse qui puisse être. N'importe quel imbécile peut être d'accord avec cela, et n'importe quel imbécile peut être en désaccord. Simplement parce qu'à lui seul il ne prouve rien. Vous devez prendre tout l'argument hégélien ou vous feriez mieux de le laisser de côté.</p>
<p>Car Hegel, ayant établi le caractère incertain de l'Identité, passe aussitôt à la Différence. Et ici, il est tout aussi audacieux mais un peu plus facile à suivre. Il dit que si l'identité implique la différence, alors également la différence implique l'identité. Je ne compare pas un chameau à un dictionnaire français. Ce ne sont là que des choses dissemblables ; il n'y a pas de "différence" entre eux. Bien sûr, ils sont « différents », mais c'est une différence vulgaire, aussi vulgaire à sa manière que l'identité que la maison est la maison. Je peux comparer sérieusement les différences de deux livres, deux romans, deux romans de la même époque, deux romans du même auteur. La différence, la différence dont il faut parler, ne peut exister que sur la base d'une certaine identité. Et l'identité à l'inverse ne peut exister qu'à partir de la différence, cette maison est et n'est pas cette maison.Et cette maison d'aujourd'hui n'est pas cette maison de demain ou dans deux ans.</p>
<p>En fait Hegel dit qu'au moment où vous pensez, que vous le sachiez ou non, vous niez l'existant. « Cette maison vaut 5 000 $ » signifie qu'elle valait plus et que demain elle ne vaudra que 4 000 $, ou si l'inflation continue, 10 000 $, nègres et tout. Si je dis que cette maison vaut 5 000 $, valait toujours 5 000 $ et vaudra toujours 5 000 $, pour toujours et à jamais, je ne dis rien, du moins je ne pense pas sérieusement. La pensée n'a de sens que lorsque la maison est en relation avec d'autres maisons qui ne possèdent pas cet attribut inestimable de maintenir constamment le prix.</p>
<p>Identité signifie différence. La différence signifie l'identité. Et maintenant, avec un saut, nous pouvons y entrer. Hegel dit que ce principe devient important, en fait décisif, lorsqu'on regarde, fait une cognition philosophique, à propos d'un seul objet. Dans l'identité d'un objet, vous devez établir la différence spécifique, et dans sa différence spécifique, vous devez établir l'identité. Si vous avez établi la différence spécifique, la différence qui appartient à l'objet, qui le distingue de tous les autres objets et de leurs différences, alors vous avez l'Autre de l'objet. L'autre est la différence qui compte, la différence essentielle. Mais comme il n'est différent (essentiel) d'aucun autre objet, alors Autre est donc identique à son objet. Le découvrir, c'est découvrir ce qui fait bouger l'objet.Je regarde la société bourgeoise et je vois le capital, mais le travail est son autre. Dans le capital est la différence essentielle, mais le capital et le travail sont une seule identité.</p>
<p>Je pense moi-même que tout cela est passionnant. Poussons maintenant ce principe un peu plus loin, en laissant Hegel parler lui-même, même si je n'utilise pas toujours les guillemets. Il dit que cette question de la différence essentielle au sein de chaque identité est la nécessité indispensable de la cognition philosophique. Plus tard, il nous dira quand vous dites père, vous avez à l'esprit fils. Le fils est interpénétré avec le père. Père n'a de sens que par rapport au fils. Le dessus n'a de sens que par rapport au dessous. Si je ne voulais pas dire père par rapport au fils, je ne dirais pas père, je dirais : homme ou joueur de baseball ou quelque chose comme ça, mais alors je regarde un ou plusieurs autres objets. Alors cette identité simple et abstraite est une fiction, un piège mortel pour les penseurs.</p>
<p>Il est de la plus haute importance de reconnaître cette qualité des déterminations de la réflexion qui ont été considérées ici, que leur vérité ne consiste que dans leur relation les unes avec les autres, et donc dans le fait que chacune contient l'autre dans son propre concept. Cela doit être compris et rappelé, car sans cette compréhension, pas un pas ne peut vraiment être fait en philosophie.</p>
<p>C'est ainsi que la maison n'est pas simplement la maison. La maison est essentiellement une protection contre la nature. De sorte qu'identique à la maison est son Autre, destruction par la Nature. La maison peut être un fort contenant des soldats. Si identique à la maison à cet égard est sa destruction par l'artillerie, etc. La maison peut aussi être une source de revenus. De sorte qu'identique à cela est la baisse du loyer. Tout a son propre complexe spécifique de relations, et le quelque chose a différents complexes de relations qui continuent à lui donner un Autre spécifique, c'est-à-dire à contrôler son mouvement. C'est un aspect très important de la dialectique. Et comme Hegel aime à le dire, la dialectique n'est pas pratiquée que par les philosophes. L'agent immobilier, l'architecte, tous ces gens connaissent très bien l'Autre particulier de leur maison. C'est toujours dans leur concept.Il est vrai que la dialectique de la maison est en règle générale à un niveau très bas, sauf en cas d'ouragans de Floride, d'incendie ou d'inflation galopante. Mais ça, Hegel le sait aussi. Et il sait aussi que là où vous examinez les grandes formes sociales et intellectuelles de la société, alors vous devez vous rappeler que chaque objet contient son Autre dans son propre concept et que toute détermination de la pensée a aussi son autre dans son concept. Le travail a toujours du capital dans son concept. C'est pourquoi le travail en 1864 avait le capital de 1864 dans son concept, le travail en 1948 a le capital de 1948 dans son concept. Le menchevisme avait le léninisme dans son concept, et le léninisme avait le stalinisme dans son concept. Comment le stalinisme ? Car tant que le nouvel organisme, le socialisme, n'avait pas été atteint, la détermination révolutionnaire, le léninisme,serait attaqué par le reflet en son sein de l'ennemi fondamental du prolétariat, du capital et du capital d'État au sein du mouvement ouvrier est précisément le stalinisme, comme le menchevisme était le capital monopoliste (dans son stade de super-profits de l'impérialisme) au sein du mouvement ouvrier. Vous ne le savez pas ? Vous ne pouvez pas bouger d'un pied. C'est pire. Vous pouvez vous déplacer mais dans la mauvaise direction.</p>
<p>Leur vérité ne consiste que dans leur relation les uns avec les autres. Chacun contient l'autre dans son propre concept. Saches cela. Lisez-le dans les deux Logiques. Réfléchissez-y. Car si vous ne le faites pas, vous ne pouvez pas penser. Leur vérité ne consiste que dans leur relation les uns avec les autres. La vérité du mouvement ouvrier ne consiste que dans son rapport au capital. Comme nous avons sué pour montrer que la vérité de la Première Internationale ne peut être saisie que par rapport à la capitale spécifique de l'époque, que la IIe Internationale avait un rapport similaire, que la vérité de la IIIe Internationale, par rapport à la IVe Internationale , doit être le même. Comprenez-le et souvenez-vous-en. Souviens toi. Souvenez-vous que le menchevisme en tant que tendance politique dans le mouvement ouvrier avait son opposé précis, le léninisme. C'est l'histoire de la IIe Internationale,de la IIe Internationale et aucune autre. Lorsque le menchevisme a atteint son apogée, il a péri et le léninisme a pris sa place. C'est comme ça que ça s'est passé, et ça ne pouvait pas bouger autrement. Le mouvement ouvrier ne pouvait passer des idées révolutionnaires de 1889 à 1917 que par une opposition, une transition par la croissance du menchévisme, et en le surmontant. (Nous savons mais nous devons le répéter que celles-ci représentaient des forces objectives. Mais pour le moment, concentrons-nous sur le processus de la pensée.) Je ne sais pas si vous l'avez. Une détermination de la réflexion est identité et différence. Et la différence, l'Autre, émerge, devient forte, et l'Identité doit la surmonter, car l'identité est le début de l'Essence, le mouvement en avant.et il ne pouvait pas bouger autrement. Le mouvement ouvrier ne pouvait passer des idées révolutionnaires de 1889 à 1917 que par une opposition, une transition par la croissance du menchévisme, et en le surmontant. (Nous savons mais nous devons le répéter que celles-ci représentaient des forces objectives. Mais pour le moment, concentrons-nous sur le processus de la pensée.) Je ne sais pas si vous l'avez. Une détermination de la réflexion est identité et différence. Et la différence, l'Autre, émerge, devient forte, et l'Identité doit la surmonter, car l'identité est le début de l'Essence, le mouvement en avant.et il ne pouvait pas bouger autrement. Le mouvement ouvrier ne pouvait passer des idées révolutionnaires de 1889 à 1917 que par une opposition, une transition par la croissance du menchévisme, et en le surmontant. (Nous savons mais nous devons le répéter que celles-ci représentaient des forces objectives. Mais pour le moment, concentrons-nous sur le processus de la pensée.) Je ne sais pas si vous l'avez. Une détermination de la réflexion est identité et différence. Et la différence, l'Autre, émerge, devient forte, et l'Identité doit la surmonter, car l'identité est le début de l'Essence, le mouvement en avant.Mais pour le moment, concentrons-nous sur le processus de la pensée.) Je ne sais pas si vous l'avez. Une détermination de la réflexion est identité et différence. Et la différence, l'Autre, émerge, devient forte, et l'Identité doit la surmonter, car l'identité est le début de l'Essence, le mouvement en avant.Mais pour le moment, concentrons-nous sur le processus de la pensée.) Je ne sais pas si vous l'avez. Une détermination de la réflexion est identité et différence. Et la différence, l'Autre, émerge, devient forte, et l'Identité doit la surmonter, car l'identité est le début de l'Essence, le mouvement en avant.</p>
<p>L'histoire de la Troisième Internationale est l'histoire du dépassement du léninisme par le stalinisme. Tenez fermement le mouvement. Vous voyez, ce qui était du spectacle est maintenant plus que du spectacle. C'est l'Autre qui forme la montagne déchirante que l'Identité doit créer et gravir avant de pouvoir atteindre la hauteur pour se réinstaller en tant qu'Identité sur un plan plus élevé. Ainsi, les reflets de la détermination doivent être considérés. Ne leur donnez pas une vie libre et indépendante. Ils vont vous assassiner. Examinez-les. Voir leur Autre, et voir si quand quelque chose de grave apparaît ce n'est pas l'Autre qui sort. Alors vous le savez, vous pouvez le tracer, vous savez pourquoi il est là, et vous pouvez mobiliser des forces pour le surmonter. Mais si vous ne le voyez pas comme Différence d'identité, cruelle, meurtrière, mais (étant donné les forces objectives) transition nécessaire, puis vous vous précipitez dans des explications fantastiques telles que « les outils du Kremlin » ou l'incapacité des travailleurs à comprendre la politique et ainsi de suite. Une fois de plus. Ce qui devient finalement l'obstacle qu'il faut franchir, c'est un Autre qui était en lui, identique à lui et pourtant différence essentielle.</p>
<p>Si la Quatrième Internationale doit supplanter le stalinisme, alors elle doit « contenir » le stalinisme dans son concept d'elle-même. Cela part de tout ce que le stalinisme a pris le relais du léninisme et conservé (des forces objectives font ressortir l'Autre – des forces objectives différentes feraient ressortir un Autre différent). Au moment où vous pensez, ou laissez se cacher dans votre esprit que les travailleurs sont arriérés ou trompés, vous répudiez deux ou trois décennies d'histoire et votre concept contient comme son opposé, le menchevisme. Vous combattez ensuite un fantôme. Les ouvriers britanniques, les ouvriers américains ne sont pas mencheviks, pas plus que les ouvriers de Norvège et de Suède. Un sondage réalisé il y a quelques mois dans tous les pays européens montrait que plus de soixante pour cent des populations étaient prêtes à supprimer les droits de douane, à intégrer les économies, etc.Ce qui était l'avant-garde à l'époque de Lénine est maintenant une partie essentielle de l'ensemble des populations. L'Autre du menchevisme était le léninisme. L'Autre du stalinisme est un ordre économique socialiste international, embrassant dès le départ des continents entiers. Leur vérité ne consiste qu'en relation l'une avec l'autre. Chacun contient l'autre dans son propre concept. Il va de l'avant en dépassant ce contraire spécifique. Nous n'avons pas travaillé en vain. Nous avons maintenant (je l'espère) saisi sans savoir ce que Hegel entend par son grand principe de contradiction. ContradictionNous n'avons pas travaillé en vain. Nous avons maintenant (je l'espère) saisi sans savoir ce que Hegel entend par son grand principe de contradiction. ContradictionNous n'avons pas travaillé en vain. Nous avons maintenant (je l'espère) saisi sans savoir ce que Hegel entend par son grand principe de contradiction. Contradiction.</p>
<p>Les pages les plus importantes de la Doctrine de l'Essence que j'ai trouvées sont l'Observation 3 de la Logique plus large. Je pense que lorsque nous en aurons terminé avec cela, la bosse sera derrière nous, bien qu'il reste encore beaucoup à faire.</p>
<p>Hegel, à sa manière alléchante, commence par parler calmement de l'Identité, de la Variété et de l'Opposition, qu'il appelle les déterminations primaires de la Réflexion. J'ai préféré parler de différence et de contradiction identitaires. Allez les chercher vous-même si vous le souhaitez. Puis il dit que la contradiction est la racine de tout mouvement et de toute vie et que ce n'est qu'à travers elle que quelque chose bouge et a une impulsion et une activité. Tout le monde, chaque marxiste, connaît ces déclarations.</p>
<p>Ensuite, Hegel fait quelque chose de très caractéristique. Il dit qu'en ce qui concerne l'affirmation de certaines personnes selon laquelle la contradiction n'existe pas, « nous pouvons ignorer cette affirmation ». Il suffit de laisser. Tout d'abord, il est un homme béni, pas un politicien. En politique, vous ne pouvez pas ignorer les opposants. Deuxièmement, il ne peut pas commencer par prouver une telle affirmation. Lui demander de le faire est, selon lui, non scientifique. La preuve, c'est tout ce qu'il dira et les conclusions auxquelles il parviendra. Si vous n'aimez pas, passez votre chemin. Puis après beaucoup du même panégyrique à la contradiction, il termine :</p>
<p>« La pensée spéculative consiste seulement en ceci, que la pensée tient la Contradiction, et, dans la Contradiction, elle-même, et non en ce qu'elle se laisse dominer par elle - comme il arrive à l'imagination - ou laisse ses déterminations se résoudre en autre, ou en Rien. »</p>
<p>Vous n'avez pas une « perception assez simple » de ce que cela signifie, je suis tout à fait sûr que lorsque vous comprenez la dialectique. Tant que vous n'avez pas cette simple idée, vous ne la comprenez pas. Obtenir ce simple aperçu va être un travail. Allons-y.</p>
<p>Vous vous souvenez que chacun contient l'autre dans son propre concept. J'ai parlé d'organisation et de spontanéité, de parti et de masse, de politique et d'économie. Dire que chacun de ces concepts doit contenir l'autre revient à faire une déclaration profonde mais générale. Beaucoup de travaux ont été faits dans le bolchevisme pour montrer que la politique contient l'économie dans son concept. Aucun travail, absolument aucun, n'a été fait sur les autres, à l'exception de quelques débuts merveilleux de Lénine. (Les sujets d'organisation et de spontanéité, de parti et de masse, n'étaient pas urgents à l'époque de Marx.)</p>
<p>Comme je l'ai dit : dire que la vérité de parti consiste dans son rapport à la masse, la vérité d'organisation consiste dans son rapport à la spontanéité, c'est dire une vérité abstraite, mais vérité importante encore, un commencement. L'un des concepts a vie et mouvement à cause de l'opposition de l'autre. Il bouge à cause de l'autre, parce que l'autre bouge. Il ne peut pas bouger autrement. Et la pensée doit le savoir et le retenir. Regardez la procédure réelle de Hegel dans la Logique.</p>
<p>Nous commençons par Identité. C'est devenu la différence. Il l'a maintenant portée à la contradiction. Chacun est poussé à sa limite et devient ainsi un point de transition pour son contraire. C'est ainsi que la qualité devient quantité. C'est ainsi que la quantité est devenue la mesure.</p>
<p>C'est donc ce à quoi Hegel veut en venir par son traitement de l'identité, de la différence, de la contradiction, de la variété, de l'opposition et de son affirmation selon laquelle la contradiction est la source de tout mouvement. Quand vous observez ce qu'est une identité apparente, sachez qu'en son sein existent des contradictions, des différences essentielles. Comment saurez-vous ? Dans cette section ennuyeuse de la plus petite Logique traitant de l'identité, il utilise une superbe phrase : « L'identité est l'idéalité de l'être ». La différence est d'abord dans votre tête, l'Idée. (Je vous ai demandé, souvenez-vous, de ne pas oublier cela, mais de le mettre de côté.) Ce qui se passe dans votre tête lorsque vous regardez quelque chose ne peut jamais être un simple reflet, une identité ordinaire avec lui. Vous savez où il va, ce qu'il vise. Il a son être, l'être est concret, mais son essence est que, à cause de son Autre,il se déplacera dans une certaine direction et votre Idée vous dit comment rechercher la Contradiction. Sans cela, vous ne pouvez pas penser. Regardez ce qui se passe dans le mouvement marxiste aujourd'hui comme analyse d'organisation.</p>
<p>Trotsky, répétons-le, ayant échoué pendant des années à comprendre Lénine sur « l'organisation », s'est converti en 1917 ; et c'est ce qui est vrai, l'a aussitôt converti en un fétiche, c'est-à-dire un Entendement persistant. Car c'est cela le fétichisme. (Les staliniens ont fait de même.) Les « principes d'organisation » de Lénine sont aujourd'hui sur toutes les lèvres. Ils sont devenus une abstraction complète, Compréhension. Qu'on ne puisse penser l'organisation que par rapport à son contraire, la spontanéité, dont personne, pas une âme, ne dit jamais un mot. Je reprendrai cela concrètement sous peu, mais pour l'instant écoutons Hegel et comprenons-le.</p>
<p>Il nous dit d'abord la façon dont pense l'Imagination et par Imagination (nous l'avons eu il y a quelques minutes) Hegel désigne le genre de pensée qui ne traite que de ce qui est familier. Notez ce qu'il appelle cela – Imagination. À première vue, cela semble incongru. Mais je pense qu'il veut l'opposer à la méthode scientifique, à l'analyse. Dans tous les cas :</p>
<p>Ainsi bien que l'imagination ait partout Contradiction pour contenu, elle n'en prend jamais conscience, elle reste un reflet extérieur, qui passe de la Ressemblance à la Dissemblance. . . Il garde ces deux déterminations extérieures l'une à l'autre, et n'a en vue que celles-ci, non leur transition, qui est la matière essentielle et contient la Contradiction.</p>
<p>Notez leur transition. C'est l'essentiel. La transition montre la contradiction. Souvenez-vous de la croissance du Bernsteinisme au sein de la Deuxième Internationale révolutionnaire en contradiction avec l'ensemble du but et du but essentiels de l'organisation ; et après cette croissance la rupture de 1914-21, le point de la transition, quand le prolétariat révolutionnaire surmonte cela et réaffirme son but essentiel sur un plan supérieur.</p>
