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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;
Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.fr/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>La dialectique d'H&#233;raclite</title>
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		<dc:date>2026-05-01T22:10:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed</dc:creator>


		<dc:subject>Dialectic - Dialectique</dc:subject>
		<dc:subject>Contradictions</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;H&#233;raclite disait : &#171; On ne se baigne jamais dans le m&#234;me fleuve &#187;, &#171; Il faut conna&#238;tre que toutes choses naissent selon discorde et n&#233;cessit&#233;. &#187; et &#171; Les contraires s'accordent. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
H&#233;raclite, pr&#233;sent&#233; comme un dialecticien abstrait, a surtout analys&#233; des ph&#233;nom&#232;nes concrets dans lesquels on trouve en m&#234;me temps deux forces contradictoires, comme dans les sels formant dans les eaux des cristaux les effets contraires de la dissolution et de la cristallisation. C'est de l&#224; qu'il tirait son &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique15" rel="directory"&gt;Chapter 10 : Natural and social dialectic - Dialectique naturelle et sociale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Dialectic - Dialectique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot78" rel="tag"&gt;Contradictions&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;H&#233;raclite disait : &#171; On ne se baigne jamais dans le m&#234;me fleuve &#187;, &#171; Il faut conna&#238;tre que toutes choses naissent selon discorde et n&#233;cessit&#233;. &#187; et &#171; Les contraires s'accordent. &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;H&#233;raclite, pr&#233;sent&#233; comme un dialecticien abstrait, a surtout analys&#233; des ph&#233;nom&#232;nes concrets dans lesquels on trouve en m&#234;me temps deux forces contradictoires, comme dans les sels formant dans les eaux des cristaux les effets contraires de la dissolution et de la cristallisation. C'est de l&#224; qu'il tirait son &#171; la nature se r&#233;jouit des contraires, elle sait en tirer l'harmonie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son seul ouvrage connu (m&#234;me si on n'en a que des bribes ou des citations par d'autres auteurs) est &#171; De la nature &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour H&#233;raclite, c'est une vision fausse des choses qui efface la dialectique r&#233;elle : &#171; La route montante ou descendante est la m&#234;me. C'est notre parcours qui s&#233;pare et oppose les deux. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;raclite voit des contradictions dialectiques entre le mortel et l'immortel, entre l'&#234;tre et le non-&#234;tre, entre le jour et la nuit, entre la terre et le feu, on dira aujourd'hui entre la mati&#232;re et l'&#233;nergie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est la discorde qui produit toutes les choses. &#187; affirme H&#233;raclite cit&#233; par Aristote &lt;br class='autobr' /&gt;
dans &#171; Ethique &#224; Nicomaque &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dialectique d'H&#233;raclite est reprise par Socrate : &#171; Aucune chose ne pourrait na&#238;tre que de son contraire. (&#8230;) De tout ce que nous appelons se d&#233;composer, se combiner, se refroidir et se r&#233;chauffer, c'est toujours une n&#233;cessit&#233; que les contraires naissent les uns des autres. (&#8230;) le contraire de la vie, c'est la mort. Et elles naissent l'une de l'autre. (&#8230;) Les contraires abstraits s'excluent les uns les autres, mais toutes les choses contiennent toujours les contraires de ces choses-l&#224;, contraire qui est en elles, les am&#232;ne &#224; p&#233;rir ou &#224; c&#233;der la place. &#187; affirme Socrate cit&#233; par Platon dans &#171; Ph&#233;don &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Platon &#233;crit dans le Cratyle : &#171; H&#233;raclite dit quelque part que tout passe et rien ne demeure, et, comparant les choses au courant d'un fleuve, il ajoute qu'on ne saurait entrer deux fois dans le m&#234;me fleuve. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ils ne comprennent pas comment ce qui lutte avec soi-m&#234;me peut s'accorder. L'harmonie du monde est par tensions oppos&#233;es, comme la lyre et l'arc. (...) Le conflit est le p&#232;re de toutes choses, roi de toutes choses. (...) Une route vers le haut et une vers le bas. (...) Les immortels sont mortels et les mortels immortels ; la vie des uns est la mort des autres, la mort des uns la vie des autres. &#187; affirmait le philosophe grec de l'Antiquit&#233;, H&#233;raclite, cit&#233; par Hippolyte dans &#171; R&#233;futation de toutes les h&#233;r&#233;sies &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour H&#233;raclite, la dialectique des oppos&#233;s est la source m&#234;me du changement et du mouvement de la mati&#232;re, de toute la nature comme de la soci&#233;t&#233; humaine. Et ce n'est pas tout : H&#233;raclite explique la mati&#232;re par son caract&#232;re intimement dialectique : un compos&#233; contradictoire de mati&#232;re inerte et de mouvement, ce dernier qu'il appelle &#171; le feu &#187; et que les scientifiques modernes appelleront l'&#233;nergie. Pour H&#233;raclite, dialecticien sans pareil, ces deux notions s'opposent et se composent en m&#234;me temps : pas de mati&#232;re sans &#233;nergie et pas d'&#233;nergie sans mati&#232;re. Et cependant, la mati&#232;re r&#233;siste au mouvement (c'est la masse inerte) et le mouvement s'exerce pour forcer cette masse &#224; se d&#233;placer. C'est la pens&#233;e d'H&#233;raclite qui a inspir&#233; Parm&#233;nide et Z&#233;non pour d&#233;velopper l'id&#233;e de l'unit&#233; du monde contre tous ceux qui pr&#233;tendaient le diviser en parties s&#233;par&#233;es, en domaines qui ne se m&#234;laient nullement, comme ils s&#233;paraient et opposaient, diam&#233;tralement et non dialectiquement, mati&#232;re et vide ou mati&#232;re et &#233;nergie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Coup de chapeau &#224; H&#233;raclite pour avoir transform&#233; radicalement le sujet m&#234;me du d&#233;bat sur ce qu'est le monde en introduisant la notion du &#171; devenir &#187; et montrant que c'est cette notion qui &#233;tait au centre de l'&#233;tude du monde. Pour H&#233;raclite, tout est sans cesse en devenir et c'est le d&#233;veloppement dynamique qui explique l'existence m&#234;me de l'univers. Et il trouve la source de cette dynamique dans le d&#233;veloppement des contradictions dialectiques, un combat incessant dont les guerriers sont des forces oppos&#233;es de la nature, se contredisant sans cesse mais, en m&#234;me temps, faisant de leurs heurts un syst&#232;me unique qui contient en m&#234;me temps ces forces contradictoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;raclite : &#171; Il faut conna&#238;tre que toutes choses naissent selon discorde et n&#233;cessit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La Physique donne raison &#224; H&#233;raclite&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le physicien quantique Werner Heisenberg dans &#171; Physique et r&#233;alit&#233; &#187; &#233;crit que &#171; La physique moderne est &#224; un certain point tr&#232;s proche des doctrines d'H&#233;raclite. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le physicien Simon Diner dans &#171; Les voies du chaos dans l'&#233;cole russe &#187;, tir&#233; de l'ouvrage collectif &#171; Chaos et d&#233;terminisme &#187;, travail dirig&#233; par Dahan Dalmedico :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans les oscillations non-lin&#233;aires, l'ordre et le d&#233;sordre se c&#244;toient, se relaient, se confortent, voil&#224; la surprise. (&#8230;) C'est l'instauration d'une v&#233;ritable conception dialectique de l'ordre et du d&#233;sordre qui n'a pas fini de nous &#233;tonner. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que prolonge Dahan Dalmedico dans &#171; Retour sur l'histoire de la philosophie &#187; du m&#234;me ouvrage :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; L'&#233;tude des syst&#232;mes dynamiques chaotiques exige une v&#233;ritable dialectique entre l'instabilit&#233; d'un syst&#232;me dynamique chaotique et sa stabilit&#233; structurelle. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2879&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2879&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7629&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7629&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article659&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article659&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4957&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4957&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2710&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2710&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8838&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8838&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2340&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2340&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article44&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article44&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article567&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article567&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2453&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2453&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5053&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5053&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2424&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2424&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Citations d'H&#233;raclite :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce monde, aucun dieu ni aucun homme ne l'a cr&#233;&#233;, mais il fut, il est et il sera un feu &#233;ternellement vivant qui s'allume et qui s'&#233;teint selon des lois. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Rien n'est permanent sauf le changement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On ne se baigne jamais dans le m&#234;me fleuve. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les contraires s'accordent. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le Soleil est nouveau tous les jours. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les hommes dans leur sommeil travaillent au devenir du monde. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le rien existe aussi bien que le quelque chose. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les hommes &#233;veill&#233;s n'ont qu'un monde, mais les hommes endormis ont chacun leur monde. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le plus bel arrangement est semblable &#224; un tas d'ordures rassembl&#233;es au hasard. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les hommes se livrent &#224; des myst&#232;res qui n'ont rien de sacr&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; S'il n'y avait pas d'injustice, on ignorerait jusqu'au mot de justice. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est la maladie qui rend agr&#233;able et bonne la sant&#233;, la faim la sati&#233;t&#233;, la fatigue le repos. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce qui est taill&#233; en sens contraire s'assemble ; de ce qui diff&#232;re na&#238;t la plus belle harmonie ; tout devient par discorde. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La mer, eau la plus pure et la plus impure : pour les poissons elle est bonne &#224; boire et cause de vie, pour les hommes imbuvable et cause de mort. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ceux-l&#224; adressent leurs pri&#232;res &#224; des images, et ils ne savent m&#234;me pas si ce sont des dieux ou des h&#233;ros (des humains mortels). &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Adresser des pri&#232;res &#224; des images, sans savoir ce que sont les dieux et les h&#233;ros, autant vaut parler &#224; des pierres ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le monde n'a &#233;t&#233; fait ni par un des dieux, ni par un des hommes ; il a toujours &#233;t&#233;, il est et il sera ; c'est le feu toujours vivant qui s'allume r&#233;guli&#232;rement et qui s'&#233;teint r&#233;guli&#232;rement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mariages des contraires : le tout et le non-tout, le convergent et le divergent, l'assonant et le dissonant, de toutes choses l'un et de l'un toutes choses. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Ce monde a toujours &#233;t&#233; et il est et il sera un feu toujours vivant, s'alimentant avec mesure et s'&#233;teignant avec mesure. Ce feu se transforme en se rar&#233;fiant ou en devenant plus dense, suivant des fluctuations p&#233;riodiques qui suivent le destin. Ainsi le monde est-il &#233;ternel, mais cr&#233;&#233; et d&#233;truit selon un retour &#233;ternel. C'est ce cycle perp&#233;tuel d'ascension et de descentes qui entretient le monde., &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'arc de la lyre est vie, l'arc de la fl&#232;che est mort. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ils ne comprennent pas comme ce qui est diff&#233;rent est homologue &#224; soi-m&#234;me : l'accord de tension inverse comme dans l'arc et la lyre. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Citation de Philon sur H&#233;raclite :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Car l'un est ce qui se compose de deux contraires, de sorte qu'une fois coup&#233; en deux, ces contraires apparaissent. N'est-ce pas ce principe que d'apr&#232;s les Hell&#232;nes, leur grand et c&#233;l&#232;bre H&#233;raclite pla&#231;ait en t&#234;te de sa philosophie et dont il s'enorgueillissait comme d'une d&#233;couverte nouvelle ? (...) De la m&#234;me fa&#231;on les parties de l'univers sont oppos&#233;es en deux et oppos&#233;es r&#233;ciproquement : la terre &#8212; en montagne et en plaine, l'eau - en douce et en sal&#233;e ... de la m&#234;me fa&#231;on l'atmosph&#232;re en hiver et en &#233;t&#233; et aussi en printemps et automne). &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Ce qui est contraire est utile ; ce qui lutte forme la plus belle harmonie ; tout se fait par discorde. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Joignez ce qui est complet et ce qui ne l'est pas, ce qui concorde et ce qui discorde, ce qui est en harmonie et en d&#233;saccord ; de toutes choses une et d'une, toutes choses. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore Philon sur H&#233;raclite : &#171; Car l'un est ce qui se compose de deux contraires, de sorte qu'une fois coup&#233; en deux, ces contraires apparaissent. N'est-ce pas ce principe que d'apr&#232;s les Hell&#232;nes, leur grand et c&#233;l&#232;bre H&#233;raclite pla&#231;ait en t&#234;te de sa philosophie et dont il s'enorgueillissait comme d'une d&#233;couverte nouvelle ? (...) De la m&#234;me fa&#231;on les parties de l'univers sont oppos&#233;es en deux et oppos&#233;es r&#233;ciproquement : la terre &#8212; en montagne et en plaine, l'eau - en douce et en sal&#233;e ... de la m&#234;me fa&#231;on l'atmosph&#232;re en hiver et en &#233;t&#233; et aussi en printemps et automne) &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;raclite rapport&#233; par Aristote dans &#034;Ethique &#224; Nicomaque&#034; et dans &#034;Trait&#233; du monde&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; On ne peut entrer deux fois dans le m&#234;me fleuve &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paradoxe d'H&#233;raclite : &#171; Il y a deux fois plus de nombres entiers que de nombres pairs et il y a autant de nombres entiers que de nombres pairs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel &#233;crit : &#171; La philosophie d'H&#233;raclite, le &#171; Philosophe noir &#187;, a &#233;t&#233; engendr&#233;e par la r&#233;action de l'aristocratie contre les aspirations r&#233;volutionnaires du prol&#233;tariat grec. Selon cette philosophie, l'&#233;galit&#233; universelle est impossible, car la nature elle-m&#234;me a rendu les hommes in&#233;gaux. Chaque homme devrait se contenter de son sort. Ce n'est pas le renversement de l'ordre existant qui devrait &#234;tre aspir&#233; dans l'&#201;tat, mais l'&#233;limination de l'usage arbitraire du pouvoir, qui est possible &#224; la fois sous le r&#233;gime de quelques - uns et sous le r&#233;gime des masses. Le pouvoir devrait appartenir &#224; la loi, qui est une expression de la loi divine. La loi divine n'interdit pas l'unit&#233;, mais l'unit&#233; qui est en accord avec celle-ci est une unit&#233; d'oppos&#233;s. La mise en &#339;uvre des plans de X&#233;nophane serait une violation de la loi divine. En d&#233;veloppant et en &#233;tayant cette id&#233;e, H&#233;raclite a cr&#233;&#233; sa doctrine dialectique de Devenir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5572&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5572&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'antith&#232;se de la pens&#233;e d'H&#233;raclite est celle d'Aristote&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aristote :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les contraires ne peuvent actuellement co&#239;ncider en un m&#234;me sujet. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la th&#232;se anti-dialectique par excellence !&lt;br class='autobr' /&gt;
Aristote affirme le principe de la continuit&#233; du monde, fond&#233; sur la continuit&#233; divine&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'un est le continu. (...) Telles sont les diff&#233;rentes significations de l'Un : le continu naturel, le tout, l'individu et l'universel. (...) Est contigu tout ce qui, &#233;tant cons&#233;cutif, est en contact (...) On dit qu'il y a continuit&#233; quand les limites par lesquelles deux choses se touchent, et se continuent, deviennent une seule et m&#234;me limite. (...) Si les points sont susceptibles d'&#234;tre en contact, les unit&#233;s ne le sont pas : il n'y a, pour elles, que la succession ; enfin il existe un interm&#233;diaire entre deux points, mais non entre deux unit&#233;s. (...) Il est impossible que le mouvement ait commenc&#233; ou qu'il finisse, car il est, disons-nous, &#233;ternel. Et il en est de m&#234;me pour le temps, car il ne pourrait y avoir ni l'avant ni l'apr&#232;s si le temps n'existait pas. Le mouvement est, par suite, continu, lui aussi de la m&#234;me fa&#231;on que le temps, puisque le temps est lui-m&#234;me, ou identique au mouvement, ou une d&#233;termination du mouvement. (...) Aussi appelons-nous DIEU un vivant &#233;ternel rayon parfait ; la vie et la dur&#233;e continue et &#233;ternelle appartiennent donc &#224; DIEU, car c'est m&#234;me cela qui est DIEU. (...) On pourrait se poser encore la difficult&#233; suivante. Etant donn&#233; qu'il n'y a pas de contact dans le nombres, mais simple cons&#233;cution, est-ce les unit&#233;s entre lesquelles il n'existe pas d'interm&#233;diaire (...) Les m&#234;mes difficult&#233;s se pr&#233;sentent pour (...) la ligne, la surface et le solide (...) La m&#234;me question pourrait se poser au sujet du point. (...) Ces points ne viennent certes pas d'un certain intervalle. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La M&#233;taphysique &#187; d'Aristote est une charge contre les dialecticiens :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Il y a, dans les &#234;tres, un principe au sujet duquel on ne peut pas se tromper (...) : c'est qu'il n'est pas possible que la m&#234;me chose, en un seul et m&#234;me temps, soit et ne soit pas, et il e est de m&#234;me pour tout couple semblable d'oppos&#233;s. (...) On ne peut donc pas &#234;tre dans la v&#233;rit&#233; en adoptant les doctrines d'H&#233;raclite ou celles d'Anaxagore ; sans quoi il s'ensuivrait que les contraires sont affirm&#233;s du m&#234;me sujet. (...) Les arguments d'H&#233;raclite les persuad&#232;rent que toutes les choses sensibles sont dans un flux perp&#233;tuel. (...) Il n'y a pas de science de ce qui est en perp&#233;tuel &#233;coulement. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Une proposition dialectique est une question face &#224; laquelle il est possible de r&#233;pondre par oui ou par non. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Aristote, dans &#171; Les topiques &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Nous en avons assez dit pour &#233;tablir que la plus ferme de toutes les croyances, c'est que les propositions oppos&#233;es ne sont pas vraies en m&#234;me temps (&#8230;). Mais, puisqu'il est impossible que les contradictoires soient vraies, en m&#234;me temps, du m&#234;me sujet, il est &#233;vident qu'il n'est pas possible non plus que les contraires coexistent dans le m&#234;me sujet. En effet, des deux contraires l'un est privation non moins que contraire, &#224; savoir privation de l'essence ; or la privation est une n&#233;gation de quelque chose dans un genre d&#233;termin&#233;. Si donc il est impossible que l'affirmation et la n&#233;gation soient vraies en m&#234;me temps, il est impossible aussi que les contraires coexistent dans le m&#234;me sujet, &#224; moins qu'ils ne soient affirm&#233;s, l'un et l'autre, d'une certaine mani&#232;re, ou encore que l'un ne soit affirm&#233; que d'une certaine mani&#232;re, et l'autre, absolument. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Aristote, dans &#171; M&#233;taphysique &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Si la v&#233;rit&#233; n'est pas autre chose que d'affirmer le vrai et de nier le faux, il est d&#232;s lors impossible que tout soit faux, puisqu'il y a n&#233;cessit&#233; absolue pour que l'une des deux parties de la contradiction soit vraie. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Aristote, dans M&#233;taphysique&lt;br class='autobr' /&gt;
La continuit&#233; &#224; laquelle Aristote tient en premier est le mouvement et la relation de cause &#224; effet : &#171; Dans l'ordre du temps, un acte est toujours pr&#233;existant &#224; un autre acte. (...) Ce qui constitue l'unit&#233; de tous les &#234;tres, c'est l'indivisibilit&#233; du mouvement. (...) Le mouvement local continu est le mouvement circulaire. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il combat toute forme de mat&#233;rialisme :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; L'Intelligence supr&#234;me se pense donc elle-m&#234;me&#8230; et sa Pens&#233;e est pens&#233;e de pens&#233;e. &#187; (M&#233;taphysique)&lt;br class='autobr' /&gt;
Et son mode de pens&#233;e est la logique formelle :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Par d&#233;monstration j'entends le syllogisme scientifique, et j'appelle scientifique un syllogisme dont la possession m&#234;me constitue pour nous la science. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote, Organon&lt;br class='autobr' /&gt;
Principe de non contradiction, principe du tiers exclus, d&#233;veloppement de la logique formelle, dieu comme r&#233;alit&#233; fondamentale, le bonhaur par la vie contemplative, la morale de l'ob&#233;issance aux int&#233;r&#234;ts de la cit&#233;, et de celle-ci aux int&#233;r&#234;ts des classes dirigeantes, voil&#224; quelques uns des principes id&#233;ologiques de base d'Aristote !&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour Aristote, le mode de raisonnement et de r&#233;flexion par excellence est le sillogisme. C'est le mod&#232;le du raisonnement math&#233;matique qui le fonde, avec des d&#233;finitions, des axiomes, des cons&#233;quences logiques, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aristote est un adversaire de la dialectique, celle d'H&#233;raclite comme celle de Socrate et m&#234;me de Platon.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Ainsi que nous l'avons dit, il y a des philosophes qui pr&#233;tendent qu'il est possible que la m&#234;me chose soit et ne soit pas, et que l'esprit peut avoir la pens&#233;e simultan&#233;e des contraires. Bon nombre de Physiciens aussi admettent cette possibilit&#233;. Mais, quant &#224; nous, nous affirmons qu'il ne se peut jamais qu'en m&#234;me temps une m&#234;me chose soit et ne soit pas ; et c'est en vertu de cette conviction que nous avons d&#233;clar&#233; ce principe le plus incontestable de tous les principes. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Aristote, dans &#171; M&#233;taphysique &#187; (Livre IV)&lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;marche d'Aristote est classificatrice ce qui signifie qu'elle estime comme point essentiel de ranger chaque chose dans sa cat&#233;gorie&#8230; Par exemple, il s'agit de ranger les animaux en genres et en esp&#232;ces. Classifier, c'est regrouper et aussi opposer. Par exemple opposer le mouvement et le repos, l'animal et la plante, l'homme et la nature, la terre et le ciel, etc. Il oppose &#233;galement mat&#233;riel et immat&#233;riel :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; [&#8230;] s'il n'y avait pas d'autre substance que celles qui sont constitu&#233;es par la nature, la physique serait science premi&#232;re. Mais s'il existe une substance immobile, la science de cette substance doit &#234;tre ant&#233;rieure et doit &#234;tre la philosophie premi&#232;re &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette derni&#232;re affirmation pose donc comme apriori un dualisme : d'un c&#244;t&#233; la physique et de l'autre la m&#233;taphysique&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est sa mani&#232;re de s'opposer en m&#234;me temps &#224; l'id&#233;alisme de Platon et au mat&#233;rialisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Puisqu'en effet parmi les &#234;tres les uns sont &#233;ternels et divins tandis que les autres peuvent aussi bien exister ou non et participent au pire comme du meilleur ; comme l'&#226;me est meilleure que le corps mat&#233;riel, l'anim&#233; meilleur que l'inanim&#233; parce qu'il a une &#226;me, comme &#234;tre est meilleur que ne pas &#234;tre et vivre que ne pas vivre, pour toutes ces raisons il y a g&#233;n&#233;ration des animaux. Puisqu'il est impossible que la nature de ce genre d'&#234;tre soit &#233;ternelle, c'est seulement dans une certaine mesure que ce qui na&#238;t est &#233;ternel. Individuellement, il ne le peut pas. Mais il peut l'&#234;tre du point de vue de l'esp&#232;ce. Voil&#224; pourquoi il existe perp&#233;tuellement un genre des hommes, des animaux, des v&#233;g&#233;taux.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Aristote, &#171; G&#233;n&#233;ration des animaux &#187;, II,1,731b)&lt;br class='autobr' /&gt;
Opposition diam&#233;trale de l'&#226;me et du corps :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Voici par contre une absurdit&#233; qu'on rel&#232;ve dans la plupart des doctrines sur l'&#226;me. On rattache l'&#226;me &#224; un corps et on l'introduit en lui, sans aucunement d&#233;finir la cause de cette union ni l'&#233;tat du corps en question. Il semblerait pourtant que ce f&#251;t indispensable. C'est en effet gr&#226;ce &#224; un &#233;l&#233;ment commun qu'un terme agit en quelque mani&#232;re et que l'autre p&#226;tit, que l'un est m&#251; et que l'autre meut, et aucun de ces rapports mutuels ne s'&#233;tablit entre des termes pris au hasard. Or nos th&#233;oriciens s'efforcent seulement de d&#233;terminer quelle sorte d'&#234;tre est l'&#226;me, mais pour le corps qui doit la recevoir ils n'apportent plus aucune d&#233;termination ; comme s'il se ne pouvait, conform&#233;ment aux mythes pythagoriciens, que n'importe quelle &#226;me p&#233;n&#232;tre dans n'importe quel corps ! (opinion absurde), car il semble que chaque corps poss&#232;de une forme et une figure particuli&#232;res. Leur th&#233;orie revient donc &#224; peu pr&#232;s &#224; dire que l'art du charpentier descend dans les fl&#251;tes. Il faut en effet que l'art se serve de ses instruments, et l'&#226;me de son corps. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; De l'&#226;me &#187; - Aristote&lt;br class='autobr' /&gt;
L'opposition entre l'homme est l'animal est souvent affirm&#233;e : &#171; Le rire est le propre de l'homme. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; L'homme est le seul animal qui ait la facult&#233; de rire &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Aristote, &#171; Parties des animaux &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le but de la science pour Aristote n'est pas de transformer le monde mais de le contempler&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Car le principe num&#233;ro un d'Aristote est que le monde est bien fait : &#171; La nature ne fait rien en vain ni rien de superflu &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'essentiel de la philosophie pour Aristote est le divin et la morale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au plan politique et social, Aristote est un d&#233;fenseur de l'ordre &#233;tabli, notamment du r&#233;gime politique et du syst&#232;me d'esclavage.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Il est &#233;vident qu'il y a par nature des gens qui sont libres, d'autres qui sont esclaves et que, pour ces derniers, demeurer dans l'esclavage est &#224; la fois bienfaisant et juste. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
(Aristote, &#034;La Politique&#034;)&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Ainsi, l'homme libre commande &#224; l'esclave tout autrement que l'&#233;poux &#224; la femme, et le p&#232;re, &#224; l'enfant ; et pourtant les &#233;l&#233;ments essentiels de l'&#226;me existent dans tous ces &#234;tres ; mais ils y sont &#224; des degr&#233;s bien divers. L'esclave est absolument priv&#233; de volont&#233; ; la femme en a une, mais en sous-ordre ; l'enfant n'en a qu'une incompl&#232;te. &#187; (Aristote, dans &#171; La Politique &#187;)&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Ceux qui sont aussi &#233;loign&#233;s des hommes libres que le corps l'est de l'&#226;me, ou la b&#234;te de l'homme (et sont ainsi faits ceux dont l'activit&#233; consiste &#224; se servir de leur corps, et dont c'est le meilleur parti qu'on puisse tirer), ceux-l&#224; sont par nature des esclaves ; et pour eux, &#234;tre command&#233;s par un ma&#238;tre est une bonne chose, si ce que nous avons dit plus haut est vrai. Est en effet esclave par nature celui qui est destin&#233; &#224; &#234;tre &#224; un autre. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Aristote, dans &#171; La Politique &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il place dans une classe inf&#233;rieure les laboureurs, artisans, commer&#231;ants, marins ou p&#234;cheurs, et tous &#171; les gens de fortune trop m&#233;diocre pour vivre sans travailler &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour qu'il puisse s'&#233;panouir, il faut que la cit&#233; soit bien gouvern&#233;e. Une cit&#233; heureuse est celle qui est r&#233;gie par une bonne constitution, &#171; la constitution &#233;tant d&#233;finie par l'organisation des diff&#233;rentes magistratures&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour Aristote, la Cit&#233; n'est pas une construction artificielle et arbitraire des hommes, mais au contraire un &#234;tre &#034;naturel&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour Aristote, la stabilit&#233; est l'essentielle et elle est obtenue par le &#171; bon gouvernement &#187; et par la bonne constitution mais aussi par une base solide fond&#233;e sur une classe moyenne nombreuse et prosp&#232;re. &#171; Il est donc clair aussi que la meilleure communaut&#233; politique est celle qui est constitu&#233;e par des gens moyens, et que les cit&#233;s qui peuvent &#234;tre bien gouvern&#233;es sont celles dans lesquelles la classe moyenne est nombreuse et au mieux plus forte que les deux autres, ou au moins que l'une des deux, car son concours fait pencher la balance et emp&#234;che les exc&#232;s contraires. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le physicien Max Planck dans &#171; Initiation &#224; la physique &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'adversaire classique des discontinuit&#233;s est Aristote. Il affirme nettement que la nature ne fait pas de bonds. Il se fait ouvertement le d&#233;fenseur de la classe dirigeante et de l'ordre social, dans son ouvrage &#171; Politique &#187;. Il a fait ce choix en connaissance de cause puisque les philosophes grecques avaient pos&#233; ce probl&#232;me avant m&#234;me qu'Aristote ne d&#233;bute son &#339;uvre. Z&#233;non d'El&#233;e notamment avait d&#233;velopp&#233; ses &#034;paradoxes&#034; qui montraient les contradictions de la conception du temps et de l'espace continus. Comme le montraient les prises de positions r&#233;volutionnaires des partisans de la discontinuit&#233; comme Z&#233;non ou Socrate, la question d&#233;passait celle de l'examen de la nature. Dans la soci&#233;t&#233; ath&#233;nienne menac&#233;e par la r&#233;volution sociale, la question de la discontinuit&#233; d&#233;passait d&#233;j&#224; une simple question de sciences et de philosophie. Elle devenait une question politique. Les condamnations &#224; mort de Z&#233;non et de Socrate le montrent pleinement. Philosophie du discontinu signifiait d&#233;j&#224; conception r&#233;volutionnaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
En fait l'affirmation fameuse d'Aristote est bien plus philosophique que scientifique.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Qu'il faille que les gouvern&#233;s diff&#232;rent des gouvernants, c'est incontestable. &#187; (dans &#171; Politique &#187; d'Aristote)&lt;br class='autobr' /&gt;
Aristote n'a pas trop d'id&#233;e sur la mani&#232;re dont est faite la nature mais il en a plein sur la mani&#232;re de conserver la soci&#233;t&#233; et de pr&#233;server les classes dirigeantes, et c'est ce qui lui d&#233;termine sa philosophie, laquelle d&#233;termine sa conception de la nature et notamment du changement et du mouvement. Et les classes dirigeantes qu'Aristote d&#233;fendait avaient d'abord &#171; horreur du vide &#187; politique et &#233;tatique qui pouvait se produire dans les transitions entre deux formes de soci&#233;t&#233;s fr&#233;quentes dans les villes grecques de l'&#233;poque&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Aristote assimilait la nature &#224; des lois fig&#233;es, justifiant ainsi un ordre social fixe dans lequel l'esclavage serait naturel. Un objet au repos semblait ne se mouvoir que du fait d'une force ext&#233;rieure. L'existence d'une agitation spontan&#233;e de la mati&#232;re restait insoup&#231;onn&#233;e et celle d'une agitation du vide &#233;tait inconnue. On sait aujourd'hui que la mati&#232;re et le vide sont toujours agit&#233;s sans subir aucune action ext&#233;rieure.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Pour Aristote, la nature est une activit&#233; ad&#233;quate &#224; une fin &#187; dit Hegel dans sa Pr&#233;face &#224; &#171; La ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit &#187;. Eh oui, bien des gens croient encore que les plumes, c'est pour voler, les jambes c'est pour marcher et le cerveau c'est pour penser. Et on continue &#224; questionner le z&#232;bre : les rayures c'est POUR quoi ? La r&#233;ponse de la science n'est pas de donner un but mais un fonctionnement du vivant. Par exemple en disant que le z&#232;bre est un cheval noir, les bandes blanches correspondant &#224; des inhibitions de couleur, comme pour la ventre de la plupart des animaux. &#171; Aristote fut pendant longtemps responsable d'une autre grave m&#233;prise. Il avait admis que l'&#233;tat de repos d'un corps &#8211; celui qu'il conserve lorsqu'aucune influence ne s'exerce sur lui &#8211; est l'arr&#234;t. S'il bouge, c'est qu'il subit une force. &#187; rappelle Albert Jacquard dans &#171; La l&#233;gende de la vie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qui &#233;tait H&#233;raclite ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9raclite&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9raclite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des films aussi&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=rbgWLqDwEjs&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=rbgWLqDwEjs&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=i2mKSUxz-bM&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=i2mKSUxz-bM&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des fragments de la philosophie d'H&#233;raclite&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://palimpsestes.fr/morale/heraclite_fragments.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://palimpsestes.fr/morale/heraclite_fragments.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que dit Diog&#232;ne La&#235;rte d'H&#233;raclite&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/laerce/9heraclite1.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/laerce/9heraclite1.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ce que dit Lucien d'H&#233;raclite&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; SECTES A L'ENCAN&lt;br class='autobr' /&gt;
De Lucien de Samosate (120-180)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUPITER&lt;br class='autobr' /&gt;
Allons, toi, dispose les si&#232;ges, pr&#233;pare la salle pour les arrivants : toi, fais ranger par ordre les diff&#233;rentes sectes ; mais aie soin d'abord de les parer, afin qu'elles aient bonne mine et attirent beaucoup d'acheteurs. Toi, Mercure, fais l'office de crieur, appelle les chalands, et qu'une bonne chance les fasse arriver au march&#233; ! Nous allons vendre &#224; la cri&#233;e des sectes philosophiques de tout genre et de toute esp&#232;ce. Ceux qui ne pourront pas payer comptant, payeront l'ann&#233;e prochaine, en donnant caution.&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
La foule arrive : il ne faut pas tarder, ni les faire attendre davantage.&lt;br class='autobr' /&gt;
JUPITER&lt;br class='autobr' /&gt;
Eh bien, vendons !&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui veux-tu que nous mettions le premier en vente ?&lt;br class='autobr' /&gt;
JUPITER&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet Ionien aux longs cheveux ; il m'a l'air d'un homme respectable.&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
H&#233; ! le Pythagoricien, descends et fais-toi voir par ceux qui sont ici r&#233;unis.&lt;br class='autobr' /&gt;
JUPITER&lt;br class='autobr' /&gt;
Allons, mets en cri&#233;e !&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Je vends la vie parfaite, la vie sainte et v&#233;n&#233;rable. Qui est-ce qui ach&#232;te ? Qui veut &#234;tre au-dessus de l'homme ? Qui veut conna&#238;tre l'harmonie de l'univers, et revivre apr&#232;s sa mort ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'a pas mauvais air : que sait-il ?&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
L'arithm&#233;tique, l'astronomie, la magie, la g&#233;om&#233;trie, la musique, la fourberie. Tu vois l&#224; un excellent devin.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Est-il permis de l'interroger ?&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Interroge, et bonne chance !&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
D'o&#249; es-tu ?&lt;br class='autobr' /&gt;
PYTHAGORE&lt;br class='autobr' /&gt;
De Samos.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
O&#249; as-tu &#233;t&#233; instruit ?&lt;br class='autobr' /&gt;
PYTHAGORE&lt;br class='autobr' /&gt;
En &#201;gypte, chez les sages du pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Voyons, si je t'ach&#232;te, que m'enseigneras-tu ?&lt;br class='autobr' /&gt;
PYTHAGORE&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne t'enseignerai rien ; je te ferai ressouvenir.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment me feras-tu ressouvenir ?&lt;br class='autobr' /&gt;
PYTHAGORE. En purifiant d'abord ton &#226;me, et en la nettoyant de ses ordures.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Eh bien ! imagine qu'elle est purifi&#233;e ; comment me donneras-tu la r&#233;miniscence ?&lt;br class='autobr' /&gt;
PYTHAGORE&lt;br class='autobr' /&gt;
En commen&#231;ant par t'imposer un calme parfait, le mutisme absolu de cinq ann&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Va-t'en, mon cher, instruire le fils de Cr&#233;sus : je veux &#234;tre un homme qui parle, et non une statue. Mais enfin, apr&#232;s ce silence de cinq ans, que ferai-je ?&lt;br class='autobr' /&gt;
PYTHAGORE&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu t'exerceras &#224; la musique et &#224; la g&#233;om&#233;trie.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu es charmant ; il faut commencer par &#234;tre musicien pour devenir sage.&lt;br class='autobr' /&gt;
PYTHAGORE&lt;br class='autobr' /&gt;
Ensuite tu apprendras &#224; compter.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Je sais compter.&lt;br class='autobr' /&gt;
PYTHAGORE&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment comptes-tu ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Un, deux, trois, quatre.&lt;br class='autobr' /&gt;
PYTHAGORE&lt;br class='autobr' /&gt;
Attention ! ce que tu crois &#234;tre quatre, c'est dix, c'est le triangle parfait, c'est notre serment !&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
J'en jure par quatre, le grand serment, je n'ai jamais ou&#239; langage plus divin et plus sacr&#233; !&lt;br class='autobr' /&gt;
PYTHAGORE&lt;br class='autobr' /&gt;
Ensuite, &#233;tranger, tu sauras ce que c'est que la terre, l'air, l'eau et le feu ; quelle est leur forme, leur mouvement naturel, et comment ils se meuvent.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Quoi ! le feu, l'air et l'eau ont donc une forme ?&lt;br class='autobr' /&gt;
PYTHAGORE&lt;br class='autobr' /&gt;
Certainement, et tr&#232;s visible ; autrement, sans forme et sans apparence, ils ne pourraient pas se mouvoir. De plus, tu sauras que la divinit&#233; est un nombre et une harmonie.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Voila qui est &#233;tonnant.&lt;br class='autobr' /&gt;
PYTHAGORE&lt;br class='autobr' /&gt;
Et quand je t'aurai expliqu&#233; tout cela, tu sauras que tu n'es pas un, comme tu le penses, mais un autre que celui que tu crois &#234;tre et que tu parais.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Que dis-tu l&#224; ? Je suis un autre, et ce n'est pas moi-m&#234;me qui converse avec toi ?&lt;br class='autobr' /&gt;
PYTHAGORE&lt;br class='autobr' /&gt;
Actuellement c'est toi-m&#234;me, mais autrefois tu as paru dans un autre corps et sous un autre nom : par la suite, tu passeras encore dans un autre &#234;tre.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu veux dire que je serai immortel, passant ainsi de forme en forme ? Mais en voil&#224; assez sur ce propos.&lt;br class='autobr' /&gt;
Passons &#224; ta mani&#232;re de vivre : quelle est-elle ?&lt;br class='autobr' /&gt;
PYTHAGORE&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne mange rien qui ait eu vie ; tout le reste m'est permis, sauf les f&#232;ves.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi cela ? ne les aimes-tu pas ?&lt;br class='autobr' /&gt;
PYTHAGORE&lt;br class='autobr' /&gt;
Je les aime ; mais elles sont sacr&#233;es, et leur nature est merveilleuse. Et d'abord elles sont toute g&#233;n&#233;ration. &#212;te la peau &#224; des f&#232;ves vertes, tu verras qu'elles ressemblent beaucoup aux testicules de l'homme : fais-les cuire et expose-les pendant un certain nombre de nuits aux rayons de la lune, elles donneront du sang. Mais ma plus forte raison, c'est que les Ath&#233;niens s'en servent pour &#233;lire leurs magistrats.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu parles bien, et comme un oracle ; mais &#244;te ta robe, je veux te voir nu. Par Hercule ! il a une cuisse d'or : c'est un dieu : il n'a rien d'un homme : il faut absolument que je l'ach&#232;te. Quelle est la mise &#224; prix ?&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Dix mines.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Les voici. Je le prends &#224; ce compte.&lt;br class='autobr' /&gt;
JUPITER&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais le nom de l'acheteur et sa patrie ?&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est, je pense, quelque Italien, Jupiter ; un habitant de Crotone, de Tarente ou de la Grande-Gr&#232;ce. Mais il n'est pas seul, ils sont au moins trois cents qui l'ont achet&#233; en commun.&lt;br class='autobr' /&gt;
JUPITER&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'ils l'emm&#232;nent, et qu'on leur en fasse voir un autre !&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Veux-tu cet homme malpropre, n&#233; dans le Pont ?&lt;br class='autobr' /&gt;
JUPITER&lt;br class='autobr' /&gt;
Justement.&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
H&#233; ! l'homme &#224; la besace et &#224; la tunique sans manches, viens ici, fais le tour de la salle ! A vendre une vie m&#226;le et courageuse, une vie libre ! Qui est-ce qui ach&#232;te ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Que dis-tu, crieur ? Tu vends une vie libre ?&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui...&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu ne crains pas qu'il ne t'accuse de commerce frauduleux, et qu'il ne te cite devant l'Ar&#233;opage ?&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Il se soucie peu d'&#234;tre mis en vente : il n'en pense pas moins &#234;tre libre.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
A quoi peut servir un &#234;tre aussi crasseux, aussi mis&#233;rablement v&#234;tu ? On n'en peut faire qu'un terrassier ou un porteur d'eau.&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui, mais, autre chose encore : fais-en un portier, il te gardera mieux qu'un chien : d'ailleurs il est d&#233;j&#224; chien par son nom...&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Et quelle est sa patrie, sa profession ?&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Interroge-le toi-m&#234;me : c'est ce qu'il y a de mieux&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai peur, &#224; voir cette figure sombre et farouche, qu'il n'aboie apr&#232;s moi, si je l'approche, et, ma foi, qu'il ne me morde. Ne vois-tu pas comme il l&#232;ve son b&#226;ton, fronce les sourcils, et lance des regards mena&#231;ants et furieux ?&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
N'aie pas peur ; il est apprivois&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
D'abord, mon ami, dis-moi d'o&#249; tu es.&lt;br class='autobr' /&gt;
DIOG&#200;NE. De partout.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Que veux-tu dire ?&lt;br class='autobr' /&gt;
DIOG&#200;NE&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu vois un citoyen du monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui donc imites-tu ?&lt;br class='autobr' /&gt;
DIOG&#200;NE&lt;br class='autobr' /&gt;
Hercule.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi, alors, n'es-tu pas v&#234;tu de la peau de lion ? Ton b&#226;ton te donne d&#233;j&#224; un air de ressemblance.&lt;br class='autobr' /&gt;
DIOG&#200;NE&lt;br class='autobr' /&gt;
Ma peau de lion, c'est ce manteau : comme Hercule je fais la guerre aux volupt&#233;s, non par ordre, mais de moi-m&#234;me ; j'ai entrepris de nettoyer la vie humaine.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Belle entreprise ! Mais en quoi donc es-tu le plus habile ? quel est ton m&#233;tier ?&lt;br class='autobr' /&gt;
DIOG&#200;NE&lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis lib&#233;rateur des hommes et m&#233;decin des passions ; en un mot, je veux &#234;tre l'interpr&#232;te de la v&#233;rit&#233; et de la franchise.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
A merveille, mon cher interpr&#232;te ! Si je t'ach&#232;te, comment m'instruiras-tu ?&lt;br class='autobr' /&gt;
DIOG&#200;NE&lt;br class='autobr' /&gt;
En te prenant pour disciple, je commencerai par te d&#233;pouiller de ton bien-&#234;tre, je t'enfermerai dans l'indigence, je te rev&#234;tirai d'un manteau : ensuite je te forcerai &#224; peiner et &#224; travailler, dormant par terre, buvant de l'eau, ne mangeant que ce qui te tombera sous la main. Si tu as des richesses, fid&#232;le &#224; mes le&#231;ons, tu les jetteras dans la mer ; tu ne te soucieras plus de femme, d'enfants, de patrie : tout cela pour toi ne sera que fadaises. Tu abandonneras la maison paternelle, pour habiter un tombeau, quelque tour abandonn&#233;e, ou bien un tonneau. Tu auras une besace pleine de lupins, de livres &#233;crits sur les deux pages, et dans cette condition, tu te vanteras d'&#234;tre plus heureux que le grand roi. Si l'on te donne des coups de fouet, si l'on te met &#224; la question, tu ne croiras pas que ce soit un mal.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Que dis-tu l&#224; ? Je n'&#233;prouverai point de douleur si l'on me fouette ? Je n'ai pas une carapace de tortue ou de crabe.&lt;br class='autobr' /&gt;
DIOG&#200;NE&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu suivras la maxime d'Euripide, avec une l&#233;g&#232;re variante.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Laquelle ?&lt;br class='autobr' /&gt;
DIOG&#200;NE&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#226;me pourra souffrir, mais la langue, non pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voici maintenant les qualit&#233;s que je veux te voir acqu&#233;rir. Sois d'abord effront&#233;, impudent, insolent avec tout le monde, rois et particuliers : cela te fera regarder et passer pour un homme de c&#339;ur. Que ton langage soit barbare, ta voix rauque et semblable &#224; celle d'un chien ; que ta mine soit renfrogn&#233;e, et ta d&#233;marche r&#233;pondant &#224; ta mine ; en un mot, que tout, chez toi, soit farouche et sauvage. Loin de toi la pudeur, la douceur, la mod&#233;ration ! Efface de ton front toute rougeur de honte ; recherche les endroits les plus populeux ; et l&#224; , seul, au milieu de la foule, ne te lie avec personne ; fuis toute esp&#232;ce d'h&#244;te ou d'ami : les liens de soci&#233;t&#233; sont la mort de ton empire. Fais hardiment, aux yeux de tous, ce qu'on rougirait de faire tout seul : affecte en amour les postures les plus risibles. Enfin, quand tu le voudras, mange un polype cru ou une s&#233;pia, et meurs. Voil&#224; le bonheur que nous vous promettons.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Fi donc ! Tout cela est hideux et indigne d'un homme.&lt;br class='autobr' /&gt;
DIOG&#200;NE&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est du moins bien ais&#233;, mon cher, et facile &#224; mettre en pratique : tu n'auras pas besoin, pour cela, d'instruction, de livres et autres sornettes ; tu arriveras, par le plus court chemin &#224; la gloire. Et, quand tu serais un homme ordinaire, un savetier, un marchand de chair sal&#233;e, un charpentier ou un publicain, rien ne t'emp&#234;chera de devenir un grand personnage, pour peu que tu aies de l'impudence, de l'audace et la langue affil&#233;e, pour l'insulte.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'ai pas besoin de toi pour cela. Cependant tu, pourrais peut-&#234;tre me servir, &#224; l'occasion, de matelot ou de jardinier ; et si le crieur consent &#224; te donner pour deux oboles, au plus.&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Prends-le pour cette somme. Nous ne sommes pas f&#226;ch&#233;s de nous en d&#233;barrasser ; c'est un braillard, qui insulte tout le monde &#224; chaque instant, et qui n'a que de vilains mots &#224; la bouche.&lt;br class='autobr' /&gt;
JUPITER&lt;br class='autobr' /&gt;
A un autre ! Appelle ce Cyr&#233;n&#233;en, v&#234;tu de pourpre et couronn&#233; de fleurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Allons ! attention, tout le monde ! C'est un article magnifique, et qui demande un riche acheteur. C'est la vie suave, la vie trois fois heureuse ! Qui est-ce qui veut de la Volupt&#233; ? Qui est-ce qui ach&#232;te cet &#234;tre d&#233;licat ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Viens ici, et dis-nous ce que tu sais faire. Je t'ach&#232;terai, si tu peux m'&#234;tre utile.&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne l'importune pas, mon cher ; ne lui demande rien : il est ivre, et ne pourrait pas r&#233;pondre : tu vois comme il b&#233;gaye !&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors, quel homme de bon sens voudrait acheter un esclave si corrompu, si d&#233;prav&#233; ? Comme il exhale une odeur de parfums ! Comme sa marche est chancelante et mal assur&#233;e ! Mais toi, Mercure, dis-moi quels sont ses talents, ce qu'il sait faire.&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE. Une seule chose : il est bon convive, sachant boire en compagnie, et festiner avec une joueuse de fl&#251;te, chez un ma&#238;tre amoureux et d&#233;bauch&#233;. Il sait, en outre, parfaitement faire les g&#226;teaux ; c'est un cuisinier fort habile. Enfin, il est pass&#233; ma&#238;tre en fait de volupt&#233;s. &#201;lev&#233; &#224; Ath&#232;nes, il a servi en Sicile les tyrans, qui l'ont tenu en grande estime. Le point sommaire de sa philosophie, c'est de m&#233;priser toutes choses, d'user de tout, et de chercher en tout le plaisir.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu es libre de jeter les yeux sur d'autres acheteurs, riches et opulents ; pour moi, je ne suis pas en &#233;tat d'acheter sa joyeuse vie.&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Celui-l&#224;, Jupiter, me fait l'effet de ne pas trouver d'acqu&#233;reur, et de nous rester.&lt;br class='autobr' /&gt;
JUPITER&lt;br class='autobr' /&gt;
Fais-le retirer, produis-en un autre, ou plut&#244;t ces deux &#224; la fois, le rieur d'Abd&#232;re et le pleureur d'&#201;ph&#232;se : je veux les vendre ensemble.&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Avancez au milieu. A vendre deux bonnes vies ! Je mets en cri&#233;e les deux plus sages des hommes.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Par Jupiter ! quel contraste ! L'un ne cesse de rire ; l'autre a l'air d'assister &#224; un enterrement, il ne cesse de pleurer. H&#233; ! l'ami ! qu'as-tu donc &#224; rire ?&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#201;MOCRITE&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu le demandes ? Tout ce que vous faites me semble risible, et vous par-dessus le march&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Que dis-tu l&#224; ? Tu te moques de nous tous, et tu n'estimes rien de tout ce que nous faisons ?&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#201;MOCRITE&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est cela m&#234;me ! Il n'y a rien de s&#233;rieux au monde : tout est vide, concours d'atomes, infini !&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu te trompes ; il n'y a que toi de vide, et d'infiniment sot. Voyez, l'insolence ! ne cesseras-tu pas de rire ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Et toi, mon cher, pourquoi pleures-tu, car je pr&#233;f&#232;re causer avec toi ?&lt;br class='autobr' /&gt;
H&#201;RACLITE&lt;br class='autobr' /&gt;
Je regarde toutes les choses humaines, &#244; &#233;tranger, comme tristes et lamentables, et rien qui n'y soit soumis au destin : voil&#224; pourquoi je les prends en piti&#233; ,pourquoi je pleure, Le pr&#233;sent me semble bien peu de chose, l'avenir d&#233;solant : je vois l'embrasement et la ruine de l'univers : je g&#233;mis sur l'instabilit&#233; des choses ; tout y flotte comme dans un breuvage en mixture ; amalgame de plaisir et de peine, de science et d'ignorance, de grandeur et de petitesse : le haut et le bas s'y confondent et alternent dans le jeu du si&#232;cle.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Et qu'est-ce que le si&#232;cle ?&lt;br class='autobr' /&gt;
H&#201;RACLITE&lt;br class='autobr' /&gt;
Un enfant qui joue, qui jette des d&#233;s, qui saute &#224; l'aventure.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Et les hommes, qui sont-ils ?&lt;br class='autobr' /&gt;
H&#201;RACLITE&lt;br class='autobr' /&gt;
Des dieux mortels.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Et les dieux ?&lt;br class='autobr' /&gt;
H&#201;RACLITE&lt;br class='autobr' /&gt;
Des hommes immortels.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Tes discours sont des &#233;nigmes, mon cher, de vrais logogriphes : probablement, ainsi que Loxias tu ne dis rien de clair.&lt;br class='autobr' /&gt;
H&#201;RACLITE&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me soucie peu de vous.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Aussi faudrait-il &#234;tre bien sot pour te prendre.&lt;br class='autobr' /&gt;
H&#201;RACLITE&lt;br class='autobr' /&gt;
Moi, je vous ordonne &#224; tous de pleurer &#224; chaudes larmes, petits et grands, acheteurs ou non.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Son mal se rapproche beaucoup de l'humeur noire ; je n'ach&#232;terai ni l'un ni l'autre.&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
En voil&#224; deux encore qui nous restent au magasin !&lt;br class='autobr' /&gt;
JUPITER&lt;br class='autobr' /&gt;
Mets-en un autre en vente.&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Veux-tu ce bouffon ath&#233;nien ?&lt;br class='autobr' /&gt;
JUPITER&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui.&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Viens ici, toi. Bonne vie &#224; vendre, homme de bon sens ! Qui veut acheter cet excellent personnage ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Dis-moi, que sais-tu faire ?&lt;br class='autobr' /&gt;
SOCRATE&lt;br class='autobr' /&gt;
J'aime les gar&#231;ons, et je sais &#224; fond tout ce qui concerne l'amour.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment pourrais-je t'acheter ? j'ai besoin d'un p&#233;dagogue pour mon fils, qui est un joli gar&#231;on.&lt;br class='autobr' /&gt;
SOCRATE&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui serait mieux fait que moi pour vivre avec un beau jeune homme ? Ce n'est pas du corps que je suis amoureux, c'est de la beaut&#233; de l'&#226;me. Sois sans crainte ; de tous ceux qui pourraient reposer avec moi sous la m&#234;me couverture, tu n'entendras aucun se plaindre que je me sois mal conduit.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu es incroyable qu'un homme qui aime les gar&#231;ons n'ait souci que de l'&#226;me, quand il a toute libert&#233;, couch&#233; sous la m&#234;me couverture.&lt;br class='autobr' /&gt;
SOCRATE&lt;br class='autobr' /&gt;
Je jure par le Chien et par le Platane qu'il en est ainsi !&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Par Hercule ! les singuliers dieux que voil&#224; !&lt;br class='autobr' /&gt;
SOCRATE&lt;br class='autobr' /&gt;
Quoi donc ? Le Chien ne te parait donc pas &#234;tre un dieu ? Ne vois-tu pas l'Anubis d'&#201;gypte sous cette figure ? ne connais-tu pas Sirius au ciel et Cerb&#232;re aux enfers ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu as raison ; je me trompais. Mais comment vis-tu ?&lt;br class='autobr' /&gt;
SOCRATE&lt;br class='autobr' /&gt;
J'habite une ville que je ma suis faite &#224; moi-m&#234;me : j'ai une r&#233;publique d'un nouveau genre, o&#249; je dicte mes propres lois.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Je voudrais bien en conna&#238;tre quelqu'une.&lt;br class='autobr' /&gt;
SOCRATE. &#201;coute la plus importante, celle qui est relative aux femmes : aucune d'entre elles ne doit &#234;tre &#224; un seul exclusivement, mais &#224; quiconque voudra l'&#233;pouser.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Que dis-tu ? tu as donc abrog&#233; les lois sur l'adult&#232;re ?&lt;br class='autobr' /&gt;
SOCRATE&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui, par Jupiter, et toutes les petites formalit&#233;s de cette esp&#232;ce.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Quant aux beaux gar&#231;ons, qu'as-tu d&#233;cid&#233; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
SOCRATE&lt;br class='autobr' /&gt;
Leurs baisers seront la r&#233;compense des gens vertueux et de tous ceux qui se seront distingu&#233;s par un brillant exploit.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Oh ! le beau pr&#233;sent ! Mais quel est pour toi l'essentiel de la sagesse ?&lt;br class='autobr' /&gt;
SOCRATE&lt;br class='autobr' /&gt;
Les id&#233;es et les mod&#232;les des &#234;tres. Tout ce que tu vois, la terre et de qu'elle porte, la mer et le ciel, ont des images invisibles qui existent hors de l'univers.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
O&#249; existent-elles alors ?&lt;br class='autobr' /&gt;
SOCRATE&lt;br class='autobr' /&gt;
Nulle part : car si elles existaient quelque part, elles n'existeraient pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais je ne vois pas ces mod&#232;les dont tu parles.&lt;br class='autobr' /&gt;
SOCRATE&lt;br class='autobr' /&gt;
Naturellement : tu es aveugle des yeux de l'&#226;me ; mais moi, je vois les images de tous les &#234;tres, je vois un autre toi invisible, un autre moi-m&#234;me ; en un mot, je vois tout double.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Ma foi ! il faut que je t'ach&#232;te ; tu es un sage, et tu as bonne vue. Voyons, crieur, que me demandes-tu pour celui-la ?&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Deux talents.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
March&#233; conclu ! seulement je te payerai plus tard.&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Quel est ton nom ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Dion de Syracuse.&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Prends, et bonne chance ! Maintenant c'est au tour d'&#201;picure. Qui veut l'acheter ? C'est le disciple de ce rieur et de cet ivrogne que j'ai mis en cri&#233;e tout &#224; l'heure ; mais il a un avantage sur eux, il est plus impie : c'est d'ailleurs un d&#233;licat, un ami des bons morceaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Quel est le prix ?&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Deux mines.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Les voici ; mais dis-moi quels sont les mets qu'il pr&#233;f&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceux qui sont doux et mielleux, particuli&#232;rement les figues.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne sera pas difficile de lui en donner : je lui ach&#232;terai des paniers de figues grasses.&lt;br class='autobr' /&gt;
JUPITER&lt;br class='autobr' /&gt;
Fais-en venir un autre ; l'homme a la peau ras&#233;e, ce renfrogn&#233; du Portique.&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu as raison : beaucoup de ceux qui sont venus &#224; la vente semblent l'attendre. &#192; vendre la vertu m&#234;me, une vie parfaite ! Qui est-ce qui veut seul tout savoir ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Que dis-tu ?&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet homme est le seul sage, le seul beau, le seul juste, le seul brave, le seul roi, le seul orateur, le seul riche, le seul l&#233;gislateur, et ainsi pour tout le reste.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est donc aussi, mon cher, le seul bon cuisinier, et, ma foi ! le seul savetier, le seul charpentier, et ainsi pour tout le reste.&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais oui.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Viens ici, mon brave, et me dis, comme &#224; ton acqu&#233;reur, qui tu es, en commen&#231;ant par m'avouer si tu es f&#226;ch&#233; ou non d'&#234;tre mis en vente et de servir.&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas du tout : cela ne d&#233;pend pas de nous, et ce qui ne d&#233;pend pas de nous est indiff&#233;rent.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne te comprends pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment ? Tu ne sais pas qu'il y a des choses propos&#233;es et des choses rejet&#233;es ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'en ai jamais entendu parler.&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela n'est pas &#233;tonnant, tu n'es pas accoutum&#233; &#224; nos termes, et tu n'as pas l'imagination compr&#233;hensive. Mais celui qui a &#233;tudi&#233; avec attention la th&#233;orie du raisonnement, ne sait pas seulement ces choses-l&#224; ; il conna&#238;t l'accident et le sur accident, avec toutes leurs diff&#233;rences.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Au nom de la Sagesse, fais-moi le plaisir de m'expliquer ce que c'est que l'accident et le suraccident : car, je ne sais comment, j'ai &#233;t&#233; frapp&#233; de la douce harmonie de ces expressions.&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
Tr&#232;s volontiers. Lorsqu'un homme est boiteux, et qu'en heurtant son pied boiteux contre une pierre, il vient &#224; se blesser, l'infirmit&#233; qui le fait boiter est l'accident, et la blessure le suraccident&lt;br class='autobr' /&gt;
.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
O la finesse ! Qu'est-ce que tu connais encore &#224; fond ?&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
Les filets du langage, dans lesquels je prends mes interlocuteurs : je leur clos la bouche, je leur mets un b&#226;illon, et je les r&#233;duis au silence : et le nom de cette invention puissante, c'est le fameux syllogisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Par Hercule ! Voil&#224; une arme terrible et violente !&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu vas en juger. As-tu un fils ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi cela ?&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
Supposons qu'un crocodile l'ait enlev&#233;, lorsqu'il errait sur le bord d'un fleuve, et qu'ensuite il t'ait promis de te le rendre, &#224; condition que tu lui dirais au juste s'il est dans l'intention de te le rendre ou non ; quelle est, &#224; ton avis, la r&#233;solution du crocodile ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'est pas facile de r&#233;pondre &#224; ta question, et je ne sais pas trop ce que je dois dire pour recouvrer mon fils : par Jupiter ! r&#233;ponds pour moi, et sauve-le vite, de peur que le crocodile ne l'avale avant ta r&#233;ponse.&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
Sois tranquille. Je t'en apprendrai d'autres bien plus admirables.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Lesquels ?&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Moissonnant, le Dominant, l'&#201;lectre qui les vaut tous, et le Voil&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'est-ce que ce Voil&#233; et cette &#201;lectre ?&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est la fameuse &#201;lectre, fille d'Agamemnon, qui, en m&#234;me temps, sait une chose et ne la sait pas. Quand Oreste se pr&#233;sente inconnu devant elle, elle sait qu'Oreste est son fr&#232;re, mais elle ne sait pas que cet inconnu est Oreste. Voici maintenant le Voil&#233; : tu vas entendre l&#224; une invention admirable. R&#233;ponds-moi. Connais-tu ton p&#232;re ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui.&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
Eh bien ! Si, en te pr&#233;sentant un homme voil&#233;, je te disais : &#034;Connais-tu cet homme ?&#034; que r&#233;pondrais-tu ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne le connais pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant cet homme voil&#233; &#233;tait ton p&#232;re, donc, si tu as dit ne le pas conna&#238;tre, il est clair que tu ne connais pas ton p&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas du tout : je n'ai qu'&#224; lui &#244;ter son voile, je saurai bien ce qui en est. Enfin quel est d&#233;but de ta sagesse, ou que feras-tu quand tu seras arriv&#233; au sommet de la Vertu ?&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
Je poss&#233;derai alors les premiers dons de la nature, je veux dire la richesse, la sant&#233;, et autres choses semblables. Mais, avant d'y arriver, il faut beaucoup travailler, coller ses yeux sur de gros volumes d'une &#233;criture tr&#232;s-fine, entasser les scolies, se farcir de sol&#233;cismes et de termes absurdes ; mais le point capital, c'est qu'il n'est pas possible de devenir sage, si l'on n'a pas pris trois fois de suite de l'ell&#233;bore.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; de beaux principes et dignes d'un grand c&#339;ur ! Pourtant &#234;tre un Gniphon, un usurier (car je sais que c'est aussi l&#224; une de tes qualit&#233;s), est-ce bien digne d'un homme qui a bu de l'ell&#233;bore, et de parfaite vertu ?&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui. Seul, le sage a le droit de pr&#234;ter &#224; usure, puisque seul il fait des syllogismes ; car pr&#234;ter &#224; usure et calculer les int&#233;r&#234;ts, c'est &#224; peu pr&#232;s la m&#234;me chose que de faire des syllogismes ; et l'un, comme l'autre, appartient exclusivement au sage. Seulement, il ne doit pas, comme la plupart des usuriers, exiger simplement les int&#233;r&#234;ts, mais encore les int&#233;r&#234;ts des int&#233;r&#234;ts. En effet, ne sais-tu pas que des premiers int&#233;r&#234;ts naissent les seconds, qui en sont, pour ainsi dire, engendr&#233;s ? Tu peux voir que c'est l&#224; un syllogisme en forme. Si le sage touche les premiers int&#233;r&#234;ts, il doit aussi toucher les seconds ; or, il touche les premiers, donc il doit toucher les seconds.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Dirons-nous aussi la m&#234;me chose de l'argent que tu re&#231;ois des jeunes gens pour payer tes le&#231;ons de sa gesse ? Est-il &#233;vident qu'il ne convient qu'au seul sage de se faire payer ses le&#231;ons de vertu ?&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu saisis : ce n'est pas pour moi que je prends, c'est pour celui qui donne ; puisque l'un verse, l'autre doit recevoir. Je m'apprends &#224; recevoir, et mon disciple &#224; verser.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais tu disais le contraire : que c'&#233;tait le jeune homme qui recevait, et que toi, le seul riche, tu versais.&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu veux rire, mon ami ; mais prends garde que je ne te d&#233;coche un syllogisme ind&#233;montrable.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Et quel mal ce trait me ferait-il ?&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
La perplexit&#233;, le silence, le bouleversement de l'esprit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais ce qu'il, y a de plus fort, c'est que, si je veux, je puis &#224; l'instant te changer en pierre.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment, en pierre ? Tu ne me parais pas un Pers&#233;e, mon cher.&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
Voici comment. La pierre est-elle un corps ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui.&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
Eh bien ! un animal n'est-il pas un corps ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui.&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
Et toi, n'es-tu pas un animal ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Je le crois.&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
Donc tu es une pierre, puisque tu es un corps.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas du tout. Mais, voyons, par Jupiter ! tire-moi de peine, et fais-moi redevenir homme comme devant.&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est facile, tu vas redevenir homme ; r&#233;ponds. Tout corps est-il un animal ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Non.&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
Eh bien ! une pierre est-elle un animal ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Non.&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
Toi, tu es un corps ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui.&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;tant un corps, tu es un animal ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui.&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
Donc tu n'es pas une pierre, puisque tu es un animal.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu m'as rendu un grand service. D&#233;j&#224; mes jambes se refroidissaient comme celles de Niob&#233;, et commen&#231;aient &#224; se raidir. Allons, je vais t'acheter. Combien en veut-on ?&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Douze mines.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Tiens.&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
L'as-tu achet&#233; tout seul ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Non vraiment, mais en soci&#233;t&#233; de tous ceux que tu vois ici.&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils sont nombreux ; ils ont les &#233;paules fortes et sont taill&#233;s pour le Moissonnant.&lt;br class='autobr' /&gt;
JUPITER&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne perdons pas de temps ; &#224; un autre !&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Viens ici, P&#233;ripat&#233;ticien, le beau, le riche ! Achetez-moi le plus &#233;clair&#233; de tous, le savant universel !&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelles sont ses qualit&#233;s ?&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est mod&#233;r&#233;, doux, accommodant, et, qui plus est, double.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND. Que veux-tu dire ?&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est en dedans autrement qu'en dehors. Si tu l'ach&#232;tes, n'oublie pas de distinguer en lui l'&#233;sot&#233;rique et l'exot&#233;rique.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Et que sait-il le mieux ?&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'il y a trois sortes de biens : ceux de l'&#226;me, ceux du corps et ceux de la fortune.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Sa morale est humaine. Combien vaut-il ?&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Cinq mines.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est cher.&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Non, mon ami ; car il parait avoir lui-m&#234;me de l'argent ; ainsi d&#233;p&#234;che-toi de l'acheter. D'ailleurs, il t'apprendra tout de suite combien de temps vit un ciron, &#224; quelle profondeur de la mer descendent les rayons du soleil, de quelle nature est l'&#226;me des hu&#238;tres.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Par Hercule ! voil&#224; une science minutieuse !&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Que sera-ce, quand tu lui entendras dire des choses encore plus subtiles au sujet de la procr&#233;ation et de la g&#233;n&#233;ration, de la formation de l'embryon dans le ventre de la m&#232;re ; soutenir que l'homme est un animal ridicule, et non pas l'&#226;ne, qui ne construit point de maison et ne navigue point ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; des enseignements admirables et d'une haute utilit&#233;. Je l'ach&#232;te vingt mines.&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Soit. Voyons, nous en reste-t-il quelque autre ? Ah ! ce sceptique. Ici, Pyrrhias ; viens, que nous te mettions aussit&#244;t en cri&#233;e. On commence d&#233;j&#224; &#224; s'en aller ; les acqu&#233;reurs vont &#234;tre en petit nombre. Allons ! Qui est-ce qui ach&#232;te celui-l&#224; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Moi ! Mais, d'abord, dis-moi ce que tu sais.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE PHILOSOPHE&lt;br class='autobr' /&gt;
Rien.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Que veux-tu dire par l&#224; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE PHILOSOPHE&lt;br class='autobr' /&gt;
Que je ne crois &#224; l'existence de rien.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais nous, que sommes-nous donc ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE PHILOSOPHE&lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'en sais rien.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Et toi, qu'es-tu ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE PHILOSOPHE&lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'en sais absolument rien.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; un doute ! Que veulent dire ces balances ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE PHILOSOPHE&lt;br class='autobr' /&gt;
Elles me servent &#224; peser les raisons, et &#224; juger de leur &#233;galit&#233;. Quand j'ai vu qu'elles sont pareilles et au m&#234;me niveau, alors je ne sais laquelle est la plus vraie.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour le reste, que sais-tu faire ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE PHILOSOPHE&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout, except&#233; poursuivre un esclave fugitif.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Et pourquoi cela ne t'est-il pas possible ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE PHILOSOPHE&lt;br class='autobr' /&gt;
Parce que, mon ami, je ne puis le saisir.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Je le crois : tu me parais un gar&#231;on lourd et stupide. Mais enfin quel est le but de ta science ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE PHILOSOPHE&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ignorance ; je ne sais ni entendre ni voir.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu es donc sourd et aveugle ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE PHILOSOPHE&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui ; et, par l&#224;-dessus, d&#233;nu&#233; de sens et de jugement, en un mot, je diff&#232;re peu d'un ver.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Je veux t'acheter &#224; cause de cela. Combien vaut-il ?&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Une mine attique.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
La voici. Eh bien ! que dis-tu ? T'ai -je achet&#233; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE PHILOSOPHE&lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'en sais rien.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est s&#251;r, pourtant ; je t'ai achet&#233; et j'ai pay&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE PHILOSOPHE&lt;br class='autobr' /&gt;
Je m'abstiens et ne d&#233;cide pas la question.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Malgr&#233; cela, suis-moi ; car tu es mon esclave.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE PHILOSOPHE&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui sait si tu dis vrai ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Le crieur , l'argent et le monde qui est ici.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE PHILOSOPHE&lt;br class='autobr' /&gt;
Y a-t-il du monde ici ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Je vais tout &#224; l'heure te conduire au moulin, et te faire voir que je suis ton ma&#238;tre, gr&#226;ce au raisonnement qui fait gagner la mauvaise cause.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE PHILOSOPHE&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne d&#233;cide pas la question.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Et moi, par Jupiter, je la tranche !&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Allons ! cesse de t'ent&#234;ter, et suis ton acqu&#233;reur. Vous autres, nous vous invitons pour demain matin. Nous mettrons en vente les sectes ignorantes, ouvri&#232;res et de vil prix.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'INCR&#201;DULE&lt;br class='autobr' /&gt;
de Lucien de Samosate (120-180)&lt;br class='autobr' /&gt;
TYCHIADE&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourrais-tu me dire, Philocl&#232;s, quel est cet attrait qui porte la plupart des hommes &#224; aimer le mensonge. Ils s'y complaisent au point de dire des choses qui n'ont pas le sens commun, et d'&#233;couter ceux qui en d&#233;bitent de semblables.&lt;br class='autobr' /&gt;
PHILOCL&#200;S&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a beaucoup de raisons, Tychiade, capables d'engager &#224; mentir certains hommes, qui n'ont en vue que leur int&#233;r&#234;t.&lt;br class='autobr' /&gt;
TYCHIADE&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est pas l&#224; la question, comme on dit, et je ne te parle pas de ceux qui mentent en vue de leur utilit&#233; : ils sont excusables ; quelques-uns m&#234;me sont dignes de louanges, lorsqu'ils ont tromp&#233; des ennemis, ou que, dans un moment critique, ils ont employ&#233; ce rem&#232;de comme un moyen de salut : c'est ainsi qu'a souvent agi Ulysse pour m&#233;nager sa vie et le retour de ses compagnons. Mais je parle, mon cher, des gens qui, sans besoin qu'il en soit, pr&#233;f&#232;rent de beaucoup le mensonge &#224; la v&#233;rit&#233;, s'y plaisent et s'en font une occupation sans aucun motif plausible. Je voudrais savoir pourquoi ils agissent de la sorte.&lt;br class='autobr' /&gt;
PHILOCL&#200;S&lt;br class='autobr' /&gt;
Est-ce que tu as connu des gens de cette esp&#232;ce, qui avaient un penchant inn&#233; pour le mensonge ?&lt;br class='autobr' /&gt;
TYCHIADE&lt;br class='autobr' /&gt;
Certainement, et beaucoup.&lt;br class='autobr' /&gt;
PHILOCL&#200;S&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle autre raison en donner qu'une aberration d'esprit, qui leur fait ha&#239;r la v&#233;rit&#233; et pr&#233;f&#233;rer ce qui est pire &#224; ce qui est excellent ?&lt;br class='autobr' /&gt;
TYCHIADE&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est pas cela ; car je pourrais te citer un grand nombre d'hommes, d'ailleurs tr&#232;s sens&#233;s, et qu'on admire pour leur jugement, qui sont n&#233;anmoins, je ne sais pourquoi, les esclaves de ce vice ; ils aiment &#224; mentir : et il me f&#226;che de voir des personnages, &#233;minents du reste, s'amuser &#224; se tromper eux-m&#234;mes et &#224; tromper ceux qui conversent avec eux. Tu sais assur&#233;ment mieux que moi que les anciens, H&#233;rodote, Ct&#233;sias de Cnide, et avant eux les po&#232;tes, Hom&#232;re en t&#234;te, gens d'ailleurs fort respectables, ont employ&#233; le mensonge &#233;crit, si bien que non seulement ils ont tromp&#233; ceux qui les &#233;coutaient de leur temps, mais que leurs mensonges sont parvenus jusqu'&#224; nous comme une succession gard&#233;e en d&#233;p&#244;t dans leurs vers admirables. Souvent, je l'avoue, il m'arrive de rougir pour eux, lorsqu'ils racontent la mutilation d'Uranus, l'encha&#238;nement de Prom&#233;th&#233;e, la r&#233;volte des G&#233;ants et toute la trag&#233;die des Enfers ; lorsqu'ils nous disent que, par amour, Jupiter est devenu cygne ou taureau, qu'une femme a &#233;t&#233; m&#233;tamorphos&#233;e en oiseau ou en ours : ajoutez les P&#233;gases, les Chim&#232;res, les Gorgones, les Cyclopes, et toutes les l&#233;gendes de m&#234;me esp&#232;ce, fables &#233;tranges, r&#233;cits absurdes, faits pour amuser les enfants qui ont encore peur de Mormo et de Lamia.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant ces fictions po&#233;tiques se tol&#232;rent encore. Mais le moyen de ne pas rire en voyant des villes et des peuples entiers se livrer &#224; des mensonges publics ? Les Cr&#233;tois ne rougissent pas de montrer le tombeau de Jupiter ; les Ath&#233;niens font sortir &#201;richthon du sein de la terre, et pousser les premiers hommes du sol de L'Attique, absolument comme des l&#233;gumes : origine d'ailleurs plus respectable que celle des Th&#233;bains qui racontent que des dents sem&#233;es d'un serpent il germa des hommes. Cependant, celui qui ne tiendrait pas pour vrais ces contes ridicules et qui, les soumettant &#224; un examen s&#233;rieux, croirait qu'il n'appartient qu'&#224; un Cor&#232;be ou &#224; un Margit&#233;s, de se figurer que Triptol&#232;me a travers&#233; les airs sur un char attel&#233; de dragons ail&#233;s, que Pan est venu, du fond de l'Arcadie, au secours des Ath&#233;niens &#224; Marathon, qu'Orithyie a &#233;t&#233; enlev&#233;e par Bor&#233;e, celui-l&#224;, dis-je, passerait pour un impie, un insens&#233;, de refuser sa cr&#233;ance &#224; des faits. si authentiques et si av&#233;r&#233;s. Telle est la puissance du mensonge.&lt;br class='autobr' /&gt;
PHILOCL&#200;S&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais pourtant, Tychiade, les po&#232;tes et les villes sont excusables. Les premiers m&#234;lent &#224; leurs &#233;crits le charme attrayant de la fable, dont ils ont grand besoin pour captiver leurs auditeurs. Les Ath&#233;niens, les Th&#233;bains, et les autres peuples, s'il en est, rendent leur patrie plus v&#233;n&#233;rable au moyen de ces fictions. Si l'on &#244;tait de la Gr&#232;ce toutes les curiosit&#233;s fabuleuses, rien n'emp&#234;cherait ceux qui les montrent de mourir de faim, car les &#233;trangers ne voudraient pas entendre la v&#233;rit&#233;, m&#234;me gratis. Seulement, les hommes qui, sans avoir de pareils motifs, se plaisent dans le mensonge, passeront, &#224; juste titre, pour des &#234;tres dignes d'&#234;tre bafou&#233;s par tous.&lt;br class='autobr' /&gt;
TYCHIADE&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu as raison, et je sors &#224; l'instant de chez Eucrate, o&#249; j'ai entendu tant de r&#233;cits fabuleux et incroyables, que, ne pouvant plus supporter l'exc&#232;s de ses mensonges, je suis sorti tout courant, et j'ai pris la fuite, comme si les Furies &#233;taient &#224; mes trousses, le laissant d&#233;biter une foule de prodiges absurdes.&lt;br class='autobr' /&gt;
PHILOCL&#200;S&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, Tychiade, Eucrate est un homme digne de foi ; personne n'est mieux fait pour inspirer la confiance que lui, avec sa longue barbe, ses soixante ans et son go&#251;t prononc&#233; pour la philosophie. Il ne souffrirait pas qu'on d&#238;t en sa pr&#233;sence la moindre fausset&#233;, loin de l'oser lui-m&#234;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
TYCHIADE&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est que tu ne sais pas, mon cher, tout ce qu'il nous a racont&#233;, en nous recommandant d'y croire ; il fallait le voir affirmer les faits par serment, en jurer m&#234;me sur la t&#234;te de ses enfants, de sorte qu'en le regardant, il me venait mille pens&#233;es &#224; l'esprit : ou bien je le croyais fou, hors de son &#233;tat naturel, ou je le regardais comme un charlatan, un singe ridicule cach&#233; depuis longtemps, &#224; mon insu, sous la peau d'un lion, tant ses r&#233;cits &#233;taient absurdes.&lt;br class='autobr' /&gt;
PHILOCL&#200;S&lt;br class='autobr' /&gt;
Et que disait-il ? par Vesta, mon cher Tychiade, je suis curieux de savoir combien il dissimule de h&#226;blerie sous une aussi belle barbe.&lt;br class='autobr' /&gt;
