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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;
Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.fr/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>Pourquoi Staline a-t-il vaincu</title>
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		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;LE THERMIDOR SOVIETIQUE &lt;br class='autobr' /&gt;
POURQUOI STALINE A-T-IL VAINCU ? &lt;br class='autobr' /&gt;
L'historien de l'U.R.S.S. ne pourra pas manquer de conclure que la politique de la bureaucratie dirigeante a &#233;t&#233;, dans les grandes questions, contradictoire et faite d'une s&#233;rie de zigzags. L'explication ou la justification de ces zigzags par le &#034;changement des circonstances&#034; est visiblement inconsistante. Gouverner c'est, dans une certaine mesure tout au moins, pr&#233;voir. La fraction Staline n'a pas pr&#233;vu le moins du monde les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;LE THERMIDOR SOVIETIQUE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POURQUOI STALINE A-T-IL VAINCU ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'historien de l'U.R.S.S. ne pourra pas manquer de conclure que la politique de la bureaucratie dirigeante a &#233;t&#233;, dans les grandes questions, contradictoire et faite d'une s&#233;rie de zigzags.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'explication ou la justification de ces zigzags par le &#034;changement des circonstances&#034; est visiblement inconsistante. Gouverner c'est, dans une certaine mesure tout au moins, pr&#233;voir. La fraction Staline n'a pas pr&#233;vu le moins du monde les in&#233;vitables r&#233;sultats du d&#233;veloppement qui l'ont accabl&#233;e &#224; plusieurs reprises. Elle a r&#233;agi par des r&#233;flexes administratifs, cr&#233;ant apr&#232;s coup la th&#233;orie de ses tournants, sans se soucier de ce qu'elle enseignait la veille. Les faits et les documents incontestables obligeront aussi l'historien &#224; conclure que l'opposition de gauche a donn&#233; une analyse infiniment plus juste des &#233;volutions en cours dans le pays et a pr&#233;vu beaucoup mieux leur cours ult&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette affirmation para&#238;t &#224; premi&#232;re vue en contradiction avec le simple fait que la fraction du parti la moins capable de pr&#233;voir remporta d'incessantes victoires, tandis que le groupe plus perspicace alla de d&#233;faite en d&#233;faite. Cette objection, qui se pr&#233;sente d'elle-m&#234;me &#224; l'esprit, n'est convaincante que pour celui qui, appliquant la pens&#233;e rationnelle &#224; la politique, n'y voit qu'un d&#233;bat logique ou une partie d'&#233;checs. Or la lutte politique est au fond celle des int&#233;r&#234;ts et des forces, non des arguments. Les qualit&#233;s des dirigeants n'y sont nullement indiff&#233;rentes &#224; l'issue des combats, mais elles n'en sont pas le seul facteur ni le facteur d&#233;cisif. Les camps adverses exigent d'ailleurs chacun des chefs &#224; leur image.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la r&#233;volution de F&#233;vrier a port&#233; au pouvoir Kerensky et Tseretelli, ce n'est pas qu'ils aient &#233;t&#233; &#034;plus intelligents&#034; ou &#034;plus habiles&#034; que la camarilla gouvernante du tsar, c'est qu'ils repr&#233;sentaient, temporairement tout au moins, les masses populaires r&#233;volutionnaires dress&#233;es contre l'ancien r&#233;gime. Si Kerensky a pu contraindre L&#233;nine &#224; l'ill&#233;galit&#233; et jeter en prison d'autres leaders bolcheviques, ce n'est pas que ses qualit&#233;s personnelles lui aient donn&#233; sur eux la sup&#233;riorit&#233;, c'est que la majorit&#233; des ouvriers et des soldats suivaient encore en ces journ&#233;es la petite bourgeoisie patriote. La &#034;sup&#233;riorit&#233;&#034; personnelle de Kerensky, si ce mot n'est pas d&#233;plac&#233;, &#233;tait pr&#233;cis&#233;ment de ne pas voir plus loin que la grande majorit&#233;. Les bolcheviks vainquirent &#224; leur tour la d&#233;mocratie petite-bourgeoise, non gr&#226;ce &#224; la pr&#233;cellence de leurs chefs, mais gr&#226;ce &#224; un regroupement des forces, le prol&#233;tariat ayant enfin r&#233;ussi &#224; entra&#238;ner contre la bourgeoisie la paysannerie m&#233;contente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La continuit&#233; des &#233;tapes de la grande R&#233;volution fran&#231;aise, &#224; sa mont&#233;e comme &#224; son d&#233;clin, montre de fa&#231;on tout aussi convaincante que la force des &#034;chefs&#034; et des &#034;h&#233;ros&#034; consistait avant tout dans leur accord avec le caract&#232;re des classes et des couches sociales qui les appuyaient ; cette correspondance seule, et non des sup&#233;riorit&#233;s absolues, permit &#224; chacun d'entre eux de marquer de sa personnalit&#233; une certaine p&#233;riode historique. Il y a dans la succession au pouvoir des Mirabeau, Brissot, Robespierre, Barras, Bonaparte, une l&#233;gitimit&#233; objective infiniment plus puissante que les traits particuliers des protagonistes historiques eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait suffisamment que toutes les r&#233;volutions ont jusqu'ici suscit&#233; apr&#232;s elles des r&#233;actions et m&#234;me des contre-r&#233;volutions qui, il est vrai, n'ont jamais r&#233;ussi &#224; ramener la nation jusqu'&#224; son point de d&#233;part, tout en lui ravissant toujours la part du lion de ses conqu&#234;tes. En r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, les pionniers, les initiateurs, les meneurs qui s'&#233;taient trouv&#233;s &#224; la t&#234;te des masses dans la premi&#232;re p&#233;riode sont les victimes de la premi&#232;re vague de r&#233;action, tandis qu'on voit appara&#238;tre au premier plan des hommes du second plan unis aux ennemis d'hier de la r&#233;volution. Les duels dramatiques des grands premiers r&#244;les sur la sc&#232;ne politique masquent des glissements dans les rapports entre les classes et, ce qui n'est pas moins important, de profonds changements dans la psychologie des masses, r&#233;volutionnaires la veille encore...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;pondant a de nombreux camarades qui demandaient avec &#233;tonnement ce qu'&#233;tait devenue l'activit&#233; du parti bolchevique et de la classe ouvri&#232;re, leur initiative r&#233;volutionnaire, leur fiert&#233; pl&#233;b&#233;ienne, d'o&#249; surgissait, &#224; la place de ces qualit&#233;s, tant de vilenie, de l&#226;chet&#233;, de pusillanimit&#233; et d'arrivisme, Rakovsky &#233;voquait les p&#233;rip&#233;ties de la R&#233;volution fran&#231;aise du XVIIIe si&#232;cle et l'exemple de Babeuf qui, sortant de la prison de l'Abbaye, se demandait lui aussi avec stupeur ce qu'&#233;tait devenu le peuple h&#233;ro&#239;que des faubourgs de Paris. La r&#233;volution est une grande d&#233;voreuse d'&#233;nergies individuelles et collectives. Les nerfs n'y tiennent pas, les consciences fl&#233;chissent, les caract&#232;res s'usent. Les &#233;v&#233;nements vont trop vite pour que l'afflux de forces nouvelles puisse compenser les d&#233;perditions. La famine, le ch&#244;mage, la perte des cadres de la r&#233;volution, l'&#233;limination des masses des postes dirigeants avaient amen&#233; une telle an&#233;mie physique et morale des faubourgs qu'il leur fallut plus de trente ans pour se lever de nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affirmation axiomatique des publicistes sovi&#233;tiques, selon laquelle les lois des r&#233;volutions bourgeoises sont &#034;inapplicables&#034; &#224; la r&#233;volution prol&#233;tarienne, est d&#233;pourvue de tout contenu scientifique. Le caract&#232;re prol&#233;tarien de la r&#233;volution d'Octobre r&#233;sulte de la situation mondiale et d'un certain rapport des forces &#224; l'int&#233;rieur. Mais les classes elles-m&#234;mes, en Russie, s'&#233;taient form&#233;es au sein de la barbarie tsariste et d'un capitalisme arri&#233;r&#233;, et n'avaient pas &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;es sur commande &#224; la r&#233;volution socialiste. Bien au contraire : c'est pr&#233;cis&#233;ment parce que le prol&#233;tariat russe, encore arri&#233;r&#233; &#224; bien des &#233;gards, avait fait en quelques mois le saut, sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire, d'une monarchie semi-f&#233;odale &#224; la dictature socialiste, que la r&#233;action devait in&#233;luctablement faire valoir ses droits dans ses propres rangs. Elle grandit au cours des guerres qui suivirent. Les conditions ext&#233;rieures et les &#233;v&#233;nements la nourrirent sans arr&#234;t. Une intervention suivait l'autre. Les pays d'Occident ne donnaient pas d'aide directe. Au lieu du bien-&#234;tre attendu, le pays vit la mis&#232;re s'installer chez lui pour longtemps. Les repr&#233;sentants les plus remarquables de la classe ouvri&#232;re avaient p&#233;ri dans la guerre civile ou, s'&#233;levant de quelques degr&#233;s, s'&#233;taient d&#233;tach&#233;s des masses. Ainsi survint, apr&#232;s une tension prodigieuse des forces, des esp&#233;rances et des illusions, une longue p&#233;riode de fatigue, de d&#233;pression et de d&#233;sillusion. Le reflux de la &#034;fiert&#233; pl&#233;b&#233;ienne&#034; eut pour suite un afflux d'arrivisme et de pusillanimit&#233;. Ces mar&#233;es port&#232;rent au pouvoir une nouvelle couche de dirigeants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mobilisation d'une arm&#233;e rouge de cinq millions d'hommes devait jouer dans la formation de la bureaucratie un r&#244;le consid&#233;rable. Les commandants victorieux prirent les postes importants dans les soviets locaux, dans la production, dans les &#233;coles, et ce fut pour apporter partout, obstin&#233;ment, le r&#233;gime qui leur avait fait gagner la guerre civile. Les masses furent partout peu &#224; peu &#233;limin&#233;es de la participation effective au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ph&#233;nom&#232;ne au sein du prol&#233;tariat fit na&#238;tre de grandes esp&#233;rances et une grande assurance dans la petite bourgeoisie des villes et des campagnes qui, appel&#233;e par la Nep &#224; une vie nouvelle, s'enhardissait de plus en plus. La jeune bureaucratie, form&#233;e au d&#233;but pour servir le prol&#233;tariat, se sentit l'arbitre entre les classes. Elle fut de mois en mois plus autonome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation internationale agissait puissamment dans le m&#234;me sens. La bureaucratie sovi&#233;tique gagnait en assurance au fur et &#224; mesure que la classe ouvri&#232;re internationale subissait de plus lourdes d&#233;faites. Entre ces deux faits, la relation n'est pas seulement chronologique, elle est causale et r&#233;ciproque : la direction bureaucratique du mouvement contribuait aux d&#233;faites ; les d&#233;faites affermissaient la bureaucratie. La d&#233;faite de l'insurrection bulgare et la retraite sans gloire des ouvriers allemands en 1923. l'&#233;chec d'une tentative de soul&#232;vement en Esthonie en 1924, la perfide liquidation de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en Angleterre et la conduite indigne des communistes polonais lors du coup de force de Pilsudsky en 1926, l'effroyable d&#233;faite de la R&#233;volution chinoise en 1927, les d&#233;faites plus graves encore qui suivirent en Allemagne et en Autriche &#8212; telles sont les catastrophes historiques qui ont ruin&#233; la confiance des masses en la r&#233;volution mondiale et permis &#224; la bureaucratie sovi&#233;tique de s'&#233;lever de plus en plus haut comme un phare indiquant la voie du salut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les causes des d&#233;faites du prol&#233;tariat mondial au cours des treize derni&#232;res ann&#233;es, l'auteur se voit contraint de se r&#233;f&#233;rer &#224; ses ouvrages pr&#233;c&#233;dents, dans lesquels il s'est efforc&#233; de faire ressortir le r&#244;le funeste qu'ont jou&#233;, dans le mouvement r&#233;volutionnaire de tous les pays, les dirigeants conservateurs du Kremlin. Ce qui nous int&#233;resse surtout ici, c'est le fait &#233;difiant et incontestable que les d&#233;faites continues de la r&#233;volution en Europe et en Asie, tout en affaiblissant la situation internationale de l'U.R.S.S., ont extraordinairement affermi la bureaucratie sovi&#233;tique. Deux dates surtout sont m&#233;morables dans cette s&#233;rie historique. Dans la seconde moiti&#233; de 1923, l'attention des ouvriers sovi&#233;tiques se concentra avec passion sur l'Allemagne o&#249; le prol&#233;tariat paraissait avancer la main vers le pouvoir ; la retraite panique du Parti communiste allemand fut pour les masses ouvri&#232;res de l'U.R.S.S. une p&#233;nible d&#233;ception. La bureaucratie sovi&#233;tique d&#233;clencha aussit&#244;t sa campagne contre la &#034;r&#233;volution permanente&#034; et infligea &#224; l'opposition de gauche sa premi&#232;re cruelle d&#233;faite. En 1926-27 la population de l'U.R.S.S. eut un nouvel afflux d'espoir ; tous les regards se port&#232;rent cette fois sur l'Orient o&#249; se d&#233;roulait le drame de la R&#233;volution chinoise. L'opposition de gauche se remit de ses revers et recruta de nouveaux militants. A la fin de 1927, la R&#233;volution chinoise fut torpill&#233;e par le bourreau Tchang Kai-chek auquel les dirigeants de l'Internationale communiste avaient litt&#233;ralement livr&#233; les ouvriers et les paysans chinois. Une vague glac&#233;e de d&#233;senchantement passa sur les masses de l'U.R.S.S. Apr&#232;s une campagne fr&#233;n&#233;tique dans la presse et les r&#233;unions, la bureaucratie se d&#233;cida enfin &#224; proc&#233;der &#224; des arrestations en masse d'opposants (1928).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des dizaines de milliers de militants r&#233;volutionnaires s'&#233;taient, il est vrai, rassembl&#233;s sous le drapeau des bolcheviks-l&#233;ninistes. Les ouvriers consid&#233;raient l'opposition avec une sympathie certaine. Mais une sympathie qui restait passive, car on ne croyait d&#233;j&#224; plus pouvoir modifier la situation en luttant. Or la bureaucratie affirmait : &#034;L'opposition se pr&#233;pare &#224; nous jeter dans une guerre r&#233;volutionnaire pour la r&#233;volution internationale. Assez de bouleversements ! Nous avons m&#233;rit&#233; quelque repos. Nous b&#226;tirons chez nous la soci&#233;t&#233; socialiste. Comptez sur nous qui sommes vos chefs !&#034; Cette propagande du repos, cimentant le bloc des fonctionnaires et des militaires, trouvait &#224; n'en pas douter un &#233;cho chez les ouvriers fatigu&#233;s, et plus encore dans les masses paysannes. On se demandait si l'opposition n'&#233;tait pas dispos&#233;e &#224; sacrifier les int&#233;r&#234;ts de l'U.R.S.S. &#224; la &#034;r&#233;volution permanente&#034;. En fait, c'&#233;taient les int&#233;r&#234;ts vitaux de l'U.R.S.S. qui &#233;taient en jeu. En dix ans, la politique erron&#233;e de l'Internationale communiste avait assur&#233; la victoire de Hitler en Allemagne, c'est-&#224;-dire un grave danger de guerre &#224; l'ouest ; une politique non moins erron&#233;e fortifiait l'imp&#233;rialisme japonais et rapprochait au plus haut point le danger &#224; l'est. Mais les p&#233;riodes de r&#233;action sont surtout caract&#233;ris&#233;es par le manque de courage intellectuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition se trouva isol&#233;e. La bureaucratie battait le fer tant qu'il &#233;tait chaud. Exploitant le d&#233;sarroi et la passivit&#233; des travailleurs, dressant les plus arri&#233;r&#233;s contre les plus avanc&#233;s, s'appuyant toujours plus hardiment sur le koulak et de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale sur l'alli&#233; petit-bourgeois, la bureaucratie r&#233;ussit &#224; triompher en quelques ann&#233;es de l'avant-garde r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il serait na&#239;f de croire que Staline, inconnu des masses, sortit tout &#224; coup des coulisses arm&#233; d'un plan strat&#233;gique tout fait. Non. Avant qu'il n'ait lui-m&#234;me entrevu sa voie, la bureaucratie l'avait choisi. Il lui donnait toutes les garanties d&#233;sirables : le prestige d'un vieux-bolchevik, un caract&#232;re ferme, un esprit &#233;troit, une liaison indissoluble avec les bureaux, seule source de son influence personnelle. Staline fut au d&#233;but surpris lui-m&#234;me par son succ&#232;s. C'&#233;tait l'approbation unanime d'une nouvelle couche dirigeante qui cherchait &#224; s'affranchir des vieux principes comme du contr&#244;le des masses et qui avait besoin d'un arbitre s&#251;r dans ses affaires int&#233;rieures. Figure de second plan pour les masses et la r&#233;volution, Staline se r&#233;v&#233;la le chef incontest&#233; de la bureaucratie thermidorienne, le premier d'entre les thermidoriens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il apparut bient&#244;t que la nouvelle couche dirigeante avait ses id&#233;es, ses sentiments et, ce qui importe davantage, ses int&#233;r&#234;ts propres. La tr&#232;s grande majorit&#233; des bureaucrates de la g&#233;n&#233;ration actuelle &#233;taient, pendant la r&#233;volution d'Octobre, de l'autre c&#244;t&#233; de la barricade (c'est le cas, pour ne consid&#233;rer que les diplomates sovi&#233;tiques, de MM. Troyanovski, Mayski, Potemkine, Souritz, Khintchouk et autres...) ou, dans le meilleur des cas, &#224; l'&#233;cart de la lutte. Ceux d'entre les bureaucrates d'aujourd'hui qui, aux jours d'Octobre, &#233;taient avec les bolcheviks, n'avaient pas, pour la plupart, de r&#244;le tant soit peu important. Quant aux jeunes bureaucrates, ils sont form&#233;s et s&#233;lectionn&#233;s par les vieux et souvent dans leur propre prog&#233;niture. Ces hommes n'auraient pas fait la r&#233;volution d'Octobre. Ils se trouv&#232;rent les mieux adapt&#233;s pour l'exploiter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les facteurs individuels n'ont pas &#233;t&#233;, naturellement, sans influence dans cette succession de chapitres historiques. Il est certain que la maladie et la mort de L&#233;nine ont h&#226;t&#233; le d&#233;nouement. Si L&#233;nine avait v&#233;cu plus longtemps, l'avance de la puissance bureaucratique e&#251;t &#233;t&#233; plus lente, tout au moins dans les premi&#232;res ann&#233;es. Mais, d&#232;s 1926, Kroupska&#239;a disait &#224; des opposants de gauche : &#034;Si L&#233;nine &#233;tait vivant, il serait certainement en prison.&#034; Les pr&#233;visions et les appr&#233;hensions de L&#233;nine &#233;taient encore fra&#238;ches dans sa m&#233;moire et elle ne se faisait pas d'illusions sur sa puissance &#224; s'opposer aux vents et aux courants contraires de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bureaucratie n'a pas vaincu la seule opposition de gauche, elle a aussi vaincu le parti bolchevique. Elle a vaincu le programme de L&#233;nine, qui voyait le danger principal dans la transformation des organes de l'Etat &#034;de serviteurs de la soci&#233;t&#233; en ma&#238;tres de la soci&#233;t&#233;&#034;. Elle a vaincu tous ses adversaires &#8212; l'opposition, le parti de L&#233;nine &#8212; non &#224; l'aide d'arguments et d'id&#233;es, mais en les &#233;crasant sous son propre poids social. L'arri&#232;re-train plomb&#233; s'est trouv&#233; plus lourd que la t&#234;te de la r&#233;volution. Telle est l'explication du Thermidor sovi&#233;tique.&lt;br class='autobr' /&gt;
LA DEGENERESCENCE DU PARTI BOLCHEVIQUE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti bolchevique avait pr&#233;par&#233; et remport&#233; la victoire d'Octobre. Il avait b&#226;ti l'Etat sovi&#233;tique en lui donnant une ferme ossature. La d&#233;g&#233;n&#233;rescence du parti fut la cause et la cons&#233;quence de la bureaucratisation de l'Etat. Il importe de montrer tout au moins bri&#232;vement comment les choses se sont pass&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime int&#233;rieur du parti bolchevique est caract&#233;ris&#233; par les m&#233;thodes du centralisme d&#233;mocratique. L'union de ces deux notions n'implique aucune contradiction. Le parti veillait &#224; ce que ses fronti&#232;res fussent toujours strictement d&#233;limit&#233;es, mais il entendait que tous ceux qui p&#233;n&#233;traient &#224; l'int&#233;rieur de ces fronti&#232;res eussent r&#233;ellement le droit de d&#233;terminer l'orientation de sa politique. La libre critique et la lutte des id&#233;es formaient le contenu intangible de la d&#233;mocratie du parti. La doctrine actuelle, qui proclame l'incompatibilit&#233; du bolchevisme avec l'existence des fractions, est en d&#233;saccord avec les faits. C'est un mythe de la d&#233;cadence. L'histoire du bolchevisme est en r&#233;alit&#233; celle de la lutte des fractions. Et comment une organisation authentiquement r&#233;volutionnaire qui se donne pour but de retourner le monde et rassemble sous ses enseignes des n&#233;gateurs, des r&#233;volt&#233;s et des combattants de toute t&#233;m&#233;rit&#233;, pourrait-elle vivre et cro&#238;tre sans conflits id&#233;ologiques, sans groupements, sans formations fractionnelles temporaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La clairvoyance de la direction du parti r&#233;ussit maintes fois &#224; att&#233;nuer et &#224; abr&#233;ger les luttes fractionnelles, mais ne put faire davantage. Le comit&#233; central s'appuyait sur cette base effervescente, il y puisait la hardiesse de d&#233;cider et d'ordonner. La justesse manifeste de ses vues &#224; toutes les &#233;tapes critiques lui conf&#233;rait une haute autorit&#233;, pr&#233;cieux capital moral de la centralisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime du parti bolchevique, surtout avant la prise du pouvoir, &#233;tait donc aux antipodes de celui de l'Internationale communiste actuellement, avec ses &#034;chefs&#034; nomm&#233;s hi&#233;rarchiquement, ses tournants ex&#233;cut&#233;s sur commande, ses bureaux incontr&#244;l&#233;s, son d&#233;dain de la base, sa servilit&#233; envers le Kremlin. Dans les premi&#232;res ann&#233;es qui suivirent la prise du pouvoir, quand le parti commen&#231;ait &#224; se couvrir de la rouille bureaucratique, n'importe quel bolchevik, et Staline comme tout autre, e&#251;t trait&#233; d'inf&#226;me calomniateur quiconque e&#251;t projet&#233; sur l'&#233;cran l'image du parti tel qu'il devait devenir dix ou quinze ans plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine et ses collaborateurs eurent pour invariable premier souci de pr&#233;server les rangs du parti bolchevique des tares du pouvoir. Pourtant, l'&#233;troite connexion et quelquefois la fusion des organes du parti et de l'Etat port&#232;rent d&#232;s les premi&#232;res ann&#233;es un pr&#233;judice certain &#224; la libert&#233; et &#224; l'&#233;lasticit&#233; du r&#233;gime int&#233;rieur du parti. La d&#233;mocratie se r&#233;tr&#233;cissait au fur et &#224; mesure que croissaient les difficult&#233;s. Le parti voulut et esp&#233;ra d'abord conserver dans le cadre des soviets la libert&#233; des luttes politiques. La guerre civile apporta &#224; cet espoir un correctif s&#233;v&#232;re. Les partis d'opposition furent supprim&#233;s l'un apr&#232;s l'autre. Les chefs du bolchevisme voyaient dans ces mesures, en contradiction &#233;vidente avec l'esprit de la d&#233;mocratie sovi&#233;tique, non des d&#233;cisions de principe, mais des n&#233;cessites &#233;pisodiques de la d&#233;fense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rapide croissance du parti gouvernant, en pr&#233;sence de la nouveaut&#233; et de l'immensit&#233; des t&#226;ches, engendrait in&#233;vitablement des divergences de vues. Les courants d'opposition, sous-jacents dans le pays, exer&#231;aient de diverses fa&#231;ons leurs pressions sur le seul parti l&#233;gal, aggravant l'&#226;pret&#233; des luttes fractionnelles. Vers la fin de la guerre civile, cette lutte rev&#234;tit des formes si vives qu'elle mena&#231;a d'&#233;branler le pouvoir. En mars 1921, au moment du soul&#232;vement de Cronstadt, qui entra&#238;na pas mal de bolcheviks, le Xe congr&#232;s du parti se vit contraint de recourir &#224; l'interdiction des fractions, c'est-&#224;-dire d'&#233;tendre &#224; la vie int&#233;rieure du parti dirigeant le r&#233;gime politique de l'Etat. L'interdiction des fractions &#233;tait, r&#233;p&#233;tons-le, con&#231;ue comme une mesure exceptionnelle appel&#233;e &#224; tomber en d&#233;su&#233;tude d&#232;s la premi&#232;re am&#233;lioration s&#233;rieuse de la situation. Le comit&#233; central se montrait d'ailleurs extr&#234;mement circonspect dans l'application de la nouvelle loi, et surtout soucieux de ne pas &#233;touffer la vie int&#233;rieure du parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui n'avait &#233;t&#233; dans les intentions du d&#233;but que le tribut pay&#233; par n&#233;cessit&#233; &#224; de p&#233;nibles circonstances, se trouva fort du go&#251;t de la bureaucratie, qui se mettait &#224; consid&#233;rer la vie int&#233;rieure du parti sous l'angle exclusif de la commodit&#233; des gouvernants. D&#232;s 1922, sa sant&#233; s'&#233;tant momentan&#233;ment am&#233;lior&#233;e, L&#233;nine s'effraya de la croissance mena&#231;ante de la bureaucratie et pr&#233;para une offensive contre la fraction Staline, devenue le pivot de l'appareil du parti avant de s'emparer de celui de l'Etat. La seconde attaque du mal, puis la mort, ne lui donn&#232;rent pas la possibilit&#233; de mesurer ses forces &#224; celles de la r&#233;action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les efforts de Staline, avec lequel marchaient &#224; ce moment Zinoviev et Kamenev, tendirent d&#233;sormais &#224; lib&#233;rer l'appareil du parti du contr&#244;le des membres. Staline fut, dans cette lutte pour la &#034;stabilit&#233;&#034; du comit&#233; central, plus cons&#233;quent et plus ferme que ses alli&#233;s. Il n'avait pas &#224; se d&#233;tourner des probl&#232;mes internationaux dont il ne s'&#233;tait jamais occup&#233;. La mentalit&#233; petite-bourgeoise de la nouvelle couche dirigeante &#233;tait la sienne propre. Il croyait profond&#233;ment que la construction du socialisme &#233;tait d'ordre national et administratif. Il consid&#233;rait l'Internationale communiste comme un mal n&#233;cessaire dont il fallait, autant que faire se pouvait, tirer parti &#224; des fins de politique &#233;trang&#232;re. Le parti n'avait de prix &#224; ses yeux que comme la base ob&#233;issante des bureaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps que la th&#233;orie du socialisme dans un seul pays, une autre th&#233;orie fut formul&#233;e &#224; l'usage de la bureaucratie, selon laquelle, pour le bolchevisme, le comit&#233; central est tout, le parti rien. Cette seconde th&#233;orie fut en tout cas r&#233;alis&#233;e avec plus de succ&#232;s que la premi&#232;re. Mettant &#224; profit la mort de L&#233;nine, la bureaucratie commen&#231;a la campagne de recrutement dite de la &#034;promotion de L&#233;nine&#034;. Les portes du parti, jusqu'alors bien gard&#233;es, s'ouvrirent toutes grandes : les ouvriers, les employ&#233;s, les fonctionnaires s'y engouffr&#232;rent en masse. Politiquement, il s'agissait de r&#233;sorber l'avant-garde r&#233;volutionnaire dans un mat&#233;riel humain d&#233;pourvu d'exp&#233;rience et de personnalit&#233;, mais accoutum&#233; en revanche &#224; ob&#233;ir aux chefs. Ce dessein r&#233;ussit. En lib&#233;rant la bureaucratie du contr&#244;le de l'avant-garde prol&#233;tarienne, la &#034;promotion de L&#233;nine&#034; porta un coup mortel au parti de L&#233;nine. Les bureaux avaient conquis l'ind&#233;pendance qui leur &#233;tait n&#233;cessaire. Le centralisme d&#233;mocratique fit place au centralisme bureaucratique. Les services du parti furent radicalement remani&#233;s du haut en bas. L'ob&#233;issance devint la principale vertu du bolchevik. Sous le drapeau de la lutte contre l'opposition, on se mit &#224; remplacer les r&#233;volutionnaires par des fonctionnaires. L'histoire du parti bolchevique devint celle de sa prompte d&#233;g&#233;n&#233;rescence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La signification politique de la lutte en cours s'obscurcissait pour beaucoup du fait que les dirigeants des trois tendances, la droite, le centre et la gauche, appartenaient &#224; un seul &#233;tat-major, celui du Kremlin, le bureau politique : les esprits superficiels croyaient &#224; des rivalit&#233;s personnelles, &#224; la lutte pour la &#034;succession&#034; de L&#233;nine. Mais, sous une dictature de fer, les antagonismes sociaux ne pouvaient en r&#233;alit&#233; se manifester, au d&#233;but, qu'&#224; travers les institutions du parti gouvernant. Bien des thermidoriens sortirent du parti jacobin dont Bonaparte commen&#231;a par &#234;tre un des adh&#233;rents ; et ce fut parmi les anciens jacobins que le Premier consul et, par la suite, l'empereur des Fran&#231;ais trouva ses serviteurs les plus fid&#232;les. Les temps changent et les jacobins, y compris ceux du XXe si&#232;cle, changent avec les temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du bureau politique du temps de L&#233;nine, il ne reste que Staline : deux de ses membres, Zinoviev et Kamenev, qui furent pendant les longues ann&#233;es d'&#233;migration les collaborateurs les plus intimes de L&#233;nine, purgent, au moment o&#249; j'&#233;cris, une peine de dix ann&#233;es de r&#233;clusion pour un crime qu'ils n'ont pas commis ; trois autres, Rykov, Boukharine et Tomski sont tout &#224; fait &#233;cart&#233;s du pouvoir, bien qu'on ait r&#233;compens&#233; leur r&#233;signation en leur accordant des fonctions de second plan ; enfin, l'auteur de ces lignes est banni. La veuve de L&#233;nine, Kroupska&#239;a, est tenue en suspicion, n'ayant pas su, quels qu'aient &#233;t&#233; ses efforts dans ce sens, s'adapter &#224; Thermidor.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les membres actuels du bureau politique ont occup&#233; dans l'histoire du parti bolchevique des places secondaires. Si quelqu'un avait proph&#233;tis&#233; leur &#233;l&#233;vation dans les premi&#232;res ann&#233;es de la r&#233;volution, ils en eussent &#233;t&#233; stup&#233;faits eux-m&#234;mes. La r&#232;gle selon laquelle le bureau politique a toujours raison, et que personne ne saurait en tout cas avoir raison contre lui, n'en est appliqu&#233;e qu'avec plus de rigueur. Mais le bureau politique lui-m&#234;me ne saurait avoir raison contre Staline qui, ne pouvant se tromper, ne peut par cons&#233;quent avoir raison contre lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La revendication du retour du parti &#224; la d&#233;mocratie fut en son temps la plus obstin&#233;e et la plus d&#233;sesp&#233;r&#233;e des revendications de tous les groupements d'opposition. La plate-forme de l'opposition de gauche de 1927 exigeait l'introduction dans le code p&#233;nal d'un article &#034;punissant comme un crime grave contre l'Etat toute pers&#233;cution directe ou indirecte d'un ouvrier en raison de critiques qu'il aurait formul&#233;es...&#034; On trouva plus tard dans le code p&#233;nal un article &#224; appliquer &#224; l'opposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la d&#233;mocratie du parti, il ne reste que des souvenirs dans la m&#233;moire de la vieille g&#233;n&#233;ration. Avec elle, la d&#233;mocratie des soviets, des syndicats, des coop&#233;ratives, des organisations sportives et culturelles s'est &#233;vanouie. La hi&#233;rarchie des secr&#233;taires domine tout et tous. Le r&#233;gime avait acquis un caract&#232;re totalitaire plusieurs ann&#233;es avant que le terme ne nous vint d'Allemagne. &#034;A l'aide des m&#233;thodes d&#233;moralisantes qui transforment les communistes pensants en automates, tuent la volont&#233;, le caract&#232;re, la dignit&#233; humaine&#034;, &#233;crivait Rakovsky en 1928, &#034;la coterie gouvernante a su devenir une oligarchie inamovible et inviolable ; et elle s'est substitu&#233;e &#224; la classe et au parti.&#034; Depuis que ces lignes indign&#233;es ont et&#233; &#233;crites, la d&#233;g&#233;n&#233;rescence a fait d'immenses progr&#232;s. La Gu&#233;p&#233;ou est devenu le facteur d&#233;cisif de la vie int&#233;rieure du parti. Si Molotov a pu, en mars 1936, se f&#233;liciter devant un journaliste fran&#231;ais de ce que le parti gouvernant ne connaisse plus de luttes fractionnelles, c'est uniquement parce que les divergences de vues y sont d&#233;sormais r&#233;gl&#233;es par l'intervention m&#233;canique de la police politique. Le vieux parti bolchevique est mort, aucune force ne le ressuscitera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement &#224; la d&#233;g&#233;n&#233;rescence politique du parti s'accentuait la corruption d'une bureaucratie &#233;chappant &#224; tout contr&#244;le. Appliqu&#233; au gros fonctionnaire privil&#233;gi&#233;, le mot &#034;sovbour &#034; &#8212; bourgeois sovi&#233;tique &#8212; entra de bonne heure dans le vocabulaire ouvrier. Avec la Nep, les tendances bourgeoises b&#233;n&#233;fici&#232;rent d'un terrain plus favorable. L&#233;nine mettait en garde le XIe congr&#232;s du parti, en mars 1922, contre la corruption des milieux dirigeants. Il est plus d'une fois arriv&#233; dans l'histoire, disait-il, que le vainqueur ait adopt&#233; la civilisation du vaincu, si celle-ci &#233;tait sup&#233;rieure. La culture de la bourgeoisie et de la bureaucratie russes &#233;tait mis&#233;rable, sans doute. Mais, h&#233;las ! les nouvelles couches dirigeantes le c&#232;dent encore &#224; cette culture-l&#224;. &#034;Quatre mille sept cents communistes responsables dirigent &#224; Moscou la machine gouvernementale. Qui dirige et qui est dirig&#233; ? Je doute fort qu'on puisse dire que ce sont les communistes qui dirigent...&#034; L&#233;nine n'eut plus &#224; prendre la parole dans les congr&#232;s du parti. Mais toute sa pens&#233;e, dans les derniers mois de sa vie, fut tendue vers la n&#233;cessit&#233; de pr&#233;munir et d'armer les ouvriers contre l'oppression, l'arbitraire et la corruption bureaucratiques. Il ne lui avait &#233;t&#233; donn&#233; cependant que d'observer les premiers sympt&#244;mes du mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christian Rakovsky, l'ancien pr&#233;sident du Conseil des commissaires du peuple d'Ukraine, qui fut plus tard ambassadeur des Soviets &#224; Londres et &#224; Paris, se trouvant en d&#233;portation, envoya en 1928 &#224; ses amis une courte &#233;tude sur la bureaucratie &#224; laquelle nous avons d&#233;j&#224; emprunt&#233; quelques lignes plus haut, car elle reste ce qui a &#233;t&#233; &#233;crit de mieux sur ce sujet [1]. &#034;Dans l'esprit de L&#233;nine et dans tous nos esprits, &#233;crit Rakovsky, l'objet de la direction du parti &#233;tait pr&#233;cis&#233;ment de pr&#233;server le parti et la classe ouvri&#232;re de l'action dissolvante des privil&#232;ges, des avantages et des faveurs propres au pouvoir, de les pr&#233;server de tout rapprochement avec les restes de l'ancienne noblesse et de l'ancienne petite bourgeoisie, de l'influence d&#233;moralisante de la Nep, de la s&#233;duction des moeurs bourgeoises et de leur id&#233;ologie... Il faut dire franchement, nettement, bien haut, que cette t&#226;che, les bureaux du parti ne l'ont point remplie, qu'ils ont fait preuve dans leur double r&#244;le de pr&#233;servation et d'&#233;ducation d'une incapacit&#233; compl&#232;te, fait banqueroute, manqu&#233; au devoir...