<p>Vous hochez la tête et dites : oui, oui, d'accord. Je l'ai, je l'ai. Balivernes. Vous serez un peu plus châtié, vous serez beaucoup plus châtié plus tard, mais vous serez un peu châtié maintenant quand vous penserez que Lénine n'a jamais vu cela, jusqu'à après, et Trotsky on peut vraiment dire qu'il ne l'a jamais vu - jusqu'en 1923 au moins, il chantait le même vieux air. Alors un peu de modestie s'il vous plaît pendant que nous continuons.</p>
<p>L'imagination, en tant qu'elle est révolutionnaire, voit le stalinisme ici et le « socialisme démocratique » là-bas ; et ne les voit jamais, leur identité ou leur unité comme des contraires. Il ne voit pas que le mouvement ouvrier, étant ce qu'il est par essence, la domination bureaucratique, criminelle, organisationnelle du stalinisme, constituera inévitablement le point de transition vers un autre échelon supérieur. Il voit l'organisation dégradante et dans le désespoir (ou l'espoir) scrute l'horizon à la recherche du salut. La dialectique hégélienne garde les yeux rivés sur l'organisation stalinienne car elle sait que l'Autre est là. Voyez maintenant le principal ennemi de Hegel, la Compréhension, tirer sa révérence :</p>
<p>D'autre part, la réflexion intelligente, si l'on peut en parler ici, consiste dans la compréhension et l'énonciation de la Contradiction. Il n'exprime pas le concept des choses et de leurs relations et n'a que des déterminations d'imagination pour le matériel et le contenu ; mais il les rapporte néanmoins, et la relation contient leur contradiction, laissant transparaître leur concept à travers la contradiction.</p>
<p>La compréhension est la même que la réflexion intelligente. La compréhension ne peut pas, n'exprime pas le concept des choses et de leurs relations. Ses déterminations sont ce qui lui est familier, non ce qui lui est familier en général, mais ce qui lui est familier, ce qu'il a fait une fois. Elle opère avec des bureaucraties inaltérablement liées à la propriété privée, et des internationales réformistes qui toujours en crise défendent la propriété privée et l'État national, choses qui lui sont familières. Mais la Compréhension relie ces déterminations – elle pense, elle a des perspectives. Il dit : "C'est ce que c'est, et c'est ce que cela devrait être." Vous êtes en mesure d'entrevoir le concept authentique. Cela se voit à travers la contradiction. Est-il possible d'avoir une appréciation plus juste, plus précise de la nature des écrits de Trotsky ? Et maintenant pour voir ce qu'ils sont, en voyant plus clairement encore ce qu'ils ne sont pas. Voyons comment la vraie dialectique, la raison pensante, gère ces choses. Il s'agit d'un article article par article. J'espère que tu l'auras la première fois. Nous avons travaillé assez dur.</p>
<p>La Raison pensante, d'autre part, aiguise (pour ainsi dire) la différence brutale de la Variété, le simple multiple de l'imagination, en différence essentielle, c'est-à-dire en Opposition.</p>
<p>Magnifique. Magnifique. L'imagination voit beaucoup de choses différentes et les voit comme des choses similaires et différentes, une variété multiple. Réflexion, Compréhension, les relie et montre comment ils se contredisent. Voyez comment le stalinisme contredit une véritable organisation révolutionnaire. Mais la Raison, la Raison, saisit la variété et cherche l'Opposition, la Contradiction, et les pousse ensemble, les lie, fait l'un l'autre de l'autre. Ensuite, les choses arrivent.</p>
<p>Les entités multiples n'acquièrent l'activité et la vivacité les unes par rapport aux autres que lorsqu'elles sont poussées sur la pointe aiguë de la Contradiction.</p>
<p>C'est ça. Quand ils sont tous les deux coincés, enfermés l'un dans l'autre, c'est la garantie de leur mouvement. Lorsque vous concentrez toute votre attention sur la contradiction entre le bureaucratisme stalinien et la nécessité du prolétariat pour une activité créatrice libre, alors tous les phénomènes commencent à bouger. Ils ne le font que lorsque la contradiction est à son paroxysme. Hegel veut dire que nous ne pouvons voir le mouvement que lorsque nous avons clarifié la contradiction – « de là ils tirent la négativité ».</p>
<p>Tout à fait. La négativité de la libre activité créatrice du prolétariat ne peut entrer pleinement en jeu que lorsqu'elle est en contradiction avec un obstacle concret, quelque chose que, pour libérer sa propre nature, il doit surmonter. C'est la nature insupportable de la contradiction qui crée la négativité, « qui est la pulsation inhérente au mouvement et à la vivacité de soi ».</p>
<p>Ce n'est donc pas une tare, une faute, une déficience d'une chose si l'on y trouve une Contradiction. C'est sa vie.</p>
<p>Au contraire, toute détermination, tout concret, tout concept est essentiellement une union de moments distingués et distinguables, qui passent à travers la différence déterminée et essentielle en moments contradictoires.</p>
<p>Je me demande si vous avez l'extrême, l'audace sans précédent de cette déclaration. Je peux très bien imaginer tant de gens que nous connaissons dire : « Hegel, il y a quelque chose dans ce que vous dites. Mais comme d'habitude, vous exagérez. Chaque détermination. Chaque béton. Chaque concept. C'est sa façon de dire que tout a ces moments, ces oppositions ; l'un d'eux est l'opposé de ce qui est le réel, la nature essentielle de l'organisme. Par sa lutte contre cela, l'organisme retrouve davantage sa vraie nature, sa véritable nature. Écrivains sur l'économie politique américaine, écrivains sur l'histoire américaine, étudiants en théâtre grec, écrivains sur le développement des syndicats, vous tous, mettez cela dans vos os. Ce n'est pas simple. Efforcez-vous de le voir, de le voir « simplement », comme disait Hegel dans l'Introduction. S'il n'y a pas de contradiction flagrante, alors il n'y a pas de mouvement à proprement parler et il y a stagnation, compromis. C'est la seule raison pour laquelle il y a compromis et stagnation – parce que la contradiction n'est pas assez nette.</p>
<p>Le paragraphe n'est pas encore terminé, mais je propose de rester ici un moment. Tout d'abord, réécoutez Hegel, dans la plus petite Logic. Au moment où il approche du point culminant de son œuvre, son exposition de l'Idée Absolue.</p>
<p>Au cours de son processus, l'Idée crée cette illusion, en lui opposant une antithèse ; et son action consiste à se débarrasser de l'illusion qu'elle a créée. Ce n'est que de cette erreur que la vérité surgit. Dans ce fait réside la réconciliation avec l'erreur et avec la finitude. L'erreur ou l'être-autre, lorsqu'il est dépassé, est encore un élément dynamique nécessaire de la vérité : car la vérité ne peut être que là où elle se fait son propre résultat.</p>
<p>Si vous deviez écrire ceci, vous sauriez l'admiration courbée avec laquelle je lis des phrases comme « élément dynamique nécessaire de la vérité » pour décrire l'erreur ; et la majesté, la complétude de l'expression « la vérité ne peut être que là où elle se fait son propre résultat ». Le prolétariat lui-même mettra en pièces le stalinisme. Cette expérience lui apprendra sa dernière leçon, que l'avenir est en lui-même, et non en quoi que ce soit qui prétend le représenter ou le diriger.</p>
<p>C'est ce que les gens écrivent avec désinvolture comme thèse, antithèse et synthèse. Qui a jamais compris ça ? Peut-être que beaucoup d'autres personnes l'ont bien compris et j'étais juste stupide. Mais il m'a fallu très, très longtemps pour le voir, pour l'avoir dans mes os, pour en avoir un « simple aperçu » partout, en tout. Qu'est ce que je dis ? La chose m'échappe constamment, mais je la chasse. Quelques choses de grande importance peuvent être dites à la fois, une générale et une particulière.</p>
<p>Par cette doctrine, Hegel se débarrasse de cette tendance à ignorer la réalité ou à se laisser submerger par elle, qui rôde toujours pour tenir notre mouvement à la gorge. Il avait le plus grand mépris pour les gens qui essayaient d'écarter le dur, le cruel, le béton amer, le mal apparemment pur. C'est le chemin, et le seul moyen pour que la vérité et le bien viennent. Ainsi pouvait-il dire que le réel était rationnel. Si mauvaise que soit la réalité, elle avait sa place, sa fonction dans le schéma du développement.</p>
<p>Le grand idéaliste, l'homme de l'Esprit-Monde, etc., ne dépendait pas concrètement de l'Esprit-Monde pour enseigner quoi que ce soit aux gens. Par conséquent, il était le dernier homme à s'attendre à ce que les gens soient inspirés, qu'ils voient la lumière, qu'ils « reconnaissent » que « nous » avions raison tout le temps, ou pire encore, qu'ils soient « éduqués » par quelques personnes douées. En fait, il croyait que l'Esprit, la connaissance consciente, n'était l'affaire que de quelques philosophes. Dans la mesure où de grandes masses ou classes de gens ont appris quelque chose, ils l'ont appris concrètement en luttant contre quelque chose de concret. La doctrine de Hegel était réactionnaire mais ce n'est pas ce qui nous intéresse ici. Ce qui nous préoccupe, c'est ceci. Il aurait ri pour mépriser l'idée qu'un parti quelconque enseignerait aux masses l'activité créatrice libre. Il aurait plutôt dit : ils se retrouveront inévitablement face à un tel système d'oppression, de bureaucratie,manipulation et corruption dans leur propre arène, leur propre existence, qu'ils devront surmonter pour vivre, et l'activité créatrice libre ne peut naître que lorsqu'elle est confrontée à quelque chose que seule l'activité libre et seule l'activité libre peut surmonter. C'est le point de transition vers un stade supérieur de l'existence. Il n'y en a pas d'autre. Les bureaucraties staliniennes deviennent ainsi une étape de développement. L'activité créatrice libre devient infiniment plus concrète dans nos têtes. Notre conception du socialisme change et nous voyons la dure réalité différemment.C'est le point de transition vers un stade supérieur de l'existence. Il n'y en a pas d'autre. Les bureaucraties staliniennes deviennent ainsi une étape de développement. L'activité créatrice libre devient infiniment plus concrète dans nos têtes. Notre conception du socialisme change et nous voyons la dure réalité différemment. C'est le point de transition vers un stade supérieur de l'existence. Il n'y en a pas d'autre. Les bureaucraties staliniennes deviennent ainsi une étape de développement. L'activité créatrice libre devient infiniment plus concrète dans nos têtes. Notre conception du socialisme change et nous voyons la dure réalité différemment.</p>
<p>Et enfin, notez que la Logique elle-même se déplace par cette méthode d'opposition, de transition, d'opportunité. Son analyse de l'identité, de la variété, de l'opposition, du fondement, de l'actualité, etc., particulièrement dans la Doctrine de l'Essence, représente toujours, nous dit-il, des couples de corrélatifs. L'un d'eux devient écrasant, il menace de perturber tout le processus, l'autre le surmonte, et nous nous retrouvons plus loin. C'est ainsi que l'identité se divise en différence ; la différence apparaît comme de la variété, mais la variété, la variété, la variété partout n'a aucun sens ; ou bien la variété multiple se désagrège en folie (et cela arrive ; cela veut seulement dire que l'objet comme tel prend fin) ou cette variété multiple se cristallise en opposition. Etc. Je pense qu'on a une place. Revenons maintenant au reste de la page.J'attache une grande importance méthodologique à cette page. Entre autres raisons, j'ai sur ma conscience la façon dont je saute d'un endroit à l'autre et les sauts encore plus gros que je vais faire. (Hegel ne se fâcherait pas trop. Il dirait : Cette impertinence de James, ce mal incontestable est un point de transition nécessaire à certaines personnes pour qu'elles lisent tout le livre.) Les trente pages de Ground que je sauterai probablement sont sur ma conscience. Mais cette page en dit long qui couvrira Terrain (j'espère). Alors voilà. Je pense que je vais écrire librement et ensuite citer longuement.ce mal certain est un point de transition nécessaire à certaines personnes pour qu'elles lisent tout le livre.) Les trente pages de Ground que je sauterai probablement sont sur ma conscience. Mais cette page en dit long qui couvrira Terrain (j'espère). Alors voilà. Je pense que je vais écrire librement et ensuite citer longuement.ce mal certain est un point de transition nécessaire à certaines personnes pour qu'elles lisent tout le livre.) Les trente pages de Ground que je sauterai probablement sont sur ma conscience. Mais cette page en dit long qui couvrira Terrain (j'espère). Alors voilà. Je pense que je vais écrire librement et ensuite citer longuement.</p>
<p>Chaque concept là-bas a ces mouvements opposés. On devient répréhensible, mauvais, et cela forme le pont, la transition, pour que la vraie nature du concept, se montre. Mais quand ce dépassement a lieu, que se passe-t-il ? La nouveauté est une contradiction résolue. C'est ça, n'est-ce pas ? Le bernsteinisme a été vaincu. Cette contradiction est résolue. Mais dans la mesure où la nature complète de l'organisme n'a pas été révélée, c'est-à-dire que le socialisme n'a pas encore été atteint, le léninisme contient une nouvelle contradiction. Or cette chose (pardonnez-moi, amis philosophes – bon sang, je n'ai pas besoin de pardon, je viens de voir que Hegel lui-même l'appelle « chose »). . . maintenant cette chose qui produit toujours des contradictions, les résout, et puis trouve de nouvelles contradictions, c'est le sujet ou le concept. Ce n'est pas encore terminé, l'Absolu concret, c'est-à-dire le prolétariat, conscient de lui-même, agissant de lui-même, commençant la véritable histoire de l'humanité. Les ouvriers russes ne l'étaient pas en 1917. Il est donc fini, encore limité. Donc contradictoire. Il a encore la négation devant lui. La multiplicité finie, limitée, dont elle se compose, a une certaine identité, une unité. Mais elle constitue une variété, et on voit cette variété se former en opposition ; nous avons une contradiction. Mais en tout cas, il est une fois de plus unifié, prêt pour l'entreprise d'une nouvelle division et d'une nouvelle négation. (Vous vous souvenez du dernier extrait de la Phénoménologie ?) Ces étapes d'unification de la contradiction résolue lorsque l'Essence se prépare à la négation nous montrent quelle est la vraie nature de la chose – son Fond. Le fait qu'il continue à trouver des Terres plus élevées et plus riches,c'est son Essence. Chaque fois qu'il met en place une bonne étape concrète forte de contradiction résolue, nous pouvons voir quel est son fondement.</p>
<p>Au contraire, toute détermination, tout concret, tout concept est essentiellement une union de moments distingués et distinguables, qui passent à travers la différence déterminée et essentielle en moments contradictoires.</p>
<p>Il est vrai que cette concrétion contradictoire se résout en rien – elle repasse dans son unité négative. Or la chose, le sujet ou le concept n'est lui-même que cette unité négative : il est contradictoire en soi, mais aussi il est résolu Contradiction ; c'est le Fond qui contient et soutient ses déterminations. La chose, le sujet ou le concept, comme intro-réfracté dans sa sphère, est sa Contradiction résolue ; mais toute sa sphère est encore déterminée et diverse ; elle est donc finie, et cela veut dire contradictoire. Elle-même n'est pas la résolution de cette contradiction supérieure ; mais il a une sphère supérieure pour son unité négative ou Fond. En conséquence, les choses finies dans la multiplicité indifférente sont simplement ce fait, que, contradictoires en elles-mêmes, elles s'intro-réfractent et repassent dans leur Fond.</p>
<p>Voici maintenant un superbe morceau d'analyse, le maestro à son meilleur. Je m'abstiendrai encore une fois de l'analyse article par article, aussi difficile soit-elle. J'interpréterai librement et vous aurez le passage. Matthew Arnold dans une critique célèbre dit que vous devriez connaître certains passages de la poésie par cœur et les laisser agir comme un test et une pierre de touche pour d'autres poésies. La méthode a ses dangers, mais dans l'ensemble elle est bonne. Avec la Logic, c'est encore plus vrai. Vous devez avoir des passages que vous allez lire et relire. Ils sont plus qu'un test. Ils sont une main courante. Avec les passages plus complexes, étant occupé par d'autres choses, j'oublie ce que je sais. Je dois patiemment me rééduquer. Ces longues citations, dans un contexte, avec des exemples de matériel familier servent aussi à cet objectif.Vous commencez à comprendre et à utiliser la Logique lorsque vous les lisez et commencez à creuser avec eux dans votre propre matériel. Base : la Preuve de l'Absolu.</p>
<p>Nous avons (continue Hegel) inféré la nécessité d'un mouvement essentiel, continu, infini de l'observation et de l'analyse d'une série fixe et limitée de déterminations. Nous aurons à examiner cette procédure plus tard. Mais nous devons nous rappeler que nous ne faisons pas cette inférence parce que l'être, la détermination, persiste, devient un Fond, se brise, devient un autre Fond, étant à peu près le même tout le temps. Pas du tout. C'est parce que la détermination limitée, finie, s'effondre et se transcende constamment que nous pouvons inférer un mouvement continu.</p>
<p>Arrêtons-nous ici une minute. Ce n'est pas une Internationale qui essaie une certaine forme, et quand ça échoue, essaie une autre forme, et quand ça échoue, essaie une autre forme (pas les mêmes personnes bien sûr, mais la même organisation). Non. Nous n'avons pu en tirer aucune conclusion. La Première Internationale est une entité. Il s'effondre. Un nouveau se forme, et cela nous montre le Fondement de ces formations. Elle a la même finalité et la même finalité que la première, quoique désormais enrichie, développée, concrétisée. Cela s'effondre. Un nouveau est formé. Ainsi, quelle que soit la forme qu'il puisse prendre accidentellement (contingence), on voit qu'il lui pose quelque chose de fondamental, c'est-à-dire montre que ce quelque chose apparaîtra au cours de la négation du fini.</p>
<p>Dans la pensée ordinaire, la Forme, les Internationales qui apparaissent constamment, semblent être un jour le Fond de notre idée d'un socialisme international pleinement développé et concret. L'Idée Absolue existe parce que les concrétions finies continuent d'apparaître. Non, dit Hegel (et il a raison comme je vais le démontrer dans un instant). Le conception Absolue existe précisément parce que les Internationales finies s'effondrent toujours. La première pensée de bon sens dit : l'apparition continue des Internationales montre qu'il y a un Absolu. La dialectique hégélienne dit : le fait que toutes ces Internationales manquent de tant, luttent et s'effondrent, c'est la preuve de l'existence d'un absolu. Nous n'ajoutons pas les différents et arrivons à une conclusion. Non. Alors que nous les regardons s'efforcer, échouer mais toujours s'incorporer, nous reconnaissons qu'ils expriment un mouvement vers quelque chose avant leur apparition contingente.</p>
<p>J'ai l'impression d'avoir un peu vulgarisé cela : vous allez lire par vous-même. Hegel a affaire ici à un problème strictement philosophique et ce que j'ai écrit est horratoire. Cela ne me dérange pas vraiment parce qu'il va revenir là-dessus et le temps qu'il en ait fini, tous nos adversaires reculeront devant la discussion. J'ai la certitude que la vérité du problème philosophique posé est contenue dans ma vulgarisation, et que Hegel l'a derrière la tête. Vous ne pouvez pas prouver l'inévitabilité ou la certitude simplement à partir de la répétition du concret.</p>