TYCHIADE&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait mon habitude, Philocl&#232;s, d'aller chez Eucrate en d'autres occasions, lorsque je n'avais absolument rien &#224; faire. Aujourd'hui que j'avais besoin de parler &#224; L&#233;ontichus, un de mes amis intimes, tu sais, j'appris de son valet qu'il &#233;tait all&#233;, d&#232;s le matin, faire, visite &#224; Eucrate, un peu malade. Le double motif et de rencontrer L&#233;ontichus, et de visiter Eucrate, dont j'ignorais l'indisposition, me conduisit chez ce dernier. Je ne trouve plus L&#233;ontichus ; il venait de sortir, me dit-on, depuis un instant ; mais je vis une nombreuse compagnie au milieu de laquelle j'aper&#231;us Cl&#233;od&#232;me le p&#233;ripat&#233;ticien, Dinomaque le sto&#239;cien et Ion. Tu connais cet homme qui veut qu'on l'admire, quand il parle des &#233;crits de Platon, comme &#233;tant le seul capable de p&#233;n&#233;trer intimement les pens&#233;es du philosophe et de les expliquer aux autres : tu vois de quels personnages je te parle, tout confits en sagesse et en vertu, la fleur de chaque secte, tous infiniment respectables et d'une physionomie presque effrayante. Il y avait aussi l&#224; le m&#233;decin Antigonus, appel&#233;, je crois, pour la maladie : Eucrate paraissait se porter mieux ; sa maladie &#233;tait de celles qu'on nourrit avec soi : l'humeur &#233;tait de nouveau descendue dans les pieds. Il m'invita &#224; m'asseoir aupr&#232;s de lui, sur son lit, en donnant &#224; sa voix une intonation de malade, aussit&#244;t qu'il m'aper&#231;ut ; mais, en entrant, je l'avais entendu crier et discuter d'un ton sonore. J'eus grand soin de ne pas lui toucher les pieds ; puis ; m'excusant, comme il est d'usage en pareil cas, d'avoir ignor&#233; son indisposition, et ajoutant que j'&#233;tais accouru pour le voir d&#232;s que je l'avais apprise, je pris place &#224; ses c&#244;t&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avant mon arriv&#233;e, on avait d&#233;j&#224; beaucoup dissert&#233; sur la maladie d'Eucrate, on en parlait encore, et chacun indiquait un rem&#232;de. Alors Cl&#233;od&#232;me : &#034;Si donc on enl&#232;ve de terre avec la main gauche la dent d'une belette tu&#233;e de la mani&#232;re que je vous ai dite, si on la lie dans une peau de lion nouvellement &#233;corch&#233;, et qu'ensuite on l'attache autour de la jambe, la douleur s'apaise tout &#224; coup. - Pas dans une peau de lion, reprit Dinomaque, mais dans une peau de biche vierge et qui n'ait point encore &#233;t&#233; saillie. La chose est bien plus croyable de cette mani&#232;re : la biche est un animal l&#233;ger dont toute la force est dans les pieds. Le lion, il est vrai, est vigoureux ; sa graisse, sa patte droite de devant, et les poils roides de sa crini&#232;re ont une grande vertu, quand on sait s'en servir avec les enchantements propres &#224; chaque partie ; mais elles ne gu&#233;rissent pas du tout les pieds. - Je croyais aussi comme vous, r&#233;pondit Cl&#233;od&#232;me, que c'&#233;tait de la peau de biche qu'il fallait se servir ; mais derni&#232;rement un homme de Libye, savant dans ces secrets, m'a fait changer de fa&#231;on de penser en me disant que les lions &#233;taient plus vites que les biches, puisque &#233;videmment ils les prennent &#224; la chasse.&#034; Tout le monde approuva le Libyen comme ayant parl&#233; avec justesse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je pris alors la parole. &#034;Eh quoi ! leur dis-je, vous croyez que des douleurs dont la cause est interne peuvent s'apaiser par des enchantements ou par des rem&#232;des appliqu&#233;s &#224; l'ext&#233;rieur ?&#034; A ce discours, ils se moqu&#232;rent de moi ; il &#233;tait &#233;vident qu'ils m'accusaient tous d'ignorance, de ne pas savoir des choses aussi manifestes, et que nul homme sens&#233; ne saurait contredire. Cependant le m&#233;decin Antigonus parut bien aise que j'eusse fait cette question. Depuis longtemps, je crois, on lui battait un peu froid, parce qu'il persistait &#224; traiter Eucrate avec les secours de son art, lui ordonnant de ne plus boire de vin, de se nourrir de l&#233;gumes, en un mot, de se d&#233;tendre les fibres. Cl&#233;od&#232;me se mettant donc &#224; sourire : &#034;Que dites-vous, Tychiade ? s'&#233;cria-t-il. Vous parait-il incroyable qu'on puisse tirer quelque utilit&#233; de ces sortes de rem&#232;des dans les maladies ? - Cela me para&#238;t incroyable, lui r&#233;pondis-je : autrement je n'aurais pas le nez bien fin, si je me mettais dans la t&#234;te que des rem&#232;des externes, sans communication imm&#233;diate avec les causes int&#233;rieures des maladies, peuvent agir au moyen de quelques paroles, comme vous dites, ou de certains enchantements, et qu'en attachant ces rem&#232;des au malade, ils lui rendront la sant&#233;. Jamais cela n'aura lieu, quand vous lieriez seize belettes enti&#232;res dans la peau du lion de N&#233;m&#233;e. Pour ma part, j'ai souvent vu le lion lui-m&#234;me boiter de douleur dans sa peau tout enti&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vous &#234;tes bien simple, reprit Dinomaque, d'avoir n&#233;glig&#233; d'apprendre ces sortes de rem&#232;des, et comment il faut les appliquer pour en tirer quelque utilit&#233; contre les maladies. Vous me semblez ne pas admettre non plus les faits si g&#233;n&#233;ralement connus, les gu&#233;risons de fi&#232;vres p&#233;riodiques et de tumeurs inguinales, les enchantements de reptiles et les autres merveilles que les vieilles op&#232;rent tous les jours. Si tout cela se fait, pourquoi ne pas croire que celles dont nous parlons ont lieu par des moyens semblables ? - Votre conclusion, Dinomaque, lui r&#233;pondis-je, n'est pas tout &#224; fait juste, et, comme on dit, vous chassez un clou avec l'autre. En effet, il n'est pas prouv&#233; que les merveilles en question soient op&#233;r&#233;s par une pareille puissance. Si donc vous ne commencez pas par me convaincre que ces faits sont dans l'ordre de la nature, que la fi&#232;vre ou la tumeur a peur d'un nom divin, d'un mot barbare et s'enfuit de l'aine, ce que vous dites n'est pour moi que des contes de bonnes femmes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je juge &#224; votre discours, r&#233;pondit Dinomaque, que vous ne croyez pas &#224; l'existence des dieux, puisque vous ne pensez pas qu'il soit possible d'op&#233;rer des gu&#233;risons avec des mots sacr&#233;s. - Ne dites pas cela, mon cher, repartis-je ; rien n'emp&#234;che que les dieux existent et que ces prodiges ne soient faux. Quant &#224; moi, je respecte les dieux, je vois les gu&#233;risons qu'ils op&#232;rent, le bien qu'ils font aux malades et comment il les r&#233;tablissent &#224; l'aide des rem&#232;des et de la m&#233;decine. En effet, Esculape lui-m&#234;me et ses enfants gu&#233;rissaient les malades en leur appliquant des drogues b&#233;nignes, et non pas en leur attachant des lions et des belettes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Laissez l&#224; ce discours, dit alors Ion, je vais vous raconter un fait prodigieux. J'&#233;tais encore jeune gar&#231;on, &#224; l'&#226;ge d'environ quatorze ans. On vint dire &#224; mon p&#232;re que Midas, son vigneron, valet robuste du reste et bon travailleur, avait &#233;t&#233; mordu par une vip&#232;re, &#224; l'heure o&#249; la place publique est pleine de monde. Il &#233;tait couch&#233;, disait-on, et la gangr&#232;ne se mettait dans la jambe. Pendant qu'il attachait la vigne aux &#233;chalas, la vip&#232;re s'&#233;tait gliss&#233;e, lui avait mordu l'orteil et s'&#233;tait aussit&#244;t replong&#233;e dans son trou : le malheureux jetait les hauts cris et se mourait de douleur. Voil&#224; ce qu'on nous annonce : nous allons voir Midas que ses camarades portaient sur une civi&#232;re ; il &#233;tait tout enfl&#233; et livide, paraissait d&#233;j&#224; d&#233;compos&#233; et respirait &#224; peine. Mon p&#232;re &#233;tait d&#233;sol&#233;. Un de ses amis, qui se trouvait l&#224; : &#034;Soyez tranquille, lui dit-il, je vais qu&#233;rir &#224; l'instant un Babylonien, de ceux qu'on appelle Chald&#233;ens, et il va vous gu&#233;rir cet homme tout de suite. En effet, pour abr&#233;ger, le Babylonien arrive et r&#233;tablit Midas, en chassant au moyen d'un enchantement le poison r&#233;pandu dans son corps, et en suspendant au pied du malade une pierre prise &#224; la colonne, fun&#233;raire d'une jeune fille. C'est peu de chose, pensez-vous : cependant Midas, prenant sur son dos la civi&#232;re sur laquelle on l'avait apport&#233;, s'en retourne aux champs. Voil&#224; quelle fut la puissance d'un enchantement et d'une pierre s&#233;pulcrale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Babylonien fit, en outre d'autres prodiges vraiment divins ; s'&#233;tant rendu d&#232;s le matin dans la campagne, il pronon&#231;a sept mots sacramentels tir&#233;s d'un vieux livre, purifia le lieu avec du soufre et un flambeau, en en faisant trois fois le tour, et chassa ainsi tous les reptiles qui &#233;taient dans le pays. On vit alors arriver, attir&#233;s par la force du charme, serpents, aspics, vip&#232;res, c&#233;rastes, acontias, crapauds m&#226;les et femelles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un vieux dragon manquait &#224; rappel : il n'avait pu, je crois, vu son grand &#226;ge, ramper hors de son trou et ob&#233;ir &#224; l'ordre du magicien. Celui-ci dit que tous les reptiles n'&#233;taient pas l&#224; ; et, d&#233;p&#234;chant un jeune serpent, il l'envoya comme ambassadeur aupr&#232;s du vieux dragon, qui se d&#233;cida bient&#244;t &#224; venir. Quand ils furent rassembl&#233;s, le Babylonien souffla dessus, et tous furent &#224; l'instant m&#234;me consum&#233;s par ce souffle. Nous &#233;tions dans l'admiration.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dites-moi, Ion, repris-je, le jeune serpent, d&#233;p&#234;ch&#233; comme ambassadeur, donnait-il la main &#224; ce dragon accabl&#233;, dites-vous, par l'&#226;ge, ou bien celui-ci s'appuyait-il sur un b&#226;ton ? - Vous plaisantez, dit Cl&#233;od&#232;me ; moi aussi, j'ai &#233;t&#233; autrefois plus incr&#233;dule que vous sur ces sortes de prodiges ; je ne pensais pas, en effet, qu'on p&#251;t, en aucune mani&#232;re, y ajouter foi. Cependant, en voyant voler en l'air un barbare des pays hyperbor&#233;ens, c'est le nom qu'il se donnait lui-m&#234;me, j'ai cru, et, apr&#232;s une longue r&#233;sistance, j'ai &#233;t&#233; forc&#233; de me rendre. Que fallait-il faire, quand je le voyais, en plein jour, se soutenir en l'air, marcher sur l'eau, passer &#224; travers le feu, tranquillement et pas &#224; pas ? - Vous avez vu cela, lui dis-je, un Hyperbor&#233;en qui volait et marchait sur l'eau ? - Certainement, me r&#233;pondit-il, et m&#234;me il portait une chaussure de peau, suivant l'usage de ces peuples. Mais ce n'est rien. Comment vous dire tout ce qu'il nous a fait voir de prodiges, inspirant des amours, &#233;voquant des d&#233;mons, ressuscitant des morts en putr&#233;faction, faisant venir H&#233;cate elle-m&#234;me sous une forme visible et for&#231;ant la lune &#224; descendre sur la terre ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Je vais vous raconter ce que j'ai vu faire chez Glaucias, fils d'Alexicl&#232;s. Glaucias venait d'h&#233;riter de son p&#232;re, mort depuis peu, lorsqu'il devint amoureux de Chrysis, fille de D&#233;m&#233;p&#232;te. J'&#233;tais alors son ma&#238;tre de philosophie, et, si l'amour ne lui e&#251;t fait perdre son temps, il saurait maintenant toute la doctrine du p&#233;ripat&#233;tisme. A dix-huit ans, il savait d&#233;j&#224; user de l'analyse, et avait suivi un cours complet de physique. Ne sachant plus que devenir avec sa passion, il vint me conter sa peine ; moi je crus, &#233;tant son ma&#238;tre, devoir mener chez lui notre mage hyperbor&#233;en, auquel il donna tout de suite quatre mines (il fallait bien quelques avances pour les sacrifices), en lui en promettant seize autres, s'il le faisait jouir de Chrysis. Le mage attend la pleine lune, &#233;poque o&#249; ces sortes de charmes ont le plus d'effet, creuse une fosse dans la cour de la maison, et au milieu de la nuit commence par &#233;voquer, nous pr&#233;sents, Alexicl&#232;s, p&#232;re de Glaucias, mort depuis plus de sept mois. Le vieillard, irrit&#233; de la passion de son fils, commence par entrer dans une grande col&#232;re, mais il finit par consentir &#224; cette inclination. Le mage fait alors venir H&#233;cate, suivie de Cerb&#232;re, puis il force la lune &#224; descendre ; spectacle aux mille formes, aux figures les plus vari&#233;es, qui nous repr&#233;sente d'abord une femme, ensuite un b&#339;uf magnifique, et enfin un chien de chasse. En dernier lieu, l'Hyperbor&#233;en ayant fa&#231;onn&#233; un petit Amour avec de la boue :&#034;Pars, lui dit-il, et am&#232;ne-nous Chrysis !&#034;Le morceau de boue s'envole ; un instant apr&#232;s la jeune fille frappe &#224; la porte, entre, se jette au cou de Glaucias, comme une amoureuse folle, et couche avec lui jusqu'au chant du coq. Alors la lune remonte au ciel, H&#233;cate redescend sous terre, tous les fant&#244;mes disparaissent, et nous reconduisons Chrysis chez elle, au point du jour.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si vous aviez vu tout cela, Tychiade, vous ne douteriez pas que les enchantements ne puissent &#234;tre fort utiles. - Vous avez raison, lui r&#233;pondis-je, je croirais tout cela, si je l'avais vu. Mais, pour le moment, excusez-moi de n'&#234;tre pas aussi clairvoyant que vous. Je connais, d'ailleurs, la susdite Chrysis ; c'est une femme galante et facile. Je ne vois pas pourquoi vous avez eu besoin d'employer avec elle un messager de boue, un mage hyperbor&#233;en et la lune en personne, puisque, pour vingt drachmes, vous la m&#232;neriez chez les Hyperbor&#233;ens m&#234;mes : c'est une femme &#224; ne pas r&#233;sister &#224; un enchantement de cette nature, et elle fait tout le contraire des fant&#244;mes. Ceux-ci prennent la fuite, d&#232;s qu'ils entendent le son de l'airain ou du fer, c'est du moins ce que vous dites ; mais lorsque Chrysis entend le son de l'argent, elle arrive au bruit du m&#233;tal - J'admire aussi beaucoup votre mage, qui, pouvant se faire aimer des plus belles femmes, et en recevoir des talents entiers, consent, pour quatre mines, l'avare ! &#224; rendre une Chrysis aimable. -Vous vous rendez ridicule, me dit-on, en refusant de croire &#224; tous ces faits.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je vous demanderais volontiers alors ce que vous pensez de ceux qui d&#233;livrent les d&#233;moniaques de leurs terreurs, et qui conjurent publiquement les fant&#244;mes. Je n'ai pas besoin d'en citer des exemples : tout le monde conna&#238;t le Syrien de Palestine, si expert en ces sortes de cures, qui, rencontrant sur son passage, &#224; certaines &#233;poques de la lune, des gens qui tombent en &#233;pilepsie, roulent des yeux &#233;gar&#233;s, et ont la bouche pleine d'&#233;cume, les rel&#232;ve, et les renvoie, moyennant un salaire consid&#233;rable,, d&#233;livr&#233;s de leur infirmit&#233;. Lorsqu'il est aupr&#232;s des malades, il leur demande comment le d&#233;mon leur est entr&#233; dans le corps : le patient garde le silence, mais le d&#233;mon r&#233;pond, en grec ou en barbare, et dit quel il est, d'o&#249; il vient, et comment il est entr&#233; dans le corps de cet homme : c'est le moment qu'il choisit pour l'adjurer de sortir ; s'il r&#233;siste, il le menace et finit par le chasser. J'en ai vu moi-m&#234;me sortir un tout noir et &#224; la peau enfum&#233;e. - Il n'est pas extraordinaire, Ion, lui dis-je, que vous ayez vu cela, vous qui d&#233;couvrez les id&#233;es dont Platon, votre p&#232;re, vous enseigne que la perception est tr&#232;s obscure, &#224; cause de la faiblesse de nos yeux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ion, dit alors Eucrate, est-il le seul qui ait vu de pareilles sc&#232;nes ? Une foule de personnes n'ont-elles pas rencontr&#233; des d&#233;mons, les unes pendant la nuit, les autres en plein jour ? Pour moi, j'en ai vu, non pas une fois, mais dix mille. J'ai commenc&#233; par en &#234;tre fort effray&#233; : maintenant, j'y suis tellement accoutum&#233;, qu'il ne me semble plus voir rien d'extraordinaire, surtout depuis qu'un Arabe m'a fait pr&#233;sent d'un anneau fabriqu&#233; avec du fer pris &#224; des croix, et m'a enseign&#233; un enchantement compos&#233; de beaucoup de mots ; mais peut-&#234;tre ne me croirez-vous pas, Tychiade ? - Comment, lui r&#233;pondis-je, ne pas croire Eucrate, fils de Dinon, qui a le renom de sage, et qui, chez lui, dit avec une libert&#233; et une autorit&#233; compl&#232;tes tout ce que bon lui semble ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Eh bien ! reprit Eucrate, vous pourrez apprendre, non pas de moi seul, mais de tous les miens, l'histoire de la statue qui se fait voir, chaque nuit, &#224; tous les gens de la maison, enfants, jeunes gens, vieillards. - De quelle statue voulez-vous donc parler ? lui dis-je. - N'avez-vous pas vu, reprit-il, dans la cour, en entrant, cette belle statue, ouvrage du sculpteur D&#233;m&#233;trius ? - N'est-ce pas cet homme qui tient un disque, et qu'on voit courb&#233; dans l'attitude de le lancer ? Il a le visage tourn&#233; du c&#244;t&#233; de la main qui porte le disque, et, ployant doucement le genou, il semble pr&#234;t &#224; se relever d&#232;s qu'il l'aura jet&#233;. - Ce n'est pas celui-l&#224; ; le discobole dont vous voulez parler est une oeuvre de Myron. Ce n'est pas non plus le beau gar&#231;on qui est aupr&#232;s, et dont la t&#234;te est ceinte d'une bandelette : il est de Polycl&#232;te. Laissez toutes les statues qui sont &#224; droite, quand vous entrez, et parmi lesquelles se trouvent aussi les Tyrannicides de Critias et de Nestocl&#232;s. Avez-vous remarqu&#233;, pr&#232;s du jet d'eau, un personnage qui a le ventre saillant et la t&#234;te chauve ? Il est &#224; moiti&#233; nu ; le vent semble agiter quelques poils de sa barbe, il a les veines fortement accus&#233;es ; on dirait d'un homme, tant la ressemblance est parfaite : c'est de lui que je parle, et je crois que c'est P&#233;lichus, g&#233;n&#233;ral des Corinthi&#232;ns.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par Jupiter ! repris-je, j'ai effectivement remarqu&#233; cette statue, &#224; la droite de Saturne : elle avait des bandelettes, des couronnes s&#232;ches, et la poitrine couverte de feuilles d'or. - C'est moi, r&#233;pondit Eucrate, qui la lui ai dor&#233;e ainsi, pour m'avoir gu&#233;ri en trois jours d'une fi&#232;vre lente qui me minait. - Eh quoi ! le brave P&#233;lichus est-il donc aussi m&#233;decin ? - Certainement, et ne raillez pas, ou bien il ne tardera pas &#224; se venger de vous. Je sais, par exp&#233;rience, tout ce que peut cette statue dont vous vous moquez. Ne croyez-vous pas que, s'il est capable de gu&#233;rir la fi&#232;vre, il puisse aussi l'envoyer &#224; qui bon lui semble ? - Que cette statue, dis-je alors, qui ressemble tant &#224; un homme, nous soit donc bienveillante et propice ! Mais quelle est donc cette chose que vous lui voyez faire, vous et tous les gens de votre maison ? - Aussit&#244;t, me dit Eucrate, que l&#224; nuit arrive, il descend de la base sur laquelle-il est debout, et fait sa ronde dans le logis. Tout le monde le rencontre, parfois en train de chanter ; mais il n'a jamais fait de mal &#224; personne ; il faut seulement se d&#233;tourner de sa route, et il passe, sans g&#234;ner ceux qui le regardent. Souvent m&#234;me, il se baigne et fol&#226;tre toute la nuit, au point qu'on peut entendre le bruit de l'eau. - Prenez garde, repris-je : cette statue n'est sans doute pas celle de P&#233;lichus ; c'est plut&#244;t Talus le Cr&#233;tois, fils de Minos, homme d'airain, qui faisait le tour de la Cr&#232;te ; et quoique le v&#244;tre, Eucrate, ne soit pas d'airain, mais de bois, rien n'emp&#234;che que ce ne soit pas l'oeuvre de D&#233;m&#233;trius, mais une invention de D&#233;dale : d'autant plus qu'il s'enfuit aussi, dites-vous, de dessus sa base.&lt;br class='autobr' /&gt;
Craignez, Tychiade, me r&#233;pondit-il, d'avoir &#224; vous repentir, par la suite, de votre plaisanterie. Je sais ce qu'a souffert celui qui lui avait vol&#233; les oboles que nous lui offrons &#224; chaque n&#233;om&#233;nie. - Le ch&#226;timent a d&#251; &#234;tre bien terrible, reprit Ion ; car c'&#233;tait un sacril&#232;ge. - Comment la statue s'est-elle donc veng&#233;e, Eucrate ? Je voudrais bien le savoir, malgr&#233; l'incr&#233;dulit&#233; probable de Tychiade. - Il y avait, aux pieds de cette statue, continua Eucrate, une grande quantit&#233; d'oboles, plusieurs autres pi&#232;ces d'argent coll&#233;es &#224; sa cuisse avec de la cire et quelques feuilles du m&#234;me m&#233;tal, offrandes pay&#233;es par ceux que son pouvoir avait d&#233;livr&#233;s de la fi&#232;vre. Nous avions en ce moment un esclave libyen, mauvais sujet, qui soignait les chevaux. Il entreprit de d&#233;rober, pendant la nuit, les dons faits &#224; la statue, et, pour ex&#233;cuter son vol, il attendit le moment o&#249; elle &#233;tait descendue de sa base. A son retour, P&#233;lichus s'aper&#231;ut qu'on l'avait vol&#233;, et voyez comme il se vengea et fit prendre le Libyen en flagrant d&#233;lit. Le malheureux se mit &#224; errer le reste de la nuit par toute la cour, comme enferm&#233; dans un labyrinthe ; le jour parut, et il fut pris, ayant encore sur lui les pi&#232;ces qu'il avait prises. Convaincu de vol, il re&#231;ut une rude bastonnade, et, apr&#232;s avoir v&#233;cu quelque temps encore, le mis&#233;rable p&#233;rit mis&#233;rablement, fustig&#233;, disait-il, toutes les nuits, et si vigoureusement, que le lendemain on voyait son corps couvert de meurtrissures. Apr&#232;s cela, Tychiade, moquez-vous de P&#233;lichus et de moi-m&#234;me, comme d'un vieillard du temps de Minos, qui commence &#224; radoter. - Ma foi, Eucrate, lui r&#233;pondis-je, ce qui est d'airain est d'airain, et cette statue reste l'&#339;uvre de D&#233;m&#233;trius d'Alop&#233;ce, faiseur d'hommes et non pas de dieux : je n'aurai donc pas peur de votre statue de P&#233;lichus, dont je n'aurais pas beaucoup, de son vivant, redout&#233; les menaces.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s cette histoire, le m&#233;decin Antigonus prit la parole : &#034;J'avais aussi, dit-il &#224; Eucrate, un Hippocrate d'airain, haut environ d'une coud&#233;e. D&#232;s que la m&#232;che de la lampe &#233;tait &#233;teinte, il parcourait toute la maison avec grand bruit, renversant les boites, bouleversant les drogues, poussant les portes, surtout si nous diff&#233;rions de lui offrir le sacrifice que nous lui faisons chaque ann&#233;e. -Ainsi, repris-je, le m&#233;decin Hippocrate exige qu'on lui fasse un sacrifice, et il se f&#226;che, si au temps prescrit on ne le r&#233;gale pas de victimes accomplies ! Il me semble qu'il devrait &#234;tre content de quelque c&#233;r&#233;monie fun&#232;bre, d'une libation de lait et de miel, ou d'une couronne pos&#233;e sur sa t&#234;te.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;coutez, dit Eucrate, une chose, que j'ai vue, il y a cinq ans, et que je garantis sur t&#233;moins. On &#233;tait dans la saison des vendanges ; vers le milieu du jour, je laisse mes vendangeurs dans ma vigne et m'en vais seul, m&#233;ditant et r&#233;fl&#233;chissant, me promener dans un bois. Arriv&#233; &#224; un endroit touffu, j'entends aboyer des chiens. Je pense d'abord que, suivant son habitude, Mnason, mon fils, pour se divertir &#224; la chasse, s'est enfonc&#233; dans le fourr&#233; avec ses compagnons. Mais ce n'&#233;tait pas cela du tout : quelques instants apr&#232;s, la terre tremble, une voix de tonnerre se fait entendre, et je vois une femme d'un aspect effrayant s'avancer vers moi. Sa taille &#233;tait haute de pr&#232;s d'un demi-stade : elle tenait un flambeau de la main gauche, et de la droite une &#233;p&#233;e, longue d'environ vingt coud&#233;es. Par le bas, elle avait les pieds faits en serpents, et par en haut elle ressemblait &#224; une Gorgone, c'est-&#224;-dire qu'elle avait un regard terrible, &#224; faire fr&#233;mir ; qu'au lieu de cheveux des dragons pendaient en grappes ou se roulaient en spirales sur son cou et sur ses &#233;paules. Voyez, mes amis, ajouta-t-il, comme, au seul r&#233;cit, j'en frissonne de frayeur.&#034; Et, en disant ces mots, Eucrate montrait &#224; toute l'assembl&#233;e les poils de son bras h&#233;riss&#233;s par la terreur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant Ion, Dinomaque et Cl&#233;od&#232;me l'&#233;coutaient, la bouche ouverte et l'&#339;il fixe ; ces vieillards, qu'Eucrate menait par le nez, semblaient pr&#234;ts &#224; adorer ce colosse incroyable, cette femme d'un demi-stade, cette esp&#232;ce d'&#233;pouvantail gigantesque. Je me dis alors en moi-m&#234;me que ces hommes, qui enseignent la sagesse aux jeunes gens et qu'admire tant la multitude, ne diff&#232;rent des enfants au maillot que par leur barbe et leurs cheveux gris ; plus faciles d'ailleurs &#224; se laisser prendre aux mensonges.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dinomaque, prenant alors la parole : &#034;Dites-moi donc, Eucrate, de quelle taille &#233;taient les chiens de cette d&#233;esse. - Ils &#233;taient, dit Eucrate, plus hauts que des &#233;l&#233;phants indiens, noirs comme eux, velus, couverts d'un poil sale et d&#233;go&#251;tant. D&#232;s que j'aper&#231;us ce fant&#244;me, je m'arr&#234;tai, et tournai en dedans le chaton de la bague dont l'oracle m'avait fait pr&#233;sent. Alors H&#233;cate, frappant la terre de son pied de serpent, produisit une ouverture &#233;norme, aussi large que le Tartare, se plongea aussit&#244;t dans ce gouffre et disparut. Remis de ma frayeur, je me penchai en me tenant &#224; un arbre, de peur que, pris de vertige, je ne vinsse &#224; tomber la t&#234;te la premi&#232;re. Je vis alors tout ce qu'il y a dans les Enfers, le Pyriphl&#233;g&#233;thon, le lac, Cerb&#232;re, les morts, au point m&#234;me d'en reconna&#238;tre quelques-uns. Ainsi, je distinguai parfaitement mon p&#232;re, encore couvert des m&#234;mes v&#234;tements dans lesquels nous l'avions enseveli. - Et que faisaient les &#226;mes ? dit alors Ion. - Que voulez-vous qu'elles fissent ? Rang&#233;es par tribus et par phratries elles passent leur temps, couch&#233;es sur les pr&#233;s d'asphod&#232;le avec leurs amis et leurs parents. - Que les &#201;picuriens, reprit Ion, viennent donc &#224; pr&#233;sent contredire le divin Platon et sa doctrine sur les &#226;mes. Mais avez-vous vu Socrate et Platon parmi les morts ? -J'ai vu Socrate, r&#233;pondit Eucrate, mais pas tr&#232;s nettement : j'ai seulement jug&#233; que c'&#233;tait lui, &#224; son gros ventre et &#224; sa t&#234;te chauve. Quant &#224; Platon, je ne l'ai pas reconnu, car il ne faut pas mentir avec les amis. Lorsque j'eus consid&#233;r&#233; tout avec attention, le gouffre se ferma. Quelques-uns de mes esclaves, qui me cherchaient, et parmi eux Pyrrhias que voici, arriv&#232;rent avant qu'il f&#251;t totalement ferm&#233;. Pyrrhias ! est-ce bien la v&#233;rit&#233; ? - Oh ! oui, par Jupiter ; j'ai m&#234;me entendu des aboiements sortir du gouffre, et il m'a sembl&#233; voir la lueur d'un flambeau.&#034; Je ne pus m'emp&#234;cher de rire, en entendant ce t&#233;moin ajouter la lueur du flambeau et les aboiements.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce fut le tour de Cl&#233;od&#232;me : &#034; Ce que vous avez vu, Eucrate, dit-il, n'est pas nouveau, et d'autres, comme vous, l'ont pu voir, puisque moi-m&#234;me, &#233;tant malade, j'eus, il y a peu de temps, un spectacle pareil. Antigonus, que voici, me faisait visite et me soignait. Le septi&#232;me jour, la fi&#232;vre &#233;tait devenue plus chaude qu'un incendie. On m'avait laiss&#233; seul ; la porte de ma chambre &#233;tait ferm&#233;e, et mes domestiques attendaient dehors. Vous l'aviez ainsi prescrit, Antigonus, pour qu'il me f&#251;t possible de dormir. Alors un jeune homme, d'une rare beaut&#233;, v&#234;tu de blanc, se pr&#233;sente &#224; mes yeux bien &#233;veill&#233;s ; il m'ordonne de me lever, et me conduit dans les Enfers &#224; travers un gouffre profond. A peine entr&#233;, je reconnais Tantale, Tityus et Sisyphe. Que vous dirai-je ? J'arrivai au tribunal : l&#224; se tenaient &#201;aque, Charon, les Parques et les Furies : une esp&#232;ce de roi. Pluton apparemment, &#233;tait assis sur un tr&#244;ne : il pronon&#231;a les noms de ceux qui devaient bient&#244;t mourir et qui &#233;taient rest&#233;s dans le monde au del&#224; du terme prescrit. Le jeune homme, me prenant aussit&#244;t la main, me pr&#233;sente &#224; Pluton, qui, se f&#226;chant contre mon conducteur : &#034;Son fil n'est pas encore compl&#232;tement employ&#233;,&#034; s'&#233;crie-t-il : &#034;qu'il s'en aille ; mais am&#232;ne-moi le forgeron D&#233;myle ; il vit plus que ne le comporte son fuseau.&#034; Je m'enfuis &#224; l'instant, plein de joie ; la fi&#232;vre m'avait quitt&#233;. J'annon&#231;ai &#224; tout le monde que D&#233;myle &#233;tait sur le point de mourir. Il demeurait dans notre voisinage. On me dit qu'il &#233;tait malade, et quelque temps apr&#232;s nous entend&#238;mes les lamentations de ceux qui le pleuraient.&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'y a-t-il d'&#233;tonnant &#224; cela ? dit alors Antigonus. Je connais bien un homme qui est ressuscit&#233; vingt jours apr&#232;s qu'on l'eut enterr&#233;. Je l'ai soign&#233; avant sa mort, et depuis qu'il est revenu &#224; la vie. - Et comment, lui dis-je, son corps n'a-t-il pas pourri pendant ces vingt jours, et n'est-il pas mort de faim, &#224; moins que vous n'ayez soign&#233; l&#224; un autre Epim&#233;nide ?&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur ces entrefaites, les fils d'Eucrate rentr&#232;rent de la palestre :l'un &#233;tait d&#233;j&#224; un grand jeune homme, l'autre avait &#224; peu pr&#232;s quinze ans. Apr&#232;s nous avoir salu&#233;s, ils s'assirent si le lit aupr&#232;s de leur p&#232;re, et l'on m'apporta un si&#232;ge. Alors Eucrate, comme si la vue de ses fils lui e&#251;t rappel&#233; quelque souvenir : &#034;Puiss&#233;-je, dit-il en &#233;tendant la main sur eux, &#234;tre aussi heureux par ces enfants que ce que je vais vous dire, Tychiade est v&#233;ritable ! Personne n'ignore combien je ch&#233;rissais leur m&#232;re, ma femme, d'heureuse m&#233;moire. J'en ai donn&#233; des preuves par tout ce que j'ai fait pour elle de son vivant et depuis qu'elle n'est plus. A sa mort, je br&#251;lai sur son b&#251;cher toutes les parures, tous les v&#234;tements qu'elle se plaisait &#224; porter durant sa vie. Sept jours apr&#232;s son d&#233;c&#232;s, j'&#233;tais couch&#233; sur ce lit, comme aujourd'hui, cherchant quelque consolation &#224; ma douleur, et lisant silencieusement le Trait&#233; de Platon sur l'immortalit&#233; de l'&#226;me. Tout &#224; coup D&#233;m&#233;n&#232;te elle-m&#234;me entre et vient s'asseoir aupr&#232;s de moi, dans l'attitude o&#249; vous voyez &#224; pr&#233;sent Eucratide.&#034; Il montrait en m&#234;me temps le plus jeune de ses fils, qui se mit &#224; frissonner comme un enfant et devint tout p&#226;le &#224; ce r&#233;cit. &#034;Pour moi, reprit Eucrate, d&#232;s que je la vois, je la serre entre mes bras et je fonds en larmes. Mais elle, interrompant mes plaintes, m'adresse des reproches de ce que lui ayant fait une offrande de tout ce qui lui avait appartenu, je n'avais pas jet&#233; dans le feu l'une de ses deux pantoufles, qui &#233;taient d'&#233;toffe d'or. Elle me dit que cette pantoufle &#233;tait tomb&#233;e derri&#232;re un coffre ; et, en effet, comme nous ne l'avions pas trouv&#233;e, nous nous &#233;tions content&#233;s de br&#251;ler l'autre. Nous parlions- encore, lorsqu'une mis&#233;rable petite chienne de M&#233;lite, qui &#233;tait sous le lit, se mit &#224; aboyer, et ma femme disparut. Cependant la pantoufle fut trouv&#233;e sous le coffre, et on la br&#251;la le lendemain.&lt;br class='autobr' /&gt;
Croyez-vous encore, Tychiade, que l'on doive refuser sa cr&#233;ance &#224; des visions aussi claires, et qui se reproduisent tous les jours ? - Non, par Jupiter, lui r&#233;pondis-je ; ceux qui ne voudraient pas y croire, et qui s'armeraient d'une telle impudence contre la v&#233;rit&#233;, m&#233;riteraient bien, comme les enfants, de recevoir des coups de pantoufle dor&#233;e sur les fesses.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
En ce moment arrive Arignotus le Pythagoricien, aux longs cheveux, &#224; l'air respectable. Tu te connais ; c'est un personnage renomm&#233; par sa sagesse et qu'on a surnomm&#233; le divin. En le voyant, je respirai ; je pensais, en effet, qu'il venait comme une hache pour saper tant de mensonges. &#034;Ce sage, me disais-je en moi-m&#234;me, va clore la bouche &#224; tous ces conteurs de prodiges ; il me fait l'effet d'un dieu qui roule ici, comme on dit, sur sa machine : c'est la fortune qui l'envoie.&#034; Il s'assied, et Cl&#233;od&#232;me lui fait place : il demande d'abord des nouvelles du malade, et, apprenant d'Eucrate m&#234;me qu'il se sentait mieux : &#034; De quoi donc, dit-il, vous entreteniez-vous tout &#224; l'heure ? En entrant, je vous ai entendu parler, et il m'a sembl&#233; que la conversation &#233;tait parfaitement &#233;tablie. - Que faire autre chose, reprit Eucrate, que de persuader &#224; cet homme de diamant (il me montrait) qu'il y a des d&#233;mons, des fant&#244;mes, des &#226;mes des morts qui reviennent sur la terre, et se montrent &#224; ceux qui le veulent ?&#034; Ce discours me fit rougir, et je baissai la t&#234;te par d&#233;f&#233;rence pour Arignotus. &#034;Prenez garde, Eucrate, reprit-il, Tychiade, veut peut-&#234;tre dire qu'on voit seulement errer les &#226;mes de ceux qui sont morts d'une mani&#232;re violente : par exemple, si un homme s'est pendu, s'il a eu la t&#234;te tranch&#233;e, s'il a &#233;t&#233; empal&#233;, ou qu'il soit mort par tout autre moyen pareil ; mais qu'&#224; l'&#233;gard des &#226;mes de ceux qui sont morts naturellement, il n'en est point ainsi. Si c'est l&#224; ce qu'il dit, on ne doit pas tout &#224; fait le rejeter. - Par Jupiter ! s'&#233;crie Dinomaque, ce n'est pas cela du tout : il nie compl&#232;tement ces faits et soutient que rien de tel ne s'est jamais vu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Que dites-vous ? reprit Arignotus en me regardant de travers. Vous pr&#233;tendez que rien de cela n'est possible, quand tout le monde, pour ainsi dire, atteste l'avoir vu ! - Vous plaidez ici ma cause, r&#233;pondis-je ; si je ne crois pas, c'est que, seul entre tous, je n'ai pas vu ; si je voyais, je croirais comme vous. - Eh bien, reprit-il, si jamais vous allez &#224; Corinthe, demandez o&#249; est la maison d'Eubatide, et, quand on vous l'aura montr&#233;e, pr&#232;s du Cranium, entrez-y, et dites au portier Tibius que vous voulez voir l'endroit d'o&#249; le philosophe pythagoricien Arignotus a chass&#233; un d&#233;mon, en faisant creuser une fosse, et savoir comment il a rendu la maison pour toujours habitable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'&#233;tait-ce donc, Arignotus ? demanda Eucrate. - Cette maison, continua-t-il, &#233;tait abandonn&#233;e depuis longtemps, &#224; cause des frayeurs qu'elle inspirait. Si l'on venait s'y installer, on &#233;tait frapp&#233; de coups, et forc&#233; de s'enfuir, poursuivi par un fant&#244;me effrayant et &#233;pouvantable. Elle tombait donc en ruine ; le toit &#233;tait d&#233;fonc&#233;, et il ne se trouvait absolument personne qui e&#251;t le courage d'y demeurer. Aussit&#244;t que j'en eus entendu parler, je prends quelques livres (j'en ai un grand nombre d'&#233;gyptiens, compos&#233;s sur ces mati&#232;res), et je me rends &#224; cette maison, vers l'heure du premier sommeil, malgr&#233; les instances de mon h&#244;te, qui, ayant appris mon dessein, s'effor&#231;ait de m'en d&#233;tourner et me retenait presque par mes habits pour m'emp&#234;cher de courir &#224; une perte qu'il croyait certaine. Pour moi, je me saisis d'une lampe, j'entre seul, je pose ma lumi&#232;re dans la plus grande chambre, et je me mets tranquillement &#224; lire, assis par terre. Bient&#244;t le d&#233;mon arrive, me prenant sans doute pour un homme comme un autre, et se flattant de m'effrayer aussi : il &#233;tait sale, avec de longs cheveux, et plus noir que les t&#233;n&#232;bres. Il se place devant moi, cherche de tous c&#244;t&#233;s &#224; m'assaillir, afin de me vaincre, et se change successivement en chien, en taureau et en lion. J'emploie de mon c&#244;t&#233; le plus terrible de mes enchantements, je lui parle &#233;gyptien ; et, par la force de mon art, je le repousse dans le coin le plus obscur de la chambre ; puis, apr&#232;s avoir remarqu&#233; l'endroit o&#249; il avait disparu, je me repose le reste de la nuit. Le lendemain matin, lorsque tout le monde, d&#233;sesp&#233;r&#233;, s'attendait &#224; me trouver mort, ainsi que tous les autres, on fut on ne peut plus surpris en me voyant sortir. J'allai chez Eubatide lui annoncer la bonne nouvelle, qu'il pourrait d&#233;sormais habiter sans crainte sa maison purifi&#233;e. Je le pris ensuite avec moi, et, suivi d'une foule de personnes attir&#233;es par cette aventure extraordinaire, je le menai &#224; l'endroit m&#234;me o&#249; j'avais vu le spectre s'ab&#238;mer. Je l'engageai &#224; faire prendre &#224; ses gens des b&#234;ches et des hoyaux, et &#224; se mettre &#224; fouiller. On le fit, et l'on d&#233;couvrit &#224; une brasse de profondeur un cadavre d&#233;j&#224; ancien et qui n'avait plus que les os. Nous lui donn&#226;mes la s&#233;pulture, et, depuis lors, la maison cessa d'&#234;tre infest&#233;e par des fant&#244;mes.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque Arignotus, cet homme d'une sagesse divine, ce philosophe que tout le monde r&#233;v&#232;re, eut racont&#233; cette histoire, il n'y eut plus personne dans la compagnie quine m'accus&#226;t de la d&#233;mence la plus compl&#232;te, de ne vouloir pas croire &#224; de pareils ph&#233;nom&#232;nes, attest&#233;s par un Arignotus. Pour moi, sans redouter sa chevelure ni l'opinion qu'on avait de lui : &#034;Eh quoi ! lui dis-je, Arignotus, &#234;tes-vous donc aussi de ces hommes qui n'offrent que la seule esp&#233;rance de la v&#233;rit&#233;, et qui sont pleins de fum&#233;e et de visions fantastiques ? Vous v&#233;rifiez ce proverbe : &#034;Notre tr&#233;sor n'est pas du charbon.&#034; - Eh bien, reprit-il, puisque vous ne croyez ni &#224; mes discours ni &#224; ceux de Dinomaque, de Cl&#233;od&#232;me et d'Eucrate, citez-nous donc un homme plus digne de foi sur cette mati&#232;re et qui nous contredise compl&#232;tement. Par Jupiter, lui r&#233;pondis-je ; je vous citerai l'illustre citoyen d'Abd&#232;re, le fameux D&#233;mocrite : il &#233;tait si fortement convaincu qu'il ne peut exister rien de semblable, que, s'&#233;tant enferm&#233; dans un tombeau situ&#233; hors des portes de la ville, il y restait nuit et jour, travaillant &#224; composer et &#224; &#233;crire ses ouvrages. Alors des jeunes gens, qui voulaient l'effrayer et rire &#224; ses d&#233;pens, s'affubl&#232;rent de v&#234;tements noirs, comme des morts, se mirent sur la figure des masques qui ressemblaient &#224; des cr&#226;nes, et vinrent danser en rond autour de lui, en faisant mille gambades. Mais le philosophe, sans se laisser intimider par leur d&#233;guisement, sans m&#234;me lever les yeux sur eux, et continuant toujours d'&#233;crire : &#034;Tr&#234;ve &#224; vos plaisanteries,&#034; leur dit-il, tant il &#233;tait fermement persuad&#233; que nos &#226;mes ne sont plus rien quand elles sont hors de nos corps. - Ce que vous dites l&#224;, reprit Eucrate, prouve que D&#233;mocrite &#233;tait un homme sans jugement, s'il a pens&#233; de cette mani&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Moi, je vais vous raconter un fait qui m'est arriv&#233;, et que je ne tiens pas d'un autre. Peut-&#234;tre, en l'entendant, Tychiade, serez-vous forc&#233; de rendre hommage &#224; la v&#233;rit&#233; de mon r&#233;cit. Lorsque, dans ma jeunesse, je vivais en &#201;gypte, o&#249; mon p&#232;re m'avait envoy&#233; pour m'instruire dans les sciences, il me prit envie de remonter le Nil jusqu'&#224; Coptos, et d'aller de l&#224; voir la statue de Memnon, afin d'entendre ce son merveilleux qu'elle rend aux premiers rayons du soleil levant. Je l'entendis, non pas, comme le commun des hommes, rendre un son inarticul&#233; ; Memnon lui-m&#234;me ouvrit la bouche pour moi et me rendit un oracle en sept vers, qu'il serait inutile de vous r&#233;citer.&lt;br class='autobr' /&gt;
En remontant le fleuve, il se trouva parmi nous un citoyen de Memphis, l'un des scribes sacr&#233;s, homme admirable par son savoir et vers&#233; dans toute la doctrine des &#201;gyptiens. On me dit m&#234;me qu'il &#233;tait rest&#233; pendant vingt-trois ans dans les sanctuaires souterrains, o&#249; Isis l'avait initi&#233; aux myst&#232;res de la magie. - Vous voulez parler de Pancrat&#232;s, mon ma&#238;tre, dit Arignotus, un homme divin, ras&#233;, v&#234;tu de lin, toujours en m&#233;ditation, parlant tr&#232;s purement le grec, fort grand, camus, les l&#232;vres &#233;paisses, et les jambes gr&#234;les ? - C'est bien lui, reprit Eucrate, c'est Pancrat&#232;s ! D'abord j'ignorais quel il pouvait &#234;tre ; mais, en le voyant, toutes les fois que le navire rel&#226;chait, faire une infinit&#233; de prodiges, monter &#224; cheval sur les crocodiles, nager au milieu des b&#234;tes farouches, qui s'inclinaient devant lui et le caressaient de leur queue, je reconnus que c'&#233;tait un mortel sacr&#233;, je cherchai &#224; me faire bien venir aupr&#232;s de lui, et je parvins &#224; m'insinuer dans son amiti&#233; au point qu'il me communiqua tous ses secrets. A la fin, il m'engage &#224; laisser mes esclaves &#224; Memphis et &#224; le suivre seul, me disant que nous ne manquerions pas de serviteurs. En effet, voici ce que nous faisions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque nous arrivions dans une h&#244;tellerie, mon homme, saisissant la barre de la porte, un balai ou un pilon, lui mettait un habit, et, pronon&#231;ant sur lui une formule magique, le faisait marcher et prendre par tout le monde pour un homme. Ce domestique allait nous puiser de l'eau, faisait la cuisine, rangeait les meubles et se montrait en tout serviteur intelligent et actif. Lorsque ensuite Pancrat&#232;s n'avait plus besoin de ses services, par un second enchantement, il le rendait de nouveau balai, s'il avait &#233;t&#233; balai ; pilon, s'il avait &#233;t&#233; pilon. Quelque d&#233;sir que j'eusse d'apprendre ce secret, je ne pus l'obtenir de l'&#201;gyptien. Il s'en montrait, fort jaloux, quoique, dans. tout le reste, il en us&#226;t avec moi sans r&#233;serve. Un jour, cependant, cach&#233; dans un coin obscur, j'entendis, &#224; son insu, la formule, magique. C'&#233;tait un mot compos&#233; de trois syllabes. Pancrat&#232;s sortit pour se rendre &#224; la place publique, apr&#232;s avoir command&#233; au pilon ce qu'il avait &#224; faire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le lendemain, pendant que mon &#201;gyptien &#233;tait occup&#233; sur la place publique, je prends le pilon, je l'habille, je prononce les trois syllabes magiques. et je lui ordonne d'aller puiser de l'eau. Il m'en apporte une amphore toute pleine. &#034;En voil&#224; assez,&#034;lui dis-je, &#034;n'apporte plus d'eau, redeviens pilon.&#034; Mais le voil&#224; qui refuse de m'ob&#233;ir ; il continue d'apporter de l'eau et en remplit toute la maison. Je ne savais que faire : je craignais que Pancrat&#232;s ne se f&#226;ch&#226;t &#224; son retour, ce qui arriva, en effet. Je saisis donc une hache, et je coupe le pilon en deux. Aussit&#244;t chaque morceau de bois prend une amphore et va puiser de l'eau. Au lieu d'un domestique, j'en avais deux. Sur ces entrefaites Pancrat&#232;s revient, devine ais&#233;ment ce qui s'est pass&#233;, et change en bois mes porteurs d'eau, comme ils &#233;taient avant l'enchantement. Seulement, quelques jours apr&#232;s, il me laisse l&#224; sans que je m'en aper&#231;oive et sans que j'aie pu savoir ce qu'il &#233;tait devenu. - Et maintenant encore :, s'&#233;cria Dinomaque, vous savez donc encore faire un homme d'un pilon ? - Oui, vraiment, par Jupiter, dit Eucrate, ou du moins &#224; moiti&#233;, car je ne pourrais pas le rappeler &#224; la premi&#232;re forme, et, si j'en faisais un porteur d'eau, je courrais risque de voir ma maison inond&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne cesserez-vous pas, dis-je alors, de raconter des absurdit&#233;s pareilles, vous, des vieillards ? Si vous y tenez, remettez au moins &#224; un autre temps, par &#233;gard pour les jeunes gens que voici, le r&#233;cit de vos histoires incroyables ou effrayantes. Prenez garde de leur remplir la t&#234;te, sans le vouloir, de frayeurs et de fables &#233;tranges. M&#233;nagez la jeunesse, et ne l'accoutumez pas &#224; de semblables aventures, dont l'impression troublerait, pour tout le reste de la vie, la tranquillit&#233; de son &#226;me et la rendrait pusillanime et superstitieuse.&lt;br class='autobr' /&gt;
A propos de superstition, dit Eucrate, vous me rappelez tout &#224; point un trait singulier. Mais que vous semble, Tychiade, des oracles, des proph&#233;ties, de ces vers que r&#233;citent &#224; grands cris des hommes inspir&#233;s par un dieu, de ceux que l'on entend sortir du fond du sanctuaire, ou que prononce la pr&#234;tresse pour r&#233;v&#233;ler l'avenir ? Il est probable que vous n'y croyez pas davantage ? Eh bien, moi, je poss&#232;de un anneau sacr&#233;, dont la pierre grav&#233;e repr&#233;sente un Apollon, et cet Apollon me parle ; mais je ne vous dirai pas cela, pour ne pas avoir l'air de me vanter de choses incroyables. Je me contente de vous raconter ce que j'ai entendu et vu dans le temple d'Amphiloque, &#224; Malle, o&#249; la statue de ce h&#233;ros a r&#233;ellement convers&#233; avec moi et m'a donn&#233; des conseils sur mes affaires ; puis, je vous rapporterai ce que j'ai vu &#224; Pergame et entendu &#224; Patare. Lorsque je revenais d'&#201;gypte dans ma patrie, on me dit que l'oracle de Malle &#233;tait le plus c&#233;l&#232;bre et le plus v&#233;ridique, qu'il r&#233;pondait clairement, mot pour mot, &#224; ce qu'on &#233;crivait sur des tablettes remises entre les mains du proph&#232;te ; je crus donc n'avoir rien de mieux &#224; faire que d'&#233;prouver l'oracle et de consulter le dieu de l'avenir.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Eucrate en &#233;tait l&#224;, lorsque, voyant o&#249; il allait en arriver, et que ce n'&#233;tait pas pour rien qu'il avait fait un si long prologue de trag&#233;die sur les oracles, ne voulant pas d'ailleurs jouer le personnage d'un &#233;ternel contradicteur, je le laissai naviguant encore d'&#201;gypte &#224; Malle. Je sentais, du reste, que la pr&#233;sence d'un adversaire, qui r&#233;futait tous leurs mensonges, ne leur &#233;tait point agr&#233;able : &#034;Je sors, leur dis-je, pour aller retrouver L&#233;ontichus, auquel j'ai quelque chose de pressant &#224; communiquer. Pour vous, que les choses humaines ne peuvent satisfaire, priez les dieux de vous aider &#224; raconter vos prodiges.&#034; Cela dit, je sortis. Je ne doute pas que, profitant de la libert&#233; que leur laissait mon d&#233;part, ils ne se soient remis &#224; leur r&#233;gal et ne s'en soient donn&#233; &#224; c&#339;ur joie de leurs mensonges. Voil&#224;, mon cher Philocl&#232;s, ce que je viens d'entendre chez. Eucrate. Par Jupiter, je suis comme les gens qui ont bu trop de vin doux ; j'ai l'estomac charg&#233;, et j'ai besoin de vomir. Je payerais volontiers fort cher un m&#233;dicament qui e&#251;t la vertu de me faire oublier tous ces r&#233;cits : je crains que ce souvenir, en s&#233;journant dans ma m&#233;moire, ne me joue quelque mauvais tour. D&#233;j&#224; je ne vois plus que fant&#244;mes, spectres, d&#233;mons, H&#233;cates.&lt;br class='autobr' /&gt;
PHILOCL&#200;S&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est aussi, Tychiade, l'effet que m'a produit ta narration. Ceux qui sont mordus par des chiens enrag&#233;s ne sont pas, dit-on, les seuls qui enragent et deviennent hydrophobes ; si celui qui a &#233;t&#233; mordu mord quelqu'un &#224; son tour, cette morsure a le m&#234;me effet que celle du chien et cause &#233;galement l'hydrophobie. Tu as &#233;t&#233; mordu chez Eucrate par une foule de mensonges, et tu m'as communiqu&#233; ta morsure : tu m'as rempli l'&#226;me de d&#233;mons.&lt;br class='autobr' /&gt;
TYCHIADE&lt;br class='autobr' /&gt;
Rassurons-nous, mon doux ami ; nous avons un puissant antidote contre cette maladie ; c'est la v&#233;rit&#233; et la droite raison. Usons-en, et nous ne serons troubl&#233;s par aucun de ces vains et ridicules mensonges.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Engels sur la dialectique de la nature</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article8751</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.org/spip.php?article8751</guid>
		<dc:date>2026-03-30T22:55:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Engels</dc:subject>
		<dc:subject>Dialectic - Dialectique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le texte de Engels : &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.marxists.org/francais/engels/works/1883/00/engels_dialectique_nature.pdf &lt;br class='autobr' /&gt;
Introduction &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4546 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article35 &lt;br class='autobr' /&gt;
Lire aussi : &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6947 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article308 &lt;br class='autobr' /&gt;
George Novack : &#034;Engels sur la dialectique de la nature&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;veloppement id&#233;ologique de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique15" rel="directory"&gt;Chapter 10 : Natural and social dialectic - Dialectique naturelle et sociale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;Engels&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Dialectic - Dialectique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le texte de Engels :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1883/00/engels_dialectique_nature.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1883/00/engels_dialectique_nature.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Introduction&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4546&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4546&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article35&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article35&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6947&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6947&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article308&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article308&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;George Novack : &#034;Engels sur la dialectique de la nature&#034;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement id&#233;ologique de tout mouvement social a suivi le cours d&#233;termin&#233; par les conditions mat&#233;rielles de son existence. L'&#233;volution de la pens&#233;e scientifique sous les auspices prol&#233;tariens a &#233;t&#233; &#224; l'oppos&#233; de celle sous les auspices bourgeois. Cette diff&#233;rence de d&#233;veloppement est n&#233;e des diff&#233;rentes n&#233;cessit&#233;s sociales auxquelles les deux classes r&#233;volutionnaires ont &#233;t&#233; confront&#233;es au d&#233;but de leur carri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ligne principale de la pens&#233;e bourgeoise s'est &#233;tendue des sciences naturelles aux sciences sociales. Les premiers philosophes bourgeois se pr&#233;occupaient avant tout de promouvoir la connaissance de la nature par l'homme apr&#232;s le long sommeil du Moyen &#194;ge. Ils n'avaient aucun int&#233;r&#234;t &#224; r&#233;former la soci&#233;t&#233; selon des principes bourgeois. Ils ont con&#231;u de nouvelles m&#233;thodes intellectuelles pour accro&#238;tre le pouvoir de l'homme sur la nature plut&#244;t que pour diminuer le pouvoir de l'homme sur l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lord Bacon, l'anc&#234;tre de l'empirisme anglais, a d&#233;lib&#233;r&#233;ment tourn&#233; le dos aux controverses religieuses, dans lesquelles se sont alors manifest&#233;es pour la premi&#232;re fois de grandes luttes politiques, pour enqu&#234;ter sur le fonctionnement de la nature. Descartes, fondateur du rationalisme moderne, opposait &#224; la st&#233;rile philosophie &#171; sp&#233;culative &#187; des scolastiques sa propre &#171; philosophie pratique &#187;, qui ferait de l'homme &#171; ma&#238;tre et possesseur de la nature &#187; et lui permettrait de &#171; jouir sans peine des fruits de la nature &#187;. la terre et tout son confort. Newton a donn&#233; une forme classique &#224; la physique un si&#232;cle et demi avant que Ricardo n'effectue la m&#234;me t&#226;che pour l'&#233;conomie bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Causes mat&#233;rielles de l'&#233;volution intellectuelle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet ordre de d&#233;veloppement n'&#233;tait pas accidentel. La t&#226;che principale de la bourgeoisie &#224; cette &#233;poque &#233;tait d'augmenter les forces productives, augmentant ainsi sa propre richesse et son pouvoir. La pens&#233;e scientifique du mouvement prol&#233;tarien, en revanche, a progress&#233; des sciences sociales vers les sciences naturelles. Cela non plus n'&#233;tait pas sans raison suffisante. La t&#226;che urgente du prol&#233;tariat sous domination capitaliste consistait moins &#224; accro&#238;tre les forces productives de la soci&#233;t&#233;, comme la bourgeoisie &#233;tait oblig&#233;e de le faire sous le r&#233;gime f&#233;odal, qu'&#224; lib&#233;rer les forces productives d&#233;j&#224; tr&#232;s d&#233;velopp&#233;es de la main morte de la propri&#233;t&#233; et du contr&#244;le capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci explique pourquoi le marxisme, la m&#233;thode scientifique du mouvement prol&#233;tarien r&#233;volutionnaire, a concentr&#233; son attention, dans la premi&#232;re phase de son activit&#233;, sur la solution des probl&#232;mes historiques, sociaux et &#233;conomiques. La n&#233;cessit&#233; pratique exigeait que les probl&#232;mes th&#233;oriques les plus urgents dans le domaine des ph&#233;nom&#232;nes sociaux soient r&#233;solus en premier. Bien que la th&#233;orie du mat&#233;rialisme dialectique soit essentiellement un syst&#232;me de pens&#233;e universel, englobant &#224; la fois la nature et la soci&#233;t&#233;, son application d&#233;taill&#233;e aux probl&#232;mes th&#233;oriques des sciences naturelles a d&#251; &#234;tre report&#233;e &#224; un examen ult&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx, Engels et les sciences naturelles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cr&#233;ateurs du mat&#233;rialisme dialectique &#233;taient parfaitement conscients des lacunes de leur travail th&#233;orique. Marx esp&#233;rait &#233;crire un manuel de dialectique apr&#232;s avoir achev&#233; Le Capital . Dans les derni&#232;res ann&#233;es de sa vie, Engels a r&#233;alis&#233; une &#233;tude approfondie des math&#233;matiques et des sciences naturelles en reconstruisant leurs fondements th&#233;oriques &#224; l'aide de la dialectique mat&#233;rialiste, tout comme lui et Marx avaient auparavant r&#233;volutionn&#233; les sciences sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Marx et moi &#187;, &#233;crivait-il dans la deuxi&#232;me pr&#233;face d' Anti-Duehring , &#171; &#233;tions &#224; peu pr&#232;s les seuls &#224; avoir sauv&#233; la dialectique consciente de la philosophie id&#233;aliste allemande et &#224; l'appliquer dans la conception mat&#233;rialiste de la nature et de l'histoire. Mais la connaissance des math&#233;matiques et des sciences naturelles est essentielle &#224; une conception de la nature &#224; la fois dialectique et mat&#233;rialiste. Marx connaissait bien les math&#233;matiques, mais nous ne parvenions que partiellement, par intermittence et sporadiquement, &#224; suivre le rythme des sciences naturelles. C'est pourquoi, lorsque j'ai pris ma retraite des affaires et que j'ai transf&#233;r&#233; ma maison &#224; Londres, me permettant ainsi d'y consacrer le temps n&#233;cessaire, j'ai subi une &#171; mue &#187; aussi compl&#232;te que possible, comme l'appelle Liebig, en math&#233;matiques et en sciences naturelles. , et j'y ai pass&#233; la majeure partie de huit ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Anti-D&#252;hring fut le premier fruit de ce travail ; Dialectique de la nature la derni&#232;re. Si l'Anti-Duehring reste le meilleur expos&#233; de la philosophie du mat&#233;rialisme dialectique, la Dialectique de la nature , malgr&#233; son caract&#232;re fragmentaire, doit d&#233;sormais &#234;tre lue comme son compl&#233;ment indispensable. Engels n'a pas pu terminer ce travail en raison du travail &#233;norme qu'exigeait l'&#233;dition et la publication du Capital (voici une preuve directe de l'interf&#233;rence des sciences sociales dans le progr&#232;s des sciences naturelles !) et d'autres t&#226;ches li&#233;es au mouvement r&#233;volutionnaire. Le pr&#233;sent volume se compose de six chapitres plus ou moins compl&#233;t&#233;s ainsi que d'une liasse de notes isol&#233;es et d'articles s&#233;par&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'il ait fallu plus de soixante ans pour que le manuscrit d'Engels paraisse en anglais, il arrive &#224; un moment opportun. Voici un moyen suppl&#233;mentaire d'&#233;duquer les &#233;tudiants qui ont ressenti le besoin d'approfondir les bases th&#233;oriques du marxisme et de r&#233;pondre aux critiques qui ont demand&#233; de savoir comment les doctrines et les m&#233;thodes du mat&#233;rialisme dialectique peuvent &#234;tre appliqu&#233;es aux probl&#232;mes des sciences naturelles. . Sans aucun doute, la nouvelle &#233;cole des r&#233;visionnistes petits-bourgeois, dont le m&#233;pris pour la th&#233;orie marxiste n'est surpass&#233; que par son ignorance de celle-ci, n'attachera gu&#232;re plus de valeur positive &#224; ces &#233;crits que ne l'avait fait son pr&#233;d&#233;cesseur, Edward Bernstein, qui a conserv&#233; le manuscrit pendant plusieurs d&#233;cennies apr&#232;s la mort d'Engels sans voir la n&#233;cessit&#233; de la publier. Mais tout &#233;tudiant s&#233;rieux de la pens&#233;e marxiste se r&#233;jouira que ces cl&#233;s de compr&#233;hension de la dialectique mat&#233;rialiste soient enfin devenues accessibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'Engels cherche &#224; d&#233;montrer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la Dialectique de la nature, Engels visait &#224; d&#233;montrer que les processus naturels ob&#233;issent aux m&#234;mes lois g&#233;n&#233;rales du mouvement que les processus sociaux et intellectuels. Comme il l'&#233;crit dans Anti-Duehring , Engels a &#233;tudi&#233; les math&#233;matiques et les sciences naturelles pour se convaincre &#171; que, parmi le fouillis des innombrables changements qui se produisent dans la nature, les m&#234;mes lois dialectiques sont &#224; l'&#339;uvre que celles qui, dans l'histoire, r&#233;gissent l'apparente fortuite des &#233;v&#233;nements ; les m&#234;mes lois que celles qui, de la m&#234;me mani&#232;re, forment le fil conducteur de l'histoire du d&#233;veloppement de la pens&#233;e humaine et qui s'&#233;l&#232;vent progressivement vers la conscience dans l'esprit de l'homme&#8230; &#187; et qui ont &#233;t&#233; formul&#233;es pour la premi&#232;re fois par Hegel sous une forme mystique avant que Marx et Engels ne les refa&#231;onnent. dans la dialectique mat&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l' introduction , Engels pr&#233;sente une revue critique du d&#233;veloppement des sciences naturelles du point de vue th&#233;orique. Il explique comment et pourquoi cette premi&#232;re p&#233;riode de la renaissance de la connaissance naturelle a &#233;t&#233; domin&#233;e par le point de vue de l'immuabilit&#233; absolue de la nature. Les &#233;toiles fixes et notre propre syst&#232;me solaire, la terre, sa faune et sa flore &#233;taient consid&#233;r&#233;es comme &#233;ternellement identiques. Dans un tel sch&#233;ma de choses, l'id&#233;e d'une &#233;volution universelle n'avait pas sa place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette vision, qui pr&#233;valait dans toutes les branches des sciences naturelles jusqu'au XIXe si&#232;cle, commen&#231;a &#224; &#234;tre &#233;branl&#233;e d'une science apr&#232;s l'autre par le d&#233;veloppement interne des sciences elles-m&#234;mes. En astronomie, par l'hypoth&#232;se de Kant-Laplace de l'&#233;volution du syst&#232;me solaire &#224; partir d'une n&#233;buleuse ; en g&#233;ologie, par la conception de Lyell des transformations successives de la surface terrestre ; en physique, par la formulation de la th&#233;orie m&#233;canique de la chaleur et par la loi de la conservation de l'&#233;nergie ; en chimie, par la d&#233;couverte par Mendeleyeff de la disposition p&#233;riodique des &#233;l&#233;ments ; et en biologie par la th&#233;orie de Darwin sur l'origine des esp&#232;ces. Cette s&#233;rie de d&#233;couvertes a donn&#233; naissance &#224; une nouvelle conception scientifique de la nature, la th&#233;orie de l'&#233;volution universelle, &#171; l'id&#233;e selon laquelle la nature tout enti&#232;re, du plus petit &#233;l&#233;ment au plus grand, des grains de sable aux soleils, des protistes aux hommes, a son existence dans une cr&#233;ation et une disparition &#233;ternelles, dans un flux incessant, dans un mouvement et un changement incessants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cons&#233;quences de ces d&#233;veloppements r&#233;volutionnaires dans les diff&#233;rentes sciences, qui ont bris&#233; l'ancienne image d'une nature immuable, ont mis du temps &#224; se r&#233;aliser dans la pens&#233;e consciente des naturalistes individuels et dans la th&#233;orie scientifique g&#233;niale. Les scientifiques en exercice, qui acceptaient les r&#233;sultats et poursuivaient les m&#233;thodes du point de vue &#233;volutionniste dans leur domaine d'activit&#233; sp&#233;cial, s'accrochaient aux anciennes fa&#231;ons de penser m&#233;taphysiques dans d'autres domaines de pens&#233;e et dans leurs conceptions g&#233;n&#233;rales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie dialectique de l'&#233;volution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, le stade nouveau et plus &#233;lev&#233; de la connaissance naturelle exigeait un syst&#232;me th&#233;orique et une m&#233;thode de pens&#233;e qui lui &#233;taient propres. L'ancien syst&#232;me m&#233;canique de la nature, avec ses lois et ses &#233;l&#233;ments immuables et son mode de pens&#233;e m&#233;taphysique fonctionnant avec des cat&#233;gories inflexibles et exclusives, ne suffisait plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un philosophe plut&#244;t qu'un scientifique qui a fourni aux sciences naturelles les moyens intellectuels n&#233;cessaires pour s'&#233;manciper de l'ancienne vision et pour en construire une nouvelle. Tout comme Descartes avait esquiss&#233; le syst&#232;me m&#233;canique de la nature, Hegel a formul&#233; la premi&#232;re conception syst&#233;matique de l'ensemble du monde naturel, social et spirituel comme un processus continu de d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa logique dialectique, Hegel a tent&#233; de donner une forme rationnelle et de d&#233;velopper une m&#233;thode rationnelle &#224; partir des processus multiformes et contradictoires de l'&#233;volution. Les lois de sa dialectique ne sont rien d'autre que les lois les plus g&#233;n&#233;rales du mouvement et du changement dans la nature, la soci&#233;t&#233; et la pens&#233;e humaine. Ces lois ont &#233;t&#233; con&#231;ues &#224; l'origine par Hegel de fa&#231;on id&#233;aliste comme de simples lois de la pens&#233;e. Mais, comme Marx et Engels l'ont d&#233;montr&#233; par la suite dans leur version mat&#233;rialiste de la logique dialectique, les lois dialectiques sont des formulations conceptuelles de r&#233;alit&#233;s mat&#233;rielles objectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois lois de la dialectique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Engels discute trois lois principales de la dialectique : la loi de la transformation de la quantit&#233; en qualit&#233;, et vice versa ; la loi de l'interp&#233;n&#233;tration des contraires ; et la loi de la n&#233;gation de la n&#233;gation. Il prend les r&#233;sultats exp&#233;rimentaux des sciences individuelles, les passe au crible et les synth&#233;tise, pour montrer que ces lois dialectiques sont en r&#233;alit&#233; des lois du d&#233;veloppement de la nature et sont donc valables pour les sciences naturelles th&#233;oriques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re loi signifie que &#171; dans la nature, d'une mani&#232;re exactement fix&#233;e pour chaque cas individuel, des changements qualitatifs ne peuvent se produire que par l'addition ou la soustraction quantitative de mati&#232;re ou de mouvement (ce qu'on appelle l'&#233;nergie) &#187;. Dans le deuxi&#232;me chapitre, Engels indique pr&#233;cis&#233;ment comment cette loi fonctionne &#224; l'aide de nombreux exemples tir&#233;s des sciences exactes de la m&#233;canique, de la physique et de la chimie, o&#249; des variations quantitatives pr&#233;cis&#233;ment mesurables et tra&#231;ables sont directement li&#233;es &#224; la production de diff&#233;rences qualitatives. En physique, on a constat&#233; depuis qu'il existe une s&#233;rie continue de rayons depuis les rayons radio jusqu'aux rayons cosmiques dans lesquels les variations quantitatives de longueur d'onde se manifestent par des diff&#233;rences qualitatives d&#233;terminables. Cette m&#234;me loi est &#233;galement clairement observable en chimie o&#249; les propri&#233;t&#233;s des corps sont modifi&#233;es en concordance avec leur composition quantitative modifi&#233;e. Engels cite les formes allotropiques des &#233;l&#233;ments, les compos&#233;s d'oxyde d'azote, les s&#233;ries homologues de compos&#233;s carbon&#233;s et la disposition p&#233;riodique des &#233;l&#233;ments en fonction de leur poids atomique ; les chimistes modernes pourraient ajouter bien d'autres exemples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me loi de la dialectique affirme que toute chose a un caract&#232;re contradictoire, contenant en elle son propre contraire. L'essence bipolaire de toutes choses se manifeste par le changement, qui est un processus d' alt&#233;ration ou de transformation de quelque chose de son &#233;tat original &#224; travers une s&#233;rie de variations interm&#233;diaires vers son oppos&#233;. Engels pr&#233;sente cette loi de l'interp&#233;n&#233;tration des contraires dans le troisi&#232;me chapitre o&#249; il &#233;tudie le plus important des probl&#232;mes scientifiques, les formes fondamentales du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nature du mouvement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute connaissance naturelle est bas&#233;e sur l'&#233;tude des mouvements mat&#233;riels d'une sorte ou d'une autre. Une conception correcte du mouvement est donc absolument indispensable aux sciences naturelles. Qu'est-ce que le mouvement ? Le mouvement, dit Engels, est une combinaison contradictoire d'attraction et de r&#233;pulsion. Toutes les diff&#233;rentes formes de mouvement naissent de l'interaction entre ces deux phases oppos&#233;es de son &#234;tre. Partout et &#224; chaque fois qu'un mouvement se produit dans la nature, ces p&#244;les oppos&#233;s se retrouveront ins&#233;parablement unis. Cette d&#233;finition dialectique du mouvement contient d&#233;j&#224; implicitement la loi physique d&#233;couverte empiriquement de la conservation de l'&#233;nergie. Car si chaque attraction individuelle est compens&#233;e par une r&#233;pulsion correspondante ailleurs, alors la somme de toutes les attractions de l'univers doit &#234;tre &#233;gale &#224; la somme de toutes les r&#233;pulsions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement consiste en l'unit&#233; concr&#232;te de l'attraction et de la r&#233;pulsion. Gr&#226;ce &#224; leur interaction les uns avec les autres et leur transmutation les uns dans les autres, les divers modes de mouvement dans la nature sont produits. L'interaction universelle de l'attraction et de la r&#233;pulsion peut &#234;tre vue dans le type de mouvement le plus simple, le mouvement m&#233;canique, qui consiste en un changement de place de la part d'un corps quelconque. Le mouvement &#233;tant toujours relatif, le changement de lieu n&#233;cessite l'interaction d'au moins deux corps pour se manifester. Lorsque deux corps agissent l'un sur l'autre de telle sorte qu'il en r&#233;sulte un changement de place de l'un ou des deux, ce changement de place ne peut consister qu'en un rapprochement ou une s&#233;paration. Mais le mouvement d'un corps vers un autre implique le d&#233;passement de la r&#233;pulsion qui les s&#233;pare, et vice-versa. De plus, l'attraction d'un corps vers un autre implique sa r&#233;pulsion par rapport &#224; un troisi&#232;me corps. Ainsi tout changement de lieu entra&#238;ne n&#233;cessairement l'action r&#233;ciproque d'attraction et de r&#233;pulsion et leur remplacement l'un par l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements m&#233;caniques des masses &#224; la surface de la Terre peuvent &#234;tre r&#233;solus en force centrip&#232;te de gravitation et en forces centrifuges antagonistes. La m&#234;me interp&#233;n&#233;tration d'attraction et de r&#233;pulsion se manifeste dans les mouvements mutuels des corps c&#233;lestes, comme dans l'&#233;quilibre dynamique maintenu entre la terre et le soleil. Si la Terre n'&#233;tait pas li&#233;e au soleil par attraction, elle quitterait le syst&#232;me solaire et s'envolerait dans l'espace. Si le soleil, au contraire, n'exer&#231;ait pas une r&#233;pulsion constante sous forme d'&#233;nergie rayonnante sur la terre et ne la maintenait pas &#224; distance, cette plan&#232;te serait depuis longtemps tomb&#233;e dans sa masse enflamm&#233;e et aurait &#233;t&#233; absorb&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque mode de mouvement dans la nature, du plus bas au plus &#233;lev&#233;, du simple mouvement m&#233;canique au comportement organique complexe, embrasse et d&#233;coule de l'action et de la r&#233;action simultan&#233;es d'attraction et de r&#233;pulsion. Le mouvement n'est en fait rien d'autre que l'expression la plus g&#233;n&#233;rale de la s&#233;rie multiple de formes dans lesquelles se manifestent ces p&#244;les oppos&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;finition dialectique du mouvement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Engels utilise cette d&#233;finition dialectique, bilat&#233;rale et compl&#232;te du mouvement pour critiquer et corriger les conceptions unilat&#233;rales de la nature du mouvement qui pr&#233;valent dans la physique newtonienne. Les Newtoniens ont commis une erreur en faisant de l'attraction, ou gravitation, la forme fondamentale du mouvement dans la nature. Ils m&#233;connaissaient ainsi le r&#244;le tout aussi important de son contraire, la r&#233;pulsion, n&#233;gligeant notamment les transformations d'une phase du mouvement en l'autre. Engels entreprend une analyse des concepts de force, d'&#233;nergie et de travail dans les &#233;crits de Helmholtz, le grand physicien allemand du XIXe si&#232;cle, pour d&#233;montrer comment cette n&#233;gligence du caract&#232;re essentiellement bipolaire du mouvement a introduit la confusion et perp&#233;tu&#233; les erreurs dans la th&#233;orie physique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis qu'Engels a &#233;crit, le fait que le mouvement englobe &#224; la fois l'attraction et la r&#233;pulsion a &#233;t&#233; v&#233;rifi&#233; de mani&#232;re frappante par la th&#233;orie &#233;lectronique de la mati&#232;re, la th&#233;orie physique de la relativit&#233; et, comme le souligne Haldane, par les d&#233;veloppements r&#233;cents de la th&#233;orie astronomique des n&#233;buleuses spirales. Dans les principes de la nouvelle &#171; m&#233;canique ondulatoire &#187;, la loi dialectique de l'interp&#233;n&#233;tration des contraires vient de remporter une grande victoire sur les anciennes conceptions m&#233;caniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce triomphe est d'autant plus d&#233;finitif que les physiciens eux-m&#234;mes ont r&#233;sist&#233; si longtemps et consciemment. Lorsqu'ils d&#233;couvrirent pour la premi&#232;re fois que les ph&#233;nom&#232;nes &#233;lectroniques pr&#233;sentaient &#224; la fois les propri&#233;t&#233;s des ondes et des particules, ils furent profond&#233;ment perplexes face &#224; cette contradiction, qui ne pouvait &#234;tre concili&#233;e ni expliqu&#233;e par les cat&#233;gories divis&#233;es de la th&#233;orie m&#233;canique. La th&#233;orie subatomique est tomb&#233;e dans l'impasse. Apr&#232;s m&#251;re r&#233;flexion, les physiciens les plus audacieux ont enfin conclu que dans le monde subatomique, les ondes et les particules ne peuvent plus &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme des oppos&#233;s absolus ; qu'ils peuvent &#234;tre r&#233;unis en une seule entit&#233; ; qu'ils peuvent poss&#233;der les m&#234;mes propri&#233;t&#233;s ; et que, sous certaines conditions, ils peuvent se transformer l'un dans l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La n&#233;gation de la n&#233;gation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi de la n&#233;gation de la n&#233;gation, que Hegel a utilis&#233;e comme loi fondamentale pour la construction de tout son syst&#232;me de pens&#233;e, a un domaine d'application bien plus large dans le syst&#232;me naturel. Cette loi exprime r&#233;ellement la forme fondamentale du d&#233;veloppement de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les forces oppos&#233;es &#224; l'&#339;uvre dans chaque chose entra&#238;nent des changements constants dans sa constitution. Ces changements s'accumulent en quantit&#233; jusqu'&#224; ce que, &#224; un certain stade d&#233;termin&#233; du processus de d&#233;veloppement, une transformation qualitative distincte ou un saut se produise. La chose perd son identit&#233; originelle et passe dans son contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le processus &#233;volutif ne s'arr&#234;te pas &#224; la simple n&#233;gation. La nouvelle forme d'existence mat&#233;rielle n'est pas moins contradictoire que l'ancienne et est sujette &#224; la m&#234;me inqui&#233;tude int&#233;rieure. La premi&#232;re n&#233;gation subit &#224; son tour une auto-diff&#233;renciation et une division jusqu'&#224; ce qu'elle passe elle aussi dans son propre contraire et soit ainsi ni&#233;e. Le r&#233;sultat final de ce processus s'appelle la n&#233;gation de la n&#233;gation, une unit&#233; synth&#233;tique qui a &#233;cart&#233; les formes transitionnelles mais a conserv&#233; en elle le contenu essentiel des deux c&#244;t&#233;s de l'ensemble contradictoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les transformations du mouvement mat&#233;riel &#233;tudi&#233;es par les sciences naturelles illustrent le fonctionnement de cette loi de la n&#233;gation de la n&#233;gation dans la r&#233;alit&#233; physique. Engels utilise la loi pour clarifier les interconnexions entre le mouvement m&#233;canique et mol&#233;culaire, ou la chaleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;canique en mouvement mol&#233;culaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les formes de mouvement sont g&#233;n&#233;r&#233;es, comme nous l'avons dit, par le jeu de l'attraction et de la r&#233;pulsion et par leur conversion l'une dans l'autre. Mais dans chaque mode sp&#233;cifique de mouvement, l'un ou l'autre extr&#234;me pr&#233;domine. Le mouvement m&#233;canique pur est essentiellement une forme d'attraction. Bien que la r&#233;pulsion soit n&#233;cessairement pr&#233;sente dans tous les cas de mouvement m&#233;canique, elle existe dans un &#233;tat n&#233;gatif ou passif. Le r&#244;le actif est jou&#233; par l'attraction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que forme d'attraction, le mouvement m&#233;canique est la n&#233;gation de la r&#233;pulsion. Mais il contient en lui la possibilit&#233; de se transformer en son contraire. Ce d&#233;veloppement dialectique se produit en r&#233;alit&#233; dans la nature par le contact ou la collision d'un corps avec un autre. Dans le frottement ou l'impact qui en r&#233;sulte, une partie du mouvement m&#233;canique pur des masses est d&#233;truite et r&#233;appara&#238;t sous la forme de mouvement mol&#233;culaire interne, ou de chaleur. La chaleur produite par le freinage est un exemple quotidien de ce ph&#233;nom&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la chaleur, qui agite et s&#233;pare les mol&#233;cules des corps solides, est une forme de r&#233;pulsion. Dans le cas de la chaleur, la r&#233;pulsion appara&#238;t comme le c&#244;t&#233; actif, et l'attraction recule dans le c&#244;t&#233; passif du processus mat&#233;riel. La conversion du mouvement m&#233;canique en chaleur est donc une n&#233;gation de la n&#233;gation, un retour du mouvement mat&#233;riel &#224; l'&#233;tat originel de r&#233;pulsion, mais &#224; un niveau de d&#233;veloppement sup&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dialectique de la d&#233;couverte scientifique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi de la n&#233;gation de la n&#233;gation se manifeste non seulement dans le processus physique de conversion du mouvement m&#233;canique en chaleur, mais aussi dans l'histoire de sa d&#233;couverte. Il y a bien longtemps, l'humanit&#233; a converti le mouvement m&#233;canique en chaleur, d'abord par l'acte instinctif de frotter le corps avec les mains pour le garder au chaud, puis en allumant le feu &#224; partir de la friction. Mais cette n&#233;gation de la forme positive originelle du mouvement m&#233;canique n'&#233;tait que la premi&#232;re &#233;tape dans la dialectique du processus. Pour achever ce d&#233;veloppement, l'humanit&#233; a d&#251; inverser le processus et convertir la chaleur en mouvement m&#233;canique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette deuxi&#232;me &#233;tape, la n&#233;gation de la n&#233;gation, n'a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e qu'apr&#232;s plusieurs milliers d'ann&#233;es gr&#226;ce &#224; l'invention de la machine &#224; vapeur, qui est un appareil permettant de convertir la chaleur en un mouvement m&#233;canique utilisable. Dans ce cas, la pratique humaine historique dans le domaine de la technologie fournit la preuve de la loi logique de la n&#233;gation de la n&#233;gation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; aussi la preuve que &#171; la dialectique du cerveau n'est que le reflet de la forme du mouvement du monde r&#233;el, tant dans la nature que dans l'histoire &#187;. La loi de la n&#233;gation de la n&#233;gation n'aurait pas p&#233;n&#233;tr&#233; la pens&#233;e consciente si elle n'avait pas d&#233;j&#224; &#233;t&#233; &#224; l'&#339;uvre dans les processus physiques et dans la vie sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;canique contre dialectique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, comme le souligne Engels, m&#234;me apr&#232;s que le probl&#232;me de la conversion du mouvement m&#233;canique en chaleur et de la chaleur en mouvement m&#233;canique ait &#233;t&#233; r&#233;solu dans la pratique humaine, les naturalistes n'ont pas r&#233;ussi &#224; formuler ce fait d'une mani&#232;re th&#233;orique tout &#224; fait correcte ou compl&#232;te. Au d&#233;but, ils consid&#233;raient la chaleur, comme l'&#233;lectricit&#233;, comme un type particulier de substance impond&#233;rable plut&#244;t que comme un mode de mouvement mat&#233;riel. Puis, lorsqu'ils reconnurent la chaleur comme mode de mouvement, tant dans la loi restreinte de l'&#233;quivalent m&#233;canique de la chaleur que dans la loi g&#233;n&#233;rale de la conservation de l'&#233;nergie, ils exprim&#232;rent les relations entre ces deux modes de mouvement exclusivement &#224; partir de l'une. point de vue bilat&#233;ral de la quantit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les mouvements m&#233;caniques et mol&#233;culaires ne sont pas seulement li&#233;s quantitativement mais qualitativement. Ce sont des formes diff&#233;rentes du m&#234;me mouvement mat&#233;riel. Le mat&#233;rialisme dialectique montre sa sup&#233;riorit&#233; sur le point de vue m&#233;canique car, en plus de comprendre l'identit&#233; quantitative entre les deux formes de mouvement, formul&#233;e par la loi de l'&#233;quivalence quantitative du mouvement &#224; travers tous ses changements de forme, il explique aussi leur diversit&#233; qualitative et la mani&#232;re de leurs m&#233;tamorphoses mutuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mat&#233;rialisme dialectique a une conception diff&#233;rente de la t&#226;che principale des sciences naturelles que celle des repr&#233;sentants de l'&#233;cole m&#233;canique dont les id&#233;es ont pr&#233;valu dans la pens&#233;e des sciences naturelles depuis Descartes et Newton. Les m&#233;caniciens, pr&#233;occup&#233;s par l'&#233;tude des lois du passage des corps dans l'espace, croyaient que le but de la science &#233;tait de r&#233;duire toutes les autres formes de mouvement mat&#233;riel &#224; la forme &#233;l&#233;mentaire du mouvement m&#233;canique, de r&#233;soudre les modes de mouvement sup&#233;rieurs en la forme &#233;l&#233;mentaire du mouvement m&#233;canique. plus bas, plus le complexe devient simple. Ainsi, dans l'introduction de ses Principia , Newton &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il serait d&#233;sirable de d&#233;duire des &#233;l&#233;ments de la m&#233;canique les autres ph&#233;nom&#232;nes de la nature. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception du but ultime des sciences naturelles co&#239;ncidait avec ce niveau relativement primitif de technologie et d'industrie qui se pr&#233;occupait principalement d'utiliser et d'exploiter des machines dans lesquelles un aspect du mouvement m&#233;canique (&#233;nergie potentielle) &#233;tait transform&#233; en un autre (&#233;nergie cin&#233;tique). La pens&#233;e scientifique &#233;voluait dans le m&#234;me cercle &#233;troit que la pratique scientifique, g&#233;n&#233;ralisant les changements au sein d'une seule forme simple de mouvement, la transposition m&#233;canique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement aux progr&#232;s consid&#233;rables de la technologie et de l'industrie &#224; grande &#233;chelle au cours des deux derniers si&#232;cles, les scientifiques ont d&#233;couvert, &#233;tudi&#233; et mis en &#339;uvre de nombreux autres types de mouvements mat&#233;riels, thermiques, &#233;lectromagn&#233;tiques, chimiques, etc. Ils se sont particuli&#232;rement appliqu&#233;s &#224; &#233;tudier les interconnexions et les transformations de ces modes de mouvement les uns dans les autres. Les scientifiques savent d&#233;sormais que, si ces autres formes de mouvement sont toujours li&#233;es au mouvement m&#233;canique r&#233;el, elles ne peuvent s'y r&#233;duire sans effacer leurs caract&#233;ristiques sp&#233;cifiques. Les lois de la physiologie, de la soci&#233;t&#233; ou de la pens&#233;e, bien que fond&#233;es sur les lois fondamentales de la nature, ne peuvent pas &#234;tre simplement &#171; d&#233;duites des &#233;l&#233;ments de la m&#233;canique &#187;, comme l'avait pr&#233;vu Newton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tous c&#244;t&#233;s, on voit que les lois qui r&#233;gissent le mouvement m&#233;canique ont leurs limites ; ils ont perdu leur statut souverain. [1] L'expansion de la pratique technique, industrielle et purement scientifique a &#233;largi l'horizon th&#233;orique de la science bien au-del&#224; du vieil id&#233;al m&#233;canique, pr&#233;sentant une vision immens&#233;ment plus large de sa t&#226;che que le mat&#233;rialisme dialectique a non seulement reconnu mais mieux formul&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conception dialectique de la science&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle conception fait &#233;poque. Contrairement au point de vue m&#233;canique, le mat&#233;rialisme dialectique consid&#232;re que la t&#226;che de la science n'est pas la r&#233;duction de tous les modes de mouvement en un seul, mais l'&#233;tude des principales formes de mouvement mat&#233;riel dans leur s&#233;quence naturelle, leurs interconnexions dialectiques et leurs transformations en un seul. un autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les formes de mouvement vont du mouvement m&#233;canique brut des masses &#224; l'activit&#233; complexe de la pens&#233;e dans le cerveau humain. Au cours de l'&#233;volution mat&#233;rielle, tous ces diff&#233;rents modes de mouvement, m&#233;canique, mol&#233;culaire, atomique, &#233;lectronique, chimique, thermique, organique, social et intellectuel, se sont d&#233;velopp&#233;s les uns &#224; partir des autres &#224; travers le jeu de l'attraction et de la r&#233;pulsion, l'id&#233;e contradictoire originelle. essence du mouvement. Ils constituent une s&#233;rie hi&#233;rarchique interd&#233;pendante, dont chacune est naturellement li&#233;e aux autres et capable, dans des conditions mat&#233;rielles appropri&#233;es, de se transformer les unes dans les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception fournit pour la premi&#232;re fois une base mat&#233;rielle solide pour la classification syst&#233;matique des sciences. Chaque science analyse soit une forme distincte de mouvement (chimie), soit les interconnexions entre plusieurs formes de mouvement (&#233;lectrochimie). L'ordre essentiel des sciences correspond &#224; l'ordre de g&#233;n&#233;ration des diverses formes de mouvement dans la nature et &#224; leur transition dialectique les unes dans les autres. Ainsi le mat&#233;rialisme dialectique introduit un nouveau principe d'ordre pour remplacer la confusion et l'anarchie qui r&#232;gnent dans la pens&#233;e scientifique depuis la faillite de l'ancien syst&#232;me m&#233;canique. Tous les divers d&#233;partements de la connaissance humaine, de l'astronomie &#224; la logique, sont corr&#233;l&#233;s en une vaste synth&#232;se.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie du mat&#233;riel de la Dialectique de la nature , comme de tout trait&#233; sur la connaissance naturelle &#233;crit il y a plus de soixante ans, a &#233;t&#233; rendu obsol&#232;te par les progr&#232;s ult&#233;rieurs des sciences physiques. Cela est particuli&#232;rement vrai du chapitre sur l'&#233;lectricit&#233; dans lequel les plus grands progr&#232;s ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s au cours du dernier demi-si&#232;cle. Pourtant, il y a remarquablement peu de plaisanteries dans ces pages. Les observations d'Engels allaient dans la bonne direction et ont &#233;t&#233; confirm&#233;es dans de nombreux cas par des recherches ult&#233;rieures en sciences physiques. Chaque discussion sur une question sp&#233;cifique a une valeur durable en tant qu'exemple de la mani&#232;re d'utiliser les concepts de la dialectique mat&#233;rialiste comme instruments de pens&#233;e critique dans les sciences naturelles et sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che qui nous attend&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che de d&#233;finir le caract&#232;re dialectique des &#233;v&#233;nements naturels, qu'Engels s'&#233;tait fix&#233;e et n'a pas r&#233;ussi &#224; achever, attend encore d'&#234;tre accomplie. Malgr&#233; la richesse des mat&#233;riaux fournis par les r&#233;cents d&#233;veloppements r&#233;volutionnaires des sciences naturelles, cette t&#226;che en est &#224; peu pr&#232;s au point o&#249; Engels l'avait laiss&#233;e. Les th&#233;oriciens de la p&#233;riode post-marxienne &#8211; Bernstein, Kautsky, Adler, etc. &#8211; poss&#233;dant la m&#234;me hostilit&#233; ou indiff&#233;rence &#224; l'&#233;gard de la philosophie du mat&#233;rialisme dialectique que nos anti-dialectiques contemporains, n'avaient ni l'&#233;quipement ni la motivation pour faire quoi que ce soit dans ce sens. Le Mat&#233;rialisme et la Critique empirique de L&#233;nine et ses cahiers sur la logique de Hegel ont rendu possible une renaissance de la philosophie du marxisme et ont ouvert la voie &#224; l'extension de ses id&#233;es et de ses m&#233;thodes aux probl&#232;mes auxquels sont confront&#233;es les sciences physiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fallait esp&#233;rer que, lorsque les bolcheviks auraient pris le pouvoir en Russie, leurs dirigeants scientifiques et leurs acad&#233;mies entreprendraient cette t&#226;che sur une base collective aussi bien qu'individuelle. Sous le patronage de L&#233;nine, des d&#233;buts prometteurs furent r&#233;alis&#233;s. Mais celles-ci ont &#233;t&#233; interrompues par la r&#233;action. On ne pouvait gu&#232;re s'attendre &#224; ce que la pens&#233;e marxiste pure, bannie de la politique, &#233;tende ses racines dans le sous-sol de la nature ou s'&#233;panouisse librement pendant un certain temps sous l'ombre funeste du r&#233;gime de Staline. Par cons&#233;quent, le marxisme est pass&#233; d'un mouvement id&#233;ologique en pleine croissance &#224; une scolastique st&#233;rile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les staliniens pourraient pr&#233;server certaines reliques de la pens&#233;e marxiste pass&#233;e comme les scolastiques m&#233;di&#233;vaux pr&#233;servaient les &#233;crits d'Aristote ou comme ils momifiaient eux-m&#234;mes le corps de L&#233;nine : pour exhiber les gloires d&#233;cadentes du pass&#233; tout en violant leur esprit dans le pr&#233;sent. C'est pourquoi nous leur devons la publication de la Dialectique de la nature . Dans la science comme dans la soci&#233;t&#233;, des vestiges de l'h&#233;ritage de la R&#233;volution d'Octobre sont ici et l&#224; ancr&#233;s dans le stalinisme ; du bien peut encore &#233;maner de cette abomination : contradiction qui horrifiera sans doute les anti-dialectiques. Mais sous les auspices staliniens, il ne peut y avoir de d&#233;veloppement coh&#233;rent et fructueux de la science du mat&#233;rialisme dialectique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce domaine de la pens&#233;e, comme dans tous les autres, les forces de la Quatri&#232;me Internationale sont oblig&#233;es de poursuivre les t&#226;ches laiss&#233;es inachev&#233;es par leurs pr&#233;d&#233;cesseurs marxistes. Dans les &#339;uvres philosophiques de Marx et d'Engels, et maintenant dans la Dialectique de la nature , ils retrouveront les principales voies d&#233;j&#224; trac&#233;es pour eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;note de bas de page&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Voir, par exemple, The Evolution of Physics d'Einstein et Infeld, en particulier la section sur The Decline of the Mechanical View .&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Seul un choc peut transformer qualitativement le monde...</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article9441</link>
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		<dc:date>2026-03-08T23:07:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Dialectic - Dialectique</dc:subject>
		<dc:subject>Discontinuit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Contradictions</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les nouvelles structures ne naissent pas dans la continuit&#233; des anciennes, pas plus dans la nature que dans la soci&#233;t&#233;&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut un choc pour construire une nouvelle esp&#232;ce vivante, un nouveau genre, une nouvelle famille, un nouvel ordre, une nouvelle classe, un nouveau phylum (embranchement), un nouveau r&#232;gne d'&#234;tres vivants. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut un choc pour b&#226;tir de nouvelles formes de la propri&#233;t&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut un choc pour b&#226;tir un nouveau mode de production et c'est toujours un saut qualitatif (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique15" rel="directory"&gt;Chapter 10 : Natural and social dialectic - Dialectique naturelle et sociale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Dialectic - Dialectique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot61" rel="tag"&gt;Discontinuit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot78" rel="tag"&gt;Contradictions&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les nouvelles structures ne naissent pas dans la continuit&#233; des anciennes, pas plus dans la nature que dans la soci&#233;t&#233;&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il faut un choc pour construire une nouvelle esp&#232;ce vivante, un nouveau genre, une nouvelle famille, un nouvel ordre, une nouvelle classe, un nouveau phylum (embranchement), un nouveau r&#232;gne d'&#234;tres vivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut un choc pour b&#226;tir de nouvelles formes de la propri&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut un choc pour b&#226;tir un nouveau mode de production et c'est toujours un saut qualitatif brutal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut un choc pour b&#226;tir une nouvelle forme d'habitat (nomadisme, s&#233;dentarit&#233; en villages, en villes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut un choc pour b&#226;tir des classes sociales d'un type nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut un choc pour b&#226;tir l'Etat dans la soci&#233;t&#233; qui ne le connaissait pas, puis des Etats de type nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est toujours un saut qualitatif brutal, m&#234;me si certains &#233;l&#233;ments n&#233;cessitent une progression graduelle. L'&#233;volution m&#232;ne &#224; un seuil o&#249; il y a besoin d'un saut que l'on ne franchit pas sans un choc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, on ne trouve pas du tout des structures interm&#233;diaires en quantit&#233; ni en nombre infini comme le n&#233;cessiterait une continuit&#233; historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, il n'y a pas de structure interm&#233;diaire entre la mati&#232;re &#233;ph&#233;m&#232;re du vide dites &#171; virtuelles &#187; et celle des particules dites &#233;l&#233;mentaires appel&#233;es mati&#232;res &#171; r&#233;elles &#187;. Il n'y a pas de structures interm&#233;diaires entre la s&#233;dentarit&#233; et le village ni entre le village et la ville. Il n'y a pas de structures interm&#233;diaires entre la soci&#233;t&#233; des cueilleurs et celle des cultivateurs. On ne trouve pas non plus de structure interm&#233;diaire entre la vie sans cellule et la cellule. On ne trouve pas une quantit&#233; et encore moins une infinit&#233; (que n&#233;cessiterait la continuit&#233;) de structures interm&#233;diaires entre une esp&#232;ce et une autre. Rien par exemple entre l'homme et les singes ni des esp&#232;ces de singes entre eux. Donc il faut en conclure que le mode de transformation n'op&#232;re nullement sur le mode de la transformation graduelle et continue. Pas plus qu'il n'y quantit&#233; de stades interm&#233;diaires entre la vie et la mort. Le changement est brutal m&#234;me entre les g&#233;n&#233;rations !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire &#233;volutive ne peut &#234;tre retrac&#233;e qu'en indiquant des bonds. Voici par exemple l'&#233;volution de la Terre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	&#8722;4,54 milliards d'ann&#233;es : formation de la Terre.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;4,51 milliards d'ann&#233;es : formation de la Lune.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;4,4 milliards d'ann&#233;es : formation de l'hydrosph&#232;re et de la cro&#251;te terrestre[1].&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;3,8 milliards d'ann&#233;es : premi&#232;res cellules procaryotes dont on ait des fossiles, alors que la temp&#233;rature de surface est comprise entre 40 et 80 &#176;C[2],[3].&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;3,7 &#224; &#8722;3,45 milliards d'ann&#233;es (absence de consensus scientifique) : apparition des premiers stromatolithes et de la photosynth&#232;se anoxyg&#233;nique[4],[5],[6].&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;2,45 milliards d'ann&#233;es : apparition de la photosynth&#232;se oxyg&#233;nique.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;2,4 milliards d'ann&#233;es : Grande Oxydation et d&#233;but de la glaciation huronienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;2,2 milliards d'ann&#233;es : transition procaryote-eucaryote (apparition des Grypania).&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;2,1 milliards d'ann&#233;es : apparition des premiers organismes multicellulaires (Gabonionta)[7].&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;1,6 milliard d'ann&#233;es : apparition des premiers eucaryotes multicellulaires (Qingshania magnifica)[8].&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;1,5 milliard d'ann&#233;es : apparition de la sexualit&#233;[9].&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;575 millions d'ann&#233;es : explosion de l'&#201;diacarien.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;500 millions d'ann&#233;es : apparition des chord&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;480 millions d'ann&#233;es : apparition des plantes terrestres.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;445 millions d'ann&#233;es : extinction Ordovicien-Silurien.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;400 millions d'ann&#233;es : apparition des insectes, des graines et des sarcopt&#233;rygiens (poumons).&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;370 millions d'ann&#233;es : extinction du D&#233;vonien.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;365 millions d'ann&#233;es : apparition des t&#233;trapodes.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;360 millions d'ann&#233;es : d&#233;but de la glaciation du Karoo et apparition des amphibiens.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;330 millions d'ann&#233;es : apparition des amniotes.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;252 millions d'ann&#233;es : extinction Permien-Trias.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;230 millions d'ann&#233;es : apparition des dinosaures.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;220 millions d'ann&#233;es : extinction &#034;mineure&#034; du Trias, apparition des mammif&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;200 millions d'ann&#233;es : extinction Trias-Jurassique.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;160 millions d'ann&#233;es : apparition des euth&#233;riens.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;150 millions d'ann&#233;es : apparition des oiseaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;135 millions d'ann&#233;es : apparition des plantes &#224; fleurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;66 millions d'ann&#233;es : extinction Cr&#233;tac&#233;-Pal&#233;og&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Voici la chronologie de l'histoire des principales r&#233;volutions de la Terre porteuse d'un tel changement massif, brutal et radical :&lt;br class='autobr' /&gt; 4,6 milliards d'ann&#233;es : formation de la Terre au sein du syst&#232;me solaire, plan&#232;te chaude sans mati&#232;re froides en surface&lt;br class='autobr' /&gt; 4,5 milliards d'ann&#233;es : bombardement massif de m&#233;t&#233;orites porteuses d'eau donnant une plan&#232;te enti&#232;rement couverte d'oc&#233;ans&lt;br class='autobr' /&gt; 4,3 milliards d'ann&#233;es : formation de l'atmosph&#232;re terrestre et formation des roches s&#233;dimentaires les plus anciennes&lt;br class='autobr' /&gt; 4 milliards d'ann&#233;es : d&#233;but de la tectonique des plaques et formation des roches magmatiques ; la temp&#233;rature terrestre passe en dessous de 100&#176;, ce qui permet la formation de macromol&#233;cules&lt;br class='autobr' /&gt; 3,8 milliards d'ann&#233;es : &#171; bombardement tardif &#187; qui efface toutes les traces pr&#233;c&#233;dentes, supprimant tout enregistrement historique ant&#233;c&#233;dent&lt;br class='autobr' /&gt; date inconnue : apparition des ARN&lt;br class='autobr' /&gt; date inconnue : apparition des prot&#233;ines&lt;br class='autobr' /&gt; date inconnue : apparition de l'ADN&lt;br class='autobr' /&gt; 3,5 milliards d'ann&#233;es : apparition de la vie cellulaire ; apparition des premiers stromatolithes&lt;br class='autobr' /&gt; 3,2 milliards d'ann&#233;es : apparition des premiers acritarches&lt;br class='autobr' /&gt; 3 milliards d'ann&#233;es : apparition de la photosynth&#232;se&lt;br class='autobr' /&gt; 2,9 milliards d'ann&#233;es : accr&#233;tion des continents (premi&#232;re fois que l'on trouve de vastes zones continentales)&lt;br class='autobr' /&gt; 2,7 milliards d'ann&#233;es : premi&#232;re cellules eurcaryotes&lt;br class='autobr' /&gt; 2,45 &#224; 2,2 milliards d'ann&#233;es : &#171; grand &#233;v&#233;nement &#187; d'apparition de l'oxyg&#232;ne avec, comme cons&#233;quence, l'effondrement du m&#233;thane et la destruction massive de formes de vie pour lesquelles l'oxyg&#232;ne est un poison&lt;br class='autobr' /&gt; 2,2 milliards d'ann&#233;es : premi&#232;re augmentation de l'&#233;nergie solaire (plus 10%)&lt;br class='autobr' /&gt; 2,1 milliards d'ann&#233;es : apparition des algues rouges&lt;br class='autobr' /&gt; 2 milliards d'ann&#233;es : &#233;mergence de la sexualit&#233; des bact&#233;ries ; apparition des pluricellulaires&lt;br class='autobr' /&gt; 1,56 milliards d'ann&#233;es : formation de cellules eucaryotes compl&#232;tes&lt;br class='autobr' /&gt; 1 milliard d'ann&#233;e : terre en boule de neige et explosion des cellules eucaryotes&lt;br class='autobr' /&gt; 800 millions d'ann&#233;es : l'&#233;nergie solaire augmente consid&#233;rablement (jusque l&#224;, elle &#233;tait 30% plus faible)&lt;br class='autobr' /&gt; 720 millions d'ann&#233;es : glaciation globale de la Terre&lt;br class='autobr' /&gt; 635 millions d'ann&#233;es : glaciation globale de la Terre et explosion d'Ediacara&lt;br class='autobr' /&gt; 540 millions d'ann&#233;es : explosion de diversit&#233; &#171; cambrienne &#187; du vivant&lt;br class='autobr' /&gt; 500 millions d'ann&#233;es : apparition des chord&#233;s ainsi que des animaux &#224; coquille&lt;br class='autobr' /&gt; 480 millions d'ann&#233;es : grande extinction du vivant ; apparition des plantes terrestres ; grand refroidissement global et des variations du niveau marin (dites glacio-eustatiques) ; le supercontinent Gondwana, alors plac&#233; au p&#244;le Sud, porte une immense calotte glaciaire (inlandsis). Cette glaciation qui mobilisa d'&#233;normes quantit&#233;s d'eau, a fait baisser le niveau des mers&lt;br class='autobr' /&gt; 450 millions d'ann&#233;es : apparition des vert&#233;br&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt; 410 millions d'ann&#233;es : apparition des poissons &#224; m&#226;choires&lt;br class='autobr' /&gt; 400 millions d'ann&#233;es : apparition des insectes, des graines et des sarcopt&#233;rygiens (poumons)&lt;br class='autobr' /&gt; 373 millions d'ann&#233;es : colonisation des continents par les plantes&lt;br class='autobr' /&gt; 370 millions d'ann&#233;es : grande extinction&lt;br class='autobr' /&gt; 365 millions d'ann&#233;es : apparition des t&#233;trapodes&lt;br class='autobr' /&gt; 360 millions d'ann&#233;es : apparition des amphibiens&lt;br class='autobr' /&gt; 340 millions d'ann&#233;es : apparition des reptiles&lt;br class='autobr' /&gt; 320 &#224; 270 millions d'ann&#233;es : glaciation&lt;br class='autobr' /&gt; 251 millions d'ann&#233;es : extinction ; grands trapps de Sib&#233;rie&lt;br class='autobr' /&gt; 210 millions d'ann&#233;es : &#233;clatement du supercontinent qui agglom&#233;rait toutes les terres &#233;merg&#233;es&lt;br class='autobr' /&gt; 220 millions d'ann&#233;es : apparition des dinosaures&lt;br class='autobr' /&gt; 200 millions d'ann&#233;es : extinction&lt;br class='autobr' /&gt; 150 millions d'ann&#233;es : apparition des oiseaux&lt;br class='autobr' /&gt; 135 millions d'ann&#233;es : apparition des fleurs&lt;br class='autobr' /&gt; 115 millions d'ann&#233;es : apparition des euth&#233;riens&lt;br class='autobr' /&gt;