&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que Rakovsky, bris&#233; par la r&#233;pression bureaucratique, a par la suite reni&#233; ses critiques. Mais le septuag&#233;naire Galil&#233;e fut contraint, dans les tenailles de la Sainte Inquisition, d'abjurer le syst&#232;me de Copernic, ce qui n'emp&#234;cha pas la terre de tourner. Nous ne croyons pas &#224; l'abjuration du sexag&#233;naire Rakovsky, car il a lui-m&#234;me fait plus d'une fois l'analyse impitoyable d'abjurations de ce genre. Mais sa critique politique a trouv&#233; dans les faits objectifs une base beaucoup plus s&#251;re que dans la fermet&#233; subjective de son auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conqu&#234;te du pouvoir ne modifie pas seulement l'attitude du prol&#233;tariat envers les autres classes, elle change aussi sa structure int&#233;rieure. L'exercice du pouvoir devient la sp&#233;cialit&#233; d'un groupement social d&#233;termin&#233;, qui tend avec d'autant plus d'impatience &#224; trancher sa propre &#034;question sociale&#034; qu'il a une id&#233;e plus haute de sa mission. &#034;Dans l'Etat prol&#233;tarien, o&#249; l'accumulation capitaliste n'est pas permise aux membres du parti dirigeant, la diff&#233;renciation est d'abord fonctionnelle, puis elle devient sociale. Je ne dis pas qu'elle devienne une diff&#233;renciation de classe, je dis qu'elle devient une diff&#233;renciation sociale...&#034; Rakovsky explique : &#034;La position sociale du communiste qui a &#224; sa disposition une auto, un bon logement, des cong&#233;s r&#233;guliers et qui re&#231;oit le maximum d'appointements fix&#233; par le parti diff&#232;re de celle du communiste qui, travaillant dans les houill&#232;res, gagne de 50 &#224; 60 roubles par mois.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enum&#233;rant les causes de la d&#233;g&#233;n&#233;rescence des jacobins au pouvoir, l'enrichissement, les fournitures de l'Etat, etc., Rakovsky cite une curieuse remarque de Babeuf sur le r&#244;le jou&#233; dans cette &#233;volution par les femmes de la noblesse, tr&#232;s recherch&#233;es des jacobins. &#034;Que faites-vous, s'exclame Babeuf, l&#226;ches pl&#233;b&#233;iens ? Elles vous embrassent aujourd'hui, elles vous &#233;gorgeront demain.&#034; Le recensement des &#233;pouses des dirigeants, en U.R.S.S., donnerait un tableau analogue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sosnovsky, journaliste sovi&#233;tique connu, indiquait le r&#244;le du &#034;facteur auto-garage&#034; dans la formation de la bureaucratie. Il est vrai que, avec Rakovsky, Sosnovsky s'est repenti et est revenu de Sib&#233;rie. Les moeurs de la bureaucratie n'en ont pas &#233;t&#233; am&#233;lior&#233;es. Au contraire, le repentir d'un Sosnovsky prouve les progr&#232;s de la d&#233;moralisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vieux articles de Sosnovsky, qui passaient nagu&#232;re de mains en mains &#224; l'&#233;tat de manuscrits, contiennent pr&#233;cis&#233;ment d'inoubliables &#233;pisodes de la vie des nouveaux dirigeants montrant bien &#224; quel point les vainqueurs se sont assimil&#233; les moeurs des vaincus. Sans revenir aux ann&#233;es r&#233;volues &#8212; Sosnovsky ayant en 1934 troqu&#233; d&#233;finitivement son fouet contre une lyre &#8212;, bornons-nous &#224; des exemples r&#233;cents emprunt&#233;s &#224; la presse sovi&#233;tique, en choisissant non les &#034;abus&#034;, mais les faits ordinaires, officiellement admis par l'opinion publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le directeur d'une usine moscovite, communiste connu, se f&#233;licite dans la Pravda du d&#233;veloppement culturel de son entreprise. Un m&#233;canicien lui t&#233;l&#233;phone : &#034;M'ordonnez-vous d'arr&#234;ter le martin ou de patienter ?&#034; &#8212; &#034;Je r&#233;ponds, dit-il, attends un moment...&#034; Le m&#233;canicien lui parle avec d&#233;f&#233;rence, le directeur tutoie le m&#233;canicien. Et ce dialogue indigne, impossible dans un pays capitaliste civilis&#233;, le directeur le relate lui-m&#234;me comme tout &#224; fait banal ! La r&#233;daction n'y fait pas d'objections, ne remarquant rien ; les lecteurs ne protestent pas, ayant l'habitude. Ne nous &#233;tonnons pas non plus : aux audiences solennelles du Kremlin, les &#034;chefs&#034; et les commissaires du peuple tutoient leurs subordonn&#233;s, directeurs d'usines, pr&#233;sidents de kolkhozes, contrema&#238;tres et ouvri&#232;res invit&#233;s pour &#234;tre d&#233;cor&#233;s. Comment ne pas se rappeler que l'un des mots d'ordre r&#233;volutionnaires les plus populaires sous l'ancien r&#233;gime exigeait la fin du tutoiement des subordonn&#233;s par les chefs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etonnants par leur sans-g&#234;ne seigneurial, les dialogues des dirigeants du Kremlin avec le &#034;peuple&#034; attestent sans erreur possible qu'en d&#233;pit de la r&#233;volution d'Octobre, de la nationalisation des moyens de production, de la collectivisation et de la &#034;liquidation des koulaks en tant que classe&#034;, les rapports entre les hommes, et ce, tout au sommet de la pyramide sovi&#233;tique, loin de s'&#233;lever jusqu'au socialisme, n'acc&#232;dent pas encore sous bien des rapports au niveau du capitalisme cultiv&#233;. Un tr&#232;s grand pas en arri&#232;re a &#233;t&#233; fait dans cet important domaine au cours des derni&#232;res ann&#233;es, le Thermidor sovi&#233;tique qui a donn&#233; &#224; une bureaucratie peu cultiv&#233;e une ind&#233;pendance compl&#232;te, soustraite &#224; tout contr&#244;le, et aux masses la fameuse directive du silence et de l'ob&#233;issance, &#233;tant incontestablement la cause des r&#233;cidives de la vieille barbarie russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne songeons pas &#224; opposer &#224; l'abstraction dictature l'abstraction d&#233;mocratie pour peser leurs qualit&#233;s respectives sur les balances de la raison pure. Tout est relatif en ce monde ou il n'est de permanent que le changement. La dictature du parti bolchevique fut dans l'histoire l'un des instruments les plus puissants du progr&#232;s. Mais ici, comme dit le po&#232;te, Vernunft wird Unsinn, wohltat Plage[2]. L'interdiction des partis d'opposition entra&#238;na l'interdiction des fractions ; l'interdiction des fractions aboutit &#224; l'interdiction de penser autrement que le chef infaillible. Le monolithisme policier du parti eut pour cons&#233;quence l'impunit&#233; bureaucratique, qui devint &#224; son tour la cause de toutes les vari&#233;t&#233;s de d&#233;moralisation et de corruption.&lt;br class='autobr' /&gt;
LES CAUSES SOCIALES DE THERMIDOR&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons d&#233;fini le Thermidor sovi&#233;tique comme la victoire de la bureaucratie sur les masses. Nous avons essay&#233; de montrer les conditions historiques de cette victoire. L'avant-garde r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat fut en partie absorb&#233;e par les services de l'Etat et peu &#224; peu d&#233;moralis&#233;e, en partie d&#233;truite dans la guerre civile, en partie &#233;limin&#233;e et &#233;cras&#233;e. Les masses fatigu&#233;es et d&#233;&#231;ues n'avaient qu'indiff&#233;rence pour ce qui se passait dans les milieux dirigeants. Ces conditions, si importantes qu'elles soient, ne suffisent nullement &#224; nous expliquer comment la bureaucratie a r&#233;ussi &#224; s'&#233;lever au-dessus de la soci&#233;t&#233; et &#224; prendre pour longtemps en main les destin&#233;es de celle-ci ; sa seule volont&#233; e&#251;t &#233;t&#233; en tout cas insuffisante ; la formation d'une nouvelle couche dirigeante doit avoir des causes sociales plus profondes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lassitude des masses et la d&#233;moralisation des cadres ont aussi contribu&#233; au XVIIIe si&#232;cle &#224; la victoire des thermidoriens sur les jacobins. Mais un processus organique et historique plus profond s'accomplissait sous ces ph&#233;nom&#232;nes, en r&#233;alit&#233; secondaires. Les jacobins avaient leur appui dans les couches inf&#233;rieures de la petite bourgeoisie, soulev&#233;es par la puissante vague ; or la r&#233;volution du XVIIIe si&#232;cle, r&#233;pondant au d&#233;veloppement des forces productives, ne pouvait manquer d'amener enfin au pouvoir la grande bourgeoisie. Thermidor ne fut qu'une des &#233;tapes de cette &#233;volution in&#233;vitable. Quelle n&#233;cessit&#233; sociale s'exprime donc dans le Thermidor sovi&#233;tique ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons tent&#233; dans un chapitre pr&#233;c&#233;dent de donner une explication pr&#233;alable du triomphe du gendarme. Force nous est de continuer ici l'analyse des conditions du passage du capitalisme au socialisme et du r&#244;le qu'y joue l'Etat. Confrontons une fois de plus la pr&#233;vision th&#233;orique et la r&#233;alit&#233;. &#034;Il est encore n&#233;cessaire de contraindre la bourgeoisie&#034;, &#233;crivait L&#233;nine en 1917, traitant de la p&#233;riode qui devait suivre la conqu&#234;te du pouvoir, &#034;mais l'organe de la contrainte, c'est d&#233;j&#224; la majorit&#233; de la population et non plus la minorit&#233;, comme ce fut toujours le cas jusqu'&#224; pr&#233;sent... En ce sens, l'Etat commence &#224; d&#233;p&#233;rir.&#034; En quoi s'exprime son d&#233;p&#233;rissement ? D'abord en ce qu'au lieu &#034;d'institutions sp&#233;ciales appartenant &#224; la minorit&#233; privil&#233;gi&#233;e&#034; (fonctionnaires privil&#233;gi&#233;s, commandement de l'arm&#233;e permanente), la majorit&#233; peut elle-m&#234;me &#034;remplir&#034; les fonctions de coercition. L&#233;nine formule plus loin une th&#232;se indiscutable sous sa forme axiomatique : &#034;Plus les fonctions du pouvoir deviennent celles du peuple entier et moins ce pouvoir est n&#233;cessaire.&#034; L'abolition de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production &#233;limine la t&#226;che principale de l'Etat form&#233; par l'histoire : la d&#233;fense des privil&#232;ges de propri&#233;t&#233; de la minorit&#233; contre la tr&#232;s grande majorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;p&#233;rissement de l'Etat commence, d'apr&#232;s L&#233;nine, d&#232;s le lendemain de l'expropriation des expropriateurs, c'est-&#224;-dire avant que le nouveau r&#233;gime ait pu aborder ses t&#226;ches &#233;conomiques et culturelles. Chaque succ&#232;s dans l'accomplissement de ces t&#226;ches signifie une nouvelle &#233;tape de la r&#233;sorption de l'Etat dans la soci&#233;t&#233; socialiste. Le degr&#233; de cette r&#233;sorption est le meilleur indice de la profondeur et de l'efficacit&#233; de l'&#233;dification socialiste. On peut formuler le th&#233;or&#232;me sociologique suivant : la contrainte exerc&#233;e par les masses dans l'&#233;tat ouvrier est directement proportionelle aux forces tendant &#224; l'exploitation ou &#224; la restauration capitaliste et inversement proportionnelle &#224; la solidarit&#233; sociale et au d&#233;vouement commun au nouveau r&#233;gime. La bureaucratie &#8212; en d'autres termes, &#034;les fonctionnaires privil&#233;gi&#233;s et le commandement de l'arm&#233;e permanente&#034; &#8212; r&#233;pond &#224; une vari&#233;t&#233; particuli&#232;re de la contrainte que les masses ne peuvent pas ou ne veulent pas appliquer et qui s'exerce d'une fa&#231;on ou d'une autre contre elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les soviets d&#233;mocratiques avaient conserv&#233; jusqu'&#224; ce jour leur force et leur ind&#233;pendance, tout en demeurant tenus de recourir &#224; la coercition dans la m&#234;me mesure qu'au cours des premi&#232;res ann&#233;es, ce fait e&#251;t suffi &#224; nous inqui&#233;ter s&#233;rieusement. Quelle ne doit pas &#234;tre notre inqui&#233;tude en pr&#233;sence d'une situation o&#249; les soviets des masses ont d&#233;finitivement quitt&#233; la sc&#232;ne, c&#233;dant leurs fonctions coercitives &#224; Staline, Iagoda et Cie ! Et quelles fonctions coercitives ! Demandons-nous pour commencer quelle est la cause sociale de cette vitalit&#233; opini&#226;tre de l'Etat et par-dessus tout de sa &#034;gendarmisation&#034;. L'importance de cette question est par elle-m&#234;me &#233;vidente : selon la r&#233;ponse que nous lui donnerons, nous devrons ou r&#233;viser radicalement nos id&#233;es traditionnelles sur la soci&#233;t&#233; socialiste en g&#233;n&#233;ral ou repousser tout aussi radicalement les appr&#233;ciations officielles sur l'U.R.S.S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons dans un num&#233;ro r&#233;cent d'un journal de Moscou la caract&#233;ristique st&#233;r&#233;otyp&#233;e du r&#233;gime sovi&#233;tique actuel, l'une de ces caract&#233;ristiques que l'on r&#233;p&#232;te chaque jour et que les &#233;coliers apprennent par coeur. &#034;Les classes parasites des capitalistes, des propri&#233;taires fonciers et des paysans riches sont &#224; jamais liquid&#233;es en U.R.S.S. o&#249; l'on a de la sorte mis fin pour toujours &#224; l'exploitation de l'homme par l'homme. Toute l'&#233;conomie nationale est devenue socialiste et le mouvement Stakhanov grandissant pr&#233;pare les conditions du passage du socialisme au communisme.&#034; (Pravda, 4 avril 1936). La presse mondiale de l'Internationale communiste ne dit pas autre chose, comme de juste. Mais si l'on a mis fin &#034;pour toujours&#034; &#224; l'exploitation, si le pays est r&#233;ellement engag&#233; dans la voie du communisme, c'est-&#224;-dire dans la phase sup&#233;rieure, il ne reste &#224; la soci&#233;t&#233; qu'&#224; jeter bas, enfin, la camisole de force de l'Etat. Au lieu de quoi &#8212; et c'est l&#224; un contraste &#224; peine concevable ! &#8212; l'Etat sovi&#233;tique prend un aspect bureaucratique et totalitaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
On peut faire ressortir la m&#234;me contradiction fatale en &#233;voquant le sort du parti, La question se formule &#224; peu pr&#232;s ainsi : Pourquoi pouvait-on en 1917-21, quand les anciennes classes dominantes r&#233;sistaient encore les armes &#224; la main, quand les imp&#233;rialistes du monde entier les soutenaient effectivement, quand les koulaks arm&#233;s sabotaient la d&#233;fense et le ravitaillement du pays, discuter librement, sans crainte, dans le parti, de toutes les questions les plus graves de la politique ? Pourquoi ne peut-on pas maintenant, apr&#232;s la fin de l'intervention, la d&#233;faite des classes d'exploiteurs, les succ&#232;s incontestables de l'industrialisation, la collectivisation de la grande majorit&#233; des paysans, admettre la moindre critique &#224; l'adresse de dirigeants inamovibles ? Pourquoi tout bolchevik qui s'aviserait, conform&#233;ment aux statuts du parti, de r&#233;clamer la convocation d'un congr&#232;s serait-il aussit&#244;t exclu ? Tout citoyen qui &#233;mettrait tout haut des doutes sur l'infaillibilit&#233; de Staline serait aussit&#244;t trait&#233; &#224; peu pr&#232;s comme un comploteur terroriste. D'o&#249; vient cette terrible, cette monstrueuse, cette intol&#233;rable puissance de la r&#233;pression et de l'appareil policier ?&lt;br class='autobr' /&gt;
La th&#233;orie n'est pas une lettre de change que l'on puisse &#224; tout moment faire acquitter. Si elle s'est trouv&#233;e en d&#233;faut, il convient de la r&#233;viser ou de combler ses lacunes. D&#233;voilons les forces sociales r&#233;elles qui ont fait na&#238;tre la contradiction entre la r&#233;alit&#233; sovi&#233;tique et le marxisme traditionnel. On ne peut pas, en tout cas, errer dans les t&#233;n&#232;bres en r&#233;p&#233;tant les phrases rituelles, peut-&#234;tre utiles au prestige des chefs, mais qui soufflettent la r&#233;alit&#233; vivante. Nous le verrons &#224; l'instant gr&#226;ce &#224; un exemple convaincant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident du conseil des commissaires du peuple d&#233;clarait en janvier 1936 &#224; l'Ex&#233;cutif : &#034;L'&#233;conomie nationale est devenue socialiste (applaudissements). Sous ce rapport, nous avons r&#233;solu le probl&#232;me de la liquidation des classes (applaudissements)&#034;. Le pass&#233; nous laisse pourtant encore des &#034;&#233;l&#233;ments fonci&#232;rement hostiles&#034;, d&#233;bris des classes autrefois dominantes. On trouve en outre parmi les travailleurs des kolkhozes, les fonctionnaires de l'Etat, parfois m&#234;me parmi les ouvriers, de &#034;minuscules sp&#233;culateurs&#034;, des &#034;dilapidateurs des biens de l'Etat et des kolkhozes&#034;, des &#034;colporteurs de potins antisovi&#233;tiques&#034; etc. De l&#224; la n&#233;cessit&#233; d'affermir encore la dictature. Contrairement &#224; ce qu'attendait Engels, l'Etat ouvrier, au lieu de &#034;s'assoupir&#034; doit devenir de plus en plus vigilant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tableau peint par le chef de l'Etat sovi&#233;tique serait au plus haut point rassurant s'il ne rec&#233;lait une contradiction mortelle. Le socialisme s'est d&#233;finitivement install&#233; dans le pays : &#034;sous ce rapport&#034; les classes sont an&#233;anties (si elles le sont sous ce rapport, elles le sont aussi sous tout autre). Sans doute l'harmonie sociale est-elle &#231;&#224; et l&#224; troubl&#233;e par les scories et d&#233;bris du pass&#233;. On ne peut tout de m&#234;me pas penser que des gens dispers&#233;s, priv&#233;s de pouvoir et de propri&#233;t&#233;, r&#234;vant de la restauration du capitalisme, puissent avec de &#034;minuscules sp&#233;culateurs&#034; (ce ne sont pas m&#234;me des sp&#233;culateurs tout court !) renverser la soci&#233;t&#233; sans classes. Tout est, semble-t-il, pour le mieux. Mais encore une fois, pourquoi dans ce cas la dictature d'airain de la bureaucratie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#234;veurs r&#233;actionnaires disparaissent peu &#224; peu, il faut le croire. Des soviets archid&#233;mocratiques se chargeraient bien de &#034;minuscules sp&#233;culateurs&#034; et de &#034;cancaniers&#034;. &#034;Voyous ne sommes pas des utopistes&#034;, r&#233;pliquait L&#233;nine en 1917 aux th&#233;oriciens bourgeois et r&#233;formistes de l'Etat bureaucratique, &#034;nous ne contestons nullement la possibilit&#233; et l'in&#233;luctabilit&#233; d'exc&#232;s commis par des individus et aussi la n&#233;cessit&#233; de r&#233;primer ces exc&#232;s... Mais point n'est besoin &#224; cette fin d'un appareil sp&#233;cial de r&#233;pression ; le peuple arm&#233; y suffira avec autant d'aisance et de facilit&#233; qu'une foule civilis&#233;e s&#233;pare des hommes en train de se battre ou ne laisse pas insulter une femme.&#034; Ces paroles paraissent avoir &#233;t&#233; destin&#233;es &#224; r&#233;futer les consid&#233;rations de l'un des successeurs de L&#233;nine &#224; la t&#234;te de l'Etat. On &#233;tudie L&#233;nine dans les &#233;coles de l'U.R.S.S., mais visiblement pas au Conseil des commissaires du peuple. Ou bien la d&#233;cision pour laquelle un Molotov emploie sans y r&#233;fl&#233;chir les arguments contre lesquels Lenine dirigeait son arme ac&#233;r&#233;e ne s'expliquerait pas. Flagrante contradiction entre le fondateur et les &#233;pigones ! Alors que L&#233;nine tenait pour possible, sans appareil bureaucratique, la liquidation des classes d'exploiteurs, Molotov, pour justifier apr&#232;s la liquidation des classes l'&#233;touffement de toute initiative populaire par la machine bureaucratique, ne trouve rien de mieux que d'invoquer les &#034;d&#233;bris&#034; des classes liquid&#233;es !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il devient d'autant plus difficile de se nourrir de ces &#034;d&#233;bris&#034; que, de l'aveu des repr&#233;sentants autoris&#233;s de la bureaucratie, les ennemis de classe d'hier sont assimil&#233;s avec succ&#232;s par la soci&#233;t&#233; sovi&#233;tique. Postychev, l'un des secr&#233;taires du comit&#233; central, disait en avril 1936 au congr&#232;s des Jeunesses communistes : &#034;De nombreux saboteurs se sont sinc&#232;rement repentis... et ont rejoint les rangs du peuple sovi&#233;tique...&#034; Vu le succ&#232;s de la collectivisation, &#034;les enfants des koulaks ne doivent pas payer pour leurs parents&#034;. Ce n'est pas tout ; &#034;Le koulak lui-m&#234;me ne croit sans doute plus aujourd'hui pouvoir recouvrer sa situation d'exploiteur au village.&#034; Ce n&#8216;est pas sans raison que le gouvernement a commenc&#233; l'abolition des restrictions l&#233;gales r&#233;sultant des origines sociales ! Mais si les affirmations de Postychev, approuv&#233;es sans r&#233;serve par Molotov, ont un sens, ce ne peut &#234;tre que celui-ci : la bureaucratie est devenue un monstrueux anachronisme et la contrainte &#233;tatique n'a plus d'objet sur la terre des soviets. Ni Molotov ni Postychev n'admettent cependant cette conclusion rigoureusement logique. Ils pr&#233;f&#232;rent garder le pouvoir, f&#251;t-ce en se contredisant.&lt;br class='autobr' /&gt;
En r&#233;alit&#233;, ils ne peuvent pas y renoncer. En termes objectifs : la soci&#233;t&#233; sovi&#233;tique actuelle ne peut pas se passer de l'Etat, et m&#234;me &#8212; dans une certaine mesure &#8212; de la bureaucratie. Et ce ne sont pas les mis&#233;rables restes du pass&#233;, mais les puissantes tendances du pr&#233;sent qui cr&#233;ent cette situation. La justification de l'Etat sovi&#233;tique, consid&#233;r&#233; comme un m&#233;canisme de contrainte, c'est que la p&#233;riode transitoire actuelle est encore pleine de contradictions sociales qui, dans le domaine de la consommation &#8212; le plus familier et le plus sensible &#224; tout le monde &#8212; rev&#234;tent un caract&#232;re extr&#234;mement grave, mena&#231;ant &#224; tout moment de se faire jour dans le domaine de la production. La victoire du socialisme ne peut d&#232;s lors &#234;tre dite ni d&#233;finitive ni assur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autorit&#233; bureaucratique a pour base la pauvret&#233; en articles de consommation et la lutte contre tous qui en r&#233;sulte. Quand il y a assez de marchandises au magasin, les chalands peuvent venir &#224; tout moment. Quand il y a peu de marchandises, les acheteurs sont oblig&#233;s de faire la queue &#224; la porte. Sit&#244;t que la queue devient tr&#232;s longue, la pr&#233;sence d'un agent de police s'impose pour le maintien de l'ordre. Tel est le point de d&#233;part de la bureaucratie sovi&#233;tique. Elle &#034;sait&#034; &#224; qui donner et qui doit patienter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'am&#233;lioration de la situation mat&#233;rielle et culturelle devrait, &#224; premi&#232;re vue, amoindrir la n&#233;cessit&#233; des privil&#232;ges, r&#233;tr&#233;cir le domaine du &#034;droit bourgeois&#034; et par l&#224; m&#234;me d&#233;rober le sol sous les pieds de la bureaucratie, gardienne de ces droits. Mais c'est l'inverse qui s'est produit : l'accroissement des forces productives s'est accompagn&#233; jusqu'ici d'un d&#233;veloppement extr&#234;me de toutes les formes de l'in&#233;galit&#233; et des privil&#232;ges et aussi de la bureaucratie. Et ce n'est pas non plus sans raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime sovietique a incontestablement eu dans sa premi&#232;re p&#233;riode un caract&#232;re beaucoup plus &#233;galitaire et moins bureaucratique qu'aujourd'hui. Mais son &#233;galit&#233; &#233;tait celle de la mis&#232;re commune. Les ressources du pays &#233;taient si restreintes qu'elles ne permettaient pas de d&#233;tacher des masses des milieux tant soit peu privil&#233;gi&#233;s. Le salaire &#034;&#233;galitaire&#034;, en supprimant le stimulant individuel, devenait un obstacle au d&#233;veloppement des forces productives. L'&#233;conomie sovi&#233;tique devait sortir quelque peu de son indigence pour que l'accumulation de ces mati&#232;res grasses que sont les privil&#232;ges devint possible. L'&#233;tat actuel de la production est encore tr&#232;s loin d'assurer &#224; tous le n&#233;cessaire. Mais il permet d&#233;j&#224; d'accorder des avantages importants &#224; la minorit&#233; et de faire de l'in&#233;galit&#233; un aiguillon pour la majorit&#233;. Telle est la raison premi&#232;re pour laquelle l'accroissement de la production a jusqu'ici renforc&#233; les traits bourgeois et non socialistes de l'Etat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette raison n'est pas la seule. A c&#244;t&#233; du facteur &#233;conomique qui commande dans la phase pr&#233;sente de recourir aux m&#233;thodes capitalistes de r&#233;mun&#233;ration du travail, agit le facteur politique incarn&#233; par la bureaucratie elle-m&#234;me. De par sa nature, celle-ci cr&#233;e et d&#233;fend des privil&#232;ges. Elle surgit tout au d&#233;but comme l'organe bourgeois de la classe ouvri&#232;re. Etablissant et maintenant les privil&#232;ges de la minorit&#233;, elle s'attribue naturellement la meilleure part : celui qui distribue les biens ne s'est encore jamais les&#233;. Ainsi nait du besoin de la soci&#233;t&#233; un organe qui, d&#233;passant de beaucoup sa fonction sociale n&#233;cessaire, devient un facteur autonome et en m&#234;me temps la source de grands dangers pour tout l'organisme social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La signification du Thermidor sovi&#233;tique commence &#224; se pr&#233;ciser devant nous. La pauvret&#233; et l'inculture des masses se concr&#233;tisent de nouveau sous les formes mena&#231;antes du chef arm&#233; d'un puissant gourdin. Cong&#233;di&#233;e et fl&#233;trie autrefois, la bureaucratie est, de servante de la soci&#233;t&#233;, devenue ma&#238;tresse. En le devenant, elle s'est, socialement et moralement, &#233;loign&#233;e &#224; tel point des masses qu'elle ne peut plus admettre aucun contr&#244;le sur ses actes et sur ses revenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La peur, mystique au premier abord, de la bureaucratie en pr&#233;sence de &#034;minuscules sp&#233;culateurs, de gens sans scrupules et des cancaniers&#034; trouve l&#224; son explication naturelle. N'&#233;tant pas encore en mesure de satisfaire les besoins &#233;l&#233;mentaires de la population, l'&#233;conomie sovi&#233;tique engendre &#224; chaque pas des tendances &#224; la sp&#233;culation et &#224; la fraude int&#233;ress&#233;e. D'autre part, les privil&#232;ges de la nouvelle aristocratie incitent les masses &#224; pr&#234;ter l'oreille aux &#034;rumeurs antisovi&#233;tiques&#034;, c'est-&#224;-dire &#224; toute critique, serait-elle formul&#233;e &#224; mi-voix, des autorit&#233;s arbitraires et insatiables. Il ne s'agit donc pas des fant&#244;mes du pass&#233;, des restes de ce qui n'est plus, en un mot de la neige de l'an dernier, mais de nouvelles et puissantes tendances, sans cesse renaissantes, &#224; l'accumulation personnelle. Le premier afflux de bien-&#234;tre, fort modeste, a, pr&#233;cis&#233;ment &#224; cause de sa faiblesse, non affaibli mais fortifi&#233; ces tendances centrifuges. Les non-privil&#233;gi&#233;s cependant ont senti s'accro&#238;tre le sourd d&#233;sir de mod&#233;rer sans m&#233;nagement les app&#233;tits des nouveaux notables. La lutte sociale s'aggrave de nouveau. Telles sont les sources de la puissance de la bureaucratie. Ce sont aussi celles des p&#233;rils qui menacent cette puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Reproduite dans Les Bolcheviks contre Staline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] La raison devient folie, le bienfait tourment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/ical/ical.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/ical/ical.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6921&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6921&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Trotsky en 1927 : &#171; La crise du parti refl&#232;te la crise de la r&#233;volution elle-m&#234;me. &#187;</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article9045</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Trotsky</dc:subject>
		<dc:subject>1927</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>Parti r&#233;volutionnaire - Revolutionnary party</dc:subject>
		<dc:subject>Trotskisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;Trotsky en 1927 : &#171; La crise du parti refl&#232;te la crise de la r&#233;volution elle-m&#234;me. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;on Trotsky &lt;br class='autobr' /&gt;
Nouvelle &#233;tape &lt;br class='autobr' /&gt;
Fin d&#233;cembre 1927 &lt;br class='autobr' /&gt;
La crise du parti refl&#232;te la crise de la r&#233;volution elle-m&#234;me. Celle-ci a &#233;t&#233; provoqu&#233;e par la modification des rapports de classe. Le fait que l'Opposition soit en minorit&#233; &#224; l'int&#233;rieur du parti et ait &#224; subir des attaques constantes refl&#232;te la pression de la bourgeoisie russe et de la bourgeoisie mondiale sur l'appareil du gouvernement, de l'appareil (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Trotsky en 1927 : &#171; La crise du parti refl&#232;te la crise de la r&#233;volution elle-m&#234;me. &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nouvelle &#233;tape&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin d&#233;cembre 1927&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise du parti refl&#232;te la crise de la r&#233;volution elle-m&#234;me. Celle-ci a &#233;t&#233; provoqu&#233;e par la modification des rapports de classe. Le fait que l'Opposition soit en minorit&#233; &#224; l'int&#233;rieur du parti et ait &#224; subir des attaques constantes refl&#232;te la pression de la bourgeoisie russe et de la bourgeoisie mondiale sur l'appareil du gouvernement, de l'appareil d'&#201;tat sur celui du parti et de l'appareil du parti sur l'aile gauche, prol&#233;tarienne, du parti. L'Opposition est aujourd'hui le point sur lequel se concentrent les plus puissantes pressions contre la r&#233;volution &#224; l'&#233;chelle du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Danger de Thermidor&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dictature prol&#233;tarienne ou Thermidor ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Boukharine pose la question de cette fa&#231;on : si c'est une dictature prol&#233;tarienne, nous devons soutenir inconditionnellement tout ce qui est fait sous son nom. Si c'est Thermidor, alors nous devons mener contre tout cela une lutte sans merci. En fait, les &#233;l&#233;ments de Thermidor &#8211; en liaison avec l'ensemble de la situation internationale &#8211; se sont d&#233;velopp&#233;s dans le pays au cours des derni&#232;res ann&#233;es bien plus vite que les &#233;l&#233;ments de la dictature. La d&#233;fense de la dictature signifie la lutte contre les &#233;l&#233;ments de Thermidor, pas seulement dans le pays tout entier, mais dans l'appareil d'&#201;tat et les couches influentes du parti lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, m&#234;me dans un processus de retour en arri&#232;re, il doit venir un point critique o&#249; la quantit&#233; se change en qualit&#233;, c'est-&#224;-dire le moment o&#249; le pouvoir d'&#201;tat change de nature de classe et devient un pouvoir bourgeois ? Ce point n'est-il pas d&#233;j&#224; atteint ? Un ouvrier, individuellement et tirant les le&#231;ons de sa vie quotidienne, peut en arriver &#224; la conclusion que le pouvoir n'est plus aux mains de la classe ouvri&#232;re : &#224; l'usine, l'autorit&#233; supr&#234;me est le &#171; triangle &#187;, la critique a &#233;t&#233; interdite et, dans le parti, l'appareil est tout-puissant ; dans le dos des organisations sovi&#233;tiques, ce sont des bureaucrates qui donnent les ordres, etc. Mais il suffit d'examiner cette question du point de vue des classes bourgeoises &#224; la ville et &#224; la campagne pour voir tout &#224; fait clairement que le pouvoir n'est pas entre leurs mains. Ce qui est en train de se passer, c'est la concentration du pouvoir entre les mains de ces organes bureaucratiques qui reposent sur la classe ouvri&#232;re, mais qui tendent toujours plus vers les couches sup&#233;rieures de la petite bourgeoisie des villes et des campagnes et se m&#233;langent partiellement avec elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte contre le danger de Thermidor est une lutte de classe. La lutte pour arracher le pouvoir des mains d'une autre classe est une lutte r&#233;volutionnaire. La lutte pour des changements &#8211; parfois d&#233;cisifs, mais toujours sous le r&#232;gne de la m&#234;me classe &#8211; est une lutte r&#233;formiste. Le pouvoir n'a pas encore &#233;t&#233; arrach&#233; des mains du prol&#233;tariat. Il est encore possible de redresser notre ligne politique actuelle, d'&#233;carter les &#233;l&#233;ments de dualit&#233; de pouvoir et de renforcer la dictature par des mesures de type r&#233;formiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;&#233;minence, dans le parti et par cons&#233;quent dans le pays &#233;galement, est aux mains de la fraction de Staline qui poss&#232;de tous les traits du centrisme &#8211; et, qui plus est, d'un centrisme dans une p&#233;riode de recul, pas de mont&#233;e. Cela signifie de petits zigzags &#224; gauche et de grands zigzags &#224; droite. Il n'est pas douteux que le dernier geste &#224; gauche (le manifeste pour l'anniversaire) va obliger &#224; apaiser la droite et ceux qui sont les vraies sources de son soutien dans le pays &#8211; en fait, pas en paroles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les zigzags &#224; gauche ne s'expriment pas seulement par des manifestes b&#226;cl&#233;s d'anniversaire. L'insurrection de Canton est indiscutablement un zigzag aventuriste de l'I.C. &#224; gauche, apr&#232;s qu'aient &#233;t&#233; pleinement r&#233;v&#233;l&#233;es les cons&#233;quences d&#233;sastreuses de la politique menchevique suivie en Chine. L'&#233;pisode de Canton constitue une r&#233;p&#233;tition, en pire et en plus pernicieux du putsch d'Esthonie en 1924, apr&#232;s qu'on e&#251;t laiss&#233; passer la situation r&#233;volutionnaire de 1923 en Allemagne. Le menchevisme plus l'aventurisme bureaucratique ont port&#233; &#224; la r&#233;volution chinoise un double coup : il n'est pas douteux que le prix de l'insurrection de Canton sera un nouveau zigzag, beaucoup plus ample, &#224; droite, dans le domaine de la politique internationale et particuli&#232;rement en Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che objective d'un r&#233;gime thermidorien serait de transf&#233;rer les leviers de commande politiques principaux aux mains de la gauche des nouvelles classes poss&#233;dantes. La condition la plus