<p>Vous ne pouvez pas prouver l'inévitabilité ou la certitude à partir d'une série constante de faits empiriques, même si souvent répétés. Que le soleil se soit levé tous les jours depuis un million d'années n'est pas une preuve qu'il se lèvera demain. Pour une certitude absolue, vous devez avoir une conception philosophique, qui a sa propre base inébranlable. Hegel recherchait l'étanchéité logique dans l'Esprit-Monde. Marx l'a trouvé dans son concept philosophique de la nature de l'activité humaine. Je suppose que Hegel dit ici que l'Essence est un mouvement et nous pouvons être sûrs qu'elle cherche un Absolu parce que chaque forme est finie, cherchant quelque chose de plus. Mais si votre preuve de l'Absolu est l'apparence simplement finie, alors chaque limitation, chaque effondrement qui n'est pas une résolution immédiate et évidente de la contradiction dans la Base est un coup terrible. Mais pour sauter un peu, si tu as l'Absolu dans la tête,car c'est à cela que cela revient, alors la finitude, les limitations, etc., deviennent des étapes du progrès, et surtout du progrès de la pensée. Il est évident qu'il s'agit ici de l'inéluctabilité du socialisme. Nous avons vu cette faiblesse contre laquelle Hegel met en garde ces dernières années si près de chez nous et dans des lieux si hauts que nous pouvons y consacrer un peu plus de temps.</p>
<p>Hegel savait qu'il fallait avoir une certitude qui ne dépende pas de déterminations et de catégories fixes limitées. Cela devait dépendre d'autre chose, et c'est, en dernière analyse, ce qui l'a conduit à World-Spirit. Ailleurs, nous avons traité l'inévitabilité du socialisme comme une nécessité de la pensée logique en termes dialectiques. Mais il est sage de rappeler ici que cette nécessité d'avoir un but ultime entre votre stade actuel en tant que pôles jumeaux entre lesquels vos pensées doivent se déplacer, c'est aussi le produit de l'expérience. Les philosophes et les grands hommes d'action ont toujours pensé ainsi. Peu de choses sont plus amusantes que le passage des Corinthiens, I.15, qui est lu aux services funéraires épiscopaliens. La « fatalité du socialisme » de saint Paul était que les morts ressuscitent.Il semble que certains radicaux fatigués de Corinthe se soient moqués des camarades là-bas, leur demandant : Vous croyez à la résurrection des morts ? Comment les morts ressuscitent-ils et avec quel corps viennent-ils ? Paul a déchaîné toutes ses forces et c'est un tour de force de rhétorique magnifique, de sophisme et de conviction passionnée. Il a dit à brûle-pourpoint : Laisse tomber ça et tout le reste s'en va.</p>
<p>Les puritains étaient pareils. C'était ordonné, disaient-ils. Même chose avec les philosophes du XVIIIe siècle. Débarrassez-vous simplement de la réaction et la raison inhérente à toutes choses prendra le dessus. C'est le mérite, non la faiblesse de Hegel, d'avoir vu la nécessité de lui donner un fondement logique solide. Les empiristes l'appellent téléologie, religion et toutes sortes de noms abusifs. J'en ai traité dans Le Matérialisme dialectique et le destin de l'humanité, et j'ai montré les contradictions dans lesquelles ils se trouvent.</p>
<p>Voici l'extrait final.</p>
<p>« La nature de la véritable inférence d'une Essence absolument nécessaire à partir d'une entité finie et contingente sera examinée ci-dessous. Une telle essence ne s'infère pas de l'entité finie et contingente comme d'un Être qui à la fois est et reste Fondé, mais, comme l'implique aussi immédiatement la contingence, cette nécessité absolue se déduit d'un Être simplement effondré et se contredisant - ou plutôt il est démontré que l'Etre contingent repasse automatiquement dans son Fond, où il se transcende – et, de plus, dans cette régression il pose le Fond de telle manière seulement qu'il se fait l'élément posé. Dans une inférence ordinaire, l'Être du fini apparaît comme le Fond de l'absolu : l'absolu est parce que le fini est. La vérité, cependant,est que l'absolu est juste parce que le fini est une opposition auto-contradictoire – juste parce qu'il ne l'est pas. Dans le premier sens, une inférence s'exprime ainsi : l'être du fini est l'être de l'absolu ; – mais dans ce dernier : Le Non-être du fini est l'Être de l'absolu. »</p>
<p>J'espère que vous l'aurez compris. Je pense que c'est un bel exemple de la méthode de Hegel. C'est tout ce que nous pouvons faire : donner une idée de ce qu'est Ground et pourquoi c'est nécessaire. L'essence est un mouvement. C'est l'analyse de la Terre qui nous dit exactement ce qu'est ce mouvement : Notre petit esprit abstrait qui ne savait pas ce qu'il était par ses devenirs futiles était en train d'établir peu à peu une Terre. Si vous voulez plus de Ground, c'est là.</p>
<h2 class="spip">Lénine, relecteur et intermédiaire de la pensée de Hegel</h2>
<p>L'ESSENCE EST UN MOUVEMENT DE NÉGATION</p>
<p>Je me sens coupable comme l'enfer. Nous n'en sommes plus qu'à la p. 80 d'Essence. Je passe à côté de Ground en regardant fermement de l'autre côté. Substance, Nécessité, Réciprocité, je vais passer à côté d'eux. Je ferai quelques notes strictement ad hoc sur l'apparence et l'actualité, puis sur le concept. Mais passons en revue un peu, puis cherchons de l'aide. Nous avons affaire à la pensée. Nous avons appris à regarder la qualité d'une chose et son mouvement dialectique vers autre chose. Nous avons alors vu que lorsque nous l'avons regardé, ce que nous avons vu n'était pas une photographie, une identité. Non, nous avons vu la différence dans l'identité et l'identité dans la différence. Nous avons vu aussi qu'il y avait dans nos têtes une Idée qui nous a permis de distinguer les différences spécifiques. Nous avons vu l'importance de la contradiction, la relation fondamentale du bien et du mal, de la vérité et de l'erreur, le processus de transition.L'objet ne passe pas à autre chose ; il montre l'Autre contenu en lui. Nous apprenons à examiner un objet et à examiner des pensées sur un objet. Ground est-il la prochaine transition après Contradiction ? L'Apparence naît-elle inévitablement de l'Existence ? Je doute que Hegel maintienne tout cela en détail. Ces déterminations dans l'Essence sont, il faut le rappeler, des Déterminations de la Réflexion. Ce sont des créations de la pensée, mais des créations qui reflètent l'objet, permettent de le démonter et de le reconstituer, et d'abord dans notre tête. Nous allons au concept de Concept – le concept de la chose. Nous l'inquiétons comme un chien s'inquiète d'un os. C'est ce que l'Essence enseigne.Ground est-il la prochaine transition après Contradiction ? L'Apparence naît-elle inévitablement de l'Existence ? Je doute que Hegel maintienne tout cela en détail. Ces déterminations dans l'Essence sont, il faut le rappeler, des Déterminations de la Réflexion. Ce sont des créations de la pensée, mais des créations qui reflètent l'objet, permettent de le démonter et de le reconstituer, et d'abord dans notre tête. Nous allons au concept de Concept – le concept de la chose. Nous l'inquiétons comme un chien s'inquiète d'un os. C'est ce que l'Essence enseigne.Ground est-il la prochaine transition après Contradiction ? L'Apparence naît-elle inévitablement de l'Existence ? Je doute que Hegel maintienne tout cela en détail. Ces déterminations dans l'Essence sont, il faut le rappeler, des Déterminations de la Réflexion. Ce sont des créations de la pensée, mais des créations qui reflètent l'objet, permettent de le démonter et de le reconstituer, et d'abord dans notre tête. Nous allons au concept de Concept – le concept de la chose. Nous l'inquiétons comme un chien s'inquiète d'un os. C'est ce que l'Essence enseigne.</p>
<p>Mais avant d'aborder les concepts d'Apparence et d'Actualité, nous ferions bien de voir quelle intelligence remarquable, formée dans la même sphère que nous avons été formée, faite de la Logique, et d'examiner sa pensée dans cette perspective. Nous avons besoin d'un peu de repos. L'essence est la partie la plus difficile de la Logique, dit Hegel, et nous avons encore un long chemin à parcourir.</p>
<p>Lénine en 1914 se retrouve à Zurich, avec le monde qu'il a connu et ses catégories qui se brisent. Il ne s'est pas enthousiasmé et a commencé à faire la révolution par lui-même. Il avait une politique et il s'est battu pour cela, mais il a reconnu que tout était dans un creuset. Il écrivit surtout L'impérialisme et l'État et la révolution. Il a étudié la phénoménologie de l'esprit et a travaillé à Hegelian Logic. Il a pris des notes sur la Logique. Nous avons des extraits et des commentaires. Sidney Hook m'a dit un jour qu'il n'y avait pas grand-chose pour eux. Tout à fait raison. Pour lui, il n'y avait pas grand-chose. Le mouvement marxiste ne jure que par. . . Plékhanov. Je me souviens de mes voyages entre le Missouri et New York, m'arrêtant à Washington et Rae, appelant une traduction à vue des notes russes de Lénine et que je les ai griffonnées. J'ai toujours le cahier.Qu'ils ne soient pas publiés signifie une chose : le mépris des masses. Oui, justement. Ils n'en ont pas besoin, ils ne sont pas à la hauteur. Et donc le parti n'en a pas besoin. Ce n'est que lorsque vous avez du respect pour les masses que vous avez du respect pour le parti. Il n'y a rien dans ces notes pour Hook l'académicien. Il y a beaucoup pour nous à voir ce qui a frappé l'esprit du grand révolutionnaire alors qu'il lisait, avec les années de bolchevisme russe emmagasinées dans son esprit et la perspective de la révolution mondiale devant lui. Il n'y a de la place que pour quelques choses. Mais ils se démarquent.Il y a beaucoup pour nous à voir ce qui a frappé l'esprit du grand révolutionnaire alors qu'il lisait, avec les années de bolchevisme russe emmagasinées dans son esprit et la perspective de la révolution mondiale devant lui. Il n'y a de la place que pour quelques choses. Mais ils se démarquent.Il y a beaucoup pour nous à voir ce qui a frappé l'esprit du grand révolutionnaire alors qu'il lisait, avec les années de bolchevisme russe emmagasinées dans son esprit et la perspective de la révolution mondiale devant lui. Il n'y a de la place que pour quelques choses. Mais ils se démarquent.</p>
<p>En lisant sur Qualité dans la doctrine de l'être, Lénine écrit en très gros caractères :</p>
<p>SAUT</p>
<p>SAUT</p>
<p>SAUT</p>
<p>SAUT</p>
<p>Cela l'a visiblement touché de plein fouet. Il voulait que ça reste gravé dans sa tête, qu'il s'en souvienne toujours. Il note dessus comme suit :</p>
<p>« A la base du concept de gradation de l'émergence se trouve l'idée que l'émergence est déjà sensible ou réellement dans l'existence, uniquement à cause de sa petitesse pas encore perceptible et de même avec le concept de la gradation de la disparition. »</p>
<p>Regardons l'extrait lui-même :</p>
<p>« La progressivité de l'apparition est basée sur l'idée que ce qui se produit est déjà, sensiblement ou autrement, réellement là, et n'est imperceptible qu'en raison de sa petitesse ; et la progressivité de l'évanouissement sur l'idée que le Non-être ou l'Autre qui prend également sa place est là, seulement, n'est pas encore perceptible ; là, non au sens où l'Autre est contenu dans l'Autre qui est là en soi, mais qu'il est là comme Être Déterminé, seulement imperceptible. Ceci annule totalement l'apparition et la disparition : ou l'En-soi, ce quelque peu intérieur dans lequel quelque chose est avant d'atteindre l'Être Déterminé, est transmuté en une petitesse d'Être Déterminé externe et la distinction essentielle ou conceptuelle en une différence externe et simplement magnitudinale.Le procédé qui rend concevables l'apparition et la disparition de la lenteur du changement est ennuyeux à la manière propre à la tautologie ; ce qui surgit ou disparaît est préparé d'avance, et le changement est transformé en simple changement d'une distinction extérieure ; et maintenant c'est bien une simple tautologie. La difficulté pour une telle Compréhension qui tente de concevoir consiste dans le passage qualitatif de quelque chose en son Autre en général et en son contraire ; L'entendement préfère croire que l'identité et le changement sont de ce genre indifférent et extérieur qui s'applique au quantitatif.La difficulté pour une telle Compréhension qui tente de concevoir consiste dans le passage qualitatif de quelque chose en son Autre en général et en son contraire ; L'entendement préfère croire que l'identité et le changement sont de ce genre indifférent et extérieur qui s'applique au quantitatif.La difficulté pour une telle Compréhension qui tente de concevoir consiste dans le passage qualitatif de quelque chose en son Autre en général et en son contraire ; L'entendement préfère croire que l'identité et le changement sont de ce genre indifférent et extérieur qui s'applique au quantitatif.</p>
<p>Comprendre une fois de plus prend les coups. C'est un passage d'une grande importance et Lénine l'a parfaitement résumé avec son SAUT SAUT SAUT SAUT. La nouveauté SAUT. Vous ne le regardez pas et ne le voyez pas petit et grandir. Il est là, mais il existe d'abord dans la pensée. La pensée sait qu'elle est l'objet. Vous n'avez pas à le voir (bien que si vous savez qu'il est là, vous pouvez voir des signes et les signaler). Hegel s'ennuie aux larmes des gens qui continuent à chercher des signes extérieurs et « le simple magnitudinal » comme preuve. Lénine ne s'y est pas attaché pour rien. Il a dit : « Transformez la guerre impérialiste en guerre civile. Combien d'opposants sincères à l'impérialisme reculèrent d'horreur. "Trop téméraire, trop grossier, pas maintenant." (Trotsky était parmi eux). Lénine ne bougera pas.Le mouvement socialiste contre l'impérialisme s'établirait sur la transition concrète – l'opposition au mal monstrueux de la guerre. Il n'a pas eu à attendre pour voir quoi que ce soit. C'était là. Il sauterait vers le haut. »</p>
<p>J'ai été particulièrement frappé par cela chez Lénine. Hegel est très irritant. Il s'en tient à la méthode. Il ne crie pas. Mais chacune de ses transitions implique un saut. Il parle très doucement d'impulsion, etc. Mais vous pouvez continuer à lire pendant longtemps et ne pas saisir la véritable signification du saut. Je ne l'ai pas souligné. Il s'y est accroché.</p>
<p>Sur la Doctrine de l'Essence, Lénine s'attache précisément à la même chose. Regardez cette note remarquable sur l'observation 3.</p>
<p>Mouvement et « mouvement de soi » (NB ceci. Un mouvement spontané indépendant, nécessaire intérieurement), « altération », « mouvement et vie », « principe de chaque mouvement de soi », « impulsion », (pulsion) au « mouvement » et à « l'activité » – à l'opposé de « l'être mort » – qui croirait que c'est là le noyau de « l'hégélianisme », de l'hégélianisme abstrait et abscons (difficile, absurde ?). Nous devons découvrir ce noyau, le saisir, le « sauver », le dévoiler, le purifier – ce que Marx et Engels ont également accompli.</p>
<p>C'est quelque chose de vital. Auto-mouvement. Activité spontanée. Nous les rencontrerons à nouveau. Tu attends. C'est à cela qu'il faut s'accrocher, saisir, « dévoiler, purifier ». On peut dire qu'on en a fait. Ce mouvement, activité, spontané, intérieurement nécessaire. L'homme d'organisation savait ce qui faisait bouger le monde, surtout le monde social. Hegel pouvait écrire sur les pensées pendant des décennies, mais c'était la motivation, et cela a fait des LEAPS (quatre d'entre eux à la fois).</p>
<p>Sur l'observation 3, voir les notes entre autres :</p>
<p>NB 1. La perception habituelle comprend la différence et la contradiction mais pas le passage de l'une à l'autre, qui pourtant est le plus important.</p>
<p>Nous reviendrons encore à Lénine. Mais asseyons-nous et écrivons en gros caractères sur nos notes : SAUT, ACTIVITÉ SPONTANÉE, MOUVEMENT SOI, etc. etc. Là où il l'a écrit quatre fois, nous devrions l'écrire quarante-quatre. Le point passé de Lénine est important non seulement en lui-même mais pour nous, dans cette étude. Et ça vient juste ici.</p>
<p>Ces dernières notes de Lénine que nous devons reprendre seront assez longues. C'est parce qu'ils ont une valeur énorme pour nous, (a) en eux-mêmes en tant que revue du passé, (b) en tant qu'enseignement de l'interdépendance des différentes parties de la Logique et de l'unité sous-jacente de la méthode à toutes les étapes, (c) éclairer les parties finales de la Doctrine de l'Essence à venir, (d) nous montrer la méthode hégélienne de pensée et d'action de Lénine : c'est-à-dire d'un révolutionnaire et (e) nous préparer à la dernière étape historique de cet essai : le propre travail de Lénine , pour laquelle et à partir de laquelle seules nous pouvons sauter et voler pour nous-mêmes.</p>
<p>C'est une bouchée mais chaque morceau est juteux. Et j'espère que personne n'est impatient. Voyons où nous en sommes. Nous avons appliqué la Doctrine de l'Essence jusqu'au sol. Nous avons discuté de la question de savoir comment vous arrivez à l'Inévitable, l'Absolu. Nous avons promis de ne considérer que l'apparence et l'actualité comme deux étapes supplémentaires du concept. Nous sommes ensuite entrés dans un intermède et une revue léninistes. Nous avons vu l'accent mis par Lénine sur le LEAP (quatre fois) ; et en mouvement constant, auto-activité spontanée intérieurement nécessaire. Nous avons noté que toute la Logique elle-même, les transitions continues de ce Fond à ce Fond, à l'autre Fond au Fond Complet, n'étaient que cette activité continue, spontanée et autogénérée, bien que l'activité ait un certain ordre dont il s'agissait. Pensé pour s'organiser selon les lois qui y sont immanentes, c'est-à-direles lois de son propre développement. Bon. Nous allons maintenant reprendre une note de Lénine qui ouvrait une formidable perspective de bénéfices, tant pour le bilan passé que pour les développements futurs. Qui est maintenant fatigué peut se reposer, et après une sieste, peut repartir à zéro. Allons-y.</p>
<p>La note elle-même est très légère. Il découle de la section I de la plus large Logique de la qualité. Ça dit :</p>
<p>« L'idée de la transformation de l'idéal en réel est profonde ; très important pour l'histoire. Mais aussi dans la vie personnelle d'un homme, il est évident qu'il y a là beaucoup de vérité. Contre le matérialisme vulgaire. NB : La différence entre idée et matière n'est en aucun cas inconditionnelle, ni extravagante. »</p>
<p>C'est tout. J'ai recherché la section et l'ai parcourue à nouveau. Il fait une centaine de pages. C'est dans la Doctrine de l'Être, remarquez, la première section, en fait, le vrai début de la Logique.</p>