En m&#234;me temps, la vie subit une nouvelle r&#233;volution g&#233;n&#233;rale et profonde.&lt;br class='autobr' /&gt;
A la fin du cr&#233;tac&#233; se d&#233;veloppe un nouveau groupe de mammif&#232;res : les cuspides, comme Zalambdalestes. Ces petits animaux ressemblaient aux petits rongeurs actuels. Toutefois, sur terre, et depuis d&#233;j&#224; 100 millions d'ann&#233;es, les dinosaures prosp&#232;rent et se diversifient. Notamment avec les Hadrosaures, qui furent certainement les dinosaures les plus communs de leur &#233;poque. Semblables aux Iguanodontid&#233;s mais plus &#233;volu&#233;s, on les distinguait en deux parties : les Hadrosaurin&#233;s, qui ne poss&#233;daient pas de cr&#234;te, et les Lamb&#233;osaurin&#233;s, qui en avaient une. Leur caract&#233;ristique la plus frappante est leur bec de canard contenant plus d'un millier de dents capables de broyer les v&#233;g&#233;taux, m&#234;me les plus costauds. Un autre groupe d'herbivores prosp&#233;rait durant le Cr&#233;tac&#233; : les Ceratopsiens. Ils poss&#233;daient souvent plusieurs cornes faciales ; &#224; part quelques exceptions comme Pachyrhinosaurus qui poss&#233;daient des excroissances &#224; la place de la corne ; ainsi qu'une cr&#234;te ornementale qui devait jouer un r&#244;le pendant la parade nuptiale ou pour se d&#233;fendre quand l'animal &#233;tait attaqu&#233;. Enfin, les carnivores eurent de nouveaux et tr&#232;s c&#233;l&#232;bres repr&#233;sentants durant le Cr&#233;tac&#233; : les Tyrannosaurid&#233;s. Ces grands pr&#233;dateurs &#233;taient munis de pattes arri&#232;re extr&#234;mement puissante et d'une gueule aux m&#226;choires elles aussi d'une puissance ph&#233;nom&#233;nale. Cependant leurs membres avant se sont atrophi&#233;s, et la cause reste encore dure &#224; d&#233;terminer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les eaux, la vie subit une v&#233;ritable r&#233;volution elle aussi. Les invert&#233;br&#233;s se rapproch&#232;rent peu &#224; peu de nos crustac&#233;s actuels, ainsi que des gast&#233;ropodes et des oursins. Les poissons osseux (t&#233;l&#233;ost&#233;ens) se diversifi&#232;rent &#233;norm&#233;ment gr&#226;ce &#224; l'apparition d'animaux proches de nos anguilles, des carpes et des perches. Enfin, des reptiles marins comme les Mosasaures apparurent avec les tortues marines et les premiers oiseaux aquatiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, au Cr&#233;tac&#233;, les restes de la Pang&#233;e se divisent et forment le Gondwana (au sud) et la Laurasie (au nord). Ceux-ci se disloquaient et les continents actuels prenaient peu &#224; peu forme. Madagascar et l'Inde se s&#233;par&#232;rent du Gondwana afin de prendre leurs places actuelles. Bient&#244;t un effroyable cataclysme allait tout bouleverser et tout remettre en cause : l'extinction Cr&#233;tac&#233;-Tertiaire, il y a 65 millions d'ann&#233;es !&lt;br class='autobr' /&gt; 65 millions d'ann&#233;es : grands trapps du Deccan et trapps de la province ign&#233;e nord-atlantique ; disparition des dinosaures et grande extinction de quantit&#233; d'autres esp&#232;ces&lt;br class='autobr' /&gt; 40 millions d'ann&#233;es : trapps d'Ethiopie&lt;br class='autobr' /&gt; 34 millions d'ann&#233;es : glaciation&lt;br class='autobr' /&gt; 17 millions d'ann&#233;es : embellie climatique du Mioc&#232;ne qui va durer deux millions d'ann&#233;es ; premi&#232;re sortie d'Afrique par nos anc&#234;tres grands singes&lt;br class='autobr' /&gt;
La Terre n'avait pas connu de calotte de glace importante et durable depuis le permo-carbonif&#232;re, il y a 300 millions d'ann&#233;es, pendant pr&#232;s de 250 millions d'ann&#233;es. Les dinosaures, par exemple, dont le r&#232;gne d&#233;marre il y a 220 millions d'ann&#233;es et s'ach&#232;ve il y a 65 millions d'ann&#233;es, n'ont quasiment pas vu l'ombre d'une calotte de glace ! Alors que de Touma&#239; &#224; aujourd'hui, les hominid&#233;s puis les hommes ont &#233;volu&#233;, depuis 7 millions d'ann&#233;es, dans un monde plus froid&#8230; Les r&#233;sultats concernant le CO&#178; (pour l'optimum de temp&#233;rature du Mioc&#232;ne qui dure deux millions d'ann&#233;es de 17 millions &#224; 15 millions) ont &#233;t&#233; un peu inattendus&#8230; Le taux le plus &#233;lev&#233;, 700 ppmv, conduisait &#224; nouveau &#224; un refroidissement tr&#232;s marqu&#233;&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt; 14 millions d'ann&#233;es : trapps d'Ethiopie ; extinction&lt;br class='autobr' /&gt; 10 millions d'ann&#233;es : d&#233;but de la bifurcation entre homino&#239;des et autres grands singes&lt;br class='autobr' /&gt; 7 millions d'ann&#233;es : naissance du genre homo au Tchad&lt;br class='autobr' /&gt; 5 millions d'ann&#233;es : naissance de la bip&#233;die&lt;br class='autobr' /&gt; de 3 millions d'ann&#233;es &#224; 1,5 millions d'ann&#233;es : homo habilis&lt;br class='autobr' /&gt; de 2 millions d'ann&#233;es &#224; 100.000 ans : homo erectus&lt;br class='autobr' /&gt; 2,7 millions d'ann&#233;es : glaciation&lt;br class='autobr' /&gt; 150.000 ans : sortie d'homo sapiens de son Afrique natale&lt;br class='autobr' /&gt; de 300.000 ans &#224; 40.000 ans : homo n&#233;anderthalensis&lt;br class='autobr' /&gt; de 150.000 ans &#224; aujourd'hui : homo sapiens&lt;br class='autobr' /&gt; 21.000 ans : glaciation&lt;br class='autobr' /&gt;
La Terre n'est pas la seule &#224; &#234;tre un produit des r&#233;volutions de son Histoire. C'est le cas de tous les &#233;l&#233;ments inertes comme vivants qui s'y trouvent : ils ont eu une apparition brutale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme chaque &#234;tre vivant, l'homme est un produit de l'histoire (et pas seulement de l'histoire de son cerveau). En effet, tous les &#233;l&#233;ments qui caract&#233;risent notre physiologie sont n&#233;s &#224; des &#233;poques diverses (apparus chez divers anc&#234;tres de l'homme). Prenons simplement quelques &#233;l&#233;ments de son squelette :&lt;br class='autobr' /&gt;
a &#8211; la formule dentaire de base il y a 3,5 millions d'ann&#233;es&lt;br class='autobr' /&gt;
b &#8211; le bassin il y a 3,5 millions d'ann&#233;es&lt;br class='autobr' /&gt;
c &#8211; l'extr&#233;mit&#233; du scrotum il y a 2,5 millions d'ann&#233;es&lt;br class='autobr' /&gt;
d &#8211; le genou et le pied il y a 1,8 millions d'ann&#233;es&lt;br class='autobr' /&gt;
e &#8211; le coude il y a 1,5 millions d'ann&#233;es&lt;br class='autobr' /&gt;
f &#8211; la position du cr&#226;ne par rapport &#224; la colonne il y a 250.000 ans&lt;br class='autobr' /&gt;
g &#8211; le poignet et la forme sph&#233;rique du cr&#226;ne il y a 100.000 ans qui est la derni&#232;re &#233;volution importante du squelette.&lt;br class='autobr' /&gt;
Citons plus en d&#233;tails ce patchwork historique qu'est un homme issu d'une succession de r&#233;volutions qui n'ont rien d'une progression continue ni lin&#233;aire :&lt;br class='autobr' /&gt; 15 milliards d'ann&#233;es, les particules qui constituent notre corps&lt;br class='autobr' /&gt; peu avant 3,5 milliards d'ann&#233;es, la vie, les prot&#233;ines, l'ARN et l'ADN&lt;br class='autobr' /&gt; 2,8 milliards d'ann&#233;es, la vie utilisant l'oxyg&#232;ne&lt;br class='autobr' /&gt; 2,2 milliards d'ann&#233;es, notre noyau cellulaire&lt;br class='autobr' /&gt; 1 milliard d'ann&#233;es, la sexualit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt; 670 millions, notre fonctionnement pluricellulaire&lt;br class='autobr' /&gt; 500 millions d'ann&#233;es, la vie hors de l'eau&lt;br class='autobr' /&gt; 450 millions d'ann&#233;es, les d&#233;buts de notre syst&#232;me vert&#233;bral&lt;br class='autobr' /&gt; 400 millions d'ann&#233;es, notre vie terrestre et formation de la m&#226;choire&lt;br class='autobr' /&gt; 200 millions d'ann&#233;es, notre fonctionnement de mammif&#232;res avec notamment l'invention de la mamelle&lt;br class='autobr' /&gt; 100 millions d'ann&#233;es, le placenta&lt;br class='autobr' /&gt; 60 millions d'ann&#233;es, vision trichromatique des primates&lt;br class='autobr' /&gt; environ 10 millions d'ann&#233;es, anc&#234;tre commun des primates et des hominid&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt; 6 millions d'ann&#233;es, notre apparition en Afrique en tant qu'&#234;tre ressemblant &#224; l'homme (australopith&#232;que)&lt;br class='autobr' /&gt; 5 millions d'ann&#233;es, notre bip&#233;die&lt;br class='autobr' /&gt; 3,8 millions d'ann&#233;es, notre vo&#251;te plantaire&lt;br class='autobr' /&gt; 3,5 millions d'ann&#233;es, notre formule dentaire de base et notre bassin&lt;br class='autobr' /&gt; 3 millions d'ann&#233;es, notre utilisation des outils&lt;br class='autobr' /&gt; 2,5 millions d'ann&#233;es, notre scrotum&lt;br class='autobr' /&gt; 2 millions d'ann&#233;es, notre fonctionnement chromosomique et la grande phase de c&#233;phalisation&lt;br class='autobr' /&gt; environ 2 millions d'ann&#233;es, notre pharynx notre larynx et nos zones du cerveau permettant le pr&#233;langage (lallation) puis le langage&lt;br class='autobr' /&gt; 1,8 millions d'ann&#233;es, de nouvelles &#233;tapes vers notre configuration actuelle : face plus aplatie, front relev&#233;, incisives et canines plus d&#233;velopp&#233;es, molaires et pr&#233;molaires plus petites, bourrelet au dessus des yeux disparu, agrandissement du cerveau (homo habilis)&lt;br class='autobr' /&gt; plus d'un million d'ann&#233;es, lib&#233;ration du front des muscles qui retenaient le cr&#226;ne&lt;br class='autobr' /&gt; 1,8 millions d'ann&#233;es, nos os du pied et notre genou&lt;br class='autobr' /&gt; 1,5 millions d'ann&#233;es, notre coude&lt;br class='autobr' /&gt; 400.000 ans, notre os sph&#233;no&#239;de du cr&#226;ne&lt;br class='autobr' /&gt; 338.000 ans, une g&#233;n&#233;tique tr&#232;s proche de celle de l'homme actuel&lt;br class='autobr' /&gt; 250.000 ans, notre trou occipital dans le prolongement de la colonne vert&#233;brale&lt;br class='autobr' /&gt; 200.000 ans, le premier homo sapiens en Afrique&lt;br class='autobr' /&gt; 100.000 ans, la forme sph&#233;rique du cr&#226;ne et le poignet ; c'est-&#224;-dire homo sapiens sapiens (moderne)&lt;br class='autobr' /&gt; 10.000 ans, l'homme agriculteur Les datations pr&#233;c&#233;dentes sont indiqu&#233;es &#224; titre tout &#224; fait indicatif et seulement pour montrer combien l'homme est fait de briques de toutes &#233;poques&#8230;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La vie, elle-m&#234;me, n'est pas n&#233;e en une fois mais par toute une s&#233;rie de r&#233;volutions qui ne se sont pas d&#233;roul&#233;es r&#233;guli&#232;rement mais ont &#233;t&#233; s&#233;par&#233;es de longues p&#233;riodes historiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans son ouvrage &#171; Singularit&#233;s &#187; De Duve imagine les singularit&#233;s suivantes du vivant :&lt;br class='autobr' /&gt;
1- formation des premi&#232;res mol&#233;cules (&#233;ventuellement dans l'espace) : chimie abiotique produisant des acides amin&#233;s, les pyrophosphates et thioesters&lt;br class='autobr' /&gt;
2- production de l'ATP et autres mol&#233;cules porteuses de l'&#233;nergie des interactions du vivant&lt;br class='autobr' /&gt;
3- formation des bases U, A, G et C, les mononucl&#233;otides NMP et leurs d&#233;riv&#233;s pyrophosphat&#233;s les NTP, qui sont les briques du futur ARN (mais aussi de l'ADN qui n'appara&#238;t que beaucoup plus tard semble-t-il) et appariement des bases. Apparition d'un protom&#233;tabolisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
4- apparition de l'ARN (acide ribonucl&#233;ique) que De Duve appelle &#171; &#233;v&#233;nement charni&#232;re &#187; car l'ARN est &#224; l'origine des prot&#233;ines et des m&#233;tabolismes. Mais cela ne signifie pas une seule naissance car d'embl&#233;e apparaissent de multiples ARN.&lt;br class='autobr' /&gt;
5- r&#233;plication et transformation de l'ARN par lui-m&#234;me. Formation des ARN auto-catalytique (l'ARNr ribosomial est la premi&#232;re mol&#233;cule catalytique, avant les enzymes), ARN messager (ARNm) et de l'ARN de transfert (ARNt). Invention de la variation en m&#234;me temps que la r&#233;plication. L'ARN est &#224; la fois porteur de la m&#233;moire g&#233;n&#233;tique, d&#233;positaire r&#233;plicable et agent de cette r&#233;plication (ce qui ne sera plus vrai avec l'apparition de l'ADN avec lequel la transcription sera compl&#232;tement dissoci&#233;e de la r&#233;plication). D&#233;but du m&#233;canisme de s&#233;lection. Allongement des brins d'ARN. D&#233;veloppement des enzymes et du m&#233;tabolisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
6- production des prot&#233;ines par l'interaction entre diverses sortes de mol&#233;cules ARN (ARNm, ARNt et ARNr), traduction du langage nucl&#233;ique en langage prot&#233;ique, que De Duve nomme la &#171; vraie r&#233;volution &#187;, &#171; l'&#233;v&#233;nement clef par lequel l'information est entr&#233;e dans la vie &#233;mergente &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
7- formation de la membrane cellulaire par des prot&#233;ines membranaires&lt;br class='autobr' /&gt;
8- naissance de la cellule vivante (son apparition est particuli&#232;rement difficile &#224; situer dans le temps) avec apparition de la croissance et de la multiplication par division.&lt;br class='autobr' /&gt;
9- apparition du code g&#233;n&#233;tique : langage de transcription (g&#233;n&#233;ral au vivant utilisant l'ADN) entre les bases de l'ARN (les NTP) coupl&#233;es par trois (formant un codon) et les acides amin&#233;s (un acide correspondant de fa&#231;on unique &#224; un codon). Formation de la base thymine T par m&#233;thilisation de l'uracile U.&lt;br class='autobr' /&gt;
10- apparition de l'ADN (acide d&#233;soxyribonucl&#233;ique), la fameuse double h&#233;lice et du double processus de r&#233;plication (un brin r&#233;pliqu&#233; d'un seul coup et l'autre par segments reconstitu&#233;s ensuite) puis rev&#233;rification par des enzymes correcteurs. L'ordre de l'ADN est issu du d&#233;sordre et des interactions des ARN qui ne disparaissent pas ensuite mais sont int&#233;gr&#233;s au processus&#8230; Les microARN (non codants) servent &#224; r&#233;guler l'expression des g&#232;nes.&lt;br class='autobr' /&gt;
11- naissance de l'&#234;tre procaryote (cellule sans noyau) puis eucaryote (cellule &#224; noyau par l'int&#233;gration par symbiose &#224; un procaryote d'autre procaryotes constituant mitochondries et chloroplastes). Naissent les familles de procaryotes, les bacteria et les archaea, puis les eucarya (ou eucaryotes, parmi lesquels appara&#238;tront notamment les animaux, les plantes et les &#233;ponges).&lt;br class='autobr' /&gt;
12- apparition des &#234;tres pluricellulaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_%C3%A9volutive_du_vivant&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_%C3%A9volutive_du_vivant&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apparition des civilisations est aussi peu graduelle et continue que leur disparition&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2078&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2078&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5228&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5228&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;volutions sociales sont tout aussi brutales&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6209&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6209&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre le gradualisme dans les transformations sociales, y compris celles de la Pr&#233;histoire et l'Antiquit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5525&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5525&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mergence de structures nouvelles suppose non seulement une discontinuit&#233;, un saut, mais, de plus, un tel changement qualitatif tel que la nouvelle structure n'est pas une simple somme des propri&#233;t&#233;s ni des &#233;l&#233;ments de l'ancienne ou des anciennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5131&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5131&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment les interactions physiques font-elles &#233;merger les niveaux hi&#233;rarchiques des structures mat&#233;rielles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3403&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3403&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mati&#232;re, &#233;mergence de structure au sein du vide&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article37&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article37&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mati&#232;re dite inerte, ce ne sont pas des structures fixes mais &#233;mergentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article26&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article26&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi la mati&#232;re s'organise spontan&#233;ment et de mani&#232;re stable ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4840&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4840&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre cerveau aussi a &#233;volu&#233; par sauts, m&#234;me si c'est avec retard sur notre mode de vie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3364&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3364&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La quantit&#233; se transforme en qualit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3895&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3895&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le quanta ou la mort programm&#233;e du continu en physique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article16&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article16&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Discontinuit&#233; de l'univers et structures hi&#233;rarchiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article20&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article20&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Discontinuit&#233; de l'histoire du Vivant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article14&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article14&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que la continuit&#233; et la discontinuit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article11&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article11&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nature fait des sauts (ou le r&#232;gne universel de la discontinuit&#233;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article10&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article10&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fonctionnement neuronal est saltatoire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1194&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1194&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Discontinuit&#233; de la nature : une question philosophique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article10&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article10&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauts, chocs, transitions, nouvelle organisation en Physique quantique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5112&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5112&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sauts de toute &#233;volution proviennent de la dialectique de l'ordre et du d&#233;sordre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=ordre+d%C3%A9sorre+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;btnG=Recherche&amp;meta=&amp;gws_rd=ssl&amp;sei=2gxvadaGNq2skdUP9uno4Ao#hl=fr&amp;q=ordre+d%C3%A9sordre+site:http://www.matierevolution.fr+OR+site:http://www.matierevolution.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les structures nouvelles sont issues du non-&#233;quilibre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2079&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2079&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouveaut&#233; appara&#238;t, au sein du vivant, ponctuellement, dans le temps comme dans l'espace&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3019&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3019&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le choc qui cr&#233;e la structure nouvelle dans le Vivant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7821&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7821&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5151&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5151&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le stress (effet de choc en biologie mol&#233;culaire) cr&#233;e l'esp&#232;ce : le r&#244;le des prot&#233;ines de choc thermique et des chaperons&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.medecinesciences.org/en/articles/medsci/full_html/2002/10/medsci20021812p1200/medsci20021812p1200.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.medecinesciences.org/en/articles/medsci/full_html/2002/10/medsci20021812p1200/medsci20021812p1200.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Prot%C3%A9ine_de_choc_thermique&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Prot%C3%A9ine_de_choc_thermique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://blog.icp-texinfine.com/hsp-proteines-choc-thermique/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://blog.icp-texinfine.com/hsp-proteines-choc-thermique/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.futura-sciences.com/sante/definitions/biologie-proteine-choc-thermique-16741/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.futura-sciences.com/sante/definitions/biologie-proteine-choc-thermique-16741/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore et &#224; nouveau sur Hsp90 et les liens du d&#233;veloppement et de l'&#233;volution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8416&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8416&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des g&#232;nes hom&#233;otiques &#224; l'apoptose, de l'architecte au sculpteur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6444&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6444&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment naissent les nouvelles esp&#232;ces vivantes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6227&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6227&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.salamandre.org/article/comment-apparait-une-nouvelle-espece-dans-la-nature-%E2%80%89/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.salamandre.org/article/comment-apparait-une-nouvelle-espece-dans-la-nature-%E2%80%89/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.simplyscience.ch/fr/enfants/decouvre/comment-apparait-une-nouvelle-espece&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.simplyscience.ch/fr/enfants/decouvre/comment-apparait-une-nouvelle-espece&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choc thermique cr&#233;e la nouveaut&#233; dans le Vivant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pourlascience.fr/sd/biologie-moleculaire/les-chaperonnes-des-proteines-a-tout-faire-3649.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.pourlascience.fr/sd/biologie-moleculaire/les-chaperonnes-des-proteines-a-tout-faire-3649.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://pepite-depot.univ-lille.fr/LIBRE/EDSMRE/2014/50376-2014-Sivery.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://pepite-depot.univ-lille.fr/LIBRE/EDSMRE/2014/50376-2014-Sivery.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution du Vivant a un caract&#232;re dialectique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5673&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5673&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2964&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2964&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5491&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5491&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4315&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4315&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le passage d'une esp&#232;ce &#224; une autre est une r&#233;volution et pas une &#233;volution&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article50&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article50&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;lection naturelle des esp&#232;ces, ou transformation darwinienne du vivant, est-elle &#233;volutive, adaptative, pr&#233;dictible, productrice de progr&#232;s, de complexification ou d'am&#233;lioration ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4002&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4002&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La transformation macro&#233;volutive des esp&#232;ces est une r&#233;volution : l'apparition est issue d'une extinction, la destruction est constructrice, le nouveau n'est pas seulement une progression mais aussi une r&#233;gression (il est construit &#224; partir de l'ancien, jeune et non d&#233;velopp&#233;) et le changement est discontinu, non-lin&#233;aire et brutal. Un exemple vient d'en &#234;tre donn&#233; : le passage brutal des dinosaures aux oiseaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3545&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3545&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cherchant des &#171; cha&#238;nons manquants &#187; n&#233;cessaires pour croire qu'il n'y avait pas eu r&#233;volution mais &#233;volution, les scientifiques ont montr&#233; que la grdualit&#233; et la continuit&#233; n'existaient pas dans la transformation du Vivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4303&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4303&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution des esp&#232;ces se fait par sauts&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7307&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7307&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#234;tre humain, lui aussi, s'est transform&#233; sur le mode r&#233;volutionnaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3908&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3908&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais peut-on vraiment dire que la mati&#232;re connait des r&#233;volutions ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5637&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5637&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2849&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2849&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la mati&#232;re est aussi une histoire des r&#233;volutions&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article5012&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article5012&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de la Terre et de la Vie, marqu&#233;s par les ph&#233;nom&#232;nes brutaux des volcans g&#233;ants, les trapps et les grandes explosions volcaniques&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5400&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5400&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La discontinuit&#233; de la vie : de la cr&#233;ation d'esp&#232;ces &#224; la cr&#233;ation de l'homme et &#224; la cr&#233;ation humaine et des civilisations&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article211&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article211&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'erreur de base de la compr&#233;hension du m&#233;canisme de la vie comme de celui de la soci&#233;t&#233; est la philosophie non-dialectique, celle qui oppose de mani&#232;re diam&#233;trale le hasard et la n&#233;cessit&#233;, la vie et la mort, l'homme et l'animal, la conscience et son absence, le corps et l'esprit....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2972&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2972&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fonctionnement r&#233;volutionnaire du vivant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2343&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2343&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment l'&#233;volution des esp&#232;ces peut faire des sauts ou les g&#232;nes hom&#233;otiques de plan d'organisation&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6444&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6444&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a longtemps cru que la r&#233;alit&#233; physique &#233;tait d&#233;crite par des objets, les mol&#233;cules, les atomes ou les particules ou, pour le vivant, les cellules et les g&#232;nes. Il s'agissait de &#171; choses &#187;, c'est-&#224;-dire d'&#233;l&#233;ments fixes qui &#233;taient caract&#233;ris&#233;s par des param&#232;tres constants. On parlait de charge de l'&#233;lectron, de masse de l'atome ou de trajectoire (vitesse et position) d'une particule. Tout cela a d&#251; &#234;tre abandonn&#233; devant les d&#233;couvertes de la physique quantique et de l'&#233;pig&#233;n&#233;tique. Quelle image ressort finalement de ce grand chambardement ? Aucune dirons certains. A &#171; Mati&#232;re et r&#233;volution &#187;, ce n'est pas notre point de vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'av&#232;re que les param&#232;tres et les structures qui apparaissent doivent leur durabilit&#233; &#224; une dynamique extraordinairement anim&#233;e et fond&#233;e sur des chocs. Les attributs qui semblaient attach&#233;s &#224; chaque corpuscule ne sont pas des propri&#233;t&#233;s appartenant en fixe &#224; celui-ci. Tout corpuscule peut changer brutalement de nature et le fait sans cesse. Si on conserve un certain type de corpuscule dans une zone donn&#233;e, ce n'est pas d&#251; &#224; une conservation individuelle de chaque corpuscule. Le nombre d'un certain type de corpuscules peut m&#234;me changer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article26&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article26&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auto-organisation ou le nouvel ordre spontan&#233;ment issu du d&#233;sordre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article449&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article449&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le de la violence dans la dynamique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article24&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article24&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Construction et d&#233;construction : la dialectique du vivant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article624&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article624&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#234;tre humain est dialectique dans tous les domaines et &#224; tous les niveaux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8452&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8452&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mobile et immobile, localis&#233; et dispers&#233;, &#224; l'&#233;quilibre ou au non-&#233;quilibre, en conservation et en changement, quelles oppositions et quels liens ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6440&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6440&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion :
&lt;p&gt;Le saut qualitatif est une loi de la dialectique g&#233;n&#233;rale et universelle, qu'il s'agisse de mati&#232;re inerte ou vivante, de l'homme ou de la soci&#233;t&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les structures apparemment stables qui travaillent &#224; la conservation de l'ordre ne peuvent &#234;tre d&#233;stabilis&#233;es et cass&#233;es que par un choc et c'est encore un cho qui construit de nouvelles structures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat r&#233;forme ou r&#233;volution est lui aussi dans cette question du gradualisme et du continuisme&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Seul un choc peut changer le monde&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8434&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8434&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5216&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5216&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5033&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5033&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4595&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4595&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1619&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1619&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1987&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1987&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1987&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1987&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2475&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2475&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3979&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3979&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5127&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5127&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6616&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6616&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;l&#233;ments du mat&#233;rialisme dialectique</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article8829</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.org/spip.php?article8829</guid>
		<dc:date>2026-02-10T23:10:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Dialectic - Dialectique</dc:subject>
		<dc:subject>Mat&#233;rialisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#201;l&#233;ments du mat&#233;rialisme dialectique &lt;br class='autobr' /&gt;
Le marxisme est la th&#233;orie scientifique du mouvement prol&#233;tarien r&#233;volutionnaire qui vise &#224; renverser le syst&#232;me capitaliste d&#233;pass&#233; et &#224; &#233;riger &#224; sa place un nouvel ordre socialiste. Le mat&#233;rialisme dialectique est le fondement philosophique du marxisme. &lt;br class='autobr' /&gt;
La port&#233;e du mat&#233;rialisme dialectique &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; maintes reprises dans l'histoire du mouvement ouvrier, les porte-parole capitalistes ont cherch&#233; &#224; limiter les activit&#233;s des travailleurs dans des limites (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique15" rel="directory"&gt;Chapter 10 : Natural and social dialectic - Dialectique naturelle et sociale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Dialectic - Dialectique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot281" rel="tag"&gt;Mat&#233;rialisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;l&#233;ments du mat&#233;rialisme dialectique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le marxisme est la th&#233;orie scientifique du mouvement prol&#233;tarien r&#233;volutionnaire qui vise &#224; renverser le syst&#232;me capitaliste d&#233;pass&#233; et &#224; &#233;riger &#224; sa place un nouvel ordre socialiste. Le mat&#233;rialisme dialectique est le fondement philosophique du marxisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La port&#233;e du mat&#233;rialisme dialectique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; maintes reprises dans l'histoire du mouvement ouvrier, les porte-parole capitalistes ont cherch&#233; &#224; limiter les activit&#233;s des travailleurs dans des limites &#233;troites. Il est conseill&#233; aux travailleurs de limiter leurs activit&#233;s &#224; une usine ou une industrie particuli&#232;re ou &#224; l'int&#233;rieur des fronti&#232;res d'un pays. Les organisations syndicales sont mises en garde contre l'entr&#233;e en politique et, une fois devenues une force ind&#233;pendante dans la vie politique, elles sont mises en garde contre la prise du pouvoir d'&#201;tat pour leur propre compte. Ces panneaux &#171; Interdit d'entrer &#187; sont install&#233;s dans un seul but : emp&#234;cher les travailleurs d'envahir ces quartiers privil&#233;gi&#233;s afin que les forces r&#233;actionnaires puissent jouir de leur possession incontest&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous rencontrons un ph&#233;nom&#232;ne analogue dans la vie intellectuelle. Ici, les ennemis bourgeois purs et simples du marxisme s'efforcent d'enfermer la pens&#233;e socialiste r&#233;volutionnaire dans les limites les plus &#233;troites : le domaine de l'esprit humain. Le marxisme, affirment-ils, est faux ; le mat&#233;rialisme dialectique est une absurdit&#233; intellectuelle. Les r&#233;viseurs petits-bourgeois du marxisme, moins audacieux et moins coh&#233;rents dans leur opposition, cherchent &#224; circonscrire son application d'une autre mani&#232;re. Le marxisme, disent-ils, est &#224; moiti&#233; vrai, ou n'est vrai que pour la moiti&#233; du monde. Elle s'applique aux ph&#233;nom&#232;nes sociaux mais n'a aucun rapport avec les ph&#233;nom&#232;nes purement physiques. La th&#233;orie du mat&#233;rialisme dialectique est une relique de la religion ou de l'id&#233;alisme h&#233;g&#233;lien. Les deux &#233;coles de critique, bourgeoise et petite-bourgeoise, s'accordent pour exclure le mat&#233;rialisme dialectique de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mat&#233;rialisme dialectique n'admet pas de telles barri&#232;res dans son champ d'op&#233;rations. Il a un caract&#232;re universel. Il prend toute la r&#233;alit&#233; pour sa province. La dialectique mat&#233;rialiste s'applique &#224; tous les ph&#233;nom&#232;nes depuis les n&#233;buleuses les plus lointaines et les temps les plus recul&#233;s jusqu'aux sentiments les plus intimes et aux pens&#233;es les plus &#233;lev&#233;es de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire vise &#224; conqu&#233;rir la terre pour le socialisme, le mat&#233;rialisme dialectique, qui est l'expression philosophique de ce mouvement, cherche &#224; &#233;tendre son emprise sur tous les domaines du savoir, contestant le droit des id&#233;ologies rivales de les gouverner. Il s'agit d'une philosophie r&#233;volutionnaire militante, r&#233;solument critique, qui vise &#224; remodeler le vieux monde de pens&#233;e aussi radicalement que le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire aspire &#224; reconstruire l'ordre social existant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'unit&#233; du marxisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le marxisme doit repousser toute tentative visant &#224; limiter la port&#233;e de son application car il s'agit d'une vision moniste de l'univers. Les philosophies dualistes et pluralistes divisent la r&#233;alit&#233; en cat&#233;gories d'&#234;tres radicalement diff&#233;rentes, absolument oppos&#233;es les unes aux autres. L'esprit est oppos&#233; &#224; la mati&#232;re ; l'individu contre la soci&#233;t&#233;, la soci&#233;t&#233; contre la nature. Les th&#233;ories bas&#233;es sur la disjonction et l'opposition absolues des divers aspects de la r&#233;alit&#233; souffrent de contradictions incurables. La d&#233;sunion inh&#233;rente &#224; leurs conceptions du monde ne peut &#234;tre surmont&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mat&#233;rialisme dialectique consid&#232;re cependant la r&#233;alit&#233; comme un processus historique unique de d&#233;veloppement mat&#233;riel. Ce processus est unifi&#233; par sa constitution mat&#233;rielle et ses connexions. En m&#234;me temps, cet univers mat&#233;riel s'est diversifi&#233; quantitativement et qualitativement au cours de son &#233;volution, de sorte que les segments et aspects individuels peuvent &#234;tre distingu&#233;s et trait&#233;s comme des unit&#233;s distinctes. Mais aussi isol&#233;es qu'elles soient, ces subdivisions de l'existence continuent d'entretenir des relations essentielles entre elles et avec le processus historique dans son ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cons&#233;quence, le mat&#233;rialisme dialectique ne peut reconna&#238;tre aucun clivage absolu entre les parties composantes de l'univers. La nature, la soci&#233;t&#233; et l'esprit humain sont trois cr&#233;ations et constituants qualitativement diff&#233;rents mais organiquement li&#233;s d'un m&#234;me processus historique. La nature est le produit principal de l'&#233;volution mat&#233;rielle ; la soci&#233;t&#233; s'est d&#233;velopp&#233;e &#224; partir de la nature et la conscience &#224; partir de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie du mat&#233;rialisme dialectique pr&#233;sente la m&#234;me unit&#233; int&#233;rieure, les m&#234;mes interconnexions organiques et le m&#234;me caract&#232;re syst&#233;matique que les diverses subdivisions de la r&#233;alit&#233; mat&#233;rielle qu'elle repr&#233;sente dans la pens&#233;e. Ses id&#233;es sont issues d'une &#233;tude approfondie des processus et relations naturels, sociaux et intellectuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conceptions fondamentales du mat&#233;rialisme dialectique ont en premier lieu &#233;t&#233; tir&#233;es de la nature, et non impos&#233;es arbitrairement, comme le pr&#233;tendent des critiques malveillants. Ils ont &#233;t&#233; extraits de la nature selon les meilleures m&#233;thodes de pens&#233;e scientifique et mod&#232;les de pratique scientifique. Ces id&#233;es refl&#232;tent des processus, des forces et des relations qui existent r&#233;ellement et op&#232;rent dans la r&#233;alit&#233; objective avant d'avoir &#233;t&#233; formul&#233;es par la pens&#233;e dialectique, comme le radium est pr&#233;sent et actif dans le minerai de brai blende avant son extraction sous forme pure par fusion. Ces principes sont ensuite utilis&#233;s pour approfondir l'&#233;tude des ph&#233;nom&#232;nes naturels et pour le bien-&#234;tre humain, les rayons X &#233;tant utilis&#233;s &#224; des fins exp&#233;rimentales dans les laboratoires ou pour traiter certains types de maladies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'elle diff&#232;re du reste de la nature &#224; d'importants &#233;gards, la soci&#233;t&#233; humaine est une partie intrins&#232;que du monde mat&#233;riel, une extension et une prog&#233;niture de celui-ci. Le mat&#233;rialisme historique r&#233;sulte de l'application des lois du mat&#233;rialisme dialectique &#224; cette partie particuli&#232;re de la r&#233;alit&#233; mat&#233;rielle, la soci&#233;t&#233; humaine dans ses multiples processus de d&#233;veloppement. C'est une forme particuli&#232;re de la th&#233;orie plus g&#233;n&#233;rale, tout comme la soci&#233;t&#233; est une forme particuli&#232;re d'existence mat&#233;rielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#234;mes lois g&#233;n&#233;rales qui r&#233;gissent les innombrables modes de mouvement et de transformation dans la nature s'appliquent &#233;galement &#224; cette partie du monde mat&#233;riel compos&#233;e d'&#234;tres humains associ&#233;s que nous appelons la soci&#233;t&#233;. Mais la soci&#233;t&#233; humaine poss&#232;de, outre les lois naturelles qu'elle partage avec d'autres formations mat&#233;rielles, ses propres lois particuli&#232;res de d&#233;veloppement, qui ont d&#251; &#234;tre d&#233;couvertes avant que l'humanit&#233; puisse acqu&#233;rir une connaissance scientifique de la soci&#233;t&#233;. Dans la th&#233;orie et la m&#233;thode du mat&#233;rialisme historique, Marx a donn&#233; pour la premi&#232;re fois au monde la cl&#233; de la compr&#233;hension des lois qui r&#233;gissent l'&#233;volution de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que chaque phase de l'&#233;volution de la nature, jusqu'&#224; son produit le plus &#233;lev&#233;, l'humanit&#233; associ&#233;e, a ses propres lois sp&#233;cifiques de d&#233;veloppement, de m&#234;me chaque &#233;tape de l'&#233;volution de la soci&#233;t&#233; sur cette plan&#232;te a eu son propre type d'organisation mat&#233;rielle et ses lois sp&#233;ciales. de d&#233;veloppement. Le socialisme scientifique est le fruit de l'application du mat&#233;rialisme historique au capitalisme et de sa transition vers l'&#233;tape sup&#233;rieure suivante, l'organisation socialiste de la soci&#233;t&#233;. Chacune de ces trois divisions du syst&#232;me marxiste refl&#232;te une part particuli&#232;re de la r&#233;alit&#233; dans son processus de r&#233;alisation historique. Le mat&#233;rialisme dialectique couvre l'univers dans son ensemble, le mat&#233;rialisme historique, la soci&#233;t&#233; humaine et le socialisme scientifique, la soci&#233;t&#233; humaine dans sa phase actuelle et prospective d'existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces trois parties de la th&#233;orie marxiste se d&#233;roulent l'une &#224; partir de l'autre, le sp&#233;cifique &#224; partir du g&#233;n&#233;ral, le concret &#224; partir de l'abstrait. Ils sont si organiquement li&#233;s qu'ils ne peuvent pas vraiment &#234;tre dissoci&#233;s, bien qu'ils puissent &#234;tre consid&#233;r&#233;s s&#233;par&#233;ment &#224; des fins de r&#233;flexion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre la nature et la soci&#233;t&#233;, la r&#233;alit&#233; poss&#232;de une troisi&#232;me dimension, la conscience humaine. La conscience na&#238;t dans l'esp&#232;ce humaine au seuil de son &#233;mergence de l'&#233;tat animal en tant qu'expression et expansion de la vie sociale. Les hommes ont commenc&#233; &#224; concevoir des id&#233;es sur leurs activit&#233;s et leur environnement en conjonction avec la production des moyens mat&#233;riels de leur existence sociale. Chaque &#233;tape ult&#233;rieure du d&#233;veloppement social a eu une organisation intellectuelle, des formes de conscience et des m&#233;thodes de pens&#233;e correspondant &#224; ses pouvoirs productifs et &#224; son niveau mat&#233;riel. Plus le niveau de d&#233;veloppement social est &#233;lev&#233;, plus grande est la compr&#233;hension de la r&#233;alit&#233; puisque chaque &#233;tape successive du progr&#232;s de la connaissance humaine se fonde sur les acquisitions mat&#233;rielles et intellectuelles de ses pr&#233;d&#233;cesseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que syst&#232;me scientifique du mouvement socialiste, tendance la plus avanc&#233;e du d&#233;veloppement historique, le marxisme a atteint de nouveaux sommets dans la compr&#233;hension des processus intellectuels ainsi que naturels et sociaux. Elle a cr&#233;&#233; une th&#233;orie particuli&#232;re sur la nature et les activit&#233;s de la vie mentale, sa propre m&#233;thode de pens&#233;e, sa logique individuelle. La m&#233;thode de pens&#233;e marxiste est la dialectique mat&#233;rialiste. La m&#233;thode dialectique de raisonnement sur la r&#233;alit&#233; mat&#233;rielle est la forme la plus &#233;lev&#233;e de pens&#233;e consciente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La coh&#233;rence de la th&#233;orie marxiste est enracin&#233;e dans l'unit&#233; mat&#233;rielle du processus historique. Les lois g&#233;n&#233;rales du d&#233;veloppement de ce processus constituent le contenu de la dialectique mat&#233;rialiste. La dialectique mat&#233;rialiste n'est pas seulement un instrument d'analyse de la pens&#233;e mais aussi d'exploration en profondeur des ph&#233;nom&#232;nes sociaux et naturels. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, ses plus grandes r&#233;alisations ont &#233;t&#233; dans le domaine de la sociologie mais, correctement utilis&#233;e, la m&#233;thode mat&#233;rialiste dialectique peut &#234;tre d'une immense aide &#224; la recherche scientifique dans tous les domaines de la connaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La base mat&#233;rialiste du marxisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pens&#233;e marxiste est avant tout mat&#233;rialiste. Il con&#231;oit l'univers dans toutes ses manifestations comme &#233;tant constitu&#233; de mati&#232;re en mouvement. La mati&#232;re ne doit pas &#234;tre d&#233;crite comme inerte, sans caract&#232;re et plomb&#233;e, comme elle est souvent pr&#233;sent&#233;e &#224; tort par les opposants au mat&#233;rialisme. Au contraire, la substance mat&#233;rielle s'est av&#233;r&#233;e &#233;lectriquement &#233;nerg&#233;tique, infiniment plastique et, chez les &#234;tres organiques, elle peut m&#234;me devenir sensible, vivante et intelligente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mati&#232;re, au cours de son d&#233;veloppement, a rev&#234;tu les formes les plus diverses. Un rayon lumineux et un pou, un r&#234;ve et un syst&#232;me solaire sont autant de manifestations de l'existence mat&#233;rielle. Les modes de mouvement mat&#233;riel sont aussi infiniment vari&#233;s que ses formations r&#233;elles et potentielles. Le r&#233;seau de pulsations &#233;lectroniques dans le monde subatomique, la course des plan&#232;tes &#224; travers l'espace, les migrations d'animaux, les activit&#233;s de la soci&#233;t&#233; et les circuits complexes du syst&#232;me nerveux et du cerveau humain sont autant de combinaisons de mouvements mat&#233;riels dans un sens inf&#233;rieur ou sup&#233;rieur. degr&#233; de d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les propri&#233;t&#233;s de la mati&#232;re sont illimit&#233;es et de nouvelles apparaissent constamment. L'&#233;lectromagn&#233;tisme, qui est aujourd'hui consid&#233;r&#233; comme la forme fondamentale de l'&#233;nergie mat&#233;rielle et qui devient rapidement la principale force motrice de la technologie moderne, n'a &#233;t&#233; d&#233;couvert, &#233;tudi&#233; et mis en pratique qu'au cours du si&#232;cle dernier. De nombreux modes de son activit&#233; restent obscurs ou inconnus. Quels autres pouvoirs et propri&#233;t&#233;s la r&#233;alit&#233; mat&#233;rielle d&#233;tient en elle-m&#234;me, cach&#233;s &#224; notre perception, nous ne pouvons m&#234;me pas le deviner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde physique existait avant l'apparition de l'humanit&#233; ou de tout &#234;tre vivant sur cette terre. Il se maintient ind&#233;pendamment de l'existence, de la perception ou de la pens&#233;e de l'homme. Ni Dieu ni l'humanit&#233; n'ont cr&#233;&#233; le monde ; le monde a donn&#233; naissance &#224; l'homme et l'homme a cr&#233;&#233; l'id&#233;e de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie mat&#233;rialiste de la connaissance&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, comme le pr&#233;tend le mat&#233;rialisme, tout dans l'univers est constitu&#233; de mati&#232;re en mouvement, alors l'esprit humain doit &#233;galement &#234;tre un ph&#233;nom&#232;ne mat&#233;riel. Le mat&#233;rialisme dialectique ne recule pas devant cette conclusion mais l'adh&#232;re sans r&#233;serve. En accord avec la pratique de la science moderne, elle consid&#232;re l'esprit comme une excroissance naturelle et le produit le plus &#233;lev&#233; de l'&#233;volution universelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les diff&#233;rentes sciences, de l'astronomie &#224; la psychologie sociale, &#233;tudient les principaux maillons de la cha&#238;ne du d&#233;veloppement mat&#233;riel qui a abouti &#224; l'&#233;mergence de l'intelligence humaine. Outre les preuves abondantes de la recherche scientifique, les origines mat&#233;rielles des pouvoirs psychiques peuvent &#234;tre observ&#233;es dans la croissance de chaque &#234;tre humain, depuis un spermatozo&#239;de compl&#232;tement absorb&#233; dans l'ut&#233;rus maternel jusqu'&#224; une existence ind&#233;pendante et un contr&#244;le intelligent de ses activit&#233;s corporelles. Le cycle de vie de l'individu reproduit dans une version condens&#233;e l'&#233;volution historique de l'esp&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'intelligence collective de l'humanit&#233; s'est d&#233;velopp&#233;e &#224; partir de la nature et de la soci&#233;t&#233;, l'esprit de l'individu n'existe et ne peut exister qu'en fonction de son cerveau et de son corps. La croissance progressive de l'intelligence, les effets du manque de nourriture, des stup&#233;fiants ou d'un coup dur &#224; la t&#234;te port&#233; sur sa propre conscience, la disparition de l'intelligence &#224; la mort t&#233;moignent de la d&#233;pendance de l'esprit &#224; l'&#233;gard de ses bases mat&#233;rielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fonctionnement mental est un processus organique tout &#224; fait naturel. Les op&#233;rations de l'esprit humain, se souvenir, r&#234;ver, apprendre, raisonner, parler, etc., ont le m&#234;me caract&#232;re mat&#233;riel que les fonctions de l'appareil digestif comme avaler, m&#226;cher, dig&#233;rer et excr&#233;ter. De nombreuses &#233;coles de pens&#233;e font de l'esprit un myst&#232;re, le traitant comme un pouvoir surnaturel. Bien que les activit&#233;s du processus de pens&#233;e aient leurs caract&#233;ristiques particuli&#232;res et leurs lois particuli&#232;res qui ne peuvent &#234;tre d&#233;couvertes que par une analyse directe, elles ne sont pas en elles-m&#234;mes plus &#233;nigmatiques que d'autres types de comportement organique. Les &#234;tres humains pensent aussi spontan&#233;ment qu'ils travaillent, mangent et se reproduisent. Gr&#226;ce au cerveau et au syst&#232;me nerveux, l'esprit est connect&#233; au corps, le corps &#224; la soci&#233;t&#233; et la soci&#233;t&#233; au reste de la nature. Ces sph&#232;res d'existence fournissent &#224; l'esprit les mat&#233;riaux et les motifs de ses activit&#233;s, tout comme elles fournissent &#224; l'estomac la nourriture n&#233;cessaire &#224; son assimilation. Tout esprit humain reste en permanence ancr&#233; &#224; ces fondements mat&#233;riels. Les sp&#233;culations de pens&#233;e les plus extravagantes, les r&#234;ves les plus fous, les id&#233;es les plus raffin&#233;es ne peuvent transcender les fronti&#232;res de la suggestion mat&#233;rielle ni trouver de sources de mati&#232;re pour leurs productions en dehors de celles fournies par les formes et les forces mat&#233;rielles qui entourent l'homme de tous c&#244;t&#233;s. La nature est la m&#232;re de toutes choses et de toutes les id&#233;es, et c'est &#224; elle qu'elles finissent par revenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue mat&#233;rialiste, il n'est pas difficile de r&#233;soudre le probl&#232;me qui a contrari&#233; tant de penseurs et conduit &#224; de nombreuses id&#233;es fausses et fantaisistes : &#171; Comment pouvons-nous conna&#238;tre le monde qui nous entoure ? &#187; Le mat&#233;rialiste r&#233;pond imm&#233;diatement au philosophe sceptique qui doute de notre capacit&#233; &#224; conna&#238;tre le monde ext&#233;rieur : &#171; Pourquoi ne pourrions-nous pas le conna&#238;tre ? &#187; Nous sommes sortis du ventre de ce monde ; nous sommes faits de la m&#234;me &#233;toffe ; nous en faisons partie tout au long de la vie ; et s'y dissoudre &#224; la mort. Est-il plus extraordinaire que l'esprit humain refl&#232;te le monde qui l'entoure que la mer refl&#232;te le ciel ? Si un corps peut se d&#233;placer dans l'espace, pourquoi l'esprit ne peut-il pas p&#233;n&#233;trer activement la r&#233;alit&#233; ? Si la main humaine peut saisir des objets et que les outils fabriqu&#233;s par l'homme peuvent les remodeler, pourquoi l'esprit humain ne peut-il pas &#233;galement saisir et remodeler les objets ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, l'activit&#233; mentale transforme les sensations physiques en id&#233;es et en syst&#232;mes de pens&#233;e particuliers, tout comme le travail physique transforme la canne &#224; sucre en sucre pur. L'esprit, une sorte d'&#233;nergie organique, absorbe et modifie ses mat&#233;riaux comme tout autre agent naturel en quelque chose portant sa propre empreinte et caract&#233;ristique de son propre mode de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, la r&#233;flexion humaine, la p&#233;n&#233;tration intellectuelle et la conception philosophique sont des modes de fonctionnement organique bien plus complexes et hautement d&#233;velopp&#233;s que les processus naturels et sociaux plus simples cit&#233;s ci-dessus. Mais pour le mat&#233;rialiste, pour le penseur scientifique, il n'existe pas de barri&#232;res infranchissables entre ces diverses cat&#233;gories de ph&#233;nom&#232;nes. Tous illustrent la capacit&#233; d'une partie et d'un processus de la nature &#224; r&#233;agir et &#224; agir sur une autre, &#224; la repr&#233;senter et &#224; la transformer, &#224; la s&#233;parer, &#224; la recombiner et &#224; exprimer ses qualit&#233;s essentielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me &#233;nigme avanc&#233;e par les sceptiques : &#171; Comment l'esprit peut-il conna&#238;tre la v&#233;rit&#233; sur le monde ext&#233;rieur ? &#187; peut &#234;tre r&#233;solue de la m&#234;me mani&#232;re. Les gens n'ont pas commenc&#233; &#224; raisonner et ne continuent pas &#224; raisonner pour le pur plaisir de penser. Les hommes pensent &#224; des fins pratiques, afin d'agir correctement et d'atteindre leurs objectifs. Les capacit&#233;s intellectuelles de l'homme ; les id&#233;es et les philosophies se sont d&#233;velopp&#233;es parall&#232;lement et &#224; partir de la lutte sociale de l'homme contre la nature et de sa ma&#238;trise croissante sur celle-ci. Si leur pens&#233;e ne repr&#233;sentait pas plus ou moins correctement la r&#233;alit&#233; objective, si elle ne les aidait pas &#224; fonctionner plus efficacement, si elle ne for&#231;ait pas la nature &#224; servir les fins de l'homme et ainsi &#224; satisfaire ses besoins vitaux, les hommes auraient depuis longtemps cess&#233; de pour cultiver leurs pouvoirs mentaux. Ceux-ci auraient d&#233;p&#233;ri ou diminu&#233; en importance comme l'appendice caudal ou l'odorat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le test de la capacit&#233; de l'homme &#224; conna&#238;tre v&#233;ritablement le monde ext&#233;rieur se trouve dans la pratique. Malgr&#233; les revers et la stagnation, la compr&#233;hension intellectuelle du monde de l'homme n'a cess&#233; de cro&#238;tre, parall&#232;lement &#224; sa ma&#238;trise pratique de la nature. Chaque am&#233;lioration de la situation mat&#233;rielle et des capacit&#233;s de production de l'homme s'est accompagn&#233;e d'un progr&#232;s de ses capacit&#233;s mentales. Puisque nous ne voyons aucune limite insurmontable aux capacit&#233;s productives mat&#233;rielles de la soci&#233;t&#233;, nous ne pouvons imposer aucune limite au progr&#232;s des capacit&#233;s intellectuelles de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe une illustration int&#233;ressante de ce fait dans Anti-Duehring. Engels y exprime des doutes quant &#224; la possibilit&#233; d'explorer et de conna&#238;tre directement le monde subatomique gr&#226;ce &#224; l'interf&#233;rence des rayons lumineux. R&#233;cemment, cependant, des scientifiques ont mis au point un microscope &#233;lectronique qui &#233;vite les interf&#233;rences des rayons lumineux et permet aux physiciens de p&#233;n&#233;trer beaucoup plus profond&#233;ment dans la constitution de la mati&#232;re qu'on ne l'aurait cru possible il y a seulement quelques ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mat&#233;rialisme contre id&#233;alisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question des relations entre l'esprit et la mati&#232;re a divis&#233; les philosophes en deux grandes &#233;coles de pens&#233;e. Les mat&#233;rialistes consid&#232;rent la mati&#232;re comme la r&#233;alit&#233; primaire, consid&#233;rant la sensation, la conscience et le raisonnement comme des qualit&#233;s secondaires et d&#233;riv&#233;es. Les id&#233;alistes ont une conception totalement diff&#233;rente de leurs relations mutuelles. Si l'on admet qu'elle existe, la mati&#232;re est consid&#233;r&#233;e comme une forme d'existence inf&#233;rieure et d&#233;grad&#233;e, d&#233;riv&#233;e et d&#233;pendante de l'esprit, ou de Dieu, l'auteur de l'esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie mat&#233;rialiste de la connaissance et de la nature de l'esprit entre en conflit avec la vision id&#233;aliste sur tous les points importants. L&#224; o&#249; le mat&#233;rialiste affirme que l'esprit est un produit de l'&#233;volution naturelle, l'id&#233;aliste affirme ou laisse entendre qu'il poss&#232;de une sorte de pouvoir surnaturel. Ce pouvoir, selon l'id&#233;aliste Platon, &#233;manait de l'acc&#232;s de l'esprit &#224; un domaine d'id&#233;es &#233;ternelles pr&#233;existantes ; selon la philosophie chr&#233;tienne, elle provient de sources divines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mat&#233;rialiste consid&#232;re les op&#233;rations mentales comme des fonctions et des formes de comportement organique. L'id&#233;alisme s&#233;pare la raison du reste de l'activit&#233; humaine et lui conf&#232;re un statut unique et des pouvoirs cat&#233;goriquement diff&#233;rents. Gr&#226;ce aux myst&#233;rieux pouvoirs transcendantaux de l'intuition ou de la r&#233;v&#233;lation, l'id&#233;alisme d&#233;clare que l'esprit a un aper&#231;u de domaines particuliers de l'&#234;tre, en dehors du monde mat&#233;riel grossier et inaccessible aux gens ordinaires. Cela prend sa forme la plus grossi&#232;re dans la croyance en la communication avec les &#226;mes des mortels d&#233;funts ou avec les fant&#244;mes. Il prend une forme religieuse dans la croyance que des individus sup&#233;rieurs ou des membres favoris&#233;s de sectes religieuses, proph&#232;tes, mystiques, saints, pr&#234;tres et papes, peuvent communiquer avec Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; l'id&#233;alisme doute ou nie la capacit&#233; de l'homme &#224; conna&#238;tre le monde ext&#233;rieur ou &#224; en conna&#238;tre les caract&#233;ristiques les plus intimes, le mat&#233;rialisme s'en tient &#224; la conviction in&#233;branlable, confirm&#233;e par le progr&#232;s intellectuel de l'humanit&#233;, par la connaissance scientifique et par l'exp&#233;rience quotidienne, que le monde autour de nous est soumis &#224; une p&#233;n&#233;tration et une compr&#233;hension intellectuelles dans une mesure toujours croissante. L&#224; o&#249; l'id&#233;alisme limite la connaissance de l'homme, le mat&#233;rialisme voit la voie libre pour son progr&#232;s. Aussi imparfaites, partielles et approximatives que soient n&#233;cessairement nos id&#233;es sur la r&#233;alit&#233; &#224; un moment donn&#233;, le mat&#233;rialisme, contrairement aux th&#233;ories religieuses ou id&#233;alistes de la connaissance, refuse de s'idol&#226;trer et de se prosterner devant l'ignorance actuelle de l'homme. Notre connaissance de la nature, de la soci&#233;t&#233; et de nous-m&#234;mes s'est absolument accrue sous nos yeux. Loin d'&#234;tre proche de la fin de ses acquisitions et de ses capacit&#233;s intellectuelles, l'humanit&#233; n'en est aujourd'hui qu'au d&#233;but.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a souvent object&#233; que, puisque l'esprit con&#231;oit beaucoup de choses qui ne se trouvent pas dans la r&#233;alit&#233;, l'esprit doit &#234;tre essentiellement diff&#233;rent du reste de la r&#233;alit&#233;. Une fausse conclusion a &#233;t&#233; tir&#233;e ici d'un fait exact. Le fait qu'une partie de la r&#233;alit&#233; mat&#233;rielle, l'esprit, poss&#232;de des propri&#233;t&#233;s et des produits qu'on ne trouve pas ailleurs n'est pas propre &#224; l'esprit. C'est une caract&#233;ristique universelle de la r&#233;alit&#233;. Tout comme il y a beaucoup de choses dans l'esprit qui ne peuvent pas &#234;tre et ne seront jamais pr&#233;sentes dans d'autres parties de la nature, de m&#234;me il y a beaucoup de choses dans le reste de la nature qui n'ont pas encore et ne seront jamais poss&#233;d&#233;es par l'esprit. L'imagination de l'humanit&#233; est encore d&#233;pass&#233;e par son ignorance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;George Novack&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/novack/works/1940/aug/x01.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/novack/works/1940/aug/x01.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;George Novack&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement id&#233;ologique de tout mouvement social a suivi le cours d&#233;termin&#233; par les conditions mat&#233;rielles de son existence. L'&#233;volution de la pens&#233;e scientifique sous les auspices prol&#233;tariens a &#233;t&#233; &#224; l'oppos&#233; de celle sous les auspices bourgeois. Cette diff&#233;rence de d&#233;veloppement est n&#233;e des diff&#233;rentes n&#233;cessit&#233;s sociales auxquelles les deux classes r&#233;volutionnaires ont &#233;t&#233; confront&#233;es au d&#233;but de leur carri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ligne principale de la pens&#233;e bourgeoise s'est &#233;tendue des sciences naturelles aux sciences sociales. Les premiers philosophes bourgeois se pr&#233;occupaient avant tout de promouvoir la connaissance de la nature par l'homme apr&#232;s le long sommeil du Moyen &#194;ge. Ils n'avaient aucun int&#233;r&#234;t &#224; r&#233;former la soci&#233;t&#233; selon des principes bourgeois. Ils ont con&#231;u de nouvelles m&#233;thodes intellectuelles pour accro&#238;tre le pouvoir de l'homme sur la nature plut&#244;t que pour diminuer le pouvoir de l'homme sur l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lord Bacon, l'anc&#234;tre de l'empirisme anglais, a d&#233;lib&#233;r&#233;ment tourn&#233; le dos aux controverses religieuses, dans lesquelles se sont alors manifest&#233;es pour la premi&#232;re fois de grandes luttes politiques, pour enqu&#234;ter sur le fonctionnement de la nature. Descartes, fondateur du rationalisme moderne, opposait &#224; la st&#233;rile philosophie &#171; sp&#233;culative &#187; des scolastiques sa propre &#171; philosophie pratique &#187;, qui ferait de l'homme &#171; ma&#238;tre et possesseur de la nature &#187; et lui permettrait de &#171; jouir sans peine des fruits de la nature &#187;. la terre et tout son confort. Newton a donn&#233; une forme classique &#224; la physique un si&#232;cle et demi avant que Ricardo n'effectue la m&#234;me t&#226;che pour l'&#233;conomie bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Causes mat&#233;rielles de l'&#233;volution intellectuelle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet ordre de d&#233;veloppement n'&#233;tait pas accidentel. La t&#226;che principale de la bourgeoisie &#224; cette &#233;poque &#233;tait d'augmenter les forces productives, augmentant ainsi sa propre richesse et son pouvoir. La pens&#233;e scientifique du mouvement prol&#233;tarien, en revanche, a progress&#233; des sciences sociales vers les sciences naturelles. Cela non plus n'&#233;tait pas sans raison suffisante. La t&#226;che urgente du prol&#233;tariat sous domination capitaliste consistait moins &#224; accro&#238;tre les forces productives de la soci&#233;t&#233;, comme la bourgeoisie &#233;tait oblig&#233;e de le faire sous le r&#233;gime f&#233;odal, qu'&#224; lib&#233;rer les forces productives d&#233;j&#224; tr&#232;s d&#233;velopp&#233;es de la main morte de la propri&#233;t&#233; et du contr&#244;le capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci explique pourquoi le marxisme, la m&#233;thode scientifique du mouvement prol&#233;tarien r&#233;volutionnaire, a concentr&#233; son attention, dans la premi&#232;re phase de son activit&#233;, sur la solution des probl&#232;mes historiques, sociaux et &#233;conomiques. La n&#233;cessit&#233; pratique exigeait que les probl&#232;mes th&#233;oriques les plus urgents dans le domaine des ph&#233;nom&#232;nes sociaux soient r&#233;solus en premier. Bien que la th&#233;orie du mat&#233;rialisme dialectique soit essentiellement un syst&#232;me de pens&#233;e universel, englobant &#224; la fois la nature et la soci&#233;t&#233;, son application d&#233;taill&#233;e aux probl&#232;mes th&#233;oriques des sciences naturelles a d&#251; &#234;tre report&#233;e &#224; un examen ult&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx, Engels et les sciences naturelles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cr&#233;ateurs du mat&#233;rialisme dialectique &#233;taient parfaitement conscients des lacunes de leur travail th&#233;orique. Marx esp&#233;rait &#233;crire un manuel de dialectique apr&#232;s avoir achev&#233; Le Capital . Dans les derni&#232;res ann&#233;es de sa vie, Engels a r&#233;alis&#233; une &#233;tude approfondie des math&#233;matiques et des sciences naturelles en reconstruisant leurs fondements th&#233;oriques &#224; l'aide de la dialectique mat&#233;rialiste, tout comme lui et Marx avaient auparavant r&#233;volutionn&#233; les sciences sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Marx et moi &#187;, &#233;crivait-il dans la deuxi&#232;me pr&#233;face d' Anti-Duehring , &#171; &#233;tions &#224; peu pr&#232;s les seuls &#224; avoir sauv&#233; la dialectique consciente de la philosophie id&#233;aliste allemande et &#224; l'appliquer dans la conception mat&#233;rialiste de la nature et de l'histoire. Mais la connaissance des math&#233;matiques et des sciences naturelles est essentielle &#224; une conception de la nature &#224; la fois dialectique et mat&#233;rialiste. Marx connaissait bien les math&#233;matiques, mais nous ne parvenions que partiellement, par intermittence et sporadiquement, &#224; suivre le rythme des sciences naturelles. C'est pourquoi, lorsque j'ai pris ma retraite des affaires et que j'ai transf&#233;r&#233; ma maison &#224; Londres, me permettant ainsi d'y consacrer le temps n&#233;cessaire, j'ai subi une &#171; mue &#187; aussi compl&#232;te que possible, comme l'appelle Liebig, en math&#233;matiques et en sciences naturelles. , et j'y ai pass&#233; la majeure partie de huit ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Anti-D&#252;hring fut le premier fruit de ce travail ; Dialectique de la nature la derni&#232;re. Si l'Anti-Duehring reste le meilleur expos&#233; de la philosophie du mat&#233;rialisme dialectique, la Dialectique de la nature , malgr&#233; son caract&#232;re fragmentaire, doit d&#233;sormais &#234;tre lue comme son compl&#233;ment indispensable. Engels n'a pas pu terminer ce travail en raison du travail &#233;norme qu'exigeait l'&#233;dition et la publication du Capital (voici une preuve directe de l'interf&#233;rence des sciences sociales dans le progr&#232;s des sciences naturelles !) et d'autres t&#226;ches li&#233;es au mouvement r&#233;volutionnaire. Le pr&#233;sent volume se compose de six chapitres plus ou moins compl&#233;t&#233;s ainsi que d'une liasse de notes isol&#233;es et d'articles s&#233;par&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'il ait fallu plus de soixante ans pour que le manuscrit d'Engels paraisse en anglais, il arrive &#224; un moment opportun. Voici un moyen suppl&#233;mentaire d'&#233;duquer les &#233;tudiants qui ont ressenti le besoin d'approfondir les bases th&#233;oriques du marxisme et de r&#233;pondre aux critiques qui ont demand&#233; de savoir comment les doctrines et les m&#233;thodes du mat&#233;rialisme dialectique peuvent &#234;tre appliqu&#233;es aux probl&#232;mes des sciences naturelles. . Sans aucun doute, la nouvelle &#233;cole des r&#233;visionnistes petits-bourgeois, dont le m&#233;pris pour la th&#233;orie marxiste n'est surpass&#233; que par son ignorance de celle-ci, n'attachera gu&#232;re plus de valeur positive &#224; ces &#233;crits que ne l'avait fait son pr&#233;d&#233;cesseur, Edward Bernstein, qui a conserv&#233; le manuscrit pendant plusieurs d&#233;cennies apr&#232;s la mort d'Engels sans voir la n&#233;cessit&#233; de la publier. Mais tout &#233;tudiant s&#233;rieux de la pens&#233;e marxiste se r&#233;jouira que ces cl&#233;s de compr&#233;hension de la dialectique mat&#233;rialiste soient enfin devenues accessibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'Engels cherche &#224; d&#233;montrer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la Dialectique de la nature, Engels visait &#224; d&#233;montrer que les processus naturels ob&#233;issent aux m&#234;mes lois g&#233;n&#233;rales du mouvement que les processus sociaux et intellectuels. Comme il l'&#233;crit dans Anti-Duehring , Engels a &#233;tudi&#233; les math&#233;matiques et les sciences naturelles pour se convaincre &#171; que, parmi le fouillis des innombrables changements qui se produisent dans la nature, les m&#234;mes lois dialectiques sont &#224; l'&#339;uvre que celles qui, dans l'histoire, r&#233;gissent l'apparente fortuite des &#233;v&#233;nements ; les m&#234;mes lois que celles qui, de la m&#234;me mani&#232;re, forment le fil conducteur de l'histoire du d&#233;veloppement de la pens&#233;e humaine et qui s'&#233;l&#232;vent progressivement vers la conscience dans l'esprit de l'homme&#8230; &#187; et qui ont &#233;t&#233; formul&#233;es pour la premi&#232;re fois par Hegel sous une forme mystique avant que Marx et Engels ne les refa&#231;onnent. dans la dialectique mat&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l' introduction , Engels pr&#233;sente une revue critique du d&#233;veloppement des sciences naturelles du point de vue th&#233;orique. Il explique comment et pourquoi cette premi&#232;re p&#233;riode de la renaissance de la connaissance naturelle a &#233;t&#233; domin&#233;e par le point de vue de l'immuabilit&#233; absolue de la nature. Les &#233;toiles fixes et notre propre syst&#232;me solaire, la terre, sa faune et sa flore &#233;taient consid&#233;r&#233;es comme &#233;ternellement identiques. Dans un tel sch&#233;ma de choses, l'id&#233;e d'une &#233;volution universelle n'avait pas sa place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette vision, qui a pr&#233;valu dans toutes les branches des sciences naturelles jusqu'au d&#233;but du XIXe si&#232;cle, a commenc&#233; &#224; &#234;tre min&#233;e d'une science &#224; l'autre par le d&#233;veloppement interne des sciences elles-m&#234;mes. En astronomie, par l'hypoth&#232;se de Kant-Laplace de l'&#233;volution du syst&#232;me solaire &#224; partir d'une n&#233;buleuse ; en g&#233;ologie, par la conception de Lyell des transformations successives de la surface terrestre ; en physique, par la formulation de la th&#233;orie m&#233;canique de la chaleur et par la loi de la conservation de l'&#233;nergie ; en chimie, par la d&#233;couverte par Mendeleyeff de la disposition p&#233;riodique des &#233;l&#233;ments ; et en biologie par la th&#233;orie de Darwin sur l'origine des esp&#232;ces. Cette s&#233;rie de d&#233;couvertes a donn&#233; naissance &#224; une nouvelle conception scientifique de la nature, la th&#233;orie de l'&#233;volution universelle, &#171; l'id&#233;e selon laquelle la nature tout enti&#232;re, du plus petit &#233;l&#233;ment au plus grand, des grains de sable aux soleils, des protistes aux hommes, a son existence dans une cr&#233;ation et une disparition &#233;ternelles, dans un flux incessant, dans un mouvement et un changement incessants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cons&#233;quences de ces d&#233;veloppements r&#233;volutionnaires dans les diff&#233;rentes sciences, qui ont bris&#233; l'ancienne image d'une nature immuable, ont mis du temps &#224; se r&#233;aliser dans la pens&#233;e consciente des naturalistes individuels et dans la th&#233;orie scientifique g&#233;niale. Les scientifiques en exercice, qui acceptaient les r&#233;sultats et poursuivaient les m&#233;thodes du point de vue &#233;volutionniste dans leur domaine d'activit&#233; sp&#233;cial, s'accrochaient aux anciennes fa&#231;ons de penser m&#233;taphysiques dans d'autres domaines de pens&#233;e et dans leurs conceptions g&#233;n&#233;rales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie dialectique de l'&#233;volution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, le stade nouveau et plus &#233;lev&#233; de la connaissance naturelle exigeait un syst&#232;me th&#233;orique et une m&#233;thode de pens&#233;e qui lui &#233;taient propres. L'ancien syst&#232;me m&#233;canique de la nature, avec ses lois et ses &#233;l&#233;ments immuables et son mode de pens&#233;e m&#233;taphysique fonctionnant avec des cat&#233;gories inflexibles et exclusives, ne suffisait plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un philosophe plut&#244;t qu'un scientifique qui a fourni aux sciences naturelles les moyens intellectuels n&#233;cessaires pour s'&#233;manciper de l'ancienne vision et pour en construire une nouvelle. Tout comme Descartes avait esquiss&#233; le syst&#232;me m&#233;canique de la nature, Hegel a formul&#233; la premi&#232;re conception syst&#233;matique de l'ensemble du monde naturel, social et spirituel comme un processus continu de d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa logique dialectique, Hegel a tent&#233; de donner une forme rationnelle et de d&#233;velopper une m&#233;thode rationnelle &#224; partir des processus multiformes et contradictoires de l'&#233;volution. Les lois de sa dialectique ne sont rien d'autre que les lois les plus g&#233;n&#233;rales du mouvement et du changement dans la nature, la soci&#233;t&#233; et la pens&#233;e humaine. Ces lois ont &#233;t&#233; con&#231;ues &#224; l'origine par Hegel de fa&#231;on id&#233;aliste comme de simples lois de la pens&#233;e. Mais, comme Marx et Engels l'ont d&#233;montr&#233; par la suite dans leur version mat&#233;rialiste de la logique dialectique, les lois dialectiques sont des formulations conceptuelles de r&#233;alit&#233;s mat&#233;rielles objectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois lois de la dialectique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Engels discute trois lois principales de la dialectique : la loi de la transformation de la quantit&#233; en qualit&#233;, et vice versa ; la loi de l'interp&#233;n&#233;tration des contraires ; et la loi de la n&#233;gation de la n&#233;gation. Il prend les r&#233;sultats exp&#233;rimentaux des sciences individuelles, les passe au crible et les synth&#233;tise, pour montrer que ces lois dialectiques sont en r&#233;alit&#233; des lois du d&#233;veloppement de la nature et sont donc valables pour les sciences naturelles th&#233;oriques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re loi signifie que &#171; dans la nature, d'une mani&#232;re exactement fix&#233;e pour chaque cas individuel, des changements qualitatifs ne peuvent se produire que par l'addition ou la soustraction quantitative de mati&#232;re ou de mouvement (ce qu'on appelle l'&#233;nergie) &#187;. Dans le deuxi&#232;me chapitre, Engels indique pr&#233;cis&#233;ment comment cette loi fonctionne &#224; l'aide de nombreux exemples tir&#233;s des sciences exactes de la m&#233;canique, de la physique et de la chimie, o&#249; des variations quantitatives pr&#233;cis&#233;ment mesurables et tra&#231;ables sont directement li&#233;es &#224; la production de diff&#233;rences qualitatives. En physique, on a constat&#233; depuis qu'il existe une s&#233;rie continue de rayons depuis les rayons radio jusqu'aux rayons cosmiques dans lesquels les variations quantitatives de longueur d'onde se manifestent par des diff&#233;rences qualitatives d&#233;terminables. Cette m&#234;me loi est &#233;galement clairement observable en chimie o&#249; les propri&#233;t&#233;s des corps sont modifi&#233;es en concordance avec leur composition quantitative modifi&#233;e. Engels cite les formes allotropiques des &#233;l&#233;ments, les compos&#233;s d'oxyde d'azote, les s&#233;ries homologues de compos&#233;s carbon&#233;s et la disposition p&#233;riodique des &#233;l&#233;ments en fonction de leur poids atomique ; les chimistes modernes pourraient ajouter bien d'autres exemples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me loi de la dialectique affirme que toute chose a un caract&#232;re contradictoire, contenant en elle son propre contraire. L'essence bipolaire de toutes choses se manifeste par le changement, qui est un processus d' alt&#233;ration ou de transformation de quelque chose de son &#233;tat original &#224; travers une s&#233;rie de variations interm&#233;diaires vers son oppos&#233;. Engels pr&#233;sente cette loi de l'interp&#233;n&#233;tration des contraires dans le troisi&#232;me chapitre o&#249; il &#233;tudie le plus important des probl&#232;mes scientifiques, les formes fondamentales du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nature du mouvement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute connaissance naturelle est bas&#233;e sur l'&#233;tude des mouvements mat&#233;riels d'une sorte ou d'une autre. Une conception correcte du mouvement est donc absolument indispensable aux sciences naturelles. Qu'est-ce que le mouvement ? Le mouvement, dit Engels, est une combinaison contradictoire d'attraction et de r&#233;pulsion. Toutes les diff&#233;rentes formes de mouvement naissent de l'interaction entre ces deux phases oppos&#233;es de son &#234;tre. Partout et &#224; chaque fois qu'un mouvement se produit dans la nature, ces p&#244;les oppos&#233;s se retrouveront ins&#233;parablement unis. Cette d&#233;finition dialectique du mouvement contient d&#233;j&#224; implicitement la loi physique d&#233;couverte empiriquement de la conservation de l'&#233;nergie. Car si chaque attraction individuelle est compens&#233;e par une r&#233;pulsion correspondante ailleurs, alors la somme de toutes les attractions de l'univers doit &#234;tre &#233;gale &#224; la somme de toutes les r&#233;pulsions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement consiste en l'unit&#233; concr&#232;te de l'attraction et de la r&#233;pulsion. Gr&#226;ce &#224; leur interaction les uns avec les autres et leur transmutation les uns dans les autres, les divers modes de mouvement dans la nature sont produits. L'interaction universelle de l'attraction et de la r&#233;pulsion peut &#234;tre vue dans le type de mouvement le plus simple, le mouvement m&#233;canique, qui consiste en un changement de place de la part d'un corps quelconque. Le mouvement &#233;tant toujours relatif, le changement de lieu n&#233;cessite l'interaction d'au moins deux corps pour se manifester. Lorsque deux corps agissent l'un sur l'autre de telle sorte qu'il en r&#233;sulte un changement de place de l'un ou des deux, ce changement de place ne peut consister qu'en un rapprochement ou une s&#233;paration. Mais le mouvement d'un corps vers un autre implique le d&#233;passement de la r&#233;pulsion qui les s&#233;pare, et vice-versa. De plus, l'attraction d'un corps vers un autre implique sa r&#233;pulsion par rapport &#224; un troisi&#232;me corps. Ainsi tout changement de lieu entra&#238;ne n&#233;cessairement l'action r&#233;ciproque d'attraction et de r&#233;pulsion et leur remplacement l'un par l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements m&#233;caniques des masses &#224; la surface de la Terre peuvent &#234;tre r&#233;solus en force centrip&#232;te de gravitation et en forces centrifuges antagonistes. La m&#234;me interp&#233;n&#233;tration d'attraction et de r&#233;pulsion se manifeste dans les mouvements mutuels des corps c&#233;lestes, comme dans l'&#233;quilibre dynamique maintenu entre la terre et le soleil. Si la Terre n'&#233;tait pas li&#233;e au soleil par attraction, elle quitterait le syst&#232;me solaire et s'envolerait dans l'espace. Si le soleil, au contraire, n'exer&#231;ait pas une r&#233;pulsion constante sous forme d'&#233;nergie rayonnante sur la terre et ne la maintenait pas &#224; distance, cette plan&#232;te serait depuis longtemps tomb&#233;e dans sa masse enflamm&#233;e et aurait &#233;t&#233; absorb&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque mode de mouvement dans la nature, du plus bas au plus &#233;lev&#233;, du simple mouvement m&#233;canique au comportement organique complexe, embrasse et d&#233;coule de l'action et de la r&#233;action simultan&#233;es d'attraction et de r&#233;pulsion. Le mouvement n'est en fait rien d'autre que l'expression la plus g&#233;n&#233;rale de la s&#233;rie multiple de formes dans lesquelles se manifestent ces p&#244;les oppos&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;finition dialectique du mouvement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Engels utilise cette d&#233;finition dialectique, bilat&#233;rale et compl&#232;te du mouvement pour critiquer et corriger les conceptions unilat&#233;rales de la nature du mouvement qui pr&#233;valent dans la physique newtonienne. Les Newtoniens ont commis une erreur en faisant de l'attraction, ou gravitation, la forme fondamentale du mouvement dans la nature. Ils m&#233;connaissaient ainsi le r&#244;le tout aussi important de son contraire, la r&#233;pulsion, n&#233;gligeant notamment les transformations d'une phase du mouvement en l'autre. Engels entreprend une analyse des concepts de force, d'&#233;nergie et de travail dans les &#233;crits de Helmholtz, le grand physicien allemand du XIXe si&#232;cle, pour d&#233;montrer comment cette n&#233;gligence du caract&#232;re essentiellement bipolaire du mouvement a introduit la confusion et perp&#233;tu&#233; les erreurs dans la th&#233;orie physique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis qu'Engels a &#233;crit, le fait que le mouvement englobe &#224; la fois l'attraction et la r&#233;pulsion a &#233;t&#233; v&#233;rifi&#233; de mani&#232;re frappante par la th&#233;orie &#233;lectronique de la mati&#232;re, la th&#233;orie physique de la relativit&#233; et, comme le souligne Haldane, par les d&#233;veloppements r&#233;cents de la th&#233;orie astronomique des n&#233;buleuses spirales. Dans les principes de la nouvelle &#171; m&#233;canique ondulatoire &#187;, la loi dialectique de l'interp&#233;n&#233;tration des contraires vient de remporter une grande victoire sur les anciennes conceptions m&#233;caniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce triomphe est d'autant plus d&#233;finitif que les physiciens eux-m&#234;mes ont r&#233;sist&#233; si longtemps et consciemment. Lorsqu'ils d&#233;couvrirent pour la premi&#232;re fois que les ph&#233;nom&#232;nes &#233;lectroniques pr&#233;sentaient &#224; la fois les propri&#233;t&#233;s des ondes et des particules, ils furent profond&#233;ment perplexes face &#224; cette contradiction, qui ne pouvait &#234;tre concili&#233;e ni expliqu&#233;e par les cat&#233;gories divis&#233;es de la th&#233;orie m&#233;canique. La th&#233;orie subatomique est dans l'impasse. Apr&#232;s m&#251;re r&#233;flexion, les physiciens les plus audacieux ont enfin conclu que dans le monde subatomique, les ondes et les particules ne peuvent plus &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme des oppos&#233;s absolus ; qu'ils peuvent &#234;tre r&#233;unis en une seule entit&#233; ; qu'ils peuvent poss&#233;der les m&#234;mes propri&#233;t&#233;s ; et que, sous certaines conditions, ils peuvent se transformer l'un dans l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La n&#233;gation de la n&#233;gation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi de la n&#233;gation de la n&#233;gation, que Hegel a utilis&#233;e comme loi fondamentale pour la construction de tout son syst&#232;me de pens&#233;e, a un domaine d'application bien plus large dans le syst&#232;me naturel. Cette loi exprime r&#233;ellement la forme fondamentale du d&#233;veloppement de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les forces oppos&#233;es &#224; l'&#339;uvre dans chaque chose entra&#238;nent des changements constants dans sa constitution. Ces changements s'accumulent en quantit&#233; jusqu'&#224; ce que, &#224; un certain stade d&#233;termin&#233; du processus de d&#233;veloppement, une transformation qualitative distincte ou un saut se produise. La chose perd son identit&#233; originelle et passe dans son contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le processus &#233;volutif ne s'arr&#234;te pas &#224; la simple n&#233;gation. La nouvelle forme d'existence mat&#233;rielle n'est pas moins contradictoire que l'ancienne et est sujette &#224; la m&#234;me inqui&#233;tude int&#233;rieure. La premi&#232;re n&#233;gation subit &#224; son tour une auto-diff&#233;renciation et une division jusqu'&#224; ce qu'elle passe elle aussi dans son propre contraire et soit ainsi ni&#233;e. Le r&#233;sultat final de ce processus s'appelle la n&#233;gation de la n&#233;gation, une unit&#233; synth&#233;tique qui a &#233;cart&#233; les formes transitionnelles mais a conserv&#233; en elle le contenu essentiel des deux c&#244;t&#233;s de l'ensemble contradictoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les transformations du mouvement mat&#233;riel &#233;tudi&#233;es par les sciences naturelles illustrent le fonctionnement de cette loi de la n&#233;gation de la n&#233;gation dans la r&#233;alit&#233; physique. Engels utilise la loi pour clarifier les interconnexions entre le mouvement m&#233;canique et mol&#233;culaire, ou la chaleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;canique en mouvement mol&#233;culaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les formes de mouvement sont g&#233;n&#233;r&#233;es, comme nous l'avons dit, par le jeu de l'attraction et de la r&#233;pulsion et par leur conversion l'une dans l'autre. Mais dans chaque mode sp&#233;cifique de mouvement, l'un ou l'autre extr&#234;me pr&#233;domine. Le mouvement m&#233;canique pur est essentiellement une forme d'attraction. Bien que la r&#233;pulsion soit n&#233;cessairement pr&#233;sente dans tous les cas de mouvement m&#233;canique, elle existe dans un &#233;tat n&#233;gatif ou passif. Le r&#244;le actif est jou&#233; par l'attraction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que forme d'attraction, le mouvement m&#233;canique est la n&#233;gation de la r&#233;pulsion. Mais il contient en lui la possibilit&#233; de se transformer en son contraire. Ce d&#233;veloppement dialectique se produit en r&#233;alit&#233; dans la nature par le contact ou la collision d'un corps avec un autre. Dans le frottement ou l'impact qui en r&#233;sulte, une partie du mouvement m&#233;canique pur des masses est d&#233;truite et r&#233;appara&#238;t sous forme de mouvement mol&#233;culaire interne, ou chaleur. La chaleur produite par le freinage est un exemple quotidien de ce ph&#233;nom&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la chaleur, qui agite et s&#233;pare les mol&#233;cules des corps solides, est une forme de r&#233;pulsion. Dans le cas de la chaleur, la r&#233;pulsion appara&#238;t comme le c&#244;t&#233; actif, et l'attraction recule dans le c&#244;t&#233; passif du processus mat&#233;riel. La conversion du mouvement m&#233;canique en chaleur est donc une n&#233;gation de la n&#233;gation, un retour du mouvement mat&#233;riel &#224; l'&#233;tat originel de r&#233;pulsion, mais &#224; un niveau de d&#233;veloppement sup&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dialectique de la d&#233;couverte scientifique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi de la n&#233;gation de la n&#233;gation se manifeste non seulement dans le processus physique de conversion du mouvement m&#233;canique en chaleur, mais aussi dans l'histoire de sa d&#233;couverte. Il y a bien longtemps, l'humanit&#233; a converti le mouvement m&#233;canique en chaleur, d'abord par l'acte instinctif de frotter le corps avec les mains pour le garder au chaud, puis en allumant le feu &#224; partir de la friction. Mais cette n&#233;gation de la forme positive originelle du mouvement m&#233;canique n'&#233;tait que la premi&#232;re &#233;tape dans la dialectique du processus. Pour achever ce d&#233;veloppement, l'humanit&#233; a d&#251; inverser le processus et convertir la chaleur en mouvement m&#233;canique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette deuxi&#232;me &#233;tape, la n&#233;gation de la n&#233;gation, n'a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e qu'apr&#232;s plusieurs milliers d'ann&#233;es gr&#226;ce &#224; l'invention de la machine &#224; vapeur, qui est un appareil permettant de convertir la chaleur en un mouvement m&#233;canique utilisable. Dans ce cas, la pratique humaine historique dans le domaine de la technologie fournit la preuve de la loi logique de la n&#233;gation de la n&#233;gation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; aussi la preuve que &#171; la dialectique du cerveau n'est que le reflet de la forme du mouvement du monde r&#233;el, tant dans la nature que dans l'histoire &#187;. La loi de la n&#233;gation de la n&#233;gation n'aurait pas p&#233;n&#233;tr&#233; la pens&#233;e consciente si elle n'avait pas d&#233;j&#224; &#233;t&#233; &#224; l'&#339;uvre dans les processus physiques et dans la vie sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;canique contre dialectique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, comme le souligne Engels, m&#234;me apr&#232;s que le probl&#232;me de la conversion du mouvement m&#233;canique en chaleur et de la chaleur en mouvement m&#233;canique ait &#233;t&#233; r&#233;solu dans la pratique humaine, les naturalistes n'ont pas r&#233;ussi &#224; formuler ce fait d'une mani&#232;re th&#233;orique tout &#224; fait correcte ou compl&#232;te. Au d&#233;but, ils consid&#233;raient la chaleur, comme l'&#233;lectricit&#233;, comme un type particulier de substance impond&#233;rable plut&#244;t que comme un mode de mouvement mat&#233;riel. Puis, lorsqu'ils reconnurent la chaleur comme mode de mouvement, tant dans la loi restreinte de l'&#233;quivalent m&#233;canique de la chaleur que dans la loi g&#233;n&#233;rale de la conservation de l'&#233;nergie, ils exprim&#232;rent les relations entre ces deux modes de mouvement exclusivement &#224; partir de l'une. point de vue bilat&#233;ral de la quantit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les mouvements m&#233;caniques et mol&#233;culaires ne sont pas seulement li&#233;s quantitativement mais qualitativement. Ce sont des formes diff&#233;rentes du m&#234;me mouvement mat&#233;riel. Le mat&#233;rialisme dialectique montre sa sup&#233;riorit&#233; sur le point de vue m&#233;canique car, en plus de comprendre l'identit&#233; quantitative entre les deux formes de mouvement, formul&#233;e par la loi de l'&#233;quivalence quantitative du mouvement &#224; travers tous ses changements de forme, il explique aussi leur diversit&#233; qualitative et la mani&#232;re de leurs m&#233;tamorphoses mutuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mat&#233;rialisme dialectique a une conception diff&#233;rente de la t&#226;che principale des sciences naturelles que celle des repr&#233;sentants de l'&#233;cole m&#233;canique dont les id&#233;es ont pr&#233;valu dans la pens&#233;e des sciences naturelles depuis Descartes et Newton. Les m&#233;caniciens, pr&#233;occup&#233;s par l'&#233;tude des lois du passage des corps dans l'espace, croyaient que le but de la science &#233;tait de r&#233;duire toutes les autres formes de mouvement mat&#233;riel &#224; la forme &#233;l&#233;mentaire du mouvement m&#233;canique, de r&#233;soudre les modes de mouvement sup&#233;rieurs en la forme &#233;l&#233;mentaire du mouvement m&#233;canique. plus bas, plus le complexe devient simple. Ainsi, dans l'introduction de ses Principia , Newton &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il serait d&#233;sirable de d&#233;duire des &#233;l&#233;ments de la m&#233;canique les autres ph&#233;nom&#232;nes de la nature. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception du but ultime des sciences naturelles co&#239;ncidait avec ce niveau relativement primitif de technologie et d'industrie qui se pr&#233;occupait principalement d'utiliser et d'exploiter des machines dans lesquelles un aspect du mouvement m&#233;canique (&#233;nergie potentielle) &#233;tait transform&#233; en un autre (&#233;nergie cin&#233;tique). La pens&#233;e scientifique &#233;voluait dans le m&#234;me cercle &#233;troit que la pratique scientifique, g&#233;n&#233;ralisant les changements au sein d'une seule forme simple de mouvement, la transposition m&#233;canique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement aux progr&#232;s consid&#233;rables de la technologie et de l'industrie &#224; grande &#233;chelle au cours des deux derniers si&#232;cles, les scientifiques ont d&#233;couvert, &#233;tudi&#233; et mis en &#339;uvre de nombreux autres types de mouvements mat&#233;riels, thermiques, &#233;lectromagn&#233;tiques, chimiques, etc. Ils se sont particuli&#232;rement appliqu&#233;s &#224; &#233;tudier les interconnexions et les transformations de ces modes de mouvement les uns dans les autres. Les scientifiques savent d&#233;sormais que, si ces autres formes de mouvement sont toujours li&#233;es au mouvement m&#233;canique r&#233;el, elles ne peuvent s'y r&#233;duire sans effacer leurs caract&#233;ristiques sp&#233;cifiques. Les lois de la physiologie, de la soci&#233;t&#233; ou de la pens&#233;e, bien que fond&#233;es sur les lois fondamentales de la nature, ne peuvent pas &#234;tre simplement &#171; d&#233;duites des &#233;l&#233;ments de la m&#233;canique &#187;, comme l'avait pr&#233;vu Newton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tous c&#244;t&#233;s, on voit que les lois qui r&#233;gissent le mouvement m&#233;canique ont leurs limites ; ils ont perdu leur statut souverain. [1] L'expansion de la pratique technique, industrielle et purement scientifique a &#233;largi l'horizon th&#233;orique de la science bien au-del&#224; du vieil id&#233;al m&#233;canique, pr&#233;sentant une vision immens&#233;ment plus large de sa t&#226;che que le mat&#233;rialisme dialectique a non seulement reconnu mais mieux formul&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conception dialectique de la science&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle conception fait &#233;poque. Contrairement au point de vue m&#233;canique, le mat&#233;rialisme dialectique consid&#232;re que la t&#226;che de la science n'est pas la r&#233;duction de tous les modes de mouvement en un seul, mais l'&#233;tude des principales formes de mouvement mat&#233;riel dans leur s&#233;quence naturelle, leurs interconnexions dialectiques et leurs transformations en un seul. un autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les formes de mouvement vont du mouvement m&#233;canique brut des masses &#224; l'activit&#233; complexe de la pens&#233;e dans le cerveau humain. Au cours de l'&#233;volution mat&#233;rielle, tous ces diff&#233;rents modes de mouvement, m&#233;canique, mol&#233;culaire, atomique, &#233;lectronique, chimique, thermique, organique, social et intellectuel, se sont d&#233;velopp&#233;s les uns &#224; partir des autres &#224; travers le jeu de l'attraction et de la r&#233;pulsion, l'id&#233;e contradictoire originelle. essence du mouvement. Ils constituent une s&#233;rie hi&#233;rarchique interd&#233;pendante, dont chacune est naturellement li&#233;e aux autres et capable, dans des conditions mat&#233;rielles appropri&#233;es, de se transformer les unes dans les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception fournit pour la premi&#232;re fois une base mat&#233;rielle solide pour la classification syst&#233;matique des sciences. Chaque science analyse soit une forme distincte de mouvement (chimie), soit les interconnexions entre plusieurs formes de mouvement (&#233;lectrochimie). L'ordre essentiel des sciences correspond &#224; l'ordre de g&#233;n&#233;ration des diverses formes de mouvement dans la nature et &#224; leur transition dialectique les unes dans les autres. Ainsi le mat&#233;rialisme dialectique introduit un nouveau principe d'ordre pour remplacer la confusion et l'anarchie qui r&#232;gnent dans la pens&#233;e scientifique depuis la faillite de l'ancien syst&#232;me m&#233;canique. Tous les divers d&#233;partements de la connaissance humaine, de l'astronomie &#224; la logique, sont corr&#233;l&#233;s en une vaste synth&#232;se.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie du mat&#233;riel de la Dialectique de la nature , comme de tout trait&#233; sur la connaissance naturelle &#233;crit il y a plus de soixante ans, a &#233;t&#233; rendu obsol&#232;te par les progr&#232;s ult&#233;rieurs des sciences physiques. Cela est particuli&#232;rement vrai du chapitre sur l'&#233;lectricit&#233; dans lequel les plus grands progr&#232;s ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s au cours du dernier demi-si&#232;cle. Pourtant, il y a remarquablement peu de plaisanteries dans ces pages. Les observations d'Engels allaient dans la bonne direction et ont &#233;t&#233; confirm&#233;es dans de nombreux cas par des recherches ult&#233;rieures en sciences physiques. Chaque discussion sur une question sp&#233;cifique a une valeur durable en tant qu'exemple de la mani&#232;re d'utiliser les concepts de la dialectique mat&#233;rialiste comme instruments de pens&#233;e critique dans les sciences naturelles et sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che qui nous attend&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che de d&#233;finir le caract&#232;re dialectique des &#233;v&#233;nements naturels, qu'Engels s'&#233;tait fix&#233;e et n'a pas r&#233;ussi &#224; achever, attend encore d'&#234;tre accomplie. Malgr&#233; la richesse des mat&#233;riaux fournis par les r&#233;cents d&#233;veloppements r&#233;volutionnaires des sciences naturelles, cette t&#226;che en est &#224; peu pr&#232;s au point o&#249; Engels l'avait laiss&#233;e. Les th&#233;oriciens de la p&#233;riode post-marxienne &#8211; Bernstein, Kautsky, Adler, etc. &#8211; poss&#233;dant la m&#234;me hostilit&#233; ou indiff&#233;rence &#224; l'&#233;gard de la philosophie du mat&#233;rialisme dialectique que nos anti-dialectiques contemporains, n'avaient ni l'&#233;quipement ni la motivation pour faire quoi que ce soit dans ce sens. Le Mat&#233;rialisme et la Critique empirique de L&#233;nine et ses cahiers sur la logique de Hegel ont rendu possible une renaissance de la philosophie du marxisme et ont ouvert la voie &#224; l'extension de ses id&#233;es et de ses m&#233;thodes aux probl&#232;mes auxquels sont confront&#233;es les sciences physiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fallait esp&#233;rer que, lorsque les bolcheviks auraient pris le pouvoir en Russie, leurs dirigeants scientifiques et leurs acad&#233;mies entreprendraient cette t&#226;che sur une base collective aussi bien qu'individuelle. Sous le patronage de L&#233;nine, des d&#233;buts prometteurs furent r&#233;alis&#233;s. Mais celles-ci ont &#233;t&#233; interrompues par la r&#233;action. On ne pouvait gu&#232;re s'attendre &#224; ce que la pens&#233;e marxiste pure, bannie de la politique, s'enracine dans le sous-sol de la nature ou s'&#233;panouisse librement pendant un certain temps sous l'ombre funeste du r&#233;gime de Staline. Par cons&#233;quent, le marxisme est pass&#233; d'un mouvement id&#233;ologique en pleine croissance &#224; une scolastique st&#233;rile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les staliniens pourraient pr&#233;server certaines reliques de la pens&#233;e marxiste pass&#233;e comme les scolastiques m&#233;di&#233;vaux pr&#233;servaient les &#233;crits d'Aristote ou comme ils momifiaient eux-m&#234;mes le corps de L&#233;nine : pour exhiber les gloires d&#233;cadentes du pass&#233; tout en violant leur esprit dans le pr&#233;sent. C'est pourquoi nous leur devons la publication de la Dialectique de la nature . Dans la science comme dans la soci&#233;t&#233;, des vestiges de l'h&#233;ritage de la R&#233;volution d'Octobre sont ici et l&#224; ancr&#233;s dans le stalinisme ; du bien peut encore &#233;maner de cette abomination : contradiction qui horrifiera sans doute les anti-dialectiques. Mais sous les auspices staliniens, il ne peut y avoir de d&#233;veloppement coh&#233;rent et fructueux de la science du mat&#233;rialisme dialectique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce domaine de la pens&#233;e, comme dans tous les autres, les forces de la Quatri&#232;me Internationale sont oblig&#233;es de poursuivre les t&#226;ches laiss&#233;es inachev&#233;es par leurs pr&#233;d&#233;cesseurs marxistes. Dans les &#339;uvres philosophiques de Marx et d'Engels, et maintenant dans la Dialectique de la nature , ils retrouveront les principales voies d&#233;j&#224; trac&#233;es pour eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;note de bas de page&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Voir, par exemple, The Evolution of Physics d'Einstein et Infeld, en particulier la section sur The Decline of the Mechanical View .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/novack/1940/12/dialnat.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/novack/1940/12/dialnat.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4920&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4920&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4043&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4043&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article30&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article30&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Discutons sur l'&#233;trange relation (ou plut&#244;t absence de relation) entre Lutte ouvri&#232;re et la dialectique de la nature</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article9349</link>
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		<dc:date>2025-12-05T23:13:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Dialectic - Dialectique</dc:subject>
		<dc:subject>Sciences</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Question &#187; de science. Discutons sur l'&#233;trange relation entre Lutte ouvri&#232;re et la dialectique de la nature &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout d'abord, il faut relever que l'organisation Lutte ouvri&#232;re est connue par sa f&#234;te annuelle de Presles et celle-ci invite largement des scientifiques et auteurs d'ouvrages de vulgarisation scientifique &#224; mettre en d&#233;bat leurs id&#233;es sur tous les domaines des sciences. Elle y expose un &#171; carrousel scientifique &#187; &#224; la gloire du progr&#232;s technique et scientifique. Marx lui-m&#234;me n'en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique15" rel="directory"&gt;Chapter 10 : Natural and social dialectic - Dialectique naturelle et sociale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Dialectic - Dialectique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot245" rel="tag"&gt;Sciences&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16834 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH97/sans_titre-15-524ea.jpg?1782270575' width='500' height='97' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16835 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L345xH228/caroussel_c69w9qf-29295.jpg?1782270575' width='345' height='228' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16836 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L300xH213/chercheur-5a20b.jpg?1782270575' width='300' height='213' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16837 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L300xH200/mini_conf_science-5d39a.jpg?1782270575' width='300' height='200' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Question &#187; de science. Discutons sur l'&#233;trange relation entre Lutte ouvri&#232;re et la dialectique de la nature&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, il faut relever que l'organisation Lutte ouvri&#232;re est connue par sa f&#234;te annuelle de Presles et celle-ci invite largement des scientifiques et auteurs d'ouvrages de vulgarisation scientifique &#224; mettre en d&#233;bat leurs id&#233;es sur tous les domaines des sciences. Elle y expose un &#171; carrousel scientifique &#187; &#224; la gloire du progr&#232;s technique et scientifique. Marx lui-m&#234;me n'en faisait-il pas autant, affirmant que le socialisme se construirait sur la base des progr&#232;s des capacit&#233;s de l'homme r&#233;alis&#233;es d'abord par le capitalisme mais ensuite utilis&#233;es au service de l'humanit&#233; par le socialisme ? Il y a d'ailleurs un certain nombre de militants et dirigeants de LO qui ont fait des &#233;tudes scientifiques ou m&#234;me font de la recherche scientifique. On peut citer par exemple Marc Peschanski et Christophe Darmangeat. Le fondateur lui-m&#234;me, Hardy, n'a-t-il pas fait quelques &#233;tudes de m&#233;decine ? Et on ne peut manquer de citer tous les &#233;loges de la science, de la technique, du progr&#232;s technologique dans les discours de LO, accusant seulement le capitalisme de d&#233;tourner cette science, de l'utiliser non au service de l'humanit&#233; mais pour l'exploiter, la polluer, la terroriser&#8230; Et c'est juste dans l'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons tout cela plus en d&#233;tails&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une organisation marxiste r&#233;volutionnaire se doit de prendre des positions sur la science et pas seulement de la glorifier. Elle doit d&#233;fendre des points de vue prol&#233;tariens et communistes sur le nucl&#233;aire, sur le r&#233;chauffement climatique, sur l'industrie d'armements, sur la pand&#233;mie covid, sur les vaccins ARN, sur l'industrie pharmaceutique. Nous allons voir que les positions prises par Lutte ouvri&#232;re dans tous ces domaines n'ont rien de scientifique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commentaires antiscientifiques de LO sur le nucl&#233;aire, sur le climat, sur covid, sur les vzccins :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6202&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6202&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article1882&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article1882&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1025&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1025&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lutte-ouvriere.org/portail/cercle-leon-trotsky/publications-brochures-le-rechauffement-climatique-un-revelateur-de-lirresponsabilite-du-capitalisme-64428.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lutte-ouvriere.org/portail/cercle-leon-trotsky/publications-brochures-le-rechauffement-climatique-un-revelateur-de-lirresponsabilite-du-capitalisme-64428.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lutte-ouvriere.org/mensuel/article/relance-nucleaire-177949.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lutte-ouvriere.org/mensuel/article/relance-nucleaire-177949.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une organisation communiste r&#233;volutionnaire se doit d'&#233;tudier s&#233;rieusement les domaines sur lesquels elle prend position publique comme cela a &#233;t&#233; le cas plusieurs ann&#233;es &#224; la f&#234;te de Lutte ouvri&#232;re o&#249; elle traitait la th&#233;orie du chaos d&#233;terministe de &#171; fausse science &#187;. Elle a aussi trait&#233; tous ceux qui se m&#233;fiaient des vaccins covid d'arri&#233;r&#233;s anti-science et de complotistes ! Elle diffuse tranquillement les mensonges anti-scientifiques du GIEC, annexe des gouvernements capitalistes sur le pr&#233;tendu r&#233;chauffement climatique caus&#233; par le gaz carbonique CO&#178;, comme elle diffuse les mensonges intergouvernementaux de l'OMS sur la sant&#233; dans le monde, sur les virus et sur les vaccins. Jamais LO n'a combattu les vaccinations de l'OMS qui ont servi &#224; st&#233;riliser des populations du tiers monde pendant des ann&#233;es. Jamais LO n'a combattu les mensonges de la science du nucl&#233;aire, bien au contraire. A la f&#234;te de Presles, elle a anim&#233; des d&#233;bats o&#249; elle soutenait cette industrie ultra-dangereuse et nuisible &#224; l'humanit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait penser que le but de l'&#233;tude d'une organisation qui se dit marxiste en parlant de science, en donnant la parole &#224; des cientifiques et en diffusant des th&#232;ses scientifiques serait de d&#233;fendre &#224; leur &#233;gard comme &#224; celui du grand public la th&#232;se marxiste sur la science &#224; savoir la &#171; dialectique de la nature &#187;, comme l'appelaient Marx et Engels, mais ce n'est pas du tout le cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Citons une preuve tr&#232;s visible. Dans le site de d&#233;bats anim&#233; par des dirigeants de l'organisation Lutte ouvri&#232;re et appel&#233; &#171; forum des amis de Lutte ouvri&#232;re &#187;, un invit&#233; avait d&#233;pos&#233; un commentaire &#224; d&#233;battre sur &#171; la dialectique de la nature &#187;, mais son texte et les commentaires qui ont suivi ont &#233;t&#233; curieusement effac&#233;s du site et il n'en reste plus trace sans que LO ait remplac&#233; ce texte par un qui lui convienne mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V&#233;rifiez vous-m&#234;mes que, dans le forum des amis de LO en sciences, l'article &#171; dialectique de la nature &#187; a &#233;t&#233; opportun&#233;ment&#8230; supprim&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://forumamislo.net/viewtopic.php?f=19&amp;t=3296&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://forumamislo.net/viewtopic.php?f=19&amp;t=3296&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais sans doute que nous allons trouver dans le site de Lutte Ouvri&#232;re qui comprend un tellement grand nombre d'articles sur une si longue p&#233;riode au moins un article intitul&#233; &#171; dialectique de la nature &#187; ? Ou, au moins, un commentaire actualis&#233; par la connaissance de tellement de sciences que LO montre tous les ans &#224; sa f&#234;te ? Pas du tout ! Il n'y a rien de tout cela !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, on peut lire un article de Lutte ouvri&#232;re qui commente le lien entre les d&#233;veloppements des sciences et le marxisme. Le voici et nous allons le commenter ensuite :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lutte-ouvriere.org/clt/documents-archives-cercle-leon-trotsky-article-developpement-des-sciences-et.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lutte-ouvriere.org/clt/documents-archives-cercle-leon-trotsky-article-developpement-des-sciences-et.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut que soutenir le but affich&#233; par cet article : &#171; Revenir sur ce qu'est le mat&#233;rialisme dialectique, sur la fa&#231;on dont il s'est enrichi des nouvelles d&#233;couvertes scientifiques, et donc sur les fondements contemporains de nos id&#233;es communistes r&#233;volutionnaires, voil&#224; notre propos. &#187; Mais examinons ce qui est fait en r&#233;alit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une premi&#232;re remarque : pour aucune d&#233;couverte scientifique cit&#233;e par l'article, il n'est fait la moindre allusion &#224; la mani&#232;re dont elle renforce la conception dialectique du monde&#8230; Quel lien entre physique quantique et dialectique, &#233;volution des esp&#232;ces et dialectique, relativit&#233; et dialectique, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me remarque : on n'y trouve aucune des grandes r&#233;volutions scientifiques r&#233;centes, ni chaos d&#233;terministe, ni particules et antiparticules virtuelles, ni vide quantique, ni th&#233;orie des champs, ni fractales, ni &#233;volutionnisme de Stephen Jay Gould (pas &#233;tonnant : Hardy le r&#233;cusait et l&#8216;article n'en fait pas mention), ni anthropologie des femmes du palolithqiue, ni psychanalyse (que Trotsky appr&#233;ciait mais pas LO&#8230; et elle n'en fait pas mention), etc&#8230; En Physique, LO ne mentionne ni spin, ni superposition d'&#233;tats, ni interaction virtuel/r&#233;el, ni interaction lumi&#232;re/mati&#232;re, ni rupture de sym&#233;trie, ni intrication, ni d&#233;coh&#233;rence, ni r&#233;duction du paquet d'ondes, ni fluctuations d'&#233;nergie du vide, ni in&#233;galit&#233;s d'Heisenberg, ni exp&#233;rience d'Aspect, ni supraconductivit&#233;, ni changement de sens du temps, ni effet tunnel, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me remarque : ce que remarque ce texte en termes de progr&#232;s r&#233;cents des sciences est une vision tr&#232;s ancienne de la mati&#232;re et de la vie. Par exemple, cet article r&#233;ussit &#224; parler de physique des atomes et des particules sans rien dire des grandes avanc&#233;es de la physique quantique (nuage de probabilit&#233; de pr&#233;sence, fentes de Young, caract&#232;re dialectique de l'onde/corpuscule, boson de Higgs, etc.) La dialectique de l'&#233;volution des esp&#232;ces lui est tout aussi inconnue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, il y a un lien entre dialectique et sciences mais LO ne le connait pas et ne d&#233;fend pas&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5126&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5126&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, un lien entre dialectique et physique quantique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7629&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7629&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le lien entre dialectique et relativit&#233; est tout aussi &#233;tranger &#224; Lutte ouvri&#232;re :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3039&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3039&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ne parlons pas du lien entre dialectique et pens&#233;e humaine :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7976&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7976&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou encore la dialectique de l'&#234;tre humain est absente dans cet article :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8452&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8452&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme la dialectique du croisement d'esp&#232;ces vivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7114&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7114&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les avanc&#233;es scientifiques fondamentales n&#233;cessitent une pens&#233;e dialectique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7360&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7360&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2424&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2424&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7848&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7848&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7360&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7360&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4937&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4937&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2175&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2175&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3617&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3617&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7976&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7976&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5126&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5126&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5025&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5025&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5310&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5310&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4791&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4791&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4033&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4033&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marc Peschanski, dirigeant et repr&#233;sentant politique et scientifique de Lutte ouvri&#232;re, est le plus grand d&#233;fenseur de l'industrie m&#233;dicale de la technologie des cellules embryonnaires dites sources.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=R9O6-_KoaSY&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=R9O6-_KoaSY&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=QlVvcp3Mt5Y&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=QlVvcp3Mt5Y&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=g_0r_ntz89w&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=g_0r_ntz89w&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Darmangeat, voici un autre dirigeant de LO et repr&#233;sentant scientifique de Lutte ouvri&#232;re qui, vous le constaterez, affirme que les femmes &#233;taient fortes avant le patriarcat ou que c'est un mythe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lutte-ouvriere.org/journal/article/2023-05-03-aux-chapiteaux-marx-et-engels_645670.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lutte-ouvriere.org/journal/article/2023-05-03-aux-chapiteaux-marx-et-engels_645670.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=6d8SS_GpW4w&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=6d8SS_GpW4w&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=UV_1dLkKFXw&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=UV_1dLkKFXw&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Darmangeat veut s'attaquer &#224; des th&#232;ses importantes du marxisme sur l'anthropologie et l'&#233;volution des soci&#233;t&#233;s humaines en subissant l'influence des anthropologues machistes (pas marxistes !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=IAUL4Q7JLFY&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=IAUL4Q7JLFY&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=Lp9NnnAu-2c&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=Lp9NnnAu-2c&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Aux origines de l'oppression des femmes &#187; : Christophe Darmangeat est militant de &#171; Lutte Ouvri&#232;re &#187;. Cette organisation n'a pas voulu se mouiller en publiant dans sa propre maison d'&#233;ditions (Les Bons Caract&#232;res) un ouvrage critiquant Engels ; mais elle ne l'a cependant pas non plus condamn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pcint.org/04_PC/107/107_06_communisme-primitif.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.pcint.org/04_PC/107/107_06_communisme-primitif.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand LO et Darmangeat tordent le baton de l'anthropologie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8371&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8371&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que la th&#232;se marxiste de la &#171; dialectique de la nature &#187; et qu'est-ce que sa d&#233;fense au travers des nouvelles connaissances de sciences ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article308&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article308&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6947&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6947&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4546&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4546&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2424&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2424&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Examinez vous-m&#234;mes si vous trouvez un tout petit peu de marxisme dans les conf&#233;rences scientifiques &#224; la f&#234;te de Lutte ouvri&#232;re. Il n'y a rien du tout !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sentation des conf&#233;rences par LO ne contient pas le mot &#171; dialectique &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fete.lutte-ouvriere.org/archives/2016&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fete.lutte-ouvriere.org/archives/2016&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://lo-argenteuil.blogspot.com/2017/05/sciences-et-fete-de-lutte-ouvriere-de.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://lo-argenteuil.blogspot.com/2017/05/sciences-et-fete-de-lutte-ouvriere-de.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun article de Lutte ouvri&#232;re n'est centr&#233; sur la dialectique de Hegel-Marx-Engels-L&#233;nine-Trotsky ! On y trouve plut&#244;t le mat&#233;rialisme d&#233;tach&#233; de la dialectique (avec tout au plus une r&#233;f&#233;rence polie &#224; cette derni&#232;re sans la moindre illustration).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamais, au grand jamais, un article ou une conf&#233;rence de Lutte ouvri&#232;re ne fait allusion aux multiples propri&#233;t&#233;s qui sont caract&#233;ristiques de la dialectique : interp&#233;n&#233;tration des contraires, interd&#233;pendance des contraires, n&#233;gation de la n&#233;gation transformant le n&#233;gatif en positif, le tout n'est pas la somme des parties, la discontinuit&#233; fondamentale du monde, pas d'un c&#244;t&#233; mati&#232;re et de l'autre le vide, pas d'un c&#244;t&#233; l'ordre et de l'autre le d&#233;sordre, r&#244;le dynamique de la contradiction, interd&#233;pendance du localis&#233; et du d&#233;localis&#233;, de la cause et de l'effet, de la vie et de la mort, les bonds dans la nature, l'unit&#233; des contraires, etc&#8230; La dialectique s'oppose au gradualisme, au moralisme, au mat&#233;rialisme vulgaire et bourgeois, au progressisme, au r&#233;formisme en philosophie, au continuisme, aux oppositions diam&#233;trales entre le bon et le mauvais, entre le positif et le n&#233;gatif, entre la r&#233;volution et la contre-r&#233;volution, toutes sortes de pens&#233;es que LO adore&#8230; LO diffuse une pens&#233;e politique dualiste, gradualiste, moraliste (du bien oppos&#233; diam&#233;tralement au mal, du progr&#232;s oppos&#233; diam&#233;tralement &#224; la r&#233;action, de la classe oppos&#233;e diam&#233;tralement &#224; l'alliance de classes, etc).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Lutte ouvri&#232;re, la dialectique n'est qu'une pens&#233;e (une pens&#233;e marxiste) et pas une r&#233;alit&#233;. Mais telle n'&#233;tait justement pas&#8230; la pens&#233;e marxiste v&#233;ritable !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La dialectique dite objective r&#232;gne dans toute la nature et la dialectique subjective, la pens&#233;e dialectique, ne fait que refl&#233;ter le r&#232;gne de la nature enti&#232;re, du mouvement par opposition des contraires qui, par leur conflit constant et par leur conversion finale l'un en l'autre ou en des formes sup&#233;rieures, conditionnent pr&#233;cis&#233;ment la vie de la nature. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Engels, &#171; Dialectique de la nature &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Friedrich Engels dans un courrier &#224; Conrad Schmidt du 27 octobre 1890 : &#034;Ce qui manque &#224; tous ces messieurs, c'est la dialectique. Ils ne voient toujours ici que la cause, l&#224; que l'effet. Que c'est une abstraction vide, que dans le monde r&#233;el pareils antagonismes polaires m&#233;taphysiques n'existent que dans les crises, mais que tout le grand cours des choses se produit sous la forme d'action et de r&#233;action de forces, sans doute, tr&#232;s in&#233;gales, &#8212; dont le mouvement &#233;conomique est de beaucoup la force la plus puissante, la plus initiale, la plus d&#233;cisive, qu'il n'y a rien ici d'absolu et que tout est relatif, tout cela, que voulez-vous, ils ne le voient pas ; pour eux Hegel n'a pas exist&#233;&#8230;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette remarque vaut pour Lutte ouvri&#232;re qui rechigne m&#234;me &#224; citer Hegel, que tous les grands r&#233;volutionnaires reconnaissaient comme la base indispensable de toute philosophie r&#233;volutionnaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais LO estime qu'elle n'a pas besoin de philosophie. Sa conception moraliste scientiste progressiste bourgeoise serait g&#234;n&#233;e par la pens&#233;e h&#233;g&#233;lienne !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le journal Lutte ouvri&#232;re &#224; la demande &#171; sciences &#187; sur son moteur de recherche, r&#233;pond essentiellement par la f&#234;te de Lutte ouvri&#232;re (cit&#233; des sciences et chapiteau scientifique), mais le chapiteau, les expos&#233;s et les d&#233;bats de cette f&#234;tte ne parlent jamais de dialectique de la nature et LO ne la remet pas sur le tapis lors de ces d&#233;bats :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un chapiteau scientifique : &#171; des id&#233;es pour comprendre le monde &#187;, nous dit Lutte ouvri&#232;re. Des connaissances, voil&#224; ce que diffuse LO mais pas une compr&#233;hension marxiste du monde&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=11VdVtRFuTY&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=11VdVtRFuTY&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=L8dK3qWpi04&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=L8dK3qWpi04&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=0EgI5nFcUwc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=0EgI5nFcUwc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=Vhs3DaysifM&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=Vhs3DaysifM&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=esU6PK3u4vE&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=esU6PK3u4vE&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, pour transformer le monde, certes il faut l'&#233;tudier scientifiquement mais aussi le comprendre philosophiquement. Et l&#224;, on est compl&#232;tement dans le noir avec Lutte ouvri&#232;re. Rien de ce que Hegel, Marx, Engels, L&#233;nine et Trotsky nous ont appris en philosophie leur a &#233;chapp&#233; compl&#232;tement. Ils en restent &#224; la philosophie de la soci&#233;t&#233; dominante, certes celle de beaucoup de scientifiques comme de la population mais surtout celle de la classe dirigeante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=ChraM3LNP5k&amp;list=PLbhc9_VLqG9SIbJLF8H86nQGHOIvgcVcx&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=ChraM3LNP5k&amp;list=PLbhc9_VLqG9SIbJLF8H86nQGHOIvgcVcx&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=IQ0CJG3ulAc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=IQ0CJG3ulAc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=cHXQ3r8ye-Q&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=cHXQ3r8ye-Q&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=Sfh4fkFPMks&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=Sfh4fkFPMks&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=xovJ4y8GDkk&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=xovJ4y8GDkk&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici comment le forum des amis de Lutte ouvri&#232;re discute de sciences et vous n'y trouverez pas de dialectique marxiste :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://forumamislo.net/viewforum.php?f=19&amp;sid=97c20b5cf8e6418f8bcd0dd5d1cf33b7&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://forumamislo.net/viewforum.php?f=19&amp;sid=97c20b5cf8e6418f8bcd0dd5d1cf33b7&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lutte ouvri&#232;re ne risque pas de d&#233;fendre partout dans les discussions scientifiques la th&#232;se de la &#171; dialectique de la nature &#187;, car elle ne s'occupe pas du tout de dialectique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4406&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4406&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, la philosophie est indispensable en sciences, m&#234;me si LO l'ignore&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5025&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5025&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7080&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7080&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le marxisme a-t-il raison de se pr&#233;tendre scientifique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3223&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3223&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, des r&#233;volutionnaires authentiques se doivent d'employer la dialectique et pas seulement en sciences&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1699&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1699&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8300&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8300&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2828&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2828&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine dans &#171; La port&#233;e du mat&#233;rialisme militant &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Nous devons comprendre qu'&#224; d&#233;faut d'un solide fondement philosophique, il n'est point de science de la valeur, point de mat&#233;rialisme qui pussent soutenir la lutte contre les pressions des id&#233;es bourgeoises et la restauration de la conception bourgeoise du monde. Pour soutenir cette lutte et la mener &#224; terme avec un entier succ&#232;s, le sp&#233;cialiste des sciences de la nature doit &#234;tre un mat&#233;rialiste moderne, un partisan conscient du mat&#233;rialisme tel que l'a pr&#233;sent&#233; Marx, c'est-&#224;-dire que son mat&#233;rialisme doit &#234;tre dialectique. (...) Nous pouvons et devons &#233;laborer cette dialectique dans tous ses aspects, publier des extraits des principales &#339;uvres de Hegel, les interpr&#233;ter dans un esprit mat&#233;rialiste. (...) Les sp&#233;cialistes modernes des sciences de la nature trouveront (s'ils cherchent et si nous apprenons &#224; les aider) dans la dialectique de Hegel interpr&#233;t&#233;e de mani&#232;re mat&#233;rialiste un bon nombre de r&#233;ponses aux questions philosophiques que pose la r&#233;volution dans la science. Faute de cela, les grands savants seront aussi souvent que par le pass&#233; impuissants dans leurs conclusions et g&#233;n&#233;ralisations philosophiques. Car les sciences de la nature progressent si vite, traversent une p&#233;riode de bouleversements r&#233;volutionnaires dans tous les domaines, si profonde, qu'elles ne pourront se passer en aucun cas de conclusions philosophiques.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici exprim&#233;e par L&#233;nine l'id&#233;e de Marx que LO ne soutient pas : &#171; la dialectique de Marx est la science des lois g&#233;n&#233;rales du mouvement, tant du monde ext&#233;rieur que de la pens&#233;e humaine&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16898 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/a_lo_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/a_lo_2-0cfa8.jpg?1782270575' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>La dialectique, arme de combat de la R&#233;volution fran&#231;aise</title>
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		<dc:date>2025-11-20T23:31:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Dialectic - Dialectique</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution bourgeoise</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La dialectique, arme de combat de la R&#233;volution fran&#231;aise &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le texte qui suit nous ne voulons pas juste rapporter des remarques historiques sur une r&#233;volution, celle qui s'est d&#233;roul&#233;e en France en 1789-1795. Notre but est bien plus g&#233;n&#233;ral. Nous voulons faire remarquer que lorsque le peuple travailleur sort de ses gonds au point de cesser de s'auto-censurer, de cesser de se taire, de quitter passivit&#233;, pessimisme, fatalisme et soumission, il exprime la n&#233;cessit&#233; historique, le besoin (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique15" rel="directory"&gt;Chapter 10 : Natural and social dialectic - Dialectique naturelle et sociale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Dialectic - Dialectique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot112" rel="tag"&gt;R&#233;volution bourgeoise&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La dialectique, arme de combat de la R&#233;volution fran&#231;aise&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans le texte qui suit nous ne voulons pas juste rapporter des remarques historiques sur une r&#233;volution, celle qui s'est d&#233;roul&#233;e en France en 1789-1795. Notre but est bien plus g&#233;n&#233;ral. Nous voulons faire remarquer que lorsque le peuple travailleur sort de ses gonds au point de cesser de s'auto-censurer, de cesser de se taire, de quitter passivit&#233;, pessimisme, fatalisme et soumission, il exprime la n&#233;cessit&#233; historique, le besoin profond de toute la soci&#233;t&#233; humaine, c'est-&#224;-dire quelque chose de philosophique et c'est cela qui est la signification de la dynamique radicale de transformation des soci&#233;t&#233;s, qui en est la dialectique et que l'on appelle &#171; la r&#233;volution &#187;. Souvent les historiens reconnaissent la r&#233;volution fran&#231;aise, la r&#233;volution russe ou la r&#233;volution espagnole mais &#171; la r&#233;volution &#187; comme ph&#233;nom&#232;ne profond, philosophique, leur est &#233;trang&#232;re et les classes poss&#233;dantes, ainsi que leurs gouvernants, tiennent &#224; en ignorer l'existence. Des millions d'hommes, de femmes et d'enfants s'emparant d'une id&#233;e de changement radical, la transformant en force, la mettant en pratique, et voil&#224; que la dynamique d'une soci&#233;t&#233; qui semblait vou&#233;e &#224; l'immobilisme appara&#238;t, les capacit&#233;s des opprim&#233;s et des exploit&#233;s qui n'&#233;taient pas encore apparues aux concern&#233;s deviennent &#233;videntes pour tous. Ce qui semblait ordre immuable appara&#238;t une simple absurdit&#233; et que l'on l'ait accept&#233; si longtemps parait incroyable. Oui, la r&#233;volution, c'est des millions d'&#234;tres humains qui se mettent &#224; faire ensemble&#8230; de la philosophie, et m&#234;me &#224; &#233;crire une page nouvelle de la philosophie de l'Histoire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s ses d&#233;buts, la R&#233;volution fran&#231;aise a &#233;t&#233; l'union des contraires, des hommes et des femmes, des pauvres et des riches, des bras nus et des bourgeois, de la libert&#233; et de la dictature, de la guerre et de la paix, de la force et du droit, des jeunes et des vieux, des poss&#233;dants et des d&#233;munis, du nationalisme et de l'internationalisme, de l'amour et de la haine, du pouvoir institutionnel et des comit&#233;s de base du peuple travailleur en dehors de toute institution, de l'ordre et du chaos, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dialectique s'est manifest&#233;e de mille mani&#232;res au cours de la R&#233;volution fran&#231;aise (1789-1794) : contradictions dialectiques internes de la France de l'Ancien R&#233;gime, contradictions dialectiques du camp r&#233;volutionnaire, contradictions dialectiques de la R&#233;publique, la r&#233;volution comme la contre-r&#233;volution s'appuyant sur des forces politiques et des classes aux int&#233;r&#234;ts contraires, sur des int&#233;r&#234;ts nationaux et &#233;trangers contradictoires, caract&#232;re dialectique de la dynamique r&#233;volutionnaire transformant le n&#233;gatif en positif (la guerre en contre-r&#233;volution puis en r&#233;volution, puis &#224; nouveau en contre-r&#233;volution), dialectique du passage entre r&#233;volution (et contre-r&#233;volution) politique et r&#233;volution (et contre-r&#233;volution) sociale, nombreux passages de la quantit&#233; &#224; la qualit&#233; notamment lors des deux grandes offensives r&#233;volutionnaires, dialectique de l'interaction des trois Etats de l'Ancien R&#233;gime, dialectique de la lutte des classes au sein de la r&#233;volution et au sein de la contre-r&#233;volution, dialectique de la relation entre religion et politique, entre social et politique, entre guerre et paix, coexistence et combat du n&#233;gatif et du positif(qui est n&#233;gation de la n&#233;gation) , dialectique de la dualit&#233; de pouvoir (notamment dualit&#233; oyaut&#233;/R&#233;publique et dualit&#233; pouvoir bourgeois/pouvoir populaire), dialectique comme arme de guerre de la r&#233;volution qui transforme chaque arme de la r&#233;action en arme de la r&#233;volution (et inversement pour la contre-r&#233;volution populaire), dialectique entre la r&#233;alit&#233; historique et la conscience des dirigeants et du peuple, dialectique entre les pens&#233;es f&#233;odale, bourgeoise et populaire, dialectique entre les dirigeants et les masses, etc. Sans la dialectique, jamais la R&#233;volution fran&#231;aise n'aurait pu &#234;tre capable de transformations id&#233;ologiques, sociales et politiques aussi radicales, aussi profondes, en un temps aussi court, transformant en un tr&#232;s petit nombre de transitions rapides et brutales un peuple &#233;cras&#233;, domin&#233;, divis&#233;, exploit&#233;, opprim&#233;, inorganis&#233;, sans conscience en sa propre force, soumis, apeur&#233; et plut&#244;t respectueux devant le pouvoir royal et nobiliaire en l'exact contraire. La R&#233;volution fran&#231;aise est la manifestation la plus probante de l'affirmation dialectique de Hegel que tout ce qui existe m&#233;rite de p&#233;rir, parce que rien de ce qu'elle a combattu, qu'elle a d&#233;truit ou qu'elle a construit n'a &#233;t&#233; &#233;ternel. Plus dur avait &#233;t&#233; l'oppression subie et ressentie par le peuple, plus forte, plus profonde, plus durable a &#233;t&#233; l'&#233;lan r&#233;volutionnaire des masses. La transformation qu'elles ont r&#233;alis&#233;e, alors qu'elles ont d&#251; combattre une r&#233;sistance contre-r&#233;volutionnaire terrible, est quasiment incroyable. Bien s&#251;r, l'effort des classes poss&#233;dantes dans les ann&#233;es qui ont suivi a &#233;t&#233; d'effacer cette le&#231;on afin que les peuples ne recommencent plus jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou trouve-t-on la fameuse n&#233;gation de la n&#233;gation de la dialectique ? Les dettes de la France, la guerre europ&#233;enne, la religion, la mis&#232;re, tout s'est transform&#233; de mani&#232;re ultra-rapide de moyen de nier la r&#233;volution en moyen de nier la contre-r&#233;volution et inversement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Ancien R&#233;gime niait le droit des individus pour donner tout le pouvoir aux rois et aux f&#233;odaux. La R&#233;volution s'en est servi pour magnifier le droit des peuples en niant le droit des rois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Ancien R&#233;gime divisait le peuple en petites unit&#233;s r&#233;gionales, les provinces, sans droit commun, sans langue commune, sans int&#233;r&#234;t commun. La R&#233;volution a fait l'inverse, unifiant par un &#233;lan extraordinairement rapide, le peuple en une unit&#233; nationale fond&#233;e sur une id&#233;ologie des int&#233;r&#234;ts populaires, le bien commun du peuple, qu'aucune r&#233;action contre-r&#233;volutionnaire, m&#234;me victorieuse, ne pourra an&#233;antir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En se liant &#224; toutes les dictatures royales et f&#233;odales d'Europe, l'Ancien R&#233;gime s'&#233;tait donn&#233; des d&#233;fenseurs &#233;trangers tr&#232;s puissants et dont les arm&#233;es devaient &#233;craser la r&#233;volution. Cette derni&#232;re s'en est servi pour accuser la royaut&#233; et la noblesse de trahison nationale et les traiter en criminels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La royaut&#233; a pouss&#233; la France des d&#233;buts de la r&#233;volution &#224; la guerre en Europe afin de d&#233;truire la force r&#233;volutionnaire du peuple. Cette derni&#232;re a retourn&#233; le d&#233;fit : elle a vaincu les arm&#233;es europ&#233;ennes de la r&#233;action unies aux nobles de France ! La guerre, loin de tuer la r&#233;volution, lui a donn&#233; un &#233;lan extraordinaire et a pouss&#233; la r&#233;volution &#224; d&#233;raciner compl&#232;tement la noblesse en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est d&#233;s le tout d&#233;but de la r&#233;volution fran&#231;aise qu'elle a retourn&#233; les armes de la royaut&#233; contre elle. Le roi pr&#233;tendait utiliser les dettes de l'Etat fran&#231;ais pour faire reculer le Tiers Etat et le forcer &#224; payer. Au lieu de pleurnicher, de n&#233;gocier des amendements, une diminution des sacrifices, au lieu de c&#233;der sur le fond, le Tiers Etat a choisi non de nier l'importance des dettes, non de nier l'importance des sacrifices n&#233;cessaires mais de nier la royaut&#233; elle-m&#234;me, son droit &#224; d&#233;cider, son droit &#224; g&#233;rer, son droit &#224; dominer, son droit &#224; gouverner. Vous &#234;tes en faillite, tirez-vous ! C'&#233;tait l&#224; l'acte r&#233;volutionnaire premier ! Et c'est toute l'arme dialectique de la n&#233;gation de la n&#233;gation : d&#233;truire en utilisant l'arme qui a charg&#233;e de vous d&#233;truire, qu'il s'agisse des dettes, de la guerre, de la religion, de la mis&#232;re, de la terreur m&#234;me ! Il faut retourner les armes de l'ennemi au lieu de pleurnicher de mani&#232;re d&#233;fensive !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh oui ! C'est une grande le&#231;on pour le monde d'aujourd'hui ! Le peuple travailleur de 1789 a retourn&#233; contre le pouvoir des exploiteurs et des oppresseurs l'arme des dettes ! Il a transform&#233; la constatation de faillite en acte d'accusation du pouvoir. Il a transform&#233; le peuple de victime en vainqueur. Il a transform&#233; le roi en accus&#233; et en condamn&#233;. Il n'a pas d&#233;truit qu'un roi. Il a d&#233;truit le principe m&#234;me de la royaut&#233;. Il a fait du peuple le seul roi, le seul gouvernement, le seul l&#233;gislateur, le seul dominant. Oui, c'est une n&#233;gation de la n&#233;gation puisque la royaut&#233; et la f&#233;odalit&#233; niait les droits du peuple, les droits des individus, les droits des manants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, l'auto-organisation est une arme de n&#233;gation de la n&#233;gation. D&#232;s le premier pas, en refusant de se laisser dissoudre par le roi, l'assembl&#233;e du Tiers Etat a ni&#233; le droit du pouvoir de d'autoriser ou de ne pas autoriser le peuple &#224; s'assembler. Et cet acte allait mener &#224; toutes les formes d'auto-organisation du peuple jusqu'aux plus pauvres, jusqu'aux comit&#233;s de piques, jusqu'aux bras nus, jusqu'aux sections populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En prenant la t&#234;te d'une guerre r&#233;volutionnaire en Europe, le peuple travailleur n'a pas fait que d&#233;fendre la nation, il a appel&#233; tous les peuples &#224; la lutte pour la libert&#233;. Il venait &#224; peine de construire, d'inventer l'union nationale et il l'a ni&#233;e dialectiquement, il l'a d&#233;pass&#233;e en fondant l'union des peuples d'Europe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En prenant la t&#234;te de la lutte des d&#233;christinisateurs, le peuple opprim&#233; a ni&#233; le lien entre le pouvoir et l'Eglise. En cautionnant le pouvoir royal et l'ordre f&#233;odal, la religion catholique de France niait les droits du peuple &#224; n'ob&#233;ir &#224; aucune id&#233;ologie d'Etat, &#224; ne suivre que ses propres croyances individuelles ou familliales. Le peuple a ni&#233; cet ordre qui niait ses propres droits. Il a d&#233;truit l'ordre catholique qui pr&#233;tendait renforcer l'ordre royal et f&#233;odal. Cette n&#233;gation de la n&#233;gation a radicalis&#233; la r&#233;volution fran&#231;aise. Le peuple a saisi les biens de l'Eglise qui avaient &#233;t&#233; accumul&#233;s sur son dos ! Il a interdit l'exercice de la religion aux pr&#234;tres qui ne reconnaissaient pas sa R&#233;publique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est triste de constater que non seulement les classes poss&#233;dantes et leurs historiens ne savent plus rien sur la force r&#233;volutionnaire de la dialectique, mais que les faux r&#233;volutionnaires, opportunistes et r&#233;formistes en r&#233;alit&#233;, n'en connaissent pas non plus le premier mot&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4937&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4937&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2828&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2828&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dialectique est ins&#233;parable de la r&#233;volution sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4774&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4774&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, aujourd'hui encore, la strat&#233;gie du prol&#233;tariat ne peut se passer de la dialectique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8300&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8300&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut en effet, par une n&#233;gation de la n&#233;gation, transformer les dettes, les guerres, la mis&#232;re, l'oppression religieuse, les oppressions nationales, raciales, de genre, d'&#226;ge, toutes les armes de l'ennemi en armes de la r&#233;volution, en niant radicalement (&#224; la racine) tout droit au pouvoir capitaliste, &#224; la propri&#233;t&#233; capitaliste, &#224; la morale capitaliste, &#224; l'appareil d'Etat capitaliste et &#224; l'ordre capitaliste mondial, &#224; l'imp&#233;rialisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les gouvernants, les classes poss&#233;dantes et les auteurs ont beau cacher cette r&#233;alit&#233; : il n'y a pas de force sup&#233;rieure &#224; la dialectique de la r&#233;volution sociale des masses auto-organis&#233;es. Elles ont renvers&#233; toutes les bastilles de la r&#233;action, elles ont battu &#224; plates coutures &#224; coups d'enthousiasme r&#233;volutionnaire de la noblesse et des arm&#233;es r&#233;guli&#232;res de toute l'Europe, sup&#233;rieurement organis&#233;es et arm&#233;es, elles ont d&#233;truit des si&#232;cles d'embrumissement des consciences par l'Eglise, elles ont chang&#233; la peur de camp, elles ont transform&#233; des esclaves en hommes libres, des sans voix en porte-paroles de tous les peuples de la terre. Il n'y a pas changement plus radical que la r&#233;volution sociale. Sa dynamique est presque incroyable et, en m&#234;me temps, parfaitement naturelle. La relation entre la r&#233;sistance au changement est tout aussi dialectique : la r&#233;volution n'a pas pu construire la libert&#233; qu'en d&#233;truisant la libert&#233;, n'a pu d&#233;molir la royaut&#233; qu'en recr&#233;ant une royaut&#233;, n'a pu supprimer des lois in&#233;galitaires qu'en construisant de nouvelles lois in&#233;galitaires et pourtant, la France d'apr&#232;s la R&#233;volution fran&#231;aise ne pourra jamais revenir sur les transformations profondes r&#233;alis&#233;es, ne pourra r&#233;tablir la f&#233;odalit&#233;, la noblesse, l'ancien mode de production, les anciennes lois, l'Ancien R&#233;gime. Le monde entier n'est plus le m&#234;me apr&#232;s la R&#233;volution fran&#231;aise et les plus grands esprits du monde de l'&#233;poque l'ont reconnu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Goethe, &#233;merveill&#233; par la victoire de 1792 de l'arm&#233;e des volontaires r&#233;volutionnaires fran&#231;ais &#224; Valmy contre l'arm&#233;e prussienne, l'arm&#233;e de m&#233;tier plus forte d'Europe, &#224; laquelle il avait assist&#233; du c&#244;t&#233; allemand et qui allait &#234;tre le d&#233;but des victoires de la R&#233;volution fran&#231;aise contre la r&#233;action f&#233;odale et royale europ&#233;enne :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; D'aujourd'hui et de ce lieu date une &#232;re nouvelle dans l'histoire du monde ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel dans &#171; La Raison dans l'Histoire &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Aucune puissance ne peut d&#233;truire l'esprit d'un peuple, soit du dehors, soit du dedans, s'il n'est d&#233;j&#224; lui-m&#234;me sans vie, s'il n'a d&#233;j&#224; p&#233;ri. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Aux alentours de la R&#233;volution fran&#231;aise, il semblait que 1'univers se f&#251;t soudainement &#233;largi &#224; l'infini : par-del&#224; l'&#339;uvre &#233;mancipatrice accomplie par les Lumi&#232;res, un nouveau monde se d&#233;couvrait qui d&#233;bordait : telle une crue printani&#232;re, le paysage form&#233; et arrang&#233; comme le jardin de l'humanisme traditionnel. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une lettre &#224; Schelling de 1795, Hegel faisait ce bilan de la R&#233;volution fran&#231;aise : &#171; Au lieu de qu&#233;mander leurs droits foul&#233;s aux pieds, les peuples se les approprieront. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que la dialectique est la loi du changement au travers du d&#233;veloppement des contradictions et des sauts de la dynamique, une loi dans laquelle les contraires se combinent et se transforment l'un dans l'autre, le n&#233;gatif en positif qui est une n&#233;gation de la n&#233;gation. N&#233;gatif et Positif ne sont pas les seuls possibles ; les deux peuvent construire de nombreuses combinaisons en se liant et en interagissant. Pour Hegel, le positif n'est rien d'autre que la n&#233;gation de la n&#233;gation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5126&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5126&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel dans son &#171; Cours d'histoire de la philosophie &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il faut rendre justice &#224; l'aspect n&#233;gatif&#8230; On doit reconna&#238;tre la contradiction pr&#233;sente dans l'existence. Les vieilles institutions qui n'avaient plus de place dans le sentiment d&#233;velopp&#233; de la libert&#233; consciente de soi et de l'humanit&#233;, qui avaient leur base et leur appui dans l'apathie&#8230; de la conscience, qui ne correspondaient plus &#224; l'Esprit qui les avait &#233;tablies, et qui pourtant malgr&#233; la nouvelle culture scientifique continuaient &#224; passer pour sacr&#233;es et justes devant la raison, les philosophes fran&#231;ais l'ont abattu&#8230; Cet aspect se comporta destructivement contre ce qui &#233;tait d&#233;truit en soi&#8230; La r&#233;volution fran&#231;aise a &#233;t&#233; rendue in&#233;vitable par le rigide ent&#234;tement des pr&#233;jug&#233;s, de l'orgueil, la totale absence de pens&#233;e, l'avidit&#233;. Les philosophes n'ont eu que des pens&#233;es g&#233;n&#233;rales, une id&#233;e abstraite de ce qui devait &#234;tre&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel, dans &#171; Science de la Logique &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La seule chose n&#233;cessaire pour obtenir la progression scientifique, et vers la compr&#233;hension de laquelle il faut essentiellement s'efforcer, - c'est la connaissance de cette proposition logique : le n&#233;gatif est &#233;galement positif, ce qui est contredit ne se r&#233;sout pas en z&#233;ro, en n&#233;ant abstrait, mais essentiellement en la n&#233;gation de son contenu particulier (&#8230;) Elle est un concept nouveau, mais plus &#233;lev&#233;, plus riche que le pr&#233;c&#233;dent, car elle s'est enrichie de sa n&#233;gation, autrement dit de son oppos&#233; ; elle le contient donc, mais aussi plus que lui, elle est l'unit&#233; d'elle-m&#234;me et de son oppos&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article567&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article567&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3895&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3895&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2175&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2175&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dialectique de Hegel (puis de Marx) est apte &#224; comprendre les r&#233;volutions car c'est une pens&#233;e r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4912&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4912&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel, contrairement &#224; nombre d'intellectuels modernes, sait que la r&#233;volution est porteuse de nouveaut&#233;, que le monde change radicalement, qualitativement, que ce qui nous semble &#233;ternel n'est qu'une illusion, que la force du changement n'est pas &#224; chercher &#224; l'ext&#233;rieur mais au sein m&#234;me de l'ancienne soci&#233;t&#233;. Et c'est cela qui est le plus &#233;tonnant, donc le plus r&#233;volutionnaire dans la pens&#233;e d'Hegel car l'existence de forces r&#233;volutionnaires au sein d'un ordre qui semble solide, stable et durable. M&#234;me une roche ne l'est pas et pas davantage la soci&#233;t&#233; humaine. C'est le principal message d'Hegel : le changement radical existe potentiellement au sein de l'ordre apparemment le plus solide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4912&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4912&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel dans ses &#171; Le&#231;ons sur la philosophie de l'Histoire &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La pens&#233;e, le concept de droit se fit tout d'un coup valoir et le vieil &#233;difice d'iniquit&#233; ne put lui r&#233;sister. Dans la pens&#233;e du droit, on construisit alors une constitution, tout devant reposer sur cette base&#8230; C'&#233;tait un superbe lever du soleil. Tous les &#234;tres pensants ont c&#233;l&#233;br&#233; cette &#233;poque. Une &#233;motion sublime a r&#233;gn&#233; en ce temps-l&#224;, l'enthousiasme de l'esprit a fait frissonner le monde... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evoquant l'&#339;uvre des r&#233;volutionnaires fran&#231;ais, Hegel &#233;crit dans &#171; Encyclop&#233;die des sciences philosophiques &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En pleine temp&#234;te r&#233;volutionnaire, leur entendement s'est manifest&#233; dans la fermet&#233; avec laquelle ils ont r&#233;ussi &#224; faire na&#238;tre l'ordre &#233;thique du monde nouveau contre la puissante alliance des partisans de l'ordre ancien ; dans la fermet&#233; avec laquelle ils ont r&#233;alis&#233;, l'un apr&#232;s l'autre, et dans leur d&#233;termination et leur opposition les plus extr&#234;mes, tous les moments constitutifs du d&#233;veloppement de la nouvelle vie politique. C'est pr&#233;cis&#233;ment en menant chacun de ces moments jusqu'&#224; la pointe extr&#234;me de son unilat&#233;ralit&#233;, en poussant chaque principe unilat&#233;ral jusqu'&#224; ses derni&#232;res cons&#233;quences, qu'ils ont &#233;t&#233; conduits par la dialectique de la raison historique mondiale &#224; une situation politique dans laquelle toutes les unilat&#233;ralit&#233;s ant&#233;rieures de la vie politique paraissent lev&#233;es. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; ...conduits par la dialectique de la raison historique mondiale&#8230; &#187; voil&#224; ce que remarque de mani&#232;re g&#233;niale Hegel sur la r&#233;volution fran&#231;aise qui conduit &#224; la r&#233;volution mondiale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une dialectique productrice de nouveaut&#233; cr&#233;atrice, voil&#224; ce que constate Hegel, r&#233;alisant que chaque jour en France apporte des nouveaut&#233;s renversantes, au point qu'on ne peut pas imaginer ce qui va encore arriver. Il r&#233;pond &#224; ceux qui demandent ce qui va maintenant se passer en France : &#171; Attendez pour le savoir que j'aie re&#231;u la derni&#232;re gazette. Il est impossible de l'imaginer tant cela peut &#234;tre &#224; nouveau un fait incroyable. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le journal &#171; Les r&#233;volutions de Paris &#187; &#233;crit au lendemain de la proclamation de la R&#233;publique : &#171; Nous sommes les premiers et les seuls qui donnons &#224; notre r&#233;volution pour bases les saintes lois de l'&#233;galit&#233;, en cela d'un avis diff&#233;rent de la charte anglaise qui admet un roi, une noblesse et deux Chambres, haute et basse. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un r&#233;volutionnaire de cette &#233;poque affirme fi&#232;rement : &#171; Nous cr&#233;ons ce qui n'a pas exist&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de plus dialectique que les r&#233;volutions et parmi celles-ci que la R&#233;volution fran&#231;aise (ou plut&#244;t les deux r&#233;volutions de 1789 et1793).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4774&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4774&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la r&#233;volution est un bel exemple du fait que &#171; tout ordre devra c&#233;der place au d&#233;sordre menant &#224; un nouvel ordre &#187; et que &#171; tout ce qui est m&#233;rite de disparaitre et de mourir &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4176&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4176&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, la r&#233;volution d&#233;voile d'un seul coup que l'ancien ordre social est brusquement devenu irr&#233;el, fond&#233; sur des mensonges, et cette situation est une d&#233;couverte brutale pour tous les dominants comme pour les domin&#233;s. L'ordre ancien est brutalement coup&#233; de la r&#233;alit&#233; &#233;conomique et sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Engels dans &#171; Ludwig Feuerbach &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Or, la r&#233;alit&#233; n'est aucunement, d'apr&#232;s Hegel, un attribut qui revient de droit en toutes circonstances et en tout temps &#224; un &#233;tat de choses social ou politique donn&#233;. Tout au contraire. La R&#233;publique romaine &#233;tait r&#233;elle, mais l'Empire romain qui la supplanta ne l'&#233;tait pas moins. La monarchie fran&#231;aise de 1789 &#233;tait devenue si irr&#233;elle, c'est-&#224;-dire si d&#233;nu&#233;e de toute n&#233;cessit&#233;, si irrationnelle, qu'elle dut &#234;tre n&#233;cessairement abolie par la grande R&#233;volution dont Hegel parle toujours avec le plus grand enthousiasme. Ici la monarchie &#233;tait par cons&#233;quent l'irr&#233;el et la R&#233;volution le r&#233;el. Et ainsi, au cours du d&#233;veloppement, tout ce qui pr&#233;c&#233;demment &#233;tait r&#233;el devient irr&#233;el, perd sa n&#233;cessit&#233;, son droit &#224; l'existence, son caract&#232;re rationnel ; &#224; la r&#233;alit&#233; mourante se substitue une r&#233;alit&#233; nouvelle et viable, d'une mani&#232;re pacifique, si l'ancien &#233;tat de choses est assez raisonnable pour mourir sans r&#233;sistance, violente s'il se regimbe contre cette n&#233;cessit&#233;. Et ainsi la th&#232;se de Hegel se tourne, par le jeu de la dialectique h&#233;g&#233;lienne elle-m&#234;me, en son contraire : tout ce qui est r&#233;el dans le domaine de l'histoire humaine devient, avec le temps, irrationnel, est donc d&#233;j&#224; par destination irrationnel, entach&#233; d'avance d'irrationalit&#233; : et tout ce qui est rationnel dans la t&#234;te des hommes est destin&#233; &#224; devenir r&#233;el, aussi en contradiction que cela puisse &#234;tre avec la r&#233;alit&#233; apparemment existante. La th&#232;se de la rationalit&#233; de tout le r&#233;el se r&#233;sout, selon toutes les r&#232;gles de la dialectique h&#233;g&#233;lienne, en cette autre : Tout ce qui existe m&#233;rite de p&#233;rir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re des contradictions dialectiques est celle de l'Ancien R&#233;gime. Il est l&#224; pour emp&#234;cher tout changement en d&#233;faveur de la noblesse et la premi&#232;re classe sociale qui va le d&#233;stabiliser, avant la bourgeoisie, avant le petit peuple, c'est&#8230; la noblesse ! La contre-r&#233;volution nobiliaire est le d&#233;but de la p&#233;riode pr&#233;-r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9r%C3%A9volution_fran%C3%A7aise&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9r%C3%A9volution_fran%C3%A7aise&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les contradictions de l'Ancien R&#233;gime :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.gauchemip.org/spip.php?article4071&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.gauchemip.org/spip.php?article4071&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques d'Hondt &#233;crit : &#171; La R&#233;volution fran&#231;aise est l'&#233;clatement des contradictions &#233;conomiques, sociales, politiques. C'est parce que le r&#233;gime &#233;tait emp&#234;tr&#233; dans ses contradictions et ne savait plus comment &#171; s'en sortir &#187;, que Louis XVI a convoqu&#233; les Etats G&#233;n&#233;raux. Entre autres, est alors apparue une contradiction politique &#233;vidente : c'est parce qu'il se sentait impuissant dans une situation difficile, et d'abord parce qu'il ne savait plus o&#249; et comment trouver de l'argent pour r&#233;soudre la crise financi&#232;re que Louis XVI a reconnu, de facto, sa d&#233;pendance de l'Assembl&#233;e des Etats. Il se pr&#233;sentait devant elle, &#224; cet &#233;gard, en solliciteur. Et en m&#234;me temps, contradictoirement, il pr&#233;tendait lui parler en ma&#238;tre ! (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui paraissait d'abord cruellement n&#233;gatif se mue en facteur positif pour qui sait s'en servir. Le d&#233;ficit financier qui accable la nation, en 1789, et que l'on veut faire endosser au Tiers-Etat, devient pour celui-ci une arme terrible contre la Monarchie absolue. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1789, Hegel en tire la le&#231;on : &#171; Comme sont aveugles ceux qui peuvent croire que des institutions, des constitutions, des lois qui ne s'accordent plus avec les m&#339;urs, les besoins et l'opinion des gens, que l'esprit a quitt&#233; en fuyant, peuvent continuer &#224; se maintenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les institutions, dit Hegel, ne s'accordent plus avec les m&#339;urs ; donc auparavant elles s'accordaient avec elles. L&#224; o&#249; il n'y avait pas de contradiction, une contradiction est peu &#224; peu apparue. C'est cela la contradiction vivante et active, le devenir contradictoire, la naissance, l'aiguisement puis l'&#233;clatement et la r&#233;solution de la contradiction dans les choses et dans les id&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est cela que les interpr&#232;tes dogmatiques de la logique classique ne peuvent ni comprendre ni admettre. Aussi ne parviennent-ils ni &#224; comprendre ni &#224; admettre une r&#233;volution. Pour eux, ce qui est, est : ce qui n'est pas, n'est pas &#8211; et il ne peut y avoir de troisi&#232;me terme. Or, entre la f&#233;odalit&#233; et le capitalisme, entre la monarchie et la r&#233;publique, il fuat bien qu'il y ait un passage. Et c'est ce passage qui est r&#233;volutionnaire. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la r&#233;volution, tout sans cesse, devient. Et c'est ce devenir, cette fluidit&#233; qu'il faut saisir et si possible contr&#244;ler. Comme le dit Hegel, &#171; Tout est, et aussi n'est pas. Car tout coule, est en perp&#233;tuel changement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/cafon_0395-8418_1991_num_63_1_1565&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.persee.fr/doc/cafon_0395-8418_1991_num_63_1_1565&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;volution fran&#231;aise a d&#233;montr&#233; qu'un ordre apparemment solide comme le roc peut casser brutalement&#8230; comme le roc. Le pays qui &#233;tait l'un des plus solides piliers de la r&#233;action f&#233;odale en Europe, une royaut&#233; apparemment irr&#233;m&#233;diablement attach&#233;e au nom de France a tellement cass&#233; que la royaut&#233; y est morte, que la f&#233;odalit&#233; a disparu en une nuit, que le pays s'est transform&#233; en le plus formidable ennemi de la f&#233;odalit&#233; en Europe, chassant &#224; la pointe des ba&#239;onnettes de ses soldats volontaires la plus solide des arm&#233;es europ&#233;ennes, celle de la Prusse, pr&#233;sum&#233;e invincible pour des arm&#233;es de m&#233;tier entrain&#233;es et contraignant les chefs d'Etat europ&#233;ens &#224; reconnaitre le nouveau pouvoir r&#233;volutionnaire alors que ces chefs d'Etat avaient proclam&#233; leur volont&#233; d'&#233;craser dans le sang cette r&#233;volution et de remettre en selle le roi de France et la noblesse de France. Du droit absolu du monarque on passe directement au droit absolu du peuple. De la monarchie absolue on passe &#224; la R&#233;publique absolue. De la lettre de cachet au droit du peuple &#224; disposer de lui-m&#234;me. Du r&#232;gne de l'Eglise catholique &#224; la la&#239;cit&#233; r&#233;publicaine. Des droits f&#233;odaux au droit individuel et &#224; la libert&#233; individuelle. L'Univers cesse d'un seul coup de tourner autour du Roi Soleil et le centre est partout ! Un renversement de l'ordre absolu apparent&#8230; et la cr&#233;ation de toutes pi&#232;ces d'un ordre nouveau. De la France impensable sans sa royaut&#233; &#224; la France nouvelle impensable avec une royaut&#233;, il n'y a eu qu'un pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le passage dialectique de l'ordre au d&#233;sordre puis &#224; un nouvel ordre est av&#233;r&#233; et ce n'est pas, loin de l&#224;, la seule manifestation dialectique de la R&#233;volution fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh oui ! C'est la dialectique de l'ordre et du d&#233;sordre que l'on retrouve &#224; bien d'autres niveaux et dans d'autres domaines&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6814&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6814&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5028&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5028&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article25&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article25&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la r&#233;volution fran&#231;aise est &#224; la fois bourgeoise et prol&#233;taire (au sens des comit&#233;s et sections de bras nus), &#224; la fois libertaire et autoritaire, &#224; la fois anti-&#233;tatique et constructrice d'un nouvel Etat, &#224; la fois&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://shs.cairn.info/revue-annales-historiques-de-la-revolution-francaise-2015-3-page-254?lang=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://shs.cairn.info/revue-annales-historiques-de-la-revolution-francaise-2015-3-page-254?lang=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/chrhc/13302&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/chrhc/13302&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein de la R&#233;volution fran&#231;aise, toutes les remarques historiques que l'on peut faire ont un caract&#232;re &#233;minemment dialectique. L'imbrication des contraires m&#232;ne &#224; une dynamique extraordinairement novatrice et entrainant l'&#233;mergence de nouveaut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi est la contradiction entre le caract&#232;re spontan&#233; et tumultueux de l'auto-organisation et le caract&#232;re structur&#233; et manipul&#233; par en haut du pouvoir au cours de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auto-organisation se manifeste sans cesse dans la R&#233;volution fran&#231;aise, m&#234;me si c'est toujours en contradiction, en dualit&#233; de pouvoir avec l'Etat : assembl&#233;es &#233;lectorales locales des cahiers de dol&#233;ance et des Etats g&#233;n&#233;raux refusant de se dissoudre en 1789, sections s'&#233;rigeant en permanence en 1792, clubs, mouvement sans culotte, soci&#233;t&#233;s populaires en 1793, enrag&#233;s, l&#233;gions des volontaires, comit&#233;s de surveillance, organisations r&#233;volutionnaires, comit&#233;s de piques, associations de femmes, comit&#233;s r&#233;volutionnaires, communes insurrectionnelles en 1794, etc. La bourgeoisie jacobine a plus ou moins accompagn&#233;, encadr&#233;, manipul&#233; ce mouvement de masse mais elle ne l'a jamais r&#233;ellement soutenu et elle a sans cesse &#339;uvr&#233; pour la remise en place d'un Etat bourgeois fort, le contraire du pouvoir populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5794&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5794&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sont en contradiction dynamique au sein de la r&#233;volution fran&#231;aise la d&#233;mocratie bourgeoise et la dictature des masses populaires&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article244&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article244&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se m&#234;lent au sein de la r&#233;volution et de mani&#232;re contradictoire la collaboration de classe entre bourgeois et exploit&#233;s et aussi la lutte radicale entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1082&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1082&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, il y a une r&#233;volution bourgeoise au sein de la r&#233;volution des plus d&#233;munis, des bras nus et une r&#233;volution quasi prol&#233;tarienne au sein de la r&#233;volution bourgeoise. Rien de plus dialectique que la r&#233;volution permanente qui pousse sans cesse plus loin sa radicalit&#233; sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1398&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1398&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces contradictions internes dialectiques et violentes expliquent que le changement soit aussi brutal et impressionnant. Encore aujourd'hui, on est saisis d'&#233;tonnement par la rapidit&#233; et de la radicalit&#233; de la transformation. Le roi qui &#233;tait adul&#233; et admir&#233; par le peuple est d&#233;capit&#233; et sa descendance d&#233;chue. La royaut&#233; est d&#233;racin&#233;e et la f&#233;odalit&#233; supprim&#233;e en une nuit. Les propri&#233;t&#233;s f&#233;odales et religieuses sont vendues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une France extr&#234;mement divis&#233;e, qui &#233;tait une juxtaposition de provinces, de r&#233;gions, d'entit&#233;s administratives aux r&#232;gles diverses, de dialectes, de pouvoirs locaux, de r&#232;gles et lois r&#233;gionales, de peuples d'origines diverses, la r&#233;volution a fait en un temps record une nation unifi&#233;e, consciente d'elle-m&#234;me, de Paris &#224; Marseille et parlant politiquement et socialement d'une seule voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un pays soumis de longue date au f&#233;odalisme et &#224; la royaut&#233;, il fait exactement l'inverse, le peuple devenant brutalement un ennemi de tout ce qui repr&#233;sente noblesse et pouvoir royal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un pays tr&#232;s divis&#233; socialement et politiquement, la r&#233;volution a ciment&#233; un peuple. Mais ce peuple qui se croyait uni continuait &#224; contenir des contradictions en son sein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daniel Gu&#233;rin dans &#171; La lutte des classes sous la premi&#232;re r&#233;publique &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans un article de janvier 1849, Engels indiqua la &#171; r&#233;volution permanente &#187; comme un des traits caract&#233;ristiques de la &#171; glorieuse ann&#233;e 1793 &#187;. Le premier, Marx aper&#231;ut qu'en France, en pleine r&#233;volution bourgeoise, les enrag&#233;s, puis les babouvistes avaient introduit un embryon de r&#233;volution prol&#233;tarienne. D&#232;s 1845, donc avant Michelet, Marx observait, dans &#171; La sainte famille &#187;, que &#171; le mouvement r&#233;volutionnaire, qui eut comme repr&#233;sentants principaux, au milieu de son &#233;volution, Leclerc et Roux et finit par succomber un instant avec la conspiration de Babeuf, avait fait &#233;clore l'id&#233;e communiste (&#8230;) &#187; Et, deux ans plus tard, &#224; propos des babouvistes, il soulignait que &#171; la premi&#232;re apparition d'un parti communiste r&#233;ellement agissant se produit dans le cadre de la r&#233;volution bourgeoise &#187;.(&#8230;) Engels ajoutait : &#171; Lorsque, plus tard, je lus le livre de Bougeart sur Marat, je constatai qu'&#224; plus d'un &#233;gard, nous n'avions fait qu'imiter inconsciemment le grand mod&#232;le authentique de l'Ami du Peuple (&#8230;) et que celui-ci, comme nous, refusait de consid&#233;rer la R&#233;volution comme termin&#233;e, voulant qu'elle soit d&#233;clar&#233;e permanente. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Marx et Engels, en effet, s'inspir&#232;rent de cette conception historique de la r&#233;volution permanente pour en faire une r&#232;gle de conduite pour les r&#233;volutions futures. (&#8230;) C'est ainsi qu'en mars 1850 (&#8230;), ils &#233;crivirent &#224; la Ligue des communistes : &#171; Il est de notre int&#233;r&#234;t et de notre devoir de rendre la r&#233;volution permanente, jusqu'&#224; ce que toutes les classes plus ou moins poss&#233;dantes aient &#233;t&#233; chass&#233;es du pouvoir, que le prol&#233;tariat ait conquis le pouvoir public (&#8230;) &#187;. Et ils terminaient leur appel en lan&#231;ant ce &#171; cri de guerre &#187; : la r&#233;volution en permanence ! En avril de la m&#234;me ann&#233;e, Marx et Engels fond&#232;rent avec les blanquistes une Soci&#233;t&#233; universelle des communistes r&#233;volutionnaires dont l'article premier s'engageait &#224; maintenir &#171; la r&#233;volution en permanence jusqu'&#224; la r&#233;alisation du communisme &#187;. C'est dans le m&#234;me sens que L&#233;nine &#8211; qui savait la circulaire de mars 1850 pour ainsi dire par c&#339;ur et la citait fr&#233;quemment &#8211; &#233;crira en 1905 : &#171; Nous sommes pour la r&#233;volution ininterrompue &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Trotsky, qui a approfondi et d&#233;velopp&#233; sur ce point la pens&#233;e marxiste, &#233;crit : &#171; L'id&#233;e de la r&#233;volution permanente fut mise en avant par les grands communistes de la premi&#232;re moiti&#233; du 19&#232;me si&#232;cle, Marx et ses disciples, pour faire pi&#232;ce &#224; l'id&#233;ologie bourgeoise qui, comme on le sait, pr&#233;tend qu'apr&#232;s l'&#233;tablissement d'un Etat &#171; rationnel &#187; ou d&#233;mocratique, toutes les questions pourraient &#234;tre r&#233;solues par la voie pacifique de l'&#233;volution et des r&#233;formes. (&#8230;) La R&#233;volution permanente, au sens que Marx avait attribu&#233; &#224; cette conception, signifie une r&#233;volution qui ne veut transiger avec aucune forme de domination de classe, qui ne s'arr&#234;te pas au stade d&#233;mocratique, mais passe aux mesures socialistes et &#224; la guerre contre la r&#233;action ext&#233;rieure, une r&#233;volution dont chaque &#233;tape est contenue en germe dans l'&#233;tape pr&#233;c&#233;dente, une r&#233;volution qui ne finit qu'avec la liquidation totale de la soci&#233;t&#233; de classe. &#187; (dans &#171; La r&#233;volution permanente &#187;)&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) Comme l'&#233;crivait Trotsky : &#171; La distinction entre r&#233;volution bourgeoise et r&#233;volution prol&#233;tarienne, c'est l'alphabet. Mais, apr&#232;s avoir appris l'alphabet, on apprend les syllabes qui sont form&#233;es de lettres. L'histoire a r&#233;uni les lettres les plus importantes de l'alphabet bourgeois avec les premi&#232;res lettres de l'alphabet socialiste &#187; (&#8230;) D&#232;s 1905, il &#233;crivait en effet : &#171; Une d&#233;finition sociologique g&#233;n&#233;rale, &#171; r&#233;volution bourgeoise &#187;, ne r&#233;sout nullement les probl&#232;mes de politique et de tactique, les antagonismes et les difficult&#233;s que pose le m&#233;canisme m&#234;me de cette r&#233;volution bourgeoise. Dans les cadres de la r&#233;volution bourgeoise de la fin du 18&#232;me si&#232;cle, qui avait pour but objectif la domination du capital, la dictature des sans-culottes se trouva possible. Dans la r&#233;volution du d&#233;but du 20&#232;me si&#232;cle, qui s'av&#232;re &#233;galement bourgeoise par ses objectifs imm&#233;diats, on voit se dessiner en toute proche perspective l'in&#233;luctabilit&#233; ou du moins la probabilit&#233; de la domination politique du prol&#233;tariat. &#187; (dans &#171; Histoire de la r&#233;volution russe &#187;)&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) Les deux points de vue desquels doit &#234;tre consid&#233;r&#233;e la R&#233;volution fran&#231;aise, l'un ayant trait aux conditions objectives de l'&#233;poque (r&#233;volution bourgeoise), et l'autre au m&#233;canisme interne du mouvement r&#233;volutionnaire (r&#233;volution permanente), ne sont contradictoires qu'en apparence. Je vais maintenant expliquer pourquoi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait qu'au cours m&#234;me d'une r&#233;volution bourgeoise la dynamique interne de la R&#233;volution conduise le prol&#233;tariat &#224; prendre plus ou moins conscience de ses int&#233;r&#234;ts propres de classe et &#224; chercher, plus ou moins confus&#233;ment, &#224; s'emparer du pouvoir ne contredit pas la conception mat&#233;rialiste de l'histoire selon laquelle les rapports mat&#233;riels conditionnent de fa&#231;on imp&#233;rieuse l'&#233;volution des soci&#233;t&#233;s. Il ne justifie pas une th&#232;se &#171; volontariste &#187; qui, n&#233;gligeant ce qui est objectivement possible, s'imaginerait qu'il suffit de vouloir pour pouvoir. La th&#233;orie de la r&#233;volution permanente reste sur le terrain solide du mat&#233;rialisme historique. Elle explique la tentative de d&#233;passer la r&#233;volution bourgeoise, non par des raisons d'ordre psychologique, non par l'intervention &#171; id&#233;aliste &#187; de la volont&#233; humaine, mais par certaines circonstances d'ordre purement &#171; mat&#233;riel &#187;. Voil&#224; comment. Une soci&#233;t&#233;, et par cons&#233;quent les rapports mat&#233;riels existant au sein de celle-ci, n'est jamais homog&#232;ne parce que tout le processus historique est fond&#233; sur la loi du d&#233;veloppement in&#233;gal des forces productives. L&#233;nine a fait ressortir un aspect de cette loi lorsque, dans son analyse de l'imp&#233;rialisme, il souligne la &#171; disproportion dans la rapidit&#233; du d&#233;veloppement des diff&#233;rents pays &#187;, les &#171; diff&#233;rences entre la rapidit&#233; du d&#233;veloppement des diff&#233;rents &#233;l&#233;ments de l'&#233;conomie mondiale &#187; et qu'il &#233;nonce : &#171; Il ne peut y avoir, en r&#233;gime capitaliste, de d&#233;veloppement &#233;gal des entreprises, des trusts, des branches d'industrie, des pays. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Trotsky a montr&#233; que &#171; de cette loi universelle d'in&#233;galit&#233; des rythmes d&#233;coule une autre loi que, faute d'une appellation plus appropri&#233;e, l'on peut d&#233;nommer loi du d&#233;veloppement combin&#233; &#187;, en ce sens qu'une soci&#233;t&#233; en cours d'&#233;volution est &#171; une combinaison originale des diverses phases du processus historique &#187;, &#171; des &#233;l&#233;ments retardataires avec des facteurs des plus modernes &#187;. L'auteur de l' &#171; Histoire de la R&#233;volution russe &#187; a illustr&#233; de fa&#231;on tr&#232;s frappante cette loi en l'appliquant &#224; la Russie du d&#233;but du 20&#232;me si&#232;cle. Mais elle a une port&#233;e beaucoup plus g&#233;n&#233;rale. Elle s'applique &#224; toutes les soci&#233;t&#233;s modernes. D&#233;j&#224; Marx, en 1847, en avait fait l'application &#224; l'Allemagne. Il avait observ&#233; que &#171; dans ce pays, o&#249; la mis&#232;re politique de la monarchie absolue existe encore avec toute sa s&#233;quelle de castes et de conditions mi-f&#233;odales en d&#233;composition, il existe d&#233;j&#224; d'autre part partiellement, cons&#233;quence du d&#233;veloppement industriel et de la d&#233;pendance de l'Allemagne du march&#233; mondial, les oppositions modernes entre la bourgeoisie et la classe ouvri&#232;re avec la lutte qui en r&#233;sulte &#187;. Et il fondait sur &#171; cette situation contradictoire &#187; sa conception de la r&#233;volution permanente : &#171; La bourgeoisie allemande se trouve donc d&#233;j&#224;, elle aussi, en opposition avec le prol&#233;tariat, m&#234;me avant de s'&#234;tre politiquement constitu&#233;e comme classe. &#187; Trotsky ne fait qu'approfondir la pens&#233;e de Marx lorsqu'il souligne que la &#171; th&#233;orie de la r&#233;volution permanente &#233;tait fond&#233;e sur cette loi (&#8230;) de l'in&#233;galit&#233; de l'&#233;volution historique &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'application de la loi du d&#233;veloppement combin&#233; &#224; la R&#233;volution fran&#231;aise nous permet de comprendre pourquoi la grande R&#233;volution rev&#234;tit le double caract&#232;re d'une r&#233;volution bourgeoise et d'une r&#233;volution permanente. Elle nous explique pourquoi, malgr&#233; le fait que les conditions objectives de l'&#233;poque ne permettaient encore que la victoire de la bourgeoisie, la r&#233;volution bourgeoise portait d&#233;j&#224; dans ses flancs un embryon de r&#233;volution prol&#233;tarienne. C'est que la France de 1793 &#233;tait, du point de vue de l'&#233;volution des formes de production et de propri&#233;t&#233;, une combinaison h&#233;t&#233;roclite d'&#233;l&#233;ments r&#233;trogrades et d'&#233;l&#233;ments modernes, de facteurs qui retardaient sur la r&#233;volution bourgeoise et d'autres qui tendaient &#224; enjamber la r&#233;volution bourgeoise. Les conditions archa&#239;ques de l'appropriation et de la culture du sol dans certaines r&#233;gions comme la Vend&#233;e et la Bretagne avaient contribu&#233; &#224; maintenir ces provinces dans la nuit de la servitude. Par contre, le progr&#232;s de la technique, les d&#233;buts de la r&#233;volution industrielle, l'&#233;volution &#233;conomique qui avait concentr&#233; dans les villes, et surtout dans la capitale, face &#224; une bourgeoisie d&#233;j&#224; riche et puissante, une masse d&#233;j&#224; consid&#233;rable de travailleurs, avaient fait prendre aux sans-culottes (et notamment aux sans-culottes parisiens) sur les paysans de l'Ouest et du Midi une avance de plusieurs si&#232;cles. Paris comptait d&#233;j&#224;, en 1793, plus de 700.000 habitants.&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) Deux mondes chevauchaient l'un sur l'autre : dans la voiture m&#234;me qui conduisait Louis, roi par la gr&#226;ce de Dieu, &#224; l'&#233;chafaud, avait pris place, en tant que repr&#233;sentant de la Commune parisienne, l'enrag&#233; Jacques Roux, pionnier (encore balbutiant) de la r&#233;volution prol&#233;tarienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Existait-il un prol&#233;tariat ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Penchons-nous un instant sur les sans-culottes de l'an II : nous serons frapp&#233;s par le caract&#232;re composite de leurs traits. Eux-m&#234;mes sont le produit du d&#233;veloppement combin&#233; Si l'on posait la question sous la forme simpliste : existait-il un prol&#233;tariat en 1793, il faudrait r&#233;pondre &#224; la fois par non et par oui. Sans doute n'existait-il pas de prol&#233;tariat au sens que ce mot a pris au 19&#232;me si&#232;cle, c'est-&#224;-dire de larges masses de travailleurs ayant perdu la propri&#233;t&#233; de leurs moyens de production et concentr&#233;s dans de vastes entreprises. (&#8230;) Par ailleurs, la diff&#233;renciation au sein du tiers &#233;tat &#233;tait d&#233;j&#224; accentu&#233;e et ne cessa, pendant les cinq ann&#233;es de la R&#233;volution, de s'approfondir. Le bourgeois de 1789 &#233;tait d&#233;j&#224; un personnage consid&#233;rable. Propri&#233;taire terrien, gros n&#233;gociant, industriel, titulaire d'une charge (office de justice, de finances, etc&#8230;), son genre de vie, ses mani&#232;res, son costume m&#234;me l'apparentaient bien davantage &#224; la classe aristocratique qu'&#224; celle des travailleurs manuels. L'inflation, la vie ch&#232;re, d'un c&#244;t&#233;, et de l'autre les fructueuses acquisitions de biens nationaux, les &#233;normes b&#233;n&#233;fices r&#233;alis&#233;s sur les fournitures de guerre creus&#232;rent un d&#233;but de scission entre bourgeois et sans-culottes. Le pauvre se paup&#233;risa davantage, tandis que la richesse du riche se fit plus insolente.&lt;br class='autobr' /&gt;