importante &#8211; mais pas la seule &#8211; de la victoire de Thermidor serait un &#233;crasement de l'Opposition tel qu'il n'y aurait plus &#224; en avoir &#171; peur &#187;. Dans les appareils du parti et de l'&#201;tat, les brasseurs d'affaires qui ont r&#233;ussi, en utilisant tous les fils, &#224; s'unir par toutes sortes de liens avec la soci&#233;t&#233; bourgeoise nouvelle, prendraient le pas sur les politiques purs, les centristes, les gens de l'appareil stalinien qui effraient les ouvriers avec l'opposition, pr&#233;servant ainsi temporairement leur &#171; ind&#233;pendance &#187;. Quant &#224; ce que deviendraient alors les centristes de l'esp&#232;ce stalinienne, c'est une question secondaire. Peut-&#234;tre quelques-uns d'entre eux se d&#233;tacheraient-ils pour se porter &#224; gauche. Le reste, bien plus nombreux, se retirerait purement et simplement du jeu. Une troisi&#232;me cat&#233;gorie renoncerait &#224; l'ind&#233;pendance imaginaire actuelle du centrisme et ses hommes entreraient dans la nouvelle combinaison, purement thermidorienne. Voil&#224; ce que serait la premi&#232;re &#233;tape de la marche au pouvoir de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qui provoque le reflux ? La pression des forces de classe anti-prol&#233;tariennes sur l'&#201;tat sovi&#233;tique pouvait rencontrer une r&#233;sistance organis&#233;e seulement de la part des vieux cadres du parti et de la partie ouvri&#232;re de l'appareil de l'&#201;tat et du parti. Cependant, la partie ouvri&#232;re de l'appareil d'&#201;tat qui, autrefois, se s&#233;parait nettement des cadres des anciens intellectuels bourgeois et n'avait pas confiance en eux, s'est, au cours des derni&#232;res ann&#233;es, d&#233;tach&#233;e toujours plus de la classe ouvri&#232;re, se rapprochant, par ses conditions de vie et d'existence, des couches intellectuelles de la bourgeoisie et de la petite bourgeoisie, et elle est devenue plus complaisante &#224; l'&#233;gard de l'influence des ennemis de classe. D'autre part, le gros du prol&#233;tariat, qui avait donn&#233; son avant-garde &#224; l'appareil bureaucratique de l'&#201;tat, apr&#232;s la formidable tension des premi&#232;res ann&#233;es de la r&#233;volution, a manifest&#233; une grande passivit&#233; politique. Au cours de la p&#233;riode de reconstruction, quand sa situation mat&#233;rielle s'est am&#233;lior&#233;e rapidement, les d&#233;faites de la r&#233;volution au plan international ont pes&#233; lourd dans ce sens. Il faut ajouter l'influence du r&#233;gime du parti. Le prol&#233;tariat charrie encore largement avec lui l'h&#233;ritage du pass&#233; capitaliste. Les premi&#232;res ann&#233;es de la r&#233;volution ont port&#233; au premier plan les &#233;l&#233;ments les plus actifs de la classe, les plus r&#233;volutionnaires, les plus bolcheviques. A l'heure actuelle, ceux qui sont devant, ce sont l'&#233;lite des domestiques, de ceux qui savent courber l'&#233;chine. Les &#233;l&#233;ments &#171; remuants &#187; sont mis &#224; l'&#233;cart et pourchass&#233;s et c'est une source d'affaiblissement du parti et de la classe. Cela les d&#233;sarme devant l'ennemi. Ainsi la pression grandissante des forces bourgeoises sur l'&#201;tat ouvrier s'est-elle jusqu'&#224; pr&#233;sent exerc&#233;e sans se heurter &#224; une r&#233;sistance active de la masse essentielle du prol&#233;tariat. Une telle situation ne peut se prolonger ind&#233;finiment. Il y a tout lieu de penser que l'int&#233;r&#234;t manifest&#233; par les masses des ouvriers sans-parti pour la discussion d'avant le 15e congr&#232;s en liaison avec la campagne des contrats collectifs, montre que de larges masses ouvri&#232;res commencent &#224; s'&#233;veiller et &#224; s'int&#233;resser aux probl&#232;mes politiques fondamentaux d'aujourd'hui en m&#234;me temps que commence &#224; s'emparer d'eux l'inqui&#233;tude pour le sort de la dictature prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fur et &#224; mesure que grandira l'activit&#233; du prol&#233;tariat, la demande adress&#233;e &#224; l'opposition dans les milieux ouvriers grandira &#233;galement. Au cours des ann&#233;es o&#249; elle a lutt&#233; contre le reflux &#224; l'int&#233;rieur du parti (1923-1927), l'Opposition n'a pu que freiner ce processus. On ne peut s&#233;rieusement arr&#234;ter semblable processus autrement que par le d&#233;veloppement de la lutte de classe du prol&#233;tariat, dirig&#233;e contre la nouvelle bourgeoisie, contre les influences non prol&#233;tariennes qui s'exercent sur l'&#201;tat ouvrier, et contre l'imp&#233;rialisme mondial. Le prol&#233;tariat est habitu&#233; &#224; prendre conscience des dangers et &#224; r&#233;agir contre eux par l'interm&#233;diaire de son parti. Le monopole dont le parti jouit depuis 1917 a encore renforc&#233; son r&#244;le. La gravit&#233; de la situation consiste en ce que le r&#233;gime du parti freine et paralyse l'activit&#233; du prol&#233;tariat en m&#234;me temps que la th&#233;orie officielle du parti le tranquillise et l'endort. C'est pour cette raison et dans de telles conditions que l'Opposition porte une grande responsabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oustrialovisme et menchevisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Boukharine op&#232;re un rapprochement entre le point de vue de l'Opposition et celui d'Oustrialov. En quoi est-ce le clou du caract&#232;re charlatanesque de cette th&#233;orie ? Oustrialov parle ouvertement du caract&#232;re in&#233;luctable de Thermidor, &#233;tape du salut dans le d&#233;veloppement national de la r&#233;volution d'Octobre. L'Opposition, elle, parle du danger de Thermidor et montre la voie de la lutte contre ce danger. Comme il glisse vers la droite, le centrisme est oblig&#233; de se fermer les yeux devant le danger et de nier m&#234;me sa possibilit&#233;. Il n'est pas possible de rendre &#224; Thermidor un service plus grand que de nier la r&#233;alit&#233; du danger thermidorien. La tentative de rapprocher le point de vue de l'Opposition sur Thermidor de celui des mencheviks n'est pas moins charlatanesque. Les mencheviks estiment que le danger bonapartiste a sa source essentielle dans le r&#233;gime de la dictature prol&#233;tarienne, que l'erreur principale est de compter sur la r&#233;volution mondiale, qu'une politique juste exige un repli dans les limites &#233;conomiques et politiques de la bourgeoisie et que, pour se sauver de Thermidor et du bonapartisme, il faut revenir &#224; la d&#233;mocratie, c'est-&#224;-dire au r&#233;gime parlementaire bourgeois. L'Opposition, pour sa part, ne nie nullement le danger de Thermidor, mais, bien au contraire, s'efforce de concentrer sur lui l'attention de l'avant-garde prol&#233;tarienne, car elle pense que la source politique principale de ce danger r&#233;side dans le comportement insuffisamment ferme de la dictature prol&#233;tarienne, l'insuffisance des liens avec la r&#233;volution mondiale, un esprit de conciliation excessif &#224; l'&#233;gard de la bourgeoisie, de l'int&#233;rieur comme de l'ext&#233;rieur. La d&#233;mocratie parlementaire n'est pour nous qu'une des formes de la domination du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le menchevisme est thermidorien d'un bout &#224; l'autre. Oustrialov, dans son thermidorianisme, est r&#233;aliste. Le menchevisme est utopique d'un bout &#224; l'autre. Est-il vraisemblable en effet qu'en cas de d&#233;faite de la dictature, celle-ci se transforme en d&#233;mocratie bourgeoise ? Non. C'est la moins vraisemblable de toutes les variantes. Jamais encore dans l'Histoire la dictature r&#233;volutionnaire n'a &#233;t&#233; remplac&#233;e par la d&#233;mocratie. Thermidor, par son essence m&#234;me, est un r&#233;gime de transition de kerenskysme &#224; rebours. Le kerenskysme de 1917 a couvert la dualit&#233; du pouvoir, s'est d&#233;battu dans son cadre et, contre son gr&#233;, a servi au prol&#233;tariat pour arracher le pouvoir des mains de la bourgeoisie. L'av&#232;nement du r&#233;gime thermidorien signifierait d&#233;cr&#233;ter &#224; nouveau la dualit&#233; du pouvoir &#8211; avec pr&#233;pond&#233;rance de la bourgeoisie &#8211; et, de nouveau, ce r&#233;gime, contre son gr&#233;, aiderait la bourgeoisie &#224; arracher le pouvoir des mains du prol&#233;tariat. Le r&#233;gime thermidorien, par nature, ne pourrait durer ind&#233;finiment. Son r&#244;le objectif consisterait &#224; couvrir l'accession au pouvoir de la bourgeoisie &#224; travers les organismes sovi&#233;tiques familiers aux travailleurs. Mais la r&#233;sistance du prol&#233;tariat, ses tentatives de se maintenir ou de regagner les positions perdues, deviendraient in&#233;vitables. Pour venir &#224; bout &#238;le telles tentatives et se renforcer v&#233;ritablement, la bourgeoisie &#233;prouverait d'urgence le besoin, non d'un r&#233;gime thermidorien, mais d'un r&#233;gime bien plus fort, beaucoup plus r&#233;solu, le plus vraisemblablement du bonapartisme, ou, plus actuel, du fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mencheviks, en tant qu'aile gauche de la soci&#233;t&#233; bourgeoise, combattraient sous le bonapartisme pour la l&#233;galit&#233;. Ce faisant, ils serviraient de soupape de s&#251;ret&#233; pour le r&#233;gime bourgeois. Les bolcheviks-l&#233;ninistes, cependant, combattraient pour la conqu&#234;te du pouvoir sous la forme de la dictature du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question du &#171; d&#233;lai &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question g&#233;n&#233;rale du danger thermidorien soul&#232;ve des questions plus concr&#232;tes. Quelle est la proximit&#233; de ce danger ? Thermidor n'a-t-il pas d&#233;j&#224; commenc&#233; ? Quels sont les indices r&#233;els sur son accomplissement ou non ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question du rythme auquel se produisent les divers changements est tr&#232;s importante pour notre tactique. Le rythme des nouveaux alignements politiques &#224; l'int&#233;rieur des classes et entre elles est beaucoup plus difficile &#224; d&#233;terminer que le rythme des processus &#233;conomiques dans le pays. En tout cas, ceux qui s'attendent &#224; ce que le processus de recul se poursuive au rythme actuel pendant des ann&#233;es font une grosse erreur. C'est, de toutes les perspectives, la plus improbable. Dans le processus de d&#233;clin, il pourra y avoir, et il y aura, des mouvements tr&#232;s brusques sous la pression des forces bourgeoisies de l'int&#233;rieur et de l'ext&#233;rieur. Le temps qu'ils prendront, on ne peut le pr&#233;dire. Ce pourrait &#234;tre plus bref que nous le pensons. Ceux qui ne veulent pas s'en rendre compte, qui repoussent cette id&#233;e, seront in&#233;vitablement pris &#224; l'improviste. Il n'est pas besoin de rappeler que la capitulation de Zinoviev et Kamenev les a confront&#233;s, d&#232;s le tout d&#233;but, &#224; la n&#233;cessit&#233; d'enjoliver la situation, de minimiser le danger et d'endormir la gauche du parti. Quelques camarades ont li&#233; la question du rythme de Thermidor avec la question de la composition du C.C. en tant qu'incarnation de l'autorit&#233; du pouvoir et de la r&#233;volution. Aussi longtemps que les Oppositionnels ont &#233;t&#233; tol&#233;r&#233;s au C.C., ils ont jou&#233; le r&#244;le de frein sur ceux qui reculaient et la politique du C.C., selon les termes de Tomsky, n'&#233;tait &#171; ni chair ni poisson &#187;, c'est-&#224;-dire que le recul vers Thermidor rencontrait de la r&#233;sistance &#224; l'int&#233;rieur. L'&#233;limination du C.C. des Oppositionnels &#8211; c'est ce que pensaient les camarades que j'ai mentionn&#233;s &#8211; signifierait que ceux qui op&#232;rent cette retraite ne pouvaient plus collaborer avec les repr&#233;sentants de la ligne prol&#233;tarienne internationale. Cela signifierait donc le d&#233;but officiel de Thermidor. Cette mani&#232;re de poser la question est pour le moins incompl&#232;te et, pour cette raison, ne peut conduire qu'&#224; des conclusions fausses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La force de l'Opposition consiste en ce que, arm&#233;e de la m&#233;thode marxiste, elle peut pr&#233;voir le cours du d&#233;veloppement et mettre en garde. La &#171; force &#187; de la fraction stalinienne consiste dans son abandon de l'orientation marxiste : la fraction stalinienne joue aujourd'hui un r&#244;le que ne peuvent jouer que des gens qui portent des &#339;ill&#232;res, se dispensent de regarder &#224; gauche et &#224; droite et ne regardent pas devant eux les cons&#233;quences &#224; venir. La fraction stalinienne consid&#232;re les pr&#233;dictions marxistes de l'Opposition comme des injures personnelles, des calomnies, etc., r&#233;v&#233;lant en cela les caract&#232;res typiques de son &#233;troitesse d'esprit petite-bourgeoise. Et c'est pourquoi elle attaque l'Opposition avec une fureur redoubl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela signifie-t-il toutefois que l'exclusion et m&#234;me l'amputation de l'Opposition tout enti&#232;re constitue le passage &#224; Thermidor, devenu un fait accompli ? Non, il s'agit seulement de la pr&#233;paration &#224; Thermidor dans le cadre du parti. La fraction stalinienne, en abattant la barri&#232;re prol&#233;tarienne de gauche, est en train, contre son propre gr&#233;, de paver la voie &#224; la marche au pouvoir de la bourgeoisie. Mais ce ph&#233;nom&#232;ne n'est pas encore accompli, ni en politique, ni dans l'&#233;conomie, ni dans la culture, ni dans la vie quotidienne. Pour assurer dans la r&#233;alit&#233; la victoire de Thermidor, il est n&#233;cessaire en premier lieu de supprimer (ou de limiter) le monopole du commerce ext&#233;rieur, de r&#233;viser les instructions &#233;lectorales, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les forces de pression thermidoriennes de m&#234;me que les forces de r&#233;sistance prol&#233;tariennes, pourront seulement se r&#233;v&#233;ler dans le proc&#232;s de la lutte r&#233;elle des classes. C'est pourquoi on ne peut pas consid&#233;rer la mise de l'Opposition hors du parti comme l'accomplissement d&#233;j&#224; effectu&#233; de Thermidor. A vrai dire, une telle appr&#233;ciation pourrait &#234;tre juste si la marche ult&#233;rieure des &#233;v&#233;nements montrait que, de l'int&#233;rieur du parti, il ne peut plus venir de nouveaux &#233;l&#233;ments &#224; l'Opposition et que, dans la classe ouvri&#232;re, il ne saurait surgir de nouvelles forces pour r&#233;sister &#224; l'assaut de la bourgeoisie, et que par suite, l'intervention d'une Opposition peu nombreuse ne serait que le dernier bouillonnement de la vague d'Octobre. On ne peut formuler une telle appr&#233;ciation parce qu'il n'y a pas de causes pour penser que le prol&#233;tariat, en d&#233;pit des ph&#233;nom&#232;nes de passivit&#233; et de luttes avort&#233;es, ph&#233;nom&#232;nes qui se sont manifest&#233;s dans son sein au cours de la p&#233;riode &#233;coul&#233;e, n'est pas capable de &#238;le fendre les conqu&#234;tes d'Octobre contre la bourgeoisie int&#233;rieure et ext&#233;rieure, ce qui signifierait capituler avant la lutte et sans lutte. Il est absolument hors de doute que la pouss&#233;e ult&#233;rieure &#224; droite grossira le flux vers l'Opposition des &#233;l&#233;ments ouvriers du parti, et augmentera l'influence de ses id&#233;es sur la classe ouvri&#232;re. La question du d&#233;lai dans lequel peut se produire Thermidor, et les chances de son succ&#232;s ou de son insucc&#232;s, cela, en g&#233;n&#233;ral, n'est pas et ne peut pas &#234;tre une question de pure analyse th&#233;orique ou de pronostic. Il s'agit de la lutte de forces vives. Le r&#233;sultat doit &#234;tre d&#233;termin&#233; dans l'action elle-m&#234;me. La lutte int&#233;rieure du parti, malgr&#233; toute son acuit&#233;, n'est qu'un pr&#233;lude &#224; l'&#233;poque des combats de classe. Toutes les t&#226;ches sont encore enti&#232;rement devant nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair, qu'en cas de marche plus rapide et plus favorable du mouvement r&#233;volutionnaire en Occident et en Orient, l'Opposition accomplira beaucoup plus facilement sa t&#226;che historique. Mais au cas o&#249; la R&#233;volution mondiale serait diff&#233;r&#233;e, la lutte ne serait nullement sans espoir. L'Opposition ne se chargera certes pas de construire le socialisme dans un seul pays. Si l'on part du fait que l'imp&#233;rialisme demeurera victorieux en Occident et en Orient pendant plusieurs ann&#233;es, ce serait un pur enfantillage de penser que le prol&#233;tariat en U.R.S.S. pourrait garder le pouvoir et construire le socialisme contre l'imp&#233;rialisme mondial victorieux. Mais une telle sorte de perspective mondiale n'est en rien fond&#233;e. Les contradictions de l'&#233;conomie mondiale ne s'adoucissent pas, mais s'aiguisent. Ce ne seront pas les grandes commotions qui manqueront. Cela, l'Opposition l'a pr&#233;cis&#233;ment enseign&#233;, par exemple, lors des &#233;v&#233;nements de Chine, du Comit&#233; anglo-russe etc. Les succ&#232;s dans cette voie sont seulement possibles &#224; condition que soient assur&#233;es la d&#233;fense et la pratique du bolchevisme v&#233;ritable, f&#251;t-ce, pour un temps, &#224; titre de petite minorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, si m&#234;me tout le d&#233;veloppement de la lutte dans la prochaine p&#233;riode se montrait enti&#232;rement d&#233;favorable &#224; la dictature du prol&#233;tariat en U.R.S.S., et aboutissait &#224; sa chute, alors, m&#234;me dans ce cas, le travail de l'Opposition garderait toute son importance. L'ach&#232;vement de Thermidor signifierait in&#233;luctablement la scission du parti. L'Opposition serait l'expression des cadres r&#233;volutionnaires, et dans ce cas formerait, non &#171; un deuxi&#232;me parti &#187;, mais le prolongement historique du parti bolchevique. Le &#171; deuxi&#232;me &#187; parti serait form&#233; par l'union des &#233;l&#233;ments bureaucratiques et propri&#233;taires, poss&#233;dant d&#233;j&#224; leur point d'appui sur le flanc droit. Le deuxi&#232;me parti ne serait, &#224; vrai dire, qu'une &#233;tape pour la bourgeoisie imp&#233;rialiste int&#233;rieure et &#233;trang&#232;re. La t&#226;che du parti bolchevique, apr&#232;s la r&#233;volution bourgeoise, consisterait &#224; pr&#233;parer la deuxi&#232;me r&#233;volution prol&#233;tarienne. Aujourd'hui, toutefois, il s'agit de pr&#233;venir un tel d&#233;veloppement, en ayant recours au noyau prol&#233;tarien du parti et &#224; la classe ouvri&#232;re dans son ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Perspectives&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti une fois formellement amput&#233; de l'Opposition, les classes non prol&#233;tariennes se sentiront beaucoup plus d'assurance. Leur pression se renforcera encore. Les formes et m&#233;thodes de cette pression se feront toujours plus vari&#233;es et plus enveloppantes : depuis la pression du chef d'&#233;quipe sur les ouvriers &#224; l'usine jusqu'&#224; la pression de la bourgeoisie europ&#233;enne et am&#233;ricaine dans la question du monopole du commerce ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si m&#234;me nous prenons comme point de d&#233;part cette supposition que la pression de la bourgeoisie int&#233;rieure et internationale doit se terminer victorieusement, (mais ceci n'est nullement r&#233;solu par avance) alors, m&#234;me en ce cas, il est impossible de s'imaginer que tout va se passer sans heurts, par le moyen d'un glissement acc&#233;l&#233;r&#233;, sans obstacles, sans tentatives de contre-pression prol&#233;tarienne de la part de la gauche. Pr&#233;cis&#233;ment, l'offensive croissante des classes non prol&#233;tariennes doit pousser des couches de plus en plus larges sur la voie de la lutte active. Pour &#171; diriger &#187; la d&#233;fense du noyau ouvrier du parti, aussi bien que de la classe ouvri&#232;re dans son ensemble, elles ont besoin de l'Opposition, m&#234;me en cas de d&#233;veloppement tr&#232;s d&#233;favorable des &#233;v&#233;nements. Il est inutile d'expliquer que le noyau prol&#233;tarien du parti et la classe ouvri&#232;re ne se tourneront vers l'Opposition que si celle-ci sait, dans toutes les questions de la vie et de la lutte des masses, montrer que ses points de vue correspondent aux int&#233;r&#234;ts m&#234;me du prol&#233;tariat. Cela suppose de l'activit&#233; de la part de l'Opposition, son intervention permanente dans tous les proc&#232;s &#233;conomiques, politiques et culturels de la vie ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fraction Staline se trouve non seulement sous la menace de la pression croissante venant de droite, mais aussi de l'in&#233;luctable r&#233;sistance de la gauche. Les stalinistes fulminent contre l'Opposition, esp&#233;rant se rendre eux-m&#234;mes ma&#238;tres de l'in&#233;luctable r&#233;sistance de la gauche contre les forces qui surgissent de droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;l&#233;ments de l'aile droite du parti, de m&#234;me que les &#233;l&#233;ments oustrialovistes de l'appareil d'&#201;tat, comprennent la n&#233;cessit&#233; de certaines man&#339;uvres vers la gauche, mais ils craignent que ces man&#339;uvres puissent aller trop loin. Les d&#233;ments du flanc droit, qui, appartenant ou non au parti, participent &#224; la solution de toutes les questions du parti, sont caract&#233;ris&#233;s par leur liaison organique avec les nouveaux propri&#233;taires. Ils ne peuvent accepter que des man&#339;uvres qui, si elles comportent certains &#171; sacrifices &#187; en faveur du prol&#233;tariat, ne compromettent pas la situation mat&#233;rielle des classes exploiteuses et ne r&#233;tr&#233;cissent pas leur r&#244;le politique. C'est pr&#233;cis&#233;ment de ce point de vue que se pose pour eux la question de la journ&#233;e de sept heures, la question des salaires, l'aide aux pauvres de la campagne, etc. Les man&#339;uvres de gauche ne sauveront pas la politique de Staline. La queue va frapper la t&#234;te. La croissance de l'aile droite s'exprime dans l'imm&#233;diat par la pr&#233;pond&#233;rance croissante de l'appareil de l'&#201;tat sur l'appareil du parti. Il est possible de suivre clairement la croissance de ce proc&#232;s au cours des deux ann&#233;es qui se sont &#233;coul&#233;es entre le 14e et le 15e Congr&#232;s. Le 14e Congr&#232;s du parti fut l'apog&#233;e de l'appareil du parti et en m&#234;me temps de Staline. Le 15e Congr&#232;s a r&#233;v&#233;l&#233; un s&#233;rieux d&#233;placement des forces vers la droite. Les fi&#232;res d&#233;clarations des fonctionnaires de l'appareil centriste, selon lesquelles ils vont d&#233;truire en passant l'aile droite aussi, ne se sont pas r&#233;alis&#233;es. Le bureau politique est demeur&#233; aussi oscillant qu'il l'&#233;tait avant le 15e Congr&#232;s. La composition du nouveau comit&#233; central et de la nouvelle commission centrale de contr&#244;le a introduit de nouvelles figures qui y sont entr&#233;es exclusivement en qualit&#233; de fonctionnaires. Le 15e Congr&#232;s a r&#233;v&#233;l&#233; l'affaiblissement de l'appareil du parti dans le syst&#232;me g&#233;n&#233;ral du r&#233;gime sovi&#233;tique. La lutte Staline-Rykov refl&#232;te dans une large mesure la lutte des deux appareils o&#249; se r&#233;fracte &#224; son tour la lutte de classe. La pression des classes non prol&#233;tariennes, largement et directement, se manifeste &#224; travers l'appareil d'&#201;tat. Cela ne signifie pas, toutefois, qu'elle se meut dans des cadres de classe bien clairs. Dans l'avenir, quand la politique de &#171; sur place &#187;, la politique qui consiste &#224; &#233;luder les questions, &#224; attendre, deviendra impossible, Staline pourra, avec succ&#232;s, enfourcher le cheval de droite et liquider Rykov. Tout simplement se mettre &#224; sa place. Mais m&#234;me cette question ne peut &#234;tre r&#233;solue sans de nouveaux d&#233;placements de forces et sans de profondes secousses dans le parti. Les difficult&#233;s &#233;conomiques s'approchent et menacent avec une force inexorable. L'Opposition a eu raison, aussi bien dans la compr&#233;hension de la situation &#233;conomique du pays que dans ses pr&#233;visions concernant la marche future des &#233;v&#233;nements. Les &#233;checs graves dans la r&#233;quisition de bl&#233; pendant le premier trimestre sont l'indication d'une atteinte s&#233;rieuse &#224; l'&#233;quilibre de toute l'&#233;conomie de l'U.R.S.S. Une entorse s&#233;rieuse a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; faite au plan d'exportation et par suite au plan d'importation. Le manque de produits alimentaires a d&#233;j&#224; contraint des centres ouvriers parmi les plus importants, comme L&#233;ningrad, &#224; passer au syst&#232;me de la carte de rationnement. La cause sp&#233;cifique des difficult&#233;s &#233;conomiques pour l'ann&#233;e 1927-1928 r&#233;side dans l'inflation mon&#233;taire. Celle-ci a aggrav&#233; les difficult&#233;s de notre &#233;conomie qui sont la cons&#233;quence du retard de l'industrie, de la disproportion etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inflation mon&#233;taire a &#233;t&#233; tout d'abord l'expression de ce fait que les d&#233;penses r&#233;elles de l'&#233;conomie d'&#201;tat sont devenues beaucoup plus fortes que ses revenus r&#233;els ; et deuxi&#232;mement qu'une telle situation dans notre pays m&#232;ne in&#233;luctablement &#224; porter atteinte &#224; la liaison entre la ville et la campagne. Il n'est possible d'obtenir les moyens r&#233;els d'industrialiser plus vite le pays qu'en ayant recours &#224; une s&#233;rieuse r&#233;vision de la r&#233;partition des revenus nationaux, r&#233;vision effectu&#233;e au b&#233;n&#233;fice des &#233;l&#233;ments socialistes de notre &#233;conomie. Faute de cela, m&#234;me le plan actuellement en cours d'ex&#233;cution pour les d&#233;penses de capital a d&#233;termin&#233; une situation tr&#232;s tendue des possibilit&#233;s d'&#233;mission de papier-monnaie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte actuellement men&#233;e contre les difficult&#233;s &#233;conomiques (renforcement du ravitaillement des campagnes en marchandises industrielles en privant le march&#233; des villes) peut conduire &#224; des succ&#232;s partiels dans des compartiments s&#233;par&#233;s, au prix de nouvelles difficult&#233;s dans d'autres endroits. Toute la situation &#233;conomique r&#233;v&#232;le la faillite de la politique actuelle qui consiste &#224; trouver des solutions au coup par coup en fonction d'une ligne g&#233;n&#233;rale fausse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plan de l'Opposition a &#233;t&#233; repouss&#233; ; le groupe Staline n'a aucun plan, tandis que les &#233;l&#233;ments de droite ont peur de parler &#224; haute voix de leurs v&#233;ritables intentions : telle est la situation de la direction &#233;conomique en ce moment. Ce qui est le plus vraisemblable, c'est que la situation &#233;conomique ult&#233;rieure devenant plus aigu&#235;, la ligne de la droite triomphera, et cela, la plate-forme de l'Opposition l'a pr&#233;vu d'une mani&#232;re absolument juste. A la base de la crise aigu&#235; qui se manifeste actuellement dans la situation &#233;conomique, il y a, comme racine, la disproportion entre l'&#233;conomie industrielle et l'&#233;conomie paysanne. Il n'est possible de faire dispara&#238;tre cette disproportion que de deux mani&#232;res : soit par les m&#233;thodes de r&#233;gulation du plan et par une politique appropri&#233;e des imp&#244;ts, des prix, des cr&#233;dits, etc., soit par les moyens &#233;l&#233;mentaires du march&#233;, non seulement du march&#233; int&#233;rieur qui, pour cela, est certainement insuffisant, mais aussi par les moyens du march&#233; ext&#233;rieur. La premi&#232;re voie, c'est la voie de la plus juste r&#233;partition des revenus nationaux. La seconde, c'est celle qui consiste &#224; supprimer aussi le monopole du commerce ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cl&#233; de la situation, c'est la question du monopole du commerce ext&#233;rieur. Il est hors de doute que la suppression du monopole du commerce ext&#233;rieur, ou sa limitation, qui toucherait &#224; son essence m&#234;me, m&#232;nerait dans les premiers temps &#224; une augmentation importante des forces productives. Les marchandises deviendraient meilleur march&#233;. Les salaires s'&#233;l&#232;veraient. Le pouvoir d'achat du rouble paysan grandirait. Mais l'ensemble signifierait la marche acc&#233;l&#233;r&#233;e de l'&#233;conomie nationale vers la liaison avec le capital mondial Dans ces conditions, la dictature du prol&#233;tariat ne pourrait &#234;tre maintenue que pendant un court d&#233;lai, ne pouvant pas s'&#233;valuer en ann&#233;es. La restauration de la servitude capitaliste signifierait le partage, direct ou indirect, de la Russie en sph&#232;res d'influences ; elle serait entra&#238;n&#233;e dans la politique des secousses guerri&#232;res de l'imp&#233;rialisme mondial, avec la perspective de la ruine et du d&#233;p&#233;rissement, comme en Chine. Dans la premi&#232;re p&#233;riode, la suppression du monopole du commerce ext&#233;rieur donnerait indubitablement une impulsion aux forces productrices et une &#233;l&#233;vation temporaire du bien-&#234;tre des masses travailleuses. C'est pr&#233;cis&#233;ment dans ce sens qu'exerce sa pression le koulak, qui ne l&#226;che pas son bl&#233;, de m&#234;me que le capitaliste am&#233;ricain ne l&#226;che aucun cr&#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas n&#233;cessaire de penser que la droite lancera le mot d'ordre de la suppression du monopole du commerce ext&#233;rieur. Il y a beaucoup de moyens d&#233;tourn&#233;s et partiels comme l'a montr&#233; l'Histoire, lors des instructions pour les &#233;lections aux soviets. Dans les premiers temps, la pression s'exercera par ces voies d&#233;tourn&#233;es. La revendication de la suppression du monopole du commerce ext&#233;rieur peut &#234;tre assez rapidement pr&#233;sent&#233;e sous sa forme la plus large. On dira aux ouvriers : &#171; Certes, L&#233;nine &#233;tait pour le monopole, mais tout d&#233;pend des conditions de temps et de lieu. Notre doctrine n'est pas un dogme. La situation a chang&#233;. Le d&#233;veloppement des forces productives exige aussi quelque chose d'autre. &#187; La politique actuelle, qui m&#232;ne &#224; une impasse, se prolongeant, il est absolument hors de doute que le mot d'ordre de la suppression par degr&#233;s du monopole du commerce ext&#233;rieur peut entra&#238;ner derri&#232;re lui une partie de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pression de la droite s'exercera simultan&#233;ment dans plusieurs directions. La pr&#233;vision du syst&#232;me des &#233;lections vient de nouveau &#224; l'ordre du jour. La politique fiscale, les droits de l'administration sur les usines et fabriques, la politique des cr&#233;dits, et particuli&#232;rement dans les campagnes, etc., etc., toutes ces questions se poseront de nouveau sous la pression de la droite. Staline et son appareil se heurteront demain &#224; cette pression et r&#233;v&#233;leront leur impuissance devant elle. On peut &#233;carter les rykovistes et pr&#233;parer la destitution de Rykov lui-m&#234;me. Ces plaisanteries bureaucratiques ne r&#233;solvent pas la question. La pression de droite ne se r&#233;fracte pas seulement &#224; travers le groupe Rykov. Cette pression est elle-m&#234;me beaucoup plus profonde que la fraction Rykov. Elle provient des nouveaux poss&#233;dants et des bureaucrates qui lui sont li&#233;s. Il faut, ou bien s'appuyer sur ces nouveaux poss&#233;dants contre les ouvriers, ou bien s'appuyer sur les ouvriers contre leurs pr&#233;tentions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela r&#233;uni signifie que la formation des fractions se fera scion un rythme puissant sur l'aile droite, aussi bien &#224; l'int&#233;rieur du parti qu'en dehors. Le cercle de l'appareil ne viendra pas &#224; bout de la pression de classe. La logique de la situation est telle que le 15e Congr&#232;s, conform&#233;ment &#224; toutes les donn&#233;es, constitue le d&#233;but de la pouss&#233;e fractionnelle de droite du parti. Dans ces conditions, le r&#244;le de l'aile gauche sera d&#233;cisif pour le sort du parti et de la dictature du prol&#233;tariat. La critique de l'opportunisme, une juste orientation de classe, de justes mots d'ordre, l'&#233;ducation des meilleurs &#233;l&#233;ments r&#233;volutionnaires du parti, ce travail est particuli&#232;rement n&#233;cessaire et obligatoire en tout temps et &#224; chaque occasion. La t&#226;che de l'Opposition consiste &#224; assurer la continuit&#233; du parti bolchevique authentique. Pendant une certaine p&#233;riode, cela signifiera aller contre le courant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Opposition et l'Internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;solution du 15e congr&#232;s, d'apr&#232;s le compte rendu du comit&#233; central dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans le moment pr&#233;sent, en Europe, le reflux, d'une faible dur&#233;e, de la vague r&#233;volutionnaire (apr&#232;s la d&#233;faite de la R&#233;volution allemande de 1923) se change de nouveau en une vague montante par l'&#233;l&#233;vation de l'activit&#233; combative du prol&#233;tariat, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons de cette fa&#231;on le premier aveu officiel fait ouvertement de ce qu'apr&#232;s la d&#233;faite de la r&#233;volution allemande en l'ann&#233;e 1923, le mouvement ouvrier a reflu&#233; en Europe &#8211; au moins sur le continent d'Europe &#8211; pendant environ quatre ann&#233;es. Que l'on allait avoir &#224; faire face &#224; ce reflux, cela pouvait et devait &#234;tre pr&#233;vu d&#233;j&#224; en novembre-d&#233;cembre 1923. C'est pr&#233;cis&#233;ment dans cette p&#233;riode que l'Opposition a pr&#233;dit que viendrait in&#233;luctablement une certaine &#171; pacification &#187; dans les rapports capitalistes, qu'on assisterait in&#233;luctablement &#224; une invasion croissante de la part de l'Am&#233;rique dans le domaine de l'&#233;conomie et de la politique europ&#233;enne, et que, parall&#232;lement &#224; cel&#224;, se produirait in&#233;luctablement un renforcement temporaire de la social-d&#233;mocratie au d&#233;triment du communisme. Alors, ce pronostic marxiste fut qualifi&#233; de liquidateur. Le 5e Congr&#232;s de l'Internationale, r&#233;uni en 1924, fut conduit, dans l'ensemble, de ce point de vue que la vague r&#233;volutionnaire continuerait probablement &#224; monter et que de l&#224; d&#233;coulait la t&#226;che d' &#171; organiser &#187; imm&#233;diatement la r&#233;volution. L'insurrection d'Estonie fut l'un des fruits les plus apparents de cette mani&#232;re d'envisager les choses. Ce que l'on a appel&#233; la &#171; bolchevisation &#187; des partis de l'Internationale, proclam&#233; par le 5e Congr&#232;s, en liaison avec la tendance &#224; &#233;carter des &#233;l&#233;ments