<p>Hegel est aux prises avec des mots qu'il a toujours en tête, finis et infinis. Quel est le vrai infini ? « Finite » est une détermination ou une catégorie fixe et limitée. L'infini n'est pas simplement quelque chose qui est au-delà du fini. Ce qu'il dit n'est rien, un mauvais infini. (Mettre de l'ordre dans vos muscles de la pensée. Asseyez-vous et prenez note). L'infini n'est pas quelque chose en général qui soit au-delà de ce que nous appelons actuel. C'est le fait que l'au-delà du fini revienne, accomplisse un retour au fini et continue à le faire, qui en fait un véritable infini. L'au-delà, l'infini, n'est pas l'Être abstrait ou indéterminé, quelque chose dont nous ne savons rien, notre vieux monstre, le Rien. Lui, l'infini, l'au-delà, c'est l'Être lié à lui-même, car pour naître du tout l'infini va devoir nier le fini. C'est donc une force de négation.Et tout ce qui nie est quelque chose de présent. Si l'on peut utiliser ici une métaphore : l'infini est l'Autre du fini. Mais l'Infini n'est pas la négation en général. C'est le mauvais infini qui nie l'existant et ne met rien à sa place. C'est de la fantaisie vague, du caprice et du non-sens (ou une simple réflexion). Le socialisme n'est pas une image vague et rose de beauté infinie, de vérité et d'amour, quelque chose au-delà de notre misérable vie. Le socialisme, l'au-delà, est la négation concrète de ce que nous avons – le stalinisme. Le dépassement du stalinisme est la prochaine étape de l'infini – et pour ma part la classe ouvrière aujourd'hui quand elle vainc le stalinisme, c'est-à-dire la « capitalisation » du concept de parti prolétarien, cette classe ouvrière, l'ayant surmontée, est vraiment socialiste. D'ailleurs, quand il vainc son principal ennemi, le capital, et les brutalités du fascisme, l'inflation,la guerre impérialiste, les éléments destructeurs, les éléments de classe dans l'industrie moderne, c'est le socialisme – le seul infini qui soit. Mais pourquoi l'infini reste-t-il pour certains un Au-delà, un très lointain ? Et puis vient un coup de grâce. C'est, en dernière analyse, « fondé sur le fait que le fini en tant que tel est tenu pour existant ». C'est la mentalité qui voit le socialisme au loin et qui est vraiment enchaînée à l'idée que ce que veulent les travailleurs, c'est un niveau de vie plus élevé, "un seau plein", "la paix", "la sécurité", "le plein emploi" . Il n'a fait que s'accrocher à l'existant, le rendre tolérable en colmatant les trous. C'est la prochaine étape du socialisme. Shachtman est ce type complet. L'opposition, le socialisme qui réside dans la lutte et le dépassement du stalinisme le dépasse. Mais cela n'épuise pas le type.À l'autre extrémité de son échelle se trouve Trotsky. Il s'accroche à un autre type d'existant, le monde de 1917. Après vingt et un ans de révolution russe, tout ce qu'il pouvait dire était : ranimer les soviets ; réviser le plan dans l'intérêt des travailleurs ; libérer les syndicats. Si Shachtman est Imagination, qui ne pense qu'avec ce qui lui est familier, Trotsky est Compréhension, qui ne pense qu'avec ce qui lui est familier. Pour les deux, l'étape suivante est exclue. Oui, à tous les deux. Et précisément à cause de cela, le présent leur échappe. Ainsi de bonne heure, au commencement, dans la Qualité, dans la Doctrine de l'Être, Hegel disait, en général, à un niveau très abstrait, ce qu'il dira à un niveau plus développé dans l'Essence, et à un niveau encore plus élevé dans le Doctrine du concept.Après vingt et un ans de révolution russe, tout ce qu'il pouvait dire était : ranimer les soviets ; réviser le plan dans l'intérêt des travailleurs ; libérer les syndicats. Si Shachtman est Imagination, qui ne pense qu'avec ce qui lui est familier, Trotsky est Compréhension, qui ne pense qu'avec ce qui lui est familier. Pour les deux, l'étape suivante est exclue. Oui, à tous les deux. Et précisément à cause de cela, le présent leur échappe. Ainsi de bonne heure, au commencement, dans la Qualité, dans la Doctrine de l'Être, Hegel disait, en général, à un niveau très abstrait, ce qu'il dira à un niveau plus développé dans l'Essence, et à un niveau encore plus élevé dans le Doctrine du concept.Après vingt et un ans de révolution russe, tout ce qu'il pouvait dire était : ranimer les soviets ; réviser le plan dans l'intérêt des travailleurs ; libérer les syndicats. Si Shachtman est Imagination, qui ne pense qu'avec ce qui lui est familier, Trotsky est Compréhension, qui ne pense qu'avec ce qui lui est familier. Pour les deux, l'étape suivante est exclue. Oui, à tous les deux. Et justement à cause de cela, le présent leur échappe. Ainsi de bonne heure, au commencement, dans la Qualité, dans la Doctrine de l'Être, Hegel disait, en général, à un niveau très abstrait, ce qu'il dira à un niveau plus développé dans l'Essence, et à un niveau encore plus élevé dans le Doctrine du concept.qui ne pense qu'avec ce qui lui est familier, Trotsky est Compréhension, qui ne pense qu'avec ce qui lui est familier. Pour les deux, l'étape suivante est exclue. Oui, à tous les deux. Et précisément à cause de cela, le présent leur échappe. Ainsi de bonne heure, au commencement, dans la Qualité, dans la Doctrine de l'Être, Hegel disait, en général, à un niveau très abstrait, ce qu'il dira à un niveau plus développé dans l'Essence, et à un niveau encore plus élevé dans le Doctrine du concept.qui ne pense qu'avec ce qui lui est familier, Trotsky est Compréhension, qui ne pense qu'avec ce qui lui est familier. Pour les deux, l'étape suivante est exclue. Oui, à tous les deux. Et précisément à cause de cela, le présent leur échappe. Ainsi de bonne heure, au commencement, dans la Qualité, dans la Doctrine de l'Être, Hegel disait, en général, à un niveau très abstrait, ce qu'il dira à un niveau plus développé dans l'Essence, et à un niveau encore plus élevé dans le Doctrine du concept.ce qu'il dira à un niveau plus développé dans l'Essence, et à un niveau encore plus élevé dans la Doctrine du concept.ce qu'il dira à un niveau plus développé dans l'Essence, et à un niveau encore plus élevé dans la Doctrine du Concept.</p>
<p>Voici donc l'extrait complet. L'expression « progresser vers l'infini » est caractéristique de ceux qui ne voient pas la vraie nature de l'infini. Ils voient l'infini comme une ligne droite. Hegel dit que c'est une série de cercles, chaque cercle, cependant, incluant et excluant pourtant le cercle précédent, ainsi :</p>
<p>« Cet infini est le retour accompli sur lui-même. En tant que tel, c'est la relation à soi ou l'Être ; mais pas l'Être abstrait ou indéterminé, car il est posé comme négation négationniste ; et ainsi c'est aussi l'Être Déterminé, car il contient la négation comme telle, et, par conséquent, la déterminité. Il existe, et existe en tant qu'Être Déterminé, présent et avant nous. Ce n'est que le mauvais infini qui est l'au-delà, parce qu'il est la négation, et rien de plus, du fini posé comme réel ; elle est donc abstraite et première négation ; il est déterminé comme simplement négatif, et est sans l'affirmation implicite dans l'Être Déterminé ; et s'il est maintenu comme un simple négatif, il est même supposé être inexistant et hors de portée. Mais être ainsi hors d'atteinte n'est pas sa gloire mais sa honte ; qui, en définitive, repose sur le fait que le fini en tant que tel est tenu pour existant.Ce qui est faux est hors de portée ; et il est évident qu'un tel infini est le faux. L'image du « progrès vers l'infini » est la ligne droite, l'infini restant encore à ses deux limites et là seulement où la ligne n'est pas ; or la ligne est l'Etre Déterminé, qui passe à celui-ci son contradictoire, c'est-à-dire dans l'indéterminé. Mais comme infini véritable, replié sur lui-même, il a pour image le cercle, la ligne qui s'est atteinte, fermée et toute présente et n'ayant ni commencement ni fin.dans l'indéterminé. Mais comme infini véritable, replié sur lui-même, il a pour image le cercle, la ligne qui s'est atteinte, fermée et toute présente et n'ayant ni commencement ni fin.dans l'indéterminé. Mais comme infini véritable, replié sur lui-même, il a pour image le cercle, la ligne qui s'est atteinte, fermée et toute présente et n'ayant ni commencement ni fin. »</p>
<p>Ceci dit, il continue à dire les choses les plus étonnantes, pour ceux qui pensent en termes de bon sens. Il dit, par exemple, que ce n'est pas le fini, le fixe limité, le concret, qui est réel. C'est l'Infini qui est réel. Et j'espère que personne qui lit ceci n'est assez stupide pour ne pas se rendre compte que c'est le point même que nous avons creusé sur Terre où nous avons discuté de l'Absolu en termes d'Être et de Non-Être du fini. Pourtant, c'est le volume II, page 70, et c'est le volume I, page 162. Il y a environ quatre cents pages entre les deux. N'est-il pas merveilleux ? Et bien loin au centre du tome II, il y reviendra, et finira une fois de plus avec lui dans la dernière section, sur les méthodes d'enquête, ou l'Idée de la cognition. Il pratique lui-même les cercles sans cesse agrandis.</p>
<p>L'infini véritable ainsi pris, en général, comme l'Être déterminé opposé affirmativement à la négation abstraite, est la Réalité dans un sens plus élevé que ne l'est cet infini qui auparavant était déterminé comme simple ; il a reçu ici un contenu concret. Ce n'est pas le fini qui est le réel, mais l'infini ; et ainsi la Réalité est en outre déterminée en tant qu'Essence, Concept, Idée, et ainsi de suite. Il est cependant superflu de répéter ces catégories antérieures et plus abstraites, comme la « Réalité », lorsque la plus concrète est atteinte, et de les employer à des déterminations plus concrètes qu'elles ne le sont en elles-mêmes. Une répétition, comme on en fait quand on dit que l'Essence ou l'Idée est le Réel, a sa raison en ce que, pour la pensée inculte, les catégories les plus abstraites, comme l'Être, l'Être déterminé, la Réalité et la Finitude, sont les plus familiers.</p>
<p>Je vous laisse y penser, et je me dépêche de passer au dernier passage :</p>
<p>« Il y a ici une raison plus précise de rappeler la catégorie de réalité, car la négation à laquelle elle se tient dans le rapport d'affirmatif est ici la négation de la négation : elle s'oppose donc elle-même à cette réalité, qui est l'Être Déterminé fini. La négation est ainsi déterminée comme idéalité ; ce qui participe de la nature idéale, c'est le fini tel qu'il se trouve dans l'infini véritable, en tant que détermination ou contenu qui, bien que distinct, n'existe pas indépendamment, mais seulement en tant que moment. L'idéalité a ce sens plus concret, qui ne s'exprime pas pleinement par la négation de l'Être Déterminé fini. »</p>
<p>Oui. Le réel n'est qu'un moment, quoique fixe, limité, fini, dans l'Idéal. Ne l'ignorez pas. C'est « distinct ». Mais il n'a pas d'existence indépendante. L'identité a maintenant un sens plus concret, et il ne suffit pas de dire que l'Infini, l'au-delà niera le fini : le socialisme supprimera tout cela en général. Non monsieur. Cela signifie seulement que vous n'avez pas supprimé tout cela et que vous ne pouvez pas voir les forces qui le suppriment. Mais il y a des gens qui ne comprennent pas cela. Hegel poursuit :</p>
<p>« Mais par rapport à la réalité et à l'idéalité, l'opposition au fini et à l'infini est prise de cette manière, que le fini est pris pour réel et l'infini comme nature idéale ; et telle, en effet, et telle seulement, le concept est plus tard prise pour être ; tandis que l'Etre Déterminé en général est pris comme réel. »</p>
<p>Vous pouvez essayer de changer la formulation pour les aider. Vous ne pouvez pas. Ils « restent fixés dans l'Être Déterminé affirmatif du fini. "</p>
<p>C'est le but de la Logique, pour la millième fois : comment rester en dehors des catégories figées, limitées, finies. C'est exactement ce que fait Hegel, de manière toujours plus concrète, page après page. C'est tout. Mais quel tout ! Pour sortir de l'emprise des catégories figées. Ce n'est pas facile. Précisément parce que nous devons les fixer et les préciser avant de pouvoir faire quoi que ce soit. On peut y rester fixé quand ils sont happés par des gens qui se contentent objectivement d'y rester.</p>
<p>Pire encore, nous pouvons rester figés en eux lorsqu'ils n'existent plus. Le résultat est une frustration totale et un aveuglement face à la réalité. Dans ces catégories, le trotskisme fonctionne. Le stalinisme, cependant, a trouvé la base objective de ces catégories en tant que formes fixes et statiques, finies et limitées. (Je cherchais ça depuis des semaines et je l'ai). Le stalinisme a trouvé la base objective des catégories fixes du léninisme. Il fonctionne donc sur une base matérielle. Les jeux qu'il jouait avec Trotsky sur le socialisme dans un seul pays étaient la concrétisation, la stabilisation de son idéologie. Pour le stalinisme, c'était une véritable idéologie. Pour Trotsky, c'était essentiellement une fiction sans aucune réalité.</p>
<p>Maintenant, nous pouvons aller de l'avant et sélectionner quelques phrases qui contiennent le noyau de l'idéalité de Hegel.</p>
<p>La proposition selon laquelle le fini est de nature idéale constitue l'idéalisme.</p>
<p>Vous voyez ici le lien étroit entre l'idéal et le réel. Le réel crée sans cesse un idéal qui demain devient réel et ainsi de suite.</p>
<p>Hegel maudit ceux dont l'idéal est dans leur tête et leur caprice. Comme il les déteste.</p>
<p>Par ce qui est « de nature idéale », on entend principalement la forme de l'imagination ; et ce nom est donné à tout ce qui est dans mon imagination en général, ou dans le concept, dans l'idée, dans la fantaisie, et ainsi de suite ; de sorte qu'il en vient à être compté comme équivalent seulement à des fantaisies - des imaginations qui sont non seulement distinctes du réel, mais sont supposées dans leur essence ne pas être réelles.</p>
<p>Hegel n'en a pas l'utilité. L'idée pour lui est si intimement liée au réel qu'on ne peut pas les séparer. Un véritable idéal d'aujourd'hui est le réel de demain. Et c'est ainsi que la vie, et la logique, évoluent.</p>
<p>Revenons donc à la note modeste mais prégnante de Lénine sur Hegel. La transformation de l'idéal en réel est profonde, très importante pour l'histoire. Vous vous souvenez dans le Matérialisme dialectique et le destin de l'humanité, j'ai cité un passage d'un vieil article de la Nouvelle Internationale montrant comment l'idéal est devenu réel, etc., en raison des buts et des consolidations et des compromis objectifs des classes et des sections de classes. Mais cette chose même deviendra avec le temps pour nous la base d'une enquête théorique attendue depuis longtemps, puis d'une politique pratique concrète. Nous avons maintenant (a) passé en revue le passé, (b) vu l'interconnexion et l'unité sous-jacente des parties de la Logique. Nous avons également promis (c) d'éclairer les dernières parties d'Essence à venir – le reste devra attendre. Passons maintenant aux dernières parties de la Doctrine de l'Essence. (Après de terribles heures de travail, je me sens plutôt bien. Je pense que nous avons un endroit et que nous sommes en route vers de meilleurs endroits).</p>
<h2 class="spip">Apparence et actualité</h2>
<p>Maintenant, après avoir sauté par-dessus Terre et pris des vacances avec Lénine, nous nous retrouvons dans Apparence. Je veux prendre Apparence pour une raison particulière.</p>
<p>L'un de nos travaux les plus importants est l'exposition de l'analyse des partis staliniens comme « outils du Kremlin ». On dit qu'il est vrai que ce sont des « outils du Kremlin ». Mais cela, disons-nous, n'est que l'apparence des choses. Nous disons qu'ils sont essentiellement un produit du travail et du capital à ce stade, comme le menchévisme était un produit du travail et du capital à ce stade. Nous le fermons en disant : s'il n'y avait pas eu de révolution russe, pas de Kremlin, mais que le capitalisme avait continué à dégénérer sans être renversé par le socialisme, alors serait apparu un parti tel que le stalinisme, prêchant la révolution, prêt à se rallier au-delà des frontières nationales. avec d'autres travailleurs, répudiant la propriété privée et la défense nationale, mais craignant mortellement les travailleurs et se précipitant pour la protection et le refuge vers un impérialisme plus large, bureaucratique, corrompu, monolithique, reflétant le capitalisme dans son stade de capitalisme d'État. Nos adversaires continuent avec ces « outils du Kremlin ». C'est dégoûtant. Pourtant, assez curieusement, ils n'appellent pas les mencheviks actuels « outils de Washington ». Ils ont Lénine pour eux et ils essaient au moins de les relier au travail et au capital – à tort, mais au moins ils essaient.</p>
<p>L'importance de notre analyse est évidente. Cela nous permet de caractériser le stalinisme comme une étape de transition – nous ne sommes pas dans la position ridicule d'expliquer pourquoi ces « outils du Kremlin » s'accrochent sans raison au Kremlin. Nous rejetons la responsabilité sur le capitalisme. Nous les peignons objectivement et non subjectivement.</p>
<p>Tellement en général. En particulier, nous nous débarrassons de la gueule de bois russe. Le « socialisme dans un seul pays » est originaire de Russie et n'a jamais suscité le moindre intérêt pour le prolétariat mondial – jamais. Je me souviens du temps où nous nous nourrissions de l'illusion – je l'ai dit souvent – que lorsque les ouvriers comprendraient enfin que les partis communistes n'étaient que des agents de la politique étrangère de Staline, ils se tourneraient vers nous. Tout le monde connaît cette vérité maintenant. Ils se tournent plus que jamais vers les staliniens. Toute la méthode de pensée était fausse. Le socialisme dans un seul pays n'a pas « produit » des partis communistes qui se sont tournés vers leur propre bourgeoisie. Que le socialisme ne puisse pas être construit était une abstraction aussi grande que la théorie de Trotsky de la révolution permanente. C'était une continuation de sa vieille lutte avec le bolchevisme, à cette époque corrompu sous Staline.Tout cela, la théorie de la révolution permanente, tout le débat sur le socialisme dans un seul pays, les masses se tourneraient vers nous quand elles auraient compris, etc., tout cela est la pensée subjective la plus pure sans contact objectif avec la réalité. « Outils du Kremlin » est l'Apparence, l'organisation du travail spécifique de l'époque du capitalisme d'État est l'Essence. C'est seulement en général. Armons-nous d'une logique dialectique.Armons-nous d'une logique dialectique.Armons-nous d'une logique dialectique.</p>
<p>L'essence est un mouvement. Ce mouvement doit apparaître. Son apparition immédiate, Hegel l'appelle Existence. Quelque chose existe, mais il est transitoire, sans importance, simple Spectacle, jusqu'à ce qu'il persiste et devienne Apparence. L'apparence est l'existence devenue "essentielle".</p>
<p>L'essence n'est donc pas quelque chose au-delà ou derrière l'apparence, mais simplement parce que c'est l'essence qui existe – l'existence est Apparence (brillant en avant).</p>
<p>Mais il faut faire attention à l'apparence. Vous ne pouvez pas le rejeter - ce n'est qu'une simple apparence. Hegel dit :</p>
<p>« L'apparence est à tous égards un grade très important de l'idée logique. On peut dire que la distinction de la philosophie par rapport à la conscience ordinaire est qu'elle voit le caractère simplement phénoménal de ce que cette dernière suppose avoir un être auto-subsistant. La signification de l'apparence, cependant, doit être correctement saisie, ou des erreurs surviendront. Dire que quelque chose est une simple apparence peut être mal interprété comme signifiant que, par rapport à ce qui est simplement phénoménal, il y a une plus grande vérité dans l'immédiat, dans ce qui est. Or, à proprement parler, le cas est précisément l'inverse. L'apparence est plus élevée que le simple être, catégorie plus riche parce qu'elle contient en combinaison les deux éléments de la réflexion sur soi et de la réflexion sur l'autre : alors que l'être (ou l'immédiateté) n'est encore qu'un simple sans relation, et ne repose apparemment que sur lui-même. Toujours,dire que quelque chose n'est qu'apparence suggère un vrai défaut, qui consiste en ceci, que l'Apparence est encore divisée contre elle-même et sans stabilité intrinsèque. Au-delà et au-dessus de la simple apparence vient en premier lieu l'Actualité, le troisième degré d'Essence, dont nous parlerons plus tard.</p>