La diff&#233;renciation existait d&#233;j&#224;, bien qu'&#224; un degr&#233; moindre, entre la petite bourgeoisie et les travailleurs manuels. Englober, comme on le fait parfois, sous le vocable &#171; petite bourgeoisie &#187; ou de &#171; d&#233;mocratie &#187; toutes les couches sociales qui constituaient l'aile avanc&#233;e de la R&#233;volution est, &#224; mon avis, trop simpliste. La petite bourgeoisie de cette &#233;poque jouait d&#233;j&#224;, bien que d'une fa&#231;on encore embryonnaire, un r&#244;le interm&#233;diaire entre la bourgeoisie et les ouvriers. (&#8230;) Le parti jacobin, &#224; la fois petit-bourgeois &#224; la t&#234;te et populaire &#224; la base, refl&#233;tait cette contradiction. (&#8230;) Ainsi la manifestation du 4 septembre 1793 fut sp&#233;cifiquement ouvri&#232;re ; elle r&#233;unit presque exclusivement des compagnons, et les petits bourgeois semblent bien avoir &#233;prouv&#233; quelque inqui&#233;tude : l'incident entre Chaumette et l'ouvrier Tiger est, &#224; cet &#233;gard, significatif. Les gr&#232;ves de l'hiver et du printemps 1794 furent &#233;galement, et par leur nature m&#234;me, des mouvements sp&#233;cifiquement prol&#233;tariens dont les petits bourgeois jacobins se d&#233;solidaris&#232;rent et qu'ils calomni&#232;rent en les traitant de &#171; contre-r&#233;volutionnaires &#187;. Enfin, au cours des journ&#233;es de Prairial (mai 1795), nous verrons les petits patrons du faubourg Saint-Antoine jouer un r&#244;le nettement distinct de leurs compagnons : alors que ces derniers, de leur propre mouvement, eussent continu&#233; la lutte, les premiers, effray&#233;s par le caract&#232;re de classe que celle-ci avait prise, pouss&#232;rent &#224; une transaction avec la bourgeoisie thermidorienne (transaction qui fut fatale aux insurg&#233;s). (&#8230;) D&#233;sirant employer un vocable qui marque, sans l'exag&#233;rer, la diff&#233;renciation relative existant entre petits bourgeois et travailleurs, j'ai emprunt&#233; &#224; Michelet le terme expressif de bras nus. L'historien observe que, si la d&#233;fense de Nantes contre les Vend&#233;ens e&#251;t &#233;t&#233; bourgeoise seulement, Nantes &#233;tait perdue. &#171; Il fallait, &#233;crit-il, que les bras nus, les hommes rudes, les travailleurs prissent violemment parti contre les brigands &#187;. (&#8230;) Le caract&#232;re composite de la &#171; sans-culotterie &#187; de 1793 ne doit jamais &#234;tre perdu de vue si l'on veut comprendre le m&#233;canisme complexe de la derni&#232;re phase de la R&#233;volution. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Marx a montr&#233; dans &#171; La question juive &#187; comment le mouvement r&#233;volutionnaire, &#171; en d&#233;clarant la r&#233;volution &#224; l'&#233;tat permanent &#187;, s'&#233;tait mis &#171; en contradiction violente &#187; avec les conditions objectives de la r&#233;volution bourgeoise, ce qui eut pour cons&#233;quence finale &#171; la restauration de la religion, de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, de tous les &#233;l&#233;ments de la soci&#233;t&#233; bourgeoise &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Engels a donn&#233; de ce reflux, commun &#224; toutes les r&#233;volutions de type ancien (c'est-&#224;-dire des &#233;poques o&#249; la r&#233;volution prol&#233;tarienne &#233;tait encore objectivement impossible), diverses analyses. Apr&#232;s avoir montr&#233; comment un embryon de prol&#233;tariat group&#233; autour de Thomas M&#252;nzer, en Allemagne, au d&#233;but du 16&#232;me si&#232;cle, formula les rudiments de revendications communistes, il &#233;crit : &#171; Mais, en m&#234;me temps, cette anticipation, par-del&#224; non seulement le pr&#233;sent, mais m&#234;me l'avenir (&#8230;) devait, au premier essai d'application pratique, retomber dans les limites born&#233;es que permettaient seules les conditions de l'&#233;poque &#187;. &#171; Ce n'&#233;tait pas seulement le mouvement d'alors, c'&#233;tait tout son si&#232;cle qui n'&#233;tait pas m&#251;r pour la r&#233;alisation des id&#233;es que lui-m&#234;me n'avait commenc&#233; d'entrevoir que tr&#232;s obscur&#233;ment. La classe qu'il repr&#233;sentait, bien loin d'&#234;tre compl&#232;tement d&#233;velopp&#233;e et capable de soumettre et de transformer la soci&#233;t&#233; tout enti&#232;re, &#233;tait juste en train de na&#238;tre. Le bouleversement social qui se pr&#233;sentait vaguement &#224; son imagination avait encore si peu de fondements dans les conditions mat&#233;rielles existantes que celles-ci pr&#233;paraient m&#234;me un ordre social qui &#233;tait absolument l'oppos&#233; de l'ordre social r&#234;v&#233; par lui. &#187; Il fut donc ais&#233; &#224; la bourgeoisie, conduite par Luther, de briser le mouvement. (&#8230;) Ailleurs, &#224; propos des r&#233;volutions de Paris, Engels d&#233;crit ainsi le reflux : &#171; Le prol&#233;tariat, qui achetait de son sang la victoire, apparaissait apr&#232;s la victoire avec ses revendications propres. Ces revendications &#233;taient plus ou moins obscures et m&#234;me confuses, selon le degr&#233; correspondant de d&#233;veloppement des ouvriers parisiens, mais, en d&#233;finitive, elles tendaient &#224; la suppression de l'antagonisme de classe entre capitalistes et ouvriers. (&#8230;) Mais la revendication m&#234;me, si ind&#233;termin&#233;e qu'elle f&#251;t encore dans sa forme, contenait un danger pour l'ordre social &#233;tabli ; les ouvriers qui la posaient &#233;taient encore arm&#233;s ; pour les bourgeois qui se trouvaient au gouvernail de l'Etat, le d&#233;sarmement des ouvriers &#233;tait donc le premier devoir. D'o&#249;, apr&#232;s chaque r&#233;volution o&#249; les ouvriers avaient &#233;t&#233; vainqueurs, une nouvelle lutte, qui se termine par la d&#233;faite des ouvriers. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Et, dans un autre texte, Engels d&#233;veloppe : &#171; Apr&#232;s le premier grand succ&#232;s, c'&#233;tait la r&#232;gle que la minorit&#233; victorieuse se scind&#226;t en deux : une des moiti&#233;s &#233;tait contente du r&#233;sultat obtenu, l'autre voulait encore aller plus loin, posait de nouvelles revendications. (&#8230;) Ces revendications plus radicales s'imposaient bien dans certains cas, mais fr&#233;quemment pour un instant seulement : le parti le plus mod&#233;r&#233; reprenait la supr&#233;matie, les derni&#232;res acquisitions &#233;taient perdues &#224; nouveau en totalit&#233; ou partiellement ; les vaincus criaient alors &#224; la trahison ou rejetaient la d&#233;faite sur le hasard. Mais en r&#233;alit&#233;, la chose &#233;tait le plus souvent ainsi : les conqu&#234;tes de la premi&#232;re victoire n'&#233;taient assur&#233;es que par la deuxi&#232;me victoire du parti plus radical ; une fois ceci acquis, c'est-&#224;-dire ce qui &#233;tait momentan&#233;ment n&#233;cessaire, les &#233;l&#233;ments radicaux disparaissaient &#224; nouveau du th&#233;&#226;tre des op&#233;rations et leur succ&#232;s aussi. Toutes les grandes r&#233;volutions des temps modernes, &#224; commencer par la grande R&#233;volution anglaise du 17&#232;me si&#232;cle, accus&#232;rent ces traits qui paraissaient ins&#233;parables de toute lutte r&#233;volutionnaire. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) Le point exact o&#249; la R&#233;volution atteint son apog&#233;e et o&#249; le reflux commence (&#8230;) je le place d&#232;s la fin de novembre 1793. (&#8230;) Depuis 1789 jusqu'&#224; la date qui vient d'&#234;tre propos&#233;e, le mouvement r&#233;volutionnaire, je le montrerai, est all&#233;, par bonds successifs, constamment de l'avant parce que les limites objectives de la r&#233;volution bourgeoise n'avaient pas encore &#233;t&#233; atteintes. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
La th&#233;orie de la r&#233;volution permanente comporte un corollaire que, pour la clart&#233; de mon analyse, je n'ai fait qu'effleurer dans l'expos&#233; qui pr&#233;c&#232;de. Du fait m&#234;me que la r&#233;volution est permanente, c'est-&#224;-dire que le probl&#232;me de la r&#233;volution prol&#233;tarienne se pose d&#233;j&#224; (bien que d'une fa&#231;on encore plus ou moins embryonnaire) au cours de la r&#233;volution bourgeoise, la bourgeoisie r&#233;volutionnaire, de son c&#244;t&#233;, n'est pas occup&#233;e uniquement par le souci de liquider la classe dont elle prend la succession ; elle s'inqui&#232;te aussi de ce qui se passe &#224; sa gauche ; elle s'alarme en constatant que les masses laborieuses, dont le concours actif lui est indispensable pour en finir avec l'ancien r&#233;gime, et entre les mains desquelles elle a d&#251; mettre des armes, essaient de profiter des circonstances pour obtenir la satisfaction de leur revendications propres. La peur que lui inspire l'avant-garde populaire la fait renoncer &#224; porter des coups trop rapides et trop brutaux &#224; la contre-r&#233;volution. Elle h&#233;site &#224; chaque instant entre la solidarit&#233; qui l'unit au peuple contre l'aristocratie et celle qui unit l'ensemble des poss&#233;dants contre les non-poss&#233;dants. Cette pusillanimit&#233; la rend incapable d'accomplir jusqu'au bout les t&#226;ches historiques de la r&#233;volution bourgeoise.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut donc que l'avant-garde populaire lui force la main, la pousse en avant, lui arrache litt&#233;ralement les mesures radicales, dont elle sent bien la n&#233;cessit&#233; mais qui l'effraient. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
A la veille de 1789, la bourgeoisie, r&#233;p&#233;tons-le, n'&#233;tait plus que tr&#232;s partiellement une classe inf&#233;rieure. Elle &#233;tait li&#233;e assez &#233;troitement avec l'absolutisme royal et la classe des grands propri&#233;taires fonciers. Elle d&#233;tenait d&#233;j&#224; une part consid&#233;rable du pouvoir &#233;conomique. En outre, elle avait &#233;t&#233; admise &#224; ramasser les miettes du festin f&#233;odal (beaucoup de bourgeois avaient re&#231;u des titres de noblesse, jouissaient de rentes f&#233;odales, avaient des charges, portaient culotte et bas comme les nobles). (&#8230;) La violence avec laquelle les masses populaires s'attaqu&#232;rent &#224; l'ancien r&#233;gime effraya, d&#232;s le d&#233;but, les bourgeois.&lt;br class='autobr' /&gt;
Georges Lefebvre observe, dans sa &#171; Grande peur de 1789 &#187; : &#171; Exasp&#233;r&#233; par la faim, le paysan mena&#231;ait l'aristocratie d'un assaut irr&#233;sistible. Mais la bourgeoisie, elle-m&#234;me, n'&#233;tait pas &#224; l'abri. Elle ne payait pas non plus sa part d'imp&#244;ts ; elle poss&#233;dait maintes seigneuries : c'&#233;tait elle qui fournissait aux seigneurs leurs juges et leurs intendants ; c'&#233;tait des bourgeois qui prenaient &#224; ferme la perception des droits f&#233;odaux. &#187; (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur le plan purement politique, on note la m&#234;me h&#233;sitation de la bourgeoisie devant l'accomplissement de ses t&#226;ches historiques. C'est ainsi que, le 14 juillet 1789, elle eut litt&#233;ralement la main forc&#233;e. (&#8230;) &#171; Ainsi, le signal de la conqu&#234;te violente de la Bastille ne fut pas donn&#233; par la bourgeoisie. Ce fut malgr&#233; les efforts de conciliation de celle-ci que le peuple s'empara de la vieille ge&#244;le. Si les sans-culottes n'avaient pas forc&#233; la main &#224; la bourgeoisie, l'Assembl&#233;e nationale aurait fini par succomber dans sa r&#233;bellion contre les ba&#239;onnettes royales. De m&#234;me, sans la marche sur Versailles, le 5 octobre, des bras nus affam&#233;s et sans leur irruption dans l'enceinte de l'Assembl&#233;e, la D&#233;claration des droits de l'homme n'e&#251;t pas &#233;t&#233; sanctionn&#233;e. Sans la vague de fond du 10 ao&#251;t 1792, la bourgeoisie e&#251;t recul&#233; devant la R&#233;publique et devant le suffrage universel.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au d&#233;but de 1793, nous verrons l'aile la plus importante et la plus riche de la bourgeoisie (la Gironde) l&#226;cher pied par peur et par haine des sans-culottes, h&#233;siter devant les mesures radicales qui seules pouvaient permettre de sauver la R&#233;volution et, finalement, glisser vers le royalisme. Nous verrons ensuite la fraction la plus audacieuse de la bourgeoisie (la Montagne) qui supplanta celle qui avait trahi la cause de la R&#233;volution, h&#233;siter &#224; son tour &#224; pousser la lutte jusqu'au bout. Il faudra l'intervention des faubourgs pour qu'elle se d&#233;cide &#224; ch&#226;tier les chefs de la Gironde, &#224; d&#233;barrasser l'arm&#233;e des officiers r&#233;actionnaires. (&#8230;) Ainsi, pour que la soci&#233;t&#233; f&#251;t enti&#232;rement purifi&#233;e des d&#233;froques f&#233;odales et absolutistes, fallait-il d&#233;j&#224;, &#224; la fin du 18&#232;me si&#232;cle, l'intervention propre du &#171; prol&#233;tariat &#187;. La r&#233;volution bourgeoise n'aurait pas &#233;t&#233; men&#233;e jusqu'&#224; son terme si elle ne s'&#233;tait accompagn&#233;e d'un embryon de r&#233;volution prol&#233;tarienne. (&#8230;) Engels tire de l'&#233;tude compar&#233;e des r&#233;volutions anglaise et fran&#231;aise la conclusion que &#171; sans l'&#233;l&#233;ment pl&#233;b&#233;ien des villes, la bourgeoisie seule n'aurait jamais men&#233; la bataille jusqu'&#224; la d&#233;cision &#187; et il ajoute : &#171; il semble que ce soit l&#224;, en fait, une des lois de l'&#233;volution de la soci&#233;t&#233; bourgeoise. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous allons consid&#233;rer maintenant la R&#233;volution fran&#231;aise du point de vue des formes du pouvoir populaire. La th&#233;orie de la r&#233;volution permanente nous aidera &#224; en d&#233;couvrir certains aspects qui, trop souvent, ont &#233;chapp&#233; aux historiens r&#233;publicains. Ceux-ci se sont content&#233;s de nous pr&#233;senter la grande R&#233;volution comme le berceau de la d&#233;mocratie parlementaire. Ils n'ont pas aper&#231;u (ou voulu apercevoir) que, du fait m&#234;me qu'elle f&#251;t, en m&#234;me temps qu'une r&#233;volution bourgeoise, un embryon de r&#233;volution prol&#233;tarienne, elle portait en elle le germe d'une nouvelle forme de pouvoir r&#233;volutionnaire dont les traits s'accuseront au cours des r&#233;volutions prol&#233;tariennes de la fin du 19&#232;me si&#232;cle et du 20&#232;me si&#232;cle. Ils n'ont pas marqu&#233; suffisamment la filiations historique qui, de la Commune de 1793, m&#232;ne &#224; celle de 1871, et encore moins, bien entendu, celle qui de la Commune de 1793 et de 1871 m&#232;ne aux soviets (conseils) de 1905 et 1917. Ils n'ont pas vu que les donn&#233;es essentielles du probl&#232;me du pouvoir tel qu'il s'est pos&#233; au prol&#233;tariat au cours de la R&#233;volution russe (dualit&#233; de pouvoirs, contrainte r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat) se manifestent d&#233;j&#224;, bien que sous une forme encore embryonnaire, au cours de la R&#233;volution fran&#231;aise, et notamment, dans sa derni&#232;re phase.&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) Nous voyons les premiers sympt&#244;mes de dualit&#233; de pouvoirs d&#232;s juillet 1789. A l'or&#233;e de la R&#233;volution, il y a dualit&#233; de pouvoirs non seulement entre le roi et l'Assembl&#233;e nationale, mais d&#233;j&#224; entre l'Assembl&#233;e nationale, interpr&#232;te des volont&#233;s de la haute bourgeoisie, et la Commune de Paris, cette derni&#232;re s'appuyant sur les couches inf&#233;rieures du tiers &#233;tat de la capitale. (&#8230;) La dualit&#233; de pouvoirs se manifesta d'une fa&#231;on beaucoup plus accus&#233;e &#224; l'occasion de l'insurrection du 10 ao&#251;t 1792. D&#232;s la seconde quinzaine de juillet, les sections avaient nomm&#233; des d&#233;l&#233;gu&#233;s qui s'&#233;taient r&#233;unis &#224; l'H&#244;tel de Ville. (&#8230;) Le 10 ao&#251;t, l'assembl&#233;e des sections se substitua &#224; la Commune l&#233;gale et se constitua en Commune r&#233;volutionnaire. Celle-ci se pr&#233;senta face &#224; l'Assembl&#233;e bourgeoise comme l'organe de la volont&#233; populaire. (&#8230;) Mais la dualit&#233; de pouvoirs est un fait r&#233;volutionnaire et non constitutionnel. Elle peut durer un certain temps, mais pas tr&#232;s longtemps. (&#8230;) T&#244;t ou tard, l'un des pouvoirs finit par &#233;liminer l'autre. (&#8230;) &#171; La dualit&#233; de pouvoirs est, en son essence, un r&#233;gime de crise sociale : marquant un extr&#234;me fractionnement de la nation, elle comporte, en potentiel ou bien ouvertement, la guerre civile. &#187; Au lendemain du 10 ao&#251;t, les pouvoirs de la Commune r&#233;volutionnaire de Paris et ceux de l'Assembl&#233;e s'&#233;quilibr&#232;rent un instant. Cette situation qui provoqua une crise politique aigu&#235;, ne dura que quelques semaines. L'un des deux pouvoirs dut finalement s'effacer devant l'autre, et ce fut la Commune.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 31 mai 1793, la dualit&#233; de pouvoirs prit de nouveau une forme ouverte. Comme au 10 ao&#251;t, une Commune r&#233;volutionnaire s'&#233;tait substitu&#233;e &#224; la Commune l&#233;gale et, face &#224; la Convention et &#224; son Comit&#233; de Salut public, elle avait fait figure de nouveau pouvoir. Mais la dualit&#233; ne dura, cette fois, que l'espace d'un matin. Le pouvoir officiel s'empressa, nous le verrons, de faire rentrer dans le n&#233;ant la Commune insurrectionnelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s la chute des Girondins, la lutte entre la Convention et la Commune, entre le pouvoir bourgeois et le pouvoir des masses, continua sourdement. (&#8230;) La lutte prit, &#224; nouveau, un caract&#232;re aigu, en novembre 1793, lorsque la Commune, se substituant &#224; la Convention, entra&#238;na le pays dans la campagne de d&#233;christianisation et imposa &#224; l'Assembl&#233;e le culte de la Raison. La bourgeoisie riposta en rognant les pouvoirs de la Commune qui, par le d&#233;cret du 4 d&#233;cembre, fut &#233;troitement subordonn&#233;e au pouvoir central.&lt;br class='autobr' /&gt;
En f&#233;vrier-mars 1794, la lutte se raviva encore une fois entre les deux pouvoirs. Au cours de cette derni&#232;re phase, le pouvoir des masses, nous le verrons, &#233;tait davantage repr&#233;sent&#233; par les soci&#233;t&#233;s populaires des sections, group&#233;es en un comit&#233; central, que par la Commune elle-m&#234;me. Mais les dirigeants de cette derni&#232;re, pouss&#233;s par le mouvement des masses, eurent des vell&#233;it&#233;s de coup d'Etat. Ce fut le supr&#234;me &#233;pisode de la dualit&#233; de pouvoirs. La bourgeoisie accusa les partisans de la Commune de vouloir &#171; avilir la repr&#233;sentation nationale &#187; et elle brisa le pouvoir populaire, donnant ainsi le coup de gr&#226;ce &#224; la R&#233;volution. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire encore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4728&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4728&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4708&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4708&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3033&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3033&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/cafon_0395-8418_1991_num_63_1_1565&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.persee.fr/doc/cafon_0395-8418_1991_num_63_1_1565&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la terreur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6636&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6636&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le caract&#232;re dialectique de la strat&#233;gie du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8300&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8300&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi on a compar&#233; le mouvement des Gilets jaunes &#224; la R&#233;volution fran&#231;aise ? Parce que ce mouvement ne se contentait pas de revendiquer, de combattre, de d&#233;noncer le gouvernement, qu'il niait tout le pouvoir politique et social des exploiteurs, leur direction de l'Etat et de la soci&#233;t&#233;. Et la r&#233;volution fran&#231;aise leur d&#233;montrait que le peuple travailleur peut d&#233;cider de nier dialectiquement le droit &#224; l'exploitation et le droit &#224; l'oppression. Si les circonstances sont l&#224;, leur seule d&#233;cision change la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5281&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5281&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que vient faire la philosophie dialectique dans la politique des r&#233;volutionnaires ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3617&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3617&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Exproprier les expropriateurs, se servir des guerres et des dettes comme de toutes les oppressions pour les retourner contre les guerriers capitalistes et les imp&#233;rialistes oppresseurs, annihiler ceux qui veulent &#233;radiquer l'humanit&#233;, d&#233;clarer la guerre aux bellicistes, mettre la main sur les finances de ceux qui nous coupent les robinets financiers, supprimer tous les droits politiques de ceux qui nous refusent no droits politiques, casser les organisations de ceux qui veulent nous interdire de nous organiser, tirer sur les g&#233;n&#233;raux qui nous tirent dessus, r&#233;quisitionner les trusts qui nous envoient la faillite &#224; la gueule, fermer la gueule des pr&#234;tres li&#233;s au pouvoir et manipulateurs p&#233;dophiles des enfants, licencier les licencieurs, supprimer le droit de polluer l'opinion aux m&#233;dias qui refusent de diffuser nos opinions, refuser le droit de participer &#224; notre d&#233;mocratie aux exploiteurs qui nous refusent nos droits d&#233;mocratiques, d&#233;sarmer les arm&#233;es capitalistes et armer le peuple travailleur, mettre les internationalistes &#224; la t&#234;te des peuples qui subissent une oppression nationale et la retourner contre l'imp&#233;rialisme, d&#233;capitaliser les accumulateurs de capitaux, c'est bel et bien cela, la n&#233;gation de la n&#233;gation r&#233;volutionnaire !&lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#234;tre humain est dialectique dans tous les domaines et &#224; tous les niveaux </title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article9330</link>
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		<dc:date>2025-11-08T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'&#234;tre humain est dialectique dans tous les domaines et &#224; tous les niveaux ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Origines &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7884 &lt;br class='autobr' /&gt;
Croisement &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5760 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6599 &lt;br class='autobr' /&gt;
Evolution &lt;br class='autobr' /&gt;
https://matierevolution.fr/spip.php?article6322 &lt;br class='autobr' /&gt;
Esp&#232;ce &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3908 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2911 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2981&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique15" rel="directory"&gt;Chapter 10 : Natural and social dialectic - Dialectique naturelle et sociale&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#234;tre humain est dialectique dans tous les domaines et &#224; tous les niveaux !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Origines&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7884&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7884&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Croisement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5760&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5760&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6599&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6599&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evolution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matierevolution.fr/spip.php?article6322&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://matierevolution.fr/spip.php?article6322&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Esp&#232;ce&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3908&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3908&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2911&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2911&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2981&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2981&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hominisation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article56&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article56&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sexualit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4130&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4130&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pens&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7976&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7976&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cerveau&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2143&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2143&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3189&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3189&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3364&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3364&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matierevolution.fr/spip.php?article4905&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://matierevolution.fr/spip.php?article4905&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intelligence&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1510&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1510&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G&#233;n&#233;tique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5143&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5143&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abstraction&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5053&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5053&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fable&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5225&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5225&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imagination&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4929&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4929&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#234;ve&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2700&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2700&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inconscient&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article193&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article193&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Communaut&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3219&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3219&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4963&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4963&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Economie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3210&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3210&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Syst&#232;me&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8041&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8041&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Histoire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matierevolution.org/spip.php?article5952&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://matierevolution.org/spip.php?article5952&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;volution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4774&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4774&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La nature est-elle dialectique ?</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article8754</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.org/spip.php?article8754</guid>
		<dc:date>2025-09-03T22:16:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Dialectic - Dialectique</dc:subject>
		<dc:subject>Sciences</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pourquoi parler de dialectique de la nature ? &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6947 &lt;br class='autobr' /&gt;
Une dialectique est bel et bien &#224; l'oeuvre dans la nature... &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6 &lt;br class='autobr' /&gt;
Engels avait fondamentalement raison &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.marxists.org/francais/engels/works/1883/00/engels_dialectique_nature.pdf &lt;br class='autobr' /&gt;
Introduction &#224; la dialectique de la nature &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article35 &lt;br class='autobr' /&gt;
La dialectique de la nature est-elle n&#233;cessaire en (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique15" rel="directory"&gt;Chapter 10 : Natural and social dialectic - Dialectique naturelle et sociale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Dialectic - Dialectique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot245" rel="tag"&gt;Sciences&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pourquoi parler de dialectique de la nature ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6947&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6947&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une dialectique est bel et bien &#224; l'oeuvre dans la nature...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Engels avait fondamentalement raison&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1883/00/engels_dialectique_nature.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1883/00/engels_dialectique_nature.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Introduction &#224; la dialectique de la nature&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article35&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article35&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dialectique de la nature est-elle n&#233;cessaire en sciences ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2424&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2424&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore et &#224; nouveau sur la pens&#233;e dialectique de Friedrich Hegel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6083&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6083&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mati&#232;re est elle-m&#234;me intrins&#232;quement dialectique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5017&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5017&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philosophie dialectique et science moderne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4659&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4659&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mat&#233;rialisme dialectique, c'est quoi ? De la fausse pens&#233;e stalinienne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4178&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4178&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dialectique, un simple mode de pens&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article3777&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.org/spip.php?article3777&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La nature est-elle dialectique ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;George Novack&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 7 d&#233;cembre 1961, 6 000 jeunes se sont r&#233;unis dans un auditorium parisien pour &#233;couter un d&#233;bat sur la dialectique anim&#233; par quatre &#233;minents savants fran&#231;ais. [1] Une telle rencontre serait aussi improbable &#224; New York que les r&#233;citals en plein air que donnent les po&#232;tes devant de grandes foules &#224; Moscou. Diff&#233;rents pays, diff&#233;rentes coutumes et diff&#233;rents niveaux de d&#233;veloppement culturel et intellectuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les participants au symposium repr&#233;sentaient les deux philosophies les plus discut&#233;es de notre &#233;poque : l'existentialisme et le marxisme. Ni l'un ni l'autre courant de pens&#233;e n'a aux &#201;tats-Unis ce que le premier a en Europe occidentale ou le second dans les pays communistes. La vie id&#233;ologique am&#233;ricaine est provinciale et est loin derri&#232;re les mouvements les plus avanc&#233;s ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Paul Sartre, peut-&#234;tre l'homme de lettres vivant le plus influent, et Jean Hyppolite, professeur &#224; la Sorbonne et &#233;rudit h&#233;g&#233;lien, ont soutenu le point de vue existentialiste. Roger Garaudy, du Bureau politique du Parti communiste fran&#231;ais, directeur de son Centre d'&#233;tudes et de recherches marxistes et auteur de nombreux ouvrages philosophiques, et Jean-Pierre Vigier, l'un des principaux physiciens th&#233;oriciens fran&#231;ais, ont parl&#233; au nom du marxisme. Leur sujet &#233;tait : &#171; La dialectique est-elle uniquement une loi de l'histoire ou est-elle aussi une loi de la nature ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est possible d'adopter l'une des trois positions principales sur cette question. La premi&#232;re est que la dialectique est une pure m&#233;taphysique, un vestige de la th&#233;ologie, une aberration de la logique, un verbiage d&#233;nu&#233; de sens qui n'a aucune r&#233;f&#233;rence &#224; la r&#233;alit&#233; et qui est inutile &#224; la pens&#233;e scientifique dans quelque domaine que ce soit. C'est l'opinion de presque tous les universitaires, scientifiques et ceux qu'ils ont form&#233;s dans les universit&#233;s des &#201;tats-Unis et d'Angleterre, o&#249; r&#232;gnent l'empirisme, le positivisme et le pragmatisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre est que la dialectique est valable dans certains domaines mais pas dans d'autres. Les adeptes de la dialectique partielle soutiennent g&#233;n&#233;ralement que ses lois s'appliquent aux processus mentaux ou sociaux mais pas &#224; la nature. Pour eux, une dialectique de la nature appartient &#224; l'id&#233;alisme h&#233;g&#233;lien et non &#224; un mat&#233;rialisme coh&#233;rent. Cette position a &#233;t&#233; d&#233;fendue par un certain nombre de marxistes et semi-marxistes. C'est le point de vue des existentialistes Sartre et Hyppolite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me position est que le mat&#233;rialisme dialectique traite de l'univers tout entier et que sa logique s'applique &#224; tous les secteurs constitutifs de la r&#233;alit&#233; qui entrent dans l'exp&#233;rience humaine : la nature, la soci&#233;t&#233; et la pens&#233;e. Les lois de la dialectique, n&#233;es de l'&#233;tude des processus universels de devenir et des modes d'&#234;tre, s'appliquent &#224; tous les ph&#233;nom&#232;nes. Bien que chaque niveau d'&#234;tre ait ses propres lois sp&#233;cifiques, celles-ci se confondent avec des lois g&#233;n&#233;rales couvrant toutes les sph&#232;res de l'existence et du d&#233;veloppement, qui constituent le contenu et fa&#231;onnent la m&#233;thode de la dialectique mat&#233;rialiste. Cette vision, d&#233;fendue par les cr&#233;ateurs du socialisme scientifique et leurs authentiques disciples, a &#233;t&#233; d&#233;fendue dans le d&#233;bat par Garaudy, Vigier et le pr&#233;sident Jean Orcel, professeur de min&#233;ralogie au Mus&#233;um national d'histoire naturelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un Am&#233;ricain trouverait &#233;trange que la controverse sur cette question n'ait lieu qu'entre deux &#233;coles de dialecticiens, l'une fragmentaire, l'autre approfondie. Aujourd'hui, tr&#232;s peu de gens aux &#201;tats-Unis sont convaincus que la logique dialectique, quelle qu'elle soit, m&#233;rite d'&#234;tre s&#233;rieusement prise en consid&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un large &#233;ventail d'attitudes &#224; l'&#233;gard du marxisme se manifeste en Union sovi&#233;tique, aux &#201;tats-Unis et en France. Aux &#201;tats-Unis, o&#249; le capitalisme r&#232;gne en ma&#238;tre, tout ce qui est associ&#233; au socialisme et au communisme est d&#233;pr&#233;ci&#233;, voire tabou. Le marxisme est consid&#233;r&#233; comme obsol&#232;te et sa philosophie fausse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Union sovi&#233;tique, o&#249; la r&#233;volution socialiste a aboli le capitalisme il y a plusieurs d&#233;cennies, le mat&#233;rialisme dialectique est la philosophie d'&#201;tat. Sous Staline, en effet, elle s'est scolastique et scl&#233;ros&#233;e, comme l'admet Vigier et comme en t&#233;moigne Hyppolite. Ce dernier raconte comment, lors d'une r&#233;cente visite, l'Acad&#233;mie sovi&#233;tique des sciences a r&#233;ussi &#224; le faire parler aux &#233;tudiants de m&#233;canisme au lieu d'existentialisme, comme il le souhaitait. Cependant, toutes les questions qui ont suivi sa conf&#233;rence concernaient l'existentialisme. &#171; Il me semble que la jeunesse &#233;tait fortement int&#233;ress&#233;e par la philosophie existentielle de Sartre &#187;, observe-t-il s&#232;chement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le climat intellectuel et politique de la France se situe entre celui des principaux adversaires de la guerre froide. Il existe une tension vive et des &#233;changes continus entre les courants de pens&#233;e marxistes et non marxistes, et en particulier entre les existentialistes ath&#233;es politiquement orient&#233;s tels que Sartre et divers repr&#233;sentants du marxisme. Sartre et C. Wright Mills refl&#232;tent les diff&#233;rences id&#233;ologiques entre leurs deux pays. Mills occupait une place parmi les intellectuels radicaux dans le monde anglophone comme celle de Sartre en Europe. Pourtant, dans son dernier ouvrage, Les Marxistes , Mills rejetait les lois de la dialectique comme quelque chose de &#171; myst&#233;rieux, que Marx n'explique jamais clairement mais que ses disciples pr&#233;tendent utiliser &#187;. En fait, m&#234;me cette r&#233;f&#233;rence en note de bas de page a &#233;t&#233; ajout&#233;e apr&#232;s coup &#224; son manuscrit original par respect pour les critiques amicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel black-out de la dialectique serait impensable pour Sartre. Il a fait ses &#233;tudes et vit dans un environnement o&#249; les philosophies h&#233;g&#233;lienne et marxiste sont prises au s&#233;rieux, sur un continent o&#249; le socialisme scientifique a influenc&#233; la vie intellectuelle et publique depuis pr&#232;s d'un si&#232;cle, et dans un pays o&#249; le Parti communiste obtient un quart des voix et a l'all&#233;geance d'une grande partie de la classe ouvri&#232;re. Il a d&#233;velopp&#233; ses propres id&#233;es au contact et en comp&#233;tition avec le marxisme, depuis le moment o&#249; il a propos&#233; la philosophie de l'existence comme sa rivale jusqu'au stade actuel o&#249; il con&#231;oit l'existentialisme comme une id&#233;ologie subordonn&#233;e au marxisme qui aspire &#224; le r&#233;nover et &#224; l'enrichir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mills n'a retenu du marxisme que les &#233;l&#233;ments qui convenaient &#224; sa sociologie empirique et &#224; son orientation vers la Nouvelle Gauche. Il a coup&#233; le c&#339;ur dialectique de la m&#233;thode de pens&#233;e marxiste et a pr&#233;sent&#233; ce qui restait comme l'organisme tout entier. Sartre a une plus grande estime pour la dialectique. Mais comme nous le verrons, lui aussi n'accepte que ce qui peut s'adapter &#224; son existentialisme marxis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La transcription de ce d&#233;bat parisien entre existentialistes et marxistes m&#233;rite d'&#234;tre examin&#233;e en d&#233;tail car bon nombre des principales objections &#224; la dialectique mat&#233;rialiste ont &#233;t&#233; pos&#233;es et r&#233;pondues &#224; la lumi&#232;re des d&#233;veloppements scientifiques actuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position de Sartre contre une dialectique de la nature est tout &#224; fait diff&#233;rente de celle d'un pragmatiste ou d'un positiviste am&#233;ricain. Ses arguments sont typiquement existentialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reconna&#238;t que l'histoire et la connaissance sont des processus dialectiques parce qu'ils sont cr&#233;&#233;s par l'humanit&#233; et que l'humanit&#233; participe &#224; leur d&#233;veloppement. Il existe un mat&#233;rialisme historique mais pas de mat&#233;rialisme dialectique. La dialectique est interne &#224; l'histoire. Le domaine de la dialectique ne peut pas d&#233;passer la pratique humaine. Il est ill&#233;gitime d'&#233;tendre les lois dialectiques &#224; des ph&#233;nom&#232;nes non historiques et non humains. Sartre pr&#233;sente trois raisons principales pour cette restriction :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La dialectique ne traite que de totalit&#233;s concr&#232;tes que les &#234;tres humains eux-m&#234;mes ont &#171; totalis&#233;es &#187; par la pratique. L'histoire et la soci&#233;t&#233; sont telles. La nature, en revanche, ne constitue pas un tout int&#233;gr&#233;. La nature peut &#234;tre infinie, voire contenir une infinit&#233; d'infinis. Mais il s'agit de totalit&#233;s fragment&#233;es qui n'ont aucune unit&#233; int&#233;rieure, aucune interconnexion universelle et n&#233;cessaire. La d&#233;sunion de la nature interdit toute dialectique universelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Les contradictions qui op&#232;rent dans l'histoire ne peuvent pas &#234;tre les m&#234;mes que les antagonismes de la nature. Les contradictions sociales reposent sur le conditionnement r&#233;ciproque et l'interp&#233;n&#233;tration organique de leurs camps oppos&#233;s par la m&#233;diation humaine. Les forces oppos&#233;es &#224; l'int&#233;rieur d'un syst&#232;me physico-chimique ne sont pas ainsi interactives et interd&#233;pendantes. La mati&#232;re brute, la &#171; pratico-inerte &#187;, est disjointe, dispers&#233;e, r&#233;sistante au mouvement dialectique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Nous pouvons conna&#238;tre la soci&#233;t&#233; et l'histoire de l'int&#233;rieur, telles qu'elles sont r&#233;ellement, car elles sont l'&#339;uvre de l'humanit&#233;, le r&#233;sultat de notre d&#233;cision et de notre action. Leurs liens dialectiques se r&#233;v&#232;lent &#224; travers l'interaction contradictoire du sujet et de la situation. Mais les ph&#233;nom&#232;nes physiques restent ext&#233;rieurs &#224; nous et aux autres objets. Ils sont opaques &#224; notre vision. Nous ne pouvons pas p&#233;n&#233;trer dans leur v&#233;ritable nature int&#233;rieure et saisir leur essence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, la nature doit &#234;tre non dialectique en raison de sa d&#233;sunion, de son absence de contradiction, de son externalit&#233; et de son inertie insurmontables. Le seul mat&#233;rialisme dialectique possible est le mat&#233;rialisme historique, qui consid&#232;re notre &#233;tablissement de relations avec le reste de la r&#233;alit&#233; du point de vue de notre action sur elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les marxistes orthodoxes reviennent &#224; la th&#233;ologie et &#224; la m&#233;taphysique, dit Sartre, en &#233;tendant les lois dialectiques sur la nature sur des bases purement philosophiques ou m&#233;thodologiques. Il admet cependant que les lois dialectiques peuvent, &#224; un moment donn&#233;, s'av&#233;rer applicables &#224; la nature. Mais seulement par analogie. Cela implique actuellement une extrapolation risqu&#233;e, qui doit attendre d'&#234;tre v&#233;rifi&#233;e par de nouvelles d&#233;couvertes par les naturalistes. Et m&#234;me s'ils d&#233;couvraient que les processus physiques ressemblent au type dialectique et commen&#231;aient &#224; utiliser des mod&#232;les dialectiques dans leurs recherches, cela ne fournirait aucun aper&#231;u de la nature de la nature, aucune v&#233;ritable connaissance de ses caract&#233;ristiques essentielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi l'existentialiste Sartre se r&#233;v&#232;le &#234;tre un positiviste dans son dernier mot sur les relations possibles de la dialectique avec le monde physique. Pour lui, les id&#233;es de cette logique ne peuvent &#234;tre que des hypoth&#232;ses pratiques sous forme m&#233;taphorique qui peuvent aider les scientifiques &#224; ordonner et &#224; clarifier leurs donn&#233;es mais ne peuvent pas refl&#233;ter le contenu de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sartre n'est pas coh&#233;rent dans ses efforts pour emprisonner la dialectique dans le monde social et la supprimer des ph&#233;nom&#232;nes pr&#233;humains et non humains. Ses arguments contre la dialectique de la nature sont expos&#233;s plus en d&#233;tail dans son ouvrage philosophique de 755 pages de 1960, Critique de la raison dialectique , dont la premi&#232;re partie a &#233;t&#233; publi&#233;e ici en 1963 sous le titre Recherche d'une m&#233;thode . Il y admet que la mati&#232;re vivante, au moins, peut se d&#233;velopper dialectiquement. Sartre &#233;crit : &#171; L'organisme engendre le n&#233;gatif comme ce qui rompt son unit&#233; ; la d&#233;sassimilation et l'excr&#233;tion sont encore des formes opaques et biologiques de n&#233;gation dans la mesure o&#249; elles sont un mouvement orient&#233; vers le rejet. &#187; Cette exception ouvre une br&#232;che dans sa position. Garaudy observe &#224; juste titre qu'une fois que Sartre aura reconnu que la n&#233;gation et la totalisation existent dans l'&#233;tat pr&#233;humain, il sera difficile de s'arr&#234;ter &#224; mi-chemin et de confiner la dialectique &#224; la biologie sans &#233;tendre sa juridiction au reste de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa r&#233;ponse &#224; Sartre, qui souhaite ne voir dans la nature que des unit&#233;s partielles ou des totalit&#233;s sp&#233;cifiques, Vigier souligne que la nature est un tout compos&#233; de myriades de parties. La r&#233;alit&#233; de l'univers dans lequel nous habitons est &#224; la fois mat&#233;rielle et dialectique. Son unit&#233; s'exprime dans une s&#233;rie infinie de niveaux d'existence. Chacun des domaines sp&#233;cifiques de l'&#234;tre qui constituent collectivement l'univers mat&#233;riel est fini, partiel ; il n'incorpore qu'un aspect limit&#233; de l'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En elle-m&#234;me, la nature est infinie et in&#233;puisable. Il g&#233;n&#232;re sans cesse de nouvelles propri&#233;t&#233;s, modes et champs d'existence. Il n'y a aucune limite &#224; ce qu'elle a &#233;t&#233;, &#224; ce qu'elle est aujourd'hui, &#224; ce qu'elle peut devenir. L'une des erreurs majeures de la pens&#233;e m&#233;canique et m&#233;taphysique sur la nature, dit Vigier, est l'id&#233;e qu'elle repose sur des &#233;l&#233;ments ultimes &#224; partir desquels tout le reste d&#233;coule et avec lesquels le reste de la r&#233;alit&#233; peut &#234;tre construit. Cette conception, qui remonte aux atomistes grecs, a &#233;t&#233; reprise par les naturalistes qui croyaient que les mol&#233;cules, les atomes, puis les particules &#171; &#233;l&#233;mentaires &#187; &#233;taient les &#233;l&#233;ments de base de l'univers tout entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, la science s'est d&#233;velopp&#233;e selon des axes diff&#233;rents, tant en ce qui concerne l'univers dans son ensemble (le macrocosme) que le domaine subatomique (le microcosme). Il n'y a pas de fin pr&#233;visible aux ph&#233;nom&#232;nes astronomiques ni &#224; leur d&#233;couverte, comme l'indiquent les &#171; trous noirs &#187; r&#233;cemment d&#233;couverts. Ce qui semble immobile &#224; un niveau est en r&#233;alit&#233; en mouvement &#224; un autre niveau. Il n'existe en principe aucun &#233;l&#233;ment irr&#233;ductible ou immuable dans la nature. Cela vient d'&#234;tre confirm&#233; &#224; nouveau par la reconnaissance du fait que les particules dites &#233;l&#233;mentaires ne peuvent plus &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme les objets ultimes de la microphysique. De nouvelles microparticules apparaissent sans cesse, r&#233;v&#233;lant des mouvements et des antagonismes plus profonds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire et la pratique des sciences d&#233;montrent que diverses totalit&#233;s existent dans la nature ainsi que dans l'histoire humaine. Vigier souligne que les organismes vivants sont des totalit&#233;s qui peuvent &#234;tre d&#233;compos&#233;es en totalit&#233;s plus fines comme les mol&#233;cules g&#233;antes. Plus loin, la Terre, le syst&#232;me solaire, notre galaxie et tous les syst&#232;mes galactiques pris ensemble peuvent &#234;tre abord&#233;s et analys&#233;s comme des totalit&#233;s sans tenir compte de leurs fluctuations d&#233;taill&#233;es. Les totalit&#233;s distinctes que l'on trouve tout autour de nous dans la nature sont relatives, partielles et limit&#233;es. Pourtant, loin de nier l'unit&#233; de la nature, ils la constituent et la confirment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les exp&#233;riences montrent que, quelle que soit la complexit&#233; de la biochimie de la vie, ses processus sont fondamentalement les m&#234;mes, depuis les algues jusqu'&#224; l'organisme humain. Nous sommes nous-m&#234;mes constitu&#233;s de stars. Il a &#233;t&#233; &#233;tabli que l'univers poss&#232;de une chimie commune, tout comme toutes les formes de vie sur Terre partagent des lois biologiques similaires. Les m&#234;mes &#233;l&#233;ments qui composent la Terre et ses habitants sont pr&#233;sents dans les r&#233;gions stellaires les plus recul&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'unit&#233; substantielle de la nature s'affirme non seulement dans ses composantes structurelles, mais aussi dans ses &#233;tapes et ses modes de d&#233;veloppement. La science remplit rapidement un vaste panorama de progr&#232;s cosmiques. On ne sait pas avec certitude comment l'univers observable est n&#233;, voire pas du tout. Mais il a certainement &#233;volu&#233; &#8211; depuis la cr&#233;ation des &#233;l&#233;ments, la constitution des galaxies stellaires et d'autres ph&#233;nom&#232;nes c&#233;lestes jusqu'&#224; la naissance de notre syst&#232;me solaire et la formation de la cro&#251;te terrestre et de l'atmosph&#232;re. Puis il s'est pass&#233; aux conditions chimiques n&#233;cessaires aux r&#233;actions primaires conduisant aux premi&#232;res formes de vie, en passant par les transformations des esp&#232;ces organiques, jusqu'&#224; l'av&#232;nement de l'humanit&#233;. Tout cela a atteint son paroxysme avec la naissance et le progr&#232;s de la soci&#233;t&#233; au cours des derniers millions d'ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce processus unifi&#233; de d&#233;veloppement est la v&#233;ritable base de l'universalit&#233; de la dialectique, qui soutient que tout est li&#233; et interactif, en mouvement et en changement continus, et que ce changement est le r&#233;sultat des conflits de forces oppos&#233;es au sein de la nature ainsi que du tout ce qu'on y trouve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Affirmer que tout est en derni&#232;re analyse li&#233; &#224; tout le reste n'annule pas l'autonomie relative des formations sp&#233;cifiques et des choses singuli&#232;res. Mais la s&#233;paration d'une chose d'une autre, ses distinctions qualitatives d'avec tout le reste, s'effondrent &#224; un certain moment dans le temps et dans l'espace. Tant que les forces oppos&#233;es sont en &#233;quilibre, la totalit&#233; appara&#238;t stable, harmonieuse, au repos &#8211; et elle l'est r&#233;ellement. Mais c'est une condition transitoire. T&#244;t ou tard, des alt&#233;rations dans le rapport interne des forces et des interactions avec d'autres processus de l'environnement perturbent l'&#233;quilibre atteint, g&#233;n&#232;rent une instabilit&#233; et peuvent aboutir &#224; la perturbation et &#224; la destruction des formations les plus dures et rapides. La dialectique est fondamentalement la mani&#232;re la plus coh&#233;rente de penser les interconnexions universelles des choses dans l'ensemble de leur d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus de nier l'unit&#233; de la nature, Sartre tente d'&#233;riger des barri&#232;res infranchissables entre les diff&#233;rents ordres d'existence en s&#233;parant la nature de l'histoire humaine. Est-ce justifi&#233; par les faits ? Il y a eu une interruption profonde dans la continuit&#233; de l'&#233;volution naturelle, un saut qualitatif, lorsque l'humanit&#233; s'est &#233;lev&#233;e au-dessus des autres primates gr&#226;ce au processus de travail. Il existe des diff&#233;rences fondamentales entre la nature et la soci&#233;t&#233; ; ils ont des lois de d&#233;veloppement diff&#233;rentes. Mais il n'y a pas de foss&#233; infranchissable entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme l'inorganique a donn&#233; naissance &#224; l'organique, qui &#224; son tour et avec le temps a engendr&#233; la vie sociale, champ distinctif de l'action humaine. Mais les trois secteurs de la r&#233;alit&#233; restent en communion la plus &#233;troite. Les &#233;l&#233;ments chimiques (azote, carbone, hydrog&#232;ne, oxyg&#232;ne) qui entrent dans le m&#233;tabolisme total des organismes par la consommation alimentaire, l'inhalation, l'expiration, l'utilisation et la d&#233;gradation internes, l'excr&#233;tion et l'&#233;limination, retournent dans l'atmosph&#232;re, la terre et l'eau pour &#234;tre r&#233;utilis&#233;s. Notre &#233;conomie ainsi que notre physiologie pr&#233;sentent l'unit&#233; incassable des divers niveaux d'&#234;tre. L'agriculteur qui laboure le sol avec une charrue tir&#233;e par des animaux et l'ensemence, rassemble les forces min&#233;rales, botaniques, zoologiques et humaines dans le processus unifi&#233; de production alimentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inanim&#233;, l'anim&#233; et le social appartiennent &#224; un seul courant d'existence mat&#233;rielle et d'&#233;volution aux courants sans fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les oppositions dans la nature sont-elles si radicalement diff&#233;rentes des contradictions dans la vie de l'humanit&#233;, comme le pr&#233;tend Sartre ? Les contradictions &#224; tous les niveaux de l'existence ont leurs caract&#233;ristiques particuli&#232;res, qui doivent &#234;tre d&#233;couvertes au cours de l'exp&#233;rience pratique et formul&#233;es dans la recherche scientifique. La loi sociologique selon laquelle, &#224; mesure que la technologie se d&#233;veloppe, les forces productives de l'humanit&#233; tendent &#224; d&#233;passer et &#224; entrer en conflit avec les relations de production et les formes de propri&#233;t&#233; dans lesquelles elles sont enferm&#233;es, est tr&#232;s diff&#233;rente des lois du mouvement d'Isaac Newton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela signifie-t-il que les processus physiques et sociaux n'ont pas de d&#233;nominateurs communs ? Le marxisme soutient qu'il existe des lois g&#233;n&#233;rales de l'&#234;tre et du devenir qui tiennent compte &#224; la fois des identit&#233;s et des diff&#233;rences, persistantes et changeantes, dans le monde r&#233;el. Ils englobent &#224; la fois la nature et la vie humaine et peuvent s'exprimer sous forme de lois de la pens&#233;e logique. Dans l'inventaire des lois de la dialectique figurent l'interp&#233;n&#233;tration des contraires, le passage de la quantit&#233; &#224; la qualit&#233;, la n&#233;gation de la n&#233;gation, le conflit de la forme et du contenu, et bien d'autres. Ils sont aussi pertinents pour la nature que pour la soci&#233;t&#233; car ils sont enracin&#233;s dans le monde objectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vigier observe que &#171; les antagonismes internes (c'est-&#224;-dire l'assemblage de forces qui &#233;voluent n&#233;cessairement dans des sens contraires) illustrent la nature de la contradiction &#187;. L'unit&#233; des contraires s'entend comme l'unit&#233; des &#233;l&#233;ments sur un m&#234;me plan qui engendre les ph&#233;nom&#232;nes de contradiction. un niveau sup&#233;rieur. La transformation de la quantit&#233; en qualit&#233; est interpr&#233;t&#233;e comme la rupture brutale de l'&#233;quilibre au sein d'un syst&#232;me (par exemple la destruction d'une des forces antagonistes), qui modifie l'&#233;quilibre et donne naissance &#224; un ph&#233;nom&#232;ne qualitativement nouveau au milieu duquel de nouvelles contradictions appara&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vigier cite les progr&#232;s de la physique moderne comme preuve des propri&#233;t&#233;s intrins&#232;quement contradictoires des syst&#232;mes analys&#233;s, qui contiennent &#224; la fois simplicit&#233; et complexit&#233;, inertie et mouvement violent. &#171; Les &#233;l&#233;ments mat&#233;riels consid&#233;r&#233;s comme inertes &#224; un certain niveau, par exemple les corps macroscopiques d&#233;crits par la physique classique, se r&#233;v&#232;lent &#224; l'analyse prodigieusement complexes et mobiles &#224; mesure que les connaissances scientifiques progressent. A notre &#233;chelle cette table peut me para&#238;tre inerte, mais on sait qu'elle est compos&#233;e de mol&#233;cules en mouvement extr&#234;mement complexe et violent. Ces mol&#233;cules elles-m&#234;mes peuvent &#234;tre d&#233;compos&#233;es en atomes mobiles lorsque je pousse l'analyse beaucoup plus loin. Enfin, les atomes eux-m&#234;mes se divisent en &#171; particules &#233;l&#233;mentaires &#187; qui &#224; leur tour r&#233;v&#232;lent des structures internes tout aussi mobiles et complexes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement trait&#233; dans la microphysique contemporaine n'est pas consid&#233;r&#233; comme le simple d&#233;placement d'un &#233;l&#233;ment inerte d'un point &#224; un autre mais plut&#244;t comme un mouvement oscillatoire violent qui se d&#233;veloppe en un point au point de se d&#233;truire dans la position imm&#233;diatement pr&#233;c&#233;dente. Chaque c&#244;t&#233; de ce double processus d'annihilation et de cr&#233;ation conditionne r&#233;ciproquement l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau &#233;merge de l'ancien dans la nature par voie de contradiction, c'est-&#224;-dire en niant les propri&#233;t&#233;s essentielles de la forme d'&#234;tre ant&#233;rieure et en absorbant ses &#233;l&#233;ments reconstitu&#233;s dans une synth&#232;se sup&#233;rieure. Les sauts majeurs d'un &#233;tat qualitatif &#224; un autre ont lieu aux fronti&#232;res de l'&#233;volution, l&#224; o&#249; un &#233;tat de la mati&#232;re passe &#224; un autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les biochimistes cherchent d&#233;sormais &#224; conna&#238;tre et &#224; dupliquer les &#233;tapes successives par lesquelles des r&#233;actions purement chimiques ont produit les premiers m&#233;canismes biochimiques. Bien que l'inorganique soit la matrice, la m&#232;re de la vie, la vie sur terre est quelque chose de radicalement nouveau. Dans son ensemble, c'est autre chose et plus qu'un processus chimique ; il poss&#232;de des structures, des propri&#233;t&#233;s et des pouvoirs qui vont bien au-del&#224; de son pr&#233;d&#233;cesseur. &#034;Il faut chercher dans le min&#233;ral l'origine des processus et des mat&#233;riaux du monde organique&#034;, dit JD Bernal, physicien britannique, &#034;mais la vie elle-m&#234;me repr&#233;sente une &#233;tape capitale dans l'&#233;volution de la mati&#232;re : le confinement de la mati&#232;re&#034;. des processus chimiques continus dans un volume limit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logique formelle, qui repose sur une identit&#233; abstraite ou simple (A est &#233;gal &#224; A), est trop unilat&#233;rale pour expliquer cette n&#233;gation d'un &#233;tat de la mati&#232;re et sa transformation en son contraire, en l'occurrence le sans vie en vivant, car elle exclut de ses pr&#233;misses la diff&#233;rence et la contradiction r&#233;elles, qui sont le d&#233;veloppement extr&#234;me de la diff&#233;rence. Mais l'unit&#233; des oppos&#233;s (A &#233;gale non-A), qui rend la contradiction explicite et intelligible, peut expliquer cette transition, qui s'est r&#233;ellement produite sur terre. L'&#233;mergence de la vie &#224; partir du non-vivant confirme &#224; son tour le fondement objectif dans la nature de cette loi de contradiction concr&#232;te, pierre angulaire de la logique dialectique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Sartre, nous ne pouvons conna&#238;tre l'int&#233;rieur de la nature parce que ce n'est pas l'&#339;uvre de l'humanit&#233;. Les ph&#233;nom&#232;nes physico-chimiques nous sont-ils inaccessibles parce que nous n'avons pas avec eux un contact aussi direct qu'avec l'histoire ? Certes, remarque Vigier, il faut fabriquer et employer des dispositifs exp&#233;rimentaux pour aller au plus profond des choses. Mais gr&#226;ce &#224; ces instruments, nous d&#233;couvrons leurs propri&#233;t&#233;s r&#233;elles et leurs relations internes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment pouvons-nous &#234;tre s&#251;rs que nos id&#233;es correspondent r&#233;ellement &#224; ce qu'est la nature &#171; en elle-m&#234;me &#187; ? Cette question n'est pas nouvelle pour la philosophie, et le marxisme a d&#233;velopp&#233; une th&#233;orie de la connaissance pour y r&#233;pondre. Sartre, comme Emmanuel Kant, fonde son agnosticisme sur le caract&#232;re pr&#233;tendument imp&#233;n&#233;trable de la mat&#233;rialit&#233;. Garaudy souligne que si les relations entre le sujet et l'objet, entre l'humain et le non-humain, peuvent &#234;tre initialement opaques, elles peuvent &#234;tre rendues de plus en plus transparentes par la pratique et la th&#233;orie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La preuve que nous savons ce que sont r&#233;ellement les choses vient d'une pratique utile. Des masses solaires aux particules subatomiques, nous manipulons les mat&#233;riaux et dirigeons les op&#233;rations de la nature pour nos objectifs sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous projetons par l'action une id&#233;e ou une hypoth&#232;se scientifique sur le monde mat&#233;riel ou une partie de celui-ci, nous recevons une r&#233;ponse, n&#233;gative ou affirmative. Soit l'id&#233;e correspond &#224; la situation, soit elle ne le fait pas. Les deux r&#233;ponses nous permettent de traiter, et finalement de comprendre, les caract&#233;ristiques et les fonctions de la nature. Ils r&#233;v&#232;lent non seulement le mouvement mais aussi la structure de la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nouvelle hypoth&#232;se ne d&#233;truit pas simplement l'ancienne, conduisant &#224; des r&#233;sultats nuls dans l'histoire de la pens&#233;e. L'hypoth&#232;se sup&#233;rieure qui remplace l'hypoth&#232;se la plus grossi&#232;re et la plus &#233;troite contient en elle tout ce qui reste valable et pr&#233;cieux dans son pr&#233;d&#233;cesseur d&#233;pass&#233; et abandonn&#233;, comme une cisaille automatique conserve le tranchant de la pierre &#233;br&#233;ch&#233;e et que la th&#233;orie de la relativit&#233; d'Albert Einstein inclut et explique ce qui est vrai. et utile en physique newtonienne. La connaissance progresse et s'accumule de cette mani&#232;re dialectique. Il est ainsi possible d'approfondir notre compr&#233;hension et d'&#233;tendre notre contr&#244;le. M&#234;me si nous n'apprenons jamais tout sur la nature, les connaissances v&#233;rifi&#233;es acquises gr&#226;ce &#224; des recherches sans fin nous permettent de sonder toujours plus profond&#233;ment ses recoins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question en litige est de savoir si la structure et le mouvement de la nature r&#233;v&#233;l&#233;s par la science et l'exp&#233;rience sont tels que seule une m&#233;thode de pens&#233;e dialectique rend les ph&#233;nom&#232;nes intelligibles et g&#233;rables. Sartre &#233;lude une r&#233;ponse d&#233;finitive &#224; cette question en enfermant la nature dans une externalit&#233; infranchissable, sans fen&#234;tres par lesquelles nous pouvons regarder et atteindre. Il rejette la conception marxiste selon laquelle la connaissance humaine refl&#232;te la r&#233;alit&#233; objective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Garaudy est oblig&#233; de dissiper deux malentendus courants &#224; propos de cette th&#233;orie sur laquelle Sartre joue. Le terme &#171; r&#233;flexion &#187; ne signifie pas que la connaissance est un ph&#233;nom&#232;ne passif qui se contente de dupliquer l'objet, comme une image dans un miroir, ou de le reproduire m&#233;caniquement, comme une machine &#224; tamponner. Le processus de conception est plus complexe et actif. N&#233; du travail et de la pratique quotidienne, stimul&#233; par les difficult&#233;s de la vie, l'esprit humain invente des id&#233;es et des hypoth&#232;ses et essaie divers moyens pour les v&#233;rifier. De plus, la connaissance ne d&#233;rive pas simplement de la sensation &#8211; qui donne un contact imm&#233;diat avec le monde ext&#233;rieur &#8211; comme l'enseignaient les premiers empiristes. Elle est essentiellement historique, produit d'une pratique sociale prolong&#233;e et de modifications complexes de la pens&#233;e dans ses ajustements &#224; la r&#233;alit&#233;, qui restent &#224; jamais incompl&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela est &#233;galement vrai pour la dialectique de la nature. Elle n'est pas impos&#233;e a priori ou volontairement &#224; la nature, comme le pr&#233;tend Sartre. Il repr&#233;sente les conclusions v&#233;rifi&#233;es, les formulations syst&#233;matiques de l'exp&#233;rience pratique, de l'investigation scientifique et de la pens&#233;e critique s'&#233;tendant d'H&#233;raclite &#224; Hegel. Comme d'autres acquisitions th&#233;oriques, elle est projet&#233;e dans le futur comme guide pour une enqu&#234;te plus approfondie sur la r&#233;alit&#233; concr&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si le marxisme a rejet&#233; les versions passives, simplistes et non &#233;volutionnistes du processus de pens&#233;e des &#233;coles mat&#233;rialistes pr&#233;c&#233;dentes, depuis &#201;picure jusqu'aux sensationnalistes du XVIIIe si&#232;cle, il affirme avec elles que la r&#233;flexion conceptuelle fait ressortir et d&#233;finit les qualit&#233;s et les relations essentielles des des choses. La nature est ant&#233;rieure &#224; la conscience. Il existe un lien interne entre ce qui existe et ce qui est connu &#8211; et m&#234;me la mani&#232;re dont cela est connu. L'ordre des id&#233;es, comme le disait Beno&#238;t Spinoza, correspond effectivement &#224; l'ordre des choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hyppolite formule deux accusations contre l'interpr&#233;tation marxiste de la dialectique. D'une part, il vise &#224; rendre la nature historique en y important des lois dialectiques, et d'autre part, il tente de &#171; naturiser &#187; l'histoire en la soumettant aux m&#234;mes lois que le monde physique. Il souhaite garder l'histoire et la nature dans des compartiments totalement s&#233;par&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci est &#233;tranger &#224; la r&#233;alit&#233;. La nature est de part en part historique. Vigier souligne comment, &#171; &#224; partir de l'histoire de la biologie et des sciences humaines, l'id&#233;e d'&#233;volution a progressivement envahi l'ensemble des sciences : apr&#232;s l'astronomie elle fait aujourd'hui irruption dans la chimie et la physique &#187;. L'&#233;volution, l'analyse en termes de d&#233;veloppement est pour nous pr&#233;cis&#233;ment la racine logique profonde de la dialectique de la nature. On peut m&#234;me dire que, d'une certaine mani&#232;re, tout progr&#232;s scientifique s'effectue dans la ligne de l'abandon des descriptions statiques au profit d'analyses dynamiques combinant les propri&#233;t&#233;s intrins&#232;ques des ph&#233;nom&#232;nes analys&#233;s. Pour nous, la science progresse de Cuvier &#224; Darwin, du statique au dynamique, de la logique formelle &#224; la logique dialectique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nature et la soci&#233;t&#233; forment deux parties d'un m&#234;me processus historique. Mais ce sont des &#233;l&#233;ments fondamentalement diff&#233;rents et contradictoires. D'autres &#234;tres vivants ont une histoire faite pour eux ; nous cr&#233;ons notre propre histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les animaux d&#233;pendent de la nourriture disponible et d'autres caract&#233;ristiques de leur environnement pour survivre ; ils ne peuvent pas modifier ou abandonner leurs organes sp&#233;cialis&#233;s et leur mode de vie pour faire face &#224; des changements soudains. Des esp&#232;ces enti&#232;res peuvent p&#233;rir lorsque leurs habitats changent trop rapidement et trop radicalement. Les humains, en revanche, ne sont soumis &#224; aucun environnement ni mode d'adaptation particulier. Nous pouvons nous adapter aux nouvelles conditions, faire face aux changements et m&#234;me les instaurer en inventant de nouveaux outils et techniques et en produisant ce dont nous avons besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent, le d&#233;veloppement social a repris certains traits du d&#233;veloppement naturel parce qu'il s'est d&#233;roul&#233; dans l'ensemble de mani&#232;re inconsciente et incontr&#244;l&#233;e. Le cours de la soci&#233;t&#233; a &#233;t&#233; d&#233;termin&#233; non par les objectifs humains, mais par les r&#233;sultats involontaires du fonctionnement des forces productives. Mais l'histoire humaine a atteint le point o&#249; elle peut abandonner son automatisme aveugle et s'engager dans un type de d&#233;veloppement enti&#232;rement diff&#233;rent. En d&#233;couvrant les lois du d&#233;veloppement social et en agissant collectivement en cons&#233;quence, nous pouvons prendre le contr&#244;le de la soci&#233;t&#233; et planifier consciemment sa croissance future.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hyppolite et Sartre accusent le marxisme d'instituer un nouveau dogmatisme en pr&#233;sentant un syst&#232;me de pens&#233;e fig&#233; et achev&#233; sur le monde. Les derniers mots d'Hyppolite dans le d&#233;bat sont : &#171; Vous risquez de nous donner une sorte de dialectique, sous pr&#233;texte de dialectique de la nature, qui serait une pens&#233;e sp&#233;culative (c'est-&#224;-dire id&#233;aliste), &#224; &#8203;&#8203;certains &#233;gards une pens&#233;e th&#233;ologique, voire th&#233;ologique. bien que vous niiez une telle intention. &#187; Sartre soutient que la dialectique marxiste est un syst&#232;me fig&#233; bas&#233; sur un nombre limit&#233; de lois, les trois mentionn&#233;es par Engels dans Dialectique de la nature .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sartre a raison de dire que les lois de la logique ne sont pas limit&#233;es. Mais il en va de m&#234;me pour le v&#233;ritable marxisme, m&#234;me si certains doctrinaires de l'&#233;cole stalinienne ont cherch&#233; &#224; les limiter. Le philosophe fran&#231;ais Henri Lefebvre a ridiculis&#233; un responsable du Parti communiste fran&#231;ais qui lui avait d&#233;clar&#233; d'un air suffisant : &#171; La maison [de la pens&#233;e dialectique] est termin&#233;e ; il ne reste plus qu'&#224; poser les tapisseries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Il n'existe pas de liste ferm&#233;e, achev&#233;e et d&#233;finitive des lois dialectiques&#034;, dit Garaudy. &#034;Les lois actuellement connues constituent un bilan provisoire de nos connaissances. D'autres pratiques sociales et exp&#233;riences scientifiques nous permettront de les enrichir et de les &#233;tendre.&#034; Bien que les lois dialectiques d&#233;couvertes et formul&#233;es jusqu'&#224; pr&#233;sent aient un contenu d&#233;fini et une port&#233;e universelle, ils ne sont ni achev&#233;s ni immuables. Le nombre et la nature des lois de la logique ont chang&#233; au cours des 2 500 derni&#232;res ann&#233;es. Ils continueront &#224; se transformer au fur et &#224; mesure du d&#233;veloppement de la nature, de la soci&#233;t&#233; et des connaissances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sartre s'efforce d'assurer une base objective &#224; la dialectique en la situant exclusivement dans la pratique humaine. &#034;Si nous refusons de voir le mouvement dialectique originel dans l'individu et dans son entreprise de produire sa vie, de s'objectiver, alors il faudra renoncer &#224; la dialectique ou bien en faire la loi immanente de l'histoire&#034;, &#233;crit-il. dans Rechercher une m&#233;thode . Il s'agit d'une description tr&#232;s trompeuse du mouvement dialectique, m&#234;me au sein de l'histoire humaine. Le d&#233;veloppement dialectique de la soci&#233;t&#233; proc&#232;de non de l'action et de la d&#233;cision de l'individu isol&#233; dans une situation concr&#232;te, mais du travail du groupe, d'abord dans la lutte contre la nature, puis dans le conflit des classes. Les composantes subjectives du tout &#8211; comme la psychologie individuelle &#8211; qui pr&#233;occupent tant les existentialistes, sont des &#233;l&#233;ments int&#233;graux et subordonn&#233;s de ce processus historique objectif et en tirent leur validit&#233; et leur signification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la relation r&#233;ciproque par laquelle la pratique humaine transforme et ma&#238;trise l'environnement, la nature conserve la priorit&#233; existentielle, m&#234;me si cela heurte la subjectivit&#233; du philosophe existentialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'origine m&#234;me de la pratique humaine n&#233;cessite une explication. Les activit&#233;s distinctives qui ont s&#233;par&#233; l'humanit&#233; de la condition animale ont pour origine l'utilisation et la fabrication d'outils et d'armes pour obtenir les moyens de subsistance. Mais ce nouveau type d'activit&#233;, qui est &#224; la base de la soci&#233;t&#233;, est n&#233; de processus naturels ant&#233;rieurs de plusieurs milliards d'ann&#233;es aux pratiques humaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;chelle de l'&#233;volution, l'activit&#233; animale a pr&#233;c&#233;d&#233; la pratique humaine, qui en &#233;tait une &#233;manation qualitativement nouvelle. Lorsque les premiers poissons ont d&#233;velopp&#233; des poumons, sont venus vivre sur la terre ferme et se sont transform&#233;s en amphibiens, il s'agissait d'un changement dialectique dans la nature organique. Par les m&#233;canismes naturels de l'&#233;volution des esp&#232;ces, le poisson, pour reprendre le langage de Sartre, &#171; s'est objectiv&#233; &#187; en autre chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dialectique de l'histoire humaine est n&#233;e de cette dialectique de la nature. Elle trouve son origine dans la conversion des premiers primates en humains, le plus significatif de tous les d&#233;veloppements contradictoires de la mati&#232;re. L'&#233;l&#233;vation de l'humanit&#233; au-dessus de l'animalit&#233; a &#233;t&#233; la plus grande rupture dans la continuit&#233; de l'&#233;volution de la nature. La disjonction qualitative entre nous et les autres esp&#232;ces est si profonde que Sartre s'en sert pour exclure la dialectique de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est ici d&#233;concert&#233; par une v&#233;ritable contradiction. Les &#234;tres humains sont &#224; la fois des cr&#233;atures de la nature et une rupture avec celle-ci. Lorsque l'humain est consid&#233;r&#233; comme un animal de haut niveau, diff&#233;rent en degr&#233; mais pas en nature des autres &#234;tres vivants, la nature essentielle et distinctive de l'humanit&#233; est effac&#233;e. La vie humaine, qui d&#233;coule de la production de moyens de subsistance par des outils et des armes, est quelque chose de radicalement nouveau par rapport &#224; l'animal en qu&#234;te de nourriture. Le processus de travail est le d&#233;but de la soci&#233;t&#233; et fournit la plate-forme au mouvement dialectique de l'histoire. Des changements fondamentaux dans l'organisation de ce processus de travail constituent des &#233;tapes d&#233;cisives dans le progr&#232;s ult&#233;rieur de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les processus qui ont humanis&#233; nos anc&#234;tres primates &#233;taient &#224; la fois un prolongement de la nature brute et un niveau au-dessus et au-del&#224; d'elle. Tout comme il y a &#224; la fois continuit&#233; et discontinuit&#233; dans la transition du singe &#224; l'humain, de m&#234;me il existe une continuit&#233; et une discontinuit&#233; comparables entre la dialectique de la nature et celle de l'histoire. La dialectique de la nature a des formes diff&#233;rentes et proc&#232;de selon des lois diff&#233;rentes de celles de la dialectique de l'&#233;volution sociale. C'est la pr&#233;histoire de la dialectique humaine, sa condition pr&#233;alable. L'un passe &#224; l'autre &#224; mesure que l'humanit&#233; a cr&#233;&#233; ses propres caract&#233;ristiques qui se distinguent du reste de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution de la vie humaine &#224; travers la pratique sociale n'est que le chapitre culminant de l'&#233;volution de la mati&#232;re. La dialectique de l'histoire humaine, qui est pour Sartre l'aboutissement de la dialectique, est le dernier &#233;pisode de la dialectique universelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conception subjectiviste et anthropocentrique de Sartre du mouvement dialectique est d&#233;mentie par les derni&#232;res d&#233;couvertes de la science moderne. Les scientifiques affirment d&#233;sormais que des milliards de plan&#232;tes sont propices &#224; la cr&#233;ation de la vie et qu'elles pourraient tr&#232;s probablement &#234;tre peupl&#233;es d'organismes intelligents. Il y a 100 millions de plan&#232;tes &#233;ligibles rien que dans notre galaxie ! L'humanit&#233; n'est qu'une manifestation de la vie, habitant une petite plan&#232;te d'un syst&#232;me solaire aux confins d'une galaxie ordinaire dans un univers explorable de milliards de galaxies contenant d'autres sp&#233;cimens de vie &#8211; et dans certains cas plus &#233;lev&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet ajout remarquable &#224; nos connaissances n'enl&#232;ve rien &#224; la valeur et &#224; l'importance de la vie sur terre pour nous. Apr&#232;s tout, l'am&#233;lioration de notre propre pratique et th&#233;orie scientifiques nous a conduit &#224; cette id&#233;e. Mais cela devrait servir &#224; placer notre existence dans des proportions et une perspective cosmiques appropri&#233;es. La dialectique ne peut pas plus &#234;tre limit&#233;e aux habitants de notre plan&#232;te que la vie et l'intelligence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'existentialiste ressent et rejette le rationalisme et l'objectivit&#233; de la science. Cela nous &#233;loignerait soi-disant de l'&#234;tre r&#233;el, qui doit &#234;tre perp&#233;tuellement recherch&#233;, sans toutefois jamais &#234;tre atteint, gr&#226;ce &#224; l'effort toujours renouvel&#233; et toujours d&#233;jou&#233; de la conscience individuelle pour d&#233;passer notre condition humaine. Le destin terrible du genre humain est comme &#171; le d&#233;sir du papillon pour l'&#233;toile/la nuit pour le lendemain/la d&#233;votion &#224; quelque chose de lointain/de la sph&#232;re de notre douleur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, Sartre, existentialiste exasp&#233;r&#233;, lance comme atout contre la dialectique de la nature la crise actuelle de la science. &#034;Il n'y a jamais eu, je crois, de crise aussi grave que celle actuelle dans la science&#034;, crie-t-il &#224; Vigier. &#034; Alors, quand vous viendrez nous parler de votre science achev&#233;e, form&#233;e, solide et que vous voudrez nous y dissoudre, vous comprendrez notre r&#233;serve. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vigier r&#233;pond calmement : &#171; La science progresse par crises de la m&#234;me mani&#232;re que l'histoire ; c'est ce que nous appelons le progr&#232;s. Les crises sont le fondement m&#234;me du progr&#232;s. &#187; Et il conclut : &#171; La pratique m&#234;me de la science, son progr&#232;s, la mani&#232;re m&#234;me dont elle passe aujourd'hui d'une analyse statique &#224; une analyse dynamique du monde, voil&#224; pr&#233;cis&#233;ment ce qui est en cause. &#233;laborant progressivement sous nos yeux la dialectique de la nature &#8211; La dialectique de la nature est tout simplement l'effort de la philosophie de notre temps &#8211; de la philosophie la plus encyclop&#233;dique, c'est-&#224;-dire le marxisme, pour appr&#233;hender le monde et le changer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette affirmation retentissante para&#238;tra bizarre aux scientifiques anglo-am&#233;ricains qui pourraient respecter Vigier pour son travail de physicien. Ils disqualifient sommairement la logique dialectique au motif que, quel que soit son int&#233;r&#234;t philosophique ou politique, elle n'a aucune valeur pour promouvoir une quelconque entreprise de sciences naturelles. Si la m&#233;thode est valide, disent les antidialecticiens, alors une application cibl&#233;e par ses partisans devrait se r&#233;v&#233;ler capable de produire de nouvelles th&#233;ories importantes et des r&#233;sultats pratiques dans des domaines autres que le social. Les marxistes sont mis au d&#233;fi de citer des cas o&#249; la m&#233;thode dialectique a effectivement conduit &#224; de nouvelles d&#233;couvertes et n'a pas simplement d&#233;montr&#233; apr&#232;s coup que des d&#233;couvertes scientifiques sp&#233;cifiques sont conformes aux g&#233;n&#233;ralisations de la logique dialectique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contribution la plus remarquable de ce type au cours des derni&#232;res d&#233;cennies a &#233;t&#233; les th&#233;ories d'Oparin sur l'origine de la vie, qui sont largement accept&#233;es et ont stimul&#233; des travaux fructueux sur les probl&#232;mes de la biogen&#232;se et de la g&#233;n&#233;tique. La th&#233;orie du scientifique sovi&#233;tique repose sur l'hypoth&#232;se selon laquelle la formation al&#233;atoire et l'interaction de mol&#233;cules de plus en plus complexes ont donn&#233; naissance aux formes les plus simples de mati&#232;re vivante, qui ont ensuite commenc&#233; &#224; se reproduire aux d&#233;pens de la mati&#232;re organique environnante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oparin a consciemment utilis&#233; des principes de dialectique mat&#233;rialiste tels que la transformation de la quantit&#233; en qualit&#233;, l'interruption de la continuit&#233; (&#233;volution par sauts) et la conversion des fluctuations fortuites en processus r&#233;guliers et propri&#233;t&#233;s d&#233;finies de la mati&#232;re, pour initier une nouvelle ligne d'approche efficace vers l'un des probl&#232;mes centraux de la science : comment la nature inanim&#233;e a-t-elle g&#233;n&#233;r&#233; la vie sur terre ? De tels cas se multiplieraient sans aucun doute si davantage de scientifiques praticiens &#233;taient mieux inform&#233;s sur la m&#233;thode de pens&#233;e marxiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise de la m&#233;thode au sein de la science n'est qu'un aspect de la crise plus g&#233;n&#233;rale de la civilisation moderne. Cela est devenu des plus atroces dans les cons&#233;quences mortelles de la science physique sous les auspices capitalistes. La dialectique de la nature manifest&#233;e dans la fission et la fusion des atomes a fusionn&#233; avec la dialectique de l'histoire dans la plus monstrueuse et la plus capitale de toutes les contradictions auxquelles l'humanit&#233; est confront&#233;e : la menace d'autodestruction par guerre nucl&#233;aire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi les immenses progr&#232;s en mati&#232;re de connaissances physiques et de technologies con&#231;ues pour servir l'humanit&#233; sont-ils devenus une menace intol&#233;rable pour notre survie ? La bombe H illustre la loi sociologique selon laquelle les forces de production en expansion rapide ont d&#233;pass&#233; les relations capitalistes et se battent contre elles pour obtenir leur lib&#233;ration. Utilis&#233;e pour le bien ou le mal, l'&#233;nergie nucl&#233;aire, la plus grande source d'&#233;nergie &#224; notre disposition, s'av&#232;re incompatible avec la propri&#233;t&#233; priv&#233;e de l'&#233;conomie et le contr&#244;le capitaliste sur le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conclusion politique imp&#233;rative est qu'il faut emp&#234;cher les repr&#233;sentants du pouvoir financier aux &#201;tats-Unis d'appuyer sur le bouton qui peut nous condamner tous, comme cela a failli &#234;tre le cas lors de la crise des missiles sur Cuba en 1962. Le capitalisme est la derni&#232;re forme d'organisation socio-&#233;conomique domin&#233;e par des lois qui fonctionnent de mani&#232;re ingouvernable, comme les lois de la nature. Le but du socialisme scientifique, la t&#226;che de la r&#233;volution prol&#233;tarienne mondiale, est de ma&#238;triser toutes les forces anarchiques li&#233;es au capitalisme qui g&#233;n&#232;rent l'ins&#233;curit&#233; et le chaos dans notre soci&#233;t&#233;. Les pulsions aveugles de la soci&#233;t&#233; de classes ont pouss&#233; l'humanit&#233; au bord de l'extinction. La compr&#233;hension consciente et l'application des lois dialectiques de l'&#233;volution &#8211; et de la r&#233;volution &#8211; peuvent nous sauver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'&#224; travers la propri&#233;t&#233; publique, le fonctionnement de l'&#233;conomie et la direction d&#233;mocratique de la politique de l'&#201;tat que les travailleurs pourront introduire la lumi&#232;re scientifique dans les fondements mat&#233;riels de la vie, renverser les derniers retranchements de l'automatisme dans l'&#233;volution sociale et ouvrir la voie &#224; la primaut&#233; de la raison dans tous les domaines. affaires humaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;UN COMMENTAIRE ET UNE R&#201;PONSE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je viens de lire votre article, &#171; La nature est-elle dialectique ? &#187; dans le num&#233;ro d'&#233;t&#233; 1964 de l' International Socialist Review , et j'en ai &#233;t&#233; tr&#232;s impressionn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si je dois plaider coupable en raison d'une connaissance plut&#244;t superficielle du marxisme, je suis tr&#232;s int&#233;ress&#233; par l'&#339;uvre de Hegel. Au cours de mon &#233;tude de Hegel, je suis parvenu &#224; la conclusion que la question de la philosophie de la nature est cruciale. &#192; mon avis, la philosophie de Hegel s'effondre dans un dualisme esprit-mati&#232;re au lieu d'&#234;tre la synth&#232;se qu'il souhaitait simplement &#224; cause de l'&#233;chec de sa philosophie de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;chec n'est pas, &#224; mon avis, un &#233;chec de la m&#233;thode dialectique, mais le r&#233;sultat du manque de connaissances scientifiques suffisantes &#224; l'&#233;poque de Hegel et de l'insistance de Hegel &#224; int&#233;grer les connaissances insuffisantes qu'il poss&#233;dait dans son syst&#232;me philosophique. C'est ce dernier d&#233;faut qui fait para&#238;tre aujourd'hui sa philosophie de la nature carr&#233;ment idiote ; mais ce n'est qu'aujourd'hui que nous commen&#231;ons &#224; acqu&#233;rir la connaissance scientifique qui fait qu'une vision dialectique des faits est la seule raisonnable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette partie de la philosophie de Hegel a &#233;t&#233; largement n&#233;glig&#233;e, mais je la consid&#232;re aujourd'hui comme vitale pour une r&#233;flexion s&#233;rieuse sur sa pens&#233;e. Par cons&#233;quent, votre article sur la dialectique de la nature a &#233;t&#233; pour moi un texte tr&#232;s appr&#233;ci&#233;. Dans l'ensemble, je suis d'accord avec votre position : les lois de la dialectique s'appliquent aussi bien &#224; la nature qu'&#224; l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les connaissances scientifiques disponibles aujourd'hui ne peuvent &#234;tre comprises de mani&#232;re approfondie que par le recours &#224; la dialectique. Cela appara&#238;t de mani&#232;re plus &#233;vidente dans le domaine de l'&#233;volution et de la biologie en g&#233;n&#233;ral, mais l'interrelation de tous les aspects de notre monde signifie que cela s'applique &#233;galement aux autres sciences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position existentialiste cr&#233;erait une ali&#233;nation totale entre l'homme et le monde, et d&#233;truirait l'objectivit&#233; de nos connaissances et donc notre capacit&#233; d'agir. La position de Sartre, telle que d&#233;crite dans votre article &#8211; selon laquelle les humains ne peuvent jamais atteindre la &#171; r&#233;alit&#233; &#187; des choses, que notre connaissance et les lois de notre logique (dialectique) ne s'appliquent qu'&#224; l'humanit&#233; et &#224; la soci&#233;t&#233;, etc. &#187; cela ressemble &#224; celui d'un Kant ressuscit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne peut que conduire &#224; une vision divis&#233;e du monde, &#224; un d&#233;ni de la possibilit&#233; d'une v&#233;ritable connaissance et, en fin de compte, &#224; des exc&#232;s de subjectivit&#233; plut&#244;t que d'activit&#233; cr&#233;atrice. Les existentialistes peuvent commencer leur enqu&#234;te philosophique du point de vue de l'individu, mais cela ne signifie pas qu'ils peuvent s'arr&#234;ter l&#224; sans perdre de vue l'essentiel : que nous sommes dans le monde et dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les arguments avanc&#233;s par Vigier et Garaudy constituaient, &#224; mon avis, une excellente r&#233;futation de Sartre et d'Hyppolite. Il y a cependant un point dans votre article avec lequel je serais quelque peu en d&#233;saccord. C'est alors que vous argumentez contre les antidialecticiens en soulignant les progr&#232;s r&#233;alis&#233;s dans la science, notamment par Oparin, gr&#226;ce &#224; l'utilisation de la m&#233;thode dialectique. La logique dialectique peut aider le scientifique &#224; formuler des hypoth&#232;ses utiles pour des investigations ult&#233;rieures, mais ce n'est pas le point essentiel ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me semble que la m&#233;thode ou les moyens par lesquels les d&#233;couvertes scientifiques sont faites sont secondaires dans cet argument. Ce qui est r&#233;ellement vital est le fait que seule une vision dialectique de la nature peut fournir un cadre ad&#233;quat dans lequel ces nouvelles d&#233;couvertes peuvent &#234;tre consid&#233;r&#233;es dans leur relation globale. Autrement dit, la fa&#231;on dont on parvient &#224; la d&#233;couverte n'est pas aussi importante que la prise de conscience que ce nouveau &#171; fait &#187; ne peut &#234;tre expliqu&#233; en profondeur et mis en relation avec le reste de nos connaissances que par un point de vue dialectique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un autre point qui semble appropri&#233; &#224; cette discussion : j'ai lu r&#233;cemment que Roger Garaudy devait &#233;crire une introduction &#224; une traduction russe du Ph&#233;nom&#232;ne humain de Pierre Teilhard de Chardin . Or, Teilhard n'est certainement pas un mat&#233;rialiste dialectique dans aucun sens du terme. Cependant, sous la partie th&#233;ologique de sa pens&#233;e, on trouve une vision de l'&#233;volution qui est certainement dialectique &#8211; dans un sens h&#233;g&#233;lien, sinon marxiste. Et le travail de Teilhard semble avoir &#233;t&#233; un peu trop &#171; mat&#233;rialiste &#187; pour l'&#201;glise catholique romaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uvre de Teilhard m&#233;rite en elle-m&#234;me d'&#234;tre &#233;tudi&#233;e, mais simplement en relation avec la question de la dialectique de la nature, il me semble qu'elle peut &#234;tre le signe que l'on se rapproche d'une synth&#232;se sup&#233;rieure de la pens&#233;e. Les conceptions statiques de &#171; l'id&#233;alisme &#187; et du &#171; mat&#233;rialisme &#187; peuvent c&#233;der la place &#224; une prise de conscience plus r&#233;cente et plus ad&#233;quate de leur interd&#233;pendance dans toute la sph&#232;re de la nature. Cela ne peut &#234;tre r&#233;alis&#233; que si nous reconnaissons le caract&#232;re objectif de la dialectique &#8211; qu'elle s'applique aussi bien &#224; la nature qu'&#224; l'histoire. La perp&#233;tuation de l'ali&#233;nation entre &#171; l'esprit &#187; et la &#171; mati&#232;re &#187;, l'humanit&#233; et le monde, la nature et l'histoire, ne peut servir &#224; rien, mais ne conduit qu'&#224; la fragmentation et &#224; la confusion dans la philosophie et l'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dialectique, de par sa nature, doit &#234;tre un syst&#232;me &#171; ouvert &#187; qui permet non seulement l'ajout de nouvelles connaissances, mais admet &#233;galement notre libert&#233; et notre capacit&#233; &#224; fa&#231;onner l'histoire. La reconnaissance de la nature comme dialectique est la seule voie vers une vision globale du monde qui inclut l'humanit&#233; dans le monde tout en reconnaissant notre position unique et nous lib&#232;re du contr&#244;le de notre propre avenir. Votre article est un excellent expos&#233; des questions et de leur importance, et j'esp&#232;re qu'il suscitera dans ce pays une meilleure compr&#233;hension du probl&#232;me et un large d&#233;bat &#224; son sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yvonne Groseil&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici quelques commentaires sur les principales questions d'int&#233;r&#234;t th&#233;orique soulev&#233;es par ce commentaire amical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La connaissance de la m&#233;thode de la dialectique mat&#233;rialiste, bas&#233;e sur les lois les plus g&#233;n&#233;rales de l'&#234;tre et du devenir, aiderait-elle les physiciens dans leurs recherches sur la nature ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent, presque tous les scientifiques ont poursuivi leurs travaux sans comprendre consciemment les lois dialectiques du d&#233;veloppement universel, tout comme la plupart des gens parlent tr&#232;s bien sans conna&#238;tre l'histoire ou la grammaire de leur langue, respirent sans avoir conscience des processus physiologiques de la respiration et acqu&#233;rir les n&#233;cessit&#233;s de la vie sans comprendre les principes de l'&#233;conomie politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les philosophes et les scientifiques occidentaux croient presque unanimement que la vision dialectique de la nature est fausse, non pertinente et m&#234;me carr&#233;ment nuisible &#224; la th&#233;orie et &#224; la pratique de la science. Ce pr&#233;jug&#233;, enracin&#233; dans nos traditions intellectuelles essentiellement empiriques et positivistes, a &#233;t&#233; renforc&#233; par l'ing&#233;rence arbitraire et ignorante des bureaucrates staliniens dans la th&#233;orie scientifique, ainsi que par leur interpr&#233;tation &#233;troitement sch&#233;matique, d&#233;form&#233;e et dogmatique de la m&#233;thode marxiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce correspondant a une attitude plus favorable &#224; l'&#233;gard de la conception dialectique de la nature. Mais elle sugg&#232;re que cela pourrait &#234;tre beaucoup moins important pour faciliter le progr&#232;s des sciences physiques que pour expliquer et corr&#233;ler les d&#233;couvertes une fois qu'elles ont &#233;t&#233; faites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle accentuation unilat&#233;rale risque de tomber dans le dualisme kantien qu'elle critique &#224; juste titre dans le cas des existentialistes. Ce qui est ici en jeu, ce sont les liens organiques entre l'unit&#233; de la r&#233;alit&#233;, la somme totale de nos connaissances, et la recherche scientifique qui passe de l'une &#224; l'autre. Si la m&#233;thode dialectique peut &#234;tre utile pour clarifier les relations entre la connaissance de la nature une fois acquise, pourquoi ne pourrait-elle pas &#234;tre tout aussi utile pour aider les scientifiques &#224; parvenir &#224; des r&#233;sultats v&#233;rifi&#233;s ? Apr&#232;s tout, les caract&#233;ristiques dialectiques qui se r&#233;v&#232;lent dans l'ensemble des faits connus doivent d&#233;j&#224; avoir exist&#233; et &#234;tre efficaces dans les r&#233;alit&#233;s objectives dont elles sont issues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les scientifiques doivent aborder les probl&#232;mes pour lesquels ils cherchent des solutions dans leurs domaines particuliers avec une compr&#233;hension &#233;clair&#233;e des traits fondamentaux du d&#233;veloppement formul&#233;s dans les lois de la logique dialectique, pourquoi ceux-ci ne pourraient-ils pas servir de guide m&#233;thodologique g&#233;n&#233;ral dans leurs recherches concr&#232;tes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, les scientifiques les plus cr&#233;atifs ont suppos&#233; la v&#233;rit&#233; de telle ou telle r&#232;gle de la logique dialectique dans la conduite de leurs travaux, bien qu'ils l'aient fait de mani&#232;re fragmentaire, al&#233;atoire et semi-consciente. Sans nous r&#233;f&#233;rer &#224; des exemples pass&#233;s, prenons l'exemple des nombreux scientifiques non marxistes du monde entier qui coop&#232;rent avec Oparin pour &#233;tudier les &#233;tapes sp&#233;cifiques par lesquelles les processus et m&#233;canismes les plus &#233;l&#233;mentaires de la vie ont &#233;merg&#233; de la mati&#232;re inanim&#233;e. Contrairement &#224; lui, ils ne pr&#234;tent pas attention au fait que la transition du sans vie vers le vivant illustre au moins deux lois de la logique dialectique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une est l'unit&#233; des oppos&#233;s, qui stipule que A est &#233;gal &#224; non-A ; l'autre est la transformation de la quantit&#233; en qualit&#233;. C'est-&#224;-dire qu'un agr&#233;gat suffisant de r&#233;actions chimiques d'un type sp&#233;cial a donn&#233; naissance &#224; de nouvelles propri&#233;t&#233;s appropri&#233;es &#224; un &#233;tat nouveau et plus &#233;lev&#233; d'existence mat&#233;rielle sur cette plan&#232;te, le niveau biochimique, dont les humains sont l'incarnation la plus complexe et la plus avanc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme les opinions religieuses de Teilhard de Chardin ne l'ont pas emp&#234;ch&#233; de participer &#224; la d&#233;couverte de l'Homme de P&#233;kin en 1929 et d'enrichir ainsi notre connaissance des origines humaines, de m&#234;me les physiciens, chimistes et biologistes en exercice peuvent promouvoir leurs sciences sans aucune contrainte. des notions claires de la logique qui sous-tend leurs investigations, voire des id&#233;es erron&#233;es du monde. Mais le travail des scientifiques individuels ne b&#233;n&#233;ficierait-il pas &#8211; autant que la science dans son ensemble &#8211; s'ils pouvaient d&#233;barrasser leur esprit des erreurs et des incoh&#233;rences qui vont &#224; l'encontre d'une vision scientifique, et amener ainsi leurs id&#233;es g&#233;n&#233;rales sur l'univers et leur logique th&#233;orie en accord plus &#233;troit avec leur pratique exp&#233;rimentale et les exigences de la science elle-m&#234;me ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi les marxistes soutiennent qu'une compr&#233;hension globale de la logique du mat&#233;rialisme dialectique non seulement clarifierait ce que la science a d&#233;j&#224; accompli, mais permettrait &#233;galement aux scientifiques contemporains de promouvoir et d'am&#233;liorer leurs travaux. La science en est encore &#224; ses balbutiements et n'est appliqu&#233;e &#224; grande &#233;chelle que maintenant. Il y a aujourd'hui plus de scientifiques dans le monde que dans toute l'histoire pr&#233;c&#233;dente. Cette augmentation soudaine et brutale du nombre de scientifiques et des moyens dont ils disposent exige une expansion correspondante de leur compr&#233;hension de la logique de l'&#233;volution, qui jusqu'&#224; pr&#233;sent a &#233;t&#233; mieux assur&#233;e par l'&#233;cole du mat&#233;rialisme dialectique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Les travaux du P&#232;re Teilhard de Chardin peuvent &#233;clairer ce sujet, mais pas tout &#224; fait dans le sens souhait&#233; par notre correspondant. Si Chardin est un dialecticien incoh&#233;rent, il n'est pas du tout mat&#233;rialiste dans sa philosophie et sa d&#233;marche. L'un des biologistes les plus &#233;minents au monde, George Gaylord Simpson, qui &#233;tait un ami de Chardin et qui a lu ses manuscrits publi&#233;s et non publi&#233;s, partage ce jugement dans son livre This View of Life . L&#224;, dans un chapitre intitul&#233; &#171; Th&#233;ologie &#233;volutionniste : le nouveau mysticisme &#187;, Simpson d&#233;clare que les id&#233;es de Chardin sont mystiques et non scientifiques &#224; deux &#233;gards majeurs. Premi&#232;rement, il divise toute &#233;nergie en deux sortes distinctes qui ne peuvent &#234;tre v&#233;rifi&#233;es : une &#233;nergie mat&#233;rielle &#171; tangentielle &#187; et une &#233;nergie spirituelle &#171; radiale &#187;. Deuxi&#232;mement, il pr&#233;conise l'orthogen&#232;se comme principal m&#233;canisme d'&#233;volution. Contrairement &#224; la s&#233;lection naturelle, qui repose sur des tendances d'&#233;volution al&#233;atoires et multidirectionnelles, l'orthogen&#232;se soutient que l'&#233;volution se d&#233;roule de mani&#232;re unidirectionnelle, pr&#233;d&#233;termin&#233;e et m&#234;me intentionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simpson bl&#226;me s&#233;v&#232;rement Chardin pour son &#171; double discours &#187; spiritualiste, qui n'a vraiment rien &#224; voir avec la science. Il &#233;crit que &#171; Teilhard &#233;tait avant tout un mystique chr&#233;tien et seulement secondairement un scientifique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Roger Garaudy traite &#233;galement de Chardin dans son livre Perspectives de l'homme . Ironiquement, cet &#233;minent philosophe communiste fran&#231;ais est bien plus conciliant &#224; l'&#233;gard des vues du p&#232;re j&#233;suite que ne l'est le biologiste am&#233;ricain Simpson. Le livre de Garaudy entreprend une analyse critique des principaux courants de la pens&#233;e fran&#231;aise contemporaine : l'existentialisme, le catholicisme et le marxisme. Il affirme que tous trois sont engag&#233;s dans un effort commun pour saisir &#171; l'homme dans sa totalit&#233; &#187;, et il cherche &#224; souligner leurs &#171; convergences possibles &#187;. Il conclut que les existentialistes radicaux, les catholiques lib&#233;raux et les communistes peuvent coop&#233;rer &#171; non pas en tant qu'adversaires mais en tant qu'explorateurs dans une entreprise commune &#187; qui avance par des chemins diff&#233;rents vers le m&#234;me objectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette position th&#233;orique est &#224; l'oppos&#233; de celle adopt&#233;e par Garaudy &#224; l'&#233;poque de Staline-Jdanov. Il est motiv&#233; par le d&#233;sir d'un rapprochement philosophique entre ces &#233;coles de pens&#233;e incompatibles pour accompagner la qu&#234;te du PC d'une alliance politique de toutes les forces &#171; d&#233;mocratiques, progressistes et &#233;pris de paix &#187;, comme le prescrit la politique de &#171; paix pacifique &#187;. coexistence &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les aspects peu orthodoxes de la pens&#233;e de Chardin, qui scandalisent ses sup&#233;rieurs dans l'ordre des J&#233;suites et dans l'&#201;glise mais attirent les catholiques lib&#233;raux, se pr&#234;tent &#224; cet objectif. Il est vrai, comme le souligne Garaudy, que Chardin reconnaissait certains caract&#232;res dialectiques dans le processus d'&#233;volution, comme l'interconnexion universelle et l'action r&#233;ciproque de toutes choses, la transformation de la quantit&#233; en qualit&#233; en relation avec la biogen&#232;se (mais pas dans le passage de biologique &#224; la vie sociale), et la transmutation de la mati&#232;re dans une s&#233;rie ascendante de formes sup&#233;rieures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le &#171; finalisme &#187; et le &#171; vitalisme &#187; qui impr&#232;gnent sa pens&#233;e &#8211; fond&#233;s sur la supposition que l'&#233;volution ne va que dans une seule direction, vers une plus grande &#171; centro-complexit&#233; &#187;, vers le point Om&#233;ga o&#249; l'humanit&#233; fusionnera avec Dieu &#8211; sont inconciliables non seulement avec le mat&#233;rialisme dialectique mais, comme le souligne Simpson, avec toute approche scientifique acceptable de l'&#233;volution universelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Un peu dans l'esprit de Chardin, Yvonne Groseil laisse entendre que &#171; les conceptions statiques de &#171; l'id&#233;alisme &#187; et du &#171; mat&#233;rialisme &#187; peuvent c&#233;der la place &#224; une r&#233;alisation plus r&#233;cente et plus ad&#233;quate de leur interd&#233;pendance dans toute la sph&#232;re de la soci&#233;t&#233;. nature. &#187; Un marxiste ne peut pas &#234;tre d'accord avec cela pour de nombreuses raisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, il n'y a rien de &#171; statique &#187; dans une vision syst&#233;matiquement dialectique et mat&#233;rialiste de la nature, bas&#233;e sur la proposition selon laquelle tout est en mouvement &#224; cause des forces oppos&#233;es &#224; l'&#339;uvre en son sein et dans l'univers. La dialectique mat&#233;rialiste est dynamique, mobile, &#233;volutive de part en part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, les contributions valables et pr&#233;cieuses apport&#233;es au savoir humain par les grands id&#233;alistes du pass&#233; (comme la logique dialectique elle-m&#234;me) ont &#233;t&#233; &#8211; ou devraient &#234;tre &#8211; incorpor&#233;es dans la structure du mat&#233;rialisme dialectique sans abandonner ni compromettre ses fondements fondamentaux. positions : que la r&#233;alit&#233; est constitu&#233;e de mati&#232;re en mouvement, et que la vie sociale et l'intellectualit&#233; sont les manifestations les plus &#233;lev&#233;es du d&#233;veloppement de la mati&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;alisme, quant &#224; lui, fait des forces spirituelles, surnaturelles, id&#233;ologiques ou personnelles l'essence de la r&#233;alit&#233;. Une philosophie aussi fondamentalement fausse doit &#234;tre rejet&#233;e dans son int&#233;gralit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux conceptions oppos&#233;es du monde et de son &#233;volution ne peuvent pas non plus &#234;tre fusionn&#233;es en une synth&#232;se sup&#233;rieure combinant de mani&#232;re &#233;clectique les &#171; meilleurs traits des deux &#187;, comme Sartre tente de le faire avec son existentialisme n&#233;o-marxiste et le P&#232;re de Chardin dans son m&#233;lange de mysticisme religieux. et l'&#233;volutionnisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pens&#233;e et la science modernes peuvent progresser le plus efficacement par un rejet ferme de toutes les notions religieuses, mystiques et id&#233;alistes et par l'adoption, l'application et le d&#233;veloppement conscients du mat&#233;rialisme dialectique. En travaillant en partenariat &#233;gal, la logique marxiste et les sciences peuvent nous permettre de p&#233;n&#233;trer plus s&#251;rement et plus profond&#233;ment dans la nature du monde dans lequel nous vivons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir termin&#233; cette r&#233;ponse, j'ai lu par hasard &#171; The Emergence of Evolutionary Novelties &#187; d'Ernst Mayr, professeur Agassiz de zoologie &#224; Harvard, dans The Evolution of Life . Il aborde le probl&#232;me cl&#233; de l'explication de l'origine de ph&#233;nom&#232;nes biologiques enti&#232;rement nouveaux sur la base de variations al&#233;atoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mayr souligne que &#171; la d&#233;finition exacte d'une &#171; nouveaut&#233; &#233;volutive &#187; se heurte &#224; la m&#234;me difficult&#233; insurmontable que la d&#233;finition de l'esp&#232;ce. Tant que nous croyons en une &#233;volution graduelle, nous devons &#234;tre pr&#234;ts &#224; rencontrer des &#233;tapes &#233;volutives interm&#233;diaires. Des cas &#233;quivalents aux cas dans lesquels il est impossible de d&#233;cider si une population n'est pas encore une esp&#232;ce ou d&#233;j&#224; une esp&#232;ce, seront des cas de doute quant &#224; savoir si une population est d&#233;j&#224; ou non une nouveaut&#233; &#233;volutive. L'&#233;tude de cette transition difficile du quantitatif au qualitatif est pr&#233;cis&#233;ment l'un des objets de cet article.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mayr constate qu'il existe trois principaux types de nouveaut&#233;s &#233;volutives : les innovations biochimiques cellulaires (le m&#233;tabolisme de l'acide urique et des graisses de l'&#339;uf cl&#233;ido&#239;que des vert&#233;br&#233;s terrestres) ; nouvelles structures (yeux, ailes, dards) ; et de nouvelles habitudes ou mod&#232;les de comportement (le passage de l'eau &#224; la terre ou de la terre &#224; l'air).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les saltationnistes et mutationnistes de diverses &#233;coles opposaient aux s&#233;lectionnistes naturels que de nouvelles structures n'auraient pu appara&#238;tre que soudainement et toutes pr&#234;tes &#224; &#234;tre utilis&#233;es avantageusement, tandis que Charles Darwin soutenait qu'elles devraient &#234;tre form&#233;es par de nombreuses, successives et l&#233;g&#232;res modifications de structures pr&#233;existantes. organes. &#034;Le probl&#232;me de l'&#233;mergence de nouveaut&#233;s &#233;volutives&#034;, &#233;crit Mayr, &#034;consiste alors &#224; expliquer comment un nombre suffisant de petites mutations g&#233;n&#233;tiques peuvent &#234;tre accumul&#233;es jusqu'&#224; ce que la nouvelle structure devienne suffisamment grande pour avoir une valeur s&#233;lective.&#034; appelle cela le &#171; probl&#232;me du seuil &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son article entreprend de d&#233;montrer la mani&#232;re dont diff&#233;rents organismes ont effectivement effectu&#233; le passage d'une structure &#224; une autre au cours du processus &#233;volutif. Le traitement de Mayr est tr&#232;s pertinent pour notre propre discussion sur la m&#233;thode logique en science car il montre comment un biologiste pr&#233;occup&#233; par le probl&#232;me fondamental de l'&#233;volution a &#233;t&#233; pouss&#233; &#224; invoquer la loi dialectique de la transformation de la quantit&#233; en qualit&#233; afin d'expliquer le ph&#233;nom&#232;ne. g&#233;n&#233;ration de nouveaut&#233; chez les &#234;tres vivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, comment serait-il possible de comprendre comment le simple empilement de variations quantitatives pourrait donner lieu &#224; quelque chose de radicalement diff&#233;rent de ses ant&#233;c&#233;dents, &#224; moins que cette loi ne soit op&#233;rante ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut objecter que Mayr n'a pas utilis&#233; cette loi pour d&#233;couvrir quelque chose de nouveau mais seulement pour clarifier comment de nouveaux ph&#233;nom&#232;nes biologiques naissent. Mais, comme en t&#233;moignent la th&#233;orie atomique des &#233;l&#233;ments chimiques de John Dalton, la th&#233;orie de l'&#233;volution de Darwin et la th&#233;orie quantique de Max Planck, la d&#233;couverte des lois g&#233;n&#233;rales &#224; l'&#339;uvre, des caract&#233;ristiques fondamentales et des relations essentielles dans tout domaine de la r&#233;alit&#233;, est la plus haute expression de l'activit&#233; scientifique. Une conception correcte et globale de la production de nouveaut&#233; dans l'&#233;volution organique est plus importante pour l'avancement et le renforcement de la science biologique que la d&#233;couverte d'un nouvel aspect de l'adaptation fonctionnelle &#224; un habitat par un groupe particulier de faune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mayr est l'un des biologistes am&#233;ricains contemporains les plus &#233;minents. On peut supposer qu'il n'est ni marxiste ni adepte du mat&#233;rialisme dialectique. Il a eu recours empiriquement &#224; l'une des lois majeures de la dialectique, sans avoir pleinement conscience du type de pens&#233;e logique qu'il appliquait, tout comme un autre naturaliste de moindre stature pourrait explorer un nouveau type d'adaptation d'un groupe d'organismes sans se soucier de lui-m&#234;me. une explication g&#233;n&#233;rale de la nouveaut&#233; &#233;volutive comme l'avait fait Mayr.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La reconnaissance par Mayr du caract&#232;re indispensable de cette loi de la dialectique pour r&#233;soudre le probl&#232;me de l'&#233;mergence de nouveaut&#233;s &#233;volutionnistes fournit un t&#233;moignage involontaire et puissant de sa valeur pour les naturalistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Notes de fin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] La st&#233;nographie de ce d&#233;bat a &#233;t&#233; publi&#233;e sous le titre Marxisme et Existentialisme (Biblioth&#232;que Plon : Paris, 1962).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>C.L.R. James - Notes sur la dialectique</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article8540</link>
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		<dc:date>2025-06-30T22:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Dialectic - Dialectique</dc:subject>
		<dc:subject>Hegel</dc:subject>
		<dc:subject>C. L. R. James</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C.L.R. James &lt;br class='autobr' /&gt;
Notes sur la dialectique &lt;br class='autobr' /&gt;
La doctrine de l'&#234;tre &lt;br class='autobr' /&gt;
Avertissement : cette traduction, pleine d'erreurs, donne seulement une petite id&#233;e du texte et n&#233;cessite de se r&#233;f&#233;rer au document d'origine en anglais : &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1019 &lt;br class='autobr' /&gt;
EXERCICES PR&#201;LIMINAIRES &lt;br class='autobr' /&gt;
Alors que je me propose de commencer &#171; La Logique &#187; de Hegel proprement dite, je ressens un l&#233;ger frisson. &lt;br class='autobr' /&gt;
Harris, qui a finalement &#233;crit un tr&#232;s bel ouvrage sur la logique h&#233;g&#233;lienne, &#233;tait (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique15" rel="directory"&gt;Chapter 10 : Natural and social dialectic - Dialectique naturelle et sociale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Dialectic - Dialectique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot169" rel="tag"&gt;Hegel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot198" rel="tag"&gt;C. L. R. James&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;C.L.R. James
&lt;p&gt;Notes sur la dialectique&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La doctrine de l'&#234;tre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avertissement : cette traduction, pleine d'erreurs, donne seulement une petite id&#233;e du texte et n&#233;cessite de se r&#233;f&#233;rer au document d'origine en anglais :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1019&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1019&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EXERCICES PR&#201;LIMINAIRES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que je me propose de commencer &#171; La Logique &#187; de Hegel proprement dite, je ressens un l&#233;ger frisson.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Harris, qui a finalement &#233;crit un tr&#232;s bel ouvrage sur la logique h&#233;g&#233;lienne, &#233;tait professeur de philosophie et conf&#233;rencier sur Hegel de seconde main. Brockmeyer, gouverneur du Missouri, a fait une traduction de la &#171; Grande Logique &#187; et quelqu'un l'a donn&#233;e &#224; Harris. Harris dit qu'il a copi&#233; la chose de sa propre main, le tout, et quand il a termin&#233;, il n'a pas compris une ligne, pas une ligne. Je sais exactement ce qu'il ressentait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que je propose de faire, c'est d'utiliser la &#171; Doctrine de l'&#202;tre &#187; comme moyen de mettre en pratique le style et la m&#233;thode de Hegel. &#171; La Grande Logique &#187; est le livre le plus difficile que je connaisse. &#171; La Critique de la raison pure &#187; de Kant est un jeu d'enfant par rapport &#224; la &#171; Logique &#187;. Mais nous devons &#234;tre capables de g&#233;rer cette difficult&#233;. Ainsi, pendant que nous obtiendrons les points principaux de la &#171; Doctrine de l'&#202;tre &#187;, consid&#233;rons cela comme une sorte d'entra&#238;nement de base, avant de nous attarder dans la &#171; Doctrine de l'Essence &#187;. Je ne donne pas un r&#233;sum&#233; de la &#171; Logique &#187;. Je ne l'&#233;tends pas en tant que doctrine. Je l'utilise et montre comment commencer &#224; la conna&#238;tre et &#224; l'utiliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pensez au monde des &#234;tres humains, pr&#232;s de deux milliards, plus que cela peut-&#234;tre. Quelle est la chose la plus simple que vous puissiez dire &#224; leur sujet ? Ils existent. Deux milliards de personnes existent. Et alors ! Dire cela, c'est dire&#8230; rien. Dire quelque chose d'aussi large, d'aussi complet, d'aussi abstrait, c'est ne rien dire. Quelque chose doit arriver, doit sortir de cette abstraction. Je dis : certains de ces hommes travaillent. L'abstraction pr&#233;c&#233;dente est maintenant devenue quelque chose. Certains hommes travaillent. Regardons les hommes qui travaillent. Ils cr&#233;ent aussit&#244;t, en se distinguant, une autre cat&#233;gorie, les personnes qui ne travaillent pas. Vous ne pouvez pas isoler une cat&#233;gorie sans en cr&#233;er une autre. Cr&#233;er une cat&#233;gorie, c'est &#171; d&#233;terminer &#187; quelque chose. Mais chaque fois que vous d&#233;terminez quelque chose, vous niez quelque chose d'autre. &#192; chaque fois. En choisissant de d&#233;terminer les hommes qui travaillent, nous les nions en tant qu'hommes qui existent simplement, mais nous nions aussi les hommes qui ne travaillent pas. Ce ne sont plus des hommes qui simplement existent. C'est fini. Ce sont des hommes qui ne travaillent pas. Chaque fois que vous faites quelque chose, il y a autre chose vous ne faites pas en m&#234;me temps. Une pi&#232;ce d'argent sur une table verte a annul&#233; la couverture verte &#224; l'endroit particulier o&#249; elle repose. Elle cr&#233;e l'endroit o&#249; se trouve la pi&#232;ce et l'endroit o&#249; la pi&#232;ce n'est pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, nous avons des hommes qui travaillent. C'est la qualit&#233; qui les distingue. Quand quelque chose &#034;devient&#034; hors de la masse, il appara&#238;t une &#034;qualit&#233;&#034;. La qualit&#233; que nous prenons ici, c'est le travail. Des cow-boys, des ing&#233;nieurs. La liste est interminable. Certains travaillent bien, d'autres mal. Certains travaillent bien mais restent &#224; la maison tous les matins. On se retrouve vite concern&#233; par plus que la qualit&#233;, mais la quantit&#233; de travail. Le souci de la qualit&#233; nous a conduits &#224; la quantit&#233;. Mais la quantit&#233;, elle aussi, est limit&#233;e. Plus vous la contemplez, plus vous la traitez, plus vous constatez qu'il est impossible de garder un &#339;il sur la quantit&#233; de travail des tailleurs, des cuisiniers, des plongeurs sous-marins en mesurant le travail dans l'abstrait. Vous devez obtenir une mesure commune. Les trois divisions de la &#171; doctrine de l'&#234;tre &#187; sont la qualit&#233;, la quantit&#233; et la mesure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un exemple grossier, mais &#224; mon avis tout &#224; fait ad&#233;quat, de la m&#233;thode de Hegel. C'est ce que je recherche. Kant et les autres conna&#238;traient et utiliseraient aussi &#171; Qualit&#233;, Quantit&#233; et Mesure &#187;. Ce sur quoi Hegel a insist&#233;, c'est que ces concepts sont indissolublement li&#233;s, que l'un se d&#233;veloppe &#224; partir de l'autre. La quantit&#233; est venue &#224; un certain moment parce que la qualit&#233; sur la qualit&#233; ne continue pas &#224; &#234;tre la qualit&#233; mais, &#224; un certain stade, devient quelque chose de nouveau. Hegel prend &#171; la Qualit&#233; &#187; et &#171; la Quantit&#233; &#187; comme des abstractions pour repr&#233;senter les processus pr&#233;sents dans tous les aspects de la nature, de la soci&#233;t&#233; et de la pens&#233;e. L'eau est une qualit&#233;, un petit ruisseau annihile les terres environnantes. C'est un ruisseau parce que ce n'est plus une terre. S'il grandit et grandit encore, il devient un fleuve, et un certain nombre de fleuves se rejoignant en un seul endroit peuvent devenir une mer int&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cat&#233;gories propres &#224; Hegel sont bien s&#251;r beaucoup plus profondes. Il dit : quand on dit &#171; un &#234;tre &#187;, ne pensez pas aux hommes, mais &#224; tout ce qui existe, qui a un &#034;&#234;tre&#034;. Ne pensez pas au monde entier comme aux hommes, &#224; la terre, au ciel, aux chevaux, &#224; l'air, aux b&#226;timents. Pensez au pur &#171; &#202;tre absolu &#187;. Bien. Mais quand vous pensez cela, vous pensez &#224;&#8230; rien. &#171; &#202;tre pur &#187; &#8211; c'est un rien pur. Quelque chose n'est pas seulement, il &#233;merge, il &#171; devient &#187; et vous avez &#171; un &#234;tre d&#233;termin&#233; &#187;. Il a une qualit&#233;. Mais une pi&#232;ce sur une table annule une partie de la table. De sorte que &#171; l'&#234;tre d&#233;termin&#233; &#187; est &#234;tre-pour-soi mais aussi &#234;tre-pour-autrui. Les hommes qui travaillent sont un &#234;tre, l'&#234;tre-pour-soi, mais ils sont aussi automatiquement l'&#234;tre-pour-un autre, pour des hommes-qui-ne-travaillent pas. La qualit&#233; signifie qu'une limite est impos&#233;e, une barri&#232;re entre elle-m&#234;me et son autre, son contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on regarde de plus pr&#232;s ce qu'implique une limite, on la voit impliquer en elle-m&#234;me une contradiction, et ainsi manifester sa nature dialectique. D'un c&#244;t&#233;, la limite fait la r&#233;alit&#233; d'une chose ; de l'autre, c'est sa n&#233;gation. Mais, encore une fois, la limite, en tant que n&#233;gation de quelque chose, n'est pas un rien abstrait mais un rien qui est &#8211; ce que nous appelons un &#171; autre &#187;. l'autre n'est pas non plus d'une nature telle qu'on puisse penser quelque chose en dehors de lui, un quelque chose est implicitement l'autre de soi, et le quelque peu voit sa limite devenir objective pour lui dans l'autre. Si nous demandons maintenant la diff&#233;rence entre quelque chose et une autre chose, il s'av&#232;re qu'ils sont identiques : une similitude, qui s'exprime en latin en appelant le couple &#171; alia-aliud &#187;, par opposition au quelque chose, est elle-m&#234;me un quelque chose, et donc nous disons quelque autre, ou quelque chose d'autre ; et ainsi d'autre part le premier quelque chose oppos&#233; &#224; l'autre, d&#233;fini aussi comme quelque chose, est lui-m&#234;me un autre. Quand nous disons &#171; autre chose &#187;, notre premi&#232;re impression est que quelque chose pris s&#233;par&#233;ment n'est que quelque chose, et que la qualit&#233; d'&#234;tre autre ne s'y attache que par des consid&#233;rations ext&#233;rieures. Ainsi, nous supposons que la lune, &#233;tant autre chose que le soleil, pourrait tr&#232;s bien exister sans le soleil. Mais en r&#233;alit&#233;, la lune, en tant que quelque chose, a son autre nature implicite en elle. Platon dit : Dieu a fait le monde de la nature de l'&#034;un&#034; et de l'&#034;autre&#034; : les ayant r&#233;unis, il en a form&#233; un troisi&#232;me, qui est de la nature de l'&#034;un&#034; et de l'&#034;autre&#034;.En ces termes, nous avons en termes g&#233;n&#233;raux un &#233;nonc&#233; de la nature du fini, qui, comme quelque chose, ne rencontre pas la nature de l'autre comme s'il n'avait aucune affinit&#233; avec elle, mais, &#233;tant implicitement l'autre de lui-m&#234;me, subit ainsi alt&#233;ration. L'alt&#233;ration pr&#233;sente ainsi la contradiction inh&#233;rente qui s'attache originellement &#224; l'&#234;tre d&#233;termin&#233;, et qui le force &#224; sortir de ses propres limites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; Mais le fait est que la mutabilit&#233; r&#233;side dans le concept d'existence, et le changement n'est que la manifestation de ce qu'elle est implicitement. Les vivants meurent, simplement parce qu'en tant que vivants ils portent en eux le germe de la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le c&#339;ur de la &#171; Doctrine de l'&#202;tre &#187; de Hegel. Quelque chose implique imm&#233;diatement une chose contraire. Continuez avec quelque chose comme la qualit&#233;, et son autre, la quantit&#233;, prendra forme. Un quelque chose de compl&#232;tement abstrait est comme rien, c'est-&#224;-dire son contraire. Quelque chose &#171; devient &#187; &#224; partir de rien. Il a toujours sa limite, sa barri&#232;re. Et cette limite, la barri&#232;re, est franchie, &#224; un certain stade, pour &#233;tablir l'autre, son contraire. Tout cela se passe dans la sph&#232;re de l'&#234;tre d&#233;termin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons un exemple de ce que signifie la m&#233;thode de la &#171; Logique &#187; de Hegel. Le prol&#233;tariat politiquement est un corps sans distinction de type de prol&#233;taires. Quelque chose &#171; devient &#187;. Certains d'entre eux forment un parti. Du coup le prol&#233;tariat n'est plus parti d'un c&#244;t&#233; et prol&#233;taires de l'autre. Le prol&#233;tariat est devenu parti et sans-parti, ou comme on dit, parti et masse. Le parti cr&#233;e son contraire, la masse. Mais vous pouvez avoir un, deux, trois, quatre partis. Une fa&#231;on &#233;vidente de distinguer est par la taille. Ce n'est cependant pas suffisant. &#192; des fins politiques, nous pouvons juger par le &#034;soutien&#034;, une forme de quantit&#233;. Mais le support change. &#192; partir du soutien, nous pouvons arriver &#224; ce qui, en derni&#232;re analyse, a d&#233;cid&#233; du soutien &#8211; la politique. C'est une forme de &#171; Mesure &#187;. Chaque fois que vous examinez un objet, vous pouvez commencer par rechercher sa qualit&#233; distinctive &#233;vidente, la quantit&#233; de cette qualit&#233; et la mesure de celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#8230;) Pour nous la &#171; Doctrine de l'&#202;tre &#187; est un chemin de pratique pour se familiariser avec la m&#233;thode, la m&#233;thode concr&#232;te, la m&#233;thode pour traiter le contenu et la m&#233;thode du conception de Hegel. Ne vous laissez pas tromper par l'extrait que je vous donne de la &#171; Petite Logique &#187;. L&#224;, il est amical, attentionn&#233; et gentil. Dans la &#171; Grande Logique &#187;, il est impitoyable. Il formule l'id&#233;e la plus difficile et la plus compliqu&#233;e dans une proposition de trois mots. Il cr&#233;e des termes, trois, quatre, cinq, et les utilise comme s'il s'agissait de lettres de l'alphabet. Utilisons donc cet interm&#232;de comme entra&#238;nement. Maintenant pour cette qualit&#233; dans les affaires de quantit&#233;. Hegel utilise &#171; l'Un et le Multiple &#187; comme illustration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bon sens pense que l'un est seul, et ici pr&#233;sent, et que plusieurs sont certains d'&#234;tre plusieurs, et s&#233;par&#233;s. En d'autres termes. L'&#171; Un &#187; a une qualit&#233; sp&#233;ciale d'&#234;tre &#224; part, et les &#171; plusieurs &#187; commencent en &#233;tant ensemble et le restent. Hegel dit non. Sa philosophie nous dit que l'Un pr&#233;suppose le Multiple. Au moment o&#249; je dis &#171; Un &#187;, j'ai ainsi cr&#233;&#233; la cat&#233;gorie &#171; Multiple &#187;. En fait, c'est l'existence du &#171; Multiple &#187; qui rend possible l' &#171; Un &#187;. S'il n'y avait pas plusieurs, Un serait ce que vous voulez mais ce ne serait pas &#171; Un &#187;, signifiant celui-ci, contrairement &#224; de &#171; multiples &#187; autres. L'Un est donc r&#233;pulsif. &#202;tre, il repousse le Multiple. C'est exclusif, mais ce n'est pas tranquille. Il repousse activement le Multiple, sinon sa qualit&#233; sp&#233;cifique d'Un serait perdue. C'est la R&#233;pulsion. Mais, tous les autres Uns qui constituent le Multiple ont une relation de connexion avec lui. Ils ont ainsi une relation de connexion les uns avec les autres ; l'un, en les retenant tous, les fait tous s'unir contre lui. Mais chacun d'eux est aussi un. Ainsi l'Un commence par R&#233;pulsion mais cr&#233;e dans tout autre Un une attraction. Ainsi, l'Un quand vous commencez avec elle est une Qualit&#233;, mais en examinant d'abord et en suivant ce qui est impliqu&#233; jusqu'&#224; la fin, vous vous retrouvez avec une nouvelle cat&#233;gorie, la Quantit&#233;, avec la Qualit&#233; originelle pure et simple supprim&#233;e et remplac&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici l'extrait complet :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'Un, comme on l'a d&#233;j&#224; remarqu&#233;, n'est que l'auto-exclusion et la mise explicite en tant que Multiple. Chacun des Multiples est cependant lui-m&#234;me un &#171; Un &#187;, et, en raison de son comportement, cette r&#233;pulsion totale est d'un seul coup convertie en son contraire &#8211; l'Attraction. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sur quoi Hegel insiste, ce n'est pas de refuser de voir l'Un comme fixe, fini, limit&#233;, isol&#233;. Il est un parce qu'il y en a plusieurs, et &#224; cause de cela, la cat&#233;gorie originale de l'Un commence &#224; prendre de nouvelles facettes et soudain, elles sont tout &#224; l'oppos&#233; de ce avec quoi vous avez commenc&#233;. Comme Hegel le sait et le dit, vous pouvez (si vous le souhaitez) faire beaucoup de blagues sur ces transitions. Sa r&#233;ponse fondamentale est que vous devez l'accompagner et voir o&#249; vous arrivez et ce que vous obtenez. Quiconque a suivi un cours sur le Capital sait qu'il existe certains types qui en contestent passionn&#233;ment chaque phrase, chaque d&#233;duction. Finalement, ils se retrouvent toujours dans le camp bourgeois. C'est la r&#233;volution qu'ils combattent. Les cat&#233;gories h&#233;g&#233;liennes offrent des possibilit&#233;s infinies de ce type. Cependant, nous n'avons pas seulement nos traditions pass&#233;es. Nous avons eu une introduction tr&#232;s substantielle ici, et on peut se permettre de le suivre. En fait, peu de gens remettent en cause les grandes divisions de la &#171; Doctrine de l'&#202;tre &#187;. J'ai vu ces pr&#233;misses de base contest&#233;es, mais l'auteur de cette contestation a dit ensuite que si vous admettiez ces pr&#233;misses, vous ne pourriez pas vous y opposer s&#233;rieusement &#224; la suite du raisonnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant laissons Hegel lui-m&#234;me parler. Je donne quelques longs extraits de &#171; La petite Logique &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le passage de la Qualit&#233; &#224; la Quantit&#233;, indiqu&#233; dans le paragraphe pr&#233;c&#233;dent, ne se retrouve pas dans notre mode de pens&#233;e ordinaire qui consid&#232;re que chacune de ces cat&#233;gories existe ind&#233;pendamment, l'une &#224; c&#244;t&#233; de l'autre. Nous avons coutume de dire que les choses ne sont pas seulement d&#233;finies qualitativement, mais aussi quantitativement ; mais d'o&#249; proviennent ces cat&#233;gories et comment sont-elles li&#233;es les unes aux autres, voil&#224; des questions qui ne sont souvent pas examin&#233;es plus avant. Le fait est que quantit&#233; signifie simplement une qualit&#233; d&#233;pass&#233;e et absorb&#233;e : et c'est par la dialectique de la qualit&#233; examin&#233;e ici que ce d&#233;passement s'effectue. Tout d'abord, nous avons eu l'Etre : comme v&#233;rit&#233; de l'Etre, est venu le Devenir : qui a form&#233; le passage &#224; l'&#202;tre D&#233;termin&#233; : et la v&#233;rit&#233; de cela, nous l'avons trouv&#233;e &#234;tre l'Alt&#233;ration. Et dans son r&#233;sultat, l'Alt&#233;ration s'est montr&#233;e &#234;tre-pour-soi, exempt d'implication d'autrui et de passage dans l'autre ; qu'&#234;tre-pour-soi finalement dans les deux faces de son processus, la r&#233;pulsion et l'attraction, s'annulait nettement, et par l&#224; m&#234;me annulerait la qualit&#233; dans la totalit&#233; de ses &#233;tapes. Pourtant cette qualit&#233; d&#233;pass&#233;e et absorb&#233;e n'est ni un rien abstrait, ni un &#234;tre &#233;galement abstrait et sans traits : ce n'est qu'&#234;tre aussi indiff&#233;rent &#224; la d&#233;terminit&#233; ou au caract&#232;re. Cet aspect de l'&#234;tre est aussi ce qui appara&#238;t comme quantit&#233; dans nos conceptions ordinaires. Nous observons les choses, d'abord, avec un &#339;il sur leur qualit&#233; &#8211; que nous prenons pour le caract&#232;re identique &#224; l'&#234;tre de la chose. Si nous proc&#233;dons &#224; la consid&#233;ration de leur quantit&#233;, nous obtenons la conception d'un caract&#232;re ou d'un mode indiff&#233;rent et ext&#233;rieur, de telle sorte qu'une chose reste ce qu'elle est bien que sa quantit&#233; soit alt&#233;r&#233;e, et la chose devient plus ou moins grande. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis Hegel travaille sur la Quantit&#233; et arrive &#224; la Mesure. Celles-ci, il les r&#233;sume &#224; pr&#233;sent :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ainsi la quantit&#233; par le mouvement dialectique &#233;tudi&#233; jusqu'ici &#224; travers ses diff&#233;rentes &#233;tapes, s'av&#232;re &#234;tre un retour &#224; la qualit&#233;. Le premier concept de quantit&#233; qui nous est pr&#233;sent&#233;e est celle de qualit&#233; abrog&#233;e et absorb&#233;e. C'est-&#224;-dire que la quantit&#233; semblait un caract&#232;re ext&#233;rieur non identique &#224; l'&#234;tre, auquel elle serait tout &#224; fait indiff&#233;rente. Ce concept, comme nous l'avons vu, sous-tend la d&#233;finition math&#233;matique de la grandeur comme ce qui peut &#234;tre augment&#233; ou diminu&#233;. A premi&#232;re vue, cette d&#233;finition peut donner l'impression que la quantit&#233; est simplement tout ce qui peut &#234;tre modifi&#233; - augmentation et diminution impliquant de la m&#234;me mani&#232;re la d&#233;termination de la grandeur autrement - et peut tendre &#224; la confondre avec l'&#234;tre d&#233;termin&#233;, le deuxi&#232;me stade de la qualit&#233;, qui dans sa conception est de m&#234;me con&#231;u comme alt&#233;rable. On peut cependant compl&#233;ter la d&#233;finition en ajoutant, qu'en quantit&#233; nous avons un alt&#233;rable qui, malgr&#233; les alt&#233;rations, reste le m&#234;me. Il s'av&#232;re donc que la quantit&#233; implique une contradiction inh&#233;rente. Cette contradiction est ce qui forme la dialectique de la quantit&#233;. Le r&#233;sultat de la dialectique cependant n'est pas un simple retour &#224; la qualit&#233;, comme si c'&#233;tait la vraie, et comme si la quantit&#233; &#233;tait le faux concept, mais un progr&#232;s vers l'unit&#233; et la v&#233;rit&#233; des deux, vers la quantit&#233; qualitative, ou la Mesure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela m&#233;rite r&#233;flexion, mais ce n'est pas trop difficile. L&#224;, Hegel dit quelque chose qu'il r&#233;p&#232;te souvent, comme je l'ai d&#233;j&#224; montr&#233;. Les hommes, sur cette question, pourraient &#234;tre aussi stupides aujourd'hui qu'&#224; l'&#233;poque. Il parle de la Nature o&#249; l'&#234;tre simple et d&#233;termin&#233;, la qualit&#233;, abonde. La mesure est un stade tr&#232;s bas de la logique dialectique. Et Hegel dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il peut donc &#234;tre bon &#224; ce stade d'observer que chaque fois que dans notre &#233;tude du monde objectif nous sommes engag&#233;s dans des d&#233;terminations quantitatives, c'est dans tous les cas la Mesure que nous avons en vue, comme le but de nos op&#233;rations. En termes de langage, lorsque la constatation de caract&#233;ristiques et de relations quantitatives, elle est appel&#233;e &#171; Mesure &#187;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici maintenant deux exemples splendides de la relation dialectique entre qualit&#233;, quantit&#233; et mesure :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On mesure par exemple la longueur de la progression de diff&#233;rents accords qui ont &#233;t&#233; mis en &#233;tat de vibration, en tenant compte de la diff&#233;rence qualitative des tons provoqu&#233;e par leur vibration, correspondant &#224; cette diff&#233;rence de longueur. De m&#234;me, en chimie, on cherche &#224; conna&#238;tre la quantit&#233; des mati&#232;res mises en combinaison, afin de conna&#238;tre les mesures ou proportions conditionnant cette combinaison, c'est-&#224;-dire les quantit&#233;s qui donnent naissance &#224; des qualit&#233;s d&#233;finies. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vient ensuite un passage vraiment superbe dans lequel vous voyez ce que la Logique signifiait pour lui et comment il l'utilisait. Elle est tr&#232;s longue. Mais c'est en quelque sorte une anthologie et je la voudrais en :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'identit&#233; entre quantit&#233; et qualit&#233;, que l'on retrouve dans la Mesure, n'est d'abord qu'implicite, et pas encore explicitement r&#233;alis&#233;e. Autrement dit, ces deux cat&#233;gories, qui s'unissent dans la Mesure, revendiquent chacune une autorit&#233; ind&#233;pendante. D'une part, les caract&#233;ristiques quantitatives de l'existence peuvent &#234;tre alt&#233;r&#233;es, sans affecter sa qualit&#233;. D'autre part, cette augmentation et cette diminution, si immat&#233;rielles qu'elles soient, ont leur limite, en d&#233;passant laquelle la qualit&#233; subit un changement. Ainsi la temp&#233;rature de l'eau est, en premier lieu, un point sans cons&#233;quence quant &#224; sa liquidit&#233; : toujours avec l'augmentation ou la diminution de la temp&#233;rature de l'eau liquide, il arrive un point o&#249; cet &#233;tat de coh&#233;sion subit un changement qualitatif. , et l'eau est convertie en vapeur ou en glace. Un changement quantitatif a lieu, apparemment sans autre signification : mais il y a quelque chose qui se cache derri&#232;re, et un changement de quantit&#233; apparemment innocent agit comme une sorte de pi&#232;ge, pour attraper la qualit&#233;. L'antinomie de la mesure que cela implique a &#233;t&#233; illustr&#233;e sous plus d'un costume chez les Grecs. On a demand&#233;, par exemple, si un seul grain fait un tas de bl&#233;, ou s'il fait une queue chauve pour arracher un seul cheveu de la queue du cheval. D'abord sans doute, consid&#233;rant la nature de la quantit&#233; comme un caract&#232;re indiff&#233;rent et ext&#233;rieur de l'&#234;tre, nous sommes dispos&#233;s &#224; r&#233;pondre &#224; ces questions par la n&#233;gative. Et cependant, comme il faut l'admettre, cette augmentation et cette diminution indiff&#233;rentes ont leur limite : un point est enfin atteint, o&#249; un seul grain suppl&#233;mentaire fait un tas de bl&#233; ; et la queue chauve est produite, si nous continuons &#224; arracher des poils simples.Ces exemples trouvent un parall&#232;le dans l'histoire du paysan qui, tandis que son &#226;ne marchait gaiement, continuait d'ajouter once apr&#232;s once &#224; son chargement, jusqu'&#224; ce qu'il finisse par sombrer sous le fardeau insupportable. Ce serait une erreur de traiter ces exemples comme une futilit&#233; p&#233;dante ; ils tournent vraiment sur des pens&#233;es, dont la connaissance est d'une grande importance dans la vie pratique, en particulier dans l'&#233;thique. Ainsi, en mati&#232;re de d&#233;penses, il y a une certaine latitude dans laquelle un plus ou moins n'a pas d'importance ; mais lorsque la mesure, impos&#233;e par les circonstances individuelles du cas particulier, est d&#233;pass&#233;e d'un c&#244;t&#233; ou de l'autre, la nature qualitative de la mesure (comme dans les exemples ci-dessus de la temp&#233;rature diff&#233;rente de l'eau) se fait sentir, et un cours , qui un instant auparavant &#233;tait tenue pour bonne &#233;conomie, se transforme en avarice ou en prodigalit&#233;.Les m&#234;mes principes peuvent &#234;tre appliqu&#233;s en politique, lorsqu'il faut consid&#233;rer la constitution d'un &#201;tat comme ind&#233;pendante, au moins comme d&#233;pendante de l'&#233;tendue de son territoire, du nombre de ses habitants et d'autres points quantitatifs du m&#234;me type. Si nous regardons, par exemple, un &#201;tat avec un territoire de dix mille milles carr&#233;s et une population de quatre millions d'habitants, nous devrions, sans h&#233;sitation, admettre que quelques milles carr&#233;s de terre ou quelques milliers d'habitants plus ou moins ne pourraient exercer aucune influence essentielle sur le caract&#232;re de sa constitution. Mais d'autre part, il ne faut pas oublier que par l'augmentation ou la diminution continuelle d'un &#233;tat, on arrive enfin &#224; un point o&#249;, en dehors de toutes autres circonstances, cette seule alt&#233;ration quantitative entra&#238;ne n&#233;cessairement avec elle une alt&#233;ration de la qualit&#233; de la Constitution.La constitution d'un petit canton suisse ne convient pas &#224; un grand royaume ; et, de m&#234;me, la constitution de la r&#233;publique romaine ne convenait pas lorsqu'elle &#233;tait transf&#233;r&#233;e aux petites villes imp&#233;riales d'Allemagne. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; peu pr&#232;s tout ce dont nous avons besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, une petite r&#233;capitulation et un tremplin vers l'Essence. &#202;tre signifie qualit&#233;, &#234;tre d&#233;termin&#233;. Cela sort de Rien. Il traite des cat&#233;gories d'autres &#234;tres d&#233;termin&#233;s qu'un &#234;tre d&#233;termin&#233; cr&#233;e automatiquement. Mais la Mesure comme derni&#232;re &#233;tape d'un tel &#202;tre qui en cr&#233;e d'autres l&#224;-bas. La dialectique de la Mesure la conduit &#224; l'Essence, o&#249; l'&#234;tre n'est plus simplement d&#233;termin&#233;. Cela se refl&#232;te. Nous commen&#231;ons maintenant &#224; voir un objet dont les parties sont s&#233;par&#233;es par la pens&#233;e. Une partie en cr&#233;e une autre, c'est vrai, mais l'autre est inh&#233;rente &#224; l'objet lui-m&#234;me, pas un objet ici et un autre l&#224;-bas, mais l'objet se divise en cat&#233;gories connexes qui sont toutes deux contenues dans l'objet lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a &#233;t&#233; tr&#232;s doux, tr&#232;s facile. La &#171; Petite Logique &#187; vaut la peine d'&#234;tre lue sur la &#171; Doctrine de l'&#202;tre &#187; en particulier. J'ai volontairement gard&#233; le ton l&#233;ger. Il suffit de lire et de faire connaissance. Car apr&#232;s cela, nous allons commencer &#224; nous d&#233;placer et &#231;a va &#234;tre mouvement&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La Doctrine de l'Essence &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'ESSENCE EST UN MOUVEMENT DE N&#201;GATION&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici va donc, droit au c&#339;ur de celui-ci, et prenez le pire en premier. Pr&#233;parez vous :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Devenir dans l'Essence &#8211; son mouvement r&#233;flexif &#8211; est donc le mouvement du Rien vers le Rien et par le Rien vers lui-m&#234;me. Le passage ou le Devenir se transcende dans son passage : cet Autre qui surgit au cours de ce passage n'est pas le Non-&#234;tre d'un &#202;tre, mais le Rien d'un Rien &#8211; qui constitue l'Etre &#8211; l'Etre n'existe que comme mouvement du Rien vers Rien, et ainsi est l'Essence ; et l'Essence ne contient pas ce mouvement en elle-m&#234;me mais est ce mouvement, Spectacle absolu et n&#233;gativit&#233; pure, qui n'a rien sans lui qui puisse le nier, mais ne nie que sa propre n&#233;gativit&#233;, qui n'est que dans cette n&#233;gation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un passage aussi difficile que possible. Pourtant, nous pouvons lui casser le dos. Essayez juste de vous souvenir. Hegel doit &#233;crire ainsi. S'il disait, comme nous, le mouvement ouvrier ceci et cela, ou l'&#233;nergie atomique, ou la th&#233;orie de l'&#201;tat, il se limiterait aussit&#244;t. Le lecteur y penserait comme de la politique ou quoi que ce soit que Hegel ait choisi. Le mouvement serait de la politique &#224; autre chose, puis &#224; autre chose, et ainsi de suite &#224; l'infini. D'ailleurs cela limiterait, j'en suis s&#251;r, sa libert&#233; d'analyse. Il examine au contraire une infinit&#233; de processus, &#233;tudie la relation entre les &#233;tapes, et extrait, abstrait le mouvement essentiel. D'ailleurs, en le lisant, j'ai l'impression que par l'&#233;tude des ph&#233;nom&#232;nes et les m&#233;thodes d'autres philosophes, il avait appris &#224; manier ces abstractions par elles-m&#234;mes, et comme un homme le fait en math&#233;matiques, les pousser plus loin par leur propre mouvement. Ils doivent donc &#234;tre accept&#233;s comme valides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons prendre ce passage dans tous les sens, l'inqui&#233;ter comme un chien. Quelle est l'id&#233;e centrale ? Ce que je veux que vous remarquiez, c'est l&#224; o&#249; il dit que l'Essence ne contient pas de mouvement, mais c'est ce mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imaginez un esprit, un g&#233;nie Ariel, un &#234;tre d&#233;sincarn&#233; flottant dans le vide spirituel. Il ne sait pas qui il est ni ce qu'il est. Mais il veut le d&#233;couvrir et on lui a dit qu'&#224; l'int&#233;rieur de sa constellation spirituelle se trouvent un certain nombre d'&#233;l&#233;ments qui explosent p&#233;riodiquement en un objet, une pierre, une fleur, un cheval, un singe, un homme, etc. c'est vrai. Mais il saura si c'est vrai ou non. Si au bout d'un moment il sent que ce n'est pas la vraie chose, il la dissout et il revient dans un esprit pur. Sa seule fa&#231;on de savoir quoi que ce soit sur lui-m&#234;me est de devenir l'une des choses qui sont en lui. Le jour o&#249; il devient quelque chose et sait, sent que c'est &#231;a, alors il est enfin quelque chose de nouveau. Il a, peut-on dire, une id&#233;e de son vrai moi enfin. Mais, sauf comme quelque chose qui est devenu quelque chose pendant un certain temps, lui-m&#234;me est un pur esprit, abstrait, attendant dans ces r&#233;gions froides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essence est le fait que quelque chose devient continuellement autre chose et le nie parce que ce n'est pas ce que la chose qui devient veut &#234;tre. Cet &#171; &#234;tre &#187; qu'il devient, nous le savons de la Doctrine de l'&#202;tre, est &#171; devenu &#187; du N&#233;ant. Tout &#234;tre imm&#233;diat sort du N&#233;ant et peut revenir au n&#233;ant. La diff&#233;rence avec Essence est qu'elle cr&#233;e beaucoup d'&#234;tres diff&#233;rents ; ils reviennent &#224; rien, mais l'essence continue d'essayer, car le pauvre Essence est le fait qu'il doit continuer &#224; essayer. C'est une sorte d'&#234;tre qui ne se contente pas de devenir rien mais de par sa nature m&#234;me doit continuer &#224; essayer et &#224; essayer encore. Nous pouvons maintenant revenir au passage et nous concentrer sur certaines choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, nous pouvons faire une paraphrase l&#226;che. (Pour l'Essence, le devenir est l'&#234;tre, c'est-&#224;-dire qu'il part du n&#233;ant, reste un temps comme &#233;tant et revient au n&#233;ant, mais par l&#224; revient &#224; lui-m&#234;me, ce qui est l'imp&#233;rieuse n&#233;cessit&#233; de &#034; devenir &#187; une fois de plus.) L'&#234;tre ordinaire est le mouvement du rien vers l'&#234;tre-pour-autrui et continue, ou peut-&#234;tre, simplement devenir et dispara&#238;tre, et c'est tout. Mais Essence essaie &#224; nouveau. Si bien que l'&#234;tre dans lequel l'Essence essaie de se retrouver est pur Spectacle ; cela ne devient pas une qualit&#233;, qui devient une quantit&#233;, qui devient une mesure, etc. Non, monsieur. Spectacle pur. N&#233;gativit&#233; absolue. Montrez n &#176; 1. Pas bon. Ni&#233;. Montrez le n &#176; 2. Pas ce que je recherche - avec &#231;a dans les limbes. Montrez le n&#176; 3. Pas bon. Niez-le. Niez-les tous.Un jour on y arrivera (et on verra plein de choses qu'on ne pouvait pas voir avant). Mais pour le moment, Essence peut vraiment dire : &#171; Moi ! Je sais ce que je suis maintenant. Je ne suis que la n&#233;gativit&#233;, je deviens quelque chose et je la nie. Je suis un mouvement, moi. Oui c'est &#231;a. Je suis mouvement de n&#233;gation. Mais ce n'est pas tout de moi. Un jour, je le saurai. Essence bien s&#251;r ne sait pas qu'il y a une logique &#224; sa n&#233;gativit&#233;. Un philosophe, un philosophe h&#233;g&#233;lien, qui l'observait au microscope atomique dirait : d'abord il &#233;tait une pierre, puis il &#233;tait une fleur, puis il &#233;tait un cheval, puis il &#233;tait un singe, puis il &#233;tait un homme. La pauvre abstraction ne le sait pas, mais je pense qu'un jour il sera un ange. C'est ce que toute cette agitation et cette n&#233;gativit&#233; doivent signifier. Mais cela bien s&#251;r ne nous concerne pas ici.Je sais ce que je suis maintenant. Je ne suis que la n&#233;gativit&#233;, je deviens quelque chose et je la nie. Je suis un mouvement, moi. Oui c'est &#231;a. Je suis mouvement de n&#233;gation. Mais ce n'est pas tout de moi. Un jour, je le saurai. Essence bien s&#251;r ne sait pas qu'il y a une logique &#224; sa n&#233;gativit&#233;. Un philosophe, un philosophe h&#233;g&#233;lien, qui l'observait au microscope atomique dirait : d'abord il &#233;tait une pierre, puis il &#233;tait une fleur, puis il &#233;tait un cheval, puis il &#233;tait un singe, puis il &#233;tait un homme. La pauvre abstraction ne le sait pas, mais je pense qu'un jour il sera un ange. C'est ce que toute cette agitation et cette n&#233;gativit&#233; doivent signifier. Mais cela bien s&#251;r ne nous concerne pas ici.Je sais ce que je suis maintenant. Je ne suis que la n&#233;gativit&#233;, je deviens quelque chose et je la nie. Je suis un mouvement, moi. Oui c'est &#231;a. Je suis mouvement de n&#233;gation. Mais ce n'est pas tout de moi. Un jour, je le saurai. Essence bien s&#251;r ne sait pas qu'il y a une logique &#224; sa n&#233;gativit&#233;. Un philosophe, un philosophe h&#233;g&#233;lien, qui l'observait au microscope atomique dirait : d'abord il &#233;tait une pierre, puis il &#233;tait une fleur, puis il &#233;tait un cheval, puis il &#233;tait un singe, puis il &#233;tait un homme. La pauvre abstraction ne le sait pas, mais je pense qu'un jour il sera un ange. C'est ce que toute cette agitation et cette n&#233;gativit&#233; doivent signifier. Mais cela bien s&#251;r ne nous concerne pas ici. &#187; Essence ne sait bien s&#251;r pas qu'il y a une logique &#224; sa n&#233;gativit&#233;. Un philosophe, un philosophe h&#233;g&#233;lien, qui l'observait au microscope atomique dirait : d'abord il &#233;tait une pierre, puis il &#233;tait une fleur, puis il &#233;tait un cheval, puis il &#233;tait un singe, puis il &#233;tait un homme. La pauvre abstraction ne le sait pas, mais je pense qu'un jour il sera un ange. C'est ce que toute cette agitation et cette n&#233;gativit&#233; doivent signifier. Mais cela bien s&#251;r ne nous concerne pas ici. &#187; Essence ne sait bien s&#251;r pas qu'il y a une logique &#224; sa n&#233;gativit&#233;. Un philosophe, un philosophe h&#233;g&#233;lien, qui l'observait au microscope atomique dirait : d'abord il &#233;tait une pierre, puis il &#233;tait une fleur, puis il &#233;tait un cheval, puis il &#233;tait un singe, puis il &#233;tait un homme. La pauvre abstraction ne le sait pas, mais je pense qu'un jour il sera un ange. C'est ce que toute cette agitation et cette n&#233;gativit&#233; doivent signifier. Mais cela bien s&#251;r ne nous concerne pas ici.C'est ce que toute cette agitation et cette n&#233;gativit&#233; doivent signifier. Mais cela bien s&#251;r ne nous concerne pas ici.C'est ce que toute cette agitation et cette n&#233;gativit&#233; doivent signifier. Mais cela bien s&#251;r ne nous concerne pas ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant de l&#224; dans le mouvement ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons ce qu'est le mouvement syndical. C'&#233;tait &#224; une &#233;poque les r&#233;volutions de 1848, dont le chartisme, 1839-48. Elle a pris la forme de la Premi&#232;re Internationale. Elle a pris la forme de la IIe Internationale &#224; son apog&#233;e. Les syndicats &#233;taient &#233;galement organis&#233;s. Il y a des &#226;nes qui diraient : la Commune, par exemple, a eu lieu dans une ville, comment peut-on dire que c'&#233;tait une forme de tout le mouvement ouvrier ? Pensez &#224; tous les millions et millions qui n'avaient aucun lien avec la Commune. Des imb&#233;ciles. Depuis 1917, le mouvement ouvrier, pays apr&#232;s pays, a tent&#233; &#224; plusieurs reprises d'imiter la Commune. L'Europe et l'Asie bouillonnent de futurs communards.Il est donc &#233;vident que la Commune (dans une seule ville) montrait le mod&#232;le de l'avenir - aux millions et millions dans les centaines et milliers de villes qui ne pr&#234;taient peut-&#234;tre que peu d'attention &#224; la Commune - qui &#233;tait une forme de rien en particulier. La Commune les repr&#233;sentait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces formulaires montrent donc que le mouvement syndical va quelque part. Mais les r&#233;volutions de 1848, elles allaient et venaient, la Commune allait et venait. La Premi&#232;re Internationale allait et venait. La IIe Internationale demeure, mais est une relique. Regardez-le en France &#8211; la Troisi&#232;me Force. C'est une blague. En France, les deux forces sont De Gaulle et la Troisi&#232;me Internationale. Qui choisit de se pr&#233;occuper de la IIe Internationale et des ouvriers catholiques est dans la m&#234;me position que ceux qui n'ont pas compris que c'&#233;tait la Commune et non les millions apparemment inertes qui &#233;tait d&#233;cisive pour l'avenir de l'Europe. Marx s'est jet&#233; dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, comme je l'ai dit, ces formes disparaissent. Mais le mouvement prol&#233;tarien continue. Ils ont un &#234;tre ext&#233;rieur, et ceux-ci s'&#233;vanouissent, les nouvelles formes ext&#233;rieures apparaissent. Nous pouvons toujours, si nous sommes marxistes, voir la forme et ce que nous appellerons pour le moment l'Essence. Mais l'Essence n'est pas une chose qui change. Non, la forme &#233;tait la Premi&#232;re Internationale ; l'essence &#233;tait le mouvement ouvrier, prol&#233;tarien, r&#233;volutionnaire de 1871, qui &#233;tait diff&#233;rent de celui de 1848. Et nous avons &#233;tabli que le mouvement r&#233;volutionnaire d'aujourd'hui, les ouvriers qui suivent le stalinisme, ne sont pas les m&#234;mes qui ont suivi le mench&#233;visme. Ils sont encore plus avanc&#233;s qualitativement, encore plus avanc&#233;s sur la route de leur but ultime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Commune donc, la Premi&#232;re Internationale, les luttes de 1905 n'&#233;taient qu'Etre, elles n'&#233;taient Rien. Ils n'existaient pas, ils existaient, ils n'existaient plus. Ils &#233;taient de rien et sont revenus &#224; rien. Mais leur exp&#233;rience, ce qu'ils repr&#233;sentaient &#233;tait accumul&#233;. Ce n'&#233;tait pas perdu. L'essence est un mouvement mais un mouvement de l'&#234;tre emmagasin&#233;. Les ouvriers sous le stalinisme ont l'exp&#233;rience du l&#233;ninisme. &#171; L'Essence peut certainement &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme un &#234;tre pass&#233;, en nous rappelant cependant que le pass&#233; n'est pas totalement ni&#233;, mais seulement mis de c&#244;t&#233; et ainsi en m&#234;me temps pr&#233;serv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Troisi&#232;me Internationale r&#233;actionnaire a emmagasin&#233; en elle le pass&#233; du l&#233;ninisme qui n'est plus &#8211; il n'existe plus. Les philosophes, les marxistes, doivent retracer cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui continue de bouger, c'est le mouvement ouvrier, le mouvement r&#233;volutionnaire lui-m&#234;me. Il emmagasine l'exp&#233;rience des folies et des faiblesses du proudhonisme et du bakouninisme. Il a appris la valeur de l'organisation. Elle a accumul&#233; l'exp&#233;rience du parlementarisme, de la d&#233;fense nationale, etc. Elle s'est enrichie de plus en plus. (Il a organis&#233; les id&#233;es aussi, mais toujours &#224; la suite du mouvement objectif, changeant, d&#233;veloppant le capitalisme.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A un moment donn&#233;, ce mouvement prol&#233;tarien ressemble &#224; la Premi&#232;re Internationale ou &#224; la Commune ou 1917-20. Et si vous vous arr&#234;tez, regardez, et soyez pr&#233;cis, comme il faut le faire (souvenez-vous que vous ne pouvez penser que si vous avez des d&#233;terminations fixes et pr&#233;cises), alors vous voyez que le mouvement essentiel se refl&#232;te dans la forme. La Premi&#232;re Internationale l'a refl&#233;t&#233;, 1915 l'a refl&#233;t&#233;, etc. Les reflets disparaissent. Ce qu'ils r&#233;fl&#233;chissaient est emmagasin&#233; et fait partie du nouveau prol&#233;tariat. Ce processus, la disparition du reflet, et le nouveau prol&#233;tariat avec son exp&#233;rience du reflet emmagasin&#233; en lui, repartant, ce processus est l'Essence. L'essence d'une chose est qu'elle doit se mouvoir, se r&#233;fl&#233;chir, nier le reflet qui n'&#233;tait rien, devenir &#234;tre, puis redevenir rien, tandis que la chose elle-m&#234;me doit avancer parce que c'est sa nature de le faire. Qu'il doive se d&#233;placer, la direction coh&#233;rente dans laquelle il se d&#233;place, sa n&#233;cessit&#233; de nier ses r&#233;flexions, de les stocker et de poursuivre vers un but ultime, c'est son Essence. L'essence du prol&#233;tariat est son mouvement pour incorporer en lui-m&#234;me l'exp&#233;rience des maux du capitalisme jusqu'&#224; ce qu'il surmonte le capitalisme lui-m&#234;me. L'essence du prol&#233;tariat n'est pas qu'il soit r&#233;volutionnaire et essaie de nombreux partis diff&#233;rents et les rejette parce qu'ils &#233;chouent. Ce n'est pas &#171; un substrat existant &#187;. Il nie non seulement son reflet, il fait plus que cela, il nie davantage ses propres exp&#233;riences et les emmagasine, il est donc toujours plus loin qu'il ne l'&#233;tait auparavant dans son propre but sp&#233;cial. Cela ne nie pas non plus en g&#233;n&#233;ral. (La citation s'affichera.). Et maintenant, phrase par phrase.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devenir dans l'Essence &#8211; son moment de r&#233;flexion &#8211; est donc le mouvement du Rien vers le Rien et par le Rien vers lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;vident. Commune, Premi&#232;re Internationale, L&#233;ninisme, tout, en tant qu'entit&#233;s existantes, tout &#234;tre pur. Le prol&#233;tariat avait un &#234;tre, un certain sentiment, des id&#233;es, des impulsions, des d&#233;sirs, une volont&#233;. Elle les a acquises dans son exp&#233;rience, exp&#233;rience objective avec le capitalisme, avec son pass&#233; emmagasin&#233;. C'&#233;tait l'&#234;tre abstrait, l'&#234;tre prol&#233;taire abstrait. Mais l'&#234;tre abstrait n'est rien. La Nature de l'&#234;tre doit devenir d&#233;termin&#233;e. De m&#234;me que la pens&#233;e organise les impulsions, le d&#233;sir, la volont&#233;, etc., le parti prol&#233;tarien s'organise, se d&#233;termine dans L&#233;nine, Boukharine, Trotsky, Rakovsky, le Parti bolchevik, la IIIe Internationale, &#234;tre d&#233;termin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le l&#233;ninisme, donc, la Troisi&#232;me Internationale, est une cristallisation de l'&#234;tre abstrait, qui n'est rien. Le l&#233;ninisme nie ce rien en devenant quelque chose. Ensuite, il est remplac&#233; par le stalinisme. Mais le fait que cela se produise est l'essence du prol&#233;tariat. Ses d&#233;sirs, sa volont&#233;, ses pulsions, ses besoins (essentiellement implant&#233;s en lui par sa position vis-&#224;-vis du capitalisme) sont toujours d'abord un &#234;tre abstrait, c'est-&#224;-dire rien, puis prennent une forme d&#233;termin&#233;e, puis ceux-ci s'&#233;vanouissent dans le n&#233;ant, mais leur essence est stock&#233;e en haut. Le prol&#233;tariat, par essence, a un Autre, son reflet, mais celui-ci va et vient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le passage ou le Devenir se transcende dans son passage : cet Autre qui surgit au cours de ce passage n'est pas le Non-&#234;tre d'un &#202;tre, mais le Rien d'un Rien ; et c'est cela &#8211; le fait qu'il soit la n&#233;gation d'un Rien &#8211; qui constitue l'&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un exercice de d&#233;veloppement des id&#233;es de la Doctrine de l'&#202;tre. Ce passage contient la cl&#233;. Lisez-le lentement et obtenez-le :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'&#234;tre n'existe que comme mouvement du Rien vers le Rien, et ainsi est l'Essence- et l'Essence ne contient pas ce mouvement en soi mais est ce mouvement, Spectacle absolu et pure n&#233;gativit&#233;, qui n'a rien sans lui qui puisse le nier, mais nie seulement sa propre n&#233;gativit&#233;, qui n'est que dans cette n&#233;gation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'en regardant en arri&#232;re, nous pouvons voir que nous avions une sorte d'&#234;tre en qualit&#233;, l'&#234;tre imm&#233;diat, qui a suivi son propre chemin. Maintenant nous avons une autre sorte d'&#234;tre, l'Essence, qui a sa mani&#232;re, la n&#233;gativit&#233; constante du Spectacle, dans laquelle elle doit se retrouver. Le reste d'Essence est de retracer le d&#233;veloppement dialectique de ce Spectacle, et le mouvement qui le nie sans cesse. (Je ne garantis pas ces interpr&#233;tations. Le fait est qu'une fois qu'elles sont en panne, nous commen&#231;ons &#224; parier quelque part. Je n'ai pas peur des erreurs.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors maintenant, nous avons Essence. C'est une forme de R&#233;flexion. Comme Hegel le d&#233;crit dans la plus petite Logique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce mot &#171; r&#233;flexion &#187; est appliqu&#233; &#224; l'origine lorsqu'un rayon de lumi&#232;re en ligne droite frappant la surface d'un miroir en est renvoy&#233;. Dans ce ph&#233;nom&#232;ne nous avons deux choses, d'abord un fait imm&#233;diat qui est, et deuxi&#232;mement la phase d&#233;l&#233;gu&#233;e, d&#233;riv&#233;e ou transmise du m&#234;me. Quelque chose de ce genre se produit lorsque nous r&#233;fl&#233;chissons ou pensons &#224; un objet ; car ici nous voulons conna&#238;tre l'objet, non dans son imm&#233;diatet&#233;, mais comme d&#233;riv&#233; ou m&#233;diatis&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;diatis&#233;. Un joli mot. Serre-le contre ta poitrine. Je dis, nous disons que la conscience des gens est une chose, l'imm&#233;diatet&#233;, une entit&#233; dont nous pouvons dire qu'elle a une &#171; qualit&#233; &#187;. Mais en tant que marxistes, nous savons que la conscience est par essence le reflet de l'environnement &#233;conomique et politique, c'est-&#224;-dire social. L'arri&#232;re-plan social est donc m&#233;diatis&#233; par la conscience. Dans la doctrine de l'&#202;tre, la qualit&#233; &#233;tait, si l'on veut, m&#233;diatis&#233;e en quantit&#233;. Dans la Doctrine de l'Essence, la qualit&#233; est, ou plut&#244;t serait une manifestation de quelque chose qui se refl&#232;te &#224; travers la qualit&#233;. Hegel poursuit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le probl&#232;me ou le but de la philosophie est souvent repr&#233;sent&#233; comme la constatation de l'essence des choses : une phrase qui signifie seulement que les choses, au lieu d'&#234;tre laiss&#233;es dans leur imm&#233;diatet&#233;, doivent &#234;tre montr&#233;es comme m&#233;diatis&#233;es ou bas&#233;es sur quelque chose d'autre. L'Etre imm&#233;diat des choses est ainsi con&#231;u sous l'image d'une &#233;corce ou d'un rideau derri&#232;re lequel se cache l'Essence. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le maestro y va doucement. &#171; Tout, dit-on, a une Essence ; c'est-&#224;-dire que les choses ne sont pas vraiment ce qu'elles se montrent imm&#233;diatement. Il y a autre chose &#224; faire que de simplement vagabonder d'une qualit&#233; &#224; une autre, et simplement d'avancer du qualitatif au quantitatif et vice versa : il y a un permanent dans les choses et ce permanent est en premier lieu leur Essence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est assez simple. Pourquoi n'ai-je pas commenc&#233; par &#231;a ? Non. Parce que cette simple phrase &#171; en premier lieu &#187; couvre beaucoup de choses et cela nous aurait caus&#233; beaucoup de probl&#232;mes. Vous auriez cru comprendre quelque chose que vous ne compreniez pas. L'essence de la conscience est l'environnement social. Mais vous obtenez l&#224; une impression qui est statique. C'est seulement parce que la conscience est une sorte de spectacle, qui doit refl&#233;ter l'environnement, et l'environnement doit continuer &#224; s'exprimer, toujours &#224; la recherche, que nous pouvons l'appeler Essence. L'importance de cela ne peut pas &#234;tre surestim&#233;e. Si vous ne voyez pas cela clairement, vous avez l'id&#233;e d'essayer ceci, d'essayer cela, d'essayer l'autre. Vous dites vite : il semble ne jamais apprendre, car &#171; il &#187; est statique. Alors votre essence devient une chose. Mais quand vous voyez l'Essence comme le mouvement, et le mouvement qui emmagasine l'&#234;tre d&#233;pass&#233;, mais pourtant vous &#234;tes pouss&#233; &#224; continuer, alors vous avez l'Essence en v&#233;rit&#233; et en fait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or, savoir que l'Essence est un mouvement qui se refl&#232;te dans un Spectacle (qui est rejet&#233;) puis repart, le savoir, c'est seulement conna&#238;tre l'Essence en g&#233;n&#233;ral. C'est le d&#233;but de l'Essence. L'essence, un mouvement, avance dialectiquement. Le reflet et la chose refl&#233;t&#233;e ont leur vie propre ; ils se d&#233;veloppent en diff&#233;rentes choses et nous les tra&#231;ons, et voyons comment &#224; chaque &#233;tape ils se transforment en quelque chose d'autre. Hegel appelle leur forme la plus importante les R&#233;flexions des D&#233;terminations. Souvenez-vous que pendant longtemps ce sont des cr&#233;ations de la pens&#233;e. Par exemple, lorsque vous regardez la conscience, vous ne la voyez pas divis&#233;e en conscience et existence, pour reprendre le mot de Marx. La conscience est la conscience. Mais la pens&#233;e fait cette s&#233;paration, ces d&#233;terminations de l'objet, en ses parties composantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voyons le l&#233;ninisme comme une d&#233;termination qui refl&#232;te un certain stade de d&#233;veloppement du mouvement perp&#233;tuel. Mais le l&#233;ninisme est une d&#233;termination de la pens&#233;e. Il y a le prol&#233;tariat, dans la soci&#233;t&#233; capitaliste, &#224; un certain stade de d&#233;veloppement. Isoler ce que nous appelons le l&#233;ninisme est une d&#233;termination de la pens&#233;e. L'isoler comme un fait et lui donner une vie ind&#233;pendante, ah ! J&#233;sus, c'est quelque chose qui apporte un terrible ch&#226;timent. &#201;coutez Hegel avant m&#234;me qu'il ne commence &#224; d&#233;velopper les D&#233;terminations de la r&#233;flexion, nous disant comment certaines personnes se bloquent :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; . . . les d&#233;terminations r&#233;fl&#233;chies sont d'un genre diff&#233;rent des d&#233;terminations simplement imm&#233;diates de l'&#234;tre. De ces derniers, il est facile d'admettre qu'ils sont transitoires et simplement relatifs, li&#233;s &#224; quelque chose d'autre, tandis que les d&#233;terminations r&#233;fl&#233;chies ont la forme d'&#234;tre-en-et-pour-soi. Ils s'affirment donc comme essentiels, et au lieu de passer dans leurs contraires, ils apparaissent plut&#244;t comme absolus, libres et indiff&#233;rents les uns aux autres. Ils r&#233;sistent donc obstin&#233;ment &#224; leur mouvement : leur &#202;tre est leur identit&#233; &#224; soi dans leur d&#233;terminit&#233;, selon laquelle, tout en se pr&#233;supposant l'un l'autre, ils se conservent pourtant comme absolument s&#233;par&#233;s dans ce rapport. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le l&#233;ninisme est le l&#233;ninisme et le stalinisme est le stalinisme ; la Quatri&#232;me Internationale est la Quatri&#232;me Internationale. C'est leur donner la forme de l'&#234;tre-en-et-pour-soi. L'extrait ci-dessus pose probl&#232;me. Il n'est pas n&#233;cessaire de tout prendre phrase par phrase. Une interpr&#233;tation plus l&#226;che est indiqu&#233;e ici. (Et Hegel chantera cette chanson pendant pr&#232;s de cinq cents pages.) Si vous regardez les d&#233;terminations &#171; imm&#233;diates &#187; de l'&#234;tre, vous voyez le l&#233;ninisme, et vous dites : &#231;a passera ; les choses vont et viennent. Je me souviens du consul de France dans une &#238;le o&#249; j'ai s&#233;journ&#233; qui m'a dit que l'homme politique fran&#231;ais Briand &#233;tait un socialiste dans sa jeunesse, mais il y a toujours des gens plus &#224; gauche que vous, ce qui vous pousse &#224; droite. Cette id&#233;e semble avoir du mouvement, mais elle prend Briand et ceux &#171; plus &#224; gauche &#187; que lui comme &#171; imm&#233;diats &#187; - La r&#233;flexion est ext&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Hegel (dans l'extrait complet &#8211; j'ai omis une partie du paragraphe) dit qu'il est facile pour les penseurs s&#233;rieux de mettre de c&#244;t&#233; ces d&#233;terminations externes. Mais quand on r&#233;fl&#233;chit s&#233;rieusement, qu'on voit l'&#234;tre apparent comme de simples reflets de l'essence, alors ces d&#233;terminations deviennent elles-m&#234;mes essentielles. La Commune, la IIe Internationale, le l&#233;ninisme, le stalinisme, etc., deviennent &#171; libres &#187;. Ils deviennent ind&#233;pendants de la vie. Ils vivent apr&#232;s leur mort, et ce qui vit est mort &#8211; pour la Compr&#233;hension. Vous voyez, vous savez que vous &#234;tes un penseur sup&#233;rieur. Ces d&#233;terminations que vous avez trac&#233;es &#224; leurs racines. Ils se &#171; pr&#233;supposent &#187; l'un l'autre &#171; bien s&#251;r &#187;. Le l&#233;ninisme est &#171; en quelque sorte &#187; li&#233; au mench&#233;visme, et le stalinisme vient du l&#233;ninisme. Ils sont indissociables du capitalisme en d&#233;veloppement et du prol&#233;tariat en d&#233;veloppement. &#034;Bien s&#251;r bien s&#251;r&#034;,mais pourtant ils sont maintenus &#034;s&#233;par&#233;s&#034;. Le penseur individuel, apr&#232;s avoir travaill&#233; dur, surmont&#233; le sens commun vulgaire et les a &#233;tablis, s'y accroche fermement. Son &#233;nergie cr&#233;atrice est &#233;puis&#233;e. Ou bien son &#233;nergie d'organisation des choses concr&#232;tes est telle qu'il se lance dans l'organisation &#224; l'int&#233;rieur de ces cat&#233;gories. Il ferait normalement peu de mal. Mais lorsque ces nouvelles cat&#233;gories merveilleuses ont &#233;t&#233; &#233;tablies, elles sont venues des impulsions, de la volont&#233;, du d&#233;sir, etc., des gens. Et il y a toujours des gens qui, pour des raisons objectives, souhaitent rester sur place. Ils s'emparent de cet individu et en font un h&#233;ros. La Logique de la Compr&#233;hension a une base.Ou bien son &#233;nergie d'organisation des choses concr&#232;tes est telle qu'il se lance dans l'organisation &#224; l'int&#233;rieur de ces cat&#233;gories. Il ferait normalement peu de mal. Mais lorsque ces nouvelles cat&#233;gories merveilleuses ont &#233;t&#233; &#233;tablies, elles sont venues des impulsions, de la volont&#233;, du d&#233;sir, etc., des gens. Et il y a toujours des gens qui, pour des raisons objectives, souhaitent rester sur place. Ils s'emparent de cet individu et en font un h&#233;ros. La Logique de la Compr&#233;hension a une base.Ou bien son &#233;nergie d'organisation des choses concr&#232;tes est telle qu'il se lance dans l'organisation &#224; l'int&#233;rieur de ces cat&#233;gories. Il ferait normalement peu de mal. Mais lorsque ces nouvelles cat&#233;gories merveilleuses ont &#233;t&#233; &#233;tablies, elles sont venues des impulsions, de la volont&#233;, du d&#233;sir, etc., des gens. Et il y a toujours des gens qui, pour des raisons objectives, souhaitent rester sur place. Ils s'emparent de cet individu et en font un h&#233;ros. La Logique de la Compr&#233;hension a une base.La Logique de la Compr&#233;hension a une base.La Logique de la Compr&#233;hension a une base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a des cas encore plus path&#233;tiques, et en y repensant, je suis &#233;mu aux larmes. Il y a l'intellect et l'esprit puissants qui se d&#233;placent dans des cat&#233;gories qui, autrefois puissantes en leur temps, n'ont maintenant aucune base objective. Quel effort gaspill&#233; ! Quels vains sacrifices ! Hegel savait. Il n'arr&#234;te pas de dire : &#171; C'est l'ennemi, pensant dans les cat&#233;gories qui &#233;taient pr&#233;cises, mais acqui&#232;rent une vie ind&#233;pendante et ne bougent pas. Il va nous parler des contraires et de la transition. C'est le contenu principal d'Essence. Mais avant de commencer, il dit que ce type de pens&#233;e Compr&#233;hension peut nous &#233;trangler avant que nous puissions commencer. Identit&#233;, diff&#233;rence et contradiction, en particulier contradiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous approchons maintenant du noyau du syst&#232;me de Hegel, dans les trois not&#233;s ci-dessus. Il ne faut cependant pas oublier que le plus grand Logic fait neuf cents pages en tout. Prenons par exemple la question de Ground qui suit ces trois. Le sol, dit Hegel, est la v&#233;ritable auto-m&#233;diation de l'Essence. D'ACCORD. Et puis il est parti. Le Terrain Absolu qui est ensuite d&#233;termin&#233; en Terrain D&#233;termin&#233;, qu'il analyse plus avant en Terrain Formel et Terrain R&#233;el, qui se termine finalement en Terrain Complet. Mais les seules subdivisions du Fond absolu sont (a) Forme et Essence, (b) Forme et Mati&#232;re, (c) Forme et Contenu. Il fait trente-quatre pages en tout. Que diable pouvons-nous faire avec &#231;a ? Et pourtant, il contient des &#233;l&#233;ments aussi cruciaux que la forme et le contenu, l'existence, l'apparence, la substance, etc. Vous le lirez par vous-m&#234;mes. Mes s&#233;lections sont arbitraires. Nous prenons des morceaux.Mais en r&#233;alit&#233;, il n'y a pas de s&#233;lections arbitraires. Mon but, ma connaissance de la Logique, ma connaissance du mouvement ouvrier, ma connaissance de mes lecteurs probables, sont tous &#224; l'&#339;uvre pour d&#233;cider quels morceaux je vais prendre. Si mes connaissances ne sont pas trop superficielles et mon objectif pas trop &#233;troit, un vrai aper&#231;u de la Logique sera donn&#233; et un vrai aper&#231;u du mouvement ouvrier aussi. Mais nous devons conna&#238;tre les limites de ce que nous faisons. On se fait une id&#233;e de la chose, c'est tout. Cependant, quand il s'agit d'Identit&#233;, de Diff&#233;rence et de Contradiction, je pense que nous devrions essayer de suivre sa m&#233;thode abstraite, comme nous l'avons fait dans une certaine mesure dans la Doctrine de l'&#202;tre. Ils sont, comme je l'ai dit, le noyau.sont tous au travail pour d&#233;cider quels morceaux je vais prendre. Si mes connaissances ne sont pas trop superficielles et mon objectif pas trop &#233;troit, un vrai aper&#231;u de la Logique sera donn&#233; et un vrai aper&#231;u du mouvement ouvrier aussi. Mais nous devons conna&#238;tre les limites de ce que nous faisons. On se fait une id&#233;e de la chose, c'est tout. Cependant, quand il s'agit d'Identit&#233;, de Diff&#233;rence et de Contradiction, je pense que nous devrions essayer de suivre sa m&#233;thode abstraite, comme nous l'avons fait dans une certaine mesure dans la Doctrine de l'&#202;tre. Ils sont, comme je l'ai dit, le noyau.sont tous au travail pour d&#233;cider quels morceaux je vais prendre. Si mes connaissances ne sont pas trop superficielles et mon objectif pas trop &#233;troit, un vrai aper&#231;u de la Logique sera donn&#233; et un vrai aper&#231;u du mouvement ouvrier aussi. Mais nous devons conna&#238;tre les limites de ce que nous faisons. On se fait une id&#233;e de la chose, c'est tout. Cependant, quand il s'agit d'Identit&#233;, de Diff&#233;rence et de Contradiction, je pense que nous devrions essayer de suivre sa m&#233;thode abstraite, comme nous l'avons fait dans une certaine mesure dans la Doctrine de l'&#202;tre. Ils sont, comme je l'ai dit, le noyau.quand il s'agit d'Identit&#233;, de Diff&#233;rence et de Contradiction, je pense que nous devrions essayer de suivre sa m&#233;thode abstraite, comme nous l'avons fait dans une certaine mesure dans la Doctrine de l'&#202;tre. Ils sont, comme je l'ai dit, le noyau.quand il s'agit d'Identit&#233;, de Diff&#233;rence et de Contradiction, je pense que nous devrions essayer de suivre sa m&#233;thode abstraite, comme nous l'avons fait dans une certaine mesure dans la Doctrine de l'&#202;tre. Ils sont, comme je l'ai dit, le noyau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le traitement de l'Identit&#233; dans la plus petite Logique est l'une des choses les plus d&#233;concertantes et les plus irritantes de Hegel. Je soup&#231;onne qu'une connaissance approfondie de la logique &#224; l'ancienne serait utile. En tout cas, Hegel semble dire quelque chose comme ceci : &#171; Vous voyez cette nappe ? C'est plus qu'une nappe ; une connaissance approfondie maintenant d'une nappe est absolument n&#233;cessaire pour comprendre la logique ; passons maintenant &#224; la section suivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon explication, comme beaucoup de mes explications, commettra sans aucun doute des violations. Mais vous en apprendrez probablement quelque chose. J'ai lu nombre de br&#232;ves explications de Hegel et de la Logique en particulier, qui n'expliquaient rien. C'est pourquoi j'utilise ma propre m&#233;thode. Comme le disent tr&#232;s franchement les traducteurs de la Logique plus large : &#171; Nous n'avons aucun doute que nous n'avons pas r&#233;ussi &#224; comprendre la pens&#233;e dans de nombreux endroits. &#171; Moi aussi, je sais &#224; quel point il est facile de mal interpr&#233;ter. Mais cela ne doit pas nous d&#233;courager. Maintenant - Je regarde quelque chose et &#224; mon avis j'en ai une image (comment je pourrais d&#233;chirer cette formulation en morceaux !) &#8211; livre, pierre, cheval, maison, mouvement ouvrier, th&#233;orie scientifique, plat de glace. Je me le d&#233;finis : j'&#233;tablis son identit&#233;. Je peux &#234;tre assez pr&#233;cis. Je dis : cette maison, je l'ai con&#231;ue. Je l'ai construit. J'y vis. Je sais tout &#224; ce sujet. Je peux le d&#233;crire, peut-&#234;tre faire un inventaire. Cette maison est cette maison. Ce que j'&#233;cris sur le papier, les plans, les photographies, les souvenirs, etc., tout correspond &#224; cette maison. Mais le conception &#8211; cette maison, que je crois avoir si clairement &#233;tablie, m'&#233;chappe au moment m&#234;me o&#249; je l'&#233;tablis. La maison change. (Je change aussi, mais oubliez &#231;a, ou plut&#244;t mettez &#231;a de c&#244;t&#233; pour le moment.) Dans deux ans cette maison sera une autre maison : peinture disparue, trous dans le toit, meubles gorg&#233;s d'eau, herbe poussant dans le patio.Au lieu que cette maison soit dans la classe A, cette maison a d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; en classe C. Cela s'est produit en deux ans, mais en r&#233;alit&#233;, cela se produisait tout le temps. Toute l'existence de la maison est une lutte contre pr&#233;cis&#233;ment une telle d&#233;g&#233;n&#233;rescence. Or Hegel dit, et c'est le premier (large) &#233;nonc&#233; de sa m&#233;thode h&#233;g&#233;lienne particuli&#232;re, il dit : moi qui sais cela, quand je regarde la maison, je dois dire - cette maison est, mais en m&#234;me temps elle n'est pas, ou pour &#234;tre plus pr&#233;cis, c'est et ce n'est pas ce que c'est, c'est aussi autre chose. Vous le trouvez dans les livres car A n'est pas &#233;gal &#224; A. Cette formule est la formule la plus trompeuse qui puisse &#234;tre. N'importe quel imb&#233;cile peut &#234;tre d'accord avec cela, et n'importe quel imb&#233;cile peut &#234;tre en d&#233;saccord. Simplement parce qu'&#224; lui seul il ne prouve rien. Vous devez prendre tout l'argument h&#233;g&#233;lien ou vous feriez mieux de le laisser de c&#244;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car Hegel, ayant &#233;tabli le caract&#232;re incertain de l'Identit&#233;, passe aussit&#244;t &#224; la Diff&#233;rence. Et ici, il est tout aussi audacieux mais un peu plus facile &#224; suivre. Il dit que si l'identit&#233; implique la diff&#233;rence, alors &#233;galement la diff&#233;rence implique l'identit&#233;. Je ne compare pas un chameau &#224; un dictionnaire fran&#231;ais. Ce ne sont l&#224; que des choses dissemblables ; il n'y a pas de &#034;diff&#233;rence&#034; entre eux. Bien s&#251;r, ils sont &#171; diff&#233;rents &#187;, mais c'est une diff&#233;rence vulgaire, aussi vulgaire &#224; sa mani&#232;re que l'identit&#233; que la maison est la maison. Je peux comparer s&#233;rieusement les diff&#233;rences de deux livres, deux romans, deux romans de la m&#234;me &#233;poque, deux romans du m&#234;me auteur. La diff&#233;rence, la diff&#233;rence dont il faut parler, ne peut exister que sur la base d'une certaine identit&#233;. Et l'identit&#233; &#224; l'inverse ne peut exister qu'&#224; partir de la diff&#233;rence, cette maison est et n'est pas cette maison.Et cette maison d'aujourd'hui n'est pas cette maison de demain ou dans deux ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait Hegel dit qu'au moment o&#249; vous pensez, que vous le sachiez ou non, vous niez l'existant. &#171; Cette maison vaut 5 000 $ &#187; signifie qu'elle valait plus et que demain elle ne vaudra que 4 000 $, ou si l'inflation continue, 10 000 $, n&#232;gres et tout. Si je dis que cette maison vaut 5 000 $, valait toujours 5 000 $ et vaudra toujours 5 000 $, pour toujours et &#224; jamais, je ne dis rien, du moins je ne pense pas s&#233;rieusement. La pens&#233;e n'a de sens que lorsque la maison est en relation avec d'autres maisons qui ne poss&#232;dent pas cet attribut inestimable de maintenir constamment le prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Identit&#233; signifie diff&#233;rence. La diff&#233;rence signifie l'identit&#233;. Et maintenant, avec un saut, nous pouvons y entrer. Hegel dit que ce principe devient important, en fait d&#233;cisif, lorsqu'on regarde, fait une cognition philosophique, &#224; propos d'un seul objet. Dans l'identit&#233; d'un objet, vous devez &#233;tablir la diff&#233;rence sp&#233;cifique, et dans sa diff&#233;rence sp&#233;cifique, vous devez &#233;tablir l'identit&#233;. Si vous avez &#233;tabli la diff&#233;rence sp&#233;cifique, la diff&#233;rence qui appartient &#224; l'objet, qui le distingue de tous les autres objets et de leurs diff&#233;rences, alors vous avez l'Autre de l'objet. L'autre est la diff&#233;rence qui compte, la diff&#233;rence essentielle. Mais comme il n'est diff&#233;rent (essentiel) d'aucun autre objet, alors Autre est donc identique &#224; son objet. Le d&#233;couvrir, c'est d&#233;couvrir ce qui fait bouger l'objet.Je regarde la soci&#233;t&#233; bourgeoise et je vois le capital, mais le travail est son autre. Dans le capital est la diff&#233;rence essentielle, mais le capital et le travail sont une seule identit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense moi-m&#234;me que tout cela est passionnant. Poussons maintenant ce principe un peu plus loin, en laissant Hegel parler lui-m&#234;me, m&#234;me si je n'utilise pas toujours les guillemets. Il dit que cette question de la diff&#233;rence essentielle au sein de chaque identit&#233; est la n&#233;cessit&#233; indispensable de la cognition philosophique. Plus tard, il nous dira quand vous dites p&#232;re, vous avez &#224; l'esprit fils. Le fils est interp&#233;n&#233;tr&#233; avec le p&#232;re. P&#232;re n'a de sens que par rapport au fils. Le dessus n'a de sens que par rapport au dessous. Si je ne voulais pas dire p&#232;re par rapport au fils, je ne dirais pas p&#232;re, je dirais : homme ou joueur de baseball ou quelque chose comme &#231;a, mais alors je regarde un ou plusieurs autres objets. Alors cette identit&#233; simple et abstraite est une fiction, un pi&#232;ge mortel pour les penseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est de la plus haute importance de reconna&#238;tre cette qualit&#233; des d&#233;terminations de la r&#233;flexion qui ont &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;es ici, que leur v&#233;rit&#233; ne consiste que dans leur relation les unes avec les autres, et donc dans le fait que chacune contient l'autre dans son propre concept. Cela doit &#234;tre compris et rappel&#233;, car sans cette compr&#233;hension, pas un pas ne peut vraiment &#234;tre fait en philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que la maison n'est pas simplement la maison. La maison est essentiellement une protection contre la nature. De sorte qu'identique &#224; la maison est son Autre, destruction par la Nature. La maison peut &#234;tre un fort contenant des soldats. Si identique &#224; la maison &#224; cet &#233;gard est sa destruction par l'artillerie, etc. La maison peut aussi &#234;tre une source de revenus. De sorte qu'identique &#224; cela est la baisse du loyer. Tout a son propre complexe sp&#233;cifique de relations, et le quelque chose a diff&#233;rents complexes de relations qui continuent &#224; lui donner un Autre sp&#233;cifique, c'est-&#224;-dire &#224; contr&#244;ler son mouvement. C'est un aspect tr&#232;s important de la dialectique. Et comme Hegel aime &#224; le dire, la dialectique n'est pas pratiqu&#233;e que par les philosophes. L'agent immobilier, l'architecte, tous ces gens connaissent tr&#232;s bien l'Autre particulier de leur maison. C'est toujours dans leur concept.Il est vrai que la dialectique de la maison est en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale &#224; un niveau tr&#232;s bas, sauf en cas d'ouragans de Floride, d'incendie ou d'inflation galopante. Mais &#231;a, Hegel le sait aussi. Et il sait aussi que l&#224; o&#249; vous examinez les grandes formes sociales et intellectuelles de la soci&#233;t&#233;, alors vous devez vous rappeler que chaque objet contient son Autre dans son propre concept et que toute d&#233;termination de la pens&#233;e a aussi son autre dans son concept. Le travail a toujours du capital dans son concept. C'est pourquoi le travail en 1864 avait le capital de 1864 dans son concept, le travail en 1948 a le capital de 1948 dans son concept. Le menchevisme avait le l&#233;ninisme dans son concept, et le l&#233;ninisme avait le stalinisme dans son concept. Comment le stalinisme ? Car tant que le nouvel organisme, le socialisme, n'avait pas &#233;t&#233; atteint, la d&#233;termination r&#233;volutionnaire, le l&#233;ninisme,serait attaqu&#233; par le reflet en son sein de l'ennemi fondamental du prol&#233;tariat, du capital et du capital d'&#201;tat au sein du mouvement ouvrier est pr&#233;cis&#233;ment le stalinisme, comme le menchevisme &#233;tait le capital monopoliste (dans son stade de super-profits de l'imp&#233;rialisme) au sein du mouvement ouvrier. Vous ne le savez pas ? Vous ne pouvez pas bouger d'un pied. C'est pire. Vous pouvez vous d&#233;placer mais dans la mauvaise direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur v&#233;rit&#233; ne consiste que dans leur relation les uns avec les autres. Chacun contient l'autre dans son propre concept. Saches cela. Lisez-le dans les deux Logiques. R&#233;fl&#233;chissez-y. Car si vous ne le faites pas, vous ne pouvez pas penser. Leur v&#233;rit&#233; ne consiste que dans leur relation les uns avec les autres. La v&#233;rit&#233; du mouvement ouvrier ne consiste que dans son rapport au capital. Comme nous avons su&#233; pour montrer que la v&#233;rit&#233; de la Premi&#232;re Internationale ne peut &#234;tre saisie que par rapport &#224; la capitale sp&#233;cifique de l'&#233;poque, que la IIe Internationale avait un rapport similaire, que la v&#233;rit&#233; de la IIIe Internationale, par rapport &#224; la IVe Internationale , doit &#234;tre le m&#234;me. Comprenez-le et souvenez-vous-en. Souviens toi. Souvenez-vous que le menchevisme en tant que tendance politique dans le mouvement ouvrier avait son oppos&#233; pr&#233;cis, le l&#233;ninisme. C'est l'histoire de la IIe Internationale,de la IIe Internationale et aucune autre. Lorsque le menchevisme a atteint son apog&#233;e, il a p&#233;ri et le l&#233;ninisme a pris sa place. C'est comme &#231;a que &#231;a s'est pass&#233;, et &#231;a ne pouvait pas bouger autrement. Le mouvement ouvrier ne pouvait passer des id&#233;es r&#233;volutionnaires de 1889 &#224; 1917 que par une opposition, une transition par la croissance du mench&#233;visme, et en le surmontant. (Nous savons mais nous devons le r&#233;p&#233;ter que celles-ci repr&#233;sentaient des forces objectives. Mais pour le moment, concentrons-nous sur le processus de la pens&#233;e.) Je ne sais pas si vous l'avez. Une d&#233;termination de la r&#233;flexion est identit&#233; et diff&#233;rence. Et la diff&#233;rence, l'Autre, &#233;merge, devient forte, et l'Identit&#233; doit la surmonter, car l'identit&#233; est le d&#233;but de l'Essence, le mouvement en avant.et il ne pouvait pas bouger autrement. Le mouvement ouvrier ne pouvait passer des id&#233;es r&#233;volutionnaires de 1889 &#224; 1917 que par une opposition, une transition par la croissance du mench&#233;visme, et en le surmontant. (Nous savons mais nous devons le r&#233;p&#233;ter que celles-ci repr&#233;sentaient des forces objectives. Mais pour le moment, concentrons-nous sur le processus de la pens&#233;e.) Je ne sais pas si vous l'avez. Une d&#233;termination de la r&#233;flexion est identit&#233; et diff&#233;rence. Et la diff&#233;rence, l'Autre, &#233;merge, devient forte, et l'Identit&#233; doit la surmonter, car l'identit&#233; est le d&#233;but de l'Essence, le mouvement en avant.et il ne pouvait pas bouger autrement. Le mouvement ouvrier ne pouvait passer des id&#233;es r&#233;volutionnaires de 1889 &#224; 1917 que par une opposition, une transition par la croissance du mench&#233;visme, et en le surmontant. (Nous savons mais nous devons le r&#233;p&#233;ter que celles-ci repr&#233;sentaient des forces objectives. Mais pour le moment, concentrons-nous sur le processus de la pens&#233;e.) Je ne sais pas si vous l'avez. Une d&#233;termination de la r&#233;flexion est identit&#233; et diff&#233;rence. Et la diff&#233;rence, l'Autre, &#233;merge, devient forte, et l'Identit&#233; doit la surmonter, car l'identit&#233; est le d&#233;but de l'Essence, le mouvement en avant.Mais pour le moment, concentrons-nous sur le processus de la pens&#233;e.) Je ne sais pas si vous l'avez. Une d&#233;termination de la r&#233;flexion est identit&#233; et diff&#233;rence. Et la diff&#233;rence, l'Autre, &#233;merge, devient forte, et l'Identit&#233; doit la surmonter, car l'identit&#233; est le d&#233;but de l'Essence, le mouvement en avant.Mais pour le moment, concentrons-nous sur le processus de la pens&#233;e.) Je ne sais pas si vous l'avez. Une d&#233;termination de la r&#233;flexion est identit&#233; et diff&#233;rence. Et la diff&#233;rence, l'Autre, &#233;merge, devient forte, et l'Identit&#233; doit la surmonter, car l'identit&#233; est le d&#233;but de l'Essence, le mouvement en avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de la Troisi&#232;me Internationale est l'histoire du d&#233;passement du l&#233;ninisme par le stalinisme. Tenez fermement le mouvement. Vous voyez, ce qui &#233;tait du spectacle est maintenant plus que du spectacle. C'est l'Autre qui forme la montagne d&#233;chirante que l'Identit&#233; doit cr&#233;er et gravir avant de pouvoir atteindre la hauteur pour se r&#233;installer en tant qu'Identit&#233; sur un plan plus &#233;lev&#233;. Ainsi, les reflets de la d&#233;termination doivent &#234;tre consid&#233;r&#233;s. Ne leur donnez pas une vie libre et ind&#233;pendante. Ils vont vous assassiner. Examinez-les. Voir leur Autre, et voir si quand quelque chose de grave appara&#238;t ce n'est pas l'Autre qui sort. Alors vous le savez, vous pouvez le tracer, vous savez pourquoi il est l&#224;, et vous pouvez mobiliser des forces pour le surmonter. Mais si vous ne le voyez pas comme Diff&#233;rence d'identit&#233;, cruelle, meurtri&#232;re, mais (&#233;tant donn&#233; les forces objectives) transition n&#233;cessaire, puis vous vous pr&#233;cipitez dans des explications fantastiques telles que &#171; les outils du Kremlin &#187; ou l'incapacit&#233; des travailleurs &#224; comprendre la politique et ainsi de suite. Une fois de plus. Ce qui devient finalement l'obstacle qu'il faut franchir, c'est un Autre qui &#233;tait en lui, identique &#224; lui et pourtant diff&#233;rence essentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la Quatri&#232;me Internationale doit supplanter le stalinisme, alors elle doit &#171; contenir &#187; le stalinisme dans son concept d'elle-m&#234;me. Cela part de tout ce que le stalinisme a pris le relais du l&#233;ninisme et conserv&#233; (des forces objectives font ressortir l'Autre &#8211; des forces objectives diff&#233;rentes feraient ressortir un Autre diff&#233;rent). Au moment o&#249; vous pensez, ou laissez se cacher dans votre esprit que les travailleurs sont arri&#233;r&#233;s ou tromp&#233;s, vous r&#233;pudiez deux ou trois d&#233;cennies d'histoire et votre concept contient comme son oppos&#233;, le menchevisme. Vous combattez ensuite un fant&#244;me. Les ouvriers britanniques, les ouvriers am&#233;ricains ne sont pas mencheviks, pas plus que les ouvriers de Norv&#232;ge et de Su&#232;de. Un sondage r&#233;alis&#233; il y a quelques mois dans tous les pays europ&#233;ens montrait que plus de soixante pour cent des populations &#233;taient pr&#234;tes &#224; supprimer les droits de douane, &#224; int&#233;grer les &#233;conomies, etc.Ce qui &#233;tait l'avant-garde &#224; l'&#233;poque de L&#233;nine est maintenant une partie essentielle de l'ensemble des populations. L'Autre du menchevisme &#233;tait le l&#233;ninisme. L'Autre du stalinisme est un ordre &#233;conomique socialiste international, embrassant d&#232;s le d&#233;part des continents entiers. Leur v&#233;rit&#233; ne consiste qu'en relation l'une avec l'autre. Chacun contient l'autre dans son propre concept. Il va de l'avant en d&#233;passant ce contraire sp&#233;cifique. Nous n'avons pas travaill&#233; en vain. Nous avons maintenant (je l'esp&#232;re) saisi sans savoir ce que Hegel entend par son grand principe de contradiction. ContradictionNous n'avons pas travaill&#233; en vain. Nous avons maintenant (je l'esp&#232;re) saisi sans savoir ce que Hegel entend par son grand principe de contradiction. ContradictionNous n'avons pas travaill&#233; en vain. Nous avons maintenant (je l'esp&#232;re) saisi sans savoir ce que Hegel entend par son grand principe de contradiction. Contradiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pages les plus importantes de la Doctrine de l'Essence que j'ai trouv&#233;es sont l'Observation 3 de la Logique plus large. Je pense que lorsque nous en aurons termin&#233; avec cela, la bosse sera derri&#232;re nous, bien qu'il reste encore beaucoup &#224; faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel, &#224; sa mani&#232;re all&#233;chante, commence par parler calmement de l'Identit&#233;, de la Vari&#233;t&#233; et de l'Opposition, qu'il appelle les d&#233;terminations primaires de la R&#233;flexion. J'ai pr&#233;f&#233;r&#233; parler de diff&#233;rence et de contradiction identitaires. Allez les chercher vous-m&#234;me si vous le souhaitez. Puis il dit que la contradiction est la racine de tout mouvement et de toute vie et que ce n'est qu'&#224; travers elle que quelque chose bouge et a une impulsion et une activit&#233;. Tout le monde, chaque marxiste, conna&#238;t ces d&#233;clarations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, Hegel fait quelque chose de tr&#232;s caract&#233;ristique. Il dit qu'en ce qui concerne l'affirmation de certaines personnes selon laquelle la contradiction n'existe pas, &#171; nous pouvons ignorer cette affirmation &#187;. Il suffit de laisser. Tout d'abord, il est un homme b&#233;ni, pas un politicien. En politique, vous ne pouvez pas ignorer les opposants. Deuxi&#232;mement, il ne peut pas commencer par prouver une telle affirmation. Lui demander de le faire est, selon lui, non scientifique. La preuve, c'est tout ce qu'il dira et les conclusions auxquelles il parviendra. Si vous n'aimez pas, passez votre chemin. Puis apr&#232;s beaucoup du m&#234;me pan&#233;gyrique &#224; la contradiction, il termine :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La pens&#233;e sp&#233;culative consiste seulement en ceci, que la pens&#233;e tient la Contradiction, et, dans la Contradiction, elle-m&#234;me, et non en ce qu'elle se laisse dominer par elle - comme il arrive &#224; l'imagination - ou laisse ses d&#233;terminations se r&#233;soudre en autre, ou en Rien. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous n'avez pas une &#171; perception assez simple &#187; de ce que cela signifie, je suis tout &#224; fait s&#251;r que lorsque vous comprenez la dialectique. Tant que vous n'avez pas cette simple id&#233;e, vous ne la comprenez pas. Obtenir ce simple aper&#231;u va &#234;tre un travail. Allons-y.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous vous souvenez que chacun contient l'autre dans son propre concept. J'ai parl&#233; d'organisation et de spontan&#233;it&#233;, de parti et de masse, de politique et d'&#233;conomie. Dire que chacun de ces concepts doit contenir l'autre revient &#224; faire une d&#233;claration profonde mais g&#233;n&#233;rale. Beaucoup de travaux ont &#233;t&#233; faits dans le bolchevisme pour montrer que la politique contient l'&#233;conomie dans son concept. Aucun travail, absolument aucun, n'a &#233;t&#233; fait sur les autres, &#224; l'exception de quelques d&#233;buts merveilleux de L&#233;nine. (Les sujets d'organisation et de spontan&#233;it&#233;, de parti et de masse, n'&#233;taient pas urgents &#224; l'&#233;poque de Marx.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme je l'ai dit : dire que la v&#233;rit&#233; de parti consiste dans son rapport &#224; la masse, la v&#233;rit&#233; d'organisation consiste dans son rapport &#224; la spontan&#233;it&#233;, c'est dire une v&#233;rit&#233; abstraite, mais v&#233;rit&#233; importante encore, un commencement. L'un des concepts a vie et mouvement &#224; cause de l'opposition de l'autre. Il bouge &#224; cause de l'autre, parce que l'autre bouge. Il ne peut pas bouger autrement. Et la pens&#233;e doit le savoir et le retenir. Regardez la proc&#233;dure r&#233;elle de Hegel dans la Logique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous commen&#231;ons par Identit&#233;. C'est devenu la diff&#233;rence. Il l'a maintenant port&#233;e &#224; la contradiction. Chacun est pouss&#233; &#224; sa limite et devient ainsi un point de transition pour son contraire. C'est ainsi que la qualit&#233; devient quantit&#233;. C'est ainsi que la quantit&#233; est devenue la mesure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc ce &#224; quoi Hegel veut en venir par son traitement de l'identit&#233;, de la diff&#233;rence, de la contradiction, de la vari&#233;t&#233;, de l'opposition et de son affirmation selon laquelle la contradiction est la source de tout mouvement. Quand vous observez ce qu'est une identit&#233; apparente, sachez qu'en son sein existent des contradictions, des diff&#233;rences essentielles. Comment saurez-vous ? Dans cette section ennuyeuse de la plus petite Logique traitant de l'identit&#233;, il utilise une superbe phrase : &#171; L'identit&#233; est l'id&#233;alit&#233; de l'&#234;tre &#187;. La diff&#233;rence est d'abord dans votre t&#234;te, l'Id&#233;e. (Je vous ai demand&#233;, souvenez-vous, de ne pas oublier cela, mais de le mettre de c&#244;t&#233;.) Ce qui se passe dans votre t&#234;te lorsque vous regardez quelque chose ne peut jamais &#234;tre un simple reflet, une identit&#233; ordinaire avec lui. Vous savez o&#249; il va, ce qu'il vise. Il a son &#234;tre, l'&#234;tre est concret, mais son essence est que, &#224; cause de son Autre,il se d&#233;placera dans une certaine direction et votre Id&#233;e vous dit comment rechercher la Contradiction. Sans cela, vous ne pouvez pas penser. Regardez ce qui se passe dans le mouvement marxiste aujourd'hui comme analyse d'organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky, r&#233;p&#233;tons-le, ayant &#233;chou&#233; pendant des ann&#233;es &#224; comprendre L&#233;nine sur &#171; l'organisation &#187;, s'est converti en 1917 ; et c'est ce qui est vrai, l'a aussit&#244;t converti en un f&#233;tiche, c'est-&#224;-dire un Entendement persistant. Car c'est cela le f&#233;tichisme. (Les staliniens ont fait de m&#234;me.) Les &#171; principes d'organisation &#187; de L&#233;nine sont aujourd'hui sur toutes les l&#232;vres. Ils sont devenus une abstraction compl&#232;te, Compr&#233;hension. Qu'on ne puisse penser l'organisation que par rapport &#224; son contraire, la spontan&#233;it&#233;, dont personne, pas une &#226;me, ne dit jamais un mot. Je reprendrai cela concr&#232;tement sous peu, mais pour l'instant &#233;coutons Hegel et comprenons-le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous dit d'abord la fa&#231;on dont pense l'Imagination et par Imagination (nous l'avons eu il y a quelques minutes) Hegel d&#233;signe le genre de pens&#233;e qui ne traite que de ce qui est familier. Notez ce qu'il appelle cela &#8211; Imagination. &#192; premi&#232;re vue, cela semble incongru. Mais je pense qu'il veut l'opposer &#224; la m&#233;thode scientifique, &#224; l'analyse. Dans tous les cas :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi bien que l'imagination ait partout Contradiction pour contenu, elle n'en prend jamais conscience, elle reste un reflet ext&#233;rieur, qui passe de la Ressemblance &#224; la Dissemblance. . . Il garde ces deux d&#233;terminations ext&#233;rieures l'une &#224; l'autre, et n'a en vue que celles-ci, non leur transition, qui est la mati&#232;re essentielle et contient la Contradiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notez leur transition. C'est l'essentiel. La transition montre la contradiction. Souvenez-vous de la croissance du Bernsteinisme au sein de la Deuxi&#232;me Internationale r&#233;volutionnaire en contradiction avec l'ensemble du but et du but essentiels de l'organisation ; et apr&#232;s cette croissance la rupture de 1914-21, le point de la transition, quand le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire surmonte cela et r&#233;affirme son but essentiel sur un plan sup&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous hochez la t&#234;te et dites : oui, oui, d'accord. Je l'ai, je l'ai. Balivernes. Vous serez un peu plus ch&#226;ti&#233;, vous serez beaucoup plus ch&#226;ti&#233; plus tard, mais vous serez un peu ch&#226;ti&#233; maintenant quand vous penserez que L&#233;nine n'a jamais vu cela, jusqu'&#224; apr&#232;s, et Trotsky on peut vraiment dire qu'il ne l'a jamais vu - jusqu'en 1923 au moins, il chantait le m&#234;me vieux air. Alors un peu de modestie s'il vous pla&#238;t pendant que nous continuons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imagination, en tant qu'elle est r&#233;volutionnaire, voit le stalinisme ici et le &#171; socialisme d&#233;mocratique &#187; l&#224;-bas ; et ne les voit jamais, leur identit&#233; ou leur unit&#233; comme des contraires. Il ne voit pas que le mouvement ouvrier, &#233;tant ce qu'il est par essence, la domination bureaucratique, criminelle, organisationnelle du stalinisme, constituera in&#233;vitablement le point de transition vers un autre &#233;chelon sup&#233;rieur. Il voit l'organisation d&#233;gradante et dans le d&#233;sespoir (ou l'espoir) scrute l'horizon &#224; la recherche du salut. La dialectique h&#233;g&#233;lienne garde les yeux riv&#233;s sur l'organisation stalinienne car elle sait que l'Autre est l&#224;. Voyez maintenant le principal ennemi de Hegel, la Compr&#233;hension, tirer sa r&#233;v&#233;rence :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, la r&#233;flexion intelligente, si l'on peut en parler ici, consiste dans la compr&#233;hension et l'&#233;nonciation de la Contradiction. Il n'exprime pas le concept des choses et de leurs relations et n'a que des d&#233;terminations d'imagination pour le mat&#233;riel et le contenu ; mais il les rapporte n&#233;anmoins, et la relation contient leur contradiction, laissant transpara&#238;tre leur concept &#224; travers la contradiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La compr&#233;hension est la m&#234;me que la r&#233;flexion intelligente. La compr&#233;hension ne peut pas, n'exprime pas le concept des choses et de leurs relations. Ses d&#233;terminations sont ce qui lui est familier, non ce qui lui est familier en g&#233;n&#233;ral, mais ce qui lui est familier, ce qu'il a fait une fois. Elle op&#232;re avec des bureaucraties inalt&#233;rablement li&#233;es &#224; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, et des internationales r&#233;formistes qui toujours en crise d&#233;fendent la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et l'&#201;tat national, choses qui lui sont famili&#232;res. Mais la Compr&#233;hension relie ces d&#233;terminations &#8211; elle pense, elle a des perspectives. Il dit : &#034;C'est ce que c'est, et c'est ce que cela devrait &#234;tre.&#034; Vous &#234;tes en mesure d'entrevoir le concept authentique. Cela se voit &#224; travers la contradiction. Est-il possible d'avoir une appr&#233;ciation plus juste, plus pr&#233;cise de la nature des &#233;crits de Trotsky ? Et maintenant pour voir ce qu'ils sont, en voyant plus clairement encore ce qu'ils ne sont pas. Voyons comment la vraie dialectique, la raison pensante, g&#232;re ces choses. Il s'agit d'un article article par article. J'esp&#232;re que tu l'auras la premi&#232;re fois. Nous avons travaill&#233; assez dur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Raison pensante, d'autre part, aiguise (pour ainsi dire) la diff&#233;rence brutale de la Vari&#233;t&#233;, le simple multiple de l'imagination, en diff&#233;rence essentielle, c'est-&#224;-dire en Opposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Magnifique. Magnifique. L'imagination voit beaucoup de choses diff&#233;rentes et les voit comme des choses similaires et diff&#233;rentes, une vari&#233;t&#233; multiple. R&#233;flexion, Compr&#233;hension, les relie et montre comment ils se contredisent. Voyez comment le stalinisme contredit une v&#233;ritable organisation r&#233;volutionnaire. Mais la Raison, la Raison, saisit la vari&#233;t&#233; et cherche l'Opposition, la Contradiction, et les pousse ensemble, les lie, fait l'un l'autre de l'autre. Ensuite, les choses arrivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les entit&#233;s multiples n'acqui&#232;rent l'activit&#233; et la vivacit&#233; les unes par rapport aux autres que lorsqu'elles sont pouss&#233;es sur la pointe aigu&#235; de la Contradiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#231;a. Quand ils sont tous les deux coinc&#233;s, enferm&#233;s l'un dans l'autre, c'est la garantie de leur mouvement. Lorsque vous concentrez toute votre attention sur la contradiction entre le bureaucratisme stalinien et la n&#233;cessit&#233; du prol&#233;tariat pour une activit&#233; cr&#233;atrice libre, alors tous les ph&#233;nom&#232;nes commencent &#224; bouger. Ils ne le font que lorsque la contradiction est &#224; son paroxysme. Hegel veut dire que nous ne pouvons voir le mouvement que lorsque nous avons clarifi&#233; la contradiction &#8211; &#171; de l&#224; ils tirent la n&#233;gativit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout &#224; fait. La n&#233;gativit&#233; de la libre activit&#233; cr&#233;atrice du prol&#233;tariat ne peut entrer pleinement en jeu que lorsqu'elle est en contradiction avec un obstacle concret, quelque chose que, pour lib&#233;rer sa propre nature, il doit surmonter. C'est la nature insupportable de la contradiction qui cr&#233;e la n&#233;gativit&#233;, &#171; qui est la pulsation inh&#233;rente au mouvement et &#224; la vivacit&#233; de soi &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est donc pas une tare, une faute, une d&#233;ficience d'une chose si l'on y trouve une Contradiction. C'est sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire, toute d&#233;termination, tout concret, tout concept est essentiellement une union de moments distingu&#233;s et distinguables, qui passent &#224; travers la diff&#233;rence d&#233;termin&#233;e et essentielle en moments contradictoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me demande si vous avez l'extr&#234;me, l'audace sans pr&#233;c&#233;dent de cette d&#233;claration. Je peux tr&#232;s bien imaginer tant de gens que nous connaissons dire : &#171; Hegel, il y a quelque chose dans ce que vous dites. Mais comme d'habitude, vous exag&#233;rez. Chaque d&#233;termination. Chaque b&#233;ton. Chaque concept. C'est sa fa&#231;on de dire que tout a ces moments, ces oppositions ; l'un d'eux est l'oppos&#233; de ce qui est le r&#233;el, la nature essentielle de l'organisme. Par sa lutte contre cela, l'organisme retrouve davantage sa vraie nature, sa v&#233;ritable nature. &#201;crivains sur l'&#233;conomie politique am&#233;ricaine, &#233;crivains sur l'histoire am&#233;ricaine, &#233;tudiants en th&#233;&#226;tre grec, &#233;crivains sur le d&#233;veloppement des syndicats, vous tous, mettez cela dans vos os. Ce n'est pas simple. Efforcez-vous de le voir, de le voir &#171; simplement &#187;, comme disait Hegel dans l'Introduction. S'il n'y a pas de contradiction flagrante, alors il n'y a pas de mouvement &#224; proprement parler et il y a stagnation, compromis. C'est la seule raison pour laquelle il y a compromis et stagnation &#8211; parce que la contradiction n'est pas assez nette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paragraphe n'est pas encore termin&#233;, mais je propose de rester ici un moment. Tout d'abord, r&#233;&#233;coutez Hegel, dans la plus petite Logic. Au moment o&#249; il approche du point culminant de son &#339;uvre, son exposition de l'Id&#233;e Absolue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de son processus, l'Id&#233;e cr&#233;e cette illusion, en lui opposant une antith&#232;se ; et son action consiste &#224; se d&#233;barrasser de l'illusion qu'elle a cr&#233;&#233;e. Ce n'est que de cette erreur que la v&#233;rit&#233; surgit. Dans ce fait r&#233;side la r&#233;conciliation avec l'erreur et avec la finitude. L'erreur ou l'&#234;tre-autre, lorsqu'il est d&#233;pass&#233;, est encore un &#233;l&#233;ment dynamique n&#233;cessaire de la v&#233;rit&#233; : car la v&#233;rit&#233; ne peut &#234;tre que l&#224; o&#249; elle se fait son propre r&#233;sultat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous deviez &#233;crire ceci, vous sauriez l'admiration courb&#233;e avec laquelle je lis des phrases comme &#171; &#233;l&#233;ment dynamique n&#233;cessaire de la v&#233;rit&#233; &#187; pour d&#233;crire l'erreur ; et la majest&#233;, la compl&#233;tude de l'expression &#171; la v&#233;rit&#233; ne peut &#234;tre que l&#224; o&#249; elle se fait son propre r&#233;sultat &#187;. Le prol&#233;tariat lui-m&#234;me mettra en pi&#232;ces le stalinisme. Cette exp&#233;rience lui apprendra sa derni&#232;re le&#231;on, que l'avenir est en lui-m&#234;me, et non en quoi que ce soit qui pr&#233;tend le repr&#233;senter ou le diriger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce que les gens &#233;crivent avec d&#233;sinvolture comme th&#232;se, antith&#232;se et synth&#232;se. Qui a jamais compris &#231;a ? Peut-&#234;tre que beaucoup d'autres personnes l'ont bien compris et j'&#233;tais juste stupide. Mais il m'a fallu tr&#232;s, tr&#232;s longtemps pour le voir, pour l'avoir dans mes os, pour en avoir un &#171; simple aper&#231;u &#187; partout, en tout. Qu'est ce que je dis ? La chose m'&#233;chappe constamment, mais je la chasse. Quelques choses de grande importance peuvent &#234;tre dites &#224; la fois, une g&#233;n&#233;rale et une particuli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cette doctrine, Hegel se d&#233;barrasse de cette tendance &#224; ignorer la r&#233;alit&#233; ou &#224; se laisser submerger par elle, qui r&#244;de toujours pour tenir notre mouvement &#224; la gorge. Il avait le plus grand m&#233;pris pour les gens qui essayaient d'&#233;carter le dur, le cruel, le b&#233;ton amer, le mal apparemment pur. C'est le chemin, et le seul moyen pour que la v&#233;rit&#233; et le bien viennent. Ainsi pouvait-il dire que le r&#233;el &#233;tait rationnel. Si mauvaise que soit la r&#233;alit&#233;, elle avait sa place, sa fonction dans le sch&#233;ma du d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le grand id&#233;aliste, l'homme de l'Esprit-Monde, etc., ne d&#233;pendait pas concr&#232;tement de l'Esprit-Monde pour enseigner quoi que ce soit aux gens. Par cons&#233;quent, il &#233;tait le dernier homme &#224; s'attendre &#224; ce que les gens soient inspir&#233;s, qu'ils voient la lumi&#232;re, qu'ils &#171; reconnaissent &#187; que &#171; nous &#187; avions raison tout le temps, ou pire encore, qu'ils soient &#171; &#233;duqu&#233;s &#187; par quelques personnes dou&#233;es. En fait, il croyait que l'Esprit, la connaissance consciente, n'&#233;tait l'affaire que de quelques philosophes. Dans la mesure o&#249; de grandes masses ou classes de gens ont appris quelque chose, ils l'ont appris concr&#232;tement en luttant contre quelque chose de concret. La doctrine de Hegel &#233;tait r&#233;actionnaire mais ce n'est pas ce qui nous int&#233;resse ici. Ce qui nous pr&#233;occupe, c'est ceci. Il aurait ri pour m&#233;priser l'id&#233;e qu'un parti quelconque enseignerait aux masses l'activit&#233; cr&#233;atrice libre. Il aurait plut&#244;t dit : ils se retrouveront in&#233;vitablement face &#224; un tel syst&#232;me d'oppression, de bureaucratie,manipulation et corruption dans leur propre ar&#232;ne, leur propre existence, qu'ils devront surmonter pour vivre, et l'activit&#233; cr&#233;atrice libre ne peut na&#238;tre que lorsqu'elle est confront&#233;e &#224; quelque chose que seule l'activit&#233; libre et seule l'activit&#233; libre peut surmonter. C'est le point de transition vers un stade sup&#233;rieur de l'existence. Il n'y en a pas d'autre. Les bureaucraties staliniennes deviennent ainsi une &#233;tape de d&#233;veloppement. L'activit&#233; cr&#233;atrice libre devient infiniment plus concr&#232;te dans nos t&#234;tes. Notre conception du socialisme change et nous voyons la dure r&#233;alit&#233; diff&#233;remment.C'est le point de transition vers un stade sup&#233;rieur de l'existence. Il n'y en a pas d'autre. Les bureaucraties staliniennes deviennent ainsi une &#233;tape de d&#233;veloppement. L'activit&#233; cr&#233;atrice libre devient infiniment plus concr&#232;te dans nos t&#234;tes. Notre conception du socialisme change et nous voyons la dure r&#233;alit&#233; diff&#233;remment. C'est le point de transition vers un stade sup&#233;rieur de l'existence. Il n'y en a pas d'autre. Les bureaucraties staliniennes deviennent ainsi une &#233;tape de d&#233;veloppement. L'activit&#233; cr&#233;atrice libre devient infiniment plus concr&#232;te dans nos t&#234;tes. Notre conception du socialisme change et nous voyons la dure r&#233;alit&#233; diff&#233;remment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et enfin, notez que la Logique elle-m&#234;me se d&#233;place par cette m&#233;thode d'opposition, de transition, d'opportunit&#233;. Son analyse de l'identit&#233;, de la vari&#233;t&#233;, de l'opposition, du fondement, de l'actualit&#233;, etc., particuli&#232;rement dans la Doctrine de l'Essence, repr&#233;sente toujours, nous dit-il, des couples de corr&#233;latifs. L'un d'eux devient &#233;crasant, il menace de perturber tout le processus, l'autre le surmonte, et nous nous retrouvons plus loin. C'est ainsi que l'identit&#233; se divise en diff&#233;rence ; la diff&#233;rence appara&#238;t comme de la vari&#233;t&#233;, mais la vari&#233;t&#233;, la vari&#233;t&#233;, la vari&#233;t&#233; partout n'a aucun sens ; ou bien la vari&#233;t&#233; multiple se d&#233;sagr&#232;ge en folie (et cela arrive ; cela veut seulement dire que l'objet comme tel prend fin) ou cette vari&#233;t&#233; multiple se cristallise en opposition. Etc. Je pense qu'on a une place. Revenons maintenant au reste de la page.J'attache une grande importance m&#233;thodologique &#224; cette page. Entre autres raisons, j'ai sur ma conscience la fa&#231;on dont je saute d'un endroit &#224; l'autre et les sauts encore plus gros que je vais faire. (Hegel ne se f&#226;cherait pas trop. Il dirait : Cette impertinence de James, ce mal incontestable est un point de transition n&#233;cessaire &#224; certaines personnes pour qu'elles lisent tout le livre.) Les trente pages de Ground que je sauterai probablement sont sur ma conscience. Mais cette page en dit long qui couvrira Terrain (j'esp&#232;re). Alors voil&#224;. Je pense que je vais &#233;crire librement et ensuite citer longuement.ce mal certain est un point de transition n&#233;cessaire &#224; certaines personnes pour qu'elles lisent tout le livre.) Les trente pages de Ground que je sauterai probablement sont sur ma conscience. Mais cette page en dit long qui couvrira Terrain (j'esp&#232;re). Alors voil&#224;. Je pense que je vais &#233;crire librement et ensuite citer longuement.ce mal certain est un point de transition n&#233;cessaire &#224; certaines personnes pour qu'elles lisent tout le livre.) Les trente pages de Ground que je sauterai probablement sont sur ma conscience. Mais cette page en dit long qui couvrira Terrain (j'esp&#232;re). Alors voil&#224;. Je pense que je vais &#233;crire librement et ensuite citer longuement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque concept l&#224;-bas a ces mouvements oppos&#233;s. On devient r&#233;pr&#233;hensible, mauvais, et cela forme le pont, la transition, pour que la vraie nature du concept, se montre. Mais quand ce d&#233;passement a lieu, que se passe-t-il ? La nouveaut&#233; est une contradiction r&#233;solue. C'est &#231;a, n'est-ce pas ? Le bernsteinisme a &#233;t&#233; vaincu. Cette contradiction est r&#233;solue. Mais dans la mesure o&#249; la nature compl&#232;te de l'organisme n'a pas &#233;t&#233; r&#233;v&#233;l&#233;e, c'est-&#224;-dire que le socialisme n'a pas encore &#233;t&#233; atteint, le l&#233;ninisme contient une nouvelle contradiction. Or cette chose (pardonnez-moi, amis philosophes &#8211; bon sang, je n'ai pas besoin de pardon, je viens de voir que Hegel lui-m&#234;me l'appelle &#171; chose &#187;). . . maintenant cette chose qui produit toujours des contradictions, les r&#233;sout, et puis trouve de nouvelles contradictions, c'est le sujet ou le concept. Ce n'est pas encore termin&#233;, l'Absolu concret, c'est-&#224;-dire le prol&#233;tariat, conscient de lui-m&#234;me, agissant de lui-m&#234;me, commen&#231;ant la v&#233;ritable histoire de l'humanit&#233;. Les ouvriers russes ne l'&#233;taient pas en 1917. Il est donc fini, encore limit&#233;. Donc contradictoire. Il a encore la n&#233;gation devant lui. La multiplicit&#233; finie, limit&#233;e, dont elle se compose, a une certaine identit&#233;, une unit&#233;. Mais elle constitue une vari&#233;t&#233;, et on voit cette vari&#233;t&#233; se former en opposition ; nous avons une contradiction. Mais en tout cas, il est une fois de plus unifi&#233;, pr&#234;t pour l'entreprise d'une nouvelle division et d'une nouvelle n&#233;gation. (Vous vous souvenez du dernier extrait de la Ph&#233;nom&#233;nologie ?) Ces &#233;tapes d'unification de la contradiction r&#233;solue lorsque l'Essence se pr&#233;pare &#224; la n&#233;gation nous montrent quelle est la vraie nature de la chose &#8211; son Fond. Le fait qu'il continue &#224; trouver des Terres plus &#233;lev&#233;es et plus riches,c'est son Essence. Chaque fois qu'il met en place une bonne &#233;tape concr&#232;te forte de contradiction r&#233;solue, nous pouvons voir quel est son fondement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire, toute d&#233;termination, tout concret, tout concept est essentiellement une union de moments distingu&#233;s et distinguables, qui passent &#224; travers la diff&#233;rence d&#233;termin&#233;e et essentielle en moments contradictoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que cette concr&#233;tion contradictoire se r&#233;sout en rien &#8211; elle repasse dans son unit&#233; n&#233;gative. Or la chose, le sujet ou le concept n'est lui-m&#234;me que cette unit&#233; n&#233;gative : il est contradictoire en soi, mais aussi il est r&#233;solu Contradiction ; c'est le Fond qui contient et soutient ses d&#233;terminations. La chose, le sujet ou le concept, comme intro-r&#233;fract&#233; dans sa sph&#232;re, est sa Contradiction r&#233;solue ; mais toute sa sph&#232;re est encore d&#233;termin&#233;e et diverse ; elle est donc finie, et cela veut dire contradictoire. Elle-m&#234;me n'est pas la r&#233;solution de cette contradiction sup&#233;rieure ; mais il a une sph&#232;re sup&#233;rieure pour son unit&#233; n&#233;gative ou Fond. En cons&#233;quence, les choses finies dans la multiplicit&#233; indiff&#233;rente sont simplement ce fait, que, contradictoires en elles-m&#234;mes, elles s'intro-r&#233;fractent et repassent dans leur Fond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici maintenant un superbe morceau d'analyse, le maestro &#224; son meilleur. Je m'abstiendrai encore une fois de l'analyse article par article, aussi difficile soit-elle. J'interpr&#233;terai librement et vous aurez le passage. Matthew Arnold dans une critique c&#233;l&#232;bre dit que vous devriez conna&#238;tre certains passages de la po&#233;sie par c&#339;ur et les laisser agir comme un test et une pierre de touche pour d'autres po&#233;sies. La m&#233;thode a ses dangers, mais dans l'ensemble elle est bonne. Avec la Logic, c'est encore plus vrai. Vous devez avoir des passages que vous allez lire et relire. Ils sont plus qu'un test. Ils sont une main courante. Avec les passages plus complexes, &#233;tant occup&#233; par d'autres choses, j'oublie ce que je sais. Je dois patiemment me r&#233;&#233;duquer. Ces longues citations, dans un contexte, avec des exemples de mat&#233;riel familier servent aussi &#224; cet objectif.Vous commencez &#224; comprendre et &#224; utiliser la Logique lorsque vous les lisez et commencez &#224; creuser avec eux dans votre propre mat&#233;riel. Base : la Preuve de l'Absolu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons (continue Hegel) inf&#233;r&#233; la n&#233;cessit&#233; d'un mouvement essentiel, continu, infini de l'observation et de l'analyse d'une s&#233;rie fixe et limit&#233;e de d&#233;terminations. Nous aurons &#224; examiner cette proc&#233;dure plus tard. Mais nous devons nous rappeler que nous ne faisons pas cette inf&#233;rence parce que l'&#234;tre, la d&#233;termination, persiste, devient un Fond, se brise, devient un autre Fond, &#233;tant &#224; peu pr&#232;s le m&#234;me tout le temps. Pas du tout. C'est parce que la d&#233;termination limit&#233;e, finie, s'effondre et se transcende constamment que nous pouvons inf&#233;rer un mouvement continu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arr&#234;tons-nous ici une minute. Ce n'est pas une Internationale qui essaie une certaine forme, et quand &#231;a &#233;choue, essaie une autre forme, et quand &#231;a &#233;choue, essaie une autre forme (pas les m&#234;mes personnes bien s&#251;r, mais la m&#234;me organisation). Non. Nous n'avons pu en tirer aucune conclusion. La Premi&#232;re Internationale est une entit&#233;. Il s'effondre. Un nouveau se forme, et cela nous montre le Fondement de ces formations. Elle a la m&#234;me finalit&#233; et la m&#234;me finalit&#233; que la premi&#232;re, quoique d&#233;sormais enrichie, d&#233;velopp&#233;e, concr&#233;tis&#233;e. Cela s'effondre. Un nouveau est form&#233;. Ainsi, quelle que soit la forme qu'il puisse prendre accidentellement (contingence), on voit qu'il lui pose quelque chose de fondamental, c'est-&#224;-dire montre que ce quelque chose appara&#238;tra au cours de la n&#233;gation du fini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la pens&#233;e ordinaire, la Forme, les Internationales qui apparaissent constamment, semblent &#234;tre un jour le Fond de notre id&#233;e d'un socialisme international pleinement d&#233;velopp&#233; et concret. L'Id&#233;e Absolue existe parce que les concr&#233;tions finies continuent d'appara&#238;tre. Non, dit Hegel (et il a raison comme je vais le d&#233;montrer dans un instant). Le conception Absolue existe pr&#233;cis&#233;ment parce que les Internationales finies s'effondrent toujours. La premi&#232;re pens&#233;e de bon sens dit : l'apparition continue des Internationales montre qu'il y a un Absolu. La dialectique h&#233;g&#233;lienne dit : le fait que toutes ces Internationales manquent de tant, luttent et s'effondrent, c'est la preuve de l'existence d'un absolu. Nous n'ajoutons pas les diff&#233;rents et arrivons &#224; une conclusion. Non. Alors que nous les regardons s'efforcer, &#233;chouer mais toujours s'incorporer, nous reconnaissons qu'ils expriment un mouvement vers quelque chose avant leur apparition contingente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai l'impression d'avoir un peu vulgaris&#233; cela : vous allez lire par vous-m&#234;me. Hegel a affaire ici &#224; un probl&#232;me strictement philosophique et ce que j'ai &#233;crit est horratoire. Cela ne me d&#233;range pas vraiment parce qu'il va revenir l&#224;-dessus et le temps qu'il en ait fini, tous nos adversaires reculeront devant la discussion. J'ai la certitude que la v&#233;rit&#233; du probl&#232;me philosophique pos&#233; est contenue dans ma vulgarisation, et que Hegel l'a derri&#232;re la t&#234;te. Vous ne pouvez pas prouver l'in&#233;vitabilit&#233; ou la certitude simplement &#224; partir de la r&#233;p&#233;tition du concret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous ne pouvez pas prouver l'in&#233;vitabilit&#233; ou la certitude &#224; partir d'une s&#233;rie constante de faits empiriques, m&#234;me si souvent r&#233;p&#233;t&#233;s. Que le soleil se soit lev&#233; tous les jours depuis un million d'ann&#233;es n'est pas une preuve qu'il se l&#232;vera demain. Pour une certitude absolue, vous devez avoir une conception philosophique, qui a sa propre base in&#233;branlable. Hegel recherchait l'&#233;tanch&#233;it&#233; logique dans l'Esprit-Monde. Marx l'a trouv&#233; dans son concept philosophique de la nature de l'activit&#233; humaine. Je suppose que Hegel dit ici que l'Essence est un mouvement et nous pouvons &#234;tre s&#251;rs qu'elle cherche un Absolu parce que chaque forme est finie, cherchant quelque chose de plus. Mais si votre preuve de l'Absolu est l'apparence simplement finie, alors chaque limitation, chaque effondrement qui n'est pas une r&#233;solution imm&#233;diate et &#233;vidente de la contradiction dans la Base est un coup terrible. Mais pour sauter un peu, si tu as l'Absolu dans la t&#234;te,car c'est &#224; cela que cela revient, alors la finitude, les limitations, etc., deviennent des &#233;tapes du progr&#232;s, et surtout du progr&#232;s de la pens&#233;e. Il est &#233;vident qu'il s'agit ici de l'in&#233;luctabilit&#233; du socialisme. Nous avons vu cette faiblesse contre laquelle Hegel met en garde ces derni&#232;res ann&#233;es si pr&#232;s de chez nous et dans des lieux si hauts que nous pouvons y consacrer un peu plus de temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel savait qu'il fallait avoir une certitude qui ne d&#233;pende pas de d&#233;terminations et de cat&#233;gories fixes limit&#233;es. Cela devait d&#233;pendre d'autre chose, et c'est, en derni&#232;re analyse, ce qui l'a conduit &#224; World-Spirit. Ailleurs, nous avons trait&#233; l'in&#233;vitabilit&#233; du socialisme comme une n&#233;cessit&#233; de la pens&#233;e logique en termes dialectiques. Mais il est sage de rappeler ici que cette n&#233;cessit&#233; d'avoir un but ultime entre votre stade actuel en tant que p&#244;les jumeaux entre lesquels vos pens&#233;es doivent se d&#233;placer, c'est aussi le produit de l'exp&#233;rience. Les philosophes et les grands hommes d'action ont toujours pens&#233; ainsi. Peu de choses sont plus amusantes que le passage des Corinthiens, I.15, qui est lu aux services fun&#233;raires &#233;piscopaliens. La &#171; fatalit&#233; du socialisme &#187; de saint Paul &#233;tait que les morts ressuscitent.Il semble que certains radicaux fatigu&#233;s de Corinthe se soient moqu&#233;s des camarades l&#224;-bas, leur demandant : Vous croyez &#224; la r&#233;surrection des morts ? Comment les morts ressuscitent-ils et avec quel corps viennent-ils ? Paul a d&#233;cha&#238;n&#233; toutes ses forces et c'est un tour de force de rh&#233;torique magnifique, de sophisme et de conviction passionn&#233;e. Il a dit &#224; br&#251;le-pourpoint : Laisse tomber &#231;a et tout le reste s'en va.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les puritains &#233;taient pareils. C'&#233;tait ordonn&#233;, disaient-ils. M&#234;me chose avec les philosophes du XVIIIe si&#232;cle. D&#233;barrassez-vous simplement de la r&#233;action et la raison inh&#233;rente &#224; toutes choses prendra le dessus. C'est le m&#233;rite, non la faiblesse de Hegel, d'avoir vu la n&#233;cessit&#233; de lui donner un fondement logique solide. Les empiristes l'appellent t&#233;l&#233;ologie, religion et toutes sortes de noms abusifs. J'en ai trait&#233; dans Le Mat&#233;rialisme dialectique et le destin de l'humanit&#233;, et j'ai montr&#233; les contradictions dans lesquelles ils se trouvent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici l'extrait final.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La nature de la v&#233;ritable inf&#233;rence d'une Essence absolument n&#233;cessaire &#224; partir d'une entit&#233; finie et contingente sera examin&#233;e ci-dessous. Une telle essence ne s'inf&#232;re pas de l'entit&#233; finie et contingente comme d'un &#202;tre qui &#224; la fois est et reste Fond&#233;, mais, comme l'implique aussi imm&#233;diatement la contingence, cette n&#233;cessit&#233; absolue se d&#233;duit d'un &#202;tre simplement effondr&#233; et se contredisant - ou plut&#244;t il est d&#233;montr&#233; que l'Etre contingent repasse automatiquement dans son Fond, o&#249; il se transcende &#8211; et, de plus, dans cette r&#233;gression il pose le Fond de telle mani&#232;re seulement qu'il se fait l'&#233;l&#233;ment pos&#233;. Dans une inf&#233;rence ordinaire, l'&#202;tre du fini appara&#238;t comme le Fond de l'absolu : l'absolu est parce que le fini est. La v&#233;rit&#233;, cependant,est que l'absolu est juste parce que le fini est une opposition auto-contradictoire &#8211; juste parce qu'il ne l'est pas. Dans le premier sens, une inf&#233;rence s'exprime ainsi : l'&#234;tre du fini est l'&#234;tre de l'absolu ; &#8211; mais dans ce dernier : Le Non-&#234;tre du fini est l'&#202;tre de l'absolu. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'esp&#232;re que vous l'aurez compris. Je pense que c'est un bel exemple de la m&#233;thode de Hegel. C'est tout ce que nous pouvons faire : donner une id&#233;e de ce qu'est Ground et pourquoi c'est n&#233;cessaire. L'essence est un mouvement. C'est l'analyse de la Terre qui nous dit exactement ce qu'est ce mouvement : Notre petit esprit abstrait qui ne savait pas ce qu'il &#233;tait par ses devenirs futiles &#233;tait en train d'&#233;tablir peu &#224; peu une Terre. Si vous voulez plus de Ground, c'est l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L&#233;nine, relecteur et interm&#233;diaire de la pens&#233;e de Hegel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'ESSENCE EST UN MOUVEMENT DE N&#201;GATION&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me sens coupable comme l'enfer. Nous n'en sommes plus qu'&#224; la p. 80 d'Essence. Je passe &#224; c&#244;t&#233; de Ground en regardant fermement de l'autre c&#244;t&#233;. Substance, N&#233;cessit&#233;, R&#233;ciprocit&#233;, je vais passer &#224; c&#244;t&#233; d'eux. Je ferai quelques notes strictement ad hoc sur l'apparence et l'actualit&#233;, puis sur le concept. Mais passons en revue un peu, puis cherchons de l'aide. Nous avons affaire &#224; la pens&#233;e. Nous avons appris &#224; regarder la qualit&#233; d'une chose et son mouvement dialectique vers autre chose. Nous avons alors vu que lorsque nous l'avons regard&#233;, ce que nous avons vu n'&#233;tait pas une photographie, une identit&#233;. Non, nous avons vu la diff&#233;rence dans l'identit&#233; et l'identit&#233; dans la diff&#233;rence. Nous avons vu aussi qu'il y avait dans nos t&#234;tes une Id&#233;e qui nous a permis de distinguer les diff&#233;rences sp&#233;cifiques. Nous avons vu l'importance de la contradiction, la relation fondamentale du bien et du mal, de la v&#233;rit&#233; et de l'erreur, le processus de transition.L'objet ne passe pas &#224; autre chose ; il montre l'Autre contenu en lui. Nous apprenons &#224; examiner un objet et &#224; examiner des pens&#233;es sur un objet. Ground est-il la prochaine transition apr&#232;s Contradiction ? L'Apparence na&#238;t-elle in&#233;vitablement de l'Existence ? Je doute que Hegel maintienne tout cela en d&#233;tail. Ces d&#233;terminations dans l'Essence sont, il faut le rappeler, des D&#233;terminations de la R&#233;flexion. Ce sont des cr&#233;ations de la pens&#233;e, mais des cr&#233;ations qui refl&#232;tent l'objet, permettent de le d&#233;monter et de le reconstituer, et d'abord dans notre t&#234;te. Nous allons au concept de Concept &#8211; le concept de la chose. Nous l'inqui&#233;tons comme un chien s'inqui&#232;te d'un os. C'est ce que l'Essence enseigne.Ground est-il la prochaine transition apr&#232;s Contradiction ? L'Apparence na&#238;t-elle in&#233;vitablement de l'Existence ? Je doute que Hegel maintienne tout cela en d&#233;tail. Ces d&#233;terminations dans l'Essence sont, il faut le rappeler, des D&#233;terminations de la R&#233;flexion. Ce sont des cr&#233;ations de la pens&#233;e, mais des cr&#233;ations qui refl&#232;tent l'objet, permettent de le d&#233;monter et de le reconstituer, et d'abord dans notre t&#234;te. Nous allons au concept de Concept &#8211; le concept de la chose. Nous l'inqui&#233;tons comme un chien s'inqui&#232;te d'un os. C'est ce que l'Essence enseigne.Ground est-il la prochaine transition apr&#232;s Contradiction ? L'Apparence na&#238;t-elle in&#233;vitablement de l'Existence ? Je doute que Hegel maintienne tout cela en d&#233;tail. Ces d&#233;terminations dans l'Essence sont, il faut le rappeler, des D&#233;terminations de la R&#233;flexion. Ce sont des cr&#233;ations de la pens&#233;e, mais des cr&#233;ations qui refl&#232;tent l'objet, permettent de le d&#233;monter et de le reconstituer, et d'abord dans notre t&#234;te. Nous allons au concept de Concept &#8211; le concept de la chose. Nous l'inqui&#233;tons comme un chien s'inqui&#232;te d'un os. C'est ce que l'Essence enseigne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais avant d'aborder les concepts d'Apparence et d'Actualit&#233;, nous ferions bien de voir quelle intelligence remarquable, form&#233;e dans la m&#234;me sph&#232;re que nous avons &#233;t&#233; form&#233;e, faite de la Logique, et d'examiner sa pens&#233;e dans cette perspective. Nous avons besoin d'un peu de repos. L'essence est la partie la plus difficile de la Logique, dit Hegel, et nous avons encore un long chemin &#224; parcourir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine en 1914 se retrouve &#224; Zurich, avec le monde qu'il a connu et ses cat&#233;gories qui se brisent. Il ne s'est pas enthousiasm&#233; et a commenc&#233; &#224; faire la r&#233;volution par lui-m&#234;me. Il avait une politique et il s'est battu pour cela, mais il a reconnu que tout &#233;tait dans un creuset. Il &#233;crivit surtout L'imp&#233;rialisme et l'&#201;tat et la r&#233;volution. Il a &#233;tudi&#233; la ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit et a travaill&#233; &#224; Hegelian Logic. Il a pris des notes sur la Logique. Nous avons des extraits et des commentaires. Sidney Hook m'a dit un jour qu'il n'y avait pas grand-chose pour eux. Tout &#224; fait raison. Pour lui, il n'y avait pas grand-chose. Le mouvement marxiste ne jure que par. . . Pl&#233;khanov. Je me souviens de mes voyages entre le Missouri et New York, m'arr&#234;tant &#224; Washington et Rae, appelant une traduction &#224; vue des notes russes de L&#233;nine et que je les ai griffonn&#233;es. J'ai toujours le cahier.Qu'ils ne soient pas publi&#233;s signifie une chose : le m&#233;pris des masses. Oui, justement. Ils n'en ont pas besoin, ils ne sont pas &#224; la hauteur. Et donc le parti n'en a pas besoin. Ce n'est que lorsque vous avez du respect pour les masses que vous avez du respect pour le parti. Il n'y a rien dans ces notes pour Hook l'acad&#233;micien. Il y a beaucoup pour nous &#224; voir ce qui a frapp&#233; l'esprit du grand r&#233;volutionnaire alors qu'il lisait, avec les ann&#233;es de bolchevisme russe emmagasin&#233;es dans son esprit et la perspective de la r&#233;volution mondiale devant lui. Il n'y a de la place que pour quelques choses. Mais ils se d&#233;marquent.Il y a beaucoup pour nous &#224; voir ce qui a frapp&#233; l'esprit du grand r&#233;volutionnaire alors qu'il lisait, avec les ann&#233;es de bolchevisme russe emmagasin&#233;es dans son esprit et la perspective de la r&#233;volution mondiale devant lui. Il n'y a de la place que pour quelques choses. Mais ils se d&#233;marquent.Il y a beaucoup pour nous &#224; voir ce qui a frapp&#233; l'esprit du grand r&#233;volutionnaire alors qu'il lisait, avec les ann&#233;es de bolchevisme russe emmagasin&#233;es dans son esprit et la perspective de la r&#233;volution mondiale devant lui. Il n'y a de la place que pour quelques choses. Mais ils se d&#233;marquent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En lisant sur Qualit&#233; dans la doctrine de l'&#234;tre, L&#233;nine &#233;crit en tr&#232;s gros caract&#232;res :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SAUT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SAUT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SAUT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SAUT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela l'a visiblement touch&#233; de plein fouet. Il voulait que &#231;a reste grav&#233; dans sa t&#234;te, qu'il s'en souvienne toujours. Il note dessus comme suit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; A la base du concept de gradation de l'&#233;mergence se trouve l'id&#233;e que l'&#233;mergence est d&#233;j&#224; sensible ou r&#233;ellement dans l'existence, uniquement &#224; cause de sa petitesse pas encore perceptible et de m&#234;me avec le concept de la gradation de la disparition. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regardons l'extrait lui-m&#234;me :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La progressivit&#233; de l'apparition est bas&#233;e sur l'id&#233;e que ce qui se produit est d&#233;j&#224;, sensiblement ou autrement, r&#233;ellement l&#224;, et n'est imperceptible qu'en raison de sa petitesse ; et la progressivit&#233; de l'&#233;vanouissement sur l'id&#233;e que le Non-&#234;tre ou l'Autre qui prend &#233;galement sa place est l&#224;, seulement, n'est pas encore perceptible ; l&#224;, non au sens o&#249; l'Autre est contenu dans l'Autre qui est l&#224; en soi, mais qu'il est l&#224; comme &#202;tre D&#233;termin&#233;, seulement imperceptible. Ceci annule totalement l'apparition et la disparition : ou l'En-soi, ce quelque peu int&#233;rieur dans lequel quelque chose est avant d'atteindre l'&#202;tre D&#233;termin&#233;, est transmut&#233; en une petitesse d'&#202;tre D&#233;termin&#233; externe et la distinction essentielle ou conceptuelle en une diff&#233;rence externe et simplement magnitudinale.Le proc&#233;d&#233; qui rend concevables l'apparition et la disparition de la lenteur du changement est ennuyeux &#224; la mani&#232;re propre &#224; la tautologie ; ce qui surgit ou dispara&#238;t est pr&#233;par&#233; d'avance, et le changement est transform&#233; en simple changement d'une distinction ext&#233;rieure ; et maintenant c'est bien une simple tautologie. La difficult&#233; pour une telle Compr&#233;hension qui tente de concevoir consiste dans le passage qualitatif de quelque chose en son Autre en g&#233;n&#233;ral et en son contraire ; L'entendement pr&#233;f&#232;re croire que l'identit&#233; et le changement sont de ce genre indiff&#233;rent et ext&#233;rieur qui s'applique au quantitatif.La difficult&#233; pour une telle Compr&#233;hension qui tente de concevoir consiste dans le passage qualitatif de quelque chose en son Autre en g&#233;n&#233;ral et en son contraire ; L'entendement pr&#233;f&#232;re croire que l'identit&#233; et le changement sont de ce genre indiff&#233;rent et ext&#233;rieur qui s'applique au quantitatif.La difficult&#233; pour une telle Compr&#233;hension qui tente de concevoir consiste dans le passage qualitatif de quelque chose en son Autre en g&#233;n&#233;ral et en son contraire ; L'entendement pr&#233;f&#232;re croire que l'identit&#233; et le changement sont de ce genre indiff&#233;rent et ext&#233;rieur qui s'applique au quantitatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comprendre une fois de plus prend les coups. C'est un passage d'une grande importance et L&#233;nine l'a parfaitement r&#233;sum&#233; avec son SAUT SAUT SAUT SAUT. La nouveaut&#233; SAUT. Vous ne le regardez pas et ne le voyez pas petit et grandir. Il est l&#224;, mais il existe d'abord dans la pens&#233;e. La pens&#233;e sait qu'elle est l'objet. Vous n'avez pas &#224; le voir (bien que si vous savez qu'il est l&#224;, vous pouvez voir des signes et les signaler). Hegel s'ennuie aux larmes des gens qui continuent &#224; chercher des signes ext&#233;rieurs et &#171; le simple magnitudinal &#187; comme preuve. L&#233;nine ne s'y est pas attach&#233; pour rien. Il a dit : &#171; Transformez la guerre imp&#233;rialiste en guerre civile. Combien d'opposants sinc&#232;res &#224; l'imp&#233;rialisme recul&#232;rent d'horreur. &#034;Trop t&#233;m&#233;raire, trop grossier, pas maintenant.&#034; (Trotsky &#233;tait parmi eux). L&#233;nine ne bougera pas.Le mouvement socialiste contre l'imp&#233;rialisme s'&#233;tablirait sur la transition concr&#232;te &#8211; l'opposition au mal monstrueux de la guerre. Il n'a pas eu &#224; attendre pour voir quoi que ce soit. C'&#233;tait l&#224;. Il sauterait vers le haut. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai &#233;t&#233; particuli&#232;rement frapp&#233; par cela chez L&#233;nine. Hegel est tr&#232;s irritant. Il s'en tient &#224; la m&#233;thode. Il ne crie pas. Mais chacune de ses transitions implique un saut. Il parle tr&#232;s doucement d'impulsion, etc. Mais vous pouvez continuer &#224; lire pendant longtemps et ne pas saisir la v&#233;ritable signification du saut. Je ne l'ai pas soulign&#233;. Il s'y est accroch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la Doctrine de l'Essence, L&#233;nine s'attache pr&#233;cis&#233;ment &#224; la m&#234;me chose. Regardez cette note remarquable sur l'observation 3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mouvement et &#171; mouvement de soi &#187; (NB ceci. Un mouvement spontan&#233; ind&#233;pendant, n&#233;cessaire int&#233;rieurement), &#171; alt&#233;ration &#187;, &#171; mouvement et vie &#187;, &#171; principe de chaque mouvement de soi &#187;, &#171; impulsion &#187;, (pulsion) au &#171; mouvement &#187; et &#224; &#171; l'activit&#233; &#187; &#8211; &#224; l'oppos&#233; de &#171; l'&#234;tre mort &#187; &#8211; qui croirait que c'est l&#224; le noyau de &#171; l'h&#233;g&#233;lianisme &#187;, de l'h&#233;g&#233;lianisme abstrait et abscons (difficile, absurde ?). Nous devons d&#233;couvrir ce noyau, le saisir, le &#171; sauver &#187;, le d&#233;voiler, le purifier &#8211; ce que Marx et Engels ont &#233;galement accompli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est quelque chose de vital. Auto-mouvement. Activit&#233; spontan&#233;e. Nous les rencontrerons &#224; nouveau. Tu attends. C'est &#224; cela qu'il faut s'accrocher, saisir, &#171; d&#233;voiler, purifier &#187;. On peut dire qu'on en a fait. Ce mouvement, activit&#233;, spontan&#233;, int&#233;rieurement n&#233;cessaire. L'homme d'organisation savait ce qui faisait bouger le monde, surtout le monde social. Hegel pouvait &#233;crire sur les pens&#233;es pendant des d&#233;cennies, mais c'&#233;tait la motivation, et cela a fait des LEAPS (quatre d'entre eux &#224; la fois).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur l'observation 3, voir les notes entre autres :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NB 1. La perception habituelle comprend la diff&#233;rence et la contradiction mais pas le passage de l'une &#224; l'autre, qui pourtant est le plus important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous reviendrons encore &#224; L&#233;nine. Mais asseyons-nous et &#233;crivons en gros caract&#232;res sur nos notes : SAUT, ACTIVIT&#201; SPONTAN&#201;E, MOUVEMENT SOI, etc. etc. L&#224; o&#249; il l'a &#233;crit quatre fois, nous devrions l'&#233;crire quarante-quatre. Le point pass&#233; de L&#233;nine est important non seulement en lui-m&#234;me mais pour nous, dans cette &#233;tude. Et &#231;a vient juste ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res notes de L&#233;nine que nous devons reprendre seront assez longues. C'est parce qu'ils ont une valeur &#233;norme pour nous, (a) en eux-m&#234;mes en tant que revue du pass&#233;, (b) en tant qu'enseignement de l'interd&#233;pendance des diff&#233;rentes parties de la Logique et de l'unit&#233; sous-jacente de la m&#233;thode &#224; toutes les &#233;tapes, (c) &#233;clairer les parties finales de la Doctrine de l'Essence &#224; venir, (d) nous montrer la m&#233;thode h&#233;g&#233;lienne de pens&#233;e et d'action de L&#233;nine : c'est-&#224;-dire d'un r&#233;volutionnaire et (e) nous pr&#233;parer &#224; la derni&#232;re &#233;tape historique de cet essai : le propre travail de L&#233;nine , pour laquelle et &#224; partir de laquelle seules nous pouvons sauter et voler pour nous-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une bouch&#233;e mais chaque morceau est juteux. Et j'esp&#232;re que personne n'est impatient. Voyons o&#249; nous en sommes. Nous avons appliqu&#233; la Doctrine de l'Essence jusqu'au sol. Nous avons discut&#233; de la question de savoir comment vous arrivez &#224; l'In&#233;vitable, l'Absolu. Nous avons promis de ne consid&#233;rer que l'apparence et l'actualit&#233; comme deux &#233;tapes suppl&#233;mentaires du concept. Nous sommes ensuite entr&#233;s dans un interm&#232;de et une revue l&#233;ninistes. Nous avons vu l'accent mis par L&#233;nine sur le LEAP (quatre fois) ; et en mouvement constant, auto-activit&#233; spontan&#233;e int&#233;rieurement n&#233;cessaire. Nous avons not&#233; que toute la Logique elle-m&#234;me, les transitions continues de ce Fond &#224; ce Fond, &#224; l'autre Fond au Fond Complet, n'&#233;taient que cette activit&#233; continue, spontan&#233;e et autog&#233;n&#233;r&#233;e, bien que l'activit&#233; ait un certain ordre dont il s'agissait. Pens&#233; pour s'organiser selon les lois qui y sont immanentes, c'est-&#224;-direles lois de son propre d&#233;veloppement. Bon. Nous allons maintenant reprendre une note de L&#233;nine qui ouvrait une formidable perspective de b&#233;n&#233;fices, tant pour le bilan pass&#233; que pour les d&#233;veloppements futurs. Qui est maintenant fatigu&#233; peut se reposer, et apr&#232;s une sieste, peut repartir &#224; z&#233;ro. Allons-y.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La note elle-m&#234;me est tr&#232;s l&#233;g&#232;re. Il d&#233;coule de la section I de la plus large Logique de la qualit&#233;. &#199;a dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'id&#233;e de la transformation de l'id&#233;al en r&#233;el est profonde ; tr&#232;s important pour l'histoire. Mais aussi dans la vie personnelle d'un homme, il est &#233;vident qu'il y a l&#224; beaucoup de v&#233;rit&#233;. Contre le mat&#233;rialisme vulgaire. NB : La diff&#233;rence entre id&#233;e et mati&#232;re n'est en aucun cas inconditionnelle, ni extravagante. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est tout. J'ai recherch&#233; la section et l'ai parcourue &#224; nouveau. Il fait une centaine de pages. C'est dans la Doctrine de l'&#202;tre, remarquez, la premi&#232;re section, en fait, le vrai d&#233;but de la Logique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel est aux prises avec des mots qu'il a toujours en t&#234;te, finis et infinis. Quel est le vrai infini ? &#171; Finite &#187; est une d&#233;termination ou une cat&#233;gorie fixe et limit&#233;e. L'infini n'est pas simplement quelque chose qui est au-del&#224; du fini. Ce qu'il dit n'est rien, un mauvais infini. (Mettre de l'ordre dans vos muscles de la pens&#233;e. Asseyez-vous et prenez note). L'infini n'est pas quelque chose en g&#233;n&#233;ral qui soit au-del&#224; de ce que nous appelons actuel. C'est le fait que l'au-del&#224; du fini revienne, accomplisse un retour au fini et continue &#224; le faire, qui en fait un v&#233;ritable infini. L'au-del&#224;, l'infini, n'est pas l'&#202;tre abstrait ou ind&#233;termin&#233;, quelque chose dont nous ne savons rien, notre vieux monstre, le Rien. Lui, l'infini, l'au-del&#224;, c'est l'&#202;tre li&#233; &#224; lui-m&#234;me, car pour na&#238;tre du tout l'infini va devoir nier le fini. C'est donc une force de n&#233;gation.Et tout ce qui nie est quelque chose de pr&#233;sent. Si l'on peut utiliser ici une m&#233;taphore : l'infini est l'Autre du fini. Mais l'Infini n'est pas la n&#233;gation en g&#233;n&#233;ral. C'est le mauvais infini qui nie l'existant et ne met rien &#224; sa place. C'est de la fantaisie vague, du caprice et du non-sens (ou une simple r&#233;flexion). Le socialisme n'est pas une image vague et rose de beaut&#233; infinie, de v&#233;rit&#233; et d'amour, quelque chose au-del&#224; de notre mis&#233;rable vie. Le socialisme, l'au-del&#224;, est la n&#233;gation concr&#232;te de ce que nous avons &#8211; le stalinisme. Le d&#233;passement du stalinisme est la prochaine &#233;tape de l'infini &#8211; et pour ma part la classe ouvri&#232;re aujourd'hui quand elle vainc le stalinisme, c'est-&#224;-dire la &#171; capitalisation &#187; du concept de parti prol&#233;tarien, cette classe ouvri&#232;re, l'ayant surmont&#233;e, est vraiment socialiste. D'ailleurs, quand il vainc son principal ennemi, le capital, et les brutalit&#233;s du fascisme, l'inflation,la guerre imp&#233;rialiste, les &#233;l&#233;ments destructeurs, les &#233;l&#233;ments de classe dans l'industrie moderne, c'est le socialisme &#8211; le seul infini qui soit. Mais pourquoi l'infini reste-t-il pour certains un Au-del&#224;, un tr&#232;s lointain ? Et puis vient un coup de gr&#226;ce. C'est, en derni&#232;re analyse, &#171; fond&#233; sur le fait que le fini en tant que tel est tenu pour existant &#187;. C'est la mentalit&#233; qui voit le socialisme au loin et qui est vraiment encha&#238;n&#233;e &#224; l'id&#233;e que ce que veulent les travailleurs, c'est un niveau de vie plus &#233;lev&#233;, &#034;un seau plein&#034;, &#034;la paix&#034;, &#034;la s&#233;curit&#233;&#034;, &#034;le plein emploi&#034; . Il n'a fait que s'accrocher &#224; l'existant, le rendre tol&#233;rable en colmatant les trous. C'est la prochaine &#233;tape du socialisme. Shachtman est ce type complet. L'opposition, le socialisme qui r&#233;side dans la lutte et le d&#233;passement du stalinisme le d&#233;passe. Mais cela n'&#233;puise pas le type.&#192; l'autre extr&#233;mit&#233; de son &#233;chelle se trouve Trotsky. Il s'accroche &#224; un autre type d'existant, le monde de 1917. Apr&#232;s vingt et un ans de r&#233;volution russe, tout ce qu'il pouvait dire &#233;tait : ranimer les soviets ; r&#233;viser le plan dans l'int&#233;r&#234;t des travailleurs ; lib&#233;rer les syndicats. Si Shachtman est Imagination, qui ne pense qu'avec ce qui lui est familier, Trotsky est Compr&#233;hension, qui ne pense qu'avec ce qui lui est familier. Pour les deux, l'&#233;tape suivante est exclue. Oui, &#224; tous les deux. Et pr&#233;cis&#233;ment &#224; cause de cela, le pr&#233;sent leur &#233;chappe. Ainsi de bonne heure, au commencement, dans la Qualit&#233;, dans la Doctrine de l'&#202;tre, Hegel disait, en g&#233;n&#233;ral, &#224; un niveau tr&#232;s abstrait, ce qu'il dira &#224; un niveau plus d&#233;velopp&#233; dans l'Essence, et &#224; un niveau encore plus &#233;lev&#233; dans le Doctrine du concept.Apr&#232;s vingt et un ans de r&#233;volution russe, tout ce qu'il pouvait dire &#233;tait : ranimer les soviets ; r&#233;viser le plan dans l'int&#233;r&#234;t des travailleurs ; lib&#233;rer les syndicats. Si Shachtman est Imagination, qui ne pense qu'avec ce qui lui est familier, Trotsky est Compr&#233;hension, qui ne pense qu'avec ce qui lui est familier. Pour les deux, l'&#233;tape suivante est exclue. Oui, &#224; tous les deux. Et pr&#233;cis&#233;ment &#224; cause de cela, le pr&#233;sent leur &#233;chappe. Ainsi de bonne heure, au commencement, dans la Qualit&#233;, dans la Doctrine de l'&#202;tre, Hegel disait, en g&#233;n&#233;ral, &#224; un niveau tr&#232;s abstrait, ce qu'il dira &#224; un niveau plus d&#233;velopp&#233; dans l'Essence, et &#224; un niveau encore plus &#233;lev&#233; dans le Doctrine du concept.Apr&#232;s vingt et un ans de r&#233;volution russe, tout ce qu'il pouvait dire &#233;tait : ranimer les soviets ; r&#233;viser le plan dans l'int&#233;r&#234;t des travailleurs ; lib&#233;rer les syndicats. Si Shachtman est Imagination, qui ne pense qu'avec ce qui lui est familier, Trotsky est Compr&#233;hension, qui ne pense qu'avec ce qui lui est familier. Pour les deux, l'&#233;tape suivante est exclue. Oui, &#224; tous les deux. Et justement &#224; cause de cela, le pr&#233;sent leur &#233;chappe. Ainsi de bonne heure, au commencement, dans la Qualit&#233;, dans la Doctrine de l'&#202;tre, Hegel disait, en g&#233;n&#233;ral, &#224; un niveau tr&#232;s abstrait, ce qu'il dira &#224; un niveau plus d&#233;velopp&#233; dans l'Essence, et &#224; un niveau encore plus &#233;lev&#233; dans le Doctrine du concept.qui ne pense qu'avec ce qui lui est familier, Trotsky est Compr&#233;hension, qui ne pense qu'avec ce qui lui est familier. Pour les deux, l'&#233;tape suivante est exclue. Oui, &#224; tous les deux. Et pr&#233;cis&#233;ment &#224; cause de cela, le pr&#233;sent leur &#233;chappe. Ainsi de bonne heure, au commencement, dans la Qualit&#233;, dans la Doctrine de l'&#202;tre, Hegel disait, en g&#233;n&#233;ral, &#224; un niveau tr&#232;s abstrait, ce qu'il dira &#224; un niveau plus d&#233;velopp&#233; dans l'Essence, et &#224; un niveau encore plus &#233;lev&#233; dans le Doctrine du concept.qui ne pense qu'avec ce qui lui est familier, Trotsky est Compr&#233;hension, qui ne pense qu'avec ce qui lui est familier. Pour les deux, l'&#233;tape suivante est exclue. Oui, &#224; tous les deux. Et pr&#233;cis&#233;ment &#224; cause de cela, le pr&#233;sent leur &#233;chappe. Ainsi de bonne heure, au commencement, dans la Qualit&#233;, dans la Doctrine de l'&#202;tre, Hegel disait, en g&#233;n&#233;ral, &#224; un niveau tr&#232;s abstrait, ce qu'il dira &#224; un niveau plus d&#233;velopp&#233; dans l'Essence, et &#224; un niveau encore plus &#233;lev&#233; dans le Doctrine du concept.ce qu'il dira &#224; un niveau plus d&#233;velopp&#233; dans l'Essence, et &#224; un niveau encore plus &#233;lev&#233; dans la Doctrine du concept.ce qu'il dira &#224; un niveau plus d&#233;velopp&#233; dans l'Essence, et &#224; un niveau encore plus &#233;lev&#233; dans la Doctrine du Concept.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici donc l'extrait complet. L'expression &#171; progresser vers l'infini &#187; est caract&#233;ristique de ceux qui ne voient pas la vraie nature de l'infini. Ils voient l'infini comme une ligne droite. Hegel dit que c'est une s&#233;rie de cercles, chaque cercle, cependant, incluant et excluant pourtant le cercle pr&#233;c&#233;dent, ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cet infini est le retour accompli sur lui-m&#234;me. En tant que tel, c'est la relation &#224; soi ou l'&#202;tre ; mais pas l'&#202;tre abstrait ou ind&#233;termin&#233;, car il est pos&#233; comme n&#233;gation n&#233;gationniste ; et ainsi c'est aussi l'&#202;tre D&#233;termin&#233;, car il contient la n&#233;gation comme telle, et, par cons&#233;quent, la d&#233;terminit&#233;. Il existe, et existe en tant qu'&#202;tre D&#233;termin&#233;, pr&#233;sent et avant nous. Ce n'est que le mauvais infini qui est l'au-del&#224;, parce qu'il est la n&#233;gation, et rien de plus, du fini pos&#233; comme r&#233;el ; elle est donc abstraite et premi&#232;re n&#233;gation ; il est d&#233;termin&#233; comme simplement n&#233;gatif, et est sans l'affirmation implicite dans l'&#202;tre D&#233;termin&#233; ; et s'il est maintenu comme un simple n&#233;gatif, il est m&#234;me suppos&#233; &#234;tre inexistant et hors de port&#233;e. Mais &#234;tre ainsi hors d'atteinte n'est pas sa gloire mais sa honte ; qui, en d&#233;finitive, repose sur le fait que le fini en tant que tel est tenu pour existant.Ce qui est faux est hors de port&#233;e ; et il est &#233;vident qu'un tel infini est le faux. L'image du &#171; progr&#232;s vers l'infini &#187; est la ligne droite, l'infini restant encore &#224; ses deux limites et l&#224; seulement o&#249; la ligne n'est pas ; or la ligne est l'Etre D&#233;termin&#233;, qui passe &#224; celui-ci son contradictoire, c'est-&#224;-dire dans l'ind&#233;termin&#233;. Mais comme infini v&#233;ritable, repli&#233; sur lui-m&#234;me, il a pour image le cercle, la ligne qui s'est atteinte, ferm&#233;e et toute pr&#233;sente et n'ayant ni commencement ni fin.dans l'ind&#233;termin&#233;. Mais comme infini v&#233;ritable, repli&#233; sur lui-m&#234;me, il a pour image le cercle, la ligne qui s'est atteinte, ferm&#233;e et toute pr&#233;sente et n'ayant ni commencement ni fin.dans l'ind&#233;termin&#233;. Mais comme infini v&#233;ritable, repli&#233; sur lui-m&#234;me, il a pour image le cercle, la ligne qui s'est atteinte, ferm&#233;e et toute pr&#233;sente et n'ayant ni commencement ni fin. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, il continue &#224; dire les choses les plus &#233;tonnantes, pour ceux qui pensent en termes de bon sens. Il dit, par exemple, que ce n'est pas le fini, le fixe limit&#233;, le concret, qui est r&#233;el. C'est l'Infini qui est r&#233;el. Et j'esp&#232;re que personne qui lit ceci n'est assez stupide pour ne pas se rendre compte que c'est le point m&#234;me que nous avons creus&#233; sur Terre o&#249; nous avons discut&#233; de l'Absolu en termes d'&#202;tre et de Non-&#202;tre du fini. Pourtant, c'est le volume II, page 70, et c'est le volume I, page 162. Il y a environ quatre cents pages entre les deux. N'est-il pas merveilleux ? Et bien loin au centre du tome II, il y reviendra, et finira une fois de plus avec lui dans la derni&#232;re section, sur les m&#233;thodes d'enqu&#234;te, ou l'Id&#233;e de la cognition. Il pratique lui-m&#234;me les cercles sans cesse agrandis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'infini v&#233;ritable ainsi pris, en g&#233;n&#233;ral, comme l'&#202;tre d&#233;termin&#233; oppos&#233; affirmativement &#224; la n&#233;gation abstraite, est la R&#233;alit&#233; dans un sens plus &#233;lev&#233; que ne l'est cet infini qui auparavant &#233;tait d&#233;termin&#233; comme simple ; il a re&#231;u ici un contenu concret. Ce n'est pas le fini qui est le r&#233;el, mais l'infini ; et ainsi la R&#233;alit&#233; est en outre d&#233;termin&#233;e en tant qu'Essence, Concept, Id&#233;e, et ainsi de suite. Il est cependant superflu de r&#233;p&#233;ter ces cat&#233;gories ant&#233;rieures et plus abstraites, comme la &#171; R&#233;alit&#233; &#187;, lorsque la plus concr&#232;te est atteinte, et de les employer &#224; des d&#233;terminations plus concr&#232;tes qu'elles ne le sont en elles-m&#234;mes. Une r&#233;p&#233;tition, comme on en fait quand on dit que l'Essence ou l'Id&#233;e est le R&#233;el, a sa raison en ce que, pour la pens&#233;e inculte, les cat&#233;gories les plus abstraites, comme l'&#202;tre, l'&#202;tre d&#233;termin&#233;, la R&#233;alit&#233; et la Finitude, sont les plus familiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous laisse y penser, et je me d&#233;p&#234;che de passer au dernier passage :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a ici une raison plus pr&#233;cise de rappeler la cat&#233;gorie de r&#233;alit&#233;, car la n&#233;gation &#224; laquelle elle se tient dans le rapport d'affirmatif est ici la n&#233;gation de la n&#233;gation : elle s'oppose donc elle-m&#234;me &#224; cette r&#233;alit&#233;, qui est l'&#202;tre D&#233;termin&#233; fini. La n&#233;gation est ainsi d&#233;termin&#233;e comme id&#233;alit&#233; ; ce qui participe de la nature id&#233;ale, c'est le fini tel qu'il se trouve dans l'infini v&#233;ritable, en tant que d&#233;termination ou contenu qui, bien que distinct, n'existe pas ind&#233;pendamment, mais seulement en tant que moment. L'id&#233;alit&#233; a ce sens plus concret, qui ne s'exprime pas pleinement par la n&#233;gation de l'&#202;tre D&#233;termin&#233; fini. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui. Le r&#233;el n'est qu'un moment, quoique fixe, limit&#233;, fini, dans l'Id&#233;al. Ne l'ignorez pas. C'est &#171; distinct &#187;. Mais il n'a pas d'existence ind&#233;pendante. L'identit&#233; a maintenant un sens plus concret, et il ne suffit pas de dire que l'Infini, l'au-del&#224; niera le fini : le socialisme supprimera tout cela en g&#233;n&#233;ral. Non monsieur. Cela signifie seulement que vous n'avez pas supprim&#233; tout cela et que vous ne pouvez pas voir les forces qui le suppriment. Mais il y a des gens qui ne comprennent pas cela. Hegel poursuit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mais par rapport &#224; la r&#233;alit&#233; et &#224; l'id&#233;alit&#233;, l'opposition au fini et &#224; l'infini est prise de cette mani&#232;re, que le fini est pris pour r&#233;el et l'infini comme nature id&#233;ale ; et telle, en effet, et telle seulement, le concept est plus tard prise pour &#234;tre ; tandis que l'Etre D&#233;termin&#233; en g&#233;n&#233;ral est pris comme r&#233;el. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous pouvez essayer de changer la formulation pour les aider. Vous ne pouvez pas. Ils &#171; restent fix&#233;s dans l'&#202;tre D&#233;termin&#233; affirmatif du fini. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le but de la Logique, pour la milli&#232;me fois : comment rester en dehors des cat&#233;gories fig&#233;es, limit&#233;es, finies. C'est exactement ce que fait Hegel, de mani&#232;re toujours plus concr&#232;te, page apr&#232;s page. C'est tout. Mais quel tout ! Pour sortir de l'emprise des cat&#233;gories fig&#233;es. Ce n'est pas facile. Pr&#233;cis&#233;ment parce que nous devons les fixer et les pr&#233;ciser avant de pouvoir faire quoi que ce soit. On peut y rester fix&#233; quand ils sont happ&#233;s par des gens qui se contentent objectivement d'y rester.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pire encore, nous pouvons rester fig&#233;s en eux lorsqu'ils n'existent plus. Le r&#233;sultat est une frustration totale et un aveuglement face &#224; la r&#233;alit&#233;. Dans ces cat&#233;gories, le trotskisme fonctionne. Le stalinisme, cependant, a trouv&#233; la base objective de ces cat&#233;gories en tant que formes fixes et statiques, finies et limit&#233;es. (Je cherchais &#231;a depuis des semaines et je l'ai). Le stalinisme a trouv&#233; la base objective des cat&#233;gories fixes du l&#233;ninisme. Il fonctionne donc sur une base mat&#233;rielle. Les jeux qu'il jouait avec Trotsky sur le socialisme dans un seul pays &#233;taient la concr&#233;tisation, la stabilisation de son id&#233;ologie. Pour le stalinisme, c'&#233;tait une v&#233;ritable id&#233;ologie. Pour Trotsky, c'&#233;tait essentiellement une fiction sans aucune r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, nous pouvons aller de l'avant et s&#233;lectionner quelques phrases qui contiennent le noyau de l'id&#233;alit&#233; de Hegel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La proposition selon laquelle le fini est de nature id&#233;ale constitue l'id&#233;alisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous voyez ici le lien &#233;troit entre l'id&#233;al et le r&#233;el. Le r&#233;el cr&#233;e sans cesse un id&#233;al qui demain devient r&#233;el et ainsi de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel maudit ceux dont l'id&#233;al est dans leur t&#234;te et leur caprice. Comme il les d&#233;teste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ce qui est &#171; de nature id&#233;ale &#187;, on entend principalement la forme de l'imagination ; et ce nom est donn&#233; &#224; tout ce qui est dans mon imagination en g&#233;n&#233;ral, ou dans le concept, dans l'id&#233;e, dans la fantaisie, et ainsi de suite ; de sorte qu'il en vient &#224; &#234;tre compt&#233; comme &#233;quivalent seulement &#224; des fantaisies - des imaginations qui sont non seulement distinctes du r&#233;el, mais sont suppos&#233;es dans leur essence ne pas &#234;tre r&#233;elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel n'en a pas l'utilit&#233;. L'id&#233;e pour lui est si intimement li&#233;e au r&#233;el qu'on ne peut pas les s&#233;parer. Un v&#233;ritable id&#233;al d'aujourd'hui est le r&#233;el de demain. Et c'est ainsi que la vie, et la logique, &#233;voluent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons donc &#224; la note modeste mais pr&#233;gnante de L&#233;nine sur Hegel. La transformation de l'id&#233;al en r&#233;el est profonde, tr&#232;s importante pour l'histoire. Vous vous souvenez dans le Mat&#233;rialisme dialectique et le destin de l'humanit&#233;, j'ai cit&#233; un passage d'un vieil article de la Nouvelle Internationale montrant comment l'id&#233;al est devenu r&#233;el, etc., en raison des buts et des consolidations et des compromis objectifs des classes et des sections de classes. Mais cette chose m&#234;me deviendra avec le temps pour nous la base d'une enqu&#234;te th&#233;orique attendue depuis longtemps, puis d'une politique pratique concr&#232;te. Nous avons maintenant (a) pass&#233; en revue le pass&#233;, (b) vu l'interconnexion et l'unit&#233; sous-jacente des parties de la Logique. Nous avons &#233;galement promis (c) d'&#233;clairer les derni&#232;res parties d'Essence &#224; venir &#8211; le reste devra attendre. Passons maintenant aux derni&#232;res parties de la Doctrine de l'Essence. (Apr&#232;s de terribles heures de travail, je me sens plut&#244;t bien. Je pense que nous avons un endroit et que nous sommes en route vers de meilleurs endroits).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Apparence et actualit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, apr&#232;s avoir saut&#233; par-dessus Terre et pris des vacances avec L&#233;nine, nous nous retrouvons dans Apparence. Je veux prendre Apparence pour une raison particuli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un de nos travaux les plus importants est l'exposition de l'analyse des partis staliniens comme &#171; outils du Kremlin &#187;. On dit qu'il est vrai que ce sont des &#171; outils du Kremlin &#187;. Mais cela, disons-nous, n'est que l'apparence des choses. Nous disons qu'ils sont essentiellement un produit du travail et du capital &#224; ce stade, comme le mench&#233;visme &#233;tait un produit du travail et du capital &#224; ce stade. Nous le fermons en disant : s'il n'y avait pas eu de r&#233;volution russe, pas de Kremlin, mais que le capitalisme avait continu&#233; &#224; d&#233;g&#233;n&#233;rer sans &#234;tre renvers&#233; par le socialisme, alors serait apparu un parti tel que le stalinisme, pr&#234;chant la r&#233;volution, pr&#234;t &#224; se rallier au-del&#224; des fronti&#232;res nationales. avec d'autres travailleurs, r&#233;pudiant la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et la d&#233;fense nationale, mais craignant mortellement les travailleurs et se pr&#233;cipitant pour la protection et le refuge vers un imp&#233;rialisme plus large, bureaucratique, corrompu, monolithique, refl&#233;tant le capitalisme dans son stade de capitalisme d'&#201;tat. Nos adversaires continuent avec ces &#171; outils du Kremlin &#187;. C'est d&#233;go&#251;tant. Pourtant, assez curieusement, ils n'appellent pas les mencheviks actuels &#171; outils de Washington &#187;. Ils ont L&#233;nine pour eux et ils essaient au moins de les relier au travail et au capital &#8211; &#224; tort, mais au moins ils essaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'importance de notre analyse est &#233;vidente. Cela nous permet de caract&#233;riser le stalinisme comme une &#233;tape de transition &#8211; nous ne sommes pas dans la position ridicule d'expliquer pourquoi ces &#171; outils du Kremlin &#187; s'accrochent sans raison au Kremlin. Nous rejetons la responsabilit&#233; sur le capitalisme. Nous les peignons objectivement et non subjectivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tellement en g&#233;n&#233;ral. En particulier, nous nous d&#233;barrassons de la gueule de bois russe. Le &#171; socialisme dans un seul pays &#187; est originaire de Russie et n'a jamais suscit&#233; le moindre int&#233;r&#234;t pour le prol&#233;tariat mondial &#8211; jamais. Je me souviens du temps o&#249; nous nous nourrissions de l'illusion &#8211; je l'ai dit souvent &#8211; que lorsque les ouvriers comprendraient enfin que les partis communistes n'&#233;taient que des agents de la politique &#233;trang&#232;re de Staline, ils se tourneraient vers nous. Tout le monde conna&#238;t cette v&#233;rit&#233; maintenant. Ils se tournent plus que jamais vers les staliniens. Toute la m&#233;thode de pens&#233;e &#233;tait fausse. Le socialisme dans un seul pays n'a pas &#171; produit &#187; des partis communistes qui se sont tourn&#233;s vers leur propre bourgeoisie. Que le socialisme ne puisse pas &#234;tre construit &#233;tait une abstraction aussi grande que la th&#233;orie de Trotsky de la r&#233;volution permanente. C'&#233;tait une continuation de sa vieille lutte avec le bolchevisme, &#224; cette &#233;poque corrompu sous Staline.Tout cela, la th&#233;orie de la r&#233;volution permanente, tout le d&#233;bat sur le socialisme dans un seul pays, les masses se tourneraient vers nous quand elles auraient compris, etc., tout cela est la pens&#233;e subjective la plus pure sans contact objectif avec la r&#233;alit&#233;. &#171; Outils du Kremlin &#187; est l'Apparence, l'organisation du travail sp&#233;cifique de l'&#233;poque du capitalisme d'&#201;tat est l'Essence. C'est seulement en g&#233;n&#233;ral. Armons-nous d'une logique dialectique.Armons-nous d'une logique dialectique.Armons-nous d'une logique dialectique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essence est un mouvement. Ce mouvement doit appara&#238;tre. Son apparition imm&#233;diate, Hegel l'appelle Existence. Quelque chose existe, mais il est transitoire, sans importance, simple Spectacle, jusqu'&#224; ce qu'il persiste et devienne Apparence. L'apparence est l'existence devenue &#034;essentielle&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essence n'est donc pas quelque chose au-del&#224; ou derri&#232;re l'apparence, mais simplement parce que c'est l'essence qui existe &#8211; l'existence est Apparence (brillant en avant).