r&#233;ellement indignes et corrompus, comportait aussi la lutte contre une juste appr&#233;ciation marxiste des phases de l'&#233;poque imp&#233;rialiste et de ses flux et reflux, appr&#233;ciation sans laquelle, d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, la strat&#233;gie r&#233;volutionnaire du bolchevisme est impossible. La position fausse prise par le 5e Congr&#232;s a in&#233;vitablement aliment&#233; les erreurs et les tendances ultra-gauchistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le reflux, au moment o&#249; il se produisit, e&#251;t r&#233;v&#233;l&#233; toute sa profondeur, la nouvelle direction de l'Internationale, devenue sage apr&#232;s coup, frappa les &#233;l&#233;ments de gauche des partis communistes. Le syst&#232;me de la permanence des dirigeants mis en pratique ces derni&#232;res ann&#233;es, n'a cess&#233; de se renforcer dans l'Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che la plus importante du 6e Congr&#232;s est d'appr&#233;cier d'une mani&#232;re juste les erreurs fondamentales de la position prise par le 5e Congr&#232;s et de condamner d'une mani&#232;re d&#233;cisive cette direction dont l'incurie et le suivisme en pr&#233;sence de chaque tournant brusque des &#233;v&#233;nements met sens dessus dessous les comit&#233;s centraux des sections nationales des partis et ainsi ne permet pas de former des cadres dirigeants capables de s'orienter dans le changement des p&#233;riodes de flux et de reflux du mouvement ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la classe ouvri&#232;re d'Europe, on observe indubitablement un d&#233;placement vers la gauche. Il s'exprime par le renforcement de la lutte gr&#233;viste et l'augmentation des voix communistes, mais ce n'est que la premi&#232;re &#233;tape de ce d&#233;veloppement. Le nombre des voix social-d&#233;mocrates augmente parall&#232;lement &#224; celui des voix communistes, distan&#231;ant m&#234;me en partie ces derniers. Si ce processus se d&#233;veloppe et s'approfondit, une seconde phase se produira alors, avec le d&#233;but du d&#233;placement de la social-d&#233;mocratie vers le communisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simultan&#233;ment il faudra renforcer l'organisation des partis communistes, renforcement qu'il n'est pas encore possible de constater aujourd'hui. Un des plus grands obstacles &#224; la croissance et au renforcement des partis communistes, c'est l'orientation politique de l'Internationale et son r&#233;gime interne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La poursuite de l'attaque contre la gauche va entra&#238;ner un nouvel &#233;cart des ciseaux entre le cours droitier du parti et le d&#233;placement &#224; gauche de la classe ouvri&#232;re. Une situation r&#233;volutionnaire peut, dans une des plus prochaines &#233;tapes, se d&#233;clarer ouvertement dans les pays d'Europe avec la m&#234;me force et la m&#234;me acuit&#233; qu'&#224; Vienne. Toute la question r&#233;side dans la force des partis de l'Internationale communiste, dans leur ligne politique, dans leur direction. Les &#233;v&#233;nements r&#233;cents de Canton, compl&#233;ment aventurier de la politique menchevique, montrent que ce serait le plus grand crime de se cr&#233;er &#224; soi-m&#234;me quelque illusion que ce soit sur la ligne politique actuelle de la direction dans les questions internationales. Seule l'Opposition, par un travail syst&#233;matique, opini&#226;tre, pers&#233;v&#233;rant et ininterrompu, est capable d'aider les partis communistes d'Occident et d'Orient &#224; aller sur la voie bolchevique et &#224; se montrer &#224; la hauteur des situations r&#233;volutionnaires qui ne manqueront pas dans les ann&#233;es qui viennent. L'Opposition en U.R.S.S. ne peut remplir sa t&#226;che que comme facteur r&#233;volutionnaire. La rupture de Kamenev et de Zinoviev avec la gauche de l'Internationale n'en est que plus inadmissible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question des deux partis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte officielle contre l'Opposition se m&#232;ne sous deux mots d'ordres essentiels : contre deux partis et contre le &#171; trotskysme &#187;. La pr&#233;tendue lutte de Staline contre deux partis masque la formation d'une dualit&#233; de pouvoir dans le pays et la formation d'un parti bourgeois sur le flanc droit du parti russe et sous le couvert de son drapeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans toute une s&#233;rie d'institutions et dans les bureaux des secr&#233;tariats, ont lieu des conf&#233;rences secr&#232;tes des membres de l'appareil du parti avec les sp&#233;cialistes et les professeurs partisans d'Oustrialov en vue d'&#233;laborer les m&#233;thodes et les mots d'ordre pour lutter contre l'Opposition. &#199;a, c'est la formation clandestine d'un deuxi&#232;me parti qui, par tous les moyens, s'efforce de subordonner, et, partiellement, subordonne le noyau prol&#233;tarien de notre parti en m&#234;me temps qu'il menace son aile gauche. Tout en masquant la formation de ce deuxi&#232;me parti, l'appareil accuse l'Opposition de s'efforcer de cr&#233;er un deuxi&#232;me parti, et cela pr&#233;cis&#233;ment parce que l'Opposition s'efforce de soustraire &#224; la pression croissante de la bourgeoisie le noyau prol&#233;tarien du parti (faute de quoi il serait en g&#233;n&#233;ral impossible de sauver l'unit&#233; du parti bolchevique). Ce serait pure illusion de penser qu'il est possible de maintenir la dictature du prol&#233;tariat, seulement par des adjurations verbales en faveur d'un parti indivisible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question : un ou deux partis &#8211; pos&#233;e d'un point de vue concret, d'un point de vue de classe, et non d'un point de vue d'agitation verbale &#8211; sera r&#233;solue pr&#233;cis&#233;ment par la question de savoir si on r&#233;ussira &#224; &#233;veiller et &#224; mobiliser les forces de r&#233;sistance dans le parti et dans le prol&#233;tariat. L'Opposition ne peut atteindre ce but que si elle ne se laisse pas intimider par l'&#233;pouvantail des deux partis et par le charlatanisme en ce qui concerne le &#171; trotskysme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les th&#232;ses du camarade Zinoviev intitul&#233;es &#171; Bilan du pl&#233;num de juillet &#187;, il est dit ce qui suit &#224; propos de la question de deux partis :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si Staline exclut par paquets les oppositionnels du parti, il peut passer demain &#224; des exclusions bien plus massives. Oui, c'est ainsi. Et n&#233;anmoins, cela ne nous fait en aucun cas aboutir au &#171; mot d'ordre &#187; des &#171; deux partis &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affaire se complique du fait que, sous le r&#233;gime de Staline, il n'est pas possible de lutter pour les id&#233;es de L&#233;nine autrement qu'en courant le risque d'&#234;tre exclu du parti. C'est tout &#224; fait indiscutable. Celui qui n'a pas r&#233;gl&#233; cette question pour lui-m&#234;me et se dit que tout vaut mieux que d'&#234;tre exclu du parti, ne peut, dans les conditions actuelles, combattre v&#233;ritablement pour le l&#233;ninisme ni prendre une position ferme d'&#171; oppositionnel &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il peut tr&#232;s bien arriver que des groupes importants d'Oppositionnels (et au nombre de ceux-ci tous les &#233;l&#233;ments dirigeants de l'Opposition), soient dans quelque temps chass&#233;s du parti. Et cependant, leur t&#226;che sera de continuer leur travail et quoique n'&#233;tant plus formellement membres du parti, de ne pas s'&#233;loigner d'un iota des enseignements de L&#233;nine. Leur t&#226;che sera, dans cette p&#233;riode particuli&#232;rement difficile, non pas de s'orienter vers la formation d'un deuxi&#232;me parti, mais de continuer &#224; s'orienter vers le redressement du parti, vers la correction de la ligne politique. Disons-le sans phrases : il est extr&#234;mement difficile pour un l&#233;niniste exclu du parti de coordonner son travail avec celui des l&#233;ninistes demeur&#233;s dans le parti. Mais faire cela est absolument n&#233;cessaire du point de vue de nos buts essentiels. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et plus loin :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ainsi que l'atteste toute l'exp&#233;rience de la lutte, l'Opposition est unanime &#224; consid&#233;rer que la lutte pour l'unit&#233; du parti sur la base l&#233;niniste ne doit, en aucun cas, se r&#233;duire &#224; se mettre &#224; l'unisson de l'appareil, &#224; att&#233;nuer les divergences et &#224; baisser le ton politiquement. Lorsque les camarades se d&#233;tachent de l'opposition pour aller &#224; droite, ils n'invoquent pas pour expliquer leur d&#233;part, leur propre glissement vers le point de vue de Staline sur les questions int&#233;rieures et internationales, mais ils accusent l'Opposition de s'orienter vers le deuxi&#232;me parti. En d'autres termes, ils ne font que r&#233;p&#233;ter l'accusation lanc&#233;e par Staline afin de masquer leur propre reculade. &#187; (p. 14 et 15)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que nous ne sommes pas maintenant en juillet mais en d&#233;cembre ; ces lignes conservent pourtant aujourd'hui toute leur force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;p&#233;tons-le une fois encore. Si la droite, &#224; l'int&#233;rieur du parti et autour, se rassemblait et gagnait &#224; ses id&#233;es, au cours de la p&#233;riode prochaine, une fraction importante du noyau prol&#233;tarien du parti, la cr&#233;ation d'un second parti deviendrait in&#233;vitable, ce qui signifierait la chute de la dictature et par cons&#233;quent la d&#233;faite des travailleurs. C'est la voie politique de la victoire des oustrialovistes. La voie oppos&#233;e ne peut &#234;tre imagin&#233;e que sous la forme de l'isolement de l'aile droite au moyen de la lutte oppositionnelle contre le centrisme de l'appareil et pour gagner l'influence sur le noyau prol&#233;tarien du parti. La dictature du prol&#233;tariat ne peut pas se maintenir longtemps sur la base de d&#233;faites successives de la gauche prol&#233;tarienne. Au contraire, la dictature, non seulement est compatible avec l'isolement et la liquidation politique de l'aile droite, mais elle exige imp&#233;rieusement une telle liquidation. C'est pourquoi capituler devant le centrisme de l'appareil, au nom d'on ne sait qu'elle unit&#233; du parti, signifierait travailler directement et v&#233;ritablement pour l'existence de deux partis, c'est-&#224;-dire pour l'&#233;croulement de la dictature du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La capitulation de Zinoviev et Kamenev&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'Opposition avait fait au congr&#232;s une d&#233;claration ferme et loyale &#8211; une d&#233;claration et non une demi-douzaine &#8211; si, sur aucune question politique, et en particulier, sur les causes du fractionnisme, elle n'avait agi contre sa conscience, notre situation serait incomparablement plus favorable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les h&#233;sitations dans les rangs de l'Opposition se sont produites, non pas &#224; la base, mais au sommet. La conduite des camarades Zinoviev et Kamenev constitue un fait absolument inou&#239; dans l'histoire du mouvement r&#233;volutionnaire, et m&#234;me, si l'on veut, dans l'histoire de la lutte politique en g&#233;n&#233;ral. Zinoviev et Kamenev ont formellement pris comme point de d&#233;part l'unit&#233; du parti consid&#233;r&#233;e comme le crit&#232;re supr&#234;me et, par leur conduite, ils ont affirm&#233; qu'on ne pouvait obtenir cette unit&#233; en luttant pour ses id&#233;es, mais seulement par une reculade sur le terrain des id&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est pour le parti le bl&#226;me le plus impitoyable qu'on puisse imaginer. Cette conduite en effet contribue non &#224; pr&#233;server l'unit&#233; du parti, mais &#224; le d&#233;moraliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle justifie en quelque sorte les &#233;l&#233;ments de carri&#233;risme, de duplicit&#233;, de poursuite d'int&#233;r&#234;ts personnels. Refuser de d&#233;fendre ses positions revient &#224; justifier en particulier le comportement de cette large couche de membres du parti corrompus et born&#233;s qui pensent comme l'Opposition mais votent comme la majorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La reculade de Zinoviev et de Kamenev r&#233;sulte de cette croyance mensong&#232;re selon laquelle il serait possible, dans n'importe quelle situation historique, de se tirer d'affaire en recourant &#224; d'astucieuses man&#339;uvres, au lieu de se maintenir sur une ligne politique principielle. C'est la pire caricature du l&#233;ninisme. Caract&#233;risant la politique de man&#339;uvre de L&#233;nine, nous disons dans notre plate-forme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; De son temps (du temps de L&#233;nine), le parti a toujours connu les causes de la man&#339;uvre, sa signification, ses limites, la ligne en de&#231;&#224; de laquelle il ne faut pas reculer, et les positions desquelles doit partir &#224; nouveau l'offensive prol&#233;tarienne... Gr&#226;ce &#224; cela, l'arm&#233;e, tout en man&#339;uvrant, a toujours maintenu sa coh&#233;sion, et la conscience de ses buts. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces conditions de la man&#339;uvre l&#233;niniste ont &#233;t&#233; foul&#233;es aux pieds d'une mani&#232;re qui viole tous les principes, par Zinoviev et par Kamenev. Nourrir l'espoir que, dans quelques mois, le document capitulard sera &#171; enfoui &#187; sous de nouveaux &#233;v&#233;nements et sous de nouvelles luttes, c'est se tromper soi-m&#234;me de fa&#231;on pitoyable. Assur&#233;ment, les &#233;l&#233;ments indiff&#233;rents du parti passeront outre &#224; ce document, mais les cadres de la fraction staliniste, de m&#234;me que l'Opposition, ne l'oublieront pas et, au prochain tournant, l'&#233;voqueront devant la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La capitulation politique de Zinoviev et de Kamenev s'explique par la tentative de passer d'une position r&#233;volutionnaire &#224; une position centriste de gauche faisant contrepoids &#224; la position centriste de droite occup&#233;e par Staline. Le centrisme peut se maintenir longtemps dans une &#233;poque de d&#233;veloppement lent (le kautskysme avant la guerre) ; dans les conditions de l'&#233;poque actuelle, le centrisme est oblig&#233; d'abandonner rapidement ses positions et d'aller, soit &#224; gauche, soit &#224; droite. Lors de la mont&#233;e du mouvement ouvrier, il n'est pas rare de voir le centrisme de gauche constituer un pont menant vers la position r&#233;volutionnaire. Lors d'une p&#233;riode de d&#233;pression, comme c'est le cas actuellement, le centrisme de gauche n'est qu'un pont conduisant de l'Opposition vers Staline. Le groupe Zinoviev-Kamenev ne pourra jouer aucun r&#244;le ind&#233;pendant. Sa capitulation est un d&#233;placement de forces au sommet sous l'&#233;norme pression exerc&#233;e de l'int&#233;rieur et de l'ext&#233;rieur sur l'aile r&#233;volutionnaire du parti russe et de l'Internationale. Les &#233;v&#233;nements &#171; enfouiront &#187; la d&#233;claration capitularde du 18 d&#233;cembre en ce sens seulement qu'ils enjamberont le groupe Zinoviev-Kamenev.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le &#171; Trotskysme &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zinoviev et Kamenev, qui ont pris une part dirigeante dans la cr&#233;ation de la l&#233;gende sur le trotskysme au cours des ann&#233;es 1924 et 1925, ont dit dans la d&#233;claration de juillet 1926 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; A l'heure actuelle, personne ne peut plus mettre en doute que le noyau essentiel de l'Opposition de 1923 a justement mis en garde contre le danger d'un &#233;cart hors de la ligne prol&#233;tarienne et contre l'av&#232;nement mena&#231;ant du r&#233;gime de l'appareil. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est absolument clair que si l'Opposition de 1923 a, depuis plus de deux ans, mis en garde contre les dangers essentiels mena&#231;ant le parti et la dictature du prol&#233;tariat, accuser cette Opposition de ce que l'on a nomm&#233; le &#171; trotskysme &#187;, n'a pu que fournir une base pour les erreurs les plus graves dans la mani&#232;re de comprendre la situation ainsi que les t&#226;ches qui en d&#233;coulent. Conjointement avec les dirigeants de l'Opposition de 1923, Zinoviev et Kamenev ont &#233;labor&#233; les documents essentiels de l'Opposition, et parmi eux, le plus important de tous : la plate-forme Il est clair que les accusations de d&#233;viations petites-bourgeoises, de &#171; trotskysme &#187;, etc. se trouvent par l&#224; m&#234;me r&#233;duites en poussi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tentative attard&#233;e de relancer la lutte contre une &#171; rechute &#187; du trotskysme ne repr&#233;sente rien d'autre qu'une lamentable rechute de Zinoviev et Kamenev dans leurs propres erreurs de 1923, erreurs qui ont aid&#233; &#224; d&#233;placer le r&#233;gime du parti de la voie l&#233;niniste sur une voie glissant vers le mar&#233;cage du centrisme et de l'opportunisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bilan du bloc&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La capitulation de Zinoviev et de Kamenev pose de nouveau la question de savoir si le bloc ne fut pas, dans l'ensemble, une erreur. Les divers camarades qui sont enclins &#224; formuler une telle conclusion, ne consid&#232;rent pas l'histoire du bloc dans son ensemble, mais seulement le maillon final de cette histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Opposition de 1923 a pris naissance &#224; Moscou, et celle de 1925-1926 &#224; L&#233;ningrad. L'aile droite du parti poss&#232;de sa base d'appui dans le Caucase du Nord, o&#249; la lutte entre les stalinistes et les rykovistes s'est d&#233;roul&#233;e sous sa forme la plus claire et la plus pr&#233;cise. Cette r&#233;partition des groupes politiques n'est pas due au hasard, et &#224; elle seule, elle explique le bloc entre Moscou et L&#233;ningrad, c'est-&#224;-dire le bloc entre les deux centres prol&#233;tariens les plus importants de notre Union. En d&#233;pit de telles ou telles vacillations se produisant au sommet, le bloc a &#233;t&#233; provoqu&#233; par de profondes pressions de classe. Parler dans ces conditions d'un &#171; bloc &#187; sans principes, c'est de la vulgaire m&#233;disance. Et, sur le plan des id&#233;es, l'Opposition de L&#233;ningrad, pr&#233;cis&#233;ment gr&#226;ce &#224; sa base prol&#233;tarienne hautement qualifi&#233;e, a introduit dans le bloc des &#233;l&#233;ments de tr&#232;s grande valeur. Le rapprochement entre les &#233;l&#233;ments ouvriers d'avant-garde de Moscou et de L&#233;ningrad, continuera, en d&#233;pit du fait que les &#233;l&#233;ments dirigeants de l'Opposition de L&#233;ningrad sont devenus des ren&#233;gats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut dire de m&#234;me en ce qui concerne l'Opposition dans l'Internationale. Les &#233;l&#233;ments les plus r&#233;volutionnaires, apr&#232;s les h&#233;sitations et les oscillations provoqu&#233;es dans une large mesure par les fameuses d&#233;cisions du 5e Congr&#232;s mondial, se trouveront progressivement les uns les autres. Les meilleurs &#233;l&#233;ments de l'Opposition de 1923 et de l'Opposition de 1925-1926 s'uniront &#224; l'&#233;chelle internationale. Le d&#233;part de Zinoviev et de Kamenev n'emp&#234;chera pas ce processus de s'accomplir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appr&#233;ciation de la tactique de l'Opposition&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'histoire du bloc oppositionnel, on peut distinguer trois p&#233;riodes : a) d'avril 1926 au 16 octobre ; b) du 16 octobre 1926 au 8 ao&#251;t 1927 ; c) du 8 ao&#251;t au 15e Congr&#232;s. Chacune de ces p&#233;riodes est caract&#233;ris&#233;e par une mont&#233;e de l'activit&#233; oppositionnelle, puis, lorsque celle-ci atteint un niveau critique, par un ralentissement plus ou moins important accompagn&#233; de d&#233;clarations de refus d'une activit&#233; fractionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &#171; caract&#232;re cyclique &#187; original de la tactique oppositionnelle am&#232;ne &#224; penser qu'il s'agit en l'esp&#232;ce de quelques causes d'ordre g&#233;n&#233;ral. II est n&#233;cessaire de les rechercher d'une part dans les conditions g&#233;n&#233;rales de la dictature prol&#233;tarienne au sein d'un pays o&#249; la paysannerie est nombreuse, et, d'autre part, dans les conditions particuli&#232;res cr&#233;&#233;es par le reflux de la vague r&#233;volutionnaire et sa lutte contre l'aile gauche, l'appareil est arm&#233; de toutes les m&#233;thodes et de tous les moyens de la dictature. L'Opposition ne dispose comme arme que de la propagande. Les discours, l'utilisation du &#171; prestige &#187; des individualit&#233;s, la &#171; soudure &#187; avec les sans-parti, l'occupation de locaux de r&#233;unions, les mots d'ordre lanc&#233;s, ainsi que les pancartes dans les rues, lors du 7 novembre, tout cela, ce sont les formes diverses de la propagande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appareil tente de transformer ces armes de propagande en formes embryonnaires de fraction d'abord, puis de parti et de guerre civile. L'Opposition refuse de s'engager sur cette voie. Elle atteint chaque fois la limite o&#249; l'appareil la place devant la n&#233;cessit&#233; de renoncer aux m&#233;thodes et proc&#233;d&#233;s de propagande qu'elle utilisait. Les trois d&#233;clarations de l'Opposition, 16 octobre, 8 ao&#251;t et celle de novembre-d&#233;cembre, ont eu pour but de montrer encore et toujours &#224; la masse du parti que l'Opposition se fixe comme t&#226;che, non le deuxi&#232;me parti et la guerre civile, mais le redressement de la ligne suivie par le parti et par l'&#201;tat par une r&#233;forme profonde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui critiquent la tactique suivie par l'Opposition, un instant, sur son caract&#232;re de &#171; marche en zig-zag &#187;, raisonnent comme si l'Opposition d&#233;terminait librement sa tactique, et font abstraction de la pression fr&#233;n&#233;tique d'une masse d'ennemis, de l'omnipotence de l'appareil, du glissement politique de la direction, de la passivit&#233; relative des masses ouvri&#232;res etc. Il n'est possible de comprendre la tactique de l'Opposition, avec ses in&#233;luctables contradictions internes, que si l'on n'oublie pas que l'Opposition nage contre le courant, luttant contre les difficult&#233;s et des obstacles jusque-l&#224; inconnus dans l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les cas o&#249; ceux qui critiquent ne se bornent pas &#224; des consid&#233;rations fragmentaires et partielles, parfois fond&#233;es et parfois non fond&#233;es, mais tentent d'opposer &#224; notre tactique, issue des conditions pos&#233;es par la r&#233;alit&#233;, telle autre tactique, ils donnent habituellement et tout simplement un point d'appui pour l'appel &#224; la capitulation. Quant aux v&#233;ritables capitulards, ceux-ci tentent de caract&#233;riser la tactique actuelle de l'Opposition par cette formule : &#171; Ni paix, ni guerre. &#187; Par la &#171; paix &#187;, ils entendent la capitulation ; par la &#171; guerre &#187; ils entendent deux partis. Mais les th&#232;ses de Zinoviev lui-m&#234;me sur le bilan du pl&#233;num de juillet 1927, d'un bout &#224; l'autre, sont impr&#233;gn&#233;es de cette pens&#233;e : Ni capitulation, ni deuxi&#232;me parti. Telle fut toute la ligne suivie par l'Opposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux l&#226;cheurs, il arrive toujours de cracher sur ce qu'ils ont fait la veille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun manuel n'enseigne les moyens de redresser une dictature prol&#233;tarienne plac&#233;e sous le coup de Thermidor. Il faut chercher la m&#233;thode en partant de la situation r&#233;elle. Ces moyens seront trouv&#233;s si l'orientation fondamentale est juste. Quelques conseils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I. &#8211; L'auto-&#233;ducation th&#233;orique est une t&#226;che essentielle pour chaque oppositionnel et l'unique gage s&#233;rieux de sa fermet&#233;. L'&#233;tude du compte-rendu st&#233;nographique du 15e Congr&#232;s du parti &#224; la lumi&#232;re des contre-th&#232;ses de l'Opposition et des faits nouveaux de la vie politique et &#233;conomique doit constituer le contenu principal du travail de tout oppositionnel dans la dispersion qui a succ&#233;d&#233; &#224; la dissolution de la fraction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II. &#8211; Un oppositionnel, ind&#233;pendamment du fait qu'il demeure dans le parti ou en soit exclu, doit militer activement dans toutes les organisations prol&#233;tariennes et sovi&#233;tiques en g&#233;n&#233;ral (parti, syndicats, soviets, clubs, etc.). &#201;tant donn&#233; cela, un oppositionnel ne peut, en aucun cas, limiter son r&#244;le &#224; la critique ; il doit accomplir le travail positif mieux et plus consciencieusement que les fonctionnaires salari&#233;s. C'est seulement sur cette base que la critique faite du point de vue des principes trouvera acc&#232;s dans la conscience des masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III. &#8211; Il est n&#233;cessaire d'en appeler &#224; l'Internationale pour chercher &#224; poser devant le 16e Congr&#232;s la question de l'Opposition dans toute sa pl&#233;nitude.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>D&#233;but de la contre-r&#233;volution en France</title>
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		<dc:date>2025-11-17T23:34:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Fascisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;30 novembre 1938 : d&#233;but de la contre-r&#233;volution en France &lt;br class='autobr' /&gt;
Une fois la r&#233;volution sociale canalis&#233;e et calm&#233;e par la gauche au pouvoir, la bourgeoisie repart &#224; l'offensive&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 12 f&#233;vrier 1934, des dizaines de milliers de manifestants d&#233;filent partout en France en r&#233;action aux &#233;meutes fascistes parisiennes du 6 f&#233;vrier. Contre la menace d'un coup d'Etat fasciste, ouvriers et classes moyennes, socialistes et communistes fraternisent &#034;&#224; la base et spontan&#233;ment&#034;. Cinq mois avant le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique185" rel="directory"&gt;8- La contre-r&#233;volution&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot136" rel="tag"&gt;Fascisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;30 novembre 1938 : d&#233;but de la contre-r&#233;volution en France&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une fois la r&#233;volution sociale canalis&#233;e et calm&#233;e par la gauche au pouvoir, la bourgeoisie repart &#224; l'offensive&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 12 f&#233;vrier 1934, des dizaines de milliers de manifestants d&#233;filent partout en France en r&#233;action aux &#233;meutes fascistes parisiennes du 6 f&#233;vrier. Contre la menace d'un coup d'Etat fasciste, ouvriers et classes moyennes, socialistes et communistes fraternisent &#034;&#224; la base et spontan&#233;ment&#034;. Cinq mois avant le rapprochement entre la SFIO et le PCF, l'union est d&#233;j&#224; en marche dans l'opinion, de sorte que &#034;le 12 f&#233;vrier 1934 marque bien la naissance du Front populaire dans les masses, sinon encore parmi les hommes politiques&#034;. C'est cette parenth&#232;se qui se referme le 30 novembre 1938. Ce jour-l&#224;, la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale organis&#233;e pour protester contre l'abrogation de la semaine de 40 heures est un &#233;chec. Une r&#233;pression &#034;d&#233;lib&#233;r&#233;e, syst&#233;matique, massive et d'une rare s&#233;v&#233;rit&#233;&#034; frappe les gr&#233;vistes et le mouvement syndical est &#034;d&#233;capit&#233;&#034;. &#034;Pour la droite, le cauchemar est termin&#233;, l'ordre r&#232;gne, les patrons ont gagn&#233; leur bataille de la Marne&#034;, note Antoine Prost, qui date de ce jour l'arr&#234;t de mort du Front populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/livres/article/2006/05/25/une-explosion-sociale-doublee-d-une-ruee-syndicale-sans-precedent_775764_3260.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/livres/article/2006/05/25/une-explosion-sociale-doublee-d-une-ruee-syndicale-sans-precedent_775764_3260.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30	Novembre 1938 : Pour protester contre les mesures &#233;conomiques d'assouplissement de la l&#233;gislation sociale, la CGT appelle &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. La r&#233;pression est brutale : 500 condamnations a des peines de prisons (jusqu'&#224; 18 ans), sanction de fonctionnaires et d'agents de services publics, fermetures d'entreprises par le patronat, avec le &#171; lock-out &#187; pour pr&#232;s de 400 000 salari&#233;s. &#201;clatement d&#233;finitif du Front populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4560&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4560&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7076&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7076&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6766&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6766&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/autour-du-front-populaire--9782020800211-page-105.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cairn.info/autour-du-front-populaire--9782020800211-page-105.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30 NOVEMBRE 1938&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette date &#233;voque un triste souvenir pour de nombreux ouvriers. C'est, en effet, avec le 30 novembre 38 que commence le recul de la classe ouvri&#232;re qui aboutira &#224; la guerre. Au moment o&#249; la C.G.T. se r&#233;unissait en Congr&#232;s &#224; Nantes, au milieu de novembre 38, le gouvernement Daladier et Reynaud commen&#231;ait sa politique d'&#233;crasement de la classe ouvri&#232;re, par les d&#233;crets-lois. Ces d&#233;crets-lois &#233;taient une premi&#232;re atteinte s&#233;rieuse aux conventions collectives ch&#232;rement acquises dans les combats de 36.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; ce moment que Daladier &#034;assouplit la loi de 40 heures&#034;. Une large br&#232;che est taill&#233;e dans les Conventions Collectives, notamment en ce qui concerne le choix des d&#233;l&#233;gu&#233;s. Les Congressistes de Nantes &#034;condamnent&#034; les mesures gouvernementales, et organisent une journ&#233;e de protestation nationale pour le 26 novembre. Mais si la C.G.T. envisage l'action, c'est que les ouvriers DEPUIS LONGTEMPS ONT DEJA ENGAGE L'ACTION.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, durant le mois de novembre 1938, des gr&#232;ves gigantesques &#233;clatent dans tout le pays. C'est devant la pouss&#233;e ouvri&#232;re que la C.G.T. organise la journ&#233;e de protestation en vue de canaliser le mouvement. Mais les ouvriers sont impatients et ne peuvent attendre la protestation platonique du 26 novembre. Dans la r&#233;gion parisienne, d&#232;s le 24 novembre, la bagarre s'engage ; les ouvriers cessent le travail chez Renault, Caudron, Bloch et Bl&#233;riot, &#224; Billancourt, ainsi que dans de nombreuses autres usines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est chez Renault que le conflit entre dans la phase la plus aig&#252;e. Timbaud en donne la raison (Le Peuple du 25 nov.) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Aux usines Renault, on a affich&#233; dans un atelier o&#249; on travaillait 32 heures depuis un an, un nouvel horaire comportant 40 heures en 6 jours. A l'usine des moteurs d'aviation on a indiqu&#233; qu'on n'appliquerait plus les Conventions Collectives de l'aviation, ce qui am&#232;nerait une diminution des salaires. Dans la matin&#233;e, un ouvrier a &#233;t&#233; renvoy&#233; ainsi que deux militants ; en outre, et on ne saurait s'&#233;lever suffisamment contre cette mesure, la Direction voulait imposer de nouvelles &#233;lections de d&#233;l&#233;gu&#233;s sur la base des nouveaux d&#233;crets-lois, qui auraient d&#251; signer l'acceptation des mesures inclues dans les d&#233;crets-lois.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En apprenant ces mesures, les ouvriers envoient aussit&#244;t les d&#233;l&#233;gu&#233;s &#224; la Direction, qui refuse de les recevoir. Imm&#233;diatement le travail cesse. Dans toutes les usines, les ouvriers sont expuls&#233;s par la police. Chez Caudron et chez Renault, les ouvriers tiennent l'usine et dans la journ&#233;e du 24, 15.000 ouvriers occupent Renault. La police entre en action pour &#233;vacuer les lieux. Malgr&#233; les appels &#034;au calme&#034; des dirigeants syndicaux, les ouvriers refusent de quitter l'usine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant la t&#233;nacit&#233; des ouvriers, Doury et Croizat lancent une mise en garde contre les provocateurs, comme si la provocation ne venait pas uniquement du patronat et de la police. Mais les ouvriers tiennent bon. Voici ce que quelques-uns racontent de ces journ&#233;es :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#034;Il y avait des types dr&#244;lement gonfl&#233;s ; dans un secteur ne poss&#233;dant qu'une issue par un souterrain, nous avons d&#233;pos&#233; plusieurs tonneaux d'essence. Lorsque les flics sont arriv&#233;s, des gars se sont &#233;lanc&#233;s avec des torches enflamm&#233;es, pr&#234;ts &#224; tout faire sauter. Devant cette menace, la police a recul&#233;. Il y a eu de dr&#244;les de bagarres, des flics ont &#233;t&#233; tu&#233;s et jet&#233;s &#224; la Seine.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#034;Ca a bard&#233;, j'ai pris quelques coups de matraques. A la fin, nous avons d&#251; c&#233;der. Les flics et les pompiers nous ont attaqu&#233;s aux gaz par les toits. Sur le pont qui conduit dans l'&#238;le, il y a eu des bagarres sanglantes. Huit jours apr&#232;s, on a retrouv&#233; &#224; la passerelle de Suresnes des ouvriers noy&#233;s qui &#233;taient encore empoign&#233;s avec des flics. Les journaux n'ont jamais parl&#233; qu'il y avait eu des morts, mais il y en a eu des deux c&#244;t&#233;s.