<p>Dans l'histoire de la philosophie moderne, Kant a le mérite de réhabiliter d'abord cette distinction entre le mode de pensée commun et le mode de pensée philosophique. Il s'arrêta cependant à mi-chemin, lorsqu'il attacha à l'Apparence un sens subjectif seulement, et plaça l'essence abstraite immobile en dehors d'elle comme la chose en soi hors de portée de notre connaissance. Car c'est la nature même du monde des objets immédiats de n'être qu'apparence. Sachant qu'il en est ainsi, nous connaissons en même temps l'essence qui, loin de rester en arrière ou au-delà de l'apparence, manifeste plutôt sa propre essentialité en déposant le monde à une simple apparence. On ne peut guère se quereller avec l'homme simple qui, dans son désir de totalité, ne peut acquiescer à la doctrine de l'idéalisme subjectif, selon lequel nous ne nous occupons que des phénomènes. »</p>
<p>Un bon passage. Ça vaut le coup de travailler dessus. Mais son importance pour nous est à la fois théorique et pratique. Théorique parce que nous venons de dire assez longuement que le réel n'est qu'un moment de l'idéal. Bon. Mais c'était en général. Maintenant Hegel dit que le monde entier est Apparence mais que l'Apparence est une manifestation de l'Essence. Et lorsqu'il nous a prévenus que le réel était bien « distinct », il nous prévient désormais que l'apparence n'est pas une « simple » apparence. Si c'était le cas, ce serait un spectacle (l'un des types de spectacle bon marché, pour Hegel, foutez-le, a beaucoup de "spectacles"). L'avertissement signifie : vous devez relier l'apparence à l'Essence.</p>
<p>Un avertissement salutaire ! « Outils du Kremlin » est la seule façon dont Essence pourrait apparaître dans le monde contemporain. Ce n'était pas cette apparition par hasard. C'est la valeur la plus vraie de Hegel. Il vous fait lutter avec les problèmes, les approfondir, voir des relations plus profondes et plus compliquées (qui tendent cependant à une plus grande simplicité), et vous aide à réexaminer l'objet. Une vraie apparence est celle qui doit être ainsi. Douteux ? Voyons.</p>
<p>Si une bureaucratie est convaincue que le capitalisme tel qu'elle l'a connu est désespéré et impuissant, si elle ressent la pression des masses révolutionnaires, si elle vit dans la terreur mortelle du bouleversement des masses qui lui semble signifier le chaos et la destruction de la civilisation, puis avec sa propre bourgeoisie n'offrant aucune perspective, elle doit se tourner vers une autre. Elle doit se tourner vers le prolétariat révolutionnaire ou vers la bourgeoisie. En cas de crise fondamentale, il n'y a pas d'autre endroit où aller. Il se tourne donc vers l'impérialisme majeur inverse. Il crée une version idéalisée de son patron, il s'attache à ce qu'il pense faire comprendre à ses adeptes la nécessité de le soutenir. Il devient son avocat, il adopte son idéologie ; pour sa propre défense, il devient défenseur de son patron.</p>
<p>La preuve en est donnée par l'observation de ceux qui s'opposent au régime russe. Le stalinisme n'a qu'une phrase pour eux : « les outils de l'impérialisme américain ». Dans tous les pays satellites et en Russie sans doute l'opposition qui n'arrive pas à se tourner vers les masses révolutionnaires mais trouve le régime russe intolérable a fondamentalement la même attitude envers la « démocratie » et la « puissance industrielle » américaines que l'opposition, les staliniens en le monde occidental, ont à « l'économie planifiée » russe. Sans le régime totalitaire impitoyable, nous trouverions vraisemblablement la direction de l'opposition en Russie et certainement dans les pays satellites, telle qu'elle soit, aussi hardie, aussi fanatique, pour la « démocratie » que les staliniens le sont pour « économie".</p>
<p>« L'économie planifiée » semble être quelque chose de nouveau et est plus en harmonie avec le stade actuel du capitalisme, mais l'opposition est aussi fanatique que le sont les staliniens, et compte tenu du temps, de l'argent américain et de la liberté que les staliniens ont dans le démocraties, les dirigeants créeraient une idéologie et une pratique qui permettraient à leurs ennemis de les appeler « outils de la Maison Blanche » de la même manière que les staliniens sont appelés « outils du Kremlin ». Ils pourraient très bien le faire sans prôner le retour à la propriété privée de l'industrie lourde. C'est précisément pour cette raison que Staline n'autorise rien, pas même un coup d'œil d'un journal étranger. L'opposition au régime qui n'est pas révolutionnaire doit rechercher l'idéologie de l'impérialisme adverse. C'est le mouvement logique. C'est pourtant, comme l'est toujours un mouvement logique,modifié par toutes sortes de circonstances. Un vieux pays historiquement puissant comme la Grande-Bretagne, avec ses propres traditions profondément enracinées et une classe ouvrière puissante et unie, ne peut pas prêcher « l'américanisme » comme les staliniens prêchent le stalinisme. La bureaucratie ouvrière, cependant, agit au service de l'impérialisme américain dans toutes les questions importantes. De Gaulle, ce puissant trompettiste du nationalisme français, est désormais devenu un véritable admirateur américain. Mais dans des pays plus faibles comme la Roumanie, la Hongrie, etc., l'opposition au stalinisme est sans cette combinaison. Les socialistes sont pour la « démocratie américaine », et combinent cela avec des propositions de nationalisation.ne peut pas prêcher « l'américanisme » comme les staliniens prêchent le stalinisme. La bureaucratie ouvrière, cependant, agit au service de l'impérialisme américain dans toutes les questions importantes. De Gaulle, ce puissant trompettiste du nationalisme français, est désormais devenu un véritable admirateur américain. Mais dans des pays plus faibles comme la Roumanie, la Hongrie, etc., l'opposition au stalinisme est sans cette combinaison. Les socialistes sont pour la « démocratie américaine », et combinent cela avec des propositions de nationalisations ne peut pas prêcher « l'américanisme » comme les staliniens prêchent le stalinisme. La bureaucratie ouvrière, cependant, agit au service de l'impérialisme américain dans toutes les questions importantes. De Gaulle, ce puissant trompettiste du nationalisme français, est désormais devenu un véritable admirateur américain. Mais dans des pays plus faibles comme la Roumanie, la Hongrie, etc., l'opposition au stalinisme est sans cette combinaison. Les socialistes sont pour la « démocratie américaine », et combinent cela avec des propositions de nationalisation.et combiner cela avec des propositions de nationalisation .et combiner cela avec des propositions de nationalisations.</p>
<p>Cette apparence n'est donc pas une simple apparence. C'est le seul moyen par lequel, dans le présent complexe de conditions, l'Essence peut briller. Et Hegel veut dire précisément cela. Sinon, l'apparence n'est pas l'apparence. C'est le spectacle ou l'Existence ou quelque chose de foutu. Mais quand sa qualité grandit et grandit jusqu'à ce qu'elle s'installe dans l'apparence, alors vous avez quelque chose. Et alors que vous apprenez à lire la plus grande Logique et ses pages sur des pages de jargon apparemment abscons et mystifiant, vous le trouverez vous forçant à voir le mouvement, le modèle, la connexion, l'ordre, l'inévitabilité là où auparavant vous ne voyiez rien ou un simple hasard.</p>
<p>Les implications de tout cela sont énormes pour la pensée en relation avec le monde moderne. L'idée que la révolution russe a attiré tant de monde s'estompe dans la subjectivité qu'elle est. Cette relation d'Apparence et d'Essence nous apprend à voir que c'est le désespoir du capitalisme et le désespoir de la révolution qui ont poussé les anticapitalistes vers la bureaucratie moscovite. Ils ont trouvé une base et une fonction objectives et ont combattu leurs ennemis. C'est pourquoi la défaite en Allemagne en 1933 et la dégradation concomitante des masses ont renforcé l'impérialisme américain. Chaque groupe se targuait de sa propre « nationalisation » ou « démocratie », certains combinant les deux, mais sachant où l'accent était mis. C'étaient les pièges tendus aux masses. Les arguments de Trotsky sur le socialisme dans un seul pays n'ont pas seulement conduit à de fausses conclusions.Cela l'a coupé de toute possibilité sérieuse d'examiner ce qui se passait en Europe occidentale.</p>
<p>Il est impossible de rester ici maintenant et d'examiner toutes les implications. Continuons avec Hegel. Il dit qu'après l'Apparition, l'étape suivante est l'Actualité, et il nous dit ce qu'est l'Actualité. Lorsque l'Apparence n'est plus l'expression de l'Essence mais assume une existence indépendante qui lui est propre, et que l'Essence sort aussi en son propre nom et droit, alors nous avons l'Actualité. Les voiles sont arrachés, deux totalités se font face. Hegel écrit : Il n'y a pas de transition.</p>
<p>En réalité, cette unité est explicitement posée, et les deux côtés de la relation identifiés. Ainsi l'actuel est exempt de transition, et son extériorité est son énergisant. Dans cet énergisant, il se réfléchit en lui-même : son existence n'est que la manifestation d'elle-même, pas d'une autre.</p>
<p>Il n'y a maintenant aucune transition interne, aucune réflexion. Les forces fondamentales sont en conflit au grand jour. Dans l'Actualité, l'essence, le mouvement vers la réalisation, est vu clairement. L'apparence qui était, la façon dont l'Essence avait l'habitude de briller, est maintenant quelque chose à part entière. Dans l'organisme que nous avons suivi, le prolétariat, l'Actualité est aussi simple que le jour pour un dialecticien. Le mouvement du prolétariat, sa recherche de la réalisation de ses potentialités est clair, même Shachtman peut le voir. Mais les bureaucraties, les organisations, les partis, ceux-là n'expriment plus le mouvement. Ils ont maintenant acquis une existence propre et indépendante au sein de la totalité. Le conflit est à son paroxysme. Il n'y a pas de transition. Il faut maintenant la réorganisation totale en quelque chose de nouveau. Comme Marcuse le remarque dans Reason and Revolution,la catégorie d'Actualité signifie lutte sans merci.</p>
<p>Je dois vous laisser le soin d'étudier avec Hegel comment une étape comme l'Actualité s'exprime dans la Substance, puis dans la Causalité où, contrairement à l'Entendement qui voit perpétuellement cause ici et effet là, Hegel ne voit la cause comme mesurable que par l'effet. Cette cause est cet effet. Mais cet effet est une autre cause. L'effet est incité à l'action par la cause. Mais la cause aussi est incitée par l'effet. Vous ne pouvez pas les séparer. Les unités adverses sont trop coincées. De la causalité, le pas est facile à l'action et à la réaction, ce que Hegel appelle la Réciprocité. C'est une étape plus intensive de cause à effet. De la réciprocité Engels écrit : « Ce que Hegel appelle l'action réciproque est le corps organique, qui forme donc le passage à la conscience, c'est-à-dire de la nécessité à la liberté, à l'idée : voir Logique II, Conclusion.</p>
<p>Et sous le stress de cette violente pression de va-et-vient, car ni l'un ni l'autre ne peut céder, l'organisme déborde dans le concept. Il se sait pour ce qu'il est. Cette étape n'est pas loin pour le prolétariat.</p>
<p>Pendant que vous travaillez sur la Substance, la Possibilité, la Nécessité, la Contingence, etc., ne vous handicapez pas en essayant d'insérer chaque paragraphe dans une phase du développement du prolétariat vers le socialisme. Ce n'est pas nécessaire. Hegel a examiné tout le matériel disponible de son époque, dans toutes les sphères majeures de la nature et de la société pour faire abstraction de ce modèle essentiel. Ce qu'il faut faire, c'est noter ce qu'il dit de l'Actualité et de l'Idée. Il veut que vous les gardiez aussi proches que vous avez gardé l'apparence et l'essence. Il met en garde contre toute grande séparation entre l'Actualité et l'Idée. Ils sont fermés. Nous devrions nous en souvenir aujourd'hui. Son commentaire est facile, familier, très différent de celui de la Logique plus large. Il dit pourtant ce qu'il veut dire.Remarquez comment l'Idée épouse l'Actualité – l'idéal et le réel (vous vous souvenez de notre intermède avec Lénine ?) dans les généralités abstraites de l'Être sont maintenant devenus plus concentrés dans la sphère plus développée de l'Essence.</p>
<p>Réalité et pensée (ou Idée) sont souvent absurdement opposées. Comme nous entendons couramment des gens dire que, bien qu'aucune objection ne puisse être soulevée contre la vérité et l'exactitude d'une certaine pensée, il n'y a rien de la sorte à voir dans la réalité, ou cela ne peut pas être réellement réalisé ! Les gens qui utilisent un tel langage prouvent seulement qu'ils n'ont pas correctement saisi la nature ni de la pensée ni de la réalité. La pensée dans un tel cas est, d'une part, synonyme d'une conception subjective, d'un plan, d'une intention ou similaire, tout comme l'actualité, d'autre part, est synonyme d'existence externe et sensible. C'est très bien dans la vie courante, où un grand laxisme est permis dans les catégories et les noms qui leur sont donnés : et il peut bien sûr arriver que, par exemple, le plan, ou la soi-disant idée, dise d'un certain mode d'imposition,est bonne et conseillée dans l'abstrait, mais que rien de tel ne se trouve dans la soi-disant réalité, ou ne pourrait éventuellement être réalisé dans les conditions données.</p>
<p>Mais quand la compréhension abstraite s'empare de ces catégories et exagère la distinction qu'elles impliquent en une ligne de contraste dure et rapide, quand elle nous dit que dans ce monde réel nous devons nous arracher les idées, il faut énergiquement protester contre ces doctrines, aussi bien au nom de la science que de la saine raison. Car d'une part les Idées ne sont pas confinées à nos têtes simplement, et l'Idée, dans l'ensemble, n'est pas assez faible pour laisser la question de son actualisation ou de sa non-actualisation dépendante de notre volonté. L'Idée est plutôt l'absolument actif aussi bien que l'actuel. Et d'un autre côté, la réalité n'est pas si mauvaise et irrationnelle que l'imaginent des aspirants réformateurs aveugles ou mal avisés et embrouillés. Jusqu'à présent, la réalité, distincte de la simple apparence, et présentant principalement une unité de l'intérieur et de l'extérieur,d'être en contradiction avec la raison, qu'elle est plutôt tout à fait raisonnable, et tout ce qui n'est pas raisonnable doit pour cette raison même cesser d'être tenu pour actuel. Le même point de vue se retrouve dans les usages de la parole instruite, qui refuse de donner le nom de vrai poète ou de vrai homme d'État à un poète ou à un homme d'État qui ne peut rien faire de vraiment méritoire ou raisonnable.</p>
<p>Entre nous, il est très méritoire et raisonnable quand Hegel discute de ces choses de cette façon. Les traducteurs de la plus grande Logique disent que parfois dans ce travail, il semblait être obscur et mystérieux dans sa langue pour de la pure diablerie. Mais ici, il est calme et facile.</p>
<p>C'est pour nous la fin de l'Essence. Nous l'avons vu grandir à partir de Show, nous avons creusé dans son Base (nous n'avons pas creusé trop profondément), nous sommes passés à Apparence. Nous avons vu dans Actualité les différents éléments sortir au grand jour. Désormais, aucun compromis n'est possible. Guerre jusqu'au bout. Une autre fois, vous verrez les investigations philosophiques et la méthode que Hegel a utilisées pour obtenir cela. Vous aborderez peut-être le problème fascinant de la façon dont ce développement philosophique a eu lieu, et comment il se compare à un homme intelligent examinant sans philosophie un objet et apprenant de plus en plus d'expérience. Vous verrez plus tard comment des individus doués, exprimant leurs propres idiosyncrasies psychosomatiques, se sont révélés incapables d'aller au-delà d'un certain stade de la pensée, et comment des classes ou des sections de classes en ont fait leurs porte-parole. Tout cela est pour l'avenir. Mais maintenant nous avons, conformément à notre pratique, pour utiliser l'Essence, nous élevons d'un niveau, juste un niveau de plus. Je propose de faire deux choses : (1) examiner le travail de Lénine, car jusqu'à ce que nous l'ayons parcouru et que nous l'ayons fait nôtre, nous ne pouvons pas continuer ; (2) après avoir fait ce pas en avant un peu, en général, par nous-mêmes, en restant bien dans l'Essence. Quand vous lisez Cause et Effet dans l'Essence, un stade très élevé de l'Essence, vous vous souviendrez que dans la Logique Hegel avait également exposé la Cause et l'Effet, en général, étape par étape, étape par étape. Que j'ai appris.Quand vous lisez Cause et Effet dans l'Essence, un stade très élevé de l'Essence, vous vous souviendrez que dans la Logique Hegel avait également exposé la Cause et l'Effet, en général, étape par étape, étape par étape. Que j'ai appris.Quand vous lisez Cause et Effet dans l'Essence, un stade très élevé de l'Essence, vous vous souviendrez que dans la Logique Hegel avait également exposé la Cause et l'Effet, en général, étape par étape, étape par étape. Que j'ai appris.</p>
<h2 class="spip">La doctrine du concept</h2>
<p>La Doctrine du Concept est la Logique Subjective, la logique de l'Esprit, de la pensée elle-même. Dans la Doctrine de l'Être, nous traitions de la pensée telle qu'elle observait et ressentait l'influence d'objets simples et déterminés. Dans Essence, nous avons examiné un processus plus complexe, les objets étaient « reflétés » par la pensée dans des déterminations de pensée représentant des parties de l'objet ; passage d'une étape à l'autre. Passons maintenant au Concept. L'objet n'est plus l'être pur et simple. Elle n'est plus divisée en déterminations-pensées. C'est un tout une fois de plus, mais un tout enrichi par nos précédents combats avec lui. Et l'objet étant maintenant un tout, examiné à fond, l'examen passe non pas à la logique de la pensée par rapport à l'objet, mais à la logique de la pensée elle-même, du concept, en tant que concept.</p>
<p>Et de même le concept peut, si l'on veut, être qualifié d'abstrait, si le nom concret se restreint aux faits concrets de sens ou de perception immédiate. Car le concept n'est pas palpable au toucher, et lorsque nous y sommes engagés, l'ouïe et la vue doivent tout à fait nous faire défaut.</p>
<p>Mais Hegel insiste, le concept est concret, un « vrai concret » pour la pensée.</p>
<p>Les doctrines précédentes avaient un triple mouvement. Ainsi la Doctrine de l'Être évoluait entre Qualité, Quantité et Mesure. La Doctrine de l'Essence se déplace entre Identité, Différence et Opposition (qui repasse dans le Fond) ; il y a une relation entre Qualité et Identité ; entre la quantité et la différence ; entre Mesure et Opposition (ou Terrain).</p>
<p>Dans la Doctrine de l'Être, le mouvement dialectique se bornait à passer à autre chose. Dans la Doctrine de l'Essence, le mouvement dialectique se borne à passer à quelque chose qui appartenait à la chose même que nous examinions – « l'autre chose » est le quelque chose lui-même ; mais son Autre, nous l'avons déterré. Tout cela est lié entre eux, opposition, étapes supérieures, etc. Je n'en ferai rien. Ceci n'est pas un résumé de l'exposition de la Logique. C'est une introduction à la Logique, une illustration de la façon dont nous devrions l'utiliser et une démonstration de sa validité.</p>