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut faire attention &#224; l'apparence. Vous ne pouvez pas le rejeter - ce n'est qu'une simple apparence. Hegel dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'apparence est &#224; tous &#233;gards un grade tr&#232;s important de l'id&#233;e logique. On peut dire que la distinction de la philosophie par rapport &#224; la conscience ordinaire est qu'elle voit le caract&#232;re simplement ph&#233;nom&#233;nal de ce que cette derni&#232;re suppose avoir un &#234;tre auto-subsistant. La signification de l'apparence, cependant, doit &#234;tre correctement saisie, ou des erreurs surviendront. Dire que quelque chose est une simple apparence peut &#234;tre mal interpr&#233;t&#233; comme signifiant que, par rapport &#224; ce qui est simplement ph&#233;nom&#233;nal, il y a une plus grande v&#233;rit&#233; dans l'imm&#233;diat, dans ce qui est. Or, &#224; proprement parler, le cas est pr&#233;cis&#233;ment l'inverse. L'apparence est plus &#233;lev&#233;e que le simple &#234;tre, cat&#233;gorie plus riche parce qu'elle contient en combinaison les deux &#233;l&#233;ments de la r&#233;flexion sur soi et de la r&#233;flexion sur l'autre : alors que l'&#234;tre (ou l'imm&#233;diatet&#233;) n'est encore qu'un simple sans relation, et ne repose apparemment que sur lui-m&#234;me. Toujours,dire que quelque chose n'est qu'apparence sugg&#232;re un vrai d&#233;faut, qui consiste en ceci, que l'Apparence est encore divis&#233;e contre elle-m&#234;me et sans stabilit&#233; intrins&#232;que. Au-del&#224; et au-dessus de la simple apparence vient en premier lieu l'Actualit&#233;, le troisi&#232;me degr&#233; d'Essence, dont nous parlerons plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'histoire de la philosophie moderne, Kant a le m&#233;rite de r&#233;habiliter d'abord cette distinction entre le mode de pens&#233;e commun et le mode de pens&#233;e philosophique. Il s'arr&#234;ta cependant &#224; mi-chemin, lorsqu'il attacha &#224; l'Apparence un sens subjectif seulement, et pla&#231;a l'essence abstraite immobile en dehors d'elle comme la chose en soi hors de port&#233;e de notre connaissance. Car c'est la nature m&#234;me du monde des objets imm&#233;diats de n'&#234;tre qu'apparence. Sachant qu'il en est ainsi, nous connaissons en m&#234;me temps l'essence qui, loin de rester en arri&#232;re ou au-del&#224; de l'apparence, manifeste plut&#244;t sa propre essentialit&#233; en d&#233;posant le monde &#224; une simple apparence. On ne peut gu&#232;re se quereller avec l'homme simple qui, dans son d&#233;sir de totalit&#233;, ne peut acquiescer &#224; la doctrine de l'id&#233;alisme subjectif, selon lequel nous ne nous occupons que des ph&#233;nom&#232;nes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un bon passage. &#199;a vaut le coup de travailler dessus. Mais son importance pour nous est &#224; la fois th&#233;orique et pratique. Th&#233;orique parce que nous venons de dire assez longuement que le r&#233;el n'est qu'un moment de l'id&#233;al. Bon. Mais c'&#233;tait en g&#233;n&#233;ral. Maintenant Hegel dit que le monde entier est Apparence mais que l'Apparence est une manifestation de l'Essence. Et lorsqu'il nous a pr&#233;venus que le r&#233;el &#233;tait bien &#171; distinct &#187;, il nous pr&#233;vient d&#233;sormais que l'apparence n'est pas une &#171; simple &#187; apparence. Si c'&#233;tait le cas, ce serait un spectacle (l'un des types de spectacle bon march&#233;, pour Hegel, foutez-le, a beaucoup de &#034;spectacles&#034;). L'avertissement signifie : vous devez relier l'apparence &#224; l'Essence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un avertissement salutaire ! &#171; Outils du Kremlin &#187; est la seule fa&#231;on dont Essence pourrait appara&#238;tre dans le monde contemporain. Ce n'&#233;tait pas cette apparition par hasard. C'est la valeur la plus vraie de Hegel. Il vous fait lutter avec les probl&#232;mes, les approfondir, voir des relations plus profondes et plus compliqu&#233;es (qui tendent cependant &#224; une plus grande simplicit&#233;), et vous aide &#224; r&#233;examiner l'objet. Une vraie apparence est celle qui doit &#234;tre ainsi. Douteux ? Voyons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si une bureaucratie est convaincue que le capitalisme tel qu'elle l'a connu est d&#233;sesp&#233;r&#233; et impuissant, si elle ressent la pression des masses r&#233;volutionnaires, si elle vit dans la terreur mortelle du bouleversement des masses qui lui semble signifier le chaos et la destruction de la civilisation, puis avec sa propre bourgeoisie n'offrant aucune perspective, elle doit se tourner vers une autre. Elle doit se tourner vers le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire ou vers la bourgeoisie. En cas de crise fondamentale, il n'y a pas d'autre endroit o&#249; aller. Il se tourne donc vers l'imp&#233;rialisme majeur inverse. Il cr&#233;e une version id&#233;alis&#233;e de son patron, il s'attache &#224; ce qu'il pense faire comprendre &#224; ses adeptes la n&#233;cessit&#233; de le soutenir. Il devient son avocat, il adopte son id&#233;ologie ; pour sa propre d&#233;fense, il devient d&#233;fenseur de son patron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La preuve en est donn&#233;e par l'observation de ceux qui s'opposent au r&#233;gime russe. Le stalinisme n'a qu'une phrase pour eux : &#171; les outils de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain &#187;. Dans tous les pays satellites et en Russie sans doute l'opposition qui n'arrive pas &#224; se tourner vers les masses r&#233;volutionnaires mais trouve le r&#233;gime russe intol&#233;rable a fondamentalement la m&#234;me attitude envers la &#171; d&#233;mocratie &#187; et la &#171; puissance industrielle &#187; am&#233;ricaines que l'opposition, les staliniens en le monde occidental, ont &#224; &#171; l'&#233;conomie planifi&#233;e &#187; russe. Sans le r&#233;gime totalitaire impitoyable, nous trouverions vraisemblablement la direction de l'opposition en Russie et certainement dans les pays satellites, telle qu'elle soit, aussi hardie, aussi fanatique, pour la &#171; d&#233;mocratie &#187; que les staliniens le sont pour &#171; &#233;conomie&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'&#233;conomie planifi&#233;e &#187; semble &#234;tre quelque chose de nouveau et est plus en harmonie avec le stade actuel du capitalisme, mais l'opposition est aussi fanatique que le sont les staliniens, et compte tenu du temps, de l'argent am&#233;ricain et de la libert&#233; que les staliniens ont dans le d&#233;mocraties, les dirigeants cr&#233;eraient une id&#233;ologie et une pratique qui permettraient &#224; leurs ennemis de les appeler &#171; outils de la Maison Blanche &#187; de la m&#234;me mani&#232;re que les staliniens sont appel&#233;s &#171; outils du Kremlin &#187;. Ils pourraient tr&#232;s bien le faire sans pr&#244;ner le retour &#224; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e de l'industrie lourde. C'est pr&#233;cis&#233;ment pour cette raison que Staline n'autorise rien, pas m&#234;me un coup d'&#339;il d'un journal &#233;tranger. L'opposition au r&#233;gime qui n'est pas r&#233;volutionnaire doit rechercher l'id&#233;ologie de l'imp&#233;rialisme adverse. C'est le mouvement logique. C'est pourtant, comme l'est toujours un mouvement logique,modifi&#233; par toutes sortes de circonstances. Un vieux pays historiquement puissant comme la Grande-Bretagne, avec ses propres traditions profond&#233;ment enracin&#233;es et une classe ouvri&#232;re puissante et unie, ne peut pas pr&#234;cher &#171; l'am&#233;ricanisme &#187; comme les staliniens pr&#234;chent le stalinisme. La bureaucratie ouvri&#232;re, cependant, agit au service de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain dans toutes les questions importantes. De Gaulle, ce puissant trompettiste du nationalisme fran&#231;ais, est d&#233;sormais devenu un v&#233;ritable admirateur am&#233;ricain. Mais dans des pays plus faibles comme la Roumanie, la Hongrie, etc., l'opposition au stalinisme est sans cette combinaison. Les socialistes sont pour la &#171; d&#233;mocratie am&#233;ricaine &#187;, et combinent cela avec des propositions de nationalisation.ne peut pas pr&#234;cher &#171; l'am&#233;ricanisme &#187; comme les staliniens pr&#234;chent le stalinisme. La bureaucratie ouvri&#232;re, cependant, agit au service de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain dans toutes les questions importantes. De Gaulle, ce puissant trompettiste du nationalisme fran&#231;ais, est d&#233;sormais devenu un v&#233;ritable admirateur am&#233;ricain. Mais dans des pays plus faibles comme la Roumanie, la Hongrie, etc., l'opposition au stalinisme est sans cette combinaison. Les socialistes sont pour la &#171; d&#233;mocratie am&#233;ricaine &#187;, et combinent cela avec des propositions de nationalisations ne peut pas pr&#234;cher &#171; l'am&#233;ricanisme &#187; comme les staliniens pr&#234;chent le stalinisme. La bureaucratie ouvri&#232;re, cependant, agit au service de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain dans toutes les questions importantes. De Gaulle, ce puissant trompettiste du nationalisme fran&#231;ais, est d&#233;sormais devenu un v&#233;ritable admirateur am&#233;ricain. Mais dans des pays plus faibles comme la Roumanie, la Hongrie, etc., l'opposition au stalinisme est sans cette combinaison. Les socialistes sont pour la &#171; d&#233;mocratie am&#233;ricaine &#187;, et combinent cela avec des propositions de nationalisation.et combiner cela avec des propositions de nationalisation .et combiner cela avec des propositions de nationalisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette apparence n'est donc pas une simple apparence. C'est le seul moyen par lequel, dans le pr&#233;sent complexe de conditions, l'Essence peut briller. Et Hegel veut dire pr&#233;cis&#233;ment cela. Sinon, l'apparence n'est pas l'apparence. C'est le spectacle ou l'Existence ou quelque chose de foutu. Mais quand sa qualit&#233; grandit et grandit jusqu'&#224; ce qu'elle s'installe dans l'apparence, alors vous avez quelque chose. Et alors que vous apprenez &#224; lire la plus grande Logique et ses pages sur des pages de jargon apparemment abscons et mystifiant, vous le trouverez vous for&#231;ant &#224; voir le mouvement, le mod&#232;le, la connexion, l'ordre, l'in&#233;vitabilit&#233; l&#224; o&#249; auparavant vous ne voyiez rien ou un simple hasard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les implications de tout cela sont &#233;normes pour la pens&#233;e en relation avec le monde moderne. L'id&#233;e que la r&#233;volution russe a attir&#233; tant de monde s'estompe dans la subjectivit&#233; qu'elle est. Cette relation d'Apparence et d'Essence nous apprend &#224; voir que c'est le d&#233;sespoir du capitalisme et le d&#233;sespoir de la r&#233;volution qui ont pouss&#233; les anticapitalistes vers la bureaucratie moscovite. Ils ont trouv&#233; une base et une fonction objectives et ont combattu leurs ennemis. C'est pourquoi la d&#233;faite en Allemagne en 1933 et la d&#233;gradation concomitante des masses ont renforc&#233; l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain. Chaque groupe se targuait de sa propre &#171; nationalisation &#187; ou &#171; d&#233;mocratie &#187;, certains combinant les deux, mais sachant o&#249; l'accent &#233;tait mis. C'&#233;taient les pi&#232;ges tendus aux masses. Les arguments de Trotsky sur le socialisme dans un seul pays n'ont pas seulement conduit &#224; de fausses conclusions.Cela l'a coup&#233; de toute possibilit&#233; s&#233;rieuse d'examiner ce qui se passait en Europe occidentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est impossible de rester ici maintenant et d'examiner toutes les implications. Continuons avec Hegel. Il dit qu'apr&#232;s l'Apparition, l'&#233;tape suivante est l'Actualit&#233;, et il nous dit ce qu'est l'Actualit&#233;. Lorsque l'Apparence n'est plus l'expression de l'Essence mais assume une existence ind&#233;pendante qui lui est propre, et que l'Essence sort aussi en son propre nom et droit, alors nous avons l'Actualit&#233;. Les voiles sont arrach&#233;s, deux totalit&#233;s se font face. Hegel &#233;crit : Il n'y a pas de transition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, cette unit&#233; est explicitement pos&#233;e, et les deux c&#244;t&#233;s de la relation identifi&#233;s. Ainsi l'actuel est exempt de transition, et son ext&#233;riorit&#233; est son &#233;nergisant. Dans cet &#233;nergisant, il se r&#233;fl&#233;chit en lui-m&#234;me : son existence n'est que la manifestation d'elle-m&#234;me, pas d'une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a maintenant aucune transition interne, aucune r&#233;flexion. Les forces fondamentales sont en conflit au grand jour. Dans l'Actualit&#233;, l'essence, le mouvement vers la r&#233;alisation, est vu clairement. L'apparence qui &#233;tait, la fa&#231;on dont l'Essence avait l'habitude de briller, est maintenant quelque chose &#224; part enti&#232;re. Dans l'organisme que nous avons suivi, le prol&#233;tariat, l'Actualit&#233; est aussi simple que le jour pour un dialecticien. Le mouvement du prol&#233;tariat, sa recherche de la r&#233;alisation de ses potentialit&#233;s est clair, m&#234;me Shachtman peut le voir. Mais les bureaucraties, les organisations, les partis, ceux-l&#224; n'expriment plus le mouvement. Ils ont maintenant acquis une existence propre et ind&#233;pendante au sein de la totalit&#233;. Le conflit est &#224; son paroxysme. Il n'y a pas de transition. Il faut maintenant la r&#233;organisation totale en quelque chose de nouveau. Comme Marcuse le remarque dans Reason and Revolution,la cat&#233;gorie d'Actualit&#233; signifie lutte sans merci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dois vous laisser le soin d'&#233;tudier avec Hegel comment une &#233;tape comme l'Actualit&#233; s'exprime dans la Substance, puis dans la Causalit&#233; o&#249;, contrairement &#224; l'Entendement qui voit perp&#233;tuellement cause ici et effet l&#224;, Hegel ne voit la cause comme mesurable que par l'effet. Cette cause est cet effet. Mais cet effet est une autre cause. L'effet est incit&#233; &#224; l'action par la cause. Mais la cause aussi est incit&#233;e par l'effet. Vous ne pouvez pas les s&#233;parer. Les unit&#233;s adverses sont trop coinc&#233;es. De la causalit&#233;, le pas est facile &#224; l'action et &#224; la r&#233;action, ce que Hegel appelle la R&#233;ciprocit&#233;. C'est une &#233;tape plus intensive de cause &#224; effet. De la r&#233;ciprocit&#233; Engels &#233;crit : &#171; Ce que Hegel appelle l'action r&#233;ciproque est le corps organique, qui forme donc le passage &#224; la conscience, c'est-&#224;-dire de la n&#233;cessit&#233; &#224; la libert&#233;, &#224; l'id&#233;e : voir Logique II, Conclusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et sous le stress de cette violente pression de va-et-vient, car ni l'un ni l'autre ne peut c&#233;der, l'organisme d&#233;borde dans le concept. Il se sait pour ce qu'il est. Cette &#233;tape n'est pas loin pour le prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que vous travaillez sur la Substance, la Possibilit&#233;, la N&#233;cessit&#233;, la Contingence, etc., ne vous handicapez pas en essayant d'ins&#233;rer chaque paragraphe dans une phase du d&#233;veloppement du prol&#233;tariat vers le socialisme. Ce n'est pas n&#233;cessaire. Hegel a examin&#233; tout le mat&#233;riel disponible de son &#233;poque, dans toutes les sph&#232;res majeures de la nature et de la soci&#233;t&#233; pour faire abstraction de ce mod&#232;le essentiel. Ce qu'il faut faire, c'est noter ce qu'il dit de l'Actualit&#233; et de l'Id&#233;e. Il veut que vous les gardiez aussi proches que vous avez gard&#233; l'apparence et l'essence. Il met en garde contre toute grande s&#233;paration entre l'Actualit&#233; et l'Id&#233;e. Ils sont ferm&#233;s. Nous devrions nous en souvenir aujourd'hui. Son commentaire est facile, familier, tr&#232;s diff&#233;rent de celui de la Logique plus large. Il dit pourtant ce qu'il veut dire.Remarquez comment l'Id&#233;e &#233;pouse l'Actualit&#233; &#8211; l'id&#233;al et le r&#233;el (vous vous souvenez de notre interm&#232;de avec L&#233;nine ?) dans les g&#233;n&#233;ralit&#233;s abstraites de l'&#202;tre sont maintenant devenus plus concentr&#233;s dans la sph&#232;re plus d&#233;velopp&#233;e de l'Essence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;alit&#233; et pens&#233;e (ou Id&#233;e) sont souvent absurdement oppos&#233;es. Comme nous entendons couramment des gens dire que, bien qu'aucune objection ne puisse &#234;tre soulev&#233;e contre la v&#233;rit&#233; et l'exactitude d'une certaine pens&#233;e, il n'y a rien de la sorte &#224; voir dans la r&#233;alit&#233;, ou cela ne peut pas &#234;tre r&#233;ellement r&#233;alis&#233; ! Les gens qui utilisent un tel langage prouvent seulement qu'ils n'ont pas correctement saisi la nature ni de la pens&#233;e ni de la r&#233;alit&#233;. La pens&#233;e dans un tel cas est, d'une part, synonyme d'une conception subjective, d'un plan, d'une intention ou similaire, tout comme l'actualit&#233;, d'autre part, est synonyme d'existence externe et sensible. C'est tr&#232;s bien dans la vie courante, o&#249; un grand laxisme est permis dans les cat&#233;gories et les noms qui leur sont donn&#233;s : et il peut bien s&#251;r arriver que, par exemple, le plan, ou la soi-disant id&#233;e, dise d'un certain mode d'imposition,est bonne et conseill&#233;e dans l'abstrait, mais que rien de tel ne se trouve dans la soi-disant r&#233;alit&#233;, ou ne pourrait &#233;ventuellement &#234;tre r&#233;alis&#233; dans les conditions donn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quand la compr&#233;hension abstraite s'empare de ces cat&#233;gories et exag&#232;re la distinction qu'elles impliquent en une ligne de contraste dure et rapide, quand elle nous dit que dans ce monde r&#233;el nous devons nous arracher les id&#233;es, il faut &#233;nergiquement protester contre ces doctrines, aussi bien au nom de la science que de la saine raison. Car d'une part les Id&#233;es ne sont pas confin&#233;es &#224; nos t&#234;tes simplement, et l'Id&#233;e, dans l'ensemble, n'est pas assez faible pour laisser la question de son actualisation ou de sa non-actualisation d&#233;pendante de notre volont&#233;. L'Id&#233;e est plut&#244;t l'absolument actif aussi bien que l'actuel. Et d'un autre c&#244;t&#233;, la r&#233;alit&#233; n'est pas si mauvaise et irrationnelle que l'imaginent des aspirants r&#233;formateurs aveugles ou mal avis&#233;s et embrouill&#233;s. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, la r&#233;alit&#233;, distincte de la simple apparence, et pr&#233;sentant principalement une unit&#233; de l'int&#233;rieur et de l'ext&#233;rieur,d'&#234;tre en contradiction avec la raison, qu'elle est plut&#244;t tout &#224; fait raisonnable, et tout ce qui n'est pas raisonnable doit pour cette raison m&#234;me cesser d'&#234;tre tenu pour actuel. Le m&#234;me point de vue se retrouve dans les usages de la parole instruite, qui refuse de donner le nom de vrai po&#232;te ou de vrai homme d'&#201;tat &#224; un po&#232;te ou &#224; un homme d'&#201;tat qui ne peut rien faire de vraiment m&#233;ritoire ou raisonnable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre nous, il est tr&#232;s m&#233;ritoire et raisonnable quand Hegel discute de ces choses de cette fa&#231;on. Les traducteurs de la plus grande Logique disent que parfois dans ce travail, il semblait &#234;tre obscur et myst&#233;rieux dans sa langue pour de la pure diablerie. Mais ici, il est calme et facile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour nous la fin de l'Essence. Nous l'avons vu grandir &#224; partir de Show, nous avons creus&#233; dans son Base (nous n'avons pas creus&#233; trop profond&#233;ment), nous sommes pass&#233;s &#224; Apparence. Nous avons vu dans Actualit&#233; les diff&#233;rents &#233;l&#233;ments sortir au grand jour. D&#233;sormais, aucun compromis n'est possible. Guerre jusqu'au bout. Une autre fois, vous verrez les investigations philosophiques et la m&#233;thode que Hegel a utilis&#233;es pour obtenir cela. Vous aborderez peut-&#234;tre le probl&#232;me fascinant de la fa&#231;on dont ce d&#233;veloppement philosophique a eu lieu, et comment il se compare &#224; un homme intelligent examinant sans philosophie un objet et apprenant de plus en plus d'exp&#233;rience. Vous verrez plus tard comment des individus dou&#233;s, exprimant leurs propres idiosyncrasies psychosomatiques, se sont r&#233;v&#233;l&#233;s incapables d'aller au-del&#224; d'un certain stade de la pens&#233;e, et comment des classes ou des sections de classes en ont fait leurs porte-parole. Tout cela est pour l'avenir. Mais maintenant nous avons, conform&#233;ment &#224; notre pratique, pour utiliser l'Essence, nous &#233;levons d'un niveau, juste un niveau de plus. Je propose de faire deux choses : (1) examiner le travail de L&#233;nine, car jusqu'&#224; ce que nous l'ayons parcouru et que nous l'ayons fait n&#244;tre, nous ne pouvons pas continuer ; (2) apr&#232;s avoir fait ce pas en avant un peu, en g&#233;n&#233;ral, par nous-m&#234;mes, en restant bien dans l'Essence. Quand vous lisez Cause et Effet dans l'Essence, un stade tr&#232;s &#233;lev&#233; de l'Essence, vous vous souviendrez que dans la Logique Hegel avait &#233;galement expos&#233; la Cause et l'Effet, en g&#233;n&#233;ral, &#233;tape par &#233;tape, &#233;tape par &#233;tape. Que j'ai appris.Quand vous lisez Cause et Effet dans l'Essence, un stade tr&#232;s &#233;lev&#233; de l'Essence, vous vous souviendrez que dans la Logique Hegel avait &#233;galement expos&#233; la Cause et l'Effet, en g&#233;n&#233;ral, &#233;tape par &#233;tape, &#233;tape par &#233;tape. Que j'ai appris.Quand vous lisez Cause et Effet dans l'Essence, un stade tr&#232;s &#233;lev&#233; de l'Essence, vous vous souviendrez que dans la Logique Hegel avait &#233;galement expos&#233; la Cause et l'Effet, en g&#233;n&#233;ral, &#233;tape par &#233;tape, &#233;tape par &#233;tape. Que j'ai appris.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La doctrine du concept&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La Doctrine du Concept est la Logique Subjective, la logique de l'Esprit, de la pens&#233;e elle-m&#234;me. Dans la Doctrine de l'&#202;tre, nous traitions de la pens&#233;e telle qu'elle observait et ressentait l'influence d'objets simples et d&#233;termin&#233;s. Dans Essence, nous avons examin&#233; un processus plus complexe, les objets &#233;taient &#171; refl&#233;t&#233;s &#187; par la pens&#233;e dans des d&#233;terminations de pens&#233;e repr&#233;sentant des parties de l'objet ; passage d'une &#233;tape &#224; l'autre. Passons maintenant au Concept. L'objet n'est plus l'&#234;tre pur et simple. Elle n'est plus divis&#233;e en d&#233;terminations-pens&#233;es. C'est un tout une fois de plus, mais un tout enrichi par nos pr&#233;c&#233;dents combats avec lui. Et l'objet &#233;tant maintenant un tout, examin&#233; &#224; fond, l'examen passe non pas &#224; la logique de la pens&#233;e par rapport &#224; l'objet, mais &#224; la logique de la pens&#233;e elle-m&#234;me, du concept, en tant que concept.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et de m&#234;me le concept peut, si l'on veut, &#234;tre qualifi&#233; d'abstrait, si le nom concret se restreint aux faits concrets de sens ou de perception imm&#233;diate. Car le concept n'est pas palpable au toucher, et lorsque nous y sommes engag&#233;s, l'ou&#239;e et la vue doivent tout &#224; fait nous faire d&#233;faut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Hegel insiste, le concept est concret, un &#171; vrai concret &#187; pour la pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les doctrines pr&#233;c&#233;dentes avaient un triple mouvement. Ainsi la Doctrine de l'&#202;tre &#233;voluait entre Qualit&#233;, Quantit&#233; et Mesure. La Doctrine de l'Essence se d&#233;place entre Identit&#233;, Diff&#233;rence et Opposition (qui repasse dans le Fond) ; il y a une relation entre Qualit&#233; et Identit&#233; ; entre la quantit&#233; et la diff&#233;rence ; entre Mesure et Opposition (ou Terrain).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la Doctrine de l'&#202;tre, le mouvement dialectique se bornait &#224; passer &#224; autre chose. Dans la Doctrine de l'Essence, le mouvement dialectique se borne &#224; passer &#224; quelque chose qui appartenait &#224; la chose m&#234;me que nous examinions &#8211; &#171; l'autre chose &#187; est le quelque chose lui-m&#234;me ; mais son Autre, nous l'avons d&#233;terr&#233;. Tout cela est li&#233; entre eux, opposition, &#233;tapes sup&#233;rieures, etc. Je n'en ferai rien. Ceci n'est pas un r&#233;sum&#233; de l'exposition de la Logique. C'est une introduction &#224; la Logique, une illustration de la fa&#231;on dont nous devrions l'utiliser et une d&#233;monstration de sa validit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous devons &#234;tre pr&#234;ts maintenant &#224; chercher un triple mouvement dans le concept. Elle est l&#224;, et ces divisions sont tr&#232;s anciennes dans les examens de pens&#233;e. Ils sont Universels, Particuliers et Individuels. Puis Hegel va passer de longues pages sur le Jugement, sur le syllogisme : Tous les hommes sont mortels, Gaius est un homme, donc Gaius est mortel. Il les poursuit sous toutes leurs formes et formes diff&#233;rentes, mais elles ne sont pas abstraites, formelles, finies, fixes, limit&#233;es. Il montre comment ils se sont d&#233;velopp&#233;s les uns par rapport aux autres, par contradiction, etc., en utilisant toutes les lois qu'il a &#233;labor&#233;es dans la logique objective. Prenez le Jugement. Quand vous dites, &#171; une maison est bonne, selon son caract&#232;re &#187;, vous portez une sorte de jugement ; quand vous dites &#171; la maison, si de tel ou tel personnage, est bonne &#187;, vous avez d&#233;velopp&#233; ce jugement et ainsi de suite. Il a quatre classes principales de Jugement,le Jugement d'Inh&#233;rence, le Jugement de Subsomption, le Jugement de N&#233;cessit&#233;, le Jugement du concept ; mais le Jugement d'Inh&#233;rence, par exemple, se divise en Jugement Positif, Jugement N&#233;gatif, Jugement Infini ; et chacun des autres a ses trois divisions. Je n'ai pas travaill&#233; sur les Jugements, mais je sais que le Jugement d'Inh&#233;rence correspond &#224; la Qualit&#233; dans la Doctrine de l'Etre et &#224; l'Identit&#233; dans la Doctrine de l'Essence ; que le Jugement de Subsomption et de N&#233;cessit&#233; correspondent &#224; la Quantit&#233; dans la Doctrine de l'Etre et &#224; la Diff&#233;rence dans la Doctrine de l'Essence. La m&#234;me chose avec le syllogisme et ainsi de suite. Hegel dit, dans les livres de logique ordinaires qu'ils vous disent, voici ces formes : appliquez-les ou apprenez-les ou faites quelque chose avec elles. Il dit : ils ne sont pas seulement tomb&#233;s du ciel, ils sont venus chacun de quelque part,&#224; un certain stade de d&#233;veloppement ; ils sont pass&#233;s &#224; des formes plus &#233;lev&#233;es et plus compliqu&#233;es, ils sont pass&#233;s &#224; ces formes sup&#233;rieures par un certain processus. Dans Dialectique de la nature, Engels a ce qui est &#224; mon humble avis un passage tr&#232;s satisfaisant sur le Jugement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, si vous avez pr&#234;t&#233; attention, vous saurez maintenant de quoi parle la Doctrine du concept ; il traite de ce d&#233;veloppement des normes de conscience en tant que telles. Vous vous souvenez de la Pr&#233;face et de l'Introduction &#224; la Ph&#233;nom&#233;nologie, de la chose test&#233;e et de la chose testante. Le concept traite de la chose qui teste &#8211; l'appareil de la pens&#233;e. Et malgr&#233; tous les ravissements de Hegel sur le fait que nous sommes maintenant dans la sph&#232;re bleue de l'Esprit-Monde, etc., dans la Logique Subjective, il trace un d&#233;veloppement aussi logiquement objectif qu'on peut le souhaiter. Mais il est bon de se rappeler que nous sommes dans le domaine de la pens&#233;e. Son caract&#232;re destructeur est le d&#233;veloppement, par lequel Hegel veut dire qu'il ne montre que ce qui est immanent en lui, par exemple, la plante se d&#233;veloppe &#224; partir de son germe. Rien n'appara&#238;t dans la plante qui ne soit contenu dans le germe. Des jumeaux identiques le montrent tr&#232;s clairement.A cinquante ans, ils se ressemblent souvent exactement, ce qui veut dire que leur germe contenait tout ce qu'ils sont devenus par la suite. Hegel dit qu'alors que dans la Doctrine de l'&#202;tre la chose se change en autre chose, mais autre chose qui bien qu'&#171; autre &#187; en fasse vraiment partie, elle refl&#232;te un autre int&#233;rieur ; dans la Dialectique du concept, la petite chose, le commencement abstrait, s'&#233;tend constamment et se d&#233;veloppe en &#233;tapes de plus en plus larges, plus concr&#232;tes, plus riches, plus compliqu&#233;es, plus globales, qui &#233;taient en elle depuis le tout d&#233;but. Pens&#233;e, tu te souviens ? Pens&#233;e. Des id&#233;es en tant qu'id&#233;es.il refl&#232;te un autre int&#233;rieur ; dans la Dialectique du concept, la petite chose, le commencement abstrait, s'&#233;tend constamment et se d&#233;veloppe en &#233;tapes de plus en plus larges, plus concr&#232;tes, plus riches, plus compliqu&#233;es, plus globales, qui &#233;taient en elle depuis le tout d&#233;but. Pens&#233;e, tu te souviens ? Pens&#233;e. Des id&#233;es en tant qu'id&#233;es.il refl&#232;te un autre int&#233;rieur ; dans la Dialectique du concept, la petite chose, le commencement abstrait, s'&#233;tend constamment et se d&#233;veloppe en &#233;tapes de plus en plus larges, plus concr&#232;tes, plus riches, plus compliqu&#233;es, plus globales, qui &#233;taient en elle depuis le tout d&#233;but. Pens&#233;e, tu te souviens ? Pens&#233;e. Des id&#233;es en tant qu'id&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec cette contradiction tr&#232;s modeste, nous pouvons maintenant commencer. J'interpr&#233;terai librement et puis collerai le passage vers le bas. Nulle part, pas m&#234;me chez Marx, je n'ai &#233;t&#233; aussi enthousiasm&#233; par le pur pouvoir de divination logique et d'interpr&#233;tation de l'intellect humain. Si vous voulez l'essayer vous-m&#234;me, le passage est en p. 242 de la plus grande Logique o&#249; il reprend le Particulier ; il a d&#233;j&#224; trait&#233; avec Universel. Nous n'avons pas &#224; traiter sp&#233;cialement avec Universel. Nous le connaissons bien. L'&#201;tat est un universel &#8211; il englobe tous les types de gouvernement politique. C'est tout &#224; fait concret. C'est tout &#224; fait abstrait. Tel autre est &#171; la r&#233;volution &#187;. Un autre universel est le socialisme. Cela signifie tout. Pourtant, cela ne signifie rien de particulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le socialisme est donc un Universel (en pens&#233;e, remarquez, un concept). C'est comme un germe, il contient beaucoup de choses dedans. Ce germe prend une forme d&#233;termin&#233;e, une forme particuli&#232;re. C'est son &#234;tre, comme par exemple dans Le Manifeste Communiste ou dans le Manifeste de la Premi&#232;re Internationale. Le concept comme Universelle devient une concept d&#233;termin&#233;e. Mais dans la Doctrine de l'&#202;tre quand rien ne devenait quelque chose, c'&#233;tait un simple &#171; imm&#233;diat &#187;. Ce n'est pas le cas dans le concept. Lorsque l'Universel du socialisme devient d&#233;termin&#233;, il ne s'agit pas d'une simple imm&#233;diatet&#233;. Il est &#171; &#233;gal &#224; lui-m&#234;me &#187;. C'est une forme de m&#233;diation qui est absolue. (Il faut le ressentir.) Il n'est pas l&#224; qu'&#224; attendre d'&#234;tre transform&#233; en un Autre. Il est vrai qu'il contient Intro-Reflection ou Essence. Il ne va pas y rester &#233;ternellement. &#199;a va changer, &#231;a va bouger. Mais pour donner quelques exemples approximatifs : quand Marx a &#233;crit ses concepts et les a d&#233;finis, il ne l'a pas fait en cherchant &#224; y voir des contradictions, &#224; partir desquelles il trouverait une v&#233;rit&#233; sup&#233;rieure. Non, c'&#233;tait du socialisme d&#233;termin&#233;. Le l&#233;ninisme en tant que concept et doctrine &#233;tait le socialisme concret. Vous le voyez dans la distinction entre la r&#233;volution bourgeoise et la r&#233;volution prol&#233;tarienne (exemples seulement). La r&#233;volution bourgeoise en Russie telle que L&#233;nine la concevait, visait &#224; faire quelque chose qui cr&#233;erait, lib&#233;rerait la possibilit&#233; pour le prol&#233;tariat de s'organiser librement (comme en Europe) et de lutter pour le socialisme. C'&#233;tait une transition. Mais la r&#233;volution prol&#233;tarienne est la r&#233;volution prol&#233;tarienne. Ce n'est pas fondamentalement une transition vers quoi que ce soit d'autre. Il est vrai qu'il a &#224; un moment donn&#233; des faiblesses, des d&#233;fauts ; ceux-ci seront supprim&#233;s. Mais il se pose &#224; part enti&#232;re. C'est une m&#233;diation, elle ne comprend pas l'Universel dans sa totalit&#233;, mais c'est une m&#233;diation absolue. C'est le concept en &#171; principe &#187;, mot que Hegel utilise souvent dans cette section, et il dit que toute Concept dont la forme particuli&#232;re n'est pas le concept en principe n'est pas bonne. C'est &#171; st&#233;rile &#187;. Vient maintenant un brillant usage de la dialectique, qui donnera des r&#233;sultats &#233;tonnants. Le socialisme est un Universel qui, en 1864, prend une forme d&#233;termin&#233;e et concr&#232;te. Mais, dit Hegel, elle est &#171; rev&#234;tue &#187; de l'Universel. La forme d&#233;termin&#233;e, ce qu'&#233;crit Marx, a des faiblesses, des d&#233;fauts, des &#171; diff&#233;rences &#187; avec l'Universel. Lui et tous ceux qui ont du bon sens le savent. Les doctrines sont concr&#232;tes mais elles ne sont pas du socialisme complet. Mais ils sont &#233;crits en termes d'Universel : ceci, cela et cela, c'est le socialisme. Donc les doctrines de 1864 deviennent contenu et l'Universel devient forme,et donc abstrait. Dans l'Universel pur, ce n'est que la n&#233;gativit&#233; absolue, le socialisme dont nous savons qu'il devra nier et nier jusqu'&#224; ce qu'il le trouve r&#233;alisation totale. Mais lorsqu'elle trouve en principe un contenu d&#233;termin&#233;, ce contenu est d&#233;termin&#233;, ce qui rend l'Universel en lui abstrait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici le paragraphe complet :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La d&#233;terminit&#233; du particulier est simple comme principe (on l'a vu) ; mais c'est simple aussi comme moment de totalit&#233; &#8211; comme d&#233;terminit&#233; contre l'autre d&#233;terminit&#233;. Le concept, en tant qu'elle se d&#233;termine ou se distingue, d&#233;signe n&#233;gativement son unit&#233; et prend la forme d'un de ses moments (qui est de nature id&#233;ale) d'&#234;tre : comme Concept d&#233;termin&#233;e elle a un &#202;tre D&#233;termin&#233; en g&#233;n&#233;ral. Mais cet &#202;tre ne signifie plus l'imm&#233;diatet&#233; nue mais l'Universelit&#233; &#8211; imm&#233;diatet&#233; qui par m&#233;diation absolue est &#233;gale &#224; elle-m&#234;me et contient &#233;galement l'autre moment, Essence ou Intro-R&#233;flexion. Cette Universelit&#233; qui rev&#234;t le d&#233;termin&#233; est l'Universelit&#233; abstraite. Le particulier contient l'Universelit&#233; comme Essence ; mais, en tant que la d&#233;terminit&#233; de la diff&#233;rence est pos&#233;e, et a par l&#224; l'&#234;tre,cette Universelit&#233; est li&#233;e &#224; la diff&#233;rence comme forme, et la d&#233;terminit&#233; comme telle est contenu. L'universelit&#233; devient forme en tant que la diff&#233;rence existe comme l'essentiel - tandis que dans l'universel pur elle n'existe que comme n&#233;gativit&#233; absolue, et non comme diff&#233;rence qui se pose comme telle. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant pour continuer. La premi&#232;re phrase que je n'arrive pas &#224; comprendre &#8211; accordez-moi quelques instants &#8211; mais apr&#232;s &#231;a va bon train. (Pourquoi toute cette effervescence ? Car juste au-dessus de la page, la Compr&#233;hension s'emballe, s'expose, d'une mani&#232;re qui fait du bien au c&#339;ur.) Dans le concept d&#233;termin&#233;e, le concept est hors d'elle-m&#234;me. C'est le socialisme, la n&#233;gativit&#233; pure. Mais c'est d&#233;termin&#233;. Les doctrines, les id&#233;es de Marx sont suffisamment concr&#232;tes. Ils appara&#238;tront dans la Commune dans quelques ann&#233;es. Et bien qu'il y ait des diff&#233;rences entre le socialisme, en tant qu'universel pur, et le socialisme dans sa forme d&#233;termin&#233;e, il n'y a pourtant pas d'autre socialisme et l'identit&#233; est assez proche. Mais l'identit&#233; est simplement &#171; imm&#233;diate &#187;. Ce n'est pas la totalit&#233;, en 1864, pas l'id&#233;e pleine, compl&#232;te. (Aujourd'hui, nous sommes beaucoup plus proches de cela. Un monde, le socialisme international, etc.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En soi, c'est cette compl&#233;tude puisque le germe est en soi la plante. Elle est pour soi, sous la forme d&#233;termin&#233;e, pour soi en principe. Mais s'il y a m&#233;diation, il va y avoir d'autres &#233;tapes, mais ces &#233;tapes ne sont pas &#171; pos&#233;es &#187;, l'essentiel n'est pas de d&#233;velopper ce qui est inh&#233;rent et appel&#233; &#224; appara&#238;tre. L'affaire principale est ce qui est. Mais pr&#233;cis&#233;ment parce que nous avons affaire &#224; quelque chose en principe, le contenu a la forme de l'indiff&#233;rence &#224; son Universelit&#233;. Ce n'est pas la totalit&#233;. D'ACCORD. Mais il n'est pas, comme dans la Doctrine de l'Essence, incapable de faire un pas sans regarder en arri&#232;re pour voir ce qu'il refl&#232;te, et impatient de voir ce qui va arriver. Bien s&#251;r, nous allons arbitrer, mais cette chose ici et maintenant est assez bonne pour nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et maintenant, mes amis, nous approchons. Laissons le maestro parler pour lui-m&#234;me maintenant et nous suivrons notre chemin. (Vous obtiendrez cependant quelques chocs.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ici aussi le lieu de mentionner la circonstance qui a fait que l'entendement a &#233;t&#233; tenu en si peu d'estime ces derniers temps et qu'il a &#233;t&#233; rang&#233; apr&#232;s la raison, &#224; savoir la fixit&#233; qu'il donne aux d&#233;terminit&#233;s, et donc aux finitudes. Cette fixit&#233; consiste dans la forme d'Universelit&#233; abstraite qui vient d'&#234;tre consid&#233;r&#233;e : par elle ils deviennent immuables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Trotskysme, voyant que la Deuxi&#232;me Internationale (r&#233;formiste) et la Troisi&#232;me Internationale (r&#233;volutionnaire) et la bureaucratie ennemie de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e &#233;taient des incarnations &#171; en principe &#187; du socialisme, de l'Universel, qu'ils ont sans aucun doute compl&#232;tement omis d'&#233;tudier p. 244 de la Logique et reconna&#238;tre que ceux-ci, aussi concrets qu'ils fussent, &#233;taient pourtant des Universaux abstraits au sens o&#249; Hegel l'a si soigneusement expliqu&#233;. Ils n'&#233;taient qu'une forme. Ils n'&#233;taient pas la totalit&#233;. Et pr&#233;cis&#233;ment parce qu'ils &#233;taient l'Universelit&#233; abstraite, ils pouvaient devenir terriblement fixes et f&#233;rocement finis. Le fait m&#234;me qu'ils soient universels est ce qui leur donne leur t&#233;nacit&#233; et leur endurance. Dans l'&#202;tre simple et l'Essence r&#233;flexive, le mouvement est plus facile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car la d&#233;terminit&#233; qualitative, et la d&#233;termination de la r&#233;flexion, existent essentiellement comme limit&#233;es, et, dans leur barri&#232;re, ont un rapport avec leur Autre ; ils contiennent ainsi la n&#233;cessit&#233; de la transition et de la disparition. Mais l'Universelit&#233; (qu'ils ont dans l'Entendement) leur donne la forme d'Intro-R&#233;flexion, qui les soustrait au rapport &#224; autrui et les rend imp&#233;rissables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Socialisme ! Un socialisme mondial, une internationale r&#233;volutionnaire une internationale r&#233;formiste, mon Dieu ! Ce ne sont pas des exemples parfaits, mais ce ne sont pas des manifestations ordinaires. Ce sont des Universaux. Et ainsi la Compr&#233;hension s'en tient &#224; eux. Ils &#233;taient des universaux, mais des universaux limit&#233;s. Comme le dit Hegel, l'entendement rend &#224; ces choses un respect qui n'appartient qu'au concept &#171; pur &#187; et qu'&#224; une d&#233;terminit&#233; elle-m&#234;me universelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, dans le concept pur, cette &#233;ternit&#233; appartient &#224; sa propre nature, et ainsi ses d&#233;terminations abstraites ne seraient des essentialit&#233;s &#233;ternelles que selon leur forme ; mais leur contenu n'est pas ad&#233;quat &#224; cette forme, et par cons&#233;quent ils ne sont pas v&#233;rit&#233; et imp&#233;rissabilit&#233;. Leur contenu n'est pas ad&#233;quat &#224; la forme, parce qu'il n'est pas la d&#233;terminit&#233; elle-m&#234;me comme universelle ; c'est-&#224;-dire qu'elle n'est pas en tant que totalit&#233; de la diff&#233;rentiation du concept, ou pas elle-m&#234;me la forme enti&#232;re. . .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant je ne sais pas, mais il me semble que Hegel, ayant examin&#233; des ph&#233;nom&#232;nes et des totalit&#233;s de toutes sortes, a ici extrait le processus de la pens&#233;e de l'Entendement d'une mani&#232;re qui nous fait voir nos probl&#232;mes sous un jour nouveau et infiniment plus riche. . Il y en a d'autres &#224; venir qui vont nous surprendre et nous illuminer. Mais Hegel est un dialecticien. Il n'y a pas que la diff&#233;rence, il y a l'identit&#233;, il y a le lien. Voyez comment Hegel, qui travaillait l'Entendement, nous montre maintenant qu'il a une place indiscutable &#8211; oui, monsieur &#8211; indiscutable dans la dialectique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'entendement repr&#233;sente alors la force infinie qui d&#233;termine l'Universel, ou au contraire conf&#232;re une persistance fixe par la forme de l'Universelit&#233; &#224; ce qui dans la d&#233;terminit&#233; n'a en soi et pour soi aucune stabilit&#233; ; et ce n'est pas la faute de la compr&#233;hension s'il n'y a plus de progr&#232;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est assez clair. La compr&#233;hension alors m&#234;me dans le Concept est le genre de pens&#233;e qui d&#233;termine l'Universel. C'est une qualit&#233; positive. &#199;a dit : les gar&#231;ons, &#231;a y est. Regardez comment cela incarne l'Universel. Voyez comment il repr&#233;sente le socialisme ici, l&#224; et l&#224;-bas. Voyez comment cette Internationale r&#233;formiste est le r&#233;formisme incarn&#233;. La compr&#233;hension en fait est v&#233;ritablement r&#233;volutionnaire, et dans l'&#233;tablissement d'un Universel d&#233;termin&#233;, vous ne pouvez pas faire la diff&#233;rence entre elle et la Raison. La raison utilise en fait la compr&#233;hension &#224; cette fin. (N'est-ce pas merveilleux ! L'arri&#232;re-pens&#233;e, les choses que je dis et ne dis pas.) Mais l'entendement est accabl&#233; par ces magnifiques d&#233;terminations de principe. Il veut s'installer maintenant et se mettre au travail. Quand Universel commence &#224; vouloir sortir de ce Particulier, la Compr&#233;hension fait rage furieusement. Celui-ci, mes amis, dit-il, est Universel. Il a des d&#233;fauts, mais il est Universel. Enfin, quand l'Entendement peut y rester, il ne bouge plus, mais pour quoi faire ? Il dit : &#171; Mes amis, nous n'avons aucune r&#233;flexion ennuyeuse &#224; faire. Les plans sont l&#224;. Le grand architecte de nos Universaux malheureusement d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;s, il nous a laiss&#233; les plans d&#233;finitifs. Tout ce que nous avons &#224; faire est de repousser les imposteurs et de &#171; redresser l'ancienne structure &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La compr&#233;hension conf&#232;re alors une &#171; persistance fixe &#187;. Mais, dit Hegel, et c'est salutaire si totalement inattendu :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est une impuissance subjective de la raison qui permet &#224; ces d&#233;terminit&#233;s de compter de cette mani&#232;re, et est incapable de les ramener &#224; l'unit&#233; par la force dialectique qui s'oppose &#224; cette Universelit&#233; abstraite, c'est-&#224;-dire par la nature propre (autrement dit, le concept) de ces d&#233;terminit&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici deux id&#233;es d'une importance consid&#233;rable pour nous. La raison laisse la mauvaise Compr&#233;hension coinc&#233;e dans ses finitudes. La raison subjective est responsable. Il est trop faible pour combler l'&#233;cart. L'effort doit &#234;tre fait. Et comment ? En voyant la nature particuli&#232;re, c'est-&#224;-dire le Concept de ces d&#233;terminit&#233;s fixes, limit&#233;es. C'est assez clair. Le concept est une classe ouvri&#232;re libre et cr&#233;ative, une classe ouvri&#232;re qui n'est pas ce qu'elle est dans le capitalisme. Le Concept d&#233;termin&#233;e fait de son mieux, mais quand celle-ci est &#233;puis&#233;e, il faut revenir au socialisme, &#224; votre Universel du commencement, et ainsi vous d&#233;barrasser d'un particulier &#233;puis&#233;, fini, limit&#233;. Un nouveau particulier est n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comprendre est malicieux. C'est exact.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai qu'&#224; travers la forme de l'Universelit&#233; abstraite, l'entendement leur donne ce qu'on peut appeler une duret&#233; d'&#202;tre telle qu'ils n'en poss&#232;dent pas dans les sph&#232;res de la Qualit&#233; et de la R&#233;flexion ; mais par cette simplification l'entendement les spiritualise aussi et les aiguise tellement qu'ils ne re&#231;oivent qu'&#224; ce point extr&#234;me la capacit&#233; de se dissoudre et de passer dans leur contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comprendre, par son obstination, son adh&#233;sion aux cat&#233;gories finies, les pr&#233;pare &#224; l'&#233;tape o&#249; elles doivent se dissoudre et passer dans leur contraire. Gardez &#224; l'esprit que l'Universel utilise un particulier. Quand ce particulier n'est pas bon, il le jette. Ce particulier p&#233;rit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La maturit&#233; ou le stade le plus &#233;lev&#233; que quelque chose puisse atteindre est celui o&#249; il commence &#224; p&#233;rir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; ce stade que la Raison subjective est oblig&#233;e, OBLIGEE, d'intervenir. Nous aurons souvent besoin de cette id&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est la propri&#233;t&#233; particuli&#232;re du Concept.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entendement commet la b&#233;vue des b&#233;vues en rendant imp&#233;rissable le concept d&#233;termin&#233;e. La seule chose imp&#233;rissable est l'Universelit&#233; du concept. Cette qualit&#233; appartient au Concept seul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et par cons&#233;quent la dissolution du fini s'exprime en lui-m&#234;me et dans une proximit&#233; infinie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'Universel qui indique clairement que les cat&#233;gories finies vont &#234;tre d&#233;truites, aussi fond&#233;es qu'elles soient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette Universelit&#233; argumente d'embl&#233;e la d&#233;terminit&#233; du fini et exprime son insuffisance &#224; lui-m&#234;me. Ou plut&#244;t, l'ad&#233;quation du fini est d&#233;j&#224; donn&#233;e ; le d&#233;termin&#233; abstrait est pos&#233; comme ne faisant qu'un avec l'Universelit&#233;, et non pour lui seul, car alors il ne serait que d&#233;termin&#233;, mais seulement comme unit&#233; de soi et de l'universel, c'est-&#224;-dire comme Concept.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argument g&#233;n&#233;ral est clair. Si ce n'est pas le cas, r&#233;solvez-le vous-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel dit : &#171; La pratique ordinaire de s&#233;parer l'entendement et la raison doit donc &#234;tre condamn&#233;e &#224; tous &#233;gards.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La compr&#233;hension a sa place. C'est l'abus de la cat&#233;gorie fixe et limit&#233;e qui est criminel. Et Hegel joue sur une note triste mais salutaire. Comprendre, en portant la chose aux hauteurs qu'elle fait, pr&#233;pare ainsi la voie &#224; la Raison pour faire le saut. Si vous n'&#234;tes pas en mesure de dire que notre cat&#233;gorie tr&#232;s fond&#233;e sur des principes, la propri&#233;t&#233; nationalis&#233;e, et une cat&#233;gorie fond&#233;e sur des principes, cela peut sembler &#234;tre, si vous n'&#234;tes pas en mesure de dire : &#171; Compte tenu de ce qu'est le socialisme, je dois r&#233;pudier cette cat&#233;gorie et obtenir revenir aux fondamentaux et cr&#233;er un nouveau crit&#232;re &#187;, si vous ne pouvez pas faire cela, alors vous persistez dans la d&#233;termination et finissez par faire de la fausse d&#233;termination le moyen par lequel vous d&#233;truisez tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne vois pas comment une personne raisonnable peut nier autant : que Hegel, face aux th&#233;oriciens de l'&#201;tat ouvrier, puisse dire : &#171; Je connais ces gens. J'ai vu ce genre de chose arriver des dizaines de fois. J'en ai parl&#233; dans le Concept.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas tout. Le concept a, vous vous en souvenez, une troisi&#232;me division, Individuelle. Vous vous souvenez des trois, Universel, Particulier, Individuel. L'individu est le m&#234;me que l'Actualit&#233;. Le b&#233;ton. (Mais nous avons affaire &#224; la pens&#233;e, le concret est l'&#233;tape concr&#232;te de la pens&#233;e.) &#192; mon avis, nous avons le socialisme, l'Universel, qui cherche un endroit o&#249; se placer. Le marxisme, en g&#233;n&#233;ral, propose un programme g&#233;n&#233;ral. Formons une Internationale de tels ou tels principes. C'est un Particulier. Mais le 14 mai 1871, Karl Marx n'&#233;crit pas en g&#233;n&#233;ral mais concr&#232;tement un document sur la Commune de Paris, et exprime certaines id&#233;es, propositions et pr&#233;visions concr&#232;tes. Dans la sph&#232;re de la pens&#233;e, ce document est un concret, un Individu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, le Particulier est &#224; mi-chemin entre l'Universel et l'Individuel. Lorsque vous en sortez, vous pouvez en sortir, soit en revenant &#224; l'Universel - puis l'Universel, sans tenir compte du particulier, &#034;monte au genre le plus &#233;lev&#233; et le plus &#233;lev&#233;&#034; - ou vous &#171; descendre &#187; (mot de Hegel) dans l'Individu concret. J'esp&#232;re que le point est clair. Et puis vient une superbe d&#233;claration :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; A ce point se produit la divagation par laquelle l'abstraction quitte la route du concept et d&#233;serte la v&#233;rit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pr&#233;cis&#233;ment la th&#233;orie de la r&#233;volution permanente de Trotsky. La lutte concr&#232;te en Russie, il a ignor&#233;. &#201;tait-ce une r&#233;volution bourgeoise ? L&#233;nine disait que c'&#233;tait et menait concr&#232;tement la guerre prol&#233;tarienne contre la bourgeoisie lib&#233;rale et les mencheviks, leurs agents. Son programme, ses id&#233;es, son Concept de socialisme, oui, de socialisme, pouvaient trouver sa profondeur la plus profonde pr&#233;cis&#233;ment &#224; cause de cette concr&#233;tude. Mais la th&#233;orie de Trotsky de la r&#233;volution permanente ? Hegel imm&#233;diatement, le cloue imm&#233;diatement. &#192; ce stade, dit-il, se produit la divagation de la v&#233;rit&#233;. Et quelle forme prend-il ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son universel le plus &#233;lev&#233; et le plus &#233;lev&#233; auquel il s'&#233;l&#232;ve n'est que la surface qui a de moins en moins de contenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;cis&#233;ment. La r&#233;volution permanente n'avait aucun contenu. La seule chose concr&#232;te qui en est ressortie, c'est qu'elle a conduit Trotsky toujours vers les mencheviks et contre le l&#233;ninisme, dans toutes les ann&#233;es longues, dures, difficiles o&#249; s'est martel&#233; le bolchevisme. Il m&#233;prisait le b&#233;ton. Comme Hegel poursuit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'Individualit&#233; qu'il m&#233;prise est cette profondeur dans laquelle le concept se comprend et se pose comme Concept. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si quelqu'un peut comprendre cela, nous le pouvons. Trotsky s'est envol&#233; dans les minces abstractions de la r&#233;volution permanente. Il n'en est rien sorti. Rien. Et ce sont les th&#233;ories concr&#232;tes de L&#233;nine, traitant de l'actuel, de l'Individu, d'o&#249; sont venues toutes les merveilleuses intuitions et lumi&#232;res qui ont enrichi le concept de socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Concept est concret. C'est pens&#233; mais c'est du concret. C'est un jugement, une d&#233;cision, une action, une intervention. Ce n'est pas la connaissance dans la t&#234;te pour la t&#234;te. La mati&#232;re, la soci&#233;t&#233;, agit par impulsion, fait ses n&#339;uds, les n&#339;uds forment de vieilles cat&#233;gories, les vieilles cat&#233;gories font de nouvelles cat&#233;gories, de nouvelles cat&#233;gories clarifient la mati&#232;re et la soci&#233;t&#233;, car la pens&#233;e m'apprend l'action intelligente. Les cat&#233;gories sont la forme la plus haute de la mati&#232;re, en tout cas ins&#233;parable de la mati&#232;re, la forme d'aujourd'hui, qui sera contenue demain parce qu'elle est d&#233;j&#224; un contenu, un contenu pos&#233;. Sans cette concr&#233;tude, le concept n'a pas sa place. Vous ne pouvez pas l'appr&#233;hender par abstraction. L'abstraction reste immobile sans individualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Vie, l'Esprit, Dieu, et aussi le concept pur ne peuvent donc pas &#234;tre appr&#233;hend&#233;s par l'abstraction, car elle &#233;loigne de ses produits l'Individualit&#233;, principe de singularit&#233; et de personnalit&#233;, et n'atteint ainsi que des universelit&#233;s d&#233;pourvues &#224; la fois de vie et d'esprit, de couleur et de contenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie de Trotsky de la r&#233;volution permanente y manquait pr&#233;cis&#233;ment. C'est L&#233;nine qui tirait de la vie concr&#232;te, l'esprit, la couleur, le contenu. Mais ce ne sont pas seulement les luttes de 1905-1917. Les luttes d'aujourd'hui &#233;clairent ces analyses absolument incroyables de Hegel, incroyables parce que si universellement valables. La Quatri&#232;me Internationale officielle n'a aucune conception du socialisme. Tout ce que Trotsky peut dire sur la Russie apr&#232;s vingt-cinq ans, c'est : r&#233;viser le plan, r&#233;int&#233;grer les soviets. Il n'a rien appris. Le m&#234;me vieux contenu, pas de vie, pas d'esprit, pas de couleur. Et nous, avons-nous une vie, un esprit, une couleur particuliers ? Que d'autres devront juger. J'aborderai ce probl&#232;me avant que nous ayons termin&#233;. Mais je le r&#233;p&#232;te maintenant comme nous l'avons dit dans The Invading Socialist Society : Si vous r&#233;imprimez &#171; L'Etat et la R&#233;volution &#187;, &#171; La catastrophe imminente &#187;, &#171; Les bolcheviks peuvent-ils conserver le pouvoir d'&#201;tat &#187; et &#171; Les T&#226;ches imm&#233;diates du gouvernement sovi&#233;tique &#187;, vous obtenez une image plus claire du socialisme concret, des perspectives concr&#232;tes, des actions concr&#232;tes &#224; suivre pour les travailleurs que dans tous les &#233;crits de la Quatri&#232;me Internationale depuis vingt-cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel est impitoyable. Et je m'&#233;merveille constamment de la quantit&#233; de travail qu'il a d&#251; faire pour que la chose soit si simple, dans les abstractions. Il continue ainsi &#224; d&#233;chirer la Compr&#233;hension :&lt;br class='autobr' /&gt;
Vous ne pouvez pas &#233;chapper aux cons&#233;quences du concept. Un concept est une concept. Il embrasse toutes les parties et elles sont ins&#233;parables. La compr&#233;hension obtient d'abord des Universelit&#233;s d&#233;pourvues de toute couleur, contenu, vie et esprit. Mais ces produits de l'abstraction qui ont m&#233;pris&#233; l'Individu, le concret, sont des individus eux-m&#234;mes. La compr&#233;hension prend le concret et en fait un universel. Il ne voit donc l'Universel que comme l'Universelit&#233; d&#233;termin&#233;e : et donc le concret, l'Individu, qu'il a &#233;lev&#233; dans cette position, s'est charg&#233; de l'immense t&#226;che de se d&#233;terminer (rapport &#224; soi). Pour cela le b&#233;ton ainsi pouss&#233; dans la situation d'Universel est tout &#224; fait inadapt&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela vous semble-t-il plut&#244;t abstrait ? Pas &#224; moi. Nous avons vu la propri&#233;t&#233; nationalis&#233;e, le b&#233;ton en Russie, pris et pouss&#233; dans la position d'Universel. Qu'est-ce que le socialisme, qu'est-ce qu'il vise, qu'est-ce qu'il signifie pour moi, tout cela est pass&#233; &#224; la trappe. C'est devenu la plus pure abstraction : les partis ouvriers rivalisant pacifiquement dans leurs soviets, le plan r&#233;vis&#233; dans l'int&#233;r&#234;t des travailleurs, etc. il y a. Vous faites remarquer qu'en 1928 quand ils &#233;taient revenus au niveau de 1917, il n'y en avait peut-&#234;tre que quelques milliers, voire plus, dans les camps de concentration, etc. Mais &#224; chaque fois que le charbon, l'acier, etc. la corruption augmente, et nous avons donc un graphique. Au fur et &#224; mesure que la production planifi&#233;e augmente, ainsi chaque mal bourgeois augmente jusqu'&#224; ce que nous ayons quinze &#224; vingt millions dans des camps de concentration, des camps de travaux forc&#233;s, etc., et un &#233;tat aussi monstrueux qu'aucun mortel n'avait jamais imagin&#233;. Il est s&#251;rement temps de penser au socialisme &#8211; d'examiner ce que nous entendons par lui et ce que nous entendons par lui. Non, pas pour eux. Le tout tourne autour de la propri&#233;t&#233; nationalis&#233;e et si, si la propri&#233;t&#233; nationalis&#233;e continue &#224; pr&#233;server la bureaucratie et &#224; commettre ces monstruosit&#233;s, alors allons-nous enfin revenir en arri&#232;re pour r&#233;examiner notre universel, le socialisme ? Par Christ, non. En finir avec le marxisme &#224; la place. Jetez-le. Cela nous a fait d&#233;faut. La propri&#233;t&#233; nationalis&#233;e reste ma&#238;tresse du terrain.Il est s&#251;rement temps de penser au socialisme &#8211; d'examiner ce que nous entendons par lui et ce que nous entendons par lui. Non, pas pour eux. Le tout tourne autour de la propri&#233;t&#233; nationalis&#233;e et si, si la propri&#233;t&#233; nationalis&#233;e continue &#224; pr&#233;server la bureaucratie et &#224; commettre ces monstruosit&#233;s, alors allons-nous enfin revenir en arri&#232;re pour r&#233;examiner notre universel, le socialisme ? Par Christ, non. En finir avec le marxisme &#224; la place. Jetez-le. Cela nous a fait d&#233;faut. La propri&#233;t&#233; nationalis&#233;e reste ma&#238;tresse du terrain.Il est s&#251;rement temps de penser au socialisme &#8211; d'examiner ce que nous entendons par lui et ce que nous entendons par lui. Non, pas pour eux. Le tout tourne autour de la propri&#233;t&#233; nationalis&#233;e et si, si la propri&#233;t&#233; nationalis&#233;e continue &#224; pr&#233;server la bureaucratie et &#224; commettre ces monstruosit&#233;s, alors allons-nous enfin revenir en arri&#232;re pour r&#233;examiner notre universel, le socialisme ? Par Christ, non. En finir avec le marxisme &#224; la place. Jetez-le. Cela nous a fait d&#233;faut. La propri&#233;t&#233; nationalis&#233;e reste ma&#238;tresse du terrain.La propri&#233;t&#233; nationalis&#233;e reste ma&#238;tresse du terrain.La propri&#233;t&#233; nationalis&#233;e reste ma&#238;tresse du terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici l'extrait, jugez par vous-m&#234;me :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mais l'unit&#233; du concept est si ins&#233;parable que m&#234;me ces produits de l'abstraction, alors qu'ils sont cens&#233;s omettre l'Individualit&#233;, sont eux-m&#234;mes des individus. Elle &#233;l&#232;ve le concret en Universelit&#233; et ne prend l'universel que comme Universelit&#233; d&#233;termin&#233;e : mais alors c'est justement l'Individualit&#233; qui a abouti &#224; la forme d'une d&#233;terminit&#233; se rapportant &#224; elle-m&#234;me. Par cons&#233;quent l'abstraction est une s&#233;paration du concret et un isolement de ses d&#233;terminations : elle ne saisit que des propri&#233;t&#233;s et des moments individuels, car son produit doit contenir ce qu'elle est elle-m&#234;me. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous obtenez la derni&#232;re phrase ? Cet Universel Abstrait d&#233;chire le b&#233;ton en morceaux. Il en prend des morceaux isol&#233;s, et avec cela comme base de sa pens&#233;e, tout ce qu'il peut maintenant produire, c'est ce qu'il a repris et transform&#233; en un Universel. C'est toute la proc&#233;dure des &#233;tatistes ouvriers. Germain ne pense qu'en termes de propri&#233;t&#233; nationalis&#233;e, de plan, de double caract&#232;re de la bureaucratie. Il pouvait dire : en Pologne, la nationalisation avait eu lieu avant l'arriv&#233;e des Russes. Les Russes ont d&#233;truit le pouvoir sur lequel les ouvriers avaient la main et ont ramen&#233; des &#233;l&#233;ments de la classe bourgeoise. Tout ce que Germain a &#224; dire, c'est : c'est ou n'est pas exactement la propri&#233;t&#233; nationalis&#233;e et voil&#224; en tout cas le double caract&#232;re de la bureaucratie. Son Universel n'est pas l'&#233;laboration minutieuse du concept de base que Marx et Engels ont fait apr&#232;s tout &#233;v&#233;nement - Marx sur la Commune, L&#233;nine dans &#201;tat et r&#233;volution. Non monsieur. Son Universel est d&#233;sormais propri&#233;t&#233; nationalis&#233;e et tous ses produits portent ce sceau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyez maintenant ce qui se passe. Cet Universel a pris en lui le concret, l'Individuel, poussant l'Universel r&#233;el dans l'air rar&#233;fi&#233; de la plus abstraite des abstractions. L'individuel comme contenu et l'universel comme forme sont distincts l'un de l'autre. Vous vous souvenez qu'au d&#233;but l'Universel est entr&#233; librement dans la Premi&#232;re Internationale. Ce programme, cette conception n'&#233;taient pas parfaits, mais tel qu'il &#233;tait, on pouvait en parler en termes de socialisme. Vous avez pris l'Universel comme une forme dans laquelle vous avez plac&#233;, &#233;labor&#233; le contenu particulier que vous aviez. Vous vous souvenez aussi que cela rendait l'Universel abstrait, mais une abstraction qui &#171; rev&#234;tait &#187; le contenu particulier. Mais ici, l'Universel en tant que forme est une chose. Le contenu en est une autre. M&#234;me Germain ne peut pas utiliser les termes du socialisme pour d&#233;crire la barbarie russe,et personne aujourd'hui n'a le culot de dire que le prol&#233;tariat en Russie est la classe dirigeante. L'Universel de l'entendement, de Germain, n'est pas la forme absolue. Il ne peut m&#234;me pas parler de ces n&#233;cessit&#233;s absolues du socialisme, des travailleurs, du pouvoir, de l'action ind&#233;pendante, des travailleurs ma&#238;tres d'eux-m&#234;mes, en opposition fondamentale au capitalisme, o&#249; le syst&#232;me industriel est leur esclavagiste. Non. Germain ne peut le faire que par abstraction. Si inad&#233;quate que f&#251;t la Premi&#232;re Internationale, en tant que conception, elle pouvait se &#171; rev&#234;tir &#187; de ces choses. (Je consid&#232;re que c'est le sens g&#233;n&#233;ral du passage. L'original doit &#234;tre recherch&#233; en allemand.) Mais tandis que nous poursuivons l'examen, nous voyons finalement que cette compr&#233;hension abstraite a produit une sorte particuli&#232;re d'universelit&#233;. En le rendant si abstrait et en le liant ensuite au concret,l'Universel abstrait lui-m&#234;me est devenu un concret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici l'extrait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La distinction entre cette individualit&#233; de ses produits et l'Individualit&#233; du concept est que, dans la premi&#232;re, l'individuel comme contenu et l'universel comme forme sont distincts l'un de l'autre - simplement parce que le premier n'existe pas comme forme absolue, ou comme le Concept elle-m&#234;me, ni celle-ci comme totalit&#233; de la forme. Mais cette consid&#233;ration plus approfondie montre l'abstrait lui-m&#234;me comme unit&#233; du contenu individuel et de l'Universelit&#233; abstraite, c'est-&#224;-dire comme concret &#8211; ce qui est le contraire de ce qu'il est cens&#233; &#234;tre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et en 1948 on n'op&#232;re pas dans le vide. Au moment o&#249; vous perdez l'Universel socialiste, aucun pouvoir sur terre ne peut vous sauver de la barbarie capitaliste d'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant pour le passage final. Cela nous offre une bonne occasion de r&#233;sumer. Souvenez-vous que le mouvement du concept est le d&#233;veloppement. C'est le pouvoir gratuit. C'est la pens&#233;e, remarquez, le concept qui recherche l'accomplissement dans la pens&#233;e. Le Manifeste communiste, le Manifeste et programme de la Premi&#232;re Internationale, Marx sur la Commune, L&#233;nine dans l'&#201;tat et la r&#233;volution. C'est le concept qui se d&#233;veloppe. L'Etat et la R&#233;volution de L&#233;nine est une forme particuli&#232;re de l'Universel comme l'est le programme de l'Internationale Communiste et des 21 points. Mais l'Individuel concret, ce sont les lois, les d&#233;cisions, les articles, les d&#233;crets, les discours, etc. au jour le jour. C'est le concret, le concept individuelle. Pour que l'Universel du socialisme et la forme particuli&#232;re de l'&#201;tat et de la R&#233;volution se concr&#233;tisent dans les actes individuels, les id&#233;es, les lieux, les programmes et les conflits, etc.L'abstrait est l'&#226;me de l'Individu, le concret. Pourquoi ? Car sans l'Universel et le Particulier, le concret n'a aucun sens. C'est un cas avanc&#233; de la relation entre l'Id&#233;e et la R&#233;alit&#233; dont nous avons trait&#233; dans la Doctrine de l'Essence.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voici l'extrait :&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais l'Individualit&#233; n'est pas seulement le retour du concept en elle-m&#234;me ; c'est aussi imm&#233;diatement sa perte. Dans l'Individualit&#233;, c'est en soi ; et, &#224; cause de la mani&#232;re dont il est en soi, il devient ext&#233;rieur &#224; lui-m&#234;me et entre en acte. L'abstraction est l'&#226;me de l'individualit&#233; et, en tant que telle, est le rapport du n&#233;gatif au n&#233;gatif ; et elle, comme on l'a vu, n'est pas ext&#233;rieure &#224; l'universel et au particulier, mais immanente ; et &#224; travers elle, ils sont concrets, contenus et individuels. Et l'Individualit&#233; en tant que cette N&#233;gativit&#233; est la d&#233;terminit&#233; d&#233;termin&#233;e, c'est la distinction en tant que telle ; &#224; travers cette introR&#233;flexion de distinction, elle se fixe ; la d&#233;termination du particulier n'a lieu que par l'Individualit&#233;, car c'est cette abstraction qui maintenant, en tant qu'Individualit&#233;, est l'abstraction pos&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je vous conseille de ne pas &#234;tre press&#233;. Lisez les passages encore et encore, surtout les plus difficiles. Familiarisez-vous avec eux. Il y a une grande tentation. Il s'agit de les lire, de n'avoir qu'une id&#233;e g&#233;n&#233;rale, puis de s'accrocher &#224; ce qui est familier &#8211; l'analyse purement sociale et politique que je fais &#224; la suite de ces sections techniques. Si vous faites cela, vous n'apprendrez jamais &#224; g&#233;rer la Logique. Travaillez sur ces passages techniques pour ce qu'ils enseignent mais aussi en tant qu'exercices, jusqu'&#224; ce qu'ils s'impr&#232;gnent, et vous commencez &#224; penser en ces termes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il nous reste maintenant &#224; faire un dernier passage de cette Introduction &#224; le concept. Ne soyez pas induits en erreur par mes sauts et sauts comme je dois le faire, en oubliant que la coh&#233;rence interne, la logique structurelle de la logique elle-m&#234;me est merveilleuse. D&#233;veloppement en d&#233;veloppement, en g&#233;n&#233;ral, puis s'est divis&#233; en ses parties, et le d&#233;veloppement du premier a &#233;t&#233; repris, mais maintenant &#224; un niveau plus &#233;lev&#233; et une p&#233;n&#233;tration plus profonde, pour exploser, sauter dans quelque chose de plus &#233;lev&#233;, apr&#232;s quoi les anciens processus gagnent de nouvelles profondeurs, etc. C'est pr&#233;cis&#233;ment la logique. Ce n'est pas la vie, c'est-&#224;-dire l'histoire. Et ce n'est que lorsque la logique est un mouvement logique et impeccable que vous pouvez alors faire face aux innombrables manifestations de la vie. Je ne peux que le mentionner et le signaler ici et l&#224; en passant. Mais pour le d&#233;montrer, non, pas moi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, avant de terminer le concept en g&#233;n&#233;ral, Hegel revient sur quelque chose qui l'a toujours concern&#233;. Il l'a commenc&#233; dans la Doctrine de l'&#202;tre &#8211; Qualit&#233; &#8211; avec l'infini r&#233;el et l'infini mort. Il y est revenu dans la Doctrine de l'Essence en Fond, et l'&#202;tre ou le non-&#202;tre du Fini comme base du Fond. Maintenant, il nous a montr&#233; comment l'Universel prend un particulier dans le Particulier et devient concret dans l'Individu. trouvera la base d'autres abstractions encore. Car l'individu va passer &#224; autre chose. Maintenant :&lt;br class='autobr' /&gt;
L'individu, alors, en tant que n&#233;gativit&#233; en rapport avec lui-m&#234;me, est l'auto-identit&#233; imm&#233;diate du n&#233;gatif ; c'est-pour-soi. Autrement dit, c'est l'abstraction qui d&#233;termine le concept, selon son moment (qui est de nature id&#233;ale) d'&#202;tre, comme imm&#233;diat. Ainsi l'individu est un Un ou Ceci qualitatif.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il la ram&#232;ne &#224; la qualit&#233;, la Doctrine de l'&#202;tre. Souvenez-vous maintenant de votre Doctrine de l'&#202;tre :&lt;br class='autobr' /&gt;
Selon cette qualit&#233;, c'est d'abord l'auto-r&#233;pulsion, par laquelle les nombreux autres Un sont pr&#233;suppos&#233;s ; et deuxi&#232;mement, c'est une relation n&#233;gative contre ces autres pr&#233;suppos&#233;s ; et, dans cette mesure, l'individu est exclusif.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais &#8211; comme l'&#233;crivait Rosa Luxemburg &#8211; attention ! L'universelit&#233; doit surveiller sa relation avec ces Uns concrets. L'universelit&#233; est un moment du concret, l'Individu. Mais ce n'est pas simplement un &#233;l&#233;ment de l'Individu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si par universel on entend ce qui est commun &#224; plus d'un individu, alors le commencement se fait de leur persistance indiff&#233;rente, et l'imm&#233;diatet&#233; de l'&#202;tre se m&#234;le &#224; la d&#233;termination du concept. L'image la plus basse possible de l'universel dans son rapport &#224; l'individuel est ce rapport ext&#233;rieur de celui-ci comme simple &#233;l&#233;ment commun.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vous dites que, quelle que soit la forme que peut prendre un &#201;tat ouvrier concret, il se distingue toujours par la propri&#233;t&#233; nationalis&#233;e. C'est la forme la plus basse possible de l'Universel. Le reste de la section reprend cela en d&#233;tail. Hegel, en particulier ici dans le concept, insiste sur le fait que l'Individualit&#233; est pos&#233;e &#171; non dans l'ext&#233;rieur mais dans une distinction conceptnelle &#187; &#8211; la propri&#233;t&#233; nationalis&#233;e doit &#234;tre consid&#233;r&#233;e &#224; la lumi&#232;re de votre concept de ce qu'est le socialisme. Ne fais pas &#231;a. Ne commettez pas l'erreur de prendre ce concret, cet &#233;l&#233;ment persistant simplement commun pour l'Universel ! Vous finirez alors, aussi s&#251;rement que le jour, par en faire toute votre id&#233;e. Alors vous dites : le monde a maintenant atteint un stade o&#249; le capitalisme ne peut plus continuer. De l&#224; vous dites que cette &#233;conomie doit &#233;videmment &#234;tre nationalis&#233;e et planifi&#233;e. Vous dites alors que si la bureaucratie russe perdure longtemps,apr&#232;s la guerre, c'est &#233;videmment le pr&#233;curseur d'une nouvelle classe dirigeante. Ensuite, nous devons convenir que l'attente marxiste du socialisme est une utopie. C'est l&#224; que vous atterrissez dans la pens&#233;e et nous avons affaire &#224; la pens&#233;e. Que Trotsky en tant qu'individu se serait jet&#233; du c&#244;t&#233; des masses et aurait r&#233;pudi&#233; le pessimisme et le d&#233;faitisme dans le feu de la lutte des classes, dont nous n'avons pas &#224; discuter. Mais toute la m&#233;thodologie avait en elle la destruction de la base sur laquelle il se tenait. Car il d&#233;clara plus pr&#233;cis&#233;ment que la bureaucratie russe restaurerait la propri&#233;t&#233; priv&#233;e. De sorte que bien que le temps de sa continuation ne soit pas trop important (la situation mondiale &#233;tant ce qu'elle est) la d&#233;termination &#233;vidente de la bureaucratie &#224; maintenir la propri&#233;t&#233; nationalis&#233;e et &#224; mener une autre guerre mondiale pour elle, ceci,ronge le c&#339;ur de ceux qui insistent pour continuer la m&#233;thode de Trotsky. Il a fait d'un fini un infini. Il a pris l'&#234;tre du fini et en a fait un Absolu. Il a pris un moment de l'Universel et en a fait l'Universel lui-m&#234;me. D'o&#249; ces larmes. Hegel n'en a pas fini avec &#231;a d'ailleurs. Dans sa derni&#232;re section de l'Id&#233;e de la cognition, il prend cette persistance finie et finie, &#234;tre et non-&#234;tre de l'Absolu, persistance commune dans le concept et l'enracine finalement dans un &#233;talage magistral sur la D&#233;finition. Mais je peux vous dire &#224; l'avance que je laisserai de c&#244;t&#233; la D&#233;finition. Trop est impliqu&#233;.Hegel n'en a pas fini avec &#231;a d'ailleurs. Dans sa derni&#232;re section de l'Id&#233;e de la cognition, il prend cette persistance finie et finie, &#234;tre et non-&#234;tre de l'Absolu, persistance commune dans le concept et l'enracine finalement dans un &#233;talage magistral sur la D&#233;finition. Mais je peux vous dire &#224; l'avance que je laisserai de c&#244;t&#233; la D&#233;finition. Trop est impliqu&#233;.Hegel n'en a pas fini avec &#231;a d'ailleurs. Dans sa derni&#232;re section de l'Id&#233;e de la cognition, il prend cette persistance finie et finie, &#234;tre et non-&#234;tre de l'Absolu, persistance commune dans le concept et l'enracine finalement dans un &#233;talage magistral sur la D&#233;finition. Mais je peux vous dire &#224; l'avance que je laisserai de c&#244;t&#233; la D&#233;finition. Trop est impliqu&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et maintenant, avant de continuer, faites-moi une petite faveur, mes amis. Asseyez-vous et lisez toute cette section pr&#233;c&#233;dente. Non ? D'ACCORD. Comme Marx l'a dit dans le dernier paragraphe de la Critique du programme de Gotha, faites ce que vous voulez maintenant. J'ai sauv&#233; ma propre &#226;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le l&#233;ninisme et le concept&lt;br class='autobr' /&gt;
Le lecteur perspicace (le lecteur sceptique que nous pouvons ignorer, le lecteur hostile &#224; qui nous portons des blessures meurtri&#232;res dans chaque paragraphe), le lecteur perspicace dira maintenant : &#171; Incroyable, je suis d'accord. Ce Hegel semble avoir &#233;labor&#233; un moyen par lequel les hommes, une fois qu'ils ont d&#233;raill&#233;, peuvent &#234;tre vus suivre comme s'ils &#233;taient envo&#251;t&#233;s certains sch&#233;mas de pens&#233;e. Vos illustrations dirig&#233;es contre le trotskisme &#233;clairent certainement le trotskisme. Mais dans l'ensemble, ceci, si pr&#233;cieux qu'il soit, est ici n&#233;gatif. Vous dites, par exemple, que l'Universel de Trotsky est sans couleur, sans contenu, etc. &#8211; pure abstraction. Quel est le v&#244;tre, en utilisant la m&#233;thode dialectique ? Montrez-moi comment vous, en ne montant pas au &#171; genre le plus &#233;lev&#233; et le plus &#233;lev&#233; &#187;, mais en vous en tenant &#224; l'Individualit&#233;, enrichissez votre Universel. Vous dites, L&#233;nine l'a fait en Russie avant 1917. Je suis d'accord, plus ou moins. Je suis un lecteur averti.Je vois que vous &#233;laborez, &#233;tape par &#233;tape, une position positive. Je pense qu'il est grand temps que nous accordions plus d'attention &#224; cela et moins au trotskisme. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Correct dans l'ensemble, mais seulement dans l'ensemble. Mais nous allons maintenant nous installer dans un expos&#233; concret et non g&#233;n&#233;ral de la pens&#233;e dialectique qui nous montrera le concept en action. La preuve sera le r&#233;sultat. Et pour dissiper tout doute, permettez-moi de dire ici tout de suite : je propose, &#233;tape par &#233;tape, de construire une ligne de d&#233;veloppement positive, je l'ai fait, qui aboutira &#224; une concept incontestablement concr&#232;te du socialisme comme universel et la lutte r&#233;volutionnaire aujourd'hui, et demain, pas demain en g&#233;n&#233;ral, mais notre demain. Ce travail serait inutile, en fait r&#233;actionnaire (je ne peux pas rester pour expliquer) s'il ne faisait pas cela. Mais la bonne m&#233;thode pour le faire est la m&#233;thode que je suis. Ce sera plus facile pour ceux qui suivront. Je pars de z&#233;ro.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais ce travail est pr&#233;liminaire &#224; cela. Patience. Patience. Patience. Frayez-vous un chemin. Nous devons avoir une concept du socialisme, le concept de 1948. Mais nous devons travailler &#224; travers le l&#233;ninisme. Aujourd'hui, notre mouvement n'est pas au-del&#224; du l&#233;ninisme. Le prol&#233;tariat est bien au-del&#224; du prol&#233;tariat du temps de L&#233;nine. Mais notre mouvement ne l'est pas. Pour le d&#233;passer, nous devons entrer en lui et &#224; travers lui. Mais le processus exige, pour nous, l'exposition compl&#232;te et patiente du trotskysme de toutes parts. On n'en a pas fini avec &#231;a. Apprenez de Hegel. Apprenez &#224; revenir et revenir &#224; la Compr&#233;hension, jusqu'&#224; ce que la m&#233;thode devienne une partie de la structure, la structure de l'esprit. Efforcez-vous d'avoir un &#171; aper&#231;u assez simple &#187; de l'ensemble de l'entreprise. Vous lirez la Logique et d&#233;couvrirez des choses par vous-m&#234;me. Si vous n'avez ni le temps ni l'&#233;nergie pour cette grande t&#226;che, lisez ces extraits,maintes et maintes fois, en travaillant les interpr&#233;tations, en en faisant de nouvelles, en les connaissant presque par c&#339;ur. Ce serait une catastrophe si vous lisiez ceci avec l'id&#233;e que ce n'&#233;tait qu'une justification, une pr&#233;paration &#224; nos th&#233;ories concr&#232;tes. Pire encore, si quand tout &#233;tait fini, quelqu'un disait : &#171; Bien. Maintenant, que faisons-nous maintenant. Comment la mettre en pratique dans la lutte des classes ? Dieu nous aide, cette attitude serait assez horrible. Je pense qu'aucun d'entre nous ne l'aura.cette attitude serait assez horrible. Je pense qu'aucun d'entre nous ne l'aura.cette attitude serait assez horrible. Je pense qu'aucun d'entre nous ne l'aura.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais j'&#233;cris en famille et comme ces id&#233;es me frappent, je les pose. Je suis un peu nerveux, voyez-vous, qu'&#224; mesure que nous &#233;largissons notre th&#233;orie et que nous nous clarifions politiquement, tout le travail sur la Logique semble avoir &#233;t&#233; fait dans ce but. Assez de cela. Logique pour th&#233;orie, mais &#224; ce stade aussi, pour nous, logique pour logique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceci &#233;tant dit, nous pouvons maintenant nous d&#233;placer dans la sph&#232;re th&#233;orique. Nous sommes maintenant &#233;quip&#233;s pour lutter contre le l&#233;ninisme, le point culminant de notre mouvement jusqu'&#224; pr&#233;sent. Nous devons monter &#224; cette hauteur pour avancer dans l'infini, l'infini inexplor&#233; qui nous fait face.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si la discussion fait rage autour des conclusions politiques en tant que telles, et non autour des conclusions politiques en termes juridiques, alors, du moins dans l'imm&#233;diat, le temps est perdu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;https://translate.google.fr/translate?u=&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://translate.google.fr/translate?u=&lt;/a&gt; &lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1019&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1019&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/james-clr/works/dialecti/index.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=nui&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/james-clr/works/dialecti/index.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=nui&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Mobile et immobile, localis&#233; et dispers&#233;, &#224; l'&#233;quilibre ou au non-&#233;quilibre, en conservation et en changement, quelles oppositions et quels liens ?</title>
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		<dc:date>2024-03-01T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed</dc:creator>


		<dc:subject>Dialectic - Dialectique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quelles oppositions et quels liens entre ce qui change et ce qui ne change pas, entre ce qui bouge et ce qui ne bouge pas, entre ce qui est continu et ce qui est discontinu, entre ce qui est localis&#233; et ce qui ne l'est pas, ce qui est mati&#232;re et ce qui est lumi&#232;re, ce qui est r&#233;el et ce qui est virtuel&#8230; Chacun sait que ces propositions sont souvent oppos&#233;es diam&#233;tralement et qu'on a souvent recherch&#233; si &#171; oui ou non &#187;, la mati&#232;re &#233;tait en mouvement, en changement, ou, au contraire, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique15" rel="directory"&gt;Chapter 10 : Natural and social dialectic - Dialectique naturelle et sociale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Dialectic - Dialectique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; Quelles oppositions et quels liens entre ce qui change et ce qui ne change pas, entre ce qui bouge et ce qui ne bouge pas, entre ce qui est continu et ce qui est discontinu, entre ce qui est localis&#233; et ce qui ne l'est pas, ce qui est mati&#232;re et ce qui est lumi&#232;re, ce qui est r&#233;el et ce qui est virtuel&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Chacun sait que ces propositions sont souvent oppos&#233;es diam&#233;tralement et qu'on a souvent recherch&#233; si &#171; oui ou non &#187;, la mati&#232;re &#233;tait en mouvement, en changement, ou, au contraire, immobile ou constante, ou encore continue ou (exclusif) discontinue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On croit souvent &#234;tre capable de r&#233;pondre simplement &#224; de telles questions. Par exemple, chacun croit savoir que les plantes et les arbres ne bougent pas alors que les animaux bougent. On se trompe puisque certains arbres et certaines plantes parviennent &#224; &#171; bouger &#187; et elles le font aussi via leurs graines&#8230; On croit souvent aussi que la mati&#232;re est &#171; en mouvement &#187;, que la lumi&#232;re &#171; se d&#233;place &#187; &#224; une vitesse proche de 300.000 kilom&#232;tres par seconde donc qu'elle est &#171; en mouvement &#187;. Cela n'emp&#234;che pas le mouvement d'&#234;tre une notion qui peut &#234;tre relative&#8230; Mais la r&#233;alit&#233; du mouvement d'objets est difficile &#224; d&#233;finir au niveau microscopique puisqu'on ne peut pas d&#233;finir d'objet en continu, les particule et antiparticules apparaissant et disparaissant sans cesse&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On croit &#233;galement savoir que les &#171; choses &#187; ou &#171; objets &#187; sont localis&#233;s, c'est-&#224;-dire en des lieux d&#233;termin&#233;s et pas dispers&#233;s dans l'espace. Et pourtant, on d&#233;couvre en physique quantique qu'une particule est partiellement dispers&#233;e et partiellement localis&#233;e. Quand on la capte sur un &#233;cran, elle est localis&#233;e, mais quand on ne la capte pas, elle est dispers&#233;e dans une zone appel&#233;e son nuage de polarisation et qui entoure la particule. Elle peut sauter en un temps tr&#232;s court en tout point du nuage. Et les pr&#233;tendus &#171; mouvements &#187; des particules ne sont pas du tout ce que nous appelons mouvements &#224; notre &#233;chelle, c'est-&#224;-dire des trajectoires continues et r&#233;guli&#232;res o&#249; tous l'objet passe successivement par tous les points de la trajectoire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant, cela para&#238;t &#233;vident : ou un objet est l&#224; ou il n'y est pas, ou un objet est mobile ou il est immobile, ou il y a un objet, ou il y a un objet ou il y a du vide, ou c'est du continu ou c'est du discontinu, etc, les dichotomies fond&#233;es sur des oppositions diam&#233;trales sont nombreuses et la plupart des gens les croient valides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons, depuis la relativit&#233;, que le mouvement peut &#234;tre relatif. Nous avons aussi appris que l'objet est une image qui ne fonctionne qu'&#224; notre &#233;chelle, qui est extr&#234;mement grande par rapport &#224; l'&#233;chelle microscopique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau quantique, celui des particules, des atomes et des mol&#233;cules (en nombre petit), on ne peut plus raisonner sur des objets fixes ayant une position fixe dans un temps donn&#233;. Il faut raisonner sur un ensemble constitu&#233; par l'&#171; objet &#187; quantique entour&#233; d'une myriade de particules et de leurs antiparticules &#233;ph&#233;m&#232;res (et dites pour cela virtuelles), de toutes les sortes qui font un ballet incessant autour de la particule, celle-ci changeant sans cesse d'identit&#233;, la particule dite r&#233;elle &#233;tant toujours l'une des particules virtuelles du nuage. Du coup, suivre de mani&#232;re continue une particule dans sa trajectoire n'a aucun sens. La particule n'a pas d'existence continue et donc pas de mouvement continu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;coulement du temps tel que nous le connaissons n'existe tellement pas au niveau quantique qu'il est m&#234;me capable de s'&#233;couler en sens inverse pour les antiparticules virtuelles !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos adages bien connus &#171; mobile ou immobile &#187;, &#171; continu ou discontinu &#187;, &#171; localis&#233; ou &#233;tendu &#187;, etc., sont devenus faux du moment qu'on &#233;tudie la mati&#232;re &#224; une petite &#233;chelle. C'est seulement pour un tr&#232;s grand nombre de quanta que la physique devient celle du bon sens habituel, dans lequel on peut raisonner diam&#233;tralement. Le grand nombre de quanta agit d&#232;s lors pour donner l'impression que la mati&#232;re fonctionne ainsi. Cela n'est pas &#233;tonnant, aucune r&#233;alit&#233; n'est la m&#234;me pour un individu et pour un tr&#232;s grand nombre d'individus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en physique quantique, il y a pire encore : l'individu n'existe pas. On ne peut pas distinguer individuellement deux particules du m&#234;me type. Elles n'ont g&#233;n&#233;ralement rien de diff&#233;rent et, si elles sont proches, personne ne peut dire quelle est la particule A et quelle est la particule B.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre point renversant : l'&#233;tat d'un syst&#232;me &#224; un moment donn&#233; n'est pas la base &#224; partir de laquelle l'&#233;volution am&#232;ne &#224; l'&#233;tat du syst&#232;me un moment plus tard. Non, la dynamique fait passer de l'ensemble des &#233;tats possibles &#224; un moment &#224; un nouvel ensemble d'&#233;tats possibles un moment apr&#232;s, les diff&#233;rents &#233;tats possibles ayant des probabilit&#233;s d'exister qui sont d&#233;termin&#233;es. L&#224; encore, on ne peut pas dire l'&#233;tat du syst&#232;me &#233;tait celui-ci donc il sera celui-l&#224;. Ici encore, on ne peut pas r&#233;pondre par &#171; oui ou non &#187; si le syst&#232;me sera tel sachant qu'il &#233;tait tel. Tout comme il y a seulement une probabilit&#233; de pr&#233;sence de la particule, il y a seulement une probabilit&#233; d'un syst&#232;me d'&#234;tre dans tel ou tel &#233;tat. La raison en est qu'on ne dispose jamais d'une particule nue mais toujours d'une particule entour&#233;e d'un essaim de particules et d'antiparticules virtuelles s'agitant en tous sens et apparaissant et disparaissant sans cesse &#224; grande vitesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etre ou ne pas &#234;tre, &#234;tre mobile ou ne pas &#234;tre mobile, &#234;tre corpusculaire ou &#234;tre ondulatoire, &#234;tre continu ou &#234;tre discontinu, etc., tout cela ne peut pas &#234;tre tranch&#233; de mani&#232;re fixe, ni de mani&#232;re diam&#233;tralement oppos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand m&#234;me, dirons certains, comment confondre la mati&#232;re et le vide ou la mati&#232;re et la lumi&#232;re ? En fait, ce sont des facettes d'un m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les belles assurances de la pens&#233;e du commun des mortels concernant la mati&#232;re sont donc pleines d'id&#233;es fausses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous croyons souvent aussi que le mouvement perp&#233;tuel n'existe pas, mais, l&#224; aussi, avec un tout petit nombre de quanta, il est tout aussi possible d'avoir du mouvement perp&#233;tuel, de remonter le temps ou encore de disparaitre avant d'apparaitre !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logique formelle et diam&#233;trale doit c&#233;der la place &#224; la logique dialectique !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les contraires cessent d'&#234;tre incompatibles pour devenir indispensables l'un &#224; l'autre, pour se transformer l'un dans l'autre, pour se combiner tout en continuant &#224; s'opposer&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les lois de la Physique sont autant des lois du changement que des lois de conservation. La particule mat&#233;rielle reste identique &#224; elle-m&#234;me (ses constantes sont inchang&#233;es) mais, pour y parvenir, elle change sans cesse d'identit&#233; et ces caract&#233;ristiques sautent sans cesse d'une particule virtuelle &#224; une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il faut tout changer pour ne rien changer &#187;, comme l'a &#233;crit Leopardi dans &#171; Le gu&#233;pard &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout change ou rien ne change ? Et pas les deux, de mani&#232;re ins&#233;parable et en interaction ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2912&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2912&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout est ou en mouvement ou immobile ? Et pas les deux, de mani&#232;re ins&#233;parable et en interaction ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3581&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3581&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout est ou corpuscule ou onde, local ou &#233;tendu ? Et pas les deux, de mani&#232;re ins&#233;parable et en interaction ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article882&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article882&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout est ou mati&#232;re ou &#233;nergie ? Et pas les deux, de mani&#232;re ins&#233;parable et en interaction ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5108&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5108&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou un mouvement limit&#233; dans le temps ou pas de mouvement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3306&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3306&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout est ou mati&#232;re ou vide ? Et pas les deux, de mani&#232;re ins&#233;parable et en interaction ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3492&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3492&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout est ou mati&#232;re ou lumi&#232;re ? Et pas les deux, de mani&#232;re ins&#233;parable et en interaction ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article38&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article38&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout est ou inerte ou vivant ? Et pas les deux, de mani&#232;re ins&#233;parable et en interaction ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4643&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4643&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mati&#232;re/lumi&#232;re/vide : dialectique du positif et du n&#233;gatif&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article44&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article44&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les paradoxes du mobile et de l'immobile&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article32&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article32&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Continuit&#233;/discontinuit&#233; : une question philosophique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article10&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article10&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mati&#232;re est elle-m&#234;me intrins&#232;quement dialectique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5017&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5017&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Equilibre ou non-&#233;quilibre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve292&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve292&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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