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#034;Quand les flics se sont amen&#233;s, il y a eu des bagarres et beaucoup d'ouvriers se sont sauv&#233;s. A la fin, sur 28.000 ouvriers, nous n'&#233;tions plus que 280. Nous &#233;tions prisonniers dans un atelier o&#249; nous &#233;tions barricad&#233;s. Il y avait plusieurs issues que nous avions bouch&#233;es avec des chariots, des camions, et toute sorte de mat&#233;riel. Nous avions approch&#233; des caisses de pignons et tous les flics qui se sont approch&#233;s en ont re&#231;u. Pour ma part, j'avais obstru&#233; les deux souterrains en y balan&#231;ant des fenwiks (2 dans chaque). Les gardes-mobiles nous ont donn&#233; l'ordre de nous rendre, affirmant que nous n'aurions pas de sanctions. Nous avons refus&#233;, alors ils ont commenc&#233; &#224; nous charger. Ils ne r&#233;ussirent pas &#224; p&#233;n&#233;trer dans l'atelier. Devant l'impossibilit&#233; de forcer nos barrages, ils nous attaqu&#232;rent aux gaz lacrymog&#232;nes par le toit. Je peux dire que tant qu'ils n'ont pas employ&#233; les gaz, pas un seul n'a p&#233;n&#233;tr&#233; dans l'atelier. Avec les gaz, nous d&#251;mes capituler. Le sang me coulait de partout. Pour nous faire sortir, les mobiles n'avaient laiss&#233; qu'une petite porte ouverte et au fur et &#224; mesure que nous sortions, on prenait un grand coup de matraque sur le cr&#226;ne et menottes aux poignets, on &#233;tait conduit dans les cars &#034;Renault&#034; par deux flics. Qu'est-ce qu'il y avait comme flics ! Ils avaient d&#251; mobiliser tout Paris. Un gars s'est mis &#224; engueuler le directeur, un nomm&#233; Aug&#233;, qui discutait avec les cognes. Les deux flics qui l'accompagnaient le matraqu&#232;rent, l'autre s'&#233;croula. Ils le prirent comme un sac et le balanc&#232;rent dans le car, puis s'en retourn&#232;rent chercher d'autres prisonniers. Mais le copain n'&#233;tait pas &#233;vanoui, c'&#233;tait une feinte, et d'un seul coup il se mit &#224; d&#233;taler &#224; toute vitesse. Les flics coururent un peu apr&#232;s lui, mais ils avaient trop de boulot et le gars a r&#233;ussi &#224; filer. Ensuite les flics &#233;taient tellement mauvais qu'ils se sont veng&#233;s sur nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On nous emm&#232;ne d'abord au commissariat de Boulogne, puis dans un autre commissariat, puis dans un troisi&#232;me o&#249; l&#224; c'&#233;tait le passage &#224; tabac. Apr&#232;s 10 minutes de &#034;gymnastique&#034;, on en avait assez. On nous a jug&#233; quelques jours apr&#232;s par paquets de 10. Inculpation : r&#233;bellion en bandes arm&#233;es &#224; la force publique. J'en ai eu pour trois mois de t&#244;le. Apr&#232;s notre arrestation, nous pensions que la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 30 nous tirerait de l&#224;, mais nous avons &#233;t&#233; roul&#233;s par la C.G.T. Pendant que nous &#233;tions en cabane, la femme et les gosses ont &#233;t&#233; secourus par le Secours Rouge. Ils n'ont manqu&#233; de rien. Nous aurions mieux fait de continuer un peu plus longtemps en 1936 plut&#244;t que de faire la b&#234;tise de 1938.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est donc qu'apr&#232;s des luttes sanglantes que les ouvriers abandonn&#232;rent le terrain. Devant la provocation polici&#232;re de chez Renault, la C.G.T. d&#233;cide de transformer la journ&#233;e de protestation du 26 novembre en une d&#233;monstration nationale. En m&#234;me temps qu'elle d&#233;clare gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pour le 30 novembre, les dirigeants ouvriers craignent d'&#234;tre d&#233;bord&#233;s par le mouvement. C'est pourquoi, avant m&#234;me de le d&#233;clencher, ils le ligotent. La C.G.T. affirme : &#034;Quels que soient les circonstances et les &#233;v&#233;nements, le travail devra reprendre le 1er d&#233;cembre.&#034; Elle appelle &#224; la gr&#232;ve &#034;dans le calme, pas de provocations, pas d'occupations d'usines, pas de manifestations ni de r&#233;unions&#034;, autrement dit, pendant que le gouvernement prend toutes les mesures de r&#233;pression, mobilisation, d&#233;ploiement de police, etc... la C.G.T. appelle les ouvriers &#224; rester chez eux et &#224; laisser le gouvernement et son appareil de r&#233;pression ma&#238;tres du pav&#233; et des usines. Pendant ce temps 283 ouvriers arr&#234;t&#233;s chez Renault sont poursuivis devant le tribunal sous l'inculpation de r&#233;bellion en bande arm&#233;e, c'est-&#224;-dire trait&#233;s comme des bandits de droit commun. La grosse majorit&#233; d'entre eux fera 3 mois de prison ; il faudra attendre la fin de la guerre, c'est-&#224;-dire 7 ans apr&#232;s, pour qu'ils soient r&#233;int&#233;gr&#233;s dans l'usine et il faudra attendre 1946 pour qu'ils soient r&#233;in-t&#233;gr&#233;s dans leur droit d'anciennet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la gr&#232;ve du 30 novembre qui a &#233;chou&#233; en grande partie puisque les transports ont fonctionn&#233; avec un ordre de r&#233;quisition, la C.G.T. se f&#233;licit&#233; de son &#034;succ&#232;s&#034; et conclut &#034;tous les incidents ont &#233;t&#233; &#233;vit&#233;s, c'est ce qu'il fallait&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant le 30 novembre, les ouvriers avaient encore assez d'&#233;nergie pour vaincre la bourgeoisie. Mais les chefs des organisations &#034;ouvri&#232;res&#034; ont tout fait pour endiguer le mouvement. Et si Jouhaux et les dirigeants r&#233;formistes ont trahi la classe ouvri&#232;re en donnant la possibilit&#233; &#224; Daladier, Reynaud d'organiser la r&#233;pression, les chefs staliniens ne l'ont pas moins trahie en usant de toute leur influence pour inviter les ouvriers &#224; se ranger &#034;dans le calme&#034; derri&#232;re les mots d'ordre de Jouhaux, qu'on savait vendu &#224; la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VAUQUELIN&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/11/ldc77_113046.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/11/ldc77_113046.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La contre-r&#233;volution unit les contre-r&#233;volutionnaires, auparavant ennemis</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article9273</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.org/spip.php?article9273</guid>
		<dc:date>2025-09-24T22:15:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Fascisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les classes dirigeantes capitalistes, les imp&#233;rialismes, leurs arm&#233;es ont toujours su se r&#233;concilier et s'entraider quand elles sont en face d'une r&#233;volution sociale du peuple travailleur afin de l'&#233;craser &lt;br class='autobr' /&gt;
La cr&#233;ation du Hamas &#224; Gaza est une entente entre islamistes d'extr&#234;me droite et Isra&#235;l contre le peuple palestinien tout comme le r&#233;gime taliban actuel en Afghanistan est le r&#233;sultat d'une entente entre les Talibans et les Am&#233;ricains sur le dos du peuple afghan et, de m&#234;me, le r&#233;gime (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique185" rel="directory"&gt;8- La contre-r&#233;volution&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot136" rel="tag"&gt;Fascisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les classes dirigeantes capitalistes, les imp&#233;rialismes, leurs arm&#233;es ont toujours su se r&#233;concilier et s'entraider quand elles sont en face d'une r&#233;volution sociale du peuple travailleur afin de l'&#233;craser&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La cr&#233;ation du Hamas &#224; Gaza est une entente entre islamistes d'extr&#234;me droite et Isra&#235;l contre le peuple palestinien tout comme le r&#233;gime taliban actuel en Afghanistan est le r&#233;sultat d'une entente entre les Talibans et les Am&#233;ricains sur le dos du peuple afghan et, de m&#234;me, le r&#233;gime irakien actuel ou syrien actuel sont des ententes entre le fascisme soi-disant islamiste et l'imp&#233;rialisme occidental qui pr&#233;tendaient se combattre, etc&#8230; De m&#234;me, forces politiques bourgeoises classiques et forces politiques fascistes s'unissent face &#224; la crise aigue de la domination capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques exemples historiques d&#233;montrent que les nations les plus violemment en guerre peuvent arr&#234;ter la boucherie d&#232;s lors que la menace de la r&#233;volution sociale leur rappelle leurs int&#233;r&#234;ts communs de classe :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;0&#176;) Les villes de Gr&#232;ce antique &#233;taient divis&#233;es et se sont unies pour &#233;craser la ville de Troie en r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4146&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4146&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176;) La France et l'Angleterre m&#233;di&#233;vales, &#233;taient en guerre (la France battue, le roi de France &#233;tait d&#233;tenu en Angleterre). L'Angleterre a rel&#226;ch&#233; le roi de France d&#232;s lors que la r&#233;volution frappait &#224; Paris avec le pouvoir d'Etienne Marcel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article238&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article238&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176;) La noblesse de France et toutes les nations europ&#233;ennes f&#233;odales autrefois divis&#233;es, se sont unies contre la R&#233;volution fran&#231;aise, puis contre Napol&#233;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_la_premi%C3%A8re_coalition&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_la_premi%C3%A8re_coalition&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176;) La France et l'Allemagne, pourtant en guerre, sont unies contre la r&#233;volution de la Commune de Paris de 1871&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/ait/1871/05/km18710530d.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/ait/1871/05/km18710530d.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&#176;) Les nations europ&#233;ennes et mondiales divis&#233;es par la guerre mondiale mais r&#233;unies contre la r&#233;volution europ&#233;enne d&#233;but&#233;e en 1917 en Russie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4309&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4309&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1918/04/ldt19180414.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1918/04/ldt19180414.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4309&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4309&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5&#176;) La France et l'Angleterre ont arr&#234;t&#233; leur guerre avec l'Allemagne en 1918 pour mieux arr&#234;ter la r&#233;volution prol&#233;tarienne allemande&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1358&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1358&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6&#176;) Les d&#233;mocraties occidentales soi-disant adversaires de Hitler l'ont laiss&#233; tranquillement &#233;craser la r&#233;volution prol&#233;tarienne allemande alors qu'en 1933 il n'avait pas d'arm&#233;e. Elles se sont en fait unies momentan&#233;ment &#224; Hitler contre le prol&#233;tariat m&#234;me si elles savaient parfaitement qu'elles allaient ensuite devoir entrer en guerre contre lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5322&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5322&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7&#176;) la question juive en Europe de l'Est &#233;tait un danger r&#233;volutionnaire comme l'avait d&#233;montr&#233; la vague r&#233;volutionnaire de 1917-1923 et les d&#233;mocraties occidentales ont laiss&#233; Hitler r&#233;gler &#224; sa mani&#232;re le risque communiste r&#233;volutionnaire des Juifs opprim&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article85&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article85&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8&#176;) Les nations d&#233;mocratiques &#233;taient oppos&#233;es aux nations fascistes, l'Espagne de Franco et l'Allemagne de Hitler, sauf quand elles ont commenc&#233; &#224; &#233;craser la r&#233;volution prol&#233;tarienne d'Espagne et elles ont &#233;t&#233; complices du massacre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article1640&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article1640&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9&#176;) Ces d&#233;mocraties occidentales ont refus&#233; d'intervenir militairement contre les camps de la mort des juifs, m&#234;me quand ceux-ci se r&#233;voltaient. Ils ont refus&#233; de faire de la propagande publique pour d&#233;noncer ce g&#233;nocide ou soutenir les camps r&#233;volt&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5647&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5647&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10&#176;) Quand la ville de Varsovie s'est soulev&#233;e contre les nazis, l'arm&#233;e de Staline a volontairement arr&#234;t&#233; sa marche en avant pour laisser &#224; Hitler le temps de massacrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1264&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1264&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11&#176;) L'occident capitaliste et imp&#233;rialiste a fait mine de soutenir les d&#233;mocrates oppos&#233;s au stalinisme dans les Pays de l'Est, sauf quand les travailleurs s'y sont r&#233;volt&#233;. Par exemple, en Hongrie en 1956 quand les travailleurs ont b&#226;ti des soviets antistaliniens, les radios des occidentaux en direction de la Hongrie ont &#233;t&#233; coup&#233;es par&#8230; les puissances occidentales. Elles n'ont pas lev&#233; le petit doigt quand la Russie a &#233;cras&#233; militairement la r&#233;volution. Et pas davantage en Tch&#233;coslovaquie en 1968.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2700&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2700&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12&#176;) Jamais les d&#233;mocraties occidentales n'ont lev&#233; le petit doigt en faveur d'un peuple qui se soulevait dans le cadre de la vague des r&#233;voltes et r&#233;volutions d&#233;but&#233;es en 2010-2011 (les &#171; printemps &#187;). Bien au contraire, elles ont souvent continu&#233; &#224; fournir des armes pour la r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve1159&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve1159&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13&#176;) La France et l'Angleterre &#233;taient oppos&#233;es sur la question de qui domine au Rwanda et ont soutenu deux camps militairement oppos&#233;s. Mais, du moment qu'il s'agissait d'&#233;craser une r&#233;volution sociale, leur opposition est rest&#233;e totalement passive et cela a permis le g&#233;nocide des Tutsis rwandais de 1994.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article134&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article134&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14&#176;) En Syrie, la chute d'Assad &#233;tait voulue et programm&#233;e par les puissances occidentales, en opposition &#224; la Russie qui soutenait Assad. Mais du moment qu'une r&#233;volution sociale mena&#231;ait de se d&#233;velopper en Syrie, les ennemis ont pu s'unir pour transformer la r&#233;volution en guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3890&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3890&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8053&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8053&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15&#176;) Les puissances occidentales n'ont pas cess&#233; de clamer qu'elles voulaient et soutenaient la d&#233;mocratie en Chine mais elles ont cess&#233; de le dire haut et fort au moment o&#249;, &#224; Tiananmen, le peuple travailleur et les jeunes ont menac&#233; de lancer une nouvelle r&#233;volution sociale en Chine. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article92&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article92&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16&#176;) La France, pays dit de la libert&#233; &#224; cause d'une tr&#232;s ancienne r&#233;volution, n'a pas cess&#233; de clamer qu'elle condamnait toutes les dictatures dans le monde, sauf quand celles-ci ont &#233;t&#233; menac&#233;es par la vague de printemps, et alors la France a arm&#233; les r&#233;pressions&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8322&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8322&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17&#176;) Les nations occidentales, qui se clament ennemis du terrorisme islamique, savent le soutenir contre... la r&#233;volution sociale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4594&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4594&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve742&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve742&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18&#176;) Un exemple historique fameux pour finir : la lutte contre la r&#233;voluion prol&#233;tarienne en Allemagne en 1918 a uni la social-d&#233;mocratie et le fascisme, en passant par le haut &#233;tat-major...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3081&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3081&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19&#176;) Un autre exemple historique fameux : la contre-r&#233;volution a uni deux forces contre-r&#233;volutionnaires auparavant se disant ennemies : le nazisme et le stalinisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3681&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3681&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En p&#233;riode de crise aigue de la domination de la bourgeoisie, les forces politiques et sociales bourgeoises convergent toutes vers la contre-r&#233;volution (dictature, fascisme, guerre, massacre&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6011&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6011&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6024&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6024&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8253&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8253&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6920&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6920&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6398&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6398&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7437&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7437&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La contre-r&#233;volution thermidorienne</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article8724</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.org/spip.php?article8724</guid>
		<dc:date>2025-09-19T22:23:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Thermidor 1794 de la R&#233;volution fran&#231;aise ! Pourquoi la direction bourgeoise de la r&#233;volution s'est charg&#233;e de lancer la contre-r&#233;volution ? &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4801 &lt;br class='autobr' /&gt;
Thermidor contre la r&#233;volution fran&#231;aise &lt;br class='autobr' /&gt;
https://fr.wikipedia.org/wiki/Thermidorien &lt;br class='autobr' /&gt;
https://fr.wikipedia.org/wiki/Convention_thermidorienne &lt;br class='autobr' /&gt;
https://fr.wikipedia.org/wiki/Thermidor &lt;br class='autobr' /&gt;
Thermidor par Jean Jaur&#232;s &lt;br class='autobr' /&gt;
https://fr.wikisource.org/wiki/Histoire_socialiste/Thermidor_et_Directoire/01 (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique185" rel="directory"&gt;8- La contre-r&#233;volution&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Thermidor 1794 de la R&#233;volution fran&#231;aise ! Pourquoi la direction bourgeoise de la r&#233;volution s'est charg&#233;e de lancer la contre-r&#233;volution ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4801&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4801&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thermidor contre la r&#233;volution fran&#231;aise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Thermidorien&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Thermidorien&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Convention_thermidorienne&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Convention_thermidorienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Thermidor&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Thermidor&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thermidor par Jean Jaur&#232;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Histoire_socialiste/Thermidor_et_Directoire/01&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Histoire_socialiste/Thermidor_et_Directoire/01&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Histoire_socialiste/Thermidor_et_Directoire/02&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Histoire_socialiste/Thermidor_et_Directoire/02&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Histoire_socialiste/Thermidor_et_Directoire/03&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Histoire_socialiste/Thermidor_et_Directoire/03&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;action thermidorienne de Staline&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1&#176; section&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;action politique suivit le prodigieux effort de la r&#233;volution et de la guerre civile. [Elle diff&#233;rait essentiellement des ph&#233;nom&#232;nes sociaux qui se d&#233;velopp&#232;rent parall&#232;lement dans, les contr&#233;es non sovi&#233;tiques.] C'&#233;tait une r&#233;action contre la guerre imp&#233;rialiste et contre ceux qui l'avaient conduite. En Angleterre, elle &#233;tait dirig&#233;e contre Lloyd George et l'isola politiquement jusqu'&#224; la fin de sa vie. Clemenceau, en France, eut un sort semblable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les prodigieux changements qu'on constatait dans les sentiments des masses apr&#232;s une guerre imp&#233;rialiste et une guerre civile &#233;taient bien explicables. En Russie, les ouvriers et les paysans &#233;taient profond&#233;ment convaincus que c'&#233;taient leurs propres int&#233;r&#234;ts qui &#233;taient en jeu et que la guerre qui leur &#233;tait impos&#233;e &#233;tait vraiment la leur. Apr&#232;s la victoire remport&#233;e sur les Blancs et sur l'Entente, la satisfaction fut immense, et grande la popularit&#233; de ceux qui avaient aid&#233; &#224; l'obtenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les trois ann&#233;es de guerre civile laiss&#232;rent une empreinte ind&#233;l&#233;bile sur le gouvernement sovi&#233;tique lui-m&#234;me en vertu du fait qu'un tr&#232;s grand nombre de nouveaux administrateurs s'&#233;taient habitu&#233;s &#224; commander et &#224; exiger une soumission absolue &#224; leurs ordres. Les th&#233;oriciens qui essaient de prouver que le pr&#233;sent r&#233;gime totalitaire de l'U.R.S.S. n'est pas d&#251; &#224; des conditions historiques donn&#233;es, mais &#224; la nature m&#234;me du bolch&#233;visme oublient que la guerre civile ne d&#233;coula pas de la nature du bolch&#233;visme mais bien des efforts de la bourgeoisie russe et de la bourgeoisie internationale pour renverser le r&#233;gime sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas douteux que Staline, comme beaucoup d'autres, ait &#233;t&#233; model&#233; par le milieu et les circonstances de la guerre civile, de m&#234;me que le groupe tout entier qui devait l'aider plus tard &#224; &#233;tablir sa dictature personnelle - Ordjonikidz&#233;, Vorochilov, Kaganovitch, - et toute une couche d'ouvriers et de paysans hiss&#233;s &#224; la condition de commandants et d'administrateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, dans les cinq ann&#233;es qui suivirent la R&#233;volution d'Octobre plus de 97% de l'effectif du Parti consistaient en membres qui avaient adh&#233;r&#233; apr&#232;s la victoire de la R&#233;volution. Cinq ann&#233;es plus tard encore, et l'immense majorit&#233; du million de membres du Parti n'avaient qu'une vague conception de ce que le Parti avait &#233;t&#233; dans la premi&#232;re p&#233;riode de la R&#233;volution, sans parler de la clandestinit&#233; pr&#233;-r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il suffira de dire qu'alors les trois quarts au moins du Parti se composaient de membres qui l'avaient rejoint seulement apr&#232;s 1923. Le nombre des membres du Parti adh&#233;rents d'avant la R&#233;volution - c'est-&#224;-dire les r&#233;volutionnaires de la p&#233;riode ill&#233;gale - &#233;tait inf&#233;rieur &#224; un pour cent. En 1923, le Parti avait &#233;t&#233; envahi par des masses jeunes et inexp&#233;riment&#233;es [rapidement model&#233;es et form&#233;es] pour jouer le r&#244;le de figurants p&#233;tulants sous l'aiguillon des professionnels de l'appareil. Cette extr&#234;me r&#233;duction du noyau r&#233;volutionnaire du Parti &#233;tait une n&#233;cessit&#233; pr&#233;alable pour les victoires de l'appareil sur le &#171; trotskisme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1923, la situation commen&#231;a &#224; se stabiliser. La guerre civile, de m&#234;me que la guerre avec la Pologne, &#233;tait d&#233;finitivement close. Les cons&#233;quences les plus horribles de la famine avaient &#233;t&#233; domin&#233;es, la Nep avait donn&#233; un &#233;lan imp&#233;tueux au r&#233;veil de l'&#233;conomie nationale. Le constant transfert de communistes d'un poste &#224; un autre, d'une sph&#232;re d'activit&#233; &#224; une autre, devint bient&#244;t l'exception plut&#244;t que la r&#232;gle, les communistes commenc&#232;rent &#224; s'installer dans des situation permanentes, et &#224; diriger d'une mani&#232;re m&#233;thodique les r&#233;gions ou districts de la vie &#233;conomique et politique confi&#233;s &#224; leur discr&#233;tion administrative. La nomination aux emplois fut de plus en plus li&#233;e aux probl&#232;mes de la vie personnelle, de la vie de famille du fonctionnaire, de sa carri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est alors que Staline apparut avec une pr&#233;&#233;minence croissante comme l'organisateur, le r&#233;partiteur des t&#226;ches, le dispensateur d'emplois, l'&#233;ducateur et le ma&#238;tre de la bureaucratie. Il choisit ses hommes d'apr&#232;s leur hostilit&#233; ou leur indiff&#233;rence &#224; l'&#233;gard de ses adversaires personnels, et particuli&#232;rement &#224; l'&#233;gard de celui qu'il consid&#233;rait comme son adversaire principal, le plus grand obstacle sur la voie de son ascension vers le pouvoir absolu. Staline g&#233;n&#233;ralisa et classifia sa propre exp&#233;rience administrative, avant tout l'exp&#233;rience des man&#339;uvres conduites avec pers&#233;v&#233;rance dans la coulisse, et la mit &#224; la port&#233;e de ceux qui lui &#233;taient le plus &#233;troitement associ&#233;s. Il leur apprit &#224; organiser leurs appareils politiques locaux sur le mod&#232;le de son propre appareil : comment recruter les collaborateurs, comment utiliser leurs d&#233;faillances, comment dresser des camarades les uns contre les autres, comment faire tourner la machine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A mesure que la vie de la bureaucratie croissait en stabilit&#233;, elle suscitait un besoin grandissant de confort. Staline prit la t&#234;te de ce mouvement spontan&#233;, le guidant, l'&#233;quipant selon ses propres desseins. Il r&#233;compensait ceux dont il &#233;tait s&#251;r en leur donnant des situations agr&#233;ables et avantageuses. Il choisit les membres de la Commission de contr&#244;le, d&#233;veloppant en eux le besoin de pers&#233;cuter impitoyablement tous ceux qui s'&#233;carteraient de la ligne politique officielle. En m&#234;me temps, il les invitait &#224; tourner leurs regards vers le mode de vie exceptionnel, extravagant, de ceux des fonctionnaires qui lui &#233;taient fid&#232;les. Car Staline rapportait chaque situation, chaque circonstance politique, chaque utilisation des individus &#224; lui-m&#234;me, &#224; sa lutte pour le pouvoir, &#224; son besoin immod&#233;r&#233; de dominer autres. Toute autre consid&#233;ration lui &#233;tait totalement &#233;trang&#232;re. Il excitait l'un contre l'autre ses concurrents les plus dangereux, de son talent &#224; utiliser les antagonismes personnels et de groupes, il fit un art, un art inimitable parce qu'il n'avait fait que d&#233;velopper son instinct presque infaillible pour ce genre d'op&#233;rations. Dans toute situation nouvelle, ce qu'il voyait d'abord, et avant tout c'&#233;tait comment il pourrait en profiter personnellement. Chaque fois que l'int&#233;r&#234;t du pays sovi&#233;tique entrait en conflit avec son int&#233;r&#234;t personnel, il n'h&#233;sitait jamais &#224; le sacrifier. Dans toutes les occasions et, quel qu'en p&#251;t &#234;tre le r&#233;sultat, il faisait tout ce qui &#233;tait en son pouvoir pour cr&#233;er des difficult&#233;s &#224; ceux qui, croyait-il, mena&#231;aient sa toute-puissance. Avec la m&#234;me constance, il s'effor&#231;ait de r&#233;compenser chaque acte de loyaut&#233; personnelle. Secr&#232;tement d'abord, puis plus ouvertement, il se dressa en d&#233;fenseur de l'in&#233;galit&#233;, en d&#233;fenseur de privil&#232;ges sp&#233;ciaux pour les sommets de la bureaucratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette d&#233;moralisation d&#233;lib&#233;r&#233;e, Staline ne se souciait jamais de perspectives lointaines. Il n'approfondissait pas non plus la signification sociale du processus dans lequel il jouait le r&#244;le principal. Il agissait alors, de m&#234;me que maintenant, comme l'empirique qu'il fut toujours. Il choisit ceux qui lui sont loyaux et les r&#233;compense, il les aide &#224; s'assurer des situations privil&#233;gi&#233;es, il exige d'eux la r&#233;pudiation de buts politiques personnels. Il leur enseigne &#224; cr&#233;er &#224; leur propre usage l'appareil n&#233;cessaire pour influencer les masses et les soumettre. Il ne pense pas un seul instant que cette politique va directement &#224; l'encontre de la lutte &#224; laquelle L&#233;nine s'&#233;tait le plus int&#233;ress&#233; durant la derni&#232;re ann&#233;e de sa vie - la lutte contre la bureaucratie. Occasionnellement, il parle lui-m&#234;me de bureaucratie, mais toujours dans les termes les plus abstraits et d&#233;nu&#233;s de r&#233;alit&#233;. Il ne songe qu'aux petites choses : manque d'attention, formalisme, bureaux mal tenus, etc., mais il est sourd et aveugle &#224; la formation de toute une caste de privil&#233;gi&#233;s soud&#233;s entre eux par un serment d'honneur, comme les voleurs, par leur commun int&#233;r&#234;t et par leur &#233;loignement sans cesse croissant du peuple travailleur. Sans s'en douter, Staline organise non seulement une nouvelle machine politique, mais une nouvelle caste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'envisage les questions que du point de vue du choix des cadres, d'am&#233;liorer l'appareil, d'assurer sur lui son contr&#244;le personnel, de son propre pouvoir. Il lui appara&#238;t sans aucun doute, pour autant qu'il se soucie de questions d'ordre g&#233;n&#233;ral, que son appareil donnera au gouvernement plus de force et de stabilit&#233;, et garantira ainsi les nouveaux d&#233;veloppements du &#171; socialisme dans le pays &#187;. Dans le domaine des g&#233;n&#233;ralisations, il ne s'aventure pas plus loin. Que la cristallisation d'une nouvelle couche dirigeante de fonctionnaires install&#233;s dans une situation privil&#233;gi&#233;e, camoufl&#233;e aux yeux des masses par l'id&#233;e du socialisme - que la formation de cette nouvelle couche dirigeante archi-privil&#233;gi&#233;e et archi-puissante change la structure sociale de l'Etat et dans une mesure sans cesse plus consid&#233;rable, la d&#233;composition sociale de la nouvelle soci&#233;t&#233; - c'est une consid&#233;ration qu'il se refuse &#224; envisager, et toutes les fois qu'elle lui est sugg&#233;r&#233;e, il l'&#233;carte - avec son bras ou avec son revolver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, Staline, l'empirique, sans rompre formellement avec la tradition r&#233;volutionnaire, sans r&#233;pudier le le bolch&#233;visme, devient le destructeur le plus efficace de l'une et de l'autre, en les trahissant tous les deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque de la discussion dans le Parti, &#224; l'automne de 1923, l'organisation de Moscou &#233;tait divis&#233;e approximativement par moiti&#233;, avec une certaine pr&#233;pond&#233;rance de l'opposition au d&#233;but. Cependant, les deux moiti&#233;s n'&#233;taient pas d'&#233;gale force dans leur potentiel social. La jeunesse et une portion consid&#233;rable des militants du rang &#233;taient avec l'opposition, mais du c&#244;t&#233; de Staline et du Comit&#233; central on trouvait avant tout ces politiciens sp&#233;cialement &#233;duqu&#233;s et disciplin&#233;s qui &#233;taient &#233;troitement li&#233;s &#224; l'appareil du secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral. Ma maladie, et ma non-participation &#224; la lutte qui en fut la cons&#233;quence, fut, je dois le reconna&#238;tre, un facteur de quelque importance, cependant cette importance ne doit pas &#234;tre exag&#233;r&#233;e. En fin de compte, ce ne fut qu'un simple &#233;pisode. Bien plus important &#233;tait le fait que les ouvriers &#233;taient fatigu&#233;s. Ceux qui soutenaient l'opposition n'&#233;taient pas stimul&#233;s par l'espoir de grands et profonds changements, tandis que la bureaucratie combattait avec une extraordinaire f&#233;rocit&#233;. Il est vrai qu'il y eut au moins une p&#233;riode de grande confusion dans ce temps, mais nous l'ignor&#226;mes alors ; ce fait ne nous fut r&#233;v&#233;l&#233; que plus tard par Zinoviev. Un jour, &#224; son arriv&#233;e &#224; Moscou, il trouva le Comit&#233; central et les dirigeants de Moscou dans une panique extr&#234;me. Il &#233;tait devenu &#233;vident que Staline ruminait une man&#339;uvre dont le but &#233;tait de faire la paix avec l'opposition aux d&#233;pens de ses alli&#233;s, Zinoviev et Kam&#233;nev ; c'&#233;tait bien sa mani&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette &#233;poque, les r&#233;unions du Bureau politique avaient lieu chez moi &#224; cause de ma maladie. Staline me fit ostensiblement des avances, t&#233;moignant pour ma sant&#233; un int&#233;r&#234;t compl&#232;tement inattendu. Zinoviev, d'apr&#232;s son r&#233;cit, mit fin &#224; cette situation &#233;quivoque particuli&#232;re, semblait-il, &#224; Moscou, en se tournant vers P&#233;trograd pour y renforcer son influence. Il forma une &#233;quipe ill&#233;gale d'agitateurs et des troupes de choc qui allaient en automobile d'une usine &#224; une autre pour r&#233;pandre mensonges et calomnies. Sans rompre avec ses alli&#233;s, naturellement, Staline cherchait &#224; s'assurer une voie de retraite vers l'opposition, pour le cas o&#249; celle-ci l'emporterait. Zinoviev &#233;tait plus t&#233;m&#233;raire parce qu'il &#233;tait plus aventureux et irresponsable. Staline &#233;tait prudent ; il ne se rendait pas encore bien compte de l'&#233;tendue des changements qui s'&#233;taient produits dans les sommets du Parti, et sp&#233;cialement dans l'appareil sovi&#233;tique. Il ne se reposait pas sur sa force personnelle il avan&#231;ait en t&#226;tonnant, &#233;prouvant chaque r&#233;sistance, prenant en consid&#233;ration chaque appui. Il laissait Zinoviev et Kam&#233;nev se compromettre, tandis qu'il gardait sa pleine libert&#233; de man&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pendant cette m&#234;me discussion que la technique de l'appareil dans sa lutte contre l'opposition fut d&#233;finitivement fix&#233;e et mise &#224; l'&#233;preuve dans l'action. Impossible d'admettre qu'en aucun cas l'appareil p&#251;t &#234;tre bris&#233; sous la pression d'en bas, l'appareil devait &#224; tout prix demeurer. Le Parti lui-m&#234;me pouvait &#234;tre modifi&#233;, refondu ou regroup&#233;. Des membres pouvaient &#234;tre expuls&#233;s ou compromis, d'autres pouvaient avoir peur. Enfin, il &#233;tait possible de jongler avec les faits et les chiffres. Les hommes de l'appareil allaient d'usine en usine, les, commissions de contr&#244;le, qui avaient &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es dans le but m&#234;me de combattre cette usurpation du pouvoir de l'appareil, devinrent de simples rouages de la machine. Aux r&#233;unions du Parti, des hommes de confiance de ces commissions prenaient le nom de tout orateur suspect de sympathie pour l'opposition, puis se livraient &#224; des recherches minutieuses sur son pass&#233;. Toujours, ou presque toujours, il n'&#233;tait pas trop difficile de trouver quelque faute ou simplement une origine sociale d&#233;favorable pour justifier une accusation de violation de la discipline du Parti, ou pour la provoquer. Il &#233;tait alors possible d'expulser, de transf&#233;rer, de r&#233;duire au silence, m&#234;me de conclure un march&#233; avec le sympathisant oppositionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette partie du travail, Staline la prit sous sa propre direction. A la Commission centrale de contr&#244;le, il avait sa propre clique avec Soltz, Iaroslavsky et Chkiryatov &#224; sa t&#234;te. Sa t&#226;che principale &#233;tait de dresser des listes noires de non-conformistes et d'enqu&#234;ter sur leur g&#233;n&#233;alogie dans les archives de la police tsariste. Staline poss&#232;de une archive sp&#233;ciale pleine de toutes sortes de documents, d'accusations, de rumeurs diffamatoires, contre tous les dirigeants sovi&#233;tiques sans exception. En 1929, &#224; l'&#233;poque de sa rupture publique avec les droitiers du Bureau politique - Boukharine, Rykov et Tomsky - Staline ne r&#233;ussit &#224; garder Kalinine et Vorochilov qu'en les mena&#231;ant de certaines r&#233;v&#233;lations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1925, un p&#233;riodique humoristique publia une caricature repr&#233;sentant le chef du gouvernement dans une situation tr&#232;s compromettante. La ressemblance &#233;tait frappante. De plus, dans le texte &#233;crit en un style tr&#232;s suggestif, il y avait une r&#233;f&#233;rence &#224; Kalinine par ses initiales, &#171; M. K. &#187;. Je n'en pouvais croire mes yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Qu'est-ce que cela signifie ? demandai-je &#224; plusieurs de mes amis, parmi lesquels S&#233;r&#233;briakov qui avait connu intimement Staline, en prison et en exil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C'est le dernier avertissement de Staline &#224; Kalinine, me dit-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mais pourquoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Certainement pas parce qu'il se soucie de sa conduite, dit en riant S&#233;r&#233;briakov. Kalinine doit s'ent&#234;ter sur quelque chose... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kalinine, qui ne connaissait que trop bien le r&#233;cent pass&#233;, avait refus&#233; tout d'abord de consid&#233;rer Staline comme un chef, il craignait pendant longtemps de lier son sort au sien. &#171; Ce cheval, avait-il coutume de dire &#224; ses intimes, jettera quelque jour notre char dans un foss&#233;. &#187; Mais, graduellement, grognant et r&#233;sistant, il se tourna d'abord contre moi, puis contre Zinoviev, finalement, mais tout &#224; fait contre son gr&#233;, contre Rykov, Boukharine et Tomsky, auxquels le liaient &#233;troitement des conceptions politiques communes. I&#233;noukidz&#233; fit la m&#234;me &#233;volution, marcha dans les pas de Kalinine, quoique plus discr&#232;tement, et certainement en en souffrant plus vivement. A cause de sa nature m&#234;me, dont le principal trait &#233;tait l'adaptabilit&#233;, I&#233;noukidz&#233; ne pouvait pas ne pas se trouver dans le camp de Thermidor. Mais il n'&#233;tait pas un arriviste et certainement pas une canaille ; il lui &#233;tait dur de briser les vieilles traditions et plus dur encore de se retourner contre des hommes qu'il &#233;tait habitu&#233; &#224; respecter. Dans les moments critiques, non seulement il ne manifestait pas un enthousiasme agressif, mais au contraire se plaignait, grognait, tentait de r&#233;sister. Staline ne l'ignorait pas et il lui donna plus d'un avertissement. Je l'appris de la meilleure source. Bien qu'en ces jours la pratique des d&#233;nonciations e&#251;t d&#233;j&#224; empoisonn&#233;, non seulement la vie politique, mais m&#234;me les relations personnelles, des oasis de confiance mutuelle subsistaient &#231;&#224; et l&#224;. I&#233;noukidz&#233; maintenait des relations tr&#232;s amicales avec S&#233;r&#233;briakov, bien que ce dernier f&#251;t connu comme un des dirigeants de l'opposition de gauche, bien souvent, il s'&#233;panchait aupr&#232;s de lui : &#171; Que veut-il de plus ? disait I&#233;noukidz&#233;, je fais tout ce qu'il demande, mais pour lui ce n'est pas assez. Il veut que j'admette qu'il est g&#233;nial. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Staline prit Zinoviev et Kam&#233;nev sous sa protection quand je rappelai leur conduite en 1917. &#171; Il est tout &#224; il possible, &#233;crivait-il, que quelques bolch&#233;viks aient trembl&#233; pendant les journ&#233;es de Juillet. Je sais, par exemple, que plusieurs des bolch&#233;viks alors arr&#234;t&#233;s &#233;taient pr&#234;ts &#224; d&#233;serter nos rangs. Mais en tirer condamnation contre certains... membres du Comit&#233; central, c'est d&#233;former l'histoire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'il y a d'int&#233;ressant dans cette citation, ce n'est tant la d&#233;fense sans r&#233;serve de Zinoviev et de Kam&#233;nev que la r&#233;f&#233;rence hors de propos &#224; &#171; plusieurs bolch&#233;viks arr&#234;t&#233;s &#187;, elle visait Lounatcharsky, qui n'&#233;tait nullement en cause. Dans les documents saisis apr&#232;s la R&#233;volution, on trouva l'interrogatoire de Lounatcharsky lors de l'enqu&#234;te polici&#232;re. Il ne fait certainement pas honneur &#224; son courage politique. Cela n'&#233;tait pas, en soi, de grande importance pour Staline ; des bolch&#233;viks moins courageux encore &#233;taient dans son entourage imm&#233;diat. Ce qui l'exasp&#233;rait, c'&#233;tait qu'en 1923, Lounatcharsky ait publi&#233; des Silhouettes des chefs de la R&#233;volution, dans lesquelles il n'y avait pas de silhouette de Staline. L'omission n'&#233;tait pas d&#233;lib&#233;r&#233;e, Lounatcharsky n'avait rien contre Staline ; simplement il ne lui &#233;tait pas venu &#224; l'id&#233;e, pas plus qu'&#224; quiconque &#224; cette &#233;poque, de compter Staline parmi les chefs de la R&#233;volution. Mais en 1925 la situation avait chang&#233;, et c'&#233;tait pour Staline une mani&#232;re de faire comprendre &#224; Lounatcharsky qu'il devait modifier sa politique ou sinon s'attendre &#224; &#234;tre tra&#238;n&#233; sur la claie. Un d&#233;lai lui &#233;tait accord&#233; ; il comprit tr&#232;s bien &#224; qui &#233;tait faite l'allusion et il changea radicalement sa position poli&#173;tique ; ses p&#233;ch&#233;s de Juillet 1917 furent imm&#233;diatement oubli&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les jeunes r&#233;volutionnaires de l'&#232;re tsariste n'&#233;taient pas tous des h&#233;ros de livres de contes. Il y en avait parmi eux qui ne montraient pas un courage suffisant durant les enqu&#234;tes polici&#232;res. Si leur conduite ult&#233;rieure permettait d'oublier cette d&#233;faillance, le parti ne les expulsait pas d&#233;finitivement et leur permettait de rentrer ensuite dans, ses rangs. En 1923, Staline, comme secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral, commen&#231;a &#224; recueillir personnellement tous les cas de cette sorte et &#224; s'en servir occasionnellement comme moyen de chantage &#224; l'&#233;gard de vieux r&#233;volutionnaires qui avaient plus que r&#233;par&#233; leur faute de jeunesse ; en mena&#231;ant de r&#233;v&#233;ler leur pass&#233;, il les r&#233;duisait &#224; une ob&#233;issance servile, les poussant pas &#224; pas vers un &#233;tat de compl&#232;te d&#233;moralisation. Et il se les attachait d&#233;finitivement en les contraignant aux besognes les plus d&#233;gradantes dans ses machinations contre l'opposition. Ceux qui refusaient de s'incliner devant ce chantage &#233;taient bris&#233;s politiquement par l'appareil ou accul&#233;s au suicide. Ainsi p&#233;rit un de mes plus proches collaborateurs, mon secr&#233;taire personnel Glazman, homme d'une modestie exceptionnelle et d'une d&#233;votion exemplaire au Parti. Il se suicida d&#232;s 1924. Son acte d&#233;sesp&#233;r&#233; produisit une telle impression que la Commission centrale de contr&#244;le fut contrainte de le r&#233;habiliter et d'infliger une r&#233;primande (tr&#232;s prudente et tr&#232;s mod&#233;r&#233;e) &#224; son propre organe ex&#233;cutif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pression exerc&#233;e sur les opposants de gauche et sur ceux qui sympathisaient avec eux augmenta progressivement. Le traitement auquel furent soumis les centaines de communistes qui ajout&#232;rent leur signature &#224; la &#171; D&#233;claration des 83 &#187;, du 26 mai 1927, ne fut surpass&#233; en brutalit&#233; et en cynisme que par celui inflig&#233; aux milliers de membres du Parti qui les soutenaient oralement. Ils &#233;taient tra&#238;n&#233;s devant les tribunaux du Parti uniquement parce que, dans des r&#233;unions du Parti, ils avaient exprim&#233; des vues qui n'&#233;taient pas en accord avec celles du Comit&#233; central ; on les privait ainsi de leur droit le plus &#233;l&#233;mentaire de membre du Parti. La masse du Parti fut ainsi pr&#233;par&#233;e pour l'expulsion brutale de l'opposition. Cette pression s'exer&#231;ait encore au moyen mesures exceptionnelles dirig&#233;es contre les membres et les sympathisants de l'opposition. &#171; Nous vous chasserons de vos emplois &#187;, s'&#233;cria un jour le secr&#233;taire du comit&#233; de Moscou et, quand cette menace &#233;tait insuffisante &#224; r&#233;duire l'opposition au silence, le Comit&#233; central en appelait ouvertement &#224; la Gu&#233;p&#233;ou. Il fallait &#234;tre aveugle pour ne pas voir que la lutte contre l'opposition par de telles m&#233;thodes, c'&#233;tait une lutte contre le Parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Menjinsky, successeur de Dzerjinsky &#224; la t&#234;te de la Gu&#233;p&#233;ou, avait appartenu au mouvement d'opposition au temps de L&#233;nine. Il avait &#233;t&#233; avec les boycottistes, puis avait sympathis&#233; avec l'anarcho-syndicalisme et avait encore d'autres d&#233;viations &#224; son actif. C'&#233;tait dans sa jeunesse. Mais vers la fin de sa carri&#232;re, il &#233;tait fascin&#233; par l'appareil r&#233;pressif. Plus rien ne l'int&#233;ressait que la Gu&#233;p&#233;ou. Il consacrait toutes ses facult&#233;s intellectuelles &#224; ce qui &#233;tait sa seule t&#226;che : maintenir son appareil en &#233;tat de parfait fonctionnement. Pour cela, il lui fallait d'abord appuyer fermement le gouvernement. Un jour, durant la guerre civile, Menjinsky m'avait pr&#233;venu, &#224; mon &#233;tonnement, des intrigues de Staline contre moi, j'y ai fait allusion dans mon Autobiographie. Quand Ie triumvirat s'empara du pouvoir, il fut fid&#232;le au triumvirat. Il transf&#233;ra sa fid&#233;lit&#233; &#224; Staline quand le triumvirat s'effondra. Dans l'automne de 1927, quand la Gu&#233;p&#233;ou commen&#231;a &#224; intervenir dans les diff&#233;rends int&#233;rieurs du Parti, plusieurs d'entre nous - Zinoviev, Kam&#233;nev, Smilga, moi et je pense encore quelqu'un d'autre - all&#232;rent voir Menjinsky. Nous lui demand&#226;mes de nous montrer les d&#233;positions des t&#233;moins dont il avait fait &#233;tat avec un grand succ&#232;s contre nous &#224; la r&#233;cente s&#233;ance du Comit&#233; central. Il ne nia pas que, essentiellement, ces documents &#233;taient faux, mais il refusa nettement de nous les montrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Vous rappelez-vous, Menjinsky, lui demandai-je, que vous m'avez parl&#233; une fois, dans mon train, quand nous &#233;tions sur le front du Sud, d'une intrigue de Staline contre moi ? &#187; Il resta embarrass&#233;. Iagoda, qui, &#224; cette &#233;poque, &#233;tait l'agent de Staline par-dessus le chef du la Gu&#233;p&#233;ou, intervint alors. &#171; Mais le camarade Menjisky, dit-il en avan&#231;ant sa t&#234;te de renard, n'est jamais all&#233; au front du Sud. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Iagoda avait &#233;t&#233; pharmacien dans sa jeunesse, dans une &#233;poque paisible, il se serait &#233;teint obscur&#233;ment dans la boutique d'une petite ville.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je l'interrompis ; je lui dis que ce n'&#233;tait pas &#224; lui que je parlais, mais &#224; Menjinsky et je r&#233;p&#233;tai ma question. Alors Menjinsky r&#233;pondit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui, j'&#233;tais dans votre train sur le front du Sud et je vous ai mis en garde contre telle ou telle machination, mais je crois n'avoir nomm&#233; personne. &#187; Le sourire &#233;trange d'un somnambule errait sur son visage pendant qu'il se d&#233;cidait &#224; r&#233;pondre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne p&#251;mes rien lui arracher. Staline vint lui parler apr&#232;s que nous nous f&#251;mes retir&#233;s les mains vides. Kam&#233;nev retourna le voir seul, apr&#232;s tout, il n'y avait pas si longtemps qu'il avait &#224; la disposition de l'entier triumvirat contre l'opposition. &#171; Pensez-vous vraiment, lui demanda finalement Kam&#233;nev, que Staline seul sera capable de se mesurer avec les t&#226;ches de la R&#233;volution d'Octobre ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Menjinsky &#233;vita la question. &#171; Pourquoi alors lui avez-vous permis d'acqu&#233;rir une force aussi formidable ? &#187; r&#233;pondit-il, question pour question. &#171; Maintenant, c'est trop tard. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au printemps de 1924, apr&#232;s une des s&#233;ances pl&#233;ni&#232;res du Comit&#233; central &#224; laquelle la maladie m'avait emp&#234;ch&#233; d'assister, je dis &#224; I.N. Smirnov : &#171; Staline deviendra le dictateur de l'U.R.S.S. &#187; Smirnov connaissait bien Staline. Ils avaient partag&#233; ensemble le travail r&#233;volutionnaire et l'exil pendant des ann&#233;es, et dans de telles conditions les hommes apprennent &#224; se bien conna&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Staline ? me demanda-t-il avec stupeur, mais c'est un m&#233;diocre, une nullit&#233; sans pittoresque. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; M&#233;diocre, oui, nullit&#233;, non, lui r&#233;pondis-je. La dialectique de l'histoire s'est d&#233;j&#224; empar&#233;e de lui et elle le portera plus haut encore. Tous ont besoin de lui - les r&#233;volutionnaires fatigu&#233;s, les bureaucrates, les nepmen, les koulaks, les parvenus, les serviles, tous ces vers qui rampent sur le sol labour&#233; de la R&#233;volution. Il sait comment les retrouver sur leur propre terrain, il parle leur langage et sait comment les conduire, il a la r&#233;putation m&#233;rit&#233;e d'un vieux r&#233;volutionnaire, ce qui le rend pour eux inestimable comme moyen d'aveugler le pays ; il a de la volont&#233; et de l'audace, il n'h&#233;sitera jamais &#224; les utiliser et &#224; les dresser contre le Parti ; il d&#233;j&#224; commenc&#233; &#224; le faire. Maintenant, pr&#233;cis&#233;ment, il rassemble et organise autour de lui les cafards du Parti, les intrigants rus&#233;s. Sans doute, de grands &#233;v&#233;nements en Europe, en Asie, et dans notre pays peuvent intervenir et renverser toutes les sp&#233;culations. Mais, si tout continue &#224; se d&#233;velopper automatiquement comme maintenant, alors Staline deviendra, automatiquement aussi, dictateur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1926, au cours d'une discussion avec Kam&#233;nev, celui-ci soutenait avec insistance que Staline &#233;tait &#171; juste un politicien provincial &#187;. Il y avait quelque chose de vrai dans cette appr&#233;ciation sarcastique, mais seulement une parcelle. Les attributs tels que la ruse, la d&#233;loyaut&#233;, l'habilet&#233; &#224; exploiter les plus bas instincts de la natures humaine sont d&#233;velopp&#233;s chez Staline &#224; un degr&#233; extraordinaire et, &#233;tant donn&#233; sa forte personnalit&#233;, ils constituent des armes puissantes dans une lutte ; mais naturellement pas dans chaque genre de lutte. La lutte pour lib&#233;rer les masses exige d'autres qualit&#233;s. Mais, en choisissant des hommes pour occuper les positions privil&#233;gi&#233;es, en les soudant les uns aux autres dans l'esprit de la caste, en affaiblissant et asservissant les masses, les attributs m&#234;mes de Staline &#233;taient inestimables et faisaient de lui le chef de la r&#233;action bureaucratique. N&#233;anmoins Staline reste une m&#233;diocrit&#233;, son esprit n'est pas seulement born&#233;, il est m&#234;me incapable de raisonnement logique. Chaque phrase de son discours a quelque but pratique imm&#233;diat ; mais son discours, pris dans l'ensemble, ne se hausse jamais &#224; une structure logique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Staline pouvait avoir pr&#233;vu, au d&#233;but, o&#249; sa lutte contre le trotskisme le conduirait, il aurait sans doute h&#233;sit&#233; &#224; la poursuivre plus avant, en d&#233;pit de la perspective de victoire sur tous ses adversaires. Mais il est incapable de pr&#233;voir quoi que ce soit. Les proph&#233;ties de ses adversaires qu'il deviendrait le chef de la r&#233;action thermidorienne, le fossoyeur du Parti de la R&#233;volution, lui semblaient des imaginations vides de sens. Il croyait que l'appareil du Parti se suffisait &#224; lui-m&#234;me, &#233;tant capable d'accomplir toutes les t&#226;ches. Il n'avait pas la moindre compr&#233;hension de la fonction historique qu'il occupait. L'absence d'imagination cr&#233;atrice, l'incapacit&#233; de g&#233;n&#233;raliser et de pr&#233;voir an&#233;antirent le r&#233;volutionnaire en Staline quand il prit seul le gouvernail. Mais ces m&#234;mes traits, s'appuyant sur son autorit&#233; d'ancien r&#233;volutionnaire, lui permirent de camoufler la mont&#233;e de la bureaucratie thermidorienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son ambition acquit une trempe asiatique inculte que la technique europ&#233;enne aggrava. Il faut que la presse l'exalte chaque jour avec extravagance, publie ses portraits, le cite sous le moindre pr&#233;texte ; imprime son nom en gros caract&#232;res. Aujourd'hui, les t&#233;l&#233;graphistes eux-m&#234;mes savent qu'ils ne doivent pas accepter un t&#233;l&#233;gramme adress&#233; &#224; Staline dans lequel il n'est pas appel&#233; &#171; le p&#232;re du peuple &#187;, ou &#171; le grand ma&#238;tre &#187; ou &#171; g&#233;nial &#187;. Le roman, l'op&#233;ra, le cin&#233;ma, la peinture, la sculpture, m&#234;me des expositions agricoles, tout doit tourner autour de Staline comme autour de son axe. La litt&#233;rature et l'art de l'&#233;poque stalinienne resteront dans l'histoire comme des exemples du byzantinisme le plus absurde et le plus abject. En 1925, Staline ne pardonnait pas &#224; Lounatcharsky de ne pas l'avoir mentionn&#233; dans un livre de portraits r&#233;volutionnaires ; mais une douzaine d'ann&#233;es plus tard Alexis Tolsto&#239;, qui porte le nom d'un des plus puissants et des plus ind&#233;pendants &#233;crivains de Russie, saluait Staline ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Toi, brillant soleil des nations,&lt;br class='autobr' /&gt; Le soleil de notre temps qui jamais ne d&#233;cline,&lt;br class='autobr' /&gt; Et plus que le soleil, car le soleil ne conna&#238;t pas la sagesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Staline et le soleil reviennent encore dans ces vers d'auteurs moins connus :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous recevons notre soleil de Staline,&lt;br class='autobr' /&gt; Nous recevons notre vie heureuse de Staline...&lt;br class='autobr' /&gt; &#212; ma&#238;tre sage ! g&#233;nie des g&#233;nies !&lt;br class='autobr' /&gt; Soleil des ouvriers, Soleil des paysans, Soleil du monde !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article sur l'&#171; heureux r&#232;gne &#187; du tsar Alexandre III &#233;crit pour une ancienne Encyclop&#233;die russe par un courtisan obs&#233;quieux, est un mod&#232;le de v&#233;racit&#233;, de mod&#233;ration et de bon go&#251;t compar&#233; &#224; l'article sur Staline dans la derni&#232;re Encyclop&#233;die sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bloc avec Zinoviev et Kam&#233;nev retenait Staline. Ayant pass&#233; de longues ann&#233;es &#224; l'&#233;cole de L&#233;nine, Zinoviev et Kam&#233;nev &#233;taient capables d'appr&#233;cier la valeur des id&#233;es et des programmes. Bien qu'ils se soient laiss&#233;s aller parfois &#224; de monstrueuses d&#233;viations de principes du bolch&#233;visme, ils ne franchissaient jamais certaines limites. Mais quand le triumvirat se scinda, Staline se trouva lib&#233;r&#233; de toute retenue id&#233;ologique Les membres du Bureau politique n'&#233;taient plus g&#234;n&#233;s par leur manque de pass&#233; r&#233;volutionnaire ou par leur grande ignorance. Les discussions m&#233;diocres et sans int&#233;r&#234;t restaient sans port&#233;e, particuli&#232;rement en ce qui touchait les probl&#232;mes de l'Internationale communiste. A cette &#233;poque, pas un membre du Bureau politique n'&#233;tait dispos&#233; &#224; admettre qu'aucune des sections &#233;trang&#232;res de l'Internationale communiste e&#251;t une personnalit&#233; ind&#233;pendante. Tout se r&#233;duisait &#224; la question de savoir si elle &#233;tait &#171; pour &#187; ou &#171; contre &#187; l'opposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant les ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes, une de mes t&#226;ches &#224; l'Internationale communiste avait &#233;t&#233; de suivre le mouvement ouvrier en France. Apr&#232;s les bouleversements qui eurent lieu &#224; l'int&#233;rieur de l'Internationale communiste, commenc&#233;s vers la fin de 1923 et poursuivis durant toute l'ann&#233;e 1924, les nouveaux dirigeants des diverses sections s'efforc&#232;rent de s'&#233;loigner de plus en plus des anciennes doctrines. Je me souviens d'une r&#233;union o&#249; j'apportai le plus r&#233;cent num&#233;ro de l'organe central du Parti communiste fran&#231;ais et traduisis plusieurs passages d'un article important traitant du programme politique. Ces extraits r&#233;v&#233;laient une telle ignorance et un si &#233;clatant opportunisme que, pour un instant, la g&#234;ne r&#233;gna au sein du Bureau politique. Pourtant les staliniens du Bureau ne pouvaient abandonner ceux qui &#233;taient leur serviles appuis au dehors. Le seul membre qui croyait savoir le fran&#231;ais, Roudzoutak, me demanda la coupure du journal et voulut en reprendre la traduction, il escamota tous les mots et phrases qu'il ne comprenait pas, en d&#233;forma la signification d'autres, compl&#233;tant le tout par son propre commentaire fantastique. Aussit&#244;t chacun l'approuva ; la g&#234;ne avait disparu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne vaudrait gu&#232;re la peine aujourd'hui de soumettre &#224; un examen th&#233;orique les produits de la litt&#233;rature contre le trotskisme qui, malgr&#233; le manque de papier, inond&#232;rent litt&#233;ralement l'Union sovi&#233;tique. Staline lui-m&#234;me ne pourrait relire tout ce qu'il dit et &#233;crivit entre 1923 et 1929, car c'est en flagrante contradiction avec tout ce qu'il &#233;crivit et dit dans la d&#233;cade suivante. Il nous suffira d'indiquer, pour notre d&#233;monstration, les rares id&#233;es nouvelles qui se cristallis&#232;rent graduellement au cours des pol&#233;miques entre l'appareil stalinien et l'opposition, et acquirent une signification d&#233;cisive pour autant qu'elles fournirent un bagage id&#233;ologique aux initiateurs de la lutte contre le trotskisme. C'est autour de ces id&#233;es que les forces politiques se ralli&#232;rent. Il y en avait trois principales, elles se compl&#233;taient et se rempla&#231;aient partiellement l'une l'autre selon le moment et les circonstances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re concernait l'industrialisation. Le triumvirat commen&#231;a par combattre le programme que j'avais propos&#233; et, dans l'int&#233;r&#234;t de la pol&#233;mique, le qualifia de &#171; super-industrialisation &#187;. Cette position s'affirma m&#234;me quand le triumvirat se disloqua et que Staline forma son bloc avec Boukharine et l'aile droite. La tendance g&#233;n&#233;rale de l'argumentation officielle contre cette soi-disant super-industrialisation, c'&#233;tait qu'une industrialisation rapide n'&#233;tait possible qu'aux d&#233;pens de la paysannerie. En cons&#233;quence, il fallait avancer lentement, comme une tortue ; la question du rythme de l'industrialisation &#233;tait sans importance, etc. En fait, la bureaucratie ne voulait pas troubler ces couches de la population qui avaient commenc&#233; de s'enrichir, c'est-&#224;-dire la petite bourgeoisie des nepmen. Ce fut la premi&#232;re erreur s&#233;rieuse dans la lutte contre le trotskisme. Mais Staline ne voulut jamais reconna&#238;tre ses propres erreurs, il fit une compl&#232;te volte-face et d&#233;cida all&#233;grement de surpasser tous les projets ant&#233;rieurs de super-industrialisation - surtout sur le papier et en paroles, h&#233;las !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la seconde &#233;tape, au cours de 1924, l'attaque fut d&#233;clench&#233;e contre la th&#233;orie de la r&#233;volution permanente. Le contenu politique de cette lutte se r&#233;duisait &#224; l'opinion que nous n'avions pas &#224; nous int&#233;resser &#224; la r&#233;volution internationale, mais &#224; 'notre s&#233;curit&#233;, afin de d&#233;velopper notre &#233;conomie. La bureaucratie craignait de plus en plus de mettre en jeu sa situation par le risque des cons&#233;quences implicites d'une politique r&#233;volutionnaire internationale. La campagne contre la th&#233;orie de la r&#233;volution permanente, vid&#233;e de toute valeur th&#233;orique quelconque, servit comme affirmation d'une d&#233;viation nationaliste conservatrice du bolch&#233;visme. C'est de cette lutte que surgit la th&#233;orie du &#171; socialisme dans un seul pays &#187;. Zinoviev et Kam&#233;nev, seulement alors, commenc&#232;rent &#224; entrevoir les cons&#233;quences de la lutte qu'ils avaient eux-m&#234;mes d&#233;clench&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me id&#233;e de la bureaucratie dans sa campagne contre le trotskisme concernait la lutte contre le &#171; nivellement &#187;, contre l'&#233;galit&#233;. Le c&#244;t&#233; th&#233;orique de cette lutte restera certainement comme une curiosit&#233;. Staline trouva, dans la &#171; Critique du programme de Gotha &#187; de la social-d&#233;mocratie allemande par Marx, une phrase disant que dans la premi&#232;re p&#233;riode du socialisme l'in&#233;galit&#233; devrait &#234;tre maintenue ou, comme Marx le disait, le droit bourgeois dans le domaine de la distribution. Marx ne voulait &#233;videmment pas justifier ainsi la cr&#233;ation d'une nouvelle in&#233;galit&#233;, mais proposait une &#233;limination progressive plut&#244;t que soudaine de l'ancienne in&#233;galit&#233; dans le domaine des salaires. Cette citation &#233;tait incorrectement interpr&#233;t&#233;e comme une d&#233;claration des droits et privil&#232;ges des bureaucrates et de leurs satellites. L'avenir de l'Union sovi&#233;tique se trouvait mis par l&#224; en contradiction avec l'avenir du prol&#233;tariat international, et la bureaucratie se trouvait pourvue d'une justification th&#233;orique de ses privil&#232;ges et pouvoirs sp&#233;ciaux sur la masse des travailleurs &#224; l'int&#233;rieur de l'Union sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les choses se passaient donc comme si la R&#233;volution avait &#233;t&#233; faite et gagn&#233;e express&#233;ment pour la bureaucratie, laquelle mena une lutte furieuse et enrag&#233;e contre le &#171; nivellement &#187;, qui mena&#231;ait ses privil&#232;ges, et contre la r&#233;volution permanente qui mena&#231;ait son existence m&#234;me. Il ne faut donc pas s'&#233;tonner si dans cette lutte Staline trouva de nombreux appuis. Parmi ses plus chauds partisans, on voyait des anciens lib&#233;raux, des socialistes-r&#233;volutionnaires et des mench&#233;viks. Ils se rassembl&#232;rent dans l'Etat et m&#234;me dans l'appareil du Parti, c&#233;l&#233;brant le bon sens pratique de Staline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte contre la super-industrialisation fut men&#233;e tr&#232;s prudemment en 1922, ouvertement et avec violence en 1923. La lutte contre la r&#233;volution permanente commen&#231;a publiquement en 1924 et se poursuivit sous des formes diff&#233;rentes et avec des interpr&#233;tations vari&#233;es durant toutes les ann&#233;es suivantes. La lutte pour la d&#233;fense de l'&#171; in&#233;galit&#233; &#187; commen&#231;a vers la fin de 1925 et devint essentiellement la base du programme social de la bureaucratie. La lutte contre la super-&#173;industrialisation &#233;tait men&#233;e directement et ouvertement dans l'int&#233;r&#234;t des koulaks ; le d&#233;veloppement de l'industrie &#224; &#171; allure de tortue &#187; &#233;tait n&#233;cessaire pour donner aux koulaks un antidote indolore contre le socialisme. Cette philosophie &#233;tait celle de la droite aussi bien que celle du centre stalinien. La th&#233;orie du socialisme dans un seul pays &#233;tait pr&#244;n&#233;e dans cette p&#233;riode par un bloc de la bureaucratie et de la petite bourgeoisie des campagnes et des villes. La lutte contre l'&#233;galit&#233; souda la bureaucratie plus solidement que jamais, non seulement &#224; cette petite bourgeoisie, mais &#233;galement &#224; l'aristocratie ouvri&#232;re. L'in&#233;galit&#233; devint la base sociale commune, la raison d'&#234;tre de ces alli&#233;s. Ainsi, des liens &#233;conomiques et politiques unirent la bureaucratie et la petite bourgeoisie de 1923 &#224; 1928.