<p>Mais nous devons être prêts maintenant à chercher un triple mouvement dans le concept. Elle est là, et ces divisions sont très anciennes dans les examens de pensée. Ils sont Universels, Particuliers et Individuels. Puis Hegel va passer de longues pages sur le Jugement, sur le syllogisme : Tous les hommes sont mortels, Gaius est un homme, donc Gaius est mortel. Il les poursuit sous toutes leurs formes et formes différentes, mais elles ne sont pas abstraites, formelles, finies, fixes, limitées. Il montre comment ils se sont développés les uns par rapport aux autres, par contradiction, etc., en utilisant toutes les lois qu'il a élaborées dans la logique objective. Prenez le Jugement. Quand vous dites, « une maison est bonne, selon son caractère », vous portez une sorte de jugement ; quand vous dites « la maison, si de tel ou tel personnage, est bonne », vous avez développé ce jugement et ainsi de suite. Il a quatre classes principales de Jugement,le Jugement d'Inhérence, le Jugement de Subsomption, le Jugement de Nécessité, le Jugement du concept ; mais le Jugement d'Inhérence, par exemple, se divise en Jugement Positif, Jugement Négatif, Jugement Infini ; et chacun des autres a ses trois divisions. Je n'ai pas travaillé sur les Jugements, mais je sais que le Jugement d'Inhérence correspond à la Qualité dans la Doctrine de l'Etre et à l'Identité dans la Doctrine de l'Essence ; que le Jugement de Subsomption et de Nécessité correspondent à la Quantité dans la Doctrine de l'Etre et à la Différence dans la Doctrine de l'Essence. La même chose avec le syllogisme et ainsi de suite. Hegel dit, dans les livres de logique ordinaires qu'ils vous disent, voici ces formes : appliquez-les ou apprenez-les ou faites quelque chose avec elles. Il dit : ils ne sont pas seulement tombés du ciel, ils sont venus chacun de quelque part,à un certain stade de développement ; ils sont passés à des formes plus élevées et plus compliquées, ils sont passés à ces formes supérieures par un certain processus. Dans Dialectique de la nature, Engels a ce qui est à mon humble avis un passage très satisfaisant sur le Jugement.</p>
<p>Maintenant, si vous avez prêté attention, vous saurez maintenant de quoi parle la Doctrine du concept ; il traite de ce développement des normes de conscience en tant que telles. Vous vous souvenez de la Préface et de l'Introduction à la Phénoménologie, de la chose testée et de la chose testante. Le concept traite de la chose qui teste – l'appareil de la pensée. Et malgré tous les ravissements de Hegel sur le fait que nous sommes maintenant dans la sphère bleue de l'Esprit-Monde, etc., dans la Logique Subjective, il trace un développement aussi logiquement objectif qu'on peut le souhaiter. Mais il est bon de se rappeler que nous sommes dans le domaine de la pensée. Son caractère destructeur est le développement, par lequel Hegel veut dire qu'il ne montre que ce qui est immanent en lui, par exemple, la plante se développe à partir de son germe. Rien n'apparaît dans la plante qui ne soit contenu dans le germe. Des jumeaux identiques le montrent très clairement.A cinquante ans, ils se ressemblent souvent exactement, ce qui veut dire que leur germe contenait tout ce qu'ils sont devenus par la suite. Hegel dit qu'alors que dans la Doctrine de l'Être la chose se change en autre chose, mais autre chose qui bien qu'« autre » en fasse vraiment partie, elle reflète un autre intérieur ; dans la Dialectique du concept, la petite chose, le commencement abstrait, s'étend constamment et se développe en étapes de plus en plus larges, plus concrètes, plus riches, plus compliquées, plus globales, qui étaient en elle depuis le tout début. Pensée, tu te souviens ? Pensée. Des idées en tant qu'idées.il reflète un autre intérieur ; dans la Dialectique du concept, la petite chose, le commencement abstrait, s'étend constamment et se développe en étapes de plus en plus larges, plus concrètes, plus riches, plus compliquées, plus globales, qui étaient en elle depuis le tout début. Pensée, tu te souviens ? Pensée. Des idées en tant qu'idées.il reflète un autre intérieur ; dans la Dialectique du concept, la petite chose, le commencement abstrait, s'étend constamment et se développe en étapes de plus en plus larges, plus concrètes, plus riches, plus compliquées, plus globales, qui étaient en elle depuis le tout début. Pensée, tu te souviens ? Pensée. Des idées en tant qu'idées.</p>
<p>Avec cette contradiction très modeste, nous pouvons maintenant commencer. J'interpréterai librement et puis collerai le passage vers le bas. Nulle part, pas même chez Marx, je n'ai été aussi enthousiasmé par le pur pouvoir de divination logique et d'interprétation de l'intellect humain. Si vous voulez l'essayer vous-même, le passage est en p. 242 de la plus grande Logique où il reprend le Particulier ; il a déjà traité avec Universel. Nous n'avons pas à traiter spécialement avec Universel. Nous le connaissons bien. L'État est un universel – il englobe tous les types de gouvernement politique. C'est tout à fait concret. C'est tout à fait abstrait. Tel autre est « la révolution ». Un autre universel est le socialisme. Cela signifie tout. Pourtant, cela ne signifie rien de particulier.</p>
<p>Le socialisme est donc un Universel (en pensée, remarquez, un concept). C'est comme un germe, il contient beaucoup de choses dedans. Ce germe prend une forme déterminée, une forme particulière. C'est son être, comme par exemple dans Le Manifeste Communiste ou dans le Manifeste de la Première Internationale. Le concept comme Universelle devient une concept déterminée. Mais dans la Doctrine de l'Être quand rien ne devenait quelque chose, c'était un simple « immédiat ». Ce n'est pas le cas dans le concept. Lorsque l'Universel du socialisme devient déterminé, il ne s'agit pas d'une simple immédiateté. Il est « égal à lui-même ». C'est une forme de médiation qui est absolue. (Il faut le ressentir.) Il n'est pas là qu'à attendre d'être transformé en un Autre. Il est vrai qu'il contient Intro-Reflection ou Essence. Il ne va pas y rester éternellement. Ça va changer, ça va bouger. Mais pour donner quelques exemples approximatifs : quand Marx a écrit ses concepts et les a définis, il ne l'a pas fait en cherchant à y voir des contradictions, à partir desquelles il trouverait une vérité supérieure. Non, c'était du socialisme déterminé. Le léninisme en tant que concept et doctrine était le socialisme concret. Vous le voyez dans la distinction entre la révolution bourgeoise et la révolution prolétarienne (exemples seulement). La révolution bourgeoise en Russie telle que Lénine la concevait, visait à faire quelque chose qui créerait, libérerait la possibilité pour le prolétariat de s'organiser librement (comme en Europe) et de lutter pour le socialisme. C'était une transition. Mais la révolution prolétarienne est la révolution prolétarienne. Ce n'est pas fondamentalement une transition vers quoi que ce soit d'autre. Il est vrai qu'il a à un moment donné des faiblesses, des défauts ; ceux-ci seront supprimés. Mais il se pose à part entière. C'est une médiation, elle ne comprend pas l'Universel dans sa totalité, mais c'est une médiation absolue. C'est le concept en « principe », mot que Hegel utilise souvent dans cette section, et il dit que toute Concept dont la forme particulière n'est pas le concept en principe n'est pas bonne. C'est « stérile ». Vient maintenant un brillant usage de la dialectique, qui donnera des résultats étonnants. Le socialisme est un Universel qui, en 1864, prend une forme déterminée et concrète. Mais, dit Hegel, elle est « revêtue » de l'Universel. La forme déterminée, ce qu'écrit Marx, a des faiblesses, des défauts, des « différences » avec l'Universel. Lui et tous ceux qui ont du bon sens le savent. Les doctrines sont concrètes mais elles ne sont pas du socialisme complet. Mais ils sont écrits en termes d'Universel : ceci, cela et cela, c'est le socialisme. Donc les doctrines de 1864 deviennent contenu et l'Universel devient forme,et donc abstrait. Dans l'Universel pur, ce n'est que la négativité absolue, le socialisme dont nous savons qu'il devra nier et nier jusqu'à ce qu'il le trouve réalisation totale. Mais lorsqu'elle trouve en principe un contenu déterminé, ce contenu est déterminé, ce qui rend l'Universel en lui abstrait.</p>
<p>Voici le paragraphe complet :</p>
<p>« La déterminité du particulier est simple comme principe (on l'a vu) ; mais c'est simple aussi comme moment de totalité – comme déterminité contre l'autre déterminité. Le concept, en tant qu'elle se détermine ou se distingue, désigne négativement son unité et prend la forme d'un de ses moments (qui est de nature idéale) d'être : comme Concept déterminée elle a un Être Déterminé en général. Mais cet Être ne signifie plus l'immédiateté nue mais l'Universelité – immédiateté qui par médiation absolue est égale à elle-même et contient également l'autre moment, Essence ou Intro-Réflexion. Cette Universelité qui revêt le déterminé est l'Universelité abstraite. Le particulier contient l'Universelité comme Essence ; mais, en tant que la déterminité de la différence est posée, et a par là l'être,cette Universelité est liée à la différence comme forme, et la déterminité comme telle est contenu. L'universelité devient forme en tant que la différence existe comme l'essentiel - tandis que dans l'universel pur elle n'existe que comme négativité absolue, et non comme différence qui se pose comme telle. »</p>
<p>Maintenant pour continuer. La première phrase que je n'arrive pas à comprendre – accordez-moi quelques instants – mais après ça va bon train. (Pourquoi toute cette effervescence ? Car juste au-dessus de la page, la Compréhension s'emballe, s'expose, d'une manière qui fait du bien au cœur.) Dans le concept déterminée, le concept est hors d'elle-même. C'est le socialisme, la négativité pure. Mais c'est déterminé. Les doctrines, les idées de Marx sont suffisamment concrètes. Ils apparaîtront dans la Commune dans quelques années. Et bien qu'il y ait des différences entre le socialisme, en tant qu'universel pur, et le socialisme dans sa forme déterminée, il n'y a pourtant pas d'autre socialisme et l'identité est assez proche. Mais l'identité est simplement « immédiate ». Ce n'est pas la totalité, en 1864, pas l'idée pleine, complète. (Aujourd'hui, nous sommes beaucoup plus proches de cela. Un monde, le socialisme international, etc.)</p>
<p>En soi, c'est cette complétude puisque le germe est en soi la plante. Elle est pour soi, sous la forme déterminée, pour soi en principe. Mais s'il y a médiation, il va y avoir d'autres étapes, mais ces étapes ne sont pas « posées », l'essentiel n'est pas de développer ce qui est inhérent et appelé à apparaître. L'affaire principale est ce qui est. Mais précisément parce que nous avons affaire à quelque chose en principe, le contenu a la forme de l'indifférence à son Universelité. Ce n'est pas la totalité. D'ACCORD. Mais il n'est pas, comme dans la Doctrine de l'Essence, incapable de faire un pas sans regarder en arrière pour voir ce qu'il reflète, et impatient de voir ce qui va arriver. Bien sûr, nous allons arbitrer, mais cette chose ici et maintenant est assez bonne pour nous.</p>
<p>Et maintenant, mes amis, nous approchons. Laissons le maestro parler pour lui-même maintenant et nous suivrons notre chemin. (Vous obtiendrez cependant quelques chocs.)</p>
<p>C'est ici aussi le lieu de mentionner la circonstance qui a fait que l'entendement a été tenu en si peu d'estime ces derniers temps et qu'il a été rangé après la raison, à savoir la fixité qu'il donne aux déterminités, et donc aux finitudes. Cette fixité consiste dans la forme d'Universelité abstraite qui vient d'être considérée : par elle ils deviennent immuables.</p>
<p>Le Trotskysme, voyant que la Deuxième Internationale (réformiste) et la Troisième Internationale (révolutionnaire) et la bureaucratie ennemie de la propriété privée étaient des incarnations « en principe » du socialisme, de l'Universel, qu'ils ont sans aucun doute complètement omis d'étudier p. 244 de la Logique et reconnaître que ceux-ci, aussi concrets qu'ils fussent, étaient pourtant des Universaux abstraits au sens où Hegel l'a si soigneusement expliqué. Ils n'étaient qu'une forme. Ils n'étaient pas la totalité. Et précisément parce qu'ils étaient l'Universelité abstraite, ils pouvaient devenir terriblement fixes et férocement finis. Le fait même qu'ils soient universels est ce qui leur donne leur ténacité et leur endurance. Dans l'Être simple et l'Essence réflexive, le mouvement est plus facile.</p>
<p>Car la déterminité qualitative, et la détermination de la réflexion, existent essentiellement comme limitées, et, dans leur barrière, ont un rapport avec leur Autre ; ils contiennent ainsi la nécessité de la transition et de la disparition. Mais l'Universelité (qu'ils ont dans l'Entendement) leur donne la forme d'Intro-Réflexion, qui les soustrait au rapport à autrui et les rend impérissables.</p>
<p>Socialisme ! Un socialisme mondial, une internationale révolutionnaire une internationale réformiste, mon Dieu ! Ce ne sont pas des exemples parfaits, mais ce ne sont pas des manifestations ordinaires. Ce sont des Universaux. Et ainsi la Compréhension s'en tient à eux. Ils étaient des universaux, mais des universaux limités. Comme le dit Hegel, l'entendement rend à ces choses un respect qui n'appartient qu'au concept « pur » et qu'à une déterminité elle-même universelle.</p>
<p>Or, dans le concept pur, cette éternité appartient à sa propre nature, et ainsi ses déterminations abstraites ne seraient des essentialités éternelles que selon leur forme ; mais leur contenu n'est pas adéquat à cette forme, et par conséquent ils ne sont pas vérité et impérissabilité. Leur contenu n'est pas adéquat à la forme, parce qu'il n'est pas la déterminité elle-même comme universelle ; c'est-à-dire qu'elle n'est pas en tant que totalité de la différentiation du concept, ou pas elle-même la forme entière. . .</p>
<p>Maintenant je ne sais pas, mais il me semble que Hegel, ayant examiné des phénomènes et des totalités de toutes sortes, a ici extrait le processus de la pensée de l'Entendement d'une manière qui nous fait voir nos problèmes sous un jour nouveau et infiniment plus riche. . Il y en a d'autres à venir qui vont nous surprendre et nous illuminer. Mais Hegel est un dialecticien. Il n'y a pas que la différence, il y a l'identité, il y a le lien. Voyez comment Hegel, qui travaillait l'Entendement, nous montre maintenant qu'il a une place indiscutable – oui, monsieur – indiscutable dans la dialectique :</p>
<p>« L'entendement représente alors la force infinie qui détermine l'Universel, ou au contraire confère une persistance fixe par la forme de l'Universelité à ce qui dans la déterminité n'a en soi et pour soi aucune stabilité ; et ce n'est pas la faute de la compréhension s'il n'y a plus de progrès. »</p>
<p>C'est assez clair. La compréhension alors même dans le Concept est le genre de pensée qui détermine l'Universel. C'est une qualité positive. Ça dit : les garçons, ça y est. Regardez comment cela incarne l'Universel. Voyez comment il représente le socialisme ici, là et là-bas. Voyez comment cette Internationale réformiste est le réformisme incarné. La compréhension en fait est véritablement révolutionnaire, et dans l'établissement d'un Universel déterminé, vous ne pouvez pas faire la différence entre elle et la Raison. La raison utilise en fait la compréhension à cette fin. (N'est-ce pas merveilleux ! L'arrière-pensée, les choses que je dis et ne dis pas.) Mais l'entendement est accablé par ces magnifiques déterminations de principe. Il veut s'installer maintenant et se mettre au travail. Quand Universel commence à vouloir sortir de ce Particulier, la Compréhension fait rage furieusement. Celui-ci, mes amis, dit-il, est Universel. Il a des défauts, mais il est Universel. Enfin, quand l'Entendement peut y rester, il ne bouge plus, mais pour quoi faire ? Il dit : « Mes amis, nous n'avons aucune réflexion ennuyeuse à faire. Les plans sont là. Le grand architecte de nos Universaux malheureusement dégénérés, il nous a laissé les plans définitifs. Tout ce que nous avons à faire est de repousser les imposteurs et de « redresser l'ancienne structure ».</p>
<p>La compréhension confère alors une « persistance fixe ». Mais, dit Hegel, et c'est salutaire si totalement inattendu :</p>
<p>« C'est une impuissance subjective de la raison qui permet à ces déterminités de compter de cette manière, et est incapable de les ramener à l'unité par la force dialectique qui s'oppose à cette Universelité abstraite, c'est-à-dire par la nature propre (autrement dit, le concept) de ces déterminités. »</p>
<p>Voici deux idées d'une importance considérable pour nous. La raison laisse la mauvaise Compréhension coincée dans ses finitudes. La raison subjective est responsable. Il est trop faible pour combler l'écart. L'effort doit être fait. Et comment ? En voyant la nature particulière, c'est-à-dire le Concept de ces déterminités fixes, limitées. C'est assez clair. Le concept est une classe ouvrière libre et créative, une classe ouvrière qui n'est pas ce qu'elle est dans le capitalisme. Le Concept déterminée fait de son mieux, mais quand celle-ci est épuisée, il faut revenir au socialisme, à votre Universel du commencement, et ainsi vous débarrasser d'un particulier épuisé, fini, limité. Un nouveau particulier est nécessaire.</p>
<p>Comprendre est malicieux. C'est exact.</p>
<p>Il est vrai qu'à travers la forme de l'Universelité abstraite, l'entendement leur donne ce qu'on peut appeler une dureté d'Être telle qu'ils n'en possèdent pas dans les sphères de la Qualité et de la Réflexion ; mais par cette simplification l'entendement les spiritualise aussi et les aiguise tellement qu'ils ne reçoivent qu'à ce point extrême la capacité de se dissoudre et de passer dans leur contraire.</p>
<p>Comprendre, par son obstination, son adhésion aux catégories finies, les prépare à l'étape où elles doivent se dissoudre et passer dans leur contraire. Gardez à l'esprit que l'Universel utilise un particulier. Quand ce particulier n'est pas bon, il le jette. Ce particulier périt.</p>
<p>La maturité ou le stade le plus élevé que quelque chose puisse atteindre est celui où il commence à périr.</p>
<p>C'est à ce stade que la Raison subjective est obligée, OBLIGEE, d'intervenir. Nous aurons souvent besoin de cette idée.</p>
<p>Mais c'est la propriété particulière du Concept.</p>
<p>L'entendement commet la bévue des bévues en rendant impérissable le concept déterminée. La seule chose impérissable est l'Universelité du concept. Cette qualité appartient au Concept seul.</p>
<p>Et par conséquent la dissolution du fini s'exprime en lui-même et dans une proximité infinie.</p>
<p>C'est l'Universel qui indique clairement que les catégories finies vont être détruites, aussi fondées qu'elles soient.</p>
<p>Cette Universelité argumente d'emblée la déterminité du fini et exprime son insuffisance à lui-même. Ou plutôt, l'adéquation du fini est déjà donnée ; le déterminé abstrait est posé comme ne faisant qu'un avec l'Universelité, et non pour lui seul, car alors il ne serait que déterminé, mais seulement comme unité de soi et de l'universel, c'est-à-dire comme Concept.</p>
<p>L'argument général est clair. Si ce n'est pas le cas, résolvez-le vous-même.</p>
<p>Hegel dit : « La pratique ordinaire de séparer l'entendement et la raison doit donc être condamnée à tous égards.</p>
<p>La compréhension a sa place. C'est l'abus de la catégorie fixe et limitée qui est criminel. Et Hegel joue sur une note triste mais salutaire. Comprendre, en portant la chose aux hauteurs qu'elle fait, prépare ainsi la voie à la Raison pour faire le saut. Si vous n'êtes pas en mesure de dire que notre catégorie très fondée sur des principes, la propriété nationalisée, et une catégorie fondée sur des principes, cela peut sembler être, si vous n'êtes pas en mesure de dire : « Compte tenu de ce qu'est le socialisme, je dois répudier cette catégorie et obtenir revenir aux fondamentaux et créer un nouveau critère », si vous ne pouvez pas faire cela, alors vous persistez dans la détermination et finissez par faire de la fausse détermination le moyen par lequel vous détruisez tout.</p>
<p>Je ne vois pas comment une personne raisonnable peut nier autant : que Hegel, face aux théoriciens de l'État ouvrier, puisse dire : « Je connais ces gens. J'ai vu ce genre de chose arriver des dizaines de fois. J'en ai parlé dans le Concept.</p>
<p>Mais ce n'est pas tout. Le concept a, vous vous en souvenez, une troisième division, Individuelle. Vous vous souvenez des trois, Universel, Particulier, Individuel. L'individu est le même que l'Actualité. Le béton. (Mais nous avons affaire à la pensée, le concret est l'étape concrète de la pensée.) À mon avis, nous avons le socialisme, l'Universel, qui cherche un endroit où se placer. Le marxisme, en général, propose un programme général. Formons une Internationale de tels ou tels principes. C'est un Particulier. Mais le 14 mai 1871, Karl Marx n'écrit pas en général mais concrètement un document sur la Commune de Paris, et exprime certaines idées, propositions et prévisions concrètes. Dans la sphère de la pensée, ce document est un concret, un Individu.</p>
<p>Maintenant, le Particulier est à mi-chemin entre l'Universel et l'Individuel. Lorsque vous en sortez, vous pouvez en sortir, soit en revenant à l'Universel - puis l'Universel, sans tenir compte du particulier, "monte au genre le plus élevé et le plus élevé" - ou vous « descendre » (mot de Hegel) dans l'Individu concret. J'espère que le point est clair. Et puis vient une superbe déclaration :</p>
<p>« A ce point se produit la divagation par laquelle l'abstraction quitte la route du concept et déserte la vérité. »</p>
<p>C'est précisément la théorie de la révolution permanente de Trotsky. La lutte concrète en Russie, il a ignoré. Était-ce une révolution bourgeoise ? Lénine disait que c'était et menait concrètement la guerre prolétarienne contre la bourgeoisie libérale et les mencheviks, leurs agents. Son programme, ses idées, son Concept de socialisme, oui, de socialisme, pouvaient trouver sa profondeur la plus profonde précisément à cause de cette concrétude. Mais la théorie de Trotsky de la révolution permanente ? Hegel immédiatement, le cloue immédiatement. À ce stade, dit-il, se produit la divagation de la vérité. Et quelle forme prend-il ?</p>
<p>Son universel le plus élevé et le plus élevé auquel il s'élève n'est que la surface qui a de moins en moins de contenu.</p>
<p>Précisément. La révolution permanente n'avait aucun contenu. La seule chose concrète qui en est ressortie, c'est qu'elle a conduit Trotsky toujours vers les mencheviks et contre le léninisme, dans toutes les années longues, dures, difficiles où s'est martelé le bolchevisme. Il méprisait le béton. Comme Hegel poursuit :</p>
<p>« L'Individualité qu'il méprise est cette profondeur dans laquelle le concept se comprend et se pose comme Concept. »</p>
<p>Si quelqu'un peut comprendre cela, nous le pouvons. Trotsky s'est envolé dans les minces abstractions de la révolution permanente. Il n'en est rien sorti. Rien. Et ce sont les théories concrètes de Lénine, traitant de l'actuel, de l'Individu, d'où sont venues toutes les merveilleuses intuitions et lumières qui ont enrichi le concept de socialisme.</p>
<p>Le Concept est concret. C'est pensé mais c'est du concret. C'est un jugement, une décision, une action, une intervention. Ce n'est pas la connaissance dans la tête pour la tête. La matière, la société, agit par impulsion, fait ses nœuds, les nœuds forment de vieilles catégories, les vieilles catégories font de nouvelles catégories, de nouvelles catégories clarifient la matière et la société, car la pensée m'apprend l'action intelligente. Les catégories sont la forme la plus haute de la matière, en tout cas inséparable de la matière, la forme d'aujourd'hui, qui sera contenue demain parce qu'elle est déjà un contenu, un contenu posé. Sans cette concrétude, le concept n'a pas sa place. Vous ne pouvez pas l'appréhender par abstraction. L'abstraction reste immobile sans individualité.</p>
<p>La Vie, l'Esprit, Dieu, et aussi le concept pur ne peuvent donc pas être appréhendés par l'abstraction, car elle éloigne de ses produits l'Individualité, principe de singularité et de personnalité, et n'atteint ainsi que des universelités dépourvues à la fois de vie et d'esprit, de couleur et de contenu.</p>
<p>La théorie de Trotsky de la révolution permanente y manquait précisément. C'est Lénine qui tirait de la vie concrète, l'esprit, la couleur, le contenu. Mais ce ne sont pas seulement les luttes de 1905-1917. Les luttes d'aujourd'hui éclairent ces analyses absolument incroyables de Hegel, incroyables parce que si universellement valables. La Quatrième Internationale officielle n'a aucune conception du socialisme. Tout ce que Trotsky peut dire sur la Russie après vingt-cinq ans, c'est : réviser le plan, réintégrer les soviets. Il n'a rien appris. Le même vieux contenu, pas de vie, pas d'esprit, pas de couleur. Et nous, avons-nous une vie, un esprit, une couleur particuliers ? Que d'autres devront juger. J'aborderai ce problème avant que nous ayons terminé. Mais je le répète maintenant comme nous l'avons dit dans The Invading Socialist Society : Si vous réimprimez « L'Etat et la Révolution », « La catastrophe imminente », « Les bolcheviks peuvent-ils conserver le pouvoir d'État » et « Les Tâches immédiates du gouvernement soviétique », vous obtenez une image plus claire du socialisme concret, des perspectives concrètes, des actions concrètes à suivre pour les travailleurs que dans tous les écrits de la Quatrième Internationale depuis vingt-cinq ans.</p>
<p>Hegel est impitoyable. Et je m'émerveille constamment de la quantité de travail qu'il a dû faire pour que la chose soit si simple, dans les abstractions. Il continue ainsi à déchirer la Compréhension :<br class='autobr' />
Vous ne pouvez pas échapper aux conséquences du concept. Un concept est une concept. Il embrasse toutes les parties et elles sont inséparables. La compréhension obtient d'abord des Universelités dépourvues de toute couleur, contenu, vie et esprit. Mais ces produits de l'abstraction qui ont méprisé l'Individu, le concret, sont des individus eux-mêmes. La compréhension prend le concret et en fait un universel. Il ne voit donc l'Universel que comme l'Universelité déterminée : et donc le concret, l'Individu, qu'il a élevé dans cette position, s'est chargé de l'immense tâche de se déterminer (rapport à soi). Pour cela le béton ainsi poussé dans la situation d'Universel est tout à fait inadapté.</p>
<p>Cela vous semble-t-il plutôt abstrait ? Pas à moi. Nous avons vu la propriété nationalisée, le béton en Russie, pris et poussé dans la position d'Universel. Qu'est-ce que le socialisme, qu'est-ce qu'il vise, qu'est-ce qu'il signifie pour moi, tout cela est passé à la trappe. C'est devenu la plus pure abstraction : les partis ouvriers rivalisant pacifiquement dans leurs soviets, le plan révisé dans l'intérêt des travailleurs, etc. il y a. Vous faites remarquer qu'en 1928 quand ils étaient revenus au niveau de 1917, il n'y en avait peut-être que quelques milliers, voire plus, dans les camps de concentration, etc. Mais à chaque fois que le charbon, l'acier, etc. la corruption augmente, et nous avons donc un graphique. Au fur et à mesure que la production planifiée augmente, ainsi chaque mal bourgeois augmente jusqu'à ce que nous ayons quinze à vingt millions dans des camps de concentration, des camps de travaux forcés, etc., et un état aussi monstrueux qu'aucun mortel n'avait jamais imaginé. Il est sûrement temps de penser au socialisme – d'examiner ce que nous entendons par lui et ce que nous entendons par lui. Non, pas pour eux. Le tout tourne autour de la propriété nationalisée et si, si la propriété nationalisée continue à préserver la bureaucratie et à commettre ces monstruosités, alors allons-nous enfin revenir en arrière pour réexaminer notre universel, le socialisme ? Par Christ, non. En finir avec le marxisme à la place. Jetez-le. Cela nous a fait défaut. La propriété nationalisée reste maîtresse du terrain.Il est sûrement temps de penser au socialisme – d'examiner ce que nous entendons par lui et ce que nous entendons par lui. Non, pas pour eux. Le tout tourne autour de la propriété nationalisée et si, si la propriété nationalisée continue à préserver la bureaucratie et à commettre ces monstruosités, alors allons-nous enfin revenir en arrière pour réexaminer notre universel, le socialisme ? Par Christ, non. En finir avec le marxisme à la place. Jetez-le. Cela nous a fait défaut. La propriété nationalisée reste maîtresse du terrain.Il est sûrement temps de penser au socialisme – d'examiner ce que nous entendons par lui et ce que nous entendons par lui. Non, pas pour eux. Le tout tourne autour de la propriété nationalisée et si, si la propriété nationalisée continue à préserver la bureaucratie et à commettre ces monstruosités, alors allons-nous enfin revenir en arrière pour réexaminer notre universel, le socialisme ? Par Christ, non. En finir avec le marxisme à la place. Jetez-le. Cela nous a fait défaut. La propriété nationalisée reste maîtresse du terrain.La propriété nationalisée reste maîtresse du terrain.La propriété nationalisée reste maîtresse du terrain.</p>
<p>Voici l'extrait, jugez par vous-même :</p>
<p>« Mais l'unité du concept est si inséparable que même ces produits de l'abstraction, alors qu'ils sont censés omettre l'Individualité, sont eux-mêmes des individus. Elle élève le concret en Universelité et ne prend l'universel que comme Universelité déterminée : mais alors c'est justement l'Individualité qui a abouti à la forme d'une déterminité se rapportant à elle-même. Par conséquent l'abstraction est une séparation du concret et un isolement de ses déterminations : elle ne saisit que des propriétés et des moments individuels, car son produit doit contenir ce qu'elle est elle-même. »</p>
<p>Vous obtenez la dernière phrase ? Cet Universel Abstrait déchire le béton en morceaux. Il en prend des morceaux isolés, et avec cela comme base de sa pensée, tout ce qu'il peut maintenant produire, c'est ce qu'il a repris et transformé en un Universel. C'est toute la procédure des étatistes ouvriers. Germain ne pense qu'en termes de propriété nationalisée, de plan, de double caractère de la bureaucratie. Il pouvait dire : en Pologne, la nationalisation avait eu lieu avant l'arrivée des Russes. Les Russes ont détruit le pouvoir sur lequel les ouvriers avaient la main et ont ramené des éléments de la classe bourgeoise. Tout ce que Germain a à dire, c'est : c'est ou n'est pas exactement la propriété nationalisée et voilà en tout cas le double caractère de la bureaucratie. Son Universel n'est pas l'élaboration minutieuse du concept de base que Marx et Engels ont fait après tout événement - Marx sur la Commune, Lénine dans État et révolution. Non monsieur. Son Universel est désormais propriété nationalisée et tous ses produits portent ce sceau.</p>
<p>Voyez maintenant ce qui se passe. Cet Universel a pris en lui le concret, l'Individuel, poussant l'Universel réel dans l'air raréfié de la plus abstraite des abstractions. L'individuel comme contenu et l'universel comme forme sont distincts l'un de l'autre. Vous vous souvenez qu'au début l'Universel est entré librement dans la Première Internationale. Ce programme, cette conception n'étaient pas parfaits, mais tel qu'il était, on pouvait en parler en termes de socialisme. Vous avez pris l'Universel comme une forme dans laquelle vous avez placé, élaboré le contenu particulier que vous aviez. Vous vous souvenez aussi que cela rendait l'Universel abstrait, mais une abstraction qui « revêtait » le contenu particulier. Mais ici, l'Universel en tant que forme est une chose. Le contenu en est une autre. Même Germain ne peut pas utiliser les termes du socialisme pour décrire la barbarie russe,et personne aujourd'hui n'a le culot de dire que le prolétariat en Russie est la classe dirigeante. L'Universel de l'entendement, de Germain, n'est pas la forme absolue. Il ne peut même pas parler de ces nécessités absolues du socialisme, des travailleurs, du pouvoir, de l'action indépendante, des travailleurs maîtres d'eux-mêmes, en opposition fondamentale au capitalisme, où le système industriel est leur esclavagiste. Non. Germain ne peut le faire que par abstraction. Si inadéquate que fût la Première Internationale, en tant que conception, elle pouvait se « revêtir » de ces choses. (Je considère que c'est le sens général du passage. L'original doit être recherché en allemand.) Mais tandis que nous poursuivons l'examen, nous voyons finalement que cette compréhension abstraite a produit une sorte particulière d'universelité. En le rendant si abstrait et en le liant ensuite au concret,l'Universel abstrait lui-même est devenu un concret.</p>
<p>Voici l'extrait :</p>
<p>« La distinction entre cette individualité de ses produits et l'Individualité du concept est que, dans la première, l'individuel comme contenu et l'universel comme forme sont distincts l'un de l'autre - simplement parce que le premier n'existe pas comme forme absolue, ou comme le Concept elle-même, ni celle-ci comme totalité de la forme. Mais cette considération plus approfondie montre l'abstrait lui-même comme unité du contenu individuel et de l'Universelité abstraite, c'est-à-dire comme concret – ce qui est le contraire de ce qu'il est censé être. »</p>
<p>Et en 1948 on n'opère pas dans le vide. Au moment où vous perdez l'Universel socialiste, aucun pouvoir sur terre ne peut vous sauver de la barbarie capitaliste d'État.</p>
<p>Maintenant pour le passage final. Cela nous offre une bonne occasion de résumer. Souvenez-vous que le mouvement du concept est le développement. C'est le pouvoir gratuit. C'est la pensée, remarquez, le concept qui recherche l'accomplissement dans la pensée. Le Manifeste communiste, le Manifeste et programme de la Première Internationale, Marx sur la Commune, Lénine dans l'État et la révolution. C'est le concept qui se développe. L'Etat et la Révolution de Lénine est une forme particulière de l'Universel comme l'est le programme de l'Internationale Communiste et des 21 points. Mais l'Individuel concret, ce sont les lois, les décisions, les articles, les décrets, les discours, etc. au jour le jour. C'est le concret, le concept individuelle. Pour que l'Universel du socialisme et la forme particulière de l'État et de la Révolution se concrétisent dans les actes individuels, les idées, les lieux, les programmes et les conflits, etc.L'abstrait est l'âme de l'Individu, le concret. Pourquoi ? Car sans l'Universel et le Particulier, le concret n'a aucun sens. C'est un cas avancé de la relation entre l'Idée et la Réalité dont nous avons traité dans la Doctrine de l'Essence.<br class='autobr' />
Voici l'extrait :<br class='autobr' />
Mais l'Individualité n'est pas seulement le retour du concept en elle-même ; c'est aussi immédiatement sa perte. Dans l'Individualité, c'est en soi ; et, à cause de la manière dont il est en soi, il devient extérieur à lui-même et entre en acte. L'abstraction est l'âme de l'individualité et, en tant que telle, est le rapport du négatif au négatif ; et elle, comme on l'a vu, n'est pas extérieure à l'universel et au particulier, mais immanente ; et à travers elle, ils sont concrets, contenus et individuels. Et l'Individualité en tant que cette Négativité est la déterminité déterminée, c'est la distinction en tant que telle ; à travers cette introRéflexion de distinction, elle se fixe ; la détermination du particulier n'a lieu que par l'Individualité, car c'est cette abstraction qui maintenant, en tant qu'Individualité, est l'abstraction posée.<br class='autobr' />
Je vous conseille de ne pas être pressé. Lisez les passages encore et encore, surtout les plus difficiles. Familiarisez-vous avec eux. Il y a une grande tentation. Il s'agit de les lire, de n'avoir qu'une idée générale, puis de s'accrocher à ce qui est familier – l'analyse purement sociale et politique que je fais à la suite de ces sections techniques. Si vous faites cela, vous n'apprendrez jamais à gérer la Logique. Travaillez sur ces passages techniques pour ce qu'ils enseignent mais aussi en tant qu'exercices, jusqu'à ce qu'ils s'imprègnent, et vous commencez à penser en ces termes.<br class='autobr' />
Il nous reste maintenant à faire un dernier passage de cette Introduction à le concept. Ne soyez pas induits en erreur par mes sauts et sauts comme je dois le faire, en oubliant que la cohérence interne, la logique structurelle de la logique elle-même est merveilleuse. Développement en développement, en général, puis s'est divisé en ses parties, et le développement du premier a été repris, mais maintenant à un niveau plus élevé et une pénétration plus profonde, pour exploser, sauter dans quelque chose de plus élevé, après quoi les anciens processus gagnent de nouvelles profondeurs, etc. C'est précisément la logique. Ce n'est pas la vie, c'est-à-dire l'histoire. Et ce n'est que lorsque la logique est un mouvement logique et impeccable que vous pouvez alors faire face aux innombrables manifestations de la vie. Je ne peux que le mentionner et le signaler ici et là en passant. Mais pour le démontrer, non, pas moi.<br class='autobr' />
Ainsi, avant de terminer le concept en général, Hegel revient sur quelque chose qui l'a toujours concerné. Il l'a commencé dans la Doctrine de l'Être – Qualité – avec l'infini réel et l'infini mort. Il y est revenu dans la Doctrine de l'Essence en Fond, et l'Être ou le non-Être du Fini comme base du Fond. Maintenant, il nous a montré comment l'Universel prend un particulier dans le Particulier et devient concret dans l'Individu. trouvera la base d'autres abstractions encore. Car l'individu va passer à autre chose. Maintenant :<br class='autobr' />
L'individu, alors, en tant que négativité en rapport avec lui-même, est l'auto-identité immédiate du négatif ; c'est-pour-soi. Autrement dit, c'est l'abstraction qui détermine le concept, selon son moment (qui est de nature idéale) d'Être, comme immédiat. Ainsi l'individu est un Un ou Ceci qualitatif.<br class='autobr' />
Il la ramène à la qualité, la Doctrine de l'Être. Souvenez-vous maintenant de votre Doctrine de l'Être :<br class='autobr' />
Selon cette qualité, c'est d'abord l'auto-répulsion, par laquelle les nombreux autres Un sont présupposés ; et deuxièmement, c'est une relation négative contre ces autres présupposés ; et, dans cette mesure, l'individu est exclusif.<br class='autobr' />
Mais – comme l'écrivait Rosa Luxemburg – attention ! L'universelité doit surveiller sa relation avec ces Uns concrets. L'universelité est un moment du concret, l'Individu. Mais ce n'est pas simplement un élément de l'Individu.<br class='autobr' />
Si par universel on entend ce qui est commun à plus d'un individu, alors le commencement se fait de leur persistance indifférente, et l'immédiateté de l'Être se mêle à la détermination du concept. L'image la plus basse possible de l'universel dans son rapport à l'individuel est ce rapport extérieur de celui-ci comme simple élément commun.<br class='autobr' />