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est alors que le Thermidor russe manifeste sa similitude la plus &#233;vidente avec son prototype fran&#231;ais. Durant cette p&#233;riode, le koulak fut autoris&#233; &#224; louer les terres du paysan pauvre et &#224; engager celui-ci comme son ouvrier. Staline &#233;tait pr&#234;t &#224; permettre la location de terres pour une p&#233;riode de quarante ans. Peu apr&#232;s la mort de L&#233;nine, il avait essay&#233; clandestinement de transf&#233;rer les terres nationalis&#233;es comme propri&#233;t&#233; priv&#233;e aux paysans de sa G&#233;orgie natale sous le couvert de &#171; possession &#187; de &#171; parcelles personnelles &#187; pour &#171; beaucoup d'ann&#233;es &#187;. Ici encore, il montrait combien solides &#233;taient ses vieilles racines agrariennes et son nationalisme g&#233;orgien., Sur des instructions secr&#232;tes de Staline, le commissaire du peuple de l'agriculture de G&#233;orgie avait pr&#233;par&#233; un projet pour cette transmission des terres. C'est seulement la protestation de Zinoviev qui avait eu vent de la conspiration, et l'inqui&#233;tude soulev&#233;e par le projet dans les cercles du Parti qui oblig&#232;rent Staline &#224; r&#233;pudier son propre projet, parce qu'il ne se sentait pas encore assez s&#251;r de lui-m&#234;me. Naturellement, le bouc &#233;missaire fut l'infortun&#233; commissaire du peuple g&#233;orgien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Staline et son appareil devinrent plus impudents avec le temps, particuli&#232;rement apr&#232;s qu'ils se furent d&#233;barrass&#233;s de l'influence freinante de Zinoviev et de Kam&#233;nev. En fait, la bureaucratie alla si loin dans son d&#233;sir de satisfaire les int&#233;r&#234;ts et les revendications de ses alli&#233;s qu'en 1927 il devint &#233;vident pour tous - comme il avait &#233;t&#233; trop facile de le pr&#233;voir - que les revendications des alli&#233;s bourgeois &#233;taient, par leur nature m&#234;me, illimit&#233;es. Le koulak voulait la terre, sa possession sans r&#233;serve, le koulak voulait avoir le droit de disposer librement de toute sa r&#233;colte ; le koulak faisait tous ses efforts pour cr&#233;er dans les villes sa contre-partie sous la forme du commerce et de l'industrie libres ; le koulak voulait en finir avec les livraisons forc&#233;es &#224; prix fix&#233;s ; le koulak, conjointement avec le petit industriel, travaillait &#224; la restauration compl&#232;te du capitalisme. Ainsi s'ouvrit la lutte irr&#233;conciliable pour le surplus de la production du travail national. Qui en disposerait dans le plus proche avenir - la nouvelle bourgeoisie ou la bureaucratie sovi&#233;tique ? - cela devint la question dominante, car qui en disposera aura le pouvoir de l'Etat &#224; sa disposition. C'est cela qui provoqua le conflit entre, d'une part, la petite bourgeoisie, qui avait aid&#233; la bureaucratie &#224; briser la r&#233;sistance des masses travailleuses et de leur porte-parole, l'opposition de gauche, et, de l'autre, la bureaucratie thermidorienne elle-m&#234;me qui avait aid&#233; la petite bourgeoisie &#224; dominer les masses paysannes. C'&#233;tait une lutte directe pour le pouvoir et pour le revenu. Evidemment, la bureaucratie n'avait pas &#233;cras&#233; l'avant-garde prol&#233;tarienne, elle ne s'&#233;tait pas d&#233;gag&#233;e des exigences de la r&#233;volution internationale, et n'avait pas l&#233;gitim&#233; la philosophie de l'in&#233;galit&#233; pour capituler devant la bourgeoisie, devenir son serviteur et, &#233;ventuellement, &#234;tre &#233;cart&#233;e du r&#226;telier de l'Etat. Elle devint mortellement effray&#233;e en voyant les cons&#233;quences de sa politique de six ann&#233;es. Elle se retourna donc brutalement contre le koulak et le nepman. Parall&#232;lement, elle s'engagea dans la politique dite de la troisi&#232;me p&#233;riode de l'Internationale communiste et d&#233;clencha la lutte contre les droitiers. Aux yeux des na&#239;fs, la th&#233;orie et la pratique de cette troisi&#232;me p&#233;riode apparaissaient comme un retour aux principes fondamentaux du bolch&#233;visme. Mais ce n'&#233;tait rien de tel. C'&#233;tait simplement un moyen vers une fin, le but &#233;tant maintenant la liquidation de l'opposition de droite et de ses satellites. La bouffonnerie stupide de cette fameuse troisi&#232;me p&#233;riode, en Russie et &#224; l'&#233;tranger, est trop r&#233;cente pour qu'il soit n&#233;cessaire de la d&#233;crire ici. On pourrait en rire si ses cons&#233;quences pour les masses n'avaient pas &#233;t&#233; aussi tragiques. Ce n'est un secret pour personne que dans sa lutte contre les droitiers Staline accepta l'aum&#244;ne de l'Opposition de gauche. Il n'apporta aucune id&#233;e nouvelle. Son travail intellectuel ne consista en rien d'autre que menaces et r&#233;p&#233;tition de slogans et arguments de l'Opposition de gauche, naturellement avec une d&#233;formation d&#233;magogique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, les &#233;crits de l'Opposition de gauche de 1926-1927 se distinguent par leur exceptionnelle richesse. L'opposition r&#233;agit &#224; chaque &#233;v&#233;nement, int&#233;rieur et ext&#233;rieur, &#224; chaque acte du gouvernement, &#224; chaque d&#233;cision du bureau politique, par des documents, individuels ou collectifs, adress&#233;s aux diverses institutions du parti, le plus souvent au Bureau politique. Ces ann&#233;es &#233;taient celles de la R&#233;volution chinoise, du Comit&#233; anglo-russe, et de l'extr&#234;me confusion dans les probl&#232;mes int&#233;rieurs. La bureaucratie cherchait toujours son chemin &#224; t&#226;tons, se jetant de droite &#224; gauche et ensuite de gauche &#224; droite. Une grande partie de ce qu'&#233;crivit l'opposition n'&#233;tait pas destin&#233;e aux journaux, mais seulement &#224; l'information des instances dirigeantes du Parti. Mais m&#234;me ce qui &#233;tait &#233;crit sp&#233;cialement pour la Pravda, ou pour la revue th&#233;orique mensuelle, le Bolch&#233;vik, ne paraissait jamais dans la presse sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La majorit&#233; du Bureau politique &#233;tait fermement d&#233;cid&#233;e &#224; &#233;trangler l'opposition - au moins, &#224; l'&#233;touffer, &#224; la pousser hors du Parti, &#224; l'expulser, &#224; l'emprisonner. C'&#233;tait la mani&#232;re de Staline de r&#233;pondre aux arguments, mais non celle de tous les membres du Bureau politique. Mais peu &#224; peu Staline entra&#238;nait les h&#233;sitants ; il r&#233;duisait progressivement leurs r&#233;serves, leurs &#171; pr&#233;jug&#233;s &#187;, faisait de chaque mesure la cons&#233;quence in&#233;vitable de la mesure pr&#233;c&#233;dente. L&#224;, il &#233;tait dans son &#233;l&#233;ment ; sa ma&#238;trise &#233;tait indiscutable. Le temps vint o&#249; les dissidents du Bureau politique renonc&#232;rent &#224; protester, m&#234;me mollement, contre les outrages des grossiers &#171; activistes &#187; de Staline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La partie des &#233;crits de l'Opposition que j'ai r&#233;ussi &#224; emporter lorsque je fus d&#233;port&#233; en Turquie se trouve maintenant &#224; la Harvard Library, o&#249; elle est &#224; la disposition de tous ceux qui s'int&#233;ressent &#224; l'&#233;tude de cette remarquable bataille et veulent se reporter aux sources m&#234;mes. Relisant ces documents au moment o&#249; j'&#233;tais engag&#233; dans la r&#233;daction de ce livre, c'est-&#224; dire pr&#232;s de quinze ans apr&#232;s, j'ai &#233;t&#233; contraint, de reconna&#238;tre que l'Opposition avait eu raison sur deux points : elle avait &#224; la fois vu juste et parl&#233; hardiment, elle manifesta un courage et une persistance exceptionnels dans l'affirmation de sa ligne politique. Ses arguments n'&#233;taient jamais r&#233;fut&#233;s. Il n'est pas difficile d'imaginer la fureur qu'ils provoqu&#232;rent chez Staline et ses proches collaborateurs. La sup&#233;riorit&#233; politique et intellectuelle des repr&#233;sentants de l'Opposition sur la majorit&#233; du Bureau politique appara&#238;t clairement, &#224; chaque ligne des documents. Staline n'avait rien &#224; dire en r&#233;ponse, et il n'essayait m&#234;me pas de le faire. Il avait recours &#224; la m&#234;me m&#233;thode qui avait &#233;t&#233; une part de lui-m&#234;me depuis sa premi&#232;re jeunesse : ne pas discuter avec un adversaire en lui opposant ses propres vues devant des camarades, mais l'attaquer personnellement et, si possible, l'exterminer physiquement. Son impuissance intellectuelle devant des arguments, devant des critiques, engendrait la col&#232;re, et la col&#232;re &#224; son tour le poussait aux mesures pr&#233;cipit&#233;es pour la liquidation de l'Opposition. Ainsi se passa la p&#233;riode 1926-1927. L'avenir devait montrer qu'elle n'&#233;tait qu'une r&#233;p&#233;tition de l'exhibition de perfidie et de d&#233;g&#233;n&#233;rescence qui fit fr&#233;mir le monde douze ans plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233; de cette grande pol&#233;mique, il y avait l'opposition de gauche, intellectuellement ardente, infatigable dans ses recherches et explorations, s'effor&#231;ant passionn&#233;ment de trouver la juste solution des probl&#232;mes que posaient des situations changeantes &#224; l'int&#233;rieur et dans l'Internationale, se maintenant strictement dans les traditions du Parti. De l'autre, la clique bureaucratique poursuivant froidement ses machinations pour se d&#233;barrasser de ses critiques, de tous les adversaires, des trouble-f&#234;te qui ne voulaient pas lui laisser de repos, qui ne voulaient pas lui donner la possibilit&#233; de jouir de la victoire qu'ils avaient remport&#233;e. Tandis que les membres de l'opposition &#233;taient occup&#233;s &#224; analyser les erreurs fondamentales de la politique officielle en Chine, ou soumettaient &#224; la critique le bloc avec le Conseil g&#233;n&#233;ral des trade-unions britanniques, Staline mettait en circulation la rumeur que l'Opposition travaillait pour Austen Chamberlain contre l'Union sovi&#233;tique, qu'elle ne voulait pas d&#233;fendre l'Union sovi&#233;tique, que tel ou tel oppositionnel se servait abusivement des automobiles de l'Etat, que Kam&#233;nev signa jadis un t&#233;l&#233;gramme &#224; Michel Romanov, que Trotsky &#233;crivit une lettre furieuse contre L&#233;nine. Et toujours les dates, les circonstances, indispensables pour interpr&#233;ter exactement les faits, restaient dans le vague.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'&#233;taient pas l&#224; les seules m&#233;thodes de riposte stalinienne. Staline et ses valets s'avilirent jusqu'&#224; p&#234;cher dans les eaux boueuses de l'antis&#233;mitisme. Je me souviens particuli&#232;rement d'un dessin paru dans la Rabotcha&#239;a Gazeta (Gazette ouvri&#232;re) intitul&#233; &#171; Les camarades Trotsky et Zinoviev &#187;. Il y avait beaucoup de caricatures semblables et de mauvais vers, pr&#233;tendus burlesques, de caract&#232;re antis&#233;mite dans la presse du Parti, elles provoquaient des ricanements sournois. L'attitude de Staline &#224; l'&#233;gard de cet antis&#233;mitisme croissant &#233;tait une neutralit&#233; amicale. Mais les choses all&#232;rent si loin qu'il fut forc&#233; d'intervenir par une d&#233;claration disant : &#171; Nous combattons Trotsky, Zinoviev et Kam&#233;nev non parce qu'ils sont Juifs, mais parce qu'ils sont oppositionnels &#187;, etc. Il &#233;tait parfaitement clair pour tous ceux capables de penser politiquement que cette d&#233;claration, d&#233;lib&#233;r&#233;ment &#233;quivoque, ne visait que les &#171; exc&#232;s &#187; de l'antis&#233;mitisme, tandis que la presse sovi&#233;tique tout enti&#232;re laissait clairement entendre : &#171; N'oubliez pas que les dirigeants de l'opposition sont des Juifs. &#187; Ainsi les antis&#233;mites avaient carte blanche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des membres du Parti aid&#232;rent &#224; la d&#233;faite de l'Opposition contre leur volont&#233;, contre leurs sympathies, contre leurs propres souvenirs. Ils avaient &#233;t&#233; amen&#233;s &#224; voter comme ils le faisaient progressivement, sous la pression de l'appareil, de m&#234;me que la machine elle-m&#234;me &#233;tait entra&#238;n&#233;e dans la lutte contre l'Opposition du sommet &#224; la base. Staline laissait les r&#244;les de premier plan &#224; Zinoviev, Kam&#233;nev, Boukharine, Rykov, parce qu'ils &#233;taient infiniment mieux &#233;quip&#233;s que lui pour mener une pol&#233;mique publique contre l'Opposition, mais aussi parce qu'il ne voulait pas br&#251;ler tous les ponts derri&#232;re lui. Les rudes coups port&#233;s &#224; l'Opposition, qui semblaient alors d&#233;cisifs, suscitaient une sympathie secr&#232;te, pourtant profonde, pour les vaincus et une hostilit&#233; ind&#233;niable envers les vainqueurs, particuli&#232;rement envers les deux personnages dirigeants, Zinoviev et Kam&#233;nev. Staline en tirait avantage. Il se dissociait publiquement de Kam&#233;nev et de Zinoviev, consid&#233;r&#233;s comme les principaux responsables de la campagne impopulaire contre Trotsky. Il s'attribuait le r&#244;le de conciliateur, d'arbitre impartial et mod&#233;r&#233; dans la lutte fractionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1925, Zinoviev, essayant d'impressionner Rakovsky avec les victoires de sa fraction, parlait de moi en ces termes : &#171; Pauvre politicien ! Il est incapable de trouver la tactique juste. C'est pourquoi, il a &#233;t&#233; battu. &#187; Une ann&#233;e plus tard, ce critique malheureux de ma tactique cognait &#224; la porte de l'Opposition de gauche. Ni lui ni Kam&#233;nev n'avaient compris, aussi tard qu'en 1925, qu'ils &#233;taient devenus les instruments de la r&#233;action bureaucratique - de m&#234;me qu'ils s'&#233;taient tromp&#233;s en 1917. En 1926, ils se rendaient compte qu'il n'y avait pas d'autre &#171; tactique &#187; possible pour un r&#233;volutionnaire, car, apr&#232;s tout, ils &#233;taient de la vieille garde qui ne pouvait honn&#234;tement concevoir le bolch&#233;visme sans perspective internationaliste et son dynamisme r&#233;volutionnaire, c'&#233;tait la tradition dont les vieux bolch&#233;viks &#233;taient les mainteneurs. C'est pourquoi le Parti tout entier, du temps de L&#233;nine, les consid&#233;rait comme un capital irrempla&#231;able. L'int&#233;r&#234;t particulier et exceptionnel que L&#233;nine portait &#224; la vieille g&#233;n&#233;ration des r&#233;volutionnaires &#233;tait dict&#233; par cette consid&#233;ration politique autant que par une solidarit&#233; de camarade. Quand Zinoviev se vantait devant Rakovsky de sa &#171; tactique &#187; heureuse contre moi, il se vantait simplement d'avoir mal employ&#233; et gaspill&#233; ce capital. De 1923 &#224; 1926, sur l'initiative et, au d&#233;but, sous la direction de Zinoviev, la lutte contre l'internationalisme marxiste, sous le nom de &#171; trotskisme &#187; fut men&#233;e d'apr&#232;s le mot d'ordre de d&#233;fense de la vieille garde ; l'Opposition &#233;tait accus&#233;e de s'attaquer &#224; son prestige. Une commission sp&#233;ciale, charg&#233;e de veiller sur la situation des vieux lutteurs bolch&#233;viks fut cr&#233;&#233;e. Le glissement dans la direction d'un Thermidor ne s'exprima nulle part d'une mani&#232;re plus flagrante que dans les compromis politiques de cette m&#234;me vieille garde. Ce qui suivit, ce fut son extermination physique ; la commission charg&#233;e de veiller sur la sant&#233; des vieux bolch&#233;viks se trouvait finalement remplac&#233;e par un petit d&#233;tachement de tueurs de la Gu&#233;p&#233;ou que Staline r&#233;compensait avec l'ordre du Drapeau rouge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/staline/lt_stal20.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/staline/lt_stal20.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat ouvrier, Thermidor et Bonapartisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1935/02/thermidor.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1935/02/thermidor.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1930/11/301100h.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1930/11/301100h.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1930/11/301126a.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1930/11/301126a.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thermidor au foyer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/revtrahie/frodcp7.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/revtrahie/frodcp7.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le danger de Thermidor&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/1933/01/thermidor.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/1933/01/thermidor.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bolchevisme contre stalinisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/bcs/bcs05.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/bcs/bcs05.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les fausses interpr&#233;tations du fascisme et la vraie</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article9227</link>
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		<dc:date>2025-08-26T22:17:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed</dc:creator>



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&lt;p&gt;LES FAUSSES INTERPRETATIONS DU FASCISME ET LA VRAIE &lt;br class='autobr' /&gt;
0&#176;) Il y a une tendance erron&#233;e &#224; consid&#233;rer un ph&#233;nom&#232;ne social et politique comme le fascisme comme on consid&#232;re &#224; tort un ph&#233;nom&#232;ne physique, c'est-&#224;-dire comme un objet inerte, sans dynamique, sans dialectique des contraires, sans changement brutal, en somme comme une chose inerte qui peut seulement casser mais pas r&#233;ellement se transformer ou transformer le monde. Le fascisme n'est pas une chose mais un ph&#233;nom&#232;ne &#233;mergent et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique185" rel="directory"&gt;8- La contre-r&#233;volution&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LES FAUSSES INTERPRETATIONS DU FASCISME ET LA VRAIE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;0&#176;) Il y a une tendance erron&#233;e &#224; consid&#233;rer un ph&#233;nom&#232;ne social et politique comme le fascisme comme on consid&#232;re &#224; tort un ph&#233;nom&#232;ne physique, c'est-&#224;-dire comme un objet inerte, sans dynamique, sans dialectique des contraires, sans changement brutal, en somme comme une chose inerte qui peut seulement casser mais pas r&#233;ellement se transformer ou transformer le monde. Le fascisme n'est pas une chose mais un ph&#233;nom&#232;ne &#233;mergent et dynamique qui ne peut pas &#234;tre combattu simplement en disant qu'on est contre mais en d&#233;veloppant une autre dynamique r&#233;elle. Le fascisme ne peut pas exister (la formation d'une masse de gens r&#233;volt&#233;s, paup&#233;ris&#233;s et militaris&#233;s sous la domination des fascistes &#233;crasant le prol&#233;tariat) sans la dynamique capable d'&#234;tre extraordinairement agit&#233;e et porteuse de changements radicaux potentiels de la lutte des classes, tout comme le nuage ne peut pas exister (des tonnes d'eau ne tiendraient pas en l'air) sans la dynamique capable d'&#234;tre extraordinairement agit&#233;e et porteuse de changements radicaux potentiels de l'agitation mol&#233;culaire et que l'atome (et m&#234;me la particule mat&#233;rielle) ne peut pas exister (une somme de particules positives qui se repoussent restant coll&#233;es) ne peut pas exister sans la dynamique capable d'&#234;tre extraordinairement agit&#233;e et porteuse de changements radicaux potentiels du vide quantique. La vision fig&#233;e sans dynamique et sans dialectique ne permet pas de combattre le fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176;) Et ce n'est pas non plus un simple discours. Le fascisme n'est pas un courant d'opinion (la mise en place d'un pouvoir fasciste n'est pas une d&#233;cision de l'opinion publique et on ne combat pas le fascisme simplement en combattant des id&#233;es, des pr&#233;jug&#233;s, des mensonges) : c'est un type de pouvoir d'Etat qui est le produit d'une situation extr&#234;me, compl&#232;tement d&#233;stabilis&#233;e pour la classe exploiteuse. Il ne doit surtout pas &#234;tre s&#233;par&#233; de la lutte des classes. Le fascisme est le produit d'un combat entre les classes arriv&#233; &#224; un stade ultime o&#249; la seule alternative est r&#233;volution sociale ou contre-r&#233;volution fasciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176;) Ce type particulier d'Etat (qui n'est pas une simple dictature) provient du fait qu'en plus des forces de r&#233;pression classiques (notamment arm&#233;e et police ou m&#234;me milices d'Etat), il associe provisoirement un mouvement organis&#233; de masses appel&#233;es les &#171; troupes fascistes &#187; et prises dans les classes moyennes et les milieux populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176;) Cette situation particuli&#232;re concerne les trois classes sociales essentielles de toute soci&#233;t&#233; : classe exploiteuse, classe moyenne et classe exploit&#233;e. Ce qui caract&#233;rise cet &#233;tat critique de l'ordre social et politique est le fait qu'il y a un risque que la classe exploit&#233;e s'unisse &#224; la classe moyenne (ou &#224; une fraction notable de celle-ci) pour mettre en place un pouvoir r&#233;volutionnaire. C'est ce risque social mena&#231;ant qui justifie aux yeux de la classe exploiteuse de mettre en avant (de fa&#231;on momentan&#233;e) une fraction violente de la classe moyenne et aussi des milieux populaires ou paup&#233;ris&#233;s, ceux que l'on appellera &#171; les fascistes &#187;, de les organiser et de les jeter dans l'action violente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&#176;) L'un des risques d'erreur politique et sociale consiste &#224; prendre ces &#171; troupes fascistes &#187; pour une vraie force sociale, pour une v&#233;ritable arme de guerre alors que ce n'est qu'une bande sans foi ni loi mais aussi sans but r&#233;el ni perspective politique ou sociale propre. Ces troupes ne d&#233;fendent que les int&#233;r&#234;ts des gros exploiteurs mais n'en ont pas conscience. La classe dominante ne fait que les utiliser mais elle s'en m&#233;fie et les dissoudra d&#232;s que le v&#233;ritable danger r&#233;volutionnaire, celui des exploit&#233;s et de leur capacit&#233; en prenant la t&#234;te de tous les opprim&#233;s de renverser le pouvoir d'Etat des exploiteurs, sera &#233;radiqu&#233;. La vraie r&#233;ponse au fascisme consiste &#224; unir de mani&#232;re r&#233;volutionnaire les exploit&#233;s aux opprim&#233;s de la classe moyenne et d'autres couches populaires, afin de constituer une force capable de renverser la classe dominante. Cela n'est possible que si la classe exploit&#233;e s'auto-organise et d&#233;veloppe ses propres perspectives en d&#233;montrant qu'elle veut renverser la classe exploiteuse et s'adresse aux autres opprim&#233;s, notamment ceux des classes moyennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5&#176;) Si on veut comprendre le fascisme, le premier point est de ne pas se fixer sur le seul exemple du nazisme en Allemagne ou du fascisme en Italie. Non seulement il y a bien d'autres exemples mais on risque de croire que les caract&#233;ristiques sp&#233;cifiques de ces fascismes particuliers seraient g&#233;n&#233;rales. Par exemple, nulle n&#233;cessit&#233; pour un pouvoir fasciste d'&#234;tre antis&#233;mite. Ni de pratiquer un g&#233;nocide des Juifs. M&#234;me le racisme n'est pas une caract&#233;ristique indispensable. Le fascisme n'est pas un mouvement europ&#233;en, ni sp&#233;cifiquement li&#233; &#224; la phase imp&#233;rialiste du grand capital (Karl Marx l'a reconnu en France avec le mouvement bonapartiste de Louis Bonaparte qui allait devenir Napol&#233;on III), ni m&#234;me &#224; l'&#233;poque du capitalisme (on l'a vu dans des soci&#233;t&#233;s bourgeoises pr&#233;-capitalistes et dans des soci&#233;t&#233;s esclavagistes comme l'empire romain).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6&#176;) Il y a une autre erreur classique d'interpr&#233;tation du fascisme que les &#171; d&#233;mocrates anti-fascistes &#187;, ou pr&#233;tendus tels, aiment particuli&#232;rement d&#233;velopper comme tromperie et qui consiste &#224; attribuer le caract&#232;re fasciste aux seuls mouvements politiques et sociaux d'extr&#234;me droite, ce qui blanchirait le centre et la gauche de tout risque d'&#234;tre des &#233;l&#233;ments favorables, &#224; un moment donn&#233;, &#224; la mont&#233;e fasciste. En fait, quand il y a une mont&#233;e fasciste, cela se produit avec la complicit&#233; &#224; de multiples niveaux de tous les partis, syndicats et associations li&#233;s &#224; l'Etat des exploiteurs et &#224; leur ordre social et politique, notamment toute la gauche et tous les r&#233;formistes et opportunistes (jusqu'&#224; la fausse extr&#234;me gauche). Les dirigeants fascistes peuvent parfaitement provenir de la gauche (comme Mussolini ou Laval), ou &#234;tre soutenus par elle (comme celle de P&#233;tain soutenu de la plupart des dirigeants politiques et syndicaux du front populaire en France). Ceux qui lient pieds et poings de la classe exploit&#233;e sont surtout des &#233;l&#233;ments de la gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7&#176;) Il ne faut pas attribuer la d&#233;cision du fascisme &#224; tel ou tel dirigeant populiste, d&#233;magogue, soi-disant g&#233;nial ou fou. Il ne faut pas attribuer le choix du fascisme &#224; la seule d&#233;cision d'un appareil politique (de l'Etat ou d'un parti). C'est le choix d'une classe sociale exploiteuse (&#224; notre &#233;poque, du capitalisme et de la fraction du grand capital). C'est dans une situation d'un pays que le fascisme se d&#233;veloppe mais il le fait sur une d&#233;cision qui n'est pas propre au pays mais &#224; la classe capitaliste dans son ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8&#176;) Quelles que soient les circonstances diverses de son av&#232;nement, le fascisme est toujours une attaque brutale, violente, sanglante, terroriste et totalement destructrice contre tout ce qui repr&#233;sente une fraction organis&#233;e, consciente (m&#234;me tr&#232;s partiellement, m&#234;me de mani&#232;re r&#233;formiste et d&#233;mocrate) des exploit&#233;s. La classe capitaliste doit absolument anihiler tout sentiment de classe et transformer les exploit&#233;s capables de faire la r&#233;volution en esclaves ob&#233;issants, apeur&#233;s et rampants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9&#176;) Sur le plan id&#233;ologique, le fascisme n'a pas n&#233;cessairement de rapport avec l'antis&#233;mitisme ou m&#234;me le racisme mais il en a toujours avec le nationalisme excerb&#233; et violent, la haine des autres peuples, l'attirance pour la guerre contre les autres peuples, la haine contre l'internationalisme. Et, l&#224; non plus, il ne s'agit pas d'id&#233;ologie en dehors des classes : ce que le fascisme hait, c'est le caract&#232;re international du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire et de la perspective de soci&#233;t&#233; qu'il porte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10&#176;) Le fascisme a un soutien populaire de masse mais ce mouvement populaire n'a pas le caract&#232;re d'une r&#233;volution, non seulement parce que dans ses buts il est contre-r&#233;volutionnaire, est charg&#233; de sauver de la r&#233;volution sociale la classe dirigeante et poss&#233;dante mais surtout parce que ce mouvement n'a pas de force autonome socialement et politiquement. Ces masses de gens fascis&#233;s ne sont pas une vraie force. Ils ne savent m&#234;me pas le r&#244;le qu'ils jouent et, d&#232;s qu'ils ont annihil&#233; le prol&#233;tariat, ils sont renvoy&#233;s au n&#233;ant de leur inexistence, d&#233;sarm&#233;s et d&#233;sorganis&#233;s, pour laisser place &#224; la dictature classique d'Etat. Ces masses fascis&#233;es n'ont aucune perspective sociale et politique propre. Tout ce qu'elles peuvent, c'est clamer leur amour du nationalisme &#224; une &#233;poque o&#249; le respect des nations n'a plus aucun sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11&#176;) Le moralisme n'a aucune force face au fascisme. Si on le consid&#232;re seulement comme un mal moral, on ne peut pas combattre le fascisme. Le moralisme antifasciste est une esp&#232;ce de pacifisme qui d&#233;sarme les prol&#233;taires et ne sert que les fascistes. Le moralisme d&#233;nonce mais il ne combat pas, il refuse le combat au nom de&#8230; la morale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12&#176;) Il n'y a pas un programme particulier pour combattre le fascisme, ni un pour combattre la guerre, ni un pour le combat &#233;conomique, il y a un seul programme qui vise &#224; la r&#233;volution socialiste prol&#233;tarienne internationale. Le pire est de croire que devant la menace fasciste, il faut abandonner la r&#233;volution sociale et se contenter de&#8230; lutter contre le fascisme, pour mieux s'unir, pour mieux l'entraver, pour mieux l'isoler, pour assurer l'avenir. C'est abandonner la barque parce qu'il y a une inondation&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CELUI QUI RECULE DEVANT LA TACHE DE CONSTRUIRE DES CONSEILS DU PEUPLE TRAVAILLEUR ET DE LEUR DONNER LA TOTALITE DU POUVOIR EST INAPTE A COMBATTRE LE FASCISME ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?page=recherche&amp;recherche=fascisme&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La guerre, rien qu'un jeu de menteurs ?</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article9242</link>
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		<dc:date>2025-08-09T22:40:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Guerre War</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La guerre, rien qu'un jeu de menteurs ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Les mensonges de guerre sont multiples : c'est la faute de l'autre, c'est pas une guerre de conqu&#234;te, c'est pas encore la guerre, c'est pas une guerre de pillage, les victimes sont collat&#233;rales, c'est une guerre contre la guerre, une guerre contre la dictature, une guerre contre le fascisme, une guerre pour la libert&#233;, une guerre contre le communisme, une guerre pour la paix, une guerre contre l'oppression d'un peuple, contre pour obtenir des droits (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique185" rel="directory"&gt;8- La contre-r&#233;volution&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot48" rel="tag"&gt;Guerre War&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La guerre, rien qu'un jeu de menteurs ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les mensonges de guerre sont multiples : c'est la faute de l'autre, c'est pas une guerre de conqu&#234;te, c'est pas encore la guerre, c'est pas une guerre de pillage, les victimes sont collat&#233;rales, c'est une guerre contre la guerre, une guerre contre la dictature, une guerre contre le fascisme, une guerre pour la libert&#233;, une guerre contre le communisme, une guerre pour la paix, une guerre contre l'oppression d'un peuple, contre pour obtenir des droits nationaux, une guerre pour en finir d&#233;finitivement avec la guerre, une guerre pour d&#233;fendre nos foyers et nos enfants, une guerre sanitaire, une guerre humanittaire, une guerre libertaire, une guerre non violente, une guerre juste, une guerre n&#233;cessaire, une guerre populaire et autres balivernes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Giraudoux : &#171; Aux approches de la guerre, tous les &#234;tres s&#233;cr&#232;tent une nouvelle sueur, tous les &#233;v&#233;nements rev&#234;tent un nouveau vernis, qui est le mensonge. Tous mentent. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En temps de guerre, la v&#233;rit&#233; est si pr&#233;cieuse qu'il convient de la dissimuler derri&#232;re un rempart de mensonges &#187;, glissa Churchill &#224; Staline en 1943, lors de la conf&#233;rence de T&#233;h&#233;ran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saint Exup&#233;ry : &#171; La guerre n'est pas une aventure. C'est une maladie comme le typhus. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kipling : &#171; La premi&#232;re victime de la guerre, c'est la v&#233;rit&#233; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anatole France : &#171; On ne fait pas la guerre pour se d&#233;barrasser de la guerre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Giono : &#171; Tant qu'on est tromp&#233; par le mensonge sur l'utilit&#233; de la guerre, il n'y a pas de paix. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hugo : &#171; Les guerres ont toutes sortes de pr&#233;textes, mais n'ont jamais qu'une cause : l'arm&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Einstein : &#171; Je ne sais pas comment sera la troisi&#232;me guerre mondiale, mais ce dont je suis s&#251;r, c'est que la quatri&#232;me guerre mondiale se r&#233;soudra &#224; coups de b&#226;tons et de silex. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jaur&#232;s : &#171; Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nu&#233;e porte l'orage. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky : &#171; Jamais on n'a autant menti qu'&#224; l'&#233;poque de la &#171; grande guerre &#233;mancipatrice &#187;. Si le mensonge &#233;tait un explosif, il ne serait rest&#233; de notre plan&#232;te que des poussi&#232;res bien longtemps avant le trait&#233; de Versailles. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-monde-selon-edwy-plenel-14-15/la-premiere-victime-de-la-guerre-c-est-la-verite-hommage-a-ghislaine-dupont-et-claude-verlon-6133049&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-monde-selon-edwy-plenel-14-15/la-premiere-victime-de-la-guerre-c-est-la-verite-hommage-a-ghislaine-dupont-et-claude-verlon-6133049&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.linflux.com/monde-societe/casus-belli-faux-pretextes-mensonges-lart-de-commencer-la-guerre-2-2/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.linflux.com/monde-societe/casus-belli-faux-pretextes-mensonges-lart-de-commencer-la-guerre-2-2/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ledevoir.com/lire/793757/essai-de-la-responsabilite-des-intellectuels-la-premiere-victime-d-une-guerre-c-est-toujours-la-verite&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ledevoir.com/lire/793757/essai-de-la-responsabilite-des-intellectuels-la-premiere-victime-d-une-guerre-c-est-toujours-la-verite&lt;/a&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://bbf.enssib.fr/tour-d-horizon/la-desinformation-une-arme-de-guerre-dans-le-monde-contemporain_71618&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://bbf.enssib.fr/tour-d-horizon/la-desinformation-une-arme-de-guerre-dans-le-monde-contemporain_71618&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enl&#232;vement d'H&#233;l&#232;ne, pr&#233;texte &#224; la guerre de Troie et &#224; sa destruction totale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4146&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4146&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conqu&#234;te de la Gaule par Jules C&#233;sar, sous pr&#233;texte d'aider un peuple menac&#233; par la migration des Helv&#232;tes venus des Alpes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.vikidia.org/wiki/Guerre_des_Gaules&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.vikidia.org/wiki/Guerre_des_Gaules&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'incident de la R&#233;becca en 1731, pr&#233;texte &#224; la &#171; guerre de l'oreille de Jenkins &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_l%27oreille_de_Jenkins&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_l%27oreille_de_Jenkins&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le coup d'&#233;ventail, pr&#233;texte ridicule &#224; la prise d'Alger en 1830 par l'arm&#233;e fran&#231;aise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Conqu%C3%AAte_de_l%27Alg%C3%A9rie_par_la_France&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Conqu%C3%AAte_de_l%27Alg%C3%A9rie_par_la_France&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;p&#234;che d'Ems, imbroglio diplomatique qui a servi de pr&#233;texte pour engager la guerre franco-allemande de 1870&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9p%C3%AAche_d%27Ems&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9p%C3%AAche_d%27Ems&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le 15 f&#233;vrier 1898, l'explosion en rade de La Havane d'un navire nord-am&#233;ricain, le Maine, avec &#224; son bord quelque 260 personnes, constitue le pr&#233;texte de l'intervention des &#201;tats-Unis dans la guerre d'&#233;mancipation coloniale qui oppose Cuba &#224; l'Espagne depuis 1895.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.herodote.net/25_avril_10_decembre_1898-evenement-18980425.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.herodote.net/25_avril_10_decembre_1898-evenement-18980425.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'assassinat de l'archiduc d'Autriche en 1914, pr&#233;texte de la premi&#232;re guerre mondiale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3109&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3109&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les mensonges de guerre de la premi&#232;re guerre mondiale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.franceinfo.fr/societe/guerre-de-14-18/11-novembre/mensonges-bobards-ou-le-bourrage-de-crane_3017801.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.franceinfo.fr/societe/guerre-de-14-18/11-novembre/mensonges-bobards-ou-le-bourrage-de-crane_3017801.