Vous dites que, quelle que soit la forme que peut prendre un État ouvrier concret, il se distingue toujours par la propriété nationalisée. C'est la forme la plus basse possible de l'Universel. Le reste de la section reprend cela en détail. Hegel, en particulier ici dans le concept, insiste sur le fait que l'Individualité est posée « non dans l'extérieur mais dans une distinction conceptnelle » – la propriété nationalisée doit être considérée à la lumière de votre concept de ce qu'est le socialisme. Ne fais pas ça. Ne commettez pas l'erreur de prendre ce concret, cet élément persistant simplement commun pour l'Universel ! Vous finirez alors, aussi sûrement que le jour, par en faire toute votre idée. Alors vous dites : le monde a maintenant atteint un stade où le capitalisme ne peut plus continuer. De là vous dites que cette économie doit évidemment être nationalisée et planifiée. Vous dites alors que si la bureaucratie russe perdure longtemps,après la guerre, c'est évidemment le précurseur d'une nouvelle classe dirigeante. Ensuite, nous devons convenir que l'attente marxiste du socialisme est une utopie. C'est là que vous atterrissez dans la pensée et nous avons affaire à la pensée. Que Trotsky en tant qu'individu se serait jeté du côté des masses et aurait répudié le pessimisme et le défaitisme dans le feu de la lutte des classes, dont nous n'avons pas à discuter. Mais toute la méthodologie avait en elle la destruction de la base sur laquelle il se tenait. Car il déclara plus précisément que la bureaucratie russe restaurerait la propriété privée. De sorte que bien que le temps de sa continuation ne soit pas trop important (la situation mondiale étant ce qu'elle est) la détermination évidente de la bureaucratie à maintenir la propriété nationalisée et à mener une autre guerre mondiale pour elle, ceci,ronge le cœur de ceux qui insistent pour continuer la méthode de Trotsky. Il a fait d'un fini un infini. Il a pris l'être du fini et en a fait un Absolu. Il a pris un moment de l'Universel et en a fait l'Universel lui-même. D'où ces larmes. Hegel n'en a pas fini avec ça d'ailleurs. Dans sa dernière section de l'Idée de la cognition, il prend cette persistance finie et finie, être et non-être de l'Absolu, persistance commune dans le concept et l'enracine finalement dans un étalage magistral sur la Définition. Mais je peux vous dire à l'avance que je laisserai de côté la Définition. Trop est impliqué.Hegel n'en a pas fini avec ça d'ailleurs. Dans sa dernière section de l'Idée de la cognition, il prend cette persistance finie et finie, être et non-être de l'Absolu, persistance commune dans le concept et l'enracine finalement dans un étalage magistral sur la Définition. Mais je peux vous dire à l'avance que je laisserai de côté la Définition. Trop est impliqué.Hegel n'en a pas fini avec ça d'ailleurs. Dans sa dernière section de l'Idée de la cognition, il prend cette persistance finie et finie, être et non-être de l'Absolu, persistance commune dans le concept et l'enracine finalement dans un étalage magistral sur la Définition. Mais je peux vous dire à l'avance que je laisserai de côté la Définition. Trop est impliqué.<br class='autobr' />
Et maintenant, avant de continuer, faites-moi une petite faveur, mes amis. Asseyez-vous et lisez toute cette section précédente. Non ? D'ACCORD. Comme Marx l'a dit dans le dernier paragraphe de la Critique du programme de Gotha, faites ce que vous voulez maintenant. J'ai sauvé ma propre âme.<br class='autobr' />
Le léninisme et le concept<br class='autobr' />
Le lecteur perspicace (le lecteur sceptique que nous pouvons ignorer, le lecteur hostile à qui nous portons des blessures meurtrières dans chaque paragraphe), le lecteur perspicace dira maintenant : « Incroyable, je suis d'accord. Ce Hegel semble avoir élaboré un moyen par lequel les hommes, une fois qu'ils ont déraillé, peuvent être vus suivre comme s'ils étaient envoûtés certains schémas de pensée. Vos illustrations dirigées contre le trotskisme éclairent certainement le trotskisme. Mais dans l'ensemble, ceci, si précieux qu'il soit, est ici négatif. Vous dites, par exemple, que l'Universel de Trotsky est sans couleur, sans contenu, etc. – pure abstraction. Quel est le vôtre, en utilisant la méthode dialectique ? Montrez-moi comment vous, en ne montant pas au « genre le plus élevé et le plus élevé », mais en vous en tenant à l'Individualité, enrichissez votre Universel. Vous dites, Lénine l'a fait en Russie avant 1917. Je suis d'accord, plus ou moins. Je suis un lecteur averti.Je vois que vous élaborez, étape par étape, une position positive. Je pense qu'il est grand temps que nous accordions plus d'attention à cela et moins au trotskisme. »<br class='autobr' />
Correct dans l'ensemble, mais seulement dans l'ensemble. Mais nous allons maintenant nous installer dans un exposé concret et non général de la pensée dialectique qui nous montrera le concept en action. La preuve sera le résultat. Et pour dissiper tout doute, permettez-moi de dire ici tout de suite : je propose, étape par étape, de construire une ligne de développement positive, je l'ai fait, qui aboutira à une concept incontestablement concrète du socialisme comme universel et la lutte révolutionnaire aujourd'hui, et demain, pas demain en général, mais notre demain. Ce travail serait inutile, en fait réactionnaire (je ne peux pas rester pour expliquer) s'il ne faisait pas cela. Mais la bonne méthode pour le faire est la méthode que je suis. Ce sera plus facile pour ceux qui suivront. Je pars de zéro.<br class='autobr' />
Mais ce travail est préliminaire à cela. Patience. Patience. Patience. Frayez-vous un chemin. Nous devons avoir une concept du socialisme, le concept de 1948. Mais nous devons travailler à travers le léninisme. Aujourd'hui, notre mouvement n'est pas au-delà du léninisme. Le prolétariat est bien au-delà du prolétariat du temps de Lénine. Mais notre mouvement ne l'est pas. Pour le dépasser, nous devons entrer en lui et à travers lui. Mais le processus exige, pour nous, l'exposition complète et patiente du trotskysme de toutes parts. On n'en a pas fini avec ça. Apprenez de Hegel. Apprenez à revenir et revenir à la Compréhension, jusqu'à ce que la méthode devienne une partie de la structure, la structure de l'esprit. Efforcez-vous d'avoir un « aperçu assez simple » de l'ensemble de l'entreprise. Vous lirez la Logique et découvrirez des choses par vous-même. Si vous n'avez ni le temps ni l'énergie pour cette grande tâche, lisez ces extraits,maintes et maintes fois, en travaillant les interprétations, en en faisant de nouvelles, en les connaissant presque par cœur. Ce serait une catastrophe si vous lisiez ceci avec l'idée que ce n'était qu'une justification, une préparation à nos théories concrètes. Pire encore, si quand tout était fini, quelqu'un disait : « Bien. Maintenant, que faisons-nous maintenant. Comment la mettre en pratique dans la lutte des classes ? Dieu nous aide, cette attitude serait assez horrible. Je pense qu'aucun d'entre nous ne l'aura.cette attitude serait assez horrible. Je pense qu'aucun d'entre nous ne l'aura.cette attitude serait assez horrible. Je pense qu'aucun d'entre nous ne l'aura.<br class='autobr' />
Mais j'écris en famille et comme ces idées me frappent, je les pose. Je suis un peu nerveux, voyez-vous, qu'à mesure que nous élargissons notre théorie et que nous nous clarifions politiquement, tout le travail sur la Logique semble avoir été fait dans ce but. Assez de cela. Logique pour théorie, mais à ce stade aussi, pour nous, logique pour logique.<br class='autobr' />
Ceci étant dit, nous pouvons maintenant nous déplacer dans la sphère théorique. Nous sommes maintenant équipés pour lutter contre le léninisme, le point culminant de notre mouvement jusqu'à présent. Nous devons monter à cette hauteur pour avancer dans l'infini, l'infini inexploré qui nous fait face.<br class='autobr' />
Si la discussion fait rage autour des conclusions politiques en tant que telles, et non autour des conclusions politiques en termes juridiques, alors, du moins dans l'immédiat, le temps est perdu.</p>
<p>Source : <a href="https://translate.google.fr/translate?u=" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://translate.google.fr/translate?u=</a> <a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1019" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1019</a></p>
<p><a href="https://www-marxists-org.translate.goog/archive/james-clr/works/dialecti/index.htm?_x_tr_sl=auto&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=nui" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www-marxists-org.translate.goog/archive/james-clr/works/dialecti/index.htm?_x_tr_sl=auto&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=nui</a></p></div>
Mobile et immobile, localisé et dispersé, à l'équilibre ou au non-équilibre, en conservation et en changement, quelles oppositions et quels liens ?
https://www.matierevolution.org/spip.php?article7551
https://www.matierevolution.org/spip.php?article75512024-03-01T23:05:00Ztext/htmlfrRobert Paris, Tiekoura Levi HamedDialectic - Dialectique
<p>Quelles oppositions et quels liens entre ce qui change et ce qui ne change pas, entre ce qui bouge et ce qui ne bouge pas, entre ce qui est continu et ce qui est discontinu, entre ce qui est localisé et ce qui ne l'est pas, ce qui est matière et ce qui est lumière, ce qui est réel et ce qui est virtuel… Chacun sait que ces propositions sont souvent opposées diamétralement et qu'on a souvent recherché si « oui ou non », la matière était en mouvement, en changement, ou, au contraire, (…)</p>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique15" rel="directory">Chapter 10 : Natural and social dialectic - Dialectique naturelle et sociale</a>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot60" rel="tag">Dialectic - Dialectique</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip"> Quelles oppositions et quels liens entre ce qui change et ce qui ne change pas, entre ce qui bouge et ce qui ne bouge pas, entre ce qui est continu et ce qui est discontinu, entre ce qui est localisé et ce qui ne l'est pas, ce qui est matière et ce qui est lumière, ce qui est réel et ce qui est virtuel…</h2>
<p>Chacun sait que ces propositions sont souvent opposées diamétralement et qu'on a souvent recherché si « oui ou non », la matière était en mouvement, en changement, ou, au contraire, immobile ou constante, ou encore continue ou (exclusif) discontinue.</p>
<p>On croit souvent être capable de répondre simplement à de telles questions. Par exemple, chacun croit savoir que les plantes et les arbres ne bougent pas alors que les animaux bougent. On se trompe puisque certains arbres et certaines plantes parviennent à « bouger » et elles le font aussi via leurs graines… On croit souvent aussi que la matière est « en mouvement », que la lumière « se déplace » à une vitesse proche de 300.000 kilomètres par seconde donc qu'elle est « en mouvement ». Cela n'empêche pas le mouvement d'être une notion qui peut être relative… Mais la réalité du mouvement d'objets est difficile à définir au niveau microscopique puisqu'on ne peut pas définir d'objet en continu, les particule et antiparticules apparaissant et disparaissant sans cesse…</p>
<p>On croit également savoir que les « choses » ou « objets » sont localisés, c'est-à-dire en des lieux déterminés et pas dispersés dans l'espace. Et pourtant, on découvre en physique quantique qu'une particule est partiellement dispersée et partiellement localisée. Quand on la capte sur un écran, elle est localisée, mais quand on ne la capte pas, elle est dispersée dans une zone appelée son nuage de polarisation et qui entoure la particule. Elle peut sauter en un temps très court en tout point du nuage. Et les prétendus « mouvements » des particules ne sont pas du tout ce que nous appelons mouvements à notre échelle, c'est-à-dire des trajectoires continues et régulières où tous l'objet passe successivement par tous les points de la trajectoire.<br class='autobr' />
Pourtant, cela paraît évident : ou un objet est là ou il n'y est pas, ou un objet est mobile ou il est immobile, ou il y a un objet, ou il y a un objet ou il y a du vide, ou c'est du continu ou c'est du discontinu, etc, les dichotomies fondées sur des oppositions diamétrales sont nombreuses et la plupart des gens les croient valides.</p>
<p>Nous savons, depuis la relativité, que le mouvement peut être relatif. Nous avons aussi appris que l'objet est une image qui ne fonctionne qu'à notre échelle, qui est extrêmement grande par rapport à l'échelle microscopique.</p>
<p>Au niveau quantique, celui des particules, des atomes et des molécules (en nombre petit), on ne peut plus raisonner sur des objets fixes ayant une position fixe dans un temps donné. Il faut raisonner sur un ensemble constitué par l'« objet » quantique entouré d'une myriade de particules et de leurs antiparticules éphémères (et dites pour cela virtuelles), de toutes les sortes qui font un ballet incessant autour de la particule, celle-ci changeant sans cesse d'identité, la particule dite réelle étant toujours l'une des particules virtuelles du nuage. Du coup, suivre de manière continue une particule dans sa trajectoire n'a aucun sens. La particule n'a pas d'existence continue et donc pas de mouvement continu.</p>
<p>L'écoulement du temps tel que nous le connaissons n'existe tellement pas au niveau quantique qu'il est même capable de s'écouler en sens inverse pour les antiparticules virtuelles !</p>
<p>Nos adages bien connus « mobile ou immobile », « continu ou discontinu », « localisé ou étendu », etc., sont devenus faux du moment qu'on étudie la matière à une petite échelle. C'est seulement pour un très grand nombre de quanta que la physique devient celle du bon sens habituel, dans lequel on peut raisonner diamétralement. Le grand nombre de quanta agit dès lors pour donner l'impression que la matière fonctionne ainsi. Cela n'est pas étonnant, aucune réalité n'est la même pour un individu et pour un très grand nombre d'individus.</p>
<p>Mais en physique quantique, il y a pire encore : l'individu n'existe pas. On ne peut pas distinguer individuellement deux particules du même type. Elles n'ont généralement rien de différent et, si elles sont proches, personne ne peut dire quelle est la particule A et quelle est la particule B.</p>
<p>Un autre point renversant : l'état d'un système à un moment donné n'est pas la base à partir de laquelle l'évolution amène à l'état du système un moment plus tard. Non, la dynamique fait passer de l'ensemble des états possibles à un moment à un nouvel ensemble d'états possibles un moment après, les différents états possibles ayant des probabilités d'exister qui sont déterminées. Là encore, on ne peut pas dire l'état du système était celui-ci donc il sera celui-là. Ici encore, on ne peut pas répondre par « oui ou non » si le système sera tel sachant qu'il était tel. Tout comme il y a seulement une probabilité de présence de la particule, il y a seulement une probabilité d'un système d'être dans tel ou tel état. La raison en est qu'on ne dispose jamais d'une particule nue mais toujours d'une particule entourée d'un essaim de particules et d'antiparticules virtuelles s'agitant en tous sens et apparaissant et disparaissant sans cesse à grande vitesse.</p>
<p>Etre ou ne pas être, être mobile ou ne pas être mobile, être corpusculaire ou être ondulatoire, être continu ou être discontinu, etc., tout cela ne peut pas être tranché de manière fixe, ni de manière diamétralement opposée.</p>
<p>Quand même, dirons certains, comment confondre la matière et le vide ou la matière et la lumière ? En fait, ce sont des facettes d'un même phénomène.</p>
<p>Les belles assurances de la pensée du commun des mortels concernant la matière sont donc pleines d'idées fausses.</p>
<p>Nous croyons souvent aussi que le mouvement perpétuel n'existe pas, mais, là aussi, avec un tout petit nombre de quanta, il est tout aussi possible d'avoir du mouvement perpétuel, de remonter le temps ou encore de disparaitre avant d'apparaitre !!!</p>
<p>La logique formelle et diamétrale doit céder la place à la logique dialectique !!!</p>
<p>Les contraires cessent d'être incompatibles pour devenir indispensables l'un à l'autre, pour se transformer l'un dans l'autre, pour se combiner tout en continuant à s'opposer…<br class='autobr' />
Les lois de la Physique sont autant des lois du changement que des lois de conservation. La particule matérielle reste identique à elle-même (ses constantes sont inchangées) mais, pour y parvenir, elle change sans cesse d'identité et ces caractéristiques sautent sans cesse d'une particule virtuelle à une autre.</p>
<p>« Il faut tout changer pour ne rien changer », comme l'a écrit Leopardi dans « Le guépard »…</p>
<p>Tout change ou rien ne change ? Et pas les deux, de manière inséparable et en interaction ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2912" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2912</a></p>
<p>Tout est ou en mouvement ou immobile ? Et pas les deux, de manière inséparable et en interaction ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3581" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3581</a></p>
<p>Tout est ou corpuscule ou onde, local ou étendu ? Et pas les deux, de manière inséparable et en interaction ?</p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article882" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article882</a></p>
<p>Tout est ou matière ou énergie ? Et pas les deux, de manière inséparable et en interaction ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5108" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5108</a></p>
<p>Ou un mouvement limité dans le temps ou pas de mouvement ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3306" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3306</a></p>
<p>Tout est ou matière ou vide ? Et pas les deux, de manière inséparable et en interaction ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3492" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3492</a></p>
<p>Tout est ou matière ou lumière ? Et pas les deux, de manière inséparable et en interaction ?</p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article38" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article38</a></p>
<p>Tout est ou inerte ou vivant ? Et pas les deux, de manière inséparable et en interaction ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4643" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4643</a></p>
<p>La matière/lumière/vide : dialectique du positif et du négatif</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article44" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article44</a></p>
<p>Les paradoxes du mobile et de l'immobile</p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article32" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article32</a></p>
<p>Continuité/discontinuité : une question philosophique</p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article10" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article10</a></p>
<p>La matière est elle-même intrinsèquement dialectique</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5017" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5017</a></p>
<p>Equilibre ou non-équilibre ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve292" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve292</a></p></div>