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3421&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3421&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'incident de Mudken, un faux attentat &#224; l'origine de la guerre sino-japonaise de 1931&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Incident_de_Mukden&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Incident_de_Mukden&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'incident de Gleiwitz du 31 aout 1939 servit de pr&#233;texte le 1er septembre 1939 pour que, sans d&#233;claration de guerre formelle, l'arm&#233;e allemande envahisse la Pologne sous le pr&#233;texte que les troupes polonaises se seraient &#171; rendues coupables de provocations &#187; le long de la fronti&#232;re germano-polonaise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_Pologne_pendant_la_Seconde_Guerre_mondiale&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_Pologne_pendant_la_Seconde_Guerre_mondiale&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte contre le fascisme, pr&#233;texte de l'intervention occidentale dans la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3480&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3480&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les incidents du golfe du Tonkin en 1964 qui servent de pr&#233;texte au pr&#233;sident am&#233;ricain Lyndon B. Johnson qui souhaite &#233;tendre la guerre au nord Vietnam&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Incidents_du_golfe_du_Tonkin&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Incidents_du_golfe_du_Tonkin&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mensonges de la guerre froide&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7044&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7044&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Ceaucescu n'avaient pas massacr&#233; en masse &#224; Timisoara&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Faux_charnier_de_Timi%C8%99oara&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Faux_charnier_de_Timi%C8%99oara&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5133&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5133&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous pr&#233;texte du tremblement de terre, l'occupation militaire internationale d'Ha&#239;ti par les grandes puissances en&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1558&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1558&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fausses armes de destruction massive de Saddam Hussein en Irak, pr&#233;texte &#224; l'invasion de l'Irak en 2003&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Armes_de_destruction_massive_en_Irak&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Armes_de_destruction_massive_en_Irak&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.bbc.com/afrique/monde-65017635&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.bbc.com/afrique/monde-65017635&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vraies raisons de l'intervention militaire occidentale en Libye en 2011 (et les fausses)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2031&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2031&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vraies raisons de l'&#233;limination de Khadafi en 2011 par la France et&#8230; les fausses&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://archive.wikiwix.com/cache/index2.php?url=http%3A%2F%2Fwww.lepoint.fr%2Fmonde%2Fkadhafi-execute-par-la-france-01-10-2012-1512271_24.php#federation=archive.wikiwix.com&amp;tab=url&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://archive.wikiwix.com/cache/index2.php?url=http%3A%2F%2Fwww.lepoint.fr%2Fmonde%2Fkadhafi-execute-par-la-france-01-10-2012-1512271_24.php#federation=archive.wikiwix.com&amp;tab=url&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2031&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2031&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attentat du World Trade Center, pr&#233;texte &#224; la guerre d'Afghanistan en 2001&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1780&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1780&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accusation du gouvernement syrien de Bachar El Assad d'avoir utilis&#233; des armes chimiques contre des civils n'&#233;tait qu'un pr&#233;texte pour justifier de transformer la r&#233;volte du peuple syrien en guerre des puissances occidentales en 2013&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2393&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2393&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lepoint.fr/monde/syrie-la-menace-chimique-d-assad-pretexte-a-une-intervention-04-12-2012-1539188_24.php#11&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lepoint.fr/monde/syrie-la-menace-chimique-d-assad-pretexte-a-une-intervention-04-12-2012-1539188_24.php#11&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attaque du Hamas (dont N&#233;tanyahou &#233;tait inform&#233; par avance), pr&#233;texte &#224; l'expulsion des Palestiniens et &#224; la g&#233;n&#233;ralisation de la guerre &#224; tout le Moyen-Orient&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&lt;/a&gt; 8486&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mensonges de la guerre du Moyen-Orient sont mutiples : le Hamas pr&#233;tend d&#233;fendre les Palestiniens, l'Autorit&#233; palestinienne fait semblant de combattre Isra&#235;l, N&#233;tanyahou dit qu'il ne savait pas que le Hamas pr&#233;parait une attaque dont ses services secrets avaient d&#233;j&#224; les plans, il dit qu'il agit pour sauver le peuple isra&#233;lien, pour sauver le monde occidental, qu'il ne fait pas mourir de faim les Palestiniens, N&#233;tanyahou dit mener une guerre de d&#233;fense contre les centrales nucl&#233;aires iraniennes, Khamenei dit avoir gagn&#233; sa confrontation contre Isra&#235;l, Trump dit n'intervenir que pour arr&#234;ter les guerres, la France dit vouloir donner &#224; manger aux Palestiniens et dit ne pas envoyer d'armes &#224; N&#233;tanyahou, etc, mille et un mensonges meurtriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a aussi les mensonges de la guerre d'Ukraine et notamment celui qui pr&#233;tend que seule la Russie a voulu la guerre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matierevolution.fr/spip.php?article6692&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://matierevolution.fr/spip.php?article6692&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matierevolution.fr/spip.php?article6724&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://matierevolution.fr/spip.php?article6724&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA VERITE C'EST QUE LA GUERRE EST L'EXACERBATION DE LA CONTRE-REVOLUTION&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7529&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7529&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4595&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4595&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mensonges de guerre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=x8sg0Dqc3_I&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=x8sg0Dqc3_I&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=geVEfFL-4pc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=geVEfFL-4pc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=VPlRnlt5aLg&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=VPlRnlt5aLg&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/shorts/JEHR7W7QVDc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/shorts/JEHR7W7QVDc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=d07iOQazHjE&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=d07iOQazHjE&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Daniel Gu&#233;rin : la contre-r&#233;volution qui s'est d&#233;velopp&#233;e au sein m&#234;me de la r&#233;volution fran&#231;aise n'a pas attendu Thermidor 1794 et elle a pu &#234;tre offensive contre le petit peuple r&#233;volutionnaire d&#232;s 1793 !</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article8702</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.org/spip.php?article8702</guid>
		<dc:date>2025-05-27T22:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>1789-1793</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Bourgeois</dc:subject>
		<dc:subject>Petits bourgeois</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution bourgeoise</dc:subject>
		<dc:subject>Parti r&#233;volutionnaire - Revolutionnary party</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Daniel Gu&#233;rin : la contre-r&#233;volution qui s'est d&#233;velopp&#233;e au sein m&#234;me de la r&#233;volution fran&#231;aise n'a pas attendu Thermidor 1794 et elle a pu &#234;tre offensive contre le petit peuple r&#233;volutionnaire d&#232;s 1793 ! &lt;br class='autobr' /&gt;
La contre-r&#233;volution, c'est bien entendu la r&#233;volte de la noblesse et son arm&#233;e europ&#233;enne en guerre contre la France, c'est la r&#233;volte du clerg&#233;, c'est la Vend&#233;e, la chouannerie, la r&#233;volte des grandes villes contre la r&#233;volution parisienne, etc. Mais il y a aussi la contre-r&#233;volution (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique185" rel="directory"&gt;8- La contre-r&#233;volution&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot34" rel="tag"&gt;1789-1793&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot51" rel="tag"&gt;Bourgeois&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot54" rel="tag"&gt;Petits bourgeois&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot112" rel="tag"&gt;R&#233;volution bourgeoise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot173" rel="tag"&gt;Parti r&#233;volutionnaire - Revolutionnary party&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Daniel Gu&#233;rin : la contre-r&#233;volution qui s'est d&#233;velopp&#233;e au sein m&#234;me de la r&#233;volution fran&#231;aise n'a pas attendu Thermidor 1794 et elle a pu &#234;tre offensive contre le petit peuple r&#233;volutionnaire d&#232;s 1793 !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La contre-r&#233;volution, c'est bien entendu la r&#233;volte de la noblesse et son arm&#233;e europ&#233;enne en guerre contre la France, c'est la r&#233;volte du clerg&#233;, c'est la Vend&#233;e, la chouannerie, la r&#233;volte des grandes villes contre la r&#233;volution parisienne, etc. Mais il y a aussi la contre-r&#233;volution qui grandit au sein m&#234;me de la r&#233;volution&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re fraction de la r&#233;volution fran&#231;aise qui se retourne contre elle, ce sont les La Fayette, les Siey&#232;s, les Mirabeau, les Barnave, les Lameth, les Duport et bien d'autres personnages de d&#233;buts de la r&#233;volution qui se sont affol&#233;s quand elle a commenc&#233; &#224; d&#233;truire la royaut&#233;, condamner &#224; mort le roi et construire la r&#233;publique et surtout quand les masses populaires ont montr&#233; qu'elles pouvaient jouer un r&#244;le dirigeant elles aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me fraction, c'est celle de la bourgeoisie girondine qui s'affole de l'alliance entre le peuple travailleur (sans culottes, bras nus, femmes r&#233;volutionnaires).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me fraction, ce sont les dirigeants de l'appareil d'Etat et les chefs robespierristes. Ils sont en butte &#224; la mont&#233;e de la col&#232;re populaire devant la mis&#232;re. Ils sont contraints d'abord de rester li&#233;s au peuple r&#233;volutionnaire, de prendre des mesures de contrainte &#233;conomique pour combattre la mis&#232;re. Ils continuent &#224; soutenir la r&#233;volution &#224; son sommet en 1793 lors de l'attaque des Tuileries, de la commune de Paris, du deuxi&#232;me soul&#232;vement populaire de la R&#233;volution, mais ils combattent ensuite le mouvement populaire contre la pauvret&#233;, tentent de le d&#233;tourner en lutte de d&#233;christianisation, ils cassent et discr&#233;ditent les enrag&#233;s, les r&#233;publicaines r&#233;volutionnaires, les sections populaires, les comit&#233;s de piques et leurs dirigeants, les arr&#234;tent et les condamnent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aboutissement de la contre-r&#233;volution, c'est Thermidor (27 juillet 1794). Mais ce n'est que son ach&#232;vement, pas son d&#233;but. Daniel Gu&#233;rin &#233;crit, dans &#171; La lutte de classes sous la Premi&#232;re R&#233;publique &#187; que nous citons largement dans la suite, &#171; La volte-face gouvernementale ne fut pas limit&#233;e &#224; la question religieuse (contre les d&#233;christianisateurs)&#8230; mais ce fut la R&#233;volution dans son ensemble qui commen&#231;a son mouvement de recul. Tridon l'a fort bien compris. Il a m&#234;me rep&#233;r&#233; tr&#232;s exactement les dates fatidiques de l'&#233;v&#232;nement : du 28 novembre au 12 d&#233;cembre 1793. &#171; Entre ces dates, &#233;crit-il, se d&#233;bat la crise supr&#234;me de la R&#233;volution. &#187; La R&#233;volution interrompit sa marche en avant, la r&#233;action commen&#231;a, non pas en germinal, &#224; la fin de mars 1794, comme le pensent Michelet et Becker, mais d&#232;s le soir du 1er frimaire, du 21 novembre 1793, quand Robespierre, du haut de la tribune des Jacobins, d&#233;clara la guerre aux d&#233;christianisateurs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire iici quelques extraits :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16464 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/pdf/daniel_guerin.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 16.8 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1785121560' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Robespierre passait ainsi de principal dirigeant de la r&#233;volution &#224; principal organisateur de la contre-r&#233;volution au sein de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thermidor 1794 de la R&#233;volution fran&#231;aise ! Pourquoi la direction bourgeoise de la r&#233;volution s'est charg&#233;e de lancer la contre-r&#233;volution :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4801&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4801&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment comprendre que la R&#233;volution fran&#231;aise, amoureuse de la libert&#233;, bascule dans &#171; la Terreur &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5543&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5543&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Montagnards, Robespierre et les Jacobins &#233;taient-ils l'aile marchante de la r&#233;volution fran&#231;aise :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3001&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3001&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;mocratie directe de 1793 et Etat bourgeois :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1500&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1500&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maximilien Robespierre, dirigeant de la r&#233;volution bourgeoise fran&#231;aise :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2628&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2628&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Robespierre, d&#233;fenseur jusqu'au bout de la politique r&#233;volutionnaire de la bourgeoisie fran&#231;aise :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4127&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4127&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution fran&#231;aise n'a pas &#233;t&#233; qu'une r&#233;volution bourgeoise :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article232&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article232&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les guerres comprises comme des fuites en avant contre-r&#233;volutionnaires des classes dirigeantes</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article8596</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.org/spip.php?article8596</guid>
		<dc:date>2025-05-03T22:38:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Guerre War</dc:subject>
		<dc:subject>Manifestation</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les guerres comprises comme des fuites en avant contre-r&#233;volutionnaires des classes dirigeantes &lt;br class='autobr' /&gt;
Les guerres de religion en France &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6178 &lt;br class='autobr' /&gt;
La guerre des Girondins contre l'Europe, une guerre contre la poursuite de la r&#233;volution fran&#231;aise &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1082 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1398 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2023 &lt;br class='autobr' /&gt;
La guerre entre la Prusse et le Danemark de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique185" rel="directory"&gt;8- La contre-r&#233;volution&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot48" rel="tag"&gt;Guerre War&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Manifestation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les guerres comprises comme des fuites en avant contre-r&#233;volutionnaires des classes dirigeantes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les guerres de religion en France&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6178&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6178&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre des Girondins contre l'Europe, une guerre contre la poursuite de la r&#233;volution fran&#231;aise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1082&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1082&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1398&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1398&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2023&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2023&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre entre la Prusse et le Danemark de 1848-1849 contre la r&#233;volution en Europe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article4564&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article4564&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Napol&#233;on III en 1870 avec la guerre contre l'Allemagne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/ait/1870/07/km18700723.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/ait/1870/07/km18700723.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re guerre mondiale contre&#8230; la r&#233;volution mondiale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3109&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3109&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3399&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3399&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article291&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article291&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7367&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7367&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6762&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6762&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre d'Espagne contre la r&#233;volution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article1640&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.org/spip.php?article1640&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6302&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6302&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3704&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3704&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6252&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6252&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;France 1936 : de la situation pr&#233;-r&#233;volutionnaire &#224; la guerre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article525&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article525&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me guerre mondiale, une guerre contre la r&#233;volution mondiale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article59&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article59&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3480&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3480&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3773&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3773&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique42&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique42&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article62&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article62&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article93&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article93&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yougoslavie : la guerre contre la r&#233;volution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6857&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6857&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article79&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article79&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alg&#233;rie : la pr&#233;tendue guerre contre les islamistes pour &#233;craser la r&#233;volution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article101&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article101&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Syrie : la guerre contre la r&#233;volution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2886&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2886&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article2886&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article2886&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article4768&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article4768&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3890&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3890&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et aussi en Ukraine&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4289&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4289&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre en Palestine contre la r&#233;volution du Moyen-Orient&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article71&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article71&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me guerre mondiale contre la vague des r&#233;volutions&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3401&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3401&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique154&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique154&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guerre et r&#233;volution - D'o&#249; viennent les guerres, les guerres mondiales, les fascismes et les terrorismes ? De la lutte entre forces bourgeoises ou de la lutte des classes entre le prol&#233;tariat et la bourgeoisie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3638&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3638&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lire sur le fascisme pour s'armer dans le combat contre ce pi&#232;ge capitaliste sanglant</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article8603</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.org/spip.php?article8603</guid>
		<dc:date>2025-04-06T22:44:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Fascisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lire sur le fascisme pour s'armer dans le combat contre ce pi&#232;ge capitaliste sanglant &lt;br class='autobr' /&gt; On ne peut pas le combattre sans lutter pour renverser le capitalisme &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3490 &lt;br class='autobr' /&gt;
La menace fasciste, ce n'est pas seulement en Allemagne et pas seulement l'extr&#234;me droite : c'est un virus capitaliste &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5792 &lt;br class='autobr' /&gt;
La classe ouvri&#232;re doit se rendre ind&#233;pendante des appareils staliniens et sociaux-d&#233;mocrates (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique185" rel="directory"&gt;8- La contre-r&#233;volution&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot136" rel="tag"&gt;Fascisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lire sur le fascisme pour s'armer dans le combat contre ce pi&#232;ge capitaliste sanglant&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; On ne peut pas le combattre sans lutter pour renverser le capitalisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3490&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3490&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La menace fasciste, ce n'est pas seulement en Allemagne et pas seulement l'extr&#234;me droite : c'est un virus capitaliste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5792&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5792&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe ouvri&#232;re doit se rendre ind&#233;pendante des appareils staliniens et sociaux-d&#233;mocrates&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article635&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article635&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut se m&#233;fier particuli&#232;rement des nations imp&#233;rialistes quand elles pr&#233;tendent faire la guerre au fascisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3480&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3480&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4327&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4327&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle lutte contre le fascisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2993&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2993&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2778&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2778&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; vient la mont&#233;e fasciste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4410&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4410&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est ni par les &#233;lections, ni par les institutions &#233;tatiques, ni par les strat&#233;gies des appareils syndicaux que nous barrerons la route au fascisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4443&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4443&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les classes poss&#233;dantes craignent la r&#233;volution sociale, elles poussent au fascisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5272&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5272&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de discontinuit&#233; de la gauche de la gauche &#224; l'extr&#234;me droite et au fascisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6254&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6254&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une bourgeoisie capitaliste de plus en plus fasciste accuse ses opposants de... fascisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6676&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6676&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Social-d&#233;mocratie et Extr&#234;me droite, main dans la main pour mener la classe ouvri&#232;re au fascisme et &#224; la guerre imp&#233;rialiste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6743&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6743&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand est-ce que la &#171; d&#233;mocratie &#187;, Etats, institutions, partis, associations et syndicats, ont prot&#233;g&#233; la population contre la dictature, la guerre et le fascisme ? Jamais !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7437&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7437&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie europ&#233;enne attir&#233;e par le fascisme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2208&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2208&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2497&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2497&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bibliographie sur le fascisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article1880&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article1880&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand la gauche a fourni les dirigeants fascistes ou ouvert la porte au fascisme&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8016&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8016&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand l'extr&#234;me gauche opportuniste a soutenu les ennemis du prol&#233;tariat sous pr&#233;texte de lutte contre le fascisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8106&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8106&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Pen fasciste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1972&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1972&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle orientation face aux risques fascistes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2785&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2785&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tueries, attentats, bandes arm&#233;es : l'extr&#234;me droite fasciste revient ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2406&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2406&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous islamistes ou islamophobes, c'est-&#224;-dire tous fascistes d'une mani&#232;re ou d'une autre, non merci !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6052&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6052&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui manipule l'extr&#234;me droite fasciste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2954&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2954&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Social-d&#233;mocratie et fascisme, la main dans la main&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3081&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3081&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand la gauche a fourni les dirigeants fascistes ou ouvert la porte au fascisme&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6920&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6920&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;formisme et Fascisme contre la R&#233;volution prol&#233;tarienne en Allemagne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6398&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6398&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment le Front Populaire a ouvert les portes au fasciste Franco&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6302&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6302&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que pr&#233;conisait Trotsky en 1931 pour combattre le nazisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5808&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5808&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi la social-d&#233;mocratie allemande a refus&#233; de combattre le fascisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5884&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5884&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment Hitler est arriv&#233; au pouvoir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5194&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5194&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution sociale, seule voie pour battre le fascisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5125&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5125&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fascisme italien&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5019&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5019&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4765&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4765&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vienne 1934 : quand la social-d&#233;mocratie fait semblant de se battre contre le fascisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4809&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4809&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des t&#233;moignages pour ne pas oublier la le&#231;on du fascisme allemand&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4383&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4383&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'&#233;tait le front populaire en Espagne et pourquoi il menait in&#233;luctablement &#224; la victoire du fascisme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1836&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1836&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fausse r&#233;volution nationale-sociale des chemises brunes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3486&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3486&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article682&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article682&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ils font tous des pas en avant vers la fascisation de la soci&#233;t&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2224&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2224&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que le nazisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1804&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1804&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fascisme allemand et italien&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1385&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1385&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi le g&#233;nocide des juifs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article85&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article85&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fascisme et grand capital&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article931&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article931&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mensonges des puissances alli&#233;es en guerre contre l'Allemagne mais pas contre le nazisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5322&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5322&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;USA : la classe dirigeante ne veut pas se d&#233;barrasser de l'extr&#234;me droite nazie car elle peut en voir besoin &#224; l'avenir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2715&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2715&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; vient et o&#249; m&#232;ne la nouvelle mont&#233;e de l'extr&#234;me droite&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1720&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1720&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi les classes poss&#233;dantes peuvent sciemment faire basculer tout un pays dans un bain de sang g&#233;n&#233;ralis&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8259&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8259&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bonapartisme et fascisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1934/07/lt19340715.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1934/07/lt19340715.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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